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Full text of "Essai sur la langue basque par François Ribáry ... Tr. du hongrois avec des notes complémentaires et suivi d'une notice bibliographique"

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^^ COLLECTION PHILOLOGIQUE ^' 




RECUEIL 

DE TRAVAUX ORIGINAUX OU TRADUITS 

RELATIFS A LA / 

PHILOLOGIE & A L'HISTOIRE LITTÉRATRE 

AVEC UN AVANT-PROPOS 

DE M. MICHEL BRÉAL 



SEPTIEME FASCICULE 



ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE, PAR FR. RIBARY, PROFESSEUR A L UNIVERSITÉ 
DE PEST, TRADUIT DU HONGROIS PAR J. VINSON. 



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PARIS 

F. VIEWEG, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

LIBRAIRIE A. FRANCK 

RUE RICHELIEU, 67 

1877 




Pour paraître très-prochainement : 

ROLLAND (E ). Devinettes ou Enigmes populaires de la France, suivies de la réim- 
pression d'un Recueil de 77 indovinelii publié à Trévise en 162S. Pet. m-8». 

PARCIC (A ), Grammaire de la langue serbo-cioate. Traduction à l'usage des Français 
contenant des améliorations suggérées par l'auteur, avec une introduction, par M. le 
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1" fascicule : La Stratification du langage, par Max Mùller, traduit par M. Havet, eleve 

de l'Ecole des Hautes Etudes. — La Chronologie dans la formation des langues 

indo-germaniques, par G. Curtius, traduit par M. Bergaigne, répétiteur à 1 Ecole 

des Hautes Etudes. „. , „c 1 '^J''^' 

f fa-cicule : Etudes sur les Pagi de la Gaule, par A. Longnon, eleve de 1 Ecole des 
Hautes Etudes, i" part.: l'Âstenois, le Boulonnais et le Ternois, av. 2 cartes. Epuisé. 

3» fascicule : Notes critiques sur Colluthus, par Ed. Tournier, directeur d'études adjoint 
à l'Ecole des Hautes Etudes. i fr.- ^o 

4* fascicule. Nouvel Essai sur la formation du jDluriel brisé en arabe, par Stanislas 
Guyard, répétiteur à l'Ecole des Hautes Etucles . ^ '''• 

5» fascicule : Anciens glossaires romans, corrigés et expliqués par F. Diez. Traduit par 
A. Bauer, élève de l'Ecole des Hautes Etudes. Epuisé. 

6' fascicule : Des formes de la conjugaison en égyptien antique, en demotique et en 
copte par G. Maspero, répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. . 10 fr. 

7" fascicule : la Vie de Saint Alexis, textes des xi% xii% xiii* et xiv» siècles, publies par 
G. Paris, membre de l'Institut, et L. Pannier. . 20 tr. 

8* fascicule : Etudes critiques sur les sources de l'histoire mérovingienne, par M. Gabriel 
Monod, directeur adjoint à l'Ecole des Hautes Etudes, et par les membres de la 
Conférence d'histoire. . o tr. 

9« fascicule : Le Bhâminî-Vilâsa, texte sanscrit, publié avec une traduction et des notes 
par Abel Bergaigne, répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. 8 fr. 

10* fascicule : Exercices critiques de la Conrérence de philologie grecque, recueillis et 
rédigés par E. Tournier, directeur d'études adjoint. r. '? j ' 

1 1« fascicule : Etudes sur les Pagi de la Gaule, par A. Longnon. 2' partie : les Pagi du 
diocète de Reims, avec 4 cartes. , „, u '' ■ 

i2« fascicule : Du genre épistolaire chez les anciens E^ptiens de I époque pharaonique, 
par G. Maspero, répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. . '9 '''• 

i3' fascicule: La Procédure de la Lex Salica. Etude sur le droit FranK (la fidejussio dans 
la législation franke; - les Sacebarons; - la glosse malbergique) travaux de 
M. Fi. Sohm, professeur à l'Université de Strasbourg, traduits par M. Thevenin, 
répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. ,, r- r. u- ^ 

i4« fascicule : Itinéraire des Dix mille. Etude topographique par M. F. Robiou, profes- 
seur à la faculté des lettres de Rennes, avec 3 cartes. _ o tr. 

i5' fascicule : Etude sur Pline le jeune, par Th. Mommsen, traduit par M. G. Morel, 
répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. . ^ 4 ir. 

i6« fascicule : Du C dans les lan-ues romanes, par M. Ch. Joret, ancien eleve de 1 Ecole 
des Hautes Etudes, professeur à la faculté des lettres d'Aix. '?>.,■ 

17* fascicuh-: Cicéron. Epistolae ad Familiares. Notice sur un manuscrit du xii' siècle 
par Charles Thurot. membre de l'Institut, directeur de la Conférence de philologie 
latine à l'Ecole pratique des Hautes Etudes. ^ ■■'• 

i8* fascicule: Etude sur les Comtes et Vicomtes de Limoges antérieurs a 1 an 1000, 
par M. R. de Lasteyrie, élève de l'Ecole des Hautes Etudes. .. . ^ ^ *'"• 

ig* fascicule : De la formation des mots composés en français, par M. A. Uarmesteter, 
répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. . .. , '^ • 

20' fascicule : Quintilien, institution oratoire, collation d'un manuscrit du x' siècle, par 
Emile Châtelain et Jules Le Coulire, licenciés èslettres, élèves de 1 Ecole pratique 
des Hautes Etudes. ^ j » 1 j • 

21* fascicule : Hymne à Ammon-Ra des papyrus égyptiensdu musée de Boulaq, traduit 
et commenté par Eugène Grébaut, élève de l'Ecole des Hautes Etudes, avocat ^a la 
Cour d'appel de Paris. . , /^^ , ■ 

22* fascicule : Pleurs de Philippe le Solitaire, poème en vers politiques publie dans le 
texte prur la première fois d'après six mss. de la Bibliothèque nationale par 
l'abbé Emmanuel Auvray, licencié ès-lettres, professeur au petit séminaire du 
Mont aux Malades. ^ ''"• 7- 



COLLECTION PHILOLOGIQUE 

RECUEIL 

DE TRAVAUX ORIGINAUX OU TRADUITS 



RELATIFS A LA 



PHILOLOGIE & A L'HISTOIRE LITTÉRAIRE 

AVEC UN AVANT-PROPOS 

DE M. MICHEL BRÉAL 



SEPTIEME FASCICULE 

ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE, PAR FR. RIBARY, PROFESSEUR A l'uNIVERSITÉ 
DE PEST, TRADUIT DU HONGROIS PAR J. VINSON. 




PARIS 

F. VIEWEG, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

RUE RICHELIEU, 67 
1877 



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ESSAI 



LANGUE BASQUE 



François RIBARY 

Professeur à l'Université de Pest 
TRADUIT DU HONGROIS 

AVEC DES NOTES COMPLÉMENTAIRES ET SUIVI d'uNE NOTICE 
BIBLIOGRAPHIQUE 



PAR 



Julien VINSON 




PARIS 

F. yiEWEG, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

LIBRAIRIE A. FRANCK 

67, RUE RICHELIEU 

1877 



AVANT-PROPOS. 



Je me trouvais à la fête de Sare, en plein bays basque, il y a 
cinq ans déjà, et je parlais linguistique avec M. Antoine d'Abbadie 
à la générosité duquel cette fête doit tout son éclat. C'est à Sare 
en effet que se tient tous les ans le concours de poésie basque; 
c'est là que l'heureux vainqueur reçoit le prix fondé par M. d'Ab- 
badie, une somme de 80 fr., ainsi qu'un makhila (bâton national) 
argenté, offert au meilleur poète par M. Amédée de Laborde No- 
guez, d'Ustaritz. Tout en causant du progrès des études basques 
et de quelques publications récentes, nous en vînmes à remarquer 
que TAliemagne avait donné aux travaux relatifs à la langue 
basque un très-médiocre contingent. M. d'Abbadie se souvint alors 
que le savant euscarisant^ de Londres, le prince Louis-Lucien 
Bonaparte, lui avait parlé d'un mémoire en hongrois, paru il n'y 
avait pas longtemps à Pest. M. d'Abbadie ne connaissait pas ce 
mémoire et ne le possédait point dans sa riche bibliothèque. 

Le prince Bonaparte, auquel je dois déjà beaucoup de renseigne- 

1. Je dérive ce mot de euskara ou esfcuara^ nom que les Basques 
donnent à leur langue; on en a tiré aussi l'adjectif euscarien. Euskara 
signifie, dit-on, « langage, manière de parler ». 

a 



Vj AVANT-PROPOS. 

ments précieux, voulut bien, sur ma demande, me donner le litre 
exact de ce travail. Mon ami Abel HoveJacque fit un voyage en 
Hongrie quelques mois après et se chargea de me procurer cette 
pièce rare et si peu connue. Un autre de nos amis Emile Picot, 
alors consul de France à Temesvâr, voulut bien s'en occuper lui- 
même; il eut l'obligeance de se rendre à Pest, d'y chercher l'au- 
teur du mémoire, M. Fr. Ribâry, et de lui exposer ma requête. Ce 
ne fut pas sans peine, parait-il, qu'on parvint à réunir les deux 
livraisons du journal magyare où avaient été publiées les deux 
parties de ce travail ; la complaisance de mes amis triompha de 
tous les obstacles, et le 28 mai 1872 je recevais les deux bro- 
chures si impatiemment désirées. 

Mais il fallait se rendre compte de la valeur de ce travail. Au 
premier abord, bien que je n'y comprisse absolument rien que les 
citations basques, il m'avait beaucoup plu par sa disposition 
méthodique: il me lardait de voir ce qu'il contenait, et le plus 
simple me parut de le traduire en français. Ce ne fut qu'une 
année après, le 15 juillet 1873, que je pus commencer cette tra- 
duction ; je la terminai le 26 août suivant. Le lamoul et le basque 
m'ont donné l'habitude des langues de la forme du hongrois; 
aussi n'éprouvai-je point à traduire le mémoire de M. Ribâry de 
difficulté sérieuse. Pendant l'été de 1874, je relus et révisai ma 
traduction qu'on m'avait proposé de faire imprimer. Je dus la 
revoir une troisième fois et me mettre en rapport avec l'auteur 
que j'avais besoin de consulter à propos de certains passages 
qui m'embarrassaient un peu. Le ^0 novembre 4875, j'expédiai à 
Paris à mon ami Picot, qui a fait preuve en tout ceci d'une com- 
plaisance inépuisable, le manuscrit complet et mes notes complé- 
mentaires. 

Je me suis permis en effet d'ajouter au texte de M. Ribâry 
d'assez nombreuses notes; mais j'ai eu soin de les en distinguer 
soigneusement. Je n'ai conservé, au bas des pages, que les anno- 
tations mêmes de l'auteur; quant à mes remarques, mes berichli- 
gungen, elles sont indiquées par de gros chiffres qui renvoient à 
la fin du volumesait résu- 
mer en une seule expression verbale les relations d'espace, de 
personne à personne, subjectives (idée de neutralité, d'action limi- 
tée à son auteur), objectives (idée d'action sur un régime direct) 
et attributives (idée d'une action faite au profit d'un objet indirec- 
tement visé, idée du régime indirect); les relations de temps; les 
relations d'état correspondant à autant de modes distincts; — les 
nuances de l'action rendues par diverses voix dérivées; les nuances 
de sujets ou régimes marqués par les nombreuses formes person- 
nelles; les nuances de temps et d'état que traduisent les conjonc- 
tions de nos langues modernes. A chacune de ces relations ou 
nuances est affecté un suffixe, souvent considérablement abrégé 
et réduit, mais à peu près toujours sensible. 

Le verbe basque primitif, c'est-à-dire complètement développé, 
ne différait pas de celui des autres langues du globe. Il ne com- 
prenait que deux modes, l'indicatif et le conjonctif qui dérivait de 
l'indicatif par un suffixe, et trois temps : le présent, l'imparfait et 
une sorte d'aoriste impliquant la possibilité éventuelle. Il ne con- 
naissait qu'une voix secondaire, dérivée par un suffixe spécial, la 
causative. Il joignait à ces formes les signes des régimes directs 
et indirects, ce qui est le caractère essentiel des idiomes incorpo- 
rants. 

Pendant sa vie historique, pendant sa période de décadence for- 
melle, le verbe a éprouvé, en basque, des accidents dont on ne 
trouve nulle part d'exemple aussi complet. La conjugaison primi- 
tive ou, si l'on veut, simple et directe des noms verbaux est peu à 
peu tombée en désuétude et a été remplacée par une remarquable 



XiV AVAiM-PROPOS. 

composition de noms verbaux, d'adjectifs et de verbes auxiliaires. 
C'est ainsi que Vescuara en est arrivé à développer, dans l'ensemble 
de ses dialectes, onze modes et quatre-vingt-onze temps dont cha- 
cun compte trois personnes de chaque nombre ; chaque personne, 
variable suivant le sexe ou l'honorabilité de la personne interpel- 
lée, reçoit en outre un certain nombre de terminaisons qui jouent 
le rùle de nos conjonctions. De plus, de l'ensemble des auxiliaires, 
on a formé deux séries parallèles qui, jointes alternativement aux 
noms d'action, produisent les deux voix active et moyenne, ou 
mieux transitive et intransitive. Les auxiliaires de la conjugaison 
périphrastique sont presque les seuls restes du système simple pri- 
mitif. 

Quant à la syntaxe, le basque ressemble à toutes les langues 
agglutinantes. La proposition est toujours simple. Les phrases 
sont généralement courtes; les pronoms relatifs sont inconnus. 
La complexité du verbe, qui réunit en un seul mot beaucoup 
d'idées, contribue à cette simplicité de la proposition, où le sujet 
et l'attribut tendent manifestement de leur coté à ne former 
qu'un tout avec leurs compléments respectifs. Ce but est atteint 
par l'invariabilité des adjectifs et surtout par la composition. 

L'adjectif se place après le nom quahfié, tandis que le génitif 
précède au contraire le nom possesseur. 

La composition a pris en basque assez d'extension pour que 
plusieurs mots juxtaposés aient pu se contracter et se réduire 
souvent de façon à se confondre partiellement les uns dans les 
autres. C'est un procédé familier aux idiomes du Nouveau-Monde; 
c'est proprement ce qui constitue le polysynthétisme qu'il faut 
soigneusement distinguer de l'incorporât io?i : ce dernier mot doit 
être réservé pour désigner plus particulièrement les phénomènes 
de conjugaison objective ou attributive communs aux idiomes de 
la seconde forme. 

Le vocabulaire basque est au demeurant fort pauvre. Bien qu'il 
soit encore imparfaitement connu, car les anciens livres et les 
noms de lieux, ainsi que certaines variétés dialectales peu étudiées 
ont dû conserver des mots généralement oubliés, on peut affirmer 
que les termes réellement basques n'expriment pas d'idées abs- 
traites. En dehors des mots gascons, français, espagnols, latins, 
empruntés, on ne trouve pas de traces d'une civilisation bien 



AVANT-PROPOS. XV 

avancée et l'on se trouve en présence de fort peu d'expressions 
impliquant une collectivité, une généralisation. Point de mol 
ayant le sens large de notre « arbre », de notre « animal » ; « Dieu » 
est simplement, par anthropomorphisme, « le maitre d'en haut » ; 
et le même terme rend nos idées « volonté, désir, fantaisie, pen- 
sée ». Les mots d'emprunt sont d'autant plus nombreux que 
l'influence des dialectes aryens s'exerce depuis de très-longs 
siècles; c'est vraisemblablement par leur contact avec les races 
indo-européennes que les Basques, ou ceux qui parlaient le basque, 
sont arrivés à la vie historique. 

Aussi, pour étudier ce singulier idiome, faut-il bien savoir 
l'histoire du devenir du latin dans la région pyrénéenne. On n'est 
d'ailleurs pas aidé par les documents écrits, car il n'y a pas (et il 
ne peut pas y avoir) de littérature basque originale. Le livre le 
plus ancien a été publié en ^545; le second en date est le Nouveau 
Testament protestant de la Rochelle, imprimé en -157-1 par ordre 
de Jeanne d'Albret. 

Une autre difficulté, c'est l'extrême variabilité de la langue; il 
n'est peut-être pas deux villages où l'on parle absolument de la 
même manière. Ceci est tout naturel du reste chez un peuple illet- 
tré et qui ne peut se mettre au niveau de ses voisins qu'en oubliant 
son antique langage. Ces diverses variétés se groupent aisément 
en dialectes secondaires : le prince L.-L. Bonaparte en reconnaît 
vingt-cinq qui se réduisent assez facilement à huit grands dialectes. 
Un examen approfondi ramène ces huit divisions régionales à 
trois, c'est-à-dire que les différences entre les huit dialectes prin- 
cipaux sont inégales et permettent des rapprochements partiels. 

Les huit dialectes sont: i° le labourdin; 2° le souletin; 3° le 
bas-navarrais oriental; 4° le bas-navarrais occidental; 5" le haut- 
navarrais septentrional; 6" le hant-navarrais înéridional; V le 
guipuzcoan ; 8° le biscayen. Le souletin et les deux dialectes bas- 
navarrais forment un premier groupe, oriental si l'on veut; le 
biscayen seul forme le groupe occidental ; les quatre autres consti- 
tuent le groupe central. 

Ces noms sont tirés des subdivisions territoriales. La Soûle était 
une province relevant de la Navarre, qui comprenait, dans le 
département actuel des Basses-Pyrénées, les cantons de Mauléon 
et de Tardets, ainsi que quelques communes du canton de Saint- 



■XVJ AVAKT-l'ROPOS. 

Palais, de l'arrondissemenl de Mauléon. Le Labourd, vicomte vas- 
sale du duché d'Aquitaine, correspondait aux cantons de Bayonne 
(moins celte ville et trois autres communes), de Saint- Jean-de-Luz, 
d'Ustaritz, d'Espelette et de Hasparren (partie;, dans l'arrondisse- 
ment de Bayonne. Le surplus des deux arrondissements français 
que nous venons de nommer composait la Basse- Navarre, subdi- 
visée en pays de Cize, Mixe, Arberoue, Ostabaret et vallées d'Ossès 
et de Baigorry; c'était primitivement la sixième merindad du 
royaume de Navarre qui s'étendait en Espagne jusqu'au delà de 
l'Èbre entre Gardes et Cortes d'une part, Viana et Vera de l'autre. 
Le Guipuzcoa contient les partidos (cantons) de Saint-Sébastien, 
Tolosa, Azpeitia, Vergara. La Biscaye comprend tout le terrain 
entre Ondarroa et la rivière de Sommorostro, entre la Carranza et 
la Pena de Gorbea. 

Les dialectes ne correspondent point exactement aux subdivi- 
sions territoriales dont ils portent le nom. Ainsi, le bas-navarrais 
occidental est parlé dans une partie de l'ancien Labourd; le bis- 
cayen en Guipuzcoa. Enfin, sur les cartes géographiques espa- 
gnoles, on trouve une autre province basque, l'Alava : c'est à peine 
pourtant si l'on y parle basque, à sa limite septentrionale, le long 
d'une bande étroite: le dialecte des localités alavaises qui y sont 
comprises est le biscayen. En résumé, le dialecte biscayen est en 
usage dans l'Alava, la Biscaye et le tiers occidental du Guipuzcoa 
(Vergara et Salinasi ; le guipuzcoan, dans presque tout le reste du 
Guipuzcoa; le haut-navarrais septentrional dans quelques villages 
du Guipuzcoa sur la frontière française (Fontarabie, Irun, etc.), et 
dans les territoires de Baztan, Ulzama, Lerin, Basaburua Mayor, 
Larraun; le haut-navarrais méridional dans le surplus de la Na- 
varre basque; le labourdin dans la partie sud-ouest de l'arrondis- 
sement de Bayonne^; le bas-navarrais occidental, dans le nord- 
est du même arrondissement; le bas-navarrais oriental dans le 
nord-ouest et le souletin dans le sud-est de celui de Mauléon 2. 

I. Suivant le prince L.-L. Bonaparte, le labourdin n'est parlé que 
dans les dix-sept localités suivantes: L \. Sare, Saint-Pée, Ahetze, 
Zugarramurdi (Espagne) , Urdax (Espagne); 2. Ainhoa; 3. Saint-Jean- 
de-Luz, Ciboure, Urrugne (et Béhobie), Hendaye, Biriatou, Ascain. 
Guéthary, Bidart; IL Arcangues, Bassussary, Arbonne. 

■2. IjGs trois vallées espagnoles navarraises d'Aezcoa, de Salazar et 



AVANT-PROPOS. Xvij 

Aucun de ces arrondissements, aucune de ces provinces n'est 
entièrement basque, au point de vue linguistique, si ce n'est le 
Guipuzcoa; la Navarre espagnole ne l'est même qu'à moitié; 
l'Alava n'entre que pour un dixième dans la région des dialectes 
basques dont un peu moins du quart de la Biscaye doit être dis- 
trait ainsi que quelques villages gascons des arrondissements de 
Mauléon et Bayonne en France. Ni Bayonne, ni Pampelune, ni 
Bilbao ne sont basques. Voici d'après les excellentes et admirables 
cartes du pr. Bonaparte la liste des localités formant la limite du 
pays linguistique basque : Bidart, Arbonne, Bassussary, Saint- 
Pierre-d'lrube, Lahonce, Urcuit, Bardos, Gharritte-Mixe, Ilharre, 
Arbouet, Domezain, Etcbarri, Aroue, Arrast, l'Hôpital-Saint- 
Blaise, Esquiule, Haux etSt-Engrace en France; puis en Espagne: 
Isaba, Garde, Yidangoz, Iciz, Gallues,Izal,Aristu, Arizcuren, Usoz, 
Asnoz, Beortegui, Laboa, Legun, Elia, Sagaseta,Sabaldica,Ezcaba, 
Berriosus, Loza, Orcoyen, Arazuri, Ibero, Muniain, Izurzu, Oren- 
dain, Soracoiz, Viguria, Arguinano, Goni, Torrano, Lizarraga, 
Giordia, Gegama, Elguea, Larrinzar, Marieta, Urbina, Giriano, 
Erive, Ondalegui, Olano, Urgoiti, Barambio, Llodio, ZoUo, Ba- 
saurj, Begona, Abando, Deusto, Lejona et l'embouchure de la 
rivière de Bilbao. En menant une ligne continue de chacun de ces 
points au suivant, on aura le périmètre suffisamment exact de la 
région où le basque est encore le langage naturel de la majorité 
des habitants. 

Mais en dehors de ces limites, on trouve sur beaucoup de points 
une zone intermédiaire où le basque n'est plus connu que de la 
minorité des gens du pays; cette zone doit néanmoins être com- 
prise dans la surface géographique de l'idiome, puisque les per- 
sonnes qui y parlent le basque le savent de naissance et ne l'ont 
jamais appris. Les principaux villages de cette zone sont les sui- 
de Roncal peuvent être rattachées aux trois dialectes français bas- 
navarrais occidental, bas-navarrais oriental et souletin. Du moins, les 
variétés qu'on y parle se rapprochent-elles heaucoup plus de ces dia- 
lectes que du haut-navarrais septentrional ou méridional. 

Le souletin est parlé dans les deux cantons de Mauléon et de Tar- 
dets, et, dans l'arrondissement d'Oloron, à Esquiule. Le bas-navar- 
rais oriental s'étend dans l'arrondissement de Bayonne, jusqu'à Saint- 
Pierre-d'Irube par Méharin, Ayherre, Briscous, Urcuit, etc. 



XViij AVANT-PROPOS. 

vants en Kiscaye, Haracaldo; en Alava, San Roman, Luyando, 
Lezama, Astoviza, Berricano, Buruaga, Luco, UUibarri-Gamboa, 
Landa, Nanclares, Zuazo, Otaza, Ozaeta, Herinua, Larrea; en 
Navarre, la zone mixte est beaucoup plus large et je ne donnerai 
que les villages extrêmes : Iturgoyen, Eslenoz, Garisoain, Artazu, 
Puente-la-lleina, Garinoain,Orisoain, Iriberri,Iracheta,Equisoain, 
Jbarzabalza, Abinzano, Izco, Besolla, Guerguetiain, Indurain, Tur- 
rillas, Artajo, Mugueta, Uli, Larequi, Ongoz, Adoain, Racas alto 
et Burgui. On remarquera que toutes ces localités sont espagnoles: 
il n'y a pas en France de zone mixte analogue, et commue dit le 
ly Broca {Sur l'origine et la répartition de la langue basque, ^875, 
p. 39), « la démarcation est brusque et peut être indiquée par une 
seule ligne ». Le pays basque offre d'ailleurs à ce point de vue de 
curieux sujets d'étude : « Les Roncalais entre eux parlent espagnol; 
« avec les Roncalaises, ils parlent basque, ainsi que les Ronca- 
« laises entre elles. On observe à peu près la même chose à Ocha- 
« gavia en Salazar. Cet usage n'a pas lieu toutefois dans les loca- 
« lités roncalaises d'Uztaroz et d'isaba, où les hommes entre eux 
« se servent aussi bien du basque que du castillan » (L.-L. Bona- 
parte, Études sur les dialectes d'Aezcoa, etc., p. iiji. 

La description qui précède justifie l'opinion ci-dessus émise: le 
basque est un idiome agglutinant qui doit être placé, au point de 
vue morphologique, entre la famille finnoise simplement incorpo- 
rante et les langues américaines incorporantes et polysynlhétiques. 
Mais il n'en faudrait pas conclure que Vescuara soit un proche 
parent du finnois ou du magyare, de Talgonquin ou de l'iroquois. 
La parenté de deux ou plusieurs langues ne saurait en effet résul- 
ter uniquement d'une même physionomie extérieure; pour con- 
clure à une communauté d'origine, il est indispensable que, com- 
parés à un même degré de développement, leurs principaux élé- 
ments grammaticaux soient non-seulement analogues par leur 
fonction, mais encore qu'ils se ressemblent phonétiquement d'une 
manière suffisante pour rendre admissible l'hypothèse de leur 
identité primitive. 11 sera sage de ne point affirmer que ces langues 
proviennent de la même source, si, de l'une à l'autre, les racines 
significatives, qui sont après tout le fonds propre, la haute origine 
du langage, se trouvent être totalement différentes. Jusqu'à pré- 
sent, aucune langue n'a présenté avec le basque une similitude de 



AVANT-PROPOS. XIX 

racines analogue à celle qu'on a depuis longtemps constatée entre 
le sanscrit, le grec et le gotique ou entre l'arabe et l'hébreu. 

Il exisle pourtant de par le monde des esprits tellement voués 
au culte des entités, tellement épris de rêveries métaphysiques, 
tellement pleins de foi dans la nécessité de l'unité du langage, 
qu'ils ont pris l'habitude de torturer les radicaux et de les rendre 
flexibles et variables au delà de tout ce qu'on peut imaginer. Ils 
passent leur vie à faire des étymologies, de celles que Schleicher 
appelait etymologi-irungen ins blaue hinein, et à découvrir des 
merveilles de phénomènes phonétiques. Dignes enfants de ces 
travailleurs des derniers siècles qui, dans l'incertitude générale de 
la science, rattachaient toutes les langues à l'hébreu, les esprits 
aventureux dont je parle ont inventé la théorie des langues dont 
le vocabulaire se renouvelle sans cesse et ont formé la grande 
famille « touranienne » où doit entrer, bon gré mal gré, tout ce 
qui n'est ni aryen, ni sémitique, ni chinois. Dans cette olla po- 
c?r/f/a où le japonais heurte l'esquimau, où l'australien coudoie le 
turc, où le tamoul fraternise avec le hongrois, on n'a eu garde de 
manquer de placer le basque. Beaucoup d'amateurs plus hardis 
même ont rattaché l'escuara, ou du moins ceux qui le parlent, aux 
tribus soi-disant Mam/^wes de l'Egypte ; d'autres les ont appa- 
rentés aux Phéniciens antiques; d'autres ont vu en eux les des- 
cendants des Alains; d'autres encore en font, grâce à l'Atlandide, 
une colonie d'Américains; il y a très-peu de temps qu'on affirmait 
de la meilleure foi du monde que les Basques et les Celtes, Gallois 
ou Bretons, se comprenaient et pouvaient causer longuement entre 
eux en se servant chacun de leur langue naturelle. Je renvoie ces 
derniers au poète Rulhière : 

La contrariété tient souvent au langage : 

On peut s'entendre moins, parlant un même son, 

Que si l'un parlait basque et l'autre bas-breton. 

Les plus sérieux de ces ennemis des solutions négatives, de ces 
abstracteurs de quintessence, affirment que les ancêtres des Basques 
sont incontestablement les Ibères. Je ferai remarquer tout d'abord 
que cela fùt-il prouvé, les Basques ou, si l'on veut, les Ibères n'en 
seraient pas moins isolés ; car, en quoi l'ibèi»e serait-il plus que le bas- 
que parent du celle ou du carthaginois? Mais cette théorie ibérienne 



XX AVANT-PKOPOS. 

n'est point encore scientifiquement établie ; elle repose principa- 
lement sur r« priori suivant : les Ibères ont occupé jadis 
toute l'Espagne et le midi de la Gaule, or l'escuara vit encore au 
pied des Pyrénées, donc l'escuara est un reste de la langue des 
Ibères. Le vice de ce syllogisme est évident; la conclusion ne 
s'impose point et se déduit mal des prémisses. Quant aux preuves 
directes, elles se réduisent à des essais d'interprétation soit d'ins- 
criptions dites ibériennes ou cellibériennes, soit de légendes moné- 
taires, soit de noms propres et surtout de noms topographiques. 
Les inscriptions et les légendes sont écrites à l'aide de caractères 
d'origine manifestement phénicienne, mais dont le déchiffrement 
n'est rien moins que certain : toutes les traductions par le basque 
proposées par MM. Boudard, Phillipps et autres, sont contes- 
tées par les linguistes qui étudient aujourd'hui le basque. 
Les noms recueillis par les auteurs anciens forment une base 
plus solide, mais les explications proposées par W. von Humboldt 
et après lui par beaucoup d'étymologistes sans méthode ' , sont éga- 
lement pour la plupart inadmissibles. M. van Eys a consacré à ces 
étymologies un bon article dans la Revue de linfjuistique (juillet 
-1874, p. 3-4 5). M. Fr.-M. Tubino, de Madrid, combat également 
la théorie ibérienne dans la brochure qu'il vient de publier {Los 
aborigènes ibéricos 6 los Beréberes en la Pe/iinsula, Madrid, 1876) : 
il tend à apparenter, anthropologiquement parlant, les Basques 
aux Kabyles, Berbères et Touaregs de l'Afrique. 

Les Basques n'offrent au surplus, au point de vue anthropolo- 
gique, jusqu'à présent du moins, aucun caractère original et dis- 
tinct autre que leur langage. Rien dans leurs mœurs ne leur est 
propre : c'est en vain qu'on a voulu retrouver chez eux la coutume 
bizarre delà couvade, observée encore aujourd'hui, dit-on, par les 
natifs de l'Amérique du sud et dans les plaines de la Tartarie. 
Elle consiste en ce que, lorsqu'une femme vient d'accoucher, le 
mari se met au lit avec le nouveau-né et le « couve » pour ainsi 
dire. Aucun voyageur moderne ou contemporain n'a retrouvé 
cette coutume chez les Basques; quant aux témoignages histo- 

1. Il faut reconnaître cependant que M. Luchaire, dans diverses 
brochures relatives à l'ancienne toponymie de l'Espagne, a rendu 
plus acceptables certaines de ces explications. 



AVANT-PROPOS. XXJ 

riques, ils se réduisent à un passage de Strabon que rien ne 
prouve s'appliquer aux ancêtres des Basques actuels et à diverses 
allusions de livres des deux derniers siècles. Ces allusions visent 
toujours les Béarnais, au dialecte desquels est emprunté le mot 
même de couvade. 

Le prince L.-L. Bonaparte a découvert que « la lune » se dit en 
roncalais goikoa; avec le préGxejaw^i « seigneur » , c'est le mot « Dieu » 
en basque actuel. Il a rappelé à cette occasion « le culte de la lune 
des anciens Basques », Le seul témoignage en faveur de ce culte 
est un passage de Strabon (Liv. III, iv, \ 6) où il est dit que les 
Celtibères et leurs voisins septentrionaux honorent un certain dieu 
anonyme par des danses devant leurs portes, la nuit, à la pleine 
lune. Mais il faudrait établir d'abord que les Celtibères et leurs 
voisins du nord étaient Basques. 

Un autre passage de Strabon a fourni des arguments aux ibé- 
ristes. Il dit (liv. III, iv, ^8) que chez les Gantabres les filles 
héritent au détriment de leurs frères. M. Eug. Cordier a voulu, 
après Laferrière [Histoire du droit français]^ établir que cette dis- 
position est l'origine du droit deprimogéniture, sans distinction de 
sexe, qu'on retrouve plus ou moins dans toutes les coutumes de la 
région occidentale des Pyrénées. Il a développé cette théorie dans 
son intéressante étude sur V Organisation de la famille chez les 
Basques (Paris, -1869). Mais un habile jurisconsulte de Bayonne, 
M. Jules Balasque, a démontré au t. II de ses remarquables Études 
historiques sur ta ville de Bayonne (Bayonne, -1862 à ^1875), qu'il 
n'y avait là rien de proprement basque et qu'il fallait y voir seule- 
ment, comme dans le privilège contraire de « juveignerie » de cer- 
taines coutumes septentrionales, une application du principe essen- 
tiellement celtique ou gallique de la conservation du patrimoine. 

En résumé, rien de moins établi, rien de moins sérieusement 
démontré que la théorie ibérienne. Le mot ibère est une expression 
vague, indéfinie et dont la signification exacte est assez obscure. 

C'est parce que je crois nécessaire, à notre époque, de n'em- 
ployer, dans une étude scientifique, que des termes de significa- 
tion tout à fait précise, qu'en traduisant l'essai de M. Ribâry, j'ai 
partout rendu nyelvtudomdny par « science du langage » (qui en 
est la traduction littérale) ou par « linguistique », mais jamais 
par <■<■ philologie comparée ». Pour être comparée, la philologie 

b 



XXij AVANT-PROPOS. 

n'en est pas moins une science historique, tandis que notre science, 
qu'on la nomme glottique, glottologie, science du langage, lin- 
guistique, est exclusivement l'étude positive des phénomènes natu- 
rels. Ce point est aujourd'hui, ce me semble, tout à fait hors de 
doute, et il n'y a pas lieu d'y revenir après les travaux décisifs de 
Schleicher, de MM. Gurtius, Chavée, Hovelacque, Pezzi et autres 
maîtres autorisés. 

On m'accusera peut-être de contradiction quand on remarquera 
que je me suis servi indistinctement des mots suomi et finnois ou 
de hongrois et magijare. Je sais bien que quelques personnes font 
une différence par exemple entre a hongrois » et « magyare », 
mais il s'agit surtout d'un nom de peuple ou d'idiome et je ne 
crois pas être obscur en employant l'un ou l'autre de ces noms, de 
même que je dis souvent « escuara » au lieu de « basque », dans 
le simple but d'éviter une répétition fastidieuse en français. 

Si le hongrois ou magyare a été l'objet de nombreux travaux 
scientifiques depuis plus de cent ans, le basque ou escuara n'a 
point eu une telle fortune. On remarquera, si l'on veut bien jeter 
les yeux sur la notice bibliographique que j'ai placée à la fin de ce 
volume, que la plupart des publications indiquées sont de peu 
d'importance et que, sur quatre-vingt-seize livres ou brochures, 
soixante-et-onze sont postérieures à 4825. J'ai essayé de rendre 
cette notice aussi complète que possible; j'y ai joint même 
une liste de journaux, de revues et de livres où il est question, fût- 
ce très-accessoirement, de la langue basque : inutile de dire que 
cette liste n'a en aucune façon la prétention d'être complète. Ce 
n'est là qu'un extrait, une partie détachée d'un grand travail 
bibliographique que je prépare en ce moment, et dont l'achève- 
ment me demandera quelques années encore. Tout ce qui a été 
publié sur la bibliographie euscarienne est jusqu'à présent très- 
défectueux. Les renseignements de certains auteurs espagnols en 
ce qui concerne les ouvrages intéressant les dialectes basques de 
la région transpyrénéenne sont tout à fait insuffisants. Ainsi M. de 
Soraluce dans son Historia gênerai de Guipuzcoa (S. Sébastien, 
-1869, 2 vol., t. Il, appendice) et M. Rodriguez Ferrer dans sa 
monographie Los Vascongados, su pais, su lengua y el principe 
L.-L. Bonaparte (Madrid, 4873, in-8°) se contentent d'indications 
générales et vagues, et donnent souvent par à peu près en espa- 



AVANT-PROPOS. XXiij 

gnol les titres des livres basques. Pour cette partie de la littéra- 
ture euscarienne, le meilleur travail ou plutôt le moins mauvais 
que je connaisse est la Noticia du P. Zavala qui avait pour but de 
compléter les indications de Larramendi {Diccionario Trilingue, 
1743, t. I, p. xxxiv-xxxviij ; 4853, t. I, p. xxx-xxxiij) et que le 
prince Bonaparte, acquéreur du manuscrit original, a fait impri- 
mer en 4 8561. En France, on a beaucoup mieux fait, je me hâte 
de le dire; ainsi les listes données par M. A. d'x\bbadie [Études 
sur la langue euscarienne, en collaboration avec A. Ghaho, Paris, 
4 836, prolégomènes) et par M. Francisque Michel (introduction 
aux Proverbes d'Oihenart, Paris, 4 847, et le Pays basque^ Paris, 
4 857, p. 440 à 534) sont relativement, malgré un assez grand 
nombre d'erreurs et de regrettables omissions, très-satisfaisantes. 
On trouve même de bonnes choses dans une compilation de 
M. Pierquin de Gembloux (Appendice à l'Histoire philologique et 
bibliographique des patois, 4858, 49 p.) où cependant le même 
ouvrage figure plusieurs fois sous des articles différents et où 
d'amusantes confusions ont été faites, rappelant la méprise clas- 
sique du singe de Lafontaine. 

J'ai entrepris de dresser l'inventaire exact des richesses de la 
littérature basque. Un pareil catalogue comprenait trois divisions 
naturelles, les livres en basque, ceux relatifs à la langue et au 
pays basques, enfin les journaux, les livres et les revues où des 
articles, des passages spéciaux sont accidentellement consacrés à 
la langue et au pays basques. Contrairement à ce qu'on pourrait 
supposer, c'est la première espèce de documents, ceux purement 
euscariens, qu'il m'a été le plus difficile de connaître en dehors 
des volumes qu'un hasard heureux a conservés dans quelques 
bibliothèques publiques de l'Europe. J'ai pu cependant recueillir 
déjà de précieux renseignements et retrouver quelques livres ou 
quelques éditions encore inconnus; mais ma bibliographie, où 
certains articles exigeront d'ailleurs de longs développements, est 
encore loin d'être suffisam.ment complète pour voir le jour. J'en 
extrais seulement la partie relative à la linguistique pure, mais je 

1. Noticia de las obrras (sic) vascongadas que han salido a luz, des- 
pues de las que cuenta el p. Larramendi. San Sébastian, Baroja, 1856. 
— In-8" de (ij)-lÛ p. 



XXiv AVANT-PBOPOS. 

sollicite pour elle toute l'indulgence du lecteur : il y trouvera 
l'occasion de nombreux desiderala. Telle qu'elle est cependant, 
cette liste pourra intéresser les amateurs et révéler d'utiles détails 
aux bibliophiles. J'ai donné le titre intégral de tous les ouvrages 
antérieurs au xix" siècle et j'ai essayé d'en conserver autant que 
possible la disposition typographique. — Je n'ai pas compris dans 
cette liste les recueils de textes qui ne sont pas accompagnés 
d'observations grammaticales; on n'y trouvera donc indiquées que 
quelques-unes des nombreuses et excellentes publications du 
prince L.-L. Bonaparte. 

Je ne saurais trop remercier à cette occasion toutes les personnes 
qui ont bien voulu m'aider dans mes recherches, et surtout M. Fr. 
Muller qui a consenti à fouiller la Bibliothèque impériale de Vienne; 
Miss Laetitia Probyn qui m'a envoyé du British Muséum d'excel- 
lentes notes; le prince L.-L. Bonaparte qui m'a généreusement 
donné les renseignements les plus précis sur certains livres très- 
rares qu'il possède; M. Soulice le savant bibliothécaire de la ville 
de Pau. Mes amis Abel Hovelacque et Emile Picot ont droit égale- 
ment à toute ma reconnaissance; car c'est à leur complaisance et à 
leur empressement que je dois de pouvoir faire paraître le présent 
volume. 

J'ai cru devoir le terminer par un court vocabulaire, compre- 
nant tous les mots basques qui y sont cités ; cette liste ne com- 
prend ni les sufOxes, ni les formes dérivées, excepté pourtant 
celles de quelques expressions postpositionnelles. Les noms y 
sont à l'indéfini, sans article, et les verbes y sont représentés par 
leurs participes passés. J'ai indiqué le plus souvent les principales 
variantes dialectales. L'ordre que j'ai adopté n'est pas l'ordre 
alphabétique ordinaire, mais celui beaucoup plus logique de la 
classification naturelle des sons et des bruits en voyelles, semi- 
voyelles, consonnes explosives, continues, sifflantes, etc. L'aspirée 
A, n'étant que d'un usage irrégulier et restreint, ne m'a pas paru 
devoir entrer en ligne de compte ; c'est pourquoi har-tu se trou- 
vera placé entre ark et harzara, et ihardets-i entre /, hi et ibil-li. 
L'orthographe de tous les mots a été ramenée à un système uni- 
forme, celui généralement adopté aujourd'hui. 

J'ai mis tous mes soins à la lecture des épreuves qu'a vues aussi 
au fur et à mesure M. Ribâry. Les lecteurs excuseront les fautes 



AVANT-PROPOS. XXV 

qui nous auront échappé ; mais je les prie instamment de se repor- 
ter à Yerratum, où d'importantes corrections sont signalées. 

Au moment de livrer ces pages à l'imprimerie, je me demande 
si je n'aurais pas mieux fait de les retenir encore et si je n'aurais 
pas dû ajourner la publication d'un volume auquel les lecteurs 
sévères pourront adresser bien des reproches. Mais, outre qu'il 
n'est point mon travail exclusif, que je n'y ai même contribué 
que pour une assez faible part, je me dis qu'après tout l'absolu 
n'est pas de ce monde, que la perfection est seulement le but 
idéal d'une série d'imperfections progressivement diminuées, et 
qu'on use vainement sa vie quand on s'adonne orgueilleusement 
pour soi seul à l'étude et qu'on préfère ne rien écrire que de 
publier des livres qui ne soient point irréprochables. Ils sont rares 
et bien heureux les travailleurs dont la science seule absorbe tous 
les instants, les hommes assez hbres d'esprit pour mener égale- 
ment bien de front plusieurs occupations diverses et qui n'ont pas 
à subir les ennuis, à conjurer les soucis incessants de la vie 
matérielle et pratique. Aussi n'avons-nous plus cette rigueur des 
anciens maîtres et ne prenons-nous plus dans leur sens étroit les 
préceptes analogues au suivant du poète tamoul Tiruvalluva : 
« Garde-toi dans un travail de tout défaut destructeur; ceux qui 
« n'ont pas corrigé les défauts de leur travail, le monde les 
« rejette » ; 

Vin'eikkanvmeikkédalômbalvineikkur'ei 

Tîrndârit't'îrndan'd'ula gu 

[Kufal, chap. lxii, str. 2). 

Julien ViMSON. 
Bayonne, le -18 octobre -1876. 



GORRIGENDA. 



P. 3, 1. 10 torvény 

note 1 A bôlcsészet Magyarorszâgon 

note 2 1. 3 kozlemények 

p. 6, 1. 26 les Pélasges 

p. 8, note 3 1. 5 supprimez (léger, souple) 

id. Horvât 

p. 9, 1. 19 Khunsâg 

p. 15, 1. 29 que, quand, dans 

p. 18, 1. 10 6ere, pron. possessif 

p. 19, 1. 25 maison », etc. (25) 

P- 20, 1. 4 l'église » (29) 

15 voyelle (30) 

18 il a j (31) 

21 pronom a (32) 

23 § 5 bis 

p. 28, 1. 21 primitive (53), qui seulement avec le temps s'est 
transformée en analytique, sera la simple 

1. 30 s'ils sont transitifs 

p. 30, 1. 1, 2 l'infinitif, le participe, le supin 

p- -7, 1. 1 je devrais laisser 

3 forme composée 

26 forme composée 

31 forme simple 



XXViij COKRIGENDA. 

p. 38, 1. 4 forme composée « je le le mange » 

8 « je te le porte » 

17 « je te les porte » 

22 forme composée 
26 forme simple 

p. 39, 1. 17 forme composée 

23 forme simple 
p. 45 entre lignes 12 et 13 § 10 

p. 46, l. d^e passé soi-disant historique 

p. 47, 1. 7 le prétérit éloigné 

p. 49, 1. Il la lettre c 

p. 54, 1. 7 les finales n et en 

p. 59, 1. 21 jân dituzu « tu les as mangés » 

p. 61, 1. 1 supprimez § 13 

p. 113, I. 18 simplement au n 

p. 122, 1. 3 maguinchetaric 

21 7ieçac 

26 haren leppora 

31 de-lui vers-le-cou 

34 ciecén 

35 principalena 
p. 123, 1. 20 cieçôn 

26 asserve sarthii 

27 ilkiric 

30 cieçôn 

31 egimdano hire manu-ric eztiat iragan, ela egundano 

35 aujourd'hui de toi commandement-quelque je-ne- 
lai-pas, ô h., passé et jusqu'à-aujourd'hui 

p. 127, 1. 24 M. de Zabalburu 

p. 129, 1. 22 désirent 

23 mémoire 

p. 130, 1. 12 QUE SE DARA 

p. 131, 1. 36 publicada por don 

1. 37 establecimiento 

p. 133, 1. d'fi cristiana en ambos 

p. 134, 1. 16 XXXIV 

p. 135, 1. 21 XLI — Plauto 

p. 137, 1. 23 verbo regular 



ESSAI 



SUR LA LANGUE BASQUE 



INTRODUCTION. 

On a tant écrit jusqu'à présent sur l'importance de la science 
du langage, et avec des arguments si précis, qu'il serait oiseux 
de recommencer la discussion ; car il est déjà reconnu et admis, 
comme un axiome, non-seulement qu'on est forcé de prendre pour 
auxiliaire la science du langage si l'on veut écrire sur l'histoire 
de l'humanité et de la civilisation, mais aussi que, dès qu'il est 
question de l'origine des peuples et de leur distribution en familles, 
les données de la science du langage peuvent être mises pour la 
plupart sur la même ligne de compte que les caractères physiolo- 
giques et moraux : ces données d'ailleurs jettent seules de la 
lumière sur telles époques énigmatiques de l'antiquité, au sujet 
desquelles l'histoire est complètement muette. Par ces données, 
nous pouvons déterminer, quoique à une époque vague qui échappe 
aux investigations de l'historien, l'état de civilisation de tel ou 
tel peuple; si le peuple primitif vécut à l'état nomade dans le 
désert; s'il fut principalement pasteur ou s'il avait quelque con- 
naissance de l'agriculture; s'il posséda quelques instruments 
industriels; s'il eut des idées sur le droit et la justice; quelles 
furent ses relations de famille ou de société. 

Qu'il nous soit permis de faire voir, par quelques exemples, 

i 



2 ESSAI SUR Là LANGUE BASQUE. 

jusqu'à quel point l'historien doit tenir compte des données de la 
science du langage. On a rattaché les Goths, qui conquirent l'em- 
pire romain, aux Gètes leurs contemporains, aux descendants des 
Thraces, ou plus volontiers aux Scythes, parce qu'ils étaient venus 
de la Scythie antique, et l'histoire serait peut-être encore aujour- 
d'hui dans le doute sur leur véritable classification, si la traduc- 
tion de la Bible par Ulphilas ne nous avait pas été conservée : par 
elle, nous savons que les Goths appartenaient à la race germa- 
nique. Et nos historiens n'ont-ils pas fait descendre la nation 
magyare, soit des Perses, soit des Syriens, des Phéniciens ou des 
Mongols? Cela n'a pu être beaucoup répété par eux que parce qu'on 
pouvait seulement leur opposer un finnisme mal interprété, jus- 
qu'au jour où la linguistique magyare et surtout son créateur (j'ap- 
pelle ainsi M. Paul Hunfalvy, et à bon droit, car le premier mérite 
de l'initiative et de la discussion lui revient incontestablement) 
eurent mis l'historien sur la bonne voie, en démontrant que la 
langue magyare est la plus proche parente tant du finnois que du 
turc; que de plus, comme parmi ces langues le magyare occupe 
la place intermédiaire, il est nécessaire qu'il y ait eu une époque 
où les peuples parents vivaient en contact, voisins l'un de l'autre, 
dans l'ordre même de la parenté de leurs langages : par là seule- 
ment s'explique ce phénomène que le magyare, malgré son indé- 
pendance dans la famille altaïque, c'est-à-dire malgré certaines 
particularités qui sont sa propriété exclusive et lui donnent droit 
à une place à part, possède certains caractères en commun, soit 
avec les langues turco-tatares, soit avec les langues finnoises, 
soit en môme temps avec les unes et les autres. 11 n'est plus pos- 
sible à l'historien de chercher l'origine de la nation magyare chez 
les peuples aryens ou sémitiques, mais il doit la trouver seulement 
là où, dans Hérodote, Strabon, Tacite, nous reconnaissons de 
l'altaïsme; ou bien encore partout où nous rencontrons une trace 
directe de peuples finnois ou turcs. Un seul mot, bien expliqué, 
jette souvent beaucoup de lumièie sur l'histoire même. 

On ne doute presque pas, parmi les linguistes, que le langage 
n'occupe à lui seul une part considérable de l'histoire primitive. 
C'est en vain par exemple que quelques magyarophages de no? 
voisins parlent de la barbarie des immigrants magyares et leur 
refusent tout élément de culture; c'est en vain qu'ils s'efforcent. 



INTRODUCTION. 3 

par leurs calomnies, de ravaler nos ancêtres au niveau des ani- 
maux sauvages; notre langue elle-même, si logiquement régulière, 
et les vieilles expressions d'idées de droit qu'elles nous a trans- 
mises, comme un précieux héritage, démentent ces accusations. 
« Dans les moindres traditions, dans les plus faibles de nos sou- 
venirs linguistiques, nous retrouvons », dit Erdélyi^ « nos mots 
AT-er (matière) , birsdg (amende), fez [pérW^], j or g at (administrer 
avec justice), tandis que d'autre part nous gardions, dans la suite 
de notre vie, l'héritage de nos pères par l'emploi constant de tor- 
veny (loi), igaz (droit), itélet (sentence), birô (juge), etc. » Ces 
mots n'auraient vraisemblablement pas été créés, parce qu'ils n'au- 
raient pas trouvé leur application, par « des hordes nomades 
incultes «, ainsi que Schlœtzer daigne nommer nos ancêtres; ils 
montrent plutôt au contraire la régularité de leur état social. El 
si nous rappelions les mots les plus essentiels du spiritualisme, 
comme lélek lâme), hit (foi), értelem (intelligence), isten (dieu), 
ész (raison), eskii (serment), méltô (digne), etc., dont la posses- 
sion est chez nous indubitablement héréditaire, nous aurions une 
image assez favorable de la civilisation de nos ancêtres, fondateurs 
de la patrie. Il y a encore du reste chez nous d'autres mots qui 
racontent une partie de l'ancienne histoire, qui peignent l'état de l'an- 
cienne civilisation de notre nation. Si les expressions édes atyàm, 
édesânyâm, édes testvérem « mon doux père, ma douce mère, mon 
doux frère ou ma douce sœur » témoignent de l'affection réci- 
proque des membres de la famille, ainsi que les mots szép aiydm, 
szép dnydm « mon charmant père, ma charmante mère », et con- 
trastent avec le mot mostoha « beau-père, marâtre » et « dur, 
froid, injuste, avare » ; le nom de hôlgy qui a la double significa- 
tion de « femme, épouse, noble dame » et de « hermine » indique' 
que son obtention, dans l'un ou l'autre sens, devait être fort esti- 
mée, comme dit M. Hunfalvy : la jeune fille était « à vendre », 
son futur était « l'acheteur », les époux « s'associaient »; ils fon- 

1. Jean Erdélyi, La philosophie en Hongrie (A bôlcseszet Magya- 
rorzâgon), Bude-Pest, 1865, 10 liv. 

2. Jean Erdélyi dérive ce mot de jizet dans le sens de « solde, sa- 
laire », loc. cit. — Voyez cependant les objections de Hunfalvy dans 
les Nyelvtudomânyi koszlemények^ t. V, p. 443 et suiv. 



4 ESSAI SUR LA LAA'GUE BASQUE. 

daienl la maison, la famille, et la femme devenait « la compagne » 
égale en droits à son mari, mais non son esclave comme chez les 
orientaux (^). 

Quant à la famille aryenne ou indo-européenne, la science du 
langage démontre, par les données de la linguistique comparée, 
que, dans son état d'indivision antique, elle n'était point réguliè- 
rement adonnée à l'agriculture, mais était composée de pasteurs 
nomades; tandis en effet que les noms des produits du sol et des 
instruments agricoles diffèrent généralement dans les diverses 
branches de la famille, ceux des animaux domestiques sont par- 
tout les mêmes. xMommsen fait voir dans son Histoire romaine^ 
que les peuples gréco-italiques apprirent simultanément l'agricul- 
ture, parce que les termes techniques y relatifs sont les mêmes 
chez les uns et chez les autres, mais sont différents de ceux em- 
ployés par tous les autres peuples aryens; il résulte au contraire 
de l'examen des expressions techniques romaines relatives à la 
navigation que les Romains empruntèrent à la fois aux Grecs et 
la profession de marin et les termes de marine qu'ils se bornèrent 
à façonner à leur langage. 

L'histoire pourtant nous apprend aussi, par des exemples con- 
vaincants, qu'il y a des cas où le langage même ne suffit point à 
éclairer l'historien sur l'origine de tel ou tel peuple déterminé. 
Les habitants nègres de Saint-Domingue parlent français. Suppo- 
sons qu'au bout de plusieurs siècles l'histoire ait oublié de men- 
tionner que les nègres ont été entraînés des diverses régions de 
l'Afrique vers le Nouveau-Monde comme esclaves, aurait-il véri- 
tablement raison le linguiste qui, s'en tenant à leur langage, ver- 
rait en eux des descendants de Français et ferait Dieu sait quelles 
hypothèses sur l'influence des croisements, des climats et des 
positions sociales? C'est pourquoi je me suis permis de dire plus 
haut que, quand l'historien veut découvrir l'origine et la parenté 
d'un peuple donné, il est nécessaire qu'il tienne compte, non-seu- 
lement du langage, mais encore des caractères physiologiques et 
moraux. Aussi c'est parce qu'ils ont trouvé le caractère extérieur 
de la nation magyare, ses mœurs, ses coutumes, ses habitudes de 
guerre, différents de ce que dit Tacite des Finnois lorsqu'il veut 

l.Th. Mommsen. Histoire romaine, I. 16 et II. 



IlNTRODUCïION. •> 

pourtant les caractériser ou de ce qu'écrivent sur leur compte les 
ethnographes modernes; que les historiens, et notamment Cassel', 
disent que la nation magyare a été constituée par le mélange de 
deux peuples, c'est-à-dire que les conquérants, de race turque, 
auraient adopté le langage des Finnois vaincus et assujettis. C'est 
ainsi que Cassel commente les paroles célèbres de l'empereur 
Constantin Porpliyrogénète sur l'emploi réciproque des langues 
magyare et kazare, puisqu'il admet que les Rabares, de race 
kazare, sont un peuple de langue finnoise et particulièrement 
pour ce motif qu'il lui semble impossible de concilier les carac- 
tères physiologiques et moraux des Magyares et ceux des Finnois. 
Aussi, doutant de la parenté réelle de la langue magyare avec le 
suomi, il ne sait ou ne peut expliquer autrement les analogies 
incontestablement finnoises que présente notre langue. 



§2. 

Suivant le témoignage indubitable de la science du langage, le 
pays d'origine des trois familles linguistiques dont les divers 
membres habitent toute l'Asie antérieure et la plus grande partie 
de l'Europe, doit être cherché néanmoins dans l'Asie antérieure; 
— peut-être est-ce dans les délicieuses vallées du Kachmîr que fut 
le berceau paradisiaque de toute cette portion de l'humanité. De là 
sortirent les divers essaims de peuples, dans toutes les directions 
de la rose des vents, et vraisemblablement à des époques différentes. 
Les inscriptions cunéiformes montrent clairement, d'accord avec 
les interprétations des traducteurs d'Hérodote-, que la race allaïque 
ne fut pas seulement plus ancienne que les Aryas, mais qu'elle 
développa les premiers germes de la civilisation et que l'invention 

1. Cassel, Mayyarische aUerthumer, p. 150-174.— Seulement, plus 
loin, Cassel tombe dans une grande erreur, quand il s'appuie sur les 
mots aryens en usage dans notre langue, et qui sont manifestement 
empruntés pour la plupart, pour conclure que la nation magyare est 
d'origine indo-germanique. 

2. Antoine Csengery, Les événements de l'Asie occidentale expliqués 
par les inscriptions cunéiformes (Nyugot-Azsia os tôrténetei az ékiratok 
vilâgânal). Bude-Pest. Revue, 1858, III, 323. 



6 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

de récriture cunéiforme doit lui être attribuée; néanmoins comme 
elle était numériquement plus faible, elle perdit de plus en plus du 
terrain quand les Arjas commencèrent à s'étendre et même la 
domination de l'Asie antérieure échut à ceux-ci pour longtemps. 

Cette expansion des Aryas ne s'arrêta qu'à l'Océan atlantique, 
où leurs avant-gardes, les tribus celtiques, établirent leurs canton- 
nements'. Le problème proposé à l'histoire est la date de cet évé- 
nement; elle ne sait point y jeter de la lumière et les Grecs seuls 
ont là- dessus quelques traditions obscures. Nous constatons 
cependant ce fait qu'à l'époque où la connaissance historique com- 
mence à devenir claire, nous voyons les tribus aryennes déjà ins- 
tallées en Europe dans le même ordre qu'aujourd'hui, si ce n'est 
que les Celtes purs ont été poussés dans les angles occidentaux 
extrêmes de notre partie du monde, tandis qu'ils s'étendaient autre- 
fois vers l'Orient jusqu'au Danube et jusqu'à l'Adriatique. 

Nous pouvons toutefois, en nous appuyant sur d'obscures tradi- 
tions, placer cette migration à l'an 2000 environ avant J.-G. et la 
question suivante se pose spontanément : y avait-il auparavant 
en Europe des habitants et qui étaient-ils? 

Quoique nous ne puissions pas répondre avec précision à cette 
question, il y a cependant des faits, des traditions qui semblent 
nous le permettre. Lorsque le peuple grec immigra dans la con- 
trée qu'il a rendue si glorieuse par l'éclat de son nom et de sa 
civilisation, il rencontra partout d'antiques habitants et ce ne fut 
qu'après des luttes prolongées contre eux qu'il put s'en emparer. 
Nous ne voulons pas parier de peuples tels que les Pelages, qui 
n'étaient vraisemblablement que les ancêtres des Grecs et ne cons- 
tituaient point une race différente, mais des Lélèges, des Cau- 
cons, des Gares, des Curetés, des Thraces, etc. En Italie, il faut 

1 . Sur l'origine et la parenté des Celtes, des doutes étaient encore 
possibles au commencement de ce siècle : Adelung et Murray les ont 
mis dans la famille aryenne ; Fr. Schlegel, Maltebrun, Pikerton, — ce 
dernier encore dans son mémoire publié en 1828, — nient cette attri- 
bution, tandis que J.-G. Prichard dans son savant ouvrage The eastern 
origin oj the celtic nations (publié par Latham en 1857, à Londres) dé- 
montre victorieusement leur origine orientale en comparant la langue 
celtique au sanscrit, au grec, au latin et au germanique. Latham y a 
joint un long et important commentaire. 



INTRODUCTION. 7 

distinguer de la race italienne les tribus iapode, sicane, morgèteet 
messapienne. Mais tous ces peuples formaient-ils une race dis- 
tincte? formaient-ils l'ancienne population autochthone? consti- 
tuaient-ils des peuplades nées à une période glottologique anté- 
rieure ou étaient-ils seulement les vagues les plus avancées du 
flot aryen? Nous ne pouvons le déterminer, faute de documents 
écrits, car les traditions sont obscures et nos moyens d'informa- 
tion rares. Il y a cependant deux autres points dans cette partie 
du monde, où les habitants antérieurs à l'immigration aryenne 
conservèrent leur antique nationalité, quoique diminuée et réduite; 
ils vivent encore, curieuses énigmes pour l'histoire et pour la 
science du langage qui, ne sachant pas les classer parmi les 
familles linguistiques connues, contemple en eux avec étonnement 
des races nées à une période glottologique antérieure à toute his- 
toire ; je veux parler des restes des antiques Ibères, les Basques, 
sur les deux flancs des Pyrénées, et des tribus lesghe, mitzdjeghe, 
tcherkesse, souane et abasse qui habitent le Caucase, à l'exclusion 
des Géorgiens d'Arménie et des Ossètes que la science du langage 
compte dans les races aryennes. 

11 faut cependant exposer ici une question due aux linguistes 
Scandinaves, expliquée et développée par Rask, qui jouit d'une 
grande faveur chez les Allemands et forme la soi-disant « hypo- 
thèse finnoise ». L'édition par Latham de l'ouvrage de Prichard^ 
cherche aussi à la résoudre, mais la laisse en suspens. D'après cette 
hypothèse, si les Aryas vinrent du Levant, et c'est ce qui semble 
douteux à Latham, il faut, pendant qu'ils étaient encore sur les 
bords de l'Indus, du Tigre, de l'Euphrate, qu'une autre race ait 
habité sur les bords du Rhin, du Danube, du Rhône et peut-être 
de la Tamise. Dans l'hypothèse finnoise, si ces espaces européens 
n'étaient pas inhabités, les vieux habitants appartenaient à la 
famille finnoise ; il y a du moins entre eux et elle, sous le rapport 
linguistique, plus de rapprochements qu'avec la famille aryenne 
ou avec toute autre. Telle est la question sur laquelle il est néces- 
saire que nous nous arrêtions un peu. 

Gomme je l'ai dit, parmi les peuples antiques, les habitants, du 
Caucase, les Basques et les Albanais restaient seuls isolés, mais 

1. Prichard, The easiern origin of the cellic nations^ p. .ô0-5t. 



8 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

les linguistes comptent ces derniers parmi les Aryas depuis 
qu'un examen plus approfondi de leur langue a pu être fait. Les 
langues du Caucase se présentent encore à la science du langage 
comme une terre assez inconnue; depuis les essais de Jules Kla- 
proth', il a été fait très-peu de chose à cet égard. Du reste, les 
essais de Klaprotli sont aussi très-superficiels, mais il ne lui 
était certes pas possible d'approfondir en si peu de temps un si 
vaste matériel linguistique. Il est plus regrettable encore qu'il 
ait donné à ces essais des conclusions si hardies, que la lin- 
guistique ne le rendait point capable de déduire. Ainsi, par 
exemple, quand il pense pouvoir trouver chez les Tcherkesses, 
soit dans les noms de famille, soit dans la langue, quelques noms 
propres polovtz-kumains cités, avec de légères altérations, dans 
les chroniques russes, il se montre disposé à rattacher les Polov'.z 
aux Tcherkesses-, mais il oublie le rapport que peuvent avoir les 
noms propres polovtz, tels que Oroszopa, Szokol, Sarukân, etc., 
avec la langue magyare : il oublie également qu'une partie du 
peuple polovtz se sert, aujourd'hui encore, parmi nous, dans notre 
patrie, de notre propre langue magyare et que la question des 
Polovtz russes ne peut être résolue sans un coup d'œii sur les 
Polovtz de la Hongrie"*. Il dit au contraire, dans un autre endroit, 
que les Polovtz-Rumains et les Besses sont un même peuple qui 
se confondit après la conquête mongole avec les Tatares Nogaï, 
en qui il prétend voir les successeurs des Polovtz; il s'en rapporte 
là-dessus à Rubriquis et à Jean Plan Carpini, mais il a mal inter- 
prété les paroles de ce dernier, qui mentionne à la vérité la Kuma- 
nie dans le texte cité par Rlaproth 4, mais qui dit aussi que les 
habitants antérieurs ont été en grande partie exterminés par les 



1. Reise in der Caucasus, vol. I et IL Halle et Berlin, 1812-1814. 

2. Klaproth, ouv. cit., I, p. 58-66. 

3. Palocz, en russe Polovcz, peut dériver du mot slave pôle = plaine, 
et si, de Kiew, une partie du peuple polovtz suivit nos ancêtres dans 
notre pays actuel, les noms russo-slaves suivirent vraisemblablement 
aussi ; — polovce, les habitants des plaines, comme aussi polàk « po- 
laque » (léger, souple). — Horvat « croate » est au contraire « l'habi- 
tant de la montagne ». 

4. Klaproth, t. I, eh. xv, p. 273 et suiv. 



INTRODUCTION. 9 

Mongols et qu'un petit nombre seulement survécut parmi eux en 
esclavage. 

Klaproth avoue du reste que, à part ces quelques mots où il 
trouve, non sans quelques efforts, des analogies avec le finnois, 
l'idiome tcherkesse diffère de toute autre langue connue (ce dont 
on ne peut guère douter en examinant la liste de mots, les suf- 
fixes, les pronoms et les noms de nombre cités par lui) et que les 
Tcberkesses sont les antiques habitants du Caucase. 

Il en est également de même quant aux langages des divers 
autres peuples du Caucase qui ne présentent, ni par le vocabulaire 
ni par la grammaire, la moindre analogie même avec les langues 
altaïques; l'idiome même des Avares, peuple de la famille les- 
ghienne, ne fait point exception. Leur contrée est nommée Khun- 
sâg, et, comme dit Klaproth, ce n'est ni un mot mongol ni un 
mot géorgien. Cette race avare, qu'il tient pour un reste des Var- 
kuns, Moïse Choronei la désigne par le mot Hunni, Huns, au plu- 
riel, et il compare avec les noms de personne avares les noms 
propres non-seulement buns mais encore magyares, d'où la consé- 
quence que les Avares du Khunsâg sont les plus proches parents 
des Huns, des Varkuns et des Magyares; il cite aussi soixante- 
cinq mots qu'il rapproche de mots finnois, ostiaques, syriènes, 
votiaques, samoyèdes, etc.; parmi eux s'égare notre mot veres 
« rouge », en avare baraf, et c'est ce qu'il y aurait de plus frap- 
pant, car les autres ressemblances sont tout à fait forcées. Mais, en 
admettant que cela soit exact, qu'en résulterait-t-il? où y a-t-il, 
dans une langue finnoise, des formations telles que ci « homme « 
pluriel adamal « hommes », ou celu « femme » pluriel rucabe 
« femmes»? (2) y a-t-il concordance dans les noms de nombre, ou 
les pronoms, ou la conjugaison? Ce sont autant de plantes exo- 
tiques dans les champs de la philologie altaïque! Par exemple, 
rien que les noms de nombre de un à dix — co, ke^ yj'ab, nnukk, 
su, anntlo, antelgo, mittlgo, icgo — ne sont point de parenté fin- 
noise ou ouiïrienne. Et pourtant Klaproth n'hésite pas, sur ces 
quelques ressemblances fortuites de mots et de noms, à dire que les 
Avares du Khunsâg sont les descendants des Varkuns = 06ap-Xou 
vo'.' ; il admet du reste l'origine ougriennedespeupleshun et varkun. 

1. Klaproth, ouv. cit. Langues lesghiennes, page 26: le dialecte 
avare, etc. 



-10 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

Nous ne voulons point nier la possibilité de ce que, pendant la 
migration de notre nation, quelques troupes égarées aient cherché 
un refuge dans les vallées du Caucase; mais, à cause de leur fai- 
blesse numérique, elles ont été absorbées depuis longtemps par les 
nations étrangères qui les environnaient; car, s'il y a aussi, 
comme l'affirme Besse', chez les peuplades Oroszbi, Dugur et 
Caratchaï dont la langue est turco-tatare, des traditions anciennes 
d'une origine magyare, il n'y a cependant pas, parmi les nom- 
breuses langues du Caucase, un idiome qui soit apparenté au 
nôtre ou au finnois, excepté chez ces quelques peuplades turco- 
tatares, et nous devons en conclure que ceux-ci sont nouveaux 
venus dans le Caucase, que l'hypothèse finnoise ne peut pas s'ap- 
pliquer à ces régions et que la race finnoise primitive n'a pas fait 
sentir son activité jusque-là (3). 

Mais, si nous ne trouvons pas la réalisation de l'hypothèse fin- 
noise dans le langage des habitants primitifs des pentes et des 
vallées du Caucase qui ne sauraient être classés dans les familles 
linguistiques connues, peut-être la langue basque pourra-t-elle être 
reconnue sous ce rapport comme appartenant à la famille altaïque 
ou finnoise? Déjà plusieurs savants, ne connaissant cette langue 
que par quelques mots pris et comparés sans examen, ont été dis- 
posés à dire qu'elle appartient à la classe altaïque. De notre exa- 
men, plus prolongé, il résultera qu'il n'en est point ainsi, car, 
quoiqu'il y ait dans la grammaire basque, outre certains radicaux 
analogues, plusieurs formes qui rappellent notre altaïsme, il s'y 
présente tant de différences dans les choses les plus essentielles, 
les pronoms, les noms de nombre et la dérivation verbale, que 
cette langue, au point de vue de la classification, doit être regar- 
dée comme tout à fait sui ijeneris. 

Ainsi donc, on ne constate nulle part en Europe de restes d'un 
peuple de langue finnoise, conservés depuis les temps préhisto- 
riques; il n'y a pas non plus dans le Caucase, ni dans les Pyré- 
nées, le moindre indice delà possibilité d'un vieux monde finnois. 
Ni les langues des peuples du Caucase, ni la langue des Basques 
ne sont finnoises; mais nous y trouvons çà et là des traits com- 
muns qui nous permettent de supposer qu'elles ont pu être en 

1. De Gérando, Essai historique sur l'origine des Hongrois, p. 135, 
et t. II. 



INTRODUCTION. i^ 

contact avec le fînnisme. Il est donc probable néanmoins que le 
domaine du fînnisme s'est étendu dans les vastes régions limitées 
entre les pointes septentrionales de la péninsule finlandaise et le 
détroit de Messine, entre l'Océan atlantique et les montagnes de 
TAltaï. Georges Koskinen, savant finnois, parlant des Dverges et 
des Jotunes dont il est question dans les traditions des Germains 
du Nord, voit dans le dernier de ces peuples une tribu finnoise 
dont l'arrivée serait cependant antérieure à Tinstallation des Fin- 
nois actuels 1. 

De plus, le linguiste anglais Wedgwood, en comparant les 
langues finno-ougriennes aux idiomes indo-européens et en par- 
ticulier au latin, a trouvé des analogies lrès-surprenantes2, qui à 
la vérité ne démontrent en aucun cas une parenté réelle, mais per- 
mettent pourtant de supposer que, quoi qu'il en soit, des peuples 
de race finnoise ont pu former le substratum de la population 
aryenne accourue en Europe. 

Un autre indice a également frappé les savants archéologues. 
L'examen approfondi de crânes trouvés dans les tumulus antiques 
de la Grande-Bretagne, de la Gaule, de la Germanie, montre que 
ce ne sont point des crânes d'Indo-Européens, mais qu'ils portent 
indubitablement le caractère finnois ou lapon^. 

Tels sont les principaux arguments sur lesquels s'appuie l'hy- 
pothèse finnoise. La vérité n'est point établie; on n'a même point 
démontré, et on ne pourra jamais le faire, à cause de l'obscurité 
qui enveloppe la vieille antiquité, que les habitants de notre par- 
tie du monde, avant l'immigration des Aryas, appartenaient à la 
soi-disant famille finnoise, en la prenant dans son sens le plus 
large. La question restera donc toujours à l'état d'hypothèse. 



1. Dans l'ouvrage écrit en finnois, intitulé « Véritables notions sur 
l'antiquité de la race finnoise ». P. Hunfalvy a fait connaître ce tra- 
vail dans le t. IV des Nyelv. Kôzl., p. 209 et suiv. 

2. Transactions of the philological Society, 1856. Hensleigh Wedg- 
wood : on the connexion of the finn and Lapp with the other Euro- 
pean languages, p. 1-17 et 172-190. 

3. Prichard, Origin, etc., p. 51. — Les ouvrages de Lubbock, Pre- 
historic Times, et Nillson, Age de pierre en Scandinavie, ont mis co 
fait hors de doute. 



^2 ESSAI SUll LA LANGUE BASQUE. 

M 

La surface des provinces basques, en France et en Espagne, est 
d'environ 330 milles carrés, peuplés de 800,000 habitants (4), dont 
cependant un peu plus de la moitié seulement parlent encore 
aujourd'hui la langue basque. 11 n'en fut vraisemblablement pas 
ainsi jadis; W. von Humboldt, qui a appris leur langue au milieu 
des Basques eux-mêmes (ce en quoi il a réussi à accomplir une 
tache dont, suivant le dicton basque, le diable eu personne ne put 
venir à bout), a acquis la conviction, par la recherche des radi- 
caux basques dans les noms topographiques de la péninsule ibé- 
rique, et aussi dans ceux de la Sicile et de la Sardaigne, que la 
langue des Basques fut aussi celle des Ibères et qu'elle s'est éten- 
due, hors de l'Espagne, jusqu'aux grandes îles de la Méditer- 
ranée'. Elle est aujourd'hui confinée à un petit territoire dont les 
habitants mêmes ne la parlent pas tous. Quant à sa littérature, si 
ce mot n'est pas excessif, elle ne consiste qu'en traductions de 
l'Évangile, en livres de dévotion, en quelques poèmes pseudo-épi- 
ques et en un petit nombre de drames (5). 

Quoique cette langue, en sa qualité de reste vénérable des 
époques préhistoriques, soit si importante pour la science du lan- 
gage, très-peu de personnes cependant s'en sont jusqu'à présent 
occupées, car fort peu ds moyens d'étude sont à la disposition des 
linguistes. C'est à peine si l'on peut trouver quelques grammaires, 
dont plusieurs assez renommées, mais bien défectueuses, celles 
notamment de Larramendi et Lardizabal (6) ; on se tromperait gran- 
dement d'ailleurs, comme dit Mahn, un de ceux qui ont étudié 
avec soin le basque, si l'on pensait qu'avec ces livres il est possible 
de se rendre compte du génie de cette langue. 11 est bien à regret- 
ter que W. von Humboldt, qui a vécu parmi les Basques et qui a 
appris en même temps les divers dialectes régionaux (ils sont très- 
nombreux, mais se rattachent aux trois principaux du Labourd ou 
de la Navarre, de la Biscaye et du Guipuzcoa) (7), n'ait pas publié le 
grand ouvrage sur la langue basque qu'il avait annoncé. Celui du 

1. Wilhelm von Humboldt : Priifung der Untersuchungen uber die 
Urbeu-ohner Hispaniens vermittelsl der baskischenSpracke. Berlin, 1821. 



NOTIONS GÉNÉRALES. ^3 

même auteur dont nous avons parlé plus haut est de beaucoup de 
valeur; c'est là qu'analysant des radicaux incontestablement bas- 
ques, il conclut très-solidement, sans rien livrer au hasard, de 
l'étude des noms de villes, que la langue ibère s'est étendue dans 
toute la péninsule et même en dehors (8). 

En 1857, Mahn publia un recueil de textes basques', des traduc- 
tigasjieilÉvaugile, des traductions des Catilinaires de Gicéron et 
quelques poésies, malheureusement d'une façon très-sèche et sans.. 
dictionnaire, mais avec la promesse de publier très-prochaine- 
ment le vocabulaire des textes reproduits : iljiûus le doit encore. 
Dans un long avant-propos, en vingt-trois paragraphes, il expose 
les originalités de la langue basque, et la comparant tantôt avec 
la famille aryenne, tantôt avec celles de l'Altaï et spécialement 
avec les idiomes flnno-ougriens, il a très-bien réussi à faire con- 
naître le caractère de la langue. On s'en rapportera souvent à lui 
ci-après pour des détails. 

Le prince Lucien Bonaparte composa à Londres, en <862 2, un 
mémoire sur les analogies entre le basque et le finnois ; il les 
cherchait pour la plupart dans la formation du pluriel, dans la 
déclinaison définie mordvine, dans la conjugaison objective mord- 
vine, vogoule et magyare, et dans l'harmonie vocalique; nous 
nous souviendrons aussi souvent de lui dans le cours de ce tra- 
vail. 

D'autres aussi ont encore, quoique fautivement, traité de la 
langue basque. C'est ainsi, par exemple, que Klaproth trouve en 
elle beaucoup de formes et de mots appartenant aux idiomes du 
nord et de l'ouest de l'Asie^. D'après Hoffmann, elle serait appa- 
rentée avec la famille sémitique*, mais Edwards dit qu'elle a ses 
affinités dans le celte et il fait des Ibères les antiques Èques, 



1. Mahn C. A. F. Denkmdler der baskischen Sprache mit einer Ein- 
leiiung . 

2. Langue basque et langues finnoises : \. Formation du nominatif 
pluriel; 2. Déclinaison définie; 3. Conjugaison objective pronomi- 
nale ; 4. Harmonie des voyelles. 

3. César Cantu : Histoire universelle^ t. I, p. 316. 

4. Hoffmann : Die Iberier im Westen und Osten. Leipzig, 1838. Dans 
Cantu, t. I, ]). 184. 



H ESSAI SUR LA LANGUE BASQDE. 

Séquanes el Arvernes'. James Kennedy^ remarque à la honte des 
linguistes modernes leur négligence pour le basque, et il cite 
quelques analogies anglo-finnoises, dans son célèbre supplément 
aux observations de Wedgwood, qui fait dériver les mots alle- 
mands kœnig, kunig du tatare khan, ostiaque khon, votiaque kun 
« roi ». Kennedy rappelle qu'en basque on dit jaun^ c'est-à-dire 
haun « seigneur ». 

Enfin Steinthal, qui a réparti en treize classes les langues con- 
nues, attribue à la langue basque la dixième de ces classes, de 
sorte que les idiomes égyptiens, sémitiques et sanscrits se trouvent 
seuls après elle. 

' §^- 
PRONONCIATION ET TRANSCRIPTION. 

La prononciation du basque est douce; ses consonnes et _ SP-'^ J 
voyelles permutent d'une façon véritablement régulière. 

II n'y a point d'accumulation de consonnes; deux d'entre ellea_ 
ne commencent jamais un mot et ne le terminent que très-excep- 
tionnellement; au milieu des mots 1er est régulièrement redoublé. 
Les voyelles basques sont a, e, i, o, w, qui dans leurs groupe- 
ments gardent chacune leur son propre (9). Parmi les consonnes, il 
n'y a pas de f, comme en finnois, el le^ se met à sa place (1 0} . Lec,^" 
devant les voyelles a, o, u sonne comme le k magyare, mais^ 
devant e, i il siffle comme le c français ou le sz magyare, c'est pour- 
quoi dans cet écrit nous transcrivons le premier c ou yt, et le se- 
cond 5 (-H). Les grammairiens emploient çî^ devante et ^■; nous nous 
servirons simplement de k au lieu de ce double signe. Nous conser- 
vons le caractère is représentant un son simple propre au basque 
qu'on a comparé au ^A anglais (t2); au contraire le tz qui se ren- 
contre dans les textes et dont Humboldt dit: ein echt vaskischer 
haut « un pur son basque », n'étant pas autre chose que notre^c^ 
nous le transcrirons par ce dernier signe. 

Le son h paraissant dur au basque, il le prononce doux, comme 

1. hoc. cit. (Cantu). 

2. Transactions of the phil. soc.., ouv. cit., p. '216. 



DÉCLINAISON NOMINALE. ^5 

r\ quoiqu'il l'écrive 6, mais comme il n'est pas possible de distin- 
guer quand il conserve le son 6, car cela arrive aussi, et quand il 
l'adoucit en r, j'ai conservé partout le signe b dans mes transcrip- 
tions (13). 

Je représente par c le son ch des textes, qui correspond au çh 
espagnol . "' '^~ """ '"" 

Par conséquent, d'après notre système transcriptif, on peut 
dresser le tableau suivant : 



c (devant a, o, u) = k. 
qu (devant e, i) = k. 
c ou f = s. 

tz partout = e. 

ch id. = c. 



y et i entre deux voyelles = j. 
z conservé partout = z. 

X très-rarement rencontré = ks 
// mouillé ou ly mag. = V. 
n id. ou ny id. = n. 



I 



\ 



i 11 y aurait en outre k, p, t, l, n, r, avec h que je conserve 
j aussi, comme dans ikhara « tremblant », athe « porte », elhe 
\ « parole ». Z et n sont néanmoins mouillés comme notre ly et 
i notre ny, p. ex.: sinctu « croire », ubildu « couler » (4 4) 



§5. 
DÉCLINAISON NOMINALE. 

Au sens le plus vaste, on comprend dans le mot « nom » le 
substantif, l'adjectif, le nom de nombre, le pronom et le verbe. 
La déclinaison de tous ces noms se ramène en basque à peu près 
à un seul paradigme, car elle est partout la même, sauf chez les 
pronoms où il y a quelques différences. Mais avant d'exposer cette 
formation, il est nécessaire de présenter une observation relative- 
ment à l'accentuation. 

La langue basque emploie l'accent d'une façon différente au 
singulier et au pluriel. Au singulier, il se place sur la dernière 
syTIaBe'eTn y est tellement obligé que, quand, dans la déclinaison 
définie, le pronom démonstratif de la troisième personne qui joue 
le rôle de l'article se met à la fin du substantif, de l'adjectif ou 
du nom de nombre, c'est lui qui prend l'accent ; au pluriel, au çon- 



46 



ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 



traire, l'accent se place sur la syllabe radicale et il en est de même 
aussi dans le verbe, p, ex.: Jaund,jau7iuk a le seigneur », jauna- 
rén a du seigneur », mais Jdunak, jdunen « seigneurs, deg^r 
gneurs », dàukazute « vous le tenez. », (45). 

Nous avons dit plus haut qu'en basque les suffixes nominaux 
se joignent au pronom démonstratif de la troisième personne, 
mais cela se fait de telle façon qu'il est toujours possible de dis- 
tinguer pleinement le thème et les suffixes. 

Il n'y a pas en basque une double déclinaison comme en mord- 
vine par exemple (4 6), mais seulement le pronom démonstratif delà 
troisième personne sert, comme le mordvine se, à indiquer que le 
nom est déterminé, ou pour parler plus exactement il s'ajoute à 
lui dans ce but, par ex.: kudo « maison », kudoi « la maison »; 
en basque, ait « père », aitd « le père », eme « femme » {\ 7), emed 
« la femme ». 

De plus, cet article convient également à l'un et à l'autre sexe, 
parce que le basque, comme les langues altaïques, ne distingue 
pas les sexes. 

La déclinaison de cet article est la suivante : 





Singulier 


Nominatif 


a, ak « le » 




( arén 


Génitif 


l aréna 




( arénak 


Datif 


ari., aréncat (-18) 


Accusatif 


d 


Vocatif 


a 




, arékin 


Relatif 


\ afjatik 
\ agdbe 




Wi«, Cfm, agân 





Pluriel 






ak « les » 






len 






lena 






( enak 






ai, encat 






ak 






d 




avec 


1 akkin 


avec 


par 


akyatik 


par 


sans 


1 ak (jahe 


sans 


dans 


\eian, akgan 


dans 



Il faut remarquer: \° que la terminaison nominative a est 
employée comme passive et souffrante, mais ak comme active, 
avec les verbes; p. ex.: humed il da « l'enfant est mort », gizo- 
ndkjan du « l'homme l'a mangé » ; 

2° qu'entre les trois terminaisons du génitif, il y a à peu près 



DECLIMISON NOMINALE. 



n 



cette différence : arew, pi. en, marque le génitif qui est accompa- 
gné de l'objet possédé, comme aitarén semed « le fils du père » ; 
— aréna, pi. ena, marque la possession isolément, lorsqu'il ne 
s'agit que d'un objet possédé : s'il s'agit de plusieurs, on se sert 
de arénak, enak, p. ex.: noréna da ece au? « à qui est cette mai- 
son » ? gizon-ena « aux hommes » ; ece ojek norenak dira ? « ces 
maisons, à qui sont elles » ? gizon-enak «. aux hommes » (^9) ; 

3° que le basque, comme on le voit, n'a pas de suffixe accusatif 
et que la terminaison a du nominatif s'emploie toujours à sa place. 

4° Je crois superflu d'expliquer ces syllabes de relations qui 
correspondent aux suffixes proprement dits des langues altaïques; 
le Magyare en trouve l'explication dans sa langue maternelle. 

Sur ces indications, il n'est par conséquent pas difficile de 

décliner un nom basque quelconque, car la déclinaison du pronom 

implique celle du nom. Par ceci le basque s'accorde avec le mord- 

vine, et, dans la famille aryenne, avec le suédois; seulement (20) 

le mordvine possède en outre une déclinaison indéterminée ou 

indéfinie. Le prince Lucien Bonaparte, dans l'ouvrage cité plus 

haut, s'appuie sur cette analogie. Je vais donc comparer, en les 

mettant en regard l'une de l'autre, les déclinaisons déterminée 

ou définie basque et mordvine ; je prends pour types knd et ece 

(= maison) . 

Singulier. 

Nom. eceâ, eceak 

„, (ecearén, ecearéna 

Gen. { V . , 

( ecearenak 

Dat. ecearf, ecearéncat 

Accus. eceâ (c'est-à-dire le nom.) 

Sociatif ecearékin (avec la maison) 

Causatif eceagatik (par — ) 

Caritif eceagâbe (sans — ) — 

Locatif eceân, eceagân (dans — ) kutt-esa 



kuti 

kutt 

kutti 

kutt (gén.) 
kutt marhta 
kutt pack 



Pluriel. 
Nomin. eceak 

Gén. eceen, eceena, eceenak 

Dat. eceai, eceencat 

Ace. eceak 



kuttnâ 
kuttnen 
kuttnendi 
kuttnen 
2 



^g ESSAI sua LA LANGUE BASQUE. 

Soc. eceakkin kuttnen marhta 

Caus. eceakgatik kuttnen pack 

Carit. eceakgabe 

Loc. ece^tan (2^) kuttnen-esa 

Les grammairiens français et espagnols ont appelé ablatifs ces 
formes, marquées par de véritables suffixes relatifs, qu'ils n'ont 
pas comprises ; mais il en est d'autres plus singuliers encore, tels 
que az, zas, z, ez, p. q\.: jainkoaz oroicen eztà « il ne se souvient 
pas de dieu »; astn du bere buruaz « il s'est oublié lui-même », 
proprement « il a oublié sa propre tête » {bere, pron. génitif de 
3« personne; buru « tête y>] ; ocjiz asect « rassasié de pain«-, autsez 
beteâ « plein de cendres ». Ce sont là également des suffixes de 
relation, bien que les Français et les Espagnols en fassent aussi 
des génitifs et des ablatifs, *de sorte que nous pouvons présenter 
ci-après le tableau complet de ces suffixes : 

ait « père » (22) , aitâ « le père « 
Singulier. Pluriel. 

aitàrekin avec le père àitakkin 

aitagâtik par le — dUakyatik 

aitagdbe sans le — ditakyabe 

aitàn, aitean ^ ^^^^ j^ _ ^'^^e^aw 
aitagdn j 

aitaz sur le — aitakaz 

aitez avec le — aitakez 

aitez du (ex) — aitakez (23). 

Mais ce n'est pas encore fini. Je vois, dans la partie de mes 
grammaires consacrée à la syntaxe, à propos de la préposition et 
de l'article français et espagnol de, des qui, nous le savons, ne 
sont pas seulement des expressions de génitif, mais correspon- 
dant dans les idiomes de notre famille soit à divers suffixes rela- 
tifs, soit à divers mots de relations (postpositions), — que les gram- 
mairiens, ne sachant pas se reconnaître au milieu des suffixes 
analogues de la langue basque, les ont traités comme des postpo- 
sitions eU des adverbes. Je réunis ci-après en premier lieu les 
sufùxes et ensuite les mots de rapports. 



DÉCLINAISOJN NOMINALE. 49 

Dérivatif (mag. -bol, -bol, de, ex sans mouvement), koa, ekoa, 
go, goa; comme Tolosakoa « étant de Tolosa », Ma- 
drid-ekoa « Madrilène » ou « étant de Madrid »; mais 
s'il s'agit de substances, le suffixe est alors ez, az, 
comme : ciïar-ez « d'argent », urr-ez « d'or », 05^0; 
« de feuille ». 
Séparatif [mag. -rôL, -rôl, de, ex avec mouvement), di, dik, tik, 
etik : goitik d'en haut, lurretik « de terre » ; au plur. 
etatik, etarik : eceetatik ou eceetarik « des mai- 
sons ». 
Élatif (mag. -toi, -tôl, de, de chez) gandik, ganik: aitaganik 

« de chez le père ». 
Allatif(à) era, ra : ecera « à la maison » , basterrera « au coin » (24) . 
Approximatif (chez avec mouvement) ga7ia : nere aitagàna « chez 

mon père ». 
Directif (vers) eronz: Burgoseronz « vers Burgos ». 
Approximatif (jusqu'à) eraiîo, rano, dano : Madriderano « jus- 
qu'à Madrid », eceraào «jusqu'à la maison », aurten- 
dafio « jusqu'à cette année », etc. 
Sociatif (avec) rekin : aitârekin « avec le père » (déjà mentionné). 
Élévatif (sur) az: ece-az « sur la maison ». 
Locatif (dans) an, ean, gan, etan, barruan, comme : aitâan 
« dans le père » ou aitagan; ece barruan « dans la 
maison », etc. 
Causât if (pour) rencako (26), comme semea-rencako « pour le fils »; 
(afin de) ceko, comme janceko « afin de manger »; et 
teko : ikusiteko « pour voir, afin de voir » (27). 
(A travers, par) rako, comme : mendi-rako « à travers la mon- 
tagne », lau urterako « pendant quatre ans », boste- 
gun-eko « pendant cinq jours » ou « pour cinq jours», 
betiko « pour toujours » ; acean se prend aussi dans 
un sens analogue, comme athe-acean <i à travers la 
porte, par la porte » (28). 

POSTPOSITIONS. 

Après : buruàn; bost egun buruàn « après cinq jours » ; buru = 
tête, c'est donc proprement « avec l'achèvement com- 
plet » . 



20 ESSAI SUll LA LANGUE BASQUE. 

Devant : mirrean; gizonarén aurrean « devant l'homme ». 
Sous : 7;eaw; ical pean « sous l'ombre, à l'ombre «. 
Autour : ondoan; eUzaren ondoan « autour de l'église ». 
D'après: arauz^ araura; San Mateoren arauz- «selon S. Mathieu», 
etc. 

Les postpositions indépendantes se placent donc pour la plupart 
après le suffixe du génitif, comme on le voit par ces exemples. 

En résumé par conséquent, le basque, comme les langues 
altaïques, traduit les diverses relations exprimées par les préposi- 
tions aryennes au moyen des suffixes et quelquefois par des post- 
positions. 

Le basque possède cependant aussi un suffixe singulier qui est 
employé dans l'interrogation et la négation ; c'est ik et rik^ le pre- 
mier après une consonne, le second après une voyelle (29), p. ex. 
budezu ogirïk « as-tu du pain »? bururikeztu « il n'a pas d'idée » 
(proprement il n'a pas de tête; dans cztu^ ez est la négation, tu 
veut dire « il a ») (30). 

La déclinaison des noms propres diffère de celle des noms com- 
muns en ce que les suffixes casuels s'y joignent sans l'intermé- 
diaire du pronom a (3^) et les voyelles finales prennent après elles 
un f euphonique, comme José., Jose-ren^ Jose-ri^ etc.; Martin, Mar- 
tin-en, Martin-i, Martine-kin, Martin-gatik, etc. 



ADJECTIF. 

La déclinaison de l'adjectif est entièrement semblable à celle du 
substantif, après lequel il se place régulièrement et de telle façon 
que ce n'est pas le nom commun qui prend l'article mais l'adjectif; 
aussi, lorsque plusieurs noms et adjectifs sont l'un après l'autre, 
le dernier seul se décline, p. ex.: ur (jarbi-â « l'eau pure », gén. 
ur garbiarén « de l'eau pure », dat. ur garbiari « à l'eau pure » 
(ou littéralement (/e la pure eau, à la pure eau] ; évangile de saint 
Luc, ch. XV, vers. \ 3, eta... ioan cedin herri urrimbatetara « et... 
il s'en alla à un pays lointain » [herri « pays » et urrun « loin », 
avec l'article indéfini bat batek « un » dont le k s'est euphonique- 



NOMS DE NOMBRE. 2i 

ment adouci en t, d'après une règle de la langue (33) ; le suffixe 
ara (à, vers), pris dans le sens allatif, est un de ceux que les 
grammairiens, n'ayant pas compris, n'ont pas comptés parmi les 
suffixes de relations). 

Le nom commun se trouve régulièrement sans suffixes de rela- 
tions, non-seulement quand il est suivi d'un adjectif, mais encore 
quand il l'est d'un pronom ou d'un nom de nombre, et même, avec 
un nom de nombre, il ne prend pas non plus le suffixe du pluriel, 
comme zaldi ojek « ces chevaux », izar bi « deux étoiles » (34). 

Le comparatif des adjectifs se marque par la syllabe ijo^ ayo : 
bero « chaud », beroago « plus chaud »; oca « froid », ocago 
« plus froid »; edér « beau », ederdgo « plus beau »; et même, 
comme en magyare, le nom commun est susceptible de ce degré, 
p. ex.: gizonâgo naiz hura bafio, mag. emberebb vagyok. mint ô 
« je suis plus homme que lui » (35). 

Le superlatif se forme par la syllabe en, ou avec l'article etia : 
andi « grand », andien « (le) plus grand »; ciki « petit », cikien 
« (le) plus petit » : il exige toujours le suffixe du génitif, p. ex. : 
gucien andiena « le plus grand de tous ». Le superlatif est encore 
formé d'une autre manière, à l'aide de composés qu'on trouve aussi 
dans d'autres langues, comme lit ederra « très-beau », citez an- 
dia « très-grand », guciz samina « très-amer », etc. (36). 





§6. 






NOMS DE NOMBRE (37). 




\ bat 


\2 amabi 


40 berrogei 


2 bi 


13 amairii 


60 hirurogei 


3 hiru 


\h amalau 


80 laurogei 


4 lau 


-15 amabost 


400 eun 


5 bost 


\6 amasei 


200 bereun 


6 sei 


^7 amazaspi 


300 hirureun 


7 zaspi 


^8 amazorci 


4000 millâ 


8 zorci 


J9 emereci 


2000 birmillâ 


9 bederaci 


20 ogei 


3000 hirumilld 


^0 amàr 


'2{ ogeitabat 


etc. 


\\ amaika 


22 ogeitabi 


etc. 



22 ESSAI SU« LA LANGUE BASQUE. 

Parmi ces noms de nombre, bi ressemble au latin bis, bini; 
hiru est quelque peu analogue au finno-ougrien hârom, kohno, 
kolme; bost parait se rapporter au turc 6es, et set à l'arya sex; le 
8 et le 9, zorci, bederaci, dont les syllabes finales sont pareilles, 
semblent déjà composés tandis que ^ à 7 sont simples. 

Dans « neuf » bederaci, nous pouvons distinguer « un », bai, 
ici devenu bed; si la syllabe ci était le reste de quelque vieux mot 
signifiant « dix «, cela pourrait vouloir dire qu'en basque « neuf» 
bcderaci serait précisément « dix moins un » comme c'est le cas 
du magyare kilencz^ du finnois y/cdeksàn, du mordvine vàjkse, 
du votiaque okmiis, etc., ce qui serait en outre surprenant en ce 
qu'il y aurait une étrange conformité avec le magyare à cause du 
son cz. Il est encore plus difficile d'expliquer « huit » zorci; quand 
ci signifierait « dix », il n'est pas possible d'expliquer zor par bi, 
et cependant, d'après la logique du langage, il devrait en être 
infailliblement ainsi. Telle est du moins ma conviction, mais je ne 
sais pas encore expliquer la dérivation à cause de l'insuffisance de 
mes connaissances actuelles. 

Les nombres de dix à vingt sont composés d'une façon très- 
claire et n'ont pas besoin d'explication; vingt = ogei; quarante 
n'est pas comme dans la famille fînno-ougrienne « quatre fois 
dix », mais « deux fois vingt»; soixante = « trois fois vingt », 
quatre-vingt == « quatre fois vingt ». Le basque milld « mille » 
est un mot arya emprunté. 

Les nombres cardinaux se déclinent tous en basque et prennent 
aussi l'article; ceux qui se terminent par une voyelle prennent la 
lettre A-, et ceux terminés par une consonne la syllabe ak ou ek, 
comme bat, batek; bik « deux «, ou, avec détermination, biak 
« les deux »; hiru fait hiruk, bost bostek^ et amar amarrek en 
redoublant le r (38). 

Bat, batek est en même temps Farticle indéfini; sa déclinaison 
est double, suivant qu'il prend le suffixe ak ou le suffixe eA-, pour 
profiter ou non de la détermination (39); 

Sa déclinaison est la suivante : 

Singulier. 
Nom. bat, bdtak bat, baték. 

Gén. bdtaren, -enzas bdten, bdtetia, bdtenzas. 





PRONOMS. 


Dat. 


bat art, -renzat bdti, bâtencat 


Rel. 


(avec) baiekin (sans) batgabe 




Pluriel (40). 




Nom. bâcuek. 




Gén. bdcuen, bâcuena, bdcuenzas 




Dat. bdcuei, bàcuetizat 




Rel. (avec) bacuekin, (sans) bacuekgabe 




Bi « deux ». 




Sans l'article. Avec l'article. 


Nom. 


bi, bik. biak 


Gén. 


birena., bizas biena., bienzas 


Dat. 


biri^i birencat biai^ biencat 


Rel. 


birekin^ bigabe biakkin, biakgabe., etc 



23 



Les nombres ordinaux sont formés par le suffixe garren : bigar- 
ren « deuxième », hirugarren « troisième », ogeitabatgarren^ 
« vingt-et-unième » ; lenengo, lenengoa « premier ». 

Les nombres ordinaux se déclinent aussi régulièrement avec 
l'article comme les substantifs, bigarrena, bigarrenak., etc. 



§7. 

PRONOM. 

Les pronoms se distinguent les uns des autres de la même façon 
que dans les autres langues; on retrouve également en basque les 
pronoms personnels, possessifs, démonstratifs, relatifs et indéfi- 
nis; la déclinaison en est régulière, plus régulière même que dans 
mainte autre langue. 

Pronoms personnels. 

4"'pers. 2e pers. 3* pers. 

., Ihi, hik 

-, \m, nik \ ' , 

Nom. ( , \eu, euk a, ak 

\neu, neuk / , 

^ \zu, zuk 



24 



Gén. 



Dat. 



Rel. 



inizas 
)neuzas 



ESSAI SCR LA LANGUE BASQUE. 

Ihizàs 



euzas 



miri, nerecàt 
\neuri, neurecat 



(avec' 



.(sans 



\nerekin 



[neurekin \eurekin 



\zuzas 

Ihiri, hirecàt 
\euri, eurecat 
[zuri^ zurecat 
Jiirekin 



arena^ azas 



ari, arencât 



arekin 



inigabe 
\neugabe 



Nom. 
Gén. 

Dat. 



-I'^ pers. 

U/u, gnk 
\gueu, giieuk 
guzds 
gueuzds 
guri, gurecat 
gueuri, gueu- 
recat 



zurekin 
higabé 
eugabé 
zugabe 

Pluriel. 

2* pers. 



zuek 



menzas 



•,uei, zuencat 



agabe 



3e pers. 
ajek 

ajena, ajenzas 
ajei^ ajenzat 



Les divers suffixes de relation se joignent régulièrement aux 
pronoms pluriels : gugabé « sans nous », gueugan « en nous », 
ajekgatik « par eux », etc. 

Pronoms possessifs. 

Nere-a, neure-a « mon, mien », liire-a, eure-a « ton, lien », 
zure-a « ton, tien » (dans la conversation courtoise); bere-a « son, 
sien »; gure-a^ gueure-a « notre » ; zuen-a^ serena « votre »; be- 
rena, ajena « leur ». — Isolés, ils se déclinent régulièrement à 
l'aide du pronom démonstratif, p. ex.: norénak dira? « à qui 
sont-ils? » neréak a à moi (les miens) ». Ils sont au contraire 
indéclinables lorsqu'ils précèdent un substantif (4^), nere aità 
« mon père », nere aitarena « la chose de mon père». 

Il faut remarquer qu'il y a une double forme du pronom de la 
seconde personne; c'est d'abord /«, hik ou ew, euk^ employé plus 



PRONOMS. 23 

familièrement, et ensuite zm, zuk plus courtoisement. C'est pour- 
quoi, dans le verbe, il y a également à la seconde personne trois 
formes, suivant les relations personnelles entre celui qui parle et 
celui à qui l'on parle. Il en est de même pour le pronom possessif 
de la seconde personne: zure-a est plus courtois que hire-a ou 
eure-a (42). 

Pronoms démonstratifs. 

Singulier. Pluriel. 

Nom. au, onék (celui-ci) ôjek 

Gén. onenà, onenâk, onézas ojena, éjenak, ôjenzas 

Dat. owî, onencat ôjei, ojencat 

P , ionekin (avec lui). jojekin 

(augabe {s3.ns lui). {ojekgabe 



Entre autres façons de parler, il y a aussi au, auk, haur, ku- 
nek; parmi les génitifs, les deux premiers indiquent un seul objet 
possédé mais le troisième plusieurs. Il y a encore une autre expres- 
sion analogue, ori, orrek, qu'on distinguerait du premier en français 
en ce qu'on traduirait au par celui-ci, celle-ci et ori par ce, cet, cette : 
on peut dire encore que le premier est indépendant et que le second 
se place devant un substantif (43) ; sa déclinaison est du reste 
tout à fait régulière : son pluriel est oriek; gén. oriena, orienak, 
orienzas; dat. oriencat, etc. 

Si maintenant aux pronoms démonstratifs que nous venons de 
citer on ajoute la syllabe kse ou ce, ils deviennent des pronoms 
réfléchis, comme aukse, onecek « lui-même »; oriksé, orrecek 
« celui-ci même ». Leur déclinaison se développe avec régularité, 
comme : 

Sing. Plur. 

Nom. auksé, onecék ojecek 

P , jonencend, jojekcena 

[onecenzâs \ojecenzas 

ioniksé injeikse 

[onencencât {ôjecencat 

{onekince (avec) jôjecekgabe (sans) 

(auksegabe (sans) [ôjekince (avec), etc. 



Dat 
Rel 



26 ESSAI SDK LA LANGUE BASQUE. 

Orikse, orrecek 

Nom. oriksé, orrecék oriecek 

iorrencena ioriecena 

' \orrecencàs [oriecenzas 

(orriksé jorieikse 

[orrecencdt \orieccncat 

{orreksegâtik (par) orîecekgatik 

^ ' {orreksegan (dans) oriecetan, etc. 

Mais la première et la seconde personne prennent aussi la signi- 
fication réfléchie en se composant avec les pronoms démonstratifs, 
comme nerau^ neronek « moi-même » ; herori, herorrek « toi-même » ; 
et aussi serori, serorek « toi-même », dérivé du pronom zu de la 
seconde personne; au pluriel, guerok « nous-mêmes « ; zuek, serok 
« vous-mêmes ». 

Il y a encore, à la troisième personne, un autre pronom réflé- 
chi, berau^ beronek « celui-ci même » et berori^ berorrek « celui- 
là même « ; le premier se décline comme au, onek^ le second 
comme ori, orrek, au singulier (44). 

Pronoms relatifs, 

Qui servent aussi en même temps de pronoms interrogafifs. 11 
y en a trois de cette espèce : nor^ nork « qui », sein, seinek « lequel, 
que », et serk « quoi » (45). Ils se déclinent de la même façon au 
singulier et au pluriel. 

Nom. nor, nork sein, seinek 

Gén. norend, norenàk norzâs seinend, seinendk, seinzds 

Dat. Nori, norencat seinî, seinencat 

Les suffixes de relation s'ajoutent régulièrement au nominatif. 

Nom. ser, serk. 

Gén. serend, serendk, serzâs 

Dat. sert, serencdt, etc. 

Enfin , les pronoms indéfinis sont les suivants : inor, inork 
« quelqu'un »; son opposé nihôr, nihork « personne » (46); edo- 
séin, edoseiàek « quelqu'un » ; eser, eserk « quelque chose »; nor- 



CONJnGAISON GÉNÉRALE. 27 

bait^ norbaitek « quelque « ; bat, batek « un certain « (c'est pro- 
prement le nom de nombre signifiant « un » ; son nom. plur. est 
bacuek comme pour Je nom de nombre (47) ; sembait, seimbai- 
tek sing., seimbat, seimbatek plur., interrogatif, « combien », par 
exemple: seimbait da ori « combien est ceci? » seimbat ou seimba- 
tek datoz « combien viennent-ils? » Je mentionnerai encore bakoica, 
bakoicak « chaque », beste-d, bestedk « autre ». 



§8. 
VERBE. 

La science du langage classe le basque parmi les restes les 
plus précieux des temps anciens, à cause de la construction prodi- 
gieuse de son verbe. Le basque, dans son verbe, a une flexion 
analogue à celle des langues sanscrites, mais il les dépasse de 
beaucoup par l'incontestable cohésion intime et la précision de 
signification de ses formes. Car il n'exprime pas seulement dans 
le verbe le sujet, et cela d'une manière qui n'est nullement agglu- 
tinante (48), mais encore, par l'union étroite des suffixes person- 
nels avec le radical du verbe, une double relation objective (49). 

Mahn, dans son ouvrage déjà cité', dit, à propos de cette parti- 
cularité de la langue basque, qu'elle a la plupart de ses analogies 
avec quelques idiomes de l'Amérique du Nord, comme p. ex. avec 
ledelaware; seulement les langues américaines enchâssent dans 
le verbe, non pas les pronoms seuls, mais des substantifs entiers 
(c'est pourquoi elles ont été nommées « polysynthétiques ») (50), 
tandis que le basque n'ajoute que les pronoms, mais il les fond si 
parfaitement dans son verbe que, le plus souvent, il est très-diffi- 
cile de distinguer les divers composants. — En ceci, c'est seule- 
ment dans le rameau finno-ougrien que l'on trouve des analogies; 
le mordvine notamment peut prendre objectivement chaque per- 
sonne de quinze façons différentes, ce que le magyare ne peut faire 
parce qu'il n'ajoute qu'à la première personne la seconde objecti- 
vement, quoique à chaque forme il puisse joindre un régime direct 

1. Mahn. Introduction, p. xxix. — L. Bonaparte, ouv. cit., tabl. I. 



J 



28 ESSAI SUR LA LANGUE «ASQUE. 

de troisième personne. Le vogoule, qui possède le duel, déveloj.pe 
encore plus de formes que le mordvine dans la conjugaison objec- 
tive, bien qu'il ne sache pas exprimer dans le verbe le régime de 
première personne. Le prince Lucien Bonaparte expose ces analo- 
gies dans un tableau qui ne comprend que vingt-huit formes 
basques, ce qui n'est pas beaucoup, puisque au temps présent seu- 
lement, elle en possède quatre-vingt-quinze (54); ce tableau offre 
le rapprochement intéressant des formes du verbe basque, mord- 
vine, vogoule et magyare. 

Une cause de multiplication des formes du verbe basque c'est 
que la seconde personne varie suivant qu'on adresse la parole à un 
homme ou à une femme; il y a même une troisième forme, nom- 
mée « courtoise » qui s'adresse à une personne estimée d'une 
façon particulière et qui se forme régulièrement par la suffixation 
au verbe du pronom zu de la 2^= pers. (52). 

11 y a deux manières de conjuguer un verbe basque ; la pre- 
mière et la plus générale a lieu au moyen de verbes auxiliaires, 
« avoir » det, dezu, du, ou, pour les verbes passifs et intransitifs, 
« être y> naiz, zera, da^ etc.; nous l'appellerons la conjugaison 
composée. La seconde, que beaucoup de personnes et surtout 
Mahn ont qualifiée de primitive (53), dont aujourd'hui seulement 
est commencée l'analyse, sera la simple qui n'est pourtant appro- 
priée de nos jours qu'à quelques verbes de formation exception- 
nelle : deekarri « porter » se forment dakart^ dakarzu^ dakar, etc. 

La langue basque a trois sortes de verbes, l'actif, le passif, et 
le neutre ou intransitif (54) ; il faut encore distinguer, dans les 
verbes actifs, s'ils sont simplement actifs (on appelle alors en espa- 
gnol leur conjugaison « pura » et en français « absolue »), ce qui 
arrive quand ils n'ont qu'un régime direct de première, seconde 
ou troisième personne; ou s'ils sont intransitifs, c'est-à-dire s'ils 
ont, outre le régime direct (objet), un régime indirect (attribut). 

C'est pourquoi le verbe actif a dix-huit formes différentes, sui- 
vant la variété des suffixes personnels objectifs et attributifs; 
mais si nous considérons que la 2'- pers. est ordinairement triple, 
nous aurons encore cinq formes, ce qui en donne en tout vingt- 
trois (55). Par exemple, ^a^e^ dezu « tu le manges y).,jaten dituzu 
« tu les manges », jaten nazu « tu me manges », — il n'y a ici 
qu'un rég. dir., ce sont des formes pures, simplement actives; 



CONJUGAISON GÉNÉRALE. 29 

mais jaten didazu « lu me le manges y>,jaten diskidazu « tu me 
les manges » ainsi que jaten deguzu « tu nous le manges y>, jaten 
diskiguzu « tu nous les manges » sont des formes transitives. 

Après ce qui vient d'être dit, on comprend aisément que la con- 
jugaison du verbe neutre ou intransitif est beaucoup plus simple; 
car elle a seulement sept formes, une sans attributs personnels 
et six avec les attributs sing. ou plur. de la 3" pers. Le verbe 
neutre emploie régulièrement l'auxiliaire naiz « je suis », mais il 
y a des verbes qui font exception et ne prennent pas d'auxiliaires 
(Mahn tient leurs formes pour plus anciennes que les composées), 
p. ex.: nator «je viens», zatoz «tu viens », datoz «ils viennent », 
radical etor, inf. etorcen. Ainsi, dans le verbe neutre, les suffixes 
personnels sont initiaux et se marquent par les lettres w, z, d, g, 
z, d. 

La conjugaison du verbe passif est assez simple : elle est toujours 
périphrastique ; elle se compose du participe du verbe actif auquel 
on ajoute l'auxiliaire naiz « je suis », comme eman naiz^ eman da 
« je suis, tu es, il est donné ». 

Modes. Le verbe basque a cinq modes : indicatif, conjonctif, 
conditionnel, optatif et impératif; on a compté en outre un poten- 
tiel et un habituel, mais ces deux prétendus modes ne sont formés 
le plus souvent que par l'addition de différents préfixes et ne 
constituent pas ainsi des modes composés, comme jaten aldet « je 
peux manger y>^ jaten oidet « j'ai coutume de manger ». 

Dans chaque mode, il n'y a que deux temps primaires, formés 
par des suffixes ou affixes réels (56), le présent et l'imparfait, 
mais par la composition on a formé beaucoup d'autres temps dont 
nous parlerons plus lard. Ainsi, dans le mode indicatif, les gram- 
mairiens distinguent, outre les deux temps déjà mentionnés, le 
présent passé, qu'on appelle premier parfait, le second parfait, 
le plus-que-parfait et deux futurs; dans les autres modes, le 
nombre des formations usitées varie : nous y reviendrons égale- 
ment plus tard. 

Mais, puisque la conjugaison régulière du verbe basque a lieu 
au moyen de verbes auxiliaires et que la conjugaison ancienne, 
simple, nommée irrégulière, est beaucoup moins en usage que celle 
par les verbes auxiliaires, nous devons avant tout distinguer deux 
choses : 



30 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

1° Le verbe régulier indéterminé ou l'infinitif, le nom verbal, le 
gérondif; 

2" La conjugaison des verbes auxiliaires. 

Je veux cependant mettre en parallèle avec cette conjugaison 
composée celle de la conjugaison simple ancienne, qui, à beaucoup 
d'égards, renseigne encore mieux que l'autre sur le système logique 
d'après lequel se développe entièrement la conjugaison basque. Le 
participe ou nom verbal se forme du radical; mais la découverte 
de ce radical est difficile : Mahn croit qu'on l'obtient en enlevant 
la lettre n de l'infinitif présent; ainsi de la forme^aw on aurait par 
cette suppression le radical j'a; celui de erran serait er et ita celui 
de han. 

Les formes suivantes, parmi celles du verbe « manger », jouent 
un rôle dans la conjugaison (57) : 

infinitif présent jan.jatea^ « manger ». 

— passé jan izan « avoir mangé » . 

participe présent jaten « mangeant ». 

— passé jan-a « mangé ». 

futur V. . ^^ ,' «devant manger». 

(jan-izango. 

Il faut remarquer que la formera;?, a deux significations, comme 
présent de l'infinitif et comme passé du participe ou nom verbal; 
quant à la forme ja^m qui est en même temps la régulière (comme 
eman ematea « donner », jocm joatea « aller »), elle est suscep- 
tible de varier et d'être produite par l'addition au radical de cea, 
comme icusi icusicea « voir », sor sorcea « naître » : ceci est la 
forme irrégulière (60). 

Le verbe auxiliaire izan « être », izango « devant être », pos- 
sède une double signification. Quand il est isolé, comme naiz^ aiz 
ou cera, cla^ il a le sens de « être », « je suis, tu es, il est » ; mais 
quand il est employé avec det, dezu^ du, verbe auxifiaire signifiant 
« avoir », il prend lui aussi cette signification « avoir ». Ainsi, 

1. Mahn cite en outre des infinitifs terminés en tu, comme lanlu 
« travailler », neurtu « mesurer » ; et même aussi la terminaison ki, 
comme etiki « avoir » ; mais je ne trouve pas cela dans mes gram- 
maires (58). 



CONJUGAISON GÉNÉRALE. 34 

nous disons au passé izan det^ izan dezu^ izan du « j'eus, tu eus, 
il eut » mais « je fus » se dira izan naiz (6-1). 

Ceci posé; nous pouvons nous occuper de l'analyse du verbe 
auxiliaire, mais il faut remarquer encore que les noms verbaux 
ou participes du verbe conjugué restent invariables; c'est au 
moyen de l'auxiliaire, dans lequel se fondent intimement tant les 
sujets personnels que les éléments objectifs et attributifs, que la 
conjugaison se poursuit. On peut ne pas mettre les pronoms per- 
sonnels devant le verbe qui exprime lui-même, au moyen de suf- 
fixes ou de préfixes, les relations subjectives , comme dans les 
langues fînno-ougriennes ou comme en grec et en latin. 

J'ai (62) se dit nik det (dialectiquement dut] 

Tu as — zuk dezu (63) (fM, deu) 

Il a — ark du (dial. deu] 

Nous avons — guk degu 

Vous avez — zuek dezute 

Ils ont — ajek dute 

Pour analyser toutes les dix-huit ou plus exactement les vingt- 
trois formes du présent, arrêtons-nous sur les caractères du temps 
présent de l'auxiliaire. Ici, le radical verbal est, d'après Mahn, la 
voyelle e, o ou 'M : je peux le dire aussi, après mes propres 
recherches; l'infinitif serait eu-ki « avoir » (64); la lettre initiale 
d marque le régime direct; les suffixes personnels sont placés à la 
fin, ce qui, soit dit en passant, se produit dans les verbes actifs (65) : 
le contraire a lieu pour les verbes neutres, intransitifs, où les 
suffixes personnels sujets se placent devant le radical verbal au- 
quel s'unissent par derrière les régimes indirects des pronoms per- 
sonnels. 

En ce qui touche les suffixes personnels de l'auxiliaire cité, 
celui de la première personne qui est vraisemblablement contracté 
de denik ou dunik (66) est t; à la 2*^ personne dezu^ le pronom 
personnel est manifeste ; deu consiste probablement en de + eu 
eidek en de + hik: ces trois suffixes correspondent aux trois pro- 
noms delà 2* personne (67); la 3" personne n'a pas de suffixe per- 
sonnel ; la syllabe gu de degu est indubitablement et sans hésitation 
le plur. du pronom de la -1"' personne; dans la 2" pers. plur. de- 
zute nous distinguons le pronom convenable et un suffixe te mar- 



32 



ESSAI SUR LA LANGUE BASQCE. 



quant la pluralité qui s'ajoute aussi à la forme de la S'^ pers. dute 
dont le singulier est du. 

11 est possible maintenant d'exposer le présent de la conjugai- 
son active sans le rég. ind. et avec le rég. dir. de y pers. xMais il 
faut remarquer que, le duel n'existant pas en basque, laconjug. n'a 
que six personnes. Nous donnerons en même temps le paradigme 
de la conjug. simple ou soi-disant irrégulière où les suffixes et le 
radical sont mieux perceptibles; je rapprocherai de ces dernières 
formes la conjugaison objective du magyare, du mordvine et du 
vogoule. 

Forme 1. 
J'exposerai d'abord en détail les formes du présent, et, pour 
plus de commodité seulement dans la façon de parler soi-disant 
courtoise, c'est-à-dire avec le pronom zu^ zuk de la 2^ personne; 
le nombre des formes analysées ne sera donc que de dix-huit. 

a). Forme composée. 
Sing. Plur. 

1 jaten det « je le mange ». 1 jaten degu « nous le mangeons ». 

2 — dezu {deu,dek) m ta le manges». 2 — de:iute « vous le mangez ». 

3 — du « il le mange ». 3 — dute « ils le mangent ». 

b). Forme simple. 
Nous prenons comme type de la forme simple le verbe ekarri ou 
ekarten « porter », dont le radical est ekar; dans ce radical, la 
voyelle initiale se change en a par euphonie ; pour faciliter les 
comparaisons, je mets en regard les formes analogues du magyare, 
du mordvine (moksa) et du vogoule. 

basque magyare 

Sing. \ dakart hozom 

hozod 
hozza 
hozzuk 
hozzâtok 
hozzâk 



2 dakarzu 

3 dakar 
Plur. { dakargu 

2 dakarzute 

3 dakarte 



mordvine 


vogoule 


sodasa 


kietilem 


sodasak 


kietilen 


sodasasï 


kietitâ 


sodasask 


kietilu 


sodasast 


kietilen 


sodasaz 


kietiânl 



On peut voir par là que le verbe actif de la conjugaison 
simple se sert de préfixes et de suffixes tout comme l'auxiliaire; 
d est l'objectif sing. du pronom dém., reste d'un antique pronom 



INDICATIF PRESENT ACTIF. 



33 



perdu; les suffixes pers. sont les mêmes que dans l'auxiliaire, aÂ:«r 
est le radical. Par conséquent, chaque personne devrait être ana- 
lysée ainsi : d-akar-gu « le-porter-nous », etc. 

Forme II. 

Avec le rég. dir. plur. du pronom dém., et il se présente ici 
une différence entre la forme de la conjugaison composée et celle de 
la conjugaison simple: on a, en effet, pour la forme composée 
(« je les mange », etc.) 

Sing. Plur. 

\ jaten ditut \ jaten ditugu 

2 — dituzu 2 dituzute 

3 — ditu 3 dituzte 

En comparant avec la forme précédente, nous remarquons deux 
choses : la voyelle radicale est toujours i; elle est constamment 
suivie de la syllabe tu que nous devons prendre pour la significa- 
tive du pluriel, comme plus haut la syllabe te^ parce que nous la 
rencontrerons souvent dans un sens analogue (68) ; les suffixes 
personnels sont les mêmes. C'est une syllabe toute différente qui 
marque le pluriel dans la conjug. simple, où nous trouvons zki 
intercalé (69) entre le radical et les suffixes pers., comme : 



Sing. 


\ dakarzkit 


hozom (azokat) 


sodasainâ 


kietiânem 




2 dakarzkizu 


hozod 


sodasait 


kietiân 




3 dakarzki 


hozza 


sodasinâ 


kietiânâ 


Plur. 


4 dakarzkigu 


hozzuk 


sodasask 


kietiânii 




3 dakarzkizute 


hozzâtok 


sodasast 


kietiân 




6 dakarzkite 


hozzâk 


sodasaz 


kietânl 



Forme III. 

Avec l'objectif du pronom de '1''=^ pers., ni, nik, dont il ne reste 
que le n. 

a). Forme composée (« tu me manges, etc.). 

Sing. -1 — Plur. ^ — 

2 jaten nazu 2 jaten nazute 

3 — nau 3 — naute 

Ici la voyelle radicale est changée en «, mais, dans la succes- 
sion des personnes, nous trouvons, peut-être pour raison d'eupho- 

3 



34 ESSAI SUR LA LANGDE BASQUE. 

nie, le suffixe w à la 3^ pars, nau et il persiste encore au pluriel 
nautc. 

h). Forme simple. 

magyare mordvine 



basque 
Sing. \ — 

2 nakarzu 

3 nakar 
Plur. \ — 

2 nakarzute 

. 3 nakarle 



rogoule 



sodasamak 
sodasamari 

sodasamast 
sodasamaz 



Ici la lettre w, rég. de V^ pers., est devant le radical que suivent 
les suffixes réguliers; en magyare et en vogoule, il n'y a pas de 
formes analogues. 

Forme IV. 

Parmi les trois pronoms de la sec. pers., je choisis, comme je l'ai 
dit, ZM, zuk, dont le z est apparent dans la conjugaison. 

a). Forme composée (« je te mange »). 
Sing. Plur. 

4 jaten zaitut ^ jaten zaitugu 

2 — 2 — 

3 — zaitu • 3 — zaituzte 

Ici le z étant le signe de l'objectif, le radical s'est étendu en ai; 
la syllabe tu ne marque pas le pluriel (70), comme dans les deux 
formes suivantes : je ne puis en donner l'explication. 

b). Forme simple. 



Sing. 


basque 

, 1 zakart 
«) 


magyare 
hozlak 


Plur. 


3 zakar 
, \ zakargu 


— 




3 zakarte 





mordvine 


rogoule 


sodata 


kietilem 


sodatanza 


kietitâ 


sodalâdâz 


kielilu 


sodaladcïz 


kietianl 



On voit au premier coup d'œil que la forme simple est entière- 
ment régulière. 

Forme V. 

Le régime pluriel gu, guk, de la première personne, que repré- 



INDICATIF PRESENT ACTIF. 



35 



sente la lettre g ; le radical est ai ; les suffixes personnels suivent 
le tu qui a ici, sans aucun doute, une signiûcation de pluralité. 

a]. Forme composée. 
Sing. Plur. 

^ — ^ — 

2 jaten gaituzu (tu nous manges). 2 jaten gaituzute 



3 — gaitu 

basque 
Sing. -1 — 

2 gakarzu 

3 gakar 
Plur. -1 — 

2 gakarzute 

3 gakarte 



3 — gaituzte 
6). Forme simple. 
magyare mordvine 

— sodatamast 

— sodatamaz 

— sodasamast 

— sodasamaz 



vogoule 



Forme VI. 
Avec le rég. pluriel du pronom de 2" pers. zuek^ sans rég. indir. 
Si nous comparons cette forme avec celle ci-dessus où le même 
régime est au singulier et dont la première personne est zakart et 
la troisième zflÂ:«r, tandis que celle-ci est xakartet^zakarte^ on voit 
que la syll. te est une addition que nous avons déjà vue plus haut 
intervenir comme signe de pluralité; elle figure tant dans la forme 
simple que dans la forme composée, où de zaitu vient zaituztet^ 
avec cette différence que, dans la forme composée, il y a un z en 
plus (71). 

a]. Forme composée («je vous mange »). 



\ jaten zaituztet 

2 — 

3 — zaituzte 

basque 
Sing. \ zakartet 

2 — 

3 zakarle 
Plur. \ zakartegu 

2 — 

3 zakartee 



\ jaten zaituztegu 

2 — 

3 — zaituztee 
b). Forme simple. 



magyare 
hozlak titeket 



mordvine 
sodatâdâz 

sodatâdâz 
sodatadaz 

sodatâdâz 



vogoule 
kielânem 

kieliânâ 
kieliânu 

kietiânl 



36 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

Dans ces six formes, nous avons mis en parallèle les particula- 
rités du hasque avec les langues magyare, mordvine et vogoule, 
qui possèdent précisément une conjugaison objective comme le 
basque. Celui-ci est à ce point de vue disproportionnément plus 
riche que ses compagnons; après lui vient le mordvine qui, quoi- 
qu'il sache traduire les formes du basque, est pourtant plus 
pauvre que ce dernier, car il n'a que quinze formes pour en tra- 
duire vingt- huit; le vogoule arrive ensuite : il traduit encore, 
mais en répétant certaines formes, les rég. dir. de 2" et de 3'' pers-, 
mais pas ceux de V% quoique d'ailleurs, comme il possède le duel, 
il semble vraisemblablement par le nombre de ses formes l'empor- 
ter sur les autres idiomes comparés (je ne vois pas la nécessité de 
transcrire ici ces formes dont les correspondants manquent en 
basque) ; beaucoup plus pauvre est enfin le magyare qui, par sept 
formes, exprime treize relations, c'est-à-dire où une seule et même 
forme se rapporte à l'objectif de 3'' pers. tant au singulier qu'au 
pluriel, ainsi par ex.: Litom signifie en même temps « je le vois » 
et « je les vois ». 

Si jusqu'ici nous avons pu nous avancer dans l'étude du verbe 
basque' avec l'aide du magyare, nous entrons maintenant sur un 
terrain où la langue basque se trouve seule, du moins parmi les 
idiomes européens; j'entends parler de ces formes au moyen des- 
quelles il introduit dans le verbe, outre le régime direct du pron. 
démonst., le régime indirect des pronoms personnels. De telles 
formes sont au nombre de douze. Parmi elles la 

Forme VII 
prend, à côté du rég. dir. du pronom dém., le régime indirect 
singulier du pronom de V pers. niri « à moi ». Si nous prenons 
pour base la 2^ personne de la conjugaison objective singulière 
simple dezu en la comparant avec la forme de même pers. cor- 
respondante didazu^ nous trouvons à la place de Ve la syllabe du., 
dans laquelle il faut voir l'élément nouveau; je dis que da est 
l'élément nouveau, mais je suis embarrassé par la 3'" pers. où de 

1. Les six formes citées constituent la conjugaison purement 
active ou « pure », comme la nomment les grammairiens ; les sui- 
vantes sont proprement les formes « transitives ». 



INDICATIF l'RÉSENT ACTIF. 37 

du a été dérivé dit\ aussi, malgré tout mon désir, je dois laisser 
cette forme inexpliquée. On a en effet 

a). Forme simple. 
Sing. Plur. 

^ — \ 

2 jaten didazu « tu me le manges ». 2 jaten didazute 

3 — dit 3 — didate 
Cependant en remarquant que la 3^ personne du pluriel est 

didale^ comme je sais que la syllabe te est le signe du plur. , je 
conjecture que la 3^ pers. sing. est contractée de dida et qu'ainsi 
da serait pourtant le datif qu'il est néanmoins difficile d'assimiler 
à niri. 

b). Forme simple (« tu me le portes », etc.). 

Sing. Plur. 

\ — \ — 

2 dakardazu 2 dakardazute 

3 dakardat 3 dakardate 

Si nous rapprochons la 2" pers. de dakarzu qui est seulement 
l'objectif simple, nous voyons qu'ici aussi l'élément nouveau qui 
marque le rég. indir. est da\ il nous faut donc tenir ce da pour 
le datif d'un vieux pronom de V pers. (72). 

Forme VIII. 

Le rég. indir. de V^ personne avec le rég. dir. plur. du pron. 
dém., qui est constitué, comme nous l'avons déjà vu plus haut, 
par la syllabe zki intercalée (73). 

a). Forme simple (« tu me les manges » etc.). 
Sing. Plur. 

\ y> 1 » 

2 jaten dizkidazu 2 jaten dizkidazute 

3 — dizkit 3 — dizkidate 

b]. Forme composée. 

4 » \ y> 

2 dakarzkidazu 2 dakarzkidazute 

3 dakarzkit 3 dakarzkidale 

La régularité de ces formes est manifeste; zki marque le rég. 
dir. plur. du pronom dém., da est le datif de la V^ pers. 



38 ESSAI SUll LÀ LANGUE BASQUE. 

Forme IX. 

Le rég. sing., avec le rég. indir. sing. de là 2^ personne zu qui 
est également très-apparente dans la conjugaison. 

a). Forme simple (« je te le mange », etc.) 
Sing. \ jaten dizut Plur. \ jaten dizugu 

2 — 2 — 

3 jaten dizu 3 jaten dizute 

b). Forme simple (« je te le porte «, etc.) 
Sing. \ dakarzut Plur. \ dakarzugu 

2 — 2 — 

3 dakarzu 3 dakarzute 

Forme X. 

Elle est constituée par l'addition de zki rég. plur. du pron. 
dém. et marque en outre l'attribut sing. de '2" pers. Elle s'accorde 
entièrement avec la forme IX, comme «je te les mange », etc. = 
jaten dizkitut ^ Z" p. dizkizu ^ plur. \''^ dizkizugu^ 3" dizkizute. 
Dans la forme simple (je te les porte »), on a 
Sing. \ dakarzkizut Plur. \ dakarzkizugu 

2 » 2 » 

3 dakarzkizu 3 dakarzkizute 

Forme XI. 

a). Forme simple (« je le lui mange » etc.). 
Sing. ^ jaten diot Plur. ^ jaten diogu 

2 — diozu 2 — diozute 

3 — dio 3 — diote 

b). Forme composée (« je le lui porte » etc.). 
Sing. \ dakarkiot Plur. \ dakarkiogu 

2 dakarkiozu 2 dakarkiozute 

3 dakarkio 3 dakarkiote 

Dans celte forme, le d initial est comme ailleurs, le rég. du 
pron. dém. (le); è, le radical verbal; t, zu, gu, zutc, te les suffixes 
connus; donc la lettre o marque le rég. indir. de la 3*-" pers. : c'est 
vraisemblablement un reste de oui, datif de au, onek; la syll. ki 
est cependant inexplicable (74) . 



INDICATIF FKÉSENT ACTIF. 39 

Forme XII. ' 

Elle se développe d'une façon tout à fait régulière par l'interca- 
lation de la s^-ll. zki-^ c'est le pluriel de la précédente. On a donc 
« je les lui mange » = jaten di-zki-ot^ dizkiozu, diz-kio^ dizkiogu^ 
dizkiozute^ dizkiote pour la forme composée. Dans la forme 
simple, on a, de la même façon, « je les lui porte » da-kar-zki-ot ^ 
da-kar-zki-ozu^ où cependant z seul est intercalé, parce que la 
sjil. ki figurait déjà dans la forme précédente. 

Forme XIII. 

C'est maintenant le tour des datifs pluriels « à nous, à vous, à 
eux « gui'i, zwe/, ajei, avec les rég. sing. et plur. du pron. dém. 
Dans cette forme, il y a donc par conséquent le rég. indir. plur. 
de l'* pers. et le rég. dir. sing. du pron. dém.; c'est cependant la 
syll. gu (75) qui marque partout le datif, p. e. dans dakarguzu^ 
d est le rég. dir., akar le radical, gu le rég. indir., zu le suff. 
pers., c'est donc : « tu nous le portes «. 

a). Forme simple (« tu nous le manges » etc.). 
Sing. i » Plur. i » 

2 jaten diguzu 2 jaten diguzute 

3 — digu 3 — digute 

où d — le, i est le radical, gu le datif « à nous » ; zw, zute, te sont 
les suff. pers. 

b). Forme composée (« tu nous le portes » etc.). 
Sing. i » Plur. \ » 

2 dakarguzu 2 dakarguzute 

3 -dakargu 3 dakargute 

Forme XIV. 

Le rég. indir. plur. de prem. pers. guri, avec le rég. dir. plur. 
du pron. dém. Cette forme est à son tour régulièrement constituée 
par l'inlercalation de la syll. zki entre le radical et l'attribut gu, 
comme p. ex. : « tu nous les manges » jaten di-zki-guzu, di-zki- 
gu, di-zki-guzute, di-zki-gute. Dans la conjugaison simple « tu 
nous les portes » = dakar-zki-guzu, au pluriel dakar-zki-guzute ; 
où d est le rég. dir., zki son pluriel, akar le radical, gu le rég. 
indir., zu et zute les suff. pers. sujets. 



40 ESSAI SDK LA LANGUE BASQUE. 

Forme XV. 

Le rég. ind. pluriel de sec. pers. avec le rég. dir. singulier du 
pron. dém. 

«). Forme composée (« je vous le mange » etc.). 
Sing. ^ jaten dizutet Plur. ^ jaten dizulegu 

2 « 2 y> 

3 — dizute 3 — dizutee 

b). Forme simple (« je vous le porte » etc.). 

Sing. i dakarzutet Plur. ^ dakarzutegu 

2 )) 2 » 

3 dakarzute 3 dakarzutee 

Ici d est le rég. dir. comme partout, i et akar les deux radicaux, 
zu le rég. indir. de 2" pers. dont la syll. te forme le pluriel 
« vous », comme dans la 6" forme ou comme généralement dans 
les suffixes des 2*^ et 3e pers. au plur.; t^ gu et e sont les sufF. 
pers. suj. 

Forme XVL 

Le pluriel de la forme précédente est constitué par la syll. zki, 
comme « je vous les mange » = jaten di-zki-zutet etc.; « je vous 
les porte » dans la conjug. simple : dakar-zki-zutet, « nous vous 
les portons » dakar-zki-zutegu^ etc. 

Forme XVIL 

Le rég. dir. sing. du pron. dém. avec le rég. indir. plur. du 
pron. pers. de 3" pers. 

a). Forme composée (« je le leur mange « etc.) 
Sing. ^ jaten diotet Plur. \ jaten diotegu 

2 — diotezu 2 — diotezute 

3 — diote 3 — diole 

b). Forme simple (« je le leur mange »). 
Sing. \ dakarkiotet Plur. -1 dakarkiotegu 

2 dakarkiolezu 2 dakarkiotezute 

3 dakarkiote 3 dakarkiotce 

Celte forme s'accorde avec la XI<= qui exprime l'altribut de 



INDICATIF PRESENT INTRANSITIF. 41 

3*^ pers. sing. et l'objet sing. de la même pers.; mais ici, à \'o 
expliqué là s'ajoute la syll. te qui marque le pluriel, et ainsi de 
« à lui » se produit « à eux », ce qui arrive invariablement à 
travers toute la conjugaison ; il faut encore remarquer que là où 
te est la finale de la 3" pers. plur., là aussi se présente constam- 
ment partout un e de plus, qui est vraisemblablement le suff. 
pers., mais je ne suis encore parvenu à en expliquer l'origine 
(76). 

Forme XVIII. 

Le pluriel de la précédente, avec l'intercalation de la syll. 
habituelle zki ; c'est ainsi que de jaten diotet « je le leur mange » 
se produit 7«^ew dizkiotet «je les leur mange ». 

a). Forme composée. 
Sing. \ jaten dizkiotet Plur. \ jaten dizkiotegu 

2 — dizkiotezu 2 — dizkiotezute 

3 — dizkiote 3 — dizkiotee 
Analysons p. ex. la 2" pers. de cette forme : nous trouvons que 

les lettres d et zki marquent le rég. dir. et son plur,, o et te le rég. 
indir. de 3^ pers. et son plur., que suivent les suff. pers. 

b). Forme simple. 
La ^'•e pers. de la XVlIe forme étant dakar-ki-otet, son pluriel 
ne se forme que par un z et l'on a 
Sing. i dakar-zki-otet Plur. { dakar-zki-otegu 

2 dakar-zki-otezu 2 dakar-zki-otezute 

3 dakar-zki-ote 3 dakar-zki-otee 

Par cet examen du temps présent de la conjugaison active du 
verbe basque, nous croyons qu'il a été avantageux au lecteur 
d'acquérir la conviction de la régularité à laquelle obéit cet an- 
tique idiome. Je vais discuter maintenant, de la même façon que 
ci-dessus, la conjugaison des verbes passifs et neutres, qui est 
tout aussi logique, mais dont les suffixes sont mieux effacés et se 
rapprochent mieux de ce que les linguistes ont coutume d'appeler 
une perfection dans les langues aryennes, c.-à-d. la fusion intime 



42 KSSAI SLK LA LANGDE BASOUE. 

du radical et du suffixe. Les verbes de cette espèce ont aussi une 
double conjugaison, la simple, qu'avec Mahn nous appellerons 
l'ancienne, l'originale, et la composée qui a lieu à l'aide du verbe 
auxiliaire « je suis ». Aussi vais-je tout d'abord exposer le présent 
de ce verbe qui figure dans cette conjugaison et que voici : 
Sing. i naiz « je suis « Plur. i guera 

2 aiz, zera « tu es » 2 serate 

3 da « il est » 3 dAra 

Les verbes de cette espèce, auxquels on ne joint pas de rég. dir., 
prennent seulement le rég. indir. des pron. pers.; aussi n'ont-ils 
en tout au présent que sept formes, une sans régime et six avec le 
rég. indir. Ici aussi nous placerons immédiatement après chacune 
des formes composées la forme simple correspondante. 

Forme I. 

Sans attribut; le nom verbal n'est accompagné que du simple 
« je suis » (77); etorrl « venir »; etorcen naiz^ zera^, da, guera, 
serate^ dira « je suis, tu es, etc., venant « c.-à-d. « je viens, tu 
viens ». 

Forme simple (du \evhQ ibilli, « marcher »). 
Sing. ^ nabil Plur. ^ gabilza 

2 zabilza 2 zabilzate 

3 dabil 3 dabilz 

Ici Vi du radical s'est changé en a ; les suff. pers. sont initiaux 
dans le verbe neutre et ils sont marqués par les lettres n, z, g, d\ 
mais le suff. z et za qui vient à la fin de certaines personnes ver- 
bales et qui dans d'autres verbes parait sous la forme c et ca est 
inexplicable à moins qu'on ne le prenne pour un renforcement 
des suffixes personnels (78). 

Forme H. 

Avec l'attribut sing. de -l"^^ pers., commQ etorcennatmt-, zat, 
zatsazkit, zazkit où la finale t est le rég. ind. de V pers. et au 

1. Dans cette conjugaison aussi, je ne m'occupe que des formes on 
zu du pron. de 2*^ pers. 

2. J'ai pensé que la consonne fz produite par la composition du 
radical et du suffixe pouvait être proprement restituée is (70). 



INDICATIF PRÉSENT INTRANSITIF. 43 

pluriel zkit comme dans les verbes actifs. On a dans la forme 

simple (« lu marches à moi » elc.) : 

Sing. ^ « Plur. \ « 

2 zabilkit 2 zabilzkit 

3 dabilkit 3 dabilzkit 

La régularité est ici plus apparente; les sufT. pers. sont devant, 
les datifs de V" pers. à la fin; le pluriel est marqué par la syll. 
zkL 

Forme III. 

Avec le rég. indir. sing. de 2^ pers., où le suffixe zu est 
apparent. 

à). Forme composée (« je viens à toi » etc.). 
Sing. ^ etorcen natsazu Plur. 1 etorcen gatsazkizu 

2 « 2 » 

3 — zatsu 3 — zazkizu 

b). Forme simple (« je marche à toi » etc.). 
Sing. i nabilkizu Plur. \ gabilzkizu 

2 » 2 » 

3 dabilkizu 3 dabilzkizu 
de formation tout à fait régulière. 

Forme IV. 

Avec le rég. indir. sing. de 3'= pers. que désigne au sing. jo, au 
pluriel : etorcen natsajo « je viens à lui » zatzajo, ^ojo, (jatsaz- 
kio, zatsazkio, zazkio. 

Forme simple (« je marche à lui » etc.). 
Sing. ^ nabilkio Plur. -1 gabilzkio 

2 zabilkio 2 zabilzkio 

3 dabilkio 3 dabilzkio 

Forme V. 

Avec le rég. indir. plur. de i'" pers. marqué par le suff. très- 
régulier gu, comme : etorcen zatsagu « tu viens à nous », zar/w, 
zatzazkigu, zazkigu. Dans la forme simple, il y a encore plus de 
régularité, comme: zabilkigu « tu marches à nous», dabilkigu « il 
marche à nous », zabilzkigu « vous marchez à nous », dabilzkigu 



}ii 



44 ESSAI SUK LA LANGUE BASQlJK. 

« ils marchent à nous », où la lettre z intercalée devant la syll, kl 
indique le pluriel des sujets. 

Forme VI. 

Avec lerég. indir. plur. de 2* pers., qui apparaît régulièrement 
dans la forme zute: etorcen natsazute « je viens à vous », zatsute 
« il vient », gatsazkizute « nous venons » , zazkizute « ils viennent ». 
La forme simple est tout aussi régulière (« je marche à vous » 
etc.) : 
Sing. ^ nabilkizute Plur. \ gabilzkizute 

2 » • 2 » 

3 dabilkizute 3 dabilzkizute 

Comme on voit, les suff. pers. sont les mêmes, dans l'une et 
l'autre forme, que dans les cinq relations précédentes ; la diffé- 
rence est dans le suff. du rég. qui est dans la cinquième gu, mais 
ici zute : c'est le datif plur. de la 2^ pers. 

Forme VII. 

Entièrement déduite de la quatrième ; celle-ci avait le rég. indir. 
sing,, la présente aie rég. ind. plur. du pron. de 3* pers., que 
marque seulement le suffixe de pluralité te ajouté à chaque per- 
sonne, comme gabilzkio « nous marchons à lui », gabilzkiote 
« nous marchons à eux »; etorcen zatsazkio « tu viens à lui », 
etorcen zatsazkiote « tu viens à eux », etc. 

Avec ceci, et ce que j'ai exposé précédemment, je crois avoir 
donné des formes du présent du verbe basque un tableau tel que 
la généralité des lecteurs pourront d'eux-mêmes s'orienter dans 
le système. Je n'ai pas donné à la vérité les formes du verbe passif, 
mais elles sont entièrement conformes aux sept du verbe neutre. 
Je n'ai pas donné non plus, pour ne pas compliquer l'examen, 
cinq autres formes produites par le pronom de 2"^ pers. eu, euk et 
hi, hik\ mais, comme je l'ai dit, je n'ai pas voulu embarrasser le 
lecteur par de telles formes, et d'ailleurs l'usage du pron. zm, zuk 
est beaucoup plus général et donne, quant au temps présent, une 
image plus claire de la conjugaison (80\ sur laquelle cependant 
tout n'est pas dit encore; à cause en effet des innombrables dia- 



TEMPS ET MODES. 45 

lecLes et de la variété qu'on y constate, on peut dire que ces formes 
sont inépuisables. Le dialecte guipuzcoan, qui est celui dont je 
m'occupe, est employé le plus fréquemment et le plus largement 
dans la littérature qui est du reste très peu considérable {8\). 

Dans la seconde partie de ce travail, je me propose d'exposer la 
formation de l'imparfait et des autres temps, ce qui exigera beau- 
coup moins de place que n'en a demandé le présent, à cause de la 
régularité des dérivations; le plus souvent il suffira d'indiquer le 
mode de formation. Puis, analysant les diverses parties du dis- 
cours, je donnerai, à litre de spécimen, un texte linguistique 
basque avec explications destinées à faciliter l'orientation du 
patient lecteur. 

DEUXIÈME PARTIE. 

Avant de décrire le mode de formation de l'imparfait et des 
autres temps, il est nécessaire de se familiariser avec les verbes 
auxiliaires. Le lecteur sait (voy. § 8) qu'il y a en basque deux 
verbes ayant les significations de « avoir » et « être » ; tous deux 
sortent du même radical conservé sous les formes izdn det, izdn 
dezu, izdn du «j'ai eu, tu as eu, il a eu», et izdn naiz, izdn zàra, 
izdn da « j'ai été, tu as été, il a été » etc. 

Nous avons enseigné, aux § 8 et 9 respectivement, quelle est la 
forme du présent des auxiliaires; celle des imparfaits est la sui- 
vante : 



Verbe 


avoir. 


Verbe être. 


j'avais (82) 


nûen 


j'étais 


nincan 


tu avais 


sénduen 


tu étais 


sinan 


il avait 


zuen, seuen 


il était 


zan 


nous avions 


gûenduen 


nous étions 


guînan 


vous aviez 


sénduten 


vous étiez 


sinaten 


ils avaient 


zûten 


ils étaient 


siran 



Si, parmi ces deux formes, on analyse celle du verbe « avoir », 
il résulte de cette circonstance que la syll. en se présente constam- 
ment à la fin de chaque personne, que c'est là le suff. qui marque 
le passé (83), de même que p. ex. en latin l'imparfait est désigné 
par la syll. ba qui tire sa signification de la racine bhu du verbe 
sanscrit « avoir » ; on voit aussi, dans cette forme, que les suff. 



46 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

pers., à la difFérence des formations linguistiques aryennes, 
allaïques et sémitiques, sont placés en tête de la forme verbale, 
mais, que de nik il reste seulement n à la première personne ; à 
la seconde, sen (qui est du reste analogue à ser-ori « toi-même » 
(voy. ci-dessus p. 26), pronom réfléchi) vient de zuk et a été 
vraisemblablement altéré par des raisons d'euphonie; la dérivation 
du suff. de y pers. est obscure, le z ou se ne peut se tirer de ark : 
on pourrait songer au pronom zer, zerk « lequel, quoi ^ », mais 
c'est vraiment à peu près impossible. Au pluriel, à la ^'''' pers., 
gûenduen, la syll. gu (84) est claire, et le en qui l'accompagne 
n'a, à ce qu'il semble, que la signification ainsi répétée du passé; 
l'identité des 2* et 2,'' pers. plur. avec celles du sing. est manifeste, 
sauf que le plur. y est signalé par l'intercalation de la lettre ^, 
reste de la syll. te^ marque de pluralité que nous avons déjà vue 
au présent. Il reste encore à trouver le radical et le suff. du rég. 
dir., ce qui n'est plus difficile. La lettre u est certainement le 
radical du verbe euki « avoir » et la lettre d (83) le suff. du rég. 
dir. qui ne se présente pourtant ni à la prem. pers. sing., ni à la 
3^ sing. et plur., auxquelles personnes on doit supposer qu'il s'est 
usé ou qu'il est fondu avec les suff. et le rad. verbal, phénomène 
qu'on constate quotidiennement dans les idiomes aryens et 
altaïques. 

Les autres temps du mode indicatif sont composés, comme on 
a eu occasion de l'indiquer plus haut; c'est d'abord le passé ou 
présent parfait izcm naiz, izdn zéra, izdn da, izan yûera^ izan 
sérate^ izan dira ^ « j'ai été, tu as été, il a été, etc. «. Il y a encore 
en basque un passé que les grammairiens appellent « prétérit 
éloigné » et qui correspond cependant au passé soit-disant acci- 
dentel (aoriste) ; il est composé de la façon suivante : 



1. Dans la première partie de cette étude, j'ai transcrit is la con- 
sonne basque tz^ mais, m'étant convaincu plus tard que ce son se 
confondait avec le c, il me semble préférable, quoique cela paraisse 
une inconséquence, d'employer dès à présent ce dernier signe à sa 
place, dans la suite de ce travail. 

2. Relativement à l'accentuation, que le lecteur ait la bonté de se 
reporter à la fin de ce mémoire, à l'endroit où il est question de la 
quantité. 



TEMPS ET MODES. 

Sing. 
4 izàn nuen « j'eus eu » 

2 — sénduen « lu eus eu 

3 — zûen « il eut eu » 

etc. 



47 



Sing. 

« j'eus été » 
« tu eus été ) 
« il eut été » 



\ izan nincan 

2 — sinan 

3 — zan 
etc. 

Le pluriel est entièrement régulier. 

Entre le plus-que-parfait et le présent-éloigné il y a seulement 
cette différence que, dans le premier, l'auxiliaire indéterminé est 
répété; le verbe conjugué est le même et n'est d'ailleurs pas autre 
chose que l'imparfait ; on aura donc : izàn izdn nûen « j'avais eu », 
izàn izàn sénduen « tu avais eu » etc.; pour le verbe « être «, ce 
serait izdn izàn nincan « j'avais été », izdn izdn sinan « tu avais 
été » etc. 

FUTOR. 

Les grammairiens espagnols comme Larramendi et Lardizaval 
distinguent en basque trois futurs de l'indicatif, le futuro imper fecto 
« futur simple «, le futuro per fecto proximo « futur antérieur » et 
le futuro per fecto remoto « futur conditionnel ». 







Futur simple. 












Sing. 








^ izangô 


det 




i 


izango naiz 


2 


dézu 




2 


— 


sera 


3 — 


du 


Plur. 


3 


— 


da 


^ — 


dégu 




1 


— 


gùera 


2 — 


dézu te 




2 


— 


sérate 


3 — 


dùte 




3 


— 


dira 


« j'aurai, etc. » 




« 


je serai, etc. 



Le futur antérieur (perfecto proximo) marque entre deux futurs 
un passé relatif, comme dans l'allemand nachden ich gegessen 
haben icerde « après que j'aurai mangé », qui n'offre pas ce sens 
conditionnel, comme le latin amavero ou le magyare làtandok 
« j'aurai vu ». 

Ce futur est traduit en espagnol « yo habré tenido » ; en basque 
il est formé par la préfixation aux présents det^ dézu, du ou naiz, 
zéra, da, des participes présent et futur : izàn izangô det, dezu. 
du '( j'aurai vu », izàn izango naiz « j'aurai été » etc. 



48 



ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 



Le futur conditionnel (perfecto remoto) qui correspond mieux 
au latin amavero est formé en basque par la réunion des formes 
de l'imparfait avec les noms verbaux présent et futur, comme : 

Singulier. 





a j'aurais eu » etc. 






« j'aurais été » etc. 


\ 


izân 


izâng 


3 mien 






-1 izan 


izangô nincan 


2 


— 


— 


sénduen 






2 — 


— sinan 


3 


— 


— 


zûen 


PI 


uriel. 


3 — 


— zan 


\ 


— 


— 


gùenduen 






\ — 


— guinan 


2 


— 


— 


sénduten 






2 


— sinaten 


3 


— 


— 


ziiten 






3 — 


— ziran 



« sois, qu'il soit » 
izân zaite 

— bédi 

— zaï'tezte 

— bitez 



Mode Impératif. 
Sing. 
« aie, qu'il ait « 

2 izân ézazu (ezak, ezan) 2 

3 — béza 3 

Plur. 

2 — ézazute 2 

3 — bézate 3 
Dans ces formes, les voyelles «, e, oe, i constituent le radical 

des verbes auxiliaires. Ce qui est surtout remarquable, c'est, à 
toutes les personnes du verbe « avoir », la lettre z et même la 
syllabe za qui, dans le verbe être, paraît fondue avec le préfixe 
personnel ; dans ce suffixe, qui se trouve aussi au conjonctif , doit 
se cacher la nécessité d'obligation (86). Le b des 3" pers. sing. et 
plur. est identique avec le préfixe ba (87), qui exprime le désir, 
comme en français la conjonction que\ ainsi beza = « qu'il ait », 
bédi = « qu'il soit ». 

Mode Conjonctif. 

On distingue deux temps dans le conjonctif, le présent et le 
passé, qui se forment par composition, comme : 

Présent. 
Sing. 



« que j'aie » etc. 
-1 izân dezadân 

2 — dezazùn 

3 — dezân 



« que je sois » etc. 
-1 izân nadin 

2 — zaitesén 

3 — dedin 



TEMPS ET MODES. 49 

Plur. 
^ — dezagùn < — gaitésen 

2 — dezazùten ' 2 — zaitézten 

3 — dezâten 3 — ditesén 
Dans cette forme, l'analyse du verbe « avoir » est aisée. On 

peut reconnaître le d initial, signe du rég. dir.; za, ce suff. de 
nécessité qui se rencontre aussi à l'impératif et dont le complé- 
ment est le suff. an du passé qui se place après les signes du 
sujet; les suff. pers. et le sufF. de pluralité te déjà connus; et, si 
le radical est la lettre a, le d reste encore comme suff. de la 
prem. pers. 

Pour le verbe « être », l'explication ne saurait être aussi simple. 
Outre les signes personnels, qui sont préfixés au verbe, et la 
lettre n marquant le conjonctif, toute la forme a la soi-disant 
perfection d'une langue aryenne parce qu'on ne peut pas du tout 
distinguer le radical des suffixes et préfixes (88). 

Passé. 

(que j'eusse, etc.) (que je fusse, etc.) 

Sing. 

-1 izân nezân i izân nendin 

2 — senezân 2 — sindesén 

3 — sezân 3 — sedin 

Plur. 

^ — guenezân \ — guindesén 

2 — senezâten 2 — sindézten 

3 — sezâten 3 — sintesén 

Si l'on compare ces formes avec celles des imparfaits nuen et 
nincan^ les différences sont manifestes pour le verbe « avoir ». 
Les signes personnels restent devant et le n indiquant le passé à 
la fin; la lettre e est le radical, mais la nouvelle syllabe za 
s'intercale entre e et w, comme marque du mode; le signe d du 
rég. dir. est supprimé ou plutôt fondu dans la forme. On ne peut 
essayer d'analyser la forme nendin^ qui présente de trop grands 
changements; ici, la langue ne donne même peut-être pas d'éclair- 
cissements à celui qui est né basque. 

Les grammairiens n'ont pas suffisamment distingué le condi- 
tionnel et V optatif ; ils les ont confondus sous les noms de « modo 

4 



50 



ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 



condicional « ou « mode optatif « ; quelques-uns même les ont 
confondus avec le conjonctif, quoiqu'ils se distinguent aisément 
les uns des autres par des suffixes différents. Lardizaval dit clai- 
rement que la syll. ke marque le désir, mais le préfixe ba la con- 
dition. La langue basque distingue donc nettement l'optatif du 
conditionnel, ce que ne fait à ma connaissance aucune langue 
connue, carie français n'y parvient qu'en rendant le conditionnel 
par l'indicatif précédé de la conjonction si après l'optatif, comme 
« j'achèterais ce cheval, si j'avais de l'argent «. Dans cet exemple, 
le français est quelque peu capable de distinguer l'optatif du con- 
ditionnel, ce que ne peut faire le magyare; c'est au contraire une 
perfection de la langue basque qu'il y ait un suffixe différent 
pour chacune de ces deux formes et que l'on ne soit pas forcé de 
répéter le même mot. 

Lardizaval attribue à ce double mode quatre temps, et ce qu'il 
y a d'original, c'est qu'au lieu de « présent » il en appelle un 
« futur y>. On ne peut nier à la vérité que ce ne soit plus juste, 
mais c'est contraire à l'usage qui a fait appeler ce temps « pré- 
sent « quoique l'action se rapporte au futur, comme on peut s'en 
rendre compte même par l'exemple ci-dessus. 

D'après la diversité des affixes, je distinguerai donc deux 
modes; je donnerai en premier lieu l'optatif et ensuite le condi- 
tionnel (89). 

Optatif. 



Il se forme régulièrement au moyen du suffixe ke qui se joint 
aux formes de l'imparfait dont on retranche les signes 7?, an, en, 
du passé. 

Présent. 



a j'aurais, etc. 
4 izangô nùke 



sénduke 
lùke 

gùenduke 
sendùkete 
lûkete 



Sing. 



Plur. 



« je serais, etc. » 

i izangô nincake 

2 — sinake 

3 — licake 



^ — 



guinake 
sinateke 
licateke 



TEMPS ET MODES. 54 

Dans les deux formes, les 3^' pers. sing. et plur. commencent 

par la lettre l\ c'est régulier et habituel, mais inexplicable. De 

zuen se produit luke. 

Le Passé 

s'accorde tout le temps avec le présent, sauf que au suff. modal 
ke s'ajoute le suff. an du passé; on a ainsi : izangé nûkean « j'au- 
rais eu », izangd séndukean « tu aurais eu » etc.; izango ninca- 
kean « j'aurais été », izangd sinakean « lu aurais été » etc. 

Conditionnel. 

Il est caractérisé par le préfixe ba qui se place devant les formes 
personnelles et se joint au radical. 

Pre'sent. 



« si j'avais, etc. « 


4 izango 


1 banù 


2 — 


basendù 


3 — 


balù 


4 — 


baguendù 


2 — 


basendiile 


3 — 


balùte 



Sing. 



Plur 



« si j'étais, etc. » 

-J izango baninc 

2 — basinâ 

3 — balic 

i — baguinâ 
2 — basinâte 



3 — balicâte 
Le passé du conditionnel est conforme au présent, sauf que le 
participe est remplacé par le passé izan du nom verbal, comme 
izân hanû « si j'avais eu »; izan baninc « si j'avais été » etc. 

Remarques. — 4 . Un linguiste ne trouvera rien de bizarre à 
ce fait, que l'optatif et le conditionnel dérivent en basque aussi 
de l'imparfait de l'indicatif. 

2. De ce fait que les suff. an, en, se joignent également aux 
personnes des passés de l'indicatif, du subjonctif et de l'optatif, 
il résulte infailliblement que ces syll. constituent la caractéris- 
tique des temps passés 190). 

§ H. 

Nous avons exposé ci-dessus la formation des temps des deux 
auxiliaires sous leur forme la plus simple, le verbe det, dézu, du 
« avoir » avec le rég. dir, sing. de 3'^ pers., mais le verbe naiz, 



32 ESSAI SUR LA LANGDE BASQCE. 

sera, da sans aucune relation altributive. Nous allons présenter 
les autres formes des verbes auxiliaires, en développant la conju- 
gaison active et aussi la neutre ; le lecteur voudra bien se sou- 
venir, la conjugaison du présent du verbe basque le lui a appris, 
que, dans cette langue, l'immense majorité des verbes se conju- 
guent à l'aide des auxiliaires et qu'un très-petit nombre seulement 
de verbes basques suivent le mode antique de conjugaison simple, 
au moins quant au présent de l'indicatif, à l'imparfait et à l'im- 
pératif, car les autres formations temporelles ont lieu au moyen 
des auxiliaires. 

La conjugaison de l'imparfait de l'indicatif se produit donc dans 
la plupart des verbes basques au moyen d'auxiliaires, mais, pour 
les verbes actifs c'est l'imparfait de det, dézu, du « avoir » et 
pour les verbes neutres et passifs celui de naiz^ sera, da « être » 
qui est employé. J'ai donné plus haut ces deux imparfaits. Natu- 
rellement les verbes de conjugaison simple ou antique se conju- 
guent proprement sans ces auxiliaires. 

Comme au présent, les diverses relations sont exprimées à 
l'imparfait dans le verbe auxiliaire, tandis que le participe du 
verbe conjugué reste invariable. 

Nous conservons à l'imparfait le même ordre précédemment 
suivi pour les XVllI formes ; nous omettons par conséquent les 
formes de sec. pers. en eu, euk, hi, liik, pour ne conserver que 
celles, courtoises, en zu. 

Forme I. 

Après le participe jaten du verbe jan « manger » se place le 
verbe auxiliaire, mais avec le rég. dir. sing. de S*" pers.; c'est ici 
la forme déjà connue nùen, sénduen etc. qui renferme la rela- 
tion objective, c^v jaten nuen p. ex. signifie «je le mangeais ». On 

a donc : 

a). Forme composée. 
Sing. Plur. 

1 jaten nuen « je le mangeais » 1 jaten guenduen « nous le mangions » 

2 — sénduen « tu le mangeais >) 2 — sénduten « vous le mangiez » 

3 — zuea « il le mangeait « 3 — zuten « ils le mangeaient » 

b]. Forme simple. 
Nous prendrons encore pour type ekarri (rad. ekar) qui se con- 
ugue ainsi qu'il suit avec le rég. dir. sing. de 3^ pers. 



INDICATIF JMPARFAIT ACTIF. 53 

Sing. Plur. 

1 nékarren « je le portais » 1 guenekarren « nous le portions » 

2 sénekarren a tu le portais » 2 sénekarten « vous le portiez » 

3 sékarren « il le portait » 3 sékarlen « ils le portaient » 
Dans cette forme, comme dans l'auxiliaire, les signes pers. sont 

préfixés aux personnes verbales : ce sont les. mêmes c.-à-d. n, 
sen, .se, gu^ sert, se, sauf une petite différence aux 3'= pers. sing. et 
plur.; — la syll. fin. en est le signe du passé ; le radical est ekar 
dont le r est euphoniquement redoublé à la plupart des pers.; le t 
marque encore le pluriel, mais le suff. du rég. dir. ne se retrouve 
pas : il est sans doute fondu avec le radical (91). 

Forme II. 
Avec le rég. dir. plur. de 3^ pers.; la formation en est analogue 
à celle du présent correspondant : de même que là de du vient 
ditu^ de même ici de l'imparfait nuen vient nitiien, comme : 

a). Forme composée (« je les mangeais » etc.). 
Sing. ^ jâten nituen Plur. \ jaten guinituen 

2 — sinituen 2 — sinituzten 

3 — si'tuen 3 — situzten 

b). Forme simple (« je les portais »). 
Sing. i nékarzkien Plur. i guénekarzkien 

2 sénekarzkien 2 sénekarzkiten 

3 sékarzkien 3 sékarzkiten 

Ces formes concordent avec la précédente; comme au présent ; 
nous trouvons dans la composée l'élément nouveau tu et dans la 
simple zki, syll. qui marquent le pluriel; déplus, dans la pre- 
mière, la voyelle radicale se change en /, tandis qu'elle reste inva- 
riable dans la seconde. Le lecteur voudra bien constater dans les 
autres formes la régularité de ces phénomènes. 

Forme III. 
Avec le rég. dir. sing. de -1" pers. qui se préfixe aux formes 
personnelles : 

a). Forme composée (« tu me mangeais «). 
Sing. i » Plur. \ » 

2 jâten ninduzun 2 jâten ninduzuten 

3 — ninduen 3 — ninduten 



54 KSSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

b). Forme simple (« tu me portais >>). 
Sing. i » Plur. \ « 

2 nénkarzun 2 nénkarzuten 

3 nénkarren 3 nénkarten 

Le signe objectif de r^pers., la syll. nin, nen est préfixée; u et 
A-a/' sont les radicaux; les finales ??, t, en^ les signes du passé; 
les suff. pers. sont faciles à reconnaître aux sec. pers. sing. et 
plur., mais à la 3« pers. ils manquent dans les deux nombres; la 
lettre t est le signe du plur., tandis que la lettre cL intercalée 
entre le rég. dir. et la lettre radicale dans la forme composée, est 
seulement euphonique. 

Forme IV. 

Avec le rég. dir. de la 'sec. pers. courtoise zu, qui se préfixe au 
verbe sous les formes .s//? et sen, tandis que les signes personnels 
se sufflxent après le radical, ce qui arrive constamment aux 
formes objectives sing. et plur. de prem. et de sec. pers. 

a). Forme composée (« je te mangeais y] . 
Sing. \ jâten sindudan Plur. ^ jâten sindugun 

2 i> 2 » 

3 — sinduen 3 — sindulen 

bj. Forme simple (« je te portais «). 
Siag. ^ sénkardan Plur. I sénkargun 

2 « 2 « 

3 sénkarren 3 sénkarten 

Dans cette forme, le sujet de la -Jf^ pers. prétend être expliqué 
par d, mais celui-ci est vraisemblablement pour t que nous avons 
déjà trouve au présent comme suiï. de rég. et de suj. de i'^ pers.; 
les autres syll. n'ont pas besoin d'explication. 

Forme V. 
Le rég. dir. plur. de V^ pers. ^m, guk préfixé aux formes per- 
sonnelles, tandis que les signes pers. sont suffixes au radical. 

a). Forme composée (« tu nous mangeais »]. 
Sing. i » Plur. ^ » 

2 jâten gùinduzun 2 jâten guinduzulen 

3 — gûiuduen 3 — gûinduzten 



liNDlCATlF IMPARFAIT ACTIF. 55 

b). Forme simple (« tu nous portais »). 
Sing, \ » Plur. \ » 

2 gûenkarzun 2 giienkarzuten 

3 gûenltarren 3 giienkarten 

Tous les éléments de celle forme sont clairs ; les syll. m, en^ 
après le rég. yu sont une affirmation de l'idée du passé (92). 

Forme VI. 

Le rég. plur. de la sec. pers. zu, zuk, que représente le préfixe 
sin dans la forme composée et sen dans la simple. 

a). Forme composée (« je vous mangeais »). 
Sing. \ jâten sinduztedan Plur. \ jâlen sinduztegun 

2 » 2 » 

3 — sinduzten 3 — sinduzleen 

b). Forme simple (« je vous portais »). 
Sing. \ sénkartedan Plur. \ sénkarlegun 

2 » 2 » 

3 sénkarten 3 sénkarteen 

Ainsi, le signe du rég. est le même dans les formes IV et VI, 
mais, si l'on compare les deux formes, on constate que, dans 
la VP; la syll. te est intercalée entre le rad. et les suff. pers., 
pour exprimer le pluriel; c'est pour la même raison qu'à la 
3^ pers. plur. on voit un autre e ajouté. 

Forme VII. 

A celle-ci et aux suivantes se joint, outre le rég. dir., le rég. 
indir., comme au présent; quant à la dérivation, il y a dans les 
deux temps une entière conformité : on y remarque seulement 
cette différence, qu'à l'imparfait les suffixes personnels sont pré- 
fixés au radical du verbe tandis qu'ils lui sont suffixes au présent. 

a). Forme composée (« tu me le mangeais »). 
Sing. \ » Plur. ^ » 

2 jâten sinidan 2 jâten sinidaten 

3 — sidan 3 — sidaten 
Comme nous l'avons vu au présent (voy. p. 36) le datif de la 

première pers. est c?«, dans l'une et l'autre forme. 



56 ESSAI SDR LA LANGUE BASQUE. 

6). Forme simple (« tu me le portais »). 
Sing. 4 » Plur. ^ » 

2 sénekardan 2 sénekardaten 

3 sékardan 3 sékardaten 

Forme VIII. 
De même qu'au présent, cette forme ne diffère de la précédente 
que par l'intercalation de la syll. zki entre le radical et le suff. du 
datif et elle marque, outre le rég. indir. sing. de V^ pers., le plur. 
du pron. dém. de 3" pers., comme : 

a). Forme composée (« tu me les mangeais ») 
Sing. ^ )' Plur. ^ » 

2 jâten sînizkidan 2 jâten sinizkidaten 

3 — sizkidan 3 — sîzkidaten 
Dans la forme simple, la dérivation est encore plus claire, 

comme sénekardan « tu me le portais », senekar-zki-dan « tu me 
les portais », sekar-zki-dan « il me les portait ». 

Forme IX. 
A côté du rég. dir. sing. de 3^ pers., le rég. indir. sing. de la 
2® pers. zu^ zuk s'accommode d'une manière tout à fait remarquable, 
comme au présent où jaten dizut = je te le mange ; à l'imparfait, 
on d. jâten nizun « je te le mangeais ». 

a). Forme composée (« je te le mangeais ») 
Sing. \ jâten nîzun Plur. \ jâten gui'nizun 

2 » 2 » 

3 — si'zun 3 — si'zuten 

b). Forme simple (« je te le portais »). 
Sing. i nékarzun Plur. i guénekarzun 

2 » 2 » 

3 sékarzun 3 sékarzuten 

Forme X. 
A côté du rég. indir. sing. de 3'= pers.; le rég. plur. du pron. 
dém. s'exprime dans la forme précédente au moyen de la syll. zki 
de la manière déjà plusieurs fois indiquée, comme jâten nizkizun 
« je te les mangeais n^ jâten yuinizkizun « nous te les mangions », 
ou dans la forme simple sékar-zki-zun « il te les portait », guéne- 
kar-zki-zun « nous te les portions » etc. 



INDICATIF IMPARFAIT ACTIF. 57 

Forme XI. 

Exprime aussi bien le rég. dir. que l'attribut de 3'= pers. sing., 
ce dernier est indiqué, comme au présent, par la lettre o(voy. p. 38). 

a]. Forme composée (« je le lui mangeais »). 
Sing. \ jâten nion Plur. \ jâten gui'nion 

2 — si'nion 2 — sinioten 

3 — si'on 3 — sîoten 

b). Forme simple (« je le lui portais »). 
Sing. ^ nékarkion Plur. \ guénekarkion 

2 sénekarkion 2 sénekarkioten 

3 sékarkion 3 sékarkioten 

Forme XII. 
Outre le rég. indir. sing. on exprime le plur. du rég. dir. par 
l'intercalalion de la syll. zki dans la forme composée et de z dans 
la forme simple, où se trouve déjà la syll. ki isolément inexpli- 
cable, comme jàten nizkion « je les lui mangeais », jaten 
siniskioten « tu les lui mangeais », senekar-z-kioti « tu les lui 
portais ». 

Forme XIII. 
Le rég. indir. guri du pron. de 'l'* pers. avec le rég. dir. sing. 
du pron. dém.; le suff. gu représente le premier, le second est 
fondu avec le radical, comme cela arrive régulièrement dans 
toutes les formes de Timparfait. 

a). Forme composée («tu nous le mangeais »). 
Sing. -1 » Plur. ^ » 

2 jâten si'nigun 2 jâten si'niguten 

3 — si'gun 3 — si'guten 

b). Forme simple (« tu nous les mangeais »). 
Sing. ^ » Plur. i » 

2 sénekargun 2 sénekarguten 

3 sékargun 3 sékarguten 

Forme XIV. 
C'est le pluriel de la précédente; elle exprime le rég. dir. plur. 
du pron. dém. avec le rég. ind. plur. et est caractérisée par la 
syll. zki^ comme jàten sini-zki-yun « tu nous les mangeais », 
senekar-zki-guéen « vous nous les portiez », etc. 



58 ESSAI SUK LA LANGUE BASQUE. 

Forme XV. 

Le rég. indir. plur. de 2^ pers. zuei avec le rég. dir. de 3* pers. 
sing. Gomme la syll. zu indique le dat. sing., on y ajoute ici, 
pour marquer le pluriel, le suff. te^ comme d'ailleurs au présent, 
tant dans la conjugaison composée que dans la simple. 

a). Forme composée (« je vous le mangeais »). 
Sing. \ jâten nizuten Plur. \ jâten gui'nizuten 

2 « 2 « 

3 — si'zuten 3 — sizuteen 

b]. Forme simple (« je vous le portais »). 
Sing. \ nékarzuten Plur. I guénekarzuten 

2 » 2 » 

3 sékarzuten 3 sékarzuteen 

Forme XVI. 

Elle est encore simplement constituée par l'intercalation du 
suff. habituel zki qui marque le pluriel, jâten nî-zki-zuten « je 
vous les mangeais », guénekar-zki-zuten « nous vous les por- 
tions ». 

Forme XVII. 

Le datif pluriel de la 3e pers. et le rég. dir. sing. de 3^ pers.; 
le signe en est la lettre o, comme dans la forme XI, avec le suff. te 
de pluralité. 

a). Forme composée (« je le leur mangeais »). 
Sing. 4 jâten ni'oten Plur. ^ jâten guinioten 

2 — si'nioten 2 — sinioteen 

3 — si'oten 3 — si'oteen 

A la 2'' et à la 3e pers. du plur. il y avait déjà le suff. te mar- 
quant la pluralité du sujet; aussi ajoute-t-on un autre e pour 
marquer le plur. du rég. indir. 

6). Forme simple (« je le leur portais »). 
Sing. ^ nékarkioten Plur. i guénekarkioten 

2 sénekarkioten 2 sénekarkioteen 

3 sékarkiolen 3 sékarkioteen 



TEMPS DrVEUS DE LINDIGATIF. 59 

Forme XVIII. 

Pluriel de la précédente, où le plur. du pron. de 3^ pers. inter- 
vient comme régime indir. et dir. Ce pluriel est exprimé, dans la 
forme composée, par zki et par z dans la forme simple qui enferme 
déjà un ki superflu : jdten ni-zki-oten « je les leur mangeais », 
sénekar-z-kioten « lu les leur portais », etc. 

§ ^2. 

Formation des autres temps de l'indicatif. — La formation des 
divers autres temps de l'indicatif se produit, tant pour les verbes 
de conjugaison composée que pour ceux de conjugaison simple, 
au moyen de compositions, mais de façon à ce que la forme pré- 
sente, passée et future du nom verbal, c.-à-d. jâten^ jân, jangô 
(cette dernière quelquefois réunie au participe izàn du verbe 
« être »), se compose avec les formes du présent et de l'imparfait 
des verbes auxiliaires, mais en distinguant par des expressions 
différentes les divers temps verbaux et leurs relations. Ainsi le 

Passe' 

se forme du nom verbal passé jân et des formes du présent du 
verbe auxiliaire « avoir » det^ dézu, du., p. ex. : jân det « je l'ai 
mangé », jdn dituzu « tu l'as mangé », jân didazute « vous me 
l'avez mangé», jdn diguzute «vous nous l'avez mangé y>., jân 
ditkiguzute « vous nous les avez mangés », etc. Les verbes de 
conjugaison simple forment ce temps également par composition : 
le radical et le participe passé du verbe ekarri est ekarri; on y 
joint les formes du verbe auxiliaire det, dézu., du, exprimant les 
diverses relations et on a ainsi le passé de l'indicatif ekarri det 
« je l'ai porté », ekarri ditut « je les ai portés », ekarri didazu 
« tu me l'as porté ». 

Passe' historique. 
( Perfecto remoto. ) 

Il est composé du nom verbal passé et de l'imparfait de l'auxi- 
liaire « avoir » mien, sénduen, comme : jànnûen «je le mangeai », 
jdn sénduen « tu le mangeas », jdn nizun « tu me le mangeas », 
jdn nizkizun « tu me les mangeas » etc. Dans les verbes de con- 



60 ESSAI SUR LA LANGl'K BASQCE. 

jugaison simple ekarri mien « je le portai », ekarri nizun « tu me 
le portas », ekarri sînigun « tu nous le portas », etc. 

Plus-que-pabfait. 

11 joint au nom verbal passé du verbe conjugué et au participe 

présent izrm de l'auxiliaire, pour l'expression de chaque relation, 

la forme correspondante de l'imparfait nûen, sénduen, zùen, etc., 

du verbe auxiliaire avoir, comme jdn izân nûen « je l'avais 

mangé », jdn izdn sînizkidan « tu me les avais mangés ». 11 en 

est de même dans les verbes de conjugaison simple : ekarri izân 

nûen « je l'avais porté », ekarri izdn sizun « il te l'avait 

porté. » 

Futur P'. 

Le participe futur du verbe conjugué se place devant les diverses 
formes relatives du présent de l'auxiliaire det, dézu, du, et on a 
jango det (93) « je le mangerai », jdngo dituzu « vous les man- 
gerez », jdngo ndzu « vous me mangerez », etc. Dans les verbes 
de conjugaison simple, le futur de cette forme se produit par 
l'addition de la finale ko au nom verbal, si le radical se termine 
par une voyelle : ekarriko det « je le porterai », ekarriko zditut 
« je te porterai », ekarriko gaituzu « tu nous porteras ». 

Futur II. 
(Futuro perfecto proximo.) 
L'auxiliaire est encore au présent, mais le participe futur de 
l'auxiliaire se joint au nom verbal passé, comme jdn izango det 
« je l'aurai mangé », jdn izango diot « je le lui aurai mangé », ou 
ekarri izango diot « je le lui aurai porté », ekarri izango dizkiot 
« je les lui aurai portés », etc. 

Futur III^ ou Conditionnel. 
(Futuro perfecto remoto.) 
Les formes du nom verbal sont les mêmes et elles sont jointes 
à l'imparfait de l'auxiliaire, comme jdn izango nûen « je l'aurais 
mangé », jdn izango sihitnen « tu les aurais mangés », ekarri 
izango nizun « je le l'aurais porté », ekarri izango nizkizun 
« je te les aurais portés », ekarri izango ninduzun « tu m'au- 
rais porté », etc. 



MODE IMPÉRATIF. 64 

MODE IMPÉRATIF. 

A. Oonjugaison simple. 

Ce mode ne forme qu'un temps présent, et le pins simple auquel 
on puisse penser, ce qui montre très-clairement la simple et élé- 
mentaire logique de celte antique langue; dans les verbes qui 
suivent la vieille conjugaison simple, elle ne dévie pas de la règle, 
pas même de l'épaisseur d'un cheveu. Quand nous l'aurons 
exposée, le lecteur pourra lui-même, sans aucune difficulté, com- 
poser telle forme que ce soit exprimant telle ou telle relation. Ces 
formes sont constituées par le radical du verbe, auquel s'ajoutent 
d'abord les suffixes de relations objectives et attributives, puis, à 
la seconde personne, le suffixe du sujet A-, n ou z, tandis que la 
lettre b préfixée désigne la 3e personne qui n'a pas de suff. pers. 
Ainsi, le radical de ekarri « porter » étant ekar^ porte-le =eAarsw, 
qu'il le porte=6eÂ:ar, portez-le =e^ar;sM^e, qu'ils le portent= 6e- 
karte^ où la syll. te est le suff. de plur. connu. 

De cette forme simple, objective de la S*" pers. sing., il est aisé 
du reste d'en dériver une autre quelconque au moyen de suffixes 
relatifs identiques à ceux que nous connaissons pour les avoir vus 
employés au présent et à l'imparfait de l'indicatif; formons immé- 
diatement par exemple le pluriel de la forme précédente qu'expri- 
mera la syll. zki^ nous aurons ekarzkizu « porte-les », bekarzki 
« qu'il les porte », ekarzkizute « portez-les », bekarzkite « qu'ils les 
portent». 

Formons en outre p. ex. la XIIP forme, avec l'attribut pluriel 
guri de V^ pers. à côté du rég. dir. sing. du pron. dém., et il 
vient 

Sing. 2 ékarguzu Plur. 2 ékarguzute 

3 békaryu 3 békargute 

« Porte-le-nous, qu'il nous le porte; portez-le-nous, qu'ils nous 
le portent ». Dans cette forme, la syll. gn marque l'attribut pluriel 
de '1"^^ pers. Mais si nous voulons exprimer le pluriel du rég. dir., 
la syllabe zki s'intercale entre le radical et le suffixe attributif, 
comme 



62 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

Sing. 2 ekarzkiguzu Plur. 2 ekarzkiguzute 

3 bekarzkigu 3 bekarzkigute 

« Porte-les nous, qu'il nous les porte, etc. » 

A cette absolue régularité paraissent faire quelque peu exception 
les formes III et V, qui contiennent l'objectif sing. et plur. de 
V^ pars, et qui se forment de la façon suivante : 

Forme III « qu'il me porte, etc. » 
Sing. 2 énakarzu Plur. 2 énakarzute 

3 bénakar 3 bénakarte 

où au rég. dir. sing. de A'^ pers. correspond le préfixe en qui 
change en a la voyelle e du radical, devant laquelle il se trouve. 

Forme V « qu'il nous porte, etc. » 
Sing. 2 égakarzu Plur. 2 égakarzute 

3 bégakar 3 bégakarte (94) 

Il semble ici que le rég. dir. de V' pers. plur., auquel corres- 
pond, comme au présent de l'indicatif, la syll. <;«, est intercalé 
dans le radical, et que l'on doit analyser cette forme é-fja-kar-zu^ 
b-é-ga-kar. Toutes les autres formes verbales de l'impératif sont 
régulières, sans exception ; il est naturel que les formes corres- 
pondant aux relations objectives et attributives de 2^ personne 
manquent, pour éviter l'ambiguité. 

B. Conjugaison composée. 

J'ai donné plus haut, § iO, l'impératif de l'auxil. « avoir « avec 
le rég. de 3*^ pers. sing. qui est 

Sing. 2 izân ézâzu Plur. 2 izân ézazute 

3 — béza 3 — bézate 

« aie-le, qu'il l'aie, ayez-le, qu'ils l'aient. » 

Cet auxil. est employé à côté du nom verbal passé du verbe de 
conjugaison composée, à l'impératif aussi bien qu'aux autres 
temps et modes; les diverses relations objectives et attributives y 
sont exprimées au moyen de suffixes différents, avec une régula- 
rité tout aussi parfaite que dans les verbes de conjugaison simple;, 
si ce n'est que, dans quelques formes, les suffixes modifient leurs 
consonnes ou leurs voyelles à cause de rencontre de lettres. Ainsi, 
si nous voulons désigner le rég. plur. de 3« pers., la forme précé- 
dente devient 



MODE IMPÉRATIF. 63 

Forme II (« mange-les, qu'il les mange », elc.) 
Sing. 2 jén icacu Plur. 2 jân icacute 

3 — bica 3 — bicale 

où, d'abord, la voyelle radicale est constamment changée en i ; la 
consonne c est la simplification de tz qu'elle remplace : en réta- 
blissant tz pour c, nous retrouvons dans la syll. za la caractéris- 
tique de l'impératif, et la lettre t (qui vient deux fois dans la 
2* pers. sing.) est le suffixe de pluralité qui devant le suff. sujet de 
2= pers. zu devient, avec le z, la consonne simple c; icacu ^ icacute 
doivent donc être analysés /-^-za-^z^<, i-t-za-t-zu-te ; bica = b-[-t-za, 
sans sujet pers. exprimé, b étant à la 3'' pers. le signe du désir 
comme le que français dans « qu'il mange » (95). 

Forme III ( « mange-moi, qu'il me mange, etc. ») 

avec le rég. dir. sing. de r^ pers. 

Sing. 2 jân nâzazu Plur. 2 jân nâzazute 

3 — nâza 3 — nâzate 

où la syll. initiale na marque le rég. dir. de V^ pers. et le radical 

verbal . 

Formes IV et VI. 

Avec le rég. dir. sing. de 2« pers. : jdti bizaica, jân bizaicate 
« qu'il te mange, qu'ils te mangent », où le radical est î, répété 
devant le suff. du mode et devant celui du rég. dir.; la syll. za est 
le rég. dir. de '1" pers. et le radical la voyelle a; le suffixe ca est 
réduit de tz et forme la caractéristique du mode. De cette forme, 
la Vl" diffère en ce que, à chaque pers. est ajoutée la syll. te dési- 
gnant le plur. du rég.; on a conséquemment jân bizaicate^ bizai- 
catee a qu'il vous mange, qu'ils vous mangent », dont le dernier 
est caractérisé par la lettre e répétée. 

Forme V ( « mange-nous, qu'il nous mange», etc.) 
avec le rég. dir. plur. de 1 ^^ pers. gu^ guk. 
Sing. 2 jân gâicazu Plur. 2 jân gâicazute 

3 — gâica 3 — gâicate 

Si nous comparons cette forme avec la quatrième, nous voyons 
que la syll. ya est le rég. dir.; que le radical est changé en 2, et 
que le suffixe de plur. t avec le signe du mode za se réduit à la 
svll. ca. 



64 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

Quant aux formes verbales exprimant les autres relations, la 
formation en est régulière. Il suffît de connaître le mode de pro- 
duction des formes du présent et de l'imparfait de l'indicatif: la 
voyelle radicale de l'impératif est la même que celle de ces deux 
temps ; mais il faut remarquer en outre : 

a) A la seconde personne, le signe du mode et le radical se 
réduisent à la syll. za initiale; celui-ci est suivi par les suff. indi- 
quant l'objet et l'attribut, et finalement vient le suff. pers. zti inal- 
téré ^ . 

b) La 3° pers. est marquée par b que suivent la lettre radicale 
i et le signe du mode ; les suff. objectifs et attributifs sont à la fin. 
Ainsi p. ex. : 

Forme VII (« mange-le-moi », etc.) 
Avec le rég. sing. de Z" pers. et le rég. indir. sing. de ^"= pers. 
niri « à moi », qui, dans le verbe, est marqué par le suff. da; 
on a 
Sing. 2 jân zâdazu Plur. 2 jân zâdazute 

3 — bizat 3 — bi'zatet 

cil, à Ja 3^ pers., il y a un raccourcissement tout à fait pareil à 
celui de la forme correspondante de l'indic. prés, dit (voir p. 36). 

Forme VIII. 
Le pluriel de la forme VII est dérivé régulièrement par la syll, 
zki^ ce qui donne les au lieu de le, comme jdn zdzkidazu a mange- 
les-moi yt^jdn bizazkit « qu'il me les mange », etc. 
Forme XVII (« mange-le-leur », etc.) 
Avec le rég. dir. sing. et l'attribut pluriel de 3" pers. 
Sing. 2 jân zâjotezu Plur. 2 jân zajotezute 

3 — bi'zajote 3 — bizajotee 

Son pluriel, la forme XVIII, en dérive à l'aide du suff. iki : 
jân zâzkiotezu « mange-les-leur » jân bizazkiote « qu'il les leur 
mange », etc. 

Comme le lecteur peut s'en rendre compte, ces formes sont tout 
à fait régulières, de même aussi que les formes verbales employées 
pour les diverses relations. 

1. Dans la conversation commune k, ou, en parlant aux femmes, 
71 seul ou avec une voyelle; mais j'ai passé sous silence ces formes de 
la seconde personne. 



MODE COPiJONCTIF. 65 

MODE CONJONGTIF. 

Temps pre'sent. 

Le conjonctif, comme nous l'avons dit plus haut, a deux temps, 
un présent et un passé ; le premier est dérivé, dans les verbes de 
conjugaison composée, des formes du présent simple det, dezu, 
du^ et le second de celles de l'imparfait nûen, sendàen, zûen. Nous 
avons expliqué, au même endroit, comment était produite la pre- 
mière forme, relativement tant au présent qu'au passé, et nous 
avons donné la forme correspondante de l'auxiliaire exprimant un 
régime dir. de 3^ pers. Mais si nous voulons, étant donné un 
verbe actif dont la conjugaison est composée, exprimer une rela- 
tion quelconque, nous placerons le participe passé de ce verbe 
devant la forme correspondante de l'auxiliaire ; ainsi, nous aurons 
jdïi dezaddn « que je le mange y>,jdn dezazûn « que tu le manges » , 
etc. De ces formes dérivent en outre régulièrement, facilement, 
sans aucune variation importante, celles qui correspondent aux 
diverses relations : la lettre d initiale est toujours le signe de l'ob- 
jectif ; après elle vient le radical réduit à i dans la plupart des 
formes et suivi de la caractéristique du mode za ainsi que des 
suffixes relatifs, auxquels s'adaptent enfin les suff. pers. sujets, 
comme p. ex. : « que tu me le manges ^> jdn d-i-za-da-zii-n ; « que 
vous me le mangiez » jan d-i-za-da-zû-te-n où le w final paraît ap- 
partenir aussi à la caractéristique du mode. 

11 en est de même aux autres formes : jan dizajodàn « que je le 
lui mange y>^jan dizazkiodan « que je les lui mange » etc., où le 
second d remplace le t suffixe de V^ pers. suj., mais où le an ap- 
partient à la caractéristique du mode, parce que, selon la pensée 
linguistique basque, une certaine idée de passé est cachée même 
dans le conjonctif présent (96). 

Quelques formes paraissent altérées, comme p. ex. la 

Forme II (« que je les mange »). 
Sing. -1 jân dicadân Plur. ^ jân dicagùn 

2 — dicazûn 2 — dicazùten 

3 — dicân 3 — dicâten 

Mais ici c est formé de t et z, d-i-t-za-zu-n ; or, ^ n'est pas autre 
chose que la marque du pluriel (97). 



66 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

Forme IV (« que je te mange »). 
Sing. \ jân zaicadân Plur. i jân zaicagi'in 

2 » 2 » 

3 — zaicân 3 — zaicâten 

Dans cette forme, la syll. za, qui est initiale à toutes les per- 
sonnes, vient de zm, rég. dir. de 2« pers. ; / est le radical ; 
ca, pour za, le signe du mode que suivent les suff. pers. sujets et 
le n final encore signe du mode. 

Les formes V et VI correspondent à leurs analogues de l'impé- 
ratif dont j'ai expliqué la dérivation et la formation absolument 
régulière ; aussi serait-il oiseux d'abuser de la patience du lecteur 
en les analysant compendieusement. 

b). Forme simple. 
Dans les verbes qui suivent la conjugaison simple^ la formation 
de ce temps consiste, tant au présent qu'au passé, dans l'addition 
de la syllabe la aux formes de l'indicatif exprimant les diverses 
relations (98). Nous devons seulement faire une remarque : pour 
des raisons euphoniques, la consonne finale de certaines formes 
subit une modification, et reçoit encore, avant le la qui marque le 
mode conjonctif, la voyelle a ou e ; les personnes terminées par 
une voyelle simple prennent le suff. du mode sans éprouver aucun 
changement, p. ex. dàkart « je le porte » fait au conjonctif f/fl/:a/Y/- 
alà « que je le porte » ; ddkarzu « tu le portes », dàkarzuld « que 
tu le portes » ; dâkarzkiotet « je les leur porte », dakarzkiotedeld 
« que je les leur porte » ; zakargu « nous te portons «, zakargula 
« que nous te portions )>. 

Passé du conjonctif. 

a). Forme composée. 
L'imparfait de l'indicatif sert de base à cette forme ; de jdten 
nàen, sénduen^ zûen vient le passé du conjonctif exprimant le rég. 
dir. de 3® pers., jân nezdn, senézan, sezdn, gucnezdn, senezdten, 
sezdten. C'est de la même manière que des autres formes relatives 
de ce temps dérivent, par l'addition de lasyll. za, toutes les formes 
du conjonctif passé; elles sont régulièrement constituées, mais de 
façon à ce que la syll. za soit toujours intercalée entre le radical 



MODE OPTATIF. 67 

et le suffixe relatif et que chaque expression verbale soit ainsi 
constituée : en têle est le sujet personnel, suivi du radical du 
verbe quand ce dernier ne se confond pas avec lui ; après vient le 
signe du mode za^ et finalement le suff. relatif et le n du passé, 
commç, jâten sifiidan « tu me le mangeais y>ijàn sini-za-dân « que 
tu me le mangeasses « ; jâten ymnizûn « nous te le mangions », 
jàn guini-za-zùn « que nous te le mangeassions ». Le pluriel de la 
dernière forme se\'a.\\.jdten guini-zki-zun « nous te les mangions », 
jdn yuini-za-zkizûn « que nous te les mangeassions », etc. 

Quelques différences se produisent dans les formes dont les 
primitifs présentent les syll. tu on du^ explétives, outre les suffixes 
réguliers. Ainsi dans la 

Forme II (« que je les mangeasse »). 
Sing. \ jân nicân Plur. \ jân guinicân 

2 — sinicân 2 — sinicâten 

3 — sicân 3 — sicâten 

le t de la syll. tu de Timparf. indic. nituen se confond en c avec 
la lettre ; caractéristique du mode (99) ; mais, aux formes III, IV, 
V et VI la syll. du est simplement abandonnée au conjonctif passé, 
comme jâten ninduzun « tu me mangeais » , jâten sînduztegun 
« nous vous mangions » d'où il vient jVm sin-za-tegûn « que nous 
vous mangeassions ». 

b). Forme simple. 
La formation du passé du conjonctif des verbes de conjugaison 
simple est encore plus facile, parce qu'elle a lieu, comme au pré- 
sent, au moyen de la syll. la: à toutes les personnes de chaque 
forme, elle s'intercale avant la lettre w qui désigne le passé; ainsi de 
nékarren « je le portais » vient nekarrelan « que je le portasse », 
de nekarzkizun « je te les portais » nekarzkizu-lâ-n « que je te les 
portasse » etc. (-100). 

MODE OPTATIF. 

En discutant les formes des verbes auxiliaires, nous avons 
exposé déjà le nombre et le mode de formation des temps de l'op- 
tatif ; c'est la même chose quant aux formes relatives tant des 



68 ESSAI SUR LA LANGDE BASQUE. 

verbes de conjugaison simple que de ceux de conjugaison com- 
posée ; il y règne d'ailleurs une telle régularité qu'il suffira de 
quelques mots pour l'exposer très-clairement au bienveillant lecteur. 

Temps pre'sent. 
11 est constitué par le suffixe ke qui se joint aux formes de l'im- 
parf. de l'indic, lequel ne change pas, mais perd le signe final 
%, an, en du passé. On met devant le participe futur du verbe 
conjugué; ainsi, on aura jamjô nùke « je le mangerais «, jangô 
nitiike « je les mangerais ^^^ Jangô gu'unzuke a nous te le mange- 
rions ^\ jangô guiûizkizuke « nous vous les mangerions «. Il en 
est de même dans les verbes de conjugaison simple : ekarriko 
ninduzuke V tu me porterais «, ekarriko ninduzuteke « vous me 
porteriez » etc. 

Passe'. 

11 consiste en la forme du présent, à laquelle, après la syll. Ae, 
on suffixe encore la syll. an comme marque du passé, ce qui 
donne jangô guinizukean « nous te l'aurions mangé », ou ekarriko 
guinizukean « nous te l'aurions porté », ekarriko siniokean'<.<. tu le 
lui aurais porté » etc. 

MODE CONDITIONNEL. 

Temps présent. 

Gomme il a été dit, à propos des verbes auxiliaires, ce mode est 
formé au moyen du préfixe ba ; dans les verbes de conjugaison 
composée, on emploie le participe futur — Jango — que suivent, 
avec le préfixe ba, les diverses formes relatives de l'auxiliaire. 
Entre les présents de l'optatif et du conditionnel, ce sont seule- 
ment ces deux affixes ba et ke qui font la différence, les éléments 
personnels et relatifs demeurant les mêmes dans les unes et les 
autres formes, ainsi on a : jangô nûke « je le mangerais » loptatif) 
qI jangô bàna « si je le mangeais » \ jangô bàguihizkizu « si nous 
vous les mangions » correspond à guifiizkizuke ; jangô basinio 
« si tu le lui mangeais » etc. 

Quant au présent de ce mode dans les verbes de. conjugaison 
simple, il est constitué de la même façon ; les diverses formes rela- 
tives de l'imparfait expriment le présent de l'optatif en prenant le 



INDICATIF IMPARFAIT INTRANSITIF. 69 

préfixe ba, comme nekarren « je le portais », banekar « si je le 
portais », où manque le signe final en du passé, bdsenekar, bdsekar, 
bdguenekar, bâsenekarte et bâsekarte « si tu le portais, etc ». Il en 
est de même pour les autres formes, bdnekartu « si tu me por- 
tais », basekarzkizun « s'il te les portait » etc. 

Passé. 
Dans l'une et l'autre espèce de verbe, il se forme par composi- 
tion ; dans les verbes de conjugaison composée, on place devant les 
formes de l'auxiliaire le nom verbal passé et le participe présent 
du verbe « être » izan ; les verbes de conjugaison simple n'ont pas 
de forme spéciale pour ce temps et le forment aussi à l'aide du 
verbe avoir. Jdn izdn bdnu « si je l'avais mangé », ekarri izdn 
bd/iu « si je Pavais porté » etc. 



Avec ce que nous venons de dire, nous avons terminé la conju- 
gaison des verbes actifs et transitifs; il nous reste à analyser 
encore brièvement les temps et les modes, en dehors de. l'indicatif 
présent déjà exposé, que possèdent les verbes intransi Lifs, neutres 
et passifs. 

En ce qui concerne la conjugaison des verbes neutres ou intran- 
sitifs et passifs, il nous faut reprendre le fil de notre examen au 
point où nous l'avons précédemment brisé (voy. p. 41-45), c'est-à- 
dire à l'endroit où, en développant les sept formes du présent, nous 
exposions que le verbe « être » figure dans celles des verbes de 
conjug. comp., tandis que les verbes de conj. simple se modifient 
par des affixes indépendants pour exprimer les relations attribu- 
tives. Nous avons dit dans les préliminaires (§ 8, p. 3<), mais 
cela ressort aussi de l'étude du présent, que, dans les verbes 
neutres, les affixes sujets sont préfixés au verbe, tandis que les 
signes du datif sont suffixes au radical ; ce dernier est représenté 
dans les formes verbales, du moins au cas le plus général, par la 
syll. za ou tsa {\0i] qui se réduit souvent en ca comme on le verra 



70 ESSAI SUR r,A LANGUE BASQUE. 

ci-après dans les formes de l'auxiliaire. Dans les forme simples du 
présent et de l'imparfait, cette syll. ta ne se retrouve plus, vrai- 
semblablement parce qu'elle se confond avec les suffixes. 

Forme I. 
Elle est constituée par le participe présent etorcen du verbe 
etorri « venir », et les formes tiincan, sînan^ zan., etc., de l'auxi- 
liaire, ce qui donne « je venais, tu venais, il venait, etc. « sans 
rég. indir. 

b]. Forme simple (du verbe ibilli marcher). 
Sing. \ némbillan Plur. 1 guémbilzan 

2 sembilzan 2 sémbilzaten 

3 sebillen 3 sébilzan, 

« Je marchais » etc., où les aff. pers. sujets sont manifestement 
initiaux; le radical est bit ou bill et la finale n, en est le signe du 
passé; la syll. za qui se trouve à la sec. pers. sing. et au pluriel 
est un élément explétif encore inexplicable (^02). 

Forme IL 

Avec l'attribut niri « à moi « du sing. du pron. de prem. pers. 
que représente le suff. da, comme dans les verbes transitifs. 

a). Forme composée (« tu venais à moi » etc.). 
Sing. \ » Plur. \ « 

2 etôrcen sfncadan 2 etorcen sincazkidan 

3 — si'cadan 3 — sicazkidan 

Ici se présente régulièrement la syll. za et il faut qu'elle soit le 
représentant du radical, parce que .sm, si sont les suffixes de 2'' et 
de 3'' pers. sing. et plur.; da est le rég. indir.; au pluriel est 
l'augmentatif zki que nous connaissons déjà; n est la marque du 

passé. 

b). Forme simple ( « tu marchais à moi » etc.). 

Sing. \ » Plur. \ » 

2 sémbilkidan 2 sémbilzkidan 

3 sébilkidan 3 sébilzkidan 

Cette forme se distingue de la précédente par la syll. ki (-103), 
laquelle se rencontre aussi régulièrement dans les autres formes et 
devant qui se présente au pluriel la lettre z; da est le suffixe 
attributif. 



lîiDlCATlF IMPARFAIT INTKANSITIF. 71 

Forme III. 
Avec l'attribut sing. de 2'^ pers. zuri « à toi « qu'on peut recon- 
naître dans le tu final des diverses personnes. 

a). Forme composée (« je venais à toi » etc.). 
Sing. \ etôrcen nfncazun Plur. \ etôrcen gufncazkizun 

2 » 2 » 

3 — sicazun 3 — sicazkizun 
b). Forme simple (« je marchais à toi » etc.). 

Sing. \ némbilkizun Plur. \ guémbilzkizun 

2 » 2 « 

3 sébilkizun 3 sébilzkizun 

11 est nécessaire de se reporter aux observations présentées plus 
haut, à propos des formes 1 et II, quant à la dérivation régulière 
qui n'a pas besoin d'explication spéciale. 

Forme IV. 
Avec l'attribut singulier du pron. de 3^ pers. que représente le 
suif. etjo. 

a). Forme composée ( « je venais à lui » etc.). 
Sing. \ etôrcen m'ncajon Plur. 'I etôrcen guincazkion 

2 — si'ncajon 2 — sîncazkion 

3 _ si'cajon 3 — sicazkion 
au pluriel, la lettre j du suff. jo se confond avec Vi de ki. 

b). Forme simple ( « je marchais à lui » etc.). 
Tout à fait régulière : némbilkion, sémbilkion, sébilkion, guém- 
bihkion, etc., avec l'addition de z au pluriel pour indiquer ce 

nombre. 

Forme V. 

Avec l'attribut pluriel de prem. pers. guri « à nous ^^ que 

désigne le suff. yu. 

a). Forme composée (« tu venais à nous » etc.). 

Sing. \ « Plur. \ » 

2 etôrcen sincagun 2 etôrcen sfncazkigun 

3 — si'cagun 3 — sicazkigun 
b). Forme simple (« tu marchais à nous » etc.). 

Sing. \ » Plur. ^ « 

2 sémbilkigun 2 sémbilzkigun 

3 sébilkieun 3 sébilzkiguu 



72 KSSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

Forme VI. 
Avec l'attribut pluriel de sec. pers. zuei « à vous « que marque 
le sufT. lu; afln de le distinguer de l'attribut sing., on y joint le 
suff. de plural, te, qui fait seul la différence entre les formes 
m et VI, tant dans les verbes de conj. comp. que dans ceux de 
conj. simple, comme : 

a). Forme composée (« je venais à vous « etc.). 
Sing. \ etôrcen hi'ncazuten Plur. \ etôrcen gufncazkizuten 

2 » 2 « 

3 — si'cazuten 3 — sfcazkizuten 
^i. Forme simple ( « je marchais à vous « etc.). 

Encore plus régulière, car on a némbilkizuten « je marchais à 
vous », guémhilzkizuten « nous marchions à vous », sébilzkizuten 
« ils marchaient à vous « etc. 

Forme VII. 

Ne diffère également de la quatrième que par le suff. de plural. 
te, et on a, dans les verbes de conj. comp. : etôrcen nincajoten 
a je venais à eux », etôrcen guincazkioten « nous venions à eux », 
sincazkioten « tu venais à eux » etc. ; 

Dans les verbes de conj. simple : némbilkioten » je marchais à 
eux », guémbilzkioten « nous marchions à eux », sénhilzkioten, 
sébilzkioten « tu marchais, il marchait à eux » etc. 

En ce qui touche les autres temps de l'indicatif, ils se forment 
d'une manière identique à celle des temps analogues des verbes 
actifs transitifs, et, tant dans les verbes de conj. simple que dans 
ceux de conj. comp., ils se produisent au moyen de l'auxiliaire 
être dont le présent ou l'imparfait s'emploie soit avec le participe 
passé soit avec le participe futur du verbe à conjuguer; — on a 
donc, au passé indéfini etorri nais « je suis venu », et ibilli naiz 
« j'ai marché » ; au passé défini ou historique etorri nîncan « je 
vins » et ibilli nincan « je marchai » ; au plus-que-parfait etorri 
izdn nincan « j'étais venu » et ibilli izdn nincan « j'avais marché ». 

Futur I : etorriko naiz « je viendrai » et ibilliko naiz- « je 
marcherai ». 

Futur II ou futur passé : etorri izango naiz « je serai venu » 
et ihilli izango naiz « j'aurai marché ». 



IMPÉRATIF INTlUiNSITlF. 73 

Futur III OU conditionnel : etorri izangd nincan « je serais 
venu » et ibilli izanyô nincan « j'aurais marché «. 

Remarque. — Le verbe etorri « venir » possède aussi la conju- 
gaison simple, mais seulement à l'impératif et au présent et à 
l'imparfait de l'indicatif; elle est aussi régulière que celle d'ibilli 
« marcher » développée ci-dessus. Il apparaît pourtant, à l'indicatif 
présent, dans la forme simple non relative, quelque altération, les 
autres formes concordant d'une façon absolue avec leurs corres- 
pondantes d' ibilli. 

Indicatif présent (« je viens, tu viens «, etc., sans datif). 
Sing. ^ natôr Plur. i gatôz 

2 zatôz 2 zatôzte 

3 datôr 3 datôzte 

A la V" et à la 3^ pers. sing., le sujet personnel et le radical 
sont clairs; dans les autres personnes la consonne radicale r s'est 
changée en z (404). 

On aurait, à l'imparfait néntorren., séntorren, etc., dont la for- 
mation est tout à fait régulière, de même aussi que celle des six 
formes servant à l'expression des relations attributives. 

MODE IMPÉRATIF. 

a). Forme composée (« viens, qu'il vienne » etc.). 
Sing. 2 etorri zaïte Plur. 2 etorri' zaï'tezte 

3 — bédi 3 — bitez 

b). Forme simple ( « marche, qu'il marche « etc.). 
Sing. 2 zâbilza IMur. 2 zâbilzate 

3 bébil 3 bébilz 

Dans cette forme simple, les sec. pers. sing. et plur. sont iden- 
tiques à leurs correspondantes du présent de l'indicatif. 

Forme IL 
Avec l'attribut de '1''* pers. que marque le suff. t : 
a). Forme composée (« viens à moi » etc.). 
Sing. 2 etorri zâcakit Plur. 2 etorri zâcakizkit 

3 — békit 3 — békizkit 

Au singulier, il y a l'élément nouveau ki, déjà signalé, auquel 
s'ajoute encore au pluriel zki, pour marquer la pluralité. 



74 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

b). Forme simple ( « marche à moi » etc.). 
Sing. 2 zabilkit Plur. 2 zâbilzkil 

3 bébilkiL 3 bébilzkit 

Forme III. 

Exprime la relation de la 3'' pers. à la 2'= : békizu^ békizute « qu'il 
vienne, qu'ils viennent à toi » ; bébilkiz-u, bébilkiziite « qu'il 
marche, qu'ils marchent à toi ». 

En ce qui touche la dérivation des formes IV, V, VI et VII il 
suffira d'exposer simplement la règle. Par les trois formes établies 
ci-dessus, il est manifeste que le radical de cet impératif est zcicaki 
à la sec. pers. et béki à la 3"^' dans les verbes de conj. comp., mais 
dans le verbe de conj. simple ibilU, zàbilki et bébilki : à ce radical 
significatif du mode se joignent dans les diverses formes les sutT. 
relatifs attributifs, ainsi : etorri zdcazkigu « viens à nous », plur. 
etorri zdcakizkigu « venez à nous », etorri békigu « qu'il vienne à 
nous» ; dans les verbes de conj. simple, tâbilkio « marche à lui », 
zàbilkiole « marche à eux », zàbilzkiote « marchez à eux » etc. 

MODE GONJONCTIF. 

Temps Présent. 

Connaissant le conjonctif du verbe auxihaire « être », celui du 
verbe neutre, au présent, dans la forme I c'est-à-dire sans relations 
attributives, s'obtient au moyen d'une véritable composition de ce 
conjonctif avec le nom verbal passé du verbe conjugué, comme 
etorri naclin, etorri zaitesén, etorri dedin « que je vienne, que tu 
viennes, qu'il vienne ». 

Les verbes neutres de conjugaison simple prennent les suif, la 
ou ela, ala^ à la fin des formes du présent de l'indicatif, de' la 
même façon que font les verbes actifs transitifs, et il vient 
nabilld, zabUzalà^ dabii-ld « que je marche, que tu marches, 
qu'il marche » etc. — nator « je viens », nator-eld « que je 
vienne » etc. (iOa). 

Forme II. 

Avec l'attribut singulier de V pers. Ici, en prenant pour base 
la forme II de l'indicatif, nous apercevons un petit changement, 
car zdcal devient zacakidan; l'élément nouveau, la syll. ki est le 



CONJONCTIF INTRANSITIF. 75 

signe du mode (/(06); en outre la terminaison change aussi : au 
Jleu de t^ elle est dan où da est l'attribut. 

a\. Forme composée (« qu'il vienne à moi »). 
Sing. -1 )) Plur. \ » 

2 elorrf zacakidân 2 etorri zacakizkidân 

3 — dacakidan 3 — dacakizkidân 
Dans cette forme, la syll. ki n'est autre que le signe ke de l'op- 
tatif qui se présente aussi conséquemment dans tout le conjonctif; 
— dans cette forme à ce suffixe s'ajoute da (les suffixes attributifs 
correspondants des autres formes sont zm, ?o, gu^ zuteeiiote); à la 
fin est la lettre n que nous trouvons partout avec la marque du 
conjonctif. La syll. connue zki marque le pluriel 

b). Forme simple (« que tu marches à moi « etc.). 
Sing. i « Plur. •< » 

2 zabilkitelâ 2 zabilzkitelâ 

3 dabilkitelâ 3 dabilzkitelâ 

Cette forme ne diffère de sa correspondante de l'indicatif que 
par le suff. ela et il en est régulièrement ainsi dans les sept 
formes; la lettre z est la marque du pluriel. 

Forme III. 
Avec l'attribut singulier de 2e pers. qui est marqué par le sufF. 
zu à la fin des pers., comme : 

a). Forme composée ( « que je vienne à toi » etc.). 
Sing. \ etorri nacakizùn Plur. i etorrf gacakizkizùn 

2 » 2 « 

3 — dacakizùn 3 — dacakizkiziin 
b] Forme simple (« que je marche à toi » etc.). 

Elle ne demande pas de longues explications; la syll. la se 
suffixe à la forme III de l'indicatif et on obtient ainsi le conjonctif , 
ainsi nabilkizulâ, dabilkizuld, etc. 

Forme IV. 
Avec l'attribut sing. de 3^ pers. 

a). Forme composée (« que je vienne a lui « etc.). 
Sing. i etorri nacakidn Plur. \ etorri gacakizkiôn 

2 — zacakiôn 2 — zacakizkion 

3 — dacakiùn 3 — dacakizkiôn 



76 ESSAI SUK LA LANGUE BASQUE. 

En comparant avec l'indicatif, nous trouvons l'augmentative ki 
comme signe du mode. 

b). Forme simple (« que je marche à lui » etc.). 

Elle est produite régulièrement par la suffixation de la à l'indi- 
catif, comme : nabilkiolâ « que je marche à lui «, zabilkiolà 
a que tu marches à lui «, etc. Au pluriel, avec l'augmentative z 
gabilzkiolà^ zabilzkiolâ^ etc. 

En ce qui touche la dérivation des formes V, VI et VII, nous 
nous contenterons d'indiquer simplement la règle : dans les verbes 
deconjug. composée, les formes correspondantes du présent de 
l'indicatif prennent la syll. ki devant les suff. relatifs, mais dans 
les verbes de conj. simple on joint à chaque pers. le suff. connu 
/a, ala, ela; on a donc : etorri zacakigûn « que tu viennes à 
nous », etorri nacakizun « que je vienne à toi », etorri nacakizuten 
« que je vienne à vous », nacakioten « que je vienne à eux », etc. 

Dans les verbes de conj. simple : zabilkigulâ « que tu marches 
à nous », zabilzkiyuld « que vous marchiez à nous » (où la lettre 
s marque le pluriel], nabilkizuteld « que je marche à vous » etc. 

Passé. 

a). Conjugaison verbale composée : 
Au temps passé du conjoncLif l'imparfait de l'indicatif sert de 
base avec d'importantes modifications: devant la forme correspon- 
dante de l'auxiliaire est toujours placé le participe passé du verbe 
conjugué; c'est ainsi que, pour la forme I, on emploie l'auxiliaire 
dont le passé est connu {nendin, sindesén, etc.) et l'on a etorri 
nendln « que je vinsse r>, etorri sindesén « que tu vinsses », etorri 
sedin « qu'il vînt ». 

Mais, en ce qui concerne les formes verbales relatives aux six 
attributs « à moi, à toi, à lui, à nous, à vous, à eux », leur déri- 
vation dans le verbe est simple et s'explique facilement par les 
exemples et les règles déjà connues; c'est-à-dire que devant se 
trouvent les affixes pers. nen, sen, se, guen^ sen, se, avec lesquels 
se confond le radical que suit la syll. ki, signe du conjonctif, à 
qui se joint le pluriel zki; à la fin viennent les suff. de relations 
attributives avec la lettre n qui s'y ajoute comme signe du temps 
passé. On a donc etorri senkiddn « que tu vinsses à moi », 



OPTATIF INTRANSITIF. 77 

etorri senkizkidân « que vous vinssiez à moi », etorri nenkiôn 
« que je vinsse à lui », etorri nenkioten « que je vinsse à eux » 
ou « à ces choses » etc. 

6). Dans les verbes de conjugaison simple : 
La formation du passé du conjonctif est encore plus simple, car, 
prenant pour base l'imparfait de l'indicatif, on intercale la syll. la 
entre le radical ou le suff. relatif et le n marque du passé. On a 
donc némbillen v^ ]Q marchais », nembille-ldn «que je marchasse» ; 
(juémbihkiôn « nous marchions à lui », guembilzkiolân « que 
nous marchassions à lui » ; sémbilkigun « tu marchais à nous », 
sembilkiguldn « que tu marchasses à nous » etc. (■lOT). 

MODE OPTATIF. 

Temps Présent. 

Ce mode n'a que des formes composées dans les verbes de l'un 
et de l'autre paradigme, c'est-à-dire que le participe futur du 
verbe que l'on conjugue se joint toujours à des formes verbales 
exprimant les diverses relations de l'auxiliaire et dérivées de l'im- 
parfait de l'indicatif au moyen de la syll. ke. On a d'abord, sans 
attribut, , 

Forme 1 (« je viendrais » etc.). 

Sing. ^ etorrîko nîncake Plur. \ etorriko gui'nake 

2 — sincake 2 — sinateke 

3 — li'cake 3 — li'caleke 

Il en est absolument de même dans les verbes de conjugaison 
simple, p. ex. ibilliko nincake « je marcherais », ibilliko sincake 
« tu marcherais » etc. 

En comparant le verbe auxiliaire avec l'imparfait de l'indicatif, 
nous voyons que la marque du passé n a été enlevée à celui-ci et 
qu'on a mis à la place le signe du mode â:»? ; il y a cependant à la 
%" pers. un important changement, au lieu de tan se trouve 
licake : le suff. pers. est li, comme cela s'était déjà présenté dans 
l'auxiliaire « avoir » où la forme personnelle correspondante était 
luke ; dans la syll. ca est vraisemblablement caché le radical aug- 
menté (408). 

Mais, connaissant cette forme, il est facile de deviner les autres, 



78 ESSAI SDR LA LANGUE BASQUE. 

puisqu'elles ne différent de l'imparfait que par l'addition de ke 
aux suffixes relatifs des formes correspondantes, sauf toutefois 
pour la forme attributive nirl « à moi » dont le t caractéristique 
vient après le suff. A:e, comme : 

Forme II (« tu viendrais à moi « etc.)- 
Sing. \ y Plur. ^ » 

2 etorrfko ni'ncaket 2 elorrfko gufncazkiket 

3 — licaket 3 — licazkiket 

Dans les autres formes au contraire, la dérivation est partout 
régulière, comme : etorriko nincaznke « je viendrais à toi «, 
elorriko guincazkizuke « nous viendrions à toi y> , etorriko sincafjuke 
« tu viendrais a nous », etorriko guincazkizuteke « nous vien- 
drions à vous » etc. 

Passé de l'Optatif. 

H se forme, comme dans les verbes transitifs, au moyen de la 
syll. anqm est suffixée après le ke\ p. ex. : etorriko sin-cacjuke-an 
« tu serais venu à nous », ibilliko n'mcajoteke-an « j'aurais mar- 
ché à eux » etc. 

MODE CONDITIONNEL. 

Temps Présem. 

Le signe du mode conditionnel est le préfixe ba qui se place 
avant les suffixes personnels; car c'est l'imparfait de l'indicatif 
qui sert de base à sa formation, tant au présent qu'au passé, dans 
les verbes de l'un et de l'autre modèle. 

a). Conjugaison composée. 

Pour l'indiquer il suffira de donner un couple de formes d'où 
le lecteur complaisant pourra conclure la règle; le participe futur 
du verbe neutre conjugué s'emploie toujours avec les formes cor- 
respondantes de l'auxiliaire naiz, comme : 
Sing. \ etorriko bâninc Plur. \ etorriko bâguina 

2 — bâsina 2 — bàsinate 

3 — bàlic 3 — bâlicate 



CONDITIONNEL INTUANSITIF. 79 

Forme II (« si tu venais à moi » etc.)- 
Sing. ^ » Plur. 1 » 

2 etorri'ko bâsincat 2 etorn'ko bâsincazkit 

3 — bâlicat 3 — bâlicazkit 

Forme III (« si je venais à toi » etc.). 
Sing. ^ etorn'ko bânincazu Plur. i etorn'ko bàguincazkizu 

2 « 2 » 

3 — bâlicazu 3 — bâiicazkizu 

De l'examen de ces trois formes on peut établir ainsi qu'il suit 
la règle pour toutes : la première syll. est toujours 6a; après elle 
vient, comme à l'optatif, le suff. pers. et le radical confondus (par 
conséquent à la 'I"' pers. sing. ninca, à la 2* sinca, à la 3* lica\ à 
la ^" pers. plur. guinca^ à la 2*^ sinca, à la 3^ lica, mais à ces 
trois dernières se joint encore la syll. zki qui marque le pluriel) ; 
à la fin viennent les suff. relatifs attributifs, à moi t, à toi zm, à 
lui 70, à nous gu^ à vous zute^ à eux^o^e ; p. ex. : « si je venais à 
vous » etorri bâninca-zute, « si nous venions à eux » etorri bà- 
yuinca-zki-otc etc. 

b). Forme simple.» 

Elle se conforme uniquement à la règle générale : sa base est 
l'imparfait de l'indicatif devant les formes personnelles duquel 
s'ajoute, pour les sept relations, le préfixe ba, mais qui perd les 
finales an, n, en, signes du passé ; on a ainsi : bànembil « si je 
marchais », bdsembilza « si tu marchais », bànembilkizu « si je 
marchais à toi », bdguembilzkio « si nous marchions à lui » etc. 

Passé du Conditionnel. 

Dans les verbes de l'un et de l'autre paradigme, il se produit au 
moyen d'une composition, et les verbes de conj. simple ne le 
forment pas d'une façon indépendante. Pour eux, comme pour 
ceux de conj. comp., les formes correspondantes de l'auxiliaire 
servent à l'expression des divers rapports en joignant de plus 
izan au nom verbal passé etorri, ibilli ; comme : etorri izdn bdninc 
« si j'étais venu », etorri izdn bdiicdzu « s'il était venu à toi », 
ibiili izdn bdiiccizkizu « s'ils étaient venus à toi » etc. (^09). 



80 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 



§ ^4. 



11 nous faut encore faire connaître quelques modes particuliers 
de la conjugaison basque qui ne se présentent pas dans les langues 
aryennes. Je n'ai pas voulu donner inopinément ces modes au 
milieu des formes de la conjugaison verbale exposées ci-dessus, 
pour ne pas troubler le patient lecteur par un si grand nombre 
de temps et de modes. Le plus souvent pourtant leur formation 
est. si régulière qu'il suffira au lecteur de quelques indications 
pour qu'il puisse s'orienter et les développer de lui-même. Ces 
modes particuliers sont : le mode habituel, le mode potentiel 
affirmatif, le mode potentiel négatif, le mode conditionnel poten- 
tiel et enfin le mode volontaire. 

a). Mode habituel. 
Il exprime la répétition d'une certaine action ou la manière 
d'être habituelle et correspond par conséquent en magyare soit 
au verbe szoktani « j'ai coutume, soleo » soit aux dérivatifs kâl, 
yàl, kél^ gél^ gat, get dans des verbes tels que les suivants : 
jârkdl « se promener », de jdr « marcher » ; irdogdl^ irogat 
« écrjvailler, écrivasser », de ir « écrire »; kéreget « mendier », de 
kér a demander » etc. La formation en est très-simple, c.-à-d. 
que la syll. oi [i\0) se place devant les personnes du verbe auxi- 
liaire, comme jdten oi-det « j'ai coutume de manger », etorcen oi- 
naiz « j'ai coutume de venir » etc. 

b]. Mode potentiel. 
11 correspond aux dérivatifs magyares hat, het et se forme en 
basque à l'aide de la syll. al (NI) jaten aldet, — aldezu, — 
aldu « je peux, tu peux, il peut manger » (mag. ehetem^ etc.). Si 
entre la syll. al et les personnes de l'auxiliaire s'intercale encore 
la syll. ba, on a le mode conditionnellement potentiel, comme 
jàten albadét, jdten albadezii ., jdten albadù « si je peux manger, 
si tu peux manger, s'il peut manger ». 

c). Mode potentiel négatif. 
La négation de possibilité est exprimée en plaçant devant les 



MODES COMPOSÉS DIVERS. 84 

personnes du verbe auxiliaire le mot esin {\\2] signiGant la néga- 
tion, ainsi qu'il suit : esin emàn det, esin emdn dézu, esin emin 
du « je ne peux pas donner, tu ne peux pas donner, il ne peut 
pas donner », esin etorri naiz^ esin etorri séra^ esin etorri da « je 
ne peux pas venir, tu ne peux pas venir, il ne peut pas venir ». 
Il faut remarquer que, pour la négation, le nom verbal passé est 
placé avant l'auxiliaire, dans le sens du présent, comme le font 
voir les exemples ci-dessus. 

d). Mode volontaire. 
11 se forme à l'aide des particules nai [WZ) dans le dialecte 
guipuzcoan que nous étudions et gura dans le dialecte biscayen ; 
quelques grammairiens regardent ces particules comme les parti- 
cipes de verbes naitù et guratû possédant le sens de « vouloir » ; 
dans ce cas, il n'y aurait pas ici un nouveau mode mais seulement 
une conjugaison régulière. Nai-det, nai-dézu, nai-du « je le 
veux, tu le veux, il le veut », ou gura-nûen, gura-sénduen^ giira- 
zûen « je le voulais, tu le voulais, il le voulait ». 

e). Mode potentiel conjugué. 
Il y a encore une espèce de mode potentiel qui peut s'appeler 
le potentiel conjugué et qui exprime en même temps l'optatif. Le 
présent et le passé du conjonctif lui servent de base : en ajoutant 
la syll. ke aux formes personnelles de ces temps, on obtient les 
trois temps de ce mode, savoir le présent, l'imparfait et le passé, 
et l'on en déduit, avec la plus entière régularité toutes les formes 
exprimant les relations objectives et attributives. On a donc : 

a). Au présent (« je peux le manger » etc.). 
Sing. i jân dézaket Plur. ■! jân dézakegu 

2 — dézakézu 2 — dézakezute 

3 — dézake 3 — dézakete 

Si nous comparons ces formes avec celles du présent du sub- 
jonctif, nous voyons que la syll. he est intercalée entre le radical 
temporel et les sufT. personnels et que le n signe du passé a dis- 
paru (H 4) ; c'est en cela qu'est toute la différence, car le t de la 
première personne, au lieu de da, se présente aussi dans d'autres 
occasions. Cette régularité se continue dans les dix-sept autres 

6 



82 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

formes sans aucune variation, p. ex. : jdn dicakegu « nous pou- 
vons les manger », jdn dizadakizu « tu peux me le manger » etc. 

6). A l'imparfait (« je pouvais le manger » etc.). 
Le passé de ce mode se produit encore plus simplement. En 
supprimant leur n final, marque du passé, les formes personnelles 
du conjonctif expriment l'imparfait de ce mode par l'addition de 
la syll. ke. 
Sing. ] jân nézake Plur. i jân guénezake 

2 — sénezake 2 — sénezake 

3 — lézake 3 — lézakete 
Seulement la troisième personne commence, au lieu de se, 

par /, marque de l'optatif. 

y). Parfait (« je pus manger » etc.). 
La syllabe an sui'fixée au temps précédent le produit. Du reste, 
dans toutes les formes exprimant les diverses relations objectives 
et attributives, il suit la conjugaison du temps précédent, comme: 
jdn nézakean « je pus le manger y>^ jdnnicaRean a je pus les man- 
ger « etc. 

Verbes neutres et passifs. 

Ce mode montre, dans ces verbes, une formation analogue, 
prenant partout pour base les formes du présent et du passé du 
conjonctif; la syll. ke s'ajoute aux suffixes relatifs; il se présente 
seulement une variation phonétique au présent et à l'imparfait 
dans la forme sans attribut, c'est pourquoi nous enregistrons ici 
ces deux formes. 

Présent (« je peux venir, tu peux venir » etc.). 
Sing. \ etorrf nai'teke Plur. \ etorri gaftezke 

2 — zaï'Leke 2 — zaïtezke 

3 — dâiteke 3 — dâitezke 

Imparfait (« je pouvais venir » etc.). 
Sing. \ etorrf ni'nteke Plur. \ etorrf gufntezke 

2 — sfnteke 2 — sfntezke 

3 — Ifteke 3 — Iftezke 
Quant aux autres formes servant à l'expression des relations 

attributives, la formation en est régulière. 



SYNTAXE. 83 

Nous en avons terminé avec les complications de la conjugaison 
basque ; c'est en cherchant à les résoudre autant que possible que 
j'ai donné ce tableau de la conjugaison verbale qui peut suffire à 
un lecteur attentif pour en comprendre clairement la nature et 
même pour le rendre capable de reconstituer de lui-même, d'après 
les règles posées, les formes verbales que je n'ai pas données, car 
je n'ai pas voulu fatiguer le lecteur par le détail des formes innom- 
brables et je me suis borné à donner clairement, je le crois du 
moins, la »'ègle applicable aux cas analogues à ceux dont je trai- 
tais. Et je puis bien dire que je travaillais, en ce qui regarde cette 
partie, dans un terrain inculte; mes grammaires, rédigées en 
français et en espagnol, ne font pas le moins du monde connaître 
l'esprit de la langue basque et en gênent plutôt qu'elles en facili- 
tent l'analyse, par ces formes multipliées qu'elles donnent; on y 
chercherait en effet vainement la qualité propre à ces sortes d'ou- 
vrage, celle de traiter linguistiquement la langue étudiée : les 
grammairiens se sont bornés à exposer sèchement les règles 
grammaticales et la conjugaison, sans essayer une recherche ana- 
lytique des affixes et sans déduire de l'organisme régulier de la 
langue les règles générales, aussi peut-on dire qu'ils n'ont en 
aucune façon étudié le basque par des procédés véritablement lin- 
guistiques (^•^5). 

Si j'ai réussi à jeter quelque lumière sur l'organisme de cette 
langue dont l'édifice est aussi prodigieux que régulier, je trouverai 
la récompense de mes efforts dans la conscience de ce fait et dans 
la reconnaissance des lecteurs. Il me reste encore cependant à 
faire quelques observations sur la syntaxe, où le basque diffère 
des autres langues ; je vais donc indiquer quelques particularités 
qui caractérisent spécialement cet antique idiome. 



§ <5. 
OBSERVATIONS SYNTACTIQUES. 

i). Des Propositions relatives. 
Les règles de l'assemblage des noms, qui sont simples, sont 
claires et faciles à déduire des divers chapitres ci-dessus; la réu- 



84 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

nion de propositions où se présentent des pronoms relatifs 
réclame une attention particulière : en ce qui concerne notam- 
ment l'objectif des verbes actifs transitifs, on observe les règles 
suivantes : 

a). Lorsque la forme personnelle verbale finit en t^ on change 
cette consonne en d et on remplace par la syllabe an l'objectif du 
pron. relatif, comme : « le pain que j'ai mangé » jdn de-d-dn 
(det) ogid] « l'or qu'il m'a apporté » ekarri diddn (dit) urréa. 

b]. Si la forme personnelle finit par une voyelle, on y ajoute 
seulement la lettre n, comme : « le ciel que nous voyons » ikûsten 
degû-n serud. 

c). A l'imparfait, dont les form. pers. sont déjà en w, il n'y a 
lieu de rien ajouter, ikûsten nïœn gizonak « l'homme que je 
voyais ». 

d). Celte forme nomino-verbale peut aussi se décliner; elle 
peut constamment prendre le suffixe terminal du pronom démons- 
tratif qu'elle supprime, p. ex. : « ce que je vois » ikûsten deddnak 
(pour det)^ « de ce que je vois » ikûsten dedanarén, et ikûsten 
dedanari « à ce que je vois » etc. 

Les mêmes règles s'appliquent aux verbes de conjugaison 
simple, mais si la finale est ?', on y ajoute le sufî. ew, comme 
dakarddn (dakart) kargû « la charge que je porte » etc. 

La langue basque a en outre une double formation participiale 
qui a pour but de supprimer la véritable périphrase d'une con- 
jonction et correspond au nom verbal magyare vdn^ vén (H 6). 
Elle a lieu au moyen du suffixe ik^ comme gusidk bildurik semé 
gaztenôr « le plus jeune fils, ayant tout réuni «. 

2). Propositions liées par la conjonction « que ». 

Quoiqu'il y ait en basque des conjonctions correspondant à 
celle-ci, esén^ ese, se, le « que » est rendu, dans le verbe de la 
proposition subordonnée, au moyen des suffixes Id, ald, que ces 
conjonctions esén etc. soient employées ou non. Mais, 

a). Après les formes personnelles finissant par une voyelle, on 
ajout esimplement Id : esdn diot kendû diogu-ld « je lui ai dit que 
nous le lui avons ôté » ; 

b). Après le t final, c'est ald qui se suffixe, et le t se change en 
d\ enfin. 



TEXTE ET REMARQUES. 85 

e). A l'imparfait, le n disparaît devant le suff. /a, comme jàn^ 
nûen « je l'avais mangé » et esàn diot jàn nuelâ « je lui ai dit que 
je l'avais mangé » etc. 

Les mêmes règles s'appliquent, sans exception, aux verbes de 
conjug. simple et aussi aux vebes neutres et passifs {^\^]. 

3). Des significatifs verbaux ba et ez. 

Les syll. ba et bai, préfixées au verbe, renforcent simplement 
Taffirmation dans le sens de « véritablement », comme badakart 
« je le porte vraiment » {{\%). 

La négation ez se préfixe au verbe en amenant des modifications 
de consonnes, car au lieu de ez-det etc. on dit eztét, eztézu, eztû 
et on a p. ex. : jàten eztét « je ne le mange pas », jdten eztézu 
« tu ne le manges pas », etc. Dans les verbes de conj. simple, 
ainsi que dans l'auxil. naiz^ les consonnes restent au contraire 
invariables ^ . 



x\près f esquisse grammaticale qui précède, il est bon de voir 
un texte écrit. J'ai choisi un fragment de traduction du Nouveau 
Testament parce que le langage en est généralement régulier, 
simple et facile, quoique, cette traduction datant de ^57^, le 
basque ait éprouvé quelques modifications depuis trois siècles 
(H9). Cette traduction est un des ouvrages basques imprimés 
les plus anciens ; je donne ce texte d'après Mahn, en le transcri- 
vant naturellement avec l'orthographe approuvée par l'Académie ; 
j'ai cru nécessaire d'y faire quelques corrections à des endroits où 
des fautes se sont glissées, je le crois du moins, par suite d'une 
négligence de copie 1/120). Il y reste pourtant encore des choses 
que je ne me sens pas capable d'expliquer, parce qu'aucun glossaire 
d'aucune espèce ne se trouve à ma disposition. 

ÉV. DE SAIINT LUC, CHAP. XV. VERS. -11-32. 

Jezûs Christ Guré lanarén Testamentû Berrid. 

Le Nouveau Testament de Notre Seigneur Jésus-Christ. 

1. Avec les préfixes ha et er, si le mot n'a pas l'accent sur la finale, 
l'accent recule d'une syllabe. 



86 ESSAI SDR LA LANGUE BASQUE. 

V. H . — Halabér errân sesdn : Gizén baték situen bi semé. 

Il dit alors : un homme avait deux fds. 

\2. — Éta hetarik gaztenàk errdn siezon (par abréviation sion) 
aitarl : Aitd indak onhassuneiîk niri elcen zaitaddn partéa. Éta 
parti siecen ondk. 

Et le plus jeune d'entre eux dit au père : père, donne-moi des 
biens [tik = de) la part qui me revient (ce qui doit m'appartenir). 
Et il leur partagea (entre eux) le bien. 

-13. — Éta egûn gutirén buruàn, gusidk bildurik semé gaztenor^ 
jodn scdin herri urri'm batetdra, éta hdn irion sesdn beré onhas- 
suna., prôdigohi visi isanéz. 

Et, au bout de peu de jours, le plus jeune fils, ayant tout réuni, 
s'en alla vers quelque (un) pays lointain, et là [han\ il dissipa son 
bien, le dépensant avec prodigalité dans une vie libertine. 

Remarques. — \\. errdn sesdn est au conjonctif, avec le rég. dir. 

de 3'' pers. sing.; dans ce texte basque, le conjonctif est plus 

généralement employé que d'ordinaire dans une autre langue 

(-121). 
Bi semé, le pluriel n'est pas marqué après le nom de nombre. 
Situen « babuit » suivi de l'accusatif qui est d'ailleurs identique 

au nominatif. 
\2. Etarik ou hetatik « de, parmi ; d'eux, parmi eux » sert aussi 

aux substantifs de suffixe de rapport (121 bis] : ece-ctarik 

« parmi les maisons » etc. 
Gaztendk, gaztti « jeune » avec le suff. en du superlatif, gazten 

« (le) plus jeune » auquel se joint l'article ak. 
Indak., au lieu de indazu, impératif (422). 
Elcen zaitaddn., heltn « venir, revenir, appartenir »; l'auxil. 

zat = sat., dans la forme nomino-verbale za[i]ta-d-dn., remplace 

le pronom relatif ; zat est le présent avec l'attribut de 1 " pers. 

« à moi ». 
13. Egûn gutiren buruàn, guti = peu (voy. plus haut, p. 19). 
Bildurik « réunissant », nom verbal avec le sens de l'ablatif 

absolu latin. 
Gaztenor, peut-être plus exdiCiemeni gaztendk ; c'est du moins la 

forme que la grammaire exigerait, car la finale or n'est pas 

autrement explicable (123). 



TEXTE ET REMAKQCES. 87 

-14. — Gîisid despendatâ ukan zueneàn, eyin izàn zen gosseté 
goyorbât herri hartân éta hura lias sedin behdr Izàten. 

Quand il eut tout dissipé, il y eut (avait eu) une grande famine 
dans ce pays, et il [hurd] commença [has sedin conj. pas.) à 
être très-pauvre [behar izdten, behar rad. verbal « être pauvre », 
izàten partie, prés, du verbe être). 

-15. — Éta joanik lekâ hartdko burgès batekin jdr sedin, éta 
liàrk igor sesdn beré possessionetdra urdén baskacéra. 

Et, étant allé [jodnik) il entra en condition {jdr sedin] chez un 
bourgeois de cet endroit, et celui-ci [hdrk) l'envoya [igorri « en- 
voyer ») à sa propriété (à sa métairie) garder les cochons. 



Jodn sedin « alla », proprement conj. pas, de Taux, naiz avec le 
participe ^'oa;i « allant »; herri urrûn batetdra, voy. plus haut, 
p. 22. 

Iriôn, participe, au lieu de irin, irdn « diviser, dissiper ». 

Prddigoki, mot roman. 

Visi isanéz, visi « vie », isdn « libertin » (124), ez « avec, par » 
suff. de rapport, qui en basque suit le mot qu'il détermine. 

\A. Zuenedn, de zuen, nom verbal donnant le sens de « dissipant » 
(^25). 

Egin izdn zen, plus-que-parfait de Tindic. du verbe être; zen pour 
zan. 

Gogorbât « une grande » (•i26), gosseté « disette, famine ». 

Herri hartân, avec la finale an répoiidant au suif, de relat. 
« dans » joint au pronom démonstratif /mra « celui-là ». 

-15. Léku hartdko; lekâ « endroit, lieu », hartako « ce » est le 
pron. de 3« pers. ak, drk « il, lui » dont la seconde forme a 
reçu l'aspiration, admise par Mahn, mais que les grammairiens 
français et espagnols omettent régulièrement {^ 27) ; ko corres- 
pond au suffixe magyare bêle « dans », Va est euphonique, de 
même qu'il y a une véritable permutation de k en t (128). 

Burgés, mot roman « bourgeois » — batekin, le nom de nombre 
« un » avec le suff. « chez » (-129); possessio?ietd, mot roman 
avec le suff. ra <i à., dans ». 

Baskacéra, iof. baskatû « garder » (130), avec le suff. de relation 
ra qui, ajouté à l'infinitif, indique le but. 



88 ESSAI SCK LA LANGUE BASQUE. 

H. — Ëta désir zuen urdik jâten zûten maginkhetarik beré 
sabelarén béthacera^ éta nehork ecedaûkan emaiten. 

Et il désirait remplir son estomac des immondices que man- 
geaient les cochons et personne ne voulait lui en donner. 

47. — Éia beré buruàri ohàrt sekionedn errdn sesdn : Sembàt 
alokasér diradén ené aitarén ecedn ogid franko dutenik, éta ni 
yosséz hilcen bainaîz. 

Et comme il faisait un retour sur lui-même, il dit : combien de 
valets de ferme ont abondamment du pain pour rien (franko) dans 
la maison de mon père, et moi je meurs véritablement de faim. 

•18. Jaikirik jodncn naiz neuré aitagand, éta errdnen daùkat : 
Aitd hùts diot seruàrén contra^ éta hiré aicinedn. 

Me levant, j'irai à mon père et je lui dirai : père, j'ai péché 
contre le ciel et contre toi. 

-19. — Éta gehiagorik eznaiz digne hiré semé deiceko : egin 
nézak euré alokaseretarik bât bezalà. 

-16. Bethacéra, dans le même sens que le précédent, du verbe 
bethatû « emplir », joint au génitif (-I3'l) beré sabelarén; — 
nehork ou nihork « personne » (132). 

Ecedaukdn emaiten : emaitu « donner » ; daûkat, daùkazu^ daûka, 
en français « je tiens, tu tiens, il lient » (en magyare, fogok^ 
fogsz^ fog)^ serait un futur analogue au magyare adni fogok 
« je tiens (pour; donner, j'ai à donner, je donnerai » ; — ez, ec, 
mots de négation (-133). 

M. Beré buruàri, en lui-même, mais proprement « dans sa tête », 
de buru « tête » avec le suff. du datif; — ohdrt sekionedn, « se 
tourner », et le passé du conj. de Taux, naiz avec le suff. 
attrib. de 3'' pers., le suff. an exprime le gérondif; — diradén, 
nom verbal formé de la 3* pers. plur. dira du prés, indic. du 
verbe naiz, dont dépend le complément dutenik; — Idlcen bai- 
naîz, Ml est le verbe hongrois halni « mourir » ; l'interjection 
bai devant le verbe naiz a le sens de « véritablement » (^34). 

4 8. Neuve aita gand <i chez mon père»; errdnem daûkat (4 35), 
« je lui dirai » voy. plus haut; huts egin diot mot à mot « j'ai 
fait péché » ; aicinedn « contre toi », mais hiré « ton » est le 
pron. possessif, ce qui est une particularité du basque (436). 

49. Eznaiz « je ne suis pas » ; deicéko, du \QrhQ deitîi « appeler », 



TEXTE ET REMARQUES. 89 

Et je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ; fais que je sois 
un de tes valets de ferme. 

20. — Jaikirik^ baddethor sedin beré aitagand. Étahurà oraino 
urrùn zeld, ikûs sesân beré aitdk, et a kompassioné har sesdn^ éta 
Idster eginik egôc sesdn beré buruà, éta pot egîn sieson. 

Se levant, il alla véritablement (badd) chez son père. Et pen- 
dant qu'il était encore au loin, son père le découvrit et fut saisi 
de compassion, et, courant, se jeta à son cou et l'embrassa. 

2i . — Éta errdn sieson semeak : Aitd Mis egln diot seruàrén 
contra éta hiré aicinedn, éta gehiagorik etnaiz digne hiré semé 
delceko. 

le suff. verbal ko correspond à la préposition française « pour » 
dans le sens passif, comme « pour être dit ton fds » ; hiré semé 
est aussi sujet, cette expression présente donc svntactiquement 
une analogie avec les habitudes des langues aryennes ; egin 
nézak « fais (moi) » : dans nezak, le k est le suff. sujet de 
2^ pers. dans la conversation familière, n est pour ni « moi » ; 
dans la forme bezalà [\ 37) la syll. là exprime l'optatif dans la 
proposition secondaire. 

20. Ethorri « venir », ethôr sedin conj. passé, ce qui est dans le 
verbe basque, comme le lecteur l'aura déjà remarqué, une 
façon de parler aussi fréquente qu'extraordinaire; aitagand 
« chez le père », le suff. gand a le sens de « dans » et de 
« chez » ; zela pour zenla et proprement zanld^ à la 3^ pers. de 
l'imp. s'est joint (voy. plus haut) la syll. Id exprimant l'optatif; 
har sesdn « il prit », hartû « prendre, saisir, lat. capio »; 
laster eginik^ dans la vulgate accurrens, dans la version ma- 
gyare hozzdja futvdn « courant vers lui » ; en basque, eginik 
« faisant » mais je ne puis expliquer le mot Idster (138) ; — 
egôc sesdn beré buruà^ en latin : cecidit super collum ejus; en 
magyare nyakdba borûla « se jeta à son cou », en basque burù. 
« tête », beré pron. poss. de 3'' pers., egôc inf. egôci « jeter, 
lancer » (-138 bis) — d'après Mahn — par conséquent on dit 
mot à mot en basque : « se jeta à sa tête » ; — pot egin sieson^ 
pot « baiser », « il lui fit un baiser »; sieson variante dialectique 
pour sion (^39). 

•2\. Ce verset est la répétition du verset -tS et en partie du ver- 



90 KSSAI sua LA LANGUE BASQUE. 

Et le fils lui dit : père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, et 
je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. 

22. — Orduân errdn siesen (pour sien et par conséquent pour 
sioten) aitdk bere sérb/'cariei : Ekarzûe arropd prinsipaléna, éla 
jaânz ezazâe éta emàziie erhaztubàt bere eskùra, éta sapatàk 
ojnetdra. 

Mais le père dit à ses serviteurs : apportez le plus beau vête- 
ment, et revêtez-le-lui , mettez-lui un anneau à la main et des 
souliers aux pieds. 

23. — Éta ekarririk arecé gisenâ^ hil ezazûte^ itajdten duguld, 
atsegin har dezagûn. 

Et, apportant le veau gras, tuez-le, afin que nous le mangions, 
et que pleins de joie nous nous divertissions. 

24. — Ésen ené semé haur hil zen, éta hdrsara vistu da, galdù. 
zen^ eta eriden da. Éta has sitesen atsegin hdrcea. 

set ^9. Aux deux endroits Malin Qtv\i dîat pour dio^, ce qui 
est certainement une faute puisque le verbe contient l'objectif 
de 3* pers. dont le suflf, est o ou jo (<40). 

22. Ordudn « mais » (?) (^4^) ; — sérbicariei, un de ces nombreux 
mots d'origine romane dont le lecteur aura déjà précédemment 
remarqué d'autres exemples : on en trouve aussi dans le même 
verset deux autres, arropd, français « robe » et prinsipaléna. 
Ekarzûe, pr. ekarzûte « portez-le » comme ezazâe pour ezazùte 
(impér. du verbe aux. « avoir »); — jaûnz. « revêtir, mettre », 
p. ex. une robe; emazùe «donnez-le», l'inf. du verbe est emaitù 
[\ 42) « donner » qui est régulièrement à l'impératif emo/^^jzw/e, 
contracté dans le texte comme on le voit; — esku « main », 
ojneta « pied » (^43) avec le sufT. ra qui correspond aux suff. 
magyares ra « à » et ba « en ». 

23. un également « mourir » et « tuer » ; arecé « veau » ; jdten 
duguld, conjonctif formé au moyen du suff. Id, comme nous 
l'avons déjà vu plusieurs fois; hartû « se réjouir, se divertir », 
dézagun conjonctif régulièrement employé; atsegin, d'après 
Mahn, «prendre haleine», mais ici ce serait inopportun, car nous 
savons que le sens doit être : « réjouissons-nous en nous diver- 
tissant » (^45). 

24. Haurce-c'i (voy. pi. h. p. 25); ené semé «mon fils», du moins 



TEXTE ET REMARQUES. 94 

Car celui-ci, mon fils, était mort et il est ressuscité; il était 
perdu et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se divertir pleins 
de joie. 

25. — Éta zen arén semé saharrend landdn, éta ethôr zeld 
eceart urbildû zajonéan, ensûn zicdn melodid, eta dansdk. 

Et le fils le plus âgé était au champ, et comme il revenait, 
s'approchant de la maison (à la maison eceari)^ il entendit la 
mélodie et les danses (en mag. la réjouissance). 

26. — Éta deithurik serbicarietarik bât, interroga sesan ser 
zen. 

Et appelant un des serviteurs il lui demanda ce que c'était. 

27. — Éta drk errdn sieson (sion), hire anaje etorri îzan da, 
eta hil ukdn da hiré aitdk arecè gisembâf^ serén ossorik hura 
esebitû zûen. 

Et celui-ci lui dit : ton frère est revenu et ton père a tué le veau 
gras, parce qu'il est rentré en bonne santé. 

il doit en être ainsi, mais le pron. poss. de V^ pers. est neré 
ou neuré. J'ignore si c'est une faute de transcription de Mahn 
(446) ou si ce mot, ene, que je ne connais pas, se trouve dans 
le texte? visi « vie », vistâ « vivre », galdû « perdre », eridû 
{\ 47) a trouver » ; eriden da exprime la forme passive avec le 
verbe aux. naiz : il est trouvé ; fias sitesen, passé du conjonctif; 
hdrcen « se réjouir ». 

25. Arew, lui, gén. «de lui)); saharrena «plus âgé)) au superlatif, 
de sahar « âgé » (4 48), comme gaztendk « plus jeune » (v. 42) ; 
land (449) champ avec le suff. locatif an\ ûrbildu « appro- 
cher », zajonéan^ expression nomino-verbale remplaçant un 
pronom relatif; ensûn sicdn, passé du conj., avec le rég. dir. 
plur. 

26. Deithurik^ nom verbal, « appelant »; interroga^ mot latin; — 
ser pron. inter. « quoi ». 

27. Hil ukan da, forme périphrastique composée du verbe ukan, 
uk « avoir », c.-à-d. « il égorgea, il tua » (450); gizem-bdt, 
« engraissé, gras » avec le nom de nombre bat « un » , ossorîk, 
expression particulière, car osso signifie « entier », et prenant le 
suff. participial rik, il sous-entend le verbe; c'est comme s'il y 
avait «étant entier;). Le basque posséderait donc aussi quelque 



92 ESSAI SDR LA LANGUE BASQUE. 

28. — Éta asserré sedhi : et a ezén sartu nahi izân^ beré aitàk 
badâ elkirik othoic egin sieson. 

Et il se mit en colère, et il ne voulut pas entrer; aussi le père, 
sortant, se mit à l'en prier, 

29. — Baind ârk ihardésten zuelà errân sieson beré aitari : 
Ilutid hajïibdt urthedîk serbicdcen audald^ éta egiindano hiri 
manurik eztiot iragan^ et a egundano pitinabdt ezdaukak emdn 
neuré adiskidehin atsegin hdrceko. 

Mais lui, répondant, dit à son père : Voilà combien d'années 
que je te sers, et jamais je n'ai transgressé tes ordres, et jamais 
lu ne m'as donné un chevreau, pour que je puisse le dépecer 
joyeusement avec mes amis (ou mot à mot, que ]e me divertisse 
me réjouissant [atsegin) ; hdrceko, forme nomino-verbale qui cor- 
respond à la préposition française pour devant l'infinitif). 

peu cette propriété de changer les noms en verbes au moyen 
des suffixes verbaux, d'accord en ceci avec le raordvine et le 
samoyède, dans lesquelles langues on forme des verbes en ajou- 
tant aux noms les suff. pers. sujets ' . En basque, il y a à la 
vérité une dérivation verbale multiple qui fait des verbes de 
noms, comme de begi « œil », begi-tsi « regarder »; de khe 
« petit », khéatu « mettre en morceaux, moudre » ; de sumin 
« colère », sumîndu « se fâcher ». Ce formatif ki ou gi paraît 
dérivé de egin « faire » : à ce point de vue, le turc offrirait de 
l'analogie avec le basque, car il produit des verbes avec des 
noms à l'aide du formatif itmek « faire )>; en basque, egoki 
«demeurer», ego «demeure»; aciki « saisir », ac « doigt » etc. 

28. Ezén sartu nahi izdn « il ne voulut pas entrer »; ezén, verbe 
négatif; sartu à l'inf. « il ne voulut pas » ; na/ii iz.dn inf. « en- 
trer » ; elkirik, participe de eldu « sortir » — la racine el a son 
analogue en altaïque; ici on a « sortant »; otu [\o\], otoiz-tu 
« prier ». 

29. Baind conjonction « mais » ; ihardetsi « répondre » ; zueld 
pour zuen-ld, le sufif. du conj, Id remplace une proposition rela- 

1. Voy. Magyar nyelvészet (Linguistique magyare), IV' volume : 
Fr. Ribary, Oià en est réellement la langue mordvine? — 4^ livr. 
p. 280. 



TEXTE ET REMARQUES. 93 

30. — Baind hiré semé haùr^ seinék iretsi baità hiré onhassùn 
gusid putekin, etorri izdn deneàn^ hil ukdn daûkak huni arecé 
gisend. 

Mais quand celui-ci, ton fils, qui a dissipé tout Ion bien avec 
les filles de joie, est revenu, tu lui tues le veau gras. 

3^ . — Seîné ht bethi enekin ait [sera) éta ene [gusia hiré da] . 

Mon fils, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est 
à toi. 

32. — Éta atsegin hartù behàr tîien^ éta allegeratù^ serén 
hiré anajé hil baicén, éta vistà baitû^ galdà baicén éta eriden 
baitû . 

Et (maintenant) il faut se divertir en se réjouissant et éprouver 
de l'allégresse, parce que ton frère était mort et qu'il est ressuscité, 
parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé. 

tive ; hambat est peut-être une faute, car sembat serait plus 
explicable et signifierait « combien? » (i52); urthe « année »; 
audald, la forme régulière serait zaculd avec le verbe intransitif, 
c.-à-d. l'auxiliaire naiz avec l'attribut de sec. pers.; ce mot est 
peut-être fautivement écrit, car je ne connais pas cette forme 
(^53); egûn « jour », egûndano « jamais » (^o4) ; eztiôt irdgan 
a je n'ai pas transgressé » pour ez-diot, changement phonétique 
produit par la négation ez. 

30. Seinék^ autrement senék «qui»; irétsi erkdn bai-tà « il a perdu, 
il a dissipé » forme basque composée du radical iretsi^ irin, 
iran qui a proprement le sens de « moudre » ; dans le mot 
baitu il y a l'exclamation bai c.-à-d. « véritablement », et c'est 
à cause d'elle que le d de Taux, du^ 3" pers., s'est durci en t 
(^o5) ; pute-kin, mot roman, « fille de joie » ; denedn, détermi- 
natif verbal c.-à-d. de retour, de nouveau; hil ukdn daukdk « tu 
l'as tué » : nous retrouvons ici le dankat, daûkazu ou daûkak, 
daukan « je tiens, tu tiens » dans la triple forme de sa seconde 
personne (156) — employé comme auxiliaire, huni est vrai- 
semblablement pour oui, c.-à-d. « à lui », « à celui-là ». 

S\. Bethi « toujours »; enekin « avec moi », et plus loin ene 
« mon » se présente à deux reprises comme pron. de V^ pers. 
au lieu de ni, nik (^57). 

32. Hartu, allegueratu, infinitifs : «se réjouir (^58), éprouver de 



94 ESSA( SDR LA LANGDE BASQUE. 

la joie»; le dernier est un mot roman ; serengén. dupron. relatif 
ser « que, quoi » (^59); bai-cén dérivé par composition de 
l'affirmative ba, bai et de la S" pers. sing. zan, zen de l'imp. 
de l'aux. naiz^ donc hil baicen « il était tué » ; galdu^ perdre, 
marcher à sa perte, donc galdu baicen « il était perdu » ; vhtu 
baitu « il est en vie «, eriden bai-tà « il est trouvé ». 



PROSODIE ET ACCENTUATION. 

§^- 

L'accent joue, en basque, un rôle peu commun, non seulement 
dans la poésie, mais encore dans la prose. Cependant les gram- 
mairiens aux lèvres étrangères, ne pouvant pas lutter contre les 
difficultés que présente sa détermination, l'omettent régulièrement 
dans leurs grammaires; seule, celle de Blanc (-1 60), rédigée d'après 
Larramendi, le place comme il faut. Dans la première partie de 
ce travail, j'ai moi-même abandonné l'indication des accents, 
mais comme, depuis lors, j'ai réussi à pénétrer plus profondément 
dans l'esprit de la langue, je les ai marqués dans cette seconde 
partie conformément aux règles principales qui vont être briève- 
ment exposées ci-dessous (H\). 

La langue basque reconnaît un double accent, l'aigu et le 
grave ; le dernier ne se marque pas, il affecte les syllabes qui 
n'ont pas l'accent aigu. Relativement à l'accentuation, il y a entre 
le grec et le basque cette différence que, tandis qu'en grec les 
mots ne peuvent être accentués que sur la dernière syllabe, sur la 
pénultième ou sur l'anté-pénultieme, en basque toutes les syllabes 
peuvent recevoir l'accent aigu. 

Aussi, tandis que d'une part l'accent régularisait la proposition 
même, de l'autre il dirigeait la sonorité des vers; car, chez les 
Basques, comme chez les Juifs, les plus vieux poèmes ne sont 
réglés ni par le nombre des syllabes ni même par leur mesure; 
c'est l'accent aigu qui conserve encore leurs innombrables poèmes 
populaires et leurs chants reUgieux, dont la versification est seu- 
lement accentuelle et à qui l'essor des pensées sert de base. A 



PROSODIE ET ACCENTUATION. 95 

une époque plus récente cependant la rime devint puissante dans 
la poésie basque, construite généralement par des strophes succes- 
sives de quatre ou de huit vers; l'accent originaire qui fixait la 
sonorité devint en quelque sorte subordonné à la rime, puisque, 
suivant la nécessité, on peut le transporter de la syllabe qu'il 
occupait à une autre, dans l'intérêt de la facilité de la versifica- 
tion H 62). 

§2. 

RÈGLES GE'NE'rALES RELATIVES A l'aCCENTUATION (^63). 

A). Dans les substantifs. 

\° — Tout nom ou adjectif, tout pronom ou nom de nombre, 
au singulier, porte l'accent sur la dernière syllabe et, si l'article 
s'y joint, l'accent passe sur celui-ci, comme egûn « jour », egund 
« le jour »; edér « doux » (164), ederd; gizon « homme », gîzonâ 
« l'homme », gizonarén, gizonari, gizonarekin\ comme aussi niri 
« à moi », zurekin « avec vous », hiré « ton », hirû « trois » etc. 
Les suffixes gàbe et gâtik ont au contraire l'accent sur la pénul- 
tième, comme higàbe « avec toi », argdtik « sans lui ». 

2" — Si les noms, etc., sont au pluriel, l'accent se trouve sur 
la dernière syllabe du nom, le suffixe n'en prenant aucun, 
comme : gizônak « les hommes », zùek « vous », zùencat « à 
vous » etc. Du reste, dans un mot pluriel, l'accent est aussi 
fréquemment sur la première syllabe. 

B). Dans les verbes. 

■I ° — Tout présent de l'infinitif qui est un nom commun, tout par- 
ticipe passé et le participe futur en go ont l'accent sur la dernière 
syllabe, comme emân « donné », ekarrî « porter », janâ « man- 
gé », janik « mangeant », emangô « devant donner »; mais 
ekarriko « devant porter » et ikusiko « devant voir » ont l'accent 
sur la pénultième. 

2° — L'infinitif déclinable, ainsi que le gérondif en eko, teko, 
prennent l'accent sur la syllabe où le verbe la possédait originai- 
rement, comme jdten « manger », jàteko « mangeant », ekdrtea 
« porter », ekdrteko etc. 

3° — Le nom verbal (participe) présent a l'accent sur la pénul- 
tième, commQ jdten « mangeant », ekdrten « portant » etc. 



96 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

4° — Au présent et à l'imparfait de l'indicatif du verbe auxi- 
liaire, l'accent est sur la première syllabe, comme clézu^ ditu^ 
didazu; au conjonctif, au contraire, la suffixation porte l'accent 
sur la dernière, comme jdn dezaddn «queje le mange »,7a'/îwe-aw 
«que je le mangeasse», mais, devant le suffixe pluriel ten^ l'accent 
passe à la pénultième. 

Les formes du verbe auxiliaire des verbes intransitifs et passifs 
suivent aussi cette règle. 

5° — Les verbes de conjugaison simple suivent la même règle; 
à l'indicatif, c'est la première syllabe qui est accentuée; au con- 
jonctif, c'est la dernière; au mode volontaire, c'est la première. 

G). Dans les mots formatifs. 
Les dérivatifs verbaux, les mots de relation et les conjonctions 
sont régulièrement tous accentués sur la finale, comme nondik 
« d'où », ecetik « de la maison », ongi « bien », astiro « douce- 
ment », auréan « en présence de ». Le suffixe de comparaison 
des adjectifs est accentué sur la pénultième, comme yusià « beau- 
coup », gusiâgo « plus », etc. 

Pour terminer, je donne ici le texte d'un petit chant en l'hon- 
neur d'un roi qui sauva la vie de sa reine, en abattant un taureau 
furieux qui allait se précipiter sur elle. 

Ain kartsù bizarriâ 
Jaunâ, ecendueneân 
Anim-erdi baisisân 
Esposân besté erdia? 
Baldfn esku ausartiâ 
Alâ garai badâ errâz 
Basotiarén indarrâz, 
Ser izangô da, ikusf 
Bazaicagu armez jansi 
Anima osô gusiâz? 

« Quel ardent courage, sire, quoique tu ne possèdes que la 
« moitié de ton âme puisque ton épouse a l'autre moitié? Si ton 
« bras héroïque est ainsi capable de repousser l'attaque furieuse 
« d'une bête sauvage, que serait-ce, si nous te voyions ceint de 
« tes armes et avec ton âme pleine et entière? » 



PllOSODlE ET ACCENïUATiON. 97 

Analyse (^66). 

Ain « quel » (^67); kartsû « courage »; bizarn{a) « ardent » 
(i68); Jauniâ) « Seigneur »; ecendueneân, forme participiale 
avec le suffixe an (■169), et verbe négatif, senduen^ 2« pers., lu 
l'avais; anim-erdi « la moitié de ton âme » (170); baisisdn, con- 
jonctif, où bai ba = véritablement c.-à-d. « a véritablement » 
(-17-1); ald « ainsi »; baldin « il en est véritablement ainsi « (172), 
esposdn (-173), mot roman « épouse », besté « autre »; badd garai 
« si sait vaincre », ba préfixe conditionnel « si »; eskû ausartid 
« main héroïque » (i74) ; basod « forêt », basotid « bête sauvage » 
avec le suft'. génitif; indarra (-175) « enragé, furieux » et errd 
« attaque », l'un et l'autre mot avec le suff. relatif z « sur, par 
dessus » (^76), correspondant aux suff. magyares ow, en] ser 
« quoi », izangô da, futur : « que sera-ce? »; ikusi bazaicagu « si 
nous te voyons »; armez, mot roman, avec le suff. z; jansi 
« ceint », osô « entier », gusidz « beaucoup » (477) avec le suff. z 
« tout à fait », anima osô gusidz « de toute ton âme entière ». 



F. RiBAIiY. 



NOTES COMPLÉMENTAIRES. 



1 . M. Ribâry est peut-être trop optimiste. 11 faudrait démontrer 
en tout cas que les mots sur lesquels se fondent ces raisonnements 
sont primitifs ou du moins ont pris leurs significations actuelles 
avant tout contact avec d'autres races : avant de conclure quoi 
que ce soit du vocabulaire d'une langue, il est indispensable de 
se rendre bien compte de la formation des mots. 

2. De pareilles formations me semblent dépasser les limites du 
possible : c'est un fait à vérifier. S'il était exact d'ailleurs, il est 
évident qu'il n'y aurait là ni formation, ni dérivation, mais emploi 
de mots différents. « Hommes « serait en avare le pluriel de 
« homme » comme en français « nous » l'est de « moi ». 

3. L'hypothèse finnoise est elle-même très-douteuse. Qui pourra 
jamais dire quels ont été les premiers habitants de l'Europe? 
Cette partie du monde a peut-être été, pendant de longs siècles, 
parcourue par de nombreuses tribus pastorales nomades ; peut- 
être au contraire était-elle sporadiquement habitée par des peu- 
plades sous tous les rapports entièrement distinctes. 

4. Voyez dans l'avant-propos l'indication des limites exactes 
du basque et l'évaluation du nombre de personnes qui le parlent 
encore. 

5. Cette énumération est exacte; il conviendait peut-être d'y 
ajouter les chansons et les contes populaires. Ces derniers n'ont 
point été encore recueillis ni imprimés, pas plus du reste que les 
pastorales (ce sont les drames dont veut parler M. R.; elles sont 
toutes en dialecte de la Soûle). 

6. Voyez, ci-après, la liste des grammaires, vocabulaires et 
ouvrages didactiques ou scientifiques analogues publiés jusqu'à ce 
jour sur la langue basque. 

7. Voyez dans l'avant-propos l'énumération et la répartition 
des dialectes basques, d'après les travaux les plus récents. 



100 ESSAI SUIl LA LANGUE BASQUE. 

8. Ces conclusions de Humboldt, qui n'avait pas en linguis- 
tique basque autant de compétence que M. R. lui en suppose, 
sont loin d'être rigoureuses. Elles sont en ce moment très-eon- 
testées, au moins partiellement. Voyez l'avant-propos. 

9. A ces cinq voyelles simples, il convient d'ajouter Vu français 
{ii allemand et magyare) spécial toutefois au dialecte souletin. Il 
faut ajouter aussi que les principales diphthongues basques sont 
ftî, ee, 02, ?«■, aîi^ eu, prononcées en faisant entendre chacune des 
composantes, comme le dit du reste M. Ribâry. 

■10. F s'est introduit dans quelques mots basques, mais il est 
évidemment d'importation ou de production récente. Il ne se rem- 
place pas seulement par p, mais aussi par ^A, 6, h et même y. 

U. Le c des écrivains basques devant e et i ne diffère pas du « 
employé devant a, o, u que les Français transcrivaient c. Il ml 
été préférable que M. R. mit partout z\ le s qu'il a adopté pour 
les syllabes ce, ci, a le grand inconvénient de dérouter le lecteur, 
parce que ce signe a déjà, dans l'alphabet basque ordinaire, une 
valeur particulière. Il représente une sifflante qui varie du s dur 
français au ch [sch ail., s magyare) : voyez la note \A ci-après. 

\'2. Le ts est une explosive palatale, analogue à tcli [tsch ail., 
ch espagnol) et à tz [c ail. devant e, i). Formée de ^ et de s basque, 
elle tient le milieu entre ces deux sons transcrits c et tz par M. R. 
Elle n'a donc aucun rapport avec le th anglais. Du reste, M. R. a 
reconnu lui-même son erreur dans le cours de son travail : voy. 
p. 46, note \. 

\Z. jB se prononce au contraire à peu près toujours comme b 
explosive labiale douce, et jamais comme v. Le prince L.-L. Bo- 
naparte reconnaît toutefois deux nuances de prononciation : {" b 
français explosif, au commencement des mots et après m, 2° b gas- 
con, prolongé ou continu, dans la plupart des autres cas. 

\U. Ce tableau des consonnes basques, pour être complet et 
embrasser la généralité des dialectes (mais M. R. ne s'est occupé 
que du guipuzcoan) , devrait comprendre au moins les sons sui- 
vants : explosives gutturales k, g, kh\ palatales tch (c), ls\ den- 
tales t, rf, th ; labiales p, 6, ph ; — continues nasales n guttural, 
n palatal [n esp., gn fr., ny mag.), n, m\ souftlantes /<, j [jota 
espagnole, ch. ail. dur), j français, z [s dur, z mag.), ch français 
sch ail., sh angl., s mag.), .s (entre z et ch), ch [ch ail. doux. 



«OTES COMPLÉMENTAIRES. JOi 

-l'e sifflante du sanscrit); vibrantes l, r doux, rr dur. Il faut 
ajouter en outre les mouillés tt, d^ II; tt vaut le ty magyare et d 
le (jy; la transcription de M. R. serait (f, t\ d\ V et nous l'adop- 
tons très- volontiers. 

43. M. R. a traité plus en détail de l'accentuation basque à la 
fin de son étude. Je ne suis en état de rien dire pour ma part 
sur celle grave question. 

■16. C'est là une des plus sérieuses erreurs de M. R. 11 y a au 
contraire en basque une double déclinaison, la déflme qui consiste 
dans la suffixation de l'article décliné et qui a par conséquent un 
singulier et un pluriel^ et Vlndéfinie qui est produite par l'union 
directe au thème des particules dérivatives et n'est pas susceptible 
de pluralité. 

M. « Père » se dit aita et non ait\ cf. aita bat « un père » ; 
aita « le père » est pour aita-a, comme le prouve la variété dia- 
lectale aUea où Va thématique est affaibli en e devant l'article a. 

i 8. arentzat^ entzat^ sont des suffixes composés du génitif et 
de tzat « pour ». 

-19. arena^ arenak n'est donc pas un cas, c'est une forme nomi- 
nale dérivée qu'on doit rendre « celui du ow de la ». 

Le magyare montre mieux que le français la manière dont 
s'opère la dérivation. Ainsi le basque norena da ece au ? gizon- 
en-a « qui-des-la est maison cette ? hommes-des-la » correspond 
au hongrois ki-é ez a hdz? az emberek-é ; de même le pluriel ece 
ojek nor-en-ak dira ? gizon-en-ak « maisons ces qui-des-les sont ? 
hommes-des-les » se rendrait kik-é azon hâzok ? az emberek-èi. 
(Observation de M. Ribâry.) 

20. M. R. répète ici l'erreur que j'ai déjà relevée (note 46). 

21 . Les dialectes français ont, relativement à ceux d'Espagne, 
une supériorité. Ils ont deux nominatifs pluriels, l'un en ak qui 
correspond au sing. a (rég. d'un verbe actif ou sujet d'un verbe 
neutre), l'autre en ek correspondant au sing. ak (sujet d'un verbe 
actif). On a p. ex. mendi « montagne », mendiak et mendiek « les 
montagnes ». 

Voici quelle serait la conjugaison indéfinie de ce mot : mendi 
« montagne », mendik « montagne » (actif), mendiren « de mon- 
tagne », mendiri « à montagne », mendirekin « avec montagne », 
menditan « en montagne », etc. 



i02 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

Gatik a le sens de « en faveur de. à cause de » plutôt que celui 
de a par ». 

22. Nous avons déjà vu que « père » est aita (note -17). 

23. Le suffixe z dans son emploi le plus général marque l'ins- 
trumental. — aitaz est l'instrum. sing. déf. « par le père » ; aitez 
l'indéfini « par père » ; aitez est aussi la forme tronquée du défini 
pluriel « par les pères ». — aitakaz et aitakez n'existent pas. 

24. Plus exactement bazterrera dont le sens propre est en géné- 
ral « au dehors, vers le pays environnant, dans la région limi- 
trophe ». 

25. On emploie généralement une tournure périphrastique , 
aitaren baithan, avec les noms de. personnes ; aan se contracte 
d'ailleurs en an. — Barrita^i, en lahourdin barnean., signifie pro- 
prement « dans l'intérieur ». 

26. Rentzako est composé de ren-tzat-ko. On dit aussi ren-ta-ko, 
ou avec adoucissement ren-da-ko. 

27. Tzeko, avec les verbes en tze et teko avec ceux en te (voyez 
ci-après, note 60). Ainsi, on ne dit pas jatzeko mais jateko\ de 
même ikuste/w; mais yotzeko « pour battre », parce qu'on d.jatea 
« le manger », yotzea « le battre ». 

28. En présence d'un nombre aussi grand de cas, je crois qu'il 
convient de ne pas distinguer en basque de terminaisons casuelles 
proprement dites. A mon avis toute la déclinaison doit y être 
considérée comme formée de suffixes joints au substantif avec ou 
sans l'intermédiaire de l'article. L'objection qui peut être tirée, 
pour le génitif et le datif, de l'absence de l'article a été levée par 
une découverte du prince Bonaparte. Le nom. plur. étant p. ex. 
gizonak « les hommes », le gén. et le dat. sont en guipuzcoan 
ordinaire gizonen, gizonai., mais, à Irun et à Fontarabie, on dit 
(jizon-ak-en, (jizon-ak-i « homme-les-de, homme-Ies-à », ce qui 
montre la régularité primitive des dérivations. 

Il faut remarquer qu'avec les suffixes indiquant localisation (à, 
vers, dans) l'article est toujours supprimé : l'indéfini intercale ^«, 
le défini singulier ne met rien, le pluriel se marque parera « et ». 
On a p. ex., de mendl « montagne », les dérivés memli-ta-ra 
« vers montagne », mendi-ra « vers la montagne », mendi-eta-ra 
« vers les montagnes ». La syll. eta à la fin de tant de noms topo- 



NOTES COMPLÉMEISTAIRES. 103 

graphiques marque pluralité, abondance : ezpeleta « les buis », 
harrieta « les pierres » etc. 

29. Ondoan est plutôt « au pied, à côté, derrière « — « derrière 
l'église ». 

Buruàn est le locatif de buru « tête ». En magyare, « tète » se 
dit fej d'où vient fejezet « chapitre » [capitulum de caput] et 
befejeznt « achever » (de chef <\m dérive lui-même de caput). 

30. Ce suffixe «A-, spécial à la déclinaison indéfinie, correspond 
à notre partitif « du, de », « quelque » (anglais somë). Voy. les 
exemples cités par M. R. 

31. Tu., ici pour du (le durcissement du d est normal après s), 
est proprement « il l'a ». Le verbe transitif basque exprime tou- 
jours un régime. 

32. Les noms propres ont des formes spéciales; entre le thème 
et les suffixes s'intercale notamment la particule ôa/^Aa inexpliquée: 
elle peut servir aussi avec les noms communs de personnes, p. 
ex. : aitaren baithan « chez (dans) le père », Joseren baitharik 
« de la part de Joseph, de chez Joseph ». 

33. Batetara est une forme indéfinie dérivée, non de batek., no- 
minatif actif, mais de bat nom. indifférent, par le suffixe ra « vers », 
avec la particule ta ordinaire à la déclinaison indéfinie (cf. mendi- 
ta-n « en montagne ») et un e euphonique de liaison. 

34. La règle n'est pas aussi absolue. Bat « un » se met tou- 
jours après le nom déterminé, mais les autres noms de nombre se 
placent au contraire avant. On dit zaldi bat « un cheval » et bost 
zaldi « cinq chevaux ». 

35. Les adverbes et même les verbes sont susceptibles de com- 
paratifs : ederki « bellement », ederkiago « plus bellement » ; 
edertzen da « il s'embellit », edertzenago da « il devient plus 
beau ». Ces dernières expressions, fréquentes dans les écrits 
du xvn'' siècle, sont tombées en désuétude. 

36. En -\- a n'est vraisemblablement que le génitif pluriel avec 
l'article : « le des, celui des » — guciz « tout à fait », instrumentai 
indéfini. 

37. Il y avait à signaler de nombreuses variantes dialectales, 
p. ex. hamar., hameka., hogoi., ehun., dans les dialectes français. 
Corrigez berreun « deux cents » où rest dur. 

38. Le r se redouble parce qu'il est dur. Les formes en ak 



104 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

existent aussi. Hiru et lau qui ont les variantes hirur et laur 
font hirurak et laurak. 

39. M. Ribâry veut dire que batak est l'article défini. 

40. Balzuek est le pluriel, non de bat^ mais de battu. Voyez 
note 47 ci-après. 

4^. C'est que ce sont proprement les génitifs des pronoms per- 
sonnels, nere « de moi », nere-a « le de moi, le mien y>, nere aita 
« le père de moi, mon père ». Larramendi a méconnu ces génitifs 
et les a mal à propos remplacés, dans les paradigmes, par les 
formes instrumentales. 

42. En étudiant et en comparant les paradigmes de la déclinai- 
son et de la conjugaison, on constate le parallélisme constant des 
formes en hi et ni (ou heu, eu et neu) d'une part et de celles en (ju 
et zu de l'autre. Les formes en zuek ont au contraire un caractère 
tout spécial, elles sont manifestement dérivées. Zu est incontes- 
tablement le véritable pluriel de hi comme gu l'est de ni ; ce pro- 
nom est devenu aujourd'hui le singulier respectueux ou honori- 
fique et on lui a fait un pluriel par la règle commune, en ajoutant 
k : zuek = zu + k avec e adventice. Le même phénomène s'est 
produit dans d'autres langues, en dravidien par exemple. 

43. J'estime que au ou hau, hura et ori ou hori doivent se tra- 
duire (comme en tamoul par exemple, ivan, avan, uvan) « celui- 
ci », « celui-là » et « cet intermédiaire ». 

44. On dit, suivant les dialectes, nerori, 7iero)ii, nihoroni, 
nihau, nihaur « moi-même » ; herori, heroni, hihoroni, hihau, 
hihaur « toi-même », etc.; en combinant les démonstratifs hau et 
hori non seulement avec les génitifs des pronoms personnels 
(pronoms possessifs de Larramendi) mais avec ces pronoms eux- 
mêmes. 

Le réfléchi berori sert, dans le dialecte guipuzcoan, à rendre la 
formule de politesse espagnole usted. No/a dago berori? « como 
esta vm.? » en français « comment vous portez-vous? ». 

45. Ce sont au contraire trois pronoms essentiellement inlerro- 
gatifs, dont l'un zcin « qui » est devenu, à une époque moderne, 
relatif, par imitation des langues romanes; en y ajoutant l'article 
a, on obtient la forme la plus commune qui se décline régulière- 
ment au singulier et au pluriel {zcina, zeinak et zeinak, zeinek). 



NOTES COMPLÉMENTAIRES. ^05 

Le 2eme^' cité par M. R. est le nominatif actif indéfini. D'autres 
dialectes disent zoin^ zoina, etc. 

46. Inor et ni/wr ne sont que deux formes d'un même mot 
signifiant « quelqu'un, personne » sans négation, à moins qu'elle 
ne soit exprimée : ni/ior ezta « personne n'est »; sans ez « non », 
nihor aurait un sens affirmatif. La forme souletine, intermédiaire 
entre nilioï- lab. et inor guip. est ihor. 

47. Le nominatif de batzuek est batzu^ inusité en guipuzcoan. 
Bat « un » forme son pluriel, comme le français, par l'addition 
de l'article : « les uns » se traduiront batak ou batek suivant 
les cas et aussi suivant les dialectes. La suffixation s'opère 
régulièrement comme dans les noms. 

48. Je suis d'un avis opposé à celui de M. R. Quelque intime 
que paraisse la fusion des éléments formels avec le radical, quelle 
que soit leur position vis-à-vis de lui (c.-à-d. qu'ils lui soient 
préfixés ou suffixes), il y a toujours agglutination quand chaque 
élément formel a son expression phonétique distincte. Or, c'est le 
cas constant du verbe basque. 

49. Le verbe transitif peut exprimer à la fois un régime direct 
et un régime indirect; le verbe in transitif peut exprimer un 
régime indirect. Mais ce dernier peut n'exprimer aucun régime, 
ce qui n'est pas permis au premier. On ne saurait dire en basque 
en effet « je vois », on ne peut dire que « je le vois ». L'escuara 
en un mot ne possède pas la conjugaison transitive indéterminée 
des langues fînno-ougriennes qui lui sont supérieures en ce point; 
le magyare par exemple a Idtom «je le vois » et Idtok « je vois ». 

50. M. Pott les appelle transnormales. — M. Sayce a proposé 
de réserver le mot de polysijnthétisme pour tous les phénomènes 
de composition où figurent, comme éléments dérivatifs, des mots 
déjà formels ou des radicaux nominaux; et de désigner sous le 
nom di' incorporation l'ensemble des conjugaisons par affixes pro- 
nominaux. C'est une distinction très-juste et dont il conviendrait 
de généraliser l'adoption. 

5 1 . Le tableau du prince Bonaparte comprend 27 formes pour 
28 relations. En y ajoutant les expressions de régimes indirects, 
ce savant linguiste arrive à un total de ^^0 formes pour \\2 rap- 
ports ; mais dans cette énumération se trouvent comprises toutes 



406 KSSAI SUtt LA LANGUE BASQUE. 

les personnes et les relations intransitives aussi bien que tran- 
sitives. 

52. Ces distinctions de sexe et de rang ne sont pas limitées à la 
seconde personne. Toute forme d'une personne quelconque (ex- 
cepté la seconde plurielle! est susceptible de quatre modifications 
suivant qu'on parle familièrement à un homme, ou à une femme, 
qu'on veuille témoigner de la considération à son interlocuteur, 
ou qu'on veuille lui parler sans distinction spéciale. Le prince 
Bonaparte appelle les trois premières modifications formes allocu- 
tives. Les grammairiens nomment les quatre traitements mascu- 
lin, féminin, respectueux et indéfini. Ce qui montre Torigine rela- 
tivement moderne de ces formes, c'est par exemple qu'à la seconde 
personne elles ne sont nulle part complètes, tel temps n'ayant 
que l'indéfinie et la respectueuse, tel autre n'ayant pas l'indéfinie ; 
la respectueuse, en zm, est évidemment le vieux pluriel indéfini 
normal. Sauf à la seconde pers. sing., le traitement respectueux 
n'a été développé que par les dialectes souletin et bas-navarrais 
oriental; ce dernier même le substitue le plus souvent a l'indéfini. 
La sec. pers. plur. n'est jamais qu'indéfinie. 

53. M. R. se range plus loin à cette opinion qui est la mienne. 
La conjugaison périphraslique étant essentiellement composée ne 
peut pas être primitive, puisque le verbe auxiliaire qui en fait 
partie a une conjugaison simple. Les quelques verbes simples 
conservés n'ont pu être produits depuis que la conjugaison péri- 
phrastique a été inventée, parce que, dans la période historique 
de leur vie, les langues ne se développent plus formellement et ne 
peuvent s'aider que de la composition. 

54. Les grammairiens actuels ne donnent au verbe basque que 
deux voix , suivant que le thème est combiné avec « avoir » ou 
« être », et ils les appellent voix transitive et intransitive. Les 
verbes simples se réduisent de même à deux paradigmes. Dans la 
plupart des langues en effet, on retrouve à l'origine cette double 
façon d'envisager l'action, suivant qu'elle est limitée à son sujet, 
qu'elle est réfléchie, ou suivant qu'elle s'exerce sur un objet exté- 
rieur. J'ai approprié l'exemple ci-après à la conjugaison péri- 
phrastique euscarienne : « /éclaire^ je suis dans cette chose qu'on 
appelle éclairer, je suis lumineux « voix neutre, moyenne ou 
intransitive; « j'ai tel objet dans cette chose qu'on appelle éclai- 



NOTES COMPLÉMENTAIRES. 107 

rer, je lui donne de la lumière, je l'éclairé » voix active ou tran- 
sitive. 

Les nuances d'actifs ou purs et de transitifs, etc., que M. R. 
emprunte à ses grammairiens sont plus spécieuses qu'utiles et 
fondées. 

55. J'en compte seulement 2^ , par ce motif que je réduis à 
deux les formes de la sec. pers. sing., respectueux et indéfini (ou 
masc.-fém.). Pour la même raison, je donne huit formes au verbe 
intransitif. 

56. Observation parfaitement juste. Le nombre des modes et 
des temps varie suivant les auteurs, mais il faut reconnaître que 
le nombre des combinaisons du verbe périphrastique varie aussi 
suivant les dialectes. En étudiant seulement les verbes simples, 
on arrive à cette conclusion qu'outre l'impératif qui n'est vrai- 
ment pas un mode, ïeskuara primitif n'avait qu'un indicatif et un 
conjonctif; chacun de ces deux modes avait seulement trois temps : 
présent, imparfait et futur aoristique (conditionnel). 

57. 11 faut remarquer que les mots d'infinitif ou de participe 
employés par M. R. n'ont qu'une valeur relative. Jati signifie pro- 
prement « mangé » mais il correspond souvent à notre infinitif; 
jan-a n'est que le même mot avec l'article qui sert à rendre l'idée 
d'un passé plus complet que^'«^ (p. ex. jan da se rendrait en afi. 
« es wird gegessen« etjana da par « esistgegessen») \jate, c'est 
le radical ya plus la dérivative substantive ^e «action de manger», 
jaten « en action de manger », jatea « l'action de manger » qui 
ne s'emploie pas dans la conjugaison, ja^^/o {jan + ko) a le sens 
de a pour manger ». — Il est important, pour bien analyser le 
verbe périphrastique, de ne jamais perdre de vue la signification 
propre de chacun des éléments qui le composent. 

Les six formes données par M. R. ne sont pas les seules em- 
ployées, puisque, dans l'ensemble des quatre dialectes littéraires 
seulement, le pr. Bonaparte a trouvé -1 8 formes de noms ou d'ad- 
jectifs verbaux dont la combinaison avec les divers temps d'une 
même voix produit jusqu'à 9^ expressions temporelles différentes. 

58. Des dialectes remplacent le suffixe ko par le suffixe en et 
disent jane^î dont le sens est encore a pour manger ». 

59. La terminaison tu. est en effet une de celles des participes 
passés. Voici d'ailleurs la série de ces terminaisons an, en, in, on, 



108 ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

un, i, ki, iu, e, o, l\ beaucoup de noms peuvent devenir verbes 
par l'addition de tu\ eder « beau », edertu « embellir », gizondu 
« devenir homme », etc. 

60. Ne serait-ce pas au contraire tze-a qui serait la terminaison 
régulière? Elle s'emploie à peu près avec tous les verbes qui n'ont 
pas le participe passé en n final auxquels paraît réservé te-a. Ceci 
d'ailleurs est loin d'être aussi absolu et il y a de grandes différences 
dialectales. 

Gl. C'est par un singulier abus, par une étrange erreur popu- 
laire, que izan a pris le sens de « avoir » dans la conjugaison 
périphrastique. En souletin et dans certaines variétés bas-navar- 
raises « avoir » est toujours rendu par ukan, ukhan, vkhen : izan 
naiz « j'ai été », ukhen dut « j'ai eu », etc. 

62. J'ai traduit « j'ai » parce que M. R. a écrit ego haheo; 
mais le sens propre de det c'est « je l'ai ». Le verbe actif a tou- 
jours un régime. 

63. Il y a ici une faute typographique, deu pour den qui est 
l'allocutive féminine « tu l'as, ô femme », dek est « tu l'as, ô 
homme » et dezu correspond au français « vous l'avez » dit à une 
seule personne; c'est morphologiquement un pluriel et significati- 
vement un singulier. 

64. Je crois plutôt que le radical u vient de nkan, ukhan, ukhen 
employé avec le sens de « avoir » dans quelques dialectes fran- 
çais. Euki est plutôt « tenir », en labourdin iduqui. Les gram- 
mairiens basques espagnols ont transporté dans leur idiome 
original la confusion habituelle au castillan entre tener et haber. 
— Dans la conjugaison de dut le radical u varie en au, eu, i, ai, 
ei, a, e, o. La comparaison des dialectes montre que u est pri- 
mitif. 

65. Excepté cependant aux imparfaits où les signes du sujet 
sont initiaux. 

66. Cette proposition, déjà émise par Mahn, n'est pas admissible. 
La forme active des pronoms ne parait pas figurer dans le verbe, 
témoin les finales en r/u, zu, sans k. Je ne puis d'ailleurs expli- 
quer le t de la première personne. 

67. Dek n'est point pour de + hik; d est le rég. dir., e le verbe 
et k le signe du sujet. La forme primitive du pron. de sec. pers. 
était vraisemblablement ki dont le k initial a seul persisté dans le 



NOTES COMPLÉMENTAIRES. -109 

verbe lorsque le pronom est final; au commencement des mots, il 
s'est, suivant une règle générale de phonétique, changé en h. — 
Den et non deu est la forme allocutive féminine « tu l'as, ô 
femme » ; n est la caractéristique constante de ces formes. 

68. Je crois plutôt que le t seul est le signe de pluralité; \u 
est une voyelle euphonique ou un redoublement du radical ; 
cf. dmju « nous l'avons », ditugu po\iv dutugu « nous les avons». 

69. D'autres dialectes ont zAa, tza, tzi : toutes ces formes sont 
phonétiquement réductibles lune à l'autre. Le primitif est z avec 
une voyelle adventice, le basque n'aimant pas les consonnes 
muettes. Cf. dakit « je le sais » et dakidaz bise. = dakizkat lab. 
= dakizkit lab. = dakitzit guip. « je les sais » ; seulement dans 
dakidaz le signe de pluralité est après le signe du sujet tandis qu'il 
le précède dans les trois autres formes. 

70. Au contraire, cette forme est plurielle quoique à l'époque 
moderne sa signification soit devenue singulière respectueuse : 
zaitu et gaitu « il vous a » et « il nous a » sont et doivent être 
morphologiquement analogues; zaituzte « il a vous plusieurs » 
(forme VI) est dérivé pléonastiquement par l'addition de te^ signe 
de pluralité, comme zuek vient de zu par l'addition du signe de 
pluralité k. 

74. Ce z devait exister dans les primitifs qui doivent être zaituz^ 
gaituz. Le verbe basque offre, notamment dans le dialecte biscayen, 
beaucoup d'exemples de cette insistance, de cet emploi simultané 
de plusieurs signes du même sens. 

72. Le primitif est t identique au signe du sujet; ce n'estd'ail - 
leurs pas niri mais ni (ou son analogue) qui est représenté dans les 
formes attributives. Le t ne s'est maintenu qu'aux finales; mais 
quand il a fallu lui suffixer un signe pronominal commençant par 
une consonne, il s'est affaibli en d et a pris à sa suite un a eupho- 
nique ; c'est pourquoi de dit est dérivé didate. 

73. J'incline à penser que, dans les formes attributives, zhdoit 
être analysé z signe de pluralité du régime et ki signe du datif. 
Voyez les formes intransitives, p. ex. datorkio « il vient à lui », 
d il, ator venir, ki à, o lui. Voyez la note suivante. 

74. ne peut pas être un reste de oni datif, car les suffixes 
déclinatifs n'entrent pas dans le verbe, mais si l'on veut de hori 
ou hau. Quant à ki^ il faut y voir le signe verbal du datif. .Au lieu 



HO ESSAI SUR LA LANGUE BASQUE. 

de diot^ des dialectes ont dakoty draukat^ deraukat « je l'ai à lui » 
où reparaît un k non radical jouant le même rôle que le ki de 
dakarkiot. 

75. Ce qui prouve encore une fois que les suffixes n'entrent pas 
dans la dérivation verbale. L'incorporation n'admet pas guri mais 
gu. 

76. Le second e est un reste de te signe de pluralité. La 3"= pers. 
suj. n'est représentée par aucun suffixe final; dans d«< il n'y a 
que le rég. dir. et le radical. Mais la S*" pers. plur. se trouve repré- 
sentée par un signe de pluralité. 

77. Jaten det doit être traduit en réalité « j'ai lui en manger « 
comme etortzen naiz signifie « je suis en venir ». Le participe 
présent ne rend pas l'idée des locatifs en n. 

78. C'est en effet un renforcement de l'idée de plurafité. Ce ren- 
forcement a même lieu dans l'auxiliaire « être », particulièrement 
en biscajen. La variante plurielle actuelle labourdine zaizfe (pr. 
*zaezte pr. zarezte) montre que « vous êtes » était jadis zarez; on 
dit aujourd'hui zare. A la fin des expressions verbales z prend 
une voyelle euphonique, a ou «, et se renforce en tz; on a p. ex.: 
doaz, doazi et doatza « ils vont »; gatoz et gathortzi « nous 
venons ». 

79. M. R. est revenu lui-même plus tard sur cette erreur. Voy. 
p. 46 note-l. 

80. Je crois au contraire que zu, pris et traité comme un sin- 
gulier, ne peut que contribuer à troubler l'analyste. Placé entre les 
formes de V" ^i de 3e pers. sing. et se comportant absolument 
comme un pluriel, il ne peut que dérouter le lecteur. Le para- 
digme suivant p. ex. me semble beaucoup plus clair que ceux des 
grammairiens (forme XI) . 

r« p. s. diot '!'■'' p. pi. diogu 

,. , «.> 1 i anc. diozu 

3'' p. s. dio 3^ p. pi. diote 

Il suffit que le lecteur sache que diozu a le sens du français 
« vous l'avez à lui » dit à une seule personne et que dioziite cor- 
respond au latin habetis eo, si cette expression est possible. 

8^ . C'est exact, mais les livres les plus anciens sont générale- 
ment en dialectes de France et particulièrement en labourdin. 



NOTES COMPLÉMENTAIRES. \i\ 

82. M. Ribâry écrit « habebam »; le sens exact est «je l'avais». 

83. Je ne le crois pas; pour moi le n est essentiellement le suf- 
fixe caractéristique du conjonclif. LMmparfait diffère du présent 
par une nasalisation du radical et, pour le verbe actif, par la pré- 
fixation des signes du sujet. L'ensemble de la dérivation, p. ex. la 
formation des temps secondaires, me semble montrer que n final 
n'est pas primitif: « si je l'ai » se dit badutei « si je l'avais» banu; 
dut forme duket « je l'aurai » et mien nuke « je l'aurais ». 

84. Ceci n'est pas absolument exact; M. R. s'est mépris à cause 
de l'orthographe défectueuse de ses grammaires qui écrivent gue, 
gui, ga, go^ gu. Il faut lire genduen « nous l'avions » avec g dur, 
et sans le moindre u prononcé. C'est dans le en de la prem. syll. que 
doit être cherchée, selon moi, la caractéristique de l'imparfait. 

83. Pour euki^ voy. ci-dessus note 64. Le d de genduen n'est 
point le signe du régime, car d'autres dialectes ont p. ex. ginuen; 
c'est une lettre de renforcement. M et n deviennent souvent mb et 
nd en basque; cf. gambara dérivé de « camara » et ondra de 
« honra ». 

86. La syll. za de eza ne saurait avoir ce sens, parce que eza 
ne dérive pas plus de u (radical de « avoir ») que adi (souvent 
abrégé en ai varié en e/, suivant des phénomènes de phonétique 
habituels au basque) ne dérive de iz « être ». Ce sera toujours un 
grand mérite pour Oihenart que d'avoir le premier reconnu, dans 
la conjugaison périphrastique, plusieurs radicaux [Notitia vasco- 
niae, ^638, p. 63-68, et ^656, p. 69 roetv"). Eza pour le pr. 
Bonaparte n'est autre que iz « être » conjugué activement; il est 
certain que Ta final est épenthétique, témoin le dialecte haut-navar- 
rais méridional dont l'imparfait est èez, témoin les formes telles 
que ikus detzadan « que je les voie » c'est-à-dire die + ez rad. 
aux. + z plur. du rég. + a euphon. + ^ « je » + a euph, + 
w signe du conjonctif; ikus est le radical « voir ». A\ec eza et 
adi, ai, ei, les dial. fr. emploient le radical nu du verbe principal 
au lieu du participe passé dont se servent les dial. esp. A eza le 
dial. biscayen substitue egi, c'est-à-dire « faire » et il dit p. ex. 
ikusi daguidazan « que je les voie » pour ikus ditzadan, lab. 

A la p. 47, j'ai traduit izan nuen par « j'eus eu » et izan nin- 
can par « j'eus été ». Il fallait proprement « je Ta vais eu, j'avais 
été ». Mais M. R. avait mis « je l'eus, je fus ». 



H 2 ESSAI SUR LA LANGCE BASQUE. 

87. Ba n'exprime pas le désir. Dans les cas auxquels M. R. fait 
allusion, il traduit exactement le « si » conditionnel français. Pour 
le h initial des impératifs, on a proposé une origine plus admis- 
sible; ce b serait le représentant du pronom réfléchi « bera « soi- 
même ». 

88. C'est que le radical n'est plus en iz; il est en adi, edi, ai ou 
ei. Il y a d'ailleurs de grandes altérations. 

89. Cet optatif est proprement notre conditionnel; le condition- 
nel de M. R. est ce que M. l'abbé Inchauspe appelle le suppositif, 
c'est-à-dire l'imparfait précédé de si. 

90. Pas du tout; cette syllabe constitue le signe caractéristique 
du conjonctif, puisqu'il suffit de la joindre à une forme quelconque 
de l'indicatif pour lui donner l'idée conjonctive; p. ex. darrat 
« je le dis » et cer nahi duçu darradan « que voulez-vous que je 
dise? » (Dechepare, -1345); aiz « tu es » et aita amac ohoratuco 
tuc^ lurrean aicen lucequî « tu honoreras tes père et mère, afin 
que tu vives longuement sur la terre » iGasteluçar, <686) ; etc. 

9^ . La première pers. plur. sujet est en g dur et non en gu; 
comme nous l'avons déjà vu, il y a ici une méprise causée par la 
défectuosité de l'orthographe. — Le signe du rég. dir. de 3^ pers. 
manque dans les imparfaits. 

92. J'ai déjà dit que c'est dans cette nasalisation qu'il convient 
de chercher la caractéristique de l'imparfait. 

93. Ne pas oublier le sens de det, etc.: jango det veut dire « je 
J'ai à ou pour manger », ekarriko zaitut « je vous ai à ou pour 
porter », etc. 

94. L'e initial est adventice. Le rég. est marqué simplement 
par n et g. 

95. Voyez ci-dessus notes 86, 87. Ce sont ces etza pour eza + z 
qui montrent que l'a est adventice et que le radical est en z. 

96. Inversement, il n'est pas moins exact de dire qu'une cer- 
taine idée conjonctive est cachée dans l'imparfait. Les finales an, 
CM sont essentiellement conjonctives. 

97. La marque du pluriel n'est pas ^, mais z. C'est une loi géné- 
rale de la phonétique basque que z + z= tz; ainsi de ez « non » 
et zen « il était » on fait etzen « il n'était pas ». 

98. C'est à la mauvaise disposition des paradigmes de Larra- 
mendi qu'est due cette erreur de M. R. La différence entre la forme 



NOTES COMPLÉMENTAIRES. \\3 

simple el la forme périphrastique n'est pas aussi grande; dans 
l'une comme dans l'autre, le conjonctif est marqué par n final, 
car dezadan et naclin ne sont conjonctifs qu'à cause de \'n qui les 
termine. Quant au suffixe /a, il correspond bien au « que » fran- 
çais, mais sans aucune idée de contingence: «je crois qu'il vient » 
se traduira uste dut dathorrela, mais « pensez-vous qu'il vienne? » 
uste duzu hean dathorren; M. Duvoisin dans sa Bible labourdine 
traduit ainsi le v. 8 du chap. II de saint Mathieu : gaztia dizada- 
zue, nathorren ni ère haren adoratzera « mandez-le moi, que je 
vienne moi aussi pour l'adorer ». 

99. Nitzan n'a aucun rapport avec nituen; le premier est n-iz- 
z-a-n « je — aux. — plur. du rég. — euph. — conj. » et le 
second n-i-t-u-e-n « je — avoir — plur. du rég. — redoubi. — 
euph. — conj. » Dans le premier, le radical est ù, il est u dans le 
second. 

•100. C'est la plus grave erreur qu'ait commise M. R. Ces formes 
en lan n'existent pas. Joint aux formes en n, le suffixe la se subs- 
titue purement et simplement à Vn; nekarren donne nekarrela 
« que je le portais « (et non « portasse », voy. note 98) Qinekarzkizun 
fait nekarzkitula « que je vous les portais » (et non « portasse »). 

^01. Les formes du verbe « être » sont parfois très-réfractaires 
à l'analyse, mais il n'est pas exact que le radical za s'y reconnaisse 
partout. Cette syllabe, qui se présente d'ailleurs très-fréquemment, 
résulte de la combinaison phonétique de divers éléments. 

-102. Ici za est, avec un a euphonique, le signe de pluralité 
pléonastique dont nous avons parlé à la note 67 ci-dessus. Le 
verbe « être » l'avait lui-même à l'indicatif; du moins les suppo- 
sitifs tels que bagintzaz « si nous étions y>^balitzaz « s'ils étaient » 
restituent à l'imparfait de l'indicatif gintz-az et ditzaz où intz, itz 
représentent « être » et où z final, précédé d'à euphonique, est le 
signe explétif de la pluralité du sujet. 

■103. J'ai dit plus haut que je suis disposé à voir dans ki le signe 
du datif; ces formes sont à cet égard caractéristiques. 

-104. Ce changement n'a pas lieu dans tous les dialectes; le 
labourdin par exemple dit, comme nous l'avons vu plus haut (note 
78), yathortzi « nous venons ». Du reste dans gatoz^ il n'y a pro- 
prement pas changement de r en z, mais réduction à z de la syll. 

8 



H 4 ESSil SUR LA LANGUE BASQUE. 

rz formée par l'addition au radical ator du signe pléonastique z de 
pluralité. 

^05. Outre que les dérivés en la ne sont pas de vrais conjonc- 
tlfs (voy. note 98), nah'd et dabil font nabilala ou nabilela, dabi- 
lala ou dabilela; nator fait natorrela avec double r, c,-à-d. r dur. 

^06. Les observations déjà faites montrent que ki, loin d'être le 
signe du mode, est probablement la marque du datif. Il ne faut 
pas assimiler non plus ce suffixe à la terminative ke qui est essen- 
tiellement aoristique. 

107. Erreur déjà relevée à la note -100. Les finales lan n'existent 
pas: zembilkigun donne zembilkigula « que vous marchiez à nous» 
(indic). — J'aurais peut-être dû rappeler déjà que la plupart des 
grammairiens basques, uniquement préoccupés de la conjug. péri- 
phrastique, méconnaissent le rôle conjonctif du n et en font, ainsi 
que de la, une forme dérivée. M. Inchauspe appelle par exemple 
dut, det « je l'ai « la forme capitule, dudala la forme régie posi- 
tive et dudan la forme régie exquisitive. 

108. Litzake, de même que balitz « s'il était », est une des 
formes qui montrent : V que le n final n'est pas essentiel à l'im- 
parfait; 2" que la 3« pers. sing. actuelle zan, zen (suivant les dia- 
lectes) « il était « est tronquée de Hz ou litz. Litzake doit être ana- 
lysé l-itz-a-ke « il — être — euph. — signe aorist. du condition- 
nel. » 

109. Je crois utile de faire connaître ici une particularité 
curieuse de ïescuara. Un certain nombre de verbes, neutres en 
français, sont actifs en basque ou du moins se conjuguent sur le 
paradigme du verbe actif. Ainsi « paraître, ressembler, couler, 
bouillir, durer » font deritzat, dirudit, dariot, dirakit, diraut et 
non neritza, nirudi, etc. C'est du reste un point à examiner. 

110. Oi, lab. ohi, veut dire « coutume «, et c'est un tort que de 
l'écrire uni au verbe comme l'a fait Larramendi : oi naiz veut dire 
« je suis accoutumé à » et oi det « j'ai coutume de ». 

111. Al, lab. ahal, a le sens de « pouvoir, faculté »; c'est 
encore un mot distinct : al det « j'ai pouvoir », al badet « si j'ai 
pouvoir ». 

112. Ezin est vraisemblablement contracté de ez egin « ne pas 
faire ». Le pr. Bonaparte regarde cette explication comme très- 
possible. 



NOTES COMPLÉMENTAIRES. W6 

^^3. Nai, lab. nahi « volonté », estencore un mot indépendant : 
nahi dut « j'ai volonté ». 

^^4. Dezaket, pour le radical eza^ ez, iz, correspond à duket 
(soul. duket «je l'aurai ») pour le rad. u. C'est son exact correspon- 
dant morphologique qui est devenu l'auxiliaire du potentiel. On y 
joint souvent ahuL ou ezin. — Nezake correspond à nuke. 

Uh. Je ne puis qu'approuver ce jugement. Toutefois, Larra- 
mendi qui écrivait en 1729 est beaucoup plus excusable que les 
auteurs contemporains. 

U(}. Ce n'est donc véritablement qu'un gérondif latin en do. 
Le suff. ik est le partitif général (voy. note 30) et bildurik n'est 
pas autrement formé que ogirik. 

Wl. J'ai déjà fait remarquer que la correspond au « que » po- 
sitif et nullement au « que » conjonctif. 

•H8. Les formes avec /^a pris dans le sens de « certes », quidem, 
s'emploient principalement avec le verbe non périphraslique et au 
commencement des phrases. — Celles en bai ont, dans les dialectes 
français, un tout autre sens : ou le bai y correspond à « parce 
que » ; ou ces formes ne s'emploient que dans une proposition 
relative, c.-à-d. commençant par un pronom relatif ou une des 
conjonctions « comme, de même que », etc. C'est pourquoi le pr. 
Bonaparte les appelle formes causatives et M. Inchauspe formes 
d'incidence. Bai, comme ez, durcit les douces initiales; on dit ba- 
dut « je l'ai, certes » mais baitut « parce que je l'ai ». 

-1-19. M. Rr a rencontré dans l'interprétation de ce vieux texte 
une autre difficulté. Le dialecte qu'il a étudié et dont il a présenté 
plus haut l'analyse est celui du Guipuzcoa. Mais le Nouveau Tes- 
tament de la Rochelle, •157'1, est en labourdin mélangé de bas- 
navarrais (voy. sur ce livre et son auteur, Jean de Liçarrague, de 
Briscous, mes Documents pour servir à l'étude historique de la 
latigue basque, premier fascicule, Bayonne, -1874). L'âge et le dia- 
lecte de ce précieux livre sont les principales causes des erreurs 
ci-après relevées. 

-120. Ces corrections ont été malheureuses, car le texte publié 
par Mahn était exact et conforme à l'original. 

^2-1 . Zezan n'est pas ici l'auxiliaire du conjonctif, mais celui du 
prétérit défini. Le conjonctif serait lezan. Erran zezan « il dit, 



i\6 ESSAI SUR LA LANGDE BASQUE. 

dixit », erran lezan « qu'il dit » (cf. Oilienart, JSotUia, 1638, p. 
65; 1656, p. 69). Zituen « il les avait ». 

\2\ bis. FAarik, suff. pi. labourdin et en guipuzcoan elatik 
(formé de eta., signe de pluralité et de tik suff. « de, ex «) ne doit 
pas être confondu avec hetarik « d'eux » où il entre d'ailleurs, mais 
où le/i représente le pronom démonstratif. Le signe de pluralité e^a 
ne s'emploie qu'avec les suffixes locaux lesquels suppriment l'ar- 
ticle dans la déclinaison définie, et intercalent ta dans l'indéfinie. 

\ 22. Indak est l'allocutive masculine « donne-le moi, ô homme « . 
Liçarrague a partout conservé dans sa traduction le tutoiement 
du texte grec. — Gazte « jeune «. 

123. J'estime que or est pour ori., hori pronom dém. comme a. 
Gazten-or « des jeunes- ce » pour gazlen-a « des jeunes-ce... 
là » (un pronom employé pour un autre), mais pas pour yaztenak 
puisque le verbe ^'oa/i zed'm « il alla « est intransitif. 

124. Bizi « vie », izan-ez « été-par » — prodigoki oizi izanez 
« ayant vécu avec prodigalité ». 

125. Despendatu ukan zuenean « dépensé eu il-l'avait-le-dans » 
c.-à-d. « quand il l'eût dépensé ». 

126. Gogor « dur ». 

127. Les grammairiens espagnols, oui; mais pas les français, a 
part Blanc qui traduit (?) Larramendi. L'aspiration est un des 
signes caractéristiques des dialectes du nord des Pyrénées. 

128. Il y a là une erreur, déjà relevée à la note 33; hurtako n'est 
pas hart-a-ko md!?! har-ta-ko « ce... là — signe de l'indéfini — de, 
pour ». 

129. Kin est le suffixe « avec ». 

130. Baska-tu est la transcription euscarienne du ialin pasc 
Jpascere). 

131. Bethatu « empli » viendrait de bethe « plein ». L'emploi 
du génitif est logique avec les noms verbaux en Ize : on dit « le 
remplir de son ventre » comme on dit « la maison de cet homme ». 

132. Nehork est négatif parce que la phrase contient ez « non ». 
— Corrigez urdek, maglnchctarik. 

133. Le texte dit etzeraukan emaiten. Etzeraukan est pour ez + 
zeraukan; ce dernier mot est, dans Liçarrague, l'auxiliaire ordi- 
naire de la 3« pers. sing. de l'imp. de l'ind. act. « il l'avait à lui ». 
Cette forme n'a rien de commun avec dankat « je le liens ». 



jNOTes complémentaires. m 

4 34. Bainaiz est la forme causative (voy. note -105 bis]\ on 
doit interpréter ici « et voici que je meurs de faim ». 

435. Corrigez draukat « je l'ai à lui », diat « je l'ai, ô loi 
homme ». 

4 36. Hire est le génitif» de toi » (voy. note 35); donc mot à 
mot : « en présence de toi », « contre le ciel et en ta présence ». 
M. R. trouvait particulier qu'on dise « contre le tien, contre ton » ; 
mais aitzinean c'est « dans la présence, devant ». 

4 37. Bezala, quelle que soit son origine, signifie « comme ». 
— « Fais-moi comme un de tes journaliers ». — Corrigez eznauk 
« tu ne m'as pas, ô mâle », c.-à-d. « je ne suis pas ». 

4 38. Laster « rapide, vite ». Donc « ayant fait vite, courant ». 

4 38 bis. M. R. ou son copiste a omis ici deux mots; il faut, avec 
l'orthographe adoptée, egoc sesan bere buruà haren leppora « il 
jeta sa tête (c.-à-d. il se jeta) au cou de lui ». 

4 39. Non pas, mais forme régulière attributive de jses«w auxi- 
liaire du prétérit défini. 

440. Le verbe ne contient point l'attribut dans « j'ai péché 
contre le ciel » puisque « contre le ciel » est rendu par zeruaren 
contra. — Huts egin diat « j'ai fait faute, ô toi homme ». — Diat 
est l'allocutive masculine de dut; en guip. on dirait dikat. Au 
fém. dinat , dinat « je l'ai, ô toi femme ». 

4 44. « Mais » certainement : ordu-an « dans le moment, cepen- 
dant, mais ». 

4 42. Emaitu ne se dit pas. Le participe est eman., emon, sui- 
vant les dialectes. 

443. Oina « pied », oin-eta-ra « pied-pluralité-vers », c.-à-d. 
« aux pieds ». — Corrigez erhastunbat , Vu du texte a un tilde. 

4 44. Plutôt « pendant que nous le mangeons », c.-à-d. « ré- 
jouissons-nous en mangeant » ; on dirait généralement aujourd'hui 
dans ce sens en labourdin jaten dugularik. — Corrigez ezazue. 

4 45. Atsegin ici « plaisir »; donc « prenons plaisir ». 

446. Ene « de moi », eni « à moi », formes irrégulières inex- 
pliquées, propres aux dialectes français et surtout au bas-navar- 
rais et au souletin. 

447. Pas er/rfw mais eriden; aujourd'hui erferew, non labourdin. 
4 48. Zahar « vieux ». — Corrigez haren, ethorten zela. 

449. Landa « lande, champ » et non land. 



^^8 ESSAI SDR LA LANGUE BASQUE. 

ibO. Corrigez ethorri izan duc eta hil ukan dik. Les formes 
directes dans ces piirases sont au traitement allocutif. Littérale- 
ment '^Mom?.ïanc?Mc veut dire: « tu l'as été venu,ô homme «, c.-à- 
d. « il est venu », et hil ukan die « il l'a eu tué «, c.-à-d. « il l'a 
tué, ô homme ». — Corrigez resebitu duen (duen, conjonctif, à 
cause de seren) . 

•^5^. Otu n'existe pas; otoi, othoi « prière ». 

\o2. Hambat « tant », — le texte porte hambat urthe dik « il 
l'a, ô homme, tant d'années ». — Corrigez hark,eztiat, eztraiikak. 

\oZ. Audala serait, au respectueux, zaitudala. Il faut l'analy- 
ser aut « je t'ai », « euphon., la « que ». — « Voici que je te 
sers depuis tant d'années ». 

154. Egundano « jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à ce jour ». 

155. Ici, baitu est véritablement, ainsi qu'au verset 32, la forme 
incidente (voy. note -1^8). — Corrigez iretsi ukan baitu. 

-156. Corrigez draukak « tu l'as à lui, ô homme ». 

•157. Voyez note -146. — Corrigez duc, allocutive, pour da. — 
Le verset original commence par ces mots : eta hark enan ziezon 
« et il lui dit ». 

^D8. Hartu « pris, prendre »; alegeratu « éprouver de l'allé- 
gresse ». — Corrigez zuân ^o\iv*zukan «tu devais l'avoir» allocu- 
tive masculine. 

•159. Zjren correspond ici à notre « parce que ». — Corrigez 
bail a. 

160. J'en doute beaucoup, caria traduction de Blanc, écourtée, 
est assez défectueuse et la correction du livre laisse beaucoup à 
désirer. Ainsi à la p. •102 on lit cette affreuse bourde : « le verbe 
naizô naz » ^ il fallait « naiz ou nazi) ; 6 esp. vaut « ou » disjonctif 
français. 

\ 6 { . Je fais à ce propos toutes sortes de réserves. 

•162. Ceci me paraît assez aventureux. 

•163. Gomme je n'ai pas étudié l'importante question de l'ac- 
cent, je me déclare tout à fait incapable d'annoter et de critiquer 
cette partie du travail de M. R. 

•164. Eder est « beau ». 

•165. Guzia veut dire « tout, le tout ». 

•166. Ce texte, étant en dial. guipuzcoan, était beaucoup plus 
facile a analyser pour M. R. que le précédent. 



NOTES COMPLÉMENTAIRES. ii9 

^67. Plutôt « si, tant ». 

^68. II y a ici interversion de l'ordre syntactique normal; l'ad- 
jectif Aa/-^sw « ardent » précède le substantif bizarria « vaillance » 
emprunté à l'espagnol. 

•169. Etzenduenean « pendant que vous n'aviez pas « complété 
par baizikan « que, seulement: « une telle ardente vaillance, alors 
que vous n'aviez que la moitié, etc. ». 

no. « La moitié de Tâme ». Le pron. possessif ton n'est pas 
exprimé. 

]Ti. Corrigez baizikan. Baizik, avec an ici, est l'adverbe « que, 
seulement » dans « il n'a que..., il ne voit que... ». 

MI. « Dans l'épouse ». 

-173. Baldin « si » pléonastique, car bâcla veut dire « s'il est ». 

•17-i. « La main audacieuse » avec l'article. 

•175. Indar « force », avec l'article. 

•176. Quelle que soit son origine, erraz (dial. fr. errech] traduit 
notre adverbe « facilement ». 

Ml . Guziaz « par ou de toute la ». 

J. V. 



APPENDICE. 



Je crois utile de reproduire ici, dans son orthographe originale, 
le texte emprunté par M. Ribâry à Liçarrague, en y joignant une 
traduction aussi minutieusement littérale que possible. 

'I I . Ualaber erran-ceçan, Guiçon batec cituen bi semé : 

De-même il-dit (dixit) : homme un il-les-avait deux fils : 

\'2. Eta hetaric gaztenac erran-cieçdn aitdri^ Aitd, indac onhas- 
sunetic niri heltzen çaitadan partea. Eta parti-cietzén onac. 

Et de-ceux-là le-plus-jeune il-le-lui-ditau-père : pèredonne-la- 
moi des-biens à-moi en-venir qui-est-à-moi la-part et il-les-leur- 
partagea les-biens. 

-13. Eta egun gutiren buruàn, guciac bilduric semé gaztenor 
ioan-cedin herri vrrun batetara: eta han irion-ceçan bere onhas- 
suna prodigoqui vici içanez. 

Et jour de-peu dans-la-tête, les-tous ayant-réuni fils ce-plus- 
jeune il-alla pays loin vers-les-uns : et là il-le-dissipa de-soi le- 
bien, prodiguement vie ayant-été. 

4 4. Gucia dcspendatu vkan çuenean, eguin kan cen gossete go- 
gor bat herri hartan, eta hura has-cedin behar içaten. 

Le-tout dépensé eu quand-il-1'avait, fait été il-était famine dure 
une pays dans-ce, et celui-là commença besoin à-être. 

4 5. Eta ioanic leku hartaco burgés batekin iar-cedin^ eta harc 
igor-ceçan bere possessionetara vrdén bazcatzera. 

Et ayant-été lieu de-celui-ià bourgeois avec-un il-se-mit, et 



122 ESSAI SUK LA LANGUE BASQUE. 

celui-là l'envoya de-soi vers-les-possessions des-cochons vers-le- 
faire-paitre. 

-16. Eta désir çuen vrdéc iaten çuten marjuinchetarik bere sabe- 
laren bethatzera : eta nehorc etzeraucan emaiten. 

Et désir il-I'avait les-cochons en-manger qu'ils-avaient des- 
gousscs de-soi du-ventre vers-le-remplir : et personne ne-l'avait-à- 
lui en-donner. 

-17. Eta bere buruàri ohart-cequionean, erran-ceçan , Cembat 
alocacer diraden ene aitaren etchean oguia franco duten-ic, 
eta ni gossez hilcen bainaiz! 

Et de-soi à-la-tête quand-il-eut-fait-attention, il dit: Combien 
journalier ils-sont de-moi du-père dans-la-maison le-pain abon- 
damment qui-l'ont-quelques, et moi de-faim en-mourir voici-que- 
je-suis! 

^8. laiquiric ioanen naiz neure aitagana, eta erranen draucat, 
Aitd, huts eguin diat ceruàren contra eta hire aitzinean. 

M'étant-levé pour-aller je-suis de-moi vers-le-père, et pour-dire 
je-l'ai-à-lui : Père, faute faite je-l'ai, ô-homme du-ciel contre et de 
toi dans la présence. 

-19. Eta guehiago-ric ezfianc digne hire semé deitzeco : eguin- 
nezac cure alocaceretaric bat beçaia. 

Et plus-quelque tu-ne-m'as-pas, ô-h. digne de-toi le-fils de- 
m'appeler : fais-moi, ô-h. de-toi des-journaliers un comme. 

20. laiquiric bada ethor-cedin bere aitagana. Eta hura oraino 
>!rrun cela, ikus ceçan bere aitac, eta compassione har-ceçan, eta 
laster eguinic egotz-ceçan bere burud bere leppora, eta pot eguin- 
cieçon. 

S'étant-levé or idonc) il-vint de-soi vers-le-père. Et celui-là jus- 
qu'à-présent (encore) loin (pendantj-qu'il-était, il-le-vit de-soi le- 
père, et compassion il-la-prit, et vite ayant-fait il-jela de-soi la- 
tête de-soi vers-le-cou, et baiser il-le-lui-fit. 

21. Eta erran-cicçon semeac^ Aitd, huts, etc. 
Et il-le-lui-dit le-fils : Père, faute, etc. 

22. Orduan erran-cieçén aitdc bere cerbitzariey, Ekarçuearropa 
prinsipalena , eta iaunz-eçoçue : eta emoçue erhaztun bat bere 
escura, eta çapatac oinetara : 

Mais il-le-leur-dit le-père de-soi aux-serviteurs, Portez-le (pi.) 
vêtement le -principal, et revêtissez-la-lui ; et donnez-le-lui 



APPENDICE. ^23 

anneau un de-lui vers-la-main, et les-chaussures vers-les-pieds : 

23. Eta ekarriric aretze guicena^ hil-eçaçue : eta iaten dugula 
aUeijuin har-deçagun. 

Et ayant-porté veau le-gras, tuez-le: et en-manger (pendanl)- 
que-nous-l'avons plaisir que-nous-prenions. 

24. Ecen ene semé haur hil cen^ eta harçara viztu da : galdu 
cen, eta eriden da. Eta has-citecen atseguin hartzen. 

Car de-moi fils celui-ci mort était, et de-nouveau allumé (res- 
suscité) il-est : perdu il-était, et trouvé il-est. Et ils-commen- 
cèrent plaisir en-prendre. 

25. Eta cen haren semé çaharrena landdn^ eta ethorten cela 
etcheari hurhildu çayonean, ençun-citzan melodiâ eta dançâc. 

Et était de-celui-là fils le-plus-vieux dans-le-champ, et en-venir 
(pendant)-qu'il-était à-la-maison approché quand-il-était-à-elle, il- 
les-entendit la-mélodie et les-danses. 

26. Eta deithuric cerhitzarietaric bat., interroga-ceçan hura cer 
cen. 

Et ayant-appelé des-serviteurs un, il-I'interrogea celui-là quoi il- 
était. 

27. Eta harc erran-cieçon., Hire anaye ethorri içan duc, eta hil 
vkan die hire aitac aretze guicen bat, cer en osso-rik hura recebitu 
duen. 

Et celui-là il-le-lui-dit : De-toi frère venu été tu-l'as, ô-h., et tué 
eu il-l'a, ô-h. de-toi le-père veau gras un, parce-que entier-quel- 
que celui-là reçu il-l'a [conj.] 

28. Eta assere-cedin : eta etzén sartu nahi içan: bere aitâc 
hada elkiric othoitz eguin-cieçon. 

Et il-se-fâcha : et il-n'était-pas entré volonté été : de-soi le-père 
or étant-sorti prière il-la-lui-fit. 

29. Baina harc ihardesten çuela erran-cieçon aitari, Hunà, 
hambat urthe die cerbitzatzen audala, eta egundano pitina bat 
eztraulac eman neuve adisquidequin atseguin hartzeco. 

Mais celui-là en-répondre (pendantl-qu'il-l'avait il-le-lui-dit au- 
père, Voici, tant année il-l'a, ù-h. en-servir que-je-t'ai, et jusqu'à 
aujourd'hui chevreau un tu-ne-l'as-pas-à-moi, ô-h. donné de-moi 
avec-les-amis plaisir pour-prendre. 

30. Baina hire semé haur, ceinec iretsi vkan baitu hire onhas- 



124 ESSAI SCB LA LANGUE BASQDE. 

sun gucia putéquin, ethorri içan denean, hil vkan draucac huni 
aretze guicena. 

Mais de-toi fils celui-ci, lequel dévoré eu l'a de-toi bien le-tout 
avec-les-pu tains, venu été quand-il-l'est, tué eu tu-le-lui-as, ô-h. 
à-celui-ci veau le-gras. 

3^ . Eta harc erran-cieçôn, Semé, hi bcthi enequin aiz, eta eue 
gucia hire duc : 

Et celui-là il-le-lui-dit : Fils, toi toujours avec-moi tu-es, et de- 
moi le-tout de-toi tu-l'as : 

32. Eta atseguin hartu behar çudn eta alegueratu^ ceren hire 
anaye haur hil baitzén, eta viztu baita, etc. 

Et plaisir pris besoin tu-l'avais, ô h. et réjoui, parce-que de-toi 
frère celui-ci mort il-était, et ressuscité il-esl, etc. 

Un autre passage du même ouvrage donnera quelques e.xemples 
du traitement allocutif féminin. Je l'emprunte à l'évangile de Jean 
(IV, V. 9-^0). 

9. Diotsa bada hari emazte Samaritana hunec, Nota hi indu 
aicelaric^ edatera niri escjuez aut, bainaiz emazte Samaritana? 
ecen ez-tié conversationeric iuduéc Samaritanoequin. 

EUe-lui-dit or à-celui-là femme Samaritaine celle-ci : Comment 
toi juif pendant-que-tu-es, à-boire à-moi par-demande je-t'ai, 
parce-que-je-suis femme samaritaine? car ils-ne-l'ont pas, ô-h. 
de-conversation les-juifs avec-les-Samaritains. 

^0. Ihardets-ceçan lesusec eta erran-cieçôn, Baldiii bahaqui 
laincoaren dohaina, eta nor den hiri erraiten draunana, Indan 
edatera, hi escatu inçayqueon hari, eta eman baitzerauquenan vr 
vicitic. 

Il-le-répondit Jésus et il-le-lui-dit: Si-tu-le-savais de-Dieu le- 
don, et qui est à-toi en-dire celui-que-tu-as, ô-f. : Donne-le-moi, 
ô f. à boire, toi demandé tu-l'aurais-à-lui, ô-f. à-celui-là, et 
donné il-l'aurait-à-toi, ô-f. eau vie-de. 



NOTICE 



BIBLIOGRAPHIQUE 



NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE 
RELATIVE A L'ÉTUDE 

DE LA LANGUE BASQUE 



A. Livres et brochures. 

I. DISGVRSOS I DE LA ANTIGVEDAI) DE | LA LENGVA CAINTABRA \ 

Bascongada. Côpuestos por Balthasar | de Echaue, natiiral de la 
Villa de Çuma- | ya en la Provincia de Guipuzcoa, | y vezino de 
Mexico I (fleur) | Introducese la misma le- | gua, en forma vna 
Matrona vénérable y | anciana, que se quexa, de que siendo | ella 
la primera q se hablè en Espana, | y gênerai en toda ella la | ayan 
olui- I dado sus naturales, y admili- | do otras Estrangeras [ * | 
Habla con las Prouincias de Guipuzcoa y Vizcaya., \ que le han 
sido fieles^ y algunas vezes | con la misma Espana. | cœur | con 
LICENCIA T PRiviLEGio. | ^ En Mcxico, en la Emprenta de Henrrico 
Mar- I tinez. Anode -1607. 

1 vol. in-4° de (xxiv)-16 p., puis fts 17 à 84 [c'est-à-dire de (xxiv)- 
16-(136) p.]. — Après les 12 fts prélim. n. ch. viennent 8 fts chiff. 
aux r"* et v^ puis 68 fts chiff. aux r^^ seulement. 

Rare. — Vendu 41 fr. 25. Heber, 53 fr. Rctzel; 83 fr. 75, Mayans; 
à Madrid, 80 fr. en librairie. 

Reproduit photo-typograpbiquement à Madrid, en 1874, par M. Pe- 
dro-José Rayon, à 100 exempl. qui n'ont pas été mis dans le com- 
merce, pour M. de Zabalburn. 

II. L'INTERPRECT | ou traduction du François Es- | pagnol et 
Basque de Voltoire | Contenant | Plusieurs Parties ainsin qu'est 



128 ÎSOTICE BIBLÎOGRAPBIQCE. 

Contenu à la Table \ Dernier Escripte \ (fleuron) | A LYON | Par 
A. RovYEB, Imprimeur du Roy. 

1 pet. in-i" oblong de (xij)-280 p. Le seul exempl. connu est con- 
servé à la Bibl. de la ville de Bordeaux sous le n° 13189. Cet exempl. 
horriblement relié en demi-basane, contient à la fin un feuillet étran- 
ger à l'ouvrage. Il porte à la main, sur le titre, la date 1620 : elle est 
assez probable. 

III. TRESORA I HIROVR LENGVAIETAQVA, | francesa, es- 
PAGNOLA I ETA HASQVARA. | OBRA | ona cta necessaria nore desiracen 
baytou eranden | Lenguîe horençal | \* \ BAYONAN, | Franges 
BovRDOT, Libourou Eguillaren echian. -1642 | [Trésor des trois 
langages, français, espagnol el basque; œuvre bonne et nécessaire 
à qui désire converser dans ces langages. Rayonne, dans la maison 
de François BourdoL^ faiseur de livres, 1642]. 

1 in-8 obi. de (viij)-280 p. — Titre, introd. terminée par un bois 
représentant Adam et Eve sous le pommier; p. 1-40, notions gram- 
maticales, déclinaisons, conjugaisons, 3 col. esp. fr. basq.; p. 41-121. 
éléments des comptes et vocabulaire, 2 col. fr.-basq.; p. 122-131, noms 
de nombre, mois, semaines, années, 2 col. fr.-basq.; p. 132-280, col- 
loques ou dialogues, 3 col. esp. -fr.-basq. 

Le seul exemplaire connu est conservé à la Bibliothèque impériale 
de Vienne sous le n" 73. M. 117. Une note au crayon sur le titre dit 
que l'auteur est un nommé Vincent Garcia Ordoriez de Lloris. J'ignore 
sur quoi repose cette attribution tout à fait invraisemblable, car ce 
nom est celui d'un Espagnol et le livre, imprimé à Bayonne, ne put 
avoir pour auteur qu'un Français ou un Basque français. Serait-ce 
une réimpression de Voltoire? Je l'ignore, n'ayant pu comparer les 
deux livres. Je dois les renseignements qui précèdent à l'obligeance 
de M. Fr. Mùller, de Vienne. 

IV. Thresor des trois Lengues, franceses, espagnol et basque. 
Livre 1res util, et nécessaire pour ceux qui désirent avoir Tintelli- 
gence de susdites lengues. A Bayonne : Chés Antoine Fauvet, Im- 
primeur de Monseigneur l'Evesque, et de la Ville. ^684. Avec 
permission, et privilège. 

Oblong de 104 p. à 3 col. jusqu'à la p. 101. 

Je n'ai pas vu ce livre; c'est à M. Fr. Michel que j'emprunte les 
détails ci-dessus. Vater dit qu'il a été réimprimé en I70ti et en 1754. 
L'une de ces deux éditions est-elle la suivante? 



LIVRES ET BROCHURES. ^29 

V. Trésor | des trois langues | Françoise espagnole et basque. | 
Livre | très utile, et nécessaire pour ceux | qui désirent en avoir 
l'intelligence. | Avec un mémoire en espagnol et François, | com- 
pose de toutes sortes de mots trés-curieux et nécessaires | à 
sçavoir, aux studieux et amateurs des susdites Langues. \ A 
Bayonne, chez P. Fauvet Imprimeur du Roy, | de Monseigneur 
l'Evêqueet de la Ville. | Avec permission. 

S. d. — Un in-S" oblong de 120 p. 

Je tiens les détails qui précèdent de l'obligeance du prince L.-L. 
Bonaparte. 

VL Trésor | DES TROIS LANGUES | Françoise, espagnole et 
basque. I Livre | tre's-utile, et nécessaire pour ceux | qui désirent 
en avoir l'intelligence. | Avec un mémoire en espagnol et français 
composé 1 de toutes sortes de mots trés-curieux et nécessaires à 
sçavoir, aux studieux | et amateurs des susdites Langues. | A 
BAYONNE, I chez Paul Fauvet, imprimeur du Roy, de Monsei- 
gneur l'Evesque | et de la Ville. 

S. d. — In-8° oblong de 120 p.; diffère très-peu du précédent. Ren- 
seignement du pr. Bonaparte. — On trouve un exemplaire de cette 
édition à la Bibliothèque nationale (n° X, 1427 A. b. a.) 

VIT. Trésor | des trois langues | française, espagnole et basque, 
I Livre ( très-utile et nécessaire pour ceux j qui désirent en avoir 
l'intelligence. Avec un mémoire en espagnol et français | composé 
de toutes sortes de mots très-curieux et nécessaires à sa- | voir, 
aux studieux et amateurs des susdites Langues. ] A Bayonne, | 
chez Paul Fauvet, imprimeur du Roi, de Monseigneur l'Evêque ] 
et de la Ville. 

S. d. (plus moderne que le précédent). — In-8° oblong de 94 p. 

Mêmes matières que dans les éditions antérieures. 

Renseignement du prince L.-L. Bonaparte. 

M. Fr. Michel cite un ex. de 96 p., sans date. Serait-ce une erreur? 

De quelles éditions étaient les exemp. qui faisaient partie des col- 
lections Pressac (n» 720, vendu 44 fr.) et Éloi Johanneau (n° 308)? 

Les numéros IV, V, VI et VII ci-dessus constituent probablement 
le même ouvrage que le no III; mais le titré y est en français et non 
plus en basque. 

VIII. De la antiguedad, | y u\iversalidaddel | BASCUENZE | en 

9 



^30 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 

ESPA5ÎA : I DE SUS PERFECciOKEs, | y veiîtajas sobre olras muchas | 
Lenguas, ] demonstracion previa | AL ARTE, | que se dara a luz 

DESTA LENGUA. | SU ALTHOR M. D. L. | — ] CoTl IciS UceUCiaS nSCeS- 

sarias. | — | En Salamanca : Por Eugénie Garcia | de Honorato. 
Ano de 028. 

Un petit in-8°. — (xij)-170 p. 

Assez rare; vendu 6 fr. Chaumette, 11 fr. Pressac, 21 fr. Nodier 
(mar. rouge jansén., Duru), 39 fr. Burgaud des Marêts (mar. rouge, 
filets d. s. tr. Cape); en librairie 7 fr. 50 vél. bl. 

IX. DE LA ANTIGUEDAD, | yuniversalidaddel | BASGUENZE 1 
EN EsPANA : I de sus pebfecciones I y ventajas sobre otras muchas 

1 Lenguas, | demonstbacion previa | AL iVRTE, \ que ce dara a 
LUZ I desta lengua, | su author M. D. L. | — | Con las licencias 
necessarias. \ — | En Salamanca : Por Antonio Joseph | Villar- 
gordo. 

S. d. — Un petit in-8° de (viij)-184 p. — Seconde édition. 

Moins rare que la précédente; vendue .5 fr. 50 Fr. Michel et 
49 fr. Burgaud des Marêts (mar. choc. d. s. tr. Trautz-Bauzonnel) ; 
en Ubrairie, 7 fr. 50, vél. bl. 

X. El impossible vencido. | ARTE | de la lengua | bascongada. | 
Su author I EL p. manuel de larramendi I (le la Compania de Jésus 
Maestro | de Theologia de su Real Colegio \ de Salamanca. \ 
(fleurons) | GON LIGENGL\. : | En Salamanca : por Antonio Joseph 

I Villagordo Alcarâz. | Ano de n29. 

1 petit in-8'' de (xxxvj-404 p. 

Commun; vendu de 2 à 25 fr. en librairie; Anquetil, 12 fr.; Lan- 
glès, 24 fr.; Klaproth, 30 fr.; Hibbert, 28 fr. 75; Chaumette, 10 fr.; 
L. Leclerc, 8 fr. 50; Fr. Michel, 7 fr. ; S. de Sacy, 4 fr. 75; Caillau, 

18 fr.; Jélyotte, 10 fr.; Pierquin de Gembloux, 7 fr. 50; Pressac, 6fr. 
50; Nodier, 24 fr.; la Ferté-Sénectère, 14 fr.; Burgaud des Marêts, 

19 et 13 fr. 

Se trouve dans la plupart des bibliothèques publiques. 

XL — El Impossible vencido, etc. Nueva edicion publicadapor 
don Pio Zuazua. San Sébastian, establicimiento tipogrâfico-literario 
de d. Pio Zuazua. ^853. 

Un in-8o de (xvj)-n-20I p. 

S'est vendu en librairie de 3 à 20 fr. 



LIVRES ET BROCHURES. ^3^ 

XII. — Grammaire de la langue basque, d'après celle du P. Manuel 
de Larramendi... par S. -H. Blanc. Lyon et Paris, S. -H. Blanc 
el C% -1854. 

Un in-12 de 248 p., les huit premiers ctiiffres en rom. 
Vendu de 1 à 8 fr. en librairie. 

XIII.GRAMATICA | escuaraz | eta | FRANGESEZ, ] composatua 
FRANGEZ I hitzcunça ikhasi nahi j dutenen faboretan. | M. M. Har- 
RiET,NotariErreïalac. ] (arm. roy.) BAYONAN, | Fauvet, Alarguna 
eta J. Fauvet, | Erregueren Imprimadoriac baitan. | — | M. D. 
C. G. XLI. [Grammaire en basque et en français, composée en 
faveur de ceux qui veulent apprendre la langue française, par 
M. M. Harriet, notaire royal (à Larressore); Bayonne, veuve Fauvet 
et J. Fauvet, imprimeurs du roi, -^74^]. 

In-12 par demi-feuille; 512 p. 

Assez rare; se trouve pourtant dans la plupart des bibl. publiques. — 
Vendu en librairie de 25 à 80 fr.; 6 fr. Lerouge, 6 et 5 fr. Langlès, 
20 fr. 65 Boulard, 47 fr. Klaproth, 29 fr. Burgaud des iMarêts, 19 fr. 
La Ferté-Sénectère, 9 fr. Fr. Michel, 5 fr. S. de Sacy, 2 liv. 10 s. 
Falconet, 2 fr. Jélyotte, 5 fr. 50 Pressac. 

XIY. DIGGIONARIO | trilogue | del 1 GASTELLANO, | BAS- 
CUEXCE, 1 Y latin. I Tomo | Su autor | el padre Manuel de 

Larramendi, | de la compania de Jésus. \ Dedicado | a la mui 
noble I y mui leal provincia | de Guipuzcoa. | Aiio (marque du 
libraire) 1745 | Con privilegio en San Sébastian | — ] Por Bar- 
tholomè Riesgo y Montero, Impressor de dicha M. N. y M. L. Pro- 
vincia, I Ciudad de San Sébastian, y de la Real Compania | Gui- 
puzcoana de Caracas. — (Titre noir et rouge; en rouge les lignes 
-1, 3, 5, 7, 8, 40, -12, -14, -16, -{7; tout en capitales sauf les 3 dern. 
lignes; la ligne 9 en cap. italiques). 

2 vol. petit in-fol. — I. (xYiij)-ccxxix-436p. — IL (ij)-392-(xj)p. 

Assez commun; se trouve dans la plupart des bibliothèques publ. 
Vendu de 100 à 180 fr. en librairie; 39 liv. 19 s. Jélyotte; 24 fr. (2«vol. 
seul) Klaproth; 99 fr. 50 de Sacy; 60 fr. Garcia, 151 fr. J. L. D., 
80 fr. Bernier; 82 fr. 50 Chaumette; 159 fr. 35 Heber; 59 fr. 15 
Meermann; 69 fr. Burgaud des Marêts; 80 fr. La Ferté-Sénectère. 

XV. Diccionario trilingue, etc. Nueva edicion, publicada per don 
Pio de Zuazua. Sati Sébastian, 4853, establecimento tipografico- 
literario del editor. 



132 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 

2 gr. in-4«. — I. (xviij)-cGv-xvj-444-v-(iij) p. — II. (\-j)-510-vj-(xj) p. 
Se trouve facilement aux prix de 15 à 70 fr. 

XYI. ECSQUERAREN | BERRI ONAO : I ETA ONDO ESCRIBITCECO, | 

ondo iracurtceco, ta ondo itzegui- | teco Erreglac : | CURA JAUN, 
I TA EscoLA jiAisc cELosoAi | Jesus-cii Companlaco Aita Aguslin 
Car- I daberaz ec esqueritcen, ta dedicatzen dieztenac. | ]T6i 
(1-H-S-) Urtean. | Bear dan Bezala. | Irunean Libruguille Antonio 
Casti- I LLA-ren echean. 

[Les bonnes nouvelles du basque, et règles pour bien écrire, pour 
bien lire et pour bien parler; offertes et dédiées à MM. les curés et 
aux maîtres d'écoles zélés, par le père Augustin Gardaberaz de la 
comp. de Jésus. En l'année -1 76 1 . Comme il faut (c.-à-d. avec les 
permissions voulues). A Pampelune, dans la maison d'Antoine 
Castilla, libraire.] 

Petit in-8°. 63 p. 

Vendu 45 fr. Burgaud des Marêts; prix très-exceptionnel. 

XVII. Apologi'a de la lengua bascongada, ô ensayo critico filo- 
sôfico de su perfeccion y antigiiedad sobre todas las que se cono- 
cen : en respuesta â los reparos propuestos en el diccionario geo- 
grâfico historico de Espana, tomo segundo, palabra navarra. Por 
d. Pablo Pedro de Astarloa, presbitero. Madrid. Por don Gero- 
nimo Ortega, J803. 

Petit in-4o, xxiv-452 p. 

Vendu 6 fr. Fr. Michel; 6 fr. 25 de Sacy; 7 fr. 25 Chaumette; 
12 fr. La Ferté-Sénetère; 14 fr. Burgaud des Marêts; 19 fr. J. L. D.; 
30 fr. Bohn et Pressac. Se trouve facilement en librairie aux prix de 
6 à 25 fr. 

XVIII. MoGUEL. Estudios grammaticales sobre el vascuence. 
Vitoria, Larumbe, 1803. 

J'emprunte cette indication tout à fait insuffisante à Soraluce. 

XIX. Censura cn'tica de la pretendida excelencia y antiguedad 
del vascuence, por d. J. X. C, cura de Montuenga. Madrid, en la 
imprenta real, ano de ^804. 

Petit in-8° de 85 p., par J.-A. Gonde, auteur de la Historia de la 
dominacion de los Arabes eti Espana. 

Vendu 3 fr. 50 de Sacv, 18 fr. Fr. Michel. 



LIVRES ET BROCHUKES. 133 

XX. Reflexiones filos6ficas en defensa de la Apologia de la 
lengua bascongada, 6 respuesta â la censura cn'lica del cura de 
Montuenga. 3/adrid, Cano, ^804. 

Petit in-8°, par Astarloa. — Vendu 3 fr. 25 Ghaumette, 6 et 8 fr. 
Burgaud des Marêts, 11 fr. Fr. Michel; en librairie de 3 à 25 fr. 

XXI. Nomenclatura de las voces Guipuzcoanas, sus corres- 
pondientes Vizcaynas y Gastillanas para que se puedan entender 
ambos dialectos. 

Cité par Humboldt. 8 p. in-4o, par J.-J. Moguel, curé de Marquina. 

XXII. José F. de Irigoïen. Memoria de un dicc. de apellidos 
vascongados, ^804. 

C'est encore à Soraluce que j'emprunte cette insuffisante indication. 

XXIII. Georg. Aug. Frid. Goldmann. Commentalio qva Iri- 
narvm lingvarvm vasconvm, belgarvra et celtarvm, quarvm reli- 
qviîfi in Ungvis vasconica, cymry et galic supersvnt, discrimen et 
diversa cvivsqve indoles docetvr in cerlamine literario civivm 
academiœ Georgiœ Augustœ die iv lunii ^807... prœmio ornata. 
Gottingœ, typ. Heinr. Dietrich (4807). 

In-4°, 64 p. 

Assez rare. — Vendu 6 fr. Burgaud des Marêts et 15 fr. Pressac. 

XXIV. Essai de quelques notes sur la langue basque, par un 
vicaire de campagne, sauvage d'origine. A Bayonne, de l'impri- 
merie Gluzeau frères, rue Orbe, 9. — -1808. 

In-12, 24 p. 

Très-rare. — Par l'abbé Diharce de Bidassouet. 

XXV. Berichtigungen und Zussetze zum ersten Abschnitte 
des zweyten Bandes der Mithridates iiber die Gantabrische oder 
Baskische Sprache, von W. von Hu.mbol[)t. — Berlin, 1817. In der 
Vossischen Buchhandlung. 

In-8% 93 p. 

Peu commun; se vend de 2 à 10 fr. 

XXVI. — Diccionario manual bascongado y castellano, y ele- 
menlos de gramâlica, para el uso de la juventud de la M. N. y 
M. L. Provincia de Guipuzcoa, con ejemplos y parte delà doctrina 
canbana en ambos idiomas, por d. Luis de Aktigaruaga y Ugarte. 



^34 NOriCK BIBLIOGRAPHIQUE. 

Con Licencia. En Tolosa, Impr. de J.-M. de La Lama. Ano de 
^825. 

l^e édition. — Vendu 2 fr. Cardin et La Ferté-Seneterre. 

XXVIL — Même ouvrage, 2« édition, Tolosa, La Lama, -1827, 
petit in-4°, (ij)-xiv-72 p. 

XXVin. — 3'= éd., 1839, pet. in-8°, (ij) xiv-64 p. — Vendu 4 fr. 
Fr. Miciiel, 7 fr. Burgaud des Marêts et 31 fr. Pressac. 

XXIX. — 4" éd., 4848, petit in-4% (ij)-v-64 p. — Vendu 4 fr. 
Burgaud des Marêts. 

XXX. — 5' éd., Tolosa, Mendizabal, ^86^, pet. in-8°, 80 p. 

XXXL — 6*= éd., Tolosa, Gurruchaga, ^1865, petit in-4% (ij)-v- 
56 p. 

XXXIL — 7*^ éd. Tolosa, Gurruchaga, 1870. 

XXXIIL — T éd., Tolosa, Mendizabal, 1873, petit in-4° , 
80 p. 

XXIV. — Diccionario, etc. ; aumentado con varies ejerapios y 
unas conversaciones familiares ; Tolosa, impr. Gurruciiaga, 1876. 
— ] pet. in-8°, 80 p. 

XXXV. Dissertation sur la langue basque, par FI. Léclcse. 
Toulouse, Vieusseux père et fils, 1826. 

Lue à la séance de l'Académie de Toulouse du 2 février 1826. 

In-8°, 32 p. 

Rare. — Se vend de 5 à 10 fr. en librairie. 

XXXVL ^>v9ov, iSov, el'Xov. — Grammaire basque, par M. FI. 
LÉCLUSE. — Toulouse, J.-M. Douladoure, et Bayonne, L.-M. Glu- 
zeau, 1826. 

Faux titres: Manuel de la langue basque; première partie, gram- 
maire; — deuxième partie, vocabulaires. 

In-8' de (viij)-224 p. 

Devenu peu commun; se vend en librairie de 18 à 25 francs. Dans 
les ventes publiques, son prix a varié de 5 à 20 fr. 

XXXVIL — Veni, vidi, vici. — Grammaire, etc. Nouvelle édi- 
tion. — Bayonne, P. Gazais, 1874. 
In-8" de (viij)-224 p. (Réimpression exacte de l'ouvrage précédent). 



LIVRES ET BBOCHDUES. 435 

XXXVIII. — Je place sous ce numéro une pièce qui doit être 
fort rare, le prospectus du Manuel de Lécluse, daté d'août 4826, 
signé A. M. d'x\BBADIE, Arrastoitarra. — 8 p. in-S"*. 

XXXIX. Examen critique du Manuel de la langue basque, 
par Lor. Urhersigarria, Bayonne^ L.-M. Cluzeau, et iMauléon, Roch 
Daguerre fils, décembre 4 826. 

In-8o, 32 p., les 8 premiers chiffres en romain. 

Rare. — Vendu 2 fr. 50. Fr. Michel et 3 fr. Burgaud des Marêts. 

On sait que Lor. Urhersigarria n'est que la traduction plus ou 
moins exacte en basque de Fleury Lécluse {Lor fleur, ur eau, hersi- 
garria le resserrable). 

XL. Dictionnaire basque, espagnol et français, par FI. 
Le'cluse. Prospectus. Toulouse^ impr. de J.-M. Douladoure, Juillet 
4 827.- 

28 p. in-8°. — Coll.: p. 1-3, titres et adresses; p. 4-25, prospectus; 
p. 26-27 spécimen; p. 28, notes. P. 4-25 espagnol (côté pair) signé 
J.-F. et français (côté impair) signé A. -M. d'AsBADiE, en regard. 

Cet ouvrage n'a jamais paru; il en existe plusieurs copies mss. dont 
une, provenant de Lécluse lui-même, est conservée à la Bibliothèque 
pubUque de Pau. — Ce prospectus est devenu très-rare. 

XLI. Planto Rascongado y la impugnacion del manual de la 
lengua basca, por Lécluse, por el presbit. J.-J. Moguel, Santandei\ 
4828. — In-42. 

XLII. Planto poligloto ô sea hablando libremente hebreo, 
cantabro, celtico, irlandés, hungaro, etc. Seguida de una res- 
puesta a la impugnacion del Manual de la lengua basca... por Lor. 
Urhersigarria. Tolosa, J.-M. Douladoure, 4 828. — In-4 2. 

Réponse de Lécluse à la brochure précédente. — Vendu 1 fr. Fr. 
Michel et 3 fr. 50. Burgaud des Marêts. 

XLIII. Garta eguitendiona D. Juan Ignacio Iztuetac apez D. 
Juan José Mogueli, Aita beacurtsu fraile Santa Teresacoac Plauto 
euscaldunaren icenarequin izquidatu duen obrachoaren gaiiean. 
Ceîia arguitaratu duen Moguel berac. Donostian, R. Barojaren 
echean, 4 829. [Lettre qu'écrit don J. I. Iztueta au prêtre don J. J. 
Moguel, relativement au petit ouvrage qu'a écrit avec le nom de 
« Plante basque » le moine vénérable père de Santa-Teresa, qu'a 



^3(> NOTICE UIBUOGIUPHIQUE. 

fait paraître Moguel lui-même. Saint-Sébastien, Baroja, ^829.] 

43 p. in-î2. 

Brochure en faveur de Lécluse. — Vendue 2 fr. Burgaud des Ma- 
rêts et 32 fr. Fr. Michel. 

Deux parties, une en basque et une en espagnol; cette dernière a 
été écrite, dit-on, par don Pascual Iturriaga, beneficiado de Hernani. 

XLIV. Sermon sur la montagne en grec et en basque, pré- 
cédé du paradigme de la conjugaison basque, par FI. Le'cluse. 
Toulouse, impr. Vieusseux, •fSS^. 

In-8o, 23-(l)p.; 1-4, titre et préface; 5-9, paradigme; 10-23 sermon 
grec et basque en regard, le grec du côté impair. 
Vendu 1 fr. Pressac, 3 fr. de Sacy, 6 fr. Burgaud des Marêts, 

XLV. Dissertation critique et apologétique sur la langue 
basque, par un ecclésiastique du diocèse de Bayonne. — Bayonne, 
impr. Duhart-Fauvet, s. d. (1827?). 

In-S", (viij)-163 p. 

Commun, s'est vendu de 2 à 11 fr. 50; en librairie 3 à 5. 
L'auteur est l'abbé Darrigol, supérieur du grand séminaire de 
Bayonne. 

XLVI. Études grammaticales sur la langue euskarienne, par 
A. Th. d'Abbadie et J. Augustin Ghaho. Paris, Arthus Bertrand, 
4 836. 

Petit in-4o: (viij)-50-(ij)-184 p. Coll. p. (i-viij), titres et dédicace (aux 
Basques des sept provinces); p. 1-50, prolégomènes par A. d'Abbadie; 
p. 1-184, grammaire euscarienne, par J.-A. Ghaho. 

Gommun , s'est vendu de 4 à 20 fr. 

XLVII. Lettre à M. Xavier Raymond sur les analogies qui 
existent entre la langue basque et le sanscrit, par J. A. Ghaho. 
Paris, Arthus Bertrand, 1836. 

In-8o, 39 p. 

Rare. — Vendu 2 fr. 50 Fr. Michel, 3 fr. 25 Gardin, 4 fr. 25 de 
Sacy, 9 fr. Burgaud des Marêts. 

XLVQL Introduction à la langue française et à la langue 
basque, par A. Hiriart, maître de pension à Ustaritz. Bayonne, 
veuve Gluzeau, 4 840. 

In-12, xij-231 p. 

S'est vendu de 3 à 10 fr. 



LIVRES ET BROCHDRES. -1 37 

XLIX. Arte de aprender â hablar la lengua castellana para 
el uso de las escuelas de primas lelras de Guipuzcoa, por d. 
A. P. J. P. Hernani, ^84^, in-^8. 

L'auteur est Pascual iturriaga (voy. ci-dessus n° XXXVII). — 4 fr. 
Fr. Michel. 

L. Dialogos bascos castellanos para las escuelas de primeras 
letras de Guipuzcoa, por d. A. P. J. P. Hernani, ^842, in-18. 

Même auteur. — Vendu 3 fr. 25 Fr. Michel et 31 fr. Pressac (avec 
le précédent). 

LI. De l'eusquere et de ses erderes ou de la langue basque 
et de ses dérivés, par Yrizar y Moya. Paris^ Poussielgue-Rusand, 
•1841. 

5 vol. in-8o, I. 224 p., II. 223 p., III. 239 p. IV. 255 p., V. p. 

L'auteur de cette compilation insensée était un officier carliste 
réfugié. Il n'est pas difficile de se la procurer, mais on la trouve rare- 
ment complète. S'est vendu de 6 à 18 fr. 

LU. Manual del viajero por las provincias vascongadas. Madrid, 
•1847. 
Indication de Soraluce. 

Lin. El verbo régulas vascongado del dialecto vizcaino, por 
Fr. Juan Mateo de Zavala. San Sébastian, impr. de I. R. Baroja, 
^848. 

In-4° de (ij)-169-(ij) p., 2 col. à chaque page. 

LIV. Uskara eta Franzes Gramatika, uskalherrietaco haur- 
rentzat eguina, J.-B. Archu, eskolen Inspeturac. Baionan, impri- 
matua Foré eta Lasserre bailhan, 1852. [Grammaire basque et 
française faite pour les enfants despajs basques, par J.-B. Archu, 
Inspecteur primaire; Bayonne, imp. Foré et Lasserre, 1852.] 

In-12, (viij)-2l2 p. 

LV. — Même ouvrage. — 2'' édition — (viij)-2^2 p. 

LVI. — Même ouvrage. — 3" édition, avec un double titre en 
regard, français et basque : 1° Grammaire bilingue, française et 
basque, par J.-B. Arcou, Inspecteur primaire. Bayonne, impr. 
E. Lasserre, -1868; — 2" Bi mihiren gramatika, uskara eta fran- 



138 ÎSOTICE LIBLIOGKAPHIQUE. 

zesa egina J.-B. Akchu Eskolea Ikhousleak. Baionan, imprimalua 
Lasserre baiLhan, -1868. 
In-12, (viij)-213 p. 

LVII. Dialecto antiguo guipuzcoano. Madrid^ ^856. 

Indication de Soraluce. 

LVIU. Vocabulaire de mots basques bas-navarrais, traduits 
en langue française par M. Salaberry (d'Ibarolle). Bayonne, impr. 
veuve Lamaignère, -1856. 

In-8°, xviii-252 p. — Aux frais du pr. Bonaparte. 

LIX. Gramatica vascongadà escrita por D. Francisco Ignacio 
de Laruizabal. San Sébastian, impr. I.-R. Baroja, -1856. 
Petit in-fol. (ij)-iij-87-52-(iij) p., 2 col. à chaque page. 

LX. Dictionnaire basque, français, espagnol et latin, d'après 
les meilleurs auteurs classiques et les dictionnaires des académies 
française et espagnole, par A. Ghaho. — Bayonne, impr. P. Lespès, 
^856. 

In-4'', 20-472 p. (livrais. 1 à 59 seules parues, de a au mot mante- 
UNA, de la première partie qui devait comprendre seulement les mots 
d'emprunt). 

LXI. Denkmœler der baskischen sprache mit einer einleitung, 
welche von dem studium der baskischen sprache handelt und 
zugleich eine beschreibung und charakteristik derselben enthaelt, 
herausgegeben von G. A. F. Mahn, Dr. — Berlin, \8b7, Diimmler. 

Petit in-8°, lvi-80 p.; texte très-compacte. 

LXn. Le verbe basque, par l'abbé Iivchauspe ; ouvrage publié 
par le prince L.-L. Bonaparte. — Paris, Benj. Duprat, 1858. 
ln-4", xii-511 p. 

LXIII. Guide ou Manuel de la conversation et du style épis- 
lolaire français-basque, utile aux étrangers et aux Basques eux- 
mêmes, Bayonne et Biarritz, L. André, ^86^. 

Petit in-S", (ij)-13 p. chiffr, xi (2 fois v et vj)-375 p. à 2 col. 
L'auteur est l'abbé Dartayet, ancien vicaire à Bayonne. 

LXIV. Langue basque et langues finnoises, par le prince 
L.-L. Bonaparte. Londres, ^862. 



LIVRES ET BROCHURES. '•39 

In-4", 46 p. -3 tabl.-(ij) p. 

250 ex, — S'est vendu de 11 à 27 fr. 

LXV. Guide de la conversation français-basque, par L. M. H. 
Fabre, Bmjonne, Despian, -1862. 

Petit in-8°, 439 p. à 2 col. 

LXVI. Essai de grammaire de la langue basque. Amsterdam, 
G. van Gogh, 1865. 

In-8°, (viij)-78 p. — Anonyme. 

LXVU. — Même ouvrage, par W. J. van Eys. 2« édition. 

Am.sterdam, van Gogh, 1867. 

In-S», xn-xv-133 p. 

Une 3« édit. est sous presse en ce moment. 

LXVIII. Vocabulario cuadrilingue, compendiado, por Mârcos 
de Latasa. San Sébastian, hth. Mimiague, 1865. 

LXIX. Notes de A. Oihenart pour le glossaire basque de 
Pouvreau, publiées d'après le manuscrit de la Bibliothèque impé- 
riale et suivies d'observations, par M. Burgaud des Marêts. Paris, 
Didot, 1866. 

Tiré à quelques exemplaires non mis dans le commerce. — 16 p. 
in-8°; vendu 3 fr. Burgaud. 

LXX. Étude sur la déclinaison basque, par le cap. Duvoisi.\. 
Bayonne, impr. veuve Lamaignère, 1866. 

In-4<', 54 p, 

LXXI. La langue basque et les idiomes de l'Oural, par H. de 
Charexcey. Premier fascicule, structure grammaticale et déclinai- 
son. Paris, Challamel aîné, 1862. — Deuxième fascicule, décli- 
naison et comparaison avec divers idiomes. Caen, typ. Daupeley 
frères, 1866. 

2 in-8°, I. vni-56 p.; IL p. 57-148, 2 tabl., plus 1 feuillet supplé- 
mentaire lithographie, publié postérieurement et relatif à la note 
ci-après du pr, Bonaparte. 

LXXII. Note sur les prétendus génitifs et datifs pluriels de 
la langue basque. Londres, 6 avril 1866; signé L. L. Bonaparte. 

I ft, _ Réimprimé, avec additions, dans la Revue de linguistique 
n- de janvier 1869 (t. Il, p. 282-284;. 



440 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 

LXXIII. Recherches sur les lois phonétiques de la langue 
basque, par H. de Charencey. Caen^ typ. F. Le Blanc-Hardel, 1866. 
In-8% 14 p. 

LXXIV. Observations sur le formulaire de prône, conservé 
naguère dans l'église d'Arbonne, par le prince L.-L. Bonaparte. — 
s. t. (à la fin, Bayonne, impr. veuve Lamaignère). 

7 p. — Daté du 1" avril 1867. 

LXXV. Des affinités de la langue basque avec les idiomes du 
Nouveau-Monde, par H. de Charencey. Caen, F. Le Blanc-Hardel, 
1867. 

In-S", 37 p. 

LXXVL Des degrés de dimension et de comparaison en basque, 
par H. de Charencey. Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1867. 
In-S», 12 p. 

LXXVn. Le mécanisme de la construction du verbe basque 
en dialectes du Labourd et des pays limitrophes, présenté en 
tableaux. Extrait du guide ou manuel de la conversation français- 
basque; nouvelle édition. Bayonne, veuve Lamaignère, et Biarritz, 
André, 1867. 

Petit in-S", 167 p. à 2 col. (il n'y a pas de tableaux) . — 100 exempl. 
qui n'ont pas été mis dans le commerce. 

Par l'abbé Dartayet (voy. n° LIX ci-dessus). La réimpression du 
Guide n'est pas encore terminée. 

LXXVHL Método prâctico para ensenar el castellano en las 
escuelas vascongadas, por d. Juan Maria de Eglre\, inspector 
cesante de P enseiïanza. Vitoria, impr. del Semanario, 1867. 

In-8°, xxi-232 p. et 3 tabl. (2 col. basq. esp.). 
La première partie (p. 1 à 128) a été tirée et vendue à part, sous 
le titre de Diccionario vasco-castellano. 

LXXIX. — Diccionario vasco-castellano y método para ense- 
nar el castellano â los vascongados, por d. J.-M. de Eguren. San 
Sébastian, Baroja, 1876. 

Petit in-8° de xv-l41 p., 2*= édit. refondue de l'ouvraire précédent. 

LXXX. — Guia-Manual del lenguaje para uso de los viajeros en 



LIVRES ET BROCHURES. ^4^ 

el pais vasco, por d. J.-M.-E. Vitoria^ impr. del Semanario, 
^868. 

In-8° (iv)-158 p. — Extrait réimprimé de l'ouvrage précédent (2 col. 
esp. basque). 

LXXXI. Le verbe basque | en tableaux, | accompagné de 
notes grammaticales, | selon les buit dialectes de Teuskara : | le 
guipuscoan, le biscaïen, le haut-navarrais septentrional, | le haut- 
navarrais méridional, le labourdin, | le bas-navarrais occidental, 
le bas-navarrais oriental ] et le soulelin; | avec les différences de 
leurs sous-dialectes et de leurs variétés. | Recueilli sur les lieux 
mêmes de la bouche des gens de la campagne, dans cinq | excur- 
sions linguistiques faites dans les sept provinces basques d'Espa- 
gne 1 et de France pendant les années ^836, 1857, ^866, ^867, 
^1869. I Par le prince Louis-Lucien Bonaparte, | docteur de l'uni- 
versité d'Oxford; membre honoraire de l'Académie impériale des 
sciences de | Saint-Pétersbourg; de la Société royale des antiquaires 
du nord, des sociétés | des antiquaires d'Ecosse et de Londres, etc. 
I (armes) | In principio erat Verbum. \ Londres, •ISôQ. 

In-4'>— (iv) p. , 11 tabl., xxxii-160 p. , 1 tabl. — 250 ex. Prem. 
part, et prem. moitié de la sec; le reste de l'ouvrage n'a pas encore 
paru. 

LXXXn. Carte des | sept provinces basques | montrant | la 

délimitation actuelle de l'euscara | et sa division | en dialectes, 

sous-dialectes et variétés, | Par le prince Louis-Lucien Bonaparte. 

I — Drawn, engraved and printed | at « Standford's Geographical 

establishment « | — | Londres. ^ 863. 

Publié en 1869, — 2 éditions, la première en taille-douce, la sec. 
lithographiée. L'exécution de l'une et de l'autre est admirable, l feuille 
in-plano; 250 ex. de chaque édit. 

LXXXIIL Dictionnaire français-basque, par M. H.-L. Pabre. 
Bayonne, P. Gazais, -1870. 

In-4o. — vni-400 p. 

LXXXIV. Études sur les trois dialectes basques des vallées 
d'Aezcoa, de Salazar et de Roncal, tels qu'ils sont parlés à iVribe, 
à Jaurrieta et à Vidangoz. Par le pr. L.-L. Bonaparte. Londres, 
4872. 

250 ex. — Gr. in-4'>, iv-24 p. chiffrées en bas. 



442 NOTICE BIBLIOGRAPHIQDE. 

LXXXV. Éléments de grammaire basque, dialecte soulelin, 
suivis d'un vocabulaire basque-français et français-basque, par 
Louis Gèze. Bayonne, imp. veuve Lamaignère, ^873. 

In-8o, vii-360 p. 

LXXXVI. Guide élémentaire de la conversation français- 
basque (labourdin), précédé d'un abrégé de grammaire. Bayonne, 
P. Gazais, ^ 873. 

ln-18, xxxv-200 p. 

LXXXVII. Notions élémentaires de grammaire basque (dia- 
lecte labourdin). Bayonne, P. Gazais, ^873. 
35 p. in-l8. — Extrait de l'ouvrage précédent. 

LXXXVIll. Dictionnaire basque français, par W.-J. Van 
Eys. Paris, Maisonneuve, et Londres^ Williams and Norgate, 
1873. 

Gr. in-8, (ij)-XLViii-4I5 p. 

LXXXIX. Le verbe auxiliaire basque, par W.-J. van Eys. Paris, 
Maisonneuve, 4 874. 
1G p. in-8°. 

XG. Ueber Vaskische Familiennamen, von A.-Fr. Pott. Det- 
mold, Meyer, ^875. 

In-8'' (ij)-v-41 p. 

XCL Étymologie du nom de Baïgorry. Londres, le S juin 1875 
(signé) L.-L. Bonaparte. 
\ ft papier teinté clair, l''^ édition. 

XCIL — Étymologie des noms de Baïgorry et de Bayonne. 
Londres^ le 8 juin -1875. — L.-L. Bonaparte. 

1 ft papier teinté, 2"^ éd. ; reproduit en anglais dans le journal 
VAcadcmi/ du 10 juillet 1875, et en français dans V Avenir, de Bayonne, 
du 17 juillet 1875. 

XCIIL Étude sur l'origine et la formation des verbes auxi- 
liaires basques, par W.-J. van Eys. Paris, Maisonneuve, ^875. 

ln-8o, xv-121-(i) p. 

XGIV. Étymologie du nom de Bayonne, etc. (signé) L.-L. 
Bonaparte. 



LIVRES ET BfiOCeCRES. 143 

1 ft papier blanc. Londres, sept. 1875; reproduit en anglais dans 
VAcademy du 5 février 1876; avait paru en français dans V Avenir du 
14 octobre 1875. 

XCV. Basque criticism in Ihe Academy, — signé W. J. van 
Eys, s. t. 1. n. d. 

5 p. — San Remo, décembre 1875. — Réponse à des critiques du 
prince Bonaparte. 

XCVI. Remarques sur plusieurs assertions de M. Abel Hove- 
lacque concernant la langue basque, accompagnées d'observations 
grammaticales et bibliographiques. Londres^ i876. 

In-8° de (ij)-23 p. signé à la lin : L.-L. Bon.-^parte. 250 ex. — Ext. 
de la Revue de philologie et d'ethnologie. A propos du livre la Linguis- 
tique, de M. Abel Hovelacque. 



Manuscrits. 

— Dictionnaire de la langue basque expliqué en françois, com- 
posé par Silvain Pocvreau, prêtre du diocèse de Bourges, avec les 
observations d'Arnaud Oihenant, envoyées à l'auteur (Bibl. nat., 
n°7700, 3, 4). 

Ce vocabulaire est en dialecte du Labourd. — La Bibliothèque 
nationale en possède deux exemplaires. — Une copie comprenant 
172 fts pour la partie basque due exclusivement à Pouvreau et 
103 fts pour les fragments basques ou notes d'Oihenart adressées à 
Pouvreau se trouvait dans la Bibliothèque Burgaud des Marêts et 
s'est vendue 96 francs. 

— Catalogo de voces Bascongadas con las correspondientes cas- 
tillanaS; dispuesto por T.-M. de Aizeitarte. 

Recueilli par Humboldt. — Dial. Guipuzcoan. — Essai de diction- 
naire comprenant tous les mots basques commençant par Ar. 

— Table des choses les plus usuelles, en guise de dictionnaire 
françois et basque pour un françois commençant à apprendre le 
basque. 

Recueilli par Humboldt. 28 fts in-4o, dict. par ordre alphabétique 
qui s'arrête au mot Médiocre. 



^44 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 

— Essai d'une grammaire de la langue basque, par Fréret. 
Communiqué à Paris par M. de Sainte-Croix à Humboldt qui 

déclare cet essai court et incomplet, mais substantiel et contenant des 
observations importantes qu'on ne trouve nulle part ailleurs. 

— Plan de Lenguas, o gramatica Bascongada en el dialecto Viz- 
caino por don Pablo Pedro de Asturloa. 

2 in-4*. — Vu par Humboldt. 

— Petit dictionnaire basque, à la suite de vocabulaires italien 
puis français, écrits par un toscan, Nicolas Landucci, de Lucques. 

Indiqué par Larramendi (dict. tril., proleg. p. xxxvj de 1745 et 
xxxj de 1853). 

— Dictionnaire basque, espagnol, françois et latin, par Jean 
Etcheveeri, natif de Sare, médecin à Azcoitia. 

Indiqué par Larramendi; cité par Oihenart dans ses notes ms. sur 
Pouvreau. 

— Humboldt dit qu'on lui a parlé d'un dictionnaire en 3 vol. 
laissé par le P. Ddhalde, jésuite. 

— Dictionnaire basque-français, par l'abbé Hiribarren. 

L'auteur est mort en 1869. Le ms. est conservé à Saint-Jean-de- 
Luz, chez un de ses neveux. 

— Diccionario en vascuence, espanol y latin, por don Pedro 

NOVIA DE SaLZEDO. 

Ms. de 1063 p. dont l'auteur (mort le 1" janvier 1865) avait fait 
don au P. Uriarte, religieux franciscain du couvent de Bermeo. 

XL. — Il faut mentionner ici le mémoire envoyé à l'Institut 
par l'abbé Darrigol en ■1828 et qui obtint le prix Volney. Ce n'est 
que le développement de l'ouvrage cité plus haut (n° xlv). 

XLI. — Structura grammaticaelinguse Hispanorum veterum indi- 
genas id est Vasconicse philosophice explicata nec non comparala 
variis tam Orientis quam Occidentis linguis (Ms.). 

Mémoire du D^ Guido Goerres qui concourut avec le précédent pour 
le prix Volney. Encore inédit. 



JOURNAUX ET BUOCHDEES. 14b 

B. — Bévues et Journaux. 

The Academy, revue hebdomadaire anglaise. — N°' des 13 sept., 
r'' décembre -1873, 31 janv.,20 juin, 21 et 28 nov. 1874, 31 juill. 
1875 [Comptes-rendus bibliographiques, par M. W. Webster], 
7 mars 1874 [lescartesdu pr. Bonaparte, par M. J.-H.-A. Murray], 
25 avril 1874 [le dict. de M. van Eys, par M. A.-H. Sayce], 10 juill., 
7 et 14 août [questions étymologiques, par le prince Bonaparte], 
4 sept., 6 et 20 novembre 1875 [discussion entre le prince Bona- 
parte et M. van Eys; voy. le n" lxxxvii ci-dessus]. 

Actes de la Société philologique. — N" de 1869: les noms 
d'animaux en basque, par M. de Charencey; — n" de 1872 : deux 
bluettes étymologiques, par M. d'Avezac; — n° de mai 1874: 
Études sur la langue basque, par M. J. Duvoisin. 

Annales de philosophie chrétienne. — T. XVll, p. 315: de 
l'identité de l'étrusque et du basque, par sir W. Betharn ; — juill. 
1866 (t. XIV, 5'" sériel : la langue basque et les idiomes de l'Oural 
[critique de la brochure de M. de Charencey], par M. l'abbé In- 
chauspe; — nov. 1 867 : Affinités des noms de nombre basques, par 
le D"^ Judas. 

Ariel, journal littéraire de Bayonne; n°' des 16 mars, 30 mars, 
6 avril et 13 avril 1843 : orthographe, comparaison avec les patois 
gasco-romans (sic). 

The Athen/Edji. — N°' des 1 •"■ et 1 5 novembre 1 862, 1 4 juin 1 873, 
20 mars et 3 avril 1873 : comptes-rendus bibUographiques; cri- 
tiques; communications du pr. Bonaparte à la Soc. philologique 
de Londres. 

Avenir des Pyrénées, de Bayonne. — N°* des 16 janvier, 8 août 
1874, 18 février 1875 (comptes-rendus bibliographiques) : 15 mai, 
17 juillet et 14 octobre 1875 (communications de M. Julien Vinson 
à la Société des sciences et arts de Bayonne). 

BeitbvEge (t. I, p. 388) : compte-rendu (public, de Mahn, n" lxi 
ci-dessus), par H. Steinthal. 

Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris. — 1867, t. II, 
p. 39-71 : Lecture sur la langue basque, par M. Pruner-Bey. 

Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest. — 1832: 
Notice en faveur de la langue basque, par M. de Belsunce. 

40 



146 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 

Bulletin de la Société' des sciences et arts de Bayonne. — T. 1, 
p. 37-43 et 49-37 : Sur la méthode de la science du langage et de 
ses applications à l'étude de la langue basque^ par M. J. Vinson; 
p. 99-102: sur le nom de Baigorry, par A. Luchaire. 

Bulletin de la Socie'té des sciences, lettres et arts de Pau, — 
2" série, t. III ('1873-1874), p. 66-74 : Étijmologie du nom d'Os- 
sau; — t. IV (1874-1873), p. ^8-27: du mot basque Iri. — Ces 
deux articles sont de M. A. Luchaire, professeur d'histoire au 
lycée de Pau, puis de Bordeaux. 

Bulletin de la Socie'té Ramond, de Bagnères de Bigorre. — 1874, 
p. 148-133: Grammaire et littérature basques, par M. W. Webster. 

Bulletin littéraire et scientifique (J. Gherbuliez) : 1836, p. 177 
et 274 : publications de MM. d'Abbadie et Chaho. 

Courrier de Bayonne. — N"' des 7 et 14 mars 1860 [Origines 
de la langue basque (par H. de Charencey), 18 avril 1866 [De la 
langue basque, comptes-rendus par J. Duvoisin), 2 nov. 1866 (c. 
r. Charencey, par *rabbé Larréguy), 9 février 1868 [Quelques mots 
à propos de l'essai de grammaire de M. van Eijs, par J. Duvoisin), 
1 9 août 1 868 [réponse aux critiques de M. Duvoisin, par J. van 
Eys), 1 2 mars 1873 (note sur les noms basques en Amérique). 

Écho de l'Orne. — N" du janvier 1867: Compte-rendu de la 
brochure de M. de Charencey sur la déclinaison basque, par 
M. l'abbé Larréguy, curé de Saint-Pée-sur-Nivelle (reproduit du 
Courrier de Bayonne; tiré à part en brochure). 

Ienaer Literatur Zeitung. — N"du 12 juin 1875: compte-rendu 
de la brochure de M. Pott (n° xc). 

Inde'pendant des Basses-Pyréne'es. — N" du 3 juin 1874: De 
quelques travaux récents sur la langue basque (publications de 
M. J. Vinson), par M. L. Soulice, bibliothécaire de la ville de Pau. 

Journal asiatique, le*" cahier (1823) : article de Klaproth, com- 
paraison de mots basques avec des mots finnois, magyares, etc. 

Journal de la Haute-Garonne. — N" du 3 juin 1826 : article sur 
la Dissertation de Lécluse. 

Journal des Débats. — N" du 14 février 1860 : compte-rendu du 
Verbe basque de M. Inchauspe, par M. Philarète Chastes. 



JOURNAUX ET REVUES. 147 

Libéral rayonnais. — N'" du i8 août 1868: Réponse aux 
critiques de M. J. Duvoisin, par iM. J. van Eys. 

Matériaux pour servir a l'histoire naturelle de l'homme. — 
T. VI, p. 218-221 : les noms des instruments tranchants dans la 
langue basque, par l'abbé Inchauspe, 

Mercure de France. — N° de juillet \%\A: article sur les pas- 
sages basques de Rabelais. 

Messager de Baionne. — N"^ des \ 3 avril \ 852 [Apologie de la 
langue basque^ par 'l'abbé Hiribarren), 7 janvier (c. r. de la Gram- 
maire de M. Archu, par M. Rignon), 12, 19 et 26 janvier (discus- 
sion sur Y orthographe basque^ anonymes [l'abbé Hiribarren et 
Chaho), 27 mai (c. r. du Dictionnaire ^Q^ih^ho)., 28 nov. et 9 déc. 
1854 (Ghaho et d'Abbadie, lettres sur V orthographe basque]^ 9, 14, 
19, 25 décembre 1854 (Ghaho, la guerre des alphabets reproduit 
en tête du Dictionnaire), 25 avril 1855 et 25 mars 1856 (le Dict. 
de Ghaho; le sec. article est de M. A. d'Abbadie), 5 juin 1856 
[Essai sur la langue basque, signé Eug. B. de Y.), 30 avril 1857 
c. r. du Vocabulaire de Salaberry, par l'abbé Dassance), et 29 déc. 
1859 [Travaux récents sur le basque, par M. A. d'Abbadie). 

Moniteur universel. — N" du 20 mai 1 855 : travaux du pr. 
Bonaparte. 

Nyelvtudomanti kœzleménïek. — T. V (1866), p. 37-75 et 426- 
474 : d baszk nyelv ismertetése, par M. Fr. Ribâry (c'est l'ouvrage 
dont la traduction précède cette notice). 

Rapport annuel a la Société philologique de Londres. — 16 mai 
1873 : langue basque et travaux du pr. Bonaparte. 

République française. — N"' des 28 mars 1873 et 19 mars 1876 
{la langue et les études basques) . 

Revue anthropologique, 1 875 : sur l'origine et la répartition de 
la langue basque, par le D"^ Paul Broca. 

Revue de Linguistique et de Philologie comparée. — T. I (1867- 
1868), p. 381-405 : Coup d'œil sur l'étude de la langue basque, 
par M. J. Vinson; p. 406-409 : simple appendice au précédent 
article, par H. Chavée; — t. II (186S-1869) : p. 236-247 : Compte- 
rendu de Eguren (n"Lxxviii), par J. Vinson; p. 294-305, le mot Dieu 
en basque et dans les langues dravidiennes, par le même; p. 366- 



448 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 

377, Concours de poésie basque à Sare, par le même ; p. 423-459 : 
Premier essai de phonétique basque^ par le même; — t. IV (1870- 
1872) : p. Il 8-127 : Premier essai de phonétique^ par J. Vinsori 
(fin) ; p. 289-293, compte-rendu Fabre (n" lxxxiii) et p. 293-295, 
compte-rendu Oihenarl (notes, n' lxix), par le même; — t. V 
('1872-f873) : p. 5-10, Concours de poésie basque à Sare en 187-1, 
par J. Vinson; p. 10-16: des élymoloyies basques, par le même; 
p. 190-219 : les publications récentes dupr. L.-L. Bonaparte^ par 
le même; p. 221-223: h basque est-il pri^nitif, par le même; 
p. 276-290 : phonétique basque, par le même ; p. 389-395 : sur 
l'existence de racines verbales en basque, par H. de Charencey; 
p. 434-436, Victor Hugo et la langue basque^ par J. Vinson; — 
l. VI (1873-1874), p. 183-186: le pronom démonstratif basque a- 
t-il toujours été a, par W.-J. van Eys; p. 204: compte-rendu 
Guide (n^Lxxxvi) par J. Vinson; p. 238-253, le Verbe basque, par 
le même; p. 337-352 : Recherches sur la nature et le mode de for- 
mation du verbe basque, par H. de Charencey; — t. VII (1874- 
1875) : p. 3-15, la langue ibérienne et la langue basque, par W. 
van Eys; p. 59-70, compte-rendu van Eys (n''LXXxviir),par J. Vin- 
son; p. 99-109, encore le verbe basque, par le même; p. 269-278, 
critique de notre dictionnaire par M . Vinson, par W. van Eys; 
p. 322-347, le verbe auxiliaire basque, par J. Vinson; — t. VIII 
(1875-1876) : p. 73-80, un dernier mot de réponse à M. Vinson 
sur le verbe basque, par H. de Charencey; p. 153-159, compte- 
rendu van Eys (n° lxxxix), par J. Vinson; p. 241-245, le Petit Pou- 
cet et la Grande Ourse, légendes basques, par le même; p. 310-319, 
Spécnnens de variétés dialectales basques (I. Irun), par le même; 
— t. IX, p. 74-87, Spécimens de variétés dialectales basques (II. 
Ustaritz), par J. Vinson. 

Revue de philologie et d'ethnographie, publiée par Cli.-E. de 
Ujfalvy. — T. II, n° 3 (avril 1876), Remarques sur quelques asser- 
tions de M. Abel Hovelacque concernant la langue basque, par 
L.-L. Bonaparte. 

Revue trimestrielle. — N" 5 de 1830 : Conjectures sur la langue 
basque, par Buchon. 

Sitzungsberichte dër k.k. Ak. der Wissenschaften, de Vienne : 
t. LXV, p. 731 (juillet 1870) : eine baskische sprachprobe nebst 



ENCÏCLOPÉDIKS ET CITATIONS. 149 

einleituny; t. LXVI, p. 7 (octobre 4 870) : Veber das baskische 
alphabet et p. 239 (novembre -1870) : Veber das lateinische und 
romanische élément inder baskischen Sprache. — Von prof. G. Phil- 
lipps. 

Zeitscbrift (Hoefers), t. III, p. 364: Ueber anlautendes f im 
Baskischen, von A. Mommsen. 

G. Passages de litres ou articles d'encyclopédies. 

Adelcng. Mithridates, t. II, p. 9-30 : « Gantabrisch oder Bas- 
kisch » (Voy. ci-dessus, n° xxv, l'annexe de W. von Huraboldt). 

Balbi. Atlas ethnographique du Globe. Paris, -1826, in-fol., 
intro.d., t. I, p. 462 et 4 63 ; tableau XI. 

Bruce- WfliTE. Histoire des langues romanes. Paris, Treuttel et 
Wurtz, 4844, 3 vol. in-8". T. I, p. 426-469: « Analyse de la 
langue basque ». 

DoM BuLLET. Mémoire sur la langue celtique, 4 744-4760. T. I, 
p. 4 9 et 27, t. II, préf. et « dictionnaire basque-français» (il paraît 
que ce dict. a été rédigé sur un vocabulaire fait d'après le Nouveau 
test, de 4 574). 

Ghixiac de Labastide. Commentaires de Cœsar, traduction nou- 
velle. Partie deuxième, contenant les dissertations. Tome premier. 
Paris, Monory et autres, s. d. (4 786), in-8° (seul vol. paru; faux 
titre : « Dissertation sur les Basques ») : art. VI, — p. 387 à 430 : 
« Langue des Basques ; noms des lieux. » 

Congrès international des américanistes. Gompte-rendu de la 
première session (Nancy, 4873); t. II, p. 46-80: le basque et les 
langues américaines, par M. Julien Vinson. 

Congrès scientifique de France. Gompte-rendu de la XXXIX' 
session (Pau, 4 873); t. II, p. 337-368: J. Vixson, la question ibé- 
rienne; — p. 369-384 : J. Duvoisin, formation des mots dans la 
langue basque; — p. 383-44 4 : A. Luchaiee, Remarques sur les 
noms de lieux dupaijs basque. = Discussions, t. I, p. 263-268. 

GosTELLO (Louisa Stuart), Bearn and Pyrénées, t. II, p. 232- 
259. 

Diccionario geogrâfico historico de Espana. Seccion I, t. II, 
p. 4 34 col. 2 à 466 col. 1 (au mot Navarra). 



^50 NOTICE BIBLIOCKÂPHIQCE. 

Dictionnaire de la conversation : i. III, p. 423-426: Basque, 
par E. Garay de Monglave. 

Encyclopédie des gens du monde: i. III, p. -H3-M9: Basque, 
par M. de Walckenaer. 

Encyclopédie générale. — Basques [dialectes), par M. Julien 
Vr>soN (t. IV, p. 43-50). 

Encyclopédie méthodique (Panckoucke). Grammaire et littéra- 
ture, t. II, p. 443, col. 2 : Langues des Cantabres ou Basqiies, par 
le chevalier de Jaucourt; p. 446, col. \ a 447 col. 1, (suite) par 
Garât. 

Encyclopédie moderne, t. V, col. 562 à 570 : Basques [langue], 
par Léon Vaïsse. 

Encyclopédie nouvelle, t. II, p. 470-473 : Basques, par d'AvE- 

ZAC. 

La France littéraire, t. XXI (sept. •1835); p. 129-143: V ori- 
gine de la langue basque ramenée au xi* siècle, par M. Piebquin 
de Gembloux. 

Gallatin. Smithsonian contributions to ATïozr/erf^/e^ Washington, 
-1836: t. VIII, p. 34 (analogies du basque avec les langues de 
l'Amérique et du Congo). 

Hervas. Catalogo délie lingue conosciute, Gesena, Biasini, I7S4, 
in-4°. — t. IV, p. 206-233 (§ 330 à 436) : traité sur la langue 
basque, par le jésuite Beovide. 

Hovelacque. La linguistique (Bibliothèque des sciences contem- 
poraines) : i'^édit., p. 87-106: la langue basque (chap. IV, § ^6). 

D'Iharce de Bidassouet. Histoire des Cantabres, t. I" (seul 
paru). Paris, J. Didot aine, -1825, in-8"; — p. 212 à 409: « Dis- 
sertation histori-cri tique sur les attributs constituant la primor- 
dialité, Vantiquiorité, Vuniversabiliorité, et la perfectibiliorité 
d'une langue quelconque sur toutes les autres langues anciennes 
et modernes... » Ce titre pompeux précède une étude assez désor- 
donnée sur la langue basque. 

Mariana. Lib. I, cap. 6 : De Hispanorum linguis. 

MariîvEUS SicxJLUS. Cosas mémorables de Espana, 1530 (esp.), 
i533 (esp.), •1333 (lat.), -1539 (esp.) : note sur la langue basque, 
avec quelques mots biscayens. — Le texte latin est reproduit dans 



ENCYCLOPÉDIES ET CITATIONS. 13^ 

ScHOTT, Ilispania illustrata, 4603, t. I, p. 328, 1. 24 à p. 329, 
1. 16. 

MoRET (le p. Joseph). Investigaciones historicas de las antigue- 
dades del Reyno de Navarra. Pamplona, imp. Ibanez, imdcclxvi, 
in-fol. — Liv. I, chap. v, p. 96-4 H: « de la anllguedad de lalen- 
gua de los Vàscones. » 

Même auteur. Congresiones apologeticas sobre la verdad de las 
investigaciones historicas. Pamplona, Ibanez, 4766, in-fol., 36 p. 
de la Congression xvi : « De la poblacion y lengua primitiva de 
Espana » [ne se trouve pas dans l'édition de 4 678). 

Même auteur. Annales del Reyno de Navarra, Pamplona, 4684, 
5 vol. in-fol.; — à la fin du premier volume. 

OiHENART. Notifia vtrivsque Vasconiœ. Paris, S. Gramoisy, 
M. Dc. xxxviii, in-4°, — et 2^ édition, Paris, S. et G. Gramoisy, 
M. DC. Lvi (p. 35-72; chap. xi à xiv : de lingua Vasconum, etc.) 
On remarque de grandes différences entre les deux éditions ; cf. 
l'article bibliographique de M. Vinson dans le Bulletin du bouqui- 
niste d'Aubry, du 4" mai 4875. 
Pallas. Vocabulaire de Saint-Pétersbourg, 4786-4789. N" 45. 
Rehfues J.-L. L'Espagne en mil huit cent huit. Paris et Stras- 
bourg, Treuttel et Wurtz, 4 844 , 2 vol. in-8»; t. I, p. 324 et suiv. 
(c Notice sur la langue et la littérature basque ». 

Saïce. Principles of comparative philology, 4 874 : p. 22, 23, 
64, 84, 94, 98, 408, 444, 430, 440, 469, 472, 487, 490, 493, 246, 
260, 262, 278. 

ScALiGER. De Europœorum linguis. — Il paraît qu'il y est ques- 
tion du basque. 

ScHLEicHER. Die SpTUchen Europas, 4850, p. 404-4 42: Vas- 
kischer Sprachstamm (p. 4 35 à 447 de la traduction française 
d'EvERBECK, Paris, 4 852). 

VuLCANius Brdgensis ^Bou.). De literis et lingva Getarvm, etc. 
Leyde, 4 597; p. 89-96 : Parergon sive spécimen cantabricx hoc est 
veteris vasconum lingux (réimprimé en 4860, chez Didot, à 48 ex. 
seulement, par M. Burgaud des Maréts). 

WuiiNEY. Language and sludy of language; p. 4 94 et 353. 



VOCABULAIRE. 



A, le, ce. ..là. — AK, les, ceux... 

là (dans les dérivés prend un r 

final, hartako^ etc.). 
ADicHKiDE, ami (de adin âge et 

kide égal?). 
AIN, hain, quel, si, tant! 
AiTA, père. 

AiTZiN, aintzin, devant. 
AL, ahal, pouvoir, faculté. 
ALA, hala^ ainsi. 
HALABER, de même (hala et 6er, 

même). 
ALARGUN, veuf, veuve. 
AMAR, liamar^ dix. 
AMBAT, hambat, tant (de ain et 

bat). 
AMEKA, hameka, onze. 
ANAYA, anai, frère. 
ANDi, aimdi, handi, grand. 
APAiz, apez, aphez., prêtre [abbas]. 
ARETZE, aretche, veau. 
ARGi, lumière. 
.\RK, /iffl/'/D, celui-là (actif de a et 

de hiira). 



HAR-Tu, prendre. 

HARZARA, de nouveau (Pouvreau). 

ASSERRE, hasscrre, colère. 

ASTiRO, lentement. 

ATE, athe, porte. 

ATSEGiN , plaisir (de hais, ats , 
souffle, et egin?). 

ATZE-A-N, derrière (dans le der- 
rière). 

AU, HAU, ce. ..ci (devient on, /ion, 
et M/i, hun, en dérivation). 

AUR, hau7\ enfant. 

AURRE-A-N, devant, dans le devant. 

AURTEN, aurthen., cette année (loc. 
indéf.) [a-urte). 

AYEK, hayek^ ceux-là, plur. de 
hura. 

AZ-TU, ahatzi, ahantZ'-i, oublier. 



E. 



EDAN, boire. 
EDER, beau. 
EDOZEIN, quiconque, quelconque, 

quelqu'un, chacun {edo., ou, et 

zein). 
EGIN, fai-re. 
EGOTz-i, jeter. 



lo4 



VOCABULAIRE. 



EGUN, jour. 

EKAn-R-i, ckharri, porter (causa- 
tif : crakar-r-i^ faire porter). 

ELHE, parole. 

EL-i)U, hcklu^ arriver. 

EMAN, cmon, donner, poser, mettre 
(causatif erarnan, amener, con- 
duire). 

EMAZTE, femme, épouse (dial. 
esp. emakitme, femme, celle 
qui enfante, de eman et hume). 

ENE, de moi — eni, à moi. 

ENTZUN, entendre (causatif eran- 
tzun, répondre, réprimander). 

HERAU, HERORi, toi-mêmc {au, ori 
avec le gén. de hi). 

ERHAZTUN, anucau, bague (de 
crhi^ doigt). 

ERDi, moitié. 

ERiDEN, ediren, trouver. 

ERRAZ, errech, facile. 

ERRi, herri, pays, région, terri- 
toire communal. 

ESAN, erran^ dire. 

ESKARA, euskara^ euskera, uskara^ 
langue basque (de ews, aboyer, 
parler, et era, manière?) 

ESKALDUN, eskiialdun^ euskaldun, 
heskiialdun, basque (eskara et 
dim « qui a »). 

ESKE, demande — eska-tu, de- 
mander. 

ESKu, main. 

ETCHE, maison. 

ETOR-R-i, ctliorri^ venir. 

EUKi, eduki^ iduki^ tenir. 

EUN, ehun, cent. 

Ez, non, ne. ..pas. 

EZER, q. q. chose, rien (pos.) 

EziN {ez, egin), partie, d'impos- 
sibilité. 



iKUS-i, iklnisi, voir (causatif era- 
kutsi, montrer). 

IL, hil, mourir, tuer. 

iNDAR, force. 

iNOR, 'iho7\ nikor, quelqu'un, per- 
sonne (pos.) 

iRAKUR-R-i, irakur-tu, lire. 

iRETS-i, dévorer. 

iRiON, envoyer, jeter, dissiper. 

iRU, hiru, hirur, trois. 

ITZ, hitz, parole. 

iTZAL, ombre. 

HiTZKUNTZA, kngue, langage (de 
itz). 

izAR, étoile. 



0. 



OAR-TU, ohar-lu, faire attention. 

OGEi, hogei^ hogoi, vingt. 

OGi, blé, pain. 

01, o/(î, coutume. 

OiN, on, pied. 

ON, bon, bien (subst.) — ondo, 
bien (adv.) 

ONHASUN, ontasim, ontJiasun, on- 
tharzun, bien (subst.) 

ONEK, hunek, celui-ci (actif de 
au.) 

ONGi, bien. 

ORi, hori, ce, cet intermédiaire 
(devient or dans la dérivation) . 

OROi-Tu, orhoitu, orhitu, se sou- 
venir. 

ORREK, horrck, cet intermédiaire 
(actif de ori) . 

oso, entier. 

OSTO, feuille. 

OTOiTZ, othoitz, prière. 

OTZ, hotz, froid. 

OYEK, abr. de oriek, plur. de ori. 



U. 



I, hi, EU, heu, tu, toi. 
iHARDETs-i, répondre. 
nuL-L-i, ibili, ebili, marcher. 
uiOR-R-i, cyorri, envoyer. 
iKUAiiA, tremblement. 
iKAS-i, ikhasi, apprendre (causa- 
tif : erakatsi, enseigner). 



UBiL-DU, couler (de ur, eau, et 
bildu, réunir). 

UKHAN, ukhcn, iikhen, ekun, avoir. 

HUME, enfant, petit d'un animal. 

UR, hur, eau. 

HURA, celui-là, synon. et subs- 
titut de a. 

HURBiL, près, proche. 



VOCABDLAIBE. 



ioo 



URDE, porc, cochon. 

URRE, iirhe, or (subst.) 

URRUN, loin, lointain. 

URTE, urthe, an, année. 

UTs, huts, vide, manque, faute. 

SEMI-VOYELLES. 

Y. 

YAïKi, yeiki., yeki, jeiki, se lever 
(causatif : eraiki^ éveiller). 

YAiNKO, jainko (contr. de jaun ou 
yaun goiko « seigneur d'en 
haut »?) dieu. 

YAKiN, J«Am, savoir. 

YAN, jan, chan^ manger. 

JANZ-i, yauntz~7\ ceindre, vêtir, 
revêtir (causatif : eranzi^ eraun- 
tz-i., déshabiller, dépouiller). 

YAR-R-i , jarri^ asseoir, mettre 
(causatif ^.sarri, mettre, placer). 

YAUN, jaun^ seigneur. 

YUAN, goan^ gan, fan, aller (cau- 
satif : eroan, tirer, entraîner, 
traîner) . 

CONSONNES. 

Explosives. 

K. 

KARTSu, ardent (de kar, khar, 

flamme). 
KENDU, khendu, ôter. 

G. 

GABE, néant, manque. 

GAL-Du, perdre. 

GARAI, haut, supérieur, excellent. 

GARBi, pur. 

GAZTE, jeune. 

GEROK, gcurok, nous-mêmes. 

GizEN, gras. 

oizoN, homme. 

Goi, haut [(joiti, d'en haut (ex), 

goiko, d'en haut (in). 
GOR, gogur, dur, sourd. 
GosE-TE, famine [gose, faim). 
Gu, GEu, nous. 



GURA, désir, volonté. 

GUTi, peu. 

Guzi, guzti, tout. 

TCH. 

TcmT, beaucoup, très. 
TCHiKi, ttiki, ttipi, petit. 

D. 

DEi-TU, deitliu, appeler. 

P. 
piTiNA, piltika, chevreau. 

B. 

BAiNA, bainan, bana, banan, bena, 
mais. 

BAiziK, beizik, bezik, que (seule- 
ment). 

BAKOiTZ, bakhotch, chaque (de 
bat ?) 

BANO, baino, baiho, beno, que 
(compar.). 

BARRU-A-N , barne-a-n , dans le 
dedans. 

BASOTiAR, bête sauvage (de basa, 
sauvage, forêt, désert, etc.). 

BAT, un, quelqu'un. 

BEDERATzi, neuf (de bat, dix moins 
un?) 

BEHAR, bear, biar, besoin. 

BERA, soi-même, le même, même. 

BERE, de soi, de lui. 

BERAU, BERORi, soi-mêmo , lui- 
même {bere et au, ori). 

BERO, chaud. 

BERRi, nouveau, neuf, nouvelle 
(subst.) 

BESTE, bertze, autre. 

BETE, bethe, plein — betha-tu, 
emplir. 

BETi, bethi, toujours. 

BEZALA, bezela, bikala, comme. 

Bi, deux. 

BizTu, piztu, allumer, ressusciter. 

BOST, bortz, cinq. 

BURU, tête. 



156 



VOCABCLAIBE. 



Nasales. 

N. 

NAi, nahi, volonté. 

NERE, de moi. 

NERAU, NERORi, moi-même {nere et 

au, on'). 
NEUR-Tu, mesurer. 
NI, NEU, moi, je. 
NOLA, comment. 
NON, où — non-dik, d'où. 
NOR, qui — norbait, norbeit, 

quelqu'un. 

M. 

MENDi, montagne. 

MiHi, m?, langue (organe). 



Liquides. 

L. 

LAN-Tu, la?idu, travailler (de ton, 

travail). 
LASTER, laister, vite, rapide. 
LAU, laur, quatre. 



LEN, lelien — lengo, lelengo^ lenen- 

go, premier. 
LEPHO, cou. 

Sifflantes. 

S. 

SABEL, ventre. 

s.uim, amer, âpre. 

SAR-Tu, sarthu, entrer. 

SEi, six. 

SEME, fils. 

siNis-Tu, sinetsi, sinhetsi, croire. 



ZALBi, cheval. 

ZAR, zaar, zahar, vieux. 

ZAZPi, sept. 

zEiN, zoin, quel ? — zeina, lequel 

— zembat, combien? 
ZER, quoi? 

ZERAu, zERORi, vous-même (sing.) 
ziLLAR, zilhar, argent. 
zORTzi, huit, 
zu, ZEu, vous (sing.) 
zuEK, zeuek, zebek, vous (pi.) 
zuRE, zeiire, de vous. 



N. B. — Les mots empruntés au roman ne figurent pas dans la 
liste ci-dessus. Il faut remarquer pourtant les suivants alokazer 
« journalier .v (locare), bazkatu « faire paitre » (pascere), burges 
« bourgeois », dohain « don » (donum), eliza (ecclesia), franko 
« beaucoup », pot « baiser » (béarnais), etc. Je signalerai particu- 
lièrement deux mots, oraino « encore » et magintcha « gousse » : le 
premier est orai « maintenant » + no « jusqu'à » {orai représente 
le lat. hors)); — magintcha est le diminutif de magina « gaine, four- 
reau » transcription de vagina. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pages 

Avant-propos, par M. Julien Vinson v 

Gorrigenda xxvij 

Essai sur la langue basque, par M. Fr. Ribary. 

— § 1 introduction 1 

— § 2 les Finnois et les Ibères 5 

— § 3 la langue basque; notions générales 12 

— § 4 prononciation et transcription 14 

— § 5 déclinaison nominale 15 

— § 5 bis adjectif 20 

— § 6 noms de nombre. 21 

— § 7 pronom 23 

— § 8 verbe; conjugaison générale 27 

» indicatif présent actif 32 

— § 9 indicatif présent intransitif 41 

— § 10 temps et modes des auxiliaires 45 

— § 11 indicatif imparfait actif 51 

— § 12 autres temps de l'indicatif 59 

» mode impératif 61 

» mode conjonctif 65 

» mode optatif 67 

» mode conditionnel 68 



^58 TABLE DES MATIERES. 

— ^ 13 indicatif imparfait intraasitif. . 69 

» impératif intransitif 73 

» conjonctif intransitif T^'i 

» optatif intransitif 77 

» conditionnel intransitif 78 

— ^ 14 modes composés divers 80 

— § 15 observations syntactiques 83 

— Texte analysé . 85 

— Prosodie et accentuation 94 

— Une stroptie basque, avec analyse % 

Notes complémentaires, par M. J. Vinson 98 

Appendice. — Texte expliqué, par M. J. Vinson 121 

Notice bibliographique .relative à l'étude de la langue basque, 

par M. J. Vinson 1-25 

Vocabulaire 153 

Table des matières 157 



Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou. 



23* fascicule: Haurvatâf et Ameretâ^ Essai sur la mythologie de l'Avesta, par James 
Darmesteter, élève de l'Ecole des Hautes Etudes- 4 fr. 

24* fascicule : Précis de la Déclinaison latine, par M. F. Bûcheler, traduit de l'allemand 
par M. L. Havet, répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes, enrichi d'additions commu- 
niquées par l'auteur, avec une préface du traducteur. 8 fr. 

25' fascicule : Anîs el-*Ochchâq. traité des termes figurés relatifs à la description de la 
beauté, par Cheref-eddîn Râmi, traduit du persan et annoté par Cl. Huart, élève 
de l'Ecole des Hautes Etudes et de l'Ecole des Langues orientales vivantes. 5 fr. 5o 

26* fascicule: Les Tables Eugubines. Texte, traduction et commentaire, avec une gram- 
maire et une introduction historique, par M. Bréal, membre de l'Institut, professeur 
au Collège de France. Accompagné d'un album de i3 planches photogravées. 3o fr. 

27* fascicule : Questions homériques, par F. Robiou, professeur d'histoire à la Faculté 
de Rennes, ancien directeur à l'Ecole des Hautes Études, avec 3 cartes. 6 fr. 

28* fascicule : Matériaux pour servir à l'histoire de la philosophie de l'Inde, par P. Re- 
gnaud, élève de l'Ecole des Hautes Etudes. 9 fr. 

Fascicules sous presse. 

Histoire de la ville de St-Omer et de ses institutions jusqu'au xiV siècle, par A. Giry. 
Traité des métaux, par Lepsius, traduit de l'allemand par W. Berendt, avec notes et 

corrections de l'auteur. 
CHABANEAU (C). Histoire et théorie de la conjugaison française. In-8°. 4 fr. 

COLLECTION PHILOLOGIQUE. Recueil de travaux originaux ou traduits, relatifs à 

la philologie et à l'histoire littéraire. 
I" fascicule : La théorie de Darwin; de l'importance du langage pour l'histoire naturelle 

de l'homme, par A. Schleicher. In-B". 2 fr. 

2* fascicule : Dictionnaire des doublets ou doubles formes de la langue française, par 

A. Brachet. In-8". ' , ' 2 fr. 5o 

3' fascicule : De l'ordre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues 

modernes, par H. Weil. In-8°. 3 fr. 5o 

4' fascicule : Dictionnaire des doublets ou doubles formes de la langue française, par 

A. Brachet, Supplément. 3o c. 

5« fascicule: Les noms de famille, par Eug. Ritter, prof, à l'Université de Genève. 3 fr.5o 
6* fascicule : Etudes philologiques d'onomatologie normande. Noms de famille normands 

étudiés dans leurs rapports avec la vieille langue, et spécialement avec le dialecte 

normand ancien et moderne, par H. Moisy. i vol. in-8°. _ S fr. 

7= fascicule : Essai sur la langue basque, par F. Rihary, professeur à l'université de 

Pest. Traduit du hongrois avec des notes complémentaires et suivi d'une notice 

bibliographique, par S. Vinson. In-8°. 5 fr. 

Nouvelle'Série. I" fascicule: De la stratification du langage, par Max Mûller, trad. par 

M. Havet. — La Chronologie dans la formation de.s langues indo-germaniques, par G. 

Curtius, trad. par M. Bergaigne, répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. Gr. in-8°. 4fr. 
2* fascicule : Notes critiques sur Colluthus, par Ed. Tournier. i fr. 5o 

3» fascicule : Anciens glossaires romans, corrigés et expliqués par F. Diez. Traduit par 

A. Bauer, élève de l'Ecole des Hautes Etudes. Epuisé. 
4' fascicule : Des formes de la conjugaison en égyptien antique, en démotique et en 

copte, par G. Maspero, répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. 10 fr. 

5' fascicule : la Vie de Saint-Alexis, textes des xi% xn", xni' et xiv= siècles, publiés par 

G. Paris, membre de l'Institut, et L. Pannier. 20 fr. 

6« fascicule : Le Bhâminî-Vilâsa, texte sanscrit, publié avec une traduction et des notes 

par Abel Bergaigne, répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. 8 fr. 

7' fascicule : Du genre épistolaire chez les anciens Égyptiens de l'époque pharaonique, 

par G. Maspero, répétiteur à l'Ecole des Hautes Études. 10 fr. 

S' fascicule : Du C dans les langues romanes, par M. Ch. Joret, ancien élève de l'Ecole 

des Hautes Etudes, professeur à la faculté des lettres d'Aix. _ ^.■^. f*"* 

9* fascicule : Cicéron. Épistolœ ad Familiares. Notice sur un manuscrit du xii° siècle 

par Charles Thurot, membre de l'Institut, directeur de la Conférence de philologie 

latine à l'Ecole pratique des Hautes Etudes. 3 fr. 

10' fascicule : De la formation des mots composés en français, par M. A. Darmesteter, 

répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes. ., '^ ^^' 

II' fascicule : 'Quintilien, institution oratoire, collation d'un manuscrit du x" siècle, par 

Emile Châtelain et Jules Le Coultre, licenciés ès-lettres, élèves de l'Ecole des 

Hautes Etudes. ^ 3 fr. 

i2« fascicule : Hymne à Ammon-Ra des papyrus égyptiens du musée de Boulaq, traduit 

et commenté par Eugène Grébaut, élève de l'École des Hautes Etudes, avocat à la 

Cour d'appel de Paris. _ ...'-- f'^' 

i3* fascicule : De Rhotacismo in indoeuropaeis ac potissimum in germanicis linguis. 

Commentatio philologica a Carolo Joret. . ' fr. 

14' fascicule : Pleurs de "Philippe le Solitaire, poème en vers politiques publié dans le 

texte pour la première fois d'après six mss. de la Bibliothèque nationale par 

l'abbé Emmanuel Auvray, licencié ès-lettres, professeur au petit séminaire du 

Mont aux Malades. 3 tr. -jb 



1 5* fascicule : Haurvatâ^ et Ameretâf. Essai sur la mythologie de l'Avesta, par James 
Darmcsteter, élève de l'Ecole pratique des Hautes Etudes. 4 fr. 

lô* fascicule: Exercices critiques de la Conférence de philologie grecque de l'Ecole des 
Hautes Etudes, recueillis et rédigés par E. Toumier, direct, d'études adjoint. 10 fr. 

17» fascicule : Précis de la Déclinaison latine, par M. F. Bûcheler; traduit de l'allemand 
par M. L. Havet, répétiteur à l'Eco'e des Hautes Etudes, enrichi d'additions commu- 
niquées par l'auteur, avec une préface du traducteur. 8 fr. 

1 S* fascicule: Les Tables Eugubines. Texte, traduction et commentaire, avec une gram- 
maire et une introduction historique, par M. Bréal, membre de l'Institut, professeur 
au Collège de France. Accompagné d'un atlas de r3 planches photogravées. 3o fr. 

iQ* fascicule : Matériaux pour servir à l'histoire delà philosophie de l'Inde, par P. Re- 
gnaud, élève de l'Ecole des Hautes Etudes. ' 9 fr. 

CONSTANS. Marie de Compiègne d'après l'Evangile aux femmes, texte publié pour la 
première fois dans son intégrité d après les quatre manuscrits connus des xiii', xiv« 
et xv siècles. Gr. in-S". 3 fr. 

CONSTANTIN (A). La statistique aux prises avec les grammairiens, ou essai sur les 
moyens de simplifier l'étude du genre des substantifs et celle de la conjugaison. 
In-8*. 4 fr. 

DESJARDINS (E.). Desiderata du Corpus inscriptionum latinarum de l'Académie de 
Berlin (t. III). Notice pouvant servir de i"' supplément, i" fasc. Le Musée épigra- 
phique de Pest. In-Iol. 8 fr. 

2' à 5" fascicules. Les Balles de fronde de la République (guerre sociale, guerre 
servile, guerre civile). In-fol. avec 16 planches en photogravure représentant 665 
sujets reproduits d'après les originaux. 64 fr. 

DfEZ (F.). Grammaire des langues romanes. 3' édition refondue et augmentée. T. i-» 
traduit par A. Brachet et ù. Paris. Tomes 2' et 3% traduits par A. Morel-Fatio et 
G. Paris. Gr. in-8°. , . . 36 fr. 

Un volume complémentaire de M. G. Paris est en préparation. 

FLAMENCA (le roman de), publié d'après le manuscrit unique de Carcassonne, avec 
introduction, sommaire, notes et glossaire, par M. P. Meyer. Gr. in-8°. 12 fr. 

GEORGIAN (C. D.). Essai sur le vocalisme roumain précédé d'une étude historique et 
critique sur le roumain. Gr. in-8°. 3 fr. 

GUESsARD (F.). Grammaires provençales de Hugues Faidit et de Raymon Vidal de 
Besaudun, xiu° siècle. 2= édit. In-8°. 5 fr. 

IIEINRICH (G. -A.). Histoire de la littérature allemande depuis les origines jusqu'à 
l'époque actuelle. 3 forts volumes in-8°. 24 fr. 

HUMBOLDT (G. de). De l'origine des formes grammaticales et de leur influence sur 
le développement des idées," traduit par A. Tonnelle. In-8''. 2 fr. 

HUSjON (H.). La Chaîne traditionnelle. Contes et Légendes au point de vue mythique. 
I vol. petit in-8°. ' 4 fr. 

JOLY. Benoit de Sainte-More et le roman de Troie, ou les Métamorphoses d'Homère et 
de l'Epopée gréco-latine au moyen âge. 2 vol. in-4". 60 fr. 

JORET (G.). La littérature allemande au xviu^ siècle dans ses rapports avec la littéra- 
, ture française et avec la littérature anglaise. Gr. in-S". i fr. 5o 

MEMOIRES de la Société de linguistique de Paris. Tome i" complet en 4 fascicules; 
T^ 2" complet en 5 fascicules; T. :>', i" et 2" fascicules. 44 fr. 

MEYER (P.). Documents manuscrits de l'ancienne littérature de la France conservés 
dans les Bibliothèques de la Grande-Bretagne. Première pirtie. Londres (Musée bri- 
tannique), Durham, Edimbourg, Glasgow, Oxford (B.idléienne). i vol. in-8'. 6 fr. 

Les derniers Troubadours de la Provence d'après le chansonnier donné à la Biblio- 
thèque nationale par M. C. Giraud. Gr. in-8°. lo fr. 

NISARD (C ) Etude sur le langage populaire ou patois de Paris et de sa banlieue, pré- 
cédée d'un coup d'oeil sur le commerce de la France au m^yen âge, les chemins 
qu'il suivait et l'intiuence qu'il a dû avoir sur le langage, i vol. in-8°. 7 fr. 3o 

PARIS (G.). Etude sur le rôle de l'accent latin dans la langue française. In-8°. 4 fr. 

Histoire poétique de Charlemagne. Gr. in-8°. 20 fr. 

Dissertation critique sur le poènie latin du Ligurinus attribué à Gunther. In-S". 3 fr. 

Le petit PoucL-t et la Grande-Our,?e, i vol. m- 16. 2 fr. 5o. 

Le-~. contes orientaux dans la littérature française du moyen âge. In-8°. i fr. 

PUYMAIGRE (Comte de). La Cour littéraire dé Don Juan II, roi de Castille. 2 voL 
petit in-8°. 7 fr. 

Q.U1CHERAT (J.). De la formation française des anciens noms de lieu, traité pratique 
suivi de remarques sur des noms de lieu fournis par divers documents. Pet. in-8°. 4fr. 

RECUEIL d'anciens textes bas-latins, provençaux et français, accompagnés de deux 
glossaires et publiés par P. Meyer. i" partie : bas-latin', provençal. Gr. in-8°. 6 fr. 

2* partie : vieux français. Gr. in-8''. 6 fr. 



Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou. 



BINDIKG GECT. JAN 5 - m* 



PH Ribary, Ferencz 

5035 Essai sur la langue basque 

R6U 



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