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Full text of "Essai de toponymie: origine des noms de lieux habités et des lieux dits de la Suisse romande"

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MÉMOIRES 



ET DOCUMENTS 



PUBLIÉS 



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PAR LA SOCIETE D'HISTOIRE 



DE LA SUISSE ROMANDE 



Seconde série 



TOME VII 



LAUSANNE. — DfPRIMERIB GEORGES BRIDEL & C>* 



MÉMOIRES ET DOCUMENTS 
publiés par la Société d'hisloire de la Suisse romaude. 



SECONDE SÉRIE 

TOME VII 



ESSAI DE TOPONYMIE 

Origine des noms de lieux habités et des lieux dits 

de la Suisse romande 



PAR 



HENRI JACCARD 

Professeur au collège d'Aigle. 



LAUSANNE 

GEORGES BRIDEL & c'* ÉDITEURS 

1906 



I 

*^>*^ 1 TABLE DES ABRÉVIATIONS 
^'1 



Arch. Fr. Archives fribourgeoises. 

au§pm. augmentatif. 

C. canton. 

Gart. Laus. Cartulaire de Lausanne dans Mém. et Doc. VI. 

Gart. Month. Cartulaire de Montheron. 

D. district, 
dim. diminutif. 

Donat. Haut. Livre des donations de Hauterive. 

F. B. Fontes rerum Bernensium. 

fig. figuré. 

Fôrstm. Fôrstemann, voir Bibliogpraphie. 

h. ham. hameau, 

loc. localité. 

m. maison. 

M. R. Mémoires de la Soc. d'hist. de la Suisse romande. 

M. G. » de la Soc. d'hist. et d'archéol. de Genève, 

n. pr. nom propre. 

M. F. Mémorial de Fribourg. 

Mtl. Matile. 

Mus. N. Musée neuchâtelois. 

M. N. » » 

p. page. 

R. dipl. Recueil diplomatique de Fribourg. 

s. siècle, 

subst. substantif, 

s. m. subst. masc. 

s. f. subst. fém. 

T. fr. vieux français. 

T. h. ail. vieux haut allemand. 

Tr. Trouillat, voir Bibliographie. 

Wstbg. Wûrstemberger, » 

Zeerl. Zeerleder, » 

* devant un n. propre ou autre nom indique un nom sup- 
posé, probable, mais non constaté dans les textes. 

Les noms locaux du Jura bernois sans indication d'origine sont tirés de 
Trouillat, et pour le Valais, des volumes de documents publiés par Gremaud, 

M. R. XVIII et XXIX-XXXIII et XXXVII-XXXIX. 



ERRATA ^ < ' 

au tome Vil 2* série des Utm. et Doe. de la Soc. d'hist. de la Suisse romande. 

Essai de toponymie, par H. Jaccard. 



/ .i 



Page 32, Bérenges, ligne 4, Beriken, lisez Berikon. 

» 39, ligne 4, BloniuSy lisez Blanius. 

» 40, ligne 1, biffez Bonis. 

» 47, Bonloz, ligne 2, Boloohy lisez Boloch. 

» 62, ligne 10, Cavouà, lisez Cavouè. 

» 66, art. Cbalais, Saler, lisez Jalei\ 

» 68, ligne 17, ...tonis, lisez ionis. 

» 79, Chaumont, ligne 4, Cbaumontel, lisez Chamontel. 
» » » ligne 5, 1220, lisez 1229. 

» 83, ligne 6, biffez Zeuss, p. 129. 

» 89, ligne 18, Chabris, Chabre lisez Ckebris, Chebre. 

» 93, art. Cboulex, ligne 3, M. G. XII, lisez II. 

» 94, ligne 6 du bas, onomatique, lisez onomastique. 

» 95, art. Clees, lignes 4 et 5, Glcfs^ Moines, lisez Clefs, 

Moines. 

» 96, ligne 17, Glouet, lisez Closet. 

» 97, ligne 4 du bas, onomatique, lisez onomastique. 

» 98, ligne 6, M. R. XI, lisez XII. 

» » art. Collex, ligne 3, Collex, lisez Golex. 

» 99, ligne 6 du bas, Praz. lisez Prez. 

» 100, ligne 5 du bas, Acclini^ lisez Acelint, 

» » ligne 9 du bas, CumboSy lisez Cumbas. 

» 106, Gorges, ligne 3, 66, 67, lisez 166, 167. 

» 110, lignes 17-18, Corsier, lisez Corsie. 

» 111, ligne 5, Cosciniaco, lisez Coseiniaco. 

» 114, ligne 13, Gurwol lisez Gurwoif . 

» 120, ligne 21, M. R. 25, lisez M. R. 2Je série. 

» 132, Dérochia, torrent à Géronde, lisez Grône. 

» 136, ligne 11 du bas, Praz, lisez Prez. 

» 145, art. Ecovets, ligne 2, Porthaux, lisez Ponthaux. 

» 146, ligne 2 du bas, au-dessous, lisez au-dessus. 

» 167, ligne 6, noms, lisez nous. 

» 171. ligne 5, Fiouzalet, lisez Flonzelet 

» 184, ligne 8, Canava, lisez Cenava, 

» » ligne 11, cormique, lisez comique. 



Page 187, ligne 9 du bas, 1272 M. G. XIV, lisez 1227 M, G. IV. 

» 195, ligne 19, Praz ; Gottraux, bilîez le ; . 

» 200, ligne 11, Gravaz l'i Daillens, lisez Gravay. 

■» 208, ligne 14 Au lias. Hfremence. lisez Hcremenci. 

» 223, ligne 3 du bas f.urre:, lisez Larriz. 

» 231, an. Levron, ligne 2, Levrona, lisez Levrono. 

» 233, ligne 4 du bas. Xll, lisez XII« s. 

» 237, ligne 8,'au-dessous,\lisez au-dessus. 

» 241, ligne 6, ctunuie la i^iive, lisez Loue. 

» 2S4, lignes 13, 14, mnlen, tmupe.iii. lisez maka. 

» 258, ligne 20. Vau de Rugt. lisez BuyI. 

» 264, ligne 9, Martinae, lisez Uarlinaa. 

» 263, Malran, ligne 1, 1148, liseï 1142. 

» 266, ligne 4 du bas. 2» s., Usez ï« livr. 

* 271, ligne 4 du bas, Merlingittm, lisez Marlingium. 
» 274, Miécourt,iigne 6, 1129, lisez, 1239. 

» 278, Moillesulaz. ligne 2, M. G. XIV. lisez IX. 

« 287, ligne 14, Monterai, lisez Monliral. 

» 288, ligne 16, Malconis, lisez Falconis. 

» 292, an. Mi..iLl|ireve\rps, 1554, lisez 1164. 

» 337, Penllii>n'az, D, Cossonay lisez Echallens. 

» 341, ligne 4, l'errollcs. lisez Perrolles. 

» 344, ligne 6, Riez lisez Riaï. 

» 350, ligne;7, Facro.'lisez Faeto. 

» 354. Iigne"2, M. R. I, 2» s., lisez 2« Hvr. 

» 359, ligne 8, Rionda, lisez Rianda. 

» 365, an. Pressy lii^nfï 2!) lisi'z 129. 

» 381. ligue 1 du bas, liemalfeiu lisez Romutfens. 

» 384. ligne 14, Rucei, lisez Rueci. 

* 393, ligne 6, après *s Routes ajouter s. ra. 
» 400, lignes 10 el 17, Ruty. lisez Rath. 
> 409, ligne 9, 1394, lisez 1494. 

» 412, ligne 7, 1039. lisei'1159. 

» 416, nrt.Sarzens.f^humizo de Chumo, lisez Cbuuizo de Cliuono. 

« 418, ligne,!, Otilcriis. h<f7. Snk;-ns 

» 426, art. Seime, M. F., lisez H. G. 

» 460, an. Thonex, ligne 2, 1230, lisez 1330. 

» 462, Tinterin. ligne 2. Tentlichen, lisez Tenitichon. 

» 463, dernière ligne, Tolère, lisez Tolore. 

» 483, ligne 6, vassif, lisez vaisif. 

* 492. ligue S du bas, Praz. lisez Prez. 

» 520, ligne 4, Varannes 1231, lisez 1331. 

» 537, Tsaraire, 75, lisez 88. 



BIBLIOGRAPHIE 



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évêché de Bàle. — 2 vol. in-8o. Neuchâtel 1840-41. 

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Besson, m. Recherches sur les origines des évéchés de Genève, Lau- 
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BoNNivARD, Fr. de. Les Chroniques de Genève publiées par D. Dunant. 
— 2 vol. in-8o. Genève 1831. 

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Brandstetter, J.-L. Die Namen der Baume und Strâuche in Ortsnamen 

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» Essai statistique sur le canton du Valais. — Zurich 1820. 
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Cbabloz, Fr. La Béroche, recherches historiques. — Neuchâtel 1867. 

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1 vol. in-8o. Neuchâtel 1840. 

Champollion-Figeac. Nouvelles recherches sur les patois de France. — 
1 vol. in-8». Paris 1809. 

Château-d'Œx et le Pays d'Enhaut^ étude historique publiée par le Club 
du Rubli. — Château-d'Œx 1882. 

CoRTHisY, Eugène. La vallée des Ormonts. — Lausanne 1903. 



I 

.$7:2 

*^»*^ i TABLE DES ABRÉVIATIONS 



Arch. Fr. Archives fribourgeoises. 

augm. augmentatif. 

G. canton. 

Cart. Laus. Cartulaire de Lausanne dans Mém. et Doc. VI. 

Gart. Month. Gartulaire de Montheron. 

D. district. 

dim. diminutif. 

Donat. Haut. Livre des donations de Hauterive. 

F. B. Fontes rerum Bernensium. 

fig. figuré. 

Fôrstm. Fôrstemann, voir Bibliogpraphie. 

h. ham. hameau. 

loc. localité. 



m. 


maison. 


M. R. 


Mémoires de la Soc. d'hist. de la Suisse romande. 


M. G. 


» de la Soc. d'hist. et d'archéol. de Genève. 


n. pr. 
M. F. 

Mtl. 


nom propre. 
Mémorial de Fribourg. 
Matile. 


Mus. N. 


Musée neuchâtelois. 


M. N. 


» » 


P- 

R. dipl. 

s. 


page. 

Recueil diplomatique de Fribourg. 

siècle. 


subst. 


substantif. 


s. m. 


subst. masc. 


s. f. 


subst. fém. 


T. fr. 

T. h. ail. 


vieux français, 
vieux haut allemand. 


Tr. 


Trouillat, voir Bibliographie. 


Wstbg. 
Zeerl. 


Wûrstemberger, » 
Zeerleder, » 


* 


devant un n. propre ou autre nom indique un nom sup- 
posé, probable, mais non constaté dans les textes. 



Les noms locaux du Jura bernois sans indication d'ori^ne sont tirés de 
Trouillat, et pour le Valais, des volumes de documents publiés par Gremaud, 
M. R. XVin et XXIX-XXXIII et XXXVII-XXXIX. 



9p- 



o534 



«7 

ERRATA 7<:^'-'- 

au tome Vil 2* série des Mém, et Doc. de la Soc. (Thist. de la Suisse romande. 

Essai de toponymie, par H. Jaccard. 



Page 32, Bérenges, ligne 4, Beriken, lisez Berikon. 
» 39, ligne 4, Blonius, lisez Blanim. 
» 40, ligne 1, biffez Bonis. 
» 47, Bouloz, ligne 2, Bolooh, lisez Boloch. 

♦ 62, ligne 10, Cavouà, lisez Cavouè. 
» 66, art. Cbalais, Saler, lisez Jalei\ 
» 68, ligne 17, .„tonis, lisez ionis. 

» 79, Chaumont, ligne 4, Chaumontel, lisez Chamontel. 

» » » ligne 6, 1220, lisez 1229. 

» 83, ligne 6, biffez Zeuss, p. 129. 

» 89, ligne 18, Chabris, Chabre lisez Ckebris, Chebre. 

» 93, art. Choulex, ligne 3, M. G. XII, lisez II. 

» 94, ligne 6 du bas, onomatique, lisez onomastique. 

» 95, art. Clees, lignes 4 et 5, Gicfs^ Moines, lisez Clefs, 

Moines. 
» 96, ligne 17, Glouet, lisez Closet. 
» 97, ligne 4 du bas, onomatique, lisez onomastique. 
» 98, ligne 6, M. R. XI, lisez XII. 
» » art. Gollex, ligne 3, Gollex, lisez Colex. 
» 99, ligne 6 du bas, Praz. lisez Prez. 

» 100, ligne 5 du bas, Acclini, lisez Acelint. 
» > ligne 9 du bas, Cumbos, lisez Gumbas. 

♦ 106, Gorges, ligne 3, 66, 67, lisez 166, 167. 
» 110, lignes 17-18, Corsier, lisez Corsie. 

» 111, ligne o, Cosciniaco, lisez Coseiniaco. 

♦ 114, ligne 13, Gurwol lisez Gurwolf. 

3> 120, ligne 21, M. R. 25, lisez M. R. 2tie série. 

» 132, Dérochia, torrent à Géronde, lisez Grôiie. 

3> 136, ligne 11 du bas, Praz, lisez Prez. 

» 145, art. Ecovets, ligne 2, Porthaux, lisez Poiilhaux. 

» 146, ligne 2 du bas, au-dessous, lisez au-dessus. 

3> 167, ligne 6, noms, lisez nous. 

» 171. ligne 5, Flouzalet, lisez Flonzelet 

» 184, ligne 8, Canava, lisez Cenava. 

» » ligne 11, cormique, lisez comique. 



Page 187, ligne 9 du bas, 1272 M. G. XIV, lisez 1227 M. G. IV. 

» 195, ligne 19, Praz ; Gottraux, biffez le ; . 

» 200, ligne 11, Gravaz à Daillens, lisez Gravay. 

•» 208, ligne 14 du bas, Heremence, lisez Hcremenci. 

» 223, ligne 3 du bas, Larrez, lisez Larriz. 

» 231, art. Levron, ligne 2, Levrona, lisez Levrono. 

^ 233, ligne 4 du bas, XII, lisez Xlle s. 

» 237, ligne 8,'au-dessous,\lisez au-dessus. 

» 241, ligne 6, comme la Louve, lisez Loue. 

y^ 254, lignes 13, 14, malea, troupeau, lisez malca, 

» 258, ligne 20, Vau de Rugt, lisez Ruyt. 

» 264, ligne 9, Martinae, lisez Martinaa. 

^ 265, Matran, ligne 1, 1148, lisez 1142. 

» 266, ligne 4 du bas, 2« s., lisez 2« livr. 

>► 271, ligne 4 du bas, Merlingiumy lisez Marlingium. 

* 274, Miécourt,'ligne 6, 1129, lisez, 1229. 

» 278, Moillesulaz, ligne 2, M. G. XFV, lisez IX. 

» 287, ligne 14, Monterai, lisez Montiral. 

» 288, ligne 16, Malconis, lisez Falconis. 

» 292, art. Montpreveyres, 1554, lisez 1154. 

» 337, Penthéréaz, D. Cossonay, lisez Echallens. 

» 341, ligne 4, Peppollcs, lisez PerroUes. 

» 344, ligne 6, Riez, lisez Riaz. 

» 350, ligne;;7, Fafî/o,-lisez Faeto. 

» 354, ligne 2, M. R. I, 2« s., lisez 2« livr. 

)^ 359, ligne 8, Rionda, lisez Rianda. 

» 365, art. Pressy, ligne 2, 29, lisez 129. 

» 381, ligne 1 du bas, RemulfenSy lisez Romulfens. 

^ 384. ligne 14, Rucei, lisez Rueci. 

)► 395, ligne 6, après es Routes ajouter s. m. 

» 400, lignes 10 et 17, Ruty, lisez Ruth. 

» 409, ligne 9, 1594, lisez 1494. 

> 412, ligne 7, 1059, Ii8ez:il59. 

* 416, art. Sarzens, Chumizo de Ghumo^ lisez Chunizo de Ghuono. 

* 418, ligne,!, Oalcens, lisez Solcens. 
» 426, art. Seime, M. F., lisez M. G. 

» 460, art. Thonex, ligne 2, 1230, lisez 1330. 

» 462, Tinterin, ligne 2, Tentlichen, lisez Tentlichon. 

» 463, dernière ligne. Tolère, lisez Tolore, 

» 485, ligne 6, vassif, lisez vaisif. 

* 492, ligne 5 du bas, Praz, lisez Prez. 

> 520, ligne 4, Varannes 1231, lisez 1331. 
» 557, Tsaraire, 75, lisez 85. 



sas. 1 1 



BIBLIOGRAPHIE 



Abullb du Jura (abbé Sérasset). Recherches historiques sur Tancien 
évéché de Bàle. — 2 vol. in-So. Neuchâtel 1840-41. 

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Bas- Valais. 



INTRODUCTION 



Tout nom de lieu, ville ou villag-e, rivière, montag'ne ou simple 
terrain, soit lieu-dit, a eu une sig-nification précise à l'origine. Le 
sens d'un ^rand nombre de ces noms nous échappe aujourd'hui, 
soit qu'ils appartiennent à des racines inconnues, soit qu'ils aient 
été tellement défigurés dans la suite des temps qu'il ne nous est 
plus possible d'en reconnaître la racine primitive sous la forme 
que le nom revêt actuellement. Remarquons ici que très souvent 
la forme officielle est une source d'erreurs. Les rédacteurs d'actes, 
clercs et notaires, et, plus près de nous, les géomètres qui ont levé 
les plans, les cartographes officiels ou privés ont très souvent 
interprété faussement les noms qu'ils entendaient prononcer, et 
leur ont donné une orthographe qui déroute aujourd'hui le cher- 
cheur. Aussi est-il de la première importance, pour une étude 
toponyraique, de rechercher les plus anciennes formes de chaque 
nom. La lecture attentive des documents publiés dans les recueils 
de chartes ou conservés dans les diverses archives est donc un tra- 
vail préliminaire indispensable. 

i. Origine. — A quel idiome appartiennent, d'après leurs 
racines, les noms de lieux de notre pays? 

Il j en a de trois sources différentes, formant trois couches 
superposées. Et de même que le géologue détermine l'âge relatif 
des divers terrains aux fossiles qu'ils renferment, on reconnaît 
les origines diverses des localités du pays aux racines dont elles 
dérivent. 



If- 



X INTRODUCTION 

Une première série de noms, la plus ancienne, est d'origine cel- 
tique. Nos ancêtres, les Helvètes, appartenaient à la nation g^au- 
loise, un des rameaux de la grande race celtique. Leur langue se 
rattachait à la famille indo-germanique ; elle était proche parente 
du latin et des vieux idiomes germains, (Bopp, Grimm, Zeuss). La 
plupart des noms de rivières, tous ceux en one, ar, sar, dive, 
reuse, rhin, morge, etc. ; ceux de plusieurs montagnes, alpe, 
dol, tann, balm; quelques termes topographiques, combe, oche; 
quelques noms d'arbres, verne, sapin, et de beaucoup de loca- 
lités, anciennement en dunum, durum, sont d'origine celtique. 
Ces noms se rencontrent surtout dans la vallée du Rhône, de sa 
source à Genève, et dans les vallées principales, Sarine, Broyé, 
Thièle, Birse. Un assez grand nombre d'entre eux s'expliquent 
avec plus ou moins de certitude; d'autres présentent une explica- 
tion probable ; beaucoup offrent des prablèmes pour toujours inso- 
lubles. 

A cette première série de noms s'en ajoute une seconde beau- 
coup plus nombreuse, celle des noms remontant à l'époque gallo- 
romaine, vocables tirés d'une racine latine, ou gauloise, mais 
adoptée dans le bas latin. Les conquérants romains s'établirent 
essentiellement le long des grandes voies de communication, dans 
les vallées déjà nommées, et sur le parcours des routes construites 
par eux. Ils bâtirent des fermes, des maisons de campagne, ils 
établirent des colonies, élevèrent des châteaux. A cette source éty- 
mologique se rattachent les noms formés des racines villam, 
casam, campum, pratum, planum, castrum ou castellum, monas- 
terium, capellam, montem, vallem, furcam, mansum, coloniam, 
burgum, vicum, condominium, murum, finem, paludem, aquam, 
flumen, etc. La plupart des noms d'arbres, fagum, pinum, tiliam, 
castaneam, laricem, etc., et quelques noms de végétaux plus 
humbles, jonc, ronce, fougère, puis ceux qui dérivent de plantes 
cultivées, froment, orge, épeautre, lentille, fève, pois, servent à 
dénommer de nombreuses localités. A ces deux groupes dérivés 
de noms communs viennent s'ajouter tous les noms de lieux ha- 
bités terminés en ier, iez, ey, y, ex, ez, ay, primitivement formés 



INTRODUCTION XI 

d*un nom d'homme, généralement un g'entilice^, — nom de fa- 
mille, — romain, celui du premier propriétaire, tels que Crissier, 
Agiez, Chabrey, Moirj, Arnex, quelquefois d'un cog'nomen^ ou 
surnom, Lonaj, Saconnex = domaines de Criscius, Abidius, 
Cabri us, Maurîus, Arnius, Lonus, Saco, noms auxquels s'ajou- 
tait le suffixe locatif acum; iacum s'est réduit à iac, puis à iaj, 
iei, ie ou je, enfin à y qui avait d'abord le son de ie dans vie. 
Mais d'autres noms se rattachent à ce g'roupe. Il faut y ajouter 
quelques noms en on, dérivés de g^entilices avec le suffixe io, 
ionis, tels sont Courson, Grandson, Valençon, Marsillon, etc. 
Enfin le gcentilice peut se transformer en adjectif et ne prend pas 
de suffixe : villa ^ Juvenia, de Juvenius-, domus Licinia, fundus' 
Anicius; ainsi à Rome, pons Aemilius, via Valeria, aqua Claudia, 
via Aemilia (Jubainville, p. a54, 3^5), et chez nous (villas) Da- 
vias, Granias. A cette dérivation se rattachent des noms dérivés 
du nominatif féminin singulier : Monnaz, jadis Mona, villa Mona, 
Paganaz, terra Pagana, ou du datif-ablatif pluriel : Grang-es, 
Grangiis, villis Graniis de Granius, villa Magis de Magus, aujour- 
d'hui Mage. 

Une troisième série de noms, la plus récente, est due à l'inva- 
sion burgonde, au commencement du cinquième siècle. 

Les Germains s'établirent surtout sur les plateaux qui séparent 
les vallées, dont la population gallo-romaine était déjà assez com- 
pacte; ainsi sur le plateau entre la Sarine et la Glane, entre la 

* Les ^eotilices se forment des co^omens, surnoms adjectifs, par l'interca- 
lation d'un i : Quintus-ius, Sextus-ius, Maunis-ius, Germanus*ius, ete. Les 
Gaulois faisaient de même : Gabros-Gabrios, Toouta-Tooutia. 

' Le propriétaire avait pris un çentilice quand il avait obtenu le droit de cit^ 
romain, et se contentait d'un co^nomen quand il était resté barbare; A. de 
Jubainville, p. 96. 

3 Fundus et villa sont deux termes corrélatifs : Fundus est la portion du sol 
qui forme une exploitation agricole appartenant à un propriétaire déterminé. 
Villa est le g^roupe des bâtiments où le propriétaire se loge et qui servent à 
l'exploitation. Il n'y a pas de villa sans fundus, ni de fuodus sans villa. Suppri- 
mez la villa, le fundus est réduit à l'état d^ager ou de locat^ Ager est locus qui 
sine villa est. Jubainville, p. 95. 



XII INTRODUCTION * 

Glane et la Broyé, dans le Gros de Yaud^ enfin sur le plateau qui 
s'étend entre la Venoge et le pied du Jura. Ajoutons quelques 
rares établissements en Valais : Salins, Suen, Turtig. Chaque chef 
burgonde reçut son lot dans le partage des terres ; il s y établit 
avec sa famille et ses gens, et le nouvel établissement reçut un 
nom dérivé de celui du propriétaire : par exemple Renens, primi- 
tivement Runingis, chez les descendants de Runo. C'est ainsi que 
sont nés, dans les régions que nous venons d'énumérer, les noms 
de villages et de hameaux si nombreux (m d'après Zimmerli), 
formés du suffixe germain inganij traduit en latin par ingiSy de- 
venu dès le neuvième siècle enSy eins, enges ou anges, inges, 
quatre formes qui ont chacune leur région particulière : ens à 
Fribourg et la région d'Echallens : Berlens, Sullens; ins au sud 
de TAubonne : Bursins, Prangins, et à Neuchâtel : Marin, Ver- 
mondin ; inges à Genève : Presinges, Puplinges et dans la région 
voisine de la Haute-Savoie, où Ton trouve une trentaine de noms 
en inges (dans M. Inst. Gen, VIII, 12, J. Vuy en compte 38); 
enfin la forme enges se trouve dans deux groupes de localités, 
l'un dans la vallée de la Broyé : Auboranges, Martherenges, 
l'autre près de Morges : Préverenges, Bassenges (aussi en Cha- 
blais : Morlange, Champanges. etc.). Ajoutons encore une graphie 
qui le rend méconnaissable, c'est an, Renan, Aran, Chevran, 
Valavran. Un autre groupe de noms datant de la période de l'in- 
vasion germaine comprend les nombreux Villars, de villare, réu- 
nion de villas, généralement déterminés par le nom du Germain 
auquel le hameau de colons gallo-romains échut en partage, ou, 
pour les localités nouvellement habitées, le nom de celui qui a 
fondé la villa, qui s'est établi sur le mont ou dans la vallée : 
Villarimboud, Villargiroud, Villariaz = villas de Rambold, de 
Gérold, de Rohart ; Vaumarcus, Montbovon, vallée de Marcold, 
mont de Bovo. A ces noms de la partie méridionale de notre pays 
romand s'ajoutent tous les noms composés en court du Jura : 
Courtelary, Vendelincourt, etc., et la plupart de ceux en velier : 
Undervelier, Develier, que Zimmerli (Ille p.) croit être d'origine 
franque. 



INTRODUCTION XIII 

Presque tous les noms de cette classe si nombreuse des dérivés 
de noms propres germaniques nous sont parvenus sous deux 
formes, Tune allemande, l'autre française, qui s'éclairent récipro- 
quement, la forme allemande ayant g-ardé g'énéralement la racine 
plus intacte, ainsi Vufflens — Wûlflingen, de Wulfilo, Glovelier — 
Liolting^n, de Lioht, Develier — Dietwiler, de Dieto, Villarepos — 
Ruppertswiler, de Ruppert, Courroux — Lûtolsdorf, de Lûtold. 
Toute étjmologie qui ne satisfait pas aux deux formes, française 
et germaine, est fausse, ainsi celle qui tire Courroux de curtis 
rufus (Dict. géog, Attinger), est d'emblée à rejeter, de môme 
que celles qui dérivent le déterminatif d'un nom commun, court 
et velier s'ajoutant toujours à un nom propre, voir Corban, Cof- 
frane, Miécourt. 

Notons enfin que ce mode de formation de noms locaux dérivés 
de noms d'hommes se continue encore de nos jours, surtout dans 
les montagnes. Citons parmi les noms propres existant encore 
aujourd'hui, dans la Gruyère : la Saudannaz (Saudan), la Bu- 
mandaz (Buman), la Vondervsreide, la Fégueline, la Guisolandaz, 
— au Pays d'Ënhaut, la Jaquillarde, la Jaquerode, la Minaudaz, 
la Gobalette ; dans le district d'Aigle, la Bercière, la Veillarde, la 
Sordettaz, la Perrettaz; dans le Jura, district de Grandson, la 
Porrettaz, la Rougemonne, la Rusillonne, la Roguine, la Pidou- 
saz, la Christine, etc. Nous avons laissé de côté ces noms qui s'ex- 
pliquent d'eux-mêmes. 

Remarquons en passant que les notaires ont souvent donné le 
suffixe gallo-romain iacum à des noms d'origine germanique et 
quelquefois l'inverse. Citons Bruciniacum pour Brucins ou Bur- 
sins, Givriacum — Givrins, Matiniacum — Mategnins et inverse- 
ment, Burdignins pour Bourdigny de Burdiniacum, Cartignins — 
Cartigny de Quartiniacum, Prignins de Prianiacum, Gresins de 
Gratiacum, Nivillins de Novelliacum. Ils ont de môme donné ce 
suffixe acum, qui ne s'ajoute qu'à des noms d'hommes, à des noms 
de choses: Asneriacum, Anières; Pantharacum, Penthéréa; Chi- 
seracum, Chéserex; Corgiacum, Corges; GoUionacum, Gollion; 
Holder cite aussi un Tremuliacum, aujourd'hui Trembly, de tre- 



XIV INTRODUCTION 

mula, le tremble. Aux noms de localités dérivés de noms propres 
germains, s'ajoutent, dans la période burgonde, un certain 
nombre de noms, surtout de lieux-dits, dérivés de substantifs 
communs germaniques : bole, breuil, mosse, léchère, râpe ou 
rippe, rosé, saule, vœte, vuaz, vavre ou voivre, etc. 

2. Modiflcatîons des racines. — Naturellement tous ces noms 
ont subi, dans le cours des âges, maintes modifications. Les règles 
qui président à la transformation des mots du dictionnaire, per- 
mutations, transpositions, additions ou suppressions de lettres, 
dont on trouve les lois dans les dictionnaires étymologiques, s'ap- 
pliquent avec la même rigueur aux modifications des noms 
propres; seulement leur orthographe est infiniment plus capri- 
cieuse, plus mobile, car elle n'est réglée par aucun dictionnaire. 

De plus, on y rencontre un certain nombre de permutations 
inconnues au français, mais qui se retrouvent dans nos patois : 
c-h aspiré. Corne— Home, Combe — Hombe; ch-f, Oche — OfiFe; 
»-f , l'Essert — le Fer, Cingle — Fingle ; ch-ss, Ouche — Ousse ; ss-ch, 
Ëssert — Ëchert, Pissot — Pichoux ; j-z, Joux — Zour ; ch-ts, Chanoz 
— Zanoz, Chaux — Tsô; 1 mouillé et 1-d ou 5, Gollie — Gode, 
Daillon — Dadon, Palette — Padette; j-d, Oujon — Audon, Chàges 
— Chaude; q-t ou c-t, Paquier — Patier, Curtmannonis — Tourte- 
magne; gl-11, Glaise — Liaise, Glarey — Liarey; — des additions, 
comme le v entre deux voyelles, des suppressions, comme celle 
du V initial ou médian, Vercome — Ercome, Vernayaz — Ërnayaz, 
Novale — Noale. Nous y trouvons des voyelles et syllabes atones, 
az, oz, è, y = e, Riondaz — Rionde, Iserabloz — Iserable; on écrit 
indifféremment Trogny et Trogne, Reschy — Rêche, Sinièse et 
Ziniegy ; cet i atone existe dans les patois de l'Isère où l'on écrit 
tachi, clou, tronchi, souche, oulagni, noisette, armailli pour ar- 
maille, troupe, drachi, marc, grailli, corneille, agi, haie. Au qua- 
torzième siècle, plus de cinquante noms de lieux du pays aujour- 
d'hui terminés en e, s'écrivent y : Venogy, et jusqu'au seizième 
siècle, Viveysi i536, et au dix-septième, la Monsy i668, laMonse; 
ez = es. Miserez — Mézières ; ier et iez .= y, Vernier, Agiez, Fiez, 



INTRODUCTION XV 

se prononcent Verny, Ag-y, Fy. A ce propos, remarquons qu'il se- 
rait temps de modifier Torthog'raphe de nos noms de localités 
pour éviter de voir ces noms défigurés par un déplacement de 
l'accent. On entend déjà trop souvent prononcer Riondàt^ An- 
zeîndàt ou Riondàze, Anzeindàze, les mots Riondaz, Anzeindaz, 
que nos pères prononçaient Rionde, Anzeinde, comme nos mon- 
tag'uards le font encore aujourd'hui. Nous devrions imiter les Va- 
laisans qui ont abandonné les orthographes surannées d'Evolenaz^ 
Iserabloz, écrits aujourd'hui Ëvolène, Isérable. 

Parmi les influences qui ont contribué à modifier les noms, il 
faut encore ajouter : 

fo La soudure de l'article, entière ou partielle : Lallex, l'Allée 
ou l'Aller pour la Lex, Lormoy— l'Ormoie, Lourtier — l'Ortier, la 
Liserae — l'Yserne, la Laire — l'Aire, Lirette — l'Irette, Loursine — 
rOursine, Lautaret — l'Autaret, Louge — l'Ouge, Loche — l'Oche, 
rObèche — lo Besso, l'Avare — laVare, l'Achat— la Ghaz. 

2^ Au contraire, la séparation de 1 initial : l'Arrêt pour Larret, 
l'Horette— Lorette, ou du a de l'article féminin, la London pour 
l'Allondon. 

30 L'addition d'un n initial provenant de la liaison de en avec 
la voyelle, Onnaz— Nona, Euloz — Neuloz, Oez — Noës, Ombrieux 
— Nombrieux, y Travers — Ni travers, fréquent en Valais où l'on 
dit encore aller en Isérable, en Nendaz. Cette agglutination de l'n 
est fréquente en romanche : Nalps, Nacla, Naul pour in Alps, in 
Acla (= mayen), in Aul, devenus 'n Alps, 'n Acla, 'n Aul. On 
a dit aussi Nenges pour Enges, Description de j\euchâtel, par 
Amiet, 1692. 

4** La soudure de en : Engollon, Enney, Envelier, Envuardes. 

5° La soudure de es (y en Valais) : Ëtagnère, Elay, Eloyes, 
Echilles, Epoisats, Eponveys, Eplatures, Evilard, Ecoteaux, — 
lUettes, Itravers, Izigière, Ypresse. 

60 La séparation de a ou e initial pris pour une préposition : 
à Talens pour Attalens, en patois Talein, R. de Vouant pour 
d'Evonant, Epenaux devenu es Pénaux, puis Penau. 

7® Des confusions de suffixes : an latin avec ens germanique : 



XVI INTRODUCTION 

Aran pour Arens, Chevran pour Chevrens, Valavran pour Vala- 
vrens ; ar latin et ard germanique : châtelar, molar, villar, outar, 
de castellare, molare, villare, altare, devenus châtelard, molard, 
villard, outard. 

8<> Des modifications de suffixes, telles que aulaz, ollaz, eulaz, 
pour ola, anciennement oula, de ula : Arg'naulaz, Foyaulaz, Ter- 
raulaz, Serraulaz, Revereulaz, jadis Herniola, Teroula, Rive- 
roula. 

90 L'introduction de lettres parasites, telles que le h après t, 
soit au commencement des mots, Thanna, Theil, Theisa, Thio- 
leire, soit à Tintérieur, Athenaz, Bethusy, Epautheires, Mathod, 
Mothe, Penthaz, ou à la fin, Buth, Ruth, Sejthe, etc., h qui a été 
la cause de fausses étjmologies : personne n'aurait songé à dé- 
river Betusie de Bet-hus, si Ton n'y avait introduit un h après le 
treizième siècle. De même à la fin des mots le z est le plus souvent 
parasite et n'apparaît que postérieurement; outre les mots en olaz 
mentionnés plus haut, citons encore Monnaz, Penthaz, jadis Mona, 
Penta. 

En outre, de fausses étymologies, de faux rapprochements, ba- 
sés sur des ressemblances fortuites, ont souvent influé sur l'ortho- 
graphe, et quantité de noms nous sont parvenus sous un aspect, 
un déguisement qui les rend méconnaissables. Citons parmi les 
fausses orthographes actuelles, outre celles que nous donnons plus 
haut : les Arts pour les Ars, le Cerf pour TEssert, Gouvaloup pour 
Couvalou, la rue du Marché à Genève pour Marchet ou Maréchet, 
le Muids pour le Muis, Jolimont pour Julemont, le Vaud, les 
Veaux pour Leveau, Leveaux. Bord-de-l'eau pour Bordelloz, etc. 
Les chartes nous oflFrent de curieux exemples de ces calembours : 
Arcum Gœli par Arconciel, Periculo — Péry, Aprili — Avry, Gran- 
dissonus pour Granzon de Grantio, Vallis Volucrum pourFuglis- 
dal ou VaufFelin, Vallem Leonis — Vaulion, Vallis Mercurii — Vau- 
marcus, Escholes Blanches pour Escublens (Gart. Haut Grôt). 
Cette tendance à expliquer un nom par une ressemblance purement 
extérieure a, encore de nos jours, conduit à une quantité de fausses 
étymologies, dont \q Dictionnaire historique du canton de Vaud 



INTRODUCTION XVII 

et les travaux d'Hisely dans les premiers volumes des Mémoires et 
documents de la société d* histoire de la Suisse romande oflFrent 
encore quelques exemples, tels sont Bethusj de Bet-haus (l'h est 
parasite), Romairon de Romanorum, Eclépens, Sclepedîng^us, de 
schlepp-ding, étymolog-ie de Ruchat qui tire Ecublens de Schu- 
bling* et Senarclens de Scharnachlingen, pays des ronfleurs (cité 
par J, Olivier, Canton de Vaud, i88). C'est ainsi qu'en 1869 
encore, Saugy tire Bellelay de belle laie, femelle de sanglier 
(Histoire de l'Abbaye), qu'en 1900 M. Marchot dérive Villarepos 
de villare repositum, et que nous avons entendu expliquer Saint- 
Gingolpb par Saint-Jean en g'olfe ! 

Ajoutons les fausses lectures : Mameres pour Maineres avec un 
i sans point et la faute inverse, Balinam pour Balmam, Yerconia 
pour Vercoma; celles de Uaure pour Vavre, Juvego pour Jurig-o, 
Uuurie lu Wurie pour Vuvrie (HautCrôt), Duluina pourDuluiva, 
n pour u = V (M. R. III), in Auros (Malile) pour iauros = Ja- 
vros, le Javroz, confusions dues à l'identité des lettres u et v. 
C'est la môme raison qui n'a pas permis à l'éditeur de l'Obituaire 
de la cathédrale de Genève, M, G,, XXI, 187, d'identifier le nom 
de Valaureus, qui n'est autre que Valavran, écrit Valavrens, 1267, 
M. G., XIV, 40*. 

L'esprit de système est une autre cause qui a contribué à aug*- 
menter le nombre des fausses étymologies. Au commencement du 
siècle passé, la mode était au celtique. En 1807, l'Académie cel- 
tique se proposait «d'étudier et de publier les étymologies de 
toutes les langues de l'Europe, à l'aide du celto-breton» (Mémoires 
I, p. 4)- Le doyen Bridel, tout épris de celtique, traduisait perdes 
mots celtes plus ou moins authentiques tirés de Bullet, les noms 
les plus manifestement latins : Ayerne, Baugy, Chavon, Chesière, 
Forclaz, Manche, Mazot, Mocausa, Neirivue. De même Gaudy- 
Lefort, dans son Glossaire genevois, 1820, pour Cologny, Pressy, 
Crêt, Vie, etc. 

< M. le chanoine Mercier, dans sa liste des chanoines de Genève publiée en 
1895, Acad. Salésiennc d'Annecy, Mém., XIV, 196, n*a pas non plus identifie 
Valaurens avec Valavran (comm. par M. Eujçène Ritter). 

B 



XVIII INTRODUCTION 

Gatschct, dans ses Ortsetyrnologische Forschnngen ei Pro^ 
menades onomasliques, tous deux parus en 1867, a heureuse- 
ment recouru aux sources aussi souvent qu'il a pu, et a rencontré 
juste dans un grand nombre de cas. Mais il a aussi un système 
qui lui a fait commettre mainte erreur. Il attribue aux plantes un 
rôle exagéré dans l'onomastique locale, et dès qu'il découvre 
quelque ressemblaace entre un nom de plante et celui d'une loca- 
lité, il dérive celui-ci du premier, sans souci des possibilités. 
Ainsi pour lui Vercorin, Valais, vient de verrucaria, l'héliotrope 
d'Europe, petite plante peu apparente qui n'y croît pas ; Auvernicr 
de avornio, l'orme, arbre d'Italie ; Auboranges de aubours, cytise 
du Tessiu; Arzier de arze, mélèze, étranger au Jura; Avenex de 
avoine. Fiez de fichte, le pin ; Céligny de siligo, froment d'hiver; 
Lentigny de lens, lentille, quand les suffixes en acum des quatre 
indiquent la dérivation d'un nom d'homme; les Evouettes, Ivettes, 
de eibe, if; Naie de nardus, le nard «que le bétail préfère à toute 
autre herbe», dit-il : erreur amusante, car aucun bétail ne touche 
à cette graminée dure et piquante. Citons encore Gompesièrestra- 
duit par Combe des pesses, quand la localité est située sur un crôt 
fort prononcé, la Becca d'Audon, 8228 mètres, d'herba d'audon, 
la bryone, plante des contrées chaudes. Studer {Schweizerorts- 
narnen, 1896), admet de confiance toutes ces étymologîes qui ne 
supportent pas l'examen, et renchérissant encore, dérive Eisten et 
Fée, vallée de Saas, de l'allemand eisten et du latin fagus, hêtre, 
arbre étranger au Valais; Monte Moro, col glacé, 2 100 mètres au 
pied, de morus, mûrier, ou de morum, mûre de haie. Telle est 
encore l'erreur de M. Paul Marchot qui, tout récemment. Revue 
de la Suisse catholique, 1900, tire Charmey de carpinetum, 
taillis de charmes, arbre qui ne croît pas à cette hauteur et, faute 
plus g'rave, dérive, sans s'inquiéter d'aucune forme historique, 
Morat et le Mouret de moretum, plantation de mûriers. 

Aucune circonstance, aucune considération ne les arrête, ni la 
configuration du sol, ni l'altitude et l'impossibilité pour telle 
plante de croître dans le lieu donné. 

Pour éviter autant que possible de tomber dans les erreurs de 



INTRODUCTION XIX 

nos devanciers, nous avons d'abord compulsé toutes les sources 
de renseigcnemcnts que nous pouvions trouver. Les cartes, les 
plans cadastraux et les Feuilles des avis officiels nous ont fourni 
les noms actuels dont nous avons noté soig-neusement les variantes 
d'orthographe. Puis les diverses publications des sociétés d'his- 
toire et d'autres ouvrages, plus de 260 volumes, nous ont donné 
les formes primitives de ces mêmes noms. Nous avons admis dans 
le cadre de notre étude les localités jadis romandes, aujourd'hui 
germanisées, du Valais, depuis Couches jusqu'à Louèche, où 
l'allemand ne s'établit définitivement qu'au seizième siècle, ainsi 
que les villages des environs des lacs de Bienne et de Morat, où 
l'allemand continue sa marche en avant. C'est ainsi que Naters, 
Brigue, Kerzers, Mett, etc., ont trouvé place dans notre étude. 

Ce travail préparatoire achevé, nous avons étudié les ouvrages 
qui pouvaient nous donner l'explication des différentes racines et 
la formation des noms de lieux, les travaux de Quicherat et sur- 
tout le magistral ouvrage de d'Arbois de Jubainville sur l'Or/- 
gine des noms de lieux habités en France, le Dictionnaire de 
De Vit pour les noms d'hommes d'origine latine, celui de Fôrste- 
mann pour les noms germaniques, les ouvrages de Zeuss, de 
Holder, Diefenbach, etc., pour les racines celtiques. 

Ces différentes sources nous ont permis de résoudre maint pro- 
blème étymologique resté jusqu'ici insoluble. Ajoutons que la plu- 
part de nos solutions ont été soumises à l'examen de M. le profes- 
seur J. Bonnard qui, avec une complaisance inépuisable, a mis sa 
science à notre service pour vérifier et à l'occasion corriger et 
compléter nos recherches. Nous lui en exprimons ici notre vive 
reconnaissance. Nous devons également des remerciements à M. 
le professeur J. Stadelmann qui nous a donné quelques directions 
précieuses, et à M. Isabel, instituteur à Villars sur Ollon, qui 
nous a renseigné sur de nombreux noms dérivés du patois. 

Aigle, janvier 1906. 



ESSAI DE TOPONYMIE 

^^igine des noms de lieux habités et des lieux dits 
de la Suisse romande. 



b", rivière, Arula, en 3^3 dans S, Eucher, Ara, l^IO, Arola, 
|daDs Fnkléffairc. Arar. en 178. ia3r>, F. B. II. laCti, 1274. 
I3Â4. Ar, 1271, F. B. II. Sous loulcs ces formes, on re- 
né la recioe cetlique Ar, fleuve, u/n, ola, dimJDtitifs. La 
F Arar au contraire est sans doute Formée de ar, fleuve et 
a particule augmeotative ar^= très, fréquente dans les noms 
«IliquFs, indiquant ainsi la puissance du cours d'eau. 

Uthayii. Clos —, k Hoche; ancîcDDe pi'opriété de l'abbaye du 
SBÎat-Bernanl. 

AI>or||e.in(x), loc. à Puidoux; Aberjoz, à Corbeyrier; Aber- 
fjrot, cbalet et pâturage à Montbovon ; Aborglrc, & Tour-de- 
Tffme; autres formes de l'Aliorgenient, D. Orbe, terre donnée 
«D Nberg^ment, eu ferme perpétuelle et héréditaire. 

I.'AlK>rtnu, chalets sur les VoPltcs. Ormont-dessous ; èa Abé- 
riom, à Pran^Ds et Ormont-dessus ; es Aborrînux à Genolier ; 
port de l'Abériou, aux Evouetles, Valais; i'Avériaiix, bras de 
la Baie de Clarens =: l'abreuvoir. En Oauphïné, l'.Vbéourou, 
ieabeurar. abreuver, 

L'Abr^fiaiuc , ruisseau à Pdquier, Frib, . autre foroie de 
direuvoir. 

Les Almoa, t^ loc., prairies, à Court, Corban, Glovelier et Delé- 
monl. Jura bernois. Peut-être y a-t-il quelque parenté avec le 
terhe v. fr. abuet; convertir en fumier (Godefroy) bien qu'il soit 

B. D. SIC. sinW, TOUR vil I 



ESSAI DE TOPONYMIE 

9 

Origine des noms de lieux habités et des lieux dits 

de la Suisse romande. 



Aap, rivière, Arula, en 343 dans S. Eucher, Ara, t^io, Arola^ 
598 dans Frédég-aire, Arar^ en 778, i235, F. B. II, 1266, 1274. 
Hara^ i354> Ar^ 1271, F. B. II. Sous toutes ces formes, on re- 
trouve la racine celtique Ar, jfleuve, u/a, ola, diminutifs. La 
forme Arar au contraire est sans doute formée de ar, fleuve et 
de la particule aug-mentative ar= très, fréquente dans les noms 
celtiques, indiquant ainsi la puissance du cours d'eau. 

Abbays, Clos — , à Roche; ancienne propriété de Tabbaye du 
Saint-Bernard. 

Abergeau(x), loc. à Puidoux; Aberjoz, à Corbeyrier; Aber- 
geot, chalet et pâturage à Montbovon ; Abergîre, à Tour-de- 
Trême; autres formes de TAbergement, D. Orbe, terre donnée 
en abergement, en ferme perpétuelle et héréditaire. 

L'Abériau, chalets sur les Voëttes, Ormont-dessous ; es Abé- 
riaux, à Prangins et Ormont-dessus ; es Aberriaux à Genolier ; 
port de TAbérleu, aux Evouettes, Valais ; TAvériaux, bras de 
la Baie de Glarens = Tabreuvoir. En Dauphiné, TAbéouPOu, 
de abeurapy abreuver. 

L'Abréviaux , ruisseau à Pâquier , Frib. , autre forme de 
abreuvoir. 

Les Abues, 4 loc, prairies, à Court, Corban, Glovelier et Delé- 
mont, Jura bernois. Peut-être y a-t-il quelque parenté avec le 
verbe v. fr. abuer, convertir en fumier (Godefroy) bien qu'il soit 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 1 



2 ACHY — AGAREN 

difficile d'établir la filiation. Il y avait des campis Abes, près 
Sierre, i453 et un lieu dit les Abes^ à Cressier. 

En Achy, loc, à Ecublens, D. Glane, grangia de Axi^ ii79> 
I i8o, M. R., XII, 4o, 4^* D'Arbois de Jubainville dérive un Achy 
de France de Appiacum^ domaine d'un Appius; nous tirons le 
nôtre de (praedium) Acciacum, domaine d'un Accius, autre gen- 
tilice (nom de famille) romain, nous basant pour cela sur la 
forme primitive Axi = Accie. 

Acleus, D. Gossonay; Aclens, vers 1106, Hidber N® lôaS, 
Asclens, vers 1200 et i383, M. R., V, 218, 2'jt^; AcienSy ï453 = 
chez les descendants d*Ascilo^ n. pr. germain, Fôrstm, p. i3o. 

Aclex, bois près Surpierre, nemus quod dicitur Asclei xiii« s. 
versus supra petram M. R.VI, 325, 387. Le texte, p. 325, a aselei, 
fausse lecture ou coquille. Origine inconnue. 

Aux Adelins, ham. de Poliez-Pittet = chez les descendants 
(ÏAdilOy Adelo, n. pr. germain, Fôrstm., p. 137. A Nax ou Con- 
they. Valais, un campum dol Adeleyriy i25o. 

Ados, loc, à Auboranges (Fribourg) ; Addox, à Boudrj; 
Adoux, à Granges (Vaud) et Palézicux; es Ados, 1228, 1295. 
Addoux, Villars-les-Moines, Montagny, Essertines et Gruyère ; 
Adouz, à Bavois et Epagny : fr. ados = endroits bien exposés 
au soleil, abrités. 

Adrey, 2 ham. D. Gruyère ; du patois adrai, flanc d'une vallée 
le mieux exposé au soleil, le flanc droit, l'adroit en français 
romand. 

Afflon, ham. près Gruyère et ruisseau ; de ad et Jlamen, vers 
le ruisseau ; le hameau a ensuite donné son nom au ruisseau. 

Les Afforets, loc. à Aigle ; les Affores à Gorcelles, Neuch. en 
i346 ; de ad, vers, et bas \dX\n fo restai, forêts. 

A(japen, village près Louèche, Valais. Aert, 1252, 1292. Ayerty 
1267. Aient j 1273. Ayert, 16 fois, i366-i4oo. On y parlait alors 
français. Dans la seconde moitié du quatorzième siècle, l'allemand 
s'établit dans la contrée et le nom change. Agoni, i383. Agoren^ 
1394. Agarn , 1397, sans que la forme primitive disparaisse 
complètement: Ayert, i393, i4oo, i4ii> i554. Zimmerli, 111,72. 



AGISSONS — AGNY 3 

Ayert est probablement le correspondant des Ayer de la Suisse 
française, lieu où abondent les érables. Quant à Agarn, c'est le 
plur. de agar, nom au Tessin de Térable. 

Agassons, aux — , prés à Gonthey (Ag'açou), dimin. de aigasse, 
lui-même augmentatif de aiguë, eau ; prés avec de petites 
sources, prés humides. 

Agaune, ancien nom de Saint-Maurice, Valais. Acaununij 
comm* du cinquième siècle (Saint-Eucher). Agaunum^ 5i6, 708, 
etc., du celte acaunum, rocher. 

Age, plur. Ages, ham. d*Avrj-sur-Matran, et une quinzaine 
de lieux-dits Vaud et Frib., es Agges à Ghatonnaye, Adgés à 
Sales, Frib., Adzex à Naz ; les Haches à Torny-le-Grand ; 
Hade à Damphreux et Montignez, Jura bernois ; les Hadzes à 
Sassel ; Poète- Adze à Ballaigues ; du v. fr. agie, bas latin agia, 
patois adje, adze, anglais hedge, du v. h. ail. haga, haie. 
« Quel qui aura agie ou cloz sus pasquier de villa de Fribor... 
que didant la saint Michie retraison lour âges et closon. » 1422. 
Rec. dipl. Fr. VII. 

Aget, forme pa toise de Azet, Voir Aze. 

Ageltos, D. Sion. Agietes et Gieti, 1190. Agyeites, i25o ; les 
Agit(t)es sur Gorbeyrier ; de ad, vers, et v. fr. gieie, du latin 
jacitum, gîte. 

Agîez, D. Orbe (pron. Agy !). Aziacum, loii et 10^9 M. R. I. 
1109, 1160. Hidber, I, II. Agyz^ ^^79» Agyaciim, 1266, Agie, 
1263, Agy, 1882. M. R. XIV. — Agy, ham. près Fribourg, 
Aziey 1228, Azje, 1281. M. R. XII. Agye, 1800, Agiez, i34o, 
ail. Ebsach ; de (/andum) Abidiacum, domaine d'un Abidius, 
gentilice romain. 

Agnens, ham. disparu entre Missy et Portalban (un commu- 
nier encore en 1567), Asenens, loSo, Asnens, ii49> ii62,Matile; 
Asneins, 1210, Asnens, 1228, 1289, M. R. VI. Agnens, 1842, 
Matile. etc. = chez les descendants d'Asino, n. pr. germain. 

Agny, loc. à Avenches, pas de formes anciennes =: (funduni) 
Agniacum ou Aguniacum, domaine d'un Agnius ou d*un Agu- 
nias; Holder donne ces deux gentilices, p. 69 et 62. Le m du 



4 AGOUILLONS — AIGUEROSSE 

second ayant cl il tomber de bonne heure, Ag'ny peut venir indif- 
féremment de l'un ou de l'autre. 

Agouîllons, deux collines au nord du Pont, vallée de Joux = 
aiguillon, de aculeonem^ piquant. 

Agreblaiâ, torrent temporaire ou dévaloir et forêt voisine à 
Saint-Gingolph ; Agriblieray, forôt sur Blonay ; du patois agreb- 
llaiy houx, dérivé du latin acrifoliam: localités où abonde le 
houx. 

Ayrimoino, D. Lac, Frib., ail. Agriswil, Agersswylcy 1276, 
Agraswgl, i333, Agrîslwil, Kucnlin, 1882. 

Aigle, Allium, ii38, Alio, 1179, Aile, 1204, Aylio, i255, 
Algo, 1279, etc., en patois Ailloz, peut-être de aqaila, aigle, 
comme le patois aillo, qui désigne à la fois Aigle, loc, et aigle, 
oiseau. Aille dérive naturellement de aquila, comme maille de 
macula. 

Il est entendu que nous ne pensons ici nullement à une allusion 
aux aigles romaines, mais simplement à Taigle oiseau, qui niche 
ici et là dans les rochers au-dessus de la ville. 

Aigremont, château ruiné aux Ormonts ; mont à Pâquier, 
Neuchâtel ; de acrem montem = mont aigu, escarpé. 

Aiguo : le latin aqua^ et le celte ève, ive, eau ont donné un 
grand nombre de formes aiguë ^ eigue, igue, ivoue, ivue, invoue, 
ive, ève, euve, qui entrent dans la composition de nombreux 
noms : 

Aiguerosso à Gryon, eau rouge ; Aigue-Saussaz à Salins sur 
Aigle, du latin salsus^ eau salée ; Autraigue, Ormont-dessous, 
au delà de Teau ; Ballaîgue, belle eau ; Fraîdaigue, eau froide ; 
Raraigue, champs à Aigle, eau rare ; Longeaigue, Avenches, 
longue eau ; Morlaiguo ou Mortigue, trois ruisseaux vaudois, 
eau morte ; îVoiraîgue, Neuchâtel, îVoiraigue, Ballens, Neipigue 
ou Neipîvue, Frib., eau noire ; Aiguctte, ruiss. à Saubraz, petite 
eau. Corne à l'Ëgaz, loc. à Villeneuve, In Ygouasse à Gri- 
mentz,Valais, aux eaux ; Albeuve et Erbîvue, Frib., eau blanche ; 
Oapîvue, Valais, eau claire, Mapivue à Albeuve, grande eau ; 
ïx)ngîve, Longivue, plus, loc, longue eau ; Rougève, Rogîve, 



AILLE — ALBEUVE 5 

Bogiaivuiy 1287, Rogivue, Rozaigue, Orbe, eau roug'e ; Saus- 
sivoe, ruiss. Gruyère, salsa aqua, 1296, eau sal(*e ; Ivette ou 
Ivoueite, torrent à Bex, petite eau, Evouettes, Valais et Evuettes, 
Sépej, es Yvootles à Olion, es Invouettes à Charmey, petites 
sources ; Ent rêves, Elrèves, Etrives, Ollon, entre les eaux ; 
l'Evi, ruisseau d'Albeuve, Invoua à Marly, Invoué à Sales, 
llnvoê à Thierrens, Flnvuex à Granges, Linvuex à Saies, Sa- 
rine, Livoez, Assens, Ivuex à Prahins, Yvoex à Prangins, Evuez 
à Roche ; de ève^ et suff. collectif ej?, eZy endroits où Teau abonde. 

Aille En — , à Grandvillard, Gruyère ; Aillepraz à Granges, 
Vaud, Aiilipra 1228; de aille, aigle = à TAigle, au Pré de 
l'Aigle ; Treutse à TAille à Trient, Valais : rocher de l'Aigle. 

Aillerens, ou Allerens, ham. près Moudon, Villar Aliénant, 
1 142, Vilar Alarenc, 1 147, Aleran, 1 154. Cart : Month, p. 7, 11, 
19 = chez les descendants de Allhar, n. pr. germ. de -4//o et hari, 
guerrier. Un Allhar, sous la forme latinisée Alerius, est un des 
signataires de la charte de fondation de l'abbaye de Payerne, 962. 

Aire, deux villages de Genève, Aira, ham. de Saxon, et trois 
ou quatre pâturages en Valais ; du latin area, aire, cour, champ, 
place à bâtir ; l'AiPette, pâturage sur Ardon, EirctUiz à Isérables, 
diminutifs. L'article s'agglutinant au diminutif a donné Lairettaz 
à Cîonthey, Leyrettaz, loc. à Nax, Lirelte, ham. de Saiiit-Jean 
d'Anniviers, Yreta, 1260 ; Lyrottaz, alpe sur Sierre, Lirette sur 
Ardon. 

Aire, deux rivières de Genève, affl. de l'Arve et du Rhône, écrit 
quelquefois Laire ; de la racine celtique an si fréquente comme 
premier ou second élément des noms de rivières. Arvc (Arar), Aar 
(Arola), Isara, Areuse, etc. 

.ijoie, ail. Elsgau, nom du pays de Porrentruy, Ayt/oya vers 
1180, Aioia, 1236, Ajoya, i3ii = Hall'sgau ou contrée de la 
Halle ou Aile, aujourd'hui Allaine, rivière qui traverse la contrée. 

Albeuve, Fribourg, Alba aqua, 1019, M, R. VI, Erbiwi, 
1171, Albewiy 1171, Albewy, 1221, M. R. XXll, Albegae, 1C20 
(Dellion), du latin alùa aqua, eau blanche, ou du celtique alb 
et eue^ ive^ même sens. 



6 ALBINEN — ALLAINE 

Albincn, D. de Louèchc, en franc. Arbignon ; voir ce mot. 

Alesscs, ham. de Dorenaz, D. Saint-Maurice, Valais, Alleyses^ 
i342, Alesses, i35o; peut-être de la racine celtique ail, vieux 
hibernien, rocher (Holder, p. 90), d*où Ton dérive Alesia. Alesses 
est perché sur un rocher comme TAlesia que prit César. 

Alferinée, ham. de Tûscherz. D. Nidau. Chloz de Alpherme^ 
1274, Zimmerli, villa Alframe en i325, t. III = domaine à'Al- 
franiy n. pr. germ. Fôrstm., p. 58. 

Algaby, ham. du Simplon, Valais, ital. al Gabbio. M. Alb. 
Navillc, M. G. XVI, le rapproche de Gabiet (mine d'or) et de Gaby 
(fer) ; ham. vall. de Gressonney, Aoste, et de Grange Gabj (mine 
de fer) au Salève, et en conclut qu'il y a là une racine indétermi- 
née signifiant mine. Cette racine est la même que celle du fran- 
çais cage, ital. gabbia, et cave, ital. gabbiOy du latin cavea, cage, 
et caoa, cave ; les divers Gaby désignent donc des excavations, 
des lieux où l'on a creusé le sol. Peut-être y a-t-il eu à Algaby 
des mines autrefois, comme à (jondo ; peut-être le nom est-il dû 
simplement à la position profondément encaissée du hameau. 

Allani<'in, D. Rolle ; ordinairement expliqué f&r ad Lemanuniy 
vers le Léman (Bridel). Gatschet le tire de Allmend = Commu- 
naux. Les noms de R. de Alamant, 1217, Johannes (1227) et 
M. de Alamant, i235, et la parenté de ce nom avec ceux de Alla- 
iiiands ou Alamans, prés à Chamoson, Valais, /)ra/a/n Allala- 
manty i323, — il y avait k Chamoson un Ulrich VAllaman, Ul- 
dricum Theotonicum, 1229, — et avec le hameau des Allainands 
à Rougemont, les AllamanSy i238, M. R. XXII, 42, tous ces 
noms nous font attribuer à Allaman la même origine : propriété, 
ferme de V Allaman^ de l'AUemane. Ce nom revient fréquem- 
ment, citons aux Côtes de l'Allaman à Belmont-Yverdon ; le Gué 
(Wadcs) des Allaoïans près Domdidier, i3i4, la Vy des Alla- 
nians à Ménières, la vy eis Alamans, 1620. 

Allanionl, sommet sur Vouvry = à l'Amont. 

Aile, grand village D. Porrentruy. Alle^ ii36, Halla, 1221, 
Aile, 1226. 

Allaine. rivière qui y passe, autrefois Halleine. Probablement 



ALLÉE — ALLEX 7 

de Tall. Halle qoi désigne partout une salioe. Cette contrée avait 
encore an moyen â^ des sources salées qu*on exploitait alors^ 
ainsi à Soulce, Doubs, frontière du Porrentruy : salinas de Sul^ 
ceOy 1 179. Voir aussi le mot Soulce. 

L'Allée, alpe d'Anniviers, la Lex en i349, la Ler^ iSoO, Mu- 
rith. ; du v. haut ail. lei, rocher. Voir Leœ, Cette alpe est proba- 
blement la même que celle de Lily, 1876, Lylly et Lilly ^ i3()5. 
M. R. XXXVIl, p. 1 1 et 434. L'Allée est une fausse orthog-raphe 
comme celle de la fameuse Allée blanche au mont Blanc, ortho- 
graphe vulgarisée par de Saussure, qui devrait s'écrire la Lex 
blanche et tire son nom de la paroi méridionale du mont Blanc 
toute blanche de neige et de glaciers. 

Allens ou Alens, Lutz, ham. près Cossonaj, villa Ariens 
entre 987 et 998, M. R. XXIX, 35, Aslens entre ii63 et 1180, 
Hidber, II, 192, Ariens^ i235, Alens, i358, Aslens, 1887, — 
ham. de Blessens D. Glane, Arlengus , 1002, Allens, i25i, 
M. R. XII ; autre, loc. près Saint-Prex = chez les descendants 
à*Arilo (l'Aigle), n. pr. germain. Allingos près Thonon est une 
autre forme du même nom. 

M. Stadelmano, op, cit., 56, rejette la date 937-993 et considère le 
document, dont rauthenticité lui parait douteuse, comme une copie du 
treizième siècle, ce n'est qu'à cette époque que le suffixe l'ng paraît sous 
la forme ens. M. Stadelmann a raison, mais, authentique ou non, ce docu- 
ment prouve qu'il ne s'aiçit pas de TArlens fribourgcois, puisque cet 
Ariens est entre la Venoge et TAubonne. 

Les Allevays, loc. surTrélex et Genollier, D. Nyon ; Allovoys, 
bois à La Sarraz ; un bois Allevey à Mies D. Nyon, i5G4; bois 
des Eleva ys à Gland ; les Aile vaux à Corlèbcrt : du patois aile- 
vai, repousses du hêtre coupé, bou allevaiy bois taillis ; du latin 
allevatus, participe de allevare, relever, repousser. 

Allèves, ham. de Liddes, Valais, Aleues, 1228, i23C, Allc^vax 
à Conthey, sont peut-être de la même famille que le procèdent. 

L'Allex, ham. de Bex et TAUex sur Grandvaux, ia Lais, 1212, 
1217, 1238, Arch. Fr. VI et M. R. VI, ^l^^yLalays, 1270,^0/^0?, 
i3i6 = la Lex, rocher, paroi, pente rocheuse, voir Lex, un autre 
à Albeuve, Frib., même sens. 



8 ALLIAZ — AMBURNEX 

L'AJIiaz, ham. sur Bloaay, ou plus correctement La Liaz^ 
rAlliaz, loc. à Saint-Ojens, la Liaz, alpe de Bagnes ; du bas latin 
legiQy leitty laia^ lia, forêt, latinisation du mot germanique 
laidô, conduite, le premier sens de laie étant route dans une 
forêt, puis forêt ; composés : Ballaly au Bouveret et Bellelay^ 
Jura y belle forêt. 

L'Allier, Plan de — , sur Lig-neroUes, Champs de — , à Aubonne^ 
l'Alliez à Saint-Ojens, aux Alliés ou es AUys, ham. de Neyruz, 
Frib., en Allîres à la Berra, Allières^ ham. de Montbovon, Al- 
lyereSy 1294 ; chalet à Hauteville, Frib., loc. aux Eaux-Vives, 
Genève ; du v. fr. allier = alizier ou sorbier. 

Allierex, loc. à Ollon, collectif, lieu abondant en ailiers. 

Alloches, loc. à Gollioo, fausse orth. pour à TOche. 

Allondon, rivière à Genève. Voir London. 

Alloux, ham. près Penthéréaz, terra de Allodiis, ii42, 1190. 
Cart. Month. M. R. XII, 5, 62 ; AUaux à Denezy et Froideville ; 
AUours à Corcelles-sur-Chavornay et Chardonne ; bois de la Lour 
pour VAllour à Vallamand ; un es Alouz à Nendaz, 1268, 1277 ; 
de allodiuniy alleu, terre libre de toute redevance féodale ; les 
AUues à Laconnex, Genève ; autre orth. de alleu ; jadis le son 
eu s'écrivait ue : nuef, dueil. 

Alognys, ham. de Roug^mont, es Allognyers, 1692, lieu oiî 
abondent les noisetiers, du patois alogne, noisette. 

Alpe, du celte alp, mont, sommité, parent de l'adjectif alby 
blanc, latin albus, sabin alpus, à cause de leurs neiges ^ 

Amandoleys, loc. du vignoble d'Yvorne. Un Amendolam à 
Sion, 1242, M. R. XXIX, 365. Lamendoler, entre Sion et Or- 
mona, i436, terram de la Mandoler, i3oo, Lamandoler au 
vignoble de Sierre, i44i = les amandiers, l'amandier ; en pro- 
vençal amandola, du latin amygdala, amande. Mandolire à 
Veyras, Mandolaire à Vétroz, le même mot avec apocope de l'a. 

Amburnex, pâturage du Jura ; Broniacum domunt et in chal- 
mibus de Bronai, douzième siècle, M. R. Xll, 72, Bronay, Bru- 

^ Alpes a caodore nivium dictse sunt... Sabini enim aipum dixere quod postea 
Latini album; unde Alpium nomen. Festus cite par Gisi, p. 368. 



AMIN — ANNIVIERS 9 

%ay et Bruney au xiii» s. ; calmas de Ambranex, i38o. Les 
formes primitives le rapprochent de Brunoy, France, et indiquent 
tue origine gallo-romaine, peut-être de Bruno latinisé. 

Amin, Chaux d' — , Jura neuchâtelois. A mens, ii5o. Gabschet 
traduit « apud Amens quod Calcina dicitur, » le four à chaux 
d* Aman tins. Ailleurs Chaux est écrit Chauld. Je pense que Cal- 
cina est une fausse traduction latine de Chaux, calma, et chauld 
une autre fausse interprétation. Voir Chaux. Quant à Amens son 
suffixe montre un n. pr. germ. = chez les descendants d'Amo, 
(Fôrstemann a le fém. Ama, p. 71) ou de Hamo, le cuirassé, de 
kamOy cuirasse. Fôrstm., 699. 

Es Ancelles, vignes à Bougy, Féchy, champs à Aubonne ; de 
anceiley sf., bardeau, planchette, au sens de parcelle de terre. 

Aneliette, ham. sur Sierre, Anset, 1218, 1221, Ansech, 1260, 
i35o, Anschety i367, Anset, i455; peut être anset, fém. ansette, 
serait-il une autre forme de ancelle ? 

.increnaz, sommet à Bex ; voir Encrenaz. 

Es Andenfi, prés à Colombey, Valais ; les Andins, alpes 
d'Avcnt, le même que le patois andan, fr. andainSy < que 
G. Paris, Romania XIX, 449, d<^ï*îve à'indaginum » (Bonnard). 

Anel, n. fr. d^Ins, Seeland, Anet, 802, Anes, 1179, 1228, 
Anesiy ii85, du celte iniSj bret. enez^ île, à cause de sa situation 
au milieu de marais. 

Les Angles, loc. à Vaulruz, Sorens, Vuarrens ; les Grosses, les 
Petites .Vnglos à Riaz, Fribourg ; Angle-à-Lambert à Pampi- 
çnv; loc. à Boncourt, Jura, eis Anglos à Ecuvillens treizième 
siècle ; du subst. angle, morceau de terre dans un angle. < Angle 
est souvent féminin dans rancienne langue. » (Note de M. Bon- 
aard.) 

.inières ou Asnières , Genève, Asneriacum vers 1170, 
Asneres, 1226 M. R. VI, 024. Aneres, 1288, M. G. XIV, 16, 
VII, 234. Agneres, i3Ci. — Loc. à Gonthey, Valais ; du latin 
Qsinarias (villas), fermes où l'on élève des ânes. 

Anniviers, Valais, vallis Anivesii, onzième siècle, Aniuesio, 
1198, M. R. XVIII, Annivies, i2i5, Anives, i243, etc. ; de ad 



10 ANTAGNES — ARAN 

€t nives, vers les neig^es : villages très élevés où la neige reste fort 
tard : Luc 1675 m., Chandolin 1970 m. Un Anniviers, loc. à 
Saint-Martin d'Hérens, même sens. 

Antagncs, ham. d'Ollon, Antagnes, 1199, Arch. Saint-Mau- 
rice, Hidber, II, t\&o. Origine inconnue. 

Anteines, AntheneSj i436, et Anlcinottes, trois pâturages 
dans la vallée de THongrin, Alpes vaudoises. Peut-être pâturages 
où abondent les rhododendrons, les antenets. Voir Gloss. Bridel, 

Anzoînila/., pâtur. de Bex ; d'après Gatschet, du bas latin 
ancyegium, du v. h. ail. anco, ail. suisse anken, beurre; en fr. 
du moyen âge onciege est le nom du droit d'herbage en Gruyère, 
redevance qui se payait on beurre ou autres produits du laitage. 

Aouiilo, sommets, vallée de Joux, au nord du Pont, et 
Gruyère ; l'Auillio, loc. à OUon ; syn. du v. fr. ouille z= aiguille. 

Applos, D. Aubonne, Aplis, 1009, 1126, ii48, M. R. 111,74* 
438, 486, puis Aples, 1167, 1265, ï4o3, etc. La mention villa 
quae dicitur Erplens, 1009, ^^^ Gatschet rapporte à Apples, 
désigne le petit hameau d'Iplens, à Tlsle. Quant à Aples, ne vien- 
drait-il pas du mot celtique abal^ apall, pomme, qui a donné le 
V. h. ail. aphal, ail. moderne Apfel? Ce serait le correspondant 
des Maley et des Pomy. 

Aprily, mayens à Mollens, Valais ; AprîHîors, lieu-dit à Atta- 
lens, iC33 (Dellion). Voir Avry. 

Aproz, ham. de Nendaz, Valais, Aspro, iioo, laôo ; du latin 
asperum, rude, montueux. 

Es Aragnos, prés à Leysiu ; v. fr. aragne, araignée, à cause 
des nombreuses araignées qui y tendent leurs toiles sur le sol. 

Aran, vill. D. Lavaux, villa Erans, ii42, vineas de Arins^ 
1198, M. Fr. III, G9, Arant^ 1210, AranSy 12G1, Arins^ 1298. 
Avant de connaître les formes en ins nous tenions ce mot, d'après 
Gatschet, de areanus ; mais Arins le rattache sans conteste à une 
racine de n. propre = chez les descendants de Aro^ n. pr. germ. 
Fôrstm., iiC, du v. h. ail. aro, l'aigle. Un Aro vivait à Lussy 
au xiie s. (Donat. Haut.) 



ARARE — ARCHE 11 

Arare, ham. de Plan-les-Ouales, Genève, Arares^ 1874 ; de 
une y ou aire y lalin area, surface, (étendue, et Tadj. v. fr. are^ 
sec, aride, donc terrain aride, sec. 

Arbarey, loc. à Bex ; majens à Saxon (un Arbarey à Saillon 
en 1282), un Arbarey ou Aibarey à Louèche, 1819, i336, Ap- 
balet à Mag^, Valais, un Arbeley à Nendaz, 1260, Arbaley à 
Corbejrier, Arborier à Ollon ; Arbérets, m. à Saubraz, ApIk>- 
pex, bois à Laviçny et Villars-sous-Yens , Erboivy, bois près 
Oron ; dérivés divers du latin arboretum^ \\e\x planté, couvert 
d'arbres. 

Arbaz, D. Sion, Valais, A /éa, six fois 1182-1296, Arba^ i838, 
et loc. à Saint-Léonard ; du celte alb, aip = mont, sommet, et 
blanc. 

Es Arbenes, loc. à Leysin ; de arbenne, nom patois de la per- 
drix des neiges ou lagopède ; du latin albus, blanc. (Note fournie 
par M. Isabel.) Conviendrait pour cette localité, mais en Arlienaz, 
vignes à Ayent, Valais, et Arbin, vignes à Riddes? 

Arbères, ham. à Meyrin, Genève, Arbeire, 1281, M. G. IV, 
86, comme Arbore près Divonne, Arbores, 11 79, et villa qui 
dicitur Arbres; M. G. IV, 83, 77 ; Tun d'eux sans doute, le Ar- 
bore (David de) de 1 164 =: lieu planté d'arbres ; un pratiim de 
Arboribus à Salin, Valais, 1260. 

Arberiaz, bois à Saint-Légier ; môme racine. 

Arbey, chalets près Evolène, Valais, Albes vers 1280, Arbes, 
1290, en Arpey, loc. sur Gingins. Voir Arbaz. 

Arbignon, pâturage sur GoUonges, Valais, du nom d'un vil- 
lage ruiné près de Collonges, desertum Alpinonis^ 85o, Albi- 
gnon, 1200, 1289, i38o, Arbignyon, 1487 ; un autre à Marti- 
gny ; Albinen, village sur Louèche, en fr. Arbignon, Albignun, 
1224 .* dim. de alb, alp, sommet = petite alpe. 

Arboyne, ruiss. et ham. Fribourg. Voir Aubonne. 

Arcangiez, clos de vignes à Vevey, Archangiez au treizième 
siècle. 

En Ai*elie, loc. à Estavanens et Monthey, en Arclioz, chalets 
A Morgins, Valais, Arolion k Chandolin de Savièse, Artzenoz, 



12 ARCHENS — ARENAZ 

territoire à Hérémence, Arzenaz à Riddes, Arzeni, alpe de Cha- 
mosoD, Vanil des Artzès, sommet aux sources de la Veveyse, 
Côte des Arches à Glovelier, Jura, Archette, forêt du Jura ; de 
arc, arche, latin arca; patois, artzéy désigne des croupes plus 
ou moins arrondies en arc et en pente rapide séparées par des 
couloirs. 

Archens, domaine dans le Jorat de Lausanne, Archens^ ^^k^y 
ii44, Cart. Montheron ; probablement de Erichoy Aricho^ n. pr. 
germ. et suffixe ens^ ingis, chez les descendants de Ericho, Un 
Aricus (Aricho) est un des témoins de la donation de Renens en 

964. 

Apconciel, Fribourg, Arconciacum, 1082, Arconciei, ii48, 
Arcunciacum vers 1 149 et 1 162, M. Fr. III, 66, Arconcier, 1162, 
Arcunciej 1228, Arconcie, 1280, Arconcye^ 1292, Arconcier ^ 
1453, et Arconcier, m. à Russy, Frib. = {fundum) Archontia- 
cum, domaine d*ArchontiuSj gentilice romain. 

Arcossey, loc. à OUon ; du patois arcossay^ nom de Targou- 
sier et du nerprun cathartique. L'argousier est commun dans les 
glariers de la Gryonne qui s'étendaient jadis jusque-là. 

Ardennaz, forêt de la commune d*Orbe. Grégoire (Dict. géog,) 
traduit Ardennes par forêt profonde. Zeuss et Holder le dérivent 
du celte arci, ardu — enna, pays élevé. 

Ardevaz, sommet aux parois à pic sur Leytron, Valais, égale- 
ment de la famille du celtique ardy arda, élevé, parent du latin 
arduus, escarpé. 

Ardille, sommet. Gruyère : du celte arty pierre, rocher, aird^ 
pointe, et suffixe dim. il le. 

Ardon, Valais, Ardanum^ ii46, Hidber, II, 1179, Furrer, III, 
Arduriy 1179, 1200 ; du celte ar, fleuve et duriy dunon, colline, 
mont, citadelle = mont du fleuve, ou lieu près du mont et du 
fleuve. 

Les Ariettes, forêt Ormont-dessous ; les Irlettes, carte Rové- 
réa. 

Arenaz, loc. à Gryon, Saint-Saphorin-sur-Morges, Arainaz à 
Conthey, Areinaz ou Areynaz, trois loc. Fribourg; du latin 



ARENS — ARMARY 13 

arena, sable = lieux sablonneux. Arrenaz à Lussery, à Bous- 
sens^ Plan d* Arrenaz à Naye, simple variante orthographique. 
Arenottes à Goumœns, diminutif. Arenay(s) à Bière, Ligne- 
rolles, à Ependes, Frib. ; Arrenay à Ventbône, Val., A ne ne l, 
i25o, Areneys, Assens, Payerne, Arronys, le Vaud, les Arenys 
à Gimel et Founex ; d'arenaj sable, et suffixe collectif ey de 
elum. En Larenaz à Bercher, Larency à Belmont, soudure de 
Tarticle = TArenaz, TAreney. 

Arens, ancien nom de Saint-Biaise, Neuchàtel, Arinis, ion, 
ArinSy Aryns, 1177, AreinSy 1191, Arens, AreinSy Aririy etc., 
XIII® et xiv® s. D'après Benoît et Junod, de arena; impossible, 
arena donne arène. Le suffixe ins indique avec toute évidence 
la dérivation d'un nom propre. Arens = chez les descendants 
à'Aro, Voir Arans. 

Areuse ou Reuse, rivière, c. de Neuchàtel, Oruse^ ^^79» Tr. I, 
Orousa avant le ix® s., Holder, Arousa^ Aarousa, i3i i, Arouse, 
1820, Orousa, i3dô y Areuse, i346, Ourouse, 1872, Orouse, 
i38o. Matile ; même origine que les Reuse, Rause, Reuss et les 
nombreux Ruz, d'une racine commune à toutes les langues indo- 
germaniques, V. h. ail. riuzen, couler. Voir Reuse. 

Argentine, sommet sur Bex ; de argent, à cause de ses rochers 
de calcaire urgonien, particulièrement brillants au soleil du soir. 

Argil, Argîllé, voir Arzillier. 

Argnaulaz, voir Herniaulaz. 

Ariens, D. Glane, Fribourg, Arlengus, 1002, Hidber, I, 286, 
Allens, i25i, M. R., XII, 278, Ariens, xiii^ s., M. R., VI, 3i4 
= chez les descendants ôJArilo, n. pr. germ., dim. à'Aro, l'aigle. 
Arlengus, rapporté par Stadelmann à Ariens (pp. cit. 56), doit 
sans doute être rapporté plutôt à Allens près Cossonay ; il s'agit 
dans la charte d'un échange entre des terres à Astlegus (Assens?) 
contre deux maoses, l'un à Colombier, l'autre à Arlengus ; or 
Allens, Ariens en 987, est près de Colombier. Voir Allens. 

L'Arniary, ou la Mala-Armary , ruisseau, affl. de l'Aubonne, 
Armari, i43o. Origine inconnue, sans doute celtique ; on y 
retrouve la racine ar, eau courante, rivière. 



14 ARMILLON — ARREI 

Armillon, petit plateau semi-circulaire sur un gradin supérieur 
de Talpe des Ravins, au Rawyl, Valais ; diminutif de armilley 
anneau, du latin armilla. 

LMrmont de Vent, de Bise, deux ham. de la Brévine, Neuchâ- 
tel ; aussi écrit L'Ilarmont = ars-mont, mont brûlé, défriché par 
le feu. Le Larinont, frontière française, le Armont, 1882, Lar^ 
mont, i383, même sens (agg-lutination de l'article). 

Arnox, 2 villages vaudois, i» près Nyon, Arnai, ii54, Cart. 
Month., Arnai/y ii64, ïï79> Arnai, 1166, M. G., XIV; 20 près 
Orbe, Villa Arniaco, 1009? Hidber, I, 299, Arniacum, 1049^ 
1109, 1200, Arnei, 1228, Arnay, 1268, i4o8 ; Arney, loc. à 
Saint-Livres, Araier, loc. à Peseux. De (fundam) Arniacum, 
domaine d'un Arnius, nom g-allo-romain, forme latinisée du nom 
germain Ami, Taigle. 

Arnioux, ham. d'Ayent, Valais, Arnoch, 1 100, Arniosc, 1282 ; 
de Arnius et suffixe ligure oscus, correspondant du gaulois acu^. 

Arnon, rivière, Ysernum, 1177, puis avec soudure de l'article 
LysernSy le Sernon, 18 12, Li/sernon, 1886, Lussernon, i364 
(c'est aussi le nom d'un ruisseau à Ollon). Ces anciennes formes 
montrent une étroite parenté avec la Lizerne, Valais, Yserna, 
i3o4, et les différents Isère, Isar, etc., racine is, sans doute cel- 
tique comme le suffixe ar, rivière. 

Arolcy, alpes de Saxon, l'Apolez et Aroletto, sommet à 
Trient; vallée d'ArolIa, Hérens, VArolla, i442, Arolaz, i449 ; 
Aroleit (ou Aroley) à Zermatt ; du pin arole ou arolle, qui y est 
fréquent. 

Arpctle, ArpitetlA, Arpalle, Arpillc, Erpillos, syn. divers 
de Alpette, petite alpe. Dans une même charte de 1889 on lit VAr- 
peta et YAlpetaz, permutation /-r, et les Arpilles des Ormonts 
s'appelaient Alpillys en i486. 

En Arpey, loc.surGingins; de a//), permutation /-retsuffixee^. 

Arrei, revers d'une montagne, Landarey, glacier, val d'Héré- 
mence, Valais, Lindaret, frontière de Savoie, et Bandarrey au 
col Ferret, Valais, pour l'en derrei. Ban d'arrei ; du latin ad et 
rétro. 



ARRÊT — .VRZIER 15 

L'Arpèl, bois à Vulliens. Voir Larret. 

Arrissoules, D. Yverdon, A ressuies, iit^2, ii46, 1198, M. F., 
II, III, A ressaies, A resoles, Arisùles, xii« s., Arch. Fr. VI, 
AresouleSy i235. Aresloules, 1280 M. R. VI, 286 : coquille? 

ArrulTens ou ArufTens, petit villag'e fribourgeois D. Glane ; 
Arrujens, i34i; bois à Pampignv, pâturage à Montricher, 
ancienne propriété des Mestral d'Aruffensznchez les descendants 
à'Adrulf, puis Arrulf, n. pr. germ. Un Arulfus est témoin d'un 
acte en 855 M. R. VI. 

Ars, Apsos, Arsaz, patois Arzé, très fréquent Alpes et Jura» 
Larsaz à Hauteville (article soudé), les Ars à Vallorbe, les Arts 
sic ! à Leysin et à Orbe, les Ars, val Ferret, Combe des Arsos k 
Tramelan, aux Arsattes à Moutier, les Arsels à Liddes, les Ap- 
settes à Vérossaz et Charmey ; Arsiijoux à Gharmey, Arsajeur 
à Vouvry. De ars, participe du vieux verbe ardre, latin ardere, 
brûler. Désigne des terrains défrichés par le feu. De là aussi 

Arson Praz, champs à EcublenS =: pré (de Y) arson, s. f. v. fr. 
= incendie, action de brûler ; ardre. 

Arve, rivière, affl. du Rhône, Arva, io83, Hidber, I, 38i, 
1264, Alva, 1269, très souvent appelée aux xiii'' et xiv® s. Arar 
(onze fois dans les M. G.), ce qui la rapproche de la Saône, 
autrefois Arar, et de TAar. Pour Tétymologie, voir Aar. 

Apvel, mont près Villeneuve ; peut-être (permutation de p en 
v) synonyme à'Arpille ; des formes anciennes pourraient décider. 

Apvela, ham. de Salins, Valais, Aroilar, 1248, 12C8, 1290, 
Alvilar vers 1270. A la môme époque je trouve Valandus, Bor- 
cardus dol Vilar. Alvilar est donc au Vilar ou Villar 2=. au vil- 
lage. 

Apveyes, ham. d'Ollon ; du latin arva, v. fr. arve, champs, 
pâturages, et suff. collectif ej/e. 

Apzîep, D. de Nyon, Argie et Anjier, i3oC, M. R. XII, 177, 
180, Arsie, 1828, M. R. III, Ci3, Argier, i344, M. G. IX, 286, 
Arsier, 1886, M. R. V, 870; d'après Gatschet et A. Godet vien- 
drait de arse, arze, mélèze, et signifierait forêt de mélèzes. Mais 
le mélèze est inconnu par là, au moins en forêts. Vient sans doute 



16 ARZILLIER — ASSENGES 

de (fundum) Arsiacum, domaine à*ArsiuSy gentilice connu dans 
la contrée par les inscriptions : l'un d'eux était édile de Genève. 
M. G. XX, 76. Arsius est peut-être une autre forme de Artius ou 
Arcius, dérivé du nom d'homme g-aulois Artos, Tours. Quant à 
Asserium, 1174? Hidber, II, 260, il se concilie difficilement avec 
toutes le^ autres formes de ce nom et laisse supposer une erreur 
de copie. 

Arzillier, Arzilier, Arsillier (ou iez), une ving*taine de locali- 
tés, Apzelly à Thierrens, Arzilly à Granges, Payerne, Arsilier^ 
1226, et à Yvonand, Argil à Grimentz, Argillé à Grîmisuat, Ar- 
giles à Auvcrnier, les Argilles à Cressier, Argillat au Locle ; 
avec l'article soude : Largiller à Châtelard, Frib., Larsilleys à 
Vex, 1255, Larzillais à Lavey vers 1200, en Largiliaz à Yens, 
1295, Larsilli à Erschmatt, Valais, 1242, Arsilye à Fribourg", 
i4io ; de arg'ile, arzille en Ghampaiçne. 

Assajor, forêt aux sources de la Baye de Montreux, pour Arsa- 
jor ou Arsajoux, forêt brûlée. Voir Ars. 

Assaz, loc. à Lens, entre deux torrents et deux bisses, le même 
que 

Asse, rivière du Jura à Nyon, autrefois Aasse. Lasse pour 
l'Asse, torrent, affluent de la Reuse de Saleina, Valais ; l'Assaz à 
Ghampex d'Orsières; les Asses, m. à Vuadens (petits ruisseaux !), 
pâturag-e à Ghâtel-Saint-Denis ; Assois, loc. à Lucens, dim. 
D'après M. de Rochas {Année géogr.)^ nom commun en Dauphiné 
pour ruisseau. 

Asse est aussi un mot patois : asse, s. m. = l'if, Taxus bac- 
cata. G 'est à ce dernier qu'il faut rapporter le bois de l'Asse à 
Montmagny, Avenches, loc, à Pailly, pas de ruisseau ; les Assets 
à Martigny, Asset, Asson à Gonthey, et peut-être d'autres encore; 
l'absence du ruisseau sera déterminante. 

Assenges, m. à Sévery et Assens, D. Echallens, Hastens, 
ii54, Astens, ii54, 1199, M. R. XII, 17, 28, 56, Asteins, 1288, 
Astyens et Astiens, 1291, M. R. XIV, Ascens^ i453 ; probable- 
ment identique avec Astlegus^ 1002, Hidber, I, 285 (le Dict. 
hist.y Vaud. Suppl. a 1102 par erreur) = chez les descendants 



ASUEL — AUCHES 17 

4*AMiilo, D. pr. germain. Astens, de Asto dont Aslilo est le dimi- 
nutif. 

Asuel, D. Porrentnij, ail. Hasenburg ; Asuel, ii36, Hidber, 
I, 53i, puis Hasuel ; du v. h. ail. hasOj lièvre, château des 
lièvres. 

Athenaz, ham. d'Avusy, Geuève, Atinaz, i3o2, 1826, M. G. 
XIV, 3oo, XVIII, 97, probablement dérivé d*un cognomen romain 
employé adjectivement. Le ^entilice Atinius donnerait une (villa) 
Atiuia, qui serait devenu Atigna ou Atè^e. Il faut supposer un 
<;ogiiomea* AtinuSy d'où (villa) Atinà. Voir, sur cette formation, 
Monnaz. 

AUalens, Fribourg-, Atialenges, 1068, M. Fr. H, Athalens^ 
1168, II 78, 1876, AttalenSj 1874, Aciaiens, i453, Tallens, 
1680. D'uu dérivé du nom germanique Abtad, comme Abtadil, 
d'où Abtadilingum, contracté Attalinges, L'apocope du a dans 
la forme Tallens de 1680 n'est pas un cas isolé ; nous voyons dans 
Stadelmann que Talein est encore aujourd'hui le nom patois et 
nos journaux imprimaient encore Tallens le 20 juin 1904. 

L'Aubepena, m. à Murist, Frib. ; de albaspina, l'aubépine, 
de là aussi les Obépins, m. à G rata vache. 

Auberson, ham. de Sainte-Croix; n. pr., dim. d*Aubert. 
Aubonne, rivière, Albinna, dixième siècle, Albonna, douzième 
siècle, et Arbogne ou Erbogne, affl. de la Broie , du celtique 
Cl/6, blanc, et ona^ source, rivière, fréquent comme suffixe (voir 
Lausanne). Rien de commun avec Eau bonne, comme le traduit 
F. de Mulinen (dans Arch, Schw. Gesch, XIII, 279). 

Aaboranges, Fribourg-, Alburengens, 11 55, Arborenges, 
seconde moitié du xiP s., Alborengis, 1190, Hidber, II, 4oo, 
Arboreinges, 1288, M. R. VI, 660, Arborenges et Alburenges 
vers 1200. Gart. Haut Grôt, M. R. XII, i3, 149, i5o, i5i, etc. ; 
non comme le veut Gatschet, de aubours, cytise, latin albur- 
nam, qui ne croît pas là, mais d'un n. p. g'ermain = chez les 
descendants de Albhar, Albhari, le g-uerrier de l'alpe (ou le 
guerrier blanc). 

Es Auches, m. à Prog'cns, Fribourg*. Voir Oche. 

M. D. 8£C. SÉRIE, TOME VII 2 



18 AUDÈCHE — AUGE 

Audèdie, trois pâturages, alpes de Gharmey, Gruyère, Deschiy 

ii46. 

Audon, nom fréquent de montagnes, Audon au Pillon, alK 
Olderiy d'où Oldenhorrij romand Becca d' Audon; Audon, Or^ 
mont-dessous, Praz Odon à Isenau, Ormont-dessus ; Siemes 
Audon à Rougemont, l'Oudon, carte Du four ; Bonaudon et 
Hautaudon, près Naye. Gatschet le dérivait d'abord d'herbe 
d'audony nom patois de la bryone ; mais cette plante ne crottqu'à 
la plaine. Plus tard, il Ta rattaché à la racine celtique arl, ardy 
pierre, roche (permutation de ard en aud). Mais les formes 
anciennes d'un de ces noms contredisent cette étymologie. Audon 
d'Ormont-dessous, au pied du Mont d'Or, s'appelait Ouzoriy Ou- 
gioriy i332, Ouzon, i4oo, i4ï2, les Chaux de Ouzon supra mon- 
tem de Ouzon y i439 = la Chaux au-dessus d' Audon. Le mot a 
subi la même permutation que le pâturage voisin de la Baiosa, 
Bajousa, i3i5, i3i8, aujourd'hui la Badausaz. C'est donc le même 
mot que OugCy Auge y Oujon près Arzier, jadis Algio, et que le 
nom commun augCy tous dérivés de alveus. En regardant la carte 
on voit que tous ces Audons sont dans de petits bassins fermés (la 
permutation j-d se retrouve dans le n. commun. auginCy en patois 
audena, s. f., canal élevé en bois pour amener l'eau à une scierie ; 
renseignement de M. Isabel). Quant à 1'/ de Oldenhorn, on peut 
admettre que les Allemands ont traduit oud par oldy parce que le 
suffixe oud romand est le correspondant du old germain. 

Auge, Ouye, nombreuses loc. (une trentaine), Vaud et Frib. 
(aussi Neuchâtel : les Auges à Boudry) ; du nom commun augCy 
bassin, au fig. endroit creux, enfoncé, bas latin augia, du latin 
alveus. Ougetlaz est un diminutif fréquent. Un autre est An- 
gine, ham. de Boulens et ruisseau, affl. de la Mentue ; un autre 
affl. de la Mentue entre Bioley-Magnoux et Ogens, ce qui le fait 
dériver d'Ogens par le Dict. hist. vaud, (Suppl. p. 53) qui vou- 
drait écrire Ogine. L'Augine de Boulens, qui n'a rien de commun 
avec Ogens, montre l'erreur. La I^uge, m. à Ghâteau-d'Œx, ter- 
rain bas près de la Sarine, le même avec soudure de l'article pour 
rOuge. 



AUMONT — AUVERNIER 19 

Aumont, D. Broyé, Frib., Altus nionSy 1226, M. R. VI, Au- 
mont y 1337. Matile, = haut mont. 

Les Aunes, 2 loc. de la Grujère, Cerniat et Yuadens ; paraît 
dériver de aune, arbre, latin alnus, exception bien rare^ cet arbre 
étant toujours désigné par son nom romand verne (du celtique 
ffuern), qui a donné les noms de plus de i5o loc. de la Suisse 
romande. 

Ausannaz ou Eusannaz, pâturage sur Bex, en patois Œuvan- 
naZy peut-être de ovisy mouton ; pâturage de moutons, conmie 
Bovonnaz, pâturage de bœufs. 

Aussays, ham. à Vérossaz, Valais, ou liausseys ou Haut 
Serre, au-dessus des rochers de Saint-Maurice ; de altum saxum, 
haut sex, haut rocher. 

Autafond, D. Sarine, Fribourg, Autafonz vers i23o, M. R. 
VI, 242; du latin alta forts, haute source; en Lottafon, loc, 
source à Marchissj, pour TAutafont, même sens. 

Autannes, paroi de rochers au col de Balme, au Trient, sur 
Varone ; les Audannes au S. du Wildhorn, les Adannes à Rou- 
gemont ; de Tadjectif v. fr. autain, de altus, haut ; voir aussi 
Otanes. 

Autavaux, D. Broje, Frib., Alta Valle vers 1160. Donat. 
Hauterive, Arch. Fr. VI, et loc. à Combremont ; du latin alta 
vallisy haute vallée. 

Autervenaz, ham. sur Champéry, Valais, pour Hauta Rêve- 
naz, haute ravine, des rochers profondément ravinés qui le domi- 
nent. 

Autigny, Fribourg, ail. Ottenach, villa Altignei, 1068. Mém. 
Fr. II, dl^3. Altinieiy ii63-i2oo, Arch. Fr. VI, Altiniacum, 
ii83, Altignie, 1217, M. Fr. W, Autinie, i22S,Autignie, 1278, 
i44i) Ottigny, 1717, ; de (fundum) Altiniacum, domaine 
d*Altinius, gentilice romain dérivé du cognomen Altinus. Hau- 
tigny, ham. de Corsier, Vaud, même sens. 

Auverniep, Neuchâtel, Averniacum, loii, Avernie vers io5o 
et 1220, Avernie, Avernye, 1277, Avernier et Auvernier, même 
charte, 1280, etc. Gatschet, et Studer d'après lui, le dérivent 



20 AUX — AVENCHES 

d'avornioy nom italien du Fraxinus Ornus, Frêne à manne et du 
Cytise Aubours, étrangers l'un et l'autre au pays. M. A. Godet^ 
dans le Rameau de sapiriy l'explique par Au Verniery au bois 
de vernes. C'est plus que douteux. Le suffixe iacum le rattache à 
un nom d'homme : domaine d'un Avernius. C'est probablement 
Auvernier qu'il faut reconnaître dans l'Avriniacum du Cart. de 
Montheron : Uldricus, sacerdos de Avriniaco, ii54, M. R. XII, 22. 

Aux, Lanze des — , alpes de Champéry ; de lanze^ lanche, 
couloir, ravin, et aux, plur. de ail : couloir où abonde l'ail 
feuillu, vulgairement branlette. 

Avancliet, nant ou ruisseau près Genève ; probablement parent 
du nom suivant. 

Avançon ou Avençon, rivière à Bex ; 2. torrent à Yionnaz ; 
3. m. et ruisseau à Colombey ; 4- torrent de Morcles, appelé aussi 
Avançonnet ; celui-ci, Jlumen Aquansoni, charte de Saint-Mau- 
rice entre 847 et 853. Cette traduction latine montre que le rédac- 
teur de la charte y trouvait la racine ava^ eau. C'est un mot cel- 
tique qui se retrouve dans la vallée d'Aoste : Ëvançon, et le Dau- 
phiné : Avançon, Avance, Vance, Vançon, ces derniers avec apo- 
cope de l'a. 

Les Avants, ham. sur Montreux ; le t est peut-être une addi- 
tion postérieure et le mot serait à rapprocher d'un clausum deis 
Avans à Granges, Valais, 1260 ; peut-être du patois avariy s. m., 
saule osier, dont l'origine est du reste inconnue. Ce mot avans se 
trouve dans un bail de 1 286 : exceptis avans et sarmentis (glos- 
saire bas latin des chartes de Savoie. Doc. Acad. royale de Savoie, 

II). 

Aven, village de Conthey, Valais, Avainz, iioo, Avaiz, 1200, 
Aveyn, i25o. Avens y i44o. 

Avenches, de Aventica (Adventica), Civitas Aventica, Not. 
Gall. iv® s., nom au moyen âge de l'ancien Aventicuniy celui-ci, 
comme le nom de la déesse Aventia, est dérivé d*Aventos, juste, 
racine au, protéger (Zeuss). Ce tjième gaulois avent se retrouve 
dans plusieurs noms de communes de France : Avanton (Vienne), 
Avansan (Gironde). 



ATENKYRC — AVRY 21 

ÀTeneyre, pâturajg^ et sommet, alpes de Villeneuve ; un autre 
sur MontbovoDy Fribourg'. Le mot a une étran^ ressemblance 
avec (wenaire, étran^r. Le pâturage de Villeneuve est dans les 
limites de l'ancienne Gruyère, mais Villeneuve n'en a jamais fait 
partie. Serait-ce donc Talpe aveneire, des étrangers ? 11 faudrait 
d'anciens textes pour appujer cette <;onjecture. 

Avenex, ham. près Nyon, Avenacarriy 926, M. G. XIV, 876, 
Avenai, 1286, Avenay, 1260, M. R. XII, 1 56 ; du gentilice Aoe^ 
nus (autre forme d'Avius) = domaine d'Avenus. 

Avennaz, bois au Jorat de Lutry, AwineSy 1 1^2, Cart. Monthe- 
ron, Ewinaz, 1228. 

Avouillons, ham. près^ Nyon ; loc. à Leysin, à Lavey ; prés à 
Fully ; Avouiilaz, prés à Saxon, AvuHlon, prés à Saint-Martin 
d'Hérens, loc. à Ollon, à Rcnnaz ; aux AvouîlieSy loc. à Olion 
(aig'uilles rocheuses sur la Grande Eau) ; l'Avoullietta de la Za 
= Aiguille de la Za, vallée d'Hérens ; les AvoHons, chaîne de 
rochers, vallée de Bagnes. 

Ces derniers, de avellhon, patois = aiguillons, à cause de 
leurs pointes aig'uës. Mais quel rapport entre des aiguillons et les 
prés de la plaine du Rhône ? Dans les prés humides où l'on ne 
peut aller avec des chars, on fait un tas de foin, puis on glisse 
dessous deux aouilles, ou aouillonSy deux aiguilles, disent les 
paysans, c'est-à-dire deux perches, et l'on transporte ainsi la 
charge qui est un avouillon. Les prés où l'on est obligé d enlever 
ainsi la récolte sont les Aoouillons ou Avullions. Un en Ouliony 
XIII® s., à Ëcuvillens, doit être le même mot, ainsi que les Aii- 
glions (|^1 mouillé) à Fey et à l'Aulion, bois à Bière. 

Avpy, Fribourg, Ayr/ vers 11 5o, Aprilis vers 11 78, Arch. Fr. 
VI, Abril, 1177, Avriei, Avril, xii« s., Avrie, 1202, Matile. 
April, Avril, 1228, Apriliy 1286, Avrie, i3oi, Avryez, il\2b 
= ( fundum) Apriacum, domaine d'un Aorius, gentilice romain. 

La fausse orthographe Avril du xiP s. a entraîné la fausse 
interprétation latine Aprili, Aprilis. Il en est sans doute de même 
pour plusieurs autres localités, telles sont une villa de Avrilliet, 
aux environs de Palézieux en 1296. Cart. Haut Crét, M. R. XII, 



22 AVULLY — AZEDON 

i3oy probablement le même que le lieu-dit en Apriliers, i633, à 
Attalens (Dellioo); les majens d'Aprily à Molleus, Valais, et 
Avril, loc. et ruisseau à Genève, qui dériveraient également 
d'Aprius. 

Avully, Genève, Awillie et Avulie^ 1220, Avullie, 1227, Awyl- 
lie, i3o2, Avuyllyey i326, M. G. IV, 3o, XIV, 3oo, XVIIl, 97 ; 
de (fundum) AvilUacurriy domaine d'un Avillius, g^ntilice 
romain. De Vit, I. 

Avusy, Genève, Avuysie, i3o2, M. G. XIV, 3oo, Avusye, i338, 
Aousier, i364, 1617, évidemment d'un nom pr. gallo-romain ; 
probablement un {fundum) Auusiacum, propriété d'un Auusius, 
dérivé d'Aous, aussi employé comme nom propre. De Vit, I, 
590. 

Ayens, loc. à Apples, Colombier, Clarmont, es AyenSy 1296 
= chez les descendants d'Ayo ou Acho, n. pr. germain. Fôrstem, 
p. 10. 

Ayent, près Sioû, Agent, 1062, M. R. XVIII, Ayenta, ii53, 
Hidber II, puis Aent, Aie ni, Ayent, xi\^ s. ; on peut en rappro- 
cher à l'Ayen ou Layon à Puidoux, Vaud. D'après Gatschet, du 
V. h. ail. eiyanti, part. prés, de eigan, posséder, soit terre for- 
mant un bien propre, un alleu. On trouve encore une. vigne 
diAent à Varone, 1262, un champ d' Ayent à Bramois, 1260. 

Ayep, nom de villages alpestres : comm. D. Sierre, Ayer, i327, 
ham. d'Hérémence, etc., et Ayerne, de nombreux pâturages ; les 
premiers, du patois ayer, du latin acer, érable, et les seconds de 
l'adjectif latin acerinus, lieux où il y a des érables. 

Aze, Col de 1' — , ou de TAzet et Pointe de l'Azet au S. de 
Lourtier. Laget, carte Siegfried, article soudé ; Bec d'Aget au 
N. de Lourtier, vallée de Bagnes ; du v. fr. aze (valaisan, âge), 
synonyme de âne, azet = petit âne. 

Azot, chalets derrière le Cubli sur Montreux, peut-être un dimi- 
nutif de aze. 

Azedon, loc. à Conthey = probablement azelion, petit âne, 
permutation ll-d ; on dit Dadon pour Daillon, ham. de 
Conthev. 



r 



BAAR — BALEXERT 93 

Baar, ham. de Nendaz, Valais, Barroy iioo, 1162, Bars, 
1221, 1200; du bas latin barrum, terrain fertile, du gothique 
bairan, produire, rapporter. 

Bâche, Bâches, loc. à Ecublens, Ghardonnay, D. Mor^s, etc. ; 
«adroits bas, creux, où restent des flaques ; du celte bach, creux, 
humide, bas breton hac^ bassin, auge ; bach^ foin de marais. 
Nous disons dans ce dernier sens bâche, Genève, La Côte, Aven- 
chcs. Trebâche, forêt à Gorbejrier, est un composé, et Bachillon 
à Yvome, Bachelet à Luins, diminutifs. 

Bacon ou Baccon, loc. à Aigle, Crans, Ëchallens, Avenches 
et ailleurs ; Proz Bacon à Bagnes ; de l'ancien fr. bacon, lard, 
du V. h. ail. bacho, dos, employé adjectivement pour désigner des 
terrains fertiles. La Suisse allemande dit de même Speck, Specki, 
8 loc. citées par Frûh et Schrôter, v. Bibliogr., p. 3i4. 

Badausaz, pâturage, Ormont-dessous, Bajousa, ]3i5, i3i8, 
BaiousOn i332, Baiosa, 1420, permutation j-d, comme Oujon- 
Audon ; peut-être de la racine de baie, ouverture : la Baiosa est le 
passage obligé pour aller de Leysin au Col du Mouellé et à la val- 
lée de THongrin. 

Bagnes, vallée du Valais, Baines, ii5o, Hidber, II, Bannes, 
1177, Bagnii, 1177, Bagnes, 1177, 120C, Banes, 12^2, Bannes, 
1235, etc. ; du latin balnea, bains. Il y avait là au moyen âge, 
d après Bridel, une source très fréquentée, disparue sous un 
éboulement. Barnia, loc. à Villeneuve, au pied d'Arvel, avec 
des eaux sulfureuses =: également de halnea. (M. de Gingins, 
Recherches, p. 44» y voit une fausse lecture « in Barma prope 
Villanova 1247 et non pas Barniaou Balnea comme le dit Levade, 
p. 241. ») 

Bainoz, ruisseau ; voir Bennaz. 

Balandes, bois sur Bonmont, D. Nyon, Convallem de Ba- 
lenda, 1202, M. G. XV, 2, mot d'origine celtique, kymri balaon, 
bourgeon d'arbre, balant, le bourgeonnement des arbres, breton 
balaen, v. fr. balain, balai, breton balan, genêt (Dictz). 

Balavaux à Vétroz, Valais ^ belle vallée. 

Balexert ou Balessort, Tour de — , près Genève ; du n. de fa- 



24 BALLAI6UE — BARBERINE 

mille Balexert, ancienne famille bourgeoise de Genève ; autre 
forme de bel-essert, aussi écrit exert. 

Ballalgue, D. Orbe, Aqua hella, 1177, Ballewiy 1228, Ba~ 
leiffue, i354 = belle eau. 

Ballaly, forêt sur le Bouveret, Valais ; du bas latin bella tegia, 
belle forêt ; voir Alliaz. 

Ballens, Vaud, Barlens, 1189, ii48, M. R. 111, 58i, 4Bi, Ba- 
leins, 1 165 ? Hidber, II, 2o5 * ; de Berlin ffis = chez les descen- 
dants de iSerzVo, n. pr. i^rmain. 

Balmaz, Balme, ou, permutation 1-r, Barmaz, Barme, Baul- 
mes, Baume, parfois Bamaz, Château-d'Œx, Bassins, Moutier, 
ou Bame, Ocourt, et les diminutifs en elle (atte, Jura bernois)» 
otte : es Barmottes à Bex, ou ine : Baumlne, ruisseau ; du celte 
balniy caverne, paroi de rochers. 

Bambois, pour Ban-bois ou forêt à ban, synonyme dans le 
Jura bernois, des bois Devens du G. de Vaud. 

La Bammat (fausse or th.), pâturage du Jura de Nyon, chalme 
Balme, xii® s. Gart. d'Oujon, M. R. XII, 72. Voir Balme. 

Banderettaz, nombr. loc, Banncrcttes à Grand vaux ; pro- 
priété d'un bander et ou banneret. 

Baragne, prés à Orsières, pâturage à Arzier ; de la même 
racine que « baragnon, fossé latéral d'un champ, » dit Littré, 
Suppl., sans étymologie du reste. 

Barberèche, Fribourg, Barbereschi, 11 58, Barberesche, 
1178, F. B. \, [\h^y Barbaresche, i iSo, Barhareschi, 1182, 1228, 
BarbaricOy 1428. Rec. dipl. VII. D'après Gatschet (et Studer), du 
bas latin barbaresca, plantation d'arbres irrégulière. Est plutôt, 
comme le Barbaresca du Maçonnais en 968 cité par Jubainville, 
un nom dérivé avec le suffixe locatif gaulois isca, du gentilice 
Barbarius ou du cognomen Barbarus : Barbarisca (villa), ferme 
de Barbarus ou de Barbarius. 

Barberine, ham. et rivière, affl. du Trient, Barberina, 1264, 
Barbarina, 1807, M. G. XIV, peut-être la même origine que le 
précédent ; du n. pr. Barbarus. 

* Un peu douteux : on y parle des vignes de Baleins. 



BARBOLEUSAZ — BAS-MONSIEUR 25 

Barboleusaz, pâturaKi^ sur Gryon, Berboleuse sur Olloo, 
Barbollie à Chevillj ; de la famille de barbouiller, préfixe péjo 
ralif bar et racioe boull, qu'on retrouve dans le v. fr. boulions 
bourbier : pâturages, prés boueux. 

Bardonnex, Genève, Bardonacum, ii53, Barduniacum, 
i25o, Bardonay, i344» Bardonex, i38i, M. G. XIV, 9, 29, IX, 
229, III, 219 = (praedium) Bardonacum, propriété d'un * Bar- 
donus ou * Bardunus. 

Barges, ham. de Vouvry près du Rhône, Barges, 1269; loc. 
à Yvorne près du Rhône ; prés à Veyrier, vers TArve. Gomme 
Bargen, C. Berne, port sur TAar, Barges, 1228, du bas latin 
barca, fr. barge, bateau à fond plat, bateau de bac. G'était sans 
doute à l'origine l'emplacement de bacs sur ces rivières, ou des 
lieux d'embarquement. En i439, à Fribourg*, un chemin de Bar- 
ges que le Gonseil fait améliorer. G'e.st encore le nom d'un affluent 
de la Petite Glane. 

Barme, voir Balme. 

Bameuse, alpe sur Ayer, Valais, et Uerneuse, sommet sur 
Leysin ; peut-être adjectif dérivé du celtique hem, monceau, 
amas et aussi fourré. 

Barnia (ou Barniaz) à Villeneuve, voir Bagnes. 

Bart, Chez le — , ham. Neuchâtel. Paraît se rattacher au v. fr. 
ber^ provençal bar, forme nominative du mot baron, forme 
régime, bas latin haras, homme fort, guerrier vaillant. Origine 
discutée ; peut-être du celtique, kymri bar, héros. 

Basenaz, pâturage à TEtivaz, Pays-d'Enhaut ; du n. pr. Basin, 
famille de Rossinières (note manuscrite de M. Isabel). 

Basens, 2 com. Lac. et Singine, Frib., ail. Bôsingen, Basens, 
1228, 1234, M. R. VI, 1262, i4o6, Rec. dipl. I et VI, Basingel, 
Rcc. dipl. VI, Besingen, 1264-1660 zzz chez les descendants de 
Baso, n. pr. germain. 

Bas-Monsieur, ham. près Chaux-de-Fonds. D'après V. Benoît, 
Esq. neuch. I, 110, s'appelait autrefois le Ban-Monsieur, terrain 
à ban, appartenant au comte. 



26 BASSAYS — BATTIAU 

Bassays (ou Basseys ou Bas-Serré)^ ham. de Vérossaz sur 
Saint-Maurice ; de bas et sex^ rocher. 

Bassecourt, D. Délémont, Baressicorty 1160, Barsecuri, 
1178, Baressecort, 1181, 1289, Boressecort, 1266. Ces formes 
anciennes indiquent comme premier élément un n. pr. C'est la 
cour, la ferme d'un Germain, mais lequel ? Fôrstemann a Basso, 
mais pas de nom renfermant le r de ces quatre formes primitives. 

Bassenges, D. Morg«s, BaffingeSy 794, BassengeSy 12 17, et 
Bassins, D. Njon, Bassinées, 974? 1000, Bassiniacum, iilfi. 
Bassins, 1164, Bacins, 1196, i244> M. R. XII, etc. = chez les 
descendants de Basso, n. pr. g*ermain. 

Les Bassets, ham. à Clarens D. Vevej ; le Basset, col au val 
Ferret, autre entre Liddes et Bagnes ; de bas. En Dauphiné les 
cols sont souvent appelés baisses. 

Bassy, ham. à Anières, Genève. Probablement de (fandam) 
Bassiacuniy domaine d'un Bassius, gentilice dérivé du cogfnomen 
Bossus. Il faudrait une forme ancienne pour changer cette con- 
jecture en certitude. 

Le Bastillon, arête de rochers au val Ferret, Valais ; dimin. de 
bastille, château fort. 

Bastioulaz, m. à Ëpesses = petite construction de pierre ; 
diminutif, avec le suffixe oula, de bastia. Voir Bâtiaz. 

Basuges, ancien nom de Saint-Prex, d'après le Cartulaire de 
Lausanne ; de basilica, église. C'est là que fut enterré l'évoque 
saint Prothais, et l'endroit prit dès lors le nom de Saint-Prex. Le 
lieu-dit Sur Bassus conserve le souvenir de l'ancien nom du vil- 
lage. 

Bâtiaz, Valais; la Bâtie, Genève, château construit en i3i8, 
Batista, M. G. IX, 3i3, Bastide, 1821 ; autre près Versoix ; du 
V. fr. bastie, provençal bastide, lieu fortifié, du bas latin bastire. 

Battentin, m. à Bulle, Frib., Battentein, 1286, Batetens, 
1879, Battentin, il^']^, Arch. Fr. III ; probablement d'un n. pr. 
germain, un composé de la racine Bado. 

Battiau, ham. à Saint-Prex, m. à Granges, Frib. ; Baptiaux 
à Aigle, Battioux, Ollon ; Battiou, Célig'ny ; Battieux à Colom- 



BAUGY — BAY 27 

bier, Neuchâtei ; forme patoisc du bas latin baptitorium, fr. bat- 
toir. 

Baugy, ham. de Montreux, Bogie, Bougie, 1260. Malgré les 
o des formes anciennes, nous paraît dérivé comme les Baugy de 
France de (fandam) Balbiacum, domaine d'un Balbius, geuti- 
lice romain. Les nombreuses antiquités romaines qu'on y a trou- 
vées parlent en faveur de cette origine. 

Bauloz, ham. de Gimel. Voir Bolle. 

Baulmes, D. Orbe, BalmOy 962, Balmes, 1174, Balma, ii83, 
Balmis, etc. Voir Balme. 

Un quartier de vigne à Neuveville s'appelle aux Baumes. Or un acte 
de 1185, Trouillat, I, 261, parlant de vignes à Nugerol, in Nuerol, 
nomme les « vineas ad Balinam, » Ce Balinam, qui n'a pas laissé de 
trace, nous paraît être une fausse lecture pour Balmam, baume, nom 
conservé dans Tendroit indiqué. 

Bavelier, ham. de Pleigne, D. Délémont, Bawile, i336, ^at^i- 
lierj i347> ^^^' BaderswiL Paraît d'abord formé de bach, ruis- 
seau, et veliepy wiler, village, ce que semble justifier sa position 
au bord d'un ruisseau. Mais le premier élément de tous ces noms 
est toujours un nom d'homme, et puis bach n'explique pas l'ail, 
bader. Bader, nom fréquent, m. h. ail. vient du v. h. ail. Ba- 
Ihari, de la racine bad, vieux gothique beado, et hari, guerrier. 
Fôrstem. 

Bavois, D. Orbe, Baioes, 1182, M. R. VII, 28, et 1228, 1399, 
Baoies, 1200, M. R. III, 5(jS, Baioies, i2i3, 1228,^0^0^5, 1226, 
Bayoies, 1270, 1298, M. R. XIV, Bayoyes, i2']5, Bayoes, i359, 
1453, Bavoyy i536. Mot difficile à expliquer. Autant qu'on peut 
en conjecturer sur la physionomie du mot, en considérant que le 
V est une lettre intercalée, on peut y démêler la racine bay, de 
bachy ruisseau, et un suffixe collectif oyes, oies, village où il y a 
plusieurs ruisseaux, ou territoire entre plusieurs ruisseaux ; or le 
territoire est limité par le Talent et les eaux du marais, et plusieurs 
ruisselets d'après la carte y descendent des coteaux à la plaine. 

Bay, Baye, Bey, nom de nombreux ruisseaux ; de Tall. bach, 
ruisseau. De là encore peut-être Bex, D. Aigle, villa Baccis, 674, 



28 BAVARDS — BEFFEUX 

BoeZf ii42, Bax, 1179, Bais, 1227, Bez, i245, et en Bex, loc. 
à Eclépens, entre la Venog-e et un ruisseau. Quant à Bez, à Cour» 
telary, il pourrait aussi bien venir de biez. Voir ce mot. 

Les Bayards, Neuchâtel, Bayar, 1282, Bayari, Bayard, 
Boyheartj 1344» Matile ; probablement n. propre d'homme. 

Bayse (pron. ba-hi), ham. à Blonaj, aussi Bahise ; loc. à Bex, 
à Faoug, Avenches ; Baysaz à Saint-Triphon, Bahyse, ham. sur 
Cullj, Bayèzo, m. à Morgins, Creux de Bahyse sous Chamos- 
saire, alpes d'Ollon ; à la Bahise, m. à Saint- Aubin, Fribourg ; 
en la Bahi, m. à Hauteville ; origine inconnue, peut-être fam. de 
bay. 

Bé, Bi, préfixe patois = beau : Béboux (bois), Bécor (corne), 
sommet à Morgins ; Bécuel à Landeron (cul) ; Bez Crettet (petit 
crèt) à Outre Rhône, Bémoni/Bévilard (village), Bétzatay (châ- 
teau), rochers à Outre Rhône, etc., Bicrets à Saintr-Gingolph ; 
Bigitoz à Charmey ; Bimont ; Bipraz à Porsel, etc. 

Beaugourd, voir Gourd. 

Les Bédaires, loc. et ruisseau à Concise ; Bédayre, ham. d'Or- 
mont-dessus et ruisseau, augmentatifs ; les Bedeaux, petits ruis- 
seaux au pied de Marnex, Ormont-dessus, diminutifs; dérivés du 
bas latin bedum, voir bied ; avec la permutation d-z : es Bozièrcs, 
loc. à Etoy, Vaud, Beseiri, loc. à Courlevon, Jura bernois, le 
même que Bezeria, Cart. Haut Crêt, M. R. XII, p. 127, Bezerie^ 
p. 129, considéré comme nom propre et qui nous paraît être un 
n. commun, synonyme de bedeyre. On le retrouve dans le Cart. 
Laus. M. R. VI où Ton parle de la Bezeri à Vevey, 1286, juxta 
veteres muros, soit la meunière ou canal des moulins. Les mots 
de la charte de Haut Crêt : « dicti religiosi aquam de Broya... 
non debebant ducere per Bezeriam ad molendinum suum, * rap- 
prochés de la bezière de Vevey, nous paraissent concluants. Une 
charte de Bulle, i438, parle de quadam bezeria molendini dicte 
ville. 

Beffeux, ham. de Vionnaz, Valais, où habitait évidemment 
Perrodus de Bellofago de Viona, i4o2, M. R., 2« série, II, i25 = 
bel faux ou béfaux^ beau hêtre. 



BEGNINS — BELLELAY 29 

Begnins, D. Njon, BinginSy 1 145, Bingins, 1 165, Hidber, II, 
BinninSy i2o4, M. R. V, 222 et vers 1224, M. R. XII, 5o ; Bi^ 
gnins, 1226, 1269, i349) Binins, 1289, M. R. XII, Bynyns, 
1285, BignynSy 1266, M. R. XII, 1828, etc. ; de Benningis = 
chez les descendants de Benno, n. pr. g'ermain (et non de Sanctus 
Beai|i|^nus, comme on Ta écrit souvent). 

Les Beillantsou Belliants, écart de Jussy, Genève, lesBalanZy 
1274, es Balanz, 1276, M. G. XIV, 189. Voir Balandes. 

Belfaux, Frib., Bel/o, Bello/ago, ii38, 1142, ii5o, Arch. 
Fr. VI, BelfoZy 1228, M. R. VI, 1894, i4o6, Rec. dipl. i47ï> 
M. G. XII, 60, Belfoly i4i6, etc. ; de bellumfagum^ beau hêtre. 

Belin, employé fréquemment comme déterminatif. On connaît 
Sauvabelin. M. Bonhôte indique encore (Musée Neuch. VII, 197), 
Bas Belin, Cemeux Péquignot, Neuchâtel, Crêt Uelin, Aberg^ 
ment, D. Orbe ; Praz Belin, Bretonnière, Ballaiguc et Vaulion, 
D. Orbe. Ajoutons Auge XUAxn à Couvet, en Bellin, prés à Bex. 
Nous avons peine à rapporter, comme M. Bonhôte, toutes ces 
localités à Belenos et au culte du soleil. (Il y rattache aussi Tré- 
velin.) Nous voyons plutôt dans ce déterminatif le v. fr. beliriy 
adj. = ovin, de mouton, donc, dans ces localités, des crôts, des 
prés où paissent les moutons. D'après Godefroy, belin se dit 
encore au sens de mouton dans le Jura. « Toutefois, nous fait re- 
marquer M. le prof. Bonnard, pour que cette explication soit 
exacte, il faut que les noms en question ne soient pas attestés avant 
la fin du I2<^ siècle, époque où Bclin est employé comme nom 
propre pour désigner le mouton dans le roman de Renart, comme 
Renart y désigne le goupil, etc. » 

Bellaluex, alpes de Bcx et Bellalui ou Ikillalui, alpes de Lens, 
Valais ; de belle et laex, lui, paroi de roches ; voir Lex. 

Bella Tola, sommet. Valais. Voir Tola. 

Bellegarde, Gruyère, Balavuarda, 1228, M. R. VI, 28, Bella- 
garda, 1426, XXII, 861 ; de belle et patois vouarda, fr. garde, 
du V. h. ail. warien, garder, veiller. 

Bellelay, D. Moutier, Bellelagia, ii4i» ii79» Balelaia, 1177, 
Pellalagia^ Ï192, M. G. IV, i4, et 1800, F. B. IV, 6, Bellelee, 



30 BELLERH'E — BELPRAHON 

1244) BettelaiSy 1298, Belile, i33i. Trouillat, III; de belle et 
legia, leia, forêt : belle forêt. Voir Alliaz. 

Bellepîve, D. Ayenches, Paie hr a ripa^ 12^0, Bellariva, 1299, 
M. R. V, 36o = belle rive. 

Bellevaux, liam. à Lausanne, Bella vaiiis, 1 190, Cart. Month.^ 
BalesvalZy 1212, M. R. VI, i4o; BellevauXy i345, loc. à Neu- 
châtel et Belvaux, ferme à Nods, Berne = belle vallée. 

Belmoni près Lausanne, Belmunty 12 14, 20, 26, 28, 36, Bel^ 
lum montem^ 1267, Bealmont, i238, M. R. VI, 655 et 1239, 
p. 663. Cette dernière forme ferait penser tout d'abord à Mont de 
Beal ou Baal, le soleil, que les Celtes adoraient sur les hauteurs. 
M. le prof. Bonnard, à qui nous avons soumis la question, ne voit 
dans beal que la forme intermédiaire entre bel et beau. Les autres 
Belmont, près Yverdon, Belmoni^ 1174» i235, Cart. Month., 
Belmont ou i?e/ma/ïe/prèsNidau, Bellum monteniy 1107, Trouil- 
lat, I, 23 1, etc., ont la même origine : beau mont. 

Belon, Crêt — , à TAbergement, D. Orbe, Tronche-Bélon à 
Riaz, Frib. ; patois bélon = barlong, plus lonç que large. 

Belosse, à Cheseaux sur Lausanne, es Belosses à Soral, Ge- 
nève ; v. fr. beloce^ fruit du prunellier. 

Belossy, loc. à Charrat, Valais ; au Belossi à Port Valais, 
Bellochay à Iserables, Bolossy, Vuadens et Chavannes-les-Forts, 
une terre en Bolosie k Morlon en i685, Bolossat, Villarimboud ; 
la Belossière à Hermance, la Bélossettaz à Lavignj, Belossier 
à Noville, les Belossières, Saint-Biaise ; la Bollossettaz à Riez 
et Vuadens; en Belosson à Grjon, en llellesson à Arnex-Orbe. 
Un pratum del Belocier, i2o5, donné à Tabbaye de Saint-Mau- 
rice, une « fontem deis Bolossier près Cornaux, 1220. Du patois 
belossi, bolossiy prunellier, celte poloSy breton bulos, v. fr. beloce^ 
anglais moderne bullace, prunelle, bas latin bulluca : « Nec aliud 
penitus quam pomorum parvulorum quae bullucas vulgt) appel- 
lant, vescabatur. » Vie de saint Colomban. (Holder, 63 1.) 

Belprahon, D. Moutier, Berne, autrefois i?^/)raAo/ï, ail. Tiefen- 
bach, en patois Bépravon ; du bas latin bedum, bief, ruisseau, 
de Tall. bed, et profunduniy ce qui correspond au nom allemand. 



BENDES — BERGHÈRES 31 

Bend<^s, ham. de Saint-Légier ; Es Bendes à Villeneuve ; loc. 
à Chandolin, D. Sîerre, et Benda à Chippis ; de Tanc. h. ail. 
binda^ prov. benda^ fr. bande, surface longue et étroite. 

Bendolla, alpe sur Grimentz, Anniviers, alpis de Bendala, 
i3i2, diminutif du précédent. 

Benenté, forêt du Jorat de Lausanne, corruption de Monsbe- 
nestel^ ii74î de mont, benesty part, passé v. fr. = béni et suf- 
fixe dim. eL 

Benevîs ou Bennevys, loc. à Aigle ; c me paraît venir de a 
bénévis ou bénéuis, du latin bene, bien et vis, tu veux ; locution 
de droit féodal ; contrat pour jouir tant qu'il plaira, sans limita- 
tion de durée. > (Note de M. Isabel.) Il y avait jadis une famille, 
savoisienne de Benevis ; en 1821 un Michel de Benevjs prend 
part au siège du château de Corbières au Pays de Gex par Amé V 
de Savoie. Acad. Sav., 2® s. I. Peut-être le Benevis d*Aigle aurait- 
il été une possession de cette famille : la noblesse de Savoie possé- 
dait de nombreux fiefs à Aigle. 

Benex, ham. de Prangins, Beinai, 1262, Benay, i3i5, M. R. 
V, 35o, 247 = (oicum) Benacum ; du celte benacos, corne, 
hibern. bennach, de benn, corne, promontoire ; Bernex est juste- 
ment au-dessus du cap très saillant de Promenthoux, depromon- 
torium. promontoire. Benacum est l'ancien nom gaulois du lac 
de Garde, le lac « cornu » aux promontoires multiples, nommé 
deux fois par Virgile. 

Une charte de 1277, M. G. XIV, 155, parle d'un Venai/, terre des 
Templiers. Le Rég. gen., 278, hésite dans l'identification de Venay entre 
Avcnex et Benex, mais se décide au répertoire pour le premier. Ce doit 
être plutôt le second, puisque la Commanderie des Templiers de La 
Chaux avait une terre à Benex. La permutation b initial — v se retrouve 
ailleurs à la même époque, voir Evordes. 

Bennaz, bras du Rhône à Illarse près Aigle ; le Baino/ ou la 
Bainaz, affl. de la Petite Glane ; patois bai/ma^ flaque d'eau sta- 
gnante (Bridel), du celtique boinn, rivière. Sorebennaz, loc, 
alpes de Veytaux, près de la Vereyaz = au-dessus du ruisseau. 

Berchèpes, m. à Malapalud, Beryère, m. à Lucens, loc. Mar- 



32 BERCHIER — BERNEX 

chîssy, endroit où Ton garde des moutons ; bas latin bercharia ;- 
synonyme du moderne Bopgerie qu'on trouve à Nyon, Valeyre, 
Rances, etc. Voir aussi Verchère. 

Berchior, D. Moudon, Bergie, Berchiacum, ii54, Bercie, 
1166, Bergi, Bergy, Cart. Month., Berchie^ 1228, i453, etc. ; 
Bercher ou Bepchîez, m. et terrain à Marchissy ; en Berchy, 
loc. à Pampigny ; désig-ne évidemment un fundum, une propriété 
d*un Gallo-romain, comme * Berbicius, 

Berclaz, loc. à Bramois : un lieu Bercles à Venthône, Valais, 
1229, les Bercles, loc. à Neuchâtel, es Bordes, i53i. Bercle, 
patois berquié, est un nom v. fr. = treille. En 1670, dit le 
P. Dellion, le curé de Montbrelloz doit entretenir les toits de la 
cure, les haies, et « maintenir la bercie. » (Dans le C. de Vaud, 
berclure, rame de haricots.) 

Bérenyes ou moins bien Béranges, ferme à La Tour ; de Be^ 
ringis = chez les descendants de Bero, n. pr. germain ; du v. h. 
ail. bero = ours ; correspondant de Beringen, SchaJffhouse, et 
Beriken, Argovie. 

Berlaz, Berley, voir Bierlaz. 

Berlens, D. Glane, Fribourg, Be riens vers 1 176, Donat. Haut., 
1198, M. F. III, 69, 1228, 1228, M. R. VI, 4o8, 2^,Berliny 1577, 
1688, Belle ns y i4o8 = chez les descendants de Berilo, n. pr. ger* 
main, de bero, ours. Praz Berlens à Ghâtel-Saint-Denis, même 
origine. 

Berlin, Ghamp — , ham. de Sorens, Gruyère = champ de Be^ 
rilo. Quant à Berlin, m. à Morges, c'est un nom tout moderne 
donné au xix® s. par un propriétaire allemand ; le nom local est 
les Huttins. 

Berlineourt ou Brelincourl, ail. Berlinsdorf, ham. de Bas- 
secourt, D. Porrentruy = cour, ferme de Berilo, n. pr. germain, 
diminutif de bero, ours. 

lîernex, Genève, Brenaicus vers Tan 1000, Brenay, i256, 
1 271, M. G. XIV, 88, 118, Birney et Berney, 1278, M. G. XIV, 
i3o, Bernay, 1862 ; Bernay, m. à Port- Valais = (praedium) 
Brennacum, du n. gaulois Brennos, comme les Bernay de France. 



BBRNONA — BESENGENS 33 

Bemona ou Bemone, loc. près Venthdne, D. Sierre, Ber- 
nonnes à Sierre, Bemona^ 5i5, 1267, M. R. XXIX et XXX, de 
(oillà) Bemona^ ferme de Berno ou Bernon^ n. pr. {Hj^ennain 
counu dans le pajs. 

Béroehe, la — , partie S. du district de Boudrj, Neuchâtel, 
aussi appelée la Paroisse, la Paroche^ i433 ; du latin parochia 
(saint Jérôme), altéré de parœcia, diocèse. De même dans le Por- 
rentray, la contrée de Charmoille s'appelait jadis la Baroche, nom 
encore employé en bourgnig'non pour paroisse. 

Béroie, vaste pâturage et m. isolée, sur Saicourt, D. Moatier ; 
paratt se rattacher au v. fr. berne, comme 

Berolle, D. Aubonne> Vaud, Birola et Berola, 1278, Byrolaz, 
1822, Birolaz, i453 ; dim. du v. fr. berrie, lande, plaine, pâtu- 
rage vague, donc petite plaine ; en Berroulot, près ù Aigle, 
dim. 

Berra, sommet de la Gruyère, et Pointe de Béron, alpes du 
Trient, Valais ; du celte ber, pointe. 

Bert, en composition comme déterminatif dans plusieurs noms, 
en Libert ou Liebert, loc. à Boussens ; Praz-Bert à Payeme ; 
Prabept à Monthey ; Valbert à Ocourt, Jura bernois = forêts, 
pré, vallée, de Beri, n. pr. germain, contracté de Berahi, Técla- 
tant, le brillant. 

La Berthaz, sommet ou saillie de Tarête au col de Couz, Val 
d'Illiez, et le Berihex ou Berthet, alpes de Bex, dim. du précé- 
dent ; les deux, sommets schisteux de flysch, se délitant cons- 
tamment ; de l'adj. patois beriho, bertha, fragile. 

Bertol, alpe et sommet à Evolène, Valais, Comba Bertol 
vers 1280 = combe (de) Berthold, n. pr. germain. 

Bertzo, chalets sur Ayent, Valais ; passage de rochers au Sa- 
netsch ; Berze, (ts) loc. à Lcytron, Valais ; métal hèse pour brèche, 
d'où le col des Bréchets, vallée d'Hérens. En Dauphiné, berche 
= col. 

Besenoens, D. Veveyse, Frib., Besencens et Besences, xii« s. 
Cari. Haut-Crèt, M. R. XII, i5o, iSg, Bessensen, 1299, d'après 
Kuenlin ; nom dérivé d'un n. pr. germain. 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII li 



34 BESSINGES — BEURNEVAISIN 

Bessinges, ham. C. de Genève = chez les descendants de Bezo 
ou de BettOy n. pr. germain. Voir Bettens. 

Besso, lo — , sommet, vallée d'Anniviers, Valais ; du bas latin 
bissOy fr. bessoriy jumeau, à cause de ses deux pointes. De même 
Grètabesse, sommet près Sion = crête jumelle, et Pierrabesse 
à Grimisuat, Valais, Peira Bechy, 1262, Peina Bessy^ 1267; 
loc. à Ollon, aux Ormonts et à Bex ; ici gros bloc erratique fendu 
du haut en bas, ce qui en fait deux pierres jumelles. Pierrabaisse 
à Conthey est sans doute une fausse orth. du même mot. 

Béthusy ou Uétusî, ham. à Lausanne, Bitusiacurriy 906, Betu- 
sicy 1220, Bitusie, 1228, Bettusie, 1287 î ^^^^1. de Bretig-ny-sur- 
Morren:^ = (Jundum) Bitutiacum, domaine d'un Bit ut lus, gen- 
tilice romain, peut-être, d'après De Vit, le même que Betutius, 
Betucius ou Betutius, nom très connu par les écrivains et surtout 
par les inscriptions. Ces formes primitives, avec le suffixe acu/n^ 
qui s'ajoute à des noms d'hommes (uniquement à cette époque 
reculée) et l'absence de l'h, montrent à l'évidence que Tétymologie 
germanique Bethaus, maison de prière (Dict. hist., V, p. 85) est 
erronée. 

Betzatai, rochers découpés sur Outre-Rhône, Valais = beau 
château. 

Bettelin, clos de vignes à Aigle, Bittilins, 1882 ; peut-être 
comme Billens, Bitlens, voir plus loin = chez BitiiOy n. pr. ger- 
main ; toutefois il faut considérer que Bitlens était contracté au 
xii« s. et Bittilins non au xi\^. Il y a une racine onomastique Bitty 
d'où l'on aurait Bittilo. Ici la contraction se produirait moins faci- 
lement. (Note manuscrite de M. le prof. Stadelmann.) 

Bettens, D. Cossonay, Betens, iit^2, 1269, 1286, Bectens, 
1149, i358, 1881, Beteins, 1228, Bessens, 1286, BetteynSj 1278, 
Bettens, 1887 ; — ham. de Château-d'Œx, Batentes, iii5, Hid- 
ber, I, 4^8, Bestens, i486 = chez les descendants de Betto, n. 
pr. germain très fréquent. 

Beurnevaisin, D. Porrentruy, ail. Brischwiler, Brunnevisiriy 
121 1, Burnevison, 1290, Burnevesin, i848 ; racine germanique 
bran. Voir Bournens. 



BEUSON — BIENNE 35 

Beuson, ham. de Neadaz, Valais, Bousan, 1200, Bouson, 

■ 

1227, 12^8, etc. ; 2^ loc. à Chamoson ; de beiise ou bouse : lieu 
boueux. 

Bevaix, Neucbâtel, yiWsiBeoacensiSj 998, Bevat, 1092, Bevais, 
1142. Cart. Month., ^«e^eo;, 1268, i4o3, Bevaz, i258, 1268, i3ii, 
Bevay^ 1280, Bevays, i3io, Beveyz, i32i. D après Gatschet, cor- 
respoudaDt du n. ail. Bifang, du v. h. ail. bifàhan^ clore ; ce 
serait le syn. des Clos, Closuit, etc., si fréquents. Mais le n. latin 
cellam Beihaatiam, 1049» Hidber, I, 348, semblerait indiquer 
une autre orii;^ne in(X)nnue. 

Les Bevières au Landeron, Beviery, i243, Beviere, i343; es 
Bévières, loc. à Vich, dérivés collectifs de beviunt, bief, prés 
coupés de canaux. 

Bévieux, h. de Bex et Givrins, le premier faussement écrit Bex- 
▼ieux par de Gingins et par la carte Siegfried ; village de chalets 
sur Montreux {Beaeux, i355); Béviaux, pâturage, Pajs-d*En- 
haut, loc. à Blonaj, probablement dérivés de bief, 

Bévilard, D. de Moutier, Berne, Bevilar, iiSi, Belviter, 1226, 
Beviller, 1248, Beviler, 1829 ; de bé, bel, beau et vilar = beau 
village. 

Bex, D. Aigle, villa Baccis, 674, Will. de Bais, 11 38, Bœz, 
1142, BaXj Baz, 1179,^01*5, 1227, BeZj i245, rattaché habituel- 
lement à bachj rivière ; par M. de Gingins au bas latin baccus, 
passage de rivière, bac. 

Bezières, voir Bedayre. 

Biaufond, ham. de Bois, Berne ; patois biaUy beau fond. 

Biaugy, loc. à Rueyres ; de bellum gistum, beau gîte. 

Bied, Biez, ruisseaux à Morges et Jura, loc. à Renens, Beium 
en 904, Biez, 1226, et les Bieds aux Ponts (Neuch.), le Bîex à 
Salavaux, 1289, Bez à Courtelary ; autres formes de bief, bas 
latin beuium, beiam, bedum, de Tanc. h. ail. bed, lit de rivière, 
puis canal, ruisseau. 

Bienne, Bielna, ii4iï Bielne, 1184, Byello, 1187, Biello, 
1280, Bielle, 1289, Beenna, i233, Bienna, i258, Biel, 1299, 
etc. (26 variantes) ; dérivé ordinairement de byl, beil, ail. suisse 



36 BIÈRE — BIOLEC 

beily la hache qui figure dans ses armoiries ; mais ce sont là des 
armes parlantes et Torigine nous paraît incertaine. Studer pro- 
pose Tanc. h. ail. bil^ pris au sens d'entaille, de gorg'e, ce qui 
conviendrait assez pour cette ville, à l'issue des gorgées de la Saze. 
Toutefois, nous préférons nous ranger à l'opinion de Zimmerii 
qui n'y voit rien autre que l'ail, bûhl^ colline ; en i4o5 le rocher 
sur lequel s'élevait jadis le château est appelé der Bûel. 

Bière, D. Aubonne, Bieria^ iiSa, Byerey^ ii43, Cart. Month., 
Beri^ wi^^ Biria, 1179, Bière vers 12 10, M. R. XII, i5, Bieriy 
121 2, Beriay 1278, i453 ; du v. fr. berrie, plaine. 

La Bierlaz, alpe d'Ormont-dessus, Berlaz dans les vieux textes ; 
aux Berlcs, loc. à Denens ; à la Birlaz, loc. à Fully, la Byrla, 
ham. à Trient ; Borletta aux Mayens de Sîon, dim. ; Berlaire à 
Villariaz, liorloy, forêt à Montagny, Beriai, 1228; Berlex à 
Tartegnins, Berlez à Villarepos, collectifs ; du v. fr. berle^ patois 
beria, cresson de fontaine, du latin berula. 

Billons, D. Glane, Fribourg, Bitlens^ xii« s., Billens^ 1180, 
1189, M. R. XXIX, 125, Bilieins, 1228, Byilens^ 1282 = chez 
les descendants de Biiilo^ n. pr. germain ; du v. h. ail. bitan, 
désirer ; de môme Bois-Billens, ham. de Villars-sous-Yens. 

Biole ou Biolla ; Biolet (Boudry), Biollet (Bevaix), Biolat 
(Thierrens), Biolettes ou Biolattes, dim. ; Bioley, Biolay, Biol- 
ley, Biollay, Bioliex, Biolayre, Bioiieyre, Biolyre (Valais), 
etc., lieux où abondent les hioles, bouleaux ; du latin hetula on 
betulla^ aussi celtique ; les collectifs en ey^ ay, ex, de betuletam ; 
en ayrej yre, de beiularia. 

Biolec, mayens, vallée d'Anniviers = Bioley, 

Ce suffixe ec, spécial à la vallée d'Anniviers et à Evolèae : Liappec = 
Liappey, Lirec = Lirey, Mottec = Moltey, Pensée = Pesscy, Rotsec 
= Rochey, Vernek = Verney, Veisivic = Veisevay, rappelle singulière- 
ment la formation des collectifs semblables en celte armoricain. On y 
dit rosec (rosetum), /avec (fabetum), kanabec (cannabetum), etc. Zeuss, 
p. 850. Cette terminaison identique pourrait faire penser à une origine 
celtique commune, mais ce n'est là qu'une coïncidence : le dialecte anni- 
viard ajoute un c inorganique à presque toutes les terminaisons en é, i, 
ou : dek, sek, nek (doigt, soif, neige), amik, pourrik, pahik, nouk^ douk 
(nu, dur), venouk. 



BIONNENS — BLESSONEY 37 

BMMineiis, D. GlAne, Frib., Byonens^ 1869, Bionens. i394« 
M. R. XXII, 238 := chez les desceDdants de Beono. Beonnu, n. 
pr. germain. 

Biordaz, rivière D. Oron, Biorde, ii34« Barda vers 11 46? 
Biorda, ii55, Biurda^ 11649 Byorda^ 1274, Byurda^ 1296, 
Cart. Haut-Crét M . R. XII ; peut-être autre forme de borda, 

La Biorle, ferme à Belprahon, D. Moutier ; peut-être autre 
forme de bierle. Voir Bierlaz. 

Koutaz, bois de bouleaux à Amex sur Orbe ; de bioux. 

Bioux, ham. vallée de Joux ; loc. à Treytorrens, Saint-Cierges, 
ChavaDDes-le-Chène, et au Biou à Yvonand ; forme masculine de 
hiole^ bouleau, v. fr. boul; les bouleaux sont abondants aux Bioux. 

Birse, rivière du Jura, Bersa, Birsa dans les chartes ; le v. f. 
a bers, berceau, aussi lit d'un cours d eau. Y aurait-il là quelque 
rapport? S tuder le tire du celtique, irlandais hir^ pir^ ruisseau. 

Blachère, loc. à Bex, Blachoz, prés à Ollon, Bex ; les Bla- 
eholeys, rochers gypseux à Ollon (la carte Siegfried écrit fausse- 
ment Bacholejs), la Bléchereite, m. à Lausanne, Blaeon à Lully 
sur Morges. Parents de blache, blachet, pâle, blanc. Il y a à Ol- 
lon, Bex, beaucoup de terrains gypseux, blanchâtres ; mot dérivé 
de Tall. bleichy même sens, que Dietz rapproche du grec blakos. 
Le patois appelle blachette = blanchette, l'armoise absinthe et le 
chèvrefeuille des haies, aux rameaux blancs. Dans TAin, on appelle 
blache ou blachère les prés marais qui fournissent de la blache, 
bâche à la Côte, flat dans la vallée du Rhône, sans doute parce 
que cette herbe est blanchâtre quand on la fauche pour litière. 

Blancberie, loc. à Morges, Yverdon. C'est le v. f. blancherie 
= blanchisserie, endroits où l'on étendait les toiles pour les faire 
blanchir, comme les Bleiche de la Suisse allemande. 

Blessens, D. Glane, Frib., Biesens, ii5o, Blescens, iiCo, M. 
R. XII, BlessenSy ï2i5, Donat. Haut., Blesseins, i238, M. R. 
VI, 660 ; — Es Blessens, ham. du Crêt, Veveyse, Blessins 
(Kuenlin) = chez les descendants d'un Germain dont le nom com- 
mence par Biid, Bled. 

Blessoney> ham. de Greng près Morat ; Blessonox, m. à Bot- 



38 BLETTAZ — BLONAY 

terens, Montblesson, ham. de Lausanne ; en Bellesson à Arnex ; 
es Blessonnières à Jussj ; la Blessonnaire à Grand vaux, lieux 
où abondent les blessonniers, poiriers sauvag-es ; de Tadj. blet^ 
Berrj blosse, d'orii^rine germanique ; ancien Scandinave bleyta, 
amollir, suédois blôi, mou, parce que ces poires ne sont bonnes 
que lorsqu'elles sont blettes, et suffixe dim. on, blesson = petit 
fruit blet, puis les collectifs ej, ex^ aire. 

Blettaz, loc. à Nendaz et alpes de Saillon ; en la BlettaZy iSgo, 
à Grône, Valais ; Blettay, cirque rocheux, alpes de Leytron ; Blé- 
taye à Miège, les Bletteys à Emosson, alpes de Finhaut, Tête 
du Bletton, sommet au Saillon, Valais ; aux Blettes, alpes de 
Bex, les Bléteaux ou Blettaux à Yvorne ; du v. f . blette^ variante 
de blestCy bloste, s. f., motte de terre, employé jusqu'à la fin du 
XYi® s. (Bonnard) à cause du sol inégal de ces localités. 

Es Blevallaires à Ëcublens, Vaud = aux champs de blé ; du 
bas latin blauum, v. f. bief; origine incertaine, probablement du 
celtique blawd, farine. 

Blignoux ou Blignoud, ham. d'Ayent, Valais, Bluvignosch, 
Blivignohos, 1191, Bluoignoch, 1 229-1250, Bluvignoty 1287, 
Bluvignoc et Blioignos, 1249, Blivignoch vers 1260, Bluvi^ 
gnose ^ 1295, Bluvignout, i338. Blouvignoux carte Dufour et 
Dict. LutZy 1861. Blignoux carte Siegfried, Blignoud F. d'Avis 
off. du Valais, contraction exceptionnelle au xix^ s. Probablement 
dérivé d'un nom propre gaulois et du suffixe ligure oscus répandu 
dans la Gaule méridionale et dont nous connaissons 5 exemples 
en Valais. 

Bliou, Blioux ou Bluch, ham. de Randogne près Sierre, Bluys^ 
1260, 1267, BluSy i24i, 14419 Plouche, Lutz, 1861; a\\, Blusch, 

Le nom de Chamblioux, ham. à Granges-Paccot, Fribourg, 
paraît formé de champ et de la même racine blioux qui doit être 
un n. pr. germain. 

Blonaire, loc. à Aigle ; peut-être ancienne propriété des Blonay. 

Blonay, D. Vevey, Bloniacum^ 1090, 11 38, Blonay ^ 1142 et 
Blenaiy 11 47» Cart. Month., Blanay et Blanoi, 11 03, Blenia- 
cum, 117C, Blonacho, 1177, Blunais, i2i5, Blunai, 1286, Blu- 



BLUARD — BŒNA 39 

naium, i25o, Blonay, iSiq, Blognay, i33o, Matile, etc. Ne peut 
Teoir de planiiies, plaine, comme le veut Gatschet ; le suffixe 
acum s*ajoutant à des noms propres, mais de (praedium) Biania- 
cum^ domaine d'un Blanios, n. pr. gaulois, latinisé Blonius 
(Holder, 497)* Les formes Blanaj et Blanoi, ii63, nous rendent 
le a primitif. 

Au Bluartl, quartier à Morges, à Tangle N.-Ë. de Tancienne 
enceinte ; le Belluard, pâturage à Château-d'Œx, au Belluard, 
loc. à Soral, Genève ; le même que le français moderne boulevard, 
de l'ail, bollwerk, fortification. 

Bochaires, 3 loc. à Chàteau-d'Œx, et ailleurs ; Boehera, m. 
à Troinex, Genève ; endroit où Ton coupe le bois, où on le met en 
bûches ; du verbe v. f. boscheer, couper du bois. 

Bochat, ham. à Lutry, Boschat, i223, et Bottens ; Bochet à 
Afzier, Boscheturrij 1202, à Arnex sur Orbe, Boschet, 1268, à 
Pizy, Châtelard, Cheseaux, Crans, et 3 loc. Frib. ; le Bouchet à 
Saconnex, le Bochet, 1279 ; le Boochet, ham. des Bois, Jura ; 
Botzat, nombr. loc. en Valais ; Botzet, 2 loc. Frib. ; du bas latin 
boscheium, petit bois, fourré, lieu buissonneux ; Botzatey à Sail- 
lon, collectif; Bochalet à Villars-Mendraz, Bossalet, Viilarbe- 
nej, Botzallet à Essert, D. Lac ; dim. de bochat. 

Boeonnex, loc. à Aigle, route dos Ormonts, collectif du patois 
bocon, petit morceau (de terre). 

Bodemos, ham. de Rougemont ; de l'ail. Boden et moos = 
marais du fond. 

Boécourt, D. Délémont, ail. {Bas')B(estingen, Boescort, 
ii4i^ Bœscorth, ii47» Bœscouri, 1161, Bueschorl, '1180, etc. ; 
peut-être court, village, de Boius ou Boios, n. p. gaulois. 

La Bœna, loc. à Cuarny, ham. à Ennej, Gruyère ; la Boiuo, 
ham. Neuchàtel ; la Beiinaz, chalets sur Monthey ; en llautabon- 
naz, m. à Château-d'Œx sur le Montellier, de haute et bonne ; du 
celtique bonn, limite, borne, bas latin bodina^ bodena, v. f. bone^ 
boine, bonncy devenu borne au xvi« s. ; boine est encore employé 
dans un acte de 16 18, délimitation des bois d*Aigle et d'Ollon : 
« la dite boine plantée au Plan de la Charbonnière. ^ 



40 B0ET — BÔLE 

Boêt, Buit, Buis, Bouts, Buet, Bouet, Boux» Buz, Boz, 

synonymes et dim. de bou = bois. De là Plambuit, Plan du boîs, 
Praz Buit, Muraz, pré du bois, Vers Buit à Ollon et Corbey- 
rier, vers le bois ; Souboz, Berne, sous le bois. De là encore l'an- 
cien nom de Louèche-les-Bains, Buez, Bois. Voir Louèche. 

Bofflens, D. d'Orbe, Bofflinges, loi i, M. R. III, 428, incurie 
bo/flennisy 1007 ou looi, Hidber, I, villa Bofflens^ 1049-1 109, 
BofflenSy i4o3 =: chez les descendants de Boviloy n. pr. ger- 
main. 

Bogts, D. Nyon, Bugeium vers ii44> 1166, 1179, M. G. IV, 
83, Bougie^ 1286, Bogie 1260 ; autre forme de Bougy. 

Bogis, bois près Nyon, nemore Bogie, 1289, 1240, Cart. Ou- 
jon, M. R. Xll ; du v. f. bouge, s. m., terrain inculte et couvert 
de petites brandes. 

Boinod, ham. à Chaux-de-Fonds, à la limite du val de Saint- 
Imier, Boineau, i84i ; sans doute du v. f. boine, borne, et suf- 
fixe dim. eau. 

Le Boir, ruisseau et forêt au Pillon, dans des lieux pleins de 
creux g^ypseux (Isabel) ; pré à Conthey ; le Boiron, 2 rivières près 
Morges, Boirum, 1221, 1228, M. R. VI, 265, Beyron, 1296, et 
près Nyon, Boiro vers 1200, M. R., 2^ s., V, 21 5, Boiron vers 
1220, 1269 ; de la famille du v. f. boire, s. f., fosse creusée par 
les eaux. Boire est employé par Rabelais au sens de rivière. 
€ Quand nous passâmes la grande boyre. y^ Gargantua, I, 38. 

Boironnet, affl. du Boiron de Nyon, dim. Les M. R. III, p. 5i3, 
indiquent à Yens une loc. nommée A Bo Yrenal, 1 296, aujour- 
d'hui en Boironat, autre dim. de Boiron. 

Bôle, D. Boudry, Boule, i846, Buloz, Bulo, i856, et BoUes, 
Val-de-Travers, Neuchâtel, les Bulles à la Ghaux-de-Fonds, les 
Builoz à Promasens, Frib., Bauloz, ham. de Gimel, Baule, loc. 
à Begnins, le Bouloz, pâturage du Jura sur Nyon ; BuUet, D. 
Grandson, villa Bolaco, 960 (rapporté à Bulle par Hidber, I), 
Bulet, i85o ; les Bolets, ham. à Colombier, Neuchâtel ; les Bau- 
lats, loc. à Bonfol ; du bas latin bola, boletum, du v. h. ail. bol, 
terrain inculte, lande. Bolaire à Vétroz^ collectif, BoUen à Loué- 



BOLLION — BONFOL 41 

die, forme germanisée. Une localité sous Avent, Valais, valle 
Baulis, i loo, Boulis, 1200, Boulys, i4o8, même orig-ine. 

Bollion, D. Broyé, Frib., et loc. à Combremont ; pourrait venir 
de bouillon, v. f. houllon, bourbier, dont Littré donne 2 ex. du 
XIV* s. « Un bouUon ou bourbier ; un chemin moult destravé, 
plein de boulions. » 

Bonaudon, voir Audon. 

Bonatry, loc. à Saxon, paraît être un Bonatrait ; de bon, et le 
V. f. alraily l'opposé de Malatrex ou Malatrey ; suffixe valaisan 
y = ex, ey. Voir Malatrex. 

Bon, En, Au — , loc. à Montherod, Saubraz, Echichens, Char- 
ncx. Es Bons, écart d'Aubonne, Bonez, i235, M. G. XV, 7 ; loc. 
à Bremblens; peut-être bon, adj. sous-entendu terrain. Mais on 
trouve dans la même région une autre série : le Bond à Echan- 
denSy Lonay, Collombier, Denens, les Bonds (ou Bons) à Bière, 
sorte de puits circulaires rejetant par intervalles une eau limo- 
neuse ou de la boue ; on pourrait penser à une fausse ortho- 
graphe, mais le d appartient bien au mot, comme le prouvent le 
fém. es Bondes à Crassier, aux Bondes à Venthône, les dérivés 
Bondet, forêt à Ollon, Bondez, forêt à Croy, en Bondex à 
Denges, Préverenges, Céligny, Bpndys, 2 m. à Gillarens, Bon- 
dallet à Romanel, Bondérex à Denens. Mot embarrassant. Bond 
serait-il une forme masc. de bonde, qui a signifié au xii« s. 
borne ? Les Bondes à Crassier, le long de la frontière française, 
peuvent être es Bornes. En Angleterre on nomme pond les petits 
creux pleins d*eau, tantôt plus ou moins sphériques, tantôt allon- 
gés et sinueux (i ou 2 m. au plus) qui coupent la surface des ma- 
rais tourbeux. Ce mot, sans doute d'origine celtique, paraît être 
le même que les Bonds de Bière. 

Boncourt, D. Porrentruy, ail. Bubendorf, Bovonis curia 
I i4o, Trouillat, le texte a n : fausse lecture pour u =11 v ; Booun- 
corty ii47, Boncurt, 1178, Bunchortj 1170, Boncor, 1290 = 
court, ferme de Bovo, n. pr. germain, d*où le n. de famille Bovon. 

Bonfol, D. Porrentruy ; ail. Pumpfel, Bonfo, Bunjol et 
BanfOj 1291, Bon foui, 1821 ; peut-être bonumjagum. 



42 BONGARDAZ — BORCARDERIE 

La Bongardaz, loc. à Curoillens. D'après Zimmerli, viendrait 
de Baumgarten. Douteux ; plutôt propriété d'un Bong^rd. 

Bonmont, château, anc. abbaye près Chéserex, D. Njon. Beata 
Maria de Bono monte ^ ii23, abbas DonimontiSy 1224= bon 
mont, souvent prononcé au moins jusqu'en 1870, Beaumont, Bo- 
mont dans la contrée voisine, par dissimilation comme Romont, 
Moron, Lomont. 

Bon(n)ayaux, alpe, val d'illiez (BonaveaUy fausse orth. de la 
carte Siegfried), alpes à Montreux, Morgins, Rougemont, Grand- 
villard = bona vallis, bonne vallée ; Bonavalottaz à Grandvil- 
lard, dim. 

Bonnefoniaîne, D. Sarine, ail. Muffethan, Bono/onte^ ii5o, 
Hidber, II, Bonnefontainey 1287, F. B., II, 170, Bunfontana, 
1270, Mun/otarty i449, Mont/etariy 1476, Arch. Fr. V, 43o, 292, 
etc. Voir Stadelmann, p. 124, qui démontre que le nom allemand 
n'est qu'une corruption du français. 

Bonnenson, loc. à Bex ; peut-être le v. f. bonne ^ s. f. = borne 
et en son, au sommet. Voir Bœne. 

Bonvillars, D. Grandson^ Bonus vilary 11 24, Binvillare^ 
ii48, Bienvilar^ ii54, Binoilar, 1 1 74-1 228 = bon village. 

Boraii, torrent dangereux, affl. de la Torneresse, Pays-d'En- 
haut, s'enflant démesurément aux grandes pluies et charriant 
beaucoup de cailloux ; sans doute parent de boraii, babillard. 
Bouraiier, m. à Hauteville et Bourateyrc à Semsales pourraient 
en être parents. 

Borb, racine du français bourbe dont « l'origine, d'après 
Darmsteter, est inconnue ^ (Bonnard) a donné le nom de 

Borbaz, ruisseau et bois à Bernex, Genève ; champs à Bussi- 
guy. Villa ps-sous- Yens, Pomv ; Borboz à Arnex et Pompaples ; 
Pré Borbet à Bassecourt et Boécourt, Pré Borbeux à Lavey, en 
Borbotaz, loc. à Veyras, Valais ; Borbuintze, Châtel-S* Denis. 

Bopcarderîe, la — , loc. à Valangin, Neuchâtel, Burgi arde^ 
ritty i45o =: la fournaise du bourg-, que le Mus. N. explique : 
endroit où se fabriquaient la tuile et la brique pour les réparations 



BORDE — BORREX 43 

du château. « J j vois le nom propre Borcard et le latin est une 
fantaisie étjmolo^que. » (Bonnard in litt.) 

Borde à Lausanne ; les Bordes, ham. de Bavois ; du f. borde, 
ital. borda j du gt)thique baurt, cabane, chaumière ; dim. Bordel, 
loc. à Chacdonne et Bordelloz, m. aux Clées. Cette dernière est 
appelée Bord^de-Veau sur la carte Siegfried, quoiqu'elle soit loin 
du moindre ruisseau. 

Borgeau, ham. de Martignj-Bourg, en Borgeod à Pailly, 
Borjoz à Rossinières, Borjaux, quartier de Blonay. Borjeau, h. 
de Font, Frib., Borgeat, ham. de Cerniat, Frib., Borgeal, ham. 
d*Orsières, Borzeau, ham. de Sorens ; dim. de bourg*. 

Bordzay, Proz — , alpes de Bag'nes ; en Borjezan> loc. à Ches- 
sel ; de bordzai, bourg'eois : propriété bourgeoisiale. 

Bom, racine germanique, de Tall. born^ source, donne les 
noms de nombreuses localités : Borneau ou Bouraeau, plusieurs 
lieux-dits ; Bornet, Bornettaz, Vétroz ; Bornait à Bex, les Bor- 
nis à l'Ëtivaz, ChÂteau-d*Œx ; Bournet à Treyvaux ; le diminutif 
Bomalet à Aubonne, Treytorrens, etc. ; l'augmentatif Bornache, 
combe à Villeret, Jura ; Prai>orgne, dans les chartes Prato- 
bornOy nom français, bien oublié, de Zermatt ; la Borgne, rivière 
du Valais, Borny, 1289, Borniy 1247» Bornie, i448. 

Bomu, Moulin — , près La Sarraz, Bornnlj ii49i Bornuz, 
ii58. Borna, 1228 ; de ladj. vaudois et v. f. borna, creux, vide, 
dérivé de borna, trou en terre, crevasse, à cause de sa position 
dans une étroite gorge ; quant à borna, il vient probablement du 
germanique born, source. 

Bornué ou Bornuet, ham. entre Vernamiège et Nax, Valais, a 
une tout autre origine : le nom de ce hameau, Bornuesc, i2o3, 
1243, BarnaheCy 122!^, Bornuech, 1289, vient du n.pr. germain 
Borno et du suffixe germanique isca (aussi gaulois), ail. moderne 
isch, qui sert à former des adjectifs (mansus, clausus) Bornais- 
cas, propriété de Borno. D'Arbois de Jubainville, p. 55o-559, cite 
de nombreux exemples de noms ainsi formés. 

Borrex, D. Nyon (Guichard de Bornai, ii64, M. G. IV, 77, 
Hidber, II, 208, fausse lecture !), Borrai, 1286, M. R. VI, 898, 



44 BOSSATTON — BOTIRI 

Borrat/y 1266, M. G. VII, 3 16 ; de Borracum, propr. d'un Bor- 
ruSj nom servile ; une inscription citée par Holder, p. 494* porte 
Borrus /ecit. 

En Bossatton, loc. à Lusserj ; dim. de bosset, petit bois. 

La Bosse, ham. de Saig^elég'ier, Berne ; forme féçi. du v. f . 
hoêy bois. 

Bossenaz, m. à Féchy, Tarteg-nins, loc. à Pizy, Bougy, bois à 
Ferreyre; Boussine, alpe de Bagnes, Valais ; f. d*un adj. bous- 
sin,ey V. f. boschain,e = boisé, dérivé avec le suffixe in, patois 
f. enaXy du bas latin boschus ; bois, localité, alpe boisée. 

Bossens, ham. de Romont, Boscens, 1147-1157, Arch. Fr. VI, 
Bossens, 1244, M. R. VII, 43 = chez les descendants d'un Ger- 
main dont le nom dérivait d'une des racines baudi ou hod. (Sta- 
delmann, op. cit., p. 62.) 

Bosscy, Vaud, Bossei, i234f i25i, Bossie, i245 ; et Genève, 
Bossey, 1201, Bossie, 1268; Bossy, Genève, Bossie y i2i6y i344> 
M. G. IV et IX ; peut-être de boschetum, lieu buissonneux ; plus 
probablement, comme les Bossey, Bossay, Boissy de France, de 
buxelurriy lieu où croît le buis ; le buis est abondant sous Bossey, 
Vaud, et se trouve aux environs de Bossey, Genève. 

Bo$sièi*es ou Bossirc, 2 m. isolées, monts de Lutry ; Bos- 
Nièrcs, loc. près Promenthoux, correspondant patois de Boissière, 
Genève ; maison dans les bois. 

Bossonnens, Fribourg^, Bossonens, 1221, i^ol^yBucenensyeT» 
1236, BoitonenSj i34i, Bossonin^ iGo6 = chez les descendants de 
Baudson, Boitson ou Bauthson, — on trouve les trois formes, — 
n. pr. germain formé de Baudo, Botto, Botho et son, fils. 

Bosson, plus. loc, les Bossons, ham. de ChÂteau-d'Œx ; dim. 
de bois; es Bossonets à Charmey, aux Bossenels à Lussery, 
dim. du premier ; Bossonery, chalets sur Ollon ; le même, avec 
suffixe ery = erie ou ière, 

Botiri ou Botyre, ham. d'Ayent, BoiereSy 1200, i25o. Botte- 
res, i3i I, et loc. à Vissoye, Valais ; Bottire, loc. à Sierre, en Bot- 
téré, champs h Villars-le-Terroir, Botterez à Satigny. Voir Bot- 
tay. 



BOTTAY — BOUDRY 45 

BotUiy, es — , bois à Lasserj, chalets à Charme v ; au Bottey, 
pâturage à Mootbovoo, Botté à Vétroz, Praz Bottey, Vuister- 
nens-devant-Pont ; probablement de la famille de botter y mettre 
en botte, en fagot ; endroit, bois où Ton fait des fagots, bois taillis. 

Bottens, D. Echallens, Botens^ 1142, ii83, Cart. Month., J^oc- 
tenSy 1228, M. R. VI, Boutai ns, i38o, Matile, Boutai n, i38i, 
BoutanSy 1897, Boutan^ il^il^, Boutain, i42o-i46o, M. R. XIV 
= chez les descendants de Boto, Boit y n. pr. germain = l'en- 
voyé, ail. moderne Bote. 

Botterens, D. Gruyère, 1227, M. R. XXII, BocterenSy 1490, 
M. F. IV =r chez les descendants de Botthariy n. pr. germain ; de 
Botty l'envoyé, et hariy guerrier. 

Les Botticres à Chancy, Genève ; h. près Belle]ay> Jura ber- 
nois, la Buttièrey i3o4 ; la Bottière, à Cergémont ; voir Bottay. 

Bottonens, loc. à Saint-Légier, bourg de Bothonens, quartier 
de Vevey, habité par Perrod Bothonens en i34i, d'où son nom. 
Voir Bossonens. 

Bottonet, loc. à Puidoux, Botoneyre à Maracon ; peut-être la 
même racine. 

Botzeresse, alpe de Bagnes, Valais ; de botzety chevreau, et 
suffixe V. f. eresse (comme Boveresse, Porcheresse, etc.) = alpe 
des chevreaux. 

A la Boudaz, loc. à Gland ; peut-être autre forme de Budaz. 

Boude villiers, Val-de-Ruz, Boldiwilery 11 44» Boudeviler, 
1195, Boldaviler, 1202, BudewillieZy i453 ; de villarcy village, 
et Boldoy variante du n. pr. germ. Baldoy le hardi : village de 
Boldo. L'étymologie de Matile, de boUy bois, et villarcy bois du 
village, est démentie par les formes anciennes. 

Boudry, Neuchâtel, Buldri et Baudriy 1268, Boudri, i3o6, 
Budriy i336, Bouldry^ i346 ; de Balderichy n. pr. germain très 
fréquent (= guerrier vaillant). Fôrstm., p. 208. 

Gatschet, après avoir donné Fétymologie ci-dessus, en a adopté posté- 
rieurement une autre (dans une lettre à M. Bonhôte) où il dérive Bou- 
dry, comme Bêle, du v. h. ail. bola, lande, terrain inculte. Nous pen- 
chons pour la première étymologie de Gatschet ; Fobjection de Bonhôte, 
que « rhistoire ne fait pas mention de ce Baldurich » n'a pas de valeur. 



46 BOUFFA — BOUIS 

• 

Elle pourrait s'appliquer à des centaines de noms de localités dérivés de 
noms d'hommes^ gallo-romains ou germaniques^ localités dont nous 
ignorons le fondateur, bien que nous soyons certains de Tezactitude de 
la dérivation. L'histoire ne nomme pas davantage, par exemple, le Runo 
qui a donné son nom à Renens, ni le Modernus, parrain de Modernacum 
ou Mornex. 

Bouffa, Tête de la — , rocher à Salvan, très exposé au vent ; 
subst. verbal de bouffer, souffler, provençal bufar ; en Dauphiné, 
buffa =. endroit exposé au vent ; 3Iontbuffat ou Bufet à Pre- 
mier, môme racine. 

Bougeries, nom de plus, forêts, Apples, Ballens, Yens, Ro- 
mainmôtier, la Bougery^ 1 499 ; les Bougeries à Vandœuvres, et 
ham. de Chêne, Genève ; nom commun au moyen âge de terrains 
vagues, en partie boisés, ainsi en i3o4 « pro 10 posis de bouge- 
riis > et en 1807 les bougeries et vernets de l'Arve. M. G. IX, 
p. 99, 201, 248; de la famille du v. f. bouge, s. m., terrain in- 
culte et couvert de petites brandes. 

Bougnon, voir Bugnon. 

Bougy, vill. et ham. D. Aubonne (Baigeel, 1062, Baugel, 
1177, Bougez et Bougye, 1287, Bougie, 1276, Baugier^ 1849) ; 
la Bouge, m. C. de Noirmont, Jura bernois ; du v. f. bouge y de- 
meure ; Berry, bauge, hutte ; bas latin baugium, hutte, bougius, 
cabane. Ducange cite duos domos seu bougios, 1292: deux 
bouges, soit maisons. 

L'ancien nom du vîU. de Bougy était Bougy -Milon. Joh. Bran- 
dis de Bougye-Milton, 1285. M. R. XXX, 887. Millon, n. pr. 

Au Bouil, loc. à Lens, Valais ; au Bouillet, ham. à Bex ; loc. 
Ormont-dessous, ou Bulliet, 1882, Ollon, Yvorne ; Vex et Mon- 
tana, Valais ; Bouillets, chalets sur le Pissot, Château-d'Œx, 
Boulier, chapelle et source sous Vercorins, Valais ; au Bulliet, 
loc. à Granges, Fribourg. Le premier synonyme, les autres dim. 
de bouiy bassin de fontaine ; localités riches en sources, en filets 
d'eau. 

Bouis, Creux du — , alpe de Saillon ; Tltroz du Bouis, alpes 
d'Ardon ; de bouiy bouet, bassin de fontaine, de botellurriy boyau, 
tuyau. 



BOUJEAN — BOURDIGNY 47 

Boiyeaii, ail. Bôzingeriy D. Bienne, Berne, Bezsingeny 1008, 
Tr. I, Bezingen, 1181, Basingen^ 1284, Boujans, 1264, F. B. 
n, Bogsingen, Bochesingen, 1280 = chez les descendants de 
BezOy n. pr. germain. Fôrstm., p. 219. 

La Boulaz, Miserj et Cournillon, Frib. ; les Boules à Bernex, 
Confignon, Genève ; Seleutc et Fontenaj, Jura ; Boulayres on 
Booleyres près Bulle, Bolleriy iigô, Bolerg, 1878, et 4 autres 
loc. ; Boulex à Pajerne, Bouley à Romont, Boulais à Boncourt 
et Rocourt, les Boulats, Montignez et Fregiécourt, la Bouloie à 
Ocoart et à Porrentruy, Bouiloye, 1828 ; Boulier à Asuel ; col- 
lectifs divers du v. f. boule dont bouleau est le dim. Quant à 
boule, d'après Jubainville, c'est une contraction de bedoulley dé- 
rivé de betuliay forme gauloise fournie par Pline. 

Boulens, D. Moudon, Bollens, 1142, M. R. XII, Cart. Month., 
1226, Boslens, 1166, Hidber, II, Boslans^ 1218, Month., 58, Bo- 
lens, 1453 = chez les descendants de Bollo ou de BotilOy n. pr. 
germains. Bollo, du m. h. ail. buole = époux, frère, ami ; Bo^ 
dilo, de bodo, maître, seigneur. Fôrstm., 274, 290. 

Bouloz, D. GlÂne, Fribourg, BolohCy 1 154, BoloZy 1 155, 1 188, 
Boloohy 1179, 1180, Bolos vers 1160 et 1260. Cart. Haut-Grôt ; 
Bolocsh, Bolosc et Bolocs sans date, xii^ s., Bolo, i64o. Le 
P. Dellion, Dict. IX, i64, y rattache Bedolosciy 1017, que Gats- 
chet (271) rapporterait plutôt à Bulle, Fribourg. N'est pas de la 
famille de bola^ lande, voir Bôle, mais plus probablement formé 
d'un nom d'homme et du suffixe locatif ligure oscus. Voir Ar- 
nioux. 

Es Bourdes, bois à Crans, D. Nyon ; de bourde y bâton, 
perche, dim. bourdon, bâton de pèlerin = bois taillis où ces 
perches abondent. 

Bourdigny, ham. de Satigny, Genève, Burdiniacum, ii53 et 
i25o, M. G. XIV, 9 et 29 =r domaine d'un BurdiniuSy n. pr. ro- 
main, dérivé de l'agnomen Burdius. De Vit, 1, 771. Mais le même 
village est appelé Burdignin^ 1297, i3o5, i344, i346, Burdi- 
gnynsy i3o7, i348, Burdignins, i358. M. G. XIV, IX, 244» 235, 
XVIII, XXI, 217. Ce suffixe indiquerait une origine germanique 






48 BOURGEAU — BOUX 

= chez les descendants de Burdin, n. pr. germain. Fôrstm., 298. 
Peut-être Burdinius n'est-il que la forme latinisée de celui-ci. 
Peut-être aussi j a-t-il ici le même fait que dans Tart^^ins — 
Trîtiniacum, Trivilins — Trevelliacum, Brucins — Bniciniacum, 
Cartignins — Quartiniacum. On trouve de même Greysie (Gex), 
1184 et Gresin^ 1220. 

Bourgeaii aux Verrières^ Boiirgeaud à Carrouge, Bourjod à 
Pailly, Bourzeaiix, ham. de Sorens, Frib. = petit bourg. 

Bourguillon, ham. et porte à Fribourg, Burgallun, 1255^ 
Zeerl. I, Bourguillon^ Burguillion^ xiv et xv« s., Bùrglen en 
ail., 1434 ; comme Biirglen d'Uri, Burgillay 857 ; dim. deburg : 
petit château fort. 

Bournens, D. Cossonay, BrunenSy 1142, Cart. Month., p. 9, 
BrugnenSj i453, Burgnens^ 1^72, — Burnens, m. à Féchy, 
Brunens, 1240, BruneinSy 1249, Cart. Oujon, M. R. jXII, i38, 
i4o ; en Bournens ou Bournin, ham. de Treyvaux, Frib., Bur- 
nens, xii« s., Arch. Fr. VI, 4o ^=^ chez les descendants de Bruno ^ 
n. pr. germain. M. Hisely, Cart. d'Oujon, p. 212, a confondu le 
Burnens de Féchy avec Bournens ; le texte est précis : p. i4o on 
voit qu'il s'agit de vignes : « arbergamentum vinearum, ...apud 
Bruneins, et p. i38, apud Brunens vel in parrochia de Feschie. » 

Bourrignon, Délémont, Berne, Borognun, ii36, Borreri'- 
JunSy 1181, Burengis, 1224, Boroggnons^ i3o5, Bouroignon, 
1373= (peut-être) chez les descendants de Boran, n. pr. ger- 
main ; du V. h. ail. boran, fils, descendaut. Fôrstm., 276. 

Bourzœtle ou Borsuat, ham. de Sierre : J. Tavelli dni Bor^ 
zati, i45i, dni Burgeti, i453, M. R. XXXIX = bourget, petit 
bourg (permutation j-z). 

lk)ussc, ËD la — , les Vieilles Bousses, loc. à Noville, Vaud ; 
les liousses à Granges, Proboussaz à Miége, Valais = pré de la 
housse, s. f., forme féminine du v. f. bouXy bois. 

Boussens, Cossonay, Bussens, iit^2, 1182, Buissens, 1199, 
Cart. Month., Busens, 121^, BossenSy i223, i382 = chez les des- 
cendants de Busso, n. pr. germain ; du v. h. ail. bdsi^ méchant. 

Boux, 5 loc. Frib. ; v. f. bouœ, bois. 



BOVATAY — BRAILLE 49 

Bovatey, 2 pâturages à Charmej ; les Montbovats à M ontfau- 
con, Jura ; les Bovets, chalets Ormont-dessus ; de bovaiy booet^ 
jeune bœuf, alpes pour le jeune bétail. 

Bovay, loc. à Vétroz, Bovex à Gollion, Vaud ; de bœuf et suf- 
fixe collectif ex,, ay : pâture des bœufs. 

Boven, m. et terr. à Valeyre-sous-Rances, Booens vers 1260 
(villa^ détruit) = chez les descendants de BooOy n. pr. germain 
connu (d'où Bovon), dont Bovilo est le diminutif. 

Bovemier, près Martignj : jadis Bourg-Vernier. Ne sig'nifie 
pas boarg'-des-vernes, mais, comme l'indiquent les formes an- 
ciennes: Burgi Vualnery^ 1228, Bor Warner^ i25o, Burgum 
Walneriiy 1290, Burgum Varnery, i45i, Bourg du nommé 
Warner ou Vernier, 

Boaveret, Valais, Boverety 1179, Furrer, III; Boveret à 
Maules, Frib., Boveyre(aire), Bovire, 7 ou 8 loc. vallée du 
Rhône ; Bovayron à Vouvry, Bovery, Colombey, Deng-es, etc. ; 
Boverie, Fey, Payerne, Bouverie, Satigny ; Boveresse, Neuchâ- 
tel, Boveressia, 1266, Boveresce^ 1284 ; id. à Lausanne, Vex, 
Montbovon ; Boverasse à Cerniat, Gruyère ; de bovem^ bœuf, et 
suffixe collectif erie^ patois eyre^ v. f. eresse = pâturages des 
bœufs ; Boverattes à Pully, diminutif. 

Bovigny, loc. à Avry-devant-Pont = domaine d'un Bovînius, 
nom dérivé du gentilice Bovius, De Vit, I, 749. 

Bovine et Bovinette, alpes sur Martigny ; Bovonnaz, alpe sur 
Bex ; de bovem^ bœuf> pâturage des bœufs, comme, non loin de 
celle-ci, Œuvannaz, aujourd'hui Œusannaz, de overrij mouton, 
la montagne des moutons. 

Bozon, Villars — , ham. de l'Isle, Vilar Bosun, 1278, Villar 
BozoFiy i386 ; Praz-Boson à Courtion, Praz-liozon à Sottens = 
village, pré de Boso, n. pr. germain ; du v. h. ail. bôsiy méchant. 

La Braille, arête de rochers à Ghâteau-d'Œx ; la Brayaz, som- 
met sur Viounaz ; la Breyaz, contrefort de Ghamossaire ; la 
Braye à Rossinières, à Vouvry, etc. ; Brayetles, loc. à Gryon, 
les Brayons, rochers à Brot, Neuch. ; Braillon, loc. et nant à 
Lutry, Bralioriy 12 10, Hidber, III, Brallon^ 1288, M. R. VI, 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 4 



L 



50 BRAMAFAN — BRECCA 

645, dim. ; les mêmes que le français braie^ muraille, rempart ; 
du bas latin braca, bracca, dig-ue, levée, orig-ine inconnue. Aux 
Braihires à Mur en Vully et aux Brayères, champs à Vollèges, 
Valais, paraissent des collectifs de ce mot. 

Bramafan, pâturages de Vallorbe et de Ballaigues, loc. à Ap- 
ples, prés à Chevilly, m. à Vulliens, loc. à Massonens, ham. de 
Villaraboud ; sans doute terrain maigre où les vaches brament 
de faim ; on appelle de même ces terrains en Dauphiné bramafam. 

Bramois près Sion, Valais, Bramosium^ 5i6, BramueSy 1227, 
Bramoues et Bramoys, 1260; Plan-Bramois, forêt sur Lens ; 
d'après Gatschet, du bas latin bramosuSy boueux, sale, étymolo- 
gie douteuse pour M. Bonnard. 

Bran, m. à La Roche, Fribourg, et Bren, loc. à Bex ; de brariy 
bren, ordure, excrément ? voir aussi Brent. 

Branche d*Essert, ham. d'Orsières. Voir Sembrancher. 

Branletles, pâturage sur Bex ; de Tail feuille (AUium Schœ^ 
noprasum) qui y abonde, vulgairement branlettes. Voir For- 
reyre. 

Branson ou Brançon, ham. deFulIy, Valais, Brandon, 1264, 
Biranczony i383 ; Brentien ou Brentschen près Louèche, Bran- 
dons, 1267, Brention, 1437 ; probablement comme le Brançon 
de France (Saône-et-Loire), de Branciodunum, colline ou fort de 
Brancio. 

Brassus, ruisseau, affl. de TOrbe, Vallée de Joux, Bradolum, 
862, Rég. Gen., 29, aqaam Bradoli, 1279, lo Brassioux, 1527, 
M. R. I, 2^ liv. 107, 374, Brasseu, i555, Brassieux, 1677 î ^^ 
latin brachiolum, petit bras, le ruisseau étant considéré comme 
un petit bras de TOrbe ; le Brassus à Géligny, bras de la Ver- 
soix, Braxulias, 1200, Hidber, II, 4^4) même sens. 

Bratsch, Louèche, Valais, PraeSy 1228, 1242, PrayeSy i357, 
PraeSy i4oo. Frayes, i4o8 ; du latin prato, les prés (loc. de 
langue franc, jusqu'au milieu du xv® s.). 

Brecca, territoire, commune d'Hérémence, Valais ; champs à 
Charmey et loc. à Bellegarde, Fribourg ; de brecca^ vaudois et 
V. f. brique, fragment, morceau, de Tall. hrechen^ briser. Bre- 



BREGOTS — BREXLAIRE 51 

qoettaz à Charmey, dim. Brecaca, rochers très découpés à Chà- 
teau-d'Œx, même famille. 

Les Bregote, prés marais à Lignières, Neach. et loc. Avrj- 
devant-Pont; dim. de brai, provençal brœy ital. bragOy v. f. 
braiy fange, du Scandinave brâk^ isroudron, par assimilation entre 
le goudron et la fange. 

BreilleSy ham. de Barberéche, D. Lac, Frib., ail. BrigelSy curia 
deBritilgiOy Hidber, II, BritelgiOy 1 148, BrigelSy 1578. Les deux 
noms actuels sont identiques avec ceux d'un village de TOberland 
grison : en romanche Breily ail. BrigelSy BregelOy 766, Brigelj 
1 184 ; mais les formes primitives montrent des origines diffé- 
rentes. Le village grison se rattache sans doute au celtique briga, 
colline ; quant au premier, c'est à rechercher. 

Bi*embleii8y D. Morges, BerblenSy 1177, 1228 = chez les des- 
cendants de Berbilo ? n. pr. germain. 

Bremudens ou Brumedens, ham. du Crét, D. Vevejse (Frib.), 
BremoudenSy i4o3, Bermudens, 1882, Kûenlin = chez les des- 
cendants de Brimold (Stadelmann, op. cit., 64). 

Bii*en, Prés de — , à Monthey ; en Bren, loc. aux Posses de Bex. 
Voir Brent. 

Brenetfiy les (Neuch.) ; d après Gatschet, du bas latin Brena^ 
fourré, d'où l'adj. brenatia (regio), contrée buissonneuse ; mais 
au xiY*' s. y époque de l'arrivée des premiers habitants, la localité 
s'appelait villa de chez les BrunetSy de chez les Berne ts y du n. pr. 
Brunet on Bernet. (Matile, Musée hist., 3 10.) Un Jean Brenet 
était maire en i4o8. Les Brenelets, ham. près la Chaux-de- 
Fonds, dim. 

Breney, glacier, vallée de Bagnes ; peut-être de bren (ou 
bran)y ordure, excrément, et suffixe collectif eg, la surface en 
étant souillée de terre et de limon. 

Brenlaîpe(ey), sonmiet de la Gruyère, les Brenlaires, 2 som- 
mets, alpes de l'Etivaz, Pays-d'Enhaut, le Brenloz, pâturage. Or- 
mont-dessus, Brenles, commune et signal, D. Moudon, B renies y 
1277; en Brenles, ham. élevé d'Estevenens, Fribourg; de la 
famille de breinloy branler, être en équilibre ? 



52 BRENT — BRETAYE 

Brenty village, ham. de Montreux, Bren^ iit^^y ii47» Cart. 
Month., 3, II, 1175, M. R. VI, 4^9, Brende vers 1200, Brenty 
1221, 1238, M. R. XII, 274 et VI, 669, et 1260, Bren^ i4o2 ; en 
Brent, loc. à Bex, forêt à Monthey ; du celte Bren^ forêt, taillis, 
fourré (Holder) ou du bas latin brandOy bruyère, origine incon- 
nue, dit Littré ; peut-être parent du celtique bren, 

Breonna, alpe et sommet près Evolène, Valais, Breona^ 1260, 
Breana vers 1280 ; nom d'origine celtique, comme Breonay 
Breoney aujourd'hui Brienne, France. Holder, 526, sans étymo- 
logie. 

Bresanche, Roche — , sommité du Risoux, Vallée de Joux, 
sans nom dans la carte Siegfried (cote 1192), Brissenchey 1208, 
Gart. Oujon, Roche BrésenchCy 17 16 ; dérivé de briser. 

Brésil, loc. à Charrat, à Fully, m. à Monthey, Valais ; m. à 
Ëpendes, D. Sarine, à Gruyère et à Bellegarde (au pied d'une 
paroi exposée au midi) ; m. à Goumœns, loc. à Bonvillars ; au 
Brasel ou Brazé, loc. aux Bayards ; les Braseyres, à Ghàtel- 
Saînt-Denis, coll. ; du v. f. brasil ou brésily brasier = endroits 
chauds exposés à l'ardeur solaire. 

Bressaucourt, D. Porrentruy, Berne, Bersalcurty 11 39, Bre^ 
sacorthy 1177, Bersalcort, 1178, Brisaucourty i3i2, etc. = 
court, ferme, et un n. pr. germain difficile à déterminer; les 
noms les plus voisins dans Fôrstm. sont BrisOy Brisolfy et cer- 
taines formes de la racine Berty du v. h. ail. perahty illustre. 
Peut-être combinaison de bert et de saL Bertsal correspondrait à 
la forme primitive, 1139. (Fôrstm. donne un Salberty p. 1068.) 

Les Bressels, ham. et bois au Locle ; peut-être du v. f. bressel 
(bresset, brisset, breçot), prov. bressolo^ berceau. A. Godet, M. 
N. XXII, 48. 

Bret, lac à Lavaux et 1 1 loc. Vaud et Frib. ; au Brez à Grand- 
vaux, Bré à Rossenges et Cheseaux, Bray, marais à Fully et 
Ayent ; du celte bret ou bré, marécag, anc. f. braiy fange et 
goudron, bas latin braiuniy b radium dans Ducange. (D'après 
Kôrting, brai vient du grec brayos.) Voir Bregots. 

Bretaye, pâturage et lac, alpes d'OUon (un autre, frontière 



BRETIÈGE — BREVARD 53 

française sur Vouvry) ; même racine bret et suffixe collectif 
aye. 

Bretiège, n. f. deBrûtteleriyD. Cerlier, Beiney BriiillOy 1182, 
BertiègeSj i255, Zeerl. I, BriterillaSy i255, F. B. II. 

Bretigny^ 2 loc. D. Echallens, Britineiy 1 142, Briligniey 1224, 
et Bretîgny-sur-Morrens, Bructigniey 1 177, et Bertigny, 3 loc. 
C. Fribourg, Tune près Fribourg-, Britiniacum^ 1162, Britinieiy 
ii'l^àyBritignieZy i368, Bretignie et Bertignie vers i45o; Bri^ 
tagniej villa^ détruit près Ëvilard, — la chapelle existait encore 
en 1607, — de (Jandum) Britiniacurriy domaine d'un Britinius 
ou BritaniaSy gentilice romain. 

Bretonnières, près Orbe, BretoneriSy 11 54, 11 60, Breiuneres 
vers I2i6y BretoneireSy 1228; la Bretonnière, ham. de Pajeme ; 
Bretoneyre, forêts à Ropraz, Essertes, les Briteneres au Buron, 
12 18 ; loc. à La Roche, la Brettonart/y i4o8 ; du n. pr. BretoHy 
du n. germain Britto, Il y avait en 11 54 et 11 60 des Breton y 
Breito à Breloneris. M. R. III, 476. 

Breuil, ham. de Môtiers, Neuch., et très nombreux écarts et 
lieux-dits ; le Breuîlle, Boécourt et Aile, Berne, les Breuilles à 
Enges ; Broîlliat à Estavajer ; Broîllet ou Brolliet, Brouillet 
(Brévine), Breuyin à Courgenaj, dim. ; au Breux à Laconnex, 
Monibreux à Charmoille ; du celte brogilOy dim. de brogOy 
champ, bas latin brogilurriy broilurriy terrain clos, taillis, prés 
clos de haies, parent du v. h. ail. brogily pré marécageux. En 
v. f. bruily de là les anciennes formes Bruyl à Môrel, Valais, 
1280, es Bruels à Granges. 1228, Bruil, Ayent, i383, ou Bruely 
Gilly, 1265, Orsières, i236, et Ecublens, Frib., 1278, le bruels de 
Fontaines, le bruel de CofiFrane, i53i, Mus. N. XXXIV; et lea 
formes actuelles Bruet, Broêt, Bruit, une io«, Bruî à Sig'ny, 
les Brues à Lamboing, la Bruille à Billens, la Bruye à Cour- 
faivre, Bruz à Amex, BrueuXy i499) ^^ Brus à Bevaix. 

Les Bii*euleux, BruUuyy i44o> BruleuXy i526, et loc. aux En- 
fers, Jura bernois ; du verbe brûler; le n. alL Brandisholz a le 
même sens : terrain défriché par le feu. 

Brevard, Crêt — , à Nods, Berne = crêt du brevard, n. c. Les 



54 BRICHY — BRISON 

brevards étaient une sorte de gardes-champêtres charg'és plus par- 
ticulièrement de la garde des vignes. 

Brîchy, loc. à Gollion, D. Cossonay, colline avec restes d'an- 
ciennes constructions ; probablement un (fundum) Bricciacum, 
de BricciuSy gentilice dérivé du nom pérégrin Briccus (Ju bain- 
ville, p. 599) permutation cc-chy comme Luchy de Lucciacarriy et 
Acht/y Axiy II 79, de Acciacum. 

Brie ou Brien, 2 ham. de Chippis, Valais, BrienSy 1196, 1220, 
Briez et BryeSy 1809, BrieXy i38o ; Briez à Vuadens (Brye) et 
Chavornaj ; Bria ou Briaz, chalets près Châtel-Saint-Denis ; Bry, 
ham. de Pont-en-Ogoz et de Romont, pâturage à la Berra ; Mont- 
brion, alpes de Blonaj ; Bryon, alpes de Leysîn ; Breyen, ham. 
d'Eischoll, Valais, Breioriy i444 ; Bï^y» ham. sur Brigue ; du 
celte brigOy briay colline. 

Brignon, ham. de Nendaz, Valais, BruniacOy iioo^ Brignons 
vers 1170, Brignuny 1284, Brignon^ 1262 ; d'après la forme de 
iioo (fundum) Bruniacum, domaine d'un Brunius, nom lati- 
nisé du germain BrunOy le cuirassé ; les autres, nom formé avec 
le suffixe iOy ionis. 

Brigue, Valais, BrigOy 1215-1875, iSrrt^a, i4o8, i4i8. D'après 
Gatschet, du v. h. ail. prûcoUy ail. mod. brùcke, pont, ce qui 
s'accorde avec la forme de i4o8. Mais tous les noms de la contrée 
sont d'origine romane ou celtique, Môrel, Fiesch, Glis, Brey, etc. 
Nous penchons donc à y voir plutôt, d'après la forme primitive, 
Brigay I2i5, 12 19, etc., la racine celtique brictty brigUy colline, 
château (Jubain ville). La forme Brùga apparaît à l'époque pro- 
bable de la germanisation. 

Brinaz , ruiss. près Yverdon, Brinnaz , Carte top. Vaud, 
Breynnay i848 ; du verbe patois brin-nây bruire. Se prononçait 
sans doute autrefois brin-ne. 

Brisecol, loc. à Giez ; ham. Lully, Morges, endroits pénibles à 
labourer, à gravir pour l'attelage ; nom ancien : un Brisicol à 
Soussens, Frib., en 975, Hidber, II, 257. 

Brison, plus. loc. aux Ormonts ; en Brison, Châtelard, 
Vevey ; Brezon, alpes d'Ollon et Mur en Vully ; Brisets, chalets 



BRIT — BRU6ÈRE 55 

à Château-d*Œx ; probablement de la famille de Brit. Voir ce 
mot. 

Brit, 3 hara., Grang'es, Treytorrens et Sjens et très nombreux 
lieux-dits (une ving'taine) ; de Tanc. h. ail. brestan^ bristu = 
briser, diviser, rompre, s'applique à des terrains défrichés, rom- 
pus par la charrue. Un Richardus de Brest, 1227. Cart. Laus. 
M. R. VI, 219. Hidber, II, dans les corrections p. LXII et LXVIII, 
rapporte à Brit près Granges les localités nommées Britilgio ou 
Britalgio, ii48, o. c. p. 45, et Brittilloy ii83, p. 33o. Le i««'est 
Breille (Fribourg), le 2® Brâttelen, comme lui-même Tavait écrit 
dans le texte. 

Brivaux, espèce de défilé, vallée de la Broje, en amont du pont 
de Bressonnaz ; probablement de brit, voir ci-dessus, et vaux : ce 
défilé coupe la vallée en deux sections, Broie supérieure et infé- 
rieure. 

Bpoc, Gruyère, Broyc^ iii5, M. R. IX, 8, Broch, iii5, 1228, 
M. R. VI, i327, M. R. XXII, i453, Broz, 1285, F. B. II, Sgi.— 
Brol, Neuchâtel, Broch, 998, Brot, i346, Broch, 1372 (Matile); 
de Tall. hruch, éboulement, rochers suspendus. Brocard, ham. 
de Martigny-Combe, aug'm. Brochon à Montag'ny-les- Monts, et 
Brochet, chalet avec ravines, vallon de la Veraye, alpes de Mon- 
treux, dim. ; Brozot(ls), brèche rocheuse dans les rochers au gla- 
cier de Paneyrossaz et à la Frète de Saille ; rochers et glacier près 
du Wildhorn, Valais ; forme valaisanne ch-z (ts). 

Rem. D'après F. Chabloz, Mus. N. XVIII, 120, le Broch de 998 serait 
Don Brot, mais Broc en Gruyère. 

Broyé, riv., Frib. et Vaud (et deux ruisseaux, affl. de la Senoge 
et de la Mèbre) ; Brodia, Brovia, Brolius, 1274, Bruya, 1295, 
M. R. XII, en ail. Brusch, 1470, etc. Du v. h. ail. brogil, ail. 
mod. brùhly dira, de bruoch, marécage, rivière. Broyello, affl. 
de la Senoge, dim. 

Bruet, voir Breuil. 

Bruyère, ham. de Guin, de La Roche, Frib., Brûgera à Ue- 
berstorf et 6 autres loc. fribourgeoises, Bruyeron à Buchillon, 
D. Morat, et les nombreux Bruyère (ou Bruièrcs, Eloy) ; du bas 



56 BRUNCHENAL — LA BUDAZ 

latin brugaria^ dérivé de la raciae celtique vroicOy bruyère. Bru- 
vîère, hara. de Vucherens, m. à Forel, D. Moudon ; la Bpuvîpe 
ou Ere vire, ham. de Châtonnaje, les Brevypes, bois à Mézières, 
Frib.y le même avec un v intercalé, comme dans cauua pour 
cauUf et Gruvire pour Gruyère. 

Brunchenaly Grand, Petit et du milieu, 3 fermes à Delémont 
dans une combe étroite du Jura ; paraissent un composé de che- 
nal, de canalem, et un n. pr., probablement Bruno = chenal, 
combe de Bruno. 

Bruson, ham. de Bagnes, Valais ; les Brus, loc. à Bevaix ; sans 
doute du celtique brùSy mettre en pièces, défricher, parent du v. 
h. ail. bresian. Voir Brit. 

La Buchille, loc. Bulle, Riaz, Villarsiviriaux ; les Buchilles, 
Lausanne, Boudry ; la Beuchille à Delémont ; probablement de 
bûche; Plan des Buchilles à Naye, Buchileula, ham. de Val 
dlllier, dim. ; endroit où Ton met le bois en bûches pour le ser- 
vice du chalet, où Ton en fait le dépôt ; un agvi de la Buschiliy 
ii5o, Buschilia vers 1190 à Onnens, Frib. Donat. Haut. 

Buchillon, D. Morges ; peut-être dérivé de baxuSy buis ; le 
buis abonde encore à Buchillon, Vaud, comme à Buix, Jura ber- 
nois, ail. Buchs. Quant à Budiillon, D. Morat, ail. Bttchselen, 
Buochf 961, Zeerl. Urk. I, 12, Baschillion, iSSg, Rec. dlpl. III, 
16, Buchillon^ 1453, la forme de 961 le fait dériver du v. h. ail. 
buohhay m. h. ail. baochCy bois de hêtres. 

Buclard, Mont — , forêt à Sainte-Croix ; les Buclards, forêt à 
Premier ; Bucley, La Rippe, TAbbaye, Denens^ Chamblon ; Bu- 
cleys, Eclagnens, Oulens ; les Buelers ou Bueleirs à Duilier ; 
Bucly à Froideville ; du latin buccala, la saillie ronde du milieu 
du bouclier, de baccula^ joue ; comparez Tall. huckel^ bosse. 
Noms de localités formant une éminence plus ou moins arrondie. 
Le même mot, bucléy se retrouve en Dauphiné. 

La Budaz, ham. de Vuisternens-devant Romont ; du patois 
buda, buddoy étable à vaches, probablement parent de Tall. budsy 
log-is ; le d s*est maintenu sans doute par une introduction plus 
récente du mot. 



BUDRI — BUGNON 57 

Badriy Roc de — , vallée d'Anniviers; d*an n. pr., comme la 
Dent de Bertol, dans la vallée d*Hérens ; pour le nom, voir Bou- 
dry. 

Bufet, Mont — , à Premier, D. Orbe; de buffer ou boufifer, 
provençal hufar^ souffler : endroit exposé au vent ; en Dauphiné, 
un buffe = sommet, lieu battu des vents. 

Les Buges, m. à Boudry ; Vers les Buges, ham. de chalets, 
Ormont-dessus ; la Buge des Posats à Baulmes ; autre forme du 
V. f. bougej demeure, voir Boug'y. U pour ou est fréquent dans 
nos patois : bougnon, bug-non ; bouhie, buhie (lessive) ; fou, fu ; 
Rouvenaz, Ruvines, etc. 

Bugnaux (aussi Bugnoux), ham. d'Ëssertines, D. Rolle, 
capella de BunniiSy i2o5, M. G. XIV, 19; paraît être une autre 
forme de Bugnon. 

Le Régeste genevois, u9 204, y rapporte la villa Ballo in pago gene- 
vensi comitatu equestrico ; il nous parait difficile d'admettre cette iden- 
tité. Ailleurs, p. 186, 459, le Rég. y rapporte le Bognon apud Doliacum, 
Bugnon apud Dulliacum du Cart. d'Oujon, M. R. XII, 43^ 146. Ce Bu- 
gnon, près Duillier, ne peut se rapporter à Bugnaux qui en est éloigné 
de 10 km. à vol d'oiseau ; on eût plutôt dit Bognon apud Montem. U y 
a à Duîlier même, en face du château, un clos de vignes appelé « au 
Bugnon. » C'est évidemment là le Bugnon des chartes d'Oujon. 

Bugnon, nombreux ham. et lieux-dits, une cinquantaine, Ik)u- 
gnet et Bougnon à Conthey, Rossinièrcs ; Bugnenet, Bugnonet, 
dim. Lieu Bcugnat, colline et m. à Courrendlin ; formes an- 
ciennes : lo Buignum à Goumœns-la- Ville, 1275, Bognuriy Bu' 
gnum à Payerne, 1278, Bognon^ 1286 à Duilier, etc. D'une ra- 
cine indéterminée bugn, bogn, qu*on trouve dans beaucoup de 
dialectes, patois vaudois : bougne^ bosse au front, f. bigne, Borry, 
beugnCy provençal bougno, anc. h. ail. bungOy angl. bang, et 
bunny, tumeur, presque tous les Bugnon sont dans une position 
élevée au-dessus de la localité qui les a nommés, par une compa- 
raison familière avec une bosse, de même qu'on a appelé tel pâtu- 
rage le Goitreux (sur Corbeyrier) à cause du crêt arrondi qui 
s'élève au milieu comme un goître ; tel sommet les Nombrieux 
(Bex), de nombril, etc. D'un autre côté bougnot, bugnon signifient 



58 BUIX — BURSINEL 

aussi en patois source, fontaine à fleur de terre ; boa ff non, ouver- 
ture d'un réservoir. Ce sens peut dériver également de la racine 
ci-dessus qui a le sens de tumeur, d'où elle a pu passer à celui de 
source, de lieu d'où un liquide s'écoule. 

Buix, Jura bernois, Bus, 1 136, Bosco, 1 167, Boix, i244, Boiz, 
i363 ; du latin buxus, le buis, qui y crott en abondance. 

Bulle, Frib., Butalum, 855, M. R. VI, 201, Bollo, 1142, 121 1, 
etc., Bullo, 1174, 1177, Gart. Month. ; l'ancienne forme empêche 
de le rapprocher de Bolle^ mais en fait plutôt un diminutif du bas 
latin butum, f. but, bout et butte. Voir But et BoUe. 

Bure, D. Porrentruj, Bures, 1189, ii48, 1178, i2%o^ Burnen, 
i348 ; cette forme allemande, avec le n caractéristique, permet de 
le rattacher à Buron, Bûren, du v. h. ail. bùr^ maison, plur. 
buren. 

Les Bures, ham. à Oron, môme origine. 

Burier, ham. près Clarens, BuriSy ii45? Buire, xi« s., Cart. 
Haut Crôt, Burie, Cart. Laus., p. 16, 26, Bairie, 1228, Burye^ 
i3o9, prioratus Buriaci, i375, Burijez, 1879; de (fundum) 
Buriacuniy domaine d'un Burius^ gentilice romain. Jubainville, 
2o3 ; les formes Buria, Burie, de (villa) Buria, 

Burignon, ham. de Chardonne, Burinaux, Chavannes sur 
Moudon, sans doute dim. de Buron. 

Burlaie, Grande et Petite, chalets à Planfayon ; Burlatey, 
ham. à Monthey, Valais, Brullatiers, i352, Burlatex (z) à OUon; 
les Bourloz, pâturage à Trient ; Bourlatzon, loc. à Yvonne ; lieux 
défrichés par le feu, du patois bourlâ, brûler. 

Buriond, bois à Vufflens-la-ville = bois rond. 

Buron, ham. D. Echallens, Buiro, 1177, Buyrun^ 1184-87, 
BuyroUy 1190, 1218, Buirun, 1199, Cart. Month.; Buiron, loc. 
à Venthône, Valais ; du v. f. buiron, buron, chaumière, cabane, 
du V. h. ail. èrfr, maison. 

Bursinel, D. Rolle, Brucines, iiSg, Brusinez, i2o5, M. G. 
XIV, 20, Brusinel, 121 1, Brusinai, 1220, Brusineus, 1241, M. 
R. XIl, 81, Brusines, 1244, Brusinay, i328, Brussinez, 1248, 
i344» Brussenel, 1392, forme diminutive de Bursins, villa Bru^ 



BURTIGNY — BUT 59 

cins vers looo et Brncinis après io49, M. G. XIV, 2, 5, Bru- 
zingeSy ion, Brucins^ io3o, io4o, Hîdber, I, \\\\di Bruciniaco^ 
xi« s., Brucino vers i i3o, M. G. XIV, 4 et XV, 2, Brusins, 1200, 
12 14) 1243, Brussins, i25i-i344> Bursins, i543. Non point, 
comme dit Gatschct, et Studer d*après lui, de bruSy brust, buis- 
sons, broussaille, mais comme Tindique nettement le suffixe 
ingeSy d'un patronymique = chez les descendants de Brutt, 
Bruttiy n. pr. germain (= le terrible). Le pâturage de la Bursine 
s'appelait la Brutena, 1208, la Bruttinas, 1280, M. R. I, 209, 
XXVI, 248. 

Burtigny, D. Rolle, Bretliffnei, 11 45, M. G. XIV, 7, Briti- 
niacum, ii64, M. R., Britiniacum, 1172, M. G. XIV, Bructi- 
gnie, 1177, Britinie^ i235, M. R. V, 329, Britinier et Brig^ 
tinyer^ 1276, M. R. III, 692, Brugtignie vers i3oo, BriligniSj 
i344> Brutigniery 1392, Brutignyez et Brutigng, 1627, Burti- 
gny, 1543 ; de (fundum) Britiniacum, domaine d'un Britinius 
ou Britanius, gentilice romain. 

Burtins, Vers les — , ham. d'Albeuve, Fribourg ; probablement 
pour Bruttins = chez les descendants de Brutt. Voir Bursins. 

Bussiaz, loc. à Grandcour : buissaie ? 

Bussigny, D. Morges, Bussignye, i358, et D. Oron ; de (prae- 
dium) Busseniacum, domaine d'un Bussenius, gentilice romain. 
De Vit, I, 771. 

Bussy, D. Broyé, Fribourg, Bussey, 1142, Cart. Monlh., 5, 
Busseiy I30I, BussySy i337, Mtl., Bussy, i453 ; — sur Moudon, 
Buxi, 1 160-1200, Hidber, II ; — sur Morges, Bussi, 1069, M. G. 
XV, Bussie, 1223, — ham. Val de Ruz, Bussiers, 1296. Les 
formes diphtonguées nous paraissent faire rentrer ces localités 
dans les noms gallo-romains en iacum: Ae Buciacum( fundum), 
domaine d'un Bucius, gentilice romain (variante de Buccins) connu 
par 7 inscriptions. (On trouve aussi Bussius et Buxius,) 

Le But, ou Buth, ham. de Lessoc, Gruyère ; en Buz à Saint- 
Sulpice, Valeyres ; en But, loc. à Echallens ; Buttes, Neuchâtel, 
Boutes, i^l^2, Butes, i^^ 2, Botes, Boutes, i38o, Buctes, i453 ; 
du norois butz, morceau de bois, d'où dérivent les mots français 



60 BYOLLEN — GAROUGE 

bout, but et butte. Ces localités sont au bout du territoire dont 
elles relèvent. 

Mont Byollen à Salvan (variante d'orth. pour Biollin, de 6e/a- 
linus), adj., mont où croissent les bioles, les bouleaux. Voir Biole. 

Cabeuson, pâturage sur Ollon, assez fangeux ; de beuse et du 
suffixe péjoratif ca. 

CaboUes, 2 ham., com. de Puîdoux et de Lausanne, à la Cabu- 
laz à Arnex ; du préfixe péjoratif ca (voir Littré) et de bolle^ bole, 
terre en friche ; v. h. ail. bol, bas latin bola. Cabolettes, m. à 
Epalinges, dim. 

Cabourles, loc. à Yvorne ; même préfixe ca et racine bourlây 
briller, terrain médiocre, défriché par le feu ; les Carboles, Savi- 
gny, Forel, les Thioleyres, Tavernes ; les Carboules, Rougemont ; 
même mot avec métathèse de IV. Carboles, pour Caborles. 

Ce préfixe ca, dont Littré donne 2 ex., se retrouve dans cahute, 
dans le v. f. calorgne (louche) et chez nous dans caborgne, hutte, 
petite boutique obscure, et dans ca/u^er (lorsque le tratneau glisse 
de travers), 

Calève, ham. de Njon ; peut-être le même que le nom gaulois 
Calleva (de callij bois, et eva ; localité dans les bois), capitale des 
Atrebates de Bretagne, aujourd'hui Silchester = silva-castrum. 
Un nom gaulois à Noviodunum, également gaulois, n'a rien que 
de naturel. 

La Cambuse, m. à Denens, à Savigny : maison de chétive ap- 
parence. 

La Capite, ham. de Choulex, Genève ; patois capita, même 
sens. 

(^rign<'in, ham. de Vallon, Fribourg, autrefois Dompierre-le- 
Grand, encore en 1668, Carignan, 1G80. On ignore la cause de 
ce changement. Quant à Carignan, ou Carignano, Italie, il vient 
de Carinianum, dérivé en anus du gentilice * Carinius, du co- 
gnomen Carinus, porté par un empereur, et dérivé lui-même de 
caras. 

Carouqo, Genève, Carrogium, 1268, M. G. XIV, i3io, Car^ 



CAKt — CAUQUELLA 61 

roj'Ot 1871, Carroffio, i443, Quarrogio, i445, et commune D. 
Oroo, Carrogiam, ia55, puis Carrojoz et Carroge ; de quadru» 
vium^ pour qaculrivium^ carrefour, en patois carro. Carrogium 
n'est que la latinisation du mot romand. A la même racine se rat- 
tachent les deux Carra, ham. de Presinf^, et le Cilarro, ham. de 
Meinier, Genève, l'un d'eux nommé Quadruvium en 5i6, sous 
les premiers rois de Bourgogne i, Qnatruvium villa (FrMé- 
g^aire, vii« s.), CarrhOy Carro^ UQ^? Cart. d'Oujon, M. R. XII, 
ainsi que les nombreux Carrez, Valais, Vaud (9) et Fribourg 
(11), Un Quarro, environs de Vinzel, ia65 ; ou Quarros aux 
Mosses, Ormonts, i332, aujourd'hui Quart. Dans le Berry, car- 
rouge est un n. c. pour carrefour. 

Cartîgny, Genève, Car/miacttm, 1220, Cartignicy 1227, M. 
G. IV, 29, 45, Qaartignie^ i3oi, 1362, Cartignier^ i344» Quar- 
tignier, i362, Cartignyns, xiv« s., M. G. XXI, 240 = (fun^ 
dum) Quartiniacum, domaine d'un Quartinius, gentilice ro- 
main. (Remarquer le suffixe germanique de la dernière graphie.) 

Le Casard, m. à Crîssier, Savigny et Forel, Lavaux ; do case 
et suffixe augm. and. 

Catogne, 2 sommets à l'O. et au S. de Martigny, aussi au Tes- 
sin : Catognay val, et sommet. On y trouve le suffixe dépréciatif 
ogne (charogne, ivrogne) et une racine cat, Cat-ogne. Pourrait 
être de la famille de capat. En français le c devant a devient gé- 
néralement chj mais le patois, qui se rapproche du provençal, 
offre de nombreuses exceptions. 

Cau, Sex de la —, à Salvan ; à la Caux, prés sur une croupe à 
Vionnaz, loc. à Port Valais ; aux (^ux, loc. à Bex ; Mont de 
Caux, autrefois Cau, longue croupe sur Montreux ; probablement 
du patois cauQj du latin cauda^ queue = croupe allongée, lieux- 
dits à l'extrémité d'une « fin ». Voir aussi Cuaz. 

Cauquella, en ail. Corbetschgrai (= arête en corbeille), loc. 
à Salgetsch, Valais ; dim. de coque, du latin coucha^ petit vallon, 

* Voir sur la villa Quadruvium la note de M. Jules Vuy, Mém. Insi. G. X , 
3, qui conclut pour le Carre de Meinier, tandis que GalifFe se prononce pour 
Garoui^. 



62 CAVOUES — CERGNAT 

Coquelie, s. f., s'emploie en France au sens de cocotte, ustensile 
de cuisine. Le nom allemand renferme la racine Korby qui, avec 
une autre imagée, exprime la même idée. Coque et Ck)queltes, 
chalets dans une combe, vallée de THong'rin, Pays-d'Enhaut, 
môme origine. 

Cavouës ou Cavouez, pâturages à Monthey et Colombej, Va- 
lais, les Cavues à Château-d'Œx, es Gawuaz, alpes d*011on ; du 
patois cavua, cavoua^ latin cauday queue ; Cavouin à Yvorne et 
les Cavuettes à Lessoc, Gruyère, dim. ; c'est un n. commun : le 
Cavouà, en patois, extrémités d'un territoire, d'une « fin )^. A 
Château-d'Œx on trouve aussi une Schuantz (ail. =. queue), 
croupe allongée au S.-E. des monts Chevreuils. Voir aussi Cau et 
Cuaz. 

Es Cayoudes, vignes à Blonay ; dérivé du latin cadere, tomber, 
en patois cahia, dim. cahieret, lieu raviné, petit ravin. 

Céligny, Genève, Siliniacum, ii63, 1179, Silignie vers 1200, 
1261, M. G. XIV et 1224, M. R. XII, 69, VI, 890, Ciliniey i3ii, 
Ciliffnie, i344> Cilignier, 1887, M. R. XXVIII, 208. Non point 
de siligo, fleur de farine comme l'explique Gatschet (et Studer 
d'après lui), mais de {fundum) Siliniacum, domaine d'un Sili- 
nias y gentilice romain. 

Cérac, un des sommets du Wildhorn, fausse orth. pour Sérac y 
à cause de sa ressemblance avec un sérac ou séré, dérivé du latin 
sérum y petit lait. 

Le Cerf, pâturage et chalets sur le Sépey, Ormonts, le Cer, 
i332, le Ceriy i4i9i corruption de VEssert. 

Cerfs, Mont des — , aux Verrières, mont du Sais, i342, du 
Sairty i382, du Sai/y i383, Matile ; probablement de Sex, rocher. 

Cergnat, Ormonts, SernieSy i3i5, Serniay i332, SernyaZy 
1439 ; C^erniaz, D. Payerne, Serniay i453 ; Cerniat, Gruyère, 
Sirniaz, i453 et 8 autres, Fribourg; Cernil, nombr. loc. Jura, 
CiCrnier, Val de Ruz, Cerniey i324, SernyeSy i346, CernieZy 
1453 ; Cerneux, Cernet, Cernit, loc. du Jura ; Cerney, Conthey 
et Vaulion, Cernay au Brassus, Cernayes, le Locle, Cernîes, 
Jura, Cernieux, Zerny, Zerney, Valais, collectifs ; Cergnettaz, 



CERISE — CÉSILLE 63 

Cernieltes, Cergniaux, Cemiaulaz, Cergnaulaz, Alpes, Ser- 
nioules^ à Enney; Gergnaud, h. de Gléresse ; Gernillat, Cernillet^ 
Gernatte, Gernetat, Jura, Cernion (Villeret), dim. de Sierne, 
Scieme, Cierne ou Cergne, nom de centaines de loc. du pays. 
Du mot français cerne, enceinte, terrain clos, du latin circinuSy 
noms désignant, au moins à l'orii^ne, une ou plusieurs fermes 
entourées de clôtures. Les noms de Gercenais ou Cercenet, D. 
Courtelarj, et Chercenay, Franches-Montagnes, Cercenata, 
ii39, présentent nettement la filiation du latin circinus. 

Cerise, ham. d'Hérémence, Valais, la Cyriesi, 1288, patois 
seriesi=z censé ; es Cerises, champs à Grandson. La désignation 
d'un lieu par le nom d'un fruit au lieu de celui de Tarbre est très 
rare ; on trouve cependant des Belosse, un Ëstranguelion. 

Cerisier, très fréquent par contre, 21 loc. ; au Sirisier vers 
1170a Lussy, Frib. 

Cerjaulaz, ham. de Saint-Cierges et ruisseau ; de Cierge, — du 
latin Sergius, — et suflF. dim. ola. 

Cerlier, forme française de Erlach, Berne, Cerlie, 1098, Cer^ 
lei, I2i4, F. B. I, 5i4, Cellie, 1280, Cerlier, i424» Herlach, 
1228 ; du V. h. ail. erilahi, taillis d'aulnes, en lat. Herilacum, 
puis Cerliacum, d'où Cerlier. 

Certoux, ham. c. de Genève. Voir Essert. 

Cervin, Mont — , Valais ; de silvinus, adj. du nom latin et ita- 
lien de la montagne, mons Silvius, monte Silvio, permutation 
/-r, conmie Servan — Salvan, de siluanus. 

Cery, ham. de Prilly, D. Lausanne ; pas de formes anciennes ; 
pourrait être comme Seiry^ Frib., un fundum Seriacum, Le c 
n'est pas une difficulté ; il permute sans cesse avec s : Syens, 
Ciens, Sieme, Cierne, etc. 

Cesaley, Granges sur Lourtîer, Bagnes ; du bas latin casale, 
f. cheseau, grange, et collectif ey ; ch, habituellement ts, devient 
aussi 8 : Cheillon, Seilon à Hérémence, pointe de Sesales sur Or- 
sière, etc. 

La Césille ou Cisille, ham. de Bassins, de Sisille^ autre nom 
du ruisseau de la Combe, Sisilla, xii« s., Sisilli, iiQÔ, Sisily, 



64 GETTY — GHABLIE 

1269, Sesilly, i3o3, SysilliZy xiv® s., M. R. V, Sigillé, 1^17, 
Sézille dans Lutz, édition de 1861. 

Cetty, prés sous Chamoson, Valais, les SetyZy i3a3 = les 
Seytes, (prata) secta^ les fauchages. 

Ce nom et celui de Jetty, Giéty à Evolène, sont les deux seuls où le y 
atone du moyen Age s'est maintenu ; dans trois autres on écrit y et e, 
Réschy et Rèche, Trôgny et Trogne, Sioièse et Ziniégy. Les chartes 
nous offrent plus de 40 ex. de cet y final aujourd'hui disparu, remplacé 
par un e muet. 

Ghablais, au moyen âge nom du pays qui s'étend du Trient à 
l'Eau froide et à la Morge de Saint-Gingolph, Caput laci^ 8a6, 
M. R. XXIX, 24? CaputlacensiSy 921 = tète du lac. Chablai, 
1145, S. Mauricius de CaplatiOy 1179. Gatschet (Ortsetymologis- 
che Forscbungen, 1867) conteste cette étymologie. Pour lui Caput 
laci est une traduction latine du mot romand et il rattache Chablais 
à Chable, et à la même époque (Promenade onomatologique, 
1867), il accepte la première dérivation : c Chablais, payas Ca- 
putlacensis, est le Pennelocus des Helvètes, penn, tète, /ocA, 
lac, et doit se traduire par pays à la tète du lac». C'est aussi notre 
opinion. On a de même au Tessin le village de Capolago. Voici 
une autre preuve à l'appui : Chablais est aussi. Mus. N., XXIV, 
143, le nom d'une partie du marais du Seeland (entre la Broie, les 
collines d'Anet et de Joli mont et la Thièle), propriété de la com- 
mune de Neuchâtel, Chablay^ i468 ; or il n'y a pas là de chables, 
mais la position de ce territoire par rapport au lac est analogue. 

Ghàble, Bagnes, Valais ; Châbles, Fribourg ; le Chabioz, ham. 
de Château-d'Œx ; Chables, ham. de Mont sur Rolle ; Tschabeln 
à Louèche, Tschabel à Saint-Sylvestre, Frib. (formes germani- 
sées), etc. ; Zablo à Conthey, Grône, Vercorin, Valais, Zablotet 
sur Riddes (z = ts), ol Chablo, Ërschmatt, 1242 ; du v. f. caable, 
chaable, bois abattu par le vent, du latin cadabula, engin de 
guerre propre à renverser, de là le bas latin cabulam : cabulum 
dou Gra Jorey à Liddes, 1228, illi de Cabulo à Sierre, 1267, et 
notre mot châble, dévaloir pour les bois abattus. 

Chablie, partie du village de Tlsle, Cabliacum entre ioo5 et 



CHABUÈRE — GHAIBEUT 65 

io49> Chebliy ii54, Cart. Month., Chable^ 1202, C habite , 1200, 
i2a3, M. R. V, 2i5, 220, Chablie^ i344? Matile = (yunrfw/w) 
Cabelliacum^ domaine d'un Cabellius, gentilice romain. Même 
origine pour Chibi, villa/^ ruiné près Aclens, Chibliez et Chivlie, 
1228, Chibliez, 1282. 

La Chablière, ham. près de Lausanne; de la famille de cAafr/e, 
dévaloir, endroit où Ton chablait, dévalait les bois des forêts voi- 
sines. Zablire (cA-z), loc. à Savièse et Bramois, Valais. 

Chabrey, D. Avenches, Charbrey et Charbey, i342 = (Jun-- 
dum) Capriacuniy domaine d*un Caprias, gentilice romain, ou 
Cabriacum, de Cabrius, nom g'allo-romain, dérivé du cognomen 
CabruSy traduction du gaulois Gabros, correspondant du nom 
latin. (Holder.) 

Chachet, rochers à Savièse, correspondant des Sassets des Oi^ 
monts (ch-ss), dim. de sex, latin saxum, rocher. 

ChalTard ou Chaffa, château ruiné près Riaz, Fribourg^ Cha- 
Jalo, i33o, ChaJ^alOy i33i, Arch. Fr. III, domus fortis de 
Chaffa alias Chaffalo, i483, ibid., ChaffaZy 1624. — Es Chaf- 
faz à Sommentier, au ChalTa, moulin à Portalban, au ChalTard, 
moulin à Chevillj, m. à Aubonne, Concise, Missj ; en ChafOouz 
à La Roche, Chafflo, i4o8 ; les mêmes que Tanc. f. chaffal, 
chaffauty échafaudage, bas latin catajaltas, de capta et du 
germ. bal ko. 

Les ChalTournières, loc. à Monnaz, D. Morges ; peut-être le 
même que SalTornières au village voisin de Saint-Saphorin = 
champs de safran. Orth. patoise à côté d'une orth. mi-française ; 
beaucoup de mots patois s'écrivent avec ch ou ss. On pourrait 
penser aussi à Chaufournière, mais Chaufour est rare dans le 
pays où Ton dit généralement Raffort. 

Chagneriaz à Ecublens, Vaud, synonyme de chênaie ; du v. f . 
chaîne, chêne, et suffixe collectif erie. Chagnoty à Gimel, de 
chaffnot, dim. de chagne, et suff. collectif y, taillis de petits 
chênes. 

Chaibeut, Mont — , près Courrendlin, Delémont ; parait être un 
dérivé, — dim. irrégulier, — de caputy tête, comme chabot, poisson. 

M. D. SEG« SÉRIE, TOME VU 5 



66 CHAILLE '^ CHAUN 

La Cballle, sommet du Jura près du Creux-du-Van» a^ h. fran- 
çais à la frontière vaudoise près Saint-Cergpues ; forme féminine 
du V. f, chail, pierre, caillou, sommité pierreuse. Le mot chaille^ 
s. f., s'emploie par les carriers à Villeneuve pour désigpner les dé- 
bris de pierre de la carrière. 

Cbailly, ham, de Lausanne^ Carliacum, 944» M. R. VI, Hid- 
ber, I, 227, Charlie^ laaS ; de (fundum) Caroliacum, domaine 
d'un Carolus ou Karl. 

GbaiUy, bam. de Montreux. D'après les formes Challiery i342 
et Challiacum^ i364, nous le dérivions de Calliacum^ domaine 
d'un Callias, gpentilice connu; mais les textes plus anciens, 
Charlie vers ii5o, Charlei, 1161, Gart Haut Grèt, Charli, laia, 
Charliy 1228^ Donat. Haut., Charlie, 1260, M. R. XXIX, le rat- 
tachent également à Caroliacum^ domaine d'un Karl. 

Chaive, la — , longue colline au N. de Delémont, 894 m* ; de 
chave, cavité, caverne, abîme, du latin cavuSy nom dû au cirque 
rocheux par lequel elle se termine à l'E., dominant de 287 m. le 
Creux du Vorbourg, 667 m. 

Ghalais ou Chaley, D. Sierre, Valais, Saler , xi« s. (orth. germa- 
nique), Chalez, 12 19, Chaler, i236, Ckaleir, 1260, Chalex. 
1298^ Chaler, 6 fois i3o3-i354) Challir^ i4a5, Challey^ i553, 
Challiy 1806 (Muritb.). <**^ Chalex, loc. près Aigle^ ChalleXy 
1426, =/andam Cal(l)iacumy propriété d'un CaliuSy du cogno- 
men Calas (du grec kalos), écrit quelquefois avec un seul 1. 

Chalery, ham. des Breuleux, Jura bernois ; de chaUy s. m. 
(dont chalet est le dim.), et suffixe collectif ery = ière, réunion 
de chalets. 

Cbalevay, chalet au Bourg-Saint-Pierre, Valais 9 chale ou 
chalet, et v. f . veil, vieux (comme Pontvay ou Pontvey, Gruyère) ; 
synonyme du Chalevieux ou Chalvieux d'Ormont-dessus ; vieux 
chalet. (D'après M. Isabel, ce dernier serait le chale es Viaux, le 
chalet des Viaux, n. pr. ; voir le mot Viaux. 

La Chalière, rivière, affl. de la Birse, D. Delémont, forme fém. 
du V. f. chalier, fossé. 

ChaUn, alpe de Troistorrents, Valais, forme masc. du v. f. 



GHALLANT — CHAMBEROT 67 

ehaliney s. f., le fort de la chaleur, du latin calere, être chaud. 
C'est une alpe élevée où l'on monte au milieu de Tété. On dit de 
même mayen pour alpe de mai et dans le Haut Valais Augstkum- 
men pour alpe d'août. 

diallant ou Tzalan, pâturage de Saillon, Valais, Chalent^ 
1286, pente au midi au pied des parois du Petit Muveran. Chal- 
iaad» pâturage à Bourg-Saint-Pierre, même exposition ; Zallan, 
prés à Arbaz, Zallain, loc. à Gonthej, Valais ; participe adjectif 
do Terbe v. f. chaloir, être chaud^ du latin calere ; même ori- 
gine pour Challanty bourg de la vallée d'Aoste, Chalan, ^^^% 
sur des pentes très ensoleillées. 

dialloaXy champs à Bemex, Genève ; du v. f. chaily caillou = 
champs caillouteux ; voir Chaille. 

Ghalinet, CSialmery, voir Charmet. 

Les Cbalotletâ, chalets à l'Abbaye, Vallée de Joux, dim. 

Chainarin, en patois Samarain, forêt et pâturage sur Ayent, 
Valais (le Chatmarin, sic I carte Dufour), campo de valle Cha- 
marei/y i25o, M. R. XXIX, 444 ; Chamarey, source sur Con- 
they, i3o2, Oiamaray, vignes à Conthey ; loc. à Fully ; une vi- 
nea apud Chamarey, 1221, probablement à Savièse, M. R. 
XXIX ; un Chamarai, Chamarey à Lutry, 1227, Cart. Laus. M. 
R. VI, 4i4> 5oi ; probablement de (fundam Camaracum), do- 
maine d'un Camarus, £n 1299 nous trouvons (M. R. XXX), un 
Rodulphus Cambrey dans un acte passé à Granges, Valais. Ce 
Cambrey nous paraît être la forme francisée de Camaracum, 
comme chambre de caméra. 

Chambellon, chalets Ormont-dessus = probablement Champs 
béion, corruption de barlong, en forme de rectangle irrégulier ; 
de long et préfixe péjoratif bar. 

Qmmberomie, 3 ruiss. près Lausanne, l'un à Vidy, Chambe- 
renia, 1142, Cart. Mon th., 2 ; les autres, affl. de la Paudèze et 
de la Venoge ; de chamberot^ nom patois de Técrevisse, du latin 
cammarus : donc ruisseaux à écrevisses. 

Chamberot, vignes à Aubonne ; probablement du patois cham" 
beraa, tschamberroty mot désignant les mauvaises herbes en gé- 



68 CHAMBÉSY — CHAMBOVEY 

néral qui croissent dans les cultures et en particulier le chardon 
des champs (Bridel). 

Chambésy, ham. de Preg-ny, Genève, Sambesie^ ^^11 y Sam^ 
beysie, 1807, M. G. XIV, Sambesier, 1809, IX, 262, Senbeysier^ 
1873, Sanbeysier, xive s., II, 864 et XXI, 89. Sambeisy au 
xvije s., dit Galiffe, qui en fait un Saint-Bézier. Orig. inconnue. 

Ghamblande (ou Champ-Blandes), loc. près Lausanne, CAa/i- 
biandes, Chamblandes, 1280, 1288, M. R. VI, 4 10, 699, Clam^ 
blandes, p. 245 (faute, fausse lecture ou coquille ?). — Ciiamp- 
blande, loc, à Ecublens. Holder, p. 707, cite un « Cantumblaii" 
dam villa > ; c'est évidemment le même que notre Ghamblande 
qui vient donc, non de campus, mais de cantus, territoire. Quant 
à blande, c*est probablement un n. pr. : il y a un n. g'ermain 
Blando, fém. Blanda, la blonde ; donc chant, territoire de Blanda, 

Chamblon, D. Yverdon, Chamblon, 1286, Cart. Month. M. R. 
XII, probablement un CamuliOy — ou Camilio, — nom en /o, 
tonisj dérivé d'un des gentilices Camulius ou Camilias qui ont 
donné Chambly^ comme Valençon de Valentio dérivé de Valen- 
tius ; voir les nombreux ex. analog'ues dans Jubainville, p. 609- 

520. 

Chambon, ham. de Roche, Vaud, en Chambon, 1276, et de 
Broc et Neyruz, Fribourg- ; de campum bonum, champ bon, 
moins probablement, comme les 5 Chambon de France, de Cam* 
bonum, dérivé du celte cambos, courbe : loc. sur des terrains on- 
duleux. 

Ducang^e, à Cambo, nous dit : « Rustici Dumbenses Cambonem appel- 
lant quamlibet campum fertilem, sive ager cultus, sive pratum. » Les 
paysans des Dombes appellent Chambon un terrain fertile quelconque, 

soit pré, soit champ cultivé. 

Ghamby, loc. sur Montreux ; pourrait être un (praedium) 
Cambiacum, domaine de Cambius, gentilice deux fois gravé 
dans une inscription de Nîmes, le même probablement que le n. 
d'homme gaulois Cambios, dérivé de cambos, courbe. Jubain- 
ville, p. 206. 

Chambovey, ham. de Massongex, Valais, pour Ghamp bovey 



CHAMBREUEN — CHAMPEL 69 

OU champ-bouvier ; de campum bovarium, pâturag-e à bœufs. 

Chambrelien, ham. de Rochefort, Neuchâtel, Chambrillan, 
1769, M. N. XVI. 

Chambres^ loc. à La Coudre, D. Cossonay, La Rippe ; Cliam- 
brettes, plus, lieux-dits ; de chambre, un des noms patois du 
chanvre, normand et provençal cambre, du latin cannabis ou 
cannabus, avec épenthèse d'un r. Synonyme de chenevière, pour- 
rait peut-être venir aussi du bas latin cambile < ag^er, ni fallor, 
ubi cannabis crescit. » Ducange. 

Chamossaire, sommets sur Aigple et Lavey ; Ghamossere, 
sommet sur Ayent ; Ghamosalle, alpe sur Montreux ; Cliamo- 
sence, alpe sur Chamoson, Bas-Valais, villa Camusia, io5o, 
Chamosun, I2i4; loc. aux Agettes, Sion ; Ghamossin, m. sur 
Vouvry, ainsi que Gamsen du Haut- Valais Gamosiin, laSS, dé- 
rivés de chamois, anc. h. ail. gamuz. 

Ghampagne, D. Grandson, Campania, 885-888, Champanes, 
1228 ; la Ghampagne, loc. à Bex ; nom collectif du territoire des 
communes de Gartig^ny, Ghoully, Chancy, G. de Genève : anc. 
forme de Campag'ue. On trouve aussi pour le premier la forme 
Champagney de 1882 à i44i» M. R. XIV, p. 4oo, ce qui en fait 
un Campaniacum, domaine d'un Campanius. Mais les formes an- 
ciennes ne justifient pas cette orthog^raphe. Quant à Tétymologie 
de M. de Gingins pour ]a Champagne de Bex, campus pugnac, 
champ de la bataille, on ne peut la considérer que comme une 
fantaisie de T historien. 

Ghampagny, C. de Frib., ail. Gempenach, Champagnie, 
1265, Champagnye, 1890; loc. près Gilly, Champagniacum, 
1276 ; id. à Montreux ; de Campaniacum = domaine d'un Cam- 
panius, nom de famille romain qui a donné les noms de 88 com- 
munes de France. 

Ghampel, près Genève ; de campellum, petit champ. 

Et non, comme le dit Studer^ d'après Chaponnière et Galiffe, de Cham- 
pol pour Saint-Paul, reproduisant une opinion énoncée dans le vol. IV 
des Mém. et Doc. de Genève ; les textes suivants prouvent l'erreur : « a 
ruina de Champeiz inferius, » 1267, M. G. VII, 318, depuis la «ruvine 
de Champeiz en bas (coteau ébouleux dominant de 50 m. le cours de 



70 CHAMPION — GHAMPTAUROZ 

l'Arve) et en 1475^ M. G. Vil, restimation faite alors de toutes les pro- 
priétés de Genève, p. 309, 403, distingue Saint-Paul et Ghampel, p. 358, 
« in via tendent versus Sanctum Paulum, ...versus capelle Sancti Pauli,» 
et plus loin : « subtus furchas de Champel, ...a parte vîllagii de Gham- 
pel... subtus Ghampel..., communia de Ghampel, » enfin « in via tenden- 
tem de S^o Paulo versus villagium de Champel, » Voilà qui est net : il 
y avait Saint-Paul et Ghampel, celui-ci de campellam, dim. de champ. 
M. Eug. Ritter a déjà fait justice de la fausse étymologie ci-dessus dans 
le Bull. Inst. Genevois, XXII, 201. 

Champion, Roc — y sommet, alpes de Bex ; Roche — , vallée 
de Joux, territoire français^ à loo m. de la frontière. Probable- 
ment métaphore ; le roc Champion de Bex se dresse fièrclment en 
avant de la Dent de Morcles. Ces images sont fréquentes dans les 
noms de montagnes : le Moine, le Bonhomme, et en ail. Jungfrau, 
Frau, Wittwe, Mônch, etc. 

Champey, Champex, plus. ham. et lieux-dits, Vaud et Valais 
(ici généralement Zampex, Zampy). Champois à Bure, Jura ber- 
nois ; de champ et suffixes collectifs ex y ey, ois. 

Champilles, chalets sur Lens, Valais (Echampilles, Dufour et 
Siegfried); Ghampillon, plus. loc. Ormonts, Champillion, i33a; 
à Corbeyrîer, Leysin, etc. ; dim. de champ. 

Champion, village. Voir Gampelen. 

Champlan, plus. loc. Vaud et Valais ; de campum planurriy 
champ plan : Champlan sur Sion, Piano cantpo, 1260. 

Champreveyres, ham. près Neuchâtel ; Champreoeroz, 1179, 
— prevero, 1209, — pruoaire, 1220, campum presbiteri^ 1289, 
Zeerl. I ; de campum presbyteri, champ du prêtre, v. f. pro^ 
voire, 

Champroz à Vollèges, Valais = champ (du) pré. 

Champsabet (Siegfried), Champzabey (Feuille ofiF.), Chanza- 
bel, ham. de Lens, Valais ; champ et n. pr. 

Champtauroz, D. Payerne, Chantuoro (Ghantvoro, Dict. hist. 
fausse lect.), 1228, ChanteurrCj 1487, Chantouroz^ i453, M. F. 
IV, 3o5 ; renferme comme premier élément chanta du latin cantuSy 
territoire (champ est fautif !) ; le second est un problème à résou- 
dre, peut-être tauro, de taurus, le taureau, le territoire du taureau. 



GHAICFSEG ^ GHANDOLtN 9l 

CShampsec, faam. de Bag'nes, terr. près Sion = champ sec. 

CSiampveiit, D. Yverdon, Cùnventutn, 1012, Chaventiim, 
10499 M. R. I, i54f Chanvent^ iaa4) 1228, laSi^ ChanvenZy 
1^37, i25o, 1260, i3oo^ i3649 Chanvenêy 1260, Chanveniz vers 
1275, Chanvant, i3i5 et 20 autres. Deux fois seulement champ : 
Champvent, i3i5 et Champvenz^ 1317. Très probablement de 
chantj latin cantus, territoire et ventus, vent, territoire du vent, 
exposé au vent. Un coup d'œil sur la carte suffit pour constater 
c}ue le château est à Tangle S. de la colline, exposé au vent du 
midi. 

Chamufens, ham. de Marsens, Fribourg (Chamussens, carte 
Dufour) ; ChamuffenSj i332 = chez les descendants de Camulfj 
n. pr. germain. Nous y rapportons le nom de Chamuiliis, pâtu- 
raife de Rossinières (défi$piré en Chats mufinSy carte top. vau- 
doise et Chatmufins^ carte Sieg-fried I). 

È» €3iandeleys, loc. à Paillj, es CSiandelleyres à Essertines, 
D. Echallens, Chandelly à Bellegarde, Fribourg ; prés où abon- 
dent les chandeliers^ tsandelei, n. patois de la Primevère offici- 
nale. 

CSianey, Genève, Chanciej 1277, i3o2, i326, Chancier^ i344, 
1372, M. G. XIV, 3oo, XVIII, 96, II, 370, IX, 228 = (fandum) 
Cantiacum, domaine d*un Cantius, gentilice romain dérivé du 
celtique cantos^ blanc. (Holder.) 

Ghandolat, m. à Soubej, Jura bernois; Ghando(l)lan ou 
Ghampdolan (Kuenlin) à Givisiez, Fribourg ; un Champdolent 
à Goamens en i46i ; Champdollen^ Chandollen, 1477, M. R. I ; 
de champ et d*un adjectif dérivé du celtique dol, table = champ 
sur un plateau (voir Dole). 

Nous j rattachions Chandolin, Chandoline et en patois Zan- 
dnlin, Zandolet, villages et lieux-dits en Valais (Sion, Savièse, 
Evolène, Anniviers, Ayent, Léytron, Bovernier, Nax) souvent or- 
thographiés ChampdoUn, Champdelyn, déjà dans une charte de 
1354. Mais les textes anciens montrent une autre origine, qui n'a 
aucun rapport avec champ. Chandolin de Savièse s'appelait Scan- 
dulinz villa en iioo, Escandulins en 1260; celui d'Anniviers 



72 CHANDON — CHANIVAZ 

Escandalyns en 1260. Il faut donc adopter l'explication de Gats- 
chet : hameaux dont les maisons sont recouvertes de bardeaux, 
d*échandoles (essandole, Littré), latin scindula^ bas latin scan- 
dula, par opposition aux localités moins élevées dont les maisons 
sont couvertes en ardoises. 

Chandon, D. Glane, Frib., et ruisseau, eccl. de Candoney 1128, 
Hidber, I, 477, "48, M. F. I, 876, Chanduriy 1228, Chandon 
vers 1180, Arch. F. VI. 

Ghandossel, D. Lac, Fribour|j|[', Chandossel, 12 14, Hidber, III 
= champ du nommé Dossely conmie le pratum Dossel^ 11 42, 
1 146, donné à Hauterive par Guillaume de Glane, M. F. II et III, 
p. 64. 

Ghanéaz, D. Yverdon, forêt à Montag^ny, Frib., les Chanées à 
Cressier, Neuch. ; Chaniaz, loc. Blonay, Puidoux ; Ghagniaz, 
Forel, Cheniaz, Monthey, Zénaie à Lens, une Chagnea à Ayent, 
1294 = chênaie, de quercineta ; Chanel, Morges, Chanelles à 
Correvon, Chanélaz, ham. de Boudry et loc. Bassins, Chanolaz 
à Fontaines, Ghanerettes à Veytaux, dim. Ghanay ou Chaney, 
une douzaine de loc, Ghanez, Gorbières; Ghany, Seigneux, 
Wallenried ; Ghanex, Combremont et Treytorrens, Ghanet, 6 loc, 
Chasnet au Landeron, 1869, le Chagnay à Peseux, i356, Ghe- 
nay, Vouvry, le Gheiny à Gruyères, Ghenet, Grandfontaine, 
Ghenat, Bure et Damphreux, Gheynatte à Delémont, Ghenois, 
Charmoille et Porrentruy ; de quercinetum, bois de chênes. 

Ghanoz, très nombr. loc = chêne. 

Ghangins, chat, et ham. de Duilier, D. Nyon, ChanginSy 
1224, 1285, M. R. XII, 69 et V, 882, 1299, M- ^- XIV, 277 ; d'un 
n. pr. germain à rechercher. 

Ghanivaz, écart de Buchillon, D. Morges. Le Dict. hist. Vaud. 
y rapporte le Chanlioa du Cart. Laus., 1221, 1228, et M. Alb. 
Sarasin traduit par Ghanivaz la mention « Dognneta de Cani^ 
vaio, xiv« s., de TObituaire de Genève. M. G. XXI, 126; mais 
Canivatum ne peut donner Ghanivaz où az est atone et donnerait 
plutôt Canivet ou Canevet. (Il y a un lieu-dit Canevet à Bassins 
et un Canivet à Mauborget.) Origine inconnue. 



CHAI^RION — GHARBONNAY 73 

Chanrion ou Zanrion, alpe de Bagnes, Valais ; autre à Colom- 
bey = Champrioud ou champ rond. 

Chantemerle, Zantamerlo en Valais, nombreux lieux-dits, i8 
à notre connaissance ; lieux affectionnés par les merles ; de Tim- 
pératif de chanter : chante^ merle ! môme formation dans Chan- 
tecoucou, écart de Crans, Chaiite-Ck>rneille à Genollier, D. 
Nyon, et Chanteraine, lieu marécageux aux Bois, Jura bernois ; 
de rainCy latin rana^ grenouille ; de même Chantarauna en En- 
gadine. 

Chantey, voir Teis. 

Ghanton, 4 ham. du Bas- Valais : du latin cantus, territoire, 
dim. cantonem, d'où le français canton. De cantus vient Chant 
des Chênes à Ogens ; Chant est très fréquent dans le romanche : 
chant, chaunt; Schlatter en cite une vingtaine d'exemples. 

Chanlelet, forêt à Sainte-Croix, et Chantonet au col Ferret, 
Valais, doubles dim. (de chanton et de chanteau). 

Chapalayre, pâturage, vallée de THongrin, propriété d'un 
Chapalay (chapelier), famille de Château-d'Œx ; Chapalleyres 
à Charmey, Frib. même sens. 

Chapaletles, ham. de Porsel et chalet à Pont ; es Chapallettes, 
m. à Chapelles, dim. ; de chapala ou sapala, sapin (s-ch) = aux 
petits sapins. 

Chapelle, nom de plusieurs communes et ham., par exemple 
Chapelle, D. Moudon, Capella Waldana, 1177, 1228, Chapala, 
1226, M. R. VI, 168 ; de capella, église non paroissiale ; localités 
construites autour d'une chapelle. 

Chaponneyres, loc. à Vevey, Chaponeres, 1228, Capunieres, 
1236 ; Chaponnières à Vinzel, Chaponnaire à Vufflens-la-ville ; 
du bas latin capponem^ chapon, d'un radical chap, d'origine in- 
certaine, qui se retrouve dans chapuiser, chapoter et le vaudois 
chapler> Tzaponaire à Liddes, forme valaisanne (ch-ts). 

Chapotannaz à Cully, domaine du notaire Chapotany qui le 
planta en iSSg ; chapotan, comme chapuis = charpentier. 

Charbonnay, -ey, -ex, -et et Charbonnières ou Charbon- 
neyres, très nombreuses loc, hameaux, pâturages ; de charbon. 



74 GHARDEVAZ — GHARMET 

endroits où Ton a préparé jadis du charbon. Paray Gharbonnet, 
pâturag'e à Château-d'Œx, est pourtant bien haut, au*dessus de 
la région forestière ; peut-être nom propre comme un tenementum 
Carbonis au territoire d'Ependes, Frib., vers ii5o. Donat. Haut. 
Arch. F. VI, qui est le ténement du nommé CarbOy cognomen 
connu (de la famille Papiria). 

Chardevaz, 2 pâturages sur Moirj, D. Gossonaj, EscherdevaZj 
1240, es Chardevaz, i244^ Chardena^ 12929 l^ïcU hist. Suppl. 
(fausse lecture ou coquille n pour u) et Chardouîlle, ham. de 
Mézièras, paraissant renfermer la racine cardy de carduuSy char- 
don. 

Cliardonne, D. Vevey, Cardona entre 996 et 1017, Hidber, I, 
276, Chardona vers ii5o et 1170, Arch. F. VI, Carduna^ Car*- 
dona, xiP s., M. R. VI, 876 et 1247 ; champ Cherdon à Concise, 
Gliardon, pâturage, et Tserdonnet, dim., à Gonthey ; Chardon- 
net, val Ferret, Zardonnet à Vercorin, Valais ; Ghardonney à 
Morges, Chardenai^ 1226, et Moudon, Chardenai, 1228, Char- 
donney à Ollon ; de cardonem^ chardon, et cardonetum^ lieu où 
les chardons abondent. 

Le Chargeoir à Pâquier, Neuch. ; le Ohargeau, Ohargiao, 5 
ou 6 loc. Vaud ; Chergeau à M ontricher, Chargeux à Fullj, les 
Ohargeux à Muriaux, Jura ; lieu commode pour charger et dé- 
charger les charrettes. 

Le Charme à Cœuve, Porrentruy ; Charmoy à Siviriez, Frib. ; 
de carpinetum, f. charmoie, endroits où abondent les charmes, 
ou de calma, voir la série suivante. 

Charmet, pâturage à Ollon, loc. Combremont et Moudon, 2 h. 
Fribourg ; Chalmet ou Chalmé, Jura bernois ; Chermet, Mou- 
don, Ormonts ; Cherraey à Muraz, Valais ; Charmette, au plur. 
Charmettes, une dizaine de pâturages et de localités, Chalmery à 
Grvon, Charmey, D. Gruyère, Charmez, ii46, Hidber, II, ChaU 
meis, 1202, 1228, M. R. VI, 28, 424> Chermeix, 1294, Char^ 
mey, i84o. Rec. dipl. III ; Charmey, D. Lac, ail. Galmitz, in 
Chalmitis, 1242, F. B. II (français jusqu'au xviii« s.) ; les Char- 
mattes à Muriaux et Undervelier, Berne, Zermette au Saint- 



GHARMIGNY — GHAROUTZE 75 

Bernard (ts), Tschalmett à Louèche, jadis romand. Du bas latin 
calmaj champs, pâturages, permutation 1-r et suffixes collectifs 
et, ey, du latin etum^ erj = erie, ou dim. ette. 

Cliariiiigiiyy loc. à Ghardonne, Vevey ; de {fundum) Carmi^ 
niœamy domaine d'un CarminiuSy gentilice romain. De Vit, II, 
i35. 

€!haniillles, pâturages des Alpes, Etivaz, Ormonts, et du Jura, 
Mont-Tendre, Sainte-Croix ; Ghaumille au Chenit ; Ghermillon, 
alpes sur Muraz, sur Lens et sur Louèche, ail. Schermilung ou 
Scherminong, la Gharmillatte aux Epiquerez, Jura ; de calma, 
pâturage, et suffixes dim. 

Gharmoille, D. Porrentruj, ail. Kalmis, Calmillis, ii36, 
Calmilisj 1189, Chalmillisy 11 45, CharmayleSy ii^i, Chalma" 
leSy 1175, CharmallieSj 1266 ; du bas latin calmis, aux champs. 

Gharmontel, coteau, D. Avenches. Voir Chaumont. 

Ghamioz, Aiguille du — , frontière française, alpes de Fin- 
haut, sans doute encore un dérivé de calma, comme Gharmet. 

Ghamex, ou Ghernex, village sur Montreux. Le manque de 
formes anciennes ne permet pas de décider si c'est un Carnacum 
(praedium)y domaine d'un Camus, cognomen romain (du n. de 
peuple les Garni), ou un carpinetum, de carpinus, bois de 
charnes ou charmes. Du second viennent Chernex, champs à 
Grens, D. Nyon, au Chernay, loc. à Val d^IUiez. 

Ghamiaz, loc. G. de Genève, autre forme de charnaie ou char- 
moie, du latin carpineta, 

Chamy, m. à Satigny ; peut-être un carpinetum, voir Ghar- 
nex ; peut-être un (fundum) Carniacum, propriété d'un Garni us, 
gentilice dérivé du cognomen Garnus. 

Gharpîgny près Ollon, Cherpinnie, i2i4, Charpigniacum, 
1235, Charpignie, 1240 ; de (fundum) Carpenniacum, do- 
maine d'un CarpenniuSy gentilice romain. De Vit, II, i38. 

La Charoutze, ou Sarouche, paroi de rochers et forêt au S. de 
Château-d'Œx ; VArsa Rouchi, livre des extentes de Ghâteau- 
d'Œx, 1276, ilr^a /îocca, xii« s., Gart. Laus. M. R. VI, 208, 
<« de arsa Rocca, usque ad alba aqua » (Albeuve), limites des fo- 



76 CHARRAVEX — CHATAIGNIER 

rets comtales ; p. 207 « de arsa Rocca usque ad salsa aqua > 
(Saussivue) ; de arsa^ brûlé, et roche, la Roche brûlée, à cause 
des teintes rousses du rocher ; TArsa Rouchi, 

la cha routse, 
le a a passé à Tarticle, chute de Tr, permutation de s en ch, fré- 
quente, et de ch en ts, régulière au Pays-d'Enhaut. 

Charravex, alpe de Martigny, sur le versant N. d'Arpille ; 
peut-être de Chaux, pâturag-e, et reveXy revers = la Chaux du 
revers, voir Chaux et Revex. 

Chapvaz ou Echarvaz, contrefort de la chaîne de Chaussy^ 
Ormonts, is Tsarva, 1788, Charfaz, paroi de rocher aux g'org'es 
du Trient, le Tsarvo, sommet rocheux au N. de Salvan, Crettaz 
Zarvaz, paroi de rochers à Chamoson, la Sarvaz ou Sarfaz (s 
pour cA), paroi de rochers à Saillon ; comme le mont de la Chap- 
vaz, au lac du Bourget, Savoie, de calvum, chauve = terrain dé- 
nudé, rocher ; en Dauphiné charve, s. m., montagne élevée, nue ; 
de (montem) calvum ; voir aussi Chervettaz. 

Chassagne, forêt à Orbe, Cassanea, ii4i> M. R. III, 474» 
Chassagny, i344) Matile, et à Granges (Payerne), Chassaffniy 
1228 ; loc. à Eclépens et Champagne ; forêt à Rochefort ; fém. du 
V. f. chassain, forêt de chênes, du bas latin casnuSy chêne. De 
là aussi Chessenaires, écart d'Essertines, D. RoUe. 

Chasse, pâturages rocheux, val Ferret et Sanetsch ; pente boi- 
sée, rocheuse, à Vionnaz, Valais ; de saxum^ rocher, permutation 
valaisanne ss-ch. 

Chasseron, Jura, probablement autre dim. de Chasse ou 
Sasse, de saxum, rocher. Autrefois cette montagne était plus 
connue sous le nom de Sucheron, que Lutz donne comme nom 
principal ; voir Suche. (A été aussi appelé la Roche Blanche, 
acte de délimitation entre le Pays de Vaud et Neuchâtel, i525.) 

Le Chassin, forêt à Diesse et Lamboing ; fausse orth. pour 
chassain, s. m., voir Chassagne. 

Châtaignier à Fully, Valais, loc. à Bex, Yvorne, Châtagny à 
Villette, Lavaux, Chastagnye, 1211, et loc. à Montreux ; Châ- 
taigneriaz à Founex, Castanelurriy 1 166, 1 179, M. G. XIV et IV, 



CHATELARD — CHATONAYE 77 

Castanerio^ ii77> id. à Tarteg^ins, Chastanierea^ laSô ; à 
Etoj, id. à La Rippe, Chatonnaire à Vétroz« Chatonneyre, vi- 
gnes à Corseaux ; Chàtagnay à Lussj, un es Chatoneres à Vex, 
1255, auj. Zatonnires; la Chateneyre à Pailly, Cliatagnère à 
Âg-iez ; de châtaigneraie = forêt de châtaigniers. Autrefois beau- 
coup plus abondantes ; elles ont disparu pour faire place à la 
vigne. Les chartes en mentionnent bien d autres encore : un 
Chastagnereta à Lavaux, ia5i, un Chatagnerea à Crans, lagG. 

Ghàtelard, nom de quelques vill. et ham. et de nombreux 
lieux-dits où ont existé des retranchements de terre servant de 
lieux de refuge : F. Chabloz en compte une dizaine sur le terri- 
toire de Vaumarcus à Bevaix ; du bas latin cctëtellare^ castella- 
rium = camp retranché, fort. Le d qui termine le mot aujour- 
d'hui vient d'une fausse assimilation avec le suffixe germanique 
ard et n'existe pas dans les vieux textes : Chastellar, Aigle, i4a5, 
ChastelaPy Vex, i255, etc. 

Ghâtillens près Oron, Castellens en ii4i) Chastelens, 1218, 
ChasteleinSy 1220, M. R. XII ; du n. pr. germ. CastilOy Kestilo 
= chez les descendants de Kestilo. 

Châtelet, 4 ham. fribourgeois, Chàtillon, plus, villages (et 
quelquefois d'anciens retranchements de terre), sommets escar- 
pés : Ormonts, Bex ; ou simples crêts : Montcherand) ; Ghéteil- 
lon, montagne à Youvry, Chétîllon, sommet sur Vionnaz, CliA- 
toUlon à Cornaux, Géteillon, alpcs de Leysin ; Chételat ou 
Chàtelat, Chestelet, 1837, village, et ferme à Mervelier, Jura ber- 
nois; Chatelot aux Planchettes, Ncuch. ; en Valais Zatelet, 
Tzetelet, sommets ; dim. divers de castellurriy château. 

Châtonnaye, Fribourg, peut-être le C hestenoi ^wers ii45 du 
Gart. Haut Crôt, M. R. XII, 162 ; Chastenaiey 1228, M. R. VI, 
334, Chatenay et Chatenex, i33i, Chatonex, 1877, Chasto- 
nayey i4o2, Rec. dipl. VI ; Chattonay, loc. à Ollon ; bois de 
Ghatonnay à Gommugny, Châtenaye à Golombier, Neuchâtel ; 
de castaneta et castanetum, bois de châtaigniers ; un camp, de 
CastanetOj de Chestone à Bouloz, Fribourg, milieu du xii» s. Le 
Dict. géog. d'Attinger dérive Ghâtonnaye de castrum et haya^ 



78 GHATROZ — CHAUDERETTE 

anceinte, dérivation erronée que condamnent les formes anciennes 
du nom. 

CSiàtroz, vallon et ham. derrière Montorg'e près Sion, CaldrOy 
io53, ChaldrOy iai6, Hidber, Chaudro, 1260, ChaudrOj i3o4> 
Chadro, i33i, M. R. ; synonyme de chaudron, à cause de sa po- 
sition enfoncée. 

Chauchey, CSiauchy, Chauchis, nombreux lieux-dits ; CSiau* 
eey, Goppet; CSiautzai, Arzier, Chaussiés, ham. de Siviriez et 
3 autres loc., Frib. ; Chaussiaz, une douzaine de loc. Vaud et 
Fribourg, Chaussy, sommet aux Ormonts : pâturage, terrain que 
les troupeaux foulent ; du bas latin calciatus (fundus) ; quelque 
fois aussi c'est l'emplacement de quelque ancienne route romaine, 
ainsi la Chaussia près Pont est sur le chemin d'Oron à Porsel, an- 
cienne route romaine. Une fine calciata de Trescovanie, i343y 
Chouciata, 1378, Chauchiata à Yverdon, i343, etc. 

Chaucrau, Lausanne, ChoucruSy i235, Chelcrus^ ia38, Chou-- 
crouXy 1225, Chalcras, M. R. VI, 5i6, 655 et VII ; de calidum 
crosurriy chaud creux? De même CSiaucrau à Villars-Tiercelin 
et en Ghacrau à Ghampmartin. Une charte valaisanne de 12 16 
parle d'un Bernard de Chalcro ; c'est évidemment le même mot. 

CSiaudanne, forte source, affl. de la Sarine près Ghâteau-d'Œx, 
Choudanna, i433 ; Oiaudannes, loc. à Leytron, Bovemier, 
Gryon, en Ghaudannaz à Bex ; Sudanne, Zudaiine(t8) ou 
Tschudane, source et ham. près Salquenen, Valais, CaldanOy 
12 18, ChoudanaZj 12 19, Chaldana, xiii® s., Choldana, i254> 
la ChoudanOy 1424 ; Zoudana à Gonthey, Zudaniie, loc. à Gri- 
misuat. Valais ; les Tzeudanes, sources près Bourg^aint-Pierre ; 
une Choudana près Lavey ou Saint-Maurice, 1281. Zeu d'Anni 
à Trient, carte Siegfried, nous paraît encore une Zeudanne ; de 
calidus, chaud : sources profondes dont les eaux ne gèlent pas en 
hiver. Ge ne sont pas des eaux thermales, mais à température 
constante et par exemple, quand la Sarine est gelée ou encombrée 
de glaçons, la Ghaudanne n'en a jamais; elle paraît chaude à côté 
de sa voisine. 

Chauderette, vallon à Gouvet; Ghauderon, gorges à Mon- 



CHAUDES --> CHAUX 79 

tnxa, ravin à Grancy, à TAbergement : quartier à Lausanne, 

Choderon, ia33, Chouderorij 1288, Choudron, 1262, M. R. VI 
= petite chaudière, chaudron, au fig*. pour lieu enfoncé. 

Chaudes, col et alpe sur Villeneuve, ChageSy ii5o, 1289, 
Chaagij Calgi vers 1160, CSart. Haut Grét, M. R. XII, igS, 194» 
permutation rare j-d qu'on retrouve aux Ormonts. Voir Audon 
el Badausaz. 

Cbaodivue, m. à Sorens, Fribourg = chaude eau. 

Oiaufour ; du latin calcifarnum^ four à chaux. 

Cbaolin, ham. de Montreux, Choulin, 1817. 

dunimtoy, sommet, alpes de Port^Valais, Chaumagniy Bri- 
de! , Chaua>Magni, Lutz ; pour ces deux auteurs = la Grande 
Chaux ; mais magna, magnus aurait donné magne. Pour Gats* 
chet, c'est la Chaux des maignies, v. f. maignie, maison rurale, 
ferme, étymologie inadmissible pour ce sommet rocheux. Origine 
inconnue. 

Chaumes, « flachères », à Ghessel, forêt à Boudrj ; de calmai 
Oiaumette au Vaud, D. Nyon, et Chaumille, Démoret, Ohau* 
■lilles, vallée de Joux, dim. Voir Chaux. 

Ghaumont, sommet près Neuchâtel, Chomorty 11 43, Chai- 
mont, 1220, Chumonty i35o, i538, 1667; ham. sur une colline 
près Saignelégier ; ham. au Vully ; Chaumontet, loc. à Vevey au 
moyen âge, Chaumontel, 1176, Chaumontety Chamontez, Cha^ 
motety ChamunteiZy 1220, Cart. Laus., p. 349» 36i, 366, 469, 
plus tard Charmontay (de Montât, Hist. Vevey). Charmontel, 
coteau et bols du Vully, Chalmontel, i243 ; de chaud et mont, 
montet, sauf peut-être pour le Ghaumont, au climat rude, de 
Saignelégier ; celui-ci plutôt de chaa, chauf'=. chauve, nu. 

CSiauvigny, loc. à Bevaix, Neuchâtel = (praedium) Calvinia- 
eurriy domaine d'un CaluiniuSy gentilice romain ; comme les 
Chauvig-né, Ghauvigny de France, d'après D'Arbois de Jubain* 
ville. 

Oiaux, nom extrêmement répandu dans les Alpes et le Jura, 
aussi à la plaine : la Chaux à Berolle, en Chau Rossât, prés à 
Noville, la Chaux Givel, la Chaux Doudin et la Chaux Tavel à 



80 CHAUX 

Payerne. Du bas latin calma, qui paraît contracté de calamus, 
chaume, sig'nifîant au moyen âg'e tantôt maison couverte de 
chaume, tantôt : i® le champ de céréales ; 2® la prairie nue, les 
champs étant généralement découverts d'arbres ; 3o le pâturag'e 
élevé, au-dessus de la région des arbres. 

Les textes abondent. En voici quelques-uns : 

Une charte de 943 parle de Vecclesia S, Pétri in calme arli- 
cana et une autre, de 1 096 (Cart. de Romainmôtier) : in calme 
arlie. (Chaux d'Allier, près Pontarlier.) In chalme rotunda et 
in chalme illenchia, etc. (Cart. d'Oujon). Calmes de Ambra» 
nex, 1264. Plus tard, nous trouvons les textes super calvo de 
Escublon, i3io = Chaux d'EcuOlon; per la Chaul de Esta- 
leres, i3o4 = Chaux d'Etalières ; Chaux dou laie,,,. i373, et 
la Chault de Font, 1378 (Matile). 

Ducange cite les exemples suivants où calma signifie tantôt 
champ, tantôt chaumière : terram invasissent uel vineas deplan- 
tassent aut calmai rupissent, 790. Et : Calmam destruere nolo, 
tum quia /rater meuseam aedijicavit, ii54. 

Quant au mot calvo, de calvum, on ne peut l'attribuer qu'à 
l'ignorance du rédacteur de la charte qui ne comprenait plus la 
signification primitive du mot français chaul. Nos cartographes, 
ignorant le sens du mot comme le copiste de i3io, ont souvent 
transformé le mot en Chaud : Chaud de Forgnon, de Cham- 
plong, du col Ferret, du val Triqueut, de Montana, etc., toutes 
en Valais ; cartes Dufour et Siegfried. 

En patois fribourgeois Chaux devient Tchaux, Tzau, Tsô ; 
de même au Pays-d'Enhaut : Tso Fauthl {th anglais) Tso y 
bots, la Chaux des crapauds. 

En Valais, où ch, j devient z (pr. ts, dz), les Chaux deviennent 
Zô et Zà : Zo en Zon, la Zâ de Derbon. la Zâ du Cœur, la Zà 
de Cheville, alpes d'Ardon et de Conthey ; la Zâ de Lodzo sur 
Conthey, la Zâ de Faye, Chaux des moutons, au Sanetsch, 
Grande Zâ d'Hérémence, etc. Quelle que soit la forme du mot. il 
s'agit toujours de pâturages élevés, au-dessus de la région des 
arbres. Calma est devenu en allemand galm par la transforma- 



CHAUX — CHAVAGNY 81 

doa ré^lière dans cette langue du c eo g. Les Chaux sont des 
gains dans le canton de Berne et la partie allemande du Valais. 
L'alpe sur Louéche que les Romands appellent Chermignon 
(dim.) s'appelle en allemand Gai m alp. 

Enfin, dans le Haut- Valais, le m a permuté avec n, et toutes 
les croupes herbeuses, nues, qui séparent les vallons de Gonches 
soot des Galen, telles les Aerner-, Munster-, Ulrîcher-j Gestler- 
galen. Pour les dim., voir Charmety Charmille, 

On a voulu dériver chaux de callem, pâturage dans les bois, ou de 
caiuaSy chauve (Lutz), et même de cavus, creux (Matile) ou de casa 
(.MM. Châtelain et Alf. Godet, M. N. XIV et XXII). La preuve que ces 
dérivations sont impossibles est donnée par les dérivés. La racine de 
calma, calm, se termine par un m qui disparaît naturellement quand il 
est final comme les n, m des racines corn, ver m dans les mots cor, ver, 
mais de même que ces lettres reparaissent dans cornet, vermine, le m 
reparaît dans les dérivés Charmet, Chalmet, Chaamette, etc. Si Chaux 
venait de calvus, les dérivés montreraient ce v comme dans les mots 
Chauvet, calvitie : de même pour callem, racine call ; ses dim. seraient 
chaillet, chaiUon, mais n'offriraient également jamais de m. Au xv^ s. 
on a aussi traduit par erreur chaux par calce, par exemple prato Calcîs, 
de Calce = la Chaux de Premier, de Vaulion. 

Chaux de calma s'emploie ailleurs qu'en Suisse. Grégoire de Tours 
(571) parle d'une localité Maslicas Calmes, aujourd'hui les Chaux de 
Moussy prés Embrun, Hautes Alpes. 

Ajoutons que Chaume, s. f., s'emploie en basse Bourgogne pour 
désigner les sommets dénudés et pierreux des collines. (Littré, 
Suppl.) 

La Chaux près Cossonay, domus de Calce, xiv« s., Calais in 
Vuodo, i45o = chaux, calcaire. Mais ce latin n'est que la tra- 
duction de chaux, pâturage, de calma, dont les rédacteurs de ces 
actes ignoraient Torigine. Voir l'article précédent. 

La Chaux de Fonds, Chault de Font, 1878 ; du latin fontem 
= Chaux de la fontaine. Pour Chaux, voir plus haut. 

Chavagny, loc. près Neyruz, Fribourg, Chavaniei, 1142, 
Arch. Fr. VI, 87, Chavanie, 11 78 (Stadelmann), Chavanix, 
1198, Chavaniz, 1247, M. F. 111, 69, IV, 214 = {fundum) Ca- 
vaniacum, domaine d'un ' Cavanius ou Capanius, comme les 

M. D.SEC. SÉRIE, TOME VII 6 



83 CHAYAL — GHAZ 

CMYagotLCy Chavagnac, Ghavagnieu de France ; un Caoaniacum 
(diocèse de YieDoe) mentioDoé en ii&3, M. R. XXIX, 89. 

€3iaTal, ham. de Yéromaz, Valais ; CShayalel, chalet à Roage> 
mont, torrent et ham. à Champéry, Chavaley, loc. sons Lejsin ; 
Chavalets, loc. ravinée, andeiis lits de la Giyonne ; du v. f . 
chaae^ s. f., cavité^ caverne, du latin codo, et soffixe a/, et dim. 
et. Le torrent de Ghavalet s'est creosé un profond ravin, petit 
toutefois en comparaison de celui de la Viège. Chevalet, 3 pâtu* 
rages de Gruyère, un autre, alpes d'Ollon et un dans un vallon 
creusé sur les flancs de Gorjon, Pays-d'Enbaut, ont sand doute la 
même origine. 

Chavannes, nom de nombreux villages de la Suisse française. 
En Valais Zavannes (z pron. ts = ch), Ghavenettaz à Ormont- 
dessus, Rue et Rossens, Frib., dim. ; dérivé comme cabane du 
bas latin capanna^ qu'Isidore de Séville (570-636) tire du celtique 
cabariy de cab = hutte. 

Ghavat, 2 ham. au sommet d'une combe près Saint-Ursanne ; 
de chevetf comme le chevet d'une église, partie arrondie qui 
ferme le chœur ; a = e dans le Jura bernois. 

Le Ghavon de Seron, pâturage au Pays-d'Enhaut ; la Gha- 
vonne, pâturage à Gruyère ; les Ghavonnes, alpe d'Ormont-des« 
sous et de Gryon ; Zavonnaz à Miège ; Ghavonnetta, m. à Mor- 
lon ; aux Grangettes, Frib. ; granges à Ormont-dessous, dim. ; du 
V. f. chaoon, bout, extrémité (de chef) ; le pâturage des Gha- 
vonnes est à l'extrémité du territoire, limite d'Ollon. 

La Ghaz, 4 loc. aux Ormonts, la Ghâ sur Orsières et au Valso- 
rey. Valais ; l'Achat, carte Siegfried, vallon des Verraux sur 
Montreux ; Lotachat, croupe au N. de la Valsainte, Fribourg, 
pour YHauta Chaz ; la Ghaz ou la Ghat, pente rapide, boisée, 
entre Triquent et Finhaut, Valais, écrit aussi Lâchât : autres formes 
de Sciaz. Voir ce mot. La Chaz, la Ghat est le nom de plus. ham. 
en Savoie ; le col de la Ghat près Ghambéry s'appelait la Sciaz 
en 1682, Mém. Savoie, IV, 262. Ghaz est aussi le nom de quelques 
loc. du Jura français, dit M. Ghâtelain, M. N., qui dérive chaz de 
casa et y rattache chaux. 



CHATOUXAT — CBUIAU 83 

QuiTOTBay* Caeomiacmm^ 977, iioo, M. R. YI, iiai« Hkk» 
ber, I* 4/3, Caoornaemm^ 1173, Hidber, II, N. de CiWironiay« 
1317, M. R. VI, io3, Chawornai^ i>a8, Chmvornag, i33S, 
Cari. Month. ; pour Gatschet, du bas latin cavoniiin, caberaum, 
ca^mie, hutte, est un (praedium) Ciworniacumy domaine d*un 
CavorifUis, Zeoss, p. 199. De même Chavomex à Yillette, D. 
Lavaox. Zeoss, p. 129, donne le nom craulois de Cavarinns^ 
qail dérrve de coior, géant. Une terra de Chavornajf^ is5o, 
Chaoorney^ 1267, à Avent, Valais. 

Chéfoor, loc à Orvin, Berne ; probablement autre forme de 
chaufour, four à chaux. 

Cheillon, Yoir Chillon. 

Cheiry, Fribourg, Chereys? 1187, Hidber, 11, 373, Chirie^ 
1228, Chérie^ i453, Cheirier^ 1668 ; Mollie Cheiry à Corceliea-> 
le-Jorat; de (fundum) Cariacum (du cognomen Carus : taras, 
cher) ; domaine d'un Carias^ gentilice romain. 

CSieiiB, ham. de Lens, Valais, devrait s'écrire Chêlins^ car il 
dérive d'un patronymique germain, comme le montre Torthc^ 
graphe ancienne Schilling (Lutz) usitée encore aujourd'hui 
(Feuille off. du Valais), Chelling, ChilUng. 

Chemenin, m. sur Vevey; Chemeneau, mayens sur Muraz et 
sur Dorenaz, Valais ; dim. de chemin, patois tsemenin. 

Les Chenaillons (ou moins bien, Chenalions), nom générique 
de plusieurs ruisseaux temporaires à la Sagne, Jura neuchâtelois ; 
dim. de chenal, de canale. 

Chênat, Chenet, Cheacls, voir Chanéaz. 

Chenau, forme dialectale de chenal ou canal, du latin cfina- 
lem. De là de nombreux noms de hameaux (9 loc. Frib.), la 
Cbenao, gorges sur Aigle et Cortébert, (Pénaux sur Gullj, Chi^ 
nauz, i36o. Défilé à PAquier, Neuch. et 6 loc. Frib. ; ruisseaux, 
affluents de la Tinière, Villeneuve ; ruisseau à Cheseaux-Noréaz ; 
la Cbenà à Bourg-Saint-Pierre, la Chenal à Courfaivrc et (for- 
ban, Jura ; — les collectifs Chenalier, ham. de Monthey, (Hhena- 
leyres à Autafond, Frib. ; — les diminutifs Chenalet et Chena- 
lette, 6 loc. ; Chenaillettaz à Villars-Sainte-Croix ; Chenalllon 



84 CHENAUSSANNAZ — ES CHERCHES 

à la Sag-ne. En Valais ch devient ts ou z ; de là Tséné à Salvan, 
Zenaz, torrents à Vernamièg'e et Hérémence ; Zenat à Ghandolin 
d'Anniviers, Ziné à Saint-Martin, Zinal^ ham. au fond du val 
d'Annîviers, Zenal, chalets dans une combe sur Conthej {Canali 
et laz Chinai, i3o4) ; Zenali, localité au Sanetsch avec nombreux 
couloirs de pierres et d'avalanches. Le z se retrouve aussi à Fri- 
bourg- : Zenalettes, petit sommet entre La Roche et Trejvaux. 

Chenaussannaz, alpes de Montbovon, cbenau et sana, saine, 
couloir non ébouleux. 

Chenauvaz ou Chenouvaz, voir Zenauvaz. 

Ohénens, Fribourg, ChenenSy ii38, M. F. II, i4, i3i9, Chei^ 
nenSy ii43, Chinins, i2i4, Haut-Crêt, M. R. XII, CheineinSy 
1244» CheneinSy I2i5, ChennenSj 1248 (Mtl.), Chinnens^ ^1^1 j 
etc. = chez les descendants de Chagarij n. pr. germain (Stadel- 
mann). 

Chêne veypes, loc. Vevey, Cheneveres, i344» Chenevaîpes, 
Saint-Triphon, et nombreux lieux-dits (i5 Frib.), forme patoise, 
Tschenevieren à Albinen, forme germanisée de chenevière, bas 
latin canaparia. 

Chentremont, crêt au bord du Veyron à Pizj ; de mont et de 
Ciientres, Chintres, Cheintres ; en patois fribourgeois, Tsintre, 
Tzintre, ham. de Charmej, d'Orsonnens, etc. ; valaisan, Zintre, 
Savièze, Cintre, Grimentz ; correspondants du français ceintrey 
ceinture, terrain en bordure, localités au bord d'une rivière où 
d'une limite quelconque. On trouve aussi Chantre par ex. à 01- 
lon. Nom commun fréquent dans les chartes : très chant rias pra- 
torum juxta prata curati, 1281, trois chantres de prés à côté des 
prés du curé (d'Apples). 

Es Cherches et Echerchettes, loc. à Mordes, frontière du 
Valais ; les Tsertsettes à Finhaut, TEssertze à Chermignon, 
Es Cherches, taillis à Château-d'Œx, les Echerches, alpes de 
Vouvry ; Esserches, loc. à Aigle, limite de Leysin, Es Cherchy^ 
i3i4, es SercheSy 17 18, Escherchia de Sarduns versus Leissins, 
1232 (limite E. des franchises du bourg d'Aigle), Lecherchi, 
i3i5 ; une loc. de Lescherchy, i3o9, à Grimisuat, Valais, un bois 



GHERMIGNON — GHERYETTAZ 85 

de LescherchetOy 1822, et une Lecharchie à Louèche, i55i. Une 
charte de i464 parle de Lecherchy de Soressert, limite entre 
Leysin et Ormont-dessous ; toutes les localités dont la position est 
précisée par le texte ou les plans sont, comme on le voit, à la 
limite, à la circonférence des territoires dont elles dépendent ; pro- 
bablement à rattacher au v. F. cerche, s. f., cercle, du latin cir^ 
eus ou plutôt d'un bas latin * circa, f. ; cherche de circa, comme 
chercher, patois tsertsiy de circare. 

Chermignoii, D. de Sierre, Chermignon, 1241, Chirmignoriy 
1260. Dérivé, avec le suffixe io-ionis, du gentilice CarminiuSy 
comme Avennio (Avignon), de Avennius. 

Cheresaulaz et Cheresaulettaz, alpes de Châtel-Saint-Denis, 
ChirisouleSj iSog ; Ghereseulaz, alpe de Youvry, Chersaulaz, 
ham. très élevé d'Ormont-dessus, Chisseroulay i3i5, Chisirolley 
i464. Ces deux dernières formes montrent que nous avons là une 
métathèse ; ces 3 loc. sont des chisiroules, c'est-à-dire de petites 
chesières ou chisières, chalets d'alpag'e, avec suffixe dim. ou/a, 
ola, c'est le synonyme de la Zigeroula de Chippis, Valais. 

Cherminche, bois à Chardonne et à Forel sur Lucens ; d'après 
M. Isabel (in litt.), serait en patois Tsermintse^ la charmeuse, f. 
de tsermu. Voir ce mot. 

Chemiont, ham. d'Avry-devant-Pont ; peut-être du nom ger- 
main Carmand? 2 chalets de Gruyère portent aussi ce nom. 
Gruyères et Villars-sous-Mont. 

Chermontane, 2 alpes de Bagnes, Valais ; du v. f. sermontan, 
le Laser Siler, ombellifère très abondante à la Petite Chermon- 
tane. En 1233, une vigne ou Sarmonlan^ M. R. VI, 5g3 (envi- 
rons de Lausanne). 

Cbemay, Ohemex, voir Chamex. 

CSierpine, m. à Lancy, Genève ; de charpennSy n. patois du 
charme? 

Gherraire ou Tsaraire, défilé du Saint-Bernard près Bourg- 
Saint-Pierre, forme patoise de carrière, chemin des chars. 

Chervettaz, forêt de Châtillens, Oron, Calvata, 11 54, 1179» 
ChaluetUy 1278, Charveta, 1273, M. R. XII; Chervettes, alpe 



86 MONTGHERVET — CHESOPELLOZ 

k GrandvîUard, Zervettaz à Sierre. De calvetta, dim. de calva , 
chauve = forêt dénudée, alpe déboisée. 
Montchervet, m. à Puidoux, mont dénudé. 

D'après un acte cité par M. Pasche (Gontrëe d'Oron, 587, ^^9), la 
forme CcUvata de 4454 serait une fausse transcription; il faudrait Cal' 
vacatOf mab ce mot donnerait Ghauvecée et non Chervettaz. 

Chervîllers, ham. d'Epauvillers, Jura, Scherviler^ i3a9, 
Cherviler, i34o = villag'e de * Scharo, ScherOy n. pr. gpermain, 
de la racine Scar^ du v. h. ail. scara, armée. Fôrstm. n'a pas ce 
nom, mais un dérivé Scherilo, 

Le Ghesal, m. à Rougemont, Chesalles, 3 com. D. Moudon, 
Oron, Caselles, Chaselles vers ii5o, et Fribourg* CheseleSf ii46, 
1198, in Chesale/Of ii42, M. F. II, 219, Chesaleis, 1163, M. F. 
II, 25, I, 270 ; Cheseaux, Lausanne et Yverdon, Chesaus, 1154» 
ChesauZj Chesaux^ i235, Cart. Month., et i5 h. ou m., Frib. ; 
Chesard, ham. de Grandcour, (]hézard, Neuchâtel, Chesas, 
1285, 1294» Chesays, 1324) Chesair, i328, Chesar, i349 ; les 
Chézards, loc. à Boudry, Chesel à Bourrignon, D. Porrentruj, 
Casaley 1179, (^hesaSy 1187, Chesaus, i284.Chesalet àMonthey, 
Çliesaley, m. à Marsens, Chesallettes à Charmey, dim. ; dérivés 
de casaley ferme, qui vient de casa, chaumière. 

Chéserex, D. Nyon, Chiseras entre 996 et 1017, Hidber, I, 
276, Cisirac, 1093, Rég. g-en. 64, 44^, Chysirai vers 11 35, CAi- 
serai(y), Chiserai, xii® s., Chesarium, 11 64, Chiseracum vers 
1186, etc., M. G. Il, IV et XIV ; Chesières, ham. d'Ollon ; Cabe- 
sîres, chalets, vall. de THongrin, Château-d'Œx ; Chizéré, cha- 
lets, alpe d'Orsières, Valais ; du v. f . chesièrey cheysière, bas latin 
casaria, dérivé du latin casa, chaumière, hutte, chalet de pâtu- 
rage (en romanche chàsara). Une alpe de ChUeria à Louèche 
(ou Bratsch), 1228, une Chisereta à Ayent, xiii® s., Chissereta, 
i364, aujourd'hui la Chéseretaz, une des remointze de l'alpe du 
Rawyl, une Chéseretaz à Arolla, i449 ; Chésery, alpe et som- 
met sur Morgins, Valais, Chéserey, carte française, même ori- 
gine. 

Chesopelloz, Sarine, Fribourg, Chesaupenlo, i4o6, Chesauz 



GHE88A — GHEYAUX 87 

pennOj Chesanl PelloZy iilfi (Dellioo). Ces formes expriment 
Dettement rorigine : c'est le chesauy de casaley de Penlo, de Pen- 
nilOy la métairie de Pennilo, n. pr. germain. 

Ghessa, alpe sur Ayer d'Anniviers ; probablement métathèee 
pour sèchey ch -* ss. 

Chessei, D, Aigle, Chessez, i3i2, Chessey, 1364, Chasiey^ 
ikoAy Chosely i4a8 ; les 3 premières formes indiquent un (fun^ 
dum) Cassiacum = domaine d'un CassiuSy gentilice romain. 

CSbessayre, prés à Muraz ; peut-être dérivé du verbe patois 
i9chesi, tomber ; chesaircy lieu d'où il tombe de l'eau d'en haut 
par chute ou écoulement, dit Bridel. Chessaylaz, prés à Ollon, 
même mot avec permutation r-1. 

ddet ou CheZy 3 pâturages à Albeuve, Praz du €het, pâturage 
à Villars-sous-Mont, les Chets, pâturages* à Enney ; l'Essert du 
Ghet à Semsales, Sur le Chez, blocs erratiques dans le marais de 
LignièreSy Neuch. ; orthographes vicieuses pour CheXy prononcia- 
tion patoise de Sex, latin saxam, rocher, permutation s^hf 
comme Sieme — Chieme, Siaz — Chiaz. 

Oieteval, m. au bord du Doubs, Epauvillers ; corruption de la 
forme ancienne Chetivaty i34o, dim. de chétif avec la permuta-* 
tion jurassienne de et en at, 

Oiêtre, plus. loc. D. Porrentruy, Tsehetroz, granges à Sierre, 
Chestroy i238, Chestrozy i433, M. R. XXIX, 337 î peut-être 
autre forme du v. f. chastrey camp, lieu retranché, du latin cas- 
trum^ correspondant des châtelards si fréquents, C. de Vaud et 
Neuchâtel. 

Chevalleyres, 2 ham. de Blonay ; la Ghevaleyre sur Ville- 
neuve, Cheualeriy 1276, Haut-Crêt, M. R. XII, ii5 ; propriétés 
d'un Chevaley (= chevalier). C'est à ce dernier que se rapporte 
le texte du Cart. Haut-Grét et non au ham. de Blonay, comme le 
dit M. Hisely, p. 24 1- 

Qievaux, La Dent chez — , sommet vallée de Joux, Montem de 
Chiechevauz, i344> Matile, Dent de Chiecheuaax, idôq ; ce nom 
étrange s'explique en le rapprochant de Chievachauly sommet de 
Gruyère, dont il paraît une corruption par une double métathèse 



88 CHEVÊCHE — CHEVRIL 

ch X V, celui-ci (voir Tzouatzo) est formé de chuotty freux, 
choucas et de chaulj chaux = la chaux des freux, des corneilles. 

Chevêche, En la — , lieu-dit à Corbeyrier; de chevêche, 
chouette, v. f. chevece, de capitia. 

Ghevenez, D. Porrentruy, Chaviniacum, 8i4, Givinei, ^^89, 
Chaveneiy 1179, ChivinySy 1290, etc. ; de (fundum) Cavinia- 
cuniy domaine d'un Cavinius, (Holder a le gentilice Cavinnius et 
De Vit le cognomen féminin Cavina.) 

Cheville, col de — , alpes de Bex et Valais. Ce mot nous paraît 
un dérivé, subst. verbal du verbe v. f. chevillier^ creuser, che^ 
villeor, celui qui creuse, diminutif du v. f. chevePj creuser, autre 
forme de caver, wallon et Berry chaver^ creuser, chave^ trou. 
Cheville serait donc creux, dépression, échancrure de l'arête. Rien 
de commun avec le mot actuel cheville, qui dérive de clavicula. 

Chevilly, Cossonay, Chiuilliery i54o, comme les Chevillé de 
France ; de (fundum) Cavilliacum, domaine d'un Cavillius, 
gentilice romain. De Vit, II, i . 

Chevran, ham. d'Anières, Genève, mieux écrit jadis Chèvre ris 
(orth. conservée dans le n. pr. Dechevrens), nom d'origine ger- 
manique, à rechercher. 

Chevrenaz, ham. de Boussens, Vaud, Eschivoronaz, 1877. 

Chèvres, ham. de Bernex, Genève, Caprisy 1264 = aux chè- 
vres, pâturage de chèvres. 

Chevressy, ham. de Pomy, Yverdon, Chiwrusie, 974, M. R. 
VI, i3o, Cabrusie et Cabruseiy 11 74» Chabrusei, Chebrusei, 
ChabrusiCy Cheûressei, 1177, Chabrusei/y 1182, Cart. Month., 
Siorissie^ 1218, M. R. VI, 4^7? Chivrissiey 1627; de fundum 
Caprissiacum, domaine de CaprissuSy nom d'esclave, puis 
d'homme libre (De Vit) ; ou d'un nom dérivé du cognomen Ca- 
pruSy comme Caprusius, ce qui expliquerait le u des formes pri- 
mitives. 

Chevpîep, ham. de Versoix et de Choulex, Genève, Chevrye^ 
i3i6, Chivrier, i34o, M. G. XVIII, 17 et II, 388; de (fundum) 
Capriacum, domaine d'un Caprius, gentilice romain. 

Chevril, 2 ham. à Ormont-dessus, Chevrillet, dim. ; Chavril 



CHEVRON — CHEVRES 89 

à Corbeyrier et Ollon ; Chevpy à Trélex ; Ghevrilles, D. Singine, 
Frib., ChivrileSy ii5o-i2oo, Arch. Fr. VI, Chivrillies, 1824» 
M. R. XXII, 22, Chevrilliez^ i453, Arch. Fr. I, — 2 pâturag-es 
de la Gruyère ; les premiers, de caprile^ étable à chèvres, et Ghe- 
vrilles du plur. caprilia. Chevrillière à Grandcour, autre dérivé. 
Chevrils vers iioo, Chivriz, 1260, était le nom du hameau ac- 
tuel de Gifrisch, près Môrel, Haut Valais. 

Chevron, clos à Aigle, propriété au moyen âge des sires de 
Chiuron, co-seigneurs d'Aigle (famille savoisienne, château près 
d'Albertville). 

Ghevroux, D. Payerne, Chevroth, 1286, Chevrod et ChevroZy 
i3oo, Cheuros, i3io, 87, i453. Probablement même origine que 
le Ghevroux de France (Ain) qui s'appelait Caprosiurriy dérivé 
latinisé du nom gaulois Gabros^ chèvre et n. pr. Holder, 762. 
(Ghevroux a une chèvre dans ses armoiries.) 

Chexbres, Vaud. M. Gremaud y rapporte le Carbarissaj 1079, 
M. R. VII, 4; Chibriacum vers iioo, M. R. XVIII, vers 1072, 
Dict. hist. vaud., Cabarissa^ ii45, Chabris, 11 34, Chabre^ 
1142, Cerbre, ii47, ii54, Chebra, ii65, Chabriiy 1179, Cha^ 
breSy 1221, M. R. XII, Chaihri^ 1248, Chaibry, i368, Chehry^ 
1453, Chexbres^ xvi« s. Une autre loc., chalets à Blonay. Ge nom 
a sans doute la même origine que Ghabrey, D. Avenches, de 
(fundum) Capriacum, domaine d'un Caprins, ou Cabriacam^ 
de CahriuSy variante gauloise. Ghebris a le même sens : c'est le 
datif pluriel de Cabrias (domus, villas), du même gentilice pris 
adjectivement. Quant à l'x, on voit que c'est une lettre parasite 
qui apparaît fort tard, au xvi» s. Ges additions se présentent sou- 
vent ; ainsi M. de Jubainville remarque que Gesvres, de Gabria, 
du même gentilice Gabrius, a deux s de trop, un au milieu, 
l'autre à la fin. Pour Garbarissa (villa) et Gabarissa, noms peut- 
être défigurés par les chancelleries allemandes (chartes de Henri IV 
et de Gonrad II), c'est peut-être une altération de l'adjectif dérivé 
de la forme gauloise Gabrius qui serait Cabrisca, comme Barba- 
risca de Barbarius, Bardinisca de Bardinius. 

Cheypes, D. Broyé, Frib., Chères, 1280, Chieres, i233, M. R. 



90 CHEZ — CHIÈTRES 

* 

VI, 599, CheireSj 1299, Matile, Cheyeres, i453 ; de (villas) Ca* 
riaSy les fermes de Carias^ g^ntilice romain, dérivé du sarnom 
Carus. 

Chez^ dans le Jura, suivi d'uii n. de famille, avec ou sans ar- 
ticle : Chez les Gueissaz, Chez Jaccard, Sainte^^roix ; Chez les Pi- 
^et. Sentier ; Chez Berthoud, Brévine. D'après le O^ Joubert 
(Glossaire du centre de la France), dans les noms analogues de 
localités de Tlndre, Chez-Serrant, Chez-Rateau, chez aurait fardé 
son sens primitif de substantif, de C€uay maison. C'est possible 
pour ces localités françaises. Mais nous croyons que dans les 
hautes vallées du Jura, colonisées fort tard, chez avait déjà pris 
son sens de préposition. Il a toutefois gardé un reste de son sens 
primitif dans la combinaison Vers chez, fréquente par exemple à 
la Gôte-aux-Fées : Vers chez Simon, — le Fèvre, — le Banderet, 
— le Gros, — Juvet, — Maurice. 

Chibaz, A la — , loc. à Lens, Valais = à la Cible ; de l'ail. 
scheibe^ v. f. et vaudois cibe^ du v. h. ail. sciha, 

Ghibi, loc. à Aciens, Vaud ; ancien village ruiné, Chiblie^ 1 166, 
1182, Hidber, II, Chivlie, 1228, M. R. VI, 22, Chibliez, 1228- 
1 282 ; de (fundum) Cabelliacuniy domaine d'un Cabellius^ gen- 
tiiice romain ; permutation a-i, comme pour Chigny. 

Chiblin, ancien moulin et scierie près Gingins, Chiblins, 1202, 
Hidber, III, 4, 1272, 1276 ; peut-être de * Hibilo, dim. de Hibo^ 
n. pr. germain. Fôrstm., 660, comme Hichilo de Hicho, s= chez 
les descendants de Hibilo. 

La Ghiesaz, Saint-Légier, la Chiesa^ i2i5, ChesaSy 1242; 
Chisaz à Renens et Burtigny ; Tschiesaz à Troistorrents, Valais, 
ChieseSy 1268, toutes localités près de l'église ; « du latin casa, 
maison. Au moyen âge, chiese Deu, maison de Dieu, l'église, la 
maison par excellence. >► (Bonnard.) 

C^hiètres, Frib., ail. Kerzers, Chartris villa, 926, eccl. ad 
carcerem, 962, M. F. I, Kercers, ii53, Chiertri, 1228, M. R. 
VI, Chercerz, i244> Zeerl., Chertres, 1390, Rec. dipl. V, etc. ; 
du latin carceres, prisons, — d'où le français chartre, — peut- 
être y eut-il là, à l'époque romaine, une prison pour les légion- 



CHIEU — CHILLON 91 

naires. Les chartes de Matile nomment souvent une localité du 
même nom près Neuchâtel : Carceres, ii43, Caceriis, ii58, 
Chaceres, 1177, Caceres, 1209, CacireSy 1268; un CSiiètres, h. 
de Bex, même origine ? 

CSbieUf Ghiœu, voir Cœur. 

Chigny, près Morges, Chiniey 1221, M. R. VI, 29^, Chinni, 
1228, ChigniCy ia32, ib. 692 ; comme les Chigny et Chigné de 
France, de (/undam) Caniacum, puis Chigniacuniy domaine 
d'un Canius, g-entilice romain dérivé du cognomen Canus (Hol» 
der, 735), permutation a-i comme Cassiacum-Chissiez. Pourrait 
aussi venir de Canniacurriy domaine d'un Cannius, autre g^nti- 
lice cité par De Vit. 

Es CSiilles, vignes à Saillon, champs à Montagny-la-Ville ; en 
Eehille (pour es Chille) à S^Saphorin sur Morges, Eschillaz à 
VallorbeS) CSiilloux, pâturage à Nods et à la Brévine, les Echies 
à Courgeoay, en Echilly entre Croy et Moiry, en Eschillie, 1 344» 
dans Matile, Ghillères à Montcherand. Une terre en la Chilla 
ou Chylla à Naters, Valais, 1276, 1277 ; chille paraît être la 
racine de chillon, et son dérivé chillou, le même que le chillou 
ou chaillou du Berry = caillou, dont l'origine est du reste 
inconnue. 

C3iillon, château, Cilon, n^^], Castrum Quilonisy 1196, et 
Chillon^ 1214) M. R. XII, 48, Chillon^ 1224, Chy lions, 1232, 
Chilliun, i233, Chilioriy i236, Chillun, 1237, M. R. XXIX, 
Chillum, 1247, ChillonSj i255, Chilluns, 1276, etc. D'après 
Gatschet, du mot patois chillondy chillon^ plateforme de rocher. 
Une décision du Conseil de Neuchâtel, de i663, citée par le Mus. 
N., i865, p. i35, dit : « Octroi de 20 écus par an à Jehan Bompi, 
paveur, pour maintenir les pavements, fournir les chillonds et 
arènes, etc. » Ceci confirme l'opinion de Gatschet et le mot de 
chillon, pierre plate, dalle, parent de caillou, voir Chille. Une 
charte valaisanne nous parle d'un lieu dit Chillon près Diogny, 
Lens, 1269, aujourd'hui Zilloii(ts). Il faut rattacher à cette 
même racine Ziloiig(ts), loc., alpes d'Arbaz et Talpe de Gheillon 
(carte Dufour), Cheillong, F. d'Avis, ou Seillon ou Seilon (per- 



92 CHINDON — GHOISY 

mutations valaisannes ch'S ou z)^ au fond de la vallée d'Héré- 
mence, qui est donc l'alpe du rocher. 

M. B. Dumur nous communique à ce sujet les textes suivants 
tirés des manuaux du Conseil de Lausanne : 

« En i556, on mentionne « des ânes chargés de pierres de chil' 
» liod » pour le pavement de la Barre et « le i4 mars i588, le 
» Conseil autorise n. Lojs Seigneulx à prendre au Flon » ung 
chillon, tel que bon luy semblera pour faire une couche en son 
baptiaux du moulin appelé de la Ryettaz. » 

A la suite de ces notes, continue M. Dumur, j'avais écrit dans 
le temps : Le château de Chillon serait donc le château construit 
sur un chillon j soit sur un rocher. » 

Ghindon, ham. de Reconvilliers, D. Moutier, Zer Chindoriy 
1236, Tr. I, Der Kinden, 1241, Zchindun^ 1289 ; de Tall. Zer 
Kinden. Quant à l'étymologie Kindunum, hybride de l'ail. Kind 
et du celtique dunurriy colline des enfants, Dict. géog. Attinger, 
I, 488 ; elle ne soutient pas l'examen. 

Chippis, D. Sierre, Valais, Sepils vers iioo, M. R. XVIII, 
ChipiZy 1288, ChipitZy i348, Chypis, i4io, Chippis, i46o ; loc. 
à Hérémence, Chypis^ i448, Chepis à Verossaz ; du latin sepile^ 
haie, lieu clos de haies. 

Chissiez, clos à Lausanne, Eschissiacum vers 1280, Eschisei, 
1280, EschissiSy 1290, M. R. VI, 8o5, 4o8, Chissye, i5io, Chis- 
seyy i5i8, Fr. de Chissy, i586, ChissieZy i557, M. R. ; tire 
sans doute son nom de la famille de Chissy, Chissiaco, bourgeois 
de Lausanne au moyen âge jusqu'en 1567 ; de (fundum) Cassia' 
cuniy domaine d'un Cassius^ gentilice romain ; pour permut. 
a-i, voir Chigny. 

Choêx (ou Ghouex), ham. de Monthey, Valais, Choiz, 11 78, 
ChoyZy 1288, ChueySy 18 16, Chuex, 1428, ChoeXy i436. 

Ghivrajon, ham. près Aubonne, Chiavrajorty 1047, 1049, M. 
G. XIV, 5, Chivraioney xii* s., Dict. hist. V., suppl. 

Choisy, près Rolle, comme les nombreux Choisy de France, de 
{Jundum) Cautiacum, domaine d'un CautiuSy gentilice dérivé 
de cautuSy avisé, prudent. 



CHOINDEZ — GHULES 93 

Ghoindez, ham. de Courrendlin, D. Moutier, Berne ; forme 
francisée de l'ail. Schwende, nom très fréquent dérivé du v. h. 
ail. swentariy endroit défriché par le feu. 

Gholochy ou Gholochex, lieu-dit à Ayent, Valais =: Sous le 
Sex (s-cA). 

Chorebisse, alpes de Nendaz, au-dessus du Grand-Bisse = So- 
rebisse, au-dessus du bisse, permutation ss-ch. 

Ghougny, ham. de Vandœuvres, Genève, Chougnier, 1826, 
i368, M. G. II, 367, Chougnyer, i33o, M. G. XVIII, 129, Cho- 
ffnier, i343, M. G. II, 388, Chounye, i345, M. G. XVIII, Chou- 
nier, i364, Chômer^ etc. D'après M. Ch. Morel, M. G. XX, 567, 
de (fundum) Conniacum, domaine de Connius, gentilice connu 
par les inscriptions de Genève. Mais « ceci est impossible, c ini- 
tial ne donne ch que devant a » (Bonnard). Il vient de Caunia" 
cum, du g^ntilice Caunius, Hoider, p. 868, dérivé du nom gpau- 
lois CaunuSy cité par Zeuss, p. 3 et 34* 

Ghogny, loc. à Chessel, D. Aigple, un Chogney à Savièse, 1267, 
môme orig'ine, domaine d'un Caunius, 

Ghoulex, Genève, Cholay, 1260, 1298, M. G. XIV, CholaySy 
i3i8, Guigo de Caulhiaco^ i394, et Caulliaco ; Choully, ham. 
de Satignj, Cauliacum, 934, M. G. XII, 16, 912 d'après Hidber, 
I, 209, Choyellie, 1296 ; comme les Caulhiac du midi, de (prcB" 
dium) Cauliacum, domaine d'un Caulias, g-entilice romain. 

Choutagne, loc. au Grand-Saconnex, Genève ; mot bien voisin 
de Chautagne, nom d'une contrée de Savoie dans le Genevois, 
Ckostagnia au xiii® s. 

Es Ghueires, loc. à Villeneuve, prés sous l'arête de Sonchaux ; 
probablement de chua^ chnva, nom patois du freux, v. f. choue, 
du v. h. ail. kouva, corneille, et suff. coll. eire, endroit où 
abondent les corneilles de rocher. Non [loin de là, à Naye, la 
Tanna ai Chuve, la caverne des freux. 

ChuiTort, plus. loc. Jura ; forme patoise de chaufour, four à 
chaux. On a écrit de même Chumont pour Chaumont. 

Ghules, n. fr. de Gais, D. Cerlier, Galles, ii85, F. R. I, 1208, 
1217, 20, 26, Chutes, 1217, Chouley Chutes, i4o3 (Zimmerli), 



94 CIGLBT — CLARMONT 

GalSf 1265, ori^ne inconnue; quant au n. ail.» il indique, d'a- 
près Zimmerli, une ori^ne pré-germanique et peut être rapproché 
des noms rhétoromans Galspert et Galstramm (Walenstadt et Se- 
velen, C. de St-Gail). 

Cidet, loc. à Aigle, très exposé au vent ; du verbe patois ci- 
klla, pousser des cris aigus. 

Oserache ou Ziseraehe, alpe sur Saint^Martin d'Hérens ; dé- 
rivé de chesièrey n. commun au xrv® s., bas latin chegseriam = 
chalet de pâturage, de casaria, avec suffixe cxhe = asse. Dans 
la vallée d'Hérens on trouve ss pour ch, ch pour ss. Praz Ochin 
pour Ursin, Rèche pour Raisse et Zan pour champ» Zena, ché- 
neau, etc. 

Clages, Saint^Pierre de — , village, ham. de Chamoson, Va- 
lais : ecclesia de Clagiis^ 11 53, de Clagis, 1196, S. Petrum de 
ClageSy 12 18. Gatschet le rattache à Clées, bas latin cleda^ cleta, 
du celtique cliath, claie, clôture à claire-voie ; voir Clées. Le g 
est difficile à expliquer ; il serait absolument isolé au milieu de 
toutes les formes dérivées de cieta. Serait^il possible de dériver 
Clages de claves ? Les clefs sont un attribut de saint Pierre. 

rJamogne, lieu-dit à Aubonne. Nous pensons que c'est la terre 
dont il s'agit dans une charte de 1286 où GutU. Merchiant, bour- 
geois d'Aubonne, reconnaît tenir du chapitre de Genève une pièce 
de vigne au lieu dit Clamogin, M. G. XIV, 180, Rég. gen., 292. 
Il faut probablement lire Clamogni (i-e). 

Clarens, h. de Montreux, un G. de Clareyns^ curé d'Orso- 
nens, 1826, Clareyns, i353, et ham. de Vich, Nyon, Clarens^ 

1164, M. R. V, 1179, ^*97> ^- ^' ^^ ' ^^^ ^^ glareanusy grave- 
leux, comme le veut Gatschet, mais dérivé d'un n. pr. germain. 
« Il y a chez les Germains de nombreux noms formés de la racine 
clar, que l'onomatique germaine a empruntée au latin (clarus, 
clair, illustre). Clarens peut très bien avoir eu pour forme primi- 
tive Claringum, » (Note fournie par M. Stadelmann.) 

Clarmont, D. Morges, P. de Claromonte, i2o4, Qairmont à 
Renan, et Qermont, loc. à Saint-Imier ; de clarum montem^ 
mont clair, ensoleillé. 



CLAIIUZ — GLEIBE 96 

Gfamz, loc. à Marly, Frib., Clar Ruz^ i483, Cliaruz^ i83a 
(Kaenlin), ail. Luterbach ; de clair et ruz, ruisseau. 

ClaTaux (ou Clavoz), loc. près Sion^ Clivo, 1229, Clavot^ 
1299, Clahvotf i3o6, Clawot, i453, Clavody 147S et les nom* 
hreux (11) Claivaz, Cleivaz, Clivaz du Bas Valais ; la Glairaz à 
OUon (accent sur la pénultième) ; de cliva (terra), clivum (fun- 
dum) = terrain en pente. Cleua. i253, Cleives, 1267 à Grimi- 
ffuat. Bridel donne cliver comme n. conmiun dans la vallée d'An- 
niviers pour désigner un terrain en pente. Kliwen à Varone, 
Louèche, Inden, Cliben à Louèche-les-bains, formes germanisées. 

ClaTeleyres, loc. à Aigle, Paropignj, et sans doute Clavelière, 
écart de Begnins ; propriété d'un ClaveL 

Clavons, m., vallée de la Tinière, Villeneuve, habitée en 1276 
par Walieras des clavons^ tenancier de Haut-Crét. Cart., ii5; 
aurait-il la même racine que Clavaux, de cli vus, incliné (terrain) 
en pente? Godefroy a un adj. clavonné^ traversé de clous, mais 
nous ne voyons pas ici de rapport. 

C3é, Grand — et Petit — Clez (Lutz), 2 pâturages à l'Etivaz. 
Auraient-ils quelque parenté avec le celtique clé, cleiz, klei, 
gauche ; ils occupent le flanc gauche de la vallée en remontant. 
« Ou plutôt d'un s. m. formé sur le s. f . claie, de cleta ? * (Bon- 
nard.) 

Les Clées, D. Orbe, les Clees, 1226, M. G. IV, 4i» les Claies 
vers 1200, M. R. VI, 678, les Cloies, 1260, M. R. XIV, p. 4o, 
Castrum Cletarum, 1271, Cletis dans les chartes, les Clées, loc. 
à Noville ; m. à Boudry ; les Clefs, 2 pâtur. Gruyère ; la Clef aux 
Moines, ham. de Savigny, — mieux écrit la Claie, Claye dans 
les anciens plans; Clie, loc. à Vevey, Clees, 1176, Cleies, 1229, 
etc., M. R. VI, 469, 365 ; la Clie à Gimel, la Qiaz à Pailly, aux 
Clies à Bourdigny, Clîes et Cliettes à Savièse, Grimisuat, Pen- 
thalaz, Arzier ; les Cléettes à Chamblon ; du bas latin cleta, 
clida, clia, provençal cleda, du celtique cliatk = claie ; de là 
aussi notre clédar, clef ou claie de haie. 

Cleibe, ham. de Nendaz, Valais, Cloibi, 1162, 1193, Cloyer- 
bis, 1267, Wrstb. ; Cleybi, 1289, Furrer, 91, Cleby, i434, i4^i ^ 



96 CLENDY — ES COCAGNES 

d'après Gatschet, correspondant des Kleben de la Suisse alle- 
mande, nom donné aux lieux où abondent les plantes qui s'accro- 
chent, bardane, gratteron ; du v. h. ail. chleb. La bardane y est 
en effet très commune. 

Clendy, ham. d'Yverdon, Clendie, 885, et Clingerium^ M. R. 
VI, 182, Clendiery 1277, ClendierSy 1174» Clendiez, i3i8, 
Clendier, i453 ; probablement d'origine g'allo-romaine. 

La Clergé, loc. à La Chaux, à La Sarraz ; la Clergie ou Cler- 
gère à Moudon ; Clergis à Sottens ; anciennes propriétés du 
clergé (séculier) de ces localités. 

Le Cloître, quartier d'Aigle, Clotri, i332> la Cloître ^ plans de 
17 18 ; de cloître^ couvent : ancienne propriété de l'abbaye de Saint- 
Maurice. 

Clos (145 loc. Frib.) et les variantes, Oods (Cemier), Clou, 
Clouds, Cloux, Cluds ; les collectifs Closy, ham. de Vucherens 
et 6 loc. Frib., Closuit, Cleusy, Cleusix, Clousix ; les dimi- 
nutifs Closon, Cleuson, 2 alpes en Valais ; Clouet à Conthey, 
Closel à Aigle et Champagne, Closelet, Closalet, une dizaine, 
et Closelat, forme du Jura bernois, Closalon, Noville, Clausil- 
lons, Bex, etc. ; participe passé du verbe clore, v. f. clos, clous, 
cloux, claux, dus. La forme Clou est fréquente dans le centre 
de la France. 

Closure et le diminutif Closuratte, loc. du Jura bernois = 
clôture. 

Clouloup à Monnaz, D. Morges = clos (du) loup^ 

Clourion, loc. à Chandolin d'Anniviers = clos rond. 

Cluse, nombreuses loc. ; subst. du part, passé fém. de clore, 
dus, cluse; de même Cleusaz, pâturage sur Saint-Maurice; 
Cleusettaz à Saillon et Clusettaz à Saint-Gingolph, Kluschet- 
ten à Louèche, diminutifs. 

Es Cocagnes, vignes à Mont-Rolle ; en Cocagne à Bussigny- 
Morges ; probablement terres fertiles, allusion au pays de cocagne 
où tout abonde, mot ancien dans la langue. Littré cite un vers du 
xiiie siècle : 

Li pats a à non coquaigne. 



COCHE — COINSINS 97 

La Coche ou Cotse, ham. de Finhaut, Valais, dans un repli 
très accentué du vallon, — loc. à Blonay, — pâturag'e à l'Abbaye ; 
Mont Cochet à Sainte-Croix, séparé du Chasseron par une en- 
taille profonde ; Cotzettaz, loc. à Sion, entre deux crêts ; de 
coche, entaille, mot probablement celtique. 

Le Cœur, en Valais : chalets sur une croupe saillante, alpes de 
Liddes ; Sur Cœur au M uveran ; Sur le Cœur, point culminant du 
sentier de Mordes à l'Haut d'Arbignon ; Sex du Cœur, sommet 
dominant le pas ou col de Savalenaz, alpes de Vouvry ; Croix du 
Cœur, sommet du col entre Bagnes et Iserable, etc. A rapprocher 
de la Croix de Chiœu, col sur Ravoire de Martignj, des Chieu 
ou Kieu, soit cols d'Ëmanej et de Barberine, alpes de Salvan, de 
Sur le Queud à Leytron, le Keu de Montabert à la Dent d'Hé- 
rens, côté d'Aoste : formes diverses de coL Cœur est né d'une con- 
fusion entre kieu^ coUet kieu y lieu, cœur. Ne peut venir de 
cornu, corne, la plupart de ces localités désignant des échancrures, 
des dépressions de 1 arête et non des saillies. 

Cœuve, D. Porrentruy, Cova, ii36, Cuva, 1175, Cœuve, i254, 
Cauva, i4io, ail. Kuff; du latin vulgaire cupa, d'où le f. cuve, 
V. f. cueve, pris au figuré pour endroit creux ; dérivés, la Cœu- 
vatte ou Cauvatte (= ette), ruisseau qui y passe. Covet, moulin 
dans un ravin à Chavannes-le-Chène ; es Covets à Orbe, diminu- 
tifs. 

Coffrane, Neuchâtel, Cus/rano, 1092, Cor/rano, 1220, 1228, 
Corfranon, 1264, Corfragne, 1270, 1295 (Matile), Corfraigno, 
1870, Confrano, i4oi, M. N. XLI, Courfrasne, i453 ; paraît 
signifier ferme des frênes ; c'est la traduction de Gatschet, de 
M. A. Godet et du chartiste de i453. Mais le second élément des 
composés de Cort, Court est toujours un nom d'homme. C'est 
donc la court, la ferme de Frano ou d'un n. pr. germain appro- 
chant, tels que ceux-ci Framn-us, Frane-rîch, Frane-mund où l'on 
retrouve la racine onomatiqueyran. 

Coinat, voir Cuénet. 

Coinsins, D. Nyon, Quinsins, 121 2, 1221, 1224, 1262, 1268, 
M. R. VI, 262, XII, etc., QuincinSy 12 15, 1286 (souvent écrit 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 7 



98 COINTRIN — COLLONGES 

Quinsi/Hy 6 f., M. R. XII, p. 37-42), Quintins, 1288, CuinchinSj 
i3o3, Cuinsins, i3o6, Caynsins, i332, et Coinsin, h. de Lussy, 
D. Morges = chez les desceadants de Cunso, ConzOy ail. mod. 
Kunz, n. pr. germain. Fôrstm., racine Gund, groupe Gunzo. 

Cointrin, Genève, CuintrinSy I2i5, Quint rins et Quintri- 
narriy 1224, M. R. XI, 53 et 48, CuyntrinSy i3o6 = chez les 
descendants de Gitnther, Kundhari (de Kand et hari, guerrier), 
d'où les noms de lieux comme Cuntheringun^ qui correspond 
assez bien à Cointrins. Fôrstm., racine Gund, groupe Gunda- 
char. 

Golan, ruiss. et terr. à Curtilles, voir Coulaz. 

Collatel, loc. monts de Bex et Lavey ; de collateluniy dim. du 
bas latin collatum, Ducange, c jugum montis, vox nota in Alpi- 
bus et Pjrenaeis, ^ bas latin collatUy s. f., espagnol collado, 
colline ; donc petit mont, petite colline. * 

Cojoniiox, ham. de Blonay, Cojenay vers 1160, Cogionai 
vers 1260, M. R. XXIX, 487, Cojonay, xvi« s. Une inscription 
de Nîmes donne le gentilice Coionius, Holder, p. io63, et de Vit, 
a CoioSy n. pr. gaulois. Ce pourrait donc être un fundum Coio^ 
nacum, de Coionus, n. gallo-romain. 

CoUex, ham. de Collex-Bossy, Genève, Cliolay, 1268, Colay, 
1258-1809, M. G. XIV et IX, ColeXy i855, le Rég. gen., 1866, 
écrit aussi Gollex. Paraît être comme Ghoulex, aussi appelé jadis 
Gholav, un Cauliacum, voir Ghoulex. 

Les Collièses, bois à Bôle, le même avec préfixe col = cum, 
que les Liaises. 

Colline, rivière, un des bras de la Promenthouse, près Nyon, 
Collana vers ii5o, Collona, xii® s., M. R. XII, 2, 72, Colona, 
i3o8, M. R. XXVIII, 2o3, le suffixe est la racine celtique ona, 
source, rivière. 

Les Collisscs, section de la commune de Nods, Berne ; forme 
archaïque de coulisse, de couler, v. f. coler, du latin colare, fil- 
trer; la Golisse, ham. du Chenit; le môme, avec permutation c-g. 

Collonges, ou Colongcs, com. Valais, Genève ; 4 ham. Vaud 
et nombr. loc. ; bas latin colongia, de colonica, terre cultivée 



COLLUAIRE — COLOMBIER 99 

par un colon, laboureur, métayer^ ou sa chaumière. On peut rap- 
procher de ce mot le nom de Collondaz-Jeur == de la Joux (Pays 
d'Ënhaut) et les localités des CoUondaîres à Villeneuve et des 
GoUondalles à Montreux. Le d est une lettre intercalée comme le 
prouve le nom de Petrus des Colandes, 1226, 1228, appelé plus 
loin P. des Colunes ou des Colunges, M. R. VI, 332, 338 et 700. 
Il y a là une confusion avec colonde, colonne, de columna. 

Golluaire, nom fréquent de lieux-dits dans la vallée du Rhône, 
aux nombreuses formes, pour lequel nous n'avons pas de solution, 
tels sont Colluaire, champs à Bex^ CoUueyros, prés à OUon, 
Yvorne, la Collure à Corbeyrier, Collures à Leysin, CollaereSy 
1454 ; Couluîre, prés à Savièse, Valais, Colueri, 1260, Colaeryy 
iSSg, Goluire, champs à Bagnes, CoUuires, prés à Saillon et 
Bagnes, Galuiry à Nendaz, Collière à Ayent et à Vex, Colayro 
à Troistorrents, Coleyre à Conthey, au CoUierux ou Colliaruz, 
champs à Chessel, une Nigri Coliri à Louéche, i322, GoIIry, ou 
GoUeri; môme nom, germanisé, à Salgesch, en la Coloyry vers 
i45o ; le CoUioret, ruisselet. Gruyère, dim. Peut-être le v. f. 
couloire, s. f. coulouere^ xiv® s,, coulière, passage, lieux où 
s'écoulent les eaux ? « Il y a sans doute 2 mots couloire, oire = 
atoria, et coulière, ière = aria. » Note de M. Bonnard. 

Gologny, Genève, Coluniacum, 1 1^0, Colognier, 1208, 6'o- 
loigneyy 1263, Colungniey 1272, etc., M. G. II, 4^ et XIV ; de 
(fundam) Coloniacum^ domaine d'un Colonius, gentilice ro- 
main. 

Colombier, Vaud, Columbarium^ 938, 987, Columbirioy 
ii4i ? Hidber, I, 569, Columbier, 1228, M. R. VI, et Neuchâtel, 
Columbier, 1228, 1280, Matile ; CoUombey, Valais, Columbe- 
rinm, xili* etxiv® s., En Collomboy à La Sarraz, et les fémi- 
nins Golombeyre, ham. de Praz, Fribourg, la Ck)lombîèpe, ham. 
de Fully, Valais et loc. à Begnins ; Colombo, loc. à Conthey ; 
Collombaire à Aigle, Es Colombeyres, Cully ; de columba-- 
riam, tombeau ; dans la plupart de ces localités on a trouvé des 
tombes, des urnes funéraires. Peut-être aussi, dans certains cas, 
de columbarium^ pigeonnier. 



400 COLOVREX — COMBERBOUX 

Colovpex ou Golovrai, Crans, D. Njon, Colovray, ii84, Hid- 
ber, II, Colovraiy 124A» M. R. XII ; un bois de Colourai près 
Tolochenaz, 1228 ; de colubretum^ lieu où abondent les cou- 
leuvres, du latin colubra. Quant à Colovray, ham. de Bellevue, 
Genève, ColovreXy carte Dufour, Colovracumy 1186, M. G. IV, 
Colovray, 1257, c'est plutôt un {fundum) Colubracum, domaine 
d'un Colaber^ cognomen romain cité par De Vit, II, 380. 

Combaby, loc. à Gilly, Convabis, Conbabis, 1265, M. R. III ? 

Combanivaz, loc. aux Plans sur Bex ; probablement Combaz- 
niva, combe à neig'e, où la neige reste longtemps. 

Combarimboud ou Combarimbourg à Lessoc et à Grand vil- 
lard. Gruyère = Combe à, de Raimbaud, n. pr. 

Combarin à Rossinières ; de combe et arein, avalanche pou- 
dreuse == combe à arcin, aux avalanches. 

Combaz ou Combe, petit vallon ; du celtique comb, bas latin 
comba, Comballaz, Ormonts, Conthey (patois Combadé), Marti- 
gny, Comballon, Gryon, Combette, une 20S et Combatte, les 
Comballats, Jura, Combiola, val d'Hérens, Combiola, 1190, 
Furrer, III, 49? Combiola, 1260, Combire et Combirette, alpes 
Valais, dim. ; Combasse, alpes d'Aigle et Combache à Grdne et 
Chalais, Valais, augm. Combasson, loc. aux Verrières. Le Com- 
bet, le Combeîpy, ruisseaux D. Yverdon et Cossonay, même 
famille. Combe s'est conservé dans la Suisse allemande où le b 
s'est assimilé à Y m. Gomma, 4 loc. Singine fribourgeoise, Gum- 
men, Oberland bernois et Kummen, Haut Valais, par exemple 
Kummen, ham. de Rarogne, s'appelait Chiimbon et Combon, 
1282, Cambis, 1299, Cumbos, i3o8, Kumben^ i4o7« 

Combaz Gelin, loc. à Ollon et à Premier = combe à gelinCy 
combe des poules. 

Combazeline, alpes de Nendaz, Valais {Combarzeline, carte 
Siegfried), Cumba Acclini, 1260, M. R. XXIX, 454 = Combe 
d'Acelin ou Azelin^ n. pr. connu par de nombreux actes de 
i2i4, 1221, un Acelin prieur de Saint-Maire, i2o3, i243, M. R. 
VI, 19, etc. 

Comberboux ou, et mieux, Combe erboux, petite combe à 



COMBORCHERIES — COMMUNAILLES 101 

Yvorne, Vaud ; de combe-herbous^ combe (des) prés. On pourrait 
objecter que dans ce genre de composés le second nom est dans la 
lègle un nom d'homme : Combe Girard, Villar Giroud. Mais il y 
a des exceptions, ainsi dans le Val d'Anniviers, Talpe de Zatelet 
Prez ou Château pré, où le détermina tif est un nom commun. 

Comborcheries, combe boisée et forêt de sapins à Leysin = 
Combe^rcherie, pour orserie, s. f., de ursaria, tanière d*ours, 
comme bouverie, de bovaria, avec permutation s-ch, comme Siaz- 
ChiaZy permutation commune dans Tancienne Gruyère : Combe 
des tanières d'ours. 

Comborsin à Rougemont = combe-Orsin, du nommé Ursin et 
non des ours : combe étant f., cela donnerait Comborsine, comme 
Valorsine. 

Combre, alpes de Vouvry ; de combala, petite combe, par 
changement de / en r. Combrettes, dim. de Combres. Un Corn- 
bres de France (Eure-et-Loir) s'appelait jadis Combulae. Holder, 
1190. 

Gombremont, D. Payeme, Conbramo, 911, M. R. VI, 344» 
Cumbremont, 1142, M. F. II, 221 et 1177, Combremont, ii84, 
Cart. Month. 42, i2i5, M. R. VI, 325, Cumbremunt, 1226, M. 
R. VI, 164, Conbremont, i233, F. B. II, 129, le Conibi*emont, 
loc. à Moudon ; peut-être de Tadj. v. f. combre, voûté, courbé, 
ce qui conviendrait pour la contrée très vallonnée de ces deux vil- 
lages vaudois. 

Combron, affl. du Talent ; de Tadj. conibre ci-dessus. 

Cornera, ham. de Grimisuat, Sion, Cornera, iioo, 1227, i25o, 
1267, Comeira, loc. à Leytron, et Commaire (ou Comeires), h. 
d'Orsières ; origine inconnue. 

Commugny près Nyon, Communiaciim, 517, 10 18, 1026, 
Hidber, I, 3o8, 317, Cuminie, 12 16, M. R. VI, 394, Communie, 
1217, 32, Commugnie, i235; de (fundum) Communiacum, 
domaine d'un Communias, gentilice dérivé de Communis, sur- 
nom (cognomen) fréquent. 

Communailles ou ConimounaiUes, nombr. lieux-dits, (Com- 
munaux à Vevey, Cumunal, 1229, et à la Corbaz ; Queniou- 



102 COMPESIÈRES — CONDEMINE 

nailles, ham. de Lovens, Fribouri^; (>>Dimuiiances, fermes 
éparses à Montfaucon^ Jura = pâturag-es communaux ; une loc. 
les Cumunayles, Ormont, i332. 

Compesiores, Genève ; d'après Gatschet, de cumba picearia^ 
combe des pesses, mais !<> tous les dérivés de picea ont le double 
ss ; 20 la localité est sur la hauteur, non dans une combe ; 3^ les 
formes anciennes n'ont aucun rapport avec Tétymologie propo- 
sée ; on trouve CompeisireSy 1170, Compeseres, 1227, M. G. II, 
37 et IV, 44» Compesseres, i339, ce qui incline à penser que 
c'est simplement une terre des Compeys, comme Claveleyres, 
Bretoneires, terre des Clavel et des Breton. Voir le mot suivant. 

Compois, ham. de Meinier, Genève, Compeis^ i2o4, Compe^ 
sium, 1220, M. G. IV, 27 et 1276, CompeySy i3i8, etc., berceau 
de la famille de ce nom. D'après Ch. Morel, M. G. XX, 667, de 
cum et pagus, localité à la limite de deux pag^i, ce qui paraît 
bien douteux. 

Compengiez, anc. nom de Villeneuve, Compendiacum en 
ïoo5, Compengie, 1166, M. R. XVIII, Compengiacum^ 1207, 
Compendie, 1260, eccl. de Compegie que nunc appellatur Vil- 
lenove, 1266 ; à ce moment le nom tombait en désuétude, voir 
Villeneuve ; de (fundum) Compendiacum^ domaine d'un Co/w- 
pendiuSy gpentilice romain. 

Gonches, vallée du Rhône au-dessus de Brig-ue, ail. Gombs ; 
(>)nehe, plusieurs hameaux et pâturages, y Gontze ou Conze(ts) 
à Savièse ; du latin concava (vallis, terra) = vallon, localité 
dans une dépression du sol ; Ck>nehon, plus. loc. Givrins et ail- 
leurs, et Conehette, Cuntzettaz à Vex, dim. 

(lonelse, Concisa, 1179, 1194, 1228; du bas latin concisa 
(silva) = forêt coupée. 

Condemine, Gondamine, Cioniamine, Condemène, nom ex- 
trêmement fréquent. Pas d'endroit qui n'ait une condemine, nom 
désignant toujours des terres fertiles, dans le voisinag^e des loca- 
lités. Du latin condominium, bas latin condamine ; Condamina 
à Sion, 983, Furrer, III, 29 = terres faisant partie du domaine 
seigneurial. On trouve aussi Gondomina, Ducange dit : <c Narbo- 



CONFIGNON — CONTHEY 103 

Densibus condamina quasi condominium, a jure unius domîni 
dicta, vel ut alii volunt quasi campus Domini, nam versus Seven- 
oas Camp aut Con, campum sooat, ubi hac condaminae ab omni 
onere a^^ario immunes consentur. » Contamine sur Arve, Con» 
dominium en 1119. ^^ '^^^ germauisé est devenu Gûminen, 
Berne, Conçlamina, 1274. 

Conflgnon, ham. de Bernex, Genève, Cqfiniacum, 11 53, M. 
G. XIV, 9, Cufjiniacum^ 1260; ailleurs Confinium^ 1190» Con- 
Jinum, 1220, Cujinnurriy 1224, Cart. Month., Confignon^ 1278, 
Caffignion^ 1426, Acad. Sav. IV., etc. D'après M. Ch. Morel, 
M. G. XX, 557, de confiniarriy limite, territoire ; mais, d*après 
les deux premières formes ci-dessus, signifie plutôt (fundum) 
Cofiniacum, domaine d'un * CoJîniuSy dérivé du cognomen Co- 
fias. De Vit. II. p. 374> H faut de même lire, pensons-nous, Cuf- 
fiuum, le nom Anselmus de Cnssinuniy 1226, du Cart. Laus. M. 
R. VI, 166. 

Au Confln, ham. à Marlj et Confins à Mannens ; de confi- 
nium, limite. 

Conflens, Tioe de — , près La Sarraz, à la jonction de la Ve- 
noge et du Veyron ; du latin con/laentem, confluent ; de la 
même racine : Gour Gonflant, voir Gourd. 

A la Confrary, loc. à Chardonne et ailleurs ; anc. prop. d'une 
confrérie religieuse. 

Consor ou Conzor, ham. de MoUens, Sierre, Conseur (Lutz), 
ConJoPy i25o, Conjour, i354, 1376; de zor=zjour = joux, 
forêt, et cum ; hameau près de la forêt. 

Conthey, Valais, Con/{>z, fin du xi® s., Conteiz vers iioo, 
Contesium, ii47# Hidber, II, Contez, 1179, 1200^ Conteiz, 1212, 
Contheg, 12 17, Contesio, 1284, Contiouz, 1294, plus tard 
presque toujours Contegium, Nom embarrassant. Ecartons d Sa- 
bord le Contextrix de 5i6 qui fig-ure dans un document douteux *. 
Gatschet tire Conthey de contextum, clôture de clayonnage. Si le 

* Actes da concile d'Açaune, document siernalé comme apocryphe par plu- 
sieurs critiques et dont le P. Chifflet, jésuite, dit : hujus fundationis tabulée 
sunt imperiti cujuspiam. Voir M. G. XVI, p. 57. 



104 CONTIGNY — COPPET 

passade qui parle de Tarrivée du prévôt d'Agaune ad curtem Con- 
dacensem vers 990, Cari. Saint-Maurice, dans Hidber, I^ 268, 
Gatschet, 197 se rapporte bien à Conthej, ce serait un dérivé de 
Condate, confluent. Conthey est non loin du confluent du Rhône et 
de la Morge et Condate donne Condey d après d'Arbois de Ju- 
bainville ; de son côté, Holder, p. 1094, rattache à Condate Con-- 
teium, aujourd'hui Contt/j dép. de la Somme, la situation et les 
rapprochements ci-dessus rendent, nous semble-t-il, cette étjmo- 
logie des plus probables. 

Contigny, ham. près Lausanne, Qaintignie, 1182, Hidber, II 
(qui le rapporte par erreur à Coinsins) et 121 1, M. R. VI, 419» 
Quintinie, 1202, ContignieZy 1470 ; de (fundum) Quintinia-- 
cam, domaine d'un Qaintinius, gentilice romain. Le texte de 
l'acte de 1 182 où le pape Lucius III confirme au prieuré de Saint- 
Maire la possession de ses vignes montre que c'est bien de Conti- 
gny qu'il s'ajj^it. 

Au Gonvent, loc. à Gilly = couvent, de conoentum. 

Convers, loc, vallée de Saint-Imier ; du latin conversum^ situé 
à l'endroit où les flancs du vallon convergent pour se terminer en 
cul-de-sac. 

Coor, Grand — , dépression profonde entre la Dent de Mordes 
et la Tête Noire, alpes de Fully ; probablement autre forme de 
Gor, voir ce mot, les deux 00 pour ô et c pour g, comme dans 
camber de gambe, 

Goppet, Vaud, Copetum, 1191, et 5 ham. fribourg-eois ; forêt 
à Bioley-Magnoux ; Coppy, bois et ruiss. à Corcelles-Chavornay ; 
Coppex, ou Coppey, pâturage sur Conthey, Coppet en i3o4; 
Copettes à Champvent, Copet, 1867 ; les Coppettes, pâturage 
sur Givrins, la Coppettaz à Ollon, Goppoz, ham. du Mont sur 
Lausanne, la Goperie ou Gouperie, trois loc. du Jura bernois. 
Dérivés divers du verbe couper = lieux défrichés, forêt coupée. 
Peut-être certains de ces noms dérivent-ils du v. f. coppe, bas la- 
tin coppa, sommet, ail. kappe, ou d'un autre vieux mot copel, 
coapety même sens. M. Brandstetter, Indic. hist. suisse, 1870, 
p. ii3, dérive coperie decupa, au sens de colline arrondie. 



COQUAZ — CORBAZ 105 

Coquaz, A la — , m. à Billens, Coques, chalets Ormont ; du 
latin conchay syn. de Conche, petit vallon ; voir ce mot. Co- 
quettes, chalets vallée de THongrin, Cciuquella à Sal/^etsch, Va- 
lais, diminutifs ; Coquerellaz à Ecublens, Vaud, double dim. 

Cor, racine isolée dans Cour, ham. de Lausanne, Cors, xiii* s., 
M. R. VI ; Court, D. Moutier, Berne, Cori, ïi48, Curt, 1189 ; 
dérivés du latin cohortem, proprement, troupeau, contracté en 
coriem, bas latin curtem^ v. f. cort, propriété rurale, ferme. Ce 
mot forme le premier ou le second élément (construction germa- 
nique) d'un grand nombre de noms de localités, l'autre terme 
étant généralement un nom propre germain, celui du premier pos- 
sesseur. Quelquefois cor est difficile à reconnattre sous les trans- 
formations subies : Coffrane, Cudrefin, Coussiberlé, etc. La cons- 
truction germanique est spéciale au Jura bernois : déterminatif 
en tète du composé, Bassecourt, Miécourt, etc. Bon nombre de 
ces composés ont un second nom, allemand ; pour que Tétymolo- 
gie soit juste, il faut qu'elle explique également les deux noms. 
Voir à leur ordre alphabétique. 

Les Corailles, loc. à ChAtel-Saint-Denis ; le dim. coraillon, 
cœur, désigne au figuré le meilleur morceau de terrain, la partie 
la plus fertile d'un territoire. Cette figure s'applique-t-elle aussi 
à coraille ? les patoisans pourront décider. 

Corban, D. Porrentruy, ail. Battendorf. Ne peut donc venir de 
Corbannum, comme on l'a dit, Dict. géogr. Attinger ; Corpaoriy 
1240, Corbaorij 1817, Corbahon, i435, Courban, ilfiiyBathen- 
dorf, 1 184 = court, ferme de Bado, BattOy ou Batho^ n. pr. 
germain cité par Fôrstm. Battoncourt, château au-dessus de Ché- 
zard, Neuchâtel, au moyen âge, a exactement la même origine. 

La Corbaz, Ormonts, Corba^ i332, Corbes, Corbez, plus, 
loc, Corbeyrier, Vaud, Corbières, Frib., Corbere, iii5, Cor^ 
beire, ii4o, F. B. I, Corberes, 1174, M. R. XXII, Corbeiry, 
Frib., villages et hameaux ; en Corban à Bramois, Corbaraye, 
Corbaray, plus, lieux-dits ; Corbettes, sommet, D. Veveyse ; 
Corbire, alpe de Lens, Valais, Corberes^ 1287, Courbillon à 
Lamboing, Corbatière, ham. à la Sagne et loc. à Sion, Corbas- 



106 CORBELETS — CORGEMONT 

sîère, Copbassyre, loc. ; Ciorbéron, Corbiron, ii34i Corbas- 
sîère, Corbéry, Corberaye, Curbît, D. Morges, loc. et ruis- 
seaux ; dérivés de courbe = localités sur des terrains onduleux, 
ruisseaux au cours sinueux. 

Gorbelets, crêt à Leysin ; allusion à sa forme, celle d'une pe- 
tite corbeille renversée. 

Corcelles, i^prèsChavornay, Corsales, 1177, Corzales, I2a8, 
Courcelle, 1897, Courselles^ i433 ; — 2® près Payerne, Corzales^ 
1228, Corsales^ i34o ; — 3® Gorcelles-le-Jorat, Corcellis^ xii® s. ; 
4*^ près Neuchâlel, CttrceWis, 1092, Carseles^ 11 85, CorcaleSj 
1228, Corzales, i236, etc., Matilc; — 5o D. Moutier, Berne, 
CorcelleSy 1226 ; 6 ham. d'Attalens, Corsalles, ham. de Rossens, 
Frib. ; de coriicelln, dim. de curtem, corlem, ferme. Corce- 
lettes près Grandson, Corsalletes, i342 et Corsalettes, D. Lac, 
Frib., dim. des précédents. 

Cordex, le — , ruisseau, un des bras de la Promenthouse, D. 
Nyon ; Coi*dez, loc. à Conthey ; probablement de la même racine 
que le Gordon ou Gorjon. 

Gordona, ham. de Mollens, D. Sierre, aussi Cordonnaz (Cor- 
don-na), Cordona, i2o3, 1267, Corda na y 1240, Cordonnaz 
i4oo. Goi*donna, alpe de Bourg- Saint-Pierre, en bordure 
entre le torrent et le rocher ; Gordon, ruisseau près Nyon ; voir 
Gorjon. 

Gorges, ham. de Payerne, même ori|^ne que la localité nom- 
mée dans le Gart. de Haut-Grôt, Corgia, p. i65, 170, 173, 194, 
Corge, p. 20, 66, 67, 70, 71, 194, et Corgiaco, p. 168, que 
M. Hisely rapporte avec doute à Gorsier près Vevey et que Gats- 
chet, se basant sur cette forme Gorg-e, tirée d*un bas latin corgo, 
souche, tronc d arbre, défrichement où les troncs sont laissés en 
terre. Quant à Gorg-iacum, c'est une simple gpraphie de notaire ; 
ils ajoutaient parfois le suffixe acum à des noms dérivés de noms 
communs : Pantharacum, Ghiseracum. « Gorg-e, mot inconnu, 
nous écrit M. Bonnard, en tout cas il faudrait corgas pour 
Goreces. » 

(^orgémont, D. Gourtelary, Coriamunt, 1178, Corgemunt^ 



C0R6N0LEY — CORMEROD 107 

1179, Cortgemunt, 1181, Corteimunt, 1228, etc. = court, 
ferme de Gimmund ou Gaimundy n. pr. germains donnés par 
Fôrstemann. 

Gorgnoley, loc. à Ëvionnaz, variante de Cornioley, bois à 
Monthey et loc. à Roche ; de cornioley ^ nom patois du cornouiller, 
lieu où abonde cet arbrisseau. (Holder donne un Cornioletum^ 
697, aujourd'hui Corneilles.) 

Gorin, ham. de Lens, orthographe fautive des cartes pour Co- 
rens ou Coring^ Feuille ofiF. Valais, Corens, 1 100, Coreins^ i233, 
12439 Corens, i449) évidemment d'un n. pr. germain. 

Gorjolens, D. Sarine, Coriolens, xii« s., et 1298, Coriolains 
€t CoriolanSf 1228, Donat. Haut. Arch. Fr. VI, Corjoliens, 
1445, Corjellin, 1668 = court, ferme des descendants de Jodilo 
(voir Joulens), n. pr. germain. Rien de commun avec Coriolan 
dont on a voulu le dériver. (Revue suisse cath., 1900, p. 871.) 

Corjon, ruisseaux à Nyon (aussi Cordon), Echandeus, à Sau- 
braz et à Châtel-Saint-Denis ; loc. au Mont, Ëclagnens, Bour- 
nens, Seigneux, Boussens, Echallcns ; pâturage et sommet au 
Pays-d'Enhaut, Corgion^ i332 ; probablement dérivé de chorda, 
boyau, pris au figuré pour vallon étroit (d-j). 

Corjoa, m. à Sorens = cour, ferme de la joux, de la forêt, à 
moins que ce ne soit une autre forme de Corjon. 

Cormagens, Sarine, Cormagin, ii48, M. F. I, 269, xii® s., 
Donat. Haut., Arch. Fr. VI, Cormargin, 1294, Cormargens, 
i44^9 ferme d'un Germain. 

Cormanon, ham. près Fribourg ; court, ferme de Mano ou 
Mann, de Tall. mano, homme. Fôrstm., p. 908, cite justement 
un endroit appelé en latin Afannoniscurtis : c'est l'exacte traduc- 
tion de Cormanon. Du même nom germain dérive celui du village 
français de Prémanon, à la frontière prè^ Saint-Cergues. 

Cormayeux, loc. à Vollèges, Valais, comme Cormayeur 
d'Aoste ; de carte m majorem, la grande ferme. 

Gormerod, Lac, Fribourg, vers ii43 et 1180, Arch. Fr. VI, 7, 
107, Cormoral, xiii« s., Cormoraiil, 1869, Cormeraul, i483, 
Cormeraud, i56o = court, ferme de Moralah, Morolt, ou tel 



108 CORMINBŒUF — GORNAUX 

autre nom germain de la racine maur, môr^ empruntée au latin 
mauruSy noir. 

Coruiinbœaf, Fribourg, Cormenbo, ii^s, M. R. XII et vers 
1180, Arch. Fr. VI, Corminbou, wj^, Kormanbow, i449» Arch. 
Fr. V, 428, CormenboUy i445, Cormenboa/, 1470, M. G. XII, 
7, etc. = court, ferme de Aîainbod, n. pr. germain ; la finale 
devenue bœuf en fr. par confusion avec le patois bauj bœuf. 

Cormoley, bois à Monthey ; de corme, lieu où abondent les 
cormiers ou cornouillers. 

Cormondes, Fribourg, Cormunt, 1228, M. R. VI, CormoneSy 
i363, i^aS, R. dipl. VII, Cormondes, i453, etc. = ferme de 
Manda, n. pr. germain. 

Cormondrèche, Neuchâtel, Cormundresge, 11 78, Cormun^ 
dreschcy 12 15, Cormundrehchi, Cormondrechy^ 1281, Cormon- 
dresche, 1268 = ferme de Munderich, n. pr. germain. 

Gormoret, D. Gourtelary, Cormoret, 1178, 1817, Cormorel, 
1228 = ferme de Morel, forme postérieure du n. pr. germain 
Mor, Moro, du v. h. ail. môr, noir. 

A la ComaZy aux Cornes, lieux-dits situés dans une pointe du 
territoire ou sur quelque promontoire plus ou moins saillant ; 
nombreux dérivés diminutifs : Praz Cornet, alpe de Château- 
d*Œx dominée par deux crêts boisés, les Cornettes, sommet. Va» 
lais, le Grand Comier, sommet du Valais et champs à Rennaz, 
Cornallaz à Epesses et Corseaux, Cornaux, ham. à Montreux, 
Es Cornaux à Luins, rA>rnillon, petit sommet sur Vionnaz, Cor» 
nilly à Bex, Cornuet à Chesières, Es Curnilles à Chardonne, 
rx>rnache, patois Comatze, plus. loc. Genève, Vaud et Valais, 
augm. 

Cornat-la-Lîèvre, loc. à Courtetelle, Berne ; fausse orlh. de la 
carte pour Corne à la Lièvre. 

Ck)rnaux, Neuchâtel, eccl. CorneoliensiSy abbat. Corneilîy 
1143, Cornaulx vers ii5o, Curnaul, 1212, 1220, Curnal, i2i5, 
1228, 1800, Ciirnau, i255, paraît par ces formes primitives être, 
comme les autres Cornaux, un diminutif de corne, en tout cas rien 
de commun avec cerne, comme le veut F. Chabloz, M. N. XX. 



CORNIOLESSE — CORRENÇON 109 

Gorniolesse, loc. à Vétroz, Valais, et Corniolire, loc. à Sig-ny^ 
D. Njon ; endroit où abondent les cornouillers, patois cornioley. 

Comol, D. Porrentruy, ail. Gundelsdorf^ Gundolstorf, i245, 
Coronotum, ii36, Coronolt, iiSg, Coronot, 1286, Correnol, 
i343 = court, ferme de Gundold, contraction de Gundooaidj 
n. pr. g-ermain. Le n. fr. n'est qu'une corruption du n. ail. 

Corpataux, Fribourg, Corpaslur, 1142, Corpastor vers 1176, 
Arch. Fr. VI et iSig, Corpaiour, i38o; ferme du pasteur, du 
berger. 

Gorraterie, rue à Genève, anciennement Courraterie, autrefois 
nom de tout le faubourg* entre la ville et la jonction de TArve et 
du Rhône, étjmologie fort discutée. 

D'après Bonivard, rue des corroyeurs, du v. fr. corroier, parce qu'on 
y coarratail les cuirs. Mais il n'y avait là aucun établissement de tan- 
neurs, nous dit Galiffe (Genève historique, I, p. 146 et suiv.), qui, rap- 
pelant son nom du xv« s., la Carrer ia corrateriœ eqaorum, en fait la 
me du Cours aux chevaux, endroit où les corratiers, les maquignons 
faisaient courir à l'essai les chevaux mis en vente. Enfin M. Jules Vuy, 
en i867y dans une séance de la Société d'histoire de la Suisse romande, 
dans une note fort intéressante, « Origine du mot Gorraterie », Mém. 
Inst. Gen. XIV, 7 et suiv., le dérive de corrata, autre forme de cor' 
vala, coliatOy gollata, corvée, impôt, tribut, en le rapprochant des Gol- 
latengasse de plusieurs villes de la Suisse allemande, Aarau, Bienne, 
Bûren, Berthoud, rues situées entre la muraille intérieure et la muraille 
extérieure de la ville, où habitaient des gens qui ne jouissaient pas de 
tous les droits des citoyens, mais qui étaient soumis à des corrata ; ils 
étaient des corraterii, de là le nom de leur quartier, Gorraterie. Le nom 
allemand de Gollaten, corrompu, est devenu parfois Goliath. Le profes- 
seur Hidber a publié sur cette question un mémoire : « Der Goliath in 
Regensburg und die Goliath und Gollatengasse iiberhaupt, Beru, 1875. » 
A l'explication de M. Jules Vuy, Galiffe répond : « Quelque valeur que 
cette interprétation puisse avoir pour d'autres villes, nous devons dire 
que nous ne trouvons aucun indice qui puisse l'autoriser pour Genève et 
sa banlieue. » 

Gorrençon, ham. de Saint-Cierges, D. Moudon ; ferme de 
RenzOy contracté de Reginzo, n. pr. germain. — Le nom de 
Conestum, ii47» Cart. Month. M. R. XII, Conostiim, ii54» Co- 
nesturriy 1184, près Aillerens, que le Dict. hist. Vaud et Hidber 
rapportent à Corrençon ne nous paraît pas avoir de parenté éty- 



110 CORREVON — ES CORTETS 

mologique ; au contraire, une loc. près Aoste loco qui vocatur 
Corenzoni, 1190, M. R. XXIX, 127, nous semble être le même 
nom que notre Corrençon. L'endroit appelé Connenczon près 
Saint-Cierg^s, charte de 1622 citée en note M. R. V, i5i, est évi- 
demment Corrençon, permutation r-n (ou fausse lecture ?). 

Correvon, D. Moudon, Corevont, 1166, Corevone, 1169, Hid- 
ber, II, Correuolt, 1182, M. R. VII, 28, Corevunt, 1182, 1228, 
Coreoont, 1228, Corooont^ 1247, Coreoont^ 1267, Wrstb., Cor- 
revont ^ il\bZ ; d'après la forme de 1182, paraît être la ferme de 
Redbolt, n. pr. germain donné par Fôrstm., p. 996, — ou quelque 
autre nom très voisin de celui-ci, — (chute du d et permut. b-v). 

Corseaux, D. Vevey, Corsial, ii47» dorsal vers 11 70, Arch. 
Fr. VI et vers i2i5, M. R. VI, 35i, puis Corsaul, 1272, 1872, 
Corsau, ï453 ; simple dérivé adjectif de cort, ferme. 

Corserey, D. Sarine, Fribourg*, Corserei vers ii5o, Donat. 
Haut, n» 208, 216, Corserer, 1802, R. dipl. II, 20, Corseray^ 
Kuenlin ; Corsier, Genève, Corsie^ i844 ; vill. près Vevey, Cor- 
sierj 1079, Corsiey^ ii47i Corsiacum, "79> Corgie vers 1180, 
Donat. Haut., Corsie, 1228, Corsiez, i4o3 ; Corsy, h. de Lutry, 
Corciacutn, 907, Corsiacum, 1275; de (fundum) Curtiacum^ 
domaine d'un Curtius, gentilice romain. La forme Corise de 
1079, M. R. VII, 4, est évidemment une faute pour Gorsie. Hisely 
y rapporte avec doute le Corge, Corgia du Gart. Haut Grèt, 
voir Gorge. 

Gorsinge, ham.de Meinier, Genève, Corsingium, 1807, 1878, 
Cursingium, 1816, M. G. XIV ; le sufHxe inge indique la déri- 
vation d'un patronymique germain = chez les descendants de 
CursOj Corso, Fôrstm., p. 820. 

Cortaillod, Neuchâtel, Cortaillaul, 1180, Cortaillot, 181 1, 
Cortallyot, 1887 = court, ferme AWgilald^ n. pr. germain. 

Coptébept, Gourtelary, Cortaibert, 11 78, Corleber, 1880 = 
court, ferme à' Albert, contraction àWgibert, n. pr. germain. 
Fôrstm., article Agabert. 

Es Ck>ptcts, nombreux petits chalets sur Monthey ; diminutif de 
cort, de cortem, ferme. 



GORUZ — COTTERD 111 

Le €k>ruz, affluent de la Mentue, à Dommartin ; paraît formé 
de nu, ruisseau, et préfixe cum; mot composé comme ceux de 
G>]liéseSy Conflens, Conjour, etc. 

Gofisonay, Cochoniacum, 1096, Coconiacam, xii» s., Con- 
sonaiy 11 47» Cosonai, 11 64, A. de Cosciniaco vers 1200, Coso- 
nay, 1202, Cossonay^ 12 18, M. R. VI, io4. D'après la forme de 
1200, ce serait un (fundum) Cossiniacum^ domaine d'un Cossi- 
niiis, çentilice romain, dérivé de Cossus, surnom d'une branche 
delà fameuse famille Cornelia. Correspondant des Kûssnachde la 
Suisse allemande. Toutefois les formes primitives et le suffixe ay 
rendent cette dérivation incertaine, iacum devenant régulièrement 
ier, iez ou v. 

Costalet, loc. a Yvonand, Gotalet à Saint-Jean, Valais; dim. 
du v. f. costal, de costa, côte. 

Les Cotards, 3 ham. à la Brévine, Neuchàtel ; les Cottards, 
2 pÂtur. à Rossinières ; de costa, côte, et suff. augm. ardy « ou 
bien du v. f. costal, avec la même transformation qui a changé 
brancal en brancard. » (Note de M. Bonnard.) 

Aux Cottaires, loc. à Chardonnay ; Cotteîre à Rovray ; de 
co«/a, côte, et suff collectif aire ; Côly, val de Ruz, Couty, 1794, 
collectif ; la Côtelette, pâturage de Baulmes, double diminutif. 

ColteDS, P D. Cossonay, Cotens, 1049, ®^ ^^ Fribourg, ail. Cot- 
lingen, Cotens, 1142 et vers i2i5, Coitens, 1198, M. F". III, 69, 
Cotains^ 1228, Cotens, 1248, Cotteins, 1202, Matile ; 3® ancien 
fief à Begnins = chez les descendants de Cott, n. pr. germain. 
Tr, I, 365, mentionne dans Tévôché de Bâle un allodium de 
Cotheingis, 11 79. 

Cottepcl, D. Avenches, Costel, i3G8, 1873; quartier d'Ollon, 
CQsale del Coster de Oulam, 1211, Furrer, III, 62 ; loc. à Bex, 
Cosierg, i4o2 ; ham. de Saint-Aubin et de Prez, Fribourg, Cot- 
lert, quartier de Monthey ; Cottei»y, village de Bagnes ; Coster, 
moulin à Burtigny ; Bel Cx)ster, crôt, Jura de LigneroUes ; C'ot- 
lep à Aubonne ; alpe d'Evolène ; Cotlier, alpe d'Anniviers. Des 
chartes valaisannes du xiii® s. parlent du Coster de Nax, 1228, 
1243 et d'un Coster à Arbignon, d'un autre à Chaler (Ghalais), 



112 COUAZ — COULA 

i325 ; une de Haut-Grét, d'un U. de Costel vers i i5o, M. R. XII, 
i52, une autre d'un Coterel k Lussy, Frib., 1260. Un Cotterelj 
Cotrei, environs de Chardonne, xii« s., Donat. Haut. Toutes les 
formes anciennes ramènent à costel, dim. de costa, côte, d'où coster 
par permutation 1-r = coteau. Le d elle ff final sont parasites. 

Couaz, voir Cuaz. 

Gouchon, ham. de Sierre, Cosson, 1874 ; probablement un dé- 
rivé en io, ionis, d'un gentilice romain, de Cautius par exemple, 
qui a donné les Cossé de France ; en Couchon, loc. à Forel sur 
Lucens et à Cremin, Couchette, chalet à Château-d'Œx, peut- 
être pour Couchon, Couchette (comme Cou fin de Confin ?) et 
Couvalou de Convalon. Conchon, Couchette, seraient des dimi- 
nutifs de couche, fréquent au sens de combe, petit vallon arrondi. 

En Coude, loc. à Envy, D. Orbe, située sans doute au contour 
du chemin, comme les nombreux Crochet. 

Coudraz, Coudre, Caudraz, nombr. loc., Cœudre, aux Ponts, 
Neuch. ; du v. f. coudre, noisetier, du latin corylum. Coudray 
(-ey-ex-et), Qiudray, Caudret, Cueudray, Tieudray à Salvan, 
Cudré, Cudrex, -ey, -et, -y, les fém. Coudrée à Bardonnex, 
Caudriaz, plus, loc, Coudrière à Mejrin, suff. coll. ière, le dim. 
Caudraulaz, Leysin ; de coryleium, coudraie, un nemus de la 
Coldra à Onens, une foresteria de Coldreta à Lentigny vers 
1190, Arch. Fr. VI. 

La CoufTa, loc. Ormont-dessus près de la Grande-E^u ; du latin 
cophinus, probablement le même que le v. f. coffe, s. f., baquet, 
bassin, allusion à la situation enfoncée de ce chalet. 

Coufln, territoire, alpcs d'Ollon ; du latm conjînium, limite, 
f. confin, permutation on-ou, comme couvent de conventus. Il est 
à la limite d'Ollon et d'Ormont-dessus. 

Cougnon, 2 loc. Ormont-dessus et dessous ; diminutif de coin, 
le V. f. a cug'uet, le romanche cagn, caogn. 

Coula, Coulaz, Coules, eys Coules à Granges, Valais, i3oi, 
Coulayes, nombreux ham. Vaud et Fribourgp ; Coulai à Bex ; 
subst. verbal de couler. Dans le Berry, une coulée de pré, suite 
de prés formant un fond de vallée. Le ham. de CouUat, Frib., les 



GOULET — COURDELUNE 113 

ruisseaux de Golan à Curtîlles et Gollens à Ferlens, en GoUen à 
OUoD, paraissent se rattacher à la même racine. Les CouUayes, 
ham. de Château-d'Œx, ont peut-être une autre origine ; ce nom 
s'écrivait jadis Culaes : Jean de Culaes, iSôg, voir CuUayes. 
Coula, Coulaye était au mojen âge un n. commun dont nous ne 
saisissons pas bien le sens : Une charte du Livre des Donations 
d'Hauterive, n^ i44, Arch. Fr. VI, 55, 1 190-1200, dit : Thebol- 
dus... g-uerpivit pratum... et juxta idem pratum dédit colatam 
unam, et nemus... colata, colline? Voir CoUatel. 

Goulet, loc, vignes à Saint-Prex, Allaman. Le v. f. a coulet, 
s. m. = goulot, qui peut s'employer pour désigner un lieu res- 
serré, un passage étroit. 11 faudrait connaître la situation. 

Goulouvrière, loc. à Chancy, Genève ; lieu où abondent les 
couleuvres, syn. de Golovrex. 

Goumattaz, pâturage et forêt au Pays-d'Enhaut, orth. francisée 
de lall. Kuhmait, pâturage des vaches. Le Pays-d'Enhaut a de 
nombreux noms d'origine germanique. 

Goumin, ham. de Cheiry, Frib., Cumyn, i^QÔ. 
Gour, voir Cor. 

Gourcelon, ham. de Courroux, Delémont, ail. Sollendorf, 
Curzelun, iiSg, Corcelun, 1175, Corselun, i243, Corsolon, 
i3i7 = court, ferme de Sollo (n. allemand) ou de CellOy Zello 
(n. f.), n. pr. germains donnés par Fôrstemann. 

Gourchapoix, D. Porrentruy, ail. Gebstorf, Corchapu, xv«s., 
= ferme de Gebo, d'après le n. allemand, la forme française in- 
diquant un dérivé ou diminutif du même nom, tel que Chappo. 
Gourcbavon, D. Porrentruy, autrefois Châtel Vouhay, ail. 
Vogtsburg, Castram Advocati (= avoué = Vouhay = Vogt, 
comparez Montvouhay, Vogtsburg) ; le français actuel est plus 
difficile : court, ferme de chaooriy peut-être dérivé d'une forme 
* skapino, variante du saxon skepeno, du v. h. ail. sceffeno^ 
sce/J^eriy ail. mod. Schejffen, d'où vient le français écheviriy dont 
un des sens correspond à avoué. 

Gourdelune, mayen sur Saxon, Valais, écrit par erreur en 
3 mots, Cour de Lune, par la carte Siegfried ; sans doute la pro- 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 8 



114 COURGYS — COURROUX 

priété des Cordelo. Deux frères Martinus et Wullielmas Cordelo 
sont nommés dans une charte de 1228, M. R. XXX, 38o ; défor- 
mation de Cordelone. 

Les Gourcys de Jaman, arête dentelée dominant le col de Jaman. 
Serait-ce une métathèse du y. fr. croucit, sorte de croc^ allusion 
aux pointes qui la couronnent ? On trouve un exemple de la même 
métathèse dans Forchaux pour Frochaux. 

Gourfaivre, Berne, Cor/avro, ii46, Cor/avrey ii48, etc. = 
ferme du forgperon, latin yhôer, v. îr./avre. 

Courgenay, Berne, ail. Jennsdorf, Corgennarty 1189, ^u'*^- 
ffenari, Il ^i y Corgainarty 1181, Corgennay^ 1327 = court, 
ferme à'Eginharty n. pr. germain. 

Courgevaud, Fribourg, ail. Gupwol, Corgivulj io55, Cur^ 
givol, 1080, M. R. I, 167, Curgeuolty ii^a, M. F. II, 220, Cor- 
givolt vers 1 180, Arch. Fr. VI, Gorgevolty Gorgivolty CorgivoUy 
i2i5, M. R. VI, 325, 387, Curgioel, i45o = ferme de Giwalfy 
n. pr. g>ermain. 

Courlevon, Fribourg, Curlevon, 1428, Zimmerli, Corlevoriy 
i45o, M. F. II, 3o2, CourlevoZy i56o = peut-être courte ferme 
de Lewo/iy n. pr. germain (= lion) ; peu sûr, faute de formes 
plus ancienne^. 

GourniUens, Fribourg*, Curnillin, 1262, M. R. XII, 281, Cor» 
nilinSy i3i2, Curnellîn, i34o, R. dipl. III, 29, CurnilUenSy 
1369 ; d*après ces formes franc, peut signifier ferme des descen- 
dants de NilOy n. pr. germ. de la famille Nil, Nihl, Fôrstm., mais 
le nom allemand Curulirij i449> Arch. Fr. V, 4i8, auj. Curliriy 
fait difficulté. 

Gourrendlin, Berne, curtis Bendelana, 866, Currandelinimy 
II 79, Rendelincorty 1181, Courrendeliriy 1239, ail. R^H^ndorfy 
1184, aujourd'hui Rennendorf (1^20) = ferme de Rendiliriy n. 
pr. g'ermain. 

Courroux, Berne, ail. Latolsdorfy Corolt, ii48, Corul, i3o8, 
Lutoltestorf, 11 46 ; non, comme le dit le Dict. géogr. Attinger, 
de curtis rufus (sic !), mais, comme le montrent les formes an- 
ciennes et le nom allemand = ferme de Lutolt, n. pr. germain» 



GOURSET — COURTéPIN 115 

Le Courset (Cours sec, fausse interprétation), torrent à Lavey^ 
Carsetum, laSo; Curset, 1281, M. R. XXX, dim.de cours. 

Courson à Béguins, voir Gurson. 

Gourtaman, D. Lac, Fribourg^ = court, ferme d*Amano, n. 
pr. germ. 

Gourtaney, ham. d'Avry sur Matran, Fribourg, Cortane vers 
1 180, Cortanerj 1 288, Donat. Haut., Arch. Fr. VI, Cortaneir, i445. 

Gourtedoux, Berne, Ceir//s Udulphi, Sit^, Curtedul, 1189, 
Courtedou, i3io, Corledoul, 1862 = ferme dXMulf, n. pr. g-er- 
main. 

Gourtelary, Berne, Curtis A 1er ici ^ 962, Carte Aleri, 1178, 
Cortaleriy 1178, Coralari, 12 15, Courtalary, 1296, Cortalari, 
i3o8, Trouillat; Curtalari, lioo, F. B. FV, 28, etc. = ferme 
A^Alerichy n. pr. germain ; du v. h. ail. a/, tout, très, et rich^ 
riche, puissant. 

Gourtemaiche, Berne, Cordemasge^ 1189, Cordemasche^ 
ii45, Cordomache, 1179, Cordemaischej 1261, etc. = court, 
ferme d'un Germain, dont le nom est composé de Aîasco, Masgo^ 
devenus plus tard Mctëch, Aîasche, voir Fôrstm., p. 916, 917, et 
d'un préfixe représenté par la syllabe de, Vautrey, Hidber et le 
Dict. d'Attinger d'après eux rapportent ici le Cartem mietiam de 
866 et 884 ; c'est une erreur : ce nom se rapporte à Miéconrt. 

Goortemlon ou Gourtemelon, ham. de Courtetelle, Berne ; pas 
de formes anciennes ; probablement ferme d*Emilo, de la racine 
onomastique amal, dérivée peut-être du v. h. ail. ami, travail. 
Fôrstm. 

Gourtemautruy, ham. de Cour^enaj, Berne, Cor te malt rut, 
1162, Curthemaltrut, ii46, 1228, etc. = ferme d'Amaltrad, n. 
pr. germ. de femme, comme tous les noms en trud; du v. h. ail. 
trdt, ami. 

GourtépiD, Fribourg, Curtipin, i848, Cartilpin, 1890, 1428, 
i484, Curtelpin, i486, Rec. dipl. V, 67, VIII, 44, VIII, 91 = 
ferme d'un Germain dont le nom reste, pour le moment, indéter- 
miné. Fôrstmann a les noms Ilbo, Ilbunc, Ilpunc de la même 
racine. 



116 COURTELLE — COUTURAZ 

Courlelelle, Berne, Curtetele, 1178, Cortetele^ ii84, 1267 =r 
ferme d*Idelo, ItelOj n. pr. gcerm. Ne peut venir de Tello, comme 
le dit le Dict. géogr. Atting'cr, cela donnerait Courtelle. 

Courtinaiix, ou Gurtinaux, ham. de Lutry, Curtinal, 1227, 
Courtenaux à Fully, Curtinal kVeXj 1260, et à Grimisuat, 1267, 
Courlenaud(x) à Gélifçny, Courtonaz, chalets, alpes de Gontliey, 
comme les Curtina, Gurtins, Curteg'ns du Tessin et des Grisons ; 
du bas latin curtina, dim. de curtem, petite propriété rurale. 

Courtion, Fribourg, Corliun, ii38, 1162, M. F. II, i3, 16, et 
III, 66, Cortium, ii48, M. F. I, 269, Cortion, 1286, F. B. III, 
et i3oi, Rec. dipl. II, 8, Corti/on, i453, Curtyon, i483. M. Paul 
Marchot, Revue suisse cath., 1900, p. 80, traduit par Court, 
ferme d'Yon, Pourrait être aussi cour, ferme de Tyon. Nous 
trouvons ce nom g-crmain porté par deux moines d'Oujon : Tyon^ 
moine, 12 10, et Tiuriy procureur, première moitié du xiii® s., p. 
i5et45, M. R. XII. 

Cousinbert, montag-ne aux riches alpages près la Berra, Frib. ; 
corruption, suivant les uns, du nom allemand Kàsenberg, mon- 
tagne des fromages, mais plutôt de Gaissenberg ou Geissberg, 
montagne des chèvres. 

Gousset, ham. de Montagny, Frib., Cussey^ i343 ; peut-être, 
comme les Gossé, Gosset, Gusset de France, de (fundam) Cau^ 
tiacum, domaine d'un Caulias ou Caucius, gentilice romain. 

Nous trouvons dans les chartes un endroit non localisé : Casellam, de- 
canus de Cuselli vers 1240, M. R. XVIII, 171, Humbcrl de Cusel, 1338, 
M. R. VII, 302, serait-ce Gousset ? 

(k)ussiberlé, Frib., Corsibellay, i425, Rec. dipl. VI, 208, Cur^ 
siberlex, i558 ; de court, ferme, et un n. pr. germain indéter- 
miné. On pourrait penser à Berilo, mais cela n'expliquerait pas 
ri intermédiaire. 

Coiissy, pâturage et forêt Ormont-dessus, Cucey, i425 ? 

(k)ulaz, une vingtaine de loc. Vaud et Frib., forme patoise de 
côte ; CouloI et Coutelet à Prangins, Coutelles à Bullet, Coute- 
pon, Peney-le-Jorat, dim. 

En Gouturaz, loc. à Gland; c'est le v. fr. couture, s. f. sjn, de 



COUVALOUP — COUVET 117 

culture, terre cultivée. Aujourd'hui encore couture, dans le Berry 
= gprand champ cultivé. Ce mot se retrouve dans de vieux noms 
de rues de Paris : Couture Saint-Gervais, Couture Sainte-Cathe- 
rine, qui datent du temps où ces quartiers étaient des terrains cul- 
tivés. 

Couvaloup, vallon à Lausanne, clausum Couvalou, Covalau, 
1227, Couvalou, 1233, Coualou, i238, Cart. Laus. M. R. VI, 
225, 543, 64i, Convalouz, i325, Covaloz, i3i8 ; territoire près 
Lavej, CouvalonCy 1286, Conoalons, 1296; Couvaloup, aussi 
Cuvaloup, pAturage et forêt à la Dôle, au-dessus de la forêt des 
Balandes. On pourrait traduire Queue du loup, territoire écarté, 
habité par les loups, et c'est probablement cette idée qui a donné 
à ces noms la forme actuelle ; mais ce texte de 1202, où Pierre et 
Hug'ues de Gingins donnent à Bonmont des terres € usque in con- 
vallem de Balenda, )► M. G. XV, 17, montre la vraie orig'ine, de 
cum et vallem^ * vallonem ; localité dans un vallon, conforme d'ail- 
leurs à la situation des trois localités. Le nom de la rue de Couva- 
loup à Mortes près des fossés de la ville a évidenmient la même 
origine. M. B. Dumur nous communique obligeamment le texte 
suivant: En 1294, Cono, prieur du couvent de Lutry, mentionne 
« quandam domum nostram... sitam infra villam de Lustriaco, 
inter domum nostram que dicitur domus de Couvalou ex una 
parte, et clausuram murorum ville predicte ex altéra. » (Arch. 
Cant. Vaud, Reg. cop. II, 3i.) Cette maison de Couvalou était 
donc près des fossés de Lutry, comme le Couvaloup de Morges. 
Le changement du premier on en ou, Convalon-Couvalou, est ré- 
gulier comme couvent de conventus ; quant au second il s'explique 
par le besoin instinctif de donner un sens au mot. 

Gouvet, Neuchâtel, Coves, i38o, Covety 1470, 1569, Mus. N. 
XLI ; les Covels, pâturages à Cormoret et Villeret ; Sur le Covet, 
m. à Essertines (Echallens), le Covet à Chavannes-le-Chêne ; les 
Covats, ravins de la Veveyse "à Saint-Légîer ; du v. fr. cowet^ s. 
m. syn. de cuve, au fig. endroit creux. 

M. A. Godet, M. N. XXIX, 60, parlant de la faïence fabriquée au 
xvi® s. déjà à Gouvet dit : « On fabriqua d'abord des espèces de réchauds 



118 COUVIGNE — CRANS 

appelés covets qui ont probablement donné leur nom au rillage de Cou- 
yet. » Il oublie que le nom du village existait plus d'un siècle aupara- 
vant. Ce sont plutôt ces réchauds qui tirèrent leur nom de celui du vil- 
lage. 

Gouvigne, pâturage, sejte de Cergniat, Ormont^-dessous ; forêt 
à Salvan-Finhaut ; Cuvigne, 6 pâturages de Gruyère, à Montbo- 
YOQ, Albeuve et Grand villard, m. à Granges d'Attalens ; Guvi- 
gnettaZy dim. ; en Kevegne, loc. au Pillon, avec vieux sapins ; 
de covagne, kevegne y vieux sapin branchu, creux, à lichens, le 
gogan du Jura = pâturages, forêts avec de tels sapins. 

doux ou Gouz, col au val d'Illiez, montem qui dicitur Co/, 
1188, montem de Culj 1209, M. G. XV, 4» Coul^ ia33, en Col, 
1272, Couly 1268, Furrer, 77, et i438, M. Inst. Gen. VIII, i3; 
Sur le doux, loc. à Champéry ; autre forme de col, 

Govatannaz, gorges de TArnon sous Sainte-Croix, loc. à Va- 
lejres-sous-Rances, Epauthejres, ruisseau très encaissé près Gris- 
sier, autre près de Romanel, Lausanne, Covatana, i357 ; de 
caua, creux, et tanna, caverne. 

Grai ou Gray, sommet sur Château-d'Œx ; petit sommet près 
de Saint-Imier ; le Grey à Combremont ; au Grey, ham. de Châ- 
tel-Saint-Denis ; du celte crag, pierre, rocher, s'emploie aussi en 
Dauphiné. 

Gpaivavers, loc. à Chailly, Lausanne et Préverenges ; Graiva- 
vert, ruisseau au Jorat, Crevaveel, 1 5167 ; de crever et v. fr. veel 
= veau. C'est donc Crève- veau, nom analogue à celui de la 
combe de Greva tsevau, près Saint-Cergues, ainsi nommé parce 
que les chevaux s'y abattaient souvent. 

Gramoux, loc. et bois près Palézieux, Cramot, 1274, 1296, 
Cart. Haut-Crôt, M. R. XII, 109, 128. 

Grans, D. Nyon, Cranos, 1009, M. R. XIX, Crans, 1019, 
io36, 1173, M. R. VI et VII, 1179, 1296, M. G. IV, 83, XIV, 
CranZy 1219, 1246, M. G. XIV, IV, 66, Craanz, 1224, M. R. 
XII, 184, Craniy i236, M. R. VI, 391, 393, Cran, i3oo, M. R. 
V, 237, i5io; les Grans, loc. (prairies) à Buix, D. Porrentruy; 
Gran ou les Grans, plateau avec étangs et canaux sur Lens, Va- 



l*. 



GRAPOSAIRE — CRASSIER 119 

liis. D*après Gatschet (Promenade onomatolog^que), d'un bas la- 
tin crana = tranchées, fossés dans les prairies. « En tout cas, il 
faudrait supposer une forme cranus de ce mot pour expliquer 
cranos. » (Bonnard, in litt.) Ce serait un mot de la famille de 
cran, entaille, wallon cren, latin crena. On pourrait peut-être y 
rattacher les lieux-dits aux Crénées à Myes et aux Oenex à Bex. 
On s'étonnera peut-être que ce mot puisse désigner une localité : 
il ja l'exemple de es Rifjjpoles assez fréquent et de Grabe, Grabou, 
encore plus répandu ; voir ces mots. 

Graposaire, marais près Senèdes, Frib. ; probablement cra- 
paadiére. 

Cras, nombreuses localités dans le Jura bernois ; synonjme de 
Crét, C'est une fausse orthog'raphe : on devrait écrire Crât, di- 
minutif Gratat pour Cretet (permutation jurassienne de e en a, 
Clochatte, Combatte, Rochatte), etc. 

La Grasaz, loc. au bord du lac de Neuchâtel entre la Corbière 
et Autavaux, Frib. Ce mot de crase se retrouve comme n. com- 
mun à Coppet : crasat ravine profonde (Bridel) et dans le C. de 
Genève où il désig'ue les falaises qui bordent l'Arve et le Rhône 
près de Genève ; « ces escarpements pittoresques que nous nonunons 
aujourd'hui des crases, ruinae dans les chartes féodales, » Galiffe, 
Genève hist. II, 17. Probablement de la racine du verbe écraser, 
acraser en dialecte g^enevois, que Littré dérive du vieux Scandi- 
nave krassa, suédois crasa, broyer, nom dû aux érosions du 
fleuve, qui broie le coteau, ic Non seulement les formes bizarres 
affectées par les crases changent d'année en année, mais nous 
avons vu, dans l'espar^c de quelques lustres à peine, disparaître 
entièrement des sentiers, voire des routes carrossables qui cô- 
toyaient nag-uère ces falaises dont les éboulements ont lieu souvent 
à la pose, d'un seul coup. ^ Galiffe, ib., p. 18. 

Crassier, D. Nyon, ecclesia de Craciaco, xii® s., M. G. IV, 
89, Craceie, 1128, II, 27, Cracei, ii64, IV, 78, Gracie 5 fois 
XIII* s., puis Crassi/j Gracie r^ etc. = (fundam) Graciacum, 
domaine d'un Grassius, g'entilice romain dérivé du cognomen 
(surnom) Crassus. — Il y a aussi un cog'nomen romain Gracus, 



120 CRAU — CRESSIER 

d'origcîne barbare, qui aurait pu donner un g^ntilice Gracias. De 
Vit, II, p. 48o, 48i. 

L'église de Saint-Eusèbe in villa Craciaco de 1110 donnée à Saint- 
Claude par Guy, évéque de Genève, que le Régeste genevois serait dis- 
posé à trouver dans Crassier doit être cherchée ailleurs : l'église de 
Crassier était sous le vocable de Marie-Madeleine. Sa possession était 
contestée par l'évéque de Genève et l'abbé de Bonmont auquel elle fut 
adjugée par jugement arbitral en 1225 et nous ne trouvons nulle trace 
de Saint-Claude qui a gardé ses possessions ailleurs (Genollier, Saint- 
Cergues) jusqu'à la Réformation. 

Grau, Craou (Frib.), Graux, Groux, Grosex (collectif), Gro- 
set, Grosat, Grozet, Grozat, diminutifs et les fém. Grausaz, 
Graousaz, correspondants du fr. creux, bas latin crosum, de cor-- 
rosas, rongé, creusé ; les Greuzas, ravins au col Ferret, Greu- 
zier, alpes de Saxon ; nom d'un grand nombre de localités, en- 
droits creux ou ravinés. Grosettes à Bougy-Villars, Grosettaz, 
Vouvrj, les Groisettes, Lausanne, Crosetes, i233, diminutifs^ 
les Grosayes, alpes d'Ëvolène. Un mot parent par le sens, mais 
d'origine différente, est le Gropt, les Gropts. Voir plus loin. 

Grebelley, ham. de Noville, Cresbelley et Crebelley, i4o2, 
M. R., 25, II, 27. 120 ; Grebellay, loc. à Vionnaz, Valais, Crest- 
bellei/y vers 1720, Grebeley, loc. à Mossel, Fribourg ; peut-être 
de crêt et v. fr. belle t, dim. de beau. 

Gredery, loc. à Satignj, Genève = crél-dery, derrière, par rap- 
port au village. 

Gremin, D. Moudon et Grémine, D. Moutier ; pas de formes 
anciennes. Auraient-ils quelque parenté avec cramena, grand 
froid, localités au climat rigoureux ? 

Gremîre ou Crémière, vill. près Ghardonne, D. Vevey, 
CrimièreSt 1199 et 1288, M. R. VI, 388 et 667; d'après Gat- 
schet, lieu couvert de broussailles, de cremea, cremiuni, bois à 
brûler. 

Grépillaux, ham. de Vuibroje, D. Oron, Cresl PyoulliouXy 
i3io; patois piaullhiauj pouilleux, au sens de pauvre, stérile. 
Voir Pouillerel. 

Gressier, Gressy, voir Crissier. 



CRESSONNIÈRE — CREY 121 

Cressonnicro à Moiry et Ferreyres ; ham. près Saint-Cergues ; 
endroits où abonde le cresson. 

Crésuz, D. Gruyère, Fribourg-, Cresu, CrisUy i3oi, Rec. dipl. 
II, 8, Crissa, i442, Crisu, i5ii ; on trouve encore Crisus, Cré- 
iieaXy Crusuz (Kuenlin). Serait-il possible de rapprocher ce nom 
dus. m. craisu, l'antique lampe de nos pères; du v. fr. creasealy 
espagnol crisueloy mot d'origine incertaine qui, d'après Littré, du 
sens de lampe a passé à celui de vase creux et a donné le mot 
creuset. Ou de la famille du v. fr. cruise, s. f., coquille, Berry, 
creuse, vaudois croise, diminutif craisille, conque, vaudois cra- 
sille? Crésuz, 900 m., est-il assez enfoncé pour que sa situation 
puisse se comparer à la concavité d'un craisu ? 

Oèl, autrefois Crest; du bas latin cristum, forme masc. du latin 
crista, crête de coq, au fig. arête, de là Crête, Crettaz. Diminutifs : 
GreUion, Ormonts, Crêtel, Cretelet, Cretillon, Grètenet à Sul- 
lens, CretoUiet, h. de Servion, Crêtolet, Cretalet, Crettallaz ; 
Oèlasse, Oêtasson, augm., Crettex, val d'Illiez, collectif; 
Crêlayoux à Leysin, composé = Crête (de la) joux, de la forêt. 
Cretely, clos de vignes à Vevey, En Elles, 1175, 1288, lo 
Crest de Elles, Crestelles, M. R. VI, 35 1-869 ; plus tard les 
Credylles (il y a un Crest d'El à Collex-Bossy, Genève). 

Cretodon, loc. à Géligny ; pourrait être un Crêt-Odon, de 
Odon, n. pr. fréquent au moyen âge ; il faudrait des formes an- 
ciennes pour décider. 

Creugenat, ruisseau temporaire à Porrentruy, Creuzenans, 
xiii« s. ; de creux et gênais, gêna, sorcier, parent du latin ge^ 
nias, génie, démon favorable, provençal genh, gien. 

Au Creussenay, Evionnaz = au croisonnier, pommier sauvage. 
Crevey, ham. de Nendaz, Valais, Creoeyz, i255, Crevis, 
1272 ; es Creveys, 1241, es Creoeiz, 1262, à Varone ; m. à Char- 
mey ; Crevez, loc. Etoy, Saint-Prex, Vuittebœuf ; peut-être 
formes du v. fr. crevé t, crevasse, fente ; Crevey de Nendaz est près 
de grands ravins où le sol est très accidenté, coupé de précipices. 
Crey, à la — , 4 ham. Fribourg, m. à Chavannes-le-Chêne = 
k la Croix. 



122 CRINCINIÈRB — CROISETTES 

Grincinière, n. commun de plusieurs sources plus ou moins 
ferrugineuses au Val-de-Travers, à Motiers, Couvet, Buttes, Tra*» 
vers ; corruption de crinsonière, fr. cressonnière, de cresson, en 
patois crinson. 

Grissier, Lausanne, Crisseij 11Ô7, M. R. Vil, 17, Crissiez 
1174» Crisiacum^ 1190, CrissieXy ia54) Cryêsiey ia84, etc., 
Cressier, Fribourg, Criisey^ 1080, M. R. I, 167, Criêsie^ 1228, 
etNeuchâtel, Criseiy 1081, F. R. I, 345, Crissiey 1178, Criscia* 
cuniy 1180, Crissi, 121 3, Cressiej 1180, 1217, i3oo, Crissiez y 
i333, etc. ; Gressy, ham. d'Onex, Genève ; de {fundum) Criscia- 
curriy domaine d'un * Criscius (nom inconnu è De Vit qui a les 
gentilices Crisius et Crîtius). Ces noms n'ont rien de commun 
avec le cresson dont Gatschet veut les dériver. 

Le Grlstalin, ruisseau au N. d'Oulens ; tire probablement son 
nom de la limpidité de ses eaux ; adj. v. fr. cristalin (xv« s.). 

Le Crochet, m. à Bex, h. de Mont, loc. à Belmont, m. à Che- 
seaux-Noréaz ; du n. com. crochet, dim. de croc, au fig. pour lo- 
calité à un détour du chemin ; on dit c faire un crochet », dans 
ce sens. Schlatter — - St. Gallische romanische Ortsnamen — 
cite plusieurs localités des Grisons et de Saint-Gall, Krogs, 
Crogs, Grogs y du romanche croch, crochet, où l'on arrive par 
des chemins en zîg-zag*. 

Le Crocolet, petit ham. d'Ormont-dessus, « abréviation de 
Crocolébailli = le Creux à Colet^Baillify le Cropt-Bailli/, 
1782. (Note de M. Isabel.) 

Crocs, Roche des — , près la Sagne, Neuch., ainsi écrit par la 
carte Siegfried et le Dict. géog. suisse d'Attinger ; la carte de 
Mandrot, M. N. XIV, écrit des Crois, F. Chabloz écrit roche des 
Cros, des corbeaux, cro ou crot = corvus corax, oiseau fréquent 
dans ces rochers. L'orth. de Siegfried est évidemment fautive, 
et pour cette fois nous nous rangeons à l'avis de M. Chabloz. 
Une preuve à l'appui de notre opinion est fournie par la Pointe 
du IVid-du-Crô, saillie de rocher près du lac, à TE. de Neu- 
châtel. 

Croisettes près Lausanne, les Crosetes, 1288, Cart. Laus., M. 



CRONAY — CUARD 123 

R. VI ; non de croix, comme le prouve la forme ancienne, mais 
dim. de crosa, creux ; voir Crau. 

Gronay, Yverdon, Crosnaiy ii42, M. F. II, 221, et 1174, Cart. 
Month., M. R. XII, Cronaiy 1160, 1228, CroneXj xiv« s., et 
1793 ; de (/andum) Cronacam, domaine de CronuSy cog^nomen 
{surnom) romain. 

Le Cropt, quartier de Bex, chalets à Plambuit, Chesières, alpes 
d'Oilon, les Gropts, pâturage à Bex et Ormont-dessus ; le Crot, 
pâtura^ à Ormont-dessous et au Vaud, Jura ; du v. fr. crot ; et 
la CroUaz, passage dans les rochers près Lavey^ loc. à Corseaux ; 
Ooles et Crottés, 4 loc. Frib., les Crottes, ancien nom des fa- 
laises du Rhône près Genève, loc. à Cheseaux ; le chemin le 
CroUon du Risoux ; le Croton à La Tour, Crotet, dim., m. à 
YuUiens ; v. fr. crotey dim. croton^ du latin crypta^ grotte. 

Cros, Croset, etc., voir Crau. 

Les Crossettes, Grandes et Petites, deux combes à la Chaux- 
de-Fonds ; fausse orth. de 1 atlas Siegfried pour C rosettes ^ — dim. 
de cros, creux, — orthographe régulière qu'emploient le Dict. At- 
tîoger et M. G. Huguenin dans sa Description de la Mairie de la 
Chaux-de-Fonds, Etrennes Neuch. II, io3 et passim. 

La Crotèle à Pâquier, Neuch., m. isolée dans un bas- fond ; de 
crotey s. f. du latin crypta, et suff. dim. elle. 

Croumaclire, loc. alpes de Lens, Valais ; patois vaudois kre^ 
mallhirCy fr. crémaillère, du bas latin cramacula : pâturage sur 
ane pente rapide, comme suspendu. 

Cpoy, D. Orbe, villagium de C race y d'après F. de Gharrière, 
M. R. III, 24, synonyme des divers Croix : au croisement de plu- 
sieurs chemins. 

En Cry, loc. à Valeyre-Orbe, montagne à Conthey et loc. à Sa- 
vièse, Valais; Crie, terr. à Bex, Criez, 1 198, Hidber, II, 1248, 1247, 
1281, M. R. XXX ; Crie ou Cryes, ham. de VoUèges, Valais. Un 
dry de France, Yonne, s'appelait jadis Griacum, Holder, 11 65. 
Les nôtres ont sans doute la même origine (f andum) Criacum, 
domaine d'un Crius, peut-être forme latinisée du n. grec Grios. 

Au Cuard, ham. de Rue, Fribourg ; les Coards ou Couards à 



424 CUARNENS — CUASSIÈRES 

Gorcelles, Neuchâlel ; Cuarot, m. à Villarimboud et Arconciel, 
dim. ; du patois eu et suffixe ard. C'est un n. commun au moyen 
âg'e : en la Prela unum cuarum, una tola juxta supradîctum cua-- 
rum, » Donat. Haut., n» Sog. 

Cuarnens, D. Gossonaj, QuarningiSy looi, Quarnens après 
loig, M. G. XIV, villa Qaarnensis, logô, M. R. III, io4, Cuar-^ 
nens, ii49, ii77> Quarnens^ i25i, M. R. XII, it^^Quarneyrts, 
1273 ; d'après le suffixe ing-is = chez les descendants d'un Ger^ 
main dont le nom reste à déterminer. 

Cuarny, Yverdon, Quarnie, 1174, ii77j CuarnieZy i449, 
Cuarnier, i453. D'après Gatschet, de (villa) quercina (ferme) 
des chênes : plus que douteux, quercinus étant devenu chêne en fr. 
et dans tout le pays romand. Vient plutôt d'un n. pr. gallo-ro- 
main, comme toutes nos localités en ie, y, ier. Quant au nom lui- 
même, il est possible que ce soit le même nom, latinisé, que le 
nom germain dont dérive Cuarnens. 

Cuaz^ Couaz, etc., nombr. loc. dans tout le pays romand, par 
exemple la Cuaz à Géronde, Valais ; la Quaz, croupe entre Saint- 
Sulpice et Buttes, Neuchâtel, un Cuaes à Arconciel, 1471? Couaz, 
3 pâturages de Gruyère, Cué à Chandolin d'Anniviers, Cues à 
Bercher, Vaulion, Villars-le-Terroir, Cuvaz à Châtel-Saint^Denis 
et Gruyères, Longecuve (Longue Queue), ham. de Pâquier et de 
Pont-la- Ville, Fribourg ; I^nge Coue à Vufflens-la-Ville, 1278, 
etc. ; es Clouasses, Yvorne, Cuasse à Charmey, augmentatifs ; du 
patois cautty cuva^ queue : localités sur des croupes allongées 
entre deux ruisseaux, ou sur une pointe de territoire, comme à la 
Cuaz, à Gorcelles, Payerne, qui s'avance en enclave dans le terri- 
toire fribourgeois. On dit dans le même sens en français Queue : 
les Queues à Saubraz, au Lieu, à Château-d'Œx ; la Courte 
Queue à Boécourt, Jura bernois. Queue d'Arve à Genève ; les 
Queues de Perche, de la Ville, aux Ormonts ; Sur Queue, chalet 
alpes de Bex. 

Cuassîères, loc. Essert-Pittet, Cuessîre à Grissier, aux Ecues- 
sires (pour es Guessires) à Ecublens, Vaud ; racine eu, et sufiF. 
augm. asSj et collectif ière^ ire, parent de cuard. 



GUBLI — CUGNY 425 

Cubli, mont sur Montreux. Hiselj et Hidber y rapportent avec 
doute le monte Chiblin, 1 154, ii55, Chiblino vers 1 185 du Gart. 
de Haut-Crêt, M. R. XII, 6, i36 et 269. 

Aux Caches, ham. à la Brévine, d'après Lutz ; Cuchon ou 
Couchon, ham. sur Sierre ; parents de cachet , tas de foin, cout- 
zet, sommet, cime. 

En romanche, il casch, la cuscha désigne la souche haute de 60 à 80 
cm. qu'on laisse en terre en abattant un arbre dans les terrains en 
pente, et de nombreuses localités en tirent leur nom. Schlatter, op. cit., 
en indique 5 dans le canton de Saint-Gall. 

Gudré, Cudret, etc., voir Coudre. 

Cudreiin, D. Avenches, Curlejîn, 999, M. R. XXIX, 62, Cor- 
delfiriy i2i5, Matile, Cordai fin^ 1240, Cadrejin^ i243, Matile, 
Codalfrin^ 1268, Wstbg-., Cadrifin^ i3oo, F. B. IV, 16, Caa- 
drefiriy iSoo, M. R. V., i35 = Coarl-Ulfin^ ferme (ÏUlJin, ou 
latinisé Ulfinus, du n. pr. germain Wul/iriy de wolfy le loup. 

Cudrevy, nom fr., dans Lutz, de Ciitterwily D. Sarine, Carti- 
vri(y), i355, i36o, Caltiori, 1428, Cartivril, i436, i445, Ca- 
tryvy, i555, Coartrivey, xviiP s. (Zimmerli et Stadelmann, op. 
cit.) ; évidemment formé de court, ferme, et d'un n. pr. germain, 
peut-être * Ibilo, dim. de /60, racine onomastique Ib. Fôrstem., 
p. 769. 

Cuénet, loc. à Roche, Penthéréaz, Cucnix à Lejsin, Cunay, 
trois pâturages du Jura sur Bière, Coinat, nom d'un ham. des 
Breuleux et des quartiers d'Aile, D. Porrentruy, Coucnyon, trois 
pâturages des Ormonts, les Cugnets (ou Quignets), combe à la 
Sagne, Neuch. ; les Cugnons, loc. reculée, vallon d'Arpette sur 
Orsières, Cugnonaux à Colombey ; formes diverses du v. fr. coi- 
gnety petit coin. 

Cufattes, voir Cuve. 

Cugnerens, ham. de Vuadens, Frib., Canerens, xiPs., Donat. 
Haut., Arch. Fr. VI = chez les descendants de Canhariy n. pr. 
germain, de Cano, hardi, et hari, guerrier. 

Cugny, loc. à Granges près Payerne et à Bardonnex, Genève ; 
pourrait se rattacher à coin, comme Cunaj, voir Cuénet, mais il 



126 CUGY — CULLY 

nous semble plutôt dérivé d'un n. pr. Jubainville, p. 173, cite en 
Gaule un Cunnacum qui viendrait du nom d'homme gaulois Gon* 
nos. Un gentilice * Connius formé sur ce nom donnerait Con^ 
niacum ou Cunniacum qui deviendrait régulièrement Gugny» 
donc : domaine de * Gonnius. 

Cugy, Fribourg, villa Cuzziaco, 968, et Cubizasca, 1079, ^* 
R. VI, 4 et VII, 4, Cubizaca, 1080, M. R. VII, 4, Cuzei, |ii42, 
Gart. Month. 5, Ctizzie, 1228, M. R. VI, Cugie, 1280, Gart. 
Month., Cuzie, i233, F. R. II, 129, CugieZj 1254» CugiCy i34i» 
et Vaud, Casi, ii47» Gart. Month. 11, Cuzie, 1142, Gagiez, 
II 74, Cuzet/y 1182, Gart. Month. ; Cugie, i4i6 ; de Cupidiacum 
(fundurn)y domaine d'un Capidius, gentilice romain (De Vit). 

D'après Hiseiy, Comtes de Genevois (Mém. Inst. G. II, 40), dans la 
mention villa Cuziaco, au lieu de in comitatu Warasco, il faut lire in 
comitatu Waidensi. 

Culand, sommet et pâturage à Ormont-dessus, Gulant, sommet 
à Rossinièrcs, Calant en Oiz, 1 238, M. R. VI^ 648, Culat, ham. 
et Culet, sommet à Ghampérj, loc. à Troistorrents, Port- Valais et 
Nyon ; la Gulaye ou Culée à Motiers-Travers ; les Gullayes, D. 
Oron, CulaeSy i359 ; Culayes, ham. de Rougemont, en la Col- 
ley te à Ghessel : endroits reculés, dérivé de cm/, souvent em- 
ployé pour désigner le fond d'un vallon fermé : Beaucul sur 01- 
lon et Montreux, Cul du Nozon à Vaulion, — de la Golaz à Yvo- 
nand, — des Roches au Locle, encore en i8o4 dans les Ëtrennes 
helvétiennes de i8o4 ; aujourd'hui Col, — du Vent, carte Merveil- 
leux, aujourd'hui Creux, etc. 

Culliairy, ham. de Sainte-Croix, dans une combe au S. du vil- 
lage ; probablement le même que le s. cuillère, « du latin coch- 
learey de cochlea, par comparaison avec la coquille du limaçon.» 
Littré. Le Cuillerey, loc. à Courtépin, Lac, Fribourg ; c'est la 
même métaphore que Conche de coucha. 

Cully, D. Lavaux, Culliacum, Caillez, Cusliacamy ii54, Ma- 
tile, Hidber, II (le Dict. hist. Vaud dit Gustiacum), Caliacaniy 
1179, M. R. VII, Culliey 1223, Callye, 1275, Cart. Month., Cu- 
lye, i383, Arch. Schw. XIII. D'après l'inscription Libéra Patri 



CUQUERKNS — DAILLY 127 

Cocliensi trouvée à Saint-Prex, 1774» -— si elle se rapporte à 
Cully, comme on le croit ^néralement, — le nom primitif serait 
Cocliacanij propriété d'un CocliuSj gentiiice dérivé du surnom 
Caclias. De Vit, II, 368. 

Guquerens, ham. de Bulle et loc. à La Roche, CoquerenSj 
1277, M. R. XXVII, 67, Coqueririy i^ia, Arch. Fr. III, 117 = 
chez les descendants de Cotthari^ n. pr. germain. 

Gurefatte, ruisseau à Chancj, Genève ; patois fata^ poche, 
vide-poche. 

Gurson, écart de Grandvaux, D. Lavaux, Corson, Cursorij 
i36o, Courson, i464; et Gourson, loc. à Begnins; probable- 
ment, comme les Courson de France, de CurtiOy dérivé en io, io- 
nis, du gentilice Curtius, 

Gursille ou Gurzille, clos à Aubonne ; hanu de Remauffens, 
Frib., loc. à Saintp-Prex ; peut-être synonyme de 

Gariilles ou Courtilles, D. Moudon, Curtilia, 861, Curtilliy 
ii449 Cartilij 1162, Curtiliacum^ M. R. VI, 4^6 ; ham. de Dar^ 
dagny, Genève ; loc. à Chexbres ; du bas latin curtile, jardin, 
dérivé de curtis, métairie. Gourtillet, Gurtillet, Pizy, La Praz, 
etc., dim. 

Cuves, ham. de Rossinières, au fond d'un bassin arrondi, 
CuveSy 1271 ; de cuve, s. f., bas latin cupa^ au fig. pour endroit 
creux ; les Cufattes, pâturage et ham. à Bémont, Jura bernois ; 
de cuve et suffixe jurassien atte = ette : plusieurs creux en eu- 
yette dans le pâturage. 

Daillens, D. Cossonay, Daliens vers 600, villa Dalletis vers 
iioo, M. R. III, Dalens, 1182, 1282, DalleinSy 1288, DallyenSy 
i344* Matile, Dalliens, i358, M. R. V, 869, — 2» ham. de Bot^ 
tens, D. Echallens =: chez les descendants de Dallo, n. pr. ger- 
main parent du gothique deall^ illustre, superbe. Les formes an- 
ciennes ne permettent pas d y voir le nom Dahsilo que suppose le 
nom allemand Dachslingen qui date probablement de la conquête 
bernoise ; voir Stadelmann, loi. 

Oailly, Leysin, Ayent et Sembrancher ; Oaillet, ham. à Grône, 



128 DALA — DARBON 

Valais, Dalletum, i2i5; Dailly à Mordes, Grattavache; Daliy 
à Vuadens ; Oalley à Lutry ; Oaillay, Roche et Lig^erolles, 
Dalletis vers iioo ; Dailler à Château-d'CEx et Sion ; es Dail- 
lères à Tartegcnins et Bellerive, collectifs divers = bois de dailles. 
Le simple aux, es Dailles est très fréquent ; autres orthographes: 
Dallaz à Villars-Sainte-Croix, Dalles à Bag'oes ; Dayes à Mon- 
thej ; diminutifs : Daillon à Conthej (en patois Dadon), Dallon^ 
1267 ; Daillettes à Fribourg et Villarlod, etc. ; un Dallie à 
Agarn, un Dalliez à Louèche, 1421, Dalje à Albinen ; daille, 
nom romand du pin sylvestre, dérivé comme Tall. suisse dàhle, 
d'une racine commune sans doute celtique. 

Dala, rivière près Louèche, Dala, i332. Dans l'antiquité, Dali' 
terni y habitants des environs de la Dala. Holder, 12 16 ; nom pro- 
bablement celtique. 

Daniphreux, D. Porrentruy, eccl. de Domno Friolo, ii4o, 
Dam/riol, 1161, Dunfrioly 1178, Damphrioly I255, etc. = 
Dominas (saint) Ferreoly patron de l'église. 

Damvant, D. Porrentruy, Danval et Dampna Walle^ i346, 
Danipvanty 1288, Dampvalx, 1476 ; de domina (sancta?) Wala 
ou Wallia. Fôrstm., p. 1281, donne les deux noms de femme 
Wala et Wallia. 

Darbapara, pointe, alpes de Gryon ; de pare^ latin paries, 
paroi et darbé. Darbélaz, ham. de Salins près Sion, Darballaz, 
vignes à Saint-Maurice, Derbélaz, bois à Ormont-dessus ; dim. 
Darbelenaz, loc. à Hérémence, Darboline, loc. alpes de Ley- 
tron ; Derbally à Sales ; les Dopbalys, écart de Bossonens, Fri- 
bourg ; Darbagnon, forôt et chalets au Sanetsch ; Dcrbé Sau- 
dan, pâturage à Ormont-dessus, en Derby, forêt, Sainl-Gingolph, 
Derbîs, bois à Maracon, et probablement Derborenee, alpe de 
Gonthey ; de darbi, darbé, nom patois du sapin, employé surtout 
en Savoie, derbi aux Ormonts. Dans la Veveyse fribourgeoise, 
derbi, un jeune sapin qui a séché. Holder et Zeuss citent un mot 
celtique darbiy derbi qui désigne diffcreuts arbres, entre autres 
une espèce de pin. 

Darbon ou Derbon, vallon sur Ardon, pâturage Ormont-des- 



DARD — DAUDES 129 

SUS ; Darboneire, alpe et glacier, vallée d'Hérémence, Valais ; 
de derbony taupe, et derboneire, taupinière. De la vallée on ne 
voit que la moraine du glacier de Derboneire, toute semblable à 
une gigantesque taupinière. 

Le Dard, ruisseau à Ormont-dessus ; autre sous Chamossaire, 
affluent de la Grande-Eau ; un 3® à Rougemont ; cascade du No- 
zon sous Croj ; es Dards, à Vérossaz ; diminutif : le Dardet à 
Ormont-dessus ; figures, par allusion au cours rapide, aux nom- 
breuses cascades ; le Creux des Dardeys, forêt sur Chamossaire, 
collectif. Pierredar, aux Ormonts, composé ; voir ce mot. 

Dardagny, Genève, villa Dardaniaco vers iioo, M. G. I, i48, 
Dardanie, 1298, Dardagnier, i3o5, 1821 =(praedium) Dar- 
daniacumy domaine d'un DardaniuSy dérivé du surnom (cogno- 
men) Dardanus, De Vit, II, 564. 

Dardens, ham. près Bulle, DardenSy 1298, i83o, Dardin^ 
carte vaudoîse, correspond au n. de lieu Tarodingin cité par 
Fôrstm. = chez les descendants d'un Germain Tarod. 

Es Dares, loc. à Ëpesses ; es Darenches, vignes au Mont sur 
Rolle; peut-être du celtique dar^ kjmri dar^ irlandais dair^ 
chêne. Les noms celtiques d'arbres n'ont pas complètement dis- 
paru devant les noms latins ; verne (guern) a prévalu sur aune, 
sapin (sap) sur abies, darb (pin) et tann (chêne) ont laissé aussi 
des traces. 

Damona ou Darnonnaz, ham. sur Sierre, Darnonay 1267, 
DernonCy cadastre de Venthone ; paraît dériver d'un n. d'homme, 
avec le suffixe gaulois ona, 

Darrey ou Darreï, nombr. loc. Alpes valaisannes, désignant 
des parties reculées des vallons ; du latin de rétro, patois darrei, 
provençal dareire, f. derrière. 

Daucher, n. f. de Tiischerz sur le lac de Bienne, Tusschiers 
vers 1280, TuscherSy 12C7, Tuschiers^ 1288, F. B. II, 66, 688, 
III, 458. Nom sans doute d'origine romande, village germanisé 
dès le xin« s. avec Douanne (voir Zimmerli, p. 42). 

Daudes, m. à Lentigny, Frib. et Ghâteau-d'Œx ; la Daudaz 
(pron. Daouda) à Grandvillard, en la Daouda, m. à Charmey, 

M. D. SEC. SÉRIE, TUME VII 9 



en la Dodaz, loc. k Ollon, Doiitles, loc, prés et jardins^ MoUens, 
Valais ; probablement d'un aom propre germanique comme 
Daldo, Dalda. 

La Daiisaz, ferme aux Tavernes, JDrMa, ii54r iifiag Doasa, 
1181, 1378, Cari. Haut-Crtt, M. R. XII. — Une loc. la Dousaz, 
alpe de Lens ? 

Daviar., ham. de Masson^x, Valais, Damas, i3iG ; de (dHIos, 
casas) Damas, A\i g'cntilico 'Daviai,âa coga. Daoas, comme 
Granias de Granius, 

Le Dny, chute de l'Orbe et bameau près Vallorbe ; ^rges dn 
l)ny, au-dessus de Pissevacbe, Valais ; Jeiir-Day, bam. d'Is^- 
rablcs. Valais. On dit du dai pour brancha^ de sapin, en celtique 
dail, feuillage; y aurait-il quelque rapport, et Jeur-day signi- 
fierait-il la forêt de sapin ? Voir Daillc. 

Dnzelet, vigne de Fontaine-André, Neuchatel, et Unzonet, 
quartier du Loclc, autres formes de Dêzaley ; Oasalay en 1 134 ', 
voir ce mot, le second avec permutation l-n. 

Degottiau, le — , bois à Châleau-d'Œx ; forêt en pente rapide, 
avec des sources, où l'eau descend de rochers eu rochers = dé- 
g:onttoir, suffixe patois iau, comme Lanciau, Nancian. 

I>eléinoDt, n. fr. Laiinant, 1181. t>ico Delemonte, 7^8, Hid- 
ber, I, 4, Deleyinonl, laSg, 1257, Delémonl, i3i8 ; n. ail. Tels- 
berg, ii3i, Thalesberc, iitii, Talesperc, 118/1, TelUberc, Tels- 
perg, ta34, i3^3, aujourd'hui Delsberij ; cunstruction germa- 
nique (comme la plupart des noms voisins du Jura en court et 
velier) = mont de Dello, Tello, n. pr. germain. 

Es Dniaises, Ecublens. Chescaux, Praz, Prib. ; Delèze, Marti- 
gTiy, Cudrefin, Noville, Ollon, Delleytij, i^ïS ; Delèso, Pâtpiier, 
et dim. Delezettcs, Ënney, etc. ; Dc^^^Jc.'^, Tornj-le-Graod ; ( 
permute avec r et n : Derèso ù Borrex, es Denèzes, Cbesalles 
surMoudon ; la Tcroisï, orth. allemande, à Miëge près Sierre ; 
contracté dans aux Dr.'tises à Pcseux et Draize, loc. & Neucbâtel. 
Mot fréquent dans les chartes : un rivum de Derasiis, Ependes ou 
Marly, XII» s., />erays( h Sierre. laSr, Dereysy, lagg, la De- 
reysi k Bramois, ia5o, Deresy, 1376; une Oeraise près des Fa- 



DBLLEY — DBNEZY 131 

▼erges, Lavaux, ia5o, en la Derayse^ Ëpeodes, Frib., 1278, à 
AHvemieTy 1280, Duraise au Landeron, 1378. Nom commun qui 
désigne une clef de haie, barrière. Ce mot se retrouve en patois 
savoyard : daraise, grille en bois ou en fer entre la nef et le 
chœur, daresia dans les chartes : Ëpiscopus ordinavit quod fiant 
daresiae in introitu chori i458. Doc. Acad. royale de Savoie, II. 
Nous pensions à le rapprocher du celtique : comique dele^ an- 
tenne, breton dele^ Léon delez, vergue. Le mot employé dans le 
Léon de lez est exactement le nôtre, mais M. Bonnard nous fait 
observer que « le r est dans les textes les plus anciens, il est donc 
probable que c'est r-/, non l'inverse. » Toutefois on pourrait en- 
core admettre une permutation plus ancienne 1-r : il y a des 
exemples de ces balancements entre les deux liquides. 

DeUey, D. Broyé, Frib., Deler, i342, 43, pas de formes plus 
anciennes ; peut-être un (fundum) Delliacum, domaine d'un 
DellitÂSf gentiiice romain. Kuenlin y rapporte un Dalens, 1282. 
Ce serait une transformation curieuse : Dalens a une origine ger- 
manique très nette = chez les descendants de Dalo, Deloy n. pr. 
germain, parent du v. gothique deall, illustre, superbe. Peut-être 
la forme actuelle serait-elle due à une latinisation du n. ^rmain 
Delo, transformé en Dellius. 

Demoreiy D. YyerdoTiy Donmores y ii54, Gart. Month., De~ 
moreSy 12 17, Donat. Haut., Dummores, 1228, M. R. VI, Démo- 
rety 1453. Il y a probablement dans Don, Dum, la contraction de 
domnus, comme dans Dunfriol (Damphreux) = domnus Ferreo- 
lus, et dans mores un n. pr. de la racine Mor ou Maur, comme 
dans Cormoret. 

Deneos, D. Morges, DisnenSy ioo5, 1177, M. G. XIV et II, 
DignenSy 1220, i332, Digneins, 1228, DynenSy i4o3 = chez les 
descendants de DenOj DinOy n. pr. germain. Fôrstm., 33 1, 335. 

Deneyriaz, vallon et ruisseau derrière le Chasseron ; sans 
doute du n. pr. de famille qui, sous ses différentes formes, Deney- 
rîaz, Dénéréaz, Denoréaz, vient de Noréaz, noerea, noyeraie. 

Denezy, Moudon, uillare Donaciaco, 929, M. R. VI, 232, 
Danesie^ Donasiei, xiP s., Arch. Fr. VI, Danisei, ii42, M. F. 



132 DENGES — DÉRUPAZ 

Ily i6, Donesiej 1169, Danusiacum, 1173, Danesie^ 1188, Hîd- 
ber, II, Deneisie, 1228, Danaisie^ xiii« s., M. R. VI, DenisieZy 
i!\bZy Dinisiez^ 1 555, etc. z=:(fundum) Donatiacum^ domaine 
d'un DonatiaSy g^ntilice romain. 

Denges, D. Morçes, villa Dallingis, 964, M. R. VI, les 
Denges, 1 164, M. G. IV, 78, DengeSy 1 184, Hidber, II, lesDenges 
à Ëcubiens et Viilangeaux, Fribourg* = chez les descendants de 
DallOy n. pr. g'ermain. 

Les Dentaux, découpure de l'arête de Sonchaux et les Dentaux 
de Naye, rochers de Tarôte au N.-E. de Naje, alpes de Montreux ; 
3** pâturage à chèvres, alpes de Dorenaz, Valais, sous les rochers 
des Gorges. Devrait s'écrire denteau, autre forme de dentel, 
provençal dentelh, créneau, ital. dentello, même sens, dont den- 
telle est la forme féminine ; les dentaux sont des dentelles de ro- 
cher. 

Le Déquemanliau, loc. à Ormont-dessus ; le Déquemanlieux 
à Champéry ; l'Ecoumandons à Rougemont ; endroit où Ton en- 
lève les kemanlété ou coumandété, coins à boucle qui ont servi à 
traîner à plat sur la neige des billes de sapin pour les dévaler en- 
suite jusqu'à un nouveau replat. L'Encoiimaillaux, vallon de 
Culand, Ormont-dessus ; lieu où l'on plante le coin de fer, la ke- 
manlite, en tête d'une bille pour la traîner sur la nei^. (Ëtj- 
mologie fournie par M. Isabel.) 

Deraise, voir Delaise. 

Derbonnaz, prairies à Corcelles ; où abondent les derbons, les 
taupes. 

Dérocheux, ruiss. à Gortaillod ; Déroehia, torrent à Géronde, 
Valais ; Bey Dérochai, Ormont-dessus ; Dérotchia, alpe à Port- 
Valais, Dérochiaz, loc. à Pizy, Dérotchoux, rocher à Bex, Dé- 
rozisses à Gonthey ; du préfixe dé et roche ■=: précipice, éboule- 
ment, torrent qui ravine. 

Dersence, Derzence ou Erzenzc(ts), rivière, affl. de la Liène 
ou Rière, Valais, descendant du vallon d'Ers ou de Ders (soudure 
de la préposition) ; pour Ers, voir Erse. 

Dérupaz, loc. à Montherod et ailleurs, dérape, s. m., en pa- 



DÉSALE y — DÉVODIO 133 

tois ; du V. f. desrup = précipice, ravin ; « se rattachant à un 
verbe disrupare^ dérivé de rupesy roche. > (Bonnard.) 

Désaley ou Dézaley, loc. à Lavaux, Dasalay et Daisiloiy 
iib^, Dasiluy, 1184» Desaley, i363, etc., une 10^ d autres à 
Vouvry (Désalays), Aigle, Yvorne, Corbeyrier, Chessel, Noville, 
Grenthod, Bière, Crissier, Posieux, Grangette et Villars sur Glane, 
Fribourg ; de taxOy ail. dachsey tasson, blaireau, et du bas latin 
/eya, laîa^ forêt, fourré ; fourré où abondent les tassons. 

Desolossy, loc. à Conthey = dessous le Sex. 

Deute, plus. ham. du Jura bernois, à Delémont, Noirmont, La 
Chaux, à Péry ; deute est le nom jurassien d'une variété de roche 
calcaire, connue par les géologues sous le nom de dalle nacrée, 
pierre calcaréo-siliceuse, composée de débris d*encrines et de bryo- 
zoaires ; origine inconnue. 

Develier, D. Porrentruy, ail. Dietwiler, Divilier^ iiSg-iSag, 
Titewilre^ ii84 = village de DieiOy n. pr. germain (= l'alle- 
mand) • 

Devens, Devenir Devin, plus, hameaux, nombreux bois et 
pâturages, que le seigneur avait mis à ban, en défenSy où il était 
défendu de couper du bois et de pâturer : (ncmora), que sunt de 
usamentis et que sunt endevein ad pascendum porcos et faciendas 
domus, etc., M. R. VI, 826 ; Deveny ou Te vent à Sierre et 
Deweng, à Albinen, formes germanisées. Devinchet à Thier- 
rens, diminutif ; Défenet, petite forôt, près du lac Lioson, Or- 
mont, nous paraît également un diminutif de défens^ du latin de- 
fensus : « Le provençal a la forme féminine devesa^ représentant 
defe(n)sa. » (Bonnard.) 

Es Dévîets, champs à Sainte-Croix ; le v. f. a dévié, s. m. 
(Godefroy), lieu interdit. Déviet est très probablement une autre 
orthographe de ce mot, pour désigner des champs où le parcours 
était interdit. 

Au Dévodio, loc. à Lussery, D. Gossonay. M. Isabel en rap- 
proche le patois dévouedyaôy s. m., dévidoir. Y aurait-il eu là sur 
quelque sentier, pour arrêter le bétail, un tourniquet, qu'on au- 
rait comparé à un dévidoir ? 



134 DIAZ — DIRLARET 

La Diaz, i^ ruiss., affl. de rArnon ; a^ roissean de la Lance, près 
Concise ; 3<> ane des sources de TOrbe ; 4^ affl. du Nozon ; 5* cha- 
lets près du torrent d'Ajeme, Ormont-dessus. — La I>ieK, pr. di, 
alpe d*Ayenty Valais, nombreuses sources, Diex, i4a8 ; les Dix, 
vallée supérieure dHérémence, aux nombreux ruisseaux, en Dies^ 
laSg, les Dies, xiv« s., DyeSy i456 ; Soiady, chalets sur les 
sources de la Baye de Montreux. C'est le même mot que les 5 Dee 
d'Angleterre et d'Irlande, les 6 Dives de France, la DuiSy afB. du 
Loir, les Deba et Deoa d'Espagne ; de deOy deva^ dia, dioa^ 
deiva, f. de deivos (latin divus), mot celtique désignant propre- 
ment la nymphe déesse de la source ou du fleuve, puis la source 
elle-même. De là encore les 4 Divone ou Divonne, l'une à notre 
frontière, près Coppet. — La racine deioo, divo se réduit souvent 
à dio, Holder, p. i285, a 17 mots avec la racine dio. Rman a 
employé divonne comme n. commun ; « La charmante vallée de 
Tremeur, arrosée par une ancienne divonne ou fontaine sacrée 
que le christianisme sanctifia en y rattachant 1q culte de la Vierge* » 
Cité par Littré, Suppl. 

Diesse. D. Neuveville, Berne, ail. Tess, Diesse, 1178, iai8, 
villa Thesso, 1182, Thesse, Tesson^ 11 85, i^Zi , Diesson^ iigS, 
Diessi, 1200, Diessy, 1249, etc., Matile et F. B. ; du n. pr. ger- 
main Tiezo. 

Diette, Dieux, voir Giète, Joux, 

Dlme, Grange du — à Avenches, à Aigle et plus, autres loc. ; 
au Dixme, m. c^ Trélex ; endroit où Ton serrait la dlme, patois le 
dimOy perçue sur les récoltes ; dixme est s. m. dans tout le centre 
de la France. 

Diogne, loc. à Lens, Valais, Diogni, 1228, Dyogni, I243, 
Diogny, 1259, M. H. XXIX et XXX ; Yogne carte Siegfried. 

Diolly ou Tioly, loc. près Sion, Dioles, iioo, laSS. 

Dirlaret, n. f. de Rechthalten^ D. Singine, Fribourg, Dreit" 
larisy XII® s., Drallaris, 1142, M. F. II, 220, Recto clivo^ 1178, 
Arch. Fr. VI, 1189, M. R. XXll, 22, Dretlaris, 1216, 17, M. F. 
IV, io4, io5, Dreclaris, 1228, M. H. VI, 24. De dreity droit, et 
du V. f. taris, larris, lande, bruyère, terre en friche ; le n. ail. 



DIZY — DONATYRE 135 

Rechikaltofij 1200, F. B. II, 824, recht, droit, et halde^ pente, et 
le latin rectum clivum ont le même sens ; Tétymologie de Gatschet, 
directo latere^ adoptée par Studer et Zimmerli, est fantaisiste. 

Dizy, D. Gossonaj, villa Discidis, 969, 966, Hidber, 11^ Disy, 

XI* s., Disi, 1221, Dysie et Dysi^ 1223, M. R. III, 549, et VI, 

5(^2y Dysy, 1285, Disis^ i^QQ» M- Cr. XIV, Dyssiy i3ii^ ^y^f» 

i336, Matile, Disîaco, bulle de Clément VI (i 342-1 352), Arch. 

Schw. Gesch. XIII, 261. Un autre, loc. à Saint-Prex. Comme les 

Dizy de France, de Disciacam (prsedium), corruption d*après Ju- 

bainville de Deciacum (p. 227), (H*opriété d un DeciuSy gentilice 

romain. Disciacum perd le c de bonne heure : Disiacus, 672, 907, 

Dizy (Marne). Quant à Discidis, il a Tair d'un patronymique : 

chez les Discides, les descendants de Discius, soit Decius. 

I>oge, voir Douve. 

Dole, sommet du Jura, Dolaz, 1628 ; du celtique dol^ table, à 
cause de son sommet aplati ; de même Sur la Dôle ou DoUe à 
Gilly, la DolOy 12 16 ; la Dola (DoUaz), maisons à Pont-la- Ville, 
la Dollaz à Vuadens. C'est sans doute à la même racine que se 
rattachent l'adjectif 

Dolent, Mont — , au fond du val Ferret, Valais, et 

Dolin, Mont — , au fond du val d'Arolla, Valais. Voir aussi 
Champdolent. 

Dom, au commencement d'un nom de village, vient du latin 
dominas, seigneur, et précède un nom de saint, celui auquel 
Téglise du village était consacrée : Donunartin, DomnomartinOy 
ii5o, Donmartiriy 1208, M. R. VI, i38, Dompnum Martinumy 
i3i^, Domdidiep, /)oAino Desiderio, 1180, Dundedier, i2i5, 
DongntxlideriOj 1267, Wurstb., voir Saint-Didier ; Dompierre, 
Domno Petro, iil^S, DonperrOy 1228, s'expliquent d'eux-mêmes. 
D'autres sont moins faciles : Dombrcsson, Dombrecoriy Dam- 
brizuriy 1179, Domhrexon, iic^i, Domnus Bridas, 122S, Don- 
bressan, 12G7 =: Saint-Z?r/ce. 

Donalyre, Donnatieri, 1228, M. R. VI, Domna Thecla, i343, 
Donatiere, i453 = Dame ou sainte Thècle, martyre du i^^s., 
fête le 23 sept. 



136 DONNELOYE — DORBEN 

Donneloye, Donelui^ ii42) Donna Lui, xiP s., Arch. Fr. VI, 
Domnoluiy ii57, Donneluy et Donneloia^ ii74i Domnelaiay 
1177, Donnelue, 1177, Doneliuay i2i4, M. H. VI, io3, Donna- 
luy, 1280, Dogne Eluye, 1280, M. R. VI, puis Domnoloia^ 
Dompneloye, 1428, i458 = Dame ou sainte Luce ou Lucie, 
V. et m. -]- 8o4, fête le 18 déc. ; pas saint Louis comme le sup- 
pose Hisely, M. R. XII, 244 > et comme l'a dît Gatschet, saint 
Louis étant mort en 1270 et canonisé en 1297, ni saint Lucius 
(Gatschet), les formes Donne, Donna indiquent qu'il s'agit d'une 
sainte. Quant à Studer, il le dérive, sans sourciller, « de Jean- 
Philippe Loys de Villardin, » qui vivait en i652 I Pour Damvaiit 
et Damphreux, voir ces mots. 

Dôme, nom de quelques montagnes : le Dôme du Goûter, le 
Do m des Mischabcl ; du celte douma, sommité. Holder. duma. 

Dominge, Champ — à 01 Ion, Praz Domengeoz à Leysin, Bois 
Dominge à Villars-les-Moines ; Pré Dominge à Constantine; 
Praz Domingeoz à Vuadens et Gutrevy ; Praz Dominjoz à Vaul- 
ruz. Champ de Menehe (pour Demenche) à Bex ; du latin domi^ 
nicuSy du seigneur = champ, pré, bois du seigneur. £n 1244 un 
pratum Domenge à Dullit. 

Donchire, m. à Rue, crêt à Dompierre, Frib. ; loc. à Chesalles- 
Moudon, Saint-Saphorin, Morges ; Donchires à Ferreyre et Ar- 
nex-Orbe, celle-ci en face de Sur-le-Château dont elle n'est sépa- 
rée que par la route ; Donchière, h. à Ursy, m. à Chavannes- 
les-Forts, Dontzire, ham. à Praz, Sarine ; en Donchère, champs 
à Bagnes. Point de forme ancienne de cette famille assez nom- 
breuse (10 loc.) ; de (terras) do minicar ias^ du bas latin domini- 
carius, syn. de dominicus, les terres du seigneur (comme jon- 
chière, jontzire, de juncaria). 

Donne, Clos — , m. à Ecoteaux, D. Oron = clos de la dame. 

Donroux, Clos — à Monthey, es prez Domprod, 1696; de 
domy dominus, seigneur, Rod, Rodolphe. 

Donzel, Champ — à Cronay = champ (du) donzel, de domi- 
cellus, du seigneur. 

Dorben, ham. sur Louèche, alpis de DorbiniSy 1260, Dorbons, 



t. 



DORGHAUX — DOUBS 137 

1267, DorbonÇy i3a2 ; identifié par erreur, par M. Gremaad, 
avec le Daubenhorn. DorbonSy 1217, Furrer, III, 55, DorbenSy 
1221, Dorbi, i25o. Dorbeyns, i25o, est aussi le nom ancien de 
Dorbain, vallon qui se creuse entre Chandolin de Savièse et la 
colline de la Soie ; peut-être faut-il y voir la racine celtique darbi^ 
espèce de pin ; voir Darbellaz. On peut en rapprocher le nom de 
Tôpbel près Viège, Dorbia^ iioo, puis TorbiOy Torbi, xiii« s., 
Torby^ et enfin Torbily i4i8, Tôrbil, 1439. 

Dorchaux, sommet à Ormont-dessous ; du celte dor, sommet ? 

Dorenaz, commune, D. Saint-Maurice, Dorone^ 848-853 ; d'a- 
près ce texte « desertum Alpinonis (Arbig-non) a flumine Aquams- 
soni (Avançon de Mordes) usque ad frontem Dorone^ » M. F. IV, 
356, Doronaz, 1768 ; Dorenaz, pâturage élevé à Château-d'Œx ; 
loc. à Randogne, D. Sierre ; sans doute même racine dor y som- 
mité. 

Dorigny, loc. près Lausanne. Les formes anciennes manquent, 
mais le suffixe indique un nom en iacum : Doriniacum, domaine 
d'un DoriniuSy dérivé de Tadj. Dorias, comme les Torigny de 
France de Taurinius. 

Dos, nom, fréquent dans le Jura bernois, de larges croupes : 
Dos Val, Dos le Cras (le Grêt), Dos le Bos, Genevez, Doinont, 
ham. de Soulce, etc. = dos du val, du crèt, du bois, du mont. 
Dozepce, fermes près Moutier = dos de l'Erse (forêt). C'est l'an- 
cien génitif français, sans préposition. M. le prof. Bonnard (in 
litt.) y voit « plutôt le môme mot que le français dès. Littré donne 
dos comme forme bourguignonne de dès. Or tous ces lieux sont 
dans le Jura bernois. > 

Douanne, D. Nidau, ail. Tivann, Tuana, ii^ij, Duana, ii85, 
F. B. I, 1228, 1252, Duariy i2i3, Tuanna^ 1225, i235, Tu- 
wannoy 1237, F. B. II, 2, Duanne, i255, 1274, etc. D'après 
Studer, de daana, douane, étymologie contredite par les formes 
primitives allemandes ; origine inconnue. 

Doubs, Dabis des auteurs latins, aussi Duba, Doua, Diwius, 
Davis ; d'après Zeuss et Holder, d'une racine celtique, vieux hi- 
bernien rfwé, noir, encre ; gaélique dubhy cambrien et armoricain 



138 DOUVE — DOY 

du (dou), noir ; rétymolof^ie de dubius, douteux, à eause de la di- 
rection incertaine de son cours, est une plaisanterie. 

Douve, et dim. Douvette, vallécules rocheuses à Château- 
d*Œx, loc. à Albeuye ; les Douves, bois à Versoix ; la Douvaz, 
Âigle, Villars-Burquin ; la Deuvaz à Orsières ; la Do va Blanche, 
g>lacier, vall. d'Hérens ; la Doge à Coppet et Tour-de-Peilz ; la 
Doza au Val Ferret (g-z) ; du bas latin dova, latin doga^ fr. 
douve j dépression du soH ; en allemand suisse daûbe^ d*où Dau- 
benhorny Daubensee à la Gemmi. Ce mot doga^ doha (Ducange) 
peut être aussi en partie Torig'ine du mot suivant Doy. 

Dovalles, pâturage à Neirivue, Fribourg ; diminutif pluriel de 
douve y combe, vallécule, avec suffixe aile comme Comballaz de 
combe, donc les petites combes ; le v. f. a le masc. dovaa (Gode- 
froy). 

Doy, Doye. 11 y avait à Genève une rue et une porte de la 
Doye, 1492» 6t une ordonnance de i5ag dit « on grillera les 
doges (égouts) pour la sûreté de la ville. » M. G. VU, 298. La 
Doy 9 Aigue-Doy à Bassins, la Doye, autre nom du Crrenier, bras 
de la Versoix qui passe à Coppet, Doyes, loc. aux sources du To- 
leure à Bière ; la Doiz, ancien nom (i3i2) de la DiaZy ruisseau 
de la Lance près Concise, la Doux, une des sources de TAreuse, 
Neuchâtel ; la Doa, ruisseaux à Courchapoix et à Courtetelle ; — 
peut-être es Doux, pâturage aux Ormonts ; — la Doye ou Doix, 
ham. de Vérossaz, où jaillit la source de la Rogneuse, la Dueg^ 
xviii^ s. ; les Fontaines de Douay, nombreuses sources jaillissant 
du rocher, alpes de Collonge, Valais ; Vers la Doy à Corbey- 
rier, en la Dœy à Bex ; la Douay, ham. d 'Orsières ; la Duî, alpe 
au Sanetsch, nombreuses et belles sources sortant d*une paroi de 
rochers ; probablement aussi £n la Dey, ham. d*Arconciel, Frib. 
Ces mots dérivent peut-être en partie de doga, voir plus haut ; la 
plupart du v. f. dois, s. m., doit, m. et f., doie, s. f., conduite 
d'eau, ruisseau, du latin ducere. 



* Une autre forme est les Donyes, couloir rocheux sur Port- Valais (par 
chulc du fç remplacé par y). 



DOZERCE — DRÔNE 139 

I>ozercey fermes à Moutier, Berne ; de Dos-Erse, dos de TErse, 
forêt voisine, voir ces mots. 

Umej ou Drassy, loc. à Saint-Prex, ancien village détruit ; 
oilla Draciana, 886, villa Draciaco^ 885, Drassie sans date 
▼ers i2i5, M. R. VI, 275, 289 = villa, ferme d*un Dracius, 

Drahen, torrent, affluent de la Sionne ; de draconem, drag-on 
(permutation c-A), à cause de son cours impétueux, aux crues su- 
bites. Holder et De Vit mentionnent un DrahonuSj affl. de la 
Moselle, aujourd'hui le Drohn, que Zeuss explique par fleuve épi- 
neux, c'est-à-dire entouré d'épines. 11 y a un autre Draco, au pied 
du Vésuve. Ce nom est fréquent : il y a 3 Dragpone, ruisseaux, 
et une Dragponata, dans le Tessin ; de même le Drac, rivière du 
Danphiné, jadis Drao. 

Draize, voir Delaise. 

Dranse ou Drance, Dranciy 972, nom de trois rivières du Va- 
lais et d'un ruisseau alpes de Finhaut ; comme la Dranse du Cha- 
blais, DruentiOf puis Drancia, même origine que la Durance de 
France, Druentia, de la racine celtique (ligurienne d'après Jubain- 
ville, druent, druant, rapide, violent = la rapide, la violente, 
d'où le subst. drun, torrent, rivière. 

Drapel, ham. sur Aig'le ; du v. f. drapel, petit drap, encore en 
usage au sens de lange, pris au fig. pour petite prairie au milieu 
des bois et des rochers. 

Drize, ruisseau C. de Genève ; même racine celtique que 
Dranse. 

Drognens, ham. de Siviriez et de Sorens, Frib., DroynenSy 
1755 = chez les descendants de Drogo, n. pr. germ. connu chez 
nous : un Drogo de Gossonay était un des témoins d'un acte de 
1142, M. H. XVIII, 6 ; un Drogo paraît en 906, M. R. VI, 97, 
etc. 

Dpône, de la racine celtique drun, torrent, rivière. Ce nom, dit 
A. de Rochas dans V Année géographique^ est si fréquent dans 
le centre et l'ouest de la France qu'il devient nom commun. Un 
enfant accompagnant un jour Onésime Reclus s'écriait à la vue 
d'une rivière : « Ah ! la belle dronne !» De là chez nous les noms de 



440 DRÔNE — DUDES 

Drône, village de Savièse, Valais, DraonOy ii« s., Drona^ 
1 189, près des g'orges de la Sionne ; 

Dronaire, alpe du val dllliez, très ravinée, parcourue par cinq 
ruisseaux, et aux Dronnaires, loc. à Ollon ; 

Dronaz^ Pointe de — , au Saint-Bernard ; cinq ou six ruisseaux 
en descendent ; enfin Durnant, afil. de la Dranse, Dronnant^ 
i346. 

Drousinaz ou Dreusonaz et Drausinaz. deux forêts sur Bex, 
et Drauzines, Drosina, i3i5, Dr usine, i464> pturages à Or- 
mont-dessous ; les Droges, pâturage à Lessoc, Gruyère ; de lall. 
droSf dim. drosslif romanche drossUy aune vert, aune nain, fré- 
quent dans ces localités où il forme de véritables taillis. Le Livre 
des Donations d'Hauterive parle d'autres localités de ce nom dans 
la Gruyère : on y trouve une alpe Drussina^ 11 34» Drusina ou 
Drosina^ ii46, 1198, Z)ro5y/ig au xiii® s., aujourd'hui es Ros- 
seyres. (De là, dans les Grisons, les nombreux noms en Dros, 
Drus, comme le Drusen thor, qu'on a voulu dériver de Drusus. 

Droutzaî, ham. Ormont-dessus ; Drotzu, pâturage à Char- 
mey ; Drotzî à Neirivue, Fribourg ; Druchet, mayens d'Isérables, 
Valais ; du patois droutze, droutsche, la patience des Alpes, Ru- 
mex alpinus, si fréquente près des chalets. Au Drotzé ou Dro- 
chet, m. à Noréaz, Frib. ; en Drochox à Payerne, Drachez à 
Fétigny ; peut-être d'une autre espèce de Rumex. 

Bruges, chalets à Lessoc ; du patois drudje^ drudjze, druge 
en Dauphiné = fumier ; aussi fertilité, abondance. Littré se de- 
mande si on pourrait le rattacher au celtique : kymri drivg, bas 
breton droug, en général ce qui sent mauvais, à cause de l'odeur. 

Comme l'oseille des Alpes croît dans les endroits où abonde le 
fumier, il est probable que droutsche vient de drudje. 

Drugex, ham. de Puidoux, Lavaux, Drugeg, i2i5. Peut-être 
de druge. Peut-être aussi du n. germain Drogo, latinisé en Dro- 
g us y DruguSy d'où fundum Drugiacum^ domaine de Drugus. 
Drogo est connu chez nous : par ex. Drogo de Gossonay, M. R. 
V, 2i3. 

Les Dudes, ferme et ancien château ruiné à Mont sur Rolle. 



DUET — DULIVE 141 

Castrum de Dudo, démantelé probablement en 1292 ; Es Dudes, 
loc. à Granges, Payerne. Du nom propre germain Dudo, Dodo, 
De là aussi le nom de Dûdîngen, en fr. Duens, 1228, i453, auj. 
Guin, près Fribourg. II y avait un Dodon de Vuibroye dans la 
seconde moitié du xii® s.; un autre à Saint-Cierges, 11 54. 

Duet, alpe d*Ayent, Valais, DueXf i4o8; probablement autre 
forme de Douay, Dui, voir Doy. 

Dugny (Dogny dans Lutz, aussi Dunier), ham. de Leytron, Va- 
lais, Dagnyepy 1824 ; comme les Dugny de France, de Dunia- 
cam (fundum) = domaine de Dunius (latin), du nom gaulois 
DunioSy homme ; irlandais duin. Un Dunius est nommé dans une 
inscription trovvée à Pierre-Pertuis. 

Duilicr, D. Rolle ou Duillîer, Cono de Duelliei et de Duellier, 
1 145, Duelliy 1 166, M. G. XIV, 6, 10, Dulli, DuUye ii54, Gart. 
Month., Duelli, 1224, Doliacum^ 1286, Duallie, 1286, Duilie^ 
1244, M. R. VI et XII, Dulliacum, i244> Duelie^ 1269, Duyllier 
vers i3oo, Duelie, i255, M. G. XIV, 34 = (praedium) Dullia- 
canif domaine d'un Dullius ou d'un DuiliuSy ce dernier gentilicc 
célèbre, le premier connu seulement par une inscription. 

Duin, ruine de château près Bex, Duig, 1208, Duigno, 1276, 
Duynghy 1280, Duing, xiv® s. D'après Gatschet, du v. h. ail. 
divingen, dompter ; correspondant des noms allemands Twing^ 
Zwingen ; pour Duig, voir Suen. 

Dullît ou Dully, D. Rolle, Delui, 1288, Deluz, 1288, Diluth^ 
Delut, 1243 et 1244» M. R. XII, Dului, 1284, G. de Dulucio, 
1827, de DuliciOy i385, Dulut (pu Dulict?), i4o2, Duliciuiriy i484» 
1499, etc. ; le terr. de Délais ^ dans un acte de vente de vigne 
dressé à Bursins, Brussins, 1271, pourrait encore ôtrc Dullit. Mot 
difficile à résoudre, il faudrait des formes antérieures au xiii* s. 
Dulicium paraît être une simple latinisation du nom romand. 
Peut-être est-ce comme Duilier, un dérivé de Dulliacum. 

Dulive, rivière près Rolle, Deluiva, 1272, DuluivUy 1280, Do- 
lioa, 1880 ; de Deluiy Dului, anciens noms de Dullit. (La nota- 
tion Duluy/ia, Delui^a, Dolina, M. R. III, 118 et 45o, et Rég. 
gen., 476, est une fausse lecture : n pour u-d). 



142 DURTNES — ECHàNOZ 

És DurineSy lieu-dit dans le marais de Martig'Bj ; dim. de dur, 
terres un peu dures soit moins molles que d'autres parties du marais. 

Dumant, voir Drône. 

Duzillet^ ferme de la plaine du Rhône à Ollon, ancienn. Dui- 
silletj carte Rovéréa, Douzillet à Sierre et Lens, Valais ; IkHize- 
liex, loc. aux Thioleyres, D. Oron ; de duzily douzily diminutif 
de duity à cause des canaux d'écoulement dont le domaine est 
coupé. Le Berry a aussi dousil^ s. m., petit canal. 

Dzennepi, voir Génépi. 

Au Ilzetiau, ou D'Zetiau, carte topog. vaudoise et atlas Sieg*- 
fried, loc. à Blonay près du Palud ; au Zettieux, marais à Fully ; 
au Gittioux, prés à Massongex et Saint-Maurice ; formes patoises 
correspondant au dzetai, s. m. du patois du Pays-d'Enhaut = 
margouillis, bourbier (Bridel), endroits marécageux ; dérive peut- 
être avec le suffixe patois iaux, ieux = oir, du verbe patois dzeti, 
bondir, cabrioler. 

Les Ecasseys, commune D. Glane, Frib., es EscacSy 1437, 
Dict. Dellion, X, 5o3. On peut en rapprocher les Ecasseyres, loc. 
à Démoret. Y aurait-il quelque parenté avec le verbe escasser, 
rompre, briser ? Ce nom rappelle celui d'une « terra que dicitur 
es cassinSj probablement à Crissier, 1227, M. R. VI, 226. 

Echallens^ Vaud, Charlens^ ii4i, Escharlens^ ^^11* ii84, 
Eschalleins, 1279, Echallens^ i3i5, M. R. XIV, Echalans^ 
i38i, Echallan, i4i4 ; voir Echarlens. 

Echandens, Vaud, Escannens, 855, M. R. VI, Eschagnens^ 
XI* s., Schandens^ ii64, M. G. IV, 78, Scanneins, ii65, Hid- 
ber, II, 2o5, Schannens, 1177, M. G. II, 89, Scandens^ 1182, 
Eschandens, ii84, Cart. Month., 43, Escanneins^ ^^^ly Eschan- 
deins, i238, Eschangneins, 1288, M. R. VI, 659, Eschannens, 
1291, M. R. V, EschanenSj i453 = chez les descendants de 
Scôni (le beau), n. pr. germain. 

Ek;hanoz, maisons à Château-d'Œx ; probablement pour es 
ChanoZy aux Ghônes. Il y a encore une localité, le Chêne, à Châ- 
teau-d'Œx. 



éCHARLENS — ÉCHONO 143 

• 

Echariens, Fribourgp (patois Tserlin), Escarlingus villa. 855, 
M. R. VI, 201, ScarlenSy ii45, M. F. II, 240, Escharleins, 
isa5, M. R. VI, 211, EschallenSy 1228, comme Echallens, Vaud 
= chez les descendants de Scarilo, n. pr. germain. 

Aux Ëchaux à Plan-les-Ouates et à Gingîns, en Echanx à 
Bressaucourt, en Proz d'Echaux à Vîonnaz, en la Chaud, 1 728 ; 
soudure de Tarticle pour es Chaux; de calmas, aux champs. 

L'Echepche, le Ghâble de — à Vionnaz, les Echerches à Vou- 
vrj, l'Echcrchetaz à Vérossaz, TEcherchettaz, Etzertzetcs, pâ- 
turage à Dorenaz, TEtzertze do la Maraitze (du marais) passage 
de Van à Salanfe, alpes de Salvan. M. Gross, de Salvan, définit 
ce dernier mot « escaliers naturels dans le roc. » Si cette définition 
est juste, il faut rattacher à ces mots toute la famille de Cherche, 
p. 84, et chercher Tétymologie dans le patois etzerissi, déchirer, 
etzerissa, s. f., déchirure, etzér'ssa avec chute du i est bien près 
d*etzertze, qui désignerait ainsi des endroits où le rocher est en- 
taillé, découpé ; TEsserche d'Aigle, limite de Leysin, présente une 
double série de degrés dans le roc. 

Echerin ou Escherin, ham. sur Lutry = chez les descendants 
de Eschariy n. pr. germain ; de Scich et hari, guerrier. 

Les Eehossettes, chaîne de rochers découpés à TE. du val Per- 
ret, Valais ; permutation ch-ss et soudure de es, es Essettes ; voir 
ce mol. 

Eehîehens, Vaud, Chichens, ii3i,M. G. II, 27, Echichen, 
1 177, Eschicheins et EschichinSy 1288, M. R. I, 186 et VI, 3i8 ; 
le môme que 

Echîens ou Esehiens, Fribourg, EschienSj i245, Echichens, 
1274, M. R. XII, 71 et 290 = chez les descendants de Scich ou 
Scihy n. pr. germain. 

Echille, Echilly, voir Chiile. 

Echine, chalet, alpes de Rossinière, sur une arête de la mon- 
tagne ; du fr. échine, arête du dos, v. h. ail. skina, piquant, pa- 
rent du celte chein, dos. 

Echono, partie du village de Montricher, Chosno, 1202, M. R. 



144 ÉGLAGNENS — ÉGORGHERESSES 

VI, i38, EschonoZy 1228, Eschenoz, xiii« s. ; probablement pour 
es ChesnoZy aux Chênes. 

Eclagnens, D. Echallens, ClaignenSy 121g, M. R. III, K90, 
Clanens, 1266, Claniens et ClagnenSy 1285, M. R. XIV, et 
Glagnens, loc. à BretignjHsur-Morrens = chez les descendants de 
Clano, n. pr. germain, dont Fôrstmann, 3 18, donne le composé 
Clanaheri (hari, heri, guerrier). 

L*Eclataz, nom des champs au-dessous de Mayen de Vionnaz, 
exempts de la dime, nom attribué à une prouesse à la fronde d*un 
J. Muriaux ; « campis in fine de Mayin de leclattaux,,, ab omni 
décima liberis, » i558, Eclattaiix, i638, Eclatoz, 1723. 

Edépens^ SclepedinguSy 8i5, M. R. VI, 240, IsclapadeneSy 
loii, SclepenSf ii47> Gart. Month., Esclepens, 1174, 1278, 
1453, EsclepanSy 1286, M. R. XIV, Esclapeins, i325, Matile ; 
d'après Gatschet : chez les descendants de Scaptwalt (le faucon- 
nier), n. pr. germain. 

' L'Ecofferie, écart du Chenit, vient d'une ancienne tannerie ; 
bas latin escofferia, magasin de cuir. 

Ecogia, ham. près Versoix, Eccogia au cadastre, villa que di- 
citur Adesgogia (ad Esgogia), 1022, Rég. gen., n^ 166. 

Les Econduits, i® pâturage, alpes de Vollège ; 2® loc. aux 
Bayards, Neuchâtel ; du subst. v. f. éconduity du v. éconduire, 
conduire hors = pâturage avec des canaux d'écoulement, comme 
ailleurs le Duziilet, les Bévières ; — 3» arête au fond du val Fer- 
ret, ofiFrant plusieurs échancrures où Ton peut passer sur le ver- 
sant italien. 

Ecône, grande ferme près Riddes, dite aussi Icône, Ek*onna, 
Eeonaz, Escorta^ i32o, Esqainia en i3o2, quand P. de la Tour 
la vendit au Saint-Bernard = (villa) Esquinia, ferme à'Esqui^ 
nias, n. pr. romain. Icogne (ou Econe) près Lens, Ucogniez et 
Ucogni, i234, Ucogny, 1260, i365, 1377, Hucogny, i339, Hu" 
congny, i394, a probablement la môme origine. On pourrait 
peut-être y rattacher aussi Equennaz, loc. à Grimisuat. 

Les Ecorcherosses, ham. de Souboz, D. Moutier, Berne ; sans 
doute la même étymologie que rEcortchau, loc. au pied du Mo- 



ÉCORNE — JÉCUVILLENS 145 

iésoD, Gruyère = Técorchoir, lieu où Ton a jadis abattu ou écor- 
•ché du bétail ; voir la légende de Djan dé la Bolliéta, ou « In 
Tsoatzo vé Tremetta, » £tr. frib., 1886. 

Ecorne, ham. d'Evionnaz, Valais, aiosi écrit par la carte Du- 
four, pour es Cornes. 

Les Eeots^ bois à Corbeyrier sur des rochers ébouleux, et prés 
au-dessous ; Praz TEscot à Roche, même situation sous les ro- 
chers de la Sarse ; participe subst. du v. fr. escorre ou escoarrey 
faire tomber^ renverser. 

EcoUeaux ou Ecoteaux, D. Oron, Escotals, ii35, S cotais, 
f 157, Costely xii« s., Escotaus, i233, M. R. XII, Escotaz, i25i, 
Wûrstbg. ; ham. de Martignj-Bourg ; loc. à Saxon et à Ruejres, 
Yaud ; les EcotUs à Vouvry ; Escottaly à Fey ; de ès^ dans, sur, 
et coteaux, v. f. costely dim. de costa^ côte. 

Ecoulayes, glacier, vallée d'Hérémence, Valais ; Ecoulis, tor- 
rent des —y Entremont, les Ecoulaz, ham. de Chavannes-les- 
Forts ; loc. à Promasens, Saint-Saphorin, Vufflens-le-Ghâteau ; du 
▼erbe écouler. 

Les Ecovets, plateau boisé sur Ollon ; les Ecovettes, ham. de 
Porthaux, Frib. ; EkM)vayé8, pâturage à Pâquier ; formés des suf- 
fixes collectifs et^ aye et du v. f. escoive,s. fr., buisson, touffe de 
ronces, dérivé du latin scopa, balai = lieux buissonneux ou cou- 
verts de ronces. 

Lflcualaz, pâturage, Ormont-dessous ; de écuelle, à cause de sa 
position enfoncée en hémicycle entre le Mont d*Or et le Gros Van ; 
TEcuellaz à Anzeindaz ; Ecuellettes à Gland, les Ecouellottes à 
Renan, D. Courrelary, TEcualettaz à l'Etivaz, dim. 

Ecublens, i® Vaud, Scubilingis, 964, M. R. VI, Escublens^ 
iil\2y ScublenSy ii47, 1162, Gart. Month., et 1180, M. R. I, 
^o2y Scubleins, 1220, EscublenSy 1228, M. R. XXIX et VI; 
^^ commune G. Fribourg, Escublans, 1220, F. R. II, 22, 74, 
Escubleins, 1226, Escublens, 11 80, i4o3 = chez les descendants 
de Scubilo, n. pr. germain. 

Ecuvillens, Fribourg, ScaviUens^ ii43, 1162, EscuvilienSy 
1 182, M. F. III, 66, IV, 99, EscubillienSy i4oi, Arch. Schw. G. 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 10 



146 ÉGASSE — EISGHOLL 

XIII, Escuvillens, i453, etc. z= chez les descendants de Scubikily 
n. pr. g'ermain (d'après M. Stadelmann). 

L'Egasse, Plan —, pâturag-e à Saint-Imier ; peut-être aigpue, 
eau, et suffixe augm. asse. 

A TE^az, loc. à Chardonne; probablement à TAigue, eau. 

L'Eglaise, Plan de — (^1 mouillé), m. dans les bois à Saint- 
Livres, D. Aubonne ; voir Glaise. 

Eglepy, loc. à Saint-Biaise, Neuchàtel = es G 1er y, aux gla- 
riers ; voir Glarey. 

Les E^ras, ham. d*Ursy, D. Glane, au pied d'une forte mon- 
tée ; le Pont d'E^ras sur Roche ; les E^ras^ alpe de Charmey ; 
Combe des Egraz à Vallorbe ; du patois égras = es gras, aux 
degrés, à Tescalier, latin gradus, romanche gra, 

Ehalaz, loc. à Ayent, Valais, permutation c-h, voir Hombes 
= écalay du latin scala, vignes disposées en gradins. 

A TEhochour, loc. à Lens, Valais = à Técorchoir, à l'abat- 
toir; autre forme du v. f. escorchioux (c-h) ; l'Ecortcia ou 
Ecorsia, Ëcossia, petit hameau de Granges, Valais, même sens. 

Ehornettes, rochers prés du Rawyl, alpes de Lens ; soudure 
de l'article = es Cornettes^ permutation c-A spéciale à cette ré- 
gion ; voir Hombes. 

Eischoll, D. Rarogne, Valais, OselZy 1200, Oiselz^ 1260, Oy- 
sez, 1267, Oysel, 1286, 1807, Oysol, i336. Dans le Necr. Sion, 
une Laureta de Castellun dédit ij cens apud Ausel, sans date, 
probablement antérieur au xiiPs., Eysoll^ i4i8, Œysel, i4A4r 
Eysely i534, encore en patois Ëisel. Du celtique : gallois uxellOy 
cambrien achel, hibernien uasaly haut, escarpé. Zeuss traduit 
Ouxellodunum, oppidum (dunum) in prserupto monte (uxello). 
Notre Oysel, Osel est donc un lieu « escarpé », ce qui convient on 
ne peut mieux à la position d'Ëischoll au bord d'un plateau domi- 
nant de 600 m. la vallée. Un Mont Oysel, Oisely Oisels ou Oisez 
est aussi limite des possessions d'Oujon au xii® s., M. R. XII, 2, 
5, 72. C'est sans doute aujourd'hui le Montoîsey, 167 1 m.', au- 
dessous de Gex. La localité Montoiseau à Crans, au bord d'un 
ravin en pente rapide, pourrait être aussi un Mont Oisel, enfin 



EISON — ES EMPTOZ 147 

Oschell, pâturage près Belleg'arde, Fribourg, en i5o4 (pratum 
Dossely d'Ossel^ ii38, ii43, ii46, Hidber, I^ II ?) a la même ori- 
gine. 

Eison, ham. de Saint-Martin, Hérens, Valais, Eson, 1224^ Ey^ 
son, 1807. 

Eissy, voir Ejssy. 

Elay, D. Moutier, ail. Seehof, d'après lallemand de es, dans, 
et lat/y lac. 

Ely, Bois d' — , faussement aussi Bois des Lys, grand domaine, 
jadis seigneurial, à Crassier ; probablement pour es Lyes : aux 
forêts, le mot Bois ayant été ajouté quand on eut perdu la signifi- 
cation du mot principal ; voir Lajaz. 

Enabassu, ham. et gorge où s*écoulent les eaux à Renan, Jura 
bernois, autre forme d'Ëmposieux; rEmbouchoz en i5i7 était le 
nom des entonnoirs de TOrbe à Bonport, en patois les imbou- 
chaux ; de en et bouche. 

Les Elmbreux, pâturages à Lajoux et aux Genevez, Jura ber- 
nois ; de en et breuXy autre forme de breuil, voir ce mot. 

Les Embrouches, loc. à Jussy, Genève; lieu où abondent 
(abondaient) les myrtilles ou embroches, patois embrolze^ eim," 
broize, ambresailleSy etc., origine inconnue. 

Aux Emenaux, loc. Ormont-dessus, Eminaux, 1824» aussi 
Eminods ; « de lancien prénom Aymonod, petit Aymon, » d'a- 
près M. Isabel. 

L'Emeri, Forêt de — à Gourfaivre, D. Delémont. Sans doute 
fausse orth. ; non loin de là on trouve, à Undervelier, la Côte de 
l'Aimerie. 

Elmosson, pâturage, en partie marécageux, de Finhaut, Valais, 
alpem de Musson, 1807, M. G. XIV ; de mosse, ail. moos, ma- 
rais. 

Emposieux, ham. de Travers, loc. aux Ponts, à Lignières, etc. 
nom générique des entonnoirs où s'engouffrent les eaux dans le 
Jura bernois et neuchâtelois. D'après Littré, de en et le provençal 
potz, puits. De in et puteolis, dim. de pute us ^ puits. 

Es Emptoz^ loc. à Blonay ; voir Entes. 



148 ENCISE — ENNEY 

Encise, plaine — , loc. à Avenches ; du latin incisa, entaillée, 
comme Pierre-Encise, à Lyon. 

Ekicoumailloux, voir Déquemanliau. 

Encrenaz, sommet à Or mont-dessous, Ancrenaz, alpes de Bex, 
Increna, Val d'IUiez ; de in et crenay entaille = arête dentelée ; 
rEncrenettaZy m. à Riez, Lavaux, dim. 

Les Enfers, D. Franches-Montages, Berne, dans une plaine 
profondément enfoncée ; de inferos, lieu bas ; la Combe d'En- 
fer, vig-nes de Fully , doit par contre son nom à la chaleur intense 
qui y règ'ne en été. 

Enges, NeuchAtel, Einge vers laao, Enge, iai3, Enjo, i235, 
Enge, i373, Matile. C'est sans doute lalleu nommé ^m^u qu'Ul- 
rich de Neuchâtel obtint par jugement arbitral du couvent de 
Frienisberg en i i8a, Matile, I, p. 26. Le suffixe ingn indique net- 
tement la dérivation d'un nom germanique. 

Engollon, Neuchâtel, Engoloriy ii43, Engolan, laaS, Ange- 
loriy 1374» l'Engollieu, loc. à Montmollin, l'Angolliau, loc. à 
Bettens, Vaud ; l'Angola! à Lajoux, Jura bernois ; l'Engouloir, 
source à Gimel, Engoliau à Gilly, Engoliour, ia65. EngolUeu 
est un n. commun dans les vallées aeuchâteloises pour désigner 
les entonnoirs naturels où se perdent les eaux. Engollon a sans 
doute le même sens. Au xvii* s, , un mot engoulloir désignait à 
Neuchâtel une bouche d'égout ; de en et gola, gula^ gueule. 

Enjalin, loc. à Ecublens, Vaud ; probablement : en Jalin, pa- 
tois djalein, dzalin = le givre, le g^l ; lieu exposé aux gelées 
blanches du printemps et de l'automne. 

Ennaz, Grande et Petite — , pâturages d'Arzier, D. Nyon, écrit 
aussi Aine ; le même que aine, s. f., de inguem; ce mot peut dé- 
sig-ner au fig'uré ces deux pâturages situés chacun dans d'étroites 
combes, fort resserrées. 

Enney ou Henney, D. Gruyère, Eizy 1224, Cari. Month., 
HegZy 1254, 1494, EgSj i388, i5i4, Hayes, i535. En Heyz^ 
i548, enfin Heney, i555. h^ Hesi àe 1267, Cart. Haut-Crôt, M. 
R. XII, 285, est probablement la même localité. D'après Hisely, 
de En Ëys, dans l'Ile, nom qui serait peu justifié. Heyz viendrait- 



ENNIEZ — EPfVY 149 

îlda V. h. ail. hei, enclos, de heien, enclore? Il correspondrait 
au Clos, si nombreux dans nos Alpes ; à examiner. 

D'après Zimmerli, Enney s'appellerait en ail. Zum Schnee, qui serait 
iM traduction de en nei, dans la neige ; ce nom allemand a été fait évi- 
demment sur les formes modernes, postérieures au xvie s. 

Eoniez, loc. à Bussignj, D. Morges ; voir Henniez. 

Ensex ou Ëncex, pâturag^e d'Ollon = en Sex, in Saœo, dans le 

rocher ; en 1291, Escez = es Sex, dans les rochers. 

Ensier, loc. à Monthej, dans les rochers des fiporg'es de la 

Mèze (Eusier par faute de gravure atlas Siegfried ^005)» vers En 

Siez, 1696 = dans les rochers ; cette diphtongaison Siez pour 

Sex, du latin saœum, se retrouve ailleurs : dessus le Siaix à Vey- 

taux. 

Enson, alpe sur Vernamiège, Valais, Pi/a Enson^ iSSg ; Proz 

dïnson à FuUj ; Enson le Bémont à Saignelégier, Enson la 

Pin à Saint-Braix, Enson la Jeux, à Roche d'Or, les trois Jura 

bernois ; du v. fr. en som^ au sommet. Pour Pya, voir ce mot. 

Boonenson à Bex : les bonnes (terres) du sommet. 

Les Entes à Bursins, Crêt des Entes, Bretonnières, es Entos, 

Entoz, Pont-la-Ville, Lignerolles, Pampigny, Etagnières ; à TEn- 

toz à Yens, Mont-la- Ville, es Entoz à Suchy, i5i2, es Antoz à 

Massonnens, Fribourg, et Conthey, aux Entes, es Elntoz à Choëx, 

Monthey, A nies, 1696. La localité es Emptoz à Blonay nous 

donne l'origine probable, du latin empias, acheté = (fundos) 

emptos, fonds, terres achetées. 

Notons toutefois que M. le prof. Bonnard (in litt.) n'admet pas que ce 
soit une preuve : « On écrit parfois p devant t sans raison ; ainsi domp- 
ter, de domitare, qui n'a pas de p. » 

Envelier, D. Delémont = in villare, dans le village. 

Envuardes ou Invuardes, ham. de Payerne, en Wardes, 1278, 
JM. R. VI, 809 ; de en et Vaardes, du patois vuardâ, garder, v. 
h. ail. wartan. 

Envy, D. Orbe, Envi^ 12 16, Envy, i359 ; du latin in via, sur 
la route. — M. de Gharrière traduit in viis, au carrefour de deux 
chemins, ce qui nous paraît moins conforme à Torthographe. 



450 EPAGNIER — EPENDES 

Epagnier, ^euchàie], Espag nie, ii63y 1208, Ispaniei, Espa- 
niei vers 1180, Donat. Haut., Arch. Fr. VI, Espagniez^ Hispa- 
nie, 1192, Espagniacuniy 1201. — Epagny, D. Gruyère, Espa- 
gniePy iii5, Espagnie, 1196, Epange, 1278, etc. ; de (fundum) 
Hispaniacum, domaine d'un Hispanius, gcentilice romain. 

Les Epagnier du Livre des Douai. Hauterive se rapportent à Epagnier, 
Neuchâtel^ et non à Epagny, comme le fait par inadvertance M. Stadel- 
mann, p. 27. Il est question à plusieurs reprises de vignes dans la loca- 
lité ; or nous ne pensons pas qu'il y ait jamais eu de vignes dans la 
Gruyère. 

Epalinges, D. Lausanne, Spanengis, 1182, Espaningium, 
1224, EspalinfOy Espalingio, i233, M. R. VI et VII, Espallin" 
gieZy XIV* s. = chez les descendants de Spalo, n. pr. germain. 

Epantaires, loc. à Boussens, D. Cossonay, pour es Pantaires 
ou Panthaires, barrières, portes à claire-voie d'un terrain clos ; 
voir Penthéréaz. 

Epautheires ou Epautaires, ham. d'Essertines, D. Echallens, 
Spelterias en 885, 888 ; loc. à Bercher = champs d'épeautre, la- 
tin speltUy céréale cultivée par les populations germaines. 

Epauvillers, Jura bernois, Villare, 1189, Epavillers, 1179, 
Hidber, II ; pourrait être le village de Spalo, n. pr. germain. 

Epeisses, ham. Genève, Espessi, 1220, M. G. IV, 28, Espegs- 
sie, Rég. gen., Espeissg, xiv® s. ; — loc. à Ollon ; — Epessos à 
Lavaux, Espesses, 1166, Spesses, 1228, Espesses, i453 ; — m. à 
Puidoux ; Episses, loc. à Leytron, ,Valais ; es Epessoux ou 
Epessons, m. à Echarlens et à Vuippens, diminutif ; du v. fr. es- 
poisse, espesse, fourré, du latin spissa, 

Epelouies, Epeluves, voir Pelouyes. 

Ependes, Vaud, Spinles, 11 54, Espinnes, 1160, 1174* Espin- 
des, 12 16, Espignes, 1227, Spinnes, i25i ; — 20 Fribourg, 
Spindis, ii42, ii47, M. F. II, 220, 2QS, Espindes, ii63,Matile, 
IspindeSy Espinnes, 1174, Espindis, 1180, Pindes, 1198, M. F. 
III, 69, Espindes, 1228, M. R. VI, Spindes, 1261, F. B. II, 343, 
Espines, Espignes, i354, Matile, Spins, i356, Jahrb. Schw. 
Gesch. II, 237 et i449 > ^^ \bX\ïï spinas, épines. 



EPENEY — . ERDES 151 

Epeney, Villars — , Yverdod, et les divers hameaux Epenex à 
Crissier, Ecablens, et 3 ham. Fribourg, Epenay, Ecublens, Es- 
penaiy ia3i ; Espigny à Ollon, Epenis» Monthej, Espeniz, 
1281 ; Epenets, Aile, D. Porreptruj ; du latin spinetum^ fourré 
d'épines. Epinassey à Saint-Maurice, Valais, Silvam Spinaceti 
vers 85o, Spinacetunij 1214» Espinassex, 1268, Espinassetum^ 
1281, augmentatif. A la même racine, mais dérivés directement 
du français, se rattachent les nombreux TEpenaz, les Epinettes, 
Montprevejres, Epenattes, Fabj, D. Porrentruy, Epenaux à Lo- 
naj, Epenoud à Commug'nj, Epignat à Evionnaz, Epignaz, 
1760, Penau, ham. du Mont sur Lausanne, EspinouXy i34o, Es^ 
pinaaZy i47^> qui s'est décomposé en es Pénaux ^ puis Penau. 

Epetex, Es — , prés à Saint-Maurice et à Colombey, ceux-ci 
aussi es Paquais. Cette dernière forme montre Torig'ine : corrup- 
tion de es Patais pour Paquais, permutation valaisanne q-t. 

Les Epiquerez, comm. D. Franches-Montagcnes, est formé de 
es Piquerez ; on dit aussi et mieux Les Piquerez ; peut-être n. pr. 

Eplatures, ham. Chaux-de-Fonds, et TEplature, loc. aux Pom- 
merats ; de es et platureSy terrains plats. 

Epoaisats ou Epoisat, voir Posât. 

Erbio ou Erbioz, ham. de Nax, Valais, très probablement le 
Elbio de Petrus de Elbio, 1224, M. R. XXIX, 244 ; sans doute 
autre forme de la racine a/6, blanc, devenu erby comme dans Er- 
bivue, Erbogne, synonymes de Albeuve, Albone, à cause de la 
teinte blanche du terrain gypseux où il est situé. 

Epbîvue, ruisseau près Montbarry, Gruyère, et autre forme du 
ruisseau d'Albeuve, Gruyère = alba aqua, eau blanche. 

Erbogne ou Arbogne, rivière et ham. D. Broyé, Fribourg", 
forme parallèle de Albona, Aubonne ; du celte a/6, blanc, et ona, 
cours d'eau. 

Erdes, village de Conthey, Valais, Erdes, 1208, i255, Herdes, 
I2i4, 1239, 1275, i446. C'est aussi un lieu-dit à Granges, Valais. 
Peut-être l'adjectif v. f . verdy verde ; le patois de plusieurs vil- 
lages de la contrée supprime souvent le v initial atsey ein (Ayent), 
entro (Savièse), etc. Le village est au milieu de vertes prairies. 



152 ER6ISCH — ERSE 

Ergisch, D. Louèche, Valais, Argessa ii fois iioo-i4oo, Or- 
gissOy 1279 ; peutrétre de la racine celtique argo, brillant, clair, 
à cause de sa situation sur un plateau bien ensoleillé. 

Erguel, ancien château ruiné, vall. de Saint-Imier, fondé au 
ix^ s. par la famille d'Arguel, près Besançon ; probablement 
même racine argo. 

Aux Erines, pâturages et fauchage à Gryon, en patois aux 
jErnets (Isabel) = probablement A renets , soit dim. d'areiriy 
avalanche poudreuse, endroit où descendent de petites avalanches 
poudreuses. 

Emayaz, loc. à Hérémence = Vernayaz, apocope du v ; dans 
certains patois du centre du canton on supprime le v initial (v)ein,. 
(v)atse, etc. 

Erpllles, pâturage de Rougemont ; autre forme d'Arpille, du 
latin alpicula^ petite alpe. 

Les Erres, écart de Cottens, Frib., entre les chemins de Lenti- 
gny, de Lovens et d'Onnens ; du v. fr. erre^ du latin iteCy au sens 
de chemin = les chemins. 

Errouvenaz, Errouvenoux, 3 loc. G. Frib., pour es Rouve- 
naz, etc., voir Ruvines. 

Erschmatt, D. de Louèche, Valais, HuerSy 1209, 1242, 1267,. 
1828, Uyers et Uiers^ 1260, Hoers, i357, i38o, Hugrs, i4oo, 
HoerSj i453. A cette époque l'allemand s'est établi dans la con- 
trée et le nom s'est modifié par l'addition du mot germanique 
mattf prairie. Quant à Huers, c'est sans doute une forme plurielle 
de huerty jardin, en patois du Dauphiné, uert en romanche, du 
latin hortus. 

L'Erse (ou Ersse), forêt à Monthej ; les Erses, pâturage à Con- 
cise, Jura ; l'Herse ou Lerse, montagne à Evionnaz ; les Her- 
sa ttes, forêt à Pierrefitte, Jura, suffixe dim. jurassien atte^ elle ; 
paraît être un participe pris substantivement du verbe v. ir.herdrey 
erdre, aerdre, s'accrocher ; il désigne des forêts rapides, comme 
accrochées au rocher, — ce qui est le cas pour les localités valai- 
saunes I — par une figure comme cille de la Grappe, Greppon. 
De la même racine, les moulins de l'Elrs, faussement écrit Lers,. 



BRTETS — ESSEIN6ES 153 

suspendus aux parois des gorg'es de la Liène près Lens, Valais^ 
et les chalets de Ders pour d*Ers, pâturage dans le vallon précî pi- 
teux de la Derzence^ affl. de la Liène. 

ErletSy pÂturafjçe à Ormont-dessus, frontière bernoise, Yretes 
dans les délimitations de froalière avec le Châtelet en i44i et 
1474 • Cette forme primitive rappelle sing'ulièrement Tirette, val- 
lée de la Lizerne = petite aire, petit plateau dans la montag'ne. 

Esbons, écart d'Aubonne, Bonez, i235, M. G. XV, 7 ; d après 
cette ancienne forme = es Bonnes (terres) ; voir cependant Bon. 

Escalaz, vignes à Grang'es, Valais ; du latin scala, provençal 
escala, vignes en pente rapide s'élevant par degrés. Ehalaz à 
Ayent, le même mot h = c. 

Eschert, ail. EscherZy D. Moutier, Berne, Escert, 1179 = Es- 
sert, permutation jurassienne ss-ch comme sire-chire ; une vigne à 
VEschertel, 1179, à Nugerol (Landeron). 

EschienSy voir Echichens. 

Eslex ou Es Loëx ou Eley, ham. de Lavej, entre les parois de 
rochers qui descendent au Rhône, la Lex^ i5o4y Furrer^ III ; Es- 
tez, loc. à Evionnaz ; de ès^ dans, et leiy rocher ; voir Lex. 

L'Esparse, ruisseau à Payerne ; participe adjectif esparSy du 
y. fr. espardrey répandre, disperser : ruisseau qui verse ses eaux, 
qui déborde. 

Esseinges ou Essinges, ham. de Surpierre, Frib.^ Essences, 
1278 ; ham. de Léchelles et de Gumefens, m. à Seigneux ; Mon- 
tessingeoz à Attalens ; probablement = chez les descendants de 
EssOy variante de AzzOy EzzOy n. pr. germain. Fôrstm., p. 191 ; 
mais à côté de ces hameaux, on trouve un grand nombre de lieux- 
dits, non habités, qui paraissent avoir une autre origine : en Es- 
singe à Mézières, Frib., loc. à Chénens, Praratoud, Frib. ; à 
Payerne, les deux Gombremont, Thierrens, Baulmes, Arnex, 
Vaud ; Essanges à Moiry, Essenges à Penthéréaz ; au xii« s. , 
Donat. Haut, passim, une loc. territoire de Lussy, in Lassingi, 
Essengia, Essingia, et à VEssangia à Praroman. Une charte de 
1217, M. F. II, io5, parle de la décima de Lessengi de Lusera- 
bloz, sive de Naiz. Celles-ci nous paraissent être le subst. verbal 



154 ESPBRSIERS — ESSBTTES 

du verbe v. fr. essengier^ rouir : endroits où Ton fait rouir le chan- 
vre. Peut-être faut-il y rattacher une partie des^noms précédents. 

Les Espersiers, écart de Gorsier, Vevey ; peut-être du verbe v. 
fr. esperdre, anc. part, espers dont nous avons gardé le part, mo- 
derne éperdu = maisons écartées, comme perdues. 

Esparsillier, loc. à Ëtoj ; paraît être de la famille du verbe v. 
fr. espardrCy part, espars^ éparpillé. 

Les Essapenx, loc. D. Porrentruy ; article agglutiné pour es 
Sapeux, celui-ci formé de la racine sap^ sapin, et du suffixe dimi- 
nutif eux = eolum, iolum = aux petits sapins. 

Esserdilles, ham. des Bois, Jura bernois ; dim. de 

Essert, en France essart, eyssart, issarty du bas latin exsar- 
tum, terre défrichée. Nom de 3 com. Vaud, 2 Frib. et de centaines 
de hameaux et lieux-dits. Anciennes formes : Essert-sous-Champ- 
veni, Exertas vers 1096, Essert-Pittet, ^x«r/«5, iioo, Issert, 
val Ferret, Valais, Exert, 1228. De là aussi Essertes, Sortis, 
ii54 et 1162, M. G. IV, 77, Exertis, iiSoy Essertes, 1271 ; Es- 
sertines, D. Rolle, 1228, M. R. VI, Exertines, i344»^sertio à 
Aile, D. Porrentruy, fausse orth. pour Essertiau, Essertons, di- 
min., nombreuses loc. ; Elssertoux à Chardonne (permutation 
ons-oux), Essertze, alpe de Rougemont, Esserze, alpe d'Héré- 
mence, Valais, Echerté ou Echertes, loc. à Luc, ELssertex à Vé- 
rossaz, Valais. Composés : Exergillod, ham. d'Ollon, pour Ës- 
sert-Gillod, n. pr. ; Exertimont aux Ormonts, en Exermon, 
1882 ; Essert-Fallon, ham. d'Epiquerez, Jura bernois, de Fallon, 
n. pr. : en 1847 vivait un Jean Falum à Ocourt. Aux Nesserts à 
Fleurier et les Nesserts à Courroux : n agglutiné de la liaison 
En-Essert. Gertoux, ham. de Perly, Genève, Sartoux vers i537 
(Duval, Ternier et Saint-Julien, p. 90) ; dérivé de sarter, défri- 
cher, syn. d 'Essertons, avec permutation ons-oux comme dans 
Essertoux. 

Les Essettes, chaîne de rochers dentelés près du glacier de Sa- 
leina ; les Essets, alpes de Bex ; les Echessettes (ch-ss) au val 
Ferret, dim. correspondant à aisselle ; du latin axilla, avec le 
sens d'échancrure, d'angle ; allusion aux dentelures en scie des 



ESTAVANNENS — ESTEVËNENS 155 

rochers, par la même fig-ure qui fait dire Taisselle des feuilles 
pour rang'le ai|;i;ii entre la feuille et la tig-e. 

Estavannens, D. Gruyère, Frib., EstaoanenSy 1281, Exiave^ 
nenSy i453 = chez les descendants d'un Germain au nom indé- 
terminé Stabatin, Stabadin ? (Stadelmann.) 

Eslavayep-le-Lac, Stavaiel^ ii58, 1162, M. F. III, Stavail^ 
Siavaia^ ï'77> F. B. I, Estavay^ ii84, Estavail, 1224» *S'/a- 
violoy 1225, M. R. I, 208, Stavayay 1244* Estavayacum, 1265, 
Stavaffy i3oo, F. B. II, Staviacum dans les chartes du xv® s. — 
Estavayer-le-Gibloux, Stavael, ii42> Gart. Month., Staviolum 
sub Jublory 1227, Estavaiel-li vila^ 1228, etc. Le suffixe acum 
n'est qu'une graphie de chartiste et ces deux localités doivent être 
exclues des noms en acum. Gatschet dérive Ëstavajer, ail. Stâffis, 
patois Tavaf, du bas latin stadivurriy ail. stad^ staad, lieu de dé- 
barquement ; mais si cela est bon pour la ville, cela ne convient 
^ère pour le village du Gibloux. Ensuite cela ne tient pas compte 
des anciennes formes ci-dessus. Nous pensons nous approcher da- 
vantage de la vérité en rattachant ce nom au v. h. ail. staffal^ 
aujourd'hui staffel^ station, étape, surtout des troupeaux s'élevant 
à la montagne. M. le prof. Bonnard nous objecte (in litt.) que le 
f de staff ne s'est pas changé en v dans les mots romands. C'est 
vrai pour les mots introduits récemment, qui ne remontent pas au 
delà du xvi® s., tandis que ceux-ci ont passé dans le romand au 
xii« et sans doute avant . 

Dans le Cart. Haut^Crêt, M. R. XII, p. 198^ on trouve la mention d'un 
Oererdus apud villam cujus nomen est ThasvaeL Au Répertoire, p. 256, 
M. Hisely le rapporte à Estavayer-le-Lac. Nous sommes d'accord pour 
identifier avec Estavayer ce nom qui ressemble beaucoup au patois Ta- 
vaï. La métathèse de Ts est curieuse. C'est peut-être une simple faute du 
copiste qui deux lignes plus bas écrit Wluricus pour Ulricus. Toutefois 
nous rapporterions plutôt ce Thasvael à Estavayer-le-Gibloux : il y est 
question de la dîme de Bouloz donnée à Haut-Crét et les personnages 
nommés sont presque tous des villages voisins du Gibloux. 

Este venons, D. Glane, Fribourg, Esievenens, i4o3 = chez les 
descendants d'Esieven^ n. pr. germain dérivé du latin Stephanus 
(Stadelmann). 



156 BSTRANGUELION — ETER 

En Estranguelion, loc. à Etoy, Vaud ; endroit où abondent les 
poiriers aux poires âpres, appelées poires étrangle ^ poires d'e^- 
tranguillon, ailleurs poires channes. Un des rares cas où la lo- 
calité est désignée par le fruit (es Cerises près Grandson). 

Etablons, chalets sur Iserabloz, Valais, montana de EstabloUy 
1262, Wûrstbg. ; de stabuluniy étable, et suffixe dim. on. 

Etagnières, D. Echallens, Estanneres^ 1202, M. R. VI, 187*, 
et 1288, ib., p. 682, EstanereSj 1290, M. R. XIV, E tanières y 
1877, Ethagnires^ i4o3, Estagnyeres^ i424> Etagnire, loc. à 
Villars-le-Terroir ; de es, dans, aux, et tanières, de taxonaria^ 
terrier de blaireau. 

Aux Etalles, prés à Ormont-dessus et pàturag'e à Ënney^ 
Gruyère ; à TElélay, pré dans la forêt sur Roche et taillis à Port» 
Valais ; à l'Etellay à Leytron ; Plan de l'EtalIaz, alpes de Châ- 
teau-d'Œx ; Combe des Etelles à Saint-Ursanne, Berne ; proba- 
blement du patois étale y s. f. pi. copeaux, itella, etella^ s. f. 
bûche ; endroits où Ton met en bûches le bois de chauffage ou lieu 
où on le dépose pour le service du chalet. 

Etaloges, ham. de Buchillon et ruisselet, D. Morg-es. C'est 
probablement la localité désignée dans une charte de Saint-Prex, 
M. R. VI, 265 4c li boscez entre les doves eschaloges ; » de là éca-- 
loges, étaloges, permutation populaire de c en t. 

Etambeau, maison à Château-d'Œx ; Etambot, loc. vignoble 
de Lausanne, Estamborc, EtamboCy ExtamboCy 1228, 1285^ 
M. R. VI, 248, inter Warcheriam, la Vuachère, et lo Ruai de Pa- 
laieres, le ruisseau de Palejres. 

Etavez, ham. du Mont sur Lausanne = es Tavez ou es TavelSy 
sjn. de tabernae, cabanes, comme on le voit par Tavel, Fribourg^ 
Tavels, 1228, et Tabernae, ii5o et i255 ; voir Tavel. 

A rEteindiaz, champs à Henniez ; patois eteindia, étendue. 

Etep, forêt D. Neuchâtel, traversée par une ancienne route que 
Ton croit romaine ; le patois a étier, route, chemin (Bridel). — 
D'après le Dict. géog. d'Attinger, du latin i7er, au sens de che- 

* Le texte porte Estanueres : fausse lecture ou coquille. 



ETERPAS — ETRAY 157 

min^ de passag'e. Cela ne nous paraît pas possible, iter ayant 
donné erre^ s. m. et f. ; orig'ine à rechercher. 

Eterpas, loc. à Vallorbe, Ollon, Château-d'Œx, Rossînières, et 
3 Frib. ; Eterpeis, Monnaz et Grang'ettes, Fribourg-, Eterpeys à 
Lausanne, Esterpaies^ 1224 et 1242, M. R. VI, 243 ; Eterpys à 
Suscévaz, Essertines-Jorat, Eterpis, une 12® de loc. ; Esterpis à 
Vionnaz, Etierpes à Dorenaz, ELsterpoz à Mordes, etc. ; du latin 
extirpata^ endroits défrichés. Eterpon à Conthej doit être de la 
même famille ; es Esserpes, champs à Sainte-Croix, paraît être 
une autre forme de Ësterpes, la permutation exceptionnelle st-ss 
due à l'influence de essert qui a le même sens. 

Etiez ou Etier, ham. de Vollèges, Bag^nes, Octier^ ii5o, Hid- 
ber, II, Octiez, 1177, Furrer, III, 4i, OitieZy 1179, Ottiez^ 1198, 
OthieZj 1245, Oytier, 1249, Octhiez^ 1280, Octyez, i3i5. 

Etivaz, vallée et ham. de Château-d'Œx, Leytiva^ ^^l^y 1628, 
M. R. XXIII, 99, 287 ; du latin aestiva^ lieu où Ton passe Tété. 

Etoules, loc. à Pampigny, D. Cossonay ; autre forme (bourg'ui- 
g^nonne) du fr. éteulcy chaumes qui restent après la moisson, en 
patois et rouble y du latin stipula. 

Etoy, D. Morges, Stuie, ii45, Estui, 1167, i2o4, Stoi/y 1177, 
Estue, i2i5, 1234, Estui/y 1269, EstueZy i349, ^^* ^m StueZy 
1879, Arch. Schw. Gesch. XIII, Estuey, i43o, etc. D après Gats- 
chet, du V. h. ail. stuba, étable à moutons. 

Etrabloz, ham. de Payerne, villam de StabuliSy iilfi, M. F. 
I, 375, Extablo, 1299 ; de stabulum, étable, avec épenthèse d'un 
r. Cette addition est ancienne : « Yestrablo sito in finag-io de Vi- 
rier, > dit une charte de 1278, M. G. VII, i38. 

Les Etramaz, hameau écarté de Bottens, près du Talent =: ex- 
trême de extra, en patois estra, 

Etraz, faubourg* de Lausanne, StratOy 1216 et vers 1280, ^5- 
ira, 1289, M. ^' ^^^9 446, 664; de (via) strata, situé sur la 
route; route d'Etraz, Myes-Crassier, Nyon-Aubonne-Cossonay. 
En Etraz, au petit Etraz, loc. à Russin, Genève, sur un ancien 
chemin de Genève à Farg'es, même orig'ine. 

En l*Etray, m. Ormont-dessus, vers la Grande-Eau, TEtrait, 



158 ETREMBIÈRES — EVERDES 

alpes de Lîddes, en Etrey à Echandens et plus. loc. Frîb. ; le 
même mot que les Etroits à Sainte-Croix, loc. resserrée et à 
Vionnaz Estrey^ Etrey , 1728 ; v. fr. étreit. Pierre Etreite, loc. 
alpes d'OlloQ, comme les Etroits à Saiote-Croix : loc. dans des 
valions^ des combes étroites. 

Etrembières, loc. et pont près Genève, jadis es TrembièreSy 
les Trembiières dans Spon, 1680, aux Trembières, 1682, M. G. 
XXIII, 276 = aux taillis de trembles ; du latin tremula, 

Etrèves ou Etrives, ham. d'Ollon, entre Charpig>nj et le 
Rhône; la Grande EstriuaZy prés à Barges, plaine de Vouvrj, Va- 
lais, 1722. A Létrivaz à Maracon, probablement même orig'ine^ 
mais laquelle? Le v. fr. a estrif^ s. m. et estrive, s. f., dont le 
sens principal est querelle, combat, l)ataille, et d'autres sens abs- 
traits difficilement applicables. 

L'Etroz ou ritroz, petit village écarté de Trient, Bas Valais^ 
Etroz, loc. au Sanetsch, Valais ; Aitroz, loc. à Vionnaz, Estrioz^ 
1728 ; ritroz de Seilon, chalet le plus élevé, vallée d'Hérémence ; 
ritroz du Bonis, chalets, alpes d'Ardon ; aussi C. de Vaud : Bois 
d'Etroz à La Sarraz. Bridel le définit chalet des Alpes les plus 
élevées, diminutif à'etrabllo. Mais ce diminutif par retranche- 
ment nous étonne. Ces mots viennent du v. fr. estre, s. m., em- 
placement dans un lieu ouvert, parent du latin exterus, ital. estera 
= étranger, lointain. 

Les Eudrans, loc, prés humides à Massongex, vers les sources 
de la Lœnaz, es Haudrans vers 1720, Audran, 1761. 

Euseigne ou Useigne, ham. vall. d'Hérens, Valais, Usegniy 
Usogni, 1200, L^se/i/ii, xiii® s., Ysogny, 1879, M. R. ; d'après 
Gatschet, avec quelque réserve, de sognie^ soignie, redevance qui 
consistait pour le vassal à cultiver de l'avoine pour son seigneur. 
Ce serait donc l'endroit où l'on cultivait ou bien où l'on livrait 
l'avoine au seigneur. 

Evaux, ham. de Onex, Genève = es Vaux^ aux Combes ; sou- 
dure de l'article comme Everdes, Etagnières, etc. 

Everdes, ham. d'Echarlens, Gruyère, J. de Everde, 1187, 
Hidber, I, 584, Verdes, i848, M. F. IV, 98, Verdes, i85o, 



EVI — EVORDES 159 

EverdeSy 1894, M. R. VII, 276, ail. Grûningen ; es Verdes = 
dans la verdure. 

Evî, ruisseau à Albeuve ; du celte ève, ive, eau, correspondant 
du latin aqua ; voir Aiguë. 

Evilard, D. Bienne, Berne, ail. Leubringcen ; de es et du bas 
latin villarey réunion de fermes (villa), soit village. 

Evionnaz, D. Saint-Maurice, Valais, Evunna vers 1020, Hid- 
ber, I, 3 10, Eviona, 1268, M. R. XXX, 86 et 1760, Archives 
communales ; comme Evian, Aqaianum dans les chartes, formé 
des racines celtiques eue = eau, et ona = rivière. 

Evolène, D. Hérens, Valais, Ewelinay 1260, Eweleina, i255, 
EwolenaZf i449> puis Evolénaz ; de ewe, eau, et latin lenis^ 
doux, eau tranquille (d'après Gatschet). La Borgne y est relative- 
ment paisible. J. Monod, Guide du Valais, tire ce nom à^évolcy 
éboulement ; nous ignorons ce mot, en tout cas les formes primi- 
tives ne permettraient pas cette explication. 

Evoêttes, loc. au Sépey ; Evouettes, loc. à Berolle, Corsier 
(Genève), à Saint-Martin d'Hérens, et vill. D. Monthey, EvuyteSy 
i486, HedyeZy 1298, Eydiez, Aydiez, M. R. XXX et 2® s. II, 
14. Les deux noms se confirment Tun l'autre : Evouettes, dim. de 
eue, eau = petites sources, et Ejdiez, collectif de eydie, eau. Il y 
a 2 ham. Evouettes d*en bas et d'en haut ; celui d'en bas, le plus 
important, s'appelait Eydier en i486 : « undecim foci (foyers) à 
Eydier, quinque à Evuytes. » Yvœttes, en latin Açuetas, charte 
de i556, loc. à OUon, même sens ; une loc. Aiwetes {on Aivueies) 
à Vercorin, Valais, i25o. Evuex Roche ; de ève et coll. ex. Un 
Euez, Eivez en 1228, Cart. Laus. M. R. VI, 178, 218 est peut- 
être rinvuex à Granges. 

Evordes, ham. de Troinex, Genève, Esvordes, 1201, M. G. II, 
54, 1222, 18 18, M. G. IV, 88, et XVIII, 24. La forme primitive 
aurait été es Bordes (permutation b-v) d'après M. Jules Vuy, 
Mém. Inst. G. IX, 2, qui y rapporte un Umbert de Bordis, xiii» 
s. La permutation b initial v, quoique rare, se présente parfois, 
par exemple Bibiscum, Viviscum, Berseya, Versoie. Dans ce cas 
ce nom signifierait aux chaumières, voir Borde. D'autre part, d'à- 



160 EYSINS -^ FA6US 

près une communication verbale de M. W. Meylan, prof, à Ge- 
nève, on trouve les formes es VorsaZy es Vorges^ ce qui signifie- 
rait lieu où abondent les vorzes, saule marceau. 

Eysins, D. Njon, OsincOy in pago equestrico looa, Hidber, I, 
Osinsj ii4o, ii45 et ii64, M. G. XIV, 7, IV, 78, iao2, XV, 7, 
Oisins, 121 1, 12 ig, M. G. XIV, Oysins^ i235, M. R. V, 33 1, 
OsinSy OyssinSf i236, Cart. Oujon, Oisins, i25o, M. R. VI, 393, 
correspondant de Ossingen, G. Zurich = chez les descendants de 
OsOy OssOf n. pr. germ. que Fôrstemann rattache avec doute au 
vieux gothique ôs, dieu. 

Eyssy ou Eissy, ham. de Domdidîer, Fribourg, Essie entre 
ii63-i22o, Donat. Haut., Eyssy, i4oi. Essy, auj. Essis, loc. à 
Ghâtillens, D. Oron, Essy y 1273, M. R. XII, 201 ; conune Achy, 
de (fundum) Acciacum, du gentilice Accius = domaine d*Ac- 
cius, comme les Essey, Aisy de France. 

Fada, Forêt de la — , Ardon, Valais ; = forât de la fée, du la- 
tin yh/a, patois JatOy fada, romanche yac/a. De la même racine, 
la Grotte aux Fées à Saint-Maurice, le Temple des Fées à VaU 
lorbe, la Cave aux Fées à Croy. Mais on confond souvent avec ce 
mot celui de faye = brebis, aussi écrit fée, voir Faye. 

Fagne, Bière, et plus. loc. du Jura bernois, es Praz de 
Faigne, loc. à Choéx près Monthey, plan de 1716 ; du îv.fagnSy 
provençal fanha^ faigna, mot employé aussi dans les Ardennes 
et dans TAunis, du bas latin yanm, lieu marécageux, autre forme 
de fange, et correspondant de Tall. Fenn, voir Fennes. 

Fagus, du latin ya^u^, hêtre, patois fau, fou, feu, dérive une 
très nombreuse famille. 

lo De fagus: Faug, loc. à Bex, Burtigny, Jongny, Vulliens ; 
Gombe du Faoug ou Faug, pâturage à La Rippe, faussement 
écrit aussi Combe du Four, Belfaux près Fribourg, Bellofagi, 
1142, les Faougs à Founex, Faoug ^ près Avenches, Fol, 1228, 

1 Faoug, en ail. Pfauen, a un paon dans ses armoiries. Ce sont des armes 
parlantes. L'allemand traduit habituellement f initial par pf. : Fines, Pfyn, Fa- 



FAGUS 161 

M. R. VI, Fo, 1290, 1828, Foz, i338 ; Champ du Faux à Pra- 
iiins, Côte es Faux à Yvonand, les Faux à Peney-le-Joral, — le 
Gros Foux à Neirivue, es Foux à FiauKcère et Orsonnens, la 
Foux à CroDay et Gharmey, Son-les Foux à Rossinières (== som- 
met des hêtres), Entre-Foux à Sug'oens, Foux-Praz, Bussy- 
MoudoD, Fin du, des Fous à Thierrens et Fenin, Plan dos 
Faouls à Peseux, — Crète du Feu à Massong^x, Beffeux, Bello 
^agOy i4o2, et Proz du Feux à Vioooaz, Pré de Feu à Colombey, 
jadis Pré du Faug*. 

2» Du collectif masculin ya^rc/ttm ; Fay, le — , les Fays (pr. 
Fey-i) à Martigny, Monthey et 10 autres ; Plan Fay, Champ Fay, 
très répandus dans tout le pays romand ; Plan Fet, ham. à la 
Côte aux Fées, Neuch, ; Fey, D. Echallens, Fai, 1 154, Faio vers 
ii5o ; ham. de La Sarraz et 3 loc. Frib. ; le Faz, bois à Peney- 
le-Jorat ; Fayet à Dizy, Fayat à Trient, Fayot à Val d'Illiez, 
Fayel à Cossonay, Fayey, Saint-Ging'olph, Faël à Vaulion, 
Fayez à Bière, Fayay à Vionnaz et les nombreux Fahy du Jura 
et à Aig-le, Fayez, 1718, Fahy, D. Porrentruy, Fayl, 1^77» 
Fahy y 1377. 

3» Des collectifs féminins /arrêta, /a^raria: Fayo à Prahins, 
Trey et 8 autres. Rouge Faya à Aigle ; les dim. Fayettaz, 
Fayetaz ; la Fayîre à Vionnaz, Feyère à Ollon, Fayèro à Esta- 
vanens, la Fouéraîe à Boudry, Foyers, bois à Beumevésin, 
D. Porrentruy, forme masc. correspondant à Foyère. 

4® Les diminutifs Fayaulaz, 8 loc. Vaud et Fribourg- ; Foyau- 
laz à Villarimboud, Fayules à Bottens, Faiola à Berlens, xiPs., 
FayolaZy Fayoula, Faolaz, i3o9, à Châtel-Saint-Denis, Faioula, 
1298, à La Roche ; dim. masc. : Fayaux à Blouay, Fa yeux à 
Monthey. 

50 Enfin de l'adjectif yh^i/itt« = de hêtre, dérivent Plain Fa- 
hyn, ham. de Pierrefitte, D. Moutier, et Plain Phayen à Vermes 
et Corban, Jura bernois = plaine (boisée) de hêtres. 

ver», Pfafers, Ferrettc, Pfirt, Faido, Pfaid, etc. C'est ainsi que Eau est derenu 
dans la bouche des Allemands voisins Pfau, et ce nom ne leur offrait pas d'autre 
sens que celui de l'oiseau. 

M. D. SEC. SÉRIE^ TOME VII {{ 



162 FAILLAZ — PARTIES 

A la FaillaZy vignes à La Rippe, subst. verbal de faillir, v. fr. 
faille, s. f., manque, solution, rupture de continuité dans une 
roche, un filon, une nature de terrain. 

Falcon, Prafaloon, ham. près de Sicrrc, Valais, Prato Far^ 
con, iSSg, encore Farcon dans la popnl. allemande, Benfarcon, 
prés à Grimentz ; Plan Faloon, loc. à Gorbcyrier ; du n. pr. Fa/- 
con ou Farcon, fréquent en Valais au moyen âg'e. Nous en rap> 
prochons Farcounet, pâturage et chalet à Ormont-dessous ; dn 
n. pr. Farconety dim. de Farcon, de Marquil Farconetus du Sé- 
pej, qui acheta ce pré « ou pede dou Léser », au pied du Leysaj» 
en i355. Un Farco vivait à Gergnat sur le Sépej en iSSa. 

Famenaz, loc. à Orges, D. Grandson ; patois = famine, pour 
désigner un terrain improductif. 

Fanel, ham. près Champion, Berne^ avec un bac sur la Thièle ; 
probablement le même que vanel, passage, défilé, du bas latin 
venella, permutation 0;/*sous Tinfluence allemande (comme Fiesch 
de viens). 

Fang, village d'Anniviers, Valais, et ham. de Bellegarde, Fri- 
bourg; de Tanc. h. all.y<lAa/i, clore; correspondant des Clos, 
Clouds du pays romand. 

lia Faraz ou les Fares, loc. vallée de la Gryonne, avec paroi à 
pic sur la rivière ; la Faraz, torrent impétueux, vallée d'Isérables, 
Valais ; campagne à Saint-Légier ; ham. de Vufflens-la-Ville, 
Fara, 1260, 1877 ; et 3 autres loc. ; en Phare à Monthey, FarrCy 
1696, Fare, 1819 ; les Farettes, défilé et paroi à pic sur la 
Grande Eau près Aigle^ es Farestes, plans de 17 18 ; la Farau- 
saz, pâturage sur le rocher du Lécherex, Ormont-dessus ; Faratte 
à Presinges, Dos Faratte à Courroux, Jura bernois ; Mont-Fa- 
ron à Apples. Peut-être dérivés du verbe v. h. a\\, /arân, aller, 
ou de la même racine JoTy origine inconnue qu'on trouve dans 
faraud, primitivement fier, orgueilleux. 

Les Farenes, lieu-dit à Villette, Lavaux, les Fama, champs à 
Chabrey ; du patois farena (far'na) == farine, employé pour dési- 
gner une terre sèche, très meuble, poudreuse. 

Farties (e final légèrement ouvert), forêt des — à Finhaut 



FARVAGNY — PAYE 163 

part, passé fém. du verbe v. fr. sortir ^ briser, défricher^ avec 
permutation valaisanne s-f ; équivaut environ à forêt des Ësserts. 

Fapvagny, 2 com. Fribourg-, Favarniacuniy 1082, Faverniei^ 
Favarnieiy ii38, Donat. Haut., Arch. Fr. VI, Faverniacum^ 
1286, M. G. XV, 24, Favergnye^ i453, etc. ; de (fundum) Fa- 
briniacum, domaine d'un Fabrinius, gentilice romain. 

A la Fattaz, vignes à Conthej, Valais ; du patois /a^^a, poche, 
au fig*. pour un lieu enfoncé ; la même métaphore à Champvent : 
es Poches, vignes. 

Faocoimièrey Revers de — , paroi rocheuse dominant à FO. le 
lac de Joux : endroit où nichent lesjaucons. 

La Fava, sommet 2614 m. au S. du Sanetsch, Valais, Sex de 
la Faba dans Lutz ; de fava, latin /aba, fève, à cause de sa 
forme ; à la Favaz, loc. à Mont, D. Rolle, lieu où Ton cultivait la 
fève, de même les diminutifs en Favel, Favaulaz à Villargîroud 
et Broc, et les collectifs es Faveires, prés à Ormont-dessus, 
champs à Sévery ; la Faveîre à Vaulion et Vucherens ; le Favîer 
à Tramelan ; en Favez à Ësmonts, à Rue ; les Favières à Esser- 
tioes, D. Rolle, et Favery, ham. à Blessens ; en Favarlx, m. à 
Champtauroz ; Faverettaz à Eclagnens et Faverules à Bussignj, 
Morges, diminutifs. 

Favarge, 2 ham. près Neuchâtel et 2 loc. Vaud ; Faverge, 5 
loc. Vaud ; ham. de Saint-Saphorin, Fabricas vers 11 38 et ii46, 
Arch. Fr. VI et M. R. III, Favargiis, 1216, i223, M. F. IV, Fa- 
vargeSy i232, FavergeSj 1262 ; — Farvages, ham. d'HauleviUe, 
m. à La Roche, Frib., les Favargettes à Coffrane, Farvagettaz 
à Vuadens, diminutifs ; du latin yaôrico^, forge, avec métathèse 
de IV. — Montfavergier, Franches-Montagnes ; de mont et /a- 
oergier^ forgeron, de/abricarius. 

Aux Favrins, prés à Ormont-dessous ; du n. pr. Favre, famille 
nombreuse aux Ormonts. 

Faye, la Zâ (Chaux) de Faye au Sanetsch, la Part — pour 
Pare, — es Fayes à Villeneuve ; le Parc es Fayes à la Berra, 
Fribourg; le Graux des Fayes sur Mollens; la Tannaz es 
Payes à Champéry, la Luis Feya à Bex. Souvent écrit /ée par 



464 FÉCHY — FÉLÉSIMAZ 

confusion avec ce dernier mot, ainsi la Côte aux Fées, Neuch.» 
Coste es faeSy i354, Costa des fai/es, i337, Coste es Fayes, 
i658, sur la cloche du temple ; le Six des Fées, Hérémence, le 
Sex de Pares es Fées, alpes d'Aigle = le Rocher des parois aux 
moutons qui vont s y mettre à Tabri ; les Champs de Fées à Fre- 
sens. Ce mot vient du latin y!?/a, brebis pleine, puis brebis en g'é- 
néral, vallées vaudoises /èa, Dauphiné yfeia, patois fahie^ v. fr. 
feya(z) comme le montre ce passag'e du Plaict de Lausanne 
(i368), art. 1 17 : « Personne ne peut vendre une brebis ou feyaz 
pour un mouton. » « Nullus potest vendere ovem femellam seu 
feyaz loco castronis. >► 

Féchy, D. Aubonne, Fescheio^ 1180, M. G. XIV, i5, Feschiy 
i2ol^y Feschie, 1221, \2l\o^ Fechie^ i344> Feschier, 1467; Fes- 
chy, m. à Gollion ; de Fesciacum (praedium), domaine d'un 
Fescius, g'entilice romain. 

Feîdey ou Feydey, loc. à Lejsin et au Sépey, D. Aigle ; de 
Jilicetum^ fougeraie ; à ce mot se rattachent Flaugy, m. à Fiau- 
gères et le Fiauzi, ham. près Rue. 

Feigire ou Feygire près Châtel-Saint-Denis, /^cy^rueres, i5ii, 
Fégières dans Lutz ; de Jilicarias, fougères, patois Jllaudze^ 
fiaudja. De même Fiougère à Port^ Valais, Fiaugères à Yens, à 
Saint-Martin, Frib., Felgeria vers ii5o, Fiougière^ 1260 ; dim. 
Fiaugerettaz à Chardon nay-Morges, Fiaugire à Oron, Fiau- 
dière à Montreux ; Fieudère à Hérémence et Leytron ; Fiongère 
à Ependes ; Fougères à Conthey, Feugères, i243, et Lausanne ; 
Fougière à Massongex ; Faugère à Lens, Faugeroz à Monthe- 
rod, Foigière, Montignez, Porrentruy ; Fegîère, Coffrane, Fe- 
guire, Feyguîre, Faiguières, Feydière, Gruyère, au Fidero, 
Fedepoz à Vouvry, Flongière à Vaulruz, Fiaugire à Croy, 
Fiougère à Baulmes, et les collectifs Foigeret, Folgiret, D. Por* 
rentruy. 

Es Felards ou Fellards, prés à Yvorne ; de Jelard^ filard^ 
filet dans lequel on charge le foin, prés où Ton est obligé d'enle- 
ver la récolte dans des filets. 

Félésimaz, pâturage près Charmey, Filisiema^ i458, Fili-- 



FENASSE — FERNASSE 165 

iiesmCy i5o4 ; viendrait dejilices, fougères, d'après Gatschet, qui 
j rattache le nom d'une alpe de Phillix ou Félix à Gsteig* (Ges- 
senay) ; à étudier. 
Fenasse, prairies à Jussj, Corsier, Cologny. 
Fenêtre, 5 ou 6 cols du Valais, et Fenestral, Fenêtrail, alpes 
de Finhaut et de Fullj, Valais ; de fenêtre, ouverture et suffixe 
aagm. a/, ail, 
Fenette, voir Fin. 

Fenîl ou Fenis, D. Cerlier, ail. VinelSy Fenis, 1072, F. B. I, 
Feni^ 1098, Finis, 1196, FinilSy 12 15, Fenis, 1228, M. R. VI, 
lôyFinins ante Cellier 1286, Vinils, i3oo, Finilis, 1809, Tr., 
etc. ; Fenis, bois près Corserey, Frib. (et vestiges d'un anc. châ- 
teau) ; les Fenils à Roug^mont, et plus. loc. ; en Fenix ou Feny 
à Vérossaz ; Fenin^ Neuchâtel, Fenis, 1228, M. R. VI, 20; de 
finit, latin fenile, romanche fanigl, fenil, ail. suisse FineL 
Fenalet à Bex, Finalet, i4o2, et Saint-Gingolph ; Feneict à Ley- 
siu, Feneliet et Fenîllets, Ormonts, Albeuve, etc., diminutifs, 
voir aussi Findelen. 

Pennes, Sieme es — , chalets, vallée de la Manche à Rouge- 
mont, Prafenne à Monthey, en Praz fennez, 1696 ; du v. h. ail. 
finn,Jenni, lieu marécageux. 

Le Fer, pâturage à Leysin, prononciation patoise pour TEssert, 
permutation ç^f comme fîngle pour cingle ; de môme les vignes 
du Fept à Ëvionnaz, es Preyses du Fer à Saint-Maurice. 

Ferlens, com. D. Oron (et hameau de Massonnens, Frib.) ; 
Ferlens, 11 46 et vers 1160, Fellens. i3ii, i33o; Ferlyn, Fer- 
lin, Ferlens, i33o, Arch. Fr. III = chez les descendants de Fer- 
hil, n. pr. germ. Fôrstm., 899, a le nom voisin Ferhilt, de la ra- 
cine ybr, du verbe yhrdn, aller. 

Fermens ou moins bien Ferman(d), bois et ferme près Apples. 
C'était le nom d'une famille de donzels d'Apples au moyen âge. 
Probablement de la même racine yhrd/i. 

Fernasse, bois à Versoix, renferme, avec le suffixe augmenta- 
tif asse, la même métathèse que le nom de la localité voisine, 
Fernex, pour Frenex, du latin fraxinetum, bois de frênes, ou 



166 FERPÊGLE — FERREX 

d'une forme bas latine farnetum que signale Muoth. (Bûnd- 
nerische Ortsnamen^ 29.) 

Ferpècle, grand pâturage, val d'Hérens, Freytpiclo vers 1280, 
M. R. XXXIII, 432. Murith écrit Frepey en 1806 ; d'après Stu- 
der, du romanche ver = val, et de l'italien piccolo, petit, ou de 
pecuffliOy troupeau^ donc petite vallée ou vallée des troupeaux. 
Mais ce romanche et cet italien nous paraissent étrang'es en Va- 
lais. L'ancien nom de Ferpidoz, com. D. Sarine, et maison à 
Gruyère, nous met sur la voie. Ce village s'appelait Frigidam 
pesclam, 1137, M. F. II, 16 (le Frigidum Pesdum, Donat. 
Haut., a45, Arch. Fr. VI, 97, est sans doute une coquille et il 
faut lire Pesclum). Ce nom devient Ferpehclou, 1269, Ferpe- 
cioz, i3oo, etc., Zimmerli, II ; pesclum est évidemment /}asca/am, 
petit pâturag'e. Freytpècle est donc froid petit pâturage ; Frépècle 
est devenu Ferpècle par métathèse de l'r ; remarquez l'orth. de 
Murith. 

Ferrage, Ferpajoz, Ferpageoz, une i5« de localités, m., h. 
aux abords des villages, le Feradze ou Foradze à Dorenaz, Va- 
lais, forme pa toise. Nom ancien : une vinea de Ferraio à Beuson, 
Valais, 1246, campo de Ferragio à Vu fflens-la- ville vers 1260 : 
ou Ferraige à Yens, 1296, Ferraio à Apples, i337, loco qui di- 
citur Ferrnjoz à Olmona de Savièse, xiii® s. ; des prés au Fer- 
rajon à Corserej, Frib., i5i3. On pourrait penser à ferrage, lieu 
où Ton ferre les chevaux, bien que celui-ci s'appelle ordinairement 
faverge. Mais ferrage peut avoir une autre origine. Dans le Cart. 
Laus., M. R. VI, p. 266, une terre paie «VIII denarios Ae ferra- 
gio » et ailleurs : « Avena et ferragium est vice domini. )► Ce 
mot paraît parent du latin farrago qui signifie un mélange de 
diverses céréales, provençal ferraige^ et pourrait désigner l'en- 
droit où l'on percevait la dîme des grains. 

Ferrex, vallée du Valais, Nemus de Ferrea^ "89» M. R. 
XXIX, 12, Férray^ ii^o, Ferrex, 1228, Ferreg, i395. D'après 
Gatschet, du v. h. ail. varrich, pfarrich^ ail. pferch, parc à 
bestiaux. Vient plutôt de feurre^ paille, fourrage, comme le di- 
minutif Feppcule à Sorvilier, Jura bernois, feurre et suffixe ola. 



FERREYRE — FEUR 167 

Feppeype, D. Gossonay, Forrarias, 8i5, Gart. Lems. y Ferrie- 
rw, 978, loi I, villa FerreriaSy 981, Hidber, II, Ferrarias, 1049, 
FerreriaSy iog6y Ferre ria, iit^i, Ferreres, 1174» ia36, 1269, 
i344> M. R. D'après Gatschet, du v. h. ail. voraha^ sapin, lieu 
couvert de pins ; d'après Studer, de /brarius, ail. Forrer, fr. 
fourrier. Les deux noms paraissent faux et nous dérivons ce nom 
comme Ferraire à Belmont, Ferreire, pâturage à Tlsle, en Feiv 
reyre à Blonaj et Saint-Légier, Fereyre, chalets sur Lejtron, du 
V. fr. yî?ttrr«, fourrage, du germ.yiio^ar, all.y«//^r, bas latin 
Jbdruniy doù fodrariayforraria^ fourrière, bâtiment où l'on 
serre le fourrage. Même origine pour la Ferrière, commune de 
maisons éparses, D. Gourtelarj, Berne ; par contre la Ferrière, 
anc. nom des forges de Là-Dernier à Vallorbe, 1 286, vient comme 
les Ferrera des Grisons du latin yerraria, endroit où l'on fond 
le fer. Quant au chalet de Ferraire, alpes de Ghamoson, sur le 
chemin de la mine de fer, il est difficile de décider. 

Feschel, D. Louèche, Valais, Veselli, 1267, Veselly, 7 fois 
j[iv« s., Vessellij i357, Vexelly^ i363, i4io, Veschily 16 19. 

Fétigny, D. Broyé, Frib., Festigneiy 1142, M. R. XII, Fisti- 
ney^ 11 84, Hidber, Fistignier, i38o, etc. ; de (fundum) Festi- 
niacuniy domaine d'un Festinius, gentilice dérivé du cognomen 
Festinus. 

Fouillasse, ham. de Meyrin, Genève, Follacia, 1286, Folia- 
ciz, 1297, M. G. XIV, 189, 267, et bois près Satignj, i3o5, Fo- 
liacum, Rég. gen., 389, 483. De feuille et suffixe augm. asse, à 
cause des bois qui l'entourent. 

Feuillerat, m. à Rougemont, Feuilleresse, bois à Delémont, 
Feuillerette ou Feuilleret, alpe de Louèche-Bains ; de feuille et 
suffixe adj. eresse et dim. ette, forêts d'arbres à feuilles, en op- 
position aux conifères. Voir aussi plus loin Folly. 

Feur, For, du latin foris, dehors ; Feurporte, quartier à 
Nyon, Feurtille, bois à Baulmes ; en Forbuey à Etoy = en de- 
hors de la porte, des tilleuls, du bois. A foris se rattache aussi le 
Bourg de Four, quartier à Genève, Durgum Foris au xrv« s., 
Borg de Feur dans Spon, 1670, le bourg du dehors, le château 



468 FEY — FILLING 

hors de Tenceinte (au comte de Savoie) par opposition au château 
intérieur, celui de Tlle (à Tévêque). D'après Galiffe, ce Burgum 
foris ne serait qu'une traduction bas latine du français de l'époque, 
mais cet auteur ne propose pas une autre étymolog^e. 

Fey, Feydey, voir FaguSy Feigire, 

Fiesch ou Viesch, Haut Valais, Fitt, 1196, ViuSy 1289, Viox, 
1233, Viosca^ 1268, F/05, 1277, Vyes^ VîeSf i323, i325; du la- 
tin vicuSy village, comme le bourg savoisien de Viuz. La forme 
Viosca s'explique par l'italianisation du nom vulg. ail. Viesch 
déjà en us&ge parmi la population allemande. Les familles nobles 
souveraines, les Blandrate et d'autres, comme les Omavasso, ve- 
naient du Novarais. 

Fiez, D. Grandson, Figiacam^ 885, Fiacum^ 888, de FeiacOy 
1049, Hidber, I, 348, Fyx, ^179» ^^^> 1228, Fyes^ 1299, Fyez^ 
1342 ; Fiez-Pittet, ham. de Grandson, parvam Fiacum; comme 
les Fijji^ac de France, autrefois Figiacum, de (praedium) Fibia^ 
cunif domaine d'un Fabius (Fibius), gentilice romain célèbre. 
D'après Gatschet et Studer, de l'ail, fichte^ pin, mais acum ne 
s'ajoute qu'à des n. d'hommes. Cette étymologîe par contre est 
exacte pour d'autres Fiez, lieux non habités ; voir Five. 

Figneroles, m. et territ. à Cuarny, D. Yverdon, Firiroles vers 
1 100, M. R. III, 5Si, FilleroleSy Filliroles, 1 174, "77» M* ^- ^'^ ^ 
dérivé avec le sufHxe dim. olas, plur. de ola, d'un n. commun 
indéterminé. Peut-être j a-t-il aussi un double diminutif erola. La 
double permutation r^l-gn rend la recherche encore plus difficile. 

Les Filasses, pâturage d'Anzeindaz. M. Isabel nous commu- 
nique ceci : « na fila en patois est la cascade d'un long chenal 
horizontal déversant en aval les eaux fluviales. Il y a aux Filasses 
quelques sources qu'on a amenées à Anzeinde. » 

Filling, Grange — ou Phillings, ham. fribourgeois près 
Payerne. C'est évidemment le môme nom que Fillinges, village 
près Bonne, Savoie — chez les descendants d'un Germain. Hid- 
ber, II, p. 322, appelle ce hameau Granges-Ferlein, orthographe 
que nous n'avons pas rencontrée et qui ferait de ce nom un dérivé 
de Ferhil, voir Ferlens. 



L 



FIN — FIVE 469 

Fhi, du leitin JiniSf territoire. Chaque village a sa Fin. Donne 
son nom à de nombreux hameaux et forme des composés : les Fins- 
hauts ou Finhaut, Valais, les Fint/aux, 1294, les Feniaz, 1307, 
les Plansflns au col Ferret, Valais, etc. Le diminutif est fré- 
quent : le Finet à Saule j, Jura bernois. Finettes à Martigny ; 
Fenette à Payerne, Fenettaz à Grandcour, Corsier, et une 12® de 
loc. Frib. Fenatte à Châtillon, Court, etc., Jura bernois. Fin est 
devenu Fan dans quelques composés. Longefan, prés à Valejre- 
floos-Rances, Langefan^ loc. à Roche, perm. o-a comme dans Pra- 
fandaz ; Belle Fan à Penthaz, Rouge Fan à Essertines, D. Ëchal- 
lens. 

Findelen, ham. de Zermatt, autrefois Finelen, en fr. Fenalety 
forme germanisée de Fenils, Il y a une alpe Findels, C. de Saint- 
Gall. Finneln, ham. de chalets à Staldenried ; vient également de 
fertile j ail. suisse Finnel, et désinence plur. en = les fenils. 

Finges, ham. et forêt à la limite du Valais romand et alle- 
mand, Fingio, 1821, iSSg, Ft/nio, 1876, Finges^ i4i7 ; en ail. 
Pfyriy comme Pfyn^ Thurgovie, dans les chartes ad fines (Rhe- 
tiœ). Le g fait difficulté, c'est sans doute la consonification d'un 
I comme dans singe de simia. En considérant les anciennes formes 
on voit que le g n'apparaft définitivement qu'au xv* s. 

Finive, la — ou Fenive, sommet, alpes de Finhaut, frontière 
française ; Fenives, loc. à Leysin, les Inflnives, prés à Vionnaz, 
seraient-ils aussi dérivés de fin ? M. Bonnard, consulté, nous écri- 
vait : « Je doute qu'on trouve beaucoup de dérivés en ive servant 
à former des substantifs. Cependant Godefroy a finitive, s. f. = 
fin. » 

Five, Fivaz, nom de nombreux bois, une 10* C. de Vaud; aux 
Fivettes, bois à Apples, diminutif ; la Fia, Chaux-de-Fonds ; 
Fin des Fies à Savagnier, Combe des Fias à Rochefort, Fya à 
Fleurier, 1282 ; dejîve (Vaud) ou Jie (Neuchâtel), sapin, spécia- 
lement sapin rouge, rameau de sapin, le dim. fiola à Moutier = 
épicéa. Le 4 mai i533, « les compagnons d'Orbe arborèrent la 
five » (signe de ralliement des catholiques, écrit Pierrefleur 
§ LXII. D'après Gatschet, de l'ail, fichte, nom du sapin rouge. 



170 FLACHE — FLON 

« Les bois de fies et de sapins seront conservés... » acte de i537 
dans Bojve, II, 876. Il faut probablement y rattacher les bois de 
Fyà Gryon, de Fyay ou Fiay à^rzier, Bassins, et au Fiez, au- 
jourd'hui vignes, à Fullj, à Coinsins, et loc. à Borrex. 

Flache, prés à Ajent, et Fiache, prés à Chalais, Valais, la 
FIAche à Cugy, D. Broyé ; même racine que nos JlachèreSj prés- 
marais où Ton récolte de Isijlache, vaudois àxiflaty de la litière ; 
du fr. flache y s. f . , creux lég-er : flÂche d'une route, mare d'eau 
dans un bois argileux, lieu inondé, que Littré rattache à l'ail. 
flachy plat, et Dietz au néerl. vlacke, terrain bas. 

Flambois à Vionnaz, flanc, côte du bois. 

Flammayen, ham. de mayens à Ëvolène = flanc, côte du 
mayen ; Crettaz es Flancs ou Crettaz des Flancs à Saint-Martin 
d'Hérens ; Flanthey, ham. de Lens= flanc, coteau, large, étendu, 
de flanc et they, de tensus, voir teis, teisa. 

Flanche (Flantze), prés à Evolène, Valais = v. fr. flanche, 
s. f. = flanc, prés sur le flanc du coteau. 

Flendruz, nom de deux ruisseaux du Pays-d'Ënhaut, Flandru, 
iii5, F. B. I, 366. 

Fleurie, nom de parties élevées de pâturages, sous les arêtes ; 
du p&iois flloria, récolte de foin d'un pré, parce que ce sont des 
pentes rapides, non pâturées, mais réservées à la faux, telles sont 
les Fleuries sous le Tarent, Ormont-dessus, Floriettaz, partie 
gazonnée du sommet de l'Arnenhorn, Ormont> et Florettaz, 
même sommet, versant de l'Etivaz. Flore, sommet, alpes de Con- 
they, les Ënfleuries, Infleuries à Vionnaz, l'En Fleurie au N. et 
au S. du Sanetsch, Luys Fleuriaz, alpes de Leytron et de Sail- 
lon. 

Fleurier, Neuchâtel, Flurye, 1282, Flurié, 1872, M. N. XLI, 
Florye, i38o = (fundum) Floriacum, domaine d'un Florius, 
gentilice dérivé du cognomen Florus et connu par les inscrip- 
tioDs ; Floriacum a donoé les noms de 29 communes de France 
(dont 17 en y, 5 ey, 2 ieu, 3 ac). 

Flon, du latin flumen, rivière, nom d'une vingtaine de ruis- 
seaux. Une forme plus voisine du latin est Flumi à Château- 



FLOT — FOLLATERRES ' 471 

d'Œx, FlumiePy i6o3, et le dim. Flumeau à Lavigpny et Lau- 
sanne. Le diminutif latin flumicellum (flumicellam Osnona, 
rOyonnaz à Vevej, 1286) a donné Flonzel, Allaman, Vich, Bel- 
mont, Flunselj 1227 ; Flonzet à Molondin, Flonzalet à Puidoux, 
Flonzalet à Duillier. Désigne aussi des localités : le Flon, ham. 
sur Vouvry, lo Flon de Miez, 1281 ; de la même racine, Flums, 
Saint-Gall, curtis Fluminis, 766, et Flims, Grisons, Flemes, 766, 
en romanche flem, flim, flliém, flum, eau courante. 

Le Flot, monticule boisé à Leysin, et TEfflot à Vejge, Leysin ; 
non point par métaphore de flot, vague, mais par corruption de 
JloCf s. m., touffe de laine, de soie, de poils, du latin floccus^ 
pris ici au fig. pour un crét boisé. On a dxijlotorij et en Lorraine 
on dit un flot^ un nœud de rubans (Littré), Floquet, m. isolée 
sur Chéserex, D. Nyon, les Flochets au Landeron, diminutifs. 

La Foge, ham. de Marchissy ; loc. à Colombey et à Monthey, 
a loc. à Montreux, l'une est peut-être le Foz près Vevey, I2i5, 
M. R. VI, mot soumis aux recherches. 

Foirausaz, pâturage sur Bière ; les Foireuses, rochers près du 
Velan, Valais ; la Foirausaz, affl. du Sauteruz ; es Fueyrauses, 
m. à Vuadens ; Foiroux, loc. à Ghancy ; Foireux, taillis à Port- 
Valais ; du patois fouairau^sa, fr. foireux, qui a la diarrhée ; 
par métaphore pour des localités humides, fangeuses, des torrents 
aux eaux boueuses. 

Follalerres, loc. à Fullv : fausse orth., Bridel écrivait mieux 
FollataireSy Fullateriis, 1282 ; autre à Mage, campo de la Folla- 
teri sub Magi, 1260; 3« à Saint-Léonard, Fo/Za^eri, 1260, une 
4* à Grimisuat ou Sion, la Foulateri, 1289; la Follatery à 
Granges, i3oi, des Folateres à Drône de Savièse, xi^ s. Aujour- 
d'hui une Follntire à Ayent, Foillatire à Grimentz, la Follataire, 
châtaigneraie à Collonges, la Feulataire à Morcles et Vionnaz, 
Foiillateriisy 1728, es Folataires à Bex, les Follataires à Ollon, 
Etoy ; Fulateyro à Gharmey, Follaticre, bois à Ballaigue, la 
Follatery à Bavois, la Feuîllateyre(aire) à Villarepos et Essert, 
Frib. ; les Feuîllatières, lieu buissonneux, ravin de TAllondon à 
Russin. E>érivé adjectif de Folliat, Feuillat, lieu boisé, feuillu, et 



472 Es FOLLES — FONTAINE 

suffixe adj. aire, ejre, ire = ière, donc terre couverte de buis- 
sons, de petits bois feuillus. Les localités que nous connaissons 
sont en effet couvertes de buissons partout où elles n'ont pas été 
défrichées. 

Es Folles, loc. Aigle, les Foliies, bois à Vouvrj et Vionnaz, 
en lafallij 1728, Folliaz, ham. de Villarimboud et plus, loc., la 
Foiieulaz à Vouvrj, dim. ; du v. ÎT,/olia, feuillée, patois /b/Me, 
bois feuillu, par opposition aux bois de conifères. Nombreux col- 
lectifs, Folly, pâturages, val Perret, Ormonts, Chàteau-d'Œx, 
Montreux; ChAteau Folly à Château-d'Œx, Chastel Folliety 
ii34, Hidber, I, 534) les Folliets, alpe d'Orsières, Foillet, alpe 
de Mex, Valais, Folliez à Ëtoy, Follier à Conthey, au Folîard à 
Vouvry, Folllerat, alpe à TEtivaz, Foljeret à Louèche, en Follie- 
raye à Mont-Rolle ; Follieux à Renens et Fontaines, Folliux à 
Charmey, Folliaux, alpe de Villeneuve, FoUiausaz à Prangins, 
Foilleusaz, sommet à Troistorrents. De la même racine les 
Foyers à Vouvry, jadis Foilly ; la FuUy à Cottens, Vaud, Fulli^ 
1877, loc. à Coinsins, Borrex, etc. ; la Foulie à Sion, ly Fuly^ 
i4i4 ; la Fouly, ham. de Montherod, la Fully, 1875, en la Fouly 
à Gryon. Quant à Fully, village du Valais, voir ce mot. 

Fond, Sur la —, 2 m. au-dessus de la source de la Raisse à 
Fleurier ; fausse orth. pour /ont, source. Frey-de-Fond, loc. à 
Chavannes sous Orsonnens, fausse orth. de Tatlas Siegfried pour 
Freide-Fontf source froide. Une autre au xiii* s. , Fredefonds^ 
Freidifons à Ecuvillens, Donat. Haut. Arch. Fr. VI. 

Fondras, Saigne es — à Saignelégier ; les Effondras à Rebé- 
velier. Creux de TEffondro, alpes de Port- Valais, à TEnfondras, 
loc. à Croy et à Mathod ; subst. dérivés du verbe v. fr. fondrer, 
d'où le mot fondrière : localités coupées de creux, de fondrières. 

Font, D. Broyé, Frib., Font, loii. Font, ii42, Fons, ii54, 
M. R. XII ; de/bntem, source, comme Funs, Grisons. 

Fontaine, et forme patoise Fontannaz ; de Tadj. latin /on- 
tana, de source, a de nombreux dérivés : des collectifs, de/onta- 
netiim, lieu riche en sources, Fontaney, Aigle, Isérables ; Fon- 
tany, Fully, Massongex, Charmey ; Fontenais, D. Porrentruy, 



r; 



FORCHAUD — FORMANGUEIRE 473 

FonUmoux à Echarlens, Pfontanie à Louèctie ; Fontanezier, 

D. Grandson, Fontanisy^ i4o3 ; des diminutifs, Fontanettes et 
Fontanelles, plus, ioc.^ Fontenailles à Monthey, Saint-Triphon, 
Fontenelles à Bagues, Fontanilles à Peissj-Genève, Fontanal à 
Conthej, Fontanalles à Arconciel et Molondin, Fontanil à Sal- 
van, etc. ; Fontanasses à Saint-Maurice, dépréciatif ; — des com- 
posés : Fontainemelon à Neuchâtel, Fontaine-Millon au xiii^ s., 
de Millon, n. pr. 

Forchaud, voir Frochaux. 

Fopchex, ham. d*Ollon et loc. à Arnex, Fopchy à Bourg- 
Saint-Pierre, Ghardonne, Mollens, Rueyres ; de farcelum : Foiv 
chire (ou Fourchj), ham. de Riddes, Valais; v. tr.Jbrchière, 
petite fourche, au fig. dans la plaine pour bifurcation de chemin. 
Ces mots sont de la même origine que les nombreuses Forclaz, 
diminutif Forclettaz, des Alpes de la Suisse romande ; du latin 
Jïircula, petite fourche, petit col ou localité dans le voisinage (et 
non de forum clausum, comme le veut Bridel, ce qui donnerait 
forclos) ; les Forcola du Tessin, les Fuorcla des Grisons ont le 
même sens. 

Forel, plusieurs communes et bois : Baulmes, Romainmôtier, 
ou même prairies : Lignières ; mot du vieux français, du bas latin 
foresta^ du verbe forestare, prohiber = bois, terrain à ban ; di- 
minutif /or^s/e/Za, d'où par contraction forel ^ racine Jorisy de- 
hors. La forme primitive se retrouve dans es Forestelles à Mon- 
they, Forestallaz à Blonay, Foretal à Athenaz, Genève ; en Fo- 
retallaz, loc. à Cossonay ; Foretellaz à Boussens ; une Foretalla 
à Avully, Genève, Foretaille à Bussy, Pregny, contractée dans 
la Forellaz, m. à Forel. Un nemus de Foresta vers 1 170, Arch. 
Fr. VI, près Chebri et Posdors (Puidoux) est sans doute Forel de 
Lavaux, Fores, 1274, Forel, i3oo ; Forel, D. Broyé, Forest, 
1289, M. R. VI, 347, Fores, i342, Forex, i354. 

Forestay, ruisseau à Lavaux ; Foretex, loc. à Blonay, le Fo- 
retay, bois à Vionnaz ; autres formes de YdA],forestai, forestier, 
entouré de bois. 

Formangueire, près Belfaux, Frih,, Fromendeire, 1294, Fro- 



174 FORNET — FORTUNE 

menderie, i363, Fromendeyri, i43i, Fromendery y i445, au- 
jourd'hui en patois Fromendiaire = (terre) fromentière^ adj. 
V. fr., qui produit du froment. 

Fornet, loc. à Aigle ; ham. de Lajoux, D. Moutier, For nais et 
FornaZy 1181 ; les Fomets à Marchissj et val d'Illiez, au Four- 
net à Vionnaz ; de /omet, petit four ; Fomex à Ollon, Monthej» 
Fornels, 1696, au Forney à Villeneuve, es Fomels à Chardonne, 
Forny à Liddes, Fornez, 1 228, à Charmey, et 5 autres loc. Frib. 
z=/brnily du latin furnile, four. Foumoutz à Bourg^Saint- 
Pierre, et peut-être au Founoux à Hérémence, la Fomeyre à 
Lovatens, Fomache, Ormonts, Port-Valais, OUon, Vionnaz, etc., 
Fornasse à Attalens, augmentatifs, correspondants du fr. Four- 
naise, loc. à Saint-Léonard, Sion. Noms désignant des endroits 
chauds, bien ensoleillés, des pâturages bien exposés. 

Foron, nom de nombreux ruisseaux de la Haute-Savoie, Ta- 
ninges, Scionzier, Bogève, Sciez, Reignier, deux à La Rothe, en- 
fin celui qui forme la frontière genevoise. Ferons, 1269, M. G. 
XIV, nom sans doute celtique comme tous ceux de rivière. Si Ton 
considère qu'on a probablement ici la permutation savoisienne s- 
y, Foron pour Soron, on y retrouvera le nom de la Sarine, jadis 
Sarona, de la Serine et de la Valscrine, les deux autrefois So- 
rona, et la racine sanscrite sar, couler, voir ces mots. Cette per- 
mutation s-f se retrouve dans le nom du torrent du Fier qui s'ap- 
pelait Cier, Ciers au xiii® s., Reg. gen., 286, 34 1 ; elle est fré- 
quente en Savoie, aussi chez nous soit que le s vienne d'un c latin, 
sangle-fingle (de cingula), scgogne-fegogne (de ciconia), soit d'un 
s, l'Essert-le Fer (de sartus), a satti-a fatti (de satis). 

Fopré, au — , champ à Marchissy ; du bas latin fodrum, 
paille, v. iv, feurre et foirre, du v. h. ail. yiio/ar, all.yuWtfr, 
fourrage. En Forez, champs à Chavomay, a peut-être la même 
origine, mais le r simple paratt le rattacher plutôt à Forel. 

Forts, Chavannes-les-, D. Glane, Frib., Chavannes les fors, 
i346, Matile, Praz de Fort, hameau le plus éloigné de la com- 
mune d'Orsières ; de /bris, dehors, en romanche yb«r,ybr. 

Fortune, ham. de Villariaz et de Chavannes sur Orsonnens ; 



FORVEY — FOULE 175 

loc. à Saxon et à Orsonnens; Fortuno ou Fortunaux, ham. 
d'Ajrent et majens à Vernamiège ; de fortune, sort, chance favo- 
rable. Ce nom abstrait étonne ; cependant on le trouve déjà au 
XIII® s. : Un Ulric de Granges donne en gage sa vigne de Lafor^ 
iana, charte de Conthey, 1266, M. R. XXX, 19. On connaît 
aussi des Solitude, Abondance (Savoie), Famine (Orges), Gaieté 
(Yugelles), Repentance (Genève), Plaisance (Riez), Charité, Ferté 
(France) ; le Berry a plusieurs Malaise, 4 Nuisance, etc. 

Au Fopvey à Romanel-Morges ; subst. verbal de /orvoier, s'é- 
carter : localité éloignée de tout chemin. 

La Fory, deux bois de pins à Bovernier et Sembrancher ; ham. 
de FuUy, — pins partout où la vigne ne les a pas chassés ; — 
pourrait venir de Tall. fohre^ pin : quelques noms d'arbres nous 
viennent de Tall., daille, fie, saule. 

En Fossabert, loc. à Gland ; paraît formé de fosse et d'un n. 
pr. comme Prabert. 

Fossard, ham. à Thonex, Genève, et 3 ham. Frib. ; une charte 
de Gruyère, i43i, parle d'un rivum dou Fossard; Fossau. Fos- 
siaux, Fossioux, Fochaux, plus. ham. et nombreux lieux-dits, 
Fochau à LigneroUes, Fossey à Daillens, Fossy, écart de Farva- 
gny et ruisseau, affl. de la Dullive, Fosseau, ruisseau, bras de la 
Dullive ; le Fossaux, torrent de Vouvry ; au Fossorey, loc. à 
Vionnaz ; lieux enfoncés, torrents creusant leurs rives. Nom an- 
cien : un Fossaul, 1204, Fossau, 1227, à Lutry, in Fossato à 
Yens, 1295, M. R. III, 5i3. 

Les Fotelats, bois à Buix, D. Porrentruy ; Ae/outeau ou /ou- 
telf dim. de /ou, hêtre, et suffixe dim. jurassien at .= et : les pe- 
tits hêtres. 

Le Fouetteley, petit bois près Bullet, D. Grandson ; probable- 
ment de yb«/6/, petit hêtre, et sufF. coll. ey. 

Foule (La), maisons à Payerne, Vallorbe, Croy, La Sarraz^ 
Marly, Gorgier, le Locle, Boujean, etc. ; àefoule^ ancien moulin 
à foulon, généralement propriété du seigneur, où chacun était 
tenu de fouler ses draps, /ollare pagna sua in folla subtus 
Croy, Cartul. Romainmôtier. La Folla à Monthey, La Follaz à 



176 FOUNEX — FOYERS 

Romont, Lussy, Cheirv, même sens. Foula veraey à Bussj sur 
Moudon, la Foule de Verney. 

Founex, D. Nyon, Fosnai, 1224, M. R. XII, 69, Founai^ 
1261, M. G. XIV, Fonay, 1296, M. R. V, 398. Peut-être d'un 
coguomen romain tel que * Fonus : il y a un g'entilice Fonius ; 
(praedium) Fonacum donnerait Founai, Fonay. Le s de 1224 est 
peut-être parasite, cela arrive assez souvent. Le Reg*. gen. Réper- 
toire, p. 484» donne Fornay : faute d'impression ? 

Fourche, nom de plusieurs cols ; de furca^ fourche, col pro- 
fondément échancré entre deux pointes ; le Fourehon, ham. de 
Treyvaux, diminutif ; les Fourchons, patois Fortzons, chaîne de 
rochers au Saint-Bernard ; de fourehon, dent de fourche ; la 
Fourchette à Trient, diminutif. 

Fourches (les), nombreux lieux-dits : Pré des Fourches à 
Villeneuve, Vers les Fourches, Pompaples ; aux Fourches, etc. , 
souvent sur des éminences, des crêts, à Rue, Delémont, Lully, 
Maracon, Lucens, Sembrancher, etc. ; les Forches à Saint- 
Biaise ; de ad furcas, les fourches patibulaires, le gibet, cons- 
truit sur quelque endroit élevé aux abords des localités où le sei- 
gneur avait droit de haute justice. Vers le Gibet à Cudrefin, et 
Sur la Hart à Delémont, même sens ; de hart, proprement la 
corde avec laquelle on j)endait les criminels au gibet. 

Les Fours, mazots sur Vionnaz, et Sur les Fours, prés au- 
dessus, pente exposée au N. Sans doute une fausse orth. four 
pour fou, conmie dans la Combe du Four, voir Faoug et Fagus ; 
donc == les Hêtres, Sur les Hêtres, qui sont assez abondants dans 
la localité. Quant à Sur le Four^ 2 loc. au N., 1960 et 1880 m., 
alpes de Liddes et de Bourg-Saint-Pierre, à plusieurs centaines de 
mètres au-dessus de la limite des hêtres, qui manquent d'ailleurs 
dans l'Ëntremont, peut-être de furnum, d'un four à chaux qui 
aurait été établi là. 

Les Foyers, bois à Beurnevésin, Jura bernois ; forme mascu- 
line corrrespondant au fém. Foyère (patois yb Ai ra, de fagaria), 
dejagus et coll. arium = bois de hêtres. 



FRAIDAI6UE — FRASSE 177 

Fpaidaigue, ham. do Saînt-Prex ; de frigida aqua^ eau 
froide : une source très fraîche en cet endroit. 

Fraidera» loc., — pente au N. — à Develier, Jura bernois ; 
dérivé de freid,e, froid, bien que le suffixe soit difficile à expli* 
quer. 

Fraises, les — , m. foraine de Tramelan ; de fraise, s. f. 

Frane^ Frêne, Franoz, Prenez, nombreuses loc. ; de fraxi^ 
nus^ frêne, le collectif latin yroxin^/eim, bois de frênes, a donné 
les divers Frenoy, Freney, Saint-Oingpolph, Franey, Franex, 
ham. d'Ecoteauxy de Remauffens et commune, D. Broyé, Frat* 
neif ii42> 1242, Franeys^ i337 ; le \dX\n fraxinariay frênaie, a 
donné Frenières, Bex ; Franières à Rossinières, Fregnire, Or- 
monts ; Fragnire à Neirivue, Frcunieres, i235, etc. Diminutifs, 
Fragnolet, ChÂteau-d'Œx et Gruyère; Fregnoley à Bagnes, 
Frenelley à Corbeyrier et La Rippe. 

Frasse. Un ancien mot français, dérivé ég'alement de fraxi- 
/IU5, a donné des noms de lieux plus communs encore ; c'est 
fraisse^ fraîche y fréche^ dim, /raisseau y un des noms vulgaires 
du frêne dans les provinces du midi de la France ; il faut y ratta- 
cher notre moi /rasse (correspondant au mot casse ^ de querci^ 
naSy employé dans TArmagnac). Le iadin ^frasen^ le romanche 
fraissen. De ce mot viennent les nombreuses Frasses, une quin- 
zaine Vaud et Fribourg, et plusieurs dans le diocèse de Genève, 
Fracy, Fracia, Fraxia, Reg. gen. m, 485. Citons en particu- 
lier Frasses, D. Broyé, Fribourg, Frasces, Fraces, 1142, Cart. 
Month., 5, hosp. S. Marie in Frescin, 1225, F. R. II, 52, hosp. 
de Fresceirif 1228, M. R. VI, Frasses, i337, et Frasses, D. Lac, 
ail. FraêchelSj Freschens, 1276, Freschols, i3o2. Ces formes 
de 1225, 1228 montrent bien Torigine. De là également les Fras- 
sis, Ghàteau-d'Œx, Gruyère ; Frassys, Villeneuve ; les diminutifs 
Frassettes, Ormonts, Fracettes à Vionnaz, Frassillet à Char- 
mey, Frassonayaz au val d'IUiez, ainsi que les formes patoises 
où ch, ts remplacent ss : Fratzes, Martigny ; Fratzi sous le Gram- 
mont ; Fratzay à Leytron, Fraciiy et Frachiaz à Bex ; Frachey 
aux Ormonts, Frachay à Liddes, FrachierSy plan, vers 1720, le 

M. D. SBC. SÉRIE, TOME VII 12 



178 FRERES — FRETEREULES 

Frache à Lavej et val d'Illiez, bois de Fréchaux à Gimel, et le 
dim. Fracheret à Gryon ; un pratum de la Fraschi à Vex, 
121 3. Peut-être quelques-unes de ces dernières localités tirent-elles 
leur nom de /ratzi, /rachiy mettre en pièces, briser, latin /reS" 
sus y brisé. 

Frères, Bois des — , près Genève, ancienne propriété des 
Frères prêcheurs ou Dominicains de Plainpalais. 

En la Frémi, m. à Saint-Ging-olph, les Fremiés, propr. sur les 
Mosses d'Ormont où abondent les fourmilières (Isabel) ; le Frou- 
millet, pàturag'e Jura d'Arzier; Froumy, loc. à Saint-Martin, 
Fribourg"; du f&Xois frémi , /rou mi = fourmi. 

Frégiécoupt, ail. Fridlinsdorf^ D. Porrentruy, villa qui ro- 
mano dicitur Frigiecort^ theutonice Fridestorfy 1287. 
Nom français. Nom allemand. 

Frigiscurth^ 11 36, 12 18. FridestorJ^ 1237. 

Frigiscorty 1180. Friderstorff^ 1296. 

Frigiecourty 1221. Friedrichsdorf, i3o8. 

Frigiecurl^ i3o5, aujourd'hui Friedlinsdorf. 

Nom français : court, ferme de FrigiSy du g'othique /reis, v. 
h. all.yrf, libre, n. ail., village de Frid^ le paisible, puis de Fré- 
déric, enfin de Fridolin, tous trois du reste de la même racine 
frîdy paix. Rien de plus curieux que le changement de nom que 
Tendroit a, sous la plume des notaires, subi à quatre reprises, ou, 
si Ton s'en tient aux deux groupes, de la forme allemande à la 
française. 

Fresens, C. Neuchâtel, Fresens^ 1268, Fresain, 1290; de 
Frisingis = chez les descendants de Friso, n. pr, g^ermain. Un 
FredingiSy 930, in pago Wald. pourrait-il être Fresens? 

Frète, du çerm. Jirsty faîte de toit, v. fr. frète, nom commun 
de localités, pâturages près des arêtes. Frétaz, ham. de BuUet, de 
Vaulion, de Pomy ; les Frêles, près du Locle ; Fritaz, ham. sur 
Saint-Gingolph ; dim. Fréterettaz, pâturage d'Arzier ; Fréteux, 
loc. à Fontenay et Courchavon, adjectif. 

Frétereules, ham. près Noiraigue, Neuchâtel, apud Fructu- 
raies, 1247, Fructereules et Frétereules, i346, FruterouleSy 



FRÉZILLON — FROIDEVILLE 179 

i38o; de fructarolas (curtes), lieu fertile en fruits. Un autre 
Fpétepolle, au col de Coux^ versant français, Fruyierolaz, i438, 
Mém. Inst. Gen. VIII, dim. de fruitière, au sens de laiterie. 

Le Frézillon, loc. à Vallorbe ; de fresillon, nom vulgaire du 
troène, Ligustrum, et du fusain. 

Frinvilliers, ail. Fridelischwart (Fridlinschwanden d'après 
Zimmerli, de schwanden, essert,) ham. d'Orvin, D. Courtelary, 
Friderichswarty ï3ïiy Frunweliery iSgS, FreyvillierSy i4o3, 
31. N. XXXIV, 267 = village (n. fr.) ou poste de garde (n. ail.) 
de Friderich (puissant pour la paix). 

La Frînze, torrent, affl. de la Navizence, Valais ; subst verbal 
«Je /rinçuer, sauter, j^i'ambader, probablement du bas breton 
ring a j sauter, avec permutation g-z (comme longue-lonze). En 
_2>atois le subst. verbal désigne parfois l'auteur de l'action, une 
atollhCy de batolhî, etc. Pourrait peut-être venir aussi de 
reinzey crevasse, de freindre, du IdXmfrangere, briser. 
Les Friques, Villars —, Fribourg ; du v. îv.friquey provençal 
ricy du gothique yriTcs, v. goiïi, frec (d'où l'ail, /rech) y joyeux^ 
ardi, gaillard ; donc village des (hommes) hardis, joyeux. Ancien 
énitif les pour des, comme Villars-le (du) Comte, Villars-les 
^^^loines. 

Froehaux, ham. d'Ënges, Neuchâtel, Froischaiid, 1897, 

^Chambrier, 687, Forchau, 1670, carte du P. Bonjour, Mus. N. 

^^CXXI, 288 ; Frochet, loc. à Roche ; Frochex ou Froschex à 

^3yens ; Frossaux à Ecublens, Fribourg ; Fpotzé, loc. à Vui- 

fcroye, FrochaiSy 11 54, FroschaiSy 11 55, FroscaiSy 11 79, Fro^ 

^haySy 1278, M. R. XII, Froschex, 1589. Avec métathèse de Vr : 

Forchaut à Boveresse, i345^ au Forchaux à Cernier, Neuchâtel, 

Vorchaux ou Forchaud {Forcho dans Kuenlin) à Hauteville et 

Treyvaux, Fribourg, en Forchaulx à Praroman, xv« s. Du v. fr. 

JroCy terre inculte, mot très employé jusqu'au xvP s. 

Froidevaux, 2 ham. de Soubey et Montfaucon, Jura bernois ; 
àefrigidam vallerriy froide vallée. 

Froideville, une commune et 3 ham., a Vaud, i Fribourg; de 
frigidam viliam^ ferme froide. Froideville était aussi autrefois 



180 FROMENTAUX — FUYENS 

le nom des Tavernes^ D. Oron, Froydevillaz encore en iSga, 
167g, bien que Tavernes fût déjà employé. 

Fromentaux à Grans^ pi. de Tadj. fromental^ et Fromentey^ 
m. à Sales, Fribourg; de froment et coll. ey; champs de froment. 

Fromentin, Plan — , ham. d'Ormont-dessus ; d'un n. pr. connu 
déjà en i4o2. Johannes Fromentin et un Petrus Rubuy étaient 
les deux premiers syndics d'Ormont-dessus en i494- 

Frontenex, ham. de Cologpny, Genève, Frontunay^ i3og et 
i368, Frontenay, i438, M. G. IX, 288, XVm,et III, 210 (Hum- 
bert écrit Frontenay, 1862) ; de (prœdium) Frontenacam^ do- 
maine d'un Frontenus = Frontius, g'entilice qui a donné le nom 
de 7 communes de France. 

Fruence, vill. près Chàtel-Saint-Denis, autrefois chef-lieu de 
toute la coniréBy Fruenci y Friwenci vers 1180, Donat. Haut., 
Arch. Fr. VI, Frewencia^ 1096, Fruenci, I2i5, 1220, 1228, 
Fruenciay 1228, Fruentia, 12 55, M. R. XXX, 9. D'après Gat- 
schet, du bas latin /rua, de fraor, désignant spécialement les 
produits du laitag^e ; étymolog'ie douteuse. Plutôt dérivé d'un n. 
pr. germain. On trouve un Fruonzo en 1180 dans Tr. I, 383. 

Fully, D. Martigny, Valais, FuUacum vers iioo, Fullye, 
1200, Fulliey i25o, 1824, Fulli, xiv® s. ; de (prajdium) Fullior 
cum ou Folliacum, domaine d'un FolliuSy g'entilice romain. 
Holder, p. 1499» cite un praedium Folliacum. 

Le Furcîl, loc. Val de Travers ; paraît être uu dérivé de/urca 
au sens de bifurcation de chemin. Ducang'e a fourq, via in furca 
divisa. Il faudrait supposer un moi/urcile, d'où le suffixe il. Mais 
les dérivés de furca ont o et ou, et non ei, nous fait observer 
M. Bonnard ; donc origine indécise. 

Fussy, loc, 2 m. Combremont. Pourrait être un (fundum) 
Fusciacuniy domaine d'un FusciuSy g'entilice romain dérivé du 
cognomen yVtôcus, brun. 

Fuyens, D, Glane, Fribourg, Fuens 4 fois ii5o-ii8o, Donat. 
Haut., 1198, M. F. III, 69, Fuiensy xii® s. (1167 ?), Fuens, i36o, 
1668 = chez les descendants d'un Germain dont le nom vient de 
la racine Fug'^ qui a donné le n. pr. Fugilo, 



6ABIARE — GàMPEL 181 

La Gabiare ou Gabière, ruisseau, affl. de la Birse par la 
Scheulte, forme féminine correspondante au v. fr. gabeur, mo« 
queur, de gaber^ railler, se moquer; les noms de ruisseaux 
abondent en figures : la Gaie, la Gaillarde, la Rogneuse, la Mion- 
naz, etc. 

Gaehet, ham. de Founex, loc. à Courtilles ; du v. fr. gaschiéy 
8. m., marécage, terrain humide, de la famille de Tall. waschen 
(note de M. Bonnard) ; les Gâchettes, m. Haut-VuUj, et es Ga- 
ehettes à Trélex, même origine ? (ou du n. pr. Gaehet). 

Gademoz, chalet à TEtivaz (frontière allemande !) ; du v. h. 
ail. gadaiHy grange, fenil, comme les nombreux Gadmen des 
Alpes. Le Pajs-d'£nhaut a de nombreux noms allemands : Rubli, 
Gomfluh, Coumattaz, Schuantz, Bodemos, etc. 

Gagnerie, sonmiet sur Evionnaz, Valais ; de gagner y au sens 
archaïque de faire paître, à cause des pentes herbeuses qui en 
couvrent le flanc S. et que Ton peut paître. Littré (Addition) donne 
gagnerie y nom de métairies dans certaines parties de la Bretagne, 
et dans le centre, d'après Joubert, ce mot désigne les terres culti* 
vées sur la lisière des bois. 

La Gaillarde, ruisseau à Bougy^ D. RoUe; adj. gaillard, gai, 
joyeux. 

La Gainaz, m. à Noville, entre le Rhône et un ancien bras ; la 
Gaine, pâturage dans un étroit vallon, Ormont-dessus ; du n. c. 
gainêy de imgina, à cause de Tétroitesse de la localité ; la Gai- 
nèehe, loc. à Saint-Braix, en est peut-être un dérivé. 

Au Galataz ou Galetas, loc. à Etoy, Bursins, Lully, Villars- 
sous-Yens ; du v. fr. galatas^ allusion à la position élevée. 

La Galeisaz, ham. d'Ormont-dessus = la jolie en patois vau- 
dois, d'une racine germanique gâl^ gai, joyeux. De là encore es 
Galaises à Vouvry ; les Galeides à Troinex, Genève ; Galeyaz, 
champs à Chalais, Valais ; la Galaz, ham. de Vaulion ; le Lieu- 
Galet, m. à Develier, Berne ; es Galites, ham. d'Hermenches, 
Vaud ; Pré Galle ? à Chavannes-de-Bogis (peut-être pré de Galle, 
n. dTi.). 

Gampel, D. Louèche, Valais, ChampHz, 1288, i366, CampiZy 



182 GAMPELEN — GARITALAZ 

i3o5, Cantpuelj iSog, Champiz, iSSg, Champez, i344, i357, 
M. R. XXIX, XXX, Gampil, i4^4» etc. ; de campellum, petit 
champ. 

Gampelen, D. Cerlier, Berne, Gamplunch, 1226, F. B. 11,52, 
KamplunCj 1229, Zeerl. I, fr. Champion, Champion^ 1179, ^^~ 
tile, l, Champlun, 1228, Jampluns, i235, M. R. VI, i5, 623, 
Champlorty 1289 ; les deux de campilionem, dim. de campum^ 
champ. 

Gampenen, ham. de Louèche, Valais, fr. Gampière^ Cham- 
pagnesy 1267 ; de campaniaSj campagpaes. 

Gamsen, D. Brig'ue, Valais, Gamosuriy i233, Gamoson^ i3i2, 
Chantosono, 1392, Gamse, i4oo. D'après Studer, de campus; 
mais toutes les formes anciennes le dérivent du v. h. ail. ffamuz, 
chamois. C'est le correspondant de Chamoson. 

Gandole, loc. à Genthod, Genève, es Gandoules, prés sous 
Aig'le. Nous pensions à en faire une autre forme de gondole, ri- 
gole pavée, qui pourrait désig'ner ici rig^ole en g'énéral ; dans le 
Berry : une gondole de pré. M. le professeur Bonnard Testime peu 
probable, gondole n'ayant été emprunté à l'italien qu'au xvi« s. 
Ce n'est pas une raison absolue, le mot est anciennement connu 
chez nous. Pour la permutation o-a, nous avons à Aigle Prafan- 
daz ou Prafondaz = profonde. 

La Gara, ham. de Jussy, Genève ; subst. verbal de garer ? 

La Garde, ham. de Sembrancher, Warday i322,et chapelle à 
Evolène, Wuarday 1280, etc. ; du v. h. ail. warta, signal, tour 
de garde. 

La Garennaz, loc. à Montagny, Yverdon ; la Garenne, ham. 
de Satigny, Genève = v. fr. garenne , terrain de chasse réservé 
au seigneur, du v. h. ail. waron, garder. 

Garonne, ruisseau à Bougy ; voir Géronde. 

Gaulé, Gauloz, voir Gueule. 

La Gayaz, m. à Combremont ; probablement de Gay, n. pr. 

La Gay, ruiss. à Vaulion ; prob. la gaie, adj. 

A la Garltalaz, vignes à Essert-Pittet, D. Yverdon ; es Gari- 
talles à Mur, D. Avenches ; dim. de garita, fr. guérite, maison- 



GÉLINE — GENÊTES 183 

nette pour la g'arde des vignes, où Ton se g'are, s'abrite en cas de 
pluie. A Savièse, 'na garetta est une maisonnette de vigne (étj- 
mologie fournie par M. Isabel). 

Géline, Creux — , combe à Soulce, Jura ; creux (des) gélineSy 
des poules de bruyère. Voir aussi Combaz Gelin. 

Gemmi. Nous mettons ce mot, bien qu'étranger à la Suisse 
française, parce qu'il est connu de chacun et qu'on en a proppsé 
5 ou 6 étymologies *. Voici, croyons-nous, la vraie, inédite. La 
Gemmi s'appelait Curmilz en 1262, F. B. II, 35o, CurmyZy i3i8, 
M. R. XXIX et XXXI ; Gemmius monSy 1677, Gàmmiy 1608, 
Arch. Louèche-bains d'après Zimmerli. Les deux formes primi* 
tives indiquent l'origine : du latin culmen, sommet (ail. kulm), 
avec permutation de 1 en r ; en Dauphiné, courme = sonmiet. 
Quant à la terminaison ilz =1 ils, forme plurielle, elle était répan- 
due dans la contrée, ainsi à la même époque Gampel s'appelait 
Campilz = les champs. Donc Curmilz = les sommets ; un Vau- 
dois dirait : les frètes ; ce qui est tout à fait juste pour un hcd)!- 
tant de Louèche. On y parlait français alors, et le mot s'est dé- 
formé sous l'influence de l'allemand introduit au xvP s. Die 
Gemmi, aujourd'hui fém. sing., serait donc dérivé d'un masc. 
plur. romand. 

Génépi, Aiguille du — , sommet des Alpes de Trient, au S.-O. 
du glacier, et le Dzennepi, presque en face, à l'Ë. du glacier ; de 
génépi, génipi^ nom patois de l'Armoise Mutelline, qui abonde 
dans leurs rochers. 

Le Genêt, villa près Rolle, déformation de VOujenet, 1269, 
Oagenety 1597, diminutif d'Oujon, chartreuse près Arzier, à qui 
ce domaine appartenait. Il s'appelait antérieurement Marmotéa. 

Les Genêtes, pâturage de Premier ; probablement du vaudois 
genetie, s. f., patois djenetta, jeannette dans le Berry, un des 

^ De g^emitus, mont des soupirs (Séb. Munster) ; de gemini, rochers jumeaux ; 
de gemma, gemme, pierre fine, cristal ; de galm, de calma, au sens de hutte 
couverte de chaume (Gatschet et Studer), toutes controuvëes par les formes 
primitives. 



184 GBN&YE — 6EN0LLIKR 

noms populaires du Narcisse des poètes si abondant dans certains 
pâturages de la région. 

Genève, Geneua dans César, Genava, m-vi* s., Oebenna dans 
toutes les chartes du moyen âge, employé pour la première fois 
par le pape Pascal II en i loo, peut^tre, suivant GaliSe, pour évi- 
ter la confusion avec Gênes. On trouve les formes Geneva, Ge- 
nava, Genuavay Gennava (Tab. Peutinger), Genovay Genabe, 
563, GenaOy 441» ^n? ^8^> ^^9> Canava, 38i, Jenava, 5a3,ya- 
noboy JanubOy Jenuba, Jenuvay Januva (Grég. de Tours), Janua 
(Frédégaire), Januis. Du celte genavUy bouche de rivière, embou- 
chure, geriy bouche, et avUy eau ; hibern. genouy cormique ge^ 
nau. Le nom ligure de GenuQy Gènes, a le même sens d'après 
Holder. 

Les Geneveys, 2 vill. Neuchàtel, GenevaiSy i738, et les Gene- 
vez, D. Moutier, Berne, les Geneveys y i38i : trob communes 
dont la fondation est attribuée à des colons genevois venus pour 
s'y établir en 1291, voir Boyve, I, 260, et i3o7, mais aucun docu- 
ment d'aucune espèce, ni à Genève, ni dans le Jura, n'est venu 
confirmer cette tradition. 

Genièvre, Genèvres, Geneyvroz, Genevroz, une 10» de loc. 
Vaud et Fribourg ; de janiperuSy genièvre. Genevrets, Mon- 
treux, Avry, Genevrex, Chexbres et 7 loc. Frib. ; Genevray, 
Gonthey, Ardon ; Genevris, Châtelard, Frib. ; Geneveret, Sou- 
bey et Vicques, Jura ; Aq Juniper etum y lieu où abondent les ge- 
névriers ; Genevrausaz au Châtelard, Vaud, et Geneyvroux, h. 
Rueyres-Tréfayes, Frib., adjectifs ; Geniévries, Chéserex ; Gène- 
vries, Bursins ; Geneverles, Goumois ; Genevrières à Meinier ; 
les Genavrières, Lugnez, Jura, collectifs. Il faut sans doute y 
ajouter es Genevières, champs à Liddes, Valais, et la Genevière^ 
loc. Barberêche, Frib. 

Genollier, D. Nyon, Genolliacumy 11 10, Genolleiy 1164, Ce- 
nolliey 1180, M. G. IV, 78, V, 38i, Genoliacuniy iigS, M. R. 
XII, Genolliy i2o4, Genoliey 1211, Jonolie, 1221 y Jonolliey y Jo^ 
nollieZy i235, M. R. V, 221, XII, 20, et XXVIII, 72 ; GenogliePy 
1256, etc. D'après Gatschet^ copié par Studer, de gatlinay poule,. 



GENTHOD — ES 6EIUT 185 

d*oà le patois dj'enellier^ poulailler, « parce que, dit-on, le cou- 
rent de Saint-Claude avait là son poulailler. » Mais cette explica- 
tion nous paraît douteuse, le suffixe acum ne s'ajoutant qu'à des 
noms d'homme. 

Genthody C. Genève, Gentoax, 1290, GenthouSy i3o6, Gen- 
thouz et Gentouy 1828, GentouZy xiy« s., M. G. I, 122, IX, 242^ 
XVIII, 106, XXI, 173. On trouve encore Gentour d'après M. F. 
de Saussure qui le tire de Janitorium, cabane de ^arde. 

Georgette, quartier de Lausanne, Jargeta^ Jargetaz^ 1270, 
CrargatUy 1289, Jariata, 1288, M. R. VI, p. 682, 656, c vineam 
inler palaieres et Jariata^ » ce qui montre que le Jarlata^ 1288, 
pa^ 699, est une fausse lecture 1 pour i, GorjectaZy i548. 

Gerdil, à La Rippe ; Gerdy à Nendaz, Zerdy à Leytron, — 
permutation valciisanne ^-xr, — autre forme, plus ancienne, de 
jordily jardin, gerdil au xiv« s. Du v. h. ail. gartOy parallèle du 
latin Aor/itô, jardin. 

Y Gères, alpe sur Grimentz, Valais, est probablement alpes 
Gerias, 1100, des monts de Vercorin, M. R. XVIII ; origine in- 
connue. 

Gérignoz, ham. et ruisseau, aussi appelé GérinSy à Ghâteau- 
d*Œxj JurienuSy xi^ s,y GiriglnoZy 1187, Hidber, I, 584, aqua 
scu Quvio vocato Jurignioz, villa de JurignioZy i84i> Brenno de 
Jurignyo, 1889 (il y a encore des Brénon à Gérignoz), M. R. 
XXII. D'après ces textes, Gérignoz serait un dérivé d'un adjectif 
jurinuSy de juria, forêt, ou une contraction de juricinus, nom 
fréquent dans les chartes, et signifierait l'eau de la forêt. D'autres 
textes le confirment : deux ruisseaux de Gérignoz coulant au S.- 
E. du Gibloux sont désignés « inter duos juricinos, juricinus, >► 
855, M. R. VI, 202, 2o3, et « duos rivos nominatos Jurenses^ 
1 145, M. F. II ; la Gérine, ruisseau à Cully, même sens, ainsi que 
la Gérine, affl. de la Sarine, descendant de la Berra, couverte de 
forêts, Argerona, i3i4, 1824, même nom avec préfixe ar = ri- 
vière ; voir cependant Géronde. 

Es Gerit ou es Jerys, forêt à Colombey, Valais, au xviii* s. en 
Jury ; en la Gery, prés à Colombey ; évidemment de la racine jur. 



186 GERMAGNY — GESSENAY 

joux, forêt, et sufF. collectif y. Cette forme Gerit pourrait expli- 
quer les mots Zériet, alpe d'Ayent, loc. à Iserabloz, à Vétroz, et 
le bois de Géricton à OUon. Le chang'ement de u, ou en e se re- 
trouve dans d'autres noms, ainsi le Routet-Retet. Quant au c de 
Géricton, il est parasite, comme dans nombre de mots Jouctens, 
Boctens, Georg'ectaz. 

Germagny, ham. de Mont sur Rolle, Germaniacuniy 1018, 
1049, Hidber, I, 3og, Germanie^ 1228, M. G. XIV, 28, villa 
Germaniaci, Germagniey 1284, Germanye, 1298, Germagnie 
sur Romanel, i8o5, M. G. IX, 208, Germagnier, i3i4 ; =(prae' 
dium) Germaniacurrif domaine d*un Germanius, g-entilice ro- 
main. 

Les auteurs du Régeste genevois, ignorant rexistence d*un Romanel 
à Mont^ ont fait du Germagny de 1305 une localité à Romanel sur 
Morges ; voir RomaDel. 

Géronde, ancienne chartreuse au bord du Rhône près Sierre, 
Valais, Ggrunda, 1288, GirondOy 1267, Gyronda^ 1285, Gi- 
randa, 1298, Gerunda^ i83i, etc. Ce nom présente une étroite 
parenté avec Gironde^ fleuve de France, ou Garonne^ Garamna 
et Garonne, ruiss. à Bougy, D. Aubonne. Il y a là peut-être un 
autre exemple de la permutation mn-nd, comme columna-co- 
londe, vidomnus-vidondey et la forme primitive serait Gar, Ger- 
umna, où Ton peut démêler une racine indéterminée et amn^ 
fleuve. La racine ger se retrouve dans un grand nombre de ri- 
vières : Giers, Gers, Gière, Gère, en France, et nos Gérines pour- 
raient s*y rattacher aussi, malgré les textes latins qui les rap- 
prochent de juria. 

Au Gésiaux, bois à Rueyres, D. Ëchallens ; subst. de la racine 
de gésir, « patois se dzesi, se coucher sur le flanc pour se repo- 
ser » (Isabel), avec suffixe patois iau = oir, comme Lanciau, 
Chargiau, Battiau, endroit où Ton se repose, où Ton se couche. 

Gessenay, n. fr. de Saanen, Gissinai, 1228, Gissiney^ 1270, 
Gisinayy 1828. D'après Hisely, M. R. X, du v. h. ail. Giessinin, 
de giesserij verser, à cause des nombreuses chutes d'eau. Sous 
toutes réserves. Une autre explication paratt plus plausible : un 



GETS — GIFRISGH 487 

traité de paix conclu entre les g'ens de Gessenay et ceux de Fniti- 
gen en i34o, M. R. XXII, p. 126, dit: «Die landlQthe... vonder 
march ufF von Wisenœya untz (bis) an das gebirg^e von Wallis. » 
D'après ce texte Gessenay serait une dérivation réguiiàre de wisen, 
les prés, et Œy^ nom de la contrée, par la permutation de w en 
g*. Il est vrai que w donne dans la règle g dur ; mais il y a des 
exceptions, ainsi vipera donne guivre et givre et g dur devient 
aussi g doux. 

Les Gels, ou les Gez, chalets, maisons éparses, vallée de la 
Brévine, comme les Gels, village du Chablais ; synonylne de gîte, 
bas latin gistum, de Jacitum, Mais les Gex, vergers à Vérossaz, 
et aux Gex, Saint-Gingolph, vient de Gex, n. de famille. 

Gibloux, sommet G. de Fribourg, Jublios, 1 138, Donat. Haut., 
Monte Jubleur, ii4i» Jublor^ 12*27, Jublors^ 1240, F. B. II; 
du V. h. ail. gibil, pointe, ail. moderne Giebel, pignon, faîte 
(d'après Gatschet). 

Giète, nom de nombreux pâturages en Valais, aussi Giette, en 
patois Diette : Massongex, Djètc, Dorenaz ; Gittoz, Gittes ou 
Gite, une 3o» Vaud, Fribourg et Jura, Gissaz, Frib. ; Gittettaz 
(et Gissettaz, 8 pâturages Fribourg), diminutifs ; du bas latin 
gistum, gîte. Gilroz, Giétroz, Gétroz, ham. et pâturages en Va- 
lais, le même mot avec épenthcse d'un r ; les Agittes ou Agites 
sur Aigle, les Agettes près Sion ; le môme avec le préfixe a (ad). 

Giez, D. Grandson, GieSj loii, 1221, 1228, M. R. VI, 19, 128, 
Gisium vers iioo, M. R. I, i65, Gis, Gieij ii54, M. R. III,44it 
470, Gyz, 1179, Giez, 1199, M. R. XII, Giacum^ 1297, M. R. 
XIV, Gye^ 1864. — Gy, G. de Genève, Gyez, 1208, 1272, M. G. 
XIV, 17, 42, Giez, i8o4, 1818, GyeZy 1824, Matile, Gye, Gie, 
Rég. gen. Un Gy de France (Loiret) s'appelait jadis Giacum. 
Holder, i5i8, ce qui paraît être une contraction de Gaiacum, 
ainsi Giez et Gy seraient des (fandum) Gaiacuniy domaine d'un 
Gaius. Quant à Gisium, c'est la latinisation du mot romand. 

Gifrisch, ham. près Môrel, D. Rarogne, Valais, Chevrils vers 
1200, ChivriZy 1260, M. R. XVIII et XXIX ; de caprilia, étable 
à chèvres ; voir Chevrilles. 



188 GILLAMONT — 6IVRINS 

Gillamont, ham. sur Vevey, vico de Gillamonty 121 3, M. R. 
VI, 362. 

Gillarens, D. Glane, Fribourg', GislerenSy xii* s., M. R. XII, 
i4o, GislarenSy 1226, M. R. VI, 160, Gillarens, 1273, M. R. 
XII, 200, et Gillarens, loc. à Vucherens, Vaud = chez les des- 
cendants de Gisilhariy n. pr. germain. 

GiUy, D. Rolle, Juliacum, 11 79, M. G. IV, 83, 67/i>, Gillie, 
Julie et Giliacam dans une même charte de 1265, Gillt/Cy 1276, 
Gilier, i332, Gillier^ i352-i4A6» etc. ; de(Jundum) Juliacam^ 
domaine d'un Julius, gentilice romain. Il y avait des Julius àNyon. 

Gimel, D. Aubonne, Gemella entre 983 et 993, Hidber, I, 263, 
GimelliSy io5i, Rég*. g'en., Gemes, 1139 (bulle de Rome, les or- 
thogpraphes j sont parfois défigurées), GimeiZy 1172, Gimez^ 
1265 et i344, M. G. XIV, 38o, 80, et IX, 234, Gemels, 1286, Gi- 
mellOf 1299, M. G. XIV, 276, Gymelz, i494* Gemellae est un 
nom fréquent de localités antiques : De Vit, Onomasticon, II, 223, 
en cite 10. De l'adjectif ^«me//£i«, jumeau, double : (villse) gemel- 
lœ (fermes) jumelles, voisines. 

Gingins, D. Nyon ; par une exception bien rare, l'orthographe 
n'a jamais varié: Gingins de ii3i à 1 344 et jusqu'à aujourd'hui, 
M. G. II, 27, XIV, 23, 445, XV, 7 = chez les descendants de 
GingOy n. pr. germain ; de la racine gangûn^ aller. Fôrstm., 
p. 469. 

Givisiez, D. Sarine, Fribourg, Juvinsie, ii42, 1228, M. R. VI, 
Juvensieiy 1162, Arch. Fr. VI, Juvisei, 1142, M. F. Il, 222, Ju^ 
visie, i32o, i453, JuvisiePy i357, Jyvisié, i456. D'après M. Sta- 
delmann, de (fundum) Jubindiacuniy domaine de JubindiuSy 
nom peut-être helvète. 

Givrins, D. Nyon, Gevrins, 1 145, M. G. XIV, 7, GivrinSy 
1224 et vers 1260, M. R. XII, 45, 5o, Gevriny xiii« s., GyvrinSy 
1387. (On trouve aussi une fois, dans M. R. XII, 72, Givriacuniy 
xii<^ s., orthogr. de notaire) == chez les descendants de GivarOy 
n. pr. germain. Fôrstm., p. 45 1. A la même racine, Fôrstm. 
donne encore avec doute les noms Giber et GiprOy qui convien- 
draient aussi (permutation p-v, b-v). 



GLAIS — GLAPEYSl 189 

Les Glais, loc. à Lancj ; Glaisy ou Gleysi, bois à Apples ; 
<vlei8e, bois à Pampi^j ; Plan des Glaises à Saint-Livres, de 
l'Eglaise, carte top. vaud. ^ Lialses et Liaisettes, bois à Lau- 
sanne ; m. à Lutrj ; les Gollièses, bois à Bôle (préfixe cum) ; de 
glaise^ mot g'aulois, gliso dans Pline, ou de la forme gliteay 
glaise, patois gllèse ; le nom lausannois rend mieux la bonne pro- 
nonciation. En 1226, un fond de GleiSy 1278, pêcherie de Gleys, 
Rég. gen. 167, 266, près de Colognj (sous Traînant), même sens. 

La Glaivaz, loc. à OUon, la Glaive ou la Plàtrière, plans 
d'Aigle, 17 18 ; pente de terrain argilo-gypseux ; peut-être d'une 
racine germanique : angl. clay, argile, avec un v. épenthétique. 

Gland, D. Nyon, W. de GlanSy villa Glanais entre 994 et 
1049» M. G. XIV, 3, Glanty 11 79, GlanSy 1202, i2o5, M. G. IV, 
83, XIV, 19 et XV, 7, Glanez, i344, Joh. bast. de Gland, i386, 
M. R. I, 2<i<^p., p. 237. — Gland, ham. de Vullierens, D. Morges, 
Glans vers 1260, M. R. III, 538. Comme les Gland de France, de 
Glanna, Glannis, dérivé du celtique glann, rive d'un fleuve, 
bord, frontière. Gland est non loin de la Promenthouse, et le h. 
de Gland- Vullierens est près de la Broyé, sous-affluent de la Ve- 
noge. 

La Gland, sommet, alpes de Liddes, Valais ; fausse orth. de 
l'atlas Siegfried pour VAglan, patois et prov. aglan, s. m., fr. 
gland, à cause de la forme du sommet 

Glane et Glaney, 2 rivières et 2 ruisseaux, Fribourg, aquam 
de Glane y 1 1 43 ; les Glanes, vill. près Romont ; nom de nom- 
breuses rivières ; du celte glânos, pur, brillant, limpide ; hiber- 
nien et kymrique glan, gallois glân. Se retrouve en Carinthie, 
Bavière, Salzbourg, comme en France et en Espagne, et, sous la 
forme Glen, en Ecosse et en Irlande. 

Les Glapeys, paroi de rochers calcaires sur les bains de Lavey, 
Glappey, rochers ébouleux à Morcles ; Glappin, vignes à Saint- 
Prex ; le même que Liapey et Lapié, voir ce mot, les clapeys de 
la vallée d'Aoste et les clapiers du Dauphiné ; en bas latin clape» 
rium, tas de pierres ; d'une racine germanique klap d'après Kôr- 
ting, du kymri clap d'après Littré. 



190 GLAREY — GLETTERENS 

Glarey, ham. de Sierre, Glaretum, 1271, et avec les formes 
Glary, Glariers, Gleyriers, Glerriers, nombreuses localités de 
Sierre au Léman et dans les Alpes, souvent prononcé 11 mouillé 
comme le montrent Uarey à Saxon, Uarys à Lens et la curieuse 
forme lllarisse à Chamoson, pour y=ès Liaris ; de glaretuniy lieu 
graveleux, collectif de glarea, gravier. 

Glatigny, faubourg de Payerne, Glatignie^ 1242 ; un autre 
près Montheron, Glaiinie^ i349> i46i, M. R. XII ; évidemment 
dérivé en iacum d'un n. pr. gallo-romain. (Les anciens plans de 
Payerne nomment ce faubourg la Tigny). 

Glères à Trey, Gleyre, faubourg dTverdon, Gleritz^ ik^k^ 
Glert/j i^Sl^y Glières à Chavannes-sous-Orsonnens, la Lière à 
Pont-la-Ville (graviers de la Sarine), les Lières à Boudry, Lîerry, 
2 pâturages à Grandvillard ; du latin glarea^ romanche glera^ 
gravier ; glaire^ vallée d'Aoste, gl souvent mouillé, à Titalienne, 
comme le montrent les formes en Lié ; Glérettes ou Gleyrettes 
à Trey, TËtivaz, diminutifs. 

Gléresse, ail. LigerZy D. Nidau, Berne, aussi bois à Courcha- 
von, Jura bernois. Le nom primitif du village est évidemment 
d'origine romane. Lieresse^ 1178, Liersiy 1229, Lieresce, 1284, 
LierecSy i256, Lyerece et Lierescg, i^ii, Lyeresce, i357, Glie^ 
ressyy i354, Gleresce, i38i. Le nom allemand présente les 
formes Liegerche^ 12 18, Ligertze, 1280, Ligretz, i3i9, Lie^ 
gresce, 1870, Legeriiz, 1371, Trouillat, Matile. Gl a d'abord été 
mouillé, comme Gletterens-Lietterens, Glion-Llion, et le n. vaud. 
d'h. Glardon, jadis Liardon. Le patois dit glleriy lieri, glarier, 
de glarea. Gléresse est donc g Hère, avec le suffixe adjectif esse 
= localité graveleuse. Quant au nom allemand, c'est une meta- 
thèse du français. G-liresse — Ligerss. 

Glérolles, château à Lavaux, Glérolaz, GléroulaZy GléraulaZy 
dans les chartes Glerula^ Gleyrolay Gleroula, i3i6. Identifié à 
tort par Bridel et Vulliemin avec le Calarona de la Notifia digni^ 
tatum (rve s.) ; vient, comme les précédents, de glarea, gravier, 
avec le suffixe diminutif o/a, ula, fr. oie. 

Gletterens, D. Broyé, Fribourg, LieierinSy 1289, M. R. VI, 



GLION — GOBET 191 

347, Liegterens et Lietorens, i343, Matile, 537, 539 = chez les 
descendaDts de Liothari, n. pr. germain ; de lioht ou leuht, 
peuple et hari, guerrier. 

Glion, ham. de Montreux (prononcé monosyllabe et son mouillé 
lion !), Gatschet dérivant Ilanz, en romanche Glion, d'alnus, 
aune^ Studer en dérive aussi le Glion vaudois et ajoute « du patois 
vaudois iffl ognSy » ces mots romanches sont inconnus chez nous. Il 
faut plutôt chercher une racine celtique, peut-être //o/z, lioriy eau 
courante ; voir Lionne et Vaulion. 

GHss, D. Brigue, Valais, GlisUy i23i-i3o4, Glise, iSog. D'à* 
près Studer, de sa situation à l'entrée de la cluse de la Saltine, 
explication bonne pour un Germain chez lequel û et i permutent 
facilement. Vient plutôt d*ecclesia ; de bonne heure Glisa fut sé- 
paré de Naters, et, aujourd'hui encore, Gliss a l'ég-lise paroissiale 
de Brigue. 

Glottens, 2 loc. à Bière ; de Liotingis = chez les descendants 
de Lioht ^ n. pr. germain ; même permutation li-gl que pour Glet- 
terens. 

Glovelier, D. Délémont, ail. Lietingen^ Lolenvilery 11 39, 
Lovilier, ii48, 1180, 1239, Lovilir^ 1161, 1178, Loyviliry 1173, 
Lovilery 11 79, Loveiller, 1189, Loviller^ 1248. La transcription 
Gl pour représenter le son mouillé n'est apparue que beaucoup 
plus tard. Le nom allemand présente les formes Lioltinguen^ 
1184, Lioltingen, 1241, Leoltingeriy 1264. De Lioht et velier ou 
villar, bas latin villare, village, village de Lioht, n. pr. germain, 
ou chez les descendants de Lioht (nom allemand). 

Glutières, ham. d'Ollon. C'est évidemment le Lietery d'une 
charte de i320 qui énumère divers hommes et biens vendus par 
Jean de la Tour à Guill. de Pontverre, M. R. 2® s., IV, 84 : Jaque- 
met de Lietery, Perrussod de Lietery. Ces anciennes formes le 
rapprochent de Lieterens, 1 343 = Gletterens. Y auraitril quelque 
parenté ? 

Goay, ham. de Puidoux, D. La vaux, Goiz^ 12 18, 1288, M. R. 
VI, 644i et XII, 55, GueZj xiii® et xiv« s., Guex, xv« s. 

Gobet, Chalet à — , auberge sur Lausanne ; tire son nom d'à* 



192 GODE — GOUSSE 

près M. £. Ghavannes, M. R. XXVIII, 252, du syndic Jean G0- 
betf syndic en it^S. La Gobettaz, pâturage à Charmey, m. à 
Corpataux, du même n. pr. Gobet, 

Gode, forme valaisanne de gollie^ permutation //-c/ qui se pré- 
sente dans certains patois, Ardon, Conthey et Liddes, aussi à 
Château-d'Œx ; de là. Gode du Laci, au pied du Velan, Grouille 
du Lait, Gode Seye, au pied du Petit Combin^ Gouille de l'Arête 
(Seye, scie, fig. arête). Gode Gotta près du Saint-Bernard, Gode, 
petit lac dans les éboulis des Diablerets; Gode Zarlan près 
Liddes. La même permutation 1-d se présente près de là dans le 
nom du Mont Brûlé y appelé aussi Mont Brudon ; à Conthey | 
Daillon se prononce Dadon. 

GoilIOy Gollie. Chacun connatt ces mots patois et le vaudois 
gouille^ dérivés de Tall. suisse gdlley purin. Ils ont donné les 
noms de nombreuses localités ; citons la Gollie, ham. de Cor» 
celles-le-Jorat, la Goille près MoUens, finem de GolleSy 1017, 
Umb de Goiles vers 12^0, M. R. V, capellanus de Golli^ i2o5y 
M. G. XIV, 20, GoylieSy 1267 > ^^ Gollies à Cournillens, GoUes 
à Villaraboud, Gollion, D. Cossonay, Gollariy 1228, Gollon^ 
1235, Goillon, i453, la GoUaz, ruisseau près Yvonand, le Gol- 
liez, loc. à Aigle (mares !), le Goliet, petit lac, alpes de Monthey, 
Gollie à Savièse, ou Golliet, loc. à Louèche, i553 ; es Gouillons 
à Port- Valais, les Golliassons, alpes d'Ollon, diminutifs. 

Golet, ham. de Grenilles, et 4 autres loc. C. de Fribourg, le 
Golet, col entre Vallorbe et Vaulion, le Golat, gorge à Soulce et 
autres loc. du Jura bernois, Golette, col sur Salvan, Golettaz, 
gorge à Muraz, Valais, Golatte^ plus. loc. Jura bernois, diminu- 
tifs m. et f. de goule, gueule, du latin gala, à cause^e l'étroi- 
tesse du passage. 

Golèze, col entre les vallées de Champéry et de Sixt, la Go/- 
leyse^ i563, M. G. XVII, 100. — La Golèze, forêt à Monthey, 
loc. à Mordes (rochers), D. Aigle, forêt et précipices à Collonge^ 
Valais, es Gollaises, Goulèze, Gollèses^ paroi de rochers à Mas- 
songex ; probablement de la même racine gueule, latin gula. 
• La Golisse, ham. du Chenit, variante de coulisse, dû à sa posi- 



GOMBS — GOR 108 

tion ; passage étroit entre le mont et le lac de Joux ; en patois c 
permute assez souvent avec g, 

Gombs, district du Valais, fr. ConcheSy desenum CromeMU- 
nurn^ de cumbas, les combes, dont Couches est le correspondant. 
On y voit reparaître le b de combe disparu dans Kummen. Gome 
de Monasterio, i38i, combe de Munster. 

Gond, Mont — , 2 sommets en Valais, alpes de Conthej et alpes 
de Nendaz ; probablement de leur ressemblance avec un ffond de 
porte, du g-rec gomphos^ cheville. 

Gondo, Valais, village au fond de gorges étroites. Le même 
que ritalien ffonda, vase à boire, et que la racine de gondole^ la 
douve ménagée au bord d'une route pour Técoulement des eaux. 
Le romanche a gonda, éboulement de rochers, cône de déjection, 
employé dans TOberland et la Basse Ëngadine, devenu ailleurs 
Ganda, Gand, Gant, Il aura signifié d'abord par métaphore le 
pays, le lieu enfoncé dans les rochers, puis du sens de précipice, 
passé à celui d*éboulement. 

Les Gonelles, ham. de Corseaux, D. Vevey. Dans TAunis, go- 
nelle, s. f., désigne un fossé longeant une digue de marais. Ge 
sens est ici difficilement applicable. 

Gor, Gour, etc. ; du v. fr. gord, bas latin gordum, Berry 
gour, de gurges^ gouffre, nom de très petits lacs ou de creux pro- 
fonds, le Go de Gotta (aussi écrit en 2 mots Gode Gotta) au Saint- 
Bernard, au Go à Cudrefin ; le Goz, petit lac, alpes de TEtivas ; 
le Goz ou Gors de la Torche, Gor à la Torchi, iSgS, ravin à 
Fribourg ; le Gor GodoD, loc. à Liddes ; au Gor à la Vraconnaz, 
Sainte-Croix ; Gorre, Gop, ou Gour à Neuchâtel, le Gop de Bray 
(voir Bret) et le Gor du Communal dans les gorges de TAreuse, 
au Gors à Chavornay, au Gort à Chardonne, les Gorrhes, marais 
à Vionnaz et Vouvry, Gorres^ 1728 ; le Goup, lac, alpes de TEti- 
vaz et à Rougemont, Champ du Goup à Moudon, les Gourds à 
Morlens, les Gords à Montagny-Fribourg, le Goup es Oies à 
Courroux, Grandgourt (sic, 1182), ham. de Courtemaiche et 
combe profonde près Porrentruy, Grandigurgite, 1188, iao8, 
le Goup Gonflant (= ConQens), creux au confluent de la Sorne 

M. D. SEC. SÉRIE» TOME VII i3 



194 GORDANNE — GOTTAZ 

■ 

et de la Birse, le Rond Gourd, gorges du Doubs, Beaugourd, 
ham. de Goumois, Jura, sur un plateau se terminant par un pré- 
cipice béant sur le Doubs, à 200 m. au-dessous. Il faut j rattacher 

La Gordanne, ruisseau près Allaman, la Gorsire, prés maré- 
cageux à Port- Valais, parsemés de gords ; en Goursaz ou 
Gourses, Gueurse, Gueurge à Colombey ; le Gorzou, affluent 
de la Veveyse de Châtel, et Gourze ; voir ce mot. 

Gorgîep, G. de Neuchâtel, Corgie, i252, Gorgiery 1260, i337, 
Gorgie, 1840, Matile, Gourgier, 1898, M. N. XVI. Jeanne-Marie 
de Neuchâtel en i634 écrit « le baron de Gourgi mon bon père. >► 
Gatschet, considérant que Téglise était sous le vocable de saint 
Georges, ecclesia sancti Georgii super ferram de Gorgier^ en 
tire le nom du village. D'abord g devant e perd le son dur. Mais 
une autre raison nous fait rejeter son opinion : c'est la fidélité 
avec laquelle toutes les localités qui tirent leur nom du saint de 
leur église ont conservé cet adjectif, soit pur, soit modifié (Dom- 
martin, Sembrancher, Donneloie, etc.). Il serait étrange que ce 
Saint-Georges fît exception à une règle aussi absolue. Gorgier a 
plutôt, comme tous nos noms en ier, une origine gallo-romaine 
et vient probablement de (fandnm) Gordiacum^ domaine d'un 
GordiuSy gentilice cité par De Vit. 

En Gorgon, ham. d'Arconciel, D. Sarine, pratiim Gorgun^ 
1142 ; ne peut venir de saint Gorgon, par la raison donnée à l'ar- 
ticle Gorgier. Dérive peut-être de l'adjectif celtique gorgo, rude, 
sauvage (Holder, p. 2o34), qui a probablement donné le v. fr. 
gorgon, bouillonnement ; ou, plus simplement, un ancien géni- 
tif : pratum Gorgun, pré de Gorgon, n. pr. commun au moyen 

âge. 

Gosscns, D. Yverdon = chez les descendants de Gozzo, n. pr. 
germain (le Goth). Fôrstm., p. 4i6. 

Gottaz ou Gottes, une 3o« de localités, Gotiallaz, 12 loc, et 
Gottette, diminutifs ; Gotteyre, Gottaiix, etc. ; du bas latin 
gotUy goiale, petite source, de gutin, goutte. Un lieu-dit bona 
Goteta à Lausanne, i238. Un pratum ad Gutias, de Guttis à 
Lentigny, xip s. Mais le quartier de vigne appelé Gota-dOr en 



GOTTERON — GOULE 195 

1874 à Champreveyres près Neuchàtel tirait évidemment ce nom 
de la qualité du vin qu'on j récolte et qui était déjà fort apprécié ; 
de même En Gotta d'Or à Lutry. 

Golleron, ravin et ruisseau à Fribourg- ; paratt un double di- 
minutif de g'otta : gt)tteyre, gotteron ; les noms allemands Galte- 
rum, 1233, F. B. II, 12g, Galterroriy 1897, Galteron, i4o6, 
i449f Rec. dipl. VI, Arch. Fr. V, 432, aujourd'hui Galtern, sont 
des corruptions du français. 

Gottfrey, ham. de Saxon, Valais, GotefreZy 11 90, Gotefredus^ 
1279, M. R. XVIII ; du n. pr. germain Gottfried. 

Gottreux ou Gcetreux, Gotiraux, fém. Gotirausa, goîtreux ; 
noms donnés par une métaphore triviale, mais expressive, à des 
pâturages, des localités formant une éminence plus ou moins ar^ 
rondie : le Gottreux, pâturag'e aux Agîtes sur Aigle, loc. à Evion- 
naz et majens sur Ravoire de Martîgnj (monticules arrondis) ; le 
Gottraux à la Forclaz, et Rocher Gottraux aux Ormonts, Got- 
trausaz, ham. et pâturage aux Ormonts, ham. à Crissier, champs 
à Payerne, es Gottrauses à Chardonne, Champ Gottraux à 
RoUe et Praz ; Gottraux à Chavannes-des-Bois, en Gottrozan à 
Ecublens, etc. 

Goubîng, ancienne tour près Sierre, Gabyri^ 1299, Goubing^ 
i38i. 

Goudebas, loc. aux Brenets, Neuchàtel, le Gudevaz^ i3o4, 
Gudebaty i359, 1378, Matile, Gondebach, i454, M. N. XXXIII, 
260 (fausse lecture : on pour ou?). L'orth. Goux de Bas, xv« s., 
d'après Benoît, est fautive). Paraît formé de deux racines Gonde 
et vaz^ vaz, waz, vuaz ; désigne un terrain bas, inondé, voir 
Vuaz. Quant à Goude, nous le retrouverions dans les Saves de 
Goudet, terrain bas, souvent inondé, près du Rhône à Chessel. 
Seraient-ils parents de godet y v. fr. gode^ xiii« s., vase à boire, 
pris au figuré, comme auge, noche, bac ? 

Goueyraz ou Gueyres, pâturage près Charmey, le Gueyraz, 
m. à Gruyère ; probablement de guera, gaira^ nom patois de la 
Peucédane impératoire, plante médicinale des bergers. 

Goule, voir Gueule. 



196 GOUMŒNCHE — 6RANDG0UR 

La Goumœnche, loc. à Lonay ; propriété d'un Goumœns. 

Goumœns ou Gumœns, D. Ëchallens, Gomuensy ii4i> M. R. 
XIV, GumuenSy ii42, Cart. Month. 7, Gummens et Gommens, 
ib. i3, II 54, Gomoêns, 1177, Gommuans, 12 18, Gomoans^ 1220, 
M. R. XII, etc. ; et Goumois, Frauches-Montag'nes, Berne, Go^ 
moensem ecclesiam, 1177, Gamoëns et GoumoënSy 1267, i3o4, 
Tr. = chez les descendants de Guma, n. pr. germain. 

Gourze, Tour de — , Mons Gurgii, ii4o, M. R. I, 174, 
Goursiy i3i6, Goursiz, 1897 ; de gurga, gorge, par sa position 
sur un col du Jorat. De la même racine : la Gourzine, torrent 
profondément encaissé sous la Dent de Mordes, la Goursenaz ou 
Gurzenaz, loc, marais de Muraz, Valais. 

La Grabe, combe et ruisseau à Bourignon, D. Delémont, 
Berne, es Graboz, le Graboz, 5 loc. Vaud et Frib., Grabo ou 
Grabon, 3 ham. Frib. ; Grabonat, petit ham. près Tavannes ; 
Grabou et Graboux, loc. Avenches et 6 Frib. ; de lall. Graben^ 
fossé. 

Grammont, sommet sur Vouvry, Valais, Grandis mons, i3o6 
= le grand mont. 

Gramoneype, champs à Fully, Valais; Gramonire à Ven- 
thône, Valais ; en Champ Grammont (fausse orth. I) à Marsens, 
Frib. ; lieu où abonde le gramon, le chiendent, du latin g r amen, 

Grancy, D. Cossonaj, Grantie, 1202, M. R. V, 220, Grande, 
12 19, Grancier, 1672 ; de (praedium) Granciacum, contraction 
de Graniciacum, domaine d'un GraniciuSy gentilice romain. 
Grancia au Tessin en vient également = (villa) Granicia, Voir 
des contractions semblables, Agy, Cugj, Marly, Sugiez, Torny. 

Grandcévaz, forêt à Bussignj, D. Morges, et Grandsivaz, h. 
de Mannens, Frib. ; de grandem silvam, grande forêt. 

Grandchamp près Villeneuve, Grandis campus, 1196, Hia^ 
gnum campum^ 1276, s'explique de lui-même. 

Grandcour, D. Payerne, Grancorty 12 12, Grandcort, 1299, 
M. R. VI, 436, V, 36o, Grancor, 1842, Matile ; de grandem 
carte m, grande ferme. 



GRANDFEY — GRANGES 197 

Grandfey, près Fribourg ; de grande fageium^ grand bois de 
hêtres. 

Grandson, Granzio, 1049, Gr^ctncione vers 1090, M. R. I, 
i6a, Granzon, Grantionem, 1126, 1142, M. R. III, 44o* 44i> 
474» XII, 7, Grazon, 1177, M. G. II, 89, Grantsam, 1191, Gran^ 
sonianiy Granciano^ 1225, M. R. I, 208, Gracon^ 1228, Huo de 
Grancon, 1216, W. de Grancon, 1228, M. R. VI, 18, 100, 118. 
Les formes Grandi ssonum^ 11 49» Grand son et Grantsum, 1191, 
grand sommet, sont des interprétations, de même que le d actuel 
du mot. L*étymologie de Gatschet, grangia IsoniSy grange d'Iso, 
est à rejeter. Pour nous, les formes Grancio, Grantio nous pa- 
raissent indiquer un nom en 10, ionis dérivé d*un gentilice en ius, 
comme ceux que d*Arboîs de Jubainville étudie p. 5o8-5i8 de son 
précieux ouvrage. Allio de Allias, d'où Aillon, Cartio de Car^ 
iiuSy d'où Courson, Gentio de GentiuSy d'où Gensson, Mucio de 
MuciaSy d'où Mousson, etc. Grancio serait donc dérivé d'un 
Grancius qui a donné Grancy = propriété d'un Grancius. 

Grandval, Jura bernois, Grandis vallis, 866, grande val- 
lée. 

Grand vaux, D. La vaux. Sous sa forme actuelle = grandem 
vallem, grande vallée, mais les formes anciennes montrent que 
ceci est une corruption du nom primitif. En effet cette localité 
s'appelait Gravas, 1260, Wûrstbg., 182. Un Rod. de Gravas, 
1 172, Donat. Haut., 175.) Gravai, 1260, M. G. VII, 3o4, 3i4, 
Gravauz, 1270, Gravaul, 1280, M. R. XII, enfin Gravaux, xiw^ 
s. et Grantval, i453, et Hidber, I, p- 284, y rapporte un Gra- 
vado de looi d'une charte de Saint-Maurice. C'est donc le même 
que les Grave, Gravaz étudiés plus loin. 

Granges, D. Payerne, in fine Graniacensi, 881, 929, M. R. 
VI, 343, 232, est rattaché par d'Arbois de Jubainville (p. 247) au 
gentilice Granius, Granges est dérivé directement, sans suffixe, 
du gentilice pris adjectivement : (villas) Granias, comme Aure- 
lias, Fabias, Gaprias, Turrias, sous-entendu villas, domus, au pi. 
fém. des gentilices Aurelius, Fabius, Caprius, Turrius. L'ancien- 
neté de la forme fine Graniacensi et les antiquités romaines par- 



:.--*.. 



198 GRANGES — GRASSIAZ 

lent en faveur de cette dérivation d'un n. d'homme, qui ne s'o£Fre 
du reste que pour cette localité. 

Granges, Valais, in monte Grangensi, xi« s., Granges^ 1182, 
Granies^ 12 19, Grangiay xiii«s., ail. Gradetschy Gradenschej 
1269 î — P^^ Soleure, ail. Grenchen, Grangis, ii85, Grenchon^ 
ii3i ; GrSchen, D. Vièg-e, Valais, Grachan, 12 10, Granchon, 
1260, GrangiiSj 1295, 1297, Grenkan, 1807, etc., et les nombr. 
villages de Granges, dim. Grangettes ; du n. commun granges, 
latin graneas. 

Les traités de 1271 et 1291 pour le transit des marchandises en Valais 
parlent à deux reprises du « pontem de Graagiis de Marti|B^aco », M. 
R. XXX, 205, 207, 419, 422. Ces Granges de Martigny doivent être le 
village actuel de la Bâtie où la route du Valais franchit la Dranse. 

Granjeur, à Trient = la grand Jeur (juria), la grande forêt. 

Granois, près Sion, en patois Granoaety Graionosc, iioo, 
Granuech, 1221, 1261, Gragnuech vers 1260, GrannuehCy 1267, 
GragnuesCy 1274, Granuez, i343, etc. Ces désinences, dérivées 
du sufHxe locatif gaulois ou ligure oseras, correspondent en Va- 
lais aux suffixes ei/y iez, ey^ du reste de la Suisse romande, qui 
viennent des suffixes gallo-romains iacurn, acam. C'est donc un 
(fundum) Graniacum, domaine d'un Granius, gentilice illustre. 

Grappillon ou Greppillon, mont et col au fond du val Ferret, 
Valais, Grepillon de TOrs, alpes d'Orsières, tous deux aux 
pentes très raides, les Grepillons, pâturage à Ëvolène ; le Grep- 
pon blanc, sommets, val d'Hérémence et alpes de Saillon ; les 
Grippons (italien Greppo, rocher), pente rocheuse à Saint-Ur- 
sanne, Jura bernois ; du thème crap, qui se retrouve en celtique ; 
irlandais krape, accrocher, comme dans les dialectes germa- 
niques, V. h. ail. chrapfan, s'accrocher. Magrappe, pente ra- 
pide sur Veisonnaz, même racine avec préfixe ma ou mau, mau- 
vais. Cette racine se retrouve en romanche, crap, grap, rocher, 
Crap alv, grond, long, ner, Grappe, Graeplang, etc. 

Grasset, Grassette, plus. loc. ; de ladj. grassef, un peu gras, 
petit domaine sur un terrain fertile. 

Grasslaz à Morges et 3 loc, Grassoaz, Orny, Chevilly ; Gras- 



6RASSU — GRAUBES 199 

sey, 6 loc, Grassy, 7 loc, Grassis, ham. d'Og^ens et 6 loc, 
Orassiaux à Ghavornay ; dérivés divers de grassi, genévrier, en- 
droits où cet arbuste abonde ; es Grassillières à Baulmes et cinq 
autres loc. ; la Gracellire à Boudry ; la Grasselière à Gheiry, 
Frîb., autres collectifs ; le patois grassi, de gras, à cause de son 
bois imprégné de résine. 

Le GrassUy ham. de Grenilles, Frib., au Grassuz, h. de Cot- 
tens ; paraissent être également des dérivés de grassi, avec suffixe 
u, uz de utus, ellipse du i : Grass-u, comme Grass-ey. 

Grassy, loc. à Puidoux, Grassy ^ I2i5; cet endroit, où le ge- 
névrier est rare, nous paraît plutôt un (fundum) Gratiacum ou 
Graciacuniy domaine d'un Gradus, gentilice romain. Il est quel- 
quefois difficile ds décider si un nom de lieu dérive d'un nom 
d'homme ou d'arbre, voir des cas semblables à Fiez, Onex, Vigny. 

En Grattacu, loc. sur La Fontaine à Aigle, endroit où abon- 
daient jadis les églantiers et, avec eux, leurs fruits en automne. 

Les Grattes, 2 ham. à Rochefort, Neuchâtel, autrefois Gratta ; 
loc. à Crans ; dérivés, Sur Graty(î) à Vaulion ; dim. ; Grattet à 
Bretigny-sur-Morrens, les Gratterels à Lignières, Neuch. ; les 
Grateris, pâturage à Villiers ; le Graîtery, sommet sur Court et 
pâturage à Saint-Brais, le Grétery, pâturage à Soulce, tous dans 
le Jura ; composés : Grattaz Vache, m. à Forel, Lavaux, Grat- 
tavache, commune D. Veveyse et pâturage, Gruyère ; un Grate- 
vache, 1820, limite entre Grandson et le Val-de-Travers ; Gratta- 
vau (ou Grattalau), ham. de Berolle, D. Aubonne, Grattalau à 
SaintrLivres, Grattalaux à Grandsivaz, Gratteloup à Cossonay 
et Founex, Grattaz ï^yvraz à Préverenges ; une vigne en Gra- 
techa à Neuchâtel, i479, ^* ^- ^^^* ^® gratte, suhsL verbal de 
gratter, ail. kratzen, allusion à une végétation pauvre et clairse- 
mée, où le terrain est comme gratté. « Gratta, dit le professeur 
L. Favre, indique un sol mince, qu'il suffit de gratter pour trou- 
ver la roche. Les composés sont d'anciens génitifs : gratte (des) 
vaches, gratte (du) vau, veau, etc. On trouve des composés sem- 
blables au Berry : Grattebec, Grattechien, etc. 

Graubes, loc. à Port-Alban, Frib., et 



SOO GAAOBON — 6RENET 

■ Graubon, Rio — , ruisseau et ham. de Corcelles-le-Jorat. Pro- 
bablement de graubay greuba^ sorte de tuf pulvérisé, soit ruis* 
seau aux eaux tu£Peuses. 

Gravany, loc. à Boudry ; de Tadj. gravan^ de grave, gravier^ 
terrain, sol gravan, graveleux, et suffixe collectif y ; territoire au 
sol graveleux. 

GraTe, ham. de Cartigny, m. à Avusy, Genève ; Graves à Se- 
segnin et Vétroz ; Gravaz, plaine du Boiron à Yverdon, Grava^ 
885 ; un pratum de Graves à Corsier ou Blonay au xi^ s., Cart. 
Haut-Grôt, M. R. XII. Avec le suffixe collectif ay, ey, Gravey à 
Dizy, La Chaux, Vallorbe, La Sarraz, Gravaz à Daillens, celui- 
ci sans doute le Gravatum, 888, Gravât is, 89^, et le Gravais de 
1233, M. R. VI, i32, i33, 286, 21 3, en Gravesse, vignes à Lu- 
try, es Grevîres à Bofflens ; dérivés adjectifs, Gravenaz à Pizy, 
les Gravines, gravières à Versoix, Gra vannes à Corsier, Grave- 
nés à Vufflens-la- Ville, 1278, Graveline, m. près Yverdon. De la 
racine grav, d'où gravier et grève, du sanscrit gravan, pierre ; 
noms désignant des endroits graveleux comme les Graus du Lan- 
guedoc et les Graves du Bordelais, et le provençal crau^ autrefois 
cravo € in cravo sive in agro lapideo », dit un texte de 1226 cité 
par Diefenbach. Cette racine se retrouve en romanche ; citons 
Gravasalvas, ham. et alpe de la Haute-Engadine, pour relever 
une erreur singulière de Studer ; celui-ci décompose Grava-sal^ 
vaSy sous-entendu terres : terres sauves, libres de gravier. Il faut 
lire gravas^alvas = grèves, pierres blanches ; la localité se si- 
gnale de loin par les pierres blanches qui attirent le regard. 

Gravelone, vignes à Sion ; de grave, gravier, et double suffixe 
dîm. el-on, comme Motelon de mote. 

Graverney, bois à Cossonay, cité en i404, M. R. V, i3o ; loc. 
à La Chaux ; m. à Courge vaud ; Graverny à Bussigny, D. Mor- 
ges ;;= grand verney, grand taillis de vernes. Gras Verney à Fui- 
doux est sans doute une fausse orthographe. 

Grenet, nom de plusieurs rivières : le Grenet, affl. de la Broyé 
et ham., Granetum, ii4o, Grinet, ii55; le Grenier ou Greny^ 



GRENG — GAESALLAZ 201 

à Coppet ; le Grenay(iiey), ruisseau à Mathod, D, Yverdon ; ori- 
j^ne inconnue. 

Greng ou Greing, ham. près Morat, autre forme de Grang'es, 
comme il s'appelait encore en 1 349, Grangiis^ Gruent et Groyn, 
i349, ^' ^- ^^'> 145 ; du bas latin grangias, de granea, gre- 
nier à blé ; les Groins, 3 chalets^ alpes de Gruyères, rapprochés 
de la forme ci-dessus de 1349» paraissent avoir la môme origine. 

Grengiols, D. Rarogne, Valais, Graniols, 1290, Greniols^ 
i325 ; vient sous sa forme actuelle du diminutif ^ranio/a^, petites 
granges. Mais il s'est appelé d'abord Graneirolis, io52, GrinU 
ruelSy 1222, Grinirœz, i253, GraynerueyZy 1287, Granyreylz^ 
1334. Ces formes le dérivent de granariolaSy petits greniers. 

Grenier, plusieurs pâturages : Bagnes, aussi Greney^ Vej- 
taux ; diminutif Grcneret, Bagnes, Grenairon, Finhaut, Gre- 
neyret, OUon et Ormont-dessus, Graneret, Granerette, Gruyère ; 
de granariam, grenier, nom passé du bâtiment au pâturage. 

Grenilles, D. Sarine, Frib., Grenegles, 1180, M. R. VI, Gre- 
nelleSy i244> F- B. H, 1266, Rec. dipl. I, Grenelés, 1264, Gre- 
nillies, i3i8, Arch. Fr. III, 77, Grinillies, i4ii» R^c. dipl. VII. 
Origine incertaine. La forme Grenelle rappelle Grenelle, quartier 
de Paris (ancien village), probablement un synonyme de gre nef te, 
diminutif de grenier, donc, au plur., les petits greniers. Hisely, 
M. R. XII, p. 247, y rapporte avec doute une localité inconnue 
Gumiinges de la page 196, erreur évidente. Nous soupçonnons 
une fausse lecture ou une faute de copiste et nous croyons que 
c'est Rumilenges, aujourd'hui Rûmlingen, Berne. Toutes les 
autres localités nommées sont de la Singine ou du Lac, localités 
allemandes dont les noms sont plus ou moins défigurés. 

Grens, D. Nyon, Graiens, ii64, M. G. IV, 78, Grens, 1202, 
i2o4, Granz, 12 12, Greins, 1298, etc. M. G. XIV, 18, 276 = 
chez les descendants de GraOy n. pr. germain, Fôrstm., p. 545. 
Grao donne régulièrement Gra-ingis, d'où la forme primitive 
Graiens. 

La Gresallaz à Tour de Trôme ; Gresaleys, Greselley, Gre- 



202 GRESSY — GRILLY 

selly, Gresallaire^ une io« de localités, Vaud et Fribourg ; de 
ffresalOy nom patois des myrtilles, de Tall. kraOsel, groseille. Se 
rencontre déjà dans des textes du xiii® s. : un Champ dou Gre- 
sale ou Gresaley à Illens, donné à Hauterive en i252. Mém. Fr. 
I, 263. Un Grisalley à Corserey, i5i3. 

Gressy, D. Yverdon, Gressey, 11 87, Hidber, II, Grissie^ 1228, 
M. R. VI, GriziCf i245, Gart. Month., Grissye, 1817, GrissieZy 
i453 ; de {fundum) Graciacurriy domaine d'un Gratius, Grésy, 
m. à Lausanne ; Greysier, loc. à Bex, a la même origine, comme 
les Grésy et Greysier de Savoie (Jubainville, p. 246) qui possé- 
daient des fiefs à Bex au moyen âge. 

La Gretsch, arête de rochers aux Ëpiquerez, et le Gretschet à 
Courtetelle, Jura bernois ; autres formes de yreizon, petite col- 
line, petit crét (Bridel), avec la permutation jurassienne s-ch. 
Quant à g'retzon, c'est crêt avec le suffixe dim. patois tzon, cor- 
respondant du français chon (anichon, follichon). 

Les Grevalets (llets, lleys) ou Grevalia dessous et dessus, deux 
pâturages à Châtel-Saint-Denis, la Grevallaz à Saint-Gingolph ; 
autre forme de Gresaleys, — voir ce mot, — permutation s-v 
comme Ausannaz — Œuvannaz et Varsalannaz — Varvalannaz, 
doubles formes des mêmes noms de ces pâturages (Bex et 
Gruyère). 

Greyis ou Greïs, rochers de gypse au col de la Croix, alpes 
d'Ollon ; du patois grehi, gypse, craie. 

La Greyiaz, ruiss. à Oppens ; du v. fr. graiie, prov. graile^ 
du latin gracilis, mince, fluet. Le n. de famille Greyloz a la 
même origine. 

Grillet à Trélex, Forel et Ogens, Pré Grillet à Chardonne, 
Grillettaz, 6 loc, les Grillettes à Cressier, Neuch., Grillière à 
Montcherand et à Middes, Frib., Grillerettcs, Romanel sur 
Morges ; terrains secs, ensoleillés, où abondent et chantent les 
grillets ou grillons ; de môme 

Les Grillons, ham. à Elay, Jura bernois, Grillon, côte au midi 
à Undervelier ; en Grillon à Noréaz, à La Chaux. 

Grilly, loc. à Viiiars-sous-Yens et grand village du Pays de 



GRIMENTZ — GRIN 203 

Gex, Grellier, Greillye, Greilly ; de (praediam) Grelliacum, 
domaine d'un Grellias ou GreliuSy gentilîce romain cité par De 
Vit. 

Grimentz ou Grîmence, D. Sierre, Valais, GrimienSy xi« s., 
M. R. XVIII, Grimesij i243, Grimenchi, i25o, Grimeynchi, 
1827, Gremenchy f 1428, Grimenche^ 1820 (Bridel). La forme 
primitive indique nettement Torigine = chez les descendants de 
Grimo, n. pr. germain, racine onoma tique pri m. Fôrstm., p. 547. 

Grimisuat, D. Sion, Grimisochy iioo, Grimisuel, 1198, 1226, 
1228, Grimisols, i2i5, Grimesol, 1224, Grimisuech, i25o, Gri- 
misolioy 1255, Gremeisuel, 1260, Grumisy, 1842, Grimisua^ 
6 fois 1809-1848, Grumesia, i85i, Grumesuyy 1888, Gremisaa, 
i449« D*après Gatschet, qui le rapproche de Grimsel, du v. h. ail. 
krimiy grimi, défilé, passage, et 50/, mare, étan/^. Ce serait alors 
le passage aux étangs ; en effet en suivant le chemin de Sion au 
Rawjl on longe deux ou trois étangs sur le territoire de Grimi- 
suât. Toutefois nous rejetons cette explication : i^ les racines alle- 
mandes sont extrêmement rares, en dehors des noms d'homme ; 
2° les suffixes och et iiech de 1 100 et i25o paraissent se rapporter 
au suffixe ligure déjà signalé dans les environs immédiats à Ar- 
oioux, Arnoch en 1 100 et Granois, Graionosc, 1 100, Gragnuech^ 
i25o. Nous voyons donc ici un dérivé en oscus du nom germain 
Grimo trouvé dans Grimentz, Grimisoch, domaine de Grinio, la- 
tinisé. 

GrimoÎDe, ham. de Barberôche, Frib., ail. Gurmœn, Gur- 
mendj i434- D après cette forme ancienne, nous avons là un com- 
posé de court, curtem, avec un nom germanique. Cur est devenu 
Gur sous rinfluence germanique comme dans Gurmels de Gort- 
Munda, Gurwolf de Curt-Giwulf, etc., donc court, ferme de 
Mend, m. h. ail. Mende^ autre forme de la racine mand, v. h. 
ail. mandjan, se réjouir, mendia la joie. Fôrstm., 906. 

Le Grin, les Grins, maisons éparses sur la Braille à Châtcau- 
d*Œx ; les Groins, môme loc. sur un plateau G. de Gruyère ; le 
Groin du Vé, loc. sur Mauborget = probablement autre forme 
de grange, comparez Greng. 



204 GROISIÉRE — GRUYÈRE 

La Croisière à Boudry ; du v. fr. groisSy gn^avier =r la gra- 
vière, 

Gpolley, ou Grolay, Fribourg", GrosleriOj 1187, ii42, Mém. 
Fr. II, 16, 219, Groslero vers 1175, Arch. Fr. VI, GrolleiPy 
i35o, Groller, 1267, Wûrstbg., 1449, Arch. Fr. V, 4i8. D» 
grolle ou grosle^ nom vulgaire de plusieurs espèces de corbeaux 
(freux, choucas), du latin graculus, et suffixe coll. ey = endroit 
où se rassemblent les grolles ; analogue des noms allemands 
Krâhenbûhl, Kraien, de Krâhe, corneille. C'est peut-être à cette 
localité qu'il faut rapporter le Monte Cornelii nommé dans la 
même charte de ii43 (p- 220), ce qui fortifierait notre étymologie. 

GrouIIes, m. à Russy ; même origine. 

Grône, D. Sierre, Valais, Gruona, 11 00, Grona, 121 1, 12 fois 
1244*14469 en outre Grouna, i255, Gruna, 1267, Grone, i432 ; 
du germanique gruoni, vert, ou du celtique groun, gronnay 
lieux marécageux herbeux (Zeuss, 778, Holder, 2042). 

Le Grosel, Grossel ou Groseil, ham. de Château-d*(Ex, Gro- 
self 1276 ; peut-être de Tall. grossel, groseille, employé aussi en 
patois pour désigner les myrtilles qui devaient abonder dans ces 
lieux quand ils étaient boisés. 

Grugnay, ham. de Chamoson ; peut-être de grougna, grugna^ 
souche, tronc bon à brûler, grosse racine de hêtre, et suffixe coll. 
ay ; endroit bâti dans une loc. où abondaient les souches après 
Tabatage de la forêt. 

Grusa, petit hameau au fond d'un ravin à Vercorin, Valais ; 
peut-être autre forme de crousa, crosa, creux ; voir Crau. 

Gruyère, m. à Prangins ; loc. à Ollon ; moulin aux Franches- 
Montagnes ; en la Gruire, champs à Yvonand ; ancienne demeure, 
propriété d'un gruyer, au moyen âge officier juge des eaux et 
forêts. « Li gruier gouverneront les eaues et les viviers, » dit uu 
décret de Philippe le Long, i3i8. M. Hisely en dérive également 
le nom de la Gruyère, vallée, Grueria, 1286, F. B. III, 891 (pa~ 
tois Gruvire) ; gruier, bas latin gruarius, vient du v. h. ail. 
gruo, vert ; il avait un synonyme, verdier^ qui justifie l'étymolo- 
gie ; en 1269, un clausum a la Gruy près Nanz, vallée de la 



GRYON — GUIN 206 

Sionne. Quant à la grue que portait l'écu des comtes de Gruyère 
et qui figure dans les armoiries de Gruyère, de Château-d*QSx, 
etc., ce sont des armes parlantes comme la coupe de Coppet, la 
roue, de Rue, etc. 

Gpyon, D. Aigle, Griuns^ 1^89, Furrer, III, 47» 1194» Hidber, 
GrionCy 1206, GrionSy 1268, Grion, GrionSy i345. D'après Gats- 
chet, du V. h. ail. grioz, gravier, ail. gries = lieu bâti sur un 
terrain caillouteux, et la Gryonne, la rivière qui charrie du gra- 
vier, comme les Griesbach de la Suisse allemande. Grions, loc. 
du vignoble de Fully, Valais, même sens. 

Guerce, chalets sur le Sépey, Ormonts, marais dans le voisi* 
nage ; Guercet, ham. près Martigny, entouré de marais. Cette 
coïncidence indique une racine commune à rechercher. Ne peut 
venir en tout cas de quercetum, chênaie, comme le dit le Dict. 
géog. d'Attinger, ce mot n'ayant pas laissé de trace en romand où 
il est remplacé par roboretum et casnetum ; d'ailleurs q devient c 
€t non g. 

Gueulaz, col sur Finhaut, et loc. à Vétroz, Valais, m. sur 
l'Areuse près Boudry, la Goule, gorge du Doubs près Noirmont, 
loc. à Gourgenay ; la Goula es Vey, couloir, alpe de Barberine, 
Salvan = vey pour vés, la gueule, le passage des veaux ; de 
gueule, goule, latin gula^ à cause de Tétroitesse du passage. Le 
col de la pierre du Moelle s'est appelé goule : en Ougion en la 
Gouia^ 1882. La gorge de la Lizerne, de môme : Gula Licernae, 
121 7, Furrer, III, 56. La Potze di Gaulés, gorge où aboutissent 
plusieurs couloirs étroits, près de la GummQuh, alpes de Château- 
d'Œx = la Poche des Gueules. 

Gueuroz, ham. de Salvan, Valais, les Jeurs, carte Dufour ; de 
jeur ou joux, forêt ; le hameau est entouré de bois. L'atlas Sieg- 
fried écrit GiierraZy nom que nous n'avons jamais entendu dans 
la contrée. 

Guevaux, ham. de Mur, D. Avenches, Gouel vers 1240 ; paraît 
renfermer la môme racine indéterminée que Goay à Puidoux et 
vauXy vallée. 

Guin, D. Singine, Fribourg, Duens, 1180, F. R. I, 467, de 



206 GUINTZET — HART 

1182 à 147I) Hec. dipl. I, 5, M. R. XII, en ail. Dadingen, Tïa- 
dingen, i258, F. B. II, 4^8, Thùdingen^ 1276, III, 120 = chez 
les descendants de Dudo, n. pr. germain. Le patois a conservé la 
prononciation Dyens(in), « Le français, dit M. Stadelmann, 
n'ayant pas de signe graphique correspondant au son dy, on a 
remplacé ce dernier par la consonne qui s'en rapprochait le plus, 
fff écrit gu, k cause de Ti suivant. 

Guintzet, 2 ham. Fribourg et Gorpataux ; Guinchets, m. à 
Domdidier ; Guinchet, prés à Colombey ; de guintzet, guinchei 
= guichet, petite porte, comme ailleurs des Clies et des Pan- 
thaires. 

Guivre, voir Vuivre. 

Gumefens, D. Gruyère, Ggmonjins, 1298, M. F. I, GumofenSy 
i3oi, Rec. dipl. II, Gumufens, 1807, Gomofegns^ i453, M. F. 
IV = chez les descendants de Gumulf, n. pr. germain, composé 
de Guma et wulf, loup. 

Gumine, n. fr. de Gitminen^ D. Laupen ; voir Condamine. 

Gumnifluh, sommet à Ghâteau-d'Œx, nom ail. et traduction de 
la Pointe de la Combe. Gumme en ail. bernois = combe. 

Gurbn'i, D. Laupen. Sous sa forme germanique cache un n. 
romand. CurbriL 12 15, Corbruil, i256, Gurbrnij 1262, Cor^ 
boru, 1267, F. B. I et II. Le premier élément est évidemment 
cort, court j ferme, le second d'après la forme Cor-bruil pourrait 
ùive breuil. Mais le second élément des composés de court est un 
n. d'homme, généralement un n. pr. germain. 

Guttet, D. Louèche, Valais, Gottet, 1857, 1482, Guttet^ i5oi ; 
comme les Gottettaz du pays romand, de gotOy petite source. On 
parlait encore français à Gottet au xv^ s. 

Iladcs, ILlgos (Echallens), voir Age. 

L'Ilannont, voir l'Armont. 

Harroz, voir Garroz. 

HaH, Sur la — , loc. à Delémont, ancien emplacement du gi- 
bet, correspondant des Fourches du reste du pays romand ; de 
harty proprement la corde destinée à pendre le criminel. 



HAUDÈRES — HAUTE COUR 207 

Haudères, es ou les ~, ham. d'Evolène, Valais, Oudeires, 
i25o, Ouderres, xiii« s., Houdeyres vers 1280. Paraît renfermer 
la même racine que les Odes, territoire aux maisons éparses, 
majens de Riddes, Valais, Odei, chalets dans un lieu ravagé par 
l'avalanche à Trient, et que Guides, partie du pâturage de Bar- 
berine, alpes de Salvan, parcourue et ravagée par le torrent. 

Les Ilarnays, prés et champs à Massongex, fausse orth. ; c'é- 
tait les AreneySy 1743, terrains sablonneux ; voir Arenaz. 

Hausseresse, vallon au Pays-d'Enhaut, plus anciennement la 
Vausseresse, Valorseressy^ 1276 ; de val^ vallée, et de l'adjectif 
fém. orseresse ou orsière, des ours = vallée des ours. 

Hausseys, ham. de Vérossaz, Valais, écrit encore Ausseys, 
plans, vers 1720, Aussays et Haut-Serre ; du latin altum saxarrij 
haut sex, haut rocher. 

L'Haut, nom de pâturages supérieurs, vallée du Rhône, 
Gruyère et Jura, parfois mal orthographié : l'Haut de Mordes, de 
Collonge, de Val d'Illiez, de Morge à Saint-Gingolph (yEaUy 
carte Dufour, Laudemorge, Siegfried), de Taney à Vouvry 
{Looz, atlas Siegfried ; l'Haut Patéri à Château-d'Œx, l'Haut de 
la Joux, Gruyère, l'Haut des Roches à Romanens ; — Pré de 
l'Haut-dessous et dessus^ V Haut y i444> à Montricher et l'isle, 
l'Haut Mont à Arzier, Jura. Ici l'influence du latin ait us l'a em- 
porté sur celle du hoch germanique qui |a produit l'aspiration 
française de haut. Au temps de François 1®»" haut n'était pas aspiré, 
d'après Génin ; en i533, d'après Bouille, le peuple aspirait l'h. 

Hautafln, forêt au Buron, D. Echallens, nemore de Altqfine^ 
1177, haut et fin, limite, territoire. 

Haut Crèt, ancienne abbaye, D. Oron, Altcrest, ii5o, Alto- 
crest, iib^y Aie rest, 1166, Aucrest, 1242; de altum cristum, 
forme masc. de crista, crôte. 

Haute Cour, ham. de Mont, D. Rolle, Altacort, i235, M. G. 
XV, 12, Autecortj 1245, Autacort, 1248, Autracort, 1260, 5i, 
Aut{r)acort, 1261, Ault{r)acorty 1266, 1298, M. R. XIL On 
peut hésiter : quelques formes signifient haute cour ; d'autres avec 
le r paraissent signifier ultra cortern, ce qui s'accorderait avec la 



208 HAUTERIVE — HERMONT 

situation du hameau, au delà du villagpe principal par rapport au 
château. 

Ilauterive, Fribourg, Alta ripa^ ii57, Alteripe^ 1162, et 
Neuchâtel, Arta ripa^ 11 43, s'expliquent d'eux-mêmes, ainsi que 

Hauteville, ham. de Saint-Légier, Vaud, Au/ac;/7a, Altavilla, 
xiii« s., M. R. VI, 349-389, et commune, Fribourg, Alta villay 
Ï227, M. R. XXII, 32 = haute ferme. 

Hennens, D. Glane, Frib., Henens, i4o3, EnnenSy i432 =: 
chez les descendants de Hino ou de HennOy n. pr. germain. 

Henniez, Vaud (pron. Ingny)^ Enny^ i38o, Iffnie, 1668 ; do- 
maine de Hinius ou Inius, n. pr. germain Hino latinisé. Enniez, 
loc. à Bussigny sur Morges, à rapprocher du ruisseau voisin, ri^ 
vulus dictas Anye, 1278, Dict. hist. Vaud. Suppl., p. 27. Sans 
doute même origine. 

Hérens, vallée du Valais, ail. Erinyerthal, Erœns, iioo, 
EruenSy 1195, Heruens, 121 1, Herens, 1224, Eroinsy 1266, gé- 
néralement Herens depuis 1260, cependant Heruens, 1274, i33o. 
D'après Gatschet, chez les descendants de Hero, contraction du 
n, pr. germain Hericho ou Ericho. 

Hérémence, D. Herens, Valais, AremenSy 1195, Eremeinci, 
xii« s., Heremeins, 1200, Herementia, 121 1, Heremencia, 1248, 
Ermencia et Heremence, 1329 ; Hermance, Genève, Ermencia, 
1271, M. G. XIV, Hermencia, i326, i344> M. G. IX; Her- 
menche, D. Moudon, Ermenges, i254, M. F. IV, 216, Het- 
mainge, i453, Hermenges^ xvii« s. Les trois, d'après Gatschet, 
du n. pr. germain Heremunty Harimunt, Plutôt d'un autre nom 
de la même racine, si l'on décompose Herem-eins, Herm-enges, le 
nom doit avoir été Heremo, Harimo. En tout cas, rien de com- 
mun avec Hermès, ni avec eremos, comme le voulaient d'anciens 
étymologistes qui se basaient trop souvent sur une ressemblance 
fortuite. 

Hermont, maison et colline isolée. Gras d'Hermont près Por- 
rentruy = crêt à'Harimant, n. pr. germain. Trouillat I, XXVIII, 
y place le camp d'Arioviste dans la bataille entre César et ce chef 
germain et traduit Gras d'Hermont par Crêt des Germains. 



HÈRES — HUTINS 209 

Aux Hères, loc. à Monthey, es Hères,, 1819, fausse orth. pour 
é% Aires ^ 1696, voir Aire ; de même les Hères à Massong'ex, es 
EyreSy 1761. 

Herniaulaz, pâturag'e de Villeneuve, le même qu'Argniolaz, 
alpes d'Ollon et Argnaulaz^ vallée de TEau froide, Herniola, 
1242, Hernyola^ 1247» Gart. Haut-Grêt, M. R. XII, 69, 78; ra- 
cine hem et suffixe dim. ola, Godefroy a un s. m. hernu = juil- 
let. Ce serait alors un petit pâturage où l'on monte en juillet, 
comme les Majens, où l'on monte en mai, en ail. les Augstkum- 
men ou Gombe d'août. Seulement c les textes où figure hernu 
sont tous du nord-est de la France et il n'y a pas de preuve que ce 
mot ait été usité chez nous, » nous écrit M. Bonnard ; ceci reste 
donc une simple conjecture jusqu'à plus ample informé. 

Y Hombes à Lens, Ilombo et Hombettes à Ghalais, autre 
forme de Gombes, Go m bettes. Gette permutation curieuse c^h est 
assez fréquente d'Arbaz à Ghalais, soit entre Sion et Sierre : Har- 
roz pour Carroz à Ghalais et Arbaz, et même à Gryon (Vaud). 
Voir les mots suivants 

tlondemène à Ayent = Condémine. 

tlongrin, rivière, affl. de la Sarine, Ongrim^ 1294» M. R. 
XXII, 44t» Ongrin^ 1392, i4oo, le Longrin, l'Eau du Longrin, 
plans d'Aigle, 1720. 

Ilorbe, loc. à Ayent, Valais = corbe, courbe, pour c-h voir 
Hombes. 

L'Hormont, mont boisé à Praz, D. Glane ; voir Ormont. 

Aux Hornes, loc. à Gryon, D. Aigle = aux Gornes, pour c-h 
voir Hombes. 

Es Hornettes, Ehornettos, carte Siegfried, sommet sur Ayent 
=: es Gornettes ; permutation c-h, voir Hombes. 

Les Hors, crêts au Rawyl, alpes d' Ayent = les Cors ou cornes, 
pour C'h voir Hombes. 

La Houmaz, loc. à Ayent = la Gombe, avec apocope du b, 
sous l'influence de la forme allemande Kummen ; pour c-A, voir 
Hombes. 

Hutins ou Huttins, Utîns, Uttins, une 3o<^ de lieux-dits dans 

M. D. SEC. SERIE, TOME VII 14 



210 HOTEAU — IGNES 

la région du Léman et d'Orbe à Neuveville ; autre forme de hau-- 
tains ^ en Vivarais, autainy v. fr. utin^ nom des vignes grimpant 
sur des arbres morts dont on a laissé les grosses branches, mode 
de culture disparu chez nous, mais qu'on retrouve encore aux en- 
virons d'Ëvian. Huimets, champs à Founex, diminutif. 

L'Hotau à Murist et Montagnj-les-Monts, les Hotaux à Broc, 
Fribourg, dessus l'Hottaux à Ciavalejres près Morat ; du latin 
hospitale, patois ofauy la maison, v. fr. hostaul, iSga, Rec. dipi. 
V, 85, les hotoz de Torgon à Vionnaz, 1728. De là aussi en 
l'Heptau, loc. à Saint-Gingolph, vers l*Etôt, m. à Dorenaz, Va- 
lais ; les nouf Hospitaul, i4o6, les Hôpitaux^ une des 4 ban- 
nières de Fribourg, et les Hôpitaux neufs et Hôpitaux vieux k 
la frontière française près Vallorbe. 

L'Hôpital, ham. détruit près Ménières, Frib. Le P. Deliiou, 
prenant ce mot au sens moderne, et le trouvant c dans les docu- 
ments les plus anciens, » en conclut que « cet établissement de 
charité remonte aux premiers temps du christianisme. Dict. hist. 
VIII, 891. Les mots ci-dessus montrent qu'il s'agit simplement 
d'une maison. 

lluémoz, grand village d'Ollon, Oësmoz, 1629, Recueil de 
chartes d'Aigle, p. 16G. 

La Hutte (ou Heutte), D. Gourtelary ; fr. hutte, du v. h. ail. 
hùtia, cabane. 

Ibeau, nom sur l'atlas Siegfried d'une forôt du val Ferret, forêt 
Ibeau. Evidemment fausse orth. Ce doit être la forêt, la Jeur y 
Bôs, la forêt aux crapauds, comme la Tsau y Bots à Château- 
d'Œx, de Bô, Bot, Bau = crapaud, ou le Crêt d'y Baux sur 
Montreux, de bau, bœuf. 

Icogne près Lens ; voir Econe. 

Ignés, Glacier et Col des — , vallée d'Arolla, Valais ; pourrait 
venir du provençal igne^ de feu, du latin ignis, feu, allusion aux 
teintes de feu de ce col glaciaire au soleil levant pour les habi- 
tants des Haudères et de la Forclaz d'Evolène. 



IGUES — ICIZENEN 211 

Igues, m. à Orzens, entre le Sauteniz, le ruisseau de Graylaz 
et le Ruz de Jaudray = les eaux, de aquas. 

llattes, Côtes des — sur le Doubs, à Soubey = ilettes, petites 
îles ; suffixe jurassien at = et. 

Illarse ou lllarsaz, ham. de Colombey, Valais, Ylarsa, i35i, 
Peirum de Illarza, un des quatre premiers syndics octroyés à la 
ville d'Aigle en 1288 ; de y = in et v. fr. larsCy larze^ mélèze, 
de laricem, aux mélèzes. 11 y a encore des groupes de mélèzes çà 
et là dans la plaine. 

lllens, ruines et ham. près Arconciel, D. Sarine, ail. Illingen, 
et lllens, château ruiné près Pont, D. Veveyse, UllenSy ii55, 
iiSS, lllens, 1157, M. R. XII, 12, 47» i5, HellenSy HeslenSy 
1 154, Cart. Month., ItlenSy 1179, Icliens, 1182, Donat. Haut., 
Ylleinsy 1284, M. R. XXIX, 809, Illeins, 1288, M. R. VI, 669, 
Hy liens, i25i, F. B. II, lllens, 181 9, Malile, Yllans, i85o, /r- 
lens, 1888, YrlenSy il^iç), Erling dans la chronique de Schilling*, 
Irlains, 1470, Arch. Fr. V, etc. =chez les descendants de Itilip), 
n. pr. germain. 

niiez ou llliers, vallée du Valais, Yliacum, 1180, Hidber, II, 
vallis Uiaca, xii^ et xiii® s., Y liiez, 1200, Ylies, 1286, Yllies, 
1268, 1287, Ylles, 1281, Yllier, i436. Gremaud, dans M. R., 
très probablement d'un n. d'homme; pourrait dériver de Illus, 
nom cité par De Vit. Ce nom porté par des hommes d'origine ger- 
manique paraît être la latinisation du n. germain ///o, ////, le ter- 
rible. 

En tous cas pas vallée des houx, de ilex, comme le veut Studer ; cet 
arbrisseau y est presque inconnu et le mot latin n'a pas passé en ro- 
mand ; quant à rinterprétation de M. Léon Franc, Vau de lié, vallée des 
eaux, reproduite par J. Monod (Guide du Valais), elle ne s'accorde pas 
non plus avec les formes primitives. 

Increna, arête rocheuse près Champéry ; voir Encrenaz. 

inden, D. Louèche, Valais, village | autrefois romand, Indes. 
1242, i38o, Yndes, i25o, 1299, i45o; le ai allemand représente 
le s plur. français. 

Iclzenen, ham. de Gampel, aujouid'hui simple mayen, es 



212 INYERSmS — ISERABLES 

probablement le JonczanUy 1276, Joutzana^ ia85, de deux 
chartes, M. R. -XXX, que M. Gremaud n'a pas identifié. 

Inversins, loc. à Saint-Georges, Burtiguj, Gimel ; endroits si- 
tués à l'envers, sur la pente opposée au lieu principal. 

Invoua, ham. à Marly, à Tlnvoué (Invuez) à Sales, Sarine, 
rinvoê à Thierrens, Tlnvoex à Granges, es Invouettes à Char- 
mey ; autres formes de ivoué, du celtique ive, eue, eau, parallèle 
du latin aqua, d'où le v. fr. aiguë. 

Invuardos, ham. de Payerne, voir Ënvuardes. 

Iplens, loc. à l'Isle, D. Gossonay, Iplens, xiii« s. et 1878, M. 
R. I, 26 livr., 64. C'est sans doute la «villa quae dicitur Erplens^^ 
1009, et le ErplenXy 1002, Hidber, I, 286, que Gatschet, p. 266, 
rapporte à Apples, tandis que ce village s'appelait Aplis en 1009, 
M. R. III, 427 et 1125, ib. i438, et dès lors toujours Aples ou 
Apples = chez les descendants à*ErpilOy dérivé de Erpo^ n. pr. 
germain. (Fôrstm. a Erfilo et Erpel, racine Arb.) 

Les Ireites, loc. sur Lens, Valais = airettes, voir Aire. 

Irlens, ham. de Chapelle sur Gillarens, D. Glane, Frib. ; autre 
forme d*Illens, voir ce mot. 

Isenau, alpe d'Ormont-dessus, Isenoz au plan cadastral, Ise- 
nod dans Bridel, 1801 ; autrefois Eisenaux, Oisenaax, carte 
Rovéréa, Ezen d'Eaux dans Lutz, forme primitive UsinauZy 
1279 (Corthésy, p. i48). La localité esta la frontière allemande. 
Origine inconnue. Ce mot serait-il d'origine germanique ? Il y a 
plusieurs noms ail. dans le voisinage. Ce serait alors la racine 
isen, eisen, assez fréquente, Isenberg,-thal,-egg,-fluh,-ried ; du v. 
ail. isen, fer, et au, prairie. 

Isérables ou Iserabloz, D. Martigny, Valais, Aserablos^ 1227, 
Heyserabloy 1260, Yserablo(z)j 1266, Heserahlo, 1267, Asera- 
blo, 1822, etc. ; de iserable, nom patois de l'érable, aussi en 
Dauphiné, même origine pour 

Isérables à Gy, Genève, à Outre-Rhône (Lisérabloz), 2 loc. à 
Olion et à Ferreyres, Daillens, Yvonand, Vaud, à Hauteville 
(Gruyère), ainsi que Oserabloz, loc. à Vollèges, Valais, un casale 



ISERAZ — IVETTE 213 

de Asserabloz à Ependes, Fribourg, 1278, M. F. I, 274, Lose' 
rablsy loc. à Neuchâtel, 1874. 

Iseraz, ruisseau à Moirj, D. Cossonay, appelé la Liseraz par 
soudure de Tarticle dans le Dict. hist. Vaud, parent des nom- 
breuses Isara, aujourd'hui : Isère du Dauphiné ; Isar, affl. du Da- 
nube, Iser» affl. de TElbe, Yser en Belg'ique ; c'est le fém. de Tad- 
jectif ligure isaroSy qui va vile = la (rivière) rapide. 

Iserin, pâturage d'Ormont-dessus, Y serins, i44i> M. R., Yse- 
ririf 1474 (Gorlhésy, Vallée des Ormonts, écrit Yserim ?). 

Llslan à Bavois, D. Orbe, maison et domcdne sur une émi- 
nence dans le marais, faussement écrit VIsland sur Tatlas Sieg- 
fried ; de {fundum) insulanum, fonds formant une tle ; Tlslon, 
loc. à Bex près la Gryonne, dim. de île, comme es Isellions, dans 
les bras du Rhône à No ville, et les liions à Illarse, filions, 1696. 
On appelle l'Isle, D. Cossonay, Insula, 1824, Lile, i848, Lila^ 
1862, M. R. V, de insula, île, à cause de sa situation entre les 
sources de la Venoge. Les Isles dans les vallées du Rhône et de 
l'Orbe et aux Ormonts les terres entourées jadis par les bras du 
Rhône, de l'Orbe et de la Grande Eau. 

Issert à Orsières, Valais, et ailleurs ; autre forme d*Essert. 

Itrivouos, forêt à Chamoson^ Valais ; de ultra, outre, et 
ivoués ; outre les eaux, au delà de la Lozence et du torrent de 
Cry. 

Itroz, voir Etroz. 

Ittens ou liens, ham. de La Chaux, D, Cossonay ; villa /f- 
tinges, 964, M. R. VI, 3, Idens en ioo5, Itteins, 1288, M. R. VI, 
646, Ittens, 1887, M. R. V, 8o4 = chez les descendants de Itto, 
Ido ou H itto, variantes du même nom germain ; un Hitto est un 
des signataires de la charte de fondation de l'abbaye de Payerne 
en 962. 

Ivelle ou Ivouette, affl. de l'Avançon à Bex, les Iveltes ou 
Evouettes, vill. D. Monthey, Valais, avec de nombreuses sources ; 
celui-ci, d'après Galschet, copié par Studer, de l'ail, eibe ou ibe, 
if. C'est certainement une erreur et son nom vient, comme celui 



214 IVUBX — JAVROZ 

du torrent, de iuue, eau, et suffixe diminutif ettêy petite eau, pe- 
tites sources. 

Iviiex, loc. à Prahins, même racine, ainsi que Livœz à Assens, 
article soudé pour Tlvœx ; de ivue, eau, et sufiF. coll. ex. 

Izigière, ham. d'Ardon^ D. Conthey, Valais. C'est une faute 
de la carte qui a soudé l'article is = es. La Feuille ofiF. du Valais 
dit les majens d'isîères, Ysieri apud Ardum i3o6 campo Z)y- 
syery (d'Ysyery) apud Arduns 1 260 ; peut-être de la racine celtique 
iSj frais (Holder, p. 79). On trouve aussi Nizière de en Isière. 

Jabloz ou Jable, deux pâtura^ à l'Ëtivaz, au pied sud de la 
Gummfluh, qui s'appelle aussi quelquefois Jabloz. Peut-être le 
même que le n. commun jable, qui présente aussi le sens de fa- 
çade, fronton (Godefroy) ; le Jabloz ou Gummflub présente de ce 
côté de hautes parois qu'on peut comparer à un fronton. 

La Jaluze, vall. et ham. au Locle, Neuch., Jaluse, 1429, M. 
N. XLI, Jaleuze, i53i ; dejaluzay partie tendre du roc ou cal- 
caire jurassique supérieur. Desor, M. N., 62, origine inconnue. 

Jaman, montag'ne D. Vevey, Gément, Gémant, i34o, Géman, 
i4o2, M. R., 2« s., II, 71, Zamantj i453, Creux de Jéman, pa- 
tois Dzéman, pâturag'c et rochers à Collongpe, D. Saint-Maurice, 
Valais. 

Jamblex, m. à Bursinei, prato de Jambla, 1249, M. R. VII. 

Jargonani, ham. et ruiss. près Genève, Gerganant, i368, 
nantum de Gergunant, i475, M. G. XVIII, Gergonant, i48o, 
1670 ; de nant, mot celtique = vallée, ruisseau, et d'une racine 
égcalement celtique qu'on retrouve dans Gerg-ovie, capitale des Ar- 
vernes. 

Es Jaux à Gorbeyrier, D. Aigle, les Petites Jaux à Echallens ; 
autre forme dej'oux, forêt, de môme le Dzaou, Ormont-dessus. 

Jaulin, ham. de Riaz, Fribourg ; voir Joulens. 

Javrex, ham. de Cerniat, tire son nom du 

Javroz, torrent, affl. de la Jogne, Gruyère ; aqua que dicitur 
JuauroSy ii34, JaurOy 1294, JaaarOy 1296, JaurCy 1577. Gats- 



JENTES — JOINTES 215 

«het le tire d'aquarium, conduite d'eau, ruisseau. « Impossible^ 
à cause de la place de Faccent. » (Boonard.) 

Jentes, D. Lac, Frib., nom fr. de JeasSy Juus, i423^ JenteSy 
JuenieSy i34o, Jœntes^ i423, Rec. dipl. III, VII. D après Gats- 
«hel, contraction du n. pr. Johannetus ; le fém. Johanneta don- 
nait un nom Je nia. 

Jetty, ham. d'Evolène, D. Hérens, Valais, Lagyetiy 1260, M. 
R. XXIX, 456^ alpem de Lageti, fin du xiii« s., M. R. XXXIII, 
452 = la Giète, voir ce mot. 

Jeu, Jeur, Jeux, voir Joux. 

La Jeamaz, forêt de châtaigniers à Monthey, la Dieurna, 
1819, JeurnaZy 1696 ; d'un adj. du bas latin ^ jurina, de forêt. 

Jogne, riv. de la Gruyère, Jonia, Jon, Joune, Youn, 1397., 
M. R. XXII, 261, Jouriy 1677, ail. Jaun; la Jogne ou Jougne- 
naz, affl. de l'Orbe *, Jonnia, 1049 et vers 11 10, M. R. III, 456, 
464, Jonia, II 58, ib. 476, Joninm, 1181, Hidber, II. Comme les 
Jone de la Suisse allemande, l'une affl. de la Reuss, l'autre du 
lac de Zurich, Johanna FluviuSy 834» auxquelles on peut ajouter 
le Jungenbach de Saint-Nicolas, Valais, Jong^ i33o, Jongynon, 
1827. Toutes portent le même nom d'orig'ine celtique, parent de 
ceux de l'Yonne, JoinOy 670, de la Jouane, Jonay affl. de la 
Mayenne, que Holder, Keltischer Sprachschatz, rapporte sans les 
expliquer. Gatschet dérive Jog^ne de eauve, iauve par l'intermé- 
diaire d'un adjectif hypothétique juvina, juina. Studer, toujours 
fantaisiste, ajoute : Die Freiburger patois lassen vor Abstânden 
zwischen aqua und eauve, iauve y iaune (sic !) nicht so sehr er- 
schrecken . 

La Joie, ruisseau de — , à Bonmont, gracieuse métaphore qui 
convient on ne peut mieux à ce g-entil ruisseau, descendant en pe- 
tites cascatelles près du château. 

La Jointe, m. et pâturajçe au confluent des deux Hong-rins, la 
Joynti d*Ongrin, i332, une autre à Vionnaz ; subst. verbal de 
joindre. 

' Jouçiie, Joni, 1±2S, M. R. VI, 19, vient de Jonnia, et Joutçnenaz à son tour 
de Jouane. 



216 JOLIMONT — JONGNY 

Jolimonty colline près Anet, Berne, autrefois Julemonty encore 
en 1800 (Bridel), Tschulimong dans le dialecte ail. de la contrée ; 
corruption de CAa/e-Mont, Chalimont, xyiip s., mont de ChuleSy 
nom fr. de Gais, village situé au pied. M. Alf. Godet, citant 
Torth. Sus le Mont, cadastre de Cerlier, 17 18, en dérive Chule- 
mont, Chulimont, permut. s-ch, puis Julimont, Jolimont, permut. 
ch-j. Quant à Chules, il viendrait de Chulemont, et non Tin- 
versé. C'est bien compliqué. D'après cette explication, Chules se- 
rait tout à fait moderne, or on voit à Chules que ce nom se ren- 
contre déjà en 1217, i4o3. 

Le Jonc, écart du Grand-Saconnex, Genève, est une corruption 
de VOujony cette terre appartenant jadis à la chartreuse d'Oujon,. 
à laquelle les nobles de Sacounex (l'avaient donnée en i2i5. M. 
R. XII, I, p. 52, confusion entre TOujon et le patois lou Jonc. 

Jonchères, ham. de Boudevilliers, Neuch., JunchiereSy 1291 ; 
loc. à Etoj et à Miécourt, Jura, Juncheres, 1290 ; Jonchires à 
Mézières, à Bursins, la JonchieriZy 1429, Jonchière à Cossonay, 
Jonzîères à Gland, au, aux Jonchet,s à Presing-es, Grang'es,. 
Payerne, etc. ; du latin juncaria et junceturriy lieux couverts de 
joncs, conmie les Joncs à Avenches, Lussy-Fribourg, etc. Le c 
disparaît parfois : en Jon, écart de Donneloye, les Zons, prés à- 
Conthey. De ces deux dernières formes dérivent en Jonnaire à 
Rennaz et Villeneuve et les Zonnaires à Colombey, Jonneyres, 
1696, et Monthey, Jonnaires, 1819, prés marécageux de la val- 
lée du Rhône. Au Jochet à Monthey, aux Hochets, 18 19, était 
es Jonchets en i']2']. 

Jongny, D. Vevey, Jaunie, Jalnie^ Jalniei^ xii® s., Donat- 
Haut., Arch. Fr. VI, 89, 71, 79, Jongnye, 1873, Jongnyez, 
102 2. La forme primitive a dû être Jalu ou Jaliniacum, domaine 
d'un Gallo-romain, au nom indéterminé. Hidber, II, p. 197, rap- 
porte le Jalnie d'Hauterive à Jougne ; c'est probablement une er- 
reur. Si la localité d'Hauterive ne se rapportait pas à Jongny et 
que Jongnye fût la forme primitive du nom, ce serait un {f un- 
dam) Janniacum, gentilice dérivé du cognomen Jannas, Holder, 
p. 89. 



JORAT — JOTTE 217 

Jorat, montag^ne au N. du Léman, Joraty ii42, ii84, Jorety 

1177, Jorathy 1182, Joreth, iigo, Gart. Month., M. R. XII, et 

nom de nombreux pâturag'cs des Alpes et du Jura ; dérivé de yor, 

mot sans doute celtique, aujourd'hui joux, forêt. Jouret, Jorette, 

Jorettaz, Jorattaz, diminutifs de Jor ; Jorasse(az), Ormonts, 

dépréciatif ; Joratel, ham. des Ponts, Neuch., dim. de Jorat ; Jo- 

rogne, pAturag^es semés de bois à Gryon, D. Aig'le, péjoratif; de 

jor et suffixe offne (comme char-ogne, ivr-ogne). 

iordil, Jardil, une So® de loc. Vaud et Fribourg, Zerdil en 
Valais ; plus anciennement gerdil, xiii et xiv^ s., es Jardits, 
Yvorne ; dérive du v. h. ail. garto, parallèle du latin hortus, jar- 
din. Jordillet, loc. à Belmont, Jordillon à Grandvaux, diminu- 
tifs; la forme jardin se rencontre très anciennement dans les 
chartes: Willelma deu iardiy illi de Jardin^ 1289, 1244, M. R. 
XII, 128, i58. 

Joressant (ou Jorissant), ham. du Haut Vullj, Fribourg, aussi 
€t mieux Jorîssens (on prononce ein). Je ressens, i85o, Juris- 
^^nsy 1878, Juriscein, 1878, Matile, Jerussens et JorassenSy 
1409, Kuenlin, Port de Jersin, i456, dans Boyve, II, 87, 88. Dé- 
rivé d'un n. pr. germain ; l'étymologie de Gatschet (p. 106), qui 
la lire de l'adjectif bas latin juricina, de juria, est fort douteuse. 
Jopnaire, loc. Vétroz = Joux noire. 
Jorogne, voir Jorat. 

Jorlèsc, autre nom du plateau d'Ayerne sur Corbeyrier = 
Jor-teisa^ autre forme de Jonx-Teisaz, Villeneuve, Ollon ; de 
joux et teise, de tensus, part, de tendere, joux étendue. 
Jougne, Jougnenaz, voir Jogne. 

Joulcns, près Morg'es, jadis village paroissial (aujourd'hui 2 
maisons), Jolens, ii4o, ii47, Cart. Month., 1218, 1228, M. R. 
VI, 22, 291, Juiens, 1 182, M. R. I, 176, et VII, 28, Joleins,JoiinSy 
1288, M. R. VI, 818, 643, etc.; Bois Jolcns a Montcherand ; 
Jaulin, ham. de Riaz, Frib., en Joulens, i83o = chez les des- 
cendants de Jodiio, dérivé de Joto, n. pr. germain. Fôrstm., 
p. 812. 

La Jette, 8 m. à Travers, Neuchâtel, sur le flanc N. de la val- 



^8 ÉOUX — JURIGOZ 

lée. Il y a une forme dialectale de joue, Berry, jotte^ provençal 
ffautOy on dit aussi les jottes d'un vaisseau, les deux côtés de l'a- 
vant. Cette forme est-elle connue dans le patois local ? 

Joux, Jour, Jœur, Jeux, Djeux (Vérossaz), Dieux (Masson- 
gex), la Jieu (Evionnaz), Jaux, Dzaou et en Valais Zour, Zeur, 
formes diverses dejoux, bas latinyur/a, forêt ; ce dernier, lati- 
nisation de j or y mot sans doute d'origine celtique, d'où dérivent 
Jura, Jorat, voir ces mots. Château de Jeux, Jour, 1276, Jou, 
1377, Matile ; La Joux, Fribourg, la Jour, i38o, le Mas de Joux 
à Villars-le-Terroir^ les Petites Jaux à Echallens, jadis Afas de 
Jor ; le Six Jeur sur Finhaut = le rocher de la forêt ; Jeur en 
Saas, vallée de Bagnes, la forêt dans les rochers, Graigeur à 
Trient = Grand Jeur, la grande forêt, etc. 

Jouxtens, D. Lausanne, Joiens, 1228, Joutens, 1228, M. R. 
VI, 234, Jothens, 1227, Joctens et Jouctens, xiv® s. = chez les 
descendants de Joto, n. pr. germain. Fôrstm., p. 812. 

Les Joyeuses, clos de vignes à Cortaillod (« le meilleur vin 
blanc du lieu », dit Matthey-Doret) ; ce nom n'a pas besoin de 
commentaire. 

Jura, Jura dans César, Joras dans Strabon, Jourassos oros 
dans Ptolémée, au pi. Jures et Jura au sing. dans Pline et César, 
plus tard mons Jurassus, Jurum, 869, M. R. XXIX, montem 
Juri, montem Jure, 1079, Cart. Laus., Jurim, ii5o, Cart. Ou- 
jon, montem de Jour, 1282, M. G. VII, 342, racine celtique et 
peut-être ligure d'où dérive le moi Jor, bas latin juria, joux, fo- 
rêt, nom commun dans les chartes du moyen âge pour désigner 
surtout les forêts montagneuses. 

Jurlens, D. Orbe, Jurians, 1263, M. R. III, 569, Juriens, 
1359. Gatschet le tire de jouXy forêt, par l'intermédiaire d'un adj. 
jurianus. C'est plutôt un dérivé d'un n. pr. germain ; le ans de 
1263 paraît d'abord s'y opposer, mais il y a de nombreux exem- 
ples de ans au xiii® s. dans des noms dérivés de ingis, voir à No- 
nens. 

Jurigoz, loc. à Lausanne ; cette localité entre Burgo et Oschie 
où le Chapitre possédait de nombreuses vignes, est toujours dési- 



iUSST — LAHéNIRE 219 

^ée (20 fois) dans le Cartulaîre de Lausanne (M. B. VI) sous le 
nom de Jooego, Juvego. Faut-il supposer que le nom aurait ainsi 
<:hangné ? Il est plus probable que le c? est un r et qu'il faut lire 
JoregOf Jurego. Quant à l'origine de ce mot, impossible de rien 
préciser. Jubainville, p. 5oo-5o8, cite une 20« de cognomina em- 
ployés tels quels comme noms de lieux, villa Brannus^ fundus 
Catulus, viens Marcellus. Il est possible que Juregt) en soit un. 
Holder a un nom d'h. Juricus^ ce cocrnomen ainsi emplové don- 
nerait à lablatif Jurico. Peut-être les recueils de n. propres en 
donneraient-ils la solution. 

Jussy, Genève, Jusseij 1181, M. G. II, 42» Jussier^ 1^73, Jus^ 
sie^ 1291, Jussy e^ etc. ; de (/andum) Justiacum ou Jassiacam^ 
domaine d'un Jnsfias, gentilice dérivé du cognomen Justus, 

Jux, Goumœns-le Jux, Gumœns lo Jux, i447» M. B. XIV, 
Gumuens le JiiZy i448 ; de l'ancien adverbe fr. jits^ dessous, du 
bas latin Jusum = Goumœns-dessous, 588 m., tandis que Gou- 
mœns-la-ville est à 6ao m. 

Au Laberrlau à Evionnaz, Laberiaux^ 17^0 = Abériau, voir 
p. I. 

Lâchât, forêt et forte montée entre Salvan et Finhaut, proba- 
blement fausse orth. pour La Chaz ou Sciaz^ arête. Do même 
pour i^ehat ou l'Achat, forêt à Goiombej, l'Achat, croupe boi- 
sée, vallon des Verraux, Montreux, La tachât ou Lotachat pour 
l'Hauta Chaz, arête au N. de Charmey, Gruyère. La Chaz est un 
nom commun dans nos Alpes, voir Chaz et Sciaz, 

I^cherelles, ham. de Travers, Neuch., Lescheri, 1266, Matile; 
diminutif de Léchère, voir ce mot. 

Laconnex, C. de Genève, Laconay^ 1226, i3i8, Lacunay^ 
1281, i3o2, etc., M. G. IV, XIV ; de {fundiim) Laconacum, pro- 
priété d'un Lacon, du cog'nomen Laco, Holder, 117. 

Lagec, territoire à Saint-Martin d'Hérens = Laget pour l'Agpet, 
prononç. valaisanne de azel, voir Aze ; pour le c final, voir Biolec. 

Lahénire, champs à Ayent, Valais = la Chénière^ pour cA-A 
voir Bombes ; ire pour ière est fréquent. Léchire, Jonchire, etc. 



220 LAIFROUT — LAMBOING 

Laifrout, loc. faubourg d'Avenches ; de lai y lé y là et /rou, de 
Joris, dehors : là-dehors. 

Laire, plus. loc. ; à Monthey, écrit aussi Lherre, à l'ère , 1819^ 
Lairette, voir Aire. 

Laissalet, voir Luissel. 

La Laissy, pâturage à l'Etivaz, frontière du Gessenaj ; serait- 
ce le D. ail. du vallon : Lessi ? Plusieurs localités du vallon ont 
des n. ail. : Gademoz, Coumattaz, etc., sans doute jadis propriétés 
d'habitants de l'autre versant. 

Laite, Leyte, Leytaz et Leytets, diminutifs, noms de pâtu- 
rages, Pajs-d'Enhaut et Gruyère. La Laitemaire, sommet à Châ- 
teau-d'Œx, même racine et maire, de major, plus grand ? Layte 
mapy ou Le3rtemarie à Charmey, Let^ mael, it^ii. Probablement 
parents du mot lède, lette, leyie, donné par Littré, Suppl., dési- 
gnant les petits vallons renfermés entre les dunes des landes. Le 
Valais a d'autres formes qui s'y rattachent sans doute : Bonnes, 
luites, champs à Martigny, la Luitte à Grimisuat, Loite condoi, 
arête de rochers, vallée d'Arolla, une autre sur Talpe de Vouas- 
son, vall. d'Hérens. Ce nom se retrouve dans le Tessin : Loita 
dura à Airolo, Loita délia Camoscia, val Maggia ; paraît signi- 
fier ici passage, chemin des chamois. Signification incertaine et 
origine inconnue. 

Laives, ham. près Moutier, loc. à Epiquerez, et Laves, plu- 
sieurs loc., toutes Jura bernois ; du nom commun lava, laver 
couches de pierres polies répandues dans le Jura (Bridel) ; du latin 
lapis y pierre. 

Lallex, ham. près Grandvaux, Lalays, 1270, M. R. XII, en 
Lallex à Ghoëx, Monthey, à V Allée, 1819 ; Lalley, chalets combe 
de Reschy, Valais ; en Laly à Corbeyrier, en Lally, 2 loc. sur les 
pentes de la Pleyau (ou Pleïades), une 3^ à Saint-Georges ; fausse 
orthographe pour la Lex, la Ly, autre forme de ley, rocher, pa- 
roi rocheuse ; voir Lex. 

Lamboing, ail. Lamlingen, D. Neuveville, Lambœns, 1178, 
1255, LambuenSy i25i, Lambligen, 1290, Lamblingen, i3o4, 
Trouillat = chez les descendants de Lambo (fr.) ou Lambilo 



LANGE — LANDERON 224 

(all.)y dim. de Lambo, n. pr. germain. Fôrstm. n'a que Lampo, 
mais p-b permutent facilement ; dans la même racine, Fôrstm. 
donne Lampert, Lambert, Lamprecht, Lambrecht, etc. 

La Lance, source et ruisseau près Concise, aquam, rivum de 
Lancea, ii94) Matile, la Lanci, iai5, M. R. XII, 54> de la 
Zancy (j atone), i3i7, 1820 dans les actes de fondation de la 
-Chartreuse. Ne peut venir, comme on l'a répété, d'une relique de 
la sainte lance qu'on y aurait conservée : le ruisseau est déjà 
nommé ainsi plus d'un siècle avant la fondation du couvent dans 
Matile et le Cart. de Haut-Crèt. C'est le subst. verbal de lancer, à 
cause de la vitesse de l'eau. Remarquons que le ruisseau fait une 
cascade et que ce nom de Lance se rapporte en particulier à celle-ci* 
Le ruisseau lui-même a un autre nom, la Diaz, jadis Doiz, la 
Doiz de la Lancy, i3i2. De même le Nozon fait à Croy une cas- 
cade appelée le Dard par une fig'ure analogue. La Lance (Lancy) 
était jadis aussi le nom de la forêt de Vernand-dessus, Lausanne. 

Lanche, Lanize, Lanze (pr. tz), nom de nombreuses ravines 
que suivent les éboulis ou les avalanches, Alpes vaudoises et va- 
laisannes ; contraction de lavanche, Lanfes à Leysin, permuta- 
tion ch'f •=. Lanches. Lanchettes, Lancettes, diminutifs. Lan- 
chys à SainlrLégier et Saint-Gingolph, collectif. 

Lanciau, ham. sur Riez et une lo^' de loc. Vaud et Fribourg ; 
forme patoise de lançoir, endroit d'où l'on lançait le bois dans 
un torrent ou dans un dévaloir. Lanfleux, loc. à Saint-Gingolph, 
le même avec perm. s-f. 

Lancy, Genève, Lanciacum, 1097, ^^S- S^^- ^^» LanciBy 
ii^Oy Lancy e, 1264, i3o5, M. G. II, 46 et XIV, Lanciacum, 
1295, iSii, Lancier, i3i4» M. G. XIV, etc. = (fundam) Lan- 
ciacum, domaine d'un Lancius, gentilice romain. De Vit, IV. 

Le Land, chalet à La Roche, domaine à Ëssert, Frib. ; de l'ail. 
landy campagne ; les 2 loc. sont à la frontière des langues. 

Landecy, Genève, Landissiacam, M. G. II, i54, Landissie, 
1290, i3o2, M. G. I, 122 et XIV = domaine d'un Landicius. 
Holder, II, p. 1 43, a un Lanticiacus. 

Landeron, Neuchâtel, Lande run, 1209, 1212, Landiron, 



222 LANFFREY — LAPIAZ 

laoQ, 1343, Landeron, i325, etc. ; es Landerons à Hermenches^ 
D. Moudon ; diminutifs de lande. L. de Meuron, op. dt. i5, croit 
pouvoir dériver le Landeroo ueuchâtelois de lall. landen, aborder. 
L'existence d'autres Landeron, loin de tout rivage, contredit cette 
étymoio^e, qui n'explique du reste pas le suffixe eron. 

Laiiifk*ey, loc. à Romainmôtier, emplacement d'un ancien vil- 
lage disparu : plus d'habitants en 1671; de Land/riedy n, pv. 
germain. 

Langefan, loc. à Roche == longue fin, permutation o-a comme 
dans Nava pour Nova, Prafandaz pour profonde, Longefan à Vil- 
leneuve et Valeyres-sous-Rances, et in-an comme dans tous les 
noms en eins, prononcés aujourd'hui an. 

Lanta Toina, Pré à — , à Golombey, Valais, à Lantaz Thoi- 
naz, 1696, à VAnlaioine, cadastre 1881 ; probablement un Pré à 
Y A nie à Toine, à la tante de Toine ou Antoine, v. fr. ante, encore 
au XIII* s. et qui s'est conservé dans certains dialectes : picard 
aniCy provençal amda, anglais aunt, 

Lantaney, loc. à Bex et à Ëvionnaz ; de lantanetum^ endroit 
où abondent les lanfaneSy latin lantana, soit les viornes obier. 

Lanvouîsset, lieu pierreux au pâturage de Salanfe, Valais ; 
l'Envuissel à Cremin ; Lanvuîsscl, ham. de Middes, près 
Payeme ; du patois anvôuiy anvoué, lanvoui (article agglutiné), 
lieu où abondent les serpents ; du latin angaisy serpent. Lanvoué 
se dit surtout de l'orvet, mais a dû désigner à l'origine un serpent 
quelconque. 

Lapex ou l^ppc, pâturage à Gharmey ; de lapé, du latin la- 
pathurriy oseille des Alpes, trop abondante dans bien des pâtu- 
rages. 

La Lapiaz, ham. sur Monthey, Lapié, Lapiez, Lapîays, La- 
piayes, Lappé, alpes fribourgeoises (Gharmey) ou avec la diph- 
tongue Liapcy, Lîappey, Liappec dans le val d'Hérens, etc. ; 
nom commun des éboulis de rochers dans les Alpes romandes, 
ainsi que des rochers dénudés, rongés par le travail des eaux et 
des glaciers ; les Liappalés k Enney, Gruyère, diminutif. S'em- 
ploie aussi dans le Jura : les Lapes, sur Givrins {LarpeSj atlas 



LAQUE — LARRETS 223 

Siegfried), Longirod et Saint-Georg^es, les Lepes sur Arzier, 
Liapes au Mormont, la Joux des Lapies à Fiez, duos lapides ap- 
pellatos Lapyesy i5i6, es Lapies près Neuchâtel, 1292, les Lap- 
pies à Rochefort et à Neuchâtel, i374- Le Liappay de la Gronaz 
près Martigny s'appelait en i346 lou Glappey de la GrunnaZy 
M. R. XXXII. C'est donc le même mot que clapier, au sens de 
tas de pierres qu'il a encore en provençal, dans le bas latin clape- 
rium, dans le valdôtaio clapey, d'une racine klapy d'origine ger- 
manique d'après Kôrting*, qui se retrouve dans le celtique: kymri 
clap. 

Laque, Saint-Maurice de Laque, aussi écrit Lac, village près 
Sierre, autrefois Laques., tout court, lo LaqueSy 1228, Anton, de 
Lac et P. Sutor de Laques, 1271 ; Ma yen de Laque à Saint- 
Martin d'Hérens, Laquet, un des ham. du village précédent, en 
patois Laquouet, la Couet, carte du Club, un pratum dou La- 
quais à Nax, 1289 ; ni les uns ni les autres de lac, bassin d'eau : 
il n'y en a point et les petits lacs des environs s'appellent Loussel, 
Loucet, Louchet. Probablement du v. fr. laCy s. m., fossé, ravin, 
caverne. 

Larcossey, vignes à Vionnaz, Valais, article soudé pour l'Ar- 
cossev : voir ce mot. 

Larduzan, Lardezan dans Lutz, grande alpe au S. de Grône, 
Valais ; Zam, tout court, dans la vallée, Alpe dou Chan, i3io, 
Campo dou Chan, iSSq = VAlpe du Champs permutation l-r 
et ch'£{ts). 

Larenaz, I^reney =1 Arenaz,ey, avec soudure de l'article, 
voir Arenaz. 

Es Larrats, champs, Villars-sous-Champvent, sans doute le 
même que 

I^rrels, ham. Ormonts, Lejsin, Bioley-Magnoux, Hauteville ; 
I^rrel, loc. à Monthey, Larry, 1696, Grandcour, Avenches, En- 
ney, Larrî à Vullierens, Larrit à Mont-la-Ville et Echallens, 
Larry, Bercher ; Laret à Sullens, au Larrez, 12G0, et à Saint- 
Aubin, Frib., Larit et Lares, i444 (ce qui l'a fait dériver de ad 
Lares, Dict. Dellion XI, 19), Lary. Corbeyrier et Villars-le-Ter- 



224 LARZE — LAUFON 

roîr, les Larrus à Neuveville, les Larines à Saint-Triphon, Larin, 
ham. de Chavannes-sur-Moudoo ; du v. fr. larrisy larizy s. m., 
bas latin larricium, lande, bruyère, terrain en friche ; d'après 
Dietz, du néerlandais loar, clairière. L'Arrêt (carte vaudoise), 
forêt à Vulliens, est une fausse orth. du même mot. Larrevoin, 
loc. à Aigle, rochers buissonneux, parait avoir la même racine. 

La Larze, alpe sur Bex, es Larses à Monthey ; de larzCy mé- 
lèze, latin laricem^ z permute avec j : les Larges à Vionnaz. Le 
collectif laricetum, bois de mélèzes, a donné Larzet à Gryon, 
Larzay(ey), une 12* de loc, Larsey à Saint-Maurice, à Anni- 
viers, 1288, et Vemamiège, 1260. Avec apocope du r, Lazay, La- 
zier ou Lagier, alpes de Conthey, le Laisier à Vérossaz, Ley^ 
sier, 1720, le Leyzay (Laysey), vallon et chalets, Ormont-des- 
sous, en la Lazaire (mélèzes !) à Vouvry. Un pré aux environs de 
Palézieux, Larsi en 1284 présente les variantes Laisi, Laysi, 
Cart. Haut-Crêt, M. R. XII, 2, i48. Du collectif f. lariceta dérive 
Larzette à Vérossaz, Largette, petit ham. de Fully, permut. 
z-j, une Larsette à Ayent, Valais, i4o8. Larzolet, forêt à Or- 
sières, diminutif. Enfin ce mot présente les formes légèrement 
germanisées de Larschen, loc. à Salquenen, et Larschi, ham. 
près Louèche. 

Lasse, Revinne de — à Vionnaz, Valais, pour TAsse, s. m. = 
if, voir Asse ; Tif est fréquent à Vionnaz. 

Lassîores (Siegfried) ou Latiores (Dufour), alpe sur Evolène, 
Valais, alpe qui dicitur Laces j 1260, alpem de Lacces, Accès 
vers 1280. 

Latte, Pont de la — sur THongrin, Gruyère, et la Lattaz, loc. 
sur Champéry (pont sur un torrent) ; de latte, v. h. ail. latta, 
perche ; aussi celtique, irl. slat, gallois llâthy ital. latta, etc. 
Date de l'époque où le pont était fait d'une ou deux lattes jetées 
sur le torrent. Bois des Lattes aux Ponts, Neuch., bois de 
grands pins, nus jusqu'au haut, même sens. 

Laudallaz, alpe de l'Etivaz ; voir Vaudallaz. 

Laufon, Berne, forme francisée de Tall. Lau/en, de lauferif 



LAUSANNE 225 

courir, nom générique ail. des rapides des rivières : la Birse y fait 
une cascade près du pont. 

Lausanne, Lousonna dans Tinscription de Vidj^ rapportée par 
Ch. Morel à Tan i68 ; Lausonium, Itin. m® s. ; LosonnCy carte 
Peutinger, iv« s. ; Lausanna^ v« s., Géog. de Ravenne, Lau- 
sanna, ii42, Losene^ 1^93, etc. Etjmologie très controversée. 
D'après Gatschet (Promenade onomatologique, 1867) et De Grou- 
saz (Dict. historique, 1867), de Laus, ancien nom du Flon. 4iLau8 
était le nom du Flon, tel qu'il est nommé encore en i3i5 et i558, 
et Lousonna était bâtie sur ses bords » (Gatschet). Flon est un n. 
corn, (de flumen) et Laus était le n. propre du Flon de Lausanne : 
4(en i5o2, le Flon appelé Laus = VeaiU soit le Flon appelée Lau^, 
i552 (Blanchet, p. 12) et, en 1761, le ruisseau autrefois appelé le 
LauSf » textes cités par M. B. Dumur (Revue hist. vaud., 1901). 
A Laus s'ajoute le suffixe onna ou ona, qui n'est autre que le 
mot celtique ona, rivière. Lousona, c'est donc la rivière Laus ^, 
qui a donné son nom à la ville bâtie sur ses bords, comme VAl- 
bonUy la rivière Blanche, à Aubonne. Notre pays o£Pre une dizaine 
de noms semblables, formés d'une racine souvent indéterminée, 
nom spécifique du cours d'eau, et comme suffixe du mot ona : 
Colona^ la Colline, Sanona ou Sarona, la Sarine, Sorona, la 
Serine, Massona, la Massa, Bivonna, la Divonne, Liona, la 
Lionne, etc. ^ Lorsque la langue latine prévalut, ona disparut et 
l'on dit flumen Laus, le flon Laus : à cette époque on savait en- 
core que ona :=: flumen, et l'on n'a pas fait le pléonasme. 

De son côté M. d'Arbois de Jubainville tire Lausanne du n. pr. 
gaulois Lousos, dont dérivent le cog-nomen latin Lausus et le 
gentilice Lausius tous deux fréquents dans les auteurs et les ins- 
criptions ; voir Holder, II, p. i64. Mentionnons enfin pour mé- 

1 n semble que Laus ait étë aussi le aom d*un ruisseau près de Prangias : en 
1246 dans un hommage de Humb. de Cossonay, la charte fixe les limites « ab 
illa aqua Li Laus de Pcrcngins, M. R. V, 227. 

* One s'emploie souvent seul en France : One, affl. du Loir, One. D. Sarthe, 
One, Rhône. Petite One, Dordogne ; One d'Arboust et One d'Oueil, Haute-Ga- 
ronne. 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 15 



226 LAUTARET — LAVEY 

moire rétymologîe proposée par Studer (Op. cit., p. i49)» qui dé- 
rive Lausanne du mot romanche aloussa, laassa, cerisier à 
grappes (Prunus avium) et cite à Tappui un grand nombre de 
noms de localités romanches ou italiennes qui paraissent en pro- 
venir. Chacun sait que le cerisier à grappes s'appelle chez nous la 
poutta, le putiety que le mot aloussa y est complètement inconnu 
et il n*y a pas lieu d'insister sur Timprobabilité d'un nom de lieu 
vaudois dérivé d'un mot romanche qui n'aurait pas laissé d'autre 
trace dans le pays. 

Lautaret, alpe, Val des Dix, D. Hérens, Valais, li Altarety 
1238, alpem des Autares ou Autarez, laSg, très probablement 
en souvenir d'anciens autels de l'époque païenne, dit M. Gremaud» 
Lauteret, pâturage sur Montreux. On connaît aussi l'alpe et le 
col de Lautaret en Dauphiné, jadis écrit YAutaret^ du latin a/- 
tare^ autel. 

Lavanchy, une io« de ham. et de loc. des Alpes et jusque dans 
le Jorat : un Lavanchy à Montpreveyres, collectif = endroit ex- 
posé aux avalanches ou aux lavanches. Le mot simple s'emploie 
souvent : à la Lavanche, Ormont-dessus, et ham. de Châtel- 
Saint-Denis, les Lavenches, ravines sur Yvorne, le Lavancher, 
couloir aux avalanches, alpes de Salvan ; les Lovanches, ham. de 
Hauteville et de Semsales, Frib. ; Lavintsie ou Levanlsia, forme 
patoise, chalets sur Lourtier, vallée de Bagnes. Vient d'awa- 
lanche, par métathèse et apocope de l'a : la lavanche, provençal 
lavanca, d'après Littré, ou dérivation irrég. de labina, lavina,. 
même sens ; en Lavancher k Vionnaz, 1728, est devenu aujour- 
d'hui en la Vanchée. 

Lavançon, loc. à Vionnaz, Valais ; article soudé pour l'Avan- 
çon. 

Lavey, D. Aigle, Alaver, io5i, Lavetum, 1180, 1246, etc. 
D'après le baron de Gingins, de lavare, dans la pensée que ce 
lieu aurait été une station thermale et que la source trouvée en 
i83i aurait été connue des Romains, puis détruite par la chute 
du Tauretunum. C'est bien douteux : il semble qu'on devrait en 
trouver des traces dans les récits de l'éboulement ; d'ailleurs il y a 



LAVIAUX — LAYAZ 227 

• 

un autre Lavey à Evionoaz. Gatschet tire Lavetum, Lavey, 
comme Talpe de Lavey, Haut Simmenthal, de lapât hum, oseille 
des Alpes, d'où vient notre mot lapé, mais lapé est le seul mot 
employé pour désigner cette plante qui ne croît d'ailleurs pas à 
Lavey. « On pourrait plutôt, nous écrivait M. Bonnard, le ratta- 
cher à la famille de lavey pierre plate, dalle. » Lavey, avec le suf- 
fixe collectif ey, serait donc un lieu où il y a beaucoup de telles 
pierres, où on les exploite. Seulement ce mot lave, employé dans 
le Jura (v. Laive) n'a pas laissé de traces dans la vallée du Rhône. 

Laviaux, une lo® de loc., Lavieu à Salvan, 1782, Laviaou à 
Gruyère, Laviaouz, ham. de Misery, Frib. ; au Lavœx à Aven- 
ches, Lavieux à Gryon, es laviours à Granges, Valais, 1482, es 
Laviorets, Laviotels, diminutifs à Bullet et Corcelles, Payerne ; 
formes patoises du v. fr. laviour, lavoir, qui est aussi le nom de 
plusieurs ham., par exemple Boécourt, Courroux, Jura bernois. 

Lavigny, Laviniacum, ii45, 1172, etc., Lavinei, 1177, M. 
G. II, IV, XIV, Lavigni, 1210, M. R. XII, 58, Lavinie, 1228, 
M, R. VI, LavigniacOy 12^^, Lavigny e, 1822, Lavignyer, i335 
= (praedium) Laviniacum, domaine d'un Lavinius, gentilice 
romain fréquent. 

Lax, D. Couches, Valais, Lncx, 1296, LaXy i3o8, Lacx, i333 ; 
on a dérivé son nom de lacus, lac, à cause de plusieurs petits lacs 
qui se cachent dans ses alpes (comme Laax ou Lax des Grisons, 
LageSy 1290, Lags, i3io)^ mais ces lacs sont fort éloignés et 
n'étaient pas connus avant l'établissement du village qui tire plu- 
tôt son nom de la gorge profonde du Rhône qu'il domine ; du v. 
fr. lac y s. m., fossé, ravin, caverne. Comparez Laque. 

Layaz, pâturage au milieu des bois, Ormonts, loc, prés à 
Choéx, Monthey, forêt à Blonay, à Goumœns-le-Jux ; les Layets, 
chalets Ormont-dessous, Layette, forêt à Sainte-Croix et Champa- 
gne, diminutifs ; es Layeux, m. à Ollon et loc. à Vouvry ; autres 
formes : Leya, alpe à Lessoc, Gruyère ; Lye, mayen dans la forêt 
sur Painsec, Anniviers ; Liez, ham. de Saint-Martin d'Hérens ; 
Prés-Leys à Rossens, Lîaz, ham. de Mont sur Rolle ; l'AllIaZy 
pour la Liaz, alpes de Blonay ; du bas latin legia^ forêt, v. fr. 



228 LAYJU — LÉCHÈRE 

layCy du germ. laidôy chemin dans la forêt, puis forêt, f^yen, 
m. à Puidoux, adjectif = de la forêt. 

Layju, territoire à Onnens, Vaud,. au-dessus du village = lé^ 
là, et V. fr. JuSj dessous, du latin jusum : là-dessous. 

Lazier ou Lagier, la Zer, atlas Siegfried, la Gère, carte Du- 
four, Lazière en patois, 5 formes du même nom d*un ham. d'Ar- 
baz, D. Sion. Ansermoz dou Lasier, Johannes dou Leysier, 
1824» M. R. XXXI, 481 ; paraît être un larzier, ou larzej, de la- 
ricetam, bois de mélèze, avec apocope de Tr, comme dans Lazaj, 
Lasier ou Lagier à Gonthey. Voir Larze. 

Léamont, ham. de Finhaut, Valais ; Liamont, ham. de Peney- 
le-Jorat = lé-amont, là haut, ces hameaux étant situés au-dessus 
de leurs villages. 

Léchaud, quartier de Bex, au pied du Sex, bien exposé au 
midi ; probablement pour YEchaud, subst. verbal de échauder, 
chauffer. 

Léchelles, D. Broyé, Frib., ail. Leitern, Leschielles, i3oi, 
Leschieles, i43o, Rec. dipl. II, 8, VII, 286, Léchielles, i484 ; 
d'échelle, lat. scala, à cause de la montée rapide depuis Chandon, 
autrefois chef-lieu paroissial. 

Léchère, Léchaire, Lécheyre, Leschière, Leichière, Les- 
chîpe, Lichière, etc., une 5oe de loc. dans tout le pays romand 
(lischiera au Tessin) ; du v. h. ail. lisca, herbe de marais, fr. 
laîche et suffixe collectif ère ; le simple se rencontre aussi : aux 
Lèches à Ecublens et à Gollion, le Plan de la Lèche, pâturage à 
TEtivaz (pourrait être aussi Tendroit où Ton donne du sel à lécher 
au bétail), Lécherex ou Lécheretaux Ormonts, Leschery, 1429, 
autre collectif, suffixe ex ou ey de elum. Lécherette, Bernex, 
Gryon, les Mosses, Villars-le-Gomte, Lescherelaz à Massonens, 
i54o, diminutif. Des formes plus voisines de l'allemand : Lischier 
à Louèche, Lischera à Gourtaman, Frib. A la même racine se 
rattachent les noms allemands Lyssach, Lischeren, Liesberg, 
jadis Lieschenberg, Quant à Liss ou Lyss, D. Aarberg, Lissa, 
1009, il nous paraît venir plutôt du gaulois lisso, irl. liss, de- 
meure fortifiée par un rempart de terre. 



LÉDERREY — LENTIGNY 229 

Léderrey, Grjon, OUod, Ormont-dessous, Leyderriz, i5ii, 
Léderay au Châtelard, Léderry à Champtauroz, Liderrey à 
Conthey, à Charmey, Villa le derrei, iSig. (Lidderey, atlas 
Siegfried, fausse orth.) Patois lé-derrei = là-derrière, comme 
Lidedain à Conthey = là-dedans ; en français populaire on dit 
là-dernier, de là les forges de Lademier à Vallorbe. 

Leiggem, ham. sur Rarogue, Valais, œmmunitas de Leucrun, 
1378, M. R. XXXIV, probablement du n. pr. gaulois Leucuron^ 
cité par Holder, II, 196. 

Les Leisettes, ham. de Salvan, Valais, sur une pente rocheuse 
très raide au-dessus du Trient, Leseies, 1294, en la Legettaz, 
loc. à Choëx près Monthey, 1716 (z-j) ; probablement diminutif 
de leXj rocher, voir Lex. 

Leytel, Leyiet, voir Luissel. 

Léman^ lacus Lemanus ou Lemannus des anciens, Lemanos 
limnê (Dion, 89, 5), Lemanê (Ptolémée), Lémannâ limné (Stra- 
bon) ; Lemanus (Lucain), Lemannus (Ausone). D'après Gatschet 
(Promenade, p. 28), mot celtique parallèle du grec limné, lac, 
étang. 

Lenage, m. Monts de Lutry, patois pour lunage, v. fr. du bas 
latin lunaticumy lunadium à Porrentruy, i3i7, «étendue de 
terrain qu'on peut cultiver en un mois lunaire (Ducange) ; une 
loc. Lunagio à Bursinel, i243. 

La Lendaz, loc. à La Roche, Gruyère, l^nda, rue à Fribourg ; 
de l'ail, lindây tilleul : un Jacob de la Linda à Frib., i356, Jahr. 
f. Schw. Gesch. Il, 244- 

Lens, D. Sierre, Valais, Lens et Lenz, 1199, Lenz, 1260, 
1286, Lent, 1391. Non point de lens, lentille (Gatschet), mais 
probablement comme Lens en Artois et Linz, Rhin, de Lentium 
(vicum) ou comme Linz, Autriche, de Lentia (villa), tous trois 
dérivés du gentilice Lentius, 

Lentigny, D. Sarine, Fribourg, ail. Lentenach, Lintiniei vers 
iit^2, Lintinie, ii58, 1264, F. B. 11, Lintignye, 1286, Lenti- 
gnye, i43o, Rec. dipl. VII, 236 ; de (fundum) Lentiniacum, 
domaine d'un Leniinius, gentilice romain dérivé de Lentius et 



230 LENTILLÈRE — LEVAUX 

non point comme le veut Gatschet, copié par Studer, de lens^ 
lentille. 

Lentillère, loc. à Collonge, Conthey et à Martig^ny-Combe, 
Lentîllières à Grissier, Lintiller à Troistorrents ; un Huldricus 
de Lentilier témoin d*un acte entre le couvent de Haut-Crêt et Pa- 
lézieux, 1284. Cart. Haut-Crêt, M. R. XII, i3 ; endroits où Ton 
cultivait des lentilles y voir aussi Nantilières. 

Lentina, loc. vignoble de Sion (Lensinaz au cadastre d'après 
Zimmerli), Lentina^ 6 fois ia3o-i256; de (villa) Lentina^ pro- 
priété, ferme de LeniinuSy cognomen romain. 

Lessoc, D. Gruyère, Lessos, 12^1, à les SoZy 1287, M. R. VI, 
2^2, Lessotj i352, iSqô, 1420, M. R. XXII, i453. D'après Gats- 
chet, du bas latin socca, souche, tronc. Mais le c est moderne. 
Peut-être de soth, bas latin sotus ; de saltus, qui, dans Ducange, 
désigne un parc à faire paître les moutons, un bois. A les Soz 
signifierait donc aux bois, aux parcs. De même, d'après M. de 
Chambrier, le vallon appelé aujourd'hui Pertuis du Soc ou plu- 
tôt du Sault, près Neuchâtel, se nommerait dans les actes anté- 
rieurs à 1377 Perlais du Soth. 

Lessus, nom du plateau du rocher de Saint-Triphon et les Prés 
Laissus à Vaumarcus = lé-sus, là-dessus. 

Les Letzettes, prés à Vionnaz ; dim. de latche, herbe de ma- 
rais ; voir Léchère. 

Leuchelette, loc. à Sierre, soudure de l'article pour l'Euche- 
lette, rOchelelte, la petite oche ; Luchelet à Granges est peut- 
être un diminutif masculin. 

Leuchu, plus. loc. Jura bernois, la Fin Leuchu à Boécourt, 
20-3o m. au-dessus du village ; les Prés Leuchus à Develier, 20- 
4o m. au-dessus ; les Fins Leuchus à Courfaivre, Clos Leuchu 
à Rossemaison, les Champs Leuchus à Movelier, 5o m. au-dessus 
= les fins, les prés, les clos, les champs là-sus, permutation ju- 
rassienne ch'S (chire pour sire). M. Bonnard (in litt.) serait dis- 
posé à y voir plutôt le mot lieu. 

Levaux, 2 m. et grand domaine à Vouvry, les Grands Ley a tfx, 
1776, prés à Vouvry et Colombey, près du Rhône, ham. sur Mon* 



. LBVIN — LEX 231 

they, aussi écrit Levoz (ou les Yauds, carte Dufour), vallée de la 
Vièg^, ham. de Plan-Ies-Ouates, Genève, Champ Lévaux sous 
Bottereus, Frib. N'ont rien de commun avec vaux, vallée, qui 
n'expliquerait pas les Levaux. Au reste si les trois premiers sont 
dans la vallée, le 4® est sur la hauteur. C'est le même mot que 
l'anglais et v. fr. level, liueau, xv«s., provençal livel^ wallon lé" 
vaij italien livello = niveau, du latin * libellum^ latin classique 
livella, niveau : localités sur un terrain plat, de niveau. Il fau- 
drait donc écrire leueau. Le village de Le Vaud, D. Nyon, tire 
probablement son nom du même mot. 

Le vin, Château — , à Monthey, en Chastellevey, 1696 ; de Le- 
vet, n. de famille de Monthej. 

Levpon, grand ham. de Vollège, Valais, le Levron^ 1260, Li- 
wrone, in Levrona, i45i ; probablement un (vicum, pratum) le- 
porinum, des lièvres, comme en Levpon, prés à Ollon ; voir 
Leyvres 

Lex, Ley, (Lay) ou Lée, Vérossaz, Lez, Evionnaz, Lîx, Lys, 
ou avec la diphtongue, mais toujours monosyllabe, Lœx, Loë, 
Luex, Lue, Massongex, Luy, Luis, Luix, Luys, aussi Louex, 
la Louex à Vionnaz, les Loués de Don à Vionnaz, Loué, 1770, 
Loués à Isérables, nom très fréquent dans les Alpes, où il dé- 
signe, tantôt des parois de rochers nus, tantôt des pentes ro- 
cheuses, plus ou moins couvertes d'un maigre gazon ; du subst. 
vieux et moyen h. ail. lei^, leie, m. et f., rocher, hollandais leie, 
rocher schisteux, anglo-saxon leia, f., rocher; aussi celtique, 
vieux irl. lie, plur. lieie, pierre. Lésette, Leisette, Luisette, 
Luisîn, loc. Valais, diminutifs des formes Lex, Luis. Forme sou- 
vent des composés : Solalex, alpes de Bex 1= sous la paroi ; Bal- 
lalui, alpes de Lens, belle paroi ; se soude aussi avec l'article : 
Eley, ham. de Lavey (ou Eslex ou es Lœx) pour es Lex, dans 
les rochers ; l'Allée au Mont-Blanc, au Sanetsch et val d'Anni- 
viers, l'Allex à Bex, Grandvaux, Albeuve = la Lex (voir Allée, 

* Chacun connaft le Lorelci des bords du Rhin = le rocher de Lore ou Lur, 
fée qui entraînait les bateliers dans l'abîme. 



232 LEYDEFEUR — LIAVAS 

Allcx), Croix d* Aller sur une paroi de rocher, alpes de SainMjin- 
g-olph = Croix de la Lex. 

Leydefeur (ou Laitefeux), ham. à Bossey, prés Genève, loc. à 
Genollier et Givrins ; Ley de Fourt (ou Furt) à Bonvillars, Leî- 
defrou à Ruejre-les-Prés, Frib., peuWtre le LaideJ^urSy ikl^y 
Arch. Fr. V, 3o4, 807 ; de léy là, et feur^ four^ ffouy de foriSy 
dehors. Chalet deiTrou à TEtivaz, même sens. 

Leysin, D. Aigle, Leissins, 1282, Lisiriy i355, Lesin, i355» 
i4o2, puis Leysins, xv* s. (Layzeiriy i588, Leysin et Ley sein ^ 
xviie s., chartes d'Aigle). La forme primitive montre que nous 
avons affaire à un nom patronymique d'origine germanique. C'est 
le correspondant français du Leissigen bernois, D. Thoune, Lea-- 
zingen^ i386 .= chez les descendants de Leudo^ LeuthOy n. pr. 
germain. Fôrstm., p. 858. 

Leytron, D. Martigny, Valais, Leitrun^ 12 19, Leytrun, 1281^ 
1284, Letron, 1291, M. R., Leitron, 1262, Wûrstbg. D'après 
Studer, « du celte ladr, leydyr, latin latro, voleur, brigand^ >► 
donc « nid de brigands. » Mais c'est impossible, latron, lafronem 
a donné en français les mots larre, lairre, larron, tr devenant 
régulièrement rr. Vient plutôt du n. pr. gaulois Leiturrony 
donné par Holder, II, 171. 

La Leyvraz, vallon et sommet à Château-d'Œx, Roche à la 
Leyvpaz, Epesses ; Leyvpcs, loc. à Cossonay et chalets à Masson- 
gex, en la Ley vpoz à Vérossaz, Valais ; la Levra ou Laivra, pâ- 
turage au Saint-Bernard, Levratayre, loc. à Fully ; Mauleîvpa 
à OUon ; pré Levpay à Ollon, Praz Levpey à Servion, pratum 
Leporinum, xiP s., Cart. Haut-Crôt, M. R. XII, Lèvpemont à 
Apples ; de leivra, s. f., lièvre, latin leporem. 

Liaîscs, forêt sur Lausanne ; voir Glaisy. 

Lîapey, voir Lapié. 

Liaprey, loc. à Saxon, Liappay à Collonge, Valais ; le même, 
avec le son mouillé, que Glarey. 

Le Liaugex, m. et terr. près du Rhône à Aigle, Li auges, 1646, 
1669, le Liauges, 167/4. 



LIARREY — UGNEROLLE 2^ 

Liavas, Prés — à Bassecourt, D. Delémont ; Liavoz, chalets 
à Charmey, Clos Liavoz à Semsales, Liavaux à Châtel-Saint- 
Denis, Liavau, écart de Neirivue = Li, lé, là et avaux, aval, là 
en aval. 

Liddes, D. Ëntremont, Valais, Leides, 1177, LedeSy 1199, 
1286, LitdeSj 1200, Leddes, 1228, Leydes, i256, Ligdes, 1259, 
LyddeSy 1267, Lydes, 1296, Liddes, i345, LideSy i38i, enfin 
définitivement Liddes, 1470. D'après Gatschet, du bas latin lida, 
lidda, péage ; possible, bien que les formes primitives en e, ei, ey 
le rendent un peu douteux. Un autre Liddes à Sierre n'a pas de 
formes anciennes pouvant éclaircir l'origine. 

Lidedain, Liderray, voir Léderrey. 

Lieffrens, D. Glane, Fribourg^, Leufrens et Lei/res, xii« s., 
Li freins^ Lie/reins, 1247, Gart. HautCrêt, M. R. XII, LyefrenSy 
1 359 = chez les descendants de Leatjried ou Liejredj n. pr. 
germain. Les orth. Riefrens et Lacfrens, 1262, Wûrstbg., 297, 
sont des fautes de copistes ou d'impression. 

Liène ou Lienne, autre nom de la Rière, rivière descendant du 
Rawyl, Valais ; Lienna, ruisseau descendant de la Berra sur La 
Roche, Fribourg ; du celte glen, vallée, encore employé en Ecosse 
(Glenmorey Glencoa, etc.) pris au sens de ruisseau, comme nant, 
ruisseau de nantu, vallée. Rière est le même mot avec permuta- 
tion de / et n en r, 

Lienson, chalets épars sur un plateau en face de Charmey = 
Li-en-Son, là sur le sommet ; un peu plus loin sont les chalets de 
Liavoz, dit la carte pour Li-avau, là en bas. 

Le Lieu^ D. Vallée de Joux, jadis le Lieu-Poncety Lociis-Pon- 
tiiy II 55 ; du nom d'un ermite Pont i us ou Ponce qui le premier 
y habita. Le Lieu, i483. 

Liez ou Lies, Valais, voir Laye. 

Lignerolle, D. Orbe,' Li ne rôles, 11G3-1171, Arch. Fr. VI, Li- 
nerouleSj XII, Linnirules et Linnierules, i235, M. R. VI, 624, 
Lignierales et Ligniruoles, 1282, M. R. III, 553, LigneraleSy 
1285, Ligniroules, i446, i458, Glignyroules, i485, Lignyro- 
laZy i52i, Ligneroules, i525. D'après Gatschet, de lignarolis 



234 LIGNIÈRES — LIOSON 

(barbarisme) regio, rég'ioo boisée. Très peu probable. D'après 
les formes primitives, sans g-, de linariolas, dim. de linariaSy f. 
pi. de linarius, de lin, donc petits champs de lin. Plus tard s'est 
établie une confusion avec Ugnarias, de lignum, bois. Un Li- 
gnerolles de France s'appelait Linariolas au milieu du vin® s. 
(Jubainville, p. 523). 

Lignières, C. Neuchâtel, Linieres^ 1179% 1212, i3ii, Lineres, 
1297, Lignyeres, i349 ; m. à Saint-Sulpice (Linière), Neuch, ; 
ha m. de Saint-Saphorin, Lavaux ; loc. à Essertines sur RoUe et 
Lignièr^, ham. de Gland, D. Nyon ; de linarias, champs de lin. 
Ceci d'après les formes primitives xii^ et xiii« s. Toutefois la dé- 
rivation de lignaria (vallis), vallée, région boisée, du Mus. N. 
XXXIV, 263, n'est pas absolument exclue. Voir le mot précé- 
dent. 

Lilat à Dorenaz, Lillaz, loc. à Martigny, à l'angle entre la 
Dranse et le torrent Bayard = VIslaz ou Vile, 

Limasse ou Limace, grande forêt et pâturage à Baulmes, 
Jura, prel de la Limace ^ i4i5, prato de la Lymacyz^ i5i6 ; les 
Limaces, métairie à Courtetelle et les Limes, loc. à Agiez, pâtu- 
rage à Cormoret, Jura bernois ; en Limassier, bois à Yvonand ; 
dérivés du latin limas^ ital. limo^ lieu humide, racine qui a donné 
le fr. limon. 

La Limbaz, rivière, Vaud et Frib., affl. de la Broyé ; paroi de 
rocher près Saillon, Valais ; Proz Limbi, au pied des rochers du 
Combin au Valsorey ; du latin limbus, bordure, ruban, circuit, 
fr. limbe. 

Lindéret, pâturage derrière Gorjon, Pays-d'Enhaut = l'En 
derrey, derrière. 

Lionne ou Lionnaz, rivière à l'Abbaje, affl. du lac de Joux, 
Liona, Leona avant iioo, Leena, ii4o, M. R. I, 172 ; fausse 
interprétation d'un nom celtique. Lionette, ruisseau à Frenières 
sur Bex, diminutif. Lion, ancien nom du Nozon, d'où Vaulion 
= Vaux-Lion, vallée du Lion ; du celtique lion, gllon, eau cou- 
rante, parent de glen^ vallée ; voir Lienne. 

Lioson, deux pâturages, D. Aigle, l'un à Ormont-dessous, 



LIREC — LIZERNE 235 

Lyusorty 1247, Lyoson, 1262, Lusun, 1287, Lioffson, Lyogson, 
i24g; l'autre sur Argoaulaz, vallée de TEau froide, — que 
M. Hisely a confondu avec le premier, — Liuson supra Herniola 
et Lioson, 12^2, Lyusun, 1248, Lyoson, Lyosum, 1262, Lyou- 
son, LyesoHy i255, Cart. Haut-Grét, M. R. XII, pascua de Glo- 
son, 1829. Probablement de locum, lieu, patois /l'u, et son, som 
= du sommet ; de Tadj. latin summum^ donc le lieu, la station, 
le pâturag'e du sommet, chacun d'eux étant le pâturage le plus 
élevé de la région, celui où le bétail fait sa dernière station dans 
la montée. L'étjmologie de Gatschet, qui le tire de lacticinia^ est 
absolument impossible. 

Lirec, alpe, Val d'Anniviers = Lirette, pour le suffixe ec, voir 
Biolec. 

Lirette, ham. de Saint-Jean d'Anniviers, le Yreta, 1260, Li- 
rette sur Ardon, Lyrettaz sur Sierre, autres formes, avec sou- 
dure de l'article, de YAirette^ dim. de Aire ; voir ce mot. 

Lite, la Lita ou Leta de Pont, au Plan des Isles, les Lites ou 
Letes, lé léti du Rachy, subtus les Lites, i332, Ormonts, ceux-ci 
fauchages longs et étroits ; la Lette, alpe de Bourg-Saint-Pierre, 
es Lettes à Collonge, à Yionnaz, Littes, 1770, aux, es Littes à 
Yvome, à Troistorrents, Vérossaz, à Fang de Chandolin et à Mol- 
lens, Valais ; es Littes à Erschmatt, i43o ; du v. h. ail. lista, 
bordure, bande longue et étroite (en Berry lîte, bande étroite de 
mousseline. Les Ilettes à Monthey, près de la Vièze, ont la même 
origine ; c'était autrefois es Lites, Littes, 1696 ; de même à Mas- 
songex les Ilettes, es Lettes, 1743, avec le patois y Lettes ; il y a 
eu soudure de l'y, de là ès-y-Lettes, les Ilettes. 

En Liresson, loc. à Conthey, Valais ; probablement en l'Ires- 
son^ hérisson. 

Litroz, fausse orth. pour L'Itroz, voir Etroz. 

Liseraz, ruisseau, fausse orth. ; voir l'Iseraz. 

Lizeme, riv. D. Conthey, Valais, aquam de Lyserna, 1 268 ; 
mais ce 1 n'est que l'article agglutiné comme le prouvent d'autres 
mentions: aquam que vocatur Yserna, i3o4, Yserna, i3i5, 
i4i2, Iserna, iZZ^^ Isernia, 1457 ; elle porte ainsi le même nom 



236 LOBSCHEZ — LODZO 

que rArnon, Ysernarriy 1 177, et que le torrent Tlsamo du Tessin» 
mot d'origine celtique, parent sans doute de Isara, voir Iseraz. 

Lobschez, ham. de Soubej, Jura bernois, Lobcheyy 1179^ 
i342, Tr. I, 365 et III. Le Jura présentant régulièrement la cons- 
truction germanique dans les noms, on pourrait traduire la mai- 
son de Lobo. Hidber interprète par Lo Bissei. II, 288. 

I^c, ham. de Randogne, Valais ; voir Luc. 

Loche, 2 m. à Puidoux, D. Lavaux, Loche et la Loche-dessus ; 
Loche et Lotze à Oleyres, Luchelet, forme masc, à Granges, 
Valais^ Lochettaz à Bouloz et Lotsetaz à Tornj, Frib. ; Louche 
et Louchettaz à Monthej, Loschetiaz, i6g6 ; Lochelettaz à 
Miè|;C6, Valais, Leuchelette à Sierre ; agglutination de l'article 
pour rOche, l'Ochette, l'Ochelette, voir Oche. 

Locle, C. Neuchâtel, en patois Louche, Loutché^ Loclo, LoS" 
culo, Losclu, Locloz, i35i, i359, Loucle, 1396, 1 53 1 ; de la ra- 
cine celtique lochy lac, correspondante du latin lacus et suffixe 
dim. ulus. Ce celte loch, encore employé en Ecosse et en Irlande, 
se retrouve dans le nom celtique Penn^loch, tête du lac, Penne- 
locus ou Pennilucus des Romains, localité qui existait alors sur 
l'emplacement de Villeneuve. La vallée du Locle était souvent 
inondée et a dû former primitivement un lac. Lodat, petit lac 
près Saint-Biaise, un autre près Gouvet, Neuch., le même mot 
avec suffixe dim. at = et. Le Grand Locle, loc. à Gorcelles, Lo- 
c /or vers ii5o, on Locle, 1280; les Lodats, loc. à Auvernier, 
avaient sans doute jadis de petits lacs aujourd'hui disparus. En 
i844> les champs du Grand Locle devinrent un tac de 7 à 8 pieds 
de profondeur. M. N. XIX, 278 ; voir aussi Luissel. 

Locras, n. fr. de Lilscherz, D. Gerlier, Berne, Luscerat, 1277. 

Lodzo, vaste terrasse qui se creuse sur le flanc O. du Mont- 
Gond, au-dessus des parois de rochers du Ghemin-Neuf ; la 
Loudze, pâturage entre Bretaye et la Forclaz, Louze(dz), alpes 
de Ghamoson, permutation j-dz : Lodzo = louge, comme rodzo, 
rouge. Louge, article agglutiné pour l'Oug'e, autre forme de 
auge ; du latin alveus, bassin, voir Ouge, 



LŒNAZ — LONAZ 237 

La Lœnaz, ruisseau à Massongex, Valais, aqua dicta Aloygno, 
1247, ^- ^* XXIX, 4o3. 

L<etschen, vallée du Valais, Lyehc, i233, Liesch^ 1290, 
Liech, i477> encore en i53i, ordinairement Liée aux xiii«et xiv« 
s. , vallis Illiaca superior dans les chartes, pour la disting>uer du 
val d'Illiez ; probablement du celtique lieic^ pierres, britann. 
liech, breton liac'h, pierre. Zeuss, p. 32. 

Lœx, ham. de Bernex, Genève, au-dessous des falaises du 
Rhône, Lœs, xiv« s. ; de lei, rocher, voir Lex. 

Les Loges, nombreuses localités, chalets, hameaux, Jura vau- 
dois, neuchâtelois et Val. Saint-Imier ; encore plus fréquent en 
France (71 fois dans Tlndre) ; dim. Logette ; le même que le n. 
commun loge, au sens primitif du germ. laubja^ primitivement 
hutte, cabane de feuillag^e, ail. lauby romanche lobgia, tonnelle. 
Dans la Louge, m. à Château-d'Œx, qu'on prendrait pour une 
variante, il faut plutôt voir Tarticle a^g'lutiné : Loug'e pour 
rOuge, les maisons de la Louge sont dans un terrain bas, au bord 
de la Sarine, même position que de nombreuses Ouges. 

Es Lognies (pour Lognes), vignes à Luins^ D. Rolle ; endroit 
où abondaient les lognes, nom patois de la bardane. 

Lombriaoa ou Lombriaux, sommet qui termine le chaînon 
de la Dent de Lys, Fribourg = y, fr. Vombril ou nombril, du 
latin umbilicus, avec agglutination de l'article, sjn. des Nom- 
brieux. 

Lomont, longue chaîne du Jura qui s'étend des environs de 
Delémont à Pont de Roide en France = long mont par dissimi- 
lation comme Moron de Montrond et Romont de rond mont, bois 
de Loomont, i3o8, dans la charte des Franchises de Blamont 
(Blantmontj. 

Lona, alpe et col, avec 3 lacs, entre les vallées d'Hérens et 
d'Anniviers, Valais ; de lona, en provençal launa, étang, marais, 
petit lac, dérivé du latin lacuna, d'où par syncope launa, d'après 
Dietz. Dans le Lyonnais et en Dauphiné, lône n: ancien bras de 
rivière à l'eau dormante. 

Lonay, D. Morges, Lonay, 1 177-1208, Losnai, i2i3, 1228, 



238 LONDON — LONGE 

1242, S parasite. La forme de 11 77 nous montre un dérivé d'uD 
n. d'homme, sans doute (Jundum) Lonacum, domaine d'un Lo^ 
nus : le cognomen Lonus est dans Holder, II, p. 286. 

LoDdon, rivière C. de Genève, carte Dufour et carte état^major 
français ; fausse orth. pour VAlondon, par apocope du a passé à 
larticle comme le montrent les formes anciennes Alonda, 1292^ 
1295 et i3i2, M. G. I, 108, XIV, 244 et XVIII, 4, Aronda, i3o5y 
AUondonz, 1821, Alondon, i358, M. G. I, 126, XVIII, 63. Plu- 
sieurs autr&s rivières du diocèse portent le même nom, remarque 
le Rég. g'en. On y trouve une racine indéterminée al ou ar et 
onda, qui vient peut-être, comme dans Gironde, d'un plus ancien 
umna, parent de amnis, fleuve, voir Géronde. Al est le même 
que Ar : Alonda, Aronda, et doit être le celtique ar, fleuve. Il y 
aurait donc là une combinaison de deux racines sig-nifiant cours 
d'eau, à moins que ar ne soit ici la particule aug'mentative ar = 
très ; voir Aar. 

LoDge, fréquent en composition, présente deux sens, c'est quel- 
quefois le verbe longer, ainsi Longeaigue, ham. de Buttes, Neu- 
châtel, qui longe l'eau, LoDgive, m. à Puidoux, même sens. 
Longe Reuse ou Longereuse à Fleurier, Longeborgne, ermi- 
tage près de la Borgne, Longe Borny, i448, qui longe la Borgne, 
Longevit, champs à Montmagny, pour Longevy, loc. à Arnex, 
Ghampmartin, Salavaux, champs longeant la route. Lonlîgue^ 
prés à Sottens : le long de l'eau. 

D'autres fois c'est longe, adj. v. fr. = longue ; c'est le cas le 
plus fréquent. De là les nombreux Longeraye, une 20®, on 
trouve aussi Longue Raye et en Valais Lonzeraies (Randogne)^ 
Longeaigue, ruisseau à Avenches, Longeau près Bienne, ail. 
Lengnau, Lengenachy ^goy Lengowe, 1181, Longieiva, 1228,. 
Longeau, 1262 ; Longive, ruisseau près Oron, la Longue eaue, 
i553, Longivue, ruisseau près Autigny, Longeornes à Enney, 
de orne, sillon ; Longefange à Froideville, D. Echallens^ Longe- 
fange, 1142, Longifangi, 1184, 1190, M. R. XII, Longefan à 
Villeneuve, longue fin ; Longeperche à Ollon, de pertica, voir 
Perche. Longessiaz, chalet à Gharmey, longue arête, voir Sciaz ; 



LONGB3IALE — LOSSY 239 

Longevaux à Villeneuve, longue vallée ; Longe Vemaz à Pam- 
pignj, Longeville, ham. d'Orges, D. Yverdon, Lon^avilla, 1126, 
M. R. III, 44i et 1260, longue ferme ; Crétalonge à Sierre et 
Grêta Lonza à Sion, permutation j-z. Enfin longe est s. f . dans 

Longemale, ham. d'Ejsins, D. Njon, m. à Fétignj et Cor- 
celles-Ie-Jorat ; Longemalaz, 5 ou 6 loc., Longemalle, place à 
Genève, Longimala, 1278, Longamalay 1298, Longimala et 
Mala Longa, i3o3 et 13 10, M. G. IV, XIV, LongamallOy xrv« 
s. Le Cart. Laus., M. R. VI, 647, parle d'une vigne près du ma- 
rais, paludem que vocatur Longimala : de longe y pris substanti- 
vement, comme dans longe de cuir, et mala^ mauvaise = mau- 
vaise longe (de terre). Le quartier de Longemalle à Genève for- 
mait alors un long promontoire dû aux atterrissements du lac, à 
TE. de la baie du Molard qui s'enfonçait jusqu'aux rues Basses 
actuelles, et le terrain y était assez marécageux, comme le montre 
le nom de Paluajs, Palajs (paludetum), donné à des terres voi- 
sines. Longemalle, loc. à Fiez, même sens. 

Les Longennes, prés à Beurnevésin et les Longines à Villeret, 
les deux Jura bernois ; de longe^ s. f. et su£F. dim. ine, patois 
ena, d'où enne ; petits morceaux de terre de forme allongée. 

Longirod, D. Aubonne, Longirot^ 1267, M. R. XXVIII, 
209, Longiro, 1891, i44i- 

Lonza, rivière du Lœtscbenthal, Valais, Lodentza, i3o4, Lo^ 
denza, 1807. 

Lonzet, Ghamplonzet, à Liddes, forme valaisanne de longet. 

Lopetle, chapelle à Bourg-Saint-Pierre, Valais, à Fribourg, à 
Saint-Ursanne, à Porrentruj, qu'un cartographe ignorant écrit 
VHorette (atlas Siegfried) ; chapelles consacrées à N.-D, de Lo- 
rette, de Loreto, Italie. 

Lormaz, Lormoy, Lormy = Orme, Ormoy, avec agglutina- 
tion de l'article ; voir Ormej. 

Lossy, ham. de Belfaux, Frib., Lozchie, 1228, M. R. VI, 338, 
Lozie, 1229, Lochiey 1267, Lotzie, 1294, Locye, i445 = (f^^- 
dum) Losciacum ou Lossiacum^ domaine d'un Loscius ou d'un 



240 LOUGHET — LOUR 

LossiuSj deux gentilîces connus chacun par 3 inscriptions. Hol- 
der, II, 289. 

Louchet, Pompaples, Saint-Saphorin, Louchez, Valais ; voir 
Luîssel. 

Louchet, majen, alpes d'Hérémence, près Orsera ; probable- 
ment de Prato Longet in montibus Heremencia in Ossella, i456 ; 
de Longet par une double permutation on-ou, j-ch. Ce n'est pas 
Praz long" ou Prato longo, comme 1 explique le Répertoire M. R. 
XXX, puisqu'on échange la terre de Prato Longet contre une 
autre à Prato longo, p. 587. 

Loudze, voir Lodzo. 

Louèche, Valais, ail. Leuk, Leuca, 5i5, ii3i, il38, Lu- 
chiam, 1017, Luechia, xii* s., puis encore Leucha et Leuca, 
xiii« et xiv« s. (Gremaud), Luech, i474> Arch. Schw. Gesch. III. 
21 5. D'après Gatschet et Studer, du v. h. ail. luoff, luoc, ca- 
verne, gorge. Mais comme tous les anciens noms de la contrée 
sont romands, celtiques et non allemands, vient plutôt de la ra- 
cine celtique lieicy leugh, pierre, ou mieux encore de l'adj. cel- 
tique leucos, loucos, blanc, brillant (Holder, II, 196, 291), qui 
convient bien à la position ensoleillée de la localité. 

Louèche-les-Bains, balneis Leuca, i446, s'appelait Buez^ Bœz, 
1229, communitas de Buez, i3i5, balnea de Bœz, i339, vallis 
de BoiSy i4o2, balnea magna in vallede^oé'5, i4o5, Buex, 1421, 
de bois, la vallée étant alors couverte de forêts. 

Loup, Plaines du Loup, sur Lausanne ; de En L'Osf, v. fr. osiy 
armée, prononcé en Lo, écrit en Lod, puis plaine du Lod, enfin 
plaine du Loup, Sur l'origine de ce mot en Lo, un contemporain 
des guerres de Bourgoi^ne, le syndic Johannes Grant raconte que 
le duc Charles le Téméraire « plaça son armée (i4 niars — 27 mai 
1476) dans les champs soit dans le lieu dit Grattapaille dès lors 
appelé en Lo : ^ obsidionem suum in campis sive loco dicto Gra- 
tapalliz... posuit, ibi ex tune en Lo dicitur, M. R. XXVIII, 248. 

Lour, Bois de la — à Vallamand ; fausse orth. pour IM/Zour, 
voir A Houx, 



LOURTENS — LOVENEX 241 

Lourtens, D. Lac, Frib., ail. Lurtigen^ Lurtingen, i558, 
Lurtens, 1620 ; d*uQ n. pr. germain indéterminé. 

Lourtier, voir Ortier. 

Lousine ou Loursine, pâturage sur Fully = TOursine ; du 
latin (comba) ursina (combe) des ours. 

La Louve ou Loue, ruisseau à Lausanne, comme la Louve, 
affl. du Doubs. On pourrait penser à un substantif verbal de luerCy 
arroser, laver, baigner, mais il y a une forte objection que nous 
fait M. le prof. Bonnard, c'est que « luere ne semble avoir sur- 
vécu nulle part dans le domaine des langues romanes. » Donc ori- 
gine inconnue. 

Louvin, loc. à Gléresse = adj. v. fr. louuin, loviriy du loup, 
i30us-en tendu pré. 

Louye, loc. à Goumœns-la-Ville, Etagnières, et Fully, Valais ; 
«n Louyaz ou es Louyes, ham. de Prez, Frib. ; probablement 
pour VOaye, patois Vouhiey Toie, prés où pâturaient les oies. 
Quant à la Louye dlllarse, Valais, elle s'appelait la Loge, Loget- 
iaZy 1696. Un singulier exemple de défiguration de nom nous est 
fourni par la Louye de Fully, écrit la Croix de la V Houille dans 
la Feuille d*Avis oflF. du Valais. 

Lovatens, D. Moudon, Lovatingis entre 996 et loi'], Lovar- 
tens entre 1200 et 1229, Donat. Haut. = chez les descendants de 
Lobeto, n. pr. germain; racine lob, louange. Fôrstera., 879. 

Lovaty, chalet à Gharmey, Lovatîère à La Rippe, Lovataîre, 
Provence, Lovateyre, ham. de Lussy, Frib., forêt à Vufflens-la- 
Ville, es Lovaleîres, Auvernier, i356, Crou des Lovatieres au 
Locle, 1872 =. louvatière, endroit où il y a des /oui^e^s, jeunes 
loups ; de là encore Lovât à Sottens, Mont Lovel à Tour-de- 
Tréme, Champ Lovet à CofiFrane, Praz Lovât, Forel de Lavaux, 
pré Louwet à Cornol, i3i4, Combe Loviat à Courgenay, i347 ; 
Lovettes aux Tavernes. 

Lovegnoz, pâturage sur Mage, D. Hérens, Valais, Loueno, 
iSSg ; peut-être de la famille de louin, comme 
Lovenex ou Lovenet (Lutz), Loweneg, xviii* s., pâturage sur 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 16 



242 LOVENS — LOYE 

Saint-Gingolph, qui paraît un adj. diminutif de Lovin, adj. =de 
loup. (Praz) Lovenet, petit pré des loups. 

Lovens, D. Sarine, Frib., ail. Lowing, Lovens, xii« s., Lo^ 
vains f i2i5, 1228, Arch, Fr. VI, Loueins, 1264, F. B. II, Lo^ 
venSy 1820 =: chez les descendants de LobOy n. pr. germain ; du 
V. h. ail. lôpy lob, louange. 

Lovay, forêt à Saint-Maurice, Lovère à Bassecourt, es Lovey- 
i*es à Noville, Lovières à Tramelan, Louvière, ham. de Presin- 
ges, ferme à Mervelier, forôt à Chévenez, Luvery à Dompierre, 
D. Moudon = louvière y bas latin luperia, endroits où il 7 a des 
loups ; diminutifs Lovaret à Gryon, Loveret à Vufflens-la- Ville, 
I^uverain à CoflPrane, Loverens à Fej ; toutefois ce dernier nom^ 
avec sa finale ens, pourrait avoir pour origine un n. d'homme et 
signifier : chez les descendants de Lobhari, de Lobo et hari, 
guerrier ; voir plus haut Lovens. 

I^veresse, D. Moutier, Loveresce, 11 48, 1181, Loverezo^ 
1179, Loverasse, 1226, 1267, etc., loc. à Miège, Valais, à Aigle^ 
Loveressi/y 1426, Louveresse, 17 18, et 6 autres Vaud et Frib.; 
I^veresche à Zinal et Loveréché à Grône, D. Sierre, Valais ; 
le môme, avec suffixe v. fr. eresse, que louvière. 

La fréquence des noms dérivés de loup montre combien cet animal 
était abondant dans le pays jusqu'au xviu® s. Les comptes du syndic 
d'Aigle, Pierre Sylvestre, pour Tannée 1642, mentionnent des primes 
payées pour 30 loups et un ours. 

Loye, village de Grône, Valais, Loy, 1260, Lohy, 1279, Loify 
1892, i4i7 ; la Loye, forêt à Garrouge-Oron ; Loyes, loc. à Ëtoy, 
et Ëcublens-Morges ; la Loyettaz, loc. à Bettens et Bavois^ m. à 
Rossens, Frib. ; les Loyettes, nombreuses forêts et lieux-dits. 
Eloyes, loc. à Saint-Imier, même mot avec soudure de es. Du v. 
h. ail. loh, fr. forôt, employé jadis comme n. commun. On trouve 
dans M. R. XVIII un acte de iioo où Ton parle d^unam loianiy 
une forôt. Loyes est aussi le nom français, oublié aujourd'hui, 
(le Laupen. Un récit contemporain (i34o) de la bataille de Laupen, 
Rec. dipl. Frib. III, p. 27, dit : Illi de Mureto, videntes Bernenses 
triumphari, currebant ad aquam Saronae prope Loyes : Ceux de 



LOYE — LUCELLE 243 

Morat, voyant les Bernois l'emporter, couraient à la Sarine vers 
Lojes. 

Loye, quartier de Louèche, en ail. Loge, paraît ainsi se ratta- 
cher à l'ail, leug'e, lôg«, g'alerie, passage ; c'est à Louèche la rue 
qui conduit à Varone. Mais ce n'est qu'une fausse traduction alle- 
mande fondée sur un rapport extérieur ; les trois quartiers de 
Louèche, Loieou Loje, Galdenen et Tschablo s'appelaient en i4ii 
tertia Lobiiy Caldane et Cabuli, /. de LobiiSy 1392. Loje est donc 
ici un synonyme de loge et vient comme lui du v. h. ail. laubja^ 
hutte, voir Loge. 

l»zeDche ou Losenze, rivière près Chamoson, Valais, Agensi^ 
1177 ^^ 12 18, VAzenchyy iSqS, aquam de Ausenches, i33g, en- 
core un exemple d'agglutination de l'article. 

Luc, ham. d'Ayent, Valais, en patois Lui, Lus, 1267, 1279, 
1296, Luis, 12^0, LuXy i336, i34o, i343 ; 2<> commune, val d'An- 
niviers, Luc, tout court, i3o4, 12, 27, Lucx^ i4o8. Aujourd'hui 
encore Lac, tout court, 1903, 1904, dans les publications officielles 
de la commune, souvent Saint-Luc depuis une 5o* d'années. 
F. ofiF., 1900. Généralement dérivé de Saint-Luc. A cela s'oppo- 
sent : lo les anciennes graphies Lus, Lux, Lucx ; 2<> Luc n'avait 
pas d'église ; 3<> toutes les localités qui tirant leur nom de saints 
sont constamment désignées par leur double nom. Jamais il ne se- 
rait venu à l'idée d'un clerc de dire tout court Luc pour Saint- 
Luc ; 4® Luc d'Ayent n'a pas même de chapelle et il y en a un 3* 
à Randogne, I^c ou Lock, Luch, 1267, M. R. ; Loc, i342, 
1429, Zimmerli, Lus, i454. Bridel le dérive de son côté de lucus, 
bois. Lux, Luc pourrait aussi venir de la racine celtique lue, 
briller, parent du latin. Luc d'Anniviers est particulièrement en- 
soleillé et quand la vallée d'Anniviers est encore ou déjà dans 
l'ombre, les maisons de Luc brillent au soleil. Luc ou le Luc est 
aussi le nom de 5 ou 6 loc. de France : Drôme, Isère, Var, Cal- 
vados. 

Lucel, Luchet, voir Luissel. 

Luc«lle, ail. Liitzel, loc. et rivière, D. Porrentruy, Berne, Z»a- 
cicella, 1126, Lucella, ii36, Lucela, 1139, ii46> Lucila, 1176, 



244 LUCENS — LUGNORRE 

Monasterio de Luciscella, 1189, Trouillat; Lucella, i3oo, F. B. 
IV. Du V. h. ail. luzil^ petit, et de cella^ demeure, maison, 
changé par les moines en lucis-cella, demeure, maison de lumière, 
nom donné sans doute par le fondateur du couvent. Les moines 
aimaient ces changements pieux ; c'est ainsi qu'ils changèrent 
aussi le nom de Stadowe : owe, la prairie, et Stad, le bord, en 
Gottstatt, Locum Dei « Locum Dei antiquitus dictum Stadowe, » 
1255, F. B. II, et Frienisberg en Aurora. 

Luccns, vitla, Losingus, 968, M. R. VI, 4> Locens, 1157 
(Lettre de S. Amédée ad Lausannenses citée par Hisely, Comtes 
de Genevois), LucenSy 1217, LocenSy i244> F. B. II ; ail. Lobsi- 
geriy Lossingen = chez les descendants de Lobizo, n. pr. ger- 
main. Racine lob, lôp, louange. Lucinge en Faucig'ny a la même 
origine. 

Luette, ham. de Saint-Martin d'Hérens, Valais, Luethy 
1822. 

Lugnez, D. Porrentruy, Berne, Lunigie, 1181, Lugney, 6 f. 
i3i6-i332, Leugney, xv^ s., vico Lugdanico dans la Vie de 
Saint-Imier, xv® s., Vico LugduniacOy Musée historique, p. 295, 
nous paraît identique, comme origine, avec un Luguniacum pa- 
gus Alsinsis, viiie s., cité par Holder, II, 344 : le pagus Alsinsis 
ou Alsg-au est justement le pays de Porrentruy. Holder dérive Lu- 
g-uniacum du nom du dieu gaulois Lugus, dieu de la lumière, 
d*où dérive également Lyon. Lugdunum z= le fort de Lugus. 

Lugnorre, ham. du Haut-Vully, Fribourg ; Lug inares et Leu-- 
conaries, lo']^, LeaconareSy iil^5y Luchnorro, ii83, F. B. I, 
478, Loisnuerrey 12 16, Losnoros, 1228, Lonurro, 1280, Loi- 
nouros, i235, Lugnourro, i352 ; on trouve encore Losnorro, 
LausnorOy Lausnotro, LunuerrCy Lenoro, 1817, Lognerro et 
Lonerro, i836, LunouroZy 1878, Lenauré dans Boyve, xvii^ s., 
etc. D'après Gatschet, de lucus nucarius, bois de noyers. Etymo- 
logie douteuse. Plutôt d'origine celtique. La première partie du 
nom lug, liigi est une racine celtique, — voir le mot précédent, — 
qui se retrouve dans de très nombreux noms. Lugi, peuple de 
Bretagne, Lugidamus, Lugidunen, Lugdunum, etc. Leuco est 



LUGRINES — LOUCHEZ 245 

aussi une racine celtique. Quant au second terme nares, norro, il 
est énigmatique. 

Es Lugriaes, vignes à Monnaz et Vaux^ D. Morges, et loc. à 
Vandœuvres, Genève ; probablement de Lugrin, n. pr. de fam. 
répandu à la Vallée et Savoie. 

Luins, D. Rolle, Luins, iii5, Hidber, I, 4^9, 1177, M. R. I, 
187, LuinSy 1299, M. G. XIV, Luyns, i335, 1887, M. R. V, évi- 
demment un patronymique d'origine germanique. Mais quelle 
consonne disparue y avait-il dans le suffixe ins. Serait-ce un équi- 
valent de Luvens = chez les descendants de Lubo ? Nous ne sa- 
vons où le Régeste genevois a trouvé Lunnum, p. 5o4* La charte 
de 1299 à laquelle il renvoie a Luins dans M. G. 

Les Luisettes, parois rocheuses au Valsorej, près du Saint-Ber- 
nard ; le Luisin, sommet sur Salvan, o£Frant de grandes parois 
rocheuses ; diminutifs de luis, forme locale, 6 loc. en Valais : la 
Grand Luis au Saint-Bernard, la Luis Balayer à Salvan, etc. ; du 
mot lex si répandu dans nos Alpes = paroi de rochers, voir Lex. 

Luissel, nom de nombreux petits lacs, à Bex, Panex sur Ollon, 
les Plans de Bex, Grebelley, Ghâtel-Saint-Denis (aussi Lussel ou 
Lussy)f loc. à Aigle ; le Luissalet sur Gryon ; loc. à Bex ; autre 
près de la Veveyse à Saint-Légier : V/ssalet, carte vaudoise ; eys 
Lissalets sur Saint-Saphorin, diminutifs. Ajoutons 

Les Gouilles de Lassez à Vuitebœuf, Vaud ; 

Le Lucel ou Loussel, vall. d'Arolla, Valais ; 

Le Luchet, lac sur Ayent, Valais ; 

Le Louchet, marais à Pompaples ; loc. à Saint-Saphorin ; 

LoucheZy petits lacs à Savièse et à Lens, Valais. 

Les chartes valaisannes en nomment encore beaucoup d'autres : 

Le luxellum Montis Ordei (Montorge) ; lucellum Gastri Novi 
luissel de Ghâteauneuf près Sion ; luxellum de la Planczeta à 
Sierre, 1467, au Luyssel à Savièse, i25o ; lo Lussel à Vex, 1267, 
lo Lousselet de Géronde à Sierre, 1299, oui Loussel à Chermi- 
gnon, et les comptes de Chillon, M. R., 2* s. II, 71, 96, une alpe 
de Lussel, Luysel près Jaman. Tous ces mots viennent d'une ra- 
cine celtique : vieux hibernien loch, cymrique luch, gallois Iwch, 



246 LEYTHEL — LUSSERY 

lac ; armoricain louchy mare ; irlandais lough ; breton /ocA, 
marais, cornouaille loch, étang, écossais loch^ lac, mots parents 
du latin lacus. Un autre mot celtique de la même famille, le 
cambrien laithy lac, paraît être la source d'une autre série carac- 
térisée par le t ; au xiii<» s. lac se dit parfois layty d'où les dimi- 
nutifs laytelj laytelet, tels sont : 

Leythel, marais à Attalens, Veveyse ; 

Au Leyty, pâturag-e avec petit lac à Grandvillard, Gruyère ; 

Les Leytets, chalets à Rossinières, avec 2 niares ; 

Laithalet ou Laissalet, pâturage (mare) à Château-d'Œx. 
Ajoutons le lac Tqp, vallée de Joux, qui s'appelait au xrv* s. 
Laytely petit lac, d'où par corruption Layter^ puis lac Ter. 

Peut-être cette seconde série peut^lle être dérivée du latin lœus, 
en patois lai, romanche lai, lei par un diminutif laiet, d'où laie- 
tel, puis laitel. 

A lai se rattache directement 

Eloy, ail. Seehof, D. Moutier, Berne = es Loys. 

Lully, ^. Marges, Lui liacum, 1 01 \, Lulie, 1217, M. R. VI, 
291, Lulliez, 1453 ; Lully, Fribourg, villa LulliacOy loii, Lu- 
lie, 1228, Lulye, i337 (Matile), Lulier, 1437 ; Lully ou Lolliez, 
ham. de Jussy, Genève, Luliacùm, xii^ s., M. G. II, Lullier, 
i364 ; et Lully, ham. de Bernex, Genève, Lullie, i3o4i Lullier, 
Rég. gen. = (praedium) Lulliacum, domaine d'un Lullius ou 
Lollius, de la famille consulaire Lollia, dont on a trouvé des mé- 
dailles à Genève. 

Lurqui, Lurquier, Gruyère, voir Ortier. 

Lusigny, loc. à Burtigny, Lusinie, 1269, Lusiyniey Lusi- 
g niez, xiv^ s., M. R. V, nom d'un moulin sur la Serine; doit 
être un (fandum) Luciniacum, du gentilice Lucinius ou Luce- 
nias, connu par 2 inscriptions, à moins qu'il n'y ait eu ici la per- 
mutation i-u qui a donné Lusignan, primitivement villa Lici- 
niana ; dans ce cas ce serait le domaine d'un Licinius, gentilice 
très fréquent. 



LUSSY — LYS 247 

Lussery, D. Cossonay, Luseri, ii47> Gart. Month., Luxirie, 
XIII® s., M. R. VI, 322, Lussirie, 1280, Luœirie, Luxurie et 
Luxirier dans la môme pag-e d'une charte de 1887, M. R. V, 8o4, 
Luxurier, i46i, ih']2yLuxiry^ iQ^^=z(/undum) Luxuriacum, 
domaine d*un Luxurius, De Vit, IV. 

Lussy, D. Morg^s, villa Luciaco, 1026, Lascif 11 77, Luxie, 
1228, Lussie, 1280, Luxye, 1279, M. R. VI, M. G. XIV, Lus- 
siez, 1453 ; Lussy, D. Glane, Frib., Lussiei, xii* s., Arch. Fr. 
VI, Lussie, 1226, Luxie, 1268, Lussye, 1260; 8© ham. près Ghâ- 
tel-Saint-Denis (voir aussi Luissel) ; de (fundum) Lucciacum, 
domaine d'un Luccius ou Luscius^ gentilice assez fréquent. 
Quant à es Lussy, vignes à Riez, Tarticle paraît en faire un n. 
commun ; peut-être forme de luissel, voir ce mot. 

Lutry, D. Lavaux, Lustriacum^ 5 16, 997, 1079, in Lustraco, 
907, Lustriei, 1147, Lustrey, 1160, Lustriez 1218, 1228, Lus- 
triez y i586, Blanchet, i54. Gatschet le tire de lustrum, forêt, 
lieu solitaire. Mais d'après le suffixe acum, la première partie du 
mot est un n. d'homme. Cette racine onomastique lustr est con- 
nue : une inscription de Nyon a le composé Lustrostaius et De 
Vit a Lustricius, Lustracum, 907, viendrait de Lustras, Lus- 
iriacum, Lustriei signifieraient domaine de Lustr ius, mais nous 
n'avons pas de preuves que ce nom ait existé. 

Lyre, Grande et Petite Lyre, 2 glaciers latéraux du glacier 
d'Otemma. Lyre Rose (ou Lire), glacier, les trois, vallée de Ba- 
gnes ; en Lyre, loc. à Ghoëx, Monthey. N'ont évidemment aucun 
rapport avec lyre, instrument. Gomme le Valais a quatre Lirette 
= Tirette ou l'Airette, petite aire, de area, — voir Lirette, — ces 
Lyres ne seraient-elles pas des Lires pour Vire ou l'Aire, article 
agglutiné? Ce serait alors la Grande Aire, la Petite Aire, VAire 
Rose, l'Aire (de) Rose, de glacier. Voir Rosa. 

Lys, pâturage et sommet D. Gruyère, Ly en i537, Arch. Fr. 
III, 182, et plusieurs Lys en Valais; de lex, rocher, voir Lex. 
D'après le Dict. d'Attinger, le Lys fribourgeois viendrait d'un pe- 
tit lac (//' en patois) qui existe près des chalets d'En Lys. 



248 MACCONNENS — MAGE 

MaccoDnens, D. Glâne, Frib., Masconens, 1^20^ Macconens^ 
i335, i4o6, Rec. dipl. VI, Mascognin^ xvi® s. = chez les des- 
cendants de Mascon, n. pr. g-erraain. 

Mâche ou Maiche, D. Nidau, Berne, Mâches vers ii5o et 
1228 ; en ail. Mett, Metten, i3o5 ; les deux mots v. fr. mâche et 
meiCy du latin meta = meule de foin. La concordance de ces 
deux noms prouve Tétymologie : lieu où Ton fait les meules de 
foin ; même ori|^ine pour la Mâche, forêt et pâturage près Val- 
lorbe. Le plus souvent on rencontre d'autres formes dérivées du 
latin meta, voir à Maya. Maiche a de nombreux dérivés : 

Les Maichières, loc. à Develier et à Courroux, D. Delémont ; 

La Mechière à Lugnez ; 

Les Mechières, loc. à Damphreux, Meschere<, i3o6, et peut- 
être Méhyre, loc. à Pierrefitte ; de maiche et sufF. collectif ière ; 
Maicheratte, maison à Corban, et les Macherelles à Bôle, dimi- 
nutifs ; enfin c'est probablement à la même racine et suffixe col- 
lectif que se rattachent 

Mâcherey, ham. de Troistorrents, Valais, Mascherel^ 1281- 
1329; 

Machéri, loc. à Villars-le-Gomte ; Macheiry, loc. à Pregny ; 

Machereux, alpe de Gruyère, Macherieux, Mechiriouœ, 
i458; 

Masserey (ch-ss) à Saint-Martin d'Hérens et sur Painsec d'An- 
niviers, Valais ; en 1276, le Gart. de Haut-Grêt mentionne un ri- 
vum de Macherel près de Villars-le-Terroir et, en 1275, on 
trouve un pré « au Mascherel > et une terre « sita en Matharel >► 
à Jussy, M. G. XIV, 139, 

Macolm, ail. Magglingen^ D. Bienne, Macolegn, i34i = 
chez les descendants de Magilo, Macculo, dim. de MagOy 
MaccOy n. pr. germain. Macco est fréquent dans la vallée du 
Rhin, Holder en a i4 exemples. 

Mage, ou en patois Mase, D. Hérens, Valais, villa MagiSy 
1100, Matgij 1200, puis Magi ou Magy, xiii-xv® s. Gatschet, 
reproduit par Studer, le dérive « du bas latin magiscay ital. 
maggese, labour fait en mai » et ajoute ce texte : « si quis fecit 



MAGNE — MAIGNON 249 

magisiam in qua debetur seminari granum. "» Mais Titalien mag- 
gese n'a rien à faire avec magisca et représente majensis ; mag'isia 
est la latinisation de magg'ese. Mag-e n'a pas de rapport avec mai. 
Magis est pour nous un cognomen employé à Tablatif pluriel. Ju- 
bainville cite plusieurs gentilices employés ainsi : Mettis, Metz, 
Auriis, Bassis, sous-entendu fundis, de Mettius, Aurius, Bassius. 
Quand on eut oublié la nature adjective de ces mots, on les em- 
ploya avec villa au nominatif, ainsi villa Valeriis, 877, villa Bas- 
siis, 960 ; villa Magis, villa, ferme de Magus, n. pr. du latin 
magus ou du n. germain Mago latinisé. 

La Magne^ D. Glane, Frib. ; de (villa) magnUy grande ferme. 
Pré Magne à Corban, Jura = grand pré. 

Magnedens, D. Sarinc, et ham. de Villarimboud, D. Glane ; 
le premier Manoldens vers 1162, Arch. Fr. VI, MannudenSy 
xiiP s.yMagnudenSy Magnoudeins, 1229 == chez les descendants 
de Maginold, n. pr. germain. 

La Magnenaz, loc. à Aigle, Gimel, Mauborget ; propriété d'un 
Magniriy n. pr. dérivé du v. fr. magnin, maignan = chaudron- 
nier ambulant, du bas latin machinanus, 

Magnoux, Bioley-Magnoux, D. Yverdon, mieux orthographié 
jadis Bioley-Magnoudy xiii« s. = Bioley (de betuletum, bois de 
bouleaux) de Magnoud, forme contractée de Maginold, n. pr. 
germain. 

Magny, village près Genève, Mainiacum, Magniacum, xiii« 
s., Rég. gen., 5o5, et loc. à Bex = (fundum) Magniacum, do- 
maine d'un Magnius, gentillce romain qui a donné les noms de 
soixante-cinq localités de France. 

Mainniacum, H 53, que Hidber, II, 506, rapporte à Magny est Mei- 
nier : la charte 2867 n'est que la reproduction du No 1997. Le pape In- 
nocent IV y confirme au prieuré de Saint-Jean, et à l'abbaye d*Ainay 
dont il relève, les possessions mentionnées dans la bulle d'Eugène III. Il 
est évident dès lors qu'il s'agit dans les deux de la même localité. Les 
auteurs du Hég. gen. ont de même rapporté à Magny la mention de la 
charte 827 (1250) et à Meinier celle du N© 331 (1153). 

Maignon, ou Magnon^ ou Magnot, ham. de Vétroz, Valais,. 
Amanoisco, iioo, Amagnoc, 1200, Magnioi, 1217, Furrer, III,^ 



250 MAIGRAUGE 

56, Magniochy 1224, Magnochy 1227, 1240, Amagnyochy i25o, 
Magnohcy 1267, Amagniosc, iZzl^^ Magnyoch^ it^i7,Magnyot, 
1453. Remarquons d'abord qu'il ressort avec évidence de ces dif- 
férentes formes que le a initial de quelques-unes n'est autre que 
la préposition a soudée au nom, comme les chartes en offrent de 
nombreux exemples. Gatschet tire Amanoisco du n. pr. germain 
Amano, mais celui-ci aurait donné un nom en ens ou ins, comme 
les rares noms germaniques du Valais : Suen, Salins, Vercorins. 
Si nous retranchons le a, qui n'est que la préposition agglutinée, 
il nous reste le nom Magniosc identique avec un nom Magnios^ 
eus ou Manioscus, étudié par d'Arbois de Jubainville (p. 595)» 
formé du gentilice Magnius et du suffixe locatif ligure oscus = 
gaulois acus. C'est donc un correspondant des Magnj, de Ma- 
gniacum, domaine d'un Magnius, 

D'autres chartes nous parlent d'un endroit nommé Maigniez, 
introuvable sur la carte, mais dans la même contrée. En 1202, 
Boso de Ardun et Giroldus de Magniez sont témoins d'un acte 
M. R. XXIX, 147, et le même Gérold reparaît avec les noms de 
MennieZy 121^]^ Maigniez, 12 18 (p. 160, 186, igô) ; ailleurs on 
parle encore du feodo de Mennie, p. 43 1. Maigniez est évidem- 
ment Magniacum, 

D'autre part, une charte allemande de i446, M. R. XXXI, 
mentionne «, das Lehen einer Manschaft > nommé dans la même 
charte Megins, Mengnes, MegneSy Manges^ situé en aval de 
Conthey. C'est évidemment Magnioch. Si l'on retranche à Mai- 
gniez le suffixe iez, à Magnioch ou Magniosc le suffixe ose, och 
commun en Valais à cette époque (Arnioch-osc, Blivignoso-och, 
Graionosc, Grimisoch), il nous reste la racine Magn^ commune 
aux deux noms et à peine modifiée dans la charte allemande 
Mengn. Ces trois séries de noms ligure, gallo-romain, allemand 
désignent donc toutes Magnot. 

Maigrauge, abbaye cistercienne à Fribourg, claustrum in der 
durren Owa, 1265, Macra Augia^ 1260, 68, 89, Macre Ochie, 
1376, M. R. IX, 207, et la Maigroge à Hauterive, Neuch., Macre 
Oschicy 1285, Macre ogie, i334, Matile ; de macra, maigre, et 



MAIJONÂGHES — MALADAIRE 251 

auffûj terrain bas, enfoncé, voir Auge. Le nom allemand Mage- 
raa renferme la même racine mager, maigre, et auy du v. h. ail. 
auwa^ owQj désignant également des terrains bas au bord de 
Teau. Les formes de 1286 et 1870 montrent une confusion de 
auge avec oche^ ce qui serait possible aussi. Un pâturage du 
même nom à Cerniat, même origine. 

Mayonèches ou Mayonèche (ou Maizonaches), ham. à Saint- 
Martin d'Hérens ; de maijon, maison, et suflP. dépréc. èche, ache. 
Misonette, majen, val d'Anniviers, dim. 

Le Maira, ham. de Buix, D. Porrentruj, près d*un étang, le 
Mairauly i36o, Maras, i363, MareU i386, le Mairat, loc. à 
Vendelincourt. Si l'on considère que dans le dialecte jurassien ai 
= a (Maiche-Mache) et le suffixe ai = et (Prailat-Pralet), on 
conclura que Mairat = Maret^ diminutif du v. fr. mare^ marais, 
voir Mare. 

Maisonnex, ham. de Meyrin, Genève, Maisoniacum ou Maisi- 
niacum, ii53, 1260, Mesonacum, M. G. XIV, 2, 29, Rég. gen., 
ôo5 ; probablement, avec le suffixe iacum, acum, un dérivé d'un 
n. propre gallo-romain. 

La Maiteneux à Bassecourt, la Metteneux à Châtillon, la 
Mettneux à Undervelier, les Emetteneux à Vicques, 4 loc. du 
Jura bernois, désignant des prairies ; dérivés du patois maiten^ 
maiiein, milieu, et suffixe eux = les prairies du milieu. 

Maix, nom de trois fermes du Cerneux-Péquignot, Neuch., les 
Maix (écrit aussi Meis) Baillod (ou Balliod), Rochat et Lidor ; 
maix Baillod et maix Lidaure^ 1720, M. N. XXXVII, i53 ; du 
latin mansum, voir Mex. 

Maladaire, Maladeîre, Maladière, nombreuses localités aux 
abords des villes et des villages, où au moyen âge on reléguait 
les lépreux ; dérivé de malade. La Maltière, à Delémont, autre 
forme du même mot. 

Une étude sur les Maladières, Arch. Schw. Gesch. XIII, en mentionne 
67 : Vaud 23, Valais 10, Genève 3, Neuchâtel 15, Fribourg 16, et le 
Dr Dind en compte 55 dans le C. de Vaud seulement (Discours d'ouver- 
ture à rUniversité, 26 oct. 1904). La Maladeire d'Aigle, autrefois au lieu 



252 MALAGNOU — MALATRAIT 

dit au Songeon des Trez, jouxtant le Sex de Chalex de la part de Saint- 
Maurice, a été transportée en 1544 au lieu-dit de sous CreytaZy chartes 
d'Aigle. Le nom de Maladeire s'est conservé au premier emplacement. 

Malagnou, ham. des Eaux- Vives, Genève ; da n. de la famille 
Malagnioud, Malagniod ou Malagniou qui y possédait des im- 
meubles aux XV* et xvi^ s., Rég^. ^en. et GalifFe ; 2® colline à Bu- 
l^cnaux sur Rolle ; celui-ci peut-être de malagnou^ nom romand 
du muscardin, Mus auellanarius. 

Malagny, ham. de Genthod, Genève, Malagnier^ i^O^» iSaS, 
ôg, M. G. XIV, et XVIII ; un autre en Savoie, frontière suisse, 
Malagnie, 1284, i3o2, M. G. XIV, Maleignie^ xin« s., Rég. 
gen. De Vit a un gentilice Melanius qui donnerait facilement un 
(fundum) Malagniacum (permutation e-a), propriété d'un Me- 
lanius. 

Mala, Maie, Mau, adjectif, mauvais, très fréquemment em- 
ployé en composition. 

Mata Chenau à Cuve, Pays-d'Enhaut, Mala Chenaulxy 149^} 
endroit mal famé, attentats, sabbats de sorciers, etc. 

Malaz CheDaux, combe étroite d'un affl. de la Baye de Mon- 
treux. 

Malacort à Venthône, mauvaise court, ferme. 

Malafln, loc. à Pizy, Trey, Menières ; mauvaise « fin >►. 

Malagottaz à La Roche, Frib., Malagota, 1284; mauvaise 
goutte, petite source. 

Malajoux à Veytaux ; mauvaise joux, forôt. 

Mala laya, ham. de Lentigny ; mauvaise laye, forêt. 

Mala Molllc (ou Malla mollière), ham. de Pont-la-ville et ham. 
de Gumefens * = mauvais terrain humide, et 

Malapalud, D. 'Echallens ; mauvais terrain marécageux. 

Malaterraz, m. à Lentigny. 

Malatrait, sommet sur Villeneuve, Malatrex, 7 ou 8 loc. (Mal- 
la trex à Golombey), les Mallatreys à Enney, Gruyère, et Maula- 
treys, pâturages, TEtivaz et Gruyères ; du v. fr. atrait qui a de 
nombreux sens : amas, tas de matériaux, déblais. 

^ Le P. Dellion dérive ce mot si clair de mala mulier» mauvaise femme. 



MALAVERNAZ — MAUPAS 253 

Malavernaz ou Malivernaz à Saint-Lég-ier ; de vernaz, ver- 
naie. 

Malécart, loc. à Montricher ; mauvais écart, domaine écarté. 

Maie Côte, près Asuel ; route en pente très raide. 

Malègues, prés à Orsières, Valais ; mauvaises eaux. 

Malessert, 5 ou 6 ham. ; essert improductif, stérile. 

Malevaux (mal écrit Malveaux), forêt sur Evilard, D. Bienne, 
et Maies Vaux à Rossinières ; de vaux, vallée. 

Maie Vie à Saint-Ursanne ; mauvaise route. 

Malévoz à Monthey, près d*un ruisselet, Malevoz, 1696 ; mau- 
vaise eau ; Malève, chalet et ruiss. à Dorenaz, torrent près Abon- 
dance, Haute-Savoie. 

La Malmaison, m. à Saint-Brais, Jura bernois. 

Malmont, ham. de Couvet, Maraont et Maumont, deux défilés 
au Pays-d'Ënhaut, le premier en aval de Rossinières, le second à 
la Chaudanne, ainsi appelés soit à cause de la difficulté du che- 
min, soit que ce fussent jadis des lieux peu sûrs où Ton attaquait 
les passants ; peut-être encore, pour le Maumont, parce que là 
s'élevait le g'ibet ; tels sont encore Mamont, aux Plans sur Bex, 
Maumont à Torny-le-Grand, à Valeyres-sous-Rances, Moraont, 
pâturag^e d*Albeuve et ham. de Pont-la-Ville. 

Malpas, localité près du Locle, le même que Maupas. 

Mal val, ham. de Dardagny, Genève, Malval et Marval^ même 
charte, 1286, et Malvauz, Marvauz, même charte, i3o4 ; mau- 
vais val. 

Mauborget, D. Grandson, Malborget, i4o3 ; ham. du Crêt, 
Fribourg-, in malo Borgeto^ i5o2 ; quartier à Moudon ; de bor- 
gety borgel, petit bourg. Maborzet, loc. Bramois, [Malborget, 
1 38o, môme sens ; mauvais petit bourg. 

Mauboux, forêt à Villars-Sainte-Groix ; mauvais bois. 

Maucarroz ou Maucare, forêt sur Nyon ; de carroz^ carre- 
four. 

Maufay à Syens ; fay = de/ageturriy mauvais bois de hêtres. 

Maupaccot à Essertes, Forel et le Mont ; mauv. terrain boueux. 

Maupas, nombr. loc. ; mauvais pas, route à forte pente. 



254 MAUPEREY — MANCHE 

Mauperey, Chavannes sur Moudon et Bercher ; mauv. terrain 
pierreux. 

MaupraZy Maupré, Mopraz, Mapraz, Malpralj Maupra soz 
GevrinSy 1261, M. R. XII, i35, 187 ; mauvais prés. 

Maussan, Praz-Maussan, Villeneuve, Etoj ; pré mal sain. 

Mauvemay, Lausanne, Malvernay, 1218, M. R. VI, 244r 
Gland, Dizy ; mauvaise vernaie. 

Mauvoîsin, vallée de Bagnes, passage périlleux ; autre, torrent 
dangereux près Saint-Maurice, jadis Bonvoisin, par antiphrase,, 
ainsi aux plans de 1722. 

Malleray, ham. D. Moutier, Berne (aussi Mailleray), Malereiej. 
Il 48, Mallereia, 11 79, Maire, 1268, i3i7, Malrey^ i3oo (Tr.) ; 
d'après Gatschet, du bas latin malgeria, pAturage, dérivé de ma^' 
lea, troupeau. Cette étjmologie nous paraît discutable ; nous l'ad- 
mettons pour Meillerie, Meilleret (voir ce mot), et autres localités 
où le nom renferme le II mouillé. Nous dérivons plutôt Malereie 
de mala, mauvaise, et raie y sillon, terre labourée, localité aux 
champs de peu de valeur. 

Malley, ham. à Lausanne, en Mallet à Dizy, 1877, Maley, 
ham. de Saint-Biaise, Neuchâtel, le Malin, 1692, Ëtrennes neuch., 
II, 56 ; peut-être de maletnm, pommeraie ; « malum est devenu 
melum dans le latin vulgaire sous l'influence du grec melon, >► 
nous écrit M. Bonnard. Mais n'est-il pas possible que quelques 
localités aient conservé la forme primitive ? 

Mallieu, loc. à Pully, loco dicto de Pallin alias Malliouz, Mel^ 
Houx, 1877, ^- ï^- ^^ î peut-être malum locum, mauvais lieu. 

Les Malvendes, vignoble près de Genève ; d'après Spon, du 
n. pr. Malvenda, noble famille genevoise d'origine espagnole, 
dont il cite deux épitaphes à Saint-Pierre, de i499 et i5o5. 

La Manche, vallon latéral de la Sarine à Rougemont ; d'après 
Gatschet, de mansus ; étymologie inadmissible, d'abord mansus 
est masc, puis il s'est réduit à massus déjà au xiii® s. et dans les 
mots modernes le n a partout disparu. C'est tout simplement le 
n, commun manche, s. f., du latin manica, pris au figuré pour 



MANDOLAIRE — MANLOUD 255 

désigner des vallons étroits, comme en géographie des bras de mer ; 
la Manche, partie supérieure de la vallée de Morzine, Haute- 
Savoie, et la Pouete (laide) Manche, govgt étroite au Val-de-Ruz, 
Neuchâtel, ont la même origine et ne sauraient dériver de mansus. 
Mandolaii*e-ire, voir Amandoleys. 

Mandoux, ham. de Bottens, D. Ëchallens, Mondo, 1286, Cart. 
Month., M. R. XII. 

Mandalon, alpe d'Hérémence, chalets dans une dépression dou- 
cement arrondie ; peut-être par fig'ure un diminutif de mande, bas 
latin manda, anglo-saxon mand, fr. manne, corbeille, berceau. 
On trouve la même figure dans le Berceau, m. à Château-d'Œx. 
Les Mandreys, pâturage à chèvres sur Corbeyrier, D. Aigle ; 
de mandra, v. fr. mandre, s. f., étable, enceinte de mur sec, 
Bridel ; mandra en romanche = étable, troupeau : alp Mandra, 
Mandra d*Aguost (d*août), Tun et l'autre dérivés sans doute du 
celtique mendo, chevreau. Mandrolalre à Arnex-Orbe, dim. 

Manens, Mannens ou Magnens, mas^ ci-devant fief à Villars- 
le-Terroir, D. Ëchallens, Mauinens (ou Mannens?), 1199, Cart. 
Month. ; Mannens, D. Broie, Fribourg, Mannens, 1228, Cart. 
Laus., M. R. VI, Manens, Magnens, i5o4 = chez les descen- 
dants de MannOy n. pr. germain, de Mann, Thomme. Il y a trois 
Manno ou Magno latinisés Magnus, abbés de Haut-Crêt de i i4o- 
1 180. L'étymologie de mansus, ferme, du P. Deliion, Dict. hist. 
des paroisses Frib. n'est pas soutenable. Dans M. R. V, i65, il 
est parlé d'une vigne de Manens près d'Eysins ou de Nyon, i263. 
Manfounettes, voir Mansonnes. 

Mangepan, ruine de château près Môrel, D. Rarogne, Valais : 
platea directi castri cui vulgariter dicitur Mancapan, i355, M. 
R. XXXIII, i4i. Cette forme paraît indiquer une parenté avec 
manquer et pain, une allusion difficile à expliquer en l'absence de 
documents. 

Manloud, ham. sur Lausanne, Monlo, Monlost et Monloz, 
1475, Comptes de la ville de Lausanne, M. R. XXVIII, p. 268, 
826, 827. Serait-ce Mont (de) VOst, de l'armée? voir Loup. 
Aux Mannes, champs à Sainte-Croix ; peut-être manne, s. f.^ 



256 MANNES — MARGHAIRU 

corbeille, par ûg. pour loc. dans une dépression, comme le Ber- 
ceau à Chàteau-d'Œx. 

Mannesivaz, ham. de Servion, D. Oron ; de mannesivay nom 
patois des Viornes, viorne mancienne et viorne obier, dans le dis- 
trict fribourgeois de la Veveyse, et sans doute dans la contrée voi- 
sine d*Oron. 

Manschetgraben, vallon à Louèche-Bains ; forme légèrement 
germanisée de manchette, dim. de manche, au sens de vallon ; 
voir Manche. 

Les Mansonnes, loc. à Ollon ; la Mansonnette, alpage près 
d'Ensex, alpes d'Ollon ; du nom de famille Manson : un « Hu- 
gues ManssoUy ancien Sindique » d'Aigle, acte de 1698 ; les 
Manfonnes, forêt à Vionnaz, Valais, et es Manfounettes, loc. à 
Leysin, même nom avec permutation s-f^ fréquente dans ces loca- 
lités ; Proraançon, prés à Fullj, pour Proz-Manson, et Manson - 
naz à Vétroz, ont la même origine : un Aymon Manczon ou Mac- 
zon d'Ayent est nommé dans plusieurs actes de 1 269-1 288. 

Maracon, D. Oron, Mont warascoriy 1 236, Mont Warascum, 
1255, Wûrstbg., 198, M. R. VI, 242, Morascon, 1287, i425, 
Monracot, 1290, Montracot, 1292, Gart. Haut-Crôt, M. R. XII, 
p. 124, 296, Marascon, i4o2, i453, de Mont et d'un n. pr. ger- 
main, le même que celui qui a donné en 1026 le nom d'un comté, 
Comitatu Warasco, comté des Varasques, M. R. XXIX, 58. 

Maragnin ou Maragnenaz, ham. près Sion y Afaranina, 1221, 
M. R. XXIX, MaragninUy 1227, Malagnina vers i25o ; Mere- 
niaux, loc. à Rossenges, D. Moudon ; « peut-être de la famille de 
l'ancien fr. mai rien y bois de construction, du latin mater iamen,» 
(Bonnard.) 

Maraiche, Marachat, voir plus loin à Mare. 

Marans, champs à Nyon ; voir Marin. 

Marchairu, croupe et passage du Jura vaudois, D. Aubonne, 
que le Dictionnaire de Lutz, — est-ce par plaisanterie ? — ex- 
plique par « marché rude», Marchirioux en i346. Vient sans 
doute de marche, frontière. Une donation de 1208 de Berthold de 
Zâhringen aux seigneurs d'Aubonne dans le Jura comprend toutes 



MARCHE — MARC Y 257 

les montagnes « depuis le Mont Marchia au Mont Salla^ » etc. 
M. R. XXVI, 109. Ce mont Marchia paratt bien être le mont 
Marchairu ; « il faudrait pour cela supposer un adjectif marchier 
sig'nifiant qui forme la frontière » (lionnard). Une localité Mar- 
ehéré à Jussy, frontière française, pourrait avoir la même 
racine. 

Marche, nom assez fréquent ; dérivé de lanc. h. ail. marcha^ 
frontière. De là viennent 

La Marche, 2 pâturages, Ormont-dessus, frontière de Berne. 
Chapelle des Marches près Broc, limite de la Gruyère. 
Creux des Marches à Chavannes-de-Bogis, frontière française. 
Ruisseau des Marches, limite d'Ormont-dessous et dessus. 
Luys de Marche au Sanetsch, frontière de Valais et Berne. 
Bois des Marches, Ormont-dessous, limite d'Ollon, etc. 
Marche a aussi signifié forêt, terre commune, « tout terrain où 
ne passent pas la charrue et la faux. y> (Secrétan, Essai sur la 
féodalité.) Il désignait également au moyen âge un terrain neutre 
choisi par deux juridictions voisinespoury juger leurs différends ; 
Tévêque de Lausanne et les sires de Cossonay avaient leur marche 
k Villars-Sainte-Croix, M. R. VII, 892. 

Enfin Marche est encore une contraction de marèche, pré maré- 
cageux, humide, en romanche mar^cA, pourri, fangeux ; dim. 
Marchet ; de là viennent bon nombre de noms de localités non 
situées sur une limite, tels sont des hameaux de Matran, Neyruz, 
Avry-devant-Pont, Fribourg et plus. loc. vaud. ; voir Maraiche. 

Marcliissy, D. Aubonne, Marchisie, i235, M. R. V, 829, 
Marchissie, 1261, Marchissier, 1801, M. G. XIV, 8ï, 298, etc. ; 
de (praedium) Marchisiacuniy dérivé d'un nom gallo-romain 
inconnu. Ch venant dans la règle d'un c latin suivi de a, Marchi- 
siacum viendrait d'un nom comme * Marcasius qui pourrait dé- 
river du celte niarca, cheval de bataille. 

Marcy ou Marsy, loc. à Saint-Prex, ancien village ruiné ; villa 
que nominatur Marciacus.., in villa Marciaco, 968, M. R. VI, 
279, Alarsye, xiii® s. Le Cart. Laus., M. R. VI, 383, mentionne 
4in autre Marci, environs de Granges, 1228, = (fundum) Mar^ 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII il 



258 MARE 

ciacum, domaine d'un Marcius, g-entilice très fréquent dérivé du 
prénom Marcus. 

Mare, s. m., au Mare, loc. à Essertines-Echallens et Lullj- 
Morges, les Mares, loc. à Corcelles, Neuch. ; Maroz, ham. sur 
Gorbières ; au Maret à Ayent, les Marets, ham. à MontbovoD, 
loc. à Port- Valais, diminutifs ; Marex à Lignerolles, Marez à 
Penthéréaz, collectifs ; synonyme du v. fr. marc, s. m., marais, 
dérivé, comme toute la famille marèche, marchois, etc., du latin 
mare, mer, Mares dans les formes anciennes ; en Mares à Bulle, 
1826, Arch. Fr. III, Mares à Mossel, 1268, M. R. XII, ol Mares 
à Avenches, 1269, ol Mares à Vercorens, 1299, M. R. V et XXX. 
C'est à cette racine marc, mare qu'il faut rattacher les localités, 
— terrains marécageux, — le Mar à Roche, au Grand, au Petit 
Mars ou Mas à Noville, Rennaz ; Proz de Mars à Saillon, Mars 
à Ghamoson, et ham. d'Hérémence, sans doute le Mar, Marc y 
Marchy Marhc souvent nommé au xiii^s., M. R. XXIX et XXX. 
Mais il est essentiel de remarquer ici qu'il y a eu parfois une con- 
fusion avec Mas, de mansus. G'est ainsi qu'en i33o le comte L. de 
Neuchâtel, dans son testament dit : « mes mars de terre sissant 
ou territoire do Vau de Rugt, ...demorant sur mes mars, » etc., 
6 fois mars pour mas (voir Matile). Il faut donc connaître le ter- 
rain pour préciser dans certains cas auquel des deux il faut ratta- 
cher le mot, l'orthographe ayant varié, ainsi les Prés de Mars à 
Aigle (prés humides), campis de Mas et ou Mas, i425, au Mars 
à Tartegnins (vignes), Pré dou Mas à Penthalaz, i494, du Marc, 
i546 ; au Grand Mas ou Mars à Noville (marais). 

La, les Maraiche,s, nombreuses localités et hameaux : Matran, 
Neyruz, Avry. Ghâtel-Saint-Denis, Marèche,s, Albeuve, Verna- 
miège ; Marlque à Savièse ; diminutifs Maréchet, Saint-Gierges, 
Promasens, etc. , Maréchal, Y verdon, Maraîchat, Arnex-Orbe, Ma- 
récot à Monthey, Marescot, i696,Marécottes à Salvan, Maret- 
zon à Fully, Maraitzon à Gollonges, Maressettes à Grône. Puis 
avec chute de la voyelle, Marchet à Forel-Moudon, Marchez à 
Granges-Payerne, Marchettes à Semsales, Marchât à Thierrens, 
en Marcel, flachères à Vouvry, Marcot à Salvan, et les doubles 



MARÉCHAUCHÉE — MARENS 259 

diminutifs Marcolet à f^cublens et Marcheulin, vallécule maré- 
cageuse entre les deux sommets d'Ayerne à Champéry ; du v. fr. 
marchais et mareschey dans les chartes mareschia, pré maréca- 
geux, du bas latin mariscuSy dérivé comme le v. h. ail. marachy 
marais, du latin mare y mer. Ajoutons aux formes ci-dessus : 
10 les formes germanisées Maressen, Martschen, Meretschen, 
Meretschy du district de Louèche ; 2° la rue du Marché à Ge- 
nève, vico de Marchez, 1260, 1267, porta de Marchez, 1270, 
M. G. XIV, 5o, 96, ii5 ; rue de Marche, i45o, orthographes qui 
montrent qu'il s'agit là, non d'un marché, mais d'un ancien 
marchais ou terrain marécageux, alors à peu près au niveau du 
lac. 

Maréchauchée, loc. à Bottens, D. Ëchallens. On penserait 
d'abord que c'était une terre appartenant à l'office de la maré- 
chaussée, — mareschauci, i3i4, à Romainmôtier, — qui avait 
des droits étendus, percevait des redevances de blé et autres. Tou- 
tefois ce nom ressemble bien au v. fr. mareschauchaille et ma- 
rescauchie, marais et au nom de Chauchet-maraîs au Cerneux- 
Péquignot, Neuch. Ce serait alors un Maret-Chauchey, terrain 
marécageux, foulé, parcouru par les troupeaux ; voir Ghauchej. 

A la Maregliere, champs à Muraz de Golombey, Valais ; pro- 
priété du marreglier, v. fr. = marguiller, ou terre attachée à 
cet office ; de même sans doute en Mareillay, prés à Aigle. Il y 
avait des Mariglier bourgeois d'Aigle en \l\v^, 

Marenda, Sex de — , sommet, vallée d'Anniviers ; de maren- 
doriy repas du milieu de l'après-midi = rocher du Goûter, d'après 
la position du soleil à cette heure pour ceux qui l'ont nommé, 
comme le Dôme du Goûter pour les gens de Chamounix. Es Ma- 
rendines à Valeyres-sous-Rances pourrait être par contre la pro- 
priété d'un Marendin. 

Y Marennes, prés et vignes à Ayent, Valais ; en Marenaz à 
Bex, es Mérenaz à Gryon, autre sur Alesses, Valais, MeronaXy 
atlas Siegfried ; peut-être du v. fr. marene, s. f., sorte de cerise 
aigre. 

Marens, loc. à Nyon ; voir Marin. 



260 MARERION — MARIOTTY 

MarerioD, loc. à Gonthey ; de mare, s. m., marais, et riond^ 
rond. 

Maressen, quatre loc. à Varone, Louèche- Ville et Bains ; le 
même que Marèche. 

Ces mots rappellent le temps où tout ce district parlait français, jus- 
qu'à la fin du xvi^ s. La plupart des lieux-dits y sont encore français 
sous une forme légèrement germanisée : Gfbntor, Kreta, Glotscheten, Pa- 
leten, Plantscheten, Tschenifieri, Preisen, Schampitro, etc. 

Margocin, m. à Ghavannes-de-Bogis, D. Nyon ; du celte 
marga, v. fr. marie, latin margila, avec le double suffixe osse- 
in : le terrain y est très marneux, comme au ham. voisin de Pa- 
coty. 

Marguet, chalets aux Voëttes, Ormont-dessous, entre deux 
ruisseaux : du patois marguet, pré marécageux au bord de Teau ; 
les Marguiers, loc. au pâturage de Seron, Pays-d*Enhaut ; pro- 
bablement les deux du celte marga, marne, terrain humide. 

Margy, ham. de Vuadens, Fribourg ; pourrait peut-être se rat- 
tacher également à la même racine. 

Les Mariages, prés marais à Vionnaz ; de mare, s. m., et suflF. 
coll. âge, équivalent du fr. marécage. 

iMarin, G. de Neuchâtel, Marens, ii63, 1191, Marens, 1208, 
M. F. IV, 102, Marins, 1220, 1249, Mareins, 1220, Marens, 
1195, 1220, 1247, 1280 (Matile). D'après de Meuron et Junod, re- 
produits par Studer, de mala arena, mauvais sable. Mais le suf- 
fixe ens indique la dérivation d'un n. d'homme d'origine germa- 
nique = chez les descendants de Alaro, n. pr. germain. En Ma- 
rens (ou Marans), loc. à Nyon, même sens, ainsi que Marin près 
Thonon, Marins, 1191, que Forel, Répertoire M. R. XIX, rap- 
porte à Mariniacum. G'est une erreur de Forel : Mariniacum, 
5 16, du gentilice Marinius ou du cognomen Marinas = Mari- 
gny ou Marignier près Bonneville ou quelque autre loc. du même 
nom. 

Mariotty, ham. aux m. éparses, val Champey, Valais ; un ter- 
rain un peu marécageux ; de * mariot, dim. de mare, suff. patois 
iot, petit marais, et collectif valaisan y = ey ; ensemble de petits 



MARIVUE — MARNEX 261 

marais. Le patois intercale souvent un i : bretschio, de bretsche, 
bétion, gàtion, etc. 

Marîvue, ruisseau d'Albeuve, Grujère ; du celte //lar, marOy 
grand, et ivuey eau = grande eau. 

Marly, ail. Mertenlach, D. Sarine, Frib. ; in Marlenst\ io55, 
Marlieiy ii34, ii48, 1181, M. Fr. I, 271, Marllie, 1228, M. R. 
VI, 24, Afallie, i25i, Wûrstbg., i5o, Marlie, 1240, i45o, Mar^ 
lieZj 1453, Marly e, 1476, Maillié, ^479, Dellion ; Mertelach, 
1449» Arch. Fr. V. D'après Gatschet, c d'un bas latin maretil- 
lu m, dérivé de moor, modifié en mar dans les langues romanes. ^ 
Mais les suffixes de toutes les formes anciennes montrent un nom 
d'origine gallo-romaine ; c'est un (fundum) Martiliacum, pro- 
priété d'un Martilius, gentilice romain. De Vit, IV, 879. 

Les Marmontains, petite chaîne rocheuse au fond du val Fer- 
ret ; de marmontain, un des anciens noms fr. de la marmotte, 
du latin murem montanuniy rat de montagne. 

(La) Marmotea(z) ou Marmotera, Cart. Oujon, M. R. XII, 
ancien nom du domaine du Genêt, près Bursinel ; de marmotaie 
ou marmotière, lieu habité par des marmotes (un t en v. fr.) ou 
des taissons ; es Marmottes à Montagny-Yverdon, Marmottez 
(et), forêt à Château-d'Œx, au Mormotey, alpes de Semsales, es 
Maniiotays(ottej), alpes de Vouvry ; môme origine. 

Marnand, D. de Pajerne, aussi Mamens d'après Lutz et Hi- 
sely ; Marnanty iil^2 et 1226, M. R. XII et VI, 882. Si l'ortho- 
graphe ens était prouvée par les documents, ce serait un nom 
d'origine germanique, chez les descendants de Mari no, Fôrstm., 
p. 909, a la forme latinisée Marinus, dérivée de MarOy racine ono- 
mastique mar. 

Mamèche, deux alpes d'Ormont-dessus, sous Isenau et sous 
Culan ; de marne, v. fr. marie, dérivé de margila, d'un mot gau- 
lois marga, admis en latin dès Pline. 

Mamex, ham. près Commugny, D. Nyon ; peut-être un (fun- 
dum) Maternacum, du cognomen MaternuSy comme Mornex de 
Modernacum ; propriété d'un Matemus. Quant à Marnex, pAtu- 



262 MARQUES — MARTBRAY 

rage d^Ormont-dessus, il serait plutôt à rattacher à marne comme 
Marnèche. 

Marques, vignoble à Martignj, au bord des rochers qui domi- 
nent la Dranse, et Marquet, loc. à Vétroz ; peut-être autre forme 
de Marche. 

Marsens, ail. Marsing^ D. Gruyère, Frib., Marsingus^ 855, 
M. R. VI, 202, Marsans, 1187, Hidber, I, 534, Marsens, 1180, 
Marsins, 1 22^ y Marcens, 1162, 1177, i453 ; 2® tour près Gully, 
MarsenSy 1166, i366, Marceins, i435 ; 3® village disparu près de 
Gland, D. Nyon, Marcins, ii45, 1164, 1197» M. G. IV, 78, 85, 
écrit aussi Marsins, Marsin ou Massin ; iMarsin, loc. à Perly, Ge- 
nève = chez les descendants de Marso, n. pr. germain. 

MarsilloD, ham. de Troinex, Genève ; de MarciliOy dérivé en 
£0, ionis du gentilice Marcilius, donné par Jubainville, p. 128, 
comme Gaillo, aujourd'hui Gaillon, de Gallius ; Allio, Aillon, de 
AUius ; Tullio, Touillon, de Tullius ; Pontio, Poinson et Ponson, 
de Pontius ; Marcio, Marson, de Marcius ou Martius, etc. 

Martalley, champs à Rennaz, D. Aigle ; probablement collec- 
tif dérivé de maretel, diminutif du v. fr. marety marais, petit 
terrain marécageux, comme le Marteau, pré à Vionnaz, contrac- 
tion de maretel. 

Martel, Ponts de —, aussi Martil aux xvi^ et xvii« s., M. N. 
XXIII, 2o4 ; de martel, nom générique des marais tourbeux du 
Jura neuchàtelois. Rien de commun avec Charles Martel ; dérivé 
de mare, s. m., marais, et double suffixe diminutif maret, mare- 
tel ; de même au Martel, marais à Vionnaz, es Martelets, prés 
à Vouvry ; quant à Pré Martel, plaine à Bex, peut-être même 
sens, ou n. pr. Pré de Martel. 

Martenet, m. à La Roche, Frib., le même que Martinet, 
nombr. loc. ; du patois martenet, forge, clouterie. 

Martenolt, ham. du Val dllliez. Valais, Martinuel, 1267, 
Marti nue in parrochie de Yilies, 1281, Murtinel, 1288 (lire Mar- 
tine!), M. R. XXX ; peut-être syn. du précédent. 

Marteray, nom fréquent de localités : Martheray, château à 
Begnins, faubourg à Lausanne, Marterei, 12 17, en Marterai, 



MARTHERENGES — MARTIGNY' 263 

1287, Marterey, 1278, M. R. VI, ham. de Féchj, loc. à Che- 
seaux, à Vevey, Marierai^ 1220, Mariherely i525 ; maison à 
Bouloz, Frib. ; Martherey à Vuarmarens et Romanel-Morges ; 
Marterey à Duilier, à Pampi^nj, 1628, à AUaman, i43o ; Mar- 
teret, ham. de Prez, Frib., les Marterets, ham. de Belfaux ; 
Maptepé(ez), loc. à Nierlet, Frib., Martray à Jussj, Genève, 
nombreux tombeaux ; Marlorey à Ollon, Sépej, Fullj, Dorenaz ; 
Martopet, loc. à Tentrée dç Monthey, Martorey^ 1696. Marto- 
lel, cour avec tombeaux à labbaje de Saint-Maurice^ le Marté- 
lay, m. à Saint-Gingt)lph, Marteley, loc. à Vufflens-la- Ville, 
Martelley à Fey, Martelet, colline à l'entrée de Leysin ; la Mar- 
iera Pippa à Grimentz, un ancien autel druidique entouré de 
nombreuses pierres à écuelles ; noms dérivés du v. fr. martroi^ 
bas latin martoretum, martreium, place où Ton torture, lieu de 
supplice. Quelques-unes de ces nombreuses localités désignent in- 
contestablement le lieu de supplice, du g'ibet ; d'autres des endroits 
où il y a eu des corps de suppliciés ou de martyrs, par exemple le 
Martolet de Tabbaye de Saint-Maurice. Pour d'autres, comme le 
Martelety la Croix du Martelet à Leysin, ils désignent simple- 
ment l'emplacement d'anciens calvaires^ rappelant le martyre de 
Jésus-Christ. Nous croyons en trouver la preuve dans un texte 
rapporté par M. de Montet (Histoire de Vevey), le Marierai de 
Vevey, Marterei, 1229, M. R. VI, 869, est désigné dans un acte : 
« Martherel alias en Crousa ». Or Crousa ou Crusa est appelé 
ailleurs in Crace, à la Croix, soit au Calvaire. 

Maptherenges, D. Moudon = villa, curtis Martherenga^ 
ferme des descendants de Marthari, n. pr. germain. 

Maptîgny, Valais, ail. Martinach, Martiniacurriy 5 16, Martin 
gniacum, 1168, 1200, I2i5, i25o, etc. Non point, comme le veut 
Studer, qui malheureusement pour lui ne copie pas ici Gatschet, 
de martinet, marteau de forge*, maïs de Martiniacum {/un- 

^ Hilairc Gay le dérive également de martinet et en donne pour preuve que 
les sires de Martigny avaient pour armes « de ^eules au lion d*or, tenant un 
marteau d'arp^ent. » Ce sont des armes parlantes qui ne prouvent rien pour 
rori^ine du nom, pas plus que la roue de Riaz et le paon de Faou|^. 



264 MARTINES — MASSONGEX 

dum), domaine d'un Martinius, gentilice romain, rare, mais dont 
Jubainville cite 4 exemples dans les inscriptions ; généralement 
Octodurum jusqu'à la fin du xii® s. Le Martiniacum isolé de 5i6 
se trouve dans un document douteux ; voir Conthej. 

Les Martines, ham. du Mont sur Lausanne et de Château- 
d*Œx ; du n. pr. Martin. 

En Martînat (ou Martenat), marais à Golombej ; probablement 
dim. de maret : maretin, martin-et. 

Martinet, alpe et glacier sur Bex, Martinae, io43, M. R. 

xvin. 

Mapze, vignes à Gonthey ; probablement forme valaisanne {j-z) 
pour margCy bord. 

Mase, voir Mage. 

En Masire, loc. à Essertines, D. Echallens ; voir Mézières. 

Masot, voir Mazel. 

Massa, rivière, affluent du glacier d'Aletsch, Haut Valais, 
Massona, i235, i255, 1297 ; du celtique mass, beau (Holder, II, 
454) et onUy source, rivière = belle rivière, nom fort bien trouvé 
pour ce puissant torrent du plus grand glacier des Alpes. 

Massillon, ham. sur Monthey, MaxilUon, cadastre de 169G, 
Max il Ion y 1819 ; dim. de mas. 

Massongex, D. Saint-Maurice, Valais, Massungiacum, 1178, 
1235, Massunge, 1226, Massongie, 1260, Massungiez, i3i6, 
Massungie, 1290, i3t^2,Massugier, iSt^^y Massongiez, plhn vers 
1720 = (praedium) Massoniacum, domaine de Massonius, gen- 
tilice romain. De Vit, IV, 391. Justement une inscription de Saint- 
Maurice, tout à côté (Orelli, 21 3), nous fait connaître une Masso- 
nia. Quant à 1 etymologie de Gatschet qui rapporte à Massongex 
le Maxiniaciim d*une charte de 1062, Gart. de Sion, en le tirant 
de macinata, moulin, elle n'est pas défendable ; i® iacum s'ajoute 
à des noms d'homme ; 2® Maxiniacum donnerait Machigny. Hid- 
ber de son côté, ï, 270, 276, y rapporte un Maximiacum, 993- 
996, villa Maximiaca, 996-1017, Arch. de Saint-Maurice, dans 
le comté de Genève, Nous y verrions plutôt Meximieux, dép, de 



MASSONNENS — MATZE 265 

TAin. £n tout cas Maximiacum ne saurait donner Massong'ex ; 
d ailleurs Massongcex n'a jamais fait partie du Genevois. 

MassoDnens, D. Glane, Fribourg-, in Mansoningis d'après 
Gh. 'b/lovel^ Massenens, ii77,M. R. XII, 3i, et 1226, MassunenSy 
i34A> Massonens, 1471 ; « provient certainement de mansum, » 
ferme, dit le P. Del lion. Mais les suffixes ens, ingis indiquent 
encore plus certainement une autre origine = chez les descen- 
dants d'un Germain au nom de la famille de Alanso, racine 
Mand, dans Fôrstmann. 

MategniD, ham. de Meyrin, Genève, Matigniaco (1 fois) et 
Matignins (7 fois) dans la môme charte, 1269, M. G. XIV, 107, 
MatigninSy i344> M. G. IX, 235 = chez les descendants de Mat- 
ten, dérivé de Alafto, n. pr. germain. Fôrstm., 917. Ce nom oflFre 
un intérêt particulier parce qu'on y surprend la tendance des no- 
taires à traduire par le suffixe gallo-romain iacum les noms d'o- 
rigine germanique. 

Matélon ou Mattelon, carte Rovéréa et atlas Siegfried, chalets 
sur le Sépej, Mastalon, i23i, M. R. XXIX, 294 ; autre: colline, 
alpes de Bex. L'orthographe avec un t reproduit mieux l'ancienne 
que celle que Siegfried a adoptée et qui est absolument fautive. 
N'a certainement rien de commun avec Tall. matt, prairie, qui 
n'a pas passé dans notre langue. 

Mathod, D. Yverdon, Mastod, i il^i, Masiout, i235, M. R. VI, 
MathoZy i382, M. R. XIV, Mathod &i Mastou, it^o3, Mat houx, 
i52i, etc. ; les Alascot, i344> et Mascout, i345, loc. près Saint- 
Christophe (Champvent) dans Matile sont sans doute une fausse 
lecture. Origine inconnue. 

Matran, D. Sarine, Frib., MartrenSy ii32, ii48, M. F. II, 16, 
220, Matrans, ii48, M. F. I, 376, Martrans, 1178, 1182, 1228, 
Matrans avant 1246, Marirant, i339, R. dipl. III, 16, Matrant, 
1453, Martrandy 1471- Nom exclu par M. Stadelmann des noms 
en ens. En tout cas la prononciation eins, — si elle a existé, — a 
disparu de bonne heure, nous trouvons la finale ans dès 11 48. 
Origine douteuse. 

La Matze, forêt à Vex et à Salvan ; les Matzes, forêt à Colom- 



266 MAU — MAURAZ 

bey ; la Maze(ts) à Savièse ; la Jeux-Matze à Vionnaz ; sjn. de 
mazzCy ital. et romanche mazza, massue, mot désig'nant des fo- 
rêts de hêtres exploitées en têtards ; ces vieux troncs sont sem- 
blables à des massues. Ce mot a été employé dans le Jura : un 
acte de 11949 Hidber, II, 426, Matile, I, 34i parle d'une forêt près 
Vauxmarcus, nommée Matza S Hua, forêt des matzes. On sait le 
rôle historique joué au xv^ s. en Valais par une mazze ou massue. 
Une massue de bouleau, taillée en forme de tête humaine, symbo- 
lisait le peuple opprimé ; on la portait de lieu en lieu et sur la 
place publique on l'interrogeait : 4( Mazze, pourquoi souffres-tu ? 
Parle, nomme-nous l'homme que tu crains ? Est-ce Silinen? est-ce 
Asperling- ? est-ce Heungarten ? Sont-ce les Rarogne ?» A ce nom 
la mazze s'inclinait. Alors chacun des partisans des opprimés 
plantait un clou dans la massue en signe d'adhésion. Telle fut 
l'origine de la guerre contre la puissante famille des Rarogne, 
i4i4-i420. 

Mau, préfixe, voir Mal. 

Maudens, ham. de Ghâtel-Saint-Denis, Moadens, 1809, 1867, 
MaudenSf 1668 = chez les descendants de Maldo, n. pr. germain. 

Maudran, Praz — , loc. à Ollon et à Bex. D'après M. Isabel (in 
litt.), de maudrè, moudre, à cause du voisinage des moulins qui 
s'y trouvaient dans les siècles antérieurs, donc = pré du moulin. 

La Mauguettaz, grand hameau d'Yvonand, D. Yverdon, la 
Mourgetta, i4o3, M. R. XIV, la Mouffette, i583, la Mongue^ 
taz, i538 ; autre, chalet à Blonay ; es Mauguettes, loc. à Rovray. 
La forme de i4o8 rattache ce mot à mourget, tas de pierres, lieu 
pierreux ; voir Murgier. 

Maules, D. Gruyère, Maulés dans Kuenlin ; Maulaz, ham. de 
Romont ; La Maulaz ou Maoulaz, m. à La Roche et à Neyrigue. 
Le premier. Moins superiores, 965, Molis, 1 145, M. F. II, Moles, 
1179, Hidber, II, et 1274 ; du latin molas, meules, moulins. 

Mauraz, D. Cossonay, Moraz, 1824» M. R. I, 2® s., p. ao5. 
Peut-être une (villa) Maura, du cognomen Maurus, la seule 
forme ancienne que nous possédons, relativement moderne, n'est 
pas suffisante pour décider. 




MAUREMONT — MAYA 267 

Mauremont, Maurmont ou 31ormoDt, colline calcaire près 
Eclépens, Mauromonte en i8i4f M. R. VI, 240 (Mormunt, titre 
de la charte, postérieure), soit longtemps avant les premières in- 
vasions des Maures, nom dont on a voulu le dériver, Mormont, 
i344- D'après Gatschet, du v. h. ail. muor, moor, marais, ce qui 
conviendrait à la position de la colline isolée dans les marais de 
rOrbe. Mais ce mot allemand ne saurait s'appliquer à trois autres 
loc, Mauremont ou Mormon t, tertre à Pizj, Mormont à Cour- 
chavon, MorimonI, crét boisé à Charmoille, les deux D. Porren- 
truy. Le texte même du Cartulaire indique la véritable étymologie 
que Gatschet n'a pas aperçue. Dans la charte de 81 4, Louis le 
Débonnaire donne à TEglise de Lausanne la « villa que dicitur 
Sciepedingus cum ruboria que vocatur Mauromonte ; » le village 
dit f^clépens, avec la roncière dite le Mauremont. C'est donc le 
mont des mûres de ronces, latin rubus, dont le fruit est appelé 
morum^ mûron. Les noms des trois autres localités, ainsi que en 
Mauron, loc. à Vaulion, ont la même origine. 

Maya, Maye, etc. Le bas latin mea, maia, dérivé du latin 
meta, v. fr. moiCy meule de foin, patois mata, mota, est souvent 
employé. D'abord pour désigner d'assez nombreux sommets des 
Alpes et du Jura : la Maya, val Ferret et val d'Hérens, sur Saint- 
Martin ; la Maye de BricoUa, val d'Hérens ; les deux Maja, 3o4i 
et 3o47 m., val d'Arolla ; la Maye d'Arbignon, rochers près 
Mordes ; la Mayaz, sommet au N. de Sainte-Croix, Jura ; la 
May, sommet sur Saint-Ursanne (qu'il faut sans doute écrire 
Maye), ainsi appelés à cause de leur ressemblance plus ou moins 
grande avec une meule. Puis des localités où s'élèvent habituelle- 
ment les meules, en Valais : les Mayes à Vionnaz, Maye ou 
Mayez, ham. de Savièse, Mayaz, ham. de Saint-Léonard, k la 
Maya à C balais ; Meya, chalets à Zinal, Meyaz, prés à Marti- 
gny ; les Moïes sur Ayer, Anniviers, pratum de la Meyta, i3io, 
Moaye, alpe d'Orsières, Moayes, mayens sur Bruson de Bagnes ; 
en la Meyaz à Leysin ; la Meyettaz, pâturage k Châtel-Saint-De- 
nis, diminutif. Eraayes, loc. à Monthey = es Mayes. Es Moyes- 
ses à Mur en Vully, de moïe et suff. adjectif esses. Le mot latin 



t 



268 MAYEN — MAZEL 

meta a passé aussi dans rallemand, comme le prouvent Alett et 
Z'meiden, vallée de Tourtemag-ne = zu den Meiden, Vers les 
Meules ; et en romanche où Ton appelle maida les g'randes 
meules qu'on fait dans les hauts pâturages ; de là aussi les Meidje 
du Dauphiné et, au Tessin, les nombreux noms de sommets Me- 
done, Madone, sufF. aug'm. one pour désig-ner des montagnes de 
forme conique. 

Mayen, ham. de Vionnaz, D. Monthey, Valais, Maen, i4o2, 
M. R., 2^ s., II, 124, Mahen, 1728 ; sommet, alpes d'Aigle ; les 
Mayens, pâturage à Ghâtel-Saint-Denis ; nom commun de tous 
les alpages inférieurs en Valais, Maeyng (de Sion) i3o6 : « do« 
munculas que vulgariter maeyns nuncupantur, i3o4, M. R. 
XXXI; Majing-eAp et -horn à Louèche, le môme mot mayen ger- 
manisé ; de mai parce qu'on y monte au mois de mai. « Olivier de 
Serres, fin du xvi« s., donne un exemple où maïen signifie foin 
qu'on fauche en mai. > Note de M. Bonnard. 

Es Mayenchos, loc. à Ollon ; forme féminine du précédent. 

Mayenzet ou Mayontzet, village de mayens sur Montagnier de 
Bagnes; 2 pâturages sur Hérémence, Mayench^ i25o, et sur 
Useigne, Hérens ; autres sur Ghable de Bagnes, la Douay d'Or- 
sières et à Gonthey, Manschet à Louèche et Louèche-Bains, nom 
germanisé de Mayenchet, 1862, 1527, Mainchet, i38o, Man^ 
chety i4o3-i425, les Maenchez à Vez, i255 ; dim. de mayen. 

Mayeux ou Mayoux, ham. val d'Anniviers et loc. à Colombey, 
Valais ; probablement dérivé de maya =• mole, meule de foin ; 
voir plus haut Maya. 

Mayoresse, vignes à Grand vaux ; propr. d'un mayor. 

Mazel, quartier du Vieux Mazel à Vevey, Macello veteriy 
i348, M. R. VII ; loc. à Vallorbe ; de macellum, boucherie, v. fr. 
masely maiseL 

Le Mazel ou Mazel, pâturage de l'Abbaye, D. Joux, Mazé^ 
chalets sur Troistorrents, Valais ; v. fr. masely dim. de maSy mes 
ou maixy du latin mansum; les Mazots, ham. au Col de la 
Croix, Ormonts ; même origine, mazot est le nom commun des 



MÂZÉRIAZ — MËITREILAZ 269 

petits chalets ou fenils des Alpes vaudoises ; mas et suffixe dim. 
ot (mazet en Provence). 

Mazériaz, va 11. de Bag-nes, Mazerettaz, voir Mézières, 

Mèbro, ruisseau près Lausanne, Aleybry, i357, M, R. VII, 
167. 

Medetta, ham. de Salvan, en la Meidetaz apud Sarvan, 1782. 

Medîère, grand villag-e de Bag'nes, sur la hauteur entre Chable 
et Verbier ; peut-être du bas latin medietaria, qui est au milieu. 

Meîlleret, sommet à Ormont-dessus, et loc. sur Muraz, Valais ; 
Meliérel, ham. de Bercher ; Melleret, loc. à Ghône-Paquier ; 
Méléret au Sépey, Ormonts et à Treyvaux ; Millerit à Bremblens ; 
es ^lillerets ou Millîèrey à Golombey ; Millery à Ocourt, Jura 
bernois ; es Mellières à Vouvry, la Mellère, m. à Pont, Veveyse ; 
les Meillereltes, prés à Martig-ny-Bourg* ; la Mîllière à Ecublens, 
Mêlerai^ 1278, et Rueyres-Tréfayes, G. Fribourg* ; Mélériaz à 
Puidoux et à Montreux ; Melleries, ham. d*Hermenches, D. Mou- 
don ; Mellierîn, ham. sur Lutry, Meillerine ou Méliérine, 
mayens escarpés sur Fully. On peut ajouter Meillerie, Savoie, 
Alelereie, ii54, Melereia, 1177, Afellerea, 1286, à Satigny un 
Melerea, 1272, 1296. D'après Gatschet, du bas latin malfferia, 
pâturage à moutons. 

Meina, alpe et col vall. d'Hérens, Valais ; on écrit aussi la 
Maigne (Lutz), ce qui montre l'origine, adj. v. fr. mairie^ de ma- 
(jna (alpa), la grande alpe. Un autre pâturage de la Mcina, 
Meïna, Meynaz, dans le vallon de Nendaz, Meyna, 1280, et la 
Ménaz, alpe de Dorénaz, tirent peut-être leur nom d'une mine 
qui jadis y aurait été exploitée. 

Meinier ou Meynîep, G. Genève (prononcé Meini), Mainiacum 
et Mainniacum, ii53, M. G. XIV, 9, Meyynier, i343, Mei- 
y nier, i344, M. G. XVIII, et IX, Meini, 1817 ; de (fandam) 
Maniacum, domaine d'un Manius^ gentilice romain (Holder, II, 
407). 

Meitreilaz ou Maytraylla, alpe d'Ormont-dessus, Meteyla, 
1287, Gorthésy, op. cit., 149. Gette forme montre que l'r est 
épenthétique et permet de ratttacher ce nom à l'idée de milieu. 



270 MÉLEY — MENTUE 

méteil de medietas par une forme medietalis ; cette alpe est au 
milieu de la série de la Première à Isenau. 

Méley, loc. à Gonthey, Goumœns, Forel-Moudon, Pâquier- 
Frib. ; les Méleys à Aig'le, Mesleys, 17 18, Auboranges, Haute- 
ville ; Mélay à Saint-Lég-ier ; Melley à Dorenaz, Suchy, Pomy, 
Bussigny-Morges, Brenles, Ghabrey, Mêler , 1842 ; es Melleys 
au Bouveret ; Merlet, anc. Mellet à La Tour, Mély ou Melly à 
Bursios, agri del Mêler, xii® s., Melyr ou Mellyre à Lens, Va- 
lais, Melleis, Mellier, Mellers, ancien nom de la colline de la 
Bâtie à Genève ; du bas latin meletum, pommeraie ; en patois 
mêlei -=. pommier sauvage, néflier, du latin mespilum^ mais le 
néflier est très rare dans le pays et le pommier sauvage très com- 
mun. En 1827, Pierre de Gruyère autorise l'usage dans sa forêt 
de Bouleyres « exceptis quercibus, fagis et meleis. » 

Mell de la Ni va (de la neige), sommet près Evolène ; proba- 
blement de mell, provençal meilh, patois vaudois mé, du latin 
milium, grain de millet, au fîg. pour sommet en tête arrondie. 

MénièreSy D. Broyé, Frib., Minières dans Lutz, Maineres, 
iil\2 (Mameres dans M. R. VI, faute de copiste ou de lecture), 
Mennieres et MeinireSy 1228, M. R. VI, 17, 338, Meneriers, 
môme charte, p. 334, Mennieres^ i34i, Matile. L'orthographe 
Meneriers est à noter, car elle prouve que certaines formes où 
Taccent paraît déplacé sont de simples fautes de copiste. D'après 
la forme primitive de 11 42, du v. fr. mainey s. m., demeure, et 
suffixe coll. ière =. réunion de demeures, village. 

Menoge, affluent de la Venoge, Menobia, 5 16, Menopia, Me- 
navia, xii^^ et xiii® s. ; origine incertaine. Sans doute celtique 
comme tous les noms de nos rivières. 

Menthon, château à Begnins, ancien château à Lausanne ; de 
la famille savoisienne de Menthon, dont plusieurs membres ont 
été baillis de Vaud. 

Menlue, rivière du Jorat, Menfuye, 1280, Cart. Month., M. R. 
XII, wadum ementuje, 1280, M. R. VI, 187, Menthoez, i586, 
M. R. VII, aussi Menthuaz, Mantue ; origine inconnue. 



MENZE — MERLINGES 271 

Menze ou Miritze, ham. de Martigny-Gombe ; contraction de 
mayentze^ forme fém. de mayen. 

Merdasson, Merdesson, Merdenson, dim. Merdassonet, 
Merdeschon, alpe de Mollens, Valais. Noms de nombreux tor- 
rents aux eaux boueuses, de localités, de pâturag'es au sol fan- 
g'eux. Le nom est ancien : un Merdasson^ ruisseau à Vevey, 1229, 
un Merdasam à Pully, 1226, Mardascon à Boudry, i346. De la 
môme famille, g-lacier et torrent de Merdéré, vallée d'Hère- 
mence, Valais, et Merdisel, ham. et bois à Satigny. Cette déno- 
mination était déjà employée, comme la racine, à l'époque ro- 
maine. Holder cite un rivas Merdero, 

Méribé, pâturage, vallée d'Hérémence, Valais, Miriber, 1278, 
Miribel, 1277, i448, M. R., 1677, Furrer. Un autre Miribel 
alpes de Lens, i449 »' Méribé, loc. à Chalais ; de mirer ^ regar- 
der, et bely ou en patois nieri et bé ; pâturage d'où l'on a une 
belle vue ; miribel et mirebeau s'emploient comme n. communs 
dans le Jura pour désigner de beaux points de vue. 

Mérieux, voir Miriau. 

Les Mérils, ou Méris, pentes rapides au-dessus et au N. de 
Ghâteau-d'Œx ; probablement aussi du môme verbe meri, regar- 
der ; on y jouit d'une belle vue sur la vallée. 

Les Merlas ou Merlaz, pâturages de Gruyère, la Merlaz, pâ- 
turage au Ghasseron. Ge nom de Mer la se retrouve 4 fois dans 
diverses vallées des Grisons et 2 fois à Saint-Gall. Palliopi (Dict. 
romanche) dérive las merlas d'un mot celtique, meryl, marais. 
Nos Merlas de Gruyère pourraient dériver de ce môme mot. 
D'autre part, M. Isabel nous écrit que lé merlâ, s. f. pi., désigne 
les fleurs de la renoncule des ruisseaux qui couvre souvent de 
grands espaces dans les leux humides des Alpes. Ge nom patois, 
qui se retrouve en Savoie, d'après le botaniste D"" Ghabert, vient 
sans doute du môme mot celtique. 

Merlinges, ham. de Mcinier, Genève, Merlingiumy i3o4, 
Marlingie, i3i8, M. G. XIV et XVIII, 25, correspondant de 
l'ail. Merligen (Berne) = chez les descendants de Marlo^ n. pr. 
germain. 



272 MERMETS — MEYRIEZ 

Les Mermets, ham. de Bourrig-non, D. Porrentruy ; du n. pr. 
Mermety petit, prénom fréquent autrefois. 

Le Méruel, alpe de Bex ; probablement autre dérivé de meriy 
regarder ; voir plus haut Méribé et Mérils. 

Mervolier, D. Delémont, Berne, ail. Morswiler, Morswilre^ 
1184, Morswilr, i325 = villare, villag-e de Morso, n. pr. ger- 
main. Fôrstm., 986. 

Messayre, la Vy — à Ormont-dessus ; chemin conduisant à 
Vers l'Eglise ; de messe, chemin suivi pour aller à la messe, mot 
fourni par M. Isabel. 

Métail, carte Dufour, Métal, Siegfried, ou Métall, alpe d*Hé- 
rémence, Mectal, i456 ; le c peut être parasite comme dans Joc- 
tens, voir Jouxtens ; peut-être alpe du milieu, de medietalis, 
comme Meitreilaz aux Ormonts. 

Meudon, ham. des Verrières, Neuch., entre celles-ci et les Ver- 
rières de Joux. Probablement, comme le Meudon près Paris qui 
vient, d'après le Dict. de Grégoire, de Metiosedum, nom d'origine 
gauloise, comme Mediolanum (Milan), Mediomatricum, etc., du 
gaulois mediOy milieu, et d'une autre racine indéterminée sedum, 
donc localité au milieu entre deux autres. 

Meure, En la — , loc. à Cartigny, Genève ; prob. de meures 
patois, mûre de ronces. 

Meuringue, métairie, montagne de Gormoret, Jura bernois, 
propriété de Môrigen, près le lac de Bienne ; pour l'origine, voir 
Morens. 

Mex, 1° D. Gossonay, Mais, ii47» 54, Gart. Month., Mais, 
1 177, May, 1371, 1887 ; 2® village près Saint-Maurice, Mez, i338, 
Meys, 1842 ; 8<* les Mex sur le Sépey, D. Aigle, Mes, Mez, Metz, 
1882 ; V. fr. mes, s. m., du bas latin mansum (mesure de terre 
jugée nécessaire pour faire vivre un homme et sa famille), devenu 
massnm déjà au xiii^ s., en 1282 : medietate albergi seu massi 
sui, M. G. XIV, 4i6. De là un mas de terre, les Maix ou Meis 
du Jura, les diminutifs Mazot, Mazel, voir ce mot. 

Meyriez ou Meyrier, D. Lac, Frib. (prononcé Meyri), Meria-- 
cum, 1162, Mirie, 1226, Merrie, 1228, M. R. VI, 882, i4f Me^ 



METRIN — MéziàRES 273 

ryty 1239, 1289, Afeiriacuniy laôô, Wûrslbg., 200, Afeyrie, 
XV s. y ail. Merlachy « de Mitiriœumy connu comme nom de lieu 
par les chartes des viiP et x* s. » (Stadelmann). 

Meyrin, C. Genève, Mairin^ iiSa, Mairins, ii53, Mayrins^ 
laSo, MeyrinSy i3o5, i344, M. G. XIV et IX, Moyrens, i46a, 
Galiffe, J. A. I, 4^3 = chez les descendants d*un Meyer ou Ma» 
jor comme Meirinyen, Berne. Les MeyrinSy les granges de Mey- 
rinsy étaient au xv« s. le nom des rives du Rhône à Genève entre 
la Fusterie et Bel-Air ; rien que des granges dans le recensement 

de 1470- 

Mézel, Pont du Mézel ou Mézé à Aigle ; rue du Grand Mézel à 
Genève ; quartier du Vieux Mazel à Vevej ; du latin macellum, 
V. fr. maisel, patois mazéy mésel, boucherie. 

Mézeriez, ham. près Salins, D. Sion, Valais, Miseriez iiii et 
1807, Misyrie, i25o, Meisericy 1261, Miseris, 1260, Miserier, 
i33o, etc. ; de {fundum) Miseriacaniy domaine d'un MiseriuSj 
gentilice romain ; voir aussi Misery. 

Mézepy, D. Lausanne, villa MasiriacOy 928, M. R. VI, Ma- 
siriacum, 10 10, Warn. de Masiriei, 1180, M. R. V, Masirie^ 
1188, 1220, Maisiricy 1227, M. R. VI, 280, Maixiriez, xiiP s,, 
MeysirieZy i357, etc., et un autre D. Yverdon, Mai série ^ 1224, 
Maysiriez et Maisery, xiii« et xiv« s. ; de {fundum) Masiria- 
curriy domaine d'un MasiriuSy autre forme du gentilice MaciriuSt 
Holder, II, 867. 

Mézîères, D. Oron, Vaud, MaiseriiSy ii5o, Maseres, 1161, 
Maseriis, 1170, Masieres, 11 77, Maisieres^ 1180, M. R. VI, 116, 
Masirie, 11 84, M. R. XII; Maceriis, 1186, Hidber, II (qui le 
rapporte par erreur à Mézery), Messeretes^ 1228, M. R. VI, May* 
seres, 1290, Mayseriis, 1292 ; un autre D. Glane, Frib., Masie* 
reSy xii« s., Maiseres, 1228, Masseres, Maissiere^ 1261, 
Wûrstbg., MexiereSy i453 ; du latin maceria (un Petrus de 
Maceria, 1157, Furrer, III, 89); v. fr. maisièrcy muraille, puis 
maison. De la même racine dérivent encore en Masire, loc. à 
Epauteires, D. Echallens, nombreuses ruines romaines, et Mazé- 
riaz, mayenSy vallée de Bagnes, Mazerettaz, loc. à Sion, diminutif. 

M. D. SBC. SÉRIE, TOME VU 18 



274 MIDDES — MIES 

Middes, D. GlÂne, Frib., Mildes, 980, Hiâber, I, 220, qui le 
rapporte avec doute à Moudon, Middes^ xii* s., Donat. Haut., et 
laaS, F. B. II, Mides, 1211, i3oi, etc., MildeSy i244» 45, F. R. 
II, Mydes vers i25o (M. R. VI, p. 260, Migdes) et i33i, M. R. 
VII, io3, etc. En 766 Ayrvenus donne à Matulphus, chef du 
chœur de Melve, Meldensis (un des cinq chœurs de la psalmodie 
perpétuelle établie à Saint-Maurice) et à ses successeurs, soit aux 
religieux de Saint-Maurice, une terre allodiale située à Tornj su- 
périeur, aujourd'hui Torny-Pittet « in agro quorum vocabulum 
est Taurniaco superiore » Hist. Mon. patr. chart. II, 2. En 960, 
les religieux de Saint-Maurice concèdent des terres à Mildes, ib., 
p. 43. Déjà en 980 nous voyons apparaître ce nom de Mildes. 
C'est évidemment le nom que reçut Talleu mentionné ci-dessus, 
après qu'il fut devenu la propriété de Matulphus Meldensis, 

Miécoupt, D. Porrentruy, ail. Mieschdorf, Miesdorf, Tr. III ; 
Curtem mietiam, 866, que le Dict, géog. suisse d'Attinger rap- 
porte par erreur à Gourtemaîche ; Miecurt, 11 36, Myecorthy 
1176, Miecorthy 12 18, etc. ; de Mietiam cortem, ferme de 
Mieto, n. pr. germain, que Fôrstm. donne pour l'année 792. En 
II 29, un notaire, ne comprenant plus ce nom, a essayé de le 
rendre en latin par Meticuria. L'étymologie d'Attinger, qui le 
dérive de mies^ forme dialectale de mooSj marais, village maré- 
cageux, est contredite par la forme primitive ; d'ailleurs court ne 
s'ajoute qu'à des noms d'homme. 

Miège, D. Sierre, Valais, ail. Miesen, Myeyoty 1200*, Mieio, 
1226, Miejoy Miegioy 1228, Myeioy 1288, il/ye/o, 1280, Myaiat, 
i38o*, Myegoy i4oo, Myejoz, i444» MiezoZj i554, i558, la 
Miège, pâturage à Courtelary ; probablement formes diphtonguées 
de l'adj. v. fr. mege, voir l'article suivant. 

Mies ou Myes, D. Nyon ; Miex (pron. Mî), ham. de Vouvry, 
Valais, Miez, xiii» s. ; My ou Mye, Son My (sommet de My) et 

1 Comment concilier les règles de l'accent avec ces orthographes ? Il faut ad- 
mette, ou que l'accent s'est dëplao^, chose peu probable, ou que les finales oty 
ai étaient atones, comme ozy az, ezj et souvent y, ou encore que ce sont là de 
simples fantaisies de copistes. Voir aussi Musot. 



MIETTES — mLLON 275 

Mie on Miel, dîmiDatif, alpes de Conthej ; es Myes, loc. à Lej- 
tron ; Mayen dou Mié à Evolène ; les Myeyes oa Meyes, loc. à 
Bramois ; de Tadj. v. fr. mi, mège, en romanche miez, milieu, 
Piz Miez, qui est à la moitié, au milieu de. M j est à mi-hauteur 
entre Conthej et Talpe ; Miet entre a parois de rochers ; Myes 
entre Coppet et Versoix ; M iex entre Vouvry et Talpe ; Miège entre 
Salgetsch et Sierre, localités plus anciennes et plus importantes. 
Stnder dérive le Mies vaudois de mansus, ce qui est impossible, 
mansus donnant mas, mais ou mex. 

Es Miettes, loc. à Novalles, D. Grandson, dim. ; voir Tarticle 
précédent. 

Miéville, voir Miville. 

Mgoux, chalets sur Montreux, Combe de — , NeuchÂtel, Corn* 
bâte de Myezour, i^ii, Miez Jours, i354, 1372, Miejour, 1878, 
Myejoux, 1880, au milieu de la joux, de la forêt. 

Milandre, 2 fermes et anc. château, D. Porrentruj, Milande, 
Mylande, Mylant, Melan dans les chartes du moyen Âge ; ori- 
gine inconnue. 

Milavy, m. à Saint-Légier^ route de La Tour, et à Avenches, 
chemin de Domdidier ; I^Uvis pour Mivy, m« à Avry sur Matran ; 
Mîvy, m. à Chardonne, route de Chexbres ; de vy, voie, route, 
et mi, milieu = à mi-chemin. 

Minière, loc, champs à Colombey, Collonge, Vionnaz, à Vé- 
troz et à Granges, Valais, eys Millieres à Tourtemagne, i383, v. 
fr. miliere, champs où Ton cultivait jadis le millet, de milium, 
nom correspondant des Panissière du C. de Vaud. 

Millon, Crète et Tète de — , arête et sommet sur Zinal, vall. 
d'Anniviers ; paraît être le v. fr. million, débris, patois mellhon, 
millon, que Bridel définit moellon, débris de mur, fragments de 
pierre brisée : à cause de Taréte et du sommet faits de blocs entas- 
sés. Pour M. Bonnard (in litt.), le mot patois n*est pas le même 
que moellon dont Torigine est inconnue. Pour nous, mellhon est 
dérivé de mell, meilh, grain de mil, latin milium, auquel appar- 
tient le verbe patois emellua, réduire en menus fragments (que 



276 MILLY — MISEREZ 

Bridel dérive par erreur de mille), mellhon = menus débris, plâ- 
tras. 

Milly, écart de Genthod, Genève ; sans doute un (fundum) 
Miliacum, domaine d'un Maelius, g^ntilice romain, comme les 
Meilhac, Meillac, Meillj, Milhac et Millj de France (d'Arbois de 
Jubainville). 

Mimorey, ham. près Goinsins, D. Njon, Memoreiy laia, 3ff- 
moreiy iai3, MimoreiSy 1219, Memorey^ 122!^, M iemore^ i235, 
Miemoreiy 1288, M. R. XII ; en Memorey(aj), prés et bois à Co- 
lombey ; de m/, au milieu, et moretum, roncier, de moram^ mû- 
ron, fruit des ronces, et la ronce elle-même, soit localité au milieu 
des ronces. 

Miolan, ham. de Vandœuvres, Genève, Miolans, xiii* s., Cart. 
Laus., M. R. VI, 624, Myolens, i3oi, M. G. XIV, 458. C'est 
aussi le nom d'une localité de la Savoie: G. de Miolano, 11 8g, 
Nant. de Myolanis, i2i4> Cart. Haut-Crét, M. R. XII, 62, N. de 
Miolan^ 1218, F. B. II, Moylans, 1224» M. R. XXIX ; celui-ci est 
dérivé dans les M. Savoie de MeduUanum, Castrum Medullorum, 
de Medulles, ancien peuple de la Maurienne. Peut-être Tun et 
l'autre viennent-ils, comme Milan, Meilen, (Zurich), Mojlans, en 
Belg-ique, de Mediolanum, du gaulois medio, milieu, et lanon, 
plaine, nom d'une i s® au moins de villes en Gaule, Bretag^ne et 
Germanie. 

La Mionnaz, ruisseau, D. Oron = la gprondeuse ; du verbe pa- 
tois mionnâf gronder, ennuyer de ses plaintes, v. fr. mionner^ 
chanter, fredonner. 

Miriau, bois à Giez, D. Grandson, Mériez, loc. sur Aven, Va- 
lais ; Mérleux à Noville, es Mouriaux, crêt et chalet à Chàteau- 
d'Œx, le composé Montmirail, NeuchÂtel ; de miriau^ forme pa- 
toise du V. fr. mirial ou mirail^ miroir, endroit d'où l'on a une 
belle vue ; la forme moderne dans le Six du Miroir à Mage, au 
Miroir, ham. des Monts de Lutrj, loc. à Vallorbe ; voir aussi 
Muriaux, Mérils, etc. 

Miserez, ham. de Charmoille, D. Porrentruy, Miserey^ ^m^ 
MiserCy 12 18, Miserach, 1287, et Misery, D. Lac, Frib., Mise- 



MISSION — MODZENAIRE 277 

rie, xii« s., 1^43, F. B. II, 243, et i3oi, Rec. dipl. II, 8, Misi- 
riez, i4o6, Rec. dipl. VI, en ail. Misrach, i449> Arch. Fr. V, 
4i8 = {fundum) Miseriacum, domaine d'un Miser ius, gentilice 
romain, comme les quatre Miserj de France, Holder, II, 682. 

Mission, ham. d'Ayer, vall. d'Annivîers. Une tradition locale 
rapportée par Bridel veut que ce nom lui vienne des missionnaires 
qui convertirent les Anniviards au christianisme. Nous parait plu- 
tôt venir de Messio, dérivé en io du gentilice Messius, ou de 
MissiOf de Missius pour Mussius, qui a donné Missy ; voir ci- 
dessous. D*Arbois de Jubainville cite un grand nombre de dérivés 
en io de g^ntilices en ius ; voir dans ce volume Courson, Grand- 
son, Marsillon, Valençon, etc. 

Missy, D. Payerne, ail. Missach, Missiacum, ii48> ii83, 
Missy e, 1260, Missie, i342, 1399, Arch. Fr. V, Missi in Villie, 
1263, Wûrstbg^., = (fundum) Missiacum pour Mussiacum, do- 
maine d'un MussiuSy g^ntilice romain. De Vit, IV. Les Archives 
frib., I, 375, donnent Massiacum, mais rorigîn;il a Missiacum 
d'après Hidber, II, LXIII. 

Miyille ou Miéville, ham. d'Ëvionnaz, Valais, et de la Sagoe, 
Neuch. ; Mievilla, loc. à Lens, Valais ; Mivellaz à Gryon, Mor- 
ges, Ëcublens, Mivelaz à Puidoux, Rennaz ; un Mievila à Eysins, 
1236 ; du latin média villa, à moitié chemin entre deux villas, 
deux localités voisines. 

Mocausaz, grand pâturage de Roug^mont, aujourd'hui la 
Verda ; Moscausa dans l'acte de fondation du prieuré de Rouge- 
mont, ii55, M. R. IX, 10. D'après Gatschet, Hisely, de mucosus, 
muqueux, sale ; et le Dict. géog. Attinger, de moca, morve. Mais 
la présence de Ys dans la forme originale montre que ce nom vient 
de muscosa (prata), prairie moussue. Ce pâturage, très humide, 
renferme au milieu un vaste marais, lac temporaire^ où abonde en 
effet la mousse. 

Modzenaire, pâturage sur Chaude, alpes de Villeneuve (et ail- 
leurs) : pâturage des veaux, des modzons, dim. de modja, génisse, 
V. fr. moge. Ce mot se trouve dans le latin des chartes : « sex 
mojonos, unam mogiam, il\tfi. Archives de Vantéry à Monthey. 



278 MOFLON — MOIRY 

Le Moflon, ruisseau à Oron = le maUy mauvais ^on, du latin 
malumjiumen, 

Moëllé, Moïes, voir Mouellé, Maya. 

Moille ou MoUie, nom très fréquent surtout Jura et Gruyère 
(une 60^), Mouille (26), les collectifs Mollialres, MolleyreSy es 
Mollueyres à Liddes vers 1720, Molllex, Montricher, la Moillure 
à Saxon, et les diminutifs au Moillon (Moyon) à Semsales, au 
Mollion, Oron-le-Chàtel, Mollettes et Molliets à Vaulruz, Moil- 
lettes ou Molliettes(jàz)y une 12®, Molliau à Tolochenaz, Mollien- 
ches à Châtillens et Démoret, Moillasson à Caroug>e, Mouillet à 
Goumois, Mouillesse, Mouillesson à Sainte-Croix, Praz Molley 
à Pâquier-Frib., es Mouilleuses, adj., à Laconnex-Genève. Noms 
désîg-nant des terrains humides ; le primitif, substantif verbal du 
verbe mouiller, dérivé du latin mollis, mou. On dit de même 
molle en Dauphiné. 

Moillesulaz, ham. de Chêne/ Genève, Molliez solai, xiii* s., 
M. G. XIV, 3o4, Molhisolay xiv* s., Moillesole, 1409, M. G. 
XXI ; Moille Sulaz à Sullens, D. Cossonay ; Moille-Saulaz, loc. 
à Corsier et Saint-Légier, D. Vevey, Villeneuve et Payerne = 
mouille, terrain humide, parsemé de saules, (Blavignac dans M. 
G. faisait du premier une meule seule, solitaire.) 

Moinsel, loc, ancien fief noble, près Arzier, D. Nyon. On 
trouve au xiii® s. Willelm. de Moncel, vers 1200, qui cède à Bon- 
mont ses droits sur les Amburnex (Bronay), Hidber, II, 4^1, 
/. de Monsez, témoin d'une enquête au sujet de Téglise de Vich, 
i2o5, M. G. XIV ; /. de Monseiz dans une charte de 121 1, M. 
R. XII, 60 ; Joh, de Monsel, donzel, témoin d'une contestation 
entre Gimel et Bonmont, 1299. Ces difiPérents noms de chartes 
viennent évidemment de monticellum. Cela n'explique pas le i de 
Moinsel, mais il n'y a pas dans la contrée d'autre localité qui 
pourrait correspondre à ces noms. 

Moiry, D. Cossonay, villa Mauriaco, xi© s., M. G. XIV, Mo- 
riacOj xi® s., M. R. III, 474, Moriei, loii, Moiriacum, 1049, 
Moirie, 12 19, 1228, Moërier, 1264, Moyrie, 1269, Moirey, 
1825, Matile, Muerye, i345, et Muerier, i368, M. R. XXVIII, 



MOIRY — MOLENDRUZ 279 

etc. = (fundam) Maariacum, domaine d'un Maurius, K^^ntilice 
romaio, dérivé du surnom Maurus, C'est à Moiry qu'il faut pla- 
cer la villa Mauriaco, charte du xi« s., citée p. i4i, Sao, vol. 
XXVII des M. R. que M. de Charrière place à Mauraz. Mauria- 
cum ne saurait donner Mauraz dont la seconde syllabe est atone. 

Moîpy ou Moiré, alpe et g-lacier, vallée d'Anniviers. 

La Molanchière, loc. à Noville ; la Molenchère à Penthéréaz, 
la Maloncheire à Lessoc, les Malanchières à Château -d'Œx, la 
Molonchire, m. à Broc, Gruyère, es MulenchiereSj i493. En pa- 
tois molan = tas de pierres amoncelées dont on a débarrassé un 
terrain. On pourrait supposer une forme féminine * molanche^ 
comme palanche de palan ; ce serait alors, avec le suffixe adj. ière 
le terrain parsemé de molans^ de tas de pierres. 

Molanson oa Montlaçon, près Béguins, Vaud, Monslatianus^ 
1164, Monslacianus, 1202, M. R. V, 2i4, 220, gr. de Montela^ 
cinnOf i3o2, MoleyczanSy i493, M. R. XXXIV, 4i> ^U, Mollan- 
son ou Molansoriy 1696 ; de mons Latio, dérivé en io de Latius 
ou Lattius, gentilice assez rare connu par deux inscriptions. 
Quant à la forme Latianus, forme adjective dérivée du même g'en- 
tilice, c'est la traduction latine de Montlaçon : Monslatianus don- 
nerait Montlaçan. 

Molard ou Mollard, nombreuses localités sur des collines, à la 
Côte et ailleurs ; du bas latin molare, dérivé de moles, gprande 
masse, levée de terre, éminence. Désig-ne parfois le château bâti 
sur la colline, ainsi « le molar de Jonolier, le molar d'Aubonne )^ 
(château du coseig'neur). Le d actuel de molard est parasite, 
comme celui de châtelard, de castellare, suite d'une confusion 
avec le suffixe germanique ard ; les anciens textes jusqu'au xv« s. 
écrivent toujours molar ou mola: le Mollard à V'onnaz, au 
Mola, 1770, Meula, 1728 ; aussi n. commun pour tas de pierres. 
On trouve la forme diphtonguée miolard : à Vionnaz, es Miollaz, 
dans les pierriers du torrent de la Greffaz, les Miola, 1776, au 
miolardi au murgier alias au miollard, 1728. 

Molendruz, col et pâturage du Jura, D. Cossonay, Mont-Leri'- 
druz, 1614. 



280 MOLÉSON — MOLLENS 

Moléson, pâturage et sommet de Gruyère, Moleisun^ 1228, 
Moleson, 1287, M. R. VI, 216, Moleyson^ 1287, 1247, Molesoriy 
1807, Molleson, 1819, « la véritable étjmolog'îe, dit Studer, co- 
piant Gatschet, est mons lacticiniae^ mont où Ton prépare les 
produits du lait. » Nous ig-norons par quel tour de force on pour- 
rait ramener ces deux mots à Moléson. Pour Bridel, c'est moles 
summa, mont le plus haut : satisfaisant pour le sens, seulement 
moles est fém. et le mot est masc. M. Bonnard nous fournit Téty- 
mologie probable: t du v. fr. moloise, s. f., xv« s., prairie hu- 
mide ; on dit encore moloise dans ce sens dans le Morvan, le Ni- 
vernais et la Bourgogne. » Or les pâturages du Moléson sont 
riches en ruisseaux, en sources, en places très humides ; il y a 
même une alpe qui s'appelle les Marais ; ce serait donc un dimi- 
nutif masc. moleise-on. 

Molière, Tour de la — , prèsMurist, D. Broyé, Mollerie^ 1476 ; 
Molleyres à Vucherens et Gorcelles-le-Jorat ; Molleyre, ham. 
d'Avry et m. à Middes ; la Molaire, ham. du Châtelard, Fribourg, 
les Moleres, ham. de Saint-Martin, D. Veveyse ; de molière, adj. 
= meulière, carrière de meules de moulin. 

Molignon (Moulignon), ham. près Sion, MuUgnan, 1208, 
1267, Molignan, Murignuri, i2^Q, Milignun, 1269 ; dérivé pro- 
bable de molinum, moulin. 

Mollenchires, loc, plaine de Ghavornay ; Mollîenchires ti 
Vuadens, Mollonchire à Broc ; sans doute dérivés collectifs de 
mollienches, voir MoUle. 

Mollens, D. Aubonne, Morlens^ ïi39, M. R. III, 58i, 1167, 
1177, 1 25'] j Molle nSi Molli nff es, 1228, M. R. VI, et Morlens, 
D. Glane, Frib., Morlingis, 996, Morlens, i m, M. R. III, Mol- 
lens, 1179, Hidber, II, 1278, M. R. XII et i453 = chez les des- 
cendants de MorilOy n. pr. germain, racine onomastique Maur^ 
Quant à Mollens, D. Sierre, Valais, Moulin, carte Du four et 
Dict. Lutz, Molaen, 1260, Aymon de Moleing, 1286, M. R. 
XXIX et XXX, Moleyn, i3oo, Zimmerli, Moloeyng, i3i6, il/o- 
loyn, i342, Molen^ 1487, i443, Mollens, 1G71, il nous paraît 
avoir une autre origine. Dans un acte de 1221, un chevalier Wil- 



MOLONDIN — MON^AZ 281 

_ _ • 

lerme de Sierre donne un cens dû par Uldric d'Anset et Michel de 
MolendinOy le premier lieu est Anchette sur Sierre et le second 
doit être Moulin ou Mollens qui en est voisin ; dans un autre acte 
où interviennent des gens de la même région, de Sierre, de Ven- 
thone, apparaît un Willelmus de il/o/en(/mo, 1226, encore en 1429 
Joh. de Molendino, acte cité par Zimmerli ; donc ce Mollens 
vient de molendinum^ moulin, et Moulin est la véritable ortho- 
graphe. 

Molondîn, D. Yverdon, MollendenSy i38o, Molandens, 1437. 
Gatschet, rapprochant ce nom de celui de Borcardus de Molendi* 
nis, 1284* Tr. II, 894, dérive Molondin de molendinum, moaUn, 
Cependant la terminaison ens des deux formes authentiques laisse 
quelque doute. 

Momaing ou Moming, sommet au S. de Zinal, vallée d'Anni- 
viers, Valais, probablement pour Mont^Maing ; de montem ma- 
gnurriy grand mont, même origine pour les Rochers de Momin, 
sur Talpe de Louvie de Bagnes. 

La Monderèche, ruisseau à Sierre, Monderesse à Miège, 
aquam de la Mugneressy , 1887, torrentem de la Manderessy^ 
i44ij M. R. XXXIV, XXXV, le même que la Mugneresse à 
Saint-Maurice de Laques = monneresse, meunière, bief de mou- 
lin, permutation n-d, comme colonne-colonde. 

Mondillon, crêt à Mollens, D. Aubonne, et Mondion, pâturage 
sur Bassins, avec chalet sur un petit crêt arrondi = petit mont. 
Un Montiun dans les terres d*Ebal de Mont en 1287, Montioriy 
1287, 1246, Gart. Oujon, M. R. XII. 

Mondralesse, alpe de Lens, Valais, Mundralessy, i25o. Mon- 
drelessiy i4i8. 

Monéaz, ham. de Palézieux, et Mouniaz, bois voisin, Monetay 
II 55, Monea, 1274; Monnaye, loc. Bas Vullj, au bord de la 
Broyé, Frib. ; Moniaz, ham. de Jussy, Genève, Munia^ 1261, M. 
G. XIV ; Mounéaz (ou Monayaz), m. à Vétroz, Valais ; en la 
Mouniaz à Noville, vers TElau froide ; la Mounaye, ruiss. à Saint- 
Martin d*Hérens ; Monnaya(z) ou Monnaie, patois Monnya, loc. 
vallée de la Dranse, près Sembrancher, Valais ; une Monea^ affl. 



282 MONGOBERT — MONNAZ 

de la Thièle près ChampîoD, i3o3, et un vicum, casale de J/o- 
neta près Payerne, Cart. Laus.^ M. R. VI, 3io. De Tanc. fr. /wo- 
nee, s. f., du latin molinata, moulin. Quant aux Moneta des 
chartes à Palézieux et Payerne, ce sont de fausses traductions du 
V. fr. monee, de même que Tall. Mitnzgrabeiij canal de Monnaye 
qui aboutit en face des m. de Monnaye, Bas Vully. 

Mongobert, le Sex de — à Massongpex et Mongebert, Mongi- 
beri, 1696, loc. à Monthey = mont de Gobert, Gusbert, Gaus- 
bert, n. pr. g-ermain ; un Gausbert était évoque de Sion en 1092. 

Monlési (ou lézi), m. sur Boveresse, Neuch. ; nom formé de 
deux mots patois, mon lési = mon loisir, donné au xviii^ s. par 
un propriétaire à ce domaine appelé antérieurement La Louva. 
Matile, Musée hist., II, 69. 

Monnat, ham. de Seleute sur un ruisseau, ferme à Verme, 
combe de Monnat à Saint-Ursanne, Combe Monnay à Roche 
d*Or ; Bois de Monin à Chévenez ; Combe es Mopin à Saulcy, 
ruiss. et moulin ; en Monnin, vers le ruisseau à Corban ; Côte 
es Monnins, au-dessus du ruisseau à Roche d*Or ; Bois es Mon- 
nin à Tramelan. Monnat (at = et) et Monnay = meunier. Quant 
à Monin, Monnin, c'est sans doute moulin déformé sous l'in- 
fluence de monnay ; peut-être aussi le nom de famille Monnin, 
une famille Monnin au Landeron éteinte en 1760. 

Monnaux ou Monod, 2 ham. à Mollens et Mon tricher, sur le 
Veyron ; le Monaud-d'Enhaut, sur le ruisseau à P'uidoux ; pour 
monneau, du v. fr. molinel, petit moulin. 

Les Monnayres, loc. à Château-d'Œx, Mugneries^ i436, jadis 
moulins dès longtemps disparus ; es Monneyres à Blonay, la 
Mouneyre, Conthey, ruiss. des Monéires à Salvan, es Monne- 
resses, ham. de Prez, Mounerèche à Mage, Valais, comme les 
monneresses d'Aigle, meunières, plan de 1718, de Vevey, de Sal- 
van, synonymes de meunière ou bief de moulin. 

Monnaz, D. Morges, Mona, Mon/ia, I2i3, Afuna, 1221-1237, 
M. R. VI, Monnaz, i453 ; le Cart. de Haut-Crêt, M. R. XII, 71, 
parle d'une terre de Muna à Mossel ou environs, i245. Probable- 



MONNENS — MONTAGNY 283 

ment des (villa) Mona ou Monna, ferme d*un Monus ou Mon-- 
nas. Holder, II, 626, 27. 

Jubamville (505-508), cite an cerUin nombre de cognomina employés 
ainsi au f. sing. : Cupita, Romula, Urbana, sous-entendu villa, domus, 
ferme, maison de Gupitus, Romulus, Urbanus. 

Monnens, voir Mugnens. 

Au Monnet, m. à Puidoux sur la Sallanche ; probablement le 
même mot que Mornet entre Landeron et Neuverille, Mulnet et 
Mornetj ii85, 1221, Mornet, 1265, Matile, Morney, 1692, 
Amiet ; de molinetum, moulin. 

Monruz, bam. près Neucbàtel^ Monruz, 1220, Morruz, i^ik 
(de Ghambrier, 22), Montruz, MonruXy i463, Molrupz, Molrap, 
i485, M. N. XLI, Monrupy 1626 (Jeunet). D'après l'orthographe 
primitive = mont du ruz^ du ruisseau ; par contre Monrup siK^cni- 
fierait montem ruptum, mont brisé, rompu, à cause de la cou- 
pure que présente la montagne. La première étjmologie nous pa- 
raît la plus probable. 

Monsieur, Maison — , au bord du Doubs, Neuchâtel ; jadis 
péage construit par Monsieur de Valengin, comte René de Chât- 
iant, en i545. 

Monta, La — , ham. val d'Hérens, la Munta, 1267 ; la Mon- 
teau, atlas Siegfried, ou le Montoz, Lutz, ham. de Bagnes ; la 
Monteau, râpes à Vionnaz ; en la Montau à Troistorrents ; subst. 
verbal de monter, provençal monta ; le chemin offre une forte 
rampe dans les deux localités. 

Montagibert, faubourg à Lausanne, Monte Girberi, i238, M. 
R. VI, 663, Montegiber, i475. Serait-ce le Mons Gusberti de 

1 i4o que le Dict. hist. Vaud identifie avec le Ghalet-à-Gobet ; voir 
ce mot. Le texte de i238 = mont de Gerbert, n. pr. connu. 

Montagnon, ham. de Lejtron, Valais^ Montagnan, i234» M. 
R, XXXy Montagnon, 1262 et 1291, Wûrstbg. ; diminutif de 
montagne. 

Montagny, D. Yverdon, Montaniacum, 11 58, Montagniei, 
1174, Cart. Month. ; ham. de Lutry et de Corsier, m. à Villette ; 

2 comm. D. Broyé, Fribourg, Montaniacum, 1180, Matile, et 



284 MONTAIGRE — MONTAUBION 

i2^0y Montagnye, iZw^ Montaig niez ^ i368, Matlle ; ham. de 
Mont-Rolle, Montagniacus curtis^ 1009, Rég*. gen.^ Montagniey 
1284 ; Montagnier, ham. de Bagnes, Valais, Montagnyet 1290 ; 
Montagnie, territoire près Apples, 1281 = (fundum) Montania" 
currij domaine d'un MontaniuSy gentilice romain qui, d'après Ju- 
bain ville, a donné le nom de plus d'une 100* de communes de 
France, dont 27 Montagny et 87 Montignj. 

Montaigre, sommet du Jura de Porrentruy ; de montem acrerriy 
mont aigu, escarpé, synonyme d'Aig-remont. 

Montaigu, sommets du Jura à Soulce et Souboz ; de montem 
acutum, n'a pas besoin d'interprétation. 

Montalban, ham. de Semsales, Montauban à Grandson et 
Gonstantine = Montem Albanum, mont d'Albain, n. pr. 

Montalchez, D. Boudry, Neuch., MontallichieZy i34o, Mon- 
ialechieZf 1898, Montalleschiez, i432, Montaleschiez, 1487. 
Origine douteuse : de mont et als^ aux, chieZy cases, maison ? 

Montalègre, ham. de Cologny, Genève =: mont et allègre, gai. 

Montalin, crêt isolé à Courfaivre, D. Delémont ; de montai = 
montai, et suff. dim. in = très petit mont. 

Montana, D. Sierre, môme forme dès 1249 =^ (villa) mon- 
tana, ferme de montagne. 

Montaneyres, loc. à Hennens, adj. patois = (terres) monta- 
gneuses. 

Montandrey, ham. de Villars-le-Terroir, Montandre, 1218^ 
M. R. XII, au xii^ s., terra Sancti Andreae = Mont (de saint) 
André. 

Montant, écart d'Arzier, D. Nyon ; fausse orth. des cartes 
comme le montrent MontenSy i244» 1261, i444» Monteins, 1244, 
1246, Gart. Oujon, M. R. XII = chez les descendants de Munty 
MundOy n. pr. germ. Fôrstm., 940. 

Montaubion, D. Moudon, Montalbium^ 1228, Montoubyony 
xiii^ s., et Monte AlbeoniSy Albionis vers 1280, Gart. Laus. M. 
R. VI, i55, 187, et VII, 87. D'après cette dernière forme, où le 
déterminatif est au génitif = Mont d'A/6/on, n. pr. latin, « no- 
men virile. » De Vit, I, p. 197. 



MONTAVAUX — MONTBOVON 285 

Monta vauXy ham. d'Org'es, D. Grandson, loc. à Dombresson et 
ailleurs ; de mont et avaux^ en aval. 

Montavon, ham. de Boécourt et m. à Reclère, D. Porrcntruy, 
Berne, Montaan, i33o. 

Montbautier, ham. à Saicourt, D. Moutier, Berne ; probable- 
ment mont et n. pr. germain Balder ou Balter, mont de Balter. 
Montbelley, 2 ham. à Tornj-le-Grand, D. Glane, Fribourg. 
Monibeney, villa et domaine, Mont sur Rolle, Monte bent" 
dictOy ia84; tire son nom de Tabbaje de Montbenott en Bour- 
gx)gne qui j possédait des dtmes en i i4i« 

Montbenon à Lausanne, Monbennon, 1 233 ^ Mont benan^ i238; 
M. H. VI, 597, 661, Mombennony 1269, Montbenon^ i533, M. 
R, VII ; un autre, petite colline de prairies, à Vallorbe ; = Mont 
de BeçLno, n. pr. germain connu. On trouve aussi des champs 
Bennon: campant Bennonis vers 1170, à Lussj, Frib., Donat. 
Haut., no 129. 

Montblesson, ham. de Lausanne ; mont et blesson, fruit du 
poirier sauvage et le poirier lui-même, abondant dans ces contrées. 
Montborget, D. Broyé, Fribourg, — ham. de Blessens et de 
La Joux, D. Glane, Fribourg ; ham. de Giez, D. Grandson ; mont 
et borget, borgely dim. de bourg = petit bourg sur un mont. Le 
P. Dellion, Dict. VII, 542, traduit le premier par « malum bur- 
gum » (burgellum), comme Mauborget, Vaud, mais il ne donne 
pas de forme ancienne justifiant cette interprétation. 

Montbovet (ou Montbovat), ham. de Montfaucon, D. Franches- 
Montagnes, Berne, Montem bovetiy 1210, Montbooa, i436 ; de 
bovet, jeune bœuf. 

Montbovon, D. Gruyère, Fribourg, décima de MontebovoniSy 
1255, Montis bovonis, 1294, M. R. XXII, 43o, 44i> Monbovom, 
i365, d'après Studer, Mons bovum, Mons bovariorum, sans 
indication d'origine ; ail. Bœmberg^ 1492 = mont des bœufs ou 
des bouviers. Mais i^ ces formes ne se trouvent nulle part et 
20 Mons bovum ne saurait donner Mont bovon. M. Paul Marchot, 
Revue suisse cath., 1900, indique la vraie origine : Mont de Bovon, 
n. pr. Ce nom est connu dans la Gruyère. Nous trouvons au milieu 



286 MONTBRELLOZ -^ MONTE MORO 

du XII® S. un Humbertus Bovon ; en ii43, ii54» un Bovon de 
Mossez (Mossel), en 1268, un Bovon, curé de Gruyère, 1260, M. 
R. XII et VI, et la famille Bovon existe encore à Chàteau-d'Œx. 

Montbrelloz, D. Broyé, Fribourg, Morts brenloSy 1228, M. R. 
VI, Montbrelo et MontbrenlOy i325, Matile, i343, Montbreloz, 
1453 ; le même d'après les anciennes formes que Montbrenlaz^ 
ham. de Villarimboud ; le P. Dellion, VIII, 468, hasarde Mons 
Berulfi. Les formes anciennes ne permettent guère cette explica- 
tion. 

Montbreux, voir Breuil. 
* Montbrion, voir Brie. 

Montbut à Pont-la- Ville, Fribourg = Mont du bout (voir But). 

Montchallon, m. à Chàteau-d'Œx ; le Dict. de Godefroy a le 
V. fr. challon, s. m., espèce de bois. 

Montcherand, D. Orbe, Moncherantj i453, Montcheranty 
1475. 

Montchervet, voir Ghervettaz. 

Montécu, D. Sarine, Fribourg, Monticon^ i323, i366, Mon- 
tekoa et Montikon (texte ail.), 1476, Arch. Fr. V, 291, Monti- 
can, 1487, M. G. XII, 142, Montecu, 1690, etc. 

Monteiller, Montellier, etc., voir Montillier. 

Montélaz, crôt à Yverdon, autrefois Montéla^ ancienne pro- 
priété de Tabbaye de Tela ou de Montherond (Crottet, Histoire 
d'Yverdon, p. i33) ; donc Mont-de-Tela. 

Montembloux, ham. de Montévraz, D. Sarine, Afontemblioux, 
Lutz, MutinblouSy 1139, Montambloch, 1298, Montablot^ i3oi, 
Rec. dipl. II, 8, Arch. Fr. V, 296, Montamblod, i644= Mont 
de Ambloch, n. pr. germain, racine Amal, — Fôrstemann a le 
fém. AmblOf — et suffixe oc h, comme les noms dérivés Antoch, 
Gundioch, Waloch, etc., de And, Gund, Wala. Chose curieuse, le 
nom paraît en voie de transformation et le Dict. géog. suisse At- 
tinger, III, 35i, donne en premier rang la forme Montemblon, 

Monte Mopo, mont et col (2862 m.), au fond de la vallée de 
Saas, Valais. Studer donne au choix les étymologies suivantes : 
Monte Moro, de morOj mûre de haie, ou de niorus, ital. moro^ 



MONTBNOL — MONTET 287 

mûrier ; des ronces et des mûriers à 2800 m. ! ou de maiiruSy 
noir : la montagne est toute blanche de neig« ^ ; enfin Moro, de 
Moro, du More^ du Sarrasin, mais les Sarrasins ne paraissent pas 
avoir occupé cette vallée. Au reste la montagne s'appelait alpem 
Monti Molli ^ curtem Monti Molli en i3oo ; de l'adjectif italien 
molle, au sens de facile, doux, ce passage étant le plus facile et 
le seul fréquenté jadis dans cette partie des Alpes Pennines. 

Montenol, D. Porrentruy, Berne, Montenoty ii']^, Montinolty 
1180, 1200, Montenoltj 1210 = mont de Ënold, Eonold, n, pr. 
germain. Fôrstm., 874. 

Les Montenaîlles, ham. du Mont-Lausanne; formé (comme 
Fontenailles, fontaine -f- aille), de l'adj. montain -H aille, coll. 
ou dépréciatif = prairies, terres un peu montagneuses. 

Montérel, pâturage, vallée du Petit Hongrin, Monterai^ i4oo. 
A première vue, diminutif de mont, la forme de i4oo en fait dou- 
ter. A Chàteau-d'Œx on nomme le sommet au-dessus, visible des 
Granges, Mont-Tbrrc/ ou Mont-Tbwr/, sans doute Mont- Touril y 
petite tour (touri, s. m., paquet rond de taviilons ou bardeaux). 
Les autres formes seraient-elles une corruption de celle-ci ? 
Montéret, pâturage près Saint-Gergues = petit mont. 
Monterschu, D. Lac, Frib., Moncorsum, 1281, F. B. II, 117, 
Montcorsu, xiii«s., M. R. VI, 608, MonterschUn, i363. Mon-- 
tersoTiy 1428, Monterschorij i436. Rec. dipl. III, Vil, VIII ; le 
déterminatif est sans doute un nom pr. germain. 

Montet, D. Broyé, Montel, 1184, Arcb. Fr. Vl, Montez, 1228, 
Monfeils, 1266, MontilSy 1276, Montet, 1887 ; — Montet à Bex, 
Monthey, 1792 ; D. Glane ; en Vully, MontelZy i854 ; au Lande- 
ron, Muntelsy 1299, que L. de Meuron écrit Monthey en 1828, etc. ; 
noms contractés de monticalum, petit mont. La forme Monteils 
nous paraît être la contraction régulière de MonticuliSy 11 54» 
1179 (Mossel), que nous trouvons p. 10 et 89, Gart. Haut-Grét. 
Un Montez près de Genollier, 1195, a été identifié à tort par 
M. Hisely avec Mont sur Rolle, Gart. Oujon, M. R. XII, 5 et 217. 

* D'ailleurs moro, noir, n*est pas employé ; les moro, mora des Grisons ne 
Tiennent pas de morus, noir, mais du celtique môr, grand. 



288 MONTÉTAN — MONTHERON 

Montétan, loc. à Lausanne. Serait-ce le lieu nommé à plu- 
sieurs reprises dans le Cart. Laus. Montauter^ xin*s., et Montch- 
tier, 1238, M. R. VI, 247, 4o4, 654 ? 

Monte vie, coteau traversé par le chemin de Gharmoille au ha- 
meau de Fontaine, Jura bernois ; de monter impératif de monter, 
et vie, voie, chemin. 

Montévraz, D. Sarine, Montivrar, i445, Montefran, i644> 
forme germanisée. On reconnaît facilement ici, dans le 2^ élément 
du mot, le nom pr. Evrard, forme francisée du n. pr. germain 
Eberhard, donc mont d'Eberhard. 

Monteynan, ham. d'Arconciel, Frib., Montenan. Montennariy 
fin du XII® s. Donat. Haut., Arch. Fr. VI, mont ôt n. pr. 

Montezillon, ham. de Rochefort, Neuch., Monteisillum, 1247, 
MontisiloTiy i3ii, Montissilion, i346. 

Montfaucon, D. Franches-Montagnes, Berne, ail. Falkenberg, 
Montera Malconis, iiSg = Mont de Falcon, n. pr. ou Mont du 
faucon, n. commun ; plutôt le premier, comparez avec Prafal- 
con, Farcounet. 

Montfavergier, D. Franches-Montagnes, mons Fabrorum, 
i338 = montagne des forgerons, de mont ei/abricarius, forge- 
ron. 

Montgéroux, m. à Gharmey, fausse orth. pour Géroud = 
mont (de) Géroud = Gerold, n. pr. germain. Montgirod, mon- 
tagne et ferme, D. Moutier, Berne, même origine. 

Montgremay, loc. près Saint-Ursanne, Mons Grimarch, 12 10, 
Mongremart, i436 = Mont de Grimarch, n. pr. germain, ra- 
cine krim. 

Montherod, D. Aubonne, Montero, xiii« s., Monterot, i344> 
M. G. IX, Montheroty i349 ^= Mont d*ua Germain, probable- 
ment Ero, Heroy dont dérive le nom d'Hérens. 

Montheron, près Lausanne, Montenum, ii42, Montenan, 
Montenony xiP s., Montanam, Montunum, 1142, Montheron, 
1177, Montunum, ii84, Montiron, i3i4. Abbatia Sancte Mariae 
de Monte Rotundo, 1177, Cart. Month., M. R. XII. Ce latin est 
une interprétation par le notaire du nom Montheron, dont l'ori- 



MONTHBY — MONTJORET 289 

gine est incertaine. Remarquons le curieux flottement entre les 
liquides r et n au xii« s. Ce n*est qu'au xiv« s. que le r l'emporte. 
Quant au 2® élément du nom, c'est sans doute un n. pr. germain 
tel que Tenno. 

Monthey^ Valais, Montez^ laiS^ Monteyz^ ia33, Monteys^ 
ï2^^y Montez, 1241, 1268, Montelz, 1267, Montetz, 1290. Vers 
Monthey, ham. d'Yvorne, Monthey, 1827, Montheolum dans 
les chartes xiii«-xv« s. Monthoux, loc. à Meyrin (petit crét), 
comme le Monthoux, Savoie, Montheolnmy 128'], Montou, i355 ; 
en Monthion à Long-irod = diminutifs de mont ; monticulum 
donne monteil. 

Monthorens à Ecuvillens, Frib., es Montorens, xii<) s. ; de 
Mont et Thorens, Torens, voir Torins. 

Montiau, montée rapide à l'entrée du vallon des Mérils, et 
Montiaux, vallon de la Gérine, les deux à Ghâteau-d'Œx : mont et 
sufHxe patois iau ■= oir : montoir. 

Montignez, D. Porrentruy, Berne, Montignei, 11 70, Montai^ 
gnie, 1181, Muntiniacum, 11%'], Monteg nez, \i%^, Montaigny, 
i346, etc. =(fundam) Montaniacuni, domaine d'un Monta' 
ni us (voir Montagny). 

Moniillier, D. Lac, Fribourg", es Montelliery 1270, M. Fr. I, 
264, MuntelSj i3oo, F. B. IV, 2, ham. à Château-d'Œx, etc., 
MoniillieZy ham. d'Oleyres, Montilier, Montiller, Montoilly, 
Montilly, Montillet, Montillat, nombreux ham. et lieux-dits, — 
plus de 5o, — dérivés de monteil, petit mont, du latin monticu- 
lum. Quelques-uns peut-ôtre aussi de Mont-Tillier ou Tilley, de 
tilietum = lieu montueux couvert de tilleuls, mais non de Tel- 
lier, n. pr., car les formes latines seraient mons, montem Tilleri 
qui ne se rencontre jamais. 

Montillon à Pàquier, Gruyère, très petit mont. 

Montimbert, écart de Châtel-Saint-Denis, vignes à Ghardonnc 
= mont d'Imbert, n. pr. 

Montjoret, 2 ham. Mézières et les Glanes, Frib. ; de mont et 
joret, s. m., forme masc. de jorette, s. f., petite joux = mont de 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 19 



290 MONTJOVIN — MONTMEILLAN 

la petite joux. Pour M. Bonnard (in litt.), pli^tôt n. pr., mont 
d'un nommé Joret. 

Montjovin, terr. à Massonens, Frib.^ signalé par le P. Dellion, 
Dict. VIII, 345, en Montjovin^ loc, à Autig'nj, Frib., i44i- 
Il faut en rapprocher l'ancien nom du Saint-Bernard, Mont-Joux, 
Mons Jovis, ainsi nommé jusqu'au xiii^ s., à cause du temple de 
Jupiter élevé par les Romains sur le col ; on trouve aussi Mons 
Jovensis, x^ s., Montem Jovinum, Vie de saint Majeul, x® s., 
M. R. XXIX, 35, 39. M. Du Plessis nous a oblig^eamment fourni 
la note suivante : « Montjuvis (pron. isse), ruisseau, affluent du 
Mujon, T.g. La source de ce petit cours d'eau sort du Montjuvis, 
sorte d'épaulement du pied du Suchet situé au-dessus de la route 
de l'Aberg'ement à Baulmes, nommé Montjovet au Cad. de Rani- 
mes. Dans le voisinag'e se trouve le bloc mégalithique du Bon 
Château. Cad. de Rances, 1809-1812, levé par Wagnon, fol. 69, 
70. Dans un autre des premières années du xviii® s., fol. 47> 48, 
en Mont Juyepy et à la table en Mont Juet, ^ Peut-être les uns 
et les autres emplacements consacrés jadis à Jupiter. 

Montmagnoud, crêt à Pampignj = mont de Maginoldy n. 
pr. germain ; voir Magnoud, 

Mon t^Ia- Ville, Montevilla^ ii4ï» villa Mons, ïï49» ^^77» ^* 
R. I. = ferme du mont. 

Montmagny, D. Avenches, Manniacum, ia4o, Montmagniel, 
1760 ; ne peut venir, comme le dit Studer, de mons magnuSy qui 
donnerait magne ; vient de Mons magniacas, du g-entilice Ma- 
gniaSy voir Magny. 

Montmeillan (ou Montmélian, Lutz), m. à Lausanne, écart 
de Peney-le-Jorat ; probablement un Montem Mediolanensem , 
comme Mediolanense castrum, aujourd'hui Château-Meillan, 
Berry. Voir Miolan. 

Le Montmélian ou Montmeillan de Savoie^ bourg' près Chanibéry, 
s'appelait jadis mons Emelianus, d'après le Dict. géog. de Grégoire, 
éd. de 1872. On trouve BertradaSy Jacobus de Monte Meliano, Ittl, 
Humbertus de Montemeliano, 1264, M. R. XXIX et XXX, mais toutes 
ces formes nous paraissent simplement la latinisation du n. français. 



MONTMELON — MONTOISEAU 291 

Monimelon, D. Porrentruy, Berne. Pas de formes anciennes 
pouvant mettre sur la voie. 

Montménily D. Bûren, Berne, ail. Meinisberg ; paraît signi- 
fier mont et ménily v. fr. mesnil, du latin mansionile, maison : 
la maison, la demeure du mont. Mais le nom allemand nous in- 
dique une autre origine: Meinhartsperg, 1268, F. B. II, 587, 
Meynesbergy 1882, Tr. = mont de Meinhart, n. pr. g-ermain. Le 
français n'est qu'une interprétation du nom actuel allemand. 

Monimirail, m. près Saint-Biaise, Neuchàtel ; mont et v. fr. 
mirait = miroir, lieu d'où l'on a une belle vue ; nom récent, 
donné à cette campagne en 17 16 d'après le Mus. N. XXIX, 80 ; 
voir Miriau. 

Montmoirin, ham. de Semsales, Fribourg ; sans doute un n. 
propre. 

MontmoUin, D. Boudiy, Neuchàtel, Montmolens, 1872, Ma- 
tile, Monmollens, i4oi, M. N. XLI ; si les loc. Maliens et J/u/- 
linSf i84o, de Matile s'y rapportent, ce serait un nom d'origine 
germanique, comme Moilens, Vaud et Frib. = chez les descen- 
dants de Mollo, Motilo. 

Mont-Noble ou mieux Mont Nuoble^ au S.-E. de Sion ; de 
montem nubilum, mont nuageux où s'amassent les brouillards, 
ce noble, nuageux, se retrouve dans le verbe einnoblli, se cou- 
vrir de nuages. 

Le Monto ou Montoz, sommet du Jura bernois = montel, pe- 
tit mont. 

Montoie, loc. à Lausanne où commence la montée pour arriver 
en ville ; la Montoie, bois, avec montée de 80 m. à Cornol, Jura 
bernois, dérivés sans doute de monter, bien que le suffixe soit dif- 
ficile à expliquer. Rien de commun avec le oie du latin eta qui 
s'ajoute à des noms de plantes pour désigner l'endroit où elles 
abondent : ormoie, charmoie. 

Montoiseau, loc. à Crans, D. Njon ; Montougy (ogi-oiseau), 
pâturage à Lignerolle, maison à Vallorbes ; Montaugy, loc. à 
Montagny, Frib. ; un Montosel à Vufflens-la-Ville en 1877 = 
mont de l'oiseau. 



292 MONTOLLIET — MONTREUX 

Le Cari. d'Oujon, M. R. XII, parle d'un mont Oisel qui formait la 
limite occidentale et méridionale des possessions de l'abbaye : ab occi^ 
dente terminus est mons Oisels, p. 2, — a meridie terminus est mons 
Oisels, p. 5, mont Oysel, p. XXXÏI, montem Oisel y p. 72. M. Hisely, au 
Répert.y p. 218, le rapporte à la Dôle avec un point d'interrogation. Ne 
serait-ce pas le Mont-Oysel, auj. Montoisey (1671, carte Etat-major Fr.), 
situé au S.-O. de Gex. Quant à l'étymolog^e, nous rattachons ce mot à 
une autre racine, au celtique uœello, escarpé ; voir Eischoll. 

MontoUîet, ham. de Corpataux, Frib. ; Monton, petit sommet 
alpes de Sien ; Montzet, alpes d'Hérémence ; diminutifs de mont, 
le dernier, suffixe patois tzet = chet, comme gretzet de créty 
mayentzet de majen. 

Montorge, loc. à Fribourg* ; coliine avec château à Sien, 
Monte Orgio, i igô, Montorjo, i235-i2g5, Montem ordeum dans 
les chartes xiie-xive s. ; parait être le Mont de l'orge, où Ton cul- 
tive Torge. Mais il y a peut-être une étymologie plus juste. Littré 
a un mot salorge qui signifie amas de sel, jadis au xvi® s. ma- 
gasin de sel, de sal et du latin horreum, magasin, grenier, de- 
venu en fr. orge, comme cercum, cierge. Montorge pourrait donc 
être le grenier, le magasin du mont. 

Montpereux (ou mieux Montperreux), colline et fermes à la 
Ghaux-de-Fonds ; de montem petrosum, mont pierreux. 

Montppeveyres, D. Oron, Monteproverio, i554, Monspres- 
byteri, 1167, Moniprevere, 1177, M. R. XII, et Mont Provaire, 
loc. aux Glées ; de mont et v. fr. provoire, prêtre, du latin pres^ 
byterus = mont du prêtre. 

Montreux, D. Vevey, Monasteriolum, xi^ s.,Mustruelj i2i5, 
Donat. Haut., et 1260, M. R. XXIX, Muistruum, 1228, Mustrus, 
1260, M. R. XXX, MustruZj i334, et Mustreux, i355, M. R. 
XXVIII, 389, 385 ; M. Aymon de Crousaz (Origine du nom de 
Montreux, p. 8, 9), indique encore les formes Monstreux^ Mous- 
treuZy i558, Moustrieux, i5l^2, Mustrueux, 1694; de monas- 
teriolum, dim. de monasterîum, d*où le français moûtier, donc 
petit moûtier, petite église. Mutrux, D. Grandson, Mustrueu, 
i359 (Matile), MustruZy Monstruz, i38i, Mutrou, i4o3, dont les 
anciennes formes sont presque identiques, a sans doute la même 



MONTRICHER -— MORACHE 293 

origine, bien que ce village n*ait pas d'église. Peut-être dépendait- 
il d*un moûtier quelconque ? 

Montricher, D. Cossonaj, Mons Richarius, 1049, Monte Ri- 
cherii, 1177, M. R. I, i54, Monrichie, i4i2 = mont de Richer^ 
n. pr. germain, autre forme de Richard. 

Montriond, crét à Lausanne, Montreonty 1288, Cart. Laus., 
M. R. VI, 644 ; mont et v. fr. riond, reond, du latin rotundus 
= mont rond. 

Montsalvens, D. Gruyère, Fribourg, Montsalvan, 1169, 
— salvairij — saluant, 1177, — sarwayn, 1281, — sarven, i337, 
— salveyns, i34o, — sarvens, i35o ; de montem silvanum, mont 
de la forêt. 

Monlsevelier^ D. Delémont, Rerne, Maziviliry 11 36, Mutz- 
willare, ii39, Muzivilare, ii^Q, Motzewilre, 121^2 y Mucewilre, 
1269, Musseueliery 1817 = villare, village de MnzzOy Mus80,n. 
pr. germain. Le nom français est une corruption de la forme de 
i3i7 et l'orthographe actuelle, avec la racine mont, est tout à fait 
fautive. 

Montsoflo, écart de La Roche, Frib. = mont (du) souffle, du 
vent, patois sôjlà, souffler. 

Les Montuires, rochers, alpes de Salvan, comme coul-uire, de 
monter, et suffixe uire = oire ; rochers où Ton monte, où le bé- 
tail passe pour gagner un gradin plus élevé. 

Monturban, ham. d'Ocourt, D. Porrentruy, Mont-Urhan, i3i6 
:= mont d'Urbain, n. pr. 

Mont voie, ham. d'Ocourt, D. Porrentruy = voie sur le mont; 
il est sur une colline, traversée par une route. 

Morache, loc. à Bramois, Moraschi, i3o6 ; à Nyon ; Mora- 
chon à Ballaigues, Pompaples, etc., diminutif; les Morasses, 
ham. d'Ayer, Valais, Moraschy, 1267, et 5 autres loc. ; Murasse 
et Murace, nombr. loc. ; Murache à Chalais, Mourache à Mol- 
lens. Valais, Morisson, dim., à Savièse ; du frison mur, limon, 
lieu boueux, et suffixe augm. ache, asse. C'est un n. commun au 
moyen âge dans les chartes valaisannes ; un rôle de cens parle 



294 MORAND — MORENNES 

d'un fichelin d'org'e sur « une murasse située » ; une autre 
nomme « certaines murasses » à Ajent, 1 829-1 877. 

Morand, Flon — , affl. de la Paudèze près Lausanne, ^umen 
Maurone, 908, Cart. Laus., M. R. VI, 169; sans doute dérivé 
du n. pr. Maur, voir Morens. 

Morat, Fribourg, curtis Muratunty 5i6, M. F. II, Castra 
Murtenay 10^2, Murat^ io33, 1228, Murten^ 1288, F. B. II, -W^m- 
retanif i255, 1870, etc. ; du bas latin muratum (locum), endroit 
entouré de murs. Des localités du même nom à Lutry, Poliez-Pit- 
tet, etc., ont la même origine ; voir Mur. 

Morale!, loc. près Granges, D. Payerne, Muratel, 1182, 1228, 
Murattel, 1228 ; m. près Cully ; au Moratez(tex), champs à Vil- 
lars-Tiercelin ; dim. du précédent ; racine mur, pierre, voir Mur. 

Moray ou Morey, loc. à Vouvry, la Moraye, ham. de Glette- 
rens ; loc. à Grandcour, dérivés collectifs de la racine g-erm. 
mur y comme mor-aine, mor-ache, etc. 

Morclan, Rochers de — , sommet, alpes de Vionnaz, Valais, 
frontière française, même racine que Mordes, ham. de Lavey, 
D. Aigle, terrulam Mordes, 1048-1281, MorclCy i5o4, Mor- 
claz, 1801. D'après Gatschet, du v. h. ail. muor, marais, mais il 
n'y en a point, et cela n'explique pas la finale cl. Vient de la rB- 
cine celtique mure, terrain rompu, brisé, anfractueux, avec un 
suffixe diminutif : * murcula, morcula^ au plur. morculas, d'où 
Mordes. En effet, Morcles est un pluriel comme l'indiquent les 
mots homines des Morcles, les hommes des Morcles, 1272, M. R. 
XXX, 208 ; les Champs Morcleyres, aux Devens de Bex, même 
racine. 

Mordagne, ham. de Molondin, Mordagne, i4o8 ; Morda- 
gnon, m. à Villars-le-Terroir, dim. 

Môrel, voir Murgier. 

Morenches, loc. à Sottens, Morenzes à GoUonge-Valais ; ra- 
cine mur, comme 

Morennes, loc. Grand-Saconnex, à Tannay, D. Nyon, à Gilly, 
Montherod, et Moreyna(z), vignes à Conthey, Valais ; autres 



MORBNS — MORILLON 295 

formes du mot romand moraine, falaise, pente escarpée, que Kôr- 
ting tire du bavarois mury pierre brisée, cailloutis. 

Morens, D. Broje, Frib., MorenSj 1142, Cart. Month. 5, Mo- 
reins, 1228, Morens, 1819, 1825, Matile, Moarin^ i497> ^or^ 
rens, ïQ^2, Morans, 1^12^ Morin, 1882, Dict. Kuenlin ; Mor- 
rens, D. Echallens, Morrens, ii47, ^^99» Cart. Month., 11, 55, 
Morrans, 1272, M. R. XIV, 806 ; Morenges au lac de Bienne, 
n. fr. de Môrigen, Moringen, 1196, M. F. W y Muringen, 1284, 
Morans, i256, Moringe, 1264, F. B. II, Moirenges, 1278 = 
chez les descendants de Moro ou Maur, n. pr. germain, le même 
que le nom romain Maurus, noir. Fôrstm., p. 924 ; rien de com- 
mun avec moor, marais, comme le veut le Mus. N., i885. Les dif- 
férentes orth. an, in du premier montrent les curieuses fluctuations 
de la prononciation. 

Morge, nom de nombreuses rivières de Suisse et de France ; 
Tune, C. de Vaud, Morgia, 1297, Morgyz, 1828, a donné son 
nom à la ville de Morges fondée vers 1 286 ; autre à Saint-Gin- 
golph, Valais, Morgia, xii« et xiii® s. ; 8« entre Conthey et Sion, 
Morgia^ x«-xiii«s., Morze en patois, noms correspondants des 
nombreuses Murg de la Suisse allemande. Ne vient pas du patois 
mordji, vaudois mourguet, morgier, tas de pierre, comme on Ta 
dit. Anzeiger fur Schw. Geschichte, vol. 88, et Dict. Attinger, ni, 
conmie le veut Studer, de la racine celtique mure, terrain brisé, 
limon ; ou Gatschet, du v. h. ail. maorag^ marécageux^ de muor^ 
marais. Mais aucune de ces rivières n'est marécageuse. D'après 
Holder, nom d'origine celtique ou d'après Jubainville, ligurienne, 
de la racine indo-germanique morg^ vieil hibernien marjy puri- 
fier, au participe pur, agréable, morga, agréable, aimable. 

Morgex, voir Murger. 

Morgins, vallée et ham. val d'Illiez, Valais, MorgenSy ii56, 
Hidber, II, et 1476, Arch. Schw. Gesch. III, Morgen vers 1720 ; 
peut-être parent du n. gaulois Morginnumydénwé, d'après d'Ar- 
bois de Jubainville, du celtique morga, agréable, aimable. 

Morillon, ham. du Petit-Saconnex, Genève, Murillion, 1802, 



296 MORION — MORON 

M. G. III, i8i, Mourillon, loc. à Ballaigues ; peut-être du bava- 
rois mur, pierre brisée, terrain caillouteux. 

Morion, chalets sur un crèt arrondi près Liddes = mont-riond^ 
mont rond. Grêt Maurion à Vallorbe. 

Morlens, D. Glane, Fribourg-, Morlingis, villa Morlensis^ 
996, Morlens, 1 1 1 1, M. R. III = chez les descendants de Morilo, 
n. pr. germain. 

Morion, D. Gruyère, Fribourg", Molas subteriores, 955, Mol- 
loriy io38, Hidber, I, 1882, 1464* Mollun, 1264, Hec. dipl., 
I, p. 100, Mollom, 1286, Morlorij i5oo, Arch. Fr. III, 78, 162. 
D'après le nom de 955, dériverait de meule et serait de la famille 
de moulin, mais le suffixe o/i, d'après M. Bonnard, ne peut re- 
présenter le latin inum, 

Mormont, tertre près Pizy, D. Aubonne ; ham. de Courcha- 
von, D. Porrentruj ; Morlmont, crêt boisé près Charmoille, 
D. Porrentruj ; de morum, mûre de haie, la ronce = créts cou- 
verts de ronces. Quant au Mormont près Ëclépens, du reste de 
même origine, voir Mauremont. 

Mormontani, loc. à Yens, D. Morg-es, Montmettan, 1268, 
Montmontant, 1268. La première forme fait 'supposer dans le 
déterminatif un nom de personne. 

Mornens, maison près d'Orges, enclave de Champvent, ou en 
loii le roi Rodolphe donna des terres à Romainmôtier, M. R. 
III, 428 = chez les descendants de Morino, n. pr. germain ; de 
la racine Maur^ noir. Fôrstm., p. 915. 

Mornex ou Mornay, loc. près Lausanne, Modernacum, 920, 
Mornay^ 1198, Mornai^ 1288, et un autre à Satigny, Genève; 
de (fundum) Modernacum, domaine d'un Modernus, cognomen 
romain. 

Moron, sommet du Jura bernois ; 8 ham. de Chatelat, Saint- 
Braix et de Gourchavon, mont à Courgenay, mont à Lugnez, 
cirque rocheux près la Chaux-de-Fonds = Mont Rond y comme le 
montrent ces textes dans Trouillat : viam de Monte rotundOy 
12 10, pratum situm in Monte rotundo, 1254. Sus Mouron, pâ- 
tur. à Provence, au pied d'un crêt arrondi, probablement le 



MORRENS — MORTRUZ 297 

même mot. C'est sans doute le Morront près des Fauconnières in- 
diqué dans une délimitation de 1820 (Matile). 

Morrens, D. Echallens, voir Morens. 

Mortaigue ou Mortigue, affl. du Talent, ruisselet à Ai|;^le 
(Fontaney), la Mortigue, affl. de la Bressonnaz^ D. Moudon, et 
une autre, affl. du Grenet, D. Lavaux ; de morte et aiguë, igue^ 
de aqua, eau : morte-eau, à cause de leur cours paisible. 

Mortais ou Mopleys, vallon rocheux de la Gruyère, alpes de 
Charmey ; Mourtey, ham. de Leytron et pâturag'e de Bagnes, 
Valais ; Mourti, trois localités, — rochers, — val des Dix, val de 
Ferpècle et alpes d'Ayent, Valais ; en Murty, champs à Ollon, les 
Mortennes, arête de rochers, alpes de Vouvry, forme adjective. 
Au moyen âge le mandement de Satigny, Genève, s'appelait la 
terre del Monter, dou Morter, 1261, 1274, Rég. gen. 229, 269, 
et le sig-nal de Ghoully Mont Mortier d'après Blavignac. Ces di- 
vers mots, et particulièrement le Mortcr de Satigny, ont une frap- 
pante parenté avec les Morter, Mortel, Martel, murtera^ aug-m. 
Murteratsch, dim. Murterett des Grisons que Pallioppi dérive 
d'un mot celtique mortari et auquel il donne le sens de sol aride 
caractérisant les hauts pâturages où l'herbe pousse difficilement. 
C'est effectivement le cas pour les pâturages valaisans et fribour- 
geois nommés ci-dessus ; mortari doit être parent du germ. mur, 
pierre brisée, rocaille. 

Mortaveau, loc. à Nyon ; aussi écrit et plus correctement 
MortavauXy vallée morte. 

Moptive ou Mortivue, D. Veveyse, Fribourg, affl. de la Broyé ; 
de morte et ive, eau, syn. de Mortigue. 

Mortriiz, ruisseau à Cressier, Neuch. Au premier aspect paraît 
signifier ruisseau mort, paisible. Mais son cours est rapide : il 
fait une chute de 5o à 60 p. de hauteur totale au pied du tertre 
où s'élève l'antique église de Saint-Martin. En outre la prononcia- 
tion — t sonore — semble indiquer une autre origine. M. Alf. Go- 
det, M. X. XX, 288-286, dont nous rapportons la démonstration en 
abrégé, le tire de Martis rivellus. Il coule non loin d'un lieu où 
devait s'élever un temple de Mars dont on a retrouvé les autels 



298 MORVAUX — MOTIER 

et du mas de vig'nes appelées les Saint-Martin^ nom chrétien subs- 
titué au culte de Mars, cas fréquent. Quant à Martis devenant 
mort, outre que la permutation a-o se rencontre ailleurs, Ducange 
a un exemple topique (au mot mortua aqua) qui parle d'un cam- 
pum Martis situm in loco qui antiquitus Mortis aqua, novitatis 
depravatione mortua aqua appellatur. Un autre argument à l'ap- 
pui de Tétjmologie de M. Godet est le nom de Mont marte que 
porte la rue du haut de Gressier, tendant à l'ancienne église de 
Saint-Martin, M. N. XXIV, 282. 

Morvaux, ou moins bien Morveaux, rochers, — lugubres, dit 
Lutz, — entre la Valsainte et Bellegarde, Friboui^, Morval, 
ii34, iilfi, Morvas, ii[^6, Morvaux, 1198, M. F. III, 64, 69, 
Morvauz, 1247 = mort val, vallée morte. 

La Mopvaz, ruiss., affl. de la Venoge, la Morva, i344 ; Mop- 
vette, affl. du Veyron ; de morve, flux nasal. 

Morvin, ham. de Marlj et de Montécu, Fribourg ; sans doute 
pour Morvens = chez les descendants d'un Germain dont le nom 
dérive de la racine mor, comme Morwo. 

Mosse,s, très nombreuses localités des Alpes (aussi du Jura : 
Mosses^ Val-de-Travers, Mousses, ham. de Cuarnens), avec les 
variantes Mossaz, Burtignj, Mousse, Blonaj, Port-Valais, les di- 
minutifs Mousset, Finhaut, Mossette,s, Moussetaz ; Mosson, 
Gonthej ; les formes collectives les Mossières, prés à Aubonne, 
Mosseires à Riaz, Praz Mossiaux à Forel-Lavaux, Pâquîer- 
Mossy à Ghâteau-d'Œx ; de Tall. moos, marais. 

Mossel, D. Glane, Fribourg, Moncels vers ii5o, Muncels, 
xije s., MonseZy i245, Mossez, i258, Monses, 1260, M. R. XII, 
le P. Dellion donne encore Monsey, Mossey. Un Durannus de 
Moncels y est appelé ailleurs Durannus de Monticulis^ p. 10, 89, 
i53 ; du V. fr. moncel, du latin monticellum- petit mont. Mossel 
était aussi au moyen âge le nom à Vevej de la localité appelée 
aujourd'hui les Cheneveyres, M. R. VI^ 856. 

Motier, Neuchâtel, Mosiier, 1880 ; Motîer en VuUy, Mostier, 
1267, 1827, Moutîer, Berne, Monstier, 1189, 1817 ; du latin mo^ 



MOTONEY — MOULIN 299 

nasterium, provençal monestiery v. fr. monstier^ qui signifiait 
couvent et église ; en patois mothi, mouthi, de là : Sous le Mou- 
thi à Bretonnières, Sur le Mothy à Vugelles, au Mothy à Cha- 
vornay et le Mouti ou Mouthi, loc. à Vallorbe, emplacement de 
l'ancien prieuré. 

Motoney, prés marécageux à Fully ; Motona à Nendaz, Moto- 
naz au Sanetsch ; de moton^ mouton, et suffixes patois a, ey, ier 
(pré) moutonier, où Ton fait paître les moutons. 

Mottaz, Motte, Mothe, les collectifs Motty, Mottey, Mottex, 
Mottis à Valeyres-sous-Rances, Mottec, vallée d'Anniviers (pour 
le c voir Biolec) ; les diminutifs Mottette,s, Motélon ou Motte- 
Ion, Mottalet à Courtepin ; nombreuses localités^ villages et ha- 
meaux, situés sur des éminences dans tout le pays romand ; par- 
fois sommets, par exemple la Motte^ 2882 m., au N. de Sion. Du 
mot germanique mott^ v. fr. mote, petite élévation, dim. motil' 
Ion y tertre, gaélique motay mont, patois mothOy italien motta, 
romanche mot, muot, 

Moudon, Minnodunum ou Minnidunum à l'époque romaine, 
viens MinnodunensiSy ii« s. ; le n permute avec 1 au xii« s. ; 
Meldon, 1160, Meldun, 1177, Moudon, 1161, Cart. Haut-Crét, 
Moldany Modun^ xii® s., Meldunum dans les chartes du moyen 
âge, Moudon, 1288, M. R. VI, Meudon, 1249, ^' ^- ^'» ®*^* » ®^ 
ail. Milden, De dunum, château fort, et d'après d'Arbois de Ju- 
bain ville du n. pr. gaulois Minnos, connu par les inscriptions = 
château de Minnos. On l'a dérivé aussi du celtique minus, min nos, 
petit, mais ceci n'explique pas le double nn. 

Mouellé ou Moelle, Pierre du — , gros rocher isolé sur le col 
de ce nom. Bridel le tire du celte moell, ou mouell, chauve = le 
roc nu. 

Aux Mouettes, champs à Isérables, Valais ; il ne peut s'agir 
de l'oiseau ; probablement dim. du v. fr. mouéCy s. f., mesure de 
terre qui pour l'ensemencement exigeait un boisseau de grain ; du 
latin modiata. 

Mouille, etc., voir Moille. 

Moulin, près Sierre, voir Mollens. 



300 MOUNAZ — MUJON 

Mounaz, ham. de Vaisternens et Rueyres, Frib., avec moalin 
sur la Neyrigpue ; de molina^ moulin. 

Mountet, au fond du vallon de Zinal, autre forme de montet. 

Moures, Mouret, voir Mur. 

Mourgues, Mourgaz, Mourget, voir Murger. 

Mouri, Sex — , Ormont-dessus, aussi S ex ou Rocher Murgaz 
ou Mourgaz ; le Mourin, sommet sur Bourg'-Saint-Pierre ; mots 
dérivés du g'ermanique mur^ pierre brisée (parent du latin murus, 
muraille). 

Moussillon, combe à la vallée de Joux^ patois Comba au MuS' 
silhon; au MoussilloD, loc. à Saint-Prex. Ce mot patois sig'nifie 
à la fois moucheron^ insecte, et mousseron^ champifj^non. Ceux 
qui connaissent les localités peuvent décider. 

Mouterin, Praz — , à Roche ; probabl. pré des gens de Montreux. 

Moveliep, D. Delémont, ail. Mode rsivi 1er, Moderswilre = wiV- 
lare^ village, de Moier, Afoder, n. pr. germain. Fôrstm., p. 935. 

Les Mueges ou Mueses, prés à Posieux, Frib. ; le P. I>ellion, 
Dict. VIII, 35i, en fait un dérivé de mooSy marais, ce qui nous 
paraît fort improbable. 

Mugncns ou Munnens, loc. à Cuarny, MunnenSy loii, et 
Mugnens, 11^4, Munens, ii']'], Afouinens, 1199, M. R. VI et 
XII (rapporté par erreur à Monnaz par Hidber et le Dict. de Lutz) 
et probabl. Monnens, loc. à Gimel et à Pomy = chez les descen- 
dants de Mtinno, Aluno, n. pr. germain. Fôrstm., 987. C'est le 
correspondant des loc. allemandes Maningen, Munnenheim, etc. 

Au Muguet, forêt à Monthey, Valais, Murguet, 1696 ; peut- 
être endroit où abonde le muguet, patois murguety mais peut-être 
faut-il le rattacher à mourguet = murgier. 

Le Muids (fausse orlh.), ham. d*Arzier, D. Nyon, villa Mucia' 
tis entre 962 et 998, grangia que dicitur au MuiSj 1260, grangie 
dou Mois, 1266, M. R. XII, 100, 176; du gentilice romain Mu- 
ciuSy d'où Muciatis, comme le gentilice Sullius a donné Sulliatis 
d'après Holder. Ainsi qu'on le voit, le d est parasite et devrait dis- 
paraître. 

Mujon ou Mugeon, ruiss., affl. de la Thièle, D. Orbe. A dé- 



MULETS — MURGUET 301 

faut de formes anciennes on ne peut que conjecturer. Peut-être du - 
V. fr. muir ou maire, mug-ir, le mujon, le ruisseau qui mug^t ; 
comparez la Brinaz, la Mionnaz, etc. 

Les Mulets de la Liaz, — de Zessetta, arête de rochers, vallée 
de Bagnes ; comme les Grands et les Petits Mulets de Chamonix, 
par métaphore, ces rochers ayant de loin Tair de mulets traversant 
les champs de neig'e. Ces figures sont fréquentes : on connaît le 
Lion, TAne, le Cheval blanc, le Corbeau, le Mouton. 

Miind, D. Brig'ue, forme germanisée de mont : Monty 1299, et 
au xiv« s., M. R., Mond, i348, Berchem dans Jahrbuch Schw. 
Gesch. XIV, 333. 

Mur, D. Avenches, Maris ^ i337, i453, et 6 loc. Vaud et Frib. ; 
la Fin de Mur prés Chéserex, D. Nyon, probablement leMauras 
d'entre 995-1017, Rég. g-en. 4? ; Mura(z), ham. Sierre et Sion, 
ly Mara, i4i4 ; Muraz, Monthey, Noville, Villeneuve, et 3 autres ; 
Mouraz à Conthey ; Murai, Céligny, Ëvionnaz, Goumœns, Matran ; 
la Mure, à Lancy ; Mures, à Mazembroz de Fully ; aux Mures à 
Chardonnay-Morg-es ; Muret à Finhaut et 4 autres ; la Murée, 
Ormpnt-dessus ; es Murailles, 6 loc. Frib. ; Muresses à Saviése ; 
Murettes à Duilier, Mareta prés Yens, 1249 ; les Moures, ham. 
des Cullayas ; Mouraz à Conthey ; le Mouret, 3 ham. Frib. et 
loc. à Conthey, à Lussery ; les Mourets à Rougemont, Murist, 
D. Broyé, Frib. ; Maris, 1228, 1377, ^453 ; dérivés du latin mu- 
ram, mur os ^ désignant, dans les endroits habités, des localités 
où se trouvaient des restes de murs et constructions romaines ; de 
là également Moral et les nombreux Maar, Mari de la Suisse 
allemande. Dans les Alpes, de la racine germanique mur, pierre, 
rocaille, par exemple les Murs, rochers, éboulis, alpes de Liddes. 
La Muratte, 2 pâturages. Vallée de Joux ; dérivé de mur, au 
sens de pierre, et suffixe dim. atte = elle: pâturage rocail- 
leux. 

Le Murguet, loc. à Saint-Gingolph, Murgîer, m. à Corre- 
von, Meurgier à Lens, Mergîer à Gourtetelle, les Morgiers à 
Chézard, Murgy, Burtigny, Prahins, etc. ; Murgîs, Ormont-des- 
sous ; Murgaz ou Mourgaz, Ormonts et Château-d'Œx ; la Mur- 



302 MURIAUX — NANCIAU 

gataire^ pàturag'e à l'Abbaye, les Mourguets à Vaippens, Mour- 
zet, OrmoDt-dessous, Morgex, Monthey, Olloa et Lejsin ; du n. 
commun v. fr. encore usîté murguet, Vaud, murger, murgère^ 
Valais, merger^ Bourg'og'ne, murgée^ Berrj, le bas latin murga- 
rium de Ducang'e n'est que la traduction du mot vulg'aire ; de 
muricarium^ dérivé de muruSy mur, parent du germanique mur^ 
pierre brisée ; Merien, ham. près Stalden, Morgi, i256, et Mô- 
pel, village près Brigue, Morgi, 121 3, Morgie, i245, Morgy^ 
1260, Morgiay 1474? tirent aussi leur nom de morgier, tas de 
pierres ; ce dernier village est bâti à côté d'un immense éboule- 
ment préhistorique. 

Muriaux, D. Franches-Montagnes, Berne, Mirevalj i3i5, puis 
Mi rival, enfin Murival ; de mire, impératif de mirer, regarder, 
et val. Le nom allemand Spiegelberg signifie Montmirail, à peu 
près le même sens. 

Murist, voir Mur. 

Musot ou Musotte : t sonore ; ham. de Vejras, D. Sierre, Va- 
lais, Mezioth et Meiot, 1226, Mujot, 1288, i438, Myojot, 1260, 
Moujoty 1293, Mojoty 1454» permutation valaisanne j-s, z. Ori- 
gine inconnue. La forme la plus fréquente présente la racine 
mouj\ muj qui se retrouve dans le nom du ruisseau le Mujon, 
voir plus haut. Quant aux graphies Myoço, 1267, ^y^j^y i3o4, 
il est difficile de dire s'il faut les rapporter à Miège ou au ham. 
voisin de Musot. 

Mutrux, D. Grandson ; voir Monlreux. 

Muveran, sommet sur Bex, ou Mœveran, carte Rovéréa et atlas 
Siegfried. Bridel le dérivait du celtique « muva, lieu où l'on tient 
les vaches, » étymologie à mettre en quarantaine jusqu'à plus 
ample informé. 

IVaires ou Nairy, voir Neyre. 

IVanciau(x), 2 ham. de Puidoux près du lac de Bret, Nan- 
chaux à Lessoc ; formes patoises de nansoir ou nançoir, écha- 
faudage pour placer la nasse, v. fr. nanse, bas latin nansa. De 
là riie du Nançoir ou Nansoir à Noville, et le diminutif au Aa/i- 



NANDS — NAUD 303 

sioretj loc. à Yvorne ; une charte de Sioa parle de ces nansoirs : 
« quandam barram factam pro piscatura, gallice nanzijoupy » 
i43o. 

Es Nands, mieux es Nants, mayens sur un terrain ondulé, 
alpes de Vionnaz, Valais ; de nant au sens primitif de vallée : il 
n'y a pas là de ruisseau. 

IVanse, loc. vignoble de Savièse, dans le ravin de la Sionne, 
Nans et Nanz, 1200-1288, Nancz, NantZy i3o6, etc. ; IVantze, 
champs à Grimisuat et Savièse dans la vallée de la Sionne ; du 
celte nans, nant, vallée, voir Nant. 

^fant, nom commun de nombreux ruisseaux, canton de Genève, 
rives du Léman et Bas Valais ; 2 ham. VuUy fribourgeois ; de la 
racine celtique nantUj cambrien nant^ comique nans, nantz^ 
vallée, d'où il a passé en français au sens de vallée d'abord, puis 
de ruisseau. C'est à la même racine qu'il faut rattacher le ^^fanz- 
thal près Viège, Nancz, i256, et le composé Ginanz (de ge, pré- 
fixe allemand marquant la collectivité). De là aussi le nom des 
anciens Nantu^ates = habitants de la vallée, environs de Saint- 
Maurice. 

Nantillières, loc. à Rochefort, Neuch. ; au IVandillier à Co- 
lombey, Nandillières, 1696, es NandilleSy 1776 ; du patois na/i- 
tillay neintilla, nentille, Berry, lentille, et coll. ière, endroit où 
l'on cultivait des lentilles ; au xvii® s. on disait à Paris nantilles : 
« il faut dire des nentilles avec les Parisiens, et non des lentilles 
avec les Ang'evins » (Ménag'e). 

Naters, D. Brig'ue, Valais, Nares, 1017, Natrensi villa, iioo, 
Natria, 11 38, Narres, 12 10-1476 ; Proz de Narres à Saxon ; du 
celte nader, natri, serpent, couleuvre, natru, serpent d'eau, pa- 
rent du V. h. ail. natara, ail. moderne natter: endroit où abon- 
dent les couleuvres, les serpents. 

La Naud (ou Naux, Lutz), ham. de Collong'es, D. Saint-Mau- 
rice, Valais, fausses orthographes pour la Nau ; celtique nau, 
latin navem, bateau : l'endroit au-dessus des rapides du Bois 
Noir étant favorable à un bac, appelé nau dans la vallée. 



304 NAUPRAZ — NAYE 

Naupraz, loc. Sédeilles, D. Payerne ; de naUy nauva, Deuf, et 
praz = pré neuf, nouvellement défriché. 

IVautze, territoire à Grimisuat ; peut-être autre forme de Noche 
(ch-tz) ; voir ce mot. 

Nava, alpe d'Anniviers, Valais, alpe Nova in Annivisio entre 
1206 et 1287, M. R. XXIX, 826 = alpe nouvelle, la Neuve y 
comme la Nauva(z), alpes de Blonay, et une autre Neuve, dans 
le val Ferret. Permutation o-a, comme mala de mola, moîa, maïa^ 
longe-lang-e, zô-zâ, le patois prononce naova ; la Navettaz, à côté 
de la Nava, diminutif. 

Au Navay, prés au bord du Rhône à Vouvry ; endroit où se 
trouvait jadis le bac, remplacé, un peu plus bas, par le pont de la 
Porte du Sex ; variante du v. fr. navoi^ navire, bateau ; voyez 
aussi Nau. 

Navîzence ou Navigenze, rivière du val d'Anniviers, Valais ; 
aquam de la Navisenchy^ 1267, i384. 

Nax, D. Hérens, Valais, Narres vers iioo, Furrcr, III, NaSy 
12 fois ii3i-i353, Na^y i364. Naz, D. Ëchallens, Nars, 1218, 
Cart. Laus., M. R. VI, i4i, Nas, 1216; ham. du Mont, D. Lau- 
sanne ; loc. à Préverenges, à Carouge, pâturage sur Baulmes. 
Gatschet dérive les deux premiers de nardus, nard, graminée 
dure et piquante des pâturages de montagne (poil de chien). Cela 
nous paraît douteux et conviendrait tout au plus pour le pâturage 
de Baulmes, mais le nom latin n'a pas passé dans la langue po- 
pulaire, en outre comment expliquer la chute du d dans Narres, 
Nars? 

Naye, pâturage sur Montreux et sommet : la Chaux de Naye ; 
les Nayes, prés humides à Mollens, Valais, et à Monthey (aussi 
Nez), prés de Nayes, prés marais à Noville ; les Naîes, plage à 
Versoix, les Neys au cadastre ; Néa, loc. à Vétroz ; en Nayes, 
les Grandes Nayes, chalets sur Vouvry ; les Nez, alpe et ravin 
sur Saint-Gingfolph, loc. à Gonthey, Nez, 1820 ; prés humides à 
Vionnaz, Nayat, 1728, Naya, 1776 ; m. à Arconciel et à Lussy, 
Frib. ; les Neycx, prés humides à Bex, es Nex, pré marécageux 
à Chesières, à Massongex et loc. aux Fontaines, Ollon, loc. à Bex 



NEIRIGUE — NÉRÉAZ 305 

€t Troistorrents ; composé Versney à Noville = vers les prés 
inondés. Les chartes en indiquent beaucoup d'autres : ejs Ney à 
Bulle, 1826, es Nex à Ëpagny, Gruyère, i548, en Nez^ i643, es 
Née^ 1646, à Autigny ; un Nay près de Géronde, Valais, 1829, 
un Nais près Ërschmatt, 1242, eis Neix à Neyruz, i433, et Nez 
près Mont, 1597. De naye, subst. verbal de nayer^ noyer, au 
sens d'inonder ; désigne des terrains, pour les localités de la val- 
lée du Rhône, que le fleuve ou le lac inondait annuellement dans 
ses crues, et plus généralement des terrains humides, marécageux. 
En Dauphiné 7Var= anciens bras de rivières et terrains bas qu'ils 
inondent, et le v. fr. a naiSy creux où Ton fait rouir le chanvre. 
Pour le sommet de Montreux Studer reprend Tétymologie de Bri- 
del qui tirait ce nom du celtique neachy sommet. Gela convient 
pour celui-ci, impossible pour tous les autres. Du reste le sommet 
ne s'appelle pas Naye, mais la Chaux de Naye et ce dernier nom 
est celui du pâturage. 

Neirigue (ou Neyrigue), commune et affl. de la Glàne, IVaî- 
rigue, affl. du Grenet, IVeireigue près Ballens, D. Aubonne, 
Noîraigue, village et ruisseau, Neuchâtel, Neîpîvue, village et 
ruisseau, Gruyère, Nigra aqua^ 955, M. R. XIX, 48» 980, d'a- 
près Hidher, I, Neire eioCy i4oo, M. R. XXIII, Noyrewe, 1514» 
Neyrevayt, etc. ; la Neyrivue, pâturage à Rougcmont = noire 
eau. 

Neire vaux, ham. à Marsens, D. Gruyère, Neyrevaux, pâtu- 
rages à Lessoc, Ormont-dessus et Peney-le-Jorat, Neîrvaux à 
Payerne, Nairvaux ou Neyrevaux, alpe à Gorbeyrier, Neypvaux 
à Mordes, Noirvaux à Sainte-Croix, Oron-le-Châtel et Noiraigue, 
Nervaux à Baulmes, Nervaud, ham. de Praz, Glane, IVerveau, 
ham. du Bouveret, Valais, fausses orthographes pour Neirevaux ; 
de neir^e, noir, et vaux, vallée. 

Nendaz, D. de Gonthey, Valais, Nenda^ 988, Neinda, 1100, 
J2l^i, Neigda, 1200 (remarquez le groupe eïg = en), Ney nda, 
i25o, Neinde, 1266, Ninda, 1892. 

La Néréaz, ham. de Ghardonne, autre forme de Noréaz, 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 20 



306 NERMONT — NIERLBT 

Nermont, chalets sur Montreux, et Niremont, sommet sur 
Semsales = noir-mont. 

Nesserts. loc. à Fleurier et à Courroux = en Esserts, voir Es- 
serts. 

La Neuva, alpe, val Ferret, Valais = la nouvelle. 

Neyppaz, loc, marais de Payerne = prés noirs ^ les prairies 
où les joncs abondent ont une teinte noirâtre. 

En IVeype, loc. à Agiez près Orbe, les Neypes ou IVaires 
(Nairy, Lutz), ham. de Monthej, li NeyreSy 1829 ; en Neypoo à 
Pullj, Neypin à Echallens, IVeypettaz à Vétroz, IVeypettes à 
Orges, dira. ; Anneyres, ham. à La Sarraz, pour En Neyres ; de 
neireSy noires, endroits sombres, boisés à l'époque. 

Neyrules, maisons sous la Tour de Gourze, Lavaux ; de nuca- 
riolas = noyeraies. 

Neyruz, D. Sarine, Fribourg-, Nuruos, xii* s., Donat. Haut., 
Arch. Fr. VI, Nuruols, 1187, Nuiras, Nuerus, 1187, 1142, M. 
F. II, 16, 220, Nuruos y 1171, i2ï5, Nuruz, 1198, 1247, M. F. 
III, 69, IV, 2i4, Nurrier, 1261, Zeerl., Nerioux, i525 ; de nu* 
careta, nucaretum, noyeraie. Le P. Dellion, s'arrètant à la 
forme moderne, traduit par ruisseau noir, explication contredite 
par toutes les formes anciennes ; 2» IVeyruz, D. Moudon, Nuirai, 
ii&S, JVy roui, 1261, M. F. IV, 218, Neyriouz, 1869; du bas 
latin nucarioluni, noyeraie. 

Nex, Nez, voir Naye. 

Nialin ou Niolin, ham. de Savig^ny, D. Lavaux; de Tadj. pa- 
tois nialein, gnialein, endroit où s'amassent et séjournent les 
nioles ou brouillards ; niola, du latin nubila, dérivé de nubes. 

Niedens, grand ham. d'Yvonand = chez les descendants de 
Nid, Nied, n. pr. germain, de la racine gothique /ie//A (6), envie. 
Fôrstm., 967. 

ISier, Six, alpes de Saillon ; syn. de noir, noir = rocher noir. 

Nierlet, — les Bois, commune, D. Sarine, Nyalet, Niarlety 
i4o4, Nyarlet la Bos, i475 ; 20 ham. de Neyruz, D. Sarine, 
Fribourg, Nuarler vers 1170, Nuarlez, 1178, Noarlez et Nuar- 



NIFLEMENT — NITRAVERD 307 

let vers 1280, Donat. Haut. On peut en rapprocher Nerly, ferme 
à Vermes, Jura bernois, en patois Nierli, 

IViflement ou Mclement (f-c), ham. de Lessoc, D. Gruyère, 
Fribourg, Neyjlementy 1896, Neirjlumen, i456 ; ce second mot, 
moitié patois, moitié latin (le P. Dellion le rapporte à Neirivue), 
est sans doute un essai de latinisation du mot romand, comme 
Arcum cœli pour Arconciel, et ne peut être pris en considération. 
Ori^ne inconnue. 

En IHilliettaz, loc. à Puidoux ; nillette, d'après M. Isabel (in 
litt.) = dépôt de bois près d'une scierie. 

IVîouc (on dit aussi Nieuc), ham. sur Ghippis, D. Sierre, Va- 
lais, Nyu, 12 18, c final, caractéristique des noms de la vallée 
d'Anniviers (voir Biolec). Pourrait signifier nid, patois /iiaei, ni- 
chet, nid, provençal nia, nieu, nid. Ny se retrouve dans Prassony 
ou Praz sur Ny, ham. d'Orsières. Une loc. es Niouz à Lausanne 
ou environs, 1288, M. R. VI, 649. 

La Nioccaz, affluent du Buron, près Gressy. Ce mot aurait-il 
quelque parenté avec Tadj. patois nioca, niaucOy la nigaude, la 
sotte ? Les noms de ruisseaux sont pleins de telles figures : la 
Mionnaz, la Gabiare, la Gayaz, la Frinze, la Brinnaz. 

Au Nîplay, petit bois près Croy, au Mplîer, bois à Aire-la- 
Ville, Genève, au Neplay à Illarse, Valais, Nippley, 1696; au 
IViplay à Saint-Ging-olph ; de niple, nipplie^ nom patois de la 
nèfle ; « le néflier est assez abondant au Niplay (Croy), où, nous 
écrit M. Burdet, je me souviens d'avoir cueilli et mangé des 
nèfles. » 

Niremont, sommité alpes fribourgeoises ; de neiry noir, et 
mont, à cause de ses flancs couverts de sapins. 

IViton, Pierre à — , bloc erratique dans le port de Genève, Nei' 
ton dans Spon, 1670, qui le tire de Neptune, ital. Nettuno, dieu 
des eaux, dérivé aussi de Neith, dieu des eaux chez les Gaulois ; 
aurait été un autel consacré à ce dieu. Au pied de la pierre on a 
trouvé, d'après Spon, un couteau et deux haches de bronze. 

Nîtraverd, carte Dufour, Nitravers, Siegfried, aussi Zim- 
merli, III, 87, ham. de Grône, Valais, fausses orth. ; liaison de 



308 NIVA — NŒS 

en avec /travers, de y = es et travers, dans les terres en travers 
du plateau. 

La Niva, alpe d'Evolène, et Mell de la Nîva, sommet vallée 
d*Hérens ; loc. à Bourg-Saint-Pierre, Entremont ; du latin nivem, 
neige, v. fr. nivey patois nevOy niva, neha. Ce nom se retrouve 
dans la partie germanisée de la vallée du Rhône : Niven et Niven- 
pass, sommet et col, alpe^s de Louèche ; Niwa, bisses, et Niwen, 
mayens, D. Viège et de Brigue. 

Noale, vignes à Ayent et loc. à Savièse = novalia, navales , 
nouveaux défrichements, avec apocope du v. 

Noble, voir Mont-Noble. 

En Noche, petit vallon fermé à Aigle, en Nosche à Ollon. On 
pourrait penser à en Oche, avec soudure de Tn, mais d'anciens 
textes montrent qu'il n'en est rien : les M. R. XXIX mentionnent 
un ciausum de Nochi, 1288, Nochi/y 1829, près Sierre, un pratum 
de la Nochi près Lens, 1260. Les trois du v. fr. noche j forme 
fém. de noc, s. m., baquet, auge, réservoir en pierre pour rece- 
voir les eaux de pluie (Godefroy). 

Nods, ail. Nos, Neuveville, Nos, i255, Noos, i258-i8o6; le 
V, fr. a no, s. m., auge. Dans le Berry, noud, s. m., a le sens de 
noche, voir ci-dessus. Nods est probablement les nos, nods, les 
nouds, les auges, au figuré, à cause de sa position dans une combe. 

Noé, Praz — , à Bramois = pras nové, pré neuf, apocope du 
V comme Noale pour novale, et Balaanx, Balaoz, carte Club, 
alpes de Nendaz, pour Ballavaux. 

Noës ou Nœs, ham. de Granges, Valais. On pense d'abord à 
nuces, noix, le hameau est entouré de beaux noyers. Mais on ne 
trouve aucune trace de ce hameau dans les anciens textes ; par 
contre on trouve une dizaine de mentions d'une localité au terri- 
toire de Granges, nommée Œz, qui a disparu sans laisser de 
traces: Grista de Œz, 1080, vineam Doiz (d'Oiz), 1288, plantata 
de Œz, 1260, QJz, 1279, ^299, vinea de Œz, 1297, frustum apud 
Œz, 1292 et 1297, vinea d'Œyz^ 1304, M. R. XXIX, XXX. Il 
faut en conclure que le Œz du XP au xiii^^ s. et le Noës d'aujour- 
d'hui sont une seule localité et que Noës s'est formé par aggluti- 



NOIRAIGUE — NORÉAZ 309 

nation de la préposition Ën-Œz, Noës, comme Ënnej de en Hejz, 
Neuloz, de En Ëuloz, etc. 

Noiraigue, villagi'e et ruisseau, Neuch., Nigra aqua, 998, Ma- 
tile, I = eau noire. 

IVombrieux, sommets sur Bex et sur Gorbeyrier ; Pointe des 
Ombrieux sur Vionnaz, Valais, rOmbriaou, ou Lombriau, som- 
met et pâturage à Albeuve, Frib. ; du latin umbilicuSy provençal 
umbrilh, fr. nombril. 

IVonens ou Nonan, ham. de Gorminbœuf, Frib., Nonans^ 
1178, Donat. Haut., Arch. Fr. VI, 1260; pourrait être chez les 
descendants de Nonno, NannOy n. pr. germain ; toutefois la dé- 
couverte dans la localité de nombreuses ruines et antiquités ro- 
maines montre que Tendroit a été habité dès Tépoque gallo-ro- 
maine. 

La prononciation ans au xii« s. Ta fait exclure par M. Stadelmann, 
de la liste des noms en ans d'origine germanique. Cela ne nous paraît 
pas une raison absolue, puisqu'on trouve à la même époque et même 
antérieurement la terminaison ans pour des noms germaniques indiscu- 
tés : Marsans, 1137, Sorans, 1150, Hidber, Aleran, Allerant. 1147^ 1154, 
M. K. XII, Granz, 1212, lllan, 1214, Boslans, 1218^ Escublans, 1220, 
Gommuans, 1218, Gomoans, Vuyllans, Promasans, 1220, dans la même 
charte et à côté Vulleins, Promaseins ; Coriolans, Escuvilans, Vister- 
nans, 1223, même charte, à côté de Coriolains, Cotains, Lovains ; nous 
pensons donc que Nonens peut être aussi dérivé d'un n. pr. germain. 

Chose curieuse, ces formes en ans, parallèles à celles en eins, parais- 
sent avoir été des traductions germaniques, si nous en jugeons par un 
acte de 1212-1220 des Fontes rerum Bern. II, 24, qui porte au-dessus 
des noms romands leur traduction allemande, ainsi : 

theotonice Arans th. Merans th. Gurnols 
...ex adjacentibus vicis... de Arins, de Mareins, de Curnâl, 

t. Eingo t. Wilere. 

de Einjo... ac de Vilare. 

Nonans est aussi un n. de famille sans doute dérivé de celui du vil- 
lage, cas très fréquent: dans Jeunet, Abbaye de Fontaine- André, on 
trouve un Pierre Nonans abbé, 1489-1502, un autre Pierre Nonans no- 
taire, 4349, Jean Nonans, 1431. Le sceau de Tabbé porte deux têtes de 
nonnes, armes parlantes. Op. cit., 97, 204. 

Norétiz, D. Yverdon, Nœruls et Nuruls, ii47> Gart. Month., 
M. R. XII, Nœraia, Nueraia, 1218, M. R. VI, 117, Nœrei, 



310 NOUTRE — NOYERAYE 

ia45, Cari. Month. ; les deux premières formes de nucariolaniy 
les autres de nucareta^ forme féminine de nucaretuniy noyeraîe ; 
même ori^ne pour le Noréaz, D. Sarine, Frib., Noarea, ii34, 
Nuarea^ 1180, Donat. Haut., Noreya, i4o5, Norea^ i635. On 
dit une noraie dans le Berry pour une plantation de noyers. 

En IVoutre, champs à Fully, soudure de en = en Outre, 
champs au delà, outre, prép. très employée en Valais. 

IVoval à Buix et Courtedoux, Novalles, D. Grandson, ISovellis, 
1179, NouelleSy i4o3, M. R. XII et XIV ; ham. et loc. à Pully, 
Navales, 1226; Etoy, Renens, Blonay, Poliez-le-Grand, etc.; 
Neu villes à Martig'ny ; Novallettaz à No ville ; le IVovelet, ham. 
de Provence ; aux IVovelets, loc. à Pompaples, diminutifs ; du 
latin novaliay terres nouvellement défrichées ; syn. de essert, es- 
sertum sive novale, M. R. XII, 176 ; se retrouve dans Tall. No- 
flerty villages Berne et Fribourg*. 

IVovassalles ou IVova§elle, loc. à Aigle ; du nom d'une an- 
cienne famille noble, orig'inaire du Chablais, Pierre Denovasselle, 
bourgeois d'Aigle, i442 ; comme Neuvecelle près Ëvian, berceau 
de cette famille, nove sala, 1288, Novassellay itit^i, de nova, 
nouvelle, et sala, du germanique sal, maison, et non de neue 
zelle comme on Ta expliqué. 

Noveleu, lieu-dit à Aile, Jura bernois ; de novale, terrain nou- 
vellement défriché, et suff. dim. eu de eolum, comme Prayeux 
de prateolum. 

Novell! ou Novali, alpe de Nendaz, Novelli ou îVovelle, alpe 
d*Hérémence, Valais, Novelles, i448 ; voir Novalles. 

Novi ou Novy, Praz — , une i2« de loc. Vaud et Frib. = pré 
neuf. No via, vig-nes à Blonay, peut-être môme origine. 

Novîlle, D. Aigle, Vaud, Nova villa, 1177, 1286, Novellis, 
II 79 d'après de Gingins, Recherches. Novilla, 1268, Novella, 
i342 = nouvelle villa, ferme. 

Noyeraye, Monthey, Noyeray, Bagnes, Noyeret, Dorenaz, 
Granges- Vaud etRances, Noyereltcs, Ecublens, Noyerat, Cham- 
pagne, Noyeraux, Aigle, 17 18, Féchy, etc. ; Noïrel à Golombey, 
Noyeret, 1696 ; de nucaretum et nticareta, noyeraie, de nucem 



NOYRES — NUVILLY 31i 

et suffixe areturriy — combinaison des suffixes arius et etum, — 
formé dans la basse latinité lorsque les adjectifs en arius eurent 
pris le sens de substantifs. 

Es IVoyres (noïre) à Porl-Valais, patois nohira = aux noyè- 
res, aux noyers. 

La IVoZy m. près la Sorne et rétang* de Bellelay, et Gombe des 
Noz à Fontenay, Jura bernois ; probablement le même que le v. 
fr. noe, noue, bas latin /loa, normand noCy prairie marécageuse ; 
proprement aug'e, bassin, encore dans ce sens dans le Berry, puis 
terrain bas, inondé. 

Nozon, rivière, D. Orbe, Novisonum ou Novisonam fluviolum 
vers 642, Noisonem fluviolum, 1049. Novisona est évidemment 
formé de Tadjectif celtique novios, nouveau, frais, et o/ia, source, 
rivière, donc source fraîche. S'appelait aussi simplement Lion, du 
celte fflion (pr. lion), eau courante ; de là Vau-lion. 

iVugerol ou Neureux, anc. loc. au lac de Bienne entre Neuve- 
ville et le Landeron y détruite avant 1809. Orthographe très va- 
riable : le Mus. N. XXXV, p. 33, en compte 44 formes ; les prin- 
cipales : Nugeroiis, 866, 884, 962, Tr., Nugerol, ii47, Nueroly 
1 185, Nuruz, 1264, Neureux, xv^ s., Nyrouly etc. ; de nucario- 
iurrif noyeraie. Nug^rol a aussi été le nom au moyen âge (1292) 
du villag-e soleurois de Nug-lar. Tr. 11, 529. L. de Meuron (Mairie 
du Landeron) tire Nugerol de nigra vallis, p. 10, et Neureux de 
neuf ruz, ruisseau, p. i^, "^sins se douter que ce sont deux formes 
(lu même nom. • 

Nuvilly, D. Broyé, Frib., Nivillins, 1182, M. R. VII, 28, Nu- 
rilie, 1228, Nuovillie, 1242, M. R. VI, 667, Nuoilliez, i5oo = 
(praedium) Noviliacum, domaine d'un Novellius, gentilice connu 
chez nous par des inscriptions de Genève. L'interprétation du 
P. Dellion, novus locus, ne soutient pas l'examen. La forme de 
1 182 avec son suffixe germanique est curieuse. C'est une forma- 
tion analogue à celles de Tartegnins et Trevelin, voir ce dernier 
mot. 

M. le curé Dupraz, dans son bel ouvrage sur la Cathédrale de Lau- 
sanne, p. 274, dit « Nivillins n'est certainement pas Nuvilly, comme 



312 NYON — OCHB 

l'apparence le donnerait à penser. » Nous persistons à rapprocher ces 
deux noms qui n'ont pas plus de difiPérence que Tartignie et Tartegnins^ 
Triviliacum et Trévelin et s'expliquent de même. 

Nyon, Noviodunum à Tépoque romaine, puis Nevidunum, Ni- 
dunum et Nudunum dans les chartes au xrv«s., M. G. XXI, 
NiunSy i2o4, 121 1, NionSj i244> M. R. XII, NyonSj 1246, M. R. 
V, 1278, i344; du celte novio, nouveau, et dunum^ fort, nou- 
velle forteresse. 

Obecca, Grande et Petite, et TObequettaz, pâturag'es à la 
Tour de Trême, Obecaz, i368; rObeccaz, ham. de Sorens, 
D. Gruyère ; Chèques, m. à Gurtilles, D. Moudon. Pourrait-on 
supposer Tall. Obegg ou Obeck, localité sur un angle saillant? 
C'est déjà un peu loin de la frontière des langues, bien qu'il y ait 
plusieurs noms allemands à Ghâteau-d'Œx, à La Roche et même 
à Prez, non loin de Payerne, où il y a un lac de Seedorf ! 

L'Obêche, fausse orth. de quelques guides et cartes pour lo 
Besso, sommet d'Anniviers ; voir ce mot. 

Es Obépins, m. à Gratta vache, Frib. ; autre graphie du v. fr. 
aubépin, aubépine. 

Oche, Dent d' — , alpes près Saint-Gingolph, Valais ; de ochey 
s. f. = coche, entaille : la montagne a deux sommets, la Dent et 
le Bec, séparés par une profonde entaille. 

Oche, Ouche, QSuche, diminutifs Ochette, Ouchette, Ou- 
chelettes (Nax, Valais), nom de quelques hameaux et de très 
nombreux lieux-dits^ autrefois n. commun. Littré donne ouche : 
bonne terre capable de porter toute espèce de fruits, terrain voisin 
de la maison, planté d'arbres fruitiers ; du bas latin olcay mot 
celtique employé par Grég. de Tours, vi® s., 4c campus tellure fe- 
cundus, taies enim incolae (les Rémois) olcas vocant » : champs 
de terre fertile, de tels que les habitants appellent olcas, oches. 
Olca a donné oche, retraduit dans les chartes en Ocha (ad Ochas 
à Gorgier, 998), ochia^ parfois latinisé en olica *. Oche se dit gé- 

* Une charte de la 14* année du roi Rodolphe III, soit en 1008, M. R. XXVI, 
p. 142, dit: In villa Severiaco olica I qui terminât de très partes terras Mauri- 



OCOURT — ŒX 313 

néralement dans le G. de Vaud ; Ouche, pied du Jura vaudois et 
Neuchâtel, Œuche dans le Jura bernois. En Valais souvent Dusse, 
Oussettes et avec Tarticle soudé Lousse, Ayent, Vétroz, Loucette 
(Vercorin), permutation ch-s ; enfin Offe, Ouffe dans certaines 
localités de la vallée du Rhône ; voir ces mots. 

Ocourt, D. Porrentruy, Berne, Oscurt, 1189, 1178, Hoscort, 
1210 = cour, ferme de Hozo, n. pr. germain. Fôrstm., p. 700. 

(Ex, Château d' — , Pays-d'Enhaut, Castrum in Ogo, io4o, 
Ogoz, iii5, vallis de Oizt iii5, F. B. I, 0/r, Oity 1177, Or, 
xii® s., Cart. Month. ; Oix^ Œz, 1228, OyZy 1288, puis OyeSy 
1841, Oyex, OyeZj i486, etc., en ail. Œsch, 

On a proposé de nombreuses explications de ce nom. Dans les Etrennes 
helvétiennes de 1801, voir aussi Conserv. suisse^ V, 164. Bridel le dérive 
de oie, pré, par un faux rapprochement avec oison, mieux voaazon, 
gazon^ qui vient du v. h. ail. waso. F. de Gingins en 1837 et Hisely 
après lui, M. R, IX, 51, tirent Ogo de ffoch-Gaa, Haut-go, contrée éle- 
vée, étymologie que Zimmerli considère comme possible ; mais, comme 
Gatschet le fait remarquer justement, on ne trouve nulle part dans les 
chartes des expressions bas latines correspondantes telles que Altigau- 
dia, Altgauvia, etc., qui en seraient la traduction. Pour Gatschet Ogo, 
Ogoz est la forme romanisée du gothique atisk, v. h. ail. ezzisc^ m. h. 
ail. eschj œsch, pâturage clos, entouré de haies. D'autres le dérivent de 
Esche, le frêne, plur. Eschen, du v. h. ail. asca, soit l'équivalent de 
Frasses et de Frenay. Ces deux étymologies, surtout la première, sont 
satisfaisantes pour le nom allemand Œsch, mais il est difficile d'en tirer 
Ogo. 

Ch. Morel, Revue hist. vaud., 1901, dérive à son tour Ogoz du 
mot auge, ouge, bas latin augia, nom très fréquent dans la vallée de la 
Sarine, patois oudze. Malgré toute l'autorité d'une opinion émise par un 
homme aussi versé dans ces questions que Ch. Morel, il nous est impos- 
sible de l'adopter. Sans parler du déplacement de l'accent qu'elle sup- 
pose : Aùfife, Oùge, Ogo, il est difficile d'admettre que cette même racine 
ait, dans les mêmes lieux, donné des formes aussi différentes que Œx et 
Ouge ; il y a 7 Ouges au Pays-d'Ënhaut ; comment leurs noms auraient- 
ils persisté à côté des transformations successives du mot qui est devenu 
Œx? En 1040 Ogo, 1115 Ogoz ; le nom se modifie rapidement, déjà en 

cii, etc., sans doute par un rapprochement avec Tadj. aulica, qui dépend de 
Taula, et dans Hidber, II, p. 499, un acte de 979 (41* année de Conrad) où Bal- 
duf échange Ollica I contre un champ à Siviriacum. Hidber traduit avec doute: 
Hofsttatt ? 



314 OFFE — OGNONNAZ 

1115 Oiz et 1228 Oix et Œz, c'est presque le nom actuel^ tandis que les 
Auge et les Ouge s'appellent encore de même sept ou huit siècles plus 
tard. En outre Aufa^a désigne toujours des terrains bas, au bord des 
rivières. Cette étymologie est, croyons-nous, juste par exemple pour le 
village de Œy^ Bas Simmenthal, Ogie en 1270^ Oia, 1302^ où l'on voit 
la transformation d'augia^ et qui est au bord de la Simme, mais Chftteau- 
d'Œx est sur la hauteur, à 60 m. au-dessus. L'étymologie reste donc 
encore indéterminée. Notons en passant que les prés au-dessus de Mon- 
treux, dans la direction du Pays-d'Enhaut, s'appelaient Prata de Our, 
1317, M. R. 

Offe, Auffe, Ouffe, dim. Ouffettes, loc. de la vallée du Rhône, 
à Vionnaz, Salvan, Colombey, Dorenaz (aussi aux ZoufiFettes), 
etc., Valais, et à Bex, Ollon, Corbeyrier, Veyges, Leysin, 
D. Aigle ; en Louffe à Bovemier, Massougex et Vionnaz, VOche^ 
1761 ; Louf à Evîonnaz, Louffe ^ 1760, Loufe à Collonge ,'pour 
rOuffe ; le même que Oche. Ouche avec la permutation ch-f , 
comme dans Salanfe, Lanfe, pour Salanche, Lanche. 

Ogens, D. Moudon, OgenSy 1166, Ogeins et Oiens, 1227, M. 
R. VI, 176, 177, i85, OgienSy i4i2, Ogens, i453 zz chez les des- 
cendants de Ogo, autre forme de Hugo, n. pr. germain ; de la 
racine v. h. ail. huguy esprit. Fôrstm., p. 760. 

Ogis, Pré des — , à Elssert-Pittet, pour Ozis, pré des oiseaux ; 
du patois oziy de avicellum, petit oiseau, permutation z-j, fré- 
quente en patois. Rappelle un lieu-dit Osoget, 1 258, entre Peney- 
le-Jorat et Gorcelles, M. R. XII, 92. 

Ognonnaz, ou par corruption Oyonnaz, ruisseau près Vevey, 
Ouniona vers 12 15, Cart. Laus., M. R. VI, 35 1, Onuina^ On- 
nunay 122^, Jlumicellum de Osnona, M. R. VI, 875, EgnonaZy 
i356, Ognyona^ 1376, 1893 ; Bridel, Essai sur le lac Léman, 
Conservateur suisse, V, 63, écrit Uïne, 

D'après M. A. de Montet (Hist. Vevey, i35), Ognonaz serait le 
nom du territoire que le ruisseau traverse, nom dû aux planta- 
tions d'oignons qui l'occupaient sans doute autrefois ; le nom 
aurait passé à la rivière. Cette étymologie est bien peu vraisem- 
blable ; tous les noms locaux semblables dérivés de noms de 
plantes cultivées sont en eyre, ère, ière : un territoire planté d'oi- 



OGOZ — OLEYRES 315 

gnons se serait appelé Ounîonere, Ougnonejre, comme on a Por- 
reyre, de porrum, Panesejre, de panis, etc. Ognonaz vient sans 
doute d'une racine celtique onio, ounio, qu'on retrouve dans les 
noms celtiques Ouniorix, Onnio cités par Holder, et ona, rivière. 

Ogoz ou Ogo, domaine sur Saint-Saphorin-Lavaux, Ogga^ 
xii« s., M. R. XII, 19, 162 ; ham. à Puidoux ; propriétés des reli- 
gieux de Marsens au pays d*Offo, ancien nom du pays de Gruyère, 
soit du comté qui s'étendait sur la haute Sarine : Butulum in 
OgOj 900 (Pago ausicensBy 980, Hidber, I, 220), Rua in Ogo, 
1019-1086, Rodulfus cornes in Ogo, 1172, Radulfus cornes de 
Ogga^ xii® s., Rola in Ogo, 1182, decanatus de Ogo, 1228, 
Ponte in Hogo, i25o, aujourd'hui Pont en Ogoz, etc., M. R. 
XII, Zimmerli, II, 188 ; origine incertaine, voir Œx. 

Oie, Oye : Tattes d'Oie à Nyon, Champ de l'Oie à Bière, à Pa- 
lézieux. Moulin de l'Oie à Bogis, bois à Aijsi^le et Daillens, Crèt 
d'Oye à Apples, Prés à Châtel-Saint-Denis, CofiFrane, Pàquier, 
Saint-Aubin, loc. à Noville^ Saxon, MoUens ; Ruz des Oies à 
Bulle ; Fin des Oies à Courtetelle ; Pré de l'Ouye à Yvorne, des 
Ouyes à Oulens ; Pré d'Oyon à Aigle, noms datant de l'époque 
déjà reculée où l'on avait des troupeaux d'oies, patois ohia, ouhie, 
dim. ohion, ouhion, Berry oyon, du latin auca, oie. 

Le Dict. géogr. d'Attinger dérive ces mots de Fall. oei, v. h. ail. 
ouwa, m. h. ail. oia^ prairie humide. Mais un grand nombre de ces 
localités ne sont pas du tout des prés humides, au bord de Teau (Crêt, 
Tattes, Champ). En outre le mot allemand ne saurait donner le son 
mouillé de ouye. En 1675, sur la plainte du conseil de Fleurier, se plai- 
gnant des dégâts faits par les troupeaux d'oies, le Conseil d'Etat de 
Neuchfttel ordonne à tous les propriétaires d'oies de s'en défaire dans les 
huit jours. M. N., VI, 313. 

Oisonfontaine, ham. de Saint-Ursanne, Berne, au bord d'un 
ruisseau. Est-ce le dim. français d'oie, oison, ou une fausse ortho- 
graphe pour Youason^ terrain bas et humide. Il faudrait des 
formes anciennes pour décider. 

Oleypes, D. Avenches, Oleres, 1228, M. R. VI, 834, OlyereSy 
1289, Matile ; Olieres, 1272, Olelres, 1840, Rec. dipl. III, 16 ; ces 
4 orth. dans une même charte de 1289, Mtl., Olieres, i255. 



316 OLEIRE — ONEX 

Wûrstbg*. , 200. D'après Gatschet, de aulearia, de aula, terre 
dépendant d'une ancienne demeure seig-neuriale : très douteux^ 
d'après les anciennes orth. Signifie peut-être poterie ; il y a un 
mot V. fr. olier = potier (note de M. Bonnard). 

L*01eire ou Oleyre, ruiss., affl. de la Mentue, près Bercher. 

Olives, Creux des — , à la Chaux-de-Fonds ; de olive ^ nom 
vulgaire dans le Jura neuchâtelois du Narcisse faux-narcisse, fré- 
quent dans quelques vallées du Jura. A la Côte, olive est le nom 
de la Primevère acaule. 

Ollon, D. Aigle, Aulonum, 5i6, 1018, Olonum^ ii57, OlunSy 
1178, Oulon, 121 1, Olun, 1217, Olon, 1282, Oulon, 1260, 1288, 
Olons, 1260, Oullon, iSgô, i6i4, etc. ; Olon, ham. de Lens près 
Sierre, Valais, -^m/m/is, iioo, Ulricus de Aula, 1219, Galons^ 
1246, Ouluriy i3o8, Olon, i453 ; les deux du latin aula, au sens 
de ferme, dépendance de quelque grande maison seigneuriale. 

Ombriaux, Ombrieux, voir IVombrieux. 

Omène ou Omeinaz, alpe près du lac Noir, Fribourg, souvent 
écrit, avec soudure de la préposition, lac Domène, Bridel, Cou- 
serv. suisse, IV, 281, et Domeinaz, Lutz, ou encore lac Domaine, 
Conserv. suisse, V, 178 et X, 278, alpibus de Almina, 11 84, 
1200, Haulmena, Aumina, 1289, Almina, ii4G, Hidber, ^u- 
mina, ii46 (Mtl.), Halmeyna, xiii® s. (Lib. Donat. Hauterive, 
Arch. Fr. VI. 54, 78, 126) ; de Tall. Almeinde, Allmend = pâ- 
turage commun, d'après Gatschet. 

Le Dicl. géogr. d'Attinger donne asile à une élymologie d'après 
laquelle ce nom lui viendrait d'un moine d'Haulerive qui aurait exorcisé 
les serpents de la contrée, de là le nom de montagne du Moine, dou 
Meino, d'Omeina, puis d'Omène. La simple lecture des anciennes formes 
du nom et le fait qu'Almina se rencontre déjà en H34, tandis qu'Haute- 
rive n'a été fondé qu'en 1137, en prouve Tinvraisemblance. (Dans un 
errata, le Dict. a corrigé cet article qui avait échappé à l'attention de 
ses directeurs.) 

Les Onchots à Cronay, Onchèpes à Oulens, les Onchepaltes 
à Courgenay, D. Porrentruy = jonchets, jonchères, apocope du j 
comme dans le jeu des jonchets dit aussi onchets ; voir Jonchire. 

Onex, C. Genève, Ounay, Honay, xiii« s., Rég. gen., 5i4, 



ONNAZ — ORDON 317 

Onay, 1291, i3ii, i34A> M. G. I, IX et XTV ; de (fundum) 
Onacum, domaine de Onus, comme Aanaj, Dép. Nièvre, jadis 
Onacum. La racine onus est employée dans lonomastiqae romaine. 
De Vit a le gentilice Onusanius. Peut-être Onus est-il simplement 
le nom germain Ono latinisé. Onex devient A u/i^x, 1717, Au/ia^, 
Ounai/y Aulnayy Alnetum au xyiii^ s. par fausse traduction, 
confusion avec aunaie. 

Onnaz, pâturage de Vionnaz, Valais, Hona^ i4o2,M. R. 2^ ., 
II, 39 ; la carte Du four écrit Nona^ soudure de n : en Onaz ; ori- 
gine inconnue. 

Onnens, D. Sarine, Fribourg', ail. Onning, UnenSy 1187, 
ii46, 1197, M. F. II, m, UnainSj 1228, Donat. Haut., UneinSy 
1228, M. R. VI, Onyn, 1622 (Del lion) ; — autre D. Grandson, 
UnenSy 1228, villam des Unens, i84o = chez les descendants du 
Germain On/, Ono. 

Oppens, D. Yverdon, Opens entre 11 63 et 1171, Arch. Fr. VI, 
OupeinSy i244, Wûrstfag*., 92 = chez les descendants d*Oppo, n. 
pr. germain, Fôrstm., p. 971, correspondant des Oppikon de 
Thurgovie (le Orpens de 1223, M. R. III, 552, est sans doute la 
même localité). 

Orbe, Urba, iv« s., Orba dans Frédégaire, 618, Urba, 866, 
879, 987, viens Urbensis, 1049, Orbe vers 1220, Orba, ii4i» 
1228, OrbaZy 1888, M. R. XIV, VI, V; tire probablement son 
nom de la rivière voisine, VOrbe. Ce nom se retrouve en France : 
VOrbt rivière des Cévennes. Orba était aussi le nom d'un fleuve 
de Phrygie, affluent du Méandre, et leur nom vient peut-être à 
tous des sinuosités de leur cours, racine orb, cercle : TOrbe est 
très sinueuse dans son cours supérieur^. 

L'Ordon, forêts à Boécourt, Asuel, Mettemberg, Jura bernois ; 

^ Nous ne savons où M. Maxime Reymond (Revue hist. V, déc. 1905), a 
trouvé que « l'Orbe supérieure s'appelait autrefois la Lionne et qu'au xviii* s. 
encore la Grande Eau se nommait l'Eau noire. » La Lionne, Leona, 1140, est 
un simple affluent du lac de Joux à l'Abbaye et la Grande Eau, jadis Ruisy oa 
Rionze n'a jamais porté que ces deux noms. Celui d'Âijs^e noire appartient à 
un ruisselet, affluent de la Grande Eau à Ormont-dessus et au hameau voisin. 



318 ORGES — OR6IÈRES 

les Ordons, forêts à Séprais, Champoz, Moutîer, Sojhières, Jura 
bernois, au Lieu et le Chenit, vallée de Joux ; pAturag-e à Montri- 
cher, loc. à Bullet, à Saint^Croix ; les Pœts Ordons à Ballai- 
g^es ; les Grands Ordons à Corcelles ; Queue de TOrdon, 
quartier de la Sagne, Neuchâtel = forêt dont le bois, de petite 
taille, est exploité par parcelles par les charbonniers. Un arrêt de 
1744 de LL. EE. « donne droit aux communes de marquer les 
ordons aux charbonniers qui doivent laisser sur place les plantes 
de demi-pied de diamètre. >► M. R. I, 436. 

Orges, D. Yverdon, OrseSy 1260, M. R. I, 2« livr. 178; 
champs à Lens ; probablement de horde um, org'e. 

Orgemont, loc. à Combremont-le-Grand, à Yens, coteaux où 
Ton cultivait Torge ; de horde um et montent . 

Orge-Pré à Dizy et Praz-Orge à Moiry ; peut-être de hor- 
reum, fenil, voir plus bas Org*eval, 

Orgery, loc. à Saules, D. Moutier, Berne =: Orgière, 

Orgeval (ou Orzeval), loc. à Saint-Léonard, Valais, Orgeval, 
i38o ; Orzîval, loc. à Lens^ Valais ; Orge vaux et Orgevallettes, 
3 pâturages à Montbovon, faussement écrit Org-evaud, atlas Sieg- 
fried ; Orgevalettaz à Grimisuat ; Orgevaux, alpe sous Culant, 
OUon, pâturage au pied du Folly, Montreux, loc. à Pompaples, 
Servion et Morrens ; Orsîvaz, alpe sur Vercorin, D. Sierre, Va- 
lais, corruption de Orgival, i3o3, Orgivaiix, i3o4 (le sommet 
au-dessus s'appelle encore Bec d*Orzival). Ces noms ne sont pas 
tous de la même origine. Ceux de pâturages viennent de horreum, 
fenil, et vallem, val. Par contre, ceux qui désignent des localités 
de la plaine, où il n'y a pas de fenils pour serrer des récoltes, 
viennent de hordeum^ orge, vallem : vallons où l'on cultive 
l'orge. 

Orgîères, chalets sur Saint-Maurice (écrit aussi Ordières) ; 
forêt à Ocourt, D. Porrentruy, à Gourgevaux, Fribourg ; Or- 
guîères, chalet derrière les Pléïades à Blonay ; les Orgères, pâ- 
turage à Arzier, 1049 ^- » Orgires, loc. à Froideville, D. Echal- 
lens, m. à Ghâtonnaye, D. Glane. Un Orgiery à Morlon, 1394 ; 
de orgière^ champ d'orge, bien que quelques-unes de ces localités 



ORIETTE — ORMONT 349 

paraissent peu répondre à cette étjmologie par leur élévation ou 
leur aspect actuel. 

L'Oriette, passage descendant du Château au lac, à Neuchâtel. 
D'après Chambrier (Mairie de Neuchâtel), il y avait une rue 
Gloriette dans le quartier le plus élevé de la rue du Château. Il 
paraît que c*est la même par où Ton descendait à la petite tour de 
rOriette nommée Gloriette en i44o. Un compte de la comtesse 
énumère les provisions que « Madame a fait emporter en Glo- 
riette, » soit dans cette tourelle ; TOriette est donc une corruption 
de Gloriette. 

Orjulaz^ Bioley — , surnom venant d'une forêt du voisinaf^e 
qui occupait jadis la plus ^ande partie des territoires d'Oulens, 
Bretig-njy Bioley et Etagnières, nemus de Oriola, 1192, 1228, 
Oriola, 1200, 1280, 1272, Bioley-Or/io«/a5, 1627. Peut-être 
aussi de la racine orge, latin hordeum, et suffixe diminutif ola. 
Nemus de oriola serait alors la forêt avec de petits champs d'orge. 

Orjux, Crét d' — à l'Isle, <>pjux à Goumœn»-la-Ville, Champ- 
Porjux à Assens =z Champ-Orjux ; l'Opjus à Fiez ; origine in- 
connue. 

Es Ormes à Ollon ; Ormet à Ecublens, Vaud ; les Ormets à 
Soubey, Jura bernois ; Ormey, village près Morat, Ormeis, 1890, 
Rec. dipl. V, ail. Ulmitz, Ulmiz, 1260, ou, avec soudure de l'ar- 
ticle, Lormaz et Lormoy à Savièse, Lopmy à Lens, un Lormey 
à Ayent, 1270, 1288 ; de orme et ormaie, latin ulmetum. 

Ormona, ham. de Savièse, Valais, Olmona, iioo, Ormona, 
1200, Hormona, 1229, Ulmum, 1224, etc. ; également dérivé de 
ulmuSj orme, très répandu dans la localité. 

Ormont, vallée des Alpes vaudoises, terra de Chsiblais super 
Ormont, 1200, Zimmerli, II, i46, Ormont, 1281, M. R. XXIX, 
294 ; in Ormont y 1 282-1845, curatus de Ormont, 1287, commu- 
nitas OrimontiSj i865, vallis Oreimontis, 147^, Aureomonte, 
i485, vallis Aureimontis, 1496. Gatschet le tire de horreum et 
montes, monts des fenils, des granges. Ne peut venir de là : hor- 
reum -f- montes donnerait Orgemonts ; comparez Orgeval, Orge- 
mont. Quant au latin aureum monte m, ce n'est qu'une fausse 



320 ORNY — ORON 

traduction latine de Ormont et il ne paraît que tardivement dans 
les chartes ; ce n'est qu'à la fin du xv« s. (i485) qu'on a eu l'idée 
que ce nom d'Ormont pourrait sig'nifier le mont de l'or. Il n'y a 
jamais eu d'or, métal, dans la vallée, malgré certaines traditions 
populaires nées sans doute de ces fausses traductions. Par contre 
elle a été habitée long-temps par l'or, l'ours, dont le nom a laissé 
de nombreuses traces dans le pays : entre 20 loc, citons la Joux 
do VOurs à Arpille d'Ollon, la Tannaz à l'Or près Roche, le Roc 
à VOurs et Orsay sous Chamossaire, Comborsin à Rougemont. 
Ormont, pour nous, est le mont de l'ours. Bridel (Coup d'œil sur 
les Alpes), dit : « Un très ancien document connu du géographe 
Faesi l'appelle Ursi Mons, d'où l'on a pu faire également Ormont, 
parce qu'en patois Or est un ours. « Cette étymologie pourrait 
être admise, ajoute-t-il, s'il est vrai que le plus ancien sceau de la 
vallée portait un ours pour les armoiries de la commune, comme 
on me l'a assuré. » (Conservateur suisse, VI, 278.) 

Orny, D. Cossonay, Ornie, 698, 600, ï2î^8, Orneiy 1012, Or- 
niacuniy iio5, Hidber, I, Hornie, i325, Ornye, i344, Ornyex, 
1345 ; de (fundurn) Orniacurn, domaine d'un * Ornius, genti- 
licc dérivé du cognomen Or nus donné par De Vit. Quant à Oriiy, 
vallon, chapelle et glacier sur Orsières, Valais, Ornier, 1820 
(Bridel), la localité est bien retirée, toutefois il n'est pas impos- 
sible qu'elle ne vienne également d'un nom romain. 

Opon, AuronurHy 5i6, 1017, Orum, 1161, HorunSy 1221, 
Orons, 1228. « Une inscription trouvée à Bordeaux porte le nom 
celtique d'Uromagus, champ d'Uros, nom probable d'une station 
romaine de Suisse, » dit M. d'Arbois de Jubainville, p. 899, op. 
cit. Ce nom doit être celui du fameux Bromagus (Itinéraire d'An- 
ton in) ou Viromagus (table Théodosienne), qu'on a cherché par- 
tout, mais dont l'identité avec Uromagus a été démontrée par 
MM. Pasche d'Oron et F. de Saussure, Revue hist. Vaud,, 1901. 
Uro-magus, de magus, champ = champ d'Uros, n. pr. (ou de 
l'urus, urochs, bœuf). 

La terminaison magus tombe de bonne heure dans les noms 
semblables ; à la fin du VF s. le g disparaît. Rotomagus devient 



ORSAZ — ORTIER 321 

Rotomous puis Rotomo^ Rotom, Rouen ; Riomagus, Riomao, 
Riomo, Riom ; de même Arg^ntomagns-ArgentoQ, Turnomagus- 
TournoD, Noviomagus-Noyon, Cadomag^us-Caen ; voir Jubain ville 
et Holder. 

Orsaz, Joux — , = joux, forêt de l'ourse ; es Opseys(ays) à 
Vérossaz ; Orsay, loc. sous Chamossaire, Ollon, à côté du Roc à 
VOurs = endroit où abondent les ours ; Orsera, pâturage, D. 
Hérens, Valais = v. fr. orsière, tanière d'ours. 

Opsîèpes, grand village de l'Ëntremont, Valais, Ursaria, 97a, 
1062, Urserij 11 77, OrsereSy 1 199, Or«iére, 1224, etc. Orzeires, 
pâturage près Vallorbe, Orseyre ou Orseire du xii« s. à 1679. 
Gatschet tire ces noms de l'italien orzaria^ endroits où l'on cul- 
tive l'orge ; mais cette culture ne s'est jamais élevée jusqu'à la 
hauteur de l'alpe d'Orsera. Studer, plus près de la vérité, les dé- 
rive de UrsariiSy stations de chasseurs d'ours. Tous ces mots 
viennent de ursaria, v. fr. oursière, orsière. tanière d'ours. 
Dans les environs du village valaisan, on trouve la Porte à YOrs, 
le Greppillon de VOrs. L'ours habitait toutes les régions monta- 
gneuses, — une Orseres à Grimisuat, 1267, — même du Jorat : 
il y avait au xiiP s., près de Lausanne, une forêt à'Orsières^ 
« nemus quod dicitur Orseres^ >► Cart. Laus., M. R. VI, 824, et 
« Orseres apud Lausannem » vers i235. De là encore 

Orsin, pâturage sur Vionnaz, Valais = montem ursinum, 
alpe^ mont de l'ours ; voir encore les articles Lousine, Hausse^ 
resse, Praz du SeXy etc. 

Orsonnens, D. Glane, Frib., Orsenens^ ii43, 1166, ii84, Or- 
sennenSy 1162, Orseneins, 1180, 1184, Orseineins, 1288, M. R. 
VI, ii5, 64o, Orcenens, 1260, Wûrstbg., i33, Orsonneyns, 
1826 = chez les descendants d'UrsinOy n. pr. germain, dérivé du 
latin UrsinuSy de ursus, ours. 

L'Ortier, vallée de l'Eau froide sur Roche ; chalets aux Mosses, 
Ormont-dessous ; autre sur Miex, aussi Lortier, alpes de Vouvry, 
Valais ; les Orties, ferme à Courroux, Jura bernois ; L'Ourtié, 
alpes de Trient ; L'Urqui, pâturage sur Montbovon, Gruyère ; et 
avec l'article soudé Lourtier, village de Bagnes, Plan Lurqui ou 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VII 21 



322 ORVALES — OTANES 

Lurquier à Albeuve, Gruyère, permutation t-q ; chalets, hameaux 
où abondent les orties. On dit de môme en romanche urtier, ar- 
tiera et l'allemand a Nesseln, Nessleren, Nesslau, etc. ; dans Gre- 
maud nous trouvons un Antoine zur Nesselen, i346, appelé Ant. 
de Urtica, i354. 

Les Opvales, loc. à Malleray, D. Moutier, Berne ; terres où 
abonde Vorvale, un des noms vulgaires de la Saug« des prés. 

Orvaux ou Orval, ancien nom du val de Tavannes ; nous pa- 
raît être un Ors-vaux, une vallée de Tours, et le latin Aurea vai- 
lis, XI v® s., n*est qu'une fausse traduction. 

Orvîn, D. Gourtelary, Berne, ail. Iljingen ; UlvinCy 866, Uli- 
vin, 975, Ulvinch, 1178, Ulvinges, 1196, Ulveins, 1228, Ulvens, 
1234, Ulvinge, 1261, Uluin, i356. — Ulvingen^ 967, 962, 
1225, Ulfingerty i233, etc. Matile et Gart. Hauterive = chez les 
descendants de Ulf, autre forme de Walf^ le loup. Fôrstm. ne 
donne pas Ulf, mais il a le féminin Ulfa et les dérivés Uljilo, 
Ulfing. 

Orzens, D. Yverdon, Orsens, 1177, Gart. Month., 1225, M. R. 
VI, 162, 1228, i3i7, etc., Orseins, 1226, F. B. II, 74, i238, M. 
R., 20 loc. à Lutrj ; et Orsens, loc. à Port-Alban, D. Broyé, 
Frib. = chez les descendants d'Orso, n. pr. g-ermain, emprunté 
au latin ursus. Fôrstm., 1218. 

Orzeires, Orzoval, voir Orsière, Orgeval. 
Oserabloz, voir Isé râbles. 

Glanes, arête de rochers près du Bec de Gorbassière, Bagnes ; 
les Outans, rochers sur Bex ; les Autans ou Gitans, rochers sur 
Salanfe, Valais ; autres, vallon de Barberine, alpes de Salvan ; 
Outannaz, paroi au S. du Grand Muveran ; les Oulannes, ro- 
chers à Trient ; Outannaz, rochers et petit vallon, alpes de Vion- 
naz, Hoczona, i4o2, M. R., 2^ s., II, 39 ; Oulhannaz ou Ous- 
sannaz, vallon et parois de rochers à la Dent de Brenleire (Bren- 
laire), alpes de Gruyère ; probablement de Tanc. adjectif autan 
.==. hautain, (rochers) autans, (roches) aufanes. Ce mot se retrouve 
en Dauphiné : oussane pour désigner certaines régions rocheuses ; 
voir aussi l'article Autanes, 



OTHNETTE — OUDE 323 

Othnette, la Dame — , forél sur Corcelle, Neuchâtel ; tire son 
nom de Othenette de Cormondrèche, femme de Vauthier de Neu- 
châtel, seigneur de Colombier vers i4oo, M. N. XIX. 

Gitans, que Tatlas Sieg'fried écrit Autans par une fausse assi- 
milation, croyons-nous, avec les noms précédents ; ancienne loca- 
lité dès long-temps détruite près Martig-ny, Actanis dans la charte 
de fondation de labbaje de Saint-Maurice, ecclesia de Ottanne, 
1178, Othans et Otans, 1200, Ottans, 1192, 1267, OctanSy 1291, 
OtanSy 1228, 1827 *. Le groupe et ou tt rattache ces mots à une 
autre racine que la série précédente : ils renferment le premier élé- 
ment du nom de l'ancien Octodurum = château resserré, le mot 
celtique octOy ochte, défilé, gorge. Une localité à Etoy, Vaud, es 
Octannes, semble renfermer la même racine ; cela dépend de sa 
situation. 

Ouates, Plan les — , voir Vuattes. 

Ouchin, Pré — , à Moutier, Berne = pré oursin, de Tours, 
permutation jurassienne s-ch^ comme Ëssert-Ëschert. 

Ouchy, ham. de Lausanne, Osciacuniy xi» s., Oschye, 1170, 
1184, 1228, Oschie, 1184, 1211, 1872, OchiCy 1188, Ochiacum, 
XIII® s., OchySy 1800, M. R. V, VI, VII, etc. Gatschet le rattache à 
Œsch, Œx, voir ce mot ; mais le suffixe iacum indique une autre 
origine : c'est un (praedium) Osciacum^ propriété d'un Oscius, 
gentilice gallo-romain. De Vit, IV, 888, dérivé sans doute du nom 
de peuple Ose us. 

Ouclîou, pâturage sur Allières, Gruyère, — aussi en Noucliou, 
avec n soudé, — patois ou Cliou = au Clou ou au Clos, du verbe 
patois clloure, hlloure, clore. 

Oude, voir Ouille. 

* Près de là se trouvait aussi Octanellum, que M. de Gingins croit, — avec 
beaucoup de raison, — être le Vernayaz d'aujourd'hui. Ce n'était en tout cas 
pas Salvan, comme le veut J. Monod (Guide du Valais), puisque la charte le^ 
indique comme 2 loc. diff., Actanellum cum Silvano. Le Rentier de Salvan, 
Renterium limitativum apud Salvan, 1732, Arch. de Saint-Maurice, prouve en 
faveur de l'opinion de M. de Gingins : Verneya seu Octanez, p. 104, et Ver' 
neyaz sive Octanez, p. 105 ; il n'y a pas de doute que cet Octanez ne soit TAc- 
tanellum de 516. 



324 OUDON — OURA 

Oudon, voir Audon. 

Ouge, Ougettaz, nombreuses localités : 7 au Pajs-d'Ënhaut ; 
l'Ougoz, prairie à Corbejrier, dans une petite combe. Le ^ dur de 
Oug'oz ne fait pas difficulté : on rencontre Oug'on, Oujon, autres 
formes de auge, du bas latin augia, de alveus, bassin. 

Guides, partie du village de Barberine, alpes de Salvan, inon- 
dée et couverte de graviers par le torrent ; patois ouedo, vide, 
« ouedadjo^ inondation, débâcle, ^ Bridel. On peut sans doute y 
rattacher les autres localités valaisannes Odei, Odes et peut-être 
Haudères ; voir ce dernier mot. 

L'Ouille, rocher escarpé, isolé, dominant de 100 m. la route 
Pont-Vallorbe ; TOuUe Secca (Oulie Cecca), rocher près du gla- 
cier d'Otemma, Bagnes ; les (Eillons, loc. à Noiraigue, Neuchâ- 
tel ; es Oulliets, Oulies, prés à Monthey, Oude, loc. à Conthej, 
d = 11 mouillé, donc == ouille ; de ouille, aiguille, et diminutif 
= aiguillon ; voir aussi Avouîlle et Avouillon. 

Oiijoii, ancienne chartreuse près Arzier et ruisseau voisin. Al' 
giOy Augio^ xii« s., domus Alionis, 1214, 12 19, domus Augio- 
ni5, xiii^ s., Oujorij 1235, Augion, 1261, etc.; le même que 
auge, de alueuSy bassin, au sens de petit vallon fermé. Ougion, 
Ouzon est aussi l'ancien nom du pâturage d' Audon, alpes du Se- 
pey ; voir Audon. 

Oulens, D. Echallens, OllenSj ôgS, 600, Hollens, ii4ï> M. R. 
XIV, Oulens, 1177, Olleyns vers 1200, OuleinSy 1228, M. R. VI, 
Olleins, 1288, Oulens, 1424» Oulans, 1489, M. R. XIV; — 
autre, D. Moudon, Ollensy 696, aussi Oulyn, Girard Dou Lyn, 
Dou Lin, Dellion, IX, 218 = chez les descendants de Ollo^ n. 
pr. germain, Ollo dans Grég. de Tours, Olo dans Paul Diacre. 
Fôrstm., p. 182. . 

L'Oupa, Grét de — , près Travers, Neuch., Bois à TOuraz à 
Pizy, la Tanna à l'Oura, caverne à Naye sur Montreux ; Pertuis 
à l'Oura sur Vouvry ; du patois oura, latin aura, vent. Crôt, 
bois, caverne, trou du vent. Totouraz, loc. à Bofflens, le même 
que le français Toutvent à Vallorbe et à Tous Vents à Rances. 
De môme en Provence des endroits exposés au vent s'appellent 



OURÉ — OV AILLE 325 

Milloure, Millaura (ce que la carte de Cassini traduisait par Mylord 
d'après A. de Rochas, Année g'éogr.). 

Ouré, champs et vignes à Savièse, Prés de l'Ouraz au bord 
de la Venoge à Lussery ; d'Ouraz en Ouraz, loc. à Suscévaz, 
DorenoraZy 1281, 1287, M. R. III, 628, 628 ; du latin ora, bord, 
d'où le français orée. Ouriette, loc. à Aubonne ; peut-être un di- 
minutif irrégulier (la forme régulière serait ourette), lei intercalé 
étant dû à l'influence du patois local. 

Les Dusses à Conthey, Nendaz, Evionnaz ; l'Oiissettaz à Veî- 
sonne, et avec soudure de l'article, Loucette à Vercorin = Ouche, 
Ouchette, avec la permutation valaisanne ch-ss ; pour l'origine, 
voir Oche. 

Outard, h. à Longirod, D. Aubonne, grangia de Altaribus, 
1 165, Rég. gen., io5, de Altari, 12^1, grangia de Altar^ Autar 
au xiv« s., Dict. hist. Vaud,, propriété alors de l'abbaye de Bon- 
mont. Mais ce nom est plus ancien sans doute et vient probable- 
ment d'un ancien autel druidique ou pierre à écuelles qui se 
trouve dans le bois voisin. Il y a à Passy en Faucigny un endroit 
appelé les Outards, où se trouve un temple de Mars, attesté par 
deux inscriptions conservées dans le mur de l'église, M. G. I, 
276 ; de même, près de Saint-Ursanne, Berne, la Pierre de 
l'Autel, de VOalter, i436, rupem Altare^ 1210. 

Outhannaz ou Oussannaz, petit vallon entre les Dents de Bren- 
leire (ou Brenlaire) et de FoUieran, Gruyère, OstannaZy 14^9, 
Hautannaz^ i47i ; voir Otannaz, 

Ouye, voir Oie. 

L'Ovaîlle, loc. à Yvorne et Corbeyrier, sur l'emplacement de 
l'éboulement de i584. Ne vient pas d'aval, en bas, comme on l'a 
dit, mais du v. fr. orvale^ orvaille = tempête, ouragan, désastre 
qui présente chez nous la forme ovaille^ mot qui revient fréquem- 
ment dans les chartes d'Aigle relatives à la Grande Eau ; aussi 
ailleurs : une charte de i5i8 parlant de la maison forte de Gou- 
mœns-le-Jux, alors en ruine, dit domum fortem, ad ruinam per 
ovalia bellorum et incendia reductam, et dans les Mém. Inst. G. 



326 OVERESSE — PAIGHEUX 

IX, 2iy une autre porte, à propos d'un bail, que le propriétaire ne 
veut portare g>arentiam aliquam de tempestate seu ovallo. 

Overesse, loc. à Assens, Avenches, Torny-le-Grand ; du latin 
ovis, mouton, et suffixe eresse = ière : prairie des moutons, 
comme Boveresse, des bœufs, Porcheresse, des porcs, etc. 

Ovronnaz, ham. sur Leytron, Valais, Neurona, carte Dufour, 
et Nevronaz, Dict. de Lutz, par soudure de la préposition : en 
Ouronnaz, Uvrona^ iioo, M. R. XVIII. Un autre jadis sur Gri- 
misuat, OoronUy laôo, Uvronna^ 1267, M. R. XXIX et XXX. 

Ozaîre, ruisseau de Pierre — , près Lausanne, petra Açusoria^ 
1142, Cart. Month., M. R. XII, pierra Uziéry, 1288, ik']^ y pierre 
Ugieyre, i536, M. R. VII, Pierra Aizaire, 1780. Ce nom, dont 
le sens nous échappe, se retrouve ailleurs : deux chartes valai- 
sannes de 1224 parlent de fonds de terre « apud petram Awu- 
sori » et « lapide A wusori, » D'après les noms des témoins, de 
Vernamièg-e et de Bornué, ce doit être à l'entrée du val d'Hérens ; 
enfin, xm^ petram Haysieri aux Ormonts, i3i5, rappelle sing>u- 
lièrement la Pierra Uziery de 1288. 

Ouvrés, Fin des — , à Siviriez = des terres ouvrées, labourées. 
Ouvry, loc. à Gontliey ; probablement môme sens. 

Paccay, Pacoret, Paccoresse, autres formes de pâquier ; Pa- 
cot ou PaccotjS, fém. Pacôte, Paccotte,s, nombreuses locali- 
tés ; Pacoty, écart de Founex et 2 loc. Frib. ; Paccotires à Lus- 
sery, Pacoteîros, alpe de Dorenaz, Valais ; du mot romand pacoty 
boue : lieux, pâturag'es boueux. Peut-être le dernier de pacoteire, 
nom patois du populag-e, ou bouton d'or, Caltha palustris, si 
abondant près des sources des sous Alpes et le long des petits ruis- 
seaux. 

Padeitaz, loc. à Vétroz ; permutation l-d = palette, voir plus 
bas. 

Pacheux, Pachîre, voir Passiau. 

Sur Paicheux, prairies à Bassecourt, Jura bernois ; de pas^ 
cuale (pratum), pré que Ton pâture, et suffixe dim. eux, de eo- 
lum. 



PAILLY — PALETTE 327 

Pailly, D. Echallens, Partie et Parliei entre ii5o et 1177, 
Arch. Fr. VI, Parli, ii54, Parley^ 1182, Parlye^ ^^lly ii84, 
Cari. Monih. y Partie, ii']li'i2l^2, Palliez j 1261, 1877, Pallye, 
1296, Pailliez, i453, Pallie, i537 ; d'après les formes posté- 
rieures à i25o, M. R. VI, 420, etc., comme Paillj, dép. Yonne, 
de (praedium) Palliacum, domaine d'un Pallias, gentilice ro- 
main, mais la présence rég'ulière de Tr dans les 6 formes anté- 
rieures indique un autre g-entilice à rechercher. 

Painsee, ou mieux Pensée, 1806, Pensay et Pensey, 1820 
(Bridel), ham. vallée d'Anniviers, Valais, Pessey, 1260, Pessei, 
1284. D'après cette ancienne forme, Pensée est un picetum, bois 
de pins, du latin picea. Pour le suffixe ec, voir Biolec. 

Palais, m. à Corsier (Genève), champs au Lieu, à Baulmes; 
au Paie (terrain humide), à LuUy, Vaud ; les Paies, Montagny- 
les-Monts, Frib. ; et les composés Gliamp Paliey à Valeyres-sous- 
Ursins, Montpaiais à Ocourt, Jura ; Ctiamp Palais à Arnex, 
Champalet à Bofflens, Champs Pallets à Coppet ; Ghampalin à 
Val d'Illiez, Païen à Salva^ny, les Paies, 1784 ; les Palins ou 
Zonnaire à Monthej ; de palais, palet, contraction de paluais, pa- 
luet, de paludctum, lieux marécageux, humides. Voir aussi Plain- 
palais. 

La Palaz, une 20® de localités, la Pâle, 5 du Jura bernois, es 
Pâlies à Crans, la Pallaz, 4 Vaud, les Pâles, 6 Vaud et Frib. ; 
diminutif Palette ou Palieta(z), une 12^ de loc, etc. ; du latin 
pala, pelle, pris au sens de surface plate ; une Pala à Cottens et 
un campo Paleta à Lussy, Frib., xii*s. C'est la même métaphore 
que planche, planchette, ancelle. On pourrait penser aussi au latin 
palla, manteau, tapis, ce qui expliquerait les deux 11 de quelques 
mots, mais c'est peu probable ; au reste les 2 orth. se rencontrent 
pour la même localité : la Palaz à Vionnaz, la Palle, 1776, la 
Palaz à Colombey, 1696, Pallaz, i856. 

La Palette, sommet Ormont-dessus ; de parette, petite pare, 
paroi, avec permutation 1-r. Cette modification est récente. Bridel 
en 1799 écrivait le Pare (masc.) d'Isenod, Conservateur suisse, V, 



328 PALEYRE — PALOUSE 

p. 126, édition de i8i4* (Dans l'édition Gaullieur on lit la Pare 
d'Isenau. 

Paleyre, ham. de Chexbres, PaleyreSy xii« s., et Lausanne^ 
PaleyreSy 1227, M. R. VI, 549, Palaieres, 1280, Palayeres^ 
1475, collectifs de Palaz. 

Palézieux, D. Oron, ce nom dont nous avons recueilli 5o 
orthographes diflPérentes, de Palatiolurriy ii4ij à Palézieuœy 
1675 ^, vient de Palatiolum, dim. de palatium, palais. Pallazuît, 
ham. de Liddes, D. Ëntremont, Palajoie et Palasais dans Lutz, 
et Palatieux ou Palaqueux, groupe de chalets, alpes de Vouvry, 
ont la même orig'ine. 

Pallens^ autrefois Païens, ham. de Montreux, Paleyriy 1817 ; 
Palin, loc. à Pully, Païens et Paleins^ 1226, M. R. VI, 262, 
PallenSy i368, Pallin, 1877, M. R. XXII ; Pallens ou Pallins et 
Palins, loc. à Orbe et au Landeron ; peut-être du n. pr. germain 
Pallo, du V. h. ail. palOy mal, dommag'e. Fôrstm., p. 211. 

Quelques-unes de ces loc. sont dans des endroits humides et 
pourraient être des palais, lieux marécag'eux, le suffixe ais per- 
mutant parfois avec in : Fionnay et Fionnin, Palés-Palen ; c est le 
cas de au Patin à Massongex et à Monthey : en Palin ou Zon- 
naire (= Jonchère). 

Pallueyres, ham. d'Ollon, Palluyères dans Lutz ; de (terras) 
paludariaSy du latin paludem, marais. Padouaire^ loc. à Con- 
they, le même avec permutation 1-d. 

Palouse, Roche — , voir Peleuse. 

* Voici, à titre de curiosité, les 48 autres formes : Pallexieu et Palleysieu, 
1134, Palaisol, 1134, Paluisul, Palaisul, Palaysul, xii« s., Palaysol, Palazuz, Pa- 
laziolum, Pallasiolum, 1155, Palezuz, Palexuz, 1155, Paleisul, 1162, Palusol et 
Palasul, 1166, Palesol, 1180, Paleisuel, 1210, Palesuel, 1211, 1263, Palasuel, 
1221, 1228, Palesuez, 1218, 1278, Palasuoz, 1224, Palasuz, 1234, Paleysoul» 
1237, Palisues, 1251, Palessuo, 1263, Paleysiux, 1268, Pallesue, 1269, Paleysuez. 
1270, Palasuuz, 1271, Palexiuz, 1300, Palleysious, 1323, Palaysioux et Palay- 
siouz, 1333, Palesieu, 1350, Pallexiouz, 1357, 1383, Paleysuouz, 1359, Palle- 
xious, 1363, Palleysuez, Pallexucz, 1377, Pallexue, 1378, Pallesiou et Palaisuel, 
1396, Palexuelz, 1397, Palexieul, 1453, Palaisioux, xvi« s., Palexiu, 1524, Pal- 
lexieux, 1592, Palaizieux, Lutz. 



PALUD — PÂNOSSIÈRE 329 

La Palud, quartier de Lausanne ; ham. de Nuvilly, Fribourg-, 
et une lô^ de loc. Vaud et Fribourg ; en Paluz, ham. près Bulle ; 
la Palude, pâturage de Saint-Georges ; les Paluds (Palluds), h. 
de Massongex, Valais ; Pallud, loc. à Vevey, Ollon, et 5 Frib. ; 
Malapalud, D. Echallens {mala, mauvais) ; de paladem, palu- 
des, marais, Fréquent en romanche, palû, palûd, etc. Palluex^ loc. 
à la Forclaz d'Ormont ; de paludosuSy marécag-eux. Lapalud à 
Bossjy Genève, article soudé. 

Pampigny, D. Cossonay, Pimpinengis^ 1016, d'après Lutz, 
ecclesia de Pampiniaco, ii4ï> Panpiniey 1228, Pampignie^ 
1282, 1284, Pagpignie et Pampigniacum^ i235, M. R. VI, 3i4, 
PampignieZy 1824, Pampignyer, i335 = domaine d'un Pem- 
peniuSy nom gallo-romain dérivé du celtique pempe, cinq, à 
peu près l'équivalent d'un Quintinius latin. Holder mentionne 
une villa nomine Pempinas. Pour la graphie Pagpignie, voir 
Suen. 

Panex, village des montagnes d'Ollon : Michaelem de PanaeSy 
1820, M. R., 2« s., IV, 83, PaneXy i4o2, « la Saline de PagneXy 
1629, charte d'Aigle. 

Pangires, fermes à Saint-Légier, Pangieres, 1286, i434» M. 
R. VII, 877, Pangyre dans Levade (qui voit dans ce nom une al- 
lusion au culte de Pan). 

Panissière à Prangins, Tarteg-nins, champs à Duilier, loc. à 
Monthey, à Colombey, à Salvan, et mayens sur Saxon, Valais ; 
Pannissière, champs à Pampigny ; Paneseyre, ham. sur Char- 
donne ; Panelîpe, loc. à Vex ; du v. fr. panise^ s. f., le panic 
millet, patois panet ou panis, et suffixe ière, localités qui con- 
servent le nom d'une ancienne culture abandonnée chez nous, 
comme les noms allemands de Hirslanden, Hirslen, de l'ail, hirse, 
(La localité de Vex pourrait peut-être tirer son nom du panet ou 
panais, Pastinaca sativa.) 

Panossière ou Panosseyre, grand glacier descendant du Com- 
bin, vallée de Bagnes. Pourrait être un dérivé du patois panossî, 
torchon, vieux linge, en prov. panouchoy du latin pannus, fr. 
panne^ drap, et suffixe dépréciatif osse, le glacier, — comparé à 



330 PANY — PARE 

un drap, — étant fort sale des détritus de toute sorte qui en cou- 
vrent la surface. 

Pany, ham. de Chancj, Genève, et Paney, loc. à Chesalles- 
Oron. Peut-être faut-il y voir d'autres formes de Penj, Penej, de 
pineium, bois de pins ; c'est ainsi que les noms des villages ro- 
manches de Panj, Pinius en 1290, et de Panix viennent de pin. 
On ne peut g'uère les tirer de Paniacum, du gentilice Panius : ni- 
acum se réduisant à g'nj, Paniacum donnerait Pagnj, comme les 
Pag-nac-ey-y de France. 

Paplemont, ham. de Courgenay, D. Porrentruy ; de paple, 
autre forme, sous Tinfluence de Tall. pappel^ de peuple ou peu- 
plier : mont des peupliers. 

Paquier, 3 com. Vaud, Fribourg", Pascua, 1479, et Neuchâtel, 
et nombreux ham. (iio loc.) ; Pasquier, ham. de Sommentier, 
Frib. ; Pâquis, 16 loc. dont 5 ham. Genève et Vaud, Péquis, Pé- 
qfuie, 4 loc. Jura bernois ; Paquais à Colombey, Paccais à 
Chessel ; Pathiers à Chamoson, Palier, Paltiez-er, 6 loc. Va- 
lais, permutation valaisanne q^t ; du latin pascuarium, pâturage, 
les Paquières à Champagne, la Paquaire à Colombey ; de pas-* 
cuaria ; Paquîalet, 4 loc. Frib. ; Pacoret, alpes de Bex ; Pa- 
couret à Gonthey ; Pâqueret à Penthalaz, le Patorel à Croy, 
Paterin à Vétroz et Patéro à Ghâteau-d'Œx ; un Pasqueret à 
Venthône, 1267 ; es Paquottes à Valeyres-sous-Rances ; diminu- 
tifs ; Paccoresse au Ghâtelard, Vaud, forme adjective. 

Parchet, Parchy, 7 loc. Vaud et Frib., le Parchis à Porsel, 
1271, les Parchis, pâturage à Gharmey ; du v. fr. parchet, petite 
étendue de terre, dim. de parc, dont l'origine est incertaine. Es 
Parcheiri à Bullet paraît être un collectif. 

Pare ou Paraz, du v. fr. parey, parai, parait en romanche, 
paré en Dauphiné, fr. paroi, du latin parietem ; la forme Pare, 
Paraz du nominatif paries. Nom de nombreuses parois rocheuses, 
de sommets escarpés, souvent mal écrit dans les cartes : la Pare 
ou Paraz de Marnex, Ormont-dessus ; la Parraz, paroi à Vion- 
naz, Sex de Pare es Fées (pour fayes, brebis, à Gorbeyrier ; la 
Part, pour Pare, es Fayes à Villeneuve, Parc, pour Pare, es 



PARIMBOT — PAS DES ANES 331 

Fayes à la Berra, Fribourg' = parois de rochers où s'abritent les 
moutons. La Pare de Vouarin, paroi dominant le Trient à Sal- 
van. Pare-Blanche, paroi calcaire sur Roche, sur Yvorne et sur 
Saint-Gingolph. Pares, chalets aux Voëttes, aux Mosses, à la 
Forclaz, Orm ont-dessous. Les Parais, pâturage à Gollonge, Va- 
lais. Parey, sommet à Ghâteau-d*Œx ; de parielem, paroi. De 
même, dans la vallée d'Aoste, la Granta Parey y souvent mal 
écrit Grand-Apparey, et en romanche : Paré ne ire, rochers sur 
Marmels, D. Albula, Grisons ; dlminutiî parette y italien (Tessin), 
pare te. 

Parimbot ou Parimbol, ruisseau, D. Oron, Perembac, xiP s., 
Cart. Haut-Grét, Parimbarty 1664. 

Parrain, sommet, vallée de Bagnes, autre forme irrégulière de 
pareiy paroi. Parrain est une confusion avec Parein, prononcia- 
tion bagnarde du suffixe ey qu'on retrouve dans Fionnin, plus 
employé à Bagnes que Fionney ; on a dit aussi Goquempin, au- 
jourd'hui Goquimpey à Martigny ; de même Parrin, loc. entre 
Panex et Salin, paroi de rocher formant limite entre Aigle et 01- 
lon, Crête de Par in, 1784, Chartes d'Aigle, op. cit., p. i35. 

Les Pars, chalets au-dessus de Gryon ; de l'adj. v. fr. pars = 
les (chalets) pars, disséminés, dispersés. 

Partiaz, Parties, lieux-dits à Bex, Ghevilly, Mont-la-Ville, 
L'Isle, Orny, Penthalaz, etc. : participe de partir, partager = 
(terres) parties, anciens terrains communaux répartis, partagés ; 
nom ancien : les Grandes Parties à Grandfontaine, D. Porren- 
truy, i343. 

Es Parts, loc. à Vérossaz ; pourrait être aux Parcs ; au Part- 
zon^ dim., à Dorenaz. 

Les Parzes (partse), ham. sur Ghampéry, Valais, forme fémi- 
nine dérivée de parc, enclos, comme parchet, partzet, aussi petit 
parc à bétail. 

Pascoules, marais à Orny ; de pasquis et suffixe dim. oie, 
ouïe; en Ëngadine />a5cu/ = pâturage. 

Pas des Anes à Lausanne, chemin qui jadis descendait le long 
du Flon, de Pépinet jusqu'au pont actuel de Ghauderon; c'était le 



332 PASSEIRY — PATIEZ 

pas, le passage des ânes qui se rendaient aux usines longeant la 
rivière, raisscs, foules et moulins. On dit de même le Pas da 
Bœuf, col entre les vallées d*Anniviers et de Tourtemagne, le Pas 
de ou des Chèvres, entre celles d'Arolla et d*Hérémence, Valais. 

Passeîry, ham. de Ghancy, Genève ; de (fundum) Passeria^ 
cuniy domaine de PasseriuSy gentilice romain cité par Ch. Morel, 
M. G. XX, 63. (Inscription de Vienne.) 

Passenches ou Passenges, maisons à Aigle, Passenchy ^ 
1426, suffixe patois enche comme dans Molli-enche, maT-enche, 
Naviz-enche, Loz-enche, et peut-être la racine de passer. 

Passiau, loc. à Etagnières, à Bottens ; Passlaux, hameau de 
Jouxtens ; au Passîeux à Vionnaz ; Passière, col entre les vallées 
de la Lizerne et de la Morge ; formes patoises avec 5-cA, à la Pa- 
chire à Mathod, le Pacheu, col entre les vallées de l'Avançon et 
de Derbon ; formes diverses du v. fr. passieux, passiour, fr. pas- 
soir, passage ménagé dans une clôture ; la forme f r. est aussi em- 
ployée, par exemple au Passoir à Montcherand. 

Passonery, prés boisés à TAbergement, D. Orbe ; de passorij 
échalas, et suff. ière : endroit où Ton peut couper des passons. La 
même idée est exprimée dans Es Paissailles, bois à Villars-Tier- 
celin ; du v. fr. paissel, échalas, prov. paisselh, fr. paisseau : 
bois où Ton peut couper des paisseaux. 

Les Pats, prairies à Evionnaz, Valais; du v. îr, past^ s. m., 
du latin pastus, pâture. 

Patalour (Patalours dans Lutz), ferme et pâturage, les Enfers, 
D. Franches-Montagnes, Berne, pour Pât-à-l'ours, v. fr. past, 
s. m., repas, pâture = pâture à (de) Tours. 

Paterin à Vétroz, Patéri à Château-d'Œx, Pateroux, pâtu- 
rage sous Bretonnières, D. Orbe ; de la famille de pâquier, avec 
permutation y-/, voir d'autres exemples à pâquier. 

Aux Palets, prés à Bure, Jura bernois ; pour Paquais (q-t), 
voir pâquier. 

Patîez à Vex, Pallier à Leytron et 5 autres loc. Valais = pâ- 
quier. 



PÀTILLES — PAYANAZ 333 

Aux Patilles, champs à Bercher, permutation q-t = pâquille, 
petit pàquis ; au Patelliaud, pâturag'e boisé à Montreux, dim. 

La Pâtissière, petit ham. de Bex, à l'écart au milieu des prés 
sur le chemin de Lavey ; ne serait-il pas encore un dérivé de pâ- 
iiSy du bas laiïn pas tic iam, de pascere, paître? 

Patnali, sommet alpes de Morgins, Valais. Nous n'avons pas 
d'étymologie à proposer. Mais nous l'inscrivons pour signaler sa 
parenté avec PatnaU loc. près Savognin, Patnaly ham. d'Unter- 
vatz et Patnaul, alpe de Vrin, trois localités romanches des Gri- 
sons. 

Au Paturiau, loc. à Granges ; de pâture et suffixe patois iau 
= oir. 

Paudex, D. Lausanne, PaudaiSy 12 18, 1228, Poadex^ 1229, 
i368, ou PoudaiSy 1288, PoudaySy 1260, M. R. VI, 807, 467» 
VII, 244» Poudex, 1868 ; probablement le même que 

Le Paudex, ham. Chàtel-Saint-Denis, m. à Cronaj, loc. Pam- 
pignj, Lullj, etc., le Paudez à Burtigny ; au Peudex à Founex ; 
du latin paludetum^ marécage. 

Pauilly ou Paully, 2 ham. voisins de Chexbres et Chardonne 
= (fundam) Pauliacum, domaine d'un Paulius, gentilice dé- 
rivé de Paulus, Holder, II. 

La Paumîère, ham. de Chêne, Genève, fausse orth. pour Pom- 
mière. 

Les Pauses, plus, loc, les Courtes Pauses à Croy, autre 
forme de pose, mesure agraire, ou bien forme française du patois 
pousa, bien plus employé comme locatif ; voir Pousaz. 

Pautex, ou Peutex, loc. à Aigle, Paatez^ 1426 ; loc. à Blonay, 
au Peutet à Illarse, Pautex, 1696 ; Pautey à Cudrefin ; en Pou-, 
lex à Villarimboud, Frib. ; en Pauthey à Choex (Monthey) ; du 
V. fr. pautey s. f., fange, et suffixes collectifs ex, ey : lieux fan- 
geux, humides. La Pautelle, m. à Noirmont, Jura bernois, dimi- 
nutif ; l'Ëssert de l'Epaute, Oron-le-Châtel. 

Payanaz, pâturage de Bagnes ; la Payenaz, pâturage de Cer- 
niat, Frib. ; Paganaz ou Pagane, clos de vignes à Sion ; Pagan- 
naz, loc. à Morat ; terre d'un Paganus, n. pr. fréquent au moyen 



334 PAYERNE — PÉCOSIRE 

âge : le Cart. de Haut-Crêt nomme un Pag'anus, miles de Sar- 
vion, P. de Grang>es, de Maseres, de Sevirei, xii® s., etc. 

Payeme, Pa/^r/i/acM/7î, 962, 1142, Cart. Month., PaiernOy 
1288, Paerno, 1242, M. R. VII, 644» 667, etc. Du cognomen 
Paternus, connu par plusieurs médailles et trois inscriptions en 
Suisse, — un Paternus était duumvir d*Avenches, — ou du genti- 
lice Paternius, La forme Paterniacum des chartes est un calque 
fait par leurs rédacteurs sur les nombreux noms en acum. Pater- 
niacum, avec Taccent sur nia, aurait donné Payerny, Parg-ny, ou 
même Pagny comme en France. Payerne vient d*une forme popu- 
laire Paternia, formée directement sur le gentilice pris adjective- 
ment : (villa) Paternia ; voir Jubainville, p. 483. 

Le Péage, m. à Blonay ; à Rue et à LiefiFrens, Frib. ; du latin 
pedaticum, bas latin pedagium, octroi perçu sur les routes au 
moyen âge. 

Le Péca, ham. d'Epauvillers, loc. à Vendelincourt ; le Pécal à 
Develier, les Pécals à Miécourt, les Pécas, ham. à Champoz, 
tous Jura bernois ; de ladj. pascuale (pratum), prairie qu'on pâ- 
ture : un pesqual à Aile, x344- A la même racine se rattachent 

Peccau (ou Peccaud), bois sur Lausanne, les Peccaux, chalets 
aux Avants, Montreux ; 

Les Peccaudes à Dullit, le d s*est introduit par confusion avec 
le suffixe aud ; 

Le Péché (ou Péchai), fausse orth. pour Pécher, ham. de 

Montfaucon, D. Franches-Montagnes, et les Péchés près du Lan- 

deron pourraient être des pascuarium, pâturages ; mais la forme 

Pêche que donne Lutz pour le premier semble indiquer une autre 

^origine. 

Pécolet, prés à Ollon, en Pécoly à Etoy, Picolet, pâturage à 
Bagnes, Pec(c)olet à Gonthey, autres formes de pâquis, avec un 
double suffixe diminutif ol-et. 

La Pécoslre, m. à Sorens, Fribourg ; probablement de pécoji, 
pécozi =. bec-oziy bec d'oiseau, nom en patois fribourgeois de 
plusieurs espèces de primevères, localité où ces fleurs sont abon- 
dantes dans les prés. 



PBIL2 — PELEUVE 335 

Ley iré pécoji dé vanni 
Dei freye, dei tserdoa béni... 
Dei dzintillè et dei brenlettès 
A Moléson, à Moléson. 

Peilz, Tour de — , près Vevej, Turris de Peily 1228. D'après 
Gatschet, — qui ajoute entre parenthèses urk. turris Peliana, 
mais sans date ni origine, — Peilz représenterait le latin pensile, 
patois peilo, pailo, fr. poêle, chambre, puis maison ; tour au mi- 
lieu des maisons. L'explication est plus que douteuse : jamais 
peilo n'a eu le sens de maison ; la vraie étymologie est encore à 
trouver. 

Peissy, ham. de Satig-ny, Genève, Pelciaco, 984, M. G. II, 16, 
912, Rég". g-en. et Hidber, I, 209, puis Peicie = (praedium) PeU 
ciacum, domaine d'un * Pelcius ou * Peltius. 

Pelens ou Pellens, loc. à La Rippe, D. Nyon, Pellenffs, 996- 
1017, Hidber, I, 276, Peslens, 1128 et 1 181, M. G. II, 27, em- 
placement d'un village détruit dès le xiii® s. = chez les descen- 
dants de quelque colon germain. 

Pélerel, loc. à Bercher, Pellerel à Boussens et 4 ham. Frib., 
diminutifs de Pélîer à Sion, Pellier, 1809 ; Pelleys, ham. à Ger- 
niat : formes masculines, semble-t-il, de Pélérîaz, bois à Brem- 
blens, D. Morges ; de peilera, peleiria, s. f. Ducange, pâturage, 
pré humide, lieu marécageux, pélière, mot de la Provence. 

Les Peleuses, loc. à Vaumarcus, Neuch. ; es Pelauses à 
Etoy ; Roche Palouso à Ocourt, D. Porrentruy ; diminutifs : le 
Pelozet, Bas Vully ; Pellosel à Malapalud ; du v. fr. pelouSye, 
velu, du latin pilosus = prairies, roches au gazon court. La forme 
palouse se retrouve en romanche : la Motta Palousa, sommet de 
l'Oberhalbstein. 

Au Peleuve, pâturage à Enney, Gruyère ; au Pélévoz, marais 
à Vullierens, déjà en i3o4, M. R. V, 77, note; autres formes de 
pelou, pelu, avec un v intercalé à cause du hiatus, comme dans 
blleuva, cauva, le premier mot doit être un fém. plur. et la carte 
devrait écrire aux Peleuves ; c'est un correspondant de es Pe- 
louyes, lieux buissonneux près du Rhône, Port- Valais, et en face 



336 PELLEVUET — PENSIER 

aux Epclouïes à Chesseh Vaud, même mot avec soudure de es : 
Epeluves, loc. à Goussiberlé, Fribourg, le même mot avec épen- 
thèse d'un V ; de peloa ou pelu, poilu, Berry poilou^ du latin pi- 
lutus ; allusion aux buissons qui recouvrent le terrain. 

Pellovuet, voir Perrevuet. 

Penau, ham. du Mont, D. Lausanne, EspinouXy i34o, Espi^ 
nouz, i4oi> EspinauZj i470, d'où est venu es Pinaux puis Pe- 
nau ; de (locus) spinosus, endroit épineux. 

Peney, G. de Genève, Pineyum, i258. M. G. XIV, 44» 
Castrum Pineti, 1261, Piney, 1291, Pinay, 1807; Peney-le- 
Jorat, Pinetum, Pinoy, 1 154, Piney, 1228, puis Pigney ; ham. 
de Vuittebœuf, D. Orbe, Pynoiy 1179, Pineiy 1248, Peniy 1862, 
Pinai, i4o8 ; bois à Bassins, Pinetum, ii64, M. R. V; loc. à 
Port- Valais ; en Poney, m. à Gillarens et Arconciel ; Penay, pâ- 
turage à Vouvry, m. à Estavayer-le-Gibloux ; Piney, loc. à 
Sierre ; Peny, ham. de La Roche, loc. à Riaz, Frib., à Trélex, 
Cliamps-Pény à Myes, D. Nyon, avec un beau bloc erratique *, 
Pierre Pegniez, i564 ; aux Pignels à Préverenges, D. Morges ; 
formes diverses dérivées du latin pineturriy bois de pins, comme 
les Pigniy PignieUy Pany^ Panix des Grisons. 

Penna, Grande et Petite — , sommités d'une arête détachée de la 
chaîne des Maisons Blanches, vallée de Bagnes ; s'emploie aussi 
en Dauphiné pour désigner des arêtes de montagne ; patois 
penna, latin pinna, grosse plume d'oiseau, créneau de muraille. 

Pennines, Alpes — , du celtique /)e/in, tête, sommet, alpes qui 
présentent les plus hauts sommets, et « non de Pœni, qui n*est 
pas plus, dit justement Bridel, la racine étymologique des Alpes 
Pennines que celle des monts Apennins. » 

Pensler, ham. de Barberêche, Frib., ail. Penzers, Pancier, 
1229, 1256, Benciers, 1261, Pancie^ 1298, M. R. XII, 282, Pan^ 
ciez, Rec. dipl. VII, 34. D'après M. Stadelmann, « le r du nom 
romand paraissant de bonne heure, et surtout le nom allemand, 

* Vendu en 1875 par M. Bunji^ener, propriétaire du champ, à la Société vau- 
doise des sciences naturelles. 



PENTHALAZ — PENTHES 337 

prouvent que nous sommes ici en présence d'un autre suffixe que 
acum. » 

Penthalaz, D. Gossonaj, Pentala^ 1182, 1228, M. R. YI, 
Pentala, 1226, F. B. II, 74, Pentalla^ 1387, Penthala, 1674 ; 
de penta, subst. verbal de pendre, être en pente, et suffixe dim. 
ala, 

Penthaz, D. Cossonaj, Penta^ loii, ii45, 1228, Pentha et 
Penthaz, 1887, M. R. V, Penthaz^ 1674 = le subst. pente, latin 
pendita, subst. verbal de pendre. 

Penthéréaz, D. Cossonay, Pancerea^ ii4i> M. R. XIV {Pan-- 
terea d'après Hidber), Pantheroia, 11 54, Cart. Month., Pante- 
reya^ 1177, ii84, Cart. Month., Panteraja^ 1226, F. B. II, 74, 
Panterea, 1228, 1271, Panthereya^ 1291, Panthereya, 1371, 
PenthereOy i4o3, M. R. XIV, Panthereaz^ i453, Arch. Fr., en- 
core en 1702, Rev. hist. Vaud, XIV, 55 ; de panthaira, barrière, 
et suffixe collectif aie. Epantaires, loc. à Boussens, pour es pan- 
taires. A la Panteire ou à la Barrière, maison près Givisiez 
(Kuenlin) : localités, terrains enclos de plusieurs, barrières ; le 
Pantharacurriy xii® s. (Penthéréaz) du Cart. Haut-Crêt est une 
graphie de notaire. Quant à notre pantaire, porte à claire-voie 
d'un terrain clos, c'est sans doute le même que pantière^ filet, du 
latin pantheruniy grec pantherion, une porte à claire-voie pou- 
vant se comparer à un filet tendu. Dans le dép. de l'Ain, on dit 
pentière pour la pente d'une montag'ne, et la forme correspon- 
dante vaudoise serait penteire. Mais les orthog'raphes anciennes : 
Pancerea, Pantherea, et le double nom fribourg^eois : Pantaire- 
Barrière, excluent cette étjmologie et rattachent ce nom à celle 
que nous adoptons. 

Pentherens, territoire à Collombier =: chez les descendants de 
Penthari, de * Pento (Fôrstm. a le fém. Penta) et hari^ guer- 
rier. Fôrstm., 984. 

Penthes, loc. avec château à Pregny, Genève ; probablement le 
même, au pluriel, que Penthaz, voir ci-dessus. Notons toutefois 
que d'Arbois de Jubainville tire un Pentes en France, de c do- 
maine de Pentos, n. pr. gaulois, syn. du latin Quintus. >► 

M. D. SBC. séRIE, TOMB VU S2 



338 PEPIN — PERCHE 

En Pépin, ham. de Sorens, Fribourg* ; Pépinet, pàturag^e de 
Randogne, Valais ; loc. à La Chaux, Cossonay. Viendraient-ils de 
Pipin, Pépin, n. pr. g'ermain ? 

Pépinet, rue et place à Lausanne, molendinum de Pipinety 
1286, molendina sita versus Pipinety i337, duos postellas de 
Pipinety postella de Pigpignet et Pypinety Comptes de la ville 
inférieure de Lausanne, 1 475-1476, M. R XXVIII 268 et suiv., 
276, 826-27, plus tard Pépinet et au xvii® s. Pépinet d'après 
une note de M. B. Dumur. 

L'ortho§^aphe Pigpignet est très intéressante. Beaucoup de Lausan- 
nois prononcent aujourd'hui encore Pimpinet, or le g a été souvent em- 
ployé au moyen âge pour rendre le son nasal ; on a écrit Pagpignie pour 
Pampigny. Voir d'autres exemples à Suen. Ce nom se prononçait donc 
déjà Pimpinet au xve s. En 1656, nous écrit M. B. Dumur, maître Guil- 
laume Pimpinet de Gex, tanneur, fut reçu habitant de Lausanne. On au> 
rait pu songer à un rapprochement entre ce nom de famille et la pro- 
nonciation nasale du nom du quartier. L'orthographe Pigpignet de i475, 
antérieure de deux siècles à l'arrivée de cette famille, tranche la ques- 
tion. 

Cette orth. Pigpignet nous fournit l'étymologie probable. La 3^ syllabe 
nous donne le témoignage d'un ancien son mouillé dès longtemps dis- 
paru comme dans signet, prononcé sinet dès le xiiie s. comme le montre 
l'orth. sinet dans des textes de cette époque. C'est donc l'équivalent de 
* Pimpigney, soit propriété d'un Pempenias, — voir Pampigny, — 
Gallo-Bomain qui habitait jadis ce quartier du vicus de Lousonna. Pour 
faire de cette hypothèse une certitude, il faudrait trouver des formes 
comme Pigpigniei, Pigpignei, qui prouveraient la dérivation du sufHxe 
iacum. 

Perabol, loc. à Lausanne^ Perabot, 1284, Perrabot, 1288, 
Cart. Laus., M. R. VI, 611, 687 ; Perrabot ou Payraboz, m. à 
La Roche, Frib., Pierabot, 18 14, synonymes de Pierre à Bot 
sur Neuchàtel, Perrabot , 1191 ; localité qui tire son nom d'un 
beau bloc erratique, ainsi appelé, dit-on, à cause de sa ressem- 
blance avec un gigantesque crapaud^ bot, accroupi. Nous y voyons 
plutôt un génitif : pierre à bot, du crapaud, qui cherche volon- 
tiers un gîte sous les pierres. Pierrabeau, loc. à Courtepin, est 
sans doute un Pierre à bot. 

Perche, pâturage, Ormonts ; m. à Morens et Gorminbœuf, loc» 



PERCIA — PERRAUSAZ 339 

à Courtemautruy et Porrentruy ; diminutifs, Pepchel à Damvant, 
Poirchet à Reclère, Perchatte à Undervelier, les 3 Jura bernois ; 
du latin pertica qui s'appliquait au terrain entier affecté à une 
culture par une ou plusieurs familles. 

Percîa, Sex — , alpes de Bex ; Pierre Percîa, alpes de Mon- 
treux ; Têta Perfla, alpes de Finhaut, permutation s-f = rocher, 
pierre, tête percée. 

Perles, nom fr. de Pieterlen^ D. Bûren, Perla^ 1228, M. R. 
VI, 1255, F. B. II, Pella^ 1276, Berilo, 1280, PeterlOy i255, F. 
B. II, Bieterlo, 1282, i3oi, F. B. IV, 52, Beyierloriy i332, Bie- 
terloriy i342, etc. ; le fr. est une corruption d|^ nom allemand 
Peterlo = petit Pierre ; rien de commun avec le culte de Bel, 
comme le veut le Dict. géogr, suisse Attingper. 

Perly, G. Genève, Perliacum, xii« s. et 1170, M. G. II, 24, 
37, Perlie, i23i, 1298, Perlier, i332, i374, M. G. IV, XIV et 
XVIII ; de (fundum) Perilliacum, domaine d'un Perillius, gen- 
tilice romain. 

Peroux, m. à TEtivaz ; probablement pour Perrou, Perru. 

Perr, racine, de petra, pierre, fournit une très nombreuse fa- 
mille de noms et de localités que nous essayons de grouper avec 
un exemple de chaque forme. On rencontre assez souvent des 
formes avec un seul r, formes plus anciennes du v. fr. père y pa- 
tois pira, par exemple eis Grosses Pères à Vercorin, 1264. 

Y Perraches à Lens et Venthône ; suffixe aug'm. ache. 

Perrallaz, 7 loc. Vaud et Frib., Perrailles, Mont, Péraille, 
Roug'emont, Perrela, Saint-Aubin, Neuch. ; de perr, peyr = 
pierre, et suff. dim. ou dépréciatif aille, Epéralles à Montche- 
rand, le même avec soudure de l'article es. 

La Perraudette(ettaz), ham. de Pully ; la Péraudette à Giez, 
les Perroudes, m. à Montpreveyres ; paraissent dériver non de 
pierre, mais du n. pr. Perraud et Perroud, familles connues 
dans le pays. 

Perrausaz, 18 loc. Vaud et Frib. ; Peraousa, ham. de Trey- 
vaux, Perpau à Villeneuve, Perreux à Vouvry, à Yverdon, Pé- 
rouse à Peney-Satig-ny et à Moutier, Perrouse, Yens, etc. Per- 



340 PERREFITTE — PERRIS BLANCS 

reuses, Colombier-Neuch. ; Perrouges à La Tour ; Pirrogière 
à Nax, Valais, collectif ; du m. et f. de ladj. latin petrosuSy pier- 
reux. Perrosalle à Ollon ; Perroset, ham. de Grandsoa et 3 loc; 
Perrosy, Bonvillars^ dim. du précédent. 

PerreflUe ou Pierreûtte, D. Moutier, Berne, Pierre fite^ 1 296 
= petraficia^ pierre fichée, plantée ; 

Perret, Perrex et Perrey, une 20® de loc. ; Perrez à Roug-e- 
mont, Perey, Echichens, Martig-ny, Porsel ; Perray, Troistor- 
rents, PereySy 1867 ; Peray à Chesières, Perry, Château-d'Œx 
et Châtel-sur-Montsalvens, les Perrîx ou Perrîs à Saint-Maurice, 
Perry en 1722 ^ Perréaz à Rances, Perreye à Giez ; de perr, 
et suffixes collectifs ey^ ex, ixy fém. eye, du latin eturriy eta : 
lieux où abondent les pierres. Perrec à Chalais, Valais ; le même 
avec suflP. valaisan ec =^ ey. Pereyrosset à Oulens = pierrier 
roug-e, terre pierreuse roug-eâti*e. 

Perpevuil, une i2« de loc. Vaud et Frib., Perrevuel, 3 loc, 
Pepvuîl à Villeneuve, Frib., Pierravuel à Porsel, Peipeivuat à 
Bossonens, et avec la permutation r-l : Pellevuet à Besencens, 
Pelevuet, PlUevuil, 5 loc., Pilivuly plutôt Pilivui à Illens, 
1202, Piliwit à Autignj, i44i- Cette série présente les mots pa- 
tois recueillis par Bridel : perreooiié, monceau de pierres, et per- 
revoué, pellevouet, orig'an, thym serpolet. Le premier = per» 
ruet, per rouet, avec un v intercalé. D*un autre côté, pour les 
formes en 1, le v. fr. a pelluette ou peluette, s. f., piloselle, com- 
posée à feuilles velues, de pelu et suflF. et. Pellevuet pourrait aussi 
être le même mot, avec un v intercalé, chose fréquente en patois. 

Peppeype, i5 loc. Vaud et Frib., Peppeipe, Bagnes, etc., Pep- 
pièpe, *5 ; de Tadj. bas latin petraria, carrière de pierres. Peppe- 
pet, Gonthey, Vufflens, Saint-Prex, Gland, dim. 

EIs Pepplnnes, loc. à Monthey, dans les glariers de la Vièze ; 
adj. du \dX\n pétri nas (terras), (terres) pierreuses. 

Peppîs blancs, les — , 2 loc. alpes de Bex à Javernaz et Argen- 
tine = pierriers blancs, à cause de la blancheur des blocs de cal- 
caire urgonien. 



PERROG — PERTE 341 

Peppoc, pâturage et glacier, vall. d'Hérens, Valais, lo Biognio 
de PerreiZy 1290 ; syn. de Perey (ec, oc = ey, voir Biolec). 

PeiToIaz, Aigle et Fully, Pérolles, Frib., Perules, 1269, Del- 
lion, XII, 95, Perrola, 1409, Py roules, i4i3 ; Perpollcs à TEti- 
vaz, PeyroUaz à Morges, Peyroules, Bulle, Py roule, i35o, es 
Pirules à Granges, 1226, Péraulaz à Belmont, Péralaz, Mau- 
borget ; de perr, peyr, pierre et suflP. dim. oie. 

Peppon, Praz — , 2 loc. Ghâteau-d'Œx ; Grand et Petit — , 
sommets, vall. du Trient ; Zan (champ) Peppon sur Gonthey ; 
Peppont (fausse orth.), sommet vall. de Nendaz ; du bas latin 
petronem, de pierre ; en Dauphiné, peiron, sommet rocheux et 
nu. 

Peppoy, D. RoUe, Pirrhois, 910, Rég. gen., 35, villa Petreio, 
955, villa Petroioy loiS, M. G. XIV, villa Perroy, xi« s., Cart. 
de Cluny et de Saint- Vincent de Mâcon ; ager Petriacensis, 966, 
PerruySy 1172, Perrueys, 1172, etc. = (fundum) Petreium, 
du gentilice Peireius pris adjectivement. D après Jubainville, 
p. 44o, il s'agissait d'une localité du Maçonnais. Nous supposons 
qu'il la situe ainsi parce que c'est une terre de Cluny ; mais notre 
Perroy appartenait à Cluny et nous pensons qu'il ne s'agit que 
d'une seule localité. Au reste cela ne change rien à l'étymologie. 

Peppu, forêt à Ëstavanens, Gruyère ; Peppues, m. à Matran, 
le Pepoox, m. à l'Etivaz, le Peppuz, 2 pâturages, alpes de Châ- 
teau-d'Œx ; de perr et suffixe augm. u, latin utum, 

Peppuel, 5 loc., Pépuel à Gilly, Peppouel à Cuarnens et Tré- 
lex, diminutif du précédent, perru-et = localité un peu pierreuse 
ou petite localité pierreuse, le diminutif pouvant concerner le lieu 
ou la qualité. 

La Peppatannaz, gorge du torrent de la Frasse à Château- 
d'Œx ; de l'adj. perru, pierreux, et tannaz, caverne, gorge : la 
gorge pierreuse. 

Le Pepte d'Aveneire, passage de rochers, alpes de Villeneuve, 
Lanehe di Pepte, alpes de l'Etivaz, Pepté à Bovey, alpes de 
Charmey ; Pepte à l'Oups à La Chaux ; le Pepte de l'Aigi 
près Baulmes ; Peptais à Morgins et Ormont-dessous^ Pep 



342 PERTIT — PESEUX 

de Bonaudon, alpes de Montreux, Pierre-Pertuis, Jura bernois, 
Pierra pertusch, 1 342 ; Perte de la Tinna, ancien nom du défilé 
de la Tine près Rossinières, Pertel, 5 loc. Frib. ; Pertîs à Bon- 
nefontaine, la Pertusaz, alpe, vallée de THon^n ; dérivés divers 
de pertuisy subst. verbal du v. fr. pertuisiery percer. Quant à 
perte, patois perte, trou, il suppose un déplacement de l'accent 
difficile à expliquer, mais il est évidemment de la même origine, 
racine indogperm. berdh, grec perthô, percer, briser. 

Pertit, ham. de Montreux ; peut-être participe passé periit, de 
partir, séparer, partager, pris adjectivement ; le manque de formes 
anciennes ne permet pas de conclure. 

Péry, D. Courtelary, Berne, ail. Baderich, villa Bederica, 
884, Bidericus, 962, Péril, ii48, 1179, Perril, 1228, Peri^ 
1285, etc. — Biderich, 12!^, Piderich, 1287, Bidrich, i3a6; 
du n. pr. germain Badurih, Paiurih, riche en combats. Les 
formes anciennes montrent que les p, b ont permuté déjà en alle- 
mand. 

Pesay ou Pezay, ham. de Presinges, Genève ; Bachet de Pe- 
sey ou Pesay, ham. de Lancy, Genève ; pour Bachet, voir Bâche ; 
celui-ci, Pesay, 1268, Pesey^ 1821, Pesai, i3ii, M. G. XIV et 
XVIII. D'autres indications se rapportent à Tun des deux : St. 
de Pisis, 1188, Pisis, 1288, Amodric de Peseiz, 1268, M. G. 
XIV et VII. Gatschet en fait des Picetum, bois de pins. Mais ce- 
lui-ci a gardé en français le double ss dans Pessey et pesse. Ce 
sont des piseium, de pisum, pois := champs de pois ; de même 
Pezé près Arconciel, Frib. 

Le Rég. gen., 518, donne pour le Pesay de Lancy la forme Piciacas, 
que nous n'avons pas rencontrée. C'est, pensons-nous, une interpréta- 
tion. Mais le gentilice Pitius, d'où dérive Piciacus, aurait donné Pécy, 
Pissy comme en France (voir Jubainville, 293) ou encore Pizy et non 
Pesay. 

Peslères, champs à Vevey, 1286, Pezeyres à Ghavannes-le- 
Chêne et Blonay ; de pisarias, champ de pois. 

Peseux, G. Neuchâtel, Posas, 1191, Pusoz, 1195, Posoys, 
1277, Poysous, 1281, Pusue, 1289, Pisuel, i856, Pisoul, 1878, 



PESSE — PEU 343 

Puseuz et Peseulx, i437, Matile, Pissuez, i4o3, Pissouz, i4i9» 
Pusieux^ i465, Peseax, i466, M. N. XXVIII et XLI, 170, 172 ; 
de puteolum, dim. de puteum, puits, et non de Pessaltus, pied de 
la forêt, comme l'explique Guilbert, Glossaire neuch.^ 2®éd.y 160. 
Quant à Pusiacum, i4i6, 1428, M. N. XLI, c'est une graphie de 
notaire, calquée sur les nombreux noms en iacum. 

Pesse, Noville, La Tour ; de pesse, latin picea, sapin rouge. 
Pesset à Crésu, Pessette, Pessettaz, Bassins, Attalens, diminu- 
tifs ; Pesso à Conthey, de pesse ; de picetuniy bois de pesses. Pes- 
sevaux, loc. à Aigle, plans de 1718 = vallée des pesses. Le Pes- 
sey, ham. de Long-irod, aurait une autre origine d après la forme 
Poiseor de 1264, Dict. hist. Vaud, p. 749. 

Pessenaz, loc. à Conthey, et Pessonay ou Pessonnayre^ loc. 
à Chessel, D. Aigle = poissine, poissonnière ; vivier. 

Pesseux, Pessoz, etc., voir Pissot, 

Petou, etc., voir Pou. 

Pétra Félix, forêt et col sur Vaulion, Pierra-Fulliz et Pier- 
rajaly, 1186, Pierra fuliz^ 1807, ^344» Petra fellixy i34o, 
Pierra Fully^ i343, Matile ; Pierraz Fulix^ i488, Pierra 
Fully, 1499, Pierre FoêliXy i6i4 = pierre de Folly, du bois 
feuillu. Les légendes sur le nom de Petra felix, pierre heureuse, 
sont naturellement dues à une fausse interprétation du nom, pos- 
térieure au xve s. 

La Petroulaz, pâturage, Jura de la Rippe ; au premier abord 
de petra, pierre, et suffixe diminutif bas latin ola, patois oula, la 
petite Pierre, soit petit pâturag-e pierreux ; seulement, à part le 
nom de Petrafelix, qui est moderne, le t de Petra s*est constam- 
ment assimilé avec r, perr ou pierr, on devrait avoir Perroulaz, 
Perrolaz. Il faut chercher ailleurs. Bridel donne « Pet ré, s. m., 
pré marécageux où le pied enfonce, où Ion pétrit (Nyon). » Nous 
dirions plutôt où Ton s'empêtre, v. fr. empestrer, de pastoria, 
entraves. Si l'on rapproche Petroulaz de Pétré, ce serait un petit 
pâturage plus ou moins marécageux. 

Peu, très fréquent dans le Jura bernois, Peu-Chapatte, — Pé- 
quignot, — Claude, — Girard, etc. ; Combe des Peux à Roche- 



344 PEUFFEYRE — PEVRAY 

fort, le bois du peuœ de Neuchàtel, 1626 (Jeunet, p. ii4); Pau 
aux Bois, Jura bernois ; le Pei, sommet à Bourg-Saint- Pierre, le 
Pey Rond, sommet sur Ardon, le, les Paz ronds, 3 sommets 
Ëntremont ; Poays à Ursins, Lavanchy-Poy, Ormonts ; es 
Pueys, 5 loc. Frib. ; Puey à Vevey et 4 Frib. ; au Puit, ham. sur 
Riez, loc. à Neyruz, Autigcny ; le Puy, soit crét, des Fourches à 
Orbe, et loc. à Conthey, Charrat et Nendaz^ Valais, au Puis à 
Aig'le sur Vers Pousaz ; Sur le Puits, crét à Biolej-Magnoud, Cor- 
revon, La Sarraz, autrefois Poy : un acte de Matile, i344> fixant 
les limites de La Sarraz, nomme le poix de Wichimont ou mo- 
larium de Wichimonz, le poix ou mont de Ruery (Rueyres), et le 
poix de Montaust. Poy se trouve aussi dans les chartes valai- 
sannes de Sion, 1266 : Un Benedictus dol Poy, Du latin podium y 
estrade de théâtre, qui a passé en français avec le sens de colline, 
mont : en 1249, Ans. de Billens donne à Pierre de Savoie ce qu'il 
possède in Podio de Romont, Zeerleder, I ; on connaît les Puy 
d'Auverg-ne, les Peu ou Pué du Berry et les Poët du Dauphiné. 
Par contre les Puits de la plaine de TOrbe : marais du Puits à 
Bavois et ailleurs à Pompaples, à Orny, sont des sources, nom- 
breuses dans cette partie du marais. 

La PeuiTeyre, ham. et Champ Peufier à Bex ; au PeulTet^ 
prés à Noville, es PuiTet ou Peffés à Vouvry, à la Poffeyre, 
vigne à Lutry ; sans doute parents du patois peuffety puffet^ di- 
minutifs de pousse^ poussière, avec permutation s-f, allusion pro- 
bable à un terrain léger, s^enlevant facilement en poussière. 

Peulex à Salvan, Valais, les Peutels, ham. à Jussy, Genève 
(mare) ; Peutet, Peut!, Peutîx, Peuty, 6 loc. Valais ; d'après 
M. Bonnard (in litt.), de putiduSy laid, voir pouet. Peut-être 
quelquefois autre forme de Pautex : le Peulîl de Monthey, Peutij 
181 9, était un Paufey, 1696, et le Pautex d'Aigle s'appelle aussi 
Peutex, voir Pau f ex. 

Pevray, maison et loc. à Eclépens = (fundum) Piperacum^ 
domaine d'un Piper, cognomen romain. Piperacum a donné les 
Pibrac et Pebrac de France, et Piper le village de Poivre (Aube), 
Piper, 1202 (Jubainville) ; voir cependant Pevret. 



PÉVRET — PIGNE 345 

Pévpet, loc. à Pully, en Pevpey, champ à Villars-Tiercelin, 
Champ Pévpaz à Saint-Cierges ; de piperetum, endroit où 
abondent les menthes, patois peuria. 

Au Pex, Pez, 2 loc. Berolle et Ballens, ruisseau, marais et pe- 
tit lac ou puits naturel ; de puteum^ puits. 

Peypes, ham. de Peyres-el^Possens, D. Moudon, Pairi, 1228, 
1280, Payri, 1264, M. R. VI, i4i ; probablement autre forme de 
pierre, provençal peire, peyre, 

Pezé, Pezeype, voir Pesay. 

Phillîng, Granges — , voir Filling. 

Piamont, loc. à Domdidier, Mex, etc. ; probabl. Plat mont. 

Pichoux, voir Pissou. 

Piémont, m. à Courtelary = pied (du) mont. 

Pierrabesse,-baisse, voir Besse. 

Pierre à Bot, voir Perabot. 

Pierrafortscha, ham. près Fribourg ; du patois forischa^ 
fourchu : pierre fourchue ou fendue, à cause d'un bloc erratique 
— peut-être un dolmen — remarquable, fendu en deux ; une 
autre Pierra fortscha se trouve près de Berlens, Fribourg. 

La Pierraz, alpe de Bourg-Saint-Pierre, Entremont; sans 
doute le pratam de Lapide (Pierre), i235, M. R. XXIX, 820. 

Les Pierronnes, lieux rocheux, pierriers au fond du vallon de 
Javemaz, alpes de Bex ; correspondant fém. de Perron, du bas 
latin petronem, de pierre ; voir Perron. 

Pieulieuse, voir Pouillcrel. 

Pîeppafuz, m. à Vaux = pierre à feu, terrain siliceux où des 
étincelles jaillissent sous la pioche du laboureur. 

Pierredar, plateau rocheux dominant le cirque de Creux de 
Champ ; fausse orth. pour Pierre-Dard (ou Perredard) , la 
pierre, le rocher du Dard, de la cascade qui tombe au-dessous et 
forme la principale source de la Grande Eau naissante. 

Le Pigne de TAllée (pour la Lei), sommet près Zinal, Valais ; 
le Pîgne d'Arolla, vallée d'Hérens ; dérivé Têta Pegnat ou mieux 
Pegnaz, alpes de Bex ; de * pinnium, dérivé de pinnay créneau 



346 PILAZ — PISSOT 

de muraille, qui a donué pignon ; pinna est un parent du celtique 
penn, sommet, tète, auquel on pourrait aussi rattacher pigne. 

Pilaz ou Pile (Pille, carte Siegcfried, prononcé comme ville), 
pâturage du Jura à Saint-Cergues ; peut-être du v. fr. pille, vase 
et pile (pila), mortier à pilon, qui a aussi le sens de citerne, vais- 
seau ; c'est une métaphore semblable à celle de Auge. La Pilaz est 
enfoncée, surtout la Pile-Dessous, entre des coteaux qui la domi- 
nent de 2 à 3oo m. 

PîIIevuît, voir Perrevouet. 

Piraz, loc. à Vex ; du patois pira, pierre ; de même un champ 
de Piraz-grand à Troinex, Genève, Petra magna en 1276, jadis 
un menhir de 26 p. de hauteur, M. G. XIV, 87, et V, 5o5 ; en 
Pîry, loc. à Ayent, collectif; du \aX\n petretum, lieu pierreux. 

Pîpoliîèpe à Plan-les-Ouates, Genève ; pirole, petite pierre, et 
coll. ière ; lieu graveleux. 

Pissevache, cascade près Vcrnayaz, Valais. Gatschet, trouvant 
Tétymologie qui se présente tout naturellement, inesthétique, — 
« unâsthetisch, » — le tire « du v. h. ail. puzzin-wag, source 
jaillissante : vue d'en bas, la cascade a Tair d'une source jaillissant 
du rocher. Mais, outre que les transformations du mot seraient 
bien difficiles et que les intermédiaires manquent, il y a d'autres 
raisons : i» Nous avons plusieurs autres Pissevache, ruisseau 
à Hermenches, D. Moudon, un autre à Bossy, Genève, ce nom est 
porté aussi par le nant des Grattes à Genève ; d'après Galiffe, 
d'autres encore en Savoie, et il y a Pissechèvpe, cascade du tor- 
rent de Mordes ; 2» les paysans qui ont nommé ces cours d'eau ne 
se piquent pas d'esthétique, comme le montrent les mots suivants ; 
30 le romanche emploie la même figure : val Pischa, Pischa da 
daint, vall. de Munster, Pisciadello à la Bernina, etc. ; du ro- 
manche pischy urine. 

Pissot, torrent à Lourtier de Bagnes, loc. à Ollon, torrent à 
Villeneuve, gorges à l'Etivaz, pâturage à Albeuve ; Pessot à Nei- 
rivue. Broc, Corbeyrier, Vouvry ; cascade sur Muraz, D. Mon- 
they ; Pissoz à Vionnaz, les Pessottes à Gollonge, Pessoz, tor- 
rent, affluent de la Lizerne, cascade de la Salenze sur Saillon ; 



PIZY — PLAINPALAIS 347 

Pezot(ls) à Conthey ; Pesseux, ruisseau à Trient et torrent à 
Saint-Martin d'Héreas ; le Pîssoîr, sommet i^^lacé à Trient et ruis- 
seau à Og-ens, le Pissioux à Cheyres ; Pecheux, alpes de Saint- 
Ging-olph et de Trient ; le Pissoux, g'orges du Doubs près Chaux- 
de-Fonds, Pichoux (ou Pissou), gorg-e et cascade de la Some et 
gorges près Courgenay et Boécourt, la Pissausaz à Reverolles, 
le Pischiauc à Grône, Valais (pour le c, voir Biolec) ; diminutifs, 
Pesseuie, loc. à Fully, Pessaulaz, m. à Chàteau-d'Œx. Pîs- 
chourgraben à Louèche-Bains, comba dou Pissyor, i55i, forme 
germanisée ; un Pissot à Mage^ Valais, i255. 

Pîzy ou Pisy, D. Aubonne, Pisis^ i\%%, Pesis, ^^97» M. G. 
XIV, i5 et IV, 86, Pisy, i235, Pisis, i244, M. R. XII, Guill. de 
PysiZj i3o6, M. R. XXXIV, 4i ; de pisis, dat. plur. de pisum, 
pois, et de pisetum, culture de pois. Ces formes primitives empê- 
chent de le dériver de Piciacum, domaine d'un Pitius, comme 
Pizy, Yonne, Piciacum au vu® s. 

La Place, les Places, ham. de Conthey, Platea, 1290; 
d'Ayent, Platea, 1282, et de nombreux autres villages valaisans ; 
les Places à Fribourg, les Plates, i33o, et 12 autres loc. du can- 
ton ; aussi dans le Jura neuchâtelois et bernois ; de platea, place 
de ville, désigne Tagglomération principale, au moins à l'origine. 

Plagne, D. Gourtelary, ail. Plentsch, Bleen, forme ail., i3ii, 
la Plagne ou Plaigne, loc. à Gimel et pâturage sur Montreux 
(aussi Pleniaz) ; les Plagnes, forêt sur Bière, Plagnoz, pâtur. à 
Lessoc ; autres formes de plaine, provençal planha, plaigna ; 
Plagnuit, ham. sur Fully et sur Salvan, en Planuit à Vérossaz, 
Plagnuz à Château-d'Œx, le Planiu à Gerniat, Gruyère, diminu- 
tifs ; de planeolum. 

La Pla(g)nière, ham. de Châtel-Saint-Denis, forme adjective. 
Littré a le masc. plagnier, plateau sur une montagne. 

Le Plain, les Plains, le Plaignat, loc. à Saint-Brais, diminu- 
tif, et les composés Plainbois, Plainfayen {faginurriy de hêtre), 
Plainmont, loc. du Jura bernois ; de plain, s. m., anc. forme de 
plan ; plan du bois, des hêtres, du mont. 

Plainpalais, Genève, Palais, Palacium, 1263, 1269, Pala-- 



348 PLAIT — PLANA PAYE 

tiuiHy i34o, M. G. XIV, 60, VII, 817, III, 186, Planum pala 
ciurriy li?^, Plainpalex^ xvi® s. ; de plain = plan et palais. 
Une chronique de Grenève, anonyme et sans date — fin du xvi® s^ 
— dit : « Le second monastère forain estoit des Jacopins, assis en 
la Courraterie et estoit nommé Palaix pour sa mag-nificence et 
grandeur. > Mais ceci n'est qu'une fausse étjmologie. Le couvent 
des Jacobins ou dominicains paraît avoir été fondé justement en 
1263 où nous trouvons le mot Palais déjà employé. Palacium ne 
serait qu'une traduction latine du v. fr. palais. Or si Ton consi- 
dère que le terrain était alors une plaine marécageuse, exposée 
aux inondations dis TArve et du Rhône, que la grève du lac à Rive 
se nommait ègdlemGDi palueys, i3o5, paloySy i3o3, i3o6 ou pa^ 
laySy i3o6, Rég*. g'en., p. 385, 5i5, 4oo, on verra plutôt dans 
Plainpalais la plaine du marais, de paludetum. Voyez aussi Pa- 
lais. 

Le Plaît, ham. de Renens, D. Lausanne. Serait-ce l'emplace- 
ment du plaît des Runing'es? v. fr. plaii, du latin placitunij 
cour, assises, assemblée des citoyens d'une commune ; une charte 
de 1238 parle d'un W. de Plais de Runens. Il y avait un Playtj 
villis de Playt aux environs de Lutry, i36o, M. R. VII, un alleu 
de Plaîty et aujourd'hui une rue de Sous Plaît à Chexbres, même 
origine. 

Plamboz, ham. du Locle, Plambuîs à Bovernier, Pîambué, 
ham. de Collonges, Valais, Plambouet à Fully, Pîambuît, ham. 
de Lavey et d'OUon = plan, adj., et bois. 

Pîame, loc. à Gonthey = plane, permutation w-m, comme 
prunier, prumi. 

Plamproz, loc. à Lourtier de Bagnes, à Vouvry = plan-pré. 

Pîanactiaux, sommet à Château-d'Œx 1= chaux, pâturage^ 
plan. Plamachaux, pâturage à Champéry, Valais, même mot, 
permutation /i-m. 

Plana Paye, ham. du Ghâtelard et de Villars, Frib., Planna 

Faye, i483 ^ forêt plane de hêtres (et non plaine aux moutons). 

Plan-à-Jeur à Salvan et Martigny = plan de la forêt. On 



PLANARD — PLANFAYON 349 

trouve aussi Planajeur, c'est alors la forêt, la joux plane. Plan- 
la-Jeux de Vionnaz était une planna Jeur^ 1728, 1770. 

Planard, nombreuses loc. Vaud et Valais, suff. augm. ard = 
grand plan. 

Flanavy, loc. à Yvorne ; de via = route plane. 

Planaz, nombr. loc. et Plannaz, Salvan, Pliannes, patois fri- 
bourgeois; fém. de plan, adj. = lieux plans, plats. 

Planchamp, ham. de Montreux et ailleurs ; de planum cam- 
puniy champ plan. 

Planches, D. de Vevey et nombreux ham. et très nombreux 
lieux-dits ; dim. Planchettes, du fr. planche, latin planca, au 
sens d'espace de terrain. 

Planchemont à Moudon = planche du mont. 

Planchy à Bulle, Planchi, 1277, Planchix, 1879, et Plan- 
•chis, champs à Porrentruy, collectifs de Planche. 

Plancudrey, ham. de Villeneuve = plan de la coudraie, des 
coudriers. 

Plandaret à Conthey = Plandarrey, plan d'arrière. 

Planereuse, alpe sur un plan au-dessus de la Reuse de Sa- 
leina, val Ferret = Plane de la Reuse. 

Planée, loc. aux Verrières ; de planata ; Plané, Planet, 
Planneau (ou Planeau) à Vionnaz, es Planettes à Chardonne, 
Planette (Venthône), dim. de plan. 

Planellet, sommet sur Vouvry, petit plateau au sommet, et 
Planélet à Vionnaz, doubles diminutifs, el-et. 

Planex, Planey, Plany, Plenay ; collectifs de plan, avec suf- 
fixes coll. ex^ cy^ y* 

Planeyse, plaine à Colombier, Neuch., Planeise à Payerne, 
Planaize à Boussens, Planaise, Saint-Saphorin-Morges, Planîsse 
à Chesières, à Saint-Léonard, Planessy, i448, Planîge à Ven- 
thône, Planey si, i36i, Planigy à Salquenen, Planazi à Bagnes ; 
de planitia. 

Planfayon, D. Singîne, Frib., ail. Plaffeyeriy Planfeiuriy 
II 48, Donat. Haut., Plan/euriy 1228, M. R. VI, 24, Planfaion, 
1287, F. B. II, 1428, R. dipl. VII, i56, Plainfaon, i453 ; autre 



350 PLAN FAYE — PLATTA 

loc. à Ropraz ; de plan^ adj., eijayon, dim. de faye, de fageia 
■=. petit bois plat de hêtres ; peut-être aussi de faye^ brebis ; ce 
serait alors la plaine aux brebis. 

Plan Faye, ham. de Massonnens et loc. Matran ; de plan, s. 
m., plateau et faye, àefageta = plan de la hêtraie. 

Plan-Fey ou Planfey, 5 loc. ; de plan eifagetuniy Tune Piano 
Facto, i4o2, M. R. 2, II, 25, même sens. 

Plan-Folliaz, plus. loc. = plan de la feuillei du bois feuillu. 

Pian-Fromentin, ham. Ormont-dessus ; plan et n. propre (fa- 
mille des Ormonts). 

Plan-Ievpaz, loc. à Montreux = plan de la leyvraZy du lièvre. 

Es Plannes, loc. Albeuve, Villeneuve ; Muraz et Leytron, Va- 
lais ; peut-être aux plaines, peut-être aussi aux Planes, aux érables 
Planes. 

Plan-IVévé, g-laciers, Bex et Salvan = plan du névé, de la 
neige. 

Plans sadoz, atlas Sieg-fried, ou Plançades, carte Dufour, 
larg'e plateau de pâturag^es doucement inclinés au Saint-Bernard 
= plans sadeSf v. fr. sade, doux, ag-réable. 

Plan Sayaz, alpe d'Ollon ; plan de Tarête, voir Seya. 

Plan-Seujet, ham. sur Bex = plan des saules ; voir Seujet. 

La Plantaz, une 3o^ de lieux-dits, aussi la Planta, Sion, la 
Planteau à Evionnaz (Plantoz) et Vionnaz, ou la Plantau (d, x), 
Monthey, Colombey), désignant des terrains cultivés, des plan- 
tages ; celui-ci du bas latin plantaticum, de planiare, planter ; 
es, les Plantaux, plus, lieux-dits, diminutif. 

Plantey à Etoy, Plantay à Lavigny, es Plantayes à Vouvry, 
es Plantaies, Yens, 1296, Gilly, 1265, la Plantée, de planta- 
tam^ plantatas. Un Will. de Plantata à Liddes, 1228. 

Plasselb, D. Singine^ Fribourg, Blanselp, i364, Matile,P/a/i- 
naseyva, 1824, Plannasewa, ^472, M. G. XII, en patois Plana- 
si va ; forme allemande de Plana silva t forêt plane. 

Platta, vignoble près Sion, Plata, i243, Platta, i3o6, Plattaz^ 
i4i4> es Plattes à Fiez ; de plat ; Plattel à Concise, Platet à 
Champvent, diminutifs ; Platey à Vionnaz, Platez à Montche- 



PLATURE — POIL DE CHIEN 351 

rand, Plattaire à CremiD, Plaleyres à rAberg^ment, collec- 
Ufs. 

La Plature (ou TEplature), loc, plaine aux Pommerats, Jura 
bernois, et ham. aux Fonts, Neuchâtel ; les Eplatures, ham. de 
la Chaux-de-Fonds, pour es Platures ; de plat et suffixe collectif 
ure. 

Pleigne, D. Delémont, Berne, ail. Pleeriy Plenna^ ^^9» 
Plaigne, 1187, Plenne, 1188, Blennes, 1213 ; Pleigne-Seigne, 
ham. de Montfaucon, Franches-Montag-nes ; autre orth. de plai~ 
gne (voir plus haut), syn. de plaine, adjectif dans le second = la 
Sag'ne plaine, ou plane, unie. 

Pienafey, ham. de Saint-Sylvestre = forôt plane de hêtres. 

Plenazeu (Pléna-jeur) à Bag-nes, pâturage entouré de forêts, 
dzeu = joux, donc en pleine joux. 

Pleujouse, D. Porrentruy, ail. Bliizhausen, Blutzhasen^ 
\^l\o, Pluiusa, iio5, 1180, de Pluvioso, ii36-ii52, Pluviosa, 
116 1, II 86, \2^by Pluiose, i3o2, i3o5; le latin sig'nifie (villa) 
pluviosa, (vicas) pluviosus, villag-e pluvieux ; l'allemand Blitz- 
hausen, villag-e des éclairs, des orag-es. Le rapprochement des 
deux noms justifie Tétymolog-ie de pluvieux. 

Piex, écrit aussi Pley (ou P/ay, Plaix), pàturag'es à Muraz, 
Collong-es, Val d'IUiez, Valais, à Ollon ; dérivés : Pleyeu à Saxon 
et à Bag-nes ; Pléauc, prés à Grône, Valais ; Pleyau sur Saint- 
Légier, pâturage et sommet (auquel le doyen Bridel, épris d'anti- 
quité, a donné le nom grec de Pleïades) ; du latin plexus, v. fr. 
plais, clôture = pâturag-es entourés de clôtures ou de forêts. Plaix 
est un n. local très fréquent dans le Berry ; Tall. : pletscherty une 
io« de loc, a la même orig-ine. 

Pliains, plusieurs pâtur. Gruyère, les Pliannes, plaine, m. à 
Semsales, Piiano, Tour de Trême ; formes patoises de plairty 
plane. 

Poay, Poy, voir Peu. 

Poët, f. Poëtte, voir Pou. 

Le Poil de CSiien, pâturage de Vaulruz, Gruyère, et localité à 



352 POIPE — PONT 

Montcherand ; du nom populaire du Nardus stricta, graminée très 
dure, patois Pei de isin, trop commua dans les sols tourbeux. 

Poipe ou Poype, mamelon arrondi, poipe en Dauphiné, em- 
ployé chez nous au moyen àg-e, et peut-être encore aujourd'hui, la 
poipe, popia, popiCy du château à Dommartin, 1200, 1225, W. et 
Gir. de la Polpi, 1217, M. R. VI, 117, i64, 167, etc. ; parent 
de poupe, montag'ne en forme de mamelle, anc. fr. poupe^ bout 
de sein, provençal popa, 

Poirerat, loc. à Courchavon, Jura bernois, lieu où abondent les 
poiriers. 

Poîsat, Poisattes, Poisieux, voir Posât. 

Polîez, 2 com. D. Echallens, Poliacum^ Pauliaca^ M. R. VI, 
i4i, 642, Polliacum, ii4i> f^olye, 1142, Cart. Month. 'j^PolUy 
II 54, Pollie lo grant, 1228, 1226, Pollie^ 1228, Pollie lopitety 
1280, M. R. VI, 187, Pallie lo Grande 1288, Poulye loz Grandy 
1276, Palliez (Pittet), i4o8, Paliez-le-Grandy i453, Pally-le- 
Grand et Pally-Pittet, 1702, Rev. hist. Vaud., XIV, 55, Pully^ 
le-Petity 1784, Arch. Fr. VII = (fandam) Polliacam^ domaine 
d'un Pollius, g-entilice romain. 

Pomay à Arvejes d'OUon ; Pommey, 5 loc. ; Pommier, ham. 
Grand-Saconnex ; la Pommière (Paumière), ham. de Chêne ; 
Pommy à Bremblens, Châtel-sur^Montsalvens ; Pomy, D. Yver- 
don, PomierSy 1174» Pomer^ i235, Cart. Month., Pomy y 1487, 
Pomiery i453 ; en Pomy à Trélex ; de pometaniy pommeraie. 

Pomeipy, Pommeriaz, Lavig-ny ; Pommeret, 8 loc. ; Pom- 
merai, Jura; les Pomme rettes à Dombresson ; de pomaretarriy 
pomaretay pommeraie. 

Pomirond, fausse orth. de Tatlas Sieg'fried, Pomepan, Dict. 
de Lutz, ou mieux Pomeypon, ham. de Conthey, diminutif. 

Pompaples, D. Cossonay, Pons papuli, 1049, PompaplOy 
1825, Ponpaploy 1844 (Matile), Pumpaplos, i458 = pont du 
peuplier ; la forme paple sous l'influence du germanique pappel 
comme dans Paplemont. 

Le Pont, Vallée de Joux, autrefois lo Popt, le Champ da Port, 
i883, ad Portum; le nom changea quand on eut jeté un pont. 



PONTAISE — PONT NEUF 353 

Pontaise, loc. à Lausanne, Pontosa, i5io? 

Pontareuse, ham. C. Neuchâtel, anc. paroisse disparue, 
temple démoli en 1647, Ponterousa, 121 1, Pontrousa, 1228, M. 
R. VI, 19, 649, Ponterosa, 1288, Ponte Aurosa, 1849 = Pont 
de TAreuse. 

Pontet, nombr. loc, une 10^, dim. de pont; Tun d'eux, au 
Pontet à Massong-ex, 1761, est aujourd'hui un Poutet. 

Ponthaux, D. Sarine, Frib., Pontet, iit^2, Cart. Month., p. 6, 
M. R. XII, PonteaPy 1166, Hidber, II, Pontelz et Pontouz vers 
1180, Donat. Haut., PontelSy 1868, Rec. dipl. III, PonthouZy 
1884) Pontaux, i458 ; un autre PontelSy ham. de Guin, sans 
doute dim. de pont. Le premier est très probablement le BontelSy 
1428 et 1484) H.ec. dipl. VII, p. 169, 168 et V, que M. Gremaud 
n'a pas identifié. 

Pontis, vallée d'Anniviers, gorges avec plusieurs ponts ; Ponty, 
ham. de Lejsin, Pontiz, 1882 ; — ou Pontey, ham. de Lucens, 
Pontety 1142, Pontity ii55, M. R. XII; les Pontex près Ro- 
mont, autres dérivés de pont ; les suffixes ey, ex désignant des 
collectifs. Pont et Pontet dénomment souvent des localités au sol 
tourbeux, où les chemins ont dd être établis sur des ponts, soit 
sur des troncs juxtaposés. C'est ainsi que l'ancienne route romaine 
traversait le Grand Marais. C'est le cas pour les Ponts-de-Martel, 
les Joux des Ponts à Semsales, les Ponts d'Avaux à Vaulruz, le 
Pontet, Vallée de Joux, la Chaussée des Pontins à Coffrane, 
les Pontins à Saint-Imier, Pontenet, com. D. Moutier, Pontenalj 
1869, Pontenet y 1874, Ponteiet, i4oi ; les Pontenets, pâturage 
à Saint-Brait, Jura bernois, Pontinet aux Ponts-de-Martel. Ce 
dernier nom désigne une localité où se trouvait jadis un tel che- 
min fait de madriers juxtaposés utilisé encore, d'après Lesque- 
reuXy en i5i7, £ibandonné en i54o, enseveli sous trois pieds de 
tourbe en 1842 ; in, diminutif, enet, inet, double dimin. 

Au Pontonney à Siviriez, Frib., probablement Pontonnet, petit 
pont. 

Pont Neuf sur la Morge, alpes de Conthej, Valais ; pons no^ 
vuSy i3o4. 

M. D. SBC. SÉRIE, TOME VII 23 



354 POm'-ORGE — PORRENTRUY 

Pont-Opge, m. et pont près des Thioleyres, D. Oron, Pontem 
Ordeorum, iiS^^pratum de Pontoris, i2i5, M. R. I, 2« S., 
i48, PontorjoZy lôSg = pont de l'orge. 

Pontrsec, Ponsec ou Pensez, torrent, liniite d'Orsières et de 
Liddes, Valais, />on5 siccaSy 1228 ; le torrent est souvent à sec, de 
là le nom. 

Pontrausaz, m. à Mont, D. Rolle ; c*est probablement le Pont- 
reusaj 1228, et Ponterosa^ 1288, Gart. Laus., M. R. VI, 649, et 
le Orausa ultra Albonam de 1 344 dans Matile. 

Ponveys (s fautif), loc. à Grand villard, Gruyère, près du pont. 
Eponveys, loc. vers les 2 ponts de la Sarine et du torrent à 
Montbovon = pont-^eil, es ponts-veilSy le pont vieux, es ponts 
vieux, « du v. fr. oeil, vieux » (Bonnard). 

Ponverpoz, loc. à Villeneuve, ancienne propriété des nobles de 
Pontoerre^ famille savoisienne, — châteaux près d'Annecy, — 
qui possédait de nombreux fiefs dans la contrée. C'était aussi à 
Aigle le nom du Clos de Vahyse avant que ceux-ci eussent suc- 
cédé aux Pontverre, écrit Pontverrier, Jeannet de — , 1872, 1878, 
François de — , i4i8, i442, etc., chartes d'Aigle. 

Porcheresse, loc. sous Chamossaire, alpes d'Ollon, 2 autres à 
Premier et Bretonnières ; pâturage à Charmey (Portzereche, Por- 
tzeresse) ; de porc et suffixe v. fr. eresse, pâturage des porcs. L'a- 
tlas Siegfried indique à Morgins une loc. Pocheresse, sans doute 
un r oublié. 

Poppentpuy, ail. Pruntrut; Purrentru et Punrentrutj 1186^ 
Trouillat, Pontereyntruj ii4o, Attinger, PoarewrfrM, 1186, Por- 
rentrai, 1284, etc. ; n. ail. Brunnendrutj 1276, BurnentrUt, 
1288. D'après Perreciot (Etude sur le comté d'Ajoie), reproduit par 
Lutz, de Pons Raintrudis, Ragnetrudis, c'est-à-dire pont bâti 
par la femme de Dagobert I*"" (622-688). Aucun document histo- 
rique, répond Vauthey, ne peut appuyer cette supposition, puis il 
tire ce nom de mots celtiques. Le Dict. géog. d'Attinger le tire de 
l'ail, brunn, fontaine, et trut, trud, druide, étymologie mixte fort 
douteuse. Nous préférons la première, en remarquant que si rien 
ne prouve que le pont ait été fondé par la femme de Dagobert, 



PORREYRE — POSAT 355 

rien De s^oppose à ce qu'il ait été construit par quelque autre Ra- 
g'netrud ou Raintrud (Fôrstemann donne i5 variantes de ce nom). 

Poppeype, pâturag-e sur Gryon ; ferme à La Tour ; Poppey- 
pettaz, pàturag-e sur Bex, diminutif, la Poppasse sous la Pointe 
des Savolaires à Bex, suff. aug-m. asse ; es Poppades, vignes à 
Luins, dérivés de porrum, patois porra^ porré, poireau, ail, en- 
droit où abondent, dans les Alpes, Tail des montag'nes, et dans le 
vig-noble Tail des vig-nes. 

Popsel, C. Frib., Porcels, xii® s., Porsez, 1271, Forcez, 
1284, M. R. XII, Porcel, i453, Arch. Fr. et 1668, carte v. der 
Weid. 

Popsogne, alpe à Rougemont, Pays-d*Enhaut ; peut-être de 
porc et sogncy v. fr. songne, italien sogna, soin : « pàturag'e où 
Ton soigne, où Ton élève des porcs, synonyme des Porcheresses, 
assez fréquentes dans les Alpes. 

Poptalban^ Fribour^, Poraban^ Porabant, 1166, capella de 
Portubanniy 1182, Hidber, U^ Porta Arbano, i33o, Matile, Po- 
rabarif 1668, carte v. der Weid; de port et Albanus, Albain, n. 
pr. romain. 

Poptaux, loc. à Aigle, Popleau à Corseaux, en Poptel à Con- 
cise, Poplelle, loc. à Granges et Savièse, Poptalet, sommité et 
glacier, alpes d*Orsières ; syn. et dim. de portai ou portail. Il y a 
aussi des lieux-dits aux Portes et aux Portettes, par ex. Venthône. 

Popt-Valaîs, D. Monthey, Porvaleis vers i2i5, M. R. VI, 
349, Portas Vallesiif 1272, Porvales^ 1293 = port du Valais. Il 
n'est pas nécessaire que le lac s'étendît autrefois jusqu'à l'église, 
comme le veut Lutz : le Bouveret fait partie de Port- Valais. 

Posât, D. Sarine, Frib., patois Pojat ; ham. de Chézard, Neu- 
chàtel, et une 12® de loc. Vaud et Frib. ; Poîsat, 5 loc. Vaud, un 
entre Lausanne et Renens, 1227, Cart. Laus., M. R. VI, p. 221, 
245, lu par erreur Poifaty vinea de Poifat, p. 693. — Poisiat à 
Corbeyrier, Epoisats ou Epoaisats pour es Poisats, vallon entre 
Vallorbe et l'Abbaye de Joux ; loc. à Dizy ; es Poisattes à Aniè- 
res, Genève ; avec la permutation s-j, le Pcegeaz à Vionnaz, Poi- 
gea^ Poisiaz, 1776, Pogsat, 1728 ; deputeum, puits, source. 



356 posiEUX — POU 

Posieux, D. Sarine, Frib., Puteus, Putei, Posuos, xii« s. 
Arch. Fr. VI passim, Posus^ i235, PosuZy i348, ecclesia de Pu-- 
teo, 1876; Poisieux à Monthey, au Poisiau à Colombej, Puy" 
sieux, 1743 ; de puteoluniy petit puits. 

Posogne, 2 pâturages de Mont-la-Ville, pratis de Posonys, 
1467, M. R. I, 2^ liv., 294; — loc. à La Chaux; peut-être de 
pose et sufF. augm. (dépréciatif ) o^ne (Jor-ogne, ivr-ogne), grands 
pâturages où le bétail fait une longue pose, un long séjour. 

La Posse, 2 hani. sur Bex, la Possiy 1281, M. R. XXIX, et 
1262 ; loc. à Chamoson ; la Poche à Massongex, la Posse y rôle de 
dîmes, avant 1748 ; es Posses à Nax, Valais ; Possen à Louèche, 
forme germanisée du plur. Posses. Une localité eis Poczos à Ayer, 
Valais, 1896, paraît être le même nom. Origine inconnue. Serait- 
ce une autre forme du bas latin posta, station ? le wallon dit 
posse, mais notre patois dit pousta. Zimmerli tire le Possen de 
Louèche du nom de famille Poss. 

Possens, D. Moudon, PossenSj 1220, Pairi et Pussens, Pairi 
et Pousensy 1280, PosseinSy 1288, M. R. VI, 187, 646 et VII, 87 
= chez les descendants de PossOy Bosso, n. pr. germain, racine 
boSy V. h. ail. bôsiy méchant. Fôrstm., 277. 

La Poterla, loc. à Bulle ; Potierlaz à Ollon ; Pottailaz à Tlsle, 
Pouterlaz à Coppet, Poteylaz à Orbe, Grandson et la Tour-de- 
Peilz ; la Potile, ruelle à Payerne ; du bas latin poster la j latin 
posterula, f t. pote me y patois pote i la, syn. patois et v. fr. de la 
rue de la Poterne à Nyon ; emplacement d'anciennes poternes ou 
de passages pratiqués dans une enceinte. En Dauphiné, poste rie 
s'emploie pour désigner certains cols. 

Les Potraux, pâturage à La Rippe. AuxOrmonts, lapotra, pi. 
le potre = boue épaisse, margouillis (Isabel). Si ce mot est connu 
au Jura de Nyon, ce serait un pâturage boueux. 

Pou, pu, fém. pouta, Jura bernois, peu, peute et pouet, fém. 
pouetta, aussi pouai ; du latin putidurriy laid, vilain ; de là Pou 
Crêt à Neirivue, Pouppoz, Bovernier, Poute Palud à Charmey, 
la Poutilaz à Golombey (île), les Pouetes à Cornaux, Pouetta 
Haïsse à Fleurier, Pouete Manche au Val-de-Ruz, Poettes 



POUGNY — POUSAZ 357 

Lanches (couloirs) à Villeneuve ; Pouta Fontana à Grône, Puta 
Fontana, 1286, i3i5, en Puta Pacol à Choëx, Monthey, Poueta 
Rouennaz (ravine), Orsières ; Zapoude (Chaux) à Sion, le Pu- 
lorreDl à Bex, Putessert à Chevroux, la Pouete-Combe au Val- 
de-Travers, Pute^Combe, 1872 ; Peus Prés à Develier, Peule 
Côte à Boécourt ; Poutelettaz à Conthey, diminutif ; les Pouay, 
petit alpage à g-énisses à Chamoson = les pouais (prés). Les 
Pouettes (prairies), prés à Massongex. Une autre forme de ce 
mot est Petou : Proz Pethoux à Vionnaz, Peioux, 1776, Praz 
Petou^ Bussigny ; Autannes Petoudes à Trient. 

PougDy, loc. à Genthod, Genève ; le même que Pougny, vil- 
lage du Pays de Gex, Pugnye, 1260, Ponnie, 1277, Pougniery 
1289, Rég. gen., de Pugniacam (praedium), domaine d'un Gallo- 
romain, d'un * Punius, de Tadj. PunuSy carthaginois. 

Pouîllerel, mont à la Chaux-de-Fonds, Poillery au xv« s., puis 
Poillerel d'après Benoît ; les Pouillets, loc. à Lamboing, Pouil- 
lerie, loc. au Saint-Bernard ; la Pouilleuse, pâturage à Mar- 
chissy ; aux Epoullleux, champs à Aigle ; Essert Pouilloux à 
Asuel, D, Porrentruy ; Crépillaux à Vuibroye, Crest PyoulliouXy 
i3io; Piaullauses (Piauliauses), loc. à Ferreyres et Vuitebœuf, 
la Piaulhiausaz, une des sources de la Louve à Lausanne ; les 
Pieulieuses à MontmoHin ; en Piaulliet à Bex; de pouilleux y 
patois piaullhiau, au sens de terrain pauvre, nu, stérile, comme 
en France la (Champagne pouilleuse ; une Poliosa en i4o3 dans 
le D. de Grandson, M. R. XIV, 874. 

Pourriez, prés marais à Saint-Prex et ailleurs, les Pourries à 
Vouvry ; part, pourrie^ employé pour désigner des terrains hu- 
mides, des rocs qui se décomposent, ainsi Puries, Purîer, rochers 
des Gorges de TAreuse, Neuchâtel, du part. v. fr. puri^ purri. 

Pouptauvuîvpe, loc. à Vandœuvres, Genève ; paraît renfermer 
au plur. — aux vuivres — le mot v. fr. vuivre, patois vuiura, du 
latin vipera, vipère, serpent en général, et peut désigner un en- 
droit où abondaient les serpents. 

Pousaz ou Pousa, nombreux hameaux, alpes vaudoises et Va- 
lais : la Pousaz à OUon, Pausaz, carte Rovéréa, et à Aigle, Posa^ 



358 POUTAZ — PRADA 

i3i4> Posaz, 1872, Pose^ i442, Pouja à Nax, Paugeat à Chip- 
pis, Valais (z-j), Pousettaz à Leysin et Posetta à Fully, diminu- 
tifs ; Repousaz à Conthey ; du patois pousa, pause, du latin 
pausa, halte de repos ; ces localités sont toutes sur de petits pla- 
teaux interrompant la montée. On trouve aussi la forme française 
Pauses. De même en romanche />05, paus, s. m., lieu où Ton fait 
halte : Sass del pos à la Bernina. 

Poutaz, A, En la — , 4 loc. Frib., en Poutex, Villaz-Saint- 
Pierre, es Pouttets à Ormont-dessus, Praz Pouttet à Corbeyrier, 
au Puttet à Mordes, au Puttier à Massonnens ; au Peutet à 
Monthey, Pouttet, 1696, Putety 181 9 ; de poutta, cerisier à grap- 
pes^ et suffixe collectif et : lieu où abonde ce cerisier, en patois 
poutta, fr. puiietj du latin putere, puer, à cause de la mauvaise 
odeur des fleurs ; sanscni poûta, puant. 

Poy, voir Peu. 

Poya, Poye, Poyaz (l'accent sur o), Poyat, Poyet, Poyette, 
Poyettaz, Poyeux, nom de nombreuses localités dans toute la 
Suisse romande, du patois /)o/iia, montée ; les formes i-3 de/>o- 
dia, 4, de podiatay 6-7 diminutifs, la 8® du dim. latin podiolurriy 
dérivés du lAÛn podium, voir Peu. 

Prabé, sommets sur Sien et Randog-ne, Praby, ham. Val dél- 
iiez ; de pratum bellum, beau pré. 

Prabert, ham. de Monthey, Praz bert à Vérossaz, Valais, et à 
Payerne ; de praz, pré, et le n. pr. Bert comme Fin-de-Bert à Trey. 

Ppabopgne, ancien nom fr. de Zermatt, Pra Borny, 1260, 
Pra BornOy 1286, Pratum Bornum, 1291, encore appelé Pra 
Borno par les Valdôtains ; de prata, prés, et born, source = 
prés de la source. 

Prabou, écart de Trey vaux, Frib. ; pré du bois. 

Prada à Vétroz, Pradaz, pâturag-e au Saint-Bernard, Preidês, 
champs à Ayent, Prad à Collong-es, Pradex, loc. à Prévereng'es, 
Allaman, Féchy, Pradières, fermes au Val-de-Ruz ; du v. fr. 
prade, s. f., prairie, du plur. neut. latin prata pris pour un f. s. 
(t-d), et les derniers avec suffixes collectifs ex, ière. Le môme 
mot prada est très fréquent aux Grisons. Praz-dix, loc. à Bottens, 



PRAËL — PRAISSALET 359 

est évidemment une fausse orth. pour Prady, de prade, et collectif 
y = ex. 

Praêl, loc. à Romainmôtier ; Prayel, pâturag'e à Baulmes, 
Préel, loc. à Concise, et à Corcelles, Neuch., Prael, 1280 ; du v. 
fr. praely laim p rate II urrif petit pré, provençal /}rae/. 

Prafandaz, pâturagpe et forêt à Leysin, D. Aigple, probablement 
autre forme de profonde, (silva) prqfunda, permutation o-a, 
comme Nava de nova, Rionda pour rionde, Beprahon de Bedum 
profundum. 

Prahins, D. Pajerne, Prahens, loc. à Grandcour. Sans doute 
dérivés d'un n. pr. gpermain, difficile à déterminer en l'absence de 
formes anciennes. 

Es PrahiSy m. à Grandvaux ; de praz et suflF. collectif 15, en- 
semble de prés. 

Les Prailats, ham. des Bois, Jura bernois, forme jurassienne 
at pour et = Prailet, voir plus bas. 

Praille, prairies de la vallée du Rhône et de tout le bassin du 
Léman, souvent écrit Pralîe(8) (pr. praille), 12 loc. Genève et 
D. de Nyon. ham. à La Joux, Frib. ; Praliaz, Duilier, Gilly, Tar- 
teg-nins ; Praliez, Gimel, à Corsier, Genève et à Miège, Pralye à 
Grangpes, Valais, iSgS ; Prallye, Ayer, Valais ; Praliaz à Neiri- 
vue, Praye, Jura, 5 loc., Prays à Miègpe, Praïe à Chippis, Va- 
lais, Pralaz à Peseux ; Praliettes, plus. loc. la Côte ; Prayeux 
à Pomy, Pralieux, Saint-Jean d'Anniviers, Praillon^ 5 loc. vallée 
du Rhône, Pralion, Trient, Avry-Gruyère, Prayon à Treyvaux, 
Pralioux, Vallorbe (aussi faussement : Prailloud), Eysins, dimi- 
nutifs ; du V. fr. praaille^ ensemble de prés, du latin pratalia. 
Un Praella à Chamoson, 1214, ou Prail à Chermignon, 1289, 
Praela à Vevey, 1286. Pralie représente une ancienne graphie de 
1 mouillé, ainsi Goylie = goille, on écrivait jadis une bolie de 
moût. Boyve, II, 24. 

Praisaz, voir Preise. 

Praissalet, 2 ham. de Bémont et des Pommerats, Jura bernois, 
Presselerwalt, 1837 ; très probablement de Preissel, nom alle- 
mand des baies de l'Airelle ponctuée, très employées dans les 



360 PRAJEAN — PRANUAZ 

pays allemands pour les confitures = localité, forêt où ces baies 
abondent ; peut-être aussi Pressaley, écart de Vaulruz, Gruyère. 

Prajean, ham. de Saint-Martin, vallée d'Hérens, Prato Jo^ 
hannis, 1260 = pré de Jean. 

Pralet, Pralex, Pralettes, Preilet, Preylet, Pralot (près 
du Locle), Prailat, nombreuses localités ; contraction du v. fr. 
praelety de prael, latin pratellum, petit pré, et suffixe diminutif 
et, aty ot, Jura, donc tout petit pré. 

Pralovin, chalets près Haudères, val d'Hérens ; id. (ou Pra- 
loïn) sur Vernamiège, Fun d'eux Prato Luvyn, iSaS; Prolin, 
ham. d*Hérémence ; Proulîn, mayens à Salins, Valais, Prato 
Luvyriy 1296, M. R. XXX, 4^4; Ppoulîn, loc. à Bofflens, D. 
Orbe ; de pré et de ladj. lovin, du loup = pré du loup. 

Ppamagnon (Pramagnos, atlas Siegfried), ham. de Grône, 
Valais ; non de pratum magnum qui donnerait Pramag'ue, mais 
de Praz-Magnon, n. pr. = pré de Magnorij n. pr. fréquent au 
moyen âge. 

La Ppan, 7 loc. D. Delémont et Porrentruy, généralement prai- 
ries humides ou marécageuses, excepté Gentie Pran à Delémont ; 
se retrouve en Valais : Pran, loc. à Saint-Jean d'Anniviers. Ce 
mot se rattache-t-il à pré ? Godefroy donne une loc. adverbiale de 
pran en pran = à la piste, et une série de mots dont pran est la 
racine ; problème à résoudre. 

Ppangins, D. de Nyon, Prengiaco vers i i4o, Preingins, 1 142, 
M. R. V, 211, 212, PrengienSy [iibl^y XII, 17, 18, PrenginSy 
1164, 1179» 121 1, Pringens, 1177, Perengins, Pringins, 1172, 
Donat. Haut., 1182, Gart. Month., 1246, M. R. V, 221, 227, etc.= 
chez les descendants de Perenger, Peringer, n. pr. germain. 
Fôrstm., p. 280. Hisely y rapporte les Pringiei, 1 142, et Prengie, 
1 177, 1224, du Gart. de Monlheron, M. R. XII, p. 6, 29, 60, mais 
Pringiei a un suffixe tout différent, c'est Pringy, h. de Gruyères. 

Pranuaz, ham. à Géligny ; Pranud à Veisonne, Valais, Pra- 
noud à Grône, Pranoux à Savièse, Pranou à Saint-Martin et 
Grimisuat ; Prénoud à Bex ; i de p rai a nuda, 2-6, pratum nu- 
du m, pré nu. 



PRAPION — PRAVIDONDA 361 

Prapion, loc. à Neuveville, Prapioz, pâturage à Ormont-des- 
sus ; le Gart. Laus. M. R. VI, 346, renferme le nom d'un Ugo 
de Prapiuniy qui est évidemment de la même racine. 

Praratoud, D. Broyé, autrefois Praratos^ 1668, carte v. der 
Weid, Prarastodj Kuenlin, 1828 = pré de Rastholdy n. pr. germ. 

Prarayep, ham. de Ba^es, Valais, Will. de Prato Reyhe de 
Bagnes, 1285, Pratoreyj 1296; de pratum, pré. Quant à la se- 
conde partie, on pourrait penser à Bayer, Reyer, n. pr. ger- 
main ; mais la forme de 1286 le rapproche plutôt du m. h. ail. 
rihe, gorge, celtique rhiy, raie ; ce serait alors le pré de la gorg-e, 
du ravin ; voir Rija et Raye. 

Pparoman, D. Sarine, Frib., Praroman, ii48, M. F. VI, vers 
1 180, Arch. Fr. VI, Perromariy i3oi, Rec. dipl. II, 4 (forme ger- 
manique), H, de Praromant, 1476» M. R. XXVIII, de Praz Ro- 
man, 1728 ; en latin />ra^tt/n romanum = pré de Romain. 

Praseyer, ham. de Sembrancher, Valais : praz, pré ; quant au 
déterminatif, n. pr. germain, ou mot de la famille de seihi, fau- 
cher. 

Prassan à Saint-Martin d'Hérens ; peut^tre un pré sain, don- 
nant de bon fourrage. 

Prassus, aux — , prés à Lens, Valais = les prés-dessus. 

Prassy, ham. de Lovatens, D. Moudon ; dérivé d'un n. pr. ro- 
main en iacum ; pas de formes anciennes. Peut-être un (fandum) 
Prisciacum, domaine d'un Priscius, gentilice qui a donné de 
nombreux Pressy. On aurait ici la permutation i-a, comme dans 
balance, aronde, de bilanx, hirundo. 

Prau, autre forme de praz, ou pré, Jura bernois : Miécourt, 
Delémont, Saint-Ursanne ; composés : Prauboz, loc. à Daillens 
= pré (du) bois ;. Praudian, ham. à Treyvaux, Frib. = pré (de) 
Dian, Jean ; au Pi*au!oup à Colombey = pré du loup. Prau, pro 
est très fréquent aussi dans les Grisons. 

Pravidonda, ham. de Salins pràs Sion, pratum dictum F«- 
donda, 1875, M. R. XXXVII, 2 ; de praz, pré, de pratum, et vi- 
donde, syn. v, fr. de vidomne, vidame = pré du vidame. Ce mot 
vidonde, qui manque dans les dictionnaires v. fr. et qu'on retrouve 



^^62 PRAYOUD — PRAZ DU SEX 

dans les noms de lieux, le Yedondoz, pâturage d'Hérémence, et 
le Vidondoz, loc. à Noville, Vaud, se rencontre çà et là comme 
n. commun, avec le sens de vidame, ainsi : Giroldus, li Vidondos 
de Vercorens, i3o3. — « Vouvrj, dont les abbés de Saint-Maurice 
et les La Tour avaient été, les premiers, saigneurs, et les seconds, 
vidondes. >► M. R. VIII, Appendice, p. i8, et « noble... André 
Joffrey, vidonde de Chastel-Saint-Denis, » lôgô. Martignier, Ve- 
vey et ses environs, p. 84. De vieux plans de Saint-Maurice, vers 
1720, nomment à plusieurs reprises le vuidonde, vidomde de 
Quarteri. La permutation mn-nd, rare, se retrouve dans 
Garumna, Gironde, columna, colonde. Quant au a final de Pravi- 
donda, peut-être vient-il de vidonma, ce serait le pré de la vidame. 

Prayoud ou Prajoux, ham. de Châtel-Saint-Denis ; Praiod, 
1668, carte v. der Weid. Le premier nom, de prateolum^ petit 
pré ; le 2^ = pré (de la) j'oux, forêt. On a probablement oublié 
le sens du premier nom, de là la formation du second. 

ï^ Praz, D. Orbe, li Pra, 1276, la Praay 1282, M. R. III, 
526, 553 ; Praz en VuUy, Frib., Prato in Willie, 1390, et plus 
de trente hameaux, tantôt m., de pratum, tantôt f. ; dans ce cas, 
de p rata, pi. de pratum, pris pour un n. fém. s. Prazon, som- 
met, alpes de Finhaut, dim. Praz, m., est souvent joint à un dé- 
terminatif : — bovet à Servion, pré des bœufs, — Perroz à Hé- 
rémence = pierreux ; — Preveypoz à Tolochenaz, — Pi*oveyroz 
à Montbovon, à Gormerod, — Ppe voire à Monthey, à Miécourt 
= du prêtre ; v. fr. provoire ; — piond à Iserable, Orsière, 
Prauz ryont ei Prato rotundoj 1228, pré rond ; Ppaz-de-Fopl 
à Orsières et Ppadefopt à Grimisuat ; pour de /'or, de foris, de- 
hors. D'autres composés s'expliquent d'eux-mêmes. 

Ppaz du Sex, atlas Siegfried, mayens sur Vernamièjsç'e. Ce 
mot offre un curieux exemple de transformation. 

L'atlas Siegfried a corrigé en : Praz du Sex, l'anc. notation de 
la carte du Club alpin : Praz au Sex. Celle-ci était une 

fausse transcription du nom patois Praz Ochin ; or ce pré s'appe- 
lait en 1339: Prato Ursin et, forme équiva- 
lente, en i4i6 : Pratum Ursi, soit Pré de l'Ours. 



PRÉDAME — PRÉLATS 363 

Prédame, ham. des Genevez, Jura bernois ; ancien génïiiî : pré 
{du) de la dame ou du seigneur ; dame de dominus est s. m. et f. 
dans le v. fr. 

Preey, prés à Nendaz, Valais ; de pré et coll. ey. 

Préfapgier, m. à Saint-Biaise, Neuch., Prafargier^ 1782 ; de 
praz, pré et fargier, contraction àe favergier (comme Farge près 
Gex, de fa verge) := pré du maréchal. 

Pregny, G. Genève, Prinniacum^ iii3, Prignie^ 1271, M. 
G. IV, 12, VII, Pregnie, 1277, M. G. XIV, 167, Prignie, i3oo, 
Prignye, 1807, 1809, P^ignier^ i844t i388, M. G. IX et III, 
Prignins, i48o, M. R. VIII, 476. Cette dernière forme évidem- 
ment une faute de chartiste. D'après la forme de 1118 = (/un- 
dam) Prinniacuniy domaine d'un * Prinnias. Holder a un co- 
gnomen Prineus. 

Prehl, ham. de Morat, orth. ail. pour Prael ou Preel ; du latin 
pratellu/riy petit pré. 

Au Préire, loc. à Noville, D. Aigle ; Champ, Fond au Praire 
à Vouvry, Champ au Preire à Cheirj, Frib. ; préire de presby- 
terum, prêtre, forme parallèle du v. fr. provoire = champ au, du 
Prêtre. 

Preisaz, Preyse,s, Preysaz, dim. Preîsette,s, nombr. loc. 
Alpes ; les Praîses, ham. à Sainte-Croix, formes féminines du 
participe passé v. fr. preys = pris, fém. prise. Prise est très 
commun dans le Jura, D. de Grandson et Neuchâtel ; une 20® au 
N. de Montalchez et de Provence ; désigne un enclos privé, pris 
jadis sur les terrains communaux, sur les marches jusqu'alors en 
friche. Ce terrain gagné ainsi est appelé aprisio dans les textes 
les plus anciens. Prise est suivi habituellement du nom du pre- 
mier propriétaire : Prise Perrier, — Bornand ; Preysaz au 
Maidzo, alpes de Veytaux := du médecin, etc. Praîsen à Louè- 
che, le même nom romand à peine germanisé. 

Préjeux à Bramois, Valais = pré (de la) jeux ou joux, forêt. 

Prélats ou Prailats^ ham. des Bois, Jura bernois; de prael , 
de pratellum, et suffixe dim. jurassien at pour et = petits prés. 



364 PRÉLAY — PREMIER 

Prélay, pâturage à Saicourt, Jura bernois, et Prélayes, pâtu- 
rage sur la Forclaz de Trient, Valais, entourés de forêts = pré 
(de la) lay, (des) layes, forêts (v. Laye), anc. génitif comme Châ- 
teaupré, Six Jeur. 

Prélaz, une i5« de ham. et loc. Vaud, Frib. et Neuchâtel ; 
Prêle, loc. à Bernex, Genève ; en Prély à Chandolin (y atone) et 
avec la permutation e-i : Ppîlaz, 4 loc. Frib., en Prillaz à Cha- 
moson, Prille à Lens, la Ppîly ou Ppilly à Savièse (y atone) ; di- 
minutifs Prilet et Ppilettaz, contraction du v. fr. praele^ prairie^ 
de prateUuy pi. n. pris pour f. sing., petite prairie. 

Prêles, D. Neuveville, Berne, P raies, 1178, Prèles, 1196, 
Praelay I2i5, Praele, 1284, Prela, 1289, Preele, 1298, Bre- 
delz, forme allemande, 1296 ; du latin p rate lia, petits prés. 

Nous avons vu dériver Prêles, Prilaz, etc. , de prêle, plante maréca- 
geuse. Outre que les Prélaz sont ordinairement de bons prés, nullement 
habités par les prêles^ la preuve de Terreur est donnée par les formes 
anciennes Praela, Praeles, identiques au v. fr. praele^ prairie, tandis 
que la prêle vient du latin asper, rude^ par Fintermédiaire de l'italien 
asperella, d'où Fasprêle, Taprêle, puis la prêle, par apocope de Ta qui a 
passé à Farticle. 

Preloupî, pâturage, alpes de Gorbeyrier, môme orth., carte 
Rovéréa, XYiii^s. Pourrait-il avoir quelque rapport ayecprelouri\ 
nom patois du pilori, bas latin piloriam, de pilier d'après Du- 
cange ? D'après Jaubert, à pilori, ce nom de localité pourrait dé- 
signer aussi le poteau marquant la limite de la justice seigneu- 
riale ; or le Prélouri est à la limite d'Aigle (ancienne) et de Ville- 
neuve qui n'appartenait pas au gouvernement d'Aigle. Ge fut dans 
un temps, i475-i536, la limite entre les terres de Berne et de Sa- 
voie. Prélouri signifie aussi toupie : — le pilori tournait sur son 
axe, — ou dit vif comme un prélouri, danser, tourner comme un 
prélouri. 

Premier, D. Orbe, Pramyer, i4o3, Prumier, i48o, Premi, 
1779 ; Premi à Golombier, D. Morges ; Premey A Romanel, D. 
Lausanne ; du patois premi , prunier, et suffixe collectif ier, ey, 
lieu riche en pruniers. 



PHEMPLOZ — PREVEYROZ 365 

Premploz, ham. de Conthey, Valais, Aprenplo, io5o, — lire 
a Premplo, — PrenplOy 1260, PrimplOj i f^oS y B ne mplo^r d* après 
Lutz, et Brembloz d'après Gatschet qui le tire par un tour de 
force de érable ; mais le b n*est pas justifié par les vieux textes. 
On pourrait penser à un composé de prim, premier, voir plus 
loin, mais que signifierait plo ? Origine inconnue. 

Préombap, prés à Nendaz, Valais = Pré-Lombard, pré de 
Lombard, ellipse de 1, que signale Bridel dans TEntremont : un 
mu-et pour mulet. 

Ppésepman, pâturage, Ormont-dessus, contraction de Pré es 
Armant, famille existant en il\02 ; de même Planlepman près 
Chaussy := Plan (de) l'Armant (note de M. Isabel). 

Ppesinges, G. Genève, Presenio entre 1012 et 1019, Rég. gen., 
Persingum, 1012, Prisingium, 1180, 1261, i344, Presingiam, 
xiv« s., M. G. XIV, 52, XXI, i54 = chez les descendants d'un 
Germain dont le nom indéterminé doit être de la racine Beraht. 

Ppesse, atlas Siegfried, et Yppesse, carte Dufour, fausses 
orth. pour aux Presses, ham. des Agettes, Valais, en patois y 
Presses. Du reste, origine inconnue. 

Pressy, ham. de Vandœuvres, Genève, Pressie, xrv* s., et 
Pressier, i33o, M. G. XXI et XVIII, 29 = (praediam) Pris^ 
ciacum, domaine d'un Priscius, gentilice romain dérivé du sur- 
nom Priscus. 

La Pretaipe, les Ppetaypes, es Preteyres, 1720, 2 mayens sur 
Verbier de Bagnes ; la Ppetyre à Grimisuat, Valais ; probable- 
ment du bas latin prestaria, fr. précaire ; remise de terres appar- 
tenant à l'église en prêt, en usufruit, à charge de redevance an- 
nuelle. 

Ppévepenges, D. Marges, P rêve rengia, ii']'], P rêver enges y 
1226, 1228, 1233 et i358, M. R. VI, 523, VII, 33, et V, 277 ; 
chez les descendants de * Perwer, Be river, n. pr. germain. 
Fôrstm. a, racine Bera^ les noms voisins Berivart, Berwin. 

Preveypoz, Praz — à Tolochenaz, Praz Prévire, Chavannes- 
le-Ghéne, Praz Ppoveypoz, Montbovon, Planche Ppeveypoz à 



366 PRÉVOUD — PRILLY 

Orzens, un prel Prevoire à Miécourt, i343 = pré, planche du 
prêtre, v. fr. proooirey de presbyterus. 

Prévond, Praz — à la Roche, Frib. ; Nant Preuvond à Mor- 
g-ins, les Pré vendes, chalets sur Montreux = profond, pré, ruis- 
seau profond. 

Prévondavaux, D. Broje, Frib. ; ham. de La Chaux etdeLon- 
girod, in profunda valle, 1177, ^* ^' ''» ^9» ®' 1264, Rég*. gen. 
437, Combe de pro/ande valle, M. R. V, 160, 169; autre près 
Moudon et à Corbière, mal écrit Prévon d'avaux ; — Préonda- 
vaux, loc. à Galmitz ; de prévond, profond, et vaux, vallée : val- 
lée profonde. 

Prévondens, ham. de Curtilles, ou Prévondin (Lutz), plus 
conforme à la prononciation ; peut-être encore Tadj. prévond, pro- 
fond ; peut-être un composé Pré-Vondens, Vaudens, dérivé d*un 
n. pr. germain. Il faudrait des formes anciennes. 

Prévonloup, D. Moudon ; de prévond , profond ; quant à loup, 
d'après Gatschet, c'est lucus, bois ; mais ce mot est inconnu dans 
la langue romande ; c'est plutôt une déformation de locum, lieu, 
donc lieu profond ; nous ne parlons pas de loup, s. m. : loup pro- 
fond n'a pas de sens. Des formes anciennes seraient désirables. 

Preydon, loc. à Conthey où 1 mouillé devient d, donc Praillon^ 
petit pré. 

Preylet, Preyse, voir Pralet, Preisaz. 

Prez, D. Glane, Frib., Preez, 1227, Preeaux ou PreeauZy 
1228, F. B. II, M. R. VI, Prelzy 1469 ; c'est probablement celui- 
ci qui est la villa de PraelSj milieu du xii® s., M. R. XII, i55, 
i58, 161 ; — autre D. Sarine, fréquemment nommé PratelliSy 
XII® s., Donat. Haut., Arch. Fr. VI, puis Prees, PreZy Pree ; 
nom encore d'une ancienne seig-neurie près Charmey. Les formes 
primitives ramènent à praelSy du datif ablatif pratelUs, petits 
prés. 

Prilaz, Prillaz, Prily, voir Prélaz. 

Ppilly, D. Lausanne, Presliacum, 976, Prelie, Priliez, Pri^ 
liacum, xii« et xiii® s.^ Prilie^ 1218, Prillie, 1228, Prilliez, 



PRIM — PRODUIT 367 

i453 = (praedium) Presliacum, domaine d'un Preslius, genti- 
lice romain. 

Prim, m. à Combremont ; le Prîn, ham. de Murist, m. à Bou- 
loz, Neirivue et Saint-Martin, Fribourg* ; m. à Oron ; es Prîns à 
Cuily ; les Prims à Henniez ; les Prims bois à Henniez et Ro- 
mainmôtier, le Primboux à Fiaugères, Fribourg ; Primmapraz 
à Puidoux et Prâprms à Martignj ; anc. fr. prim, f. prime, aussi 
écrit pria, de primas y premier = la première maison, le premier 
bois, les premiers prés sur la route. De même en romanche />rim, 
prem, prùm : Alp prûma, val Roseg, première alpe en montant 
le vallon. 

Pringy, ham. de Gruyères, Fribourg, Pringiei, iii5, ii42, 
Prengie, 1224, M. R. XII, Pringiey, i33i, Pringie, 1242, 
i388, Prengie, 1248, etc. ; àe(fundum) Primiacum^ domaine 
d'un PrimiuSy gentilice romain tiré du surnom Primas, Holder, 
II, 1043. Hisely rapportait à tort les 2 premiers à Prangins ; voir 
Prangins. 

Ppinchy, ham. de Praroman, Fribourg, et ferme à Oberried, 
Fribourg = (fandam) Principiacam, domaine de Principias, 
gentilice attesté par 4 inscriptions. 

Ppinze(ts), Printze ou Prenze, rivière, vallée de Nendaz, Va- 
lais ; les Ppinzes, deux torrents jumeaux, affluents du lac de Der- 
borence. Valais ; dérivés de prias ? 

Prinzîère (ou Pringière, Prengière, Lutz), ham. de Savièse, 
Valais, Prenseriis, 999, Prensieres, i25o, 1277, i3o4, Pregn- 
sieres, 1294, PrinsereSy i4i4 ; dérivé du v. fr. prins,e = pris, 
bas latin prensas, probablement parent des prises du Jura ; voir 
ce mot. 

Priopesses au vignoble d'Echichens, D. Morges, anc. propriété 
du prieuré de Cossonay = (vignes) prioresseSy du prieur. 

Ppise, voir Preisaz. 

Ppodefopt, loc. à Vétroz = Proz de for, pré de /oris, dehors, 
pré de dehors, écarté. 

Produit, village de Leytron, Valais, endroit très fertile, et 
Ppoduet à Vétroz. Serait-ce le participe prodait ? 



368 PRODY — PROTIEUX 

Ppody, village de chalets près Grjoo, d'après Lutz ; c'est une 
contraction de Praz Hudry^ carte Siegfried, Hudry, du n. pr. 
germain Udairich. 

Ppogens, D. Veveyse, Frib., Progin^ 1824, 1668, carte v. der 
Weid ; Ppogins, ioc. à Boulens. « La terminaison correspond à in- 
gum^ mais le nom lui-même n'a pas une apparence germanique, y^ 
dit M. Stadelmann, op. cit. Dellion donne encore Progjn, Progen. 

Ppolîn, voir Pralovin. 

Promançon, prés à Fully = Proz-Mançon ou Manson, n. pr., 
forme archaïque de Masson ; un Aymon Manczon ou Maczon 
d'Ayent est nommé dans plusieurs actes de 1269- 1288. 

Ppomefan, bois à Miex sur Vouvry. M. Isabel nous traduit 
mefan = moussu, humide, spongieux ; donc pré moussu, hu- 
mide. 

Ppomasens, D. Glane, Fribourg, Promesens, xii® s.jProma" 
seins, Promasans, 1220, M. R. XII, 67, 58, Promaisens, 1228, 
Parmesans, i25i, Wûrstbg., i5i = chez les descendcmts de 
Promas. Un Johannes Promaz de la Vonnaise signe un acte en 
i438. 

Oo a longtemps identifié Promasens avec le Bromagus de la carte de 
Peutinger. Dellion le fait encore en 1898, Dict. IX, 250, 51. M. Pasche 
a démontré qu'il s'agit d'Oron. 

Ppomonthoux, ham. de Prangins, D. Nyon, Promotor, ïi54, 
Pormentor, 11^^, Promantor y iiSi, Promentor, 1286, Pro^ 
mantor, 1246, Promentou, 1288 et 1268, M. R. VI, 209, V, 
845, Promentour, 1492, etc. ; du latin promontorium, à cause 
de sa position sur un promontoire très marqué du Léman. 

Ppomeypîaz à Genollier = pruneraie, du patois promeiy pru- 
nier. 

Prommetsch, Ioc. à Gampel ; n'est autre qu'un prunetum, pa- 
tois promma, prune, avec le suflF. collectif allemand etsch. 

Es Pponneys à Vuadens et à Vaulruz, Fribourg = aux Pru- 
niers. 

Ppotîeux à Vérossaz, Valais = Proz (du) Tieu, du col, voir 
Cœur. 



PROULIN — PULLY 369 

ProulÎQ =; pré Ioyîd, du loup ; voir Pralovin. 

Provence, D. Grandson, Prouencyj i34o, 42, 43, 58, 67, 78, 
Provincia, iSSg, Provencey, Provence ^ 1878 (Matile), Prove- 
nicaj i4o3. 

Ppoveyroz, Praz — à Moatbovon, à Gormerod, à Essert, Lac, 
Frib., Montprovayre aux Glées = pré, mont du prêtre, v. fr. 
provoire^ du latin presbyterus, 

Proz, forme valaisanne, archaïque de Praz, latin pratum, 
pré ; nombreuses localités : — Riond, rond ; Prauz Ryont à Lid- 
des, 1228 ; — du Sex, du rocher ; — Peray et Perey = du pier- 
rier ; Som-la-Proz, ham. d'Orsières = Sommet des prés. (On dit 
de même Pro ou Prau, en romanche : Pro dig*! God = pré du 
bois, — Prosutt, d'en bas, — Surava, sur Teau ; — de pedra, pré 
de pierre.) Le Prolet, m. à Saint-Gingolph, dim. 

Les Pruats, 2 ham. D. Gourtelary, Berne, n. pr. 

Prumey à Echandens, D. Mortes ; de prunetum (n-m), en- 
droit où abondent les pruniers. Prameret à Monnaz, casale de 
PrumierSy Ependes, Frib., 1278, M. F. I, 274; de prumier pour 
prunier ; un es Pruniers, Ormonts, 1882. 

Publoz, ham. de Puidoux, D. Lavaux, Publoz, iigS, Hidber, 
II ; ham. d'Ëssertines-Echallens et 7 loc. Vaud et Frib. ; Pobloz 
(ou Poubloz) à Fully, Valais ; du v. fr. puble, patois publia, 
peuplier. Un Publo à Jussy, 1276, M. G. XIV, 189; Bure, de P«- 
blos, 1267 (Matile), et Publu, 1284, Puplu, 1298, près Neuve- 
ville (Trouillat) ; ouz Publoz de Cresetes, les Groisettes sur Lau- 
sanne, 1476, M. R. XXVIII ; au Publet, PubUet (ou Publie!!), 
m. à Vuisternens-en Ogpoz et h. à Marly, diminutifs. 

Paey, Pu!t, Puy, voir Peu. 

Pully, D. Lausanne, Pulliacum, 962, 998, 1017, Puliei, Pu* 
lie, 1142, Gart. Month., Pulei, ii46, Puliacum, ii55, Pauliei 
vers 1178, Donat. Haut., 212, Pulliy 1198, Pullie, 1228, villa 
Puliaco, 1288, Pollie, 1260, Pully ez, Pullie et Pully e, 1868, 
M. R. VII, 244, Pulliez, 1877, ^458 ; d'après Gatschet, du kymri 
pully marais, breton pwl, poull, lieu marécagpeux ; mais il n'y a 
pas de marais à Pully et le suffixe iacum indique la dérivation 

M. D. SBC. SéRIB, TOME VU 24 



370 PUIDOUX — QUART 

d'un nom d*homme ; nous le rattachons à (praedium) Pollia" 
cuTHy domaine d'un Pollius, g^ntilice romain, d'où viennent éga- 
lement nos Poliez et les nombreux Pouilly de France. (En compa- 
rant avec les anciennes formes de Poliez on voit que les deux 
noms ont varié et ont présenté tour à tour o et u. Holder indique 
aussi un Puliacum, variante de PoUiacum.) 

II est évident que le Puliiacum de 962, testament de la reine Berthe, 
se rapporte à Puiiy, et non à Pouilly, Pays de Gex, comme Font admis 
les auteurs du Régeste genevois, puisque Tabbaye de Payerne y a pos- 
sédé un prieuré jusqu'à la Réformation, tandis que Pouilly appartenait à 
Saint-Claude dès 1110. 

Puidoux, D. Lavaux, Poistdor, io36-io54, Donat. Haut., Poi- 
douXy ii34, Poysdor, ii4o, Poidor, Poydoux, iit\i^PoydorSy 
iit^2, Podoir y iibl\y Posdopj 1171, entre ii63-ii8o, Arcb. Fr. 
VI, Postdor, 1200, 1209, i5, Poydu, Poedour^ 1274, Cart. 
Haut-Grôt. D'après Gatschet, de puteus de horreo, le puits de la 
grang'e. Pour nous de post, derrière, et dorsum^ dos, provençal 
dorSy post dors = derrière le dos, derrière la croupe de la mon- 
tag'ne, le village étant en arrière du mont pour les habitants de la 
rive du lac, la première habitée. 

Puplinge, G. Genève = chez les descendants de PupilOy n. pr. 
germain, dérivé de PapOy de la racine 606, garçon. Fôrstm., 
p. 272, n'a pas Popilo, mais le fém. Popila. 

Puries, voir Pourriaz. 

Puttet, voir Pouttet. 

Puy, voir Peu. 

Pya Enson, pâturage à Vernamiège, Valais ; de pie^ s. f., sole, 
une des parties de l'assolement triennal, et de en son^ au som- 
met : la pie du sommet. Ce nom semble indiquer que les cultures 
se seraient élevées jadis jusque-là. 

Quart, château ruiné à Bourg-Saint-Pierre, Pont de Quart, 

vieux pont de pierre à lalpe de Vingt-Huit, sur la Dranse de Ba- 
gnes, Valais, De la famille de Quart près d'Aoste, qui avait des 
possessions dans ces vallées dès le xii« siècle. 



QUART — QUAY 371 

Le Quart, loc. sur les Mosses d'Ormont, au Quarrojs, i332, 
quart : fausse orth. ; Quarroz, loc. à Savièse, Veysonne, Vionnaz 
(le Quart, 1776), les Quarres, loc. à Travers ; de quadravium, 
carrefour, comme les nombreux Carroz ou Carre du pays. 

Aux, es Quartes, loc. Ormont-dessus et à Vérossaz, Valais, es 
Cartes à Evionnaz, QuarteSy 1 760 ; les Quarteys, m. et grange 
Ormont-dessus ; le Quarty, le Carty, ham. du vallon des Mosses, 
comme les Quartiers à Château-d*Œx, collectifs, Ormont-des- 
sous. M. Isabel nous écrit sur ce mot : « Une carte est en patois 
un beau pré uni, rectangulaire, assez allongé ; mes parents 
possédaient à Vers-chez-Mossj la carta d'amont et la carta d a- 
vau, anciens champs devenus prés. » Mot ancien : des vignes 
« sitas es Quartes à Louèche, 1285 ;» la localité es Tierces , 
jouxtant les Quartes de Vérossaz, pourrait faire supposer que ces 
mots désignent une numérotation, troisième, quatrième partie 
d'un mas. Nous croyons qu'il y a là une simple rencontre for- 
tuite ; partout ailleurs les tierces et les quartes sont isolées, voir 
tierces. 

Qnartériés, loc. à Sion, vineis deys Quarteries, 1278, la 
Quartéry, loc. à Vex ; Quatéry, loc. à Conthey, probablement 
le même mot ; peut-être d'un n. pr., nous trouvons à Sion en 
1267 ^^ Quarter, leprosus, un Perrodus Quarte ir à Granges, 
1819, M. R. XXX, 169, XXXI, 297, mais dérive plutôt du bas 
latin quarteriam, quatrième partie d'un arpent, mot assez souvent 
employé, synonyme de quarteron, « dimitto unam quarteriam 
quae débet unum modium de segle. » Ducange. 

Quay ou Quez (pron. Couai ou Coui), champs et mayens à 
Mage, Valais ; le Qnaye, chalets à Champéry, Chable du Quay à 
Vionnaz, Kai, 1728 ; Quayes, m. à Muraz et forêt à Vouvry 
(aussi Quoyes) ; les Ekfuayes à Monthey, es Coayes, 1696. Parent 
de quaiy bas latin caium qui, d'après Littré, vient du celtique ; 
kymri kae, haie, barrière, bas breton kaé, haie, et qui a passé 
dans le français chai ou chais. Ce serait donc propriété close de 
haies, de barrières. La difficulté est la prononciation kouai, non 
kai, qui paraît toutefois récente, à en juger par l'orth. de 1728. 



372 QUEMOUNAILLES — RABES 

Ès Quemounailles, ham. de Lovens, Frîb. ; patois pour com- 
munailles, terres communales, latin communalia. 

Qaenet, bois à Courroux, Ëssert ès Qaenets à Courrendlin ; 
voir ci-après 

Querquevi, maison à Mutrux, D. Grandson. D'après le profes- 
seur A. Godet, de quercuum via^ chemin des chênes ; très dou- 
teux, la racine quercus n'a rien donné en français et le dérivé 
quercinus est devenu chêne, q donne constamment ch dans tout le 
pays romand, quesne, quêne est une forme picarde. Vient plutôt 
d'une racine celtique comme les noms fort ressemblants de Quer^ 
queniy Querquerni cités par Holder, sans étymolog'ie. Les noms 
de Quequenerie, m. entourée de bois à Chênens, Frib. , et Que- 
net sont encore plus rapprochés de ces mots celtiques. 

Quénot est en France un des noms vulgaires du Prunus Mahaleb si 
répandu dans les terrains calcaires du Jura. Quenet serait-il une forme 
jurassienne de ce mot ? 

Qneudre, Queudray, plus, loc, par exemple ès Queadrays 
à Vionnaz, Coadrey^ Cudrey^ 1728, autres formes de Coudre, 
Coudrée, lieux où abondent les noisetiers. 

Queue, voir Cuaz. 

Quisselin, atlas Siegfried, torrent, affluent de la Dranse près 
Martigny, dit aussi Quiercelin et Tiercelin. Cette dernière forme 
nous parait la véritable : c'est un petit torrent, et le troisième en 
montant depuis Martigny ; de tiers, troisième, avec un double 
suffixe diminutif. 

La Quoquaire, pâturage à Rougemont, « le cokoué, s. f. pi. 
est, nous écrit M. Isabel, le nom patois aux Ormonts du Cirse olé- 
racé et de la Berce brancursine (kouka au Jura). » Les inflores- 
cences de ces deux espèces sont renfermées dans leur jeunesse 
dans des bractées arrondies en coqae^ de là leur nom patois. La 
Quoquaire est sans doute un pâturage au sol humide ou doux où 
abonde le Cirse oléracé. 

Es Rabes, loc. à Leysin = aux foins maigres, rabe en patois, 
rabbéy s. m., au Pays-d'Enhaut, foin recueilli dans les lieux dan- 



RABOU — RACHI 373 

gereux des montag'nes. Bridel. « Dans les Alpes d'Ollon, faire les 
rabes c'est faire les foins maigres des fauchages écartés ; » quant 
à rabe, origine inconnue. (Note de M. Isabel.) 

Rabou, ham. de Grjon, D. Aigle, un Walner de Baboz, 1262, 
M. R. XXX ; Raboux à Corcelles-le-Jorat, es Rabouds à Bex, en 
Raboud à Vuadens, ces deux, fausse orth. du patois rabouj rabo- 
teuXy inégal, vaudois rabotu ; par contre Raboud, Praz — à 
Echarlens, Champ Raboud à Vuarmarens et Corbières, sont des 
prés, des champs de Baboudy de Batbold, n. pr. germain, voir 
Villaraboud. 

Le Raca, loc. à Ormont-dessus, au Raccard à Colombey, Be- 
cardy 1696 ; en Raccard, m. à TEtivaz, Pajs-d'Enhaut, Raccaz 
(Raca) au Chàtelard, Fribourg ; au Raccot à Monthey, Bacortf 
1696, BacoFy 181 9 ; peut-être parents du nom gaulois Bascas, 
4 loc. du midi de la France dans Holder, et du ^. commun rac- 
cord en Valais, nom des petits greniers où Ton serre diverses ré- 
coltes ; on récrit aussi rascart, ce qui est l'ancienne orthographe : 
un champ au Bacart, au Bascart à Nax ou Vex, 1224, 1228, 
M. R. XXIX, et rascardum dans les Articles de Naters, i446 ^ 

Racettes, localité, vignes à Founex, D. Njon ; probablement 
faut-il écrire BassetteSy dim. de raisse, bourguignon raice, qui 
signifie ici terrasse de vigne soutenue par un mur, n. commun 
dans le vignoble et n. pr., les Races à Vionnaz, Basses, 1775, 
1728. Littré le tire du v. h. ail. reiza, ligne. On disait au moyen 
âge, dans le même sens, raie : en 1269 Waland de Grimisuat 
vend « quinque sextarios reddendos in meis raes sitis apud Muli- 
gnon.» 

Rachi ou Rachy, Sur le — , ham. d'Ormont-dessus, Bachier, 
i53i, Dessus le Bachy, 1688, Batchies, carte Rovéréa ; Rachy, 
loc. à Saint-Aubin, Frib. ; les Rachés, crét à Lejsin ; Soratchî, 
alpes de Gryon ; forêt du Racheux à Bex et du Raji à Hérémence, 
Valais, une Combe Bachis près du Dézaley, Lavaux, 1 184 ; 
Ratzé, pâturage à TEtivaz ; en Radzy, forêt et pâturage à Châ- 

< CoQsUtatioD imposée à Tëvéque par les HautrValaisans. 



374 RACHIGNY — RAINSON 

tel-Saint-Denis. Origine incertaine : le v. fr. a racA, dim. ra- 
cheau, souche ; Littré donne encore rachée, souche de bois qui a 
été coupée et sur laquelle il repousse des branches. D'après ceci, 
les noms ci-dessus désig'nent sans doute des bois taillis, de rach, 
souche, et collectifs y, éy eux. D'un autre côté le v. fr. a rachier, 
déraciner, arracher, et ces mots pourraient en être des dérivés : un 
rachis, endroit où les arbres ont été arrachés, comme semis de semer. 

Rachigny, ham. de Gorcelles-le-Jorat, nous paraît être le Bas- 
chiffnier, i34o, et Rasthignye du Rec. dipl. Frib. III, et V, 66 ; 
origine du reste inconnue. 

La Racine, ham. de Saulcj, Jura bernois, Bacijna, ii82,Tr. 
I, 385. Une autre Racine au Chenit et Racenaz, loc. à Chapelles, 
D. Moudon ; la Rassenaz, champs à Mont-la> Ville ; paraissent 
être simplement le n. commun racine. 

Rad(z)sy à Châtel-Saint-Denis ; voir Rachy. 

Raffort, Raffour, Rafour, Raffornet, dim. à Colombey, nom- 
breux hameaux et lieux-dits, une 4o® ; du v. fr. rafour^ four à 
chaux, mot encore usité dans tout le sud-est, Alsace-Dauphiné, du 
bas latin rafurnus, raffarnum (Ducange), du celtique ra^ 
chaux, et du XaXiiifurnuSy four. 

Les Raichènes, bois à Martig-nez, à Gourchavon, D. Delémont, 
Berne = Rei ou Rey-chênes, bois de chênes soumis au droit de 
rey ou réage^ — bas latin reayiam, affouage, — comme le 
montrent ces textes de Trouillat, III, p. 199 : « li dit proudommes 
d*Alle doivent bavoir lour ray en lai dite monteigne... par ainsie 
comme les boines furent mises », i3i4et p. 4i5:«Li bourieys 
de Pourraintruy ont rahe en la montaigne, fust boix pour mais- 
soner, pour fuage ou pour altre eaux. » Les mômes termes se re- 
trouvent dans les franchises de Blamont, de Glémont. 

Raimeux, montagne D. Moutier, Ramuly i3i7 ; le Rameulau 
S. de Souhoz, Jura, fermes à Rebeuvelier ; du latin * rameoluSy 
diminutif de ramus, rameau, qui a donné ran, au sens de chaîne 
de montagnes ; voir Ran. 

Le RainsoD; sommet sur Cortébert, Jura ; de Rain et son, de 
summum = sommet du Rain ou Ran ; voir Ran. 



RAISSE — RAN 375 

Raisse, Resse, Rasse, nombreux ham. Vaud et Neuchâtel ; en 
Valais ss devient ch : la Rache à Ajent, aux Raches, loc. aux 
Ag^ttes, Sion ; Rèche (ou Raiche), ham. de Chandolin d'Anni- 
viers ; Reschy ou Rèche, ham. de Chalais, D. Sierre, Ressi, 
1200, 1260, Ressy, i3oi ; dérivés de raisse ou rasse, scie, puis 
scierie. Quant à raisse, il vient sans doute de la racine celtique 
ratis, foug-ère, dérivés, racia, irlandais raith, ce qui est denté, 
pectine ; la raisse ou scie serait donc appelée ainsi par comparai- 
son avec les dentelures d'une fronde de fougère. M. le prof. Bon- 
nard préfère y voir Tancien norois râs, gt)uttière, qui aurait passé 
au sens de conduite d'eau, de là à scierie et enfin scie. Raisse était 
un n. commun. Un règlement forestier de LL. ËË. de 1700 dit : 
Nous entendons que toutes personnes qui possèdent. . . des raisses 
se contentent de vaquer à leur raissure sans faire trafficz d'aix, 
de feuilles et de littaux... ils pourront raisser premièrement ce 
qui leur sera nc^cessaire pour leur propre usage, etc. » 

Es Rammesou Rhammes, loc. à Fribourg, eis Ranmes, 1406, 
Rammes, i4iâ ; endroit où se trouvaient jadis les rames, châssis 
sur lesquels les drapiers étendent leurs draps pour les unir. Par 
contre les localités suivantes doivent avoir une autre origine : eis 
Courtes Rammes, champs à Ëtoy, les Rames, prés à Yeyge de 
Leysin, forêt des Rames au Saint-Bernard, la Rammaz, m. à 
Froideville, au bord du Talent, RamaZy 1627, loc. à Payerne près 
de la Broyé ; peut-être forme dérivée du latin ramuSy rameau, f. 
rame. 

Ran ou Rang, Tête de — , sommet du Jura neuchâtelois. Sous 
le Rang, ham. des Bois, Sur le Rang à Saint-Braix et Damvant, 
Sur les Rangs à Cœuve, Soulce, Lajoux et Ëpiquerez, le Mal- 
rang à Saint-Ursanne ; — en Ran à Bioley-Orjulaz, Pré du 
Ran, Lignerolles, Sur le Ren, Ëcublens ; en Ren, Bretigny ; 
Loz Ren, Préverenges ; le Rîn à Font, au Rin à Orny, Crêt du 
Rin à Dombresson, Bois du Rin à Montmagny, le Grand Rin, 
partie du village de Prez, Frib., le Rin ou Rein (Rhin, carte top. 
Vaud) à Baulmes. On a voulu dériver Tète de Ran, de ran, bélier 
(par exemple Gazette de Lausanne, 19 juin 1906), mais cette éty- 



376 RANGES — RANDA 

mologîe ne saurait s'appliquer à la plupart des loc. ci-dessus : Sur, 
sous le bélier, le mauvais bélier, en bélier^ etc., n'a pas de sens. 
Toute la série vient du latin ramum, rameau, employé déjà par 
Pline au sens de ramification de montagne ; ramum donne régu- 
lièrement rairriy comme vanum = vain^famem -zzzfaim^ et dans 
les patois ran^fan. De là les formes vaudoises ran^ aussi n. com- 
mun : un ran, rondin de fagot, ren^ rin (= raim), le bourgui- 
gnon et le vosgien rairiy le provençal ram. Une antre preuve à 
l'appui est donnée par les diminutifs Raimeux, montagne du D. 
de Moutier, Ramul en 1817 (de ramulum) et fermes à Rebeuve- 
lier^ et le Rameul, près de Souboz, Jura bernois, de rameolum^ 
trois localités ou l'on retrouve le m du radical ramum. 

Quant à l'étonnante étjmologie que donnait jadis M. F. Gha- 
bloz dans le Musée neuchâtelois (XIV, 288), où il traduit « Tête 
de Ran » par « Tète de Rien », elle montre à quelles fantaisies on 
peut s'égarer. 

Rances, Bandas vers 973, Bances vers 1180, Donat. Haut., 
et 1228, M. R. VI. Le Dict. hist. Vaud y rapporte le Badiniacum 
du vi« s., M. R. VI, 3o (il dit Radicuacum : faute d'impression ?), 
tandis que le Cart. Laus. en note attribue cette localité à Renges, 
sans doute parce que ce nom est placé entre ceux de Romanel et 
de Tolochenaz, ce qui ne nous parait pas une raison suffisante. 
Renges a une autre origine, voir ce mot, et Radiniacum donne- 
rait Radigny ou Radignier. Quant à Rances, il doit venir d'un n. 
pr. gallo-romain à rechercher. 

M. Maxime ReymoDd^ dans son étude sur les OrigiDcs du Prieuré de 
Baulmes (Revue hist. V., décembre 1905), après avoir constaté comme 
nous que Radiniacum ne peut donner Ranges^ se demande si Radiniacum 
ne serait pas le nom ancien de Saint-Saphorin sur Morges. 

Randa, village D. Viège, Valais ; Randonne, ham. de Fully, 
Bandona, 1262, Wstbg., Randogne, D. Sierre, Bandonia, 
1224, 122'] f Bando(/ny, 1260, \t\Z%, Bagdogny^ 1260, etc. Ran- 
donnaire, pâturage sur Bex et alpe de Rougemont, dominant une 
paroi de rochers, Randonneires, forêt, Pays-d'Enhaut ; dérivés 
comme le subst. randon du celtique randa, randoSy bord. Dietz 



RANGIERS — RAPE 377 

le tire de Tall. randy même sens. Les villages de Randonne et de 
Rando^e sont tous deux au bord d'un plateau élevé. 

Les Rangiers, ham. et chaîne de montagnes, D. Porrentruj ; 
infinitif v. fr. ranffier^ puis subst. au sens de rangée. On pour- 
rait objecter que l'infinitif ne peut giière avoir le sens d'un parti- 
cipe passif, mais on écrit souvent Tun pour l'autre et l'on trouve 
le dtner, le goûter, le souper, comme le dîné, goûté, soupe. 

Râpe, Rapaz, Rappes, Rappaz, nombreux hameaux et lieux- 
dits Genève, Vaud, Valais et Fribourg, plus d'une ioo« ; Ra- 
pettes, Rapille, Raspille,Rapillette, diminutifs Rapaces à Co- 
lombej (en Valais un dépréciatif n. c, râpasse) ; du v. fr. raspe, 
futaie; râpa dans Bridel, friche en pente avec des buissons. Raspe 
paraît être une forme plus moderne de rispe^ qui a donné nos 
nombreuses Rippes, par exemple la Rippe, D. Njon, Rispa^ 
lago, les Rippes à Perlj, ham. de Mon tricher, loc. à Lussery, 
rispes, xrv* s., et 20 autres, la Rippaz aux Plans sur Bex, à 
Vandœuvres, Charmey ; Ripaz à Lully-Morges^ Ripaille à Cham- 
péry, aug. Ripettaz, une i2«, Repettes, 6 loc, diminutifs. La 
forme raspa paraît dans les textes concurremment avec rispe, les 
Baspes de Marti ff nie, 1264, Gothefredo des Raspes, 1287, ^^^'^ 
surtout depuis le xrv« s. : un RaspiSy i4o8, Râpes de Martigny, 
une Raspaz à Sierre au xv* s. Presque tous les textes antérieurs 
ont rispe, ripe ou rippe : cum aquis, rippiSy 1819, dans Trouil- 
lat ; es RispeSy 1242, Râpes de Lausanne, M. R. VI, 666, nemus 
Risparum encore i4oo ; 11 poses de rispes à Bussens, 1877 ; Y 
ripe à Vernamiège, 1260, la rispe de Greyliez, 1877, '^ Rippùz 
de Grelliez, i5oo, la Râpa à Vionnaz, les ReppeSy 1728. On peut 
conclure de ces rapprochements : i^ que rippe et râpe sont deux 
formes d'une même racine, la 2« postérieure ; 2^ qu'il faut écarter 
le latin ripa et l'allemand rippe, côte, auquel on aurait pu rap- 
porter le premier, et que l'origine est encore incertaine. L'explica- 
tion la plus vraisemblable est celle qui rattache ces mots au v. h. 
ail. hraspôn, gratter, râper, les râpes étant des terrains rocail- 
leux, peu fertiles, à végétation clairsemée, la forme Rippe due à 
l'influence de l'ail, rippen, reiben, qui signifie également gratter. 



378 RARAIGNE — RAVANAY 

Raraigue, loc. à Aig-le ; de rare et aig'ue, champs graveleux où 
Teau est rare. 

Le Rard, mieux le Râr, le Rare Descha, pâturages d'Ormont- 
dessus avec sapins clairsemés ; les Rares, loc. à Corbeyrier, d'a- 
près M. Isabel, pour qui, très justement, ce mot est une forme 
masculine du patois ràraj s. f., clairière, éclaircie. Il j a un es 
Rards, forêt à Bag'ues, une Rara, forêt à Bourg'-Saint-Pierre, et 
Ton dit une rareta. Le masc. est un n. commun en Valais: à 
vendre un rardy etc. Rapozet(ts) à Conthey, diminutif. 

Rarogne, bourg en Valais, Barun, ii46, Hidber, II, 1220, 
Baronia, 12 10, Barognia^ 1221, Baroignia, 1260, Barogniy 
1267, Baroyffnya, 1287, M. R., Barogny, 1872 ; d'après Gats- 
chet, du bas latin rara, raris, sentier, aussi canal, d*où il tire un 
adj. raranus, à cause des canaux, des bisses qui sillonnent le ter- 
ritoire, mais raranus donnerait rarain, il faudrait plutôt supposer 
rara et suffixe augmentatif ogne, ce qui serait possible. A rap- 
procher une loc. (Ts)Zararogne à Chippis. Ce nom vient proba- 
blement d'une racine celtique conmie tous les noms d'anciennes 
localités de la vallée du Rhône. Il j a un Rarauna (Deux-Sèvres), 
dont le nom est indiqué aussi comme celtique. 

Raspille, ruisseau près Sierre, Valais, Baspilly^ 1267, Baspil- 
lia, i33i ; de la contrée qu'il traverse, une raspille, dim. de 
raspe, râpe. 

Rasse, Ratzé, voir Baisse, Bachy. 

En Ratevel ou Ratevet, 2 pâturages à Rossinières, Château- 
d'Œx, Rathvel et Rathovel, 2 pâturag-es et ruisseau à Châtel- 
Saint-Denis (ou Rathevy ou Raschevys) ; Ratevy à Lessoc, Ra- 
chevy à Charmey au pied de laWandfluh; Bativelberg, 1668 
V. der Weid. On dit à Vionnaz rate pour g-ratter, » nous écrit 
M. Bonnard. Si cette forme est connue dans la Gruyère : rate-vé 
ou vi .= veau, Ratevel serait un équivalent de Gratteveau, voir 
Gratte. 

Rause, affl. de la Birse, D. de Moutier ; voir Reuse. 

Ravanay, loc. à Chamoson, Valais ; lieux où abondent la ro- 
quette et la ravenelle, latin raphanus, avec suffixe collectif ay. 



RAVERETTAZ — REBEUFONAZ 379 

Raverettaz, nom employé conjointement avec celui de Rion- 
zette, pour le torrent qui vient des Mosses et se jette dans la 
Grande-Eau sous Aigremont ; paraît se rattacher au v. fr. ratière 
et au romanche ravera éboulis, voir Ravoire. 

Les Ravières, 2 loc. Ormonts ; loc. à Neuchâtel, Locle, aux 
Breuleux, m. à Boécourt, loc. à Courgenay, Jura bernois ; Ra- 
vyeren à Gampel, Valais, forme g'ermanisée ; endroits où Ton 
cultive des raves, bas latin rave nias ^ latin raparias. Peut-être 
quelques-unes des Raveire de l'article suivant sont-elles aussi des 
ravières. 

Ravoire, 7 ham. et loc. Bas Valais, Raveyre, 6 loc. Valais et 
Alpes vaudoises et 4 Frib., Raveire, ham. de Rossens, Frib., 
Ravayre à La Chaux, Ravuire à Lens, Roivoeri, 1260 ; es Ra- 
vuyres, Vionnaz, 4 Ravyre Corbeyrier, Veyres, Varone, Grimi- 
suat (Raveyry, 1260), Ravary à Bercher et Pompaples, Revœrre 
à Bex, Raverasse à Salvan ; tous ceux des Alpes, coteaux ra- 
pides, très secs, exposés au soleil ; le vaudois a raveur et ravaire 
= ardeur solaire, voir Bridel, p. 817 ; peut-être de la famille de 
rabieSj qu'Horace a employé au sens d'ardeur solaire, chaleur 
caniculaire. D'autre part Littré sig'nale dans Ducang'e un mot ra- 
bière qui serait parent de rabina et le romanche a raveras, rue- 
ras, éboulis, ce qui rapprocherait ces mots de ravine. 

Les Ravins, passag'e des Alpes bernoises au N. d'Ayent, Va- 
lais, en ail. Bawyl, RaivinSy 1267, M. R. XXX, 22, Rawyrij 
1418 = ravins, lieu creusé par les ravines. 

Ravoinet, 2 loc. dans des combes des Alpes d'Ayent et de 
Lens ; paraissent dériver de la môme racine que le précédent. 

Raye, Rayes, Reilie, nombreuses localités des Alpes ; patois 
raye et rellhe : couloir dans des rochers escarpés ; dans la plaine, 
champs labourés. Raye, Roye dans le Jura bernois, Reyen à 
Louèche, forme germanisée, es Reiilons à Corbeyrier, diminutif ; 
du celte rica, sillon, bas latin riga, provençal rega, Berry rège, 
V. fr. reilie et roye y roie = raie, sillon, champ labouré. 

Rebeufonaz, loc. à Aigle, Bebuffynay 1842, Bobqffbnaz, 
1695 ; du verbe v. fr. rebuffer^ re augmentatif et buffer, syno- 



380 REBÉVELIER — REGON 

njme de bouffer, souffler, provençal bufar, l'endroit étant à 
Aigle le plus exposé à la brise froide des Ormonts, connue sous le 
nom de « vent de la Chenau. )¥ 

Rebé velîep, D. Delémont, /îoéem//ôr, 1181 ; Rebeuvelier, 
D. Delémont, ail. Bippertswiler, Rebuvouiliery ii48, Ripolis- 
wilre, Ï184, Rubuviliery i3o8, etc. = lo village de Robert, 
2® villag-e de Rippert ou Rippolt, formes diverses de la même 
racine germanique. 

Rebrecca, bois à Villars-Burquin, D. Grandson ; du v. fr. 
brecca, brique, fragment, morceau, et préfixe réduplicatif re, 
terrain très accidenté, parsemé de rocs. 

Rêche, Za (Chaux), au Sanetsch ; peut-être la Chaux réche, 
rocailleuse, raboteuse. Nous rapprochons de ce mot, comme parais- 
sant avoir la même racine, la Rëche, torrent à Conthej, à côté de 
la Rogne, les champs Rechoux à Ocourt, D. Porrentruj, au Ré- 
chet, vignes à Ollon. 

Es Rechennes à Vionnaz, Ruchenaz, 1728, Vouvry, en la Ru-- 
chenaz, 1720, Leysin, Vers la Ruchinay i332, loc. Ormonts; 
Retzenaz à Evionnaz, Sous les Retsenes à Yillars sur Ollon ; du 
verbe patois inreisenây arranger des récoltes sur des lattes sous 
un avant-toit (Isabel), rossena, échafaudage ad hoc, voir Rossi- 
nières ; sans doute il y avait autrefois de tels échafaudages dans 
ces localités. 

Reclère, D. Porrentruy, Resjlires, ii5o. 

Recolaine, ham. de Vicques, D. Delémont, ail. Ricklingen ; 
cette forme = chez les descendants de Richilo, n. pr. germain, 
dim. de Richo. La forme française a l'aspect d'un adjectif : villa 
Richolana, villa de Richilo. Il faut y rapporter sans doute la 
Cumba Reculini, ii36, ii54, Tr. I, 262, 820. 

Recon, grand pâturage, alpes de Vionnaz, D. Monthey, alpe 
de Ruscon, i345, copie d'un acte de 1298, Ruccon, 1728 ; peut- 
être du moyen h. ail. rusche, jonc. Bridel le dérivait de (lacus) 
recunditus, lac caché, écarté, voulant tirer le nom du pâturage du 
lac minuscule perdu dans un repli du terrain, près du col. Les 
anciennes formes repoussent celte explication. 



RECONVILLIERS — REMAUFENS 381 

Reconvillieps, D. Moutier, Berne, Reconisvillarey 884, ^o- 
consvillare, ^62, Recconvillare, 1161, Biconvilier, 1180, /îe- 

convilier, 1225, Reconvilier, i4o3 = villar, village de Recho 
ou Reccho, n. pr. ^rmaio, comme Recking^en dans le Haut Va- 
lais. Un Reccho sigpne un acte de 1008. Tr. I, i5o. 

RecorbeSy presqu'île de la Venoge, la Recorba, loc. à Neu- 
châtel, Recorbet, écart de Vaulion, Recourbes, loc. à Bex et 
Ormont-dessus et sentier aux nombreuses sinuosités qui monte à 
Naye ; de courbe et ne, réduplicatif. 

Record, Grands-Records, très nombreux lieux-dits (21), dim. 
Recordon, v. fr. = second reg^ain ; du latin chordum. c II y a 
dans le Dict. latin de Georges un adjectif latin chordus, avec une 
citation de Caton : chordum fenum = regain. )> (Note de 
M. Bonnard.) En bas latin recordum : c supplicant... ut ipsi... 
possint facere recorda, gallice les recours, 1470, M. R. XXII. 

Recrettes, fermes aux Brenets, Neuchâtel ; de crôte et préfixe 
augm. re. 

Es Recrues, loc. à Noville et Port^Valais dans les alluvions du 
Rhône ; participe de recroître, terrain conquis sur les eaux. 

Recules, loc. à Mont et Perroj, D. Rolle ; subst. verbal de re- 
culer ; Reculet, deux pâturages de Gingins et sommet du Jura 
français = v. fr. reculel, lieu isolé, écarté; en 1293 une terre dol 
Reculet, vallée d'Hérens, M. R. XXX ; en Reculan, loc. Ecu- 
blens, Bussigny, Reculanaz à Romainmôtier et Montherod, et 
sans doute Recollan à Burtigny (fausse orth.), formes adjectives 
= (terrain) reculé. 

Es Redennes, bois à Chevilly et Moiry ; peut-être du bas latin 
redelluSt bâton, brin de chêne, avec permutation 1-n comme de- 
lèse-denèse, lentille-nantille ; désignerait un bois taillis donnant 
des brins de cette dimension. Ducange a aussi un mot redon, 
bâton de fagot. 

La Reffa, arête dentelée se détachant du Bel Oiseau, alpes de 
Finhaut, Valais ; probablement pour raissa, scie, permutation 
s,ch-f comme dans oche-offe, Salanche-Salanfe, Singlioz-Fingles. 

Remaafens, D. Veveyse, Frib., Remulfens vers 1286, M. R. 



382 REMBLOZ — RENENS 

VI, 877, Remoufens, 1429, Remonfens^ i453, RemuffenSj 1668, 
carte v. der Weid = chez les descendants de Romulfy n. pr. ger- 
main. Fôrstm., 748. 

Rembloz, pâturage sur Vernamièg-e, Valais ; au Remblais à 
Colombey, Remble^ 1696, Remblety 1776 ; loc. à Bournens, 
Pailly ; Reimbloz, alpes d'Ollon, Rimbloz, loc. à Cerniat et 
Mossel, Frib. ; du patois reimbllOy lieu bourbeux, fondrière. 

(( No ne sein pas mô einreimblla. » 

Nous ne sommes pas mal embourbés. (Ranz des vaches.) 

RemoiDtze(ze), alpe de Trient, d'Ayer, Anniviers, etc. ; c'est 
est un n. c. pour désigner une alpe de rechange, subst. verbal du 
patois remouay changer de place. 

La Remosse, ham. de la Brévine, Neuchâtel, Ramasses^ i342, 
Matile, Ramosse^ i588, M. N. VIII, Remossa^ 1624, Etrennes 
Neuch. II, i5i. 

Renalettes, forôt à Hermenches, D. Moudon, Renoillire à 
Evolène, Renallicre à Bernex, à Grens, Renaillire à Crans, Re- 
noUier à Poliez-le-Grand, RenoUlez à Villarepos, RenoUy à 
Ogens, Renoillat à Missj, Renailly, ham. à Villaz-Saînt-Pierre ; 
le premier diminutif, les autres collectifs du patois renallhey de 
ranacula, dim. de rana, grenouille : grenouillères. 

Renan, D. Gourtelary, Berne, Runens, 1178. L'orthographe 
actuelle est toute moderne, on écrivait encore Renens en 1765 et 
1794, M. N. XXXI, 89 ; voir Renens. 

Renaroche, chalets sur Bruson de Bagnes, Valais ; contraction 
de revenu rossay ravine rousse. 

Les Renauds, ham. d'Yvorne ; cette orth. de Tatlas topogr. 
Siegfried est fausse. C'est un nom de famille d'Yvorne, autrefois 
comme aujourd'hui avec deux n: Ame Rennauœ, 1827, Claude 
Rennaudf 1598, les Rennaux, 1747» Jacques Rennaud, 1768 
(chartes d'Aigle). 

Renens, D. Lausanne, Runingisy 896, 968, in finibus Runin- 
gorurriy 920, Runens, ii47» 1199» 1220, Runeins, 1218, 1288, 
M. R. VI, 82.92, Rugnens, i476, M. R. XXVIII, 269, i525, et 
encore 172 1 = chez les descendants de Rano, n. pr. germain. 



RENFILE — REUROZ 383 

La Renfile, ham. de Presinges et de Vernier, sur la frontière 
ancienne ou actuelle ; probablement passag^e fréquenté par les 
contrebandiers ; subst. verbal de renfiler. 

Renges ou Ranges, ham. d'Ecubleus, D. MorK(^s, villa Rari' 
geringisy io3i, Hidber, II, 5oo, villa RangerensiSy loSi, Benge^ 
rengeSy 1228, i5io, Rengesrenges, i557; de Renger-ingisy soit 
chez les descendants de Renger, n. pr. germain, Fôrstm., 1017, 
ou Ranger y qu*on trouve dans Hidber, année 1161, nom dérivé 
de la racine onomastique Ragan, du gothique ragin, conseil. 

Rennaz, D. Aigle, Rainay i255, Régna, 1272, Renna, 1276, 
Régna, i4o2, M. R., 2« S., II, 28, Règne, i542, charte d'Aigle ; 
du fr. raine, latin rana, grenouille : le village est entouré de 
marais. Renny, ham. de Pully, Regnid, Rennier et Renng de- 
puis 1740, d'après le Dict. géogr. suisse d'Attinger, paraît s'y rat- 
tacher également. Quant à Rennex, écart de Genthod, il faudrait 
des formes anciennes pour décider. 

Repais, loc. à Asuel, D. Porrentruy, Repast, i3o2, Ripast, 
i3o5, i35o ; de re, réduplicatif, et v. fr. past, s. m., pâture : lo- 
calité aux gras pâturages. Le français vaudois repât, écrit sou- 
vent repas = dernière herbe pâturée en automne. 

La Repaz, loc. à Lonay, Sullens, Arnex ; Repettaz à Bex et 
Gimel, diminutif; le même que Rippe et Râpe, voir ce mot. 

Reppaz, ham. d'Orsières, carte Dufour et atlas Siegfried, Re^ 
pas et Repais dans Lutz. La 1»^ orth. le rattache à Râpe ; les 2 
autres à Repais, voir ci-dessus. 

Ressudens, D. Payerne, villa RansoldingiSy 912, Resoldin- 
gis, 922, Ramsoldingis, 923, Rasoldingis, 927, Resuldens vers 
1080, RasoldenSf I2i5, 1226, Ressudeins, 1228, M, R. VI, 325, 
i4, 346, Resoldens, 1239 ^^ ^^^^ ^^ descendants de Ramsold, 
n. pr. germain. 

Retets^ aux — , loc. à Golombey, Valais, es Routets, 1696, 
forme corrompue, syn. des nombreux Route, Routet, voir Rotte. 

La Reuchenette, ham. de Péry, Jura bernois, patois Routse^ 
netta^ probablement diminutif de rossena, voir Rossinières, 

Au Reuroz à Golombey, Valais, es Rouroz, 1696, es RovroZf 



384 REUSE — REVEX 

1776 ; c'est le v. fr. et provençal roure, chêne = au Chêne, aux 
Chênes. 

Reuse, nom de 4 affluents de la Dranse de Ferret, Valais, — 
les Reuses de rAImona, de Tsamodet, de Saleina et d'Omj, — 
Reuse ou mieux Areuse, rivière C. de Neuchâtel, Orousa avant 
le ix« s., Holder, aWorfittm Oruse^ 1178, Tr. I, Arousa^ i3ii, 
Aurosa^ i3i8, Orousa^ i335, etc. ; les Reuses, ham. d'Orsières, 
Valais, entre plusieurs ruisseaux ; la Rause, affl. de la Birse, 
Orosa, ii5o, M. R. III, 444 ; les Areuses au Saint-Bernard ; les 
Reusilles, loc. à Tramelan^ diminutif. C'est aussi le nom ancien 
de la Grande Eau, D. d'Aiji^le, Buysi, 1287, — i atone, — la 
Rionzetta s'appelait alors Ruseta, Noms à rapprocher de la Reuss 
d'Uri, Rusa, 691 , puis Riusa, de la Reusch, affl. de la Sarine 
dans le Gessenay, Rucei, 1270, Ruessy, i44i) et des Ru, Ruz de 
Suisse et de France. D'une racine commune aux langues indo^i- 
maniques, latin rivas y grec rheiriy couler et v. h. ail. riuzen, 
couler. De la même racine, du sanscrit ré, ri, aller, couler, mu- 
gir, dérivent le celte ren, renoSy rivière, et les noms du Rhin, 
fleuve, des divers Rhein d'Allemagne, le Reno, affl. du Pô, etc. 

Revereulaz, village près de l'Avançon de Vionnaz, Valais, Ru- 
veraulaz, 1723, Reveleulaz, 1776; Reverolles, D. de Morges, 
près du Curbit, Ruvilora, 1177, M. R. XXIX, io3, — faute de 
copiste? — Revirola, ia23, Riveroula^ 1228, RiverulaZy 1281 ; 
— maison à Ghavannes-le-Vejron ; Reverulaz, loc. à Vufflens- 
la- Ville et Penthaz ; Reveyrulaz au bord de la Colline à Trélex ; 
la RevepoUe à L'Isle, Reverulaz, affl. de la Venoge. Ce dernier 
= petite rivière ; les autres du v. fr. rivière, s. f., rive, rivage, 
contrée dans le voisinage d'une rivière, comme la Rivière, côte de 
la Méditerranée entre Nice et Savone, et suffixe dim. patois oulaz^ 
latin ula. Remarquer au premier nom le balancement des liquides 
l,r. Peut-être en est-iJ de même pour le second. 

Revex (ou Revix), majens, versant N, d'Arpille de Martigny, 
un autre à Ormont-dessus = Revers, nom fréquemment em- 
ployé, côté tourné au N. ; rien de commun avec ravine, comme 
l'explique un article du Dict. Attinger. 



REVOUTAZ — RTÈRE 385 

Revoulaz, loc. à Aigle, avec escarpements à pic dominant la 
Grande Eau, Ryvaata^ i342, chartes d'Aigle = rive haute. 

Rhône, Rotlen dans le Haut Valais, latin Rhodanus =z le vio- 
lent d*après Zeuss (Gram. celtique), qui le rattache au cambrien 
rheduj vieux celtique rot, courir. De la même racine dérivent les 
noms de nombreux ruisseaux de la Suisse allemande, qui n'ont 
rien de commun avec Tall. rot y rouge, voir Holder. Quant aux 
étymologies de Lenthéric qui hésite entre Rhodanusia, colonie de 
Rhodiens fondée à Temibouchure du fleuve, et le verbe latin ro- 
dere, roûger, elles sont toutes deux à rejeter, le nom du fleuve 
étant bien antérieur à cette colonie et à la conquête romaine. 

La Rianda, loc. à Veyras, Valais ; Planche Riande à Bottens 
= Rionde, ronde, permutation o-a, comme dans Nava, Pra- 
fanda. 

Riaz, D. Gruyère, villa Roda^ 900, 928, M. R. VI, 2o4, eccle- 
sia Rode, io55. Rota in OgOy 11 36, Rua in Ogo, 1228, Ryay 
1476, Riat, 1668, carte v. der Weid, Ruaz, en patois, dit Kuen- 
lin, 1828. Plusieurs des formes sont les mêmes que les anciens 
noms de Rue, voir ce mot. Comme Rue n'avait pas encore d'église 
en 1228, première chapelle fondée en i3o6, les mentions de io55, 
1228 du Gart. Laus. se rapportent nécessairement à Riaz. D'après 
Galschet, du v. h. ail. rôd, ail. moderne reute, défrichement, 
correspondant des noms français Essert, Ëssart. 

Rîddes, D. Conthey, Valais, Ride vers io5o, Ridda, 11 53, 
1287, etc., Ritda vers 1200, Riday 1262, Ryda, 1263. D'après 
Gatschet, de ried, v. h. ail. riod, herbe de marais, marais. Vient 
plutôt du celtique rid, rit, red, gué. Comme Riddes est sur un 
coteau et que, aussi loin qu'on peut remonter, la route de la val- 
lée a franchi le Rhône à cet endroit, comme d'autre part tous les 
noms anciens de la vallée sont celtiques, l'étymologie celtique, 
aussi adoptée par Studer, nous paraît préférable. 

Riedes-dessus et dessous, 2 ham. Soyhières, D. Delémont ; de 
l'ail, riedy v. h. ail. riod, herbe de marais, marais. 

Rîèro, rivière, affluent du Rhône, Valais, la Riez, 1267, Riey, 
1267, Reyeiy 1269, Riehyy 1827, Rya, i4i8; les formes primi- 

M. D. SBC. SÉRIE, TOME VII 25 



386 RTERIN — RIOND 

tives se rattachent à la famille de rio, ruisseau, ou de rihe^ 
goTgey voir Rija. La forme moderne Rière paraît avoir pris le se- 
cond r sous rinfluence de l'autre nom de la rivière, Liena ou 
Lienne, du celtique |!^len, vallée ; voir Liène. 

Rierin, écart de Lussy, Fribourgp, RierenSy ii47-ii57, Arch. 
Fr. VI, et i2i5 = chez les descendants de Riher^ n. pr. germain. 
Fôrstm., io46. 

A la Riette, loc. à Croy, un Petrus de la Rieta^ Anniviers 
vers 1220, Riétaz à Montcherand ; diminutifs de risy ria, tran- 
chée, rigole ; voir Rija. 

Riez ou Riex, D. Lavaux, ii53, Hidber, II, RuaiSy 1226, 
Ruas, 1288, M. R. VI, 622, 648, Ruex, 1246, 1879, i453 ; peut- 
être de ru, ruisseau, et suffixe plur. ou collectif as, ex, par sa 
position entre deux rios, le Ghampaflon et le Rio d'Enfer. 

Les Rigognes, fermes à la Côte-aux-Fées ; dérivé, avec le suf- 
fixe péjoratif ogne (voir Jorogne), de la racine rigay raie, tran- 
chée, fossé. 

Es Rigoles, terrains humides, coupés de nombreux fossés ; à 
Muraz, Vionnaz ; Regoiles à Vouvry, en Regola à Saint-Gin- 
golph, Bas Valais, aussi à Gland, Orbe, etc., diminutifs du bas 
latin riffa, raie, fossé. 

Rija, gorge étroite où coule la Barberine, alpes de Finhaut, 
Valais ; du bas latin ri^a, raie, fossé, tranchée, patois ria, m. h. 
ail. rihe, gorge ; cette racine se retrouve dans le celtique : kymri 
rhiff, raie. 

Rio (6), Rioz (7), Riau, une 5o®, Ruau, Colombier ; du v. fr. 
ruiel, raely ruaul, dim. de Ra ou Ruz ; Ria(i)let, Riolet, dim. 
de riau, n. commun d'une foule de ruisseaux et de ham. de la 
Suisse française, parent du provençal riuy dérivés tous deux du 
latin rivus. 

Ruz a parfois une autre origine : c'est le cas pour Val-de-Ruz et Vau- 
raz = vallée de Rodolphe ; voir ces mots. 

Riond, fém. rionda, forme patoise du v. fr. réondy latin ro- 
tandaSy rond. Substantif dans la Riondaz, dim. le Riondel, 



RIONZA 387 

sommets et pâturages, par exemple la Riondaz, sommet sur Lej- 
sin et pâturage Jura de Nyon, calmes Rotunda^ chalma Ro- 
tunda, XII» s., Cart. Oujon. Comme adj. en composition : Mont- 
riond, Riond Boux (Rlomboux, carte Vaud) , Riond-Bosson ou 
Botzet, 8 loc., Praz Riond ; mal orthographié dans Ghanrion, 
alpe de Bagnes, Riombois à Chavannes sur Moudon, Riombo- 
chon, — bochat, — hochet, 5 loc. Frib. ; la Riandettaz, dim. à 
Golomhej, Valais, permutation o-a. 

Rionza, Rionze, une lo» de loc, et les collectifs Rionzi(j) au 
Mont, Rionsie, 1298, et Valejre-sous-Rances, Rionsy à Senar- 
clens, RioDsier à Vouvry, Rîonzier à F'échy, Rionzey aux Or- 
monts, au Ronsel, i332 ; Ronzier(sier), Avully, Nyon, Ronzy à 
Montet, Ronsy, Estavanens ; diminutifs Rionzon à Bière, Bavois, 
Rionzonnes à Orbe ; syn. de roncier, lieu où abondent les ronces, 
patois rionze, rionse. Par contre dans Rionziaz, ancien nom de 
la Grande Eau, Aigle, Ruysiy 1287, la Rionsiaz, i3i5, la 
RionzOy 1817, le Ruisy, i323, la Rionsy y i326, RionsettaZy 
1827, la Rionse y 1873, Rionze, i438, et Rionzette (Raverettaz 
dans Tatlas Siegfried), affl. de la Grande Eau qu'elle rejoint sous 
Aigremont, Ruseta, 1279, Rionseta^ 1426, les formes primitives 
montrent qu'il faut y voir des dérivés de ruz, reuse, voir ce der- 
nier mot. Peut-être la présence de ronces sur leurs bords a-trclle 
facilité la transformation du nom. 

LfCs textes suivants montrent que la Grande Eau s'est appelée aussi 
Rionzettaz au moins jusqu'à la fin du xvno siècle. Un acte d'Aigle de 
1595 dit que « A esté arresté que dors en avant la ditte Eau appellée 
Rionzette doihge avoir son cours d'empuis le grand pont en bas auprès 
le mont de vers Soccrestaz jusques au grand chemin de l'Etraux dessoubs 
Yvorne, et dempuis le dit Estraulx en bas par son cours ancien jusques 
au Rhosne » (antérieurement elle divaguait çà et là et menaçait l'église 
paroissiale et le cimetière du Cloître). Un autre acte de 1597 parle des 
« Barres qui se doivent construire entre la Grand'eau appelée la Rion- 
zettaz, de même en 1626 et 1658, enfin en 1669, le torrent appelé la 
Grand'Eau soit Rionzeta. Grand Eau apparaît pour la première fois en 
1590 où LL. EË. commandent « en cas d'ovaille » à tous ceux des 
i mandements « à leur (ceux d'Aigle) venir aider aux bastiments de la 
grandeau, * 



388 RIPAILLE — ROCHE 

En Ripaille, loa à Vouvrj, pâturage à Ghampéry ; comme le 
célèbre Ripaille de Savoie, de ripa, rive, côte, et suffixe augm. 
aille : grande rive, étendue. 

Risoux ou Risoud, mont et forêt du Jura vaudois, montem 
Risurriy 1177, RissOy 1186, Riso, 1219, M . R. I,et iZt^t^, Risoud^ 
xviii^ s. Origine inconnue. On ne peut guère supposer une pa- 
renté avec me, glissoire pour faire descendre des bois, de Tall. 
riesCy ni avec risiy riset, collectif risenen désignant des pentes 
escarpées, sur lesquelles les eaux entraînent des pierres et du 
limon. 

La Rîtte, loc. à Lully-Morges, les Rittes à Ballaigues, pâtu- 
rage è TEtivaz, Pays-d'Enhaut, es Rittes à Marly (ancienne 
route), à Murist, Treyvaux, G. de Fribourg ; du patois rittaj 
ruelle, venelle. Pourrait-on le rapprocher du gaulois rheda, cha- 
riot? 

Rivarottaz, loc. sur Bex, non loin de TAvançon ; de ripa 
rupta, rive rompue, endroit exposé aux incursions de la rivière. 

Rivaz, D. Lavaux, Ripa, 114I9 1182, l'QQ» RippOy 1824 ; de 
ripa, rive. 

Rive haute, ham. de Liddes, Valais, en patois Roate, Ripa 
altOy 1269, Rivale et Riuataz, plan vers 1720: le hameau est 
sur le bord, la rive d'une haute terrasse. 

La Robellaz, ham. d'Ëssertines, D. Echallens, Vilar Luczon, 
xiv^ s. ; ham. de Valeyre-sous-Rances ; Robêlaz, ham. d'Echal- 
lens ; 2 pâturages et fermes à Buttes, Neuchâtel ; ceux-ci tirent 
leur nom des frères Robeilaz des Bullets qui acquirent cette terre 
en 1627, M. N. XXXVIII, 217. Peut-être les autres viennent-ils 
aussi d*un n. pr. ? 

Roehe, D. Aigle, Rocha, ii5o, Rochi, 1177, la Rochy, 1^02, 
Rochiz, i54o. — La Roehe, D. Gruyère, Rupe, 11 70, la Rochi, 
1199, M. R., Rochia in Hogo, 1268, Wstbg. — Roehes, D. 
Moutier, Berne, Roehette et Roehatte (Jura bernois), une i5« de 
loc, Roeherelle à Dombresson, dim. Rochasson à Saint-Gin- 
golph et Sa! van, Rochasset, Ormont-dessus ; du dépréciatif asse 
et dim. on, et : mauvais petits rochers ; dérivé habituellement du 



ROCHEBORD — ROGNE 389 

celtique rocca, gaéliqae roc. Mais, d'après Kôrting, Torig-ine <;el- 
tique doit être abandoDoée et Tétymologie inconnae. 

Rochebord, m. à Aig'le, interprétation de l'ancien nom Rychi- 
bon, BichiboPy 1882. 

Rocheray, ham. du Ghenit, vallée de Joux^ nom formé par 
analog'ie avec les collectifs de végétaux, de rocher et du suffixe 
collectif ay ou ey, de etum : endroit où abondent les roches. 

Recourt, D. Porrentruy, Rocort, ii48, ii79> 1280, Rocurl, 
1808 = ferme de Roh^ Roo, n. pr. germain, de la racine onomas- 
tique hroc que Fôrstmann rapproche du v. h. ail. rohôrij rougir. 

Rodet, Praz — , pâturage, vallée de Joux ; peut-être adjectif 
dérivé du v. h. ail. rôdy défrichement, pré défriché, mais le d de 
ce mot a disparu de bonne heure ; vient probciblement d'un n. pr. : 
pré de Rodet. 

Rodomont, sommet au Pajs-d'Enhaut = Rougemont, voir ce 
mot, et non mont rond comme l'expliquent Lutz et Studer. 

Rodosex, rocher à Château-d'Œx = rocher rouge, voir Sex, 
ainsi nommé à cause des couches crétaciques rouges dont il est 
formé. 

Rodovanel, chalets à ChÂteau-d'Œx = défilé rouge, — voir 
Vanel, — ces trois noms du patois rodo^ rodzo^ rouge, gaulois 
poudo, cambrien rue/, hibernien ruadh, gothique rauds, ail. 
rolh, grec rhodon, mots qui remontent à la source commune, le 
sanscrit : rud hira, sang rouge. 

La Rogivue, D. Oron, et la Rougève, patois Rogeuue, Rogi- 
vue y D. Veveyse, Fribourg, Rogiaivuiy 1287, Rubea aqua dans 
les chartes ; Rogègue à Montcherand ; la Rozaigue, loc. marais 
d'Orbe ; de rouge et du patois rodzOy rouge, et ivue^ aiguë, eau, 
les eaux des marais tourbeux sont rougies par l'alcide ulmique. 

La Rogne, torrent à Conthej, Rongniy 121 7, Furrer, III, 55, 
Rognyj 1248, i8o4, Rongy, 1268, Rongny^ 1862 ; subst. verbal 
de rogner, ronger, v. fr. rongner, rivière qui rogne, qui ronge 
ses rives. Nombreux dérivés adjectifs : Mont Rogneux et la Ro- 
gneuse, Roignosa, i448, sommets à Bagnes, la Rognausaz, 



390 ROILLEBOT — ROMAIRON 

sommet à Château-d*Œx, la Rogneuse ou Rogna usaz, torrent^à 
Massongex : torrents qui rongent, sommets qui s'éboulent. 

Roillebot, Roillebau ou Rouelbeau à Meinier, Genève : an- 
cien château ruiné entouré de marais ; de roiller, frapper, et bol, 
bau, crapaud, ditron, parce que les serfs du voisinage devaient 
frapper à coups de gaules dans les marais pour faire taire les gre- 
nouilles qui troublaient le repos du seigneur. Mais ce nom ne pa- 
raît pas avant le xvP s., dit Galiffe, Gen. hist. II, io8. Ce château 
s'appelait jadis la Bâtie-Cholaj ou Gompejs^ du nom de ses pos- 
sesseurs, les sires de Compejs. 

Rolette, la — , sommet boisé à Trient, fausse orth. pour l'Aro^ 
lettey petit bois d'aroles ; voir Aroley. 

RoUe, C. Vaud, Castrum Rotuli et de Ruelloy même charte, 
i2qI^, RuellOy 1295, RuelloZy Rotulum^ M. R. XXVIII, i85; 
Roolle, 1700, Procès (manuscrit) de Du Quesne contre les bour- 
geois d'Aubonne = castrum de Ruodiloy n. pr. germain, autre 
forme de Rudolf, voir Ruz, Val. 

Rollens, loc. à Villars-le-Terroir ; voir Roulens. 

Romainmôtier, D. Orbe, Romanum monasterium, 763. Ori- 
gine très controversée. M. l'abbé Besson dans ses Recherches sur 
les Origines des Evêchés de Genève, Lausanne et Sion (1906), 
étudie les Origines de Romainmôtier (Appendice, p. 210-227), ^t 
rappelle les diverses opinions à ce sujet. Pour Mabillon, c'est le 
môtier de Romain, saint Romain -j- 46o. Dunod suivi par Char- 
rière et de Gingins en font un romanum Monasterium, monastère 
romain, nom donné en récompense (762) par le pape Etienne II 
pour l'hospitalité reçue. Mais les auteurs les plus récents rattachent 
de nouveau ce monastère à saint Romain et M. Besson cite Liitolf , 
Jahn, Dom Benoît, Krusch, Ëgli, Longnon, pour lesquels Romain- 
môtier est un Romani Monasterium, monastère de Romain. Voir 
M. R. III et l'ouvrage cité plus haut. 

Romairon, D. Grandson. « Les étymologistes font venir ce nom 
de Romanorum, » dit le Dict. hist. Vaud. Etymologistes d'autre- 
fois, car aujourd'hui personne ne dériverait ce nom de ce génitif 
qui n'explique pas d'ailleurs le second r. Romanorum donnerait 



ROMANAZ — ROMONT 391 

Romanear, non Romairon. Origine inconnue en Tabsence de 
formes anciennes. 

Romanaz, aussi Romanel, loc. entre Croy, Arnex et Bofflens, 
où l'on a trouvé de nombreuses antiquités = (villa) Romanay 
maison, ferme d'un Romanus, cognomen romain. 

Roman (mal écrit), 2 villas à Lonay, D. Morg-es, Romans^ 
I2i3, 1224, M. R. VI, 320, 5o4, i3i5, i453 ; autre forme de 
Romains, de (apud) Romanos^ chez les Romains. 

Romanèche^ ham. d'Ëtoj, D. Morges ; conune Romanèche, 
France, Romanisca, 1 120, de Romanisca (villa), adj. dérivé, avec 
le suffixe locatif g^aulois isca^ du gpentilice Romanius ou du co- 
gnomen Romanus = villa de Romain. 

Romanel, i^ sur Lausanne, Romanelj 1182, Romanes^ 1184, 
Gart. Month., Romenes, 1190, Romanel, 121^1, Romaneaus y ers 
i23o, M. R. VI, 409, 454» a® sur Morfj^, 3® 3 loc. à Rances, 
4^ un Romanel sous Mont, 1240, M. R. I, i65, € clausum... 
domum de Romanel in territorio de Germanye, ^ 1293, M. R. 
XXVIII, 175 ; évidenmient dérivés aussi de Romanus ; 5^ loc. ap- 
pelée aussi Romanaz entre Arnex et BofQens, {villas^ domus) 
Romands, fermes, maisons de Romain ou romaines ? 

Les auteurs du Régeste genevois, p. 388 et 493, ignorant Texistence 
d*uD Romanel à MoDt, ont fait du Germagny sur Romanel d'une charte 
de 1305, M. G. IX, 203, une localité à Romanel sur Morges. 

Romanens, D. Gruyère, ail. Romaning, Romanens, i38o- 
i4o3 ; paraît au premier abord dérivé de Romanus, mais les sufT. 
ing et eus indiquent une origine germaine = chez les descendants 
de Rodman ou Roman, n. pr. germain. Fôrstm., p. 737. 

Rombochat à Constantine, Rombosson à Corcelles, Rombuz, 
bois à Grandcour, Romboux à Belmont-Yvcrdon, Uombuet, h. 
d'Attalens, fausses orth. pour Rond-bochat, — bosson, — bon = 
rond bois. 

Romont, Fribourg, Rommon, 1 268, Rotundum montem dans 
les chartes dès le x^ s. = riond mont, mont rond, ville bâtie sur 
un mont arrondi ; Romont, colline arrondie sur Epesses, même 
ori^ne. 



392 ROMONT — ROSÉ 

Romont, D. Gourtclary, Berne, ail. Rotmund^ Redemonty 
i3ii, Rodemunty i358, Rodmunt, i359, ce qui le rapproche de 
Rodomont = Rougemont. 

Rompeux, collines arrondies sur Court et sur Ghampoz, Jura 
bernois ; fausse orth. pour Rond-Peu^ de rotundum podium^ 
voir Peu. 

La Grande et la Petite Ronde, fermes aux Verrières, en 
Rond, loc. à Bex ; les Rondes, prés à Loveresse, les Rondez à 
Frég^iécourt, à Delémont, aux Enfers, Jura bernois ; terrains plus 
ou moins circulaires, lieux limités à la ronde par des forêts. La 
Rondelaire, pÂtura^^e D. Grandson, les Rondins, plus, loc, di- 
minutifs. 

Les Ronques, — ou Ronquoz, — nombreuses loc. de Sierre à 
Saint-Maurice, au Roneo à Gollonges, Valais ; de runcas (terras) 
terres défrichées, du latin runcare, défricher, en romanche ronc, 
runCi Ronco au Tessin ; les Roneettes, champs à Founex, dimi- 
nutif. 

La Ronte à Saillon, Valais ; au Ronte, m. à Ponthaux, les 
Rontes, 4 loc. Fribourgp; le Ronty à Leytron et Dorenaz, le 
Ronti à Lucens, collectif, le Rontet à Goumœns, Rontin,s à 
Penthéréaz et Villars-sous-Mont, diminutifs ; substantif verbal 
du patois rontrej rompre, ouvrir un terrain en friche. 

Ropraz, D. Oron ; de roboretum, bois de chênes. 

Ros. Les nombreux noms de localités qui commencent ainsi 
appartiennent à deux racines ; Ros, du gothique raas, roseau, et 
Ros, du latin rosa, la rose ; ces deux racines présentent des déri- 
vés parfois identiques impossibles à séparer si Ton ne connaît pas 
les localités. 

Ros, roseau, donne un collectif rosetum ; de là 

Rosé ou Rosex, ham. G. Fribourg, Ormont-dessus et Fran- 
ches-Montag-nes, le Rosey à Savagnier, les Roseys, les Bois, 
Morges ; Rosay, Sembrancher, en Rosier, Bex, Géronde près 
Sierre, et Souboz-Jura, marais dans chaque localité ; Rosoz à 
Vuadens, Vauruz, Ecublens, Frib. ; Rosy, 4 loc. Frib. ; Rose! ou 
Rosé à Dorenaz, Valais, nemus Roselli, 1218, et GofFrane, Neu- 



ROSÉ — ROSSeNGES 393 

châtel ; Roselet, dim., 6 loc. ; Roselat, Jara bernois; Roselettes 
à Colombej ; Rosaly à Corcelles-le-Jorat et les Ëcasseys, Frib. ; 
enfin Rosière, nom fr. de Welschenrohr, Jura, loc. à Noiraigne, 
et 7 ou 8 loc., marais, avec les variantes Roseire, Vérossaz, et 5 
loc. Frib. ; Rosaire, marais à Denezj, Illarse, Monthej, Saint- 
Maurice ; Rosayre, Sales et Lussj, Frib. ; Rozeyre, Roche, Or- 
mont, Roseirettes à Charmej, bois Rosireux à Boécourt. 
Paraissent au contraire dérivés de rose 

Rosé, majen à Saxon, la Rosière à Orsières, nombreux ro- 
siers ; la Rosiaz à Chailly près Lausanne, loc. à Villars-le-Ter- 
roir, la Rosaz à Broc, la Roasaz à Vaulion. 

Sont probablement des roseraies le Rosey, alpe d'Isérable, h. 
de Bursins, Rosay, château près Rolle, la Rosière, ham. de Col- 
lex-Bossj (sur un crèt), Roserettes à Syens, la Rosette à Châ- 
teau-d*Œx, la Rosattaz à Savigny, etc. 

Rosaly, pâturage à Ghâtel-Saint-Denis ; du patois rosalei, rho- 
dodendron. 

11 peut arriver enfin que Rosière soit une corruption de roncière 
comme le prouvent les textes suivants : « locis... de Alamanis, de Ron^ 
séria,., et habitatores locorum de Alamandis de Ronseria, » xui« s., 
M. Inst. G. VIII, 12, IX, 31, 40, aujourd'hui les hameaux des Allemands 
et de la Rosière près Samœns. 

Rosa Blanehe, sommet glacé, val de Bagnes ; probablement 
autre forme de ruisa, rœsa, reiise, mot valdôtain et savoyard qui 
signifie glacier, donc : le glacier blanc. Monte Rosa, Mont Rose, 
même origine. « Chez les Sédunois, dit Silius Italicus, traduit 
par Goolidge, il y a une montagne à laquelle les Salasses ont 
donné le nom de Rosa ; c'est un gigantesque amas de glace éter- 
nelle. » 

• Rossenaz, ham. de Pâquier, Gruyère ; voir Rossinières. 

Rossenges, D. Moudon, môme origine que Ressens, D. 
Payerne, RossanSy 1286, i336, Dict. hist., et D. Sarine, Frib., 
Rossens, xii« s., Rossin, 1668, carte v. der Weid, et 1696, dans 
Kuenlin, 1828, ail. Rossing =. chez les descendants de Rozzo ou 
RodzOy n. pr. germain. 



394 ROSSES — ROSSINIÈRES 

Ès Rosses, loc. à Bussj sur Morgues ; Rossel, plas de 20 loc., 
vignes, champs, pÂtarages ; Rossetan, vignes à Martignj, alpe à 
Champérj, champs à Lavey ; une vigne de Rossetan à Lausanne, 
1238, M. R. VI, 660. Flan Rossay à Orsiéres, Russet à Louèche 
(= Roussel) ; les Monts Rossets aux Epiquerez, Berne, Gomba 
Rossa à Salvan, Ravines Rosses, alpes d'Orsières ; diminutifs : 
en Rosson à Vétroz, Rosselet à Sullens, Roussillon à Meyrin^ 
Essertines, D. RoUe, en Roucelin, mayens à Riddes, Rossillon- 
nés à Vinzel, Rosseline, alpe à Lavey, Praz Roehet à Grandvil- 
lard = rosset, de rosset, rossel, dim. de roux, du latin russus^ 
allusion à la teinte du terrain. De môme en Champagne on 
nomme Rouget et Rougeron, diminutif de rouge, les localités 
dont la terre est colorée par l'oxyde de fer ; voir Littré, Suppl. 

Rossinières, D. Pays-d*£nhaut, Ransonery^ 780, d'après « Le 
Pays-d'Enhaut, p. 172, sans indication d'origine, 1080 (d'après 
Lutz), et ioi5, iii5, M. R. XXII, 10, et 1291, XXII, 74» Rctëso- 
neri, i255, F. B. II, Rassonery, 1288, i442, la Ranxonière^ 
1453, Ronsonyère, i5i8, etc. ; en la Rosseneyre à Gerniat, A 
la Rossinière, m. à Echarlens, Frib. Il y avait une Rassoneri^ 
pâturage dans les environs de Palézieux, 1296, Gart. Haut-Grôt, 
M. R. XII, 128 (qullisely traduit par Roche noire); signalons 
encore la Ransonière ou Rançonnière aux Brenets, Neuchâtel 
(que Dubois-Dubois dérive de rançonner) et la Raneenaire à 
Vallorbe et Vaulion. Bridel dérive Rossinière, patois Rochenaire, 
de rossena, «échafaudage pour faire sécher fèves, pois, céréales ; 
de là Rossenaz, ham. D. Gruyère, et peut-être encore Rachenne, 
loc. à Gléresse, Berne, en patois Rotsenni. On voit encore de 
telles constructions, appelées rescane, dans les montagnes du 
Tessin (Chischné, tschetschna dans les Grisons). Il faudrait pour 
être absolument sûr trouver des textes du xi« au xiii® s., avec 
rassona, ransona^ n. commun. Quant aux étymologies de Mora- 
tel, roche noire, Hisely, M. R. IX, 142 et Gatschet, qui tire ce 
nom de radicinaria, racinaria, endroit où Ton trouve des racines 
comestibles (il cite trois plantes qui manquent à Rossinières), 
elles sont à rejeter. 



ROSSY — ROUDAZ 395 

Hossy> partie du village de Froideville, D. Ëchallens ; pourrait 
être un {fundum) Rosciacum, domaine d'un Roscius^ gentilice 
romain ; il faudrait des formes anciennes. 

Es Rots à Charmey, Hotte, s, Rottaz, une 20® de loc, les 
Rodes à Troistorrents, xviii® s. , la Joux Rottaz à Mordes ; Praz 
Routoz à Chexbres ; es Routes, 6 loc. Fribourg ; au Route à 
Yens, Routy, Bussig-ny-sur-Oron, le Routtet à Colombier, au 
Ruttet, vignes, Yvorne ; le Rutit, vignes à Ëtoy, au Ruptit à Co- 
lombey, Ruptet à Monthey, le Routtet ^ 1696 ; les Ruttes à Palé- 
zieux, le Rutty, m. à Bière, le premier, forme masculine, les sui- 
vants formes féminines et collectifs du part, passé v. fr. de rompre : 
routy rot, rut, roupt, dérivés du latin ruptum^ de rumpere^ ter- 
ras ruptas, terres défrichées ; on dit encore rompre une vigne. 

Les Rottières, nom du ruisseau de Saint-Oyens, D. Aubonne, 
Saint-Oyen de Rotteres, de Roctires, i5oi, M. R. XXXIV, 76 ; 
probablement de la famille de rotte, de ruptas (terras), avec suff. 
collectif ière = t^res labourées. Le c de i5oi est une simple gra- 
phie sans valeur étymologique comme dans Boctens, Joctens. 

Rotzee, champs à Vissoye ; de rotze, roche, et collectif anni- 
viard ec = ey, voir Biolec. 

Rotzue, loc. à Vissoye, la Rotsuaz (Rochuat, Dufour), pâtu- 
rage à Gharmey = la rocheuse. 

La Roua, alpe de Saint-Luc, aussi Rouvaz, la Rouaz, mayens 
à Savièse, Rona, i4i7j M. R. XVIII, — fausse lecture pour 
Roua, — loc. à Sion ; Pouta Rouat à Vétroz (t fautif), à la Roa 
à Cottens, Frib., xii« s. ; — collectifs, Rouaires à Vétroz et avec 
V intercalé Rouvaires à Conthey ; Rouage à Courgenay, Jura 
bernois ; — diminutifs Roualaz, champs à Lens, Valais, Roellaz 
à Mordes, es Roualles à Ghessel, au Roux (fausse orth.), grand 
couloir rocheux, alpes de Vouvry, rapprocher le patois rouéy s. 
m., bord d'un précipice ; Rouet, Rouis(y), Rouettes, Roettes^ 
nombr. loc. Genève, Vaud, Valais et Fribourg; du bas latin 
ruffa, rua, ride, sillon, presque toutes ces localités sont des 
champs ; voir Ruaz. 

En Roudaz, prés à Vétroz, autre forme de Rotte. 



396 ROUELBEAU — ROULAVAZ 

Rouelbeau à Meinier ; voir Roillebot. 

Les Rouges, nombr. loc. Gingins, Orbe, etc., de la teinte rou- 
geâtre du sol. Nombreuses formes : les Roges, loc. à Plan-les- 
Ouates, Genève; Ruge, loc. à Gilly, Rougeux, champs à Re- 
clére, D. Porrentruj, Rogeau, m. à Mollens, dim. les Rojalete, 
champs à Coppet, Rogin, champs à Montricher, Rogin à Lau- 
sanne, 1476, Rougins, champs à Cl^^moson, Côte Rougin aux 
Epiquerez et à Glovelier, Jura bernois, es Rugets, champs à 
Fontanezier, Champ Roget à Aigle, en Rodzet à Vouvry ; de 
rouge et suffixes eux, eau, in, et. Rougin donne à son tour les di- 
minutifs Rogenet, loc. à Orzens, Ghevillj, Rogenez à Ferreyre, 
Rogeny à Assens, Roginet à Dizj, Roginel à Vullierens, Ru- 
genet à Rances, un Rugenet près Boudrj, i3oo. C'est sans 
doute à l'un de ceux-ci que se rapporte le Runginel, Ronginel 
souvent nommé dans leCart. Laus. M. R. VI, p. 178, 3o5, 3o8, 
642, 644) un Jacobus Ruginel, 1226, F. B. II, 74 ; Fin Rou- 
jolaine à Soulce, D. Delémont, adj. diminutif.^ 

Rougemont, D. Pays-d'Ënhaut, /{uieus mons^ iio4, Rojo- 
mont, 1270, M. R. XII, io5 = rouge mont : bâti sur les cou- 
ches rouges du lias qui affleurent en plusieurs endroits. 

Ce nom de Rubeus mons ne s'appliquait point au Riibli coloré 
de rose le soir, comme l'a expliqué le prof. Hisely ; c'est la tra- 
duction latine du nom du Rodomont, montagne au N. du village 
où abondent ces couches rouges ; la même circonstance a donné 
le nom de Rougepierre, écart de Château-d'Œx, et celui de 
Rougeterre à Saignelégier. 

Rouîlly, écart de Froideville, D. Ëchallens. Si ce n'était dans 
le haut Jorat qui n'a guère été habité à l'époque romaine, on 
pourrait en faire un {fundum) Rulliacum, domaine d'un Rul- 
liuSy gentilice romain qui a donné les noms des Rouilly, Rouillé 
(i4 com.) de France. 

Roula vaz, ruiss. et m. à Dardagny, Genève, Rolauvaz, 1821, 
M. G. XVIII, 63, Roulave, Humbert, 1862 ; dérivé de rouler ^ v. 
fr. roler, c'est un torrent assez impétueux parfois, formé de nom- 
breux bras enflés en temps de pluie. 



ROULENS — RUAZ 397 

Roulens (ou Raalens), loc. à Saint-Saphorin et Colombier, D. 
Morges ; en i233 un Rolens, environs de Granges, Cart. Laus., 
M. R. VI, 59g, et en ii^a an Rollens (aussi Rorens), Roulens, 
1276, près Villars-le-Terroir, M. R. III et XII, 7, 102 = chez les 
descendants de Ruodilo, Rodilo, n. pr. germain. Fôrstm., 716. 

Roulin, le bej — , ruisseau près de Chaussy, limite d*Ormont- 
dessous et dessus, au cours précipiteux, roulant des cailloux. 
(Note de M. Isabel.) On peut sans doute rattacher à la même ra- 
cine rouler : en Roulin, loc. à Conthej, en Roulon, m. à Rouge- 
mont, la Roulaz, m. sur une côte rapide à Leysin. Par contre 
A la Roulette à Baulmes, les Roulettes, prés à Rex, à Sainte- 
Croix^ pourraient être des propriétés d'un Roulet. 

Rouma, grand hameau de Savièse, Valais, Roma, 12 17, Fur- 
rer, III, 54> Rama, 1289, Roma, 1260, apud Rhomanny 1260, 
M. R. XXIX, XXX ; peut-être d'un n. pr. tel que les noms gau- 
lois Ruma, Rumo cités par Holder, ou du n. germain, Romarij 
Rodman. 

Rousa, Rouvenaz, voir Ros, Ruvine. 

Au Routez (pr. route), chalets autour d'un rocher surplom- 
bant, près du Sépey ; de (saxam) raptum, rocher rompu. Pour 
d'autres Routes, voir Rotte. 

Le Routenin, ruisselet à Noiraîgue ; pourrait être un dim. de 
routoir, ruisseau où l'on rouit le chanvre. 

Routze, m. sur la Braje à ChÂteau-d'Œx ; forme patoise de 
roche. 

Rovéraz, loc. à Fontaines, D. Grandson ; Rovéréaz à Lau- 
sanne, Rovereia, 1226, RouereOy i233 ; Roverîaz à Vullierens, 
Rovéréa, fam. noble de Bex éteinte au xix« s., un Rovoreia, 
ii3i, Roverea, i3o8, près Versoix, M. G. IX, 261 ; de roboretay 
rouveraie, bois de chênes ; de roboretum, même sens, viennent 
Rovepex(ey, ay), ham. d'Aubonne et lieux-dits ; Roverez, bois à 
Payerne et Montagny, Frib. ; Rovray, D. Yverdon, Rouvret à 
Bex, en Reuvroz à Ollon ; les Roveredo du Tessin et des Gri- 
sons ont la même origine. 

Rua, Ruaz, A la — , champs à Villars-sous-Yens, loc. à Etoy 



398 RUAN — RUMIÈRE 

et ailleurs ; en Gorba Rua à Baulmes ; la Rue, champs à Grand- 
Saconnex ; aux Rues à Jussy, Pcseux ; aux Ruettes à Bôle, di- 
minutif ; du bas latin ruga, rua^ ride, sillon ; voir aussi Rouaz. 

Ruan, Mont — y sommet aux flancs très escarpés et ravinés, 
alpes de Finhaut, Valais ; forme adjective dérivée de ruffa, rua 
= mont sillonné, rayé de ravines. 

Rûbli, sommet en face de Rougemont et de Gessenay, Reublo, 
Ruble^ iii5, M. R. XXII, lo, Ruebloz, i4499 monte Rubloz^ 
i456, Ruble, 1672 ; le chalet au pied s'appelle encore le Rubloz. 
D'après Gatschet et Studer, du latin rivuluSy du ruisseau, le Ru- 
bloz, qui en descend. Quant à la forme allemande actuelle Rubli, 
elle provient sans doute de Tétymologie populaire que nous avons 
entendue à Gessenay, qui explique Rûbli par l'allemand suisse 
rûblcy rahlij petit navet, à cause de la forme de la montagne vue 
de Saanen. 

Rue, Fribourg, Rouda, loii, Matile, Rota, ii47> ii77> etc., 
Rua la vila, 1221, M. R. VI, 298, Roa, 1287, Wûrstbg., 56, 
aussi Roda, Rotavilla, puis Ruaz ; du celtique rod, rot, pas- 
sage, chemin, ou du v. h. ail. rôdy défrichement, — les deux 
sont parents, — voir aussi Riaz. 

Rueyres, nombreuses localités : i» commune D. Ëchallens ; 
2® — Tréfayes, D. Gruyère, Ruery^Treiffay , 18 16 ; 3® — les Prés, 
D. Broyé, Rueria, 1487, Raere, i458 ; 4° — Saint-Laurent, D. 
Sarine, Rivorium, xii® s., Donat. Haut, Rivoria, Ruerii, 
xiiie s. ; les Rueyres à Saint-Saphorin-Lavaux, Rivoria, ii4ij 
ii54, 1228, Ruvœri, 1228, et 5 autres loc. ham. et bois ; Ruery 
à Bière, es Reveyres à Noville, Ruyre à Luins, Rivœry, 1266, 
M. R. XII, 176, Ruaire à Prévereng-es, Rueire, Arnex ; les dimi- 
nutifs Rucret à Puidoux, Ruerettes à Vouvry, Ruerattes, 
Gland, Ruerettaz^ Palézieux, Essert-Pittet ; bas latin rivoria, 
ruisseau et ravin, romanche ruera, éboulis, dérivés du latin r/- 
vus, ruisseau. 

Les Ruillcres, pâturage à Gouvet, Neuch., es RuliarSy i354, 
Matile. 

Runiière. ham. de Champéry, Valais, Rymieriz, i352. 



RUMILLIEZ — RUSSIN 399 

M. Isabel nous sig'nale lancien nom de famille Ramier^ en patois 
Rémi, à Ormont-dessus. 

Rumilliez(ier), clos de vignes à Saillon ; paraît être ane autre 
forme de Rumilly, nom d'un village de la Haute-Savoie, Romi- 
liacum, 1177, M. R. XXIX {/undum) Romiliacum^ domaine 
d'un RomiliuSj gentilice romain qui a donné les noms de 17 com- 
munes de France. 

La Rumilière, m. à Saint-Gingolph ; propriété d'un Rumilly, 
même nom devenu n. d'homme. 

Le Rumont, sommet aux sources d'un affluent du Seyon, Neu- 
châtel ; probablement le mont du ruz, du ruisseau. 

Rupalex ou Rupalet, écart de Mont-Rolle, et ruisseau, Rupela 
avant io3o, Rég. gen. 49» Rupelaz, 1177, M. G. II, 38, Rupa- 
laiy 1287, 1261, M. R/XII, 24, 124, Rupellay^ 1266, M. R. 
XIV, 92, Rupalex, i3i8, 1387, M. R. XXVIII, Rupellex, 1439, 
RippaleXj i493. Les formes les plus anciennes, qui désignent 
des clos de vignes donnés à Romainmôtier et à Bonmont, font de 
ce nom un diminutif de rupUy pente rapide, la Rupe, ham. de 
Vandœuvres et loc. à Donneloye, du latin rupes (le patois a 
aussi le composé une dérapa). 

Es Ruptures, champs à Illarse, Valais, Rotteure, 1696 ; subst. 
verbal de rompre, au sens de cultiver, syn. des nombreuses Rotte. 

La Rusille, m. à Crésuz, D. Gruyère ; la Rus(s)ille, ham. des 
Clées, D. Orbe, m. à Mannens, Praroman, Fribourg ; les Reu- 
silles, écart de Tramelan ; les Russilles, ham. d'Avry-devant- 
Pont, les Rusillons, bois à Corcelles-le-Jorat ; du patois ruzille, 
petit ruz, ruisselet. 

Russel, m. à Saint^Sulpice, D. Morges ; loc. à Ghardonnay- 
Montaubion ; autre forme de ruissel ou ruisseau, de riuuscellum ; 
Russalet, ham. de Bulle et 6 loc. Vaud et Frib., dim. du précé- 
dent. 

Russin, Genève, villa Rucins, 1090-1100, M. G. I, i54, villa 
Rnssino vers iioo, Russins, 1217, 1289, 1297, M. G. IV, a3, 1, 
35, XIV, 267 ; parent des Russwil et Russikon de la Suisse ail. 



400 RUSSY — RUVINES 

= chez les descendants de Ruozzo, RuzzOy n. pr. germ. Fôrstm., 
718 ; rac. germ. hruod, la gloire, 

Russy, D. Broyé, Frib., Rusie, 1228, M. R. VI, 338, Russiey 
i4o3, Russy, 1678; Russie, 1668, carte v. der Weid, de (prae- 
dium) Rosciacum, domaine d'un Roscius, famille consalaire 
dont on a trouvé des médailles à Genève. 

Rusteriaz, ham. com. de Bottens et de Froideville ; du v. fr. 
ruste, de rusticus, et suffixe collectif erie : réunion de demeures 
rustiques. 

Ruty, ham. de Cologny, Genève. D'après J. Vuy, M. Inst. G. 
VIII, serait le Rouda d'une charte de loii, publiée par Cibrario 
et Promis^ qui le rapportent à Rue. Ce Rouda est nommé au mi- 
lieu de plusieurs terres situées près d'un lac, ce qui milite en fa- 
veur de l'opinion de Vuy. Blavignac donne Rous, 1280, Rouz, 
i5i6, RuZy 1776, Ruth, xviii® s. Ce serait donc une autre graphie 
de rut, part, passé v. fr. de rompre, défricher, (fundum) rup" 
tuniy terrain défriché, voir Rotte. De même le Ruty, pâturage de 
Rougemont, qui a donné son nom à la Dent de Ruth au-dessus. 
On objectera que le ù de rùptum ne peut donner que ou ou, 
mais le patois a souvent u pour ou, voir Buge, Bugnon, Burlaie ; 
en V. fr. le participe passé de rompre a les formes routy rot, ruty 
roupi, etc., Gram. de l'anc. fr. de Bonnard et Salmon, p. 53 ; 
voir aussi d'autres cas à Rotte. 

Ruthelîn ou Rôthelin, bois au-dessus du passage de la Chaîne 
près Saint-Sulpice, Neuch. ; du château de Rôteln en Brisgau, 
possession des comtes de Hochberg, seigneurs de Neuchâtel, 1457- 
i543. Des archers venus de Reuthelin auraient combattu pour la 
défense de ce passage dans la guerre de Bourgogne, 1476, Mus. 
pf Neuch. XXXIl, 100. 

Ruvincs, les — à Ollon, Corbeyrier, Cully, etc. ; la Ruvina, 
ancien nom du Forestay à Chexbres ; Rouvenaz à Ormont-das- 
sous, Ruvina, i332 ; loc. à Leysin, Montreux, Gorsier, Vevey, 
Ruvina, 1228 ; Rouvène à Gharmey, es Rouvenes àMont-Rolle, 
au Rouvenoz, La Joux ; Rouveny, Hermenches ; Rouennaz au 
Catogne, Valais, Riiinaz, Ormont-dessous, Rovenaz à Evionnaz. 



RUZ — SAAS 401 

les Revinnoz sur Vallorbe ; Revenox, Revenaux, Vionaaz, et 
les diminutifs Ravoînet, Lens et Ayent ; Rouvenettes, Vuche- 
rens, Revencttes, Bex, Vionnaz, Trient, Ruinette, sommet sil- 
lonné de ravins, Bagnes, Rouvenaulaz à Blonaj et Morlon ; de 
ravina^ rovina^ formé, avec un v épenthétique, de ruinai forme 
participiale de ruerCy couler, précipiter ; en Dauphiné routine ^ 
ail. Rùfi^ Rùfenerij romanche rovina^ ruina. 

C'est sans doute à Tune de ces localités que se rapporte le Rooeno si 
souvent cité dans les Cartulaires : Rovono et Roveno, 1218, Laus., 104, 
Rovano, Haut-Crét, 1220, Month., 1174, Roveno, 1157, HautrCrét, 1142, 
Monther., 1238, 1242, etc., Laus., Rooenoy, Haut-Crét^ xii^ s,, Rogano, 
Month., 1154. 

Ruz, Val de — , Neuchàtel ; ne vient pas de ruz, ruisseau, 
comme l'expliquait Bridel et comme le voulait encore le col. Man- 
drot. S'appelait Vaus^ Vaut de Ruil, Ruyly Ruhi, Ruel, Rue^ 
Ruy, RoUy xiii« et xiv« s., Vallem Rodolii et Vallis Rodulfij 
ï3i7, Vaux de Roui vers i5i2, ail. Rudolf sthal, das i&l Ruiols, 
1 386 : c'est donc la vallée de Rodolphe, de Radulf d'où Raoul, 
Rouly Rou, Ru. Il en est de même pour Vauruz ou Vaulruz, Frib., 
Vallis Rodulphiy iii5, pour Vaudreuil, France, vallem Rodolii, 
et sans doute pour Vawrowj? à Bevaix, qu'il faudrait écrire VauX" 
RoUy vallée de Rou, Raoul, Radulf. 

Les Saars, loc. à Neuchàtel, ^Sar, Sart dans les actes anciens, "» 
dit Ghambrier, op. cit. p. 24, ou Sard, i53i, M. N. XXXIV, 
220 ; pour sarts, de sart us, syn. de Essart, Ëssert ; le Saar, cha- 
let dans la forêt près Bourg-Saint-Pierre, même sens. 

Saas, vallée et commune, Valais, Sauœo, première moitié du 
xiii« s., Vallis Solxa, Salxe^ Soxa, Seyxa dans la même charte 
de 1291, M. R. XXX, Sausa, 1298, i474» Soxa, i3oo, Saxa, 
1391, etc. ; du bas latin saucia, latin saliceta, saussaie, dérivé 
du v. fr. sausse, de salix, saule = vallée des saules. M. Camille 
Favre, c Passages italo-suisses», dans le Jahrbuch. f. Schw. Gesch, 
i883, le dérive de l'ital. sasso, rocher. Nous croyons que les an- 
ciennes formes ci-dessus, avec al et l'équivalent au excluent l'éty- 
mologie de M. F. et militent pour notre interprétation. 

M. D. SEC SÉRIE, TOME VII 26 



402 SABET — SAFRANIÈRE 

Sabet, Champ — , ou Chanzabé, ham. sous Lens, devrait 
s'écrire Ghamps-Abel d'après Torig^ine : campis Abel^ 1289, M. R. 
XXX, 387 ; de Abel, n. pr., à la même époque un Abel à Sion, 
1292, un Guillaume Abelz à Granges, 1279. 

La Sache, Schasche d'après Hisely, m. à Poliez-le-Grand, 
Saches^ i\kl> Saces, 1177, Gart. Month., une autre à Perroj. 
Holder a un Sacheium, aujourd'hui Sache, qu'il rattache au gen- 
tilice SapiaSy villa Sapiaca. 

Saconnex, 3 loc. Genève, Sacunay, 1128, M. G. II, Saconaiy 
12 15, 20, 24, M. R. XII, Saconay lu Grant, 1263, Saconay lo 
Petit, 1265, M. G. XIV, 63-76. — Saconaiy 1181, 1196, Sacho^ 
nay ultra Alvam, ib. 262, Sacconay, i3o2. (On trouve aussi 
Saconetum, xiv® et xv®s., latinisation du mot français) ; de Sac^ 
conacum (fundum), du cognomen Sacco, d'où dérive le gen ti- 
lice Sacconius = domaine d'un Sacco. Holder, II, 1276, dérive un 
Sacconago et un Sacquenaj de Sacconiacum, du gentilice Sacco- 
nius, mais Sacconiacum donnerait Saccognac, — gney, — gny et 
non Sacconay. Lutz écrit Sacconnex, avec deux c, ce qui est plus 
conforme à l'étymologie. 

Sacret, crêt et m. à Rossenges, D. Moudon. Peut-être le crêt 
sec, Bridel donne un adj. 5a = sec, comme employé dans le Jura 
bernois ; cette forme a peut-être existé jusque dans la Broyé. 

Sacy, ham. de Courroux, D. Delémont, et forêt à Gourgenay, 
D. Porrentruy = (fundum) Sacciacum, domaine d'un Saccius, 
gentilice romain qui a donné les noms de 4 Sacy de France. Ju- 
bainville, 3ii. 

Sadex, vignoble et maison sous Prangins, Sadai, 11 54, Gart. 
Month.; Sador, pâturage de Gruyère, Sadour, 1178, Sado, 
i4oo, Sador, 1420 ; peut-être de l'adjectif 5arfe, agréable. 

La Safranière, Roi le et Gilly ; Safraneyre, Morrens Saffra- 
naire, Gonthey, Montricher, l'Isle ; Safrenière, Oron-le-Ghâtel ; 
Saffrontiire, Assens, Hermenches ; Saffronnière à Ferlens, la 
Safornaire ou Saffornières à Saint-Saphorin sur Morges, en 
1776 la Safpantière à Vionnaz, aujourd'hui la Vignette ; lieux où 
l'on cultivait jadis le safran. Revue hist. Vaud, 1901, p. i85. 



LA SAGE — SAILLE 403 

Peut-on V rapporter les Chaffournières à Monnaz ? Ce mot paraît 
plutôt dérivé de chaufour. 

La Sage, ham. d'Ëvolène, la Sagi^ 121 1 et vers laSo, une 
autre, loc. à Miëg^ près Sierre = la Saug'e, permutation au-a 
comme la Nava, pour la Nauva ou Nova, voir Saug«. C'est à la 
première de ces deux localités que se rapporte sans doute le nom 
de Wetan de la Saagy, i25o, M. R. XXIX, nommé entre deux 
hommes d'Ewelina ou Ëvolène. Quant à la Sage, ham. et scierie 
à Planfayon, Fribourg", il vient de sage, scierie, en Valais resse 
ou rêche. 

Sagne, Saigne, Seigne et les diminutifs Sagnette, Sei- 
gnette, Seignatte, Jura bernois, Saignotte, Sagneule, Sai- 
gneule, Seigneule, Seignole, Seignolet, Sagnula à Cormon- 
drèche, 1280, Sey gniole à Rochefort, 1872, etc. ; très nom- 
breuses localités, surtout du Jura, — plus de 100 Sagnes, — mot 
v^ fr., bas latin sagna, aussi en provenal, herbe de marais, ma- 
rais, qui paraît dérivé, ou parent de Tall. seggen, laîche. 

Saicoupt, D. Moutier, Berne, Zacort, 1261, i3o2, Sacorty 
i3io, Sacourty 1817 ; court, ferme d un Germain dont le nom se 
rattache à la racine said, seid, qui a donné les composés Seifrid, 
Seimund, Seiwalt. 

Saignelégier, Berne ; origine douteuse. Pourrait être une cor- 
ruption de Saint-Légier, ce que suppose le nom allemand de 
Sankt Leodegar ; le fait que l'église est sous le vocable de l'As- 
somption ne serait pas une preuve négative suffisante. Vient plus 
probablement de saigne, s. f., lieu marécageux. En 1744» A.-L. 
Sandol écrit Sagneléger, M. N. IX, 187. Quant à légier, ce ne 
peut-être l'adjectif, car saigne est s. f. C'est plutôt un n. pr., 
saigne-Légier, la sagne du nommé Légier ou Léger. 

Saille, pâturage, Sally, 1262, Wûrstbg., et Saillet, sommet 
sur Saillon, Valais, village sur un rocher formant promontoire 
dans la vallée du Rhône, vico Saliene, 1181, Sallun, 1200, 
Sallon, 1228, etc. ; le Saillant, croupe à Ollon, le Sallien, loc. 
à Monthey et à Vionnaz, Saillen à Vouvry, Tour Saillère ou 



404 SAINT-AGNAN — SAINT-BRANGH ER 

Saillères, sommet Alpes valaisanDes, rochers en promontoire ; 
dérivés du verbe saillir, faire une saillie. 

SainUAgnan, loc. à Concise, Vaud ; de S. Ag-nan de Vienne, 
évêque d'Orléans, arrête Attila en 45i, -j* 4^3, fête le 17 nov., ou 
peut-être d'un autre, évêque de Besançon, mort vers 374» fête le 
5 septembre. 

Saint- André, chapelle à Troistorrents, Valais ; de S. André, 
apôtre, martyr à Patras vers 76, fête le 3o novembre. 

Sainte-Anne, chapelles à Romont et à Vex ; en Sainte-Anne, 
loc. à Croj, d'une ancienne chapelle < brûlée en i536 par les Lu- 
thériens, » dit Pierrefleur ; de Anne, mère de la sainte Vierge, 
fête le 26 juillet. 

Sainte-Apolline, ham. à Villars sur Glane ; d'Apolline, vierge 
d'Alexandrie, martyre en 248, fête le 9 février. 

Saint-Aubin, Frib., S. AlbinuSy 1166, et Neuchâtel ; de S. Al- 
binus, évêque d'Ang-ers -j- 549» . 

Saint-Barthélémy, commune D. Echallens ; chapelle et torrent 
près Saint-Maurice ; nom de plusieurs chapelles des Alpes, Nen- 
daz, Ëvolène, Hérémence ; de Barthélémy, apôtre, choisi pour pa- 
tron de ces chapelles alpestres, parce que c'est le seul apôtre dont 
la fête tombe dans la saison d'alpage, 24 août. Le torrent près 
Saint-Maurice s'appelait jadis Matre^ Marre : torrens de Ala- 
tre, 1281, M. R. XXX, la Mare, 1736. 

Saint-Bernard, col et hospice ; chapelle sur Gonthey; de S. 
Bernard de Menthon, archidiacre d'Aoste, fondateur de l'hospice, 
mort à Novare en 1081 ou 1086, fête le i5 juin. 

Saint-Biaise^ G. de Neuchâtel, jadis Arins ; de S. Biaise, 
évêque de Sébaste, martyr vers 3 16, fête le 3 février. 

Saint-Bonnet, ham. de Dully, D. Rolle, Sancto Boneto, i335, 
de S. Bonetus, évoque de Glermont -j* 710, fête le i5 janvier. 

Saint-Brais, Jura bernois, Sem Brisy 1276, Sanctus Bric- 
ciuSj i3o2, Saint-Brey, i3i6. S, BrictiuSy 1329; de S. Brice, 
disciple de saint Imier au vu® s., qui aurait apporté le christia- 
nisme au Val-de-Ruz, d'où Dombresson, fête le i3 novembre. 

Saint-Brancher, Valais ; voir Sembrancher. 



SAINTE-CATHERINE — SAINT-ÉTIENNE 405 

Sainte-Catherine, loc. du Jorat de Lausanne, ancien couvent ; 
de sainte Catherine d'Alexandrie, vierge et martyre en 807 ou 
3 12, fête le 25 novembre. 

Saint-Cergues, C. Vaud, ^S*. Ciricus, iioo, Rég*. gen., aS*. Cy- 
ricuSy 1228, 1278, S. Cericus, i344 ; de S. Cyricus, enfant mar- 
tyr à Tarse en Cilicie sous Dioclétien, fête le 16 juin. 

D'après le Régeste genevois, nos 248, 253, S. Ciricus est une localité 
inconnue, et « Saint-Cergues, Vaud, ne s'appelait pas au moyen âge S. 
Ciricus, mais S. Surgius soit Sergius. » Mais comme il s'agit d'une 
église donnée à Saint-Claude, il n'y a pas de doute qu'il s'agit bien de 
Saint-Cergues qui a toujours appartenu a cette abbaye. 

Saint-Christophe, ham. de Ghampvent, D. Yverdon, S. Chris- 
toforus{^h), 1177, 1228, M. R. VI, i453, S. Christophle, 1619, 
loc, chapelle détruite près Aclens, S, Cristqforus, 1228, i383, 
M. R. VI et V ; chapelle à Bagnes, Valais ; de S. Christophorus, 
évéque d'Antioche ■}• vers 260, fête le 26 juillet. 

Saint-Ciepges, D. Moudon, S, Cereus et S, Sergius^ 11 54, 
Cart. Month., M. R. XII, S, Ciriaco, 1166, Hidber, II, S, Cy- 
riacas, 1227, 1228, et Seint Cierie^ 1227, M. R. VI, 176, 177, 
180, Senz Cirio, 1261, M. F. IV, 217 ; probablement de S. Ser- 
gius, pape, 687-701, fête le 9 sept., ou entre tous les Cyriacus 
(une 20^), de S. Cyriacus et ses compagnons martyrs à Rome 
sous Dioclétien, fête le 8 août. 

Saint-Clément, ham. de Lens, Valais ; de saint Clément, pape, 
91-100, fête le 18 nov. 

Saint-Denys, ham. de Cronay ; de S. Dionysius, premier 
évéque de Paris, martyr vers 270, fête le 9 octobre. 

Saint-Didier, ancien nom de Saint-Loup, D. Cossonay ; proba- 
blement de S, Desiderius, évéque de Langres, mort vers 407» 
fête le 28 mai, voir Revue hist. vaud, avril 1908. 

Saint-Eloi, chapelle à Estavayer-le-Lac ; de S. Eligius, Eloi, 
ministre de Dagobert I®"", puis évéque de Noyon, 640-659, fête le 
i«r décembre. 

Saint-Etienne, chapelles à Bagnes et Liddes, Valais ; rue et 



406 SAINT-FRANÇOIS — SAINT-GINIER 

jadis église à Lausanne ; de Etienne, diacre et protomartyr Tan 
33, fête le 26 décembre. 

Saint-François, quartier à Lausanne, du couvent de francis- 
cains qui s y trouvait, de saint François d'Assises, fondateur de 
Tordre 1182-1226, fête le 4 octobre. 

Saint-Gelin, bam. et chapelle près Gornol, D. Porrentruy, ec- 
clesiam S. Julianlj 11 47 ; probablement de saint Julien, évêque 
du Mans -j* vers 286, fête le 27 janvier. 

Saint-Georges, plus, villages et chapelles ; de saint Georges, 
martyr, sous Dioclétien ? fête le 23 avril. 

La table alphabétique du Cartulaire de Lausanne, M. R. VI, rapporte 
à tort à Saint-Georges, Vaud, le Rodolphus, miles de S. Georio de la 
page 524. Comme la charte renferme les noms d'une série de seigneurs 
du Genevois et du Faucigny, il s'agit donc d'une loc. de Savoie. Le Ré- 
gesie genevois, dans l'analyse de cette charte, n» 628, p. 167, le rap- 
porte justement à Saint-Jeoire en Faucigny. 

Saint-Germain, ham. de Savièse, Valais, S. Germanum^ 
II 00, i2o4; ham. de Bussigny-Morges ; de Germain, évêque 
d*Auxerre, mort à Ravenne 448, fête le 3i juillet. 

Sain t-Ger vais, quartier de Genève, jadis localité indépendante ; 
de S, Geroasias, martyr à Milan sous Néron, fête le 19 juin. 

Saint-Gingolph, Valais, aS*. GengulfuSy ii53, M. G. XIV, vil- 
lula Sancti Gingulphi^ 1200, S. Gingulfus vers i23o, S. Gin- 
gulphus, i436. On connaît plusieurs saints de ce nom : Gingulf, 
évoque de Cambrai -j- 470» un autre évoque de Toul -]- 64i, enfin 
Gingulf ou Gingulphus, compagnon d'armes de Pépin le Bref, 
zélé propagateur du christianisme, assassiné sur l'instigation de 
sa femme à Varennes, Haute-Marne, en 760 ; celui-ci est le patron 
de nombreuses églises en Lorraine et en Bourgogne et de Saint- 
Gingolph, Valais, dont l'église lui a été dédiée vers 870, fête le 
1 1 mai. En patois on dit Saint-Gingout. Saint-Gengoux, Saône- 
et-Loire, a la môme origine. 

Saint-Gînier, territoire à Randogne près Sierre, Valais. C'est 
à cet endroit que se rapporte sans doute le Jaquetus de Sancto 
Ginesio, 1299, M. R. XXX, 523. 11 y avait aussi jadis une cha- 



SAINT-GOTARD — SAINT-LOUP 407 

pelle de Saiat-Genis à Sion, d'après une charte où il est question 
d'une vigne « vinea sita in civitate Sedun., in ter viam qua itur 
apud Valeriam et Sanctum Genesium et saxum Valeriae, » — de 
saint Genès, nom de nombreux saints (6) dont le plus connu est 
aS*. Genesius, martyr à Rome sous Dioclétien, fête le 25 août. 

Saint-Gotard, chapelle sur Ayent, chemin du Rawyl ; de saint 
Gothard ou Godard, abbé bénédictin, évoque d'Hildersheim, 1022- 
io38, fête le 4 niai. 

Saint-Hubert, chapelle à Bassecourt, D. Porrentruy ; de Hu- 
bert, né vers 656, comte, évoque de Maestricht près de Liège, 720- 
727, fête le 3 novembre et le 3o mai. 

Saint-Imier, Berne, S, Ymerius, 884-962, ^S*. HimeriuSy 11 46 ; 
de Himerius ou Imer, ermite du vu® s., né à Lugnez, D. Porren- 
truy, qui s'établit dans la vallée de la Suse, fête le 12 nov. 

Saint-Jean, commune, vallée d'Anniviers, chapelle à Sembran- 
cher, quartier à Lausanne, etc. ; de saint Jean, apôtre, mort sous 
Trajan, fête le 27 décembre. 

Saint-Laurent, chapelles près Saillon et près Ayer, Valais, au- 
trefois aussi à Saint-Maurice ; quartier à Lausanne ; de saint Lau- 
rent, diacre de l'église de Rome, martyr en 258, fête le 10 août. 
Laurent fut enterré hors des murs de Rome ; sur sa tombe s'élève 
aujourd'hui la basilique de Saint-Laurent-hors des murs ; c'est 
pourquoi ses chapelles sont généralement construites en pleine 
campagne. 

Saint-Légier, D. Vevey, S, Leodegarius, 1228, M. R. VI ; de 
saint Léger, nom francisé du Germain Leodegar^ Liutgar^ 
évêque d'Autun, martyr en 678, fête le 2 octobre. 

Saint-Léonard, D. Sierre, Sanctum Leonardum^ 12 18; de 
S. Léonard, ermite, mort vers 559, fête le 6 novembre. 

Saint-Livres, D. Aubonne, S, Liberius, 1228, M. R. VI ; de 
S. Liberius, pape ■}• 366, fête le 24 septembre. 

Saint-Loup, ham. près Versoix, eccl. de Sancto-LupOj 1191, 
M. G. II ; de S. Lupus, évêque de Troyes -j- 479, ^^^ 1® ^^ mai. 

Saint-Loup, près Pompaples, nom moderne, postérieur au xv« 
s., la « cure de S. Didier, autrement appelée ^S*. Loup^, i552. 



408 SAINT-LUC — SAINT-MAURICE 

Revue hist. vaud, déc. igoS. Le Dict. hist. Yaud serait tenté de le 
dériver avec Bridel, Cons. suisse, X, 32, de S. Lupiciu, frère de 
S. Romain. De même, M. Tabbé Besson. Bien douteux ; le nom 
de S. Lupicin s'est maintenu tel quel dans le nom d'un village 
près de Saint-Claude (ancien monastère de Lauconne). Nous pen- 
sons plutôt avec M. Rejmond, Revue hist. vaud., déc. 1906, que 
ce nom vient de quelque autel consacré au xvi* s. à un saint 
Loup, soit S. Loup, Tévèque de Troyes, ou un autre comme 
S. Loup, évoque de Reg-ensburg, -j- 999. 

Saint-Luc, vallée d'Anniviers, appellation toute moderne, au- 
trefois et encore aujourd'hui Luc tout court, rien de commun avec 
l'apôtre; voir Luc. 

Sainte-Madeleine, chapelle à Ayent, Valais ; ermitage à Fri- 
bourg ; de Marie-Madeleine ou de Magdala, morte suivant quel- 
ques auteurs grecs en 90 à Ëphèse, fête le 22 juillet. 

Saint-Maire, ancienne porte à Lausanne, d'une église dès long- 
temps disparue, consacrée à S. Marias^ évoque de Lausanne 674- 
594, fête le 9 février (jadis le 3i décembre). 

Saint-Marc^ chapelle à Bagnes ; de saint Marc évangéliste, 
martyr à Alexandrie en 68, fête le 25 avril. 

Sainte-Marguerite, chapelle à Savièse ; dédiée à sainte Mar- 
guerite, vierge martyre à Antioche de Pisidie, fête le 20 juillet. 

Saint-Martin, plusieurs communes et hameaux, ancienne porte 
et rue à Lausanne ; de S. Martinus, le célèbre évêque de Tours, 
un des patrons de la Gaule, mort en 896 ou 4oo, fête le 1 1 no- 
vembre. 

Saint-Maur, place à Lausanne, de saint Maur, Maurus, disci- 
ple de saint Benoît, fondateur en Gaule de monastères de béné- 
dictins au vje s. ; fête le i5 janvier. 

Saint-Maurice, plus. loc. ; de Mauritius, chef de la légion th6- 
béenne, martyr à Saint-Maurice, Valais, en 3o2(?), fête le 22 sep- 
tembre. La petite cité valaisanne s'appelait autrefois Agaunum, 
Acaunum, Monasterium acaunense^ Ghron. de Marins. <f. Agau- 
num accolae interpréta tione gallici sermonis saxum dicunt, » Vie 
de S. Sigismond ; du celte acauno, pierre, rocher. 



SAINT-NICOLAS — SAINT-SAPHORIN 409 

Saint-Nicolas, D. Viège, Valais ; de S. Nicolas, évoque de 
Myre, ■}• vers 826, fête le 6 décembre. 

Saint-Olivier, liam. de la Gôte-aux-Fées, Neuchàtel ; saint Oli- 
vier, corruption de sanctus Liberius d*Ancône, pèlerin, mort vers 
1275 (de Sancto Liberio on a fait Sanct' Oliberio et déduit un 
nom Oliberius, d'où Olivier). 

Saint-Oyens, D. Aubonne, eccL de Sancto EugendOy iiSg, 
Vicum de S. Eugendo^ 12 ii. S, Eugenio^ 1286, M. R. 111,554, 
Seint'Oyenty i3o6, M. R. XII, 180, eccL S. Eugendij 1594 ; 
de saint Ojend ou Oyant, Eugendus ou Og^ndus, abbé de Coudât, 
aujourd'hui Saint-Claude, -}- 5io. Le S. Eugenio, 1285, paraît 
une confusion avec un des saint Eugène, Fun évêque de Garthag^ 
•j* 5o5, l'autre, pape -j* 658. 

Saint-Pierre, m. à Aigle, ancienne chapelle ; rue à Lausanne 
(église détruite après la Réforme) ; Saint-Pierre de Clages, vil- 
lage valaisan, Saint-Pierre de Joux ou Bourg-Saint-Pierre, Va- 
lais, etc. ; de Pierre, apôtre, fête le 29 juin. 

Saint-Prex, D. Morges, S. Prothasius, 887, eccL S^Protha- 
sii, 1178, 1182, M. R. VII, 21, 28; de Sanctus Prothasius^ S. 
Prothais, évêque de Lausanne, mort vers 649, fête le 6 nov. 

Saint-Quintin, chapelle à Hérémence, Valais ; de S. Quinti- 
nus, fils d'un sénateur romain, apôtre du christianisme dans le 
Vermandois, martyr sous Dioclétien, fête le 3i octobre, en Valais 
le 3o. 

Saint-Roch, quaitier à Lausanne où s'élevait un ancien hôpi- 
tal construit de 1 494-1 49^» ^o\t Manuaux du G. de Lausanne par 
Ernest Chavannes, I, 228 ; de saint Roch, gentilhomme de Mont- 
pellier, 1295-1827, qui consacra sa vie au soin des pestiférés, fête 
le 16 août. 

Saint-Romain, ham. d'Ayent, Valais, ecclesia S. Romani de 
Agenta, ïib3, Sanct. Romanum, i254, 1269; de S. Romain, 
diacre de Césarée -j- à Antioche en 3o3, fête le 18 nov. (fête à 
Ayent le 20 mai). 

Saint-Saphorin, D. Morges et Lavaux, S, Sufforianum^ 
1187, aS*. Symphorianum^ ii46, M. F. II et III et ii63, M. R. 



410 SAINT-SÉBASTIEN — SAINT-URSANNE 

XII, S. Safuririy 1266, Saymsa/urin, 1284, M. G. XIV, 87, 
128 ; une loc. à Perroy, S. Sefurin, 1012 ; de aS*. Symphoria- 
nus, martyr à Autun vers 179, fête le 22 août. 

Saint-Sébastien, chapelle à Neoclaz ; de Sébastien, officier de 
la garde impériale, martyr à Rome, suivant les uns en 287, sui- 
vant d'autres en 3o4) fête le 20 janvier, « avec procession partout 
où on peut la faire dans la plupart des paroisses du Valais^ dévo- 
tion établie dans la première moitié du xvii^ s. pour demander à 
Dieu, par l'intercession de son martyr Sébastien, la cessation du 
fléau de la peste. » Note de M. le chan. Bourban. 

Sain t-Sé vérin, ham. de Gonthey ; de S. Severinus, abbé 
d'Agaune ou Saint-Maurice, ■}• 507, fête le 1 1 février. 

Saint-Sulpice, Vaud, S, Surpicius, 1228, et Neuchâtel, S. 
Surpiscius, 1228, M. R. VI, les deux popul. Saint-Sulpi, ainsi 
dans Struve, Itin., 1794; de l'un ou l'autre des ^S*. Sulpicius, tous 
deux évoques de Bourges, l'un "i* 691, fête le 29 janvier, l'autre 
■j- 644» fête le 17 janvier ; il s'agit probablement du premier. 

Quant à Solpiacum, 885^ M. R. VI, 132, que la table alphabétique du 
Gartulaire, p. 686, rapporte à Saint-Sulpice, c'est Suchy ; voir ce mot. 
Sulpicius aurait donné Sulpiciacum. 

Saint-Sylve, ancienne église de Vex, Valais, isolée sur une 
colline ; de saint Sylve, évêque de Toulouse, mort vers 4oo, fôte 
le 3i mai. 

Saint-Théodule, col de glacier à Zermatt ; de saint Théodule 
ou plus justement Théodore, premier évêque (connu) d'Octodure 
(Martigny) mentionné en 38i et 890, fête le 16 août. 

Saint-Triphon, D. Aigle, Humbertus, miles de S. Triphon, 
et ecclesia S. Triphoni, 11 90, de Gingins, Recherches, p. 48, 
S. Tryphon, 1282, i3ii, S. Triffbn, i332 ; de S. Tryphonus, 
martyr à Alexandrie, iii^s., fête le 3 juillet, ou d'un second mort 
à Nicée vers 260, fête le 10 nov. 

Saint-Urbain, chapelle à Grossier, Frib. ; de saint Urbain I"*, 
pape, 222-280, fôte le 25 mai. 

Saint-Ursanne, D. Porrentruy, Monasterium sancti Ursicini 
vers 666, cella S, Ursicini, 849-1040 ; de saint Ursicinus, sui- 



SAINT-VENDELIN — SALAVAUX 411 

vant la lég-ende, disciple de ColombaD, mort vers 620^ fête le 
9 déc. 

Saint-Vendeliii ou Wendelin, chapelles à Barberôche, Frib., 
et alpes de Naters, Valais, consacrées à saint Wendelin, — patron 
des berg-ers, — abbé de Tholey, Bourg'og'ne, ■}• vers 65o, fête le 
21 oct. 

Saint-Victor, loc. à Cartigny, anc. propriété du prieuré de 
Saint- Victor à Genève ; de saint Victor de Marseille, soldat, un 
des compagnons de Maurice, martyr, 3o2, fête le 21 juillet. 

Saint- Vincent, m. à Gilly ; de S. Vincent, diacre de Sarragosse 
martyr en 3o4, fête le 21 janvier, ou S. Vincent de Lerins, mort 
vers 4oo, fête le 24 mai. 

Les Sairins ou Sairains, ham. de Saint-Brais, Jura bernois, 
Sonores rupes ou Roches sœurs en 12 10, Dict. Attinger; corrup- 
tion de sœurs, comparez Séreux sur Vouvry. 

Salaire ou Sallaire, sommet et combe à TEtivaz, Pays-d*En- 
haut ; Combe de Salaire ou Seleyre à Ghampéry, Seleyres à 
Vionnaz, Tressalaire à Leysin, très = trans ; la Sallayre à Vil- 
leneuve, Seleyre à Saint-Cierg-es, Selyre, ham. de Praz, Fri- 
bourg- ; Céleyres, sommet et pâturage près Gulant, Ormont-des- 
sus, Cholaire, plateau dénudé au Saint-Bernard, Valais ; parents 
du latin solarium^ lieu élevé, exposé au soleil, de là le solier, 
plancher supérieur d'une grange. La permutation sal-sel-chol est 
connue, ainsi Bridel a sala, sella, chola, chaise. 

Salanfe, ch-f, Salancia^ 17 16, registre de Vérossaz, pâturage 
parcouru par la Sal(l)anche, Salence ou Salanfe près Vernayaz ; 
Salence, torrent de Saillon, Valais ; Salence ou Salanche, ruis- 
seau de Saint-Saphorin, amnem Salanchia, xi® s., Hidber, I, 
Salentia, 1198, M. R. I, Sallanchy, i368 ; Salentin, mont do- 
minant Talpe de Salanfe, Sallantin, 1740 ; dérivés du verbe sa//- 
lipy faire saillie et sauter, bondir : rochers qui saillent, torrents 
qui tombent en cascades. 

Sala vaux, ham. de Bellerive, D. Avenches, ail. Saloenach. Le 
nom allemand correspond à Sauvigny ^ (fundum) Salvinia- 



412 SALAZ — SALLETTAZ 

cum, domaine d'un Salvinius, g^ntilice romain ; le nom français 
paraît renfermer la racine sal, maison. 

Salaz ou Sales, ancienne abbaye près Ollon, Sales, 1276, — 
partie de Vouvry, loc. à Prez, Fribourg ; La Sallaz, h. de Lau- 
sanne, Sallaz, partie de Riez, loc. à Fleurier ; la Sala, ham. de 
Pont-la- Ville, loc. à Arnex ; la Salla à Fresens ; Sales, D. Sa- 
rine, Frib., villa Sala, 1082, Sales, 1069 ; autre D. Gruyère, 
puis une 10» de villages et hsmeaux, quelquefois Salles : Lutry, 
Marchissy ; du y. h. ail. sal, maison, demeure (et non du latin 
cella qui n'a pas laissé de traces chez nous). Quant à Sales, do- 
maine près Palézieux, Sales, 1166, Saulas, 1167, M. R. XII, la 
forme Saulas pourrait le rattacher à Salaha, saule ; voir ce mot. 

Salenove, loc. à Gilly, D. Rolle, feudum de Salanove, 1266, 
M. R. III ; sans doute un fief de la maison savoisienne de ce nom, 
de sala, demeure, et novay neuve. 

Salettes ou Salettaz, nom fréquent de champs, une 10^ de loc. 
Vaud, Frib. et Neuch. ; du patois saletta, oseille sauvage, ter- 
rains où elle abonde ; salette, dim. de sel à cause de lacidité des 
feuilles, un casale de Salecta apud Grissier, 1208, M. R. VI, 
659. Ne pas confondre avec Sallettaz, voir plus bas. 

Saleucex, tour en ruines sur le Gubli, Montreux ; Saleuscé, 
Bridel, qui le dérive de sala au Sex, demeure sur le Sex, le ro- 
cher. 

Salins, m. sur Aigle, ancienne saline exploitée dès i554 jus- 
qu'à la fin du xviiie siècle. 

Salins près Sion, Salai ff, 1200, Salen, 1227, 1267, Salein, 
1282, 1206 (le Salem, 1267, M. R. XXX, p. 169, doit être lu Sa- 
lein), Saleyn, Salenz, 1260, Salens, i333, i34o, 1875, etc. = 
chez les descendants de Salo ou Sallo, n. pr. germain. 

Sallaz, Mont — , i5i4 m., sommet du Jura sur Arzier, Salla, 
1208 ; 2 pâturages de Gruyère, la Salle, loc. à Vétroz et sommet, 
vallée de Bagnes ; de salla, siège, latin sella, Salettes, sommet, 
alpes de Châtel-Saint-Denis, diminutif ; mais pourrait avoir été 
d'abord le nom du chalet ; ce serait alors le mot suivant : 

Salleltaz, 4 loc, maisons et chalets, G. Fribourg, D. Gruyère 



SALQUENEN — SANETSCH 413 

et Veveyse, dim. de salla, du v. h. ail. sal, maison ; un territoire 
de Salletaz près Everdes, Frib., en i33o. 

Salquenen, D. Sierre, en patois romand Sarqueno, ail. Sal- 
get8ch, Salconio au xi« s., SalquenOj I2i9-i344> Sarqueno^ 
1229, 8 fois 1822-1392, Salquenoriy i34o, i36i, Sarquenoz^ 
1799. Salg'etsch, du latin salicetum^ taillis de saules, et Salco- 
nium, de Tall. Salchen, prairie parsemée de saules, v. h. ail. sa-- 
lah. Localité jadis française où tous les noms de lieux-dits sont 
encore français, avec une orthographe allemande^ par exemple : 
Schilius (Chilloux), Muling^, Fontanetten, Lusche (Louchet), Fos- 
cha, Clu (Clou), Schanpitro, Trong- (Tronc), Flantey, Karo, Schau- 
derang (Ghauderan), Goliry (Goluire), Schuterig* (las suterj, xiv« 
s.), etc. 

Saltine, rivière à Brigue, Saltanay 1401, Saltane, il^5']. Rien 
de commun avec salix, saule, comme le veut Studer ; dérivé de 
saltare, sauter, à cause de son cours rapide. 

Salvagny, D. Lac, Fribourg, ail. Salvenach: Suaniez, i34o, 
Salvagnye, i34o, Rec. dipl. V, Salvagnie^ i45o, Savagniey 
1642 ; de (fandum) Silvaniacum^ domaine d'un Silvanius^ 
g-entilice romain (village romand germanisé depuis trois siècles), 
permutation i-a comme dans Salvan. 

Salvan, Valais, Silvanum, 5i6, ii47> Hidber, II, et ii38, 
Cibrario 48, Salvans, 1262, M. R. XII, Salvanum, 1272, Ser- 
vans, 1807, M. G. XIV, Sarvans, i3i5, i364, Servens^ i4a8, 
Verne y a, in pede de la poya de Sarvan, Emanei apud San- 
van, 1782 ; du latin (vicum) silvanum, (village) de la forêt. 

Saraarain à Ayent, Valais, patois pour Chamarain, voir Gha- 
marin. 

Sampil à Ayer, Valais, patois pour Ghampil, de campellum, 
petit champ. 

Sanetsch, col et plateau entre Sion et Gessenay ; de la racine 
San de Sarine, Sanona^ Senona, et suffixe collectif germain 
etschj comme Gradetsch, Salgetsch : prairies, pâturages de la 
San. En français Senin, Senenz, 1248, 1252, SenenSy 1879, ^• 
R. XXII, 2i5, même racine San, Sen. 



414 SANFLEURON — SANGSUY 

Sanfleuron ou Zanfleuron, pâturag>e et g-lacier au Sanetsch, 
Valais, Chaujleuron^ ^^79, M. R. XXII, 2i5, Chamjloron^ i44o ; 
de zariy san ^ champ ou de chaux, de calma, pâturage, et fleu- 
ron, employé adjectivement, champ ou pâturage fleuri. 

Sangla (gl mouillé), arête rocheuse sur le glacier d'Otemma, 
Valais ; la Sengla, chaîne de rochers entre les glaciers d'Otemma 
et d*01on ; Senglioz, pâturage, alpes de Bex ; la Roche du 
Sangle ou du Singlliou à Vallorbe (que Vallotton-Aubert dérive 
de sanglier) ; Pas du Single, sentier en écharpe au Creux du 
Van, Neuchâtel ; Senlioz ou Sinlloz, loc. à Vex, Valais ; Scîn- 
glloz, petit pâturage dans les gorges du Trient, sous Salvan et en 
face à Gueuroz ; en Sengioz, loc. à Massongex, Gengioz à 
Ëvionnaz ; Singline, alpe vallée d*Anniviers. ^S* permute avec f 
dans la vallée du Rhône ; de là les Feinlles, rochers bordant le 
Torrent Sec à Mordes, et Feinlleney, corniches herbeuses sous 
le rocher de Daiily à Mordes ; les Fingles, les Cengles, vieux 
plan de Vérossaz, xviii* s., lisières herbeuses ou boisées sur les 
corniches de rochers de Saint-Maurice, le Fenlioz à Vionnaz, 
FenllioZy 1776, Cengloz, 1728. Du latin cingula, sangle, cein- 
ture. En Dauphiné, sangle = corniche herbeuse entre deux pa- 
rois ; les Schaingel des Grisons, les Tschingel de la Suisse alle- 
mande ont la même origine. Un ancien château près d'Annecy, 
Seingle ou Single, est appelé Gingulum dans une charte de 1291, 
Rég. gen. 333. 

Sangsuy, loc. à Gombremont ; ruisseau, affl. de la Sonnaz, 
Frib. ; Sensuis à Rossens, id. ou Sensuy, ham. de Praratoud ; 
loc. à Barberéche, en patois Sansuvâ ; Sansui, prés à Payerne, 
les Sensuys, Ghavannes-le-Chéne, Sansuy à Eysins, à Pully ; au 
Censui à Renens ; Sansuet à Marchissy ; Sansuv^% m. à Grolley ; 
et dans les chartes : lo Sansuiler à Vu fflens-la- Ville vers 1260, 
M. R. III, 538, campus du Sansuy er à Sullens, 1287, chan dou 
Sansuier à Ecuvillens vers 1280 ; de sangsue, patois sangsuie, 
et suff. ier : sangsuyer, marais à sangsues, comme les Prés des 
Sangsues à Bogis-Bossey, correspondants des nombreux Egelsee 
de la Suisse allemande. 



SAPAY — SARRA 415 

Sapay à Plan-les-Ouates, Sapey, ham. de Bagnes, Valais, 
Sappay^ 1720; m. à Marsens, Frib. : Sapîs, Romanens, Sapy 
à Provence, Sap(p)i à Gharmey, Sapex, Montreux, Sappex, 
Gharmey, Sapet, Val-de-Ruz, Sapaye, Vuisternens, etc. ; du v. 
fr. sap^ celtique sap, sapin, et collectifs ey^ ex, y, aye, latin 
etam ; un Sapey au pied du Salève est appelé Sapetum au xiii« 
s. Nombreux diminutifs : Sapel, crêt, Jura neuch., Sapallaz, 
Sapellaz, Sappelet, Sapelet, Sapalé, Sapalez, Sapaley, Se- 
pley pour Sépeley ; en Valais Zappalaz, Chapelet et Zapelletta, 
voir aussi Sépey. 

Plusieurs auteurs rattachent au celte sap, sapin, le nom de Sapaudia^ 
mentionné pour la première fois par Am. Marcellin vers 360, puis Sa- 
baudia, aujourd'hui Savoie. 

Sapino, atlas Siegfried, ham. de Saxon, Valais, fausse orth. 
pour Sapinhauty Feuille off. du Valais : Th de haut est muet 
dans beaucoup de noms locaux. 

Sapine, rivière, ail. Sane, ^^anona, 1089, ii5o, 1160, 1228, 
Sanuna, 1079, Senona^ 1270, Sarona, i333, 1892, i4o6, Sa- 
rina, 1426, M. R. et Rec. dipl. V, VI, VII ; Sana^ 1668, carte 
V. der Weid; formé de la racine san^ sar, et ona, rivière. La ra- 
cine sanscrite sar, aller vite, couler, adj. sarnos, qui se hâte, se 
retrouve dans de nombreux noms de rivières : le Saren, Sam 
ou Saapy rivière près Sargans, la Saar, affl. de la Moselle, le 
SarnOy fleuve près Naples, Sarnen, pluriel, à la jonction de 
deux torrents, etc., en romanche sar, tschar := torrent. 

La forme Seroye de ce passage d'une charte de 1259 citée par Wûrs- 
temberg, 267, « locum situm inter villas nostras de Berna et de Murato 
super aquam Seroye qui Contamina (Guminen) nuncupatur » est tout à 
fait isolée et nous parait étrange. 

Le Sapjeu, loc. à Saint-Maurice, le même queChargeux, FuUy 
et Chargiau, Alpes vaudoises ; voir Ghargeoir. 

La Sarouche, forêt et rochers, Ghâteau-d'Œx ; voir Gharoutze. 

Sarra, La — , prés à Etoy, Sarraux ou Serraux, écart de Bé- 
guins, Sarraul, i493, et Sarraulx, 1697, 1627 ; peut-être du 
bas latin sarra^ serra, clôture, enceinte ; un bois de Sarroul 



416 SARRAYER — SASSENEIRE 

près du LanderoD, i356, 1873, serait-il le Serroues d'aujourd'hui 
sur Lignières ? 

Sappayer ou Serrayep, village de Bagnes ; du bas latin sarra, 
serra j et ayer^ du latin acer^ érable : clos des érables. 

La Sappaz, D. Gossonay, ^yara^a, ii58, Sarrata, 1186, la 
Sara, i235, M. R. VI, 624, la Sarrée, 1227, 1260, VII, 49» cel- 
lam de Serra, 1286, M. G. XV, 24, villa Serrata, ^^79, etc. 
D'après Gatschet, du bas latin sarra, scierie, ce qui n'explique 
pas Sarrata. Nous le dérivons plutôt, vu la position du bourg, 
d'un adj. serratus : villa serrata, du latin serras, défilé, passage, 
en romanche serra, défilé, ville resserrée dans un défilé. Rien de 
commun non plus avec les Sarrasins, comme Studer le pense, sur 
le simple fait que les habitants de la Sarraz s'appellent Sarrasins 
et qu'on y fabrique du fromage appelé sarrasin (sic), p. 37. 

Sapzens, D. Moudon, Sarsens, 1261, M. F. IV, 21S, Sarsens, 
1277, M. R. VII, 69 = chez les descendants de * Sarizo, n. pr. 
g-ermain, dérivé de Saro, du v. h. ail. saro, armure, comme Chu- 
mizo de Ghumo, Godizo de Godo, Oppizo de Oppo, Hugizo de 
Hugo, etc. ; rien de commun non plus avec les Sarrasins, comme 
Studer le suppose. 

Sassel, D. Payerne, Saselz, 1163-1171, Arch. Fr. VI, Sasel, 
1166, Sassez, i2i5, i34i, Sasses, 1226, 1228, F. B. II, 83, G. 
de Saisel, 1228, M. R. VI, 100, Saisses, 1242, etc., Sassel, i368 ; 
autre, ham. de Fleurier ; loc. à Lignières et à Baulmes ; forêt à 
Concise ; un Sassel à Puidoux, i2i5 ; de saxellum, petit rocher. 

Sassalaz à Albeuve, Sassalas à Rossinières, Sassélaz à Con- 
they, aux Saxelles, aussi le Saxellaz, m. sur Vouvry ; on dit 
aussi les Sasilles du Flon, du Vézenant à Vouvry ; de saxella, 
pluriel de saxellum pris pour un s. f., en romanche sassella, 
amas de pierres. 

Au Sacellard, Sassellard, i556. Port- Valais, le Sasselet, pi. 
loc, le Saisseli à la Hiitte, Berne, doubles diminutifs. 

La Sasse, sommet Entremont, et Grône, loc. à Dorenaz, Va- 
lais ; de saxa, plur. de saxum, pris pour un f. s. 

Sasseneire, de saxa, roche, et noire, sommet, val d'Hérens. 



SARSE — SAUCENS 417 

La Sarse à Corbeyrier, et loc. à Mordes ; le même que Sasse 
avec épenthèse d'un r. 

Saxe à FuHy, Sassey à Morg'ins, Montreux, Ocourt, Jura ber- 
nois, racine sax, rocher et suffixes é, ey, collectifs. 

Sasset, 4 ^oc. Ormont et ailleurs, diminutif de Sasse. 

La Chasse, pâturage, val Ferret ; pente rocheuse sur Vionnaz, 
les Châsses, pâturages au Sanetsch, de saxa, voir Sasse, et per- 
mutation s-chy les Sachets à Vionnaz, Chachet à Savièse, dimi- 
nutifs. Il y a un chemin du Sachet à Cortaillod, mais nous igno- 
rons si ce nom peut se rattacher à ce groupe. 

Sassore, voir Saxore. 

Sasvouet, chalets sur un point saillant des alpes d'Ayent, Va- 
lais ; de sas, rocher, et vouety point de vue, de uouaitiy du v. h. 
ail. wahtân, veiller, regarder : le rocher d'où l*on a une belle vue. 

Satigny, Genève, villa Satiniatis, 901, 984, M. G. II, 16, pour 
Satiniacis ; Satiniacum, xii« s., et ii63, M. G. I, 20, XIV, 10, 
ecclesia satiniensis, ii34, Satinnie, i235, Satignie, 1287, Sa^ 
tignier, i3o5, M. G. I, XIV, etc. ; de Satiniacum (fundurn,)y 
domaine d un Satinius, gentilice dérivé du cognomen Satinas, 
Holder, II, 1376. 

Le Sau, au Sau, en Saux, m. et loc, une 10^, C. Vaud ; en 
Sahu, loc. à Auvernier, syn. des Sau vaudois ; de sau, sahu, 
noms patois du sureau, du latin sabucus, endroits où les sureaux 
abondent. De là les composés en Saumont, 7 loc. Alpes et Jura, 
en Saumon à Combremont = mont des sureaux. Une loc. à la 
Croix du Sceau à Villarlod doit être encore un Sau. 

Saubraz, D. Aubonne, Saubra, 1261, M. R. XII, i44, 1278, 
i344» Salubra, xiii*' s., M. R. III, 563, Salbrum, 1237. Ces deux 
derniers sont des essais de latinisation du mot romand : au venant 
généralement de a/, le chartiste de 1287 a traduit Salbrum; 
l'autre a cherché un sens et a pensé que Saubra devait signifier 
Sal'bra, Salubra. Mais si Ion considère que le patois dit sobra, 
saubra, au-dessus, du latin supra, on y reconnaîtra Torigine du 
nom de Saubraz, qui est sur un gradin supérieur. 

Saucens, ham. de Vuadens, Frib., villa Socxingus, id est Sou- 

U. D. SEC. SÉRIE, TOMB VU S7 



418 SAUCY — SAULE 

cens^ M. R. VI, 5, Oalcens, ii45, M. F. II, 829, SouceinSy 12^8, 
F. B. II, SoucenSf 1262, 1277, Sucens^ 1266, M. R. XII, 288, 
Soucenffy 1268, SuccenSj 1278, Arch. Fr. III, 71, Souccyns, 
i34o, SaucenSj 1426 := chez les descendants de Salacho^ Sale^ 
chOy Salicho, Salocho, Salucho, SalchOy n. pr. i^j^ermain, dé- 
rivé de saloy noir. 

Saucy, Saulcy, voir Sausse. 

Saudannaz, pâturage à Blonay ; d'après M. Isabel (in lîtt.), 
serait le fém. de Tadj. patois saudan, seul, Talpe isolée, retirée; il 
faudrait peut-être rattacher à ce mot saudan quelques noms locaux 
de la vallée du Rhône : en Saudan, prés à lUarse, Chaudariy 
1696, Seudan à Dorenaz, Sudan ou Seudan à Vérossaz, Derbé 
Saudan à Ormont-dessus, Praz Saudan à Chàtel-Saint-Denis. 

Sauderan, chalets, vallée de la Baie de Montreux, au-dessus 
de profonds ravins ; de chaudière, patois tsaadeira, équivalent de 
Chauderon, nom du vallon plus bas. 

Saudettaz, en la — , à Vérossaz, Valais ; probablement autre 
forme de Saudzettaz ou Saugettaz, nom fréquent = lieu couvert 
de saules ; v. fr. sauge , permutation y-eif, comme dans Oujon, Ou- 
zon, aujourd'hui Oudon, Audon (alpes du Sépey), Ougine-Au- 
dena ; Chage-Chaude. 

Sauge ou Sauges, plus, villages et hameaux, du v. fr. sauge : 
les Sauges entre Landeron et Neuveville, SaliceSy 11 85, 1121, 
SaleSy 1246, Trouillat, un pratum des Sauges à Vétroz, i25o, 
patois saudze = saule ; forme une nombreuse famille, i® des di- 
minutifs : Saugealles, loc. Lausanne, Sageleys, 1142, Sogelez, 
1182, Sajales et Sageles, 11 84, SougeleSy 1199, et SouzeleSy 
xii® s., Gart. Month., et ailleurs, Saugettes, Sauzettaz, Sau- 
geon^ Saugeau ; 2» des collectifs Saugiaz, Salgia vers ii5o 
dans une charte de Haut-Grêt, Saudziaz, Saugey (Saudzay), 
Saugy(is), Saulgy, Seuzey =: lieux couverts de saules, et suf- 
fixes ia, ey, y, voir aussi Seujet ; peut-être faut-il y rattacher les 
Songy, Sondgy, Sionge : le Saulgy, bois au Gibloux, se dit en 
patois Chondzi. 

Saule, ham. de Bernex, Saules, com. D. de Moulier, Sales, 



SAULGEY — SAUTEROT 419 

ii48, 1294, i4oi, Saules, Val-de-Ruz, Sales, 1269, F. B. II; 
loc. à Vétroz et Luins; Saulesses, mayens d'Evolène, Salice 
vers 1 280 ; probablement aussi Sales, domaine à Granges d'Atta- 
lens, Sales, 1166, Saulas, 1167, etc.; du germanique salaha, 
contracté en sala = saule ; se compose avec moille, voir Mollie. 

Au Sauley, à Monthey, de saule et suffixe coll. ey, était un 
Saujay en 1696, même sens. 

Sauquenil, promontoire rocheux entre Roche et Villeneuve, 
Trucce de Socquenîn, 12 14 (limite des franchises de Villeneuve), 
Socceny et Soquenil, 1792, Rôle des signaux ; nous paraît l'en- 
fermer la racine gauloise socCy provençal soc, fr. souche ; voir 
Suche. 

Saussaz, Sausses, Sauces, nombr. loc. = salices, les saules, 
pi. du latin salicem. Sauley, com. D. Delémont, Saucy à Tra- 
melan, Courtetelle et Develier, Saussey, ham. de Féchy, collec- 
tifs ; de salice tum, taillis de saules. 

Cependant sauss- peut avoir une autre origine, ainsi : 

Saussivue, 3 loc. Gruyère, Tune Salsa aqua^ i235, 1296 = 
eau salée. 

Aiguë Saussaz, loc. à Salins sur Aigle, où se trouvait jadis 
une source salée exploitée jusqu'à la fin du xviii^ s. ; la Saussaz, 
ham. deRougemont, Solsa dans Lutz, ail. in der Sulz ; Commun 
de la Saussaz et Aiguë Saussaz près Salins, alpes d'Ollon ; un 
Michael de Salsa à Ollon, 1820, M. R., 2® s., IV, 83 ; ruisseau de 
Saussouye à Bex. L'ail. Snlz et Salsa indiquent la dérivation 
du latin salsus, salé, — en celte salusa = source salée, Zeuss, 
122, — et les montagnes d'Ollon avaient plusieurs sources salées, 
aujourd'hui douces comme celle de Salins. 

Le Saut, loc. à Valangin et à Saxon ; les Sauts, bois à Liddes et 
2 pâturages Charmey; Sur les Sauts à Botterens, Frib., le Saut 
de Serroue à Peseux, le Sault à Neuchâtel, Pertuis du Soth, 
1877, ^" *^^^ v^^ 1800. Probablement aussi Crétaz du So sur 
Saxon ; du latin saltas, bois. Quant à Serroue, voir ce mot. 

Sauterot, ham. au torrent d'Useigne, près Hérémence, Valais ; 
Sauteruz, ruisseau, affl. de la Mentue, Vaud ; de ruz, ruisseau, 



420 SAUTERY — SAUVERNY 

et rimpératif de sauter : saute, bondis, ruisseau ! même formation 
que Chantemerle. 

Sautery, prés à Panex et aux Ecovets sur Ollon, à Chàtel- 
Saint-Denis, Saltery, loc. à Fully, un loco de loz Souteryt entre 
Sion et Saviése, 1224; une terra Sauterii à Jussy, 1226, M. G. 
XIV ; probablement ancienne propriété d'un sautier^ latin salie* 
rius, saliarius, mag'istrat municipal aux fonctions variables, 
primitivement charg-é des forêts, saltus. D'après Littré, saltarius 
= messier, celui qui garde les moissons, du bas latin, saltus, 
fonds de terre^ extension de sens de saltus, forêt. On trouve aussi 
psalterius, « mistrales et psalterii, 1228, Rég. gen., de là la sin- 
gulière étymologie de Matile qui dérive sautier de psautier, celui 
qui lit les psaumes 1 

Sauvabelin, forêt sur Lausanne, Savaberlin vers 1280, Situa 
helinij 1227, M. R. VI, 4i6, 546 ; généralement expliqué par fo- 
rêt — silva — consacrée à Belenos ou Belinus, l'Apollon des Gau- 
lois. Gatschet, se basant sur la forme de 1280, l'explique par forêt 
de BerilOj n. pr. germain. Nous préférons la première étymolo- 
gie : lo La forme de 1280 est isolée, probabl. faute d'orth. ; 
2° Les localités dont le nom dérive de Berilo ont gardé le r jusqu'à 
aujourd'hui ; voir Berlens, Berlin, Berlincourt ; 3® La forme de 
1227, presque contemporaine de l'autre, rattache nettement ce 
nom à Belinus. Nous savons que des montagnes, des sources et 
nombre de localités lui étaient consacrées. 

Sauvage, Grand — , Petit — , Gros — , à Semsales et Vaulruz, 
Fribourg = terrain, fond sauvage, c'est-à-dire boisé (fundnm) 
Silvaticum, nom datant de l'époque où le pays était encore cou- 
vert de vastes forêts. 

Sauveillame ou Soveîllame, ham. de Gollion et de Senarclens, 
D. Gossonay, Savaglames, i344» Sauvaglames, ^^77. 

Sauverny, ham. de Versoix, voisin de la commune française 
de ce nom, Soverneij, 1164, M. G. IV, 78, Souernay, I2î>.5, Rég. 
jL;"en., i64, Sauve mie r, 1817, Sovernier, 1871, M. G. IX et 
XVIII ; probablement de sub vernetOy sous le Verney, sous le tail- 
lis de vernes. 



SAVAGNIER — SAVIGNY 421 

Savagnîer, 2 vill. Neuchâtel, Savaiffnier, 11 43, Sauvegnez, 
Savagny, 1179, Sauvagnie^ 1276, Savagnier^ iSog, Savais 
gniey Savagniei, 1849, *^û«;/gr/iy, i453 ; de silvaniacum (locum), 
lieu boisé, ou, comme les Savigny, de Sabiniacum (fundum)^ 
domaine d'un Sabinius; les formes en au, de al font prévaloir 
la première explication. Savagnière^ 2 pâturais près Saint- 
Imier, et Suvagnier, 2 pàturag-es sur Buttes ; de silvanariam 
(regionem) silvanariam (locum), contrée boisée. 

Savagnîep, ail. Safneren, près Nidau, Berne, Savenières, 
1261 ; même origine, ou de sabinaria, de sabina, voir le mot 
suivant. 

Savenay, ham. de Salvan, Valais ; du latin sabinetum^ endroit 
où abonde le Grenévrier Sabine, Juniperus Sabina^ patois savena^ 
abondant dans tous les environs. 

Savalena, pâturage sur Vouvry, Valais, Chavorina^ i4o2, M. 
R., 2® s., II, 4o. 

Saves, es, aux Saves, nom fréquent dans la vallée du Rhône : 
prés marécageux à Yvorne, Roche, Saint-Triphon, Ollon, Colom- 
bey, Muraz, Vouvry ; loc. à Troistorrents, Gryon, Ormont-dessus 
et dessous ; Saviez, collectif, prés marais à Villeneuve ; Saviez, 
loc. à Chesières, D. Aigle, et Vex, Valais ; Commun des Saviaux 
à Morlon, Frib. (fausse orth. probable) ; Savettes à Ollon et les 
Savolaz à lUarse, dim. ; les Savietes à Lens, Valais, vers 1260 ; 
les Sevîs à Nods et Douanne, Jura bernois. Probablement nom 
dérivé du latin saevus, sauvage, mauvais ; le provençal a savoir 
mauvais, de saevacus, ces terrains sont des marais peu produc- 
tifs, entrecoupés de buissons qui gênent la faulx et ne donnent 
qu'une litière rare. En Champagne on appelle savaris, môme ra- 
cine et suffixe augm. ardj de mauvais terrains incultes. 

Savîèse, Valais, Savisia, looi, Saviesi{j/)j 1217, 1260, etc., 
Savesitty i3o6, Saoeysie, 1426, Saviesia, 1476, en 1801 Bridel 
écrit Saviège ; peut-être de la racine précédente. 

Savîgny, D. Lavaux, Savinie, 1228, Savignie, 1267, Sagui- 
gnie (v-g), 1274 = (praedium) Sabiniacum, domaine d'un Sa- 
binius, gentilice romain dérivé du cognomen Sabinus, Par contre 



422 SAVOISES — SAVOUGNY 

Savigny, mont et pâturage de Rougemont, nous paraît plutôt dé- 
river de (montem) SUvaniacum^ mont boisé. On trouve pour le 
villa^^e de La vaux la forme exceptionnelle Savignietum, M. R. 
VII, 78 ; le suffixe etum ne s'ajoute dans la règle qu'à des nom<; 
d'arbres ou de plantes. 

Les Savoises, quartier de Plainpalais, Genève, anciennement 
les ServoiseSy soit les (prairies, les fermes) des bois ; du latin 
silvensis, voir Servais. 

Savolayre, pâturage de Rossinières ; 2 ham. et ruisseau à 
Cerniat, Gruyère, Savoleri, 1296, M. F. II, 87, Savolayre ou 
Cepvolaîre, pâturage au S. de Morgins, Valais, es Savoleyres à 
Troistorrents, xviii» s. ; Saolyre, pâturage, alpe de Cleuson, val- 
lée de Nendaz, Valais ; diminutifs de silva, selva, sauve, forêt ; 
la forme Cervolaire : permutation /-r comme dans Servan : Sao- 
lyre, apocope du v fréquente entre voyelles : tsavo, tsao, tschavon, 
tsaon, etc. ; quant à olaire, olyre, c'est un composé de deux suf- 
fixes : le dim. «/a, ola^ et le collectif aria, silo-ula-^ria ; ces 
noms désignent de petits taillis d'aunes et de saules des Alpes, qui 
forment, pour ainsi dire, des forêts minuscules. 

Savonnaz, sommet, alpes de Ghampéry, et Savonnettes, 
mayens à Vionnaz, Valais, Chavonnettaz, 1776, dim. ; permuta- 
tion ch-s ; forme féminine de chavon, tschavon^ extrémité, bout, 
dim. de chef; localité située à l'extrémité d'un territoire, voir 
Chavonnes. 

Savorex, loc. à Aubonne, Savoret à Saint-Livres, à Pampi- 
gny ; m. à Saint-Gingolph, Savoîreux, chalets sur Monthey, 
Plan Savouypeux sur Ghesières, alpes d'Ollon, la Saveure ou 
Savorel ou Seveyreux à Port- Valais, en Savoroux à Préve- 
renges ; probablement champs, terrains secs ou chauds, où crois- 
sent des Labiées, des plantes répandant une odeur épicée agréable ; 
du verbe v. fr. savorer, exhaler une odeur agréable ; de là le nom 
patois de la savorette^ la sarriette des jardins. 

Savougny, loc. à Bex, au pied du Montet ; lieu où abonde le 
cornouiller sanguin, en patois savoiignoriy de la racine savougn 
et suff, collectif y. 



SAVOUYES — SCHEULTE 423 

I.1CS Savouyes, ou les Sauges, prés marais, à Vionnaz, en la 
Savouye, 1728. Paraît un dimin. de Saoes. 

Au ou Es Savuaz, ham. de Cugy et 3 autres loc. Frib. ; peut- 
être le même que Saves. 

Savait, ham. de Lutry, Savuist, xive s,^ Savit ou Saioit, 
1890, Suivit, 1609, Savuyy Dict. de Lutz. Paraît encore renfer- 
mer la racine sav, et peut-être le suffixe y, collectif. 

Saxey ou Saxe, ham. de Fully, Valais ; de saxetum^ collectif, 
endroit où les rochers abondent, de scucum^ rocher. 

Saxiéma ou Saziémaz, Saximaz (pron. Saz), pâturage au 
fond de TEtivaz, à la limite des Ormonts, Sasema, 1276, Châ- 
teau d'Œx, etc., p. i3, Sesema, 1287, Corthésy, op. cit., 149; 
dérivé par Bridel et Hisely de saxa ima, les rochers supérieurs, 
étymologîe rejetée par M. Bonnard (in litt). Toutefois il nous pa- 
raît que ce nom se rattache également à saxum, rocher. 

Saxon, D. Martigny, Sessun, 1196, Sassun^ 1200, 1280, 
Saœuns. 1286 ; autre dérivé, diminutif sax-on, de saxam, ro- 
cher, ainsi que Saxonna, ham. d'Ayent, Valais, Seson-na en pa- 
tois, Saxona, 1260, Sessona, 1260, 1842, «9m50/in«, Dict. Lutz, 
Seisonney carte Club alpin, forme fém. du précédent. 

Saxore, ou Sachière, atlas Siegfried, alpe de Riddes, Valais ; 
on trouve aussi Sassore, Sacheur, Sachère, Chàssoure; àesaxum, 
rocher, et un suffixe collectif, alpe où abondent les rochers. 

Sceut (ou Seut), 2 ham. de Glovelier, D. Delémont, rupem de 
ZuCy 12 10, Suty 1289, villula de Sceut, 1887, ^^ roiche de 
Seuth, i486 ; Sur le Sceut à Cœuve, Prés du Sceut A Fontenay, 
Montagne du Sceut à Montmelon, tous Jura bernois. La forme 
primitive du premier, Zuc de 12 10 paraît rapprocher ces noms de 
suCy montagne élevée en Dauphiné, du patois soutze, souche, ro- 
cher, et en fait un parent de Sache, voir ce mot. 

Schachtalar, loc. à Salgetsch, Valais, est un Châtelar déguisé 
à l'allemande, comme presque tous les lieux-dits de cette com- 
mune jadis romande, voyez Salquenen. 

La Scheulte, ail. Schelte, rivière, affl. de la Birse, D. Delé» 



424 SGHINJEREN — SCIAZ 

mont ; probablement subst. verbal de Tall. schelien, gronder, 
injurier = la g'rondeuse, correspondant de la Mionnaz, D. Oron. 

Schingeren, ham. entre Louèche et Albinen, Valais; c'est le 
nom germanique de Sinieres, 1224, Signeres^ 1367, Signyeres, 
1875, SignièreSy i46o, des Documents sur le Valais, M. R. XXIX 
et suiv. que M. Gremaud n*a pas identifié. Ce texte ne laisse pas 
de doute : « apud Sinieres... supra Albignun. ^ 

Schuenda, loc. à La Roche, Gruyère, Swendy^ i4o8, ail. 
Schwende et la Bischuende, pâturage, même loc. ; du v. h. ail. 
swentarif brûler = lieu défriché par le feu. Beaucoup de noms 
germains à La Roche, limite des langues. 

Sciaz ou Siaz, nom très fréquent dans les Alpes, Alpes vau- 
doises : la Siaz ou la Chaz d'Encex, Sur la Siaz, col de la Croix, 
Hauta-Siaz sous Chamossaire, les 3 alpes d'Ollon ; la Seiaz aux 
Voëttes d'Ormont-dessous, la Sciaz de Marnex, Ormont-dessus, 
Sya de Marneix, 1287, Sur la Sciaz au Rocher du Midi, 
Château-d*Œx ; la Schiaz, haute croupe et chalets au Monteiller 
de Château-d*Œx, — dim. Schiettaz, et 3 pâlur. de Gruyère, 
Longchiat à Charmey; la Sciaz près Chambéry, 1682, aujour- 
d'hui La Chat, voir Chaz ; Entre deux-Sciets à TEtivaz, dim. 
masculin. S'employait comme nom commun comme le montrent 
de nombreux textes : « Ad Arberium par la Sya usque a la Sya 
de Nancrues... per la Sya de Bellagarda et per la Sya des Gets,» 
délimitation, vallée d'Abondance, M. G. XIV ; un cabula (chable) 
de la Sya et une Sia Udry à Louèche-Bains, i5io, 1527. Il est à 
la fois n. propre et n. commun dans ce texte : a Monte Ordeo 
(Montorge) usque a la Sya de la Seya et a la Sya de la Seya 
ulterius, etc., 1269, ^^* ^- XXX. Cette variante Seya se rencontre 
encore : la Seya, pâturage avec chalet sur l'arête, entre le vallon 
de Lousine et celui de la Salenze, alpes de Saillon, et Plan-Sayaz 
ou Seyaz, petit plateau sur une arête, alpes d'Ollon. En i355 une 
Seya de Beaeux (Bévieux) sur Montreux = scie^ v. fr. 50/^, ital. 
sega, au sens d'arête dentelée, puis d'arêlc quelconque. De la 
forme soie vient le Château de la Soie près Sion, Castrnm de 
Seta dans les chartes, fausse traduction latine due à une confu- 



SCHIETTAZ — SÉGUELAIRE 425 

sioQ facile entre soie^ scie et soie de porc. Remarquons toutefois 
que scie se dit seita en Dauphiné. 

La Schiettaz, prés à Château-d'Œx ; dim. de Schiaz, voir 
Sciaz. 

La Schuantz, croupe à Textrémité des Monts Chevreuils, Châ- 
teau-d*Œx ; de VM, SchwantZj queue; c*est le correspondant 
des Cuaz, etc., nombreux ailleurs. 

La Sèche, pâturage du Jura, D. Aubonne, chalme Siccaz, 
XII* s., M. R. Xil, 72, la Seiche, 1208, calma de Sicca, i38o; 
de (alpem) siccam, Talpe, la prairie sèche. Il y a aussi la Chaux 
sèche, frontière franc, au Risoux. 

Sécha rd, ham. à Vuadens, Séchaud, forêt à Aigle, Sous- 
chaud en 16 18, loc. à Chardonne ; le Séchon à Orbe ; aux Sé- 
chons, Belmont-Yverdon ; Sécheron, ham. à Genève, Sécheron, 
i3io, et une 12^ de loc. ; dans les chartes un Setchiron à Haute- 
rive, 1276, Séchiron à Neyruz, Frib., x!i« s., etc. Sécherannaz, 
loc. à Montcherand, Séchey, ham. du Lieu, Vallée de Joux, ou 
Sécheij i525 == lieux exposés à la sécheresse. Sécheron est n. c. 
dans le Berry pour pré dans un lieu sec. 

Secroux ou Secpouz, Combe de — , à Courgenay, Jura ber- 
nois, gorge étroite et profonde = Sex-Croux, le rocher creux. 

Sedeilles, D. de Payerne, SideleSj xii« s., SedilleSy i336, M. 
R. XII et VII, ii5 ; du v. h. ail. sedal, siège, parent du celtique 
sedoy sidoy siège, demeure, résidence, Holder, II, et du latin 
sedes, siège. La Suisse allemande a de nombreux Sedel. 

Seedorf, ham. de Prez, D. Sarine = village du lac (du petit 
lac voisin). Nom germanique curieux par sa position en plein 
pays romand. Les formes Sedors, Seidor, Seidos, Saidors, 
1 142-1 162, des Cartulaires de Montheron, Haut-Crêt et Hauterive, 
Seidor, 1668, carte v. der Weid, sont des corruptions du nom 
allemand. 

Segpay, lac — , dans un endroit reculé derrière la Tour de 
Mayen, alpes d'Aigle ; autre forme de ségrais ou secret, pr. jadis 
segrès (Bridel écrit Secret). 

En Séguelaire, champs à Agiez, Bofflens ; du v. fr. et proven- 



426 SEIGNEUX — SEMBRANGHBR 

çal seffuel, du latin secale, seigle^ et suff. collectif aire y comme 
Blevalaire de bief. Segalas en Languedoc := champs de seigle. 

Seigneux, D. Payerne, SiniuSj 1221, 1228, M. R. VI, villa 
de Si niez versus S uprapetram^ i3i6, aussi Sinuez et Signaouz 
(notes dues à Tobligeance de M. A. de Seigneux), di Signiodo, 
1453, M. F., SeigneuSy 1668, v. der Weid, Seignoux, Dict. 
Lutz. Dans l'édition de 1 861, on y rapporte un Siginiacum de 
ioi4* C'est une erreur reproduite de Guichenon, corrigée par Ci- 
brario e Promis, p. 28, 24 ; la charte dont il s'agit avec le nom 
de Sigiciacum est de 1017 et ce nom doit se rapporter à Signy ; 
d'après les formes de 1221, 1228, ce serait un {fundus) Sinius, 
variante de Sunius, n. pr. romain, gentilice pris adjectivement, 
voir d'autres cas à Granges, et Servion. 

Seillon ou Seilon, voir Chillon, 

Seimaz, Seime ou Saime, affl. de l'Arve, Genève, Sayma 
aqua^ 1227, i3oi, M. F. IV et XIV. 

Seîpy, D. Broyé, Frib., Seirie, xii« s., Donat. Haut., Série ^ 
1276, Serye^ 1817, Seirie, i4oo, Seyriez^ i532, et Dict. Lutz, 
Seirie, 1668, v. der Weid, Seiry, 1784; de (fundum) Séria- 
eu m, domaine d'un Sérias, gentilice romain. 

Seleute, D. Porrentruy, Celute, 1180, Celeuttey 1200. 

Sembrancher, bourg Entremont, Valais, corruption de Saint- 
Branchier, Sanctus Brancherius, 1177, 1228, 1296, Sancto 
BrancaciOy 1217, métathèse pour Sancto Pancratio, 1261, 
Ponte Sancti Pancratii, 12 19, ecclesia Sancti Pancratii de 
Branchi, 1177. Ce dernier texte montre que l'endroit s'appelait 
primitivement Branchi, soit Branche. Il y a encore plus haut 
dans la vallée un Branche d*Issert que ce second nom semble 
devoir distinguer d'un premier Branchi. Puis il y a eu plus tard, 
grâce à la métathèse Brancace pour Pancrace, confusion entre le 
nom de l'endroit et celui du saint sous le vocable duquel l'église 
était construite. Quant à Branche, Branchi au xii*s., il vient du 
bas latin branca, branche, dérivé du celtique : anc. gaélique brac, 
comique brech, bras. Branchi ou Sembrancher, et Branche d'Is- 



SEMELEYS — SENDEY 427 

sert se trouvent tous deux au confluent de deux torrents où la ri- 
vière semble se partag'er en bras ou en branches. 

Semeleys, Pointe des — , dans la chaîne de Chaussy et pâtu- 
rage au-dessous ; pourrait être une autre forme de Sex Melly, 
nom d'une autre pointe voisine ; ce qui fait hésiter, c'est que nous 
trouvons un autre pâturage de Semelly alpes d'Evolène, Valais, 
en 1280, M. R. XXX, et le nom de famille Melly n'y est pas 
connu. 

Semorailles, champs à Mathod, n. com. = défrichements 
nouvellement ensemencés, dit Bridel, dérivé collectif du verbe pa- 
tois semorrây v. fr. somarer, labourer ; en Samoret à Char- 
donne, es Semores, prés à Bullet, même origine. « En Savoie, 
sommarâ signifie labourer sans ensemencer, sommâr, champ la- 
bouré non ensemencé, v. fr. somart, jachère, terre labourable en 
friche. Origine inconnue. ^ Note de M. Bonnard. 

Semsales, Fribourg, Setsales, 1160 et 1247, Gart. Haut-Oèt, 
SessaleSy 1170, Septem salis, 1177, Satsales, 1220, 1228, 1266, 
SeptsaleSy i56o (Dellion), Sempsales, 1867 ; de septem, sept, et 
sala, du v. h. ail. sal, maison, demeure = sept maisons (et non 
du latin cella). 

Senardens, D. Cossonay, Senerclens, ion, 1049, Sunar- 
clens, 1180, Sonarclens, 1190, 1228, Sonarcleins, 1288, M. R. 
VI, 669, SinarclenSf 1279, i3i5, i453. La première voyelle est 
indécise e, o, i, u, la seconde a, e, nous avons S^-n^-rcl. Fôrste- 
mann nous donne, racine S uni, les noms Sunher ou Sunhar qui 
répondent à la première partie. 11 donne aussi le composé Suni^ 
chilo en ajoutant cette seconde partie au premier nom, nous avons 
le composé Suner^hilo qui donne Sunerchilingis d'où Suner- 
clens ou Senarclens = chez les descendants de «9u/i^rc Ai /o, n. pr. 
germain. 

En Sendaux à Vérossaz, Valais, autre forme du suivant 

Sendey, 8 loc. Valais, Vaud et Fribourg, Sandey à Pully, 
fausse orth., Sendier à Conthey, Sendy sur Montreux et à Ar- 
zier, Seindl, chalets entre Bramois et Vex, Gindey ou Seinday, 
loc. à Saint-Maurice, sentier de Vérossaz; du patois seindai^ 



428 SENÈDES — SENTIES 

bourg'uîg'Qoa sentei, Eogadine sendOy sentier, dérivé de sente^ 
du latin se mita, parent du celtique sent (Zeuss) et send (Holder), 
même sens. 

Senèdes, D. Sarine, Frib. D'après J. Dey (Mémorial de Frib.), 
le nom ail. de cette localité, jadis ^rmanique suivant lui, serait 
Schônheide, belle lande, et le nom fr. ne serait que ce nom mo- 
difié par le patois. Mais ceci n'est qu'une hypothèse fantaisiste et 
sans fondement. Toutes les anciennes formes et tous les noms de 
lieux-dits montrent une origine romande: Senaide, 1 233, «9e- 
naidiy i25i, F. B. II, 129, 344» Synaide, i443, Synaidy^ ikk% 
Arch. Fr. V, 43 1, Sinayde, i5o8, Sinediy i644, le nom était 
donc le même au xiii® s. qu'aujourd'hui. Quant à l'orifj^ine vraie, 
il est difficile de se prononcer. Peut^tre un dérivé de senâ, se- 
mer. 

Seneires, plateau au-dessus d'Orsières, qoo-qSo m., couvert de 
champs de seig'le ; de senâ, semer, et suff. coll. eires : les terres 
qu'on sème. 

Sénevel, Sénevet, maison à Vuisternens-devant Pont ; du pa- 
tois senève, moutarde des champs, dérivé du latin sinapis, 

Senserens, loc. à Valeyres-sous-Ursins ; chez les descendants 
de Sinthar, Sinthari, n. pr. g-ermain. Fôrstm., p. 11 06. 

Sensine, ham. de Conthey, Valais, villa Sisinna^ io5o, M. R. 
XVIII, Sisinna, iioo, Sinsina, 1227, i3o8, Synsyna, i238, 
Sinsinnaz, i442, M. R. XXIX et suiv., Senzine, Lutz. Paraît 
être, d'après les formes primitives, un cognomen gallo-romain 
employé comme adjectif. 

Sensuis-uit-uy, voir Sangsuy. 

Les Senties, pâturage à la Ghaux-de-Fonds ; les Sentiers, par- 
tie du pâturage du sommet du Chasserai, Jura. Dans les pâtu- 
rages en pente rapide, les vaches paissent en travers en y établis- 
sant de nombreux sentiers parallèles étages les uns au-dessus des 
autres, de là ces noms. Le premier, de sente, sentier, et suff. coll. 
ie. G^était un n. commun. Un vieux plan de l'Arpille d'Ollon vers 
1720 (Archives de l'Abbaye de Saint-Maurice) nomme les « sen- 
ties tendant en Ghatillon. ^ Peut-être peut-on rattacher à sente la 



SÉON — SERDIN 429 

forêt de Sentais, lieu de passage entre Panex et Plambuit, mon- 
tagnes d'Ollon. 

Séon à Savièse, Valais, autre nom donné aux ruines du châ- 
teau de la Soie et maisons voisines ; voir Sciaz. 

Sépéaz, loc. à Concise, et Seipée à Corcelles-Grandson. On 
pourrait à première vue y voir une fausse orth. pour cépée. Plus 
probablement forme féminine de sépey, de sap, sapin, et collectif 
fém. ée, bois de sapins ; ce serait une forme féminine, correspon- 
dante des nombreux Sépey. 

Sépey, chef- lieu d'Ormont-dessous, Sapey^ laSi, Sappey, 
i3i5, puis Seppetum au xv® s. ; ham. de VuUiens ; loc. sur Vil- 
lars d'Ollon, à Morgins ; loc. à Gryon, m. à Porsel, Fribourg, 
bois à Cossonay, Baulmes, Ballens ; Seppey, alpe d'Hérémence, 
ham. d'Evolène, Valais. Dérivé par Gatschet de sepeturriy clos, de 
sepes, haie, clôture. C'est bien là le sens qu'attachaient à ce mot 
les notaires des Ormonts au xv« s., mais les formes anciennes 
montrent qu'il vient plutôt du v. fr. sap, celtique sap, sapin, et 
collectif ey, donc bois de sapins. D'ailleurs les nombreuses forêts 
de Sépey n'ont jamais été entourées de clôtures, voir Sapey. Un 
pratum del Sepez à Praroman, xii® s., Arch. Fr. VI. 

Sepraîs, village près Boécourt, D. Délémont, Cespraiz, 1260, 
villa que Pratum nuncupatur, 1264, Pratis, 1289, Cespreys, 
1829 i= ces prés. 

Seraulaz, forêt à Mathod, D. Yverdon, dans le vallon du Mu- 
jon, assez resserré dans cet endroit ; devrait s'écrire Serraulaz, du 
bas latin serra, défilé, et suffixe dim. ola dont aula n'est qu'une 
variante, fréquente en patois, voir Argnaulaz, Fayaulaz, Perau- 
laz. Le Seroliet, Grand et Petit — , pâturages dans une combe du 
Jura de Bonvillars, D. Grandson, ont probablement la même ra- 
cine serra avec un double diminutif oill-et. 

8erbach, ruisseau à La Roche, Gruyère, nom allemand formé 
par pléonasme de la racine sar fréquente dans les noms de ri- 
vière, voir Sarine, et bach, ruisseau. 

Serdin, loc. à Lessoc, Gruyère, fausse orth. pour Serdens, Ses- 



430 SÉRÉ — SÉRI 

tardens, Sertardens, Serandens, 1420 == chez les descendants d'un 
Germain, dont le nom est à déterminer. 

Séré, Sex du — à Salvan ; Serey ou Séry, pâturage de Ba- 
gnes, nom dû au sommet arrondi (2419 m.) qui s'élève au-dessus, 
les deux par comparaison avec la forme d'un séré ou sérac; de 
même la Tête à Séry, mamelon, contrefort de la Tête Noire, 
alpes de Saillon. Dans le val Grisanche, vallon latéral de la vallée 
d'Aoste, il y a aussi une Becca du Céré, ou Séry ou Sérac 
(Guide de la vallée d'Aoste de Gorret, p. Sgô). 

Les Séreux, deux sommets jumeaux sur Vouvry, aussi nom- 
més les Jumelles ; du patois séreux, les sœurs. 

Les Sepgères, maison à Saint-Livres ; de Sergey, n. d'homme. 

Sepgey, D. Orbe, Serffy, 1276, comme Sergy, pays de Gex, 
Sergiacum, 11 00, Hidber, I, 439; de (praedium) Sergiacum, 
domaine d'un SergiuSy gentilice romain. Un L. Sergius Domiti- 
nus est connu par une inscription de Nyon. 

Le Sergillou, m. à Bossonens, Fribourg ; probablement aphé- 
rèse pour l'Essert-Gilloud, voir une semblable à Sex Tardent. Il 
y en a encore une dans Sertenoz, nom au xiv® s. des Esserts, h. 
de Leysin, « les villages et territoires de Leysin, de Veyges, de 
Serlenoz (aussi Serlenod, 1827) et de Ponty » et ailleurs Jaque- 
met de Sertan^ i438, chartes d'Aigle. La forme Sertenoz rappelle 
le nom français Sartines, dim. de sart^ de sartus, et correspon- 
dant d'Essertines. La graphie Sertan montre que la dernière syl- 
labe de Sertenoz, Sertenod était atone et que l'accent tombait sur 
le second e. Cette forme française sart, Sartines est inconnue chez 
nous où l'on ne rencontre que le composé essert et ses dérivés. 

Sergna à 011on,Sergnaz à Ghampéry et les dim. masc. Ser- 
gnieux à Martigny, Sergnoux à Ollon, Sergnion à Courtelary, 
ou fém. Sergnetta à Ollon, Sergniaulaz à Albeuve, Sergnau- 
laz à Rougemont, Sernioules à Enney, voir Cergnat. 

Sergnemeint ou Sernieinin, chalets sur Gryon, forme patoise 
du subst. verbal cernement, de cerner, clore. 

Sérî, territoire i\ Gonlliey ; un Séry du Luxembourg dérive de 
Suriacum, du genlilice Stirius^ HoJder, 1670. Celui du Valais 



SERIN — SERRA NEIRE 4SI 

pourrait avoir la même origine, il faudrait des formes anciennes. 
On ne peut le rattacher à séré, voir plus haut, rien dans l'aspect 
de ce coteau doucement incliné ne pouvant justifier ce nom. 

Sépîn, pâtura^ d'Ayent, Sereyn, iSog, Sererty i4i8; peut- 
être même racine que Serine, rivière, un des bras de la Promen- 
thouse, D. de Nyon, Sorona, ii64, M. R. V, 2i4i 338, et 1269, 
Dict. hist. Vaud, parent de Sarona, Sarine, de la Sar, etc., racine 
sanscrite sar, couler, et ona, rivière, eau courante. 

Sermuz, ham. de Gressy, Yverdon, SemmurSy 11771 ^- ^' 
XXlXyJluuius SinmuriuSf 1177, Gart. Month., M. R. XII, Sem- 
muruSy 1184, Hidber, Semurs, 1228, M. R. VI, Sentmur, i3i7, 
Sermutum, i343, Sermur^ i385, Cermuz^ i453, M. F. IV. 
D'après Gatschet, de semd, contraction du v. h. ail. 5^micfa, jonc 
et muor, marais : marais de joncs, jonchère. La forme sent mur 
de i3 17 justifie Té tymologie de Gatschet; celles de 1177, ii84} 
i343 sont des latinisations du nom romand. Hidber rapporte par 
erreur la cella Semmurs, 1177, Hi 262 à Sémur, Gôte-d'Or. 

Sernanty, ham. d'Ormont-dessus^ Sernenty^ i53i, Cernenti^ 
1669, Cierne anti^ Bridel ; probablement dérivé de Sierne et d'un 
n. propre. 

Sernet, loc. à Conthey, diminutif de cerne ; Senii6,s, plus, 
loc. ; les Serniers à Monthey, Sernies, 1696, autres formes de 
serg-ne, voir Gergnat. 

Sernon, clos de vignes à Aigle, Serno, i332, Gorthésy, lôg ; 
peut-être autre forme diminutive de la racine cerriy clôture, voir 
Gergnat. 

Seron, grand pâturage à l'Etivaz, Syron, 1276, Ghâteau-d'Œx, 
etc., p. i3, et Sex rond, croupe arrondie près des Granges, Or- 
mont-dessous ; de saxum rotundum, rocher rond. 

Serrai, lac — , ou, moins bien Serai, ancien nom du lac des 
Ghavonnes, alpes d'Ollon ; pourrait se rattacher à l'adjectif serra- 
tus, racine serra, défilé ; il est situé dans un étroit vallon resserré 
entre une haute paroi de rocher et une forêt en pente rapide. 

La Serra Neîre, arête de rochers, vallon de Ferpècle, Hérens, 



432 SERRAUX — SERVION 

et Serra Plannaz à Vétroz ; de serra^ scie, au sens d'arête de 
montag'ne comme les Sierras d'Espagne. 

Seppaux, Seppayep, voir Sarraux, Sarrayer. 

Les Seppes, forêt à Vionnaz ; du latin serras^ défilé, lieu 
étroit. 

Seppîèpes, ham. de Neuchâtel, SarrereSy 1178, 1228, Sarrie- 
reSy 1198, Serreres, 1268; de sarra ou serra, scie, scierie, et 
collectif ière. 

Es Seppoues, 2 loc. C. de Neuchâtel sur Corcellcs et sur Li- 
gnières, Sarrue^ i53i, M. N. XXXIV, 216, Sarrueux, i537, 
Boyve, II, 368. Es Serroues doit probablement être rapproché de 
Sarraux, voir Sarra. 

Servais, alpes, vallées de Nendaz et de Bagnes, entourées de 
forêts ; du latin siloensis, alpe des bois. 

Sepvaîson, loc. Ormont-dessus ; diminutif du précédent. 

Sepvan, campagne à Lausanne ; pâturage à Albeuve, Gruyère ; 
du latin silvanum (locum), lieu boisé, comme Salvan, jadis Ser- 
van. Dans le Berry on a un adjectif servin, cervin qui a le même 
sens. 

La Sepvaz, loc. à Massongex, Vionnaz, Bex, Gryon, Montreux, 
Serve à Saint-Gingolph, Russin et Meyrin, Genève ; de silva, 
forôt ; Servaplana, alpes d'Ardon = silva plana, forêt plane ; 
Servette, faubourg de Genève, diminutif = petite forêt, permu- 
tation 1-r ; le Cerveusel, pâturage à demi boisé à Saint-Imier, de 
cerveux ou serveux, autre forme de silvcux, et suffixe dim. el : 
lieu un peu boisé. 

Servîon, D. Oron, Salviacum^ xii^s., Sarviacum, ii55 (1-r), 
Saluion, S fois de 1141-1293, Saluium, 1147-1174» Sarvion, 
I23G; les formes 1-2 de (praedium) Salviacam^ domaine d'un 
SalviuSy gentilice romain, Holder, II, i332 ; les formes 3, 5 et la 
forme actuelle d'une forme en io, Salvio^ dérivée du gentilice 
SaluiusGi employée conjointement, puisque Salviacum et Salvion 
sont contemporains. D'Arbois de Jubainville, p. 5ii-5i8,op. cit., 
cite un grand nombre d'exemples du même cas ; enfin la forme 4 
n'est autre que le gentilice lui-même employé adjectivement 



SÉSEGNIN — SEUJET 433 

(fundum) Salviunij comme Ju bain ville en cite une 3o* p. 3^4- 
417. Nous trouvons à la même époque, chez nous, un exemple de 
ces doubles terminaisons dans le nom d'un abbé de Haut-Crét 
nommé Manno, Magno et Mannus^ 1177, Gart. de Haut-Crét et 
de Montheron. Ajoutons que Tétymologie de Gatschet, de silvia- 
num, est impossible. 

Sésegnin (Sézeg'nin), ham. d'Avusy, Genève, Sizignins, i3o2, 
SisignynSy i326, M. G. XIV et XVIII = chez les descendants de 
Sisingo, n. pr. germain ; de Siso et suff. ingo dont Fôrstemann 
donne 207 ex. en ajoutant que le nombre de ces composés est 
beaucoup plus considérable. Dans une charte de 141I9 M. R% 
XXII, 3o8, fig-ure un Joh. de Seysigniaco, châtelain d'Aubonne. 
Serait-ce aussi Séseg'nin, affublé du suffixe iacum ? 

Sésenove, ham. de Bernex, Genève, Chisinooa, 1266, M. G. 
XIV, Chissinove, 1642, Bull. Inst. Genev. XXIV, 369 = chisa 
nova ou casa nova, maison neuve. 

Sésille (Sézille), voir Gésille. 

En Sétaz, chalets ruinés prés du col de Chaude, sur Villeneuve, 
prata de Sexta, 1276, Cart. Haut-Crôt, M. R. XII, ii4. 

Les Soudières, bois à Vionnaz ; serait difficile à interpréter 
sans la forme de 1776 : la Fiaugère^ soit la fougeraie. 

Au Seuillet, territoire à Fahy, Jura bernois, élevé de quelques 
mètres au-dessus de la plaine voisine ; dim. de seuil. 

Seiijel, quai et rue à Genève, carriera dou Souget/y i468, 
1470, M. G. III, 256 et VII, 376. Saugey, de salicetum = terrain 
couvert de saules, patois sauge. Le Rhône était alors bordé de 
saules dans ce faubourg*. On dit encore Soujet, rives de FArve à 
Ve^Tier, Plan seujet, ham. sur Bex, Mont-siyet sur Diesse, D. 
Neuveville = Plan, Mont des saules. 

Humbert (Gioss. genev., If, 182), remarquant qu'il y avait au Seujet 
des teinturiers et dégraisseurs, tire ce nom du languedocien Sugé ou 
sujier, teinturier. D'un autre côté Galiffe, op. cit. I, 172), dérive ce nom 
de celui d'un ancien syndic, Jean du Sougey. A notre avis, c'est celui du 
syndic qui vient de celui de la rue. La présence du même nom dans plu- 
sieurs autres localités plaide en faveur de notre opinion. 

M. D. SEC. SÉRIE, TOBIE VU 28 



434 SEUZEY -- SEX ' 

Seuzey ou Seuzay, prés à Bagnes, permutation j-z = Saug-ey, 
endroits où abondent les saules. 

Sévai, 2 m. isolées au milieu des bois à Montmelon, Jura ber- 
nois, et Sevey, pâturage boisé sur Morgîns ; comme Servais, de 
(domuSj fundus) silvensiSy maison, propriété des bois. La dispa- 
rition totale de la consonne 1, qui peut étonner, se constate dans 
Sévaz et dans Suscévaz déjà au xiv® s. 

Sévaz, D. Broyé, Silva, io56, Arch. Fr. IV, 19a ; ii4a> 1167, 
1177, Selva, 1280, M. R. XII ; 1286, M. G. XV ; Seyva^ 1837, 
Matile, Syva, 1668, v. der Weid, etc. ; à la Sévaz ou Sivaz, h. 
de Remaufens ; Seyvaz, ruisseau à Dompierre ; Grand-Geyvaz à 
Colombier, Morges ; de sUva, forêt. 

Sévelin, loc. à Lausanne, Seveli, i475, Sevelyn^ i533, M. R. 
XXVIII, 269, VII, 754 ; du V. fr. seveleCy s. f., ou sevil, s. m., 
haie, du latin sepile. Un sentier de ce nom, semita Sevelim dans 
l'acte de fondation de Fontaine-André^ ii43, Jeunet, 229, ruelle 
Sévellirij 1626, ib., p. ii5. 

Séveresse, pâturage à Albeuve, Gruyère ; de sUva, forêt, et 
suffixe adj. eresse = Talpe des bois. 

Sévery, D. Gossonay, Syvirie et Severiacum^ 1007, villa Se- 
veriacOj 1008, Sivirie^ 1228, Syviriery 1228, Sivrie, i235, 
1242, Sivirier, 1877. — Sivlpîez, Fribourg, Severiacum et Si- 
vriei, xii^ s., M. R. XII, Arch. Fr. VI, Sivrie, 1228, i34a, Sivi^ 
rie, i247ï M. R. XII, Syvrie, 1262, Wûrstbg. et 1286, etc. ; de 
(praedium) Severiacurriy domaine d'un SeveriuSy gentilice ro- 
main dérivé du cognomen Sève rus, 

Sex (ou quelquefois Scex), du latin saxum, rocher : le' Sex à 
l'Aigle sur Bex, Porte du Sex (ou Scex) près Vouvry, Saxum 
de Wurie, 1266, le Scé, m. à Orvin, D. Gourtelary ; au Saix à 
Grône et Sous le Saix, Port- Valais ; es Aussays et es Bassays, 
ham. de Vérossaz, Valais ; le Siaix à Veytaux et Scier, loc. vi- 
gnoble de Sion, en Sciez ou Vers E^sler à Monthey, formes 
diphtonguées ; avec la permutation e-i, Six, une i2« de sommets 
dans le Bas- Valais, par exemple Six-Jeup à Finhaut = le sex de 
la forêt ; deux Six-Neir à Chamoson et val Ferret, deux Six- 



SEX TARDENT — SEYTE 435 

Carro, etc. Six-long, atlas Siegfried, alpes de Conthey, écrit Si- 
)oQ par Renevier, etc. ; avec la permutation s-ch, fréquente Valais 
et Fribourg" : Praz du Chet à Yillars-sous-Mont, Petit Chex, 
alpes d*Albeuve, les Chets à Ënney, les 3 en Gruyère ; le Ghé à 
Grimisuat, Cholochy ou Gholochex à Ayent, vineam de Se^ 
loussyy 1294 = Sous-le-Sex. Voir aussi Chet. 

Sex Tardent, m. près le Sépey, Ormonts, aphérèse pour Es- 
sert Tardenty n. pr., Sertardenty i436, d'après Corthésy, Vallée 
des Ormonts, p. 1 10. 

Seya, Sayaz, sommets ; voir Sciaz. 

Les Seyes, prés à Liddes, loc. à Fully ; Seyaz à Orsières, y 
(= es) Seyes à Grimisuat et à Savièse, Seyère, partie du pâtu- 
rage de Salanfe près Salvan \ du v. fr. seyer, patois seihiy latin 
secare, faucher, cette partie, en pente trop rapide pour être pAtu- 
rée, est fauchée. 

Au Seylaz, écart d'Attalens et m. à Montbovon, Frib.; proba- 
blement du patois seyla, seigle, lieu où l'on cultive cette céréale. 

Seyon, rivière de Neuchâtel, Seion^ 1268, Seon^ i4o2 ; peut 
aussi être dérivé de seyer^ seihiy à cause de ses gorges étroites, 
comme un trait de scie dans la montagne. 

Seyte, nom des divisions des communes d'Ormont, 4 à Ormont- 
dessous et 3 à Ormont-dessus. Non point de septem^ sept, mais de 
secta, participe de secOy je coupe, en patois seyi, faucher, d'où 
seytory faucheur, seytorée, fauchée. De là encore Seyte ou 
Seythe, bois à Concise, Seytis, i3o8. (Matile donne nemus Ser- 
tis y 1194» sans doute fausse lecture pour Sectis)^ Seyti ou Setis 
et Seyte, i3i7, Seyty, prés à Conthey; Seyton à Corseaux, 
les Seytours, prés sur Allières, Fribourg, Seytoraz à Rossens, 
Seytopées à Ëpendes et Montagny, D. Yverdon. 

Corthésy, p. 96, tire les Seytes des Ormonts de sexta : « pour 
la perception de la dîme, le versant N. de la vallée était divisé en 
régions qui embrassaient toutes les terres cultivables. Il y en 
avait six dans la partie basse et six dans la partie supérieure. 
Chaque région représentant la sixième partie du territoire sou- 
mise à la dîme se nommait pour cette raison sexte ou seyte j sexta 



436 SÉZEAUX — SIGNY 

pars décime. » Il n y a là, à notre avis, qu'une simple coïnci- 
dence ; la présence du mot seyte dans toutes les parties du pays, 
où le système d'imposition de Tabbaye de Saint-Maurice était in- 
connue, plaide pour notre étymolog-ie. 

Sézeaux, champs à Lussery, prés à Oron, Seseaux à Arzier, 
Sezau, m. à Oulens, Ciseaux (orth. d'arpenteur), loc. à Gillarens, 
Frib., les Geseaux à Vionnaz, les Sisaux, 1728 ; Sezin à Mon- 
tricher, Sézines à Ëpendes et à Corcelles-Payerne, en Sézelion à 
Chessel ; diminutifs divers de sisa^ haie, voir Sisa. 

Siaix, Dessus le — , loc. à Veytaux ; autre forme diphtonguée 
de sex, rocher. 

Sierne, ou Scierne, voir Cergnat. 

Sîerre, Valais, ail. SiderSy Sidrium, 5i6, Sidrum^ io5a, Si^ 
drio^ iioo, Sidro, ii3i, M. R., SierreSy 1260, F. B. II; on 
trouve aussi Siero, Sieroz, Siroz, les 3 même charte de i358, 
Jahrbuch Schw. Gesch. XXIV, 36o, puis Sirro. D'après Studer, 
de serra, scie ; mais toutes les formes anciennes sont contre cette 
étymologie ; le même auteur en donne une autre au choix : du 
celte sedy seit, paix, lieu de paix, ce qui nous paraît également 
peu vraisemblable. Paraît plutôt dérivé d'un nom propre. 

Signeronde, forêt tourbeuse à la Vraconnaz, Sainte-Croix ; 
autre forme de saig'ne et l'adj. ronde, la sag'ne ronde. 

Siette, loc. à Venthône, Valais ; la Siétaz, chalet à Cuves, 
Pays-d'Enhaut, sur une croupe de la montagne ; probablement 
dim. de Siaz ou Sciaz, arête. 

Signèse ou, patois Segnèse (Lutz), ham. d'Ayent, Valais, Si- 
nieSy 1200, Synneysij i25o, Syniesi, 1276, Sygnyesy, i454» 
etc. Origine inconnue. 

Le Symesi, 1381, de M. R. XXXVII, p. 216, doit être lu Syniesi. 

Signy, D. Nyon, Siynei, 1166, M. G. XIV, Suniacum vers 

1200, Signiacum, Signie, i235, i253, M. R. V. et M. G. XIV, 

Signier, 1439 = {fanda/n) Signiacum, domaine d'un Signius, 

gentilice romain, Holder, i544- 

Faut-il y rapporter le Sigiciaciim, 1017, localité inconnue, M. F. IV, 
358, et M. H. XXII, 215, probablement fausse lecture ou erreur de co- 



SIMPLON — SIONGE 437 

piste : c pour n? Le D'ici, hist. Vaud et le Rég. gen. penchent vers cette 
opinion. Dans ce cas ce serait un Siginiacam, domaine de Siginius, 
On trouve aussi Signeum, Cette forme vient directement du gentilice 
pris comme adjectif: {fundam) Signeum, 

Simplon, village et col, Valais, ital. Sempione, Semploriy 
Semplun, i235, 1246, Xemplon, 1286, curatus Simploniy i474; 
probablement de (montem^ vicum) Sempronium, du n. pr. Sem- 
pronius employé adjectivement, permutation pr-pL Quant au 
nom italien, Sempione, il s'est formé postérieurement par le chan- 
gement régulier en cette langue de plo en pio : piombo, piuma, 
pioggia. 

Singe, le — , loc. à Lausanne, Lucinjoz^ 1602, Lous Singio, 
i5i8, clos de vignes qui appartenait autrefois à la famille de Lu- 
cinge du Faucigny. Note de M. E. Chavannes, M. R. XXVIII, 
248. Voir aussi B. Dumur, Les Sénéchaux de Lausanne, p. i4- 
Quant à Lucinge, c'est une autre forme de Lucens. 

Singine, rivière, affl. de la Sarine, ail. Sensé, Sensuna, 1076, 
Sensun, 1268, F. R. II. Studer le tire du bas latin saliciana, de 
salix, saule, mais salie ne peut donner sens, sing. Il y a là, 
comme dans toutes nos rivières, une racine celtique, avec una = 
ona, rivière, eau courante. 

Sinicse, ou Ziniège, torrent près Sicrre, la Segnèse, Ziniège 
ou Zîniegy, Feuille off. du Valais, — nouvel exemple d'y atone, 
— Gyniesyy Gyniesg, 1267, i436, etc., curieux par le balance- 
ment des g-z. Origine inconnue. Giniesse, marais sur Ayent, pa- 
raît être le même mot. 

Sion, Valais, Sedunum au iv« s., territ. Sidonensey Grég. de 
Tours, vie s., renferme, outre la racine celtique rfwn, duniim, 
colline, forteresse, une racine sed, difficile à interpréter. Studer 
le traduit par le celte sedy seid, paix, fort de la paix ? 

Le Mont de Sion, près Saint-Julien, front, de Genève, mont de Syons, 
1418, Duval, Ternier et Saint-Julien, XVIIÏ, parait plutôt se rattacher à 
sya, arête ; voir Sciaz. 

La Sionge, ruiss., affii. de la Sarine et ham. sur ses bords, 
Syonsiy Sionsy, i3i5, i3i6, etc., Sionsey i38i, 1624, Arch. Fr. 



438 SISAZ — SOLALEX 

III, le hameau Sionzys en i5o8 ; peut-être autre forme diphton- 
g^uée de saug'e, saule ; au permute avec ou, o/i, voir Saug'e. 

£o Sisaz, es Sizes, les Sises, 7 loc. Yaud ; non point de sepes, 
comme le dérive Bridel, mais du patois sisa,, haie, « de scisa pour 
scissa ; Tespag'nol a un verbe sisar = scisare, couper. )► (Bon- 
nard, in litt.) 

Sisetsch, ham. près Vièg'e, se rattache à la même racine Si' 
sieZf 1260, de sisa, haie, et suffixes collectifs iez, etsch: aux 
haies. Justement Sisetsch est un hameau de Zeneggen^ qui sig^nifie 
en ail. aux Haies. 

M. Gremaud écrit Sizych, Sizics, 1282, Sysics, 1297, M. R. XXX, 
p. 309, 506, 507, Sisilz, 1339, Sizicz, 1332. Nous supposons qu'il faut 
remplacer le c par e. La terminaison ics^ ych, n'a pas de sens, tandis 
que icr, autre forme de ier, est le correspondant de Tall, eisch. Voyez 
Promey, devenu Prommetsch. 

Sivaz, ham. de Remaufens, m. à Châtel-Saint-Denis, loc. à Lo- 
vatens ; en Sivaz à Gudrefin et Champs-Civaz à Villarzel, pour 
Sivaz ; de silva = la forêt, Champs-(de la)forôt. 

Sivipîez, Frib., voir Sévery. 

Six, montag'nes ; voir Sex. 

Soeret ou Socray, Socrettaz, plus, loc, Socrestaz à Aigle, 
17 18, sous CretaZy xviii« s. ; du latin sub cristo, sub crista, sous 
le crêt, la crête. 

Sodoleuvroz, alpe à Gryon, ou Sous les Louvres, Lutz ; pro- 
bablement autre forme de Legvraz, nom fréquent de pàturag-es. 

La Soie, arête rocheuse avec ruines d'un château près Sion, 
castrum de Se ta chartes xiii® et xiv® s., et Seya^ i233, i3i2, etc. 
Soix, chalets sur une arête en face du Val d'illiez ; de scie^ v. fr. 
soie, picard soye, wallon soie, etc. ; voir Sciaz. Le latin Seta 
n*est qu'une fausse traduction du v. fr. soie. 

Sol.idy, aussi Soladier et Soladiez (pron. /), chalets au-des- 
sus des sources de la Baye de Montreux = sor la dy, de sol y sor, 
sur et diez, dy, source ; voir Diaz. 

Solalex, alpes de Bex = sous la Lex^ sous la paroi de rochers ; 
voir Lex. 



SOLAVY — SOMBBVAL 439 

Solavy, chalets sous Panex, loc. à Bex, D. Aig'le = sous la 
roule. 

Solepraz, groupe de chalets au N. du Sépey, claus. soubs le 
Pra et Solipraz, i464. Gorthésy, op. cit. = sous le pré. 

Soilaissex, petit sommet à Château-d'Œx, en SoUaussex à 
Massong'ex = Sur le Sex, le rocher. 

SoUiaty ham. Vallée de Joux, anciennement Solliar(d) ; Sol- 
liet, SoUier à Saint-Cergues et Sainte-Croix ; Soliat, pâturagpe 
au sommet du Creux du Vent, Jura vaudois ; au Soliau, aux 
Thioleyres ; du latin solarium, lieu élevé, exposé au soleil. 

Solomon, pâturage à Lessoc, — écriture phonétique, = sous 
le mont. 

Solosex, loc. à Rossinières = sous le S ex, comme Solchex à 
Frenières de Bex et Gholochy à Ayent, Valais ; patois ch pour s. 

Som, Son, v. fr. 50/71, s. m., en romanche som^ sum, du latin 
summuniy le sommet, le haut ; de là 

Somaitres (ou Samattres, Siegfried), arête de rochers à Sou- 
bey, et les Somêtres, arête près Muriaux où se trouvait le châ- 
teau de Spiegelberg* ; on trouve aussi Sommêtres. Trouillat, II, 
228, écrit : n le château des Sots-Maitres ; » pur calembour. Ce 
mot nous paraît renfermer la racine som sans que nous puissions 
expliquer le second élément. 

Sombacour(t), ham. à Colombier, Neuch., Sumbacordy 1268, 
Surnbecopy Sonbecort, 1280; de summam curtem^ la ferme du 
sommet. 

La Sombaille, ham. à la Chaux-de-Fonds ; probablement de 
summa et suffixe collectif aille, les propriétés, les fermes du som- 
met, le b représentant le second m comme dans Sombacour et 
Sombeval ; voir ces mots. 

Sombayna, alpe, vallée de Moiry, Valais ; de bayna^ autre 
forme de biegno^ glacier = au-dessus du g'iacier, — de Moiry, — 
qu'elle domine de 200 m. 

Sombeval, D. Courtelary, Summa vallis^ 866, 884ï 962, Sun- 
bavallcy ii48, Summevalle^ 1179, '^T^ouiWaij S ombevaulXy i46i, 
Arch. Schw. Gesch. VI = sommet de la vallée. ' 



440 SOM LA PROZ — SONGEBOZ 

Som la Proz, ham. d'Orsières, et Som de Proz à Riddes, 
Valais ; sommet des prés. 

Sommavilla à Albioen, Valais ; il y avait une Sambavilla à 
Crans, D. Nyon, au xiii® s., M. R. VII, 894 ; ferme du sommet, 
du haut. 

Sommentier, D. Glane, Frib., Somenticr, ia47, Gart. Haut- 
Grêt, Somentier (et Somensier), 1262, Wûrstbg"., évidemment de 
la même racine, 2® élément incertain. D'après Gatschet, de sum 
pour sub montorium, au pied du mont, mais « ier ne peut repré- 
senter orium » (Bonnard). 

Les Sommes, prés à Gonthey et à Nendaz, Valais ; du latin 
(pratas) summas, les prées (s. f. = prés) d'en haut, du sommet. 

Som Poirier à Gorcelles = le haut de la poireraie. 

Som Rozé(ts), derniers gazons au pied de TArpille au Sa- 
netsch : sommet des rochers. 

Les Sons, nom collectif des sommets du Mont Damin ou d'A- 
min, Neuch. 

Sonchaux, mont près Montreux : le sommet de la Ghaux *. 

Son Crettaz à Saint-Martin, Valais : le sommet de la Crête. 

Son-les Foux à Cuves près Rossinière : sommet des hêtres ; 
Çon les Foux! Siegfried qui fait la même faute dansÇon-l'Haut, 
Rossinière, pour Son-l'Haut, sommet de la colline. 

Son le mont, col à Château-d'Œx et pâturage à Rossinière : 
sommet du mont ; l'atlas Siegfried écrit celui-ci f o/i-le-Mont. 

Son la Ville à Montbovon, Son ville à Orvin, Son, Som Villa 
ou Vellaz à Suen, Grône, Nendaz, Riddes, Isérables, Saxon, Va- 
lais = sommet de la ville, village. 

Son Nax à Nax, Valais : le haut de Nax. 

Son Tor ou Theur, à Isérables, Valais : au haut du Tor ou 
Theur, soit de la colline. Voyez Teurre. 

Sonvillieps, D. Courtelary, Sonvelier, i3i4, Sumvellier, 
i337 • ^^ village du sommet. 

Sonceboz, D. Courtelary, Suntzelbo, 1826, Tr., Sunsebolsy 

* M. de Ginp^ins, Recherches, etc., écrit Souchaud (Subtus Chagi), soit sous 
le mont de Chaude. 



SONGEON — SONNAZ 441 

i46i, Arch. Schw. Gesch. VI ; d'après Gatschet, de Sundalbolt, 
D. pr. germain. 

Songeon du Bourg*, patois Sondzon, quartier d'Aigle, Son- 
geon du Liaugex, loc. à Aigle, Songeon d'Etrées en Chalex, 
Aigle, en i442 ; Champs du Songeon à Mordes ; Grand et Petit 
Songeon, sommets de Tarête qui domine Roche, au Songeon de 
Pré à Saint-Maurice, Songeon de la Praille au Bouveret, tous 
vallée du Rhône ; du v. fr. sonjon, sommet, patois sondzon^ 
mot que nous trouvons dans une charte valaisanne qui parle d'une 
vigne située apud Comba Somjon, environs d'Ayent, 1292, M. 
R. XXX, et dans ce texte latin « usque ad summitatem seu son- 
j'onum molarii predicti, et ab ipso sonjono descendendo usque ad 
aquam de Thez, i358, M. G. XVIII : jusqu'au sommet, soit 
son j on du prédit molar, et de ce sonjon en descendant jusqu'à 
l'eau de Thez. > Et dans Matile, i359, « ainsi que les aiguës 
chusent dès le songeon * de la dite montaigne » (de Chaumont) ; 
enfin une charte d'Aigle parle de « certain édifice existant au Su" 
met ou Songeon du Bourg d'Aigle, iôSq. » Le sens est bien net. 
Evidemment dérivé du latin summum, sommet, mais par quel 
intermédiaire? « Sumnionem donnerait bien sonjon, mais le suf- 
fixe ionem est aussi rare que le suffixe onem est fréquent. » (Bon- 
nard.) 

Sonnaîlley(ay), 3 pâturages du Jura sur Nyon ; Sonallon, pâ- 
turage de Bagnes ; semblent dérivés de sonnaille, sans qu'on 
s'explique pourquoi ce nom à ces pâturages plutôt qu'à d'autres. 
Est-ce que des circonstances particulières, des échos peut-être, y 
rendent les sonnailles plus bruyantes qu'ailleurs ? Sonadon, col 
et glacier au fond de l'Entremont, paraît être le môme mot avec 
la permutation 11-d, commune dans la vallée, gollie y devient 
gode. 

Sonnaz, ruisseau, affi. de la Sarine et 3 ham. sur son cours, la 
â^onn^, v. .der Weid, 1668, Bridel, Gons. suisse, V, 1801, ail. 
Suhn, Sun, 

^ Matile a songeon : faute d'impression ou de lecture. 



442 SONNAZ — SORBIERS 

Sonnaz, loc. à Ëssertines, D. Rolle ; vig'nes à Bursins ; 3 pâtu- 
rages aux Mosses d'Ormont, mons de Suna, 1829, Sonna^ i3i5, 
Sonne y i464. Ceux-ci peut-être du celtique sonno^ gothique 
sunno, V. h. ail. sunna, soleil ; ils sont exposés au midi, en plein 
soleil. 

Sonzier, ham. de Montreux, Sunsie, i2i5, 1260, Syonsie, 
1817, SionzieXy 14^7, Songy^ Dict. Lutz ; les formes diphton- 
g'uées par une permutation fréquente en patois, siau-seau. Songy 
près Saint-Julien s'appelait de même Sanzio, 1268, Sonzier, 
i885, Syonziery 1642 ; peut-être un {fundum) Suniciacum, 
domaine d'un Sunicius, gentilice cité par Holder, p. i66g. 

Soral, G. Genève, ou Serrai, Sorraz, 1286, M. R. XII, 170. 
Lutz donne aussi Saurai. Il y a un adj. fr. et provençal saur y sor^ 
jaune tirant sur le brun, qui pourrait peut-être s'appliquer à la 
nuance de la terre comme Blachoz, Rosset. 

Sor, Sore, préfixe du latin supra, sut, au-dessus de, en com- 
position dans 

Sorebennaz, alpes de Vejtaux, au-dessus du ruisseau, celte 
boinny voir Bennaz, 

Sorebois ou Sorbois, alpe d'Anniviers, au-dessus des bois du 
Ziroug". 

Sorecopt à Vufflens, Sorecoz(cort) à Conthey, Soremont, 
Ecoteaux, Serment, Soulce, Sermeulin, Châlel-Saint-Denis, 
Serneirivue à Neirivue, Seresévaz (forêt), et Sereplan, Atta- 
lens, Serepent, Ollon, Serevy et Servy, via, route, à OUon et 
Gryon, Servillard et Servilly à Ollon, au-dessus des ham. de 
Villard et de Villy, Sereussex à Frenières, SerosseXy carte Ro- 
véréa, et Serressex à Bex, Sores Saix, 1807 ; de saxum, Sex, 
s'expliquent d'eux-mêmes. Se trouve aussi en romanche : Sore- 
mont, Sorevie. 

Sorbier, loc. à Veyrier, à Myes, au Serby à Crans ; du sor- 
hier domestique, arbre rare, cultivé jadis, et dont nous avons vu 
encore quelques exemplaires aux environs de Myes, 1862-65 

Sorbiers à Ghardonne ; peut-être d'une autre espèce, thymier 
ou alisier. 



SORENS — SOT-PLAT 443 

Sorens, Gruyère, constamment Sorens du xii* au xix® s. , sauf 
un Sorans vers ii5o, Hîdber, II, ail. Soring ; Sorrens, loc. à 
Villars-Sainte-Groîx, Vaud = chez les descendants d'un Germain 
au nom parent de Sorulf. Le nom du village tessinois de So^ 
rengo en est l'équivalent italien. 

En Sorent, loc. à Aig'le ; probabl. le même nom que sorans, 
s. m. pi. (Bridel) = terrain inculte, ingrat. 

Sorge, affl. de la Ghamberonne près Lausanne, et ruisseau, 
affl. du Seyon, à Valangin, — aussi appelé Sauge, — comme la 
Sorge de la célèbre Vaucluse, subst. verbal du provençal songer, 
latin surgere, jaillir, source jaillissante. Sorgereux, plaine du — , 
loc. à Valangin ; dérivé du nom du ruisseau, en Seurgereux, 
1618. 

Somard, ham. de Nendaz, Valais, Surnach, ia5o == {fan" 
dum) Surinacum, domaine de Surinas, cognomen gallo-romain 
donné par Holder. 

Sorne, rivière du Jura, affl. de la Birse, une autre en Alsace, 
Sorna, 690 ; probablement forme contractée de Sarona^ et l'équi- 
valent de la Sarn saint-galloise ; de sar et ona, voir Sarine. 

Sornetan, D. Moutier, Sorneian 1161, Dict. Attinger, Sorne- 
tain, II 79, Sornetan, ii8i,Tr.; le nom allemand .S'orn^Ma/, 
i46i, Arch. Schw. Gesch. VI, 87, en donne le sens: vallée de 
la Sorne. 

Les Sors, loc. à Marin, Neuchâtel ; les Sorts, prés à Orbe ; de 
sors. s. m., ancien participe pris substantivement de sourdre, syn. 
du V. fr. sourse, sorse, s. f. -= source. 

Sorvilier ou Sopvillieps, D. Moutier, Sorurviliery 11 48, So- 
rorvHer, 1179, Sororvilier on Soroviliery i3o8, même charte, 
Sorunvilier^ i3i7, Sorvelier, i46i = village de i^orM//* d'après 
la forme de ii48 (permutation /-r et chute dey), n. pr. germain. 
Quant au nom ail. Surbelen, c'est une corruption du nom fr. 
moderne. 

Sorzettaz, prés au Châtelard, D. Vevey ; dim. du v. fr. sorse, 
source ; voir Sors. 

Sot^Plat, loc. aux Glées, pour Sor-Plat, sur le Plat, sur le pla- 



444 Es SOTS — SOUPLIAZ 

teau, fausse orth. de Ta lias Siegfried, due à Thabitude vaudoise 
de ne pas articuler Tr final. 

es Sots, ham. de Châbles^ D. Broyé, Frib. probablement autre 
forme de Sauts, voir ce mot. 

Sottens, D. Moudon, Sotens, 1147, Cart. Month., ii54, 1160, 
Sothens, 1161, Setens, xu^ s., Soutens, i453 = chez les descen- 
dants de SotOy n. pr. germ. Fôrstm., p. 11 17. 

Souaillon, loc. près Cornaux, Neuchâtel, dans un vallon 
marécageux, Suallon, 1626 (Jeunet) ; Soueillon à Chandolin. 
M. Alfr. Godet définit le premier abreuvoir aux porcs, aux bes- 
tiaux, du latin suilia, M. N. XXX, 288. 

Soubey^ aussi Soubez, village sur le Doubs, Berne, SubeiSy 
i^[\o-=: Sous bey ou Sous-bief^ au-dessous du bief, latin sub be- 
vio, comme Clarbey aujourd'hui Clairbief. 

Souboz, D. Moutier, Berne = sous (le) bois, sub bosco. 

Souchon, crôt près Montricher ; dim. de souche, voir Suche. 

Soud, loc. alpes d*011on ; En Sout à Préverenges, D. Morges ; 
forme masculine du v. fr. soute , s. f., partie inférieure, et de la 
locution en soute, au-dessous. 

Soulce, D. Delémont, ail. Sulz ; Suiza, ii48, Sulce^ 1288, 
M. R. VI, 655, Souz, 1262, Sultze, 1889, etc. Tire sans doute 
son nom d anciennes sources salées ou minérales, aujourd'hui dis- 
parues, comme Sulzbrunnen, Appenzell, anciennement salée, et 
Sulzthal, Argovie, source salée, contrairement à l'opinion de Gat- 
schet qui en fait des salicetum). Un autre Soulce, en France, fron- 
tière de Porrentruy, avait des salines : Salinas de Sulcea^ 1179. 
De la racine germanique suit, forme parallèle du v. goth. sait, 
parent du latin salsus, salé. 

Les Soûles, ham. et bois à Montherod, D. Aubonne ; pourrait 
être une autre forme de sole, portion de terre dans l'assolement. 

Souplas, loc. alpes de Ghâteau-d'Œx = sous le plat. 

Soupliaz, en Mont — , loc. à Eeublens, Supliaz, Ormont-des- 
sus, Suplia à Châtel-Saint-Denis ; de soupplla, brûlé, grillé, en- 
droit très exposé au soleil ; du verbe patois supplia, roussir. 



SOURDE — SUCHE 445 

La Sourde, source vauclusienne près Fleurier ; subst. verbal 
de sourdre^ jaillir. 

La Souste, ham. sous Louèche, Valais, ail. Siisten ; de Tall. 
sust^ ital. susta, entrepôt, douane ; c'était jadis le principal entre- 
pôt de la vallée sur la route du Lac à Milan. 

Souvy à Remaufens, Frib., Soz-via = subtus viam, sous la 
route. On trouve un Amodric de Souiz^ Sozui^ Sozvi, 1220, 
1287, ^^43, à Genollier, Gart. Oujon, M. R. XII, 26, 3o, 33, i32. 

Soyères ou Soyhières près Delémont, ail. Saugern. Nom fr. 
Sougere, 1102, Sohires, ii36, SoereSy 1139, Soires, ii48, ^^m- 
j ères y 1170, SoyriSy 1188, Soieres^ i388, — nom ail. Sugron, 
ï i']Oy Sogerorif 1 20^], Sogren, 1212, Sogron, 1288, Sougern, 
i335, Trouillat et F. B. D'après Gatschet, de socaria^ sogueria, 
collectif du bas latin socay souche, tronc, lieu défriché par aba- 
tage, où les troncs restent en terre. M. le prof. Bonnard y voit 
plutôt secariaSy dérivé de secare, scier, v. fr. soyer. Paraît être 
le même mot que sequièrey route dans une forôt, de secare. 

Aug. Quiquerez, M. N. VIII, 69, veut que le n. ail. Sogreo soit une 
contraction du nom de Sornegau, dont Tavouerie appartenait au château 
de Soyhière jusqu'en 1278. Cette contraction nous parait impossible, éty- 
mologiquement. Sogren est simplement la traduction allemande de seca- 
rias : C devient g, ière-en, comme Gampière, Gampenen, Savenière, Saf- 
neren. 

Sublage, sommet au Sanetsch ; peut-être de subllâ, siffler, du 
latin sibilare, mont où le vent souffle, v. fr. sabler, encore em- 
ployé par Rabelais et Marot. 

Subriez, clos de vignes à Vevey, Souvrae, 1228, M. R. VI, 
35 1, SnbruSy i525; de supra, au-dessus: partie supérieure du 
vignoble. 

Succop, ham. de Bossonens, D. Veveyse, 716 m. =z sub cor- 
iem, sous la court, sous le village, 768 m. 

La Suche, sommet, paroi taillée à pic au N. de Vouvry, Va- 
lais ; Suchet, sommet du Jura, sommet à Leysin, loc. à Champ- 
vent, Châtel-Saint-Denis ; Sucheron, ancien nom du Chasseron, 
d'après Lutz ; sommet principal de la Roche Blanche, au N. G. du 



446 sucHY 

ChasseroD ; Suchel, dim., lieu-dit à Pully, 1226, M. R. VU, a5i, 
Suchaud, loc. à Vaulion ; la Souche, presqu'île rocheuse dans 
une boucle de la Sarine, Frib., au Soutzet à Rossinière ; un 
perier a la Suque, environs de Vinzel, 1284, M. R. III, 54o ; une 
Suche ou Sotzé, vallée d'Aoste vers 1770, la carte des 4 Mande* 
ments d*Aigle, de Rovéréa, donne le nom de la Susse au grand 
rocher de Dailly qui domine à pic les bains de Lavej ; de souche^ 
soutze, souche, bûche, pointe de rocher ; suc en Dauphiné = som- 
met, montagne élevée. M otdis cuté : du latin soccuSy d'après Dietz 
et Littré. D'après Kôrting, d'origine germanique, dérivé du m. h. 
ail. schok, monceau, ou de stock, Holder rattache de nouveau ces 
mots avec le gaulois soccos, v. h. ail. sechy et avec Diefenbach il 
rapproche le m. latin soccay soccuSy zoccuSy l'italien zocco, le 
provençal soc, soca, souc, souca^ le fr. souchCy fr. et gaélique, 
soc^ anglais «ocAr, kymrique et breton swch^ comique soch, breton 
souchy romanche tschacha, tschocca, souche ; à Suche se ratta- 
chent les nombreux Tschuggen des Grisons (11) Saint-Gall (4) 
Berne (8), Valais, vallée de la Viège (6), les Zocco, Zocca du 
Tessin et partie italienne des Grisons (9) ; voir Brandstetter, Der 
Ortsname Tschuggen. 

Suchy, D. Yverdon, présente dans ses formes primitives deux 
groupes distincts : Suzchie, 885, M. R. VI, 182, Suichie, 12 18, 
Souchie, 12 19, Sochy, 1226, F. B. ; Suchie, 1227, Suschiey 
1233, Sachiez, 1270, M. R. VI et XIV, Suchy e, 1 317, et Solpia- 
curn, 885, M. R. VI, i32, et 888, Hidber, I, 170. Ce Solpiacum 
voisin d'Ëpautheires, de Gravaz, de Gorcelles, etc., ne peut être 
que Suchy. La première série de formes en ferait un {fundum) 
Succiacum, domaine d'un Succius (comme Achy de Accius), 
mais la seconde interdit cette traduction. Il ne reste qu'une res- 
source, c'est de considérer la première comme étant simplement le 
nom romand qui présentait la forme actuelle dès le ix® s. En effet, 
le texte de la charte paraît donner les deux noms latins et vul- 
gaires Solpiaco et Suzchie,.,. Clingerio et Clendie^ Gravato et 
Grava, M. R. VI, i32 ; c'est donc un (fundum) Solpiacum, do- 
maine d'un Sulpius, gentilice romain. Un autre Suchy, loc. à 



SUCRE — SUGIEZ 447 

Concise, et Suchiez, ham. de Neuchâtel, ont probablement la 
même origine. 

Zimmerli, II, 37, rapporte les formes Suzchie^ Suchie à Sugiez, D. 
Lac, Frib. ; c'est une erreur : sans parler des difficultés linguistiques 
d'un tel rapprochement, au xu^ s. Sugiez s'appelait Solzie ; voir Sugiez. 

Le Sucre, ruisseau à Gouvet, jadis le Secreuœ d'après F. Ber- 
thoud, M. N. IX, 167. 

Suen, ham. de Saint-Martin d'Hérens, Suanis, io5a, Saen, 
ii3i, Suaiçy 1200, Saeg, 1267, Suens, i23i, 1827, Suegn, 
1260, Suenfff 1262, 1276, Sueiriy 1268, Soeriy 1820, Suench, 
i33i, Sueyn et Suyn, i4ï7« On peut sans doute y rapporter le 
Giroldus de Xyens, 1287, ®^ ^® Perrussodus de SyenSy civis Se-- 
durij i333, M. R. XXX et XXXII. Gatschet, s'attachant à la 
forme isolée Suaig, le dérive du mot Sweig encore employé dans 
le Tyrol pour chalet, métairie, et cite 3 Schweik à Zurich et 2 à 
Berne ; mais les formes en ens, Suens, Syens rattachent avec évi- 
dence Suens aux noms en ingis, ens^ patronymiques germains, et 
en font un homonyme de Syens, Vaud, dit aussi Suens, voir 
Syens, ou un dérivé du n. germain Sucho qu'on peut déduire du 
nom de lieu Suchesdorf^ Fôrstm., II, 186. Quant au suffixe aig, 
il n'a aucun rapport avec le mot cité par Gatschet, c'est une simple 
graphie, employée surtout en Valais à cette époque pour rendre le 
son nasal, Ragdogny (i25o) pour Randogne, Neigda (1200), Nen- 
daz ; Salaig, 1200, Salins; Meiteg, 1272, Meitein ; Duig, 1208, 
Duin ; Buyg, 1260, Buin ou Binn. Cette graphie se retrouve ex- 
ceptionnellement dans le Cart. laus., Pagpignie, i235, M. R. VI, 
3i4* Ajoutons enfin Piç^'pignet, 1476, soit Pépinet à Lausanne, 
qui se prononçait (et aujourd'hui encore) Pimpinet. 

Sugnens, D. Ëchallens, Sugnens, 1177, 1182 et 1228, M. R. 
XII et VI, SunenSf i2o3, Suneins, 1226, Sugneins, i238, M. 
R. VI, i38, 656, Sugnyens, i453, Arch. Fr., Sugnens, 1668, v. 
der Weid = chez les descendants de SunnOy n. pr. germain, de 
la racine sunna, soleil. Fôrstm., 112g. 

Sugiez ou Sugy, village D. Lac, Fribourg, Solzie y 1162, 
Arch. Fr. VI, Sougg, Sougiez, i445, Sugi, 1668, v. der Weid, 



448 SULLENS — SYLVEUX 

Saugy, 1788 ; uq autre à Bevaix, Neuch. ; très probablement de 
(fandum) Soldiacum, propriété d'un SolidiuSy g'entilice romain 
dérivé du cogcnomen Solidus, voir Stadelmann, p. 4i- Ajoutons 
que Holder, p. i6o4) donne le fém. Solidia. Zimmerli rapporte 
par erreur à ce villag-e les Suzchie, Suchie du Gart. Laus. qui 
concernent Suchy ; voir ce mot. 

Sullens, D. Gossonaj, SollenSy 1180, 1278, M. R. V, 216, 
SoulenSy 1228, 1261, 1260, Sullens, 1287, ^^^l^^^t 1887, i453, 
1674, M. R., 1668, v. der Weid ±= chez les descendants de Solo 
ou de Sullo, n. pr. germain. Fôrstm., iii5 et 1126. 

Sully, m. et vignes à La Tour ; probablement, comme les Sully 
de France, un (fundiim) Sulliacum, domaine d*un Sollius ou 
SoliuSj g'entilice romain. Holder, 1602. 

Surpierro, D. Broyé, Fribourg, Suprapetra, ii42, Superpe- 
ira, ii47» Sereperra, ii84, Cart. Month. =sur la pierre: au 
sommet d'un rocher dominant la Broyé. 

Suseévaz, D. Yverdon, Sub Siha, iit^i, ii47» Suceoe, i3i5, 
Souceva, i368 = sous la forêt. 

Suse, rivière du vallon de Saint-Imier appelée vallem Susiri' 
gum, 610, Susînch, 1161 ; d'après Gatschet, du n. pr. germain 
Suso qui avait donné le nom primitif de la vallée, avant l'établis- 
sement de saint Imier ; le nom aurait passé à la rivière. 

Sussagnes, loc. à Bevaix, Neuch. = au-dessus des sagnes ; 
voir ce mot. 

Syens, D. Moudon, Ciens, x® s., Ciens in comitatu Wald, 
1001, Siens, 1228, Suens, i453 = chez les descendants de Sico, 
Sigo ou Sicho, variantes du même n. pr. germain ; de la racine 
siga, victoire. Fôrstm., p. 1086. 

Sylveux, bois à Gourtedoux, Jura bernois ; adjectif du latin 
Sylva, forêt, et suffixe eux = lieu boisé ; au Cerveusel, pâtura^ 
plus ou moins boisé à Saint-Imier ; de cerveux pour serveux, 
autre forme de sylveux, — comme servan de silvanus, — et suff. 
dim. el : lieu un peu boisé. 



TABLE — TAILLAT 449 

La Table, loc. à Bure, D. Porrentruy = terrain plat, nommé 
ailleurs Trablaz, Taulaz ou Tollaz ; voir ces mots. 

Tabor ou Thabor, Mont — , autre nom de la Dent d*Hérens ; 
corruption du nom valdôtain Montabert ou Montabel^ de mont 
et n. pr. 

Tabornaires, loc. à Orbe ; propriété du taborneiy du tam- 
bour ; les noms Taborin, Tabornaz et la Taborenaz, maisons à 
Savigny et Forel, paraissent avoir la même origine. 

Tabousset, ferme, vallée de THongrin ; pâturage près Géri- 
gnoz, Château-d'Œx ; loc. à Echallens ; chemin du Tabusset^ 
ruelle à Saint-Maurice, plan de 1722 ; d'après Bridel, tabousset = 
lieu où Ton se réunit pour causer, de taboussàj babiller, faire du 
bruit ; le provençsJ a tabustar, iabussar^ frapper à la porte, 
troubler. Le Tabousset de THongrin est à un carrefour où se 
croisent les chemins de Villeneuve à Château-d'Œx et des Or- 
monts dans la Gruyère ; ce pourrait être Tendroit où les pâtres se 
réunissaient pour causer et les passants y frappent souvent à la 
porte. 

Le Tâche, rocher escarpé sur Vouvry, Valais ; le Tache, pâtu- 
rage de Gruyère, le Tatzo, pâturage de Rossinières ; le Taque ou 
Tatchiet (dim.), ham. de Trient, sur un crêt très escarpé, Tazet 
(ts) à Conthey. De la famille de tache^ clou de soulier, patois 
tatche, s. m., clou, gaélique taCy clou, irlandais taff, pointe, etc. 
d'un radical tac dont l'origine est discutée. Le sens ici est d'abord 
celui de rocher escarpé, pointu, comparé à un clou, tatche, et le 
pâturage a pris le nom du rocher qui le domine. La Tache, pâ- 
turage, et les Taches, m. Vallée de Joux, même origine. 

Taconnet, Crêt — , à Neuchâtel, aujourd'hui à peu près rasé. 
Pourrait bien être le crêt (du) Taconnet^ nom vulgaire du Tussi- 
lage, Tussilago Farfara, Les Neuchâtelois pourraient dire si 
cette plante, fréquente dans les terrains argilo-calcaires, y était 
particulièrement abondante. 

La Taillât, m. et source dans les bois à Salvan, bois à Servion, 
source et m. près Bière ; la Taillaz, m. à Cernîaz près Moudon, 

M. D. SEC. SÉRIB, TOMB VII 29 



450 TAILLIÈRES — TALENT 

ham. de Corpataux et 4 autres loc. ; les Tailles, ham. de Curtilles 
et nombreuses forêts, Ollon, Etoy, Berolle, Yens, Mauraz, Donne- 
loye, etc. ; à la Talia à Monthey, TalUaz, 1696 ; Tallo, bois sur 
Montreux ; Taynz, loc. à Vétroz, es Tayea, prés et bois à Bonfol 
et les Toyes, prés et bois à Courtedoux, D. Porrentruy ; subst. 
verbal de tailler. L'orth. Taillât est une transcription du carto- 
gpraphe et il faut lire Taillaz = Tailles, v. fr. tail s. m. bois 
taillis ; les Toyes donnent les dérivés Toyers, prés à Vicques, 
et le diminutif les Toyerats, bois à Soulce, Jura bernois. 

TailUères, lac des — , aussi, faussement, Etalières^ Jura neu- 
châteloisy la chaul de Estaleres, 1 3o6 ; même racine avec suffixe 
collectif ière. 

Taillisse,s, 5 loc. C. de Fribourg ; forme fém. de taillis. 

Tairèche, côte boisée à Delémont ; pourrait être, nous suggère 
M. Isabel, tay = toit, pente, rêche, patois rêtse^ rude, raboteux, 
pente rude et raboteuse. 

Talent, rivière du Jorat, le même nom que celui de Toile ou 
Thièle (Thielle), de Thela ou Tela, xii» s., M. R. XII, Teyla, 
1265, Wûrstbg., Toyle^ i3oo ; ces derniers dérivent du cas sujet 
et Talent du cas régime, comme le démontre M. le prof. Bonnard 
dans la Revue hist. vaud., 1894, p. 92, 98. Ce nom de Toile est 
aussi donné au Nozon dans la partie inférieure de son cours, en 
amont du confluent avec le Talent. Citons encore la Tièle 
sous-affl. de la Birse à Delémont, la Theilaz, ancien bras du 
Rhône à Chessel, la Toile, près Roche, carte Rovéréa, ruis- 
seau naissant à la George, aujourd'hui Grand Fossé ; la Teylaz à 
Vouvry, plan de 1720 environ, la Teylaz, source à Colombey ; 
non loin de là, au territoire de Vionnaz, il y avait une Tela en 
1345 ; les trois désignent le même cours d'eau qui naît sur le ter- 
ritoire de Colombey et allait jadis se jeter dans le Rhône sous 
Vouvry; la Thièle est en ail. Zihl : flumen quod dicitur Cilae^ 
12 12, F. B. II, 22. Mot d'origine celtique, comme tous nos noms 
de rivières. Cette racine tel, te il est fréquente ; Holder y rat- 
tache le Tel-avius, fl. de Dalmatie, Telia, Seine-Inférieure, le 



TANNAZ — TARENT 451 

Toulon, jadis Tel-os, Dordogne, le Teil-is, aujourd'hui le Tbéols, 
Indre, et un autre Tel-is dans les Pyrénées orientales. 

La Tannaz, loc. à Yvorne, ham. de Flendruz, ruisseau à Pro- 
vence, ham. aux Pommerats ; la Tanna à TOr (l'ours) à Yvorne, 
la Tanna à TOura (vent), et la Tanna aux Chues (choucas), 
cavernes à Naye sur Montreux (voir description Gons. suisse VI, 
VI, 169, 168) ; la Tanne, ham. de Tavannes, à la Thanna à 
Zénauva, Frib. ; les Tannes, Ormont-dessus et Lessoc, etc. ; de 
tanna, caverne, italien tana^ origine inconnue. Dérivés Tanay 
(Tanney), ham. et lac sur Vouvry, entouré de parois de rochers ; 
Tanney, pâturage de Corbeyrier, dominé par de grandes parois 
de rochers, Tannet, alpes de Conthey et de Savièse, les Tannels, 
rochers à l'Haut de Vouvry ; Tanny, combe sous Dullit, Tany, 
pâturage d'Ormont-dessous, Taney, i355, TaneySy i43g ; Ta- 
naire, pâturage sur Mex, Valais ; de tanna et suffixes collectifs 
^yy y^ O'ire et dira, et 

Tannay, D. Nyon. Ni paroi de rochers, ni caverne dans cette 
localité de la plaine ; on ne peut donc rapporter ce nom à tanna. 
Il faut sans doute le rapprocher d'une autre racine celtique : tann^ 
chêne, bas breton tanu (d'où vient le fr. tan, écorce de chêne). Ce 
serait alors un tanne tum, soit, avec le suffixe collectif ay, endroit 
où abondent les chênes, l'équivalent des Chaney et des Rovray. 
Holder cite deux Tannetum. Pourrait aussi être, comme dans 
Tannay de France, un Taniacum, domaine d'un Tanius^ nom 
dérivé du cognomen TaniOy Holder, 17 19. Le manque de formes 
anciennes ne permet pas de décider. 

La Taouna ou Tauna, ou Thaoona, rivière de la Gruyère, 
affl. de la Sarine, la Tonnaz, i4i9) 1a Thonne et Tauna^ Dict. 
Lutz. 

Les Tardis, m. et prés à Monthey, loc. à Massongex, la Tar- 
dive, alpe à Monthey ; de tardious, tardif, Berry tardif provençal 
tardiu = (terrains) tardis, tardifs, où la végétation est tardive; f 
disparu comme dans bailli, jadis baillif. 

Le Tarent, 255 1 m., et le Taron, a48i m., deux sommets voi- 
sins dans la chaîne de Ghaussy, aux Ormonts ; paraissent appar- 



452 TARTEGNINS — TASSONNIÊRES 

tenir à la racine celtique taro^ taureau, pour tarvos. On connatt 
déjà le nom celtique du Taurodunum, latinisé Tauretunum, vallée 
du Rhône, environs de Saint-Maurice, le château du taureau. Ce 
nom est encore employé aujourd'hui, par exemple le Grand ou 
Gros Taureau, 1824 m., à la frontière neuchâteloise à TO. des 
Verrières. 

Tartegnîns, D. Rolle, villa Tritiniaco, xi« s., Tritigniaco^ 
1018, Tertinnie, Tertignie, xii^s., Tertinins, 1214, 1287, Ter- 
tinnins, 1220, M. R. V, 228, et XII, 24, 26, Tertignins^ 1262, 
1809, M. R. XII, M. G. IX, Tertggnens, 1266. D'après les formes 
primitives, de (praedium) Tritiniacam, domaine d'un Triti' 
nias, gentilice gallo-romain, dim. familier du cognomen Tritos, 
latinisé Tritus. Holder, 1969 ; les formes Tertinnia-gnie, peut-être 
par confusion avec le gentilice Tertinius, assez fréquent. Curieux 
par le changement de suffixe, qui à en juger par les 8 dernières 
formes en ferait un nom d'origine burgonde. On pourrait voir 
dans les formes en acum une transcription de notaire et considé- 
rer le nom comme d'origine germanique. Mais il n'y a là qu'une 
apparence. Nous avons ici quelque chose de semblable à ce que 
nous verrons à Trévelin. De Tritinius dérive, avec la métathèse de 
r, l'adjectif TertininuSy d'où reW/zim, faussement écrit Tertinins 
par une assimilation facile avec les suffixes des localités voisines 
Bursins, Luins. On a de môme Bourdigny, de Burdiniacum, et 
Burdignin de Burdininum (fundum). 

Le Tarteroux, pâturage à Vionnaz ; — en Bas Valais, /ar- 
tourif s. m. tartoule, s. f., désigne un terrain de peu de valeur, — 
probablement pâturage ou pré où abonde le tarteri^ en français 
Gocriste, Rhinanthus Gristagalli, tartave en Dauphiné, plante 
parasite qui vit aux dépens du fourrage : tartari est à Villeneuve 
le nom du Girse des champs, autre mauvaise herbe trop fré- 
quente. 

Tassonnières, ham. de Fully, de Ghardonne ; loc. à Saint- 
Livres, à Vallamand ; Tassonnaire(eyre), nombreuses loc. Vaud 
et Fribourg ; Tachonîro à Vernamiège, Tassony à Fully, Taxo- 
neyre à Troistorrents, Tachenoire à Cho^x, Monthey, es Taœon^ 



TATROZ — TAVEL 453 

neyreSy 1696; de taxonaria et t axo net um, iemer, de tasson, 
du latin taxonem, fr. taisson, blaireau. 

Nous pensons qu'il faut lire es Tassoneres la localité es Cassoneres 
circa torrentem (à Varone, Valais), 1249, M. R. XXIX, 415 ; de même 
Tassonai/ie à Ollon, atlas Siegfried, doit être lu Tassonaire. 

Tatroz, ham. de Remauffens, Fribourg, Tartro, 1228, i233, 
Tartrout vers 1280, M. R. VI, 207, Sgi, Tartraad^ i456, puis 
TartrauXy TatroXy 1578, Tatrau, 1668, v. der Weid, et enfin 
TatrauXy 1716, Tattraux pour arriver à Tatroz, orth. actuelle. 
Peut-être parent de tertre et du mot tuante^ employé en Brie = 
chemin escarpé dans une côte. Il y a une rude montée de la Broie 
au hameau, 706-750 m., et du hameau au village, 750-799 m. 

Tatto ou Tataz, Tattaz, dim. Tattettes, Tattets à la Côte- 
aux-Fées, une 8o« de lieux-dits de Genève à Cossonay : les Tattes 
de Saint-Paul à Genève, Tac tas S, Pauli, xiv* s. Le mot romand 
tattey patois tatta^ tact a, tacie dans les vieux textes, lieu en 
friche, lande, terrain maigre, improductif, parent par le sens de 
teppe, employé dans le Jura et les Alpes, est d'une origine encore 
inconnue. Serait-il possible de le rattacher à tactas (terras), du 
p. p. tactus, de iangere, qui signifie parfois tromper, duper, dé- 
pouiller? des (terras) tactas seraient ainsi des terres dépouillées de 
valeur, stériles, tactas devient tattes par la permutation italienne 
ct'tt comme factum-fatto, tract um-tratto, lactem-latte. 
Taulo, voir Tola. 

Tavannes, D. Moutier, ail. Dachsfelden, champs des blai- 
reaux ; le nom français actuel ne paraît pas avoir de rapport, mais 
bien les formes anciennes ; citons Theisvenna, 866, Tr. I, Tehis- 
venna, 885, F. B. I, Thesoenna, 967, TasvenOy ii47) ^^^' 
venna, 1241, TasvannCy i258, Tavannes, 1296, Tavennes, 1801, 
F. B. IV^, Tavagnes, 1864. Theis, Thés, Tas paraissent se rap- 
porter à Taxo, Dachs, venna est le mot venna, haie, clôture, 
donc clos des blaireaux. Aux Tavannes, loc. à Boffilens, Ta- 
vanny, m. à Bossonens, pourraient avoir la même origine. 
Tavé, voir Tavis. 
Tavel, près Fribourg, ail. Tafers, Tabernae vers ii5o, Ta- 



454 TAVé — TECK 

bernis, i255, TavelSj 1228, M. R. VI, Tavely i453, etc. ; 2<*hain. 
de Montreux, Tavelz, 1 260, S® anc. nom d'un faubourg d'Orbe, 
viens qui dicitur Tavel ou TabernaBj 11 go, et de la ville même, 
villa Tavellis alio nomine Urbam, d'un bas latin * tabellum, 
dim. de taberna, taverne. 

Tavé, le Grand — y sommet, alpes de Bagnes, Valais ; de tavé, 
planchette, du bas latin tavellum. Ta vis, chalets sur un petit pla- 
teau sous Champéry, Valais ; du patois taviy planchette, autre 
forme de tavé. 

Les Tavernes, D. Oron, autrefois Froideville, prit son nom 
actuel à la suite d'une concession de taverne accordée par LL. 
EE. de Berne en i542 (voir Pasche, Contrée d'Oron, p. 463, 699, 
492. 

Les deux noms continuèrent assez longtemps à être employés ; si 
nous trouvons « les granges devant Tabbaye d'Aucrêt, à présent appe- 
lées les Tavernes, » 1633, d'autre part on voit que les habitants dai- 
gnent encore leur commune sous le nom de Froydevillaz en 1679. 

Taveyannaz, village de chalets sur Gryon, Tauiglianaz^ carte 
Rovéréa, xviii® s., encore en 186 1 (Lutz) ; de la famille de tavé, 
tavi, planchette, du bas latin tavella, diminutif probable de ta- 
bula, et de tavillon, bardeau. Le pâturage présente un petit pla- 
teau, plat comme une planche ; de môme Tavallion, loc. à Sion 
en 1224, et Tavidon, loc. à Conthey, d pour 11. 

Taxerex (pr. tasseré), loc. vignoble d'OlIon ; au Taxerez à 
Blonay ; de taxeretum et taxaria, fr. taissière, terrier de blai- 
reau, du latin taxas, du v. h. ail. dahs ; synonymes de tasson- 
nière. 

Les Tèches (ou Tesches), loc. à Lavey, partie haute du village 
où les maisons, les toits sont comme entassés les uns sur les 
autres ; du vaudois tèche, patois tètsé, s. f., tas, piles de bois, de 
foin, etc., mot d'origine celtique, celte tegos, v. irl. et breton teg, 
plus tard fech, toit, maison, parent du latin tectum. 

Teck ou Théo, Fin du — , ham. d'Epauvillers, Jura bernois, 
ancien fief qui appartenait au xiv^ s. à la famille allemande des 
ducs de Teck. 



TEIS — TEMPOREYRE 455 

Teis,e, racine fréquente dans le pays, surtout dans nos Alpes 
romandes, tantôt s. m. ou f. : Teisaz, forêt et chalets sur Isérable; 
les Tays, bois sur Vionnaz et Massongex ; en Teys, Vérossaz et 
Ormonts, They (Tay) à Monthej, les Teys, pâturage à Esta* 
vanens, Tésets à Vionnaz, Tézet, bois à Muraz, D. Monthej, 
diminutifs; Thés6x(é, ez), une la^» de loc. des Alpes, Valais et 
Vaud, Tésex à Dorenaz, Thésailles, plateau près des Mosses, 
Château-d'GEx, collectifs ; — tantôt adjectif : Luy Taysa à Ley- 
tron, Luox Telse à Corbeyrier, Joux Teisaz à Ollon et Ville- 
neuve, Teisesjeurs, forêt à Rougemont, ham. à Château-d'Œx ; 
Jortèse ou Jorteise, autre nom du plateau d*Ayeme^ alpes de 
Corbeyrier ; Places Teysaz à Ollon, Teysachaux, alpes de 
Châtel-Saint-Denis, au Tey Vernay à Ollon, Flanthey, ham. 
de Lens et Plantey à Venthône, Valais ; les Ghampteys à Ley sin, 
Prauthey à Châtel-Saint-Denis, Pratey à Monthey, Prautey, 
1696, Preuthey à Vionnaz, Prautey, 1728. Rare en dehors des 
Alpes, cependant nous trouvons des Chantey à Moiry, Char- 
donne, des Champs Teys à Ferreyre, D. Cossonay, le Theycrêt 
à Boudry. Paraît représenter le latin tensus, tensa, participe passé 
de tendere, au sens de étendu, vaste, donc la pente rocheuse, la 
forêt, la place, la chaux, la vernaie^ le flanc, le plan, le pré, les 
champs, le crêt étendus, vastes. Voir aussi Thé. 

Ce mot est aussi employé aux Grisons. Tens, Tais, s. m. sous-entendu 
god, iiaul (forêt). M. Parmentier, dans son Vocabulaire des noms géo- 
graphiques des Grisons, traduit par « forêt dont l'exploitation est inter- 
dite, » soit forêt à ban. Cela ne contredit pas notre étymologie : il est 
naturel qu'une forêt en défens soit plus étendue que celle où Ton peut 
faire des coupes en toute liberté. D'ailleurs on voit que tais s'applique 
non seulement aux forêts, mais aux prés, aux champs, etc., où le sens 
de interdit ne saurait s'appliquer. 

Les Temaypes ou Ternaires, loc. pâturage de Perret, Valais ; 
endroit où abondent les temei, temé, fr. thymier, sorbier des oi- 
seleurs ; voir aussi Thoumalay. 

Tempopeyre, torrent à Savièse, Valais, atlas Siegfried. Est-ce 
une faute pour Temporeyve ? les chartes parlent d'une loc. Tem- 
poriva à Savièse, 1260, et 1274, 75, 78, 96, M. R. XXIX, XXX. 



456 TENADE — TERGIER 

On trouve vol. XXX, p. 142, TempurinOy sans doute coquille, n 
pour u. 

Tenade et Tenada, 2 loc, g'azons élevés, val Ferret, Valais ; 
peut-être de la racine celtique ten, irlandais tene, tenedy feu. 
Holder, p. 1794- endroits exposés à l'ardeur du soleil. 

La Tenda(z), pâturage à Salvan et champs à Ayer, Luc et Do- 
renaz, Valais ; subst. verbal de tendere, étendre. 

Tendronnaires, prés à Ecublens, D. Morges, la Tendronière 
à Grancy et Tendronney à Boussens, Etaguières ; prés où abon 
dent les tendrons, un des noms populaires de la Bug'rane épi- 
neuse, Ononis spinosa (Littré, Suppl., donne tendon) ; tendron 
s'emploie au même sens dans le Berry et y dénomme 2 loc. du 
Cher. 

La Tène, loc. au lac de Neuchâtel près Marin, station lacustre 
célèbre. D'après Desor, du latin tenais : « dans le patois local on 
dit l'eau est tène = peu profonde ; » l'eau y avait, avant l'abais- 
sement des eaux du Jura, 60 à 70 cm. de profondeur. Le subst. 
ténevière, lagune, employé sur les deux rives du lac, a la même 
origine : M. N. XVI, 222 ; du v. fr. tenue, mince, ténu — u con- 
sonifié, — et suffixe coll. ière. 

Les Teppes, pâturage pierreux au Saint-Bernard, les Teppaz 
à Fully, Ollon, les Tepes à-Vionnaz, la Tépaz, Ormont-dessus, 
la Tèpe, deux pâturages au Lieu, les Tappes à Valeyres-sous- 
Rances ; les Tiépettes, derniers gazons sur le pâturage de Der- 
bon, alpes de Gonthey, diminutif des précédents ; les mêmes que 
le dauphinois têpe, coteau gazonné, l'italien tepe, tepa, motte de 
gazon, espagnol, provençal et portugais tepe, gazon ; oriï^ine 
douteuse. 

Ter, lac — , Vallée de Joux ; dérivé habituellement de lacus 
lerlius, troisième lac (ainsi Dict. géog. suisse, 1788, Bridel, Lutz, 
1861, Dict. hist. G. Vaud, 1867). S'appelait au xiv^ s. Laylel = 
tout petit lac ; layi-el, dim. de layt, contracté de layet, petit lac, 
d'où par corruption layter, puis lac Ter, M. R. I, 2^ livr., p. 78. 

Tercier, ham. de Blonay, Estercie, i25o, M. R. XXIX, 437. 
Cette forme de 1260 est embarrassante. Sans cela on pourrait rat- 



TERMINE — TERRAILLET 457 

tacher Tercier à Terciacum, domaine de Tertius ; Jubainville cite 
deux villa Terciaco, D'un autre côté on ne peut lire es Tercie : 
es = dans les et ne s'emploie qu'avec des n. pi. Il faudrait suppo- 
ser une faute d'orthogcraphe et lire es Tercies, ce qui sig'nifierait 
(villas) Tertias, aux fermes de Tertius. D'autres formes anciennes 
pourraient aider à résoudre cette difficulté. 

Termine, Tète de —, alpes de Saillon, limite de Leytron ; 
Termino, loc. à Mage et à Chandolin d'Anniviers ; Termine 
Rosse, rocher sur Hérémence, limite de Vex ; du v. fr. ter- 
mine, s. m., borne, limite ; désigne des localités à la limite d'un 
territoire. Ilec Termin, rocher au bout de l'arête S. du Mont 
Fort, Bagnes, forme adjective. 

Le Terrage, loc. à Montreux ; pâturage de Vaulruz, Gruyère ; 
V. fr. terrage^ territoire, du bas latin terraticum, 

Terraillet à Bulle, Genève, aux Agettes, Valais ; le Teppaillon 
à Golombey, les Terraillats à Vionnaz, Terraillaz à Vouvry, 
Terrailly, loc. à VuUiens ; dérivés de terraily amas de terre. 
Tarreau, terreau a signifié canal, ruisseau : un petit Russeaulx 
ou terraulx (à Lutry), i536, délimitation de la Grande Largition, 
M. R. VII, 780. Il s'emploie encore de Martigny au Lac pour dé- 
signer les levées de terre qui bordent les canaux et, par extension, 
les canaux eux-mêmes : les Grands Terreaux à La Bâtiaz, le 
Grand Terreau à Dorenaz ; le Terraillon, les Terraillaz(ats) sont 
donc les petits canaux. 

Une supplique des bourgeois d'Aigle, de 1372, adressée au comte de 
Savoie, parle de « certains ierraux situé (sic) entre les possessions de 
ceux d'Aigle et ceux de Saint-Triphon, par lequel court certaine eau ap- 
pelée le Riesen, lequel terraux ceux de Saint-Triphon sont tenus de 
maintenir » — ce qu'ils ne font pas, — de sorte <c que la ditte eau appel- 
lée le Riesen court par les prés des dits d* Aigle... partant qu'il vous 
plaise... de mander a vostre Chastellain de Chillion soit a votre Vicedom 
d'Aigle... qu'ils commandent a ceux de Saint-Triphon a faire le dit ter- 
raux, le maintenir aveq un ou plusieurs ponts et de conduire la ditte eau 
appellée le Resin par le dit terraux. » Chartes d'Aigle, p. 24. Une 
autre de 1519 parle du Terraux appelé de la Teylaz près Chessel. 

Le Risen ou Resin, Resin, 1734 est appelé le Resent dans la carte 
Rovéréa vers 1750 qui désigne ainsi un ruisseau formé par la réunion 



458 TERRAULAZ — TEULE 

du ruisseau de Ghalex et d'un autre venant du territoire d*01k)n pour 
aller se jeter dans le Rhône à travers les marais du Duzillet. Les canaux 
creusés au xix^ s. ont changé toute la topographie : il n'en reste plus 
qu'un lieu-dit au Resent (pr. in). Ce nom de Risent, parent de reose 
dont il semble un diminutif, se retrouve dans des chartes des Ormonts 
qui citent une source^ ikfontem Risens 1315, fons Risen 1464 marquant 
un point de la limite entre Leysin et les Ormonts. Les plans cadastraux 
n'ont pas conservé ce nom. 

Teppaulaz, la — , deux pâturages d'Albeuve, Theraulaz^ atlas 
Siegfried ; en la Terraulaz, ham. de La Roche, Gruyère ; sous 
leur forme actuelle, de terre et suffixe dim. ola^ soit petite terre, 
petit domaine. Le dernier est Torigine du n. de famille fribour- 
geois Theraulaz : Petrus de la TiroulaZy i3o8, P. de la Teroulay 
i438, Hansa de la Tiroulaz, i5i8, Michel Tiroulaz, i54i, Peter 
TheroulaZy i586, Michel Theraula de la Theraulay 1694. Zim- 
merli, II, 129. Les anciennes formes montrent que les terminai- 
sons aula, aulaz, oula, oulaz ne sont que des variantes du même 
suffixe ola. Quant à Tr unique, au i et au th, qui pourraient faire 
hésiter à dériver de terre, il n y a qu'à comparer pour le r et le i 
avec Piraz, p. 346, Pirules, Pyroule^ p. 34i, de pierre, et pour 
le th avec de nombreux mots où Th est parasite. 

Territet, quartier de Montreux, Taritet, Lutz, 1861, sur les 
apports de terrain de la grève ; diminutif irrégulier du v. fr. ter- 
ris, terrain. 

Terroche, alpe de Gruyère ; de terre et suff. augm. oche. 

Tertre, ou au plur. Tertres, plus. loc. à la Côte, Vaud et Neu- 
châtel : Bôle, Auvernier, Epagny, Marin ; Tun d'eux, Terto, 
Terte, 1270, 1280 dans Matile ; un autre à Neuchâtel, Tertos, 
1374 ; du latin termitem ; d'après Ducange, de l'armoricain tertr, 
môme sens. 

Tétzés, Oèt (les — , forêt à Tour de Trème, Gruyère ; forme 
patoise de tèche, voir ce mot. 

Teule, la Ikirma — , au Muveran = la barme à Theulaz, 
l'abri, sous le roc, du nommé Theulaz, qui s'y réfugiait ou qui 
possédait le fauchage voisin. Theulaz, nom de famille bourgeoise 
de Bex (note de M. Isabel). 



TEURRE — THERMON 459 

Le Teopre (Theure ou Theurre), 2 ham. de Saignelé^er^ 
Theureux, ham. de Soubey, Theurillatte, colline et maison aux 
Breuleux, Teurillon à Bure, les 4 Jura bernois ; les Theux, 3 
crèts arrondis voisins à Pâquier, Neuchâtel ; Teoreaux, loc. à 
Bex, Tore, colline arrondie sur Pleigne, D. Delémont, en Taure 
â Reclère, le Taure, colline arrondie à Saint-Ursanne ; au Turé, 
loc. à Conthey ; dans le Berry tune, dim. tareaUy en provençal 
topy éminence ; dérivés divers et diminutifs, permutation o-eu-u, 
du latin torus, tore, au sens de localité élevée, crèt arrondi ; pour- 
rait aussi se rattacher au celtique : gaélique torr, monticule, 
éminence, irlandais tor ou ihor. 

A la Thanna, ham. de Zénauva, D. Sarine, voir Tanna. 

Thau ou Tau, bois à Chillon, loc. à Vernex-Montreux, m. à 
Blonay ; de thau ou tau, nom patois du houx. 

Thé à Roche-d'Or, Eclépens et 4 autres loc. Frib. ; au They, 
bois et loc. à Puidoux, Veytaux, Corbeyrier, Morgins, Semsales ; 
les Theys et au Thay, Ormonts ; la Joux des Theils, forêt à 01- 
lon, Grandty, ham. de chalets, Val dlllicz, le Té à Dorenaz ; du 
patois té, ty et du v. fr. teil, latin tilia, tilleul. Voir cependant 
Teis, car pour certaines formes il est difficile de décider entre les 
racines tels et teil, 

Theilaz, voir Talent. 

Théodoncourt, ham. de Ghevenez, D. Porrentruy = cour de 
ThiodOj TheodOy n. pr. germain, de la racine gothique thiuda, 
nation, famille. Fôrstm., p. 1169. 

Theraulaz^ 3 pâturages sur Montbovon ; probablement du nom 
de famille Theraulaz, voir Terraulaz. 

Thermen, D. Brigue, fausse orth. pour Termeny — comme 
Bridel récrivait en 1820, — Terman, i233, 1267, 1290, nom 
d'origine romane ; non point de thermes, mais du fr. terme, 
limite, il est à Textrémité du territoire de Brigue auquel il se rat- 
tachait autrefois. A la même racine se rattache Terminun, Ter^ 
minon, xiii® s., etc., du v. fr. termine, que M. Gremaud, M. R. 
XXIX, p. 597, attribue à Termen, mais qui désignent Visperter- 
minen, aujourd'hui Visperterbinen. 



460 THET — THOUMALAY 

Au Thet, ham. d'étables sur Finhaut, Valais, Tey, atlas Sieg-- 
fried ; de iecium, Berry tet, étable. 

Thévenon, Lutz, ou Tévenon, carte top. vaud., chalet et mont 
sur Mauborget, D. Grandson. M. Isabel nous sig-nale la famille 
ThévenaZy bourgeoise de Bullet ; c'est là Torigine probable, le 
chalet du « petit Thévenaz. » 

They, voir Teis. 

Thièle, voir Talent. 

Thierrens, D. Moudon, Tierens vers ii5o, Tyerens et Thi/e^ 
rens, ii54, Gart. Month., Tyerrens et Tierrens, 1228, Tien- 
reins y 1288, M. R. VI, 17, 661 = chez les descendants de Theo^ 
dari, n. pr. germain, de thiuda^ famille, et hari^ guerrier. 

Le Thîeu, Ghamp de Thieu à Evionnaz, champ de Queue, de 
Queuœy 1786, de Thiaux, 1760; autres formes du patois KieUy 
Keu = col, voir Gœur. 

La Thiole, pâturage sur Lignerolle, Thyolhnz, loc. à Salins, 
Valais = patois thiole ou tiole, tuile, du latin tegula^ au fig. 
pour petite plaine, petit plateau, figure analogue à celles de Tavis,. 
de Planche, etc. 

Thioleyres, voir Tioleyre. 

Au Thomassey ou les Thomassays, ham. d*Ormont-dessus, 
en la Thomassière, 1608 ; du n. pr. Thomas , famille qui y exis- 
tait en i4o2 (renseignement donné par M. Isabel.) 

Thonex, G. de Genève, Thonnai/, 1208, Tonnay, 1220, Tho- 
nay, 1280, Thongnay, xiv« s., M. G. IV, ï5, VII, 294, XVIII, 
129, XXI, 124, Thonneyy i4i8, etc. D'un dérivé en acum d'un 
cognomen gallo-romain. D'après Gatschet, autre forme du bas 
latin teloneum, péage, fr. tonlieu, difficile à admettre, le 1 ne pa- 
raissant nulle part. 

Thoumalay (ou Toumalay), pâturage de l'Etivaz, Pays-d'En- 
haut, Tymalé, 1276 ; Tomeley, chalets et forêt près de la For- 
claz, Ormonts, Themaley, 1489 ; le Temeley ou Tumelay, loc. 
à Salvan, au Temeliey à Troistorrents ; le Tumelet, loc, alpes 
de Liddes, Valais ; dérivés de fhemala, s. f., ou themUy s. m., fr. 



THYOU — TILLE 461 

thymier, ou sorbier des oiseleurs, et suffixe collectif ey •=: pâtu- 
rage où le thymier abonde. 

Thyon, pâturag'e et sommet à Vex, Valais, Tyons, 1260, 
Ti/on, 1269, Thions, i34o, Tion, Lutz, probablement d'origine 
celtique ; rappelle le nom de Teone, aujourd'hui Thiant, dép. 
Nord, cité par Holder, 1791, sans étymologie. 

Tîerdoz, le, au — , i5 loc. Vaud et 7 Fribourg; variantes: le 
Terdoz, Groy et Provence, Vaud, et Gletterens, Villargiroud, 
Frib. ; au Terdeaux à Vufflens-la-ville (orth. d'arpenteur), le 
Tiedoz à Chandolin, Valais, et à Eclagnens, Vaud, Tierdzoz à 
Eclépens et Villariaz, Tîorzou à Praz, D. Sarine ; Trîdoz à Saint- 
Martin d'Hérens ; formes primitives : ou Terdo à Ecuvillens, xii® 
s., Theyrdo à Sion, i3oo, Treydo à Hérémence, i34i, loz Trie- 
doz, 1875, ou TierdOj i4o8, à La Roche, los Thierdos^ ^479, ^ 
Praroman. Les formes les plus anciennes montrent que la diph- 
tongue est postérieure. C'était jadis un n. commun ; « un tîerdoz 
en Race Martin » à Autigny, i44i> le Bionterde, nom en i4i3 
de la Petite Ronde, fermes aux Verrières ; d'après le Dict. géog. 
suisse d'Attinger = le Riond Terde. Probablement substantif ver- 
bal de l'infinitif v. fr. tendre ou tierdre, du latin tergere, pro- 
prement essuyer, puis purifier, nettoyer en essuyant, qui a pris 
ici le sens de nettoyer d'une manière quelconque, terrains net- 
toyés, débarrassés de broussailles, de tout ce qui les rendait im- 
propres à l'agriculture, le patois dit par métathèse tredre, tirer 
dehors, arracher. Terdoz correspond donc à peu près à Essert. 

Tiers, ham. de chalets en face de Ghampéry, la Tierce et dim. 
Tiercette, champs à Vionnaz, es Tierces, champs à Vérossaz, 
Valais ; les Tercets, à Villars-sous-Mont, dimin. ; part, passé du 
verbe v. fr. tierdre, nettoyer, au sens de défricher, (prés) tiers, 
(terres) tierces ; voir le mot précédent. 

Tieudray, loc. à Bagnes = Cœudray ; permutation k-t et diph- 
tongaison eu-ieu, lieu où abondent les noisetiers. 

La TîIIe, torrent de — , à Troistorrents, Valais ; loc. à Fey, 
Vaud ; les, aux Tilles à Rennaz, Provence, Péry ; de tille, s. f. 
du latin tilia = tilleul. Les dictionnaires, même celui de Gode- 



462 TINE — TIOLEYRES 

froy (Dict. du vieux français), ignorent le mot tille = tilleul. Gro» 
defroy donne tille , bois de tilleul, la matière ligneuse. Il est em- 
ployé chez nous au sens d'arbre et nous trouvons dans Kuenlin, 
Dict. géog. Frib. 1, p. 3oo, « le Tilleul (de Morat, à Fribourg)^ 
vulgairement la Tille. )► Tille a de nombreux dérivés, Tilly, — ey^ 
— ay, — ex, — îez, — iex, Teilly, Teley, Teliay, de tilietum, 
bois de tilleuls ; Tillots, Tillets, Tillats (Jura), Tillettes, Teliié- 
taz, Berolle, diminutifs ; Tellyres à Iserables, Tileriaz à Eclé- 
pens, Tilleries à Ëpendes, Tillery à TAber^ment ; de tiliariCy, 
tilleraie. 



Peut-être certains Tilli/{ — ay— ey) pourraient-ils être d'anciens 7Y/* 
liacam, propriété d'un Tillius, gentilice assez fréquent Holder en cite 
36 (villages) en France. Nous n'en avons pas reconnu jusqu'ici dans le 
pays romand. 

La Tine, ham. de Rossinières, la Tïna, TinaZj i256, Zeerl. I,. 
la Tyna, 1294, M. R. XXII, 44 1, Tinaz, xv« s. ; de tine^ cuve> 
à cause de sa position dans un bassin arrondi ; à côté est le ham. 
de Cuves ; de même un ham. d'Ormont-dessous sur la Grande» 
Eau ; la Tine de Conflens (confluent), profond bassin au confluent 
de la Venog-e et du Veyron ; la Tinaz, torrent, alpes d'Ardon ; les 
Tines, ravin du Boiron de Nyon ; la Tinière, torrent à Ville- 
neuve, Tyneres, ii5o {Tineries dans Gibrario, I, p. 62), Tigne- 
ria, 1289, M. R. XII, 5, 68, Tiyneriz, 1276, Tignieriay i4o2 ; 
même racine tine^ avec le collectif ière : rivière formant de nom- 
breuses tines. 

Tinterin, D. Sing-ine, Frib., ail. Tentlingeriy i434> Rec. dipl. 
VIII, Tentlicherij i449» Arch. Fr. V, 428, 28, Tentenens vers 
1200, Donat. Haut., 1824, M. R. XXII, TenterenSy i445, Tente- 
rin^ 1861, Lutz, permutation 1-n-r = chez les descendants de 
Dandil, Dindil, n. pr. germain. 

Tioleype-aîre ou Thioleyre, TioIIire, etc., nombreuses loca- 
lités, hameaux et une commune vaudoise : les Thioleyres, D. 
Oron, Thiolere, 1267, M. R. Xll = tuilerie ; du patois tiole ou 
thiole, y. f. tieule, tuile, du latin tegula et suffixe patois eyre. 
(Studer fait de Thioleyre un dérivé de Thièle, rivière) ; la Tiole- 



TISSINIYA — TOLEURE 468 

rette à Bevaix, loc., emplacement d'une ancienne tuilerie, dimi- 
nutif. 

Tissiiiiva(z), 3 pâtarag'es au N. et 2 au S. de Gharmej, 
Gruyère, Trissiniva^ ii46, dans Matile, I, 10, Tissinia^ même 
acte, Hidber, II, fautes d'impression? Le P. Dellion rapporte ce 
nom de Tissiniva à Zenauva : erreur manifeste. 

Les Toches, loc. à Saint-Greorg-es, m. à l'Isle ; les Tochettes, 
diminutif; n. commun v. fr. toche^ s. f., bouquet de bois; à la 
Côte, Vaud = parcelle de forêt vendue aux enchères, que l'acqué- 
reur est charg-é d'exploiter, ou de terrain communal qu'on reçoit 
en loyer ou gratuitement, pour la mettre en culture. 

La Tofa, petit ham. de Dorenaz, Valais ; probablement le même 
que le précédent = toche, bouquet de bois, avec permutation ch- 
y*, usitée dans la localité : tout près OufiPettes pour Ouchettes, Sa- 
lanfe pour Salanche. 

Toffeyre, ham, à Gorpataux, Treyvaux, Hauteville, Toveyre 
(Tho), 8 loc. Vaud ; Touvîère, 3 loc. Genève ; les Tovaypîers, 
collectif à Vionnaz ; Tofûère, Convers et Brenets, Jura = tufière, 
carrière de tuf, du latin topharia^ de tophuSy tuf, de l'osque to- 
fus d'après Kôrting. Le Tové(ex), torrent des Evouettes, Tovex à 
Leysin, Monthey, Sierre, Thoveria^ 1376, et Ormont, Thoueria^ 
i332 ; un Toves à Sion, 1260, un Jo dol Toves à Saxon, 1267 ; 
Thovex(ey) à Lens, Corbeyrier, Blonay, Toffé à Lessoc ; de to/e- 
tunij même oriçine. Tovassières (et Tovachire), 5 ou 6 loc. Va- 
lais ; Tovassire à Ollon, Tovasson à Port- Valais ; même racine 
avec le suffixe dépréciatif asse, localités où se trouve du mauvais 
tuf, de la corgneule, roche qui ressemble au tuf sans en avoir les 
qualités. 

Corbeyrier a une famille Dutbovex, dou Thovex, 1403, faussement lu 
dou Thonex dans M. R., 2e S., II, 139. 

Les Toises, plus. loc. ; du bas latin tesa^ teisa dans Ducangpe, 
du participe fém. tensa^ de tendere, pris substantivement ; voir 
Teise. 

Le Toleure, affluent de l'Aubonne, Tolère y 1597. 



464 TOLLAZ — TOMBEY 

La Tollaz à Estavaneos, en Thola au Châtelard, Frib., les 
Toutes à Bourg--Saint-Pierre, Roug-emoot, Saint-Légier et 3 loc. 
Frib., la Thoulaz, prés à Saxon, Toulaz aux Agettes et à Mage ; 
sommet aplati sur Liddes, prés à Vernayaz, m. à Bulle ; les 
Tholes, Jorat de Lausanne, chalet des 1 oies y ikl^y aujourd'hui 
Chalet de la Ville; les Thoules à Moudon, la Tola, crêt aplati à 
Thierrens, es Taules à Remaufens, la Bella Tpla, sommet d*An- 
niviers, et les diminutifs ToUettaz à Ennej, Frib., Toulette à 
Salins, Valais, Toulin à Saxon et peut-être les collectifs Toulière, 
ham. de Charmoille, et Toulayes, écart de Gorsier, Vevey ; du 
latin tabula, d'où les mots patois taula et fr. tôle ; es Tola à 
Prez, xii« s., tolam de Gyrundaz, 1876, plateau de Géronde, Va- 
lais, toula dans Bridel = planche de jardin ; a été employé au 
moyen âge pour désigner les terrasses de vignes appelées aujour- 
d'hui raisses de Vevey à Bex. « Ricardus possidet tolam vinee en 
Pois, » Cart. Laus., M. R. VI, 36i. En Taulan, loc. sur Mon- 
treux, Taulard, m. à Romanel-Lausanne, les Toulards, alpe 
d'Anzeinde à Bex, môme famille. 

Tollépon, Canal — , grand canal d'assèchement de la vallée du 
Rhône, collecteur des eaux de marais entre Saxon et FuUy ; du v. 
fr. follir, ioloir, du latin tollere, enlever, supprimer. 

Tolochenaz, D. Morges, Tolochina, 10 fois de 56i à i/l53, 
Tolochene, 598, Tolochino, 1178, M. R. VII, 21, Tolozzina, 
1221, M. R. VI, 298, Tholochinaz, 181 3. Gatschet le tire de 
teleonaffium, dérivé de toloneum, nom d'une sorte d'impôt, de 
péage ; c'aurait été le lieu où l'on percevait le péage des marchan- 
dises arrivant par le lac, mais ni la forme du mot ni la position 
de la localité ne se prêtent à cette étymologie. 

Le Toloveau, ham. de Puidoux, Lavaux, Tolonval, I2i5, M. 
R. I, 26 livr., i48 ; cette forme montre qu'il faudrait écrire 7b- 
lo{n)vaux ; probablement nom composé, vallée de Tollo, n. pr. 
germain. Fôrstm., p. 1202. 

Tombey, ham. à Grône, Valais et loc, à Ollon, Moiry, Féchy, 
Echandens ; Tombay à Yens, Ghardonne, Romanel ; Tombex, 
ham. à Neyruz et 5 autres loc. Frihouîi^; Torab6(ex) à Gham- 



TOMMAZ — TORGLENS 465 

pagne et Corcelles, D. Grandson ; les Tombettes à Aigrie ; Tom- 
bet à Auvernier, Tombey^ 1280, Tomba, m. à Thierrens, TVim- 
bay à Neuchâlel, 1874; un Tumbai, 1218, ou Tombei, 1282, 
lo Tomboie, 1288, près Joulens, Morges, M. R. VI, 692, 662 ; 
un Tombey à Chalez, Valais, 1271 ; probablement partout em- 
placement d'anciens cimetières helvéto-burgpondes (Verschiez) ou 
burgondes, Féchj, Champagne et Corcelles; du latin tumba, 
tombe. 

Tommaz, loc. à Nendaz, Valais, Tommes, chalet à TEtivaz. 
Probablement le romand tomme, employé au sens d'éminence ar- 
rondie. Le romanche emploie également tomma pour désigner 
une colline arrondie, ainsi 7b/n, Toma, monticules arrondis près 
Elms, Grisons, et Tomma à Flums, Saint-Gall. 

Top, loc. à Vercorin, Sustor, Sutor, Sus Top {sus, au-dessus), 
loc. près Vex, Tops, majens à Iserable, Som Top (som = au 
sommet de), au-dessus de la localité précédente ; la Gpand Toz, 
saillie rocheuse près du col de Cheville ; du v. fr. tor^ tour. 

La Topche, ham. de Vaulion ; ham. de Vallorbe au Saut du 
Daj ; m. à Vaulruz, Gor de la Topche à Fribourg ; parent du n. 
c. torche ? Nous penchons plutôt à le rattacher à fourche et à 
Truche, voir ce mot. 

Topbesse, Pointes de — , sommité à 2 pointes sur Fionnaj, 
va