(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Essai d'une faune des Myriapodes du Mexique : avec la description de quelques espèces des autres partes de l'Amérique"

v— ""€•*■ 




MEMOIRES 



POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE NATURELLE 



DU 




^fPxfo 








DES ANTILLES ET DES ÉTATS-UNIS 



Henri de SAUSSURE 

Membre ordinaire de la Société de Pbytique et d'Histoire naturelle de Genève, 

CormpondaDl de la Société philomatique de Paris, des Académies de Philadelphie et de la Nouvelle Orléans, 

de 's Société Impériale des Naturalistes de Moscou, de la Société 

d'Histoire naturelle de Hambourg, etc. 



Ile LIVRAISON 

MYRIAPODES 



GENÈVE 




chez l'auteur et chez les principrux libraires 



1860 



— «©{ GENÈVE. — IMPRIMERIE JULES FICK. )Qe>— 




MÉMOIRES 



POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE NATURELLE DU MEXIQUE 

DES ANTILLES ET DES ÉTATS-UNIS 



DEUXIÈME MEMOIRE 



ESSAI D'UNE FAUNE 



DES 



MYRIAPODES DU MEXIQUE 



AVEC LA DESCRIPTION DE QUBLQUES ESPÈCES 



DES AUTRES PARTIES DE L'AMERIQUE 



Henri de SAUSSURE 

Membre ordinaire de la Société de Physique et d'Histoire naturelle de Geoève , etc. 




GENÈVE 

IMPRIMERIE DE JULES-G™ FICK 
4860 



5~AS> 



ESSAI 



D UNE 



FAUNE DES MYRIAPODES 



DU MEXIQUE 



AVEC LA DESCRIPTION DE QUELQUES ESPECES DES AUTRES PARTIES 

DE L'AMÉRIQUE. 



PRÉFACE. 

Ce Mémoire a pour but de faire connaître les Myriapodes que j'ai 
récoltés en Amérique, particulièrement au Mexique, aux Antilles et aux 
Etats-Unis. 

J'avais d'abord entrepris l'étude de ces animaux en collaboration avec 
M. Aloïs Humbert, conservateur du Musée d'histoire naturelle de Ge- 
nève, mais je n'ai malheureusement pu profiter longtemps de son se- 
cours, un voyage lointain l'ayant subitement arraché à ses occupations 1 . 
Néanmoins, je ne puis omettre de dire que, malgré le peu de durée de 
nos études collectives, le concours de M. Humbert m'a été extrêmement 
utile pour la détermination des espèces et pour leur examen prépara- 
toire. Je tenais, avant d'entrer en matière, à faire savoir que M. Hum- 

1 M. Humbert a entrepris une exploration zoologique dans l'île de Ceylan. 

1 



2 essai d'une faune 

bert a contribué pour une certaine part à l'achèvement de ce travail, 

afin de lui rendre l'hommage de reconnaissance qui lui est dû. 

Quoique ce Mémoire porte le nom d'Essai d'une Faune des Myriapo- 
des du Mexique, il est très-loin de réunir la totalité ou même la majo- 
rité des animaux de cette classe qui habitent le Mexique. Il ne traite 
même pas de toutes les familles qui sont représentées dans ce pays, 
mais seulement de celles des Oniscodesmides, des Polydesmides, des Ju~ 
lides, des Scolopendrides et des Geophilides. 1 Ce travail n'est donc qu'un 
premier essai, comme l'indique son titre ; il est surtout destiné à four- 
nir des matériaux pour une faune plus complète du Mexique, et à faire 
connaître quelques espèces propres à d'autres parties du Nouveau 
Monde, qui serviront pour l'établissement de la faune de l'Amérique 
septentrionale en général, c'est-à-dire de cette partie de l'Amérique 
continentale et insulaire qui se trouve située au nord de l'Isthme de 
Panama. 

Je n'ai pas cru mal faire d'ajouter à la description des Myriapodes 
de ces contrées celle de quelques espèces, originaires de l'Amérique 
méridionale. L'introduction de ces espèces au milieu des autres per- 
mettait de comparer un plus grand nombre de formes, et conduisait 
à une classification plus complète. Comme ces dernières appartiennent 
aussi à la faune américaine, je ne pense pas qu'elles puissent paraître 
déplacées ici, quoiqu'elles sortent un peu du cadre qu'indique le titre 
de cet ouvrage. 

Un extrait de ce mémoire, contenant les diagnoses préliminaires des 
espèces, a paru en 1859 dans le tome XIII de la Linnœa Entomologica. 
J'y fais référence plutôt pour la date que dans le but de citer une note 

1 Celle des Scutigères existe aussi au Mexique, comme nous l'a révélé un individu trop 
mal conservé pour être décrit. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 3 

que sa concision rend d'une utilité secondaire du moment où le travail 
dont elle est l'extrait a vu le jour. D'ailleurs,, ayant introduit quelques 
changements dans la répartition des espèces et dans leurs noms , j'ai 
jugé nécessaire de donner toutes les citations synonymiques pour faire 
éviter les confusions. 

Dans la note ci-dessus mentionnée j'ai déjà dit que l'étude des My- 
riapodes ne conduisait pas à des résultats aussi satisfaisants pour l'es- 
prit que n'en fournit celle d'autres articulés, et je dois ajouter que la 
description de ces animaux est un travail qui m'a paru rebutant par 
l'impossibilité d'arriver à la certitude dans la fixation des espèces. Les 
descriptions les plus détaillées ne suffisent pas toujours pour les faire 
reconnaître avec précision et le secours que peuvent fournir les planches 
dans leur distinction est toujours assez limité. En effet, les dessins qui 
accompagnent les descriptions ne peuvent être assez absolument exacts 
pour rendre compte des nuances de forme minutieuses par lesquelles 
les espèces sont graduées. Les appréciations légèrement variables selon 
l'œil de l'artiste ou de chaque observateur, la position particulière du 
sujet figuré, enfin les petites inexactitudes qu'introduit toujours la re- 
production des dessins par la gravure, et qui pour d'autres animaux 
restent sans conséquence, dépassent souvent dans ce groupe la limite 
des caractères et suffisent pour rendre certaines espèces presque mé- 
connaissables. 

La reproduction des animaux par voie graphique doit moins 
fournir l'image identique de la nature qu'une sage interprétation des 
caractères. Il y a certains traits qui doivent être mis en relief par une 
exagération insensible, afin que le dessin cadre avec Yimage zoologique 
que le naturaliste conçoit dans son esprit, où il fait abstraction de l'en- 
semble pour ne considérer que les organes caractéristiques. Chez les 



4 ESSAI D'UiNE FAUNE 

Myriapodes cette exagération idéale est toujours malheureuse; elle met 
trop en relief des caractères insensibles et fausse la nature au lieu de 
l'interpréter. D'un autre côté, si l'on n'y a pas recours, les caractères 
restent insaisissables, les dessins se ressemblent tous, et sont d'une dis- 
tinction plus difficile encore que les espèces qu'ils .sont censés repré- 
senter. 

Enfin , il y a encore d'autres sources d'erreurs dans les apparences 
trompeuses que produit l'extensibilité du corps de certains types, dans 
les différences des sexes, etc., etc. 

Aussi, tout en livrant à la publicité celte partie des Mémoires sur 
l'histoire naturelle du Mexique, je dois prévenir le lecteur que ce travail 
ne m'a pas entièrement satisfait. Je crois pouvoir répéter ce que je di- 
sais dans ma note préliminaire 1 , qu'il sera bien difficile d'arriver à faire 
distinguer les espèces avec précision, lors même qu'elles seront carac- 
térisées par de longues descriptions, accompagnées de bonnes planches. 
En tous cas il faudrait, pour venir en aide à la description, des planches 
aussi parfaites que possible, tracées par un burin habile, guidé par la 
sagacité de vue du naturaliste. Malheureusement il m'a été impossible de 
réaliser ces conditions, du reste bien rares dans les ouvrages d'histoire 
naturelle 2 . Ne pouvant faire exécuter mes dessins sous mes yeux, obligé 
de les faire graver à Paris, la partie matérielle de la publication de ce 
Mémoire laisse beaucoup à désirer, et je crains qu'elle ne soit pas pour 
la détermination des espèces d'un secours aussi grand que je l'avais 
d'abord espéré. 

1 Linnœa Entomologica. XIII, p. 320. 

2 La partie entomologique de l'exploration de l'Egypte, exécutée par Savigny, est presque le 
seul ouvrage d'entomologie qui les réalise complètement, et, sous ce rapport, il doit servir 
de type. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 



INTRODUCTION. 



En parcourant ce Mémoire, on jugera par la variété des espèces qui 
s'y trouvent décrites, de la grande place qu'occupe la classe des Myria- 
podes dans la faune entomologïque du Mexique et de l'Amérique en 
général. Cependant je suis loin d'avoir pu rassembler toutes les espèces 
de ce groupe qui peuplent en grande abondance le sol de ce pays si riche 
et si varié. La famille des Polydesmides, en particulier, a offert une re- 
marquable série d'espèces nouvelles, dont la majorité paraît être spéciale 
au Mexique. Cette série montre combien l'Europe comparée à l'Améri- 
que est pauvre en Myriapodes, et combien ses espèces sont plus petites 
que celles du Nouveau Continent, non-seulement dans les parties chau- 
des de ce dernier, mais encore sous la zone tempérée. 1 

Le genre de vie de ces animaux esl très-variable selon les ordres, 
mais il n'offre aucun de ces faits moraux étonnants dont l'histoire des 
insectes est si fertile. Quelques mots généraux sur ce sujet, empruntés 
à mes souvenirs, serviront à guider les entomologistes dans la recher- 
che des espèces, et ajouteront certains détails à ceux que l'on connais- 
sait déjà. 

On trouve les Polydêmes en grande abondance sous les pierres, tan- 
tôt seuls, tantôt réunis par familles ou par colonies. Plusieurs de leurs 
espèces répandent un parfum agréable, ou frappent par la beauté de 
leurs couleurs, dont malheureusement les reflets s'éteignent après la 
mort. 

Ces êtres sont tous parfaitement inoffensifs. Lorsqu'on les saisit, ils 
s'enroulent en spirale, puis restent dans un état de complète immobi- 
lité. Ils prennent cette position toutes les fois qu'ils sont surpris, car 

1 Le Polydesmws virginiensis, par exemple, quoique propre aux Etals-Unis compte ce- 
pendant parmi les grandes espèces. 



6 essai d'une faune 

ils appartiennent à cette catégorie d'animaux (dont on trouve des repré- 
sentants chez les mammifères aussi bien que chez diverses classes d'ar- 
ticulés) qui cherchent leur salut sous la protection de leurs téguments 
cuirassés. Les Glomerides, les Oîiiscodesmus, les Glomeridesmus, mieux 
organisés encore pour cette fonction, forment par leur enroulement une 
boule, limitée de toute part par la cuirasse invulnérable des parties dor- 
sales, comme les Tatous chez les mammifères, comme les Armadilles 
chez les crustacés. 

Lorsque les Polydèmes ne sont pas inquiétés ils savent développer 
leur corps et agiter leurs pattes avec une grande agilité. Toutefois il est 
des espèces à formes bizarres et à téguments très-durs qui m'ont paru 
moins agiles. Tels sont les Strongylodesmas et les Polydèmes du sous- 
genre Stenonia qui leur ressemblent beaucoup. 

J'ignore si les Polydèmes s'enterrent, ou s'ils se bornent à se cacher 
sous les pierres où ils rencontrent l'obscurité pour laquelle ils sont faits, 
puisqu'ils ne possèdent pas d'yeux. Il est certain que tous les lieux 
obscurs leur conviennent, et qu'ils fuient la lumière partout où ils la 
rencontrent. — Peut-être est-ce plutôt la fraîcheur et l'humidité qui les 
attire sous les pierres et dans les endroits couverts. En effet, lorsqu'ils 
trouvent des lieux suffisamment abrités contre le soleil et la chaleur, 
ils ne cherchent pas toujours à fuir la surface immédiate du sol. Un dé- 
tail intéressant que j'ai observé dans les mœurs du P. subterraneus, sem- 
ble conduire à la même conclusion. 

Dans certaines grottes de l'île de Cuba, les voûtes les plus sombres 
sont habitées par des légions de chauve-souris de la famille des Vam- 
pires. Les excréments de ces animaux, accumulés depuis des siècles, 
ont couvert le sol de ces salles souterraines d'une couche de guano 
plus ou moins considérable. La substance de cette couche ressemble à 
une terre légère, presque à de l'humus ou à de la poussière de bois, tan- 
dis que sa surface est formée de morceaux lenticulaires d'apparence 
granuleuse qui ne sont autre chose que des excréments plus frais, mou- 
lés sur le cloaque des Phyllostomes, et conservés ainsi à l'état de petits 
amas ovoïdes. En me baissant pour chercher à me rendre compte de 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 7 

leur nature, j'aperçus un grand nombre de vers blancs se mouvant à 
leur surface, et, après les avoir examinés, je reconnus en eux des Poly- 
dêmes. Je fouillai aussitôt la couche de guano et j'en trouvai d'autres 
encore en grand nombre enterrés à quelques lignes de profondeur. Il 
serait difficile d'imaginer un genre de vie plus singulier que celui de ces 
animaux. J'ignore si cette espèce se rencontre ailleurs que dans la pro- 
fondeur des grottes, et si le guano qu'elle habite est le seul milieu am- 
biant qui lui convienne. 

La famille des Julides n'est pas moins richement représentée en Amé- 
rique que celle des Polydesmides. 

L'aspect vermiforme et la couleur noirâtre de toutes leurs espèces 
attire moins l'attention du voyageur; toutefois l'abondance des indi- 
vidus fait qu'ils lui tombent plus facilement sous la main à toutes les 
périodes de leur accroissement. Grâce aux différents états qu'ils revê- 
tent successivement, la première vue fait conclure à l'existence d'un 
nombre d'espèces considérable, qu'un examen plus approfondi conduit 
à réduire. Ces animaux vivent, comme chez nous, sous les pierres, sous 
les écorces; mais, pendant la saison sèche, ils grimpent fréquemment 
aux branches des arbres et vont s'enrouler autour de l'extrémité des ra- 
meaux. Au mois de décembre j'ai vu dans une partie de l'île de St-Tho- 
mas presque tous les arbustes chargés de Jules à l'extrémité de leur 
branchage. 

Mais de tous les Myriapodes, les Scolopendrides sont, à beaucoup 
près, les plus communs. Dans certaines régions on trouve presque 
sous chaque pierre une Scolopendre , particulièrement dans les 
lieux rocailleux et exposés au soleil. L'agilité de ces animaux est fort 
grande, et leur morsure est réellement dangereuse, en sorte que 
l'entomologiste qui remue les pierres en quête des êtres qui vont cher- 
cher un abri sous leur toit protecteur, est sans cesse désagréablement 
surpris par la vue de ces hideux serpentaux qui, au moindre dérange- 
ment se précipitent hors de leur repaire et se tordent dans tous les 
sens, en faisant aller leurs mille pattes avec une agitation fébrile. Il 
ne saurait trop se tenir en garde contre leurs piqûres que les habitants 



8 essai d'une faune 

du pays disent être aussi douloureuses et presque aussi funestes que celles 
des petits serpents venimeux 1 . Après quelques alertes il apprend du reste 
bien vite à suivre les règles de la prudence et à ne plus remuer les 
pierres qu'au moyen d'un bâton. La capture des Scolopendres de grande 
dimension offre toujours un certain danger, même lorsqu'on se sert 
pour cela de pinces de fer. En effet ces animaux piquent par les deux 
extrémités de leur corps, en sorte qu'en les saisissant par le bout qui 
paraît le plus dangereux on ne leur ôte point tout moyen de défense. 
Leurs nombreuses articulations leur permettent de se replier dans tous les 
sens, ils remontent le long de la pince et réussissent à atteindre avec la 
queue la main qui les saisit par la tête. Comme ils courent avec la plus 
grande agilité, on ne peut toujours les saisir à l'endroit où l'on veut, et 
à ce jeu on s'expose constamment. Aussi le seul moyen de s'emparer 
des Scolopendres sans courir de risque est de les arrêter en les fixant 
contre terre avec un bâton, puis de les saisir simultanément par les deux 
bouts du corps au moyen de deux pinces. Il suffirait cependant d'avoir, 
pour atteindre ce but, un seul instrument, mais assez allongé pour 
tenir la Scolopendre à distance de la main. 

Pour introduire la capture dans un flacon, on rencontre la même dif- 
ficulté : lorsqu'on y a fait entrer l'un des bouts de l'animal et qu'on le 
lâche, il se retire et met en danger la main qui retient l'autre bout. Il 
est bon d'être à deux pour cette chasse, tant à cause du danger des pi- 
qûres qu'à cause de l'impossibilité d'y suffire avec deux mains seulement. 

C'est, du reste, une occupation des plus ingrates pour un entomolo- 
giste, car l'étude zoologique des Scolopendres donne plus de souci que 
d'agrément et ne conduit guère à des résultats certains. Ces animaux 
sont fâcheux sous tous les rapports, et passent avec raison pour les 
êtres les plus hideux et les plus repoussants de la création. 

On trouve les différentes familles de Myriapodes représentées à toutes 
les altitudes et sous tous les climats du Mexique, mais aux différentes 

1 Je n'ai jamais eu l'occasion d'observer les effets de la morsure des grandes Scolopendres, 
c'est ce qui m'empêche de donner à ce sujet des détails plus approfondis. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 9 

zones paraissent correspondre des espèces différentes. La grande variété 
de climats, si remarquable au Mexique à cause de la structure de ce 
pays et de sa disposition par gradins successifs, est sans doute une des 
causes de la quantité d'espèces qui y vivent et de leur diversité. Toute- 
fois plusieurs d'entr'elles m'ont paru habiter simultanément plusieurs 
zones, comme par ex. le plateau et les régions chaudes des districts 
plus rapprochés de la côte. 

Je suppose que les faunes des divers gradins du Mexique doivent être 
considérées comme ayant été primitivement plus tranchées qu'elles ne 
le sont de nos jours, mais que, vu leur proximité, elles ont fini par 
s'entremêler dans des limites fixées par les facultés et les conditions 
physiologiques de chaque espèce. Grâce aux migrations ou à une simple 
translation graduelle, chacune des espèces a fini par s'acclimater dans 
les zones voisines, à la température desquelles son économie peut en- 
core se plier. Ainsi les espèces les plus robustes sont devenues presque 
cosmopolites dans toute l'étendue du Mexique, tandis que d'autres 
n'ont pu franchir les limites d'un cercle plus ou moins restreint. 

Les espèces qui se plient ainsi à divers climats ont sans doute une 
manière de vivre différente dans leurs diverses stations. Quelque mo- 
notone que paraisse la vie de ces animaux, il est à présumer que l'on 
découvrira bien des faits intéressants dans leurs habitudes lorsque les 
voyageurs pourront leur accorder plus de loisir et les étudier avec un 
peu de suite et de persévérance. 



OBSERVATIONS RELATIVES A LA MÉTHODE. 

Les Myriapodes en général sont des animaux dont l'étude devient 
vite très-laborieuse. Leurs espèces, infiniment voisines de caractères, se 
différencient par des nuances insensibles qu'il n'est pas impossible de 
saisir, mais dont la définition est une des difficultés les plus insurmon- 
tables de l'entomologie. Ces nuances sont si minimes qu'on réussit à 

2 



10 ESSAI D'UNE FAUNE 

peine à les traduire par des dessins soigneux. Les caractères zoologi- 
ques sont bien plutôt relatifs que positifs, et cette circonstance rend 
toute détermination certaine impossible, sans la possession de la plu- 
part des types, possession qui seule peut permettre une exacte compa- 
raison des espèces entre elles. 

Chez les Polydêmes ces inconvénients sont moins sensibles que chez 
les autres Myriapodes. Néanmoins cette famille ne laisse pas que d'être 
embarrassante, et l'étude de ses espèces a nécessité l'examen préalable 
de la valeur des caractères qui peuvent servir à les distinguer. En 
nous appliquant à cette étude, nous avons bien vile remarqué que la 
plupart des caractères signalés par les auteurs sont plutôt génériques 
que spécifiques et que leur utilité pour la détermination est à peu près 
nulle. Aussi l'on est étonné de voir combien peu d'espèces sont réelle- 
ment reconnaissantes d'après les travaux existants. Lorsqu'on ouvre un 
de ces ouvrages, on remarque, il est vrai, de grandes différences entre 
les descriptions des espèces successives; mais, pour celui qui possède 
la pratique des Myriapodes, ces différences ne sont pas réelles, car elles 
tiennent surtout à ce que, dans une description, l'auteur mentionne un 
caractère qu'il néglige de mentionner dans une autre. Ainsi, par exem- 
ple, chez l'une on parle de la disposition des pores répugnatoires; on 
n'en parle pas chez une autre qui offre cependant la même disposition 
(puisqu'il s'agit d'un caractère générique). De là, dans les diagnoses, 
une diversité apparente qui n'existe pas dans la nature. Le procédé trop 
souvent employé, qui consiste à décrire les espèces d'une manière iso- 
lée, sans comparaison avec les autres, et à ne s'en tenir qu'aux seuls 
caractères qui sautent aux yeux, en d'autres termes, des descriptions 
faites au hasard, ne sont d'aucun usage utile. J'en pourrais dire autant 
des descriptions empreintes d'une trop grande concision, quoique bon- 
nes en général, ce qui s'appliquerait principalement aux brèves dia- 
gnoses auxquelles Brandt a eu recours pour la distinction de bien des 
espèces qu'il serait facile de mieux caractériser. Je me suis donc appli- 
qué à trouver avant tout la valeur des caractères et leur ordre de sub- 
ordination. Cette élude est d'une grande utilité, comme on le verra dans 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 11 

la suite de cet ouvrage. Les résultats auxquels m'a conduit l'examen 
approfondi des caractères se trouveront mentionnés en tête de chaque 
famille. Malheureusement je n'ai pu me livrer à cet examen que pour 
la famille des Polydesmides et pour celle des Julides; les autres groupes 
n'étant pas représentés dans ma collection par un nombre d'espèces 
capable de fournir des comparaisons suffisantes. 

L'inconvénient qu'on rencontre dans la succession des espèces n'est 
pas moins sensible pour la succession des genres et des familles. A part 
quelques genres bien limités, comme celui des Polydesmus et celui des 
Julus, on est très-embarrassé de les définir et de les préciser, parce 
qu'il se trouve de l'un à l'autre des passages insensibles. On remarque 
certaines séries naturelles de genres dont les termes se nuancent d'une 
manière très-graduelle et rendent aussi difficile qu'artificiel leur grou- 
pement en familles, quoique les termes extrêmes de la série soient en 
réalité bien éloignés l'un de l'autre. Ainsi, par exemple, du genre Glo- 
meris au genre Polydesmus la série n'est pas interrompue. Mais il faut 
néanmoins, pour arriver à une méthode, fractionner cette série de gen- 
res et l'arranger par petites familles. Il en résulte l'inconvénient, auquel 
du reste on ne saurait parer, qu'on fixe une limite là où il n'en existe 
pas dans la nature. En fait, on passe insensiblement d'une famille à 
une autre. Leurs termes extrêmes sont si rapprochés que le saut à faire 
entre deux familles n'est pas plus grand que celui qu'on fait générale- 
ment pour passer d'un genre à un autre. 

Les mêmes inconvénients se retrouvent dans l'établissement des 
genres. Souvent il y a moins de distance d'un genre à l'autre qu'il n'y 
en a entre les termes extrêmes d'un seul et même genre. 

Les difficultés résultant de ces faits seront facilement appréciées par 
les entomologistes à qui l'étude des Myriapodes est familière. 



12 essai d'une faune 



PRÉPARATION. 



Les Myriapodes récoltés en voyage ne se transportent bien que dans une liqueur 
alcoolique. Ce mode de conservation n'est cependant pas parfait. Si l'alcool dans le- 
quel on les place est trop concentré, les tissus se durcissent; ils se désagrègent au 
contraire s'il ne l'est pas assez. Il n'est guère possible d'échapper ù l'un de ces deux in- 
convénients. Dans le premier cas les sujets deviennent cassants, et ne peuvent plus être 
étendus. Dans le second, les ligaments se décomposent, ils ne retiennent plus entre 
eux les anneaux; ceux-ci se disloquent et se séparent. Les tissus testacés eux-mêmes 
souffrent de l'influence chimique de la décomposition : en séchant ils perdent leurs 
couleurs et se recouvrent d'une poudre calcaire blanchâtre. Il faut par conséquent, 
dès que les collections sont arrivées à destination, extraire de la liqueur ces espèces 
à téguments cornés (comme les Polydêmes par exemple), les étendre avec soin et 
les sécher. On peut ensuite les coller sur le bord d'une carte, de façon à ce qu'elles 
offrent à l'examen leur face dorsale et la moitié de la face ventrale. Ce procédé est 
sans inconvénients ; il suffit que la carte ait le tiers de la longueur du corps pour 
bien supporter l'individu, en sorte qu'elle n'empêche de distinguer ni les organes 
sexuels, ni la base des pattes. 

J'ajouterai qu'on ne peut bien examiner les détails minutieux des espèces que sur 
des individus desséchés. Ceux que l'on vient de retirer de l'alcool ne sont pas com- 
modément maniables, et le liquide qui reste attaché à la surface de leur corps em- 
pêche souvent d'apprécier avec justesse la sculpture des téguments, ou donne lieu 
à des apparences trompeuses. II suffit du reste de jeter un coup d'œil sur les col- 
lections de Myriapodes des divers Musées, pour savoir ce qu'elles deviennent trop 
souvent après quelques années de séjour dans la liqueur 1 . J'ajouterai que ce mode 
de conservation n'offre aucun avantage quelconque. Il n'est pas un seul caractère 
qui ne soit plus distinct sur l'individu desséché, à l'exception des couleurs, lesquel- 
les se perdent moins vite chez les individus immergés. Mais les couleurs ne sont 
qu'un caractère sans importance chez ces animaux, et elles s'altèrent à la longue, 

1 L'alcool contenu dans les tubes s'évapore ou se gâte, et la moisissure a rapidement fait 
justice des objets ainsi abandonnés à la décomposition. On doit tenir pour certain qu'une 
collection conservée dans des tubes finira toujours par se gâter, parce qu'il arrivera infailli- 
blement un jour où l'on négligera la surveillance minutieuse et constante qu'exige sa bonne 
conservation. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 15 

malgré toutes les précautions dont on peut user; d'ailleurs, lorsqu'on a réussi à 
dessécher des individus avant qu'ils aient subi cette altération, leurs couleurs se 
conservent quelquefois tout aussi bien, et durent alors plus longtemps que chez 
ceux qui sont soumis à d'autres procédés de préparation. 

Les Jules peuvent mieux que les Polydêmes supporter le séjour dans l'alcool, 
mais ils subissent souvent la désarticulation des anneaux de leur corps, en sorte 
qu'il est toujours préférable de les dessécher. 

Les Scolopendrides seuls et les espèces à corps charnu et à téguments peu cornés 
se déforment par la dessiccation et perdent alors plusieurs de leurs caractères. Ils 
doivent être de préférence conservés dans des tubes bien fermés, remplis d'un al- 
cool médiocrement fort. Sans doute les appendices se brisent souvent ou se sépa- 
rent du corps, mais cet inconvénient est sans remède et il est bien compensé par la 
bonne conservation des caractères indispensables à l'étude, par la souplesse que 
conservent les organes appendiculaires, et par l'éloignement de tous les accidents 
auxquels sont exposés des animaux si fragiles, vu la multiplicité et la longueur de 
leurs appendices. 

Ce qu'il y a de mieux, généralement parlant, pour tous les Myriapodes, c'est d'a- 
voir simultanément, si c'est possible, des individus desséchés et des individus con- 
servés dans l'alcool. 



14 essai d'une faune 



ORDRE DES DIPLOPODES. 



Je n'ai trouvé au Mexique que les représentants de deux des familles 
qui entrent dans la composition de cet Ordre (celle des Polydesmides et 
celle des Julides), plus ceux d'une troisième famille que j'ai cru devoir 
établir sous le nom de famille des Oniscodesmides. 

Il est bien probable néanmoins que celle des Pollyxenides appartient 
aussi à la faune du Mexique, ainsi que celle des Polyzonides, qui s'y 
trouvera sans doute représentée par le genre Siphonophora; peut-être 
aussi par le genre Siphonotus. 



FAMILLE DES ONISCODESMIDES. 



Corps composé de vingt segments, sans compter la tète. 

Pattes au nombre de 50 paires chez les mâles; de 51 chez les fe- 
melles. 

Yeux nuls, remplacés par un organe auriculiforme placé derrière 
chaque antenne. 

Antennes comme chez les Polydesmides formées de sept articles. 

Organes génitaux composés comme chez les Polydesmides et placés 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 15 

de la même manière, c'est-à-dire s'ouvrant en arrière du sixième an- 
neau et remplaçant chez le mâle la septième paire de pattes. 

Anus dépourvu d'appendices copulateurs chez les femelles. 

Animaux jouissant de la faculté de se mettre en boule, comme le font 
les Glomérides, et ayant pour cette raison les anneaux de l'extrémité 
postérieure du corps rapprochés, de manière à former par leur ensemble 
une cuirasse ellipsoïdale ou pigidium (fig. I' 1 , 2 d ). L'extrémité anté- 
rieure du corps construite de manière à permettre au pigidium de s'ap- 
pliquer contre elle et de s'y adapter. 

Cette extrémité (fig. I e , 2 b ) est élargie, tronquée obliquement et 
aplatie en devant; les deux premiers segments sont petits; ils forment 
avec le troisième, et souvent aussi avec le quatrième, une espèce de 
plaque antérieure contre laquelle la face inférieure du pigidium vient 
s'adapter exactement, lorsque la contraction du corps amène l'en rou- 
lement. Les segments troisième et quatrième,, ou quatrième et cin- 
quième, sont aussi pour la même cause les plus grands du corps 
(fig. 2 b , l b , I e ). 

Nous avons cru devoir établir cette famille intermédiaire entre celle 
des Glomérides et celle des Polydesmides, parce que les genres qui la 
composent ne peuvent proprement rentrer ni dans l'une ni dans l'autre. 
Ils offrent cependant les caractères de l'une et de l'autre, et, pour cette 
raison, ils servent de lien parfait entre les deux groupes, sans qu'ils 
puissent être classés dans l'un d'eux. 

M. Gervais , en plaçant le genre Glomeridesmus dans la famille des 
Glomérides l'a classé d'après son faciès plutôt que d'après ses carac- 
tères zoologiques. La description que cet auteur en a donnée n'est pas 
complète, et, à ce que nous croyons, erronée, car ce savant n'a eu à sa 
disposition qu'une seule femelle assez mal conservée, ce qui explique 
pourquoi il n'a pu saisir toutes les différences qui séparent ce genre des 
Glomérides. 

La diagnose que nous donnons de cette famille repose sur l'examen 
d'un grand nombre d'individus, et elle montre que les Oniscodesmides 
s'écartent des Glomérides : 



16 essai d'une faune 

1° Par la position des organes génitaux; 

2° Par le nombre des segments du corps et des paires de pattes; 

3° Par l'absence d'yeux et par la présence des organes lunuliformes. 

En même temps tous ces caractères les rapprochent des Polydesmides 
et les feraient rentrer dans cette famille si la faculté de se mettre en 
boule (ou pour le moins de former une boite fermée), et le faciès gé- 
néral, ne les en éloignaient, pour les rapprocher des Glomérides. C'est 
en vertu de ces deux derniers caractères que M. Gervais a cru devoir pla- 
cer son genre Glomeridesmus dans cette famille et non pas dans celle des 
Polydesmides. Mais le caractère principal qui aurait pu militer en faveur 
de ce rapprochement, celui qu'on tire des organes copulateurs de la fe- 
melle, n'a pu être constaté par lui, vu l'ablation du segment anal. L'au- 
teur a seulement considéré son existence comme probable, grâce à 
l'analogie de faciès incontestable entre les Glomeris et les Glomerides- 
mus. Or cet organe n'existe pas, et son absence éloigne ainsi les Glo- 
meridêmes du groupe auquel leur faciès les ferait rapporter. Ensuite 
l'auteur n'a eu sous les yeux qu'une femelle; il n'a donc pu juger de la 
position des organes copulateurs du maie, qui sont exactement placés 
comme chez les Polydêmes. 

En un mot, les Glomeridesmus sont plutôt des Polydesmides que des 
Glomérides, mais leur place naturelle est évidemment intermédiaire 
entre les uns et les autres. 

Nous avons composé la famille des Oniscodesmides ' avec un genre 
tiré des Glomérides et un genre tiré des Polydesmides. Mais , sans 
doute, on devra y joindre tous les genres qui offrent le caractère d'avoir 
le même nombre de segments et de pattes que les Polydesmus, des or- 
ganes génitaux composés de la même manière et chez qui le corps est 
taillé de façon à pouvoir, en s'enroulant, former une boîte close de 
toutes parts, capable d'enfermer la tête et les pattes. 

1 II m'a semblé préférable de nommer la famille d'après le genre Oniscodesmus plutôt que 
d'après le genre Glomeridesmus, vu qu'il existe déjà une famille des Glomérides, ce qui 
aurait pu d'autant mieux causer des confusions, que le genre Glomeridesmus fait pour M. Ger- 
vais partie de la famille des Glomérides. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 17 

Celle facullé esl un caractère essentiel, car elle dépend de plusieurs 
conditions spéciales dans la structure des différentes pièces du corps. 
Il faut, pour qu'elle puisse exister, que la face inférieure de l'animal 
soit concave (fig. 1 e ); que ses segments tombent en forme de toit, et se 
terminent en pointe, afin d'être capables de se rapprocher et de s'im- 
briquer au moment de la contraction; il faut aussi que le pigidium s'a- 
dapte exactement sur les premiers segments du corps. 

Toutes ces exigences sont réalisées chez les Oniscodesmides et ne le 
sont pas chez les Polydesmides, ce qui constitue entre ces deux groupes 
une différence notable. Pour que le pigidium plaque exactement sur. la 
portion antérieure du corps, il faut que celle-ci se soit moulée sur lui, 
et vice versa, que le pigidium soit moulé sur la partie antérieure. Il est 
donc à présumer que, durant le cours de son développement embryon- 
naire, le corps de l'animal est enroulé exactement et placé dans la même 
position que l'animal parfait au moment de sa contraction, et qu'ainsi 
les deux extrémités du corps se moulent l'une sur l'autre pendant leur 
période de formation'. Les Polydesmides, en particulier les espèces du 
genre Polydesmus, offrent aussi une tendance à l'enroulement, mais qui 
est loin d'atteindre le même degré. Ces animaux se mettent en spirale 
comme les Jules, mais ils ne réussissent à dérober ni leur tête ni leurs 
pattes, soit à cause du trop grand allongement de leur corps, soit aussi 
parce que ce dernier est tout autrement conformé, les anneaux étant 
monozonés, convexes en dessous, et la portion antérieure du corps n'é- 
tant pas moulée sur la postérieure, parce que l'embryon ne forme dans 
l'œuf qu'une spirale lâche. 

Les conditions de structure qui permettent l'enroulement parfait du 
corps et qui sont un des caractères distinctifs de la famille des Onisco- 
desmides seront mieux compris dans les développements qui accom- 
pagnent la description des genres. 
. 

1 L'embryon des articulés esl d'abord enroulé en cercle sur le dos, le venlre tourné en de- 
hors, puis il se renverse de façon à présenter le dos en dehors. Mais chez les espèces taillées pour 
' se mettre en boule, l'enroulement doit être plus serré que chez celles qui ne jouissent pas de 
cette faculté, afin que les deux extrémités du corps se moulent l'une sur l'autre. 



18 essai d'une faune 



Genre GLOMERIDESMUS, Gei v. 

(Fig. 1.) 

Corps gloméridiforme suballongé, subovale, pouvant s'enrouler en 
boule, composé de 20 segments sans la tête; le premier segment dis- 
tinct de la tête; les suivants très-convexes en dessus, concaves en des- 
sous. Pattes cachées sous les anneaux, sexarticulées, au nombre de 50 
paires chez les cf, de 31 chez les 9 . Antennes composées, comme chez 
les Jules et Polydêmes, de 7 articles de forme variable. Une fossette au- 
riculiforme à la base externe des antennes, comme chez les Polydesmus. 
Yeux nuls. 

Comme les individus que nous avons sous les yeux ne concordent 
pas parfaitement par leurs caractères avec ceux que M.Gervais attribue 
à son genre, on peut se demander si notre espèce n'est pas le type d'un 
autre genre. En effet, nous n'avons trouvé que 50 paires de pattes chez 
tous les individus d", et 51 chez les $ (non 52 comme M. Gervais). 

Les organes génitaux mâles, que M. Gervais n'a pu examiner, sont 
composés comme chez les Polydesmus; ils sont allongés, formés d'un 
article basilaire, gros; d'un second article allongé, grêle, armé d'une 
dent au milieu, et ils se terminent par des crochets membraneux. 

Les antennes ne sont pas en massue chez notre espèce, et la forme 
générale du corps paraît être différente, puisque c'est aux 5 e et ¥ seg- 
ments que celui-ci acquiert sa plus grande largeur. 

Glomeridesmus mexicanus. 

(Fig. 1, i»-1 f '.)| 

Validus nigrescens; corpus polilum; antennœ elongatœ, graciles. 

Saussure, Linnœa Entomologica XIII, 1859, p. 328. 
Cette espèce est grande pour le genre. Le corps lorsqu'il est déroulé a une 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 19 

forme assez allongée, également large dans la plus grande partie de sa longueur; 
postérieurement il se termine en demi-cercle ; antérieurement il est un peu plus 
élargi aux 4 e et 5 e anneaux, puis il est subitement tronqué en avant, en sorte que 
les segments 1% 2 e et 3 e plaquent contre sa face antérieure, et sont bien moins grands 
que les deux suivants(fîg. 1 e ). Transversalement le corps est très-convexe en forme 
de voûte (fig. 1 % 1 e ). La tête est très-petite, très-convexe, plus large que longue. Le 
chaperon a la même forme que chez les Polydesmus; il est subéchancré au milieu, un 
peu rugueux vers le bas. Le front et le vertex sont partagés par un assez fort sillon. 
Les antennes sont allongées, bien plus longues que la tête n'est large; leurs articles, 
sauf le basilaire et le 7 e sont à peu près égaux en longueur, cylindriques et grêles, 
un peu renflés vers le bout. Les segments 1-3 se circonscrivent successivement 
(fig. 1 e ). Le premier segment est légèrement plus large que la tête ; il a presque la 
forme d'un trapèze ; son bord antérieur est assez droit et bordé, et le postérieur 
très-arqué ; de chaque côté il se termine par une pointe arrondie. Les deux segments 
suivants ne forment chacun qu'un arceau arqué, presque en forme d'arc-boutant ; 
leurs lobes latéraux terminés en pointe légèrement courbée en dehors , ayant 
leur bord interne bordé (fig. I e ) ; les 4 e et 5 e segments, qui sont les plus grands 
du corps, forment la partie antérieure du sommet du dos ; leurs lobes latéraux 
se terminent par une pointe qui regarde en arrière ; cette pointe est aiguë au 
4 e , large et obtuse au 5 e (fig. 1 b ). Le bord antérieur de ces lobes est convexe et 
bordé, le bord postérieur est concave. Les segments 6 à 13 se terminent de chaque 
côté en pointe ; leurs lobes latéraux offrent le long de leur bord antérieur un faible 
rebord, suivi d'un double sillon, et entre les deux sillons est une faible carène. Les 
segments 13 et 14 ont leurs angles inférieurs subcontinus, avec un bord inférieur 
large (fig. l h ); les suivants sont parfaitement continus; ils sont tronqués carré- 
ment et forment par leur ensemble une carapace complète à la manière d'un test de 
Tatou (fig. 1 d ). Tous les segments ont leur angle ou bord inférieur garni d'un faible 
bourrelet; le 18 e et 19 e ont la forme d'un fer à cheval dont le milieu serait transver- 
sal, et dont les portions latérales forment avec la portion moyenne un angle presque 
droit; ces segments se circonscrivent successivement depuis le 19 e jusqu'au 17 e , et 
leur bord inférieur se termine à leur angle interne par une petite dent, déjà visible 
au 16 e (fig. l d ). Le segment préanal est en carré large, parfaitement circonscrit 
par le précédent sur trois côtés ; son bord inférieur est légèrement avancé au milieu. 
La plaque sous-anale est en demi-ovale allongé (fig. 1 '), et les valves forment en- 
semble un demi-cercle allongé ; elles sont plissées autour de la plaque sous-anale ; 
leur bord externe est droit et la bande marginale du segment préanal qui lui est 
juxtaposée est légèrement saillante et ressemble presque à une pièce articulaire. 



20 essai d'une faune 

Tout le test est lisse et poli ; sur les lobes latéraux des segments moyens du corps 
on voit souvent quelques sillons transversaux irréguliers. La couleur est noirâtre 
chez l'animal vivant. 

Longueur du corps déroulé O m , 032-33; largeur.du corps au 5 e segment 0'", 013; 
largeur du premier segment m , 006. 

Les individus jeunes sont en général blancs et leur test est plus luisant ; les seg- 
ments 4 e et 5 e sont à proportion plus grands; le corps est moins élargi en avant, et 
moins tronqué; les lobes latéraux des segments médians sont moins étroits et moins 
aigus, et la portion postérieure du corps est plus comprimée. 

Habite: La zone chaude du Mexique. — Cordova. 

Explication des figures : 1. L'espèce grossie vue en dessus. (Les sillons des carènes latérales sonl 
trop prononcés; le milieu du corps devrait être un pou moins large, et la partie antérieure un peu 
plus large.)— I a, id. de grandeur naturelle.— 1 6, grandeur naturelle vue de profil, (Les carènes la- 
térales ne sont pas assez étroites ni assez aiguës, et leurs silloïkt- sont trop forts et trop droits.) — 
1 c, coupe transversale de l'animal. — 1 d, pigidium grossi et vu par derrière. — le face antérieure 
du corps et la tète, grossies. 'Il a fallu un peu forcer et disjoindre les segments pour mieux indiquer 
leur forme, néanmoins ce dessin ne rend pas très-bien compte de la face antérieure de l'animal. Le 
premier segment est un peu trop convexe h son bord supérieur; les segments deuxième et troisième 
ont leurs lobes latéraux un peu trop courts et trop peu étroits.) — 1 f, segment anal. 



Genre ONISCODESMUS, Geiv. 

(Fig. 2.) 

Corps allongé, convexe, transversalement en forme de voûte et con- 
cave en dessous (fig. 2 e ), composé de 20 segments, sans compter la 
tête ni le segment anal; les deux premiers segments petits; les deux sui- 
vants plus grands que ceux qui viennent après; la portion postérieure 
du corps formant une cuirasse ellipsoïdale complète ou pigidium, comme 
chez les Glomeridesmus ; segment préanal large, emboîté par le précé- 
dent. Yeux nuls, remplacés par un organe auriculiforme placé derrière 
chaque antenne, comme chez les Polydesmus. Pattes cachées sous les 
carènes; au nombre de 50 paires chez les mâles, de 31 chez les femel- 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 21 

les'. Organes mâles placés de la même manière que chez les Polydesmus. 
Carènes terminées en pointe, écartées les unes des autres lorsque le 
corps est développé, ce qui lui donne une apparence serratiforme. Tête 
très-petite, 2 ou 3 fois moins large que le 3 e segment. 
Le reste comme chez les Polydêmes. 

Ces animaux sont pour ainsi dire des Glomeridesmus allongés. Ils 
ressemblent beaucoup a ces derniers par l'ensemble de leurs caractères, 
et s'en rapprochent surtout par la forme de cuirasse voûtée qu'affecte 
l'extrémité postérieure de leur corps (pigidium); parla petitesse des deux 
premiers segments; enfin par l'extrémité antérieure du corps qui est 
tronquée obliquement de haut en bas (fig. 2 b ). Tous leurs autres ca- 
ractères sont identiques à ceux des Glomeridesmus. A vrai dire, les deux 
genres ne diffèrent que par la troncature moins forte de la portion an- 
térieure du corps chez les Oniscodesmus, par le fait que chez ces der- 
niers ce sont les segments 3e et ¥ qui sont les plus grands (non les 
4 e et 5 e ), par le plus grand allongement du corps qui ne permet plus 
à l'animal de former une boule aussi parfaite dans son état de contrac- 
tion. Néanmoins les Oniscodêmes jouissent encore de la faculté du com- 
plet enroulement; ils peuvent cacher leur tête sous la cuirasse de Fex- 
Irémité postérieure du corps; comme les Glomeris ils peuvent former 
une boîte close de toute part, renfermant les pattes, mais cette boîte 
n'est plus aussi globuleuse que chez les Glomeridesmus, et elle se rap- 
proche de la forme d'une spirale. Cette circonstance indique un pas 
vers les Polydesmides. 

Ces Myriapodes ont du reste quelques rapports 4 avec les Polydêmes, 
mais ils en diffèrent par tous les caractères qui nous ont porté à distin- 
guer la famille des Gloméridesmides, savoir : par la manière dont les 
deux extrémités du corps sont terminées; par la forme carrée du seg- 
ment préanal, par la troncature de la portion antérieure du corps et 

1 M. Gervais a fait erreur en ne donnant aux Oniscodesmus que 28 paires de pattes. Le 
même auteur n'a pas vu d'organe auriculiforme à la tête; cet organe est bien distinct chez nos 
individus. 



22 ESSAI DUNE FAUNE 

par la petitesse des deux premiers segments qui, au lieu de continuer 
horizontalement la voûte du dos, plaquent obliquement contre le 3 e 
segment. Ils diffèrent aussi par leur plus grande faculté d'enroulement. 
En effet, tout chez ces animaux est calculé pour leur permettre de se 
mettre en boule : les deux extrémités du corps forment par le rappro- 
chement de leurs anneaux deux cuirasses complètes; les segments ar- 
ticulés par leur sommet sont taillés en biseau vers le bas, de façon à 
s'écarter les uns des autres, et par conséquent aussi de façon à pou- 
voir se rapprocher par le bas, ce qui permet à la ligne du dos de deve- 
nir de plus en plus arquée. Chaque segment vu de profil est donc comme 
un secteur de cercle (la pointe de chaque carène correspondant au 
centre du cercle). En se rapprochant, les carènes s'imbriquent et s'as- 
semblent pour former une cuirasse complète. L'obliquité de la portion 
antérieure du corps, et la petitesse des premiers segments font que les 
bords de la cuirasse postérieure s'y adaptent et s'y fixent. C'est encore 
pour cette raison que le oe segment offre une carène, ou crête, transver- 
sale très-arquée. C'est contre cette crête que le bord du pigidium vient 
s'appuyer lorsque l'animal est enroulé; elle forme comme un rebord qui 
ferme hermétiquement la boîte au point où les deux extrémités du 
corps se joignent et s'unissent. Pour la même raison celle crête est ar- 
quée et affecte une autre forme que la crête des autres segments; elle 
s'abaisse et finit par s'annuler sur la ligne médiane, afin de laisser pas- 
ser le bord du segment préanal qui se prolonge un peu plus au delà. 
Ce caractère est essentiel; il montre que le genre Oniscodesmus appar- 
tient à la famille des Gloméridesmides ; et il le sépare nettement de celle 
des Polydesmides qui n'offre rien de semblable. Enfin les pattes, les an- 
tennes et la tête sont cachées sous les parties solides et se trouvent na- 
turellement enfermées lors de l'enroulement. 

Nous aurions pu expliquer ces faits à propos des Glomeridesmus , 
mais il était plus intéressant de le faire sur le genre Oniscodesmus, 
qui, moins bien organisé pour l'enroulement, offre néanmoins ces carac- 
tères de la manière la plus nette. Chez les Polydesmus le corps n'est plus 
assez convexe pour permettre l'enroulement complet; les anneaux sont 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 25 

trop écartés, l'extrémité postérieure du corps est trop étroite, trop con- 
vexe en dessous; ses anneaux sont trop disjoints et l'extrémité antérieure 
est trop grande. D'ailleurs, les anneaux étant complets en dessous, les 
arceaux inférieurs ne peuvent se rapprocher suffisamment, et s'opposent 
à l'enroulement. 

Oniscodesmus mexicanus. 

(Fig. % 2 a -2 d .) 

Fusais; segmenta tuberculata, postica spinosa; segmentum prœanale penultimum 
superans , margine postico lato, convexo ; segmentum quartum iransversim cm- 
tato-carinatum, crista in medio inlerrupta. 

Saussure, Linnœa Entomologica. .Mil, 1857, p. 328. 

Tête très-petite, lisse. Chaperon bilobé. Antennes assez allongées, à articles pres- 
que égaux ; le sixième et le septième formant ensemble un ellipsoïde un peu plus 
renflé. Premier segment du corps petit, de moitié moins large que le troisième, ru- 
gueux, terminé de chaque côté par un lobe arrondi (fig. 2 b ). Le troisième plus 
large, en forme d'arc-boutant, à angles très-arrondis, s'arrêtant avant d'atteindre 
les angles latéraux du premier segment: ces deux premiers segments offrant le long 
de leurs bords latéro-supérieurs une rangée d'éminences, composée chez le premier 
de trois tubercules de chaque côté, et chez le second de cinq. Segments troisième 
et quatrième très-grands ; le troisième ayant ses carènes très-arquées, sinuées en S 
et terminées par une pointe aiguë dirigée en arrière. Ces carènes, surmontées d'une 
crête sinuée qui se termine supérieurement par un ou deux tubercules et qui dis- 
paraît sur le milieu du segment (la portion moyenne de ce segment regarde obli- 
quement en bas, en sorte que la crête s'infléchit pour gagner son bord postérieur.) 
Carènes du quatrième segment larges, arrondies au bout, et offrant un angle posté- 
rieur, dirigé en arrière. Carènes du cinquième segment moins grandes; celles des seg- 
ments suivants un peu plus courtes, terminées par un angle arrondi qui ne regarde 
guère en arrière; ces carènes sont bordées par un faible cordon sur tous leurs 
bords ; le cordon du bord antérieur est plus prononcé, il ne contourne pas l'extré- 
mité des carènes mais il s'arrête à leur angle postérieur et forme là une légère 
saillie. A partir du treizième segment, les carènes sont tronquées et offrent un bord 
inférieur assez large, qui finit par devenir continu. Celles des segments dix-huitième 
et dix-neuvième se terminent postérieurement par un angle assez aigu (fig. 2). Le 
pénultième déborde le dix-neuvième du tiers de sa longueur ; il est en forme de 



24 essai d'une faune 

carré largo, arrondi, et son bord postérieur est un peu relevé (fig. 2 1 '). La sculpture 
du corps est peu distincte; les segments sont rugueux, granulés; ils portent tous, 
prés de leur bord postérieur, une crête transversale chargée d'une rangée de tu- 
bercules spiniformes, élevés (fig. 2 e , 2 d ); parmi ces tubercules, ceux du milieu du 
dos sont les plus grands ; ils deviennent toujours plus petits sur les côtés et les 
carènes ne portent plus que trois gros granules espacés. La crête du quatrième 
segment ne porte guère que des granulations ; celle du cinquième est de toutes la 
plus élevée, elle est comprimée transversalement et offre au milieu cinq grandes 
dentelures (ou plutôt cinq lobules). Les segments suivants ont leurs tubercules 
élevés et aigus ; le onzième les a un peu plus grands que les autres. Aux segments 
17 e -19 e les tubercules du milieu deviennent de véritables épines. Sur le segment 
préanal on voit quatre granulations tuberculiformes régulièrement espacées, dont 
les deux médianes sont placées plus en avant (fig. 2 d ). Valves anales très-fortement 
plissées et chiffonnées. Couleur d'un brun noirâtre, mouchetée de noir. Longueur 
totale ra , 020 ; largeur n \ 005. 

Habite: Les parties chaudes du Mexique (Cordova). 

Celte espèce me paraît différer de YO. oniscinus par des tubercules plus longs et 
spiniformes, par son segment préanal qui dépasse sensiblement le pénultième et qui 
n'offre pas de saillie médiane; par ses antennes dont les premiers articles ne sont' 
guère plus grands que les suivants, etc. 

La description que M. Gervais donne de cette espèce est du reste incomplète. Les 
figures par lesquelles il la représente ne conviennent pas à notre espèce '. 

Explication des figures: 2. L'espèce'vue en dessus, grossie. (Les segments troisième et quatrième ne 
sont pas tout à fait assez larges ; les suivants le sont au contraire trop ; le corps de l'animal devrait 
être plus grêle; les antennes aussi ne sont pas très-bien représentées). — 2 a. Grandeur naturelle de 
l'individu. — 2 b. Le même vu par devant, grossi, montrant les premiers segments qui forment la face 
ou troncature antérieure du corps. — 2 c. Coupe transversale du corps pour montrer la direction des 
carènes, la forme et les tubercules du dos et la position des pattes. — 2 d. Pigidium vu par 
derrière. (Le bord inférieur du segment préanal est vu en raccourci; autrement il dépasserait plus 
notablement celui des autres segments.) 

1 Ces ligures ne sont pas faites avec assez de soin pour être d'un grand secours, comme on 
peut en juger par ce qui suit : sur la fig. 4 les antennes ne correspondent pas à la descrip- 
tion et les articles premier et deuxième sont aussi grands que les autres, ce qui ne se voit chez 
aucun Myriapode de cette famille ni des familles voisines. — Fig. 4 a même observation 
pour le septième article des antennes. — Fig. 4 c est défectueuse ; le segment préanal est repré- 
senté avec une forme très-inexacte, en contradiction avec la description. — Fig. 4 b, il 
manque un article aux pattes. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 25 



FAMILLE DES POLYDESMIDES. 



Animaux ne jouissant pas de la l'acuité de se mettre en boule; le corps 
n'étant pas exactement cylindrique, mais noueux, ou aplati, ou élargi, 
composé de 20 anneaux sans compter la tète, ou d'un nombre plus 
grand. La partie antérieure n'étant pas aplatie en devant, ni tronquée; 
les deux premiers segments grands ( le premier n'étant pas deux fois 
moins large que le 5e), continuant en avant la ligne du dos, ne formant 
pas comme chez les Gloméridesmides un bouclier antérieur, placé sur 
un plan oblique ou vertical. Extrémités postérieures du corps ne for- 
mant pas en général un pigidium parfait à bords bien continus 1 , mais 
se terminant par des lobes et des pointes; le segment préanal ne for- 
mant pas une lame large parfaitement emboîtée par le pénultième 
segment, de façon à compléter la cuirasse du pigidium, mais se termi- 
nant par une dent ou par une palmetle. 

Verges remplaçant chez les mâles une paire de pattes et faisant sail- 
lie en arrière du 6 e segment du corps. 

Pattes en général au nombre de 30 paires chez les mâles, de 51 chez 
les femelles, mais quelquefois plus nombreuses. 



Ces animaux ont des formes plus allongées que les Oniscodesmides ; 
souvent ils affectent celle d'un ruban, ou bien ils se rapprochent des 
Jules en devenant vermiformes. Les lobes latéraux du corps s'étendent 
bilatéralement et forment à tous les segments comme des ailerons (ou 
carènes) plus ou moins prononcés, dont la direction est variable; tantôt 

1 Dans le genre Platydesmus l'extrémité postérieure du corps forme presque un pigidium 
aplati, mais le corps n'est pas susceptible d'enroulement. 



2f> essai d'une faine 

ces carènes sont tombantes, tantôt elles affectent une position horizon- 
tale; parfois même elles sont relevées. Leur grandeur varie beaucoup 
aussi; chez certaines espèces elles sont presque nulles, et le corps en 
devient vermiforme ou noueux. 

Quoique incapable d'enfermer la tète et les organes appendiculaires 
au centre d'une masse cuirassée en se mettant en boule, les Polydesmi- 
des ont une grande tendance à s'enrouler. Lorsqu'ils redoutent un en- 
nemi, ils contractent leur corps et l'arrangent en spirale en ramenant 
la tète et les pattes vers le centre. Les lobes durs et relevés de leurs seg- 
ments leur offrent une protection contre les chocs extérieurs en empê- 
chant les objets un peu gros de pénétrer jusqu'aux appendices et de les 
léser. Les pattes sont courtes; la tête est infléchie en bas et les premiers 
anneaux du corps sont en général encore assez convexes; les carènes de 
ces anneaux sont le plus souvent tombantes et elles s'imbriquent, en 
sorte que cette portion du corps jouit d'une faculté d'enroulement plus 
prononcée que les autres. La tête peut ainsi se cacher sous les premiers 
anneaux et se mettre sous la protection de leurs carènes qui l'envelop- 
pent et la débordent. Les antennes tombent alors comme chez les Glo- 
mérides le long des côtés de cette dernière, et se logent dans des fos- 
settes obliques, de manière à s'effacer complètement; leurs extrémités 
contournent la tête en dessous et viennent se cacher sous le menton. 

On voit que chez ces animaux tout l'organisme est encore combiné 
en vue de l'enroulement et de la protection des organes délicats par le 
test de la face dorsale du corps, quoique chez eux celte faculté com- 
mence «à se perdre. On trouve du reste tous les degrés depuis le Poly- 
dême le mieux taillé pour l'enroulement jusqu'à celui qui l'est le moins, 
depuis le Polydesmus Umax jusqu'au P. viridis. Chez le premier, les 
lobes latéraux du corps, parfaitement tombants, presque comme chez 
les Gloméridêmes, ferment encore en s'imbriquant les côtés de la spire, 
tandis que chez le dernier ils regardent bilatéralement en haut et ne 
constituent plus qu'un ensemble d'apophyses capable seulement d'offrir 
quelque protection contre des corps larges. Les Platydcsmus eux-mê- 
mes, malgré l'extrême allongement de leur corps, et le grand nombre 



DES MYRIAPODES Dl! MEXIQUE. 27 

d'anneaux qui le composent, sont encore susceptibles de se mettre en 
arc de cercle. Comme leurs nombreux segments sont larges et courts, 
ils peuvent les contracter au point de prendre une forme ellipsoïdale 
très-ramassée, qui ressemble à celle d'une limace et qui prend une po- 
sition arquée. 

Les genres dans lesquels on a fractionné la famille des Polydesmi- 
des ne me paraissent pas suffisamment caractérisés pour pouvoir être 
distingués d'une manière certaine, et pour devoir tous subsister. Le 
genre Strongylosoma, en particulier, me semble n'être qu'une forme de 
Polydesmus ; il n'est séparé de ce genre par aucune ligne de démarcation 
bien nette. 11 me manque les éléments nécessaires pour soumettre tous 
les genres à une analyse scrupuleuse ' ; je me borne donc à citer les Po- 
lydesmus proprement dits, et les Strongylosoma, que je n'hésite pas à ras- 
sembler en un seul et même genre, attendu que les derniers ne diffè- 
rent des premiers que par la petitesse des carènes latérales, ce qui n'est 
qu'un caractère relatif. 

Quant aux espèces, on pourrait répéter à leur sujet ce qui a été dit à 
propos des genres. Elles ont été si incomplètement décrites, qu'un petit 
nombre seulement de celles que les auteurs ont eues en vue est reconnais- 
sable avec un certain degré de certitude. La plupart des descriptions ne 
font mention que d'une très-faible partie des caractères même les plus 
essentiels; d'autres prennent pour caractères spécifiques des caractères 
génériques dont l'utilité est nulle au point de vue de la distinction 
des espèces; bien peu d'entre elles établissent une comparaison entre 
les types les plus voisins. On risque en suivant ces descriptions d'a- 
boutir sans s'en douter bien loin du but proposé. Nous avons donc sou- 
vent été dans l'embarras, lorsqu'il s'est agi de nommer nos espèces et 
si, dans le nombre, il en est qui soient déjà décrites sous d'autres noms, 
nous aurons dans la trop grande concision des auteurs une excuse des 
plus valables. 

Parmi les espèces que j'ai récoltées au Mexique, il se trouve deux 

1 II faudrait pour cela ne pas se borner à l'étude des Polydesudcles américains. 



28 EssAr d'une faune 

types nouveaux, dont j'ai cru pouvoir tonner îles genres, parce qu'ils 
sont nettement caractérisés 1 . Pour la distinction des autres j'ai partagé 
le genre Polydesmus en sections, destinées à en faciliter l'élude. Ces sec- 
tions reposent sur les caractères qui m'ont paru les plus propres à four- 
nir des données précises et dont la constance ou la variabilité indiquait 
l'ordre d'importance relative. Comme ces caractères n'ont jamais été 
bien définis, ni même bien étudiés, leur analyse ne sera pas sans utilité. 
Les voici énumérés d'après leur degré de fixité el dans leur ordre hié- 
rarchique. 

Caractères propres à servir pour rétablissement des sections el pour 
la distinction des espèces. 

1° Le nombre des sei/ments du corps dans le genre Polydesmus et 
chez la plupart des Polydesmiens est constamment de 20*, sans comp- 
ter la tète. Les individus qui en possèdenl un nombre moins grand sont 
toujours des jeunes qui n'ont pas atteint l'âge caractéristique. Lorsque 
l'animal a acquis ses vingi segments il n'est pas encore aïlulle, il est 
encore susceptible de s'accroître et de grandir, mais à pari celui de sa 
taille, il offre tous ses caractères bien développés. 

2° Les antennes, à part quelques différences de longueur, sont tou- 
jours identiques; ces organes sont un caractère de famille. 

3° La disposition des pores répuy notoires est ensuite le caractère le 
plus fixe; elle varie toutefois et nous a servi pour l'établissement de 
coupes génériques. 

i° La forme du sey ment préanal est assez constante aussi; c'est un 
caractère supérieur qui peut servir pour rétablissement des sections. 

8° L'annure des pattes est fort importante aussi. C'est presque un 
caractère de genre, car on remarque que le deuxième article est épi- 
neux dans une longue série d'espèces qui concordent sous d'autres rap- 



1 Un troisième type générique nouveau nous a élé Fourni par une espèce du Brésil. 
3 Le genre Platydesmus doRl nous donnons plus Lias la description ne rentre pas dans 
celle catégorie. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 29 

ports, tandis qu'il esl inerme dans toutes les espèces dont les formes 
plus cylindriques appartiennent à une autre série. 

G La manière dont les anneaux du corps sont taillés est ensuite la 
considération la plus importante. Ces anneaux offrent toujours deux 
portions, savoir : 

a) la portion antérieure, cylindrique, qui s'emboite dans la portion 
postérieure de l'anneau immédiatement précédent, et qui forme l'arti- 
culation; 

b) la portion postérieure, élargie, souvent saillante, porte des ailes 
latérales plus ou moins développées qu'on nomme carènes. Cette portion 
offre souvent une sculpture particulière, tandis que l'antérieure est tou- 
jours lisse. Je donne à celle-ci le nom de portion cylindrique et je dé- 
signe l'autre moitié de l'anneau par celui de portion carénifère. 

Le plus ou moins grand développement de la portion cylindrique a 
une grande influence sur la composition du corps. Tantôt cette portion 
est petite, entièrement emboîtée, et cachée par la portion carénifère, en 
sorte que le corps paraît comme composé exclusivement de cette portion 
des anneaux. Dans ce cas les carènes s'imbriquent ou se suivent pres- 
que sans interruption; c'est ce qu'on désigne par l'expression de carènes 
continues. Tantôt la portion cylindrique est trop grosse ou trop longue 
pour rentrer tout entière dans l'articulation; elle reste à nu en grande 
partie; en sorte que le corps de l'animal, au moins dans sa partie 
moyenne, se compose alternativement d'une portion étranglée et d'une 
portion élargie; les carènes ne peuvent plus ni s'imbriquer ni même se 
suivre, elles sont distancées les unes des autres par toute la longueur 
de la portion cylindrique de chaque segment; en d'autres termes, elles 
sont séparées. Ces caractères concordent avec le développement plus ou 
moins grand des carènes, dont la largeur est en général en raison in- 
verse de la longueur de leur séparation et en raison directe du rappro- 
chement des segments. Plus les segments sont séparés et plus en gé- 
néral l'animal devient vermiforme". 

1 Celte règle souffre cependant quelques exceptions, par exemple chez les P. ciridis, P. ta- 



50 essai d'une faune 

On voit que ces deux organisations différentes donnent lieu à deux 
groupes, savoir : 

1° Les Polydesmns à carènes continues, et 2° les Polydesmus à carènes 
discontinues, séparées par des étranglements. 

Mais il fout avoir garde de se laisser prendre à des apparences trom- 
peuses, car si les espèces du second groupe ne sont pas susceptibles de 
se contracter au point de rendre leurs carènes continues, celles du pre- 
mier sont. susceptibles de s'allonger, de séparer leurs anneaux et de 
prendre l'apparence propre au second groupe, surtout chez les indi- 
vidus dont les tissus se sont relâchés par un séjour prolongé clans la 
liqueur 1 . 

7° Les carènes offrent plusieurs moyens de distinguer les espèces; 
mais la configuration de ces appendices est si variable et varie si gra- 
duellement que ce caractère n'est pas d'un ordre très-élevé : en parti- 
culier il ne vaut rien comme caractère générique, pas plus que celui 
qui précède. Ainsi, d'après les carènes on ne peut bien caractériser que 
des sections de genres, rien de plus; aussi le genre Strongylosoma qui 
n'est basé que sur le fait de l'extrême brièveté de ces organes ne me 
parait-il pas soutenable. 

On peut distinguer dans les carènes : 

a) Leur insertion, qui est d'une importance aussi grande que leurs di- 
mensions. Pour en bien juger, il faut regarder l'animal de profil; il est 
alors facile de remarquer que ces appendices s'insèrent tantôt au som- 
met du dos, tantôt plus bas, tantôt au milieu de la hauteur du corps, 
rarement au dessous. Lorsqu'elles s'insèrent au sommet, elles rendent 
le dos plat; lorsqu'au contraire elles s'insèrent très-bas, elles le ren- 
dent convexe. 

b) Leur direction est très-variable aussi; tantôt elles sont horizontales, 

rascus, qui appartiennent au second groupe et qui offrent cependant des carènes très-déve- 
loppées. 

1 Voyez la lig. 22 qui représente une espèce du premier groupe dans son état de contrac- 
tion, et la fig. 23 qui représente la môme espèce dans son état d'extrême extension, offrant une 
apparence trompeuse. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 51 

tantôt elles sont montantes (fig. 24 e ); tantôt elles regardent plutôt en bas, 
et sont alors tombantes (fig. 16 e ); elles peuvent même continuer régu- 
lièrement la courbure du dos, c'est ce que j'appelle être naturellement 
tombantes (fig. I e ); ou bien elles peuvent être moins inclinées que la 
ligne du dos, c'est-à-dire légèrement relevées (fig. 2 e ), quoique regardant 
en bas, ou bien encore elles peuvent, avec un dos convexe, s'insérer à 
mi-hauteur du corps et être relevées horizontalement (fig. 3 e ); elles sont 
alors fortement relevées (eu égard à la convexité du dos et quoique ne 
regardant pas en haut 1 ). 



1 Comme on le voit, les termes carènes montantes et carènes relevées ont une signification 
irès-dift'érenle qu'il ne faudrait pas confondre. 

Le tonne carènes montantes signifie toujours que les carènes vont en s'élevant à partir de 
leur base, en sorte qu'elles regardent en haut, et que leur extrémité est plus élevée que leur 
base (fig. 24 e ). 

Le terme carènes relevées n'implique nullement la même idée que celui de carènes montan- 
tes. Il signifie seulement que les carènes, ou leurs extrémités, ne continuent pas régulièrement 
la courbe du dos, mais qu'elles sont comme brisées, légèrement déviées en haut par rapport à 
la direction de la courbure transversale du dos (c.-à-d. en dehors! . Comparez les fig. 1 e (carè- 
nes parfaitement tombantes) et 2 e (carènes légèrement relevées). — Les carènes borizontales, in- 
sérées à mi-bauteurdu corps, sont fortement relevées 'fig. 13 e ;, quoiqu'elles ne soient pas mon- 
tantes. — Les carènes montantes (fig. 24°; sont toujours relevées, mais les carènes relevées sont 
rarement montantes; elles sont au contraire en général tombantes, c'est-à-dire qu'elles regardent 
en bas (fig. 2 e ). Elles peuvent être tombantes à tous les degrés, ou le devenir toujours moins, 
comme l'indiquent les fig. 9 e , 12 e , puis 1 1 c , où elles cessent presque de l'être, et enfin 13 e où 
elles deviennent horizontale* et cessent d'être tombantes. — Si l'on a bien compris ce qui pré- 
cède, on comprendra aussi que ce n'est pas toujours la carène la moins tombante qui sera la 
plus relevée. Le mol relevé est toujours relatif à la courbure du dos. Ainsi, tel dos très-peu 
voûté aura ses carènes naturellement dirigées presque horizontalement, donc très-peu tom- 
bantes, quoique nullement relevées, parce qu'elles continueront la courbure naturelle du dos 
sans en être déviées. Pour la même raison certaines carènes relevées seront plus tombantes que 
telles autres carènes non relevées; ainsi par exemple les carènes relevées fig. 2 e sont plus tom- 
bantes que les carènes non relevées de la fig. 14 e ou 17'. 

Les carènes tombantes peuvent devenir horizontales par suite d'un relèvement; dans ce cas 
la portion dorsale du corps qui les sépare est convexe, plus élevée qu'elles (fig. 43,22 e ). Mais il 
y a aussi des carènes horizontales non relevées, lorsque la face du corps est elle-même plate, 
sans courbure, et que les carènes ne font que continuer le plan horizontal du dos. Le dos étant 
lui-même plat, les carènes borizontales ne sauraient être en discordance de courbure avec lui; 



32 essai d'une faune 

e) La forme des carènes varie à l'infini; tantôt celles-ci sont tronquées 
carrément sur les côtés; tantôt elles regardent en arrière; tantôt elles 
sont tronquées et arrondies en avant, prolongées en arrière, c'est-à- 
dire ali formes (fig. ll d ,15), ou simplement arrondies en avant, sans 
être prolongées en arrière, c'est-à-dire subaliformes (fig. 25 d ). 

De toutes ces circonstances de longueur, d'insertion, de direction, de 
forme, il résulte de nombreuses combinaisons qui sont d'excellents ca- 
ractères spécifiques, assez faciles à saisir par un œil exercé, mais im- 
possibles à décrire nettement, parce qu'elles varient du plus au moins. 

8° La sculpture de la portion earénifère des segments est à peine sai- 
sissante dans la plupart des cas, mais chez certaines espèces elle devient 
cependant d'un grand secours. 

9° Enfin la couleur n'esl presque d'aucune utilité; elle varie, même 
sur le sujet vivant (suivant l'âge); elle s'altère dans l'alcool et disparaît 
presque toujours par suite de la dessiccation de l'animal. 

11 est encore quelques caractères qu'on peut invoquer au besoin, tels 
que la position des pores répugnatoires par rapport aux bourrelets sur 
lesquels ils s'ouvrent, etc., mais ils seront suffisamment décrits par leur 
simple énoncé. 

elles ne sont donc pas relevées. [Polydesmtts complanatus, serratus ; Strongylodesmus cya- 
neus, fig. 20.) On peut résumei ce qui précède ainsi que suit : 

1° Le dos peut être plat transversalement et les carènes horizontales, étendues dans le même 
plan transversal que le milieu du dos; dans ce cas les carènes ne sont ni montantes ni tom- 
bantes (fig. 20). 

2° Le dos peu! être concave transversalement; dans ce cas les carènes sont montantes (fig. 
24 e ). 

3° Le dos peut être transversalement convexe; dans ce cas les carènes sont tombantes (fig. 
1 S 16 e ). (Le terme tombant est donc l'opposé du terme montant.) Les carènes tombantes peu- 
vent ne former avec le dos qu'une seule courbe naturelle (qu'elle soit très-convexe ou qu'elle le 
soit à peine), alors elles ne sont pas relevées [carènes naturellement tombantes, fig. 1 c , 17 e ). 
Ou bien elles peuvent être plus ou moins déviées de cette courbe naturelle en s'écarlant un peu 
plus du corps, alors elles sont relevées (fig. 2 e , 12 e ). L'extrême de déviation est lorsqu'elles 
sont relevées au point de devenir horizontales et de n'être plus tombantes (fig. 13 e , 22 e ). Le 
terme relevénc doit pas être confondu avec celui de montant,; il n'est pas comme ce dernier 
l'inverse du terme tombant; le terme relevé n'a qu'un sens relatif. — Ces distinctions sont 
essentielles pour la bonne appréciation du sens des descriptions. 



DES MYHIAPODES DU MEXIQUE. 53 

SUBDIVISION DE LA FAMILLE DES POLYDESMIDES. 

Après que l'on a retranché de cette famille le genre Oniscodesmus\ 
on peut en classer les représentants dans trois catégories qui forment 
les trois tribus suivantes : 

1° Tribu des Polydesmiens. Corps composé de 20 anneaux sans 
compter la tête, offrant 51 paires de pattes chez les femelles et 50 chez 
les mâles. Yeux nuls. 

2° Tribu des Craspedosomiens. Corps composé de plus de 20 an- 
neaux. Yeux nombreux, agrégés. — Je n'ai trouvé aucun représentant 
de cette tribu en Amérique. 

3° Tribu des Platydesmiens. Corps composé d'anneaux nombreux. 
Yeux stemmaliformes, au nombre de deux. Bouche prolongée en forme 
de suçoir. 

La première et la troisième de ces tribus sont représentées au Mexi- 
que. 

TRIBU DES POLYDESMIENS. 

POLYDESMII. 

Corps composé de 20 segments, sans compter la tête ni l'anus; tous 
les segments plus ou moins carénés. 

Pattes au nombre de 51 paires chez les femelles, de 50 chez les mâles. 
Organes copulateurs des mâles remplaçant une paire de pattes et faisant 
saillie en arrière de la septième paire; ceux des femelles s'ouvrant entre 
la première et la deuxième paire de pattes. Yeux nuls. Un organe auri- 
culiforme placé de chaque côté derrière l'antenne. Antennes composées 
de sept articles assez courts, dont le dernier très-petit. 

1 Je ne connais pas le genre Cyrtodesmus, genre qui n'a pas été défini d'une manière suf- 
fisamment complète; mais il me semble que ce type appartient encore à la famille des Onisco- 
desmides, attendu que la forme de ses valves anales semble indiquer qu'il possède un pigidium 
complet et que par conséquent il jouit de la faculté de se mettre en boule. 

5 



34 essai d'une faune 

Les genres dont nous composons ici celte tribu ne sont sans doute 
pas à l'abri de toute critique, mais il est si difficile d'établir des coupes 
bien caractérisées dans la longue série des Polydesmiens, que nous avons 
cru pouvoir profiter de l'arrangement des pores comme d'un caractère 
très-clair, pour établir quelques coupes génériques, qui ont au moins 
l'avantage de séparer de cette série un certain nombre d'espèces faciles 
à reconnaître. 



Genre POLYDESMUS, Latr. 

(Fig. 3-19 et 22-24 '.) 

Pores répugnatoires disposés sur les bourrelets des carènes des seg- 
ments 5, 7, V», 10, 12, 15, 15, 16, 17, 18, 19. Tous les segments plus 
ou moins carénés. Carènes très-variables pour la forme et la grandeur. 
Apparence du corps très-diverse; celui-ci tantôt presque vermiforme, 
noueux, tantôt très-élargi, convexe ou aplati. 

Sous-genre PARADESMUS. 

Segments étranglés dans leur portion antérieure, à carènes longuement 
séparées. Segment préanal terminé en palmelle tronquée. (Deuxième ar- 
ticle des pattes inerme.) 

# 

1 Pour toutes les figures qui représentent des Polydesmides, la lettre a indique la gran- 
deur naturelle de l'animal ; la lettre b désigne un segment du corps grossi et vu de profil, pour 
montrer la hauteur d'insertion des carènes, etc., et la lettre c s'applique à la coupe transver- 
sale du corps, faite pour montrer la direction des carènes et la forme plus ou moins voûtée 
du dos. — Cette explication générale nous dispensera de donner après la description de chaque 
espèce l'explication des figures qui s'y rapportent. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 55 

I re SECTION. — Corps convexe. Antennes courtes. Segment pré- 
anal en patinette carrée. Plaque sous-anale éclianerée. (Pores ré- 
pugnatoires supères.) 

Polydesmus Erichsoni, Brandt. 

Brandt, Recueil Insect. Myriap , p. 133. — Gerv. Aptères IV, 108. 

Je n'ai pas trouvé cette espèce, qui est cependant propre au Mexique. Elle se 
distingue par le bord postérieur du segment préanal, lequel est dentelé. Voici la 
description qu'en donne Brandt : 

« Antennœ abbreviatae. Cingulorum processus latérales horizontales , truncato- 
rotundatae, angulo posteriore haud in apiculum productse. Cingulorum pars dorsalis 
processus latérales emittens, exeptis marginibus et processuum lateralium apicibus 
glabris, nitidis, granulis rotundis vel oblongis, in séries 5—7 alternantes, confertis- 
simas dispositis obsessa. Squammula infra ante anum posita postice emarginato-bi- 
dentata. (Color 1 capitis et cingulorum e nigricante griseus, in parte posteriore vix 
ad brunneum, in abdomine medio autem ad albidum vergens.) Cingulorum processus 
latérales apice pleruraque nitidissime brunnei. » 

Polydesmus Klugii, Brandt. 

Magnus , fuscus, ubique luberculis vel granulis oblongis et depressis obsessus ; 
processus latérales apice fulvi, angulo posteriore acuminato. 

Brandt, Mém. relat. à l'ordre des Myriapod. 133. 22. — Gerv. Aptères, IV. 108. 35. — 
P. Picteti, Saussure, Linnaea Entomologica, XIII. 1859. 325. (Var.) 

Ç . Grand. Chaperon échancré. Tête ridée. Front partagé par un fort sillon. Antennes 
courtes, ne pouvant dépasser le deuxième segment. Angles du premier anneau assez 
étroits, mais arrondis (chez certains individus, subaigus); extrémité des carènes des 
trois anneaux suivants légèrement sinueuse. Portion cylindrique des segments très- 
lisse; portion carénifère, rugueuse, couverte de tubercules squamiformes, allongés 
et peu saillants, disposés en séries transversales. — Les anneaux de la partie anté- 
rieure du corps portent chacun trois de ces séries; ceux de la partie postérieure en 
portent un plus grand nombre, et ces séries y deviennent irrégulières. Sur le milieu 
du premier segment les tubercules s'usent et prennent souvent la forme de plaques, 
ou s'effacent même presque entièrement; sur les derniers, ils sont en général plus 

1 La couleur de l'individu desséché est évidemment trompeuse. 



36 ESSAI DUNE FAUNE 

élevés. Segment préanal terminé en palmette plate, carrée, raboteuse et subdentelée 
le long de son bord postérieur. Plaque sous-anale, plus large que longue, échan- 
crée en arc-de-cercle ; à angles arrondis, tuberculiformes. Valves anales bosselées et 
ridées, portant vers le milieu de leur bord interne un tubercule piligère. Portions 
latéro-inférieures des segments (sous les carènes) densément et fortement granu- 
leuses. Carènes souvent prolongées en arrière en forme de dent, surtout aux seg- 
ments de l'extrémité postérieure du corps , mais portant toutes un gros bourrelet 
aplati, moitié supère, moitié latéral, sur lequel s'ouvre le pore répugnatoire. Ces 
pores sont petits, entourés d'un petit bourrelet qui les fait ressembler à des bouches 
de canons, et logés au fond de fossettes vagues ; de plus, ils occupent le milieu des 
bourrelets, non leur extrémité postérieure. 

La couleur de l'animal vivant est d'un brun foncé, avec les pattes et les carènes 
fauves; souvent elle devient pâle chez les individus desséchés. 

Longueur totale ,n ,072 ; largeur m ,011. 

cf. Corps plus aplati que chez la femelle , à carènes un peu plus horizontales, à 
bourrelets supères. L'extrémité postérieure du corps souvent plus fortement tu- 
berculée. 

Var. Cette espèce est souvent de couleur fauve, mais les carènes sont toujours 
testacées. Les granulations allongées du corps peuvent être plus ou moins saillantes. 
Chez les jeunes elles sont mieux dessinées, moins aplaties (moins usées?). 

Jeune âge. Corps plus grêle et plus cylindrique, d'un jaune fauve (ou brun), avec 
les bourrelets plus clairs. Sculpture du corps moins fortement prononcée ; les seg- 
ments comme couverts d'écaillés ou de plaques tuberculiformes juxtaposées. — Du 
reste comme l'adulte, mais n'ayant pas 20 segments. Les verges rudimentaires n'ap- 
paraissant que sous la forme de deux tubercules. Notre individu a été pris sur le 
plateau de l'Anahuac, et il offre 19 segments au corps. 

Habile : Ce grand Polidême est commun dans les régions chaudes du Mexique. 
J'en ai pris bon nombre d'individus des deux sexes à Cordova, à Orizaba, à Panuco 
et sur tout le versant oriental du plateau. (Le jeune ci-dessus mentionné a seul été 
trouvé sur le plateau même.) 

L'animal vivant répand un parfum agréable qui ne manque pas d'analogie avec 
celui de la rose. Je crois me souvenir qu'il offre des reflets bleuâtres et irisés qui 
se perdent après la mort. 

J'ai sous les yeux un individu 9 qui offre des différences assez notables pour me 
mettre dans l'embarras. Ces différences sont les suivantes': 

1 Polydesmus Picteti des synonymes. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 37 

1° Le corps est plus voûté transversalement, sa partie antérieure est plus forte- 
ment comprimée. 

2° Le front est plus rugueux. 

3° Les granulations du corps ne sont pas aplaties, écailleuses, mais elles forment 
des tubercules saillants, en sorte que le corps est fortement chagriné; les segments 
1-4 surtout sont couverts de rangées de granules lisses et proéminents. 

4° Les carènes des trois premiers segments, et, en particulier, les angles latéraux 
du premier, offrent des bourrelets bien formés et luisants; les bourrelets des autres 
anneaux sont moins aplatis et se terminent postérieurement par une dent plus pro- 
noncée que chez les autres individus. 

5° Le segment préanal est moins aplati, plus raboteux; ses angles postérieurs 
portent en dessus deux éminences. La plaque sous-anale offre sur son bord deux 
tubercules luisants, et chaque valve un tubercule semblable; ces quatre tubercules 
sont plus prononcés que chez les individus qui servent de type à l'espèce. 

6° La couleur dans notre individu est d'un brun noirâtre; les carènes et les pattes 
sont d'un brun marron. 

Chez d'autres individus, au contraire, les tubercules ne sont que de grandes pla- 
ques écailleuses peu nombreuses. Les segments 15, 16, 17 surtout offrent un moins 
grand nombre de tubercules. 

Je crois que ces différences ne sont que des variétés accidentelles, et il est pro- 
bable que l'usure des téguments, qui finit par abaisser et par polir les éminences tu- 
berculeuses du corps, y est pour une grande part. 

II e KF.C"B'IO\. — »©s assez plat. Carènes euncoiitinues. Segment 
préanal en palmette plus allongée. Plaque sous-anale entière. (Po- 
res répugnatoires latéraux,) 

POLYDESMUS CAROLINENSIS. 

Depressus, polilus, fuscus (albidus); dorsi medii maculiset carinis carnets; carinœ 
subcontinuœ , truncaturâ quadrangulâ , marginatœ; anguli antici dente minute; 
pori latérales. 

(Fig. 3. 3*-3 d .) 

Saussure, Linnuea Entomologica, XIII. 1859, p. 325. 

9 . Forme grêle, allongée. Carènes peu longuement séparées dans l'état de con- 
traction. Corps lisse, luisant. Antennes assez longues, pouvant atteindre (ou presque) 
le bord postérieur du troisième segment. Chaperon ayant son bord inférieur cilié, 



58 essai d'une faune 

subéchancré. — Au dessus de ce bord est un sillon angulaire, qu'on prendrait vo- 
lontiers pour l'échancrure du chaperon, ou seulement un espace rugueux; et sur les 
angles latéro-supérieurs on voit une bosselure oblique en Corme de bourrelet, placée 
en dehors de l'insertion de chaque antenne. — Front partagé par un sillon simple. 
Corps déprimé, moins haut que large (même sans les carènes). Dos médiocrement 
convexe (transversalement). Surface dorsale des anneaux, lisse, luisante, finement 
plissée, mais les carènes assez fortement burinées, surtout dans la portion antérieure 
du corps. La ligne de séparation de la portion cylindrique de chaque segment et de 
sa portion carénifère offrant une zone de petites stries longitudinales visibles à la 
loupe. Premier segment un peu moins large que le deuxième; ses lobes latéraux 
larges et arrondis. Segments suivants ayant tous leurs carènes tronquées à angle 
droit, bordées antérieurement par un petit cordon et latéralement par un bourrelet 
saillant qui en occupe toute la longueur. Bord antérieur des carènes faiblement ar- 
qué et se terminant par une très-petite dent, placée en avant du bourrelet latéral. 
Bord postérieur des anneaux légèrement concave, surtout dans la partie postérieure 
du corps, où l'angle postérieur des carènes est prolongé en arrière. Segment préanal 
en palmette subquadrangulaire, tronqué postérieurement. Plaque sous-anale arron- 
die. Valves anales lisses, offrant près du bord un sillon prononcé. Pores répugna- 
toires tout à fait latéraux et très-petits. 

Couleur de l'animal desséché, d'un gris-blanc de porcelaine, ou cendrée, avec une 
tache couleur de chair au milieu du bord postérieur de chaque segment. Carènes, sur- 
tout leurs angles postérieurs et le bout du dernier segment, ainsi que le bord anté- 
rieur du premier, couleur de chair. Dessous du corps, pattes, antennes et front, 
fauves ou de couleur pâle. — Vivant, l'animal a sans doute une couleur brune. 

Longueur ra ,030; largeur 0,0045. 

a". Plus aplati que la femelle; le premier segment aussi large que le deuxième; 
les carènes plus relevées, horizontales ; leur triangle postérieur plat et lamelleux. 

Habile. La Caroline du sud. 

Ce Polydême est peut-être le P. erythropygus de Brandt. Je n'ai reconnu son 
analogie avec cette espèce qu'après avoir publié le nom qu'il porte ici, nom qu'il 
faudra peut-être changer. — Brandt compare le P. erythropygus au P. complanatus, 
et dit que la pointe du segment préanal est recourbée, ce qui laisse encore quelque 
doute quant à l'identité de son type et du mien. 

Esplication des figures : 3. L'animal (cl") grossi. (Les segments du corps sont ici fortement séparc-s 
pour mieux montrer leur forme ; ils peuvent se rapprocher de façon à devenir subcontinus • .) — 3 a. Sa 

1 Celte figure laisse beaucoup à désirer : les bourrelets sont représentés trop épais; les po- 
res sont supères au lieu d'être latéraux. L'angle postérieur des carènes ne devrait être un angle 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 30 

grandeur naturelle 1 .— 36. Un segment du corps vu de profil pour montrer la hauteur d'insertion 
des carènes et la convexité relative du dos. — 3c. Coupe transversale du corps pour montrer la hau- 
teur d'insertion des carènes et leur direction, ainsi que le degré de convexité du dos. (Cette coupe 
est un peu trop haute par rapport à sa largeur.) — 3 d. Segment préanal grossi. 

III e SECTION. — Dos plus ou moins aplati; segments longue- 
ment séparés. Carènes uli formes, insérées au sommet «lu corps. 
Pores répngnatoires latéraux ou infères. Segment préanal rétréci 
en arrière, suntriaiigulaire, tronqué. Pattes très-grêles. 

a) Dos très-plat. — Ex. G. Beaumonlii, Le Guill. 

b) Dos un peu plus convexe transversalement. 

POLYDESMUS COARCTATUS. 

Parvalus, fuscus; processus latérales et pedes albidi; pars carinifera segmento- 
rum sulco transverso parlita; processus latérales postice in mucronem producti. 

(Fig. 18- 18 M 8<v 

Petit. Ressemblant beaucoup par ses formes au P. Bcaumontii, mais ayant le dos 
un peu plus bombé. Carènes assez longuement séparées. Portions carénifères des 
segments, lisses, luisantes et partagées en deux parties égales par un fort sillon 
transversal ; le pénultième segment et les trois ou quatre premiers seuls dépourvus 
de ce sillon. Un faible sillon longitudinal, plus ou moins distinct et interrompu, 
occupant la région dorsale. Front partagé par un sillon profond. Les deux ou trois 
premiers segments offrant des stries sur les côtés. Carènes insérées aux deux tiers 
ou aux trois quarts de la hauteur des flancs (fig. 18 b ), horizontales (fig. 18 e ), ali- 
formes, arrondies en avant, terminées postérieurement en pointe aiguë ; — vers la 
partie postérieure du corps elles sont prolongées en arrière et terminées par une 
dent de plus en plus aiguë et spiniforme. Le deuxième segment est un peu plus 
large que le troisième ; le bord latéral de ses carènes est assez grand, et il se ter- 
mine (déjà à ce segment) par un angle postérieur dentiforme. — Bourrelets assez 
grands, allongés, latéraux. Pores répugnatoires parfaitement latéraux, toujours 
placés sur la partie postérieure des carènes (fig. 18 b ), même aux anneaux de 
la portion antérieure du corps. — Les carènes du deuxième sont grandes mais 

droit que jusque vers le 12 e anneau; dans la partie postérieure du corps, il se prolonge en ar- 
rière el devient de plus en plus aigu, etc. 

1 Ici les carènes ont une forme oblique en arrière, ce qui ne devrait pas être. 



40 essai d'une faune 

elles ne sont pas arrondies en avant; même celles du premier sont relevées. 
— Segment préanal en palmelte subconique, tronquée. Valves anales plissées, of- 
frant chacune un tubercule; plaque sous-anale en ogive, trituberculée au bout. 
Couleur d'un brun marron; pattes et carènes blanchâtres ou jaunâtres. Longueur 
m , 014. 
Habite : selon l'étiquette, Cayenne. o*, 9 . 

Nota. — Ce Polydème offre une si grande analogie avec une espèce de Java, qui me paraît 
être le P. Beaumontii, que je ne puis m'empêcher de me demander s'il n'y a pas erreur d'éti- 
quette, et si les individus qui représentent le P. coarctatus ne seraient pas de très-petits in- 
dividus de l'espèce indienne. Dans le doute j'aurais retranché cette espèce du présent mémoire 
si elle n'avait été déjà figurée sur la planche III. 

Observations relatives à la figure 18. Cette figure est très-imparfaite. Le premier segment du corps 
est trop long; les carènes sont trop larges, et elles n'ont pas la forme voulue, n'étant pas assez pro- 
longées en arrière en forme de dent et d'épine. Le corps parait plus convexe qu'il n'est, etc. Il faut 
s'en tenir à la description plutôt qu'à la figure. 

Sous-geiire STRONGYLOSOIHA, Brandi. 

Corps cylindrique, noueux, vermi forme, à carènes rudimentaires et es- 
pacées (fig. 4). Portion antérieure de chaque segment du corps, rétrécie, cy- 
lindrique, mais ne rentrant pas dans la portion postérieure de l'anneau 
qui précède , d'où il résulte que les portions postérieures des segments sont 
espacées et comme séparées par des étranglements, ce qui donne au corps 
une apparence noueuse. Segment préanal terminé en pointe. [Deuxième 
article des pattes inerme.J 

POLYDESMUS VERMIFORMIS. 

Cylindricus, vermiformis ; corpus nodosum; carinœ minimœ, rotundatœ, haud 
dentatœ. 
Saussure, Linnaea Entomologica. XIII. 1859, p 326. 

9 . Corps cylindrique, lisse, luisant. Portion antérieure des segments étranglée. 
Carènes placées à mi-hauteur du corps, ou plus bas encore (fig. 4 b ), linéaires, à 
bourrelet presque supère et renflé postérieurement; les pores regardant latéralement 
et placés sur la partie postérieure des bourrelets (fig. 4 b ), même aux segments de 
la portion antérieure du corps. Carènes rudimentaires, tombantes (ûg. 4 e ), toutes 



DES MYRIAPODES DU .MEXIQUE. 41 

égales; celles des quatre ou cinq derniers segments seules un peu relevées. Segment 
préanal conique. Plaque sous-anale en ogive. Deuxième article des pattes, inerme. 

Nos individus sont de couleur blanche, mais pendant la vie, le corps de cette es- 
pèce est probablement brun. 

Longueur m , 040 ; largeur 0"', 0075. 

Habite : les terres chaudes du versant oriental de la Cordillère du Mexique. 

Ce Polydème ressemble beaucoup au P. Montezumœ, quoique ses carènes soient 
bien moins grandes, ses anneaux moins étranglés antérieurement, etc., mais il s'en 
distingue à première vue au deuxième article de ses pattes qui n'est pas armé d'une 
épine. Il se distingue des P. aztecvs et voisins par ses carènes tombantes et rudimen- 
taires, et par son faciès vermiforme. 

Observations: relatives aitr figures : Fig. 4. Les carènes sont trop fortement prononcées dans toute 
l'étendue du corps; les bourrelets sont, trop supères ; dans la nature les pores répugnatoires ne sont 
pas visibles de haut en bas. — 4 6. Le bourrelet au bord de la carène est trop contourné et un peu 
trop oblique. — 4 c. La hauteur est un peu trop faible, eu égard à la largeur. 



Sous-genre LEPTODESMIÎS. 

Formes grêles , allongées. Corps plus ou moins en chapelet. Anneaux 
composés de deux portions : l'antérieure cylindrique, ne pouvant suffisam- 
ment rentrer dans F anneau qui C emboîte pour être entièrement cachée; la 
postérieure moins cylindrique et portant les carènes; celles-ci ri étant pas 
continues. Carènes entières, médiocres et placées sur les côtés, en sorte que, 
vues de profil, elles paraissent insérées à mi-hauteur du corps ou un peu 
plus haut (fig. H C J. Dos plus ou moins convexe. Segment préanal conique. 
Deuxième article des pattes inerme. 

Ce groupe offre une série de formes qui font passer graduellement du 
sous-genre Strongylosoma au sous-genre Fontaria. 

Les espèces que oous avons à décrire peuvent être classées sous deux 
chefs : 



42 essai d'une faune 

1° Carènes très-longuement séparées: eorps en ehapelett pores 

latéraux. (Transition aux Slrongylosoma.) 

Polydesmus Sallei. 

Vermiformis ; carinre brèves , aliformes , milice rotundatie , poslice angulatœ 
(etiam in segmenlis 2, 3, 4) ; pori repugnatorii in angulo poslico tvberorum hitmtes. 

(Fig. 8- 8*-8 f .) 

9 . Corps vermiforme, cylindrique; carènes fortement séparées, comme chez le 
P. aztecus; plus que chez le P. vermiformis 1 . Premier segment du corps très-court, 
l'étant plus que chez la dernière espèce, terminé de chaque côté par un angle 
mousse; son bord postérieur échancré au milieu, ainsi que celui des deux seg- 
ments suivants : les anneaux qui viennent après ayant leur portion carénifére 
très-courte; leurs carènes légèrement arquées en arrière, formant postérieure- 
ment un angle sensible. Tous ces segments, même le premier, offrant un bour- 
relet latéral. Les carènes 2-4 ayant leur bord postérieur légèrement convexe. 
Carènes des segments cinquième et suivants très-courtes, un peu moins fortes que 
chez le P. aztecus, un peu plus que chez le P. vermiformis, insérées à mi-hauteur 
du corps (fig. 8 r ), dirigées horizontalement (et non obliquement comme chez celte 
dernière espèce) 2 ; elles sont de plus arrondies en avant, aiguës à leur angle posté- 
rieur, mais non prolongées en arrière, le bord postérieur des carènes étant perpen- 
diculaire à la direction du corps, excepté vers l'extrémité postérieure, où il devient 
oblique, et où les carènes se terminent par un angle aigu. Carènes des derniers 
segments longues, dentiformes : celles du pénultième seulement, très-petites. Bour- 
relets renflés postérieurement, portant les pores à leur extrémité postérieure (fig. 8 b ), 
même aux segments cinquième et septième. Segment préanal très-pointu. Valves 
anales fortement striées. Plaque sous-anale en ogive, large mais aiguë. 

Couleur, probablement brune. — Desséché, l'animal devient blanc, avec les an- 
tennes rougeâtres, le front et le premier segment marbrés de brun, et tous les seg- 
ments qui ne portent pas de pores, ornés de deux taches brunes au bord antérieur 
de leur portion carénifére. 

Longueur 0"\ 034; largeur m , 005. 

1 Cette apparence pourrait être trompeuse. Peut-être les segments sont-ils susceptibles 
d'une plus grande contraction. 

2 Chez le P. aztecus, les premières carènes sont plutôt dirigées un peu en avant, et les 
suivantes, arrondies ou tronquées postérieurement. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 45 

Habile: les Antilles. Cette espèce a été prise par M. Salle dans l'île de Saint-Do- 
mingue. 

Chez ce Polydême le dos est moins convexe que chez le P. vermij'ormis ; il l'est 
plus que chez le P. azlecus. Le corps est aussi plus grêle que chez le premier, eu 
égard à sa longueur, mais il l'est moins que chez le second. Les portions caréni- 
fères des segments offrent quelques strioles et quelques granulations sur les côtés, 
surtout dans la partie antérieure du corps. 

Observations relatives aux figures: Fig. 8. Le premier segment est un peu trop long; le milieu de 
sou bord postérieur n'est pas assez échancré ; la portion carénifère des anneaux n'est pas tout à fait 
assez large par rapport à leur longueur ; les pores répugnatoires sont un peu trop supères ; le seg- 
ment préanal est trop grand. — 8 b. La portion carénifère de ce segment n'est pas tout à fait asiez 
longue dans le sens antéro-postérieur, par rapport à sa hauteur. 

POLYDESMUS AZTECUS. 

(Fig. 5, a". 5*-5 e .) 

Albidus, lœvis, cylindricus ; carinœ brevissimœ, perdis tantes ; segmentum prœ- 
analc acuminatum . 

Saussure, Linnaea Entomologica. XIII, 1859, p. 324. 

9 Corps cylindrique, grêle et allongé. Carènes très-courtes et longuement sépa- 
rées ; la portion cylindrique des anneaux médians presque aussi longue que la por- 
tion carénifère. Front partagé par un sillon simple. Antennes assez longues, atteignant 
le troisième segment du corps. Chaperon ayant ses angles arrondis ; son bord infé- 
rieur échancré en arc de cercle, rugueux le long de cette échancrure, blanc ou fine- 
ment tacheté de gris. Premier segment du corps aussi large que le deuxième, à angles 
arrondis et finement bordés. Les trois ou quatre premiers segments, convexes, de 
même largeur que les suivants, mais ayant leurs carènes un peu tombantes. Carènes 
des segments 2-4 faiblement dirigées en avant, finement bordées et portant des 
bourrelets faibles. Les carènes suivantes très-courtes, presque comme chez les Stron- 
gylosoma, arrondies, bordées et terminées par des bourrelets peu développés, qui 
portent les pores tout à fait latéralement, et qui sont très-faiblement dirigés en 
arrière sur les anneaux 16, 17, 18. Le dix-neuvième segment n'ayant plus au lieu 
de carènes que deux petites dents dirigées en arrière. Segment préanal terminé en 
pointe un peu recourbée. Plaque sous-anale angulaire. Valves anales portant près 
de leur bord interne un fort sillon. Tout le corps d'un blanc sale, lisse et luisant. 

Longueur m , 030; largeur 0™, 005. 



44 essai d'une faune 

d" Carènes plus grandes, plus relevées, horizontales (fig. 5 e ), arrondies en avant, 
en sorte que les bourrelets sont très-courts. Parmi ces derniers, ceux qui portent des 
pores sont épaissis, subtuberculiformes et les pores s'ouvrent latéralement ' au bout 
de ces espèces de tubercules (fig. 5, 5 b ). 

Longueur m , 045. 

Habite: le Mexique. Je l ai trouvé à plusieurs reprises sur le plateau de Puebla. 
Un grand individu mâle a été pris sur les flancs du Pic d'Orizaba , mais d'autres 
individus proviennent du volcan de Tuxtla, d'un climat tempéré. 

POLYDESMUS SUBTFKRANEUS. 

(Fig. 6. 7. 

Albidus, etongatus; carinœ valde distantes, brèves; segmentum prœanale acumi- 
natum, Jeviter apice curvatum : pari repugnalorii segmenlorum 5, 7, in tnberorum 
parte postica dispositi. 

Saussure, Linnaea Entomologica. XIII, 1859. p. 323. 

o\ Antennes longues. Corps allongé, grêle, à segments longuement séparés, lisses 
et luisants. Chaperon subéchancré. Front partagé par un sillon simple. Antennes 
longues et grosses, atteignant le quatrième segment. Segments 1, 2, subechancrés 
postérieurement ; le premier presque de la largeur du deuxième , ayant ses angles 
aigus et dirigés en arrière. Les trois suivants bordés d'un assez faible bourrelet: 
ayant les carènes arrondies en avant, aiguës en arrière. Carènes des autres seg- 
ments toutes bordées par des bourrelets; arrondies en avant, aiguës et faible- 
ment prolongées en arrière; celles des derniers, l'étant beaucoup plus. — Ces ca- 
rènes sont relevées latéralement et presque horizontales (fig. 6°). — Bourrelets 
marginaux qui portent les pores, placés vers l'angle postérieur des carènes et portant 
le pore à leur partie postérieure, même sur les segments 5 et 7 (tandis que chez la 
plupart des autres espèces, les pores de ces segments occupent plutôt le milieu du 
bord de la carène). Carènes du pénultième segment rudimentaires. Segment pré- 
anal convexe, triangulaire, terminé en pointe allongée, un peu recourbée en bas et 
subtronquée. Plaque sous-anale terminée par une petite pointe, ayant une forme 
ogivale. Dos des mâles plat, peu convexe, en sorte que, vues de profil, les carènes 
paraissent insérées au quart supérieur du corps ^fig. 6 e ). 

Couleur d'un blanc sale. — Vivant, ce Polydême est d'un beau blanc; souvent il 
offre des teintes brunâtres ou rosées. 



1 «s 



Sur la figure o me les pores sonl trou supères. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 45 

9 Antennes plus faibles. Corps plus cylindrique. Carènes insérées plus bas, par- 
suite de la plus grande convexité du dos (fig. 7 e ), et étant moins développées, tel- 
lement que les bourrelets qui portent les pores forment comme des tubercules, oc- 
cupant la. moitié postérieure du bord latéral des carènes (fig. 7. 7 b ). Ces bourrelets 
sont séparés de la moitié antérieure du bord par une échancrure insensible. 

cf*. ? . Longueur 0"\ 027 ; largeur presque ra , 004. 

Observations relatives aux figures : Fig. 6. L'élargissement de la partie antérieure du corps est 
exagéré. Les carènes sont un peu trop larges, un-peu trop longuement séparées; les bourrelets et les 
pores sont un peu trop supères. Aux derniers segments l'angle postérieur des carènes n'est pas tout 
a fait assez prononcé. — Fig. 7. Les segments sont un peu trop longs par rapport à leur largeur ; les 
pores sont un peu trop supères. 

Les individus assez nombreux que nous avons étudiés, M. Humbert et moi, ne 
sont pas tous identiques. Les plus petits, qui sont évidemment des jeunes, n'offrent 
à l'endroit des organes copulateurs que deux tubercules arrondis. Leur corps ne se 
compose que de 19 segments et ils ne possèdent encore que 28 <f, 29 $ paires 
de pattes. En avançant en âge, ces individus acquièrent un vingtième segment qui 
vient prendre place entre le dix-huitième et le dix-neuvième, et alors le dix-huitième 
prend aussi la double paire de pattes qui lui manquait. 

En outre ces individus jeunes, quel que soit leur sexe, ont leurs carènes confor- 
mées comme celles des 9 adultes , et ce caractère est même exagéré, à tel point 
que les pores s'ouvrent à l'extrémité de tubercules saillants. 

Quoique ce Myriapode vive dans une obscurité complète, l'organe lunuliforme qui 
se voit derrière chaque antenne n'est pas oblitéré chez lui, comme l'est en général 
l'œil des animaux qui habitent la profondeur des grottes. Il n'est du reste pas pro- 
bable que cet organe appartienne au sens de la vue. 

Habite: l'île de Cuba. J'ai trouvé ce Polydême dans l'intérieur de la grotte de 
Cotilla, à dix lieues de la Havane 1 . 

Les grandes grottes de l'île de Cuba sont habitées par des milliers de chauve- 
souris (Phyllostoma jamaïcensù) qui tapissent les voûtes des salles de ces cavernes, 
souvent à une très-grande distance de leur entrée. Ces animaux se dirigent néan- 
moins facilement dans l'obscurité complète de ces lieux souterrains, grâce aux mem- 
branes dont leur nez est garni, et dont la finesse sensitive remplace chez eux le sens 
de la vue. Ces légions de chauve-souris sont si nombreuses que leurs excréments, en 
s'accumulant sur le sol , y forment une couche de guano dans laquelle on enfonce 
jusqu'à la cheville. C'est dans ce guano que le P. subterraneus vit par petites colo- 
nies. (Voyez l'introduction, p. 6.) On les voit aussi se mouvoir à la surface, mais 

1 El je crois aussi dans celle de Malanzas. 



46 essai d'une faune 

toujours dans la partie profonde de la grotte. J'ignore si cette curieuse espèce habite 
aussi ailleurs que dans les lieux souterrains. 



»° Carènes filiformes; pores supères. 

POLYDESMUS CARNEUS. 

(Fig. 150 

Magnus, ruber vel roseus, tlorso convexiusculo ; carinœ magnat, aliformes; seg- 
mentum prœanale apice spiniforme, incurvam. 
Saussure, Linnœa Entomologica. XJII, 1859, p. 324. 

o\ Grand, à anneaux longuement séparés, à carènes fortement discontinues et à 
corps très-finement chagriné, point tuberculeux. Tête lisse et luisante; front par- 
tagé par un sillon assez profond. Chaperon échancré selon une ligne arquée, offrant 
dans cette échancrure trois dents obtuses. — Parallèlement au bord de l'échancrure on 
voit deux sillons profonds: l'espace placé entre ces deux sillons forme un bourrelet 
arqué ; le bord proprement dit de l'échancrure est comme un rebord et ressemble 
à une lame sous-jacente. — Segments 1-4 du corps imbriqués, finement bordés, 
subéchancrés postérieurement et convexes, à carènes tombantes; le premier moins 
large que le deuxième; ses lobes latéraux arrondis. Segments suivants allant en 
s'élargissant jusqu'au quatrième, puis diminuant insensiblement de largeur jusqu'au 
dernier; leur portion dorsale légèrement convexe. Carènes commençant à se rele- 
ver au milieu du corps et finissant par devenir horizontales aux cinq ou six derniers 
anneaux. (Chez la femelle elles sont probablement plus tombantes.) Ces appendices 
sont bordés, aliformes, arrondis en avant, angulaires postérieurement, où ils se 
terminent par une pointe aiguë ou par une épine dirigée en dehors. Aux anneaux 
postérieurs et moyens les carènes sont subtriangulaires, ayant leurs bords antérieur et 
latéral confondus en un seul bord oblique et arqué. Bourrelets, supères, lisses et 
luisants ; ceux qui portent les pores , fortement élargis ; leur moitié postérieure 
occupée par une fossette pyriforme, dont la pointe est dirigée en arrière. Pores re- 
gardant en arriére et s'ouvrant au milieu ou à l'extrémité antérieure de ces fos- 
settes. Les anneaux dix-huitième et dix-neuvième ayant les épines terminales des 
carènes dirigées tout à fait en arrière ; celles du dix-neuvième n'étant plus que deux 
dents spiniformes , qui portent les pores en dessus. Segment préanal terminé en 
forme d'épine arquée, regardant en bas, ayant la pointe comme brisée et précédée 
d'un petit étranglement circulaire. Plaque sous-anale terminée en pointe et offrant 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 47 

de chaque côté de sa pointe un petit tubercule. Valves anales plissées, à bord interne 
très-saillant et portant un tubercule près du tiers antérieur de ce bord. Surface du 
corps finement chagrinée , même sur la portion cylindrique (ou étranglée) des an- 
neaux ; lès flancs étant aussi finement rugueux, et fortement plissés sous chaque 
carène: l'extrémité antérieure du corps plus lisse: la tête luisante: les bourrelets 
des carènes encore plus polis. 

Couleur d'un rose mat (à cause de la sculpture), orné de mouchetures plus foncées 
sur la partie postérieure du corps, tant en dessus que sur les côtés; bourrelets et 
lobes latéraux des premiers segments, brunâtres. Pattes roses, avec les deux pre- 
miers articles jaunâtres ' . 

Longueur m , 082 ; largeur 0"\ 014. 

Habite: Le Brésil. Bahia. 

La figure représente ce beau Polydême avec sa grandeur naturelle, mais il est 
évident que cette espèce atteint une taille considérablement supérieure, car l'indi- 
vidu qui a servi pour la figure et pour notre description ne possède encore que 49 
segments, au lieu de 20, et ses organes copulateurs ne sont encore terminés que par 
des moignons arrondis. Cet individu est donc un jeune qui n'a pas atteint sa limite 
d'accroissement. 

Observations relatives à la figure Les pattes sont un peu trop longues ; la bordure des carènes et 
les bourrelets sont trop larges. 

Nota. — Le P. rubescens de Servais, qui paraît avoir la même couleur que celui-ci, me 
semble en différer, car l'auteur d'il que les anneaux du corps sont aplatis, mais non bombés; 
tandis que chez notre espèce le dos est un peu bombé. La taille de cette dernière est double de 
celle indiquée pour le P. rubescens. 

Sous-genre F0NTAR1A, Gray. 

{Polydêmes gloméridi formes, Gerv.) 

Corps large, ne formant pas un chapelet; dos convexe, en forme de toit 
arrondi. Portions carénifères des segments se touchant et s" imbriquant les 
unes sur les autres dans F état de repos par suite du rapprochement des an- 
neaux i ; la moitié postérieure de chaque segment emboîtant et recouvrant la 

1 II ne faut pas accorder trop d'imporlance à ces couleurs, observées sur l'animal desséché. 
Vivant, l'animal est probablement d'un rose brunâtre. 

2 Lorsqu'on allonge violemment l'animal, la portion cylindrique des segments se découvre 
plus ou moins et les carènes cessent d'être continues. Le corps des Fontaria ressemble alors à 



48 essai d'une faune 

portion cylindrique du segment qui suit (ou pour le moins étant susceptible 
de le faire). Carènes larges et continues dans Cétat de contraction du corps. 
Deuxième article des pattes épineux. (Fig. 11 e et ll f .) 

Le sous-genre Fontaria mériterait peut-être d'être érigé en genre 
séparé, car l'épine du deuxième article des pattes est un caractère assez 
net pour permettre de le définir 1 . 

Dans ce groupe les carènes sont toujours grandes, larges, quoique 
de formes diverses; les bourrelets sont allongés, toujours supères, et les 
pores répugnatoires sont aussi supères par rapport aux bourrelets, 

celui des espèces qui rentrent dans les sous-genres précédents. Il ne faut pas se laisser prendre 
à cette apparence trompeuse. Le caractère des Fontaria est de pouvoir faire suffisamment 
l'entrer les anneaux les uns dans les autres pour que leur partie cylindrique se dérobe entière- 
ment au regard, tandis que chez les autres Polydêmes, cette faculté de contraction et de rétrac- 
tilité n'est pas poussée aussi loin. Il y a donc cette différence entre les Fontaria d'une part el 
les Polydêmes des autres sous-genres d'autre part, que les premiers peuvent, en se dilatant, 
prendre l'apparence des seconds, tandis que les seconds ne peuvent, en se contractant, prendre 
celle des premiers. 

1 Je dois rabattre quelque chose de ce que j'ai dit dans ma note préliminaire (I. c, p. 319} 
au sujet des genres Fontaria et Stenonia. En effet, si j'ai dit que le premier me paraissait in- 
soutenable, je voulais parler de ce genre tel qu'il a été défini par les auteurs. Envisagé de cette 
manière, il diffère beaucoup de notre sous-genre Fontaria. — M. J.-E. Gray s'est borné à 
figurer une Fontaria à corps très-large, sans donner aucune définition de son genre, et, comme 
l'a fait remarquer M. Gervais, M. Todd , en rendant compte de la classification adoptée par 
M. Gray (Cycloped. of Anat. a. Physiol. III, 546), ne l'a guère défini non plus, peut-être 
parce qu'il ne trouvait pas de limites entre les espèces à corps large, dont il formait le genre 
Fontaria, et le reste du genre Polydesmus. M. Gervais, sans toutefois accorder au groupe des 
Fontaria une valeur générique, l'a pris dans un sens non moins vague, et bien plus restreint 
que nous, en n'y faisant rentrer que les espèces à corps large et à carènes continues qui res- 
semblent intimement au type de M. Gray, mais sans y comprendre celles dont le corps est 
grêle (P. zapotecus) ou très-voûté (P. Monlezumœ), ou très-large et voûté [P. dasy-pus). Le 
genre envisagé ainsi, ne saurait être admis, car il n'offre pas de limites tranchées et n'est pas 
définissable. Si donc le genre Fontaria peut être conservé, c'est seulement à condition de le 
transformer el de le définir comme je l'ai fait ici, en y faisant rentrer toutes les espèces chez qui 
le deuxième article des pattes est épineux. Mais, tout en changeant le sens du genre Fontaria 
de Gray, nous en conservons le nom, parce que la Fontaria figurée par cet auteur rentre 
dans notre sous-genre, et aussi pour ne pas compliquer inutilement la nomenclature. — 
Quant au genre Stenonia, voyez plus bas ce qui concerne ce groupe. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 49 

c'est-à-dire qu'ils s'ouvrent sur leur face externe et non sur la tranche 
de la carène. 

Les mâles ont, en général, le corps un peu moins convexe que les 
femelles et le bord des carènes un peu plus relevé, surtout à la partie 
postérieure du corps. 

Les espèces montrent une gradation sensible dans leurs formes, 
celles-ci devenant toujours moins allongées. Chez les types les plus 
grêles, les anneaux du milieu du corps sont souvent séparés par une 
portion cylindrique, et les carènes ne sont alors que subcontinues. Ces 
espèces forment une transition au groupe des Paradesmus. Le segment 
préanal ou vingtième est toujours triangulaire , conique et terminé en 
pointe. La convexité du corps est assez variable; les types extrêmes sont 
presque vermiformes, et alors l'épine du deuxième article des pattes 
est aussi très-petite. Dans l'appréciation de ces formes, il faut toujours 
prendre l'animal à l'état de repos, c'est-à-dire lorsque les segments sont 
aussi rapprochés qu'ils peuvent l'être. Si on dessèche le corps en l'al- 
longeant ou en négligeant de rapprocher les anneaux, il offre souvent 
un aspect anormal et trompeur qui pourrait faire placer à tort dans le 
sous-genre Paradesmus certaines espèces qui sont des Fontaria. (Voyez 
la note 2 e de la page 305.) Quoiqu'il soit très-difficile de disposer avec 
ordre les Fontaria, on peut les arranger ainsi que suit 4 : 

I. Dos très-convexe, en forme de voûte, carènes tombantes (fig. 9 e ). 

1° Corps assez grêle, assez vermiforme, carènes subaliformes Montezumœ. 

2° Corps plus large, carènes tronquées carrément (fig. 46 e 9). fraternus 9 . 

3° Corps large (fig. 10) Umax. 

II. Dos moins convexe (fig. 12). 

Îfraternus à", 
zapotecus. 
^tomitus. 

1 Dans cet arrangement on a pris pour base la forme du corps des femelles, attendu que 
chez les mâles le dos devient exceptionnellement plat. 

2 Je rappelle ici que cette expression ne signifie pas que les carènes regardent en bas, mais 
seulement qu'elles continuent la courbure du dos, au lieu de rompre cette courbure en se con- 
tinuant dans un sens plus horizontal. 

7 



50 ESSAI DUNE FAUNE 

III. Dos très-surbaissé, souvent aplati. 

1° Carènes tombantes en toit, quoique peu obliques (fig. 17 e ), 

A. Arrondies en avant, subaliforrnes; corps assez allongé., tepauccits. 

B. Tronquées presque carrément, corps très-large virginiensis. 

2° Carènes, légèrement relevées, tronquées carrément (fig. 14*) { 

) toltecus ç . 

3° Carènes horizontales ou même encore plus relevées, tronquées 

carrément (fig. 22 ') toltecus cf. 



I e SEC'TSOrv. — Dos très-convexe , en forme de voûte : carènes 

tombantes. 

1° Corps grêle, vermi forme, carènes subaliforrnes. (Transition aux 
Leptodesmus et aux Strongylosoma.) 

Poi.YDESMUS MONTEZUlkOE. 

(Fig. 9- 9° -9 e .) 

Fuscus, sut vermiformis; dorsum perconvexum; carinœ brèves, cadenles , apice 
aurantiacœ. 

Saussure, Liansea Entomologipa, XIII. 1859, p. 323. 

cf. 9 • Formes grêles pour une espèce de cette division. Dos très-voûté, très- 
convexe; carènes très-courtes, entièrement tombantes. Chaperon lisse, éebancré en 
arc de cercle, ayant ses bourrelets latéro-supérienrs distincts. Tête lisse et luisante; 
vertes partagé par un faible sillon qui aboutit sur le front dans une fossette vague. 
Premier segment un peu moins large que les suivants, ayant son bord antérieur 
simplement arqué et le postérieur à peine sinueux : ses angles subaigus. Les autres 
segments fortement bombés, à carènes parfaitement tombantes. Celles-ci très-courtes, 
plus ou moins aliformes, légèrement rélrécies en avant, par suite de l'arrondisse- 
ment de leur angle antérieur, et, à cause de cela, médiocrement continues; leur 
bord seulement paraissant insensiblement relevé, à cause de l'épaississement des 
bourrelets (fig. 9 e ). Ceux-ci faibles, latéraux (supères), élargis en arrière (fig. 9 1 '). 
Carènes arrondies et bordées en avant, n'ayant leur angle postérieur prolongé en 
arrière qu'aux derniers segments du corps, où ils ne sont même pas aigus. Segment 
préanal triangulaire, convexe en dessus, concave en dessous, subtronqué au bout. 
Plaque sous-anale en ogive presque arrondie, insensiblement trituberculée sur son 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 51 

bord. Valves anales fortement plissées, offrant chacune une grande éminence plissée. 
Pores répugnatoires simples, placés en arrière du milieu des bourrelets, même ceux 
des segments cinquième et septième, qui sont déjà placés un peu en arrière du mi- 
lieu. — Ces pores sont supères par rapport aux bourrelets, mais latéraux par suite 
de la direction parfaitement tombante des carènes. — Tout le corps lisse, luisant., 
finement et irrégulièrement striolé ; carènes un peu plus ruguleuses. Deuxième ar- 
ticle des pattes terminé en dessous par une longue épine. 

Couleur d'un brun chocolat ; bord antérieur du premier segment et triangle pos- 
térieur des carènes (ou les carènes dans toute leur étendue) orangées et testacées, 
ainsi que la pointe du dernier segment. Cette couleur s'étendant souvent le long du 
bord postérieur des anneaux. Dessous du corps plus roux ou fauve; articles 1, 2 
des pattes, fauves ou rougeâtres. — Les individus décolorés sont blancs, avec ou 
sans mouchetures grises. Tantôt le test est parfaitement lisse, tantôt le bord des 
carènes de la partie antérieure du corps est un peu ruguleux , striolé et garni de 
quelques très-petits granules distants qui n'empêchent pas ces parties d'être lui- 
santes. On voit souvent à la base des carènes des segments A à 9 un petit sillon 
horizontal plus ou moins distinct qui part du bord postérieur de ces appendices. 

Longueur m , 037 à n \ 042 ; largeur 0"', 008 à m , 009. 

Habite: Les régions tempérées et le plateau du Mexique. J'ai surtout trouvé ce 
Polydême au Mirador et dans les environs de Cordova, sur le versant oriental de la 
Cordillère, mais je l'ai aussi rencontré sur le plateau d'Anahuac, autour de Puebla 
et de Cholchicomula. Il vit par conséquent sous tous les climats, depuis une alti- 
tude de 1000 pieds jusqu'à celle de 7 ou 8000, et peut-être au delà dans les deux 
sens. 

Cette espèce est surtout remarquable par la grande convexité de son dos, dont 
la section transversale représenterait presque un demi-cercle (fig. 9 e ). Le mâle ne 
diffère guère de la femelle. 

On pourrait confondre ce Polydême avec la 9 du P. fralernus, quoique ses 
carènes soient plus écartées les unes des autres et plus courtes. Toutefois j'aurais 
à peine osé séparer ces deux Polydêmes si je n'avais possédé les mâles des deux 
espèces, lesquels diffèrent notablement l'un de l'autre; celui du P. Monlezumœ 
étant sensiblement moins élargi. On pourrait encore confondre le P. Montezumœ avec 
le P. vermiformis. Ces deux espèces ont à peu près la même longueur, mais le 
corps du premier est bien moins gros, moins vermiforme. Tous les deux ont la même 
couleur blanchâtre et le corps lisse, ou parsemé de quelques très-petits granules 
épars, mais chez le P. Montezumœ les anneaux ne sont pas séparés aussi nette- 
ment, ni aussi noueux, et le premier segment est plus long, moins large à propor- 



52 essai d'une faune 

tion. Les carènes de la portion antérieure du corps sont tombantes et imbriquées, 
tandis que chez le P. vermiformis elles sont fortement séparées et ne s'imbri- 
quent pas; les segments sont aussi moins voûtés chez ce dernier. Chez le P. Mon- 
tezumœ, au contraire, les anneaux ne sont bien séparés qu'à partir du sixième, et 
encore leur portion carénifère n'est-elle pas saillante, ni leur portion cylindrique 
fortement étranglée, mais les deux portions sont seulement séparées par un sillon. 
Du reste la conformation du 2 me article des pattes suffit pour faire distinguer ces 
deux espèces. 

2° Corps plus large, carènes tronquées carrément à leur bord ex- 
terne. 

POLYDESMUS FUATERNUS. 

(Fig. 16- I6 a -I6 1 '. $. a".) 

P. Monlezumae simillimus , at carinis lalioribus , paulo minus cadenlibus et 
magis continuis. 
Saussure, Linnaea Entomologïca, XIII. 1859, 322. 

Ç Très-voisin du P. Monlezumœ , dont il a le faciès, les formes et les couleurs, 
mais s'en distinguant par un corps plus large, moins bombé, moins comprimé an- 
térieurement, et par ses carènes qui ne sont pas entièrement tombantes, mais lé- 
gèrement relevées au bout 1 (c'est-à-dire un peu moins tombantes, fig. 16 l ç). Le pre- 
mier segment est un peu moins long, et ses angles sont un peu plus arrondis. Les 
carènes sont tronquées carrément et sont aussi parfaitement continues que chez l'es- 
pèce citée. Les bourrelets sont plus aplatis et plus linéaires (fig. 16 b ), à peine renflés, 
ce qui rend le bord des carènes lamelleux. Les pores répugnatoires sont moins pro- 
noncés, moins grands. Les segments 17, 18, 19 se terminent par des angles sub- 
aigus, tandis qu'ils sont un peu arrondis chez le P. Montezumœ ; chez ce dernier les 
pores regardent aussi plus en arrière; ils sont plus grands et placés plus en arrière 
par rapport aux bourrelets ; ainsi, sur les segments cinquième et septième, ils s'ouvrent 
déjà en arrière du milieu du bord de la carène, ce qui n'existe qu'à un moindre 
degré chez le P. [rater uns (fig. lG b ; comparez avec la fig. 9 b ). Chez celui-ci les valves 

1 Non pas qu'elles regardent en haut, mais seulement parce que leur extrémité est légèrement 
brisée en dehors au lieu de tomber régulièrement selon la courbure du dos. Voyez p. 31 la 
signification de ce terme. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 55 

anales sont striées et elles offrent avant leur milieu un petit tubercule oblique. Le 
corps paraît sensiblement striolé lorsqu'on l'examine à la loupe. 

Longueur m , 037 ; largeur m , 009. 

o" Le mâle a les carènes sensiblement plus relevées (moins tombantes) que la 
femelle, ce qui lui donne une forme plus large et ce qui pourrait le faire prendre 
pour une autre espèce. 11 s'écarte donc sensiblement plus que la femelle, du P. Mon- 
tezumœ, mais il se rapproche beaucoup des P. consobrinus et olomitus. 

Il diffère de la femelle par les caractères suivants : Les carènes sont plus rele- 
vées (fig. 16 e a"), en sorte que dans l'extrémité postérieure du corps elles se rap- 
prochent de l'horizontale, (moins cependant que chez le P. consobrinus). A partir du 
sixième ou du septième segments, le bord postérieur des carènes fait un peu saillie 
en arrière à sa base, et ensuite il se dirige obliquement en arrière. Cette direction 
devient de plus en plus prononcée, en sorte que les 7 ou 8 derniers segments se 
terminent par un angle aigu, comme chez le P. consobrinus (fig. 16 a d"). (Ce ca- 
ractère ne se voit chez la ç qu'aux 3 ou 4 avant-derniers anneaux). Les valves 
anales sont plissées et offrent un tubercule avant leur milieu. Dans la première 
moitié du corps les pores répugnatoires sont situés en avant du milieu des bourrelets 
et dans la moitié postérieure, ils occupent le milieu de ces derniers (fig. 16 b ), plutôt 
que l'extrémité postérieure (comme cela se voit chez le P. Montczumœ). Le test est 
luisant, striolé. 

Longueur ra , 035; largeur 0"\ 009. 

a". 9 . Couleur d'un brun chocolat , avec les carènes et les pattes couleur de 
chair. 

Habile : Le Mexique. Je l'ai trouvé dans les vallées du versant oriental de la Cor- 
dillère. Cette espèce est une de celles chez qui les couleurs se conservent le mieux; 
cependant les jeunes sont souvent blanchâtres ou le deviennent dans la liqueur. 

On reconnaît facilement ce Polydême à l'œil, mais il n'est guère possible de le 
décrire de façon à permettre de le distinguer d'une manière absolue sans compa- 
raison avec les types les plus voisins. Si l'on ne possédait que des femelles, on pour- 
rait être tenté de réunir les P. Montezumœ et fraternus, mais les mâles s'éloignent 
si fortement l'un de l'autre, que la différence des deux types est évidente. (Voyez les 
affinités du premier, page 51.) — J'ai rapporté de cette espèce 4 9 et 3 cf. 

Observations relatives aux figures : Fig. 10 9 • Los bourrelets dee; carènes ne sont pas assez linéaires; 
ils sont représentés trop larges et trop supères? les pores sont trop fortement prononcés. Le premier 
segment du corps est trop grand. (On a un peu écarté les segments; les carènes sont susceptibles de 
devenir parfaitement continues.) — 16 a, çf , 9 • Pourraient être un peu plus grands. 



54 essai d'une faune 

3° Corps très-large, un peu moins voûté. 

POLYDESMUS UMAX. 

(Fig. 10, 4(H) 

Magnus, latus, dorso tectiformi, striato et subcorrugato ; carinœ latte, oblique 
cadentes , leviter antice reflexce, pori repugnatoru partis anticœ corporis, in parti' 
antica tuberorum Mantes. 

Saussure, Linnaea Entomologica, XIII. 1 8-59, p. 322. 

9 . Grand, dos régulièrement arrondi, aussi convexe que celui du P. fratemus a", 
mais ayant le corps plus fortement rétréci dans sa portion antérieure. Tête lisse, 
n'offrant de plis que sur le bord de la fossette qui est placée derrière l'insertion des 
antennes. Sillon du front très-prononcé. Portion antérieure du corps rétrécie et ar- 
rondie en avant en forme d'ellipsoïde; le premier segment presque de moitié moins 
large que le sixième; les trois suivants successivement de plus en plus larges. An- 
gles latéraux du premier segment étroits ; bord postérieur des trois suivants faible- 
ment concave au milieu, dirigé obliquement en avant sur les côtés et un peu sinueux 
(fig. 10); le bord antérieur des carènes de ces segments, arrondi (en sorte que ces 
appendices sont insensiblement sinués en S et dirigés en arrière, au lieu d'être tron- 
qués largement et carrément comme cbez le P. fratemus). Carènes des autres seg- 
ments parfaitement tombantes, de façon à rendre le dos très-voûté, n'étant guère 
déviées de leur courbure naturelle comme chez le P. fratemus a". Bord postérieur 
des carènes faisant légèrement saillie en arrière à sa base (fig. 10, i et 10 a , o), puis 
dirigé un peu obliquement en avant (point obliquement en arrière comme chez le 
P. fratemus <f). Bord antérieur des carènes dirigé légèrement en avant dès sa base, 
puis fortement arrondi, formant presque un demi-cercle avec le bord latéral (u) x . — 
Dans leur ensemble les carènes sont dirigées légèrement en avant, jusqu'au dixième 
ou onzième segment ; ce n'est qu'à partir du douzième que leur bord postérieur est 
dirigé obliquement en arrière. Les bourrelets sont très-aplatis, petits, luisants et se 
terminant par une dent qui fait saillie en arrière et qui devient spiniforme à partir du 
huitième. Toutefois les anneaux dix-huitième et dix-neuvième ont l'angle postérieur 
des carènes dépourvu de dent terminale; les angles du dix-huitième sont émoussés et 
les carènes du dix-neuvième forment deux lobes lamelleux, obtus, presque arrondis. 
Les pores répugnatoires sont quelquefois logés dans des fossettes dirigées en arrière; 
ils sont parfaitement supères et ils s'ouvrent sur la portion antérieure des bourre- 

1 En d'autres termes, l'angle antérieur de chaque carène est arrondi en demi-cercle. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 55 

lets, mais à partir du seizième ils occupent le milieu de ces derniers. Le lest est 
luisant, comme verni; les trois premiers segments sont lisses, n'offrant que quel- 
ques stries insignifiantes sur les côtés; les segments suivants deviennent toujours 
plus raboteux et offrent comme des écailles mal marquées, qui sont dessinées par des 
sillons confluents irréguliers, en zig-zag ou sinueux. La partie antérieure delà por- 
tion carénifère est simplement striée. Les carènes sont plus rugueuses que le milieu 
du dos et offrent comme des écailles terminées par une petite dent dirigée en ar- 
rière et en haut. Chez les grands individus, on voit plutôt, sur les rugosités des ca- 
rènes, deux ou trois lignes transversales de petites granulations, luisantes et très-es- 
pacées. Les deux derniers segments sont presque lisses. — Chez les individus de grande 
taille la sculpture s'efface en grande partie, surtout au milieu de la voûte du dos. 
— Segment préanal triangulaire, subtronqué au bout. Plaque sous-anale sub- 
triangulaire, trituberculée à son extrémité; valves faiblement ruguleuses et strio- 
lées. Les flancs sous les carènes, finement ponctués et chagrinés, offrant de petites 
plissures. Deuxième article des pattes épineux. 

Couleur brun-chocolat; les carènes souvent plus claires. (Par la dessiccation, l'a- 
nimal passe souvent au gris et au fauve.) 

a" Dos un peu moins voûté que chez la femelle. Les carènes insensiblement re- 
levées c'est-à-dire légèrement moins tombantes. Verges petites. 

Longueur m , 050 à m ,080; largeur m , 017 à m , 020. 

Trois 9 et deux cf. 

Var. Les individus varient pour la taille, car ils continuent à croître, même après 
avoir atteint l'âge adulte, c'est-à-dire après avoir acquis leurs vingt segments. La 
sculpture du test est en général bien marquée chez les individus de taille moyenne, 
mais elle tend à disparaître à mesure que l'animal avance en âge, et, chez les plus 
grands sujets, le test est parfois complètement poli dans sa partie dorsale moyenne, ce 
qui s'explique par l'usure des rugosités superficielles. Chez les individus de taille 
moyenne les épines terminales des carènes sont peu développées; quelquefois aussi 
les pores répugnatoires ne s'ouvrent pas au fond de fossettes bien distinctes. 

Habite: Les terres chaudes du Mexique. — Cordova, San-Andrès-Tuxtla. 

Ce Polydême est d'un aspect assez variable, suivant l'état d'extension ou de con- 
traction dans lequel on l'examine. Dans la plus grande extension du corps, les seg- 
ments s'écartent les uns des autres et les carènes cessent d'être continues (fig. 40) ; 
dans le repos, au contraire, les carènes sont parfaitement continues (fig. 10 a ), les 
portions carénifères des anneaux s'imbriquent, et alors l'animal ressemble assez à 
une limace, soit par sa forme, soit par les rugosités de son test. — Vivant, on le 
trouve toujours dans un état d'assez grande contraction. 



56 essai d'une faune 

La figure ne représente qu'un individu d'assez petite taille, chez lequel la sculp- 
ture est encore très-nette. — Ne pourrait-on pas peut-être rapporter ce Polydêrae 
au P. dasypus de Gervais? (Aptères IV. 115, 57.) 

Observation* relatives aux figures : Fig. 10. Un individu rf de taille moyenne, plutôt petite, ayant la 
sculpture du test assez prononcée. — La portion antérieure du corps est beaucoup trop large ; dans 
la nature les segments 4-1 vont toujours en se rétrécissant, et le premier est toujours très-petit 
par rapport au cinquième. Chez cet individu, la dent terminale de l'angle postérieur des carènes est 
peu développé». Les tubercules subdenlés qui font partie de la sculpture des carènes sont trop pro- 
noncés. La figure indique bien que la direction oblique en arrière du bord postérieur des carènes ne 
commence qu'au seizième segment et ne devient bien sensible qu'au dix-septième; mais le dix-hui- 
tième segment est un peu trop large. — Fig. 10 o. Un individu Ç de même grandeur dans l'état de 
contraction, appartenant à la même variété, ou ayant le intime Age; les angles postérieurs de ses ca- 
rènes n'étant que peu prolongés. 

II e SECTION. — Dos moins convexe. 

/° Carènes tombantes selon la courbure du dos. 

POLYDESMUS ZAPOTECUS. 

Gracilis, depressm; carinœ poslice subcmarijinatœ , angulo postico dentiformi. 

(Fig 11. Il Ml'.) 

9 . Assez petit. Corps sensiblement déprimé, plus large que haut. Dos très-peu 
convexe, à peu près comme chez le P. virginiensis, mais beaucoup moins large à 
proportion. Les segments, capables de s'écarter fortement, mais capables aussi de se 
rapprocher beaucoup. Premier segment moins large que les suivants, à angles 
aigus; les trois segments suivants allant en s'élargissant un peu. Carènes larges, peu 
tombantes (fig. 11 c ), mais point relevées', continuant la courbure du dos; leur bord 
antérieur insensiblement avancé et le postérieur concave, excisé, mais formant à 
sa base une petite saillie en arrière (fig. \\'\); l'angle antérieur arrondi, et le 
postérieur se terminant par une dent assez aiguë (fig. 11 d ). — Ce prolongement en 
forme de dent de l'angle postérieur des carènes ne commence guère à devenir sen- 
sible qu'aux segments 7, 8, 9. Les carènes des segments 2-4 ont leur bord latéral 
simplement tronqué à angle droit et un peu arrondi. — Bourrelets réguliers, parfai- 
tement supères; les pores supères, petits, occupant le milieu des bourrelets, aux 
segments 5* et 7% puis placés un peu plus en arrière et le devenant toujours plus. 

1 Elles le sont trop sur la figure. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 57 

Segment préanal triangulaire, pointu. Plaque sous-anale en ogive, trimammelonnée 
au bout. La portion carénifère des segments légèrement striée. Deuxième article des 
pattes armé d'une très-longue épine; les derniers articles garnis de longs poils 
roides. 

Couleur, brune? — L'animal desséché, incolore. 

Longueur m , 0°29 ; largeur 0,005. 

a*. Corps un peu plus aplati; carènes moins tombantes; les lobes dentiformes 
de leurs angles postérieurs plus prononcés. 

Habile : Les régions chaudes du Mexique. — San-Andres-Tuxtla, etc. 

Cette espèce est caractéristique dans le groupe des Fonlaria, 4° par les épines 
très-longues du c 2 e article des pattes; 2° par son corps grêle, par ses carènes 
terminées en forme de dent, dont le bord postérieur est un peu échancré, ou 
concave, pour concourir à former la dent, sans que cependant les carènes soient 
dirigées obliquement en arrière (fig. 44 d ). Vu cette circonstance, toutes les carènes, 
même celles du milieu du corps, sont terminées par une dent, quoique la direction 
de leur bord postérieur ne soit pas oblique en arrière. Pour le faciès général, 
ce Polydême ressemble au P. carolinensis, dont le corps offre le même genre 
d'aplatissement. 

Explication des figures: 11. Un mâle grossi. — lia. Grandeur naturelle s un peu petite).— 11 b. Un 
segment vu de profil. — 11 e. Coupe transversale du corps; (les carènes sont trop relevées). — 
11 a". Une des carènes vue en dessus, pour montrer la dent qui les termine (cette dent est un peu exa- 
gérée ici). — 11 e. Le 7 e segment vu eu dessous, pour montrer les verges flagelliformes, qui rempla- 
cent la 6 e paire de pattes et la base de la 7 e paire, dont le 2 e article est épineux. — 11 f. Une patte 
de la partie antérieure du corps, vue de profil, pour montrer l'épine qui termine le -2 e article. (Les 
pattes des segments postérieurs sont plus grêles et leur épine est plus longue.) 



POLYDESMUS OTOMITUS. 

Fig. 42- J2M2 C ; 43. 13M3 d .) 

P. fraterno affinissimus ai minor ; satparvus, albidus, depressus ; carinœ caden- 
tes, liiberibus incrassatis ; pori repugnalorii magni, in imis fossulis Mantes et in 
mediis tuberibus disposili. 

Saussure, P. otoinitus, Linn;ea Entomologie;). XIII. 1859, p. 322. Ç. 

9 . Petit. Formes assez semblables à celles du P. fraternus c", mais relative- 
ment un peu moins convexe (fig. 42 e ). Corps rétréci en avant, à partir du 5 e seg- 
ment. Sillon du vertex prononcé. Antennes longues, pouvant atteindre jusqu'au A" 

8 



58 ESSAI d'ine faine 

ou 5' segment. Premier segment bordé antérieurement et latéralement ; ses angles 
arrondis. Dos luisant, très-finement strié, étant plus bombé que chez le P. virgù 
niensis, à carènes peu tombantes, mais à peine relevées. Segments réguliers, à ca- 
rènes continues, bordées dans toute leur longueur par un bourrelet régulier et su- 
père. Ceux des bourrelets qui portent des pores, élargis, presque en forme de 
losanges; les pores très-grands, assez latéraux, s'ouvrant sur le milieu des bour- 
relets, même à l'extrémité du corps, et occupant le fond de grandes fossettes (fig. 
12 b ). Il n'y a que les 3 ou A avant-derniers segments dont les angles postérieurs 
soient prolongés en arrière en pointe ; celle-ci devient toujours plus forte jusqu'au 
pénultième. Segment préanal triangulaire, terminé par une pointe qui- n'est guère 
recourbée en bas (en forme de lame, plutôt que conique). Bord postérieur des seg- 
ments n'étant guère concave jusqu'au 10°, le devenant aux anneaux suivants, par 
suite de l'obliquité du bord postérieur des carènes. Plaque sous-anale arrondie. 
Deuxième article des pattes faiblement épineux. 

a". Dilïère de la femelle par ses carènes insensiblement relevées et plus aiguës à 
leur angle postérieur, parce que leur bord postérieur est légèrement dirigé en ar- 
rière. 

Couleur, blanchâtre chez les individus desséchés. 

Longueur m , 024 : largeur m , 00G. 

Habile : Le plateau du Mexique et les terres tempérées (Cordova). 

Cette espèce se confond à l'œil avec la suivante. Elle s'en distingue du reste assez 
facilement par ses pores répugnatoires qui s'ouvrent au fond de grandes fossettes ; 
le d" a ses carènes beaucoup moins (à peine) relevées, et moins aiguës en ar- 
rière. 

Nous ne connaissons cette espèce que par des individus jeunes. Tous ceux que 
nous possédons n'ont que 19 segments au corps; ils ne sont donc pas adultes. 

Les organes copulateurs des mâles n'apparaissent encore que sous la forme de 
mammelons allongés. On pourrait donc supposer que ce Polydême est le jeune du 
P. fmtcrnus , mais ceci ne paraît pas probable, car chez ce dernier : \" les pores 
répugnatoires ne s'ouvrent pas dans des fossettes ; "2° le corps a une courbure plus 
forte et très-différente selon les sexes, ce qui n'est pas chez le P. olomitus ; 
3° les carènes du <f sont tout autrement relevées. — Le P. fratermts ressemblerait 
plutôt au P. eomobrinus. 

Observations relatives aux figures Fig. 12 2 • l-a portion antériourc du corps n'est pas assez at- 
ténuée jusqu'au cinquième segment. — 12 a. Un peu trop petit. — 12 c. Les carènes ne sont pas tout 
à fait asecz tombantes pour la 9 • 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 50 

POLYDESMUS CONSOBRINUS. 

[Fig. 13. 13 ■- I3 a .) 

P. otomilo ajfinissimus , al carinarum lubcra angustiora; pori repugnatorït 
parvi, post média tubera /liantes; a" carinœ vix accidentés, horizontales. 
Saussure, P. consobrinus, Linruea Entomologica, XIII. 1859, p. 322, cf. 

9 . Absolument comme le P. olomitus; même grandeur, mais ayant le bord des 
carènes un peu plus tombant; le dos légèrement plus convexe. Bourrelets plus 
linéaires. Ceux qui portent les pores, à peine renflés. Pores petits, n'étant pas 
logés dans des fossettes, s'ouvrant en arrière du milieu des bourrelets, déjà même 
au 7 e segment. Sillon du vertex faible, se terminant sur le front dans une fossette. 
Plaque sous-anale en ogive. Deuxième article des pattes plus fortement épineux 
que chez l'espèce citée, surtout dans la portion postérieure du corps. 

cf. Tout le corps sensiblement moins bombé ; bords latéraux des carènes plus 
droits que chez la 9, leurs angles postérieurs moins obtus, coupés à angle droit 
sur les segments de la première moitié du corps, et non obtus comme chez la 9 . 
Dans les portions médiane et postérieure du corps , les carènes sont relevées hori- 
zontalement (fig. 13, 13 e ); leurs angles postérieurs sont aigus et prolongés trian- 
gulairement en arrière, en sorte que le bord postérieur des segments ne forme 
pas une ligne arquée, mais bien une ligne doublement brisée, dont la portion mé- 
diane est droite et transversale, tandis que les portions latérales (qui correspondent 
au bord postérieur des carènes) sont droites et obliques (fig. 13 d ). Angles postérieurs 
des carènes des segments 16-19, très-aigus, l'étant beaucoup plus que chez la 9 . 
Carènes de l'avant-dernier segment subaiguës. Segment préanal (fig. 13 d ) plus con- 
vexe que chez la 9 . Plaque sous-anale arrondie, se terminant par une pointe obtuse 
et offrant avant celle-ci deux petits tubercules qui n'occupent pas le bord de la plaque. 
Bourrelets étroits et réguliers 1 , percés de pores supères. Corps lisse ou très-fine- 
ment ruguleux, avec de très-petites granulations éparses. 

Couleur, grisâtre ou blanchâtre, avec de petites mouchetures grises, surtout sur 
la tête. Antennes plus obscures. 

Longueur O, 031 ; largeur m , 0073. 

Habile: le plateau du Mexique. J'ai pris les deux sexes assez fréquemment sous 
les pierres, dans toutes les terres froides du Mexique, dans l'Anahuac, au pic d'O- 
rizaba, etc. 

1 La figure n'a pas bien rendu ce caractère. 



60 essai d'une faune 

Cette espèce pourrait être confondue avec le P. fraternus, si son corps, beau- 
coup moins voûté, ne l'en distinguait nettement, car la 9 du P. consobrinus est aussi 
fortement aplatie que le cf du P. fraternus ou même plus, et le o" du premier l'est 
bien plus que celui du second, car il a ses carènes relevées horizontalement dans la 
moitié postérieure du corps, tandis que la zone médiane du corps est en l'orme de 
voûte surbaissée. Mais lorsqu'on n'a pas sous les yeux les deux espèces pour les 
comparer, on pourrait rester dans le doute. La forme du corps du mâle pourrait le 
faire confondre avec les P. tepanecus et tolonacus. Voyez encore la description du 
P. vicinus. L'aspect assez différent des deux sexes pourrait facilement les faire 
prendre pour deux espèces différentes. 

Observation. — Nos individus possèdent bien leurs vingt segments au corps, et 
les organes copulateurs sont bien développés, allongés en forme de lanières. Aussi 
est-il probable que ces individus sont assez près d'avoir atteint leur limite de crois- 
sance. Cette espèce acquiert donc une taille moins grande que le P. otomilus, puis- 
que, à grandeur égale, elle possède déjà ses vingt segments, tandis que ce dernier 
n'en possède encore que dix-neuf. 

Explication des figures . 13. Extrémité postérieure du corps du P. consobrinus q*. Les carènes ne 
sont pas assez aiguës, ni assez, triangulaires; les bourrelets sont un peu trop larges et les porcs trop 
supères.) — 13 a. Grandeur naturelle. — 13 h. Un segment du cf grossi, vu de profil. — 13 r Coupe 
transversale du corps du cf- (Le replat horizontal des carènes est un peu trop large.; — 13 d. Seg- 
ment préanal de la 9 , grossi. 

POLYDESMUS VICINUS. 

P. otomito affinissimus ; parvidus, albidus; carinœ subinclinalœ, in angulo pos- 
lico paulnm eminentes ; pedum arliculus secundus angulosus, vix spinosus. 
Saussure, Liansea Enlomologica, XIII, 1859, p. 322. 

cf. 9 . Petit, très-voisin du P. consobrinus, mais de longueur deux fois moindre, 
ayant aussi le corps plus grêle et plus voûté. 

Pour le faciès, ce Polydême ressemble entièrement à l'espèce citée (voy. la lig. H). 
11 en diffère surtout par les caractères suivants : Seulement ['angle postérieur des 
carènes un peu relevé triangulairement chez le cf: le triangle relevé étant finement 
chagriné. — On voit aussi une espèce de sillon ou de gouttière obtuse, déterminé 
par le relèvement du triangle postérieur, et qui part de l'angle antérieur de chaque 
carène pour gagner obliquement son bord postérieur. Angles postérieurs des ca- 
rènes du 19° anneau, arrondis. Plaque sous-anale terminée en angle arrondi. Valves 
anales plissées, offrant un tubercule près du milieu de leur bord interne. Le dernier 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. (>1 

article des pattes, terminé angulairement en dessous, subépinciix. 

La 9 a le corps plus vermiforme et les carènes moins prononcées. 

Longueur m , 017 ; largeur 0'\004.. 

Habite : comme le précédent, les terres froides du Mexique, le plateau de I'A- 
nahuac: toutefois on Ta pris aussi à Oaxaca, sous un climat tempéré. 

Observation \™ . — Un individu, en tout semblable aux dix autres que nous pos- 
sédons, si ce n'est qu'il est un peu moins voûté, offre des pores répugnatoires au 
14 e segment. Nous ne savons si c'est par anomalie ou si l'individu est le représen- 
tant d'une espèce séparée, distincte par ce caractère. 

Observation 2 e . — Quoique le P. viewm ait le corps plus vermiforme et les ca- 
rènes moins larges, on pourrait le prendre pour le jeune du P. otomitus, mais il 
esta remarquer que tous nos individus offrent bien leurs 20 segments développés, 
et qu'ils sont par conséquent déjà adultes, ou pour le moins, qu'ils jouissent déjà 
de tous leurs caractères essentiels, sauf à acquérir une taille supérieure. Toutefois 
je conserve quelque doute à cet égard. — Comparez avec soin la description des 
deux espèces. La fig. 12, quoique se rapportant au P. otomitus, donne une idée 
assez approximative du P. vicinns. 

II e SECTION. — Dos très-aplati. 

1° Carènes tombantes; en toit, quoique fort peu obliques. 
A. Carènes arrondies en avant, subaliformes, corps assez allongé. 

POLYDESMUS TEPANECUS, 

(Fig. 17, 17M7 C .) 

Médius, dcprcssus, dorso paulum eonvexo; carinœ haud eminentes, subaliformes; 
pori repugnatorii in média fossula perforât i ; dorsum fuscum, carinœ dtrinœ. 
Saussure, Linnaea Entomologica, XIII. 1859. p. 321. 

o\ Corps très-peu voûté, l'étant seulement un peu plus que chez le P. virginiensis, 
mais ayant une forme plus allongée ; les segments moins continus, parce que les ca- 
rènes sont arrondies antérieurement, sans cependant être aliformes, attendu qu'elles 
ne sont pas prolongées postérieurement. Test très-lisse, luisant, à surface légère- 
ment striolée; les carènes en dessous l'étant beaucoup, la sculpture distinctement 
visible à l'œil nu, à strioles ondulées et contluentes. Carènes point relevées, conti- 
nuant la courbure du dos, lequel est en forme de toit, arrondi au milieu (fig. 17 e ), 



62 essai d'une faim: 

mais ayant chacune la direction d'un plan oblique, un peu relevé en arrière, eu 
sorte que le bord postérieur de chaque carène s'imbrique sur le bord antérieur 
de la carène suivante. Bord postérieur de chaque carène faisant légèrement saillie 
en arrière du bord postérieur du milieu de l'anneau qui la porte (fig. 17); celui 
des carènes l ve à 11 e légèrement sinué, faiblement dirigé en avant; celui des sui- 
vantes fort peu oblique en arrière, sauf aux trois derniers. Bourrelets supères, 
assez larges; pores placés chacun au fond d'une fossette ovale (fig. 17 b ). Deuxième 
article des pattes brièvement épineux. 

Couleur du milieu du dos d'un beau brun-marron ; les carènes et même tout le 
pourtour du corps, jaunes. — Le dos est ainsi partagé en trois bandes, dont la mé- 
diane est brune et les latérales, qui sont presque aussi larges, jaunes. — Anus et 
pattes testacés'. 

Longueur m , 040; largeur 0", 010. 

Habite: Les terres chaudes du Mexique. — Cordova. 

Cette espèce se distiugue : 1° du P. virginiensis par ses carènes arrondies anté- 
rieurement et point relevées à leur bord ; 2° des P. otomiius et fraternus, par son 
corps plus large, bien moins convexe, et par ses carènes subaliformes, plus forte- 
ment sculptées. Sous le rapport de la forme des carènes, elle ressemble au P. Mon- 
tezumœ, mais son corps est assez aplati, non convexe, en voûte demi-circulaire, à 
faciès vermiforme, comme celui de cette espèce; 3° du P. tolonacvs, dont elle a bien 
la forme et la courbure, par ses carènes subaliformes, fortement arrondies en avant; 
par la sculpture plus forte de ces appendices; par ses pores logés au fond de fos- 
settes ovales, etc. 

B. Carènes tronquées presque carrément. 

POLYDESMUS VIRGINIENSIS, Drill'y. 

Corpus latissimum, valde depressum, cinereum; carinarum atujuli et maculœ 
dorsi medii, fulva. 

Drury, Juins virginiensis, Ins. E\. I, tab. XLUl, fig. 8 (1770). — Pallis. Beauv. Polyd. 
virginiensis, 1ns. d'Afr. et d'Amer. — Gerv. Ann. Se. Nal. 2 me scr. VII , p. 43, et Ap- 
tères. IV, 106, 29 (1805). — Brandi. Recueil, 131, 15. — Gray. Fontaria virginiensis, 
Griffith, Anim. Kingd., pi. 135, fig. 1. 

Très-large et peu bombé. Chaperon large, luisant, échancré en arc de cercle; ses 
deux sillons latéraux assez prononcés et larges. Front partagé par un sillon qui, 

1 Peut-èlre l'animal vivant est-il presque tout entier brun? 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. ()ô 

en général, se termine sur le front en forme de fossette. Corps en ovale très-allongé, 
rétréci en avant, de sorte que le premier segment est bien moins large que les 
suivants ; angles de ce segment arrondis ; son bord antérieur bordé. Dos extrême- 
ment surbaissé , en forme de toit très-obtus , mais la portion antérieure du corps 
un peu plus bombée. — Les segments 2 à A sont réguliers; les suivants commen- 
cent à s'élargir un tant soit peu postérieurement, à la partie qui correspond à la 
carène, mais ce n'est pas l'angle postérieur de la carène qui s'élargit: c'est tout 
son bord postérieur, en sorte que le bord postérieur de chaque segment se com- 
pose d'une portion médiane droite ou arquée et de deux portions latérales, qui 
ont la même direction transversale, mais qui sont un peu plus reculées. En même 
temps l'angle postérieur des carènes devient aigu et il commence à se prolonger 
légèrement en arrière sur les segments suivants ; il se prolonge toujours plus an- 
gulairement vers l'extrémité postérieure du corps, et sur les segments 10 à 19 il 
prend la forme d'un triangle aigu et plat qui emboîte le segment suivant; sur le 
19 e , le bord interne de la carène forme angle droit avec le bord postérieur de l'an- 
neau, et la carène se termine en pointe arrondie et plate. — Segment préanal en 
triangle allongé, subtronqué, bituberculé au bout et offrant souvent de petits tu- 
bercules sur ses bords. Plaque sous-anale en ogive, bituberculée. Bourrelets 
des carènes, très-minces, supères , étroits et réguliers, percés à leur milieu de 
pores simples et supères. Pores des derniers anneaux, occupant le milieu des bour- 
relets, non leur extrémité postérieure. Deuxième article des pattes, terminé par une 
longue épine. Dessus du corps luisant, comme enduit d'une espèce de vernis ar- 
genté, finement et irrégulièrement striolé et ruguleux sur le milieu du dos, l'étant 
plus fortement sur les côtés, où les stries tortueuses sont très-nettement visibles, 
même à l'œil nu; cette sculpture ressemblant presque à la peau humaine ratatinée. 

Couleur d'un gris cendré; tête brunâtre; angle postérieur des carènes, une tache 
au milieu du bord postérieur de tous les segments et segment préanal, fauves ou 
orangés. Souvent une tache de cette couleur à la partie antérieure du premier seg- 
ment. Parties inférieures et pattes, fauves ou pâles. 

Longueur m , 040; largeur m , 012. 

Yar. Un de nos individus n'offre aucune tache jaune sur le dos, mais il a tous les 
segments bordés d'orangé; le premier est même entouré de cette couleur. Le mi- 
lieu du dos est souvent brun plutôt que cendré. 

Habite : La Caroline du Sud. 

Celte belle espèce se reconnaît surtout à ses formes larges; le dos n'a pas 
la forme d'une voûte, mais plutôt celle d'un toit très-obtus; le milieu du dos seul 
étant arrondi, et les côtés formant presque deux surfaces plates et obliques. 



64 essai d'une faine 

.\ota. — Il me parait douteux que Palissot de Beauvois ait voulu donner des yeuv à cette espèce, 
comme le pense M. C.errnis (Aptères. TV, 106). Il a plutôt voulu figurer les organes Lu uuli formes 
placés derrière les antennes. 

2° Carènes légèrement relevées, tronquées carrément. 

PuLYDESMUS TOTÔNACUè. 

fFig. \\. I4«-14 C . 

Valde depressus; lirvis ; carinœ segmentoritm ï-6 obliquiter antice inflexœ; 
port repugnatorii ante média tubera perforait. 

Saussure, Linnaea Entorpologica. XIII, 1859, p. 321. a". 

if. Moyen. Corps très-aplati , large et peu élevé, très-peu bombé transversale- 
ment, l'étant même moins que chez le P. uirginiensis , mais ayant une forme plus 
grêle. Carènes presque horizontales, grandes, régulières, tronquées carrément, 
même aux premiers segments; — à partir du 3 e segment elles sont dirigées un peu 
en avant, c'est-à-dire que leur bord postérieur est oblique d'arrière en avant (tig. 
14, ■/): les carènes des segments suivants sont transversales, et ce n'est guère 
qu'aux segments 15-19 que leur bord postérieur est dirigé obliquement en ar- 
riére 1 . De plus, aux segments h à 17, ce bord ne continue pas le bord postérieur de 
la portion dorsale de l'anneau, mais il saute plus en arrière et forme ainsi une pe- 
tite saillie" (o) qui s'imbrique sur la carène du segment suivant. — Bourrelets régu- 
liers, parfaitement supères, ne formant en arrière aucune dent, si ce n'est aux seg- 
ments 17 à 19, qui se terminent par des angles mousses. Pores répugnatoires situés 
en avant du milieu des bourrelets (fig. 14 b ), excepté aux derniers segments, où ils en 
occupent le milieu, et au 19% où ils sont placés plus en arrière. Plaque sous-anale en 
forme d'ogive ; valves anales plissées, offrant chacune une grande bosselure. Test 
lisse, luisant, un peu striolé, surtout sur les carènes. Deuxième article des pattes 
épineux. 

Couleur, chez les individus frais, brune, passant dans l'alcool au cendré verdâtre 
plus ou moins obscur, avec les bourrelets des carènes, fauves; bord antérieur de 
la portion carénifère des segments et à chaque carène une tache qui n'atteint pas le 

1 Sur la figure, ces caractères ne sonl pas rendus avec ass ■/. d'exactitude. L'obliquité des 
carènes des premiers segments est exagérée ; celle des carènes des derniers est au contraire 
trop faible, etc. La ligure doit aidera la détermination, mais il faut soigneusement contrôler 
par la description les caractères qu'on croira y trouver. 

3 Un peu exagérée sur la figure. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 65 

bord postérieur, noirâtres. Face ventrale et base des pattes, testacées; extrémité des 
pattes et flancs, brunâtres. Antennes et tête, obscures. Portions cylindriques des seg- 
ments, noirâtres, avec deux grandes taches claires. — Les individus desséchés pas- 
sent en général au blanc et conservent souvent une double série de taches grises à 
la base des carènes, comme on le voit sur la figure ; souvent aussi les antennes et 
le vertex restent noirâtres. — Vivant, l'animal est probablement brun. 

Longueur m , 040; largeur n \ 0085. 

Habite : Cette belle espèce habite le plateau de l'Anahuac et les montagnes qui 
s'élèvent sur ce plateau. 

Observations relatives aux figures . Kig. 14. Le premier segment du corps est trop grand ; il devrait 
surtout être moins long par rapport h sa largeur. Les saillies à la base du bord postérieur des carènes 
(o) sont exagérées. Les bourrelets sont trop forts, et les pores trop supères. Les carènes ne sont pas 
coupées assez carrément à leur bord externe, surtout au 17 e segment. Enfin les carènes du 19 e segment 
ne font pas assez saillie en arrière. — Les segments sont ici fortement séparés; à l'état de repos les 
carènes deviennent parfaitement continues. — 14 6. La carène tombe un peu trop bas. 

POLYDESMUS ÏOLTECUS. 

(Fig. 22, 23.) 

Fuscus, P. totonaco affinis, sed supra granidosus; dorso 9 convexiore, 0* depres- 
siore; carinœ 9 paidum cadentes, a" cminenliorcs, horizontales. 

Saussure, l'. tultccm, Linnséa Entoniologïca, 1859, p. 322. 9 . — /'. granulosus, ibid., 
p. 323. 9 . — P. mayus, ibid., p. 322. cf. 

9 . (Fig. 23.) Forme du P. lolonacus, mais plus ramassé ; les segments du milieu 
entièrement rapprochés. Corps plus voûté que chez cette espèce, mais moins que 
chez le P. olomiliis ou chez le P. Umax. Carènes légèrement tombantes; pas assez 
pour continuer la courbure transversale du dos, mais trop pour être encore horizon- 
tales (0g. 23 e ). Ces appendices, insérés à mi-hauteur du corps, tronqués carrément 
sur les côtés, arrondis à leurs angles antérieurs; ceux des segments 2 à 6 ou 7 ayant 
leur bord postérieur faiblement dirigé en avant, et légèrement saillant en arrière du 
bord postérieur de la portion dorsale du segment ; la saillie formant une petite lame 
tranchante qui s'imbrique sur le segment suivant (0). Les détails de forme, comme 
chez le P. tolonacus; seulement les bourrelets un peu plus saillants et ayant presque 
une tendance à former une dent à leur angle postérieur. Tous les segments, sauf 
les 3 ou k premiers et derniers, portant trois rangées irrégulières et transversales 
de tubercules arrondis, polis et peu saillants (par places comme effacés). Pores répu- 
gnatoires placés comme chez le P. totonacus (fig. 23 b ^, mais s'ouvrant dans des 

9 



66 ESSAI DUNE FAUNE 

fossettes. Tout le corps luisant, comme enduit d'un verni. Deuxième article des 
pattes armé d'une dent plutôt que d'une épine. 

Couleur brune, avec le bout des carènes testacé. — Desséché, l'animal devient 
d'un blanc de porcelaine. 

Longueur m , 03G ; largeur 0"', 0085 (fig. 22 : '' 9). 

o\ (Fig. 23.) Corps bien plus aplati. Carènes placées presqu'au môme niveau que 
le dos, horizontales, relevées, en sorte que, prise dans son ensemble, la face supé- 
rieure de l'animal offre, dans le sens de sa longueur, un bourrelet médian, et, de 
chaque côté, une bande plate ou même une faible gouttière. Segments 7 à 15 s'é- 
cartant souvent un peu les uns des autres. Carènes insérées aux deux tiers de la 
hauteur des flancs (fig. 22 e ), arrondies en avant, quoique presque carrées, du reste 
constituées comme chez le P. totonacus, mais celles des segments 15 à 19 terminées 
par un angle aigu. Granulations du corps, comme chez la femelle; mais devenant 
un peu allongées sur les segments postérieurs. Carènes striolées , n'offrant que 
quelques granulations éparses. Bourrelets parfaitement supères. Deuxième article 
des pattes, épineux. 

Longueur m , 033; largeur 0" 1 , 0075. 

Habite : Le versant oriental de la Cordillère du Mexique et le bord du plateau '. 

Apparences diverses. Souvent le test est couvert de petites stries irrégulières ; ces 
tubercules sont plus ou moins saillants, etc. Mais cette espèce, comme du reste 
toutes les Fontaria, peut entièrement changer daspect, lorsque ses anneaux sont 
écartés outre mesure. J'ai cru utile, pour donner une juste idée de ces appa- 
rences, de faire représenter sur la fig. 23 une 9 dont le corps est dans un 
état d'extension forcée, comme il apparaît, lorsqu'on retire l'animal d'une li- 
queur où les tissus se sont plus ou moins désagrégés. On voit par là combien une 
espèce se ressemble souvent peu à elle-même et combien on doit se tenir en garde 
contre les erreurs qui peuvent résulter du faciès variable des individus. — J'ai été 
moi-même induit en erreur par l'apparence trompeuse de celte Fontaria. Ne croyant 
pas que ses anneaux fussent susceptibles de rentrer les uns dans les autres au point 
de rendre les carènes continues, j'ai été conduit à en faire, dans ma première note, 
une espèce du sous-genre Lep(odesmus y que j'ai nommée araniilosus* . Un nouvel 
examen m'ayant montré que tous les autres caractères sont identiques à ceux du 
P. toltecus, j'en ai conclu que mon P. granule-sus ne pouvait être qu'un P. loltccus 
allongé outre mesure. 

1 Une 9 est, à tort ou à raison, étiquetée comme ayant été prise à une altitude fie 3000 
mètres, au Pic d'Orizaba. 
3 Ce nom était du reste déjà employé par Palissot de Beauvois pour une autre espèce. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 67 



Sous-genre POLYDESMUS. (Sensu strictiore.) 

Formes allongées, grêles. Carènes continues, insérées au sommet des 
flancs, de façon à rendre le dos complètement plat. Corps un peu déprimé. 
Deuxième article des pattes inerme. — (P. complanatus, Fab.) 

POLYDESMUS SERRATUS, Say. 

Fuscus; corpus complanato-clepressum, supra planum, squarnosum (vel squamoso- 
tuberculalum) ; pori repugnatorii minuti, latérales; antennœ brèves. 

Say, Journ. of the Acad. of Nat. Se. of Philad. 1820, p. 106. 

o". ç . Corps déprimé, deux fois plus large que haut. Dos plat. Segments con- 
tinus, s'imbriquant insensiblement; n'offrant pas d'étranglements à l'état de repos. 
Antennes très-courtes, ne pouvant atteindre jusqu'au 3 e segment; leurs deux der- 
niers articles, très-courts. Chaperon en trapèze, subéchancré, à angles latéro-supé- 
rieurs saillants. Vertex partagé par un sillon qui s'étend presque jusqu'au niveau de 
la base des antennes. Premier segment moins large que le 2 e , ayant ses bords laté- 
raux confondus en arc de cercle avec le bord antérieur et avec les bords latéraux 
du deuxième. Segments tous partagés en trois portions : la portion médiane légère- 
ment convexe, ayant sa moitié antérieure lisse, et la moitié postérieure couverte 
d'une double rangée de plaques ; ces plaques (ou tubercules aplatis), au nombre de 
quatre sur chaque rangée. Les portions latérales (ou carènes), offrant une faible 
bosselure et bordées le long de leurs trois côtés, ayant l'angle antérieur arrondi et 
le postérieur aigu et prolongé en arrière. Bord latéral des carènes un peu arqué, 
portant à côté de sa bordure un bourrelet en forme de bosselure allongée, qui se 
termine dans l'angle postérieur. Pores répugnatoires latéraux et petits. Segments 
postérieurs se terminant par deux fortes dents. Le préanal triangulaire, subaigu. 
Plaque sous-anale arrondie. Couleur brune. 

Longueur m , 033 ; largeur m , 0045. 

Habite : Les Etats-Unis, en particulier la Caroline du Sud. — Je dois cette espèce 
à l'obligeance de M. Zimmermann. 

Ce Polydême ressemble étonnamment au P. complanatus. Il en diffère par sa plus 
grande taille, par l'extrême brièveté de ses antennes, par son corps qui n'est pas 



68 essai d'une faune 

rétréci en avant et par la portion antérieure des premiers segments , qui est plus 
lisse au milieu, etc. 

Say dit que les bords latéraux des carènes sont denticulés ; ils le sont en effet, 
mais si finement qu'on ne distingue les dentelures qu'au moyen du microscope ou 
d'une forte loupe. 

Sous-genre RHACHIDOMORPHA', Sauss. 

Carènes longuement séparées, insérées au sommet des flancs, réfléchies en 
haut (montantes), plus ou moins spini formes*; n'offrant pas de bord ex- 
terne, mais seulement un bord antérieur et un postérieur, vu leur forme de 
triangle arqué (fig. 2i b ). 

Les carènes ont ici une figure tout exceptionnelle; elles sont plus 
qu'aliformes, étroites, longues et arquées en forme de corne, et leur 
extrémité se termine par une longue épine. En conséquence de cette 
configuration, elles n'offrent pas de bord externe, mais seulement un 
bord antérieur et un postérieur, cl ces deux bords arqués, qui se ren- 
contrent sous un angle très-aigu, concourent seuls à la formation de là 
pointe spiniforme par laquelle ces appendices se terminent. Ceci tient 
h ce que le bord antérieur de la carène et son bord externe se confon- 
dent en une seule courbe, par suite de la disparition totale de l'angle 
antérieur, et cette courbe devient le bord antérieur. Toutefois on peut 
distinguer le point de séparation des deux moitiés de ce bord, car il 
existe en cet endroit une petite dent qui indique la terminaison du bord 
antérieur proprement dit. La portion de l'arc située au delà de cette 
dent, représente le bord latéral ou externe de la carène et c'est lui qui 
porte le pore répugnatoire. L'épine terminale représente donc l'angle 
postérieur de la carène. 

1 Vx<?> épine du dos, -mî?$>j, forme. (Le corps de ces Polydêmes offrant une certaine res- 
semblance avec une colonne vertébrale). Ce groupe ne peut encore être défini d'une manière 
exacte, parce qu'il n'est basé que sur une seule espèce. La connaissance d'autres types, voi- 
sins de celui-ci, obligera peut-être d'en modifier la diagnose. 

2 Ou plutôt corni formes. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. f>9 

Dans ce lype les carènes sont trop étroites pour qu'il existe des bour- 
relets proprement dits; les pores s'ouvrent latéralement sur le bord 
externe des carènes. 

POLYDESMUS ÏARASCUS. 

(Fig. 24, 24 a -24 d .) 

Minulus ; carinœ valde distantes, supra re/lexœ, comi formes, in spinam elonga- 
tam acutamque excurrenies, anticc basi marginales et dente minimo in medio mar- 
gine convexo antico, instructœ. 

Corps grêle, allongé, à segments longuement séparés. Antennes très-longues, 
très-grêles, à articles allongés. Premier segment ayant son bord antérieur convexe, 
arqué en demi-cercle ; ses carènes fortement aliformes, relevées, à bord postérieur 
concave , terminées par une pointe arquée très-aiguë , qui regarde en arrière. Ca- 
rènes des segments suivants en forme d'ailes étroites, fortement relevées, montan- 
tes (regardant en haut), terminées par une épine aiguë qui se dirige en arrière. 
Celles des 2 e et 3 e segments ayant leur base d'abord dirigée un peu en avant, puis 
se recourbant en arrière 1 . Celles du 48 e segment redevenant aliformes et dirigées 
parfaitement en arrière ; celles du pénultième, simplement spiniformes. Bord anté- 
rieur des carènes bordé par un cordon marginal, lequel s'arrête à peu près au mi- 
lieu de l'arc que décrit ce bord, en formant une petite saillie dentiforme. Pores ré- 
pugnatoires s'ouvrant sur le bord antérieur des cornes, ou carènes, non loin de leur 
extrémité. Segment préanal conique, en entonnoir. Plaque sous-anale en ogive: 
valves striées, à bord interne saillant. Corps lisse, luisant; le 18 e segment strié lon- 
gitudinalement à son bord postérieur. Portion postérieure de tous les segments of- 
frant au milieu un sillon arqué, qui s'étend de la base d'une carène à la base de 
l'autre et qui dessine un demi-ovale. 

Longueur 0'", 021. 

Habite : La zone chaude du Mexique. — Cordova. 

Explication des figures : 24. L'espèce grossie. (Les carènes ne sont pas assez étroites; celles de la 
portion antérieure du corps sont trop obliques en arrière et elles n'ont pas la double courbure que 
l'on observe à ces appendices.) — 24 a. La grandeur naturelle (trop petite). — 24 b. Un segment vu 
de profil. — 24 c. Coupe trnnsversale du corps. (Les carènes sont trop fortement dirigées en haut, 
trop peu divergentes.) — 24 d. Segment préanal et carènes du segment pénultième. (Les carènes sont 
trop grandes, point assez spiniformes ; elles ressemblent plutôt à celles du 18 e segment qu'à celles 
du 19 e .) 

1 On ne peut mieux expliquer leur forme qu'en disant que, vues par devant, elles ressem- 
blent aux cornes des bœufs. 



70 ESSAI b'CNE FAINE 

Sous-genre STENONIA 1 , Gray. 

Bord latéral des carènes aminci, tranchant, dépourvu de bourrelets, dé- 
coupé ou dentelé, ou denticulé; quelquefois seulement échancré. Pores répu- 
gnatoires Couvrant à la face supérieure des carènes. Carènes discontinues, 
en général très-grandes ; séparées par des étranglements, comme chez les 
Leptodesmus. Forme du dos variable. Deuxième article des pattes 
inerme. 

On peut partager ce sous-genre en trois divisions bien caracté- 
risées. 

I DIVISION. — Oilontodexiiiu* 

Corps grêle. Carènes ri offrant pas de bourrelets distincts; ayant leur 
bord latéral denticulé. Pores répugnaloires , marginaux . s' ouvrant à côté 
du bord des carènes. (Corps plus ou moins vermi forme, a carènes es- 
pacées et tombantes. Segment préanal en palmette arrondie; plaque 
sous-anale échancrée.) 

Exemples: Polydesmus javanus, Sauss. I. e., p. 324. — Polyd. denticulatus, Le Guillou, 
Bull. Soc. Phil. de Paris. 1841, p. 85. — Gerv. Aptères IV, p. 103, 21. 

1 Je me suis trompé en affirmant dans ma noie préliminaire que ce genre ne pouvait être 
admis ; il avait été si incomplètement décrit que je m'étais mépris sur ses caractères, en sorte 
que je n'y ai pas fait figurer le P. viridis, qui évidemment doit y entrer. Cette coupe sous-généri- 
que mériterait peut-être d'être érigée en genre, mais, pour la bien définir, il faudrait posséder 
une série plus complète des types dont elle se compose. Je serais maintenant assez tenté de 
séparer les Stenonla des Polydesmus pour en former un genre, mais je n'ai pas cru devoir le 
faire ici, parce que les Stenonia ne sont pas encore assez bien connues pour qu'il soit possible 
déjuger des limites du genre et les transitions qui les rattachent aux Polydesmus sont évi- 
dentes. Ainsi le P. ciridis n'a déjà plus les carènes denliculées et il se rapproche des vrais 
Polydesmus par ses pores marginaux ; la transition est bien plus marquée encore dans les 
Odontodesmus, qui, non-seulement ont les pores marginaux, mais qui rappellent de plus, par 
leur forme générale, celle des Paradesmus et des Leptodesmus. Enfin les Polydesmus pro- 
prement dits font de leur coté un pas vers les Stenonia, car eux aussi ont les carènes denticu- 
lées. (/*. serratus, etc.) — Il est fort possible qu'on découvre un jour d'autres types intermé- 
diaires qui, en complétant ces transitions, serviront de lien parfait entre les Stenonia et les 
autres groupes du genre Polydesmus. 

3 ôSowr, i&vTcç, dentelure, -h<r<j.oç, segment. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 71 

Quoique ce groupe ne paraisse pas être représenté en Amérique, j'ai 
cru devoir l'indiquer ici, afin d'empêcher qu'on ne le confonde avec les 
suivants. Il semble servir de lien entre les Stenonia d'une part, les Pa- 
radesmus et les Leptodesmus d'autre part, car il se rattache au premier 
par son segment préanal en palmelte et au second par les formes gé- 
nérales du corps. 

Les Polydêmes qui appartiennent à cette division ne sont presque 
que des Paradesmus dont les carènes sont denticulées. Sous ce rapport 
ils diffèrent essentiellement des vraies Stenonia par le fait que les pores 
répugnatoires sont placés comme chez les autres Polydêmes, quoique 
les bourrelets aient disparu. 

11 e IM VISIO Y — Rliacliis, Sauss. 1 

Carènes fortement séparées , larges , lamellaires , à bord latéral aminci, 
grand et découpé en forme de lobules , ou subdentelé. Pores répugnatoires 
s' ouvrant à la face supérieure des carènes , mais placés très-près du bord 
latéral, et , en général , au fond d'une espèce d'échancrure oblique ; s' écar- 
tant du bord aux segments de T extrémité postérieure du corps et occupant 
alors leur face dorsale. Segment préanal triangulaire ou subconique. (Ca- 
rènes montantes; pattes très-longues; plaque sous-anale en ogive.) 

Le bord des carènes est ici plutôt découpé que dentelé; souvent il est 
un peu échancré, et excisé en dessus, de façon à offrir une fossette qui 
contient le pore. Celui-ci est contourné par un cordon saillant qui pari 
des deux crénelures, entre lesquelles se trouve la fossette, et il est dé- 
bordé en dessous par une lame qui forme une crénelure intermédiaire. 
La fossette va s'allongeant et s'effaçant de plus en plus vers l'extrémité 
postérieure du corps, à mesure que les pores s'écartent du bord et se 
rapprochent du milieu des carènes. 

1 'f«'%'ç> colonne vertébrale. — J'avais d'abord fait de ce lype un sous-genre, mais la 
disposition de ses pores répugnatoires lui assigne inconleslablement une place parmi les Ste- 
nonia. 



72 essai d'une faune 

Les animaux de ce groupe paraissent appartenir exclusivement au 
nouveau continent. Ils forment, par l'ensemble de leurs caractères, la 
transition aux Strongylodesmus, et offrent avec eux une si frappante res- 
semblance qu'on pourrait facilement les confondre. 

POLYDESMUS V1RIDIS. 

(Kg. 19- 19 M 

Viridis; carinœ disjunclœ, distantes, lamelliformes , lalœ , ascendentes, mar- 
gine laterali, emarginato, dentato-lobalo ; pedes perlongi. 
Saussure, Linnaea Entomologica. XIII, 1859, p. 326. 

a". Corps très-osseux ; ses anneaux ressemblant à une série de vertèbres; leurs 
portions cylindriques ne pouvant rentrer dans les portions emboîtantes. Carènes 
montantes, longuement séparées, très-larges, lamellaires, insérées au sommet du 
corps et dirigées obliquement en haut ; leur longueur à peu près égale à leur 
largeur. Premier segment presque aussi large que le 2 e ; concave et bosselé ; son 
bord antérieur un peu échancré, mais moins que chez le Strongylodesmus cya- 
neus; ses lobes latéraux montants, triangulaires , à angle postérieur subaigu. Les 
trois segments suivants ayant leurs portions carénifères A ou 5 fois plus larges que 
longues ; leurs carènes un peu obliques en avant, très-larges et très-courtes, comme 
chez l'espèce citée, mais ayant déjà leur bord externe arqué, subtrilobé. Les carènes 
suivantes très-grandes, très-larges, et aussi longues que larges, mais un peu moins 
larges au bout qu'à leur base, parce que jusqu'au 13 e anneau leur bord postérieur 
est dirigé obliquement en avant: aux 14 e et 15' il est tranversaf, mais alors le bord 
antérieur des carènes devient oblique en arrière, et l'angle antérieur s'arrondit; 
aux suivants, l'angle postérieur devient clentiforme et se prolonge fortement en 
arrière (fig. 19, d)\ les carènes deviennent alors nettement aliformes, et la partie pos- 
térieure du corps se rétrécit sensiblement, malgré la grandeur des carènes. Le bord 
latéral de ces dernières offre d'abord une petite dent (t) qui termine le bord anté- 
rieur; puis il est fortement arqué à celles qui ne portent pas de pores (6 e , 8 e , 11 e ), 
puis échancré (e) avant l'angle postérieur, qui forme aussi une dent. Aux carènes 
qui portent les pores , cette échancrure est plus grande, elle occupe plus de la 
moitié du bord de la carène (o) et elle est placée entre deux dentelures du 
bord. Entre ces dentelures est une autre petite dent, surtout distincte aux segments 
12, 13, 15, en sorte que le bord externe est tridenté (r). Entre les deux grandes 



DES AIVKIAPODES DU MEXIQUE. 73 

dentelures est une fossette , tout à fait supère , qui contient le pore répugnatoire, 
lequel n'est pas marginal. Au 16 e segment celui-ci s'écarte du bord, et la fossette 
qui le contient s'allonge obliquement; aux anneaux 17-19 la fossette s'efface et le 
pore est placé loin du bord, sur la face supérieure de la carène. Le bord postérieur 
des carènes est échancré vers le bout, à côté de la dent formée par l'angle posté- 
rieur^). — Segment préanal conique. Antennes et pattes très-longues; celles-ci 
inermes. 

Couleur, bleue ou verte, se conservant même chez les individus desséchés. 

Longueur m , 060; largeur des portions carénifères m , 007 . 

Habite : Le versant oriental de la Cordillère du Mexique. J'en ai pris deux indi- 
vidus a* à Orizaba. 

Var. Les dentelures des carènes ne sont pas toujours également bien prononcées. 

Ce singulier Polydême ressemble d'une manière si frappante au Strongylodcsmus 
cyanens, qu'à première vue on pourrait le prendre pour le mâle de ce dernier 1 . 
Ces deux Myriapodes offrent un exemple frappant de cette analogie de faciès si re- 
marquable, qui semble souvent rapprocher les espèces d'une même faune, sans que 
cependant cette analogie dans la figure coïncide toujours avec les caractères zoolo- 
giques. — Le P. viridis est, du reste, très-facile à distinguer du Slrongylodesmus 
cyaneus, car il en diffère par ses carènes réfléchies en haut et échancrées; par la 
forme de ces appendices qui sont plus grands, surtout beaucoup plus longs dans le 
sens antéro-postérieur", en sorte que les portions cylindriques ou étranglements 
sont, relativement aux carènes, moins longs, etc. D'ailleurs, les caractères généri- 
ques seuls suffiraient pour faire distinguer les deux types à première vue. 

Explication des figures : 10. Portion du corps, comprenant, les anneaux 6-11, vue en dessus, 
grossie et représentant le corps fortement allongé. — 19 a. Grandeur naturelle de cette même 
portion. 

Observation. — Les carènes sont un peu trop écartées: les portions cylindriques ne devraient avoir 
qu'une longueur moitié moindre que les portions élargies. La forme et les dentelures des carènes ne 
sont pas bien rendues ; c'est à tort que l'on a indiqué l'existence de rebords qui rappellent des bour- 
relets. 

III e DIVISION. — Stenonia (sensu strlctiore). 

Corps élargi; carènes larges , lamellaires , denticulées. Pores répugna- 

1 II ne saurait en être ainsi, attendu que les deux espèces sont représentées par des individus 
du même sexe. 

2 Ce caractère n'a pas été bien rendu sur la fig. 19. Les carènes sont trop longuement sé- 
parées ; les portions cylindriques qui les séparent sont trop allongées. Sur la fig. 20, au con- 
traire, les portions carénifères sont trop longues dans le sens antéro-postérieur. 

10 



74 essai d'une faune 

toires s 1 ouvrant sur le milieu de la face supérieure des carènes, même à 
la partie antérieure du corps. Segment préanal en forme de palmetle 
aplatie. 

Ici les carènes forment souvent des denticulations épineuses, et les 
pores s'ouvrent sur des tubercules insensibles, placés au, milieu de la 
face supérieure des carènes, ce qui provient de ce que le bord lamellaire 
sous-jacent au pore se prolonge beaucoup plus loin que chez les Hha- 
chis, et le déborde considérablement. On ne voit plus trace de la ligne 
sinueuse qui, chez ces derniers, contourne le pore et dessine une ex- 
cision horizontale (ou fossette) du bord de la carène. 

Chez les Stcnonia de ce groupe, les carènes ne dépassent pas en ar- 
rière la portion carénifère du dos, comme cela se voit en général chez 
les Fontaria (fig. 10 a , oj, mais elles la dépassent au contraire en avant; 
leur bord antérieur sautant un peu en avant du bord antérieur de 
la portion carénifère du milieu de chaque segment 1 . Les carènes du 
19 e segment forment deux lobes arrondis et dirigés en arrière. La pla- 
que sous-anale n'a pas la forme d'une ogive, mais elle est tronquée ou 
môme échancrée, comme chez les Paradesmus. Les pattes sonl lon- 
gues. 

Les représentants de cette division paraissent être spéciaux à l'Amé- 
rique, comme ceux de la division précédente. 

POLYDESMUS BILINEATUS 2 , Lucas. 

(Fig. 50- 50"-50 b .) 

Lalus, depressus, granulosus; caput rugosam, vertice sulco prof unde parti lo, sub- 
bittiberculato ; segmentum primwtn, secundo multo angustius ; segmenta postice série 
granulorum transversali instructa; carinœ maairnœ, horizontales, ganulosœ, rugu- 

1 Ce caractère s'observe déjà, quoique à un moindre degré, chez les Rhachis, 

2 PI. VII. — N'ayant reçu ce type et le suivant qu'au moment de mettre sous presse, il n'a pas 
été possible de placer les figures qui les concernent à la suite de celles des autres Polydèmes, 
la plupart des planches étant déjà gravées. Tl a donc fallu les reléguera la fin et les insérer sous 
forme de figures supplémentaires. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 75 

losœ, margine lalerali serralo, antico convexo, postico concavo; angulo postico pro- 
ducto, sed nec aculo, nec spiniformi. 

Polyd. bilineatus, Lucas, Hist. nat. des Anim. Arlic. I, 523.! — Gervais, Aptères. IV, 
107, 33. 

o\ Corps allongé, aplati ; à carènes très-larges et espacées. Antennes assez lon- 
gues et épaisses. Bord du chaperon offrant dans son échanerure quatre petits tuber- 
cules peu prononcés. Tête rugueuse, ponctuée, subgranuleuse; vertex partagé par 
un très-fort sillon et offrant de chaque côté de ce sillon une petite érainence. Pre- 
mier segment du corps petit, beaucoup moins large que le deuxième, granuleux ; 
ses lobes latéraux subdentelés à leurs bords ; la partie médiane formant comme un 
écusson, lequel est séparé des lobes latéraux par une dépression qui indique la partie 
qui correspond aux carènes. Les segments suivants beaucoup plus larges ; leur portion 
carénifère pour le moins deux fois plus large que leur portion cylindrique. Carènes 
parfaitement lamellaires, très-grandes, parfaitement horizontales et insérées au tiers 
supérieur des lianes. — Il résulte de leur forme et de leur disposition que le dos 
représente un ruban plat dont le centre est occupé par un bourrelet convexe. — 
Carènes 1-5 distinctement dirigées en avant; celles du premier segment étant si 
obliques que ce segment a presque la forme d'un V très-ouvert; les carènes de la 
portion antérieure du corps, bien plus larges que longues '; celles de la partie posté- 
rieure du corps devenant aussi larges que longues. Le bord latéral de tous ces appen- 
dices, dentelé en scie (fig. 50 b ) ; leur bord antérieur assez fortement convexe, très- 
finement dentelé, ou plutôt granulé, et sautant un peu en avant du bord antérieur de 
la portion carénifère de chaque segment (fig. 50, s; 50 b , 5); leur bord postérieur 
concave, très-finement dentelé ou plutôt découpé, ce qui tient à ce que les rugosités 
de la surface de la carène se continuent sur ses bords et y forment des bavures. 
Le bord antérieur et le bord postérieur des carènes étant parallèles, celles-ci ne se 
rétrécissent pas vers l'extrémité comme chez l'espèce suivante. Dès le 5 e segment, 
l'angle postérieur de ces appendices prend la forme d'une dent, par suite de la 
forme concave du bord postérieur ; cette dent devient très-allongée depuis le 14 e 
segment, mais elle n'est pas spiniforme; elle reste toujours assez obtuse, à cause 
de la nature granuleuse des bords. — Carènes du ifr segment fortement aliformes; 
celles du 19 e formant deux lobules dirigés en arrière ; plus longs que larges, ar- 
rondis, dépourvus de toute dent et n'offrant guère de crénelures le long de ses 
bords. — Segment préanal en forme de palmette large et arrondie. Plaque sous- 
anale échancrée. Valves anales plissées, portant chacune un tubercule prononcé. 
Surface du corps, rugueuse; la portion carénifère des segments un peu ridée, of- 

1 La longueur se compte selon le sens antéro-postérieur. 



7(> essai d'une faune 

frant le long du bord postérieur une série de granules, et quelquefois une seconde 
ligne semblable placée plus en avant. Surface des carènes plus rugueuse et gra- 
nulée. Pores répugnatoires s'ouvrant au milieu de la surface dorsale des carènes, 
entourée quelquefois d'un vestige de bourrelet. 

Couleur, probablement brune. 

L'individu conservé dans l'alcool, qui a servi à l'établissement de cette espèce, 
est décoloré et offre deux lignes longitudinales blanchâtres, auxquelles il doit son 
nom, mais il est très-douteux que ces lignes se voient sur l'animal vivant, dont la 
couleur est sans doute obscure 1 . 

Longueur 0"',063: largeur du 12 e segment 0"\011 ; id. du 2 e segment m ,009: 
id. du I e ' segment m ,006. 

Habite : Le Mexique. 

L'individu typique de M. Lucas se trouve au Muséum de Paris et m'a été obli- 
geamment communiqué avec l'autorisation de M. le professeur Milne Edwards. 

Explication des figures 50. L'espèce grossie, dont on n'a tiguré que les deux extrémités du corps. 
— 50 ii. Sa grandeur naturelle. — 50 b. Une carène du e segment fortement grossie. 

POLVDESMUS MEX1CANUS, LllCaS. 

(Fig. 51, 31 \ 

Prœcedenli a/finis; al major ; carinœ 4-5 spinosœ, margine anlico inlegro, an- 
ijulo postico spinoso; squama infra anum posita bituberculata. 

P. mexicanus, Luc;is, Hist. des Aiiim. Artic. 1. 523.! — Diction, des Se. nat. d'Orbigny. 
Myriap., pi. 1, f. 3, cf. — Gervais, Aptères. IV, 107, 32. 

cf. (La tête et les 5 premiers segments du corps manquent.) Grand. Assez sem- 
blable au précédent pour les formes, quoique d'une taille bien supérieure. Carènes 
horizontales, lamellaires, très-larges, conformées comme chez l'espèce précédente, 
mais diminuant un peu de largeur vers l'extrémité, dans la portion moyenne du 
corps. Leur bord antérieur moins régulièrement arqué, l'étant plus fortement à la 
base que vers le bout, et parfaitement entier, tranchant, point dentelé comme chez 
l'espèce précédente, mais un peu rebordé (fig. 51 "). Le bord postérieur, moins régu- 
lièrement concave, un peu baveux : le bord externe n'étant pas finement denté en 
scie, mais offrant quatre ou cinq longues dents épineuses, dont la dernière regarde 
en arrière et se recourbe même, aux segments 15 e et 1G", pour former une espèce 

1 Chez plusieurs espèces la dessiccation fait apparaître des lâches. (Ex. Polyd. totonacus, 
fiff. 15. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 77 

de crochet. Carènes du 17 e segment moins régulièrement dentelées, plus ou moins 
tronquées à leur extrémité postérieure. Ce segment ayant une forme arquée. Carènes 
du 19" formant deux palmettes aplaties, dirigées en arrière, à bords presque en- 
tiers, tronquées obliquement au bord postérieur interne. Segment préanal à palmette 
arrondie et à bords entiers. Plaque sous-anale armée de deux tubercules denti- 
formes. Test plus ou moins rugueux, obscurément granuleux sur les carènes et sur 
la portion carénifère des segments ; cette dernière offrant aussi le long de son bord 
postérieur une rangée de granules. 

Couleur, obscure. 

On aperçoit, comme chez la précédente espèce, deux lignes pâles longitudinales, 
qui ne se voient probablement que chez les individus décolorés, et qui pourraient 
bien n'être que les ligaments longitudinaux du corps, vus par transparence. 

Longueur des 15 derniers segments du corps m , 075 ; largeur m , 017. 

Habite : Le Mexique. 

Le type de cette espèce appartient au Muséum de Paris et m'a été communiqué 
par M. Lucas. 

Chez cette Stenonie les pores répugnatoires sont très-grands et bordés d'un petit 
bourrelet. Les dentelures du bord externe des carènes ne sont pas toujours parfai- 
tement régulières. Elles le sont moins aux segments postérieurs qu'à ceux de la 
portion moyenne du corps. 

Observation. — Sur plusieurs segments, la carène est tapissée dans le voisinage 
des pores d'un réseau, composé de petits godets qui ressemblent en très-petit aux 
cellules d'un rayon de miel. Est-ce là le résidu de l'humeur qui s'écoule par les 
pores, ou le reste des œufs de quelque parasite, ou autre chose encore? Ce corps 
étranger mériterait d'attirer l'attention, car il pourrait mettre sur la trace de quel- 
que point relatif à l'histoire des mœurs de ces animaux. 



Genre EURYDESMUS 1 , nov. gen. 



Caractères du genre Polydesmus, mais les segments portant chacun 
deux pores répugnatoires, excepté 2 les 1 er , 2 e , 3 e , 4 e , 6e et 8 e . 

(Pattes inermes, n'offrant pas d'épine à leur deuxième article. Ca- 

1 ivpvc, large, -^«-^«V, segment. 

2 Les pores sont disposés sur les segments 5, 7. 9, 10, 11, 12, 13, 14, 13, 16, 17, 18, 19. 



78 essai d'une faune 

rênes larges et continues, comme chez les Fontaria. Dos aplati, en 
forme de toit obtus.) 

La seule espèce à moi connue qui rentre dans ce groupe a absolu- 
ment les formes d'une Fontaria, car le dos est large et obtus, et, dans 
l'état de repos, les anneaux se continuent au point de rendre les carènes 
continues. 

EURYDESMUS ANGULATUS. 

(Fig. 25- 2o : '-2o d .) 

Corpus latum, subdepressum, supra poli tictn, sparsim irregulariler granulatum; 
carinœ latœ, paulum cadentes, continuée, posticc angulatœ, dent if or mes ; ultimœ 
spinosœ; pori repugnatorii latérales. 

9 . Corps large , peu convexe , à carènes parfaitement continues dans l'état de 
contraction. Faciès exactement celui d'une Fontaria. Dos peu voûté ; carènes point 
relevées (du moins chez la femelle). Antennes médiocrement longues. Corps se ré- 
trécissant et s'arrondissant en avant; allant en diminuant de largeur depuis le 10* 
ou le \A r segment jusqu'à l'extrémité anale. Premier segment petit, court, beau- 
coup moins large que les suivants, subéchancré au milieu de son bord postérieur, 
bordé de chaque côté de son bord antérieur; ayant ses angles étroits, mais arron- 
dis. Les suivants allant en augmentant de largeur jusqu'au 4% bordés latéralement. 
Carènes larges, insérées à mi-hauteur du corps (fig. 25 b ); les premières dirigées 
légèrement en avant : leur bord postérieur faisant dès leur base une petite saillie 
en arrière qui s'imbrique sur la carène suivante '. Angle antérieur de toutes les ca- 
rènes arrondi ; le postérieur aigu, prolongé en forme de dent, à partir du milieu du 
corps: cet angle devenant toujours plus aigu, passant à l'état d'épine, à partir du 
13 e ou du 44 e segment. Carènes des segments 48 e et 19 e entièrement spiniformes. 
Bourrelets peu prononcés dans la portion antérieure du bord de chaque carène, se 
renflant un peu dans leur moitié postérieure, et plutôt latéraux que supères. Pores 
grands, complètement latéraux, s'ouvrant à 1 extrémité postérieure du bord des 
carènes ; ceux du 5" segment seuls supères et placés vers le milieu du bord de la 
carène. (Le bout du segment préanal est brisé, mais il se termine évidemment en 
pointe.) Pattes fortes et grandes. Test luisant, comme enduit d'un vernis. A la 
loupe on y découvre de petites granulations éparses , irrégulièrement semées ; ces 

1 Fig. 23, o. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 79 

granulations se voient aussi sur la tête ; notre individu en porte une grosse qui 
pourrait être prise pour un stemmate si elle était symétriquement placée. 

Couleur du sujet desséché, blanchâtre, avec le bord des segments et des carènes, 
brunâtres. (L'animal est sans doute brun pendant la vie.) 

Longueur m , 040-45 ; largeur m , 009. 

Habite : Selon toute probabilité, le Brésil. 

Observation. — Il ne serait pas impossible que cette espèce fût la même que 
celle que Gervais a décrite sous le nom de P. zebratus 1 . Mais on ne saurait le dé- 
cider avec certitude, l'auteur ayant négligé de décrire la disposition des pores ré- 
pugnatoires , et n'ayant donné pour tout caractère utile , que la forme des carènes 
(car la couleur des individus desséchés ne saurait en aucune façon servir de carac- 
tère). 

Genre STRONCxYLODESMUS 2 , Sauss. 

Les segments du corps offrant chacun deux pores répugnatoires, ex- 
cepté 3 les 1 er , 2 e , 5 e > 4 e et 6 e . Le reste comme chez les Polydesmus. 
(Organes lunuliformes, petits, mais distincts; carènes espacées, placées 
au sommet des segments; dos plat. Pattes très-longues, très-grêles; 
leur 2 e article inerme; le 5 e très-allongé.) 

Strongylodesmus cyaneus. 

(Fig. 20.) 

Polydesmo viridi simillimus; viridis aut cœruleus ; carinœ latœ, lamelliformes, 
horizontales, distantes, sed haud emarginatœ. 

Saussure, Linruea Eutomologica, XIII. 1859, p. 327. 

d". Corps très-allongé, composé d'anneaux qui ressemblent à des vertèbres; dos 
plat, par suite de la direction horizontale des carènes qui s'insèrent au sommet du 
corps. Celles-ci assez longuement séparées. Antennes longues , atteignant le 4 e 

1 Aptères, IV, 111. 44, et Ann. Soc. Ent. Fr. 2 e sér. V, 375. 

2 <rrpoyyvXi;, arrondi, cylindrique, -SfaWç, articulation. 

3 Les pores sont donc disposés sur les segments 5, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17. 
18, 19. 



80 essai d'une faune 

segment. Chaperon échancré en arc de cercle, et offrant de chaque côté un sillon 
oblique qui atteint l'angle latéro-supérieur. Vertex partagé par un sillon qui 
se termine dans une fossette vague, située sur le front, au-dessus de l'insertion dos 
antennes. Organes lunuliformes qui se trouvent derrière chaque antenne, entourés 
d'une espèce de bourrelet. Segments antérieurs du corps et carènes des suivants 
très-finement granulés; bordés dans tout leur pourtour. Premier segment très-court, 
aussi large que le 2 e , aplati, n'étant pas taillé en pointe latéralement, mais offrant 
quatre bords distincts, savoir un antérieur échancré, un postérieur presque droit et 
deux latéraux arqués ; — il porte de plus sur le milieu de sa partie antérieure une 
petite ride transversale. Carènes des segments suivants très-larges, bien plus larges 
que longues; portion carénifère des segments 2-4, cinq fois plus large que longue. 
Bords latéraux des carènes des segments 2-6 tronqués à angle droit ; ces bords 
s'arrondissant aux segments 7-14.; les carènes devenant arrondies en avant et for- 
mant en arrière un angle droit ; cet angle, prolongé en arrière et devenant toujours 
plus aigu aux carènes des anneaux 15-18, ce qui donne à ces appendices une forme 
d'aile toujours plus aiguë. Avant-dernier segment ayant ses carènes en forme de 
dent, dirigées en arrière. Segment préanal conique et tronqué, un peu aplati. Plaque 
sous-anale aiguë, en forme d'ogive. Valves anales striées longitudinalement. Pores 
répugnatoires supères, placés au milieu de bourrelets qui ont la forme de losanges. 

Couleur de l'animal vivant, d'un bleu azuré ou verdâtre. Dans l'alcool il devient 
vert-pomme, et par la dessiccation il prend une teinte plus pâle. 

Longueur O m , 047 ; largeur m , 007. 

Var. Deux individus ont le segment préanal conique et pointu , tandis qu'un 3 e 
l'a émoussé, presque en forme de palmette. 

Habite : Les régions tempérées du Mexique. 

.l'en ai pris plusieurs individus au fond d'une gravière près d'Orizaba. Ils étaient 
étendus sur le sable humide dans un endroit ombragé et complètement à décou- 
vert. 

On pourrait facilement confondre cette espèce avec le Polydesmtts viridis qui a 
la même couleur et une forme approchante, mais elle s'en distingue nettement par 
son dos plat, par ses carènes beaucoup plus étroites (moins longues dans le sens 
anléro-postérieur) et nullement échancrées, etc. 

Observation relative à la figure. Les bourrelets de tous les segments sont un peu trop fortement ac- 
cusés. Les carènes ont l'air d'être un peu ascendantes, tandis qu'elles sont en réalité plates et hori- 
zontales. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 81 



Genre STENODESMUS ] , Sauss. 

Caractères des Polydesmm, mais les pores répugna toires au nombre 
de deux seulement , placés sur les carènes du 5 e segment. (Deuxième 
article des pattes armé d'une longue épine.) 

La seule espèce que nous connaissons est caractérisée par la présence 
de carènes larges et subcontinues, quoique paraissant souvent discon- 
tinues par suite de l'extension du corps, comme le présente la fig. 21. 

La largeur des carènes, la forme peu convexe du dos et la figure gé- 
nérale du corps de ces animaux, leur donnent une grande ressemblance 
avec les Fontaria. La longue épine du deuxième article des pattes 
montre du reste qu'il existe une intime liaison entre ces dernières et 
les Stenodesmus. Toutefois, comme nous ne connaissons encore qu'une 
seule espèce de ce groupe, il n'est pas possible d'en généraliser les ca- 
ractères avec certitude, et nous sommes obligés de nous borner pour 
le moment à ceux qui sont énoncés ci-dessus. 

Stenodesmus mexicanus. 

(Fig. 21.) 

Corpus paulum convexum, striatum, fuscum; carinœ postice denti formes, apice 
leslaceœ. 

Saussure, Linnœa Ëntomologica, XIII. 1859, p. 327. 

9 . Grand. Sillon du front fortement marqué. Bord antérieur du 1 er segment lé- 
gèrement relevé, rendant ce segment un peu creusé en gouttière. ADneaux du corps 
capables de s'écarter assez fortement, surtout aux segments 11 à 14. Dos réguliè- 
rement convexe , à carènes médiocrement et naturellement tombantes, continuant 
régulièrement la courbure du dos; bourrelets parfaitement supères, réguliers, li- 
néaires, faibles et aplatis. Carènes des segments 2-4 ayant leur bord postérieur di- 

1 «m'vsç, étroit, -hriiMç, ligament, articulation. 

H 



82 ESSAI d'une faune 

rigé obliquement en avant ; leurs bourrelets, faibles, ne se terminant pas par une 
dent (fig. 21). Celles du 5 e portant les deux pores; celles du 6 e légèrement échan- 
gées à leur bord postérieur, de façon à dessiner une dent rudimentaire; les carènes 
suivantes ayant ce bord fortement éebancré, et le bourrelet prolongé en arrière sous 
la forme d'une dent aiguë ; cette dent, surtout aiguë aux segments 8-13, le deve- 
nant moins aux segments 14 à 19; à ce dernier elle est arrondie. Bord antérieur des 
carènes, à partir du 8 P segment, dirigé un peu obliquement en arrière'; leur angle 
antérieur obtusément échancré aux segments 8 à 13, s'arrondissant de façon à ren- 
dre les dernières carènes presque aliformes. Bord latéral des carènes offrant à la 
loupe 3 ou 4 dents obtuses ou de très-fines dentelures (ou irrégularités obtuses). 
Segment préanal triangulaire, conique. Plaque sous-anale arrondie, trimamelonnée 
au bout. Valves anales plissées, offrant un tubercule avant leur milieu. Sculpture des 
portions carénifères très-distincte à l'œil nu, consistant en stries longitudinales, avec 
des rangées de granules épars, assez rares (à la loupe le test paraît comme 
buriné et en outre striolé et chagriné). Les carènes, simplement chagrinées 
et la sculpture s'effaçant aux premiers et aux derniers segments 2 . Tout le corps 
comme couvert d'un verni luisant. Deuxième article des pattes armé d'une longue 
épine aiguë, légèrement courbée. 

Couleur, d'un beau brun-marron, avec le bord des carènes testacé, ainsi que les 
pattes et les parties inférieures. 

Longueur m , 065; largeur 0", 012. 

cf. Diffère par les caractères suivants : 

Dos moins convexe, un peu plus fortement strié, n'offrant guère de granules que 
sur la base des carènes. Celles-ci moins prolongées en arrière, ne se terminant 
pas postérieurement par une épine, mais seulement par une dent peu aiguë ; celles 
des 3 ou 4 derniers anneaux légèrement relevées, horizontales; celles des segments 
15 et 16 ne se terminant pas par une dent : leur bord postérieur seulement, un peu 
oblique d'avant en arrière : celles des deux suivants aussi , sensiblement plus ar- 
rondies. Segment préanal plus aigu. Valves anales plus fortement striées, dépourvues 
de tubercule. Corps un peu moins convexe en dessus. 

Couleur, la même. 

Longueur O 1 , 040 ; largeur ,n , 0105. 

Habite : La zone chaude du Mexique. — Cordova. 

Observations relatives à lu figure. Les segments l-l sont trop larges, ils devraient iillor se rétré- 

1 Ce caractère n'est pas bien indiqué sur la figure. Les carènes sont aussi un peu trop 
larges transversalement. 

2 Probablement par l'usure. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 83 

tissant du 4 e au I e '. Les bourrelets sont trop fortement prononcés et les segments trop écartés les uns 
des autres, car les carènes sont susceptibles de se rapprocher au point de devenir continues. Les 
pattes sont un peu trop longues. 



TRIBU DES PLATYDESMIENS. 

PLATYDESMIl. 

Corps aplati, composé d'un nombre d'anneaux supérieur à vingt; à 
segments courts et élargis. Yeux, stemmatiformes, au nombre de deux 1 . 

Comme cette tribu n'est encore connue que par le genre Platydesmus, 
il n'est pas possible de généraliser ses caractères. On ne peut donc dé- 
crire avec détail que le genre Platydesmus lui-même. 

Genre PLATYDESMUS, Luc. 

Corps composé d'un grand nombre de segments très-courts, très-lar- 
ges et déprimés, à carènes bien plus larges que longues. Dos en forme 
de toit aplati, parcouru par une rainure médiane. Tête très-petite, por- 
tant deux yeux stemmatiformes. Chaperon n'étant pas bilobé, ni échan- 
cré, mais prolongé angulairement. Antennes presque en massue. Portion 
antérieure du corps déprimée, arrondie en avant; premier segment 
échancré au milieu de son bord antérieur; segments augmentant en 
largeur du 1 er au 5 e ou 6 e ; l'extrémité postérieure du corps ar- 
rondie aussi, par suite de l'obliquité des carènes; pénultième segment 
en fer à cheval; le préanal en ovale allongé, encadré par le précédent. 
Pores répugnatoires au nombre de deux sur chaque segment, les cinq 
premiers seuls exceptés. 

Organes copulatoires des mâles placés sous le 7 e segment et rempla- 
çant la 9 e paire de pattes. 

1 Ces organes apparaissent sous la forme d'une grosse bosselure lesiacée placée de chaque 
cote de la lèle. 



84 essai d'une faune 

Chez ces Myriapodes la tête est extraordinairement petite, triangu- 
laire et déprimée. Le corps a presque la forme d'un ruban et il se 
termine à ses deux extrémités d'une manière parfaitement arrondie. 
Le nombre des anneaux dont il est composé est très-considérable, mais 
il ne paraît pas être plus fixe que chez les Jules. Parmi les individus 
que nous avons sous les yeux, il en est qui possèdent jusqu'à 50 seg- 
ments, tandis que des individus jeunes et de taille moindre n'en of- 
frent que 31. Le nombre des pattes varie à proportion; il peut aller jus- 
qu'à 90 paires et même au delà'. 

Les quatre premiers segments portent chacun une paire de pattes; 
le 5e et le 6 ,J en portent chacun deux; il y a donc 8 paires de pattes at- 
tachées aux segments qui précèdent le 7°; celui-ci en porte deux chez 
les 9, une seule chez les c*, les organes copulatoires remplaçant la 9 e 
paire*. 

Enfin, quoique les organes copulatoires des mâles ne remplacent 
qu'une paire de pattes, il n'est pas constant, qu'à nombre d'anneaux égal, 
le c* possède exactement une paire de pattes de moins que la ? . La 
cause de cette irrégularité réside sans doute dans le fait que les der- 
niers anneaux pédigères n'acquièrent d'abord qu'une seule paire de 
pattes et qu'ils en prennent souvent deux en avançant en Age, ce qui doit 
occasionner des différences, selon le moment auquel on observe les in- 
dividus 3 . 

Les affinités de ce genre ne nous paraissent pas encore bien établies. 

1 M. Lucas attribue à ces animaux 45 anneaux et 84 paires de pattes chez les 9 , 83 chez 
les d". Nous avons retrouvé ces mêmes nombres chez un individu 9, mais ils ne sont pas 
fixes. 

3 Chez les Polydesmiens les six premiers segmetUs ne portent que 7 paires de pattes et les 
verges remplacent chez les mâles la 8 e paire. Le premier est dépourvu de pattes; les segments 
2-4 sont unipédigères, et les 5 e et 6 e bipédigères. Chez les Platydesmus le premier segment 
est unipédigère, c'est là la raison pour laquelle la portion antérieure du corps porte une paire 
de pattes de plus que chez les Polydesmiens. 

3 On doit supposer que chez les individus bien adultes, le nombre des pâlies est soumis à 
une règle assez fixe, mais il est presque impossible de distinguer les individus adultes de ceux, 
qui ne le sont pas. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 85 

En effet la présence de gros yeux stemmatiformes l'éloigné des Poly- 
dêmes, et le chaperon n'est pas bilôbé, mais il est ovoïde et prolongé 
en bas, au lieu d'être échancré comme chez les Polydêmes, les Jules 
et les Gloméridêmes, ce qui fait de la bouche une espèce de suçoir. Le 
segment préanal est en forme de tube, et les valves anales sont insérées 
à son extrémité en dessous. Les pores répugna toires s'ouvrent latérale- 
ment dans les bourrelets des carènes; on en trouve à tous les segments, 
sauf aux cinq premiers, comme chez les Polydêmes. Les verges rem- 
placent une paire de pattes et sont, comme chez ces derniers, placées 
sous le 7 e segment, mais elles remplacent la 9 e paire de pattes au lieu 
que chez les Polydesmiens c'est la 7 e paire qu'elles remplacent. 

Le corps de ces animaux jouit d'une faculté extraordinaire d'exten- 
sion et de rétractilité ; il peut s'étendre en forme de ruban, ou bien 
se contracter au point d'affecter celle d'un ovale allongé. On pourrait 
alors presque comparer la forme de l'animal à celle d'une petite limace 
ou d'un Oscabrion. 

Platydesmus polydesmoïdes, Luc. 

Fascus, cariais et fascia dorsali longitudinali , jùlvis; antennœ brèves, secundo 
articulo lowjiorc, septimo distincto, conico ; corporis segmenta duplici série tubercu- 
lorum transversim ornata , quorum antica , usque in carinarum apice extensa ; 
dorsumsulco longitudinali mediano partitum. 

Lucas. Annales do la Sqçiélé Entomologique de France, 2 e sér. I, p. '>2. PI. 3, n° t. — 
Gervais, Aplères. IV, p. 122. PI. 45, fig. 7. 

Tête plus longue que large, lisse, subtriangulaire. Antennes courtes, à articles 
moniliformes, à l'exception du 5 e qui est plus allongé que les autres; le 7 e assez 
long, plus grand que chez les Polydesmm. Premier segment du corps, petit, de 
moitié moins large que le 4 e , échancré au milieu de son bord antérieur, bilobé; ses 
lobes, arrondis, dirigés en avant et fortement bordés. A sa partie postérieure ce seg- 
ment offre une ligne de petits tubercules, et, sur chacun de ses lobes, un tubercule 
isolé. Segments suivants grandissant jusqu'au 6% ayant leurs lobes latéraux (ou ca- 
rènes) étroits et. dirigés obliquement en avant. Segments suivants tous à peu près 
égaux, à carènes étroites et allongées transversalement. Vers la partie postérieure 



86 ESSAI d'une faune 

du corps, elles commencent à être dirigées légèrement en arrière et finissent par 
devenir assez obliques vers l'extrémité anale, avec leur angle postérieur assez aigu, 
en sorte qu'un segment pris dans cette partie du corps, et considéré dans son en- 
semble, a une forme arquée. Enfin les deux ou trois pénultièmes ont leurs carènes 
dirigées en arrière, de façon à donner à l'extrémité du corps une forme très-arron- 
die ; le pénultième est en fer à cheval parfait, presque étroit ; il emboîte et dépasse 
légèrement le préanal, lequel est ovale et se termine par quatre épines. Tous les seg- 
ments, sauf les deux derniers, offrent une rainure médiane, et, transversalement, une 
double série de tubercules, dont l'antérieure s'étend jusqu'au bout des carènes, tan- 
dis que la postérieure s'arrête à leur base. Les carènes sont bordées tout à l'entour. 
Le bourrelet de leur bord externe est épaissi et percé d'un pore entièrement latéral. 
Les cinq premiers segments sont seuls dépourvus de pores ; les anneaux du milieu 
du corps portent le pore au milieu du bourrelet et ceux de l'extrémité postérieure le 
portent à l'angle postérieur de la carène. La portion antérieure (ou cylindrique) des 
segments offre aussi la rainure médiane et, de plus, elle est rugueuse, traversée 
par des sillons et plis transversaux. 

Chez les d" les organes copulatoires se composent de deux appendices charnus, 
arqués et pointus au bout ; ces organes sont entourés postérieurement d'un bour- 
relet, qui forme le bord de l'orifice par lequel ils font saillie au dehors. 

Le nombre des anneaux du corps et des paires de pattes varie, mais il est tou- 
jours très-grand; en voici quelques exemples, pris sur les individus que j'ai récol- 
tés et que M. Humbert a étudiés avec soin : 

? d 



ii" l 47 segments ; 88 paires de pattes. 
> "2. 45 » 84 » » 

» 3. 41 » 74 » » 



n° /• 50 segments ; 90 paires de pattes. 
» 2. 41 » 73 » » 

> 3. 41 » 72 » » 



La couleur est brune, avec la rainure du dos et les carènes fauves. 
Longueur m , 020. 

Habite: Les terres chaudes du Mexique (Cordova). — Les individus décrits par 
M. Lucas provenaient du Guatemala. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 87 



FAMILLE DES JLLIDES. 



Tête conformée à peu près comme chez les Polydesmides. 

Corps cylindrique, corné, composé d'un nombre variable de seg- 
ments. Premier segment en forme d'arceau voûté, incomplet en dessous; 
segments 2-4 munis chacun d'une paire de pattes; les suivants portant 
tous deux paires de pattes, si ce n'est le dernier (ou préanal). Tous les 
anneaux, à partir du 6 e , offrant de chaque côté un pore répugnatoire. 
Extrémité anale conformée comme chez les Polydesmides. 

Organes génitaux mâles s'ouvrant entre le 6 e et le 7e segment, et 
composés d'une paire d'appendices copulatoires de forme variable; or- 
ganes sexuels femelles placés entre le 2 e et le 5 e segment 

La famille des Julides renferme quatre types principaux qui servi- 
ront peut-être à l'établissement d'autant de tribus, mais dont les élé- 
ments ne nous sont pas assez bien connus pour nous permettre d'en 
approfondir les caractères, en sorte que nous n'en parlerons ici qu'en 
passant. Ces quatre types sont les : 

1° Lysiopetalum , Brandt, dont les lames pédigères sont mobiles et 
dont les yeux sont agrégés. 

2° Julus, Lin., dont les lames pédigères sont fixes et soudées, et dont 
les yeux sont nombreux et agrégés. 

5° Stemmiulus, Gerv., qui diffèrent des Jules par le fait qu'ils ne pos- 
sèdent que deux yeux. 

4° Blaniiulus, Gerv., qui diffèrent des Julus par l'absence totale d'yeux. 

Nous n'avons à envisager ici que les Julus, les seuls que nous ayons 
rencontrés en Amérique 1 et dont nous formons une tribu. 

1 Les Stemmiulus sont cependant, à ce qu'il paraît, jusqu'à présent spéciaux à l'Amérique, 
mais je n'en ai pas trouvé au Mexique, où ils existent très-probablement. 



88 ESSAI d'une faune 

TRIBU DES JULIENS. 

JULII. 

Antennes composées de 7 articles, dont le dernier, très-petit. Yeux 
nombreux, agrégés, formant des mosaïques en arrière des antennes. 
Lames pédigères soudées et fixes. 

Cette tribu ne comprend que Le vaste groupe des Juins, mais, si 
l'on admet les nombreuses subdivisions dans lesquelles on l'a frac- 
tionné, elle se composera d'une série de genres assez nombreux'. Nous 
n'avons pas trouvé ces genres assez nettement caractérisés pour pou- 
voir les appliquer ici, et d'ailleurs nos espèces peuvent se classer en 
sections peu nombreuses et faciles à saisir, qui nous ont semblé suffi- 
samment commodes pour la détermination des espèces. 

La plupart des remarques dont nous avons fait précéder la descrip- 
tion de la famille des Polydesmides trouveraient naturellement leur 
place ici, si elles n'étaient déjà consignées plus haut. 

Les Jules sont des animaux tous très-voisins pour les formes, et 
chez lesquels il est par conséquent facile de confondre les espèces. On 
ne saurait donc les décrire avec trop de précision, et, pour atteindre ce 
but, il est essentiel de bien distinguer les caractères purement spécifi- 
ques, de ceux qui sont plutôt génériques, ou qui, communs à plusieurs 
espèces, servent à établir des sections, plutôt qu'ils ne permettent de dis- 
tinguer une espèce en particulier. 

11 ne sera donc pas inutile de se rendre compte du degré de lixeté et 
de la valeur de chacun des caractères dont le corps de ces animaux est 
marqué, comme nous l'avons fait pour les Polydesmides. Malheureuse- 
ment, comme tous les types que j'ai récoltés rentrent dans la tribu 
des Juliens, les observations qui suivent ne s'appliquent d'une manière 
directe qu'aux Myriapodes qui font partie de ce groupe. 

1 Spirostreptus, Spirobolus, Spvropœus, Spiroc,ycUstus : Brandi. — Acanthiulus, Gly- 
phiulus, Gerv. etc. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 89 

Les principaux caractères auxquels on peut s'atlacher pour l'arran- 
gement des Jules américains portent sur les points suivants : 

1° La forme du corps est toujours la cylindrique, mais il existe des 
différences sensibles quant aux rapports de sa longueur à son épaisseur. 
Chez bien des espèces aussi on observe des renflements plus ou moins 
prononcés vers l'extrémité antérieure ou autour du 7 e segment, tandis 
que chez d'autres il n'y a rien de semblable; l'extrémité postérieure 
aussi est tantôt comprimée, tantôt cylindrique. 

2° Les antennes varient quant à leur longueur et quant à leur forme. 
Lorsqu'elles sont longues, leurs articles s'allongent et deviennent coni- 
ques ou cylindriques. Lorsque ces organes sont au contraire très-courts, 
ils s'élargissent, et deviennent comprimés; les articles sont alors très- 
courts, souvent même plus larges que longs. Ce caractère est un des 
meilleurs qu'on puisse choisir pour l'établissement des subdivisions 
destinées à fractionner le genre, car il correspond presque toujours à 
certaines modifications dans les formes générales. Ainsi, les antennes 
courtes et comprimées appartiennent aux Jules dont le corps est gros 
et relativement court, tandis que les antennes allongées et cylindriques 
concordent en général avec un corps très-allongé et très-grêle. 

5° Le premier anneau du corps varie beaucoup : 

a) Il forme souvent une voûte complète; ses extrémités latérales se 
prolongent très-bas, quelquefois au delà de la partie ventrale de l'an- 
neau qui suit, et se terminent par une troncature carrée ou oblique; on 
y voit en général des plis divers. Cette forme se rencontre de préférence 
chez les espèces à antennes longues et à corps grêle (fig. 40 b , 40 e ). 

b) Chez d'autres, le I e '' segment est raccourci sur les côtés et ne forme 
qu'une lame ou un arc-boutant qui est loin de s'étendre jusqu'au bas 
du corps; ses extrémités latérales sont très-larges, arrondies en demi- 
cercle, et laissent voir à découvert le contact entre la tête et le 2™ seg- 
ment (flg. 27 h , 52 b ). 

c) Enfin on observe une 5 e forme, lorsque les côtés du premier 
segment sont simultanément raccourcis et rétrécis, de manière à se 

42 



90 essai d'une faune 

terminer en pointe (fig. 35 b , 37 b ). — Ces deux dernières formes se voient 
surtout chez les Jules dont le corps est gros et dont les antennes sont 
comprimées et courtes. 

4° Le deuxième segment du corps, et quelquefois les 2 ou 5 segments 
suivants, au lieu d'être cylindriques, forment vers le bas, de chaque côté, 
un pli qui rend leur face inférieure concave et donne lieu de chaque 
côté à une crête, souvent même, lorsqu'il s'exagère, à une apophyse di- 
rigée en bas (fig. 55 b , fj. 

5° La forme de Yextrémilé anale du corps est tantôt atténuée et com- 
primée, tantôt terminée brusquement par une calotte hémisphérique. 

fi° La forme du segment préanal est assez variable et peut fournir des 
caractères excellents à figurer, mais difficiles à définir par le langage. 
Ce segment se termine tantôt par une pointe allongée, tantôt par un 
angle obtus; il dépasse ou il est dépassé par les valves anales, etc. 

7° La plaque sous-anale offre aussi un caractère appréciable, quoique 
moins net; on remarque chez certaines espèces, dont le corps est al- 
longé, que cette plaque est transversale, et cette forme se lie «à l'al- 
longement du corps. 

Il nous reste encore à parler d'un caractère singulier qui s'observe 
aux pattes de certaines espèces et qui, par son importance, devrait figu- 
rer parmi les premiers, mais que nous n'avons pas étudié suffisamment 
pour le bien connaître. Chez la grande majorité des espèces, les pattes 
sont simples et à peu près identiques, si ce n'est qu'elles ont une lon- 
gueur plus ou moins grande chez les diverses espèces. Mais, chez cer- 
tains Jules, le dernier article est garni en dessous d'une longue pelote 
ou semelle, dont l'usage n'est pas connu. Nous soupçonnons que ce ca- 
ractère n'est propre qu'au sexe mâle, car nous ne l'avons observé 
chez aucune femelle. Néanmoins il est d'une grande importance et doit 
servir à caractériser une section. — Il est à noter qu'on connaît des Jules 
dont les pattes sont garnies de pelotes à plus d'un article, ce qui don- 
nera lieu à des subdivisions. 

Tel est l'ensemble des caractères utiles que j'ai observés chez les Jules 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 91 

décrits dans ce mémoire'. Quant à la sculpture du test, elle est 
ou nulle ou impossible à définir. Les stries qui se voient sur ses 
faces latéro-inférieures sont presque les mêmes chez la plupart des es- 
pèces et varient surtout du plus au moins. On peut en dire autant de 
la forme du chaperon, des valves et souvent aussi de la plaque sous- 
anale. La couleur des animaux vivants est presque invariablement le 
noirâtre, mais, en se desséchant, le corps devient en général testacé, ou 
jaunâtre, ou verdâtre,ou annelé de rose, de gris, de brun, de fauve, etc. — 
Toutes ces apparences sont anomales, accidentelles, et elles varient à Fin- 
fini selon les individus. Il est donc inutile de parler de la couleur dans 
la description des espèces. 

Enfin le nombre des anneaux, et par conséquent aussi des paires de 
pattes, est très-variable chez la même espèce, et il ne saurait en être 
autrement, puisque ce nombre s'accroît avec l'âge de l'animal. Nous 
n'avons réussi, malgré le grand nombre d'individus que nous avons 
pu examiner, M. Humbert et moi, à déterminer ni le nombre probable 
des anneaux chez les adultes, ni même la raison normale entre le chiffre 
des pattes et celui des segments du corps. Ce caractère, tiré du nombre, 
n'est donc que d'une utilité secondaire dans l'étude des Jules. Non- 
seulement il est difficile de compter avec précision celui de l'un 
et de l'autre de ces organes, mais encore, puisqu'il n'est pas fixe, il 
ne donne aucun indice pratique. Il nous a paru hors de doute que ce 
nombre varie selon les individus, même chez les sujets complètement 
adultes et que, pour chaque espèce, il existe, non pas un chiffre absolu, 
mais seulement une moyenne normale, dans le nombre des segments 
du corps. 

Je n'ai pu trouver dans les yeux aucun caractère assez fixe pour être 
employé utilement, mais je suppose qu'une étude approfondie de ces 
organes pourra conduire à des conclusions utiles*; toutefois dans l'é- 

1 FI existe en oulre plusieurs autres caractères utiles que l'on trouve chez d'autres espèces 
du genre Julus, mais dont la faune que nous traitons ne nous a pas fourni d'exemple. Tels 
sont les épines des valves anales, etc. 

2 C'est pourquoi j'ai jugé bon de figurer la plaque des yeux pour la plupart des es- 
pèces. 



92 essai d'une faune 

tat actuel de nos connaissances, l'apparence de ces organes, prise comme 
caractère, pourrait donner lieu à erreur, vu leur grande variabilité. En 
effet, le nombre des yeux, peut-être aussi leur arrangement et la forme 
des plaques qu'ils composent par leur réunion , changent avec l'Age. 
Celle-ci est tantôt pyriforme, tantôt arrondie, tantôt subtriangulaire ou 
transversale. Mais souvent les plaques des deux côtés de la tête sont 
inégales par suite de l'inégalité du nombre de leurs éléments. 

Nous ne savons pas au juste quels sont les changements de forme 
que subissent les Jules durant le cours de leur développement. En gé- 
néral j'ai remarqué que les sujets très-jeunes avaient le 2e segment plus 
développé vers le bas que les adultes, et que le segment préanal était 
plus court. Mais ceci mérite confirmation, car il n'est pas possible de 
dire avec une parfaite certitude si les espèces examinées qui offrent 
quelques différences sont bien identiques, à moins de les avoir élevées 
sous ses yeux, ce qui ne peut se faire qu'en consacrant beaucoup de 
temps à cette étude dans le pays même où vivent les espèces. 

Genre JULUS, Linn., Brandt. 

Mêmes caractères que pour la tribu des Juliens. Corps composé 
d'un grand nombre d'anneaux, en général striés en dessous, lisses en 
dessus. Pores répugnatoires placés sur les côtés du corps, au nombre 
de deux par segment (un de chaque côté); mais n'apparaissant que sur 
le 6e; les cinq premiers segments en étant dépourvus 4 . 

Chez les Jules les anneaux du corps ont une structure dont il est 
facile de se rendre compte par la seule inspection de sa surface. Cha- 
cun d'eux est partagé par un sillon circulaire, parallèle au bord 
postérieur et qui en fait tout le tour. Ce sillon qui, vu à la loupe ou au 
microscope, apparaît sous la forme d'une ligne plus claire, n'est autre 
que la suture par laquelle se réunissent les deux anneaux élémentaires, 

1 Souvent les premiers pores sont indistincts. — Chez les Jules, comme chez les Polydômcs, 
le segment préanal est dépourvu de pores répugnatoires.' 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 95 

porteurs chacun d'une paire de pattes, qui entrent dans la composition 
de chaque segment. Un second sillon circulaire, analogue au premier, 
se voit plus en avant; mais en général il est caché par l'emboitement 
du segment et souvent il est peu distinct. De chaque côté on peut en 
outre distinguer une ligne horizontale qui coupe les côtés de l'anneau 
dans le sens antéro-postérieur; celle-ci contourne souvent le pore 
répugnatoire, ou aboutit au petit sillon qui entoure cet orifice 1 . Cette 
ligne bilatérale indique la suture entre l'arceau supérieur du segment 
et les lames latérales qui forment avec les lames pédigères l'arceau 
ventral. 

Les organes copulateurs mâles, lorsqu'ils font saillie en dehors, ap- 
paraissent sous la forme d'une grande lame cornée trilobée, qui se 
compose d'un triangle corné médian supportant un lobe charnu mé- 
dian et de deux lobes cornés latéraux fortement bosselés, qui se termi- 
nent par deux lanières charnues. A l'état de repos cette grande lame 
rentre entre le 6 e et le 7 e segment, et il ne paraît plus au dehors que 
la lame cornée triangulaire médiane et les deux lanières latérales. 

Ces organes font saillie sous le 7e segment; ils sont précédés de sept 
paires de pattes (fig. 33 d ) et remplacent les deux paires qui, chez les 
femelles, s'attachent au 7 e segment. Chez ces dernières les organes co- 
pulatoires s'ouvrent sous le 2 e segment; celui-ci est, à cause de cela, 
interrompu au milieu de sa face inférieure , et ses deux extrémités se 
terminent en pointe de chaque côté de l'interruption. 

Sous-genre PEU1AT0JULUS*. 

Tarses garnis en dessous d'une pelote ou semelle 3 (fig. 26 e ). 

I e Division. — Pattes ayant leurs trois derniers articles garnis de 
coussinets ou semelles. 

1 Cetle ligne, quoique distincte au microscope, est rarement creusée en sillon. Cela se voit 
cependant chez quelques espèces. 
9 -7TÎXIU.X ~xro;, semelle, - Julus, Jule (Jule à sandales). 
3 Chez les mâles du moins. 



94 ESSAI D UNE FAUNE 

Exemple : Juins cittalits, New port, Ann. a. Mag. of Nal. Hisl. XIII, p. 369. — Gênais, 
Aptères. IV, p. 166, 74- 

II e Division. — Pattes ayant leurs deux pénultièmes articles garnis 
de coussinets ou semelles. 

Exemple : Juins malabarieus, Gervais, Aptères. IV, p. 164, 70. 

III e Division. — Pattes ayant leur sixième ou dernier article seul 
muni d'un coussinet. (Antennes très-courtes, comprimées, à articles 
ramassés; le 7 e rudimentaire.) 

JUMJS INSIGNIS. 
(Fig. 26, etsuiv.J 

Statura maxima; antennœ brevissimœ, compressa', articulo .2° maximo, 7° mi- 
nimo ; corpus cyluulricum; segmentum 6 m incrassatum et apicc paulum compres- 
sion ; segmenta 2-6 sublus truncata, concava ; primum in lateribits angulatum; 
segmentum prœanalc angulatum . valras anales vix superans ; pedes subtils apicc 
solea sulcala instrueli. 

Saussure, Linnaea Entomologicy, XIII. 1859, p. 332. 

<f. Très-grand ; ayant la portion du corps qui correspond au 6 e anneau sen- 
siblement plus renflée que le reste ; en avant de celui-ci le corps se rétrécit jus- 
qu'à la tête ; en arrière il se rétrécit aussi pour former un cylindre régulier qui 
s'atténue insensiblement d'avant en arrière et qui finit par se terminer à l'anus 
d'une manière assez conique et comprimée (fig. 26"). Antennes très-compri- 
mées, très-courtes. Leur 2 e article aussi long ou plus long que le 3 e et le 4 e pris 
ensemble; articles 3-5 très-courts, moniliformes , rétrécis à leur base, plus larges 
que longs, allant en augmentant du 3 e au 5 e : le 6*" grand, plus large que long, mais 
non rétréci à la base, comprimé ; le 7- rudimentaire, très-large, mal séparé du 6 e . 
Articles 4-7 distinctement ponctués. Tête lisse, luisante, portant sur le front un petit 
sillon. Chaperon largement échancré, portant au bas un sillon qui correspond à 
l'angle de Péchancrure ; ses bords inférieurs, de chaque côté de l'échancrure, peu 
arqués. Yeux formant presque un trapèze, disposés sur 6 rangées transversales, un 
peu arquées et comptant les nombres d'éléments suivants, en cheminant de haut en 
bas : 10, 9, 8, 7, 5, 3. Premier arceau du corps (fig. 26 b ) très-convexe transver- 
salement, plat dans le sens longitudinal, ayant ses deux bords entiers; terminé de 
chaque côté triangulairement par un angle étroit, mais arrondi , lisse et luisant, 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 95 

portant des vestiges de rides obtuses et irrégulières. Deuxième segment dépas- 
sant très-peu le premier, tronqué assez carrément sur les côtés, ainsi que les deux 
suivants, mais ayant ses bords inférieurs plus arrondis. Sixième et 7 e segments ar- 
rondis inférieurement. Ces deux segments, largement entrebaillés en dessous, pour 
donner issue aux organes copulateurs ; le 7 e ayant son bord antérieur retroussé en 
bas. — Anneaux offrant tous un sillon circulaire distinct qui les partage en deux 
portions, mais ce sillon devenant très-indistinct dans la partie postérieure du corps. 
Les premiers segments offrant quelques rides vagues sur les portions latérales et 
inférieures des anneaux. Le reste du corps lisse et luisant. Segment préanal terminé 
par une apophyse dirigée un peu en bas, qui dépasse à peine les valves (fig. 26 n ). 
Partie postérieure de ce segment, ridée transversalement et finement ruguleuse. 
Valves anales luisantes et lisses, terminées supérieurement par un angle très-obtus. 
Plaque sous-anale triangulaire. Pattes, comprimées, luisantes, terminées par une 
forte griffe surmontée d'un poil spiniforme; leur 6 e article garni en dessous d'une 
pelote plus ou moins concave qui offre des sillons en quinconce (fig. 26 d ). Pores 
répugnatoires placés bien au-dessus du milieu de la hauteur des flancs, surtout à 
la partie postérieure du corps; ceux du sixième segment placés plus bas que les 
autres , mais toujours plus haut que le milieu de la hauteur des flancs. 

Couleur, d'un fauve rosé ; les anneaux bordés postérieurement de brun ou d'o- 
livâtre. Antennes et tarses en dessous, rougeâlres 1 . 

Longueur m , 130 ; largeur m , 013 ; id. au 6 e anneau du corps 0"', 015. 

Corps composé de 54 segments 2 et portant 99 paires de pattes. 

Habite: La République Argentine. 

Nous possédons deux individus desséchés de cette belle espèce, mais un seul est 
en bon état de conservation. 

Explication des figures : 26. Partie antérieure du corps du Julus insignis, de grandeur naturelle, 
pour montrer le renflement du corps autour du 6 e segment. (Ce renflement est souvent plus fort.) — 
26 b. La tête et les sept premiers segments vus de profil, pour montrer la forme de ces segments ; 
les anneaux 2-6 sont tronqués et concaves en dessous. (Le 2 e article des antennes est trop court; 
il est vu en raccourci.) — 26 n. Extrémité postérieure du corps. (Elle pourrait être un peu plus 
comprimée.) — 26 c. Une patte vue de profil, grossie, pour montrer la pelote ou semelle du 6 e article, 
ainsi que le poil qui surmonte la griffe. — 26 d. Les deux derniers articles d'une patte, plus fortement 
grossis et vus par dessous, pour montrer les plis ou sillons de la pelote et les deux poils spiniformes 
du bout de l'article. 

1 Vivant, l'animal est sans cloute noirâtre. 

2 Sans compter la tète ni le segment anal (valves anales) . — Chez tous les Jules qui suivent, 
le nombre des segments est compté de la même manière. 



96 essai d'une faune 

Sous-genre JULUS 1 . 

(Jules proprement dits.) 

Tarses nus, n'offrant aucune pelote à leur face inférieure. 

Tous les Jules qui suivent ont leurs valves anales et leur plaque 
sous-anale dépourvues de dentelures ou d'apophyses, par conséquent 
aucun d'eux ne rentrerait dans les divisions des Odontopygus ou des 
Uncifer de Brandt. 

Nous les classons en quatre divisions, basées principalement sur la 
forme des antennes et du premier segment du corps. 

le DIVISION. 

Premier segment du corps ayant ses lobes latéraux raccourcis et ar- 
rondis. Le deuxième dépassant de beaucoup le premier vers le bas et se 
montrant en contact direct avec la tête. Antennes très-courtes , très-compri- 
mées, à articles élargis, souvent plus larges que longs. (Pores répugna- 
toires placés en général un peu plus haut que le milieu des flancs.) 

SECTION I e . — Extrémité postérieure du corps n'étant pas atté- 
nuée» ni comprimée t se terminant en ealotte sphérltfue : segment 
préanal formant en dessus une ceinture transversale. ( Corps 
grêle.) 

JULUS TOLTECUS. 

(Fig. 27 et suiv.) 

Cylindricus ; primi segmenti lobi latérales rotundati , secundi rugosi, -proémi- 
nentes; anus rotundatus hemisphericus ; segmeutum prœanale brève, transversale, 
haud in acvmen produclum, sed solum in medio margine dente instructo. 

Saussure, Linnsea Entomologica. XIII, 1859, p. 331. 

1 Je u'ai pas cru devoir changer rien à la nomenclature des caractères. Plus les ternies 
employés sont simples, moins ils chargent la mémoire et plus ils sont utiles. Je n'en ai donc 
créé aucun. J'ai seulement cru nécessaire de renoncer à celui de bouclier, qui a été assigné 
au premier segment du corps, attendu que ce mot est synonyme de clypeus, adopté de tout 
temps pour le chaperon. Le terme de premier segment du corps est bien suffisant et il serait 
superflu d'en inventer un autre. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 97 

Corps parfaitement cylindrique, légèrement déprimé à sa partie antérieure, où il 
est subélargi. Tête finement ponctuée et striolée, chagrinée à sa base; chaperon 
échancré, offrant deux points enfoncés près du sillon médian ; son bord, un peu ru- 
gueux, et ses portions latérales qui concourent à la formation de la fossette anten- 
naire, rugueusement striées et sculptées. Antennes relativement peu comprimées; 
leur 2 e article sensiblement plus grand que les autres. Plaque des yeux ovale ou 
pyriforme, assez large (fig. 27°). Premier segment fortement raccourci sur les côtés, 
largement arrondi. Le 2 e dépassant de beaucoup le premier, se prolongeant fort bas, 
tronqué obliquement d'avant en arrière et de haut en bas ; son bord inférieur, relevé 
en un bourrelet qui a presque la forme d'un V ; l'extrémité postérieure de ce bord for- 
mant une apophyse mousse qui regarde en bas et l'antérieure partagée en dessous (sur 
la tranche) par un sillon longitudinal (comme fendue). Faces latérales de ce segment, 
striées et rugueuses, offrant une faible fossette avant le bourrelet marginal. Les seg- 
ments suivants offrant en dessous des stries obliques d'avant en arrière dans leur pre- 
mière moitié et des stries obliques de dedans en dehors dans leur seconde moitié. 
Corps luisant, très-finement slriolé. Segment préanal très-court, très-obtus, légère- 
ment dépassé par les valves anales (fi g. 27 e ) ; nullement triangulaire (fig. 27"), mais 
au contraire transversal, à bord postérieur transversal et continu, offrant seulement 
au milieu une dent et souvent, avant cette dent, un pli. Valves anales en forme de 
calotte sphérique, formant ensemble un hémisphère, ponctué, et à bord très- 
saillant (fig. 27 d ). 

Longueur 0"\ 088 ; largeur ,n , 006. 

Corps composé de 63 segments et portant 117 paires de pattes. 

Habite : Les terres chaudes du Mexique. — Cordova. 

Cette espèce est distincte par la forme de ses deux premiers segments et par la 
brusque terminaison de son corps, qui ne finit pas en pointe postérieurement, mais 
dont l'extrémité anale forme une calotte sphérique. 

Explication des figures • 27. L'espèce de grandeur naturelle. (Le premier segment du corps est un 
peu trop long; l'extrémité anale devrait être un peu plus obtuse.) — 27 a. Une antenne grossie. — 
27 b. L'extrémité antérieure du corps, vue de profil et grossie. — 27 c. L'extrémité postérieure du corps 
vue de profil, grossie; ji segment prëénal j v valves anales; s plaque sous-anale. — 27 d. L'ex- 
trémité postérieure du corps vue en dessous, grossie. — 27 ». Id. vue en dessus. — 27 o. Plaque des 
yeux grossie 1 . (La ligne indique le bord inférieur du premier segment du corps, donc le côté supé- 
rieur de la plaque des yeux.) 

Observation. — Les yeux de la rangée supérieure devraient avoir une forme ovale, allongée de 
haut en bas. D'après la position de la figure, celle-ci représenterait la plaque oculaire gauche, mais 
en réalité c'est la plaque droite qui a été figurée et qui se trouve renversée par la gravure. 

1 Chez les individus moins grands le nombre des yeux est moins considérable. Il es! pro- 
bable que ce nombre varie avec l'âge. 

13 



98 essai d'une faune 

SECTION II e . — Extrémité postérieure du eorps comprimée : 
segment préanal triangulaire en dessus. 

A. Segment préanal dépassant les valves anales. 

JlJLUS ARBOREUS. 

Corpus cylindricum , anlice incrassatum, apice allenuatum; clypeus emargina- 
lus, nec non in incisurœ margine punctis quatuor impressis , distant ibus ; segmen- 
lum prœanale elongatum, acuminatum, valvas valde superans. 

Saussure, Linnsea Entomologie», MU. 18'59. p. 331. 

De taille assez grande, cylindrique, mais s'atténuant et devenant conique posté- 
rieurement aux six derniers anneaux. Chaperon échancré en arc de cercle, plus ob- 
tusément que chez le /. mexicanus, et offrant de chaque côté un lobe plus large, 
bordé d'une espèce de cordon. Un sillon profond et très-court aboutit au fond de 
l'échancrure ; les bords de cette dernière n'offrant pas une rangée de points enfoncés, 
mais seulement un gros point de ce genre de chaque côté du sillon de partage et un 
autre de chaque côté vers la partie la plus saillante du bord. Antennes médiocrement 
comprimées, ayant leurs articles fortement rétrécis à leur base ; le 2 e seulement un 
peu plus long que le 3 e . Articles 4-6 plus larges que longs ; le 6 e le plus large. 
Front offrant une dépression (ou un léger enfoncement vague), partagé par un faible 
sillon. Yeux formant une plaque ovale, disposés sur 7 rangées horizontales et 8 
ou 9 obliques, parallèles au bord externe de la plaque; celle-ci n'étant pas rétrécie 
au côté interne, mais large et arrondie, devenant plus étroite vers son extrémité 
externe, ce qui la rend un peu ovoïde. Premier segment renflé, plus large que le 
reste du corps, un peu déprimé (formant l'arceau supérieur d'un ovale transversal 
plutôt que d'un cylindre ou cercle), terminé de chaque côté par un angle très-arrondi, 
dirigé en bas, et non en avant, parce que le bord antérieur de ce segment est con- 
vexe, point échancré; ce bord, finement bordé sur les côtés. Le 2 e segment dépas- 
sant peu le premier ; ne se prolongeant pas beaucoup plus bas sur les côtés et ne 
se terminant pas par un angle allongé (comme par exemple chez le J. mexicanus), 
mais s'infléchissant subitement en dessous. Anneaux partagés par un sillon circulaire 
assez distinct, qui se trouve placé au milieu de leur longueur (ou un peu plus en 
avant). Derniers anneaux un peu comprimés; segment préanal triangulaire lorsqu'il 
est vu en dessus, plus long que large, terminé par une pointe qui dépasse sensiblement 
les valves et les cache (fig. 28 e ); cette pointe n'étant pas une apophyse, mais seu- 
lement la terminaison naturelle du triangle. Plaque sous-anale en ogive, ou en 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 99 

triangle arrondi, terminée en pointe arrondie (fig. 28 d ). Corps lisse, luisant. — Un 
fort grossissement montre sur le dos des segments quelques stries transversales ; 
sur les côtés ces stries irrégulières sont plus distinctes, et en dessous on voit les 
mêmes stries que chez la plupart des autres espèces', seulement elles n'attei- 
gnent pas le bord des segments. Les pattes sont d'une grandeur remarquable, com- 
primées, grosses et longues. Elles ne sont pas cachées par le corps, mais le dépas- 
sent beaucoup de chaque côté. 

La couleur des animaux desséchés et conservés dans l'alcool est d'un brun cho- 
colat, avec le bord des segments souvent plus foncé. Souvent aussi le corps est 
jaunâtre ou pâle avec les segments bordés de brun, mais l'animal vivant est noi- 
râtre. — La ligne des pores répugnatoires est placée au-dessus du milieu de la 
hauteur des flancs, mais les pores du 6 e segment s'ouvrent plus bas que ceux des 
segments suivants et occupent le milieu des flancs. 

Longueur m , 078; largeur m , 008. Les individus varient du reste beaucoup 
pour la taille. 

Nous possédons un assez grand nombre d'individus de cette espèce. Voici quel 
est le rapport entre le nombre des segments du corps et celui des paires de 
pattes • : 

n u 1- 52 segments; 97 paires de pattes. n° !■ 50 segments; 93 paires de pattes. 
» 2. 52 » 97 » » i » 2. 52 » 96 » » 



3. 54 » 401 » » i » 3. 52 » 95 



j> 



Habite : Les Antilles. Très-commun à l'île de St-Thomas , où il grimpe sur les 
arbres et s'enroule autour des rameaux. 
Cette espèce est très-distincte par la longueur insolite du segment préanal. 

Nota. — Depuis que ces pages sont sous presse j'ai reconnu que le Julus caudatus, Nevv- 
pori (Ann. a. Mag. of Nat. Hist. XIII, p. 269. — Gervais, Aptères IV, 190, 125) devait être 
une espèce voisine, sinon le /. arboreus lui-même. Toutefois il est à remarquer que Newport 
n'a pas parlé dans sa description du renflement de l'extrémité antérieure du corps ; le segment 
préanal me paraît devoir être plus court chez le /. caudatus que chez l'espèce ci-dessus dé- 
crite (puisqu'il ne fait que dépasser un peu le niveau des valves anales] ; la taille est bien 
moindre aussi. 

Explication des figures : 28. L'espèce de grandeur naturelle. (Le segment préanal devrait être uû 
peu plus triangulaire et un peu plus aigu.) — 28 a. Une antenne grossie. — 28 b. L'extrémité anté- 

1 Voyez la description du /. mexicanus. 

2 Un jeune individu? de m , 015 de longueur, n'offre que 30 segments au corps; son 
segment préanal est aussi bien plus obtus, et le corps bien plus ponctué. 



100 ESSAI DUNE FA LISE 

Heure du corps vue de profil, grossie. (Les segments 2° et 3 e sont prolongés un peu trop bas, l'animal 
étant censé vu un peu en dessous.) — 28 c. L'extrémité postérieure du corps Mie de proiil, grossie. (Le 
segment préanal n'est pas tout à fait assez long.; — 28 d. L'extrémité postérieure du corps vue en 
dessous, grossie. — 28 o. La mosaïque des yeux. (Même observation que pour la fig. 27 o, page 97.; 

B. Segment préanal ne dépassant pas les valves anales, ou 

LES DÉPASSANT A PEINE. 

JlLlS AZTECUS. 

(Fig. 29 elsuiv.j 

Plane cylindricus; corpus nusquam incrjssatum , subtus sulcato-slriatum ; an~ 
tennœ brevissimœ , valde compressa', arliculis omnibus brevissimis ; segmentum 
prœanale triangulaire, apice sal acuto, valvis vix superato. 

Saussure. Linnaea Entomologica, XIII. 1839, p. 331. 

Espèce de la grandeur du /. arboreus. Corps n'étant pas atténué vers le bout 
comme chez cette espèce, devenant seulement comprimé à son extrémité posté- 
rieure. Tête et extrémité antérieure du corps parfaitement cylindrique et sans aucun 
renflement. Chaperon échancré angulairement, comme chez le ./. mexicamis, et for- 
mant deux lobes semblables, mais n'offrant que 4 points enfoncés le long de l'échan- 
çrure, comme chez le ./. arboreus. Bas du chaperon partagé par un sillon. Un ru- 
diment de sillon au vertex. Antennes très-comprimées, à articles tous très-courts et 
peu rétrécis à leur base. Le basilaire grand ; le 2 e article aussi large que long; les 
articles 3-5 plus larges que longs, le 6 e un peu moins large, aussi long que large. 
Mosaïque des yeux en triangle arrondi, arquée à son bord externe, droite à l'interne. 
Yeux disposés sur 6 rangées horizontales et sur 7 obliquement verticales. Premier 
segment bien plus court transversalement que le 2 e , se terminant de chaque côté 
d'une manière arrondie, point triangulaire ; cet arrondissement seul un peu bordé. 
Deuxième segment offrant latéralement un faible enfoncement, légèrement rugueux, 
pour recevoir l'extrémité du premier qu'il dépasse de beaucoup. Ses extrémités 
latéro-inférieures couvertes de sillons, presque de plis, très-arqués. Sillons circu- 
laires fortement marqués. Les derniers segments un peu comprimés ; le préanal 
terminé en triangle assez aigu, offrant souvent à la base du triangle terminal deux 
plis transversaux. Valves anales dépassant le triangle, ayant leur bord interne renflé 
en forme de bourrelet saillant. Plaque sous-anale en ogive. Pores répugnatoires 
insérés plus haut que le milieu des flancs ; le sillon circulaire de chaque segment 
contournant le pore en arrière et formant ainsi un sinus insensible. Corps lisse, lui- 
sant, finement chagriné, ou plutôt striolé, garni en dessous de sillons longitudinaux 









n" i. 


58 segments: 107 paires de patt. 


n 


» 2. 


57 » 107 » » 


» 


» S. 


55 » 103 y » 


)> 


» t. 


•49 » 88 » » 


» 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 101 

qui parlent des sillons circulaires, mais qui n'atteignent pas le bord postérieur des 
segments. Pattes de grandeur ordinaire. 

Couleur de l'animal, noire. — Desséché il devient pâle, souvent d'un cendré-ver- 
dâtre avec les segments bordés de jaunâtre ou de roux. 

Longueur 0°\065; largeur nl , 006-0"' ,0005. 

Nombre des segments du corps et des paires de pattes chez quelques individus. 

cf 

'/• 58 segments : 107 paires de patt. 

2. 57 » 107 » » 

3. 50 » 103 » 

4. 56 » 103 » » 
Variété? — Certains individus qui me paraissent identiques à ceux qui ont servi 

de type à cette description, n'offrent que peu de sillons arqués au 2 e segment du 
corps. 

Habite: Le Mexique. — J'en ai pris un grand nombre de sujets dans les parties 
chaudes du Mexique, à Vera Cruz, à Cordova, à Orizaba, etc. 

Cette espèce est très-voisine des /. zapolecus et chichimëcus. (Voyez la descrip- 
tion de ces espèces.) 

Explication des figures . 29. L'espèce de grandeur naturelle. (L'extrémité postérieure du corps 
pouvait être, plus comprimée et le segment préanal plus aigu.) — 29 a. Antenne grossie. (Les arti- 
cles sont tous trop longs ) — 29 b. L'extrémité antérieure du corps, vue de profil et grossie (Figure 
peu satisfaisante; les articles des antennes ne sont pas assez raccourcis; le 2 e segment est trop long 
d'avant en arrière, etc.) — 29 c. L'extrémité postérieure du corps, vue de profil, grossie. — 29 o. Mo- 
saïque gauche des yeux (plaque droite renversée). 

JULUS ZAPOTECUS.' 

(Fig: 30 < J i suiv.) 

.1. azteco affinissimiis, al statura major, crassior, antice attenuatus, in lateribus 
sulco longitndinali. 

Ç . Taille plus grande. Corps un peu renllé au milieu et en arrière, atténué en 
avant; le premier segment sensiblement moins large que ceux du milieu du corps. 
Tête petite. Pattes plus courtes à proportion de la grosseur du corps. Sillons cir- 
culaires des segments très-forts. Stries ventrales moins fortes. Deuxième segment 
dépourvu de plis à son angle inférieur, n'offrant que des stries faibles, et les en- 
foncements où reposent les lobes latéraux du l p ' moins rugueux. Ses côtés plus 

1 Individu jeune. 



102 essai d'u.ne faine 

courls, ne se prolongeant pas aussi bas. Extrémité anale à peine comprimée; 
segment préanal un peu moins aigu et un peu plus court, plus large que long. Pores 
répugnatoires plus grands. Les côtés du corps offrant à la hauteur de ces derniers un 
sillon longitudinal distinct, qui s'étend dans toute sa longueur, mais qui n'est marqué 
que sur la portion postérieure de chaque segment (placé en arrière du pore) 
(fig. 30, ci). 

o\ Un peu plus grêle ; moins rende dans les portions moyennes et postérieures 
du corps. (La double paire de pattes du 5 e segment, rudimentaire, deux fois plus pe- 
tite que les autres ; — cette double paire est placée après la 3° paire et avant la 
double paire du 6 e segment qui précède les organes copulatoires)'. 

Longueur m ,093; largeur du premier segment 0™, 0065 ; id. du milieu du corps 
0-, 009. 

9 . 55 segments ; 103 paires de pattes. 

a". 56 » 101 » » » plus les deux paires de pattes rudimen- 

taires qui tiennent au 4« segment du corps (en tout 103 paires). 

Habile : La même patrie que le précédent. 

.le ne sais s'il faut considérer ce .Iule comme une espèce spéciale ou comme une 
variété du /. aztecus. Il est certain qu'on trouve des individus qui paraissent pres- 
qu'intermédiaires aux deux espèces et qui ont la forme régulièrement cylindrique du 
/. aztecits, mais chez lesquels les plis du bas du 2 e segment sont très-faibles, comme 
chez le J. zapotecus. (Voyez à la fin de la description de l'espèce précédente.) Si ces 
deux Jules doivent être réunis en une seule espèce, le ./. zapotecus représentera l'es- 
pèce adulte et le •/. aztecus l'espèce à un âge moins avancé. Il faudrait pour que cela 
fût, que ce Jule changeât de forme avec l'âge. Toutefois ceci ne paraît pas probable, 
attendu que les Juins aztecus, quoique de plus petite taille, possèdent déjà autant 
de segments au corps que. les J. zapotecus, et qu'ils semblent d'ailleurs être 
tout aussi adultes, vu l'état de parfait développement des organes copulatoires 2 . 

Explication des figures 30. L'espèce de grandeur naturelle. (Le corps n'est pas suffisamment atté- 
nné dans sou tiers antérieur.. — 30 ". Une antenne grossie. (I.e 6 e segment devrait être plus large 
que long. — :i0 r, L'extrémité anale du corps, vue de profil — 30 d. Trois anneaux du corps, grossis. 

1 Ceci n'est sans doute qu'une anomalie individuelle, qui paraît du reste assez fréquente 
chez les Jules. Je l'ai remarquée chez d'autres espèces dont certains individus offraient une 
palle en partie atrophiée, c'est-à-dire très-petite, tandis que la correspondante de la mC'ine 
paire était hien développée. On voit souvent plusieurs pattes de ce genre chez le même indi- 
vidu, lanlôt paires, tantôt impaires. 

2 11 faudrait donc supposer, qu'à partir d'un certain âge, l'animal ne croit plus qu'en gros- 
seur. Si cela était, le /. r.hichimecua pourrait représenter un âge encore plus avancé du 
J. aztecus. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 103 

vus de profil, par le flanc droit, pour montrer le sillon longitudinal qui n'est distinct que sur la moitié 
postérieure des segments. — 30 o. La mosaïque gauche dos yeux (droite renversée). 

JUUSS TOTONACUS. 

'Fig. 31 et suiv.) 

.1. azteco simillimus , al major ; corpore elougatiore; segmento prœanali pattlv 
longiore; segmento primo breviore , secundo in laleribus fossula majore instructo. 

Très-voisin du /. aztecus, dont il a la forme cylindrique. Corps plus long à pro- 
portion, du moins chez les grands sujets, lesquels sont longs et grêles. S'en distin- 
guant par le premier segment qui est plus court, quoique ayant la même forme. Le 
2 e segment formant de chaque côté presque une apophyse dirigée en bas (fig. 
31 b , i), et offrant une fossette plus profonde et plus distincte pour loger les lobes 
latéraux du premier, mais n'ayant au-dessous de celle-ci que des sillons faibles. 
Pattes un peu plus longues. Mosaïque des yeux triangulaire. Pores grands, entourés 
d'un petit bourrelet. Stries ventrales des segments, faibles, peu étendues. Sillons 
circulaires des segments, faibles, formés par une ligne de ponctuations très-rappro- 
chées. Segment préanal plus aigu ; sa pointe ne plaquant pas contre les valves ana- 
les jusqu'au bout, mais s'en détachant à l'extrémité (fig. 31 c ), surtout chez les in- 
dividus un peu grands; les dépassant presque. (Vu de profil, il a aussi une forme 
différente.) Corps plus lisse. Le reste comme chez le ./. aztecus. 

Longueur 0'", 100; largeur m , 008. 

a". Offrant ô0 segments au corps, y compris le préanal, et 111 paires de 
pattes ' . 

Ç . Plus jeune, offrant 55 segments et 105 paires de pattes. 

Habite: Le Mexique. — Oaxaca. 

Ce .Iule se distingue du J. zapotecus par la forme de son segment préanal , par 
celle de son 2 e segment et par l'absence de sillon longitudinal sur les côtés du corps. 
11 a la même forme cylindrique que le J. aztecus, mais il est plus long et plus 
grêle à proportion, et il se reconnaît à son 2 e segment fortement creusé sur les 
côtés, à ses pores entourés d'un sillon? etc. 

Explication des figures : 31. L'espèce de grandeur naturelle. (Cette ligure n'est pas assez grêle. — 
31 6. Les deux premiers segments du corps vus de profil et grossis; t saillie de l'angle inférieur du 
2 e segment: /' fossette dans laquelle glissent les lobes latéraux du premier segment. — 31 c. Extré- 
mité anale vue de profil, grossie. — 31 n. La même vue en dessus. — 31 o. La mosaïque gauche 
fdroite renversée) dos yeux. (La ligne indique le bord du premier segment du corps; l'angle interne 
se trouve en e.) 

1 Ces chiffres ont élé comptés avec précision sur un individu en bon état. 






10 i ESSAI D'UNE FAUNE 

JULUS CHICHIMECUS. 

(Fig. 3°2 el suiv.) 

Maxtmis Julorum speciebus adnumerandus ; nitidus , sublus vix striatus ; areœ 
oculares Irigonœ, transversal ; cimjulovum subi annula) es valde ùnpressi. 

Saussure, Linnaea Enlomologica, .Mil. 1859, p. 331. 

Grand et gros, très-cylindrique, fort peu atténué aux deux extrémités, plutôt dé- 
primé que cylindrique à son extrémité antérieure, ressemblant beaucoup au /. azte- 
cus. Chaperon offrant une échancrure angulaire, arrondie ; bords de l'échancrure 
offrant près du sillon de partage, de chaque côté, un gros point enfoncé, et en outre, 
sur l'angle saillant du chaperon, de chaque côté, un autre point plus petit. Anten- 
nes très-courtes, à articles presque égaux, plus larges que lougs. Yeux formant une 
plaque un peu allongée transversalement, dont la pointe arrondie regarde en dedans. 
Cette plaque, plus pyriforme et plus large que chez le/, aztecus, composée de 4 ou 
5 rangées transversales de stemmates'. Premier segment ayant ses bords latéraux 
très-larges, striés et parfaitement arrondis. Le deuxième constitué comme chez 
le./, totonacus, mais plus rugueux. Tout le corps lisse et luisant; les côtés des 
premiers segments seulement, offrant quelques rugosités ; le bord postérieur des 
anneaux portant en dessous des sillons longitudinaux et la portion antérieure de ces 
mêmes parties offrant des stries obliques assez fortes. Segment préanal finement cha- 
griné, terminé d'une manière aiguë, mais sensiblement moins comprimé et plus 
court que chez le ./. aztecus. Valves anales chagrinées comme le segment préanal, 
ayant leur bord un peu anguleux. Le reste du test lisse et luisant, mais striolé et 
ponctué. Sillons circulaires des segments fortement prononcés. Pores répugnatoires 
petits; en arrière de chacun d'eux, un petit sillon longitudinal, mal marqué. 

Longueur m , 120; largeur m , 043. 

Nous n'avons pas trouvé de mâle qui puisse être rapporté à cette espèce. 

? 

n" /• 49 segments au corps; 89 paires de pattes. 
» 2. 50 » » 93 » » 

» 3. 50 » » 93 » » 

Habile : Les terres chaudes du Mexique. 

1 Chez les femelles on n'en voit en général que quatre ; chez un mâle, la 3 e rangée est 
formée de trois éléments ; chez une femelle je trouve du côté droit cinq rangées et du gauche 
seulement quatre (fig. 32 o). 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 105 

Cette espèce est très-voisine du /. aztecus , quoique deux fois plus grande. Elle 
s'en distingue du reste par les stries bien moins prononcées et surtout moins éten- 
dues des portions inférieures des segments ; ces stries ne se voyant que dans l'ex- 
trême voisinage des pattes. Les antennes sont conformées comme chez le /. azte- 
cus, mais à articles un peu plus larges, surtout le 6 e , qui est plus large que long. 
Le corps est bien plus gros à proportion. 

Explication des figures : 32. L'espèce de grandeur naturelle. — 32 a. Une antenne grossie. (Le 6 e 
article est trop long.) — 32 6. L'extrémité antérieure du corps, vue de profil et grossie. — 32 c. L'ex- 
trémité postérieure du corps, vue de profil et grossie. — 32 n. Id. vue en dessus. — 32 o. La mosaïque 
droite (gauche renversée) des yeux; e angle supérieur interne; i angle supérieur externe. (Le plus 
souvent la plaque des yeux offre cinq rangées transversales, chez cette espèce, et non quatre 
comme ici.) 

JULUS HAÏTENSIS, Gei'V. 

Médius, teres, ubique œqualis. poslice solum compressus; antennœ médiocres, vix 
compressa'.; clypei margo 4-punclatus; cinguli primi processus latérales abbreviati, 
rolundati, sulco brevi secundum marginem anticum instructi; secundum segmenlum 
in lateribus nullomodo productum ; striœ ventrales parum conspicucv, poslice nullœ; 
segmentum prœanale angulare, brève; squama anaUs iuferior perfecte rotundata. 

Gorvais, Aptères IV, p. 191, 127. 

Taille du /. tepanecus, cylindrique, à corps régulier el dépourvu de renflement, 
comprimé postérieurement, assez épais comme l'espèce citée et ayant les mêmes 
dimensions (voy. la fig. 35). uhaperon échancré, offrant au fond de l'échancrure 
deux points enfoncés, séparés par un sillon, et aux angles saillants du chaperon deux 
autres points semblables. Antennes longues pour une espèce de cette division (pou- 
vant atteindre le 3 e segment du corps); à articles subégaux. Yeux, formant une 
plaque subtriangulaire, disposés sur cinq rangées horizontales et sur sept verticales 
(la plus interne seulement composée de deux éléments). Lobes latéraux du premier 
segment parfaitement arrondis , offrant un sillon très-court au bord antérieur de 
leur courbe. Deuxième segment n'étant nullement prolongé en bas à ses angles in- 
férieurs, dépassant fort peu les lobes latéraux du premier et ressemblant sous ce 
rapport au /. aztecus. Segment préanal angulaire , dépassé par les valves anales, 
finement chagriné, ainsi que ces dernières. Plaque sous-anale parfaitement arron- 
die. Segments du corps très-lisses, n'offrant en dessous que des stries faibles, qui 
deviennent toujours moins étendues et qui finissent par disparaître dans la partie 
postérieure du corps. Sillons circulaires des segments, très-faibles, presque nuls ; 
le sillon horizontal des flancs, visible sur quelques segments au bord postérieur ; la 

U 



106 essai d'une faune 

ligne suturale horizontale qui lui correspond, passant au-dessus des pores, sans les 
toucher. La ligne des pores, placée un peu au-dessus du milieu de la hauteur des 
flancs ; les pores du 6 e segment seulement, placés à mi-hauteur. 

cf. Pattes 3-7 offrant un renflement lamellenx très-court à leur premier article. 
Organes copulatoires montrant à l'état de repos : 1° la lame triangulaire médiane, 
qui ici est arrondie au bout ; 2° deux longues lames styliformes, placées de droite et 
de gauche du triangle; 3° deux grandes lames plus larges, arrondies (mais non ré- 
trécies) au bout, placées plus en arrière que les précédentes et les débordant no- 
tablement. 

Couleur, noirâtre. — L'animal desséché, testacé, avec le bord des segments rouge 
ou fauve. 

Longueur m , 090 ; largeur ,n , 009. 

Deux <f offrent 47 segments au corps et 85 paires de pattes. 

Habite: L'île de St-Domingue. 

Ce Jule a été bien décrit par M. Gervais, et je n'ai eu que peu de détails à ajouter 
à sa description. Toutefois les individus que j'ai sous les yeux sont d'une taille bien 
inférieure à celui qui a servi de type à M. Gervais ; ils sont aussi moins longs à pro- 
portion de leur largeur, et ils offrent une rangée de moins à la plaque des yeux (ce 
qui du reste peut s'expliquer par l'âge moins avancé des sujets). Il serait donc pos- 
sible que la présente espèce fût différente, quoique très-voisine du /. haïtensis, Ger- 
vais, car les Jules sont des animaux si voisins pour les formes et si dénués de carac- 
tères définis, que la même description peut souvent convenir à plus d'une espèce. 
L'auteur n'a pas décrit la forme du 2 e segment du corps, qu'il serait bien utile de 
connaître. 

lie DIVISION. 

Premier segment du corps ayant ses lobes latéraux médiocrement pro- 
longés, et terminés en pointe. Antennes courtes, comprimées, à articles 
courts et élargis 1 . (Pores répugnatoires en général placés à mi-hauteur 
des flancs.) 

■ . Deuxième segment n'étant pas prolongé plus bas sur les côtés 
que le 1 er et le 3 e . 

1 Voyez les 3 e el 4 e divisions où les antennes sont allongées. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 107 

JULUS NlETANUS. 

(Fig. 33 ei suiv.) 

Parvulus ; corporis segmenta 6, 7 incrassata (<f); segmente primi lobi latérales 
acuminali; secundi nullomodo producli, scgmentum primum subtus haud superan- 
tes; corporis lalera sulco longitiidinali obita; segmentum prœanale brève; pedes 
terlii paris (<f) appendicibus slyliformibns in basi instructi. 

a". Petit, cylindrique ; le corps renflé aux 6 e et I e segments ; ceux-ci plus gros 
que ceux qui les précèdent et qui leur succèdent. Antennes médiocrement compri- 
mées. Chaperon bilobé, ponctué, quoique luisant, partagé par un sillon ; le bord de 
son échancrure offrant 8 ou 10 points enfoncés. Premier segment du corps terminé 
de chaque côté par des angles très-aigus (plus aigus que dans aucune autre espèce 
ici décrite) ; son bord antérieur assez fortement échancré de chaque côté, pour la 
formation de la pointe des lobes latéraux (fig. 33 b ). Le 2 e segment petit, n'étant 
pas prolongé de chaque côté plus bas que le premier, mais au contraire dépassé 
par les angles de ce dernier. Les suivants (vus de profil) petits jusqu'au 5 e , après 
lequel le corps se renfle; les 6" et 7 e grands (fig. 33 b ). Segment préanal terminé 
d'une manière obtuse et arrondie, et offrant un sillon transversal un peu rugueux; 
valves anales dépassant à peine le segment préanal , fortement ponctuées. Plaque 
sous-anale arrondie. Corps lisse et luisant. — Les anneaux ont ici une apparence un 
peu différente de celle qui s'observe chez les espèces précédentes. On voit sur chacun 
d'eux deux sillons circulaires, savoir un placé sur la partie antérieure du segment 1 , 
et un autre en arrière du milieu , lequel contient le pore. Chaque anneau offre en 
outre au niveau du pore , un sillon transversal qui occupe toute sa longueur 
(mais qui est surtout bien marqué en arrière du pore)" et qui coupe les sillons 
circulaires à angle droit. La réunion de ces sillons forme de chaque côté du corps 
une ligne assez prononcée. Le bord postérieur des anneaux est comme rebordé, 
ou plutôt comme dédoublé, et il porte un petit sillon marginal. Les sillons 
de la face inférieure du corps sont très-fortement marqués. Les pattes de la 2 e paire 
ont le premier article gros ; celles de la 3 e paire ont à leurs hanches, une protubé- 
rance, d'où part une longue tige jaunâtre. Les hanches des trois paires suivantes of- 
frent une apophyse large. Ces appendices et renflement, ne se voient que chez le o* 
et appartiennent aux organes copulatoires. 

1 Chez les autres espèces ce sillon est en général caché par l'emboîtement des segments. 

2 Souvent on voit plutôt une ligne pâle qu'un sillon en avant du pore. — Ces sillons ne se 
voient pas distinctement aux segments 1-6 qui ne portent pas de pores. 



108 essai d'une faune 

Longueur m , 032; largeur m , 0035. 

Anneaux du corps au nombre de 44; pattes au nombre de 78 paires. 
Habite: Le Mexique. — J'ai pris ce Jule dans les terres chaudes de la province 
de Mexico, près de Cuernavaca. La femelle m'est restée inconnue. 
Je le dédie à Don Apolinario Nieto, naturaliste zélé du Mexique. 

Explication des figures . 33. Le a* de grandeur naturelle. — 33 a. l'nc antenne'grossie. (Le 2« et 
le 4 e article sont un peu trop longs. — 33 b. L'extrémité antérieure du corps, vue de profil et grossie, 
pour montrer la forme aiguë et la longueur des lobes latéraux du premier segment, ainsi que la forme 
renflée des segments 6 e , 7 f , 8 e . — 33 c. L'extrémité anale vue de profil et grossie. — 33 </. Les seg- 
ments 1-9 vus en dessous, pour montrer le renflement du corps, l'orifice copulatoire et les appen- 
dices de la 3 e paire de pattes. (Le premier article de la 2 e paire n'est pas assez renflé. * — 33 o. Mo- 
saïque oculaire gauche. 

t. Lobes latéraux du I e segment prolongés plus bas que ceux, du 
I er et du 3 e , souvent en forme d'apophyse. 

JULUS MEXICANUS. 

(Fig. 34 el suiv.) 

Corpus cylindricum, teres, loeve, mbtus strialum ; annulorum sulci eireulares visé 
distincti; segmentum prœanale obtusum, valvas liaucl superans , corporis latera 
sulco longititdincdi obila ; secundi segmenti anguli infère producti . subacuti. — 
Pedes 4-7, o", basi processu slyliformi. 

Saussute, L'mnœa Entomologïco. XIII, 1859, p. 332. 

De taille moyenne. Corps assez gros, cylindrique, fort peu rétréci en arrière. 
Chaperon fortement échancré angulairement; bilobé; les bords de l'échancrure 
portant une ligne angulaire de gros points enfoncés. Chaperon partagé par un sillon 
longitudinal. Vertex n'offrant qu'un rudiment de sillon qui ne se continue pas sur 
le front. Antennes comprimées et courtes ; leur 2 e article le plus grand ; les suivants 
triangulaires, presque aussi larges que longs; le 6°' aussi large que long: le 7 e petit 
mais saillant. Yeux subtriangulaires, disposés sur 5 rangées horizontales et sur 7 
verticales (sauf variations). Premier segment terminé de chaque côté par un angle- 
mousse (fig. 34 b ). Bord postérieur des lobes latéraux de ce segment, convexe ; l'an- 
térieur subconcave et portant un gros sillon qui s'arrête au niveau des yeux. Angles 
inférieurs du deuxième segment dépassant de beaucoup les angles du premier ; ter- 
minés par une pointe dirigée en avant; son bord inférieur très-oblique; le prolonge- 
ment angulaire de ce segment, portant en dessus une fossette à sillons convergents 
(f) pour recevoir l'angle latéral du premier. Le corps, très-peu atténué postérieure- 
ment et se terminant d'une manière très-obtuse. Le segment préanal, taillé en angle 



DES MYRIAPODES M MEXIQUE. 109 

obtus et légèrement dépassé par les valves anales ; celles-ci ponctuées, surtout vers 
le bourrelet du bord interne. Plaque sous-anale en angle très-obtus et très-arrondi. 
Tout le corps finement ponctué, lisse et luisant. Pores répugnatoires situés à mi- 
hauteur du corps. Sillons circulaires des anneaux très-faibles, presque nuls, mais la 
portion postérieure de chaque segment offrant en arrière du pore un sillon hori- 
zontal, comme chez le /. zapotecns. — La face inférieure des segments est en outre 
couverte de sillons très-caractéristiques : la portion placée en avant du sillon circu- 
laire est couverte de petits sillons obliques et arqués, semblables à des nervures de 
graminées (dirigés d'avant en arrière et de dehors en dedans) : la portion placée en 
arrière du sillon circulaire est lisse et traversée par des rides ou petits sillons lon- 
gitudinaux réguliers. 

o\ Premier article des pattes 1" et 2 e , gros et long, renflé en dessous, surtout à la 
2 e paire. Hanches de la 3 e paire terminées par une épine mousse ; celles des 4 e , 5 e , 
6 e et 7 e paires offrant une apophyse obtuse plus courte et qui va en diminuant de 
la 4 e à la 7 e *. 

9 . Premier article des deux premières paires de pattes, gros aussi. Hanches des 
pattes suivantes n'offrant pas d'apophyses, mais seulement un renflement à la 3 e 
paire. 

La couleur des animaux vivants est noirâtre. Desséché ou conservé dans l'alcool, 
ce Jule devient d'un fauve pâle uniforme. Souvent le bord postérieur des segments 
est plus obscur que la portion antérieure; souvent les segments sont pâles, ou d'un 
cendré verdâtre avec leur bord fauve, ou d'un jaune blanchâtre. 

Longueur du plus grand individu, ayant son corps fortement contracté, O m , 056: 
largeur m , 008. 

Nombre des segments et des paires de pattes de quelques individus : 



n° /• 44 segments; 79 paires de pattes. 



2. 


2 43 


3- 


43 


â. 


42 


5. 


42 


o. 


42 


7 


42 


8. 


3 41 


9. 


41 



79 


» 


76 


» 


75 


» 


75 


» 


75 


» 


72 


» 


75 


» 


74 


» 



k° I- 46 segments; 83 paires de pattes. 



2. 


43 


» 


79 


s. 


43 


» 


77 


i. 


42 


j> 


75 


5. 


42 


» 


74 


6. 


41 


» 


73 


7 ■ 


41 


» 


71 


8. 


41 


» 


71 


9. 


41 


» 


71 



1 Ces apophyses ne sonl pas comparables aux grands stylets du /. mystecus. 

2 Représenté par trois individus. 

3 Représenté par quatre individus. 



110 ESSAI D'UNE FAUNE 

Habite : Les régions chaudes et tempérées du Mexique, où il est très-commun. 
J'en ai pris un grand nombre de sujets dans les terres chaudes de la province de 
Mexico, autour de Cuernavaca, de Cuautla, de l'hiacienda d'Atlihuayan, près Yau- 
tepec, etc. 

Cette espèce est voisine du J. lepanccus. (Comparez la description de ce der- 
nier.) 

Xota — Chez un individu on observe la naissance d'un segment qui vient s'ajouler au corps 
et qui apparaît encore incomplet entre le segment préanal et celui qui le précède. 

Explication des figures . 34. L'espèce de grandeur naturelle. [Vn grand individu.) — 34 a. Une an- 
tenne grossie.— 34 b. L'extrémité antérieure du corps, vue de profil et grossie. (L'apophyse inférieure 
du 2 e segment n'est pas assez angulaire.) — 34 c. L'extrémité postérieure du corps, grossie, vue de 
profil. — 34 o. Plaque oculaire gauche ^droite renversée) grossie. (Ici l'on voit outre les cinq rangées 
transversales, un stemmate isolé fi) qui forme un élément pour une sixième rangée.) 

JlLUS TEPANECUS. 

(Fig. 35 cl suiv.) 

Statura sat magna; cylindricus , teres, œqualis, apicc leviter compressas, an- 
tice subatlenuatus ; secundum corporis segmentum in lateribus oblique denti- 
forme produclum; segmentum privanale brève, a valvis valde superatum, squama 
infra anum posita angulata; arec oculares obovatœ. 

Saussure, Linnsea Entomologica, XIII. 1859, p. 332. 

9. Grand, cylindrique, légèrement comprimé postérieurement et légèrement dé- 
primé antérieurement. Chaperon échancréangulairement, fortement bilobé. Les bords 
de l'échancrure offrant six à huit gros points enfoncés. Toute la tête partagée par un 
faible sillon. Joues fortement creusées pour recevoir les antennes, offrant une très-forte 
fossette, bordée postérieurement par une arête saillante. Yeux (fig. 35°) disposés 
sur quatre ou cinq séries transversales très-nettes, formant une mosaïque ovoïde, 
dont le côté le moins large est tourné en dedans'. Antennes comprimées, ayant 
leur 2 e article grand. Premier segment du corps ayant ses lobes latéraux terminés 
par une pointe ou un angle, comme chez le ./. mexicanus; son bord latéro-anté- 
rieur offrant un sillon submarginal. Deuxième segment ayant ses angles fortement 
prolongés en bas et terminés par une grande apophyse, dirigée en avant (bien plus 
forte que chez le J. mexicanus), à la base de laquelle est une profonde fossette 
(fig. 35 b ). De cette fossette il part trois ou quatre sillons qui gagnent le bord pos- 

1 Ce caractère le distingue du /. mexicanus qui offre une mosaïque triangulaire dont le 
bord interne est large et droit. 



DES MYRIAPODES 1)1 MEXIQUE. 111 

térieur du segment. Segments suivants offrant sur leurs faces latéro-inférieures des 
stries ou sillons longitudinaux, qui occupent le bord des segments, et qui ensuite 
s'infléchissent en haut dans la portion antérieure des anneaux, où ils cheminent 
d'arrière en avant et de bas en haut. Segment préanal court et terminé en pointe, 
fortement dépassé par les valves 1 . Plaque sous-anale triangulaire, terminée par un 
angle assez obtus, mais point tronqué ni échancré. Tout le corps luisant, finement 
chagriné, striolé. Anneaux partagés par un très-faible sillon circulaire ondulé, qui 
se bifurque au-dessus du pore. Le premier article de la 9 e paire de pattes, gros. 

Longueur m , 090 ; largeur 0"\ 010. 

9 . Corps composé de 4-5 segments et portant 88 paires de pattes. 

Habite : Les régions chaudes du Mexique. — Cordova. 

Explication des figures 35. L'espèce de grandeur naturelle ou même un peu plus petite. (Le pre- 
mier segment ne devrai! pas être renflé.) — 35 a. Une antenne grossie. — 35 6. L'extrémité antérieure 
du corps vue de profil et grossie. — 35 c. L'extrémité postérieure, vue de profil et grossie, pour mon- 
trer la brièveté du segment préanal, qui fait qu'il est sensiblement dépassé par les valves anales. — 
35 n. La même, vue en dessus, grossie; p segment préanal; r valves anales. — 35 o. Plaque or u- 
laire gauche (droite renversée). Les chiffres indiquent les séries transversales. 

JULUS MYSTECUS. 

(Fig. 36 el suiv.) 

J. tepaneco affinissimus, al subtus et in laleribus allias sulcatus, seymento se- 
cundo oblique truncato , apice pauhim rolundato; angulis minus produelis; 
squama infra anum posita transversa, in medio truncata, subemarginata. 

Espèce très-voisine du /. tepauecus; presque de même grandeur et de même 
forme, mais offrant les différences suivantes : 

$ . Forme grêle et cylindrique. Bord antérieur du premier segment un peu plus 
concave sur les côtés. Bord du chaperon marqué de huit points enfoncés; la partie 
inférieure de cette pièce, ponctuée, partagée par un fort sillon qui s'étend jusqu'au 
vertex, offrant souvent de chaque côté un autre sillon vertical qui aboutit au 3 e point 
enfoncé. Extrémités latéro-inférieures du 2 e segment tronquées obliquement, mais 
l'angle antérieur moins prolongé , ayant à peine la forme d'apophyse ; la fossette 
dans laquelle joue le 1 er segment offrant parfois de forts sillons verticaux, et le bord 
postérieur en portant d'autres, plutôt longitudinaux. Le reste du corps offrant des 
sillons longitudinaux nombreux et fortement marqués sur la portion postérieure des 
segments, à la face ventrale et jusque sur les flancs. Sillons circulaires des seg- 

1 Chez notre individu typique on ne trouve du côté gauche que quatre séries; du côté droit 
on voit deux yeux de plus qui forment une cinquième série (fig. 35°). 



112 essai d'une faune 

ments et leur bifurcation au-dossus des pores , fortement prononcés. Segment pré- 
anal se terminant par une pointe obtuse. Plaque sous-anale très-obtuse, tronquée ; 
son extrémité un peu échancrée. Sillons des portions latérales et inférieures du 
corps fortement prononcés. 

cf. Segment préanal un peu moins obtus que chez la femelle, offrant à l'extré- 
mité quelques rugosités marginales. Premier article de chaque patte des paires 4 e , 
5 e , 6 e et 7 e , prolongé sous la forme d'un long appendice styliforme qui a la lon- 
gueur des deux articles suivants ou un peu moins (fig. 36 e , s). 

Couleur, sans doute noire pendant la vie. — Nos individus desséchés ont une 
belle couleur rouge qui rappelle celle que la cuisson donne aux écrevisses et aux 
crustacés en général. 

cf. Longueur m , 071 ; largeur 0"\ 0075. 

9- » m , 085; » m , 010. 

9 . 47 segments ; 85 paires de pattes. — cf. 45 segments ; 80 paires de pattes. 

Autre 9 , 47 segments ; 87 paires de pattes. 

Habite : Les régions tempérées du Mexique. — Oaxaca. 

Chez la femelle on voit au chaperon deux petits sillons verticaux qui aboutissent 
de chaque côté dans le troisième point enfoncé du chaperon (en partant du fond de 
J'échancrure). 

De tous les Jules de cette division, ici décrits, cette espèce est celle qui a le corps 
le plus fortement sculpté; les faces latéro-inférieures des segments antérieurs sont 
presque plissées. Néanmoins cette espèce est fort embarrassante , car elle se rap- 
proche beaucoup des J. tepanecus et tzmdalus 1 . 

Explication des figures . 36. Un mâle de grandeur naturelle - iiin peu trop large). — 36 6. L'extrémité 
antérieure du corps, vue de profil et grossie. ^L'apophyse du 2 e segment n'est pas tronquée tout à 
fait assez obliquement.) — 36 d. La tète vue par devant, grossie. — 36 e. Le 6 e segment vu par sa 
tranche, représentant les appendices stylifornies de la base des pattes, s. 

JULUS TZENDALUS. 

;Fig. 37 ei suiv.) 

Majorvm Julorum speciebus adnumeranihts ; J. mysteco affinis, at major, minus 
striatus ; frons transvcrsim sulcalus ; nec non segmentum prœanale apice rotun- 
datum, haud angidatum ; cincjula sulco circulari mdlo. 

9 . Très-voisin du /. tepanecus , mais plus grand et plus cylindrique. Antennes 

1 Ce n'est pas sans répugnance que je nie vois obligé d'établir un aussi grand nombre d'es- 
pèces, toutes très-voisines les unes des autres. 
3 La femelle a une taille bien supérieure. Ce mâle est probablement un petit individu. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 115 

courtes et larges. Bas du chaperon offrant des sillons obliques ; son échancrure 
arrondie, garnie de 8 points enfoncés; le milieu partagé par un fort sillon qui re- 
monte jusqu'au front ; sur le front on voit deux sillons obliques qui se dirigent de 
chaque côté vers le bas des fossettes antennaires et qui n'atteignent pas le sillon 
médian.. Au vertex on voit l'indication de sillons obliques semblables qui ne sont que 
peu sensibles. Deuxième segment à peu près constitué comme chez le /. mystecus. 
Stries longitudinales des segments du corps très-peu prononcées, ne se voyant qu'à la 
partie inférieure du corps, point sur les côtés. Segment préanal fortement dépassé 
par les valves, très-obtus, ne formant même pas une pointe arrondie, mais complè- 
tement arrondi et obtus, et portant près du bout un pli transversal. Sillons circu- 
laires des segments à peine marqués. 

Longueur m , 100; largeur m , 0115. 

Corps composé de 45 segments et portant 83 paires de pattes. 

Habite : Les régions tempérées du Mexique. — Oaxaca. 

Ce Jule ressemble beaucoup au /. mystecus, mais il s'en distingue aisément par 
son corps peu strié, par la sculpture de sa tête, par la forme du segment préanal, 
par l'absence de sillons circulaires'. 

Explication des figures : 37. L'espèce de grandeur naturelle. — 37 a. Une antenne grossie. — 
37 h. L'extrémité antérieure du corps, vue de profil et grossie. (Les deux premiers segments devraient 
se terminer d'une manière plus aiguë.) — 37 c. L'extrémité postérieure du corps, vue de profil et 
grossie. (On n'a pas pu montrer l'arrondissement de l'extrémité du segment préanal. Vu de profil 
celui-ci a l'air de se terminer en pointe.; — 37 o. Plaque oculaire gauche (droite renversée), grossie. 



llle DIVISION. 



Antennes peu ou pas comprimées, assez longues. Premier segment du 
corps se prolongeant très-bas sur les côtés; ses lobes latéraux tronqués car- 
rément ou obliquement, n'étant pas raccourcis et ne se terminant ni par une 
pointe ni par un cintre semi-circulaire'. Corps très-grêle, très-allongé. 
(Pores répugnatoires placés à mi-hauteur du corps ou même un peu 
plus bas.) 

1 Encore faudrait-il savoir si les sillons circulaires et autres ne disparaissent pas chez les 
gros individus, soit par usure, soit par suite de transformations successives. 

2 Cependant ils sont souvent un peu arrondis. 

15 



11 i essai d'une faune 

Les Jules qui font partie de ce groupe sont remarquables par le 
grand nombre des anneaux qui entrent dans la composition de leur corps, 
nombre très-supérieur à celui qu'on observe chez des espèces pro- 
pres aux divisions précédentes, puisqu'il va jusqu'à 80 (peut-être même 
au delà), sans compter la tête ni les valves anales. Ce grand nombre 
d'éléments produit un grand allongement du corps; aussi la longueur 
de ce dernier paraît-elle souvent disproportionnée, lorsqu'on la com- 
pare à sa faible épaisseur. Les plaques des yeux sont transversales, très- 
allongées et étroites, et leurs éléments sont rapprochés. Les antennes, 
vu leur allongement, ne peuvent plus se loger dans les espèces de fos- 
settes qui occupent les côtés de la tête. Celles-ci ne servent plus qu'à 
recevoir leur base et sont, à cause de cela, peu prononcées. Parmi les 
Jules de cette division, les uns offrent sur les lobes latéraux du premier 
segment de simples stries plus ou moins fortes 1 , tandis que d'autres 
portent des plis obliques élevés dont le nombre varie de un à trois. 

Les espèces que nous décrivons ici offrent toutes trois plis sur les 
côtés du premier segment; elles forment une petite section qui a pour 
base ce caractère 2 . 

JULUS MONTEZU1VLE. 

(Fig. 39 ot suh. 

Cylindrkus, gracillimus , valde elongatus, prope anum compressus ; subtus pli- 
cato-sulcatus ; primi segmcnli processus latérales sublelragoni , apice angustiores, 
segmente- secundo longiludine œqualcs, oblique tripUcati; segmenlum prœanale a 
valvis superatum; anlennœ clongatœ, segmenlum 6 m atlingentes. 

Saussure, Linnaea Entomologica. XIII. 1859, p. 330. 

Corps très-allongé et très-grêle, cylindrique, comprimé à son extrémité posté- 
rieure, s'atténuant un peu aux segments 6-10. Antennes point comprimées, longues, 
pouvant atteindre le 5 e ou le 6 e segment du corps ; leurs articles assez longs, fortement 
rétrécis à la base et renflés au bout; le 2 e sensiblement plus long que les autres. 

1 Juins syriacus, Saussure, Linnœa Entomologica, XIII, p. 329. 

2 Le/, indus, Beauv. (Beauvoisii, Gerv.), me semble devoir rentrer dans celte section. 'Il 
vit à la Martinique.) 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 115 

Plaque des yeux transversale, en forme de poire très-allongée, formant presque une 
bande oblique ; leurs éléments disposés sur 4 rangées transversales et sur 9 ou 10 
obliques. Chaperon strié verticalement, un peu rugueux, à peine échancré, mais ayant 
l'air de former deux lobes arrondis , grâce à un enfoncement du bord occupé par 
une ligne obscure ; n'offrant pas de gros points enfoncés le long de son bord infé- 
rieur. Premier segment terminé de chaque côté par un lobe tronqué, à angles sub- 
arrondis, qui s'étend aussi bas que le 2° segment, très-rugueux, offrant 3 gros plis 
saillants obliques, et dont le bord postérieur porte plusieurs sillons horizontaux très- 
courts. Les 7 ou 8 premiers segments offrent sur les côtés et en-dessous des sillons 
et des rides longitudinaux, très-fortement prononcés, très-distincts à l'œil nu ; ces 
rides sont surtout fortes sur les premiers segments et elles s'effacent de plus en plus 
à mesure qu'on avance vers la partie postérieure du corps ; elles sont surtout pronon- 
cées en dessous; sur les côtés elles disparaissent. Dans la portion moyenne du corps 
les plis deviennent moins prononcés, et dans la postérieure on ne voit plus de plis, 
mais seulement de forls sillons longitudinaux placés (ainsi que les rides des seg- 
ments antérieurs et moyens) sur la partie postérieure des segments (sur celle 
qui est en arrière du sillon circulaire). Segment préanal très-court, terminé par un 
angle obtus et dépassé par les valves anales. Les derniers segments, surtout celui 
qui est formé par les valves, très-comprimés, étroits. Bord interne de celles-ci formant 
presque une lame saillante. Plaque sous-anale transversale; son bord postérieur ne 
formant qu'un angle très-obtus. Pattes grandes. Corps luisant, ponctué et chagriné. 
Sillons circulaires des anneaux, bien marqués, quoique peu profonds. 

Couleur de l'animal desséché, fauve, avec le bord des anneaux brun. — Vivant, 
ce Jule est noirâtre, comme tous ses congénères. 

Longueur environ 0", 433; largeur O m , 008. 

Ç . 75 segments au corps et 138 paires de pattes. 

o\ 72 » » » 129 » » 

Habite : Les régions chaudes et tempérées du Mexique. — Vera-Cruz, Orizaba. 

Le premier segment, rugueux et plissé sur les côtés, ne permet de confondre ce 
Jule qu'avec le /. otomitus, dont il se distingue par ses antennes plus longues, point 
comprimées, dont tous les articles sont plus longs que larges ; par son corps plus 
grêle, etc. 

Explication des figures : 39. L'espècd de grandeur naturelle. — 39 a. Une antenne grossie. — 39 b. 
L'extrémité antérieure du corps, grossie et vue de profil. — 39 d. La tète vue par devant, grossie. — 
39 o. La plaque des yeux, grossie. 



116 essai d'une faine 

julus fraternus. 

(Fig. 40 elsuiv.) 

Prœcedenti affinissimus , al major, gracilior, antennis brevioribus et segmente 
prœanali obtuso , haud (vit) angutato. Corpus longissimum , gracillimum, tores, 
antice in segmentis 4-i2 attenuatum. 

Nous possédons un individu qu'on pourrait prendre pour un jeune du J. Monte- 
zunuv, vu sa plus petite taille, mais qui offre cependant des différences embarras- 
santes. 

Le corps est très-grêle, plus atténué vers le 8 e segment. Les antennes sont moins 
longues et conformées comme chez le J. otomitus; les articles 3-5 étant courts. Les 
plis et sillons de la face inférieure des premiers segments sont moins prononcés que 
chez le /. Monlezumœ. Le segment préanal est si obtus qu'il cesse d'être terminé 
par un angle. 

On peut juger de l'étroitesse de son corps par les dimensions suivantes : 

Longueur n \ 084 ; largeur m , 004. 

9 . 75 segments au corps et 143 paires de pattes. 

Cet individu a été pris près de Yautepec dans les terres chaudes de la province 
de Mexico. 

Explication des figures . 40. L'espèce de grandeur naturelle. — 40 a. Une antenne grossie. — 
40 b. Le I e * segjueut du corps, grossi et vu de profil. — 40 d. La tète vue par devant.— 40 c. L'ex- 
trémité postérieure du corps, grossie et vue de profil. — 40 m. La même vue en dessous. — 40 n. La 
même vue en dessus. — 40 o. Plaque des yeux de l'individu typique. 

JULUS OTOMITUS. 

(Fig. 40 x , 40».) 

Gracilis, elongatus, P. Montezumae affinissimus, ai minor ; antennis brevioribus, 
paulum compressis; corpore apice parum attenuato , sublus minus valde sulcato. 
Saussure, Linnœa Eutomologica, XIII. 1859, p. 330. 

Très-voisin du/. Montezumœ. Mêmes formes. Corps très-allongé, très-grêle; at- 
ténué et comprimé à son extrémité postérieure, légèrement atténué en avant vers le 
8 e segment. Antennes moins allongées, comprimées, à articles rétrécis à la base, 
élargis au bout, tous très-petits, sauf le 2 e qui est grand. Chaperon lisse et luisant, 



DES MYRIAPODES Uli MEXIQUE. 117 

peu profondément échancré, obtusément bilobé, ayant son bord un peu rugueux. 
Plaque des yeux pyriforme, transversale, se terminant en pointe aiguë du côté in- 
terne. Yeux disposés sur 5 lignes transversales. Au vertex un sillon distinct qui s'ar- 
rête subitement sur le front. Premier segment très-bombé ; ses lobes latéraux se re- 
pliant presque en dessous, rugueux, portant 3 ou 4 plis obliques et très-saillants, 
entre lesquels sont de larges sillons enfoncés. Les anneaux suivants, couverts en des- 
sous et sur les côtésde sillons longitudinaux, exactement disposés comme chez le 
/. Montezumœ, mais moins fortement marqués. Corps luisant, ponctué et striolé. 
Extrémité postérieure du corps moins comprimée que chez l'espèce citée ; segment 
préanal plus obtus, finement rugueux le long de son bord. Valves anales moins 
comprimées. Plaque sous-anale transversale, à bord droit, avec une légère saillie au 
milieu. 

Couleur de l'animal vivant, d'un brun noirâtre. — Desséché, d'un fauve pâle ou 
cendré; segments bordés de roux-marron ou de roux. 

Parmi les individus, tous 9 , qui nous servent à l'étude de cette espèce, les deux 
plus grands offrent 58 segments au corps et 409 paires de pattes: un plus petit, 59 
segments; trois autres, de taille moyenne, possèdent 57, 56, 55 segments. Il n'a 
pas été possible de compter avec exactitude le nombre des pattes chez ces derniers '. 

Habite : Les terres chaudes et tempérées du Mexique. — Cordova, Vera Cruz, 
San-Andres-Tuxtla. — Oaxaca? 

On est d'abord tenté de réunir cette espèce au ./. Montezumœ, mais elle en diffère 
par ses antennes plus courtes et comprimées, qui n'atteignent pas au delà du 3'' seg- 
ment du corps, dont les articles A e et suivants sont petits, presque comme chez les 
.Iules de la 1"' division, et dont les articles 4, 5, sont aussi larges que longs, trian- 
gulaires; elle diffère aussi par le nombre moins considérable des segments du corps. 

Variété"! — Quelques individus n'offrent que deux plis distincts aux lobes laté- 
raux du premier segment. Peut-être y a-t-il là encore une espèce. 

Nous possédons 8 individus de cette espèce, mais la plupart jeunes, en sorte que 
leurs caractères ne sont pas identiques pour tous. 

Explication des figures : 40 x. L'extrémité antérieure du corps, grossie et vue de profil. — 40 y. La 
plaque oculaire gauche (droite renversée).— La fig. 40 pourrait à la rigueur représenter le /. otomi- 
tus, si elle était un peu inoins longue et un peu plus large. 



1 Ces Jules ont une grande propension à mettre la partie antérieure de leur corps en spi- 
rale. Quand ils sont morts dans cet état de contraction, il devient impossible de les étendre 
sans les briser. 



118 essai d'une faune 



Il DIVISION. 



Antennes longues, grêles et cylindriques; leurs articles allongés. Pre- 
mier segment du corps ayant ses lobes latéraux allongés et terminés en 
pointe. (Forme du corps, grêle et allongée.) 

Dans cette division les antennes atteignent leur maximum d'allon- 
gement (fig. 58 a ); elles ne peuvent plus se ramasser au point de s'ap- 
pliquer contre les côtés de la tête, comme chez les Jules des autres di- 
visions. Aussi les joues a'offrent-elles pas un enfoncement pour les 
loger, comme dans les trois autres divisions, mais elles sont au con- 
traire convexes, et forment de chaque côté en dessous et en arrière des 
yeux un éeusson bombé et luisant, de forme ovale ou circulaire (fig. 
52, i). Le corps est grêle et allongé, mais moins à proportion que chez 
les Jules de la 5^ division ; le nombre des segments du corps est moins 
considérable aussi. 

i. Segment préanal prolongé au delà «les valves anales. 

JULUS FILICORNIS. 

(Fig. 38 et suiv.) 

Minutas. Corpus cylindricum, antice paulum attenuatum, postice compressum ; 
antennœ filiformes, cylindricœ, valde elongatœ; primi segmenti lobi latérales acu- 
minati, apice transversim sulcati ; cingula séquentiel subtus valde striata, sulco 
annulari distinclo; pori repugnatorii supra média latent Mantes; segmentum prœ- 
anale spini forme, valvas anales multum superans. 

Petit, de forme grêle et atténué à ses deux extrémités. — Les antennes (fig. 38 a ) 
sont longues, très-grêles et cylindriques, c'est-à-dire point comprimées, à articles 
très-allongés et grêles. La tête est allongée, plus haute que large. Le chaperon a 
ses deux lobes inférieurs assez aigus. Les plaques des yeux sont pyriformes, sub- 
triangulaires, presque aussi larges que longues; leurs éléments sont petits (quoique 
plus grands que chez le /. tarascus); ils sont disposés sur 7 rangées horizontales 
(ou transversales) et sur 8 ou 9 obliques (ou verticales, parallèles au bord interne). 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 119 

Le premier segment se prolonge de chaque côté assez bas; il se recourbe un peu 
en dessous et se termine en pointe mousse; ses lobes latéraux sont lisses, et offrent 
de chaque côté un fort sillon ; leurs angles terminaux sont bordés (ce qui donne 
lieu à un second sillon). Le 2 e segment se prolonge plus loin que le 1 er et se termine en 
dessous par une pointe (9); il offre 6 ou 7 sillons assez fortement prononcés/Les 
segments suivants sont fortement striés en dessous. De chaque côté du corps est un 
sillon longitudinal, placé sensiblement plus haut que la ligne des pores. Le corps 
est luisant. Son extrémité postérieure devient de plus en plus étroite et comprimée, 
et le segment préanal se termine par une longue épine qui dépasse de beaucoup 
les valves anales. Le segment anal est comprimé; ses valves sont allongées et leur 
bord ne forme qu'un très-petit bourrelet saillant (fig. 38 e ). Les pattes sont assez 
longues. 

Couleur, noirâtre. — Desséché, l'animal devient grisâtre avec une ligne obscure le 
long du milieu du dos. 

Longueur 0", 028; largeur O ra , 0023. 

9 . Corps composé de 47 segments et portant 86 paires de pattes. 

Habite : Le Mexique. — Vera Cruz. 

La forme du segment préanal éloigne ce Jule de toutes les autres espèces ici dé- 
crites, si ce n'est du /. arboreus, dont il se distingue à première vue par ses an- 
tennes filiformes, allongées et non comprimées, par son premier segment terminé en 
pointe de chaque côté; par son segment préanal plus allongé et plus aigu, etc. 

Explication des figures: 38. L'espèce de grandeur naturelle (trop petite). — 38a. Une antenne 
grossie. — 38 b. L'extrémité antérieure du corps, vue de profil, grossie. — 38 c. L'extrémité posté- 
rieure, vue de profil, grossie, pour montrer la forme du segment préanal et des valves. — 38 n. La 
même vue en dessus. 

t. Segment préanal ne dépassant pas les valves anales. 

JllLUS TARASCUS. 

(Fig. 52.) 

Parvulus, gracilis, levés, nitidus , milice et postice paulum atlenuatus; prope 
avum subcompressus ; primi segmenli processus latérales acuminali, secundo cin- 
gulo breviores , plicis duobus obliquis obsoletis instructi ; secundum segmentum 
sublus production, valde sulcalum ; reliqua cingula subtus sulcata, usque in lateribus 
slriata; sulco annulari distincto; segmentum prœanale brève, a valvis paulum su- 
per atum. 

Corps grêle, allongé, cylindrique , atténué en avant aux dix premiers segments, 
atténué et légèrement comprimé à son extrémité postérieure. Chaperon échancré, un 



120 ESSAI DUNE FAUNE 

peu rugueux et guil loche le long du bord de l'échancrure. Plaques des yeux pyri- 
tbrmes, subtriangulaires; leurs éléments nombreux et petits, très-rapprochés, serrés 
les uns contre les autres, disposés sur 9 rangées transversales et sur 10 rangées 
obliques (ou verticales). Antennes longues et grêles, à articles allongés et poilus; les 
•i", 3 P , A c , à peu prés d'égale longueur. Premier segment grand, ayant ses lobes laté- 
raux triangulaires, terminés en angle arrondi, portant deux gros plis obliques, placés 
entre deux forts sillons : leur bord postérieur offrant de gros sillons longitudinaux 
très-courts. Deuxième segment grand , prolongé plus bas que le premier et que le 
troisième, et traversé sur ses cotés inférieurs par de gros sillons longitudinaux. Les 
segments suivants offrant à leur face inférieure des sillons longitudinaux semblables, 
qui s'étendent, en devenant plus faibles, jusque vers le milieu des lianes, et même 
au delà, passant à l'état de stries; ces sillons s'effaçant toujours plus vers la portion 
postérieure du corps. Sillons circulaires des anneaux nettement marqués, mais mé- 
diocrement forts. Segment préanal très-court, terminé par un angle obtus, et légè- 
rement dépassé par les valves. Plaque sous-anale arrondie. 

Longueur 0"\ 035; largeur m , 003. 

9 . Corps composé de i9 segments et portant 8!) paires de pattes. 

Habite : Les montagnes du Mexique. — J'ai trouvé l'individu qui sert de type à 
cette espèce dans les montagnes du district d'Angangueo (Mechoacan), à une altitude 
de 9000 pieds. 

Explication de Ut figure J'2. L'extrémité antérieure du corps, vue de profil et grossie, pour montrer 
la forme des deu\ premiers segments et la plaque de la joue i caractéristique des .Iules de la IV e di- 
vision. 



Appendice au Genre JULUS. 

A ces espèces on doit encore ajouter le /. olivaceus, Newp. (Ann. a. Magaz. of 
Nat. Hisl. XIII, p. 268), qui a été pris à Oaxaca, au Mexique, et décrit d'une ma- 
nière trop incomplète pour pouvoir être reconnu, ainsi que l'espèce que M. Gervais 
rapporte à ce dernier, à tort ou à raison, et qu'il décrit sous le même nom. 
(Aptères IV, p. 484, n° 110.) Selon Newport, le principal caractère de ce Jule serait 
de n'offrir qu'une seule paire de pattes aux six avant-derniers segments 1 . Cette es- 
pèce nous paraît devoir rentrer dans notre I pe division, 2 e section, et se rapprocher 
le plus des /. aztecus et chichimecus. 

1 Ne serait-ce pas là un caractère de jeunesse seulement? 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 121 



ORDRE DES CHILOPODES. 



Toutes les familles de cet ordre sont représentées au Mexique, mais 
je ne traite ici que des trois dernières, faute de matériaux suffisants 
pour m'occuper des deux autres. 

En effet les Scutigères 1 , que je crois avoir rencontrés dans ce pays, ne 
se sont pas retrouvés dans mes collections, et le seul Lithobius que j'ai 
rapporté a perdu ses pattes; il est donc trop détérioré pour qu'il soit 
possible d'en donner une description exacte 2 . 



SOUS-ORDRE DES HOLOTARSES. 

Pattes simples, composées de six articles seulement. Antennes grosses, 
moniliformes, composées d'un nombre d'articles restreint (de 15 à 40). 
Yeux simples, rapprochés ou nuls. 

Les animaux de ce groupe sont d'une étude difficile et rebutante, à 
cause de l'insignifiance des caractères qui semblent séparer les espèces. 
D'ailleurs ces caractères sont très-vagues, vu l'incertitude qui entoure 
leur choix et le peu de connaissances que l'on possède encore sur leur 
valeur respective. On ignore si la plupart de ces caractères spécifiques 

1 Les Scutigères constituent le sous-ordre des Schizotarses, qui sont caractérisés par leurs 
tarses multiarliculés, par leurs antennes très-longues et sétacées, et par leurs yeux composés. 
Nous ne traitons pas de ce sous-ordre dans ce mémoire. 

3 C'est peut-être le L. mexicanus, Probosc. Je l'ai pris au pic d'Orizaba. Son corps a une 
longueur de m , 024. 

16 



122 essai d'une faune 

ne sont pas de simples états passagers propres à des Ages divers, et 
ils sont tous si relatifs qu'on ne réussit pas à les formuler dans des 
descriptions, ni même à les faire saisir à leur juste degré, au moyen de 
bonnes représentations. 

Aussi la détermination des Scolopendres et des Chilopodes en géné- 
ral, restera-t-elle toujours une des plus grandes difficultés de l'ento- 
mologie et ne peut-elle s'effectuer que sur des individus dont la patrie 
est connue avec certitude. Il est fort inutile de charger la science d'es- 
pèces dont on ignore la patrie; celles-ci peuvent être d'emblée rayées 
des catalogues. 

Malgré les efforts les plus fastidieux, je n'ai pas réussi à rapporter à 
des espèces connues celles dont la description va suivre, et je me crois 
autorisé à les considérer comme nouvelles. Je laisse aux monographes 
qui auront sous les yeux les types des divers auteurs, le soin de tran- 
cher la question avec une plus grande certitude. 



FAMILLE DES SCOLOPENDRIDES. 

Corps composé de 21 ou 25 segments pédigères, portant un nombre 
égal de paires de pattes. 

Pattes anales (ou de la dernière paire), grandes; leur premier ou leur 
second article épineux. 

Antennes aplaties, composées de 17 à 25 articles, ou même d'un plus 
grand nombre. 

J 

TRIBU DES SCOLOPENDRIENS'. 

(SCOLOPENDRII.) 
Corps offrant 21 segments pédigères. Stigmates en boutonnière. 

1 Scolopendrides ynorsicantes, Gervais. — Nous no traitons pas ici des deux autres tribus 
de celte famille, savoir les Scolopendropsiens (ou Scolopendrides hcléropodes de Gervais), 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 123 

Dents des mandibules, petites ou nulles. Plaque céphalique imbri- 
quée sur le premier segment du corps par son bord postérieur. 

Pattes de la dernière paire, allongées, terminées par une griffe ar- 
quée; leur premier article en général multi-épineux. 

Genre SCOLOPENDRA, Linn. 

Corps composé de 21 segments apparents, portant chacun une paire 
de pattes. Bouclier de la tête, cordiforme. Stigmates en boutonnière, au 
nombre de 9 paires, placés sur les segments 5, 5, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 
20. Yeux au nombre de quatre de chaque côté. Antennes diminuant 
d'épaisseur vers le bout, aplaties ta la base, composées de 18 à 25 ar- 
ticles. 

Toutes les espèces qui suivent appartiennent à la division des Parvi- 
DENTAT^deNewport. Un certain nombre d'entr'elles me paraissent devoir 
rentrer dans la Section A, caractérisée par la forme déprimée (compta- 
natus) du premier article des pattes anales, lequel est court et garni 
d'épines'. (Quant au caractère tiré des antennes, organes qui, d'après 
l'auteur anglais, seraient toujours composés de 17 à 20 articles, il n'est 
pas entièrement juste, puisque plusieurs espèces nous offrent des an- 
tennes composées de 20 à 25 articles 2 .) — D'autres appartiennent évi- 
demment à la Section C, caractérisée par la forme cylindrique du pre- 
mier article des pattes anales et par le plus petit nombre d'articles aux 
antennes. Toutefois, comme les caractères que j'observe ne corres- 
pondent pas exactement à ceux qui servent à l'auteur anglais pour l'é- 
tablissement de ses groupes, je préfère partager mes espèces en deux 
divisions, caractérisées comme suit. 

qui ont 23 paires de patles, el les Heterostomiens (ou Scolopendrides cribrifères de Ger- 
vais), qui ont les stigmates cribriformes. Nous n'avons pas trouvé ces types au Mexique. 

1 Selon l'auteur anglais, disposées régulièrement sur trois séries. Je ne trouve pas que cet 
ordre soit toujours évident. 

2 Newport attribue au nombre des articles dont se composent les antennes une fixité el une 
importance trop grandes. Le nombre 20 qu'il assigne comme maximum aux Scolopendres est 



124 essai d'une faune 

le DIVISION. 

Antennes composées de 19 à 25 articles. Pattes de la dernière paire 
médiocrement longues; leur premier article court, souvent aplati, armé d'é- 
pines. (Section A, de Newport?) 

SCOLOPENDRA AZTECA. 

(Fig. 41 et suiv.) 

Media; corporis segmenta 2, 4, 6 brevissima; pedum analium articulas primus 
apice longe spinosus. 

Corps déprimé, à anneaux courts, et assez uniformément larges. Antennes en gé- 
néral composées de 23 articles, mais en comptant tantôt plus, tantôt moins, de 19 
à 25 ou 2G 1 . Les 9 premiers, larges et déprimés ; les suivants plus petits, presque 
moniliformes chez certains individus 2 . Plaque supérieure de la tête ovoïde, aussi 
longue que large. Premier segment du corps relativement peu large, n'entourant 
pas la base de la tête, et orné sur sa portion antérieure d'un fort sillon transversal, 
arqué. Deuxième segment, très-court ; le 3 e grand, légèrement rétréci postérieure- 
ment; le 4 e petit, etc. Les segments 2 e , 4 e et 6 e , deux fois plus courts que ceux qui 
les précèdent respectivement. (Pour les proportions des autres, voyez la figure.) Der- 
nier segment plus large que long; en carré transversal, presqu'aussi large que l'a- 
vant-dernier, son bord postérieur légèrement angulaire. Les carènes latérales n'é- 
tant bien apparentes que sur les 6 ou 7 derniers segments, et très-prononcées sur le 

fréquemment dépassé. J'ai souvent trouvé 25 articles chez les espèces américaines et il n'est 
pas rare de remarquer des individus d'une même espèce offrant tantôt 22, tantôt 23 ou 24 ar- 
ticles. Un individu de ma collection, de l'espèce de la Scolop. azteca, possède même à une an- 
tenne six articles de plus qu'à l'autre, 19 à l'antenne gauche et 25 à la droite, quoiqu'il n'y ait 
pas eu de mutilation et que les deux antennes soient bien entières. 

1 II résulte de ce fait que le caractère tiré du nombre des articles antennaires ne saurait 
être un caractère spécifique bien net, encore moins un caractère générique, comme le veut 
Newport. (Voyez la note précédente.) 

9 L'apparence de la forme des antennes est toujours très-variable. Souvent on voit des ar- 
ticles étranglés à la base, d'autres fois on trouve des articles petits et en chapelet intercalés 
entre d'autres plus carrés. Il y a, sous ce rapport, de grandes différences individuelles, et sou- 
vent les apparences tiennent à des déformations accidentelles, survenues après la mort, et très- 
fréquentes sur des organes aussi mous. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 125 

dernier, où elles dessinent postérieurement deux angles mousses. Pattes anales peu 
allongées; leur premier article , cylindrique, légèrement aplati en dessus, muni à 
son extrémité interne d'une longue épine conique (bifide au bout), portant à son 
bord interne 5 ou 6 petites épines disséminées, à pointe noire, et en dessous 
10 ou 12 autres épines semblables, placées sur quatre rangées longitudinales. 
Plaque préanale bien plus longue que large, rétrécie postérieurement. Anus placé 
entre deux forts tubercules, qui portent chacun deux ou trois petites épines. On voit 
aussi d'autres épines le long du bord postérieur du segment préanal. 

Quant aux autres caractères que nous pourrions citer, ils sont trop relatifs pour 
être bien définis. Tels sont, la longueur relative des segments du corps et des arti- 
cles des pattes anales ; la longueur des antennes, etc. Pour ceux-ci nous renvoyons 
aux figures. 

Couleur, dans l'alcool, d'un brun verdâtre en dessus. 

Longueur sans les pattes anales, m , 050. 

Habite : Le plateau du Mexique; se trouve en grande abondance sous les pierres 
dans les lieux rocailleux. — Rochers de la vallée de Mexico. 

Explication des figures : 41. L'espèce grossie; a anus;p pattes anales. — 41 a. Sa grandeur natu- 
relle. — 41 l. La tète vue en dessous et un peu en devant, en sorte que la plaque céphalique infé- 
rieure est vue un peu en raccourci, ce qui lui enlève quelque chose de sa forme trapézoïdale; a an- 
tennes ; r palpes; n mâchoires; m mandibules; l labium ; p pattes de la première paire. — 41c. 
L'extrémité postérieure du corps vue en dessous; s plaque préanale; r plaques latérales du dernier 
segment, dont les prolongements épineux enchâssent l'anus, u, qui se compose de pièces multiples, sa- 
voir : d'une plaque sur-anale, d'une plaque sous-anale, et d'une pièce charnue bimamelonnée (voyez 
fig. 4.9 d.) placée entre deux; p pattes anales, dont le premier article se termine par une épine, et 
offre en dessous quatre rangées de petites épines. 

SCOLOPENDRA OTOMITA. 

(Fig. 42, 42 e .) 

Se. aztecœ simillima, at 6° segmento longiore, pedibus analibus brevioribus, et 
scuto prœanali basi latîore quam longiore. 

Ressemblant absolument à la Se. azteca, mais paraissant en être distincte, vu les 
différences suivantes : 

Bouclier de la tête plus long que large. Segment 6 e moins court, trois fois plus 
long que le 2 e . Pattes anales ayant leur 1 er article moins long, n'étant qu'une fois 
et demie aussi longues que larges. Plaque préanale plus large à sa base qu'elle n'est 
longue, et les saillies qui encadrent l'anus, terminées par trois petites épines. 

Taille plus grande. Longueur m , 062. 

Les antennes de notre individu typique sont composées de 23 articles. 



126 essai d'une faune 

Habite : Le plateau du Mexique. 

Elle diffère de la Se. tolteca par l'épine beaucoup plus forte qui termine le pre- 
mier article des pattes anales. (Cette épine semble toutefois être un peu moins forte 
que chez la Se. azteca.) 

Explication des figuret : Ai. La t(*ie et l'extrémité antérieure du corps, vue eu dessus, grossie. — 
41 c. L'extrémité postérieure du corps, vue en dessous, grossie. 

SCOLOPENDRA MAYA. 

(Fig. 45 et suiv.) 

Se. aztecœ simillima, at pedibus analibus gracilioribus, minus spinosù. 

Ressemblant absolument à la Se. azteca, mais en différant : Par le 6 e segment du 
corps, qui est plus long; par ses antennes plus moniliformes, moins comprimées 
(la gauche de 22 articles, la droite de 20) ; par le sillon peu prononcé du premier 
segment; par son dernier segment moins large et par ses pattes anales plus grêles, 
à épines beaucoup moins prononcées ; par sa plaque sous-anale plus courte. 

La griffe des pattes anales a une forme particulière. 

Couleur, verdâtre. 

Longueur du corps m , 053. 

Habite : Les terres tempérées du Mexique. — Huitznopal , entre Mextitlan et 
Tampico. 

Cette Scolopendre est peut-être une variété de la Se. azteca? 

Explication des figures : 45. L'extrémité antérieure du corps. (Le premier segment est un peu trop 
long.) — 45 c. L'extrémité postérieure du corps, vue en dessous, grossie. (La plaque préanale est un 
peu petite, surtout son bord préanal.) — 45 t. Les mandibules et le labium, vus en dessous, grossis. 
— 45/). Une patte anale grossie, vue par-dessous. 

SCOLOPENDRA TOLTECA. 

(Fig. 43, 43 \ 43 p.) 

Magna; corporis secundum segmentum brevissirnum, 4 m et 6 m elongala, vix prœ- 
cedentibus brevioria. 

Presque deux fois plus grande que la Se. azteca, du reste lui ressemblant beau- 
coup, mais en différant par sa tête un peu plus longue que large. Le 1 er segment 
moins carré, ayant ses bords latéraux arrondis et son sillon plus faible, plus arqué. 
Les segments 3 e et 5 e sont aussi beaucoup plus grands, ayant presque la longueur 
de ceux qui les précèdent. Pénultième segment ayant ses côtés arqués en avant, un 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 127 

peu rétrécis en arrière ; le dernier sensiblement moins large que celui qui le pré- 
cède. Pattes anales constituées comme chez la Se. azleca, mais leur premier article 
terminé par une dent courte et bi-épineuse, non par une longue épine, et offrant en 
dessous 10 à 12 petites épines, disposées sur 4- ou 5 rangées. Segment préanal em- 
boîtant l'anus entre deux tubercules spiniformes qui se terminent par un faisceau 
de trois petites épines. 

Le reste à peu près comme chez l'espèce citée, si ce n'est que les derniers seg- 
ments sont légèrement plus allongés. Antennes composées de 23 articles. Plaque 
sous-anale plus large à sa base qu'elle n'est longue. 

Longueur ffi , 080 à m , 085. 

Habite : Les régions chaudes du Mexique. — Vera-Cruz, Cuautla, dans la partie 
chaude de la province de Mexico. 

Explication des figures : 43. L'espèce de grandeur naturelle'. — 43 t. La tète, vue en dessous et un 
peu en devant (c'est pourquoi la plaque inférieure de la tète est vue en raccourci, ce qui lui enlève 
un peu de sa forme trapézoïdale). — 43 p. Une patte anale, grossie, vue en dessous. 

SCOLOPENDRA SUMICHRASTI. 

(Fig. 46, 46 e .) 

Maxima; Se. toltecse affinis, al pedes anales graciliores , primo articule- elonga- 
tiore, apice spina elongata, subtus spinis rarioribus, majoribus. 

Très-grande espèce, très-voisine de la Se. tolleea, mais de taille très-supérieure. 
Le premier segment large, à bords très-arqués; le 2 e très-court; les 4 e et 6 e rela- 
tivement grands comme chez la Se. tolleea. Segments 18 e et 49 e offrant à leur bord 
postérieur trois petits enfoncements ou sillons (du moins chez un sujet desséché). 
Dernier segment fortement caréné à ses bords latéraux. Pattes anales assez grêles; 
leur 1" article plus long que le dernier segment; se terminant par une très-forte 
épine, longue et bifide au bout. — Le bord interne de ces pattes offre trois fortes épines 
et on voit encore en dessous 5 épines semblables, disposées sur trois lignes longi- 
tudinales, dont les deux externes portent chacune deux épines et l'interne une seule. 
La plaque préanale est bien plus longue que large. 

Longueur du corps m , 140. 

Habite : Vera Cruz. 

Cette espèce est peut-être la même que la Se. tolleea, quoiqu'elle en diffère par 
la forme plus allongée du premier article de ses pattes anales, par les épines fortes 
et peu nombreuses qui occupent les faces interne et inférieure de cet article, par 

1 Elle atteint probablement une plus grande taille. 



128 essai d'une faune 

l'épine terminale de ce dernier, qui est bien plus longue ; par la plaque préanale plus 
allongée; par les tubercules épineux plus allongés aussi qui encadrent l'anus, etc. 
La face inférieure de la tête aussi représente mieux la figure d'un losange, etc. 
Toutefois il n'y aurait rien d'impossible à ce que la Se. tolteca fut le jeune de 
la Se. Sumichrasti. 

Explication de la figure. 4G b. Plaque céphalique inférieure de la tète, de grandour naturelle. — 
46 c. Dernier segment du corps et pattes anales, de grandeur naturelle, vus en dessus. 

Ile DIVISION. 

Antennes composées de 17 ou 18 articles. Pattes de la dernière paire, 
longues; leur premier article en général plus cylindrique que dans la pre- 
mière division. (Section C de Newport.) 

SCOLOPENDRA CHICHIMECA. 

(Fig. 44 fct suiv.) 

Gracilis ; antennes 1 8-articulatœ ; pedes posteriores graciles ; primi articidi mar- 
gine interne- 5-spinoso. 

De taille assez petite. Antennes composées de 18 articles. Corps grêle et convexe. 
Tête aussi large que longue. Premier segment du corps n'étant qu'un peu plus large 
qu'elle et offrant à sa base un sillon transversal prononcé. Deuxième segment très- 
court ; le 4 e plus long ; le 6 e deux fois ou deux fois et demie plus long que le 2 e . 
Dernier segment aussi long que large. Pattes anales longues et grêles; aussi longues 
que les quatre derniers segments du corps pris ensemble et plus longues que les 
six premiers segments. Leur premier article armé le long de son bord interne d'une 
série de A à 5 épines, dont la dernière assez grande, et en dessous de plusieurs 
épines disséminées sur la surface inférieure , qui est un peu aplatie et bosselée. 
Plaque sous-anale en trapèze allongé; apophyses préanales encadrant l'anus, lon- 
gues, terminées par plusieurs petites épines. 

Couleur, brun-verdâtre. 

Longueur du corps m ,042. 

Habite : Le plateau du Mexique. 

? Nous croyons pouvoir rapporter à la même espèce d'autres individus de plus 
petite taille, pris dans les terres tempérées de l'Etat de Mexico, et dont les seg- 
ments 2, 4, 6 sont un peu plus longs. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 129 

Explication des figures : 44. L'espère grossie. — 44 a. Sa grandeur naturelle. — 44 c. L'extrémité 
postérieure du corps, vue en dessous. (Les épines des apophyses entre lesquelles est placé l'anus sont 
un peu trop grandes.) — 44p. Une patte anale, grossie et rue en dessous. (Les trois épines du bord 
externe sont vues en raccourci et en partie masquées, c'est pourquoi elles paraissent si petites.) 



SCOLOPENDRA CUBENSIS. 

(Fig. 47 et suiv.) 

Gracilis; antennis il articulatis; capite longiore quant latiore; pedibus analibus 
elongatis, gracilibus, in seriebus spinosis; squama subanalis valde elongata. 

De taille moyenne, allongée et grêle. Mandibules munies à leur base d'un tuber- 
cule arrondi. Antennes composées de 17 articles distincts, devenant moniliformes 
dès le 9" article. Yeux petits. Bouclier cépbalique, petit, presque ovale, sensible- 
ment plus long que large. Premier segment du corps bien plus large que la tête, 
dépourvu de sillon transversal, ayant ses angles antérieurs arrondis. Le 2 e très- 
court, mais le 4 e déjà grand, deux ou trois fois plus long que le deuxième 1 . Les 
segments s'allongeant de plus en plus vers la partie postérieure du corps, en sorte 
que le pénultième est sensiblement plus long que le 10 e . Sillons longitudinaux des 
segments, prononcés. Segment anal un peu rétréci postérieurement, aussi long qu'il 
est large à son bord postérieur ; celui-ci fortement angulaire, mais ayant son angle 
postérieur arrondi. Pattes grêles, sensiblement plus que dans les espèces du groupe 
précédent. Pattes anales grêles, allongées, presqu'aussi longues que les quatre der- 
niers segments pris ensemble et presque quatre fois aussi longues que le dernier- 
segment n'est large. Leur premier article, déprimé; son bord interne offrant une 
rangée de A épines et une 5 e assez grande qui forme l'angle postérieur de l'article et 
qui a plutôt la forme d'une apophyse mousse, laquelle est armée au bout de plusieurs 
petites épines. Au-dessous de la rangée marginale interne, est une autre rangée longi- 
tudinale de 3 épines; on voit en outre un grand nombre d'autres épines disséminées sur 
les faces interne et inférieure de cet article et disposées en 3 rangées de 3 épines, 
souvent peu distinctes 2 . Le 2 e article, cylindrique, moins long que le premier, aussi 
long que l'avant-dernier segment. Plaques inférieures des derniers segments presque 
aussi longues que larges ; plaque préanale en dé à coudre, beaucoup plus longue 

1 Chez les plus petits individus ce segment est cependant assez court. S'allongerait-il avec 
l'âge? 

2 Ces épines sont assez variables. Souvent elles sont plus nombreuses et on en voit alors 
aussi 2 ou 3 au-dessus de la rangée marginale. 

17 



130 essai d'une faune 

que large. Angles du segment préanal formant deux longues apophyses spiniformes 
qui emboîtent l'anus et se terminent par plusieurs très-petites épines. 

Couleur, ferrugineuse. , 

Longueur du corps 0™, 073. 

Habite: L'île de Cuba. 

Explication des figures : 17. L'espèce de grandeur naturelle. (Les segments 4 e et 6 e sont trop courts, 
■linsi que la plupart de ceux de la portion moyenne du corps.) — 47 a. Une antenne grossie. — 
47 {. La tète vue en dessous. — 17 c L'extrémité postérieure du corps, grossie. — 47 p. Une patte 
anale vue en dessus, fortement grossie. 



Appendice au Genre SCOLOPENDRA. 

* 

On connaît outre les espèces ci-dessus décrites quelques Scolopen- 
dres qui habitent les régions chaudes, dont nous nous occupons sur- 
tout ici et qui coïncident peut-être en partie avec quelques-unes de 
nos espèces, mais il ne nous a pas été possible de les reconnaître avec 
certitude. — Telle est la 

Scolopendra Brandtiana, Gerv. 

Annales des Sciences Naturelles, 2 e série, t. VII, p. 50. — Aptères, t. IV, p. 280. 

Grande espèce du Brésil que M. Gervais dit avoir été aussi rapportée du Mexique. 
(Serait-ce là Se. Sumichrasti?) 



On a décrit en outre de nombreuses espèces des Antilles qui ne rentrent pas 
dans la faune du Mexique, et qu'il serait par conséquent inutile de copier ici ; telles 
sont les Scolopendra audax, Gerv., — Se. angulata, complanata, lineata, Guildingii, 
planiceps, Newp. — Sc.platypus, Brandt. — Se. Sagrœa, Gervais, etc. Il est possi- 
ble que ma Se. cubensis doive rentrer dans l'une de ces dernières. Dans le nombre, 
il se trouve des espèces que l'on croit habiter le Brésil aussi bien que les Antilles, 
mais il est probable qu'il y a là quelque confusion d'espèce, et que les Scolopendres 
de l'Amérique du Sud diffèrent de celles des Antilles. Les confusions sont presque 
inévitables chez des animaux aussi dénués de caractères précis. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 151 



Genre SCOLOPOCRYPTOPS , Newp. 

Corps grêle. Yeux nuls. Antennes en général composées de 17 arti- 
cles. Segments pédigères au nombre de 25, portant 25 paires de pattes. 
Pattes postérieures très-allongées; leur dernier article très-long, en forme 
de tigelle, ne se terminant pas par une griffe. 

SCOLOPOCRYPTOPS MEXICANA. 

(Fig. 48 et suiv.) 

Elongata, gracilis; pedum posteriorum articuli apice inermes; ultimus fdiformis, 
basi incrassatas, apice annula tus. 

Corps très-grêle et allongé, déprimé. Antennes déprimées, composées de 15 ar- 
ticles distincts 1 ; le pénultième paraissant séparé du précédent par un étranglement. 
Tête ovale, presque aussi large que longue. Premier segment à peine plus large 
que la tête, arrondi postérieurement, les trois suivants se rétrécissant légère- 
ment; segments 2 e et 4 e plus petits que les autres , mais la majorité des segments 
carrés, aussi longs que larges; le dernier plus petit et plus large que long. Pattes 
anales ayant la longueur des 8 derniers anneaux du corps pris ensemble; leurs trois 
premiers articles de longueur presque égale ; le 4 e aussi long que les deux premiers 
et la moitié du 3 e pris ensemble; le premier un peu aplati, muni le long de chacun 
de ses bords, en dessous, d'une rangée de très-petites épines distantes, plus grandes 
au bord externe ; n'offrant aucune épine terminale ; le 4 e article ayant sa portion ba- 
silaire un peu renflée et le reste en forme de longue tige linéaire, terminée en 
pointe et fortement ponctuée 2 ou ciselée ; ses rugosités représentant des annelures 
vagues. Plaque préanale en trapèze, faiblement échancrée à son bord postérieur et à 
angles arrondis. Epines préanales très-grandes, aiguës ; leur pointe précédée d'une 
petite saillie à leur bord interne (fig. 48 p ). 

1 Ou même de 17. Effectivement, l'antenne droite compte 15 articles et elle est incomplète; 
elle se termine par un article tronqué, ayant la môme forme que l'antépénultième de l'antenne 
gauche qui ne compte en tout que 15 articles. Elles sont probablement de 17 à l'état normal. 
Ici il y a anomalie, point rupture. 

9 C'est cette tige ponctuée qui, sur la figure citée, est représentée comme composée d'un 
grand nombre d'articles moniliformes. On voit en effet ici une certaine tendance à la sépara- 
tion en articles. (Voyez la figure grossie.) 



132 essai d'une faune 

Couleur, ferrugineuse. 

Longueur du corps 0"\, 030. 

Habite: Le Mexique. — Cordova. (Terres chaudes.) 

Explication des figures : 48. L'espèce grossie. (Le premier segment du corps est un peu trop large; 
les pattes anales sont un peu trop courtes.) — 48 a. La grandeur naturelle. — 48 I. La tête vue en 
dessous. — 18 e. L'extrémité postérieure du corps vue en dessous. — 48p. Une patte anale vue eu 
dessous, fortement grossie. 



FAMILLE DES GEOPIIILIDES. 

Corps très-grêle el très-allongé, à segmenls très-nombreux. Yeux 
nuls 1 . Petites anales petites, de l'orme ordinaire. Antennes en général 
composées de 14 articles. 

Genre GEOPHILUS , Leach. 

Antennes très-rapprochées à leur base. Segment cép Italique subtrian- 
gulaire, large en arrière, terminé en pointe en avant. Mandibules re- 
couvertes par la tête. Segments du corps très-nombreux. 

L'espèce qui s'ajoute à ce genre appartient au groupe de celles dont 
les antennes sont larges, aplaties et amoindries vers le bout, mais la 
forme de son segment préanal est toute particulière. 

GEOPHILUS MEX1CANUS. 

Ferrugineus; antennis 15-articulatis ; segmento prœanali cordiformi, acu- 
minato. 

Antennes très-déprimées, larges, se touchant à leur base, allant en s'atténuant 
un peu vers le bout, composées de 14- articles distincts, taillés carrément; les 8 
premiers plus larges que longs, le 9 e carré ; les suivants un peu plus larges que 
longs; le dernier grand, ovoïde, plus long que large, un peu rétréci au milieu (fig. 49). 

1 Nous excluons de celle famille le genre Scolopendrella. 



DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 133 

Tête subtriangulaire, plus large que longue, tronquée postérieurement, arrondie sur 
les côtés et terminée en pointe obtuse ; son bouclier cachant entièrement les mandi- 
bules lorsqu'on le regarde en dessus. Les segments du corps très-courts; le premier 
de la largeur de la tête ; le second, de la même largeur à son bord antérieur, rétréci en 
arrière ; les suivants plus étroits, ayant leur plaque supérieure en forme de trapèze, 
avec le grand côté tourné en avant. Tout le corps taillé verticalement sur les côtés, 
de façon à dessiner de chaque côté du dos une arête tranchante à la rencontre de la 
face dorsale avec les faces latérales ; chaque segment étant taillé obliquement d'ar- 
rière en avant sur les côtés, de façon à les faire ressembler à des plaques imbriquées 
d'arrière en avant. La surface des téguments, ruguleuse, couverte de petites bosses 
et éminences allongées, comme faiblement framboisée longitudinalement 1 . Le der- 
nier segment en forme d'écaillé cordiforme, plus long que large (fig. 4-9 a ,sj, ter- 
miné en pointe, et les deux qui le précèdent, rétrécis, ayant leur plaque dorsale 
rétrécie postérieurement. En dessous, la plaque ventrale du dernier segment pédi- 
fère, grande, en triangle tronqué, terminée à ses angles postérieurs par deux petites 
épines (fig. 49 e ). Segment préanal et anus formant un cylindre arrondi au bout (fig. 
49 d ). Segments pédifères au nombre de 127; le corps se composant donc de 129 
segments. 

Couleur, d'un ferrugineux clair. 

Longueur m , 060. 

Habite : Le Mexique. — Cordova, dans les terres chaudes. 

Explication des figures : 49. Portion antérieure du corps du Geophilus mexicanus vue en dessus, 
fortement grossie. — 49 a. Extrémité postérieure du même, vue en dessus. — 49 e. Extrémité posté- 
rieure, vue en dessous. — 49 d. Segments anal et préanal, vus en dessous, plus fortement grossis. 

1 Par la dessiccation il se dessine une gouttière le long de la ligne médiane du dos. Cette 
gouttière n'existe pas à l'état normal. 



NOTA. Les diagnoses de ces Scolopendrides ont paru en 1858 dans la Revue de Zoologie 
de M. Guérin-Mcneviile (2 e Série. Tom. X, p. 545). Comme aucun nom n'a été changé, j'ai 
jugé inutile de les citer ici. 



loi 



ESSAI D UNE FAUNE 



TABLE DES MATIERES. 



Page 

Blaniulus 87 

Craspedosomleiis 33 

EURYDESMUS 77 

angulatus 78 

FONTARIA 47 

virginiensis 62 

GEOPHILIDES 132 

GEOPIJJLUS 132 

mexicanus 132 

GLOMERIDESMUS :.. 18 

mexicanus 18 

JULIDES 87 

Juliens 88 

JULUS 92 

arboreus 98 

aztecus 100 

Beauvoisii 114 

caudatus 99 

chichimecus 104 

filicornis us 

fraternus 115 

haitensis 105 

insignis 94 

malabar icus 94 

mexicanus 1 08 

Montezumae 114 

mystecus 1M 

Nictanus 107 

olivaceus 120 

otomilus 116 

syriacus .-. . 414 



Page 

larascus . • 119 

tepanceus 110 

Iditecus 96 

tolonacus t03 

tzcndalus 112 

virginiensis { Polydesmus) 62 

vittalus 94 

zapotecus 1 01 

JULUS (Appendice) 120 

Julus 96 

Leptodesmus 41 

Lysiopetalum 87 

ûoontodesmus 70 

ONISCODESMIDES 14 

ONISCODESMUS 20 

mexicanus 23 

Paradesmus 34 

Pelmatoiulus 93 

Platydesmlens 33, 83 

PLATYDESMUS 83 

polydesmoïdes 80 

POLYDESMIDES 25 

Polydesmiens 33 

POLYDESMUS 34 

aztecus 43 

bilineatus 74 

carneus 46 

carolinensis 37 

coarctatus 39 

consobrinus 59 

denliculatus 70 



DES MYRIAPODES Dl MEXIQUE. 



155 



Page 

Erichsoni 35 

fralernus 52 

granulosus (toltecus) 65 

javanus 70 

Rlugii 35 

limax 54 

mayus (tollecus) 65 

mexicanus 76 

Montezumae 50 

olomilus 57 

Picteti, 35 

Sallei 42 

serralus 67 

subterraneus 44 

(arasons • ■ 69 

tepanecus 61 

loltecus - . • 65 

tolonaeus 64 

vermiformis 40 

vicinus . ■ • 60 

virginiensis 62 

viridis 72 

zapotecus 56 

POLYDESMUS 67 



Page 

Rhachidomorpha 68 

Rhachis 71 

SCOLOPENDRA 123 

azteca 124 

Brandtiana 130 

chichimeca 128 

cubensis 129 

maya 126 

olomita 125 

tolteca 126 

Sumichrasli 127 

Scolopendra (Appendice) 130 

SCOLOPENDRWES 1 22 

ScolopendrieiiB 1 22 

SCOLOPOCRYPTOPS 131 

mexicana 131 

Stemmiulus 87 

STENODESMUS 81 

mexicanus 81 

Stenonia 70 

Slenonia 73 

STONGYLODESMUS 79 

cyaneus ■ 79 

Strongylosoma 40 



ERRATA. 



Page 18, dans la diagnose latine, au lieu de : Validas nigrescens, lisez: Validus, nigrescens. 

» 39, au lieu de : G. Beaumnntii. lisez : P. Beaumontii. 

» 49, ligne 20, au lieu de : page 305. écrivez : page 47. 

» 58, ligne 14 e de la note, au lieu de M. Todd, lisez : M . Jones ,• et à la ligne suivante, au lieu de; 
Cycloped-, etc., lisez : Todd's Cycloped., etc. 

» 64, dans la diagose lutine, au lieu de: obliquiter, lisez : oblique. 



Myriapodes d'Amérique 




Nicolet pùuc. Jleùiffit-j 

1 Glomeridesmus mexicairus _ 2. Oniscodesmus uiexicaims _ 3. Polydesmus carolinensis 
4- P. 'verniiformis _ 5. P. aztecus _ 6,7. P. subterranens 



Farùr fmp (rcmf-f'roj- r S'./atyucs 33. 



Myriap ode s d ' Amkriq U £ 



PL. IL 




Rebuffet et Luneldel Beàifffkt . 

8. Poi,ydesmus Sallei 9. P. Montezuinae. 10. P. limax 11. P. zapotecus. 

12. P. otoniitus. 13. P. consobrimis. 14. P. totouacus. 



Paris, Tmp Oeny-Grûs.rue S^Jacques; 33. 



\h RIAPODES D'AmÉRJQI I 



PL III 




haut t yieofce Jel Rciitrfbt 

15. Polydesmus carneus. 16. P. iratermis. 17. P. tepaiiecus. 18. P. coarctatus. 

19- P ■ A-iridis. 20. Strongvlodesmus cvanetis. 21. Steivodesmus mexicanus 



Pans /»//>■ Oem^-GrûJ; rue STJaryiiM, 33, 



Myriapodes d'Amérique. 



IM. IV. 




JfuvUt ci f.itfu-l </<■/. 



Bebujfkk 



22, 23. POLYDESMUS tollecus. _ 

26. Julus insuvnis. 



24. P. tarascus. 25. F.rm dksmis auonilatus. 

o 

_ 27. J. lollocus 28. J. arborons. 



/'.„,., '„y. </.■„,, ,;,.„■ ,„.- S 1 J.,.;,,,.:,-. 33 



Myriapodes d'Amérique 



IM..\ 








o°oo°oV 
oooo o> 

Ooo° 





29. Julus aztecus. 
33. J. Nietanus. _ 



_ 50. J. zapotecus 
54 J. mexicanus 

57. J. l/ondalus 



31 .1 totonaous. _ 
35. J. tepanecas. 
30. J filicoriiis . 



32. J. chichimecus . 
. 36. J. mvstecus. 



Myriapodes d'Amérique 



PL VI. 




v,.,./w ,{<■/. Rebuffet se. 

39. Jtjlus Montezumae. 40. J. frateraus, J. otoDiitus. . 4L Scolopendra azteca. 

42. Se. otomita 4o. Se. tolteca 44. Se. chichimeca. 



/'.(/■/.<■. ùnp (■'i/nf- <>.'.■- ///-■ S-Jkcçiuv, ■'■' 



Myriapodes d'Amérique 



PL.VH. 




45. Scolopendra mava 46. Se. Sumichrasti 47. Se. cubensis, 48. SeoLOPoeRYPTOPs mexieana. 

49. Geophilxjs mexicanus. 50 . Poeym&smus (Stenonlv) biliuealus. 51. P. mexicauus. 

52Julus tarascus. 



,„,. (:■„,, ■!■,„, ,,„ .l.-./.,<y„, 



ÇALIF ACAD OF SCIENCES LIBRARY 



3 1853 00033 6342 





OUVRAGES DE L'AUTEUR 

EN \ENTE CHEZ LES MÊMES LIBRAIRES ET CHEZ L'AUTEUR. 



ÉTUDES SUR LA FAMILLE DES VESPIDES. 

3 vol. gr. 8° pi. col. 

Monographie des Guêpes solitaire* ;l" volume), 22 planches, Prix 3(5 fr. 
Monographie des Giepfs sociales 2 e volume) avec allas colorié de 38 planches. 

Prix 66 fr. 
Monographie des paisses Guêpes et le supplément à la monographie des Guipes 

solitaires '3' volume , H planches coloriées. Prix 42 fr. 



MÉLANGES HYMÉNOPTÉROLOGIQUES. 

Br. 4° 1 planche coloriée. Prix 5 fr. 



OBSERVATIONS SUR LES MŒURS OE DIVERS OISEAUX DU MEXIQUE- 

Br. 8°. 1 planche. Prix \ fr. 50 c. 



MÉMOIRES POUR SERVIR A L'HISTOIRE NATURELLE DU MEXIQUE, 

DES ANTILLES ET DES ÉTATS-UNIS 

Cet ouvrage se composera d'une série de mémoires indépendants qui formeront un ou 
deux volumes 4°. 

\" Livraison : Mémoire sur divers Crustacés nouveaux du Mexique et dis An- 
tillbs. 3 planches. Prix 9 fr.