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Full text of "Fin du Répertoire du Théâtre Français, avec un nouveau choix des pièces des autres théâtres"

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FIN 

DU RÉPERTOIRE 



BV 



THÉÂTRE FRANÇAIS. 



34. 



SENLIS, 

IMPRIMERIE STiRÉOTTPE DE TREMBLAT. 

r 



FIN 

DU RÉPERTOIRE 



ou 



THEATRE FRANÇAIS, 

JLTEG UN NOUVEAU CHOIX DES PIÈCES DES AUTEES 

THÉAT&ES , 

BAssÎMBLitt pAtt M. LEPEINTRE. 



VAUDEVILLES. — TOME DI. 




A PARIS, 

CHEZ M>« VEUVE DABO, 
A LA unAiBB wfiMicrtm l' Bui DU voT-nE-m , I* 1 4: 

i8a4 



The Andrew B. Hammond 
Mémorial Book Fund 




Stanford University Libraries 



PIERRE, 

PAUL ET JEAN, 

COMÉDIE EN DEUX ACTES » 

uihiE 01 YIUDEYILLES , 

Par mm. SEWRIN et OURRY ; 

Représentée , pour là première foi», tnr le théativ 
du VaudeTllle , k 3 novembre i8ai. 



y, TandtTiDft. 3t 



MMa«i 



PERSONNAGES- 



LE GÉNÉRAL BUISSON. 

PAUL BUISSON 3 fabricant à Quimper. 

BIBI, \ 

MARIANNE, ( ^ 

FIFINE, / ses mies- 

ALISON , j 

PIERRE BUISSON, fermier. 

MARIE^fiANNfi , femme de Boisson. 

TIENNETTE, fille de Bqisson. 

M- VERKADEC. 

M"- VERKADEC. 

BËNRt, leur fils- 

XJSOIilASy TÎeuz domestique- 



■v • 



PIERRE, 

PAUL ET JEAN, 

COMÉniE. 

ACTE PREMIER. 



i 



l* Aéàitc reptùrale, à droilE du ipecltlcur, wie 

ctiaimiicre mïc une gtange ; à fauche , les bitimciu 
d'rinc ferme , avec cetLe affiche mï Ij porte : Petite 
Ferme à vendre ; ilanl le fond , unr: Tiihiinti bour- 
gcoÎM , doBi tous Ici volelt, peints en vert, eod 
firméi ; on voit gor la porle celle nlliclic : Jolie 
Maison iourj^eoûe i vendre. 



SCÊ^'E I. 

IlENNETTE, if,.le, el filant avec un loucl 
dïvaat U pude de b ienoe. 

I ElU' Hianle , en fTJant , une ancienne chanson connue 
(uus le nom de ia Pailourelledu duc de Brebanl.) 

lljN revenant de Nivelle 
Monlé nir mon palermi , 
Bfvant à je ne nais quoi, 
Aencuatrc une pajilourcllc. 




4 P1EKK£. PAULET JEAN. 

Jf Tuborde poUineiit » 
DcMTiMUDt de tna monture, 
Et liù fais un conipliiiient 
Convenible k Pavcntore ; 
Mais elle , d^un air matin , 
Me répond : « Que yeut-îl dire ? 
tt Passez vof chemin , beau sir 
 Passez vor chemin. » 

SCÈNE II, 

TIËNNETTE, HENRI, en pc^t habit de 
de chasse ,.avec son fosil et sa gibecière. 

(Henri parait dans k fond ; il aperçoit Tîennetle qoÀ 
file et chante, il s^arrête pour Tëcouter; il s'avance 

• fur la pointe des pieds, et arrivé anprès de Tiennette, 
il lui dérobe un baiser tout à coup. } * 

f TiEiTNETTE jette OU cri. 

AbI... C'est bien mal à tous 9 Monsienr, 
de prendre com* ça le monde en traître ! 

B E ir a 1 9 voulant lui baiser la main. 

Ma chère petite Tiennette!... Pardon! 

XlEKifETTEf lui donnant un coup de quenouille sur 

les doigts. 

Laissez-moi $ Monsieur... Tous ailes em* 
brouiller mon fil... Finisses ^ ou j' vas vous 
dire comme la chanson : 

« Passez vot^ chemin , beau sire, 
a Passez vof chemin. » 



I 



ACTE I, SCÈKE 11, 






1 TOUS aime pas 



Je votta aidiei Piir exRmpe, n ayez pas 

tl' ces pensées-Id , Monsieur.,. Vous saïei 

fnrl bien que je n" (lois pas vous aîmer et que 

loul, du tnut, du tout. 

n père tous enlcndaii, 

il croirait que.,,, Ailei-vous-cn, M. Henri, 

Ij^TOUi en prie, on m'a défendu d' vous parler. 

HpBVBl, la regardant d'un air »ii>pli3i]l jiouc rester. 

P Ma chère Tieanctte ! 



Mais, mon Dieu.' quelle ramilinritè ! Ma 
chi:re Tieniifilte !.,. Je n' suis pns vot' chère 
Tiennetle, Mousieur... A la bonne heure si 
j'devais vous épouser, j' vwusappBileraisiiussi 
«mon cher Henri!... » Mais vous êtes bcQsOr 
en vous-même que je n' serai jamais voL* 
femme... I.a fille d'uu fermier d' Bnsse-Bre- 
luijne n'épouse pas des incssîcux d' la ville. 



un: Parmi let fU.:i du canton. {De Jo/^nnde.y 



6 PIERRE, PAUL ET JEAlf. 

Vous auriez grand tort de vous plaindre j 
Vos grâces , vos naissans attraits 
y recevraient un juste hommage : 
De la ville on vient tout exprés 
Pour chercher des fleurs au village* 

TlEWlfETTE. 

Tout cela est bel et beau , mais tos parens 
sont fiers , ils sont riches... Nous n'avons p'^s 
grand* chose « nous... Ainsi, allez-vous-en , 
M. lienri, allez- vous-en. . . Je crains toujours. . • 

BEITEI. 

Oh ! n'ajes pas peur. .. ( // tire du gibier de 
sa gibecière. ) Si votre père sait que je vous ai 
parlé , vous lui direz qu'en revenant de la 
chasse » et en passant par ici , je tous ai priée 
de lui remettre quelques pièces de gibier... 
Tenez y ces deux bécasses... 

( il les pose sur la chaise de Tiennette. ) 

TIE5NETTE. 

Des bccat;ses!. . . quelle idée, par exempc!. . . 
Est-ce que nous mangeons des bécasses ?.... 
M. Henri , reprenez vos... (Elle entend quel- 
qu'un, ) O mon Dieu! sauvez-vous « on nous 
surprendra encore ensemble y et pais je serai 
j;roodée. 

BElfRI. 

Grondée ! oh ! en ce cas , je tous quitte. 
Adieu y adieu, ma bonne petite Tiennette... 

( lui baise tme nain. ) 



ACTE I, SCÈ.^E m. j 

AIR : Mon galoubet. 

Pensez à moi, ('>*•) 

Ma Tiennette , moa bien sapréme ! 
Si qiielqu*uo , tous ofiTruit sa fei , 
Vous dit , dans son délire cxtrâney 
Qa'on ne («eut aimcT plus qa^O n^ume.*.. 

Pensez à moi ! (bU. ) 

(n s*«0 Ta «a ooonat. } 

TIENNETTE, de loin. 

Eh bieD ! M. Henri ?... Et tos bécasses ?..^ 
Allons ; il Q* m'écoute pas. 

( Pierre Buisson , son père , entre au moment où elle 
tient encore les bécasses suspendues à sa main.Comme 
Tiennette se retourne , elle aperçoit tout à ooopsoa 
père I et eUe ne tait plus ^etie contenance £wre. } 

SCÈNE III. 

TIENNETTE, PIERRE BUISSON. 

FISEEK. 

£a biea !..• qu'cst-c' que c*est qii*ça? 

TiBNNETTz^ embarrassée. 

Ça, mon père?... C*est... c'est des bécasses 
que M. Henri, qui passait, m*a dit de tous 
dontier... Il paraît qu'il a fait boone cbasse. 

VIEEEE, ironiquement. 

Oui !... II a fait bonne chasse! 



6 PIERRE, PAUL ET JEAN. 

▲iR : Traitant VÂmaur sans pitié. 

Je sais qu*il est not^ voisin , 
Qa^il possède un beau domaine , 
£t que souvent dans la plaine 
On Taperçoit drès V matin. 
Mais f crois que Tgibier qu^il guette 
K^est qu^un^ gentille fillette ; 
Et sais-tu c' qui mMnquiéte ? 
C^est de voir que , par malheur , 
Le gibier , dans cette terre , 
Devient assez téméraire 
pour attendre le diasseur, 

TIEVIIETTE. 

Mon père, jMui ai bien défendu de m' par- 
ler davantage, 

PIEEBB. 

Et o*est ce que tu peux faire de mieux; car 
M. Henri n'a pas du tout envie du mariage. 

TIE91IBTTE. 

C'est-à-dire 9 mon père... Je suis bien sûre 
qu'il le Toudrait , lui ; mais ce sont ses pareus 
qui q' Tondraient pas d' moi. 

PIERbE, 

. -Et e^est toot simple... M. Henri t'aime ^ 
parce que vous êtes du même ûge » du même 
endraity et que vous avez été élevés ici pres- 
qu'ensembe ; mais monsieur et madame Tfcr-» 



jpl 


1 


ACTE I, SCtNE ni. 
tadcc (loiveat Irourer mieux qu' to 

TIENMETtB. 

Micui... pour la fortune... oui 
maudei plutôt à M. Henri. 


1 

pourtcur S 

mais du 1 
rite. Oc- ■ 


Air : J'avais emptcffriita douceur. 

Il s'j connaît, Pt bien sauvent 
Il m'a ilil -. " Ma chiure Tirnnctlc, 
u Je yrcUt' tan Juinoit piquaal 
« AULeBUtéla|>lusprfûln.. 
1 >i Pour raun bonlieuc , je Irouve cd loi 
; Il Tout cp qui [jeut cbanncc et plaire. « 


Ah! il t'a dit cela? 

En coDs^lence , êuil-ce à moi .^^^^| 
De lui îoulcnit It contiaii'c ? ^^^^^B 

Tais-loi , car v'ià la mère qui ii' badinerait 1 

,>«.U-de.sus. ■ 

tTiemiette court se rcmcllre k i^on tntiet , et Pierre ■ 

viehe kl Ucassci dans u [locLc. ) V 



10 PIERRE, FAUL ET JEAPT. 

SCÈNE IV. 

tES FBicÉDEirs, MARI E-J £ AN N £L 

MARIE-JEANNE« 

TiENNETTE?...Tiennoile?... Ehbîen! qu*est- 
c* qu'elle fait y c*te pHite ûUo? Depuis une 
heure je la cherche. 

PIERBE. 

Tu vois qu'elle est à son ouvrage. 

MABIE-JEAIflf E. 

Ah ! te v'Ia revenu , notre homme !... Eh 
bien ! qu'est-c* que t'a dit le notaire ?... A-t-il 
TU des acquéreurs?... Je t'en préviens 9 s'il 
n' trouve pas d'not' petite ferme le prix qu'elle 
vaut, faudra aviser à un aut' moyen pour 
venir au secours de ton frère Paul... le pauv' 
diable! quatre grandes filles bonnes «^ murieri 
et son état perdu !.. V'ià c' que c'est! 00 tra- 
vaille, on s' donne ben du mal, on livre à 
crédit, les fonds n' rentrent pas, faut payer 
les ouvriers ,.. . et avec quoi?... C'est com' ça 
pourtant que les plus honnêtes gens sont quel- 
quefois exposés à... Mais, Dieu merci, j*pense 
com' toi, notre homme... Nous l' tirerons de 
là... J' n'oos qu'un enfant, il en a quatre, il 
a plus besoin qu'nous.... Eh bien! si je 
n* vendons pas la ferme , {'emprunterons 
dessus, et la maison de Paul Buisson , fabri- 




ACTE I, SCÈNE IV. ii 

"canl d' loiliîs peintes il Quimper, ne manquera 
i>u je 11' m'apjieUe point Marie-Jeannu. 



Emlirussf-iTini , ma l)raïe remine!.., Ab ! 
c'est d' buune souche < ça ! 



El j' m'en vanlel [En se retournant , elle 
voit TUiineUe qui s'essaie les y«ux avec son ta- 
blier.) Eb bieo!... tin'esl-eeqiietu as donc. 




t4 PIERRE, PAUL ET JEAN. 

SCÈNE V. 

LES PBécÉDEKS, M. ET M"» VERKADEC. 

(M. et madaine Verkadec, personnages grotesques, 
costumes du vieux tems ,* ils arrivent en se tenant 
par le bras. Madame Verkadec por(c un grand ri- 
dicule et un parasol. ) 

U. ET M*"* TERKADEG. 
BKSPMBLE. 

AIR : no I ^e V Héritier de Paimpol, 

Le beau pays que la Bretagne 
C'est un air pur 1... un ciel serdn I 
J^aime snrtout à la campagne 
" La prometadc du malin I 

MARIE-JEANJIE. 

J* somm' vol* servante, Monsieur et Ma- 
dame. Tien nette , offrez donc votre chaise à 
madame Verkadec. 

Merci, merei, U bonoie f&mine. 

M. VERKADEC, à TLcunctte qui apporte sa chaise. 

Ne VO1H6 dérangez pas, ma petite, nous be 
vouions pas poiiB asseoir. 

M"^ VER&ADEG. 

Nous marchons pour notre santé. 




Saveï-vous, la bonne ft lamc. si quelqu'un 
i'esl pitsentè pour acheter noire rnaisou ? 
(Ils indiquent cnile du fond.) 



■■O.o 


n Dieu 


pp 


rsoniie... 


C'est 


comm' 


^loiis. no 


' ferme 




moins d'I 


1 <lonu 


Br|)our 


rien , j' «. 


roi a qu 


n 


us seron 


forcL 


de la 


farder. 














M. 


VE 


kjidec. 






U Ahl... 


mcsarn 


s, 


■argent e 


l rare 





W 'Bare... pas pour tout le monde; et ; 
Monsieur le Toiilnil bien , i' n' s'rait pas em 
barrasse de nous prêter I;l-des9us... dix inJU 
fraocs. 

^K Ne TOUS a- 

Quand on 

dre service! 



LS de cela , entendez 



Hiche! riche 1 Tous vous Irompei, ma 
bonne amie, nous avons des charges, beau- 
coup de charges ; demandez A ma femme j 
des nnn-Tuleurs, îles renies mal servies , des 
feraiiers qgi ne paieut pas, la grèie, les 



l6 PIERRE, PAUL ET JEAN. 

omp^s > le iliablc ! Madame est là pour tous 
le dire. 

M'^e YEBKADEC. 

C'est yrai. 

PIEERE. 

Tout V pays assure pourtant qu'yous êtes 
joliment à YOtre aise. 

M™' TE&KADEG. 

Le pays... le pays ne sait ce qu'il dît. 
M. Yerkadec, allons au labyrinthe. 

PlERBE; à sa femme. 

T'as ben réussi , toi 9 ayec tes politesses. 
( Haut à M, Verkadec , et cCun air un peu 
piqué. ) J' Yois; Monsieur 9 qu' tous avez peur 
de compromettre yos fonds ; tous avez tort ; 
et j' suis ben sûr qu* monsieur vot' fils, s'il 
était à YOt' place , ne se serait pas tant fait 
prier. 

m"*' TBEKADEC9 se retournant vivement. 

Mon ûlsl... Je trouve bien singulier que 
Yous mêliez mon fils dans une affaire pareille l 
Est-ce qu'il vous a jamais donné à penser 
qu'il eût d'autres sentimens que les nôtres ? 

PIE&RE* 

Dam' , Madame , quand i' YÎeot nous par- 
ler.... 

Est-ce que mon ûls YÎent vous parler? 



\ 





>7 
eshonoré 

t se tenir 
en ne. 

ème quV 
uxnous; 

es.... {il 

regardant 

el famine 
) Viens, 
est-c' qui 


^M ACTE I, SCËNE V. 
^Ê Mais j' crois qu'il ûVjI puint d 

M. VEBKADEC. 

>Hon,monaTiii.. mais chacun do 
& su place , et ce n'eât poiut ici lu 9 

^B Aht... en c' cns , dit'-Iui vous-m 

Hpe revienne pus rûder par devers che 

cl... tenez... remJt-ï-lui ses bécas 

Ifs lire de sa poche ) qu'il a apporté 

i c'matiu U... à nul' fiUe. 

|_pll. VEHiADEC, IrnanI les bccassci d 
^L a fcnuDC. 
^B iles bécasses ! 

■ 

^H Cela n'est pas [•ossililc! 

m 

"■ Non... {Ilvaehn-cher Tif-nnelle, 
devant monsieur et mariaiiie f^erkadec 
loi... et parle, je le l'ortloune. Qu 
est venu ici c'nialiu? 

W' Qui... qui...mossiei] Henri. 

K M. ZT M™^ VEBRiDEO. 

■ Qenri 



i6 PIERRE» PAUL ET JEAIf. 

piBABEi iiia fille. 
Après P 

MAaiB-JEÀ5irB. 

Oui| oui.... après? Dites tout» Mom^selio. 

TIB1I5BTTE. 

Eh bien I j* dirai tout» TMà tout : 

AIB : dêPréuiUe, 

En trayaillant , je chantais pour m^ diitraire » . , 

Quand tout è coup je Tai vu , ce matin , 

Auprès de moi s* glisser avec mystère : 

r hn dis alors de passer son chemin. (*>••) 

n D^en Ht rien , pubqu^il faut que j^ Pavoue ; 

Je 1' croyais loin , mais le petit sournois 

SVst avancé soudain en tapinois... 

Il m'a donné deux baisers sur la joue... 

Moi , j'ii ai donné deux bons coupa sur les doigts. .. 

TOVS. 

Deux baisers !... Après ? 

TIBllJfETTB. 

Après » il m'a appelé sa chère Tiennette I 
Je lui ai dit que si c'était pour le mariage» à 
la bonne heure» mais que... 

M. fElKADBC. 

Le mariage t 




IL 



'"ri, ^ 






^^^•^•^ 






^ > 



1.1 






to PIERRE, PAUL ET JEAN. 

M*^* VEA&ADEG. 

Sai^eZ'tfOus ben qu*à laparfin. ( De la Dot» ) 

Ah ! c'est trop fort , en vérité î 
Du respect sans crainte on sVcarte 1 

MARIE-JEANNE. 

Tant pis pour qui s^ croit maltraité ! 

Mais tout c\j[ue j^pense... il faut qu^ça parte ! 

M. VERKADEC. 

Kespectez-nous , 
Entendez-vous ? 

MARIE-JEANNE. 

Jamais je ne m^arrête , 

Un^ fuis qu'on m' mont' la tête. 

PIERRE. 

Avec elle , il faut filer doux. 

TIENNE7TE , k sa mère. 
•. Apaisez- vous ! 

MADAME VERKADEC , à soa mari. 

Poursuivons notre promenade ; 
Que venions-nous chercher ici ? 
Pour deux mois je serai malade 
De m'cntendre traiter ainsi. 

MARIE-JEANNE. 

Oui , poursuivez voV promenade , 
Au lieu de nous traiter ainsi ; 
Dttssiez-vous en devenir malade , 
Vous n'auriez pas V dernier ici. 



ACTE ï, SCfcXE V. »i 

M. TZKKJLDEC, à a frwt. 

Mais poorfBot donc tymis conproaetCre ? 

^■■i|m Toos mrttnc 
£■ uniittUL coiMbr tes §vBs>là ? 

NUJIS ET TIE51CETTE, à Xvie-JeuM. 

ili ! calme , caJme ta colère ! 

Ah ! cabsez , calmez vof colcir ! 

_ - {mai cbcte , 

nneiaatpas, \ 

(ma mère, 

Te ) 

Vous \ cliagrincr de tout cela. 

M. VERKADEC, à u femmt. 

Hatlame , cette indignité 
Est votre faute , eu yérilé . 
Contre eux vous ctes en fureur : 
Pourquoi leur £ârc tant d'honniear ? 

MARIE-JEANNE. 

Faut que je me retienne , 
Car fleux cbaoterais une antienne!... 

Hais j'veux en ce moment , 
INeuE m^expUqucr tout doucement, 

MADAME VEAKADEC. 

Ah I c'est trop fort , en vérité ! 
Du respect ainsi l'on s'écarte ! 
C'est vraiment une indignité ! 

MARIE-JEANNE. 

Tant pb pour qui s'croit maltraité ! 

il tout c'que j'iiensc... il faut qu'ça parle ; 

Et je (Us tout' la vérité ! 



:k% PIERRE, PAUL ET JEAN. 

M. VKBKAOEC, à Sft femme , PIEKJKS ST TIINITETTB. 

à Marie- Jeanae. 

Moins de vÎTadté. (Bi<*) 

( M. et roadtme Terkadec forttvt. ) 

SCÈNE VI. 

PIERRE BUISSON, MARIE- JEANNE, 

TIENNEÏTE. 

(Tous trois sont atterrés de la scèoe qui vient d^ayoîr 

lieu. ) 

PIE.KBE. 

£b bien ? 

MAKI B-JEâ NICE. 

Ne m'en parle pas... j*en suis... 

' TIEKWETTE. 

Et moi donc?... J* suis bien fôcbce q\i* vous 
vous soyez fâchés!... si j'avais su... je n'au- 
rais rien dit du tout. 

MABlE-JEAIfNE. 

Ce qui est fait est fait. 

PIEEAB. 

ÀiK : Des Landes. 

Oui ; mais , diaprés c*te bisbîUe , 
L'însmtîel est qne leur fils 
n* vienn' pus acoster not* fiUe... 




ACTE I, SCÈNE VII. 
Puiaqii^ïU oui lui (le iDcpTii \ 

, ue MUS pus SI boDiie , 
£Dleii(ls-lu , ma chÉre enranl. 
S'il y n\ ient , \e t'ordonne 
De m'avcrlrr EUT-lc-dnunp. 

lion papD , 
I Dïcrliî qne li; v'ià. 



.£S fKÉCÉDEKS, HENRI. 

jRl , accDuraot et parlant tièi-vilc. 

ISSDN, M. Buimnl 

lEBRE El HABlE-JEaNTiE. 

{Comment! c'est encore tous, Monsicar? 
HSMi, irèt-Tite. 
lui , je snl^ tout, j'ai loal eatendu,.. 
mais C'est égal. .. Je riens tous dire que tout 
Il l'heure, un géitéraJ... Je ne tais pas son 
nom... cïl arrivé dans le vilin^e... il a nn bel 
hubit , 6ea cpanlellej , cl Irnis ou quatre 
croix... il u rcnconIrÈ mi>n p^re et ma mûre, 
ils se sunt snlués : le gcnoral leur a dil qu'il 
vciiiiit pour voir îles biensqui éiaicnl ù vendre 
dans le pnjs ; mon pire a parlé aussitâl de 



aC Pl^hhKt PArJLKT JEAN. 

M. VieHKADIlC. 

Oui, fio tulUê irnsntlcnliorit inonGénértlf 
fit ytttM voir... 

tK oiiiriiAL. 
J'aime co pays ! 

M. TERIADEG. 

Vont 6t9S donc décidé , Général , è Youi y 
flierP 

LE cininAL. 
Oui f c*c9t mon projet. 

AIR : VaudûuiUê de Tunnnê, 

Jff crois quf Cf. lif u loUlaire 

Aura pour moi buti de» attraib ; 

Ceii lorsque Ton a fait la guerre , 

Qu^on icnt lout le [mx de U paii. 

(kmire un danger qui m^inquiéle 
Je dois d^aillfurf m^aMuier un abri ; 
Car Page virât ; cVst le seul ennemi 

Qui nous oblige k la retraite. 

M. ?B«ftADtC. 

Mon Général... Fair est eicellent dans ce 
pays f nous y aroos deux centenaires , l*an-> 
cLeo bedeau et le maître ii*école. 

LE ciniiAL. f 

Ah! ah!,., le maître d*école rit encore... 
]*ai habité autrefois ces cantons... Tout csf 



ACTE 1, SCÈNE IX. a;, 

bien changé depuis lienie-aept ans. Je n'y 
reconnais plus rien... ces maisona-Ià n'eiis- 
taienl pas. 

u. tehkadec. 
Mno Général, H a'y a que huit ans que la 
mienne est bûLie. 

( Pcuilsnt celle sc^e , Prerrc ■ pri» un balui , et il 
épouisclte ki toil(« d'araignée liu ilevaal de sa 
Diaisun : il est censé île pas cnleoilre laut ce que 
dit le Général.) 

LE GBnBBAl:, portant srs regards du côté île la 

Qu'est-ce que je vois tar celle porle?... 
une alïiclie 1... ( /( Ht. ) Peliie. ferma à mndri. 
■àt\> !... TOUS ne m'aviez point parié de cela , 
M. Veikadec. 

N. TEBKIDEC, bai an Général. 
Ohl les plus maurniscs terres du pays. 

FiEiBE s'arrête, salup, cl dil : 
Oui, monsieur 1' Général; c'est aussi à 
Tendre. 

H. VERKinRC, bni an CéntTiil. 

pieube. 
Si monsieur le CèncritI veut la roir, la Tue 
n'en coûte rien. 

lE c É H É A A i. 
Tout à l'beure, mon «mi. ïe... 



»a riEKRB, PAUL ET JEAN. 

M. VKitKADECy «u Général qu'il tire II paît 

J« nf TOUS conseille pas iVayoïr des affaires 
d'iuièi^t urcc ces gens-là.,. 

LE GilfiEAL. 

Est-ce que?... 

M. VER&ADEC. 

Je TOUS conterai cela... {Haut. ) Donnez- 
TOUS la peine de passer, nnon Général... je 
vais vous montrer ma maison, le jardin... 

LE ciifiaAL, macliinalemeQt , et jetant toujoiin' 

les yeux sur Pierre. 

Combien a-t-il d*arpens ? 

M. TBa&ADEG. 

Dix... traverses par une petite rivière où 
Ton pêche de la truite et du brochet. De plus 
je vous donnerai droit de chasse dans ma 
petite forêt. 

LE GÉNÉRAL. 

Monsieur est chasseur ? 

M. VERKADBC. 

Je m*en pique un peu. 

AI» : De V Incognito, 

Ici je kîsse aux amateurs vulgaires 

Le sot plaisir de tuer un lapin. 

Plus hardi qu'yeux , moi , je ne poursub gucres 

Que le renard , Le sanglier , le daim. (*>*•) 




ACTEI, SCÈSEX, ag 

<n ïnleui , rpi'iiucuD dangrr n'drrËtE , 
is Tingt au ■ lion un ut un liLre tisot, 
lans mes buis chassé la grosse bile... 
lis ii en reste CDUOr. ( Ter. ) 



Je m'en rapportu A tous... Allons voir 
TOlre propriélé. { /' passe devant Pierre Bua,- 

Iion, lui serre h main el lui dit: ) Je reviens 
dans un instant, mon brave hnnime. 
[U entre avec U. Verkailec daos la maison du fond. ) 
: 
PiEKse, vois (loRO, VOLS donc Tile , c'est 
Dne lellre de ton frère Paul, ile Qaimper, 
qu'où Tieut d'apporter. 
titStfie, regardant l'u'JreiS!', 
Oui, ma foi, c'est son écriture... oh! oh!... 
est-coque... (rfi l'ouwt el Ut. ) ■ Frère, j'ai 
» à le faire pail d'un grnnd ivèiiemenl. At- 
• leiids-moï pour dîner, je l'atiicnerai 



Mon brave homme!... el il m'a serré là 

l>Qn diable , ce gé- 
knëi'ijl-U, et je commence à espêicr... 

SCÈjNE X. 

, PIERRE BUISSOa, MARIE- JEANNE, 
.e kUrc a h main. 



qij:itre Hlles . 



. cliez toi, si 



U PIERAE, PAUL ET JEAN. 

9 tu TOUX nous donner à coucher. » Ahl mon 
Dieu ! e$t-CQ qu'on Taurait déjà mis à la porte 
de sa fabrique ? 

MARlB-JEAIfNB. 

Vn grand événemenl ! l^îmbéciie ! î* n' dit 

fià$ si c*est bon ou mauvais » s*il faut s' ré- 
ouir ou se désoler. 

pisaac. 

C*est vrai que c*e»t bien maladret d'sa part. . « 
Mais qu'importe après tout?... lis seront tou- 
jours les bien venus. 

MABIB-JEAIflTE. 
AIR : De Marianne, 

Oui , Traîroenl , oui , queuqu* cho«^ qu^arrive , 
Nous les recevrons de bon cœur. 

PICRBE. 

Nol* tendress^ n^en sVa que plus vive , 
S''ils te trouvent dans le malheur. 

BiARIÉ-ilANNE. 

De leur fortune , 
Cent fois pour une 
Leui^aaùàé 
Vo«s o&it la moitîë, 

piniiB. 

A nosiecoofs 
S'fls ont recours , 
Pour tu\ nos brai 




ACTE.!, SCEnE XI. 3i 

ITe le rmMraat pai. 

MMITI-JtAnnE. 

Faut l'entr'aicler dm* la nature ; 

Doil-on , conim' tant d'geoi d'aDJoard'hui , 

Ne douDn la main qu'à celui 

Qui descend de voiture ? (T<t< ) 

PIEIRB. 

Et puis, l' Tons p'têCre lui trou>er la somme 
dont il a besoin ; car j'ai idée que je m'orraU' 
gérai avec ce mossieu l' GéoÉral. 

UABIE-JBAMITE. 

Tu crois? 

riEBBe. 
Oui, oui. TaiA-toi , ie v'Ià qui ressort. 

SCÈNE XI. 

LEsnic£Dei(!,LEGÉNËnÀL, U. TER. 
KADEC. 

M. TEIKADEC. 

Mon Général , |e Tais chez moi attendre 
votre réponse. 

(a sort. ) 
i-G eÉnâllAL, s'a vançanl vers Pierre. 
Bonnes ^ths, je suis & Vous maintenant. 

PIERRE ET «ARIB-JEAUNE. 

Monseigneur ! 



> i 



3a PIEERE, PAUL ET JEÂH: 

LE ciiTEiALy ayccbonté. 
Oh f pas de monseigneur , je vous en prie» 

PIEftRB. 

Mossieu V Général , nous serions ben con* 
tens que tous fussiez notre acquéreuz, parce 
que c'est du bon , tout est en plein rapport. 

ILARlE-JEAlfICE. 

Grâce à notre homme > qui a ben traraillé 
pour ça t 

PIERRE. 

Oh ! oui , j' peux dire que c'est mon ou* 
▼rage , et que, si j' m!en défais, ce n' sera pas 
sans regret. 

MARIE-JEANNE. 

C'est vrai. 

LE GENERAL. 

Et pourquoi tous en défaites-rous ? 

M ARIE-JEAKKE. 

Ah! monsieur l' Général... c'est qu' rojez- 
wo\is, j'ayons un frère... 

PIERRE. 

Marie -Jeanne, d'histoire - là ennuierai^ 
Monsieur. 

LE GENERAL. 

Non, non, mes amis, achevez. 

PIERRE. 

£h bien ! monsieur V Général, nous a 



ACTE I , SCÈNE XI. 35 

DO frère qu'a quatre cnfans. Il est fabricant 
/ de toiles peintes à Quimper, ici tout près, 
lia éprouvé par-ci, par-là, des faillites, si 
bien qu' son éiat court risque d'êl' perdu, et 
c'est pour l'empêcher d' manquer que noua 
Tooions Tendre... 

C'est bien , nies amis. ..Celte action-là tous 
portera bonheur. Je veux voir votre ferme, 
)e veax la voir tout de suite , et nous serons 
lientôt d'accord. 

PiEQRE. 

Mossieur 1' Général, je suis à vos ordres. 

LE GÉNÉRAL. 

AIR : De Folie et raison. 

Votre amour pour un frcre 
Vous honore à mes yeux ; 
À ce marché , j'espère ,^ 
Nous gagnerons toas deux. 

PIERRE. 

Je Grains que Tprlx que j'en demande... 

LE GÉNiAAL. 

J« calmer» votre frayeur. 

PIEKAE. 

Et puis la maison n'est pas grande... 

LE GENERAL. 

Il faut peu de place au bonheur. 



34 PIERRE, PAUL ET JEAN. 

Votre amout poar un frère 

Vous honore à mes jeui ^ 
^'1 A ce marché, pespère, 
A j Noiu gagnerons touj deox. 

SS\ PIERRE ET MARIE-JEANNE. 

N J A sauvrr notre frère 

Nous bornons tous nos tccox : 
A ce marché , j>s|)ére , 
Sous gagnerons tous deux. 

(Pierre conduit le Général daof ta fenne. ) 

MAaiB-jEANif E, seule. 

Queu bon vent nous a amené ici ce mon- 
sieur-là! C*est qu'il n*a pas i*air du tout 
d* vouloir marchander... au contraire. 

( On entend dans la coulisse du fond , à droite , des 
cris de joie , et cei mots : ) 

H ohé ! hohé ! ma tante ! ma sœur ! 

MABic-JEAififE) étonnée , regarde. 

Qu*e8t-c' que j'entends ?... Eh! Dieu m'par- 
donoe, c*est Paul arec mes quatre nièces ! 



ACTEJ, SC&N£ XU. 35 

scÈiNE xn. 

MAKIE-JEANNE, PAUL BUÎSSaN, 

vêtu en bon-bourgeois de Quinper ; B 1 B t , M A* 
RIANNE FIFINB et ALISON, «es 

qualre filles , toutes habillées de mène en toiles 
|)eintes de Jeur fabrique. Paul sBiiisMn a aussi un 
grand gilet de U mêpae étoffe. 

( Paul Buisson et ses jq^atre,lUle$ ^qc^rent , et Tiennent 
gaiment entourer Marie- Jeanne , qu'ils, onbi^a^nt 
Cour à tour.) 

Âin: Les flic flac^ 

Eh bonjour, ibpnJQur ,, bqnjpur! 
Chère tapte I 
Que f'sms contenlèl 

MARIE-JEANNE) les «mbraisant l'une après Ttutr*» 

Eh bonjour , bonjour , bonjour ! 

Chacune aura sdd tour. 
Je n^comprends ;pafi el(pie ça urent dîae $ 
Je vous cro^'^isjtpus.ip^ieureuK : 
Loin qu'vous pleuriez ^ je vous vois rire... 

BIBI. 

> 

Ma tante , ça nVaui-11 pas mieux ? 

Je suis toc)', icfipwie 
De votre »r satisfait ; 
Mais jVrai ben [lilis lavîe 
Quand vous m'.jntUK&mAîl* 



56 PIERRE/PAULET JEAN. 

FAVL. 

Nous vous j mettrons^ mais en attend 

(Tous reprennent y en Tembrutant de noovc 

£h bonjour , bonjour , bonjour I 
Chcne tante I 
Que je «uis contente ! 
Eh bonjour , bonjour , bcnjoor ! 
Le bonheur a «on tour ! 

MABlE-JEAlfIfE. 

Ah çà I vous avez donc gagné à lo lo 

PAUL. 

Pas si bête t 

MAKIE-JEARIVZ. 

Avez*voQs trouvé an trésor? 

fAVU 

A peu près. 

BIBI. 

Mais où est mon oncle 7 

MARIAKIIE. 

Où est ma cousine P 

BIBI. 

Nous leur apportons tout plein d' eh 

AIR : Ehmamèrê! 

A Tiennette je destine 
Ce joli ficbu d'eoulfwr..* 




j ACTE 1, SCÈNE XII. 3j 

C'tab£et pour nia caiiûue.. ,}; 



C'Ie robe est pour vous , ma . 
Le (oui rst d'bon Icint, i'm'c 
l> , Cai je a' TDiu pté^ente ici 
Que des objets d'nu fibrïquc 

El mes qiiiilic liU' aus^i. 



F 1 v L , ctalaoi la nilie en pit'cc. 
Admirez ce dessia-U... Quel guûtl heta?... 
C'est d' mon invention. J'cij m fuiirni Jùjà dix 
piÈcea pour I' dcp.ulement d'Ile-el-Vilaioc. 



MASIE-JEAUnE 




Décîdémenl , yol' fabrimie 
suspeadue? 


u'est donc pas 


FADL. 




Suspeaducl 




Ben du conlraiie 1 ça roule j 
teuanl 1 


(jliment maiii- 


«iBlE-JEÂSPtB. 




Mais il y a queuq' jours, 
J" point... 

r F. VauJcïillB. 3. 


Ï0U3 étiei sur 



n PlBK&e. PAUL BT JEAir. 

£h bteo ! oui , de mettre la clef soas la 
porte. 

FIVL. 

Et d*dtfe coffré peut-être par-deïsas V mar- 
ché ; mais, tenez, ma sœur, il j â une pro- 
Tideoce pour les honaétes gens. 

Bill. 

0h ! çà , oui , il j en a une ! 

PAUL. 

Figurez- Yous qu* samedi dernier... c'était 
samedi j n'est-ce pas , Bibi ? 

BIBI. 

Oui , mon papa... Le jour des paîemeos » 
quoi I une fin d* mois, les billets échus et la 
caisse yide. 

PAUL. 

Elle sait tout cela , elle... c'est mon pre- 
mier commis. 

MABlE-JEAlf5E. 

Eh bien ? 

PAUL. 

Eh bien ! v'ià que je reçois une letf 
monsieur chose... 

Bill. 

De M. Lebon. 




Notre ju^ do pnii , qui m'invile â passer 
;hei lui sur-le-cliduip... J'j vole afec ftibi, 

Lb au < /'jVe umjtnmiit de (efe. 



■ isseajCE-vDtu , m'Jit c'braTc bommCi 
£( signe: c'te ifuitlaacM.'i. 

— Uu' quiltaitc'!... cl deqn^R' somme?. 
De viaglDÛU' frima que toLIIi. 

— I^r etem|ilt.' , v'IJ c|<i'esl ua'ii[ue ! 
El d'où QIC viciil ctl ar{,'eiil ? 

— D'un Iiamm' qui clans vol' fabrique 
Veut le yA^KXt utiCniiinl 

H sait qu'ïoiis fl' dans la peine , 
Mais Eans l'svoic mérite ; 
Qu'^ vous é[iiciuvEz d'ia gène ,. 
Vpus avcr d'ia pcubilc. 
Il croil fait', diaprés c' syslèmc , 
D'wn or no usage heureal. u 
^ Parbku ! me dis-jc à moi-même , 
Un Irct' n'agirail pai mieux. 
J'profîlons d'ion obligeance. 
Je sign' ! i'empoil' le tnagot ; 
J'pai' loul c'qu'tlait eii suuQranCc : 
V'ià la baiq' ttaàsf. à Qol. 
Alo» cooianl d'un train d'poite. 
Le] chaland» et les commïi , 
Cbucuo revient à son poste , 



£lj'i 






« %iic-JKA^ > r. 
_, .^^ fi» |Ht^>ililc!... Il fallait doDO 

r A V L. 

^ -.1 • »** f*"*' • '^*^"* '^*^"' fesîoDs une fcle 
i *oy« raw'rvuJnï uous-iuC'nies. 

8cé:>e XIII. 

^>^ r**^*^*«'*» riEUKE BUISSON. 

ri c • • ^ . •cwuTJkol Avrc joi^. 
^-»«%;« • oni^;ji><c-iwui,.. EU! te t'Ii, mon 

« r > v^vàtm ri L LE s. 

Mto** h' ^^ *' • ' " '^ " o i\ oie . 

r % \ I • lui >crr4nl U main. 

\(,u* o»> CM aoiw ma routine Tienuclte ? 

ri i imr. 

^^P,. oM ^^'^* ï»^ ^^lîo h,i*se.,. Allox, allei 
^ ^,;,» '' ^»^ oouunto ^îo vous toîr. ' 

r^ ^V.Vics n\lrci\l a^us ta ferme. ) 



V °"»'™.|-r. ""le.cvJ """feco. „ 

«•'»e,e,""'*7««J,i.n ''»- t«i 

'"■^Z iouf. 
4. 






À 



<o PIERRE, PAUL ET JEAN. 

MABIB*JEA1INE. 

Cela n*e8t pas possiLlé!..* Il fallait dono 
UCMU écrire ça plus tût. 

PAUL. 

NoD , lAa fol 9 nous nous fesioos une fdte 
de venir vous rapprendre nous-mêmes. 

SCÈNE xni. 

LES PKÉCÉDBNS» PI E RRE B U I S S ON. 

p I E B fi E 9 accourant ayec joie. 

Femme , embrasse-moi... £h ! te T'Ià^ mon 
frère ! 

les QVATIE FILLES. 

Bonjour , mon oncle. 

PAUL) lui serrant la main. 
Bonjour, Pierre. 

BIBI. 

Mais où est donc ma cousine Tiennette ? 

PIEBRE. 

Elle est dans la salle basse... Allez, allez 
elle sera bien conlente de vous voir. 

BIBI, entraînant ses sœurs. 

Courons vite l'embrasser, et lui faire ' 
petits présens. 

(Elles entrent dans la ferme. ^ 



SCÈNE xrv\ 

easultc LE GÉNÉRAL. 

Ces paurrts m fans ! }<> Tenons <î^ ti>jiTiitn#r 
pour elles.,. Femme ^ cV5t une Aft'^iie f<*h<»^ 
monsieui r GcnôrAl est enchante d^^'ton în<i)nU 
sitioD ; la ferme est Tendue. 

Tendue ! 

Quarante mille francs... dont dix mille patft 
d'avance et comptant en bons papier».»* L«a 
v'Ià. 

(Il montre un paquet de billeti. T.c (ti^n^rnl M>rl de U 
ferme , et écoute dans le fond la <oène qid Miit. ) 

PAUL, avec inquiétude. 

Comment l frère, tu t' défais do ta fermoP 

p 1 E R R B 9 le tirant ii part. 

Oui... et prends c*t àcompto-lù, mon iml| 
prends. 

PAUL. 

• ■ . 
Pourquoi, faire ? 

PIER&B. 

. Tu jne Udtmandes... Croii-tu que j* louf* 

4» 



44 PIERRE, PAUL ET JEAN. 

Îour TOUS qui in*a surtout décidé à coDOlure 
c marché. 

PAUL. 

Je conçois cela; cependant... 

LE GÉnéllAt. 

Je m*en félicite d'autant plus que ie traite 
ici ayec de braves gens; j'habiterai ce pays, 
et nous nous verrons souvent, car ]e me 
regarde déjà comme un ami de la famille. 

( Ils le salaent tons. } 

PA17L. 

Général, vous êtes trop honnête... (A 
pierre et à M arie- Jeanne, ) Ma foi , il est sî 
poli 9 qu'il n'y a pas moyen d' lui dire un mot. 

ht GÉRERAI- 

Monsieur Pierre, je m'invite à dîner chc* 
TOUS, et nous passerons l'acte... 

<PIEaRE. 

3 'ai fait ayertir le notaire. 

MARiE^^JEAjTNE, ba« à Pierre. 
: Il y tient, 

LE GÉlTÉHAt. 

Je suppose bien que nous n'aurons aucv 
^iOicultc pour... 

P A IT L , eomme frâppë d\me idée. 

P^*' Ak!,.,. si foit I;,. on moment !.,.- p 




e n' d'>nnerii)n3 r 



ACTE 1, SCÈNE XIV. 4S 

,T<]c l nous avons un frère ijul a su porliuu 
ur ce ciitê-li'i. 

(Il indique k) bâ(iinea$ à droite. ) 
LE CÉSÉIIAI. 

Ah! oh!... l'Sl-ce '[lie cf s vieux bûtimcns 
al aussi partie de la venic? 

iiEihEy viftinml. 
Non, non, moBsieii lo Gûucral; Pa*il se 
est pas... Oh ! pour un 
K grange 
c'ic chaumi'^re. 

J'en suis lïldic pourlant... j'auruis fait 



Abattre !,.. L'nncîpnnc m.iisiMi de not'pèrc! 
|ue i' conservons tomme... 

D'aillfinrs. comme dit Paul, inns^ico le 
Générnl, il y a un lroi*i;:mQ frtrc ijni a sa 
>ortian là-dcasDs. 



Noi' frÈre Jean , q 



Bt que nous n 
ie trente ans, 



i pas revu depuis plus 



46 PlEKl^E, PAUL ET JEAIT. 

Le notctirc dil bien qu'il j a proseriptto»^ 
et qu' la loi est pour nous; mais c'est égal, 

AIA : Chantons l'amour et le plaisir. 

De c*te loi , eomme de beo d'autres y 
Assez d*gens saturpnt profiter ; 
Mais ce n^s'm ni nous , ni les nôtres , 
' ffm par ell' foudront hériter«. • 
Mol, je sens bien qu'il en est une ; 
Qui défend dejaire ainsi fortune... * 
Et cette loi des bonnet^ gens 
Ça n's'écrit pas , mais c^est là dMans.- 

( 11 indique ton cœur. ^ 
tE ciNÉBAt. 

Je n'insiste plus 9 mes amis ; tous axez 
raison , si ce frère reyenait uo jour... 

PIEBBE. 

Ahl... c'est fini 9 nous ne Tespérons plus... 
Ce pauvre Jean !... 

( Ici Henri parait, court à la fenêtre de la ferme , et 
frappe aux carreaux ; ensuite il se sauve dans le 
fona , et se cache derrière des arbres. ) 

PlEBftE. 

AIR : de Monténéro, 

Ah ! de revoir ce frère aimé 
N^anrons-Dous jamais l'avantage ? 




,\CTE I, SCÈNE XV. ^7 

Cmjc 7 ifii'avfc ïoii» je |mrlage 
Le vtrii que vous dvtz éiimù. 

liais paliracc , 

Qiii , patirncc ! 
Le Ciel vous duit la récompense 
Des vrrtiii dont je mis (étado... 
Le Imnhfur (jii'nn cluTchr hien Iwn 
Esl souvïDt |i1us prù (ju'uii ue peiur. 

TIENKBTTE, SU la portc i!c la fcimc. 
Mon jiHpa , le DoUirc est arrive. 

LE CËn^KAt. 

Allons , tries amis , alloua drcisur l'acte de 

lOti s reprennent. 

Le bonheur qu'on efaerche bien Inin 
Est (Ouvent plus pré^ qu'un oc pensi: 



SCÈNE XV. 

TIENflETTE, HENRI. 



Madekoiselie Tiennoll«. 

Que ïoua êtes impnulent. M- Henri I Si 



48 PIERUE, PAUL ET JEAN. 

ina mère rous avait ?u... et mes cousines 
qui étaient avec moi !.•. 

HE irai. 

Ma chère Tieniietlel vous me voyez au 
désespoir. Je suis perdu! j*eQ mourrai. 

TIENIf ETTE. 

Ah ! mou Dieu ! que vous est-il donc ar- 
nve 1 

BEir&i. 

Je viens d'avoir une cxplicition avec mes 
parcns.... ils ont traité les vôtres!... et de- 
vantmoi ! cela m'a fait une peine !... Voyant 
cela, j'ai eu le courage de tout dire : je leur 
ai avoué que je vous aimais , et que je ne 
pourrais pas vivre sans vous.... Ils se sont 
mis dans une colère I... si vous savies... ^ion 
père a fait venir Je vieux Thomas , notre do- 
mestique, et l'a chargé de me conduire sur- 
le-champ à Bennes , chez un négociant de s<; 
amis. De là je dois partir pour Paris; qr 
sais-je ce qu'ils ont envie de faire de mo 
Pendant que Thomas attelait le cheval 
cahriolct , je me suis échappé , j'ai couru 1 
vile par ici... Jugez s'il était essentiel j 
moi de vous voir, de vous parler ! 

TIEJfWETTE. 

Ah ! M. Henri , c'est moi qui suis c 
tput cela. 



ACTE I, SCÈNE XVI. 49 

H£IÎBIETTE. 

Promenez -moi do ne pas m'oubJier, de 
m 'écrire... ma chère Tienoette... promettez- 
le-moi ! 

TIEITHETTE. 

AIR : Pauvre R{(]uet I ou Romance de Romagnésie. 

>. 

Puis-je vous fair^ celte promesse ! 
Quoi! TOUS partez.... 

BENAI. 

Dans peu d^instaus. 
De la rigueur de mes parons 
ConsoIe4Mii par ta tendresse 

TIENNETTE, à part. 

Combien mon cœur est attendri I 
Je sens que sa peine 
Est la mienne !... 
Pauvre Henri ! pauvre Henri ! 
(L'air est interrompu par celui qui suit. On entend des ohaiit 
d'allégresse , qui partent tout à coup de 1" intérieur de 1* 
ferme. Tiennette, surprise , s'aircte et écoute.^ 

Morceau chanté dans Vintérieurdc la ferme pçr lu 
Jamille Buisson , réunie. 

Ain DeJoconde, 

Jour heureux ! 
Le ciel comble enfin nos vœux ! 

Ab ! pour nous 
Combien ce moment est doux ! 
r. Vaudevilles. 3. 5 



5o PIERRE, PAUL ET JEAW. 

— mr» amis ! — mon frère ! 

— lion cher Paul ! — Mon pauvre Pierre I 
— Est-ce loi... toi que je revois encor?... 
Quel moment ! quelle ivresse I quel transport ! 

TIKNNKTTE, étoon^C. 

Qu^ntcnds-^e ? Qucb accens ! 

SCÈNE XVI. 

tES PBécÉDEnSy MARIE-JEANNE^ 

LE VIEUX DOMESTJQCE THOMAS 

MARI£-JfiANNE, tnUratnaat Titoneite. 

Mon enfant , viens donc, ne perds pas de leros'; 
Viens prend' part an bonheur de tes pnrens ! 

TIENNETTS BT BElf AI ^ k paît. 

Ah ! quel chagda ! 

MAAIE-JEANNB. 

Quelle ivresse ! 

LE VIEUX THOMAS , accourant par !• fond et prenant 

Henri par le bras. 

Mais , Monsieur , le tems nous presse : 
Tout est prêt ; il faut partir à Tintant 
Venez donc , la voilure vous attend 

TIEKnSTTB. 

Henri! 

HENBI. 

Ticnnetie!.... 

.TOUS DEUX. 

Ah ! quels momens ! 



ACTEI, SCÈNE XVI. 5i 

FIN DE i.*AiB delà Romance de Eomagnèti. 

HENBI dt loin , £T TIENNETTE , eocenUe. 

Console-moi , par ta tendrette , 
De la rigueur de mes paréos. 

M ARIB-JEANlfE , «Qtralnaat u fiUS tUot U ferme. 

g < Viens partager notre allégresse , 
Et le bonheur de tes parens. 

THOMAS f entraînant Henri Tert le câté droit. 

Il faut partir, le tems nous presse ; 
Obéissez à vos parens. 

(^ Marie-Jeanne rentre dans la ferme avec aa tlle ; Henri t'ea 
ya avec Thomaa par |e ii>nd à droite , et la toile baiue.) 



M 



«9 

n 



m AV FAYMIKl ACTB. 



54 PIEMIE, PAUL ET JCAIT. 

traite honorable ; j'ai acquis une fortune dont 
je n'ai point à rougir, et je riens finir BMi 
carrière... où j*ai passé mon enfance. 

4IK : Du Pot de fleurs. 

Jeune , on sVmbarque , Ton voyage , 
Et ^aliDfiit on brave le sort : 
Plus tard , échappé du naufrage , 
On aime à reatm dans le port. 
Assis à Tombre d*un vieux bétre , 
Entouré de ses vieux amis , 
On sent que le plus beau pays , 
C'est le pa js qui nous vit naître. 

p j E a B E. 

C'est ici ! y*là la chaumière encore telle 
que tu Tas quittée. 

PAUL. 

Excepté qu'elle est bien plus vieille. Vous 
souTenez-vou's , mon frère le général, que 
nous couchions tous dans la grange qui est 
là... à côté? Comme nous fesions des cul- 
butes sur les bottes de paille ! hein ? 

PIERRE. 

Et v'ià r vieux fauteuil de not' bon père. 
Le cher homme! combien de fois... assis.... 
là... comme tu es , il nous a parlé de toi! 

PAUL. 

S'il vivait, serait-il Jieureux de voir $oa 
fils en général ! 



p 


HCTE II, SCÈNE I. 53 


de l'Europe 
j'y demeura 


dans un pays presque sauvage : 
huit ans. 




TOUS. 


Huit ans 






PIE ftBK, 


Et lu n'as 


pas pu nous ilonner de les nou- 



Milles? 

^^h LE cinËBAL. 

^^■Toute communication élait sévirement in- 
^^KdJte.,. J'ai beaucoup soulTert; mais ni 
^^Bôi ni mes compagnans d'infoi'lune nous 
^^Ravons jamais déscspÉré. 






Pendant qu'un rsyo'ir |>ltin d'appa 
BalFeruiissail iioke courage. 
Du iccït de D(H vicuK vombats 
Nous amnsions Mire esclavage. 
Calmet an milieu des dëiert? , 
Écrivant gaimcnl nos Taémoiieï, 
Au souvenir d'un seul reverj 
Koiis op^dsions trrnlc victuires. 



tVn Français I... ça tire parti de tout. 



. 3'iii revu ma patrie !... et tous mes maus 
isé. Mes blessures m'ont valu une re- 



66 PIERRE. PAUL ET JEAIf. 

LE GSniftAL. 
MAaiE-JEAimi. 

Oh I c'est bien petit, c' t'endroît.... doqs 
n* serons point ù notre aise. 

lE GEIfÉEAL. 

Eli bien ! pourquoi pas dans la grange?... 
elle est assez grande... Je me souviens que 
c'étaient les ruines de Tancien château.... 
nous y prcuions autrefois nos meilleurs repas. 

PAUL. 

C'est vrai : ça nous rappellera not' jeune 
lems. 

^IR : J nos goûts conformez-vous vite, (De Pantin.) 

Grâce au souvenir aimable 
De tout c'donl nous fôm' témoins , 
Nous allons à cette table 
Avoir quarante ans de moins. 

MARIE-JEANNE. 

Je n'suis pas assez coquette 
Pour vouloir arrêter V tems ; 
D'ailleurs aurais-)^ ma Tiennette, 
Si j' n'avais que mes vingt ans l 

LES TROIS FRÈRÏ:S. ^ 

Grâce au souYcnir aimable , etc. 

PIERRE. 

jSi le r'pis est vaille que vaille , 




ACTE II, SCÈHE II. 5; 

Par le ctmr U s'u servi ; 
H >ur ce duinp de kilLiille 



SCÈNE II. 
LE GÉNÉRAL, TIENNETTE. 

IB ciîiktkL. 

Reste... Ticooelle... j'ai A te parler. 

TIEWHEtïE. 

Aie Toilù, mon oncle. 

LE GÉnéBAl.. 



Murais... pourquoi culii i 

TiiHBETtE, confuse. 
Mon oncle... c'était le plaisir... de vous 

LE ciïSBAL. 

Ohl ta joie.,. L'amour n'e?t-il pas pour 
lelque chose dans tout cela ? 



Mon oncte , je 



58 PIERRE, PAUL ET JEAlf. 

LE CÉHBBAL. 

Cependant M. Henri ra'a dît... 

TIEMNETTE. 

M. Henri vous a dit?... 

LE càvihAL. 

Qu'il t*aiinait... Et pourquoi en rougir ? 

TIEHHETTE. 

Je ne rougis pas , mon oncle ; mais il e^t 
bon que vous sachiez tout.... Si f pleurais 
tantôt, ce n*était pas sans cause : M. Henri 
est parti pour Rennes. 

LE GÉNÉAAL9 en confidence. 

Pas encore. 

TlEIfWETTE. 

Pas encore ! est-il possible ? ab! que j' suis 
donc contente t 

LE ciNÉlAt. 

J'ai fait prier M. Verkadec de suspendre 
ce départ 5 et de m'amener son fils. 

TIENWETTE. 

Oh ! il est brouillé arec mon père et ma 
mèie ; il n' viendra pas. 

LE GÉrïéAAt. 

Il viendra. L'espoir de me vendre une 
maison dont il a grande envie de se défaire 
le fera bientôt accourir. Eh ! parbleu !... re- 



ACTE II, SCÈNE IIÎ. $9 

g^arde par cette fenêtre : n*e$t-ce pas lui qui 
Tient par là-bas ? 

TIENWETTE. 

Oh! mon Dieu! oui... Je tremble, mon 
oncle, je n' yeux pas rester... je... 

LB céNÉBAL. 

Oui , oui , va-t'en... laisse-nous 9 et sur- 
tout ne dis encore à personne que je suis ton 
oncle. 

TIEïTîCETTE. 

Bon! je comprends.... Je vais sortir par 
ici pour ne pas les rencontrer. 

(Elle sort par la droite. M. Verkadec et son fils entrent 

par la gauche. ) 

SCÈNE III. 

LE GÉNÉRAL, M. VERKADEC en 

habit de visite; HENRI en frac noir, gilet 
J>laiic , pantalon et bas de soie noirs. 

M. y^EKADEC. 

GusiMAL, je me rends à Totce invilation* 

£B ciMiwLAt, reg»tdaot [lenri. 
Ah !... Toilà Yotre fils ? 

M. TEBKADEC. 

Oui , Générd. {A son fil$. ) Snlnct donc , 
Monsieur. ( ^a Général. ) Ma foi , il allait 



Go PIERRE, PAUL ET JEAN. 

monter en Toiture au rnomeot où j'ai reçu 
votre billet. 

LE QivEKAL. 

Fardou , Monsieur y si je tous reçois dans 
celte modeste demeure. 

M. TERKADEC. 

Général, je suis honteux pour tous... Si 
farais su que tous dussiez rester quelques 
jours dans ce TÎllage , je vous aurais prié 
d'accepter un logement chez moi. 

LE GÉNEftAl. 

Oh! je ne suis pas di/Iicile... Dans mes 
campagne6 je n*ai pas toujours été aussi bien 
logé. 

M. TEBKADEG. 

C'est que j'ai acheté , moi , UTi vieux châ- 
teau célèbre en souvenirs magiques et che- 
valeresques ; il a été bâti , {e crois > dans le 
tems des Goths. 

LE GÉNÉaiL. 

Je vous en félicite 

M. verkadec. 

Oui, j^aî vonlu même que cet antique ms 
noir conservûl les noms du vieux tems. 

AIR : Amour y hasard , ont Jait plus d'vnprodi) 

(Des Fiancés.) 

Auprès (îc la tnur des Trophées 
Voas aarlez tu la tour des Preux , 




ACTE II, SCÈNE IIl. 

Et , non tain ie la loin des Fées , 

La loin àca amans nuiUiturtiix. 

Ma fpniiuc lient à la tour des Foliu : 

Miiis j'aunis pu . sans aucun embarras , 

Voul înalallcr dans la tuuc des Génies, 

Que |e n'IiaLïte |>as. 



Voua eies trop bon ! Mah je rouadetnan- 
trai la permission de l'iiire ma cour à Ma- 



Ahl Général... je gagerais que vous 
ervi dans l'ancien tetn^. 

IB GBNÉHIL. 

Mais... oui. 

11. VERKADBC. 

Oa Toit ceU... A vos mnniDrcs... j'ai 
<îaé tout de suite que vous étiez,., 

LE CÉNÉRAL. 

J'ai été soldat. 

H. VEHK-tlIEC. 

Sol... 

Soldat,., dans les chasseurs bretons. 



Aht ahl... c'est le j 
i i Quiinper. 



il PICKIIE» PAUL ET JEAN. 

LB «ilfJBEAL. 

Vrêîmenl?».. J*en suis charmé; j'j ^rc^ ^^^ 
rrsii peut-être quelques anciens compagno 
IWiues. 

V. YBKKADEC. 

Et TOUS êtes devenu général !... c*est su- 
perbe ! Nous afons eu les Fabert, les Ca-^ 
iit«/.«. qui ont fait comme tous. 

L6 GBIfBAALy «OOriaol. 

Et quelques autres... que tous ne nommei 
pas. 

AIR : Un chffoUerp ^ 

• 

L^ancienoe Franof eut Fabert , Catinat , 

Dont les noms seuls valaient pre$c[ue une armciB î 

Mais , de nos jours aussi , plus d*un soldat 

Sur sts talcns fonda sa renommée. 

La gloire enfin , de tant d'exploits guerrien 

Formant une immortelle chaîne» 

Sur nos dra()eaux peut flotter incertaine 

Entre les vieux et les nouveaux laprien, 

M. fSEKAOEC 

Je ne dis pas non. 

BCNBI. 

Si mon père avait touIu... à présent je 
serais peut-être officier. 

M. TEBKADEC. 

Tai8ez-T0us> monsieur mou fils. 



ACTE II SCÈNE III. 63 

LE GBn£kAL. 

Ah! 4h! jeune homme, tous auriei du 
goût?... 

HENRI. 

Oui, Généra]... Je sais les malhématiqQtSj 
Je dessin... 

LE cilfBRAL. 

C'est quelque chose... mais* pour être des 
nôtres. . 

AIR : Unejîlle, 

Avez-Yous fait avec frait 

Les études inilitaircs ? 

De lios manœuvres guerrières. 

Jeune homiue , êtes- vous instiiût 7 ^ , 

DENRI. 

Il s'en faut que je connaisse 
Ce bel art qui n'iitcresse ; 
Mais mon zèle et ma jeunene 
Képomlent de mes progrès. 
Eh î croyez-vous que je puisse 
Demeurer long-lems novice 
Dans on régiment firasçais ? 

M. TERKADEC. 

Général... excosei... une jeuoe tête. •• 

&B GÉlVBBAK. 

Il me plaît , voiie fils ; et je seraû charmé 



«4 PÏERTIE,'!^AUL EîT JEAN. 

si , par le rang que j'occupe, je pourais coii«. 
iribuer à 5a fortune et à son atàacement 

M. YBBKADEC. 

Général... (AHenrL) Remerciez donc 
Monsieur.. 

HKITBI. 

Ah!... je n'^ai plus d'ambition depuis qu6> 
ie a*al plus d'espoir de... 

LE GÉnÉEAL. 

Que dit-il ? 

M. TEBKADB-G. 

Des folies... une passion ridicule... pour- 
une petite Tillageoise... qui n*a rien... et que 
MQQsieur Toudrait épouser! 

bbubi. 

Mon père!... 

M. tebradbg. 

• 

Taîscï-vous > Monsieur... Il y a de quoi 
irriter des parens... aussi madame Yerkadeo 
est furieuse !... 

LE GENÉBALy tirant à part M. Verbadec. 

Soyez tranquille , je me charge d'arranger 
cela. J'ai un parti... un excellent parti.... à 
vous proposer pour votre fils. 

H. TERKADEG. 

£n Térité^ Général... tous songeriez!.... 



ACTE II, SCÈXE ir. 



£t surtout sa bealc 
Sii^ile, douce , 
PartDotdic plaira ; 
Bitm des branles ipi'oa 
R*«Bt pas ot frcsor^à. 



lE CKRKIAI.. 

Propos d^amoureux... Vous dites cela au* 
)ourd'hui , et dans six mois tous tieodfei no 
autre laogage. 

BE5KI. 

Jamais , mon Géuéral , jamais ! 

LE GÉ9ÉBAL. 

J'en silis facfaé.... j'ai daos ce pays une 
DÎèce... fort jolie... 

BENRiy TÎTcment. 
Est-ce que tous auriez eu le dessein ?... 

LB CBRÉBAt. 

Oui, je yeux lui donner un mari, et fran- 
chement y j'atais jeté les yeux sur tous. 

BENRi^ vivement. 

Sur moi I que dites-TOus ? ah I pardon 1 ne 
me la proposez pas y je serais forcé de tous 
refuser. 

LE GENBB AL. 

Diable ^ refuser... Songez que je lui donne 



68 PIERRE» PAUL ET JEAN. 

cent mille francs , que je suis son onde i et 
que par mon crédit je peux... 

HEREI. 

Rien au monde ne pourrait me séduire , 
et je resterais garçon toute ma yie plutôt que 
d*épouser une autre femme que Tiennette. 

IB CJ^NEBAl. 

Embrasse-moi , mon cher Henri , tu seras 
mon neveu. 

BBITEI. 

^ Monsieur 9 vous ne m'ayez pas compris ^ 
l'ai dit que je refusais... 

LB cânsBAt. 

Tu seras mon nereu^ te dis-je.. Ya rejoin- 
dre tes parens^ et reviens bien vite avec 
eux. 

BEHBI. 

AIR : Du vaudeuîlle du Jaloux malade.. 
Ainsi contre nous tout conspire. 

, LE GÉNÉRAL. 

De mon choix tu seras content. 

HENRI. 

Mais à quoi sert donc de vous dire... 

LE GÉNÉRAL. 

Surtout ne sois pas inconstant : 
Ta future est jeune , elle est belle • 



ACTE II, SCÈ5E V. 69^ 

HENRI. 

Quel saAg-froid et quelle ri^^ucac 

LE GÊNi&l&. 

Sois sur ({a^ellfi sen fidèle... 

BENRI. 

Il hïd aTOir bien da nialheiir . 

SCÈNE V. 

LE GÉNÉRAL, PIERRE BUISSON* 

(Pierre regarde avec surprise Henri (|ui s^ea Tt.)i 



LE GENEAàL, surle devant de la scène. 

Ah ! ah ! le pauvre petit diable est dcsolé.*. 
Il est charmaDt l et Tiennctte aura là un bon 
mari. 

VIERBE. 

Frère, je yiens te prcveoir que la table. est 
mise : quand tu roudras».. 

LE céN BRAL. 

Combien as-tu mis de couverts? 

PIERRE. 

Heuf*.. toute la famille. 

Mets-en trois de plus , et dis à Tiennetto- 
qu'elle se gare de se3 plus beaux ato.urs^ 



yé PÏÈRRE, PAUL Et JEAN. 

PIEKBB. 

Oh ! c'est déjà fait : pour son oncle ! ^/j 
est parée qu'alf n* serait pas pis le jour^ d 
ses noces. . Ah ! pà^ mon frère > tu asif^a^ 
engagé du monde ? 

Oui i oui. Devine qui ? 

FIEREB. 

Ma fine ! je li* sais. 

. liE ciiriBAt. 

M« ejt madame Yerkadec, avec leur fila 
âehri. 

PIEBBE. 

Quelle idée ! 

LE CBiriBAt. 

Laisse-moi faire, j'ai A^% raisons pour 
cela. 

PIEBB^E. 

Mais ils n* roudront point dîner ayec nous. 

LE GÉnÉBAL. 

C'est poMible ; mais iU Toadront bien 
dîner avec moi. 

PIEBBE. 

Oh ! toi, c'est différent... Mais nous avons 
eu encore \ c' matin une <}iierelle... 

LE civÉBAL. 

le diner raccommodera tout cela. 



ACTE II, SCÈHE V. 71 

FIEEEE. 

Ed c' cas, j' n'aî pas d' rancune, moi.... 
y vais ban yjte mettre leux ÇQVTerU...Pif 
donc^ frère... les YQÎci déjà! 

LE GÉNÉRAL. 

Bon f fais entrer. ... et envoie-moi ta fille 
dans quelques iastaus. 

Donnez-Yous la peine d'entrer. Monsieur 
et Madame. 

LE GÊITÉBAL. 

l|i)[ada|fnç,^. permettez qu'ua Tieqx n^ili*;' 
taire. 

Laissez-nous, bonhomme... Nous av^odl 
causer avec monsieur le Général, 

PIERRE. 

A Totre aise , l^onsieur , à votre aise. ( A 
part. ) S'il savait que T général est le frèr^du 
voiihomme I 



94 FirRRE, PAVh ET JEAH. 

n ne tient qu'à tous de lui domrer xm 
nom.*, la Toici. 

M. TISB&ADBCy d*«l «HT de COBteatCBeAL 

Madame Verkadeo 

M^ TfeâKAbEC. 

Je 8UÎS enciiaotéél' 



SCÈNE Vil/ 

IL£8 raicBDEifs, TIENNETTE, dmiai 

jpiiii beaux atours. 

lUBimzTtE. 
llilov père m'a dît que toqs me demaodiez. 

&B GBiràiJUL Ta la prendre par la mala, et la présente 
à M. et madame Yerkadec. 

Ayance, ayaDce> ma chère amie.... n'aie 
pas peur« 

Bl^ TBBKABEC 

QueTois-jei 

M. ¥EBKADECk 

Mais c*csl la fille du père Buissoo-I 



LE CBNBBiL. 



Eh bien ! oui , ma nièce.. . que TOCre Sis 

refuse. 



IACTE II-, SCÈNE VII. 
Il E N R I , vivement. 
}'acceplc, Géoéral, j'accepte t 
te BÊnÉBAL. 
||b nièce au général Baissait. 
If or 
LE c£n 

Begardez-Ia... N'est-il pas vrai , Ma 
que Toirc bru est tout-à-iait jolie P 

4rft t Jlfa Fanclisttx est chair/uintp. 

Ma Ticvnelte csl charmante ^ 
SaDR art et saqs apprêls ; 

lie vaut pas sei atllaitl. 



Mon oucle ! 



Oui , Tieanellc eit dianoi 
Sam art rt sans appréls ; 
La furtitoe iDCODstante 
Vaut.-clle ses allralls ? 



^6 PIERRE, PAUL ET JEAIT* 

PonrUolà fiWé bien 
Je joini moUlé dki nièa» 

M. .«T IT^ TBlKADgC 

Moitié da vôtre ! 

Oui , Tîenttefttr étt chàrmtliley 

S«As ait et MW appicli ; 

La i^rtiiie îtîQdMtaftte ^ 

Ife vaut {Ntf ses attraits. 

g I H. tt UAiiiMB tZAtADIC, 

"^ J Oui , Tievoètle est cbMimrtte . 

S ( Sans art et sads apprêts \ 

S \ Mais une IsoQoe vente 

c: 1 Va doubler ses ittnili, 
r I 

TIEirinETtK f Itl èfaâral. 

J^ somm' beii reconnalsmote , 
Mon onde , d* tos bieofidts » 
El mon ame contente 
Nies oublira jamais. 

LE .QivdfL AL, 

Ah !.,. eh bien I mon ch« Henri , ne l'a- 
vais-je pas dit tantôt qUe ùi défais mon 
neveu ? 

RÉitRI. 

Monsieur!., mon cher oncle? 

(Il lui saute au cou. ) 




r ACTE ]1, SCÈNE Vlir. 77 

LE GËnisAL, il Henri. 
Eiiilir.ifse ta future. (^ matiçmeVerkadec.) 
M.iiiilcnnnt vous nllt^z dincr itvec toute ma 
r.iiijlle... Veneï, Madame, nous Icrmine- 
l'iiiis Ifliiies les afTjires ù table , cl tous 
Tcrri'ï une s.ilte fie fe»lin d'un nouveau 



i 



serons bien... partouloil vo'is si 
ixAL lui isam la main, ensuite il 
Tienncllc si à Henri. 
Piisacï dernnr, jeunes geni... vous n 



IWSI 

TIEM1BTTE, galtncQt. Cl donnant la main à Henri. 
Ah I le bon petit oncle! 

(Toiu sorttnl uai h côté Jroit , Paul entre jiat la 



SCÈNE YIII. 

rjlUL BUISSON 



_ Mon Mrc ! mon frère ! Eh bien ! où est-il 
•lonc ? je le croyais encore ici... et le iliiier 
li est loiil prêt T... Il ne s'nllentl pas ù une 
rprt'e I... la musiqtie des chasseurs brelon» 
li vient île Venrr. Ils on! su l'arrivûe de n"t' 
ire le giiniral , el ils vont lui.... bcin L..._^ 



7t riEKRE » PAUL ET JBAIT. 

qu'est-ce qae pentends?...' {En ce moment 
on entend une fanfare militaire, ) Est-ce qu'on 
se s'rait mis à table sans moi 7 courons vite I 
(Oiorteii courant par le côté droit) 

SCÈNE IX. 

( Denx grandi nanncanx da fond de la diaaniiére s'oo- 
TTcnt tout a coup y et laissent aperceroir une beDe 
gran^ formée des mines d'un ancien château , et 
au milieu de laquelle est dressée une grande ta^le 
toute serrie. Le fond de la grange est ouvert et 
donne sur la campagne. Des guirlandes de fleurs et 
de feuilles décorent cette saUus à manger. La porte 
du fond est occupée par la musique des chasseurs 
bretons qui exécute des fanfares. Tous les coutî- 
▼es sont a table : le général dans le milieu , ma- 
dame Verkadec à sa droite, Marie-Jeanne à sa 
gauche ; Tiennette prés de madame Verkadec ; 
Henri près de Marie-Jeanne ; le reste dans l'ordre 
natureL) 

(Après la fanfare.) 

PI E BRE 9 se levant , le verre à la main. 

Mes enfans.... à la santé de votre oncle I' 
Générai ! 

TOUS. / 

i not' frère 
A la santé de< notre oncle ] le Général! 

( monsieur 

(Fanfares.) 




ACTE H, SCENE IX. jç 

s GÈnÉKAL lelèvectvîentiurledevanldclaicêiie; 
toot le moDde quille la table. 
{ A madame Verkadec. ) CoDvencï , Ma- 
tdame, que je suis comblé pnr le sort. Quitte 
IciiTers l'État, je n'ai point oublié que j'arais 
■.des pnrens,.. Je les revois , je les embrasse , 
\^ a'ai jamais été sih.ciireux! 

VkVL. 

Mon frère , à présent je toÎs A qui j'ai l'o- 
bligation. ■ . 

LE GÉKBBJtl.. 

Que Teux-tu dire, mon pauvre Paul?* 

F&DL, en. cfolideuce. 
Les vingt mille francs que le juge de paix 
tfle Quïmper... 

£B CÉKKBAL. 

ince ! n'en aurais-tu pas fait aulant'pour 



Oh! ÇD... 

LE CÉltÉBtL. 

Eh bien! qu'as-tu à dire?... Nnus nous 

sommes retrouves, mes ajnis , ne nous 

^quittons plus. 

: Rmefaudra. (VauJeïUIe dei Amaiones.) 




85 PIÉKHE.PAULET JEAU. 

Si Vû& de nom chanorne et tombe > 
hts autitis kii leiklraiit ta main. 
Entre frères chaque fortune 
I^c doit former qu^un seul trésor... 

Îurà Vun de nous le sort en enlève une , 
our le iiraver il en est dieux encdr.. 

MAKIE-JÉ ANNE. 

Vous ne nous eu Toulez plus, madame 
Veiritddè ? 

PIERRE} la retenant. 

Tais-toi donc > fdUt ^a ésl «ublié. La paix ! 
Dot' ^mfne » la pat« ! 

TAbMTILlE. 
Ain: De Doche, 

JLé désbtdrè nd fié filait piété ; 
Mais je ris lorsque les roéchans » 
Les ingrats et les iattigAs 

Se font la guerre. ( Bis. ) 

Pendant qn'ils se lùioent des traits , 
Et que des troubles sont4eurs fêtes , 
jT ùofi s'dire entre ^ens honnêtes 

Pesons la paix. (Bm*) 

rixiRi. 
Près Tmatîn » ^pinri TOt' néoagm 




ACTE II, SCENE IS. 
GrDDile, querelle ri h\t<la bruit, 
Quand toat rlasg du jour ell' tous ilil . 

Fuoos II gufire ; ( B». ) 

A TOh-c plac' , moi , je rirais , 

la laiîs'raîi conlreilire. 
Faut brn (jup ['soir cil' Ttrnn' ïoui dire : 
- Mon p'Iil bomine fti^oni la paix, ( nii 



I 



tfX» paix , la paix , la paix , la paix ! 

.Pour raTir à jeune bergère 

Avec ndtciie un daux baïier 

Qu'elle piélend nom refiiser, 

Fcsons la guerre. ( . 

Maifi si ce baiser plein d'atiraits 
Lui cause une colcre exlrénie , 
Four en obtenir un tlcuiième . 

Ferons la paix. (Bi 



La paix , la paix , In paix , la pai: 



Si quelque ennemi lémi'raire 
Troublait encnre nos elals , 
CIiBCun erlralt : Jrmons nos hna , 

/lîjonj ta guerre ! 

Hais pour qu'alors iranlrcs succès 

I Couronnent no« «ieillcs bannière), 

[ Plu» de disconte entre des frères , 

, Français , fesons la paix. 



êa PIERIUB^ PAUL ET JBAH . ÂCT: , SC. DL' 

GMQBVft. 

La p«U » b paix , la paix, la paîxr 

9kVL,. 

Je n^al pat l*biiiieiir tréirgiicRiéfe ;. 
Je sent pourtant au koà du cœur , 
Quand on însnlle k notre hoDucur , 

Qu^ fiiut la guerre. ( K** } 

Mais pour &jr* fleurir a jhmaU 
Au idncle not* beOe patrie 
Les arts , le commerc^ , l'industrie... 

Jl £iat la paix... (Bit.). 

ClOiVA. 

La paix , la paix , la paix , la paix! 

TIEirirETTS, sa public 

On ni*a dit que dam le parterre 
L^iadulgence , appui des talens ». 
£t]acritiq% depuu loog-tems 

Se fout la guerre. (^ù.) 

Entre elles , pour nos intérêts , 
Terminant cetf lutte fatale , 
Que toutes les mains dans la salle . 

Signent la paix (6ii.) 

CBOEUa 

La paix , la paix , la paix , la paix! 



Fin DE PlEAREy PAVIi ET JEAN. 




■ LE FIFRE 

fcu ROI DE PRUSSE, 

l^S PRISONMERS DE SPAHDAV^ 
COMÉDIE EN UN ACTE, 

mIlEZ de VIDDEVILLSS , 

PAR M. REVEL; 




«6 LE FIFRE DU liOI DE FAUSSE. 

m 

Ç*«st à moD eoBor, n*Mt-oe pas?... HaU 
ment 

InMèlel 

iUe fi tout Toules ; ffffh Jaif^ tomme 
I là sltuatioii oA je me trèbfè oe peut 
ppB migiêr à l*«DDOttr,pour deux Mitons : la 
preoiiiie» ercsi que Taoïour est inoompatiUe 
areerrles aMres #état ; et la: seconde e*est 
que les aflàires d'état sont iDOomjpitibles 
avec l'amour. . . 

VICBTTI. 

J'toîs héb que Tgus a'm'aimes phis » tous 
ares oublié TOtre petite Nicette. 

xiK du partage de la rickess; 

Vous 8oavieiil-îl de la pnine, 

Vont «MQ Ivomles sues islie 



y 



^ ■• • ■ ff 



■;:; 



E^.Tpwe'^zbetttceXiqu'eefiicimaÉL { 

Dans ce tcms-Ui près de tous une bw . . ! r | > 
ITaiirait obtenu qu^nn refila ; 
Vous me jariei cDétre toujours fidék... 

'TOUhvrtnv, • - "• ' 
Je pe m^en souviens presque plus. C **** / 




SCËKE I. 

ni CETTE. 
Même air. 
Vous souTimt-it que tians m 
Tous les garçoiu (les atentuurs 
M'avaient présenté leur boniniage 
Et venaienl me parler daiunars î 
Mais, iDoi , Rilèle à ma teiidresie , 
J'ai rmdu leurs vœuL su|ieHlus \ 
Vous sauTÎent-il de ma sagesse? 



Vous no 
Il y a ui 



ivicDS presque plus 
RICETTB. 

e disicï jiaa çii , 



Ah ! moQ Dieu , ah I mon Dieu 1 Le r 
aTalt bien affaire de ro'is donner une plac 



C'est A ma valeur que je ta dois. 



Vot' TalcuT» TOI' valeur! »ou9 en parlei 

toujours. 



C'esl clic qui lait que je suis iriApecteii 
des priitooniera ù Spandmi. 



$8 L£ FIFRE J>V ROI DE PRUSSE. 

^flCBTTE. 

Contez-moi donc comme c*est arrÎYé. 

TOftLVTUtir. 

Oh! c*est une grande affaire!... Figurez- 
vous d*abord un champ de bataillé... L*en» 
nemi est là. . . . Supposons que vous soyez 
Teniiemi; moi, }e suis Parmée... Je m*aYance 
courageusement. Vous vous défendez d*abord 
cela va sans dire ; mais ensuite quand vous 
vous trouvez bloquée , vous ?ous rendez, 

viCette. 

Cela va aussi sans se dire... Quand on se 
trouve bloquée. 

TPILUTVtir. 

RéQiarqtiez bien mon coqragey à tnoi^ pen- 
dant toute cette bataille... 

HICETTE. 

Vous vous battez ? 

TU&LQTVTU. 

Non y non , du tout. 

HICETTE. 

Vous enlevez des drapeaux. 

TV RLD TVTU. 

Non. 

fl ICBTTV. 

Vous faites des prisonniers? 




SC^5 



tEh bien ! qu'est-ce que ?ous faites donc 9 
TimmiuTu. 
Je reste en pt.ice, et je joue du fifre. 



Comment 1 c'est là toutT... Et c'est par- 
bleu ! bien assez ; demandez nu roi, auprès 
de qui je suis reslé tout le tetns du combni... 
Après la vicloirc ijuenousaTions rcmporléct 
le roi demande i se» oiliuiers; b Messieurs, 
> quel en celui qui a montré le plus de 
• bravoure dans celle lialsille ? — Sire, 
n c'esl TOUS, disent luus les olliciers — Ei- 
■> ceptei-moi, répond te roi. • Ces Mes- 
sieurs, bien embarr.-isscs , se regardenl; iU 
n'oaenlpas dire, c'est moi, quoiqu'ils le pen- 
sent , et chacun dVux noinmË son toUid , 
quoiqu'il ne le pense pas... Mais le roi leur 
dil : « Vous n'y Êtes pas , Messieurs ; c'est un 
» 6 Ire qui n'a cessé daius le Tort du combat 
' (Icsoufllerdan^sirii tllr^llnlu,etquiatou- 
" jours joue juste... ■ Depuis ce Icms-IA le 
nom de Turlututu m'est resté... Dume! c'est 
une justice à me rendre, je me sois bien con- 
duit. 



^ LE FIFRE DU ROI DE PRUSSE. 
AIR du Fifre et du Tambour. 

Pavab use ardenr tans pareille , 
Mon fUre s'en est ressenti ; 
four mon toi c'fat une menreille 
D'entendr* soufiler just* près de lui ; 
Car on sait que iorsiqu^à Toreille 
Les courtisan& loi sou£Bent deux mots : 
Cest loujoun faui , c^est toi^oun (aux. 

HICBTTE. 

C*est ce qu'on dît. 

TUftLVTUTU. 

Le roi m'appelle alors , et me dit: « J*aime 
a les braves , je Teux t'attacher à moi ; je te 
» nomme inspecteur des prisonniers à Span- 
dau... a Depuis ce tems , le roi et moi nous 
sommes très -bien ensemble , j*ai mon frano 
parler ayec lui. 

IflCETTE. 

Et toutes ces grandeurs tous ont fait ou-* 
blier Nicetle? 

TUBLUTQTV. 

Non, je ne vous ai pas oublice^ mais songex 
doDc un peu: surveiller mes prisonniers! sur- 
veiller ma femme ! Ah ! mon Dieu !... 

KICETTE. 

Ah I i'sais bien pourquoi vous dites tout 
ça , parce qu'il y a depuis quelque tems chçi 



1 



SCtNE I. 91 

Gatheriae, la fermière de madame la baronne 
i de Lisbourg, une jeune paysanne qui se doane 
[ lei airs d'une dame de la ïille... J'in 'aperçois 
l bien que tous lui Tuiles la cour. 
TORunuTu. 
CouTenei qu'elle est bren genLille. 

X 1 C E T T B , pleurant. 
Pas plus que moi , M- Turlululu. 

TUBLCTCTC. 

Elle esl doace, elle a de l'esprit. 

mCETTE. 

Pas plus que moi. 

Et puis , elle est yerluousc , ah ! 

flICETTE. 

Pas plus que moi. Ah ! ah .' ab ! 

Allons, allons : snyer raisonnable, Mam'- 
selle Nicette. Je vais visiter me^ prîïionnlers : 
je n'en ai que deus pnur le montent; deiiï 
pages.M. Victor d'iierleim, et son ami. mon- 
>ieur Hippoljle... Ils se sont fait emprisonner 

Lipour une petite esfapadu de jeunes gens.... 

ltiAureroir,Mam'selleNicene,consolcz-vous.i. 

y(ji pari. ) Ella me l'ait de la peine, rraî- 

I nient,.. Je crois que je l'ainic encore un peu... 



^ LE FIFRE DU ROi DE PRUSSE. 

Oh ! mais Tautre est si jolie I Elle me conyient ' 
bien mteax. 

▲I& : VaudevUU duBautfuet du Roi, 

(Riiut. } 
Ne pleurez* donc pas comme ça , 
Maolemobelle Nicette. 

IfXGXTTX. 

Allea auprès d^TOt' coqoetfe. 

TURLXTTUTU , à pirt. 

Je sttb sàr qa'eUe en mourra* 

iriCETTE. 

Ah ! TOUS m^abandonnez , traître! 
D'une antr^ femm* suivez là loi , 
Elle vous trompera peut-être. . . . 
N'aviez-Tous pas assez d'moi? 

TURLUTUTU. 

Ne pleurez doàc pas comme ça , etc. 

( Il éoiré 4Mi U pniod. ) 

SCÈNE II. 

NÏCETTÈ. 

Les hommes sont des moavi^es, et le meil- 
leur n'en yaut rien !... Lui f tjtii m*arait fui^é 
tant de fois de m'aimer toilldirra !... Oh ! le 
traître I... Mais je ne veux pas qa*of> dis<$ ({ue 
«en infidélité m*a fait d*la pckie j et puisqu'il 
u^abandpnne f je veux faiHI de mêmek 



SCÈNE III. g3 

AIR i Le beau Lucas aimait Thêmire. 

Lubin dit que je sois jolie 
Que je pois seul* le rendre beareox ; 
Qiié j^feias le btmfaeur de si Tie. 
Ek bien ! je vais combler ses Toniz. 
Ah .' c'en est fait , c^en e^ iait , je me venge , (Bi« ) 
£t je |irends Lubln pour mari ; (^0 

Ptti:iqa'aajoard^baî mon amant diange 
Moi je puis bien changer au:isl. 

Oui, y'ià qa*est décidé... Ah ! moQ Dieu! 
mon Dîèu ! suis-je malheureose ! 

( Elle pleure. ) 

SCÈNE III- 

NICÎBTÏE, SGHLAGI5E. 

SCBLAGVE. 

Eé bien f petite fille, qû^afei-fôus à rérser 
des larmes de bleurs 9 

M CETTE. 

Je ne pleure pas , mon père ? 

SCBLAGUI. 

t 

Fous foulez lire , en disant que fous ne 
bléurer jJas;.. Qu'afer-tous ? 

- ^iCETTB. 

Je n'ai rien. 



^ LE FIFRE DU ROI D£ PRUSSE. 

SCBLAGOE. 

Faut pas bleurer pour ça. 

VIGBTTB. 

Tiens 9 ça tous est bien abé à dire , moo 
père 9 faut pas pleurer t 

SCBLAGOE. 

Saos toute... Un petite fille doit toujours 
être gaie 9 sans tristesse, ralsonuaplemeot 
parlant. 

HIGETTB. 

Oui, gaie... Quand Tulututu me laisse 1&. 

SGHLAGUE. 

Que tite-fous donc ?... Moosir Tirlitilu ? 

HICETTE. 

Depuis qu'il est inspecteur dés prisonniers 
à Spandau , il ne veut plus de mol. 

SCHLAGUE. 

Je m*avre toujours douté que la for- 
tune le changerait 9 ce monsir Tirlititu..^. 
Larce qu'il est inspecteur de Spandau!... Eh 
bien ! moi I j'en suis le concierge , et s'il 
être tetans dans la prison 9 je suis à la porte 
moi. 

mCETTE. 

£h bien ! oui , il nous y laisse. Ah ! ah ! 

SGBLAGQE. 

Voilà comme sont tous les hommes , rai- 




sonnaplemeQt barlant. .. Alloc 
y n'man(]ue pas de mari». 



Aindei Pierrots. 

Allons , ma Elle, (ilui de tristesse. 
Tu trouffru un nuire arnanl. 
Il aura pour Un ^lus d'IcaHieste 
Qu'n'cD avait Ion premier galanl ; 
Plus d'un jeiin'gens tîcDlra , ',e gage , 
Te làir' In cour ; tu clin'siros , 
£1 Iniu les garçuQS du lUlage 
T'épDUMTOnt quand tu voiidru, 

Vons aveu beau dire , mon père , 
digne de la part de Turlutulu. 



ki 



elle, raisannaplemcnt bariciiit. 

SI CETTE. 

Me tromper pour Taire la cour à u 

B C O L A G l.' E. 

Comment? 



9$ LE FIFKE DU ROI DE PKVSSJ 

IfIGETTE. 

Oui f Monsieur est Amoureux de ce 
moiselle CoDstaoce 9 qui semble être 
tout exprès pour m'eulerer mou amai 

5CBI.ÀGVB. 

Voilà qui est particulier... Cet te jeuQ 
m*ayfe demandé un reatré-^'Yous , ici 
rheure « tout de suite 5 pour me dire q 
chose de bien intéressant. 

NICETTE. 

Je parie que c*est pour yoir Turlut 

SGOLAGUE. 

Allons, TOUS n'afez que Totre TirlituI 
la tête... Rentrez à la maison. 

NIGETTB. 

Je sais bien ce que je ferai. 

eCBLAGVE. 

Eh bien I que ferez-YÇu? ? 

NICETTE. 

Le roi Tiendra sans doute iqi ayant 
lalUe 9 jo lui parlerai, 

SCHtAGUE. 

Vous lui barlerez ? 

m • 

NICETTE. 

Oui f oui 9 je lui parlerai. 



SCÈNE IV. 97 

Il ne vous répondra pas... Rentrez , encore 
une fois. 

NI CETTE. 

Prenez garde surtout^ mon père 9 de ne 
pas TOUS laisser attraper par cette deiiuo^elle. 

SGH^AQUE. 

Est-ce que j*ai une figure qu'on attrape ? 

KICETTE. 

Non 9 mais tous pourriez bien ne pas Voir 
ga'pn veut... 

SGHX'AGVS. } 

Ghe yois tout. 

, iriCBiTE» ^part. 

Excepté ce qu'il ne y^it pa^. ( H)^(fi' } Mé- 
Gez-Yous toujours > mon père. 

(EUesort.) 

■ SCÈNE IV. ' ■ .' .,:^. :, 

SGHLAGdE. 

Cette dame 9.1! |)iAraiU*4Ît^ court après les 

^>firler... Est-ce que m k^tfrti fi\\f: MJ'^if ^ 
pffiotufcuçe ép nioî ?.% p'e§t p,oint;ji^pii).9#iWe.. 
On a des momens de déiespcfr^ij^ Tjint pi|f 



98 LE FIFRE DU ROI DE PRUSSE^ 

pour eUe,che suis insensible. . . et froid commo 
un marbre de glace. 

▲lA : JJse épouse Vheau Gemanee, 

Quand j^étaîs dans la jeunesse, 
rétais tout plein de tendresse ; 
Et pour pvoufer mon amour, 
Ttn barlais la nuit , le iour. 
Maini'nant c^est une autre affaire , 
Che ne suis plus éloquent, 
A mon âge on diût se taire , 
Raisonnaplemeni barlant. 

Je Tenlends , che croîs... Tertef ! Elle être 
pien cholle' aujourd'hui ! 

SCÈNE 

CONSTANCE, SCHLAGOE. 

CONSTANCE. 

Yolci Schlague , je ne sais comment lui 
dire.k. 

SC0LAGVE. 

Ne la regardons pas. 

CONSTAHCK. 

Que pensera-t-il de moi en apprenant que 
la baronne de Lisbourga pris ces habits pour 
chercher à voir son amant ?... C'est là qu'il 
est enfermé. 




SCÈWE V. 



S9 



•CB 



Elle se consulter Monlamc , j'écoute... je 
I TGgnrde pas. 

COStTAKCZ, 

Mon ober Schlague t... 

SCBLACCE. 

Mnn cher Schlaguc I Elle a dit mon cher 
ESchUgue! ..OfettudeBAlleaaaDiis, souiieas- 

COKSTAUCC. 



SCBLtGCE. 

Plus le toute! 

COKSTtNCE. 

MoQ boahcur dépend de tous. 

SCHLAGDE. 

La voilà barlie. 



M. Schliif 



, ne soyez pas cruel. 



I|, Montamcl... ( A part. ) Ché pien entie 
4 de ne pas l'être. 



Tous TOUS laissez toucher 7 



I%i LE FIFRE DU KOI HE PRUSSE. 

DttiM|MMrt, et pronptemeiiV» 
êJliu pvèi de BMNi «Qianty 
El cBtet-Uiî que m belle , 
Fuyint les plaisirs , hélas ! 
Lui sera toujours fidèle. 

SCOLàOUB. 

MoAtiOie , ça n'se peut pas. 

GONSTAHCC 

Comment » tous dc pouTei pas ? 

SCHLAGVB. 

SI fait, che le peux, si che yeux me faire 
chasser.. « 

GONSTAV GB. 

Croyei que ma reconnaissauce... 

scblàciib. 
G*hentendre pas de o*t*oreille4A. 

MU de la Légère^ 

Iiiil)Ossîble , 

Impossible , « 

A tout di'doîs être însensihle. 
Impossible» 
Impossible, 
He retenei pas 
Mes pat . 

coKsnNcm. 

, • • • < • ■ • 

Je Teox lui dir^ «n ^eol mot 
Pour qilmer sa lin 

Q 



SGËNE V. toc 

CONSTANCE. 

C'est elle que vous vofét devant tous- 
J'ai pris ce déguisement pour éloi^Aci^' tout 
soupçon. 

Entendons-nous ) s'il vous plaît... •• Vous 
tisiez tout à riieure.... 

<!0ltS*"A*lf0E.' 

Que yâ\iné te jetinc Yrdtof d'Herléîtfr qui 
est enferme dans cette prison , et que Fré- 
déric a puni pour une faute dont je suis la 
cause. 

SCHLACVE. 

C'est bien dilTcrcnt J... Clie no peux plus 
TOUS écouter. 

edvsTÂi^cc. 
ComibéJftt? 

SGBLACUE. * 

Foici fotre bourse. 

COlVSTAlvèE. 

Mais ècoutezHiiél. 

AIR : L'amour est un di&Kvoùigf, 

r 

Ail ! paîsquc par ma prière y . r 
Je ne puis vous attendrir : 
Si rien ne peut i^AiTlIèâSfr, 
Pourrais-je au AMM iSMtài 
Une faveur bicn-I^M ? 






I 



loi LE FIFRE DU KOI HE PRUSSE. 

Dema|MMrty et pronptemeiiV» 
ADez prêt de BMNi avant» 
Et ditcf-Uû que la bclli: , 
Fuyant les pbîans , hélas ! 
Lui sera toajoars fidék. 

SCOLàOUB. 

Moatamey ça n'se peut |iai. 

GO!f 8TA1ICC 

Gomment » tous do pouyes pas ? 

SCHLAGVE. 

SI fait, chc le peux, si che veux me faire 
ehasser..« 

GONSTAV GB. 

Croyei que ma reconnaîssaoce... 

scblàcve. 
G*hentendre pas de c't'orcUle-U. 

AIR de la Lè^re^ 

lin})0ssîble , 
Impossible , « 

A tout ch^dois être insensible. 
Impossible , 
Imposable y 
X7e retenez pas 
Mes pas 

CONSTAlfCa. 

Je Yeux lui dir^ un seul mot 
Four calmer sa vive flamme. 




i( IVépAlc , MadamR ; 

>t , c'est bcaiiam^i de Irop. 



moi , l'on m'en ilirail quatre : 
[, Uonsicur Schiaguc, sortez d'ici! 
Iin[ia.s^ihle , 
Impossible , 



Impoiiible , 



Impossible , 



(Schlila 



^^« irriFEE DU ROI DE PRUSSE. 

NUliMno^elle « oe trouTez-Tous pas qu'li fiiit 
Wu b«au pour se promeoer ? 

CONSTAIf GB. 

Aiissf ) )e profite de la permission que tous 
iiravei donnée de fréquenter ces jardins. 

Ah! Mademoiselle, c*est un bien (rand 
boaheuc pour ces jardins... Ôufl 

COHSTAVCB. 

JA't ttion Dieu ; quel soupir I 
tcatUTUTU, a part. 
Elle l'a entendu ; c'est bon signe. 

COVSTABGE. 

Seriez-Yous amoureux ? 

TVILO TUTO» 

Si je suis amoureuxl... Comme on ne Test 
pas. 

C05STAXfCE. 

Comment, tous , amoureux !... Je croyais 
que la gloire seule occupait votre esprit, 

TUBLVTCTU. 

Ah ! Mademoiselle !... (A part. ) C'est là 
le moment de lui déclarer... Mais comment 
fairepour lui aTOuerque c'est elle que j'aime?.. 
Jamais je n'oserai le lui dire en face. En ne la 
regardant pas , j'aurai peut-être plus de cou- 
rage. 



k 



SCËNC VU. 107 

NSIANCB, à part. 
Mais je perds ici un tems précieux... Avi- 
i mojuns de voir Vioiuc. 

(Elle son.) 

TCILHICTU, loujnurs à pail. 

c'eal une bnnne idùe!.... Fesonï 
si pHe n'j était pas. .. C'est pn..., 
( Haut , sans te retourner. ) Oui ! Mademoi- 
selle , je suis amoureux I Ne vous metici pas 
en colËre , si je fous le dis... Al> ! moQ Dieu 
je parie qu'elle me fait des yeux I-.. G'esl que 
Yousëteâ 61 jolie!... Mademoiselle, permettez- 
moi de baiser votre jolie main... Tiens , elle 
ne dit rien \... Qui ne dît mot cou.'ient. {li 
sejelU (t genoux en sa retournant. ) Eh bieD l 
il n'y a personne I,.. Ah ! tant mieltx, ella 
n'aura pas entendu ma dêclarbilinn... Je m'y 
èlaia mal pris. ( Il se relève . ) Quel. dommage 
que je ne sache pas écrire ; on est bien plus 
hardi dans une lettre... C'est embarrassant... 
Ab I mais toir.i l'heure où j'ai promis à mes 
prisonoicrs de les laisser prendre l'air... Le 
devoir avant tout... ( /( ouDre. ) Messieurs, 
vous pouTei sortir. 




^ LE riFKE PtH MI'H PKVSSB. 
TORLOTUTD, VlCTOit^ flWP<»tfn. 

TIGTOi. airPOLTTI. 

Pubpîe ioiu d^ ii6m floiabMNM^ 









£i!mK.dr«|po^yetc« : -m 



TIGTpJU 

nèssieurâ , je suis bieq .^pti^ 9çrT4tÇj|);y 
£h bien I commeDces-ybus à Vous habituer 
à TOtre retraite ? 

TIGTOR. 

Comment donc?... nous serions bien dif* 
ficîles... Il n'est pas de séjour plus agréable» 
n'est-ce pas^ Hîppoljte ? 




Je le conseille de pliiisantiir, quand c'est 
piir Ion étuiirdurie seule que nous soiniiies 

^HJOn dir.nll que lu n'es pas content d'y Sire. 

^B BIPPOIÏTE, 

Toi , lu as iiiérilé la disgrfire ; mais moi , 
qu'ai-je lait pouc la parlager ? 

Tu t'es facrilîé & l'amitic... lu joucj dans 
cette alTiiire uo rûlc siiperbg ! J'en appelle à 
Turlututu... 5uis-je bien cuupubls ?... j'aitne 

Ie femme charmanle, 
TVBtUTCTO. 
]c seus bien ça, 
ÏIOTOB. 
Celle femme charmiinte m'aime. 
TPBLtTtTTIl. 



f On TOUS donne uu rendei'-vous!... Bon- 
heur sur bonheur! > i->,.m ;ii;> 



gie LEFITIVEDUHOI DEPRUSS£« 

TtCTOI. 

J*7 rele de raiie. 

tritVTUTr. 
Oh I comme G*est cela» 

fICTOB. 

Mon cher Hlppolyte m'y accompagne. 

BIFPOLTTB. 

Jusqu'à la porte, qoi se referme sur mei tî 
me laisse le maître de contempler la nature. 

TlCtOB. 

Te mets-tu à ma place , Tnrlututù ? Je suis 
tête-à-tête ayec une j^îe femme, je lui parle 
de mon amour. 

Ah t Dieu ! il y a de quoi... 

yiQtOé. 

Pouvaîs^je penser ^ue l^eore m'appelait 
auprès de Frédéric 9 

Aia ."l'tf la robe et les battes». 

Lorsqu^on est près ^odc femme qu^on aime , 

Et qu^on adinife SCS »Uraits ; 
^Lorsque les yeux dans une ivresse extrême 

Devinent maints charmes secrets ; 
Quand la pudeur iougit le tetat de roses 
De la beauté qni reçoit nos lertneiis » 



Qn'ilat 



SCtU TIIL 

• 



IKt 



■irr^LTiL 



letarfacs« 



icr«] 



aniL.. GCjtMi 



Oui . c'est y]5 L^ 





▼ tCT« 



J*ai 
Tineé 



tiB LEPIPRBlNJBOIDXPBnSSE. 

TICTOI. ' ■■< 

Bt qudb est la belle qui a sa diarmer Im 

cœur f 

• ■ * * • 

• îvai&oTuru, 

Iroaghieji-TDui tout ce qu*il y a de plue 
joli l.ff des yeus !... ah I... eCîime.bo'iidio I 
oh I •• TOUS ne tous en (aîtôt pea d/id^e... Je 
pense à une chose... tous êtes si obKgeant, 
M. Victor 9 si tous rouliez lui écrire une pe- 
tite dtolaration ren mon nom; 

HIPPOLTTE. 

Et oomcnefit se nomme cette beauté ? 

4 

TV B 1.111 HTC 

Coostaoce. 

I 

TIGTOa. 

Constance!.,. Est-il possible ?...' 
. Oiàl 

TICTOB 9 kpasî. 

Mon amie ! ' ' 

HlPPÔtTTE. 

Parbleul n'y a-t-il qu'une femme au monde 
qui se nomme Constance? 

TUBLUTVT1T. 

Qu'est-ce qu'ils ont donc ?... Eh bien ouif 
elle se nomme Constance. 




SCÈNE vni. 

VICTUR. 

C'est ui) bien joli nom. 

II y a hait jours qu'elle est venue dans ces 
environs. 

TIOTOB. 

iluil jours ?... 

TCBLOTCTB. 

Oui.... jnateincDt le lendemain de votre 
Érriréc icL 

VICTOR. 

Âh.'mon Dieu! si c'était... 

Allons, où diable vae-tu ('imaginer?... 



Madame la baronne de Lisbourg!. .. lu Ten- 
tends; ah ! mon ami !..., c'est elle !.... plus 
de donic .. Mnn cher Turlutulu. j« vais écrire 
talellrs... vite de l'encre, une plume... Ahl 
mun cher ami I... que lu as bien Tait de de- 
venir amourtux de celle rorame-là , tu tna 
rends uu grand service... je vais lui écrire. 






s dicter. 



ii4 LE FIFRE DU llOI DE PRUSSE. 

TlCTOft. 

Ouï « oui , dicte toul ce que tu Youdras. 

TeiLOTIITV. 

f M<^deinoi«elle. » . 

TICTOA, TÎTCneot. » 

Ma chère Constance ! 

TOaLOTOTH. 

Oh 1 non , il ne faut pas mettre ma chère 
Constance, nous n'en sommes pas encore 
là... t Mademoiselle. » 

▼iCToa. 
Bbdemoîselle. 

TVaLOTOTU. 

« Depuis huit jours que je tous Tois... » 

▼ iCToa. 
Depuis huit jours que je ne tous toîs pas. 

TVaLOTUTV. 

Que je tous toîs , donc* 

TIGTOa. 

Oui. 

TVaLUTUTV. 

«Je languis 9 je sèche... tos yeux m'ont 
» tourné la tête... et., comme je yous disui:*, 

> depuis huit jours que je yous rots... je huis 

> amoureux... Prenez pitié d'un malheureux 




SCkNE VIII. 1.5 

s TOS charmes rendent imbécile I... Iin- 

H bécile... y Ëles-rous? imbécile !.... sur 

u ce , Mitilemoiselle , je tous prie d'eicusec 
D ma hardiesse... Ma hnrdiesse... arec ta~ 
« quelle j'ai l'honneur d'Être le plus re^pec- 
V lucux des fifre; , Turlulutu. a Ça n'esl pas 
mal cuinme ça , n'est-ce pas ? 

tTlCTOB. 
C'est très-bien ! 
01 



F Oh ! ja te jure qu'elle sera enchantée da 
lyle de cette lettre. 



Justeineiiljeren tends... Mes 



C'est elle ! Grand Dieu I 



Qu'est-ce qu'il a donis aujourd'hui , avec 
les exclamaliuus 1 Allons , rcnlrst , rentre; !. 



K Comment! tu veux? 

' TUBLDIDTU. 

11 le faut ; fous saiex que la consigne est 
IrÈs-séïère U-desSus... Tous dc pouiei Toir 
personne. 

( VxIaT cl HIppoljU: rentrent dftU la prifUB. ) 



< 

ii« LE FIFRE DU ROfDE PRUSSE. 

SCÈNE IX. 

TURLUTUTU, CONSTANCE. 



c OUST Aires. 



Je D*ai pu rieo obtenir de Schlngue... En- 
core ce fifre ! 

TOlLCTtTU. 

Mademoiselle , je tous demande bien par- 
don. C'eH... 

CONSTANCE. 

Que Toulez-Yous ? 

Tt&LUTUTUy lui présentant la lettre. 
Vous voyez... 

COlf STAirCE. 

Comment !... Quelle est cette lettre ? 

TVUtVTV, 

'AUldame, je ne peux pas tous dire ça, 
moi. 

CONSTANCE. 

Mais puis-je au moins sayolr de qui ? 

TCaLVTQTV. 

• Ah! c'est différent.... C'est.... Ah ! je ne 
peux pas vous dire cela non plus.... (A 
part. ) Cachons-nous, et voyons un peu 
comme elle prendra ça. 




■ Ma chère Constance , depuis huit jours 

que je ne vous toÎs p-is, je ne connais plus 

Je boDheiir... Le hasard, ou plutfiE l'amour 

, de ce Cfri: pour vous , me fournil !e moyen 

'Oiis écrire... Servei-voos du iiiOuie pour 

r répotiJre, et comptez sur l'amour de Victor." 

lOhUud bonheur! 



tv 


iiOTDIO. 






1 Ah!p&,siieD 
ken contente. 


me trompe, 


elle 


parait 


VajoBn comment 
PubquEeuccmm 


çafiDia, 






Pour mui quen.- niiiiLibl.: surprise ! 
Le Die, d'amour me favorise. 
. Par celte Icllre Je Victor, 

Je sui» tin qu'il m'aime rneor. 
bonheur 1 ô bonlieur ! j'ai ,1e sa cunsl 
Ls douce aaurance. 


ncc 





u6 LE FIFRE DU BOI DE PRUSSE; 

Dieu oie purdonM ! eih baisa la iettrt L.« 

Ah ! çà 5 mais alors. 

Voyons commoit ea fkini , 
Puisque ça eouunencc comm* çiu 

Elle 8*asseolt , elle écrit. 

GOlfSTAirCB. 

DcvxiiMB couptvr. 
SerrooMioas de la même rose. 

TURLUTUTU. 

Je ne sais pas si je m'abuse ; 
Mais je crois qu'elle me répond. 
Vraiment mon bonheur me confond. 

CONSTANCE , Sniuant m I«ttr«. 

Gier Victor ! cher Victor ! tu sais que je t*aime ; 
Aime-moi de même. 

( EU« pUt k ItUre. ; 
TVILCTOTU. 

£st-on plus heureux que moi P 

Ah ! ça devait finir par là , 
Puisque ça commençait comm'ça. 

(A t'ftYtBce.) 

Mademoiselle , c'est en tremblant si... 

CONSTANCE. 

Rassures-Tous ; je tous sais gré de fotre 







SCÉSE X. 






tTnx.Trrti;, 



^ads sent mes vèx^tiMrs ^tnatenH^.N Oli l 
ce ■''est f»s «h» i|iie i^srie «ne iHMMue ^pm 
n'aime pas.^ Ei)e«it —wiioj^e^v. Uk! IVmn 
lttt«t«..«^«ele ëetteyi^aimeefKittrM^^lliÀt 
ToyoBS ce ^ae conùcni si korN.. C em i e 
jt ne sais pas Ure^ ly^eJ^at.,. !i. Tkt^ i 

fihbîcal 



J'ai remis b lettre. 

f ICTOE. 

Boq! 

Oa a exprunê une douce joie en la 

Tau t. 



xi6 LE FIFRE DU BOI DE PRUSSE: 

» 

Dieu oie purdonM ! eih baise la \Mt% f..« 
Ah ! çà 5 mais alors. 

Voyons commcftt ea fkini , 
Puisque ça eouunencc comm* çiu 

£Ue s'asseoit , elle écrit. 

GOlfSTAirCB. 
DEVXliMB coupcvr. 
SenrooMioiu de la même rase. 

TURLUTUTU. 

Je ne sais pas si je m^abuse ; 
Mais je crois quelle me répond. 
Vraiment mon bonheur me confond. 

CONSTANCE . ftniinut m I«ttr«. 

Gier Victor ! cher Victor ! tu sais que je t*aime ; 
Aime-moi de même. 

( EU« pUt k lettre. ; 
TVILOTOTU. 

Est-on plus heureux que moi P 

Ah ! ça devait finir par là , 
Puisque ça commençait comm^ça. 

(il t'ftYMCe.) 

Mademoiselle , c'est en tremblant si... 

CONSTÀHCE. 

Rassures-Tous ; je tous sais gré de fotre 



SCË3IEX. 119 

iéroarche... Prtnci celte lettre» tous y rerrei 
i|iiels sout mes Tèritabies sentÙDeaft» 

(EBewrtO 

scaÈNE X. 

TURLUTUTU , <l'«l»r<l seul; puis TICTOK 
ET HIPPOLYTB. 

TURLVTOTV. 

KissDaBz-vous... Je tous sais gré de TOtro 
démarche... Prenez cette lettre, \ous y rerret 
quels sont mes léritables seDlimens..> Oh l 
ce o*est pas ainsi que parle une femme qui 
DVime pas... Elle<«st amoureuse... Ohl Tur- 
lutuCii... quelle belle journée poiM* toi!..* Mai)i 
voyons ce que contient sa lettre... Coni.mf 
)e ne sais pas lire^ appelons... M. Tictor ! 

( Il oui^rf U priiftA. ) 

f 1 c T o a. 

fih bien! 

J*ai remis la lettre. 

TlCTOft. 

Boa! 

tVlLVTOTV* 

On a exprimé une douce joie eo b ncâ^ 

▼au t. 



iab' LE FIFRE DU ROI DE PRUSSE. 

VICTOR. 

Est-il possible ? 

TDBtUTUTU. 

Et de plus... 

TlCTOft. 

De plus ? 

TUBLOTUTV. 

On a baisé la lettre. 

YICTOB. 

On a baisé la lettre !... Oh I mon ami ! 
comibiéb je te remercie... ' 

TOBLUTUTU. 

De quoi donc ? 

▼ IGTOA. 

De me conter cela , ça me fait plaisir pour 
toî. 

TUELOTUTr. 

Ce n*est pas tout-, on a repondu. 

VICTOR. 

On a répondu!... On a répondu !... Oh ! 
en vérité , Turlututu^ tu es un homme char- 
mant ! 

TUBLUTVTU. 

Et voici la réponse. 

VICTOR; 

Donne, donne vite!... Ah J ma chère Cons- 
tance ! 

( 11 iKiise la lettre. ) 



SCÈNE X 
âéinarcTie...Preneï celle lettre, tous y t 



qiiela sont me 


véritables seaiîmen 
(Elle 

SCÈNE X. 


son.) 


Tl'RLUTUTU 


, 4'aboiil tnil; puis 
T IUPPOLÏTE. 


TICÏOR 



RissiKEt-voua... Je voas sais gré de TOlrs 
démarche... Prenez cette lettre, vous y vcrrei 
quels sont mes têrilBbles sefllimeng,.^ Oh ■ 
ce n'est pas ainsi que parle une femme qui 
o'aime pas... Ulie««t ami>ureusc.., Olil Tur- 
lututu... quelle belle journée pourloil... Mais 
voyons ce que coutienl sa lettre. ,. Cojiiaïf 
je ne sais pas lire, ap^tclons... M. Tiutur I 
(IUL.,rel-i>ri,c,«.) 

Ëh bien 1 

TURLUTEIO. 

J'ai remis la Icltre. 

TICTOR. 

Bon I 

TcnmiDni. 
On a eipriiné une douce joie en b recc- 



laa LE FIFRE DU ROI DE PRUSSE. 

YIGTOl. 

« Comme je ne yeux pas vous ôter to«U 
n espérance 9 je couseos non pas à tous «n- 
w tendre 9 parce que je craiodrais un pareil 
» entretren. » 

Il y a ça 9 qu'elle craindrait un pareil en^ ' 
tretien ? Vous redtendec ? 

TIGTOI. 

« Mais faites - luoi parler de votre amour 
» par UD interprète de vos sentinicns 9 et je 
t lut répondrai ce que je crois devoir loi ré- 
» pondre. » Tu Ten tends 9 Turlutulu ? 

TUBLOTUTU. 

Ah ! diable ! Voilà qui m*embarrasse. 

vijctoa. 
Comment ? 

TOElTJTUTr. 

Oui... où trouver cet interprète ? 

VICTOR. 

Oh l dame ! c'est difficile.... Moi , je l*en 
servirais bien 9 si tu voulais. 

TDRLWTUTH. 

Vous, M. Victor?... Oh! oui; mais U 
consigne... 

V ICTOB. 

Ah ! c'est juste , la coûsigne... Que veux- 




1 



Le \itia concierge !... ï penseî-TOus ? 

«ICTOB. 

Je tic yaii que lui. 



r ohi 


mqn Die 


! mo 


Di 


n! Qi 


el em- 


Ur..! 


... Maudile COI 




! W. 


Victor, 


plimhe 


donc un 


iiiojen 


de. 






Miiîs après ton 


,laco 


signe peni 


e Woter 


nn peu 


. V'a]\U. 






p sorli 


ons pas 


de li... 


Amène la 


belle 


ci, 




bieuiût 


fait... S 


l'on nui 


s Mirp 


Cl,.! 


c'est 


nnni qui 


serai pu 


ni ; mais 


rini porte.. 


Tuas 


eu pour 


lijoi bea 


ucoupd'f garda. 


je n 


e sacr 


fie... Va 


cberohe 


cet le Go 


n'^lsncf 


qni 


a l'air d 


esi bien 


f.imer 


el ]e le 


épotids 


nu* 


tic ne 


ési-îlera 


r-in, 


on él 0(111 


nra ; je p! 


iderai 


ta cause 


Kecc. 


feu.... « 


ada ie 


fera 


comn 


le pour 



' Oh ! H. Victor , q^.e tous files bon ! ( ^ 

-«■(. ) Voilà comme un l-.ienlail n'csl jamais 

_erdQ.., J'ai ou pour UQ jeune homme des 

i:^ards, des prévenances'; eh bien ! il se 

Pj^Tiarge de mes inlérûla... Vraiment on nesl 

15 plus obligeant. 

( n wl.) 



134 LE FIFRE DU ROI DE PRUSSE. 

SCÈNE XL . 

YICTOR, HIPPOLYTE. 

TICTOB. 

Oh ! quel bonheur ! moo cher Hippoljte. 
Je vais la Yoir, lui parler... Mais partage dooo 
Dia joie. 

HIPPOLYTE. 

Je la partagerais sincèicinent, sinousctioos 
hors d'ici. 

YIGTOB. 

Eh ! qu'importe , puisque Constaoce y est 
aussi ? 

HIPFOLYTE.' 

Cela me fait beaucoup de bien, à moi. 

TTJRLUTVTU, CD dehors. 
Par ici y Mademoiselle , s'il vous plaîk. 

VICTOR. 

La voici !... Oh ! mon ami , rends-moi un 
grand service, occupe Turlututu tout le tems 
que je parlerai à Cun^tance. 

HIPPOLYTE. 

C'est cela , toujours les petites commis- 
sions agréables. 




SCÈNE Xtl. 

SCÈNE XII. 



lin : Quand ta 
Approchez , charmanti 



llïïle làpcmlaiil ce Ictus. 



Daigne I rêponJrp 
Du plus tepdre <\c. 



Slannciir , VOlr.T ami ïraiinenl 
Esl puur Doi bien tam^ilaiiiaiit. 



(Bl,.) 



11 VOUS adoTcrn sans cesse , 
Et Kijei «lire que jamais 
U DE Uabïra sa ICDcIceise. 



s LE FIFRE DU ROI DE PRUSSE. 
Vos yeux » si jolis , si doux , 
Vous en donaenl Tassuranoe , 
Je me jette à vos genoux. « 

TURLUTUTU. 

A-t-oir plus de complaisance ? 
Il se jette à ses genoux. 

HIPPOLYTE. 

n se jette à sef genoux. 

CQVSTÂNCB. 

Cîelî Viotor, y pensez-vous ? ^^ 

VICTOR. 

n veut vous consacrer sa vie ; 
Encouragez ses feux discrets. 
Il baise votre main jolie. 

TURLUTVTU ^ à Rippolytc. 

Comme il prend mes intérêts ! (4 fois. ) 

(on entend battre «nx ih»mpt. ) 
TVHLQTUTU. 

Oh ! mon Dieu ! c>st le roi I Eh ! vite j 
iSsieurS) rentrez dans votre prison. 

(Us rentrent.) 

(Constance sort.) 



SCÈNE XIII. 137 

SCÈNE XIII. 

TURLUTUTU,^ tillageois , tiuageoises , 
puis FRÉDÉRIC et D HARLEIM , soir 
mijob; SCHLAGUE, NICETTE. 

CHOEIJl. 

AIR : Ah / pour Saint-Çyr, 

LîvrODS^BOiis à Tanégresse ; 
D'ctre joyeux tout nous fait la loi. 
Uo prince , en ce jour d'ivresse » , 
S''montre à nous plein de tendresse. 
Vive le Roi ! Vive le Roi î 

V A i-D B 1 1 C ^ entrant en scène arec le nuqor d'flar* 

Icim. 

Eh ! non » morbleu ! M. le Mnjor , je ne 
TOUS donnerai pas raison sur ce point. Ces 
boutons ne sont pas trop uséâ ; il n*y a q|oe 
trois ans que je les porte ; ils n'ont fait que 
cinq campagnes, ils sont bien un peu rouilles 
mais qu'importe ! 

AïK : FUU à qui Von dit un secret. 

Les boutons zouîUés des soldats 
Doivent-ib donc choquer b vue ? 
Peut-on , après tant de combats » 
Observer la même tenue ? 



ia8 I.E FIFRE DU ROI DE PRUSSE. 

Beaucoup de gens ont des boutons bien beaux ; 
A les polir leurs mains sont ocaipées , 

Lor.stpie souvent dans leurs fourreaux 

Ils lussent rouiller leurs épées. 

LE MAJOA. 

Je niosiste plus , Sire. 

FAÉDBBIC. 

Et TOUS faites bien... D'ailleurs, Téconomie 
est le soutien 4*un état... £h ! comment au- 
rais-je complété mes superbes compagnies 
de grenadiers ? {Allant à ses o/JUiers.) Bien! 
mes amis 9 je suis content de vous ; même 
aclÎTité. même zèle. {A Schlague, ) Caporal, 
comment ! tu as une montre ? Il faut que tu 
sois bien économe pour avoir fait une pareille 
empiète ; la mienne Ta mal... Quelle heure 
est-il à la tienne ? 

SGBLAGUE. 

Sire ... elle oe marquait point les heures 
ni les minutes. 

(H tire sa montre.) 

vaéDéaic. 

Que vois-je ?... Une balle ! 

SGHLAGOE. 

Ya, Sire... Ce être une balle. 

AIR : n me faudra quitter Vempire» 

Je la reçus en Silésie , 

Sur mon cœur elle vint s'amortir ) 




SCtNE XIII. 
Ellr pm^a orôtiT la tir : 
Mais je puis cnÉore servir ; 
Uani mon gonRsct rllR demeure 
Celle monlrc csi pnui 
C«T elle m'avertit à louLe liciite 
Que j'doî! mourir pour mon |iajs. 






en , mon camarade, binn... Lv\n n 
tonue pis... lie Tieilic» moustaches ! 



Couverts de nobles rir^lricei. 

Je contemple ers grcnaificri , 

Apres de glorieui services, 

Se reiMUant Jans leurs tojcis. (Dis. ) 

iîil mainlcnsnt, si leurt genoux flécliisjcnl 

Sous le poidi de laixanle liiver* ; 
De noi loldats si l^'s clieveux blanchissent, 



Ail ! le Toilà, Turlulutu. {Bas au Major.) 
C'est un boufiba; il iti':<mitâe, et je lui pa.^se 
^ien Jea cIio;^es ; d'ailleurs, i:'cst un brave t 
{Haut.)Ëh bien! i:oiiiirii:nl le trouves-lu 
ta tiouvejle place ? 



Dame, Sire, asscx bien,... Cependant je 

regrullc le tems où )c juuuis du ûtn auprès 
ie vuus. 



tU LE FIFRE DU ROI DE PRUSSE. 
C*est ton courage que j'ai récompensé* 

tV&lOTVTV. 

Vous êtes bien bon, Sire : mais que voulez* 
TOUS « quand ou se trouve là , i\ quoi ça sert- 
il d'avoir peur ? 

PHéDKElG. 

Tu as raison... Bt tes deux prisonniers 
en es-tu content ? 

TUBLOTUrr. 

Ab 1 Sire 9 ce sont de bien aimables jeunes 
gens que ces deux pages 1 II me semble , 
Sire... 

FEéDéaiCy sévèrement. 

Il TOUS semble P 

TDELOTirTt. 

Non 9 non , il ne me semble pas... Je pense 
seulement... 

ToQS pensez ? 

Non y Sire , je ne pense pas ; je disais... 

FRBDBEI G. 

Vous dites ? 

TORLUTOTU. 

Je ne dis rien. 



SCÊHE Xlir. »3k 

FBBDÊBIC. 

Ils ont cafreiot U di^ciplioe militaire , îU 
doivent être punis... Voilà comme od fait les 
bons soldats. ( Se toummnL ) Iles amis avei- 
TOUS quelques plaifiles quelques léclamatioiis 
à faire?... Parles y )e suis prêt à toqs rcodre 
justice... Tout k moude est cooteot ; c'est 
bieo. 

mCETTB, S^aTaMML 

Sire !... 

FBÉDÉBIC. 

Hein ?... Quelle est cette jeune fille? 

TUBLVTUTU. 

Ah ! mon Dieu ! e*est Kicelte!... Jesopplio 
Totre Majesté de ne pas Técouter. 

vainiBijC^ 

Pourquoi donc ? 

7Xj%LVTVTV. 

Mais^... 

9B&i>éBiG9 sévèrement. 
Tais-toi. 

TUBIUTVTV. 

Oui 9 Sire. 

fbbd£big, àlïicefte. 
Parlez , ma belle enfant. 



i34 LE FIFRE DU ROI DE PRUSSE^ 

T I C T R. 

A.U 4n Petit Courrier. 

^h ! de mes voeui le pliis ardent , 
Ce$t d'exposer pour vous ipa yif . 

HIPPOLTTE. 

Faut-0, pour une étourderie , * 
Nous punir à séyéremeot ? 

FaÉDEaic. ^ 

ia discipline militaire 

Doit être tout po)ir un soldat. 

VXCTOJI. 

Sire , rien n'aurait pu nous £iire 
Oublier Theure d'un comoat. 

FAÉDÉ^IC. 

C'est bien ! c'est très-bien , Messieurs !... 
Mais fous resterez en prison malgré cela » 
l'exemple le Ycut. ( Allant à ses officiers, ) 
Messieurs y des rebelles osent encore, élever 
la Toix; mais rassurez-vons , mes grenadiers 
sont là pour lea faire taire... Au retoir, mes 
amis. 

CHOBUR. 

livrons-aons a Pallégresse, etc. 

(n soft aiasi 4«e kt vilbgcois. Oa enUnd U caBon p^r ia" 

.tervaiiM.) 




SCÈSE XV. i3S 

SCÈNE XV. 
\ICTOR, HIPPOLÏTE, TURLUTUTD. 

On va se battre , el nous sommes ici ? 

aiPFOLTTE. 

Quelle hoote! 

Allons ) Messieurs, consolez-TOus. 

TIOTOn. 

Mon cber Tiirlululu ! 

HJfltUTtTP. 

M. Victor? 



l'heure P 



Il ce que j'ai fait pour toi tout k 



Certainement, je tous e 
obli galion. 

viCToa. 
Renil3-inni un serïice. 

Farlei, si je le peuï. 

TICTOB. 

Lajsse-nous sortir. 



: grande 



LE FIFRE DU ROI DE PRUSSE. 

TOBLVTVTC. 

lorlir ! y pcnsex-vous ? 

BIPPOLTTE. 

Ion cher Turlututu ! 

TVRLVTUTV. 

mpossible 1 Messieurs , impossible 1 

VICTOR. 

écoute y Turlututu. 

kiK du major Palmer, 

Noos volons à la bataille , 
Et pleins de zèle et d^ardcur , 
Brayant bombes et mitraille , 
Nous priiuTons notre valeur. 

BIPPOLYTE. 

Sur IVnnemî je mVlance 
Dans le moment le plus beau , 
Et redoublant de vaillance , 
Soudain j^enlèvc un drapeau. 

yicToa. 

Moi , prés du roi je me raoge , 
Et courant de toutes parts , 
En un seul instant je change 
Nos ennemis en fuyards. 
Frédéric qui nous remarque 
Est charmé de nos transports , 
Et cet auguste monarque 
Dit, en oubliant nos torts : 



SCÈKE XV. 1J7 

« Noos TOUS dcTOQs la rictoîre ! » 

Sire , dis^ à ses ^tooiul , 

Votre fifre à celte §;loîre 

 laça plus de put €pit nous. 

€e tiaît sopeibe k toocbe , 

n est bientôt répandn ; 

L'on entend de booche en boudie 

Le nom de Turlatutu. (j^*) 

TUALDTUTV. 

Au fait y ça pourrait bcn arriter comme ib 
le disent. 

HIPPOLTTB. 

Ça ne peut pas manquer. 

YIGTOB. 

% 

D'ailleurs , nous te promettons d*6tre ici 
arant le retour du roi.... seulement le tttU)t 
de la bataille. 

TVRLUTUTU. 

Oui f et si TOUS êtes tués ? 

VICTOR. 

Ah I alors 9 je ne te promets pas... Cepen- 
lant nous ferons notre possible. 

BIPFOLTTE. 

Allons, TurlutulUy laisse-toi gagner ; on le 
bat maintenant^ et nous perdons du terni* 

TURLVTPTV. 

Allons , tenez , je Je reuz bien ; mail d^ 

$2. 



tSè LE riFREBU ROI DE PRUSSE. 

pêohes Tousse idrttr^ «{Aé Schliglilé île' tous 
Toie pfts... SuiTei^aioi. Ut Uur oiûfê !à pMë 
du mmcltrp^ ei ieur élU:) Saîitei-TOussN 

(IlfagrkQtO 

SCÈM XVI. 

TURLUTUTU, 

Or! Diev# comme ib courent! iont-îls 
lestés. ( On entend Schiague ^ui totuee daae 
ta cahetne. ) Yoici Schbgue qui Tieot, éf itons 
saprèseoce, 

( Il iè Mlis dSQs te i«Wbi. ) 

SCÈNE XVII. 
Bt6tiACt)£, d'iJKira seul, CONSTANCB» 

en toUelte élég9nle« 

On a pîen raison 4e dif e , raisoonaplemeot 
barlait, que les femmes iont de tous ce 
qu'elles Teulent ; ch'a?uis pîe« churé de Re 
pas me laisser gagner ; eb bien ! celte tame 
paronne , afre tant fait qu'elle m'avait se-* 
^uit... C^ fat^ lui Taire foir 'ébii prisonnier 
amant,. «. Meosîr Turjututu n'y Wre pM» 
ainsi... Ah ! tertef ♦ j'y pense , la grille qu'j 
être ouverte ; pendant qu'il causerait ici » U 
»*aurait qu'à s'échapper. ( // ferme U gritle, ) 



SCÈNE XVII. i39 

Mainlenant che suis en sûreté... Ah ! tous 
Tuilày Moutaine. 

CONSTANCE. 

Vous allex tous acquitter de TOtre pro* 
messe ? 

s CB LACHE. 

Oui 9 Montame... ( // ouvre la porte ^ et U 
anpêltê. ) Monsir Victor!... Il Ta Tenir, Mon* 
tauie... Monsir Victor!... tous pouvez sortir. 

CONSTANCE. 

Il ne Vient j^as. 

SCBLAGtJB. 

Monsir Victor I... allons, il ne feu t plui 
sortir à présent... il est peut-être endoruii».. 
che Tais tous Tamenèr. 

( Il catre dans la piiion. ) 

CONSTANCE. 

Je Tais donc pouToir lui parler sans té« 
moin , la présence du (ifre m*a tout à l'heora 
empêché de lui répondre : mais cette fbii«#» 

SCBLASVB. 

Montame , Montame , pins penonne. 
Que diles-TOus ? 

feClItAGtlt. 

Le prisonnier , il est eofolé. 



a4o UFIFaSDUHOIDEPaUSSL 

COirtTAMCB. 

Gnod Dîeo ! graod Dieu ! 

«CHLAfiVE. 

Bioiuir Turlututu ! montir Tarlututa ï 

SCaÈNE XVIII. 

Vt raicisBxt, TUKLDTDTU. 

TVILVTVTO. 

Eb bien ! eh bleo ! qu'est-ce qull j a ? 

8CHLACUE. 

Le prisoQoler , où être-t-il ? 

, GOFSTAHCB. 

Par pifié ! où est Victor 7 

T01LIITUTO5 étonné et a part. 

Que Tois-je ?.... mam'selle Constance en 
belle dame I..* quelle toilette!... £t puis c'te 
fandîliarité ^ où est Victor ?... {Haui. ) D'où 
sayez-Tous son nom ? 

COirSTAHOE. 

Encore une fois , où est-il ? 

TURLOTOTD. 

Il est allé se battre. 

GOIISTANCB. 

Voilà Je malheur que je craig^nais arriré. 



SCÈNE XVIU. i4t 

Je bénissais son esclavage, parce qu*il l'em- 
pêchait d'assister au combat. 

TVBLUTUTU y à part. 

Qu*est-ce que cela veut dire donc ? 

GOSrSTAlf CE. 

Ah I mon Dieu ! il Ta rc Tenir blessé... Je 
lui avais pourtant écrit que ses jours ni*étaient 
chers ? 

Comment I tous lui aTiez écrit que ^... J'y 
suis... La lettre 5 c'était une lettre de lui , 
c'était pour lui la réponse... £h bien I j'ai 
joué là un joli rôle. 

GONSTAXfCB. 

Oh ! ne tous en repentez pas y Taus nous 
aTez été bien utile. 

TUBIOTUTU. 

C'est fort agréable pour moi , et je ne m'é- 
tonne plus de tout son empressement... Ahl 
mon Dieu ! mon Dieu ! et moi qui me suis 
brouillé avec ma petite Nicette que j'aimais 
tant. 

COKSTAIf CB. 

Allons y consolez^Tous^ je tous raconomo- 
derai ensemble. 

TURLVTCTC. 

Justement, la Toici. 



t4i LBFiraEDVtlOtftti^RnSSE. 

SCÈUffE XDL 

W MiciBsvit.NICETTE. 

Js Mia^mmlAiMiii i|i|a^a»ttf ptéieiulue 
p^jruvBf est la baroQM 4f IiÛKNiff I th I 
tb ! M. Turiututu I 

Ma cbèr6 Nicetie ! 

riait-a, HoDsicur ? 

Tous aTez eu la bonté de demander au roi 
4e vi'épou^r. 

HlCtTTI. 

Je ne sarais ce que je disais ^ Monsieur. 

TUli:.UT1ITU. 

IVicètte I 
k Ke me parles jamais. 

CONSTANCE. 

Allons , allons » ma beUe amie , pourquoi 
affecter cet air d'indifférence qui est loin de 
ton cœur P... Faites la paix. 

AIR : Aimable etjçlie (du nouveau Nicaîse. } 
Puisqu'il est fidèle , 
Fais moins la cruelle^ 



SCi5£ XiX. 



«<3 



ai 

•4 

S 

«4 

K 
M 



Se sois pts rebeie ; 

MiKh 



Pwk -, 

n&at savoir 

Tous les îbsUbs ^^«b 



j» 



Pmsiiiie f siù fiièle. 
Fais ■MÙtth 

À not 
Ve sois pasrcMie. 
Piùsquc j^Miis tidcie , 
Fais mMBs la cmdk , 

A mon amour. 
Réponds k ttm loor. 

COKSTAKCB. 

PiHsqa'acstfidéie, 
Faboioiiis, de 

Kicsm. 
Paîsqii'îIcstidUle, 
rùàs noias la cradk, 

A son amow 
H^soymis pas nMfe. 

rfiûs MMK la cnicUt , 

A son amour 
JVéponds à mon tour. 

(6a 



lilaaAoo.) 



i44 LE FIFREDUKOIDE PRUSSE« 

ZriGETTE. 

Voici le roi. 

TUBLUTVTU. 

Ahl çkf mes prisonniers ne reviennent 
pas.... ils m*avaient tant promis d*ètre ici 
avant le roi. 

COHSTAirCE. 

Pourvu qu'il ne soit rien arrivé à mon 
cher Victor. 

SCÈNE XX. 

CES PAiciDEvs^ FRÉDÉRIC, oppicieas. 

GHOBOB. 

Victoire! (Ter.) 
Pliis de guerre , phis de combats ! 

La globe (Ttr. ) 

Giûde nos pas . (^i**) 

PBÉDÉBIG9 à ses officiers. 

Bien, mes amis^ vous avez tous fait preuve 
de valeur... vos troupes ont bien manœuvré^ 
mais je ne vois pas parmi vous les deux offi- 
ciers qui ont surpris ce fort occupé par l'en- 
nemi et qui ont enlevé les drapeaux ; dans la 
mêlée , je n'ai pu distinguer leurs traits. 

le majob. 

Sire , ils vont vous être présentés dans 
l'iLStaut. 



SCÈNE XX. 145 

FHEDéBIC. 

Voilà des braTes !... Ëh bien ! Turlutufu y 
c*est de la faute de tes prisonoiers^ si tu n'é- 
tais pas à la bataille. 

Gomment donc , Sire ? 

FH^DEBIG. 

Il fallait que tu restasses pour les garder. 

TOBLUTUTU , à part. 

Gela a bien réussi. (Haut.) Ah t oui^ Sire^ 
comme tous dites , pour les garder. 

PBéDÉBIC. 

Fais-les sortir maintenant ; je yeux (eur 
pardonner. 

TCBLUTtTU ; troublé. 

Ab 1 mon Dieu ! comment dites-rous ? 

FBEDERIC. 

Fais-les sortir. 

TUBLUTUTU. 

Scblague ^ le roi demande à Toir les pri^ 
sonniers , entendez-yous ? 

SGBLAÇVE. 

Gh'entendre fort plen*, mais yous afez la 
clef. 

Non , je ne l'ai pas. 

F. VaudeviUc». -^ l3 



i40 LE PIPAE»OmOIDEPBUSSI. 

Kb Mm t.foM b'noMiMie. 

- <■ lrttl»nhb. 
irobéit-OB P 

AhISiret... z ^ 
Qu'est-ce ? ' * 

Vos page»! 

f aii^iftic» 

Eh Dieol mes liages P 

Bs se, SOBI èdhBfpts 1 

PEiDiaic. 
Us se sont icBabp^s I.... Itforbleu I qtt*on 

en prison. 

TirBLUTUTV. 

C'était pour àllér^'la1>4taille. 

A la bataille... Deux ans !... {La baronne 
de Lisbourg s^avânbe. yi^ie vois-le ? La ba- 
ronne de lisbourg ! 

COirSTANCE. 

Elle-même , qui est cause de la première 
faute de Vjctor. 



SCÈIÎE \XI. 



'47 



La seconde est impardonnable, 
k Kon , S'fK , elle est excusable. 

FBÉDÉBIU. 

ETous Taites des nbserv.itioaa. Eh bicD ! )c 
[US Ciiase de vos fonctioJis. 

SCÈNE XXI. 
flriicÉDEi)s, VICÏOI)., HIPPOLYTE. 

LE IfAJaS. 

SitE, Toici les djÇUX ofllçiers que tous avez 
dejiiqndéa. 



im : Honneur à la muiique. 

Pour cm plus d'eiclavaf;c ; 
Car lei deux oITiciers 
Qui montrÊt'iii tant ^'couragir , 
Soat CM Aeiyt pTÙonnieti. 



R du Mag'sOtil invt/ruchabla. 



i43 LEFIFRE DUIVOI DE PRUSSE 

Car nous avons bravé rautorité ^ 
Mais cependant chacun de nous espérp 
Voir terminer notre captivité: (bû) 

VICTOfi. 

Oui , connaissant votre justice extrême , 
lïous sommes sûrs de sortir de prison ; 
Car nous yenons nous racheter nous-n^cme. 
Sire ! voilà notre rançon. 



( Us préseoUnt de» drapeaux. ^ ^ 
TUBLCTU.TO. 

Coipment t ce sont eax... Oh ! les braves 
jeunes gens !... Messieurs , le Roi vous par- 
donne. 

f&£d£eic. 

Tu m'as bien jugé... Victor et Ilippoljte, 
je vous nomme fous deux aides de camp 
de ipes gardes. Madame la baronne » ce grade 
jrend Victor votre égal. 

£▲ BAEOSIfE. 

Je vous entends , Sire. 

VICTOB ET BIPPOLTTE. 

Que de bontés 1 

A la bonne heure... o*est parler , cela... 

FBÉDBRIC. 

Je t'ai ôtc la place d'inspecteur de Spandau 
parce que tu as trop bon cœur pour la rem* 




SCÈSE XXI, il,, 

ilir ; )a te nomme huissier de la cbuinbre , à 
:<)iidition que tu apprendras à lire. 

Et i écrire aussi ; ça fait que je lirai el que 
l'écrirai mes letires moi-même. Je ne tous 
irai point chercher pour cela , M. Victor. 



k 



VAUDEVILLE. 

t yaudevUle des Ve/tors trompeur 

n faut fair' soi7mêin' sei aOnirei , 
L'|iroverb' )e dit , il n'a cas lorl ; 
Alix autre) aa ne songe guéres , 
C'est à wi (ju'on peese d'aboid, 
Uap'tît' Nicctle, qu'i'aim'nii inns cesse, 
Dcriendra me femme demeia, 
El pour lui prouver ma tendresse , 
J'u'irai pas chercLei le Toiiin. 

NtCKTTE.liTurluLllIK, 

Sans espàance de me plaire , 

El malgré mes refus constans , 

LnbÎD , le voisin de mon prre, 

He fail la CDur depuis lung-lenu. 

K Sans Ie moment de ma disgrâce , 

P Qumul lu me fuyais ce matio , 

I Conbien de fcmDici , a ma pbcc, 

1 allé' clicrchei le vuiiiu ! 



}(....> 



XliTmen, «(ivaiit looioii» m 



LE JUIF, 

COMÉDIE MECDOTIQUE EN DEUX ACTES, 

MÈLÉM DE YÀUDIYILLIS, 

Pab mm. â. ROUSSEAU, DÉSAUGIERS 

iT MESNARD; 

Représentée, pour b première fois, sur k tliéâtre 
de la porte Saint-Martin > le i4 nui 1823. 



mmÊ» 



PERSONNAGES 



• ^hi 



ISAAC SAiniEL , juif: 
LUCETTK RICHiJyi. ' 
M"« SIMONNE , aubergiste. 
CHARLES /fj^jifsgfilda^i : 
M. PINCÉt procaMr. ' ' \ 

DBEkraE , feîllcur. jToyageurs. 

M- DESCÉlWlfÇSf jJf i*?H«f V 
HOATENSB , actrice. 7 

TDOMAS , g^çf». 
UN SERGENT. 
EOSSl«NÛL,J. 1 

BRIS*TO«T,r' 

Pàtsans. 

Soldats. 

Vo LEVES. 



La scène est an village de Rémival , sur la route d'Or- 
léans , dans l'auberge de madame Simonne. 



/ 



LE JUIF, 

COMÉDIE. 

ACTE PREMIER. 



he théâtre rqïrésente la faOc ba»e dNine adbnge île 
Tillage ; il j a phiÂÎeiin fables , snr lêsifolêBtts sont 
des Terres , hrocs , bouteilles, de... d snrcbacmiey 
uoe lumière indiqaant qu^ii fait Boit , des bancs de 
boii et d;*s cliai:»es de paille j à droîfe flê racteor » 
au dernier pbo , eue porte conduisant dans rinlc- 
rieur: an fond , bf porte d^cntréc , et de chaque côte» 
un vitrage qui pcnnet de tout la campagne à Ta- 
teneur; tMe ^thftttlbée a Sfdîfe; une fenctic du 
même coté. 



SCÈNE I. 

ROSSIGNOT,, BMSETÔirr/fBOMAS, 

FAlfSAHS. 

( Au lever du ridétiu ,' Rossignol ct^ferisetout sont assis 
a une table à droite , sut le devant *de ' la scène , et 
boivent... Plusieurs paysans bohrént'par groupes 
aui dilférentcs tables , Thomas va de l'une à Tau- 
trc.) 

CHCBVA I>eS BUtBVlS. <^ 
AIR : /)*un ch€eui*'^§s Français en lôèMàHnèthéàU 

tjNtwns 
Vigù^i'ôns , 



i56 LE JUIF. 

CaressoDfi 
Les flacons f 
Soignons- 
La treille , 
Et fêtoàs 
La bouteille , 
Quand d'ces produite , 
JPenricki&soas Ppays , 
rètvm étfe les premiers servis. 

UN BÛVEVB « à UM table. 

A boir% garçon! 

TBpMA», à part. 

Dieu l coitene ils sont avides ! 
tS ÀÛTJÉB buyxuR , à une autre table. 
Thomas , du vin I 

THOMAS , portant une pinte à chacun d'eux. 

Vous allez en avoir. 

( à part.) 

Du tniin qu^ils vont , nos tonnes seraient bientôt vîdea^ 
S*il n^y atait pas de Peau daus rréservoir. 

CHOEnR DES BUVEUBS.r 

Éubons 
Vignerons , el?. 

BKi s ET u T , bas à Rossignol. 

Dis donc; Rossig^l , est-eeque ces chien» 
de paysaos ne s*en iront pa»? 

BOSSi GiroL, de même. 

Tais-toi, tu nous ferais remarquer. 



ACTE I, SCÈ5E I. iS; 

BHiSETOCTy de mênic. 

Ca t'est facile à dire ; mais les amis Dous 
atteodeot; la nuit est Teoue et voilà Theure 
où passe la diligence. 

T B o M A s , s^approcfaanl. 

Qu'est-ce que ces Messieurs parlent de la 
diligence? 

BRiSETOVT, d'un ton brutaK 

Hein ? qu'est-ce que cela te fait ? 

mossiGiiOL, bas à firisetont. 

Yois-tu , animal ! ( Haut d'un ton douce^ 
reux, ) Nous disions que la nuit approche , 
que ces braves gens vont rentrer dans leur 
}ogis y et qu'il nous faut aussi regagner !e oô- 
tre en diligence. 

THOMAS. 

Ah! c^est ça... regagner en dJIi... c^est le 
mot, voyez-vous, qui m'a fait de reflet^ 
parce qu'il n'y pas encore un mois qu'elle a 
été arrêtée à une lieue d^cL 

BBlSETOOt. 

La diligence? 

bossighoIh. 
Pas possible ! 

IBOMA». 

Si fait — que trop! on dit que font prêt 

F. VauJcvillr*. 3. »4 



^ w viUjge, dans la forêt , il y a uoe ùi'.re 
hMoàc de Toleur» ! 

BftiSETOVTf toujottuf btusqucmimt. 

Drs voleurs?. ... alkms donc^ 0*6^1 un 
oêole..* 

LES PATSA5S. 

C'est rrai... c'est vrai. 

TBOMAS. 

J*crois beo que c*est Traî..., Coirunent ! 
Monsieur, tous ne crpjex pas aux voleurs? 

BBISBTOVT. 

Iffon^ et jusqu'à ce que faîe été volé.. 

BOSSICHOf.. 

Silkic, sriait. ..{Bas, )Taî»^toi donc. {Hâta.) 
Oui , il y croit , j'y crois aussi , moi ;-c^ pour- 
quoi pas? est-ce qu'il n'y eo a pas eu de tout 
temsr je crois aux voleurs comme... à moi- 
même. 

-'aii: : Du PaadetnlU de la Sonuidnthule. 

Taot que Von verra Tig^raiice 
llitnrpnr les droits du talent , 
Et daos les efii|)l)is de finance 
Ep quelf|iies njoif s^enricbir up traîCant ) 
Tilnt qu'on verra reffroi.té parasite 
ÉcornÛler les diners les meilleurs , 
Et le banquier ridie après sa faillite , 
lies amis , croyons aui voleurs. 




ACTE I, SCESE I. 



Vous avei bien raison , Monâicur; aussi . 

c'est pa pour vous renvoyer; iijdia si vous 

■vcz ù uller loin , je vous uoineilit: do ne pas 

Ltuus altaider... (juoiqu'iL n'y ait plus laat Je 

t4')nger à présent, pai'co que depuis l'ufliijri! 

fie la diligence il y n totijonr^ un délache- 

ment de la garnlsuii qui tt^ille à noire sûretÉ. 



Que le diulilt: Ui6 emporte! 

mOMAS 

Quiîlessoltlalsî 



Nun , les voleurs qui compromettent ainsi 
sûreté des Toyagours LuiinCtes. (Bas à 
■isttuul.) Tu ne tu taii'aspas? 
FAISANS, criïnl enscinblu il rliffcrentes tahhs. 
Du vin! Thoujiis... garpnu, uulilrelal- 
I taoi donc, paresseux-, 

THOMAS, aveu Lumeur. 
Eh! un moment... comme ils crient» dnncl 
il n'yea a plus, là !.., (.< rlemi-voix.) L'piiils 
est à sec. 



ComoieDl .' comment ! il n'y en a plu! 

Tnn M « 9 • ic rqirpnanl. 
Faiil-il pas en Hiirik-r pour la dilijci 



lAo LEIUIF. 

quaod air •*•!«§(*#» pour changer de cbe- 
Taux ? de 09 temf-là ^ le» rojageur» aoni li 
■lléréi. 

fATSAVS* ikappail fv kt tables. 

Eh I Ta - fen ta diable p «ree tes Toya- 
geort... dp fia I do rîn 

SCÈNE n; 

KBi riic&DEVS, SIMONNE, entnHit 

parhdnâle. 

smoir^Ey au hoTeorf* 

Quel Upage foites-TOus doDC ? j'ai cra qne 
nous étions aMaiilis par la bande de la forêt •• 
Qu'est-ce que tous demandez à ce garçon f 
du Tin 7 il n'y en a pas. 

THOMAS. 

Là I Toyez - TOUS ? la bourgeoise tous le 
dit. 

PATSA5S. 

Ah I madame Simonne. 

s I M ir N It 

Non 9 il n*j en a pas, pour yous, tou|our.«; 
il est rheure de rentrer; est-ce que tous vou- 
lez tous griser ! si c'était de jour , encore 
passe, mais à la nuit, yos femmes ne ^one le 




ACTE I, SCÈKE H. ,G, 

jiardunnei'aient \>iis; vojrous, <]ue chacun 
jiuie sup écot, el parle». 

( Elle recwl l'argent à cliaquc table , et le mcl dani 
un prtit «cO 

^>0SSIGN0I., appelant, 
A nous , gar^un , le compte ? 
IB o u A ! , allant a leur labié. 
On y vh! Six litres, le pain, la Iranclic 
de jambon , une omelette... oli 1 diable I ça 
l'ait une dcpeiiac coaséquenle. 

»I>ISIT0TIT, d'un ton brusque, lui jelant UQC 
Paie-toi. 

THOMAS, ciaïuiniinl la pièee. 
De l'or !... oh ! oh! icnei , rr.ndei, not' 
irgeoise... Diable ! on voit bien que tou» 
! pays-ci , car nos paysans 



ont 



a pas de t 
pas souTi 



it de c 



e-li. 



Bossicnai, baii Bni tuul. 
Imbécile, avec ton orl 

s I M o l> R E , rendant à Etiielaut. 

Si TOUS en avei beaucoup coinme fa , dc> 

6et-T0US de la grande roule d'Orléans ; il est 

bien tard , elle n'est pas silre : el si tous li'ti- 

tes pas bien armés , utcu de bons chevam... 

BRISETOi't, d'un Ion brulil. 

Nous o'arons pas peur. 

4- . 



i63 LE JUIF. 

ftOSSlGlIOL. 

Et puis 9 je crois qu*0Q exagère le danger, 
nous l'afons ttaversée tantôt, cette forêt 
qu'on dit pleine de brigand:» , et je tous as- 
sure que nous n*j arons vu... 

BlISETOUT. 

Que nous. 

lOssitïifOL, bas. 

Chien de Brisetout... {Haut.) Et un jeune 
soldat qui marchait arec précaution dans les 
fourrés les plus épais 9 et qui paraissait ayolr 
plus peur que nous. 

SiuOJfVE f venant à laî prédpitammeoty et laissant 

' son sac. 

Un soldat ! ah ! mon Dieu ! et de quel âge 
à peu près ? arez-rous yu sa figure? comment ' 
étalt-îl fait? 

THOM AS9 riant. 

Tiens, sa figure!... allez-rous pas tous fi- 
gurer... soyez tranquille, net' bourgeoise , 
c'était pas M. Charles , il est bien paisible à 
la garnison , dans la caserne d'Orléans. 

( Penclant que Thomas parle , Brisetout gagne insensi- 
blement la table où est le sac , le couvre d^une ser« 
viette et s'approche de Rossignol.) 

TjsonfAS, en confidence* 

Faut pas prononcer ce mot de soldat de- 
vant la bourgeoise, voyez-vous, ça lui fait 




ACTE I, SCÈSE II. ,1 

des souleiirg , parre qu'elle a un (iU qui A 
engagé A Orléans , par un déseRpuir d'uinoii 
où o'qu'il est i présent. C'est Uoinmagc qi 
vous partiez, je vous aurais cunlé c'i'hi: 
loire-li... 

BBiSEtODT, bu à Rossignol , lui indiijuaiil le s<iL-. 
Regarde donu. .. 

BOSsicnOf:) bas a Brtietniit. 
Fi donc! quand on travaille sur la grande 
route, (lescenilrc ù des menues filoiiieues ; 
des jeux d'enfuus I... c'est se déabonurer. 
■ il 1 SETOO T, de même. 
Ob I je ne suis pas fier, luoi... 

TSOiilkS,s mailune Sïmaunt. 
'Allons, madame Simonne ne vous allits- 
pas comme ça devnnt ces hommes esti- 



I 



C'est vrai... eicuscx, Messieurs, n 
roulez-vous, c'eM mon seul Gis, etu 



IBISBTOOT premllciB 
■ Adieu, b mire. 



i64 LE JUIF. 

SiMOKirEy le prenant des mains de Brîsetout et 
dojrant que c^est pour le lui remettre. 

Ne TOUS donnez pas la peine... bien obli- 
gée de YOtre complaisance. 

' BEISETOUT^ avec humeur. 

U n'y a pas de quoi... {A* part.) Diable de 
femme ! 

R o S SIGNOI. , bas à Brîsjetoat, 

C'est bien fait, tu méritais ça. 

( On entend des cris.) 

SIMONNE. 

Messieurs , bon voyage. {En se retournant^ 
elle aperçoit Rustaut qu'on voit passer derrière le 
vitrage. ) Ab ! ah I qu'est-ce qui nous arrive 
donc là?... C'est le conducteur de la dili- 
gence. 
(Rossigqol et firisetout , prêts à partir, sVrétent.) 

BOSSI6NOL9 bas. 

Brîsetout , ne nous en allons pas encore , il 
7 a peut-être quelque chose de bon à appren- 
dre. 



ACTE ly SCÈNE III. i65 

SCÈNE m. 

ROSSIGNOL, BKISETOUT, éooutanC dans le 
fond, 5IM0NNE, RUSTAUT^ entraDt par 
la porte du fond , THOMAS. 

evstâut, à la cantonade. 

£h bien! quoi ? quand tous crierez... quand 
vous jurerez... moi aussi , je jure , mais le 
mal est fait. 

SIMOKKB. 

Corprnent ! Rustaut, est-ce que yotre voi- 
ture?.., 

EUSTAUT./ 

Eh ! nom d'uq^e pipe ! ne m*en parlez pas. 

AIR : Fwe la Lithographie. 

Moi , qui ( le diable mVniporte } p 

Jour ni nuit n'avais yersé , 

Deicendre à dix pas dia porte , 

Patatras , dans un fossé ! . . . 

Mes vojagcurs «ont là tous , 

Qui sMéménent sens d^sus d\^ous , 

Ft notez bien , s^il vous p!ait , 

Qu^iis étaient au grand copiplet. 

Chaqu' voisin sur l'autre enjambe , 

LMiable nVy reconnattralt pas... 

Monsieur, ren Icznnoi ma jambe , • 

Ma clani*, rendez- moi mon bras., ' 



i66 LE JUIF. 

C'est une actrice dTaris , 
Qui n'peut r*prfncli« ses esprits ; 
C^est uo petit monsieur musqué » 
Criant qu^il ect cBsloqiié , 
C'est un' petite rieuse , 
Dont la langue est un moulin; 
C'est une vieille plaideuse , 
SangblAnt sor son carlin ; 
C'est un juif baragouinant 
Le français avec l'allemand; 
Un procureur repêchant 
Sa perruqu' dans un étang ; 
C'est un tailleur , aux injures 
Joignant un geste assez lourd. 
Qui m'dit qu'j'ai mal pris mes m'sures 
£t que j'ai coupé trop court ; 
C'est qu'il Êiut voir tous ces gens. 
Moitié dehors , moitié d'dans , 
Criant après moi comm' si 
J'n'étais pas dia chute aussi. •• 
An diable les chevaux , romière , 
Le postillon de malheur 
Et la diligence entière. . « 
Excepté le cotillucteur. 

SIMONNE. 

MoQ Dieu ! que faire de tout ce rnoode-là? 

THOMAS. 

Tiens! ça vous embarrasse, not' bour- 
geoise ? les dames dans vot' chambre , le 
pUit-maitre dans le colombier, Tprocuieur 



LZll 



t ' 



ikD^3ii;>u-- Jttîffn un 




Qtte 



Que 

tu fais à 
coalreot? 



A«»»«^»V^ 




AU 




Swift, 

^ ta an «Sru^aUci 
^n peu àt tnwc . et 
f.Vaadefillii. 3. 



mm 



!:• LE JUIF. 

PItIt «m geosqu^on arrête... 
Ce n^eit pi Mmt <i^êlre voleur, 
Ftitt encore être honnête. 

• IISETOVT. 

Ma foi , chacun a sa maDiëre 5 et â tout 
prendre , je crois^que la mienne est la meil- 
kure. 

AIR : Du pat redoublée 

Toi > tu caresses d^une main , 
Quaud tu prends dTautre un' montre ; 
<B|oi , je n'connais que TdrQit chemin y. 
Tel que je sub je m^mo.^tire \ 
C^n^est pjis moi qu'on veri^a. jamais 
Flatter ceux que jVançonne , 
Je vole tout le monde , mais 
Je ne tronipe personne. 

ROSSIGNOIi. 

Je te conseille , en effet , de te piquer de 
délicatesse ; au reste , comme je tiens à faire 
encore quelque tems des affaires , je le pré- 
viens que. si tu ne changes. pas tes manières ^ 
je romps toute association avec toi. 

BRI SET ou T. 

Eh bien ! à la bonne heure, mais en atten- 
<îant... 



\ 



ACTE 1, SCÈNE V. 

1 Ain : ^on rfsiéme est iTtàmer le hon v\ 

. vite au rcadez-voua , 
is confrcres doiveni □mii 
Atlcnilr?. 



Il ^uu UD quart d'heure à pas de loupi , 
vltCTcnaas lei sarpiendie 
Tous 



, pour la part de la victoire , 
Je yeux bien le laisser le taiHcnr, 
Mai] moi , qui ne cuDnais que la glaire 
Je prelcitdi volrr le procureur 



A la porte je les vois paraître ; 
Ils u>Dt huit, . ah ! quel revenant bon 
DiiiparaLsions par celle reuëlTe, 
'"~ l'enrieliir loal chemin esl bon. 



i?) LE JUIF. 

SGÈIŒ VI. 

DELAUNB, M. PINCÉ, LUCETTis, 
KqSTAUT, HORTBNSE, BRIL- 
LANT, M^ DESCÉDULES, THO- 
MAS, SAMUEL, apvattledoiiicr. 

( RoiMt MtK le pmwr» loof les fonceiift le tm. 
vent dani Tordre indiqué d'-de«at; le Ptocureur 
cft fvif permqiie a?ec un bopnel de mnC, Hor- 
tenie f*appiiiesur Bnllai^y niMliaie Dctoédoks tient 
un oieîlu9r , «ir leqoel ciC on carlin arec b |»ate 
caTdoppée^ ThooMs ya etyicnt.} 

TOUS LBS TOTAGSUAS. 

AJ^ : Vu Déjeuner yoki, etc, 

YOTÂOSEA 

Qui voudra , 
En diligence , 
Bien fin » je penie , 

Sera 
Qui m^y reprendra. 

BORTEKSE , à VrillaDi. 

Croyez qu^une telle culbute , 
Monsieur, est ma première chute ; 
Jusqu^ici je n'avais , hélas ! 
Fait tout au plus que des faux pas. 

TOUS. 

Voyagera 
Qui voudra , etc. 



ACTE I, SCÈNE Vï. 17a 

BBILLANT. 

Moi , f ai brisé dans la bagarre 
Un flacon d'une essence rare. 

PINC^. 

Moi , le reste d'un pâté ira. 

MADAME DESCÉDULES ,aveCxte«l«uiation. 

Moi , la patç de mon carlin ! 
( Elle le pose sur If Ubie , et défait son mantelet pour Teo 

couvrir.) 

TOUS. 
Voyagera 

Qui voudra , etc, 

BpaTENSS. 

Lç conducteur doit être responsable de la 
catastrophe. Moi qui dois débuter après» 
deraaiu à Orléans j» dans les toitures versées^ 
jugez du tort que le moindre retard pourrait 
mè faire. 

Bl. PINCB. 

Oh ! qu'il n'en est pas quitte ! je vais ver-' 
baliser 5 et; à notre arrivée à Orléans je Tat- 
taque ep gommages et intérêts. 

Je ne yous crains pas ^ monsieur le Pro- 
cureur; de quoi tous plaignez-vous? vous 
ne vous êtes cassé ni bras ni janibes. 

M. PI 11 ci. 

Et ma perruque noyée dans le bourbier ? 



1^4 LE JUIF. 

expofer an homme de robe & la risée pa- 
bl^oe! 

Et le détestabk fod^r qui nous attend 
daof cette bicoque f 

• li^ DkSCiBilLEt. 

Et moD paurre Avor qui gémit dans des 
flouiftabcéf fbtblérables ! enclore s*il y aTaii 
un homme de l'art dans cette bourgade ! 

BOETEirtB. 

Et mes pauTres nerfs qui ne se remettront 
de long-tèms d'une pareille secousse ! c'est 
ma fiiute aussi ; il ne tenait qu'à moi d'accep- 
ter une l^lace dans là calèche d'Un Anglais de 
ma cmioiùlss^cie. 

îaixLAirT. 

Oh ! c'est fini ; pour les grands royages 
je ne me sers plus que de mon boghei. 

RCStAUT. 

Messieurs et Mesdames, faîtes comme vous 
voudrez; je vous aï trouvé un bon -gîte , vous 
pouvez manger et dormir : cette nuit on va 
réparer la voiture , et demain nous serons de 
bonne heure à Orléans... vrai ; ne vous plai- 
ns : vous ne trouverez jamais de con- 
' qui vous versent. au«;si doucement 
Je vous souhaite bien le bonsoir. 
nr le fend et menacé par le» voyageurs) 



ACTE I, SCÈNE VII. 175 

SCÈNE VII. 

LES pfiÉcÉDBifs, excepté RUSTÀUT et 

THOMAS. 

( Horlense s^assied , Brillant s^appiiie sur le dos de sa 
chaise , Pincé se f&et à la cheminée , madame Des- 
cédufes s^assied et soigne son carlin. Dclaune brosse 
son habit , et le Procureur écrit à la table à droite.) 

HOBTEifSE^ sortant un rôle de son ridicule. 

PuiSQrE je sois condamnée à attendre , 

repassons mon rôle de début; poorru que 

jna'Yoix ne se ressente pas de cette ayen- 

ture ! 

(Elle fait une roulade.) 

BElLtAKT. 

Ab ! divin ! diWn ! 

HORTENSE. 

Vous trouTez ? 

BBl LLANT. 

Je me suis cru à rOpcra-^Buffii. 

SÂMOEL^àLvcette. 

Et fous, mon chentil Demoiselle^ fous li 
être pas plessée ? 

BRILLIVT. 

Ah! miracle ! yoilà le pi^emier mot que nons 
dit le cher compa^on de voyage. 



^^Ç L£JUIF. 

SAMVEL. 

C'était pas à fous que je Tadressais. {A Lu* 
cett^) \o\is li être pas plessée ? 

LU CETTE. 

Nop f Monsieur. 

tAMVEL. 

Non , ditout ? ditout ? malgré la rudesse 
de la choc? le bouleyersement des voyageurs, 
la secousse des contre-coups? 

LVGETTE, 

Mon Dieu ! non, 

s > M V E L. 

Xi être i|iimagînab]e.... fous pien heu- 
reuse. 

LU CETTE 9 Yivemcot. 

Est-ce que TOUs-même ? 

SAMUEL. 

Pas plus que fous ♦ mais moi liêlic fort.... 
robuste... Vous afre eu une belle peur tou- 
jours? hein? 

tUClÇTTE. 

Mon. 

SAMUEL. 

Vous pien heureuse encore. 

LU CETTE* 

Je suis seulement bien affligée de ce ro- 



ACTE ï, SCÈNE VII. 177 

tard... j'espérais revoir ce soir mon pauvre 
Charles. 

BRILLAITT. 

Ah! son pauvre Charles... La petite est 
«eotioieutale, c'est charmant; mais, ma toute 
belle 9 d'après ce que vous nous avez conté 
en voyag^e y le cher Chartes ne peut entrer 
dans les chaînes de Thyaien qu'en se déga- 
geant du joug de Mars. 

LVGETTE9 naïvement. 

Je ne sais pas. Monsieur; mais je suis bien 
sûre d'une chose , c'est qu'il pourra m'épou- 
ser dès que j'aurai acheté son congé et à pré- 
sent que j'ai tant d'argent !... 

SAMVEL) à part. 

Tiaple de langue ! 

M. P 1 1« GÉ 9 quUlaRt yiveuicnt la table sur bqiielle il 

est ajipuyé. 

Hein ? quoi ? qu'est - ce que vous parlei 
d'argent ? 

lUCETTE. 

Oui , onze mille francs en billets que j'ai 
sur moi. 

s A M D B L 9 lui prenant la main. 

Chenti Temoisclle , fous li être pien 
cheuuc , c'était peut-être le première fois 
que fous foyachex ; je foulais tonner à fous 
un pon afis > c'est de chamais conter ses pe- 



17$ ' tfc.JUIF. 

tîts «fll|lrM{daM floe foiture publique à tes' 
étraocliie'n, c'était soafeot pour repentir foot 
beaucoopw 

LVGBTTB. 

Potiifioiiiioac 7 4|iunid oo eet ktareary il 
eitsidnardebdirel 






• A 



Oui» màï$... 

A» : Vmideviii» de U belle Fehm'ère, 

Et pai4> BMMi enfiuit » à Totre âche « 
' Tant d^ardiciit « Gopprenez-Tous ^ 
Ça provoque la paîartaaie. 

LUCITTS. 

Si , me vojant sans soutira , 

Un bon coeur m'offrit le sien , 
Et daigna me faire du bien , 

Faut-il (pi^on s^en étonne ? 
Je n^ai fait de mal à personne. 

BB I L L ANT9 s'approchant 

Elle a raison , M. le Juif allemand ; si tout 
le monde était aussi discret que vous, que 
deviendrait cette confiance réciproque qui s'é- 
tablit toujours entre voyageurs, et grâce à 
laquelle nous avons su tous qui nous étions 
à une demi-lîeue de Paris ;^ une demi-lieue ! 
c'est trop dire... nous avions le bonheur de 




ACTE r, SCENE Vil. i; 

connaître Madame [it montre marlome DesC: 
daUs)ayaa\ d'aToIr passé les liarriÉres. 

». F in CE. 

C'est vrai , escepté M. le Juif, qui s'c 
obstiaé i' gai'd«r rincugni'i • iiersunnc u 
laissé languir hi couvcriiaLiùii. 



mé ri . tei^ai limais ■ 



■i!pmc!ie que je 



Eh bien ! je trouTais ça taal yÏB ; cola ôjni 
le plaiair icsi coD)t!CtTC3^ 'iutpi die' >iiii)i(^ 
fort i téïioer, elle iiTais le c{i(iji d'œUpeui 
coup chusic , et sur le loupuri;, ivs exprci 
siiiQS , che fojais tout to suilc. 

IIBILLANT. 

Quelle perspicacité ! Ainsi vous avez fit 
TÎDé nu premier abord ijui nouâ étions ? 



Oh! pour fous, Miinsir , rliu me 01r« 
trompé ; mais l'ous lefez.parilodiiRr à moi, 
;1 fesjil le nuit tome noire , qu;inil cbc (jion- 
tais dans le carrosse à cité 4c fviiis. 



: De VÉCU dii:,iif,^, 



Fous parliez d'une pulit'. foii. doDce 
Te fulrc pelilc maxé , 



iSa LE JUIF. 

A la plus lécliéfe s^^ousse , 

Un cri par fous était dieté ; 

Ce ton mignard ,. tans ëpigramme^ 

A trompe moQ sagacité , 

Et chusqu^alors , en vérité , 

{Tavais pris tous pour un' p'tif femme. 

DB LAUNE^ àpart. 

Attrape. 

BKILLANT. 

£t Tons Yoilà bieo détrompé , j*espèreh,. 

SAMt7EL. 

Oui 9 crâce à fotre habit... mais pour re- 
renir, je tis encore à le choli temoiselle tra- 
ire plus tiscrète. 

tVCETTE. 

Oh ! je le veux bieu , îl ne m*en coûtera 
pas beaucoup ; pendant que je ne dirai ricu , 
|e penserai à Charles. 

BEILLAHT. 

Parbleu ! ce M. Charles est un heureux 
mortel. 

B o B TE ir s E , repliant son r&le. 

Ah t me Toilà tranquille ^ je sais mon rôle 
sur le bout du doigt ^ et on peut lerer te ri- 
deau quand on voudra. 

BBILLÀITT. 

Vous dcyei être bien impatiemment at- 
tendue. 



Jl ' Uli IL- TSlflUH. 





f AIT 11^ 

Li être fort lues : nui^f es j fltf â Mrt ^"^m 
lèfe le riteM ^or Miratuttc , ^ <»«» MtlIM 
la nappe pour ftovs* rfic ct*T«»* <*f ^ ¥«^* 
rait pas trop mal noo pltt5. 

En effet, \t m^aprixoî* ««i» \f*Wl^ s\m\f^ 
un appétit de tous lo* ilinhlV*» 

p. VaudeTilles. 3. •' 



iSa XEJUIF. 

Vin 

LBS Mà«à»Bir§y H^ SIMONNE. 



*^WJ^ 



SiBOimpy viAUntaSHain. 

BlESsmifts et tfMttM» 9 le souper est serri 
daoB la salle ; qaëM tMtt iroodres... 

Ah ! bonne nooTelIe 1 

M. rittci. 

Nous ferez-Tous faire bonne chère , en 
moins? 

laiIiLAHT. 

Je ne m'attends pas k être menrcilleuse- 
ment traité dans TOtre TÎllage de... de... 

_ M^ SlMOflKV. 

BémiTal. 

LUCISTTE y irés-cmue , à part. 
Le yillage dé Rémival ! 

M*' SIMONNE. 

J'ai fait pour le mieux, et j'espère qu'on 
ne sera pas trop mécontent de l'auberge de 
la yeuve Simonne. 

L V C s T T B , de même. 

La TeuTc Simonne! ah ! mon Dieu ! c'est 
elle ! 



ACTE I, SCENK VIJI.' 
SAMUEL, bai à Lucctie iju'il observait. 
I Qu'avet-Tous donc, mon chealil teoiuî- 
fetle? 

m CETTE) Irès-imuc, 

^ Ali! Monsieur, c'est lu mère de Cburles. 
e tites rien lefanl le inonde; il reliait chu- 

tOCEIiE, Jciiiêiiie. 

ai tanl d'envie de loi pailor! 
^AlU-ndei. 
EaUuqs,ù ublo, à lablc. 



K A laLk- ! i ubic ! et prénom sans Hii 
Ce i|u'ici le liusuril uuus donne. 



hMnuvHÎs souper peut nous pariiltre bon, 
Lursque l'a)i)H^lil Pasia'iMiDnr. 



i84 LE JUIF. 

M. nmcif o0imt b aûa à «•'fama DmcMoIm. 

Moi , qnmd f li fiîn 9 fe ne dédaigne pat 
Une |iîéce de résstaoee* 

H^ DESCiDOLES^prcBantioncarliQ. 

Un moment. Monsieur, que je prenne mon 
Azor. Comme tu souffres , cher petit ! ( >f 
madame Simonne, ) Madame , ajei soin de 
mettre de» macarons au dessert^ Azor les 
aime beaucoup. 

SAMUEL. 

Et moi aussi ; fous en mettrez pour moi et 
pour M. Azor. 

TOUS. 

AlloDK , amis , et pTenons sans façon , etc. 

( Brillant sort en donnant la main à Hortenaa , M. Pincé à 
niadame Dr8C($dales , Delaune les suit , Lucclte rftttf en 
scène , Samuel fait quelque pM pour sortir y madame Si- 
imoune suit ; il la prend par la main, et la ramené en face 
de Lucetlc.^ 

SCÈNE IX. 

SAMUEL, M»"' SIMONNE, LUCETTE. 

m"' siMOBrwE, à part. 

Que me veut donc ce voyageur? [Haut. ) 
JKst-ce que Monsieur et MademoiseJIe ne yeu';» 
iciit pas sonpor ? 



ACTE I, SCÈNE IX. i85 

LUCETTEy avec émotion et timidité. 
Madame , tous oe me coonaissex pas ? 

M"* SIM 0H9B. 

Je De pense pas aToîr rhooneur.», 

I.VCETTE« 

Je suis Lucette Richard. 

m"** s m ojf HE, avec colère. 

Lucette !... comment ! cette jeune orphe* 
Hue... Et ypus osez rous préseqter chez moi? 

LVCETTE. 

C'est notre accident qui m'y a conduite... 
je De le savais pas , Madame , je tous assure; 
je m'étais mise hier en Yoyagc , j'allais Toir 
Charles. 

m'"*' SIMONNE. 

Vraiment ? ah! j'espère bien que tous n'en 
ferez rien , par exemple ; ce n'est pas assez 
peut-être de m'avoir ravi n^on pauTre en-a 
fant ? Sans sa folle passion pour tous 9 il se- 
rait encore dans l'étude où je l'aTais place à 
Paris , ou bien il serait dcTenu huissier, PTO- 
cat ou clerc de notaire : qui sait où le talent 
peut conduire ? 

AI A ! En naissant , promis à Tlutlie. 

\ Mais , hclas ! sa folle tcndrrsse 
Me sépare à jamais de lui } 

«& 



,86 LE JUIF. 

11 eût soulogc ma vieillesse , 
£t voiis iii'eiile?ez son appui. 

LDCETTE. 

A mon cœur épargnez ce blâme , 
lAÀn âc vous ravir un enfant 
S'il n^eût tenu qu'à moi , Madame , 
Vous en auriez deux à présent. 

M™* SIMONNE. 

C'est justement ce que je n*ai pas voulu et 
ce que je ue veux pas encore ; je jure bien 
que plutôt que de consentir à un pareil ma- 
riage > j'aimerais mieux... 

SAMUEL. 

Li être fort pien de churer, si Montame ii 
afait reçu sur le compte de la cheunc per- 
sonne des renseignement... 

m"** SIMONNE. 

Du tout ; elle est sage , laborieuse , bien 
élevée , mais ça n'a rien ; une petite ou- 
vrière en broderie , orpheline , abandonnée 
dès sa naissance par son père 9 qui, après 
s'être ruiné en France dans le commerce, c>t 
parti il y a dix-huit ans pour rAraériquc, sans 
que depuis ce tcms on en ait eu vont ni nou- 
velle. 

SAMUEL. 

Paufre petite J et après le papa , il n'afrc 
pas de parent proche dans les ilcs ? 




ACTE I, SCiNR SI. 187 

lOCETtE. 

Hélas! Don , Monsieur. 



Pas un oncle , un frère , un laote , un pe- 
il cousin sur qui repustr l'ous du soin ile fu- 



a reTusé celle cou solution. 



, sans une bravA feihine qui l'a re- 
, éliivce , et qui lui n appris t'ûtal du 
roderie,quc seruil-clle devenue ? claJt-ui^ 
ous le ilemandct un parli convennble 
^ur le nis de madame Simonne , éduqué 
mêle Gis d'un duc et pair, et héritier, 
s nia mort, de l'auberge du Soleïl-d'Or? 
si , quand on m'a écrit de Paris lliisloire 
es amours-là , j'ni rerusé muu consente- 
t comme je le devais; lù-dessus , mou 
e homme se monte la lêle , s'cn{;n(;c , ri 
lepuis deux ans qu'il est en garnison à Oi- 
t l'ingrat n'est pas venu voit' une seulr 
a mère. 

, Aio-^i, celait roirc) rigueur qui aHiil priv: 
c fila de son liberté ? 

tvcETTE , vivement. 
il c'est mon amour qui ri la lui rendre ; 



fSQ LE JUJF. 

oh I écoutez-moi 9 ma bonne madame Si-p 
inoooe , je suis riche à présent , bien ricbe, 

M™* SIMONNE, avec joie et surprise. 

Gommept [ ma chère enfant , tous êtes ri'« 
çhe ? 

lUCETTE. 

J'ai ODze mille francs. 

Jtf"* SIMONNE, radoucie, 
0qk6 mille francs ! 

SAMUEL^ bas à l^ucette. 

Encore! j*afais dit à fous de chamais dire, 
•t fous dire toujours, 

M™* SIMONNE. 

Sarez-vous bien que c'est un trésor que 
cela? Comment cela s'est-îl fait? Voire père 
^-t-il écrit, est-il revenu, a-t-il fait fortune? 
liCS braves gens prospèrent toujours... con-r 
tez-moi donc ça. 

SAMUEL. 

Gontez-moi toncça!..Gontez-moi toncça!.. 
Laissez donc à i'enfant le tems pour goûter. 
{A Lucette,) Ké]^onàGz,,, votre père?... 

LU CETTE. 

Hélas! il n'est pas revenu, mais... C'est 
l'aventure la plus étonnante... Vous n\iviez 
pas voulu de moi pour votre bru , parce que 
je n'avais rien , et je me suis dit ; Pour i/i- 




ACTE I, SCÈNE IX. 183 

chelcr Charles, pour pouToir l'éponser , il 
faut de l'argent... Iravaillons; mais j'avais 
beau faire: depuis deuxauii, oequittaut mon 
inclier ni jour ni nuil . je n'avais pas amassù 
grand' chose... Dimanche dernier, une dame, 
ijuc je n'avais jamais vue , vient cIibï moi ; 
elle avait monté mes cinq étages, j'ea étais 
toute honlcusc. 

^k 11°"' siUOHNE , finterronipanl. 

H- Et cette dame était dune?... 



Ah! si c'est vous qui voiilei gonter, lo 
iciinfl fille il goDtera pas. (J Lacelte.) Lais- 
z goaler le MoDlainc. 



vlfnn , non , je qc dis plus rien ; mais celle 



Kn... 

^^B LrcETTB. 

^^B r Vous êtes mademoiselleLuccIte Richard, 

^^Kme ilil-rlle? moi je .suis la sœur d'un han- 

^^(^quier de Paris , cl voilà onze mille francs 

>> qu'il m'a dit de vous reinetlrc. — A moi ? 

i> mon Dieu ! et de quelle part ? — Je ne peux 

» pas vous le dire. —Mais qu'en vais-je faire? 

» —Cequ'il TOUS plaira; la personne qui vous 

" envoie cette somme tous laisse nialtrcssa 

■■ d'en disposer à votre gré, adieu, n Vous 

jugez,, madame Simonne, que mon cœur en 

il bien vite trouve l'usage. 



Kj^ LE JUIF. 

LUCBTTiyse levant et le rcconoaîuanl. 

Ociclîc'est TOUS? Vous!... quel bonheur! 
Charles! mon ami! et votre bonne mère, 
qu'elle va Otre contente ! ( Eite va pour Vap^ 
peler,) Madame!... 

GBAALBS^ rarréUBt. 

N*appelez pas! je ne veux... je ne puis par- 
ler qu'A vous... Mais, vous ici!... cbei iwa 
mère, qui vous a repoussce!... comment se 
fait-il?... 

I.1ICETTE. 

Je ne pouvais supporter plus long-tcms 
votre absence... j'allais à OHéaos. 

CHARLfS. 

J'allais à Paris vous revoir, et,.. 

LUGETTE. 

A Paris? vous avez donc obtenu une per- 
mission? 

CA A a £ E s , troublé. 

Une permission ? Au nom du ciel , ne m'in • 
tcrrogez pas; laissez-moi jouir d'un bonhtMir 
si cruellement acheté... dites-moi seulcmcfit 
*jue vous m'aimez toujours. , 

L U G E T T E^ 

Si je vous aime!... Charles... eh ! serais- 
je ici sans cela? 



ACTE I, SCÈNE X. 195 

G H i. A L E s , douloureusement. 

Vous m'aimei^:... et nous ne serons jamais 
unis. 

L G ET TE 9 avec une joie naïve. 
Mais oui... vous allez m*épouser. 

CHABLES. 

Ma mère?... 

tUCITTE. 

£lle y consent. 

GHAB LES. 

Mon fatal engagement ? 

LUC ET TE. 

Vous allez être libre; je suis riche, demain 
l'achète votre congé. 

CHARLES. 

Mon congé !.j. Ah! malheureux! qu'al-je 
fait ? 

tu CETTE, étonnée. 

Mais pourquoi ce chagrin ? 

CHARLES, au (lé«e8[HMr. 

Je suis perdu ! 

LU CETTE. 

Charles! vous m'effrayez. 

CHARLES. 

Depuis deux ans que je suis soldat , In dou' 



1^ LE JUIF. 

leur a aluCfu bsoo courage , troublé ma rai- 
sum y j aï cédé au désir de tous revoir, |e lui 
ai sacrifié moo deroir, l'honneur, j*ai d&- 



L U G E T T E. 

Que dites-TOus ? 

CH AALES. 
AU : Sans murmurer ( de Micbd et Cbristiiie. ) 

Tsâ. déserté , 
La boDte et riofamie 
Vont s''attacher à moo uom détesté. 
Pai tout trahi... le serment qai me lie, 
L^hoDiieur, moo roi , mou devoir, ma patrie 

J^ai déserté. 

LUCETTE. 

Ah ! ^and Dieu! Comment arez-vous pu ? 

C B A B L E s. 

A peine ai-je commis cette coupable ac- 
tion 9 que le remords s'est emparé de moi ; 
j'ai senti, mais trop tard, que pour tous 
revoir un seul instant je vous perdais pour 
la Tie. 

LUCETTE. 

C'est une grande faute, je le sais bien; 
mais ne pouTez-vous encore ?... 

CHABLES. 

La réparer?... II est trop tard. 



f 



ACTE I, SCÈNE XI. 197 

SCÈNE XI. 

SAMUEL, LUCETTE, CHARLES. 

LV CETTE, cotirant à Samuel. 

Ah ! Monsieur, tous m'ayez dit que tous 
TOUS intéressiez à moi... Venez à notre se- 
cours, donnez -nous un bon conseil pour 
nous tirer de peine... le Toilà... tenez, c'est 
Charles.,. 

SAMUEL. 

Ah! c'était le cheune soldat... physiono- 
mie heureuse... 

LUCETTB. 

Il m'aime toujours. 

SAMUEL. 

Il fesait pien. 

LUCETTE. 

Il ne pouTait se passer de me Toir. 

SAMUBi:.. 

Il fesait pien encore. 

LUCETTE. 

Et il a... il a... 

SAMUEL, gaiement. 

Eh bien ! qu'est-ce qu'il avait encore fait 
la cheune soldat ? 

LUCETTE. 

Il a... déserté. 



i^p 



19a LE JUIF. 

6 AMU E c , changeant tout à coup ({''expression de 

pbjsionomie. 

Ob! il fesait mal ; il fesoit pien mal ; cheune 
homme) safez-fous ce que c'est qu^UQ dé- 
serteur? 

ghàeles. 

Que tT0p9 Monsieur. 

ait : FoUà, voilà taut le secret» 

Loin des objets quH aime , 
Aller cacher son sort ; 
£n horreur à lui-même , 
F«ir et chercher h mort. 
Se voir . tant que la vie 
Prolonge sa douleur» 
Sans amis , sans amie , 
Sans espoir de bonheur, 
Sans parens ,, sans patrie , 
Et sans consolateur : 
VoUà y voilà le déserteur. 

SAMUEL. 

Eh bien ! vous safiez tout ça , et ça Q^afiit 
pa^ embêché vous de faire... Ahl cheunes 
cheaS) cheunes chens! . .. J*afre été cheune 
aussi , pien cheune même... j*afre fait des 
miennes... mais les miennes et les fôtres, ça 
fesait deux. 

CHABLBS. 

Ah! Monsieur, je sens toute fctendue de 
ma faute. 



ACTE I« SCÈilE \1. i.v> 

C*est chust«» le nptock« il éHîl iontiltt 
k préaenl ; dites f diMiQA soktel» depab coin* 
bieo de tems fous af«t quitté k fff * ^Niil^ 

Depuis cinq jours*,, troublé parmouJM^- 
tiou 5 je me suis trompé de oheuin ^ j*at erré 
tout ce tems dans les Imms» et oe ti*est que ce 
soir que je me suis troufé daus ee YiUe(p.«« 
deraiàl la maison de ma mère. 

simoik 

Cinq chours! tiaple I il jalail presque plus 
de remède. 

LVCiTTi^cfrsyée. 

Et que peut-il dono lu! arrÎTer? 

SAMlIBk * 

Eîen , que il serait fusillé. 

# • 

KU CETTE. 

Grand Dieu ! 

s AM V B L , eiaaÙHttt romfbrae de Qisriet. 

Eh! maïs... chc trompais pas moi y Totre 
réchimeot il était â Orléans 7... {A LwiUJ) 
lMissures-ve«S9 ce n'était pas encore lilt* 

LVCETTE. 

Ah! fi uml neo orgenl... 

%t^n^%V9 aibat s^asieoîr ï une labte. 
C'était iMOIe. 



■V^^^r^ ■ 'mm-^m^^i^m^fm^ 



»M lE/UIF. 

IiOCXTTB. 

QvUhiHroof doue frire! 
Berire... Appelei un carç( 

I.VCITTB. 

Poufoof pat ia mère ? 

•▲«VBL, 

Hon, pas la mère, il fallait qu'elle ienore 
que son fils éuit ici. 

IVGETTE. 

nie Palme tant I 

C'était pour ça» elle était trop papillarde... 
U fallait rien lui dire. 

CHAILES. 

SauTons-lui du moins les tourmens de Tin- 
quiétude. {Passant près de Samuel.) Mon- 
sieur , si quelques recommandations étaient 
nécessaires... 

SAMUEL. 

Non , non , en fait de recommantations, je 
recommandais à fous de pas recommencer 9 
foilà tout. Où était le carçon?... Il s'appe- 
lait Thomas, je crois... (// appelle, ) Tho- 
mas / 



*s^ 



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Aitf< 



Q(i2 M^E JUIF. 

THOMAS. 

Pardloe ! des chef aux de diligeoce... S. 
ceux-là... 

C'était pas une raisoo ; il faliait en prec- 
dre UD. 

TflOXAS. 

Poorqiim fiiire? 

SAHVEL. 

Poar monter dessus ^ et partir pour Or« 
lêans à franc étrier. 

THOMAS. 

Kah! 

BAMrift. 

Et reTcoir de même, tout de suite, tout 
de suite. 

THOMAS. 

Pas si bête que ça, Tovez-rous... et la fo- 
rêt à trayerser en pleine nuit ayec ces hon- 
nêtes ^ns qui j sont par bandes comme des 
corbeaux! 

SAMUEL, loi montrant une boorw. 

Et cette ponrse à g-agner, si tous fesex la 
commission te porter cette lettre et rappor- 
ter le réponse à moi afaot neuf heures te- 
main. 

THOMAS, iodêcii. 

C'te bourse ? elle est dodue , c'est tentant, 
niaiâ, uia foi... 



ACTE 1, SCÈNE XII. 2o3 

CHARLE S. 

Thomas 9 veux-tu me sauver la vie? 

TBO MAS. 

Dieu de Dieu ! j'irais au milieu de léux 
bandes pour ça. 

LUCETTE. 

Mon bon ami , au nom du ciel , partex 
sur-le-champ. 

THOMAS. 

Tiens, c^te royageuse qui ^'intéresse aossî 
à ça? diable m^etnpofte si je comprends rien; 
c'est égal, vou9m*eh avez dit assez... je me 
risque... me v'ià parti... Pour qui c'ie leltrfe? 

. SAÏàtJEL. 

L'atresse il' était téssus > prenez aus^ la 
pourse. 

r H ou AS. 

Non pas, gai'de2-Ia-m6i jdSiqu^àiceTpièicr 
revienne; j'ai c'te damnée de forêt à pas^f^r^ 
je ne veux pas m'iexp€>s€r à perdre mon ar- 
gent avant de Ta voir gagné... .Ah ! çk , en- 
core une réflexion... si la bourgeoise me de- 
mandait?... 

SAMUEL. 

Che prenais toute chose snt r/iot. A foir?? , 
eheune soldat. .. afez-vous tans ceticvillaclve 



flOMAS* 

^f de. 

y de* 

■ .ta.' 
SCÈNE XIII. 



\ 



&DCSTT.E, SAMVEJk 



»:•' - 



&v CETTE» le suivant en jtÉx« -f^, 

Paotrb Charles! qui m'eût dil q[i]e ^ka^ 
■oas refcrrîMfs-ainsi^ ^/ ^ 

Gfaut ! les T•Jai§edr»^ii9 nTiènncÉIC , \ el 
ehe répétais. «iMOffe à feus qu'il fiilhit Aiis 

dire deraDt eux... 

i- 

LVCBTTBv -" #1 

Ohf non 5 né craignez ri^n , c*êËIA mn 
quand j'étais heureuse. 




ACTE i, SCÈNE XIV. ao; 

SCÈNE XIV. 

SAMUEL, DELAtlME, M. PINCÉ, BRIU 

ktANTjHORTENSE, M« DESCÉDULES, 
IIJCETTE, SIMONNE. 



i 



Ed bieat noo , je ne suis pas trop mécon- 
tent du souper T que diable youlez-vous ? on 
sait bien qu'on n'«st pas ici chez BeauTÎUicrs; 

la guerre crjtimie i la guerre. 



El vous svei mis le précepte en exemple... 
Procureur aussi s'est fort bien 
coiiiluit à table. 

H. Pincé. 
Oui, en voyage on a beaucoup plus d'ap- 
piiiit; car i Paris je mange infiniment peu. 



Pour moi, jw n'ai rien pris: U siluntion 
du mon pauvre .4ior m'absorbe !i un puini !.. 
Madame , une chambre , s'il tous plaît; celle 
e petite bSia a taut besoin de repos. 



FesfJi b 



r uu lit. 



aoS LEJUIF. 

«OATEHSE. 

Ah f oui 9 de grûce ane chambre , je sois si 
prodi^eusemeot fatiguée... 

]i^6IM0V9E. 

Mon Dieo ! tout de suite , Messieurs et 
Mesdames ; c'est que j'atteods le garçon pour 
Yous j conduire , et je ne sais où il s*est 
fourré, 

SAMVIL. 

Le garçon , il n'était pas ici , Monumc , 
c*esl moi qui le afais chargé f une commis- 
sion. 

M** SI MO H Kl. 

Quand reriendra-t-il? 

SAMCEL. 

Temain matin. 

M*' SIMOICHE. 

Et 11 y est allé ? Il faut que rons lui ajes 
donné une bonne récompense ; car c'est le 
plus grand poltron que je connaisse ; et d'or- 
dinaire à l'heure qu'il est , rien ne pourrait 
Tobliger à passer le seuil de la porte. 

BBILLAITT. 

De quoi a-t-il donc peur cet imbécile? 

M** SIMOITITE. 

De quoi ? des roleurs qui désolent ce pays 
et qui rôdent sans cesse sur cette route. 



ACTE I, SCÈNE XIV. 209 

TO US. 

CommeDt, des voleurs ! 

BBILLANT9 riant. 
Âh ! ah ! ah! la bonne plaisanterie ! 

W**^ SI MOlf RE, 

Oui 9 riez si vous vouiez; mais an lieu de 
TOUS plaindre de votre accident, félicitez- 
vous plutôt qu'il vous ait dispense de traver- 
ser la forêt pendant la nuit. 

HOBTElf SE. 

Ah! vaatK Dieu , s'il était vrai !.. exposées, 
•nos défense, dans cette maison écartée, à ua 
quart de lieu du village ! 

BaiLLillIT. 

Ehl noD ; contes de vieilles femmes, tra- 
ditions populaires que tout cela, 

DELAUNE. 

Diable, Monsieur, comme vous êtes bra^c! 
TOUS Q*aTez pas peur des voleurs ? 

BllLLÀHT. 

Pas plus que de M. le Procureur. 

H. PINCB. 

De moi ! de moi f qu*est - ce que cela 

UfC? 

SAMUEL. 

\)ne le Monsir il afait chamais \e procès , 

il.i tout. 




aïo LE JUIF. 

DEL AT RE. 

Âh f P&9 mais pourtant s'il oous en arrivait 
ici » pa serait fort dé^gréable. 

m!"« descédu les. 

Ah I Monsieur, vous me faites frémir. 

SAIXVEL. 

Pour moi, che l^s craignais pas... che avais 
pas l'argent y un pauvre chuif! 

BBILLANT. 

Eh 1 tranquiiisez-vous , Mesdames » je suis 
▼Dire oheyairer ; qu'ils viennent ces brigands 
de la forêt i... je les attends. 




ACTE I, SCENE XV. 



BBCÉDEN9, ROSSIGNOL, BRI, 
SETOUT, tES ïOLBtiBS. 

int la scroe prëcëJcnte , on a vu les vokuts 
lire drrrïérc les Tthages , cxamiannl furtive- 
( dam l'JDlérieur de l'aubei^e, s'btraduirc 
linucnnenl et sVin|iarer lie» Issues. L'un d'eui a clé 
ouvrir douwmeiit la feBèlre et d'autres sont enltés 
par là. Au dentier tnol que dit Brillaot, Rossi- 
gnol, Griseloul et deux autres Tiennent en «ccne 
parmi les vu^rageurs j d'autres Mml dans la s^le, aux 
deux portes , sut Ib fenêtre , eu dehors de la maison 
vitrages. Ed les ajiercEvaot Lucelte 
le cadie detticrc madame Simonne ,- Horleoiie l't 
lame pesc^dules tombent d'eBrui snr leurs sii:' 
; Brisclout est entre Delaune et Pincé ; Rossignol 
e Pincé et EriUanti un autre Toteul entre I!i7- 
.ce et Delaune; ua [(uatriéme entre llarlcnsc et 



blic. 



table, sur k premier plan , h la droite do pi 



! Fragment de la ClecnnHe. 



Nous roïl j , 

AeeouraDt pour tuii 
Nous voilà , 
Nin» Toilà , 

Pré(> à vODs salisfair 



fttft LE JUIF. 

Qu^attendez'-vous de notre minislèrc 
Pour TOUS montrer tout notre saTohr-faire , 

Nous voilà , 

Nous voilà. 

LES YOTAÇEURS. 

Ah ! Ciel ! nous jsommes perdus. 

SAMUEL. 

Ah ! tiaple ! la fâcheuse afenture I 

HO INTENSE. 

JeTaia me trouver mal. 

• RiSETOUT, durement. 

Attendez ; quand nous aurons réglé nos 
comptes 

BOSSiGNOL) d'un ton poli. 

Pourquoi donc ?... si fait ; ces dames peu- 
vent s'évanouir: est-ce que cela nous empêche 
de remplir nos fonctions ? 

M°'° SIMONNE, étonnée. 

Eh ! mon Dieu , ce sont ces hommes de 
tantôt. 

ROSSIGNOL. 

Ah çk , procédons... ( Il s'adresse à mon- 
sieur Pincé et Brisetout à Delaune. ) Il n'est 
pas nécessaire , je pense , de vous répéter le 
compliment ordinaire.. j. tous sarei.... la 



ACTE I, SCÈNE X V. ai3 

bourse ou .. c'est une formule consacrée par 
l'usage. 

M. PIIVCÉ9 tremblant. 
AIR : Du vaudeuilie de V Avare et son Ami, 
Voilà moo sac de procédures. 

ROSSIGNOL, 

Monsieur serait-il procureur? 

DEL Au NE , tremblant. 

Mes échantillons , mes mesures. 

BRISETOUT. 

Vous êtes donc?... 

BELAUNX. 

Je suis tailleur. 
BRISETOUT et ROSSIGNOL, leiir fesant un grand ului. 
£h quoi ! tailleur et procureur ! 

ROSSIGNOL 

Grâce à nos statuts très-sévères , 
De nous ne craignez rien ici ; 
Nous savons trop bie^ , Dieu mei:ci , 
Ce qu^on se doi^ntre confrères. 
( Pince et Delaune gagnent la droite de la scène. )' 

BBISETOUT9 à Hortense. 
A notre tour , (a belle. 

HOATENSE. 

Insolent ! 



/ 



n4 LE JUIF. 

»1I9ST0CT^ lui prenant «on sac. 

Pardi ! demandez-nous de la galanterie. 

%OSStGVOL 9 à Brisselout. 

C'est vrai , ça , lu as mauvais ton , c'est 
donner une opinion défavorable de soi. {S'a^^ 
vançant vers madame Detcéduleê d'un ton ga- 
lant, ) Tiens, regarde-moi... Voulez-vous 
l)ien t belle dame ! . 

M'"*' DE8CBDVLBS. 

Ah! Monsieur, je n'ai rien, absolument 
rien» 

BRISETOUT, durement à Brillant. 

A VOUS y monsieur le fanfaron , videz vos 
poches. 

9BILLAKT, tirant de sa poche sa bourse et im 

agenda. 

Toîià ma bourse. 

( Voubnt resserrer Pagenda. ) 

BRiSETODT^ luî retenant le bras. 

Qu'est-ce que c'est que ça ? 

BaiLLA.IVT. 

AIR : De Turcnne. 

C*est mon aibnm , discret dépositaire 
Des vers heureux que me dicte Tamour. 

BOSSIGNOL , pesant la bourse. 

La bourse me parait légère. 



■ i 



Vt.«f«t 



b»^ ■ • '^ 



De la iitfto^' , i,tfUL ^»« . i:. 'ikc. ^ . 

Pour ui'eii^iig«r u u. «.:< u*:;^.. 

Jusqu^â prêtent !.. i... .. 
a pas là de quoi iiou> leiAù^uu-.' -■ .•«. 
de Texpédilion... iou j. «iuiiU-, . - i 

passé. 

m CETTE , ba^ il iiiarlau»'.- ^»:i»-ji.è. 

Oh! maboune amie . y ^rcmLi-. 

Et c< petit Monsieur qui *c €acU« la citi 
rière b table. { // m ô /«V ) Dites <k»nc l-n.. 
e»t-c^ q-je comme ccf Meifieurs ( ii d^ti^i»* 
D€laun4 (t M. P'mfé) \t}m avcs ' **«« 



, i: \ 



ai6 LE JUIF. 

5 AMVE L y bas aox voleurs. 

Pourquoi pas ? Ya^ mes brades gens... Je 
cachais pas moi pour la peur... li être pour 
faire signe à fous , et fous pas coinpreadre 
moi 9 depuis une heure que je démentibuki» 
mon tête. 

BBiSETOVTy brusquenent. 
Eh bieo ^ pourquoi nous fesais-tu signe .^ 

SAMVEK^ mystérieiisement/' -' 
Plus b^s donc^ 

BOSSIGNOL. 

Il a raisoiK ' • 

SAMUEL. ' 

Li être pour dire à fous que tous amusez- 
TOUS À la moutarde, et que moili être capable 
pour enseigner vous une chose qui fera \otre 
fortune. i ,,.- ■-.■. ^f. 

^ BRISETOVT ET BOSSl^XfOU' = "* 

Nolrcfortune ! que faul-il faire"? ^* . 

SAMVBL 

AIR : De la ronde du SoUtaipe^ , • • ■ , 

Commencez par leur readre 

Tous ces petits larcins^ 

Faiit-il se iaire prendeé ^ ' ! 

Pou^ des vols si.mcsquiiis T. ' > - . : 

Onze billets de banque*' 

\>t raille francs , bic nds 

( Pas un denier n^}' manque \ 




BrillaDI , Bvrc polilcsse. 
Oserais-je vous prier maintenant de aous 
prêter TOire montre ? 

■ RiLLAirT, dumimeton. 
Je n'nt rien à von» refuser. { H (a donne. ) 
l'j tenais pourtant beaucoup. 



Ache^ 



a l'ail 



I J}e U garder, tant rite m^élail cliére, 1 

~ is fcirniÉ la rê»liilicia 
fallail celte occaâaa , 
' îauT iifeiigager à m'en dcfjîrc. 

BRISBtOOT. 

Jusqu'à présent la reccHc va mal ; il n'y 
a pas lù dit quai nous rembourser des frais 
de l'expédilion-.. ÏQut le monde y a-l-il 
passé. 
■ LOCRTTE, bas à mai^nmc Slniotine, 

K Oh ! ma bonne amie , |e tremble. 
^^ BOSSIGHOL , scbsissani, i^ierçnil Santiel. 
Et ce petit Monsieur qui se caobc lu der- 
rière la table. {îtva(i.lm:) DHeinlone l'ami 
est-ce (joe comme ce^ Mpsaieor» ( ii liésignt 
Pelaune et M. Pinré ) vous ii»ei un iirevet 
f exj;eption ? 



/. 



9tS LClUir. 

MSBioirofc. 

Ma fbif )e ne toU pu ce que .illpa ib- 

Jnons ; d*an eôté « ce procédé les epepl 
élicatement de nous nire pounuirre. 

B1I8BT0UT. 

• «» 
Et de Tautre , je ne crois pas le wauM 

très-mauTais. 

SAMUEL. 

Eh bien! 

ftOssieiiOL Bt iaisBTOvt^ WjpHMqIme* 

)9L main. 

Eh bien ! touchez là. 

M. rivcâ. 

Ils se prennent là tAàlfu 

TOVS* 

<}ueHe hoire'ur l 

Bossiclrbt. , 
Mesdames et Messieurs , à la demande de 
ce brave homme ( montrant SamueL) nous 
vous prions de reprendre ces objets , dont la 
privation vous serait plus pénible que leur 
possession ne noois serait âVàttia^feuse. 
TO u s 5 avec la dermèn^urprise. 
HeinI 

B0SSl6N0t. 

Et de nous pardonner l'inslaht de frayeur 
que nous vous avons causé. 



ACTE I, SCÈNE XV. 219 

TOts, demcuie. 
Pah! 
R 1 L L ANT 9 à qui on donne une montre dVgenl 

Permettez ^ ma montre était d'or* 

AOSSIGNOL. 

C'est juste. 

( Il lui rend sa montre. ) 

TOUS. 

Reprise de l'air. 

De leur friponnerie 
Bougiraient-ils tout h^s ? 
^ Je n^ai vu de ma vie 
Voleurs plus f^élic^ts. 

«9ISÇT017T, kS^fliUcl. 

Notre coi^duite est celle 
De gens loyaux et francs. 

ROSSIGNOL , de même. 

Dis-nous donc qui recèle 
Les onze mille francs. 

SAMUEL. 

Chut! c^est la demoiselle 
Qui , là-bas , tout là*bas , 
N^ose pas Êiire un pas. 

RISKTOUT. 

Cet enfant-là ? 

SAMiJBL. ■ 

Plus bas. 

ROSSIGNOL. 

Cela ne se |>eut pas. 



«M LB JUIF. 

(Pmrlé. ) Ib m*onC regardée , Je mI» mi 



• * 



due*.. - 1 - 

^ottiaxoft» 
Ao lette , il ne coure rien d*j roir. 

• AMVBI.. 

Elle les ebit ; mohehe étais $Qr... 

ROStlCHOt. 

C«w»d«« 9 que personne ne torte.., 

BB1S£T0UT. 

Et malheur à toi , si... 

8AM0EU 

Suiiedel*aù' 
Chut ! la fomme est sur elle. 

BBISKTOUT ,' courant Ttrt Lneelte. 
AlloQs tôt, ton argent ! 
^ Obéb fuwk-ehaiiip. 

BOSSIONOL. 

Sans façon , belle enfant , 
1 Ponnez-nous votre argent. 



LVCBTTE 



»4 

m 

S ( Je me meucs» quel moment! 

S \ Plus dVpoux , plus diamant I 

CUpBUB. 

Juste Ciel ! le brigand 
A tralii cette enfant. 

SAMI7£L , à part. 

Ils prennent son argent ' 

C'est charmant ! c'est cliarmant ! 




Acte i, scëse sv. 

LtlOETTB , ï'éclia[ip3Dt de leuti DiahM. 
Arrî'lcz ; ne me touclidz {i.ts... vous les 
voulez,,, les voilà... prenei-les. {Af>ec dfs- 
eipoir. ] Prenez tout mon bonheur, toutes 
mes espérances I prenez ma vie, elle était 
fillachée à cetle somme. Oli ! Charles, il 
n'esl donc plus d'i^spoir. 

^( Elle tombe accablée sur une cbaùe. ) 
■ KiBETOCT, prenant lu billetï. 
C'est bon, la belle, pas tant du jérémiades. .. 
y sont-ils bien ? partie friponnerie au moins... 
( Il les compte. ) Oui , ma fui... cnmarmlci , 
l'escellcule aubaine. 

Mes prafes Monsirs, fous safez bien que 
fouË m'^fez promis 7. .. 

BossienOL. 

Oui) la probité uvanl tout, notre parole 
est sûre ; \oilà tes mille francs. 

SAHOECi àiiart. 

Autant de prïs sur renoemi. 



^^On a fait |e signul de retraite. 
^K Rosaienui.. 

I^Alloiis, ces Messieurs cl ces Dnmc! r>nl 
besoin de repos. C'est à legrct que nous vous 



avi LE Jt'IF. ACTE 1, SCî-Nt XV. 
quiltOïw; eochaulés d'avoir fuit votrccoanais- 

bUIlCti. 

TODS. 

Nou» pareillement. 

(l-c$ voleurs <1onne luic poigne • de n:aiii aux Toya^cun 
qoi la reçoivent en tremblant. ; 

LES ¥OYA«; EUR9. 

AIR \ Fragment d*un chœur de Lodoisku, 

A<)icu , boDop onit , bon voyage y 
De grâ(y , quUWz ce séjour, 
IjA c^£;iiçz sur Qotre pa^isage 
^ I Ne pas vous trouver au retour. 

(Q / 

S < LES VOT.EURS. 

S 1 Adieu , bonne nuit , bon voyage \ 
^ I Puisse cncor à notre retour, 

\jt sort , nous garder t^avantage 

De nous rencontrer quelque jour, 

( Ils duceodent lo «cène en ckiintaqt , et se srparent au fonil . 
les voyageurs renlreot dans Tauherge , après avoir pi î^ 
chacun un des chandeliers qui sont sur les tables , et 1rs 
voleurs sortent par la porte du fond i on les voit pas<>» r 
derrière les vitrages. Samuel va pour suivre les vojageu. s, 
<|ui lui ténioignent I^ur mépris , il sort par le ctii opposé. 
Le théâtrç («te o|^scar. ) 



||IIEB A CTE. 



ACTE SECOND. 

Même décontion. Le jour vieiit pendait reotr^acte. 

t 

SCÈNE I. 

DELAINE, BRILLIKT, M. PINCÉ. 

Ab ! Messieurs , la cruelle chose qu'une in- 
soinnîe , fe n'ai pas dormi an seul înslàDt ; 
mais le moyen ? on avait mis tous les hommes 
dans une même pièce ; pas un appartement 
séparé pour moi; en vérité , ces gens-là n'ont 
pas plus d'égards pour quelqu'un... Où' est 
ma rue du Belder 1 mon hôtel du Dauphin ! 

Ça ne m'a pas empêché de dormir tout 
d'un somm»*: que ne fcsiei-vous de même ? 
.^e ne vois pas ce qui a pu troubler TOtrc 
sommeil. 

BRIILA9T. 

Parbleu ! Monsieur , c'est le vôtre ; vos 
ronflemens ébranlaient les murailles de cette 
bicoque ; et joignez à cela monsieur le Pro- 
cureur qui n'a cessé de parler de rcfcré, soni- 



V>4 LE JUIF. 

uMtiott > ju^Hiens exécutoires ^ prises de 

M. PIN ce. 
^W possible; je suisun peu somnambule. 

BEILLAIIT. 

Alors y je ifous conseille de ne pas dormir 
(Hi compagnie, vous trahiries tous les secrets 
de la Bazoche. 

tf. p I ir c é ) aveo Immenr. 

Parbleu! quand on rêye...» tous rê^riei 
aussi comme les autres y probablement^ 

liaiLLANT. 

Moi ? j*étais bien éveillé , et j*aî pensé sans 
cesse à notre aventure d'bier au soir. 

AIE : JPepuis lon§-t^fm j* aimais Adèh, 

Pe gloire mon cœur trop avide 
Prévoyait d^autres ennemis , 
Et par une horde homicide 
Noms étioDs encore assailUs ; 
Mab ce bras , combattant leur rage , 
l^s abitttait toiis-à .^les pieds , 
Par des prodiges de courage... 

AI. PINGS. 

Vous voyez bien que vous rêviez. 

BRILLANT, 

Pas mal, pas mal.... le trait y est.... }'a* 




^B ACTE II, SCÈNE II. «5 

'roue, par exemple, que j'ai admiré ia iran- 
ijui]|îté de notre Juif, quoique l'bôtesse fu- 
rieuse contre lui , lui ait à peine ai::cordé un 
Ht de sangle dans le coin de la chambre ; il 
s'est endormi avec autant de sérénité que s'il 
eût fait hier la meilleure acUun du moude. 



Eco u tel donc 
;e qu'on nous av; 



lous u fait rendre tout 



I 



SCÈNE II. 

BÉciDENï, HORTENSB. 

.APT slUnl au-devant d'Hartrnse. 
:11e que je pourrais surtout accuser 



hcJn I 



, bas 1 Brillant. 

mille ; suis-je aimable : 



\ Charniaol. 

À DBLACNE, 

^P", Et moi, je »ai,s voir si la diligence se ré- 
pare. ( Biu à Brillant. ) Le» tête-ii-lèles , en 
voyage , peurent faire faire beaucoup do 



^20 LE JUIF. 

t^tJ^V^J^ 9 mat maligaeaieiit. 

£li ! eh ! ( Méprenant le ton grave. ) Ma- 
dame^ j'ai bieo l'booQear... 

(flsort.) 

SCÈNE III. 

BKILLAVT, HOATENSE. 

BBILLàHT. 

Eb bien ! charmante Hortense, uo peu de 
repos Yous a-t-il remise de Yotre agitatîou ? 

BOBTSI1SB9 languissanuBeat. 

Esi-'Ce qu'on dort ? 

BBILLànT. 

D'honneur , je le disais ; dans une misé- 
r;tble auberge , tout manque ; point de per- 
siennes 9 de doubles rideaux... d*ailleurs le 
jour Tient de trop bonne heure à la cam* 
pagne. 

BOBTENSE. 

C'est Trai , on l'a dès qu*:l parait ; et puis 
par un toor horribk , que |e reprocherai à 
rhôtesse , on m^ feit partager la diambre 
de cette madame Descédulee, qui n'interrom- 
pait l'histoire de ses procès que pour déplorer 
rindisposilion de son carlin ; aussi je n'ose 
pas me regarder ce malin : le teint paie , les 




ACTE II, SCtNE III. 
* trails gonflés , les yein dans ud élal ! est-ce 
que je ne tau pas peur ? 

Toujours belle à ravir. 
_ HoaiEflSE. 

m_ Flatteur ! non , vrai , tuut ceci m'n fait un 
^toal... aussi, je voudrais être bien loin : est- 
ce que le conducteur ne nous fera pas bieulùt 

BRIILART. 

Cela m'est toul-A-THit indifllÉreilt ; pour 
rien au monde je ne voudrais continuer ce 
malcncontreus voyage : j'allais voir un vieil 
oncle enfoui dans l'Orléanais , je lui dois 
quelques égards, j'en hérite ; mais, tout hien 
considéré , il recevra par la poste les tcnaoi- 
gnages de ma tendresse ; et ce matin même 
je retourne à Paris. 

HOkTEilSE. 

O ciel ! vous nous quittci P mais c'est du 

--'îr mal. 

B n [ L [, A n T. 
Ëh bien t non , belle dame , ne rOus at,ir- 
I pas ; j'irai assister S vos débuts : jt- 
protégerai , je me charge des couronnes . 

luil précts... (// la regarde.) Non , à S(^l 
ires du matin , je reprends la roule de la 
capitale; car ce n'est que li que peut vivre 
homme comme moi. 



a3e L£ JUIF. 

Car applaudir est d'un toti ddtcsfctbie. 

Pour un thé 
Le soir invité , 

L'écarté, 
Qu^un perdant dés(:rte , 

Me tféduit , 
Et de perte en perte 

Me conduit 
Jusques à minuit. 

Alors 
Je sors, 
Car c^est Tusage , 
L'instant obligé 
Où rhomme rangé 
De son monde prend cctngé. 
£t dé- 
cidé 
A rester sage , 
Je regagne enfin 
L^hôtel du Dauphin , 
Au plus tard... le lendemain. 

H0BTB98B. 

Voilà bien TexisteDce la plus délicîëu 




I 



ACTE II, SCENE V. a3< 

SCÈJSE IV. 

flÉcii.E»3, M"' pKSCIiDCLES. 



M™ DESCBIHJLES. 

Ab! l'heureuac nouTelie, Madame U'heii- 
reuse noiprellc! 

t' ■— '• 

V Les viileui'S scraieiU-ils pris? 

m M™' DESCÉDOLES. 

Non; mais mon p;niyre Aïor v» btiiriciiip 

mieux... Jeruui-jl^annunceràtuut lunundt', 

L't jt: viendrai, j'espère. bit-'Dlât vous ^preii- 

(lie sa paiïiiîie gucrisoii... La punvrc [lùlcl 

(Ell<^ suit préciiiibiimaeit,) 

BRILLANtCtaonTBNSE. 

► La vieille folle t 
SCÈIVE V. 

DELAONE,HOnTENSE,Ll!(ETTE. 
M""SIMONNE, BRILLANT. 

BOIIENSG, courant 3 Lucelte 

Boujoda, chère pclilc, si vous saficicniTi- 

bicii votre mnihcur nous ijésespèrd nous w. 

pillions pjs d'auire chose. DcniaiKei à Ma- 



a5» LE JUIF. 

M"* SIMONNE , avechti^enr. 

Vraiment, vous pouvez bfen y prendre 

pjari; elle a payé pour tout le inonde, rr 

grâce à votre maudit juif, que Dieu puisse 

confoiidre , il oe vous en a pas coûté une 

BDRTENSE. 

Ne parlez donc pas de cet homme Ik ; » 
condu te est odieuse^ 

BAILLANT. 

Bo'rible. 

M°^ SIMONNE, 

ÉpcQvantable ; gr«1ce à lui , voiU le ma- 
riage nanqué , et mou pauvre Charles 6old»\ 
pour ling-teras encore... ohlcedamoé d'Is- 
raélite si je le tenais... 

SCÈNE VI. 

lES PRBGÉDENSy SAMUEL. 

SAMUEL, entrant par le fond» 
Fous emantez moi , Montame ? 

M"*' SIMONNE. 

C'est 'ous , vieux fripon ? Venci-TOu$ en- 
core insilier à la victime de votre OTaricef 

SAMVBI.. 

Cen*éait pas mon faute; si le Temoiselli 



ACTE II, SCÈNE VL a33 

il a fait pas papille tans le foiture, che aurais 
pas su qu'il afait onze mille francs. 

HORTEirSB. 

Parce que tqus le saviez • é^it^ce une rai- 
son pour la dénoncer aux brigaads? 

M"*" sinon NE. 

Qui sait s'il p'étalt pas d'intelligence a?eo 
eux ? vous avez vu hier.., 

m CET TE. 

Ne Tinjuricz pas... quoiqu'il m'ait rendue 
bien malheureuse , quand il n'aurait ri^p dit» 
les voleurs m'auraient-ils plus épargnée que 
les autres? ils auraient bien su découvrir... 

SAMÇELt 

Excellent cœur! il prenait encore moQ tàr^, 
fense. 

M"* SlMOlfUE, àLuccttç, . 

£hl non, on aurait pu leur cacher... 

BEII,LANT. 

Si fait , ce que dit Mademoiselle est très- 
Juste; elle aurait tout perdu 9 et nous pou- 
vions perdre quelque chose ; ainsi, tout bien 
considéré 9 Monsieur a agi en homme de sens 
et d'esprit. 

SAMUEL^ à mat^amc Simonne. 

Che approufe les iiichures... {j4 Brillant.) 
Et che mrpriso le éloche. 



4 »• 4 w 



a 9ki 



^loit .ttMC i .Hait: JKft cuiuimt . 



^iMèi^vciii Yûr? lie Tweca ameipas?... 

Wl^ )feio««Mr « H je TOUS entends bîen « 

«t|iH^ |4<tt*^n «fuvvre mériter ma rccQaïuû^- 



^*%«^.4lr fiit c^ Tent dire? Qu'as-tu à 

muainMv «I nniM pu. 

E> ^ ïia< ioif ^*^4 «t* fet - il le Joif er- 

*-:)!•' , < ?*f:^.*<:Qr^ QtAtfOQf5 ^tie o>>t un mal- 
i'»xr\*f}« y^nmiK^ X^^t>&'. il ^^*e armée, à 







ACTE U, SCÈKE VI. 

SCÈWE VII. 



licÉDEBs, UN SERGENT, 

SOLDATS, rftolle&Qil 
LE SEBCEHT, etltic Qiadjme Simonne cl Samurl, 

ME.<3iEtBS, k bruit <Iel'cTâneiiunt oui VOUS 
csl arrifé hier s'est pranptciniiijt repnndu; 
iiislruïl de ce Tait , i, Fa joinie du |our, je suis 
accouru arec le poMc que je eommande à 
dcui lieues d'ici , piout fïieTliler ini rt^cbn'- 
rbcs Rt punir les cuupibles. au nintnent V'"» 
je voua p^flfi, une gfanvc partie do mes hom- 
mes piircouri'ul les tufinmsj et J<^* malfai- 
teurs ne puiirroiit letrr frhjipper, ( Désignant 
Liiceiia. ) N'est -tc pusin la jeune personue 
qui a ct^ surtuut t«u[ ifciin^ç? 

^ H"^' StWIKNK. 

B Oui , monsivur le SuFgcijt, c'est cette pau- 
vre LiiccUe qui, sans cela, atir;iit ipousi'. 
luau eu. Ahl je voud^is l)|cn qu'un de <<'- 
coquins fût a('r(lr... pait-ëlrc bien qu'un ili 
ses aïcuj ççbiicirait di belles chosça. 

( Ufi.' reg4(de ï^oufl.) 
SE H C c K r , iVn a^icrrcvaul. 
I ^ue Toiilei-ïous dite? 



kCcs geiis-l.'i ont 'les amis parloul, et n«c\- 



i36 LE JUIF. 

qucfoîs mêles parmi les voyageurs , ne se 
pourrait-il pas qu'un de leurs confrères!.. 

le s«RG|NT, vivement. 

Explîquea-Tous mieux; auriez-vous quel* 
que iodlce? 

LVCETTE. 

Madame Simonne^ pouvet-Tous?.., 
v*'' 8IM0WNB, éclatant 

Tout ce que tu roidras... tu ne m'empê^ 
cberas pas de dire que ton Juif a fait un tour 
pendable» 

LE SERCENf, trés-TtYcmcnt. 
Jâals ce Juif où es:-il? 

8 AM v B 1 9 froidement. 

C'était moi, monsr le Scrcbent; mais re<* 
cartcz mes papiers, cae fous prie, cbe étais 
pas capable pour... 

LE SEEGENT, aaminant les papiers. 

Non 9 sans doute , c(S papiers prouvent que 
Monsieur exerce une profession bonorable et 
jouit d'une bonne répitatîon ; je tous inrite, 
madame Simonne, à ne pas accuser si légè- 
rement. 

M"* SmONlTE. 

C'est ça, VOUS yerriz que c'est un bonnête 

bomme. 



ACTE II, SCÈNE VII. 23; 

LE SERG ENT, 

Le conducteur de la diligence était-il pré- 
sent? 

M"*' SlMONlfE. 

Non , il a passé la nuit ^ réparer sa voiture. 

I.E SEBGETfT. 

Où sont les autres voyageurs ? 

»("• SmONIfE. 

Ils sont réunis dans la salle à manger. 

LE SERVENT. 

Veuillez tous les rejoindre avec moi. 

TOUS. 

Tous?,,. 

LE SERGENT. 

Oui 9 il faut que je recueille la déposition 
de tous ceux qui ont été les témoins de Té- 
vénement ; voulez-vous bien nous accompa- 
gner aussi, Mademoiselle? 

LVCETTE, 

Ah! Monsieur, dispensez-moi... 

s A M V E L. 

Oui, monsir le Serchent, je répontrai pour 
le temoiselle , car che Taimais comme mon 
fille. 

M"*"" SIMONKB. 

Allons, je vois que dans cette affaire-là on 
ne pujiira pas les plus coupables. 



'^i3é L£ JUIF. 

Kî les plus paranb. 

(Ils cBtreiit tous , les soldats suivent le sergepi.) 

SCÈNE VIII. 

LUCETTE- 

Je ne sais pourquoi cçt li^Qcpme» malgré s» 
conduite , m'iospire de l'aifectîoo et presque 
de la confiaDce ; ab ! je le bénirais encore , 
s*il pouvait sauver le malheureux Cbarles... 
à présent il faut essayer de l'oublier... oiali 
non pas tant x]u'il sera malheureux. 

Àia : Nouveau de M. jélex. PiccinL 

Pour rendre ma peine é(emel(e , 
Je sens qu*un invisible attrait 
A iQon cceur sans cesse rappelle 
Le bonheur qui nous attendait. 
Des biens perdus la douce image 
De nos chagrins accroit le cours : 
On pourrait supporter l'orage * 
Sans le souvenir des beaux jours. 

Si jamais nne ardeur nouvelle 
Près d*uae autre engage sa foi , 
Il pourra la trouver plus belle , 
Mais non plus aimante que moi. 
Que %eti destins soient sans nuages , 
O Ciel ! protége-le toujours , 










_ Gluri, f 



'"«•r, 



"»»*i- 



^-^I^^Sï?-*.» 



. ?*'«, 



'V"oe, 



'..■„"*» *'iï: 



• '*'«.0,î°'•■»- 






'"Orne 









a4o LE JUIF. 

mieux subir toute la rigueur de mon sort que 
de lui en devoir radoucissement : écoute , 
Lucette; ici, nous ne serons jamais heureux; 
conOe-toi à mon amour, à ma loyauté; suis- 
moi dans un autre pays^ où la plus douce 
union... 

LVCBTTE. 

Je devine... n'achevez pas; non jamais , 
Charles; je vous aimeplusquetout au monde, 
je ne vous préfère que mon deyoir. 

AIR : De VErmite de Samt-ApelU. 

On m^a ravi cette opulence , 
Dont je n^ai joui qu'Hun seul jonc : 
On m^a ravi toofe espérance , 
J^ai tout perdu , hors mon anonr ; 
Mais j^ai les biens dont on s^liODcnt f 
L^innocence et la paix du cœnr ; 
Ah ! ponr que je sois riche encore , 
Mon ami , taissez-moi rhoaneur. 

SCÈNE X. 

LES FEÊGBDENS, M**" SIMONNE, 

dans la coulisse. 

m"^ SIMONNE 9 accourant. 

Que vois-je I... mon fîls!... Charles... mon 
pauvre enfant, tu t'es donc souvenu de l^ 
mère. 




ACTE II, SCtNE X. a^i 

GDAIILKS. 

Jen'jiijamaiacessé de VOUS chérir, et pour- 
tant TOtre rigueur a prèpitré ma perle ; cuou- 
tuz, ma mère, les inslans aunt chers : vuluï 
Lucette, vouasavcist je l'aime !•.. accurdei- 
oous votre aveu. 

m"- SIMONNE. 

Commenl! qu'est-ce que celîi veut dire P 
cat-ce UD complot entre Yons? n'es-tu venu 
ici (lue pour lu'aliliger encore? 

CHARLES. 

Mo mère» accordei-moi Lucette... il y tu 



Bahl propos d'amoureux; lu l'aimes. c'«<I 
jiisie, cette chi-rc en Tant , je l'aime rmssi < 
moi, elle le sait bien ; maisennn elle ti'a rien, 
el son 3Tenture d'hier?... allon», allons, 
(lu'on ne m'en parle plus , cela ne se ]>eul 

CBABLI3. 

I^M» mère, tous ne garei: pas... j'en mour- 



( SbiducI cotre et rcoutc au TodiI.) 



[ La cheune soidji et !>on liaple de mcre 
luslement que je foulais pas... 



2^2 LEJUfF. • 

M*"' SIMON KB. 

Bakl on me toeurt pas de ça... Luceffe, fo 
n'as plus aflbire à Orléaus y reprends la route 
de Paris; la voiture passe dans Une bèu're ; 
moi, |e vais prépareir la chambre de mon fils 
qui vient en congé chez moi ; et comknë il ne 
serait pas bien de rester avec lui... 
( EUc lui fait signe de la suivre , et va pour sovtir») 

CHARLES^ rarrêtant avec éoeigie. 

Un moment : puisqu'il te faut , apprenez 
tout; )'ai déserté^ c'est un crime que la loi 
militaire punit de mort. 

m""" SIMONNE^ avec angoisse. 
Mon fils ! 

CHARLES. 

Si vous persistez dans votre refas , je cour» 
me livrer au conseil de guerre; si vous m*ac- 
cotdez Lucette, je retourne à Orléans, mais 
pout me jeter aux pieds de mon colonel; Il 
ra'àime , car jusqu'à ce jour j'avais toujours 
fait mon devoir; il me protégera ^ il me sau- 
ver^ du danger qui me menace, et j'atten- 
drai , heurenx de votre prom<5»se , Tilistàiit où 
la loi assure ma liberté. 

Malheureux! tu ne donted pas de ma tei>- 
dressc... 

CHARLES, 

Pror.onccz. 










°'"'' partes *''<=^»»t. 



l 

m LEJUIP. 

Semble enSa immp aoarire , 
ITaTQÎr plus k notii dîie , 
Gdœ M pliff tendre nœud : 
Adieu, «fien, idleu. 

TOUS, 

Adieo, adlea, adieu. 

CHAlIiM , approclMBt d« lai Lacettc «t m mèiw. 

Si j*en cioiii de non oœor 
Le présage flatteur, 
Oh|ets de ma tendresse , 
Ce n^est qu'à la tristesse 
Que nous dirons dans peu : 
Adieu , adieu , adieu. 

TOUS. 

Adieu, ^dieu, adieu» 
( Cbavtet est prêt à sortir , lorsque Samuel eotoe «menant les 
soldatd , et suivi <le BrilUot et Delanoë j ils eulroot par 
la porte de droite.) 

SCÈNE XI. 

DELÂUNE, BRILLANT, SAMUEL, 
LE SERGENT, SOLDATS, LUC ETTE, 
CHARLES, M" SIMONNE. 

SAMVE L. 
AIR : Chœur des Savoiards, 
Messieurs , à moi ! main forte ! 

LUCETTE , CHARLES , MADAME SIMONNE. 

Nous trahir de la sorte!,.. 



a46 LE JUIF. 

MADAMJE SIMONNE, LUCETTE. 

ReDdez-le-Dous. 

LES SOLDATS. 

Non, DOD. 

MADAMB SIMONNE , LUCETTB. 

C^est son 



C'est moii 



V 



époux. 



LES SOLDATS. 

Non , non. 

iJAMUEL , «ux soldats. 

A fous , Messieurs , |e le confie , 
Conduisez4e vite en prison. 

CHARLES , à Samuel. 

Ah ! traitre , rîc ta perficîîc , 

J^e^père avoir bientôt raison. 
w / 

^ / BRILLANT. 

jti \ Ah ! quelle infâme perfidie!..,' 
^ I Ah ! quelle noire trahison ! 

LES VOTAGEURfl. 

U s*applaudit de cette traliison. 

MADAME SIMONNE et LDCETTE. 

Laisse z-nons , je vous prie , 
Partager sa prison. 

LE SERGENT. 

Camarade, vous êtes mon prisonnier. 



ACTE II, SCÈNE XL 047 

CHARLES. 

Je me résigqç h ipo^i ^vl> mais laissez-moî 
du moins punir ce misérable. 

(•|l s'fiBippeyerii Samne).) 
Le sstiGBfiT, le retenant. 
Doucement, pas de yiolence. 

SAMUEL. 

Le jDcrat! il Ibuldit tuer moi pour me re- 
mercier de mon protectibn. 

BBILLART. 

Jolie protection que la TÔlre ! la Teille , 
vûui rui«x la maltresie; le lead«ma!D> tous 
faites arrêter Tamant. 

Lti SBROEVfT. 

Camarade 9 mon dcToir Bi^oblige de tous 
conduire 8ur4e-chi|mp à Orléans. 

Monsir le sercheot^ 91 fous foulez payer 
moi de mon pon afîs, gardez le sql()£(tici 
une heure seulement, che attendf^is queU 
qu*an... pavais un crant impatience. 

LB sçacEifT. • 

Impossible, marchons. 

CHARLES. 

Adieu , ma mère; adieu • Lucette. 



^48 LE f VIT. 

SCÈNE XII. 

LBS pEBoiDEHSy THOMAS, accoimot ds 

dehors y, essoufflé. 

THOMAS. 

Plagb ! place ! il y a de grandes Qou relies! 

TOPS. 

Quoi donc? 

CU^pde Douvelle! grande nouTellef mon 
réponse, d'abord? 

THOMAS* 

Quelle réponse? 

SAMUEL. 

A mon lettre, impécille! 

THOMAS. 

Tiens ! c*est vrai ; c'est que dans tout ce 
boukvarî de voleurs, je n'y pensais plus; ai-. 
tendez. ( // se fouille.) Eh bien ! la v*là, vol* 
réponse, j'ons eu assez d'peine à Ttrouyer 
vot' colonel... au beau milieu de la nuit : il 
dormait qu'ça fesait plaisir^ mais je l'ai fait 
lever, moi, comme ça , sans gêne. 

SAMUEL. 

Tonne , tonne , tonne , tonne. 



I 



ACTE II, SCi- NE XII. 2^9 

THOM AS. 

Tonne y tonne 9 il est clair... qu'il feutque 
je vous la donne , mais pour ça fiiut que )*la 
trouve, ah! la v'ià. 

s A M r E L. 

C'était pieu heureux. 

M™* SIMOlfNE» 

Bt la nouvelle donc ? 

TH0M\S. 

Pour en revenir donc, figurez-vous que c'te 
nuit, , en traversant le bois, j'tremblaisî... ça 
n'est pas étonpant, parce que le courage n'em- 
pêche pas d'avoir peur; je prenais tous les 
arbres pour des voleurs; il me •semblait que 
de derrière chaque buissQn on me criait :La 
bourse ou la vie! pourtant je n'ai rencontré 
personne .. je crois bien , ils étaient ici à faire 
leur coup. '^ 

LE SE R6ENT. 

Hais enfin comment sais -ta? 

THpIf AS. 

Ah! v'lt\ l'intéressant!... c'est que tont i 
l'heure , en passant près du moulin de Gros- 
Pierre, là tout à Ventrée du village, comme 
j'étais descendu de cheval^ je me mets à pen- 
ser à la bourse que ce Monsieur doit me donr 
ner pour ma commission, j'veux aveinc^ 



aSô LEJUIP. 

mon argtot pour calculer combien qo*çâ 
loTn afec deux plits écas que favaU dqA , 
t'U qos j'KOS one nuûo qu'éult entrée dans 
ma poflbe arant la vienne; j'me w^Umwmm^ 
f fois une ligure, j'en fois deux, trois, j*crie 
comme on aveugle; tos messieurs qu'étaient 
là tout prêts surviennent, et t'U qu'on prend 
toute la nichée de filous d'un seul coup de 
Ijict... ils s'étiout fourrés sous la grande roue 
du moulin ; alors quand j'ai vu qu'il n'y avait 
plus de danger^ le courage m'est revenu ; je 
suis remonté sur ma bêle, et {'arrivons tou:» 
les deux bien essoufflés , pour tous raconter 
c'te boane nouTelle. 

TOUS. 

Us sont pris ? 

THOMAS. 

Pardine, est-ce qu'il n'y a pas une provi- 
dence, donc! 

LE SEtCENT. 

Prévoyant notre arrivée, ils n'auront pas 
osé rentrer dans la forêt. Consolez- vous , 
Mademoiselle, sous une heure , tuut vous sera 
rendu. 

THOMAS, à Lucette. 

Tiens, est-ce qu'il vous ont aussi volé 
nueuqu' chose, Main'selle ? 



ACTE II, SCLlîE Xn. '2'm 

L E SEK G EFT. 

Et as-tii reconnu les figures de ceux i)u: 
50iit venus hier soir. 

Tl OM A». 

Von , TU que j'étais à Orléans qetnà ils 
étaient ici... mais patience... du train ^oDt 
00 y Ta. ( On entend des coups de pitioUi et 
defasit.) Miséricorde! 

TOUS. 

Qu'est-ce que c'est que cela ? 

( Charles , qaokpie sans armes s^étancc a Iravrti let 
soldats qui regardeat d^im vieimeiit les coup! de 
pistolet , et disparait ; tous les voyageiiri ac^Mfr- 
rent.) 

LE SEftGEVT. 

Où courei^Tous ? 

CBABLEt. 

Où mon dcToir m'appelle. 

SAMOBL, M**' SlMOHflSy LOCETTÎU 

Aia : Quand j*tuiis GairU-marine. 

Où rempoite ion courage f 
n ocnirt à d'autres périls. 

LES TOYAÔrVAS 

Ost un combat qui s'engage , 
Les brigands revirncIraieiit-iU / 



a54 ^^ ^^'^' 

■^ SIlfOVlIB. 

Fottillex-let, Ik doÎFenl aToir sar eux Tar- 
geot de cette paarré Lucette. 

LISB16B1IT. 

Allons 5 coquins f rendez tout. 

BBISBTOUT. 

Eendre ? 

GP.ABI.B5. 

Sur-le-champ. 

BBISBTOUT. 

El A nous restituons^ 

M^ SIMONHB. 

Tous aurez cela de moins sur la conscieoce« 

B0SS161I0I.» àpart. 
Et dans la poche. 

TBOViS** 

Gomment I ces honnjÇf's i^ojom^s étaient 
4ea... Ôh! Dieu! 

LB 81BBOBNT , roDCt les faOlcts à madame Sîmoiuie. 

Maintenant 9 en route. 

(Les loUats s^approdieat, le sei^ent leur parle bet« 
et aa même moment Brlsetoitt lui tire dç sa poche 
•OD mouchoir ipiirsortah ç k MlM «itteonieri^ 
dûnalemeot, Brisetôut feint de s^essuyer une larme.) 

M^ SIVON^BBt 

Un moment 9 un moment; ça ne fait que 
dix billets^ il y en ayait blnze. 



■i t-- 



ACTE II, SCÈNE XIII. 
M. rincé. 
C'est juste, où est le ontitimcP 

BBiSETOtiT, montrant Sarouel. 
Le onzième, o'esl le camarade qui l'n. 

Lu, quand je disais. 

Lu poignée de mnin s'explique. 



Tiens, l'Juirqu'a l'aniièmcl 

BBIILIKT. 

Complicité I 

Connivence î 

H. riNCB. 
Coliusiun I 

LE EEHCIHT. 

En prison avec les autres. 

TOVS. 

En prison 1 En prison! 

SAtlDEL. 

Un moment doncl en prison! en prison 1 
che étais pas le camarade dç ces Messieurs , 
le sergf.nl il afrc vu mes papiers. 



aSa LE JUIF. 

LE SBBGB1IT. 

Les papiers ne prou Tcot rien ^ quand les 
Caits les démentent, 

SAMUEL. 

Si les papiers ne prouvent rien» alors c'é- 
tait pas la peine pour apprendre à écrirp < 

LE SBECENT. * 

Allons 9 pas de raîspp^ restituez, et suives 
TOS complices. 

SAMUEL, donnant le billet. 

Che foulais bien restituer; mais che fou* 
liis pas suivre. 

LE SEE6ERT9 leremettanti Lacette. 

Mademoiselle, tout Totre af^nt roua est 
rendu... 

SAMUEL. 

Non , tout li était pas rendu encore , il 
manquait un misère... 

tf>n« SIMOEKE* 

Qu'est-ce donc? 

SAMUEL. 

Rien, que teux cent mille francs. 

tous. 
Deux cent mille francs ! 

LE SBIOBIIT. 

Et où sont-ils? 





ACTE II, SCÈKE SIII. 



voleurs fimt un mouvement poi 

Samuel.) 
■ ossicnoL. 
h t si nous avîuQS su ça I 



ilence | 

(11 fait i]gae d'i 



lu voleun.) 

fous à In 



Che tbais pien que Tous 
moutarde. 
^_ (Od emmené les volears.) 



Bon 



Bon TOyage , 

Mes chtrs amis , 

Poar qaelijue b'ns vous vall 

Bon lOjBge , mes cliers ai 

quelque lems vous voilù auns i>cuEts. 



-agr; 



Bon vojige , 

Mes elteri- amis, 
Nous saurons bien rumprc notre esclavage i 

t>i)u vojage , mes diers amis, 
Nous revieailrotu birnl<)t tlans le pajs. 



a» LEJDIF. 

SCÈNE XIV. 

LES PBÂCBDENS) CXCepté LES TOLE DBS. 



M"'' SIHOirirE, 

Quoi ! Monsieur , ces deux cent mille 
francs? 

SAMUEL. 

Li être à la petite. 

LU CETTE. 

A moi, tout cela!... 
Tout cela. 

LÙ CETTE. 

Mais, Monsieur, qui êieis-^tous doue? 

SAMUEL. 

I • * 

Samuel , l'ami intime et rasseoie de fotrc 

Ïère , qiie la guerre afait toujours retenu en 
mériqqe 9 et empêché d'envoyer à vous m 
archent ni noûfelles. 

LUCETTB. 

Ah ! Monsieur, quand pourrai-ji; le revoir? 

sÂltUEL. 

Chamais , mon pauvre enfant 1 

LUCETTB 

Ciel! mon père!... 



ACTE tl, Sl.KNF. XIV. 



H-Mjîs che fiem pour remplacer lui pris de 
V01I5. Samuel, m'u-t-il dil à ses terniers mo- 
inens, pendant qiitttie aas , ïnlérèts , peines , 
jtlajïiit;;, Ipiji jl.^fre élu commuD enire nous , 
îlliiut nous séparer j clie m'en Tus sans re- 
mords, maii non sans regret ; piLÏsque che 
peux pasiombrasier lé se«il enfSlit qiie le Ciei 
in'afrc dounË. Sois ^u# heureiiit.que' moi , 
porte A mon Lncelle. les vfeux qtte cbc aire. 
fait pour elle chisqu'à ira lernier soupir ; 
□oinïae lu «Fre aimé le père , lu aiinems l'en- 
l'aiit-, h'«fit^i) pi)^ vrai, mon cher Samuel, 
qu'il me tisail, en serrant mci mains qn'il 
mouillait de ses IqrQies ? aide-Ja de tes con- 
seils, guide sa cbeune cœur, nnis-la h un 
liomme sage, laborieux, honnête; rhc lais- 
siiis il elle Im Idrlune snfHsarirc pour leuz , et^ 
^i un chour li être heufca'»e, qu'elle pénisse le 
Ciel, qui ne reuheter diumais les priËres rfe 
l'hannCte liDtiime etdu boD père, En tisant 
ces mots, il serra moi eDCpfe une fois il-.iw 
pcspras, et ce fut l.i Iprnitre; mais li Eln: 
l'gaf, Toirc péi« il lifra pour vous tant que 
e Sfrai , el tout ce que je tcsire au mande, 
' ' mourir diainais. 

m"' ilMOItHE. 

I Pourquoi UG TOUS être pas fail connaître de 



36o tEJUIF. 

SA MU EL. 

Je foulais savoir Fusache que le petite il 
ferait tes ooxe mille francs que j'afie en^ojés 
à elle. 

LVCBTTE. 

Quoi ! c'est encore à yous que je dois ?... 

BftlLLAHT. 

Mai9 alors pourquoi Ten afoir fait aussitôt 
dépouiller par l^s brigands 9 

SAM|)E&. 

Pour saufipjr aoo,ooo frapcs que je afre dans 
ce porte-feuille , et qui être (c fortune Ce Lu- 
cette et te son Charles. 

M^ SI MOU HE. 

Oh î le digne boniiqe ! 

i^MUELy donnaot Le porte-feniDe m Luoelte qui 

pleure. 

Comment! mon enfant, fous n*être pas 
encore contente ? 

LCCETTB. 

Ah! Monsieur, puis-je l'ôtre lorsque î*ai 
perdu mon père , et que ma fortune entière 
ne peut sauver Charles.... 

LE SERGENT. 

C'est impossible, Mademoiselle. (A Char^ 
la, ) Allons, jeune homme, marchons... 



ACTE II, SCÈNE XIV. 261 

CHA&iES. 

Je suis prêt. 
Monsieur Samuel!..^ 

SAMUEL. 

Un moment, un moment, lecheune homme 
il marchera pas, il peut pas marcher... il est 
lipre. 

( U remet au sergciit la lettre que Thonn loi a ap- 
portée.) 

TOUS. 

Libre ! 

L« SBIGBHT, Utant. 

Son congé! 

GBA1I.BS. 

Il se pourrait t 

I.E SEBCiHT, Csant 

Il est en forme, c'est fort bien ; mais il ne 
détruit pas le fait de la désertion, ainsi... 

SAMUEL. 

Partonnez... le tésertion, il était de cinq 
jours seulement, et le congé, il afait hoît jours 
de d^^e , fojei. 

CBABLBS. 

Ah! Monsieur, vous nous arez tenu pa- 
role. 



'étï'é tttvtr 

iliKfi« 4*Alofii9 if 1i irA af06 phHVflM 
niftrt f§i$meê M a*«ÉMa eoêft de -ftaèbà 

(I Mt «iw aei foUbli.) 



u 



^j, 



*v. 



Ml rtMMMt V .ftVftAtTT, BOIlTElfSÉ . 
M. PINCÉ, THOMAS. 

( O0 Micid le fouet do poflilloB 9 Bostaut cqtre pir le 
Im4, tout bi vovagiean icpicÎMeot kunnaqnets , 
iwn yjpi ci ^ âMS a&Mil, Me.> etc. , qalb avaient 
•Il pnoMsr aete, et qoî leor mmU apporté» par 

Auovff meftiiears les rdjinm, lé pos- 
tillon est à cteffll^ lés bêtes slôipatientent , 
partODS* 

SAMUEL. 

Le Temoiselle restait » et moi aussi. 

. aDbtaot. 

Cdttkfié Tbbs Vduarez» les places sont 
payées; mais frai , tous avez tort; la Voiture 
remise presqu*à pe.u^l^ route libre , on om- 
brage continuel et le^ bords de la Loire dpncl 
^en que poi/r les Toir/ il faudrait faire le 
ê&kA f croyex-moi... 



ACTE 11, SCÈME XV. 

VAUDEVILLE. 

VilE EU roule. 
Coûte que coâte , 

£t isns trûbucliET ; 
ViteeDruule, 
CoâtE i|ue coule, 



Don 



Vile en route, cic. 

DELADNE. 

Si je coanaïua» un pays 
Où l'on uc iil que du babils 
Dont la piode fdl pai 
L'étolTe légère , 
La façon Irès-cbère, 
Ah! comme j'irais. 
Ht comme je dirais : 



paya 
séïèrc qu'a Paru , 
Le[iublic fût , pat boulé lare , 
Du sifflet barbare 

Ah ! comine j'irais. 




ni DAME DESCÉnULES. 

OÙ Ict [euDcs gel» bien poiîx 
PréférssseDt eu amourettes , 

An jeui des bruoette» , 

Les oez a lunettes, 

£t coaiioc je dîrûs : 
Vite en roule , cic. 

CBUIUI. 

Si je coDinUsaû un p«jt 
Sont tout les habitani iima , 
Arâtam , boai^ecns, militttKt, 
Sans partû conhaîrea , 
Vécussent en frères. 




ACTE II, SCÈNE XV. 2(>i 

Où , grâce au bandeau de Thémis , 
Les procureurs pussent tout prendre , 
Sans jamais rien rendre f 
Ni se faire pendre , 

Ah ! comme j'irais , 
Et comme je dirais : , 

Vite en route , etc. 

THOMAS. 

Si j'connaissab un pays où 
L'on pût gagner Tor du PéroQ 
A caresser flacons , fillettes » 
Sans laver d'assiettes , 
Kl faire dV>m1ettes , 
k' Ah ! comme j'irais » 
£t comme je dirab : 
Vite en ronte , etc. 

SAMUEL. 

Si che gomifflssads un pays 
Où les fentres soient arrondis , 
Les bras, .les mains de mêmes formes , 
» Les £ices énormes , 
Les mollets conformes , 
Ah! gomme j'irais , 
£t gomme che dirab : 
Fite en route , etc. 

SAMUEL , aa Publie. 
ÂiK : Chaque nuit mon tant aknuèê* 

Messieurs , soit dit en confidence^ 
Le père à qui clie doi^ le chour, 
F. Vaudevilles. 3. •l'^ 



aC6 LE JUÎJÇ. ACTE II, SCENE XV. 
Entre la craintf: et Fespérance , 
Flotte c^ ce moment tour à toui:^ 
Ah! proîifez-Iqi, comme il suspecte 
Quelque oraclie, quelque débat) 
Que te mercredi pour ma secte 
N'âre pas le chour du sahbat. 

CHOEVB* 

Vite en route , etc. 



FIN vn loir. 



Nota. Il faut au septième vers, sgibstiitiirr à «c pour 
ma secte » ces mots : pour notre. seçU.^ lorsque ce 
couplet sera chanté le liindi , mardi ou. jèuf)i de la se- 
maine ; et le quatrain suivant aux quatre deniers ^ers» 
lorsque ce sera le samedi. ' 



OuLliez tous , comme il suspecte 
Quelque orage > quelque débat. 
Que le samedi pour ma secte 
Li être le jour da sabbat 



LA 

VEUVE DU MALABAR, 

COUÉDIE EN UN ACTE, 

MljLiB DE TAVDBTIKIiBS, 

PAR M. SAINT-AMAND; 

Kcprésentée , pour la prenûére fois , an G jnmaie 
àamtàqoK , ie iQaoât x8aa. 



!i70 LA VEUVE DU AfALADAR. 

DUP&É. 

C'est faste ; ob m'avait dit qae quefqo'an 
m'attendait dans mes magasins. .. . ( D^an Ion 
imposant. ) Qu'est-ce que c'est ? 

LA FEMME 

lOe la part de Miladi , ma maîtresse. 

DU F RÉ 9 pffeuMrt la lettre. 

▼oilà une soubrette qui a une fort jolie 
tournure .. une charmante petite femme ! 
( La regardant. ) Ah ! mon Dieu I quel sou- 
Tenir ! 

I.A FEMME. 

Quel son de yofz ! 

DVFRB. 

Alftsueur froide qui me saisit... 

LA FEMME. 

A la terreur que j'éprouve... 
Je ne peux pas m'abuser. 

LA FBMME« 

Je ne me trompe pas... c'est le fri]pôn ât 
bupré ! 

C'est ma femme ! 




VEUVE DU MALABAR, 

COMÉDIE. 



ILe lliéâtte lepiéncnte une sMe de l'apparlciucnl di 
' Duprc ; un vuît çà cl Ij quFli(uca bailub de nur 
*- (diauducs. A droilc , uo caliinet qui conduil uu 
i 



gasla, A gaudie, d'aalres apinrteuicDS ) au tuud 
des ctwées i|ui UuoueDl sur là vittt. 



SCÈNE PREMIÈRE. 

DUPRÉ, parlant au fond à la cantoQïiade j 
devanldebH^ènc, UNE FEMME, Kuii 



OEBBEi ces ballots de marchandlsea , et piv- 
nei gurde de rien gSler... Ces doue aliqueit 
indiens sont d'uue iiialiidresse 1... En Franiu 
quelle différence !. . Je me rappelle que qnoml 
î'étaïs laquais, j'avais toujours pluii d\^spii> 
que mes maîtres. 

hà. tEMMB, i';ivaii<;iiDl. 
Monsieur... 

33. 



aj^ LA VEUVE DU MALABAR. 

Tu le fesais pour éviter ta femme , 
Et je Tai fait pour trouver mon mari. 

Et quel mari 9 un inauyais sujet , uq bru- 
tal 9 un jaloux 9 uo dissipateur... uo... 

D V p B é 9 la regardant avec tendresse. 

dette chère Angélique!... elle n^est point 
changée. £h bien ! donc , ma douce com- 
pagne ^ puisque les vents contraires tous 
ramènent près de moi y donnez-moi des 
nourelles de mon ménage d'outre-mer?... 
Voyons. •• qu'as-tu fait pendant lés cinq ans 
4e mon absence ? 

m"' DITPEi. 

Ce que j'ai fait? J'en ai profité pour être 
heureuse. 

DUPBé. 

£t moi pour faire fortune. 

M"' DUP&Â. 

Comment! il serait possible? Ce riche 
négociant chez lequel je venais... 

D€PBé. 

C'est moi-même.... et tout ce que tu vois 
m'appartient. Cette maison... 

M™" DUPRÉ> avec tendresse. 
Dupré ! 

D € P B B. 

Ces esclaves , ces marchandises... 



Mon cher Dupré !. 



Et dans ma cabse , cinqui 

Mon ami! etj'osais t' 
ner la conduite t... 



Tu me pardonnes donc mon départ ? 
T'en ai-je jamais gardé rancuue? 



Vaudeville de ta Son, 



mihide. 



Aim's viuig aos de iJiicorile et il'alutncc 
ALi ! i\\\''\\ est duui de bc rvvuir 1 



Ainsi que loi , moa buu ami , je peu: 

BUPE^, taregardanliïtciuri 

Fortune , Ijuel est ton pouvoii' , 
Tu falï, tiiu (fu'eu JaignuDl yjtj 

Ce que l'amour n'a pu Taire jadij I 
Pour la jiremirre Ibis , prut-ctre , 

Ma fcnUDc et uioi souuucb Uu inûioe ; 

it"" DtipRE, de intmi 



974 LA %'£I7r£Di; MALABAR. 

Née Angélique !... {lis s^emhrassemi,) Quel 
boBlmu' de se reUooTer I 

De sUoer plus que jamais ! 

De ne plus parler du pass! 

Oq plutôt de le faire oublier par les soins... 
les égards , les prévenaDces... Tu dis donc , 
moQ ami , que tu as gagné cînquaote mille 
piastres? 

DCPIB. 

Oui , ma femme. 

Et que cette maison , ces escla? es 9 ces 
marchandises nous appartiennent ? j 

DO PRÉ. 

Oui , madame Dupe é. De plus > )e fouis 
d'une certaine considération dans le pays : 
d*abord je m'y suis fait natuk'aliser , ce qui 
augmente encore la confiance ; et à la pre- 
mière occasion faTorable 9 je me retire de$ ^ 
affaires, je réalise mes fonds et vais m'ctablir ' 
in France , où je n'aurai plus rien à faire 
qu*à vivre en honnête homme. 



I 



Et muî , en gModc daine. Quel bnnlieur I 
Je Tais le dire ù \aiiy Aiilliunj , tua riiaîlresac, 
arec qui j'élois reoue eo te [lajrs, 
DttrnÉ. 

C'est inutile.,. Je sors... et je me charge- 
rai de la commission... Si on vfii.iit me de- 
mander, je reviendrai dans uue heure. 

Tu me quittes déjà? 

Il le Taul pour une affaire imporlanle qiiî 
regarde un de mes compalrioles , M. de Sur- 
Tille, un jeune Français li'ès-iiche. 

Eh ! quelle est celte affaire ? 
oorité. 

Oh I ce n'est pas une affaire de commerce 
proprement dite... parce qu'il s'agit , vois- 
tu bien... Mais dans ce moment je n 
pas t'en dire davantage. 

M"" BCÏ» 

Et pour qaelle raison ? 
Parce que c'est 




2;6 LA VEUVE DU 12ALABÂR. 

Vous en arez donc pour moi ? 

DUPBB. 

Sa os contrcdîL 

Après i'amour que )'ai pour tous ! 

DUPBÉ. 

Eolendons-nous. Je sub sûr de ton amoor^ 
mais DOQ pas de ta discrétioo. 

M** dcpbL 

Tu auras beau faire ^ ^eependaDt îl faudra 
hieo que je sache... 

DurBi. 

Tu ne le sauras pas. 

M^ DUPai. 

Je le saurai I 

DUPBB. 

C'est ce que nous Terrons. 

Âh ! tu espères me cacher ta conduite f 
mais j'y mettrai bon ordre. 

DUPBÉ. 

Ah ! tu crois que je me laisserai mener ! 

M"' dupb£. 
Et moi; que je me laisserai tyranniser !..• 



li été trop douce jusqu'à présent ; 
ux Sire trraitrcjse cfa«i moi. Je veux 
:, et » tu ne me dis h t'inslanl.. . 



: CiFur mfdèle , ctFur ^olagt. ( Ftagmcnt à 
duo de Blùic et Ballet. ) 



Crois-moi , redojlc ma c«lére ; 
Oui , lu prétends ea Tain te l'uirc , 
Je Dioutrcraj du caraclèrp ; 
Oui , ledoutc ici ma coUrt?. 

Commence d'abuid pjw [e 

MADAME DUPS^. 

Dieu ! [M)urijuoi donc 




Plus que 



»7» LA VEUVE DU MAtJ ^JH^ 

ENSEMBLE. 

Ooî, ledontc ici ma colère ! 

(Ap«t.) 

Dictt ! quel aimable caractère , 
Sur Tim ou sur Tautre hémisphère* 
Toujours le même caractère : 
( Haot.)' 
Oui , redoute ici ma colère. 

( Duprtf prend son chapeau et tort* } 

SCÈNE II. 

M™« DUPRÉ. 

Les maris sont partout les mêmes* Le pays 
n'y fait rien... En France ,. en Angleterre ^ 
ainsi qu'au Malabar, ce sont toujours des... 
des maris, et puisque me yollà de nouYcau 
enchaînée auprès du mien, puisqu'il faut ab- 
solument que je fasse bon ménage , je n'ai 
plus qu'un moyen pour vif re avec lui , c'est 
de le faire mourir de chagrin. Hein I qui 
vient là ?... quelle est cette grotesque figure 7 
C'est sans doirte quelque marabeu du pays. 

SCÈNE IIL 

M«« DUPRÉ, BRULL-PHA-GOS. 

BRrLl-PHA-COS. 

Lz seigneur Dupré est-ii cheE-liû ? 




SCÈNE HT. 

»■"= DVPBÎ. 

Non , Monsieur , il vieot de ioriir. 



Ahl ab! mui qui venais lui parler pour 
affaire importanie. ( Regarda d madame Du- 
pré. ) Serail-ce là une de ses eaclarc» ? 

M.-" DCPIÉ. 

C'esl tout comme , je suis sa femme. 



Eh ! mais , je nu le croyais pas marié. 

TlûlBU ciel !... Je suis venue te relrou- 
Ter. 

B KrLL-pii A-GO s , U rfgitnlant. 
Ah 1 ah 1 vous Êtes sa femme , el yous ho- 
bitei désormais ce pays : c'est foi't heureui... 
pour nous. 

M*" VDPBE, (èi'hcmenl. 
Et pourquoi 9 

BRCLL-rBl-COS. 

Pourquoi ? parce qu'on ne sait pas ce qui 
peut arritcr... non pas que je le désire, ce 
clier Duprè! mais enfin, j'espère, en cas 
d'i'Yèneaieat , qiie vous tous adressere» à 



»!"• DTE ni. 
Qui etes-TOus donc ? 



a3o LA VEUVE DU JfA r^lB^/j 

Ali. Brull-Pha-Gos, courtftfrJc» <M>ttioi 
commis feûtier , emplojé aux bûciMef 
MaltJjar. 

Quelle est cette place-là ? 

C'en est uue fort bonoe dans ce pays, 
quand on a uoe certaine cUentelIe » et je puid 
me flatter d'être uo des plus occapés. A pro- 
pos de cela, oserais-je vous offrir des billets 
pour la cérémonie d'aujourdlioi ? elle scrii 
superbe!... Il y aura long-tems, je mVii 
Tante , qu'on n'aura vu un spectacle au5s< 
magniûque. 

M"* DUPES. 

• ■ 

Qu'est-ce donc ? 

BBIILL-PaA-GOS. 

Comment! vous n'en avez pas entendu 

parler ? 

Eh ! mou Dieu ! non > j'arrive. 

BBV&t-f UA-GOS. 

Vous ne pouviez pns inif ux tomber ; cVs 
la veuve du vieil Amrou. la jti^uno Zéïla, qu 
doit se brûler. 




, Elle l'aimuit iluiio bien ! 



' Elle ne puiivai[ pas le soulTrir, mais c'e.-t 
égal, c'esll'usageduiiays.. DË$ qu'un homme 
inurjé vient àntiiurir, il n'y n pas de milieu, 
it faut que sa femme soit lirOlée nre. 






Je ne dis pus non, mais clin cm Ir^s-pin- 
diiclîve poui' nous niilres Crtiirli(frs. Éi-oulei 
donc , il l'aul qnc tout le monde TÎve... An- 
jaurd'hui , pur exemple , c'est une fnrt bclli' 
îilTaire !... Ce n'est pas que nous n'ayons lii':- 
liais... douie voies de hois de suiiilul , six 
jagols d'aloës... ce qui est énorme. 

l'm.dei'iUc Je l'oltain cAc! AV.«»i. 



aSï LA VEUVE D^MALAHMV, 
Auui inci affuiru Tonl Ucn , 
Et uu [grluiK « i« [compte. 

MADÀUI bVfk^, kpoi. 

Je n'en rciicii* pas ■ n'tA affreiu l 

(1 BruD-Plu-Coi. ) 
Au maio* , diles-nini , |c rnns prir , 
F'ea(-OD M fairir , daDs CM Ueui , 
^Muier contK l'iiiccii£e. 



Il n'y a pas encore de cumpagnie d'assu- 



Maîs, Monsieur, lorsque les gens ne sont 
pas du pajs , leurs femmes soot-elles obli- 
gées?... 

• BILL-PHA-COS. 

Non , cerlaiaeraenl. A moins que les maris 
ne se soient fait naturaliaeri auquel cas il 
est juste qu'ils jouîsseol ilus prérogatives ei 
désavantage»... 

Ali 1 mon Dieu ! 

■ •SI.&-PH4-<0k 

Qu'aTei-TOus, dope ? 

Rieu... Vous appelez cela un ayantage P 




C'en est un rÉsl. 

AIR : du Ménage de gardon, 

Cbez nous , sourent glacé par l'âge , 
Haint vieil épout a h malhi^iir 
De ne trouver dans m»i iDéaage 
QuImliSTërence et que rroiilciu ! 
Hds un e^ioir taimc son aine 
El , lui ou lard , cluujuf mari 
Est loujour^ cerlain que ta feiume 
FiuicB iiar brûler pour Jui. 



I 



Allona , je reviendrai voir ce cher Dupré.. 
Ah [ il est marié... l^A ptrt-) Encore une 
{iratique de jiliis... 

(11 SOT1-) 

SCÈMÎ IV. ,^Ui 

M*"^ DUPRÉ. ^^1 

VoitAun ebomin<tb!e homme! et sifanuf* 
il remet l«s pieds chez moi... Mai»; en effet, 
je crois me rappeler maiotenanl que j'ai cn- 
lendu dire autrefois qu'au Malabar... On n'a 
jamais tu une coutume pareille I... C'est un 
pays où l'on ne peut pas Tirre... Coinmeal ! 
ai moQ brutal de mari renail à monrir, je 
serais obligée. , Cette idée-M Krait capable 
de TOUS découler du Tcuvaee. 



a84 ^^ VEVVE DU AIALÂBAR. 

SCÈINE V. 

M'^'^ DIPRÉ, DUPRÉ. 

p u P R £ entre précipitaniment , et jette soo chapeau 

sur la table. 

Ouf ! ce n'est pas sans peine ; mais eoûo... 
( Apercevant madame Dupré, ) Ah ! te Yoili 
encore là ? 

Pendant ton absence il est venu une ?i- 
site... {Se reprenant,) Ah î mon Dieo ! commr. 
tu as chaud.... S'il est possible de courir 
ainsi l... Yoil^ comme on attrape une rsaja- 
die. 

DO F RE. 

ïais-toi donc... J*ai bien d'autres choses 
qui m'occupent. 

C'est pour cela que ce soîn-là doit me re- 
garder... ( Lui essayent le front av^c son mou- 
choir. ) Vrai , mon ^mi 9 tu devrais chauger... 

DU PBÂ. 

Je te reflète que je n'ai pas le tems. 

M™" DUPRÉ. 

Je t'en supplie... Si ce n'est pas pour toi, 
que ce soit pour moi... Il n'y a rien de plus 

daiîijercux. 




Eb ! mais , je n'en reviens pas... Comme 
le vuilft radoucie! Quels Égards t.. . quelles 
altentiuna ! 



C'est que, depuis un instant, j'ai Tait des 
réfleiiuDS... J'ai eu ce malin uu mouvement 

(le vivacité que je me suis bien repruché : 
■ cette scùne m'a fail un mal l... 



V,l 3 moi donc l elle m'a tourné le sang. 

m"° DDFié; Tïvaaeiii. 
Il serait possible!... Je ne t'en f^ai plus 
■mm ami , je te le promets. 

Allons, ma femme vaut mieux que je n 
croyais , et je commence é penser que son 
caractère... C'est bien, mH chère amie; a 
luisse-moi , j'ai des affaires ù terminer. 



Toujours des affaires! Tu travailles trop, 
u te Iali;,'uc9... lu oc te soignes pas assez. 



Encore I... Ah ! ç ù , je t'ei 
tuN alTection , et rentre dans te 



a86 LA VEUVE DU MALABAR. 

AIR : Berce, berce ^ tonne grande^mère, 

Veîlfe., veiUe , 6 pioi^ ivtéUiiç ! 
Sur des jours aussi prédeux. 

(a ton mari. ) 

Car c^est d^une santé si chère 
Qwf dçpeod la nobre à taon diow. 

T'en iras-tu ? 

MADAME DUPui , reTenant. 

Surtout pas d^iiDpirudeiice ! 
Tu m^eDtoadsrlHen ?».. 

DUPRi. 

Tu veux donc » je ie foi, 
ffe faîne iâ noarir dUmpatienoe t 

MADAME OUPRif, s'doigntoC TilWlMttl.. 

Non , ce seul moi me fait mourir d^effiroi. 

ENSEMBLE. 

VeîUe , veiUe y b Dieu iutéiake l 
Sur des jour» aussi précieux ; 
Car c^est d^une santé sî cbére 
Que dépend la nôtre à tous deux. 

Durai. 

Enfin tu partiras , j*espére , 
Tous mes instans sont précieux. 
Ah ! d^une tendresse aussi clièrc. 
Combien les liens sont ennuyeux. 

( Ifidame Duprtf Mrt. ) 




SCÈNE VII. aBj 

SCÈNE \a. 

DOPRÉ. 

X.T.a Temmes sodI extrêmes en tout... Si l.i 
mienne su met une fois h m'adorer, il n'y 
aura pas mojen d'j tenir , moi surtout qui 
n'en ai pas l'habitude. Eofin elle est partie... 
ouvronsù M, de Surville. Je ne sais à quoi 
je m'eiposQ en secondant ses projets , en lui 
indiquaDl ce passage souterrain qui dnnrte 
dans les careaux du lemjrte ; maïs je ne port-- 
yais pas faire autrement... un FrançaiSf i^ 
corn pal ri ote... D'un autre côté , cette pauvre 
Zéîla!... la pitié... rhumanitê... et les Ttag^ 
mille piastres qu'onm'aprofnises... lu inoyaii 
de rËsister i. des motifs aussi prêpondërans 1;. 
( Pendant ce tems il chtrchs parmi un trousseau 
de dtfs , tt va ouvrir une petite porte a f crête iiui 
eslàgaache. ) Entremet ne Craignez rien, VOUS 
êtes en sfiretè. 

SCÈXE VII. 

DUPRÉ, SURVILLE, ZÉILA. 



A travers ces vnAlcs soolpr 
Biipooilci, aàme coniliiiic 



288 LÀ VEUVE DU MALABAR. 

SURVILLE. 

C'est Tamour qui Vient briser tes chaînes , 
Zé'ili, calme enfin ton effroi. 

ZÉILA. 

Ah \ grand Dieu ! c'est Henri que je \éi, 

SUKVILLE. 

Ouï , vous êtes chez moi. 

Vous revoit avant ma dernière heure , 
De mes vœux c'était le plus doui ; 
Au tombeau de Tépoui. que je pleure , 
le priais , et je pensais à vous. 

ENSEMBLE. 

Be fîrajeur mon cœur palpite et tremUe ; 
De Brama redoutez le courroux ; 
Au tombeau je dois suivre un époux ; 
De grâce éloignez-vous. 

SVKTILLE. 

C'est l'amour qui tous deux nous rassemble , 
De Brama je crains peu le courroux , 
Car je suis votre amant , vôtre époux ; 
Oui , je suis votre époux. 

Oui 9 Madame , Monsieur vous aiir 
TOUS épouse et vous euiiuëue» 

ZËlLi. 

Hélas! que je le voudrais! Mais un au 



SCÈNE VII. 289 

sort lïi'allcnd ; mes amis, mes parens le disent 
(ou s. 

DUPRé. 

Je crois bien 5 si vous consultez vos héri* 

tiers. 

ZÉILÀ. 

Non , ils prétendent que Brama me puni* 
rait f si je désobéissais à mon époux. 

AIR du vaudeville de Vhomme vert. 

En mourant , son ordre suprême 
Veut qufe je partage son sort ;. 
Car nos maris ont pour système 
Qu'on soit ijiléle après leur mort. 

DUPRJS. 

Après leur mort^ être fidèle ! 
Chez nous Tépoux , moins exigeant | 
Est trop heureux lorsque sa belle 
Veut bien Tétre de son vivant. 

ZEILA. 

Sans compter qu'on est très-méchant dans 
cette Tille. Si je ne meurs pas f toutes les 
dames de ma connaissance vont dire du mal 
de moi , et me voilù déshonorée dans ie 
pays. 

Quoi ! c'est là le vrai motif 7 

ZÉlLA. ^ 

Oui, Monsieur, il n'y en a pa3.|d'Autre ; 

F. Vau'levillrs. 3. a5r 



a^o LA VEUVE pU MALABAR. 

tans cela , je n'ai pas plus cnTÎe que ?oi 
d'être brûlée. 

TRIO. 

Ail :Dire à moi sans mystère» ( D^Elisca. ) 

SUKVII.LB. 

Quoi ! riionneur vous invite 
A mourir pour yotre époux ? 

ZÉILA. 

Oui y oui. 

DVPKi. 

Ce mari qui vous quitte, 
Là , franchement , raimiez-vous ? 

ZÉILA. 

Non , non. Alais cVst là quVst le méiilei 
A ce que Ton dit chez nous. 

6DRVILLE. 

Dien ! quelle erreur profonde \ 
Pour ne plus être avec lui , 

DUPRÉ ET SURVILLC. 

S^Q est dans Tautre monde , 
Demeurez en celui-ci. 



ZÉlLA. 



g \ Je vais en Tautre monde 

S 1 SURVILLE ET DUPAB. 



En regrettant celui-ci. 



S'il est dans Tautre monde , 
Demeurez en celui-ci. 



SCÈNE VII. 391 

DUPRÉ. 

Oui , calmez votre peur , 
Vous voulez , à ce qu^il me semble , 
Mourir par point d^honoeur , 
' £h bieo ! si j^accordais ensemlile 
£t votre amour... j 

ZEILA.. 

Et moo amour ? 

SliPRJB. 

Et votre honneur... 

ÏÉILA. 

Et mon honoevrl 
Tous deux ensemble ! 

ZÉlLA. 

Tous deux ensemble, 
^existence alors , je le croi , 
Aurait trop de charmes ponr moi. 

DUPRl^. 

Sur moi que Von se fonde , 
Et jVspère qu^aujourd^hui , 
Morte pour tout le monde , 
Vous ne vivrez que pour lui. 

ZEILA ET SURYILLS, 

Par quel moyen ? 

Je ne dis rien. 
Promettez-moi... 



QOt LA V£4JVt M^MiUBAft. 



N 



« 



tyèm 



•• • 



CD CCI ■MM» 



El de Mt nui» je k ^^mméà', 
ttenlM 




gl Otti, deTOfBoiw'/ièlepnMMtt» 
Je vais altendre Itt eflfcU. 

Oui , de iet joint , de tcslMenfàiti p 
D Jgnez altciictfc les efleti. 

A Yoos je BK^ confie, 
Et [e renonee à mourir. 
Comaicnt quitter la vie , 
S I Quand rameur' peut rembcDir I 

g \ 8URTII.LE ET DUMi. 

g j CVlaît une folie , 

De vouloir ainsi mourir. 

Comment quitter la vie 
Quand l^amour |>cut rembcllir ! 
( Dupré coQdutl Zëila dtps U duunbrt ^ droite. ] 



SCÈWE VIII. 

SCÈNE ^ III. 
ÉcéoBits, excepté ZÉILA. 



. P.Mivas femme! quelle horrible coutumei 
,{ J Diipré.) Mais, dis-moi : comment es- 
•pÉrus-lu lu sauvée, el quel esE Ion mojeaP 

' le mojen le plus simple , er qui plus d'une 
'fois guns doute n déjà dû Ëtïe employé. Ap- 
'prenez donc, Monoieur, que loules celles 
'qui moDlent sur le bûcher n'en meureni pas. 
'Vax connu , sui' Ij côte du Coromaadel , une 
'brnre femme qui avait déjà été brûlée en 
*premiires el en secondes noces, et qui con- 
Tulait en troisièmeit. 

SDBVtLLE. 

H serait possible ! 

^ Viius srnteï bien 'que cela n'est pas nalu- 
_rel , el qu'il J a l;'i-dessous quelque tour de 
gibecière ou ^l'escamotage. Eh bien! Mon- 
sieur, partout ail il y a des escamoteurs, il 
faut (les compères et des dupes. Les dupes 
seront les spectateurs, qui sont déjii placés et 
qui iiilendent lu cérémonie ; le compère . ce 
sera \<-ui . »i vous vuukz bien le permettre. 



294 I^A VEUVE 9U MiLABAR. 

SDIVILLE. 

Moi ! et que pourrai>je faire ? 

D u P B B. 

Aile:* trouTerun certain Ali Brull-Pha-GoSt 
une espèce de courtier ^ qui est chargé des 
détails de la cérémonie 9 de l'ordonnance du 
bûcher , et surtout du soin de conduire la 
iFeu?e 9 dont les traits sont presque toujours 
cachés par un grand voile , notes bien cette 
dernière circonstance : comme FindlTidu au- 
quel je TOUS adresse est un coquin , et que je 
le connais 9 c*est un de mes arnis^ tous pou- 
Tez hardiment aborder la question. Oârei- 
lui jusqu'à la concurrence de tré^e à qua- 
rante mille piastres; tous pouTei marchander, 
mais c'est un prix fait , tous ne l'aurez pas à 
moins; et, moyennant cet'te somiaei il se 
chargera du reste. 

SOITIILB. 

Comment! Zéila... 

Dupaé. 

Sera brûlée par procuration ; c'est à lui de 
trouTer quelqu'un , de découTrir un rempla- 
çant. 

AIR : Vaudeifille de Partie carrée* 

On fournit font , et de ce sacrifice 
Ost à lui seul alors de se mêler. 




scÈSE viir. »gS 

tX peiucj-lu ? coDBieat vriu^lu qu'il pmsac 
Trouvu do gcDi <çû tt làisteal bmkr. 
Pourquoi donc pas? m en liciu copnne en France, 
Oq trouve (oui , et |iour de l'or , tnorbtcu l 
Combien dt geui 



PeDdant celcms, nous oous emiiarquoDS, 
TOUS et Tdtre reine, moi, ma ri-mme , mes 
richesses, et le peu de iDurcliaDdises qui me 
rcslcot. 

5CBTIL1E. 

Cominenll lu veux aussi ?.,. 

H[ Je D'irai pas rester daas le pays apris DOire 
Eïspéflilian : depuis long-teins je veut retour- 

Dcr un France, et je De puis trouver uae 

plus belle occasion. 



SVKTILLK. 

\» songe donc (]ue de le 



1er des soupçons 



partir 
et bagages , cela peut exci- 



VCPtB. 

Vous aïe» raison, il fatidrait d'aîllcnrs 
trouver un mojen pour Termer ma roaison, 
reiiTOyer mes domestiques, et procèdes 



'" *....„, .„d.,, '""'"'in. I 



i 






■""■<. b«. 






"• -ECU 



ï IX. 



"ire encore plu5 
»„!''''"s'eur ,.""'• ""-'■•01. 



Cola me suSil, Monsieur.,, vous [ainaul- 
^lez... et si TOUS m'avez compris... 

BORTILLE. 

- Pus encore , Monsieur, et c'est moi qui 
krous demande uue explication. 
ttottii. 

, Je ne ilemande pas mieux. { Bas. ) Descen- 
de moi, je vous dirai ce i^u'il faut fui le. 

M™ DflPHÉ. 

Ah ! mon Diiu ! ils se parlent bas. 

Je reste ici avec un esclave qui m'est dè- 
Touc; et, grfloes à la ruse que je médite, 
oous serons depuis long-tems en mer qu'où 
p oe se sera pas aperçu de ma di:>parilioa. 

s DB VILLE. 

Cela suffit... sortons. 

BtPBÉ. 

Oui , sortons. 



Mais , n 
[tfonc... s'il 



-lu?... et songe 



: Cela ne te regarde pas. 

(UiortavccSui-villeO 



398 LA VEUT^ BU HALABIB. 

sdÈNE'X. 

CoioiM*' ^bi ûe me regarde pai lt^«,l» 
Fraiioe f à b iMHiiie iMure... mais dapf:^ 
? Main pays» ifeclpim maudites coaUittea» 
on <2st bieo obUgértiÉalgrè soi de se mêler ém 
afiaires du ménage.,.. Mais {e ne reconnaU 
plus mon mari... lui qui était si poltron et 
si maladroit... il ne sait pa:} qu*il défend ses 
jours et les miens; et il est capable de se 
laisser tuer comme un simple célibataire.... 
Hein! qui vient là? sont-<ce des oourelles 
que l'on m!apporte ? 

SCÈNE XI. 

M™« DUPRÉ, BKULL-PHA-GOS. 

B R |] L L- P U A-G O 8. 

Par exemple! voilà un événement! je ne 
m'y serais jamais attendu. 

Il est arrivé un malheur? 

Le plus grand de tons... Vous savez bien 
Zéila , celle jeune veuve donf je vous ai parlé 
ce matin... et qui paraissait si bien disposée 



..• 




SCL\E SI. : 

Je viens de desctnJre ilnm le caveau où c 
était... Disparue avec les diiimnns. 



Ce n'est que celu! mais s'en inoui!.. 
ins nous prévenir encute!... nous qui y 
Domptions... Sougez dune que tout est prêt 
la ce l'élu iil e , et jt: venais consulter ce 
Dopré , qui a quelqucroïs des idées !,... 
fot-il rentré? 

m'" dcpbé. 
Ahl bien, oui. rcniré... liîen mieux que 
. il est ressorti... Oi'i croyci-vou.s qu'il 
lojt dans ce moment?.... A se battre, Mou- 
lieu r. 

|ftIIL[.-FHA-CO 

Comment I i se battra.'... tl seiait pos- 
BilitcP 

m^ DoPBé, àpnt. 

Ah ! mon Dieu ! qu'est-ce que j'ai dit \!t ?.. 

{_Haut,) Non, Monsieur, non... c'est une 

'mple explication,.. { On entend an coup Hé 

pistolet.) Cn raocommodensenl... une ex- 

Kicalion... afec un ami... étions , qui dcTCï 
connaître. .. Tuusdevïnfr que dansun mo- 

ncnl... cela Gnîi par un di^jfuncr... Ten« 



3oa LA VEUVE OU MALABAft. 

iVst lai qui ferleot.. {ÀptrcnmU SmrMI§J\ 
C'est r«utr«... db l mon Dieu I ni«t giiuws 

flLchiiteiiL 

SCÈNE XII. 

ul rMicÉMvs, SDEVILLE. 

ALtoKSy fesoDS ce que Dupré ni^a dît, 
puisqu'il a ses raisons 

Eh bieni Monsieur, parlerez • tous ?^«.» 
qu'ayci-Yous à m'aunoncer? 

SVaTILlB. 

Madame... mon silence et mon trouble 
TOUS en disent assez... tous êles témoin que 
c'est lui qui m'a proToqué : mais Tévènement 
n'en est pas moins affreux..* ce pauvre Du- 
pré!... 

BBt)LIi*PBA-6 0S. 

Il est défunt ? 

SVRTILLE. 

C'est vous qui l'ayez dit. 

M"* DUPfii. 

' i.auis Teuye. 




SCtfiEXIII. 3oc 

D&D tL-PHA-coa, tiianl wn calrpia et écrivant. 
Ce que c'est que de nous!... Commi; les 
acciiiens aiTJvent ! 

SDRVttLE. 

On TÎcnt dù'fk de renvoyer les acheteurs 
qui ètaîv^t en bas dans les magasins ; ou a 
fermé teii portes, les fooSlres... 
BKDLt-rax-Gos. 
Cooformément ù l'usage. 
snnTittE. 
Je n'ose moi-même rester en ces licuxj et 
Tais porter uilleurs mes regrets. ( J pari, ) 
Pendant que IJuprè dispose tout puui' noire 
départ , courons cher te courtier de com- 
merce dont il m'a parlé, Ali BiuH-Pha-Goa, 
près ta grande pagode : il faudra bien que je 
le trou Te. 

(Il sort. ) 

SCÈKE XIII. 
J.E9 PBÊcÉDERS, eiccptéStlKVILLE. 



DiEcI comme cela se rencontre!... mol 
|ui vcnuis demander à Duprc quelque moyen 
kour sortir d'embarras. 



3o9 LA VEUVE DtJ If ALABAK» 



On n*« {amais Ta de femme plas 
reusel 

•lVLL-PBl-60i. 

Je copçoii Gombien Totre doulenretl lft« 
gilime ; ce dier Diipré ëiaU li lioo ( 

ir* »ifpai. 

Lui 7 il était brutal y colère y ah I 

BaULL-PBA-GOS. 

je ne dis pas non... maïs Tamour qull 
aTaitpour tous... 

M*" BUpaiy de même. 

Depuis cinq ans il m'ayait abandonnée. 

BaVLL-rBÀ-GOS. 

Je ne dis pas non... mais la concorde qof 
aupararant régnait entre vous.*. 

m"* du PRE. 

Nous nous disputions sans cesse... Ah! 
quelle perte I je suis bien malheureuse. 

BRULL-PHA-GOS. 

Je vous en prie , madame Dupré , calmei 
voire douleur ; votre désespoir est si grand , 
que ce sera pour vous une consolation de 
remplir votre devoir. 

( II lui préseDte Tagenda sur lequel il a écrit. ) 





1 


1 




1 


SCÈSEXIII. 


3ai 


T*-^' Durai 




Qu'est-ce que c'csl ? 




BRCLL-PHi-COS. 




Une simple formalilc ; il s'= 


git, comme 


veuïo, (l'Éoiire lii voire nom. 




«■"■ BCPHÉ, rssujaol.cs 


JCUT. 


Coniineni! voili toui ce qnc 


VOUS eiigei 


UnULL-PHA-GOS. 




Pas aiilre chose. 




V w- Dcr.^. 




^^ £h bien! alors.,. 




BRCLL-rDA-CnS. 




parce que souveiil il y a loiilc,. 
tenant que tous files enregisirc 


ndre date.... 

mais maîo- 

B, vous voilà 


m «-"'«.PU. 




^^ De quoi? 




BSBlt-PHA-COS. 

De ce que je >uu3 disais c 


malin... de 


paratlru ù cctre angu.ilc cérc 


nonic qu'ont 


ëlHblie en ces lieux nos lois et aos usages. ^1 


M"' DVPIIÉ. 


■ 


Comment I Monsieur ; je ser 


i.s nhligèedo H 


H«aeurir pour un mari qui ne sa 


it pas tiTte? H 


K 


^ 



3o4 LA VEUVE DU MALABAR. 

BBCLL-PHA-6 0S. 

On ne force personne. . . Mais de» fyw *oa t 
signé j ii n*j a pas moyen de s'en dédire. 

M"* DU PRÉ. 

Mais c^est donc une fournaise y uo enfer 
que ce pays-ci ? 

B B t L L-P H A-G O S. 

Tous avez an moins Tavantaçe de ne pas 
attendre, etde proûlerd'nnè belle occasion... 
un bûclier magnifique !. .. bûcher de première 
classe. 

m"" DTPBé. 

Ah ! mon Dieu ! que faire ? Personne 
n'arrivera-l-il à mon secours ? 

BBOLL-PHÂ-GOS. 

ffalse de Bossùû. 

Oui, partons à rÎDSbDt, 
Déjà Ton vous attend. 
Et voyez quel bonheur 
D^avoir un protecteur , 
Songez donc que personne 
N^eût un pareil honneur ; 
Le tour cpic je vous <lomie 
Est un tour de faycor. 



SCENE XIV. 

SCÈNE XIV. 



Que Tois-JF ! ZH\i... 
u> 1 rencontre crncUe! 

f f Que diles-ïous pc'tsl elle, 

il pourtant accuser voire ïèle , 



Padoiis , 






Henri !... Sans le n 
Dcui poirr une... 



L-COS , t FUI. 



,-M LA TEUTE DU MALABAR. 

liiLi. 

OwjMrtOMinasIaDt, 

Et je ans f|iie omid easui 
Soccodibe il la dnulmr. 
Ooi « coaaent virre encore 
AfKèii» Id onlliciir! 
Le <leilia qne fiiiplore 
lit plai ^"ÉM frfcnr. 

MABAMS VUFIlrf. 

JTédiappe ea œt iostaat 
^1 Au destin qui m^altcnd ; 
S / Voyez donc qael malheur 

Qu^un pareil protecteur ! 
? \ Pour déplacer personne 

J'eus toujours trop bon oœur , 

Et ne veux qu^on me donne 

Ancim Urar de ftveur. 

BaVLL-mA-GOS. 

Oui » partons à Tiostant , 
Déjà Ton vous attend ; 
Mms selon votre gré , 
Bientôt je reviendrai , 
Car vous vojez la suite 
De votre peu d^ardeur î 
Une autre ici profite 
De. ce tour de faveur. 

Mais , qu^ici votre coeur ne soit pas trop jaloux ; 
Pour vous prendre , bientôt je reviendrai chez voi 

(U loit et emmène Z^/ 



M 



s C ii s E X V. 

M" DU PRÉ. 
3 femm'! !..,. elic v \ 



AIR ds Turenne, 

KijBiii , de a p>Tt c'est une pcrEifie- 



Kllupre 

^^ETous le yajez , la Diollié ite ma vie 
^^PTb, dans ce joui, nifllrc l'sulre au lombrau. 
l'élire un rpoui est un eoupbica fiinoïli^i 
Uais , j'en conviens , ilani uu pareil revcn , 
Je plains , Wlat ! h moitié que je perib 
Sicu moius que celle qui me rcite. 
■ ) (S»..,.n. !«,.«..) 

^m Mais je suis bien bonne tl'êlre Vi A me dés- 
^iJpèrer cl à atlen-lre le Jiinger... Arrivera 
ce qu'il pourra , puisqu'il doit revenir ccsnir, 
e pars à l'jDstaot mPme , quund je devrais 
lier au bou'l du monde... (ElUvapouner- 
ir, et, rencontrant Daprr, eÙepousse un grand 
■ )AhI 



3oS £ A VUrE DU MALAI AE. 

SCÈSXE XYI. 

DCPRlK, M^ DUPEE. 

Ha fenuneL... ma CnoomI.*. qo)if«li 
donof 

Cette fois, fe ne me trompe pas, e*6tl . 
bîeo lui : tu existes ^ n*est-ce pas ?••• tu en et 
bien sOr? 

DVPli. 

Je t*jen donne ma parole dlionnenr* 
àii : Du paruge d9 la rkh^u: 

Dés aajonrd'biii nous quittons œ rivage. 
Mais on pouvait soupçonner nos projets \ 

Et j*ai pris le parti fort sage 
D'être défunt pour m>n aller en paix. y- 

Na mort notait qu'une ruse nouvelle ; 
Hais j'ai touIu , pr un ordre prudeat , 
Qtt>n te rapprit , afin que la nouvelle 

&t r^andtt pins promptemcnt. 

Si tu savais refiet que cela a produit sut 
tnoi!.., la joie... la crainte... 



ii9i 


1 


L SCÈIÏEXVI. 309 


f D.PaÊ, 


Mais, elIectiTement... si physionomie est 


toiile reaversée ! 3e n'auriiis jnaiais cru que 


ma femme m'^imSl A ce point-IA. 


M°" DvrBÈ, l<r rHmaat par la main. 


Reste là ; ne l'ilmgiie pas... que je te re- 


garde encore... Dieu ! qui m'.iurait jamais 


dit que la Tue de mon mari me feroil tant de 


plaisir! 


DOPBK. 


Ma femme... machère Angélique .'.,. ai-je 


été injuste à ton ég::irdl... Etre adoré à ce 


poiot-U , et sans s'en duuler I 


M™ DtPKÉ. 


Quand j'ai cm t'aioir perdu , si tu saTais 


quel a été mun désespoir!... jai manqué ne 


pas te surTitre. 


DCPHÉ. 


On n'a pas d'idée d'un déTonement comme 


Celiii-lA !... ja... je rcconniiîlraicet excès de 


tendresse... Toutes nos affaires sont en or- 


dre... tout est disposé,,, nous n'attendons 


plus que M. de Surfille et notre jeune tcutc... 


OO est-elle donc? 


«■" DUPRÉ. 


Qui?Zéila? Ah! mon Dieu! elle était là 


tout k l'heure, Inrsqo'il est tenu un courtier 


qui voulait le parler, un noniiué Brull-Pha-- 



3io LA VEDfE DU IIALABAA. 
Ofaf Cid! ekbieo? 

Bh bien I... Zéila a touIu partir ^veo biy 
et il Ta einiucDée. 

Diipaé. 

Et ta Vm laissé faire?... tu les as Uimîê 

partir?... Malheureuse! c'est fait de nous* 
ile DOtre fortune... Que dire inaîo tenant à 
Al. de SurWlIe ?... Je u'nl plus qu'à mt brû- 
ler la cerrelle. 

M"*« D V P a é , tombant dans on fauteuil. 

Dieu I impoij^sible qu'aujourd'hui j*en ré- 
chappe. 

D p t é 9 regardant par la dnctre. 

De cette fenêtre , qui donne sur la grande 
place 9 00 aperçoit dcjA tout le peuple ras-, 
semblé... et ce grand bûcher qui s'élève au 
centre... les feux sont allumés, mais personne 
encore n'y parait... {Regardant par la ports.) 
£h ! mais » je ne me trompe pas... quel bon- 
heur! M. de Surville et Zéîla qui viennent 
d^tecôlé... BrulI-Pha-Go.<t les accompagne. 
M'oublions pas que pour lui je suis mort... 
Aia femme, reste là ; je reviens dans l'instant. 

Comment! mon ami , tu t'en tas? 




SCÈSE XVII. 3ii 

tlDPBÉ. 

Je te dis que je suis lù, 

T4'iinporle... ce n'esl pas la mfme chose., 
'ai besoin delà présence. 

c Duprc relie 



P SCÈNE XVII. 

M- DIIPRÉ, SURVILLE, BRILI-PIIA- 
C05, Z.ÉILA. 



VEKEt donc Tito... au moins iei un peut 
parler en sQrclé. 

BDRVILLE. 

Zéîla, quelle n été ma siirpri-ie en tons 
Toyunt iravei-ser les jardins de t,i pap;oJe, où 
depuis une de mi-heure j'atlciidikis Munsieur 1 

BBDLL-FHA-GOS. 

Mais il n'est pas question dr cela ; prions 
de- nosuSairei , entendons-nous. Kousavons 
dit ijaarante mille piastres... 



Les Tnîci dans ce porlercuillc en lions sut 
lii cumpiignie des Indes. 



3ij LA VEUVE DU ^ALkBAn. 

ce sons que je suis dans an furieux ^Mnbsrr 
et que je ne suis (rop comment faire. 

s UR TILLE. 

Comment? morbleu! youdriez-rous ro^ 
dédire ? 

BRVLL-PHA-GOS. 

Du tout 9 du tout , TOUS avez ma parole... 
{Regardant madame Dupré. ) Maïs c^estqoe 
je comptais... {Regardant Dupré.) II se^rte 

bien. 

Dupaé. 

Je TOUS préviens du reste que fout le peu- 
ple s^împalionte , et qu*il j a déjû quelques 
minutes que la cérémonie detrait être corn* 
mencée. 

a B IT L L-p H ▲-€ 8 I à part. 

Allons, il faut sortir de là...- Ce beau 
mannequin que j'ai en réserve pour les bonnes 
occasions... il n'y a pas d'autre moyen... Ah! 
Ç'dy quoi qu'il arrive ^ vous me promettez le 
secret ? 

suaviLLE. 

Vous pouvez £tre tranquille , nous noua 
embarquons. 

BRVLL-PBA-GOS. 

C'est encore mieux ; mais ne t.nrdez pas... 
Au moment où vous verrez la flamme briller. 



KBi 


1 


SCÈN^XYIII. 3,5 1 


EOrIci alors, c'est le uiomeot le plus Tnvo- H 
rable , p:irce que tout h moiide sera tlaos la ^| 
{^ruode place A jouir du specUcIe. ^M 


m 


Nous prodlerons de vas avis. ^H 


■ 


_ Adieu , M. Brull-PLi-Coi. ^^^B 


1 >- ^H 


■ Adieu, hoanf'te courtier. ^^^^H 


■ ..rLWBl-COS. ^ 


Adieu, mes amis, bon voyage. Allons, je 
n'ai |i,is perdu mon leiua ; mais Toiki, je puis 
^ie tliie , une jouruée Gèremeut oliaude. 


f- SCÈNE XVIIL 


LES pnÊcÉDE>», eiceptù BRLI.L-PHA'GOS. 


ncPBé, à «m époiijc. 


Mictif:rereiiii)ii?. apri'ï toutes les marques 
d'amour que lu m'as dunnces... 


H'"' ptrpBB. 


Ne parlons pas de cela ici ; ea France co 
tcra uulre cbose. 



3i6 LA VEUVE DU MAL ABA^lEt 

FINAL. 

SDBYILLB. 

4IR du ballet de l'Enfant prodigm. 

Ouidés par Pes^Tancc , 

Embarquons-nous promptement ; 

Aux rivages de France 

Le bonheur nous attend. ' ^ 

TOOS. 

Guidés par Pespcrancc, etc. 

( Ils regardent par la feoélre da food. ) 

SUR VILLE. 

Près du bûcbcr coimiie on s'empresse ! 

J'entends leurs acccns d^allcgresse , 
Le peuple ré|)èle déjà : 
« Honneur , honneur à ZéOa ! » 

CBOEl^R- en dehocs , accompagne d'iastrumeas mifitaiii 
a Honneur, bonneur à Zei'a. » 

SURVILL2. 

Et nous , pendant ce tenis-là , 

CHOEUR. 

(a deini-YOtz.) 
Guidés par l'espérance , 
Embarquons-nous promptement ; 
Aux rivages de France 
Le bonbeur nous attend. 

ZÊILA, , au Public. 

Échappée à Tincendie | 



^«rià^ 




SCËIfEXVHL' 

! diii^BM, En ce atoattut. 



' CoDiR un miUicur Ucn piiu giud. 
Et je dirai gabnent : 

Ciùâi* pu Vetpcmux, 
Embirquons-DDiu pranptemenl t 
Aux rivigu de Fnoce 
Le bonbcni aaat iltcnd. • 



Mit Bl tX TKVTB BV HAEllilU 




CARTE A PAYER, 

OD 

L'AUBERGISTE BOURGMESTRE, 

COHÉDIE En un ACTE. 

idU^ DB VAirOETUUS, 

PÂi HM. MERLE, BRAZIEn n CÂItUOUCHE; 

:, pmt IapreBÛérefi)it,nir le tl 
Timétéi, k ai fÉrricT tSi8. 




\ 



CARTE A PAYER, 

COMIÏDIE. 



Le tliéâlK leprûcDte du salon d'anberge. . 



SCÈISE PREMIÈRE. - 

CATHERINE, GONNINBERG, 3es 

[Hpcn à la luuia { GiBÇOKS d'adbe&ge. 



Voiij avez de l'outrage ; 
Faites marcher du mêaie paj 



} 

1 

■ 

3aa LA CARTE Â PATER. 

Un TÎnix tonneau. ^ 

( A nn autre. ) 

Ckcz ma partie adverse , 

Toi, va-fea de nouveau. 
(a ua autre. ) 

Chez mon huissier 

Porte un dossier. 
(a un autre.) 

Vite qu^on parte 

Me porter cette carte. 
( A un autre . ) 
Que le rôd surtout soit bien doré. 

Garçons, qu^on ne s''amuse pas , etc. 

LIS GABÇOffS. 

Allons , ne nous amusons pas , etc. 

(OsaortMil. ) 

SCÈNE II. 

i,E9 piicÂnEiiS} excepté les gaecohi; 
puis GALOPUANN. 

GALOPUANir. 

BoBJOVA 9 papa Gonoiaberi;. 

CONNINBBEO9 gatfflmf. 

Ah! te Toilà, GalopmanDy déjà de retour 
devienne!... diable I c*est aflOaire à toi. Qiia 
TÎens-tu faire ici?... tu viens déjeuner : j'ai 
des grillades excellentes^ et de la choucroute 
de Magdebourg. 



Hooj M, Gonninberg, je viens,., 



Ah! j'enleiids, lu plaindre de quelquci 
Toyngcurs qui t'oat mal payé. 



C'est donc de quelques eamnrades qui t'ont 
fuit un passe-droit?. . Parle, moniimi, parle, 
je le ferai rendre justice. ,. que dis-je?... je te 
la rendrai moi -mSme ; je ne suis pas bourg- 
iiieslrc pour des prunes. 

GALorMAtrir. 

Mais , mon Dieu I ce n'est pas ça. 



Porte la plainte, mon garçon, porle ta 
plainte, et passe chez mon greffier... Tu ar- 
riïes au bon moment, j'cxji|;dierai ton affaire 
ce matin- 

eat.Onsi.nni, àparl. 

Diable d'homme I ( Haut. ) Qnand je mn» 
dis qu'il ne s'agit pas d'un mot de tout cela. 
Je Tiens pour mus parler de Tolre fille. 



B94 l'A CARTE A PAYER, 

suis bien bon de récouler et de perdre mat i 
tems areo cet imbécile. • . Me parler de vu 
fille!... Voilà une coQTersatioQ bien intère»- 
sante pour un bourgmestre , un jour d'ia« 
dience encore. 

6AI.0PMA51f. 

Mais, M. Gonninberg, Catherine estd*âp 
d'être mariée ^ et moi je l'aime depuis six 
mois. 

60NN1NBBRG. 

£h bien! qu'est-ce que ça me fait? d*aiIIeors 
ma fiHe est encore bien jeune , elle a le tems 
de songer au mariage. 

CATHERINE. 

Qu'est-ce que vous dites donc là, moi 
père I 

kiK : VaudevilU de Jroru-^ious à Paris. 

Si i^ai la jeunesse en pariage , 

Dans un^ femme c^n^est pas un défiiat. 

Pour le bonheur il n^est point d^âge ; 

On ne saurait aimer trop lot. 

Tous deux nous brûlons d^la mêm^ ^*— *">t ; 

n raffolle de mes seize ans ; 

S^il veut que déjà j'sois sa femme , 

C^est four être beureui plus long-tenii. 

COKNIirBEBG. 

• ■ 

Propos d'amoureux i.. Laisses -moi tran- 
quille. 



J'aperçois moD pèrcl... M. GonniubiTg, 
lûcliex doDC il'urranger ça. 

GONHINBEHC, HHi l'écoutrr. 

Cûlherine , fais - moi le plaisir d'aller vnîr 
à la broche ai j'y suis... et loi, M. le courrier, 
va à ton posic ou à la posie. 

( Galopmiiiii et Calhciioc sortent. } 

SCÈNE in. 

GONNINBERG, IIA7-.C0FF, <>n faabil 
de perruiuic^r. 

conniirBERG. 
Eh 1 bon)oiir , mon cher RaicolT. 

■Azcorr. 
Salut à moniicDr le bourgmestre. CoDiment 
ia l'auberge 7 

SOKKInlEBG. 

Pas ta&l, et tous?... 



COKRIHIEKC 

Et les barbes,? 

F. ViudeTillfi. 3, 



S-kS LA CARTÏ A PÀYEK. 

RâZCOFf. 

Elles poosseot beaucoup... la saison fA 
farorable; tous sarez^ Tété. .. la yégèlatîoB... 

GONIIINBERG. 

€oDTefiez, mou cher, que yotre état est 
boû. 

Ah! mon ami, défendre et raSer rhomi* 
Qîlé, sont les deux plus beaux privilèges doit 
Thomme puisse jouir. 

. AiA : FaudevilU d*Arie<jmiH MMuêcnL 

Pe run suis-je avocat , eh ! vite » 
Je m^olTre d^ctre son coiffeur. 
Qu'un autre à le coiflTer m%vile , 
Je m'oBie pour son défenseur. 
Prenant mon intérêt pour base , 
Grâce à ces métiers differens , 
Si je défends ceux que je rase , 
Je rase ceux que je défends. 

Ahçà! àpropos; tous ayez un étranger id 

eONNlNBElG. 

Oui 9 un jeune homme , que je soupçooi 
être un grand personnage qui vojage iac( 
gnit0. 

aAZCOFr. 

A-t-il un ralet de chambre P. •• 



sctnini. i»-} 

GO>NI|l>E&fi. 

Non. 

■ Aicotr. 

En ce cas , il doit avoir besoin de tne^ t'r- 
vices : )e repAtMrai... }e repaiierni d'ahof 1 
mes rasnirs , et puis je repfusflraî pour le coop 
de peigne. 

«onvtittic. 

Ah ça I écoulFX donc ; no* £ahle* J'mCm* 
me rompent la tète de lem tmonr* i) bwt 
nous en drbarra'Mr... Toyoa», ^nc <|i ww< - 
TOUii TOire fik? 



Qu'est-ce ^m je 
Qu'cil-ce ^il «est} 

Il TCOl M mrier. 



que luUe (iww ? 



l'a bwfcMr «c vOU^t «*«« fM m *''**^ 
eéncnl i *4M* MM* MlMi Imw ^w* ""^.^^ 
e»l le fris tf'iÉiÉe bM^.. tfmtf •»«*- ■ t**"* 



3q8 la carte a PATER. 

)e les ferais pajer six blancs , il eo faudni 
diablement pour faire fortune. 

CONNllfBEBG. 

Mais ma fille, jolie comme elle est^peui 
aujourd'hui pour demain , trouver uaricii 
parti. 

BÂXCOFF. 

Mon fils a un très-bou état , courrier i 
cabinet ; c'est une des prensières places di 
plomatiques ; c'est un gaillard qui tous mifl 
les ambassadeurs... 

GOnVINBERG. 

Oui 9 quand ils courent la poste* 

BAZCOFP. 

Il est en très-beau chemin. 

GOIfiriIfBEBG. 

Je le crois bien , deux fois par mois sur 
route de Vienne ^ la plus belle rouie de l'i 
lemagne. 

BAXCOFP. 

Tout pavé. 

GOIfNIVBEBG. 



\t] 



Mais songez donc , mon bon ami , â i*h 
neur de mon alliance^ à ma double professîo 
qui est excellente. 



aibA PréfUleet J'acoimet. 

QuanJ un procès cliez ttioî rassemble 
Dfs amnlrun du jus illviu , 
Je lei coDdaniae à boire ensemble 
Eo migiotrat (|ui vcikI àa y\a , 
El je ne (larle pas en vais. 
SciTci , girçon , dit le [lerJant tout Irîiff 
Le gaglianl crie : AlIoDS , Tersez du vico! 
Déjuge, alors , je deviens aubergûlc, 
Je VFD'li Mon TiD et je (tinque aicc eux. 



Mun tribunal est ma guinguelte : 
('ela double mes inlércLi , 
Car Us lablei de la buvette 
Servent' de bureaux au Paluis j 
tiais toul change un moment a^iTcs : 
Devant Baccfaus et son joyeuK délire , 
On voit Tiiéiiiii frompte à M rctirtr , (li 
Et l'un entend soudain ohanler et rire 
Aux meutes liruK où l'oa vojaît jilcurcr. 

HAZCOFP. 

MalticurBuscment il n'en est pis de 
cl)«i iniii, alLciidu tjua je ne me surs (]U' 
chiiudu. 



Allons, iilluiis, inun (.'her Raicoff, faiics 



COniiiNBEiiG, encalérr. 
Si je n'aTaU que des pmliques comme TOUS} 
- A la bonne heure. 

KAicopr. 
Vous ne trouveriez peut-être pas beaucoup 
hd*aTOCiiU qui se conlentassenE de votre cui- 
aine. 



Ma cuisine .'... ma cuisine !... vous avez un 
ifiîr âe la ravaler... Savcs-vous, mauvais 
«Tocat , que j'ai été dis ans dans la bouche do 
'j'Archi duchés se ?... 

■ IKCOFF. 

Il Tallait y resler, monsieur le magisirat 
des mannitoDs. 

GOnaïuBs^Q^ ocec mépris. 

Ah fà! dites donc, monsieur delà Iloupe, 
allez démêler vos perrui^ues et débrouiller 
T09 procËs, 

BAICOFF. 

Je yous préviens d'une chose, tous n'aurei 
plus ma priilique... A dater d'aujourd'hui, je 
oe diae plus cbei tous. 

fiOHNtHlEnC. 

C'est autaut de gagné. 

KAicorF, ruricux. 
C'efI une borreurl...}e8ars, car j'itouffc. 



33a LACAHTE A TAVER. 

tiK •.faiidti/UU lit Vécu de iLc/i'mKt. 

Ah ! qurile conduite cil la *4lrc ! 
KiM : (flui <lc lieu enttt mui : 
F>itCf->uu« ttirt pn un lutit , 
Qu'un aulfc luiii (iUmU cIki tow. 

Pirtileu I roii* ftm dci mcrTctllu ! 
Vuui m'obllgrnz , in luqilui ; 
Car TOUS ne u'écoKhrrtz plui 
Ki te mcotuD ni Ici oieillu. 

lizcoFT, (urinii. 
Ah ! par ciomple, cVsl irop fort !,..II n'ya ■ 
rien ù rôponilre... It n'y n pas un mnt ù ré- ' 
pondro A ccLi... s'il j en aratt un , nnoi qui 
$uis iiTocat , liien ceruiuement je le trouvc- 
rnis... mais il n'j oiiu pas un seul... ( Faaut 
sorlU. ) Si , en voil;\ trois ou quatre... Siten- 
tium fit ar^am'nlam sapitntite , ou, il faut 
mieux se laire que de dire des bêtises. 

(11 sort. ) 

SCÈNE IV. 

r.ONNlNBERC. 

iliis... Ce miscr.iblc barbier 

Vnlferc !... Se pcrmetlre de 

lesire de BiOD eiptcc 1... 




Il 




SCtSE V. 



un magistrat I... Allons voir un peu ce qui i 

passe » la cuisiue. 

( Il va pour sortir, ] 



SCÈNE V. 



GOirniBBEBG. 



Ah 1 ah ! voini mon voyageur. ( Saluant. ) 
[çigiiear IVanfais... 



$. 



SAurr-CTB. 
ion cher hôte. 



Vous devez avoir passé nne bonne nuil ; 
mt'slilssonteiceUens; vousavei lu meilleure 
et la plus illustre chambre de l'auberg'!. 

^8A^sT-cvK, 
ûe m'importe ? je tlors bien partout. 
CONSiNBEac, d'un air d'importance. 
Il est pourtant agréable de dire : J'ai cou- 
ché duos te lit de l'urchiduc LÈopold, 

SAlSt-CTB. 

Malcpeste t 

conninBEHC. 
^C|g|tuneehM|Are que je ne donne pas à 



LA CARTE A PATER. 



loodc, et si je ne vous avuit pas jujt< 
ne d'imporUoce... 



an 


SIIHT-CTI. 1 

ouilrompei, mou cher h<!j|e, je sui) l 
»tc Toyogeur, uu pùîiitic fraDfais. 1 




CiuiHiiii^ii:.- 1 


i 


lires! i d'aulres!... je m'y conoaii. 1 


Jb >our... 


GOn»INB IftC. 


Oui, pour une mis&Ioi. secrète. 


SAiKT-C7a. 


Tour Taire dea porlraiiî. 


eoNniNBEBfi, fincmnil. 


Vous êtes un grand seigneur. 


SAinT-CVB. 


Voosf 
chement 


Iles un fûu 1 DiaJâ je vous dirai fi-an- 
que.... 



Parloi, Monsieur, parict. 

Je suis à jeun, et ud petit, déjeuner ap- 
prêté... là, à Totre goût, avec ce talent qui 
distingue l'hôte illustre de l'archiduc Léopoldi 
Die rendrait heureux comme un prince. 



SCÈHE V. 335 

. entends. Monseigneur, que faut-il 



Ce que vous voudreï... Surtout de bon Tin, 
et âongei que je veux me reinelire en route 
tout de suite après le déjeuner. 

CONBlHBEnG. 

Qnoi! TOUS ne nous foret pas l'honneur de 
voir les curiosiiés de la ville? 



^ 



AtHT-CTR, le K gardant. 
J'en ai déjà tu plusieurs. 



Je vous prie de recevoir mes regrets biea 
iDcères. 

SAIHT-CTB. 

Préparez mon déjeuner et la note de ce que 
TOUS dois. 

GDuniireEBCi ■ |i>rt. 
Nous Terrons s'il est gènéreuï. (Haut. ) 
Je suis désolé de tous Toir partir... Mais 
Traimeot je tous plains de quitter si tôt ma 
maison.... Dans la minute tous aies servi* 
Ipoâeieoeur. 

(Usort.) 




SCÈNE IX. 339 

SAinT-CTB, à patL 
Elle est cbannante I ce serait dommage de 



SCÈINE Vin. 

CATHERINE. 

Ma fine, il faut convenir que ce voyageur 

est loul-ù-fail aimable!... Que disaîi ilonu 
n père, qu'on ne pouvait pas en avoir doux 
,parules de suite ?... 11 cause Irès-bieu. 



C'vOj'ageiiT ol plein d'bnnlé , 
Il fiiul le laisser faire. 

Ilarrang'rn rufTnirej 

Datu tous tti propni aajouttl'hui 

L'désir d'obliger brille. 

Et si la clioii' ne t'nitit iju'à lui. 

Je a'setaie yia long-lenui fille. 

SCÈNE IX. 
CATHERIMB, GONNINBERG. 

CATHEBIRE, se cre^unl feule. 



336 LA CARTE AP^FiF/l. 

SCÈNE VI. 

SAINT-CÏ&. 

Le plaisant original f... On n*est paspAi^ 
curieax... Holàl holà ! mon couvert f...6ar^ 
çons!...la fille t.. . Allons doacl 

SCÈNE VII. 

SAINT-CYR, CATHERINE aimeo 

pleurant. 

CATasaiifE. 
Ah ! ab ! ah ! 

SAINT-CTK. 

Comment ! vous pleurei» mon enfaot? 

CATHERINE. 

J'en ai bien sujet de pleurec. AUaif k 
TOUS saviez pourquoi... 

SAlIfT-GTE. 

Jfe pourrais trouyer les moyent de fM 
consoler. 

G AT B« El HE. 

Oh ! non , c' n'est pas tous. .. Ça tooi i^ 
rait'bîeu difllcile. 

SAIlfT-CTE. 

Peul-êlre. 




■némoire de ce que vous deveï. 

Quoi ! c'est tous, (gentille Caiherine, qui 



SAIST-CVB. 

t de M. Ducluliianeaui . 



Je suis a^e plue que gentille. 



Donner quelque cliciw a la Clic ? 



Ahl mon Dieu!... cï 
E S0U3... Voire père 
ul me tromper. 

CATO 

ne SI 



:nt Boixa nie-deux lir 



> P'ip^ 




SCÈSEXI. 345 

8AIBt-CT«. 

Comment I rousdlec le* Jixsous!... 
GonniTivEHC. 

Ç.-i reste â'oeht «itxante-deux fmncs , c'est 
le prix eii cuDscienCB : je n'ea puis lieu ra- 
Iwttre. 

SAIHT-CTR. 

Comment ! commenl I c'eiit le prix t... 

COIlHUiBXILG. 

a deoier... Les 
ne chcrlé... 

SAIKT-CTI. 

Je oeme doutais pas qu'il en coulât si cber 
f otir voyager eu AUettague. 

iiK : l^aadadlU da Baiiu aazj'tiamtt. 
Sur kl doDgns des lojagrurs 
H unleotnl le n'ù pliu de doutes 
Je DE craigwù que le* voUuis 
Qui pillent tat lu gran Ici roules ; 
Jtaii je dinis : entre leun mains , 
Que crugaeul dc^Mavtes ■Elûles ?... 
J'oubliais (|ae les aubcigLilci 
Sont uisii tui les gnudx cheniiiu, 
sont<iHiE>«. 
Monsieur, Monsieur) vous m'insultei) je 
croîs. 

ÏAiHT-CTk. 

Rauf onner de la sorte un modeste Toy"" 



346 LA CARTE A PATER. l 

^eur.... Cesî une horreur! Il faut être u' 

fier... 

GOIfVINBBEG. 

Monsieur , D*aHez pas plus Ioîd. 

SA1NT-CTB. 

Vous ne m^întimiderez pas. . . A-t-on jamib 
TU pareille friponnerie ? 

GONKINBEEG. 

Ménagez vos expressions , tous me ki 
paieriez cher. 

SAINT-CTB. 

Pas plus cher que vos repas... Mais il ji 
peut-être une justice ici. 

GOiririNBEAG. 

Comme tous dites , peut-être. 

CATSIE&INE. 

Mon père... 

GONIf mBERG. 

Laissez-moi. 

CATBEBIlfE. 

Monsieur le Tojagenr... 

SA11«T-GTE. 

Je n*écoute rien... J*anrai raison de tous... 
Je Tais chez le bourgmestre. 

GOIflf m BEBG. 

Vous Q*irez pas bien loin. 



Ah! monsieur l'aiibergislR. nous Tcrroos 
comtiieiil vous alleï tous tirer de là. 

eOBBIHBEBC. 

L-Le bourgmestre ne me Aiit pns peur. 

AIE du Renégat. 
VoiH atiusez de voire État ; 

îs il faudra qu'nn vous piuiïïse : 
Je vnîs IrouviT le magûlrsl ; 
lua ii me fera jujtice. 

B& cet rnilmil on a touJDiirs cUé 
îstral [inur son intégrllé. 



Monsinir , rcitouleï la coltrc i 
Du juge qui Dous eatenilra ; 
Je suis sût (juc , ilans cette uITaiTe , 
Ccil l'hoDneur qui triooipheca, 

Monsieur, je ne redoule giiére 
Le juge qui nous ealcndra î 
Je suii sur que , ilaus eclle aHaire , 
La probité l'emportera. 



Ab ! raveDlmc est «iagiiliÉrc I 
Le ilrôr de procès que voilij ; 
Le vnjagear ne s'iloulc guère 
Que la partie et le juge soat la. 

(GoDiiiiibFi'g cl CilliiiriDe ibtWbI. ) 




LA CiRTE A PAYER. ^ 

SCÈNE XII. 

T-CÏB, RAXCOFF. son j.|«i i liri» 
ical île l'iulre. 



il Jonc de nouTen 
L 

i Al NT-CT ^ , le promenant vite, 
inc infamie ! 
sAtCOPF, le fuiviDl jiar ijcrrièrc. 
Hoosieur. .. 



. I c F p. 



Une horreur! 

Monsieur! 

J'en aurai raison. 

Oh ! pour ça , oui ; de quoi s'agil-il ? 

SilHT-CTR. ' 

Quel est cet homme ? 

BAICOFF. 

Monsieur, je tous detnaiide pardon 
TOUS inGommode ; je venais pour tous 



SCËNE XII. 



3i9 



commoder.... Vdu» vojei Laurent-Ignace 
Raicoff, pour vous raser si j'en étais capable. 
SAiST-CYn. 
C'c5l bi«n le moment 1... Si tous saiïei 

BizcoFF, le rcgantant. 
En effet tous me paraisseï défrisé. 



I 



Il n'y a donc plos de probité?... 

R A Z C O F F. 

Un coup de peigne, et il n'y paraîtra plus. 

SAIKT-CTR. 

On reut me voler, mais ça ne finira pns 



BAiCOrr, pnsimt lÏTcniFnl Hin |itat ii barbe et s. 

lnn[»:e!,nrLilable. 

Tenlative de toI .' voire cause est superbe 

TOUS la gagnerez,. Les magistrats de l'cndroî 

sont d'une inti-grilé... Le bourgiiieslre sur 



S'il ne vaut pas mieux que Tolre fripon 
d'aubergiste... 

BAICOFP. 

C'est l'nubergiste!.,. Abt Monsienr, laisse» 
faire, raiilicrgi'le a pu vous tromper, mai» 

uii\i» .mirons iDÎson du liourgLtii'slre. 



35o LA CARTE A PAYER. , 

ÇAINT-GTB. 

C'est une îndîgoilé 1 

E A Z C O F F. 

Uq Tol manifeste 1... Chargez«cnoi de TOtre 
affaire, et je vous reponds du succès. 

SAI9T-GTR. 

Cooiment rentendez-Yous ? 

EAZGOFF. 

Celte robe et ce bonnet doivent vous prsi* 
"ver que j'étais appelé à tout autre chose qot 
faire des barbes. 

SAINT-CTE. 

Comment, monsieur le barbier , Toosêld 
avocat aussi ? 

RAZCOFF. 

Ça TOUS étonne, Monsieur?.. Eh hies! 
quand vous m'aurez entendu plaider» toqs 
serez forcé de convenir que je suis le Ciccfoo 
des barbiers. 

SAINT-CTE. 

Je vous charge de ma cause. 

RAZCOFF. 

J'espère tous prouver aujourd'hui que Pou 
peut défendre les gens et leur faire la queoe. 

SAIRT-CTB. 

J'accepte vos services; vous ailes venir avec 
moi chez le bourgmestre. 




Il demeure dans cette maison. C'est au- 
jourd'hui jour d'uudience , elle va s'ourrir, 
<et c'est ici a 



'elle se lieDl. 



Ici? 



Ici même. Si ïous permettet que je tous 
BÎvc, je Tiiis prendre conniiissaace des pièces, 
onstituer un corps de délîL.. Diable I... ce 
e inni pas des plaisanleries qu'il nous faut, 
eiKiDt, parbleu! de belles et bonoes charges. 






oil& la carte. 



r 



C'est cela.... Pièce de conTrclion. Allons , 
Minsîeiir, je <tais préparer de l'rau chaude 
mr TOtre barbe, un eionle pour mon plui- 
et qnntid vous aurez clé défendu , et 

Çrconséqiienl rasé par moi, »ûus ïcrrei que 
«uis digne de l'enseigne de ma boulique : 
Consitini)ue manu. Ignace Ratcoff, perruquier 
vocal cunsullanl. 

(IljMrteut,) 



352 LACARTE A PAY£R. 

SCÈNE XIII. 

CATHERINE, GARÇONS, ens 
GONNINBERG. 

CBOBUB. 

AIR : 7^ nez, M. Dubut. 

Allons , 
• Dépêchons , 
Vite , aFraiàgeons 
Et décorons 
Le tribunal, 
Pourqu^au signal 
Chacun s^iusUillc 
Dans la salle. 
Ici r<lnuandeur , 
Là , rdéfendeur , 
Là , les huissiers , 
Là , les greffirrs , 
Et dans les coiiu 
Tous les témoins. 

UN GARÇON. 

Place au magistrat , 
Dont on public 
La probité , 
La sagacité. 

GONNINBERG , en )ug«. 

Ah ! ma robe , je te remercie : 



hsl 



Dfpccham , etc. 

Pillons , 9II0QS, que l'auberge disparaisse , 
"t qiic le tribuaul soit établi Kbtm dana 1^ 
formes ; je ne (uis plus le maître <ie l'auber^çe 
du Grand-Cerf, je stiis le bourgmestre U 
UuldoriT. {AiiX garçon». ) L'audience est ou- 
verte , iolroduiseï lea plaidons , et laissai 
entrer le public. 

SCÈNE XIV. 

I^s pBÉc*DEws, TIN GREFFIER, ao;iisiB6 et 
TEMiiES ; chacun se (ilacc, 



ï 



llR : A boin, à ioife. 

Silence , lîtence , silence , 
Meuicuii , l'aiidieiicc 
Commence , 
__PçB^t tout le COUTS des ^bata , 
II daimcz , Tooflez toat 1^. 



CrelEer, appelez les causes. 



354 LA CARTE A 1» ATER. 

LE GREFFIER, 

Pierre G ottman, contre Cathertae Bulder» 
la feuiuie... 

De quoi s*agit-il? 

lE GKEFFIER. 

DNine dispute aultie de Tofes de feU| àb -, 
loitie de lu tayerne , dimanche dernier. 

€0^II1IIB&»G.- I 

Cest une querelle dermëmigè, ceJaBeoou | 
regarde pas... Hors decoor... Dépenacoo- ' 
pensés y ordonne que les parties se raccoa- * 
moderont dimanche proclîaîn dans Taubergi ' 
du sieur Gonnînberg. A une s^itre. 

tS GREFFIER. 

Le peintre Saint - Cyr , français » ooDli« 
l'aubergiste Gonninberg. 

GaKlIIItlERG. 

Je connais r^ff;^..y Faites entrer ks 
parties* 

SCÈNE XV- 

lES PRâciDEiis, SAINT -CT A, RAZCOFF, 

ea costume de palais, 

SAINT-CTR. 

Quel appareil ! 




Ah ! ah ! Raicoff Ta plaider pour ma partie 
( KmcofT lui bit dts ngnei. ) 
s Al ST-CTR, rrgiuduit aiilour de lai. 
Mon coquin d'aubergiste n'est pas eocore là. 



■ SAINT-CTB. 

QueTois-je' C'«l riii;,.. Ah! dans quel 

piège iiiis-je tombé! Comment, vous files 
aussi le juge de l'endrûil ? 

GONNINBEDG. 

Oui, Monsieur. 



i 



Ah ! je suis perdu. Messicura , ne poussons 
pas pUis loin lu procédure... C'tsl bien asaeï 
"sire volé par un auhergisie, san* 



I demanderais pas mieux , mais le 



356 LACiKTE A PAYER. [ 

GOVlflN^EAG. 

La procédure est entamée , les débats vmt: 
coinmeocés; il faut que raffaîre soit jugée. 

8AIlfT-CTB. 

Allons, c'est un guet-apens.... Il fiiudti 
f^ie j'en pale les frais. Tachons au moins d'ei 
rire y et de nous amuser pour notre argeoL 

GONNIIfBEAG. 

Parlez , avocat. 

B Az G F F tousse , crache , ac mouche » et idèn ft 

•manches. 

it&e&sicnrsl si jamais. cause iQiportantefo< 
. soumiae à la jxistice , c'est sans doute celle (jtf 
je suis appelé à défendre. L'houoeor de D(rtP 
ville... que dîs-je? de notre ▼îtie!,.. Thonncc 
de l'Allemagne entière s'j trouve compr- 
iriis... Les droits de rhospitalîté.sonl violé*: 
un étranger est spolié au milieu d'un peuple 
civilisé 9 par la rapacité coupable d'un auber- 
giste d'un petit bourg de la Bohème. 

GOlfIflIfBEBG, 

Avocat ! point d'injures. 

.BAZCOFF. 

Je dois défendre mon client : que suis-J4 
ici. Messieurs?.... Je suis un jeune artisUi 
j'ai tout au plus... Quel âge avons-nous? 

SAlIfT-GYB. 

J'ai vingt-cinq ans, et... 




J'enlre ilans ma vingt-sJïiÈmc année, je 
s J'iine figure îiiléi'PssjDle!,.. Je voyage 



mil inïlruclion, je 
îingué, mais ce n'esl puii 
que je sois éoorchc , p< 



unpe. 

ne raison 

que je paie tout. 



particulièrement un dûjeuncr, dis fois sava- 

«onniirBEsc. 
Le déjeuner était bon. 

BAICOFF. 

' Je l'ai trouvé détestable. 

GbnNiEiBBBc. 
La preuve? 



ttl lil sur la carie. )\)ncbaf on, douze francs. 

GOUNIKBEBQ. 

Eh bical... Va chapon , ce d'cgI pas Irnp 
cher. 

lAtCOFF. 

Ce n'est pas trop ciierl... Ça serail Irop 
cher pour un chapon, à plus forte raison pour 
un coq. 

r.osHisBEaG. 

C'était un chapon. 



■1 




i-econnn [GonnÎTibe^^n^g^^ _^ 




loule rAllemiigne '^■t:> m:»fti 


l'f ,1 


tQurgmesrre de MuWckï-a; f- 
jRawo/TJNous ferons, pt^^^ 


il 


ir 


^Jutlear, et noiisbéniroffs /^^ 


■ . 


spotûtRur de i'orphplio- Ç **> j 


' f 


jtuntd'ieôlfdcSainl'Cyr, ///^^ 




aoufl encore le pupa et b aiat^ 




SAI>T-CTB. 




Oui, i'aîce bOuBc.ir- 




Kiicarr. 




CUull Wisei-vou8. («flprrn 


MvV ' 


doy.r.) L'un est le spoliateur d 


Ml 1 


1-aii'tre* e...t le soulieii, Ip cou 


Hll 


\(!uvf... D'iiilleiiis • Messieurs, 


■ Il 


aussi noii'e a pu ternir 1* rtpui 


mil 


t<r«iff? '■Wfiinberg, ça n'ÔW 


■ 1 


chomi blanp de la... tGte du 1 


■ 1 






■ 




connti: dn ce bourgmeslre qui 


■ i 




Yolnr... [Gonniiibi^i-g tê fâchant 






des besoins du m.ilhnmeu» ! d« ( 


1 




lrc()iil empoisonne... seii jours 


■ 




âe CQ bourgmestre qui... ^mp. . 


■ ; 




t'altii^rit. ) Mon cloqircBre . 






ilans \es replis de snn nitx 






iiinoillés des ilmiL'es lam^i ■. 


n 




MoWiiifif^ est allfndri. Sivi,,-,. 


Il 1 1 


M:ii^i/.i*..7-,requi'xeui'dif« «n 


lii 


tvirl ilU tulimg aibà vtiHg rec, 

m 


^M 


^ J 




I 



MMiEKC, (e levant et i^csiuyuil lei jeui. 
carte ! la carte!... 



n de Julie. 



m La 

^L Comme il ne faut pai qu'an s'écvle 

^E^ Des devoirs de la prubité , 

H^e mnllié prix noiu induisons la carte ,' 

^Ê El voilà Dion arrèl dicté. 

Je siiii lier que chacun me Domme 
Le digne organe de Li lui , 
Lorsque yc pmse que lani moi 
On pnuvaïl tromper un brave liomme. 



, vraiment , tant la bonne Toi , 
^ Oa pouvait Irom^n un brave homme. 



SCÈNE XVI. 



DEK», CATBERINE, 
eosuile GALOfMANN. 



n père ! 



b bien ! qu'esl-ce que c'est ? 



■■fw 


36a LACABTE.4 PAF 




CAinEBIBE. 




Voilà ileiix carrnsses qui vici 


' 


rêler deïiiiit la porle, il y a 
messieurs et quatre belles dam 
qu'ils sunt pressés de dîner. 




cosmaBEBC. Aiani i: 


' Il 


Eh! (ite, tîIb, il la cuisin. 
l'audience est finie. Grelïïer, } 


^ j f . 


piers et ineltci; le cniiTcrt. ( 
garçon. ) Toi , va meltrc la bre 


^Hi 1 '* 


CKLOVMAsn, acceur 


Hy 1 


Mon ptre , mon père 1 


^fta 


0"'eat-ceqiie li'esi ? 


B^l 1 


CkLOeuAny, 


■■ ■ 


Donx TOyojcors qui veulïtit : 


H H II 


HAzcoFF, vivcmen 


11 




Allons, allons, emporte m 
maison, et va chercher mon p 
charge-toi de mon plaidoyer el ] 
vonoette. 


BH ' 




CÀIOPHASS. 


^H 1 




Mon père, et mon mariage? 


^^H S 




~ «AXCOFF, basàsonfi 


II 


1 


{ji Gonninberg.) Dites donc, fo 




SCÈNE XVI. 363 

que TOUS u'avei pas à tous plaindi-e àe mai... 
Je croM que le bourgmestre n'a pas été mat- 
traité duus mou plaidoyer. 



Oui , le bourgmestre c'est bien; ii 
bei'giste ? 



L'aubergiste... à la bonne bcure... Eh bien! 
ni l'aubergiste ee veut à l'avocat, que le bourg- 
mestre marie sa fille avec le Ëts du barbier. 



Si TOUS y consentes, je double Tiinp^t ex- 
traordinaire que vous vouliei lever sur uioi 
et je le consacre au repas de noce. 

GOnniNBEftG) j'adrcssaal aoi deux anmit. 

Gnlans, TOUS TOUS Stes rendus coupables 
en TOUS aimant tous les deux, je tous con- 
damne à TOUS épouser. 

LE GftEFriEi, des papim à b miin. 

M. Bazcoff! voilà ce que des messieurs 
m'ont chargé de vous remellre; prenei-ea 
conaaissance , ils sont là qui mtendent. 
KAEGOrr, pctDaal les paiiiiTJ. 

Eb bien! ne voilù-t-il pas lus auteurs d'une 
pièce DouTelle qui me chargent de plaider 
leur cause 1... Ces messieurs, iparce que je 
vieos de faire répandre de douces lanuc& &a 



364 LA CARTE A PAYER. SCtlïEXVI. 
bourgmestre, s'imaginent que je lais faire 
pleurer... [A tonfiU.) Donne-moi ma robe; 
l>eul-etre... Essayons.., Messieurs... 

AU de laSealineiU. 



Troi) cluDffinnien se trotircnt Mcm^ 
D'^Foir voulu suqirmctTE le pvtcirc ; 
Je lynche assez pour (Qu'ils «otcat ctcuMi 
Lïur crime étantd'uvair voulu vaut plùra, 

Pour iiicn dcfindru mes clïens, 
Coimie a laa&mt det loioi et de h peine'. 



rsian tm ne H rhiaMnt fn*t h pnsilre n 



L'ami qne tow ■Ile* Imcct 
ITeit pM une petite àtatc ; 
Ah ! Mesneim , diigaei 
Si vnîmnil je piûi annoncer 
Que je ïicni de f agner leur 



rin BE LA CISIX 1 VATBK. 




TABLE 

DES PIÈCES CONTENUES DAHS CE VOLUIffi. 



PiBBU, Paul etIeak, comédie «d deux 
actes , par MM. Sevrin et Ourri. . . ■ 

Le fifbe dd loi de pevsse , comédie en 
UQ acte de H. Revel 83 

Lb tcit f comédie ea deux actes de 
MM. Rousseau j Désaugiers et Mes- 
Qard 153 

La f edib d« halabab , comédie en un 
acte, deU. Saiat-Amand 967 

La caste a pateb, comédie en un acte 
parMM. Merle, Braiîei et Garmouclie. 319 



aiH DK LA TAl»,