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Derenbourg, Hartwig
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E. DROUm
ESSAI
SUR
LES FORMES DES PLURIELS ARABES
PAR M. HARTWIG DEREÎNBOURG.
PARIS.
IMPRIMERIE IMPERIALE,
M DCGC LXVII.
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ESSAI
LES FORMES DES PLURIELS ARABES.
EXTRAIT iN" 10 DP: L'ANNEE 1807
DU JOURNAL ASIATIQUE.
J>E Vr.M) A l'Alil.S,
\ ].\ i.iiu\4ii\rr. 1'"RA^(.K, l'.ii, Ric.hklif.i' , (17,
ESSAI
SUR
LES FORMES DES PLURIELS ARABES,
PAR M. HARTWIG DERENBOURG.
PARIS.
IMPRIMERIE IMPERIALE.
M DCCC LXVII.
AVANT-PROPOS.
L'université de Gôltiiigcn avait proposé il y a un an en
viron la question suivante : Etudier les diverses formes de plu
riels en arabe et en éthiopien. Un mémoire étendu et rédigé
en latin, dans lequel j'avais essayé de donner une solution
du problème, fut jugé digne du prix; la Faculté de philo-
sophie décidait en même temps que mon travail serait im-
primé avec les morceaux arabes inédits qui y étaient joints.
Mais, hélas! tant de bon vouloir devait être paralysé par
des motifs étrangers à la science. Les chapitres du Kitub dans
lesquels Sîbaweihi traite en détail des pluriels n'étaient qu'un
appendice de ma dissertation; ils n'en occupent pas moins
presque tout l'espace qui m'a été accordé, et quelques pages
seulement empruntées à mon travail et mises en tête jurent
avec le litre ambitieux du frontispice qui promet une mono-
graphie complète sur la question'. J'ai cru que dans ces
' « De pluraiium linguiE arabictc el œlhiopicae formaruni omnis ge-
neris origine et indole scripsit et Sibawaihi capita de piurali edidit
Haitwig Derenbourg, Parisiensis. Comnientatio in certaaiine civiuni
Georgiœ Augustx praemio regio ornata. Gottingae, MDCCCLXVIF,
typis expressit oflicina academica Dieferichiana. d
— 6 —
conditions il ne serait peut-être pas inopportun de me re-
mettre à l'œuvre etqu'il y aurait même avantage à exprimer
en français quelques idées mal à l'aise sous leur costume
latin. J'ai profité du texte publié pour y renvoyer souvent,
et j'ai condensé outctnt que possible In matière pour ne pas
trop abuser de Tbospitalilé qui m'est accordée par les édi-
teurs du Journal asiatique . el dont je les remercie de tout
cœur.
ESSAI
LES FOIUIKS DES PLURIELS ARABES.
§ 1 . Les langues séiuiliijiics opposent aux éludes
fie granuîiaire comparée l'obslacle de leur trop
grande similitude, et il sera toujours plus fariie
d'en marquer les afïlniîés (jiie les dilTérences. Ce-
pendant, comme dit M. Renan^ : u L'arabe possède
des [)rocédésqui lui sont tout à failpropres, et tlont
on ne rencontre pas le germe dans les autres lan-
gues sémitiques : tel est le mécanisme si remar-
quable des pluriels brisés, qui ne se retrouve que
dans l'éthiopien-, telles sont les flexions casuclles,
sans parlei' d'une série de formes verbales dont on
clicrclierait en vain la trace dans riiébreu et l'ara-
méen.» J'espère avoir bientôt l'occasion d'exprimer
et de justillcr mon dissentiment au sujet de la dé-
clinaison; mais pour ce qui concerne les pluriels
brisés, ainsi que les ont nommés les grammairiens
arabes, ou bien, comme les nonuneM. Ewald -, les
l)lurieis internes de l'arabe et de l'éthiopien, je crois
' Histoire des laiiijiirs sémitiques, 3^ ^d. i863 , p. 342.
^ Zcitscliriftfûr die Kiuulc des Morcjenlandes , t. XI, 1 8/14, p. 420
et /i33. Cf. aussi DiUmann , Grammatik dcr œthiopischen Sprache ,
p. 287 et siiiv.
— 8 —
aussi qu'on doit renoncer à en prou ver l'existence par-
tout ailleurs que dans (■elt(^ hrancbe de l;i famille
sémili(|ue. Que d'efforls inutiles pourtant, et que de
science on a dépense jîoiu' démontrer le contraire;
on est tellement habitué à reconnaître dans les au-
tres langues sœurs, au nioins à i^'-lat rudinientaire,
le [)rincipe de tout phénomène constaté dans un de
ces dialectes, qu'on se résigne diUîcilement à ne
point protester contre une exception aussi remar-
quable et une opposition aussi éclatante. En étudiant
l'histoire de la question, nous nous heurterons sans
cesse à de semblables avortements, que la plus riche
érudition n'a pu épargner aux savants les plus dis-
tingués.
§ 2. Citons d'abord l'infatigable Bochart, qm*.
pour expliquer le mot si difficile bîNjv. , i\nLcvitique ,
ch. XVI, V. 8 et suivants, en fit l'équivalent de l'arabe
Jjij^, qui signifierait «des séparations, des retraites
inaccessibles, » àva)(copr{aeis^ . Pour rendre cette assi-
milation acceptable, il faudrait que le pluriel cité
fût employé en arabe, et de plus, que l'interpréta-
tion proposée fût d'accord avec le contexte. Aucune
de ces conditions n'est remplie, et un examen at-
tentif du passage et du mot montre que nous
avons 1.^ le nom d'un démon '^, et que 'jîN'îy est mis
' Bochart, Hicrozoîcon , 1, p. 7/19 et suiv.
^ Il est curieux de voir quel conflit des opinions les plus diverses
s'est élevé à l'occasion de ce mot. On peut coni|)arer, cntie autres,
Knobel : Exodus umt Leviticus , dans V Exc(jelischcs Ilandbuck da
AUen Testaments , t. XII , p. /189.
— 9 —
pour 'Pî'^Ty, (le hi racine b]^ « ëloimier, » avec un le-
donblemont des deux doriiièros consonnes radicales,
qui csl assez fréquent en hébreu • : l'extension donnée
à la fin du mol eniraîne avec elle une tendance à
l'abréger dans son milieu. On peut comparer par-
liculièrcîr.ent nnïsn « les trompettes, » mot qui csl
tout à fait analogue , et dont [)ersonne, (jue je saciie,
n'a songé à faire un [)iuriel arabe.
§ 3. Ernsl Meyer, en qui la science orientale a
perdu Unit récemmenl un de ics chercheurs les plus
ardents et aussi les plus téméraires, publia, en i 8/16,
un ouvrage spécial , intitulé : La Joriiiaiion. et la si-
(jnificalion du pluriel dans les langues sénulûjues et indo-
(jcrnianiques-. Pour lui, tout pluriel sémitique, qu'il
soit exprimé par une terminaison ou par une modi-
fication intérieure du mot, est un abstrait du genre
neutre ^. Au lieu de distinguer les deux espèces de
pluriel, aussi différentes par leur origine que par
leur forme, il cherche à les réunir dans une défini-
tion générale, qu'il ne peut obtenir qu'en violen-
tant les faits et en confondant ce qui doit être sépare.
Son argumentation sera, je l'espère, suffisamment
' Gesonius.Lr/f/T/rftaaf/e, p. 535-536; Thésaurus, p. ioi2;Ewal(l,
Ausfuhrhchcs Lclirbacli dcr hcbràischcn Spruchc , S i83 a.
^ Le litre du livre est : Die Bildiing und Dedeutiing des Plurab in den
scniitischen und indogermanischeii Sprachcn. Je ne parle pas ici de
l'ouvrage d'Agrell : De varictate ijeneris et nuineri in linguis oricnta-
libus hebmïca, arabica et syriaca (Lund. i8i5). Je n'ai jamais pu le
voir, et je ne le connais que pour l'avoir vu cité plusieurs fois dans
le I.ehrgcbâude de Gesenius et dans la Grammaire syriaque d'ilhle-
mann.
3 es. p. iC.
— 10 —
ié!ulé(' dai)s la suite do colle disseiliilioii et je :iic
coiUoiilerai d'adiiiirer ioi la sayaeilé et poiil-ètrc
l'excès d'ingéniosité dont l'auleur a iiit preuve dans
ce petit livre , d'ailleurs très-instruolir.
^ h. Avec la théorie que délendait Meyer, il n'é-
prouvait nul besoin de retrouver en hébreu et en
aiaméen âos formes (ju'il put rapprocher particu-
lièrement des pluriels internes arabes et éthiopiens:
les deux procédés pour exprimer le pluriel avaient
poui' lui une \al(Mn' identique et reposaient sur une
uiôrne conception-, eruploycr luiiquement l'un ou
les employer tous deux, était pour lui parfaitement
idenli([ue. C'est à un tout autre point de vue ijue
s'est placé le professeur Di(;liicli de Ahu'buurg, qui
lit paraître, également en 18/16, un vohunc de niù-
langcs, intitulé : Disscrlalivus sur la Gramnmire hé-
hraujiic^. L'auteur, ipii est arrivé à toute la maturité
d'un talent aiiérmi par l'étude et renseignement, ne
défendiait j)lus aujourd'hui toutes les idées (ju'il a ex-
primées dans un de ses premiers ouvrages. Tout ce qu'il
dit au sujet de l'arabe se ressent tro]) de la base peu
sohdo ![U il avait donnée jusque-là à sa comiaissance,
alors très-imparfaite, de celte langue. Les cjuatre-
vingt-douze premières pages du livre sont consacrées
«au pluriel hélireu, examiné par lapport à son ac-
ception et à sa forme-.') Pour lui, le [)liuiel sémi-
tique expriuu; seulement une unité plus élevée cpie
celle exprimée parle singulier, et tient, à l'égard de
' AbliaiuUuu(iin :itr lu'liràisckcn Gruiiiiiuilili Leipzig, in-S", Vogel.
^ Dcr lichnîtscltr Plui al luich Bccjrijr tind Forni.
ce clcniier, à peu pvbs la inrmo phirc ([uo , dnns les
adjectifs, le superlatif à l'égard du positif. Ij'cxlen-
sion de la forme répond à l'exlensioii de l'idée, et
on n'en est venu à exprimer par une terminaison
spéciale le pluriel, (pt'aj))(S avoir employé d'abord
un moyen plus injparlait, dont l'application a sur-
tout clé poussée très-loin dans l'arabe et l'éthiopien.
L'hébreu, avant même sa période littéraire, doit
avoir eu aussi des dispositions à former ce pluriel
collectif et neutre; seulement peu à peu la forme la
plus parfaite s'est complètement substituée à l'autre,
(|ui n'a résisté cpiedans un certain nombre de mots.
Par exemple, ^p:n serait l'arabe J^^Us*. ; 'pDTy serait
Jol^; t'^l2bn serait j^LAvo^i^i»-, etc. J'ai laissé prcscjue
lexluellement la parole à M. Dietriclr, niais je me
demande poui-quoi il fait intervenir l'arabe pour
expliquer des mots clairs par eux-méines en hébreu.
Aucune langue ne se sufiit, il est vrai, et la coni-
[)araison éclaire bien des faits, mais à condition
([u'elle soit appliquée à propos ^ L'assinnlation
de nnx, qui n'est pas un collectif de nx, mais qui
est em|)loyé parallèlement avec lui pour dé.sîgnerle
lion, avec J-^, pluriel de LK^^i , ne parait non plus
reposer sur aucune analogie sérieuse. De même l'iiy-
j)0thèse expliquant 2"'3N'« moisson » comme un |)1. de
2ii{Dan.\\, 9) me semble d'autant moins acceptable,
que la forme h'^'JZ [J^ks] est appliquée en hébreu
' .Sur ces (rois mois comparer lOwaid, Aiisf. Lrhrh. $ \bà a-
— 12 —
comiiic ciiar;i!)c {joui loriiicr tous lesniols expiiri).uii
avec diverses nuances l'époque de la moisson. Cilons,
par exemple, en arabe, j-^Ài^, J-aa^î, *>w-AAa=^\ et en
hébreu T'iT, "'"'Pîi '^"'in , i-'ira et 3"'3N mèine'-. Quant
aux formes où la racine est précédée d'un n, dont
M. Dielrich parie à la page 87, et qui seraient
identiques aux plin"iels internes aral)es qui présentent
la même particularité, elles me semblcMit également
susceptibles d'nne meilleure explication , et il n'y a
pas là un seul lait cpii entraîne la conviction. En ne
nous arrêtant qu'à celte partie, nous j)onrri(nis (aire
croire que nous méconnaissons la valeur d'un livre
qui a eu le mérite d'introduire dans les éludes sé-
mitiques une foule d'idées alors repoussées, et qui
ont prévalu depuis sans qu'on ait songé à en re-
porter l'honneur sur celui qui avait eu le courage
de les aflirmer le premier au milieu del'indifrérencc
générale^.
§ 5. Une nouvelle tentative pour démontrer la pré-
sence de pluriels internes en hébreu a été faite dans
la nouvelle Grammaire hcbraï([uc de Bôttcher. Mais
l'ouvrage ne m'est pas encore venu sous les yeux, et
je ne puis rien préjuger sur le résultat. En attendant,
' FahiluU clhltolaj'd, cil. Freylag, l. ar. p. rfï , 1. 1 3 suiv.
* Il est remarquable qu'il n'en soit ainsi ni en syriaque ni en élhio-
pien, où l'on emploie j^i'uLiaiemcnt dans le nicnie sens J ? -a* et
" J ai en vue ItMil particuiièreniciil les opinions relatives à i'anti-
qiiilé (le certaines formes plus vieilles en arabe qu'en liébrcu.
— 13 —
je persiste à nier i|uo ce genre do formes ait jamais
aj)|>ai tonii au fonds commun des langues sémiliquos.
Aussi ne puis-je regarder le pluriel JL*9CLô(( les villes, »
du mot ) ;-0 , )J^^Wd, (lue comme un simple cm-
prunt fait à farabc tjyi , pluriel do aj^-ï u viLlo, » avec
l'addition do l'o/a/ emphatique '. C'est un exemple
Irop isolé on syriaque et un pluriel trop usité en
arabe, pour qu'on puisse songer ;\ une autre expli-
cation.
% 6. Pour achever l'histoire de la question, il me
reste à mentionner la dissertation d'Hamaker «sur
les pluriels irréguliers arabes et éthiopiens, que les
grammairiens appellent ordinairement pluriels bri-
sés-. » Cette œuvre inachevée a été publiée sans chan-
gement, par des élèves dévoués, après la mort de
leur maître, qui l'avait destinée à l'impression, mais
qui n'avait pu y mettre la dernière main. L'auteur
cliercho <^ démontierquc toutes les formes do pluriels
irréguliors, comme il les appelle, sont de véritables
singuliers, et qu'on trouve des exemples oi^i ils sont
employés comme tels. Les observations qu'il a réu-
nies à ce sujet ne manquent pas de vérité; mais c'est
là seulement un côté de la question qui lui a caché
' On sait qu'on syriaque on exprime la détermination des suIjs-
lantifs par un o/«y ajouté au liout du mot, qui tient lieu de l'article
dans les autres langues. Ce pliéiiomèue si singulier attend encore sou
esplicalion.
- Commriildlio dr pliiralibiis Arabiini et /Eiliiopum inrtjuluribiis (fm
a (jrammalicis viihjo j'rach appcllarl soient, dans tes Orienlalia, eden-
til)us Juvuboil, Roorda, Weijers, f, i8/io , Amstelodami, p.i-63.
— l/l —
les aulrc'S. Il est iiinsi ari'iv('' à conroiuiro \c collectit
el le pluiiel, qui, en arabe même, sont toul à lail
(lisliiicls. On regrette de no pas voii' cette méthode
a])pliquce à toutes les formes de pluriels brisés, et
rcriulition de llamakrr se ^crail heurtée sans douti>
à des dillicultés sans nombre, qu'il aurait pu tour-
ner, mais non maîtriser. Ce qui est certain, c'est
([ue les listes données par M. de Sacy. dans sa
Grammaire arabe, ont été complétées dans le tra-
vail de Haniakcr, qui a puisé ses additions dans le
lexique dlbn Doreid cl dans les notes (jue lui avaient
fournies ses lectures.
§ y. A côté de ces monographies, il faudrait,
pour être complet, citer les chapitres consacrés, dans
toute granunaire arabe, h la formation des pluriels
brisés ou internes. Nous verrions presque partout
un(^ reproduction cl une copie plus ou moins exacte
des formes et des exemples (pie M. de Sacy a donnés
dans sa Grammaiie. Même dans la Grammatica cri-
tica d'F.wald, ce chapitre n'est certainement pas à
la hauteur des autres, et l'éminent professeur a lui-
même pris l'initial ive de théories plus rationnelles ',
qu'il a indi(juées saris les développer. Un progrès
important a été réalisé par M. Wright dans l'édition
anglaise qu'il a publiée de la graniniairi- de Caspari'-.
' Cf. Zillscliiijl fur die Kundr des Morçjciilandcs , I. cil.
* M. VVriglit a fail preuve do niodeslie en s^ donnant pour un
.simple Iraduclcur: il a lieureusemeiil remanié, augmenté el com-
pictc l;i gramn-.aire de Caspari, cts'.irl'uit le premier volume consacré
.uix Hexioiis noMiiiialos el verbales.
— 15 —
On n'iiv.iii pas eiicoro donné une telle abondani e
d'exemples anssi bien rboisis, el l'altcnlion |)arlic(i-
li«'re appoilée par iM. Wright à colle partie de son
li\ re n'aura pas été iniitiie à la science grammati-
cale.
Malgré tous ces essais, il reste encore beaucoup
à faire pour expliquer l'origine de ces formes si
nombreuses et si diverses, et il est encore possible
d'ajouter aux matériaux réunis jusqu'ici pour éluci-
der celte question; c'est ce qui a été tenté dans les
pages qui vont suivre et qui auront peut-être au
moins la vertu d'appeler sur quelques points délicats
et controversés l'atlenlion des savants, qui jugeront
en dernier ressort. Si c'est bâter la conclusion que
de la cbercber avec zèle et sincérité, je ne regrette
ni mes elTorts, ni mon temps.
S 8. 'foules les langues sémitiques ont la faculté
d'exprimer le pluriel par des teiminaisons ajoutées
à la fin des mots, et qui, en les prolongeant, sont
comme une expression symbolique de l'extension
donnée au sens'. Cet appendice vaiie selon que le
mol est masculin ou féminin; mais l'accroissement
de l'idée se leflète toujoui's dans un accroissement
matériel , exprimé par Faddition d'une syllabe. fJans
des idiomes où il v a aussi peu de variété dans la
' Cf. le principe de la grammaire arabe . 5.>Ij; (^£- *Uxil Js^L;
^<;,"\.aA| «toute augmentation de la forme exprime une augmentation
du sens, j ( Coinm de Reidliâwi sur le Coran, rd. Fleischer, p. 6, 1. i 2.)
— IG —
forme des mots, imc lolle addition moiitro, poui'
ainsi dire, d'une façon sensible, que l'unité a été
, miillipiiéc cl a été remplacée par une somme com-
posée d'éléments tous identiques, mais considérés
dans leur ensemble, c I^e nombre singulier est lini,
le pluriel est infini '. »
Rien de plus vrai dans sa concision que celte façon
de concevoir el d'exprimer roj)position qui existe
entre les deux nombres; seulement cette définition
a besoin d'être complétée. \jC pluriel n'expiime pas
seulement une masse , mais cliacune des unités dont
il se compose conserve, pour ainsi dire, sa vie
pro|)re, et s'unit aux autres sans se confondre avec
elles. Il en est tout autrement des collectifs, ou bien
encore de ces (( noms généraux , » si fréquents en
arabe, et (jui s'appliquent à une espèce, sans avoir
(ïgard aux êtres ou aux objets qui en font partie -.
Ces mots, cjui par leur forme sont des singuliers,
ont pour le sens avec les pluriels assez d'analogie
pour (|u'on ait pu souvent ne tenir aucun compte
des nuances qui les distinguent. La grammaire, qui
les sépare, se trouve comme débordée par fusagc, qui
lesraj)proclie. Les scholiastcs arabes ont souvent lieu
de constater de telles confusions. C'est ainsi qu'Abou
'Ali , dans le commentaire de Tebrî/.î sur la Hamâsa ,
p. vpf*', explique j.o^ par ^V/jS '^ les giands, » en di-
' «Singularis quidctn numerus finitu.s est, pluralis vcro infini-
las.)) (Priscicn, Tract. Gram. ex recensioiie He»'izii, I, 172, aS.)
- Il y a aussi ([uelquos exemples en hi^breu , moi-- lieaneonj) plus
rare'^ cpi'en nraiie. Cf. Ewald, Aiisf. Lrlirli. S 17G a.
/ —
sanl : » C'<\st un mot (lu'on a forgé pour iiKliquor lo
pluriel '. ') On va plus loin oucoro, et non-seulement
on donne i\ ce genre de mots l'acception du pluriel,
mais on les construit dxins la phrase, comme si leur
ibrme autorisait à les considérer ainsi, et pronoms
de même qu'adjectifs sont soustraits à la règle
par une sorte de syllepse. C'est ainsi, par exemple,
que dans le vers de la Hamâsa , p. F<iv^ j. i y^ |e suf-
fixe féminin pluriel de (j^^jj se rapporte au féminin
singulier •^-«^ , qui indique la «chaleur du com-
bat, » et par suite « les troupes ardentes. » Tebrîzi a
soin d'ajouter : « L'auteur dit d abord Ryoys- au sin-
gulier, [)iiis il dit (j"^^j3 , et emploie le pluriel , parce
(jue ioej-s=- , tout en étant au singulier, exprime un
pluriel. 1) De même on trouve dans le Coran , \xiv, 3 i ,
JJ(.ls (d'enfance» et aussi «les enfants,» construit
avec le pluriel du relatif qui le suit inuiiédiatement
et par conséquent aussi du verbe qui viei\t ensuite.
On sait cpi'il en est toujours ainsi , dans le Coian , des
mots f»y> et J^ « les hommes, » de même ({u'en hé-
breu certains mots, conmic □!* « peuple, » npp
«ville, » etc. peuvent être soumis à cette construc-
tion ^. On forme même de ces mois de véritables
' J.i J^L^-lo j^Ul &««.:£ "tA^ Q^\ ^i- Ltf^L. Cf. à propos du
mot JL^Lsk, , donné comme analogue, la glose de Tebrîzî, p. F"!-,
1. i8.
■^ H faut seulement remarquer que les noms d'espèces qui se
rapportent à des êtres inanimés, à des plantes, des arbres, etc. ne
J. As. Extrait n° lo. (i 867.) 2
— 18 —
singuliers, que les graminairioiis arabes appellent
(les noms d'unité, et qui sedistinguenUlu nom géné-
ral par Taddition de la terminaison féminine ^ c Le
nom singulier, dit Zamakhchâri -, peut être employé
pour désigner l'espèce, puis on en distingue son unité
par un ^â; par exemple, J-Jf et HjJi , tM^-«*- et AXLiÀr»- ,
^viaj et ii^î^yiaj, J^=.-yu« et ^-s>-^aw -, celle formation
est usitée seulement })our les choses créées, à l'ex-
clusion de celles qui sont l'œuvre de l'homme; aussi
des exemples comme (^iukt et ^àaàa»*, (^ et ^UJ,
sont-ils contre la règle. » Voici donc des mots où
l'ordre est interverti; l'unilé n'e.^t pas le point de
départ, mais le point d'arrivée; sauf c^ servir ensuite
pour former un nouveau pluriel, comme, par
exemple, j_^jf {( des dattes,» ([ui est employé à côté
dcj-jf et de ïJJi^. Nous avons donc ici, d'abord
l'abslrait, puis le concret au singulier et au pluriel.
Gel abstrait, nous l'avons vu prendre rang de pluriel
dans la phrase par une extension que justifie l'opposi-
tion qui existe entre l'abstrait et le concret, qui est le
peuvent al teindre cette construction, réservée aux coileclii's dési-
gnant des êtres vivants.
' Le nom général opposé à son féminin concret reste au mas-
culin, et c'est là un des points essentiels par lesquels il se distingue
du pluriel interne. C'est un signe caractéristique, lorsque l'iden-
tité de la forme pourrait porter à les confondre. Voir un exemple de
ce genre dans l'édition que j'ai donnée de quelques chapitres de Sî-
baweilii , p. <l , I. i.
' Moufassal, cd. Brocli , Christiania, i85g, p. A- , 1. 18.
' Voir d'ailleurs Sîbaweilii , éd. citée, p. H , I. 2 et suiv.
— lU —
véritable singulier. Si le pluriel n'est pas toujours un
abstrait au point de vue de la l'orme , il exprime tou-
jours une notion analogue, et cette analogie peut se
manifester extéiieurenienl. D'un autre côté, plus
d'un pluriel est détourné de son sens pour désigner
une abstraction , paiticulièrementen hébreu, comme
dans D'JÇN «la fidélité, D\''n ula vie,» etc. ^ Il v a
donc entre ie pluriel et l'abstrait un échange conti-
nuel qui pouvait an iver à une substitution complète
de l'un à l'autre.
§ g. C'est ce qui ne s'est réalisé absolument
dans aucune des langues sémitiques, bien que quel-
ques-unes soient allées assez loin dans cette voie.
Cependant toutes ont conservé le vérilable pluriel,
le pluriel exprimé par une terminaison , et ie plus an-
cien de tous les pluriels'-. Pour le masculin ,1a marque
de ce pluriel est une voyelle longue ^, suivie d'un miin
en hébreu et en phénicien , et d'un noua dans toutes
' D'après Ewaid, .1. Lehrb.î 179, ce serait une façon de par-
ter que l'on ne rencontrerait dans aucune langue sémitic[ue autre
que l'héljreu. Il est vrai que nulle part les exemples ne sont
aussi fréquents. Cf. cependant t\^l dans l'expression iScVil jiAj « il
est arrivé à maturité » , Coran, vi , 1 53 ; xi. , 69 , et le Comm. de Bei-
dbâwi sur ces passages. En éthiopien on peut comparer Jiî'*4As>
similitude, mQ^Ù * '^ disposition naturelle, etc. Cf. Dillmann,
Grammaire éthiopienne , S i3i.
^ On sait que M. Dielricb a soutenu le contraire. Discuter ici son
opinion, ce serait anticiper sur ce qui va suivre.
' Un F en hébreu , en syriaque et en phénicien ; un à en éthiopien ,
tandis que l'arabe se prête à l'emploi de ses trois voyelles, non pas
arbitrairement , mais à la condition que certaines règles soient appli-
quées.
2.
— 20 —
les aiilros langues sémitiques; !<■ pliiiicl lomiiiiri
consiste toujours, excepté en araniéen, dans la pro-
longation de la voyelle qui se trouve au sini>ulier
avant la consonne finale, et se reconnaît par la ter-
minaison uniforme âl. Plus tard , après que la branche
éthiopico-arabe fut séparée des autres', <^ coté de
cette forme on vit s'en développer une nouvelle , dans
laquelle ia terminaison fut remplacée |)ar un chan-
gement intérieur du mot'-. Cette nouvelle richesse
reposait précisément sur la parenté qui unit le plu-
riel à l'abstrait, et avait seulement besoin , pour être
incorporée définitivement dans la langue, d'être
soumise à des règles fixes déterminant les rapports
réguliers des pluriels et des singuliers.
§ 10. C'est évidemment à cette idée qu'il faut
rattachpr la coïnridcnce , au premier abord singu-
lière , qui existe entre un grand nombre de formes
communes à l'infinitif^ et au pluriel interne. Si dans
le verbe il est un mode dans lequel la notion conte-
' C'est l'opinion de Gcs. Lehnj. p. C.SS ; Evi. Aiisf. Lelirb. p. 46 1 ,
note 3, et de M. Nôldekc dans son article snr la Grammaire hébraï-
que d'OlsIiausen dans le périodique intitulé : Orient und Occident,
t. 1, p. 707.
- C'est ainsi que le Tdrljâl reproduit l'opinion des grammairiens
arabes en disant que le pluriel n brisé» est celui qui «ne reproduit
pas ta forme de son singulier» iS(>.i»l« AXi JkC j^^J. Cf. aussi les
développements et commentaires donnés à cette définition dans
\cDiclionary oj the Icchnical Icrms , publié à Calcutta, s. v. jl2^-
^ Je préfère cette dénoniinalion usitée dans notre grammaire à
celle généralement employée de «nom d'action,* qui, empruntée à
ia grammaire indigène, semble faire stipposer que ces forn)es n'ont
pas d'équivalent dans nos langues.
— 21 —
juio iKm.s la racine se rellôle en doliois clo loiiU'
moclalilé, et pour ainsi dire d'une façon abstraite,
c'est i'infinilil. Celte idenlilé a parlieulièicnient
frappé llaniaker, qui cherchait dans tous ces pluriids
des singuh'ers, et trouvait, dans une eonipaiaison
attentive entre les tahleaiix où les deux genres de
lornies étaient énuniérés parallèlement, la nieilleuie
occasion d'en rencontrer. Je nie contenterai de re-
produire sa liste ^
^^
Joli
U^^^ii
jUi
u^*f
tK*»
i>
j\«
5 ^
J-*3
iiXxi
3 ^
J>*3
Parmi ces formes, aXxj, J^xjL» et iikxÀ^ ne peu-
vent être considérés comme de vérilables pluriels , et
la dissertation inachevée d'Hamaker les cite sans les
appuyer sur aucun exen)ple. Ces vingl-cin(j para-
digmes sont des paradigmes nominaux, qui, appli-
qués au vei'be, expriment l'infinitif, véritable subs-
lantif (jui peut même recevoir l'article. Quand le
développement naturel de l'arabe amena instincti-
vement comme nn rapprochement entre le pluriel
et l'abstrait, cette série d'infinitifs reçut une nouvelle
' Cf. sa disseil. p. 7.
— 22 —
acception, et la langue s'emprunta à elle-même des
formes dont elle n'altérait que légèrement la signi-
fication première. Il y a d'ailleurs dans tous les
idiomes une tendance marquée à employer un peu
arbitriuicmcul leur bien , mais sans sortir dos limites
qui les enferment. Elles préfèrent les contre-sens aux
néologismes.
§ 11. Ici cependant ce compromis n'avait rien
d'illogique, et son influence ne devait pas s'arrêter
à ce premier eflét. Celle signification abstraite du
pluriel interne a fait également donner à un grand
nombre de ses formes les terminaisons propres .iU
féminin singulier ^ En étbiopien , on a la faculté
d'étendre ainsi, presque arbitrairement, tous les
pluriels internes. En arabe, l'emploi de ces termi-
naisons a été limité h tous ceux qui proviennent de
mots quadrilitères, et <^ un nombre restreint de
mots Irilitères. C'est ainsi qu'il faut expliquer les
formes «Xjii, Âk*i, h^Cm ^ iiXxil , i%M ^ i'^kxaS ^ (J-",
JUi, A^y»* , etc. Il n'est pas étonnant que nous ren-
contrions de nouveau ici un certain nombre des
infinitifs que nous énumérions tout à flieure; le
même motif a pu amener dans les deux cas le même
résultat, et la signification abstraite s'affirmer dans
l'un et dans l'autre par une ex|)rcssion identique.
Telle est d'ailleurs l'explication des grammairiens
arabes eux-mêmes, quand ils disent que celte ter-
' C'est ce que les grammairiens arabes appellent le « féminin du
pluriel» f-*>^ t;>_AJu. Cf. Moufassal, p. \\" , I. içj. Cf. aussi mon
édition de quelques chapitres de Sibaweihi, p. I . I, )5.
— 23 —
niinaison fëminino a ëlé ajouloii «pour mieux inai'-
(|uer \o. féminin'.)' Il semble mémo que la cons-
cience (le cette origine soit restée dans l'usage,
j)uisque tous ces pluriels internes, à moins de dési-
gner des êtres animes , sont construits dans la phrase
comme s'ils étaient des féminins singuliers. La syn-
taxe arabe a consacré un pareil mode d'accord entre
de tels pluriels et les adjectifs, les pronoms et les
verbes (pii s'y rappoi tout '-. On a donc considéré
ces formes comme de véritables abstraits, et l'on est
remonté à leur acception primitive, sans tenir compte
des modilicalions qu'elle avait subies.
§ 12. La modification principale était que ces
mêmes formes, qui étaient indépendantes dans l'abs-
trait ci dans l'infinilif, devaient être mises en regard
de singuliers, auxquels elles devaient être rattachées
d'après certaines n gics immuables. L'arbitraire seul
ne pouvait suffire à fixer les pluriels qui répondraient
' c>:oUjf ^i<iJ, Kâmil, éd. VVrij^bt, p. 1=, i. i3 suiv. parce
que, ajoulc Aloiibarrad , (oui pluriel csl déjà féminin. Cf. Ibn Ya'îch
Comni.sur le Moiifassal, nis.75 de la coliectiou Rifà'iya qui se trouve
dans la bibiiotbèque de l'Université de Leipzig, p.3i5. Le véritable
nom du commentateur vient d'être restitué dans un intéressant tra-
vail que M. Prym a mis en tête de son édition du cbapitre concernant
les phrases relatives (<i;^X-3^^), i'i-8". Bonn, 1867. C'est aussi
l'expression du vieux grammairien Khalîl. (Sîb. éd. cit. p. f ,\. i.)
^ Bien plus, dans le mot (Ais «vaisseau,» qui est identique au
singulier et au pluriel, on ne distingue les deux nombres l'un de
l'autre que par la différence des genres ; (Ax3 , employé comme sin-
guliei-, est masculin ; (jxb , employé comme pluriel, est féminin.
Cf. Sîbaweibi, éd. citée, p. i , 1. 1 1 et suiv.
— 24 ~
à chaque singulier, à moins d'amcnei une véiilable
anarcliie dans la langue. Nous avons vu, en pariant
du pluriel externe, comment il semble rappeler la
dilVérence qui existe dans la signification entre le
singulier et le pluriel : il y a simultanément aug-
mentation dans ridée et dans la forme. Mais pour-
quoi celte prolongation serait-elle toujours placée à
la fin du mot, et resterait-elle, pour ainsi dire, en
dehors de lui? Ne pouvait-elle entrer tout aussi bien
dans le corps même de la racine et en devenir partie
intégrante? C'est ce qui arrive pour le pluriel in-
terne; il pénètre dans l'intérieur du mot, auquel il
n'est pas juxtaposé, mais dont il modifie tous les
éléments, en leur donnant plus de force et de con-
sistance. Il y a là un principe dont riniluence a été
capitale dans ce développement, et une véritable
symétrie s'est établie entre les singuliers et les plu-
riels; on les a mis en regard comme deux échelles
parallèles, où chaque degré supérieur de l'une cor-
respond à un degré supérieur de l'autre. Le pluriel
resta toujours, dans la forme, une extension du sin-
gulier. Seulement les formes les plus légères des
mots prirent les pluriels les |)lus légers, tandis que
les plus pesants étaient réservés à ceux qui , déjà au
singulier, avaient un plus grand nombre de syllabes'.
' On iit dans Ibn Ya'icli , Conini.sur le iMoitfas.ud, md<iuscv\\. cil. (7).
'tV^lyl Jiu' bf_j Vy^^CJ *jiji.^U| 4.ji^^^ cVa?" eJ^v^» ^-^^
— -^r) —
Les (H)n50iinos reslèronl iiit;icto.s; l;i ditlérciKc so
rc^siiiiia dans une plus griiiule ricli(\ss(> de vocalisa-
tion.
L'ollbl (ic ce principe général a été souvent contre-
balancé par d'autres princi[)es; mais il n'en a pas
moins laissé sa trace dans un grand nombre de
formes, et il a été reconnu par Ibn \a'^ich comme
le |)his important et le |)lus ancien do tous. Après
avoir montré par quelques exemples que ce mode
de formation entraîne ajîrès lui un bouleverse-
ment (;-M-'*J') du mot entier, il ajoute : «et ce bou-
leversement a lieu tantôt par allongement, tantôt
pai- suppression, tantôt par un antre changement
sans allongement ni supiiression dans les lettres.
Voici des exemples du premier cas : J^=rj et Jl==-j ,
^J^J.3 et ij^\ji^ \ voici des exemples du second : j^j\ et
j))i,jl^ et >..^, et cjLiant au troisième, il revient à
un changement dans les voyelles, comme *x^î et
*^^^' 1 (j^.? ^t (^^3 ; mais l'origine de tout cela doit
être cherchée dans le pluriel exprimé j)ar nn allon-
cV^Ittif f^s- i j^'yi T~t>^ « Les formes de pluriel sont en rapport
avccieur singulier ; lorsque le singulier estlégeretqiie les lettres n'en
sont pas pesantes, les lettres de scn pluriel et les voyelles qui s'atta-
chent à la forme lirisée sont légères; mais lorsque le mot estpesant
et que ses lettres sont nombreuses , les letlres attachées à son pluriel
sont aussi en abondance d'après le principe que nous avons énoncé :
le pluriel est un accroissement du singulier.» Cf. aussi l'expression
pour indiquer un pluriel irrégulier : 8(>2»|« juix. s-u^^C t j-Uo «une
forme de pluriel brisé qui ne peut provenir de son singulier. » (Siba-
weihi , éd. cllée , p. F , 1. i o. )
— 26 —
geinent '. » Il }' aura lieu plus tard d'examiner celte
division des pluriels internes en trois catégories;
pour le moment, les conclusions du passage inté-
ressent seules le ]:oint dont nous nous occupous.
§ 1 Ix- X'oyons comment celte théorie est justifiée
paries faits. Avant tout, si une lettre de la l'acinc est
tombée au singulier pour wn motiiou pour un autre,
le mot est d'ahord ramené à sa forme complète
avant (pion lui donne un pluriel. C'est connne le
premier pas vers cette plénitude qui caractérise le
pluriel interne. On peut voir à ce sujet les observa-
lions de Moubarrad -, dans son ouvrage intitidé :
Le Parfait (J.^liîi <_»l^! •'), à l'o(M\isioii du mot -^^1 ,
u servante, » et de son pluriel ^î_j-«i ; d compare ^\
(1 frère » et son [)lui'iel (ji_5-==»! '. C'est là d'ailleurs une
• Ibn Ya'îcli , Comm. iiis. cxic/ihid. Voici le texte : wv-vàxii fo^^j
jA-^o (_\.^|JI LfsXjsA ^./w\à/o îÎ5^5 . .aaàj ï^^-Jj is^Lj'o i •X3 (^cS~^
'b'^LJLj ^-t,.^ CiU.i ^A> (J^Yf^ e>-'3^ U-"'?? O^U
^ Son nom cotnplcl est ^s-M, f cS^yj r.>J O^-t-^ , wlxsJ [ ^jf.
■"■ Kâmil, éd. Wiight, p. h"F , 1. g. Sur l'importance de cet ou-
vrage au point tic vue de la grammaire arabe, voir le petit compte
rendu que j'ai inséré dans leJoiini. (uiul. 1866, t. il, p. 209.
' On peut comparer en arabe cjLâ.«> et c:jL<.^£. , pluriel de tX^
et jC^c , d'après Sîbaweihi, 6d citée, p. Ia, 1. 3 ; cl en syriaque
J.I
l't'gle coiniminc; iiii pluriel et au diniiiidlil ', c|iii lous
deux modifient lintéi'icur des mots, cl ont entre eux
bien d'autres points de eonlnct.
§ I 5. Mais lintroduclion des voyelles longues au
milieu du mot, et particulièrement après la seconde
consonne-, montre mieux encore la diirérence du
singulier et du pluriel interne. En parcourant les
chapitres de Sîhaweihi que j'ai édités, on rencontrera
à cliacpie pas des exemples de ce genre, qui y sont
présentés d'une façon d'autant plus nette, que chez
lui un paragraphe e.'^t consacré h. chaque forme de
singuiiei', avec l'énuméralion des pluriels qui y ré-
pondent^. C'est ainsi qu'en face des singuliei's tX^ ,
iy ^y iy y èy ij } iy ij S
aX«, *X«3, iiK^ti, âKx9 , on trouve les pluriels JL^i ,
i j 1 y y y :<
Jj^;«i , Jy!;*i, XlUi, 'i^^^i. f.cs formes que nous ren-
controns à côté de celles-ci , S-xaS , Jl«I , iLV.«i , n'ont
un pluriel comme ) L©Li2t,^^ de ) J^i2t^- En syiia(|uc , de
Jl^) , ) J^^J « servante, » on dit au pluriel ) I,©fâo) .
' Cf. Moufassal, a<5 , 19; Kùiiiil, 1. cit.
^ Je dirais ia seconde ieltre de la racine, si je ne pensais pas aussi
aux nombreux substantifs quadriiitères qui ont un mîin ou un clif
placé avant la racine.
^ Dans les plus importantes des grammaires indigènes , dans ÏAl-
fya d'Ibn Màlili et dans le Moufassal de Zamakhchàri , on étudie,
au contraire, chacune des formes de pluriel en la rattachant à un
certain nombre de singuliers.
— 28 —
d'autre ressemblance, avec les préeecieiites qu'en ce
qu'elles présentent aussi un développement du sin-
ffulior. Citons ici é'i:alenient les roinics Joo et J^ ,
pluriels de ^^vx» et de aXâj, où l'accroissenicnl réside
dans Icfatlui placé sur la consonne qui, au singulier,
était sans voyell(\ L'explication deces deux roiinesj)ré-
scnte d'autres dillicullés auxcpiellcs nous nous ;irrè-
terons plus lard. Signalons encore ici le pluriel JJUi ,
commun à tous les quadrilitèrcs, et où la longue,
placée au milieu Aw mot, le tient, pour ainsi dire,
tout entier sous sa dépendance.
§ 16. Nous avons, dans celte émmiération de
pluriels, réuni à dessein les trois suivants: J^xil ,
A^«l et Jlxîi. Ils se distinguent des autres par ini
éiij , ou plutôt par la voyelle a placée avant la racine.
11 ne manque pas en arabe et en éthiopien de cas
où l'on ail recours à ce procédé pour exprimer une
extension du sens contenu dans les formes limi-
tées aux trois lettres de la racine. Ainsi la forme
du verbe, qui est la quatrième du verbe arabe,
qu'elle soit employée comme causatif ou comme
incboatif, exprime toujours \\\\ accroissement du
mouvement, soit pour le transmettre plus loin,
soit pour quitter le repos ^ L'arabe possède seul en-
' l'jii aranu'cii, dans le aph'el, 01» trouve de incme Yéiif cruplDyi'
comme ici; l'hébreu a encore l'esprit rude, le Ac'; peiil-cire, d'ail-
leurs, faiit-il voir dans cet clij , comme dans ce hé, le reste d'une
consonne alTaiblie, fjui se serait conservée dans les exemj)les «issez
rares du lIki/'cI araini'eii.
— 29 —
coro relatif, <)ui Chl l'c^quiviilcnt h la fois de iioUc
comparatif et de notre superlatif. Tl emploie, ))our
rendre cette idée, la lorme tMJi , (pii est directe-
ment tirée de la racine, sans (pic l'adjectif serve
d'intermédiaire ^ C'est ainsi que, dans les pluriels
internes-, on ajoute un clij à |ilusieurs formes,
comme pour en mieux accentuer la signification. Si
nous comparons à Jyw , J<-f^ et Jlxi, les formes
correspondantes avec un ('///', J-xil, iiXxii et JUil ,
nous verrons que celte dernièi^e est la seule qui ait
conservé la voyelle longue. Dans ^«î , elle a été
remplacée par la terminaison fénunine qui en tient
lieu dans bien des cas^. Pour ce qui concerne Jsxii ,
la voyelle est restée brève, parce que le dhainma, en
arabe, est considéré comme servant pour ainsi dire
de transition entre les voyelles brèves et les voyelles
longues^. Dans quelques mots arabes cependant
s'est conservée la forme J^xii , où la voyelle longue
' M. Ewalfl a cru retrouver la même formation en liélircii, dans
")îpî< «dur»-, Dî^iS» «(fleuve) trompeur.» Cf. /l. Lchrh. S 162 t.
* Ce rapport entre i'élatif et te pluriel interne a été entrevu par
un scholiaste cilé dans Ibn Ilichâm , Siratoiirrasoùl, éd. Wûstenf.
notes, p. 170,1. I 5.
. .. ^.|'- ,
^ Cf. le pliu'iel du quadrililère et des formes comme iLXst.9 , a
côté de [Jl»J' ^'"^s parler de riunnilifdc la deuxième forme en
Jk/j«ij' ou iAs«i.J.
'' La même conception se rcti'ouve eu hébreu, où Ion distingue
pour toutes les voyelles la bi'ève et la longue, excepté potir Von,
— M) —
(lu milieu influe sur ia brève du rouiiiieuceuicnl.
Kn éthiopien, les deux systèmes ont duré l'un à
côté de l'autre, et la voyelle est restée longue, ou
bien, comme toutes les voyelles brèves de l'éthio-
j)icn, csl devenue une quiescenle, uui(juomcnt des
tinée à séparer les deux consonnes.
§ ly. Le mécanisme des pluriels internes n'est
j)as aussi simple dans toutes ses parties que dans
celles que nous avons déjà décrites ; il est très-
complexe quand on en éludie tous les rouages, sans
se borner, comme nous l'avons Tait jusqu'ici, au plus
important et au plus actif, mais en recberchaut aussi
ceux qui le tiennent en équilibre et qui opposent
leur réaction à son action. Tous les changements
dont nous avons j)arlé ont pour but surtout, en op-
posant le pluriel au singulier dans la forme, d'ex-
primer l'opposition qui existe dans la pensée entre
les deux nombres. L'accroissement de la racine, soit
pai l'insertion d'une voyelle longue, soit par l'addi-
tion d'un clif préfixe, est le moyen le plus parfait
que l'on ait eu)ployé, parce qu'il montre non-seule-
ment la contradiction entre le singulier et le pluriel ,
mais qu'il rej)résenle encore par la forme la plus
pleine celui des deux nombres dans lequel l'idée est
à son apogée. Mais un grand nombre de singuliers,
et particulièrement ceux qui ont déjà dans cette
forme une vovelle longue après la deuxième ladicale,
(jui a deux signes équivalents pour le sens el probablement aussi pour
la forme. Consulter, à ce sujet, l'article de M. J. Derenhouri,' dans
le Joiirn. asiat. i 866 , Il , p. f\ i 3 , note i .
— 31 —
auriiicnt, en ;ip|)liqu;int los nièincs Ibrnies do plu
riel, mis pour ainsi dire leurs doux nombres sur le
pied (l'égalilé. Ainsi , tandis que l'on ajoule la voyelle
longue dans les mots qui ne l'ont pas au singulier,
on la supprime, au conlraiio, pour exprimer le plu-
riel dans ceux qui en sont [)ûnrvus. J^a l'orme J.xi .
qui ré|)ond à tous les singuliers dont la deuxième
radicale est suivie d'une voyelle longue, olVre l'ap-
plication la plus frappante de ce procédé, puisque
les deux dhainmas de cette forme ne présentent plus
qu'un souvenir affaibli de la voyelle longue qui se
trouvait au singulier.
§ 1 8. Seulement ces âeuxdliainmas sont loin d'être
considérés comme ayant une valeur identique; car
tandis qu'on sujiprime souvent le second , et que J^i
5 ^ j
se contracte eu J-xi , le premier est immuable et
tend à iinposer, pour ainsi dire, son autorité au mot
entier. C'est que la première voyelle est devenue
très-absorbante pour ce qui l'entoure, parce qu'elle
a pour s'appuyer une force qui a exercé une très-
grande influence sur la formation des pluriels in-
ternes, et qui n'est autre que l'accent tonique. Ainsi
l'accent, qui, au singulier, était sur la deuxième syl-
labe, passe au pluriel sur la première. C'est là une
différence que l'on peut constater également entre
toutes les foruics de singulier que nous avons énu-
mérées et leur pluriel. Le centre de gravité du mot
se trouve déplacé aussi bien dans JLw, provenant
du singulier J^, que dans Jj«i et J-** , provenant
du singulier Jlxi. Ce phénomène csl non-sculemonl
visible clans presque Ions les pluriels internes,
mais il conslilne aussi un des caractères du pluiiel
externe. En laissant de côté toutes les formes où
ce désaccord est incontestable, je voudrais m'ar-
rètcr à deux formes dans lesquelles il est moins
facile à reconnaître. Ce sont Jii et J^i , pluriels
de *J^x9 et de i^Xjt». L'accent, au sin^rulier, est sur la
piemière syllabe; au pluriel, il doit donc être sur
cefalka, et en clVct cette voyelle brève, placée sur
la seconde radicale, ne pourrait se soutenir si elle
n'était portée par l'accent. Si dans les formes dites
scgolées de l'hébreu l'accent est sur la voyelle de la
jiremièro syllabe, c'est que la brève de la seconde
n'est ajoutée que ])our faviu^iser la prononciation de
la consonne sms appartenir h l'essence du mol '.
Au contraire, nous avons d'abord sur la première
syllabe la voyelle brève du singulier qui s'est main-
tenue, laissant tout le poids de la forme reposer sur
le fdtlja, dont la présence distingue ici le pluriel du
singulier. Ce serait une simj)le hypothèse, si nous
ne la Irouvions coniirmée par deux faits très-dilTé-
' La règle de ces formes a été ainsi posée par M. Oisliausen
dans son Lehrbuch der hchrâischen Spraclic, § 86 c. «La circonstance
qu'un mot se termine par deux consonnes entraîne, non pas néces-
sairement, mais en général, la lormatiou d\me nouvelle syllabe
par l'inlerposilion d'une voyelle auxiliaire entre les diux consonnes
finales. Ainsi, à côlé de la forme primitive î3Ç*p , Prov. xxii, 21,
on trouve t2C'p, Pv. lA , 6. D'auire.^ exemples sont ^p3 pour batn,
^Ip pour Lodch, ' etc. Cf. aussi Kwnid, /l ((,«/. Lchrb. §32 h el 1 .'16 a.
— 33 —
renls en eux-mêmes, mais qui, sur ce point, eon-
dnisenl au môme résultat. D'abord, on éthiopien,
aux formes S*^ i^t J^ répond une lorme /jr'a/ où la
voyelle de la seconde radicale a seule été conservée'.
Or il est évident qu'une syllabe accentuée résiste
mieux à de tels elFaeements que la syllabe aban-
donnée à elle-même, et jusqu'à un certain point
dominée par la syllabe accenluée. D'un autre côté,
les grammairiens arabes ont remarqué que d^ se
transforme quelquefois en Jlw, ce qui n'est possible
que par l'influence de l'accent, qui, donnant A la
voyelle brève presque la force d'une voyelle longue,
a fait de cette transformation un simple pi'ogrès au
lieu d'une innovalion^. Qu'on compare par exemple
le pluriel /o»i, de iCi « chevelure, » qui peut devenir
J.U, comme dans Motanebbi, p. a, i. y, édit. Die-
terici. De même on lit dans la Châjiyâ d'Ibn el-Hà-
djib^ : « La règle générale pour un mot comme R'^i
' La première vovelle a été remplacée [lar celte légère sépara-
tion entre les deux consonnes que les grammairiens iiébreux appel-
lent le chewâ mouvant, et dont notre c muet, employé de même en
tête des mots, est l'équivalent le plus exact. Toutes les langues sé-
mitiques, excepté l'arabe, peuvent ainsi commencer leurs mots par
deux consonnes, s'étayant l'une l'autre, pour ne former avec la
voyelle qui suit la seconde qu'une seule syllabe.
^ C'est ainsi qu'en éthiopien, à la Torme i.\».3 , dont l'accent est
sur le deuxièmeya^^n bref, répondent à la fois deux formes, l'une
tout à l'ait identique , et l'autre avec un a long sur la seconde radicale.
•* Je me suis servi du ms. de Dresde 2^2. Le passage cité est au
fol. i5 r°, l./i: '^IfiJ (J.C *l;a»« Lilc îi ^£. 'LssS ^-^5 .
J. As. Extrait n" 10. (1H67.) 3
— -dli —
e>t do former le pluriel JU ; mais on trouve aussi
^UJ.» Le contraire, d'ailleurs, se produit égale-
ment, et la forme Joti est quelquefois abrégée de
JUi, parliculièremcnl dans les racines dont la
deuxième consonne est faible. On dit^^j pour^Lo,
comme pluriel de àjb (fois) ' ; je crois que , dans de
tels exemples, la place de l'accejit ne peut être ré-
voquée en doute. Ajoutons encore (et c'est là un
fait inqjortanl) que , tandis (pic Jjsi devient facilc-
ment J^ , parce qu'il a l'accent sur la [)rrmière
syllabe, les formes Jj«i et Jjti u n'allègent » jamais
le mot en supprimant \o. falha do leur syllabe ac-
centuée ^.
§ i(). L'étude de ces formes nous révèle encore
un autre caractère des pluriels internes; c'est une
tendance à supprimer au ])luriel la terminaison du
féminin lors(ju'elle se trouve au singulier. Au con-
traire, les pluriels conuno *Xx», ^*i , jj-xi, *3yw ,
AiUi, sont particulièrement réservés à des formes de
singulier dont la terminaison ot la signification du
féminin sont tout ;\ fait absentes^. Voilà donc une
nouvelle marque de l'opposition qui existe entre
le singulier et le pluriel. Il n'y a à cette règle (ju'une
' ("if. Djaûhârî, Siluih , à la racine Aj.
° Cf. cependant (j^3 pour q--*^, par une ticeiicc poétique irbs-
rarc. Antar, Mo al. V. i 5.
' Celle remarque ingénieuse esl de M. Diliniann. Ct' /Ethio-
pischc Graiiinuilik, § 139.
— 35 —
seule apparence d'exception-, c'est la Ibrnio J^xi,
pluriel de *!i^. Mais les grammairiens arabes ont
eux-mêmes remarqué que la terminaison féminine
n'y est nullement primitive et qu'elle provient
d'un adoucissement euphonique de la forme <jl*i\
quelquefois aussi de JoUi. Il n'y a donc là rien qui
puisse infirmer la portée de cette règle, qui n'est
pas appliquée d'une façon constante en éthiopien,
mais qui, en arabe, exphque le rapport d'un grand
nombre de pluriels avec leurs singuliers.
§ 2 0. La couleur même des voyelles, qui cepen-
dant a bien moins d'influence que leur ([uantité
sur la formation des pluriels, ne saurait cependant
être complètement négligée quand on énumère les
antithèses qui existent entre les deux nombres. Sans
recevoir une application absolue, ce principe a laissé
sa trace dans y^^jw, pluriel de J-^, tandis que (j^*<.*i
est le pluriel de JUi^. De même, on peut former
du singulier JJti les pluriels JUi^ Jy", y^** et
y^x»; mais Jv.« et (j!5X.«à sont les plus fréc[uents^.
§2 1. Le pluriel interne est donc l'expression, dans
' Cf. Sîbaweilai, éd. citée, p. t'I' , 1. i3 et suiv.
^ Cf. Sîb. éd. citée, p. f | , 1. 1 1 et suiv. p. M' , 1. 7 et suiv.,
' Cf. Sîb. p. <5 , lig. 3 et i3. Cependant, pour le singulier ,1*5 .
l'usage a consacré le pluriel (Jos.9 , de préférence à (Jv«-5 . Cf. iVià.
l. idt. Cela prouve seulement combien, en arabe surtout, on attache
peu d'importance à une voyelle plutôt qu'à une autre; la différence
qui s'appuie sui' cette particularité est de toutes la pins ij'régulière.
— 3G —
la langue , de l'idée abstraite contenue dans le pluriel ,
et il s'est approprié dans ce but nn grand nombre
des formes verbales usitées pour l'infinitif. Par rap-
])ort à son singulier, il rend à l'origine l'opposition
qui l'en sépare et l'accroisseuient de la signilicalion
qui l'en dislingue, en transformant le mot et en lui
donnant une forme plus pleine; cependant rexlrôme
variété des singuliers fiut que beaucoup de pluriels,
au lieu de rendre sensibles h la fois le désaccord qui
existe entre les deux nombres , et la gradation qui
conduit de l'un à l'autre, ne rendent que le pre-
mier terme et expriment l'idée de pluralité par dos
formes fondées sur une anlipatbie d'accent, de quan-
tité, de genre et même quelquefois de vocalisation
par rapport à leurs singuliers. C'est un système in-
finiment plus compliqué que celui des terminai-
sons, auquel il s'est substitué dans l)ien des cas; mais
il n'est pas moins logique et il rend des nuances de
la pensée que laissent tout à fait de côté les procédés
moins raffinés et plus uniformes du pluriel exicrne.
II.
$ '22. ii'étude des caractères qui distinguent les
variétés si diverses des pluriels internes conduit
naturellement à une classification scientifique de ces
formes; mais, avant de les disposer par groupes
d'après leur origine et leur forme, il importe de
prouver qu'elles n'appartiennent pas au développe-
ment primitif des langues sémitiques et de montrer
comment nous pouvons encore saisir quelques-
— -M —
unes des transitions pai' les(jut^il(\s la hinguc a passé
comme pour s'essayer avant de s'approprier cette
nouvelle jichesse. Il a dëjà été dit que l'emploi des
teriDinaisons , [)our exprimer le pluriel, sendile
porter la marqiic d une haute antiquité, l'exami-
nons d'abord le pluriel masculin : virtuellement
contenu dans le singulier, il ne s'en distingue tout
d'abord que par ia voyelle longue, le seul signe
d'ailleurs qu'il conserve à l'état construit, et aussi
lorsqu'il reçoit l'appoint des suffixes pronominaux.
La nasale qui suit, et qui au singulier se confond
dans l'écriture et la prononciation avec la voyelie
brève, se détache au pluriel de cette voyelle devenue
longue, et est représentée par une lettre'. C'est une
ditlérence d'orthographe et pas autre chose. Si l'hé-
bi'eu , le syriaque et souvent aussi l'éthiopien ont
au singulier perdu leur voyelle finale, si la longue
seule du pluriel a pu se maintenir régulièrement
avec la nasale qui la suit'-^, l'arabe, ici comme ail-
' Cf. l'article de M. J. Derenbourgdans le Journ.'asial. iSfik., t. II ,
p. 2 11.
^ On trouve cependant quelques exemples en hébreu , où le mîm
du pluriel a disparu comme la nounnation ou la mimmation primi-
tive du singuliei'. Tels sont : ^Ç!? «les peuples,» 2 Sam. xxii,/i4",
Ps. cxLiv, 2; Lamentations , m, \à ; ^^iD"'~l« des grenades, » C((n?.viii,
2 , qui ne sont point des eneiirs de copiste , mais qui manifestent
bien la tendance particulière à l'hébreu de laisser tomber la voyelle
finale des mots. C'est le même phénomène qui caractérise la conju-
gaison hébraïque par rapporta la conjugaison arabe (t_v>J à côté de
3ri3 ) , sans parler de la déclinaison , qui s'est presque complètement
perdue en liébren.
— 38 ~
leurs, est resté le plus près du Ivpe primitif. Par
cette j)rolongation do la voyelle, il a dû se former,
au pluriel comme au singulier, une déclinaison où
les trois voyelles longues exprimaient les trois cas.
L'arabe a conservé intacts le nominatif et le génitif,
donnant à celui-ci par extension , à côté du sens du ré-
gime indirect, le sens aussi du régime direct; quant
à l'accusatif, il a servi pour rendre le duel, tandis
qu'il demeurait seul en éthiopien pour exprimer \c
pluriel des noms masculins. Quant aux autres lan-
gues, elles ont adopté de préférence le génitif, qui
a fini chez elles par rester seul maître du terrain. Si
nous passons au féminin pluriel , il est partout, ex-
cepté en araméen, formé également par un simple
allongement de la voyelle du singulier; le tel qui
suit a conservé la nasalité en arabe et l'a laissée tom-
ber dans les autres langues. L'arabe a, comme pour
le masculin , perdu l'accusatif de cette forme, pour
n'en garder que le nominatif et le génitif. La con-
sonne qui exprime le féminin, à côté de la voyelle
longue qui exprime le pluriel, n'est pas, comme le
mîin ou le noûii du pluriel masculin , l'expression
détachée, d'un son déjà inhérent à la voyelle finale,
et reste pour ce motif h l'état construit et devant
les suffixes, aussi bien que lorsque le mot est em-
ployé absolument. M n'y a donc là en somme au-
cune formation nouvelle, mais un renibrcemcnt na-
turel du singulier; la voyelle brève est devenue
longue, et a cessé, dans les mots masculins, d'être
combinée avec la nasalité, qui s'en est détachée, et
— 39 —
i|iii s'est élevée jusqu'à devenir une consonne. Seu-
ionicnt cette consonne improvisée n'a jamais eu la
lorce, clans aucune langue séaiilique, île se main-
tenir après la voyelle, dès qu'un élément ou un mot
étranger venait s'y joindre.
§ 23. Cette simplicité de pluriels, qui ne se dis-
tinguent de leur singulier que par l'allongement de
la voyelle, paraît appartenir à l'histoire la plus an-
cienne des langues sémitique:^ ^ Les conclusions
qu'on peut tirer de cel indice sont de plus confir-
mées par la présence de ce môme phénomène dans
toutes les langues sœurs. Si la diderence entre les deux
nombres paraît surtout très-légère en arabe, c'est
que l'arabe a seul conservé au singulier ces cas,
que des philologues arriérés ont voulu faire passer
pour une invention des grammairiens indigènes.
Quant à l'emploi du noiin ou du mîm , selon les
dialectes, il n'y a là qu'une question d'euphonie ré-
glée parla prédilection marquée des divers idiomes
pour l'une ou l'autre de ces nasales. Le l'ait important
est de retrouver dans toutes les branches des lan-
gues sémitiques l'emploi d'une môme forme, qui
a dû être usitée avant leur séparation. Nous avons
vu qu'il en est tout autrement du pluriel interne,
qui, limité à farabe et à l'éthiopien, n'a dû com-
mencer à se faire jour que lorsque la langue dont
ils découlent tous deux s'était isolée des autres langues
avant de s'établir aux deux côtés du détroit.
' C'est pai- \c mèine procédé qu'est formé en sanscrit le nominatif
pluriel du nom en as.
— 40 —
§ 2^1. Un autre argument en faveur de l'origine
relativement moderne des pluriels internes peut
être tiré des remarques mêmes qui ont été faites
relativement à leur forme. Il a été montré que de
nombreux paradigmes particuliers au nom abstrait
et à l'infinitif avaient reçu la signifiealion du pluriel.
Peut-on croire que la langue, dans sa période créa-
trice, alors qu'elle répand sa sève dans une exubé-
rance de formes que l'avenir devra réduire au né-
cessaire, eût ainsi appliqué les mêmes formes pour
exprimer des rapprocbements qu'on devait alors
bien moins sentir que les différences? Plus tard seu-
lement se manifeste dans les langues une tendance
à détourner les formes existantes de leur acception
première, plutôt que d'en inventer de nouvelles, et
il semble alors qu'elles puissent se mouvoir libre-
ment dans un cercle tracé autour d'elles, mais sans
pouvoir en sortir. C'est à une telle époque seule-
ment qu'on peut rapporter la formation de pluriels
qui, sans emprunter toutes leurs formes au fonds
commun de la langue, y ont largement puisé, et se
sont a])proprié tout ce cpii était à leur portée.
§ 2 5. A coté de ces motifs, il en est un autre
qui atteste la date récente des pluriels internes par
rapport aux pluriels externes. Ce sont les transitions
([ui nous ont été conservées dans quelques fornies
limitrophes, pour lesquelles on ne sait si fou doit
les placer dans l'un ou dans l'autre camp. Nous pos-
sédons encore trois espèces de pluriels très-diffé-
rentes, qui ont ce caractère commun.
— /il —
1° Beaucoii|) do siihstanlifs apparteiiaiil à des
racines trililères dont la dernière consonne est un
u'àw ou un yâ la laissent tomber au singulier de-
vant la terminaison fémiin'nc. Ainsi iiÀ^ «année,')
àS^ «bande,» iyu «armée,» ^S «bois avec lequel
jouent les enfants,» etc. Ces mots peuvent former
leurs pluriels régulièrement en prolongeant le/a^Aa
de leur seconde radicale (c;jUj), ou encore ramener,
comme nous l'avons vu(§ i /i), la racine à sa plénitude,
et ensuite être traités comme des mots ordinaires
(c:*l_^À^). Mais ils peuvent aussi prendre la termi-
naison du pluriel masculin, et alors l'intérieur du
mot subit un cliangement et la première consonne
reçoit comme voyelle un kcsra. De là les pluriels
(j^Xmi^ {j^k's ^ U^+-^ > U^*-* ^ etc. Nous avons déjà
ici un premier pas fait vers la combinaison des
deux procédés; mais la langue est allée plus loin.
Ajoutons aux exemples cités les noms de nombre
^j5 «quatre «et aa^ «six;» leur pluriel se forme
également en y^-, comme si au singulier ils n'étaient
pas pourvus de la terminaison féminine, et l'on dit
y^i^î « quarante » et y^^^ « soixante. » Malgré celle
anomalie, ce sont de véritables pluriels externes.
Mais, tout en continuant à employer ijy^ , u^*t^K
ijyiMi , on en est venu à considérer le noûii comme
' Sîb. éd. cilée, p. Ia, 1. 2 et siiiv.
— k2 —
laisanl partie intégrante de la forme et à l'erulcr la
marque de la déclinaison jusqu'à cette dernière
lettre, comme s'il s'agissait de pluriels internes. C'est
ainsi qu'il faut expliquer des formes comme (jvÀ^i,
(jytjj' ^» (:^*^ ^- A propos de ce dernier, Tebrîzî
ajoute même dans son commentaire: «Le pluriel
régulier, en recevant la déclinaison, a été traité
comme les pluriels brisés. Un tel fait n'est pas rare;
c'estainsiqu'un autre écrivainadit au génitif ^.^-xjjiil ;
de même qu'un autre encore a laissé subsister le
noûii, malgré l'état d'annexion, dans (^^-**' «mes
années *. » Nous avons donc ici des pluriels externes
' Monjassal, ctl. Brocli, p. v^, 1. G.
- Moufassal , p. v^ . i. g,
^ Hamaza, p. ^vh", 1. i5.
* Voir Tcbrîiî ad Ilam. 1. cil. Dans ic dernier exemple l'in-égula-
rilé consiste dans ie maintien du noân devant le suffixe. Cf. aussi Ham.
p. ^aH, \. 3 suiv. Ibn Ya'îch, dans son commentaire sur le Moujas-
sal, nis. cilé , p. 3 1 2 , affirme que certaines tribus arabes déclinent
ainsi tous les mois où la tcrminaisou du plmiel masculiu remplace
une confraclion faite au singulier. Voici le passage : jj.-/» ^1 AcI
Cil] 3. (jjàJ f (j ^y.] \^ ^ y u ««.jc u cj> 'yi [ J-^r?. e)-* vy^
4_>it>!jJt eJv^t io'>i'» o^*-^ "S^^ (JjàJI (j3. Le motif de cetlc li-
cence serait, d'après lui , que le noùn est à la place de la lettre sup-
primée. On peut encore comparer Djaûhari dans le Siluïh, s. v.
iXM, cl VAlliyd (éd. Dielcrici). p. Ia, I. ().
— 43 —
assimilés par la clécliiiaison ;ui\ pluriels iut'M'ncs,
cl se rapprochant d'eux sans pourtant laisser lojiiber
leur terminaison,
§ 26. 2° Nous retrouvons le même phénomène
dans deux autres formes, c[ue les grammairiens
arabes ont également réunies aux pluriels internes,
et qui cependant, par la communauté d'origine et
l'analogie de la désinence, semblent avoir appar-
tenu primitivement à la classe des pluriels externes.
Ce sont (jtiX** et (j!^^*i. En affirmant que l'arabe a
conservé le nominatif et le génitif de son pluriel
externe, nous avons montré que l'accusatif de cette
forme était devenu la marque du duel (cf § 22).
On peut cependant se demander si l'accusatif du
pluriel est complètement tombé en désuétude, ou
bien si l'arabe peut encore faire précéder le noûii
de son pluriel d'un fatha, aussi bien que d'un
dhamma ou d'un hesra. Si nous examinons la ter-
minaison (la dans les langues sémitiques [on en hé-
breu et en syriaque), nous reconnaîtrons qu'elle est
appliquée en général pour exprimer un accroisse-
ment de la signification et la notion môme de la plu-
ralité , partout excepté en liébreu. Mais là encore
elle sert pour former ou des élatifs, ou des abstraits,
c'est-à-dire qu'elle côtoie l'idée du pluriel sans fat-
teindre ^. Dans les autres langues de la même fa-
mille, elle acquiert la valeur d'un pluriel^. Seule-
1 Cf. Ewakl, AusfiihrUchcs Lelirhiich, § i63.
^ En syriaque , celle lerniinaisou est devenue parliculitre au plu-
— kk —
nient, en arabe, tandis que l'usage a consacré le
nominatif y^ et le génitif (j*-, il a dédouble l'ac-
cusatif, qui, avec la terminaison yL, est devenu le
duel, et, avec la terminaison yU^, a donné naissance
à une nouvelle calégoiic de pluriels. En d'autres
termes, cet accusatif est devenu indépendant des
autres cas, et a lui-même reçu la faculté de se dé-
cliner comme un mot nouveau. Cet allongement,
qui est venu ainsi modifier la fin de la racine en se
confondant avec elle , a entraîné une réaction qui
s'est produite au commencement du mot et a fait
contracter en une syllabe tout ce qui précède la ter-
minaison. De plus, lefatija long, qui domine la fin,
a reçu comme contre-poids un hesra ou un dhanima
placés sur la première radicale , et l'on est ainsi arrivé
aux pluriels y :>^.j« et ^"^aî '. L'explication que nous
riel absolu du féminin [un- un do ces caprices de la langue qu'il est
plus facile de signaler que d'expliquer; c'est ainsi seulement que
peut se comprendre l'isolement du syriaque par rapport aux autres
langues sœurs, qui toutes forment leur pluriel féminin en âl; de
plus, à côté de l'abstrait en oii,pour oui, le syriaque connaît des abs-
traits en un, c3/io (comme JLj^J3Cl3 « autorité»). En éthiopien, tous
les pluriels externes masculins sont eu an, l'abstrait prend la termi-
naison an ou avec une interversion nà. (Dillmann, Gramnialik ^eic.
§ 12 2.) En arabe, cette terminaison est applicable à l'infinitif , à cer-
tains élatifs (comme (jkX_«. «ivre,» (jLL^à i- joyeux .>) et aux
formes de pluriel dont nous exposons ici la nature.
' Quelques grammairiens, à côté de ces deux formes, eu cilcnl
une autre, QÙla-9 , à propos de laquelle Beidliâvvi dit [Coinmenlinrc
sur le Coran, éd. Fleisclier, I, p. l^'-f ) : n lùi'lùnonn n'appartient pas
— Po-
uvons donnée de ces Cormes Justine siiirisammcnt
l;i place que nous leur assignons parmi les transi -
lions cnirc le pluriel externe cl le pluriel inlerne.
§ 2 y. 3° En éludiant les caraclères de ce dernier,
nous avons vu qu'il se dislingue le plus souvent de
son singuli(^r par une plus grande plénitude de la
forme et par le déplacement de l'accent. Nous re-
trouvons, à côté de la terminaison régulière, ces
deux règles appliquées dans le pluriel des substan-
tifs féminins, dont le siniiulier en ^x», i^x» et
'^iy*i, n'a pas de voyelle sur la seconde radicale. Au
pluriel, ces mots répèlent sur cette lettre la voyelle
de la première radicale, qu'ils peuvent aussi rem-
placer la seconde fois par un Jaf/ta, De là les pluriels
cy j\*d , i^y>.x» , Ci» jAjo , t^2\.xà, uy^xi '. Lacccnt,
aux formes du pluriel : it^4.! i^^jt q'» ^JHai ^J . Cf. cependant
le Kdnioûs qui , an mot iLa\ «servante,» cite le pluriel i.jl»-«l.
' Cette règle ne s'applique ni aux adjectifs des mêmes formes, ni
aux substantifs dont la deuxième radicale est une lettre faible; cf,
particulièrement le commentaire de Zoùzcni à la Mo'al. d'Imroâou'l
keis , éd. Arnold, p.f^, 1. 3\Moiifassal,p. vv, 1. 6 et 9; Sîb. éd. ci-
tée, p. ^ , I.i8 et suivantes ; le /af/ia^ ajouté sur la deuxième radicale,
ne peut être supprimé que par licence poétique. On lit dans la Cliâ-
flyad'lhn Hàdjib, ms. cité : « Lorsque la règle de î's.-tf"' est régulière-
ment appliquée, on dit c^l^' avec unya//irtjren)ploi du souhoiin[ou
djezw) est une licence poétique : c;jls-<r" jj.^ ^Y^ '-^v ->.^ I-I
*)35^ (jLCw/jL J^flJlj .» Disons encore ici que les grammairiens
arabes appellent ces pluriels ciîov-^ «ceux qui sont pourvus de
— ^û —
clans ces formes, repose sur la voyelle ajoutée , non-
seulement pour les molifs que nous avons énumérés
à propos de Jw« et J^xi (§ 18), mais d'après la règle
générale de l'accent arabe '. L'importance que cette
syllabe accentuée prend immédiatement dans le mot.
en reléguant au second plan la première syllabe, qui,
au singulier, portait tout le poids du son, est cer-
tainement le signe distinctif de ces formes , qui , par
leur terminaison, ressemblent à des pluriels ex-
ternes. La persislance du /«Ma à se maintenir sur
Ja deuxième radicale au pluriel, à l'exclusion des
autres voyelles, autorise peut-être à comparer ici
le pluriel des formes ségolées en hébreu, comme
D"'pbp « les )ois, » niji: (des granges,» où aussi la
vovelle du singulier s'est déplacée, et où une pré-
dilection marquée pour le son a se fait également
sentir. Si en araméen on dit Î"'?^P, ^*.i^»ào, c'est
que, dans cette famille de dialectes, il y a une ten-
dance à espacer toujours les voyelles de deux en
deux consonnes, et ^ n'avoir que des syllabes fer-
mées. C'est à ce genre de pluriel qu'il faut aussi
rapporter en arabe c:^U?jî de ^^^1 « terre, » et c^^X-jûI
voyelles.» par allusion à la voyelle ajouléc. En éthiopien aussi, de
*hA.4"7'!>0" forme lepluricl<IiA^'î«î, qui peut ensuite s'allonger
encore et devenir^A^^»:. D'ailleurs rélLiopieu et l'iichren usent
souvent de \u long là où en arabe on se contente du fat ha bref. Cf.
j_>iâ. «lait» avec a*?!!!, éthiopien JiA'fl!. et d'antres i'^yp, J.«.5, etc.
' Ewald, Grammatira crilica lifKjuir arnhiccc, S 1/1.2.
— 47 —
(le J^l «gens', )■> mots auxquels on peut comparer,
en éthiopien, un pluriel eounne hAfl'ï' ! do hA"!) '
ccœur. 1) Les grammairiens arabes semblent d'ail-
leurs s'être lait une idée vague du rapport qui existe
entre ces pluriels et les pluriels inleriies, puis([u'ils
pai'lent généralement des uns et des autres dans les
mômes chapitres de leurs traités.
§ 28. Si nous passons à l'étude des véritables
pluriels internes, nous rencontrons plusieurs ten-
tîitives de classification faites par les grammairiens
indigènes. Ceux-ci, frappés par le nombre de ces
formes si diverses, ont essayé de les grouper, en se
plaçant à divers points de vue. C'est ainsi que le
morceau d'Ibn Ya^'cb, cité plus haut^, distingue
trois classes de pluriels, selon qu'ils proviennent
fl'un accroissement («iLj), d'une contraction (j^*j)
ou d'un changement de voyelles [i^\^jJl j.ajJLjY Cette
division tout extérieure trouve son meilleur cor-
rectif dans les développements qui lui ont été donnés
dans d'autres ouvi'ages, par exemple dans le com-
mentaire de Halâwi sur rAdiroùmiya^. Après avoir
indiqué ces trois espèces, il ajoute : u Un exemple
de faccroissement joint au changement des voyelles
estcKi?^, pluriel ^^=rj\ car le rà , dans nidjoiiloun,
avait un falha , et a reçu un hesra dans ridjâloun , etc.
' Moufassal, p. vv, L 16.
^ Cf. page A'i5, note 1 .
^ Ms. 75 de la Rifâ'iya de Leipzig, fol. 1 1 v°. Le désir de ne pas trop
('■tendre les limites de cette dissertation m'a seul empêché de trans
crire ici le passage.
— i8 —
Un exemple de la contraction avec le changement
des voyelles est t_>^-^^ ' pluriel u^^S ; car le /.«/ av.iit
un licsra, le td un fatha , etc. Un exemple du chan-
gement des voyelles seul est t>w*».l , pluriel <>-*«l ; car
le hamza avait un faiha au singulier, etc. et un
exemple d'un mot où sont réunis ces trois caractères
est *Xa4^, |)luiicl -tiiX^^-, car le ch'ui avait un fa-
tha, etc. )) Un tel classement, qui s'appuie ainsi sur des
faits cpii peuvent tous se retrouver d^ms une même
forme, loin de diminuer la confusion, ne peut (jue
l'augmenter. Ceux qui ont imaginé cette division,
ou bien qui l'ont adoptée, font condamnée par la
façon même dont ils l'ont appliquée. Fondée sur
l'extérieur seul des mois, elle est de plus absolu-
ment inapplicaiile, parce que, dans la phqjart des
formes, le cbangement des voyelles est uniquement
l'auxiliaire de l'accroissement ou de la contraction,
alors même que ces trois ordres de phénomènes ne
se concentrent pas sur un seul mot.
§ 29. C'est au contraire une dilTérence de signifi-
cation qui a fait partager par les grammairiens arabes
tous les pluriels internes en deux classes : les plu-
riels de paucité (i^iJl ç-T-), et les pluriels d'abon-
dance (àjii^i ^^ 'j. Une connaissance approfondie
de la langue et un sentiment très- délicat de ses
nuances ont présidé à cette division, qui n'est pas
restée, comme la précédente, enfermée clans les
' Cr. Moufdssal , |). \-!, 1. 1 suiv.
— ll\) —
livres de graininairc, mais qui s'est répaiuluc clans
les commentaires du Clora u et des vieilles poésies.
Le pluriel de [)aucité s'applique l\ un petil uoudire
d'objets semblables, dont la quantité ne peut dépas-
ser dix; le pluriel d'abondance, qui se rapproche
plus de l'abstrait ou du nom général , peut se rap-
])orter à un nombre d'objets allant jusqu'à l'infini.
En constatant la justesse de cette définition, nous
ne serons pas étonnés de voir appli([uer au pluriel
de paucité d'abord les formes du pku'iel externe en
[j_j~ et en u.'C, puis celles qui s'éloignent le plus
des formes de l'abstrait et de i'infmitif JUil , ^K*»! ,
ikxi\ , 'ikxà ^ ; car le pluriel de paucité est le véritable
pluriel, et c'est là une idée si profondément entrée
dans la conscience des langues sémitiques, qu'elles
ne construisent niême les noms de nombre avec
le pluriel que jusqu'à dix; dès qu'on arrive plus
loin, la langue revient au singulier pour indiquer
la masse substituée à la pluralité. Toutes les formes
en dehors de celles que nous venons de citer ap-
partiennent au (( pluriel d'abondance. » La barrière
qui sépare ces deux catégories n'est point infran-
chissable , et très-souvent les écrivains arabes en
tiennent peu de compte. C'est ce que, d'ailleurs, les
' Moiifassal, p. vi, 1. 2. Cf. aussi Sîb. passim et p. H, t. 18. Le
"rammairien Elfarra a ioint à ces formes trois autres qu'il a aussi
^,< K. ^T-.
complées parmi tes pluriels de paucité. Ce sont : J^aS , J.ai , iXaJ-
Cf. Lumsden, Grainnmr of tlie arabic laiif^aarie, p. 53o. Remarquons
que ce sont également des formes étrangères à l'infinitif et à l'abstrait.
J. As. Extrait n" 10. {1867.) 4
— 50 —
grammairiens ont eux-mêmes souvent constate '.
Cependant, lorsqu'un même mot peut former plu
sieurs pluriels, on distingue généralement dans la
pratique, aussi bien (juc dans la théorie, ceux qui
appartiennent à l'une et à l'autre classe. Cette divi-
sion a surtout le tort, au point de vue purement
linguistique, de négliger une foule de phénomènes
qui doivent entrer en ligne de compte dans une clas-
sificalion scientifique des pluriels internes.
§ 3o. Nous ne citerons que pour mémoire la
division des pluriels arabes en pluriels apparents
(Jjûlli] et virtuels (^.xa^), qu'onv trouve exprimée
dans le commentaiie d'Ibn 'Akil sur XAlÇiya"-. Les
exemples sont d'un côté cM»j , pluriel J^-j, et de
l'autre dUi, qui, comn)o nous l'avons vu, est em-
ployé pour le singulier et le [)lui'iel. Cette distinction ,
une fois admise, ne préjuger.at encore lien sur les
diverses espèces de pluriel qu'on trouve en arabe, et
qui sont tous plus ou moins << apparents. »
§ 3 I . Cherchons donc un autre système de classi-
' Mou/. <1F, 8; Sîb. M. citée, p. f- , i. i5 ; p. 1= , 1. 3, i 5; ^.g.clc.
Les singuliers rares ne forment en gi^néral que le pluriel de paucité.
Cf. Sîb. l*' , 1. 1 7 et suiv. ^, 1. i i. Dans le fait, le plui'icl de pau-
cité est souvent employé pour le pluriel d'abondance, tandis que le
contraire est plus rare. Cf. cependant Sîb. p. d , 1. 8; p. "1 , 1. i;
p. A, 1. I. Selon Ibn Va'îcb (/oc. ci^), ce serait pourtant plus ré-
gulier, «parce que, dit-il, le petit nombre fait partie intégrante du
grand nombre : I) q3 iXx]\^^ ï^vXlJl r-*--?- i>^>.».X.wj yi .^.-sL
- P.fF'J, éd. de BonlaL
— ôl —
fication , el donnons-lui pour point de départ les plu-
riels formés de noms quadriiilèros, dont les rap|)orts
ont déjà été saisis par les grammairiens aralies '.
i''On peut dire, en général, que tons les quadrilitères
forment leurs pluriels en JJ\j«, et l'on retrouve, en
effet, dans tous la gamme uniforme «, à, i , qui leur
est partieulière, et qu'on ne rencontre nulle part
ailleurs dans la langue'-. De plus, ils sont privés de
la nounnalion et par conséquent aussi de la décli-
naison parfaite^, comme pour compenser la lon-
gueur inusitée du mot. Les poètes ont seuls le droit
' C'est ainsi que Sib. (ëd. citée, p. t'i, 1. i .') et 19) les appelle
Acli/) et J.^£.li^-, Ibii 'Akîl ,dans son Connu. surrAlJija,^"^*'^ (éd.
Diet.), les nomme tv^gA-i» (IJ^ ; l'auteur du commentaire intitulé
Dou'oun sur le 3Iishàli, dans V Anthol. Gramm. ar. de M. de Sacy,
p. 283 : *^-yi5 ^clif. iMotarrezi , dans VAnlhol. p. <^'^ , ï. 3, les
appelle i_^i\ %^4-^ , ce que JM. de Sacy traduit : «pluriels qui oc-
cupent les dernières places, » par rapport au rang que leur assignent
les grammairiens arabes dans leur exposition. Cf. aussi Moujassalj
p. VA, 1. 8.
* Cf. Mouf. p I <; , 2 , où on les appelle des pluriels dont la forme
ne se retrouve dans aucun singulier» o^—^^L <*v<JV ^c , ^} «<?".
De même, dans Motarrezi, /. cit. Pour ce qui regarde jLalj^ «les
os intérieurs du fémur,» que quelques grammairiens considèrent
comme un singulier, voirie commentaire deWabadi sur Motancbbi,
p. v'IK'.l. li (éd. Dieterici).
^ Le Commentaire i>. .i sur le Mishàk dit que la nounnation
manque à cette forme tU3 HsL^^^t^ JyS3j «pour y renforcer le plu-
riel. B L'auteur veut évidemment faire allusion à l'emploi de la noun-
nation dans presque toutes les formes de singulier; de telle sorte
que sa disparition indique déjà l'absence du singulier, c'est-à-dire
le pluriel.
4.
— 52 —
d'ajouter à la désinence de ces pluriels l'appoint de la
nounnation, qui leur fournit une longue au lieu d'une
brève. On trouve ainsi yiU^ a les mines, ndansHani.
p. vôp, V, 1 , et '_;^bi , dans un vers cité parMoubar-
rad , Kâniil , p. i-^ , 1. 1 6, éd. Wright, et dans Ylchtikdk
d'Ibn Doreid, p. >~4 , I. y. L'éiifde prolongation, (pii
coupe le mot en deux parties à peu près égales , est
appelé^**.^^i *-j»-5! u élif du pluriel brisée» ou otlî
«-«^ «(f/ï/du pluriel^. ') Remarquons de plus que le
kesra de cetle l'orme J-ilo est prolongé toutes les fois
que dans le singulier la lettre correspoiuJanle esl
suivie d'une vovelle Ionique. A colr de celte forme
J.jJlx», on trouve souvent comme équivalent i^l« ,
où la terminaison féminine remplace la voyelle
longue qui précédait la dernière syllabe^. Ces deux
formes peuvent se rencontrer parallèlement df ns les
mêmes mots, à moins que l'usage n'ait consacré,
dans certains cas spéciaux. Tune au détriment de
l'autre^. Nous avons vu (§ i 6), d'ailleurs, le même fait
dans les pluriels écjuivalents JUil et «Xxil ; dans le
verbe, l'infuiitif de la seconde forme est J^xij (ou
' Comincnta'irc do Halàwi sur VAdjroûmija, ins. cit(^, fol. 8 v".
'' Moiifussal,Y>- lv)*',l. 2; Hariri , Com/ii. p. eH.
■' Alors, avec la teriniiiaiso;i du féminin, In jiliniel rccH)uvrc ta
(lt''cliiiaisori jiarfaite : l'iiiie est ^l'-néialeniciit le corollaire do l'autre,
excepté dans les noms propres.
* Ainsi, dans les substantifs d'orij^iiie ('■traiigère , on emploie i;é-
nëralement ^lUà. Cf. S\h. édil. rilée, p. h"! , I. 2 cl suiv.
— 53 —
JuÀj ] , et iiXxjb ; tie même aussi , à propos de 1 infini-
tif (_j*<i_^^ « suggestion de Satan , n Beidhàwi dit dans
son commentaire: « (j«î^^ est égal à iC*v^^j, comme
Jiy5 ^st léquivalenl de Aipjj. >> La forme JJUi elle-
même, sans la terminaison féminine, est employée
en vers pour JaJI*»-, par exemple, Chrest. de M. de
Sacy, Ilf, p. fi , où t>5^-?- est employé au lieu de
^^Jl^ , pluriel de (^"^h" «l'intérieur des sourcils, »
par suite d'une nécessité prosodique.
Voici un tableau des formes qui rentrent dans
cette première catégorie de pluriels internes :
1 .
y
1 2.
JoJlxi
23.
iy y
y
2 .
i3.
2/l.
iy y ^
3.
M\i\
l/l.
j.A^lj!
25.
5^ -ï
à.
y
i5.
) y
26.
^x^uî
5.
M<^.
.6.
cUf^À^
27.
5^ X
6.
j y
»7-
28.
'i^&\'^
7-
jLsUl
i8.
29.
iy y
8.
19-
%\^
3o.
9-
20.
} y
3i.
1 0,
2 1 .
liUi
32.
Jlii
1 1 .
>
22.
(iJ^i
33.
aui
— 5^ —
§ 32. 2° Parmi les formes issues de Irilitères qui
nous restent à examiner, nous pouvons distinguer
tout d'abord celles où la voyelle de la seconde
consonne a été prolongée au pluriel. Là encore il
n'est peut-être pas hors de propos d'établir nue di-
vision entre les formes qui sont précédées d'un élif
liamza cl celles qui se sont produites par un chan-
gement intérieur ne dépassant pas les limites de la
racine. Nous avons déjà montré dans un paragraphe
précédent (i6) les motifs qui nous font considérer
Jlxil, Jotit et iiKxsî comme des formes de valeur à peu
près identique. A côté do J-xâî , l'arabe a conservé
des traces d'une forme où le dhamma était long, et
il reste dans quelques mots des traces du ])lurieJ
Jywi. En éthiopien, la même forme subsiste égale-
ment , mais avec la voyelle a sur la première syllabe
dans des exemples assez nombreux. Le dhamma de
la première syllabe, en arabe, n'est qu'une répéti-
tion anticipée de celui qui est sur la seconde, et
l'arabe applique en général à tous les mots analogues
sa tendance à faire précéder un dhamma ou un kesra
long, qui se trouvent au milieu du mot, d'un autre
dhamma ou d'un autre hesra bref dans la première syl-
labe, ([uand celle-ci est une syllabe formée ^ Quant
à la forme *^xii , que nous citons également ici,
' Des formes JLs«if et (J^«iIsont impossibles cti arabe An
coiilraire, l'arabe aime mieux opposer les autres voyelles an fiidia,
qu'à l'accoupler avec d'autres yi/z/irt^.
— b'o —
^ y (ji-
son identité avec la fornie *Kxil n'a [)as licsoin d'èlic
démontrée, puisque ces àQ\w i'ormcs ne dilîèrenl
{[ue par l'emploi de deux désinences féminines. Nous
avons donc ici :
3/i. JUiî 35. A^xiî 37. ^i/iî
36. Joiiî 38. Jywl
§ 33. 3° A côté de ces formes, nous sommes natu-
rellement conduit à placer celles dont la prolon-
galion est seulement intérieure. Les granmiairiens
arabes ont eux-mêmes reconnu la parenté de J^*i^
i s y
et de cUx9 -, auxquels il faut joindre J^*i, qui, pour
être plus rare, n'en appartient pas moins aux formes
du pluriel interne. C'est ce qui a été mis en doute
par plusieurs grammairiens indigènes, qui se sont
demandé si ce n'était pas im singulier employé dans
le sens du pluriel^. La comparaison avec Jl*iî, J^î et
'i^^jtj>\ , auxquels répondent Jlx9,J^x9 et J-6*<», nous fait
incliner vers l'opinion de ceux qui considèrent cette
' Sans parler de ij^i>^ » qui n'est quun changement dialectique
^t ■>
pour A^sj , et que certains lecteurs du Coran lui substituent tou-
jours dans les mots dont la deuxième radicale est un (_5, comme
dans tLig^' ^'*^-
- Cf. Sîb. édit. citée, p. F, 1. 10 ; p. v , 1. 2.
^ Ibn Ya'îcli, ms. cité, p. 3i5, 1. i4, prétend que c'est là l'opi-
nion de Sîbawcihi sur ,_>,^i'^rt les mots analogues; nous trouvons
tout le contraire dans l'édition déjà citée de Sîb. p. I, 1. 5 et 6.
— 56 —
dernière forme eonjine un véritable pluriel. Toutes
les trois, d'ailleurs, ont conservé leurs voyelles lon-
gues, parce qu elles ne sont pas renforcées par Véllf,
qui, placé en tête du mot, contribue à son exten-
sion. A cette classe de pluriels se rattachent aussi
des formes comme Jl«, souvent al)réffé en J^'.
plus rarement en JUi^^ J^g plus, non-seulement on
peut ajouter àjl« et JUi la terminaison du fémi-
nin^, mais, dans d'autres cas aussi, la mettre à la place
de la longue qui précède la dernière syllabe. Ces der-
nières formes deviennent, par une opposition déjà
signalée, l'apanage de mots qui, au singulier, ne
peuvent s'appliquer qu';'i des êtres animés et raison-
nables. C'est ce qu'Ibn Akil, dans son commentaire
sur ïAlfiya *, a particulièrement fait remarquer pour
x- ,-> f/ y^ ^ , ?/ ^
les formes *^*3 et *^X9 •'. Ouant aux formes ^x*
"*■ •
' Ces deux formes sont toujours juxtaposées daus les mêmes
mots. Aussi la grammaire indigène a-t-ellc déjà reconnu le lien
qui les unit.
' » j
* Cependant Beidhâwi prcicnd que J Lst3 n'est pas une l'oroie de
pluriel. Cf. Coinm. f , p. et', 1. 1 1.
^ Sîb. édit. citée , p. i , i. i 5.
^ Alf. édit. Diet. p. »*'t*'f .
^ Il faut ajouter ^jli.j , qui ne se rencontre que dans quelques
mots dont la troisième consonne est faible. Nous avons déjà dit
(pi en éthiopien on allonge souvent Va de *;ÀaJ ; mais autrement
les deux formes sont idenlicjues et proviennent des mêmes singu-
liers. Les grammairiens arabes citent d'ailleurs aussi *.jl.5? connue
pluriel de i_s2k,Lv3 « ami. »
— 57 —
et plus bricvoment '^^m , \euv pince esl également
ici à côté de JUj '. Il ne manque [)as de gianimai-
riens indigènes qui refusent de les compter parmi
les ('pluriels bi'isés, o en se fondant sur ce (pi'on
peut en tirer directement des diminutifs, sans les
ramener d'abord h leur singulier^. Cette preuve n'est
pas concluante, j)arce que le pluriel interne sert,
dans bien des cas, de base pour ]a formation des
diminutifs^ On a, d'autre part, supposé que ^«
était abrégé pour a11« , et que la forme primitive
avait dû avoir une longue sur la seconde radicale *.
Je ne vois aucun motif qui justifie cette hypothèse,
et d'ailleurs i^Xis , comparé à JUi, et répondant
aux mêmes singuliers, en est l'équivalent naturel.
Voici la liste des formes appartenant à cette troi-
sième classe :
' Cf. Sîb. cdit. citée, p. i3, où il est dit que AÂs peut aussi
bien former le pluriel xlaJ , que jls.9 cl J^ai • Cf. aussi , p. Y^ .
1. 1 I, où il faut lire jL^n, au lieu de jl^^.f.
^ Ibn Ya'îcb, ms. cité, p. 3i5.
' Cf. la règle posée à ce sujet et les exemples nombreux cités,
gM" 1 . . .
MouJ'assal, p. av, 1. i4 et suiv. en y joignant f»<^| , diminutif de
%e^\> pluriel de ^ts «hache,» ibid. p. MH , 1. A-
* Ibn Ya'ich, loc. cit. Voici ses paroles: Aju» iXaJ f>3 ij^5 o.
58 —
39-
/jG-
/.y.
i:sKii
ào.
u
^7-
5o.
/il.
jUi
/.8.
3 y
5 1 .
A^OO
à2.
5 ^
52.
Zi3.
53.
lili.
Ii5.
5 ^
JUi
§ 34- 4" Toutes Jes iormcs ([ui nous restent à
éninnérer ne contiennent aucune voyelle longue.
Cependant il faut encore ici distinguer des autres
celles auxquelles nous avons consacré une étude
particulière et dont nous avons cherché à recon-
naître la syllabe accentuée. On se souvient des ar-
guments qui ont été émis pour démontrer que J.«i
et Jo« soutiennent par le ton \ç^\\v Jatha bref (§ i8i.-
Si l'on y joint Jo", qui n'est qu'une légère variante
des paradigmes précédents et qu'on retrouve dans
quelques exemples, nous avons :
5/,.
Joti
55.
5
56.
§ 35. 5° Dans les formes que nous n'avons pas en-
~ 59 —
corc mentionnées, raccentcstsnr la prcmièresyllabe ,
tandis (ju'au singulier il était sur la seconde, (jui au
pi miel a perdu sa |irolongation et déplacé son ac-
cent. Il aétédéjc^ question plus liant de J»** , qui porte
la marque la plus nette de celte opposition entre
le singulier et le pluriel. On contracte ensuite cette
forme si usitée; la seconde syllabe, qui n'a plus
l'accent, perd aussi sa voyelle, et on dit jJii. Il y
a d'ailleurs d'autres cas oi^i cette dernière forme de-
vient directement le pluriel de singuliers auxquels
no correspond jamais J.*», comme, pour citer un
exemple fréquent, dans le pluriel de félatif Jj«I.
^ o ■' . .
A l'abstrait J-«, ainsi employé couime pluriel, il
faut joindre J^^i et Jjw, qui \\^\\ diffèrent que par
la couleur de la voyelle. Ces deux dernières formes
reçoivent de plus quelquefois l'appoint de la termi-
naison féminine (^-, et l'on obtient ainsi (jJià^ et (J-**
La réunion de ces formes dans une cinquième ca-
tégorie acliève notre tableau des pluriels internes.
Ce sont :
57.
Jii
58.
59.
61.
jjii
60.
jJii
62.
Jjo
' Ce pluriel , f|ui est primitivement le pluriel du féminin j=^jt9 .
est ensuite devenu commun aux deux genres.
— 60 —
§ 36. Ajoutons encore ici ([u'un pluriel interne
est souvent traite comme un singulier, d'oii l'on peut
ensuite tirer ce que les grammairiens aral)es appel-
lent le (( pluriel du pluriel ((^-«^ t"^)* " ^'^sl en
éthiopien surtout que Ton rencontre les exemples
les plus nombreux de ces formations à deux degrés.
En arabe, elles sont infiniment plus rares. Ce ren-
forcement nouveau n'ajoute rien au sens, excepté
dans certains cas où l'usage s'est plu, en |)résence
de deux formes, à utilisci' chacune d'elles dans une
signification parliculière. C'est ainsi que ^^^vs^ « mai-
son » fait au pluriel *^y<^ , qui à son tour fait au plu-
riel ^\iyj<i. Or nous lisons dans Ibn Doreid ' que,
parmi les tribus arabes, il y avait particulièrement
trois c:>lj^Aj, c'est-à-dire trois familles (pii , par l'éclat
de leur origine et les hauts faits de leurs membres,
étaient entre tontes les autres coiîsidérées comme
nobles. Ici <^^jsi a été regardé comme un nouveau
singulier, iiuliquanl par sa forme, non point la quan-
tité, mais le mérite et la qualité de l'objet désigné.
C'est un pluriel devenu encore une fois un véritable
élatif ^. Mais en général il n'y a aucune différence
' Ichtiluih, |). f\>^\, iLj^ixl] <_j_^ail cjl-Jjr^J-
* C'est le même point de vue qui a fait considérer à certains
grammairiens arabes ^olajl , Coran, xvi , 68 , « les bonnes actions, »
ef par coiis(5qiienl «la vertu,» el ^L^of, Coran, lx.vvi, 2 <i clioses
n)clées » el par suite « mclan-je infect, » coninie des singuliers. Cf. le
Commenlaire de Bcidhàwi sur ces deux passagbs. Cf. aussi .Lilil fni-
roûou'l keis, Mo al. v. 82, et le Convn. cité dans i'ëditiou d'Arnold , où
— ()l —
d'acception entre le simple pluriel et le pluriel du
|ilnriel. (iClui-ci peut cire forme en éthiopien de
loiilos les formes de pluriels; en iirahc, il y a une
exception pour celles (jui ont la désinence féminine;
il semble que ces pluriels, où le féminin est d(^jà
adVrmi, selon l'expiession des grammairiens arabes ,
répugnent à tout allongement ultérieur. Le phu'iel
du j)luri('l est tellement entré dans le mécanisme
de la langue, qu'il ])eut même ad'ecter un collectif.
C'est ainsi qu'à propos de -j.5 «gens,» on lit dans
Ibn Doreid, Ichtihik, p. M: ^^ fait au pluriel |*i^5l ,
et j<-5_j.Jjl fait au pluriel j*^!?!. Nous retrouverons sou-
vent, en étudiant chaque forme comparée aux sin-
guliers dont elle provient, des pluriels de pluriel , et,
en multipliant ici les exemples \ nous anticiperions
siu' la troisième partie de cette dissertation.
il est dit : a C'est un singulier qui a la foniie crun pluriel.» Il en
osl de même des pluriels employés comme noms propres, comme
,wL^, //«»(. vFe, 1. 5; i^Y^i . Mâlili, dans Nôldeke : Beilrâge
:nr [\entniss lier Poésie, p. i3o, etc. Cf. a>issi le pluriel appliqué ù
des noms (le villes, qAj|, Mochtarik , édit. Wùst. p. i, 1. 6; yjljf
Marâsid, édit. Jiiynboll , p. ^ , 1. ult. etc.
' Citons cependant, comme une curiosité, le passage suivant du
Mizhâr de Soyoûti (ms. suppl. ar. i3i2 b, t. II, p. 66), où il est
question d'un pluiiel à la sixième puissance. 11 n'y a pas, dit-il, de
mot en arabe dont on forme siTCCcssivement six pluriels, excepté
(Jî^ (( cliamcau ; » de Ji^ , on passe à Jl^ I , puis à J L-^ I , puis à
J^La, , puis à Jl<^ , puis à ^.jL-?^ , puis à «_;JL^. Voici le texte
— 62 —
§ Sy. Quelques mots sciileineiit encore sur ce
cjii'on nomme en arabe c nom de pluriel» ( j:?: |<v,l)
ou « nom pour le pluriel )) f j-«^ f^^ )• Ces deux dé-
nominations identiques se rapportent généralement
aux formes qui, sans appartenir à aucune de celles
que nous avons passées en revue, sont accidentel-
lement employées pour exprimer un pluriel, ou
bien, au contraire, à des mots (|ui, tout en étant
de véritables pluriels, sont regardés pour le sens
comme des collectifs singuliers. On peut donc dire
que ce terme technique désigne toute forme qui,
régulièrement applicable à l'un des deux nombres,
est dans la phrase appliquée à l'autre. C'est ainsi qu'on
appelle aussi bien «nom de pluriel» pUil les bien-
faits, rendant la notion abstraite de la vertu (cf. Beid.
Comm. t. I, oh). que^Is (c l'espèce des oiseaux, n de-
venu dans la phrase comme une sorte de pluriel
pour dire «les oiseaux». (Cf. Beid. Comm. t. II,
p. Fi"^, 1. 20.) Par extension, on emploie également
cette locution dans le sens d'un |)luriel mis en regard
arabe : lyv?" ^"l5 ^}^ Jifl c^!^ ^ ^ ^ ^-^j ^jj
{Coran, iaxvii, 33) ^.à^ tjj^l^ ci^«-j Jb . Lorsqu'on dit dans
cette pbrase que Jl^I devient J^L^i on semble considérer celte
(ornie comme abrogée do (_|/ol^|. Cf. rexoinple de ^^.jS , fi\^\ et
~ 63 —
iVun singulier auquel il no correspond pas. C'est ainsi
que civ^^' «les traditions,» (jui serait le pluriel
de ajj*Xj».| , et qui a été consacré par 1 usage conuiie
j)lurielde e^r?*^^»-, est souvent nommé dans les com-
mentaires u nom de pluriel'. » Nous pouvons ici en-
core renvoyer pour les détails ;\ l'étude séparée que
nous allons faire des ditlerentcs formes.
§ 38. Mais résumons d'abord cette seconde par-
tie. Après avoir caractérisé les pluriels internes, et
avoir démontré leur âge relativement moderne dans
la langue, nous avons énuméré les svstèmes de clas-
sification qui nous étaient connus parmi ceux qui
ont été imaginés par les grammairiens arabes. A
deux essais, l'un tout extérieur, l'autre, au contraire,
tout indifférent à l'identité des formes, et ne se fon-
dant que sur leur emploi dans la plirase, nous en
avons opjjosé un troisième qui s'appuie sur les ca-
ractères particuliers que nous avons reconnus comme
propres aux pluriels iiiternes, et où la communauté
d'origine est l'argument le plus décisif en faveur de
la place qui est assignée à cbaque pluriel. C'est d'a-
près ce principe qu'ont été distinguées cinq espèces
de pluriels internes :
1° Le pluriel du quadrilitère;
2° Le pluriel formé par un allongement intérieur
et par l'addition d'un élif hamza devant la racine ;
' Il en est ainsi dans l'extrait du Kachchaf de Zamakhcliâri que
M.deSacy a publié dans son Antliol. gramm. p. If»!.!. 16; cf. aussi
Beid. I, p. fv^, 1. 3; p. F<^^*^. 1. 1, etc.
— ua —
y Le pluriel exprimé par l'insertion d'mio voyelle
lonsiio avant la troisième radicale:
lx° Le pluriel dont les voyelles sont brèves, mais
dont la seconde syllabe est accentuée ;
5" Le pluriel d'ailleurs semblable au précédent,
mais dont la première syllabe porte l'accent.
III.
§ 39. L'étude séparée de cbacjuo forme exige-
rait, pour être complète, de longs développements
qui seraient ici bors de propos; du reste, ce point
est traité dans toutes les grammaires, et il est inutile
de répéter ce qui se trouve ailleurs. 11 a donc paru
bon de rédiger cette dernière partie sous forme d'ad-
ditions c^i l'ouvrage justement célèbre qui depuis un
demi-siècle sert de base à l'étude de l'arabe, à la
Grammaire de M. de Sacy ^ J'ai cru seulement devoir
ajouter à chaque exemple que je donne l'indica-
tion d'une autorité. L'état d'imperfection dans lequel
se trouve la lexicographie arabe en Europe ne per-
met d'accepter aucune de ses données sans contrôle;
et il est impossible de rien accepter de ce qu'elle
fournit, si fétude des sources ne vient apporter un
témoignage plus sûr à côté du sien. Cette étude
pourrait peut-être servir encore à classer les divers
' Il est bien entendu que je me suis servi de la seconde édition,
(|ni est mallieureusement, comme la première, épuisée depuis
longtemps; je crois donc répondre au vœu de tous les arabisants
eu réclamant la réimpression pmcliaine d'un livre dont aucun de
Dous ne peut se passer.
— 05 —
pluriels d'après leur plus ou moins grande ancien-
neté et à écrire l'histoire de la ({uestion, si tous nos
documents arabes, y compris le Coran et même les
poésies antéislamiques, n'a|3partenaicnl pas à l'épo-
que où la langue était déjà devenue sfationnaire.Nous
commencerons par les formes (j^V« et y^i^xi, que
nous avons placées sur le seuil des pluriels internes,
et qui, par leur terminaison et leur origine, sont
encore dépendantes des pluriels externes. Puis nous
suivrons dans Ténumération des autres formes l'ordre
que nous avons adopté, et nous les passerons suc-
cessivement en revue en leur laissant le rang qui
leur a été assigné.
§ 60. Forme ^^"xi (Sacy, § SSy).
a. De Jo»3, dont la racine n'est pas concave : J^
« outre, » pluriel (jl^^^, Ibn Doreid , Ichtikâk, p. m,
et d'autres dans Sîbaweihi (éd. citée), p. h, 1. i g suiv.
(Cf. p. Il, 1. 11.)
h. De JSà : v.^-^ " oiseau mâle, » pluriel yl^^,
Sîb. p. r, 1. i3', où l'on trouve encore d'autres
exemples; [ult. (^) .^i côté de (^ii, aussi ^*a^ «cail-
lou, » pluriel J^x*a.s>- , Harîri dans Sacy, Anlli. vi , 2.
c. De aX)»5 (ult. j), iUl «servante)), pluriel yî^i
Kâniil, p. K-F, 1. 9.
' Cf. aussi Moubarrad, Kàmil, p. \u\:, I. 16.
J. As. Extrait n" 10. (1867.) 5
— 66 -
d. De J<x9 : «Xji-i « vice , «pliH'iol ,.il«XJÙw,Sovoiiki,
" " s'
Mizhâr, t. Il, p. 05; (dciixicmc redoublée) (jA^j-
((jardin,)) [)luriel ^jUi-^*, ?V/. ibid. [mcd. liatnza) *Kjj
(( contemporain, n pluriel yi*>^J;, Sîb. p. e>, 1. i 5 ;
( "^'- : ) ^•*'** " palmier, )) phir. ^^y^»o \ Hamâza , p. iff ,
1. 3 , cl^Ài (( branche de dattiers, » pluriel yU-«, Co-
ra», VI, 99 ^
^. De J-^« : «Xa]^ ((enfant)), pluriel yi*>^ij, Cor.
^ y _ _ ... / i "
IV, 77 ; rtsMi « victime d'une injustice, » pluriel yU^Ii
Sîb. p. ft^, 1. 9, et les autres exemples donnés au
même endroit.
f. De Jjx» : :>ytï «chameau de selle,» pluriel
yiik«, Ham. '^^*'\",v. 3 ; O^j-^ « agneau mâle , » plu-
riel yls^i^, Sîb. f'H", 1. »//. ; i^y.s. (c jeune chevreau, «
pluriel yîi^* pour ^jî*e mot, où il
dit : «C'est un nom de pluriel de c>-?.ù^^-, ou bien un pluriel de
Jo«Owa»f.i) Ce passage démontre très-nel(ement la différence entre
ces deux termes leclmicpies.
— 79 —
§ 58 : 17. — J^i^î (Sacy,§ 878).
(Jitens seulement J*^^ «feuille pour écrire, «pi.
j^^lo et t^!^, Ijar. f<î, 5, employé pour les be-
soins (le la rime pour t-^3î_j,ï, pi, de <l^\i « moule. »
§ 59 : 18. — cXa*^
Ne se trouve que clans quelques mots, comme
(jliiA^ «Satan, » pluriel (^jvlsU^, Cor. vi, 7; o^-aas
«rusé,» pluriel Uu>J^,^ , Mouf. i^f", 8.
§ 60 : 19. — cXj^^j«
N'a été mentionné que par analogie , sans que j'en
aie jusqu'ici trouvé d'exemple; mais l'existence des
formes J^Uà et 'i\^^ rend très-probable aussi l'exis-
tence de cette forme.
§ 61 : 20. — J^Ui (Sacy, §878)
Est le pluriel de tous les trilitères dont la deuxième
consonne a un tcchdid et est suivie d'une voyelle
longue. Ainsi 5^-*^^ pourjbi «pièce d'or,» pluriel
wAjb^, Vie de Timoûr, II, 102, 1 2 ; <_j!^ « fourche, »
pluriel c-v*J!^, Mouf. ^a, ]3-, JU^ «plante médici-
nale, » pluriel j-s^U.ft , IbnKlialdoûn, Pro/. ]î,p. 202;
ji^ «paille dans l'œil,» pluriel j^j\^£., Fâkihat
Elkholafa, ^F, 3 -, ïj^j ^ « petit caillou , » plurielj.Ajl^,
' Le singulier ne se trouve pas dans le Dictionnaire de Freytag;
on le rencontre pourtant dans Ibn Hichâm, Si'r. p. t'e^.
— 80 —
Ibn llich. Sîr. notes, p. 68; cjXi« « coûter. u , » pi.
^51<A« , id. p, H ;^^j « marmite , » pliinelJ-vU:> , Ibn
Dor. Icht. t'io, 5; Jy^j u espèce de vêtement, » plu-
riel J^vfi'uu , Dozy, Dict. des noms de vêtements , p. 87 ;
^y***^ « chaux, » plur. ^^\m*Xd , Fli'igel, Muni , notes,
p. 1 3 1 . Citons encore JooLl a troupes de chameaux, »
Cor. cv, 5, où Beid. ajoute : C'est le pluriel de aÎIjI ,
d'autres disent : «Il n'a pas de singulier comme
»Xj:>VAi (( rassemblement dhommes, » et h^lsu^
« troupe ^ »
§62 : 21. — lilii (Sacy,§ 878)
Est le pluriel régulier de tout singulier terminé
par un jfî qui porte un tecluUd, en exceptant ceux
pourtant où le jâ exprime la notion de « relation »
[»jiZ.j)-. La présence de la terminaison féminine
au singulier n'empcche pas l'emploi de ce pluriel,
dont voici quelques exemples : iUX^] u chose dési-
rée, )) plur. jUI , Cor. u, 78 ; iUj;J) « selle, » pluriel
ù^Sj > ^or. Lxxxviii ,16; "(S^J^^^ trône, » pluriel (^^ip ,
Alf. KK^^, 2; "(s^. «chameau du Khorâsàn, » plur.
' Comparer, sur ce mol , notes ad Ibn Hich. Siv. Y'\ , 7. M. Lane,
dans son Dictionnaire arabe. 5. v. le donne comme pluriel de Jjj' »
et compare Ja.^ «jeune veau," pluriel (lA::^l:f .
= Cf. Jbu 'Alîl ad A\J. rri. 1. 3, \nfra.
— 8t —
tilat", Ibn Avi'is av). Arnold, Chrest. vo, 1 3 -, iCX&
« puissance, » pluriel J^a, Ibn Dor. Icht. >*'«?, i . On
dit aussi tj\-«*j' « lionnne, »> pluriel (^L*i \ Cor. xxv,
5i, où Beid. dit: «C'est le pluriel de i£^^ , ou de
^UCol , comme a|^ est le pluriel de ^jl^iô « sorte de
* " . ... " ^ I *= .
chat; » seulement sa forme primitive est (^-»«ul ; mais
le noua a été changé en yû. » On ne nous fera pas un
reproche de laisser de côté cette prétendue origine
et de mettre seulement h. profit le rapprochement
qui est ici indiqué.
§ 63 : 22. — civJ'oJ (Sacy, § 878).
Cette forme, qui est seulement une variété de
la forme Jh^JUj, a été distinguée par les grammai-
riens arabes, somme on le voit dans leMouf. vô, /j.
Aux exemples qu'il cite, ajoutons cjjji^, Imroûou'l-
keis, Mo^al. v. 77. Vers. «p. Râmil, I'ô, 9.
§66 : 23. — 4bJ (Sacy, §879)
Appartient aux mêmes mots que J-*Jl« , et est
particulièrement appliqué, ainsi que tousles pluriels
analogues, aux termes étrangers. Voici quelques
exemples en dehors de ceux donnés par M. de Sacy :
pjiiÀ" « homme libéral , » pluriel ïL^jUà.^ , Ibn Hich.
* Et non pas ^rtulô! , comme on lit dans le Dictionnaire arabe de
Freytag. Cette faute a dt'jà été relevée par M. Ewald, en i83i, dans
ses AhhandliiTKjen. ziir orient, iiinl hihl. Lilt. (Gôltingen, in-8°), p. 34-
J. As. Extrait n° lo. (1S67.) G
— 82 —
Sir. p. ir-v ; «Xj^^ (( mage, » pluriel »*XjI^, Tebr. ad
Hani. sfc, il\ : jL.*«>* « agent d'aflaires, » pi. Sj-*«*lvw,
Sacy, Chrest. Kl, p. S^g; Ji^jl* ((fauconnier,» pi.
«jil^j, Makrîzi dans Sacy, Chrest. l, p. vt^; aXSI «x a^ ,
ou plus brièvement J-Xa^ ((Abdallah, » nom pr. pi.
AJiUfii, Moiif. V, 1 y ; c'est ici également qu'il faut
rapporter iaJU^i (( les Amalccites , » Beid. If , i'^^ , 3 ;
Nôldeke, T)ie Amalekiter, dans Orient u. Occident,
I, p. 6/» 3, suiv.
§ 65 : 'ih.— '^sfx^ (Sacy, § 879).
On peut compnrer sur cette forme mentionnée
par M. de Sacy, sans exemples à l'appui, Moubar-
rad, Kâmil, p. F<5, 1. ulL et Fi , 1 , suiv. Aux exemples
qu'il cite ajoutons vi)>^^ u ange», pi. ^5j>^^, Cor.u,
28 et ailleurs^; et J.Ai u prince himyamarite, )> pi.
aJjUU, Tebr, ad Ham. n^, 10, Remarquons encore
que cette forme, assez rare en arabe, est une des
plus usitées en éthiopien.
§ 66 : 25. -- *K*LM (Sacy, § 879)
N'appartient régulièrement qu'aux mots étrangers
' Ce pluriel s'applique aux trois plus célèbres des 'Abd allab :
'Abd allah ben 'Omar, 'Abd allah ben 'Abbas, et 'Abd allah ben
Mas'oûd.
^ Beid. ajoute «(/ Cor. ii, 28 : fj=u^ est le pluriel régulier
de S^, comme JjUw', de jlôi. et le ta est pour le féminin du
pluriel.
— 83 —
[Moiif. Ac, iG). Ainsi ^yj\ (ap;^a)r), pluriel \kS\j\
S'y t
« les démons, » Fihrisl ap, FliigcJ , AJdni, p. 58 ; io»jij!
« les hérétiques, » dans les manuscrits chrétiens.
Cf. cependant aussi »jjU».l «les bracelets, » Cor. xliii,
53, où Beid. lui-même remarque que la terminai-
son féminine remplace la voyelle longue, qui de-
vrait précéder la dernière rndicale.
§ 67 : 26. — iO^Uj (Sacy, § 879).
A tXjç^i' « élève, » pluriel 's<y^')K^ , ajoutons JUàj
«court,» pluriel ^j^Àj, Ham. f*'H, g.
§ 68 : 27. — iiX^lÀj
N'a été mentionné ici que jîour servir de pendant à
JscUj et à J^a^sUj. Cf. ce que nous avons dit au sujet
de S^.^"^ .
% 69 : 28. — «Kcly
Egalement particulier aux mots étrangers. Cf.
Mouf. ^^, i5. On en trouve quelques exemples en
éthiopien: ^'fld : «mitre,» pluriel 4**P'(\ô't' ' ',
h-îffl ' «étoile, » pluriel h'Plî'fl^s.
3^ ^
§ 70 : 29. — AX^Ui
Est aussi très-rare et se retrouve, en arabe, dans
Jju.«> « polisseur, pluriel XKiU^ , Har. Conim. ûao , 5,
6.
— 84 —
et en éthiopien, dans ù^^t ' '• Satan, » pkiricl
§ 7 1 : 3o. — ^^Uj.
iy x=
Des exemples de aJ^Uà sont %y^ «jeune homme
robuste, » pluriel ïj^\ys^ . 'Amr bcn Kolth. Mo ai. v.
93 ; jî^X>, (( sorte de questeur, «pluriel »;j^> , Ilar.
f'f*''i, 12. Comme toutes les formes qui ont la ter-
minaison féminine, celle-ei est plus fréquente en
éthiopien. Ainsi 4*fl«ft ! «vieillard,» pluriel 4*^fl*"
ft^ s, 'D^îbC: «espace,» pluriel fl''|£D«C'î' ' , etc.
§ 7 I : 3 1 . ~ ^fiUi
Se trouve dans quelques mots seulement, comme
*^'j « prince yamanite, » pluriel ^^xjUj % Har. Coinnt.
ci-i, i7;jUr». « rOrion, » pluriel »^U>. Souheili
ap. Wùst. Notes à Ibn Hichàm, Siral, p. 187.
§ 73: 32.— JUi (Sacy, § 863)
Nous avons déjà vu, § 62 , que cette forme prend
la place de J.jIx9 dans les mots empruntés à des
racines dont la troisième lettre est faible. Nous avons
vu que les grammairiens arabes expliquent cette
transformation comme la conséquence d'une in-
terversion affectant les deux dernières lettres. On
y y
arrive aussi à cette forme tilxà, en prenant pour
' Qui ne s'applique (|u'aiix trois princes mcntionnt's, \oc. cit.
— 85 —
point lit' ilrpart JUi, par une suite do cliangcuicnlî^
qui sont décrits dans Sib. éd. cil. p.M-J. i2ctsuiv.
On trouve la même explication dans Soyoùti, )]//;:-
Actr, au sujet du mot ^i^^.^^ «terre sablonneuse,»)
pluriel isj^- l-ia forme primitive, dit-il, est<^jl^;
on supprime le premier jâ, on change le second en
élif, et l'on dit isj^^^ , 'ivec un faOïa sur le /d, pour
que IV///' ne soit pas supprimé quand on metle/rt/i-
ivin. . . . ^ Ici donc la terminaison ^- n'a qu'une res
semblance apparente avec celle du féminin, et cette
forme ne constitue pas une exception à la règle que
nous avons [)0sée, qui ne reconnaît la désinence
féminine au pluriel que pour les mots auxquels elle
manque au singulier. On peut voir aussi la même
explication de cette forme dansTebr. ad IJam. p. rv^,
5 suiv.
Aux exemples donnés par ]\1. de Sacy ajoutons
fi^^ «femme célibataire, » pluriel t^lji , Coran, xxiv,
32 , et Ham. iv^, i 9 , où la note de Tebrîzî est très-
intéressante; |<\*j « orphelin , » pluriel J^., Coran, u,
•yy.oùBeid.comparC/o-JvXj « convive, ))plurielt^l*>o '
t^mS « prisonnier, d pluriel c^jUmI , Beid. ad Coran, u ,
' Comme dans JUj . par exemple pour ^JXstS ■ Voici le texte
du passage: ^^^o Licvfj (2)^^ Wl [j^cva. (J^^^ (J)'^' J^^J
, J ûÀaJ [ lN£
— 86 —
ycj ; i^^lï (( le devant, » pluriel t^l«X3,$acy, Chrest. II,
<> ^ /■ .
Syi; (jj-=* "la tour,» pluriel tii^^^»-, Fâfdhat elkliol.
^r ^ 3 \
î jk : 33. — tilti
N'est qu'une autre prononciation de (jUi, employée
dialectiquement dans quelques mots. On lit dans le
Châfij'cl , ms. Dresd. 2 /i 2 , fol. i 8 , 1. 3 : (( Quatre mots
prennent un clhamma : ce sont Jl^-^S'u paresseux^, »
^jKa« (( ivres^, » «jl^ c prompts » et (Sj^s. « jaloux. »
UndeslecteursduCora7/,Ibn'Amr, litj_^jLwl «captif, »
II, "79, comme pluriel dcj-A,*»*!. Cf. aussi :>jà « uni-
que,» pluriel (S^\^ , Coran, vi, g3, où Beid. pré-
tend h tort que la terminaison ^5- est celle du fémi-
nin.
§ 75 : 3/1. — jliiî (Sacy, §853),
la plus usitée de toutes les formes de pluriels in-
ternes. A la nomenclature de M. de Sacy, d'ailleurs
très-complète, joignons :
^x^x 5 -' ^ ''
a. De ^^j : iUjui u sommet d'une montagne, » plu-
riel o^*-^i , Hain. it^- , 2 2 .
' Dans ce passage, on lil <\.,Jî^avec le suiïîxe de la lroisi^me
personne du singulier, et il faut prononcer la diplithongue ci. Si
nous avions la terminaison féminine, il n'en serait pas ainsi, et le
jâ se cliangerait en c'Uf. Cf. d'ailleurs à ce sujet Ewald, Ausf, Lchrb.
S y66 e.
^ Cf. Cor. IV, i/i 1.
^ Cf. Cor. IV, li6\ XXI 1, 2.
— 87 —
h. De JUi : ^bl «vase,» pluriel ^b^, Cor. vi, aS.
c. De aIIxs : »ùii^ (( trois, » |)liiiicl cbl^Xjl , //n/H. trv,
r
1 .
i y ) y yiii-
(L De Jjjw ( u//. j ), ^ " étalon, » pluriel i':^\ ,
Sîb. f'F, 3, etj«X£. « ennemi,)) pi. ^I*>sjil, /fam. ft^-v.
(?. De Joùti : J:^^ « mauvais , » |)1. j[/^' , /(/. «^/V/.
1. 19. Tebr. ajoute : «C'est un pluriel irrcgulicr. »
c
Citons , enfin , ^Ui^l «mélange,» Coran, lxvh, 2,
dont Beid. dit : « C'est un pluriel de ^^ ou do J^ ,
ou de |a-ûw«; » d'autres disent : « Un singulier comme
jUaÏÎ «la science,» et yû^^Sl «vêtement de soie et
de laine ; » et f.Ujî « troupe de chameaux, » Cor. xvi ,
18, que Beid. appelle un «nom de plur. » Ce sont
là des exemples du pliuiel employé pour désigner
une idée abstraite comme en hébreu.
§ y6 : 35.— '^*i\ (Sacy, §85/i).
a. DeJ^s-l- [lût. is) ■ y>^3 «vallée, » pluriel ^.^^\ .
Coran, xin, 18.
b. De Jjti : ^4^ « élévation de terre , r, pi. 5«x^l ,
Ham. ^le, /. uU. Tebrîzî dit que c'est un pluriel de
pluriel, dont l'intermédiaire est i>l:^.
c. De Joù [ult. t5 , sans prolongation). Soyoûti
dit à ce sujet dans le Mizhdr, II , 6 1 : « Il n'y a pas de
mot dont ï éllf soii sans meddd [j^^-^aà^], qui forme
— &8 ~
le pluriel ^^l, particulier aux mois qui ont un
mcddil, excepté tii a rocciput, » pluriel ii^\ , de
même qu'on dit de t_>'^ «porte, » le pluriel iijj^ji et
de j^*Xj (d'extrémité,)) le pluriel .xj^ji; et -«^^J^ ,
avec un medclâ, est rare '. «
§ ^-. 36. __ joiit (Sacy, §85'2).
a. De Josj : «Xvà (( monticule, » pi. ^*i>i, Sîb. 1^,7.
b. De *Xxi : iLoi a servante , » plur. j.^, Kâmil, f*'F,
bien qu'on lise dans la même |)age : '^m ne peut
pas former le pluriel J^l.
c. De ^x3 : À^xj (( bienfait , )> Coran , xvi , 1 1 3 , où
Beid. dit : «formé sans tenir compte du ^â;» 5*>v-i
«force, » pluriel •x.^iî «la maturité, Coran, \i, i58.
J, De ^Xa9 : »x\ « colline, )> pluriel %-^s), Sîb. ic,
19; \i\j «chameau,» pluriel (^j^ , id. ibid.
§ 78 : 37. — i^xiî(Sacy, §860).
Aux ex.emples cités par M. de Sacy j'ajouterai
' Voici le passapje: Ur «isil (J.c «^ ^^-«aibo È^JoçJ ^j*^}
iUi ^ItNJj. Cf. aussi Ham. p. ha\ , 7, el 1(' Ccinin. de Tcbrîzî; Ilar.
p. e»; notes au 5îV. d'Ibn Ilichàm, p. 1/17.
— 89 —
iXjiX,^ u fort, " pluriel *l<>s-il , Coran , xlviii , 2y -, ^
((prophète, » pluriel *^jsvI, Cor. iv, 9 i -, 1^^ ((d'une
origine suspecte,» pluriel '1^^^! , Coran, \k\ui. A;
klvxAaj ((part,» pluriel -cU^aj!, Sîb. t't', 7, qui cite
également ij'-ti^ o cinqui(jmc , n pluriel ^Umu^I et ^ajJ
(( printemps , » pluriel *Uj^I.
i oi
§ 79 : 38, — Jj-wi
est une forme très-rare, dont voici quelques excm-
pies ; viUU (( possesseur, » pluriel ii)_5.)*-«! , signifiant
spécialement nies rois de Himvar; » Ibn Dor, Icht.
p. IV; (ji^ya- H éthiopiens, » pluriel ji;_j.Ar»-l , idem, ii-i,
6. Selon quelques grammairiens, dont fopinion est
répétée, ihid. ^i>\" , 3, ij^Ail serait aussi un pluriel
de (ji « espèce ^ n
§ 80: 39. — Jy.i (Sacy, § 8/16).
a. De cMJ : ^Xô (( monticule, I) pi. ^^Ui, Sîb. F, 6,
et^jî (c pierre sépulcrale, » pluriel ^j);5 , id. ihid.
6. De *J>Jo : »;«Xj II œil brillant , » pluriel Jj*>s' ,
? - j - ^ . .
' Onpourrait eu dire autantde t>_ii. . ^^t>.=>.( (it ^VJ-*^! " toss(}. »
IbnHicliàm, Sir. p. t'ei, CeUe forme, d'après les exemples cpù en
sont cités, et i'analogie de l'cîthiopicn, paraît avoir (lié surtout usitée
chez les Himyarites. C'est sans doute pour cela que leur dernier roi,
Dhou Nowâs, est appelé ^a(>i».^f oos-Us. Ibn Hich. Sir. p. Vu-, 8.
Cf. aussi .i^jcâ-^f cjU?t , Cor, Lxxxv, h-
— 90 —
Sîb. V, 2; A.jU (( bypocondre, » pluriel ij^y> ,id.ib.
'é\^:> « encrier, « pluriel ^*i^ , Sacy, Chrest. JI, 333.
c. De JUi : ;jjUi (( chèvre, » pluriel i^^Àt , Sîb. ff,
«//. *1^ «ciel,)) pluriel /^*-^ , îÏ)jV/. t-r, 5.
d. De JUi. A ce sujet, on lit dans Soy. Mizhàr,
II, 65 : « jUi ne forme son pluriel en J_^« que dans
trois mots, avec fatlui au singulier et dhamma au plu-
riel : ainsi 4'3'^ " celui cpii a soif, » pluriel 4*3*^ ;
y^j « écrit , 1) pluriel J^j ; \'i^ " village limitrophe , »
§ 8 1 : /| G . — Sy*-9 .
C'est là une simple variété de la forme précé-
dente dans les mots dont la dernière radicale est
Cl
un wâiv ou un yâ; ainsi de t^^*- « parure, » on dit
jj^aw ou (Jw.=»- , Coran, vu, 1/16, où Beid. constate
que plusieurs lecteurs adoptent cette dernière leçon ,
de même que, pour IJi «urne, )) on dit Ji -, de même
de liiL «pleureur,» on dit ÎXj, Coran, xix , 5/i: de
^ ^ y 'y
5
(^*^s. «bâton,» (^*^£-, Coran, liv, 12-, de plus un
certain nombre de mots dont la deuxième radicale
est un yâ, en subissent l'intluence sur la voyelle qui
précède, et font au pluriel Jyw, au lieu de Jyo,
particulièrement dans la leçon reçue, dans la vul-
gale du Coran. Ainsi ^^a^ « les docteurs , » Coran , xl ,
— 91 —
69; «^^J "les maisons,» Coran, xvi, 70; 4'^=?'
« l'intérieur d'un vêtement, Coran, xxiv, 3 1 ; (j^*
(des yeux,» Coran, liv, 12. Remarquons que clans
l'arabe vulgaire la forme avec hcsra s'est tout à fait
substituée à la forme avec dhanima.
§ 82 : /il.— jUi(Sacy, §8/i5).
a. De ^« : »>^j « pluie fine, » j)luriel A^j\ -^^^
« cbamelie qui nourrit, » pluriel ^l.x5 , au sujet duquel
nous avons déjà vu qu'il est pour!^J. Il en est de
même de ^^; , allongement de ^^.^ .
h. De ^li-V.^. Soyoùti dit, dans le Mizhâr, II, 55 :
Il n'y a dans la langue aucun singulier en *>Ui qui
fasse son pluriel en JUà, excepté -pU-àj «pourpre, ->
et f\jJi*^ c( chamelle qui porte dans le dixième mois. »
Le pluriel Jl.^£ se trouve, d'ailleurs. Cor. lxxxi, l\.
c. De Ju«3 : (sS\ (( femme, » pluriel e:yL>5 ,Sîb.f<5, 3.
(/. DeJ.*lî: J.>ij « fantassin , » pi. Jl=-j , Cor. 11,
2/10, Beid. ajoute : comme ^\s «debout,» et ^Ui;
vXjU, pl.^>Ui, Coran ,\x\, 6/1, Beid. dit : comme
^^->b(( marchand, » pl.Jl.^; t_AJ\^ « celui qui acca-
pare, » pluriel u:>Uj, Coran, lxxvii , 25, Beid, dit :
comme /ooL» « celui qui jeûne, » pluriel p^-^ '■, ^^*-
«hôte,» plurielJ:>>w»- , Zouheir, Mo\il. v. /i5, où le
— 92 —
commentaire, donne par Arnold, compare Jws»-lo ,
pluriel tl'U^' .
i y
c. De JUà : (j\i^i>, pi. (jU*i, Soyouli, M'rJi. II,
179. En marge du manusciit se trouve également
cité jli«? «petit,» pI.jUa».
f. De Ailx» : <\=-U=»:> a coq , » pi. ^^^ , Sîb. t^H , 12.
(j. De (j>V« : ^jlxAAi «mâle de l'hyène, » pluriel
iW», Ibn Dor. Icht. p. ne», qui ajoute: «Contre
toute règle; et l'on ne dit j)as (^s\xjà>. »
h. Des deux adjectifs en J^;Ki (méd. ç^) J^s^ «qui
est de la maison , » pi. J^^^, (joran, lu, 3 , et «Xa^-
«bon,» pl.iUs-, Coran, xxxni, 3o.
i. D'un certain nombre d'élatifs eu J^xài : <^cl
« aveugle , » pi. ^l-i^ii, Cor. xn , 16, comme variante,
^J^^\ « année stérile,» pluriel (j^l^r, Tebr. ad
Hani. ^1-" , 6 ; (^j-i^ « terre dure , » pi. (^\jj , Ibu Dor.
/c/i^ nô , V. 3; ^#1 « maigre, » pi. o^.^, Dj. i\ v.
§83 : /i2. — ju«i (Sacy,§ 86A).
On trouve une énuméiation très -complète des
mots qui reçoivent celte forme dans Tebrîzî ad
Ham. p. Fi*'*, 1. I 9 suiv. à propos de ^U u coureur, »
pluriel (5,*>^-^. Ajoutons-y seulement J^ « palmier, »
pluriel J<^, Cor. xvi, 11.
— 95 —
§ 8/i: /i3 et klx. — jUict jii (SacyJ 8/17).
Deux formes congénères, déjà réunies clans un
même paragraphe par M. de Sacy. On Irouvc la
forme JUi venant d'un participe présent au féminin
^ - ^ . ^i ,
dans i.!«>-o, pluriel de a^U? «une femme qui dé-
tourne le visage,» dans un vers que cite \'A]f. \^w ,
■7. Une autre irrégularité disliiiguc les mots otAii>
« épée tranchante, » pluriel i-Aji. Ibn Hichâm , Sir.
p. i^V" , et »*X:^;-=»- ((jeune fille chaste, » pluriel :>^ ,
Motancbbi, ^, 1 3.
i
§85: /i5. — JUL».
Au sujet de cette forme non mentionnée par
M. de Sacy et que Reidhâwi n'admet pas au nombre
des pluriels (cf. § 33), on lit dans le Mizhâr de
Soyouti, II, 53 : u Elkâli dit dans ses ylma/i (anno-
tations, cf. Hâdji-Khalîfa, n" isSo) • Jl.« n'est em-
ployé comme pluriel que dans un petit nombre de
mots , comme tS'^j ' pluncl de j,J u celle qui a mis
récemment au monde; » des chameaux JUs-, c'est-
à-dire (( nombreux ; » des chameaux tSW^, c'est-à-dire
(( nombreux; n j\j^ , pi, de ^^j» ((jeune vache,» et
^ijj , plur. de i^j-..} (( libre. » Sikkit, Seiràfi et d'autres
disent : (( Il n'y a pas d'autres pluriels en Jl«, que
tlyj, pluriel de Jyi «jumeau;» une brebis jj, et
des brebis (^^J; J.^ *' H'^'' nourrit l'enfant d'un
— 94 —
autre,» pluriel Jijlà ; ^y& «un os sans chair,» plii-
^ ■> ^ ^ y . . ^ j c
riel (i)^js. \ J-i-j «jeune agneau, »piariel Jli*.j ctj^
«jeune vache, " pluriel yj», et il n'y en a pas d'au-
tres Ibn Khàlaweihi dit dans le Kilâb Leisa
(livre intitulé : «Il n'y a pas, » H. K. n° io/i^3) : «La
fornie JUi n'est applicable qu'à dix mots. » Parmi
ceux qu'il cite, contentons-nous de ceux que nous
n'avons pas encore. Ce sont : J*kj «méprisable,»
pluriel Jiivj; Ji^ «î(/cm,» pluriel JSi;; 4^j «jeune
chameau,» pluriel ^Uj; k-M*j «chamelle avec son
petit, » pluriel IoIan^j ; « cela (ait en tout treize. » Za-
makhchari ajoute dans les vers qu'il cite, pi^,dans le
sens de ^b^'- " ^^^ peut encore augmenter cette liste
' Voici te texte complet de ce passage: jL d^JLof ^j iS^'!^\ J^
3j «-^ (_)Lj, Ja^ ItX:?. #^i.A.l5 ci^f ^f Ur" JL*i (jf^ c:jL)
Jj_9a is^--s/o cjUi j<sîo^ is^^Âi^ J li^ r**^J ^^-IaàJI iAJo.il |_/ij
J^;5 S^p o^f-^ ày^^ h^:) A V^^; l^j o; *^ [»'y
*._A^]| ^i=>ij Cjv^l *->^ -^1 J'^ Cy^ CJvS»Jl f>^ (J ?-^-^
^c _^iif ^_st.^ i3^ cJys'l ''^_7rr-''ic j^ ^1 JUi tj^ ^^. t
v*^:*;? v3; «'--^ J*"^;; o'^'^^^ ^^5' a-* J^;j <3'y^ f*-^^
— 05 —
p.irdos niotscoinrne (jl*-.3i c homme, » j)liiriel J^bl •
Cor. VII, iGo; ^àa*i « trace,» j)luricl Jliuw, Ibn Dor.
Iclit. i-r, -12 ; «i>!*x4- c( fragment, » j)liir. i!^4-, Wà-
liadi af/ Motanebbi, HF, i ; »^" et iC^S udeux noms
t!e vêtements,» pi. ^\ys et vl^^'^ Dozy, D'ici, p. io5.
§ 86 : /iG. — i^;ïi (Sacy, § 865).
Voici encore quelques exemples : J^ «fruit,»
aJ_j^, llam. iFv, y ; JjiXp «aigle,» pluriel s^yi^ ,
Mou/". VF , j .
§ 87 : /ly. — ^Ui
N'est dû qu'à un prolongement de la syllabe ac-
centuée dans la forme ^«, dont il sera question
plus loin. Cette forme, très-fréquente en éthiopien
comme pluriel du participe présent actif, ne semble
5
s'être conservée en arabe que dans kAi^p « compa-
gnons,» que les lexicographes indigènes donnent
comme un pluriel de <,£»»s^U3. (Cf. Sacy, § 866.)
«.éjsij ia_uL> ^Ljj sXvJf t>.2j (_$tvf txijifjjfcj j'IàJj ^^'iJ'J Jl-j^
(J .i.;» X-J..^ y-^.S^ iijsilj !Sas.i=ii U S-j*^ ^» (J~2-=2 IjLuJ
(jL»!! Vj'ot^r^. |bLc <J cj^-^Î ci c5>*^'^y ' -Remarquons qu'un
des exemples empruntés à Klialaweilii doit avoir été omis par le
copiste; car il n'en a que neuf, au lieu de dix annoncés.
■ Qui est ensuite abrégé en / wli.
— 9G —
§ 88: 48. — a]1« (Sacy, § 866).
Cette forme, plus fréquente, se retrouve dans
Jji « étalon , » pluriel Jf^\J- , Sîb. r, l 'ij^i « mâle, »
pluriel «jl^'i , id. ibid.j.i=t.j «jeune chameau, » pluriel
ïj^j , Jbn Dor. Icht. K'i , i ; JJr « chameau, » pluriel
aIItt, Bcid. II, p;v^, 1. »?^. Sssi>[i ((bandit,)) pluriel
^jlw,j , Koscg. Chrest. p. it^t'; J^^l « émir, » pi, »;Ui
très-fréquent dans le roman d'Antar.
§ 89: 69. — ^iii (Sacy, § 859).
a. Est aussi formé, mais rarement, de S^xi, ayant
le sens passif comme -^^xi , pi. de J-^xi « tué, » et
^\j.^] , pluriel de J^A^Î a prisonnier. » Cf. Mouf. vs,
6. Quant à J>Ax» , provenant déracines concaves ou
défectueuses, voici ce qu'en dit Soyouti dans le
MizJiâr, II, 5 1 : « J^xi et ^"^iKxi ne se trouvent dans
s ,
les racines terminées par un ya que dans ^i-j « re-
jeté, » et ■^!_j.ÀJ. ... et J^^v*-» dans une racine dont la
seconde radicale est redoublée ne forme jamais son
pluriel en f^'iKxd\ tout cela d'après Ibn Doreid, dans
ia DjamJioara; cependant quelqu'un fait, d'après
Sîbaweihi, une exception pour «Xj^x.;; a fort, n et
Voici lo. passage : ^| j=UJf ^_^[x^ ^a> isl^ki», JUaS ^ jL
— 97 —
b. De Joli : t_>«Xj (( prompt, » pluriel *U*Xj , Tol)r
ad Ham. k-cN, q; ^^ «bienfaisant, » pluriel *1j^
Mou/, vv, li.
c. De JU* : 11^ « brave, » pluriel *V*è£, Chat.
ms. Dresd. fol. i6 v", 1. à\ (jW> u lâche,» ?V/. î7)fV/,
ligne 6.
^^ ^''
§ 90 : 5o. — ^Vjù (Sacy. § 868).
On lit dans le Mizhâr de Sovouti, II, 80 : u On
ne connaît '^^^ comme pluriel de J-**» que dans
* s
(^^^ « généreux , )) pluriel »i^. n Ibn Dor. Icht. ih.
6, xii.Aj>. «les Ethiopiens, » comme un pluriel irré-
guiier.
s ^ ^ 1
§ 91 : 5i. — iiXjo (Sacy, § 869)
N'est qu'une variété de la forme précédente quand
t^là vient d'une racine défectueuse. Il semble que
le clhamma, mis en tête, doive faire équilibra à la
faiblesse intérieure de la racine ^
^^'.ioLij t>-JtVi OaAA-« sL^I cX^U .Cf. cependant aussi if .5.^5 ,
^.. ^ ..^...
pluriel de 0~rt^^ « aimé. » Jl/oîj/". a*!, 12.
' C'est sans doute le même motif qui fait employer irré^iiHère-
ment de iuijS a bourg, n le pluriel ijyS , Cor. xxxiv, 17; et de *.^ji
n mâchoire, » et f.^^^^ t parure,» ^^À. et tj>^, au lieu de ^,-^. el
j^ , Ai/", rrt*' . 9.
J. As. Extrait n" 10. (1867.) 7
— 98 —
S 92 : 52. — *>^ (Sacy, § 85oj.
fl. De J-*» : *.^j " homme, » pluriel ^^^j, Sîb.
F, J 1.
6. De JoA** : cK*^^ « élève, » pluriel i^^ , pour
iOJi.»- , Amr ben Roilh. Mo ai. v. 69.
§ 93 : 53. — ^ (Sacy,§85i).
D'après Ibn 'Akîi ad Alf. t"^K «cette forme n'ap-
partient à aucun singulier, et on relient les exem-
ples. » La liste de M. de Sacy est très-bien faite; ajou-
è
lons-y seulement s^-ij (des femmes, n Cor. xn, 3o,
où Beid. remarque: ((C'est un nom de pluriel de
§9/1: 5/1. — JJ^ (Sacy, §8/11).
a. De ^^^ : iUj^ (( indigestion, » pluriel i-j*:', Sîb.
^ ^, -> $ ^ -* . . .
'^j 1. «/<. À<yj" «soupçon, )) pi. /o-^J' id. ibid. et Fakhri,
op. Sacy, Chrest. I, p. h.
b. De tMJÎ, non pas employé comme élatif, mais
comme adjectif dans un seul mot que mentionne
Soyoûti dans le Mizhâr, II, 83. C'est 9-j^K pluriel
iji) (( les nuits 1 5-i 8 du mois. » D'après Soyoûti, ce
serait pour assimiler ce mot aux mots d'ailleurs em-
ployés pour les autres périodes de trois jours. L'er-
reur du dictionnaire de Freytag, qui doAne ijà , n'a
— 9\J —
pas v\i' reproduite par iM. narhicrde Meynard , dans
son édition de Mas'oudi , Les J^rairirsd'or, ITf |). 'iiq,
ou on lit «.^:>.
$^ 95 : 55. — JJi9(Sacy. S 8/1/1)
s> ^
Est abrégé de Jlxs dans un certain nombre de subs-
. ^ . ^Z"-'
tanlils, dont le singulier est «Xxi. On lit à ce sujet
dans Soyouti , Mizhâr, 11 , 66 : « Abou'Obeid dit dans
le v_ÀA*alt L^jj-s. (« Etrangelés des écrivains, !> Hadji
Khalifa , n" 8G2 i ) : nV« ne fait au pluriel J^ que
dans trois mots : ajs^âj ((miche de pain,» pluiiel
^jAij; Sj^Xo (( œd perçant, d pi. j*>o et i^AAii^fc ((goutte
de pluie, » pi. «ivA<ja.iû'. Le ^'\]ia]i de Djaùhàri ajoute,
d'après El 'Asma'i 'ikxi^nH (( bouclier, » id. StAûi; iUAr&.
((anneau,)) pi. (3-^; »*X-«.j^ (( côté apparent,» [)1.
Os-As^ ; '^x& ((vicc,» pluriel tS-X^; le Moiuljamnul
donne do plus '^'^ u troupeau de brebis , » pluriel JUS*'.
, ^ y" " 3 , "
Rattachons-y également s^Aaï (( cou, » pl.j^^aj , Beid.
ad Coran, 11, K^vq, j i ; ii4-^'=- « besoin, » pi. ^3.^*-, Id.
ibid. et «;b «(fois,» pluriel J-aj , Dj. s. v. où celui-ci
' Voici le passage de Soyoûti : t_,v-J^ J tV-:v-A_£ ^.j\ JLs
«_--<i.-j^ i~~A^j i_9y^\ *..s-JIj (J jI L/a-i» «..Isi c:jU |l (_^^f
(J>*a£0 1 ^ -^'j^ •— ''^^^5 '•■^r>^5 >-^r^3 ^0^^^^ i3^^i *..B-A^« ^"^^î
— 100 —
remarque qucjjçj ost pour Jlo', ;\ rause de la lettre
faible qui est au iiiilieii du mul^ Nous avons vu que
le iiîêuie |)liénoniène se produit aussi dans des mois
dont la seconde radicale est une lettre forte; d autres
mots ayant, comme »;b , une lettre faible, sont
sxxyâ (( cbanq) , » pi. ^s^i , Sîb. i* , 9 ; ^^^.i»- »< tente , »
pi. rtfvsw. ià. jhid.
§ 96 : 56. —- J^ ('^afy, ^^ 867).
De mots ayant au singulier une longue aprcs la
deuxième radicale : >Ji' « (erre, » pi. ^^! , flam. trH,
1 7, 011 Tebr. compare 4'^' "peau,» |)luriel c^^l ;
(^S II cuii-, pi. (^»\\ ij-S ((Colonne,!) j)luriel ^.J;
fi^^s (( cpée rouillée, » pi. *-»^. Soyoùti, Mizhdr, II ,
5 1 , cite les mêmes exemples, plus 4vs^* « os de la
queue,)) pluriel <-a**^.
§97: 5-. — jii (Sacy, § 8/i3)
Est le pluriel naturel de tous les mots cpii, au sin-
gulier, ont une longue après la deuxième radicale.
^ Voici le passage de Djaiiliâri, 5. v. o-*a w^j CJiU*-J ^^^3
tjUj 4.>o^^ ^ j lyu AjI {_$_^y ^I ÇA U cîil^ ^_j]_j UJ[
— 101 —
Quand il est jippliqué à des mois des fonms J^ ,
Js«, ou atilnvs analogues, il nu- semble être con-
tracté de Jy«. Quelques grammairiens considèrent
Jvx» ilans ces cas-là connne un pluriel de pluriel,
en passant par Jlx», comme intermédiaire. Cf. Mou-
barrad , Kâinil , ia, 8; Beid. II, lo^, 1-7. On tire de
^jlxc « fer de la charrue, » qui a une lettre faible au
milieu de la racine, le pluriel y^^, Sîb. t^' , iT). On
trouve également ^-^Aiow , comme [)luricl de *U.^
(1 pierre dure. >. Cor. lxiii, 6.
§ 98 : 58. — yyd (Sacy, § 8/12)
è > >
Est souvent une forme plus légère pour J-x»; dans
d'autres cas, il en est tout à fait indépendant.
a. De Jj" : e-Ài^v (( toit, » pluriel v_Xs^, Tebr. ad
llain. Ai 'S, 10; (^.sûj ((gage,» pluriel ^^j , id. ihid.
ij^ (i rose , » pluriel ^j^ id. \'vy , -l'i^j-Âs^- « (flèche)
pénétrante,') pluriel J^iî.i>- , /(/. ibid. (médiale faible)
(j^4- <' rouge, npl. (jj.i=»-,'AmrbenKoltli.MoVt/.v. 77;
ijA,iJ (( lè|e , » pi. J^Sj' Ham. m*, 9; (deuxième radi-
cale redoublée) Oaj" épais, )) 1)1. cio, i/fl;?i. t'fv,2/|.
h. De Jjsi : *XAvi (( lion,» pluriel -^ZJs ^ Hani. vô,
6; (j.Sj ((idole, 1) [)luriel ^^ , Sîb. ►*', 2 (méd. ^),
^l.w (tjand)e, n pluriel ^^^ , ffom. ^("1=, 18.
— 102 —
c. De J.*9 : (j*«.J ((beau diseur, » pluriel ^*lî ,
llam. ^4.5, 1 --.
d. De ^<^ : iij«Xj u corps,» pi. (jt>^, Cor. xxii ,
3 y, où Beid. compare aa^I.» « bois dur, n pluriel
ç " -> ^ ^^.^ _ 5 j
'->i*i.i!».-, (méd. 3),iC5b (i chameau,» pluriel (j_j.j , vers
è ^ ^
ap, Sacy, Antliol. p. 336; ^'j, Har. f^ô, 2, où le
è ^ '
commentaire compare ^l*« k aiie. » |)iur. ^^-^ et
iu^ «endroit pierreux, » pluriel 4>^-
e. De J-isU (méd. 3 ) ; *>iUî> (( repentant, d pluriel
:>_^. f.'o/'. 11, io5; v>>jU ((Visiteur,» pi. :>^. I.ebîd,
Mo^al. V. 7, où le commentaire, donné par Arnold,
fournit plusieurs exemples de mots en J^£-\i sans loaw
au milieu, qui font aussi au pluriel JJo. Ce sont:
:y)[* ((dent de devant,» pluriel ^^.j ; Sj\s (( agile,»
^ . è u ■' -., . ^ 0-' ^
pluriel «^.Cependant, en général, J^ nesc rapporte
i
qu'au singulier en J-^U, dont la seconde radicale est
un ivaw. Cl. aussi J.jU»- k ehomelle peu féconde, »
pluriel Jj-=^. Ham. i^f)=, 1. pénult.
f. De Jlx» (méd. 3 ) : Jî_j.j (( fuyard , » pluriel Jy ,
Mouf. i-M , 18; (jikii ((animal entre deux âges,» j)l,
^j^s, /fl. i6/(-/.
</. De Jxi : ci^Xi (( fourreau, il pi. u-iXi , 6'or. n.
82 ; (méd. 3) (jî^i» u table , » pluriel ijy^ . Sib. »''-* .
i3.
- lo;^ —
j > >
II. De Jl*j : vL>"^ '( coihoan , 1) pitiiicl «4^, J'^"
I)or. yc/i/. f <?!*', \ l\\ v'^'^ (i inoiiclie, " |)liiri('l «-ji , id.
ibid.j\^'^ ((bracelet,)) phw'icAj^, Slh. r\ , ly.
■5 = --
/. De JUi, dans un .seul mot, d'après Soyoùti ,
Miz. II. 63,Jl^i». <( fai!)le, » plaiicl J^iw.
/. De cX^xJ :jjtXi (( étang,)) pluriel J^*, 'Ann-,
Mo ai. V. y8; p-s*^ ((femme stérile,)) pluriel «Jtc ,
i:/a/?j. vi*, 1 o.
II. De Jy«, selon quelques-uns , ô^^ij u pi"0|)licle, »
pluriel J^Ivj. Sib.M, i8; (méd. j) J^^j-ï ((bavard,»
pluriel J_j.â , id. t" , i Zi.
/. De i^Vjvjo : .xÀAxià (( selle de femme,» pluriel
U^^ , Lebîd , Mo al. v. \'i.
m. De Ij^xi : ^^=?■ «de la tribu de Djou'f, » pi.
v_^x=-. //((»}. FM', 9, où Tebrîzî compare ^^j «le
Zandjite» et irjj; et ^^^J ((Romain,» et ^^j; j^>
(( sorte d'oiseau . » pluriel ^^=r- Hain. "^0]=, I. ait. •^ Et
c'est, dit Tebrizî, comme on dit jj.i ((arabe,» et
«-vj-c; et c'est là un pluriel analogue à celui qui ne
se distingue de son singulier (jue par la suppression
(Yun hâ , comnio »jJi ctj-Ji <( les daltes. »
§ ()() : 59. ■ — - J-w
N'estemployé (|uedansun certain nombre demots ,
— 104 —
i
v\ particulièremeiil de participes en J^'ij, pris subs-
tantivemenl. Ainsi tK==-[; « fantassin, » |)lnriel J^j ,
Cor. XVII , G6 ; j^U c clièvre , n pluriel j.;»^ ,, Go/'. \vn ,
M\ \ <S.;>.U» « coin])agnon , ))pluriel 4'^/Amroiiou'l-
keis, Mo\iL V. i 5; ^^h u niarcliaiul, » pi- j-?'^, Beid.
ad Cor. I, P-'ir, 1 k ; Xy«oU; (, ehamellc grosse, » pluriel
Jj.^, Tarafa, Mo al. v. i 5; iL>*>s.ii> d moyen , » jjluriel
^^^^, Cor. V, 2, où Beid. compare iw«x4- « Inie
poussière,» pluriel (^<x=- ; o_^a^* uv^cnl violent,»
pluriel u-iAs- , Motanebhi , i", 8.
s 1 00 : 00. cNW
N'est qu'une variété de la forme cMi, appartenant
aux noms dont la seconde radicale est un yâ et dé-
tei'mine le changeiuenl de la voyelle. Ainsi ptvûl
(t obscur, » pluriel ^-^, Cor. lvi, 35; t-^'-wi «qui a
les ebeveux blancs, » pluriel Jvs-^/Amr. Mo'^al. v. /ly;
o'-j <; denl , » phu^iel 4^aj , Sîb. IF, 2 ; (j»^^ " blanc, »
pliuiel i>s-Aj , ?V/. ^'«-^ 1 7, etc. Citons enfui ^^ pour
(j-«:>, par une licence poétique, Antar, Mo al. v. i5.
§ 101 : 61. — J.JO (^'^cy, § 861).
il n'y a rien ti ajouter à la nomenclature très-
riche et très-complète donnée par iM. de Sacy.
— 105 —
A la noie citée? par M. de Sacy, p. 368, noie i,
et empruntée par lui à Ilariri, p. <M"i , 1. i h , on j)eul
eomparer Moiif. -^F, i8 et Alf. ri=r, 5. •
En terminant ce travail, je ne me fais aucune
illusion sur les lacunes ({ue je laisse, sans même cher-
cher à les combler; car pour que ce travail fut
complet, il faudrait maintenant parler ici en détail
des formes particulières aux noms de pluriels; des
diminutifs formés non pas du singulier, mais du
pluriel; des noms relatifs, comme (^jLio«- (( un
herboriste,» qui proviennent, par l'addition d'un
yd, de mots au pluriel, icide QiijU*a». «les herbes; »
des sens ditFcrents dans lesquels sont pris les divers
pluriels d'un même mol, etc. etc. Cependant , tel (|u'il
est, je ne désespère pas que cet essai, augmenté
de quelques appendices où j'essayerai de traiter ces
points spéciaux, ne présente quelque intérêt pour
ceux (|ui s'adonnent aux études de grammaire sémi-
tique.
^
%1
'^
ÏK PJ
6131
cor).2
Derenbourg, Hartwig
Essai sur les formes des
pluriels arabes
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