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Full text of "Essai sur l'histoire naturelle des corallines : et d'autres productions marines du même genre, qu'on trouve communément sur les côtes de la Grande-Bretagne et d'Irlande : auquel on a joint une description d'un grand polype de mer, pris auprès du pole arctique, par des pêcheurs de baleine, pendant l'été de 1753"

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E S 




S A I 

SUR 

L'HISTOIRE NATURELLE 

CORALLINES, 

ET D'AUTRES 

PRODUCTIONS MARINES * 

du- même Genre, „ / -- 

ouon trouve communement sur les cotes 

DELA 

GRANDE-BRETAGNE etD'IRLANDE; 

Auquel on a joint 

UNE DESCRIPTION 

D' U N 

GRAND POLYPE DE MER, 

Pris auprès du Pôle Arctique, par des Pêcheurs de 
Baleine, pendant l'Été de 1753. 

PAR 

JEAN E L L I S, 

MEMBRE DE LA SOCIETE ROTALE. 

TRADUIT DE L'ANGLOIS. 

#.§<•&>$# 

« 
A LA H A T E y 
Chez PIERRE DE HONDT, 

M, D C C L V h 



ensc A 



SA MAJESTÉ 
LA REINE 

DE SUE 




M 



A D A M E, 




u él que difîance qu'il y ait de moi jufqu'au 
Trône où Vôtre Majesté a fait monter 
avec Elle toutes les Vertus & toutes les Grâ- 
ces, on fait trop que de ce haut faite des 
Grandeurs Humaines Vous daignez jetter des regards de 
Protection fur les Sciences , pour que j'appréhende d'être 
taxé de témérité en mettant à Vos pieds l'Ouvrage que 
j'ofe confacrer à Vôtre Nom. 

Unie à l'Augufte Monarque, qui vous a donné la mairt 
pour faire le bonheur & les délices d'une Nation éclairée, 
la fupériorité de Vos Lumières, un goût décidé pour le 
Beau , & l'amour que vous portez aux Connoiflances uti- 
les, Vous ont fi fort élevée au deûus des frivoles amu- 

* a femens 



• 



iv E P I T R E. 

femens d'une oifiveté faftueufe , qu'on eft fur de ne Vous 
pas déplaire , en Vous invitant à Vous délafler au Specla- 
cle inftrucrif des Merveilles de la Nature. 

Pendant que la Suéde, qui fe glorifie d'honorer 
en Vôtre Perfonne une Reine Philofophe, admire Vôtre 
Magnificence & Vôtre Choix dans la riche Collection 
des Curiofités Naturelles , dont le Cabinet de Vôtre 
Majesté eft compofé, toute l'Europe fait que ce Cabi- 
net eft comme un Sanctuaire des Mufes , fur lefquelles 
Vous préfidés avec autant de Difcernement que de Gran- 
deur. 

C'est- là, que. fous Vos yeux & à Vôtre imitation, 
s'eft formé le Prince Royal , dont les ConnoifTances , & 
les Vertus, fi fupérieures à fon âge, font la joie de la 
Nation, & l'étonnement de tous les Peuples. De-là,par 
Vôtre apui , mais plus encore par Vôtre exemple , Vous 
avez fçû mériter aux Sciences & aux Beaux Arts d'être 
déformais embellis par les mains d'un Sexe, que le pré- 
jugé en éloignoit. De-là, Vos attentions s'étendent de 
l'intérieur du Royaume jufques dans les Pa'ïs Etrangers à 
tout ce qui peut nourrir ou faciliter l'amour & l'étude 
des Lettres parmi Vos fujets. Je dois aux nobles vues 
de Vôtre Majesté en ce genre le bonheur inefti- 
mable, dont je me glorifie, d'avoir été honoré d'un de 
fes Regards. 

* In- 



E P I T R E. v 

Incapable de m'éleverau rang des Sçavans, tout ce 
que je peux faire dans ma profefîion eft de contribuer s 
répandre leurs Richeffes Littéraires fous une forme qui en 
affortiffe le mérite, & de m'approprier , en cefens, celles 
que jai lieu de croire qui feront les mieux reçues du 
Public. 

Si je dois m'en rapporter aux Connoiiïèurs , VEffé fur 
tHiftoire Naturelle des Coral/ines, &c. , qu'une plume habile 
a traduit en François à ma prière, eft digne à plus d'un 
Titre, de parler fous les yeux de Vôtre Majesté. 

C'est un Syftême d'une nouvelle Gaffe d'Etres juf- 
qu'a prefent inconnus. L'Auteur , déjà célèbre par d'au- 
tres Ouvrages, qui lui ont fait un nom diftingué entre 
les Naturalises , y a décidé par les Obfervations les rMus 
intérerTantes & les plus exactes, la queflion fi long-tems 
débatue fur la formation des Coraux, des Millepores, des 
Eponges , & d'autres femblables Productions Marines. Dés- 
ormais on ne verra dans ces prétendues Plantes que les 
Demeures fubtiles d'une multitude d'Animaux , ou plutôt 
qu'un Nouveau Monde, peuplé par des millions d'Habi- 
tans, aufîi remarquables par la diverfité de leurs formes, 
que par la fingularité de leurs procédés industrieux pour 
leur confervation. En repréfentant leurs Demeures dans 
un ordre méthodique, par des Figures auffi élégantes qu'ex- 
actes , Mr. £77/5 les a montrés eux mêmes tels que le Mi- 

* 3 crofcope 



vi E P I T R E. 

crofcope les découvre à des yeux tant foit peu faits aux 
Obfervations de ce Genre. 11 a accompagné ces Figures 
d'Explications {impies, courtes, claires, telles qu'on peut 
les attendre d'un Philofophe qui ne parle que pour inllrui- 
re , fans chercher à furprendre par un vain éclat de paroles, 
ou à briller par des conjedtures plus ingénieufes que folides. 
Si Vôtre Majesté en juge de la forte, rien ne 
manquera à la gloire de l'Auteur, bon Ouvrage, marqué du 
Sceau de Vôtre approbation Royale, parfera Jurement à 
la Poftérite, & je m'applaudirai toute ma vie d'avoir été 
affez heureux pour ne pas déplaire à une fi grande Reine, 
en Vous préfentant cet EJJai comme un Hommage, que 
m'a infpiré l'Admiration Refpe&ueufe avec laquelle je fuis 



A D A M E,. 



DE VOTRE MAJESTE, 



Le très-humble , très-obeïjjant &p 
très-fournis Serviteur > 



P. DE HONDT. 

A la Haye ce 20 Mars . . 

1756. 



AVER- 






AV ERTISSEMENT 

D U 

LIBRAIRE. 

M^/gr^ les progrès qiïonafait jufqiCh préfent dans /'Histoi- 
re Naturelle, il reftoit cependant une Claffe de Corps 
far ïefqiiels les Sentimens et oient encore partagés ; je veux parler 
de ces Productions Marines, qui font le fujet de cet Ouvrage. On 
difputoit fi on devoit les ranger au nombre des Productions Ani- 
males, ou fi elles n'étoient que de fimples Végétaux', T autorité 
de Mr. De Reaumur, fi refpetlable pour tous les Naturalis- 
tes, av oit fait imprejfion fur ceux qui admirent le goût £5? lajujlef 
fe, qui caraiièrifent tout ce qui fort de fa plume; après la Décou- 
verte des Polypes d'eau douce par Mr. Trembley , £«? les Obfer- 
vations de Mr. Juiïieu, cet Illuflre Sçavant n'a pas hé fit é a 
regarder comme V Ouvrage d'Animaux , plufieurs de ces Corps 
Marins , que les Botanifles regardoient comme des Plantes. Mais 
parmi ces derniers , il y en a encore , qui ont de la peine à re- 
noncer à un bien, quifemble leur appartenir a fi jufte titre. 

Cet Ouvrage de Mr. Ellis diffipera leurs fcrupules; il efl rem- 
pli de tant d'Obfervations ex aile s £«? curieufes, £5? qui prouvent fi 
clairement que les Corallines, les Kératophytes , £«? la plupart 
des autres Corps qui y font décrits , font des domiciles de différens 
Animaux , que les plus incrédules feront obligés d'en convenir. 

L'Auteur ne fait que rapporter ce qu'il a vu , & le détail 
qu'il en donne prouve qu'il a bien vu. La feule cbofe qui pourroit 
arrêter le Leffeur, efl ce qu'il dit fur la Coralline repréf entée 
dans la Planche XIX. Fig. A. Il a cru avoir obfervé que les 

Polypes 



Viij AVERTISSEMENT du LIBRAIRE. 

Polypes qui y habitent , fe changent en petits Limaçons à Coquilles, 
Quoique THiJloire Naturelle nous fournijfe plufieurs Mètamorpho- 
fes aujji étonnantes que celle-là', cependant il y a quelques perfonnes 
qui foupçonnent que M. Ellis pourvoit bien avoir pris pour de pe- 
tits Coquillages , les Oeufs des Polypes dont il s'agit. Averti de 
ce foupçon , Mr. Ellis a examiné la chofe de nouveau ; mais 
jufqiïà prefent il n'a rien découvert qui ait du le faire changer 
d'idée. Si dans la fuite il fait là-dejfus quel qu'autre Obfervation , 
il ejl trop ami de la vérité , pour ne pas la communiquer d? abord 
au Public. 

Cejl à Mr. le Profejfeur Allamand que je dois la fatisfaâion 
que fai de publier cet intèreffant Ouvrage: je Tai entrepris à fa 
recommandation ; & même il a bien voulu me procurer un Traduc- 
teur , qui fut au fait des Matières dont il s'' agit : il a de plus 
eu la bonté de revoir les dernières épreuves de chaque feuille , 
auffi exactement que fes occupations ont pu le lui permettre; ainfî 
je me flatte que cette Edition répondra parfaitement à P Original, 
tant par la fidélité de la Traduclion , que par fes Plancbes , qui 
font celles-là même que Mr. Ellis a fait graver pour f on Edition 
Angloife , £s? qu'il m'a cédées. 

J*oze même dire que mon Edition a un avantage par deffus PO- 
riginal; c'efl une Explication détaillée £2? très intéreffante de la 
Planche XXX FUI. , que Mr. Ellis a donnée dans une Lettre qu'il 
a écrite à Mr. Alkmand ; £«? dont celui-ci a permis qu'on fit 
nfage dans cette Traduction. 



La Planche, qui eft à la Tête de cet Ouvrage, repréfente des 
Groupes de différentes Corallines , que la Mer a laine à décou- 
vert dans une balTe Marée. 



TRA- 



\ 






M «- v-$-»V# S * V* ^ # V# 5 * V* ^ iy*S*VIÉ|^ 



TRADUCTION 

DES 

DESCRIPTIONS LATINES, 

qui fe trouvent à la tête de 
CHAQUE ARTICLE DE CET OUVRAGE. 

CORALLINES VÉSICULEUSES. 

N°. i. x^/O-ralline Vèficuleufe , dont les branches font placées çà-&-là alternati- 
vement , avec des denticules oppofées &f cylindriques , dont les bouches font 
ouvertes & crénelées. Planche I. pag. 17 

N°. 2 Coralline marine en forme de Sapin, ou de Mouffe de Mer, fcf fe%bla- 
ble aux feuilles de la Fougère , Id. 18 

N°. 3. Coralline , dont les branches font en petit nombre, £? les denticules pla- 
cées alternativement , S qui porte des Vèficules ridées transverfalement. Plan- 
che IL .19 

N°. 4. Coralline femblable a de la Mouffe , S dont la Tige efi environnée de plu- 
fieurs petites branches touffues , avec des denticules placées alternativement. 
Id. 20 

N°. 5. Coralline en forme de Cyprès, dont les denticules émouffèes ne font pas 
placées dans un ordre exactement alterne', on voit fortir de fa Tige plufieurs 
petites branches; fes Vèficules font garnies de deux pointes. Planche III. 

21 

• / 



x TABLE DES MATIERES. 

N°. 6. Corattine traînante S en forme de mouffe , qui a des pédicules fort déliés , 
&f des denticules oppofées. Jd. ibid. 

N°. 7. Petite Coralline à pannache, avec des denticules , blanches , tendres S 
oppofées , &f rfw Vèficules qui reffemblent à des Fleurs de Lis , ou de Pomme 
de Grenade, épanouies. Planche iV. • 22 

N*. 8. Petite Coralline rampante, qui na quun petit nombre de branches & des 
denticules jointes enfemble par paires, ou deux à deux. Planche V. 23 

N'. 9. Coralline Vèficuleufe , ayant une Tige roide , dentelée , & finiffant en une 
touffe de branches fourchues aufommet, avec des denticules couchées de plat 
fur les branches. Id. 24 

N°. 10. Coralline droite à pannache , avec des denticules couchées de plat fur les 
branches , S qui reffemble à la Scolopendre , ou au Polypode. Planche VI. 

25 

N*. 11. Coralline en forme de mouffe, dont les touffes £? les branches font cour- 
bées en forme de faucille. Planche VII. 26 

N°. 12. Coralline garnie de plumes £? de coffes, dont les denticules reffemblent 
aux fleurs du Muguet. Planche VII. 27 

• 

N°. 13. Coralline , ayant des branches à pannaches , faites en forme de faucille , & 
reffemblantes aux plumes de la queue d'un Phaifan , avec des boupes fur fa 
Tige. Planche VIII. 28 

N g .^i4. Coralline, reffemblant aux antennes d'une Ecreviffe de Mer, &? Coralline 
remplie de branches capillaires. Planche IX. 29 

N*. 15. Coralline droite tubuleufe , ayant fes petites branches difpofées en forme 
d'une Arrête de Harang. Planche X. 32 

N\ 16. Coralline hérijfée de foies , S articulée comme un jonc , avec de petites 
branches capillaires, qui fort ent alternativement de chaque jointure. Planche 
XI. 34 

N*. 17. Coralline gèlatineufe blanche, femblable a T Algue, appellée Conferva, 
avec des articulations tendres & transparentes. Planche XI. 35 

N°. 18. Coralline, qui a une Tige articulée, traînante, femblable h du fil, S imi- 
tant la nature de la corne, &? qui porte des Vèficules avec des pédicules tors y 
aux Articulations des branches. Planche XIL 37 

N°. 19.. 



TABLE DES MATIERES. xi 

N*. 19. Petite Coralline rampante, avec des pédicules noueux &f articulés , £f dont 
les Vèficules font placées alternativement aux articulations. Planche XII, 

ibid. 

N*. 20. Coralline avec des branches, qui portent des Vèficules faites en forme de 
cloche , dont les pédicules capillaires & tors font difpofés comme ceux de 
la Prêle. Planche XIII. • 39 

N*. 2 1 . Petite Coralline grimpante , qui porte des Vèficules faites en forme de Cloche , 
fur le fommet de fes pédicules longs , déliés, & tors. Planche XIV. 40 

K d . 22. Coralline qui eft la plus petite de toutes, &f dont les Vèficules font quel- 
quefois dispofées en forme de branches feparées , &f quelquefois ferrées les unes 
contre les autres, comme une grappe de raifins. Planche XIII. . 41 

N°. 23. Petite Coralline rampante, avec des denticules alternes , formées comme les 
Vaiffeaux féminaux de la Luzerne: Planche XV. 42 

N 9 . 24. Petite Coralline grimpante , avec un pédicule articulé , &f dont les Vèfi- 
cules fmt tellement arrangées fur chaque articulation , quelles reffemblent à 
la Flutte du Dieu Pan. Planche XV. 45 

K°. 25. Petite Coralline rampante, avec des Vèficules ovales, adhérentes aux 
branches , comme une grappe de raifins. Planche XV. ibid, 

K°. 26. Petite Coralline rampante fur un Fucus, en forme de Cufcute; elle eft 
garnie débranches déliées, placées à ïoppofite les unes des autres. Aux join- 
tures de fes branches on voit de petites Vèficules ovales, en groupes. Plan- 
che XIV. 44 

CORALLINES TUBULEUSES. 

N°. r. f^Oralline tubuleufe, ridée comme le conduit de la refpiraîion. Planche 
V^ XVI. 45 

N°. 2. Coralline tubuleufe , femblable aux tuyaux d'Avoine. Planche XVI. 46 

K°. 3. Coralline tubuleufe, garnie de branches qui font torfes comme une vis, près 
de leur infertion dans la tige. Planche XVI & XVIL 47 



**2 COR- 

\ / 



f 



xij TABLE DES MATIERES. 

COR AL LINES CELLULEUSES. 

N°. I. f^Oralline celluleufe droite, avec plufieurs touffes de branches fort ten- 
V-x dres & garnies de plumes. Planche XVlil. 4$ 

Coralline, qui porte des Limaçons, de /'Amérique, & de la Mer Méditer- 
ranée; avec les Serions perpendiculaires S transverjales des Cellules en B en 
C. Planche XIX. 50 

N°. 2. Coralline celluleufe droite, qui a des branches garnies de plumes , avec des 
petits globules tejtacées à leurs fommets , & des figures femblables à des têtes 
d'Oifeaux, placées fur les côtés de fes cellules. Planche XX. 51 

K°. 3. Coralline celluleufe rampante , avec de petits tubes femblables à des racines, 
qui fort ent de différents cotés de ces ramifications tramantes, par lesquelles 
elle s attache aux Fucus, &? aux coquilles. Quelques unes de ces brancher 
font garnies çà-&-là de crochets. Planche XX. • 52 

N°. 4. Coralline celluleufe rampante, avec des branches pierreufes £ff caffantes, 
& des Cellules , dont les côtés font angulaires. Planche XX. 53 

N°. j. Coralline celluleufe, petite, droite, & garnie débranches, avec des Cel- 
lules en forme d'entonnoir, unies à la bafe, mais fai liantes alternativement au 
fommei ; £f qui ont de fort grandes ouvertures , dont le haut efl environné de 
poils femblables aux cils des paupières. Planche XX. ibicL 

N°. 6. Coralline celluleufe de couleur d'yvoire, dont les ramifications font déliées, 
d'un tijfu cqffant , & qui porte des Vèficules , avec des Cellules d'une forme 
tubuleufe, un peu courbées, presque oppofées les unes aux autres , & jointes 
enfemble. Planche XXL 54 

N°. 7. Coralline celluleufe , &f moite, qui a un très grand nombre de branches , &P 
des articulations faites en forme de Cotte de maille. Planche XXI. 55 

N°. 8. Petite Coralline celluleufe, avec des branches compofées de cellules applaties 
& rangées par paires , &f qui reffemble aux petites coffes de la Plante ap~ 
pellèe Bourfe à Berger. Planche XX'II. . .56. 

N°. 9. Coralline celluleufe très petite avec des branches courbées comme une faucil- 
le , B* compofée de cellules Jimples , qui ont la forme d'une Corne de Taureau. 
Planche XXIL 57 

N a . 10. Coralline celluleufe très petite-, avec des branches crujlacèes, courbées com- 
me une faucille, & compofées de cellules Jimples , qui ont la forme de corne de 
Chèvres, & qui portent des Vèficules. Planche XXI. ibicL 

N\ 11. 



TABLE DES MATIERES. xuj 

N°. ir. Coralline celluleufe très petite , qui s'élève de dejfus un Tube, £f qui e fi 
compofée de cellules [impies , qui ont chacune la forme d'an Serpent. Planche 
XXII. 58 

CORALLINES ARTICULEES. 

K°. i. \^sOralline articulée, dont les articulations font longues , cylindriques 
& pierreufes , qui fe partagent en deux à mèfure quelles s'étendent, qui ont 
leurs f ur face s couvertes de tous côtés de cellules faites en l o fanges , S 1 qui font 
jointes enfemble par de petits tubes membraneux £f pliants. Planche XXIII. 

Co 

K # . 2. Coralline Angloife, ou Coralline blanche commune. Planche XXIV. 

N°. 3. Coralline Angloife déliée & traînante , avec de courtes articulations. Plan- 
che XXIV. 63 

*N°. 4. Coralline Anghije droite , avec des branches garnies de panaches touffus , 
terminées en forme de lance ; avec des articulations appîaties fur les cotés. 
Planche XXIV. ibitL 

N°. 5. Coralline d'une couleur rouge âtre , avec des branches femblàble s à des Che- 
veux fins, ^ qui fe partagent toujours de deux en deux. Planche XXIV. 

64 

I\°. 6. Petite CoraHïne blanche, avec des branches qui fe partagent en deux , &? 
des articulations en forme de cornes, croijfant fur un petit Fucus rond. Plan- 
che XXIV. 6$ 

JN°. 7. Coralline partagée en deux , avec des touffes èpaijfes , droites comme la 
crête d'un Oifeau , portant des Vèficules femblables à des grains de fémen- 
ce, &f trouvée croijfant fur un petit Fucus rond. Planche XXIV. ibid. 

N*. 8- Coralline blanche qui porte des fémencesy £5* qui fe termine par des che- 
veux très fins. Planche XXIV. 66 

N°. 9. Petite Coralline, avec de courtes plumes blanches comme de la neige „ 
croijfant fur un petit Fucus rond. Planche XXIV. ibid. 

Deux efpèces de Corallines articulées de la Jamaïque , appellées Opuntia ma- 
rina, ou Figue des Indes. Planche XXV. 67 



* # 



3 Ro- 



\ 



; 



/ 



xiv TABLE DES MATIERES. 

Rofaire blanc, ou Coralline à grains de Chapelet de la Jamaïque. Planche 
XXV. 68 

Coralline tubuleufe &f partagée en deux, de rifle de Wight, avec des tuber- 
cules qui couvrent fafitrface. Planche XXVII. 69 

K E-R ATOPHYTES. 

KEratophyte à panache de Sardagne , appelle Plume de Mer. Planche 
XXVI. 75 

Kératophyte à rêfeau, appelle Eventail de Venus. Planche XXIV. 76 

Kératophyte rouge , fpongieux. Planche XXVf. 79 

N°. 1. Kératophyte déploie comme un Eventail, & couvert d'une écorce pleine de 
Fermes. Planche XXVII. 82 

N°. 2. Kératophyte partagé en deux, dont la tige &? les branches font un peu 
applaties. Planche XXVII. 83 

E S C A R E S. 

N°. 1. "TJ^Scare millepore à feuilles tendres & étroites, coupées par le bout, &? 

I J couvertes des deux côtés de cellules ob longue s , placées alternative' 

menu Planche XXVIII. 84. 

N*. 2. Efcare fpongieufe , &? garnie de feuilles , couverte des deux côtés de cel- 
lules voûtées ,■ placées alternativement. Planche XXIX. 85 

K°. 3. Efcare millepore, pierreufe , S garnie de feuilles qui fe joignent enfem- 
ble irrégulièrement de côté &? d'autre , & dont les deux fuperficies font corn- 
pofèe s de cellules ovales. Planche XXX. 86 

Corail poreux appelle par Imperatus Cornes de Cerf Planche XXX. 87 

Cellules fpongieufes ovales , qui croiffent fur un Fucus. Planche XXX. ibid. 

Efcare pierreufe <f Imperatus, remplie de trous comme un filet. Planche 
XXV. ibid. 

K°. 4. Efcare millepore , fpongieufe , &? garnie de feuilles , compofée de cellules 
en forme d'un cône renverfé, & dont les ouvertures font environnées de Che- 
veux. Planche XXXI. 88 

Cellules des Infettes communs de Mer , environnant un Fucus. Planche 
XXXI. ibid» 

Cal- 



TABLE" DES MATIERES. xv 

Cellules des Infecïes de Mer communs , repréfentées grofjies au Mkrofcope 
fur la fm face d'un large Fucus. Planche XXIX. 89 

La Polype de ces cellules. Planche XXIX. ibid. 

N°. 5- Efcaie appellée Millepore Angloife à grains de fable, ou Cotte de mail- 
le marine ^/'Jmperatus. Planche XXV. ibid. 

K°. 6. Petite Efcare millepore crujlacèe, avec des cellules en forme de tubes, de 
couleur d'un pourpre pâle , placées en rangs prefque égaux &f parallèles. Plan- 
che XXVII. 90 

N°. 7. Efcare millepore pierreufe , remplie de trous comme une pierre-ponce. Plan- 
che XXVII. ibid. 

CORAUX ANGLOIS. 

N°. 1. 'T)Etit Corail Anglois garni de branches, 6? prefque auffi dur que de la 
JL pierre. Planche XXVII. 91 

N°. 2. Corail calcaire, &? dont la forme reffemble à celle de l'Hépatique. Plan- 
che XXVU. ibid. 

EPONGES. 

N°. 1. X^jPonge Angloife à branches. Planche* XXXII. 9s 

K°. 2. Eponge femblable à la Mie de pain. Planche XVI. ibid. 

ALCYONS. 

K°. 1. \ Lcyon avec des lobes femblables aux poumons. Planche XVII. 

K°. 2. Alcyon d'une fubflance molle, £P dont lafurface efl toute parfemée d'étoi- 
les. Planche XXXII. 98 

K°. 3. Alcyon qui conjîjïe en plufeurs petites Ampoules jointes enfemble. Plan- 
che XXXII. 99 

Buccin de Virginie en forme de Bouteille, ainfi nommé par le Doiïeur Lifter, 
Planche XXXIII. ïoo 

Cordon de Matrices , ou Ovaires de Buccin de Virginie. Planche XXXIII, 

ibid. 

N°. 4. 



\ 



xv j TABLE DÈS MATIERES. 

N°. 4. Alcyon, ou Coupe de Mer. Planche XXXII. • loi 

N°. 5. Alcyon appelle , par Mr. Ray, Fucus fpongieux , à nœuds. 102 

Autres Substances Marines. 

FUcus de Mer femblable à une Plume de Coqd'Inde. Planche XXXIII. 
103 

Corail Anglois fabloneux &f tubuleux. Planche XXXVI. 104 

Coralline Tubuleufe de Malthe , avec fes Scolopendres , armées de deux bras 
ou griffes , qui font garnies d'un double rang de Plumes. Planche XXXIV. 

107 

Une pièce du Corail commun } rouge & pierreux de la Méditerranée. Plan- 
che XXXV. 108 

Une pièce du Corail blanc tubuleux ^'Italie. Planche XXXV. ibid. 

Polype de Mer , trouvé près du Pôle , conjifiant en phfieurs corps , qui ont cba- 
cun huit bras ou huit griffes, âf qui étant joints enfemble à une bafe commu- 
ne , font foûtenus par une tige offeufe £? fort longue. Planche XXXVII. 

110 

De la manière dont les Animaux des Corallines Veficuleufes fe multiplient. 
Planche XXXVIII. . fc II5 

Microfcope. Planche XXXIX. 124 

Fin de la Table des Matières. 



FAUTES À CORRIGER. 

Pag. 50. en marge , au haut de la page , ajoutez Planche XIX. Fig. a. A. 

■ 92. lign. 18. ce Corail , lifez, de ce Corail. 

93. Iign. 28. leur, lifez, leurs. 

97. marge au haut de la page, ajoutez, Planche XVII. Fig b. B. 

100. lign 9. de la Nouvelle-Tork en Virginie ,' lifez , depuis la Nouvelle-Tork , jufqu'à 

la Virginie. 
Ibid. lign. 29. qu'Iis, lifez , qu'ils. 
— — 102. Iign. 20. la, lifez, la, 

■ 108. lign. 2. ou, lifez , où. 

110. Iign. 30. de, lifez, du. 

m. Iign. 14. fa, lifez, fa. 

112. iign, 6. ou, lifez, où. 

IN- 




I<^>#<^>S<^>0<^>-# : <^>il<^>S<^>.#«» 



INTRODUCTION. 



OUR inftruire le Le&eur fur la nature de cet 
Ouvrage , je ne faurois rien faire de mieux , que 
d'expofer ici les raifons qui m'ont engagé dans 
les Recherches qui en font le fujet , les diffi- 
cultés que j'y ai rencontrées , & les différens fuc~ 
ces que j'y ai eu. 

Vers la fin de 175 1. je reçus une curieufe Collection de 
Plantes Marines & de Corallines, de Fille & Angle Jey , fituée 
au Nord du Païs de Galles, & une autre de Dublin. Pour 
conferver quelques unes des plus rares de ces Plantes, celles 
fur-tout qui fe diflinguoient par la beauté de leurs couleurs, je 
les étendis fur du papier dans Feau , en développant avec 
foin les filamens fubtils de leurs ramifications , fuivant la mé- 
thode de Mr. Buttner, célèbre Botanifle de Berlin, à qui je 
fuis redevable de plufieurs autres pratiques très-utiles dans la 
Botan ; que. 

Après que ces Plantes furent féchées , je les appliquai 
fur des planches minces , couvertes d'une feuille de papier 
blanc, de façon qu'elles formoient une forte de Païfage, où 
elles s'élevoient fur un fond varié par fa forme & par fes cou- 
leurs , & formé fur-tout par deux ou trois efpèces différentes 
d'Hépaticfue , ou de Moufles de Mer. 

Mon Ami, Mr. le Dr. Haies, voiant un jour avec plaifir 
cette forte de Tableaux chez moi, voulut que j'en fîfle de pa- 
reils pour S. A. R. Madame la Princeffe Douairière de Galles , 

A afin 



\ 



2 INTRODUCTION. 

afin que les jeunes Princeffes fes Filles s'amufaffent en les i- 
mitant; & pour cela il me pria de raflfembler toutes les diffé- 
rentes efpèces de ces Plantes qui fe trouvent fur nos Côtes ; ce 
que je fis, fécondé par Mr. George Shelvocke, Secrétaire au 
Bureau Général des Polies, & par quelques uns de mes amis 
en Irlande. 

Ensuite M. Haies me procura l'honneur de préfenter 
moi-même quelques-uns de ces Tableaux à Son Alteffe Royale, 
qui les reçût avec cette bonté dont elle accompagne tout ce 
qu'Elle fait. 

La grande variété de ces Plantes que je reçus alors, me dé- 
termina à en féparer les différentes efpèces, & à les ranger 
dans les Claffes auxquelles elles appartiennent. En cela je 
pris pour guide le favant Ray , qui dans fon Ouvrage intitulé 
Synopjis Stirpium Britannicarum , a traité , mieux à mon a- 
vis qu'aucun autre Auteur, de ces Productions Marines, auiïï 
bien que des Plantes originaires de la Grande-Bretagne , & de 
Ylrlande. 

Pour diilinguer plus exactement leurs caractères propres, 
je crus devoir les examiner au Microfcope ; & avec ce fe- 
cours je découvris bientôt , qu'elles ne différaient pas moins 
entr'elles par leur forme, que par la nature de leur compofi- 
tion: celle-ci me parut telle dans plufieurs, que je fus plus por- 
té à les ranger parmi les Productions Animales, qu'à les rap- 
porter au Règne Végétal. 

Cela me détermina à les féparer des autres, & à ranger 
toutes ces Productions Marines en trois Claffes. 

La première comprenoit celles qui étoient manifeflement 
des Nids ou des Cellules d'Animaux. 

La 



\ 



INTRODUCTION. 3 

. La féconde étoit compofée de ces Corallines, dont la forme 
& les fines ramifications, tout-à-fait refîemblantes à celles des 
Végétaux,, me les rirent prendre alors pour de véritables Plan- 
tes Marines. 

Enfin je rangeai dans la troifiéme, les Corallines à articu- 
lations pierreufes & les Keratophytes , qui me paroiffoient te- 
nir de la nature des Corps rangés dans les deux premières 

Clafles. 

■ 

J'eus l'honneur de préfenter à la Société Royale, au mois 
de Juin 1752, cette Collection ainfi difpofée dans quatre 
Tableaux, que j'accompagnai d'une Differtation, où je dé- 
crivois ce qu'ils contenoient r comme je le croiois dans ce 
tems-là. 

J'êtois déjà convaincu par mes propres obfervations que 
plufieurs de ces Corps , que jufqu'à préfent les Naturaliftes a- 
voient pris pour des Plantes Marines, n'étoient en effet que 
des Productions Animales ; plufieurs de ceux qui étoient dans 
l'AfTemblée fortifièrent les doutes que j'avois fur les autres, que 
je n'avois pas ofé reftituer au Règne Animal. 

Pour déterminer ce qu'il en falloit penfer, je ne trouvai 
point de meilleur expédient que d'aller examiner ces Corps 
fur les lieux où ils fe trouvent; & pour cela je me rendis au 
mois d'Août 1752. dans rifle de Sheppey , près des Côtes 
de Kent, accompagné de Mr. Brooking , habile Deflinateur, 
qui voulut bien fe charger de faire les deffeins dont j'aurois be- 
foin. Là, à l'aide d'un Microscope fait par Mr. Cuff, & que 
j'avois rendu propre à l'ufage auquel je le deftinois , j'eus oc- 
cafion d'examiner dans l'eau même de la Mer ces Corallines, 
dont l'origine me paroiffoit encore équivoque ; mais bientôt 
mes doutes furent difhpés; je fus pleinement convaincu que 
ces prétendues Plantes n'étoient autre chofe que des Nids 

A 2 d'A- 



\ 



4 INTRODUCTIO N. 

d'Animaux, que je vis vivans, & qui faifoient fortir des Cel- 
lules, où ils étoient renfermés, une forte d'organes femblables à 
de petites branches ou à des filamens ; ces Animaux , dont le do- 
micile étoit fixé fur des Coquilles d'Huitres, de Moules, ou 
fur quelqu'autre Corps , étoient du nombre de ceux qui ne fe 
donnent aucun mouvement pour changer de demeure. 

La première Coralline que j'obfervai fut celle qui eft repré- 
fentée dans la Planche IL N°. 3. Ce que j'y remarquai de vi- 
vant fe voit en A. grofîi au Micro fcope. Cette découverte, 
jointe à quelques autres obfervations que je fis en même tems, 
m'engagea à faire retirer des mains de la Société le Mémoire 
que je lui avois remis; & je réfolus de pouffer plus loin mes 
recherches là-deiTus , tant pour- ma propre fatisfaction , que 
pour fournir à ceux qui étoient encore dans le doute , des 
preuves propres à les convaincre. 

Au commencement de Juin 1754. j'engageai Mr. Ehret, 
connu de tous les Botaniftes de l'Europe, par fes beaux def 1 
feins de Plantes & de Fleurs, à m'accompagner jusqu'aux Cô- 
tes de la Mer près de Brigthelmflone , en SuJJèx, pour y def- 
finer au naturel tout ce que le Microfcope nous feroit découvrir 
de remarquable dans ces Corallines. Je remis enfuite la Relation 
de ce Voyage, avec les deffeins que j'avois fait faire, à la So- 
ciété Royale , qui honora le tout de fon approbation. En- 
tr'autres Corallines que nous vimes dans cet endroit, fut cel- 
le qui eli repréfentée avec fes fines ramifications étendues dans 
la Planche IX. N°. 14. 1K En C. eft une de fes branches, telle 
que nous la vimes dans feau avec le Microfcope, & où pa- 
roiffent les Polypes dont elle eft chargée , renfermés en partie 
dans leurs Cellules d'où ils font fortir leurs bras. 

Nous eûmes auffi le plaifir de voir en mouvement les Co- 
rallines dont les Polypes font contenus dans des efpèces de 
gobelets , foutenus par un long pédicule , compofé d'an- 
neaux* 



INTRODUCTION-. 5 

neaux, ou fait en forme de vis. (Voyez Planche XII. Fig. C.) 
Au milieu de ce pédicule, qui étoit transparent, nous pou- 
vions aifément diftinguer un filet fort délié qui partoit du 
corps de l'Animal. 

En obfervant cette Coralline, nous découvrîmes par ha* 
zard ces Polypes qui diftribuent leurs Cellules fur des Fucus, 
ou autres Corps Marins. On voit la figure de ces Cellules 
Planche XXIX. D. & l'Animal dans fa Cellule en D. 1. 

E n différens endroits de ces Corallines , il y a de petits 
Corps , qui vus au Microfcope paroiffent comme autant de 
Véficules. J'en avois ignoré jufqu'alors l'ufage; mais je dé- 
couvris dans ce Voyage que c'étoient des Matrices ou des Ha- 
bitations de jeunes Polypes qui fortoient du Corps de leur 
Mère, comme ceux d'eau douce, avec cette feule différence, 
c'eft que le Corps de nos Polypes Marins efl à l'abri fous cette 
couverture véficulaire. Ces Véficules paroiffent en différentes 
faifons de l'année, fuivant qu'elles fe trouvent fur des Corallines 
de différentes efpèces, &enfuite elles tombent comme les fleurs 
ouïes femences des Plantes. Cela a fait que quelques Natura- 
îiffes, qui n'ont pas eu occafion d'y voir les Animaux vivans, 
ont cru que c'étoient réellement des femences de Plantes; & 
j'étois dans la même idée, lorfque je remis en 1752. mon 
Mémoire à la Société Royale; je m'y étois appliqué à ren- 
dre fenfible la grande reffemblance qu'il y a entre ces Véficu- 
les, & les denticulations de quelques unes de ces Corallines, 
& entre les feuilles dentelées de quelques efpèces de Mouffes 
terreftres, particulièrement de celles qui font connues des Bo- 
taniftes fous les noms de Hypnum & Bryum. On voit une de 
ces Corallines Planch. III. B. & une autre Planch. V B. 

Quelques Auteurs, pour n'avoir pas examiné ces Co- 
rallines animées dans l'eau de la Mer, qui eft leur élément 
propre, font tombés dans une autre erreur: ils ont cru que 

A 3 . ces 



\ 



6 INTRODUCTION. 

ces Veficules étoient uniquement des ampoulles flottantes qui 
foutiennent les Corallines fur l'eau, & reffemblent à celles de 
VAcinaire & du Chêne de Mer. 

O n voit deux de ces Veficules , avec les Polypes qu'elles 
contiennent, grofîies au Microfcope, au milieu de la Figure 
A. de la Planche V. 

C'est avecraifon qu'on donne le nom de denticulées à 
ces Corallines , leurs Veficules reffemblent tout-à-fait à des 
dents, placées à l'oppofite Tune de l'autre fur les côtés des 
tiges ou des branches. 

Les grands Polypes qui y habitent font joints par un filet 
délié à la partie charnue, qui occupe le milieu de toute la Co- 
ralline. 

Q_uelq_uesfois ces Animaux paroiffent entortillés en 
rond dans leurs Veficules : cela arrive lorfqu'ils font encore 
dans l'état d'Embryons ; on en voit de tels dans la Planche XI. 
C. A mefure qu'ils groffiffent, & qu'ils approchent, û je puis 
parler ainfi,de la maturité, le fommet delà Véficule commen- 
ce à s'ouvrir , l'Animal s'avance en dehors , & déployant fes 
bras cherche de côté & d'autre de quoi fe nourrir; mais au 
moindre mouvement qui fe fait autour de lui, il fe contracte 
promptement, & fe retire au fond de fa Véficule qui fe refer- 
me en même tems. 

Des Veficules de quelques efpèces de Corallines, ont un 
petit couvercle élaftique, qui en ferme l'entrée, dès que l'A- 
nimal s'efl retiré au fond : on en voit une de ce genre dans la 
Planche III. B. 

Quand ces Polypes à Veficules font parvenus à leur ma- 
turité, ils tombent, & la pluspart des Veficules difparoiffent 
avec eux, 

Dans 



INTRODUCTION, 7 

DANS quelques Corallinesà Cellules , remarquables par la 
beauté de leur ramification, j'obfervai que les petits Polypes qui 
y habitent, acquéroient une couverture teftacée, ou une Co-. 
quille femblable à celle des petits Limaçons. Voieâ Planche 
XVIII Fig. E. & B. & Planche XIX. Fig. A. 

Ces petits PouTons à Coquilles, grofïiflent fans doute, & 
lorfqu'ils ont acquis toute leur grandeur, il eft apparent qu'ils 
dépofent fur des Pierres, des Coquillages, ou fur des Plantes, 
ces Matrices ou Ovaires, qui fe développant & s'étendant avec 
le tems , prennent une forme fi reffemblante à celle des 
Plantes, qu'au premier coup d'oeil on les croit être des Plan- 
tes réelles. Voiez la Planche XXXIII. Fig. a. 

Pour m'mftruire mieux encore fur la nature de cette ef- 
pèce de Corps, prefque inconnue jufqu'à préfent , je fis en 
Août 1754. un Voyage fur les Côtes Septentrionales du Com- 
té de Kent, accompagné de Mr. Oeder, Doéteur en Médecine 
& Bptaniite du Roi de Dannemarc. 

A Whitflable j'emploiai quelques Pécheurs à me raffembler 
toutes les différentes efpèces de ces Productions Marines qu'ils 
pourroient trouver. Entre plufieurs autres chofes ils m'ap- 
portèrent divers Corps irréguliers, de fubliance charnue, atta- 
chés à des Coquillages , & qu'ils appellent Orteils de Morts. 
Ray les décrit dans ïdiSynopJîs, & les nomme Alcyonium ramo- 
fodigitatum molle aftericis undiquaque ornatum. On en voit une 
petite pièce représentée de grandeur naturelle dans la Plan- 
che XXXII. Fig. a, & une partie de la même pièce grof- 
fie au Microfcope Fig. A. 

J e les reçus dans un fçeau rempli d'eau de Mer ; & je les 
laifiai tranquilles , jufqu'à - ce que les Polypes renfermés 
dans leurs cellules étoilées , où ils étoient fixés par leurs 
queues, fe fulfent étendus; alors les rétirant brufquement de 

l'eau 







8 INTRODUCTION. 

Ff au falée & les plongeant dans de l'efprit de vin , il y eut 
plufieurs de ces Animaux qui moururent fans avoir le tems de 
fe contracter, & de fe retirer dans leurs cellules. Par-là je 
parvins à cônfer ver ces petits Animaux, de même que ceux 
"de plufieurs autres Productions Marines, dans leur forme na- 
turelle. Ce moyen me réùffit fur-tout avec cette efpèce d'Al- 
cyon qui relfemble aux lobes des Poumons, & que les Pê- 
cheurs appellent Figue de Mer , parce qu'il renferme plu- 
fieurs grains jaunes allez femblables à des fémences. On en 
voit un reprefenté dans la Planche XVII. Fig. b. Sa furface 
extérieure , vue au Microfcope , me parut parfemée de 
petites étoiles , repréfentées dans la même Planche Fig. 
B, C, D. 

Ce fut alors auffi que j'obfervai, pour la première fois, des 
Animaux vivans dans cette efpèce de Coralline qui eft repré- 
fentée dans la Planche XI. Fig. A. dans celle que fa figure 
fait appeller Epine de Harang; voiez Planche X. Fig. A. 
& dans les Corallines à ramifications tubuleufes, dont on voit 
la Figure, groffie au Microfcope, dans la Planche XVII. Fig. A. 
Ce fut là encore que je remarquai des Animaux fur la Coral- 
line à cellules , qui fe trouve groffie auffi au Microfcope , dans 
la Planche XX. Fig. C. A mon rétour à Londres , je trouvai la 
pluspart de ces Polypes fort bien confervés dans l'efprit de 
vin où je les avois mis , quoiqu'ils y fulfent entalfés avec divers 
autres Corps plus folides, tels que des Etoiles de Mer, & des 
Alcyons adhérans à des Coquilles. 

M'étant ainfi convaincu que la méthode de tremper les Co- 
rallines dans l'efprit de vin, les conferve avec leurs Animaux, 
fans aucune altération ; je crois faire plaifir aux Naturâliftes 
en la décrivant plus amplement; s'ils la fui vent ils pourront 
faire venir des différentes Côtes de la Mer, les Corallines & 
les autres Productions Marines dont ils voudront connoître les 
habitons, fans être obligés d ? aller les examiner fur les lieux. 

Les 



INTRODUCTION. ^ 9 

Les Corallines les plus variées fe trouvent fur les Rochers, 
ou fur les bancs d'Huitres, qui ont été négligés pendant quel- 
que tems, au moins c'eft-là où je les ai vu le plus fouvent en 
petits buiflbns. Dès que les Pêcheurs ont pris des Huîtres qui en 
font chargées , il faut qu'ils les mettent promptement dans un 
fçeau rempli d'eau de Mer, car les Animaux , qui y habitent , font 
û tendres qu'ils ne s'auroient être un moment dans l'air fans fe 
rider ; après quoi on doit les tranfporter fur le rivage, & les 
détacher avec des pinces de défais les Coquilles , pour les 
plonger doucement dans un baffm rempli d'eau de Mer bien 
pure. Au bout d'une heure , ou peut-être même en moins 
de tems, une loupe d'environ deux pouces de foyer fait voir 
la Plante toute héruTée de Polypes, qui revenus de la violence 
qu'on leur a faite, commencent à étendre leurs bras. Alors on 
faifit brufquement ceux qu'on voit vivans , & on les plonge 
au moment même dans un vafe rempli d'efprit de "vin, qu'on 
doit avoir à fes côtés; par-là on ôte la vie à ces Animaux, fans 
leur laiffer le tems de fe contra&er. Des flaccons remplis de 
diverfes Productions Marines, ainfi raffemblées, peuvent être 
envoyés à quelque diftance que ce foit, fans que la figure des 
Polypes en foit en aucune façon dérangée. 

O n peut encore emploier cette autre méthode. Placez les 
Huitres chargées de Corallines , dans un grand Vafe de terre ou 
de bois , avec autant d'eau qu'il en faut pour couvrir les Co- 
rallines , & pas davantage. Laiffez le tout en repos pendant 
une heure ; alors verfez doucement fur les bords du vafe , au- 
tant d'eau bouillante qu'il y a d'eau froide. Cela fait, ôtez 
promptement les Corallines de deffus les Coquilles, & mettez 
les dans des flaccons remplis d'efprit de vin. Si enfuite vous 
voulez les examiner, il faut féparer les différentes efpèces, & 
les mettre à part dans des bouteilles de Cryftal remplies d'un 
efprit de vin bien clair, mais qui ne foit pas plus fort que de la 
bonne eau de vie : ces bouteilles doivent être longues & avoir 

B une 



lo - W INTRODUCTION. 

une large ouverture, & il ne faut pas que leur Diamètre ex- 
cède la longueur du foier de la loupe avec laquelle vous vous 
propofez de faire vos obfervations. Quand ces bouteilles font 
bouchées de façon à empêcher l'évaporation, cette méthode 
efl la meilleure qu'on puiife fuivre , pour conferver ces Plan- 
tes animées, de manière qu'en les voyant, les plus incrédules 
ne peuvent fe méprendre fur leur Nature & fur leur Origine. 

Il efl bon cependant d'avertir ici, qu'il faut faire ces for- 
tes de Collections en été ; car pendant l'hiver ces Animal- 
cules font ordinairement contractés & engourdis par le 
froid. 

Les obfervations que j'avois faites fur les Corallines véfi- 
culeufes , & à cellules , me donnèrent les premières idées 
qui m'ont /ait connoître la formation des Kératophytes. Dé- 
couverte qui me fit d'autant plus de plaifir, qu'encore à 
préfent cette Claife de Corps efl rangée, par les plus exacts 
Naturalises, parmi les Végétaux, mais couverts ou incruf- 
tés accidentellement en différens endroits , comme plufieurs 
autres Plantes , de nids de divers Infectes qui leur font 
propres. 

On trouve dans les Cabinets des Curieux quelques efpè- 
ces de ces Kératophytes , qui ont tant de rapport avec quel- 
ques-unes de nos Corallines véficuleufes à larges denticules, 
qu'il n'efl guères poffible de les rapporter à différentes Claffes» 
On en voit un repréfenté dans la Planche XXVI. Fig. S. 

Quant aux Kératophytes des autres efpèces, je trouve 
qu'ils reffemblent aux Corallines véficuleufes , & aux Co- 
rallines à cellules , en des chofes fi effentielles , que je ne 
doute point que fi celles - ci appartiennent au Règne Animal, 
comme les obfervations que j'ai faites jufqu'à préfent me le 
perfuadent, les Kératophytes n'y appartiennent aufli. 

Qu'on 



INTRODUCTION. v n 

Qu'on fe donne la peine de comparer ces Corps enfem- 
ble , & d'examiner attentivement la fuite des petits tuyaux 
qui fe changent infenfiblement en ramifications celluleufes, 
dans les Kératophytes, & qu'on confidére en même-tems la 
ftru&ure de cette Coralline véficuleufe, nommée Arrête de 
Harang, & réprefentée dans la Planche X. Fig. a. alors je 
crois pouvoir afTurer qu'on fera de mon opinion. 

Ce qui fait ici de la peine aux Naturalises , c'eft cette 
fubftance , qui approche fi fort du bois ou de la corne , dont 
une partie du tronc & des branches des Kératophytes eft com- 
pofée; comment en expliquer la formation , fi Ton ne fuppofe 
pas que ces Corps font des Végétaux? 

Mais au milieu de mes obfervations , je reçus heureufe- 
$ Amérique, un très beau Kératopbyte, de l'efpèce de ceux 
qu'on nomme Eventail de Mer; on en voit une partie dans 
la Planche XXVI. Fig. C, O, D, K. Ce Kératopbyte , com- 
me on le verra par la defcription que j'en donne, démontre 
clairement que des Animaux, du genre des Polypes, font les 
Architecte de cette croûte ligneufe ou femblable à la corne 
de même que de la croûte calcaire qui couvre une nombreufe 
Colonie d'Infectes. 

Les Efcarres, que j'ai rangées dans la ClafTe qui fuit celle 
des Kératophytes , méritent qu'on les obferve encore avec foin. 
Il femble que quelques unes ne font autre chofe que des Matri- 
ces ou des Ovaires de certaines efpèces de Poiffons à coquil- 
les, qu'on a quelque raifon de croire appartenir à la ClafTe 
des Bivalves. Je n'oferois cependant rien affirmer là-deffus, à 
caufe de l'ignorance où nous fommes fur l'origine des Coquilla- 
ges. Cette matière eft encore fi obfcure, que jufqu'à préfent 
nous ne connoifTons pas même la formation des Coquillages bi- 
valves les plus communs, tels que font les Moules, les Pé- 

B 2 ton- 



12 INTRODUCTION 1 . 

tondes, & les Huitres. Plufieurs de ces Productions informes 
de la Mer, qu'on nomme Alcyons, ne méritent pas moins nô- 
tre attention. Si nous pouvions examiner ces Corps en diffé- 
rentes faifons, je fuis perfuadé que nôtre curiofité feroit am- 
plement fatisfaite par les nouvelles découvertes que nous 
ferions. 

Comme dans la fuite de cet Ouvrage j'aurai fouvent oc- 
cafion de parler de Polypes , il eft à propos d'en donner 
ici une légère Defcription en faveur de ceux qui ne con- 
noiffent pas encore ces Infe&es. Pour cela je ne puis rien faire 
de mieux que de décrire les Polypes d'eau douce, dont 
Mr. Trembley, Membre de la Société Royale , nous a fait 
çonnoitre les fmguliéres propriétés. 

On en voit un dans la Planche XXVIII. Fig. C. En y jet- 
tant les yeux , il fera aifé de comprendre ce que je veux 
dire lorfque je parle des Polypes de Mer, de leurs bras, 
de leurs griffes &c. 

Le Polype d'eau douce eft donc un Animal de la figure d'un 
Ver, & d'une fubftance aufïi molle que les cornes des Li- 
maçons communs. 

Par une des extrémités de fon corps, il eft adhérent, 
comme par un fuççoir, aux Plantes aquatiques, ou à d'au- 
tres Corps. Son autre extrémité , qui eft fa tête, eft envi- 
ronnée de plufieurs filets ou bras , placés comme autant de 
rayons autour d'un centre. Ce centre eft fa bouche; & ces 
bras flexibles, & capables d'une extention confiderable, lui 
fervent à faifir des petits Vers , ou d'autres Infedes aquati- 
ques , & à les porter à fa bouche. Souvent on lui en voit 
avaller , qui font plus gros que lui , aufli a-t'il à un degré é- 
minent la propriété de dilater fa bouche beaucoup plus à 

pro- 



INTRODUCTION'. 13 

proportion qu'aucun autre Animal. Après que fon eftomac 
a fait la digeftion de ce qu'il a mangé , il rejette par fa 
bouche ce qui ne fauroit plus fervir à fa nourriture ; & il 
n'a pas d'autre ouverture vifible, pour donner iffue à fes ex- 
crémens. 

Au bout de quelques jours , fon corps paroit hériffé de 
petits boutons ou mammelons , qui font de jeunes Poly- 
pes qui commencent à pouffer. A méfure qu'ils grandiffent, 
on voit fortir de la circonférence de leur tête des fibres ou 
des filets déliés, femblables aux bras de celui à qui ils doi- 
vent la naiffance ; auffi s'en fervent-ils bientôt au même ufa- 
ge, en les emploiant à fe procurer de la nourriture. Quand 
ils ont acquis toute leur grandeur ils pouffent à leur tour, 
de la même manière, d'autres jeunes Polypes , qui fortent 
auffi de leurs Corps. Ainfi le même Animal fe fubdivife en 
plufieurs ramifications , qui font autant de générations diffé- 
rentes , unies en même tems à la même fouche , & difpo- 
fées comme on les voit dans la Planche que j'ai citée Fig. G 
Quand un de ces jeunes attrape quelque nourriture, elle ne 
fert pas uniquement pour lui, mais encore pour toute la fa- 
mille : ce qu'il mange paffant dans le Corps de tous les au- 
tres, contribue auffi à les nourrir tous. 

Un Polype d'eau douce reffemble donc à une plante char- 
gée de branches, ou compofée de plufieurs Corps dont cha- 
qu'un a cette propriété fmguliére ; c'eft que fi on le coupe 
en deux , la partie qu'on en détache devient un Animal 
complet ; en fe fixant fur une bafe , elle pouffe en peu de 
tems des bras rangés en cercle comme ceux du Polype à 
qui il doit le jour ; fa bouche fe forme dans le centre ; il pro- 
duit une nombreufe famille; en un mot, à tous égards, il eft 
un Animal aufïï parfait que celui dont il a été féparé. 

B3 A 



14 



in troduction: 



A en juger par les découvertes qui ont été faites jufques à 
préfent fur les Polypes Marins, on eft autorifé à dire que ces 
Animaux, quoique différens pour la forme de ceux d'eau dou- 
ce, fe nourriiTent, croiffent & multiplient de la même manière. 
Au moins ai-je fouvent obfervé que quand j'en coupois quelque 
partie, pour la mieux confiderer, bientôt elle me donnoit des 
preuves que non feulement il y reftoit un principe de vie, mais 
qu'encore elle avoit la faculté de croitre & de multiplier confi- 
dérablement. 




ESSAI 



ESSAI 

D'UNE NOUVELLE 

HISTOIRE NATURELLE 



DES 

CORALLINES 

&c. &c. 

CHAPITRE I. 

Des Corallines en Général. 

OUR me rendre plus intelligible, en parlant des 
différentes Productions Marines, qui font le fujet 
| de cet Ouvrage , je me vois en quelque façon obli- 
gé de me conformer au langage de ceux, qui les re- 
gardant comme des Plantes Marines , les ont ran- 
gées fous certaines claffes , adoptées par les Botanifles. Je 
fuivrai donc Tordre qu'a fuivi Ray, & je les diviferai en Co- 
raux, en Corallines, en Kêratophytes , znEfcarres, en Eponges 
& en alcyons. Mais en déterminant les différentes efpèces, je 
ferai plus attention à la reffemblance que je trouverai entre les 
tiffus de ces differens Corps, & entre les Animaux qui y habi- 
tent, qu'à leur forme extérieure , que les Botanifles confièrent 
uniquement 

En fuivant cette Méthode, je devrois commencer par la de. 
fcription des Coraux. Mais comme on en trouve très peu fur 

les 





16 CHAPITRE.! 

les Côtes à? Angleterre & & Irlande, & que leur compofition 
eft fi compliquée, qu'on auroit peine à comprendre ce que j'en 
dirois, fi je ne faifois pas précéder la defcription des Corps plus 
fimples; je commencerai par les Corallines. Par ce mot j'entens 
des Productions Marines , qui ont la forme de Plantes, & qui 
font compofées de plufieurs branches minces, & fubdivifées en 
fines ramifications. Elles reffemblent à quelques efpèces de 
Moufles; aufïi les Botanifles les ont -ils rangées dans la même 
Clafle. 

Elles différent des véritables Plantes Marines par leur tif- 
fu, auflî bien que par leur dureté, & par les principes que la 
Chymie en tire. Dans les Plantes Marines , qui méritent véri- 
tablement ce nom, telles que les Algues, les Fucus &c., la Dis- 
tillation ne fait découvrir que peu ou point de fel volatil ; au 
lieu que les Corallines en donnent une très grande quantité : 
quand on les brûle il s'en exhale une odeur femblable à celle 
de la corne , & des autres fubftances animales. Cela feul fu£ 
fit pour prouver que ces Corps n'appartiennent pas tout-à-fait 
au Règne Végétal, malgré la conformité de leur forme avec 
celle des Plantes. 

Pour fuivre quelque méthode, dans la Defcription que nous 
allons donner de ces Corallines, nous les diftinguerons en véficu- 
leufes, en tubuleufes, en celluleufes, & en Corallines compofées 
de diverfes articulations. Linnaus a compris toutes ces diffé- 
rentes efpèces fous le nom de Sertularia, dans la Gaffe qu'il 
a formée des Corps, qui par leur Figure, reffemblent au Corail. 

Avant que d'aller plus loin, il eft à propos de remarquer 
ici que les Defcriptions, que je donne dans cet Ouvrage, font 
faites la pluspart d'après des Corallines qui m'ont été appor- 
tées de loin ; quoique je n'aye rien épargné pour en avoir de 
fraiches, & pour les examiner fur les bords mêmes de la Mer, 
toutes les fois que j'en ai eu l'occafion. 

Les 



A 



Des Corallines en Général, 17 

Les Corallines véficuleufes fe diftinguent par leur fubflan- 
ce, qui approche de celle de la corne, & par des brancha- 
ges qui font autant de tuyaux, difpofés de façon, qu'ils paroifc 
fent former une très jolie Plante. La pluspart de ces Coralli- 
nes ont leurs branches dentelées, comme les feuilles desMouf- 
fes. Dans certaine faifon de l'année on les trouve chargées de 
petits Corps d'une forme déterminée, & femblables à de peti- 
tes Veines , qui tirent leur origine de différentes parties de la 
tige & des branches; chaque différente efpèce a des Véficules 
d'une figure particulière. Quand elles font féches , leur cou- 
leur eft pour l'ordinaire jaunâtre, ou d'un brun pâle. 

Si oi les plonge dans l'eau, elles reprennent la forme qu'el- 
les avoterit dans la Mer, & fe rempliffent bientôt d'humidité, 
ce qui leur donne une couleur d'ambre à demi transparente, 
& les rend fort élafliques. On les trouve adhérentes aux ro- 
chers, aux coquilles, & aux fucus, par des petits tuyaux qui 
reffemblent à des racines. Mifes dans le Vinaigre, elles n'y eau* 
fent aucune effervefeence. 

CHAPITRE II. 

Des Corallines Véjlcuïeufes, 

N°. 1. f~^Orall\na veficulata fparjîm & alternatlm ramofa, piairheï. 
^-^ denticulis oppojîtis cylindrkis } oriùus crenatis ,patulis* 1§ " a * A * 
Tamaris de Mer. 

Cette Coralline a été prife dans une eau fort profonde , près 
de l'Ifle de Dalkey , à l'entrée de la rade de Dublin, Ses bran- 
ches font placées aflez irrégulièrement, mais cependant alter- 
nativement de différens côtés. Son tiffu reffemble à celui de 
la corne, &; eft transparent. Ses denticules font grandes , cylindri- 

C ques, 



18 CHAPITRE IL 

ques, ouvertes, & oppofées les unes aux autres, & chaque 
paire paroit attachée au fommet de celle qui efl au defïbus. 

La forme des Véficules approche un peu de celle d'un cœur; 
elles ont à leur fommet un petit tube, qu'on pourrait com- 
parer au tronc de l'Aorte ou de la Veine cave. On en voit 
une, groffie au Microscope, en A. 

N 9 . i. Fig. a. eft une partie de cette même Coralline, de 

grandeur naturelle. En A. les denticules font repréfentées 

telles qu'on les voit avec le cinquième verre du Microfcope 
fimple de PFilfon. 

planche i. N°. 2, Corallina Marina Abieth forma. Tournef. T. R. H. 

Fis b B. 

*lg, D.JJ. ^ 7i 

Mufeus Marinus Films folio. H. Ox. Vol. III. p. 65. Tab. 
9. Fig. I. 
Sapin de Mer. 

Cette Coralline s'attache aux Huîtres, aux Moules^ 
& à d'autres Corps , par une racine tubuleufe & ridée, qui 
forme diverfes tiges roides, creufes, & d'une fubftance fem- 
blable à celle de la corne : cette tige pouffe alternative- 
ment , de côté & d'autre , des branches régulières , qui la 
font reffembler à un petit Sapin, ou fuivant d'autres , à une 
plante de Fougère; parce que ces branches s'étendent fuivant 
une direction femblable à celle des feuilles de cette plante. 

Ses denticules alternent de côté & d'autre, & ont une ou- 
verture étroite. On obferve, en difFérens endroits de cette 
Coralline, des Véficules ovales qui partent de la tige, avec l'in- 
térieur de laquelle elles communiquent, par une petite ou- 
verture qui eft au fond de chaque Véficule. Leur cou s'é- 
trefïït près du fommet comme celui d'une cruche. Sur quel- 
ques unes de ces Corallines, cueillies au mois d'Avril, j'ai ob- 
ferve des refies d'Animalcules femblables à des Polypes, fixés 

par 



\ 



Des Corallines Vêficuleufes. f$ 

par leur queue à l'intérieur du cou des Véficules, comme on 
les voit en B. , où Ton a repréfenté un de ces Polypes mort, 
fortant hors de fa Véficule. Plufieurs de ces Corallines font 
rougeâtres , quoique prefque toutes les autres foient d'un 
jaune terni ou brunes. Souvent on en trouve qui font rem- 
plies de petites Coquilles en limaçon blanches, femblables 
à des petites cornes d'Ammon , & d'autres qui font char- 
gées d'une efpèce de petites Corallines, en forme de cloches, • 
qu'on décrira dans la fuite. 

La Figure b repréfenté cette Coralline dans fa grandeur 
naturelle , fixée fur une coquille de Moule. En B. on en 
voit une partie grofiie au Microfcope. 

N°. 3. Corail ina minus ramofa alterna vice denticulata, len- planche il 

V- et A / 

tkulis lirreïs transverjis externe flriatis. R. S. p. 3$> N\ 13. B ' s " a ' " ' 
Coralline à grandes dentelures. 

Il y a deux efpèces de ces Corallines ; les unes croifTent 
fort droit; les autres font plus branchues, & pouffent un jet 
plus oblique. 

La première efpèce fe trouve en très grande quantité fur 
des Huitres près de Queenborough dans l'Ifle de Scheppey. 

Ces Corallines ont peu de branches: leur tige eft mince, & 
contournée en forme de vis entre les denticules: ces denticu- 
les font grandes; leur figure approche de celle d'une cruche, 
& elles font placées alternativement fur les côtés oppofés. 
Aïant fait pêcher plufieurs de ces Corallines à Queenborough, 
je les tins pendant quelque tems dans un vafe rempli d'eau de 
Mer , & enfuite j'y vis avec le Microfcope un Polype qui oc- 
cupoit tout l'intérieur de chaque Coralline, & chaque denti- 
cule étoit remplie par une partie de l'Animal, qui fe terminoit 
en une touffe de bras ou de griffes aufii déliées que des che- 
veux, & qui fe remuoient de côté & d'autre, avec beaucoup 

C 2 de 




20 



CHAPITRE II. 



de viteiïe. Voyez la Fig. A. , où j'ai fait repréfenter une Vé- 
ficule vue avec le même Microfcope , afin qu'on puiffe juger 
de fa grandeur par rapport aux denticules. L'Animal qu'elle 
contenoit étoit mort. 

La Fig. a., offre une Coquille de Moule, avec plufieurs 
jets de cette Coralline, tels qu'on les trouve ordinairement. 
Une petite pièce d'un de ces jets, ayant été mife dans un 
verre de montre rempli d'eau de Mer, malgré fa féparation 
du refte du Corps , on en vit fortir au bout de cinq minu- 
tes des bras ou filets qui cherchoient quelque proie en fe 
mouvant de différens côtés. 

L'Autre efpèce de ces Corallines, qui a plus de rami- 
fications , & croit plus obliquement , fe voit de grandeur na- 
turelle en b , & groffie au Microfcope en B. Ses denticules 
font plus féparées, & leur bouche eft plus large: Les Véficu- 
les de l'une & de l'autre efpèce font ridées. 

Planche il. N°. 4. ÇoralUna Mufcofa alterna vice dentïculata , ramulis 
in treherrima capillamenta fparfis. R. S. N\ 17. pag, 36. 
Queue d'Ecureuil. 

Cette belle efpèce de Corallines à plumes eft très com- 
mune fur toutes les Côtes, qui font à l'Eft de Sheemefs, dans 
l'Ifle de Scheppey , au rapport des Pêcheurs, qui les trou- 
vent en très grande quantité fur les Huitres , particulière- 
ment fur celles qu'ils appellent Huitres de rocher. 

Elles pouffent un jet fort droit, chargé d'une touffe é- 
paiffe de branches dont les denticules alternent de côté àz 
d'autre ; ces branches environnent la tige depuis fa racine 
jufqu'à fon fommet, & y font placées en foirale, comme fur 
les pas d'une vis. On en voit une de gra ideur naturelle en 
§. Quoique les denticules foient diiiribuées par paires, elles 

ne 



»'g. c C. 



Des Corallines Vêficuleufes. 21 

ne font pas exactement oppofées l'une à l'autre : elles font 
pointues , & tant foit peu contournées en dedans, comme 
les cornes d'un Taureau. La Fig. C. , qui les repréfente 
grofnes au Microfcope, en donnera une jufle idée. Leurs 
Véficules font évafées , & fouvent on les trouve vuides & 
tranfparentes : mais au Printems on les apporte remplies d'u- 
ne fubftance vifqueufe & jaunâtre, qui, à en juger par fa ref- 
femblance avec ce qu'on trouve dans les Véficules des autres 
Corallines qui font mieux connues, doit être un Animal 
mort. 

N°. 5. Cor allina CupreJJi forma , denticulis obtufis, pauîuhm F ? ,a ^ IIL 
alternis , ramulis in exïgua ô 9 rariora capillamenta fpârjîs , 
Veficuiïs bidentibus. 

Cyprès de Mer. 

Cette Corailine fe trouve dans les eaux profondes, le 
long des Côtes feptentrionales de l'Angleterre & de l'Irlan- 
de : Elle reffemble beaucoup à celle que nous venons de dé- 
crire, & n'en diffère qu'en ce que fes denticules font émouf- 
fées, qu'elles ne font pas recourbées, comme celles de la 
précédente , mais droites , & quelles font plus étroitement 
unies à l'un des côtés de la tige. 

Ses branches font aufli plus longues & plus déliées, & 
la tige du milieu plus groffe. On en voit une repréfentée 
de grandeur naturelle, dans la Planche III. N°. 5. Fig. a.. 
Chaque Véficule a au fommet deux pointes aiguës, & con- 
tient la même efpèce de fubftance que la précédente. La 
Fig. A. en repréfente une petite branche groffie au Microfc 
cope, avec fes Véficules , & un Polype mort qui s'y trou- 
ve attaché. 

N°. 6. Qorallina Mufcofa dentlculata procumbens, caule te- Planche nr, 
nuijjîmo denticellis ex adverfo Jitis. R. S. p. 3,6. N°. 13. F ' g ' b ' 

Cheveu de Mer. 

C 3 Cet- 



22 CHAPITRE IL 

Cette Coralline, dont la forme eft très belle & très ré- 
gulière, eft compofée de branches longues & traînantes , qui 
ont des dents fort aiguës, & placées par paires, exactement 
oppofées les unes aux autres : chaque paire femble être 
jointe à celle qui la fuit : fes petites branches croiffent par 
touffes, comme une poignée de cheveux. Elle eft repréfen- 
tée au naturel N°. 6. Fig. b. Ses Véficules font fort gran- 
des & tranfparentes , elles ont des couvercles réguliers; & le 
tout ne relTemble pas mal à un Vafe de porcelaine. 

La Fig. B. en repréfente une branche avec fes Véficules, 
grofïies au Microfcope. 

Le couvercle des Véficules de cette efpèce reflfemble, par 
fa figure, à celui de ces MoufTes de terre, qu'on appelle 
Hypnum & Bryum. 

Planche iv. N°. 7. Corallina pumila pennata , dentlculis teneris , albis ô* 
' g ' °" ' oppojîtis; Veficulis , florem lilii , vel mali punicœ , fe expanden* 
tern referentibus. 
Coralline à Fleur de Lis ou de Pomme de Grenade. 

Cette belle Coralline fe trouve fouvent fur le Cyprès 
de Mer, décrit N 3 . 5. Elle l'embrafle avec fes petits tubes, 
& pouffe de-là des branches, garnies de petites denticules op- 
pofées les unes autres, d'une forme cylindrique, & qui s'af- 
faiffent par le haut à mefure qu'elles fe féchent. 

On en voit quelques unes, N°. 7. Fig. a. Elles y font re- 
préfentées de grandeur naturelle, & croiffant fur une autre 
Coralline. 

De toutes les efpèces deCorallines, il n'y en a point qui 

reffemble plus à une fleur, que celle-ci: fes Véficules, grofïïes 

au Microfcope, ont la figure d'une fleur de Lis ou de Pomme 

de Grenade, qui commence à s'ouvrir. 

La 



\ 



'Des Corallines Vêficuleufes. 23 

La Fig. À. eft une petite branche de cette Coralline, grof- 
ûc au Microfcope, avec fes belles Véficules. 

En examinant cette même branche repréfentée en B., & 
grofîie auffi au Microfcope, on remarque que les ramifications 
de cette Coralline fe terminent quelquefois par de petits tu- 
bes contournés irrégulièrement, & peu différens de ceux 
qu'elles ont à leur origine. 

J'ai Vu à Brighthelmflone plufieurs Corallines de cette efpèce, 
qui pouflbient un jet droit, fur les coquilles d'Huitres auxquelles 
elles étoient adhérentes. On nous les apporta toutes fraîches, 
au moment même qu'on venoit de les tirer de la Mer. J'en 
pris une très petite branche, avec fes Véficules, & l'ayant 
mife dans de l'eau de Mer , je découvris bientôt , à l'aide 
de mon Microfcope , que l'Animal renfermé dans la branche 
étoit en vie, & qu'il déploioit fes petites griffes hors de 
fes denticules : mais le corps même de l'Animal refloit con- 
tracté dans fa Véficule, & ne paroiffoit pas fe mouvoir. 

Cette branche eft repréfentée, dans la Fig. G, vue au 
Microfcope. Mais les bras qui étoient repliés dans les Vé- 
ficules de la branche , Fig. A. , font déploies dans la Fig. G 

N°. 8. Coraîlina pumila repens minus ramofa, dentïcellis Planche v. 
bijugis. R. S. N°. 19. p. 37. 
Chêne de Mer. 

Cette petite Coralline rampante s'élève çà-&-là par des pe- 
tits filamens tubuleux , qui couvrent la furface du Fucus appelle 
Chêne de Mer, à feuilles larges & dentelées. On en trou- 
ve en quantité fur les Côtes près de Sheernefs dans l'Ifle de 
Sheppey. Cette même Coralline fe trouve auffi quelquefois 
rampante fur le Fucus à cofles. 

Les 



Fig. a. A. 



24 CHAPITRE IL 

Les denticules font émouffées à leur ouverture, & diftri- 
buées par paires exactement oppofées les unes aux autres; 
Chaque paire femble être jointe à celle qui la fuit. Les 
Véficules font prefque globuleufes & fouvent ridées ou par- 
femées de filions qui fe croifent. 

Elle eft repréfentée au naturel, Fig. a. N°. 8., & ram- 
pante fur le Fucus Chêne de Mer. Da;s la Fig. A. de 
la- même Planche, on en voit une branche avec fes Véfi- 
cules groffies au Microfcope. 

Pendant que j'étois fur les Côtes de SuJJex à Bright* 
helmftone, je découvris pour la première fois , les Polypes 
vivans dans les Véficules des Corallines dentelées, & fur- 
tout dans celles-ci. Ces Animaux font beaucoup plus grands 
dans les Véficules que ceux qui fe trouvent dans les denti- 
cules. Ils pouffent ou croiffent irrégulièrement ça-&-là, avec 
leurs Véficules, des côtés de la tige & des branches. 

On voit aifément, par le moyen du Microfcope, qu'ils 
font unis au Corps du Polype dont ils tirent leur origine. 
Ce dernier paroît n'être qu'une fuite de chaînons de petits 
Polypes rangés par paires jointes les unes aux autres par un 
filet charnu, qui paffe par le milieu de la Coralline. 

Nous vîmes que les petits Polypes de cette efpèce dé- 
ployoient leurs griffes, pour attrapper leur proye, tout com- 
me ceux des Corallines Véficuleufes. 

Ils font repréfentés, Fig. A., tels qu'on les voit au Microf- 
cope, lorfqu'on les examine tout frais. 

Planche v. N°. 9. CorallinaVeJicuIata, caule anguîato rigido, r amis de n- 
' ê ' ' fe Jîipatis ô 3 bifurcatis , terminantïbus , denticulis cauli appref- 
fis. Fucus Equifeti facie, Oftreœ Teftœ adnafeens. Sibbald. 
Scot. III. L. 1. p. 56. Tab. 12. R. S. N°. 47. p. 50. 
Goupillon. 

Cet- 



P 



Des Corallines Vêficuleufes. 25 

Cette Coralline s'élève de défais des petits tubes dont 
la fubftance approche de celle de la corne, & qu'on trouve 
fortement attachés fur les Coquilles de Mer. 

Sa tige eft droite, ferme, & couverte de nœuds, qui termi- 
nent les angles alternativement oppofés les uns aux autres, & 
qui femblent être les extrémités d'autant de branches rompues. 

Le fommet de la tige eft ordinairement couvert d'une touffe 
épaiffe de branches fort courtes & ferrées , les unes contre les 
autres. On la voit repréfentée de grandeur naturelle, N°. g, 
Fig. b. 

Les branches ont à chaque divifion deux pointes ou deux 
efpèces de cornes. Les denticules font fi étroitement appli- 
quées aux branches, qu'on peut $. peine les diftinguer fans Mi- 
crofcope: Mais par le moyen de cet inftrument, on remar- 
que que chaque denticule a, comme la pluspart des autres, 
un petit trou à fon fommet. 

Les Véûcules font placées au fond des branches, & paroif- 
fent être d'une figure ovale : Elles ont pour la pluspart un 
petit couvercle à leur fommet. 

On les trouve le long des Côtes à'Ecqfle, & au Nord de 
V Angleterre; fur-tout aux environs de Scarborough où on leur 
a donné le nom de Goupillon. 

La Fig. B. repréfente une partie d'une branche groffie au 
Microfcope, avec fes Véficules. 

N°. 10. Qorallina ereCta pennata, dentkuïis aïternis cauliap- J] anc a e VI * 
prejjîs , Lonchitis vcl Polypodiï facie. 
Scolopendre ou Polypode de Mer. 

Cette CoraHine, qui eft droite & d'une fubftance fem- 

D blable 




26 CHAPITRE IL 

blable à celle de la corne, a deux rangées de branches droi- 
tes, creufes, un peu applaties, & placées fur la tige du mi- 
lieu, à l'oppofite les unes des autres. Ses branches pouffent 
de côté & d'autre, comme de petites plumes parallèles, fem- 
blables aux feuilles du Polypode. Chacune eft garnie de 
deux rangs de denticules oppofées les unes aux autres, & 
qui font tellement enfoncées dans la branche, qu'elles fem- 
blent en faire partie, à leurs fommets près, qui font ouverts 
& qui s'avancent tant foit peu en dehors. La tige principale 
efl nouée de diftance en diftance comme un jonc. 

Elle eft repréfentée de grandeur naturelle N°. 10. Fig. a. 
On en voit une partie groiîie au Microfcope, Fig. A. de la 
même Planche. 

Je n'ai encore reçu aucune Coralline de cette efpèce avec 
fes Véficules, en affez bon état, pour que je puiffeles décri- 
re. Celle dont je parle a été trouvée depuis peu par des 
Pêcheurs près de la Rade de Dublin, parmi plufieurs autres 
productions marines. 

planche vu. N°. ii. Coràllma Mufcofa pennata ramulis & capillametl* 
ih falcatis R. S. N n . 16., p. 36. 
Coralline à Faucille. 

Cette belle Coralline, garnie de plumes, eft attachée aux 
rochers, & aux coquilles fur lefquelles on la trouve, par de 
petits tubes ridés : Elle pouffe de là des tiges droites , on- 
dées, & environnées dans toute leur hauteur de branches 
pannachées. Ces branches ont à leurs plus petites divifions 
des rangs de denticules diftribuées fur le côté, qui, à méfure 
qu'elles fe fèchent, fe recourbent en dedans, & prennent ainfi 
la forme d'une faucille. 

Cette Coralline eft repréfentée au naturel, Fig. a., N°. 11.. 

Les 






Des Corallines Vêjicukufes. 27 

Les Véficules font prefque d'une figure ovale rènver- 
fée: Elles font larges par le bas, mais elles vont en s'étrécif* 
fant jufqu'au fommet, où fe trouve leur ouverture: Quelques 
unes de ces Véficules paroiflbient avoir au fond, une efpèce 
de Calyce comme celui d'une fleur: La pluspart de celles que 
j'ai examinées ne laùToient pas d'avoir, quoique féches, une 
fubftance vifqueufe de couleur d'Orange, qui paroiflbit être 
de la même nature que ce qui étoit contenu dans le refte de 
la Coralline. 

La Fig. A. repréfente une partie d'une branche, avec fes 
petites ramifications faites en faucille, & fes Véficules groffies 
au Microfcope. 

Cette Coralline, qu'on trouve fur le bord de la Mer dans 
plufieurs endroits de la Grande Bretagne , eft fur tout très 
commune fur les Côtes de Kent, près de Sheernefs , dans 
Tille de Scheppey. 

N°. 12. Cor affina pennat a & Jiliquata, denticuUs florem li- P i anche vu. 
Hum convallium referentibus. ri s- *• B « 

Pinnaria marina Imperati. Bocc. 257. N°. 6. 
Coralline à Coiïes. 

Cette Coralline fe trouve fur les Moules, & fur d'autres 
coquilles, auxquelles elle efl; attachée par les petits tubes qui 
lui fervent de racines : Elle pouffe de -là de petites branches 
femblables à des plumes, qui fe recourbent en fe féchant, 
& prennent la forme d'une faucille : Les Denticules lont ran- 
gées fur le côté intérieur , & grofîies au Microfcope , elles 
refîemblent au Muguet. 

Cette Coralline fe trouve auffi fur les tiges du Fucus à 
CofTes , qu'elle environne avec fes racines tubuleufes 9 mais 

D 2 fans 




28 CHAPITRE IL 

fans s'y attacher, comme on le voit N°. 12. Fig. 6., où elle eft 
repréfentée de grandeur naturelle. 

O n voit s'élever fur les branches-, de petites Cofles , gar- 
nies de plufieurs côtes nouëufes. Je remarquai, en les exa- 
minant au Microfcope , que quelques unes d'entr'elles conte- 
noient de petits corps détachés comme des grains de femen- 
ce: Mais après avoir diflequé la membrane déliée, qui fert d'en- 
veloppe à ces Cofles tranfparentes, j'examinai foigneufement, 
& en me fervant des plus forts Microfcopes , ce qu'elles ren- 
fermoient; il me parût que le tout étoit de la même natu- 
re que ce qui fe trouve dans les Véficules des autres Corallines. 
La Fig. B., repréfente les Colles & les Denticules, telles 
qu'on les voit au Microfcope. 

Cette Coralline fe trouve fur plufieurs Côtes de ce 
Royaume : celle que je viens de décrire avec fes Cofles, fut 
trouvée par des Pêcheurs fur la Côte d'Irlande, près de 
Dublin. 

Flanche vin. N°. 13. CoralUna pennata & falcata, pennas cauda Pbajïa- 
ni referens caule gibbofo. 

CoralUna fruticofa pennata. Barr. Palma Marina. BarreL 
Icon. 1292. n. 2. 

Queue de Phaifan» 

Cette Coralline, qui eft très rare, croit à la hauteur de 
io. ou 12. pouces. Sa racine confifte en une touffe irrégu- 
lière de tubes très déliés , & qui à l'œil fimple paroiflent 
être un morceau d'eponge. Plufieurs de ces petits tubes s'é- 
levant enfemble forment, en s'uniflant étroitement, une tige 
ornée de cannelures & de denticules très belles , que le Mi- 
crofcope y fait découvrir. Le dos de cette tige eft garni de plu- 
fieurs petits jets réguliers faits en forme d'arcade, placés à des 
diftances prefque égales, applatis & un peu creux vers le milieu» 

Cet- 



Des Corallines Vêjîcukufes. 29 

Cette Coralline eft repréfentée au naturel, avec fes ra- 
cines fpongieufes. N°. 13. Fig. a. 

La tige principale eft pàrfemée de ramifications, & fes 
branches font à Pannaches tournées du même côté; & en 
fe féchant, elles fe recourbent, & prennent la forme d'une 
faucille. 

Les Denticules qui refTemblent à des gobelets à bords 
unis, font fixées dans des alvéoles, & placées toutes du même 
côté , les unes fur les autres , ayant leurs ouvertures ou leurs 
bouches tournées vers le haut. 

La Fig. A., repréfente une partie de la tige, grofîie au 
Microfcope, & Ton y voit la figure & la pofition de fes 
Denticules. 

Cette belle Coralline, dans laquelle on n'a encore dé- 
couvert aucune Véficule, m'a été apportée par des Pêcheurs 
de Dublin , qui l'avoient tirée de la Mer , qui eft fort pro- 
fonde le long des Côtes de cette Ville. 

N\ 14. Coraïïina Aftaci Corniculorum amula. R. S. N°. Planche ix. 
10. pag. 34. & T *' *' A * 

Corallina ramofa cirris objîta. R. S. N°. 11. pag. 35. 
Antennes d'Ecréviffe, ou Barbe de Mer. 

Ces deux Corallines, quoique diftinguées en deux efpè- 
ces par Mr. Ray, n'en font cependant qu'une. 

Cette diftincT:ion vient probablement de ce que leur 
forme varie, à méfure qu'elles changent d'état. 

La première paroit être compofée extérieurement, d'un 
bout à l'autre, de jointures régulièrement placées comme les 
Antennes d'une Ecréviffe de Mer, ou plustot comme les Ver- 

D 3 té- 




co C H A P I T R E. IL 

tébres des Poifïbns ; chaque articulation efl environnée de pe- 
tites branches capillaires, qui, grofîies au Microfcope , ont 
la figure d'une faucille, dont la courbure efl tournée vers 
la principale tige. Leur côté intérieur eft* garni de petits 
alvéoles diftribués régulièrement, qui foutiennent des Den- 
ticules ouvertes, faites en forme de gobelets, & fi délicates, 
qu'on ne peut guères les découvrir que dans les Corallines 
qui font encore fraiches. 

Entre les' branches capillaires, nous avons remarqué fur 
quelques Corallines, des petites Véficules ovales, fixées fur des 
pédicules , avec une ouverture placée un peu à côté du fom- 
met , & tournée vers la tige du milieu ; & dans la pluspart 
nous avons vu une fubftance jaunâtre , femblable à celle qu'on 
trouve dans les Véficules des autres efpèces. La tige entière, 
les branches, & les pédicules paroiffoient creux, & avoir 
communication avec les Véficules, même dans ces Corallines 
que nous trouvions fur le rivage : Il eft donc apparent que 
l'eau peut y paffer librement, fans que rien l'arrête. 

Les racines de ces deux efpèces de Corallines font com- 
pofées, tout comme celle qui a été décrite dans l'Article pré- 
cédent, de tubes fpongieux très déliés, & entremêlés irrégu- 
lièrement les uns dans les autres ; mais après les avoir fépa- 
rés de la partie inférieure de la tige, nous découvrîmes qu'ils 
en fortoient régulièrement, & qu'ils étoient diftribués autour 
des jointures, de la même manière que les branches pouffent 
hors des articulations de la tige. 

La Coralline qui fait le fujet de cet Article, fe trouve re- 
préfentée de grandeur naturelle, Fig. a,: Mais nous en avons 
fouvent vu, qui étoient trois fois aufïï grandes que celle-ci. 

La Fig. A, repréfente une partie de l'une des tiges groffie 
au Microfcope , afin de rendre fenfible la forme des Véficu- 
les, & la difpofition des branches. 

On 



\ 



Des Corallines Vêjîculeufes. 31 

On voit, Fig. B, la partie inférieure de l'une des tiges, & 
la manière dont les petits tubes qui lui fervent de racines s'y 
inlinuent. 

Q_u o 1 Q_u E Mr. Ray diftingue ces deux Corallines en deux 
efpèces, je crois cependant qu'elles n'en forment qu'une, & 
que toute la différence qui s'y trouve , c'eft que l'une étant 
plus jeune & moins avancée , l'autre pouffe déjà des bran- 
ches, & a fes ramifications capillaires plus longues que l'autre. 

Pendant que j'étois fur les Côtes de SuJJex , je trouvai 
cette Coralline adhérente à une coquille d'Huitre, & en très 
bon état: L'Animal qu'elle contenoit étoit vivant. 

J'eus l'honneur, au mois de Juin paffé, d'en préfenter une 
Defcription à la Société Royale, & d'y joindre un très beau 
deifein fait fur les lieux, par Mr. Ehret. 

La Figure b. N°. 14., repréfente une de ces Corallines fé- 
ches: celles que nous examinâmes dans de l'eau falée, fur le 
bord de la Mer, avoient les petites fibres, dont leurs bran- 
ches étoient garnies, plus étendues ou plus faillantes, & fem- 
blables à autant de petites plumes. 

La Fig. G, repréfente une de ces petites fibres,- ou peti- 
tes branches faites en faucille, & grofïïe au Microfcope. On 
y voit auiïi l'Animal déployant fes griffes hors des Denticu- 
les. Quoique cette petite branche paroiffe compofée de dif- 
férentes articulations, cependant la partie charnue de l'Ani- 
mal, qui eft ici exprimée par le côté le plus obfcur de la Figu- 
re, paffe fans interruption à travers toutes ces jointures, com- 
me dans tout autre petit Polype. 

Pour deffmer la Fig. C, nous nous fommes fervis du qua- 
trième verre du Microfcope de Wdfon, & du lixiéme pour 
repréfenter en A. les branches faîtes en faucille. 

N°. 




32 CHAPITRE IL 

Planche x. N°. I( -. Corallina eretta, tubulofa, pennata, halecis fpinœ 
fac'ie. 

Corallina ferupofa, pennata, cauliculis crajjîufcuîis rigidis. 
R. S. N°. 15. p. 36. 
Arrête de Hareng. 

Cette Coralline fe trouve fouvent attachée aux Huîtres, 
qu'on apporte à Londres pendant l'Hyver. 

Elle pouffe un jet haut de fix à huit polices, droit, fer- 
me, mais très fragile, lorfqu'il eft fec. La tige eft compo- 
fée d'un grand nombre de petits tubes, qui s'élèvent prefque 
parallèlement les uns aux autres ; dans quelques - unes 
j'en ai compté au de -là de cent fur une coupe tranfverfa- 
le. Ces derniers paroiffent fortir d'un grand nombre d'au- 
tres tubes de la même forte, & entrelacés irrégulièrement 
l'un dans l'autre, comme un morceau d'épongé. Ils font com- 
me autant de racines qui foutiennent la Coralline fur les Co- 
quilles d'Huitres, auxquelles ils font attachés. 

Cette Coralline groflit par la jonction de ces racines tu- 
buleufes qui s'élèvent tout autour d'elles , & dont les derniè- 
res s'attachent fortement à la furface extérieure de celles 
qui les ont précédées. Quand elles ont fini leur crue, elles 
changent de figure , & prennent celle d'une branche , qui 
fait avec la tige un angle régulier de 45. degrés. Quoique 
ces branches foient alternativement oppofées les unes aux 
autres , cependant leurs diftances font û bien proportionnées , 
qu'on les prendroit à la première vue pour une Arrête de 
Hareng. Les alvéoles qu'on trouve fur ces branches font auffi 
placés alternativement 

J'y découvris pendant que j'étois à JVhitftable , au mois 
d'Août dernier, des Denticules tranfparentes , fort délicates , 
& d'une figure cylindrique. Elles paroiflbient être doubles, 

c'eft- 



Des Corallines Vêjîcuîeufes. 33 

c'eft-à-dire rangées l'une au-deftus de l'autre, & renfermement 
des Polypes qui étoient attachés, par leur partie inférieure, à 
une fubftance déliée & charnue , de la même nature que 
l'Animal même, & qui paffoit vifiblement par le milieu des 
branches, & des tubes de la tige. 

J'ai reçu quelques Corallines, de cette efpèce, qui avoient 
été trouvées au mois d'Avril : leurs branches de côté étoient 
couvertes de plufieurs rangs réguliers de Véficules droites, & 
remplies pour la pluspart d'une fubltance de couleur jaune, 
& femblable à celle de plufieurs autres Véficules. Lorfque 
la Coralline eft dans cet état , les Pêcheurs difent qu'elle efl 
en fleur. 

La Figure de ces Véficules eft un Ovale irrégulier. On 
y découvre un tube qui fort du pédicule , & qui d'un côté 
s'élève un peu au deflus de chaque Véficule, à laquelle ce 
tube, qui eft ouvert à fon fommet, paroit étroitement attaché. 

Cette Coralline reffemble beaucoup en petit à quelques- 
unes de ces Plumes de Mer, ou Kératophytes d'Amérique, qui 
croiilent en forme de Panaches, & font revêtues d'une croû- 
te compofée de rangs réguliers de cellules, qui fervent de 
domicile à de petits Animaux, & qui font placées le long 
des bords des branches. 

On peut fe former une idée de la formation de ces Co- 
raux, compofés de tubes qui fe rempliffent d'une matière pier- 
reufe, à méfure que fe retirent les Animaux qui y demeu- 
rent, en faifant attention à la manière dont le tronc & les 
branches de cette Coralline grofïiffent. On voit s'élever tout 
autour de petits tubes qui fe fuccèdent continuellement, & 
qui s'attachent fortement les uns aux autres. . On obferve, de 
même, que quoique les tiges de cette Coralline foient formées 
d'une fubftance qui paroit être fpongieufe & élaftique, cepen- 

E dant 




34 CHAPITRE IL 

dant les tubes intérieurs deviennent fermes , opaques , & 
caffans , pendant que les tubes extérieurs & plus récens 
font encore minces, tendres & tranfparens. 

Cette Coralline , eft repréfentée dans fon état naturel, 
avec la touffe de fes racines fpongieufes, Fig. a. N°. 15. 

La Fig. A., eft un petit Rejetton grofïi au Microfcope. On 
y voit les tubes dont il eft compofé, la forme de fes Véficules, 
& les Polypes contenus dans les Denticules. 

La Fig. C, repréfente le même Rejetton avec les alvéo- 
les placés alternativement, & dans lefquelles font fixées les 
tendres & doubles Denticules qui contiennent les Polypes. 

O n voit Fig. B. , les petits tubes d'une partie de la tige , 
groffie au Microfcope, mais un peu moins. 

Manche XI, N°. 16. Corallina Jet ace a, inftar arundinis geniculata, capïl- 
lamentis Jîngulis unicuiqiie geniculo alternatim difpojitis. 

An Fucoides Jetacenm tenuïjjîme alatum? R. S. N°. 6. p. 38. 
An Fucoides fetis mirimis indivijis conflans? R. S. N°. 7. p. 39, 
Coralline à Soyes. 

Cette petite Coralline, qui refTemble à des foyes très 
rudes, croit fur des coquilles de Moule, & fur d'autres Corps 
marins. Celles qu'on trouve féches fur le bord de la Mer 
font toutes tournées du même côté, tout comme ces autres 
petites Corallines repréfentées d'après nature fur une coquil- 
le de Moule, au N°. 16. 

En examinant au Microfcope une des tiges de cette Co- 
ralline, elle parût être compofée d'articulations comme un 
Jonc. Voyez la Fig. A. De la partie fupérieure de ces join- 
tures s'élèvent de petites branches capillaires , placées alternati- 
vement, les unes par rapport aux autres. Ces branches fo it 
elles mêmes aum* formées de différentes articulations : Celles- 
ci 



Fis, b. E. 



Des Corallines Véjicttleufes. 3 S 

ci ont a leur partie fupérieure des alvéoles, qui foûtiennent 
de pet tes Denticules en forme de gobelets , dans lefquelles 
je découvris des Polypes femblables à ceux que j'ai décrits 
en parlant de la Coralline à Antennes d'Ecreviffe de Mer. Ils 
font repréfentés en A. On y voit auffi les Véficules qui, dans 
les Corallines féches, paroiffent être faites en forme d'Olive. 
J'en ai vu une à Brighthelmftone dont l'Animal venoit de fe 
contracter: fon fommet dentelé la fait reffembler à une Cou- 
ronne. Elle eft repréfentée dans la même Figure au deffous 
des autres Véficules. Je trouvai dernièrement à Whiîftable une 
très belle Coralline de cette efpèce. Voyez la Fig. a, où elle 
eft repréfentée de grandeur naturelle, fur une coquille de Moule. 

N°. 17. Corallina confervoides gelafmofa aïba, genicuïis crqf- Planche xi 
Jïufculis pellucidis. R. S. p. 34. N°. 7. 
Coralline à Soye. 

Cette Coralline, qui eft très belle, fine & tranfparente, 
eft attachée aux pierres & aux autres productions qu'on trou- 
ve au fond de la Mer, par plufieurs petits filaments tubuleux, 
& femblables à de la belle foye. 

Ces filaments forment par leur réunion la tige d'où par- 
tent plufieurs ramifications longues & déliées, & qui s'élèvent 
en faifant des zigzag , ou des angles de côté & d'autre. Du 
fommet de ces angles fortent d'autres petites branches qui fe 
fubdivifent toujours en deux autres. Le Microfcope y fait dé- 
couvrir d'un côté une rangée de trous, dont chacun eft envi- 
ronné d'un rebord. Ces trous font toujours placés plus près 
les uns des autres , à mefure que les branches déviennent plus 
petites, ce qu'elles continuent de faire jufqu'à leur extrémité. 
La Fig. b. N°. 17. met fous les yeux cette Coralline, repré* 
fentée exactement & dans toutes fes proportions: On en voit 
une petite branche, groflie au Microfcope en B., & les filaments 

E 2 tu- 



i 



t 



3 (5 CHAPITRE IL 

tubuleux qui font repréfentés adhérens à une pierre, Fig. d., 
font groiïis au Microfcope en D. 

Les Véficules font faites en Ovale, & ouvertes par le haut; 
mais elles font fi petites, fi minces, & û délicates, qu'il efl 
très difficile de les conferver. 

Je reçus au mois de Septembre 1753. quelques Corallines 
de cette efpèce, dans de l'eau falée: Elles étoient fraiches, & 
avoient été prifes près de l'Embouchure de la Tamifc. Je 
découvris que chaque petit trou avoit une Véficule, qui con- 
tenoit un Polype à huit bras. Voyez Fig. B. En examinant 
au Microfcope une branche de cette Coralline, que favois 
mife dans le verre dune montre , plein d'eau de Mer , je 
vis clairement que la partie intérieure & creufe de la Coral- 
line entière, étoit remplie de la fubftance du Polype princi- 
pal : Elle paroifîbit être tendre & gélatineufe ; & pour peu 
que les jeunes Polypes s'étendiffent ou fe contra&aflent , l'im- 
preflion fe communiquoit vifiblement à cette fubftance déli- 
cate & charnue, à laquelle chacun de ces derniers étoit atta- 
ché par fa partie inférieure, ou par fa queue'. 

La Fig. C. repréfente une partie d'une branche qui n'eft 
pas encore développée; les bouts en font ronds, & les Po- 
lypes renfermés dans leurs Véficules n'étoient pas encore 
parvenus à leur point de maturité. Ils étoient plus petits & 
plus ferrés à mefure qu'ils approchaient des extrémités des 
jeunes branches. 

Le mouvement des inteftins des jeunes Polypes fut tou- 
jours très fenfible, tant que l'eau ne fe corrompit point; mais 
alors les Véficules & les Polypes fe féchèrent, tout comme 
les fleurs d'un Arbre qui font fanées. Quoique la fubftance 
du Polype principal parut remplir toute la cavité de la bran- 
che dont je viens de parler, cependant dès que l'eau ne pût 
plus la conferver, elle devint fur le champ û. ridée , qu'elle 
n'étoit prefque plus viftble. N°. 18. 



\ 



\ 



Des Corailines Véjîculeufes. 37 

N°. 18. Cor affina procumbens caule comeo , longo, 'filiformiywmche xn. 
articulatOy Veficulis, ramorum axiffis, pedunculis contortis, in- 
Jidentibus. 

Fil de Mer. 

Les tiges de cette Coralline font déliées, flexibles, & fou- 
pies comme du fil. Elles ont des Articulations environnées 
de petits Anneaux , d'où s'élèvent de petits pédicules tour- 
nés comme des vis, & qui foûtiennent des Véficules de fi- 
gure ovale, dont les unes font un peu ouvertes au fommet, 
& les autres le font entièrement. Cette Coralline fè trouve 
en grande quantité fur les Côtes Sud-Oueft de V Angleterre , 
6t comme fes Articulations font formées d'une matière élasti- 
que, elle eft par-là admirablement bien appropriée pour ré- 
fifter à la violence des vagues. Ses Véficules étant auffi pla- 
cées fur des pédicules faits en forme de vis , cèdent aifement 
à l'effort des ondes, fans en être endommagées. 

Ces Corailines font repréfentées de grandeur naturelle. 
N°. 18. Fig. a. 

La Fig. A. eft la partie d'une branche, groffie au Microf- 
cope. 

N°. 10. Cor affina minor repens, caule nodofo» articulât 0* &* Hanche xir. 

.'.■'-, Fig. b, B. 

Veficulis altemis inftruCio. 
Coralline à Fils noués. 

Cette Coralline rampante, fe trouve ordinairement ad- 
hérente au Fucus à CoiTes, d'où elle poulfe des branches 
tendres & ondoyantes, de la longueur d'un pouce : Elles 
font garnies de petites Articulations qui paroifient nouées par 
le haut, & fur lefquelles les Véficules font placées en ordre 
alterne. Ces Véficules x dont la figure reflemble à celle d'u- 

E 3 ne 



! 



) 



■' 



t 



38 CHAPITRE IL 

ne jarre à huile, avec un cou, font foûtenuës par des pédi- 
cules faits en forme de vis. 

J'ai lieu de croire que cette Coralline n'efl: pas rare le 
long de nos Côtes, puifque celle dont il s'agit ici a été trou- 
vée à Douvres , & qu'on m'en a envoyé dernièrement de 
Harwich quelques autres de la même efpèce. 

La Fig. b. N°. 19. a été deÏÏinée d'après une petite pièce 
du Fucus à Colles , chargée de plufieurs de ces Corallines 
qui y croiffent. 

On en voit une petite branche , groflîe au Microfcope , 
Fig. B. 

Je reçus, au mois de Septembre 1753., quelques Corallines 
de cette efpèce, toutes fraiches , & mifes dans de l'eau de 
Mer: J'y découvris, à l'aide du Microfcope, la forme & le 
mouvement du Polype qui en occupoit l'intérieur , & j'en 
pu fuivre le corps principal dans toute l'étendue de la Co- 
ralline , qui étoit ondoyante. Le tout eft repréfenté de 
grandeur naturelle Fig. c. , & groffi au Microfcope Fig. G 
J'eus occafion au mois de Juin de l'année fuivante, pendant 
que j'étois à Brighthelmftone , de voir cette même Coralline 
dans un état plus parfait; j'ai eu l'honneur d'en préfenter 
une defcription à la Société Royale, & d'y joindre un très 
beau deffein fait par Mr. Ehret. 

Les Véficules font faites en forme de gobelets, où les 
principales parties des Polypes fe trouvent placées : Nous 
les avons vu déployant leurs griffes pour chercher leur pro- 
ye: Nous avons remarqué en même-tems, qu'ils pouvoient 
mouvoir à leur gré leurs gobelets, avec leurs pédicules faits 
en manière de vis, & que ce mouvement fe communiquoit 
à tout le tronc du Polype contenu dans l'intérieur de la ti- 
ge* 



V 



\ 



Des Corallines Vêficuleufes. 39 

ge, ou dans un étui fait d'une fubftance femblable à celle de 
la corne; car tous ces petits Polypes paroiffent n'être qu'au- 
tant de bras du grand Polype, & ne faire qu'un tout avec lui. 

N\ 20. Corallina ramofa , ramis Jingulis Equifetiformihis , planche xm. 
in fummis Capillamentis contortis & verticillatim difpcjïtis, Flg " a ' A ' 
VeficuJas campanif ormes gerens. 

Prêle ou Coralline avec des gobelets, faits en forme de 
Cloche. 

Monsieur Brownrigg, Médecin célèbre & Membre de 
la Société Royale , trouva cette belle Coralline , fur les Cô- 
tes près de Whitehaven , dans la Province de Cumberland : 
Vue au Microfcope elle paroit avoir une ftrufture plus fin- 
gulière qu'aucune de celles que nous avons déjà décrites. 

Cette Coralline confifte en différentes branches, dont 
chacune eft compofée de plufieurs petits tubes étroitement 
unis , & qui à de certaines diflances égaies pouffent de peti- 
tes tiges capillaires femblables à une Vis. Chacune d'elles 
foûtient un gobelet fait en forme de Cloche, & dont les 
bords font dentelés. Ces gobelets font tous placés & fitués 
de la même manière, ce qui fait que .toute cette Coralline 
reffemble beaucoup à la Plante appellée Equifetum ou Prêle. , 
Les tiges capillaires font tournées comme un chandelier , ou 
comme les bras d'un luftre. 

La Figure a, N°. 20., repréfente cette Coralline, telle que 
je l'ai reçue. 

O n voit Fig. A. une partie d'une des branches , grofïie au 
Microfcope; on y découvre cinq tubes qui compofent la 
tige, & cinq pédicules à vis, garnis la pluspart de leurs gobe- 
lets placés à des hauteurs égales. 



N°. 21. 



1 



) 



/ 



40 CHAPITRE IL 

planche xiv. N 5 . 2i. Corallinci minima fcandens , V eficul as campanif ormes 
jn fummo caule lineari contorto gerens. 

Petite Coralline grimpante , à gobelets en forme de Clo- 
che. 

, Cette Coralline, qui eft d'une extrême petiteffe, s'élè- 
ve fur ces petits tubes irréguliers qui s'attachent aux autres 
Corallines, & fur-tout à la Coralline à faucille, & qui s'en- 
tortillent autour d'elles. 

Cette tige tubuleufe en pouffe d'autres extrêmement 
petites & torfes , qui foûtiennent des gobelets à bords den- 
telés , & faits en forme de Cloche. Nous avons découvert, 
par le moyen du Microfcope , au fond de chaque gobelet, 
à l'endroit où il s'attache au pédicule , de très petits globu- 
les, ou petites bulles, telles que celles qui fe voyent quelque- 
fois dans des verres à boire. J'eus le plaifir à Brighthelm- 
ftone , au mois de Juin 1754., de voir les Polypes de cette 
Coralline, qui déploy oient leurs griffes, & remuoient leurs 
tiges. On en voit un au haut de la Figure A. , groffi au 
Microfcope : Ils font repréfentés de grandeur naturelle , & 
adhérens à la Coralline à faucille. Fig. a, N°. 21. 

Cette forte de Polypes a une très grande affinité avec 
les Animaux à Cloche, adhérents à la Lentille d'eau, ou 
JLenJpaluftris , décrite par Mr. Lewenhoeck, qui en a donné 
une Figure, dans les Jranfaâions Phïlofophiques , N°. 283. 
295., & 337; Toute la différence qui s'y trouve, c'efi que 
ceux dont nous parlons font beaucoup plus gros. 

Dans le genre de cette Coralline rampante, ou Coralli- 
ne à Cloche, il y en a une autre efpèce qui eft adhérente 
fur le Sapin de Mer, & qui diffère de celle que nous ve- 
nons de décrire, en ce que celle-là a fes pédicules tors 
' beaucoup plus courts, & que fes gobelets font d'une figure 

plus 



V 



\ 



{ 



Des Cofallines Fêjîculeufes. 41 

plus allongée, & n'ont pas les bords dentelés. Elle efl re- 
préfentée de grandeur naturelle Fig. b, N°. 21. & groffie au 
Microfcope. Fig. B. 

N°. 22. Cor aïlina omnium minima , VeJîcuUs nunc ramo- Planche xni. 

r • j r j-r r,- Fig.fc.B. f.C. 

y?/7z, «««c racematim, aenje aijpojîtis. 
Coralline à Polypes en Bouquets. 

De toutes les efpèces de Corallines, celle-ci eft la plus pe- 
tite: Le quatrième Verre du Microfcope fimple de Wilfon, 
ne la groffit pas davantage qu'elle ne l'efl dans les Figures 
B, & C. Elle eft repréfentée de grandeur naturelle en b, 
22. & en c, 22. 

Pendant que j'étois occupé à examiner attentivement au 
Microfcope, quelques autres Productions Marines, je décou- 
vris un amas rond de Globules tranfparents , & attachés 
à la branche de l'une de ces Corallines ; Voyez Fig. C. Je 
fus enfuite fort furpris de voir ces Globules fe relever fubi- 
tement, fe déployer, & prendre la Figure d'une Plante, fem- 
blable à celle qui efl repréfentée en B, avec des branches 
régulières, & des pédicules qui portoient des Véficules fai- 
tes en forme de poires. Chaque Véficule, avec le Polype 
qu'elle contenoit, paroiïToit fe mouvoir indépendamment des 
autres; je remarquai que chaqu'un d'eux étoit fort occupé 
à chercher fa proye, aufïï loin que la longueur de fon pé- 
dicule le lui permettoit. Après avoir joui* de ce fpectacle, 
pendant un peu moins d'une minute, j'eus un nouveau fujet 
d'étonnement en voyant que tous ces Polypes, comme fi on 
leur en eût donné le fignal, & d'un commun confentement, 
fe replièrent tous à la fois , & prirent la figure d'une Meure, 
ou d'une grappe de Raifîns. Voyez Fig. C. Ils relièrent pen- 
dant quelques fécondes dans cet état, ils s'étendirent enfuite 
tout comme auparavant, & ce jeu alternatif d'expanfion & 

F de 






c 



Fig. a. A 



43 CHAPITRE IL 

cle contradion dura pendant tout le tems que je les exa- 
minai. 

Cette efpèce de Polype paroit reffembler à ceux que 
Mr. Trembley a décrit, fous le nom. de Polypes en bou- 
quets: Mais ceux-ci vivent dans l'eau douce, & ceux-là dans 
l'eau de Mer. 

planche xv. N°. 23. CoràlUna exigua repens, denticulis ait émis frufiils 
tnedicœ cochleatœ amulis. 
Luzerne. 

Cette petite mais belle Coralline a été trouvée ram- 
pante fur cette efpèce de Fucus à feuilles étroites, que Mr» 
Ray nomme , Fit ci telam lineam fericeamve textura fua 
œmularitis altéra fpecies anguflior. R. S. pag. 43. N\ 10. 

Les racines tubuleufes irrégulières & rampantes , par le£ 
quelles cette Coralline s'attache au Fucus dont nous venons 
de parler, pouifent de petites pointes ou branches garnies de 
Denticules alternes très bien cannelées, & femblables aux Vaif- 
feaux féminaux de la Luzerne. 

La Fig. a, N°. 23. repréfente cette Coralline de grandeur 
naturelle, & rampante fur le Fucus, qu'on vient de nommer. 

La Fig, A, eft une repréfentation des tubes rampants avec 
les Denticules, & une Véficule groffie au Microfcope. Ce ne 
fut qu'au mois de Juin de l'année 1754, pendant que j'étois 
à Brightheîmftone, que je découvris les Véficules de cette Co- 
ralline : jufqu'alors je les avois confondues avec les Denticu- 
les , dont elles différent très peu , & feulement par les trois 
dents placées à l'ouverture qu'elles ont chacune à leur fommet» 
Cette Véficule fe voit, Fig» A. 



N°. 24. 



( 



\ 



Des Corallines Fêjîculeufes. 43 

N 3 . 34. Corallina exigua , caule geniculato , fcandens , Ve- pianchexv. 
ficulis ex unoquoque genicuh fie difpofitis , ut Syringam Partis Flg - 6> B - 
réfèrent. 

Fucoides Lendigerum capillamentis eufeutœ inftar impîcxis. 
R. S. pag. 30. N°. 3. 

Coralline à Lentes. 

,Cette Coralline, qui efl extrêmement petite & grimpan- 
te, s'attache aux Fucus, & aux autres Productions Marines, 
par des tuyaux très menus, qui lui fervent de racines: Telle 
efl fa ftruâure, qu'au moyen de fes articulations , elle monte 
le long des autres Corallines & des Fucus, autour defquels 
elle s'entortille, tout comme TEpithyme fait autour des autres 
Plantes. Elle eft repréfentée de grandeur naturelle , Fig. b. 
N°. 24. 

Ses Véficules paroiffent être des rangs de Denticules , & 
font placées à l'extrémité de chaque jointure, dans un ordre 
fi régulier , que groffîes au Microfcope, elles ont la figure 
de la flûte du Dieu Pan. Voyez la Fig. B. 

J'ai emprunté le nom de Lente, que je donne à cette Co- 
ralline , de Mr. Ray , qui l'appelle Fucoides qui porte des 
Lentes. On peut s'en faire une idée en jettant les yeux fur la 
Fig. b , où elle efl repréfentée de grandeur naturelle, & où l'on 
voit les Véficules jointes étroitement entr'elles, en forme de 
petites taches , difperfées parmi les branches capillaires & ir- 
régulières. 






N°. 25. Corallina minima repens , Vejîculis ovatis, avarum P[ancheXV 
inftar, ramulis adherentibus. Fig. c. c. 

Coralline à Raifms. 

Cette Coralline, qui efl très petite, rampe fur ce Fucus à 
feuilles larges , que Ray nomme Fucus telam lineam fericeam- 
ve textura fua œmulans; R. S. pag. 42. N°. 9. 

F 2 Elle 



1 



* 



44 CHAPITRE IL 

Elle pouffe des grappes de Véficules en plufieurs endroits de 
fon tube: Chaque Véficule a une tache noire femblable au 
frai des Grenouilles; ou plutôt, grofïies au Micro fcope, elles 
paroiffent être comme une grappe de Raifms à figure ovale, 
tranfparants, & bien murs, avec leurs pépins au milieu. Voy- 
ez, Fig. C. La Coralline même eft repréfentée de grandeur 
naturelle, & rampante fur le Fucus, à feuilles larges; Fig. c* 
N°. 25. 

Comme j'étois occupé, au mois de Septembre 1753, à 
examiner au Microfcope, plufieurs Productions Marines que 
j'avois reçues toutes fraîches , de la Mer, je fus fort fur- 
pris de voir que ces Raifms étoient un amas de Polypes, 
armés chacun de huit griffes , qu'ils remuoient avec beau- 
coup de vivacité, pour attrapper leur proye. A mefure que 
ces petits Animaux mouroient, ils fe contractoient au fond 
de leurs Véficules qui fe refermoient par le haut: ce que 
nous avions pris pour une tache, étoit les inteftins du Poly- 
pe, remplis encore de la nourriture qu'il avoit prife. 

L A Fig. D. repréfente ces Polypes s'étendant hors de leurs 
Véficules , & grolîls au Microfcope : Ils font placés fur la 
même branche y où l'on en voit d'autres en C , qui font 
morts, & qui ont la figure de Raifms. 

?iancheXiv. N a . 26. Corciïïina cufcutœ forma , minima, ramofa, repens, 
ramulis oppofitis, Veficulis mmutijpmis ovatis confertis, genicu- 
Us ramulorum injîdentibus. 

Coralline rampante, en forme de Cufcute. 

En examinant au Microfcope cette Coralline, qui efï très, 
déliée & rampante , on trouve qu'elle reffemble à la Cufcu- 
te ; elle s'étend fur le Fucus à Coffes , d'où elle pouffe des 
ramifications extrêmement déliées , & oppofées les unes aux 
autres. O N 1 

* Goûte du Lin, Cufcute. 



ïïg. c. C 



( 



V 



Des Corallines Tubuleufes, 45 

On voit, Fig. c, N°. 26, la véritable forme de cette Coral- 
line rampante iur le Fucus. 

Nous avons découvert, à l'aide du Microfcope, fes Véû- 
cales qui font petites, ovales, & qui pour la pluspart croif- 
fent ferrées l'une contre l'autre , aux jointures des branches. 

L A Fig. C repréfente une branche groffie au Microfcope. 

CH'APITRE III, 

Des Corallines Tubuleufes. 

J'apelle Corallines Tubuleufes, ces Corallines qui confl- 
ftent en tubes fimples, qui croiûent appliqués les uns aux 
autres, ou celles qui étant garnies de branches, ne fontcom- 
pofées que de tubes fans Denticules ni Véficules. La fub- 
flance de celles-ci, eft comme celle des précédentes, une ef- 
pèce de corne élaflique; & comme elles encore, elles repren- 
nent leur première forme, lorfqu'on les met dans l'eau, après 
qu'elles ont été féches pendant quelque tems. Elles s'élèvent 
de même que celles de la claffe précédente, hors de plufieurs 
petits tubes Vermiculaires , qui vont en s'élargiflant tant foit 
peu, à mefure qu'ils croiflent en hauteur. Quelques-uns pa- 
roiffent couverts de. rides comme le conduit de la refpira- 
tion, & les autres reflemblent aux inteftins de petits Ani- 
maux. 

N°. 1. Cor câlina tubularia laringi Jimilis* 

An Fucus Dealenjîs fiftulofus laringi fimïlis ? R. S. pag. 39. pjg" c £ e XVIè 

Coralline Tubuleufè ridée comme la Trachée-Artère. 

Cette Coralline, qui s'attache aux autres Corps Marins 

F q & 



1 



; 



46 CHAPITRE. III. 

& fouvent à la quille des Vaiffeaux , fe trouve en grande 
quantité dans la mer, près de l'embouchure de la 'Tamife. 
Elle m'a été envoyée dans de l'eau de mer; fes Animaux é- 
toient vivans , & dans cet état elle préfente un fpcclaile très 
amufant. On voit au fommet de chaque tuyau un Polype 
d'un rouge cramoifi aufïï éclatant que celui du Lis de Gueni- 
. fey. Tous ces Animalcules étendoient leurs griffes en même- 
tems, & les remuoient-avec une agilité furprenante. 

Quelques-uns de ces tubes font repréfentés de grandeur 
naturelle, Fig. b. 

pianchtxvi. N°. 2. Corallina tubularia calamos avenaceos referens. A~ 
dianti aurei m'mimi facie planta marina. R. S. p. 31. 
Coralline Tubuleufe, femblable aux tuyaux d'Avoine. 

De toutes les efpèces de Corallines tubuleufes que produit 
Y Angleterre, celle-ci eft la plus grande ; c'en; la même que 
celle que Mr. Juffieu a trouvée fur les Côtes de Norman- 
die, & dont il a donné une defeription , de même que de 
fes Polypes. Elle a pour bafe de petits corps Vermiculaires, 
dont plufieurs s'entrelaflant les uns dans les autres, reffemblent 
aux inteftins de petits Animaux: Elle pouffe enfuite des tu- 
bes diltin&s, longs de cinq à fix pouces, & remplis d'une li- 
queur épaiffe & rougeâtre. C'en: à leur fommet que fe trou- 
vent les Polypes ornés de crêtes garnies de plumes. Ces tu- 
bes reffemblent dans les Corallines féches, à des tuyaux d'A- 
voine , ou pour mieux dire , à des brins de paille d'Avoine, 
dont on a coupé les jointures. 

La Fig. c. eft une repréfentation au naturel de cette Coral- 
line, avec fes Polypes. 



V 



N° s 



( 



\ 
Y 



Des Corallines Tubukufes. 47 

N°. q. Qorallina tubularia gracilis Çf ramofa , axïllis ramu- Planche 

» - ° . ô J XVI. XVII. 

/0/7//7Z COntOrtlS. Fig. a. 

^7 Fucus fiftulofus nudus, fêtas erlnaceas œmulans ? R. S. pag. 3 9. Planche 
Coralline tubuleufe à petites ramifications. Fig. a. 

Cette Coralline tubuleufe & ramifiée , fe-trouve fouvent 
fur les Huitres, & fur d'autres «Productions Marines. 

Pendant que j etois à Whitftable fur les Côtes de Kent , 
au mois d'Août 1754 •> J e trouvai parmi plufieurs autres Co- 
rallines, celle qui efl décrite avec fes Polypes vivans, Fig. a. 
Planche XVII. Je la deffinai fur le champ à l'aide du Microf- 
cope. La Fig. A. en efl; une jufte repréfentation: On y voit 
tous fes petits Animalcules qui s'étendent en différens fens, 
& fuivant les directions qu'ils prennent, lorfqu'on les met dans • 
un verre plein d'eau de mer. 

Cet exemple nous fournit une démonflration claire, que 
les belles Corallines à ramifications, décrites au commence- 
ment de cet Ouvrage, font fabriquées par les petits Animaux 
mêmes qui y logent. En partant de la Coralline qui fait le 
fujet de cet article,' & qui efl: la plus fimple de toutes, nous 
pouvons fuivre toutes les autres , à travers la variété infinie de 
leurs formes , & Remonter jufqu'à la plus parfaite de toute l'efpèce. 

Remarquons encore que le Polype de cette Coralline ref- 
femble beau-oup; par fes ramifications, au Polype d'eau douce; 
décrit par Mr. Trembley. Mais la Nature deftinant le pre- 
mier à vivre da^s un élément auffi agité que la Mer, & auffi 
peuplé d'ennemis de tout ordre, a pourvu à fa confervation, en 
le fixant par fa bafe, fur des Corps folides, & en lui donnant 
une enveloppe d'une matière dure & femblable à de la corne : 
Précautions inutiLs pour l'autre Polype , qui, vivant dans les 
eaux tranquilles des étangs & des foffés, fe trouve par-là fuffi- 
famment à couvert de tous ces accidents» 



1 



CHA- 



; 




48 CHAPITRE! V. 

CHAPITRE IV. 

Des Corallines Celluleufes. 

ES Corallines Celluleufes font des Corps Marins, fembla- 
bles à de petites Plantes', qu'on trouve attachés fur les 
coquillages, fur les Fucus , &c. & formés d'une matière eruf- 
tacée, caftante & tranfparente : Ces Corallines groflies au 
Microfcope paroiflent - être des Cellules très minces, où logent 
de petits Animaux joints enfemble , & qui , par leur arrange- 
ment & par la variété de leurs formes, reflemblent à des bran- 
ches. Toutes les Corallines de cette efpèce fermentent avec 
les Acides. 

Planche N°. i. Corallina cellifer^ erefta , ramojifïïma , tenerrima, 

Corallina pumïla, erecla ramojîor. R. S. pag. 37. N°. 20. 
Coralline à Duvet. 

Cette Coralline reffemble fi peu dans fon origine à ce 
qu'elle eft, lorfqu'elle eft parvenue à fa perfection, qu'au pre- 
mier coup d'œil on feroit tenté d'en faire deux efpèces dif- 
férentes. 

Elle eft repréfentée, N°. 1. Fig. a. 2., telle qu'elle eft dans 
fa première origine , c'eft-à-dire toute nue, fans duvet, & fes 
Cellules fermées. C'eft dans cet état qu'elle eft décrite dans 
VHortus Siccus de Buddle, & dans la Collection de feu Mr. 
Hans Sloane, fous le nom de Fucus mïnimus, hirfutus fibrillis 
herbaceis fimilis. D. Doody. R. S. pag. 330. 

Mais lorfque la Coralline eft parvenue à fa perfection, ces 
tiges tubuleufes s'élèvent en forme de belles plantes à branches, 
garnies de Duvet, & très bien arrangées l'une au deflus de l'au- 
tre, 



1 



( 



\ 
v 



Des Corallines Ceïïukufes. 49 

tre, comme on le voit Figure a, N°. t. Ces branches vues 
au Microfcope paroiflent être fubdivifées en deux, & chaque 
divifion eft compofée de deux rangs de Cellules demi- cylin- 
driques, jointes enfemble par des articulations & appliquées 
alternativement , les unes aux autres par leurs côtés, avec 
leurs bouches ou leurs ouvertures toutes tournées du même 
fens : Chaque Cellule a à fon fommet une pointe aiguë, Tail- 
lante, & une tache noire au milieu. J'ai vu d'autres Corallines 
dont les Cellules étoient furmontées par de petits globules 
teftacés. 

La Fig. A. eft une repréfentation des petits tubes groins au 
Microfcope, & pénétrans dans les Cellules fermées, dont la 
tige eft compofée : cette tige en s'élevant fe partage en bran- 
ches fourchues, & garnies de Cellules ouvertes, dans lefquel- 
les fe trouvent ces taches noires dont on vient de parler. On 
voit en B. les globules teftacés qui font au fommet de cha- 
que Cellule. Pour mettre fous les yeux l'intérieur creux des 
Cellules, on a repréfenté en C, une branche coupée tranfver- 
falement. D , repréfenté la fe&ion perpendiculaire de trois Cel- 
lules , & la fituation des taches noires qui y font contenues. 

Ces taches ne font que les Polypes morts, ou les reftes des 
Animalcules auxquels ces Cellules ont fervi de demeure. C'eft 
ce dont je fus bien convaincu dans le dernier Voyage, que je 
fis fur nos Côtes : car ayant examiné cette Coralline , avec 
fes Polypes vivans , dans de l'eau de Mer , tels qu'ils font 
repréfentés en E., j'y trouvai, quelque-tems après, ces petits A- 
nimaux contractés & fans vie, & fous la forme de ces taches 
noires dont il s'agit ici. 

Le changement de ces Polypes, qui fe métamorphofent en 
Corps teftacés, m'ouvrit une nouvelle fcène de merveilles, 
que je n'aurois pas même apperçuè's, à caufe de la petiteffe 
de ces Coquillages, fans un préfent que je reçus de quelques 

G Co- 



5 o CHAPITRE IV. 

Corallines de cette efpèce, qui me furent envoyées à? Améri- 
que, par Mr. Collinfon, Membre de la Société Royale. En 
les examinant foigneufement au Microfcope , je vis claire- 
ment qu'elles n'étoient que les nids joints enfemble , ou les 
Matrices de certains Animaux teftacés, femblables à des Li- 
maçons, ou à des Nérites. 

J'eus l'honneur au mois de Mars de l'année 1753, d'en 
préfenter une defcription à la Société Royale. Si on prend 
la peine d'examiner ces petits Limaçons, on ne pourra pas 
douter qu'ils ne foient des Animaux parfaits , & que cette 
belle Coralline branchue, ne foit principalement deftinée à 
fervir de logement à ces petites Créatures. J'avoue qu'il efl 
difficile de concevoir , de qu'elle manière elles perpétuent 
leur efpèce : On peut cependant fuppofer par analogie que 
ces petits Animaux grofîiffent , & acquièrent la faculté de 
répandre leur frai, par toute la Coralline , de la même ma- 
nière que le Buccinum de la Nouvelle -Tork, le fait dans fes 
Matrices , qui reffemblent à de longues touffes de Houblon. 
Voyez. Planche XXXIII. Fig. a, a 1, & b. 

On peut encore fuppofer, que l'Animal teftacé parvenu 
à fa perfection , dépofe fes Oeufs ; que ceux-ci fe changent 
en Polypes Vermiculaires , qui après s'être fixés eux-mêmes 
fur quelque Production Marine, s'élèvent & pouffent des bran- 
ches de petits Polypes contenus dans leurs Cellules, en dou- 
ble rangs , & placées alternativement l'une par rapport à l'au- 
tre ; & qu'enfin chaque petit Polype a fa Cellule propre, & 
feparée de celles des autres , par une cloifon très mince , & 
qu'il efl affermi par un ligament umbilical. 

C'est en obfervant les petits Polypes dans cet état, que 
nous avons remarqué qu'ils fe changent en Animalcules tefla- 
cés, & attachés à leurs Cellules par un ligament umbilical, 
jufqu'à-ce qu'ils puiffent pourvoir eux-mêmes à leur fubfiftance. 

Com- 



\ 



Des Corallines Ceîluïeufes. 51 

Comme nous n'avons pas eu fouvent occafion de les exa- 
miner près des Côtes , nous n'avons pas pu diftinguer fi ce 
ligament dépend du Polype principal, comme cela a lieu dans 
la Coralline Véficuleufe. Voyez Planche V. Fig. A. où les 
jeunes Polypes tiennent enfemble par un filet tendre & char- 
nu , qui paffe par le milieu des branches. 

1 

N°. 2 Corallina ceïïifera erefta, ramofa ey plumofa, fpha- pianchexx. 

rulas teftoceas, fumma parte, aviumque capïtum formas , a la- Flg a ' A ' 
tere Cellularum , gerens. 
Coralline à tête d'Oifeau. 

Cette belle Coralline Celluleufe s'élève fur de petits tu- 
bes, qui forment en s'uniffant des branches de Cellules demi- 
cylindriques , placées en deux rangs , & garnies d'Articula- 
tions qui entrent les unes dans les autres. Elles ont toutes 
leur ouverture tournée du même côté. En examinant ces 
Cellules au Microfcope, nous découvrîmes que chacune d'el- 
les avoit, au dehors, la figure d'une tête d'Oifeau à bec cro- 
chu , & fort ouvert, dont nous ignorons encore l'ufage, par- 
ceque nous n'avons pas encore vu cette efpèce de Coralline 
fraîche, dans l'Elément qui lui eft propre. 

Les Globules, ou petites figures teftacées, font prefque les 
mêmes que celles de l'efpèce précédente. Cette Coralline efl 
calfante comme du Verre. 

Elle efl repréfentée en a, telle qu'on la trouve commu- 
nément. Celle qui nous a fervi de modèle nous fut envoyée 
parmi plufieurs autres Productions Marines, trouvées à la rade 
de Dublin. 

La Fig. A, repréfente une branche avec fes petits tuyaux, 
fes Cellules & fes autres parties, groffies au Microfcope. 

G 2/ N°. 3. 



/ 



Fig. b. B. 



52 C H A P I T R E IV. 

phnchexx. jj\ 3. Corallina cellifera minor , repetis, ramofa, lubulis 
lœvibus, interdum hamojis , fparfim difpojitis , fucis tejîifque aU 
ligata. 

Mufcus Coralloides pumilus, ramofus. Dood. Appendix, 
R. S. pag. 330. 

Coralline rampante. 

D E toutes les efpèces de Corallines Celluleufes , celle-ci eft 
la plus commune ; elle s'attache à la plupart des Corps qu'on 
trouve au fond de la Mer. 

Les branches fe partagent conftamment en deux, à me- 
fure qu'elles s'étendent: Les Cellules refiemblent à des cô- 
nes renverfés; leurs ouvertures font rondes, toutes tournées 
du même fens , & pour l'ordinaire défendues par de petites 
épines. Les Cellules s'élèvent en deux rangs joints entr'eux, 
de manière qu'elles font alternativement oppofées les unes 
aux autres. 

Cette Coralline eft repréfentée, grofîie au Microfcope ^ 
Fig. B. Ses Cellules étoient pleines de taches noires , qui , 
comme je l'ai déjà remarqué, ne font autre chofe que des 
Polypes morts. D'autres Corallines a voient au fommet de 
chacune de leurs Cellules, de petits Globules teftacés. 

Les jointures placées aux angles des ramifications, & qui 
font repréfentées , groffies au Microfcope , en E, tiennent 
l'une à l'autre par quelques tuyaux fouples & courts, qui fer- 
vent aux branches, comme autant de pivots, pour pouvoir 
fe plier librement en tous fens, & céder à la violence des 
Ondes. Ces pivots paroiffent confifler en deux tubes courts, 
un à chaque rang de Cellules ; ils font fi parfaitement joints 
aux branches, qu'ils femblent fe perdre infenfiblement dans les 
Cellules de chacune de ces branches. 

Cette Coralline diffère de la plupart des autres dans la 

fitua- 



\ 






\ 
v 



Des Corallines Celluleufes. 53 

Situation de fes racines tubuleufes, qui paroiffent fortir, com- 
me dans les Plantes qui rampent, de différens côtés de leurs 
ramifications tramantes. Lorfqu'on examine au Microfcope 
ces petits tubes radicaux, on en trouve quelques-uns qui font 
remplis de crochets, pour affermir d'autant mieux la Coral- 
line , lorfqu'elle s'attache à des Corps mous & fpongieux. 
Les crochets de l'un de ces tubes font repréfentés, Fi g. F., & 
la Coralline fe voit de grandeur naturelle, Fig. b, N J . 3. 

Cette Coralline mife dans du Vinaigre fermente avec 
beaucoup de violence, jufqu'à-ce que l'enveloppe pierreufe, 
ou femblable au Corail , foit entièrement diiToute ; les Cel- 
lules, qui confervent encore leur figure, paroiffent alors faites 
d'une membrane mince & pliable, telle que celle des pivots 
& des racines : de - forte que les racines , les pivots & les 
Cellules femblent n'être que la continuation d'une feule & mê- 
me membrane tubuleufe, mais modifiée en différentes formes. 

N°. 4. Coraîlina cellifera minor , repens, ramofa, & fcru-* Planche xx. 
pofa, Celîuïis alternis a latere angulatis. ' s " c ' 

Coralline pierreufe rampante. 

Cette Coralline diffère de la précédente, en ce que fes 
Cellules ont des côtés angulaires , & que la matière dont elle 
eft compofée efl plus pierreufe, & plus caffante. 

J'observai à Ramsgate, au mois d'Août 1754., les Poly- 
pes dans leurs Cellules, tels qu'ils font repréfentés Fig. C, où 
l'on voit groffie au Microfcope une branche de la Coralline, 
deffinée de grandeur naturelle, Fig. c. N°. 4. 

N°. 5. Coraîlina cellifera minima y erecla, ramofa, Cellulis in- Planche xx, 
fundibuli-formïbus , bafi conjunclis, oribus patentijjlmis , fuperne Fl§ " d ' D * 
ciliatis , & alternatim promiwntibus, 

Coralline à Cils* 

G 3 Cet* . 



/ 

9 



54 C H A P I T R E IV. 

Cette Coralline, qui eft très petite, a pour racines plu- 
fieurs petits tubes qui fe réunifient, & pouffent des branches 
compofées de Cellules , qui ont la figure d'un entonnoir, & 
qui, placées dans un ordre alterne, s'unifient étroitement de 
côté par le bas. Leur ouverture eft fort large; & la partie 
fupérieure, qui eft plus Taillante, eft garnie de petits poils 
femblables aux cils des Paupières. Leurs bafes font étroites, 
& femblent être articulées , & fi on les examine avec atten- 
tion, on y découvre de petits cheveux blancs, qui paroiffent 
traverfer le milieu de chaque branche, là où les Cellules fe 
joignent. On voit au haut de ces Cellules , de petits Corps 
teftacés, qui reffemblent en quelque manière au fommet d'un 
cafque. Quelques-unes ont fur les côtés de petites figures 
femblables à des têtes d'oifeaux, telles, à peu-près, que celles 
dont j'ai parlé en décrivant la féconde Coralline Celluleufe. 

Cette Coralline, qui eft repréfentée groffie au Microf- 
cope Fig. D., & de grandeur naturelle en d. N 3 . 5., eft la 
plus tendre, & la plus délicate de toutes celles de cette ef- 
pèce. 

Planche N°. 6. Coraïïina cellifera minima, fragilis, ramofa, & Ve- 

Fig L a . a. ficulifera, colore eburneo, Qellulis tubiformibus conjunttis, pau- 
lum arcuatis, &fere oppofitis. 

Coralline à touffe, couleur d'yvoire. 

Il paroit que cette Coralline bien examinée au Microfco- 
pe, a pour bafe de petits globules comprimés, & dépofés 
fur un Fucus. On découvre, au centre de chacun de ces glo- 
bules, un petit trou, d'où s'élèvent des tubes fort déliés, qui 
forment enfuite des branches garnies d'un double rang de Cel- 
lules tubuleufes, prefque oppofées l'une à l'autre, & jointes 
enfemble de côté, mais un peu féparées à leur fommet. Ces 
branches pouffent latéralement çà & là , de petites Véficules 
creufes, fort fragiles, &' remplies de petites taches. Nous 

avons 



\ 



Des Corallines Celluleufes. 55 

avons découvert un petit tuyau joint à l'un des côtés de ces 
Véficules, & qui fans doute leur tient lieu d'ouverture. La 
Coralline, dont nous parlons, a une- grande affinité avec la 
clafîè des Corallines Véficuleufès ; car en ayant examiné 
dernièrement, fur les Côtes, quelques-unes de cette ef- 
pèce, nous y avons trouvé des Polypes morts dans leurs 
Véficules : Cependant comme elles font d'une nature pier- 
reufe & caffante , que leurs Cellules font marquées de taches 
noires, & que leurs branches font jointes par de petits pi- 
vots tubuleux, nous avons crû pour toutes ces raifons devoir 
les rapporter ici. 

La Fig. a. N°. 6. repréfentè cette Coralline au naturel, & 
croiffant fur un morceau de Fucus. 

On en voit une branche groflie au Microfcope, Fig. A, & 
s'élevant de deffus le Fucus. 

N°. 7. Coraïlina cellifera mollis ramojîjjîma , geniculis ad h- Planche 
rie a formam accedentibus. Figi ' 6> b. 

Mufcus Coralloides mollis, elatior, ramqfijjimus , App.R. S. 

pag. 33°- 

Coraïlina geniculata mollis , internodiis rotundis brevioribus 
nofiras, Pluck. Mant. 56. 

Coralline à Cotte de maille. 

Cette Coralline, qui pouffe des ramifications plus touf- 
fues que les autres, confiile en plufieurs branches longues, 
brillantes, molles, gliffantes, & formées de Cellules articu- 
lées, placées par paires, & adoffées l'une contre l'autre. Les 
ouvertures de chaque Cellule font, obliques, près dufommet, 
& tournées dans un fens oppofé , de forte que la paire entiè- 
re a la figure d'une Cotte de maille, ou d'un Corps de Jup- 
pé ; les ouvertures de celui-ci , pour paffer les bras , relfemblent 
à l'entrée des Cellules. Les Articulations, ou les doubles 

Cel- 






56 C H A P I T R E IV. 

Cellules fortent infenfiblement des petits tuyaux par lefquels 
la Coralline s'attache à fa bafe ; & dans certaines faifons de 
l'année, on trouve dans les Cellules, de petites taches noires 
femblables à celles des autres Corallines de cette ClaflTe. 

Cette Coralline eft fort abondante le long des Côtes de 
l'Ifle de Sheppey ; on la trouve fouvent rampante fur la Co- 
ralline à foye, dont on a parlé plus haut, & s'entortillant au- 
tour d'elle. 

La Fig. b, N°. 7. repréfente cette Coralline au naturel; 
celle qu'on vient de décrire n'eft qu'une petite partie de la 
Coralline même , telle qu'on la trouve ordinairement. 

La Fig. B, eft le deffein fait au Microfcope d'une petite 
branche, qui fort des petits tubes. 

planche N ? . 8. Coraîlina celliferci minima, ramofa, Celluïis compref* 

f XII à fà\ °PP°fi tls > fi^ cu ^ a burfœ paftoris formam amulans, 

Bourfe à Berger. 

Cette Coralline, d'un beau gris de Perle, s'attache aux 
Fucus par de petits tubes : Elle pouffe enfuite des Cellu- 
les plates, larges par le haut, étroites par le bas, & fembla- 
bles aux gouffets d'une tablette. Ces Cellules font placées 
dos-à-dos, & par paires, l'une au deffus de l'autre, & font 
foûtenué's par un tube fort délié , qui femble paffer par le 
milieu de toutes les branches de la Coralline. 

Les Cellules font ouvertes à leurs fommets : quelques- 
unes font marquées de taches' noires. On voit fortir du haut, 
de plufieurs de ces Cellules, une figure femblable à une cour- 
te pipe, qui paroit être attachée par fon petit bout, au tube 
qui traverfe toute la Coralline. 

Suivant quelques-uns la paire de ces Cellules a quelque 
reffemblance aux Cofîes de cette efpèce de Greffon, que l'on 

appel* y 



\ 



Des Corallines Celluleufes: 57 

appelle Burfa Paftoris ; mais d'autres trouvent quelle a la 
figure des Vaiffeaux féminaux de la Véronique. 

La Fig. a, N°. 8. repréfente quelques branches de gran- 
deur naturelle, & rampantes fur la tige d'un Fucus. 

On voit Fig. A. une branche avec fes petits tubes, grof- 
fie par le cinquième Verre du Microfcope fimple de Wilfon. 

N°. 9. CoraUina cellifera minutijjîma; ramofa, & falcata, planche 
Çellulis Jimplicibus, Tauri cornu facie invïcem infertis. riï U 'b. b, 

Coralline à Cornes de Taureau. 

C'est ici une des plus petites Corallines qu'on trouve: 
Elle s'élève hors de petits tuyaux qui croiffent fur le Fucus, & 
forme enfuite des branches faites en faucilles , & compofées 
d'un fimple rang de Cellules , qui, groffies au Microfcope, ref- 
femblent aux cornes renverfées d'un Taureau. Ces Cellules 
font placées au fommet l'une de l'autre. Les branches d'en 
haut croiffent fur la partie antérieure de l'entrée de la Cel- 
lule, où l'on voit un cheveu court & roide, qui paroit être 
le commencement d'une autre branche. Les ouvertures font 
placées fur le devant de la partie fupérieure de chaque Cel- 
lule , & environnées d'un bord mince & circulaire : Ces 
Cellules font faites d'une fubftance , qui paroit être celle d'u- 
ne belle écaille tranfparente, ou reffemblante au Corail. 

La Fig. b. N°. 9. repréfente cette petite Coralline, de gran- 
deur naturelle, & adhérente à un Fucus. 

On voit en B, les tubes & les ramifications des Cellules, 
faites en forme de faucilles , & groffies par le cinquième ver- 
re du Microfcope de Wilfon. 

N. 10. CoraUina cellifera, minutijfima , falcata, ô 3 crufta' p; an chexxi, 
ta, Çellulis Capricorniformibus Jimplicibus, Fejîculas gerens. Fl s- c - c > 
Coralline à Cornes de Chèvre. 

H Cet- 



/ 

j 



5 8 CHAPITRE IV. 

Cette Coralline capillaire confifle en branches, qui n'ont 
qu'un feul rang de Cellules, faites comme les cornes ren ver- 
fées d'une Chèvre, & placées l'une au deflùs de l'autre. Cha- 
que Cellule a à fon fommet une petite ouverture circulaire, 
tournée en dedans, & fur le dos de laquelle s'élève un che- 
veu droit , placé près de l'endroit où la Cellule fupérieure 
s'infère dans celle qui eft au deffous. 

Cette Coralline a des Véficules de figure ovale, & mar- 
quées de taches ou de points , comme la Coralline Celluleufe 
décrite N°. 6. , & un petit tube au dos. 

Elle eft. repréfentée au naturel, Fig. c. N\ 10, & adhé- 
rente à un Fucus. 

La Fig. C. met fous les yeux la Coralline entière, avec fes 
Véficules, & fes tubes articulés, le tout grofli par le cinquiè- 
me Verre du Microfcope de Wilfon. 

Les Véficules de cette Coralline lui donnent une grande 
affinité, avec la fixième de cette ClafTe. Il n'y a de différence 
qu'en ce que celle dont il s'agit ici, n'a qu'un feul rang de 
Cellules, d'où l'on voit fortir de petits cheveux, au lieu qu'el- 
les font diftribuées par paires dans l'autre Coralline. 

Planche N a . il. CoralUna anguiformis minutijjîma , non ramofa, 

Fig. c. c. Coralline à forme de Serpent. 

La forme de cette Coralline eft fmgulière : Elle fort d'un 
Tube irrégulier, qu'on trouve rampant fur le Fucoides pur pu* 
reum déganter plumofum, R. S. pag. 38. 

Ce Tube irrégulier, & qui va en ferpentant, a dans fa partie 
la plus large, de très petits trous, d'où l'on voit fortir çà & là 
de petites figures teftacées , blanches , creufes , & parfaite- 
ment reffemblantes à un ferpent fans mâchoire inférieure; Tour 
verture des Cellules en tient la place. 

9 La 



Des Corallines Articulées. 59 

La Fig. f, N°. 11. repréfente cette Coralline de grandeur 
naturelle, & environnant la tige du Fucus. Mais on la voit 
en C, groffie par le quatrième Verre du Microfcope de Wilfon. 

Le Corps entier de la Cellule à forme de Serpent, & grof> 
fi par le fécond Verre du Microfcope de Wilfon , fe voit Fig. 
D. Ilparoit avoir une Articulation au milieu, & être fait d'An* 
neaux parallèles entr'eux. 

CHAPITRE V. 

Des Corallines Articulées. 

LES Corallines, que nous avons décrites dans les Cha- 
pitres précédents, tirent leur origine d'un ou de plufieurs 
tuyaux, creux, flexibles, & formés d'une fubftance qui tient 
de la nature de la corne : Après s'être élevées uniformément, 
elle fe terminent en branches qui confinent ou en tubes fin> 
pies, ou garnis de Denticules ou de Véficules, ou des unes 
& des autres en même temps, ou de rangs de Cellules jointes 
enfemble ; c'eft-à-dire que ces Corallines conviennnent entr'eî- 
les à de certains égards , & différent à d'autres. La même 
remarque a lieu par rapport aux Corallines Articulées : Quoi- 
que leurs formes extérieures & leur ftrudture foient différen- 
tes , cependant elles font deftinées , comme toutes les autres 
efpèces de Corallines, à la même fin & aux mêmes ufages, 
je veux dire à fervir de demeure à différentes fortes de Po- 
lypes. 

En examinant avec attention cette Coralline au Microfco- 
pe , on voit qu'elle confifte en petits morceaux d'une matière 
pierreufe, ou crétacée & caftante, dont la furface eft couver- 
te de pores ou de Cellules. Ces morceaux pierreux, ou ces 

H .2 Ar- 



9 



6o CHAPITRE V. 

Articulations font unies l'une à l'autre par une membrane ru- 
de & pliante, faite d'une infinité de petits tubes de la même 
nature, & joints étroitement enfemble. 

Le Vinaigre diffout en peu de tems la partie pierreufe ou 
crétacée, & laiffe en entier l'autre partie, qui non feulement 
forme les ligaments dont font compofées les Articulations 
pliantes, mais qui fert encore de fondement aux Cellules des 
Articulations pierreufes. 

Planche N°. i. Corallina articulât a dichotoma , mtemodiis fubcylin- 

Fi XI «'A ' drlcls , cellulis rhomboideis, omnino teClis , & tubulis membra- 
naceïs exiguis , colligatis. 

Corallina jiftulofa fragilis crajjior. J. B. 3. 811. R. Hift. 65. 

Mufcus coralloides polygonoides falicor nia folio major. Bar. 
le. 1275. N e . 7. 

Corallina Jîjlulofa fragilis, mtemodiis pralongis lavibus, al- 
fas , farciminum modo catenatis. Pluck. Phytog. PI. XXVI. 
Fig. 2. 

Bugle Coralline, ou Confoude moyenne. 

Il y a deux fortes de Corallines de cette elpèce, l'une qui 
eft plus petite que celle dont il s'agit ici , & qui n'en diffère 
que par le diamètre de fes branches, eft appellée par les Bo- 
tanifles de ces deux noms. 

Corallina Jîjlulofa, fragilis fubtilior. J. B. 3. 811. R. Hift. 66. 
Mufcus polygonoides falicor nia folio minor , Jeu bifidus. Bar. 
kon. 1275. N°. 8. 

Cette belle Coralline pierreufe fort de plufieurs tubes. 
tranfparens & membraneux , dont elle eft compofée , & 
qui forment des Articulations cylindriques. Ces Articula- 
tions confiftent en Cellules pierreufes, faites en lofanges, 
qui ont chacune une ouverture , & qui couvrent toute la 
furface de la Coralline, 

La 



\ 



Des Corallines Articulées. 61 

La grande Coralline Bugle eft repréfentée de grandeur 
naturelle, Fig. a.,N 9 . i. 

On en voit une branche Fig. A., grofîie au Microfcope, 
pour rendre fenfible la forme extérieure des tubes, des Ar- 
ticulations, & des Cellules. B, eft un morceau d'une des Ar- 
ticulations plus grofïie, & qui a été expofée à l'air ; On y 
voit clairement la forme de l'ouverture des Cellules. C, eft 
une Section tranfverfale de ce même morceau, & met fous 
les yeux la figure intérieure, & la difpofition des Cellules. 

Les Articulations de la Coralline, fe partagent conftam- 
ment en deux , & font unies Tune à l'autre par de courts tu- 
bes , de la même nature que ceux dont ils ont pris leur 
origine. 

Ces tubes font extrêmement pliants dans l'eau; & c'eft ce 
qui fait qu'ils cèdent û aifément & fans fe caffer, à toutes 
les agitations de la Mer. 

Les Cellules ne font pas toujours faites en iofanges: 
Quelquefois elles font voûtées au fommet, comme en D. El- 
les ont d'autrefois la figure d'un Cerceuil , comme quelques- 
unes des Cellules fupérieures repréfentées en B. 

Lorsqjje cette Coralline a été expofée pendant quelque- 
tems fur le rivage, elle devient blanche & fort dure; la fé- 
paration des Cellules devient aufïï plus mince, & plus vifible,* 
comme on le voit Fig. B. 

Quoique les Corallines d'écrites dans les Articles fui- 
vants, différent en grandeur, dans la forme de leurs Cellu- 
les, dans leurs racines tubuleufes , & à quelques autres é- 
gards, cependant comme la définition générale de cette efpè- 
ce de Coralline leur convient à toutes, & qu'elles paroif- 
fent fe fuivre dans l'ordre de la Nature , j'ai cru devoir les 
rapporter toutes à une feule & même Gaffe. Je dois auiîî 

H 3 aver- 

) 



62 CHAPITRE V. 

avertir que pour pouvoir mieux appercevoir les pores ou les 
Cellules des Corallines de cette Claffe , il faut les examiner 
immédiatement après qu'on les a tirées de la Mer, parceque 
fi on tarde plus long-tems, elles fe féchent, la matière créta- 
cée fe refferre, & joint tellement les pores de la furface , 
qu'on ne peut plus diftinguer celle-ci d'avec une fu perfide 
polie, à moins que de fe fervir des plus forts Microfcopes. . 

Planche N"°. 2. Corallina Anglica. R. S. pag. 33. N\ 1. 

xxiv. Corallina alba officinarum. Park. 1298. 

Fig. a. A. f y 

Coralline commune. 

Cette Coralline eft adhérente aux rochers & aux co- 
quilles, par des jointures pierreufes, qui , à mefure qu'elles 
s'élèvent, s'unifTent à d'autres par des tubes extrêmement dé- 
liés, & qu'on peut appercevoir avec un Microfcope ordinaire, 
& même à l'oeil fimple, lorfqu'on a la vue bonne. Les tiges 
en s'étendant, pouffent des deux côtés des branches oppo- 
fées les unes aux autres , qui les font reffembler à des pana- 
ches, & qui font articulées de la même manière. Les join- 
tures de cette efpèce reffemblent à la partie fupérieure d'un 
cône renverfé, mais un peu applati. Toute la furface eft cou- 
verte de très petites Cellules rondes, & femblables à des po- 
. res. Voyez les Figures B. & B. 1., où elles font repréfentées 
groffies par le plus fort Microfcope , de même que la Section 
tranfverfale, en B. 2. 

La Fig. a, N°. 2. eft une repréfentation de cette Coralli- 
ne , telle qu'elle fut trouvée croiffant fur un rocher. 

S 1 l'on met une branche de cette Coralline dans du Vinai- 
gre, fes Cellules, & toute la furface crétacée font bien -tôt 
diffoutes , & laiffent à découvert des rangées de ramifications 
déliées , qui paroiffent avoir eu une communication avec cha- 
cune de ces Cellules, Voyez Fig. A. 

Otf 



Des Corallines Articulées. 63 

O N apperçoit fur quelques-unes de ces Corallines de peti- 
tes figures, femblables à ces Vaiffeaux féminaux, qu'on voit 
'fouvent aux extrémités des branches: on en trouve aufli qui 
font placées fur les côtés. La Fig. A. les repréfente groflies 
au Microfcope. 

Le Vinaigre dans lequel on trempa ces branches, les ren- 
dit toutes molles , & fit fortir des boutons qui fe trouvent 
aux bouts, & fur les côtés de ces branches, de petites figures 
faites en forme de vis. Elles font groflies au Microfcope en 
A. 1 , mais on les a repréfentées en A. 2 , en employant des 
Verres qui grofMbient davantage. 

Ces Corallines font fouvent de différentes couleurs: Il y 
en a de rouges, de vertes, de cendrées, & de blanches; mais 
elles ont toutes ceci de commun, c'eft que fi on les laiffe long- 
tems fur le rivage expofées au Soleil & à Pair , elles devien- 
nent blanches. 

N°. 3. Corallina Anglica procumbens, fegmentis brevibus. Planche 
Coralline Angloife déliée & trainante. Fig< jj» % 

Cette Coralline femble n'être qu'une variété de la pre- 
mière qui pouffe des jets roides, droits, & à grandes Articula- 
tions, au lieu que les branches de celle-ci font pendantes & fort 
déliées, & n'ont que de petites Articulations. Voyez N°. 3. 
Sa couleur paroit varier , fuivant la fituation dans laquelle 
on la trouve. 



N°. 4. Corallina Anglica erecla , ramulïs denfe pennatis , lan- x Hy che 
ceola forma terminantibus , fegmentis ad utrumque latus paulu- Fig. c'a 
lum comprefps. 

Corallina fquammat a. Parkin. 1296. 

Coralline Angloife droite, à têtes en forme de lance, & à 
Articulations plates. 

J'Ai reçu cette Coralline de Ludgvan, dans la Province de 

Cor- 

) 



64 CHAPITRE V. 

Cor non aille. Elle m'a été envoyée par Mr. Guillaume Bot"' 
lafe, Membre de la Société Royale, qui a eu la bonté de me 
procurer plufieurs autres Productions Marines. 

Elle eft ordinairement d'un verd pâle; couleur qu'on 
doit peut être attribuer au grand nombre de mines de cuivre 
qui font fur les Côtes de Cornouaille , tout comme la terre 
ochreufe, près de Harwich , donne à quelques Corallines, de 
la féconde efpèce , une couleur d'Orange. La Fig. N°. 4. re- 
préfente cette Coralline dans fa forme naturelle. 

O n a repréfenté Fig. C. une branche groffie au Microfco- 
pe, afin de faire voir la forme des Articulations. La matiè- 
re crétacée avoit été diffoute dans du Vinaigre. On découvre 
fur chaque jointure différentes fuites de ramifications, qui con- 
duifent aux Cellules de la furface. C'eft ce que nous ferons 
voir pleinement dans la fuite, par des exemples que nous four- 
niront quelques Productions Marines , qui nous ont été en- 
voyées des Pays étrangers , & qui font de la même nature 
que celles-ci. 

planche N*. 5. Corallitia ramulis dichotomis, tenerls , capillaribus , 

xxiv. £f rubentibus. 

l'i£. e. L. 

Corallina rubens , Jîve Mufcus marinus rubens. Park. 1296. 
Coralline rouge femblable à des Cheveux. 

Cette Coralline groffie au Microfcope paroit pouffer des 
branches , qui fe partagent toujours en deux, & qui confiflent 
en Articulations longues & cylindriques, & unies par de très 
petits tubes. On peut voir aifément, lorfque le Vinaigre en 
a diffout la partie pierreufe , les fines ramifications fibreufes , 
qui répondent aux petits pores qui fe trouvent fur la furface 
de cette Coralline , comme fur celle de l'article précédent. 

Elle eft repréfentée de grandeur naturelle N\ 5. Fig. e. 
La Fig. E. eft une branche de cette Coralline groffie au Mi- 
crofcope. 

N°. 6. 



Des Corallines Articulées. #5 

N°. 6. Corallina alba exigua , ramulis dichôtomis , fegmentis Planche 
corniculatis , fucis minimis teretibus adnafcens. Fig. d. d, 

Coralline blanche à Articulations déliées. 

Cette Coralline diffère de la précédente, en ce que fes 
branches font plus fortes, & plus épaiffes, & que le fommet 
des Articulations inférieures, eft diverfifié par deux pointes 
faillantes, & femblables à des cornes. 

La Fig. d. repréfente une touffe de cette Coralline croiffant 
fur un Fucus. 

On voit en D. la manière dont elle croit, de même que 
les Articulations inférieures en forme de cornes. 

N°. 7. Corallina dichotoma, capillis denjîs, criflatis, fpermo- xxivT 
phoris , fuels minimis teretibus adnafcens. Flg ' /• Fo 

Corallina criflata minima. Barrell. pag. 1328. 
Mufcus coralloïdes criftatus. Bar. Icon. 1296. N°. 2. 
Coralline à crête de Coq. 

Les branches de cette Coralline, de même que celles des 
précédentes, fe partagent par paires, ou de deux en deux; elle 
pouffe des touffes rondes femblables à la crête ou à la houppe . 
qu'on voit fur la tête de quelques Oifeaux , & composées 
d'un certain nombre débranches déployées en guife d'éventail, 
& couchées de plat Tune fur l'autre. Il y en a qui font d'un 
très beau rouge , les autres font vertes avec un bord blanc. 

Cette Coralline croit ordinairement fur un Fucus rond & 
délié. Le Microfcope fait découvrir fur la partie fupérieure des 
branches , quelques petites Véficules , du fommet desquelles 
on voit fortir deux autres branches , qui commencent à pouffer. 
Il femble donc que ces Véficules foient deftinées à fervir d'ap- 
pui & de foûtien à la Coralline* 

Elle eft reprefentée de grandeur naturelle Fig. f. N°. 7. 

I La 



66 



CHAPITRE V. 



• 



La Fig. F. efl une branche groflie au Microfcope, avec fes 
Véfîcules. 

Planche N°. 8. CoralUna alba fpermophoros , capillis tenuiffimls. 

||^' G> CoralUna mufcofa, feu Mufius Marinus tenuï capillo fpermo- 
phoros. Mor.Hifl. Ox. Part. III. pag. 651. S. 15. T. IX. f. 9. 
Coralline à Semence. 

En examinant au Microfcope cette Coralline, qui efl blan- 
che & très déliée, on y découvre de petites Véfîcules en for- 
me de Vaiffeaux féminaux , qui femblent la foûtenir dans 
Peau. On voit s'élever fur chaque Véficule deux cheveux 
fins, d'où fortent encore d'autres Véfîcules, qui pouffent elles^ 
mêmes deux nouveaux cheveux fins & pointus , qui termi- 
nent cette belle Coralline. Elle paroit avoir beaucoup d'affi- 
nité avec la Coralline à crête , de l'Article précédent ; quoi* 
que d'ailleurs elles différent affez dans leur forme extérieure, 
pour qu'on foit en droit d'en faire deux efpèces diftinctes. 

On n'a pu trou ver , après l'examen les plus exad, aucune 
ouverture aux Véfîcules. 

Cette Coralline efl repréfentée au naturel N°. 8. Fig. g. 
quoique fes touffes foient ordinairement plus remplies. 

La Fig. G. efl une petite branche avec un double rang de 
Véfîcules; le tout groffi au Microfcope. 

N°. 9. CoralUna plumofa nivea , fuco m'mimo , tereti adnas- 

ns. 

Coralline cotonnée & blanche comme de la neige. 

Monsieur Borlafe m'ayant envoyé de Penzance dans la 
Province de Cornouaïlle , quelques Corallines rares, j'y trou- 
vai celle dont- il s'agit-ici , adhérente à un Fucus. Comme elle 
efl très menue , je la pris d'abord pour le duvet blanc de 
quelques plumes ', mais après l'avoir examinée , je trouvai 

que 



Planche 

sxiv. 

Fig. h. H. 



cens. 



I 



Des Corallines Articulées. 67 

que c'était une Coraliine Articulée, & que fes jointures, unies 
par de petits tubes, ne le cédoient en rien à celles de la plus 
grande efpèce. 

Elle eft repréfentée de grandeur naturelle, & adhérente 
fur un morceau de Fucus. Fig. h. N°. 9. 

On voit en H. plufieurs parties de cette Coraliine , atta- 
chées par de petits Globules aux fibres du Fucus. Ces Glo- 
bules pouffent trois ou quatre Articulations cylindriques. 
Le tout eft groffi au Microfcope. Ces Globules & ces Ar- 
ticulations font encore plus groffis en H. 1., toute la furface 
y paroit couverte de petits quarrés creux. 

Remarques fur quelques ÇoralUnes Articulées de 
la Jamaïque. 

Mon deffein en plaçant ici ces Obfervations , eft de faire X xv chc 
connoitre la manière dont la Nature opère , dans les Pays Fig- «. i>. c 
plus chauds que le nôtre, & de mettre dans un plus grand 
jour la ftrudhire admirable des Corallines de nos propres 
Climats. J'ai déjà remarqué que nos Corallines Articulées, à 
l'exception de la première, font fi denfes , & que leur fur- 
face eft fi unie, qu'on peut à peine en découvrir, les pores, 
par le fecours du Microfcope. 

• 

Mais les Corallines des Indes- Occidentales font générale- 
ment d'un tiffu plus lâche : leurs Cellules, faites en forme de 
pores, & répandues for toute la furface, fe voyent aifément 
à l'œil fimple, de même que les tubes qui unifient les Arti- 
culations. 

Lorsque parle moyen du Vinaigre on a diffous la ma- 
tière crétacée , on apperçoit , à l'aide du Microfcope , les tu- 
bes faits en forme de gonds ou de pivots, qui fe divifent en 
ramifications , lefquelles s'étendent fur les fuperficies plates de 

I ss chaque 



68 CHAPITRE V. 

chaque Articulation, & fe terminent par des petites coupes, 
qui, jointes enfemble par les côtés, repréfentent au naturel les 
gâteaux des abeilles : chaque coupe a au fond un petit trou, 
par lequel elle communique avec un petit tube particulier de 
Tune des coupes des moindres branches ; & le fommet de cha- 
cune de ces coupes, répond à un pore de la furface crétacée. 

Les Fig. a. & b., repréfentent deux efpèces de ces Coral- 
lines, de grandeur naturelle. 

Les pores de Tune des Articulations de la Fig. a., font 
grofïis au Microfcope. Fig. A. 

La Fig. A. i., repréfente les ramifications régulières, & ter- 
minées par les furfaces plates, des petites coupes jointes enfem- 
ble , en forme d'un rayon de miel , après que Ton a diffous 
par le moyen du Vinaigre la matière crétacée de l'Articulation 
de la Fig. A. 

On voit en B. & B. i., les Articulations, & les tubes ramifiés 
des plus petites efpèces de la Fig. b. Elles y font repréfentées 
groflies au Microfcope, & dépouillées de leur furface crétacée. 

Je joindrai ici, à caufe de fa fingularité, une troifième efpè- 

ce de Coralline Articulée. Il femble que c'eft la Corallina fiftuh- 

fa Jamaïcenjis candida, cum internodiïs brevijjimis, Ô 3 quajijilo 

trajettis, de Plukenet. Je l'appellerai Rofaire , ou Coralline 

à grains de Chapelet de la Jamaïque. Voyez Fig. c. 

La Fig. C. repréfente un des grains grofïï au Microfcope; au 
bas de la même Figure on a repréfente le grain le plus pro- 
che ouvert, afin d'en découvrir le tube; & Ton y voit des 
rangs réguliers de petits tuyaux, qui partant du milieu du 
tube, dont la fubftance tient de la nature de la corne, péné- 
trent à travers la matière crétacée, jufqu'aux Cellules de la fur- 
face. Voyez g r 

Les 

\ 



Des Corallines Articulées. 69 

Les tubes femblables à une touffe de cheveux, repréfen- 
tés en C, & qui fe trouvent au fommet de chaque branche, 
paroiffent être les ramifications, qui appartiennent au premier 
grain qui fe formera. 

Lorsclue la partie crétacée a été diffoute dans du Vinai- 
gre , on trouve plufieurs petits corps femblables à des femen- 
ces, & difperfés parmi les Cellules , qui font faites en forme 
de cœur. Voyez Fig. C. 1. 

Il y a enfin une autre Production Marine, qui approche 
beaucoup , par la manière dont elle croit , des Corallines Arti- 
culées. Elles m'a été envoyée parmi plufieurs autres curiofi- 
tés, trouvées fur les Côtes de Yljle de Wight. Vue au Mi- 
crofcope, elle paroit tubuleufe , & différente de tout ce que 
nos Côtes m'ont offert jufqu'à préfent : Je l'ai appellée, 

Coràllina tubulata tenera, dichotoma, & puflulofa. vxv ncbe 

Coralline tubuleufe à double divifion. Fig. &. k 

Examinée au Micro fcope, on la trouve remplie de verrues 
& de pullules , qui ont chacune une petite tache au milieu. Elle 
paroit être tranfparente comme de la corne. Chaque paire 
d'Articulations, ou de branches, s'infère au fommet de l'Arti- 
culation ou de la branche qui efï immédiatement au deffous, 
de la même manière que dans quelques unes des plus petites 
Corallines Articulées que nous venons de décrire. 

Une petite partie de cette Coralline efl repréfentée de 
grandeur naturelle, Fig. b. 

On en voit un autre petit morceau grofli au Microfcope, 
Fig. K 



I 3 , CHA- 



; 



A 



70 'CHAPITRE VI. 

CHAPITRE VI. 

Des Kératophytcs. 

près avoir parlé des Corallines , l'ordre naturel exige 
- que nous nous attachions à décrire les Arbrifleaux de 
Mer, ou Frutices coralloïdes, appelles par les Naturalises, 
Lithophytes, Lïthoxyles, ou Kératophytes. Ces différents noms 
fervent à donner une idée de leur compofition, qui au pre- 
mier coup d'oeil paroit confifler en une fubftance qui tient 
en partie de la nature du bois, ou de la corne, & en partie 
de celle de la pierre. Ces matières s'y trouvent difpofées dif- 
férement les unes par rapport aux autres. 

Leur forme reflemble généralement à celle des ArbriP 
féaux ; ils ont des bafes en forme de racines, par lefquelles ils 
adhérent à quelques Corps folides dans l'Océan; on y remar- 
que une tige ou un tronc, & des branches qui différent 
dans leurs difpofitions;- Dans les uns ces branches font plus 
diilin&es, & font fubdivifées en de petits rameaux feparés; 
au lieu que les autres ont leurs petites ramifications tellement 
entrelaffées qu'elles forment une efpéce de filet. C'efl cette 
diverfité de leur figure qui leur a fait donner, par ceux qui 
en ont fait des colle&ions, les noms d'Eventails de Mer, de 
Plumes de Mer, & d'autres femblables, qui ont du rapport 
avec leurs formes extérieures. 

■ 

Comme je n'ai pas deffein d'écrire un Traité complet fur 
ce fujet, je me contenterai de remarquer que la plupart de 
ces Kératophytes , parvenus à leur point de perfection, offrent 
à un obfervateur attentif, les particularités fuivantes. 

Premièrement, une forte de bafe ou de racine ligneu- 
fe, qui eft toujours ou adhérente à quelque corps folide, tels 

- que 



Des Kêratophytes. 71 

que des Rochers, des Coraux, de grandes Coquilles &c, ou 
qui du moins laiffe des traces, qui font voir qu'elle y a été 
attachée. 

Cette bafe paroit confifler en fibres longitudinales, fi 
étroitement ferrées les unes avec les autres, par leurs côtés, 
qu'on ne peut les féparer fans effort. Ces fibres s'élèvent 
de la circonférence de la bafe, jufqu'à la tige , où elles ont 
la même fituation. En fe fervant de bons Verres, on peut fe 
convaincre que ce même tiffu fe conferve jufqu'aux extré- 
mités des branches, & l'on découvre en même tems, que 
ces fibres, que l'on avoit prifes pour telles à l'œil fimple, 
font réellement de petits tuyaux , dont tout l'Arbriffeau eft 
compofé, mais qui font applatis & rétrécis. 

Si on coupe transverfalement le tronc, ou quelque grofîe 
branche de ces Kêratophytes , & qu'on les examine avec at- 
tention, l'on (découvre clairement le cours de ces tubes 
longitudinaux; & l'on apperçoit en même tems, qu'ils font 
placés en rond autour du centre du tronc , à peu près de 
la même manière que ces annaux circulaires qui fe forment 
dans le bois, mais avec cette différence, que les premiers ne 
fe touchent pas de fi près que ceux-ci , & qu'il paroit vifi- 
blement qu'ils font appliqués l'un au deffus de l'autre, & fou- 
vent avec quelque matière hétérogène entre deux. 

La partie que nous venons de décrire eft ce que quelques 
Naturalises appellent la partie ligneufe des Kêratophytes ; les 
autres la défignent par un nom qui fait connoitre qu'elle ref- 
femble à de la corne, parce quelle en a l'odeur lors qu'on la 
brûle. 

Les particularités que nous venons de détailler, fe trou- 
vent prefque uniformément, dans toutes les efpèces de Kêra- 
tophytes, quelques différentes qu'elles foient d'ailleurs par leur 

. gran- 



72 CHAPITRE VI 

grandeur, leur figure , & leurs autres qualités extérieures. 
Toutes paroiflent avoir la même flruclure , & la Chymie en 
tire les mêmes principes. 

La partie qui imite le bois ou la corne, eft revêtue d'une 
efpèce d'écorce pierreufe ou calcaire, qui couvre le tronc & 
les branches, jufqu'aux extrémités. 

Cette écorce calcaire eft fort mince à l'origine du tronc, 
mais elle devient plus épaifïe à mefure que les branches 
avancent: En général cette enveloppe eft à proportion beau- 
coup plus épaiffe dans les plus jeunes fibres , fi même elle ne 
l'eft pas réellement. Cette matière calcaire répand auffi, lors 
qu'on la brûle , une odeur femblable à celle des Corps Marins 
qui approchent de la nature de la corne. Dans plufieurs for- 
tes de Kêratophytes , cette écorce examinée attentivement, mê- 
me à l'œil fimple, préfente des ordres réguliers de pores ou 
de cellules ; mais vue au Microfcope elle paroit conftamment 
être un corps organifé, un affemblage régulier de cellules, fem- 
blables a celles dans lefquelles des animaux ont été formés, ou 
dans lefquelles ils ont vécu, & non une concrétion fortuite, 
& faite de matières étrangères , telle que celle qui couvre la 
mouffe & d'autre végétaux , qui ont été accidentellement in- 
cruftés dans des eaux pétrifiantes. 

Quoiqjje la plupart des Kêratophytes , lors qu'ils font 
en état de perfection, foient couverts de cette écorce calcai- 
re, on en trouve pourtant fouvent qui n'en ont point du tout, 
ïl n'en faut cependant pas conclurre que ces derniers ayent été 
formés de cette manière; puis qu'il eft plus que probable, 
qu'ils ont été dépouillés de leurs enveloppes , par la vio- 
lence des ondes, ou par quelques autres accidens , qui leur ont 
enlevé une partie, qui ne paroit pas être moins effentielle à 
ces Corps, que l'écorce l'eft aux arbres. C'eft pour n'avoir 
pas fait cette réflexion, que les Botaniftes fe font ici trouvés 

env 

< 



\ 



Des Kêratophytes. 73 

embaraïTés, "& que Boerhaave lui même a été engagé àdivifer 
les Kêratophytes en deux Claffes, dont l'une comprend ceux 
qui ont l'enveloppe calcaire, & qu'il appelle Titano Kérato- 
phyta 9 & l'autre ceux qui en font dépouillés, ce qui arrive fa- 
cilement près des Côtes: Il donne à ces dernières le nom Am- 
ple de Kêratophyta. 

Quoiclue les Obfervations que nous venons de rapporter 
foient allez fortes, pour prouver que les Arbriffeaux de Mer 
font la fabrique d'un Animal , cependant comme il y a encore 
plufieurs perfonnes qui n'en font pas bien convaincues, nous 
croyons devoir, par cette raifon, entrer dans un examen plus 
exact & plus détaillé, de là nature de ces Corps Marins. 

Ceux qui peu avancés dans leur crue, n'ont encore que trois 
ou quatre pouces de haut, reffemblent à un petit jet d'une Plan- 
te calcaire. Si on les difféque longitudinairement, & qu'on les 
examine avec attention , on y trouve au centre un Tube délié 
qui imite la corne, & qui contient une matière blanchâtre, com- 
me de la moelle; d'autres Tubes très petits lui font attachés, 
l'environnent, & le couvrent tout entier d'un bout à l'autre. 

Dans les Kêratophytes plus avancés, ces petits Tubes cal- 
caires pouffent, à l'endroit où les branches fortent, de peti- 
tes Cellules d'Animaux, du genre des Polypes, & chacune 
avec une ouverture. Ces Cellules font difpofées le long des 
branches, & toujours avec une certaine régularité exactement 
appropriée à chaque efpèce particulière : plufieurs Naturalif- 
tes les ont confondues avec les nids des Infectes qu'on trou- 
ve fur les Plantes ; mais ce qui auroit dû les détromper, 
c'eft que ceux ci font placés au hazard, çà & là , & fans au- 
cun ordre , au lieu que les autres ont précifément la même 
forme & le même arrangement, qu'on obferve dans les Cel- 
lules des Corallines. On a vu les Animaux de ces Cellules 
s'étendre eux mêmes pour chercher leur nourriture, & les ma- 

K tériaux 

î 



r 



74 CHAPITRE VI, 

tériaux, qui leur fervent à former ces logements, dont la ftruc- 
ture eft fi admirable. C'eft ce quelles Obfervations fuivantes 
mettront encore dans un plus grand jour. 

Il eft rare que les Infectes, qui bâtiflent leurs nids fur les 
Plantes , & qui vivent de leurs feuilles , en couvrent toute 
l'écorce depuis le pied du tronc, jufqu'au bout des bran- 
ches : fuppofons cependant que cela arrive , on m'accordera 
auffi que perfonne n'a jamais vu aucune Plante, qui étant 
ainfi toute incruftée de Cellules d'Infectes , continuât néan- 
moins de végéter & de fleurir. J'avoue que les véritables 
Plantes Marines, & il y en a un grand nombre de différentes 
efpéces, font auffi fujettes à être attaquées par des Infectes 
de Mer, qui y font leurs nids, que les Plantes de Terre : mais 
on remarque auffi que dans ce cas là , les premières ont le mê- 
me fort que celles-ci, je veux dire qu'elles dépériffent, & 
meurent enfin. 

L'Epine de Hareng, décrite Planche X. Fig. a., reffemble 
à ces Kcratophytes dans fa manière de croître ferrée, excep- 
té l'incruftation. Elle reftemble en petit à cette efpéce de 
Coralline à pannache, connue dans les Indes -Occidentales, 
fous le nom de Plume de Mer. 

Mais pour faire mieux voir, la grande affinité qu'il y a, 
entre la ftructure de ces Kératophytes à pannache, & celle 
des Coralline s Véficule-ufes, garnies de Denticules, je joindrai 
ici une courte defcription d'une belle Coralline de Sardagne 
appcllée Plume de Mer, que je trouvai dernièrement parmi 
les Collections de Meffieurs Baker Ût Pond, Membres de la 
Société Royale. 

Ces belles Productions Marines ont environ un pied de 
haut : les petits rejettons font oppofés alternativement l'un à 
l'autre, dans uja ordre régulier, .■& fitués de chaque côté de> 

la 



Des Kêratopbytes. 7f 

îa principale tige. Ils font garnis de petites grappes compo 
fées pour l'ordinaire de trois tubercules , placés à égale di- 
ftance, autour de la tige. Grofîis au Microfcope ils reffem- 
blent aiïx boutons des Arbres fruitiers. Le Kératoohyte, qui 
fait le fujet de cette defcription, étoit fec, & le fommet de 
fes tubercules étoit courbé du côté de la tige de la branche 
qui les portoit. 

Toute la furface étoit couverte, comme le font la plu- 
part des Corps dé cette Gaffe , d'une fubftance calcaire. 

La Fi g. S. Planche XXVI. repréfente une des ramifica- 
tions, avec la principale tige, qui eft droite; On voit aifé- 
ment qu'elle reffemble beaucoup par fa forme, à celle du Sa- 
pin de Mer, Planche I. Fig. b. 

On voit en T. deux de ces remettons groflls au Microfco- 
pe, avec leurs petits tubercules. 

La matière calcaire de l'un de ces rejettons ayant été di£ 
foute dans une liqueur acide, & les deux tubercules placés 
fur fes côtés, étant ainfi dépouillés de leur enveloppe , nous 
y découvrîmes clairement deux Polypes avec leurs griffes 
contractées, Voyez Fig. V. Nous remarquâmes aufli qu'ils 
étoient unis l'un & l'autre, au corps de l'Animal principal, 
par un filet délié & charnu, qui fortoit de la partie infé- 
rieure de chacun d'eux. Ce filet charnu , qui conflitue le cen- 
tre de la tige , ou du corps de l'Animal principal , paffoit 
par le milieu des tiges & des branches du Kêratophyte ; & 
nous pûmes fans peine en fuivre le cours , lors que l'écor- 
ce calcaire en eût été ôtée. 

Nous découvrîmes de la 'même manière les Polypes, 
inférés par paires dans les tiges charnues & centrales de 
la Coralline Véficuleufe. N°. 7. Planche IV. Fig. C. & N\ 3. 
Planche V. Fig. A. 

K 2 J'AI 

î 



7<5 CHAPITRE VI 

J'ai actuellement fous les yeux quelques Kêratophytes, 
qui prouvent que les cercles , faits d'une matière qui imite la 
corne, & qui environnent & compofent la tige & les bran- 
ches, font l'ouvrage d'Animaux. C'eft en particulier ce que 
met hors de tout doute, un de ces Kêratophytes , ou Even- 
tails de mer, appelles par Linnaus, Flabellum Veneris. Vo- 
yez Planche XXVI. Fig. A. Ce Kêratophyte avoit eu une 
des principales tiges de fes branches , comme on le voit en 
B. rompue' par quelque accident , les deux bouts caffés a- 
voient été retenus l'un près de l'autre, par les petites bran- 
ches de côtés, & faites en forme de réfeau. Voyez Fig. D. 

Les Animaux, qui tachoient de s'élever le long du tronc 
Fig. K., en fuivant le cours de leurs tubes, n'eurent pas 
plutôt rencontré l'obftacle que mettoit à leur chemin la tige 
rompue, qu'ils fe détournèrent, & s'avançant vers D. le 
long des ramifications réticulaires, couvrirent tout l'efpace 
vuide de leur matière calcaire, & femblable à de la corne. 
On a ôté les tuyaux calcaires, de la partie obfcure de la 
Figure, près de D, afin de faire voir que les parties qui font 
defibus , dont la fubftance imite la corne, & qui ont tou- 
jours la forme extérieure de tuyaux, ont pris le mêma 
cours, & fuivi la même direction, que les tubes calcaires qui 
leur ont fuccédé, & qui les ont couverts. 

Les Animaux firent enfuite un petit détour, pour gagner 
le bout rompu de la partie fupérieure de la tige de cette 
branche, le long de laquelle ils continuèrent de s'avancer, 
comme à l'ordinaire, jufqu'aux plus fines ramifications. 

La Fig. E. repréfente deux tubes calcaires, grofïïs au Mi- 
croscope. On les a coupés de l'écorce du tronc, près de 
la Fig. L. Les parties dont cette matière calcaire eft com- 
pofée, font tellement grofues au Microscope, qu'on peut dif- 

tia* 
\ 



Des Kèratophytes. *?% 

tinguer leur figure particulière, qui ne reffemble pas mal à 
celle du Corail rouge. 

On voit Fig. F. & I. un petit rejetton groffi au Micros- 
cope ; on l'avoit pris fur le fommet du Rératophyte Fig. O. 

La Fig. G. repréfente une petite ramification de ce rejet- 
ton, dépouillée de fa furface calcaire, qu'on avoit enlevée 
auffi mince qu'on avoit pu , afin de découvrir les trois tubes 
qui fe trouvent précifement fous cette furface : Ces tu- 
bes avoient aux deux côtés de petits trous, corne fi les A- 
nimaux avoient eu communication avec les deux rangs de 
Cellules placées fur les côtés. Après avoir coupé une fecon. 
de tranche fort mince, nous découvrîmes le tube fait d'une 
fubflance qui imite la corne, & placé au milieu du rejetton, 
& les deux rangs de Cellules. Le tout efl repréfente fur les 
ramifications oppofées Fig. H. 

Nous vîmes clairement que chaque Cellule avoit un pe- 
tit Polype. Ils font repréfentés de grandeur naturelle en N, 
& leur forme eft groflle au Microscope en M. Ce Kérato- 
phyte avoit été apporté depuis peu, des Indes - Occidentales', 
les Animaux quoique contractés étoient cependant très vifi- 
bles. Les Polypes s'étendent par les trous obfcurs qui font 
fur les côtés de la tige, & de la branche inférieure de ce 
rejetton grofli au Mifcroscope. Voyez F. & I. 

La Fig. I. eft la partie inférieure coupée obliquement, 
pour faire voir les cavités des tubes & des Cellules. 

Le bout du tube applati, & fait d'une fubflance qui imite 
la corne, occupe le centre de la Section. Les petites bran- 
ches réticulées de ce Kér atophyte, font encore plus compri- 
mées; & vues de front, leur bord mince fe trouve alors tour- 
né du côté du fpedateur. 

K 3 On 



/ 



^3 C H A P I T R E VI. 

On a repréfenté en K. la Section horizontale de cette 
grande branche. On y voit les différents rejettons circulai- 
res faits de tubes contractés; ils reffemblent dans cet état aux 
cercles annulaires du bois. 

Le même Kératophyte , ou Eventail de Mer, nous fournit 
une autre preuve bien remarquable que cette partie des 
branches, faite d'une matière qui imite la corne, eft formée 
par les Animaux qui l'habitent. 

Ce Kératophyte paroit avoit été arrêté dans fa crue, par 
quelque roc qui fe trouvoit au deffus, ou par quelqu'autre 
accident. Il femble qu'une partie de fes branches fupérieures 
ait été coupée horizontalement, en C, & que ce foit là ce qui a 
obligé les Animaux de rebroufîer, en fuivant la même rou- 
te qu'ils avoient prife. Aufïi trouve -t'on plufieurs des der- 
nières Cellules qu'ils avoient formées , couvertes d'une ma- 
tière calcaire irrégulièrement répandue. Cette confufion fè 
fait appercevoir aufïi loin qu'on peut fuivre la trace des Ani- 
maux, à leur retour; & fi l'on enlève cette matière calcaire, 
on trouve que la fubftance, qui imite la corne, & qu'ils ont 
dépofée en revenant , a rempli la plupart des places vuides 
du réfeau. 

Outre ce Kératophyte , dont la tige & les branches font 
faites d'une fubftance qui tient de la nature du bois, & de 
celle de la corne , j'en ai trouvé dernièrement un autre 
dans la Collection de Mr. Collinfon Membre de la Société 
Royale. Il avoit été apporté de la Caroline Méridionale. 
Son intérieur confifte en un tiffu ipongieux, & toute fa 
fubftance eft auffi légère que du Liège. 

Sa furface extérieure eft compofée d'une matière friable 
& farineufe, de la couleur du rouge de plomb, & peu dif- 
férente de l'enveloppe du Corail rouge ordinaire , tel qu'il 
eft lors qu'on nous l'apporte d'abord après qu'on l'a péché, 

mais 
\ 






Des Kêratophytes. 79 

mais elle eft plus remplie de petits trous en forme d'étoiles. 
La matière qui compofe les Cellules, qui font placées im- 
médiatement au deffous, eft un peu tenace, mais elle eft en- 
core plus compacte intérieurement, & confifte en une fub- 
ftance fpongieufe, d'un rouge pâle. 

La furface des principales tiges eft environnée de tubes 
parallèles, dont on peut fuivre le cours , tout le long des 
branches, jufqu'à-ce qu'ils fe changent infenfiblement en rangs 
de Cellules. C'eft ce qui fe voit aufïi dans quelques Co- 
rallines Celluleufes. 

La Fig. P. Planche XXVI, repréfente un petit morceau de 
ce Kêratophyte fpongieux, dans, fa proportion naturelle. 

La Fig. Q. eft une partie du fommet de l'une des bran- 
ches, coupée perpendiculairement par le milieu , pour faire 
voir la fituation des Cellules. Ces rangs de Cellules envi- 
ronnent les jeunes branches de tous côtés ; & la matière fpon- 
gieufe qui eft entredeux paroit au Microscope remplie de ca- 
vités tubuleufes & irrégulières. 

Nous n'avons encore vu. aucune efpèce de Kêratophytes, 
dans laquelle l'intérieur fpongieux foit aufli intimement uni 
à l'écorce celluleufe, qu'il l'eft dans celle-ci. 

On a repréfente Fig. R. la Section horizontale de la mê- 
me branche, afin de mettre fous les yeux les diiférents 
rangs de Cellules, qui en environnent le centre fpongieux. 

J'ai remarqué dans quelques Kêratophytes à pannache, ou 
Plume de Mer, que lors qu'ils étoient morts en tout, ou en 
partie, le Polype qui vit dans cette efpèce de Corail, qu'on ap- 
pelle MUlepore , en incrufte les branches mortes , d'une ma- 
tière cor'alline & blanchâtre. Plufieurs perfonnes,. faute d'a- 
voir examiné cette croûte avec aiTes d'attention, s'y font. 

tron> 

1 



80 CHAPITRE" VI. 

trompées, & l'ont prife pour une incruflation calcaire, quoi 
que c'en foit une pierreufe. Cependant, outre la différence 
des matériaux dont ces enveloppes font compofées, il eft en- 
core bien aifé de diftinguer l'arrangement très exad de l'in- 
cruftation naturelle, de l'irrégularité du Corail. 

A cette Obfervation ajoutons en une autre, qui la fuit natu- 
rellement; c'eft que nous n'avons jamais trouvé deux diffé- 
rentes fortes d'incruftations calcaires fur une feule & même 
efpèce de Kêratophyte. J'en ai cependant vu trois différen- 
tes fortes, qui étoient adhérentes à une pièce de Corail de 
Roche , fur laquelle on voyoit aufli une partie d'un KératO' 
phyte mort, qui étoit incrufté du même Corail. 

Les particules de cette écorce font d'une figure particuliè- 
re dans chaque efpèce, & pénétrent fouvent profondément 
jufques dans le dernier rang des tubes. Ces tuyaux confti- 
tuent la furface intérieure; & comme leurs parties calcaires ont 
été mêlées, avec les parties glutineufes de l'Animal, ce mé- 
lange fait que leur fubftance tient de la nature du bois, ou 
de celle de la corne. 

On ne trouve fur cette efpèce de Productions Marines, 
ni écorce, ni membrane, ni enfin aucune autre enveloppe 
extérieure, excepté cette couverture calcaire &; celluleufe; 
ce qui prouve qu'elle leur eft naturelle. 

Si on examine avec foin les Seftions perpendiculaires & 
obliques des Arbres, & des Arbriffeaux, ou même des ti- 
ges des Plantes Marines , on trouve que les Vailfeaux longi- 
tudinales de la partie ligneufe, font toujours unis enfemble, 
par des fibres latérales , ou qu'ils ont des tuyaux placés 
fur leurs côtés. Cependant quelque exades recherches que 
nous ayons faites, avec le Microscope, nous n'avons jamais 
pu découvrir parmi les Vailfeaux de ces Kératophytes , ni par- 
mi 
\ 



Des ' Kêratophytes. 8 1 

mi leurs Tubes applatis & longitudinales aucune de ces fi- 
bres qui fervent de liens, ni aucun des Tubes qui portant de 
la moelle , s'étendent jufqu'à la circonférence ; d'où il fem- 
ble qu'on en puifTe conclure , que la vifcofité que ces Ani- 
maux répandent, eft la principale caufe de ce que ces Tubes 
font fi étroitement unis entr'eux , & cela d'autant plus que 
ces Tubes, fur tout lors qu'ils font bien fecs, forment dans 
quelques Kêratophytes des plus chauds Climats, un Corps 
beaucoup plus dur que le bois. 

. Le Corail rouge & pierreux de la Méditerranée, & les 
Kêratophytes y fe reffemblent beaucoup dans leur tiffu, & 
dans les principes que la Chymie tire de l'un & de l'autre. 
Il eft vrai que le premier a fes ramifications fort courtes, & 
que fes Tubes fe changent en pierre , & non en corne. Mais 
à ces deux légères différences près, tout nous donne lieu de 
croire que ces deux Corps font peu éloignés l'un de l'autre y 
dans la grande échelle de la Nature ; le cours de leurs Tu- 
bes, la manière dont ils en augmentent la circonférence, de 
même que celle des branches, leur furface rude, friable, & 
femblable à de l'écorce, de même que les ouvertures à étoi- 
les..des Cellules, nous en donnent cette idée. 

On voit fouvent des Kêratophytes réticulaires dont les 
Animaux, en s'avançant le long des tiges & des branches, 
rencontrent en leur chemin de petites Coquilles , & d'autres 
Corps étrangers, par deffus lefquels ils forment leurs Tubes, 
où ils fe trouvent renfermés. 

C'est à peu près aufli ce qui arrive aux Animaux qui 
forment le Corail rouge ; on trouve fouvent que leurs Tubes 
environnent un grand nombre de Corps différens. 

Comme on découvre dans plufieurs Plantes Marines, je 
,parle de celles dont la végétation n'eft pas conteftée , une 

L forte 



82 C H A P I T R E VI. 

forte de VaifTeaux féminaux, il femble qu'on en devroit 
trouver aufîï d'affez vifibles, fur les plus grands Kératophy- 
tes , fur ceux par exemple des Côtes de Norvégue , où nous 
favons de bonne part qu'on en a vu qui avoient jufqu'à feize 
pieds de long. Je ne crois cependant pas que perfonne y 
ait jamais remarqué la moindre difpofition à porter du fruit, 
à moins qu'on ne prit pour tel, ce qui paroit fur leur écor- 
ce celluleufe: Mais l'obfervation & plufieurs expériences dé- 
montrent clairement, que, ce que cette écorce nous offre, a 
une beaucoup plus grande reffemblance à l'ouvrage d'un Ani- 
mal. Enfin les expériences Chymiques qu'on a faites fur les 
Kératophytes , font une forte preuve , qui , au défaut même de 
toute autre démonftration , devroit toujours nous convaincre 
qu'ils appartiennent au Règne Animal. Il fuffira d'en rap- 
porter une feule; c'eft la grande quantité de fels volatils 
qu'on en tire, & la forte odeur d'Huitres rôties qu'elles ré- 
pandent, lors qu'on les brûle. 

Nous n'avons encore pu trouver fur nos Côtes, que deux 
efpèces de Kératophytes , & qui encore font allez rares. La 
première eft. 

planche N°. i. Kératophy ton Flabelliforme , cortice verrucofo obduc- 

F,g V i!" tum. R. S. pag. 3 . 

Eventail de Mer à Verrues. 

Ce Kératophy te trouvé fur les Côtes de Cornouaille, eft 
couvert d'une croûte remplie de petits Tubercules femblables 
à des Verrues. Cette enveloppe extérieure étant diffoute 
dans du Vinaigre , laiffe voir à découvert des Polypes con- 
tractés, & armés de huit griffes. 

On voit Fig. a. N°. 1., un petit rejetton de ce Kératophy- 
te. L'une des Verrues eft repréfentée de deux manières diffé- 
rentes, & groffie au Microfcope. Fig. A. & A. 1. 

La 



Des Kêratophytes. 83 

La Fig. A. 2., repréfente le Polype tel qu'il parût, lors 
que la matière crétacée eût été difïbute. Les particules, dont 
Pincruftation eft compofée, fe voyent grofïies au Microfcope, 
Fig. A. 3. 

N°. 2. Kêratophyton dichotomum , caule & ramulis leviter x |^?/ ht 
comprejjis. R. S. pag. 32. Fig. g.' 

Saule de Mer. 

C e Kêratophyte a été trouvé fur les Côtes près de Mar- 
got e ; Nous en avons reçu depuis peu quelques autres d'Ir- 
lande. , 

On voit fur les deux bords des branches plattes, des 
rangs réguliers de petites Cellules , qui s'élèvent fur la partie 
calcaire. Elles ont chacune un petit trou qui en fait l'entrée. 

La Fig. g. N°. 2., repréfente un petit rejetton de ce Kê- 
ratophyte, dans fa proportion naturelle. 

CHAPITRE VIL 

Des Efcares. 

Quoique les Efcares appartiennent proprement à la 
Claffe des Miïïepores , cependant comme j'ai fuivi gé- 
néralement la méthode de Ray , je m'en tiendrai au nom 
qu'il leur a donné, & j'y joindrai des Defcriptions , qui met- 
tront aifément les Naturalises en état de les rapporter à la 
place qui leur convient. 

La marque cara&èriftique des Efcares, fuivant cet Au- 
teur, eft que leur furface reffemble à une Toile fur le mé- 
tier : vue au Microfcope , elle en donne l'idée par l'arrange- 

L 1 ment 



XXV11I. 
Fig, a. A. 



84 CHAPITRE. VII. 

ment de très petites Cellules, dont fa furface eft parfemée. 

La grande reffemblance qu'ont avec les feuilles des Plan- 
tes, les deux premières Efcares que nous allons décrire, a 
engagé les Botanifles à les ranger parmi les Fucus. 

N°. i. Efchara foliacea, millepora, tenera anguftior, folio- 
Planche lis quafi abfciffis , & Cellulis oblongis ait émis utrinque inftrufta. 
Fucus marinus, fcrupofus, albidus , angujiior y extrémitatibus 
quafi abfciffis. H. Ox. III. pag. 646. R. S. pag. 43. 
Efcare à feuilles étroites. 

La Nature, qui ne faute pas brufquement d'une Gaffe à 
une autre, a fuivi ici le même ordre, dune manière bien di- 
gne d'attention, en paffant de la Clalfe des Kératophytes à 
la première efpèce de celle des Efcares. On voit que dans 
ces dernières, les rangs de Cellules continuent de fortir 
de petits Tubes, qui s'unifient enfemble & forment une forte 
de tige. 

Celle-ci en s'élevant fe partage en feuilles étroites, & 
compofées de rangs réguliers de Cellules, faites en forme de 
Quarrés oblongs : placées alternativement Fune près de l'au- 
tre , & oppofées à celles qui fe trouvent en pareil nombre 
de l'autre côté de la feuille, elles reffemblent par -là à un Ra- 
yon de miel. On voit fortir de ces feuilles d'autres ramifica- 
tions toujours plus petites, & garnies elles mêmes de feuilles. 
Il y en a plufieurs, qui paroiffent être jointes enfemble à leur 
partie inférieure, par de petits Tubes, comme dans les Coral- 
îines : de cette manière, elles peuvent fe plier & fe mouvoir 
librement dans l'eau*. 

La Fig. a N°. 1. repréfente cette Coralline au naturel. On 
en voit deux feuilles, avec leurs petits Tubes, & leurs Cel- 
lules, groffies au Microscope Fig. A,. 

, L'une 



Des Efcares. 85 

L'une de ces feuilles eft reprefentée en B, coupée trans- 
verfalement, pour faire voir la féparation & la forme intérieu- 
re des Cellules. 

N°. 3. Efch ara foliacé a , millepora , fpongiofa, Celluîïs ar* "Pioche 
cuatïs altemis utrinque inftrutta. Fig. «.' A, 

Fucus tel am lineam, fericeamve, textura fua œmulans. R. 
S. N°. 9. pag. 42. 

Efcare à feuilles larges. 

Cette Coralline, lors qu'on vient de la tirer de la Mer, 
eft d'un tiûVmou & fpongieux , & répand une forte odeur 
de Poiffon ; mais û on la laiffe pendant quelque tems fur le 
rivage, elle devient ferme & femblable à de la corne, com- 
me de certaines feuilles fanées. Ses deux furfaces examinées 
au Microfcope paroiiTent être couvertes de Cellules placées 
fur une Membrane déliée, qui leur fert comme de bafe & 
qu'il eft aifé de découvrir, en coupant transverfalement un 
morceau de la Coralline. 

La forme des Cellules eft très remarquable; elles font tou- 
tes voûtées au fommet; mais par le bas elles fe retréciffent un 
peudes deux côtés , pour faire place aux voûtes des deux Cel- 
lules voifmes, de-forte que par cette fingulière conftruction, il 
n'y a point defpace perdu. Chaque Cellule a fon entrée 
placée immédiatement au defTous de fa voûte, & fes parois 
font défendues par des épines. 

Mr. JuJJîeu, célèbre Naturalifte, ayant découvert dans cet- 
te Coralline de petits Polypes, qui s'étendoient hors des 
Cellules , . en donna une Defcription dans les Mémoires dé 
l'Académie des Sciences. , de l'année 1742. 

Il n'y a que peu de tems, qu'examinant quelques Efcares 
de l'efpèce dont je parle , je découvris à l'entrée de plufieurs 

L 3 de 



86 CHAPITRE VIL 

de leurs Cellules, un petit Corps teftacé, femblable à une 
Coquille bivalve. 

On voit une de ces Cellules, avec la Coquille qui y eft ren- 
fermée, groffie au Microfcope en E. Elle eft de la couleur 
de F Ambre, & fi transparente qu'on peut voir, au travers, l'A- 
nimal mort quelle contient, & qui eft ici marqué par une 
tache noire. 

La Fig. a, N°. 2. repréfente au naturel, une branche de 
cette Coralline, avec les feuilles. 

Un morceau d'une feuille eft repréfente en A, groiïl au 
Microfcope, pour faire voir la forme extérieure & la difpo- 
fition des Cellules. 

La Fig. B. eft le deffein d'une feuille coupée transverfale- 
ment, & met fous les yeux les différens compartimens des 
Cellules. 

On voit un fimple rang de ces mêmes Cellules en C, 
rampantes fur un Fucus; on y voit auffi les Cellules de cet 
Infecte de Mer, \q\ii eft fi commun le long de nos Côtes, 
qu'il en infecte tous les Corps Marins. 

planche N°. 3. Efch ara foliacé a, millepora, lapidea, extremîtatibus 

bine inde irregulariter coalescentibus , ut raque Juperficie ex Cel- 
lules ovatis conftans. 

Efchara rétif or mis. R. S. pag. 31. Reticulum Marinum. J. 
B. III. 809. 

Coralline pierreufe à feuilles. 

Cette Millepore pierreufe fut trouvée au mois d'Avril 
1753, adhérente à une Coquille d'Huitre, fur les Côtes Occi- 
dentales de VJJIe de Wight. Lors que nous la reçûmes , les 
Infectes étoient morts, maisvifibles dans leurs Cellules. 

La 



XXX. 
l'ig. a. A 



Des Efcares. 87 

La Fig. a. N°. 3., en eft un deffein eXacl:, & qui la repré- 
fente croiffant fur une petite Coquille d'Huitre. 

La Fig. A. eft un morceau de la furface, grofli au Mi- 
crofcope, pour faire voir les entrées des Cellules. 

On en voit une fedlion transverfale en B., & une perpendi- 
culaire en -G , qui met fous les yeux la forme intérieure, & les 
compartimens des Cellules, groflies au Microfcope. 

La Fig. b., eft la repréfentation d'un morceau de Corail Fig. &. 
Italien, qui reifemble aux cornes d'un Cerf, & qui eft ap- 
pelle par Imper at us , For us. Cervitws. Nous en donnons ici 
le deflein , afin de faire voir, qu'examiné au Microfcope fous 
différents points de vues, la forme extérieure & intérieure 
des Cellules, eft exactement la même que celle de la Coral- 
line dont il s'agit ici, 

La Fig. d., eft repréfentée groflîe au Microfcope en D. Fi s- * D - 
On y voit un morceau de ce Corail Italien, environnant un 
Fucus, & fes Cellules formées de la même manière que cel- 
les de nôtre Coralline, mais faites d'une matière plus molle. 
Leurs entrées font défendues par des épines; & comme elles 
font d'un tiffu fpongieux, leur furface eft auffi plus pleine, 
& plus arrondie que celle des Corallines pierreufes. Ces der- 
nières, qui, lors qu'on les tire de la Mer, font enflées & ron- 
des, s'affaifTërent prefque jufqu'à devenir plattes, à mefure 
quelles fe féchérent. 

La Coralline qui je viens de décrire eft appellée par Ray , Ef~ x |y nch * 
char a retiformis, & a été confondue avec une belle Millepo- Fig. d. D, 
re, dont par cette raifon, je crois devoir donner ici la De- 
fripdon. C'eft le Retepora Efchara Marina à!Imperaius , 
pag. 630. 

Elle croit fur des Coquilles & fur des Rochers, fur les 

Côtes 



88 CHAPITRE VIL 

Côtes à y Italie : Elle a la forme de feuilles irrégulières , & 
très fouvent celle d'une coupe, ou d'un verre à boire, à 
bords irréguliers. Voyez Fig. d. 

Elle confifte en une combinaifon de Cellules d'Infectes, 
& toute fa fubftance eft percée régulièrement d'outre en ou- 
tre, de plufieurs trous, qui la font reffembler à un filet. Les 
efpaces , qui fe trouvent entre les trous , du côté intérieur du 
Corail, font remplis des petites entrées des Cellules des In- 
fectes. Le tout fe voit grofli au Microfcope. Fig. D. 

Le dos, ou la partie de delfous du Corail, eft aufïï grof- 
fie en F., pour faire voir que les Cellules n'ont point d'ou- 
verture de ce côté là. 

?ianche N°. 4. EJchara millepora, foliacea & fpongiofa, Cellulis, 

Kg a! A. Coni inverjî forma , oribus fetaceis. 

Coralline à feuilles, fpongieufe & irrégulière.- 

La Coralline de ces Infectes fi communs dans la Mer , dont 
la plupart des Corps Marins font tout couverts, prend quel- 
quefois la figure d'une feuille , comme la Coralline de l'Article 
précédent; mais on n'y remarque ni la même régularité, ni 
le même ordre dans la difpofition des Cellules. 

La Fig. a, N°. 4. rep réfente au naturel, cette Coralline 
fpongieufe & irrégulière, dont on voit une partie grofïïe au 
Microfcope Fig. A. 

La Fig. b, fait voir la manière dont ces Infectes environ- 
nent quelques Fucus, & les enveloppent avec leurs Cellules. 

Cest ce qui a donné lieu à plufieurs habiles Naturaliftes 
de croire que les Kératophytes étoient de la même nature, je 
veux dire qu'ils n'étoient que de fimples Plantes Marines, 
fur lefqu elles plufieurs différentes efpèces d'Infectes de Mer 
faifoient leurs nids calcaires. Mais nous nous Tommes déjà af- 

fez 



Des Efiares. §<> 

fez étendus fur cette matière, & nous croyons avoir fuffifam- 
ment refuté les fauffes idées qu'on s'etoit faites de la forma- 
tion des Kératophytes. 

La Fig. D.- repréfente quelques Cellules de la même efpè- penche 
ce d'Infectes de Mer communs: elles font groflies au Microf- ffç D 
cope, & adhérentes au même Fucus, que les Cellules voûtées 
de la féconde Efcare , ou de la Millepore à feuilles : Mais la 
matière dont ces dernières font formées eft d'une nature plus 
ferme. Ce Fucus a été tiré de la Mer, à une grande profon- 
deur, près àtFalmouth', il paroit plus uni & plus blanc, que 
celui que nous avons actuellement fous les yeux 5 , & il n'a 
point de cheveux. 

Pendant que j'étois à Brighthelmftone , j'eus occafion 
de voir l'Animal qui loge dans ces Cellules. C'efl un Poly- 
pe à douze griffes, renfermé dans un petit Tube, au milieu 
de la Cellule, comme on le voit repréfente & grofïï au Mi* 
crofeope , Fig. D. i., Planche XXIX. Ces Animaux, dès 
qu'on les trouble, fe retirent dans leurs Tubes, ou dans leurs 
étuis, qui fe ferment fur eux, & ils s'enfoncent avec eux 
dans leurs Cellules. 



N°. 5. Efchara mïllepora arenofa Anglica. R. S. pag. 31. Planche 
Lorica marina Imper ati. 688. fJJê. 

Millepore Angloife à grains de fable. 

Cette Production marine paroit au Microfcope comme un 
amas de Sable, uni par la matière visqueufe de quelques In- 
fectes de Mer. Safurface eft plate, mince, & remplie de pe- 
tites cavités, qui ont été habitées par les Infectes. 

On en voit une partie reprefentée de grandeur naturelle,, 
Fig. e. 

M N°. 6. 



9 o 



CHAPITRE VII. DesEfcares. 



Planche 
XXVII. 
Fig. e. E. 



Planche 
XXVII. 
Fig./. F. 



N°. 6. Efihara mïllepora, miriima, cruftacea, dilute purpu* 
rea, Ceïïulis tubiformibus , ordine fere aquali , & parelkh dif- 
pojîtis. 

Petite Efcare pourpre. 

Cette Incruftation eft compofée de rangs circulaires, de 
tuyaux très petits & presque parallèles, d'un pourpre pâle, 
& moitié transparent : elle s'attache autour des tiges du Fu- 
cus , & aux Corallines à denticules. 

Elle eft repréfentée au naturel, Fig. e, N°. 3. & groflfe 
au Microfcope en E. Ceft proprement la Tubulaire de Lin- 
nœus. 

N°. 7. Efchara mlllepora lapide a, injlar pumicis , porofa. 
Efcare poreufe. 

Cette Incruftation pierreufe fe trouve fouvent fur la Co- 
ralline à faucille: elle confifte en des maftes irrégulières, qui 
reffemblent à du fable blanc, dont les grains font fortement 
colés enfemble; mais vue au Microfcope, elle femble confi- 
fter en un nombre infini de petites Cellules rondes, placées 
confufément, & dont chacune paroit avoir fon entrée circu- 
laire au dehors, de forte qu'en l'examinant au Microfcope, 
on trouve qu'elle refTemble à la pierre-ponce. 

La Fig. f, N\ 4. repréfente la grandeur naturelle des Cel- 
lules, qui font groiïies au Microfcope en F. Mais l'Incrufta- 
tion même eft fouvent plus grande que la partie groflle en F. 






CHA- 



CHAPITRE Vin. Des Coraux Anglois. 91 

CHAPITRE VIII. 

Des Coraux jîngloîs. 

JE commence ce Chapitre par la définition que Ray donne 
du Corail dans fa Synopjis : c'eft une efpéce de Plante 
prefque pierreufe, dont les branches reffemblent à celles d'un 
Arbrifleau fans feuilles, & qui n'a point de pores vifibles. 

N°. 1. Coraîlium pumilum album, fer e lapideum, ramofum. Planche 
Coraîlium album pumilum noflras. R. S. pag. 32. Fig; c' 

^IJïs. Linnaei Gênera. 974. 

Ce Corail confifle en ramifications courtes & irrégulières, 
qui paroiifent être calcaires au dehors, & dont la fubftance 
efl pierreufe. Voyez Fig. c. N°. 1. Mais lors qu'on l'exami- 
ne avec un Microfcope qui groflit beaucoup, on le trouve 
plein de petits pores, tels à peu près que ceux de la Fig. B, 
Planche XXIV. 

La pêche de ce Corail eft fort abondante près de Fah 
mouth. Les Habitans s'en fervent avec fuccès pour engraiffer 
leurs Terres. Voyez les obfervations que Ray a faites fur ce 
Corail dans fa Synopjis. J'en ai reçu depuis peu qui étoit 
d'un pourpre pâle , ou d'un rouge livide ; on l'avoit trouvé 
dans les filets de quelques Pêcheurs de Harangs, près de Vljle de 
Man : On m'en a auiïi envoyé d'Irlande , de la même efpé- 
ce, & qui reffemble à une grappe de très petits raifms, d'une 
couleur blanchâtre. 

N°. 2. Coraîlium cretaceum lichenoides. Planche 

Coraîlium maritimum calcarus rupibus adnascens. Môr. H. pi XV J L D 
Ox. III. pag. 651. 

Corail calcaire, & dont la forme reffemble à celle de l'Hé- 
patique. 

M 2 Cet- 



92 C H A P I T R E IX. 

Cette Incruftation calcaire s'attache aux Rochers, & aux 
Coquilles , & fe trouve en grande quantité fur les Côtes de 
Cornouaille. Si on examine bien foigneufement la furface 
de ce Corail, elle paroit remplie de petits pores, qui devien- 
nent prefque imperceptibles, lors qu'ils ont été quelque tems 
hors de la Mer. , En ayant rompu un petit morceau, que 
je plaçai fous le Microfcope , j'y d'écouvris fur les cotés, 
plufieurs étages de Cellules , feparées les unes des autres > 
comme elles font repréfentées en D. 

Si on met un morceau de ce Corail dans du Vinaigre, fa 
partie calcaire fe diflbud dabord, & les féparations, aufïï bien 
que les Cellules, deviennent très vifibles: Mais la partie mem- 
braneufe refte dans fon entier, ce qui donne lieu de croire 
qu'elle eft de la formation d'un Animal. 

La Fig. d. N°. 2., repréfente un morceau de ce Corail, ad- 
hérent à une de ces coquilles qu'on nomme Lepas, où Oeil 
de Bouc. Nous avons fouvent trouvé de légères Incrufta- 
tions ce Corail , fur les petites branches de cette efpèce d'Al- 
gue qui croit fur les rochers, & qui eft connue des Botanif- 
tes fous le nom de Conferva, de même que fur la furface de 
quelques Fucus larges & minces. 

CHAPITRE IX. 

Des Eponges. 

|N croyoit déjà du temps d'Ariftote, que les Eponges ap~ 

partenoient au Règne Animal. C'eft ce Philofophe lui 

* EiftoriaA- même qui nous l'apprend. # „Plufieurs perfonnes, nous dit- 

v.'cap. L i6. »il, étoient dans l'idée que les Eponges font fufceptibles de 

s> fentiment , & qu'elles fe contractent , lors qu'on veut les ar- 

ra.* 




Des Eponges. 93 

~„ racher. Mais Ariftote rejetta cette opinion , & fut fuivi 
en cela par la plupart de fes Se&ateurs. Il paroit cependant 
affez probable que les premiers qui eurent cette idée, y fu- 
rent conduits par une forte d'expérience : s'il eft vrai en effet 
que les Eponges foient le domicile, & la fabrique de Polypes, ou 
d'Animalcules d'un ordre particulier, on ne peut pas douter 
que tant de milliers de petits Animaux, qui fe retirent fubi- 
tement, & tous à la fois, dans leurs trous , à l'approche du 
danger, ne fanent éprouver à la main, qui veut arracher tou- 
te la Colonie du lieu où elle efl fixée, une réfiftance, d'une 
nature bien différente de l'impreffion, que fqroit fur elle un 
corps inanimé. 

Les efpèces d'Epongés qu'on trouve fur nos propres Cô : 
tes, font en petit nombre, & pour la plupart fort petites, & 
fort délicates. Il efl rare d'en voir qui n'ayent pas été fepa- 
rées depuis long-tems , du lieu où elles croiffoient , & pour 
l'ordinaire leur Organifation eft beaucoup endommagée. 

Cela eft caufe que je ne fuis pas en état de donner 
une defcription fatisfaifante , de la ftruclure & des ufages 
des différentes parties de cette Claffe de Corps marins; 
quoique j'aye d'ailleurs examiné avec la dernière attention la 
plus part de ceux que nos Côtes nous offrent, outre un 
grand nombre d'efpèces différentes , que j'ai trouvées dans les 
Cabinets des perfonnes de ma connoiffance. Il n'y a guères 
que ceux, qui vivent près des lieux où croiffent les Eponges, 
& qui ont le temps & l'habileté neceffaires pour les obfer- 
ver, lors qu'elles font encore fraiches, qui puiffentbien nous 
mettre au fait de leur nature & de leur propriétés. Si l'on 
choifit une Eponge qui ait de grandes ramifications bien dif- 
tinctes, & qu'on en examine avec foin un petit morceau au 
Microfcope, on trouve qu'elle fort de plufieurs petits Tubes, 
qui, en s'étendant & en s' élevant, pouffent des branches de 
coté, dans toutes fortes de directions. Ces branches s'entre- 

M 3 laf- 



94 C H A P I T R E IX. 

laiïent l'une dans l'autre, s'unifient enfemble, & forment ainfi 
un réfeau compofé, qui pénétre dans tout l'intérieur de la 
maffe. Les extrémités des derniers rejettons, préfentent a 
l'obfervateur de petites ouvertures placées au bo 't de leurs 
fibres; & fi l'on fuit ces fibres, depuis leur ouverture jufqu'à 
leur racine, on trouve une fubftance molle & blanchâtre, 
qui remplit la partie intérieure & creufe de toute les ramifi- 
cations par toute l'Eponge. Ces ramifications reffemblent 
beaucoup à une corde de boyau, de couleur jaunâtre, & fer- 
vent fans doute de logement à des Animaux d'une claiTe par- 
ticulière. J'avoue que nous n'y avons encore pu diftinguer 
ni Véficules, ni Cellules, n'y découvrir aucune autre efpèce 
d'organifation, que celle d'un Tube creux, qui, par fes différen- 
tes inflexions , forme un grand nombre de figures très variées • 
les unes ont des branches, femblables à celles des Coraux; 
les autres s'élargiûent comme des Champignons; celles ci font 
droites & d'une circonférence égale dans toute leur hauteur, 
comme une Colonne ; celles là font larges au fommet , étroites 
par le bas, & creufes comme un entonnoir, avec des cavités 
régulières, des entrées, ou des ouvertures, qui font à peu- 
près les mêmes, dans toutes les Eponges de la même efpè- 
ce. Cependant les principes que la Chymie tire des Epon- 
ges en général, & leur grande reffemblance avec plufieurs 
autres Claffes de Productions marines , qui font inconteflable- 
ment de la fabrique d'un Animal, nous autorifent fufiifarn- 
ment, ce femble, à les regarder aufîi comme telles, & à 
les rapporter au Règne Animal. Si nous ne pouvons pas en 
donner une description auffi détaillée, que celles que nous 
avons faites des autres Productions marines, c'efl, comme nous 
l'avons déjà remarqué, parce que nous n'avons pas encore 
été à même d'examiner des Eponges fraiches. 

De toutes les efpèces d'Epongés, qu'on trouve le long de 
nos Cotes, je n'en décrirai ici que deux: je n'ai pas pu me 

pro- 



Des Eponges. 9? 

procurer les autres en aflez bon état, pour en pouvoir par- 
ler. 



N°. i. Spongia ramofa Brlttannka. Park. 1304. R. S. pag. pioche 

«. _ XTn XXXII 

2 9«. N - I ' ' ,Fig./. F. 

Éponge Angloife à branches. 

Les Ramifications fibreufes de cette Eponge, font extrê- 
mement fines, tendres, & transparentes, d'un jaune pâle, & 
forment un très beau tiifu. Les branches s'élèvent irréguliè- 
rement, mais perpendiculairement; elles s'entrelaffent fouvent 
les unes dans les autres, & font un peu applaties le long des 
bords des cotés. A de certaines diftances régulières, on y 
voit de petits trous ronds, femblables à ceux des Toiles 
d'Araignées. 

La Fig. f. repréfente au naturel une branche d'une Eponge 
d'Angleterre; les ouvertures des cavités, qui font le long des 
bords, fe voyent en g. 

La Fig. F. eft un morceau du fommet de cette Eponge, 
grofïïe au Microfcope. 

N°. 2. Spongia medullam panis referens. Planche xvl 

Alcyonium ramojum molle, medulla panis intus Jimile. R. S, ' s ' ' 

pag. 31. 

Eponge femblable à la Mie de pain. 

Cette Eponge eft d'une figure très irrégulière, & d'u- 
ne couleur blanchâtre ; elle croit fouvent autour des Fucus & 
des Corallines. Toute fa furface eft parfemée de petits trous 
qui fe voyent à l'œil fimple; mais en l'examinant au Microf- 
cope, on trouve que les intervales, qui font entre ces trous, 
font eux mêmes remplis d'autres trous très petits, chacun 
desquels a une entrée ronde & régulière , & femble être corn- 
pofé de petits paquets de fibres déliées & transparentes , qui 

fe 



96 CHAPITRE X. 

fe croifent les unes les autres ; comme fi c'étoit l'ouvrage de 
quelque Animal. Ces fibres, ou, comme on pouroit les appel- 
ler, ces petits dards, font û fins & fi aigus, qu'ils affeclent la 
peau, comme ces fortes de plantes, qui excitent une déman- 
geaifon à ceux qui les touchent. 

La Fig. d, repréfente au naturel un morceau de cette E- 
ponge; que Ton trouve ordinairement garnie de branches. Le 
petit morceau Fig. d. i , efl groiïi au Microfcope en D. i , 
& fait voir de quelle manière les paquets de petits dards font 
difpofés, pour former les petits trous, dont toute la furface 
efl couverte. 

CHAPITRE X. 

Des Alcyons. 

1 ES Alcyons fuivent les Eponges dans l'ouvrage de Ray. 
-1— ^ Cet Auteur les appelle une forte de plante qui croit 
dans l'eau , & qui comme les Champignons a différentes figu- 
res , & différentes fortes d'enveloppes ; les uns ont une peau 
graveleufe, elle efl calleufe dans d'autres: Ils différent aufîi 
dans leur fubftance intérieure; elle efl fpongieufe dans quel- 
ques efpèces, & charnue dans d'autres. 

Ce/alpin croyoit que cette Claffe de Corps marins étoit 
compofée de Técume de la mer , différemment modifiée & 
colorée, & qu'ils croiffoient fur les rochers, de la même ma- 
nière que les Eponges. 

Nous ne les confidérerons à préfent que comme des Pro- 
ductions marines , qu'on n'a encore pu rapporter à aucune au- 
tre Claffe, & qui font principalement deflinées à fervir de 
nids & de matrices a des Animaux de mer. 



Des Alcyons. §j 

N°. i. Alcyonium puïmonis inftar lobatum. 

An Puhno marinus alter Rondeîetn 132.? R. S. pag. 3i.N .3. 

Figue de Mer. 

Cet Alcyon, qui eft d'une couleur d'olive foncée, & d'u* 
ne fubftance charnue, répand une odeur fort défagréable, 
lors qu'on l'ouvre. Il eft plein en dedans de petites particu- 
les jaunâtres, qui lui ont fait donner le nom de Figue de Mer, 
parles Pécheurs de qui je l'ai reçu, avec plufieurs autres Pro- 
ductions de cette efpèce, pendant que j'étois a Whiteflable. Je 
me hâtai de le plonger dans del'eipritde vin, pour l'empê- 
cher de fe contracte, afin que je pufle l'examiner en détail. 

Il eft reprefenté de grandeur naturelle. Fig. b. 

En l'examinant au Microfcope, je trouvai que toute fa fur- 
face étoit couverte de petites étoiles à fix rayons , qui reffem- 
bloient à de petits Polypes armés de fix griffes. C'eft ce 
qu'on peut voir dans le morceau qui eft reprefenté groffî en G 

Après l'avoir ouvert, j'ai trouvé que fon intérieur con- 
fiftoit en un grand nombre de petits facs de couleur jaunâ- 
tre, & remplis d'une liqueur limpide & vifqueufe; on vo- 
yoit au milieu un petit conduit, qui, paflfant par le centre de 
chaque étoile, aboutiffoit à leur fommet. C'eft dans cet état 
qu'il eft reprefenté groffi au Microfcope. Fig. B. 

En examinant avec attention l'un de ces facs, j'ai décou- 
vert dans ce conduit intérieur , plufieurs figures régulières, 
femblables à des Coquilles, & placées l'une fur l'autre. 

Elles font repréfentées en D. groflles au Microfcope. 
Mais j'ignore encore fi, ce qui étoit renfermé dans ce tuyau, 
étoit la nouriture de l'Animal, contenue dans fon inteftin, ou 
fon eftomac, ou fi c'étoit fon Ovaire. 

N N°. 2. 



9 8 CHAPITRE X 

planche }fl>. 2. Alcyonium ramofo-digitatum molle , ajleriscis undi- 
ng. a. A. quaque ornatum. R. S. pag. 31, N°. 2. 
Main ou Orteils de mort. 

Cest là le nom que les Pêcheurs ont donné à cette Pro- 
duction marine , dont la figure eft fi extraordinaire : ils la 
trouvent fouvent dans leurs filets, lors qu'ils font occupés à 
la pêche des poiffons plats. Elle eft fort commune fur les 
Côtes de Kent. 

La Figure a, en eft une repréfentation faite exactement 
d'après nature. L'Alcyon qui m'a fervi pour cela , étoit at- 
taché, comme la figure le repréfente, à une Coquille d'Hui- 
tre; & comme on me l'a envoyé tout frais, dans de l'eau de 
Mer, j'ai été par là en état de l'examiner avec foin. 

Je remarquai d'abord après l'avoir reçu, que fa furface 
étoit remplie de petits mammelons, qui avoient, chacun à fon 
fommet, une étoile à huit pointes. L'ayant enfuite laiffé re- 
pofer quelque tems dans de l'eau falée , je vis fortir de cha- 
que petite étoile, un Polype à huit griffes, qui eft repréfen- 
te, & groffi au Microfcope, en A. 

En examinant l'un de ces Polypes, avec un verre qui 
groffit un peu plus les objets, j'obfervai que chaque griffe 
avoit des deux côtés des rangs de fibres courtes & déliées, 
telles que le duvet dont les femences de quelques Végétaux 
font garnies. Voyez Fig. A. 2. 

J'ai remarqué dans le Corail pierreux, trouvé fur le riva- 
ge près de la Nouvelle Tork quelque chofe de fort appro- 
chant de cette efpèce de Corail charnu. On voit un mor- 
ceau du premier Corail repréfente en A. r. Une des étoiles 
eft repréfentée un peu groffie au Microfcope en A. 3. , afin 
de faire voir les marques que laine la même forte de peti- 
tes 



Des Alcyons, £>p 

tes fibres, ou de griffes, dans les rayons de cette figure à è. 
toile. Lorsque l'eau commença à fe corrompre , les Animaux 
du Corail charnu moururent , & toute la fubftance répandit 
une odeur cadavereufe. L'ayant enfuite fait fécher, elle fe 
contracta & devint légère comme de l'Eponge. 

N°. 3. Akyonium, feu Vejîcaria marina. J. Bauhin. p ' ailche 

Savonnettes de Mer. rig. b. b. 

Cette Production marine eft compofée de petites Vef- 
fies jaunes, rondes, applaties, jointes enfemble en forme de 
boule , & fort rudes au toucher. On en trouve fouvent fur 
le bord de la Mer, & les Matelots s'en fervent en guife de 
favon pour fe laver les mains. 

Ayant diffequé quelques unes de ces Vefîies, j'ai trouvé 
qu'elles étoîent les Ovaires, ou les Matrices du Buccin com- 
mun; chaque Matrice diftin&e eft environ de la groffeur de 
la moitié d'un grand pois, & contient plufieurs embryons de 
poiffons à coquilles, qui, à mefure qu'ils grandiffent, éten- 
dent leur enveloppe, & forcent une porte en forme de Val- 
vule , qui eft placée fur le bord antérieur de cette petite 
VefTie ; ils s'échappent par là , & pourvoyent enfuite eux 
mêmes a leur fubfiftence. 

! 

La Fig. b. repréfente une de ces boules de grandeur na- 
turelle. 

O N voit en b. , une des Matrices repréfentée ouverte , afin 
de faire voir la grandeur naturelle de l'embryon qui y eft 
contenu. 

Cette même Matrice eft un peu groflie au Microfcope 
en B. avec une Valvule fur le devant. 

Les précautions admirables de la Nature, dans la Produc- 

N 2 tion 



Planche 
XXXIII 



ioo CHAPITRE X. 

tion de quelques Poifïbns a Coquilles de cette efpèce, fe 
voyent d'une manière encore plus frappante dans cette forte 
de Buccinum, qui eft appelle par Lifter 



Bucc'mum ampullatum cîavicula fulcata , una parte cujufque 
Fig.T a. orbis in planum comprejja. Lifter, Planche 878. & 879. 

D'autres l'appellent la Figue, ou la Tour de Babel. 

On trouve cet Alcyon en grande quantité, fur quelques 
Côtes de Y Amérique Septentrionale , & particulièrement fur 
le rivage de la Nouvelle-Tork en Virginie. 

Les Ovaires ou Matrices font d'une figure ovale & applatie; 
quelques unes ont la forme de cette coquille, connue fous le 
nom de Patelle, où Oeil de Bouc, mais elles font plus plates 
vers le fommet. 

Un ligament rude & pliant joint ces dernières par un cô- 
té , & fi près l'une de l'autre , qu'elles paroiffent être cou- 
chées les unes fur les autres. La porte en forme de voûte, 
par laquelle les petits fortent pour fe retirer dans la Mer, 
lors qu'ils font en état de pourvoir à leur fubfiftence, eft 
placée fur le bord antérieur de ces Véficules, & oppofée au 
côté par lequel elles font unies enfemble. 

La Valvule, qui couvre cette porte, eft faite avec un art 
admirable pour garantir les petits Animaux contre l'eau p de 
la Mer , jufqu'a ce qu'ils puiffent s'y expofer fans rifque. 
Pendant qu'ils font renfermés dans les Ovaires , ils font cou- 
verts d'une matière visqueufe, qui reûemble au blanc d'oeufs, 
& qui fans doute leur fert d'aliment. 

Si nous examinons attentivement ces Ovaires ainfi réunis, 
nous ferons tentés de croire, qu'ils croiflent, de même que 
les Animaux qu'lis renferment , après qu'ils font fortis des 
coquillages auxquels ils doivent la naiffance ; car ils font 

trop 



Des Alcyons. 101 

trop grands pour avoir jamais pu être contenus dans le corps 
d'aucun Buccin. Au premier coup d'œil, on les prendroit 
pour quelque chofe qui appartient au Règne Végétal : ils 
ne refïemblent pas mal aux vaiffeaux féminaux du Charme. 

La Fig. a. repréfente un de ces cordons, de Matrices de 
Buccin de Virginie , de moyenne grandeur. Il paroit qu'il 
avoit été attaché à quelque rocher, ou à quelqu'autre corps 
folide , par la partie fupérieure du ligament. Les Ovaires 
qui y font placés font d'abord petits , mais ils vont toujours 
en grofnfTant jufqu'au milieu. Ils diminuent enfuite jufqu'à 
l'autre bout du ligament, où ils confervent à peine la figure 
d'Ovaires & ne font plus enfin que des corps informes. 

La Fig. a. i. met fous les yeux les petits coquillages, de 
grandeur naturelle , & contenus dans un Ovaire , fur le de- 
vant duquel on voit la petite Valvule fermée. Fig. a. 2. 

La Fig. b. eft la repréfentation du Buccin que Lifter ap- 
pelle Buccinum ampullatum , & qui avoit été apporté de la 
Virginie. 

N°. 4. Akyonium, feu Cyathus marlnus. planche 

Coupe de Mer. xxxii. 

J - , Fig. c. C. 

Ces petits Corps marins, faits en forme de Coupe, fe trou- 
vent fur les Côtes de VIfle de Scheppey , dans la Province de 
Kent. On en voit plufieurs enfemble, qui font attachés de- 
bout à des pierres , & à des coquilles. Au fortir de la 
Mer, ils font d'un beau jaune, moitié transparents, & confi- 
dent en une fubftanee rude au toucher, & qui imite la cor- 
ne. Ils renferment une matière visqueufe, & plufieurs fe- 
mences de couleur d'oranges , ou des particules qui reffem- 
blent a des œufs , [&^ qui font placées au haut de chaque 
Coupe. Le tout eft repréfente grofïï au Microfcope. Fig. C. 
& de grandeur naturelle en c. 

N 3 Je 



loi C H A P I T R E X. 

Je trouvai à Ramsgate au mois d'Août de Tannée 1754. quel- 
ques Coupes marines de cette efpèce. En ayant levé le cou- 
vercle qui eft au fommet, je découvris, à l'aide du Microfcope, 
qu'elles étoient remplies de petits Pétoncles parfaitement bien 
formés. Ils font repréfentés de grandeur naturelle en c, 6c 
un peu groflls en C. On peut donc regarder ces Coupes de 
Mer, comme les Ovaires des Pétoncles. 

On prie ceux., qui cultivent l'Hiftoire Naturelle, d'obferver 
fur les Côtes, s'ils ne pouroient point découvrir au fommet 
de chacune de ces Coupes quelque petit Animal de Pefpéce 
des Polypes. Ce qui nous engage à leur faire cette prière, 
c'eft que nous avons déjà trouvé quelque chofe d'approchant 
à cela, dans la Figue de Mer, ou dans le premier Alcyon de 
cette Claffe. Voyez Fig. D. Planche XVII. 

planche N°. 5. Alcyonium , Jeu Fucus nodofus (ffpongiofus : R. S. N° 42. 

Kfrïo. pag. 49- 

Alcyon à nœuds. 

« 

La Figure de cet Alcyon eft fort irrégulière. Il confifte en 
une fubftance gluante & de couleur jaune.' On le trouve ad- 
hérent à là plupart des Productions marines fur les Côtes de 
Kem, & particulièrement près de l'Ifle de Sheppey; où il don- 
ne beaucoup de peine au Pêcheurs, dont il embarafle les filets. 

Le Fig. D. repréfente un Alcyon coupé tranfverfalement, 
& plein de petites tâches régulières, que le Microfcope y fait 
découvrir. D'autres Alcyons , que j'ai examiné depuis , m'ont 
paru être remplis de petites figures régulières & ovales , tel- 
les que celles de la Fig. D. Planche XXX. 

Je regarde actuellement cet Alcyon, qui mérite bien qu'on 
l'obferve avec plus d'exa&itude, comme étant le frai de quel- 
que efpéce nombreufe de Poiffons à Coquille. Je joindrai ici 
la Defcription d'une belle Production marine, dont la figure 

paroit 






Des Alcyons. 103 

paroit très finguliere, lors qu'on l'examine au Microfcope. 
Elle a tout l'air d'une plante, & peut-être que c'en efl une. 
On lui a donné le nom de 

Fucus marïtimus, Gallopavonis pennas rêfercns. H. Ox. III. planche 
pag. 645. T. 8. t. 7. Fig . c. 

Fungus auricularis. Caef. Ej. Pin. 368. II. R. S. N° 14. p. 43. 
Plume de Coq-d'Inde. Dalës Hifl. of Harwich. 

Comme elle reffemble a l'Agaric bigaré , c'efl peut-être 
ce qui fait qu'on la confidére comme un Champignon de 
Mer. Elle efl droite, mince & plate, & a plufieurs feuilles 
qui fortent de la même Tige. 

Elle efl repréfentée au naturel Fig. c, 

Ses Racines vues au Microfcope femblent être divifées en de 
petits Tubes tranfparents, & faits de plufieurs articulations éga- 
les & oblongues, dont chacune contient une fubftance molle. ; 

On voit en e., un petit morceau de la racine, dont une 
partie efl repréfentée groffie au Microfcope Fig. E. 

L a Tige plate , & les feuilles larges & minces , ne font 
que la continuation des Tubes articulés, qui s'élèvent à 
côté l'un de l'autre, & croiffent en fe joignant, de manière 
que les articulations fe trouvent placées alternativement l'une 
par rapport à l'autre. Voyez la Fig. D., qui repréfente une 
partie d'une feuille groffie au Microfcope -, mais elle efl repré- 
fentée de grandeur naturelle en d. 

La furface entière de chaque feuille paroît être couverte 
d'un pellicule extrêmement mince & blanchâtre, qui porte les 
impreffions des petites articulations régulières, & faites en quar- 

rés longs. 

* 

Les lignes ombrées & courbes qui 4 fe voyent en c, à une 

di- 



io4 CHAPITRE XI. 

dixième de pouce Tune de l'autre, font remplies de particules 
brunes, & femblables a des grains de femences. Ces grains 
en muriffant rompent les membranes minces & blanches qui 
les couvrent, & qui en fe retirant laiffent ces corps ronds à 
découvert & prêts à tomber, tels qu'on les voit en D. 

Lorsqu'on les examine avec un Microfcope qui gros- 
fit d'avantage , ils paroifïent reflembler a des pépins de rai- 
fin, enfermés de tous côtés, excepté à la bafe, dans une fub- 
flance visqueufe & tranfparente. Voyez Fig. F. 

CHAPITRE XI. 

Des Coraux Tubuleux. 

IL me refte à parler dans ce Chapitre de quelques autres 
corps marins que le hazard m'a préfentés. Je commen- 
cerai par décrire une Malfe de Sable irreguliére, qui paroit 
avoir été cimentée par une efpéce particulière de Vers de 
Mer. Je lui donne le nom de 

Planche Tubularia arenofa Andica. 

Fig. a. b. c. Corail Anglois fabloneux & tubuleux. 

On en trouve fou vent d'affez grands morceaux fur les Cô- 
tes près de Tarmoath, lorfque la marée eft baffe, & près de 
Dieppe en France. C'eft de cette dernière Ville queft venu 
la pièce qu'on voit reprefentée de grandeur naturelle en A. 
On l'avoit apporté à Mr. Emanuel Mendez da Cqfta, Mem- 
bre de la Société Royale, qui a eu la bonté de me l'envoyer. 
Toute cette Maffe avoit fix pouces de long , cinq de large, 
& trois d'épais. Elle étoit d'une couleur de fable foncé, d'un 
tiffu caffant , plutôt légère que pefante , poreufe de tous cô- 
tés 



Des Cor aux Tubukux. \oj 

tés, mais dans quelques endroits on appêrcevoit quelques ou- 
vertures particulières. 

La partie fupérieure de la Maffe , qui eft repréfentée de 
front en A., eft d'une fabrique très fmgulière. 

On peut la comparer à plufieurs petits entonnoirs un peu 
aplatis, placés obliquement l'un fur l'autre, & fi près, que 
le bord fupérieur de chaque entonnoir eft caché par le bord 
inférieur de celui qui eft au defîus. Ils font placés fi obli- 
quement , qu'on voit fans peine le trou qui eft au fond, & 
qu'on peut regarder comme le tuyau de l'entonnoir. Ces 
Tubes pénétrent depuis le fond de l'entonnoir jufqu'à environ 
la moitié de la profondeur de la Malfe fabloneufe , non en 
droite ligne , ni par tout d'un même diamètre , mais en fer- 
pentant , & ils ont plus ou moins de calibre ou de profon- 
deur, à proportion de la grandeur de l'Animal qui loge dans 
chaque entonnoir. Ces Tubes paroiffent ouverts, félon leur 
longueur, dans la fedtion perpendiculaire repréfentée en B. B. 
Mais leurs différents calibres fe voyent en G, où ils font 
coupés transverfalement. 

O N remarque fur la plus part des Cellules un petit cou- 
vercle de fable, que les Animaux forment vraifemblable- 
ment pour leur propre fureté & pour leur défenfe , lors que 
quittant la partie ouverte de l'entonnoir , ils fe retirent dans 
le tuyau. 

Ces Tubes, comme nous l'avons déjà remarqué plus haut, 
n'ont pas la même dimenfion, '& ne font pas non plus tou- 
jours droits. Mais ils ont tous ceci de commun , c'eft qu'ils 
font fermés par le bas, les Animaux remplilfant la partie 
qu'ils laiffent derrière eux , à mefure qu'ils s'avancent, par 
une appofition continuelle de particules fablonneufes , & col- 
lées enfemble par la matière glutineufe, qui fort de leurs Corps. 

O Le 



to6 CHAPITRE X L 

Le Microfcope fait découvrir dans les Architectes de ces 
Habitations contigues , plufieurs chofes dignes d'être remar- 
quées. Ils font repréfentés de grandeur naturelle Fig. a. b., 
& groflis au Microfcope, Fig. c. d. On voit par ces deux 
dernières figures que ces Animaux appartiennent au genre des 
Scolopendres. 

La tête (e. f.) confifte en trois rangs ovales de plumes 
plates , fermes , & d'un beau poli , femblable à celui de la 
perle. L'Animal peut les mouvoir à fon gré, en différentes 
directions, & pour différens ufages. La fente longitudinale, 
qui fépare ces trois rangs , eft la bouche , vers laquelle le 
rang le plus intérieur eft incliné. Chaque rang de plumes eft 
divifé en deux parties, & eft mû par différents mufcles. 

Les deux mufcles du rang extérieur font immédiatement 
fous lui , & paroiflent être inferés dans le devant du cou. 
Ses plumes font crochues aux extrémités , & placées à cha- 
que divifion , comme fi elles fe tournoient pour rencontrer 
les autres de front. La partie fupérieure du corps a fix 
pieds, trois de chaque côté. Ils reffemblent à des nageoires, 
& font compofés chacun de fix plumes, en forme de rame. 

Les petits pieds placés fur chaque côté, jufqu'a la queue,, 
font compofés de touffes de petites plumes fort aiguës & bril- 
lantes. 

O n voit au centre du corps , une molécule ronde, qui eu; 
probablement la matrice, ou l'Ovaire de l'Animal. 

Description d'une Coralline Tubuleuse de Malthe. 

Comme les Polypes ne font pas les feuls Animaux, qui 
eonftruifent des Corallines Tubuleufes, j'ai cru qu'on ne feroit 
pas fâché de trouver ici la defcription de quelques Tubes 
curieux, laits par des Animaux différents. Ceux qui font re~ 

pré- 



Des Coraux Tùbuïeux. 107 

jn-éfentés- Planche XXXIV. ont été apportés der PIfle de MaU 
the , dans de l'efprit de vin , &. deft Mr. Collinfon , 
Membre de la Société Royale, qui a eu la bonté de me les 
communiquer. Je les ai appelles 

Corall'ma Tubularïa Melitenfis, Scdopmdris r tentaculit duo* Planche 
bus duplicato-pennatis. inftru&is. Fis. a. L l r. 

An Penicilla marina? 
- Coralline Tubuleufe de Mahhe* 

Lors que j'eus tiré les Tubes, & les Animaux de cette 
Coralline, hors de l'efprit de vin, dans lequel ils a voient été 
confervés, j'y découvris un petit fac glaireux, dans lequel 
les bafes , ou les racines , de plufkurs- de ces Tubes étaient in- 
férées. Voyez Fig. d. • 

Ces Tubes, qui font faits parles Animaux mêmes qui y 
font renfermés, augmentent en diamètre par degrés, à mefu- 
re qu'ils croiffent en hauteur. L'enveloppe extérieure, des 
Tubes eft couverte de rayes circulaires, & compofée- d'une 
matière, qui reffemble à de la terre de couleur de cendre, 
différemment ombragée & liée, par un fort ciment, La mem- 
brane intérieure , qui eu très étroitement attachée à l'extérieur 
re, eft faite d'une fubflance dure, & transparente comme de 
la corne , mais dont la furface eft très liffe. La cavité du 
Tube eft parfaitement ronde, quoique l'Animal qui y fait fa 
demeure , & qui eft de l'efpèce des Scolopendres •-, reffemble 
un peu par fa forme à une Sangfue. étendue &- applatie. H 
paroit par les marques de fes pieds, qu-'on voit à rintérieur> 
qu'il peut fe tourner librement de tous côtés, fe lever, s'é- 
te:idre, ou fe retirer , comme il lui plait, foit pour attraper fa 
proye, foit pour la mettre en fureté, lorsqu'il Fa faine. 

Cette Scolopendre a: deux bras ou deux- griffés bien- re- 
marquables .;, le bras gauche eft beatieotLp plus-grand que le 

O 2 t droit , 



iq3 C H A P I T R E. XL 

droit ; ils font l'un & l'autre garnis d'un double rang de' plu- 
mes, comme on le voit Fig. G.> ou ils font repréfentés groffis 
au Microfcope. 

Cet Animal a plus de 150. pieds de chaque côté. Le 
deffein que j'en ai donné Planche XXXIV. me difpenfe d'en- 
$ trer dans un plus grand détail. . On voit en b. le ventre de 

l'Animal , de grandeur naturelle , & pendant hors du Tube. 
Il eft grofli au Microfcope en B. La Fig. a. repréfente le 
derrière de la tête de l'Animal dans fon Tube. A. eft le dos 
de l'Animal un peu grofTi. La Fig. e. repréfente l'intérieur 
du Tube , avec les ombres des couches couleur de cen- 
dre, qu'on voit à travers la membrane intérieure, qui eft auift 
transparente que de la corne. 

Remarques fur la formation */« Corail rouge, Çf 
de quelques efpèces de Corail blanc. 

planche Le Corail rouge de la Méditerranée , fi bien connu dans 
Fig. a.'c. ce Pays, paroit être formé d'une fuite de petits Tubes, dont 
plufieurs eroiffent enfemble, & pouffent des branches en dif- 
férents fens; ce qui fait que ce Corail reffemble au tronc, 
ou aux branches courtes, de quelques arbriffeaux de Mer pé- 
trifiés. 

J'ai actuellement devant moi quelques Coraux, dans lef- 
quels on voit plufieurs petits Tubes , qui rampent enfemble, 
pour ainfi dire , fur des morceaux de Corail blanc , & qui 
varient leurs dire&ions , fuivant les obftacles qu'ils trouvent 
en chemin. 

Ces petits Tubes font applatis & contractés, & fans doute 
que la même chofe a lieu dans les principales branches. Les 
premiers étant compofés d'une matière crétacée , & mêlée a- 
rec la fubftance vifqueufe de l'Animal, fe contractent & de- 

vien- 



Des Coraux Tubuîeux* 109 

viennent folides, à mefure que leurs habitans les abandon^ 
nent ; c'eft-à-dire , que les différentes particules dont ils font 
compofés, s'attirent fortement les unes les autres, & devien- 
nent dures comme du ciment, fait de matières Animales. Le 
Corail récent eft couvert d'une fubftance rouge & farineufe, 
qui femble en être l'écorce. Lors qu'on l'examine avec foin, 
on trouve fur fa furface plufieurs cavités en forme d'étoiles. 
Voyez Fig. a. 

L'enveloppe farineufe étant enlevée-, on découvre que 
les étoiles ont une communication avec les Tubes qui font 
au deffous. Les pointes des branches préfentent des marques 
évidentes du bout de ces Tubes, comme on le voit Fig. c. 

Enfin la dernière enveloppe, compofée d'une fuite de pe- 
tits Tubes qui fe font élevés, & qui ont environné le Corail, 
eft d'une couleur jaunâtre, & ces petits Tubes ne font pas fo- 
lides, comme ceux qui font plus en dedans. Les Pêcheurs de 
Corail les trouvent pleins d'un jus laiteux, qui n'eft autre cho- 
fe que le corps tendre de l'Animal. % 

Les cavités en forme d'étoiles reçoivent fans doute cette 
figure des griffes de certains Polypes, qu'il eft naturel de re- 
garder comme les Archite&es & les habitans de ces belles Ha- 
bitations. 

La fubftance farineufe & de couleur d'écarlate, qui couvre 
la furface, eft repréfentée en A., groftie par le verre le plus 
fort du Microfcope de Wilfon ; on y voit en même tems les 
figures des croix creufes & combinées enfemble , dont les ha- 
bitans de ce Corail tirent fans doute de grands avantages , foit 
pour eux mêmes , foit pour leur logement ; quoique nous 
ignorions encore l'ufage qu'ils en peuvent faire. 

Ce que nous avons dit plus haut de la tige & des bran- 
ches de la Coralline, nommée Epine de Harang, & qui eft 

P 3 ££* 



no C H A P I T R E XL 

repréfentéè Planche X, avec fes petits Tubes grofïïs au Mi- 
crofcope, Fig. B, eft très propre à répandre du jour fur la 
manière dont le Corail croit , par une fucceflion confian- 
te de Tubes qui s'élèvent, environnent le tronc, & pouf- 
fent enfuite des branches. Mais comme cette Coralline eft 
compofée d'une matière légère, fpongieufe & élaftique, les 
cavités ne fe ferment pas; mais la tige fe durcit, &. refte en 
même tems poreufe & ligneufè comme un jonc. Quoiqu'il 
foit dangereux, en matière de Phyfique, de tirer des confe- 
quences générales de Phénomènes particuliers, cependant le 
tiffu du petit Corail blanc, repréfenté dans fa forme & dans 
fa grandeur naturelle en b, a tant de conformité avec ce 
que de la Nature opère , dans la formation des Corps Ma- 
rins, qui font le fujet de cet Ouvrage, qu'on feroit tenté pref- 
que de croire, que les Coraux pierreux font faits pour la plu- 
part de la même manière, e'eft-à-dire , qu'ils font compofés de 
Tubes formés par des Animaux de l'efpèce des Polypes. 

Le Corail, que je viens de décrire, eft très bien repréfenté 
& grofTi au Microfcope en B. On y peut fuivre le cours des 
Tubes, depuis la bafe fur la partie extérieure des branches, & 
"dans l'intérieur leurs ouvertures ne font pas moins vifibles. 

C'est le Docteur Fothergill qui m'a fait préfent du Co- 
rail qui fait le fujet de cet article, de même que du Corail 
rouge. C'eft lui encore, qui non feulement m'a procuré l'oeca- 
fion d'examiner plufieurs Eponges rares, plufieurs Coraux, & 
plufieurs Lithophytes, mais qui a encore eu la bonté de m'ai- 
der dans cet Ouvrage. 

DESCRIPTION 

d'un Polype de Mer en Bouquet, trouvé dans la 
Mer du Nord, près de Pôle. 

planche Je donnerai à cet Animal extraordinaire le même- nom que 

xxxvii. Jjïnnœus donne aux Polypes communs, & qui convient, pro- 
pre- 






Des Coraux Tubuleux. ni 

prement à celui-ci. Hydra Marina Arfiica, corporibus muîtïs 
cftitentaculis , bafi conjunftis, & fcapo prœlongo offeo, fuften- 
tatis. 

Je l'ai fait repréfenter en petit en a, afin de donner une 
idée claire de fa figure, lors qu'il efl dans l'eau. 

Il fut pris dans Tété de 1753 , par leSr. Adrianz, Capitaine du 
Vaiflèau Britannia, employé à la pêche de la Baleine. Cet 
Animal fe trouva attaché à fa fonde à 236 braffes de profon- 
deur, à 79 dégrès de Latitude Nord, à 80 Miles des Côtes de 
Groenland. 

Sa partie fupérieure confifte en 23 Corps de Polypes, atta- 
chés par leurs queues à une bafe commune, de façon qu'ils 
forment un feul Animal. Il eft repréfenté de grandeur natu- 
relle, avec une partie de fa tige étendue, Fig. A. 

La Fig. B. le repréfenté dans l'état où je le reçus, avec fes 
griffes étendues, après qu'il eut été trempé dans l'eau. Pen- 
dant tout le terns que je l'examinai il exhala une odeur ran- 
ce, femblable à celle du Poiffon fec & près de fe corrom- 
pre ; il avoit une couleur de fer rouillé. 

La feftion transverfale Fig. F. met fous les yeux la fitua- 
tion de fes différents Corps, dont dix occupent le cercle ex* 
teneur, neuf celui qui fuit, & quatre le centre. 

Le même Capitaine prit en même tems un autre de ces Po- 
lypes en Bouquet avec trente Corps unis enfèmble. Mais ayant 
été bleffé un peu au deffous de la jonction de ces Corps, cet 
accident l'avoit tellement défiguré, qu'il n'offroit plus aux 
yeux qu'une maffe informe. 

Suivant le rapport de cet Officier, lors que l'Animal 
fut près de la furface de l'eau, les Polypes, dont il efl compo- 
sé, 



ii2 CHAPITRE XL 

fe, étoient étendus, & reflembloient à un bouquet fait de fleurs 
brillantes, jaunes, & en forme d'étoiles. Voyez Fig. A. 

Chaq.ue Polype diftinft a huit griffes ou bras, chacun 
desquels eft garni des deux cotés , de rangs de fibres qui pa- 
roiffent faire les fondions de doigts. La bouche , qui eft pla- 
cée au centre des bras, à l'endroit ou ils s'uniffent, a deux 
lèvres droites & dentelées. 

Ayant diffequé un de ces Corps félon fa longueur, Voyez 
Fig. G, j'y ai découvert plufieurs petites particules femblables 
à des femences, qui étoient contenues dans les cavités celluleu- 
fes d'un mufcle fort & ridé, qui compofoit toute la longueur 
intérieure. Ces particules font repréfentées de grandeur natu- 
relle en 1; mais, grofties au Microfcope , elles paroiffent ron- 
des & applaties, telles qu'on les voit en L. Peut-être qu'elles 
font le frai de l'Animal. 

De la bafe mufculeufe & dentelée, où les Polypes font unis, 
repréfentée par la partie inférieure N. de la Fig. B, fort une 
membrane creufe en forme de veiïie. Voyez Fig. M. 

Cette membrane, longue de deux ou trois pouces, eft 
retenue dans un état de tenfion , par le fommet délié , voû- 
té & entortillé de la tige ofTeufe, qui eft aufll inférée au 
milieu de la même bafe mufculaire & dentelée. 

Cette veiïie paroit être deftinée au même ufage, que cel- 
les qui fe trouvent dans les poiffons qui nagent, je veux dire, 
que c'eft par fon moyen que l'Animal s'élève ou s'enfonce 
dans la Mer, à fon gré: elle lui fert encore comme de canal, 
pour conduire les matériaux, que ces différents corps ramaf- 
fent, & qui leur font néceffaires pour la défenfe & Paccroif- 
fement de leur longue tige offeufe; partie qui paroit être de la 
dernière importance pour la confervation & le bien-être d'un 
Animal fi extraordinaire, & fi compofé. 

Si 



Dûs Coraux Tubuleux'; ti$ 

Si on fuit le cours de cette membrane, ou de cette Veflîe; 
en defcendant, on verra qu'elle s'attache à la tige en l'envi- 
ronnant, qu'elle en devient comme une pellicule qui la couvre 
dans toute fa longueur, jufqu'au bout, où elle fe termine en 
un cartilage. 

La tige eft blanche comme de l'y voire, & quarrée, avec 
des rainures de chaque côté. Mince à fon origine, elle va en 
groffiflant jufqu'à un quart de pouce quarré , fur plus de fix 
pieds de long, mais à la diftance de quatre ou cinq pouces de 
la bafe, elle commence à fe contracter, & finit en pointe. 
Voyez Fig. E. 

Cette partie eft couverte d'un cartilage jaune, tirant fur 
le brun. Elle eft repréfentée ouverte, afin de faire voir que 
la partie offeufe , ou qui reffemble à de l'y voire , finit au mi: 
lieu. 

La Fig. D. repréfente le bas de la tige, là où la membra- 
ne, ou pellicule, commence à devenir Cartilagineufe. La 
même Fig. repréfente au naturel la bafe de la tige, qui eft 
ouverte en E. 

On voit en I, une petite partie de la pellicule, qui a été 
arrachée de defTus la tige. 

La Fig. C, repréfente une partie de la tige, qui a été tor- 
due apparemment, lors qu'elle étoit plus jeune & plus tendre. 

La Fig. H. eft une fe&ion transverfale de la tige, groflie 
au Microfcope; afin de faire voir les différentes lames en for- 
me de demi-cercle, enfermées les unes dans les autres, & for- 
mant différents compartiments. 

Je voulus couper une tranche de la tige, mais j'éprouvai 
la même refiftance que fi elle avoit été en partie de pierre & 

P en 



I 

tU CHAPITRE XL Des Coraux Tubuleux. 

en partie d'y voire. Un morceau que j'en jettai fur la table > 
rendit le même fon qu'auroit fait une pipe» 

Une tranche fort mince, que j'en coupai avec peine, & 
que je mis dans du vinaigre, fermenta avec violence. Après 
avoir changé le vinaigre deux ou trois fois , je trouvai que la 
matière crétacée ou pierreufe étoit diffoute, & qu'il n'étoit 
refté que les membranes, qui enveloppent les petites lames; 
d'où je conclus que la tige tenoit autant de la nature du 
Corail, que de celle de l'os ou de l'y voire. 

O n voit en K ïa figure d'un Èncrinus ou Lilium Lapideum > 
qui n'eft peut-être que les dépouilles pétrifiées de l'Animal 
dont nous parlons. Je me rapporte à cet égard au jugement 
de ceux qui s'attachent à l'étude des Foffiles; je ne crois ce- 
pendant pas qu'ils ayent encore rien avancé de plus probable 
fur ce fujet. 

. J'A i confulté Rojlnus , Auteur Allemand , qui a publié à 
Hambourg , un traité qui roule particulièrement fur ce cu- 
rieux Fofïïle, dont il a en même tems donné un fort beau 
deffein: toute la différence que j'y ai trouvée eft., qu'un En- 
crinus efl plutôt une forte d'Etoile de Mer, avec une tige ou 
une qUeuè* articulée; & que les rayons de l'Etoile, au lieu d'a- 
voir des griffes, comme nôtre Polype, font garnis intérieure- 
ment de plufieurs rangs de fibres articulées, ce qui fait que 
chaque rayon reffemble à une brofle. 

Il me femble donc que nôtre Polype eft d'un tout autre 
genre , & qu'il a été jufqu'à prefent abfolument inconnu. 



CHA* 



CHAPITRE XIL 115 

CHAPITRE XII. 

De la manière dont les Animaux des Corallines Vêjîculeufes fô 

multiplient 9 avec quelques autres découvertes Micro f- 

copiques, faites au mois de Juin 1755. 

J'AI remarqué dans l'Introduftion, qui efl au commencement 
de cet Effai, que ceux, qui avoient pris les Corallines Vé- 
ficuleufes pour des Végétaux, avoient affigné, & même avec 
quelque apparence de raifon, différents ufages aux Véficules, 
ou petites ampoules qu'on y trouve. Si par exemple on exa- 
mine avec foin les vaifïeaux féminaux de quelques efpèces de 
Moufles terreftres, & particulièrement de celles que les Bo- 
taniftes nomment Hypnum & Bryum , on y trouvera une 
grande reffemblance avec ces Véficules. D'autres Nâturalif- 
tes ont cru, qu'elles étoient deftinées à foûtenir dans l'eau 
leurs tendres ramifications, comme les petits globules creux, 
qui font fixés fur de petits pédicules, & placés le long des 
branches de l'Acinare, (efpèce de Fucus, qu'on trouve en fi 
grande quantité dans les Pays chauds, que baigne V Océan 
Atlantique)') ou comme les ampoules du Chêne de Mer de 
nos propres Côtes. Mais comme les petites ampoules des 
Corallines ont généralement une ouverture au fommet, il efl 
clair qu'elles ne font pas propres à cet ufage. 

Comme j'étois occupé au mois de Juin 1754, à obferver 
à Brightbelmftone dans la Province de Sujfex, quelques Produc- 
tions marines de cette claffe , je découvris que les Véficules 
de la Corallme appellée Chêne de Mer, Planche V. Fig. 
A, étoient habitées par une efpèce de grands Polypes, qui 
partoient du corps charnu, qui occupoit le milieu de la tige 
droite, & des branches, & qui paroiflbient ne faire qu'un 
tout avec lui; mais cette découverte me caufa plus de furpri- 
fe, qu'elle ne me donna de fatisfa&ion. , 

P 2 L'Été 



«6 CHAPITRE XII. 

L'été de l'année fuivante, j'obfervai fur les Côtes de Sujfex} 
conjointement avec Mr. le Dr. SchloJJer à'Utrecht , & Mr. 
Ehret, que le grand Polype de la Coralline à grandes den- 
ticules alternes , Planche IL Fig. B, avoit déchargé fon 
Ovaire , qui étoit plein de petits oeufs joints enfemble , & 
renfermés dans une membrane mince. Cet Ovaire pendoit 
encore à l'ouverture du Véficule , tel qu'il eft repréfenté , & 
groffi au Microfcope , Planche XXXVIII. Fig. A. Mais on le 
voit de grandeur naturelle Fig. i. Cette découverte nous 
fit efpérer, que nous trouverions quelques autres Corallines 
de cette efpèce, qui contiendroient dans leurs Véficules quel- 
ques grands Polypes, avant qu'ils eulfent pondu. Mais 
toutes nos recherches à cet égard furent inutiles. Cepen- 
dant, en examinant au Microfcope plufieurs fortes de Co- 
rallines, nous en trouvâmes une de Tefpèce nommée Fil de 
Mer, voies N°. 18. Planche XII. Fig. A & C, & repréfen- 
tée premièrement de grandeur naturelle, Planche XXXVIII. 
Fig. 3 , & groflie enfuite au Microfcope Fig. B. R. C. Elle 
avoit plufieurs Véficules, dont quelques-unes contenoient 
des oeufs attachés à un cordon umbilical , comme en C. 
Nous vîmes diftinëtement, à travers la petite ampoule trans- 
parente, que ce cordon tiroit fon origine de la partie char- 
nue de la principale tige de la Coralline, & qu'il y étoit 
inféré. Nous découvrîmes dans d'autres Véficules, que ces 
œufs commençoient à s'animer; ils nous parurent être évi- 
demment de jeunes Polypes vivants, qui déploy oient dans un 
ordre circulaire, les griffes 'qui partoient de leurs têtes, com- 
me dans les autres Polypes. 

Ils font repréfentés en B , s'étendant hors de leurs Véficu- 
les par le moyen du cordon umbilical. Pendant que nous 
étions occupés à les examiner, nous en vîmes quelques-uns, 
qui s'étant détachés, tombèrent au fond du verre plein deau, 
où nous les avions mis; ils commencèrent enfuite à fe mou- 
voir, 



Observations Mifcellanêes. 117 

voir, & à s'étendre, de la même manière que les Polypes 
d'eau douce. 

Je dois avertir ici, que jufqu'à préfent j'avois pris les Cou- 
pes de cette efpèce deCoralline, qui eft repréfentée Planche 
XIII. & XIV. N°. 20 & 21 , pour des Véficules: mais en com- 
parant les Fig. B. R. C. avec la Fig. A. Planche XXXVIII, 
il paroit qu'elles fervent aux mêmes ufages que les Denticules. 

Nous avons découvert dans une autre Coralline Véficu- 
leufe, repréfentée Planche XL Fig. a & A, mais plus particuliè- 
rement Planche XXXVIII. Fig. 4, & grofîie au Microfcope 
Fig. D. & T. , une fuite de Véficules régulières , placées alter- 
nativement, qui fortoient de la tige principale, à l'infertion 
des branches capillaires. Nous avons pu voir clairement, que 
ces Véficules étoient remplies de petits Oeufs. ' 

Ayant examiné au Microfcope cette Coralline mife 
dans de l'eau de Mer, tout l'intérieur, de même que celui de 
fes racines & de fes branches, lequel eft marqué dans la Fig. 
par une ligne ponctuée, nous a paru évidemment être animé. 

C'est là tout ce que nous avions à dire fur la manière 
dont les Animaux des Corallines Véficuleufes fe multiplient. 
Les autres Fig. de la Planche XXXVIII, qu'il nous refte à 
expliquer, fe rapportent à d'autres Obfervations mifcellanêes , 
que nous allons détailler. 

La Fig. 2. repréfente un de ces Vers à Coquilles tubuleu- x J ! . an r cb r e 
fes, qu'on trouve en grand nombre fur nos Côtes, adhérents 
à d'autres Coquillages, & fouvent aufîî réunis en mafles, corn- 
pofées de leurs propres Coquilles. La Fig. S. eft l'Animal 
qui y fait fa demeure, & qui paroit être de l'efpèce des Sco- 
lopendres. Il a deux bras, qui ont chacun plufieurs griffes, 
garnies de franges aux côtés fupérieurs. Près de l'infertion 

P3 



n8 CHAPITRE XII. 

du bras gauche, on voit s'élever une figure femblable à une 
trompette droite, dont tout le bord eft dentelé. 

Au côté oppofé, eft une petite figure tubuleufe & droi- 
te, un peu gonflée , & pointue près du fommet. La partie 
renfermée dans la Coquille reffemble à une Sanglue étendue f 
mais ce qui augmente la beauté de cet Animal , c'eft que fa 
couleur a tout l'éclat de la plus belle écarlate qu'il foit poiïi- 
ble d'imaginer. Ce Poiffon à Coquille tubuleufe, a beaucoup 
d'affinité avec les Corallines tubuleufes , décrites PI. XVI. 
XXXIV. & XXXVI. 

La Fig. V. efl une repréfentation , groflie au Microfcope, 
d'une partie de la Fig. 6. On y voit, de quelle manière les 
petits Polypes contenus dans les denticules de la Corailine 
à faucille. PL VIL Fig. a. & A. , paroiffent vivants dans l'eau 
de Mer, lors qu'ils étendent leurs bras. Ils font tous unis à 
la fubftance charnue, qui remplit les Tubes, dans lefquels ces 
denticules font inférées. 

En examinant cette Corailine, nous remarquâmes deux 
petits Polypes rouges & charnus , d'une forme fmgulière, & 
qui étoient adhérents, chacun par une tige, au côté de la bran- 
che Fig. 6. 

Ils font encore plus grands que la Fig. 5. ne les repréfen- 
té. Mais ils font un peu groflis au Microf.ope. Fig. E. E. & 
l'un d'eux l'eft beaucoup en F. 

L'Animal peut à fon gré étendre ou contracter cette eP 
pèce de rayons, qui partent de la circonférence, & qui fo.t 
marqués par des points; il peut les faire fortir hors des rayons 
du centre , ou les y rétirer. Ces derniers rayons fout ainû 
comme autant d'étuis des premiers. 

Ce n'efl au refte que par hazard que ces Polypes fe trou^ 

vent 



Obfervations Mifiellanêes. 119 • 

vent adhérents aux Gorallines Véficuleufes , avec lefquelles 
ils n'ont d'ailleurs rien de commun , & nous n'en avons fait 
ici mention, qu'à caufe de la fingularité de leur forme. 

La Fig. 7. repréfente une Coralline Celluleufe bien remar- 
quable : c'eft celle qu'on appelle à têtes d'Oifeaux , à caufe 
des petites figures, femblables à des têtes d'Oifeaux, qui font 
placées fur les côtés des Cellules extérieures: Elle diffère de 
celle, qui eft reprefentée PI. XX. N°. 2. Fig. a. & A., en ce 
qu'elle a plus de rangs de Cellules jointes enfemble, que ces 
Corallines n'en ont communément. 

Ces rangs de Cellules ne font ordinairement qu'au nom- 
bre de deux. Les Fig. I. K. L. repréfentent fous trois a£ 
pefts différents ces têtes d'Oifeaux, que nous vîmes, pendant 
tout le tems que nous les obfervâmes, fe lever & fe bailler, 
ouvrir & fermer leurs bouches, par intervalles. 

Ces Polypes fe retirent dans leurs Cellules, & en fortent 
avec une viteffe incroyable. Ils font repréfentés exactement 
dans ce premier état de contraction en N., mais on les voit 
étendus hors de leurs Cellules en M. La Fig. G. repréfente 
le devant d'un morceau de cette Coralline avec quelques uns 
de fes Polypes dans leurs Cellules, tels que nous les vîmes au 
Microfcope. 

La Fig. H. eft le dos de cette même Coralline; on y voit 
les queues des Polypes à travers leurs couvertures transpa- 
rentes. 

La Fig. 8. eft une efpèce d'Efcare, mince comme du papier; 
fes feuilles fe terminent au fommet, en forme de hache. Nous 
l'avons trouvée adhérente à la Coquille d'un grand Pétoncle; 
& nous l'avons appellée MouJJe de papier, & en Latin, Efcha- 
ra papy race a, utrimque cellifera, fiimmitatibus fecuris aciei in- 
fiar truncatis. 

On 



i2o CONCLUSION. 

, On en voit une partie groiïie au Microfcope en O., afin de 
faire voir les Figures des Polypes dans leurs Cellules. 

La Fig. P. eft la fe&ion transverfale des Cellules des deux 
furfaces, avec la paroi mitoyenne qui les fepare, comme dans 
les rayons de miel. 

CONCLUSION. 

J'ai préfenté à mes Lecteurs dans cet EfTai, un détail cir- 
conftancié de ce que j'ai trouvé de plus remarquable dans les 
Corallines; j'y ai joint une Defcription fidelle de leurs princi- 
pales efpèces; & des Animaux qui y font leurs domiciles, & 
qui font inconteftablement du genre des Polypes. Ce ne fut 
d'abord que par hazard que je m'attachai à les étudier; des 
découvertes inattendues excitèrent enfuite & foûtinrent ma cu- 
riofité. La nature de mes occupations ne m'ayant pas per- 
mis d'y confacrer tout mon tems , j'ai crû devoir du moins 
emploie r mes heures de loifir, à examiner des objets, qui, tout 
petits qu'ils font en eux mêmes, font cependant auiïi admira- 
bles qu'amufants. Indépendamment des autres avantages que 
j'ai retiré de mes recherches , elles m'ont encore procuré le 
bonheur de faire connoiffance & de me lier d'amitié avec plu- 
lieurs perfonnes, qui font également honneur à leur Patrie & à 
l'Humanité; & je me fais un devoir d'avouer ici que j'ai puifé 
dans leur converfation de grands fecours pour la compofition 
de cet Ouvrage. J'y ai évité les conjectures autant qu'il m'a 
été poflible; & fi je m'en fuis permis quelques unes, c'a été 
moins dans le defTein de faire recevoir mes idées à mes Lec- 
teurs, que d'engager ceux, qui font en état de le faire, aies 
réfuter ou à les établir. 

J'avoue cependant que je fuis fort porté à croire que la 
plupart de ces Corps Marins, que leurs figures ont fait pren- 
dre jufqu'à préfent pour des ArbrilTeaux, des Plantes, & des 

Mouf- 



CONCLUSION. 121 

Moufles de Mer, font non -feulement le domicile d* Animaux, 
mais qu'ils font encore leur ouvrage, & qu'ils fervent à leur 
confervation , leur défenfe, leur propagation; en un mot qu'ils 
ont les mêmes ufages, que les Gâteaux & les Cellules que les 
Abeilles, & d'autres Infedtes, fe conftruifent. 

Si toutes les différentes efpèces de Corallines, décrites dans 
cet Ouvrage, ne font pas de ce genre, il y en a au moins 
plufieurs qui en font inconteftablement. En vain m'objede- 
roit-on, qu'il eft prefque incroyable que des Animaux d'un 
tiflu fi mou, fi peu capable de refifter à la plus légère im- 
preflion, tels que font tous les Polypes connus jufqu'à pré- 
fent, puiffent cependant fe conflruire des habitations d'une 
matière fi unie, fi dure, &fi peu poreufe qu'elle eft fufcepti- 
ble du plus parfait poli. Les Huitres & tous les Poiffons à 
Coquilles, ne font-ils pas dans le même cas? La folidité & la 
dureté prefque inaltérables de leurs écailles, font elles moins 
étonnantes que le Corail rouge, par exemple, dont la fermeté 
égale celle de la pierre ? Cependant ces Coquilles font fabri- 
quées par les Animaux les plus mous , & qui ont le moins 
de confidence , de même que les Coraux, & les Corallines 
pierreufes font conftruites par les Polypes. 

Plufieurs de ces Corallines femblent confifter en un feul 
Tube, qui contient un feul Polype mère. Chaque branche, 
que la Coralline pouffe, contient un jeune Polype, né du 
premier, qui en dépend, & qui eft néanmoins capable de 
produire fon femblable, en pouffant une nouvelle branche; & 
ainfi de fuite, auffi loin que les loix prefc rites à chaque efpé- 
ce, le leur permettent. D'autres Corallines confiftent en plu- 
fieurs pareils Tubes unis, qui croiffent, s'élèvent enfemble, 
& qui, placés côte-à-côte l'un de l'autre, forment un cercle au- 
tour des Tubes qui ont été abandonnés par les Polypes qui 
les ont produits. Ces derniers deviennent ainfi la bafe & le 
foûtien du logement de leurs petits ; & ceux-ci ferviront auffi 

: o. * 



i22 CONCLUSION. 

à leur tour de fondement à la génération qui les fuivra. 

Ces Tubes reftent vuides da^s quelques Corallines, mais 
la SedUon fait au moins découvrir les Veftiges des cavités 
applaties; c'eft ce qui fe voit dans plufieurs Kératophytes: Au 
lieu que dans plufieurs Coraux pierreux, ces trous font fi exac- 
tement remplis , qu'ils ne lailfent aucune trace de cavités 
tubuleufes, excepté au dehors; il eft même très probable que 
celles-ci auroient auffi été également effacées par une nouvel- 
le Colonie , fi les Coraux étoient reliés plus long-tems dans 
la Mer. 

O N trouvera peut-être qu'il 'y a de la précipitation à conclu* 
re, que non-feulement les Corps qu'on vient de décrire dans 
cet Effai, font l'ouvrage d'Animaux , niais encore que ces 
Corps plus compatis, connus fous le nom de Pierres étoilées, 
ceux que leur figure a fait appeîler Cerebrites, les Champignons 
pétrifiés, & autres femblables, qu'on nous apporte de différents 
endroits des Indes -Orient aies & Occidentales , ont la même 
origine. Il y a cependant une préfomption bien forte en fa* 
veur de cette opinion; c'efl que dans tous les Climats les plus 
chauds , la Mer près de fes bords , & par tout où on a pu 
faire des Obfervatiors , eft tellement remplie de différentes 
fortes d'Animaux, qu'il n'y a aucun Corps inanimé qui puiffe 
y refter long-tems fans que quelque efpèce s'en empare. Dans 
ces Pays, la quille des vaiffeaux, les rochers, les pierres, 
en un mot tout- ce qui eft inanimé, eft d'abord couvert d'une 
infinité de domiciles d'Animaux. Les branches mêmes des 
Végétaux vivants , qui pendent dans l'eau , font immédiate- 
ment chargées du frai de différents Animaux, & de Poiffons 
à Coquille de plufieurs fortes. Ces derniers eux-mêmes, lors 
qu'ils font afFoiblis par l'âge , deviennent le fondement d'une 
nouvelle Colonie d'Animaux, contre les attaques desquels ils 
ne peuvent plus fe défendre. 

_ Si 



CONCLUSION. I23 

S i la vie animale eft donc répandue avec tant de profufion, 
que ni les Corps inanimés , ni les Végétaux qui ont encore 
toutes leurs forces, ni les Animaux eux-mêmes lors que leur 
vigueur naturelle eft diminuée, ne peuvent être à couvert de 
pareilles ufurpations, peut-on croire que les Corps, dont nous 
parlons , en fuffent aufîi exempts que nous trouvons qu'ils le 
font, s'ils étoient abfolument inanimés? En un mot, n'y eût- 
il point d'autre raifon pour appuyer le fentiment que nous 
venons d'avancer , cette confidération feule fuffiroit pour le 
rendre plus que probable; c'eft que les Polypes, qui habitent 
les Corallines, les Coraux, les Pierres étoilées, les Cérébrites 
&c, peuvent fe défendre contre les attaques de leurs ennemis, 
aufîi long-tems qu'ils confervent toute leur vigueur: mais 
lors qu'ils font affoiblis par l'âge , ou par quelqu'autre acci- 
dent, ils ont alors le même fort que tous les autres Corps ina- 
nimés qui font dans la Mer, je veux dire, qu'ils font obligés 
de céder à une force fupérieure, & de fervir de fondement 
à une nouvelle Colonie plus puiffante & plus heureufe. 

Ces Découvertes ne paroitront peut-être pas affez impor- 
tantes, pour mériter toute la peine qu'elles m'ont coûté. 
Quelque jugement que d'autres en portent, je me trouve bien 
dédommagé du tems que j'ai donné à ces Recherches: elles 
m'ont ouvert de nouvelles fçénes de Merveilles étonnantes, 
en me faifant voir la variété & le nombre infini des Animaux, 
dont toute la Nature eft peuplée. Il fe peut aufîi que les faits, 
que j'ai rapportés dans cet Ouvrage , & que les exemples que 
j'y ai produits d'Animaux , là où jamais on n'en avoit foup- 
çonné, piqueront la curiofité de plufieurs de mes Leâeurs, & 
leur feront goûter la même fatisfa&ion , & le même plaifir 
que j'ai reffenti dans la contemplation- de ces objets. Mes Ef- 
fais pourront encore animer ceux, qui ont plus de génie & de 
pénétration, à pouffer plus loin ces Recherches, & à en ti- 
rer de nouvelles preuves, (fuppofé que nous n'en eûflions 

Q, 2 pas 



124 CONCLUSION. 

pas déjà de fufnfantes,) que tout ce que cet Univers renfer- 
me de bon & de parfait, eft l'ouvrage d'un feul Etre, infini- 
ment fage, tout puiflant & tout bon. Nous en devons enfin 
retirer tous cette leçon , c'en: que fi des créatures, qui occu- 
pent un rang û bas dans la grande échelle de la Nature, font 
cependant douées de facultés qui les mettent en état de rem- 
plir parfaitement le but pour lequel elles ont été faites, nous, 
qui fommes û fort élevés au deffus d'elles, nous nous devons 
à nous mêmes, & nous devons à nôtre Créateur, une appli- 
cation confiante à acquérir ce degré de perfection , auquel les 
facultés, dont nous fommes enrichis , nous mettent en état 
d'atteindre. 



DESCRIPTION 

D U 

MICROSCOPE AQUATIQUE 
D E M R C U F F, 

JDont on s'efl fervi pour f are les Observations contenues dans 

cet Ouvrage. 

A. "pilier de cuivre , qui fert de foûtien à tout le Mi» 
X crofcope. 

B. Bras, terminé par un Anneau. 

C. Verre plat, fur lequel on met les objets; il y aune tâche 
noire, fur laquelle on place les objets opaques. Ce verre 
s'ajufte dans une rainure de l'Anneau, B. 

D. Verge de cuivre cylindrique, qui fe peut haufler & baif- 
fer, pour trouver le foïer de la Lentille avec laquelle on 
obferve. 

E» Brai> 



DESCRIPT. du MICROSCOPE. 125 

E. Branche de cuivre où l'on fixe à vis la Lentille, & qui eft 
mobile, de façon qu'oa peut promener cette Lentille fur 
tous les points du verre C. 

F. Lentille Microf^opique, enchaffée au milieu d'un Miroir 
concave d'argent. 

G. Autre Lentille femblable, mais qui groffit plus que la pré- 
cédente. 

H. Bras terminé par un demi cercle. 

1. 1. Miroir concave , deftiné à refléchir la lumière vers en 
haut, & mobile fur deux pivots, fixés aux deux extrémi- 
tés du demi cercle H. 

K. Boè'te qui renferme tout l'appareil du Microfcope, & 

fur le couvercle de laquelle on fixe à vis le Pilier A. 

• 

L. Verge de fer mobile dans une couliffe;-une de fes extré- 
mités fe termine en pointe, & l'autre efl armée d'une pin- 
ce , pour faifir les objets qu'on veut examiner. On la 
place dans le trou qu'on voit à côté de l'Anneau B. 

M. Verre concave, tel que celui d'une Montre, qu'on em- 
ploie au lieu de verre plat C, lorfqu'on veut obferver 
des objets dans l'eau. 

N. Petit Cylindre d'y voire, noirci d'un côté, & blanc de 
l'autre, pour y placer les objets opaques. On le fixe à 
l'extrémité pointue de la verge L. 

O. Pinces dont on fe fert pour faifir les objets. 

P. Pinceau avec lequel on nettoyé les verres» 



Q 3 CATA- 



CATALOGUE de LIVRES, 

Qu'on trouve k la Haye 
Chez PIERRE DE.HONDT. 



Novus Thésaurus Juris Civilis & Canonici , in 
quo junctim exhibentur varia & rariffima opti- 
rnorumlnterpretum, imprimis Hifpanorum & Gal- 
lorum , Opéra : utrumque Jus ex humanioribus 
Litteris , ac veteris iEvi Monumentis , illuftran- 
tia; ex mufseo G. Meermanni , jCti &Syndici Ro- 
terodamenfis. VII. vol. Haga; Com. 1751. fol. 

. Idem Liber, charta majori. VII. vol. folio. 

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fervir de Supplément ou de Continuation , auDic- 
tionaire Hiftorique & Critique de Mr. Pierre Bayle , 
par Monfieur Jaques George de Chaufferie , à la 
Haye 1751. à 1756. 4 vol. fol. 

Hiftoire Naturelle Générale & Particulière avec la 
Defcription du Cabinet du Roi, par Mrs.'Buffon 
& d'Aubenton, 3 vol. 4to. avec des Figures gra- 
vées.par Vander Schley. Cet Ouvrage contient 
entre autres, l'Hiftoire & la Théorie de la Ter- 
re— La Formation des Planètes— La Production 
des Couches ou Lits de Terre— Les Coquilles 
& les autres Productions de la Mer, qu'on trou- 
ve dans l'intérieur de la Terre— Les inégalités de 
la furface de la Terre— Les Fleuves , les Mers , & 
les Lacs— Le FfUx & le Reflux,— Les inégalitez 
du fond de la Mer, & les Courans— Les Vents Ré- 
glez— Les Vents Irréguliers, les Ouragans, les 
Trompes & quelques autres Phénomènes , caufez 
par l'Agitation de la Mer & de l'Air— Les Volcans 
& les Tremblemens de Terre— Les Mes nouvel- 
les, les Cavernes, les Fentes perpendiculaires— 
L'Effet des Pluyés, les Marécages, les Bois Sou- 
terrains, les Eaux Souterraines— Les changemens 
des Terres en Mers , & de Mers en Terres— 
L'Hiftoire Naturelle des Animaux , & celle de 
l'Homme. Les Tomes IV. & V. de cet Ouvrage, 
qui font fous PrefTe, contiendront des Pièces qui 
ne fe trouvent pas dans l'Edition de Paris , & paroi- 
tront inceflamment. Quoiqu'on les exécute avec 
toute la propreté poffîole, on pourra pourtant les 
avoir à un tiers moins que l'Edition de Paris. 

■ Le même Livre en Grand Papier. 

Effaifur l'Hiftoire Naturelle des Corallines, & d!au-* 
tres Productions Marines du même Genre, qu'on 
trouve communément fur les Côtes de la Grande- 
Bretagne & d'Irlande; auquel on a joint une De- 
fcription d'un Grand Polype de Mer, pris aupiès 
du Pôle Ar&ique , par des Pêcheurs de Baleine, 
pendant l'Eté de 1753. par Jean Eilis , Membre de 
la Société Royale. Traduit de l'Anglois. 1756. 4 . 

Le même Livre en Grand Papier, dont 

les Eftampes font très proprement & très exacte- 
ment enluminées d'aorès Nature. 4to. 

ElTri fur Hiftoire Naturelle de la Mer Adriatique, 
traduite de l'Italien de Mr. Donati, ProfelTeur à 
Turin , avec des Figures , 4to. Sous Prejje, 



Hiftoire Naturelle des Oifeaux, par M. E. Jlbin, 
avec les Notes de Derbam, à la Haye 1750. 3 
vol, in 4to. , fur du Papier Royal, avec plus de 
300. Kfta'ppes. 

le même Ouvrage, peint en Mignature, a- 

vec les Couleurs du Plumage de chaque Oifeau, 
tirées d'après Nature 

Hiftoire Générale de* Voyages, ou Nouvelle Co!> 
le&ion de toutes les Relations des Voyages par 
Mer & par Terre, qui ont été publiées jufques 
à préfent dans les différentes Langues de toutes 
les Nations connues, à la Haye 174-7. fuiv. avec 
quantité de belles Cartes Géographiques, & d'E- 
ftampes, gravées par J. vander Scbley , Elève 
diftingué du célèbre Picart le Romain. XIII. vol. 
4to. NB. Cette Edition eft infiniment plus am- 
ple , plus exa&e & plus vraie que celle de Paris ; 
& on fe donne tous les foins poflîbles pour la 
rendre de plus en plus intéreflante & magnifique. 

Hiftoire Générale de l'Augufte Maifon d'Autriche, 
contenant une Defcription exaéte de tous fes Em- 
pereurs, Rois, Ducs, Archiducs, & autres Prin- 
ces, tant Ecdefïaftiques que Séculiers; l'Acqui- 
fition de tous leurs Royaumes, Principautez, & 
Pays Héréditaires ; leurs Guerres, Traitez de 
Paix, Alliances, & Mariages; avec tous les Por- 
traits des Princes qui font parvenus à l'âge de 
Majorité. Brux. 1744. 3 vol. in fol. 

Carte Topograph-'que des Villes de Londres & de 
Weftminfcer , du Bourg de Soutwark, & de leurs 
Environs; levée très exactement fur les Lieux, 
pai Jean Rocque. Londres 1746. en XVI. glan- 
des Feuilles. 

Le Plan de Paris & de fes Fauxbourgs , avec fes En- 
virons; où fe trouve le détail des Villages, Châ- 
teaux, grands Chemins & autres; des Hauttuis, 
des Bois , Vignes , Champs , & Prez , levé par Mr. 
RouJJel, Capitaine Ingénieur du Roi, & induit fur 
la même Echelle de celui de Londres , par J. 
Rocque. Lond. 1747. en VIL grandes Feuilles. 

Le Vitruve Danois, contenant les Plans, les E'é- 
vations , & les Profils des principaux Bâtimens 
du Royaume de Dannemarc , auffi bien que des 
Provinces Allemandes, dépendantes du Roi, avec 
une courte Defcription de chaque Bâtiment en par- 
ticulier; par Monfieur le Colonel de Tburab, In- 
tendant des Bâtimens du Roi, &c. Copenha- 
gue 1745— 1749. 2 vol. grand Fol., avec quan- 
tité de magnifiques Eftampes. 

Defcription circonftantiée de la Réfidence Royale 
& Capitale de Coppenhague, avec une Explication 
de toutes les Chofes dignes de remarque, que 
renferme de nos jours cette grande Ville; par Mr. 
le Colonel Tburab, à Coppenhague 1748. in 410., 
avec CX, Eftampes» 

De 



CATALOGUE 

De l'Attaque & de la Défenfe des Places, par le 
Maréchal de hauban à la Haye i?4 2 - 2, vol. 
4to. avec de b« Iles Planches. 

Hiltoire des 'XVII. Provinces des Pays-Ras, depuis 
l'Abdication de l'Empereur Charles V. en 1555. 
jufqu'à 'a Paix de Baden, par Mr. van Loon. â la 
Haye 1736- 5 vol. av> c plus de O ooo Médailles. 

Éfîft'oîfe de Cbarl.-Xil Roi de Suéde, par Mr. de 
Nordberg. Hayi 1748 4 vol. 4.C0. NB. Comme 
on a débité tant de Contrevéritez fur le chapitre 
de ce grand Prince, on a eu foin de munir cette 
Édition de plus de 200 Pièces Originales, qui, en 
detruifant ce que certains Auteurs mal informés 
ont eu rlaapradtrice d avancer dans leurs Ecrits, 
confirment en même temps les Faits les plus im- 
portants de cette Hilloire. 

, le mène Livre en grand Papier. 

Les Avant-lires de Don Qjticbotte , repréfentées en Fi- 
gures, paxCoypél, Picuftli Romain, & autres ha- 
biles Maîtres, a«cc les Exolications des XXXI. 
Planches de cette magnifique Collection , tirées de 
l'Original Elpagnol de Miguel de Cervantes. A la 
Haye 1746. in 4to. 

— — le même Livre. In Folio, 

La Bioliothèque Ùniverfelle, Choifte, Ancienne & 
Moderne, par le célèbre Mr. Le Clerc. 83 vol. 
in I2<\ 

La B:Dliothèque Brittannique , ou Hiftoire des Ou- 
vrages des Savans de la Grande-Bretagne , par une 
Société de Gens de Lettres à Londres. A la Haye 
1734., & fuiv. 50 parties, in 8vo. 

Lettres, Mémoires & Négociations de Mr. le Com- 
te d'ÉJîrades , tant en qualité d'Ambafladeur de S. 
M. T. C. en Italie, en Angleterre, & en Hollan- 
de, que comme Ambaiïadeur Plénipotentiaire à la 
Paix deNimègue, conjointement avec Mr. Col- 
bert , & le Comte d'Avaux, avec les Réponfes du 
Roi & du Secrétaire d'Etat; Ouvrage où font com- 
pris l'Achat de Dunkerque , & plufieurs«autres cho- 
fes intéreflantes. Nouvelle Edition, dans laquel- 
le on a rétabli tout ce qui avoit été fupprimé dans 
les précédentes. Londres 174;. Q vol. in 120. 

Mémoires du Comte de Guide, concernant les Pro- 
vinccs-Unies des Pays-Bas, depuis 1665. jufqu'au 
15. de Juin 1672. Ouvrage qui fert de preuve & 
de confirmation aux Lettres & Négociations de 
Mr. le Comte d'EJîrades, & aux Mémoiies de Mr. 
d' Auhery A la H^ye 1744. in 12 . 

Hiftoire du Syftême des Finances, fous la Minorité 
de Louis XV. avec un Abrégé de la Vie du Duc Ré- 
gent , ci 'de celle du Sr. Law Haye 1734 6 vol. 12 . 

Le Masque de Fer, ou les Avancures mrprenantes 

du Pcre S du Fils. Haye 1747. 6 vol. 12 . 
Médailles de Grand & de Moyen Bronze du Cabinet 
de la Reine Cbrilline de Suéde, gravées auffi dé- 
licatement qu'exactement d'après les Originaux, 
par P. Sartbet Bartolo, avec un Commentaire de 
M. Havercamp , Lit. & Franc. Flaye 1741. fol. 
— -— i.e même Livre, en grand Papier. 
Une magnifique Mappemonde en une grande Feuil- 
le i d'une Compoficion d'autant plus curieufe & 



de LIVRES 

nouvelle, que les Mappemondes ordinaires , repré- 
fentanc le Globe Terreftre coupé en deux Parties, 
renfermées chacune dans un Cercle, tous les Mé- 
ridiens & les Parallèles à l'Equateur y font auffi 
marquez par des Lignes Courbes ; au lieu que dans 
cette nouvelle Mappemonde, qui du Globe fait 
un Cylindre, les cercles de la Sphère yparoiffect 
en Lignes droites, & dégagent la Géographie de 
la gêne où elle a toujours été dans ces fortes 
de Cartes. On a fait entrer dans cette Carte ce 
que nous avons aujourd'hui de plus certain, & 
entièrement conforme aux Obfervations Aftrono- 
miques tant fur la Rufiie, la Sibérie, laTartarie, 
& la Chine, que fur l'Amérique, qui, dans cette 
Carte, fe trouve confiderablement raprochée de 
l'Allé. Les Changemens & les Augmentations , qui 
fe trouvent dans les Parties feptentrionale & mé- 
ridionale de l'Amérique font fi confiderables, 
qu'elle peut palier pour nouvellement découver- 
te : par Mr. Belin. 

■ La'même Carte en grand Papier. 

La même fur du Taffetas Blanc. 



Remarques Hiftoriques , Critiques, & Philofophî- 
ques fur le Nouv. Teftam. , par Mr. Beaujobre le 
Père. Haye 1742. 2 vol. 4to. 

Thréfor des Antiquitez de la Couronne de France, 
repréfentées en Figures d'après les Originaux, en 
Pierre, en Or, en Argent , en Cuivre, en Peintu- 
re , Sculpture, Gravure, &c. Haye 1745. 2 vol. 
fol. avec plus de 300 Éftampes. 

■ — Le même Livre, en grand Papier. 

Hiftoire de la Peinture & de la Sculpture, par Mr. 
Ricbardfon Père & Fils. Amft. 1728, 3 vol. 8vo. 

La Vie d'Elisabeth, Reine d'Angleterre, nouvelle 
Edition, augmentée du véritable Caraclère d'Eli- 
zabetb & de fes Favoris.- Haye 1741. 2 vol. 12°. 

Le Grand Théâtre Sacré du Duché de Braband, 
contenant la Defcription de l'Eglife Métropoli- 
taine de Malihes, & de toutes les autres Eglifes 
Cathédrales, Collégiales, &Paroiffiales; des Ab- 
bayes, Prêvôtez, Prieurez, & Couvens d'Hom- 
mes, & de Femmes; les Vies des Evêques," la 
fuite des Prévôts, Doyens, Archi-Diacres , Ab- 
bez, Abbeffes, Prieurs, & Prieures; les Tom- 
bes, Cabinets d'Armes , Epitaphes, lufcriptions , 
&C à la Haye 1736. 4 vol. avec quantité d'E- 
ftampes. 

Difcours Hiftoriques, Critiques, Théologiques & 
Moraux, fur les Evénemens les plus mémorables 
de l'Ancien & du Nouveau Teftament, par Mrs. 
Saurin, Roques à: Beaujobre; avec les belles Eftam- 
pes de Mr. Hoet, Houbraken , & Picart. à la 
Haye, 6 vol. -in folio, fur du Papier Médian. 

Jur du Papier Royal. 

— fur du Papier Superroyal. 

— — Les Volumes feparés de cet Ouvrage, fur dut 
Papier Impérial , Superroya! , Royal & Médian. 

Recueil d'Eftampes qui réprefenttnt les Evénement 
les plus Mémorables de l'Ancien & du Nouveau 
Teftament, par Mr. Hoet, Houbraken, à. Picart, 
Jur du Papier Royal* 

Hiftoire 



CATALOGU: 

Hiftoire d'Angleterre , par Mr. de Rapin Tboiras. 
10 vol. 4to. ' 

de Lorraine, par le R. P. Don Calmet, 

Nouvelle Edition confidérablement augmentée, 
5 vol. avec des Figures, folio. 

Atlas de la Hollande Ancienne, &de fa véritable fi- 
tuation , telle qu'elle étoit fous la Domination des 
anciens Empereurs, Rois, Ducs & Comtes, re- 
préfentée en IX. Cartes Géographiques, à la Haye 

1745. fol. 

L'Avocat du Diable, ou Mémoires Hiftoriques & 
Critiques fur la Vie & la Légende du Pape Gré- 
goire VII. 1743. 3 vol. 12°. 

Chronique des Rois d'Angleterre , écrite dans le Style 
des Anciens Hiftoriens Juifs, par Nathan Ben Sad- 
di. Prêtre de cette Nation. Londr. 1743. 8vo. 

Las DiiTertationes Ecclefiafticas de el Marquez de 
Agropoli y Mondexar. Lisboa 1747. 2 vol. fol. 

Délices de la Grande-Bretagne; fes Antiquitez, Pro- 
vinces, Villes, Bourgs, Montagnes, Rivières, 
Ports de Mer , Bains , Fortereiîes , Abbayes , 
Eglifes, Académies, Collèges, Bibliothèques, 
Palais, Maifens de Campagne, par J. Beeverel. 
Leiden 1727. 8 vol. 8vo. 

Examen du Pyrrhonifme Ancien & Moderne, par 
Mr. de Croufaz: ou Réfutation du Pyrrhonifme, 
qui régne dans le Dictionaire & dans les Oeuvres 
de Bayle, à la Haye 1734. fol. grand Papier. 

La Guerre Séraphique, ou Hiftoire des Périls qu'a 
courus la Barbe des Capucins par les violentes 
Attaques des Cordeliers : avec un Difcours fur 
l'Infcription qui fe trouve au Portail de l'Eglife 
de Rheims Deo Homini £? Beato Francisco utrique 
Crucifixo. Haye 1759. 12°. 

Hiftoire de la Papeffe Jeanne, par Mr. Spanheim. à 
la Haye 1736. 2 vol. flg. 8vo. 

Lettres Critiques & Philofophiques, par Mademoi- 
felle Cocbois , avec les réponfes du Marq. à'Ar- 
gens, à la Haye 1743. 12 . 

Mémoires pour fervir à l'Hiftoire de l'Efprit & du 
Cœur, par le Marq. à' Argent, & par Mademoi- 
selle Cocbois. à la Haye 1744. 8vo. 

Métallurgie, ou l'Art de tirer & de purifier les Mé- 
taux , avec les. Differtations les plus rares fur les 
Mines & les Opérations Métalliques, à la Haye 
1751. 2 vol. 12°. 

Traité de la Peinture & de la Sculpture par Mr. Ri- 
cbardfon Père & Fils. Amlt. 1728. 3 vol. 8vo. 

Hiftoire des Triumvirats , depuis la Mort de Catili- 
•na, jufque celle de Céfar; depuis celle de Cé- 

; far, jufqu'à celle de Brutus; depuis celle de Bru- 
tus , jufqu'à celle d'Antoine , par Larrey, à la Haye 

1746. 4 vol. 12°. 

Hiftoire de la Vie & des Ouvrages de François Ba- 
lcon avec les Portraits de Fr. Bacon, & de Rob. 

Walpole, à la Haye 1735. 
Pharfamon, ou les Nouvelles Folies Romanesques, 

par Mr. de Marivaux, a la Haye 1736. 2 vol. 
Payfan Gentilhomme, ou, les Avantures de Mr. 



: de LIVRES. 

Ranfau, & fon Voyage aux Mes Jumelles, a la 
Haye 1735. 

Roderic & Mitra, ou le Démon & la Demonne 
mariés, Nouvelle Hiftorique, Hébraïque & Mo- 
rale, a Demonopolis 1745. 2 vol. i2vo. 

Le Sens Literal de l'Ecriture Sainte défendu con- 
tre les principales Objections des Antifcripturai- 
res & des Incrédules Modernes par Stakhoufe: 
avec une Differtation fur les Démoniaques. Haye 
1741. 3 vol. 

Confolation Philofophique de Boece : nouvelle 
Traduction, avec la -Vie de l'Auteur, des Re- 
marques Historiques & Critiques ;& une Dédicace 
Maçonnique, par un Frère Maçon, Membre de 
l'Académie Royale des Sciences de Berlin, a la 
Haye 1744. 2 vol. 8vo. 

Réplique des Commiflaires Anglois au Mémoire des 
Commiffiaires François, concernant la Nouvelle 
Ecoffe, ou, l'Acadie: avec une Carte enluminée 
de la Nouvelle Ecoffe , & du Cap Breton , de mê- 
me que des Parties adjacentes de la Nouvelle 
Angleterre & du Canada a la Haye 1736. 8vo. 

La Carte du Sufdit Ouvrage fe vend 

auffi Séparément. 

La Conduite des François par raport à la Nouvelle- 
Ecoffe; depuis le premier,. Etabliffement de cette 
Colonie, jufques a nos jours: Ouvrage où l'on cx- 
pol'e la foiblefte desArgumens dont ils fe fervent 
pour éluder la force du Traité d'Utrecht, & pour 
juftifier leurs Procédez illégitimes. 8vo. 

Réponfe à la Lettre inférée dans la Gazette d'Utrecht 
du 8 Sept 1755. avec des Remarques fur la Dis- 
cuflion fommaire fur les Anciennes Limites de l'A- 
cadie. 8vo. 

Lettre du Duc de Newcaftle, écrite par ordre de Sa 
Majefté, à Mr. Micbell , Secrétaire d'Ambaffade 
de S. M Ptullîenne , en Réponfe à l'Expofition des 
Motifs du Roi dePruffe, & au Mémoire & autres 
Papiers ternis par ledit Sr. Micbell au Duc de New- 
caftle au fujet des Saifits faites en Silefie. 8vo. 

Jof. Em. Minianae de Bello r; uftico Valentino. libri 
très, five, Hiltoria de Ingreffu Auftriacorum Foe- 
deratorumque in Regnum X'alentiae : ex BiMiotheca 
Georgii Majanfii. Haga Comitum 1752 8vo. 

L. Seftani, Q. Filii , de tota Grœcu'oruiii hujus JEls- 
tis Litteratura, Sermones quatuor ,• acceffere ad 
eorum Defenfionem Quintus & Sextus. Hagte 
Coin. 1752. 8vo. 

Guill. Ferrarii de Rébus Geftis Eugenii, Principis 5 
Sabaûdia, Btllo Pannonico , Libri III. Hagse 
Corn. 1749 8vo. 

Joh. Chriftop. Struchtmeyeri , Theologia Mythica, 
five, de Orgine Tartari & Elyfii libri quinque 
quibus oftenditur, Fabulas Gentiiiuin de Diis 
eorundemque Ritus Sacros, unice deduci & ex 
plicari debere ex Religione Piimi Orbis , Ivly. 
fteriifque Sacro SanftisdeDeo uno & trino, Chrif- 
to, Spiritu Sanfto, & Regno Dei intex hommes, 
Hagte Corn. 1753. 8vo. 



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