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Wrm. T^ TKaji.Llltv. 



SCIENCE CENTER LIBRARY 



MONOliRAPHIES INDUSTRIELLES 



rtC® BRUXELLES ^TL, 

■ci>El M. WEISSENBBUCH, IWP. DU ROI _:^>" 
^^?® A3. RUE OU POINÇON ®^ 



ROYAUME DE BELGIQUE 

MINISTÈRE DE L'INDUSTRIE ET DU TRAVAIL 

'Ec^^l^^ ~ OFFICE OU TRAVAIL ET INSPECTION ÛE L'IHOUSTRIE 

MONOGRAPHIES INDUSTRIELLES 

APERÇU ÉCONOMIQUE. TECHNOLOGIQUE ET COMMERCIALES. 



O-roupe IV 
FABRICATION 

TRAVAIL DU YEREE 



BRUXELLES 

OFFICE DE PUBLICITÉ 1 SOCIÉTÉ BELOE DE LIBRAIRIE 

J. LEBËGUE & C» 0. SCHEPENS&C» 

1907 



CW^-;5SC\. 




■( ^CT 3 1907 



CL'.^J:yv^^ "jS JC\, û"l 



ROYAUME DE BELGrQUE 

MINISTÈRE r>E L'INDUSTRIE ET DU TRA.VAIL 

; OFFICE DU TRAVAIL ET INSPECTION DE L'tNûliSTRIE 



MONOGRAPHIES INDUSTRIELLES 
APERÇU ÉCONOMIQUE, TECKNOLOGJQUE ET COMMERCIAL 



FABRICATION 



TRAVAIL DU VERRE 



BETJXELLES 

OFFICE DE PUBLICITÉ 1 SOCIÉTÉ BELGE DE LIBIIAIRIE 

J. LEBÈQUE & C" O. SCHEPENS &. C* 

■JB, 46 1 - BUE TBEURENllERQ, 16 

1907 : 



NOTICE STATISTIQUE 



Le groupe des industries verrières (^) a subi des 
modificatioDs notables au cours de ces dis dernières 
années. Alors qu'au Recensement des industries et des 
métiers de 1896, on ne relevait que 50 établissements 
s'occupant de la fabrication de ces produits, Tétude 
actuelle a permis d'en signaler 69 ; le nombre d'ou- 
vriers a suivi la même progression : le personnel 
occupé, qui se montait en 1896 à 21,699 ouvriers, 
atteint en 1906, le total de 5i,100 ouvriers. Une 
augmentation correspondante se constate dans l'utili- 
sation de la force motrice : le Recensement de 1896 
renseigne pour les industries verrières, un total de 
12,782 chevaux- vapeur; ce nombre est doublé aujour- 
d'hui, et se monte à 24,560 chevaux-vapeur. 



1) Le but poursuivi par la publication des Monographies indut- 
trietlet étant avant tout pratique, il a paru convenable de modiGer 
quelque peu le groupement des industries qui a servi de base au 
Recensement des Industries de 1896. Ainsi, dans le présent travail, 
on a étudié comme suite à la fabrication du verre, la mise en œuvre 
et certaines utiligations industrielles du verre, non classées dans les 
industries verrières proprement dites : c'est le cas pour le travail 
des verres bombés, les verres spéciaux découpés, plaques sèches, 
verres ronds, etc., le biseautage cl l'argenture des glaces, la gra- 
vure et la décoration à froid, l'émail et la peinture reeuite et les 
plaques photographiques 



Ce développement ne se marque pas cependaDt 
dans des proportions semblables dans toutes les 
industries considérées. Il a été peu sensible, par exem- 
ple, dans les verreries à bouteilles. Ce sont particu- 
lièrement les gobeleteries et cristalleries-gobeleteries 
qui accusent un progrès comme nombre d'établis- 
sements et de personnel. En 1896, le Recensement 
dénombrait 15 entreprises, tandis qu'il y en a 26 
en 1906; pour la dernière décade, oa enregistre donc 
ta création de 11 établissements nouveaux. Le per- 
sonnel des gobeleteries et cristalleries-gobeleteries a 
passé de 7872 ouvriers en 1896 à 10,260 en 1906. 

Le nombre de glaceries n'a augmenté que d'une 
unité depuis dix ans, mais les usines existantes ont 
subi une extension sérieuse puisque le nombre d'ou- 
vriers passe de 5,905 en 1896 à 6,100 pour la période 
actuelle, soit un accroissement de près de 60 p. c. par 
rapport à l'année du Recensement. 

Pour les verreries à vitres, le nombre n'a pas non 
plus varié sensiblement, mais là aussi on constate 
une augmentation importante de la production, qui 
se traduit par un accroissement de la main-d'œuvre : 
le personnel dénombré était de 9,763 ouvriers 
en 1896; on trouve actuellement dans les verreries 
14,500 ouvriers, soit une augmentation de près de 
50 p. c. 

Au point de vue géographique, la situation s'est 
quelque peu modifiée aussi. Bien que les provinces 
de Liège, et surtout celles de Hainaut et de Namur 
restent les grands centres de la production verrière, 
d'autres provinces ont vu cette industrie s'implanter 



sur leur territoire : le Brabant où l'on ne trouvait 
qu'une gobeleterie d'importance minime en 1896, pos- 
sède aujourd'hui 5 établissements (1 glacerie, 5 gobele- 
teries et i verrerie à vitres nouvelles); la province 
d'Anvers, oii le Recensement de 1896 ne renseignait 
aucune entreprise verrière, compte actuellement sur 
son territoire l gobeleterie et 2 verreries à vitres. 

Voici, du reste, résumiée en tableau, la situation 
comparée pour 1896 et 1906 : 

Répartition gréographlque des industries eonsidérées, 
en 1S96 et en 1906. 



ARRONDISSEMENTS 


NomBr* total 

«'•ntnprli» 

lIlliM 

duu la 


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(obeleKries 
cristllltriu- 


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ADMINISTRATIFS. 
















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1896 


1908 


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1908 


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Bruxelles 












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(1) Nou compris V verrer 


îoiers'enlfs™ 
léKetatabriqoe, 


Bsn' 


Ht à r*poquH du R 

jaai, pits d'équival 
findres et tiibea. Li 


■3 entreprise 


ss:s 



Les renseignements qui suivent se rapportent aux 
données recueillies lors du Recensement de 1896. 
Bien que, comme nous l'avons vu ci-dessus, le nombre 
d'établissements ainsi que l'importance du personnel 
aient varié depuis, les renseignements nombreux et 
précis que fournit le Recensement sur la population 
ouvrière et d'autres points non étudiés à l'occasion de 
cette monographie, gardent en grande partie leur 
valeur pour la situation actuelle et présentent encore 
suffisamment d'intérêt pour faire l'objet d'une notice 
statistique. 

Le Recensement général des industries et des 
métiers de 1896 a relevé un total de 50 entreprises 
appartenant à l'industrie verrière, savoir : 8 glace- 
ries, 15 gobeleteries et cristalleries-gobeleteries, 
4 verreries à bouteilles et 25 verreries à vitres. 

Toutes ces entreprises, sauf une verrerie à bouteilles 
de l'arrondissement de Charleroi, étaient en activité 
au moment du Recensement. 

Le tableau ci-après [p. ix] donne, au point de vue 
territorial, la répartition de ces différentes entreprises 
entre les grandes divisions administratives du pays. 

Le domaine des industries verrières s'étendait 
donc, presque exclusivement, aux trois provinces de- 
Hainaut, de Liège et de Namur, le Brabant ne comp- 
tant qu'un seul établissement, avec un personnel de 
54 ouvriers (^). 



(<) Comme nous l'avons vu, la situation s'est modifiée à ce point de 
vue : le Brabant compte actuellement 5 établissements et la province 
d'Anvers entre en ligne de compte avec 3 entreprises. 



Bépartitlon des 


entreprises et du personnel 


ouvrier 






TOTAL. 


miiNT. 


BiiNin. 


DUE. 


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mDtSTRIES. 


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KobeleterîeE 


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1968 


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Verreries à bouiail les , . 


4* 


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Verreries à vitres .... 
Totaux. . . 


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9763 


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5 


4816 


7 


330S 


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Si l'on coDShdère l'ensemble des industries, c'est la 
province de Hainautqui occupe la première place, et 
quant au nombre d'entreprises et quant au nombre 
d'ouvriers. On y comptait 37 établissements occupant 
ensemble 14,044 ouvriers, soit les trois quarts du 
nombre total des entreprises et les deux tiers de l'en- 
semble du personnel ouvrier. 

Le plus fort contingent d'entreprises et d'ouvriers, 
pour la même province, est fourni par les verreries à 
vitres, qui étaient représentées par 25 établissements 
occupant un personnel de 9,765 ouvriers. 

Le Hainaut est, de plus, la seule province où se 
rencontrent, à la fois, toutes les industries du verre. 
Il avait même à cette époque, le monopole de la 
fabrication des verres à vitres et des bouteilles. Il n'en 
est plus de même aujourd'hui : on trouve deux verre- 
ries à vitres dans la province d'Anvers, une dans le 
Krabant et une dans la province de Namur. 



Les gobeleteries et cristalleries- gobe leteri es étaient 
moins étroitement localisées : on en relevait 6 dans 
le Hainaut, 5 dans la province de Liège, 5 dans la 
province de Namur et 1 dans le Brabant. 

Quant aux glaceries, elles sont représentées par 
8 établissements, dont 4 dans le Hainaut et 4 dans la 
province de Namur. 

l^s facteurs principaux de ce groupement des 
industries verrières sont la présence dans les pro- 
vinces de Hainaut, de Namur et de Liège de certaines 
matières premières et d'un combustible abondant, le 
charbon. Sigaalons encore, comme une des princi- 
pales causes de ce groupement, le travail traditionnel 
de l'ouvrier verrier. On sait, en effet, que le métier 
de verrier exige un assez long apprentissage et que la 
présence d'une main-d'œuvre habile et expérimentée 
n'est pas un des moindres facteurs du développement 
d'une industrie. 

Cette dernière considération nous amène à parler 
de l'ancienneté des industries verrières; le travail 
traditionnel suppose, en effet, l'ancienneté de l'in- 
dustrie. Et, de fait, si l'on jette les yeux sur le tableau 
ci-après (p. xi), oîi se trouvent réparties, d'après la 
date de leur fondation, les entreprises considérées, 
on constatera qu'un assez grand nombre de celles-ci 
sont de date relativement ancienne. 

Quatorze entreprises verrières, occupant ensemble 
9,754 ouvriers, soit à peu près le tiers du nombre des 
entreprises recensées au 51 octobre i896 et près de 
la moitié du personnel ouvrier occupé dans ces entre- 
prises, ont été créées avant 1860. 



Répartition des entreprises d'appès la date de fondation. 






INDUSTRIES. 


TOIAOX. 


Entn^M. •« nUiM ■i»t M «M*» Il 


prise 
Tité. 




de 1801 
11830 


de 1831 

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à 1870 


de 1871 
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de 1881 
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de 1891 
a 1896 


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Glaeeries 

Gobeleleries, crislalle- 

Verreries à bouteilles. 
Verrerios a vitres . . 

Totaux. . . 

(•) Non compris une 


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3137 


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4 


223 


1 


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Les plus anciens établissements encore en activité 
à l'heure actuelle datent de la période de 1801 à 1850. 
C'est durant cette période que fut fondée la première 
cristallerie : l'établissement du Val-Saint-Lambert, 
aujourd'hui encore le plus important en ce qui con- 
cerne le nombre d'ouvriers occupés. A la date du 
Recensement, cet établissement occupait un personnel 
de 5,086 ouvriers, soit près de la moitié du personnel 
total occupé dans les cristalleries. 

La plus ancienne verrerie à vitres date également 
de cette période. 

Les glaeeries remontent à la période de 1831 à 1860. 

On ne trouve les verreries à bouteilles qu'à partir 
de 1881. 

La période de plus grand développement des indus- 



— XII — 

tries verrières est celle de 1881 à 1890. Elle fut 
marquée par la création de 15 établissements qui 
occupaient, en 1896, un personnel de 5,821 ouvriers. 

Voici quelle était, lors du Recensement, au point 
de vue du mode d'exploitation, la répartition des 
industries verrières : 



Bépartltlon des entreprises d'après le mode d'exploitation. 


INDUSTRIES. 


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7191 

57 

7536 


Gabeleleries, cristalleries - aabele- 
teries 

Verreries àbouteillea 

Verreries à vitras 

Totaux. . . 


« 


21899 


1S 


301 D 


34 


1888» 



Il résulte de ce tableau que près des trois quarts 
des entreprises sont exploitées par des sociétés par 
actions. Sur les 21,699 ouvriers qui étaient occupés 
dans l'ensemble des industries verrières à l'époque du 
Recensement, 18,689, soit 86 p. c. du total, tra- 
vaillent dans des entreprises exploitées sous forme de 
sociétés. 

Les deux tiers des entreprises de verreries à vitres 
et plus de la moitié des entreprises de gobeleteries et 



cristalleries-gobeleteries sont exploitées sous la forme 
anonyme. 

Quant aux entreprises de glaceries, elles sont toutes 
exploitées par des sociétés par actions. 

En résumé, ce sont donc les sociétés par actions 
qui se partagent la plupart des entreprises et occupent 
le plus grand nombre d'ouvriers. 

Voici maintenant la répartition des industries ver- 
rières suivant le nombre d'ouvriers occupés : 

Répartition des entreprises d'apràs le personnel ouvrier- 







" 




D'OUVRIERS. 


eiiMriei. 


tristilliriM- 
gobslwrio. 


TortriM 

i 
bDitiilIei. 


TemriK 

1 
Titra. 


,.„„. 


Moins de 3(1 . 
De aOà 49 
ne 60 à 99 
De 100 à 199 
De 300 à 499 
De SODà 999 
De 1000 à 1999 
2000 et plus . 
Totaux. 






* 


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1 

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11 

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9 


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1! 


8 


33 


*9 



{.^a première conclusion qui s'impose, à la lecture 
de ce tableau, c'est que presque toutes les entreprises 
verrières appartiennent à la grande et à la très grande 
industrie. 

Aucune de ces entreprises ne compte moins de 
20 ouvriers. 



24 d'entre elles, soit la moitié du total, occupent 
un personnel variant entre 200 et 500 ouvriers. 

22 verreries à vitres sur 23 et 13 gobeleteries et 
cristalleries-gobeleteries sur 15 emploient plus de 
100 ouvriers. 

Les glaceries sont du domaine exclusif de la grande 
et de la très grande industrie. Le personnel travaillant 
dans ces entreprises oscille, en effet, entre 200 et 
1,000 ouvriers. 

Quant aux verreries à bouteilles, 1 occupe de 20 à 
49 ouvriers, les 2 autres de 50 à 99. Ces chiffres 
paraissent plutôt faibles quand on les compare à ceux 
des autres industries. Il ne faut toutefois pas perdre 
de vue qu'à l'époque où ils ont été dressés (1896], les 
entreprises en question ne comptaient encore que 
quelques années d'existence. 

La très grande industrie (entreprises de 500 ouvriers 
et plus) est représentée, dans le tableau qui précède, 
par 12 établissements : 6 verreries à vitres, 4 glaceries 
et 2 gobeleteries et cristalleries-gobeleteries. 

Deux de ces entreprises, une cristallerie-gobeleterie 
de l'arrondissement de Namur et une verrerie à vitres 
de l'arrondissement de Charleroi occupent de 1,000 
à 1,999 ouvriers. 

Enfin, une cristallerie-gobeleterie de l'arrondisse- 
ment de Liège, la plus importante des industries ver- 
rières, au point de vue du personnel ouvrier, occupait 
exactement 5,086 ouvriers. 

Le tableau suivant donne la répartition du per- 
sonnel ouvrier suivant le sexe et l'âge. 





âge et le sexe. 






mDOSTRIBS 


Personnel 
ouvrier total. 


Htxibrt fnw\,n .t fnrritt*, Uét f || 


■■iisdilJm 


Il ail 


inouï «<:iui. 


,.,.„„. 1 


Tolil H. 


F. 


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H. 


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H. 


F. 


TMil. 


H. 


F, 


ToUL 


H. 


F. 


Glacerie< . . 




374Î 


188 


34 


Si 


s 


140 


HO 


_ 


537 


(88 


4! 8194 


3083 


112 


Gobeletenes, cristalle- 
ries gobelatenes 




5B04 


iaS8 


803 


681 


iiS 


isoe 


964 


m 


2064 


1068 


IBif 3777 


3091 


S66 


Verreries d bouteilL» . 


159 


140 


19 


28 


18 


8 


14 


14 




22 


n 




97 


91 


8 


VeiTenes à vitres 

TOTACX. . . 




SH'iS 


m 


690 


609 


81 




lîôa 


30! 


IE24 


mi 


40; 


589E 


S736 


139 


Z1699 


18525 


3174 


.553 


1340 


S13 


2916 


!3T0 


tM 


»!B7 


t 


1472 


12963 


12020 


943 



Ainsi, l'on compte, pour toutes les industries 
réunies, 18,525 ouvriers et 5,i74 ouvrières. L'élément 
féminin entre donc pour un septième dans l'ensemble 
du personnel ouvrier. Toutefois, cette proportion est 
loin d'être la même pour toutes les industries^ Presque 
nulle dans les glaceries oii l'on ne trouve que 
165 femmes sur un total de 5,905 ouvriers, elle 
dépasse, au contraire, le quart du personnel dans les 
gobeleteries et cristalleries-gobeleteries (2,0G8 femmes 
sur 7,872 ouvriers). Elle est de un dixième dans les 
verreries à vitres, qui occupent 924 femmes sur un 
personnel total de 9,765 ouvriers. 

Les entreprises employant le plus grand nombre de 
femmes sont les gobeleteries et cristalleries-gobele- 
teries : 5,804 ouvriers et 2,068 ouvrières, soit 
1 ouvrière pour 5 ouvriers. 

Les tout jeunes ouvriers, âgés de moins de 14 ans, 
sont surtout nombreux dans les gobeleteries et cris- 



talleries-gobeleteries, où l'on trouve 681 garçons et 
122 filles, et les verreries à vitres, où le tableau 
renseigne 609 garçons et 81 filles. Si l'on établit le 
pourcentage de ces jeunes ouvriers par rapport à 
l'ensemble du personnel travaillant dans les deux 
industries précitées, on trouve : pour les gobeleteries 
et cristalleries-gobeleteries : garçons, 8.65 p. c, et 
filles, 1.55 p. c, et pour les verreries à vitres : gar- 
çons, 6.24 p. c, et filles, 0.85 p. c. Ce sont donc les 
gobeleteries et cristalleries^obeleteries qui emploient 
proportionnellement le plus grand nombre de ces 
tout jeunes ouvriers. 

L'équilibre se rétablit pourtant dans la deuxième 
catégorie, celle des ouvriers et des ouvrières âgés de 
14 à moins de 16 ans : dans les gobeleteries et cris- 
talleries-gobeleteries : garçons, 12.25 p. c, et filles, 
5.10 p. c; dans les verreries à vitres : garçons, 
12.82 p. c, et filles, également 5.10 p. c. Mais cet 
équilibre est de nouveau rompu dans la catégorie 
snivante, qui comprend les ouvriers âgés de 16 à 
moins de 21 ans. Ici, la proportion des hommes est 
restée sensiblement la même : 15.57 p. c. dans les 
gobeleteries et cristalleries-gobeleteries et 12.52 p. c. 
dans les verreries à vitres; mais celle des femmes 
qui dans la première de ces industries a monté 
subitement à 12.91 p. c, n'atteint dans la seconde 
que 4.12 p. c. Le nombre des femmes de 16 à moins 
de 21 ans qui sont occupées dans les gobeleteries et 
cristalleries-gobeleteries est égal, à quelques unités 
près, à celui des hommes du même âge (1,068 hommes 
et 1,016 femmes). 



— XVII — 

EnQn, il nous reste à considérer la dernière caté- 
gorie, celle des ouvriers et ouvrières âgés de 21 ans 
et plus. Ici, la proportion des femmes tant dans les 
gobeleteries et cristalleries^gobeleteries que dans les 
verreries à vitres a fléchi considérablement : elle est 
tombée de i2.91 à 8.72 p. c. dans les gobeleteries et 
cristalleries-gobeleterieset de4.12à 1.42 p. c. dans les 
verreries à vitres; lacause de ce phénomène saute aux 
yeux : beaucoup de femmes, particulièrement dans 
les verreries à vitres, abandonnent, jeunes encore, le 
travail de l'usine. Remarquons, cependant, la place 
importanle que conservent dans les gobeleteries et 
cristalleries-gobeleteries, les ouvrières âgées de 21 ans 
et plus : 686 sur un total de 7,872 ouvriers ou 8.72 p. c. 

Comme toutes les industries à feu continu, les indus- 
tries verrières doivent avoir recours au travail de nuit. 

Le tableau ci-après (p. xviii) répartit les ouvriers des 
industries considérées d'après le moment où ils effec- 
tuent leur travail, le jour, la nuit, ou tantôt le jour, 
tantôt la nuit, en se remplaçant par équipes. 

Comme l'indiquent les chiffres de ce tableau, la 
moitié environ des ouvriers (10,115 sur2l,699j tra- 
vaillent seulement le jour; l'autre moitié (H,421), 
alternativement le jour et la nuit. Très peu (165) ne 
sont occupés que la nuit. 

Le travail par équipes se présente dans toutes les 
industries verrières, mais il domine dans les verreries 
à bouteilles et les verreries à vitres. On relève, pour 
cette dernière industrie, 6,500 ouvriers sur 9,765 
occupés alternativement le jour et la nuit. 



Répartition du personnel ouvrier d'après le moment 
de l'occupation. 



INDUSTRIES. 


ttr- 
nngtl 
uitier 
Util. 


ttomtirt d'Hirrltn » ■'«iirlini MU»f || 


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H. 


F. 


Cliiceries 

Gobeleteriea, cristal le- 

Verreries à bouteilles . 
Verreries à vitrea . . . 


390S 

7872 
159 
9783 


2327 

4S3S 

37 
32IS 


2350 

3497 

28 

281(4 


411 


47 
48 


60 
42 

*8 


; 


1BI0 

3289 
122 
SEQO 


1431 

113 
59S7 


78 

34 
10 
513 


TOTAUI. . . 


2,m 


toits 


7S79 


2B36 


163 


lEO 


13 


11421 


10796 


62B 



Quant à la distinction par sexe, on compte, pour 
toutes les industries réunies, que 79.90 p. c. des 
femmes sont occupées seulement le jour, 0.41 p.c. seu- 
lement la nuit et 19.69 p. c. alternativement le jour 
et la nuit. Les femmes travaillant par équipes sont 
surtout nombreuses dans les glaceries (78 sur 163), 
les verreries à bouteilles (10 sur 19) et les verreries 
à vitres (513 sur 924). Elles sont, au contraire, 
l'exception dans les gobeleteries et cristal leries-gobe- 
leteries, où l'on ne trouve que 24 ouvrières travail- 
lant alternativement le jour et la nuit, sur un total 
de 2,068. 

Voici la durée cfifective du travail des ouvriers, en 
distinguant le moment de l'occupation (toutes les 
industries réunies) : 



Sépartltton du personnel ouvrier d'après la durée du travail- 



DCRÉE DU TRAVAIL 

(REPOS DÉDmiS). 


tri>UII*Bl 1* «•■■ 


m l'kHr» gi-ofirtn. | 


dintintdiJtiot. 


depludtiexit. 


TOTAUX. 


■on», rai». 


biH, 


,... 


Nnttts 1 Pnpwtin 


A. — Ouvriers 
g heures et moins. . . 
Plus de 8 à 9 heures 
Plus de 9 à 10 heures 
Plus ae 10 à 10 {heures 
Plus de loi à tl heures 
Plus de il àlliheurea 
Plus de 11 i à lï heures 
Plusdei^heures. . . 
DiiDiMbied'bniniTtritbltODial 

Totaux 

B. — Ouïiiei's 


et ouvr 


èreso 

7 

421 
ISt 

67 

98 


eupés 
1 
1 

195 
196 
ïl 

Ig 


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68 

230 

3575 

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1 

87 

fl7 


seule 

6S9 

1S56 

gl 

tï 

101 


neiit. 

84 

256 
4830 
4019 

S82 

so 

so 


1.18 
22.28 
18. S3 
2.63 
023 
0.23 


èreso. 


432 

JiUpés 


6804 

a nui 

i 

40 

114 


2104 

seulen 

1 

12 


1011S 

2 
21 

8 
132 


46.62 

0.009 
D.09B 
0.036 


Plusde ȈlO heures. 
PlusdBlOÂlOlheures. 
în nombre d'heur» iirilbUooind* 
Totaux 
C. — Ouvriei's el ouvri 


tamiié. 


6 - 


« 

ipéaa 

EUXÉO 


- 

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144 

1970 
627 
166 

aaa 

467 


13 

t le iou 

7g 
Ig 

37 


163 

V et la 

30Zt 
920 
277 
24B 
770 


0.7B 

nuit. 

13,92 
4.24 
1.28 
1-13 
3.SS 


Plus de 10 à IflJ heures 

Plus de 10 là 11 heures 
1 Plus de 11 àlS heures 
!ljiiiombKd'b«Dninriiblio>M 

TOIÀIIX 


tenotiX. 


S75 

107 

B 

m 


1 


180Î 

OlSÉfi 
IfO 
lOS 

1069 


31 

37 


3463 

417 

IS 
3066 


138 

33 
137 


S233 

557 
10S6 


24.12 

2.57 
4.86 
0.08 
20.88 




11 heures 

L'd Dtmhn d'beoni iiriiblt od indé 

Totaux 

c) QUATKE ÉQUIPES CT 

linp[inibr(a'taMnri.blîoDiyd 


;r, 


1314 


296 


4391 

A HOU 


160 


6161 
ËTERHl 


28.39 
É. 
0.12 



La durée du travail pour la grande masse des 
ouvriers et ouvrières occupés le jour seulement, varie 
donc entre 9 heures exclusivement et 10^ heures inclu- 
sivement. Sur 10,iio de ces ouvriers, 4,850 travaillent 
plus de 9 à 10 heures et 4,049 de 10 à iO ^ heures. 

Le total ou 8,849 représente 40.79 p. c du per- 
sonnel occupé dans toutes les industries considérées. 

Le travail exclusivement de nuit est d'une durée 
généralement moins longue que le travail de jour. 
Nous n'insisterons pas davantage sur ce point, attendu 
que pour la plupart des ouvriers (152 sur 165) qui 
sont occupés la nuit seulement, la durée du travail 
n'a pu être déterminée. 

Quant aux ouvriers occupés alternativement le jour 
et la nuit, ils représentent la grosse moitié du per- 
sonnel total : 11,421 sur 21,699 ou 52.65 p. c. U 
durée du travail, pour ces ouvriers, varie suivant le 
nombre des équipes et suivant la façon dont celles-ci 
sont organisées. 

Si nous considérons d'abord les ouvriers organisés 
en deux équipes, dont la proportion, par rapport 
au personnel de toutes les industries, équivaut à 
24.12 p. c, nous voyons que plus de la moitié (5,021 
sur 5,255 ou 15.92 p. c. du total général) travaillent 
10 heures et moins. Le reste des ouvriers compris 
dans ce groupe se répartit comme suit : 

920 ou 4.24 p. c. du total travaillent plus de 10 à 10 ^ heures. 
277 ou 1.28 p. c. — — plus de 10 î à H heures. 

245 ou 1.13 p. c. — — plus de 11 à 12 heures. 

770 ou 3.55 p. c. — — un nombre variable ou 

indéterminé d'heures. 



Sur les 6,161 ouvriers qui composent le second 
groupe — celui des ouvriers organisés en trois 
équipes — et qui représentent 28.59 p. c. de l'en- 
semble des ouvriers verriers, 4,551, soit les trois 
quarts du groupe et le cinquième du total, travaillent 
un nombre variable ou indéterminé d'heures. Ceci 
rend pour ainsi dire impossible tout rapprochement 
entre ce groupe et le précédent. Constatons seulement 
que la journée de huit heures qui ne .figure pas dans 
le premier de ces deux groupes, ou du moins qui n'y 
est pas nominalement désignée, figure ici en regard 
d'un nombre d'ouvriers équivalant à 2.57 p. c. du total. 

En résumé, roo peut dire que défalcation faite des 
ouvriers qui Iravailleni un nombre variable ou indé- 
terminé d'heures et qui représentent 26.16 p. c. du 
total, près des deux tiers des ouvriers sont occupés 
pendant 10 heures au moins et environ un tiers pen- 
dant plus de 10 à 10 * heures. 

Quant aux femmes, elles travaillent sensiblement le 
même nombre d'heures que les hommes. La plupart, 
du reste, ainsi qu'on l'a vu précédemment, ne sont 
occupées que le jour. 

Pas plus sous le rapport de l'âge que sons le rap- 
port du sexe, il n'existe de différence notable en ce 
qui concerne la durée du travail : jeunes ouvriers et 
ouvriers adultes fournissent sensiblement la même 
journée de travail. 

Sur les21,564 ouvriers pour lesquels on a recherché 
le mode de calcul des salaires, il y en a 10,625 ou 
49.27 p. c. qui sont payés au temps, 2,707 ou 



— XIII — 

12.55 p. c. dont le salaire est calculé d'après la quan- 
tité produite et 8,234 ou 38.18 p. c. dont le mode de 
calcul du salaire n'a pu être déterminé. 

Parmi les ouvriers payés au temps, la grosse moitié 
(5,634) sont rémunérés à la semaine, à la quinzaine, 
au mois; un grand nombre (4,515) sont payés à la 
journée et 476 seulement à l'heure. 

Quant aux ouvriers dont le salaire est calculé 
d'après la quantité produite, la plupart (2,505 sur 
2,707) sont payés à la pièce individuellement; un 
petit nombre (204) travaillent par groupes ou à la 
tâche en commun. 

Le tableau ci-contre donne le détail pour les indus- 
tries considérées : 

Répartition du personnel ouvrier d'après le mode de calcul 
des salaires. 



IHDISTRIBS. 


f«- 


OHirlirt «t Murltna «iit 1* ■■!■«'• «it oiloulé d'ipi^t 




le temps de travail 


la quantité rie travail 


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l'heore. 




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Total. 


Total. 


lEliiTi- 

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«mnit. 


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3832 


468 


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244B 


il 


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6 


13SS 


(>ob«lelene9 cnsUllenes- 
golwleterits 


7S39 


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11)37 


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651 


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E326 




148 


- 


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38 


48 


32 


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- 


83 


Verreries d vitres 

Totaux. . . 


>745 


- 


lUi 


(73S 


eîTT 


I9B4 


1805 


189 


H74 


ÎI6B4 


476 


«SIS 


B634 


I0W8 


2707 


250S 


204 


8234 


(•) Le nombre d'ouvriers i 


ortéùc 




psree iine Iji statistique des su 




ei celle des modes de rémunération — a *;é effectuée d après le 






ation de ces écarts h été lournie aa volume XVIII du Recou- 


semeucde )S1I6. pp. 75 et!a,> 







On voit que le salaire au temps domine dans toutes 
les industries. Une réserve s'impose, cependant, en ce 
qui concerne les gobeleteries et cristalleries-gobele- 
teries, où l'on compte 5,526 ouvriers, soit les deux 
tiers du personnel occupé dans cette industrie, pour 
lesquels le mode de calcul du salaire n'a pu être déter- 
miné. 

Parmi les ouvriers dont le salaire est calculé au 
temps, la plupart, avons-nous dit, sont payés à la 
semaine, à la quinzaine ou au mois. Ce n'est, cepen- 
dant, pas le cas pour toutes les industries. Ainsi, dans 
les gobeleteries et cristalleries-gobeleteries et surtout 
dans les glaceries, c'est le régime du travail à la 
journée qui est prépondérant. Dans les verreries à 
bouteilles et les verreries à vitres, au contraire, la 
plupart des ouvriers sont payés à la semaine, à la 
quinzaine ou au mois : 58 ouvriers dans les verreries 
à bouteilles et 4,753 dans les verreries à vitres. Ajou- 
tons que le salaire à l'heure n'existe pas dans ces deux 
dernières industries. 

Quant au salaire calculé d'après la quantité de tra- 
vail produite, ce régime se rencontre principalement 
dans tes gobeleteries et cristallefies-gobeleteries et 
dans les verreries à vitres : 660 ouvriers de la pre- 
mière de ces deux industries et i,994 de la seconde 
reçoivent une rémunération basée sur ce mode de 
calcul. 

Le travail par groupes ou à la tâche en commun 
est inconnu dans les verreries à bouteilles, et là où il 
est le plus pratiqué, c'est-à-dire dans les verreries à 
vitres, il n'intéresse encore que 189 ouvriers. 



Enfin, voici quelques indications relatives aux 
moteurs utilisés, lors du Recensement de 1896, dans 
les industries verrières. 

Le nombre de moteurs était le suivant pour les 
glaceries : 59, dont 55 à vapeur, l à eau et 5 à l'élec- 
tricité; pour les gobeleteries : 20, dont 17 à vapeur et 
5 àrélectricité; pour les verreries à vitres : 50, dont 
29 à vapeur et 1 à l'électricité ; au total : 89 moteurs, 
dont 79 à vapeur, 1 à eau et 9 à l'électricité. 

La force en chevaux-vapeur se montait, pour 
l'ensemble des moteurs à vapeur, à 12,781 \ chevaux 
et ceux-ci se répartissaient comme suit entre les 
différentes industries : 10,576 dans les glaceries, 
117 \ dans les gobeleteries et cristalleries-gobeleteries 
et 505 dans les verreries à vitres. 

Comme nous l'avons vu antérieurement, ces nom- 
bres sont complètement modiBés aujourd'hui, et le 
relevé effectué en 1906 accuse un accroissement consi- 
dérable par rapport à l'année du Recensement : la 
force ' motrice est actuellement, pour l'ensemble des 
industries verrières, de 24,560 chevaux- vapeur. 



FABRICATION ET TRAVAIL DU VERRE 



I 

Généralités. 



Composition du verre. 

Od peut considérer le verre comme un mélange 
de silicate alcalin, à base de soude ou de potasse, 
avec un ou plusieurs silicates à base alcalino-terreuse 
(chaux, magnésie, baryte), ou à base métallique (alu- 
mine, oxyde de fer, de plomb, etc.). 

Ces divers éléments peuvent se trouver unis suivant 
des proportions fort variables. Il est admis, en effet, 
que les silicates à base alcalino-terreuse ou métal- 
lique se dissolvent dans le silicate alcalin, lequel joue, 
pour ainsi dire, le rôle de fondant pour la masse 
entière. Il est donc difficile d'indiquer une composi- 
tion uniforme, une formule générale s'appliquant aux 
différents genres de verres fabriqués. 



Touiefoîs, il résulte de recherches sérieuses, faites^ 
par des spécialistes, qu'il existe des verres de composi- 
tion normale, dont les éléments, combinés dans un 
rapport constant, forment des :silicates bien définis. 

Voici, d'après Benrath ('), quels seraient théorique- 
ment les dosages des constituants pour les trois prin- 
cipaux lypes de verre fournis par l'industrie : 



PRODUITS. 


Silice. 


Souiie. 


Polnase. 


Chau.\. 


Oxïd. 
plomb. 


Verre à glaces el à vitres. . 


75.5 


10.9 


_ 


15. C 


_ 


Verre de Bohême ou de gobe- 
leterie fine 


71.5 


- 


15.5 


15.0 


— 


Cristal 


51.5 


- 


11.2 


- 


57.3 



Dans la pratique, la composition des verres se rap- 
proche, plus ou moins, de ces formules fondamentales; 
elle s'en différencie soit par un excédent de silice, 
soit par un excédent de Tune ou Tautre des bases. 
De plus, il est rare que le verre ne renferme pas une 
certaine quantité d'alumine et d'oxyde de fer, dont 
la présence lut communique une teinte verdàtre plus 
ou moins prononcée. 

D'après l'ouvrage de MM. Appert et Henrivaux, 
les compositions normales des différentes sortes de 



(•) Voir Yerre et Verrerie, par MH, Léos Appert el Jules Henri 
Paris, 1894. 



verre fabriqués couramment en Belgique seraient les 
suivantes : 



Verre 

bouteilles. 



Verre 

de 

^beleterie 



Soude . . 
Potasse . 
Chaux. . 
Hagoésie 
Alumine . 
Oïyde de fer 

Bioiyde de n 

ganèse . . 



61.75 
i 10 



j.55 
7.10 

2.70 



73.31 
13.08 



70.40 
9,15 



51.10 
1.70 



0.50 
0.30 

8.S0 

38.30 



La composition du verre à bouteilles, dans le pro- 
cédé par soufflage mécanique, est un peu différente de 
celle qui est indiquée ci-dessus; la proportion des 
éléments est représentée comme suit : silice, 68 à 70 ; 
soude, 9.5; chaux, 15; magnésie, alumine et fer, 7.5 
à 5.5. 

Selon Tscbeuschuer, la composition du verre à 
glaces serait maintenant la suirante : silice, 72.29; 
soude, 12.14; chaux, 15.57. 

Il va de soi que 1^ dosages va rient, d'à près les usines, 
dans des limites assez étendues. Les verres dont la 
composition présente le moins de fixilé sont, d'abord. 



— 4 — 

le verre à bouteilles, que l'on produit en diverses 
teintes, puis, le verre de gobeleterie, dont on fabrique 
plusieurs qualités. Quant aux verres colorés, en plus 
des conslituanis normaux indiqués plus haut, ils ren- 
ferment d'autres bases minérales, que nous ferons 
connaître lorsque nous traiterons des matières pre- 
mières. 

Propriétés du verre. 

Le verre se caractérise par certaines qualités qui 
en font une substance précieuse pour un grand 
nombre d'usages domestiques, industriels ou scienti- 
fiques. Sans vouloir nous étendre sur ce sujet, nous 
croyons utile de rappeler brièvement les principales 
propriétés qui ont contribué au développement des 
applications du verre à notre époque. 

En premier lieu se placent la rigidité et la transpa- 
rence, qualités essentielles qui font du verre la matière 
la plus convenable pour garnir les baies destinées à 
laisser pénétrer la lumière dans les habitations, ou 
pour entrer en combinaison avec les boiseries dont 
sont construits nos mobiliers. 

VinsolubUité du verre dans l'eau et son inallaquabililé 
par les liquides acides ou alcalins l'ont fait adopter 
dans la fabrication de vases et de récipients de toutes 
sortes, usités dans Téconomie domestique, l'industrie 
et les laboratoires. C'est aussi cette qualité d'Inalté- 
rabilité, de résistance générale aux divers agents 
de décomposition, qui a fait employer le verre à la 
fabrication de matériaux de revêtement d'un usage à 
la fois commode et hygiénique. 



Sa propriété d'être fusible à une haute température 
et de se transformer ensuite, par refroidissement, en 
une masse plastique, permet de façonner le verre à 
volonté et d'en fabriquer des. objets de toute forme et 
de toute épaisseur. 

Grâce à la faculté que possède le verre en fusion de 
dissoudre certains oxydes métalliques et d'acquérir 
ainsi des colorations diverses, soit en conservant sa 
Iran si uci dite, soit en devenant opaque, on a pu élargir 
encore le cercle de ses applications, principalement, 
dans le domaine de l'art industriel. 

Enûn, la facilité avec laquelle le verre se laisse polir, 
tailler, graver, décorer, le pouvoir réfringent qu'il pos- 
sède, sont mis à profit dans la fabrication de nom- 
breux objets devant répondre à certains besoins 
screntiSques ou satisfaire aux exigences du luxe et 
de la fantaisie. 

Malgré toutes ces qualités, le verre présente cepen- 
dant un grave défaut : c'est sa fragilité. 

Les diverses propriétés que nous venons de passer 
en revue ne se rencontrent pas au même degré dans 
tous les verres fabriqués par l'industrie. Ces pro- 
priétés sont, au contraire, assez fortement influencées 
par la nature et les proportions des différents consti- 
tuants. 

Ainsi, la chaux, la magnésie, l'alumine, commu- 
niquent au verre de la dureté et de la stabilité, 
c'est-à-dire, une plus grande résistance aux agents 
atmosphériques et autres. Les oxydes de plomb, de 
fer, de zinc, produisent une action contraire, de 
même qu'une teneur élevée en silice. 



La fusibilité ei la plasticité sont faTorisées par ta 
présence des bases alcalines et des oxydes de plomb, 
de zinc, de fer. 

La soude donne au verre plus d'éclat que la potasse, 
mais elle le colore légèremëni en bleu verdàtre. La 
teinte verte que présente généralement le verre, lors- 
qu'on l'examine sous une forte épaisseur, est due à 
l'oxyde de fer, et l'intensité de sa teinte est propor- 
tionnelle à la quantité de cet oxyde. 

Los verres qui contiennent de l'oxyde de plomb 
sont ceux dont l'aspect est le plus brillant, cenx qui 
possèdent au plus haut degré le pouvoir réfringent; 
ces verres portent, particulièrement, les noms de cris- 
tal, fiinl glass, strass. 

Quant à la densité, elle est, en moyenne, de 2,5 
à 2,7 pour le verre proprement dît et de 5,2 à 5,3 
pour le cristal. 

Industries du verre. 

Si l'on envisage le verre au seul point de vue de sa 
composition et de ses qualités de ûnesse el de résis- 
tance, on peut grouper les industries dont il est 
l'objet en deux catégories : celles qui ont en vue la 
production du verre proprement dit, ou verre ordi- 
naire, et celles où l'on travaille le cristal ou verre à 
base d'oxyde de plomb. 

Dans l'étude qui va suivre, nous considérons plutôt 
le côté industriel et commercial. Nous basant, d'une 
part, sur les analogies des méthodes de travail, de 
l'autre, sur la similitude «les produits qu'elles four- 



Dissent, nous avons adopte la cbssiûcaiion générale 
suivante, d'ordre purement pratique et spécialement 
applicable k l'industrie belge : 

i' Fabrication, par coulage et laminage, du verre 
en feuilles, c'est-à-dire, des glaces épaisses destinées 
aux vitrages et à la miroiterie et de certains verres 
spéciaux, plus minces, employés également pour tes 
vitrages; 

^ Fabrication, par moulage à la presse, du verre en 
plaques, comprenant divers matériaux de pavement 
et de revêtement; 

5' Fabrication, par soufflage et étendage, du verre 
en feuilles minces, c'est-à-dire, du verre à vitres 
pour vitrage, encadrement, miroiterie, photographie, 
revêtement, etc.; 

4" Fabrication mécanique, par écoulement ou éti- 
rage, du verre en feuilles continues servant aux 
usages énumërés ci-dessus; 

5° Fabrication de cylindres et de tubes par souf- 
flage et étirage, spécialité se rapprochant de l'indus- 
trie du verre à vitres ordinaire, mais ne comportant 
pas d'étendage; 

6° Fabrication des bouteilles courantes par souf- 
flage ou par l'action de l'air comprimé dans des 
moules; 

7° Fabrication de pièces creuses ou pleines par 
soufflage, avec ou sans moule, ou par moulage à la 
presse, c'est-à-dire, fabrication de tous les objets 
rentrant dans la flaconnerie, la gobeleterle et la 
cristallerie: 



8° Façonnage du verre ou travail de découpage, 
perçage, biseautage, taille, courbure, soufflage, etc., 
appliqué aux glaces, au verre à vitres, aux tubes et à 
tous autres objets; 

9° Décoration du verre sous toutes ses formes, 
glaces, vitres, objets divers, soit par la gravure, soit 
par la peinture à chaud ou à froid; 

iO° Appropriation du verre, comprenant l'argen- 
ture des glaces polies et du verre à vitres, ainsi que la 
sensibilisation des plaques pour la photographie. 

Gbacune des industries que nous venons de définir 
se caractérise par des procédés techniques qui lui 
sont propres et que nous exposerons après avoir passé 
en revue les matières premières que ces industries 
mettent en œuvre à des titres divers. Il n'y aura pas 
lieu, toutefois, de s'occuper, pour chacune d'elles en 
particulier, des procédés adoptés pour obtenir le 
verre à l'état de fusion; cette partie de la technologie 
sera traitée à un point de vue général, étant donné 
que les méthodes de travail et les appareils qui s'y 
rapportent sont souvent applicables a plusieurs genres 
de fabrication. 

Les divers produits de l'industrie verrière — glaces 
ou feuilles obtenus par coulage, soufflage ou étirage, 
objets de toutes formes fabriqués par l'un ou l'autre 
des procédés passés en revue — ne sont, fort souvent, 
livrés définitivement à la consommation qu'après 
avoir subi un travail supplémentaire plus ou moins 
compliqué ou délicat. Ce parachèvement peut avoir 
en vue des résultats très variés et les moyens mis 



— 9 — 

en œuvre diffèrent suivant qu'il s'agit de façonner, de 
décorer ou d'approprier ie verre à des usages spé- 
ciaux. 

Après avoir décrit la fabrication proprement dite, 
il y aura donc lieu d'expliquer successivement ces 
trois groupes d'opérations. 



Matières iHvmières 
employées dans les Industries du verre. 



Nous examinerons successivement : 

A. Les matières qui entrent dans la composition 
même du verre; 

B. Les substances intervenant dans le travail de 
parachèvement, de façonnage, de décoration et d'ap- 
propriation du verre; 

C. Les matières accessoires, indispensables à cer- 
taines opérations, et dont le coût a une influence 
considérable sur le prix de revient des produits. 

A. Matières entrant dans la composition 
du verre. 

Nous avons vu qje le verre est formé d'un certain 
nombre de silicates dissous les uns dans les autres. 
Il n'est aucunement nécessaire de préparer d'avance 
et séparément chacun de ces silicates. On obtient le 
résultat voulu en mélangeant et en soumettant ensuite 
à l'action du feu diverses matières renfermant les élé- 
ments nécessaires à la formation de ces silicates. 
L'acide silicique ou silice est fourni sous forme de 



sable; les bases métalliques, sous forme d'oxydes ou 
sous roroie de sels, dont l'acide Totatil est éliminé au 
cours de la fusion, soit simplement par l'effet de la 
chaleur, soit par Taclion d'un corps réducteur intro- 
duit dans la masse. 

Ces matières sont plus ou moins pures suivant les 
soins plus ou moins grands apportés à leur fabrica- 
tion. Leur pureté dépend également de la qualité 
du verre que Ton veut fabriquer. Très souvent, le 
sable employé contient une certaine quantité de fer. 
Gomme il est presqu'i m possible de débarrasser, d'une 
façon absolue, les matières premières de ces impu- 
retés, l'on est obligé, si l'on vent obtenir du verre bien 
blanc, d'ajouter à la composition des substances spé- 
ciales capables de supprimer la coloration produite 
par l'oxyde de fer, ou celle provenant de la soude elle- 
même. Ces ingrédients ont aussi pour but de blanchir 
le verre en agissant sur les autres impuretés qu'il peut 
contenir. 

Par contre, pour communiquer au verre une colo- 
ration déterminée, on ajoute à la masse d'autres sub- 
stances susceptibles de produire les effets recherchés. 

Les matières servant à fabriquer le verre se sub- 
divisent : en matières principales, en matières déco- 
lorantes et épurantes, en matières colorantes. 

1" Matières principales. 

Silice. 

La silice est introduite dans la composition sous 
forme de sable plus ou moins blanc. 



Pour le cristal, ce sable doit être absolument pur; 
à cet effet, ou emploie celui de Fontainebleau, qui est 
à peu près exempt d'impuretés métalliques; c'est éga- 
lement ce même sable que l'on utilise à la fabrication 
des globes et des cylindres dont le verre doit être très 
clair, très transparent. La teneur en oxyde de fer du 
sable de Fontainebleau n'est que de 0.003 à 0.015 p. c. 
Ce sable est lavé à l'usine pour être débarrassé de 
l'argile et des substances organiques qu'il peut con- 
tenir; il est ensuite séché. 

Ce n'est pas seulement la pureté du sable qui a sou 
importance, mais aussi la Anesse du grain; plus 
celui-ci est petit, plus rapidement enlre-t-il en fusion; 
le contact avec le creuset est moins long et il y a 
moins de danger de voir se produire une réaction 
cfaimique entre la silice du sable et l'alumine de la 
terre réfractaire. 

Le sable de Fontainebleau, valant 2 fr. 50 c. la 
tonne sur les lieux d'extraction, revient à 7 ou 8 francs 
à l'usine, selon l'endroit considéré. 

Dans la fabrication des glaces, des verres à vitres 
de qualité supérieure, de la gobeleterie fine, et des 
bouteilles blanches, on se sert du sable blanc de la 
Campine, qui se rapproche du précédent par sa 
pureté. Il renferme, en moyenne, 0.04 p. c. d'oxyde 
de fer. Ce sable est reçu déjà lavé et tamisé. Dans 
ces conditions, il coûte i fr. 50 c. la tonne sur place, 
et de 4 fr. 50 c. à 5 fr. 50 c, rendu à l'usine, suivant 
l'éloignement de celle-ci et selon que le transport 
s'effectue par bateau ou par rail. 

Le sable de Campine ordinaire^ employé pour le 



— 13 — 

verre de qualité plus courante, vaut 1 franc sar 
place ; les frais de transport s'élèvent aussi de i fr, 50c. 
à 2 fr. 50 c. à la tonne. 

Quelques gobeleteries, pas trop éloignées de la 
frontière allemande, font venir, pour la fabricatioa 
de leur verre 6n, du sable de Nîevelstein, près de 
Herzogenrath. Ce sable, qui est très blanc, vaut 
-4 fr. 50 c. la tonne, sur place et 7 francs, rendu à 
l'usine. 

Beaucoup de verreries à vitres et certaines gobe- 
leteries utilisent encore des sables indigènes autres 
que ceux de la Campine, notamment les sables kaoti- 
niques (') lavés et débarrassés de leur argile, origi- 
naires d'Orei et de Wanze; les sables de Naninne, de 
Tilly, de Havre, de Binche, de Braine-l'Àlleud, etc. 
On parvient à se procurer ces sables, rendus à l'usine, 
à raison de 3 fr. 50 c. et jusque 5 fr. 50 c. la tonne. 

Pour la fabrication des bouteilles, dont le verre est 
toujours teinté de vert ou même fortement coloré, la 
présence du fer en certaine proportion a moins d'im- 
portance. Au contraire, l'oxyde de fer, augmentant la 
fusibilité et la plasticité du verre, est favorable à la 
perfection du travail, surtout dans le soufflage par 
l'homme. D'un autre côté, le bas prix de la matière 
première est ici une condition indispensable. C'est 
pourquoi, dans la fabrication des bouteilles, on utilise 
parfaitement les sables, chargés de fer, ayant servi 
au polissage des glaces {% On leur additionne, si 



{') Voir la Monographie des industries céramiques : Faïence. 
(') Voir ci -après. 



nécessité il y a, une quanlité plus ou moins forte de 
sable blanc, afin d'arriver à la leiute désirée. 

Soude. 

La fabrication du cristal, du verre fiu de gobele- 
terie, des glaces, des verres à vitres colorés, exige 
que la soude soit fournie à l'état le plus pur possible, 
c'est-à-dire, sous forme de carbonate ou soude Solvay. 
Le degré de pureté de ce sel est de 08 à 90 p. c. Sa 
valeur, au début de 1907, était de 110 francs la tonne 
rendue. 

Pour les verres à vitres et les bouteilles,on rem- 
place tout ou partie du carbonate par du sulfate. Ce 
sel intervient aussi dans la composition du verre de 
glacerie et, parfois, dans celle de la gobeleterie com- 
mune. Sou prix moyen actuel est de 57 fr. 50 c. la 
tonne. Le sulfate qui convient le mieui^ et que l'on 
emploie de préférence dans la fabrication des glaces, 
est celui qui est obtenu dans des cuvettes en plomb, 
parce qu'il est plus exempt de fer que celui qui a 
été calciné dans des cuvettes en fonte. 

Dans les cristalleries et les gobeleteries, on ajoute, 
parfois, au carbonate de soude, et à cause de l'action 
oxydante qu'il est susceptible de développer par sa 
décomposition, du nitrate de soude ou salpêtre du 
Chili. Ce sel est, généralement, employé à l'état brut, 
choisi à 87 ou 87 \ p. c. de pureté, valant de 25 à 
26 francs les 100 kilogrammes. Ratliné, et à 98^ à 
99 p. c. de pureté, il vaut, eu moyenne, 50 francs les 
iOO kilogrammes. 



— 15 — 

Certaines composi lions de gobeleterie sont aussi 
additionnées de prîtes quaotiiés de cfalorare de 
sodium ou sel rafBoë, produit dont la valeur est d'eu* 
Tiron 50 francs la tonne. 



Potasse. 

La potasse, qui entre dans la composition du cristal 
et de certains verres de gi^ieterie et qui, dans ce 
dernier cas, est destinée à remplacer partiellement la 
soude, s'emploie habituellement sous forme de car- 
bonate. 

Lorsqu'il s'agit de cristal, ce carbonate doit être 
très pur et préparé au moj^en du sel de Stassfurth 
(chlorure de potassium). Calciné, son degré de pureté 
est de 97 p. c. environ; hydraté, sarichesse moyenne 
est de 83 p. c. 

Pour la gobeleterie, il n'y a pas d'inconvénient à 
utiliser la potasse raffinée provenant du salin de bette- 
raves et contenant, en nioyenoe, 80 p. c. de carbonate, 
le reste étant constitué par du carbonate de soude, du 
sulfate et du chlorure de potasse. Le sulfate de potasse 
peut, d'ailleurs, être éliminé par des procédés conve- 
nables de dissolution. La potasse raffinée, de fabrica- 
tion beli^, se vendait, en i905, à raison de 50 à 
56 francs les 100 kilogrammes, selon richesse; ce 
prix atteint parfois 40 à 4S francs, lorsqu'il y a pénu- 
rie de ce produit par suite d'une récolte peu abon- 
dante de betteraves. 

A la composition du cristal, on ajoute parfois aussi 
du nitrate de potasse ou salpêtre raffiné à 1 ou 2 dix- 



millièmes de pureté, c'est-à-dire, contenant 1 à 2 kilo- 
grammes d'impuretés par 10,000 kilogrammes. Ce sel 
est préparé en Belgique; sa valeur, qui dépend du 
cours du nitrate de soude, est généralement comprise 
entre 42 et 47 francs les 100 kilogrammes. 

Chaux. 

Ainsi que nous l'avons vu, la chaux entre danslacom-. 
position de tous les verres, sauf dans celle du cristal. 

La chaux vive, éteinte après son arrivée à l'usine, 
est de moins en moins employée et seulement dans de 
rares gobeleteries. Cette chaux, qui vaut généralement 

I fr. 25 c. les 100 kilogrammes à la carrière, revient 
de 5 fr. 25 c. à 4 francs à l'usine. 

Dans la plupart des verreries, on a trouvé plus 
avantageux de remplacer la chaux par le carbonate de 
chaux, qui offre également une plus grande régularité 
de composition. On utilise, dans ce but, le calcaire 
carbonifère, qui est très peu ferrugineux, et dont les 
itnpuretés ne sont constituées que par des matières 
organiques disparaissant pendant la fusion. Le degré de 
pureté de ce calcaire peut aller jusque 99 p. c, (calcile). 

Le calcaire provient des régions d'Andenne, Na- 
ninne, Landelies, Montignies, Couvin, Mariembourg. 

II est moulu à la carrière même et fourni soit en vrac, 
par wagons bâchés, soit en sacs, le plus souvent à 
raison de 5 fr. 50 c. à 9 francs la tonne rendue à 
l'usine, selon la qualité du produit, l'éloignement de 
la carrière et le mode de transport. Il y a des qualités 
très pures qui valent jusque 20 francs la tonne. 



Oxyde de plomb. 

L'oxyde de plomb ou miniuiD, qui sert à la ffibrica- 
tioD du cristal, doit être d'une très grande pureté. 
Aussi, les grandes cristalleries le préparent-elles elles- 



Val-Sainl-Lambert : Fabrication du r 



mêmes, au moyen de plomb très pur, ne contenant ni 
fer, ni cuivre, que l'on fond et que l'on oxyde dans 
des fours appropriés ('). La valeur de ce produit peut 
être estimée à 2 fr. 25 c. le kilogramme. 



(t) Voir In fabricalion Jii minium dans la Mono<jrai>hie des produits 
chimiques. 



Corps réducteur. 

Lorsque l'on fait usage du sulfate de soude, il est 
nécessaire d'ajouter à la composition une substance 
réductrice, capable d'opérer la décomposition de ce 
sel et rélÎDiiiialioQ de l'acide sulfureux. Ce corps 
rédocleur n'est aolre que l'oxyde de carbone, dont on 
proToqoe la formation au sein de la niasse de verre 
en y introduisant dn carbone sons l'une on l'autre 
forme. 

Dans la fabrication des glaces, des bouteilles, et, 
quelquefois aussi dans celle du verre à vitres Gn, on 
emploie le charbon provenant des usines de distilla- 
tion dn bois. Ce charbon se vend à raison de 5 fr. 50 c. 
à 6 francs les 100 kilogrammes. Hais, dans presque 
tontes les verreries à vitres, on a remplacé le charbon 
de bois par dn coke, dont le prix n'est que de 25 francs 
la tonne à Télat moulu, par de la houille crue, ou 
même simplement par des escarbilles, le peu de 
silice et de fer que renferment ces résidus ne pouvant 
avoir aucun effet nuisible. 

Déchets de verre. 

Les débris de verre provenant des diverses opéra- 
lions effectuées dans les usines doivent nécessaire- 
ment rentrer en fabrication; ils sont ajoutés à la 
composition dans une proportion variable dépendant 
de leur production même. C'est dans la fabrication 
du verre à vitres que la production de déchets est la 



_ 19 — 

plus considérable ; elle atteint, en moyenne, 40 p. c. du 
verre fabriqué. 

Les déchets de verre sont désignés sous le nom de 
groisil; leur valeur commerciale peut être Axée à 5 fr. 
30 c. les 100 kilogrammes. Les débris du découpage 
des glaces portent spécialement le nom de calcin. 

Les usines utilisent non seulement leurs propres 
déchets, mais en font également venir une certaine 
quantité de l'étranger. 

2° Matières décolorantes et épurantes. 

Divers produits, énumérés ci-après, sont ajoutés à 
la composition du verre en vue d'y jouer le rôle de 
substance décolorante, épurante ou blanchissante. 
Certaines de ces matières atteignent ce but grâce 
à une action chimique; d'autres agissent simplement 
par un effet physique. 

Minium. 

{a minium, qui entre, comme base, dans la com- 
position du cristal, aurait, en outre, pour effet de 
brûler, par l'oxygène qu'il dégage, les matières orga- 
niques contenues dans la composition. De même, il 
transformerait le protoxyde de fer en peroxyde, ce 
dernier étant d'un pouvoir colorant moins considé- 
rable. 

Parfois aussi, notamment dans les flaccnneries, on 
ajoute à la composition une petite quantité de minium 
en vue de bonifier la qualité du verre. 



Arsenic. 

L'arsenic, habituellement ajouté aux compositions 
du verre à glaces et, plus rarement, à celle de verres 
à vitres, produirait une action analogue à celle du 
minium. Mais, ce corps aurait surtout pour elîet de 
favoriser l'affinage du verre par l'agitation qu'il pro- 
voque dans la masse en fusion en se volatilisani brus- 
quement. 

On peut se procurer l'arsenic en Belgique. On le 
fabrique dans deux usines situées à Overpelt et à 
Reppel. La valeur de ce produit est, en moyenne, 
de 50 à 52 francs. tes 100 kilogrammes; mais, dans 
ces derniers temps, les prix ont beaucoup augmenté. 



Le peroxyde de manganèse employé dans la fabri- 
cation du verre à vitresj que l'on désignait autrefois 
sous le nom de savon des verriers, communique à la 
masse une teinte rose-violacée, complémentaire de la 
teinte verdâire due à l'oxyde de fer. Celle-ci, par le 
fait, se trouve masquée, ou, tout au moins, atténuée. 

Le peroxyde de manganèse naturel, de provenance 
allemande ou française, vaut, à l'état brut et en gros, 
de 15 à 16 francs les 100 kilogrammes; à l'état de 
poudre une, le prix atteint 20 francs les 100 kilo- 
grammes. 

Dans la gobeleterie, on se sert souvent d'un per- 
oxyde de manganèse précipité, que l'on paie jusque 
40 et 50 francs les 100 kilogrammes. 



Oxyde de cobalt. 

L'oxyde de cobalt donne une coloration bleue, com- 
plémentaire du jaune. C'est pourquoi on l'emploie, 
dans la gobeleterie, en mélange avec le manganèse, 
pour annuler aussi la teinte jaunâtre produite par le 
carbonate de soude. L'oxyde de cobalt vaut de 26 à 
27 francs les 100 kilogrammes. 

Le safre est un oxyde de cobalt, plus ou moins pur, 
obtenu par le grillage de minerais sulfurés et arsé- 
niés. 

Smatt. 

On remplace souvent l'oxyde de cobalt par du smalt, 
nom qui sert à désigner le silicate double de cobalt et 
de potasse. Ce n'est autre cbose qu'un verre produit 
par la fusion du safre avec du bicarbonate de potasse 
et du saille quartzeux. Cette matière est fabriquée en 
Allemagne, d'où elle nous arrive toute préparée et 
pulvérisée. 

Rappelons que, pour atténuer la teinte provenant 
du carbonate de soude, on remplace, parfois, en gobe- 
leterie, une partie de celui-ci par une quantité équi- 
valente de carbonate de potasse. 



Pour obtenir le beau verre de gobeleterie, on ajoute 
à la composition un peu de régule d'antimoine, qui a 
pour effet de communiquer un brillant spécial à la 
masse. Ce produit, que l'on prépare en Allemagne, 



— 22 — 

en France et, depuis peu, également à Beersse (Bel- 
gique), à l'aide de minerais provenant du Japon, se 
vendait, jusque dans ces dernières années, à un prix 
moyen de 80 à 90 francs les lUO kilogrammes. Mais, 
depuis la guerre russo-japonaise, sa valeur a aug- 
menté continuellement jusqu'à atteindre, en décem- 
bre 1906, le prix exceptionnel de 275 francs les 
100 kilogrammes. 

Oxyde de zinc. 

Citons, enHn, l'oxyde de zinc, ou blanc de zinc, 
que l'on ajoute parfois en petite quantité au verre, 
dans le creuset même, pour faciliter la fusion, lorsque 
celle-ci se fait avec quelque difficulté. Le blanc de 
zinc de bonne qualité se vend de 45 à 50 francs les 
100 kilogrammes. 

5° Matières colorantes. 

Les colorations variées que l'on donne au verre 
sont obtenues au moyen d'oxydes ou de sels métal- 
liques qui, introduits dans la composition, s'y trans- 
forment en silicates correspondants et se dissolvent 
dans la masse. Souvent, la teinte que ces corps commu- 
niquent au verre difTère suivant le degré d'oxydation 
de la base, suivant qu'il s'agit d'un protoxyde ou d'un 
peroxyde métallique. Faisons remarquer, à ce propos, 
que les nitrates alcalins, ajoutés à certaines compo- 
sitions, peuvent jouer un rôle important dans la colo- 
ration à produire, ceci à cause de l'action oxydante 



— 23 - 

qu'ils peuvent exercer, au moment de leur décompo- 
sition, sur les bases avec lesquelles ils sont en contact. 
Au point de vue de la façon dont la teinte est pro- 
duite dans le verre, les corps colorants doivent être 
ranges en trois classes : les colorants immédiats, les 
colorants de saturation, les colorants de cémenta- 
tion ('}. 

Colorants immédiats. 

Chacun des colorants de cette catégorie commu- 
nique au verre une teinte qui lui est propre et dont 
l'intensité est directement proportionnelle à la quan- 
tité de matière employée. Cette coloration peut varier, 
d'ailleurs,' suivant que le verre est à base de soude ou 
de potasse. Font partie de ce groupe : les oxydes de 
cobalt, de nickel, d'urane, les oxydes ferreux, fer- 
rique, cuivrique, chrômeux, manganeux, mauganique, 
les sulfures et arséniures alcalins et alcalino-terreux. 



Colorants de saturation. 

Avec ces substances, la coloration n'apparaît qu'à 
partir d'une certaine teneur et dans des conditions 
déterminées de température. En d'autres termes, lors- 
que la quantité d'ingrédient est suffisante, la colora- 
tion se produit tout d'un coup, d'une façon intense et 



[') Voir Noies sur la verrerie, par M. Ad, Lechenier, dans la Revue 
universelle des mines (t. XI et XII), et dans le Bulletin de la Société 
chimiqae de Belgique (I90S). 



— 24 — 

sans gradation. De celte manière agissent : l'oxyde 
cuivreux, les composés d'or, les sels argenliques, 
l'oxyde stannique, les phosphates, les arséniates, les 
fluorures. 

Colorants de cémentation 

Ici, pour faire naître la coloration désirée, on 
applique certaines substances sur la surface du verre 
solidlûé et l'on chauffe, parfois à plusieurs reprises. 
Puis, on enlève l'enduit par un lavage. La teinte 
obtenue par ce procédé, pénètre à une certaine pro- 
fondeur dans la masse du verre. 

Obtention des principales colorations. 

Voici, quelles sont les matières couramment em- 
ployées pour produire les principales teintes. Ces 
substances sont, pour la plupart, importées d'Angle- 
terre, d'Allemagne ou de France. 

Bleu. — Le bleu s'obtient à l'aide de l'oxyde de 
cobalt ou d'une quantité équivalente de smalt. Avec le 
verre de potasse, la teinte est d'un bleu pur, tandis 
qu'avec le verre de soude, elle est plus ou moins vio- 
lacée. 

L'oxyde de cuivre précipité, ajouté à une composi- 
tion très siliceuse, donne le bleu turquoise ou bleu 
de ciel. La valeur de ce composé est de 2 fr. 20 c. le 
kilogramme. 

faune. — La coloration jaune peut être obtenue par 
l'addition de charbon de bois au verre en fusion. 



— 25 — 

Le carbone réduit les sulfates mëtalliques que cod- 
tiennent tous les verres, et ce sont les sulfures ainsi 
formés qui communiquent la teinte jaune. Un effet 
analogue peut être provoqué par le soufre, qui rournit 
ainsi le jaune topaze. 

On combine, parfois, l'action du charbon de bois 
avec celle d'une faible quantité de bichromate de 
potasse. Ce sel, de provenance anglaise ou allemande, 
se vend à raison de 80 centimes le kilogramme. 

Pour le verre à bouteilles, on obtient la teinte 
jaune en ajoutant du manganèse à une composition 
contenant beaucoup de fer provenant soit d'un sable 
impur, soit de laitier ajouté. 

Lorsqu'on procède par cémentation, on fait usage 
d'un enduit composé d'argent en poudre, de régule 
d'antimoine et d'oxyde de fer. 

Vert. — Dans la fabrication des bouteilles, on se sert 

soit de laitier de haut-fourneau {silicate de fer et de 

chaux}, soit d'oxyde de battitures (oxyde de fer), ou 

encore, de sulfate de fer. 

On obtient le vert tendre par l'oxyde de chrome 

seul et le vert foncé ou vert flacon (valeur 2 fr. 25 c. 

le kilogramme) par un mélange d'oxyde de chrome et 

d'oxyde de cuivre- 
Le vert émeraude est produit par l'effet combiné du 

bioxyde de cuivre (bleu) et de l'oxyde d'urane (jaune). 

La valeur de ce dernier produit est de 4 francs le 

kilogramme. 

Rouge. — La nuance rouge foncée de certains verres 
à vitres est due au protoxyde de cuivre (4 fr. 25 c. le 



— 26 — 

kilc^ramme), avec addition d'un peu d'étain ou de fer, 
pour empêcher que le cuivre ne passe à un degré supé- 
rieur d'oxydatioD. 

.La teinte rubis se prodnit au moyen du pourpre 
de Cassius ou du chlorure d'or, ou simplement, par 
une dissolution d'or dans l'eau r^ale. 

Violet et brua. — Ces teintes sont données par le 
manganèse, qui, selon ta quantité ajoutée, donne une 
nuance plus ou moins foncé-e, allant presque jusqu'au 
Doir. 

Noir opaque. — Cet effet est obtenu, soit, le plus 
souvent, par du manganèse, soit par du noir d'os ou 
du charbon de bois pulvérisé, soit par cémentation, 
par exemple, à l'aide d'un mélange de sulfure de 
sodium et d'oxyde de plomb, donnant, par l'action 
de la chaleur, du sulfure de plomb. Les deux produits 
ci-dessus mentionnés valent respectivement 2 fr. 50 c. 
et 2 fr, 25 c. le kilogramme. 

Opale. — Le verre blanc opaque, dont l'aspect rap- 
pelle la porcelaine, se prépare au moyen de phos- 
phates, d'arséniates, de fluorures. 

Le kaolin ou argile primaire, mélangé avec de la 
cryolithe ou du spathfluor, est employé dans la fabri- 
cation du verre à vitres opalisé. La cryolithe {fluorure 
double d'alumine et de soude) dans celle des glaces 
blanches opaques. En gobeleterie, on se sert du spath- 
fluor (fluorure de calcium) mélangé avec du feldspath 
(fluorure double d'alumine et de potasse). 

En combinant ces substances avec diverses matières 



— 27 — 

colorantes, on produira du verre opaque ou opaline 
de toutes les teintes voulues. 

Voici un aperçu de la valeur des principaux de ces 
ingrédients ; kaolin, 40 centimes le kilogramme; 
feldspath, 25 centimes le kilogramme; phosphate de 
soude ou de potasse : 1 fr. 75 c. le kilogramme; 
phosphate d'alumine : 2 fr. 50 c. le kilogramme. 

B. Matières intervenant dans le travail du verre. 
1" Polissage. — Biseautage. — Taille. 

Les matières utilisées dans ces trois opérations ont 
pour fonction d'user le verre; elles sont de diverses 
natures, soit à base de silice, soit à base d'oxyde mé- 
tallique. 

Parmi les premières, celle que l'on emploie en 
plus grande quantité est le grès ou sable dur, extrait 
aux environs de Mont-Saint-Guibert et de Braine- 
l'AIIeud. Ce sable vaut de 70 centimes à 1 fr. 20 c. la 
tonne sur place, et revient de 2 à 5 francs rendu à 
l'usine. L'ensemble des glaceries en consomme de 
525,000 à 550,000 tonnes par an. 

Vient ensuite l'émeri, qui vient de Naxos (Grèce) 
ou de Turquie, valant de 80 à 125 francs les 100 kilo- 
grammes, suivant grosseur et qualité. On l'achète en 
Allemagne tout préparé et déjà moulu, ou bien à 
l'état brut. Dans ce cas, il est d'abord broyé à sec 
dans un cylindre à boulets, puis il passe dans un 
broyeur humide composé d'une auge en fonte dans 
laquelle tournent deux ou trois disques posés à plat. 



Un classement subséquent par lévigalîon, fournit 
l'émeri aux degrés requis de Bnesse. 

La pierre ponce pulvérisée est également utilisée 
pour le polissage des biseaux. 

Les matières à base métallique sont la potée de fer 
on colcotar et ta potée d'étain. 

La potée de fer est de l'oxyde de fer fabriqué au 
moyen de sulfate de fer. On l'achète en Belgique; 
on le fait également venir d'Allemagne, d'Autriche, 
de France. Il y en a de plusieurs qualités, déterminées 
par la finesse du grain. Aussi, sa valeur varie-t-elle 
de 22 à 45 francs les 100 kilogrammes, le prix moyen 
étant compris entre 30 et 35 francs, non rendu. Cer- 
tains fabricants préfèrent la potée allemande parce que 
la matière première qui sert à sa fabrication contien- 
drait un peu d'oxyde de chrome, ce qui augmenterait 
le mordant du produit. Le plus souvent, on fait des 
mélanges de diverses qualités afin d'obtenir, à la fois 
et dans des conditions économiques, le mordant et le 
volume convenable. 

La potée d'étain ou oxyde d'étain plombifère est 
employée pour la taille du cristal. 

Plusieursmatièresaccessoires sont également néces- 
saires aux opérations précitées, entr'autres : 

La fonte en barres pour les frottoirs. C'est de la 
fonte ordinaire à 10 francs les lUO kilogrammes. 
Dans certaines glaceries, ces barres sont préparées 
dans une fonderie annexée à l'usine; 

Le feutre pour les frottoirs du polissage. On fait 
usage de feutres spéciaux, fabriqués avec de la grosse 
laine de Russie, foulant très fort, mélangée avec des 



— 29 — 

poils de chèvre, de vache, etc. Ces feutres sont 
achetés en Belgique; il en vient aussi un peu d'Alle- 
magne. Ils sont fournis en disques de 15 à 20 milli- 
mètres d'épaisseur, sur un diamètre variant de 51 à 
77 centimètres. Les prix sont compris entre 2 et 
8 francs par pièce. Ce feutre se vend aussi au poids, 
à raison de 1 fr. 80 c. le kilogramme. 

Pour assujettir les glaces sur les tables de polissage, 
on se sert de toiles de colon ou molleton de Cand, 
tissu qui se vend à 1 fr. 50 c. le mètre courant sur 
une laideur de i'"20. 

Ënân, on consomme une assez grande quantité de 
ptdire pour sceller les glaces sur les tables. Ce plâtre 
est fabriqué dans les glaceries mêmes, au moyen de 
gypse ou pierre à plâtre venant des environs de Creil, 
en France. Ce gypse vaut de 3 fr. 25 c. à 5 fr. 50 c. 
la tonne sur les lieux d'extraction; il faut compter 
en outre, en moyenne, 5 francs pour le transport. 

La préparation consiste en une calcination dans 
un petit four carré, en une pulvérisation à l'aide d'un 
broyeur à plateau ou d'un désintégra leur â barres, 
enfin, en un blutage. On peut estimer la consommation 
annuelle de plâtre dans les glaceries à 10,000 tonnes 
approximativement. 

i" Décoration. 

Gravure. 

Les matières employées pour corroder le verre, en 
vue de" produire sur sa surface certains effets déco- 
ratifs, sont de diverses espèces. 



- 30 - 

En premier lieu, vienDent celles qui exercent nue 
aciion purement physique, une simple usure du verre; 
ce sont le sable un de Campine et Vémeri en poudre. 

D'autres substances agissent chimiquement, c'est-à- 
dire, opèrent une décomposition du verre aux places 
touchées; tels sont Vacide fluorhydrique et le fluorure 
de sodium. 

L'acide fluorhydrique, de provenance allemande, 
a, généralement, une richesse de 59 p. c. et une den- 
sité de i.272; sa valeur est de 55 francs les iOO kilo- 
grammes. 

Le fluorure alcalin est préparé directement au 
moyen d'acide fluorhydrique et de cristaux de carbo- 
nate de soude, dont la valeur est de 5 à 7 francs les 
KM) kilogrammes. 

Quelques autres matières interviennent encore dans 
l'application de la gravure chimique. Ce sont : 

Le bitume de Judée; la paraffine d'Ecosse, valeur 
80 à 90 francs les 100 kilogrammes; la stéarine, du 
pays, même valeur; le suif, valeur 80 à 90 francs les 
100 kilogrammes ; la cire d'abeilles, valeur 5 fr. 50 c. 
le kilogramme ; la cire minérale ou ozokériie, importée 
d'Autriche ou préparée dans le pays, valeur ^ francs 
le kilogramme. 

Peinture et dorure. 

Dans la peinture sur verre, on se sert, soit de cou- 
leurs minérales ordinaires, soit de couleurs destinées 
à subir l'action du feu et capables de se vitriûer par la 
chaleur. 



— 31 — 

Pour obtenir rémail sur verre, on mélange un oxyde 
ou un sel métallique colorant avec un fondant très 
fusible, sorte de cristal fabriqué au moyen de sable, 
de borax et de minium. Dans la fabrication des vitraux 
d'art, on utilise, le plus souvent, des silicates de fer 
et de cuivre que l'on reçoit tout préparés et pulvérisés 
d'Angleterre ou de France. 

La dorure et l'argenture à froid se font au moyen 
de minces feuilles métalliques. Dans le procédé à 
cbaud, on emploie un mélange d'une solution de chlo- 
rure d'or et de carbonate de soude avec une solution 
de protocarbure d'hydrogène dans l'alcool. 

Dans la confection des vitraux* d'art, interviennent, 
en outre, certaines matières accessoires, telles que le 
carton, le plomb, le laiton, l'étain à souder, le mastic, 
formé de craie et de céruse délayé dans l'huile de 
lin, etc. 

Ajoutons que la peinture et l'émail sur verre ne s'ap- 
pliquent pas seulement au verre en feuilles fabriqué 
dans le pays. Beaucoup de verres spéciaux viennent 
égaiement de l'étranger, de l'Angleterre, du Tyrol, de 
la France, des Etats-Unis. Ce sont, notamment, des 
verres antiques, martelés, diamantés, et le verre veiné 
à plusieurs teintes, dit aniéricaiD. Ces verres sont 
coulés sur des tables de marbre, en feuilles de 3 à 
4 millimètres d'épaisseur. Ils sont remarquables par 
les irrégularités qu'ils présentent dans leur épaisseur, 
leur coloration, et leur surface parsemée de bulles. 
Ce sont, précisément, ces particularités qui les font 
rechercher par les peintres-verriers. Leur prix varie 
de 5 à 20 francs le mètre carré. 



5° Appropriation. 
Argenture. 

L'argeniure des glaces exige deux substances 
essentielles : tout d'abord, un sel d'argent, le nitrate^ 
que l'on se procure en Allemagne ou en France à l'état 
de cristaux, payés à raison de 70 à 72 francs le kilo- 
gramuie,ou sous forme dcsoIuiion,à 10 francs le kilo- 
gramme ; puis un corps réducteur, qui est le plus sou- 
vent le set de Seigneiie, ou tartrale double de potasse et 
de soude. Ce produit vaut 1 fr. 80 c. le kilogramme. 

Pour la préparation des enduits protecteurs, appli- 
qués sur l'argenture, on a recours à des substances 
variées : la gomme laque, le bitume de Judée, le 
minium, le blanc de zinc, et, comme dissolvants, 
l'alcool méthylique et la benzine. 

Sensibilisation. 

L'émulsion que l'on étend sur les plaques de verr& 
pour les sensibiliser, se compose de gélatine très- 
blancbe, mélangée à de l'ammoniaque et à du chlo- 
rure, du bromure, de l'iodure d'argent, etc. Ces pro- 
duits sont habituellement achetés en Allemagne. 

Bien que plusieurs de nos verreries produisent 
couramment du verre fm pour la photographie et qu'il 
y ait dans le pays d'importants ateliers s'occupant 
spécialement du découpage des plaques sèches, on 
fait venir encore une certaine quantité de verre de 
l'étranger, notamment du verre extra-mince, que l'on. 
fabrique à Paris. 



C. Matières acoessolres. 
t" Terre* réflraotalres. 

Les industries du verre consomment des quantités 
considérables de terres réfractaires, tant pour la 
construction des fours que pour la confection de cer- 
taines pièces spéciales,ainsi que pour celte des pots ou 
creusets dans lesquels s'opère la fusion du verre. Non 
seulement le choix de ces terres, mais aussi la façon 
de les travailler, ont une importance capitale au point 
de vue de la réussite des opérations. Aussi, les maîtres 
de verrerie ne s'en remettent-ils à personne du soin 
de cette fabrication et tontes les usines possèdent, . 
comme annexe, un atelier de poterie où l'on fabrique 
les creusets, les pièces spéciales et, souvent même, 
les briques réfractaires dont elles ont besoin. 

La monographie des industries céramiques ren- 
ferme quelques renseignements concernant cette bran- 
che spéciale des produits réfractaires. Nous ne revien- 
drons pas sur ce sujet; nous rappellerons seulement 
que les terres qui conviennent à l'industrie verrière 
doivent, avant tout, posséder au plus haut degré la 
qualité d'être réfractaires. De plus, dans certains cas, 
par exemple, pour les cuvettes de glaceries, que l'on 
sort du four chaque jour pour la coulée, les terres 
doivent pouvoir résister à des écarts considérables et 
brusques de température. D'autres fois, l'inattaqua- 
bilité par les matières en fusion avec lesquelles elles 
se trouveront en contact est la condition primordiale 
à remplir. 



— 34 — 

C'est par des mélanges de terres appropriés, indi- 
qués par l'expérience, que les verriersparviennent à 
donner à leurs produits réfractaires les qualités vou- 
lues. Les terres de la région d'Andenne sont d'un 
emploi général dans cette fabrication. Mais, ainsi 
que nous l'avons signalé, dans certaines- spécialités, 
notamment, la cristallerie et la gobeleterie, on fait 
encore venir des terres spéciales de Normandie et 
aussi d'Allemagne. 

2° Combiutibies. 

La fabrication du verre nécessite des quantités 
énormes de combustible et la valeur de ce dernier, 
influe directement sur le prix de revient des produits. 
La plus grande partie de ce combustible est destinée 
au cbauflage des fours de fusion, soit directement, soit 
après transformation en gaz susceptibles de brûler. 
Les étenderies des verres à vitres, les carcaises et les 
arches à réchauffer et à recuire des glaceries, gobele- 
teries, etc., en absorbent également une notable pro- 
portion. 

Pour ce qui est de la génération de vapeur en vue 
de la production de force motrice, ce n'est guère que 
dans la fabrication des glaces qu'elle revêt une réelle 
importance, par suite des nombreuses opérations méca- 
niques que l'on fait subir aux produits bruts. 
- Les qualités de charbon employées varient un peu 
suivant les usines et, surtout, d'après le système de 
fours à chaufler. Généralement, pour les fours à gaz, 
c'est un mélange de houille grasse renfermant de 28- 



— 35 — 

à 52 p, c. de matières volatiles. Beaucoup de verre- 
ries se servent de charbon à gaz sec à longue flamme. 
Avec les fours intermédiaires du système Boetius, uti- 
lisés en gobeleterie, on emploie du charbon du pays 
contenant 15 ou 16 p. c. et, parfois, jusque 25 p. c. 
de matières volatiles. Pour les fours à recuire des gla- 
ceries, on ne fait guère usage que de briquettes. 

La valeur moyenne des charbons employés dans 
la verrerie, pendant la saison 1903-1906, a été com- 
prise entre 15 et 17 fr, 50 c. la tonne rendue à 
l'usine, selon qualité. Quant aux briquettes, leur prix, 
pendant la même période, a été de 20 francs la 
tonne. 

La plupart des usines utilisent des charbons belges 
et jies charbons français. Cependant, par suite de la 
hausse continuelle du combustible, certains établis- 
sements trouvent maintenant avantage à s'approvi- 
sionner en Allemagne ou en Angleterre. 

3° Matériaux pour l'emballage. 

Le coût de remballage intervient dans les frais 
de production pour une part presqu'aussi importante 
que celui du combustible, notamment, dans la fabri- 
cation des glaces et des verres à vitres. Ce fait 
sexplique : la majeure partie des produits étant des- 
tinés à l'exportation, les emballages ne sont presque 
jamais retournés. La dépense la plus forte consiste' 
dans l'achat des bois; mais, on consomme également- 
dès quantités de pointes, de feuilles de zinc, de paille, 
de fibre de bois, qui ne sont pas négligeables. 



- 36 — 

Bots. — On se sert presqu'exclusivement, pour la 
confectiun des caisses, de sapin du Nord, débité en 
planchettes à Gand ou à Anvers. Ces planchettes se 
vendent, habituellement, par 1,000 pieds du Roi; un 
pied du Roi mesure 12 pouces français de longueur 
.•iur 4 pouces de laideur, le pouce valant 27 milli- 
mètres. Le prix, pour la période de 1905-1906, était 
compris entre 25 et 27 francs les 1 ,000 pieds. Quelques 
établissements achètent le bois au mètre carré, à des 
prix variant de 80 centimes à 1 fr. 50 c. le mètre 
carré, pour une épaisseur de 15 à 25 millimètres. 

Une des glaceries reçoit le bois en grume et ledébite 
sur place, utilisant les planches plus faibles, inévitables 
dans ce travail de sciage, à l'emballage de certains pro- 
doits spéciaux plus légers qu'elle fabrique ëgalemept. 

Dans l'industrie des verres à vitres, on compte sur 
une consommation moyenne de 40 pieds du Roi par 
10 mètres carrés de verre simple épaisseur, ce qui 
correspond à une dépense de 10 à 12 centimes par 
mètre carré de verre. 

Cette grande quantité de bois, provenant de l'étran- 
ger et destinée à être réexportée, jouit de l'admis- 
sion en franchise temporaire des droits d'entrée, sauf 
pourtant pour tes bois destinés aux glaceries. Aussi, 
ces derniers établissements réclament-ils l'octroi de 
la même faveur. 

Quant aux pointes pour le clouage des caisses, les 
verreries à vitres, à elles seules, en consomment 
environ 1,000 tonnes par an, ce qui, à raison de 
50 francs les lOD kilogrammes, représente une dépense 
de 500,000 francs. 



Paille, fibre, etc. — La paille de seigle est employée 
en grande quantité pour remballage des verres à 
vitres. En admettant une consommation moyenne de 
2 kilogrammes par 10 mètres carrés de vitre (simple 
épaisseur] produits, on arrive, pour l'ensemble des 
usines, au poids de 95,000 tonnes. La paille de seigle 
se vendant 55 à 60 francs la tonne, cela représente 
nne dépense moyenne de 555,000 francs faite chaque 
année par cette branche de l'industrie verrière, au 
profit de notre agriculture. 

La fibre de bois est utilisée pour l'emballage des 
glaces, de la gobeleterie et de la cristallerie, surtout 
lorsqu'il s'agit d'expéditions à faire au loin. Ce produit 
est fabriqué dans le pays par quelques usines spéciales 
et même par certaines verreries. 

Les étoupes de lin^servent à l'emballage des glaces 
argentées. Le foin est également utilisé dans la gobe- 
leterie, mais en moins grande quantité et pour les 
envois vers certains pays seulement. 

Mentionnons, enfin, différentes sortes de papiers — 
papiers minces, demi-blanc et goudronné — qui sont 
employés dans l'emballage des produits de la verrerie. 
Ces papiers doivent être d'une pâte assez pure^ ne 
contenant aucun grain de sable capable de produire 
des griffes sur la surface du verre. 



III 

Fusion du verre. 



La fabrication proprement diledu verre, c'est-à-dire» 
son obtention à l'état de masse fondue, plastique, faci- 
lement transformable en produits de formes diverses, 
représente la première phase de la technologie des 
industries qui nous occupent. Elle comporte toujours 
deux groupes d'opérations : en premier lieu, la prépa- 
ration et le mélange des matières premières; puis, la 
combinaison chimique et la fusion de ces matières. 

A . Préparation et mélan^ des matières premières. 



La plupart des matières entrant dans la composition 
du' verre arrivent à l'usine sous une forme suffisam- 
ment pulvérulente pouvant se prêter à un mélange 
intime. Seuls, le coke, le charbon et les escarbilles 
doivent subir un broyage préliminaire, qui peut s'efTec- 
tuer à l'aide, soit de meules verticales, soit d'un mou- 
lin à plateaux rainures, soit de l'appareil Weidknecht. 
Ce dernier est constitué essentiellement par un disque 
horizontal muni de bras articulés et tournant à l'inté- 
rieur d'une enveloppe. Ces bras, en vertu de la force 



centrifuge qu'ils acquièrent par la rotation, s'étendent 
et se raidissent, tout en conservant une certaine élas- 
ticité. La matière contenue dans l'appareil se trouve 
fouettée et projetée contre les parois. 

Lorsque Ton fait usage du calcaire brut, il faut 
aussi le pulvériser. Si c'est la chaux vive que l'on 
emploie, on doit procéder à son extinction. 



Nous avons vu que le sable utilisé dans la cristal- 
lerie est soumis à un lavage et à un séchage préa- 
lables. 

Le sable contient, habituellement, 7 à 10 p. c. d'hu- 
midité. Dans les verreries à vitres, on ne trouve 
aucun avantage à lui faire subir une dessiccation préli- 
minaire. Toutefois, lorsqu'il est trop mouillé, il serait 
d'un mélange difficile; il convient alors de le drainer 
en le déposant sur un lit de briques creuses reposant 
sur une aire en ciment. Dans les glaceries, oiî la 
question du dosage a plus d'importance, on sèche le 
sable dans un appareil traversé par des tuyaux de 
vapeur ou d'air chaud. 

Mélange. 

Dans ta plupart des verreries, notamment, dans les 
gobeleteries et les verreries à vitres, l'usage est 
d'opérer le mélange à la pelle sur une aire en bois, 
chacune des matières étant préalablement pesée et 
amenée sur place dans des mesures en bois ou dans 



— io- 
des tonneaHx. Les produits qui n'entrent qu'en faible 
quantité dans la composition, manganèse, antimoine, 
etc., sont mélangés à part et ajoutés, après coup, à 
la masse. 

Des usines importantes et bien aménagées ont 
substitué, au mélange à la main, des procédés méca- 
niques beaucoup plus expéditifs. Le système suivi 
dans plusieurs grandes verreries à vitres consiste à 
transporter, dans des wagonnets suspendus à un rail, 
les diverses matières qui ont été amenées par wagons 
dans leurs dépôts respectifs. Le contenu de ces wagon- 
nets est, après pesage, déversé dans un mélangeur 
installé en dessous du sol et qui n*est autre chose 
qu'une sorte de pétrin mécanique dont l'arbre hori- 
zontal est pourvu de palettes évidées et contournées 
en hélice. La composition est, après tamisage, élevée, 
à l'aide d'une chaîne à godets, jusqu'à un réservoir 
placé à un niveau supérieur pour, de là, être distri- 
buée aux halles de fusion par un petit chemin de fer 
aérien à wagonnets suspendus. 

Le dispositif adopté par les glaceries est un peu d iffé- 
rent. Ici, le mélangeur consiste en une grande cuve 
circulaire; un arbre vertical, placé au centre, porte 
deux bras horizontaux munis chacun de deux palettes 
disposées un peu obliquement. Ces palettes, en tour- 
nant sur la piste, mélangent les ingrédients et les 
poussent finalement vers un trou de sortie. Un trans- 
porteur souterrain à hélice conduit le mélange 
jusqu'à un élévateur alimentant les wagonnets dans 
lesquels on amène la composition aux fours. Lorsque 
le transporteur hélicoïdal est très long, on peut 



_ 41 _ 

craindre que les conslituants du mélange ne se 
séparent par densités. C'est ce motif qui fait parfois 
préférer le mélange à la pelle au procédé méca- 
nique. 

Le mélange est toujours additionné d'une certaine 
quantité de déchets de verre ou groisil, introduite 
soit dans tes pots et tes cuvettes, soit directement 
dans les fours à bassin. Le calcin des glaceries est, 
au préalable, lavé dans une sorte de cylindre oblique 
tournant, dont l'axe est constitué par un tube percé de 
trous, amenant de l'eau. 

C0HI>0SITI0KS MOYENNES. 

Les proportions des différentes matières mélangées 
varient quelque peu suivant tes établissements. Voici 
quelques-uns des dosages adoptés le plus couramment 
dans les usines du pays. 

Glaces. — On prépare toujours deux compositions; 
l'une plus fusible, contenant le carbonate de soude, 
destiné au premier enfournement; l'autre, avec le 
sulfate de soude, pour tes autres enfournements des- 
tinés à compléter la charge de la cuvette. 

En résumé, la proportion finale des divers ingré- 
dients employés est, à peu près, la suivante : 

Sable 1000 

Carbonate de soude. . .... 100 à 150 

Sulfate de soude 230 à 275 

Calcaire 300 à 350 

Charbon de bois 10 à 20 



— 42 — 

Parfois, l'arsenic est introduit pendant la fusion, 
à raison de 166 grammes pour 1,000 kilogrammes de 
sable. 

Verre à vitres. — Composition courante : 

Sable iOOO 

Sulfate de soude 380 

Carbonate de soude 17 

Calcaire 360 

Coke. . 24 

Arsenic 2 

Verre à bouteilles. — Composition moyenne : 



PAR L'homme, méc*iiioue. 

Sable 1000 dOOO 

Sulfate de soude 278 250 

Carbonate de soude .... — 7S 

Calcaire , 225 400 

Gobeleterie et (laconnerie. — Verre blanc ou demi- 
cristal : 

Sable. 1000 

Carbonate de soude 300 à 375 

Nitrate de soude 15 à 4S 

Sel marin 8 à 13 

Calcaire ou chaux 150 à 235 

Sulfate de soude à 6 

Manganèse 1,500 à 2,000 

Antimoine 1,000 à 1,700 

Arsenic 0,200 à 0,500 

Oxyde de cobalt ou safre 0,010 à 0,035 

Cristal. — Le mélange habituel comprend : 

Sable 300 

Minium 200 

Carbonate de potasse 100 



— 43 — 

Le carbonate de potasse est, quelquefois, remplacé 
partiellement par du carbonate de soude. 

B. Combinaison et ftasion des matières. 

La fusion du mélange s'opère soit dans des creusets, 
appelés aussi pots ou cuvette», soit sur la sole même du 
four, qui, dans ce cas, constitue un véritable bassin. 

Creusets. 

Les creusets sont exclusivement employés dans la 
fabrication des glaces, de la gobeleterie et du cristal. 
C'est également du creuset que l'on se servait autre- 
fois pour la fusion du verre à vitres. Mais ce mode de 
travail a presque complètement disparu. Le creuset 
n'est plus en usage que pour la fabrication de quelques 
verres spéciaux (verres cannelés, colorés, opale) et 
pour la préparation de l'émail. Les pots sont encore 
utilisés dans la fabrication des cylindres ou globes, 
des tubes, des baguettes, ainsi que de certains verres 
coulés en plaques pour dallage et revêtement de 
murs. 

La forme et la contenance des creusets varient 
suivant leur destination. Leur section borizontale est 
ronde, mais plus souvent allongée, ovale ou bien affec- 
tant la forme d'un D ou d'un secteur à coins arrondis, 
aân de tirer un meilleur parti de la surface du four.- 
Les cuvettes de glaceries sont ouvertes, d'une capa- 
cité de 650 à 850 litres et peuvent contenir 1,000 
à 1,200 kilogrammes de verre. Les pots employés 



— 44 — 

pour la gobeleterie, la ûaconnerie, la cristallerie et 
les verres de couleur, sont couverts, c'est-à-dire, ter- 
minés par une calotte, avec une ouverture latérale 
pour le cueillage. Ces pots ont une contenance habi- 
tuelle de 600 à 800 kilogrammes de verre. On en 
trouve, cependant, qui ont jusque 1,800 kilogrammes 
de capacité. 

Certains pots à calotte pour gobeleterie sont asy- 
métriques, c'est-à-dire, qu^ils présentent un épaule- 
ment d'un côté, de façon à former avec Tépaulement 
du pot voisin, l'assiette d'un ouvreau dans lequel 
on introduit les pièces à réchauffer au cours du 
travail. 

Dans certaines verreries, on utilise des pots de 
forme spéciale, permettant de réaliser une fusion 
non interrompue et de travailler d'une façon con- 
tinue, comme dans un four à bassin. Ainsi, dans les 
flaconneries, on se sert parfois de pots comprenant 
deux étages. L'étage supérieur, découvert et pourvu 
d'une ouverture sur te devant, sert au chargement de 
la composition et à la fusion, c'est le bassin. Le verre 
fondu coule, par un oriflce placé à l'arrière, dans 
l'étage inférieur, qui est divisé en deux comparti- 
ments. Le verre s'afllne dans le compartiment situé 
vers le centre du four, puis, il passe dans le comparti- 
ment antérieur, où il est cueilli. 

Les pots à travail continu employés pour les verres 
colorés soufilés ont une longueur de 2'"80, divisée en 
trois compartiments par des cloisons verticales. La 
largeur est de 65 centimètres et la hauteur de 85 cen- 
timètres environ. Ces pots sont disposés parallèlement 



— 45 — 

aux longs côtés du four. On introduit la composition 
dans le compartiment d'arrière, par une ouverture 
pratiquée dans la paroi latérale du four. La fusion 
s'étant faite, le verre passe dans la partie centrale, où 
s'opère l'attinage; puis, dans le- compartiment d'avant, 
en face duquel est pratiqué l'ouvreau de cueillage. 

Bassins. 

La fusion dans des fours à bassin est le procédé 
moderne adopté universellement dans les verreries à 
vitres et dans les verreries à bouteilles. Ce système 
est également suivi, mais en |>etit, pour la fusion de 
certains verres blancs spéciaux coulés (verres mar- 
telés, imprimés, pour toitures, etc.), et pour celle du 
verre opaque destiné à la fabrication, par moulage, 
de plaques de revêtement. 

Les bassins en usage dans les verreries à vitres ont 
une forme rectangulaire, arrondie d'un côté par une 
partie en demi-cercle, appelée couronne; c'est )à que 
se trouvent lesouvreaux de cueillage, desservis cbacun 
par une brigade d'ouvriers. Les bassins pour la fusion 
du verre destiné à être coulé n'ont pas besoin de pré- 
senter cette disposition semi-circulaire. La longueur 
des fours à bassin varie de 18 à 27 mètres, la laideur 
de 5~30 à 5'°50, de sorte que la surface comporte de 
50 à 150 mètres carrés. Les bassins pour verre à bou- 
teilles sont plus petits et ne mesurent que 27 à 
50 mètres carrés de superficie. Nous ne parlerons pas 
des bassins pour plaques de revêtement, qui ont des 
dimensions tout à fait restreintes. 



— 46 — 

Conduite de Copération. 

Dans la fabrication des verres à vitres et des 
cylindres au moyen de pots, le travail est tout à fait 
intermittent. Tous les creusets sont chargés en même 
temps chaque matin et, lorsque la fusion est terminée, 
on procède au travail du verre, pour recommencer 
une besogne identique le lendemain. Dans la fabrica- 
tion des glaces, les cuvettes sont chargées successive- 
ment, en trois fois, puisj retirées pour le coulage. 
Elles sont réintroduites de nouveau dans le four. Il y 
a une opération toutes les vingt-quatre heures. 

Dans les gobeleteries et les cristalleries, le travail dU' 
verre n'est jamais interrompu. Les pots sont chargésà 
tour de rôle, à des moments différents, de sorte qu'il 
y en a toujours une partie en fusion et une autre en 
travail. La durée de la fusion dépend de la grandeur' 
du creuset. Ainsi, pour un pot de 700 kilogrammes, 
il faudra dix-sept à dix-huit heures de fusion. Dans 
quelques flaconneries, la moitié des pots est chargée 
chaque soir et n'est travaillée que le surlendemain. 
Il n'y a pas, alors, de travail de nuit. 

Lorsqu'on se sert d'un four à bassin, ou des creusets 
à compartiments dont nous avons parlé, l'opération 
est réellement continue ; la fusion ne s'arrête jamais et 
le travail peut se poursuivre nuit et jour, sans inter- 
ruption. Le chai^ement se fait à une extrémité du 
bassin à intervalles de temps réguliers, et le cueillage 
du verre, à l'autre bout. 

La fusion du verre comprend toujours deux phases. 
Dans la première période, qui se distingue par la tem- 



pérature la plus élevëë, les matières entrent en fusion 
et le verre prend naissance par la. combinaison des 
différents éléments mis en présence. En même temps, 
certains corps volatils se dégagent. et les matières 
étrangères, surtout le sulfate de soude non réduit, qui. 
se trouvaient dans la composition, se réunissent à la 
surface du bain et forment ce que Ton appelle le fiel 
de verre, que l'on enlève avec une cuiller en fer, ou 
que l'on détruit eu jetant du cbarbon de bois à la 
surface « 

Pendant la seconde phase, qui ne dure qu'une beure 
environ, on maintient la masse à un degré de tempé- 
rature suffisant pour que le verre reste très fluide 
{lâOO" à i250°). Pendant ce repos, le verre s'af^ne, 
c'est-à-dire, que les bulles de gaz qui se trouvaient 
dans le verre se dégagent peu à peu et celui-ci devient 
bleu homogène. Pour pouvoir ensuite travailler com- 
modément le verre, notamment, lors du soufiQage des 
pièces, il est nécessaire de le laisser refroidir jusqu'à 
une tempéraiure de 700" à 800% afin qu'il acquière 
la consistance visqueuse indispensable à son façon- 
nage. 

Telle est l'allure de l'opération lorsqu'on fond le 
verre au moyen de creusets. 

Dans un four à bassin, les cboses se passent un peu 
différemment. Dès que la fusion des matières s'est 
effectuée, le verre formé, en vertu de son poids spé- 
cifique, se dirige vers le fond du bassin. Mais, en 
séjournant un certain temps dans cette partie de la 
sole, plus éloignée de la flamme, il subit un refroidis- 
sement qui. le fait augmenter de volume et remonter . 



— 48 — 

à la surface du bain. Comme, d'autre part, on enlève 
constamment du verre à l'autre extrémité du four, il 
en résulte qu'il se produit dans la masse, un mouve- 
ment circulatoire ou remous, provoquant un brassage 
très favorable à l'homogénéité et à l'affinage du mé- 
lange. Des barrages transversaux et un grand nombre 
de ronds ou anneaux en terre réfractaires, qui flottent 



Franière : Vue générale d'une halle de fusion. 

à la surface du bain, empêchent que les particules de 
verre non encore convenablement liquéfiées n'arri- 
vent jusqu'aux ouvreaux de cueillage. 

C. Systèmes de fours employés. 

La forme et les dispositions des fours de fusion 
dépendent du mode de chauffage adopté. On peut. 



— 49 — 

sous ce rapport, distinguer les trois systèmes sui- 
vants : tes fours à combustion directe; les fours 
Boëtius, ou à combustion méthodique du charbon; 
les fours à gaz Siemens, dans lesquels le combus- 
tible est, préalablement, transformé en gaz suscep- 
tibles de brûler. 

Fours à combustion directe. 

Dans ces fours, les creusets sont directement 
chauffes par ta flamme du combustible. Ce système 
n'est plus en usage que dans quelques gobeleteries et 
d'autres petites usines. 

Le type habituel de ces fours est représenté par une 
chambre cylindrique fermée par une voûte et sur- 
montée d*un dôme terminé lui-même par une che- 
minée. Au centre, dans une excavation accessible de 
l'extérieur par une galerie, se trouve le foyer, dont la 
grille est placée à l'°40 en contre-bas du niveau de la 
sole. Celle-ci forme donc une banquette annulaire sur 
laquelle on place les creusets, séparés du foyer central 
par un petit mur circulaire. La paroi extérieure du 
four est percée, en face de chaque creuset, d'une 
ouverture appelée ouvreau, pour cueillir le verre. 
Les flammes du foyer s'élèvent d'abord jusqu'à la 
voûte, puis redescendent vers les creusets, qu'elles 
entourent. Elles montent par des carneaux verticaux 
ménagés dans l'épaisseur de la paroi et dont les 
entrées sont placées au niveau de la sole. Parvenus 
dans le dôme supérieur, les produits de la com- 
bustion s'échappent par la cheminée centrale. 



Four Bûëtius. 

Ce système de four constitue une transition entre 
les fours à combustion directe et les fours à gaz pro- 
prement dits. La combustion s'y opère en deux phases 
consécutives. De pins, l'air destiné à la combustioa 
déÛDïtive est chauffé préalablement. 

La forme générale extérieure du four Boëtius ne 
diffère guère de celle du four précédent. Le foyer 
ordinaire est, ici, remplacé par deux générateurs éta- 




JLJLX 

Four Boëtius pour gobeleterie. 

blis symétriquement au-dessous de la sole et séparés 
par un petit massif de maçonnerie. Chacun de ces 
générateurs est constitué essentiellement par un plan 
fortement incliné, prolongé par une grille presque 
horizontale. La houille, introduite par une trémie^ 
descend lentement le long du plan incliné, où elle 
distille, dégageant des hydrocarbures et d'autres pro- 
duits combustibles. Elle arrive sur la grille à Tétat de 
coke et ce dernier se transforme en oxyde de car- 
bone au. contact de l'air entrant par en dessous. Cet 
oxyde de carbone, mélangé aux gaz de la distillation, 
débouche vers l'ouverture centrale de la sole. Là, 



s'opère la combustion définilive au moyen d'un cou- 
rant d'air pur, préalablement chauffé en circulant 
dans des chicanes en fonte ménagées dans les parois 
des générateurs. Quant aux produits de la combustion, 
ils sont évacués par la cheminée, soit directement, 
comme précédemment, soit après avoir été utilisés à 
la production de vapeur. 

La grille, qui se trouve à 5 mètres en contre-bas de 
la sole, est accessible par une galerie. La hauteur 
sous la voûte est, généralement, de l^SO. Quant à ta 
grandeur du four, elle est en rapport avec le nombre 
de creusets qu'il renferme. Les dimensions de ceux-ci 
dépendent elles-mêmes du diamètre du four. Le plus 
souvent, un four contient 10 à 12 pots d'une capacité 
de 600 à 800 kilogrammes. On en trouve qui n'ont 
que 6 ou 8 pots, d'autres qui en renferment 14. On a 
également essayé des fours à 18 pots. 

1^ four Boétius permet de réaliser une notable éco- 
nomie de combustible; aussi, est-il employé par 
presque toutes nos gobeleteries, flaconneries et cris- 
talleries. 

Four à gaz Siemens. 

Le four à gaz Siemens représente le mode de chauf- 
fage le plus perfectionné, le plus économique lorsque 
le travail s'effectue en grand. Atissi, ce système est-il 
maintenant universellement adopté dans la fabrica- 
tion des glaces, des veiTes à vitres, et même dans la 
cristallerie. 11 s'applique, d'ailleurs, à d'autres indus- 
tries que la verrerie. 



— 82 — 

tJn four à gaz se compose de trois parties : le gazo- 
gène ou générateur, te récupérateur et la chambre 
de fusion. 

Le gazogène ou générateur est l'appareil dans lequel 
s'opère la transformation de la houille en gaz com- 



LodelJDsart : Groupe de gazogènes dans u 

bustibles; sa disposition générale est analogue, en 
principe, à celle du générateur du four Boëtius. 

Il existe aussi un autre système, d'origine améri- 
caine, qui permet d'utiliser des combustibles plus 
pauvres à l'état menu : c'est te gazogène Witson, 

Cet appareil se compose d'une cloche cylindrique 
en fer, garnie intérieurement d'un rcTètement en 



— 53 — 




briques réfracUires. Le combustible est chargé dans 
une trétnie placée au dessus de la partie supérieure 
ironconique, qui reste toujours fermée, La combus- 
tion a lieu sans flamme. L'air nécessaire à la forma- 
tion de l'oxyde de carbone est introduit à la partie 
inférieure de la cloche; il est 
entraîné sous la grille au 
moyen d'un injecteur Koer- 
ting. La vapeur, en présence 
du charbon incandescent, se 
dissocie, et l'hydrogène pro- 
duit enrichit le gaz combus- 
tible. 

Les gazogènes Wilson s'in- 
stallent, généralement, par 
groupes de trois, quelquefois 
plus, suivant la grandeur des 
fours. Ce système a été adopté par la généralité des 
glaceries et par un grand nombre de verreries à 
vitres. 

Le récupérateur forme un ensemble de quatre cham- 
bres ou carneaux remplis de briques réfractaires dis- 
posées de manière à laisser entr'elles un libre passage. 
Deux des chambres servent à réchauffement, avant la 
combustion, d'une part, des gaz provenant du gazo- 
gène, de l'autre, de l'air destiné à brûler ces gaz. Les 
deux autres chambres sont traversées par les produits 
de la combustion, qui leur abandonnent la plus grande 
partie de leur calorique avant de sortir par la che- 
minée. Lorsque ces deux chambres se sont suffisam- 
ment échauffées, on renverse la direction et la nature 



Gazogène Wilson. 



— 84 — 

des courants gazeui; on renouvelle ce changement 
périodiquement, généralement, toutes les heures ou 
toutes les demi-heures. 

- La chanUtre de fusion est l'endroit où s'effectue la 
combustion des gaz par Tair, tous deux préalable- 
ment chauffés. Les deux courants gazeux débouchent 
par les ouvertures disposées sur l'un des côtés du 
four et les produits de la combustion sortent par les 
ouvertures situées sur la face opposée. C'est sur la 
sole de la chambre de fusion que l'on dépose les pots 
ou les cuvettes destinées à la fusion du verre. Dans 
les fours à bassin, la fusion s'effectue sur cette sole 
elle-même. 

Les gazogènes sont souvent établis en dehors des 
halles des fours afin de faciliter l'alimentation du com- 
bustible. Les récupérateurs sont placés entièrement ou 
partiellement sous la chambre de fusion. Les disposi- 
tions de celle-ci diffèrent un peu suivant qu'il s'agit 
d'un four à creusets ou d'un four à bassin. 

Ainsi, dans les fours de glaceries, tes quatre cham- 
bres peuvent être installées sous la sole. Dans ce cas, 
les ouvertures pour l'entrée et la sortie des gaz se 
trouvent à chaque extrémité du four, dans de petites 
chambres-annexes présentant trois fentes parallèles 
placées dans le sens perpendiculaire au petit côté du 
four. En vue d'obvier à toute irrégularité dans la direc- 
tion du jet de flammes, on a imaginé une autre dispo- 
sition. On a placé de chaque côté une chambre de 
récupération sous la sole, et une chambre en dehors, 
de telle sorte que le courant d'air chaud et le courant 
de gaz arrivent à deux fentes disposées, cette fois, 



^ 55 — 

parallèlement aux petits côtés du four. Ainsi, la 
flamme se dirige bien suivanti l'axe longitudinal du 
four et se répartit également aux deux séries de 
cuvettes rangées de chaque côté, en face des portes 
de sortie. Chaque four renferme 16 cuvettes. 




Plan et coupe d'un four à pots de glacerie. 

Dans les fours à bassin, l'arrivée de l'air et du gaz 
se fait, au contraire, par une série de brûleurs répartis 
le long du bassin. 11 y a quelques variantes dans les 
dispositifs adoptés par les différentes usines. Ces com- 
binaisons peuvent, d'ailleurs, se ranger dans l'un ou 
l'autre des trois systèmes suivants : 

' Fours comprenant un petit nombre de chambres de 
Combustion ou brûleurs, de capacité assez grande. La 



— 56 — 

combustion des gaz s'y effectue un peu avant l'entrée 
dans le bassin proprement dit', 
Fours comprenant un grand nombre de petits brû- 



Four à bassin Siemens. 



leurs latéraux. La combustion a lieu en beaucoup de 
points et à Feutrée même du four; 

Fours comprenant un grand nombre de petits brû- 
leurs distribués, non seulement le Joug de chaque 



paroi longitudinale, mais encore dans la couronne 
qui termine le bassin. 

Tels sont les caractères essentiels des fours Siemens 
utilisés dans la plupart de nos verreries. Diverses 
modifications, auxquelles nous n'avons pas à nous 
arrêter ici, ont été apportées dans les détails par 
les spécialistes. Certains grands établissements ont 
également installé des appareils de contrôle, permet- 
tant de suivre pas à pas, d'une façon exacte, la marche 
du chauffage. Ce sont des enregistreurs automatiques 
du tirage du four (avant le registre de la cheminée), et 
des enregistreurs automatiques de la pression dans les 
gazogènes. Les premiers de ces appareils présentent, 
en même temps, l'avantage d'indiquer les renverse- 
ments des courants gazeux, de sorte que le maître 
de verrerie peut se reftdre compte de la régularité de 
celte opération, qui est très importante. 



IV 
Travail du verre. 



Au moyen du verre semi -liquide cueilli dans les 
creusets ou dans les bassins, on façonne des produits 
affectant des aspects très divers.. Les formes, toutefois, 
rentrent dans l'une ou l'autre des trois catégories sui- 
vantes ; ce sont : 

Ou bien des feuUles présentant une surface considé- 
rable relativement à l'épaisseun, souvent faible; 

Ou bien des objets creux, de dimensions réduites, à 
parois- assez minces, de contours variables, représen- 
tant, le plus souvent, un solide de révolution; 

Ou bien des objets massifs, généralement de volume 
restreint et dans lesquels il est rare qu'une dimension 
l'emporte d'une manière saillante sur les deux autres. 

Il va de soi que le mode de travail adopté pour 
fabriquer ces produits dépend essentiellement de leur 
configuration. Ces méthodes sont d'une diversité assez 
grande. 

Ainsi, le verre en feuilles peut s'obtenir : soit par 
coulage sur une table et laminage à l'aide de rouleaux 
{glaces, verres spéciaux); soit, par soufflage en cylin- 
dre suivi d'un étendage (verre à vitres); soit, par étirage 
direct ou écoulement naturel (verre pour vitrages). 



— 59 — 

Les objets creux se façonnent de difTérentes ma- 
nières : par soufQage seul (goheleterie); par soulQage 
et étirage (globes, tubes); par soufflage dans un moule 
(bouteilles, gobeleterie, flaconnerle, cristallerie); par 
moulage à la presse (gobeleterie). 

Quant aux pièces massives (plaques, carreaux, 
divers), c'est toujours par le moulage à la presse qu'on 
les fabrique. 

Les différentes manières de travailler le verre que 
nous venons d'indiquer sont pratiquées dans le pays. 
En ce qui concerne te soufflage en moule, il est à 
remarquer que l'air peut être insufflé, soit par les 
poumons de l'homme, soit à l'aide d'une machine 
(bouteilles, carafes, flacons, bocaux). 

D'une façon générale, faisons observer que tous 
les produits du verre, pour acquérir la solidité 
désirable, doivent subir, après façonnage, une recuis- 
son, c'est-à-dire, qu'ils doivent être réchauffés à 
une température assez élevée, puis refroidis len- 
tement. 

Dans leurs grandes lignes, les procédés énumérés 
ci-dessus, et dont nous allons donner une description 
sommaire, correspondent assez bien aux diverses 
branches de notre industrie verrière, telles que nous 
les avons établies au commencement de ce travail. 

A. Verre coulé et laminé. 

Cette branche de la verrerie comporte la fabrication 
des glaces et celle de quelques verres spéciaux ne 
recevant aucun poli. 



1« Fabrication des places. 

La fabrication des glaces comprcDd deux phases 
successives : robtention des glaces brutes, c'est-à-dire 
le coulage, la recuisson et l'ëquarrissage; l'obtention 
des glaces polies, qui comporte les diverses manipu- 
lations du polissage et du débitage à dimensions. 

Strictement, le polissage devrait être considéré 
comme un travail de parachèvement. Mais, comme 
la presque totalité des produits bruts est soumise à 
cette opération, qui, d'ailleurs, s'effectue en grand 
dans les glaceries mêmes, c'est à celte place qu'il con- 
vient d'en parler. 

Obtention des glaces brûles. 

Coulage. — Lorsque la fusion et l'affinage du verre 
sont accomplis, la cuvette est retirée du four à l'aide 
d'une grande tenaille suspendue à un pont roulant, 
puis amenée, par celui-ci, au-dessus d'une table de 
coulée parfaitement dressée, sur laquelle elle est 
vidée. Un gros rouleau en fonte, que l'on fait mouvoir 
dans le sens longitudinal de la table, étale la masse 
de verre en une couche d'une épaisseur uniforme, 
cette épaisseur étant déterminée par l'écartement, 
réglé d'avance, du rouleau au-dessus de la table. La 
surface de celle-ci a été, au préalable, saupoudrée de 
sable Qn. 

Recuisson. — Aussitôt que la glace est formée, la 
table, qui est montée sur un chariot roulant sur rails. 



— 61 — 

l'amène en face d'un four à réverbère dans lequel 
la pièce est introduile. Ce Tour, appelé carcaise ou 
four à recuire, est très bas de voûte. Il a été chauffé 
d'avance et la glace y séjourne pendant plusieurs jours 
afin de subir un refroidissement lent et graduel. 
Comme le travail des carcaises est intermittent, le 
chauffage ne se fait plus ici au gaz, mais, de préfé- 
rence, avec des briquettes. 



Scbéma d'une huile de coulage avec coupe par un four à recuire. 

Équarrissage. — Au sortir du four à recuire, la glace 
est amenée en dehors de la halle de coulée et glissée 
sur une autre table. On l'examine avec soin et, au 
moyen d'une molette d'acier, on Véquarrit et on la 
divise en parties dont les dimensions dépendent de la 
qualité et de la régularité du verre obtenu. 

Obtention des glaces polies. 

Ce travail, qui s'exécute par des procédés entière- 
ment mécaniques, a pour but de faire disparaître 
toute rugosité, toute ondulation des surfaces, de 



rendre,' par le fait, cetles-ci exactement parallèles, 
tout en restituant au verre sa transparence naturelle, 
en lieu et place de l'aspect mat que présente la glace à 



Franière ; Transport d'une grande glace brûle coupée à dimension.' 



— 63 — 

l'état brut. Ce résultat ne s'acquiert que progressive- 
ment, par trois opérations consécutives dénommées : 
doucissage, savonnage et polissage proprement dit. ■ 

Doucissaye. — Le doucissage, aussi désigné sous le 
nom de dégrossissage ou débrutissage, consiste à faire 
frotter des lames de fonte sur ta surface de la glace, 
avec interposition de sable de grosseur décroissante. 
L'empreinte laissée par les grains d'une certaine 
dimension est enlevée par l'action des grains du sable 
immédiatement inférieur, et ainsi de suite, jusqu'à ce 
qu'il n'y ait plus que des traces fort petites. 

L'appareil le plus employé, actuellement, se com- 
pose d'une grande table circulaire en fonte, de 6 à 
10 mètres de diamètre, sur laquelle on scelle les glaces 
à l'aide de plâtre. Par dessus, reposent deux plateaux 
trotteurs ou ferrasses, portant les lames de fonte; 
chaque plateau peut tourner librement autour d'un 
arbre vertical qui est fixe. On donne à la table uu 
mouvement de rotation, et les plateaux tournent aussi 
autour de leur axe par entraînement, en frottant 
sur la glace. Le sable interposé est arrosé par un filet 
d'eau. Pendant le doucissage, la glace brute s'use 
considérablement; il y a une diminution d'au moins 
un tiers dans l'épaisseur. 

. Savonnage. . — Le savonnage n'est ' que la conti- 
nuation du doucissage et s'effectue avec les mêmes 
appareils. Au lieu de sable, on emploie de l'émerl ^ 
en poudrej de plus en plus fin, chaque qualité de 
grains effaçant les empreintes laissées par la précé- 
dente. 



— 64 — 

Polissage. — Pour polir définiiivement la surface 
de la giace, on frolte celle-ci avec des pièces de feutre, 
en projetant sur la glace de la potée de fer ou colcotar 
mouillé. 

Les dispositifs adoptés à cet effet sont de deux 
systèmes, les glaces restant toujours scellées sur les 
grandes tables circulaires. 

Dans les appareils à disques, c'est la table qui 
reçoit le mouvement circulaire et les polissolrs sont 
entraînés. Ces polissoirs, garnis de feutre, sont mon- 
tés, au nombre de 120 à 200, par lignes concen- 
triques, sur deux ou trois disques répartis sur la 
surface de la table, ou bien sur un seul grand disque, 
placé excentriquement et couvrant presque toute cette 
surface. Polissoirs et disques tournent librement 
autour d'axes verticaux. 

Dans les appareils à balanciers, c'est la table qui est 
entraînée par les polissoirs dans un mouvement cir- 
culaire. Les polissoirs, disposés en plusieui*s rangées 
parallèles, sont portés par trois grands bras longitu- 
dinaux articulés, reliés entre eux par des entretoises. 
Les extrémités de ces bras sont conduites, de chaque 
côté, par des manivelles pivotant autour d'axes verti- 
caux actionnés par des engrenages inférieurs, de sorte 
que l'ensemble est animé d'un mouvement giratoire; 
en outre, les polissoirs tournent sur eux-mêmes et 
entraînent, par frottement, la table dans un mouve- 
ment lent de rotation. 

La potée est jetée par petites portions par l'ouvrier 
lui-même, ou bien l'alimentation a lieu automatique- 
ment au moyen d'un dispositif de tuyaux. 



— 65 — 

Le travail complet du polissage s'achève d'abord sur 
l'une des faces de la glace; puis on retourne celle-ci et 
l'on exécute les mêmes opérations de l'autre côté, en 
ayant soin de faire re- 
poser les glaces sur une 
toile de coton mouillée. 
Débitage. ~- Les gl aces , 
une fois polies et lavées 
à l'eauacidulée, doivent 
être débitées aux di- 
mensions courantes du 
commerce ou à celles 
qui sont stipulées dans 
les commandes. Pour 
cela, on procède d'abord 
à Vestmation. Cette opé' 
ration consiste à exami- 
ner soigneusement les 
glaces, à les classer par 
qualité, et à indiquer, 
à la craie, tes lignes 
suivant lesquelles elles 
Usine de Saint-Roch. doivent être découpécs, 

Révision des glaces découpées. de façon à en tirer le 
meilleur parti possible. 
Les glaces, coupées à dimensions à l'aide d'une 
■ molette,sont soumises à Mu&reviswn minutieuse, ayant 
pour objet de découvrir les défauts qu'elles pourraient 
encore présenter. Un ouvrier, appelé visiteur, exa- 
mine attentivement la surface de la glace et marque 
à la craie les endroits dont le poli laisse à désirer. 



Les glaces défectueuses passent au raccommodage, 
qui n'est autre chose qu'un' polissage à la potée, effec- 
tué soit à la main, soit à la machine. On emploie sou- 

vent, dans ce travail, un 

petit rouleau, ou un pla- 
teau horizontal garni de 
feutre, que l'on promène 
sur la surface de la glace, 
aux endroits voulus. Ce 
frottoir reçoit son mou- 
vement de rotalion d'un 
petit moteur électrique 
< auquel il est relie par une 
transmission articulée, de 
façon à ce que l'appareil 
puisse se déplacer dans 
tous les sens ('), 

Pour le raccommodage 
des grandes glaces, on se 
sert d'une table rectan- 
gulaire, sur laquelle se 

Usine de Saiiit-Roeh. . > - j i 

Raccommodage à la main. «leuveni Une scric de pla- 

teaux frotteurs mus par 
un balancier, mécanisme ^analogue à celui adopté, 
parfois, pour le premier polissage. L'opération du 
raccommodage est surtout indispensable pour les 
glaces destinées à la miroiterie. On procède,en réalité, 
dans ce cas, à un second polissage, car la netteté de 
la surface est, ici, d'une importance capitale. 



(') Voir une vue de cet appareil, p. 32 : Appropriation. 



— 67 — 

Marhomte. 

1^ marmorile, désignée aussi sous le nom d'opo/ine, 
n'est autre chose qu'une glace dont le Terre est rendu 
opaque à l'aide d'une certaine quantité de kaolin ou 
de spath fluor, introduite dans la composition. Les 
diverses teintes sont obtenues par l'adjonction de 
colorants métalliques appropriés. 

La fabrication et le travail de la marmorite se font 
exactement de la même manière que lorsqu'il s'agit 
de glaces ordinaires ; il n'y a donc pas lieu de s'arrêter 
sur ce point. 

2> Fabrication des verres spéciaux. 

On fabrique, également pardes procédésde coulage, 
certaines catégories de verres' plus minces, blancs ou 
colorés, destinés soit à la constraclion de toitures, 
soit à la confection de vitraux d'art, de fantaisie ou 
de mobilier. 

La fasion a lieu, soit dans des bassins, lorsqu'il 
s'agit de verres assez épais pour toitures, soit dans des 
pots, si ce sont des verres plus minces pour vitraux. 
Le cueillage du verre dans le bassin s'opère à l'aide 
d'une poche ou cuiller en acier ou en cuivre de la 
contenance de 25 à 55 kilogrammes. Le coulage 
s'effectue sur une table en fonte de dimensions 
réduites, munie également d'un rouleau. Les feuilles 
obtenues sont recuites dans un four, mais ne subissent 
ensuite aucun travail mécanique de polissage. 

Les aspects variés que présentent ces verres spé- 
ciaux sont obtenus par divers procédés. 



Verre antique ou cathédrale. 

L'apparence irrégulière, à faceltes miroitantes, de 
ce verre est produite simplement par le refroidisse- 
ment du- verre au contact du rouleau. 

Verre sablé. 

En saupoudrant la table de sable fin, celui-ci s'in- 
crusle dans la face inférieure de la feuille de verre, 
qui offre alors un aspect plus ou moins mat et 
rugueux. 

Verre imprimé. 

On forme des dessins en relief sur la surface du 
verre de deux manières. 

En premier lieu, on peut rouler le verre pâteux 
sur une table présentant en creux les parties qui 
doivent être en saillie dans la feuille. C'est le cas 
pour les verres assez épais, striés, losanges, etc., 
destinés aux toitures. 

Les véritables verres imprimés sont coulés sur une 
table lisse, puis comprimés à l'aide de rouleaux por- 
tant les dessins en relief; c'est le procédé suivi pour 
les verres plus minces, utilisés pour les vitraux (verres, 
martelés, diamantés, etc.). En changeant les rouleaux, 
on peut obtenir une grande diversité de dessins. 

Verre prismalitjue ondulé. 

Ce verre spécial est produit par la combinaison des 
deux systèmes précédents. Grâce aux rainures trian- 



gutaires pratiquées dans la table de coulage, l'un des 
côtés de la feuille offre, dans le sens transversal, 
l'aspect d'une série de prismes juxtaposés. L'autre 
face forme une suite d'ondulations parallèles, dirigées 
longitudinalement et produites par la surface canne- 
lée du cylindre. 

Verre armé ou métallisé. 

Le verre armé ou métalliGé renferme, inséré dans 
l'intérieur de la feuille, un treillis métallique à mailles 
plus ou moins serrées. 

On utilise, dans cette fabrication, le système amé- 
ricain Shuman, dont le fonctionnement est basé sur 
le principe suivant : 

Au lieu d'un seul rouleau pour étaler le verre, l'ap- 
pareil en comporte quatre, disposés parallèlement à 
la suite l'un de l'autre et se mouvant simultanément. 
Le premier rouleau est lisse et lamine la masse fluide 
de verre sur laquelle il s'avance. Le second cylindre, 
dont la surface est consiituée par une série de rainures 
circulaires délimitant autant de disques coupants, a 
pour but d'enfoncer le treillis dans la masse encore 
molle du verre. Ce treillis descend par un plan incliné 
disposé entre les deux rouleaux et vient, d'une façon 
continue et régulière, s'étaler sur la couche de verre 
formée par le premier rouleau. Le troisième cylindre 
a une surface unie; son rôle est de refermer, par la 
pression qu'il exerce, lessillons ouverts parle cylindre 
précédent. Le dernier rouleau est plus petit et sert à 
égaliser la surface. 



- 70 — 
B. Verre moulé et comprimé en plaques, 

Od fabrique, par de simples procédés de moulage à 
l'aide d'une presse, certains produits utilisés dans la 
construction ; dalles transparentes, plaques en opa- 
line pour revêtement de murs, pierres opaques pour 
pavement. 

Dalles transparentes. 

Indépendamment des dalles ordinaires, qui ne 
sont autre chose que des rectangles découpés à la 
scie dans des glaces brutes, certaines glaceries façon- 
nent des dalles moulées, transparentes, avec du verre 
cueilli directement au four. Une masse pâteuse de 
verre, d'un volume suffisant, est étalée sur la partie 
inférieure d'un moule fixé sur une presse; on fait 
descendre la partie supérieure, qui imprime sur la 
surface de la dalle un quadrillage en relief. 

Les pièces doivent naturellement subir une recuis- 
son, afin d'offrir la solidité requise. 

On obtient d'une façon identique, mais avec du cris- 
tal, des dalles du même genre, ainsi que des pièces en 
forme de coins, de prismes, etc., affectées aux mêmes 



Plaques de revêtement. 

Les plaques en opaline pour revêtement de murs 
se font par un procédé analogue. Une petite boule 
de verre, cueillie à un état de plasticité convenable, 
est déposée dans la partie inférieure d'un moule; puis 



_ 71 — 

elle est pressée par la partie supérieure ou couvercle, 
que l'on abaisse en s'aidant d'un levier à' contrepoids. 
Grâce à ta forme du moule, il est ménagé à la surface 
inférieure de la plaque un évidement, ainsi que des 
nervures en croix, qui faciliteront la pose au ciment. 
Il est également facile, en sortant la plaque du moule, 
alors que le verre est encore un peu malléable, de 
pincer et de tordre les nervures, de façon à augmenter 
les chances d'adhérence. Les pièces démoulées sont 
introduites dans une carcaise pour y subir un refroi- 
dissement lent. Il ne reste plusqu'àébarber les plaques 
et à les nettoyer à l'eau acidulée. 

Pierre de verre. 

La dénomination de pierre de verre a été donnée 
par l'inventeur Garchey à une espèce de dalle ou pavé 
formé de verre dévitrifié. Voici quel est le procédé . 
suivi dans une de nos glaceries pour la fabrication de 
ce produit : 

La matière première se compose de débris et de 
fragments de verre à bouteille, autrement dit d'un 
verre très calcaire, plus ou moins coloré par l'oxyde 
de fer. Ce verre est fondu dans des pots percés, à la 
partie inférieure, d'un orifice par où s'écoule la 
matière en fusion. Celle-ci est conduite, par un che- 
nal, jusqu'à un réservoir où elle se solidifie, par l'ac- 
tion de jets d'eau froide, en menus fragments ou gre~ 
nailles. 

Ensuite, on procède à la dévitrificalion de la manière 
suivante. Sur une dalle en terre réfractaire, on place 



— Ta- 
nne forme ou châssis eu fonle, que l'on remplit de 
verre granulé; on a soin d'y ajouter une certaine 
quantité de castin, c'est-à-dire, de déchets mêmes de 
la fabrication amenés, par broyage, à l'état de grains 
de dimensions réduites. Au besoin, on dispose par- 
dessus les matières colorantes destinées à former 
sur la surface du produit fini des veines teintées ou 
des dessins déterminés. Puis, on introduit le tout dans 
un four et on l'y laisse jusqu'à ce que la masse ait 
acquis une consistance pâteuse, due à un commen- 
cement de fusion. Le verre est, à ce moment, d.évi- 
triBé, c'est-à-dire qu'il n'est pas encore devenu trans- 
parent, la texture uniforme du verre en fusion y étant 
brisée par ta présence de petites particules solides. 

Alors on transporte la diille réfractaire, avec le 
châssis et son contenu, à un appareil de moulage, où 
la masse plastique est fortement comprimée par l'ac- 
tion d'une presse hydraulique. Les petits cristaux 
dont est formée cette masse se trouvent ainsi enche- 
vêtrés et fortement soudés les uns aux autres. 

Sortant de la presse, les plaques subissent une 
recuisson qui leur communique la solidité désirable. 

C. Verre soufBé et étendu. 

Le procédé généralement suivi pour l'obtention du 
verre à vitres est l'ancienne méthode de soufflage par 
l'ouvrier. Ce mode de fabrication, en usage depuis 
très longtemps, s'est continué jusqu'à nos jours sans 
avoir subi de modifications essentielles. Le travail 
comporte trois phases principales : la fabrication des 



canons ou manchons; l'élendage de ceux-ci ; le décou- 
])age et le classement des feuilles. 

Fabrication des canons. 

Devant chacun des ouvreaux de cueillage disposés 
autour de la couronne semi-circulaire qui termine le 



Ludelinsnrl : FabrJcalion des entions de verre. 

bassin, est installée une estrade ou place, sur laquelle 
travaillent les ouvriers. Ces estrades sont séparées 
par des intervalles constituant des fosses étroites et 
profondes, appelées hngeages. Chaque place est des- 
servie par une brigade d'ouvriers, composée d'un 
souffleur et de deux aides ou gamins. 

A l'aide d'une canne, sorte de tube en fer long 
de l'°80en moyenne, l'un des gamins cueille, en plu- 



— 74 — 

sieurs fois, une petite quantité de verre qu'il arrondit 
en faisant tourner routii, et dans laquelle il souffle 
pour y pratiquer une ouverture. L'autre gamin pour- 
suit le travail en continuant de cueillir du verre pour 
augmenter la masse; il élargit peu à peu la cavité 
ébauchée dans la boule de verre, ou paraison, en insuf- 
flant de l'air, tout en faisant tourner cette paraison 
dans le creux d'un bloc en bois de bétre ou de poirier. 

Après avoir subi un réchaufl'age dans le four même, 
la paraison passe aux mains du souffleur, qui la 
transforme en un canon. Il obtient ce résultat en 
continuant à insuffler de l'air et en imprimant à la 
masse un rnouvement de balancier dans le longeage. 
Le globe de verre s'allonge, étiré par son propre 
poids, et acquiert une forme cylindrique. L'ouvrier 
replace,alors,le cylindre dans l'ouvreaude réchauffage 
et, à l'aide d'une tige de fer rougîe, il perce un ori- 
lice dans le fond hémisphérique. On peut aussi souffler 
fortement dans le cylindre, et boucher l'ouverture 
de la canne avec le pouce, puis introduire la partie 
postérieure du cylindre dans le four; l'air inclus, se 
dilatant par la chaleur, ne tarde pas à transformer la 
calotte terminale en une mince vésicule qui finit 
par se rompre. Une fois l'ouverture pratiquée dans 
le fond du cylindre par l'un ou l'autre moyen, on 
l'oblige à s'élargir par l'action de la force centrifuge, 
en faisant tourner rapidement la canne, jusqu'à ce 
que cette ouverture ait atteint le diamètre même 
du cylindre. 

Le manchon terminé est déposé sur un chevalet en 
bois; on en détache la canne et on enlève la seconde 



— 7b — 

calotte en enroulant, à l'endroit convenable, un mince 
fil de verre très chaud, puis en toucbant un des points 
de la circonférence avec un fer froid. EnBn, le cylindre 
est fendu suivant la longueur au moyen d'une règle et 
d'un diamant attaché à un bàlon. 

Le soufflage du verre très mince, pour usages photo- 
graphiques, doit être effectué fort rapidement. Le 



Merxem : Fendage des canons de verre. 

soufflage des verres de forte épaisseur est pénible et est 
confié, comme le précédent, à des ouvriers spéciaux. 
Dans certaines usines, oîi Ton produit spécialement 
du verre pour la miroiterie, on réchauffe les canons, 
au cours du travail, non plus dans le four à bassin, 
mais dans un petit four séparé, où l'on maintient 
une atmosphère réductrice. Il se forme, sur la sur- 
face du verre, un l^er dépôt de suie, empêchant 



l'incrustation des particules siliceuses, souvent imper- 
ceptibles, qui peuvent s'y fixer dans un milieu osy* 
dant, à chaleur plus intense. 

Élendage. 

L'étendage a pour but, non seulement de déve- 
lopper le cylindre de verre suivant une surface 
plane, mais, en outre, de lui faire subir une recuisson, 
suivie d'un refroidissement l^nt, condition indispen- 
sable pour que le verre acquière une solidité suffi- 
sante. 

Dans la plupart de nos verreries, on emploie le four 
d'étenderie ou stracou dû à l'invention de notre com- 
patriote Bievez, heureusement complété par un autre 
spécialiste belge, M. C. Lambert, qui lui a adapté le 
chauffage au gaz. L'opération ne dure plus maintenant 
que 20 à 25 minutes, au lieu des 7 ou 8 heures qui 
étaient nécessaires avec l'ancien système. 

Les dispositions essentielles sont partout à peu près 
les mêmes, et les fours à étendre ne diffèrent entre 
eux que par des détails. 

Le manchon, introduit dans un compartiment 
latéral à l'aide d'un tourniquet a, s'échaufTe progres- 
sivement. De là, on te fait passer sur une plaque de 
verre /, appelée lagre, recouvrant une grosse dalle 
en' terre réfractaire portée par un chariot et placée en 
face de la porte de travail p. Lé verre se ramollit et 
les bords du manchon s'afTaissent; l'ouvrier facilite 
et active le déploiement du cylindre, en promenant 
longitudinalement sur la surface un rabot de bois 



^ 77 — 

mouillé r. Dès que la feuille de verre est étendue, on 
pousse le chariot en avant vers \e milieu du four et 
on le fait entrer 
dans un compar- 
timent de garage 
latéral, afm de pou- 
voir amener le se- 
cond chariot C à 
la place occupée 
d'abord par le pre- 
mier. Pendant que 
l'ouvrier procède 
à l'étendage d'un 
nouveau manchon, 
le précédent, reprenant sa marche en 
avant, est envoyé dans le fond d'un 
.long couloir appelé buse, disposé à 
côté du garage. La' feuille parcourt 
peu à peu toute la longueur de ce 
tunnel; chaque fois qu'une nouvelle 
feuille est amenée à l'arrière, un sys- 
tème de tringles permet de soutever 
d'un seul coup toutes celles qui y sont 
déjà placées et de les faire avancer 
d'un rang. 

Le compartiment latéral de garage 
et la buse sont cbaufTés à une tem- 
pérature inférieure à celte de l'en- 
droit où se fait l'étendage et cette fourà"ëte'ntire, 
chaleur va en décroissant jusqu'à la 
sortie; de sorte que, lorsque les feuilles arrivent 




Merxem. 
Coupe horizontale 



— 78 ^ 

à rextrémité de la buse, elles sont complètement 
refroidies. 

Il faut de quatre à neuf étenderies pour desservir 
un four à bassin ; cela dépend de la grandeur de ce 
dernier. 

Une de nos verreries, qui fabrique spécialement 
des verres de couleur, a installé un système d'éteo- 
derie analogue à celui qui est usité en Ànaërique. 
Le four de recuisson est rond et renferme quatre 
dalles disposées en croix et avançant simultanément; 
elles sont portées par des chariots roulant éur une 
voie circulaire. Le manchon est introduit sur l'une 
des pierres, au moyen à\m tourniquet placé latérale- 
ment. Ayant avancé d'un quart de tour, cette pierre 
vient se placer devant la porte de travail par où 
l'ouvrier étend la feuille. La pierre continue son 
chemin, et, après avoir prc^ressé encore de deux 
quarts de cercle, elle se trouve en face d'un petit 
couloir tangentiel par lequel on transborde la feuille 
jusqu'au fond de la buse de refroidissement. Les 
manœuvres sont réduites ici à un minimum et les 
mouvements se font à l'aide d'un petit moteur élec- 
trique. 

Ce système permettrait d'étendre 600 canons par 
vingt-quatre heures. 

Dans certaines usines, les feuilles de verre sont, à 
la sortie de l'étenderie, plongées dans un bain d'eau 
acidulée par de l'acide chlorhydrique et de l'acide 
sulfurique. 

Ce lavage constitue ce qu'on appelle le procédé 
contre tirisation. 



Découpage et classement. 
Après lavage, les feuilles sont amenées au magasin 



Le débitage du verre sur table graduée. . . 

et examinées au point de vue des défauts provenant 
des diverses opérations, tels que grains, bulles, etc* 



^ 80 .— 

On classe ainsi le verre ea ua certaia nombre de 
catégories ou qualités. Puis on procède au découpage, 
si le verre doit être fourni à des dimensions fixées par 
le client. Cette opération s'exécute à l'aide d'une règle 
et d'uQ diamant, en plaçant la feuille de verre sur une 
table dont un des bords est garni d'une triple échelle 
en laiton; une bande est divisée en centimètres, une 
autre en pouces français et ta troisième en pouces 
anglais. Vers le milieu de la table, se trouve une échelle 
identique placée parallèlement à la première. 11 y a 
aussi des tables de découpage dont les échelles portent 
quatre et même cinq graduations différentes. 

Les carreaux sont soigneusement revisés et classés 
par épaisseur avant d'être emballés. 

En ce qui concerne le rendement définitif en verre, 
ou peut compter, en moyenne, sur une perte totale de 
40 p. c. du verre cueilli. Ce déchet, qui rentre conti- 
nuellement en fabrication sous forme de groisil ajouté 
à la composition, comprend 26 p. c. environ de débris 
à la fabrication des manchons et i4 p. c. de rebut à 
rétendage et au découpage. 

Verres colorés. 

La fabrication des verres à vitres colorés et du 
verre opale mince ne diffère pas essentiellement de 
celle du verre blanc. A part la composition, qui 
contient les ingrédients nécessaires pour donner la 
teinte ou l'opacité, et la fusion, qui a lieu dans des 
creusets, le reste du travail, soufiQage et étendage, 
^'exécute de la manière expliquée ci-dessus. 



— 81 — 

' On donne le nom de verres doublés à des feuilles de 
verre dont l'épaisseur présente deux couches super- 
posées, l'une constituée par du verre blanc, l'autre 
par un verre coloré d'une façon intensive. Ce genre 
de verre se fabrique en cueillant d'abord une boule de 
verre coloré, que l'on arrondit en la roulant sur un 
marbre; puis, autour de cette boute, on cueille du 
verre blanc et ou souffle la paraison comme à l'ordi- 
naire. Le travail se continue ainsi que nous l'avons 
décrit. 11 faut remarquer que, pour avoir des teintes 
pures, le verre blanc doit être fait avec une compo- 
sition exempte de fer, se rapprocbant de celle uti- 
lisée en gobeleterie. 

Verres camkelës. 

Le terme de verre cannelé s'applique à des feuilles 
de verre dont la surface est formée de bandes étroites 
et parallèles, légèrement inclinées, alternativement 
dans un sens et dans l'autre. Pour obtenir ce 
résultat, on souffle la paraison dans un moule en 
fonte dont l'intérieur présente des cannelures pro- 
fondes. Les ondulations que prend la paraison en 
épousant cette forme diminuent ensuite de profon- 
deur lorsque le manchon s'allonge par le balancement. 

J). Verre obtenu mécaniquement 
en feuilles continues. 

Les méthodes de travail actuellement suivies pour 
la fabrication du verre sous ses deux formes usuelles 
les plus importantes — glaces et vitres — ne repré- 



— 8Î — 

sentent, probablement, pas le dernier mot du progrès 
industriel. Sans doute, de notables améliorations ont 
été apportées dans les systèmes de cbaufFage des fours, 
en Tue d'une meilleure utilisation du combustible; de 
sérieux perfectionnements ont été introduits dans les 
manipulations, et il en est résulté un meilleur rende- 
ment, un abaissement du prix de revient, compensant 
les effets produits par la hausse de certaines matières 
premières. 

Cependant, si l'on envisage les principes mentes des 
procédés employés, l'on est obligé de reconnaître que 
eeus-ci sont entachés de bien des inperfections. 

Ainsi, dans la fabrication des glaces coulées, l'on 
n'a pas encore pu appliquer la fusion dans des fours 
à bassin, qui non seulement permet une production 
continue et plus économique, mais encore fournit un 
verre de composition plus pure et plus régulière. Le 
procédé de coulage parait, d'ailleurs, encore bien pri- 
mitif, lorsque l'on considère le matériel encombrant 
et le travail pénible qu'il nécessite, et surtout la perte 
de matière à laquelle il donne lieu. Eji effet, à cause 
de l'irrégularité même de la surface de la feuille de 
verre, l'on est obligé de couler la plaque sur une 
épaisseur deus fois plus forte que celle que l'on 
obtient définitivement après le polissage. On voit 
immédiatement quel surcroît de dépenses s'impose 
de ce chef. Il faut acheter, cbaulTer, manipuler un 
poids de matières deux fois plus fort que celui qui 
devrait être logiquement nécessaire, puisqu'on devra, 
finalement, user par le polissage tout l'excès d'épais- 
seur de la feuille de verre coulé : d'où frais supplé- 



— 83 — 

menlaires considérables résultant de la consommation 
trop grande de combustibles, de creusets, de main- 
d'œuvre, de force motrice, matériel, emplacement,etc. 
Pour ce qui est du verre à vitres, ou verre mince 
non destiné à être poli, les inconvénients sont encore 
plus considérables, bien qu'étant d'un autre genre. 
C'est, en effet, par une voie bien longue et bien indi- 
recte, que l'on arrive à produire les feuilles de verre 
planes qui seront livrées à la consommation. Par 
un labeur fatigant et antihygiénique, l'homme doit 
d'abord transformer une boule de verre semi-liquide 
en un cylindre, dont on devra couper les deux fonds 
qui forment ainsi un déchet inévitable; puis, il faudra 
réchauffer, ouvrir et étendre ce cylindre dans un four 
spécial. Les points faiblesde cette manière de procéder 
sont aussi nombreux qu'évidents : travail pénible, 
malsain et, par conséquent, coûteux, tant en ce qui 
concerne le soufflage que l'étendage; manipulation du 
verre sous un état plastique particulièrement sensible, 
au milieu d'une atmosphère remplie de poussières 
charbonneuses, imprégnée de vapeurs acides; contact 
avec une pierre d'ëtenderie difficile à tenir absolu- 
ment nette, c'est-à-dire, toutes circonstances propres 
à amener des défauts, des souillures, qui viennent 
s'ajouter aux défectuosités mêmes du soufflage et à 
celles d'un développement imparfait du cylindre. 
Ajoutons que la fabrication des manchons entraîne 
forcément un déchet s'élevant souvent à 50 p. c. de 
la production, ce qui correspond à une augmenta- 
tion équivalente des dépenses de chauflage, de main- 
d'œuvre, etc. 



— 84 — 

Dès lors, rien d'étonnant à ce qu'on ait cherché à 
remplacer des méthodes relativement imparfaites par 
des procédés plus rationnels, plus expéditifs, permet- 
tant de s'affranchir, le plus possible, des inconvé- 
nients signalés. Les premiers résultats pratiques obte- 
nus dans celte voie furent réalisés aux États-Unis par 
là substitution de l'air comprimé à l'air insufflé par 
les poumons de l'homme. Le canon est obtenu par 
étirage, c'est-à-dire que, à l'aide d'une amorce circu- 
laire qui s'élève automatiquement au-dessus du verre 
en fusion, on soulève une nappe de verre cylindrique, 
alimentée par la fente annulaire d'un flotteur et qui 
se solidifie au fur et à mesure qu'elle son du bain. 
Ce système, qui remplace l'effort musculaire de l'ou- 
vrier par le mouvement mécanique et la pression de 
l'air, est déjà couramment appliqué dans un grand 
nombre d'usines américaines, notamment, pour la 
fabrication du verre à vitres de qualité courante. 
Toutefois, ce procédé, un peu compliqué et assez déli- 
cat, ne résout qu'à moitié la question, puisqu'il ne 
dispense pas de l'opéï'ation de l'étendage. Ce qu'il faut 
chercher à réaliser, c'est l'étirage du verre directement 
en feuilles, sans passer par la formation préalable du 
manchon. Depuis un demi-siècle, la solution de ce 
problème a été poursuivie sans succès, par une série 
d'inventeurs, dont plusieurs étaient belges. On a bien 
proposé d'étirer le verre en feuilles verticalement de 
bas en haut, puis de haut en bas, et même horizon- 
talement, mais, ces tentatives se sont heurtées à des 
difficultés d'ordre pratique, que le raisonnement per- 
mettait de prévoir. Ainsi, dans l'étirage de bas en 



— 85 — 

haut, la feuille de verre ne conservait pas la largeur 
du début; elle se rétrécissait peu à peu jusqu'à Tormer 
un simple ruban. Dans l'étirage de haut en bas (par 
une fente percée au fond de la cuve contenant le verre 
fondu), la laideur restait invariable; mais, le poids de 
la feuille allant eu augmentant à mesure qu'elle se for- 
mait, la traction d'ëtïrage n'était pas constante, ce qui 
est un grave défaut. On ne fut pas plus heureux dans 
les essais d'étirage horizontal, dont le fonctionnement 
offrait trop de diflScultés. 

Le problème a été repris dans ces derniers temps 
et parait vouloir faire un sérieux pas en avant dans la 
voie d'une solution réellement industrielle. L'on a 
étudié à nouveau les principes de l'étirage de bas en 
haut et de haut en bas, et l'on s'est attaché à leur 
trouver des modes d'application qui fussent exempts 
des défauts signalés plus haut. De ces recherches sont 
nés deux systèmes de fabrication mécanique qui sont 
actuellement soumis à des essais effectués dans des 
conditions tout à fait pratiques : il s'agit des procédés 
Fourcault et Rowart-Francq, en voie d'application 
industrielle dans deux établissements nouvellement 
érigés dans le bassin de Charleroi. Il n'est pas possible 
de passer sous silence d'aussi intéressantes tentatives 
qui marquent, peut-être, le point de départ de trans- 
formations profondes dans le mode de fabrication de 
certaines catégories de verre. 

Procédé Fourcault. 

M. Fourcault, ingénieur et maître de verreries, 
résout le problème d'étirage de bas en haut par des 



moyens aussi simples qu'ingénieux. Nous donnons, 
ci-après, une description sommaire de son système 
d'après les explications fournies par Tinventeur lui- 
même au cours de plusieurs conférences. 

L'appareil essentiel, celui qui constitue ta caracté- 
ristique du procédé, est une pièce en terre réfractaire 




Procédé Fourcault. 

en forme d'auge, flottant sur le verre fondu, et dont 
le fond est percé verticalement d'une fente longitudi- 
nale dans la partie médiane faisant saillie. 

A l'état d'équilibre, le niveau du verre fondu se 
trouve à quelques centimètres en dessous des lèvres 
de la fente. Mais si, par un moyen mécanique quel- 
conque, on enfonce ce flotteur, que l'inventeur 
dénomme étireuse ou débileuse, d'une certaine quantité 



— 87 — 

dans le bain liquide et qu'on le maintient dans cette 
position d'une façon permanente, le verre liquide 
jaillit par la fente comme hors d'une fontaine. C'est à 
l'intérieur de cette fente, laissant s'échapper de la 
matière en fusion à la consistance voulue, que l'on 
trempe une pièce amorce, de préférence une feuille de 
verre armé, c'est-à-dire, renforcée par une toile métal- 
lique noyée dans l'intérieur. Cette amorce se colle 
au verre fondu et quand cette soudure est bien établie, 
on soulève lentement la feuille de verre armé qui 
attire avec elle le verre liquide : celui-ci suit le mou- 
vement ascendant sans se détacher de la masse, grâce 
à sa grande viscosité et au débit constant du flotteur. 

Si l'on a soin d'opérer avec une vitesse convenable, 
le verre soulevé au-dessus de l'étireuse a le temps 
de se solidifier et entraîne avec lui une nappe de verre 
plastique ayant constamment une largeur égale à la 
longueur de la fente de l'étireuse. On obtiendra donc 
une feuille d'une longueur indéfinie. Dans cette ma- 
nière de procéder, la feuille ne se rétrécit plus, car la 
base en est continuellement alimentée de verre mal- 
léable. 

L'opération de l'étirage a lieu dans une espèce de 
puits accolé au bassin, avec lequel il communique et 
dont les parois sont chauffées par transmission de ta 
chaleur provenant du four de fusion. 

Au-dessus de ce puits est une cheminée verticale 
qui renferme l'appareil de traction et qui, en même 
temps, joue le rôle de four de recuisson. A l'intérieur 
de cette gaine sont disposés des rouleaux horizon- 
taux, groupés deux par deux, et servant, par leur 



mouyeoieDt réciproque de rotation, à entrâiaer vers 
le haut la feuille que l'on ëtire. Le plan de tangence de 
ces organes tracteurs est Tcrtical et passe par la fente 
de l'étireuse. Ces rouleaux sont formés de rondelles 
d'amiante juxtaposées, enfilées sur un arbre à section 
carrée et serrées fortement entre des disques métal- 
liques. Tous les rouleaux de gauche reçoivent un mou- 
vement identique de rotation par des moyens méca- 
niques appropriés. Quant aux rouleaux de droite, ils 
sont fixés aux extrémités de leviers coudés et des 
contrepoids les pressent contre la feuille de verre de 
façon à la serrer sans exagération. Celle-ci est entraî- 
née comme le serait une courroie entre deux pou* 
lies et s'élève lentement entre les paires de cylindres. 
Les rouleaux de droite sont, d'ailleurs, reliés à ceux 
de gauche par l'intermédiaire d'engrenages à longues 
dents, de sorte qu'ils peuvent, sans cesser de recevoir 
le mouvement de rotation, s'écarter plus ou moins de 
ceux de gauche, suivant l'épaisseur de la feuille que 
Ton veut obtenir. 

Certaines dispositions ont été prises en vue d'assurer 
une distribution rationnelle de la chaleur et, par suite, 
la bonne marche de la recuisson. D'abord, les parois 
intérieures de la cheminée sont garnies de calorifuge, 
ce qui empêche les écarts de la température exté- 
rieure de produire des effets fâcheux sur l'opéra- 
tion. D'autre part, l'amiante dont sont formés les 
rouleaux étant une substance hautement réfractaire et 
mauvaise conductrice de ta chaleur, elle emmagasine 
le calorique etconcourt à maintenir la régularité de la 
température. De distance en distance, des tôles incii- 



— 89 — 

nées sont disposées à l'intérieur de la cheminée. Elles 
ont pour mission essentielle de réfléchir et de loca- 
liser, dans le bas de la cheminée, la chaleur rayonnée 
par le flotteur et les parois du puits d'étirage. Ce sont 
de véritables écrans qui empêchent la chaleur de 
monter trop rapidement vers le haut et assurent ainsi 
une chute de température plus régulière et plus 
méthodique. Ces plans inclinés servent également à 
recueillir les débris de verre qui peuvent se produire 
et que l'on enlève de temps en temps par des portes 
latérales. Grâce à ces ouvertures, on peut, d'ailleurs, 
activer le refroidissement, si nécessité il y a. 

Dans te puits d'étirage, la température n'étant que de 
550 degrés centigrades environ, la nappe de verre se 
solidiBe rapidement. Lorsqu'elle atteint les premiers 
rouleaux tracteurs, cette nappe est complètement 
figée et, quoique chaude encore, suffisamment durcie 
pour ne conserver aucune empreinte des rouleaux. 
L'amiante est, d'ailleurs, une substance d'un contact 
moelleux et non susceptible de griffer le verre. La 
feuille obtenue est brillante sur ses deux faces, car 
elle a reçu un véritable poli au feu. 

Il est à noter que le verre ne peut contracter aucune 
trempe lors de son passage dans la cheminée, les 
organes avec lesquels il vient en contact étant toujours 
à une température égale à celle du milieu ambiant. 
Le verre sort donc de l'appareil complètement recuit 
et se laisse couper facilement au diamant. On peut te 
débiter directement aux longueurs commerciales vou- 
lues. On n'est, d'ailleurs, plus astreint, ici, à aucune 
limite, puisque la machine débite une nappe pour 



- 90 — 

ainsi dire iodéfiDie. Dans les expériences, on a réussi 
à obtenir, sans brisures, des feuilles ayant plus de 
750 mètres de longueur. Ces feuilles seront parfaite- 
ment planes, du moment que la pièce d'amorce esl 
bien recttligne. 

L'épaisseur de la feuille obtenue est proportion- 
nelle à la largeur de la fente, mais, elle diminue si 
l'on augmente la vitesse de l'étirage et si on élève la 
température de la matière mise en œuvre. On a pu 
fabriquer, sans difficulté, du verre de toutes les épais- 
seurs comprises entre 2 et 10 millimètres; dans ces 
essais, la largeur de la feuille était de 1 mètre. Un 
appareil peut fournir, par heure, une longueur de 5 à 
25 mètres, suivant l'épaisseur du verre. La produc- 
tion annuelle de chaque appareil serait donc de 
13,500 mètres de verre de 2 millimètres sur 1 mètre 
de large. Le personnel exigé par ce mode de travail 
se réduit à trois hommes, dont l'un pour surveiller 
la marche dans le puits d'étirage et les deux autres 
pour recevoir et débiter le verre à la sortie de la 
cheminée. Le nombre de machines que l'on pourra 
établir sur un four de fusion dépend de la grandeur 
de celui-ci. 11 suffira de faire alterner successivement 
un puits d'étirage avec une chambre de combustion, 
ou brûleur réglable à volonté, aOn de maintenir la 
température convenable dans le bain, il est évident 
que, au fur et à mesure de la consommation de matière 
vitrifîable, il faut introduire de la composition nou- 
velle dans le four de fusion, de manière à conserver 
le niveau du bain invariable et à assurer la constance 
du débit du floiteur-étireur. 



— 91 — 

I/i&venteur a calculé qu'avec sa méthode, le prix de 
revient du verre à vitres ordinaire pourrait être réduit 
de moitié. Rien n'empêcherait d'appliquer le même 
procédé aux verres à polir, notamment, aux glaces de 
faible épaisseur, toujours assez difficiles à obtenir par 
coulage. L'économie, évidemment moindre que pour 
le verre à vitres, serait encore considérable; elle est 
estimée à 40 p. c. du coût actuel. Le système Fourcault 
permettrait de renoncer à l'emploi des cuvettes, et 
de substituer à ce mode de travail délicat la fusion 
continue au four à bassin. Mais, l'avantage principal 
consisterait dans ce fait qu'il sufiBrait de prévoir, pour 
l'usure du polissage, une surépaisseur de | millimètre 
seulement sur chaque face; d'où importante diminu- 
tion dans les dépenses occasionnées par cette opé- 
ration. 

Procédé Rowart-Francq. 

Ce système est basé sur l'étirage de haut en bas. 
Voici le dispositif imaginé par l'inventeur pour réali- 
ser ce principe : 

Dans le prolongement du bassin, qui est rectangu- 
laire, sont installées parallèlement plusieurs boites 
en fonte, étroites et longues, dans lesquelles arrive le 
verre fondu et épuré. Le fond de ces boîtes est formé 
d'une dalle réfraclaire percée d'une fente longitudi- 
nale dont la largeur peut varier de 1 à 3 centimètres. 
En dessous de chaque boite se trouve un puits d'une 
hauteur de 4 mètres environ, hermétiquement clos. 
A la partie inférieure de ce puits est ménagée une 



— 92 — 

étroite ouverture, placée dans le même plan vertical 
que la fente supérieure et destinée à livrer passage à 
à la feuille de verre fabriquée. Les parois intérieures 
du puits sont garnies de matériaux réfractaires et 
calorifuges. Dans ce puits, des séries de rouleaux 
horizontaux, constitués par de l'amiante, sont disposés 
et actionnés de la même manière que dans le procédé 
Fourcault et remplissent un rôle analogue. 

Il est aisé de comprendre comment fonctionne ce 
système. Le verre liquide coule d'une façon continue 
et régulière par la fente pratiquée dans la dalle. Dès 
son arrivée dans le puits, le verre se refroidit, et, 
vers la température de 700 à 800° C, qui est celle de 
ce milieu, il acquiert la consistance sirupeuse indis- 
pensable à l'opération. Puis, il se fige et s'engage entre 
les rouleaux d'amiante qui le conduisent lentement 
vers la sortie du puits. Les rouleaux exercent sur la 
feuille de verre une légère pression et ce frottement 
est suffisant pour faire frein et empêcher la chute de 
la nappe de verre. Ici, il n'y a pas, à proprement 
parler, d'étirage; le verre s'écoule naturellement et 
tombe en une nappe continue. Mais, au moment où 
cette nappe est solidifiée, elle est soutenue par les 
rouleaux, de sorte que le poids qui la sollicite à des- 
cendre est constant. 

Ainsi se trouve éliminé l'inconvénient d'une trac- 
tion allant toujours en augmentant à l'endroit oii le 
verre s'écoule de la caisse supérieure. La feuille de 
verre, guidée par les rouleaux, progresse d'un mou- 
vement uniforme et avec une vitesse naturelle qui est 
de 15 mètres à l'heure. 



— 93 — 

Ajoutons que l'opération ne s'effectue pas dans le 
vide, ce qui donnerait lieu à une chute trop précipi- 
léë, mais dans un milieu où l'air se trouve simple- 
ment rarëâé par l'action de la ehaleur qui rayonne du 
four. La température allant en diminuant graduel- 
lement jusqu'à la partie inférieure du puits, la nappe 
de verre se refroidit peu à peu pendant son passage et 
larecuissonse trouve réalisée lors de sa sortie. Deux 
hommes, postés à cet endroit, reçoivent le verre et le 
découpent. 

Les avantages visés par l'adoption du procédé 
Rowart-Francq sont les mêmes que ceux que nous 
avons exposés précédemment et nous nous dispen- 
sons d'y revenir. 

E. Verre soufflé et étiré. 
Cylindres. 

La fabrication des cylindres ou globes en verre 
mince est une petite industrie qui forme, pour ainsi 
dire, une transition entre celle des verres à vitres 
et celle de la gobeleterie. La fusion s'opère comme 
se faisait anciennement celle du verre à vitres, c'est- 
à-dire, dans des creusets ouverts, placés dans des fours 
Boctius ou dans des fours à combustion directe. Le 
travail est intermittent : les creusets sont chargés tous 
à la fois le matin, puis vidés de la même manière 
l'après-midi. 

Après avoir cueilli une boule de verre d'une 
dimension convenable, l'ouvrier y insuffle de l'air de 



— 94 — 

façon à former un globe qu'il balance pour l'allon^r 
un peu. Il termine en s'aidant d'un moule en fonte 
ou en bois de hêtre, dont la forme intérieure est 
ronde ou carrée à coins arrondis, suivant le cas. 
S'il s'agit de fabriquer un globe de section ovale, on 
souBle la paraisou entre deux pièces de bois paral- 
lèles, dont l'écartemeut représente la largeur du 
globe; l'autre dimension est donnée à l'œil, très 
exactement, par l'ouvrier lui-même. 

Les cylindres, détachés de la canne, sont rognés 
au moyen d'un fil de fer rongi, puis transportés 
tels quels dans une arche à recuire, sans avoir été 
fendus et sans qu'on ail enlevé leur calotte terminale. 

Après cette opération, a lieu le découpage à hauteur 
exacte à l'aide du diamant. Vient, ensuite, le nettoyage 
du cylindre avec du blanc d'Espagne (sorte d'argile 
très pure], puis le collage, autour de la base,d'une 
bandelette de papier de 1 \ centimètre de largeur 
environ. 

Dans te même genre de fabrication, rentrent cer- 
tains objets creux, de forme volumineuse, mais aux 
parois plus épaisses, comme les cloches à primeurs 
pour maraîchers, les poulies destinées à l'industrie de 
la soie artiûcielle, etc. 

Tubes et barres. 

La fabrication des tubes pour indicateurs de niveau 
d'eau ei celle des barres et baguettes en verre massif, 
se pratiqué, dans certaines usines, concurremment 
avec celle des cylindres. 



— 95 — 

Les tubes s'obtiennent par soufflage et étirage, de 
la manière suivante : 

L'ouvrier cueille une grosse boule de verre dans 
laquelle il souffle afin d'y produire un certain vide. 
Après avoir été réchauffée, cette boule, tenant tou- 
jours à la canne, est appliquée, du côté opposé, à 
l'extrémité d'une tige de fer, par l'intermédiaire 
d'une petite masse de verre pâteux. L'un des ouvriers 
s'éloigne alors lentement et étire peu à peu la masse, 
qui prend la forme d'un cylindre étroit, pendant que 
l'autre ouvrier continue à insuffler de l'air, de façon à 
obtenir le diamètre proposé, lequel, d'ailleurs, se 
mesure à l'œil. En vue d'éviter tout rétrécissement 
excessif en quelque point, un aide refroidit, en l'éven- 
tant avec un chiffon, la partie du tube déjà formée à 
mesure qu'elle arrive à dimension. Cette opération 
s'exécute sur une espèce d'échelle horizontale formée 
de barres de bois régulièrement espacées. 

Les tubes obtenus par étirage ont une longueur de 
10 à 15 mètres, suivant leur grosseur. Ils sont coupés à 
longueur au moyen d'une roue en cuivre alimentée de 
sable. Les tronçons sont classés suivant leur diamètre. 

Pour certains tubes, on arrondit, les bords de 
chaque bout, en les ramollissant par la chaleur dans 
un petit four ad hoc; c'est une véritable recuisson qui 
donne plus de solidité au verre. 

Les barres et baguettes massives s'obtiennent par 
un procédé analogue, avec cette différence qu'il est 
inutile de souffler la paraison. Pour découper les 
barres, on les réchauffe à l'endroit voulu, puis on 
met ce point en contact avec un fer froid. 



F. Verre soufflé en bouteilles. 

Deux procédés sont employés en Belgique pour la 
fabrication des bouteilles : le soufQage à la bouche 
et le soufflage à l'air comprimé. 

Soufflage à ta bouc/te. 

Dans ce système^ qui constitue l'ancienne méthode 
de travail, encore suivie pour la plus grande partie des 
bouteilles fabriquées, on cueille, à Textrémité d'une 
canne, une masse de verre que l'on roule d'abord 
sur un marbre, constitué par une pièce de fonte bien 
dressée. Après réchauffage, l'ouvrier insufQe de l'air 
dans cette boule, pour y ouvrir une cavité et lui 
donner grossièrement la forme d'une bouteille, en 
s'aidant parfois d'un moule cylindrique en argile. 
Ensuite, il étire le col, en plaçant la paraison derrière 
une fourche en fer à travers laquelle le goulot seule- 
ment peut passer. La forme définitive est donnée en 
soufiBant et en tournant la paraison dans un moule en 
fonte dont le dessus est formé de deux parties réunies 
par charnières. 

La bouteille est alors Qxée par son fond à une tige 
de fer appelée poitit'/. On détache la canne, on réchauffe 
le goulot et on le coupe exactement à la hauteur 
voulue. Puis, au moyen d'une lige en fer recourbée, 
on entoure l'extrémité du goulot d'une bande de 
verre chaud, de façon à former la bague. On dresse 
finalement cette partie de la bouteille à l'aide d'une 
pièce double, sorte de calibre, qui donne le profil 



— 97 — 

Toulu à l'intérieur et à l'extérieur. Cest ainsi que 
l'oa forme certaines embouchures spéciales, pré- 
sentant un pas de vis à l'intérieur ou à Texié- 
rieur. 

Les bouteilles terminées sont empilées dans une 
arche ou four à recuire, chauffée préalablement après 
que toutes les ouvertures ont été boachées; on laisse 
refroidir lentement. Il ne reste plus, après défourne- 
ment, qu'a laver et classer les bouteilles. 

Pour les bouteilles dont la section n'est pas circu- 
laire, on fait usage de moules appropriés. 

La fabrication des dames-jeannes, touries et autres 
récipients de forte dimension, s'effectue par des pro- 
cédés analogues. 

Soufflage mécanique. 

Le procédé suivi en Belgique est le système dû à 
l'invention de M. Claude Boucher, maître de verreries 
à Cognac. Nous en donnons une description succincte, 
résumée d'après le rapport dressé par M. Léon Appert 
pour la Société d^ encouragement pour l'industrie natio- 
nale {'). 

L'inventeur a cherché à se rapprocher, par les dis- 
positions mécaniques qu'il a adoptées, de la succes- 
sion des opérations manuelles, à l'aide desquelles 
l'ouvrier façonne, avec le secours de ses poumons, les 
diverses parties de la bouteille. Il recourt, dans ce bui, 



(*J BuUelin d« mai 1901, Paris, 



à remploi de l'air comprimé, utilisé sous deux pres- 
sions différentes, suivant les besoins de la fabrication. 




Appareil pour le soufflage mécanique des bouteilles. 
Système Claude Boucher, 



— 99 — 

La machine se compose essentiellement d'un bâti 
en fonte portant à ses extrémités deux groupes 
d'appareils, et comporte, pour chaque modèle de 
bouteilles à fabriquer, une série de moules. Voici 
comment s'efiectuént les opérations. 



Lembecq : Sou01ag« mécanique des bouteilles. 

Le verre est cueilli et versé dans un moule mesu- 
reitr-ébaucheur, chauffé préalablement à 600-700*^ qui 
reçoit la quantité de verre exactement nécessaire. On 
applique immédiatement le compresseur sur ce moule, 
et l'on fait agir l'air comprimé au-dessus du verre. 
Ace moment la pression est de 450 à 500 grammes par 
centimètre carré; le verre, très fluide, descend dans 



— 100 - 

le col du moule et la bague se forme dans le moule 
ad hoc et autour d'un mandrin qui est descendu dou- 
cement et automatiquement de 15 à 20 millimètres 
dans, l'ébauche, perçant un avant-trou on pénétrera 
l'air comprimé au moment du soufflage. On retourne 
le moule mesureur, de façon à mettre le fond de 
l'ébauche en bas; en même temps qu'automatiquement 
le mandrin se relire, on insuffle légèrement de l'air 
dans l'ébauche, aBn d'y former une cavité, comme 
dans le soufflage à la bouche. On ouvre le moule mesu- 
reur, et la bouteille étant tenue par la bague seule, 
la masse de verre s'allonge. On l'introduit ensuite 
dans un moule intermédiaire ou fût de paraison et on en 
augmente graduellement le volume par une très légère 
insufflation produite par le goulot; on obtient ainsi 
une épaisseur des parois en rapport avec les condi- 
tions de résistance de la bouteille. La pression n'est 
plus alors que de i75 à 200 grammes par centimètre 
carré, La bouteille présente encore une dimension un 
peu moindre que celle qu'elle doit avoir; on donne ù 
l'ébauche la forme définitive en l'introduisant dans un 
moule finisseur et-cn produisant une pression -dans 
l'intérieur. Les bouteilles sont recuites comme précé- 
demment. 

L'appareil Boucher peut s'appliquer aux bouteilles 
de toute espèce de formes et de toutes capacités, ainsi 
que des carafes, des flacons, des bocaux et autres 
récipients avec cols de très grande ou très faible 
dimension. Son emploi procure une certaine éco- 
nomie dans la fabrication, avantage contrebalancé en 
partie par le coût plus élevé de la composition du 



— 101 — 



mélaage vitrifiable, qu'il est préférable d'avoir un 
peu meilleur, sans que, toutefois, cela soit indispen- 
sable. Une macbine permet de fabriquer de 90 à 



Lembecq : Vue d'une machine à soulDer. 

100 bouteilles à l'beure, de sorte, que avec deux 
macbines desservies par trois ouvriers, on arrive à 
produire, en une journée de vingt-quatre heures 



répartie entre trois postes de huit heures, une quan- 
tité globale de 4,000 bouteilles. 

En ce qui concerne la qualité des produits obtenus 
par ce procédé, elle ne laisse, suivant M. Appert, 
rien à désirer. Il est à noter que l'emploi des moules 
intermédiaires permet de bien distribuer le verre 
dans toutes les parties et de leur donner l'épaisseur 
requise. 

Au point de vue de la solidité, les essais eflectuésont 
montré que des bouteilles du poids de 700 grammes 
offraient, en moyenne, une résistance de 25kil.600gr. 
par centimètre carré. 

Nous ajouterons que, avec le procédé mécanique, 
les conditions de travail sont incontestablement plus 
hygiéniques et moins pénibles, puisque le sou£Qage à 
la boucbe, à proximité des ouvreaux de cueillage, est 
totalement supprimé. Il est certain qu'avec ce sys- 
tème, l'on n'a plus à craindre la transmission des mala- 
dies contagieuses par les muqueuses de la bouche, 
danger qu'il n'est pas toujours facile d'éviter, malgré 
les visites sanitaires fréquentes, lorsque plusieurs 
ouvriers sont appelées à souffler, à tour de rôle, 
dans les mêmes cannes. 

G. Verre soufflé ou moulé en objets divers. 

11 s'agit ici des industries désignées sous le nom 
de gobeleierie, flaconnerie, crisiallerie. Ces spécialités 
comprenent la fabrication d'une foule d'objets creus 
ou massifs, de dimensions assez restreintes, tels que : 
gobelets, verres à pied, carafes, flacons, bocaux, vases 



— 103 — 

divers, chenainëes de lampes, etc. Cette fabricatioD, 
comme celle des autres produits en verre, comporte 
toujours deux phases indispensables : le raçonnage 
des objets et leur recuisson. Souvent, un travail de 
parachèvement ou de décoration leur est en outre 
incorporé; nous traiterons ce sujet dans des cha- 
pitres subséquents. 

i» Façonnage. 

Que les objets à fabriquer soient composés de 
cristal, de verre fin ou de verre de qualité commune, 
les procédés suivis pour les façonner sont les mêmes 
et peuvent être ramenés aux trois modes de travail 
suivants : le soufflage sans moule, le soufflage dans 
un moule, le moulage à la presse. 

Avant de passer à l'explication sommiaire de ces 
diverses méthodes, faisons remarquer que rarement 
la forme définitive de l'objet peut être réalisée en 
uiie seule opération ; souvent, on doit réchauffer 
la paraison à plusieurs reprises pour pouvoir la 
façonner et l'amener graduellement aux dimensions 
qu'elle doit avoir. Notons, à ce propos, que le 
cristal est très plastique et peut être réchauffé plus 
souvent;' il est, par conséquent, plus facile à tra- 
vailler que le verre ordinaire. Certaines parties de 
l'objet sont ajoutées successivement, comme la jambe 
ou le pied d'un verre, ou bien rapportées après 
coup, comme les anses et les oreilles des canettes, 
carafeSj etc. 

Le travail est organisé par p/acei, c'est-à-dire, par 



— 104 — 

brigades composées d'ouvriers verriers assistés d'un 
certain nombre de gamins ou apprentis. La besogne de 
ces derniers consiste à cueillir le verre, à présenter les 
outils au verrier, à réchauffer les pièces, à porter les 
objets finis au train d'arche. D'autres aides marbrent 
la boule de verre cueillie, ou bien commencent le souf- 
flage de la paraison. I^s ouvriers verriers achèvent 
le travail; les uns détachent la quantité voulue de 
verre pour remplir un moule, soufflent la paraison, 
rognent et dressent les bords d'un vase, munissent les 
verres d'un pied, d'une anse, etc. 

Soufflage sans moule. 

Ce procédé ne peut s'appliquer qu'à des objets à 
parois assez épaisses, n'exigeant pas une grande pré- 
cision de formes. Voici, par exemple, comment on 
procède pour façonner un sucrier. On insuffle de l'aîr 
dans une masse de verre cueillie'avec une canne; on 
aplatit un peu le fond du baltoo ainsi formé et on 
le roule en l'air ou sur une plaque dressée; puis, 
on le fixe pur la base à l'extrémité d'un pontil et on le 
détache de la canne. Après réchauffage dans un petit 
four latéral, on coupe et on égalise avec des ciseaux 
la calotte, déjà ouverte, du globe; c'est le rognage. On 
réchaufie de nouveau, puis, en roulant toujours le 
pontil horizontalement, on ouvre et on dresse les 
bords intérieurement et extérieurement à l'aide d'une 
pince spéciale. 

La même méthode de travail est également suivie 
pour la fabrication des cheminées de lampes qui pré- 



. — 105 — 

sentent un renflement très large. On souffle, dans ce 
cas, un ballon ovoïde, que l'on ouvre ensuite aux deux 
bonis ; on rogne et on achève la pièce, puis on dresse 
les bords au moyen du fer. 

Soufflage dans un moule. 

La plupart des objets de gobeleterie sont soufflés en 
se servant d'un moule présentant en creux la forme ' 
et le contour que devra posséder la pièce exiérieu- 
rement. Le travail difiere, toutefois, suivant qu'il 
s'agit de pièces rognées ou de pièces coupées au 
chalumeau. 

Pièces rognées. — Ce sont surtout des pièces à 
parois d'une certaine épaisseur et d'une forme très 
régulière. 

Pour fabrii|uer une canalte, par exemple,- on roule 
ta masse de verre cueillie avec la canne sur un marbre 
en fonte, puis on donne à la paraison une forme globu- 
laire au moyen d'une pièce de bois creuse ou bloc. On 
souffle, ensuite, successivement dans deux moules, qui 
donnent graduellement à la masse la forme qu'elle 
doit avoir. Ces moules sont formés de deux ou trois 
parties reliées par des charnières. 

L'objet retiré du moule est fixé sur un poniil et 
détaché de la canne. Après réchaufl"age, on enlève la 
calotte par rognage; on ouvre, on dresse les bords, 
on forme le bec et l'on applique l'anse en soudant par 
ses deux extrémités un petit boudin de verre plas- 
tique. 



106 - 



Les verres à pied se font d'uoe façon analogue ; od 
sonde successivement à Ja coupé, la jambe, puis le 



Hemixem : FaçouDage du pied d'un verre. 

plateau du pied. Les Ûacons et les bocaux sont égale- 
ment soufflés dans un moule. La bague du goulot est 
toujours appliquée en dernier lieu. 



— 107 — 

Les objets dont les dimensions ne doivent pas être 
très rigoureuses sont soufflés en tournant ta paraison 
dans le moule, dont la surface intérieure a été enduite 
de chiirbon de bois en poudre, humeclé d'eau. Lorsque 
l'on doit obtenir des mesures très exactes, il faut 
effectuer le soufQage en p/et», c'est-à-dire, sans tourner, 
dans un moule sec; l'inconvénient de ce procédé est 
de rendre la surface du verre un peu plus terne et de 
marquer les solutions de continuité du moule. 

Le façonnage de certaines pièces de cristal d'une 
forme compliquée est difficile à réaliser; le soufflage à 
la bouche est, ici, remplacé par le travail à l'air 
comprimé. 

Il y a des objets en verre coloré fabriqués en verre 
plaqué, c'est-à-dire, formé de deux couches de verre 
distinctes. On obtient ce résultat en étendant sur la 
boule de verre blanc cueillie avec la canne, une mince 
couche de verre teinté et en soufflant ensuite la parai- 
son, comme à l'ordinaire, dans un moule. 

Le verre craquelé se produit en plongeant brusque- 
ment dans l'eau froide, la boule de verre qui vient 
d'être cueillie. On souHIe la paraison dans un moule 
et sur la surface de la pièce apparaissent des ger- 
çures irrégulières plus ou moins profondes. 

Pièces coupées au chalumeau. — Pour les objets à 
parois minces fabriqués avec du verre fin, on pro- 
cède différemment. Après avoir soufQé la paraison 
dans un moule, comme il a été dit précédemment, on 
sépare la .pièce de la canne et on détache la partie 
hémisphérique qui surmonte l'objet, au moyen de la 



— 108 — 

flamme d'an chalumeau alimenté par le gaz ordinaire 

d'éclairage ou par du gaz fabriqué avec de l'essence. 

L'appareil comprend deux plateaux horizontaux 
juxtaposés, animés d'un mouvement de rotation. On 
y place successivement l'objet à couper. A une hau- 
teur déterminée, au<dessus du premier plateau, se 
trouve une pointe en acier, qui trace autour de l'objet 
la ligue de séparation de la calotte. A la même hau- 
teur, au-dessus du second plateau, est disposée une 
couronne semi-circulaire, fendue horizontalement; 
par celte ouverture sort un jet de gaz enflammé ; 
la zone étroite qui a été tracée par la pointe est 
chauQee fortement, et la calotte se détache sans diffi- 
culté. 

On peut aussi opérer d'une façon inverse, c'est-à- 
dire, chauffer d'abord le pourtour du vase au niveau 
voulu, puis faire toucher cette ligne par le couteau 
d'acier. 

L'objet coupé est soumis au fieliage, opération qui 
a pour but de régulariser les bords du verre en les 
usant, soit au moyen d'une meule en émeri tournant 
verticalement, soit à l'aide d'une pierre rectangulaire 
verticale animée d'un mouvement de va-et-vient. 
L'objet est porté par uu mandrin horizontal que l'on 
approche de la meule. 

L'ancien système, encore en usage pour certaines 
pièces telles que les canettes, consiste en une lai^e 
roue horizontale en fer, sur laquelle on appuie l'objet 
tenu à la main. L'usure se produit par te frottement 
de sable'inouillé entraîné par le mouvement de rota- 
tion de la roue. 



— 109 — 

Après le tlettage, vient le rebrûlage, qui a pour but 
d'arrondir les bords encore tranchants de l'objet en 
les ramollissant par la chaleur. C'est un elTet iden- 
tique à celui réalisé lorsque l'on réchauffe les pièces 
après le rognage. Dans le cas des pièces coupées au 



' Hemixem : Appareil de rebrâlage circulaire et eontîDii, 

chalumeau, Ton se sert soit de petits fours cubiques 
chauffés au gaz, soit d'un appareil circulaire continu. 
Ce dernier consiste en un disque rotatif dont le pour- 
tour est garni d'une série de petits plateaux tournant 
également sur eux-mêmes. Sur chacun de ces plateaux 
on place un objet. à rebrûler; en suivant le mouve- 



— no — 

ment du disque, chaque objet passe, à un certain 
moment, à travers la flamme d'un chalumeau abrité 
par une hotte. 

Moulage à la presse. 

Le moulage à la presse est surtout appliqué à la 
fabrication de pièces à parois assez épaisses ou com- 
plètement massives, en cristal et en verre ordinaire 
(notamment les objets rentrant dans la gobeleterie 
commune). 

L'appareil employé comporte un moule placé verti- 
calement, dans lequel on introduit la quantité de 
verre nécessaire pour former la pièce. Celle-ci se 
façonne par l'action d'un noyau ou piston, mû à la 
main, et qui donne le profil intérieur. 

Certains objets sont achevés, s'il y a lieu, par 
l'adjonction d'une jambe, d'un pied, etc. 



Aussitôt façonnés par l'un ou l'autre des procédés 
expliqués ci-dessus, les objets subissent la recuisson et 
te refroidissement lent qui leur communiqueront la 
solidité désirable. 

Dans les gobeleteries, les pièces sont introduites 
dans un long four à feu continu, appelé arche à recuire. 
Elles sont placées sur des chariots attachés les uns 
aux autres, que l'on fait mouvoir au moyen d'une 
chaîne sans fin, ou bien que l'on tire à la main. 
Chaque chariot, avec sa charge, passe ainsi de la 



— m — 

température la plus élevée, voisine de 400°, à celle 
de 40 à 70°, à laquelle on défourne. 

Dans les flaconneries, le four à recuire se compose 
d'une chambre rectangulaire, de dimensions res- 
treintes, chauffée par les flammes d'un foyer. Les 
pièces, après avoir été préalablement réchauffées 
dans un local ad hoc, sont introduites dans un ou 
deux pots, identiques à ceux employés pour la fusion, 
placés dans te four. 

A la sortie de l'arche à recuire, toutes les pièces 
font l'objet d'un examen minutieux; on écarte toutes 
celles qui sont défectueuses. En même temps, on fait 
le classement en deux choix. Les objets jugés bons 
passent ensuite, s'il y a lieu, aux divers travaux de 
parachèvement et de décoration : taille, s'il s'agit de 
cristal ou de demi-cristal, gravure, guillochage, etc. 
La description de ces opérations trouvera sa place 
dans un des chapitres suivants. 

//. Façonnage du verre. 

Le but du façonnage du verre est de modifier la 
forme du produit, de lui donner un contour nouveau, 
particulier. Par exemple, avec l'aide de la chaleur, 
qui ramollit le verre, on pratiquera le bombage des 
feuilles, on courbera des tubes, on soufflera des 
ampoules, etc. Mais il y a aussi des procédés de façon- 
nage à froid, tels le découpage, la perforation, la 
taille, le biseautage, etc. 

Nous passerons succinctement en revue ces diverses 
opérations. 



i- Travail à chand. 

Bombage. 

Si l'on élève ta température d'une feuille ou d'une 
plaque de verre à un degré suffisant pour provoquer 
son ramollissement, on peut lui faire prendre ia cour- 
bure que l'on veut. Le travail consiste, après avoir 
découpé le verre à dimensions convenables, à intro- 
duire la pièce dans un four à réverbère, en la dépo- 
sant au-dessus d'un moule en forte tôle représenlanl 
une surface cylindrique, sphérique ou de toute autre 
courbure désirée. Le verre, en s'affaissant, épouse la 
forme de ce moule. On facilite ce mouvement en 
guidant la descente de la pièce, ou, s'il s'agit d'une 
feuille à courbure cylindrique, en promenant sur sa 
surface l'extrémité recourbée d'une tige de fer. On 
fait ensuite glisser le moule avec la pièce dans un 
second compartiment du four, chauffé à une tempé- 
l'ature inférieure. l..es objets n'en sont retirés qu'après 
avoir été refroidis lentement. 

La grandeur du four doit être en rapport avecles 
dimensions des pièces que l'on doit y bomber, dimen- 
sions qui sont parfois considérables ; la manipulation 
des pièces exige alors beaucoup de précautions et se 
fait à l'aide d'appareils de levage appropriés. 

Travail au chalumeau. 

En chauffant modérément, en des points détermi- 
nés, àes tubes de verre à la flamme d'un chalumeau, 
on les rend assez plastiques pour pouvoir les travailler 



— H3 — 

à volonté, les plier, les courber, amincir la section par 
étirage, ou bien produire,. par insufflation, des ren- 
tlements, des ampoules, etc. On façonne ainsi, non 
seulement des instruments destinés à des usages scien- 
tifiques ou médicaux, tels que thermomètres, densi- 
mètres, seringues, etc., maïs encore des objets de 
fantaisie, perles souillées, articles de Venise, etc. La 
confection des appareils de laboratoire nécessite, en 
outre, des opérations de jaugeage et de gravure par 
des procédés que nous expliquerons plus loin. 

Les tubes fins, en verre blanc ou coloré, dont on se 
sert dans cette fabrication, ne se trouvent pas en Bel- 
gique; ils doivent être importés de France ou d'Alle- 
magne. 

2* Travail à fïvid. 



Nous avons dit, en parlant de la fabrication du 
verre à vitres, que le débitage des feuilles aux dimen- 
sions usitées dans le commerce s'eiïectuait dans les 
verreries mêmes. A côté de ces établissements, il 
existe des ateliers spéciaux s'occupant du découpage 
du verre, blanc et opale, en plaques sèches pour 
la photographie. Ce travail ne présente, d'ailleurs, 
aucune différence essentielle avec celui qui se pra- 
tique dans les verreries. Une série d'ouvriers divisent 
d'abord les feuilles de verre en bandes d'une certaine 
largeur; d'autres découpent ces bandes en plaques. 
Ensuite, a lieu le triage en trois choix, puis le classe- 
ment suivant épaisseur. Le matériel utilisé est le même 
que celui déjà indiqué. 



— m — 

Dans les ateliers susdits, on découpe également des 
verres pour encadrement^ pour lanternes maj^iques, 
pour horloges murales, ainsi que des verres ronds 
ou elliptiques pour horloges et réveils. Ces derniers 
s'obtiennent au moyen d'un diamant fixé à l'extrémité 
d'un bras pivotant autour d'un centre, s'il s'agit d'un 



Gentbriigge' : Perforation des plaques de verre. 

verre rond; pour les verres à courbure elliptique, la 
barre est pourvue de deux pointes qui se meuvent 
dans deux coulisses se coupant à angle droit. 

Il y a aussi des maisons qui se chargent du décou- 
page du verre en feuilles de toute épaisseur, suivant 
tous modèles ou contours quelconques remis par le 
client. 

Perforation. 

Pour certains usages, il est nécessaire de percer 
dans des plaques de verre des ouvertures destinées. 



notamment, à la Ôxation de ces pièces au moyen de 
vis. C'est une opération assez délicate qui s'effectue 
au moyen d'une machine à percer dont le porte-outil 
est rappelé vers le haut par un ressort ou un contre- 
poids. L'ouvrier, manœuvrant avec précaution, ne 
donne au foret qu'une faible pression, de façon à 
éviter tout accident. On pratique, avec cet appareil, 
des trous ayant depuis l de centimètre jusque t5 centi- 
mètres de diamètre. 

TaUle. 

Le travail de ta taille s'applique non seulement aux 
objets en cristal, mais encore à la gobeleterie de verre 
fin ou demi-cristal et aux bandes dont on fait les 
encadrements des glaces vénitiennes; il a pour but de 
former sur le verre des facettes planesou courbes, 
à surface brillante, susceptibles de produire, par l'effet 
de la réflexion et de la réfraction, des jeux de lumière 
rappelant les feux du diamant. Ce résultat s'obtient 
en usant le verre à l'aide de meules, disposées géné- 
ralement sur un arbre horizontal et tournant dans 
un plan vertical. 

Le travail comprend toujours trois opérations fon- 
damentales qui ne sont, en réalité, que la reproduc- 
tion, sous une autre forme, de celles qui constituent 
le polissage des glaces brutes. 

L'ébauchage ou dégrossissage, qui s'effectue au 
moyen d'une meule en fer, dont le profil affecte des 
formes diverses, suivant le résultat cherché; il a pour 
objet d'enlever la plus grande partie du verre aux 
endroits déterminés. L'usure se produit par l'action de 



— il6 — 

sable dur ou grès pulvérisé, que l'on fait arriver conii* 
nuellement sur la roue en même temps que de l'eaii. 

Le doucissage ou taille proprement dite donne la 
forme définitive à la facette. Ici, le verre est mordu 
par une meule en grès ou en émeri humectée par un 
courant d'eau. 

Le polissage a pour but de faire disparaître l'aspeci 
mat résultant de ropération précédente et de donner 
à ta facette une surface absolument lisse. Cet effet 
s'obtient en frottant la pièce sur une meule en bois ou, 
mieux, en liège, avec interposition de potée d'étain, 
ou oxyde d'étain réduit en poudre très fme. Comme 
cette potée contient un peu de plomb, on a, dans la 
cristallerie, scindé le polissage en deux parties; on se 
sert, en premier lieu, de colcotar, et l'on n'emploie la 
potée d'étain que pour terminer l'opération et pen- 
dant le moins de temps possible. 

La taille du verre s'exécute, généralement, à la 
main; la façon d'opérer dlfTère un peu suivant le 
genre de facettes que l'on veut obtenir. Les formes 
de ces facettes se ramènent aux trois genres suivants : 

Votive, pour laquelle on se sert d'une meule de fer 
à tranche arrondie; l'objet est tenu en dessous et per- 
pendiculairement à l'axe de rotation; 

La côte plate, pour laquelle on fait usage d'une roue 
plate, en tenant l'objet parallèlement à l'axe ; 

La taille en diamantf qui nécessite une roue à double 
biseau, au moyen de laquelle on obtient des facettes 
dé toutes les formes imaginables. 

Plusieurs perfectionnements ont été apportés aui 
appareils destinés à la taille. Ainsi, il y a des dispo- 



sitifs pour suspendre les pièces lourdes et volumî- 
Qeuses, qui n'ont plus qu'à être guidées par l'ouvrier. 
Dans quelques établissements, on exécute le polissage 
final par des procédés entièrement mécaniques se 
prêtant parti cul ièrament à l'achèvement des fonds de 
certains genres de gobelets. Dans ce mode de travail, 
la pièce, placée au<dessus de la roue, est maintenue 
appliquée contre celle-ci au moyen d'un ressort tendu 
par un contrepoids. 



Le biseautage est une opération analogue à celle de 
la taille. Elle consiste à user obliquement les bords des 
glaces ou des feuilles de verre, de façon à obtenir une 
bande d'une certaine largeur, légèrement inclinée sur 
le plan de la feuille. Le biseautage, comme la taille, 
comporte trois opérations successives, exécutées à 
l'aide d'appareils du même genre : 

débauchage, qui s'effectue à l'aide d'une meule ou 
d'un rouleau en fonte, avec interposition de sable 
mouillé ; 

Le doucissage, qui se fait avec une meule ou un 
rouleau en grès et un courant d'eau ; 

Le polissage, qui est réalisé au moyen d'une meule 
ou d'un cylindre en bois, garni de feutre, avec inter- 
position de colcotar ou potée de fer. 

Lorsqu'il s'agit de glaces destinées à être argentées, 
le polissage à la potée est précédé d'un premier polis- 
sage à la meule de bois avec de la pierre ponce pul- 
vérisée. 



Il existe égalemeDt un système dans lequel le 
dégrossissage et le doucissage sont réduits à une 
seule et même opération, à l'aide d'une meule d'une 
composition spéciale. 

Les dispositifs des appareils employés pour le 
biseautage sont assez divers, mais ils rentrent tou- 
jours dans l'un ou l'autre des types suivants. 

Meules horizontales. — Dans ce système, les meules 
tournent horizontalement. La glace à biseauter, tenue 
par l'ouvrier, est appuyée et promenée sur la surface 
supérieure de la meule dans une position légèrement 
oblique. Ce procédé est le seul qui soit applicable au 
travaildes contours courbes, à celui des petites glaces, 
des pièces bombées, des. coins rentrants, etc. Les glai-es 
droites d'une certaine dimension peuvent être biseau- 
tées automatiquement, en les fixant sur un cadre fai- 
blement incliné, porté sur un chariot qui est animé 
d'un mouvement de va-et-vient. L'avantage de ce sys- 
tème est de maintenir la glace dans une grande sta- 
bilité. 

Meules verticales. — Lorsque l'on fuit usage d'une 
meule verticale, la glace est placée sur un châssis 
dans une position presque verticale. Le châssis est 
généralement porté par un chariot quivaet vient, de 
façon à présenter successivement toutes les parties du 
biseau à l'action de ta meule, La pression de la glace 
contre la meule est obtenue à l'aide d'un contrepoids. 
Dans une autre disposition, c'est la mente qui se meut 
le long de la glace, laquelle est fixe. On a aussi imaginé 
de placer la glace dans une position tout à fait verii- 



— 4i9 — 

cale et de donner à la meule l'inclinaison nëcessaire^ 
ce qui complique ta transmission de mouvement. 

Le polissa$(e final est souvent réalisé à l'aide d'un 
étroit frottoir en bois garni de feutre, recevant, par 
l'intermédiaire d'une bielle, un mouvement de va-et- 
vient le long du biseau. 



Gentbrugge : Meule verticale à biseauter les glaces. 

Rouleaux. — Dans plusieurs glaceries, les trois 
opérations du biseautage s'effectuent à l'aide de rou- 
leaux horizontaux assez volumineux, qui sont respec- 
tivement en fonte, en pierre et en bois garni de 
feutre. L'ouvrier tient la glace horizontalement et 
appuie son bord vers la partie supérieure du rouleau. 
Ici, aucun mouvement de va-et-vient n'est nécessaire. 



— 120 — 

puisque l'usure se fait simultanément sur toute la 
longueur du biseau. Ce système offre un inconvénient, 
peu important d'ailleurs : c'est de donner au biseau 
une surface légèrement concave, due à la courbure 
du rouleau. 

Chanfreinage et rodage. 

Le chanfreinage et le rodage sont des opérations 
analogues au biseautage et qui s'exécutent avec les 
mêmes appareils. Le chanfreinage consiste à couper 
l'arête qui limite le bord d'une glace et à lui substi- 
tuer une petite bande plane. Le rodage a pour but 
d'arrondir, par usure, cette même aréle, ou bien de 
former une surface cylindrique, terminant la tranche 
de la glace. D'autres effets, tels que les cannelures et 
les moulures, peuvent être obtenus par des opérations 
du même genre. 

Le rodage s'applique aussi aux goulots et aux bou- 
chons de certains flacons, pour lesquels on veut 
obtenir une fermeture hermétique. Ces flacons sont 
dits avec bouchons à l'émeri. L'opération consiste alors 
à user les deux parties uniformément, de façon à 
leur donner deux surfaces parfaitement cylindriques 
s'embottant exactement l'une dans l'autre. Le rodage 
du goulot se fait au moyen d'un maocbon en tôle placé 
sur un mandrin cylindrique, et avec interposition de 
sable mouillé. Quant au bouchon, il est rodé d'abord 
avec du sable, puis avec de l'émeri. On peut aussi 
user, l'un sur l'autre, le bouchon et le goulot, au 
moyen d'émeri. 



/. Décoration du verre. 

Dans )a décoratioH du verre, on a simplement en vue 
de modifier l'aspect extérieur, en réatisant sur la 
surface des produits une ornementation plus ou moins 
simple ou artistique. Cette décoration peut éire obte- 
nue par corrosion ou enlèvement d'une partie de la 
matière, soit en vertu d'une action mécanique, comme 
dans la gravure à la roue et au sable, soit par l'attaque 
chimique au moyen d'une substance appropriée. Elle 
peut aussi s'exécuter par peinture, ou, pour mieux 
dire, par superposition, suivant les contours d'un 
dessin, de couches superficielles colorées sur la sur- 
face du verre. Dans ce travail, il est loisible, d'ail- 
leurs, de faire intervenir ou non l'action de la 
chaleur. 

1" Oravare. 

Gravure à la roue. 

La gravure à la roue s'applique surtout aux objets 
en verre fin ou en cristal, plus rarement à la glace. 
On se sert habituellement de minces roues en cuivre 
tournant sur un arbre horizontal. La circonférence de 
cette roue est arrosée d'huile mélangée d'émeri fine- 
ment pulvérisé. On tient l'objet horizontalement sous 
la roue et on le promène suivant les contours de la 
ligure que l'on désire obtenir. Le dessin est presque 
toujours exécuté en mat; mais on peut également le 
rendre transparent ou brillant par un polissage sub- 



— 122 — 

séquent à l'aide d'une roue en plomb et de pierre 
ponce broyée. Les dégradations de teinte s'obtiennent 
à l'aide d'une roue en bois ou en liège alimentée éga- 
lement de pierre ponce pulvérisée. 

Gravure au sable. 

La gravure au sable est un procédé économique uti- 
lisé dans la décoration du verre coulé sous forme, 
notamment, de marmorite et de verre cathédrale, du 
verre à vitres, des bouteilles, etc. Son principe, con- 
siste à corroder et à dépolir le verre, en certains 
points de sa surface, par l'action du sable entraîné 
par un courant d'air Torcé. 

Verre coulé. — Lorsque l'on se propose de décorer 
une plaque de marmorite, par exemple, pour en faire 
un tableau-réclame, on commence par dépolir et gra- 
ver en creux les parties du dessin qui devront rece- 
voir la peinture ou la dorure. A cet effet on colle sur 
la plaque une feuille de papier buvard enduite d'une 
matière agglutinante; on y trace le dessin que l'on 
veut exécuter, puis on découpe et on enlève les parties 
du papier correspondant aux places qui doivent être 
décorées. Il su£St, alors, de diriger le jet de sable 
sur les parties de la marmorite mises ainsi à nu. 
L'appareil utilisé consiste en un réservoir cylindrique, 
coDtenant du sable,dans lequel on fait arriver de l'air 
préalablement comprimé. Un tuyau flexible terminé 
par une lance y est adapté et permet de diriger lé jet 
à volonté dans toute direction. 



— 123 — 

Le même procédé est suivi pour la décoration sous 
glace et pour celle du verre cathédrale destiné à 
entrer dans la composition d'un meuble. 

Verre à vitres. — Le matage d'une feuille de verre à 
vitres se fait en projetant de haut en bas, par une fente 
transversale, un jet de sable entraîné par un courant 
d'air forcé. La feuille est placée horizontalement sur 
un cbariot qui avance lentement, de telle sorte que 
toutes les parties du verre sont successivement sou- 
mises à l'action du jet de sable. 

Pour obtenir le verre moussc/inc, c'est-à-dire, orne- 
menté de décors transparents sur un fond mat, on 
procède de la même façon; seulement la feuille a été 
préparée à l'avance, en plaçant une frisquette ou 
pochoir sur la feuille et en recouvrant les parties qui 
ne doivent pas être attaquées par le sable d'un enduit 
composé de sulfate de baryte ou de kaolin, mélangé 
avec de la colle de menuisier. 

Le verre givré, rappelant, par son aspect, les des- 
sins fantaisistes formés par le givre sur les vitres, est 
produit de la manière suivante. Sur la surface de la 
feuille, préalablement dépolie an sable, on applique 
un vernis spécial, qui pénètre dans les petites anfrac- 
tuosités du verre. En soumettant ensuite la feuille à 
l'action de la chaleur, le vernis se contracte, s'écaille, 
et enlève en même temps de minces éclats de verre, 
suivant des dessins irréguliers. 

Bouteilles, — Les bouteilles sont souvent munies 
d'inscriptions et de marques, agrémentées d'ornements 
divers obtenus par la gravure au sable. On fait usage, 



ici, d'an appareil vertical, lançant iin jet de sable de 
bas en haut au moyen de vapeur à 7 ou 8 atmosphères. 
La bouteille, dont le-corps est protégé par un patron 
en tdie d'acier ajouré aux endroits convenables, est 
placée horizontalement au-dessus de l'ouverlure cen- 
traie, et soumise pendant quelques instants à l'action 
du jet de sable. 

Gravure à l'acide. 

La gravure à l'acide est un procédé couramment 
appliqué pour la décoration du verre sous toutes ses 
formes : glaces, verres à vitres blancs ou colorés, objets 
de gobeieterie et de cristallerie. II consiste à faire 
agir de l'acide fluorbydrique sur certaines parties de 
la surface. Cet acide fiuorhydrique est simplement 
dilué dans l'eau et additionné d'uu peu d'acide cblor- 
hydrique, dans le cas d'une gravure claire; si, au con- 
traire, il s'agit de produire une gravure mate, on 
ajoute à la solution des cristaux de soude, de façon à 
obtenir un mélange d'acide fiuorhydrique et de fluo- 
rure alcalin; l'aspect mat est dû alors à la formation 
de cristaux de silicofluorure de soude. Les parties de 
la surface du verre qui ne doivent pas être mordues, 
sont protégées par un vernis inattaquable par l'acide 
fluorhydrique. Dans la composition de ce vernis 
entrent plusieurs substances, telles que : la cire 
minérale ou cérésine, la stéarine, la paraffine, le 
suif, le bitume de Judée, et, comme dissolvant, l'es- 
sence de térébenthine. Le principe de la gravure à 
l'acide est toujours le même; seule, la façon de pro- 



— i25 — 

céder pour former le dessin, présente quelques 
variantes, selon qu'il s'agit de vitrages ou d'objets de 
gobeleterie. Dans le premier cas, le dessin est exécuté 
à la main; dans le second, on suit la méthode par 
impression ou bien celle du guiUochage. 

VUrages. — Lorsqu'il s'agit d'une gravure mate sur 
fond clair, on étend le vernis protecteur sur toute la 
surface de la feuille. On trace les contours du dessin 
et, à l'aide d'un pinceau trempé dans du blanc de zinc 
délayé, on enlève la couche aux endroits qui doivent 
être attaqués. La feuille étant entourée d'un rebord 
fait d'un mastic de cire et de suif, on verse la disso- 
lution sur le verre. Après qu'elle y a séjourné un cer- 
tain temps, on l'enlève et on lave la surface gravée à 
l'eau ou à la benzine. 

Si l'on veut produire une gravure claire sur fond 
mat, on passe seulement au vernis les parties qui 
devront rester claires, et l'on procède comme ci- 
dessus. Les dégradations de teintes s'obtiennent par 
plusieurs attaques successives au bain d'acide. Inutile 
d'expliquer comment on obtient le matage complet et 
uniforme de la surface, soit d'un vitrage, soit d'un 
objet quelconque, tel qu'un globe de lampe, un tube 
imitant une bougie, etc. 

Certains graveurs, au lieu de verser la solution 
acide fiur le verre, plongent la feuille, dûment pré- 
parée, dans le bain, de façon que la morsure du verre 
se fasse du bas vers le haut. 

En opérant avec du verre doublé, c'est-à-dire, formé 
de deux couches superposées, l'une de verre blanc. 



— 126 — 

l'autre de verre coloré, on peut s'arranger pour enle- 
ver, par l'acide, en certains endroits, la couche de 
verre colorée, de manière à produire des effets de 
dessins en blanc sur fond teinté, ou inversement. 

Impression. — Le procédé de gravure à l'acide par 
impression est employé pour obtenir des ornementa- 
tions variées sur la surface des objets de gobeletérie 
de forme quelconque. On imprime d'abord le dessin 
sur du papier mince, à l'aide d'une presse à rouleau 
et d'une encre grasse d'une composition analogue à 
celle du vernis protecteur déjà connu. Naturellement, 
ce sont les parties à réserver qui reçoivent l'enduit. 
On transporte ensuite le dessin sur la surface à gra- 
ver par un procédé de décalque en tout semblable à 
celui qui est employé dans la peinture sur faïence et 
sur porcelaine. Le restant de la surface du verre, qui 
ne doit pas venir en contact avec l'acide, est recouvert 
à la main de l'enduit préservatif; puis, on plonge 
l'objet dans le bain d'acide fluorbydrique, contenu 
dans un bac doublé de plomb. Après avoir retiré 
l'objet, on le lave, d'abord à l'eau pure, puis à l'eau 
alcalinisée ou à l'essence de térébenthine. 

GuiUochage. — Le guillochage consiste dans le tracé, 
à l'aide d'un procédé mécanique, de certains dessins 
géométriques dont on orne les verres et les carafes 
des services de table, et qui se reproduisent sur tout le 
pourtourde l'objet. On trempe d'abord la pièce dans un 
bain obtenu par la fusion des matières inattaquables 
par l'acide, déjà connues. Puis, on la place sur le 
plateau de la machine, sur lequel elle est retenue par 



— 127 — 

un ressort supérieur. Pendant que le plateau et l'objet 
qu'il porte tournent sur eux-mêmes, une ou plusieurs 
pointes en acier, fixées horizontalement sur un outil 



CiiiUochage des verres. 

à la hauteur convenable et animées d'un mouvement 
de va-et-vient ininterrompu ou d'un mouvement gira- 
toire, creusent de légers sillons sur toute la zone qui 
se déroule devant elles, enlevant la couche préserva- 
trice aux endroits où le verre devra être gravé. Il ne 



— 128 — 

reste plus qu'à tremper l'objet dans le bai o d'acide et 
à terminer le travail comme précédemment. C'est tou- 
jours de la gravure en clair que l'on e&écute par ce 
procédé. 

Mentionnons encore un système employé ao^ Cris- 
talleries du Val-Saint-Lambert, et qui consiste à repro- 
duire un dessin quelconque sur plusieurs pièces à la 
fois au moyen d'un pantograpbe. 

3° Peinture et émail. 
Peinture et dorure à froid. 

La décoration du verre au moyen de couleurs appli- 
quées à froid, s'exécute sur glace, sur marmorite ou 
sur verre à vitres. Généralement, les teintes se mettent 
au pinceau sur les endroits préalablement gravés ou 
dépolis au sable ou à l'acide. On se sert de couleurs 
minérales délayées à l'eau et l'on recouvre le dessin 
d'un vernis protecteur transparent. On peut aussi 
faire usage de couleurs broyées directement avec le 
vernis (couleurs d'émail). 

La dorure et l'argenture, que l'on emploie pour les 
inscriptions ou pour rehausser les contours d'un dessin 
gravé, s'obtiennent à l'aide de minces feuilles métal- 
liques que l'on fixe aux endroits voulus au moyen 
d'une colle légère et que l'on tamponne ensuite, en 
enlevant l'excès de métal. 

Peinture avec cuisson. 

Pour fixer les conleurs d'une façon indélébile sur le 
verre, il faut avoir recours à la cuisson. En d'autres 






■r'. 









resir |iU;s qu'i» Iremper r.fl-j'.'t Jni>s !■' bain tTai-'i : 
^ ieniiinef ;. !iav;.il .juhijup prôfi- !.:it(nenl. CV>^! -. 
jo'.ii-, Je l;i gravure <n < bir qxxc i .-u <.-xi'fnie }.ii 

'»! ii';ini'nins eiîcin'e tin >ystpiiie .•(iiployé aux '. 
. lii'i.fs kl V.il-Siiinl-l.a!iii";ct, et qi!: ronsisie ;i u-; 
:!. -if ui. iîi--;si;i rjHeIiv.iii|ue sur plicii-urs pierei i; . 
! i> ;"j ■liMicii (l'un pantipirr;i[HH'. 

-^ Peinture et èœail- 
l't'it'.ture ei dorure à (r»i<i. 

La (l.'roraîinn du Vfiif -.m iiuiyen de coulrucs a\-i-'': 
i-jii'-e; a froid, ^>^t^;ilt' Sur g!a«T, sur marmoril»- .*i- 
;Hr vf.Tf a viires. Ocu-'iitlfiueiil, les icinl^s se inelteu; 
-M) ;-''^L'-iu sur ic-4 '"■i;lr nts préal;iii!"ii»'nl gravi'j '>i, 
t. i -'il 'Ml -.'■!(= il il i ;i,itlH. On se ^''il d(! l;olIienr■^ 
' M'.,!- ■;■ -. Il ,(\'' - ;( ! "..u ''t l'on rciriiuvr*; le dessir 
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>. '.iune f.i' i;> ijiJéiôbile sur le 
ouïs à l;i (U!^^on. En d'autn-- 



/ ^?S=Sf^ \ 



>^Yf^ 




— 129 — 

termes, il faut appliquer sur le verre une couche 
mince d'uo véritable email analogue à celui que l'on 
utilise pour la décoration des objets en faïence et' en 
porcelaine. 

Cetémail n'est, en réalité, que du verre, lequel, tout 
en étant coloré, peut être transparent, opalescent ou 
opaque. Les compositions comprennent toujours, 
outre les couleurs minérales destinées à donner la 
teinte, un flitx ou fondant vitreux très fusible, sorte 
de cristal formé de sable, de minium et de borax. Ces 
substances, après avoir été finement broyées, sont 
délayées, soit avec de l'eau gommée, soit avec de 
l'essence de térébenthine, liquide qui se volatilise par 
la chaleur. 

La peinture sur verre avec cuisson est surtout pra- 
tiquée pour la décoration du verre en feuilles minces, 
obtenu par coulage ou par soufflage, et, aussi, pour 
4'ornementation de certains objets de gobeleterie et de 
cristallerie. Divers procédés sont adoptés pour l'appli- 
cation des couleurs. Le moyen le plus ordinaire 
consiste à se servir d'un pochoir et d'une brosse pour 
étendre la composition. C'est ainsi que l'on obtient 
les verres mousselines, émaillés et les carreaux de 
revêtement décorés, en verre blanc et en opaline. Au 
lieu d'une brosse, on se sert aussi d'un petit appareil 
portatif, appelé oérojrrapAe,qui,au moyen de l'air com- 
primé amené par un tuyau, lance un jet de couleur 
et l'étalé en nappe mince sur le verre. Les carreaux de 
revêtement sont, en outre, saupoudrés, du côté qui 
doit s'appliquer sur le mur, de grains d'une sub- 
stance vitrifiable, destinée à se fixer lors de la cuisson. 



_ 130 — 

Les mêmes procédés d'impression et de décalque, 
en usage pour ta peinture à froid, sont également 
suivis, notamment pour la préparation d'enseignes 
en lettres noires sur fond opale, et pour l'orne- 
mentation des objets de gobeleterie. Enfin, on a 
recours à la peinture à la main, lorsqu'il s'agit de 
reproduire des dessins ayant un certain caractère 
artistique. Ce procédé est utilisé, entre autres, dans 
la cristallerie et dans la préparation des vitraux 
d'art. 

Quelle que soit la façon dont les couleurs ont été 
appliquées, celles-ci subissent toujours une cuis- 
son, soit dans une espèce de stracou, soit dans ua 
four à moufles, chauffé au bois, au charbon ou au 
gaz. 

Certains objets en cristal, recouverts d'une ou même 
de deux peintures d'émail successives, sont ensuite 
gravés à l'acide fluorhydrique, de manière à faire res- 
sortir les couleurs simples ou combinées des diverses 
couches de verre superposées. C'est ua travail délicat 
qui s'exécute à la main et exige une grande habileté 
professionnelle. 

Yiiraux (Cari. 

Les vitraux colorés, destinés à la décoration des 
églises, des édifices publics ou des maisons privées, 
sont constitués par l'assemblage de morceaux de 
verre colorés dans la masse, parfois recouverts, à 
certains endroits, d'une peinture en émail et réunis 
entre eux au moyen de lames de plomb, de façon à 



— 131 — 

former un tout rigide. Ces vilraux s'exécutent de la 
manière suivaote : 

Le croquis ou maquette du vitrail étant adopté, ou 
en fait une copie sur carton à grandeur d'exécution, 
en marquant la position des barres de fer du châssis, 
que l'on tàcbe de disposer de façon à ne pas nuire à 
l'effet du dessin. Chaque partie d'une couleur déter- 
minée correspondant à un fragment de verre, est 
indiquée sur ce dessin. On en prend un calque et ces 
patrons servent à découper les morceaux de verre 
choisis et appropriés, par leur couleur, aux objets 
qu'ils doivent représenter. 

On passe ensuite à la peinture, en exécutant d'abord 
les traits, puis en indiquant les ombres. Pour les 
vitraux d'église, on n'emploie que la nuance jaune 
doré obtenue à l'aide du nitrate ou du chlorure d'ar- 
gent mélangé d'ocre, couleur qui reste translucide 
après cuisson, et la teinte grisaille, au silicate de fer 
ou de cuivre. Cette dernière ne sert qu'à accentuer 
certains contours et à donner le modelé; les lignes 
mêmes du dessin sont accusées par les lames de plomb 
qui relient les morceaux de verre. Certains vitraux 
modernes comportent des effets de peinture plus 
variés que ceux que nous venons d'indiquer. 

Après la peinture, a lieu la cuisson des fragments 
dans un four à moufle chauffé au bois, au coke, au 
charbon ou au gaz. 

Souvent, l'obtention des dégradations dans les 
ombres exige plusieurs peintures suivies chaque fois 
d'une cuisson. 

La cuisson est une opération délicate. Aussi le four 



— 132 — 

est-il aménagé de façon à pouvoir régler la tempéra^ 
ture par un afflux d'air froid introduit par l'arrière. 
Des lunettes disposées à plusieurs endroits permettent 
d'apprécier le degré de chaleur dans l'intérieur de 
l'appareil. 

Lorsque toutes les parties du vitrail sont prêtes, on 
procède à la mise en plomb, c'est-à-dire, à l'enchâsse- 
ment des diverses pièces dans un réseau de lames de 
plomb, dont le profil s'obtient à l'aide d'un petit 
laminoir à main. Après soudure des lames, on pose le 
mastic pour combler les vides qui peuvent subsister 
entre le verre et le plomb; puis on nettoie le tout 
avec de la sciure de bois. Il ne reste plus qu'à assem- 
bler les panneaux qui constituent le vitrail. Dans les 
vitraux dits de style moderne, qui ne comportent, géné- 
ralement, aucune peinture, le plomb est souvent rem- 
placé par des baguettes en laiton. Par suite du 
manque de flexibilité de ce métal, l'on se trouve, 
dans ce cas, plus limité dans les lignes du dessin. 

On fabrique aussi des imitations de vitraux sans 
plomb, et, par conséquent, plus légers que les précé- 
dents. Dans ce système, les diverses teintes sont obte- 
nues par l'application, sur des feuilles de verre 
ordinaire ou de verre cathédrale, d'émaux colorés, 
transparents ou opalescents. Les contours du dessin 
peuvent être accusés par de minces cloisons d'émail, 
simple ou relevé par la dorure. Pour les vitraux des* 
tinés aux églises, le modelé est réalisé par des effets de 
grisaille, comme précédemment. 

Eventuellement, la peinture peut être combinée 
avec la gravure à l'acide appliquée à des fragments 



— 133 — 

de verres doublés, rouges, bleus ou veris, sur lesquels 
on fait apparaître des dessins en blanc, par enlève* 
ment d'une des couches. 

Un autre genre de vitrail, .dit mosaïque de verre, est 
obtenu par la juxtaposition de petits carrés de verre 
colorés dans. la masse, disposés de façon à former un 
dessin ou une ûgure et collés sur une feuille de verre 
ou même sur tout autre fond opaque. 

/. Appropriation du verre. 

Dans ce genre de mise en oeuvre du verre, il s'agit 
de constituer, par l'union d'une substance convenable 
avec le verre, considéré comme support, des objets 
doués de qualités spéciales les rendant propres à des 
applications nouvelles. Dans l'argenture du verre 
pour la miroiterie, la propriété à laquelle on vise est 
purement physique, puisqu'il s'agit de renforcer le 
pouvoir de réflexion. Au contraire, dans la prépara- 
tion des plaques photographiques, la faculté commu- 
niquée à la feuille de verre a un caractère chimique : 
c'est la sensibilisation à la lumière. 

Argenture. 

Le procédé désigné sous le nom à'étamage consiste 
à déposer et à fixer sur l'une des faces d'une feuille 
de verre plus ou moins épaisse, une mince couche 
métallique, capable de réfléchir fortement la lumière 
et de constituer ce qu'on appelle un miroir. Autrefois, 
l'on produisait cet effet au moyen d'une lame d'étain 



mélangée avec du mercure; mais ce procédé, coûteux 
et peu hygiénique, est tombé en désuétude et a cédé 
complètement la place à la méthode de l'argenture. 
L'ai^enture s'applique, non seulement, aux glaces 
coulées, mais encore au verre à vitres et même au 
verre cannelé. Les glaces qui doivent être argentées 
sont, tout d'abord, soumises à un nouveau polissage 



Gentbnigge : Deuxième polissage des glaces à argenter. 

à la poiée de fer, à l'aide de frottoirs garnis de feutre. 
Après avoir été lavées et nettoyées, elles sont déposées 
sur une table en fonte horizontale, bien dressée. Celle 
table est munie d'un double fond chauffé, par des 
tuyaux de vapeur, à une température de 55° à 40*. 
Les glaces reposent sur une couverture de coton 
placée sur la table avec interposition d'une toile cirée. 
On prépare, avec de l'eau distillée, la solution de 
nitrate d'argent ammoniacale, on y ajoute la liqueur 



— 135 — 

réductrice et on verse le tout sur la surface de la 
glace. Au bout d'une demi-heure, la réaction s'étant 
opérée, on enlève le liquide en le faisant écouler dans 
une rigole qui borde la table. Souvent, on procède à 
une seconde opération identique, afin d'avoir une 
double argenture. Puis, on lave la feuille de verre 



Gentbrugge : Argenture des glaces. 

avec une peau de chamois et de l'eau distillée. Après 
quoi, ou place la glace argentée sur champ et on 
la laisse sécher doucement dans un local chaufTé 
à ^' environ. La quantité d'argent déposée sur la 
glace est de 6 à 7 grammes par tuètre carré. 

Pour protéger le dépôt d'argent, on étend, d'abord, 
par-dessus une couche de vernis formé de gomme- 



— 136 — 

laque et d'alcool méthyliquè, liquide qui s'évapore 
rapidement. Puis, oa recouvre ce vernis d'une .pein- 
ture rouge, préparée avec de ta benzine, du minium 
et du blanc de zinc, ou. d'un' enduit noir au bitume 
de Judée, voire d'une simple feuille de papier couché. 

Sensibilisatiott. 

La sensibilisation des plaques destinées aux usages 
photographiques comprend les opérations suivantes: 

Le verre, blanc ou opale, reçu en feuilles déjà 
découpées à certaines dimensions, est, d'abord, soi- 
gneusement nettoyé. L'émulsion, préparée à chaud, est 
étendue sur cette feuille au moyen d'un appareil com- 
portant une série de rouleaux disposés horizontale- 
ment. La feuille glisse sur ces rouleaux et avance 
lentement, tout en étant guidée par un rebord. 
L'émulsion, renfermée dans un bain-marie plucé 
latéralement et un peu plus haut, est amenée au- 
dessus du verre et y est étalée en une couche régu- 
lière et uniforme à l'aide d'un distributeur transver- 
sal. En même temps que les feuilles de verre, et en 
dessous de celles-ci, s'avance une large bande de papier 
sans fin, dont le rôle est de préserver les rouleaux de 
toute souilliire par suite d'un peu d'émulsioh tombant 
à côté ou entre les feuilles de verre successives. - 

Leii Veuilles de verre, recouvertes de l'émulsion, 
cheminent ensuite à travers un couloir fermé, por- 
tées par des plaques de marbre rafraîchies par de 
l'eau, ce qui a pour effet de Gger l'enduit et de le 
fixer. Un- transporteur fait ensuite circuler les feuilles 



— 137 — 

dans un séchoir parcouru par un courant d'air préa- 
lablement chauflé. 

Ayant été ainsi sensibilisées, les feuilles sont décou- 
pées aux dimensions usuelles adoptées en photogra- 
phie, au moyen d'un cadre à rainures et à pitons 
d'arrêt. Une reste plus qu'à nettoyer les plaques avec 
un blaireau et à les emballer, . 

Les opérations que nous venons d'indiquer doivent 
évidemment. être effectuées dans des chambres noires 
éclairées à la lumière rouge. 



V 

Produits fabriqués. 

A. Verre coulé et laminé. 
1' Glaces brates et polies. 

Qualités. — Les glaces se vendent généralement 
polies. Mais on fournit aussi, en petites quantités, des 
glaces brutes et des dalles mates, c'est-à-dire, simple- 
ment doucies; les glaces sont alors sciées à certaines 
dimensions pour servir comme dalles de pavement 
capables de donner un certain éclairage en dessous. 

Les glaces polies se rangent en quatre classes diffé- 
rentes, déterminées par la qualité même de la pâte et 
par l'importance des défauts de surface occasionnés 
par l'une ou l'autre des opérations. Ces quatre catégo- 
ries sont les suivantes : 

a) Les glaces pour miroiterie extra, qualité supé- 
rieure, aussi appelée best; 

b) Les glaces pour miroiterie ordinaire, qualité 
courante de vitrages à argenter; 

c) L«s glaces pour vitrages ordinaires; 

dj Les glaces tout-venant, ou stock sizes, comprenant 
toutes les chutes hors mesures et les pièces telles 
qu'elles existent en magasin, sans spécification de 



— 139 — 

dimensions ou de qualités. Généralement, cette classe 
doit donner 50 p. c. de vitrages ordinaires et 50 p. c. 
de vitrages pour miroiterie. 

Dimensions. — Sous le rapport de l'épaisseur, on 
doit distinguer trois catégories de glaces : 

Les glaces minces, mesurant de 5 à 6 millimètres 
d'épaisseur. Elles sont destinées surtout à remplacer 
le verre à vitres dans les fenêtres, notamment dans 
les voitures de chemins de fer et à confectionner la 
petite miroiterie riche ; 

Les glaces courantes, dont l'épaisseur est comprise 
entre 6 et 9 millimètres. Ce sont les glaces les plus 
employées pour les vitrines et pour Jajniroiteriedfi. 
salon ; 

Les glaces fortes, dont l'épaisseur va de 9 à 
24 millimètres. Ces glaces sont spécialement utilisées 
comme dalles d'aquarium, pour les vitrines de bijou- 
tier, les bublols de navires, les appareils de sûreté, etc. 

Quant aux dimensions suivant lesquelles on fournit 
les glaces, elles sont extrêmement nombreuses et 
propres à satisfaire toutes les exigences. 

Les petites glaces sont celles dont la surface est 
comprise entre O-^OIOS et 6'°*5880. La largeur va de 
6 à 255 centimètres et la longueur ou hauteur, de 18 à 
501 centimètres. On trouve toutes les combinaisons 
entre ces dimensions limites. La différence entre 
deux numéros consécutifs est de 3 centimètres, soit 
sur la hauteur, soit sur la largeur. 

On réserve le nom de grandes glaces -à celles dont la 
superficie est d'au moins 6'°%0, pouvante atteindre^ 



— 140 ^ 

dans certaines usines, 30 mètres carrés {4"30 x 7"00) 
avec des variations de 1 décimètre carré à la fols. 

Les dalles brutes, mates ou polies, se découpent 
suivant les . dimensions indiquées par l'acheteur. 
L'épaisseur des dalles polies et mâles est, générale- 
ment, comprise entre 12 et 28 millimètres; les dalles 
brutes peuvent avoir jusque 55 millimètres de gros- 
seur. 

On scie également des dalles polies circulaires pour 
hublots de navire. Ces pièces ont un diamètre variant 
de 10 à 51 centimètres soit, en pouces anglais, 
4" à 25", et une épaisseur comprise entre 9 et 28 mil- 
limètres C/a" et 1 Vs")- 

Prix. — Les prix des glaces sont réglés par un syn- 
dicat international fonctionnant depuis l'année 1904 
et englobant la plupart des usines belges, françaises, 
allemandes et italiennes. 

Pour les ventes effectuées en mesures et monnaies 
françaises, on les calcule d'après un tarif de base 
établi en 1884, sur lequel on fait une remise variant 
de 40 à 70 p. c. suivant la qualité et le pays consom- 
mateur. Ce tarif donne le prix pour chaque dimen- 
sion et concerne, les glaces courantes, c'est-à-dire, 
celles dont l'épaisseur est comprise entre 6 et 9 milli- 
mètres. Les glaces dont Tépaisseur est inférieure à 
6 millimètres se paient, en moyenne, 10 p. c. plus 
cher, à grandeurs el qualitéségales. Les glaces fortes, 
dont l'épaisseur dépasse 9 millimètres, valent, respec^ 
tivement, 1 fi*. 50 c. de plus par millimètre supplé- 
mentaire et par mèti:e carré. 



— m — 

Les glaces tout-venant, ou stock sizes, qui se 
-vendent en mesures libres, c'est-à-dire^ non impo- 
sées par l'acheteur, ont, généralement, une valeur de 
40 p. c. inférieure à celle des glaces de qualité cou- 
rante de mêmes dimensions. 

Les prix indiqués dans le tarif présentent une 
marge très grande. Ainsi, la plus petite glace (O^Oô x 
O^IS) est cotée 25 centimes et les plus grandes de la 
première catégorie (1-41 x ^"^S ou I^SG X 4"°23, soit 
6'"*5988), au prix de 428 francs. Pour les grandes 
glaces, les prix forts varient de 429 francs, pour 
une surface de S^^ôO, à 3,560 francs, pour une 
surface de 50 mètres carrés. D'une façon générale, On 
peut admettre que la valeur commerciale des glaces 
courantes est comprise, actuellement, entre 9 et 
13 francs par mètre carré, avec une moyenne de 
11 à i2 francs. 

Pour les marchés d'exportation outre-mer, on se 
sert d'un tarif établi suivant les mesures et les 
monnaies anglaises. Ce tarif donne les prix par dou- 
zaine pour les glaces de petites dimensions, et par 
pieds carrés pour les grandes glaces. Les rabais con- 
sentis sur les chiffres de ce tarif vont jusque 40 p. c. 

Quant aux dalles, leurs prix sont calculés en raison 
de leurs dimensions, eu se basant sur le tarif de 1884, 
mais avec une majoration proportionnelle à leur sur- 
épaisseur. Ainsi, une dalle de 18 millimètres vaudra 
le double d'une glace de 9 millimètres. 

■ Emballage. — L'expédition des glaces doit être faite 
en caisses particulièrement solides. Les glaces sont 



— 142 — 

déposées les unes au-dessus des autres, séparées 
par des feuilles de papier blanc. Les vides latéraux 
sont remplis par de la paille ou de la fibre de bois 
soigneusement tassée. 

Lorsque les dimensions des pièces ne sont pas con- 
sidérables, la caisse est divisée en plusieurs compar- 
timents à l'aide de cloisons, afin de grouper ensemble 
les glaces de même grandeur. 

La contenance d'une caisse est variable; ordinaire- 
ment, elle est comprise entre 25 et 50 mètres carrés; 
mais elle va parfois jusque 80 mètres carrés. Pour 
certains pays, il y a un poids habituel, qui est, par 
exemple, de 500 kilogrammes pour les États-Unis; 
dans certaines régions, non desservies par des che- 
mins de fer, comme la Colombie, on ne peut pas 
dépasser la charge d'un mulet, soit 60 à 80 kilo- 
grammes. 



Qualités et applications. — La marmorite est égale- 
ment connue dans le commerce sous d'autres appella- 
tions, comme : marmolithe, marmerglass, ou encore 
opaline, opalite, hyatitbe, lorsqu'elle est blanche ou 
d'une nuance claire. Les qualités de dureté et de 
résistance de ce produit aux divers agents atmosphé- 
riques, aux acides, etc., sa propriété de pouvoir rece- 
voir un poli durable, sa facilité de nettoyage et de 
lavage, ont contribué à en répandre l'emploi dans 
beaucoup d'applications où Ton faisait usage, jus- 
qu'ici, de marbre. On te substitue avec avantage à ce 



— U3 — 

dernier pour nombre d'usages où la question d'hy- 
giène est en jeu. Ainsi, on utilise maintenant, d'une 
façon courante, la marmorite pour les tables de 
laboratoire et les tables d'opérations dans tes hôpi- 
taux, les tablettes de lavabo, de fenêtres, de comp- 
toirs, pour les revêlements des murs de salles de 
bains, le lambrissage des corridors, la confection des 
cheminées et des tombes, les tableaux noirs pour 
écoles. La marmorite se prêtant admirablement à la 
gravure et à la décoration en couleurs, on en a tiré 
parti pour fabriquer des tableaux-réclames et des 
enseignes de luxe, genre d'application qui prend tous 
les jours plus d'extension. 

Comme, dans la plupart des cas, la pièce ne doit 
être vue que d'un côté, ta marmorite se livre avec 
une seule face polie, l'autre restant brute. Cepen- 
dant, lorsque les deux faces doivent être visibles, 
elles sont polies toutes les deux. La marmorite 
noire, imitant l'ardoise, et dont on fait les tableaux 
d'école, est simplement doucie d'un côté, afin d'offrir 
encore un certain mordant à la craie lorsque l'on 
écrit. 

La marmorite se fabrique dans toutes les teintes 
voulues, claires ou foncées, unies ou veinées, rappe- 
lant l'aspect de certains marbres. 

' Dimensions et prix. — La marmorite se vend aux 
dimensions ûxes indiquées par l'acheteur ; la plus 
petite largeur est de 25 centimètres et la plus grande 
longueur de S^SO. L'épaisseur va de 6 à 25 milli- 
mètre, soit de Vb" à i". 



— 144 — 

Au point de vue de la valeur, les marmorites se 
classent en trois catégories ; la moins chère, à 
épaisseur égale, est la marmorite noire; puis vient 
l'opaline et la marmorite de couleur unie; la qualité 
supérieure' comprend les marmorites à teintes vei- 
nées. Les prix sont établis par mètre carré et s'élèvent 
en raison de l'épaisseur. Voici, pour fixer les idées, 
quels sont les chiffres relatifs aux différentes qualités. 
Pour les deux premières catégories, l'épaisseur va de 
8 à 22 millimètres, et, pour la troisième, de 8 à 
i8 millimètres : 

Marmorite noire fr. 25.50 à 36.00 

— blanche ou de couleur unie ■ . . 32.00 à 48.50 
, — à teinte veinée ....... 38,00 à 43.00 

Ces prix sont, naturellement, sujets à des remises 
plus ou moins importantes. 

5° Verres spéciaux. 

Les verres spéciaux obtenus par coulage sont 
destinés soit aux vitrages, soit aux meubles, soit 
aux toitures, lanterneaux, serres, marquises, etc. 
Ces derniers ont une épaisseur d'an moins 6 milli- 
mètres. On les fait en verre blanc ou en verre coloré; 
leur surface présente simplement un aspect plus ou 
moins irrégulier, ou bien de véritables dessins en 
relief, ou même des proûls spéciaux en vue d'un but 
déterminé. 



Verres cathédrale. , 

Ces verres, aussi appelés verres antiques, sont les 
plus minces; leur épaisseur habituelle est de 2.5 à 
â.4 millimètres. Ils se vendent en dimensions libres; 
les plus grandes feuilles ont 2 mètres de long et 
90 centimètres de large. Les prix sont de 2 francs à 
2 fr. 25 G. le mètre carré, pour le verre blanc, et de 
2 fr. 25 c. à 2 fr. 75 c, pour le verre teinté. 

Les verres cathédrale sont beaucoup employés 
pour la confection des vitraux d'art. 

Verres imprimés. 

Ces verres ont une épaisseur courante variant de 
5 à 6 millimètres, pouvant aller, au besoin, jusque 
10 millimètres. Ils se vendent en mesures axes ou 
libres, jusqu'aux dimensions de S^IO X i mètre. La 
qualité la plus ordinaire est constituée par les verres 
simplement martelés, sablés, rayés ou losanges, qui se 
vendent à raison de 2 fr. 25 c, pour les épaisseurs 
courantes, et un peu plus cher pour les épaisseurs 
dépassant 6 millimètres (verre blanc). 

Les verres diamantés présentent un dessin pointillé 
ou des stries étoilées irrégulières, d'un aspect plus 
agréable, plus scintillant, lis se font en épaisseur de 
4 à 4 I millimètres. Leur prix est de 5 fr. 25 c. pour 
le verre blanc et de 4 fr. 25 c. pour le teinté. 

Les verres imprimés s'expédient dans des caisses à 
claire-voie ou bien en vrac, par parties de 550 mètres 
carrés. 



Verre prismatique ondulé. 

Ce verre est employé avec avantage pour éclairer 
les souS'Sols, les recoiDs obscurs de certains apparte- 
ments et des cours et, en général, tous les locaux peu 
accessibles à la lumière. Il tire ses propriétés spéciales 
de son profil même. Les courbures formées par les 
ondulations de la surface extérieure, font, en quelque 
sorte, office de lentilles. La lumière, même lors- 
qu'elle arrive sous un angle très incliné, y est reçue 
normalement et redressée dans une direction perpen- 
diculaire au vitrage. D'autre part, grâce aux prismes 
qui constituent la face interne de la feuille, les 
rayons sont déviés de leur chemin et projetés obli- 
quement dans l'intérieur. Le verre prismatique réalise 
donc la meilleure forme pour recueillir le maximum 
de lumière et pour l'éparpiller ensuite dans toutes 
les directions, supprimant les ombres et produisant 
la clarté dans les endroits obscurs. L'emploi de ce 
système de vitrage est appelé à rendre de précieux 
services, principalement dans les constructions situées 
au milieu des grandes agglomérations où les condi- 
tions d'éclairage sont si souvent défectueuses. Le 
verre prismatique peut, comme tout autre, être coupé 
et mis en plomb sur place même. 

Verre armé. 

Le verre armé ou métatlifié se livre en épaisseurs 
courantes de 6 à 8 millimètres, et, au besoin, de 
10 millimètres. Les feuilles ont une largeur variant 



de 50 centimètres à 1 mètre ; la longueur peut aller 
jusque 3 mètres. 

Il y a des verres armés à mailles hexagonales et à 
mailles carrées; ce dernier système est plus solide, 
parce que les 61s métalliques n'ont subi aucune tor- 
sion. La grosseur des âls est, d'ailleurs, plus ou moins 
forte, suivant le degré de solidité désiré. 

La valeur moyenne de ce produit est de 5 francs à 
5 fr. 50 c. le mètre carré. 

L'emploi du verre armé est d'une utilité incontestable 
dans une foule de cas ofi la sécurité est une question de 
première importance. L'incorporation du treillis lui 
donne une grande solidité, une résistance particulière 
aux chocs, et lui conserve la rigidité; même lorsqu'il 
y a rupture, les morceaux restent en place, ce qui 
écarte bien des dangers. Une toiture faite en verre 
armé ne laisse donc pas passer l'eau lorsqu'elle se 
brise; d'autre part, en cas d'incendie, l'air extérieur 
ne pourra pas pénétrer et venir activer ta conflagra- 
tion. 

C'est à juste titre que l'usage du verre armé tend à 
se répandre dans la construction des toitures vitrées 
des écoles, halles, marchés, casernes, des tabatières, 
lanterneaux, marquises, vérandas, ainsi que des vi- 
trages exposés aux tentatives d'effraction. 

B. Verre moulé et comprimé en pla,ques. 

1" DaUes. 

Les dalles en verre transparent, moulées à la presse, 
sont carrées et ont 60 X 60 centimètres ; une de leurs 



— 148 — 

faces présente un dessin en relief, quadrillé ou 
losange. L'épaisseur varie, haliituellement, de 15 à 
3S millimètres. EHles se vendent au kilo, à raison de 
55 centimes; on admet que le poids par mètre carré 
est de 2 kil. âOU gr. par millimètre d'épaisseur. 
Lorsque l'épaisseur dépasse 35 millimètres, le prix 
par kilo est de 40 centimes. 

On ne fabrique pas seulement des dalles moulées 
en verre, mais aussi des dalles en cristal et divers 
autres produits analogues : tuiles, lentilles pour la 
marine, etc. Les prismes Luxfer sont de petits 
prismes de verre ou de cristal, juxtaposables, qui ont 
pour effet de transporter la lumière par des angles de 
réflexion aux endroits qtte l'on veut éclairer. 

2° PlacpieB de revâtemeut. 

Les plaques de revêtement moulées se font en opa- 
line de toute couleur, en teintes unies, veinées, 
recouvertes de peintures en émail, ou ornées de des- 
sins en relief. Ces carreaux ont une forme carrée 
{12 X 12 centimètres, etc.) ou rectangulaire (16 X 
9 centimètres, 15x7 i centimètres, etc.). On fait aussi 
des carreaux biseautés et des plaquettes avec mou- 
lures, pour plinthes, cimaises, etc. 

La vente de ces plaques se fait au mètre carré ou 
aux 100 pièces. Voici un aperçu des prix pour des 
carreaux de 12 x 12 centimètres de différents genres : 

Blancs ou crème fr. 6.30 par mètre carré. 

Marbrés divers 8.75 — 

Colorés unis lO.SÛ — 

Avec dessins en relief 11,90 — 



— U9 — 

Grâce à leur texture vitreuse, à leur imperméa- 
bilité et à leur réslstaoce à la gelée, les plaques 
de revêtement en opaline peuvent être utilisées pour 
tous les usages où l'on emploie les carreaux en grès. 

S" Piwre de verre. 

Les petites dalles en verre dévitriSé, dénommées 
pierres de verrCfSe font, généralement, en deux formats ; 
carré, dé 20 X ^0 centimètres, et rectangulaire, de 
20 X 10 centimètres; l'épaisseur est de 20 milli- 
mètres. La surface supérieure peut être lisse, bou- 
chardée, quadrillée, munie d'un chanfrein, etc. La 
teinte est généralement grise et unie, mais elle peut 
être aussi veinée ou agrémentée de quelqu'ornemen- 
tation en couleur venue dans la pâte même. Le poids 
au mètre carré de ces carreaux est de 50 kilo- 
grammes. Le prix est de 10 fr. 50 c. le mètre carré. 

Il y a de grands carreaux convenant spécialement 
pour trottoirs, ayant 35 X 20 centimètres et une 
épaisseur de 22 millimètres; la face inférieure est 
rentrante, laissant un rebord tout autour, afin de 
faciliter la pose sur le mortier. Ces carreaux coûtent 
un peu plus cher et reviennent à H francs le mètre 
carré. On peut faire, dans le même genre, des dalles 
encore plus fortes, d'une épaisseur atteignant jusque 
40 millimètres. 

Les qualités qui distinguent la pierre de verre, 
qualités dues à la nature de sa composition, à son 
mode de fabrication et sa texture intime, sont : une 
grande résistance à Tarrachemenl et à l'écrasement. 



— 150 — 

rinsensibitité à la gelée, l'adhérence facile aux divers 
mortiers et ciments en usage dans les travaux. La 
pierre de verre constitue, en outre, un isolant élec- 
trique de premier ordre et comme tel, peut rendre 
des services eifeclifs. 0'inlroduction récente dans le 
domaine de ta construction, la pierre de verre a déjà 
reçu de nombreuses et intéressantes applications, 
notamment, pour l'établissement de trottoirs dans 
plusieurs grandes villes et pour le pavage de cours, 
remises, porches, magasins, ateliers, chambres de 
machines, etc. 



C. Verre soufflé et étendu. 
\° Verres à vitres blanc. 

Qualités. — Les verres à vitres blancs pour usages 
ordinaires sont, généralement, triés en quatre qua- 
lités principales, selon la pureté de la pâte, et, sur- 
tout, d'après les défectuosités qui ont pu se produire 
au cours de chacune des opérations. Le rebut, vendu 
sous le nom de quatrième exportation, constitue la cin- 
quième qualité, qui est expédiée principalement en 
Chine. La désignation coarse s'applique à la qualité 
inférieure en mesures libres, qui est vendue en Angle- 
terre et dans le pays; en découpant ces coarses, on en 
retire une certaine quantité de petits carreaux de 
meilleure qualité. 

Il est important de noter que la division en qualités 
n'eiSt pas la même pour tous les groupes de consom- 
mateurs. On tient compte, dans ce classement, des 



conditions particulières de chaque pays, du fret et 
des droits d'entrée à payer, en6n, du degré de civili- 
sation et des exigences propres à chaque contrée. 

Les qualités les plus courantes du verre à vitres 
sont destinées aux vitrages pour meubles, fenêtres, 
portes, toitures, etc. On réserve les verres les plus 
purs, et dont la surface est la plus régulière et la 
plus plane, à des usages spéciaux, à Tencadrement, 
à l'argenture, à la préparation des plaques photogra- 
phiques. 

Épaisseurs. -^ Les verres à vitres sont anssi classés 
d'après leur épaisseur, laquelle est déterminée par le 
poids en onces (^Sf^SS) par pied carré anglais {0"''0929). 
On a ainsi la série suivante : 









POIDS. 


Verre mince . . 


1 


à l\ millimètre. 


10 à M onces. 


Verre simple . . 


1 


à 2 millimètres. 


14 à 18 — 


Verre demi-double 


i 


à 3 — 


21 à 26 — 


Verre double . . 


3 


à 3! — 


26 à 30 - 


Verre triple . . 


3 


à 4 - 


32 à 36 — 



Les verres les plus usuels sont : le mince de 1 j mil- 
limètre, le simple et le demi-douhle. Les verres très 
minces ou très épais se fabriquent exceptionnellement 
ou constituent des spécialités de certaines usines. 

Les verres pour plaques photographiques se font 
généralement en trois numéros : 

ËPAISSEUII. POIDS. 

Verres gros 1.8 millimètre. ii onces. 

Verres ordinaires 1.7 — 13 — 

Verres fins 1.6 — 12 — 

Verres minces 1.0 — 9 — 



— 152 — 

On trouve des verres encore plus fins, dont l'épais- 
seur descend jusqu'à 1/40 de pouce anglais, soit envi- 
ron 0.6 de millimètre; ce sont, alors, des verres dits 

extra-minces. 

Mesures. — Le verre à vitres se vend soit en mesures 
libres, soit en mesures fixes. 

Les mesures libres sont Jimitées par les dimen- 
sions des plus grands rectangles que l'on peut décou- 
per des feuilles sortant de l'étenderie. Ces dimensions 
sont, en moyenne, de 1™55 sur 90 centimètres à 
i mètre; les plus grands rectangles produits ne dé- 
passent guère l'^lS sur 80 centimètres. 

Les mesures fixes sont celles qui sont imposées 
par l'acheteur. Chaque pays ayant ses coutumes à 
cet égard, on conçoit que les dimensions suivant 
lesquelles on découpe le verre soient très diverses. 
Les mesures sont généralement données : en pouces 
anglais, pour l'Angleterre et toutes les colonies 
anglaises, ainsi que pour la Chine, le Japon, les États- 
Unis d'Amérique, pour l'Amérique du Sud et l'Amé- 
rique Centrale; en pouces français, pour les pays 
des Balkans, la Turquie d'Europe et d'Asie ; en pouces 
du Rhin, pour le Danemark, la Norwège et la Suède; 
en pouces français et en centimètres, pour la Suisse 
et la Hollande; en centimètres, pour tous les autres 
pays de l'Europe. 

11 est à remarquer que, au delà de certaines dimen- 
sions, on ne fournit que du verre en demi-double ou 
en double épaisseur. 

Prix. — Pour calculer les prix.de vente, on se sert 



— 153 — 

encore d'un ancien tarif, datant de 1874, sur lequel on 
fait des rabais, plus ou moins considérables selon les 
qualités, et variant avec la situation du marché. Ces 
rabais, au commencement de l'année 1907, étaient 
compris entre 45 et 75 p. c. 

Dans ce tarif, les prix sont indiqués, pour chacune 
des quatre qualités courantes, en francs par iOO pieds 
carrés (mesure de France], surface que l'on admet 
équivaloir à 10 mètres carrés. Les chiffres varient 
avec chaque dimension; le tableau comprend ainsi 
dix-sept groupes déterminés par le nombre de pouces 
réunis, par 100 pieds carrés de surface, ou de centi- 
mètres réunis, par 10 mètres carrés de surface. Ce 
nombre se calcule en additionnant la longueur et la 
largeur d'un carreau et en multipliant la somme par 
le nombre de carreaux nécessaire pour faire une sur- 
face de 10 mètres carrés. Ces nombres réunis vont 
de 67 à 229 centimètres pour du verre de toute épais- 
seur, et de 230 à 564 centimètres pour du verre demi- 
double et double. 

Les prix sont toujours établis pour du verre de 
simple épaisseur. Lorsqu'il s'agit de verre demi- 
double, le prix, à conditions égales, est majoré de 
50 p. c; en double épaisseur, le prix est doublé, et, 
en triple épaisseur, il est quadruplé. Quant aux verres 
minces pour encadrement, argenture, photographie, 
leur valeur est de 5 à 10 p. c. supérieure à celle du 
verre simple. 

Pour fixer les idées, nous dirons qu'au début de 
l'année 1907, le prix moyen de vente était de H fr. 
50 c. les 10 pieds carrés ou de 1 fr. 15 c. le mètre 



_ 154 — 

carré. Entre deux choix couranis successifs, la diffé- 
rence est de 10 à 15 centimes par mètre carré. Entre la 
quatrième qualité et le rebut, la différence est de 8 à 
10 centimes par mètre carré; elle peut devenir plus 
forte lorsqu'on exige un emballage spécial et coûteux 
pour la quatrième qualité. 

Il faut noter que les valeurs facturées sont toujours 
relatives à la marchandise rendue f. o. b. Anvers. 
Lorsque la vente se fait à l'intérieur du pays, ou pour 
une destination étrangère par wagon et lorsque la 
marchandise est livrée sur vcagon usine, on bonifie au 
client une somme de 5 francs par 1,000 kilt^rammes, 
représentant les frais de transport et de mise à bord. 
Comme on admet qu'un mètre carré de verre simple 
épaisseur pèse environ 5 kilogrammes net et 6 kilo- 
grammes avec emballage, la bonification ci-dessus 
équivaut à une diminution de 5 centimes par mètre 
carré. L'emballage est gratis lorsque le verre est 
demandé : les mesures en dessous de 40 pouces 
réunis, en 100 pieds carrés et les mesures au delà 
de -iO pouces réunis, en 200 ou en 500 pieds carrés. 
Pour les autres modes d'emballage, la caisse est ton- 
jours facturée en plus. 

Emballage. — Le verre à vitres s'expédie dans des 
caisses en bois, les feuilles placées les unes contre 
les autres, avec bourrage de paille. Les caisses sont 
souvent divisées en plusieurs compartiments à l'aide 
de cloisons. La contenance d'une caisse est de 40, 
50, 60, 70, 80, 90, 100, 200, 500 pieds carrés, 10, 20 
et 50 mètres carrés. Pour les envois vers les pays où 



les transports se font encore par mulet, le poids doit 
être limité à la charge que peut transporter cet 
animal. 

11 est très important, surtout lorsqu'il s*agit de des- 
tinations lointaines, que remballage soit bien condi- 
tionné et très solide, aûn que le prix de revient du 
verre rendu ne soit pas majoré dans une proportion 



Lodelinsart : Emballage du verre à vitres. 

excessive par suite d'une casse exagérée. Certains 
établissements accordent à cet emballage des soins 
particuliers, remplaçant les cloisons intérieures à 
planchettes par de vrais panneaux pleins, et les fonds 
plats par des fonds rentrants protégés des chocs par 
des rebords. Enfin, un excellent système consiste à 
envelopper chaque feuille de verre au moyen d'un 
large ruban de papier continu, serpentant entre les 



— 156 — 

feuilles successives; comme ce papier est fixé sur 
chaque feuille avec de la colle de farine, le tout ne 
forme plus qu'un seul bloc qui oflfre peu de chance 
-de se briser s'il est bien calé; de plus, dans le cas où 
une feuille vient à se briser, les morceaux sont obligés 
de rester en place. 

Les verres minces pour usages spéciaux sont tou- 
jours garantis par des feuilles de papier. 

3» Verres spéciaux. 
Verres cannelés. 

Les verres cannelés blancs se font en deux genres : 

Ceux pour vitrages, dont les cannelures ont 10 mil- 
limètres de large; 

Ceux à argenter, pour réflecteurs de plafond, dont 
les cannelures ont uniformément 10, 20 ou 25 milli- 
mètresde large, ou bien alternativement 20 et 25 milli- 
mètres. 

Les verres cannelés sont fournis en deux choix. Le 
prix moyen est de 2 fr. 25 c, le mètre carré pour la 
catégorie pour vitrages et de 2 fr. 75 c. pour celle 
destinée à l'argenture. 

Verres colorés. 

Les verres colorés dans la masse ou doublés se font 
dans toutes les teintes désirées. Ils sont employés 
pour les vitraux ou pour la gravure, notamment les 
verres doublés. On les fournit en mesures libres ou 
en mesures fixes, en épaisseur simple ou demi-double. 
Il y a généralement trois choix : best, ortlinaire, èxport. 



— 157 — 

Les teintes les plus communes, comme le vert des- 
tiné à la construction des serres, valent de 2 fr. 20 c. 
à 2 fr. 50 c. le mètre carré; mais les nuances plus 
difficiles à obtenir se vendent en moyenne de 2 fr. 50 c. 
à 5 francs le mètre carré (qualité ordinaire). 

Verre opale. 

Le verre mince en opaline se fait non seulement en 
blanc ou en crème, mais aussi en d'autres teintes 
telles que ; le bleu, le violet, le vert, le brun, etc. Ces 
verres, qui sont à épaisseur simple ou demi-double, se 
livrent, soit en mesures libres, ou grandes feuilles 
destinées à être découpées pour les usages de la vitre- 
rie, soit aux dimensions des plaques photographiques, 
soit en carreaux appropriés pour le revêtement des 
murs et auxquels on ajoute parfois une décoration à 
l'émail. Les dimensions les plus courantes de ces 
carreaux sont : 15 X 15 centimètres, 21 1 X 12 1 centi- 
mètres et 15 X 7 I centimètres. 

Le prix du verre opale blanc en feuilles est en 
moyenne de 2 fr. 80 c. le mètre carré pour le choix 
supérieur; les autres couleurs se vendent environ 
50 p. c. plus cher ; quelques teintes difficiles à obtenir, 
ont une valeur encore supérieure, 

B. Verre soufflé et étiré. 

i» Cylindres. 

Les cylindres ou globes destinés à abriter les objets 
religieux, les fleurs, les couronnes, les candélabres. 



— 158 — 

les pendules, etc., se fabriquent avec une section 
ronde^ ovale ou rectangulaire (carrée). L'épaisseur du 
verre est en moyenne de 2 { millimètres. On en fait de 
différentes grandeurs. Ainsi, pour les globes ronds, 
la hauteur varie de 15 centimètres à 1 mètre et le dia- 
mètre de 6 à 40 ceniimèires; on va même, parfois, 
jusque l'°40 de haut sur 50 centimètres de diamètre. 
Les dimensions les plus courantes sont comprises 
entre 4Ô X 17 centimètres et 51 X 21 centimètres. 

La valeur d'un globe se calcule d'après un tarif sur 
lequel on fait des rabais successifs, atteignant jusque 
75 et 80 p. c. des prix indiqués. La base adoptée pour 
déterminer le prix est le nombre de centimètres réu- 
nis; pour tes globes ronds, cette donnée s'obtient en 
prenant trois fois le diamètre et en ajoutant la hau- 
teur; pour les globes ovales et rectangulaires, en 
additionnant la hauteur, la largeur ou petit diamètre 
et deux fois la longueur ou grand diamètre. Comme 
exemples : un globe rond de 50 x 20 centimètres 
vaudra, déduction faite de la remise, de 1 franc à 
1 fr. 10 c; un globe oval de 60 X 30 X 20 centi- 
mètres, vaudra l fr. 75 c. 

Les cylindres ovales, à grandeur égale, sont un peu 
plus cher que les ronds, et les carrés un peu plus cher 
que les ovales. 

Pour l'expédition, on emboîte les cylindres les uns 
dans les autres par ordre de grandeur, en les sépa- 
rant par un peu de foin ; un assortiment comprend de 
treize à quinze et parfois jusque vingt pièces. Ces 
paquets sont mis dans des harasses pouvant contenir 
100 à 150 paquets et peser jusque 2,500 à 5,000 kilo- 



— 159 — 

grammes. Ces harasses sont des caisses formées de six 
panneaux que Ton peut disjoindre ou assembler à. 
l'aide de ferrures. Cet emballage est retourné à l'usine. 

Objets divers. — Parmi les autres objets de forme 
creuse que l'on fabrique également dans les mêmes 
verreries, nous mentionnerons : 

Les bobines en verre, isolantes, pour fils de soie 
artificielle; 

Les clocbes à primeurs pour maraîchers; ces 
cloches se font sur un .diamètrç de 55 à 40 centi- 
mètres et une hauteur de 50 à 55 centimètres; elles se 
vendent 25 francs les 100 pièces; 

Les fontaines pour pigeonniers, affectant la forme 
d'une bouteille renversée; valeur, 20 centimes par 
litre. 



Tubes pour chaudières. — Ces tubes, qui sont destinés 
aux indicateurs de niveau, ont, en général, une paroi 
de i I millimètre d'épaisseur; on en fait quelquefois 
de 4 à 5 millimètres, lorsqu'ils doivent résister à des 
pressions de 15 à 16 atmosphères. 

Ces tubes sont fournis soit en mesures libres, soit 
découpés à longueur. 

Les mesures libres comprennent des barres de 1 à 
2 mètres de longueur, se vendant à raison de 65 francs 
les 100 kilogrammes, pris à l'usine, emballage non 
compris. On compte qu'il faut trois tubes de 2 mètres 
de longueur, au diamètre de 15 millimètres, pour faire 
1 kilogramme. 



— 160 — 

Les tubes coupés sont livrés en viugt longueurs dif- 
férentes, depuis 20 centimètres jusque f mètre. Le 
diamètre extérieur va de J2 à 22 millimètres avec 
variations de I millimètre. La vente se fait ici par 
douzaine de pièces, franco de port et d'emballage, à 
des prix différant selon la longueur et la grosseur. 
Voici un aperçu des prix pour quelques diamètres : 







PBJX PAH DODMUIB. 


12 millimètres . 


. .fr. 


1.60 à 7.50 suivant longueur. 


15 — 




2.20 à 8.40 — 


20 — 




3.20 à 9.40 — 



Les valeurs précédentes concernent les petites livrai- 
sons; pour la vente en gros, il y a des remises allant 
de 10 à 50 p. c, suivant l'importance des achats. 

Les tubes à bouts recuits, employés pour les hautes 
pressions, coûtent 50 centimes en plus. 

Tubes pour cuves. — On fabrique, à l'usage des 
brasseries, distilleries, fabriques de produits chimi- 
ques, etc., des tubes plus gros, servant à déterminer 
la contenance des cuves. Ces tubes ont un diamètre 
extérieur variant de 20 à 40 millimètres sur une 
longueur de 1 à 4 mètres; l'épaisseur est un peu 
plus forte et atteint i ; à 2 millimètres. La valeur de 
ces tubes est de 70 centimes à 1 fr. 70 c. par mètre 
courant, suivant la grosseur. 

5° Barres pleines. 

Les baguettes de verre, remplaçant les tringles 
métalliques pour fenêtres, se font sur un diamètre de 



— 161 — 

12 millimèires et une longueur de 58 à 50 centi- 
mètres; elles sont assorties par douzaines avec des 
longueurs variant de 1 centimètre. 

Les barres pour porte-essuie-maiDS sont fournies en 
cinq longueurs (de 50 à 70 centimètres) sur un dia- 
mètre de 14 à 16 millimètres. 

Les barres supporte-pied, pour meubles de salons 
de coiffure, ont un diamètre de 20 millimètres sur une 
longueur de 56 à 40 ceBtimèlres. 

Tous ces articles se vendent au poids, à raison de 
65 francs les 100 kilogrammes, port et emballage 
non compris. 

E. Verre soufflé en bouteilles. 
i" Bouteilles courantes. 

Qualités. — On distingue les bouteilles fabriquées 
à la main et les bouteilles fabriquées à la machine; 
au point de vue de la qualité, elles sont équiva- 
lentes. 

La contenance, le profil, la couleur du verre varient 
suivant l'usage auquel la bouteille est affectée. De 
plus, chaque région a des formes et des teintes con- 
sacrées par l'usage et dont le fabricant doit tenir 
compte. 

Les teintes couramment adoptées sont les sui- 
vantes : 

Le demi-blanc, employé surtout pour les bouteilles 
à liqueurs, pour certains vins blancs de France, pour 
l'huile d'olive, le lait, etc.; 



— d62 - 

Le vert mixte et le brun foncé, couleurs générale- 
ment adoptées pour les vins rouges, les vins du Khin, 
les vins liqueurs, et aussi les bières étrangères ; 

Le rouge marron et le jaune, plus spécialement 
affectés aux bouteilles renfermant les bières indU 
gènes. 

Catégories et prix. — Les bouteilles courantes se 
vendent toujours par 100 pièces. Les plus chères sont 
celles en verre demî-blanc et les meilleur marché 
celles en vert mixte ou brun foncé. Au début de 
Tannée 1906, le prix moyen était de 11 à 12 francs les 
100 pièces. 

La firme peut être moulée dans le verre. Lorsqu'on 
la fait graver au sable, ce travail revient à 1 franc ou 
1 fr. 50 c. en plus, suivant la complication du dessin 
remis par le client. 

Nous passons en revue plus loin les principales 
catégories de bouteilles fabriquées. 

Emballage. — L'expédition des bouteilles pour l'in- 
térieur du pays peut se faire en vrac, pour des envois 
atteignant au moins 5,000 kilogrammes. 

On ajoute 4 p. c. de bouteilles en plus, comme gar- 
niture pour la casse. 

Pour de plus petites parties, on remplit des caisses 
à claire-voie renfermant 100 bouteilles, avec une gar- 
niture de 2 p. c. 

Lorsqu'il s'agit d'exportation, on place les bou- 
teilles, avec de la paille, dans des sacs d'une conte- 
nance de 100, 144, 288 pièces et p1us;chaque bouteille 
peut aussi être entourée d'un paillon. 



— 163 — I 

i 

Bouteilles à bière. 1 

Les bouteilles à bières indigènes se font dans les 
trois genres de teintes indiquées. Elles sont habituel- 
lement à fond plat, le corps cylindrique relié au col 
par une courbe arrondie. Le goulot est percé de deux 
côtés pour recevoir l'armature d'un bouchon méca- 
nique en porcelaine avec rondelle en caoutchouc. 

La série comprend les contenances suivantes ; 
; litre, I litre, \ litre, | litre, 80 centilitres et 1 litre 
ou 95 centilitres. Le poids varie de 450 à 700 grammes. 
Le prix est compris entre li et i5francs les JOO pièces, 
selon la teinte; la capacité influe peu ou pas du tout 
sur la valeur. 

Les canettes sont des bouteilles cylindriques de 
i litre, étroites et hautes, à col très court ; leur valeur 
est la même. 

Lorsqu'il s'agit de loger des bières fortes et mous- 
seuses ou de cidres, on emploie, de préférence, la 
forme champenoise, caractérisée par le raccord co- 
nique entre le corps et le goulot. Ces bouteilles sont 
un peu plus fortes et pèsent jusque 920 grammes 
pour 80 centilitres ; elles se vendent de 16 fr. 50 c. à 
17 fr. 50 c. les 100 pièces. 

Pour loger les bières anglaises, on ne fait usage que 
de bouteilles colorées, d'une contenance d'une pinte, 
5 pinte ou { pinte, soit à peu près 22, 57 ou 60 centi- 
litres. Ces bouteilles sont à fond plat et généralement 
à corps étroit, plus rarement à corps large (pour la 
pinte entière seulement); le col est droit, parfois à 
mollet, comme dans les bouteilles à Porto. Le goulot 



peut être percé ou non. Ces bouteilles pèsent de 420 à 
650 grammes et se vendent 11 et 12 francs. 

Bouteilles à vin. 

La forme de ces bouteilles dépend du genre de vin 
auquel elles sont destinées. I^a plupart sont avec 
piqûre, c'est-à-dire à fond retroussé. 

Les bouteilles à bordeaux sont étroites et longues; 
certains formats, comme les pots de Gand et d'Anvers, 
sont plus bas. Les bouteilles à bourgogne usitées dans 
le pays {carafons de Liège et de Bruxelles), sont basses 
et à corps large. La bouteille à Madère a le col renflé, 
de même que la bouteille à Porto, mais celle-ci a le 
corps un peu plus large et le fond plat. Les flûtesy 
pour vins du Rhin et de Moselle, sont hautes, étroites 
et à col conique. La bouteille à Champagne a un corps 
volumineux et un col conique terminé par une partie 
droite. 

Tous ces types de bouteilles se fabriquent en deux 
capacités : la bouteille entière contenant 70 centi- 
litres, et la demi-bouteille contenant 55 centilitres. 
Le poids est compris entre 420 et 650 grammes. Le 
prix varie de H francs à 13 fr. 50 c. suivant la teinte. 
Les flûtes se font en outre à 75 centilitres; leur poids 
Ta jusque 750 grammes; elles se vendent de 13 à 
14 francs. 

Bouteilles à eau minérale. 

Ce sont d'abord les bouteilles en verre de teinte 
vei't-mixte, avec goulot taraudé et à bouchon à vis, 
ou avec bouchages spéciaux {crown-cork, phénix, 



— 165 — 

étoile, etc.), employés également pour les bouteilles à 
bières. Gonteaances : 20, 40 et i 00 centilitres. Poids : 
425 à 800 grammes. Prix : H fr. 50 c. à 14 fr. 50 c. 
Puis, viennent les bouteilles à billes, en verre demi- 
blanc, pour soda, limonades gazeuses, etc. Conte- 
nances : 20, 25 et 50 centilitres. Poids : 470 à 
575 grammes. Prix : Iti fr. 50 c. à 17 fr. 50 c. Les 
billes sont essayées à une pression de iO atmosphères. 

Bouteilles à liqueur. 

Ces bouteilles se font en verre demi-blanc, sauf les 
litres courants et la pomponelle^ qui se fabriquent dans 
les trois teintes, et les boules à élixir, qui se font en 
demi-blanc et en vert. 

Les litres courants sont de forme baute, à fond 
retroussé et à col droit. La bouteille à cognac est éga- 
lement à fond retroussé, mais un peu plus basse et 
avec une partie conique entre le col et le corps. Les 
autres modèles sont à fond plat. La pomponelle est 
une bouteille à base étroite, le corps affectant la forme 
d'un tronc de cône renverse; le litre camard a le col 
renflé; le litre boule a le corps spbérique et un col 
long et droit; te marteau ou cruchon a également un 
corps très arrondi, mais un col très court; la bouteille 
à élixir a une forme pyriforme; la bouteille à bitter est 
carrée et à coins coupés. La carafe ordinaire rappelle 
la forme d'une bouteille à bourgogne ; elle peut affecter 
la forme tronconique avec moulures horizontales, ou 
la forme de tonneau. La bouteille à cerise est droite, 
assez baute, mais à col plus large. 



— 166 — 

Tous ces formats se foot généralement en deux 
capacités : 50 centilitres et 100 centilitres; les poids 
sont respectivement de 400 à 300 grammes et 700 à 
750 grammes. Les prix sont compris entre 12 et 
16 francs, sauf pour les bouteilles à bitter, qui valent 
18 et 10 francs. 

i" Dames-Jeaimes et tonrles^ 

En premier lieu, se placent les petites dames-jeannes 
ou bouteilles pour droguistes, appelées contenances. Ce 
sont des récipients cylindriques, assez larges, à courts 
goulots. Elles sont en verre demi-blanc et spéciale- 
ment destinées à loger l'eau distillée, les huiles, les 
essences. Quelquefois, on leur donne la forme d'un 
tonnelet, muni d'un robinet. On fait ces bouteilles à 
partir d'une capacité de 2 litres jusque 10 et 12 litres. 
Le poids est compris entre 1 kit. 250 gr. et 5 kil. 
^00 gr. ; le prix varie de 25 à 115 francs les 100 pièces 
suivant la grandeur. 

Puis, viennent les dames-jeannes proprement dites, 
à corps renflé, à base plus ou moins large, de forme 
circulaire ou aplatie. Ces récipients, en verre demi- 
blanc, sont destinés, notamment, à loger l'alcool pour 
l'exportaiion. Ils peuvent être ou non clisses, c'est- 
à-dire garnis d'un tressage d'osier. La dame-jeanne de 
forme étroite et haute porte particulièrement le nom 
de bouteille clissée. Les dames-jeannes ont habituelle- 
ment une contenance de 16 à 17 litres et valent 
60 centimes pièce. 

Les louries affectées au transport des acides se font 
dans les trois mêmes teintes que les bouteilles cou- 



— d67 — 

rantes ; elles peuvent également être garnies d'osier. On 
les fait en deux capacités : les petites contiennent 50 à 
55 litres et valent I fr. 50 c. pièce ; les grandes, d'une 
capacité de 60 à 70 litres, se vendent 1 fr. 60 c. pièce. 
Les bonbonnes sont des récipients du même. genre, 
mais portant plusieurs tubulures, disposées en des 
endroits déterminés. Ces pièces spéciales se font plutôt 
sur commande, d'après les indications de l'acheteur. 

F. Verre soufflé et moulé en ol^ets divers 
(flaoonnerie, gobeleterie, cristallerie). 

1° Fioles et autres articles de flaconnerle. 

Qualités. — Les articles de flaconnerie, qui font 
l'objet d'une industrie spéciale, comprennent toute 
une série de fioles pour substances liquides ou solides, 
à l'usage des pharmacies, drogueries, parfumeries, 
distilleries, ainsi que des récipients divers destinés à 
loger des produits alimentaires de différente nature. 

Les flacons d'usage courant se font généralement 
en deux qualités : la première est en verre blanc ou en 
verre très légèrement teinté en bleu ou en vert; la 
seconde, en verre demi-blanc. Le verre bleu foncé, 
jaune brun, vert ou opale est adopté pour les méde- 
cines d'usage externe ou pour certaines conserves. 

Il y a aussi des flacons en demi-cristal et en cristal, 
taillé ou décoré, pour parfumerie Bue et d'autres 
bocaux de luxe. 

Les flacons peuvent être à goulot ordinaire ou bien 
avec goulot et bouchon rodés à l'émeri. 

Catégories. — Les récipients faisant partie de la 



— 168 — 

flaconnerie reçoivent des noms spéciaux et affectent 
des formes dîfTérentes suivant les usages auxquels ils 
sont destinés. 

Les fioles ordinaires pour pharmaciens ont habi- 
tuellement une section ronde et sont appelées goulots; 
elles peuvent aussi avoir une section carrée, hexago- 
nale ou ovale. Les noms de poudriers et pommadiers 
s'appliquent à des fioles basses, à large goulot, et à 
fermeture à vis extérieure, pour les premiers. Les 
viales sont des flacons de forme élancée. Il y a aussi de 
grands flacons, ayant la forme d'une bouteille et qui 
sont destinés, notamment, à l'huile de foie de morue. 

Les flashs et les flacons mexicains sont des fioles 
méplates, de forme carrée, ronde, ovale, ou rappe- 
lant l'aspect d'un violon. Les flasks sont parfois 
munies d'un petit gobelet. 

Les flacons pour parfumeries sont le plus souvent à 
section carrée ou à pans, parfois à surface diamantée. 

Les compte-gouttes sont des flacons avec bouchons 
à l'émeri et avec un petit bec ne laissant passer qu'une 
goutte à la fois. 

Citons encore, parmi les petits récipients à forme 
spéciale, les encriers et les pots à colle. 

Les flacons pour sauces, extraits de viande, con- 
serves de légumes, fruits, etc., sont ronds et élancés. 
à long col, comme, par exemple, les flacons à tomates, 
ou affectent la forme d'un bocal avec goulot plus ou 
moins large. Il y a, dans ce cas, des fermetures de 
différents genres. Ainsi [e bocal à miel peut être avec 
goulot à vis extérieure, ou avec goulot à carnette, 
c'est-à-dire à simple bord recourbé extérieurement, 



— 169 — 

ou encora à fermeture à bayonnetle (rafuure extérieure 
en hélice). 

Les biberons sont également fabriqués par les fla- 
conneries. On en fait de diCCérentes formes : droits ou 
courbés; le goulot est à vis intérieure ou avec bague 
(bouchon Robert). 

Mentionnons enfin quelques articles de fantaisie, 
pour confiseurs, affectant la forme d'un cigare, d'une 
montre, d'un œuf, d'une toupie, etc. 

Contenances et prix. — Le prix d'un flacon varie avec 
la qualité du verre, mats il est, avant tout, déterminé 
par la contenance. Les valeurs sont indiquées dans un 
tarif, sur les prix duquel il était fait, au début de 
l'année 1906, une remise de 10 p. c. 
■ La contenance est donnée au gramme (c'est-à-dire 
le poids d'un centilitre d'eau). Cette contenance com- 
mence à 4 grammes et dépasse rarement 1,000 gram- 
mes (1 litre). Les compte-gouttes renferment de 15 à 
60 centilitres. 

Les prix du tarif, par 100 pièces, varient de 2 à 
20 francs pour les flacons en verre blanc de forme 
ronde ou goulots. Les flacons ovales, avec ou sans 
filets et les poudriers ronds subissent, en moyenne, à 
capacité égale, une augmentation de 10 p. c. et les 
flacons carrés et méplats,une augmentation de 20p. c. 
environ. Pour les flacons de couleur, pour usage 
externe, il y a une majoration moyenne de 15 p. c. et 
pour le verre opale, de 25 p. c. Quant aux flacons en 
verre demi-blanc, leur valeur est de 10 à 15 p. c. 
moindre que celle des mêmes objets en verre blanc. 



— 170 — 

' Les flacons bouchés à l'émerit pour pàrrumerie, 
d'une contenance de 10 à 250 grammes, valent de 10 
à 20 francs les 100 pièces. 

Les bouteilles blanches de { à 1 litre se vendent de 
8 à 20 francs le cent. 

Il faut noter que les prix s'entendent pour mar- 
chandises prises à l'usine, emballage perdu. Mais sur 
le montant, le fabricant fait une bonification de 
20 francs, par tonne expédiée, représentant une valeur 
moyenne de 400 francs. Cette remise est destinée à 
tenir compte des dépenses de transport et de mise à 
bord à Anvers, lesquelles ne s'élèvent, en réalité, qu'à 
7 fr. 50 c. par tonne pour les usines les plus éloignées 
de ce port. 

Emballage, — Les envois dans l'intérieur du pays se 
font en vrac, par wagon, ou en caisses à claire-voie; 
pour l'étranger, on expédie dans des caisses à parois 
pleines ou dans des tonneaux. 

Généralement, on met quatre ou cinq flacons à la 
file l'un de l'autre et on les entoure de paille; puis 
■on forme des bottes de forme prismatique, que l'oa 
met dans le wagon ou dans les caisses. 

Une des flaconneries fait aussi le liage des goulots à 
la machine. L'appareil employé est très simple et con- 
siste en une planchette rectangulaire, munie, sur 
deux de ses côtés placés en équerre, d'une série de 
barreaux verticaux; une autre rangée de barreaux, 
formant le troisième côte du rectangle, est portée par 
une autre planchette et peut s'éloigner où se rappro- 
cher à volonté. On commence par disposer, deux par 



deux et en croix, à travers les barreaux, deux Ionj;ues 
gerbes de paille; puis, on dépose des rangées succes- 
sives de flacons, séparées par des lits de foin, de façon 
à faire un paquet de 100 pièces; il ne reste plus qu'à 
replier les gerbes de paille par dessus le tout et à en 
nouer les deux bouts. Ce système d'emballage, très 
efficace, revient à 15 centimes par 100 pièces. 

2° Bocaux et vases analogues. 

Nous avons vu que certains genres de bocaux, 
notamment les récipients pour conserves, de capacité 
restreinte et d'une épaisseur assez forte, rentrent dans 
la catégorie des articles de flaconnerie. Cependant, le 
vrai terme bocal devrait plutôt s'appliquer à des vases 
soufflés au moule, en verre mince, qui se distinguent 
par leur grand volume et par la largeur de leur goulot. 
Ces objets sont fabriqués spécialement par plusieurs 
gobeleleries et se font en verre blanc. 

Les bocaux affectent des formes un peu différentes 
suivant leurs usages. 

Le bocal à fruits a une ouverture très large; il est 
sans couvercle. Sa contenance va de 1 à 4 litres. Prix 
par 100 pièces : 

Contenance : i litre 12 francs. 

— 2 litres 20 — 

— 4 — 39 — 

Les bocaux pour épiciers et pour confiseurs ont le 
goulot moins large et sont obturés par un bouchon 
moulé plein, La contenance des premiers est généra- 
lement comprise entre { et 2 litres. Les seconds se 



— 172 — 

spéciftent par leur hauteur, qui va de 12 ^ à M centi- 
mètres (5" à 15"). Prix par 100 : 

Hauteur : 175 millimètres 3S francs. 

— 250 — 60 — 

— 325 — 100 — 

Les bocaux pour pharmaciens sont plus soignés, à 
col plus haut et les bouchons sont rodés à l'émeri ; ils 
Talent 10 p. c. de plus que les bocaux pour confiseurs. 

Les bocaux français sont agrémentés de moulures 
ou bourrelets; leur couvercle est généralement creux 
et obtenu par soufflage. 

Le vase à papetier est un bocal ayant la forme d'un 
œuf d'autruche et muni d'un couvercle creux conique, 
avec bouton. 

D'autres récipients peuvent encore être rangés dans 
le même genre de produits. Ce sont : 

Les bocaux à poissone, avec ou sans pieds, de 12 à 
52 centimètres de diamètre. Prix avec pied : 90 à 
555 francs les 100 pièces ; 

Les couvre- fromage, cylindriques ou sphériques, 
d'un diamètre de 12 à 50 centimètres. Prix : 52 à 
360 francs les 100 pièces; 

EnOn, les gobes-mouches et les fontaines pour 
oiseaux, les bouteilles à syphon, les éprouvettes ou 
mesures, de forme cylindrique, conique ou renflée, 
pouvant être jaugées. 

3° Objets pour farnitureB de tAble et de toilette. 

Qualités. — Les produits rangés sous cette rubrique 
sont ceux qui sont fabriqués en plus grande quantité 



— 173 — 

par les gobeleteries et les cristalleries. Au point de 
vue de la qualité de la matière, ces objets offrent une 
assez grande variété; toutefois, ils peuvent être rame- 
nés à quelques types principaux. 

Les verres proprement dils se classent de la manière 
suivante : 

D'abord, le verre commun ou trois quarts blanc, qui 
présente un léger reflet verdàtre; c'est la qualité la 
plus grossière, servant à fabriquer la gobeleterie à bon 
marché; le plus souvent moulée à la presse; 

Fuis, le verre blanc, fait avec des matériaux plus 
purs et sans teinte aucune. Le verre blanc sert surtout 
à fabriquer des pièces soufflées avec ou sans moules, 
à parois assez épaisses et à bords rognés. Le procédé 
de moulage à la presse peut, d'ailleurs, s'appliquer 
aussi au verre blanc et fournir des produits d'une 
certaine élégance. 

Lorsque la composition est particulièrement soi- 
gnée, on a le demi-cristal, qualité supérieure pour 
gobeleterie fine, coupée au chalumeau, et qui est sou- 
vent gravée à l'acide, guillochée ou taillée, comme 
le cristal. Certaines usines font même une qualité qui 
se rapproche du cristal et qui est appelée simili-cris- 
tal ou verre sonore. 

Quant au cristal lui-même, il représente la qualité 
supérieure et se prête tout spécialement à la confec- 
tion des objets de luxe destinés à être taillés, décorés 
par la peinture ou gravés à la roue ou à l'acide. 

Certains articles en verre fin et en cristal se font avec 
coloration dans la masse et quelquefois en verre plaqué. 

En combinant remaillage avec la gravure à l'acide 



exécutée à la main, on arrive à obtenir des pièœs 
d'une décoration brillante et variée, dans lesquelles 
le talent et la fantaisie des artistes peuveot se donner 
libre cours. Ce genre fait diversion parmi les cristaux 
limpides systématiquement taillés, qui constituent la 
production classique et habituelle de la cristallerie. 
Gomme spécialité de la gobeleterie, il faut citer le 
verre trempéy improprement appelé verre incassable. 
Ce verre présente une grande résistance, mais il ne 
peut s'appliquer qu'à certaines formes d'objets, tels 
que les gobelets; il n'est pas susceptible de recevoir la 
taille ou une gravure profonde. 

Catégories et prix. — La plupart des articles de gobe- 
leterie et de cristallerie sont de dimensions assez res- 
treintes; ils ont la forme de récipients plus ou moins 
évasés, destinés à contenir des aliments liquides ou 
solides. Ce que l'on produit surtout, ce sont les objets 
pour garnitures de table et de lavabo. Oa fournit des 
services de table complets comprenant les différents 
types de verres à boire, pour eau, bières, vins et 
liqueurs, ainsi que les carafes à eau, à vin et à bière. 
Mais chacune de ces catégories se vend aussi séparé- 
ment. Les prix varieront, évidemment, suivant la qua- 
lité de la matière et selon que l'objet est uni, taillé, 
gravé, décoré, etc. Pour les articles de 'même forme, 
il y a toujours deux choix, déterminés par le plus ou 
moins de défauts produits au cours de la fabrication. 

Nous passons en revue plus loin les principales caié- 
gories en donnant, pour quelques types choisis parmi 
les plus courants, un aperçu des prix tels qu'ils étaient 



au début de l'anDëe 1906; ces prix s'entendent pour 
la marchandise rendue fob Anvers. 

Emballage. — L'envoi des articles de gobeleterie et 
de cristallerie se fait, pour l'intérieur du pays, dans 
des caisses de dimensions Tort variables, dans les- 
quelles on emballe les objets de diverses catégories 
commandés par le client. Pour les pays étrangers oii 
les mesures françaises sont en vigueur, les expédi- 
tiens se font par caisses de 100 pièces; mais pour 
l'Angleierre et pour beaucoup d'autres contrées d'ex- 
portation desservies par ce pays, on fait des caisses 
de 10 à 60 douzaines, d'après les dimensions et la 
valeur des pièces. 

S'il s'agit d'expéditions peu lointaines, les caisses 
sont à claire-voie et renferment, par exemple, 500 à 
400 pièces moyennes (tumblers) ou 500 à 600 pièces 
petites (verres à porto), enfouies dans de la paille, du 
foin, ou, mieux, dans de la fibre de bois. Les envois 
soignés et à longue distance requièrent des caisses 
pleines ou des tonneaux. Les objets Ans, notamment 
ceux en cristal gravé, taillé, décoré, et les pièces à 
fond poli sont empapillotés, chacun séparément, avec 
une feuille de papier fin, puis emballés, comme à 
l'ordinaire, dans de la fibre de bois. 

Lorsque les quantités sont importantes, on fait aussi, 
sur le continent, des expéditions en vrac par wagons. 

Gobelets. 

C'est le nom donné aux verres à boire, sans pied, 
pour eau, bière, Champagne, etc., dont la forme dif- 



— i76 — 

fère suivant les coutumes des pays consommateurs. 
Il y a les modèles belges, anglais, français, hollan- 
dais, etc. Les types le plus fabriqués sont les tumblers, 
gobelets anglais, dont la contenance est indiquée en 
fonction de la pint (0'56$) ou du quart (i'156), le plus 
petit étant de 8 au quart (0'I42) et le plus grand de 
î pint. La forme est droite ou un peu évasée, avec ou 
sans talon à la base. Ces gobelets sont lisses ou taillés 
(côtes plates ou olives). On distingue toujours deux 
catégories : les lumblers lourds ou à fond épais et les 
tumblers légers, ou à fond mince. Le fond est poli, ou 
non, suivant le procédé suivi pour la fabrication. 

Prix pari00pièces,contenance5au quart (22| centi- 
litres) : 

Tumblers lourds, taillés, à fond poli. . fr. 14.00 

Gobelets moulés à la presse 6.00 

Gobelets en cristal taillé 27.00 

Verres à oreilles. 

Le type est fourni par les chopes à munich, ou 
Seidets, de forme droite, ou bombée, à surface lisse, 
concave ou taillée. Les contenances sont de 1/4, 1/2 et 
1 litre. Prix par 100 pièces : 

Verres unis, contenance : 1/2 litre , . . fr. 13,00 
Verres taillés, — 1/4 — .... 21.00 

— - 1/2 — ... . 31.00 

Les Scheffels sont des verres monstres, de forme tra- 
ditionnelle, usités en Allemagne et qui sont fabriqués 
par les Cristalleries de Val- Saint- Lambert. Ils sont 
décorés plus ou moins richement, rehaussés de 



— 177 — 

dorures, portant souvent des initiales ou des armoiries 
dorées. 

Verres à pied. 

Il y en a de deux genres : les petits verres à liqueurs 
et à vin, et les grands verres pour boissons diverses. 

Les premiers ont une formeplus ou moins consacrée 
par Tusage, suivant le vin ou la liqueur qu'ils doivent 
contenir. Ils sont avec jambe tirée, ou bien avec jambe 
.rappùrtée, celle-ci pouvant être massive ou creuse 
(sou£Qée). 

Les types les plus courants sont les verres à bor- 
deaux ou claret et les verres à porto ou sherry, dont 
voici un aperçu des prix : 

Verres à bordeaux minces, les 100 : 

Verres unis fr. 13.50 

Verres taillés 18.50 

Verres à porto, rognés, les 100 : 

Verres unis fr. 5,S0 

Verres gravés 7.00 

Verres taillés 8.00 

Verres à porto, coupés au gaz, se faisant en quatre 
grandeurs, prix unique les 100 : 

Verres unis fr. 8.00 

Verras taillés 12.00 

Verres guillochés 11.00 et 12.00 

Verres en cristal unis, les iOO : 

Verres à porto et à liqueur fr. 15.00 à 17.00 

Verres à bordeaux 20.00 



— 178 — 

Les grands verres à pied sont généralement rognas 
et affectent des formes diverses, élancées ou ramassées, 
avec jambe plus ou moins haute; ce sont les verres à 
grog, à absinthe, à mazagran, à bock, etc. Le prix, 
pour une contenance de 5 au quart, est, en moyenne, 
de '7 francs pour le verre uni et de 14 francs pour le 
verre taillé. 

Viennent ensuite tous les verres de fantaisie, ainsi 
que les verres de couleur, teintés en vert ou en bleu, 
valant 6 à 7 francs, et les verres plaqués en rubis, 
dont le prix atteint 20 et 24 francs (demi-cristal). 

Canettes et cruches. 

Ce sont des récipients à bec, de forme variable, 
munis d'une anse, qui est parfois d'une teinte dif- 
férente. La contenance varie de 1/4 pint (0'142) à 
4 pints (2'272). 

Voici un aperçu des prix par 100 pièces : 

CONTENANCE 

1 PINT. 2 PINTE. 

Unies fr. 21.00 30.00 

Colorées 22.50 32.00 

Gravées 28.00 40.00 

Carafes. 

Les carafes lourdes se font généralement à la capa- 
cité de 2 pints (l'156); elles affectent la forme d'une 
boule, d'une pyramide, d'un solide à pans, etc. Les 
carafes marines sont à fond plat; unies, elles valent 
36 francs: à col taillé, 52 francs. 



— 179 — 

La forme boule est munie d'une base, qui peut être 
soufflée ou rapportée; les prix, pour ce type, sont de 
40 à M francs, pour Tuni, et de 56 à 60 francs, pour 
le col taillé. 

Les carafines pour garnitures de toilette se font 
généralement aux capacités de 1, 1 ^ et 2 pints; elles 
se vendent avec leur gobelet, par exemple celle de 
1 \ pint (O'BSS), comme suit : 

Verre blanc uni fr. 20.00 

Verre coloré 22,00 

Verre gravé , 28.00 

Verre taillé à olives 36.00 

. Verre rubis, uni .... .... 60.00 

Vases et objets divers. 

Les garnitures de table et de toilette comportent 
encore une foule d'autres objets destinés à des usages 
variés. Ainsi, comme pièces moulées, il y a les 
salières, moutardiers, porte-couteaux, boites à poudre 
et à pommade$,etc.; il faut y ajouter les isolateurs pour 
pianos, cuisinières, etc. Les articles en verre épais, à 
bords rognés, comprennent les assiettes, crémiers, 
compotiers, beurriers, sucriers, rince-bouche, les 
brocs, bassins, etc. Parmi les objets de fantaisie, l'on 
doit surtout citer : les porte-bouquets, les vases à 
oignons, enfin les vasques, urnes, potiches, etc. Voici 
un aperçu de quelques prix par 100 pièces : 

Salières doubles fr. 6.00 

Coupes à sucre de 80 x 100 millimètres . . 7.00 à 9.00 

Vases à oignons, rognés 12.00 

Porte-bouquet 4.00 à 5.S0 



4° Articles d'éclairage. 

Les articles d'éclairage font l'objet d'une fabrica- 
tion spéciale de la part de quelques établissements. 
Ces articles consistent principalement : en récipients 
propres à renfermer ou à maintenir la substance 
éclairante, liquide ou solide; en pièces tubulaires 
destinées à canaliser la flamme; enfin, en appareils 
ayant pour fonction de réfléchir la lumière. 

Dans la première catégorie, on trouve, d'abord, des 
objets massifs moulés, tels que candélabres, flam- 
beaux, bougeoirs, puis, des vases en verre épais, 
soufflés ou moulés, munis souvent d'une anse ou 
d'un pied, comme : les veilleuses à pétrole; les boules 
à pied (ou quinquets); les lampes à alcool simples ou 
trotteuses (c'est-à-dire avec oreilles); les boules pour 
lampes d'écurie, en verre très épais; les lampes pour 
manœuvres de chemin de fer; les lampes appliques 
et celles pour signaux à dislance. 

La seconde catégorie comprend les cheminées de 
tout calibre des divers modèles usités dans l'éclai- 
rage au pétrole et au gaz, de forme droite ou courbe, 
à renflement ou à niches, etc.; comme spécialité, citons 
les verres de lampes pour mineurs. Ces cheminées 
peuvent être marquées à chaud. Elles se vendent de 
6 à 9 francs les 100 pièces. Les envois se font généra- 
lement par caisses de 24 douzaines. 

Enfin, viennent les réflecteurs de tous modèles, 
depuis les abat-jour, les plus simples, jusqu'aux tulipes 
de formes compliquées, multicolores, de luxe et de 
fantaisie, pour le gaz et l'électricité. Il faut joindre à 



— 181 — 

ces articles les bobèches pour bougies, les sinombres, 
garde-vue, ainsi que les globes pour becs à gaz ou. 
pour lampes électriques. 

G. Verre façonné. 
i" Verres bombés. 

Les applications du verre bombé se rencontrent 
dans les domaines les plus divers. Avec le verre mince 
blanc, coloré ou imprimé, on fait, non seulement 
des pannes et de grandes tuiles destinées à être 
placées sur les toitures, mais encore de petites pièces 
rondes ou ovales, en forme de calotte, pour encadre- 
ment de couronnes, d'objets religieux, etc. Il y a éga- 
lement des carreaux de revêtement bombés en opa- 
line, pour placer dans les plintbes et les encoignures. 
Les glaces bombées sont surtout employées pour les 
vitrines, les devantures de magasins et les vitrages de 
certains meubles; il y a des glaces bombées dont les 
dimensions atteignent 2'°50 sur 4 mètres. On fait aussi 
en verre épais de petites pièces bombées destinées, 
notamment, aux lanternes de voiture. 

En raison de la grande diversité qui existe dans les 
dimensions, l'épaisseur, la forme des pièces bombées, 
il est fort difficile d'indiquer des valeurs générales. 
Le prix d'un travail de ce genre dépendra aussi du 
nombre de pièces du même modèle à fournir. Il est 
cependant une catégorie de verres bombés qui se 
fabrique en assez grande quantité et à des dimensions 
courantes : ce sont les tuiles. 

Ces tuiles, qui sont habituellement en verre demi- 



- 182 — 

double, se font dans tous les formats, depuis la simple 
panne, jusqu'à la tuile à emboîtement avec double 
courbure et talon. Parmi les types les plus fréquents, 
nous mentionnerons ; la panne brésilienne, qui a la 
forme d'une large rigole tronconique allongée (lon- 
gueur, 50 centimètres; largeurs, 20 et 17 centi- 
mètres); puis la tuile anglaise, dont les dimensions 
sont 60 X 20 X 17 I centimètres. La valeur des tuiles 
ordinaires est comprise entre 54 et 53 francs le cent. 
Généralement, on fait des caisses contenant 24 ou 
25, plus rarement 50 tuiles. 

â» Verre traTaillé au ohalnmeau. 

~ Cette petite industrie fournit plusieurs -genres de 
produits destinés à des applications diverses. 

En premier lieu se placent une série d'instruments 
scientifiques affectés à certaines opérations de pby- 
sique, de chimie et de médecine, comme : les baro- 
mètres, les thermomètres, les densimètres de toute 
espèce, les éprouvettes graduées, les tubes de Gessler, 
les lampes à incandescence, les pompes avide à l'usage 
de ta radiographie, les seringues à injection, etc. 

A côté de ces appareils, on peut ranger quelques 
objets destinés à l'industrie même, entre autres : les 
tubes capillaires utilisés dans la fabrication de la soie 
artificielle; les moules ou mandrins dont on se sert, 
dans l'industrie du caoutchouc, pour façonner les 
tétines des biberons, etc. 

Citons enfin, parmi les produits obtenus par des 
procédés du même genre, quelques articles de fan- 



- 483 — 

taisie tels que : les petites bouteilles et autres réci- 
pients pour conBseurs; les perles soufflées de toute 
couleur; enfin, toutes les combinaisons rentrant dans 
la catégorie connue sous le nom de verrerie de Venise.- 

5° Verres spéciaux déconpés. 

Les verres spéciaux découpés comprennent surtout : 
les carreaux pour encadrements de pendules (régula- 
teurs); les verres rectangulaires ou ronds pour lan- 
ternes magiques; les verres ronds pour réveils; enfin, 
les plaques sèches pour photographie, que l'on pro- 
duit en grande quantité. 

Nous avons déjà indiqué quelles sont les épaisseurs 
des verres employés pour les plaques photogra- 
phiques; cette épaisseur est parfois stipulée par le 
nombre de feuilles nécessaire pour former 1 pouce 
(25 millimètres), nombre qui va de 12 à 50. Au point 
de vue de la qualité du verre, on classe les plaques 
sèches en trois choix. Quant aux dimensions, elles sont 
données soit en pouces anglais, soit en millimètres. 
Voici les formats les plus couramment fabriqués pour 
les trois principaux pays d'exportation : 



Ahgletehre. 




É«T»U»1.. 


Allemagne. 


-1 X 6 ^ pouces. 


10 


X 8 pouces. 


164 X 119 millim. 


ix6! _ 


10 


X 7 — 


179 X 1Î9 — 




si 


X6i — 


839 X 179 — 



Au début de l'année 1906, la valeur moyenne des 
plaques sèches était de 20 francs les 100 pieds carrés, 
ou 2 francs le mètre carré. 



— 184 — 

Les envois se font habiluellement par caisses de 
lOO pieds carrés ou iO mètres carrés, pesant environ 
45 kilogrammes. 

i' Verres rodés et biseautés. 

Rodage. 

Le rodage est surtout pratiqué sur des plaques de 
glace destinées à être utilisées dans les bufTets, les éta- 
gères, les étalages, etc. La tranche rodéepeut être plane 
ou arrondie, la surface restant mate ou bien receTanl 
un poli après coup. Le travail de rodage se paie au 
mètre courant; les prix diffèrent suivant les conditions 
précédentes et dépendent aussi de l'épaisseur de la 
glace. 

Exemple : épaisseur de 

8 A IS KILmfËTBES. 

Joint mat plat fr. O.SO à 1.50 

Joint rond 1.00 à 2.50 

Si le joint doit être poli, le prix est approximative- 
ment doublé. 

Les chanfreins, cannelures, moulures, angles vifs, 
coquilles, coins coupés ou ronds, se paient aux prix 
ci-dessus indiqués, avec des majorations plus ou moins 
fortes selon l'importance du travail. 

Biseautage. 

On biseaute des glaces de toutes dimensions, desti- 
nées à la miroiterie ou à la fabrication des meubles, 



— 185 — 

des plaques de laaterDes planes ou bombées, des 
plaques de propreté pour portes, etc. En verre à 
vitres de double et triple épaisseur, on biseaute de 
petites plaques pour eucadremeut, morats, etc. Avec 
les glaces, la largeur du biseau peut varier de iO à 
50 millimètres; pour les glaces courantes, elle est 
habituellement de 50 à 40 millimètres. Dans les 
petites pièces exécutées avec du verre à vitres, les 
dimensions du biseau 'sont évidemment plus res- 
treintes. 

Le biseautage se paie au pied courant ou au mètre 
courant, le prix augmentant avec la hauteur (ou. 
longueur] de la glace. Voici quelles sont les limites 
pour les glaces d'une épaisseur de 6 à9 millimétrée! 
pour le biseautage en ligne droite : 

LUGEUR DU BISEAU. PAR HETRE COtRAUT. 

10 millimètres fr. 1.15 a 4.60 

SO — 3.90 à 10.00 

Le biseautage en lignes courbes, pour )es glaces 
rondes et ovales, les côtés contournés, les coins 
de diverses formes, se paiera évidemment un peu 
plus cher et en raison des difficultés que présente le 
travail. 

Les dimensions les plus courantes des plaques et des 
glaces biseautées non destinées à l'argenture sont : 



Morats de ll| X 5 à 21 x 10* 

Plaques carrées de lanternes . . de 8 X 8 à 22 X 22 
Glaces pour meubles . . . . de 42 x 27 à 207 x 102 



— 186 — 

Taille. — Nous n'avons plus à revenir sur l'opératioa 
de la taille, qui constitue presque toujours un travail 
de paracbèTement de certains objets en verre ou en 
crislal; parfois on l'applique à renjolivemenl des 
côtés qui encadrent les glaces dites vénitiennes. 

£f. Verre décoré. 

1° Verres Kravés. 

Gravure à la roue, 

La gravure à la roue est employée dans la décora- 
tion des objets en cristal et des côtés des glaces véni- 
tiennes, sur lesquels on reproduit soit des initiales, 
des écussons, des armoiries, soit des ornements divers, 
tels que : fleurs, rosaces, portraits, etc. Ce genre de 
gravure n*est guère en usage que pour des produits de 
luxe. Cependant, il s'applique parfois aux flacons et 
et aux bouteilles ordinaires. 

Gravure au sable- 

Nous avons déjà signalé, en parlantdu verre coulé, 
l'emploi de la gravure au sable, pour préparer sur la 
marmorite, la glace et le verre cathédrale, les endroits 
qui doivent recevoir la peinture ou la dorure. Avec le 
verre à vitres, on produit, par le même système, te 
verre mat et le verre mousseline; ce dernier se fait en 
un ou deux tons, en blanc ou en couleur. Le procédé 
au sable est également utilisé pour la gravure sur 
bouteilles, mais il ne reçoit pas d'applications dans 
la gobeleterie et la cristallerie. 



Gravure à l'acide. 

Nous n'avons plus à revenir sur la gravure par 
impression et sur le guillochage des objets de gobele- 
terie et de cristallerie. 

La gravure à l'acide sur le verre à vitres constitue 
une industrie spéciale pratiquée dans de petits ateliers. 
Ce procédé s'applique au verre blanc ou coloré et sert 
à la décoration de vitrages destinés à la garniture des 
meubles, des portes ou des fenêtres. Chaque graveur 
a une collection de dessins plus ou moins élégants; 
le travail, estimé à la surface, vaut de 7 à 15 francs 
le mètre carré. Un simple encadrement se paie de 
2 fr. 50 c. à 5 francs le mètre courant. Les dessins 
gravés sont parfois rehaussés d'une bordure dorée. 

A mentionner également te verre mat extra On 
pour plaques photographiques. 

Le matage des tubes-bougies et des globes pour 
appareils d'éclairage se fait également à l'acide. 

2° Verre peint et émaillé. 
Peinture et décoration à froid. 

Indépendamment de la décoration des tableaux et 
enseignes en marmorite, il y a encore à signaler les 
quelques spécialités suivantes : 

Par la peinture sous verre, c'est-à-dire appliquée du 
côté qui ne doit pas être exposé à la vue, on produit, 
avec des plaques de revêtement en glace, des imita- 
tions de marbre, en teintes unies, (noire, rouge, etc.), 
ou veinées. Ces plaques sont employées aussi pour 



— 188 — 

faire des enseignes et des tableaux-réclames; sur le 
fond teioté, il suffît de placer les inscriptions en or 
ou en aident. Ce genre de décoration est parfois 
appelé marblits. 

Une autre application de la peinture sous verre est 
l'imitation de vitraux transparents sur verre cathé- 
drale ou diamanté, système recommandable seulement 
pour l'intérieur des appartements. Des motifs peints 
sous verre peuvent aussi être entourés de bordures en 
feuilles métalliques, incrustées, produisant une appa- 
rence de relief et de sertissage. 

Mentionnons, enfin, la reproduction de fleurs, etc. 
sur des carreaux de verre cathédrale dont on fait de 
petits panneaux, en forme de paravents, destinés à 
être placés sur les appuis de fenêtres. Ces travaux 
sont le plus souvent exécutés par des ouvriers travail- 
lant à domicile pour le compte des maisons de vitre- 
rie et d'ameublement. 

Peinture recuite. 

Les exemples les plus simples de la peinture à 
cbaud ou émail consistent dans la confection des 
enseignes en lettres noires sur fond opale, d'étiquettes 
en blanc sur les bocaux de pharmaciens et dans la 
fabrication de verres à vitres mousselines. Puis, vient 
la décoration des objets en cristal. Mais les appli' 
cations les plus industrielles et les plus importantes 
de la peinture avec cuisson résident dans l'orne- 
mentation des carreaux de revêtement et dans la 
préparation des vitraux artistiques. 



Carreaux de revêtement. 

En décrivant les procédés de fabrication, nous 
avons dit qu'on pouvait appliquer des ornementations 
en couleur aux plaques de revêtement obtenues par 
moulage et aux carreaux minces en verre opale 
soufflé. Il nous reste encore à signaler deux spécialités 
intéressantes. 

Sous le nom de Revêtement économique^ on prépare 
des carreaux de revêtement en opaline ou en verre 
blanc demi-double qui imitent le marbre ou tout 
autre dessin en couleur. L'émail est ici appliqué sous 
verre, c'est-à-dire sur la face qui viendra en contact 
avec le mur. Par dessus la peinture viennent les parti- 
cules rugueuses, fixées par fusion, ayant pour but d'as- 
surer l'adhérence. Ce revêtement revient en moyenne 
à 9 francs le mètre carré tout placé. On peut faire dans 
ce genre des panneaux décoratifs complets représen- 
tant des paysages, des scènes avec personnages, etc. 

Dans le revêtement connu sous le nom de Civer, 
l'émail est appliqué sur la face extérieure des car- 
reaux, l'autre face recevant les particules vitriHables 
destinées à l'adhérence. Ces carreaux se font en opa- 
line blanche ou teintée et peuvent être décorés à 
plat ou avec dessins en relief. Ils sont carrés ou rec- 
tangulaires; les dimensions les plus courantes sont : 

Carrés 76 X 76 miilim. et 1S2 x 152 millim. 

Rectangulaires . . 152 x 76 — — 304 x 152 — 

Des carreaux octogones et de petits carreaux carrés 
servent au remplissage. Il y a ensuite les carreaux à 



— 190 — 

moulures pour plinthes et cimaises ; les carreaax 
bombés en cylindre ou en coins, concaves et convexes, 
employés pour garnir les arêtes et les angles trièdres. 
Voici un aperçu des prix de ce revêtement, par mètre 
carré, pour le premier choix : 

TeiDle blanche fr. 6.^ 

Teini» de couleur unie 9.00 à lO.SO 

Décoration simple 12.00 

8 avec reliefs 20.00 à 30.00 



Les carreaux bombés nient de 20 à 50 centimes et 
les carreaux d'angle, 50 centîmes pièce. 

On compose des panneaux décwatifs complets et 
avec tous genres de dessins, à des prix variant de 25 à 
125 francs le mètre carré. 

Ces carreaux s'appliquent sur les murs au moyen 
d'un mortier au ciment; on peut également les fixer 
sur bois à l'aide d'un mastic composé de céruse, de 
craie, d'buile de lin et de siccatif. 

L'emploi des revêtements en verre prend chaque 
jour plus d'extension, grâce aux multiples avantages 
qu'ils présentent et qu'on peut résumer comme suit : 
résistance parfaite aux agents atmosphériques ^elée, 
chaleur, humidité); inaltérabilité par les acides, les 
graisses, etc.; surface très lisse et nettoyage com- 
mode; facilité de découpage sur place et de place- 
ment; enfm, possibilité de supprimer les coins et les 
arêtes vives par l'emploi des carreaux bombés. Les car- 
reaux en verre constituent, en réalité, un revêtement 
solide, hygiénique et d'aspect agréable, qui trouve 
son application dans une foule de constructions telles 



— 191 — 

que : hôpitaux, écoles, passages souterrains, salles de 
bains, boucheries, poissonneries, cuisines, restau- 
rants, vestibules, terrasses, vérandas, etc. 

Vitraux artistiques. 

A proprement parler, on ne doit attribuer le terme 
de vUraux d'art qu'h ceu\ qa\ sont, exécutés suivant les 
règles suivies à certaines époques historiques quant 
au dessin et aux couleurs. Ces vitraux sont destinés à 
la décoration des églises, des monuments et même des 
habitations. Les vitraux d'église se font couramment : 
en style roman (xu* siècle); en style gothique pri- 
maire (xin* siècle), secondaire (xiv* siècle) ou tertiaire 
(xv* siècle); en style Renaissance (xvi* siècle). Ils ne 
comportent, ainsi que nous l'avons dit, que des ombres 
en grisaille et la couleur jaune à l'argent. Ces vitraux 
se paient au mètre carré, le prix variant beaucoup 
suivant la complication et le style. Voici un aperçu 
des principales catégories avec les appellations adop- 
tées pour les désigner : 

Mise en plomb artistique, représentant, par exemple, 
des losanges ou d'autres dessins géométriques : de 
10 à 50 francs le mètre carré; 

Grisaille, formée dé dessins peints peu compliqués, 
se reproduisant plusieurs fois et pouvant, au besoin, 
être exécutée au pochoir : de SO à 80 francs le mètre 
carré; 

Mosaïque, consistant en effets de grisailles découpés, 
de couleurs différentes ; de 70 à 100 francs le mètre 



Vitraux avec figure, ne comprenant qu'un seul per- 
sonnage, s'exécutant en styles des xiii*, xiV, xv* et 
XTi' siècles : de 150 à 180 francs le mèire carré; 

Vitraux avec groupes, dans les mêmes styles : de 
180 à 500 francs le mètre carré. 

Pour des motifs d'économie, on fait souvent des 
combinaisons de mise en plomb, de grisaille ou de 
mosaïque avec des figures ou des groupes. 

A côté de ces vitraux classiques, on fournit aassi 
des vitraux en styles grec, mauresque, etc. On en 
fait également sans s'astreindre à aucune règle de 
style : ce sont des vitraux modernes, où la fantaisie 
se donne libre cours, oii l'emploi des teintes quel- 
conques est admis. Le prix de ces vitraux dépendra 
évidemment de la difficulté d'exécution. 

Ce que l'on appelle les vitraux de style moderne ne 
comporte que des verres colorés, sans peinture, ni 
émail; les lames de plomb y sont souvent remplacées 
par des baguettes de laiton. Ils forment, en quelque 
sorte, la transition avec les travaux ordinaires de 
vitrerie. 

Les vitraux égtomisés sont des vitraux simplement 
translucides et destinés à être appliqués à des baies 
sans jour ou à servir de revêtement. 

Mentionnons, également, les imitations de vitraux 
d'art, pour églises, monuments, intérieurs, etc., sans 
aucun joint en plomb, et obtenus par l'application 
d'émaux transparents sur du verre blanc ordinaire 
ou sur du verre cathédrale martelé, diamanté. Ces 
vitraux, qui peuvent être également complétés par 
des teintes grisaille, se distinguent par une grande 



— 193 — 

légèreté et par une gamme très variée de nuances. Les 
prix auxquels on les exécute sont évidemment très 
variables; en moyenne, ces vitraux reviennent à 
50 francs par mètre carré. 

/. Verre approprié. 
1° Miroiterie. 

Qualités et prix. — Les glaces argentées se font dans 
toutes les grandeurs indiquées pour les glaces nues. 
Pour les moyennes et les grandes dimensions, il y a 
une échelle de prix établie par mètre carré ou par 
pied carré, mais augmentant avec la surface; ces prix 
vont de 1 fr. 25 c. à 3 fr. 50 c. par mètre carré, pour 
les surfaces comprises entre 0'^t858 et 18^58. Pour 
les petites dimensions, depuis 14 X 9 centimètres 
jusque 35 X ^ centimètres, on paie par douzaine, à 
raison de 50 centimes à 4 francs. 

Parmi les spécialités, nous ne ferons que mention- 
ner : les glaces à contours courbes, rondes ou ovales ; 
puis, les glaces dites vénitiennes, dont le cadre en bois 
est recouvert par des bandes de verre argenté, artisti- 
quement découpées et souvent décorées par la taille; 
enfin, les petites glaces simples, doubles et triples 
(faces-à-main, etc.). 

Le verre à vitres argenté est destiné à la miroiterie 
économique. On fabrique, dans ce genre, des pièces 
de grandes dimensions, mais, surtout, de petits 
miroirs, constituant ce que l'on appelle l'article de 
bazar. Les dimensions de ces miroirs, hors cadres, 



— 194 — 

vont de 17 X 12 centimètres à 4S X 50 centimètres, 
Les prix sont compris, pour les plus petits, entre 
14 et 21 francs la douzaine, et pour les plus grands, 
entre 77 et 144 francs, suivant la qualité et la compli- 
cation du cadre. 

Il y a encore à signaler les verres cannelés argentés, 
en grandes feuilles, très employés dans certains pays 
comme réflecteurs de plafond. 

Emballage. — L'emballage des glaces argentées est 
particulièrement soigné, surtout lorsqu'il s'agit d'ex- 
portation. Les glaces sont superposées dans une 
caisse, dos à dos, avec interposition d'un morceau de 
flanelle entre les parties argentées, et d'une feuille de 
papier goudronné sur l'autre face. Le tout est calé 
avec de l'étoupe ou de la fibre de bois. Cette première 
caisse est placée dans une seconde, très forte, et 
l'intervalle entre les deux emballages est rempli avec 
de la paille tassée. La contenance d'une caisse varie 
de 3 à 80 mètres carrés. 

i" Plaques photoffrapbiqnes. 

Qualités. — Les plaques photographiques se font en 
verre transparent ou en verre opaque [opaline ou 
verre émaillé d'un côté). 

Au point de vue de la nature de l'émulsion dont 
elles sont revêtues, les plaques photographiques se 
classent en trois catégories : 

a) Les plaques au gélaiino-bromure d'argent qui, 
selon leurs applications, se subdivisent en : plaques 



- 195 — 

rapides pour instantanés; plaques ordinaires pour 
paysages, ateliers, etc.; plaques orthochronaatiques 
pour reproduction; plaques radiographiques pour 
rayons X; plaques tropicales pour travail dans les 
pays chauds; 

b) Les plaques au gélatino- chlorure d'argent ou 
plaques diapositives pour projections; 

c) Les plaques au citro-chlorure d'argent, pouvant 
être manipulées en pleine lumière. Ces plaques 
peuvent s'imprimer directement au soleil; elles sont 
employées pour projections, vues stéréosco piques, 
vitraux, etc. 

Pour obtenir des impressions positives inaltérables 
(simili-charbon), on se sert de plaques en opale, c'est- 
à-dire recouvertes d'une couche d'émail sur l'une des 
faces. 

Formats et prix. — On prépare les plaques photogra- 
phiques dans tous les formats usuels, depuis 4 X -^ cen- 
timètres jusque 50 X 60 centimètres. Les prix varient 
de 40 centimes à 45 francs la douzaine. 

Plaques les plus courantes au gélatino-bromure et 
au gélatino-chlorure d'argent : 

9x12 centimètres fr. 1.50 

12 X 16Î — 2.S0 

13 X 18 — 3.00 

Plaques extra-minces pour varoscopes : 

6x 9 centimètres fp. 1.00 . 

6x 13 — 1.30 



— 196 — 

Emballage. — Les plaques photographiques sont 
enveloppées dans du papier rouge, par groupes de 
six, superposées dos à dos. Les paquets sont placés 
dans des boîtes en carlon scellées, contenant douze, 
et quelquefois dix-huit plaques. Quatre à six de ces 
boîtes sont entourées d'une enveloppe en zinc, et on 
forme des caisses du poids de 50 kilogrammes; sour 
vent ces caisses renferment cinquante douzaines de 
plaques. 



VI 
Situation économique. 

A. Moyens de production. 
1° PerBonnel et force motrice. 

Pour donner une idée de l'importance de l'industrie 
du verre en Belgique, nous renseignons!, dans les 
deux tableaux ci-après, le nombre d'établissements, 
le personnel ouvrier occupé, ainsi que la puissance 
mécanique utilisée. 

Pour plus de clarté, nous divisons ces établissements 
en deux groupes : le premier groupe comprend toutes 
les usines où se produit le verre sous toutes ses 
formes : c'est l'industrie verrière proprement dite; 
le second groupe comprend tous les ateliers qui 
ont pour objet le façonnage du verre, sa décoration 
ou son appropriation à tel ou tel usage. Ce groupe 
est celui des industries accessoires du verre. 



Industrie verrière proprement dite. 



PRODL'ITS- 


ËTÀUUS- 




ES 


Glaces et autres verres coulés. . . 
Produits moulés et presses. . , . 
Verres à vitres souDIés et étirés . . 
Cylindres et tubes 


9 

5 
27 
5 

26 


6,100 

55 

14,SO0 

63 

380 

10,260 


21,800 
35 
S69 

5d 
1,508 


Gobeleterie, flaeonnerie, cristallerie. 
Totaux. . . 


72 


51,100 


24,360 



Bien que le tableau ci-dessus renseigne un total de 
72 usines, ces dernières ne sont en réalité qu'an 
nombre de 69. C'est qu'en eflei, deux des installatioDS 
fabriquant les produits moulés et pressés sont annexés 
à des glaceries et que l'autre est annexée à une cris- 
tallerie. De plus, ces 72 usines ne relèvent que de 
66 firmes, la Société du Val-Saint-Lambert exploitant, 
à elle seule, quatre usines distinctes. 

Le nombre des glaceries proprement dites est de 
huit, dont sept s'occupent également de biseautage et 
d'argenture. Il s'ensuit que le personnel et la force 
motrice utilisés dans ces opérations sont recensés 
dans les chiffres ci-dessus. 

Le coulage des verres minces spéciaux est pratiqué 
par une des glaceries et par une autre usine. Dans 



— 199 — 

cettR spécialité de la verrerie, la force motrice est 
utilisée à la préparation des matériaux réfraclaires, 
au mélange des matières premières, à ta mise en 
marche des appareils de transport et de levage, erifm, 
aux opérations de polissage et de biseautage. 

Parmi les vingt-sept verreries à vitres, deux sont 
installées en vue des nouveaux procédés mécaniques. 
Au début de l'année 1907, il y avait deux verre- 
ries qui n'étaient pas en activité. A cette même 
époque, un nouvel établissement était en construction 
à Saint-Ghislain. Deux usines, de moyenne impor- 
tance, fabriquent uniquement les verres spéciaux 
(cannelés, colorés, opales). Ces verres sont produits 
également, à titre accessoire, par quatre grands éta- 
blissements. 

Dans tes verreries à vitres, la vapeur est surtout 
utilisée à donner la pression voulue dans les gazogènes 
Wilson, à actionner le moulin broyeur et les appareils 
utilisés à la fabrication des produits réfractaires. Cer- 
taines usines, qui disposent d'une force motrice plus 
considérable, l'emploient à produire le courant élec- 
trique nécessaire à Téclairage, à la mise en marche 
des moteurs actionnant les appareils destinés à effec- 
tuer diverses opérations mécaniques : mélange des 
matières premières, élévation et transport de la com- 
position vitrîûable jusqu'aux fours, sciage et rabotage 
des planches pour l'emballage, enfin, sablage et maiage 
du verre, s'il y a lieu. 

I^s articles de gobeleterie sont fabriqués par dix- 
huit petites usines, occupant de 125 à 550 ouvriers, 
et par la Société du Val -Saint -Lambert. Ce der- 



nier établissement donne, à lui seul, du travail à 
5,000. ouvriers. Les objets rentrant dans la catégorie 
de la flaconnerie sont produits par quatre usines qui 
en font une spécialité, puis par une gobeleterie. La 
cristallerie n'est plus guère fabriquée que par la 
Société du Val-Saint-Lambert. Dans la plupart des 
usines de cette catégorie, la force motrice ne sert 
qu'à la mise en marche des appareils destinés à la 
taille du verre, au coupage au chalumeau, etc. 



Industries aeeessolres. 



Bombage 

Travail au chalumeau 

Découpage 

Biseautage et argenture. . 
Gravure et décoration à froid . 
Vilraui d'art et émail . . . 
Plaques pli otographiques . . 

Totaux. 



Le nombre des établissements se livrant exclusi- 
vement à la mise en œuvre du verre n'est, en réalité, 
que de 102, un certain nombre d'entre eux s'occupant 



— 201 — 

à la fois de plusieurs spëcialités. Aux cbilTres précé- 
dents, il convient d'ajouler : un atelier de bombage, 
deux ateliers de gravure au sable et deux ateliers 
de gravure au sable et d'émai liage appartenant à 
des verreries à vitres; sept ateliers de biseautage et 
argenture annexés à des glaceries. Le nombre total des 
ateliers affectés aux industries accessoires du verre 
s'élève donc à 114. 

Des 5i ateliers figurant sous la rubrique biseau- 
tage et argenture, quatre ne s'occupent que de biseau- 
tage seulement et six d'argenture. Les graveurs à la 
roue, établis à leur propre compte, sont au nombre 
de trois; on compte cinq maisons dont la spécialité 
est la décoration de la marmorite et vingt-ei-une 
qui exécutent la gravure à l'acide pour vitrages. 
La décoration des carreaux de revêtement en verre 
souËQé se fait dans trois usines. Les peintres verriers 
et fabricants de vitraux d'art sont au nombre de 
vingt. 

3° Matériel. 

Le tableau ci-après met en relief, pour chacune 
des branches de l'industrie verrière proprement dite, 
l'importance des appareils servant à la production du 
verre : nombre de fours à bassin et de fours à creusets 
actifs et inactifs; nombre de creusets, de cuvettes et 
de pots de fusion; nombre de fours à étendre ('). 



(>) Ces chiffres sont relatirs à la situation au début de l'année 19Ô7. 



ISDCSTRIBS. 


Fours 
Iwasin. 


FauL'9 
creusolB 


Creusets 


Élra- 


Glaces et autres verres ( ac>'fs ■ 
coulés ( inactifs. 

Yerres moulés et pressés .] 

■^ ( mactifs. 

., , . ( actifs . 
Verres a vitres . . . . i 

l inactifs. 

Cylindres el tubes ■ - - j !"^*''j., ' 

Bouteilles . . ■ . . S f "'"'^ " 
( inactifs. 

Gobelelerie, flaconnerle, \ actifs . 
cristallerie . . . . j inactifs. 

( actifs . 
^"'^'^ ■ ■ ■ i inactifs. 


3 

2 

1 

1 

34 
i 


40 
29 

4 
i 

9 
8 

6 

5 ■ 

80 
51 


450 
8 

42 
15 

779 


m 
m 

25S 


49 
41 


139 
95 


1,294 



Les huit glaceries possèdent trente-huit fours à 
creusets dont TÎngt-sept en activité, travaillant avec 
452 cuvettes. Les autres fours à pots et les deux fours à 
bassin indiqués servent au coulage des verres minces. 

1^ four à bassin signalé pour le verre moulé est, 
ainsi que nous l'avons dit, de dimensions très réduites 
et nullement comparable aux fours à bassin de ta 
grande industrie. 

Dans les verreries à vitres, les fours à pots sont uni- 
quement utilisés pour la fabrication des verres spé- 
ciaux : verres cannelés, colorés, opales. 

Tous les fours à bassin pour le verre à vitres et les 



— 203 — 

bouteilles, ainsi que tous les fours à cuveltes des gia- 
ceries, sont chauflës au gaz. 

Quant aux autres foufs, ce sont, pour la plupart, 
des fours Boëtius; quelques-uns sont à chauffage 
direct, d'autres sont cbaiilîés au gaz. 

5" Cktnsommation de matières premières. 

Pour les quatre grandes industries du Terre, nous 
avons groupé dans les deux tableaux suivants : 
d'abord, le poids des matières premières mises en 
œuvre pour fabriquer le verre même ; puis, les quan- 
tités de matières les plus importantes indispensables 
à cette fabrication : terre réfractaire nécessaire au 
renouvellement des creusets et des pièces de fours, 
combustible employé à la production de chaleur et de 
vapeur, sable gros utilisé pour le polissage. 

Matières premières principales. 



Glaces 


97,000 


Tonnes. 
29.200 


Tonnes. 

21,100 


Tonnes. 

11,300 


Verres à vitres . , 


228,000 


82,100 


86,600 


!>00 


Bouteilles. . . . 


4,000 


1,300 


1,200 


ISO 


Gobeleterie, flacon- 










nerie .... 


14,300 


3,200 


» 


i,800 



343,300 115,800 108.900 16,9S0 

Remarques. — En ce qui concerne la gobeleterie et 
la tlaconnerie, il n'a été tenu compte que des matières 
employées par les petits établissements, les données 
manquant pour les usines de la Société du Val-Saint- 



Lambert. Nous estimons que les chiiïres doivent être, 
de ce chef, majorés d'au moins 50 p. c. 

Matières premières accessoires. 

RËTRACTAIBE. COHBDSTIBLE. GIOS. 



Tounts. ToDDee. TonQea. 

Glaces 15,000 393,000 330,000 

Verres à vitres . . . . 4,300 647,000 » 

Bouteilles » 13,000 » 

Gobeleterie, flaconnerie, 

cristallerie .... 17,500 135.000 « 



Totaux. . . 37,000 1,200,000 330,000 

Il est à noter que, indépendamment des produits 
réfractaires spéciaux qu'elles confectionnent elles- 
mêmes, la plupart des verreries consomment encore, 
pour la réfection de leurs fours, des quantités 
considérables de briques courantes qu'elles achètent 
directement aux fabriques de produits réfractaires. 

La majeure partie du combustible employé est des- 
tinée à la fusion; une partie moins importante, à la 
recuissoD et à l'étendage; le reste sert à la production 
de la force motrice. En admettant une valeur moyenne 
de 18 francs par tonne rendue à l'usine, on trouve 
que la dépense annuelle pour le combustible est de 
21,500,000 francs environ. 

En ce qui concerne le gros sable ou grès, il faut 
observer que les gobeleteries, les flaconneries et les 
cristalleries eii consomment également une certaine 
quantité pour la taille du verre. 



i" Production annuelle. 
Industrie verrière proprement dite. 

Dans le tableau ci-dessous, nous résumons, pour les 
cinq principales industries du verre, les données con- 
cernant la production annuelle et la valeur globale de 
cette production, en nous basant sur la situation telle 
qu'elle était, au début de l'année 1907, tant sous le rap- 
port de l'activité des diverses industries que des prix 
de vente moyens. 



Verres à vilres blancs. 



Flaconnerie . 



2,400,000 m* 
18,000,000 m* 

900,000 mî 
415,000 pièces 
53,000 kilog. 
12,500,000 pièces 

155,000,000 pièces 
46,000,000 pièces 



27,600,000 

55,200,000 

1 ,440,000 

540,000 

1,400,000 

14,300,000, 
1,500,000 



900,000 
4,950,000 



Nous rappelons que ces prix s'entendent pour les 
marchandises rendues franco gare ou franco domicile 
pour la Belgique; pour le reste du continent, franco 
gare; pour l'Angleterre, franco domicile; pour les 
autres pays d'outremer, franco bord Anvers ou Gand. 



— 206 — 

Les chiffres relatifs aux dépenses occasionnées par 
l'achat (les bois destinés à la fabrication des caisses 
d'emballage donneront également une idée de l'impor- 
tance du commerce de nos trois grandes branches 
productrices de verre. 

Les frais de transport et de mise à bord s'élèvent en 
moyenne: pour les glaces, de 5 à4 francs parlOnaètres 
carrés; pour le verre à vitres, à 52 centimes par 10 
mètres carrés; pour les bouteilles, à 47 centimes et 
demi par JOO pièces; pour la gobeleterie, à 17 cen- 
times et demi par 100 pièces. 

En déduisant les frais de transport, nous arrivons 
aux chiffres suivants pour les valeurs réelles de la 
production : 

Glaces fr. 26,760,000 

Verre à vitres 52,701,000 

Verres spéciaux 1,438,000 

Globes et tubes 340,000 

Bouteilles 1.341,000 

Gobeleterie et cristallerie 14,064,000 

Flaconnerie 1,420,000 

Total. . fr. 98,064,000 

Quant à la fabrication des produits moulés et pres- 
sés, c'est une industrie qui est encore à ses débuts; 
on peut dire, cependant, que la production annuelle 
dépasse déjà 5 millions de pièces (plaques de revête- 
ment et carreaux]. 

Industries accessoires. 

La production annuelle n'a pu être évaluée que 
pour quelques spécialités seulement. 



— 207 — 

Bombage. — Nombre de pannes et tuiles produites : 
environ 1,200,000,correspondantà une valeur globule 
de 500,000 francs. 

Découpage. — Production : 530,000 caisses d'une 
contenance de 10 mètres carrés de verre, repré- 
sentant une valeur de 7 millions de francs. 

Biseautage et argenture. — On peut estimer, en 
chiffres ronds, la production annuelle des 31 ateliers 
spéciaux signalés plus haut à 15 millions de mètres 
de biseaux et à 5 millions de mètres carrés de glaces 
et verres argentés. Il faut y ajouter la production des 
sept glaceries, qui doit être à peu près égale. 

Vitraux d'art, — On peut admettre comme chiffre 
annuel d'affaires 1,250,000 francs environ. 

Plaques photographiques. — La production annuelle 
est d'environ 120,000 douzaines de plaques, repré- 
sentant une valeur de 225,000 à 250,000 francs. 

2° Commerce- — Exportation. — Importation. 
Glaces brutes et polies. — Marmorite. 

Glaces. — L'industrie des glaces a passé, durant 
ces dernières année», par diverses phases de crise et 
de prospérité, 

£n 1900, il existait un syndicat de ventes englobant 
les usines belges, françaises, allemandes et italiennes ; 
ce syndicat ne dura que dix mois. De 1901 à 1904, 



— 208 — 

raugmenlation constante de la production et la con- 
currence que se firent les établissements amenèrent 
une baisse de prix, qui atteignit jusque 5 francs sur la 
valeur moyenne du mètre carré. 11 en résulta une 
situation de plus en plus critique, à laquelle mit fin 
la nouvelle convention internationale intervenue au 
mois d'août de 1904 et qui était encore en vigueur en 
1907. A la suite de cette entente, les prix se sont 
relevés et, grâce à un léger chômage mensuel, la pro- 
duction se maintient dans des conditions normales. 
Actuellement, l'industrie des glaces se trouve dans 
une situation très prospère. 

Nos usines ont rivalisé d'activité pour mettre leur 
outillage au niveau des derniers progrès introduits 
dans cette branche d'industrie. Presque partout, on a 
installé des fours de fusion perfectionnés, des engins 
de levage électriques pour desservir les halles de 
coulage et les ateliers mécaniques, des appareils de 
doucissage et de polissage à grand rendement. Ces 
améliorations ont eu pour résultat un travail plus 
intense et plus économique. 

Actuellement, la production des huit glaceries 
belges dépasse le quart de la production totale da 
monde. Quant aux 24 usines belges, allemandes, fran- 
çaises et italiennes faisant partie de la convention, elles 
fabriquent plus de la moitié de la production mondiale. 

Environ 90 p. c. des glaces fabriquées sont vendues 
à l'étranger. A peu près les deux tiers de celle expor- 
tation sont destinés aux Etats-Unis, à l'Angleterre ei 
à ses colonies, au Canada, à l'Australie, au cap de 
Bonne- Espérance. Le reste est surtout expédié : en 



— 209 — 

Europe, dans les pays Scandinaves et les pays latins 
(Suisse, Italie, Espagne] ; dans les pays d'Orient et 
d'Extrême-Orient (Grèce, Turquie, Chine, Japon). Les 
affaires avec la France et l'Allemagne sont très res- 
treintes, à cause des droits de douanes élevés qui 
frappentcesproduitsàleur entrée. Ces droits s'élèvent, 
en France, à 6 francs et, en Allemagne, à 7 fr. 50 c. 
par mètre carré, ce qui représente respectivement 
50 p. c. et 60 p. c. de la valeur. Certaines glaceries 
ont des agences de vente à l'étranger; mais il existe 
également en Belgique beaucoup de maisons qui s'oc- 
cupent de l'exportation pour le compte de ces usines. 

La fabrication de la marmorite a pris dans ces 
derniers temps un certain développement, grâce à 
l'extension de l'emploi des tableaux-réclames de luxe 
et aux exigences, toujours plus grandes, de l'hygiène 
dans les habitations. 

L'importation des glaces est peu importante et se 
trouve indiquée dans le tableau suivant : 



PROVENANCES. 


1904 


i90B II 


flUWITITÉ. ÏALEtlEl. 


ODAWTITÉ. 


VALEUR. 






KUogromm». 


Fraoc. 




A . — GL*CEa BRUTES 






Allemagne . . . 


398 


326 


80 


72 


France .... 


4,699 


1,221 


9,197 


3,154 


Pays-Bas . . . 


2,260 


1,501 


62 


30 


Aulres pays . . 
ToTÀUï. . , 


1S7 


50 


- 


- 


7,511 


2,898 


9,339 


5,256 



PROVENANCES. 



OUABTITÉ, 



Allemagne . 

Angleterre . . 

France . . . 

Pays-Bas . . 
Autres pays 

Totjhix. . 

Totaux généhhuk 



31,838 
3,440 
41,577 
38,548 



122,926 
Droits d'entrée : 



14,677 

786 

16,098 



7,337 
2,143 
74,520 



160,758 
i valorem. 



Verres coulés spéciaux. 

Le commerce des verres minces imprimés, du verre 
prismatique et du verre armé employés pour les 
vitrages et les toitures est appelé à prendre de l'exten- 
sion. Les besoins croissants de confort et de luxe, 
le souci de plus en plus grand de l'hygiène et de la 
sécurité, sont autant de motifs qui tendent à généra- 
liser remploi de ces produits spéciaux. 

Les verres cathédrale s'exportent en petite quantité. 
On ne peut en vendre ni en France, ni en Allemagne, 
ces pays ayant établi sur ces produits des droits prohi* 
bitifs de 2 francs et de 2 fr. 75 c, équivalant à 65 et 
90 p. c. de la valeur. 

On importe de France, d'Angleterre, d'Allemagne, 
et même d'Amérique, certains verres spéciaux [verres 
colorés ou veinés) destinés à la confection des vitraux. 



Voici le tableau officiel des importations, en 1904 et 
1905, des verres cathédrale et des verres imprimés, 
ea même temps que celles de quelques verres spéciaux 
soufflés (verres cannelés) et de verres gravés au sable 
(mats, mousselines) : 





1804 


190S U 














UDANTITË. 


.AL.CR. 


ODAMTITÉ, 


,™.. 




Kilogrammes 


Franoa. 




FronoE. 


A.- 


Verres pour vitrage o 


RD.NA.RE. 




Allemagne . . . 


342,050 


62.102 


159,848 


47,887 


Angleterre . . . 


11,122 


3,251 


25,037 


7,850 


Ëtals-Unis . . . 


774 


814 


_ 


_ 


FrBDce .... 


503,957 


129,270, 


521,811 


152,580 


Pays-Bas . . . 


9,888 


5,668 


3,115 


3,447 


Autres pays . , 
Totaux. . . 


- 


- 


1,284 


595 


867,771 


201,085 


711,095 


192,159 


B. — Verbes can 


NELËa, CATHÉ 


DRALE, IHPRI 


HËS, GRAVÉS 


AU SABLE. 


Allemagne. . . 


9,927 


1,712 


8,578 


3,856 


Angleterre . . . 


486 


152 


20,561 


6,726 


France .... 

Totaux. . . 

Totaux généraux. 


1,269,468 


105,627 


1,514,682 


902,274 


1,279,881 


107,627 


1,345,621 


212,856 


2,147,652 


308,712 


2,054,716 


404,975 


Droits 


d'entrée : 


10 p. c. ad 


valorem. 





Verres moulés et pressés. 

Malgré le prix un peu élevé de la pierre de verre, 
SOD emploi commence à se répandre, notamment pour 
le pavement des trottoirs. 

Quant aux plaques de revêtement, leur fabrication 
est en plein développement. On en exporte déjà une 
certaine quantité en Hollande, eu Angleterre et même 
en Amérique. 

Verres à vitres ordinaires et spéciaux. 

Verres ordinaires. — Plus des 95 p. c. de la pro- 
duction des verres à vitres est destinée à l'expor- 
tation. Celle-ci se fait le plus souvent par l'intermé- 
diaire de maisons étrangères. Cependant, plusieurs 
usines importantes ont établi des agences de vente à 
l'étranger. 

Les principales contrées qui nous achètent ces 
produits sont : 

L'Angleterre, la Hollande, la Suède, la Norvège, 
l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche-Hongrie, la Rouma- 
nie, la Serbie, la Bulgarie, la Grèce, la Turquie, 
l'Espagne, l'Amérique du Nord, l'Amérique du Centre, 
l'Amérique du Sud, l'Afrique, les Indes, la Chine, 
le Japon, l'Australie. 

Vers laFrance et la Russie, l'exportation est presque 
nulle. En Allemagne, on vend surtout les bonnes qua- 
lités. Certains débouchés commencent à se réduire; 
il en est ainsi notamment pour la Suède, la Norvège, 
l'Espagne et l'Italie. Par contre, les expéditions vers 



— 213 — 

les Indes sont très fortes. La Chine et le Japon 
commencent à constituer une clientèle importante. 
Au£ Etats-Unis, nos ventes, bien qu'ayant dimini^ de 
près de moitié, sont encore considérables; nous y 
envoyons surtout les verres très Sus et les déchets. 

Plus encore que la fabrication des glaces, celle des 
verres à vitres a été en butte à des soubresauts écono- 
miques préjudiciables à la marche régulière de l'in- 
dustrie. De 1900 à 1905, la situation a été normale. 
Les prix devenant de plus en plus rémunérateurs, il 
s'en est suivi une surproduction qui n'a pas tardé à 
avoir une répercussion fàcbeuse sur le marché. C'est 
ainsi qu'au début de 1904, les cours atteignaient 
l'extrême limite du prix de revient. Les maîtres 
de verreries ayant alors décidé une baisse de salaires, 
il en résulta une grève suivie d'un lock-out presque 
général. Pendant cette cessation de travail, qui ne 
dura pas moins de onze mois, les stocks, qui s'étaient 
accumulés, s'écoulèrent à des conditions de plus en 
plus satisfaisantes. La hausse continua à s'accentuer et, 
peu après la reprise de l'activité, au mois d'août 1905, 
la moyenne du prix de vente atteignait 1 fr. 55 c. 
Cependant, cette brillante situation ne s'est pas main- 
tenue. Devant la progression constante de la produc- 
tion, les cours ont subi un recul notable, alors que le 
prix de revient croissait par suite de l'augmentation 
de salaires consentie et de la hausse considérable 
du combustible et du bois d'emballage. Dans les 
derniers mois de 1906, les maîtres de verreries n'envi- 
sageaient pas l'avenir sans quelque appréhension et 
de sérieuses tentatives se firent pour arriver à une 



— 214 — 

entente en vue de convenir d'un chômage périodiqae 
et d'éviter ainsi la surproduction menaçante. Toute- 
fois^les pourparlers n'ont, jusqu'à présent, abouti à 
aucun résultat. Au début de 1907, une convention est 
intervenue pour régler de commun accord, l'expor- 
tation vers la Chine et vers le Canada. 

Verres spéciaux. — Les verres cannelés, opales el 
colorés s'exportent dans la proportion de 90 p. c. de 
la production. Les pays étrangers qui consomment 
surtout ces spécialités sont ; l'Angleterre, les Indes, 
les pays d'Orient. Bien que la fabrication de ces verres 
soit en progrès, le malaise qui s'est manifesté depuis 
quelque temps dans le marché des verres à vitres, n'a 
pas laissé de faire sentir également son influence sur 
les prix de ces produits spéciaux. 

Cylindres, tubes, barres. 

La fabrication des cylindres est une industrie d'ori- 
gine française qui s'est implantée en Belgique depuis 
quelques années seulement. La création de cette nou- 
velle branche de la verrerie n'a pas tardé à faire 
diminuer d'année en année l'importation française. 
Eu égard à la qualité et au bon marché de nos 
produits, la clientèle du pays se fournit de plus eu 
plus chez les fabricants indigènes. Ceux-ci se seul 
également trouvés dans d'excellentes conditions ponr 
aborder les marchés étrangers : près de la moitié de 
notre production s'exporte en Hollande, en Angleterre 
et dans ses colonies, en Allemagne, en Suisse, en 
Italie, en Espagne et en Amérique. Jusqu'à préseot, la 



— 215 — 

concurrence n'étant pas exagérée, les prix ont été 
suffisamment rémunérateurs. 

Les tubes indicateurs de niveau, munis de leur 
garniture de bronze, venaient autrefois exclusive- 
ment d'Allemagne et de France. Depuis quelque temps, 
on les produit en Belgique dans d'aussi bonnes condi- 
tions et il est à supposer que l'importation de ces 
articles est destinée à s'éteindre progressivement. 
Avec une meilleure organisation de notre commerce 
extérieur, nous pourrons également fournir ces tubes 
à la clientèle étrangère. 

Bouteilles. 

C'est depuis peu que la fabrication des bouteilles a 
pu être organisée en Belgique sur des bases tout à 
fait régulières. Les efforts faits précédemment en vue 
de créer des verreries à bouteilles, s'étaient butés à 
une concurrence excessive de la part des producteurs 
allemands. Cette concurrence avait fait tomber le prix 
moyen jusqu'à B francs les 100 pièces, taux auquel il 
était impossible de soutenir la lutte. Actuellement, la 
valeur moyenne est remontée à H francs environ. Ces 
conditions plus raisonnables du marché ont permis à 
notre industrie de renouveler ses tentatives, qui, cette 
fois, ont été couronnées de succès. D'autre part, le 
procédé mécanique Boucher, dont la réputation est 
bien assise, et qui, d'ailleurs, est couramment appli- 
qué dans maintes contrées, paraît devoir s'implanter 
définitivement en Belgique. 

Actuellement, la production de nos deux usines ne 



— 216 — 

suffit pas aux besoins du pays. Sur une consommatioo 
totale, évaluée à 21 millions de bouteilles par an, 
11 millions au moins sont de fabrication étrangère. 
Les bouteilles à bière et à vin viennent d'Allemagne 
et un peu aussi de Hollande. L'Angleterre importe 
principalement des bouteilles à bille pour limonades, 
et la France nous envoie des bouteilles à liqueur en 
verre demi-blanc. Le tableau suivant donne le chiffre 
des bouteilles importées en 1901 et en 1905. 





1004 


190S ] 


PROVENANCES. 












OUANIiTÉ. 


VALEUR. 


OUANTITË. 


VALEU». 




KilogramiOBS. 


Fran». 




Francs. 


Allemagne . . . 


4,435,697 


605,492 


4,775,356 


628,004 


Angleterre . . . 


Z9i,m 


85,285 


614,777 


123,995 


France .... 


771,695 


123,367 


563,012 


104,487 


Pays-Bas . . . 


1,152,627 


141,011 


2,110,943 


249,049 


Autriche- Hongrie, 
tfamboui^, Suisse 
et autres pays. . 

Totaux. . . 


36,718 


5,498 


17,720 


5,953 


6,786,558 


956,653 


8,079,808 


1,109,488 



Notre exportation de bouteilles est encore faible et 
n'atteint guère que 20 p. c. de la production. Notre 
fabrication a fort à faire pour lutter contre la redou- 
table concurrence de l'industrie allemande qui, orga- 
nisée sur une très vaste échelle, et produisant d'une 
façon continue, toujours avec le même bassin, chaque 



— 217 — 

genre spécial de bouteilles, se trouve dans des condi- 
tions exceptionnel lement favorables pour fournir rapi- 
dement et à des prix très bas, un assortiment fort 
varié. 

La fabrication des dames-jeannes, des touries et des 
bonbonnes prend chaque jour plus d'importance. 
Beaucoup de ces récipients sont expédiés à l'ëiranger 
après avoir élé remplis de leur contenu (alcool, pro- 
dLits chimiques, etc.). 

Gobeleierie, fiaconnerie, cristallerie. 

Gobeteierie. — La situation de la gobeleterie belge 
est restée assez brillante jusque dans ces derniers 
temps. Hais, à la suite de la création d'un assez grand 
nombre de nouveaux établissements, une concurrence 
de plus en plus forte s'est établie entre les fabri- 
cants et, bien que la production n'ait guère été supé- 
rieure aux besoins de la consommation, l'on a pu 
constater une baisse rapide dans les prix, baisse qui, 
au début de l'année J906, s'élevait à 20 et, parfois, à 
30 p. c. des valeurs antérieures. Cette chute exagérée 
des cours ne semble pas justifiée par une surpro- 
duction, car les usines sont toujours abondamment 
pourvues de commandes. Elle a produit un état de 
gène auquel les gobeleteries cherchent à remédier en 
tâchant d'établir entre elles une entente qui aurait 
pour effet de hausser de 5 à 10 p. c. les prix des prin- 
cipaux articles. Semblable majoration paraît d'autant 
plus indispensable que le coût du charbon a augmenté 
dans une forte proportion. Les petits établissements 



— 218 — 

auraient également avantage à s*unir et à constitaer 
une sorte de syndicat pour faire en commun l'achat 
des matières premières et des produits chimiques donl 
ils ont besoin. 

On peut compter que nos gobeleleries vendent à 
l'étranger 70 à 75 p. c. de leur production. De grands 
établissements, comme la Société du Yal-Saint-Lam- 
bert, possèdent leurs propres comptoirs à l'étranger; 
mais, le plus souvent, les ventes s'eflectuent par l'in- 
termédiaire de maisons de Londres, de Hambourg 
et de Paris. Voici quels sont les principaux pays 
d'exportation : France, Hollande, Russie, Turquie, 
Angleterre et colonies (Canada, Cap, Transvaat, Indes, 
Australie), États-Unis, Amérique latine (Antilles, 
Chili, République Argentine), pays d'Orient, Chine, 
Japon. 

Les objets moulés, de faible valeur, s'écoulent sur- 
tout en Relgique, dans les pays d'Orient, aux Antilles, 
aux Indes. Au Cap, en Australie, etc., ce sont les 
articles légers, coupés au chalumeau, qui se vendent 
le plus. 

Mos fabricants rencontrent de plus en plus, sur le 
marché anglais, la concurrence des produits suédois, 
remarquables par leur qualité exceptionnelle, leur uni 
et leur bon marché. La gobeleterie hollandaise y a 
fait aussi son apparition. 

Dans les pays d'Orient, c'est sartout contre la ver- 
rerie française qu'il faut lutter. 

En ce qui concerne le marché intérieur, il faut 
signaler l'importation des objets moulés français plus 
beaux et moins cbers que les nôtres; puis, celle des 



— 219 — 

articles d'éclairage, une spécialité de FAllemagne; 
enfin, celle des articles pour laboratoire et des verres 
fins de Bohiime, que l'on ne fabrique pas dans le 
pays. 

Flaœnnerie. — La première flaconnerie belge fut 
fondée à Bruxelles en i89B; les autres établissements 
ont suivi de près, provoquant un accroissement trop 
précipité de la production. 11 en résulte que la situa- 
tion, sans être comparable à celle de la gobeleterie, 
laisse quelque peu à désirer. Pour tenir compte de 
l'augmentation de la valeur du cbarbon, les fabri- 
cants belges et français ont décidé, de commun 
accord, une hausse de 6 p. c. sur les prix relevés dans 
le chapitre précédent. 

Les flaconneries vendent à l'étranger de 60 à 65 p. c. 
de leurs produits. C'est Londres et l'Angleterre qui 
absorbent la majeure partie de cette exportation. Puis 
viennent la France, les Indes, les pays d'Orient et de 
l'Amérique latine. En Belgique, notre industrie ren- 
contre la concurrence allemande ou hollandaise pour 
les fioles courantes, et celle de la France pour les fla- 
cons de parfumerie. 

Cristatterie. — La fabrication des articles de cristal- 
lerie est presque abandonnée à Manage et elle n'est plus 
guère pratiquée que par la Société du Val-Saint-Lam- 
bert, qui a poussé cette industrie à un haut degré de 
perfectionnement. Grâce à la belle qualité et au bon 
goût de ses produits ainsi qu'au développement de 
son organisation commerciale, cet établissement, qui 
a su se placer au premier rang dans ce genre d'indus- 



— 220 — 

trie, voit augmeuter régulièrement chaque année son 
chiffre d'exportation dans tous les pays du monde. 

Importations totales. — Le tableau ci-dessous donne 
tes importations des articles de gobeteterie, de flacon- 
nerie et de cristallerie de toutes qualités, pendant les 
années 1904 et 1905. 





1004 


lOOS 1 


PROVENANCES. 










ODAUTITÉ. 


VALEUR. 


.„.«.XÉ. 


VALËUB. 






Francs. 


Kilogrammes. 


Francs. 


Allemagne . . . 


3,102,606 


1,361,568 


2,959,839 


1,595,351 


Angleterre . . . 


51,3Ti 


38,081 


48,482 


38,065 


Autriche-Hongrie. 


101,005 


91,005 


118,218 


114,410 


France .... 


694,651 


595,545 


693,229 


434,216 


Hambourg . . . 


1,275 


619 


2,263 


1,547 


Pays-Bas . . . 


365,277 


1SO,180 


314,056 


105,943 


Suède .... 


- 


- 


50 


100 


Suisse .... 


9,928 


4,192 


5,269 


7,658 


Autres pays . . 

TOTAUS . . , 


3,871 


8,704 


2,980 


8,896 


4,329,98b 


2,019,897 


4,124,386 


2,104,164 


Répartition : 










Qualité commune 


615,146 


80,144 


205,311 


42,244 


Qualité courante. 


5,650,988 


1,794,375 


3,877,951 


1,907,202 


Qualité fine (tail- 
lée, décorée, etc.) 


63,851 


145,378 


45,144 


154,718 


Droits d' 


ntrée gêner 


le : 10 p. ( 


. ad valore 


m 


(ou 1 franc les 10 


kilogramm 


es pour la g 


obelelerie c 


îmmune). 



Au point de vue de la qualité des produits, l'impor- 
talion des principaux pays se décompose comme suit ; 



PAYS. * 


QUALITÉ 

'lo ■ 


8UAUIÉ 


OOALltt 
FINE. 


Allemagne 

Autriche-Hongrie 

Angleterre 

France 

Pays-Bas 


5 
S 


95 
80 
iOO 

85 
80 


20 

15 
15 



Bombage. 



Le bombage du verre s'effectue dans une série de 
petites usines du bassin de CharleroJ, qui s'occupent 
surtout de la fabrication des pannes et des tuiles. La 
concurrence que se font ces fabricants influe fâcheu- 
sement sur les prix. La moitié des pannes et des tuiles 
est exportée en France, en Angleterre, aux Indes néer- 
landaises, en Amérique, notamment au Brésil. 

Le bombage des grandes pièces et des glaces pour 
meubles et pour vitrines se fait principalement à 
Bruxelles. Vu le grand volume des caisses et le fret 
exagéré qu'il y aurait à payer, ce genre de produits ne 
peut pas être expédié bien loin. On entreprend, toute- 
fois, assez souvent des travaux de bombage dans les 
contrées voisines, entre autres en Hollande et en 
Angleterre, bien que, dans ce pays, l'on ait à lutter 



— 222 — 

contre la concurrence d'usines importantes. L'expor- 
tation en France et en Allemagne est fort difficile à 
cause des droits d'entrée élevés qui frappent ces 
produits. Par contre, des fabricants allemands réus- 
sissent, depuis quelque temps, à obtenir des com- 
mandes en Belgique grâce à des conditions spéciales 
de bon marché. 

La France importe surtout en Belgique de petites 
pièces, telles que des calottes pour encadrement, des 
glaces pour lanternes, etc., articles qu'elle fabrique 
sur une plus grande écbelle qu'en Belgique. 



Les ateliers de découpage se sont multipliés dans 
ces derniers temps, la demande en plaques sèches 
pour photographie allant toujours augmentant. On 
peut dire que-ces atetiers ne travaillent guère que pour 
l'étranger. Toute la production, ou peu s'en faut, est 
vendue en Angleterre, en Allemagne et aux Ëtais- 
llnis. Dans les deux premiers pays, les plaques soDt 
en partie réexportées après avoir été préparées avec 
une émulsion. 

Quant aux verres ronds pour réveil et aux autres 
spécialités, ils sont surtout destinés à l'Allemagne, et, 
pour une moindre part, aux États-Unis. 

Biseautage. 

Le biseautage est souvent pratiqué par les établis- 
sements qui font en même temps la miroiterie. Od 



fait, cependant, aussi des glaces biseautées pour 
meubles et des plaques rodées pour étagères, qui 
sont expédiées à l'étranger. Une industrie, d'intro- 
duction assez récente, et qui tend à se développer, 
est la fabrication des petits articles, tels que les morats 
et autres pièces du même genre. Ces articles font 
l'objet d'une certaine exportation vers la Hollande, 
l'Angleterre et l'Amérique du Mord. 

Gravure et décoration à froid. 

La gravure à la roue n'est guère appliquée que sur 
les objets en cristal et en demi-cristal, ainsi que sur 
les petites glaces de Venise. Son coût assez élevé la 
fait abandonner de plus en plus au profit de la gra- 
vure à l'acide, pour la gobeleterie courante en demi- 
cristal. 

Ce genre de gravure est pratiqué dans quelques 
gobeleteries et aussi par un certain nombre d'ouvriers 
travaillant à domicile pour le compte de maisons de 
commerce. 

La décoration du verre à vitres se fait surtout à 
l'acide fluorhydrique. La rapide extension de ce genre 
de vitrages a fait naître en quelques années nn grand 
nombre de petits ateliers, situés la plupart dans 
l'agglomération bruxelloise, de sorte que la situa- 
tion de cette spécialité devient de moins en moins 
satisfaisante. Certains établissements y remédient en 
créant des décorations d'un genre spécial et nouveau 
dans lequel interviennent les couleurs et le métal 
incrusté. 



— 224 — 

Les vitraux gravés à l'acide s'exportent quelque peu 
eu Hollande, dans l'Amérique du Sud, le plus souvent 
par l'intermédiaire des verreries. 

La gravure et la peinture sous glace et sur marmo- 
rile prend actuellement une certaine extension. Plu- 
sieurs maisons se sont créées pour exploiter ce genre 
de. décoration dont la vogue parait devoir se déve- 
lopper encore. Ces maisons exécutent parfois des 
travaux pour l'étranger, notamment pour l'Angle- 
terre, la Suisse, etc. 

EmaU et peinture recuite. 

La décoration en couleur par peinture recuite n'a 
que des applications assez restreintes en gobeleterie 
et en cristallerie. Ce procédé n'est guère usité que 
pour des articles de luxe. 

L'application des émaux sur les carreaux de revê- 
tement en verre blanc ou opale se développe à mesure 
que ce système acquiert plus de vogue. 

Mais la branche la plus florissante de la peinture 
sur verre est, actuellement, celle de la fabrication des 
vitraux. Cette industrie d'art fut reconstituée à Gand, 
il y a une quarantaine d'années. Peu de temps après, 
des ateliers se créaient à TilfT, à Anvers, à Bruges, à 
Bruxelles, qui ont marché sur les traces de leurs 
devanciers. L'on peut dire que la fabrication des 
vitraux d'art passe, depuis quinze ans, par une véri- 
table période de renaissance. Ce travail artistique 
s'adapte tout particulièrement aux aptitudes de nos 
compatriotes, et les maisons qui s'en sont fait une 



.— 225 — 

spécialité ont rapidement acquis une réputation qui a 
dépassé nos frontières. La Belgique fournit des vitraux 
artistiques aux pays étrangers; on en vend en Alle- 
magne, en Hollande, en Angleterre, en Russie, en 
Suisse, au Portugal, dans les pays d'Orient, aux Indes 
ïtnglaises et jusque dans les contrées les plus éloignées 
de l'Asie et de l'Amérique espagnole. En France, toute 
importation est rendue impossible parle droit d'entrée 
de 1 franc par kilogramme, tare comprise, existant 
sur les vitraux. 

La Hollande et l'Allemagne (école de Munich) entre- 
prennent parfois quelques installations de vitraux 
d'art en Belgique. 

Nous donnons ci-après les chiffres relatifs à l'im- 
portation des verres colorés et des vitraux peints pen- 
dant les années 1904 et 1905 : 





tdOi 


I90S il 














aUANTlTft. 


v^„. 


OUANTIIÉ. 


VALEUR. 




Kilogramme.. 


■ Ft^uc.. 


Kilogrammes. 


Fruucs. 


Allemagne , . - 


75,839 


23,457 


9,549 


40,491 


Angleterre. . 


12,571 


4,519 


- 




France .... 


248,578 


79,690 


180,489 


70,335 


Pays-Bas . . . 


2,203 


§,945 


2,065 


3,774 


Aulres pays . . 

TOIALS. . . 


- 


- 


2,605 


1,959 


558,991 


114,561 


194,706 


86,537 


Droits d'enli-ée : 


10 p. e. ad 


valorem. 





Miroiterie. 

Pour les glaces argentées, le marché intérieur est 
fort disputé entre nombre de maisons qui se font une 
concurrence acharnée. Aussi plusieurs établissemenls 
se sont-ils organisés spécialement en vue de l'expor- 
tation ; quelques-uns ont réussi à se créer des débou- 
chés plus rémunérateurs, malgré la concurrence des 
glaceries s'occupant aussi de miroiterie. Certaines de 
ces maisons possédant, en même temps, des installa- 
tions pour la fabrication des cadres de toutes qualités, 
livrent des glaces complètement parachevées et foDt 
ainsi une économie d'emballage et, par suite, de frais 
de transport. 

Les pays qui nous achètent surtout tes glaces ai^o- 
téessoDt ; l'Angleterre, la Hollande, la Suisse, l'Italie, 
les Indes, la Chine, l'Amérique du Nord et l'Amérique 
du Sud. Le verre à vitres ai^enté est exporté vers cer- 
taines colonies, comme le Cap, l'Australie, etc. Im 
verres cannelés argentés sont destinés à la Hollande, 
à l'Amérique, à l'Australie. 

La fabrication de la petite miroiterie de bazar, d'in- 
troduction assez récente dans le pays, tend à sup- 
planter l'importation allemande de ces produits- Cet 
articles seraient d'un écoulement facile à l'étranger, 
vu leur bon marché et le soin que nos fabricants 
apportent à leur confection. 



L'importation des glaces argentées, peu importante 
d'ailleurs, est renseignée dans le tableau ci-dessous : 





I&04 


190B i 


PROVENANCES. 










OUASTIIÉ. 


v™. 


UHMITiTÉ. 


™.. 




KiLo^-ramnieB. 


Fmuca, 


KiLogrammïs, 


Francs. 


Allemagne . . . 


875 


957 


997 


I,0i0 


Kranee .... 


430 


629 


2,4U 


2,763 


Au 1res pays . . 
Totaux. . . 


790 


532 


1,752 


676 


2,095 


2,138 


5,1«3 


4,479 


Droits d'entrée : 


10 p. c. ad 


valorem. H 



Plaques photographiques. 

Nos fabricants de plaques photographiques se sont 
créés une place fort honorable à côté des grandes 
maisons anglaises et françaises qui, grâce à une répu- 
tation établie de longue date, continuent à desservir 
une bonne partie de la clientèle belge. L'importation 
allemande de produits à bon marché rendant la lutte 
difficile dans le pays, nos producteurs ont surtout 
dirigé leurs efforts vers Texportation. Les deux tiers 
des plaques fabriquées s'écoulent à l'étranger, notam- 
ment dans les pays Scandinaves, eu Hollande, en 
Angleterre, dans le sud de l'Europe, dans l'Amérique 
latine, en Extrême Orient, etc. 



— 228 — 






Tableaa erânéral des inpM 




1901 


IWi 


PRODUITS IMPORTÉS EN 






UUANÎ1TÉ. 


VA.«,«. 


aUARTITt. ^ - 




Kilogrammes. 


Fmues. 


Kllogmom» '- 


Déchets de verre ou groisil - . 


570,601 


11.000 


159,995, 1 


I brûles 1 






Glaces /polies ...... 566,680 


198,000 


250,1-1 1 1! 


f élatnées ) 






1 ordinaireH .... 1 




1 


v™ %!'• ""'""■ "»"" 

de ^ ', H,521,595 

"""8" colorié, et peln,. . . 


281,000 


1,538,905 i 


i autres (bombés, elc ) . 






( Bouteilles . 
commune? 5,07i,943 
f Gobeleterie. 


683,000 


5,668,798 "' 


\ 1 Bouteilles . 




i 


V -„-- j**'"'*'"'*''"*! Gobeleterie. 
Verreries^ ( flaconneri^ 


6,6i0,026 


2,555,000 


5,881,567';- 


1 [ Gobeleterie. 
1 \ flaconnerie 
fine. . . J et cristalle- 
j rie taillée, 
\ { décorée.etc. 

Totaux (produits fabriqués) . . 


21,672 


84,000 


31,15» 1 1- 


13,424,716 


3,799,000 


15,150,57*' 3'' 



















podolts du Terre. 



1903 


1904 


idoi; 1 


KltlTTÈ. 


v.,.^. 


ODAHTITÉ. 


..^... 


tmANTlTÉ. 


v«.«.. 


grammes. 


F™o,. 


Eiloerammes. 


FroDcs. 


Kilogrammes. 


Francs. 


528,526 


16,000 


1,566,587 


47.000 


509,309 


15,279 






7,5U 


3,000 


9,339 


3,256 


234,4*2 


103,000 


115,412 


48,000 


151,399 


70,678 






2,093 


2,000 


5,193 


4,479 






867,771 


201,000 


7 H, 095 


192,159 


480,098 


294,000 


1,279,881 


108,000 


1,543,621 


212,836 






338,991 


114,000 


191,706 


86,537 






162,629 


36,000 


103,004 


26,849 


680,536 


369,000 


3,085,143 
615,146 


369,000 

80,000 


3,574,749 
205,311 


408,254 
42,244 






3,984,958 


624,000 


4,507,537 


701,595 


665,634 


2,286,000 

■ 


5,650,988 


1,794,000 


3,877,951 


1,907,202 


29,621 


103,000 „ 


63,851 


145,000 


43,144 


154,718 


,090,351 


3,155,000 


14,174,377 


3,324.000 


14,725,029 


5,810,765 



REPERTOIRE 

A. Industrie verrière proprement dite. 
1° Verras coulés et laminés. 

GLACES, HARHORITE, VERRES SPÉCIAUX. 

Société anonyme des glaces de Sainte-Marie d'Oignies^ 
à Aiseau. 

Glaces et dalles brutes, polies et mates de toutes 
dimensions. 

Société anonyme deê glaces nationales belges, à Saint- 
Roch-Auvelais. 

Glaces brutes, polies, mates, de 5 à 55 milli- 
mètres d'épaisseur jusque 30 mètres carrés de sur- 
face. TiaWes brutes et polies. 

Société ajionyTne des glaces d'Auvelais, à Auvelais. 
Glaces polies de toutes dimensions. 

Société anonyme des glaces de Mouslier-sur-Sambre, à 

Moustier-sur-Sa mbre. 

Glaces et dalles brutes et mates de toutes dimen- 
sions. Glaces polies de toutes dimensions, depuis 
3 millimètres d'épaisseur. 



— 232 — 

Société anonyme des manufactures de glaces et pro- 
duits chimiques de Saint-Gobain, Ckauny et Cirey, 
à Franière. 

Glaces et dalles brutes, polies et mates de toutes 
dimensions. 

Société anonyme des glaces de Courcelles, à Courcelles. 
Glaces brutes, polies et mates de toutes dimen- 
sions. Glaces minces. Dalles brutes et polies. 

Compagnie de Floreffe (société anonyme), à Floreffe. 
Glaces et dalles brutes, polies et mates de toutes 
dimensions. Hublots pour navires. Marmorite et 
opaline en toutes teintes, unies et veinées. 

Société anonyme des glaces de Charleroi, à Roux. 
Glaces et dalles brutes, polies et mates de toutes 
dimensions. Marmorite et opaline. Verres cathé- 
drale et imprimés, blancs et colorés pour vitraux et 
toitures. Verre prismatique ondulé. Verre armé et 
métallifié. 

Brancart et Mtchotle, à Faiiquez. 

Verres antiques blancs et colorés. Verres impri- 
més blancs et colorés pour vitraux. 

2° Verres monlés et comprimés. 

PLAQUES, CARRËA.UX, ETC. 

Société anonyme des glaces de Charleroi, à Roux. 
Dalles moulées. 



— 233 — 

Société anonyme des cristalleries du Val-Saint-Lambert, 
h Seraiog. 

Dalles, tuiles, lentilles pour la marine, en crislal. 
Prismes Luxfer. 

Léon Pir soûl- Fontaine, à Gilly. 

Carreaux et briquettes de revêtement, blancs, de 
teintes unies ou veinés, décorés et avec reliefs. 

Société anonyme des produits vHrifiés, à Molenbeek- 
Saint-Jean . 

Plaques de revêtement. 

Société anonyme des manufactures de glaces et pro- 
duits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Ctrey, 
à Franière. 

Pierre de verre système Garcbey, unie et décorée, 
pour pavement, trottoirs, elc. 

3" Verre sonné et étenda. 

VERRES A VITRES OKIHNAniES SPÉCIAUX. 

Société anonyme des verreries de Jumet, à Jumet et à 
Gilly. 

Verres à vitres blancs de grandes dimensions 
pour vitrages, encadrement, gravure, argenture, 
photographie. 

Société anonyme des verreries Bennert et Bivort, à 
Jumet. 

Verres à vitres blancs pour vitrages, encadre- 
ment photographie, etc. 



— 234 — 

Société anonyme des verreries D. Jonet, à Charleroi. 
Verres à vitres blancs pour vitrages et miroiterie. 

Société anonyme des verreries de l'Étoile, à Marchienne- 
au-Pont. 

En non activité. 

Les nouvelles verreries de l'Étoile {société anonyme], à 
Hcmisem. 

Verres à vitres blancs pour tous usages. 
Société anonyme des verreries de Jemappes, à Jemappes. 
Verres à vitres blancs de grandes dimensions en 
simple, demi-double et double épaisseur. 

Verreries de la Roue {société anonyme), à LodelinSart. 

En liquidation. 
Henri Lambert et C, ^ Lodelinsart. 

Verres à vitres blancs pour vitrages, argenture, 
photographie. 

Société anonyme des verreries de Mariemont, à Haine- 
Saint- Pierre. 

Verres à vitres blancs pour tous usages. 

Société anonyme des verreries de Courcettes, à Cour- 
celles. 

Verres à vitres blancs pour tous \isages. 

Société anonyme des verreries de l'Ancre réunies 
(anciens établissements Casimir Lambert et Paul 
Hayez)i à Charleroi. 
Verres à vitres blancs. 



— 235 — 

Verreries de Lodelinsarl (société anonyme] [successeur 
de Alphonse IHoret), à Lodeliosart. 

Verres à vitres blancs de grandes dimensions. 

Société anonyme des verreries des Piges {anciennement 
Cl. Misonne et C"), à Dampremy, 
Verres à vitres blancs. 

Société anonyme des verreries Schmidt- DeviUez, à 
Dampremy. 

Verres à vitres blancs. 
Société anonyme des verreries de la Marine, à Jumet. 
Verres blancs. Spécialité de verres pour photo- 
graphie. 

Verreries Belges {société anonyme) (anciennement 
Eug, liaudoux), à Jumet. 

Verres à vitres blancs. Verres colorés. 

Antwerp Glass Works {Verreries d'Anvers) (société 
anonyme), à Merxem. 

Verres à vitres blancs ordinaires et pour ai^en- 
ture, photographie, gravure, encadrement. Dimen- 
sions extra-grandes en simple, demi-double, double 
et triple épaisseur. 

Société anonyme des verreries du Long-Bois (successeur 
de A. Chau^teur), à Gilly. 

Verres à vitres blancs. 
E. Gobbe-Hocquemiller, à Lodelinsart. 

Verres à vitres blancs. 



— 236 — 

Desgain frères, à Lodelinsart. 

Verres à vitres blancs. 
Goffe et fils, à Lodelinsart. 

Verres à vitres blancs. 

Société anonyme des verreries des Hamendes {L. Lam- 
bert), à Jumet. 

Verres à vitres blancs ordinaires et pour argeD- 
ture, photographie, encadrement. Grandes diraen- 
sions. Verres colorés de toutes teintes et verres 
doublés. 

Société anonyme des verreries de Binche, à Binche. 
Verres à vitres blancs de toutes dimensions. Verres 
pour photographie. Verre opale blanc et teinté. 
Léon Mondron ( Verreries de la Planché), à Lodelinsart. 
Verres à vitres blancs. Verres colorés, doublés et 
opale. 
Emile Georges et frères {Verreries du Bois DelvilU),h 
Lodelinsart. 

Verre blanc pour argenture. Verres cannelés. 
Verres verts pour horticulteurs. 
Société anonyme des verreries de l'Espérance (onciennfr 
m^nt J. Lecomte-Falleur et O'), à Jumet. 

Verres de couleur en toutes teintes, massifs ou 
doublés, pour vitrages, gravures, etc. Verre opale 
pour photographie. 
Société anonyme des verreries de Tilly, à Tilly. 
Verres blancs. 



— 237 — 
i" Verre étiré mécaniqaemeiit. 

Emile Fourcault et C", à Dampremy. 
Société anonyme pour la fabrication mécanique du 
vrre en feuilles, à Auvelais. 

5° Verres soafflés et étirés. 

CYLINDRES, TUBES, BARRES. 

Verreries de Masnvy -Saint- Pierre {société anonyme), à 
Masnuy-Saint-Pierre. 

Cylindres ronds, ovales, carrés. Calottes pour 
couronnes. Poulies en verre. 
V. Plumet et A. De Clerck (Verreries de Mons), àMons. 
Cylindres ronds, ovales, carrés. Tubes de niveaux 
d'eau en barres. 
Verrerie de la Providence [L. Steewaegen-Bouton), à 
Jumet. 

Cylindres ronds, ovales et carrés. Cloches à pri- 
meurs. Fontaines pour colombiers. Tubes pour 
chaudières et pour cuves en barres et découpés. 
Barres et baguettes massives. 

6" Verre sonfilé en bonteilles. 

Verreries de Jumet [société anonyme) [anciennement 
Verreries nationales), à Jumet. 

Bouteilles à vins, bières, liqueurs, drogueries, en 
verres demi-blanc, vert, brun. Bouteilles à bille 
pour limonades gazeuses. Dames-jeannes, touries, 
bonbonnes. 



La Verrerie Franco-Belge (société anonyme), à Lembecq- 
lez-Hal. 

Bouteilles fabriquées mécaniquement pour vins, 
bières, liqueurs, drogueries, en verres demi-blanc, 
vert mixte, jaxme, brun et rouge. Dames-jeaDfles, 
touries, bonbonnes. 



T Verre Boofflé et moule en ol^JetB divers. 

GOBELETERIE, FLACONNERIE ET CRISTALLERIE. 

Société anonyme des cristalleries du Val-Saint-Lamberl, 
à Seraing, Jemeppe-sur-Meuse, Namur et Jambes. 

Gobeleterie en cristal et en demi-cristal, en blanc 
et en couleur; articles unis, moulés, taillés, déco- 
rés, peints, gravés à la roue et à l'acide. Flacons et 
bocaiix. Articles d'éclairage, réflecteurs en verre 
blanc, coloré et opale. Cheminées de lampes. Verre 
trempé. 

Société anonyme Verreries réunies, ,k Famille ureux. 

Gobeleterie ordinaire et en demi-cristal, uni. 
moulée et taillée. Simili-cristal. Bocaux, bouteilles, 
siphons. 

Amiable, Baiwir et C, à Chênée. 

Gobeleterie en verre ordinaire et demi-cristel, 
blanc et coloré, moulé et soufflé, uni, taillé, grew 
à l'acide, guilloché. 



— 239 — 

Société anonyme des verreries e( cristalleries de Chénée 
(admnistrateur- délégué : François Delhaize), à 
Chênée. 

Gobeleterie en demi-cristal blanc et coloré, moulé, 
soufflé, uni, taillé, gravé à la roue et à l'acide, 
guilloché. 
ISouvèlle Sociéié anonyme des verreries de Boussu, à 
Boussu. 

Gobeleterie en verre ordinaire et demi-cristal, 
blanc et de couleur. Objetsunis, soufflés, inouïes, 
taillés, gravés à la roue et au sable, guillocbés. 
Bocaux. Articles d'éclairage. Boules pour lampes 
d'écurie. Lampes appliques de sigual à distance. 
F'^* Robette- Leroy, à Boussu. 

Gobeleterie unie, taillée, gravée et guïllocbée. 
Bocaux. Articles d'éclairage. 
Société anonyme Cristalleries de Manage^ à Manage. 
Gobeleterie en verre bianc, uui, moulé, soufflé, 
taillé et gravé à la roue et au sable. Bocaux et 
mesures. Articles d'éclairage, lampes à pétrole et à 
alcool. 
Société anonyme des verreries de Saint-Ghislain, à 
Saint-Ghislain. 

Gobeleterie ordinaire et en demi-cristal, en blanc 

et en couleurs, unie, moulée, taillée, gravée, gnil- 

locbée. 

Société anonyme des verreries de ScaUmont, à Manage. 

Gobeleterie ordinaire et en demi-cristal, unie, 

taillée, gravée à la roue, guillocbée. 



— 240 — 

Société anonyme des verreries Saint-Laurent, à Manage. 
Gobeleterie ordinaire et en demi-cristal, unie, 
moulée, taillée, gravée à l'acide, guillochée. 

Eug.-G. Naniot [Verreries de la Meuse), k Jambes- 
lez-Namur. 

Gobeleterie ordinaire et en demi-cristal, unie, 
moulée, taillée, gravée à la roue. Veilleuse Aver- 
land. 

B. ISaulaerts et C" [Verreries et cristalleries Saint- 
Bernard}, à Hemixera. 

Gobeleterie en demi-cristal blanc, souflQée, unie, 
taillée, gravée, guillochée. 

Société anonyme des verreries de Vaux-sous-Chèvre- 
mont, à Vaux-sous-Chèvremout. 

Gobeleterie ordinaire et en demi-cristal, blanche 
et de couleur, unie, moulée, taillée, gravée à la 
roue. Boules de lampes à pétrole. 

L. et A. Dubail [Verreries Saint-Antoine), h Wasmuël. 
Gobeleterie ordinaire et en demi-cristal blanc. 
Articles légers soufflés. 

Société anonyme des verreries de Braine-le-Comte, à 
Braine-I e-Comte. 

Gobeleterie eu demi-cristal blanc, soufflée, unie, 
taillée, gravée à la roue, guillochée. 

L. Demeuter-Cordier [Verreries Saint-Louis), à Neuf- 
ville. 
Gobeleterie ordinaire et en demi-cristal. 



— 241 — 
Miçhotle frères, à Manage. 

Gobeleterie unie et taillée. Bocaux courants et 
spéciaux. 

É^ile, Godrie, à Bpussu. 

Verres et autres articles de gobeleterie unis. 

C. et E. Bougard {Verreries de Manage), à Manage. 

Gobeleterie en cristal et demi-crista), unie, mou- 
lée, taillée, gravée, gui'llochée. Verres de lampes 
de mine Mueseler. Articles de flaconnerie. 

Société anonyme des verreries de Fauquez, à Fauquez. 

Petite et grosse flaconnerie pour pharmacie, dro- 
guerie, parfumerie. Articles de gobeleterie. 

Société anonyme des Verreries et flaconneries de Ho-, 
rialmé, à Morialmé. 

Fioles et flacons pour pharmacie, parfumerie, 
distillerie, droguerie, en verre blanc, demi-blanc, 
teinté et opale. Bocaux, biberons, bouteilles. Bou- 
chage àj'émeri. 

Société anonyme, des verreries en fiaconnage.de Momi- 
gnies, à Momignies. 

Fioles et flacons pour pharmacie, droguerie, par-, 
fumerie, distillerie, en verre blanc,, demi-blanc et 
teinté. Bouchage à l'émeri et bouchons taillés. 
Bocaux à conserves, biberons, fantaisies. Emballage 
spécial. .,.:,,.. ; .' 



Société anonyme La Ftaconnerie belge, Molenbeek- 
Saiut-Jeao, Bruxelles. 

Fioles et flacoDs pour pharmacie, parfumerie, 
distillerie, eu verre blanc, teiuté et opale. Flacons 
bouchés à rémerî. Bouchons taillés. Flacons et bo< 
eaux pour conserves, conâseurs, etc. Bouteilles à 
liqueurs, éprouveltes, téterelles, biberons, etc. 

B. Industries accessoires. 

i" Verres boml>6s. 

Burniat frères, à Bruxelles et Anderlçcht. 

Verres et glaces bombées de toutes dimensions 
pour lanternes, encadrement, toitures, meubles, 
devantures de magasins, vitrines, etc. 

Ferdinand Debouck, à Jumet. 

Verres bombés et pannes de tous systèmes. 
Edouard Sarretiatix-Guilbertf h Jumet. 

Verres bombés et pannes de tous systèmes, feuilles 
ondulées, en verre blanc ou coloré, ordinaire ou 
cathédrale, martelé, imprimé, etc. 

Emile Georges et frères, à Lodelinsart. 

Verres bombés et pannes de toute espèce. 
Legros, fihy à Jumet. 

Pannes de tous systèmes. 
/.-B. Brigade, à Jumet. 

Pannes en verre. 



_ 243 — 

Alex. Godfriaux, à Lodelinsart. 

Pannes en verre. 
Fréd. Alexandre, à Lodelinsart. 

Pannes en verre. 
Société anonyme Verreries de l'Hermitage, à Jumet 

Verres et carreaux bombés pour meubles, vi- 
trines, toitures et revêtements. 

Société anonyme Le Revêtement économique {ancienne- 
mwf E. lUasquelier), à Jumet. 
Carr^ux de revêtement bombés. 

t* Travail an chalnmeaa 

J.-B. Buffet, à Saînt-Gilles-Bruxelles. 

Appareils de chimie, physique, baotériologie, 
électricité, pharmacie, médecine, chirui^e, radio- 
graphie, art dentaire. Appareils et tubes capillaires 
pour la fabrication de la soie artificielle. Articles de 
fantaisie. 

30 Verres spéciaux dëoonpés. 

PLAQUES SÈCHES, VERRES ROINDS, ETC. 

Delooper, à Jumet. 

Verres pour phot<^raphie et encadrement. 
Ferdinand Debouck, à Jumet. 

Verres et glaces perforés et découpés suivant tous 
modèles. 



— 244 — 

Jutes Franeq {succesêeur de Martin FTancq)y à Jumet. 
Plaques sèches pour photographie. Verres pour 
encadrement, horloges murales, lanternes. Verres 
ronds et ovales pour réveils. 

Joseph Franeq, H. Bivori et C, usine à Jumet, bu- 
reaux à Charleroi. 

Plaques sèches pour photographie. Verres ronds 
et ovales pour lanternes. 
Thatcher et Witlemore, à Gilly.. 

Verres pour photographie et encadrement. 
Verbèque, Dufour et André, à Roux. 

Verres pour photographie et encadrement. 
Hancart et Bertiaux, à Lodelinsart. 

Verres pour photographie et encadrement. 

4° Biseaatare et arffentnre. _ 

Société' anonyme des glaces de Sainte-Matie d'Oighies, 
à Aiseau: ■ 

Glaces biseautées et argentées. 

Société anonyme des Glaces Nationales Belges, à Saint- 
Roch-Auvelais. 

Glaces biseautées et ai^ntées. 
Société anonyme des glaces d'Auvelais, à Auvetais. ■ 

Glaces biseautées et arçentées. . . 
Société anonyme des glaces de Moustier-sur-Sambréi à- 

Moustier-sur-Sambre. , 

Glaces biseautées et argentées. . • 



— 245 — 
Société anonyme des glaces de Courcelîes, à Courcelles. 

Glaces biseautées et argentées. 
Compagnie de Floreffe (société anonyme), à Floreffe. 
Glaces biseautées et argentées. Plaqiies de mar- 
morite biseautées, rodées, chanfreinées, moulurées. 

Société anonyme des glaces de Charler'oi, à Roux. 

Glaces biseautées et argentées. Plaques en opa- 
line biseautées, rodées, chanfreinées. 

Société anonyme Manufacture de glaces argentées {an- 
ciennement Aug. Nyssens et C"), à Bruxelles. 

Glaces biseautées et argentées». Verre cannelé 
argenté. 

E. Hoorickx, à Bruxelles. " ■ 

Glaces biseautées et ai'gentées. 

Robinson Kingel C'', à Bruxelles. 
Glaces biseautées et argentées. 

E. Acremant, à Bruxelles. 

Glaces biseautées et argentées. 

D. Robier, à Bruxelles. 

Glaces biseautées et attentées. Petites glaces de 
ftintaisie. Glaces taillées. Morats. Plaques de pro- 
preté. Verres de lanternes. 

J. Fraf^net, à Bruxelles. 

Glaces biseautées et argentées. 



— 246 — 

0. FrancoHe, à Bi*uxelles. 

Glaces biseautées et argentées. Glaces taillées. 
P. Friche et C, à Bruxelles. 

. Biseautage. 
A. Van Coitlie, à Bruxelles. 



P* Keymolen, à Bruxelles. 



F. Deckers, à Bruxelles. 

Biseautage. 
A. Hindel, à Bruxelles. 

Argenture. 
A. Vandeplas et C^, k Bruxelles. 

Ai^enture. 
Bruxelles Maritime, à Bruxelles. 

Argenture. 
/. Thouvignon, à Bruxelles. 

Petite miroiterie. 
Baer, à Bruxelles. 

Biseautage et argenture. 
ff. Keymolen et C", à Bruxelles. 



F. Van Dyck Boets, à Anvers. 

Glaces biseautées et argentées. 



Peeters, à Anvers. 

Glaces biseautées et ai^eatées. 

(riliamset Smaeys, à Anvers. 

Glaces biseautées et attentées. 

Vandenbogaerd, à Anvers. 

Glaces biseautées et ai^ntées. 

Van Rompaeyy à Anvers. 

Glaces biseautées et argentées. Petite miroiterie. 

Miroiterie moderne (société anonyme), à Anvers. 
Glaces biseautées et argentées. 

Société anonyme Miroiterie des Flandres, à Gand. 
Glaces biseautées et ai^entées. Glaces biseautées 
pour meubles. Plaques biseautées pour lanternes. 
Plaques rodées et chanfreinées pour portes, buffets, 
étagères, étalages. 

Deuninck, k Gand. 

Glaces biseautées et argentées. 
Moyano, à Liège et à Herstal. 

Glaces biseautées et argentées. 
H. Aretz-Kraemer, à Liège. 

Glaces biseautées et argentées. Plaques de pro- 
preté. Morats. 

F. Maretti, à Liège. 

Glaces biseautées et argentées. 



_ 248 — 

Gilbert, à Tamines. 

Glaces biseautées et ai^ntées. Verre à vitres, 
ordinaire, cannelé et ai^nté. . 

Leclercq et Rolte, à Jeineppe-siir-Sâmbre. 
Glaces biseautées et argentées. ■ - 

Constant Knoops, à Cliarleroi^ 

Glaces biseautées et ai^ntées. ■ Verre à vitres 
ai^enté. Petite miroiterie. 

5' Gravure et décoration & froid ('). 

0. Francotté, k Bruxelles^ 

Gravure à la roue sur cristal et sur glace. 
L. Francotté, à Bruxelles-. 

Gravure à la roue sur cristal et sur glace. 
P. Volders-Rahier, à Liège. 

Gravure à la roue sur cristal et sur glace. 
Marques sur flacons et bouteilles. 



(') Nous avons déjà indiqué les gobeleteries et les cristalleries qui 
exécutent la gravure à la'roue, au sable et à l'acide. Quant i la gra- 
vure au sable sur bouteilles (marques), elle est pratiquée- par les 
fabriques de bouteilles mêmes, et par quelques négociants en bou- 
teilles de Bruxelles et d'Anvers, que nous nous dispenserons de 'citer-; 
ceux-ci se chargent également de la gravure de marques sur tes 
verres à boire. 



Société mtonyme^es verreries de Binche.kBinché'. " 
Verres à vitres gravés ait sable, -màtôs et mous- 
selines. 

Léon Mondron (Verreries de la.PlancHe), à Lodelinsart. 
Verres à vitres gravés au sable, matés et mous- 
selines. 

Goffe et fils, à Lodelinsart. . . 

Verres gravés au sable,- matés et mousselines. 

Société anonyme Verreries des Hamendes [L. Lambert), 
à Jumet. 
Verres gravés au sable, matés £i mousselines-. " 

La Nationale lUarmorite [ancienne maison Odry et 
Goffart réunis), à Bruxelles: 

Gravure au sable et à l'acide. Peinture sous glace 
et sur marmorite et opaline. Enseignes de luxe:~ 

La Marmographie, à Bruxelles. 

Gravure au sable et peinture sur glacé, manoor 
rite et opaline. Enseignes et tableaux "réclamea 

Jo8. Goossens, à Anvers. 

Gravure au sable et peinture sur marmorite et 
opaline. Enseignes et tableaux-réclames. 

ffarry Graff, à Liège. 

Gravure au sable et peinture sur marmorite et 
opaline pour enseignes, et sur glace et veirre cathé- 
drale, pour meubles, ï 



— 250 — 

Société anonyme Verrerie* de l'Hermitage {ancienne- 

. ment E. ^asqueUer), à Jumet. 

Gravure au sable sur verre à vitres (verre mous- 
seline). Gravure au sable et peinture sur marmo- 
rite pour tableaux -réclames. Gravure à l'acide sur 
glace et sur verre à vitres blancs et colorés. Verre 
taillé. 

P. Van Oudenhote, à Bruxelles. 

Gravure à l'acide sur verre à vitres. Gravure et 
décoration sous glace (marblitz). Peinture sous 
verre diamanté (imitation de vitraux). 

A. Vanden Berghe, à Bruxelles. 

Gravure à l'acide sur verre à vitres et sur glace. 
Enseignes artistiques. Peinture avec incrustations 
métalliques {imitation de vitraux). 

Hutter, à Bruxelles. 
Gravure et peinture sous glace (marblitz). 

Van Ganzen et C^, à Bruxelles. 
Gravure à l'acide. 

H. Derom, à Bruxelles. 
Gravure à l'acide. 

T. Gaillivt, à Bruxelles. 
Gravure à l'acide. 

G. Devleminck, à Bruxelles. 

Gravure à l'acide, 



— 251 — 

G. Broekaert, à Bruxelles. 

Gravure à l'acide. 
A. Broekaert et sœur à Bruxelles. 

Gravure à l'acide. 
/. Claes, h Bruxelles. 

Gravure à l'acide. 
/. Hannaert, à Bruxelles. 

Gravure à l'acide. 
J. Laval, à Liège. 

Gravure artistique à l'acide. 
H. Aretz-Kraemer, à Liège. 

Gravure à l'acide. 
Oscar Moreels et C", à Anvers. 

Gravure à l'acide. Décoration artistique du verre 
et de la glace. Enseignes d'art. Mosaïque. 
Klaessem, h Anvers. 

Peinture et décoration sous glace. 
Veranneman, à Anvers. 

Peinture sous glace. 
V. Meinecke, à Anvers. 

Gravure à l'acide. 
Vanlinden Peeters, à Anvers. 

Gravure à l'acide. 
Houben, à Anvers. 

Gravure à l'acide. 



— 282 — 

BoUansée, à Anvers. 

Gravure à l'acide. 
Société anonyme miroiterie des Flandres, k Gànd. 

Gravure à l'acide sous ^ace 'et sur verre à vilres. 
Bertinckamps, à Charleroi. 

Gravure à l'acide. 
Desmet, à Charleroi. 

Gravure à l'acide. 

6° Émail et' peinture recuite- 

Société anonyme des verreries de Hamendes [L. Lani' 
bert), à Jumet. 
Verre mousseline émaillé. 
Léon MondroH (verreries de la Planche), à Lodelinsart. 
Carreaux de revêtement en opaline décorés à 
l'émail. 

Société anonyme Verreries de l'Hermitage {anciennement 
E. Masquelier), à Jumet. 

Verre mousseline émaillé sur fond clair, mat ou 
tulle. Carreaux de revêtement en opaline décorés. 
Panneaux décoratifs. Imitations de , vitraux avec 
émaux colorés pour églises, monuments, apparte- 
ments. 

Le revêtement économique {société anonyme), à Jumet. 
Carreaux de revêtement en verre blanc et opaline 
avec peinture sous verre. Panneaux décoratifs. 



— 25a — 

Burniat frères, à Bruxelles. , . 

Peinture pour imj»ession sur plaques d'opaline. 
Guyard et C", à Bruxelles. 

Étiquettes émaillées sur bocaux et vases eu verre 
et porcelaine. 

Stalins et fih {anc. ateliers Stalîns etjamsem), à Anvers. 

Vitraux d'église. 
Ph. Hochreiter et F. Geyer, à Anvers. 

Vitraux peints. 
Ck. Blockhuys, à Anvers. 

Vitraux peints. 

E. Tanke et L. Hikelick, à Anvers., 

Vitraux peints. 
Dobbelaere, à Bruges. 

Vitraux d'église. 
Couche, à Bruges. 

Vitraux peints. 
L. Grosse, à Bruges. 

Vitraux peints. 
B. Bardenhetoer, à Bruxelles. 

Vitraux d'art. 

F. Comère et J. Capronnier, à Bruxelles. , 

Vitraux d'art. 

H. Freiberg , h Brxïxelïes. 

Vitraux peints. 



— 254 — 

P. Mezzi, à Bruselles. 

Vitraux peints. 
L. de Contint, à Bruxelles. 

Vitraux peints. 
G. Meert, à Bruxelles. 

Vitraux peints. 
Steyaert, à Bruxelles. 

Vitraux peints. 
Wilmet, à Bruxelles. 

Vitraux peints. 
D. De Bleeeker, à Bruxelles. 

Vitraux peints. 
C. Fontana, à Bruxelles. 

Vitraux peints. 
G. Ladon, à Gand. 

Vitraux d'église. 
j. Casier, à Gand. 

Vitraux d'église. 
Joseph Cambresier, à Liège. 

Vitraux peints. 
A. Charlier, à Louvain. 

Vitraux peints. 
Joseph Osterrath, à TilfiF-lez- Liège. 

Vitraux d'église. Vitraux d'appartements et monu- 
ments civils. Verres églomisés. 



7" Plaques photographiques. 

Emile De Coninck, à Gand. 

Plaques de tous formats et pour tous usages, au 
gélatino-bromure et au gélatino-chlorure d'arçent. 
Plaques Aurore (impressions directes). Plaques en 
verre pour impressions positives. Plaques extra- 
minces pour verascopes. 

Gustave Nys et Cf", à Courtrai. 

Plaques photographiques de tous genres. 
Société anonyme Plaqufs Léaucourt, à Courtrai. 

Plaques photographiques. 
P. Tackels, à Bruxelles. 



APPENDICE 



Fabrication des bouteilles. 

Verreries de l'Espérance (société coopérative), à Jumet. 
Bouteilles de toutes formes et de toutes nuances. 



TABLE DES MATIÈRES 



Notice atatiatique v 

I. OénéralitéB : 

Composition du vehhe 1 

Propiiiëtës dit verre i 

Industries DU VERBE 6 

II. Matières premières employées d^ns les inânatries du 

verre 10 

Â. Matières entrant dans la composition kv vehhe .... 10 

1° Matières principales 11 

Silice 11 

Soude 14 

Polasse 15 

Chaux 16 

Oiyde de plomb 17 

Corps réducteur 18 

Déchets de verre 18 

2" Matières décolorantes et épurantes 19 

Minium 19 

Arsenic 20 

Biosydc de manganèse, . . 20. 

Osyde de cobalt 21 

Smalt 21 

Antimoine 21 

Oxyde de zinc 22 

n 



— 258 — 

Pages. 

5° Matières colorantes $3 

Colorants immédiats 35 

Colorants de saturation 25 

Colorants de cémentation U 

Obtention des principales colorations 21 

D. Hatiëiies intervenant dans le travail ku verre .... 27 

1" Polissage. Biseautage. Taille 27 

2° Décoration 29 

Gravure 29 

Peinture et dorure 30 

3° Appropriation ... ...... . . 32 

Argenture 32 

Sensibilisation 52 

C. Matières accessoires ... 55 

1° Terres réfractaires 55 

2» Combustibles 3i 

3° Matériaux i>our l'emballage 35 

III. Fusion du verre 38 

A . Préparation et nëlange des matières premières .... 38 

Broyage 58 

Sécbage . 39 

Mélange 39 

Compositions moyennes 41 

B. COHRINAISON ET FUSION DES MATIÈRES 43 

Creusets 43 

Bassins 45 

Conduite de l'opération 46 

C. Systèmes de fours enplovés 48 

: Fours à combustion directe 49 

Four Boëtius 50 

Four â gaz Siemens 51 

IV. Travail du vene 58 

A. Verre coulé et l.\hiné , 59 

l" Fabrication des glaces 60 

Obtention des glaces brutes 60 

Obtention des glaces polies 64 

Marmorite 67 



— 889 — 

S" Fabrication des verres spéciaux , 
Verre antique ou cathédrale . . 
Verre sablé i . . . ^ . . 

Verre imprimé 

Verre prismatique ondulé . . 
Verre armé ou métallifié . 

I). VEHHR HOlIl.t^. ET COMPRIMÉ EN PLAQUES . 

Dalles transparentes 

Plaques de revêtement 

Pierre de verre 

C. Vehiie soufflé et étendu 

Fabricatioa des canons 

Étendage 

Découpage et classement .... 

Verres colorés 

Verres cannelés 

D. Verre obtenu mécaniquement en feuille! 

Procédé Fourcault 85 

Procédé Rowart-Francq 91 

E. Verre soufflé et étiré . , 93 

Cylindres 93 

Tubes et barres ... 94 

F. Verke soufflé en bouteilles ... 96 

SouSIage à la bouche .... 96 

Soufflage mécanique 97 

G. Verre soufflé ou noulë en objei^ divers 103 

1° Façonnage 103 

Soufllage sans moule 104 

Soufflage dans un moule ...... ... 105 

Moulage à la presse 110 

2° Recuisson 110 

£r. Façonnage DD terre 111 

1° Travail à chaud . . . . il2 

Bombage . . . '. 113 

Travail au chalumeau . 112 



2» Travail i froid US 

Découpage 115 

Perforation 114 

Taille 115 

Biseautage H7 

Chanfreinage et rodage 130 

/. Décoration du verre . . 121 

1" Gravure lîl 

Gravure à la roue ISl 

Gravure au sable 132 

Gravure à l'acide 131 

ff Peinture et émail 12S 

Peinture et dorure à froid 138 

Peinture avec cuisson . . . -, ' 128 

Vitraux d'art 130 

/. Appropriation bc terre 133 

Argenture 155 

Sensibilisation 136 

V. Produits fabriqués : 

A. Verre coulé et lahinë 138 

1° Glaces brutes et polies 138 

2" Marmorite 142 

3° Verres spéciaux 144 

Verres cathédrale 145 

Verres imprimés 145 

Verre prismatique ondulé 146 

Verre armé 146 

B. VEKHe HODLÉ ET GOMPRIHË en PLilQUES 147 

1' Dalles 147 

2° Plaques de revêtement 148 

3" Pierre de verre 149 

C. VeHKE .SOUFFLÉ ET ÉTENDU 150 

1" Verre à vitres blanc ISO 



— 261 — 

î" Verres spéciaux 156 

Verres cannelés 156 

Verres colorés 156 

Verre opale 157 

D. Vehhe souffle et étiré 157 

1« Cylindres 157 

** Tubes 159 

3* Barres pleines 160 

£. VkHRE SOt'FFLÉ EN BOUTEILLES 161 

1' Bouteilles courantes .... - 161 

Bouteilles à bière 163 

Bouteilles à vin 164 

Bouteilles à eau minérale 164 

Bouteilles à liqueur 165 

2" Dames-jeannes et touries 166 

F. Vemie soufflé rt moulé bn objets uivehb (fliconnehie, 

GOBELETEMG, cristallerie) 167 

1" Fioles et autres articles de Oaconnerie 167 

2° Bocaux et vases analogues 171 

3° Objets pour garnitures de table et de toilette. . . 172 

Gobelets 175 

Verres à oreilles ... 176 

Verres à pied 177 

Canettes et cruches 178 

Carafes 178 

Vases et objets divers 179 

4° Articles d'éclairage 180 

fi. Verre façonné 181 

1" Verres bombés 181 

2» Verre travaillé au chalumeau ... . . 182 

3° Verres spéciaux découpés 183 

i" Verres rodés et biseautés 184 

H. Verre décoré 186 

l" Verres gravés 186 

Gravure à la roue 186 

Gravure au sable .... 186 

Gravure à l'acide 187 



- 262 — 

Pagei. 

2" Verre peint el émaiilé 187 

Peinture et décoration à froid 187 

Peinture recuite 188 

Carreaux de rcTêtement .189 

Vitraux artistiques 191 

/. Vehiie approprié 193 

l" Miroiterie 19Î 

2° Plaques photographiques 19* 

VI. Situation économique : 



1° Personnel et Torce a 

Industrie verrière proprement dite 198 

Industries accessoires 200 

2" Matériel 201 

3" Consommation de matières premières 205 

Matières premières principales 303 

Matières premières accessoires 304 

«. ACTivrtÉ 205 

1° Production annuelle ... 205 

Industrie verrière proprement dite ... 205 

Industries accessoires 206 

2° Commerce. Exportation. Importation 207 

Glaces brutes et polies., Marmorite 207 

Verres coulés spéciaux 210 

Verres moulés et pressés 212 

Verres à vitres ordinaires et spéciaux 212 

Cylindres. Tubes. Barres 214 

Bouteilles 215 

Gobeleterie. Flaconnerie. Cristallerie 217 

Bomhage 221 

Découpage 222 

Biseautage 2S2 

Gravure et décoration à froid 225 

Email et peinture recuite. 224 

Miroiterie 226 

Plaques photographiques 227 

Tableau général des iHroRTATioNS des produits du verbe. 228 



— 263 — 

PlIgM. 

VII. Répertoire : 

^. [NDDSTRIE VERHIËRE PnOPREHENT DITE 231 

1° Verres coulés et laminés (glaces, inarmorite, verres 

spéciaux) 231 

2° Verres moulés et comprimés (plaques, carreaui, etc.) 232 
3° Verre souillé et étendu (verres à vitres ordinaires 

et spéciaux] 235 

i» Verre élire mécaniquement 237 

5' Verres souillés et étirés (cylindres, tubes, barres] . 237 

6'" Verre soultlé en bouteilles 237 

7° Verre soulHé et moulé en objets divers (gobelelerie, 

llaconnerie et cristallerie) 238 

B. Industries accessoires 242 

l" Verres bombés 2i2 

2° Travail au chalumeau 243 

3" Verres spéciaux découpés (plaques sèches, verres 

ronds, etc.) 245 

i" Biseaulage et argenture 244 

5" Gravure et décoration à (roid 248 

6° Émail et peinture recuite 252 

7" Plaques photographiques ... .... 255 



rt^ BRUXELLES ^;i_ 

■^^J:^ M. WEISSENBRUCH, IMP. DU ROI ~Z5-xP" 



PUBLICATIONS DE L'OFFICE DU TRAVAIL {*) 



PUBLICATIONS PiBIODIQliES DE b'OFFICE DU THAVAIL. 

Revue du Travail, pTibliralion bi-mensndie. — Éditetir : F. Vanbuggenhoudt, 
rue d'isabdle, il,. Abotinement pour la Belgique : 2 francs, (j™ année [1896] 
épuisée.) 

ArbeidsbJad, publication bî mensuelle. — Éditeur : A. Lcsigne, rue de la 
Charilê. ST. Abonnement pour la Belgique : 3 francs. 

Annuaire de la Législation du Travail. — 1" année (18^7), 1 fr. 30 c; 
2', 3' et 4' années (épuisées); 5= année, 3 fr. 60 c; 6" année, 3 fr. iO c; 
7" année, 3 fr. 30 c. ; 8' année, 3 francs; ^ année (190S), 2 fr. 75 c. 

Rapports annuels de l'Inspection du Travail. — ■1''^ année, 6. fr. 50 c; 
2' année, 7 francs; 3* année, 3 fr. 50 e,; 4^ année, 3 francs; 5' année, 3fr. 50, c.; 
6" année, 3 fr. 50 c; 7" année, 3 fr. SO c; 8" année, 3 fr. 50 c. ; 9" année, 
4 francs; 10' année, 4 francs; 11" année (1903). 4 francs. 

PUBLICATIONS KON PËRIOOIQUES DE L'OFFICE DU TBAVAIL. 

L'Once du Travail de 1893 à i905, i vol. in-8" de 248 pages. 1905. (Celte 
publication n'est pas mise en vente.) 

L'Assurance conive l'invalidité et la vieillesse en Allemagne, 189.^. 1 vol. 
in-S" de 344 paries. Brodié : ï fr. SU &.; cartonné toile : 3 frsAcs. 

TYaoa^ du dimandu. — hBLOtïBX. — Vfll. I-IÏ : Étaliltssements industriels; 
bnn±é .- S francs; cartonné toile : 10 francs. Vol. III : Mines, minières et car- 
rières ; broché : 4 francs; cartonné toile : 5 francs. Vol. IV : Consultation des 
conseils de l'industrie el du travail. Enquête dans les grands magasins. Consulta- 
tion de l'Association pour le repos du dimanche en Belgique; broché i 3 francs; 
cartonné toile : 3fr. 75 c. Vol: V : Païs étrangers; broché: 2 fr. 50 c.; cartonné 
toile : 3 francs (1896-1898). ■ 

Travail de nuit des owvrièras de l'induatrie dam les pays étrangers (France, 
SnisEo, Gisnde-Bretagne,' AttUiche. Allemagne], par Maurice Anciaux, -1898. 
1 vol. in-8° de 271 pages; broché : 2 francs. 

Lois et règlements cmicemant la police du travail et le régime des établisse- 
ments classés. — 19Û6. 1 vol. in-12; broché ; 1 franc. 

Les salaires dans l'industrie gantoise, par Louis Varlez : I. Industrie coton- 
niâre, 1901. 1 vol. in-S" de 214^96 pages; broché : 8 francs; cartonné toile : 
8 fr. 75 c. II. Industrie de la filature du lin, 1904, 1 vol. in-8'' de cxLT-238 pages ; 
broché ; 3 francs ; cartonné toile : 3 fr. 75 c. 

Slatistigue des salaires dans les mines de houille. — Octobre 1896-mai 1900 ; 
1 brochure de 37-104 pages in-4°, avec 5 diagrammes. Prix : 3 francs. 



C) Toutes les publications pour lesquelles il n'est pas renseigné d'éditeur spécial 
sont en vente à l'Office de publicité, rue de la Madeleine, 46, et à la Société belge de 
librairie, rue Treurenberg, 16, à Bruxelles. 



Salaire» »tdttritdKtraoaildan»leêùiAuitriesttal{lé$aumiii»d'Octubre.l90i. 

1 Tol in-*° de 437-691 pageg, cartogra rames et diagrammes. Çrusdiets, t90S. 
relié toile : l.*! franco. 

Idem. Analyte des rétuftatt (tiré à part. Bans les tableaux statistiques) avee 
eartogranunes et dia|rainmes. .1 vol. in-4° de 43T pages. Bruxelles, 190S. 
Cartonné : 7 francs. ' ^ 

Les moteurs éttelriguet dans les industries à dotnietle. I. L'industrie horlogèn 
suisse, — U. Le tissage de ta soie^ Lyon. — 111. L'industrie de 1* rnbanerieï 
' Saint-Ëtienne, pàrHH. Ernest bUBOis et Armand Jdlin. ~ 1903. (Épuisé.) ' 

Ims filatures df Un, étude d'hygiène prçfestionneUei par le D' D. Gubebt. — 
1902.Brocliô.:9franes. 
Les industries à domicile en Belgique. Vol. I': L'industrie armuriëre liégeoise. 
' L'industrie du vêtement pour bommes à Ui-uxelles. L'industrie. coateliËre de 
«embloox. ^ 1899. 1 vol. in-** de xï-SSS pages. (Épuisé.). 
. Idem. Vol II : L'industrie du tissage du lin dans les Flandre^. L'industrie dv 
tressage de la paille dans !a vallée du Geer. L'industrie de la cordonnerie en pars 
' tbmand. — 1900. 1 vol. in-8" de 405 pages. (Épuisé.) 

Idem. Yol. III : L'industrie cloutîëre en pays wallon. L'industrie de la ganterie, 
1900- 1 vol. in-S" de 395 pages. (Epuisé). 

Idem. Vol. IV et V : La dentelle et la broderie sur tulle. — iàOï., 3 vol. in-S° 
de 313-281 pages. Broclié : 2S francs; cartonné teile ; 28 tr. 50 C/ (Epuisé.) 

Idem. Vol. VI : Les industries de la confection de vetemcnls pour liommes el de 
la i:ordonnerie à Binche. L'industrie du tissage de la laine dans le pays de Ver- 
vters et le Brabant wallon. L'industrie du tissage du coton en Flandre el dans le 
Brabanl. :— 1904. 1 vol. in-6° de 600,pages. Broehé :5 francs; cartonné toile : 
6 francs. 

Idem. Vol. VU : L'industrie de la bonneterie. L'industrie de la cordonnerie 1 
Hervé. — 1903. t voL.de 366 pages. Broclié: 3 francs; cartonné toile : 2 fr.TSc. 

Idetn. Vol. Vin .: L'industrie du .meuble à Malines. La broderie sur linge el 
l'industrie du col. du corset, de la i^ravaie et de la chemise. L'industrie du vêle- 
ment confiictionuë pour l'emmee ii Bruxelles. L'industrie de la cordorie (planebes 
et cane hors texte), 1907. 1 vol. in-8° de 6S6 pages. Broché : 5 francs; cartonné 
.toile : 6 francs. - 

Idem. Vol. IX. (En préparation.) 

Reeensement général des Industries et des Métiers (3 1 octobre i 896). XVln forls 
vol. in-4° et un atlas in-folio. (Cette pablieaiion n'est pas mise en vente.) 

Monographies industrielles. (Aperçu économique, technologique et commer- 
cial. I I. Filature mécanique du coton, du lin, du chanore et du jute. — 190Î. 
1 vol. in-Ô" de 17.S pagesi figures et planches. Broché ; 3 fran<^. 

IL Fabriccdion des produits chimiques proprement dits. — 1903. 1 vol. iîi-8° 
de 370 pages, figures et planches. Broché : 3 francs; cartonné toile : 3 fr. 75 t. 

\\l. Fabrication et mise en œuere du papier et du carton. — 1906. 1 ïol. 
in-8''dea00 pages, figures et planches. Itroehé : 2 francs; «art. toile : 3 fr. î.ïc. 

IV. Industries céramiques. — 1907. 1 vol. in-S" de iïi-242 pages, figures el 
' planches. Broché : 3 fr. 35 c; cartonné toile : 3 francs. 

Statistique des grives en Belgique (i^^Q-\9mi. 1 vol. in-8" de LXl-214 pages. 
1903. Broché ; 2 fr 25 c; cartonné toile : 3 fr. 35 c. II. 190(-19O8. 1 voL ic-8' 
de Li-248 (>ages, 19ÛÏ. Broché : 2fr, SOe,; cartonné-toile : 3 fr. 50 c. 

Loi et règlements sur la réparation de* dommages résultant des acctdenlt dit 
travail. — 1905. Broché wi-12, de 138 pages : 50 centime».