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Full text of "La grammaire française et les grammairiens du XVIe siècle [microforme]"



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'I. llrir.nit. J. l'n.Lt.riin , <;. i^f» A«tii.». 
, V. K^Mi». J. C^bsiIr, J. I'ulot, Al. M«ruu.i. • 

V * r.OB. 1 r lltiBi EnriDiM;. '• 

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.( i^cot: !>■ Salir I.iK», TiitouoitC'Kl Hki» . 






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paris; 



DiDirn F.T r.",M,inrvMr.i:s, 




■ 3'v,/tiCAri'i> *!;.,'. .iTlNi. 



AUG. DUr.AND, LIRRAIRi:, 



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A SON EXCELLENCE 



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MONSIEUR ROÛL AND, 

p . : ■ . ■ 

. MINISTRE secrétaire; DÊTAT 

AU OÉPABTEMENT . , 

• \ . . . ■ 

DET L'INSTRUCTION PUBUQUE gT DES CULTES. 



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NOMSUI^K U MmiSTHE, 



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• , . ' • ' '' ^ • ' ' ■ • , • * 

En ;me permettant , par une souscViption importante', ' 
de publier la Grammaire française et les Grammairiens . 
du XVr «t/bïé, Votre Excellence m'a accordé une faveur 
insigne dont je viens aujourd'hui lui témoigner ma re- 
*^ connaissance. - . ' ' . ' _ - ■ ■ ' . 

■' ^'-^ '" ■' ■ ' '. ' '". • ■■■ "- ^ * ..■■■•-'"■'■' " v 

L'mtérêt^que vous portez aux lettres, Monsieur Me ■ 
- Ministre y est bien- fait pour les encourage^*, et c'est un 



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grand lionnejjf poui^ môrd'Mre un de ccfux siir qui s'est 
tournée votre bienveillante -attention. 

Solum patrium rerta» : fouillops le sol de la patrie. 
. Rien ne peut'Ctro "mdUTérent de ce qui mtércftsie notre 
histoire Witionaie. C'est en i^rsistant h. l'tHudler que 
j'çssayèrai de conserver la bienveillance de Votre Excel- 
lence et de justifier la iavour. quelle m'a faite/ 



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' J'ai l'honneur dNHreavec un profond re^cl., 

-'-^ . àà' - •' ■''• "• '^'■' 

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- "^ Monsieujf le Ministre , ^-^ :. 



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' De vôtre 'Excèllencfi,- -, 



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Le très^humble et tri^s-obéissant servitèur,^ 



Ch.-L. Livït. 




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PRÉFACÉ; 









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X'analysedes traités composés au^vi» «îéèlë par nos premier» 
grammairiens »4té le principal objet que rioUa noas sommes . 
proposé dans ce travail; mais, pour bien faitè^omprèndre la 
nature, de leurs œuVres, nous avons présept^ dé» spécimenS « 
exacts de Jear" style et de leur orthograpbeV /^ ! ' ^ 

NoHs avons crû devoir jôlndTe.aux textes analysés ttn^sèmblé 
de notes qui ^offrît liQ corps complet ,cM doctrine : respatoiS; 
les grammaires anciennes, grecque^ et 'latines, Jes essais irtu» 
ou moins imparfaits tentés avant Jacques Dubois, les syslèoiés; 
exposés à l'étranger jpar d^ auteurs contemporains, enfin ^^ 
les théories émises au xvii- éiècle, toutes ces sources nous 
ont fourni d'utiles rapprcfchements avec les opinions .que nous " 
avions à signaler dans nos grammairiens français du xvr siècle. 

Deux questions restaient encore à traiter "en dehors de ces 
ÊOflimentaire^ nous avons montré /par la comparaison de troi» ' 
lexiques publiés entre le miliea dur xvi* et la première moitié du 
xvir siècle, les lentes modifications de Torthographe; l'étude de 
la prononciation a été l'objet d'un appendice où nous avons tra- 
duit, en leà abrégeant, les ouvrages spéciaux de Claude de Saint- 
Lien et de Théodore de Bèze. 

Tel est en résumé^ le plan suivi ^Uns ce livre, destiné à faire 
connaître les premiers efforts tentés principalement en France 
Mais aussi k la môme époque, en Espagne-et en Italie, pour cWer,' 
dans chacun de ces piys, une grammaire nationale. De tous 
côtés, en effet, on voyait s'opérer un grand mouvement de réno^ 
ratloQ littéraire.^n même temps que.poëtes et prosateurs, mer- 



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^/illcnne'.nont secoiiA^s p4r la découverte de riraprlnnerio, ré-- 

)andaicDt lonoât des choses do l^Mprit, la gran^maire s'efforçait 

de régler Tusage de la langue générale. Mais lentreprlse, mal' 

'-eonçuo, fut mal, exécutée i^t dut rester satis influence sur le 
déveluppement<Je notrp littmture. La grammaire, cette science 
d'olMiervatlon» fut constituée à priori par des hommes qui con- 

i.sultèrent les grammairiens grées oi} latins, ou qtii s'appuyèrent 
sur de stérhès abstractions philosophiques ; mais~qui eurent le 
tort de se croit^ Aattrcs de la langue parce qu'Us devaient la 
régler, et se crtjrent aase* forts pour la dominer sans la con- 
sulter : 'de là ces ouvrages si étrangers au vrai génie de notre_ 
langue, et.qul, trop esclaves de vaine.s théorie.**, ne tiennent pas 
assexçompte des faits; de là encore tant d'opinions personnelles 

' qui se suivent et se combattent , au lieu de se compléter ou do 
s'éclaircir; dé là enfin cette science restée si longtemps station- 
nâire quand la langue , livrée t elle-même, faisait dea progrès al 

'sensibles. . . \: 

Bien dos considérations du même çenre rewortlront dé la lec-i' 

ture de cet ouvrage^; elles se présenteront asseï souvent à Tat' 

tention.du lecteur pour que nous n*a^on8 pas cru nécessaire de 

les relever ici. . ,/ 

Nous aurions aimé à donner aussi lea teintes mémeé des gram- 

' inairiens oi^ginau\ : Paccùell fait à ce livré pourra noUs, décider 
à' entreprendre ce nouveau travair. 

* Lé présent livre est de ceux qui ne donnent à leurs auteurs ni 
gloire ni profit; mais: nous serons amplement récompensé de 

. nos loins si, comme nous TespéroDii, il rend quelques services à 
ces esprits sérieux que le mouvement (actuel de TéruditiOB pousse 

. à recheréber, dans les origines de notre Ungue, les causes quit 
devaient amener ses progrès. 

-, ', * , .', ■/Ch.«L: LIvtt'. - 

15 mai 1859. ' '. ^- ''" ° y . > 



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LA (ÎRAMMÂIKE française 



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LES GRAMMAIRXEivs 



'^ AU XVI' SlkLK. 



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iifiOlIES DUBOIS. 



TRAITÉI .G»RAIfMATICAUX>. 

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La langue fraii^aise ne fut réellement constituée: 
qil*au seizièjnoe siècle. Rompatit avec les errements 
de laj)ériode précédente,' elle était devenue de plus 
en plus hostile au jargon barbare trop longtemps con- 

$ervé dans DOS églises et nos cours souveraines. £on- 

■ ■ ■ « dj . -»— j' 

sacrée par l'usago vulgaire et déjà riche en chefs^ 
d'œuvre, à cette époque elle réclama des lois fix.es qui, , 
répandues dans Içs di? erses provinces; y fussent égale- 



v < , * 0) Jacow Stttii amtwmt inlmlnutm g^Uieam hagiagei^una cum 
m^::l *^''«" <^*?^«» W«|««iea, es Hebrait, Gntdi et latinù authe- 

^^ ijv Si.U.XXXK rrfAjimplli;hm et 1-9^, puis 90.|i9. 

m>-:'^'.i':^^''^V -.^H- "■:. ^-.t^r'. ::.Vv: v... ■, -'. ■ , "i -■ ' 






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• ipcnl suivie!», et piis.«enti^in(yricr, après Tunité politique, 

• l'uniformité dd îaii^a{;c v > ^ ^ - -^ _ 
- ^ On a,glo nos jours; •attaciic à la Rc^formc une iiiir 
s^portancc exagérée dans ces matières; on né s'est pas 
, contenté d'attribuer à ecUe grande manifeita|ion le 
progrès et lu constitution définitive de la langue ; oit » 
a été jusqu'à faire ht)nncur à l'esprit nouveau qu'elle 
introduisit, de la publicutiba de nos premiers traités 
grammaticaux. Four fious\ entre ràpparition de la Ré- • 
forme et les premiers es&ais^'ufte grammaire, si nous 
. voyons une relation de tejjipsJWus ne pouvons ad- 
V mettre un rapport de cause à. effet \ cum hoc, ergo . 
propter hitc u'agamais été une formule concluan.te de 
raisonnement. < - , " ". . - 

En i53a, sans doute, la Réforrrit^ avait déjà pris de 
grandes proportions et acquis une targe influence; 
mais le langage courant de nos Jcri vains, etdu j)eupl^/ 
surtout, n'avàil attendu ni Luther ni Calvin pour avof; 
besoin d'are soumis à des règles écrites. Qûelqvôs 
années encore, et l'ordonnance de Villerâ-Olteret? en 
prescrivant l'emploi exclusif du français dims tjïlM les^ 
-'âctea, civils *et judiciaires, consacrait bien moiri in- 
fluence prétwidue de la Réfomw iW"' lu lun«i «« qu^il^ 
ne constatait le fait irrécusable de l'existeto du lan- \ 

gage usuel. - " * . ' " 

.C'est donc à la héceçsité dérégler, non pas le lan- 
gage des Réfonnési, mais l'usage général ie la langue 
vulgaire, que nous devons les oeuvres df nos premiers 
grammairiens. A les examiner même, ce sont moin« 
" encore les Français qu'ils y^sulént instfjire, — l'usée, 



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si pjja^ant en fait, semble leur suffire commQ jègle, 
— / mais les .étranggfs. Aussi est-ce en latin qu'ils 
^ <'\irrvent ; « En Jatin , dit A. Dubois, pouip que ces. 
principes de notre langue puissent servir à la fois 
aux Anglais, aux Allemands, aux Italiens, aux Esf)a-^ 
.gnols, à tous les étrangers enfin. » ^ {' ' 



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Après ces quelques mots par lesquels il explique^ au 
lecteur l'objet qu'il s'est proposé , Jacques Duboi^^ 
ajoute : , • ,. y 



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... Vtfle, et ii quid habebis rcctrus istii, 
\ Candidus impérti ; si non, hi» utere meeum. y 



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\ Mais il, était diflicHe de rieîi opposer à l'&utewr qui 
fôt supérieur à son ceuvre; iK)n-' livre est le pFemier 
ouvrage imprimé en France dims intérêt unique, ° 
absolu, exclusif, delà langue^ffançaise ^-4e 2^AVril 

• 15^ pçiraissiwt bijn /# Qiampfleury de m^Ure^j^ofifiroJ 
Tory/ lequel ranvôi^mi&mé, pour certaines questions 
grammaticales, au livra antérieur du Jep4es éctiecÊ;^ 
mais \^ grammaire nWit pas son oljjet spécial, et si . 

/ en juillet 1530, était publié en Anfletérre l6f précieux 
ouvrage de Palsgrave, il était écrit çu angîais, et. 
certainement il^e fut connu en Franco que longtemps 
plus tard. t - 

Jacques Dubois, dit Sylviuâ, sera donc le premier 
écrivain que nous étudierons dans cette revue des - 
grammairiens d» seizième siècle. ^^ 

Son livre est dédié à Éjéonor (d'Autriche) reine de 
frVance, à qui D(jboi» était fecomman dé par le sieur 






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GlAHMAIRt PKANÇAIt^^. 



de 1& Barre (i)'{à. BuTrà)\ gouverneur 



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de Paris; et 



ce volume é^t daté .•- de/1& maison de Uuillaume Ya- 



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vasseur, Irès-habilc chirurgien ; aux caSen<|es de jan- 



vier; » 






• Dans un qourt avant-propos ùu Ijectèur, Dubois dit 
quelmotif Ta décidé à donner son ouvrage et quel but 
il a poursuivi, — Il est honteux qu^ jjionîme paraisse 
étranger dans sa langue materneJle; si les hommes dif- 
fèrent des animaux par la parole, a esi.par la politesse 
du, langage qu'ils diffèrent entre eux : ee rï*est donc 
pas sans raison qu'il a entrepris de donner à la langue 
française ses premjèrek règles et d*al)^umer le flambeau 
pour là postérité V. (lui, éclairée païf lui^ pourra faire 
mieux. Il espère que son volume tombera entre 
les mains de gens érudits, qui découvriront les fautes 
ou trouveront des améliorations; ceux-là "il les prie, 
il les supplie d'adresser leurs critiques à Thônorable, 
au savajit , au zélé, au fidèle libraire Robert Estienner 
pour servir à une nouvelle édition. t^. Souvent , {ijoUté 
Tauteur, il a dû reprendre la madnraise écriture du 
français, jet y substituer une saine orthographe, con- 
forme à Pusage, et qui n'ait plus à subir dé change- 
ments; Mi parfois il a fait des conçeçsions au peuple, 
c'est en attendant mieux. ?* > - ^ 

Dubois avertit ensuite le lecteur. de quelques ad-« 



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(1) Jen de la Birre, comte d'Ét»mt>e«, prévôt 4e Paris, f^t fait iieà-. 
temat gén^Lenrabeence du nuirqurt de Saluées, par lettres du 17 Juin 
I &26 , pais gouverneur après le décès du' marquis , i>ar lettlres du 1 1 M- 
centMre l&n. Il mourut en J 534 et fut rempiaoépair Antoine de Ldi RuËhe- 
foucaold; seigneur- de Barttesiepi, itommé par Jaurès du 12 mars. 









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ployés;^ une table qui occupe la première pâge4è son 
livre donne Ja clef de ces signes- nouveaux •: nous les 
reproduisons ici. . ■: 

CafttcUves ri signes hdbvi'aux dont il a fiUlu se servir 
- pour Cexacle reproduction dès mois. 



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I- u-, pour i,u' consonnes, comme i-a, d-at (;;aj 
vay},q\ii iradulsant jam, vadoé 
^ t\ R avec un son- plein, comme cnARiTiS,' ami^ 
(amatm), ' » - 

. è, B dvecun son nfitiét, com.nî'eGRAcè, bonè (^rmia, 
Jbona), / < . ^v 

B, B avec un son mixte , comme AIMÉS (fimafc). ' 
u, u pour |5, qu*on prononce presque toujours dans les 
mots latins devant l'm et Pn ; on le rempface d'ordi- 
" , naire en français paro: ptonun tiare, prononcer, 
c, c ayëcléson de r«« comme albncon. ■ ' * 

G, C âve« le son de. deux m, comme poicbr, f^ate, 
'c, G avec le son de c/i, comme ceval, caballm. 
G, G avec le son presque de gm, gue, gui, gm, gu, 
comme GALLE, catfiw; \oiÂt, vulgus; gilIert et 
, ^ Gilbert; GORGÈ, ^tmliCr cV^ruV •< 

-:'/:-, iB avec le son presque de i-a, i-e, i-i, i-o, i-u 
0«> i^» /»♦ jo»» 7")» cotame g-ambè, de gamba; g-k^ 
ego; G-ILBEKT, GiUfer tus; à-â^iti gaadium, 
(if G avec le son de s, comme xigons , legàmus,, 
à, s muette, comme nXiàTRÈ, moyijier. " 

s, s non sifflante à la fin des mots c dans le même 



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« , , rrHAMlAlKE rilANÇAIM:. 

cas, oiï marque du ipôme Irï^ vertical t, h, et le» ' 
autres- consonnes.; £x. : les bonks bestès. ' 
AI, â, ^i» (% iCb, ifi;, (^ti, sont dés signés dé dfph- 
' thoogues, eodmç mai, plein, moi, slov, cri^SE, 
flë'ur, POiR, duî traduisent maius, jUemis, mihii 

• Ai, Êi, Qj, ôv, Aîj, Éô, ôé, teignes des mêmes voyelles 

non réunies en aiphthongués. \ 

A, c'est El} mais aun-.so^lUB sourd, comme -ceIir, 
« MiTtHT, cor, montur. " . 

Dubois est parti de bons principes; maiâ il lcfl$ a 
exagérés, et les-.meiUcurs même noUs avons dû jcs mo- 
difier dans Tàpplication. Ainsi^ c'est à lui que nous de- 
vons la distinction du j et de ri,idu ii|etydc Tu : son 
procédé n'est pas lé nôtre, mais il a donné la règles 11, 
figure le,J pari- et le vpar u- : il eût ét^ bienpius 
simple, comme l'a remarqué M.. Francis WeyVàe se 
borner à fixer remploi distinct de l'i et du J, de l'u et 
dutvj qui existaient alors concurremment, confondus . 
dans un même usagCé / ' }4 

Trois: consonnes, le c, le o et IV l'occupent ensuite. 
C'est lui qui le premier encore a reconnu la nécessité 
d'un signe particulier pour empêcher la confusion du 
. .c dur et du c sifflant ; nous plaçons une cédille (,) au- 
dessous de ce dernier ; il plaçait un ' en dessus : Alen- 
(eon, AlcuçOn ;' c'est une dilférence, ce n'est pas un no- 
table progrès. La prononciation et l'étymologie, vo|ià 
les deux guides de Dubois; visant à reproduire dans 

• la plupart de nos 4Q0ts français la consonne, mais la 



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' '1 ■ ' 

consonmî seule du primitif Ijttin, il çn^aide |a pronon- 
ciation «suelte en la surchargeant d'.une autre Içilttre 
que, dans noire moderne orthographe, nous avons ;' 

' OU mis^ après la coiitto(nje vcaballus^ ceval, cheval; 
;ou<:onservéc seule : /(v/nmM«, I igons, /i«on«.; 
ou supprimée : fjuttur, gorgé, f/onje. ■ 

•Pour les consonnes finales qui ne se prononcent 
pas, uubois les marque d'un trait vertical r, s,^Tj et 
si cette m arcjAie était inutile .pour quelques Français 
de sontenips, ,<elle était né'bessaire pour les habitans 
dé certaines provinces et surtout pour les étrangers, 
auxquels Dubois- destinait son livre. G*est pour eux 
encore qu'il a créé'lcs trémas et les accents dont nous 
avons en 'f)artie conservé l'emploi, mais d'une manière 
inoins régulièrement systématique. . - 
• À propos de l'E-et de ses trois formes, è dç gracè, 
é de charité y â dé aimëi {aimez}, on hii a reproché de 
n'avoir pas noté-lV ouvert de manière, matière, etc. 
Mais est- on bien sûr qu'il existât? La façon dont le 
dix-septîètne siècle écrivait hKiit<^re et neutres sembla- 
bles, et la prononciation aciùellïe de plusieupk pro- 
vince^, ne dohne-t-elle pas un peu raison à cette 
omission (i^ ■ -- ' * : ' '^ 

hgirhs ce tableau , sur lequel nous avons dû nous 
étendre un peu, à cause des princi^d -après lesquels 



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■4^i#»M^IN>M|wAHwMlMWMMaiMl 



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(1) Voyex l'intéceissant ouvrage de M. Agnei Hur la prononctatlûn et le 
langage nuttmiur des" environs dt farts. — M.tNXX.LV, p. vi. 



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«iRAMMAIRK PRANÇAISK. 



Dubois I -a composé, commence son œuVrc propre- " 
ment dite. Elle se divise en deux parties : rintrodûc^ * 
tion à rétude de la langue, et la Grammaire. ^ --^^ 






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' PREMIÈRE PARTIE. 



lMt»ffe «M tartrotfactlOB. 



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y L'introduction (ctaaytoyjî) n'est autre" chose qu'un 
Jtraité étymologiqMe rédigea l'aide de.rhébreu, dii 
grec et eu latin ; après avoir parlé dé l'emploi et dié 
la prononciation des lettres, il signale les trois. son^ 
distincts qu'affectent les voyelles : \ \ 

Son plein, quand elles sont seules oii à laHaft des 

mots •: ago; ' .• * ' " ; - ''^ '-■ , ' . '- :' I-. - ' ' ■ ' \ . /'' ' . 

' >Son/aibie, quandjélles.sont suivies d'un m ou d'i^ 

If dans la môme syllabe : am, em, an, en ; w- 

Son moyen," quand elles/scfnt suivies de toute autre ; 

consonne que m ovlw: ai, el,U, ^etc, . ;' . 

En ^rminantiH ajoute cette dôùbte règle :, * A • 

la fin des mots, on np prononce aucune xoni^nnej à 

moins qu'une voyelle ne éuive, ou que la.phrajse^^nè 

poit terminée. » Encore au dix-^ptièmé siècler;^ j'en 

atteste piademoiseHe de Gourni^y, encore maintenant' 

dans nos écoles de campagne, on prononçait et Tofrt> 

prononce les infinitifs en et, aimer y tromer, en iaisant 

sentir I'e comme dansjiitir; et ce fait explique ladélfr- 

nïère partie de 1^ règle "posée par Dubois, et qui peut^ 

se, formuler aihsi : les consonnes finales .se prononcent 



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UIBOIS. 



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k la fyy|J^ phrases. Dans : les femmes sont bonès, Is, 
. * consonfife finale, se prononce seulement dans bonès. " 
:; , V J)eûx pages consacrées aux (Jiphthongues sont suivies 
d'un long chapitré où rauteurj sous prétexte de traiter 
• dlii. rapport des lettres entre elles, s'occupe lonjçue- 
* . îment ^es modifications que subissent lesmote en 
. _ passant du grec au latin, et de ces deux langues fiu 
/français; chacune des voyelles, primitives est soumise 
à des modifications nombreuses qu'il énumère en y 
' * j<)igi^nt de longues listes d'exemples ; il suit la môme 
-marche pour chacune des consonnes, et, pour en faire 
.bien coni|;frendre les chiangements, il les range en. trois , 
"' classes, savoir : 

. / *' -^ t^B, p,prf; F, ij-(y); . /g. ' 

' ■ % ' '"■■*. r»-- • . " ■ ' -'al"- 

■ :^, ;^.,. ■ .. *^2'-C;,G, CH, X; \ '/^r. 

^v:;'-^ V, ,;,/ ;-3-d,;t, Tn,,-z.; . ' ■,-■- ; 

. \; . \Nous -ïjie ÇNOuvons citer tous les exemples donnés 

;. - par Dubois à l'appui de ses règles sur les mutations 

V des lettres étymokgiquets ; de ces listes, moins cu- 

'^ .- denses par l'orthogrjiphe/même que par les nombreux 

' v'\teriTiesj maintehantJperdus , qu'on y trouve avec leur 

^ explication , nous croyons devoir extraire les mots le# 

" c - plus intéressants à.divers points de vue : ceux-ci pour 

■^ montrer la nouveauté, d'autres pour la justesse ou pour 

Je caractère tout particulier de la méthode appliquée ': 

quelques mots entre parenthèses suffiront pour expli- 

« quefles dictions trop dénaturées par une orthographe 

' . ; systématique ; du reste, nous n'intervenons jamais 

: ' .pour soutenir aucun fait, avancer aucune opinion, ou 

introduire aucun exemple. 



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' i(^ r.RAMlAll^iR .FRANÇAISE. 

Jî 1 , CIIANUEMfKMS m% VOYELLES. 

!• En E.: a/a,.elù (aile); uAu, tel; pai; per'(pair) ; 
houeslàsy honcsté; wnabàmr aiméè (j'aimais); audic 
6ûm , oïiéè (j'oyais, j'entendais), etc. ; * 

2" En 1 ; mciian^ u-ider; t/ei;acu«re,'deu-ider; 

5" En o et en li': tûngere, tqucer (toucher); aina- 
mii«, [nous] aitnons; amabamus , [noas] "iimpdns 
.\aimions): • '', '• -• - v ' /, 

Iv En EA : aqua j caiiè ou iàuè par sync. de q; 
( eau ) ; '■ -v 

5" En Ai '/pax, p'dis; granufn, grain; stramen, 
IBstraim (1)^ trames^ traim : "d'où, il val grand trCnm' 
(velociter); H vattr^rand trâim (fréquent^ comitatu); 
H tient grand trâim (magnam alit familiam) ; .cepen- 
dant, de tranare, tramer, c'est irmn qu*il faut dire; 
romanust romam ; mais on dit roiiian pour une histoire 
écrite en français Qiistoria gaifico termone conucripta) ; 

6' En Ai :4rado, -g-e trài (je trahis); 

7" En iûj ifaUm, fauls (faux); légalité légales^ leal,' 
leauls (loyal);' . 
'8° En du : aperïu«, (Aiu-ert; - 

9° Enfin si Ta est combiné avec u, àu se change en o^ 
en oc etçn eu : aurum, or ; ihet^rut^ thesbr (2) ; amiirej 






>'iîfci> • 



(I)Xd QitU tol.-/r. d« II. Katienne (iMi) traduit ttramen p«r foarre, 
ettratn. , , ." '• ' "'''"*^.' ," " 

(2) La forma thé$or pour trésor s'est longtemps consm^N), et l'étymo-' 
logie y gagnait i NicotdtNonc .encore les deux formes. ' v, x^^ 

• ■ ,. - ■ ^ . . . " 'âp^\ 






V 



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>^'-> ^ »<.» , 4\«-V.'«»<i* 



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4 

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«^« 



oir cl tfuir et ©iii^ (ouïr); çojirfa , çoè, el plus souvent 

. couè et céuè (queue) ,'aiic/iti, auè, OUè, diô ; ^ ctif^icard 

eiiè (oie). yv V > ^-^ __^ 



clutnge, : 




i" En A : per, par; »nçrcaforv tnarchant,- qui venc 
et qui^marchç ; car marcer vient de mercari , parce 
; que.:- . . ' ' '* " ' * - 



'/ 



.ti:. 



ImpIger cxtremoB curritth«rcatof adln'^ts 



l^" En I : légère,, lire*; tegula^ Uulô^, et, par mé- 
tathèsie, tuile; . , * . 

-3'teri o : ergo\ or; hères, hor ou hoir (héritier); 

fi' En u : iectus, elécius, AmcI, eluct, et, 'selon quel- 
ques-uns, lu, élu; tliema, thumt [thèftie), ùpodemti, 
y .^apoàtumô, que les raffines prononcent thème, qno- 
stemè ;^fœmeilaj. (umGWè (i) , prœpostm , pruvost 
(prévôt) ; ■ - * ; j ' 

5* EniE : pëltà, pierre; /wH, hier; 

Ç" En El : pienus, plein ; ingenium, engém; 

7" En 6i :, telft, tdilè; dprmieham, (je] dorhiôiè; vide- 
rem, [je] voiroiè ou verroiè ; habere , hau-ôir. ' * 

Rëmaaquë/— Cette dipjithongue w , à la place, de' 
la voyelle e, est telletnent du goût des Parisiens qu'ils 
nomment leurs icttrçs boi, c6i,:do%, g-oi, pot, foi. 




1*» 



(I) llieot admet cette forme, à apn prdre^lphi^iquc, et renvoie à * 



femelle. 



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V- 



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J- '> 



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12 >r r,llA;ilAlllK FRANÇAWK. 

» ■ ■ ■ * • » 

q^lieu de he^ te^ite^ g^-e, pe,. le. Il n'est doue pas^ 
étoiw^lnt que les Français Iradwisent^ le lâlin w/', li?, 
! #ê, par moi, r<^i., sa. l#s Picards sont plus prés de * 
r^tyjnologie ; ijs disent »m, /i, «i, et plutôt m'r, r^, #^; 
cependant, moi, fot , »oi , ne paraissent pas moins ac- 
7^ceptà^bles, comme purs mots grecs. Iics1VoiJnand]â_^ 
.prononcent tous ces mots et les siemblables avec un 
.,e et non en oi; ex. t t^lèy €$teUêy sétK ntr\ leci^ veiè, ' 
r^, l^i dméè\ étc;:"bour toile, estoillc, soiC soir, tôict, 
. - voile, roi-, loi , [i']amoie (j'aimois),* etc. Aujourd'hui \ j^ 
inênie cette prononciation semble avoir envahi Paris'; * 
•on di^ bien encore eètdillè (étoile^; mais si l'on cnten- 
, dait ei/oi//d (étoile) et non ^tellc (\)^ «Êidotbiv et non* 
. en^ebtét On mourrait de rire et l'on crierait au barbare ; 

8*^ BC : de6Uum, de'ù, pudeut, ou debtè (detCe) ; °' 
delnte\ déuement. 



■/. 



3. I.'— Vise change 






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. / 



4^ 



4Èr 



.H, 



»* 



"i i'Erif: /%iia» langue; tineutîh, linge (2), et, en 

'picard, lange; / , ; 

2° En B : /iaerû j Jfettr^; m^en,; 

3' Eb u : primarius, prumier (premier); fimarium^ 

;.\V"|umier;_. ,:■'■■■ '^V ■,■ : '\ -'^ ' .•„ ^ 

, V A*» En i-(j) : «iirita, simi-è (singe); pipio J pii-^n 

(|)igeon); et réciproqueméîit , i-(ou x consonne) en 

. lyoyeUe : rat-a, raie; Troi-a^ Troie ; « 



•k 



\ ■ Il 



. (i) Nous avons repris VfolI<^ mais nous avons contfwvé constellé. 
(2) Dubois n'est pas cooëéquent aVec son système; il devait écrire r 
laolè (Itnyna) et ling«é (Kt^uin). . 



K 



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H" En (Si s,i>lfl, voie; vicinm, vôicin ; viirum ; vôirrô; 

RbmaroI'B;— .Mieux vaudrak-il, pour tous ces mots, 

dire avec les Normands : véù, iiScin , verre, fé; cet 

e, employé d'abord, les Français ftnt changé en oi. 

dans la banlieue de Paris, on entend, à chaque instant 

dire : par ma fé v^rè/T affinité âes deux sons c et oi a 

causé la confusion. ', ; '• • ' * . ■ *" / 

. 6*En ift): t;wià,y^*(vu);; ^ ; / 

7* E.niï : wi^iVia, vénè(veil|c)i d'où ew^tïore, évâïei- 

Çévéitler); d'où encore trau-êil et /rau-fi/er, Veille tro^ 

/longue^ veiller trop (1), :. '" ; 



' l^ArBfl%/(w (ville), bàbylard (babillard); rfo- 
^,mtfta, dornûe/Za, damé, damoi&ellè; 

^ En E : e^oV i-è (2) et mieux g-è Qe) vhomol 
^ hômè;." - ^ .■■;'■ '\: V ^~. ; ;.- ;[ 

â*En u : Po<niov,^buscè (bûche); M«<wi«,.o8su (los^ 
'seux); réciproquement, u se change en ô;: mndùs^ 
monde ; a»wamii«, [nous] apiofts (3) • 

/t* Èb db : dmùr,, au^cTur ; m^le», moùlè (mesure do 
gros bois); ^ 



■f^ 



(1) C'Mt par scrupule étymologique que Dubois donne travtil pour tra- 
^ rail, qui seul était alors employé : le piortel tracau* aiînln dû lut mon- 
trer le danger de U forme qu'il adop^it. 

(2) En Vendée on prononce »e : ce qui semble indiquer qu'il y avait 
autrdbis coiirusion de l'I et du J. jlans Ja prononciation conunrdans 
récriture, malgré la distinction faite par Dubois. 

(3) Informe amer pour atm«r s'ekt conservée dans le style ée l'an- 
cienne chancellerie ; les itois s'adressaiept M leurs • amés > et féaux les 
wm, etc. 






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' ■ - ^'^ ' '. . . 

5' En Kt : /lora ; liéirè ; coçwè*, coquinartu», ceu 

(queux), cuicinicr; prohut^n^ wU, preud , prëudè. De 

\h preud home, prcudè femè; preu vous facèt (c'cst- 

Mirc* grand bien vous fasse) ; les douces prëbs ( les 

douze preux); odiomn, lïorosus, vinoiut, odiélis^ heu- 

réus, vineus, qu'il faut écrire avec s et non , comme 

le vulgaire, avec x final , à cause du féminin , lequel jie 

^ifl^re du mçisculin que par râddition d'un e.; ovum , 

euf, (œuf ); cor,' cdjr (cœur), qu'il ne faut pas écrire 

œuf eitœur parce qu'il ne peut y avoir trois voyelles 

dçins une même syllabe; iabor fait labelir et labdïir : 

et en effet o dexertains mots latins se change en eu et 

en «il , tantôt dans le mên^e sens, tantôt dans des sens 

différente H) i ; . 

6* En 6\ : (sowov, bdis (pic, hos ;Jlam„ bo^), — 
En oj encore se change (a lettre double (M i poinu, 
p6mè (2) ; /œ^um , foin ; , ' 

7* En ui : coxa, cuiscè (cuisse), d'où le dijminutif 
cuitcot (cuissot; ; octo, ùict ( h^it ) . — Réciproquement , 
ui se change.en 0: y/tti(^ire, floter. 



6. U voyelle. — Vif if c^«|i(yr.: , 

!• En E : circuluif cercle; ntUndus, monde ; 
2* En I î ebur, m-irè et iit-dirè (ivoire); pMn9#rf, 
pincef ; 



(1) On en poarrait citer ile jiombreux exemples mç^rir, ilmeuri, f^ori : 
épromer, émeuve, etc. 

(2) Le patois angevin a consente poi ne pour peine, . 



V, 



1 



/' — 



■ a 

■0- 



lîv. 



' , DLiUli. 

" ' '■„ ■'.".' . * • 

.V En : «iimma , somn^è f ". : 

k*J^j^^)i^^^fi^ fcru-jcr, ou freu-lcr, m 

fcù-ricr (février). -^ Réciproquement, t-(v) se change 
en t : vovere^ vouer; avicella, aucel ou occl (pic). — ' 
En français, auceàu, e(-eau oii ôui-eau (oiseau); 

• 5" En (^ : puUa , pcTuIlè ; curia , coiir ; subilui^ Boubit ; 
^uÀ(i7t«, sdùbtil(l); ^^ 

6" En 6i : nux^ ï\Sv&yungere, 6indrè ; 

7* En.fu ifluvius, fléuvè ; réciproquement, WJ fte 
change/en v : pj^ûfxa, rumè, d'où enrumé, et, plus 
souvejit, enrdùë ; 

J6' En m : put^iM, puis (puîts) ; lucere^ luir6 ; sm»ï , 
g-èsui (je suis). • ' .- 

9' L*u (hypsilon)/ grec, se change en u et en âii 
rvju€o;, tutnbè,. d*où tjimber (2); v«, hou; hduhcTu, 
injure aujc femmes de mauvaise vie ; sdù, pieds de porc 
consprvés. ,. t 

RRMiiRQUB. — Cest une faute d'écrire en français 
. avec un T des mots qui ne sont pas d'origine grecque, " 
comme.àmt/, rof , %; il faut écrire ami , roi , foi (3) ; 



' V 



r) 



''! 



i> 



f i) Soubit et to%d)tif, pour subit et «ubtilV ft '.nés proposée» par Dulmig 
par respect pour l'étymologie, mais nonadmiftcs de son temps. On trouve 
fréquemment «outil dans les tettes du moyenftge. | 

(2)' Cett/ vieille foniie, d'un usage alors général, s'est conservée dans 
le patois angevin. Son maintien était encore en question an milieu <du 
di\-«eptlèneilKle, comme on le volt dans le Discourt fur rAcu<l(fmie 
frcMifow, IflM (par Ch. Sorel.). • 

(3) Il semblerait cependant qne, dans tertalns pays, les motf, écrits par 
un y l'aient admis dans la prononciation puut deux H; dansIMIe de Noirr 
moutler, par eiemple, on prononce moy, toy, coqioies'il y aSj^t moille, 
toilledlmonlllëa). . • > 



-t 



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1 I 
>■ 



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:-:^^„v.. 



URAHMAIIli PRANÇAIAK. 

,w 

6 Wj. U-(V). — -Lr iVir r *aii(/f : 



— j 



' ♦ 



A. 



i»*En" B : ctirvKf, cdùrbè. — - Les Gascons con- 
^Jéndcni 1^ deux lettres et disent biri pour vin , vedu 
pour beau; , 

2* En. r :ofe«fn , etjf ; vicem,. f(îl8 ; 
3*Enii : ^)av|0f^ j|)<ii>a , pan, panessè (paon); ruttus, 
rtfucè et ensuite ronçé; la réciproque est plus f^é^ 
•quente; cowfWre, colleter (coûter) t rfcwariiim, dduâirè; 
lonjore, toiiser (1 ). ! ' ' " 

Enfin u consonne e$t souvent intercalé entreTdeux 
voyelles; deante, deu7anr: lunsi de « (grec).Briva- 
'' tif et dé eut (oculus% éhcféy éu^tê ^ avons-nous fait 

Remarque. —Pour entpêcher rhiàtusi outre le ihJv) V 
noud avonÎB lé t : mea amito, ma àntè^ est devenu 
ma lonlé (2); mea avia, mdiù^^,^^^J^ïtà^mtiMi;'^. 
et Ts : dearmare, desarmer (3);* 



- * 



"^ 



§ 2. ciBAl«6llliB!<TS Dlfi C0NSÛ1VNI8. 



LeB Isa place entre le p et le. ph ou i», comme le b 



. "■ ■«■. 



* .-i~ ■-' 



r ■ 



-f ^ (1) Mot coniervé dans le patoU^anfeTinr pour tondre. V. 

y (3) On cite un aiMs bbn nombre de mpU où une consonne babitoelle* 
loent placée/' devant, un mot t'est incorporée avec ce mot: ainsi ]j[ans 
«M-tHMit^ \à T, qui était eiipbonique comme dans o-l-rl, s'Mt Jo^nt à 
9mu pour faire iwit«;, ainsi fc«d«^, blerre, jMréoécié de l'artielet c'eat 
XhMrr$ : de là Itm-e; «Miftmste,;taHgou$t«^ «^ devctqu langotut4: de 
même pour <miigétta4e,tii lanspetsade qu'on dlsiit'lndiJRéremo}ent ' 

<(S) L.** ^Mt UM létà« euphonique comme le t; au °dii-sepliènte siècle 
an lien de on a, pendant -^elque t^^w te o«ur elle-même a prononcé 

.. OHM a..' , ■ -"r ■ 1 ■ ■ 



\, 



■*>, 



i« ■*■'•' V 






DltOIr*. 



17 



ctîlre le c et le en, comme le d éiUre le t et le tu; les 
lettres de chaque prdre sont toutes entre elles dans le 

rapport le plus ('îtroit. 

^ • ■ 

t* ft« — p. -^ PH> F. — Ces consonnes se changent^ savoir ': -■'' 

i* E en u-(v consonne) : faùa , feu-è (fève) ; faber^ 
feutré (1); 

2* Ben (voyelle) : ^/tf^iiii*, deu ; 

3* p en D-(v consonne) : cupo , cuu-è (cuve) ; cupètta » 
cuu-el ou cuu-iel (cuvier) ; n>a, riu-è (rive) ; " /^ 

A'B en p : lurba, trdiipè; /am^erf, laper, r^ Réci- 
proqueinent : flfup/iM, d((ùblè; / 

^*E en r : iibilare. slûer-; 

6* B en c : cubare^ cdïicer (coucher), i-dûcer (ju- 
cher), ccTuU-er (2), trois mots avec trois sens dif- 
férents; 

7* B eh G : rubér^ rdbg-è; rabies^ rag-è; juffilare, 
i-du|ler (jongler). , '^ ■ 

î. c. — O. — CH. —- Ces consonnes se changent , savoir ; ' 

!• C en O :fl(j«-, flgrè; judéx, i-ag-è;/ocar<î, log-er. 
— Eéciproquement, g se change en c : mungere^ 
m(fucer (mdkher) ; towj^e, tdlicer (toucher) 
, 2*cenQU.\a«ci, naàquir, nàisFrè; re«cï,veà^^ 



A. 



(!) Fèv^i, oasTier. A^faber, ourrier qii« travaille l'or, orfèvre: 
(2) Il «emblé cependant que dans courer, nuittcau et, quelques antres 
niots, le V, alors confondu avec l'u, dans l'écriture, se^confondit aussi dans 
la jprononciation- : car en Anjou on prononce cover, mauait^ nous avons 
fait une obaenration analofoe pour 1'» et le/ (p. I^î). . 

3) PrimiUfs suppoffia pour expliquer tl natfiàt„il^^s«iuH (vécut). ^^^ 

': . / 2 . 



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"«i 



X 



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% : 



•^ 



T 



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"%c,--^ 



■ ■ ' • * -^ 

(i. e. vivere\ Vivre , ^r- R<^ci|>roquement, qd en c : 
coquinn, cmcinii;(ftin(fue, cinc, «t non. cinq; parce 
que Q ne va passa is"u; ^ ^ ; T '^ 

3* c en "^ î cvjallùiy ceval ; t'occa, vacè^ (cheval ^ 
vache); 

h' <'.H en G ; iU, c : concha, coque, coquilù; uchoia, 
eàcolè ; rdwf/iM ., g-ant»"; (jante d'arK; roue) ; 

5' (^. en T . pascere f puiàlrè ( paître) ; (leuedicere, 
lienilrù, pf'ur benkrè t^ bénir), — Réciproquement : 
•JM«ïi/i«i , juflicè ; p/area , placé. . 

il 3. F • — T. — TH. — Ce5 consonnes se, changent : 

1° D, jn X : lUauiterCf ploter. — Réciproquement , 
T en D . mue, done; fàtuui, fade ; poitaia, panade; 

2* Jt en c : lœder&t blecer; péndere, pencer; impe 
;dire, empecer : on donne qUelquetois imp^ccare pour 
facile à ce mot, par une étymologie plus subtile que 
ju»(e; c'est comme si 4*on disait : envelopper dans 
IVrréur ou le péché ; 

3" U 'en G : rodere, ronger; lart/arr, targ-er (1) ;^ 
'|uèlques-un8 disent tarder. — Réciproquement : 
'plangère , plûndrè ; pintfere , t'mgere , çittgere , pin- . 
drè, tiadrè, cindrè; tpargere, e^rdirè (3); 

II* B en L l'EgiditUf iiilè; ^ 

5* D'en M : consuetudp^ cdùtumè; incusr incudis \ 
engumè et englumè (pnclume); v 



/_..... 



i\) Le (i et le 9 il confondaient en elTet volootlen. i^e «licUonaalre de Nl- 
cot diMine de mivMcwria^ (eurjonii} et eordom, mmrétU^tK wmrgeUe, etcr. 
, {i) D'où épan, q[HU*«* 



#/ 



•■-. "■ ■* 



#«v 



) 






DUBOIS. 



10 



^ V eti n : verecundia.vergomii^; • . 

• T D en u-(v consonne) ': gladius, g!au-«> ou glaiu-è, 

, ° • ' h- a* — Le a SI' ehattgv : 

||i" En c : Voy. c ; — 2' En p : Voy. D ; 
3" En i]-(v consonne) : oi^ii«, vis, et de là nW. 

. ■ "^ ..;■■. '^ ^ * . ■ » 

•■- ■ ' . ^ 

t_ ■■ ■*;..' .^". ">'": -, " V^.- ■.. •' . , 

1° n s'ajoute, comme aspiration, au devant des 
mots latins : altus^ ardeo^ uhûa , pour former les mots^: 
hault , hardi , hulotè; *< 

S" H se supprime dans HordeUm , org-è. 

• eu L, -* VL »e change: 

1"^ tin a : /twctnia, roàciniol ou roscmol (rossignol^ ; 
eptVio/a, epiàtre, pour epiàtlè ; 
2* En T : palUum , paZ/io/Mm, palleto : pour palliot. 

7. M. — N. — C<?5 lettres se changent^ savoir : < 

!'• Il enpi : mappa , Dappè ; matia , natté. — Récipro- 
quemehjt : cpnlntiiare, comencer;, , 

2*Nen«.— (Voy. u)j ;: 

5* Enfin N se supprime dans : concha^ coque; con- 
chuta j coquilè; ce dernier mot désigne à la fois l'étui 
d'Un limaçon et une, coiffure de demoiaÉille; (i) r-in^ 
sula\ isiè. 



<• .• 



(i) Fureilère prétend que la' rue Coquillètê lire son nom de ce qu'on 
y fabriquait et vendait beaucoup cette cuilTure (v* cuçuti^). 



, •♦<■' 



^ 



y 



/ 



A 



V . 



- A- 



■ f . 



;i. 



/• 



30 UtAMllAl|I PRAKÇAItl. . . 

'^. P.— Le P se change / . ' , 

- • !• En, c : »puma, eàcumè; .«/miw/r^?, escumeri de 
là le nom d'cicumeuh de mer y donné aux pirates, et 
d*èscumeurs de latin , aux pédants ; — rupes, rocè ; 
». 2*. En ij-(v consonne). — Voy. b... , "• 

3'^En F : copii/,.cef (chef)/' 

». Qt. — /^ ÇL 5e change : 

^- l'E.nG : a?9Ma/i>, egàl; 
/ 2"En,e: ^Voy.c. 

10. R. — s. _''J - 

l,e changement de r en s et de s en a était fréquent 
" chez les Grecs et les Latins. Nos fenjmelettes de Paris, 
et, Meur exemple, quelques hommes^ affectent de, 
.mettre âes^R pour des.s, etdes «pour des r (1)'. Ils 
diront par exemple : Jeru Maiia, mametê, mon. pesét 
mon yre<é, et mille autres mots semblables, pour Jesu 
Mariât fnerèfperêt freré, eic, 

i* R se change en s :$KovpiM>«, cdusin^ cdiisinè, que 
np6 Païennes prononcent courin , courinè ; 

2*.R en L : Chriitophorut^ Christoflè. ■> 

■'.■■■■■■-. .•■ «• ■• / :■ - ■ 

, . ■ . . -, ' . * 

II. T, ^ ù T te fhgnge : 

l^Enc— Voy.c; 



\ 



(i) Le Bitm /y de Paay (lé beau fils et Paris] poème attribué à Marut , 
I^u tard Gabriel Naudé, dans «on Maacutai, cooatatent cette oiode et en 
montrent la penittance; on la retrouve en Berry, où l'on dit chetwte, , 
wràft,fom ekemiie,uiate,yté„.. 

^ :■''■"'.'' i ■ ' ■ ' -'■■■■ 



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Dl>»OI8. 



21* 



> i 



2** En l: satur,$imrate^ saul, saùlcr (soûl soûler) ; 
^ 3* En G : natore, nag-er; ». 

4* En R. ^ — Le T et le D se changent souvent en r 
devant une autre r : /Vlru«, Pierre; quadrttré, car-r 
-rer ; vitrum, vdirrè, d*^où verriites et verrièresy c'est-à- 
dire /en^i(rè de verre. / 

Conïme Tx i la double valeur 40 es et de es, et 
que Je c comme le q ont un grand rapport avec l's, 
on trouve souvent Tx dcâ Latins. remplacé par deux ss 
enVrançais vexire, issir (1).— Si, après Tx vient une 
consonne, cet x se conserve ou se reinplace par un s : 
exprimfre, exprimer ; exprobare^ eàproliu-er. 

L* auteur termine ici la première partie de sa tâche ; 
s'il a été long, c'est qu'il a tenu à prouver une thèse que 
Calepin, Perotti (2) et d'autres avaient soutenue avec 
des arguments moins incontestables. ^—11 a niontré les 
caractères particuliers dçs lettres et leurs rapports 
communs : il va poser les principes à l'aide desquelles 
on pourra faire passer sans embarras les mots dû latin 
ou du grec en français : ce qui précède à pu y préparer 
et peut déjà tenir lieu de règles. ^ 

■ ' ■. ; ■'■ . ■ * • 

. FiGUlES. 

■ ■ • / ' " 

Les Français, pour s'approprier les mots hébreux, 



^ * 



(t) SorUrtd'où ittut. 

(2) r^epio. La I* édition de son dict. en 7 langues parut jk Reggio, en 

1608. — Perotti. L^ l'*.édit. de ses Rudimenfat grammatictt nt de 1473. 



^- 



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V. 



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»V . ■ — ' . *v 

'ii- '."• MAMHAIIie PRAnÇAlftK. 

• ' . -* 

grec3 et latins, y, ont proposé, intercalé ou ajout^ une 
syllabe ou une lettre, que d'autres fois ils on^ ehlev'éc 
au commencement , au milieu, ou à la fin ; parfois ils 
ont procédé par divisfon, contraction, transpositioit^ 
et en An mémo par transformation. — On reconnaît 
ici dix figures de grammaire, que l'auteur examine 
successivement : 



«2= 




1. La prothèse ou préposition consiste h placer une 
letti^e ou une syllab^yant le mot : spina^ eàpioè; 
spiritus, esprit; 

2. Vépenlhcte ou {ytferpasiiioit intercale dans le 
mot une lettre ou une syllabe : pueltay pucellè; tur- 
ifarcy trdbbler; ' \' ' 

3. \a paragoge. pu aiiongement ajoute une lettre ou 
une syllabe à la fin d'un moi : portio^ portion ; 

&• Vaphérè$e- ou ululation enlève *u|iè lettre bu une 
syllabe au .commencement d'un mot : sordidus, ord 
(d'où qrdure) ; jéjunum ^eùne) ^ i-unè; 

5. La igncope o\x coupure enlève une lettr^ ou une ' 
syllabe dans le corps d'un mot : fidereS^er; iàudare, 
louer ; p/a^ , ptàïè; -^ 

6. ha, tliérêse consiste à'diviser une syllabe en deux : 
ainsi bots (buxus), etg^ liin{odï) se distinguent de bois 
(Poaxoy) et de ^-'/lai ( habeo)^ " 

'AlAsynéréie est (a contraction de deux syDabes en 
une; saturt 8àu\ {s6\x\); $erv us /Ber(; 

8..La nk'mi/it'*ctran«5pose une lettre : /i/m^cr, tym- 
brè; f,>aiia«r, Eu-andrc; 

0. Les mëtamorphosei ou changements des Ict- 



i& 



• /* 



1 . / . 



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-^ »■ 



t tf 



lit nom. 



is 



très noua ont déjà fourni dé nombreux exemples ; 
10. Vwpocopc ou rc|rfïnc/i<'»>nr -consiste à enlever 
, untï lettre ou une s^ll^bê à Hifin d'un mot : odiosM.t^' 
odieus ; adoran\ Itdorer. ||i , ^^ 

Remarque. L'apocrip* se marqu^souvcnl par r«fw- 
l«/rop/ie. En' e1Tet , à l'exemple des Gracs , ncAis mctttfns 
'd'ordinaire , après la dernière consonne d'ini mOt, une 
apostroj^he qui anr^once la suppression d/uu' a , : d'un n 
E , d*uh 1 , et même, dans le Hainaut , '^xsxi u. • \ 

L«î Latins ne ;narquaie1ht jamais, la suppression 
d'une lettre ou d'une syllabe, mêm^dans la mesure 
d'un vers," Dubois est le premier^ dit\il, quf ait em- 
ployé Tapostrophe^ et il er\>ègle ainsi l'ùsâgê : , 
A s'élide: rarement : fA'umie? , i'amiè , i'amiè , pour 
mà^am\èyiaam\è.,%aamU. ^ 

* esit presque la seule lettre ;j# nous élidions f 
^ ■!« ;i'e# (\viun badin, pour tu ^è ei qué%n badin, ^ 
♦ I s'élide rarement'; on J^ trouve pourtant élidé 
dans : 1^' n'irai poincl ,, pour 9-<» ne I irâk potnci, 

ae s'éliïe pas ; d;ailleurs il n'est , que je sache, 
aucun mot français tefminé par^ (i). . 

V ne's-élide pas en français; dans le Hàfhaut oa ' 
'^ dit t'eiltig-^, pour tu es sag-è (2). 



«r 



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.4^" 



■'^'" 



i- 



Sou^ïle titre de Canonei suit une longue liste de 



mots répartis en différenjles classes selon les différentes 
figures que rauwur a reconnues ;• ces listes sont sur-^ 



.7^ 



It) l.'auteiir ouWio le moi phileio qu'il a donné plu» haut.— Voy. p. 19. 
[ly.U patoJH angevin, et [a plupart dcê][«toia congénère*, ne prondn- 
t «ni pas autrement^ \ ^ , 



V 



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I 



"S.. 



tout curieuses, .pour le grand norpbre de "termes, 
maintenant perdus, qu'elles noié présentent et qu'elles 
expliquent, et pouf les locutions patoises qu'elles con- 
serve'nU: y ^ v 

Ge travail occupe une place importtinte dans 
l'oeuvre de Dubois ; eq , voici le rapide résumé. 

PaÔTnÈSE : Avant l's suivie d'une autre consoiji 
nous écrivons ordinairement un e : «cfi/a, escélè 
(échelle); siudium^ eètudé ;. quelquefois un o : stru- 
lAiu», oàtrucè ou oàtrucè (autruche) (1), ou d'autres 
lettres : ranunculus^ grènoulè (2), pour rènoulè, 

Epenthèse: Les noms français qui , après la syn- 
cope opérée sur les primitif latins, se termine- 
raient en mrè\ mlê/nlèy Irè^ nré;,8r^^ prennent, 
pour aider la prononciation, un b entre m et r, m et/; 
un ^ entre n et /; un rfl entre / et r, n et r, «et r, de 
sorte que )/. my n^ «,1 appartiennent à la première 
syllabe, non à la dernière : pwto, pdbidrè (poudre); 
nufneruSf ribmbrè; tener, tendre; spmuiax éspinglè; 
œnsueret colisdrè pour consdrè ; cfimu/ti^, comblé. 

P^ARAGOGE : Les mots latins en o s'allongent ordi- 
nairement d*un N en passant en français : Cato, Catoo ; 
regioi région. — Parfois le français forme dés féminins 
en efse qui n'existent/ pas en latin : hœcdux, ducesse 
(duchesse, du masculin duc). * 

Aphérèse : y/w, léir; «ordie/are,, ordir (salir). " 



• ( 1 ) Nicot (édit. 1 573) donne le» fôrmefl ostruce et auttruche. * 

(3> Nicot, au mot frènouiUe^ dit : ■ Il Tient de Aanun^rui»*, ou de Ra- 
iitttayiirminutif, enJdjoustant fyàucommencenient. Aucuns eëcrivent et 
KtronoDcerit rf noiiii^e/ » <, ' . • ) 



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' 1. 




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DIBOIS. 



25 



Syncope': Des substi^ntifs en w/u«, «/a, u/um, le 
français retranche Tu ; articulusy article ; fabula ^ 
lablè; des adjectifs en 6i7i«, il retranche Vi ;— hono- 
rabilis, honorMè iflçbilis, fleblè oji flebè (i) (faible); 
— des verbes en i«?, il retranche le c : clarificarcj cla- 
rifier; ment/icare, mendier ; — dans les mots sujvants 
on supprime in : itominare, nomer ; /œminfl , femô^ 
femnè, famé ; et ailleurs leg ; — p/a</a, plaie. 

Apocope : Les^ots latins en alis passent en français 
avec suppression de is finaf : liberaliSf libéral ; et la 
plupart changent \\a en e ; naturaiis, naturel ; — les 
nfots en mentum rejettent 'um : sacramenium , sacre-, 
ment; — les mots en /enm« perdent m ; frauduleptus, 
fratidulent (frauduleux) (2); somnolenluS) somnolent; 
— les mots en arim ou àrium retranchent us ou um et/ 
transposent l'i ." armaturarius j armurier ; arfwq-î 
riuOT, armalrè (3) (armoire); notùriusj notaire; 4- 
les mots en osus perdent im, et changént^o en éit m 
u: vinosus, vinéus; membroius, membru. — • Enfm , 
le^ mots des cinq déclinaisons latines perdent en /gé- 
néral, pour passer e|l français, et ^^ur terminaison 
et , s'il y a lieu , Tune des consonnes redoublé(^ qui 
•précèdent rferrum , fèr ; bonus f^^eaa:^bon , bc 




(1) On lit dani Ntcot : ■ Flebe , aucuns prononcent ainsi , disans qu'il 
vient de flebilù; autres prononcent-^ebI« , et ce par metathèse; autres 
prononcent foiblé. >— Ménage ditdans ses Origines (I6â0) : « En quelques 
lieux de France on prononce encore à présent /foibe.-» ^ 

(2) Ni<^t donne les deux formes, /raMduIeni et /r^dttl«kr. 

(3) Nicot donne ce mot, et ne donne pas armoire. — Cf. Ménage Qb- 
servalions tur la lani/ué françois». , - . . 



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\é, r.|AllliAII|! FRANÇAISE. A ' 

Remarque. — Dans \vs adjectifs, le masculin.et le 
neutre sont semblables en français; le féminin se forme 
par l^addition d'un e, avecla consonne double ou sim^ 
pl< selon le primîlif latin : ainsi M/ii«, bdkTy (slH 
bel , belle ; mais bonus, jbona , bon , bonè* 

'Dans les noms, te féminin , s'il y* a lieu , se forme 
de lai même manière : Martin, 5farifmH^ liftpard (léo- 
pard), i/iVparrf^ ;g!le mot, adjectif DU substantif, est 
terminé au masculin par/ on Je change au féminin 
en ti-(t>) : natif, mtiwè; sérj, seru-è, jet non naiifu-ê,^, 
8erfu-è, ; ' / 

■■■■■'" , ' '■■'!■ 

- METATHÈsif^rS'r final des «mots latins se transpose 
généralement : (^ner, tendre ; c/ea;/er, dextrè. ; 
. Synérèsb : La synérèse a lieu après là syncope 
d'une consonho^ «ecMHM (sync. c), sèur (sûr) ; fl(y«o, 
(sync.r^auèj^). 

Pi^^sE>^î«:ta, l)6i8 ou bôïiis (bUis). 

AprèsVyoir ainsi passé en revue toutes les 'figures 
à l'aide desquelles du mot français 6n peut remonter 
au primitif latin, Dubois donne quelques autres règles 
de dérivation qui échappent à tout classement. ' 

A, A l'imitation fdes Latins, les Français forment 
un grand nombre de mots par l'addition de la finale 
mj-è : ville, villagrè ; pas, passag-è ; home, homag-è ; 
°(/am, damag-è ou domag-è. 

2. Du féminin d'unTadjectif supposé, on forme 
au^i un grand nombre de vocables :^tel8 montâmè 
(montagne), /oft(<ftné, médecin , qui viennent du fémi- 
nn\ ûe.monlanùàj fotitanust meiiicinus, etc. On peut y 
joindre tous les substantifs comme vallée ^ armée, t*«ir, 



if. 







ni' BOIS. 



roiiiV, etc., etc., qui dlfivcnt de participes passés, et 
les suivants qui vienncht de participes futurs vrais 
*oiji fictifs/telS qweifncttiréi'Hsurèy or^duu', parure :, etc. 
8. Du datif des participes en n«, les T^tins fôrirrcnt 
un- grand nombre de mots de la première déclinaison : 
sciens, scieniiy scienlia; les Franc^^ais de même : idè/ic/», 
. cffancé, a//iancf?, etc. - 

A. Des mêmes participes, souvent aussi nous tirons 
verbes : plâtOmt (éephcens) a fait pintcanter; pmini 
[de putem) danne empuantir. Me. 

6. Un grand nombre^de noms (substantifs et adjec»- 
\tîfs), au lieu de nous vienir des verbes latins par le 
)arucipe passé, sont forpiés de l'infinitif dont ils co^- 
îrvent la consonne caractéristique : ainsi, de IwéerCf 
/ImsuSf^éLid. ; findere^ fissm, fendu; imprwiere^ impres- 
sunut impressdry imprimeur. 

6. Comme les Latins, nous joignons en composition 
rimpératit à un substantif ; céaM-ri^/ii?/' (couvre-chef), 
cali/cré/){ed \chausse-pied), curorellè (cure-oreille), eu- 
rèdeniy tréiUclok (1), etc. ' 

7. Un grand jjombre d'infinitifs, en français comme 
en latin et eii grec, sont pris pour substantifs: e/i son 
dormir t mon dipner (^) , miéus vauU sau-oir qu" haû-'oir, 

8. Pour fortifier une négation, nous avons en fran- 



\ " 



. \- 



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A 



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(1) L« dictionnaire de Nicot (^573) admet ce mot : 
TiuicLoo« à tjcaheiidia «eu exlrabicndis davii tutonim i^men habet. ~- 

C'est donc l'eipèce de tenailles particulière aux cordonnlei 

(2) ■ Prandium, dipner appellamus , a grœco 8clicvov. » {Joixrh^Perionxi 
diaUtgorum d$ lingua; galliea; origine, ejtuquê cum gruco coynationc 
librilV. — Parisli», Seb. Nivelle, 15M. — 1 vol. ln-8% f» lOt , rerio). — 
Nicot accepte li même étym'ulogie, mais écrit disner. ' v 



t^ 




v-'\ 



V 




ou poinct ; g^ n'en 'haï 



(ilAUl^lli riANÇAisr 

' , ... ^ " 

çais les mots : pas^ pomctf^ni^wn et^riw, ffouftày nul, 

pçrwnèy amè, i-n, rien,\ 

Exemple» : Il n*i eàt pas 
goutte, g-è n'en 'hai grain, g-è n'en 'hàl gràiir ne gMtè, 
. g-è ne vôi ne' grain ne goutté, il n'i 'hàt nulle pomè," 
tu n!cnlras i-a. 1\ 

A propos de ces mots négatifs, Dubois fait une re- 
marque fort juste. On régarde, dit-il, généralement rien 
comme négation ; on a toxt. L^s phrases où on emploie 
-ce mot seul , dans un sens négatif, sont elliptiques. - 

Exemple ; Que faites-vous? — Rien, Cest-à-dirp, 
g*è ne fais rien (i). j 

X*' /"*■ ■''■1 A 

N 9. La prononciation et souvent Torthographe con- 
èfondent un grand nombre de mots dont le sens diflière; 
par exemple : woclro, mfiis (2) ; magit^ mus; tamen^ 
mes (3); mi((«, meB(/i); mk»u»^ mes (plat); md, meœ\ 
mea^ mes ; Afeie, Metorum, Mets (ville) ; les trespasses^ 
* ce soi^ les morts; les tràtcU panes ^ ce sont les coupui 
bus : d'est par ce dernier qu'il faut expliquer la locu- 
tion amphibologique : hompisset pour lès traicts passes 
(oa pisse pour les traits passés -^ ou bien trépasses). 



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-^ 



il) Nicot cite textaellemenfle i>asuge de Duhoit. PaAqaier {Retkerchêi 
deJa Fronce, liv. Vlll , ch. 53) souUent le même fait, qui d'allleun est 
mainteiiuit hon de dlscoMion. 

*{1) Le dictionntire de Nicot (t&T^ domte les formes .immi, may, mMl, 
met, poor ce root qtii stgnifle : hache à pétrir le pain. Il a été consenré 
ei| AjDjoo, où on le prononce : mette, comn^ belte. — Joachim Pérlon 
(oùyrage cité) ^onae la même étymolensie. mais 11 écrit mect. Richelel ni 
Furetièire n'admettent ce mot; en picard il existe sous la forme maie ou 
fMte, éi dans presque tons les patois de la langue d'oiir . 

(3) Distinction d'orthogn{>he InutUen maU, de magis, traduit fa«eii.* 

(^ Du Vferbé mettre, mets. 



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DUlOlt. 



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10. Quand d^un mot terminé par une consonne dé- 
rive «un autre mot, par Taddition d-'une voyelle, la pro- 
nonciation de l^ji^ale primitive varie : autre .est le 
son de a dans poiiel vanner; de e dans l-en, l-ènei, 
I^neié; de i dans divU et divine; de 6 dans/acon et 
/ricoïier (façon, façonner.) t ^ 

Hemarque. Pans tous ces mots, il fai|t éviter de 
redoubler la consonne, à moins qu'elle ne soit redou- 
blée en latin ; ne dites donc pas bonne, telle, etc» 

\y. Au commencement d'un grand nombre de 
mots, où le latin et le picard ont un J, les Français 
écrivent et prononcent i- (j) : gitudium, i-oiè (pic. gôïè); 
^amAa, i-ambè (pic. gàmbè): . ' » 
:/ 12.' Au contraire, où le picard traduit le ^ latin par 
ou, le français met souvent un ^ dur : viiAiiin, picard 
^ag-è, français 5a^-é(l); variare, pic. oîiaiHr, français 
jwiirir, (2) etc. '^ 

13. Les Français terminent en ^ aii u» grand 
nonabre de mots que les Picards, plus voisins du latih, 
tryiuiflfeht en elYpellU, pel, pe^; novellug^ noiturel, 
nduu-èa'u, etc. n 

. 14. La syllabe al des Latins est souvent changée 
par le finançais en aui ou on : valli$, vati et vallée ; wi* 
leo, g-è vM ;faUoy g-è' faul ; $alio, g-è s^ul (je saute) ; 
alter^ aultrè; etc. ; et tel inot français conserve al 



«s. 



k 1o 



(1) Përion tire cejnot'ditftstoO r»^thjâWécTlt gager i Ménage le dérive 
avec nUMii, de radium, comme Dut>oif: 

(J) GuaHr, écrit Nlcbt; et il ajoute : . Ixj Picard dit ouairir ; et semble 
Vi il Tleone de variare : morbo enim propulwto, valetodinem variât ac 
coaunut»! ip meUua quiaqaia aliom perriaiuu • 



«ZT 



50 



(iBAlMAIRI riANÇAin. 



au singulier qui prend où pour le pluriel : cmi-al, 
ceu-^uls; œquçidt, cgal, CKauls. Cependant talit fait 
telf que le vulgaire prononce souvent uutié (1). 

Aingi finit la première partie du jivre de Dubois ; il ' 
est suivi de la grammaire française ou plutôt de la 
grammaire latine-française ; nous en allons donner > 
Tanalyse, en élaguant avec soin, comme nous Tavons 
fait déjà, les règles propres à la grammaire latine, et • 
non moins nombreuses que celles qui regardent notre 
langue : celles-ci seules appartiennent à notre travail. 



r 






DEUXIÈME PARTIE. 




Dubois compte en français, çommç en latîhvJiuit 
parties du discours : le nom, le pronom, fe verbe, 
Tadverbe, le participe, la préposition , la' conjoncilûh 
et r interjection; il confond radjectifqualificatif ayecle ; 
nom, et tous les déterminatifs, y compris Vartiçle, avec 
le pronom. 

Cette confusion , compliquée de la fâçheuM idée 
que le français était calqué sur le ktin seul, junène 
Tauteur à étudier, dans les noms : 

1* La qualité ; — * ils sont propres ou communs ; . 



( I ) On trouve tiex et autel pour tel dani I« coutomea du Beau? uiiii, etc. ■ 



M 



I ■ 



DtlOll. 



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♦ ^ La comparaiion; ~ trois degrés : positif, com- 
paratif et superlatif ; 

â* Le gerire ; nous-conservons presque toujours le 
genre des Latins ; mais nous faisons en général neutres 
les noms d'arbres (i), et féminins les noms de fruits. 

Une erreur singulière do Dut)oi6 , c'est de penser 
que certains noms sont des deux genres parce que ,^ 
par excqiple, Tusage autorise à dir^ une espée et mon 
espée; et cependant il voit la raison de -l'emploi de 
mon ^devant ces mots à voyelle initiale qu'il ne recon- 
naît pas comme franchement féminins : on leur a donné 
Ji^v deux -genres, dit-il, pour échapper à la dureté de 
^M'iaposlrophe dans m'ehpéè^ etc. Parlant^ à propos du 
gent;e, des noms adjectifs, il attribue une môme termi- 
naison AU masculin et au neutre,* auxquels on ajoute e 
pour former le féminin : bon, bone ; ami, amie* 

II" ISonére : le pluriel se forme par l'addition d'un «, 
excepté dans les mots déjà terminés par cette lettre : 
le temps est odiéits , les temps sont odieiis. 

5* Figure : le mot est simple, comme ami , ou com- 
posé comme ennemi. ^ . 

6* Cas : Jes caa en frahçais n'ont qu'une ternainaison, 
dit Dubois; à quoi bon les reconnaître demandera-Uon? 
à cause de la déclinaison. 

T La déclinaison se lait à l'aide de. la particule le 
traduisant ille, illud, et la qui traduit ilk; — génitif : 
((e, (/il (i/diil), etc. ■ "^ 



"V 



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■-1 



(I) Excepté, dit DuboU, UM Mûi*; en fran«;ait.mudenie, un aauie. 



T 



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V., 



^ 






3t UtAMAlMI rtANÇAISI. » 

De ces particules, de ces articles, Dubois nc^cut 
pas faire une classe à part, mais il en fixe nettenaent 
robjet et remploi ; dans un sens vague on emploie la 
préposition seule : ffitrè fqnciion pè mâistrè; devant le 
mot qui sera déterminé , restreint par ce qui suit f 
on met l'article : ta fonction du mâiïtrê dé ta maison. 

Le chapitre suivant reconnaît différentes espèces de 
noms, suivant que le nom est-: 
• .X^ational; bxbmplb : yarrhisien;» 

Indéfini : qui? ^ 

CollectH^ pe)ip/é ; V' 

Partitif : éktirè; 

Compréhensif : t;iwè(i); . - ' 

Factice (ou formé par onomatopée)': Aorn^oii 
,{t>6mbui)\ 

Numéral : un (cardinal) et non wn^, qui demande- 
rait pour féminin mgè^. — primé (ordinal); 
• Diniinutif : coWle/ (de culteltut, de cutter) ; . 
. Possessif :'f)/afofii</tiè; ' * 

Professionnel ? coù/le//i>r ; 
Verbal : rfoc<4^r, etc. ^; 

° Glissant sur Ces différentes classes, ou ren^^^fant à 



. ^ 



(1) Dubolf n'écrit Jamaii ùgnn et n'admet p«» lé moi gne. On l'i yu,'{ 
.p. 26, pour montaini; au moyen-âgé et plus tkrd, on voit fréquemment 
des mots comme fing, terminfr, rimer avec 'd'autres comme dignt', 
attigner. L'Académie note encore latMrtBpnciation de tin«t pour signet. 
— Christine de Pisan fait rimer dijj^i^et mttie; C^iMlIart. lignét et 
miUinet} Clément Marot, bétrigne et cuisine, insdgne fÀ buccine, règne 
tt chêne; Ronsard, tj/gy et Jaeque'h^.-^MétM^ \Obterrat. tur la 
langue fr.) constate la j^nonciation de anneau pour agneaui — Oudin 
iGram, fr. 16&6) dit qu'on ne prononce pas lej; dans cogHoittrè, tigni- 
fisr, prognottiquer , ^gnard, ngne,eiU. — Il semble donc que le soi 
gne était peu usité dans nètre ancienne lingue. 



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: i 



Ji 



1 • 



-/ 



d'autres parties dé son oiiVrage, Dubois insiste uni- 
quement ici mx les. numéraux et sur lès diminutifs. 

NiiMBAAi'x. :7^ics numéraux solH cardinaux, tels mw 
ou preui (TTpûTo;) (1), ou ordinaux, tels \ir\nu' et mieux 
prumier, second ^ tierc\ etc., ou ummé, dêusiméy iroi-. 
«inié, etc. — Dubois ajoute ensuite les duplicatifs, comme. 
iimji^, doublé ; les diviseurs ,; tie^rc , denier (denarius) ; 
.les numéraux do jeu : ternes, quaterAiès, quinès^ 
senèsi etc. ' ' ^^ 

DmiNÙTirs.— Les diminutifs dont il parle loiigue- 

.mént, avec tout l'intérêt que ces termes- inspiraient 

aux icrivains du seizième siècle, et à mademoiselle de 

Golirnay, .pendant le dix-septième , réclament : — 

i* Upe tcFibinaison de même ^enre que le primitif; 

«• -T 2* Une fornaation régulière ; — 3' une signification 

, conf6rme à celle du pHmitif. * 

Outre les terminaisons dérivées du latin coname la 

> terminaison française eau (picarc( : W), dans coWau 

eicQuUelj — et de Pallemand, comme quin dans brodé ^ 

brodequin {2)f mandé (msinné), man(/e^ifi(maimequin), 

nous avons en français des terminaisons propres dont 

- les principales sont : et, été ; in , iné fot , oté ; on : / 

Exemples ; Jaque, Jaquëi, Jaqueté; femme, fem' 



(0 Nioot donne les deux formes preut, empreut; Perion cite empreu. 
En Anjou, les enfonti qui Jouent disent, aprèn avoir ^^utW» c.-i-d. 
tiré à qui Jouerallkle prônier : Je suis le preû-, — leug,— le ler,etc. 

(2) Mous ne savons où Du)»ois a pris ce prétendu priÉlItirbrodf ; il ne se 
trouvé dans aaeon lexique. La tecmlnaison dimtnutive çum, n'est autre 
que celle des Allenunds âftn : ce qui n'a pas empêché Ménage de dériver 
hrodeijiuin de l'espagnol l^rdegies, que les dictionnaires modernes ne 
donnent point : on y trouve brodefuin traduit par boraguù 



\ \ 



V '1 



1^' -i 



^ 




meletè} Jaiiot , Jnni4'm ; Jan , Jnnin; sol , «olin , *'>-..^ 
/iifi*: Pierre*, Pierrot, IHerrotè; vin, ««mor; g-ambè, 
q-înfbm^ ; lard , lanloH ; vallct , wiUrton (étymologie 
fîaUw, j'pnvoie). 

Un môme mot peut recevoir plusieurs diminutifs : 
— i* Successivement : Jan', Jnnot j Junotin ; ' — Ou 
2T concurremment : Jan , Sanet , Janin y Janot, Janon ; 
ce dernier est féminin. 

A ces terminaisons il faut joindre œlle des mots tirés 
du latin en aster ^ tel sourdahtrè de surdaster, etc., et 
d^AUtres exi'ardy tels : coque, coquard; coquilè, coqui- 
lard(i,.e. sot); poi», jmssard (i. f. voleur), etc. 



PRUÏIOIS. 



Dans les pronoms, il faut examiner la qualité ou na- ' 
turc : ils sont définis ou indéfinis ; le genre ; le nombre ; 
là figure : ils sont simples ou composés; la personne; 
Içs cas, et la déclinaison. . 

Le pronom est simple comme chê (ce), ou composé 
de deux mots : c/icîe (cest), formé de hioiste, ou com- 
posé de trois, comme cbestilou chestni (çeslui) qui vient 
ÛQ Hic-hte-Ule^ 

Quant aux cas et à la déclinaison g-ù vient de ego; 
au génitif , écrivez moi ou moy ( prononcez. iwœ)* selon 
que vous le dérivez du latin met, ou du grec nom mais 
ne confondez jamais dans Tusage Ti et 1// 

Nous ne pouvons suivre Tauteur dans lés règles in- 
nombrables, ni dans les étyihologies hasardées qu*il 
donne r tout pénétré da rinllucnce exclusive qu'il sup- 



' « 



j" 



* 



m 






DUlOIS. 



25 



pose au latin «ir notre langue, il se jette à plaisir dans 
dos erreurs de grammaire i:iui $ont, à le bien prendre, 
de véritables règle» de traduction. Ainsi regarde-t-il 
tfur comme un génitif, parce que leur traduit ilbrum: 
Ùlontm liber; ieiir livre. N'eût-il pas mieux valu-4ire:. 
rendez le génitif du pronom personnel latin par un pos- 
sessif français? Mais il aurait fallu descendre de lécha- 
faudage latin, et modestement marcher sur un terrain 
4'rançais ; la grammaire ne pouvait sitôt à'y résoudre. 



%" 



/■ 



lUJ VKRBR. 



> Distinguez dans le verbe la qualité ,le genre, le 
nombre, la figure, le temps, les personnes et les con- 
jugaisons.— Les modes et la formb séit primitive, soit 
dérivée, dépendent de la (lualité (1 ). 

1' Qualité ; , M^rf««. — Les modes expriment nos 
sentiments ^ils sont les mômes en français qu*^n Ia,tin 
et en grec '.indicatif, irap(Jratif, optatif, conjonctif, 
infinitif. L^impersonnel, ajouté par quelques-uns, n*est 
pas un mode, mais un verbe^ui a des 
de pei'sonnes; nous le rendons par /ww ou Choni avec 
un verbe défini. Ex, : Currilur, ktmceuri. 

Formes. — Les verbes ont deux formes ou deux es- 
pèces; ils sont parfaits, c'est-à-dire primitils, ou dé- 
rivés. ' 

2* Gbnrb.-^ Le genre qui fait conbaître le sexe des 



(1). C'e«t surtout dans cette théotiP du \crlo 
cMsions fait le grammairien fraiMjais au 
comprend, et il s'icrle : ^ Sed quo feror ? vrom»i|a«mi 
galliea! • -. ; . 



%■ 



qu'on ▼oit-qucllès con- 

grama|airien«l«tin- Dubois le 

latina scribo, non 









l'-C' . 



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I 



..^^. 



.36 (.RAMMAIME PIAAÇAi^i:. ^ 

t noms, indique, dans les verbes, s'ils sont actifs, pas- 
sifs, neutres, déponents ou communs. -r-' Les Français* 
ne reconnaissent que l'actif , le passif et le neutre ou 
moyen, et ils se relent pour les distinguer, non sur la 
voix , mais sur le sens. 

Lea verbes actifs agissent hors deux ;. les verbes 
passifs, dans tous leurs temps et toutes leurs personnes, 
sont rendus par le v^rbe être et le participé passé ; les 
verbes neutres ont par eux-mêmes un sens complet, et 
né marquent ni Taction d'un autre sur nçus, ni notre 
action sur un autre : tj-^è respirèy etc. 

^ S* Nombre. — Les verbes ont deux nombres, le sin- 
gulier et le pluriel. 

4* Figure. — Le verbe est simple : ^-'oimé, ou com- 
posé :. 9-^ rçimè (redamo). 

5* Temps. — Nous avons les mêmes temps que les 
Latins, avec une forme de passé en plus, puisque pour 
rendre amavi nous -avons k }a ^oiâ,; f/^itat atmé et 

6" Personnes.—, Nous avons trois personnes à cha- 
cun des deux nombres, partout excepté à l'impératif, 
^qui n*a pas de premijère personne. ^ 

« Comme les Latins, dit Di^bois, ont deux formes 
pour les 5** personnes plurielles des parfait» à tous les 
modes, Ips français des diverses provinces ont sou- 
vent différentes formes pour les inêmes personnes des 
mêmes temps, surtout à rimparfâit de l'indicatif * de 
^rôptatif et du conjonctif : tant sont généralement 
confondirtret corrompus les éléments du langage! Il 



I 



niBOI!!. 



^1 



semble que les Français ignorcnlquo leur lanj;ae puisse 
être soumise à certaines lois; et c'est naturel : je n*ai 
encore vu jusqu'à ce jpur rien d^écrit sur les règles 
particulières à la j4hguQ française, iet personne n'a 
vu davantage. Pour noui^, si Dieu favorise notre en- 
treprise, nous ferons tous nos efforts pour que le 
français devienne aussi simple, aussi pur que le latin 
dont il çst sorti en grande partie, et pour qu'on puisse 
le lire et le comprendre avec autant de sûreté que les 
. livres .latins. • / , 

T CoNJDGAisoNs. — A çn juger par la terminaison 
de rinfinitif, comme le veut Bonat, nous avons quatre 
conjugaisons, distinguées par la dernière voyelle ou 
la dernière syllabe. La preniière esl/en «r^* la deuxième 
en ôir; la troisième en rè; la quatriVineMïn ir. 

Ce que Dubois dit ici sur les conjugaisons est moins 
important, on le conçoit, pour le système orthogra- 
phique de Tautfeur que pour les analyses curieuses 
qu'il a introduites dans ses explications; des détails 
techniques, comnie ceux qui suivent, ne sauraient être 
résumés : nous les avons traduits, sans presque les 
abréger. * 

ftlCGLU COMHUNKS A TOUTIS LIS COKJtJtiAISONS. 



Dans tous les temps simples, la deuxième personne 
ajoute un sa la première, et la troisième un t. liais si 
la première est terminée par la diphthongue ai, l'i dis- 
paraît aux personnes suivantes: g'Im, tuhas, il Uai, 



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Mi 



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4illA»AllR r''A'<ÇAI»l'. 

et de même/au futur. Il y à cepend^t des ejtceptions : 
g^ fin, î/i^tn, il fàtt; (fè Imt iodi\\ tu hm*\il hatt : 
ce dermer peut-être pour le distinguer de g^lun 

(hajïè). ^ ; ■ .' - ' aV _^ '■ ' ■ ■ 

ai première personne du pluriel est en dn«, peut- 
trc pour ou*, à cause du latin ut (voyez U-, S**) (1). 
Quelques imparfaits de findicatif et de l'optatif la 
terminent en icrne* {2). 

La deuxième du pluriel est toujours en êi : vous 
aimé», vous âimiPs, vous âwièrPs, awtfs. 

La troisième du pluriel est d'ordinaire en eni, par 
Taddition d'ua n devant le i, surtout dans la première 
conjugaison, car dans les autres il y a de^ différences ; 
et, comme les Latins font de amat ama^tr de amabat 
amabantf de amaret ntnarent, de ametamentf de même, 
en suivant la prononciation normande pour les deux 
temps suivants, Vimparfait de .l'indicatif et lUmparfait 
de Toptatif, on fait ide aiin^èi (aimait) àméi-nt (ai- 
maient), d^ âv/ièrtt (aimerait) dim^r^iK (aimeraient) ; 
car ta prononciation vulgaire, de nimôu, fau atmotni{\ 
de oiméroii fait dim^roiiK. Mais ce dernier t étant dif- 
ficile à prononcer pour quelques-uns, ils y ajoutent un 
B et disent aiwereni*^, etc. (5). 

pans quelques contrées d^ la France^ cette troi- 



y 



(I) Foy"<si-<s>MM,p. m. 

^ (2) Le patnU picard diJ,,,«ff^plM»el de l'Unp. ind., oi ati>èmet,oi 
ato«tet, il «wv^f^nfTTTauxmémc* por». plur. du cond. pré», o^ érvèmety 

. n% én^t0$, il êroéVmt pour «ont «Mom, eUs., ««« awriom, etc. 

(3) Il faut «c rappeler Ici r« qui a él* dit plus haut, pp. 8-9, su» la 
prononciation de» consontoe» Anales. - x 



y 



A 



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\ 



. / 



m: lu Mit. 



A« 



. sièine personne se termine en fMg; terminaison ordi- 
naire du futur de l'indicatif dans toutes les conjugai- 

. sons. Certaines Croisinmes personnes, on latin, ont, 
au pluriel, plus de syllabes qu'au sinjçulier ; -aux mémos 

' personnes, nous-môrties,'àr imitation des Latins, un 

* 

nous bornons pas à l'addition d'un n. 

Le thème du verbe est très^ varié, coipmcon le verra ' 
. »dans de nombreux exemples. Pour la première conju 
gaison, il est toujours en k (c muet); changez- le en k 
.{e fermé), vous aurft le participe passé ;'^joutez un k, 
r infinitif. 

Le présent de' Vindkaiift deVimjH'ratif, du conjonctij 
d'une part; — de l'autre, \q futur de V impératif Qi de 
Voptaiifi ont' toujours la même forme dans la première 
conjugaison, et presque toujours dans les autres: la 
signification seule diflere. 

. V impératif n'a. pas de première personne, il se Con- 
jugue sans pronom, excepté à la troisième personne. 
Les autres modes, aa contraire, prennent toujours le 
pronom : Ex; .• g-âimèj tu dtmei, il âtmèi, ." , ' ' 

Vimparfait est terminé, au singulier, en : é, éSy et, 
ouéè^ éês, éèt; au pluriel : éom ou éémès, èés^ éènt^ou 
èont (1). Ces (ormes viennent des formes latines équi- 
valèntds en. a^m, cbaruy èbamflbam\ le ©disparaît 
, par syncope; leé deux a de laprenfiièrc, et l'A/des 
autres se changent en E. 

De même le pn^tent -et Vimparfait de rop/«/()f . et 

auibi Vimparfait du conjonctif se- terminent en n-, \î«,; 

■ . ' ■ "Il ' " 

l i ■ . ' . • I l — . . . r ' . Il 

. ■ ■* ^ . 

lO ^oy. l« note î de la p. 38. 

"• • ■ ■ " ■ • 



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-#• 



10 



^ 



(jRAXMAIIir FRANÇAISK. 

rêl, rentes (1 ; ^M reous, res ou rieSf rent ou rëènt; mais 
[quoique nous ayons vu. ailleurs retrancher les], ici 
on conserve Tr. 

^ Ces terminaisons, qui se rattachent au latin, et sont 
en usage dans la Normandie et le^rd de la France, 
^ne paraissent , dit Dubois, préférables à celles qui 
sont maintenant adoptées par T usage : oi*, ou oi^t 
. 018, ott, iprisytès, oCent ou Cent ou font (2)\ quoiqu'on 
puisse les dériver du latin par le changement de b en 
01, comme rc/a, t6ilèk(voyez E, 7, ci-dessus, p. il).> 

Le préiérit dès longtemps passé, jmité*, comme nous 

Tavons dit, du parfait latin,^ se termine presque tou- 

V jours, pour>la ^première conjugaison, 'en âhai,at, 

amès, atès, arènt, en retranchant les syllabes vc ou ri, 

qui d'ailleurs disparaissent souvent en latin. Quelques- 

•qns cependant dûment mieux retrancher la syllabe a^ 

latine, et terminer le temps en i, it, it, imès, (t^s, 

irènt; ce qui leur do^ne raison jjflsqu*à un certain 

point, c'est la conjugaison du parfait proprement dit 

et du plus-que-parfait optatif ? on le \ma, plus Itfin (3). 

• Les Parisiens emploient même les dOTx formes ; inais 

la première, V^us voisine dij/fatin, c&t aussi plus e|p!> 



\ 



indic. ix 



(I) Voy. la note 2 de la page 38. / ^ 

* [2; Le patois berrichon donhe, poiir*"]â 3« petai de l'impa ^ 
<" oit>nt (prononcez aninl), ix^avaint ou ix aviimt; fli, an condi 
, , ix ar^nt (pron. ariint], araint, ou ariont. 

(3) Le Champileury de Geprfroy Tory traiiche plus iKttement la quea- 
Uon: - El quantefols cellay infinitif eat terminé en «rie prétérit veut 
e«tre en a, comme t^raper, /Vopo; dénier, d«iua ; sauUer, taulta, et non. 
iftappii, diiut'r, ne faMiht, comme plusieurs disent. • (^ III.) — L'em- 
ploi de l'i pour Va à ce temps du verbe est dcTègle dans les patois du 
Bcrry, de l'Anjou, etc. 



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Dtnoi<i. 



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ployéc. Dans Itjs autres conjugaisons, la tonnn^iaison 
varie; mais elle est générale|nent en eîi^-», «. 

Le prétérit dès longtemps passé ou depuis jjeu, 
c*est-à-difè le préiérii indéfini le vrai parfait des La- 
tins est formé^en français, par circonlocution, du verbe 
'g-'hai, tuas, et*du participe passé* -^lEx.': arnavi, etc, 
g-*hài- aimé, .Whas aimé, il hat aime, ftoushau-ofls 
. àimé, vc^s haurès aimé, ils'hont àim^é. • 
" Dans cette périphrase , il faut avoir .bien, soin de 
faire accorder le participe avec, le substantif, exprimé 
ou sous^nt^ndu^ ~- Eue, : ' g-'hâi au n(fus ' hau-ons 
aimé llhpmè.; s-*hai ou ndùs hai|-onâ aimés leshdmès 
ou leà metaus.-r- Au féminin , ajoutez un e,' et de plus 
jun s au pluriel. — Ex : g>'hai ou nous hau-ons aimée 
la femme ; g-*hai ou nous hau-ons aimées 4es fenijnès ; 
c'est la tournure. latine : habeoamaiumhominem^ hpbes 
amatasfœminas. / .. /" ^-^ 

Il en sera de* même pour^ les autre» verbes dans -ce 
temps at dans les temps qui en dérivent. * 

Cette règle ne paîtra xpas extraordinaire si Ton 
veut bien exatninèr ce qui\se faitjtu passif, oi| un 
homme dit : g-^ gui âttufiét et uno^j^mnae : g-è sut,- tu e^ 
âïméè. Mais, dira-t-on, qui a jamais enteiïdu^ dire : 
^-'hâi receliptès tes letrès, /ia6eo receptastuas lUteras? 
— Qu*on s^accoutume à suivre la règle, pn finirez par 
trouver cette formé moins durq, et on l'emploiera de 
préférence. \ \ h 

Nous avons en outre un troisième parfait , qiii in- 
dique, plus qu'aucun autre, qu'une chose est achevée 
et passée. Nous le formons avec le verbe luiu-oir, le 



^'j^: 



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ORAMMAIIIK KRAÎXÇAISE. 



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-»,■• ■> 






partiôipc paisse de hau-oirei celui . du verBe; — Ex. : 
g-limhéufîaict,\(jrhai heii mmài d^oùfoptaiif parfait : 
g^héii^sc héujâiçtyrheuisè heu Simé. De pi Us, à l'aide 
du parfait de hau-6ir conjugué aveè le participe du 
verbe, nôîis ♦exprimons une action faite, d'ordinaire, 
depuis loi>gtemps ig-'heu, tu heus^ H hêuljatcf, aimé: 
C^cstvériUbiementun^atrièinc parfait de l'indicatif. 
^Ajoutez que souvent, à l'aide d'un adverbe de temps 
futur, nous pr«fioqs lé parfaij indéfiçi pour le futur 
passé. Ainsij o-'/icîi maintenant /aice signifie g-harai 
OU g-^liaurâï mamienàût faict, 
' Le plns-qucparfatt se forme'par périphrase, àj'aide 
de l'impaifait, ^'hatu-m ong-lia^éè, et du participe;- 
passé^*^Ex. : g-Jimu-ei, ou g-'l^uéèâmé, luhawéès 
âmé, il kauêét aimé, nom Imuéêmés mmé, vous haurééi 
anm ilshau-éènt âimé ; si vous aimez mieux le parler 
vulgaire, dites : {/-'/laiioi ou g-hau6iéyfltu /uiiiom, U 
hau6tt{hou$ hau'ionsi vous Hau-iëSj ilt haurieM^ hau-iont 
ou hauotrnt (\)i • • f ' 

Le /finir français se fopâfe du futur passé latin pris 
pour le futur simple, comme pour amabo, amavero, 
AMABO, y-'oimérai, tu Amèraà, U âmèrat, nous mmè^ 
roM^ vonêdtmèrêi, iUâtmêront\eide mém^ dans les au- 
tres verbes et les autres conjugaisons, formes le futur 
en roi, riw, rai, n)iif,r^»,rojtf; c'est là lefuUirimpwiait. 
Le JuUtrpçirfaUee confond avec le futur du ooi^onc- 
tif (2) ; seulement , le futur parfait s'emploie dans une 



«A 



^ 



(1) r©»^ note J, p. 40. 

(2) bfSboU regarde coAibc futur du conjotactif le futur précédé d'olie 
conjonction qui, en ûtln, vaudrait le cdnjonctlf (tubJoKctlO- 



^^■^ 



< 



« 



DUBOIS. 



45 



proposition isolée, le fut. du conj. veut deux proposi- 
tions ; Ex. : quand g-lmurai fini, f irai. Ce futur parfait se 
forme par périphrai^.— Ex. : (j'haitrâimâmtenanijutct. 
Le présent et le futur ^ de Viptpt'rotif ressemblent, 
avons-nous dit, au présent de l'indicatif ; mais, pour Te 
^futur,'nous ajoutons ichi après on d-hor' en au-anl. 11. 
faut remarquer iéî que\nous avons quelquefois, comme 



les Latins, uim;double* forme à la deuxiènlfe personne 
plunelle de l'impératif présent : dicês et dites, Jaicês et 
/aiièa renais 'les exemples en sont rarea(l). 

Le présent et Vimparjail de ropKri»/ ressemblent à 
l'imparfait de l'indicatif, maison conservant I'r du la-* 
tin;^n le forme du futur indicatif en changeant seule- 
ment roi eh rè pu rou. — Ex. : de jyr'mmèmt (afnabô) 
formez ^-'flimérr'oujf-'oimerô.^ 

Le parfait et le pius^ue-parfait du même mode se 
forment du par^'ait indicatif, efe^conséquemment, par 
périphrase, à l'aide dii participe passé du verbe et du 
temps correspondant de hau-oiv^ c'est-à-dire : g-^héussè. 
— ^ Ex. : g-lieussèytu heussès, Hheussèt, non» heussons 
ou héussêmésf vous héussés (2), ils héitssent âimé. 

Quelques personnes i||M|duisent un i, et disent 
heiissionSf héussiès, hçusstem: / 

" Dans le. sens du présent et de l'imparfait nous di- 



> 







u 



> 



(i) Les enfants «t, an moii^s dans le Berry et l'AnjDu, les paysans, 
ces,ententi en (lait de langiïe, disent i llnd. prés. . tous dites, tous 
faitex,tikVinvpéT.disex,faitex. - -— «. 

(2) U faut'blen lire ce mot avec 1'^ muet flnal, comme on le voit en 
comparant arec voua niwUuth, que donne plus loin Dubois.. En Anjou, 
on dit de même : tnme»-v<ms, tpmnw nimet-tu, et voyet-votM pour voytg- 
roiu, maia seulement dans Im interrogations. - 



V 



^-s. 



¥ 



v. 



\i 



V. 



V . 



44 r,iA«iAi«BriA?içAisr.. , 

sons, de anutvisscm ou am assem : (j-mmassè, tu âimosiés, 
il amasu't ou aimai/, nous âtmagsonSy vaut âtmasst't, 
ils âtmassénL Quelques-uns disent ; g-'ntmissé, tu m- 
mÎMès, ilmmiitètt noui âimiisionSt vous âmissics, Ut 
mmi8$ient (i) , avec i ppur A^jÇ^mmo au parfait/de Tin- 
dicatif. Mais rarement on emploie cette forme pour 
gT^mmerë, tuéumerês, Uaimerêty etc, , ou pour «jf-'/iciMaé 
mméy et pour ce motif beaucoup de personnes hésitent^ 
au parfait indicatif , centre la forme on i et la forme en 
A ; les plus savants n'emploient que la seconde ; on 
peut cependant défendre la première. ^ 

\jQ futur de f optatif ei^ le présent du conjonctif fiont 
semblables ^ présent de l'indicatif; l'imparfait du 
conjoûctif, au présent et à l'imparfait de l'optatif. Ce 
dernier temps se remplace cepeadaht quelquefois par 
l'imparfait de l'indicatif; ainsi «/iiamrw amarem, quid 
ad 4e? se rend par : qOand g-'âtmeréè,,, , etc. ; ^uiim 
amarem eram miser j par quand g 'âunéê, . . ^^. 
^ Les trois autres temps du conjonctif sè^orment par 
circonlocution: '' 

t* Parfait : amaverim, g-' hâté ^ tu h^s, il haxè^ 
ou hait^ nom,lmonsy vous hatès, w hâ^t attné;< 

;2* Pluf^ue-parfait : comme à l'op^tif g-'heussè;- 

3* Futur i comme au futur inoparfaîi^de Tindicatif . 

q-naiirm* x x \ 

On le voit donc, beaucoup de temps seN:essem- 
DljEfiit ; c'est par le sens o^ non^ par la forme qu'oq* les 



» f 



(l),roy. pX40, i^ texte et li note 2.V C'est à dessein que DÙboi» ter- 
mine la 3* pert\en ^iênt et non ù«tVnl\(« muet'); la proaonciatipn était, 
ici la même 



notes. 




Dl'BOIS. 



' distingué. "Quant à Pcmploi particulier des cas et des 
modes, le français suit les tournures du latin. 

Le présent de l'infinitif ti Vimpàrfaitse forment tou- 
jours dans la première conjugaison, et quelquefois dans 
les autres, en ajoutant^R au thème; Ex. : âtmèf aimer , 
liabiiè, habiter, norwè, nomér; de même wi, vdir, et 
ainsi de quelques alitres dans )a deuxième conjugaison, , 
dont les formes, d'ailleurs, sont variées. Toutefois, ijs 
sont toujours terminés à la deuxième conjugaison en 
ffir (normand /^), à la troisième, en ré,. à la quatriènie 
en in Ex. : g-'hat , Itau-otr. ; g-è sai ^^sai^otr; g^ dot , 
deu-oir^ etc. 

Le Tparfail et le plus-que^par/ait de CinfaiitifBfi for- 
ment avec haû'Oir et le partièipo passé : luxu-oir âm^. 

Le futur infinitif s' exprime comme le futur indicatif, 
précédé de que. : [j'espère] que g-'atmèrdi , que tu 
oimère», i/ oîmeraï, etc. ' 

• • Participbs.— >ù présent^ le participe est terminé en 
ànt, pour le masculin et le neutre, en antê po}ir le féminin; 

^ Au pasié', tn é pour le m^sciiliD et le neutre, en éè 
pour le féminin; 

Au futur actif , nous tournons amaiurus par qui ai- 
mèrat; au futur passif, aman(/u«, par qui serat âtmé, 

V infinitif prêtent y èl|ez les. Français ^ômme chez 

* les Grecs et les Làtiflç,^flOuvent employé comme 
substantif. Ex. : en mon rfûi-ïi^irrHest home de grand' 
sau^iT^moïi espoir {meumspetare), 

-Ce^lnsemblei de règles est suivi de niodèles pour 
la conjugaison des verb^îs avoir {futu-ôir), ôtrç (estrè) ai- 
me!h(ai»ef), et de remarques sur plusieurs irréguliers. 



W'; 



X 



46 HRAMMAIiK FIIAKVAI8K. 

Il est difiicile^ avec Torthographc de Duboi», de 
lire ces paradigmes, et surtout de rcconnattrc la vraie 
prononciation. Il a en outre xîu mis quelques formes 
bizarres, que Tusage général iv^ccepta jamais, tels t/s 
liau-ent ou iU hont ils ont); nou» sumèn ou iomè» (nous 
sommes) ; nous eiieèmes ou esteons (nous étions) ; ils 
eHeont ou estéènt (ils étaient) ; à peine en trouvc-t-on 
quelques-unes dans les patois. 

Nous aurons bientôt occasion de revenir sur cer- 
taines formes verbales présentées par fauteur; en* 
parlant des conjugaisons, telles que les a laissées 
Mcigret , nous ferons quelques rapprochements avec 
celles c(ue Dubois a traitées' si légèrement 



I 






DE I. ADVERBE. 



>-^_y 



Arrivé aux mots invariables , „Pubqis examine 
d'abord les adverbes de lieu : ses observatidns sur, 
ceans^ ( chi-eiïs^, , sur teans (liens), et surtout sur 
en, sont particulière.ment remarquables : c En et 
mieux ènd , comme en H^inaUt , est un adverbe 
de lieu ou un relatif qui nous rappelle une chose e^L- 
priniée\ou'soiife-entendue. Dans gi* end Vfi( j'en 'ii), end 
est un adverbe) mais plus souvent il est relatif. Si Ton 
vous demande de l'argent, répondex avec ce mot : jr-é 
nend 'hài pomct (i)* En menaçant, on dit : fii end 
hduras {s. -eni, des. coups)... • V - 



(1) Toutefois ccUe dernière furaie, qui répond à ils étiont^ a do moin^ 
pour excuse qu'elle peut avoir été admise par certain» patois. En Anjou 
et eu' Bcrry,on dit encore : ù ëtiontpix aiAont (ils étaient, Us avaient). 

(2) Trait «le caractère. L'avarice de Dubois était provcrUtie. 



^ 



t 



DIIOII. 



Toujours trompé par son parti-pris de rattacher tous 
nos mots, toutes nos phrases, à des locutions et des 
phrases latines, Dubois arrive h écrire des formes qui 
n'appartiennent à aucune langue. Ainsi, pour montrer 
que nous pouvons réunir ensemble trois et même 
quatre adverbes, il cite un exemple que nous donne- 
rions ainsi ; ùibm (/à) où H y a' de bon vin ; mais il 
écrite alons iUec ou illa ou ia ou i H hat de bon via; 
et il ajoute que nous tirons cela de Ulac ubi ibi UUc est 
bonum vinum. — Est-ce du latin? était-ce^du français? 

Dubois parle ensuite des adverbes de temps , de né- 
gation, d'aJOTirmation, et c'est là qu'il expliquera locu^ 
tion, ça-num^ si fréquente au dix-septième siècle : • Pour 
aflirmer, dit-il, noua répondpns encore : çh^-esi mon! ,, 
du latin hoc est mu/lunt, et mont est mis pour moult. » 



\^ 






DL PAITICIPB. 



Ce que dit Dubois du participe est,fort insuffisant, 
car il n'en considère que le genre, le cas, le temps, la 
signification, lé nombre et la figurer^àna s'occupe/en 
aucune façon de raccord. Mais on a vu plus haut 
(p. iil) qu'il réclame toujours et dans tous les cas 
raccord du participe avec le mot qu'il qualifie, sujet 
ou régime* 

Nous avons, dit-il, deux participes! le participe 
présent, (enniné en vakly féminin aiif<;, et le participe 
passé, terminé toujours en é pour la première conju^' 
gaison; en t pour la quatrième, et de différentes ma- 
nière» pour la deuxième et la troisième. — Le plurticipc, 






T- 



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48 ' K GBAHMAIMI riANÇAIfl. t 

'V - ■■-.■» 

tant présent que passé, est susceptible d'être employé 
comme substantif ;^6/. pp. 26-27. ^r^-^' 

W LA PltPOtlTIO?(, DE LA CONJONCIION IT DB L'HTIUJETTION. 

Dans les chapitres qu'il consacre à la préposition , 
à la conjonction et à Tinterjection, Dubois se bom^, 
en général , à traduire les principaux termes latins ; 
cependant , le passage qu'il consacre aux particules 
qui entrent dans la composition des mots est remarqua- 
ble, parce qu'on y trouva constaté l'emploi de certains 
vocables, comme éni«rftt//er, c'est-à-dire ôter ta mdùeUêy 
dont il attribue l'usage seulement aux raffmés {eleganti- 
but). Ou parce qu'il conserve et explique certains termes 
qu*on ne trouverait pas ailleurs. , 

Au chapitre des interjections, il distingué fort sçru-^ 
puleusement ouichy prononcé lentement et qui exprime 
lé froid, d^ ouichy prononcé rapidement et qui expiée 
la chaleur. — Enfm, dit-il, nous avons un nombre infini 
d'interjections qui se trouvent dans les chansons popu* 
laires, comme (irtimp/iâ , dlacia , etc. . 
:*' Là 8*anrête le traité de Dubois; on a été frappé, 
comme nous , de n*y voir autre chose que des règle» 
purement lexicologiques ou étymologiques ; en conti- 
nuant ce rapide examen de^grammaifiens du seizième 
siècle, nous aurons à éfiier Tapparition de la syn- 
taxe , — syntaxe d'accord , syntaxe de régime, — 
qu'une pratique plus constante et le besoin mieux com- 
pris d*un usage raisonné pouvaient seuls amener «os 
grammairiens à traiter. • ^ * 



I 



;*■ . - . 



*■ 



- » - 

1.1. 



■EIGRET. - PELLETIER. -DES AUTELS. 



LOUIS HEIGRËT. 



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IL- 



rcs UBUtti^M «• rMéi 



t 



Entre Jacques Dubois et Louis Meigret, entre 1 6Ç1 
et 1545, quelques grarfimàiriens se sont élevés dont , 
nous aurons à parler plus Urd ; mais leurs écrits, peu . 
répandus de leur temps môme, ^'obtinrent jamais, ni 
l'autorité ni la rapide célébrité du professeur picank 
bu du critique de Lyon. A>rec Meigret paraissent les , 
premiers écrits en français sur la Jangue française; les 
étrangers si nombreux qui suivaient lés coure de notre 
Univereilé, et pour qui Dubois écrivait» en latin, ne 
pouvaient-ils donc apprendre asSez notre langue dans 
nos poètes ou nos prosateura, et même par Pusage po- 
pulaire, pour qu'on pût leur offrir des traités composés 
en français? et pe fallait-il pas songer au commun 
peuple? jLouis Meigret fut le premier à le penser, et 



# 



'\ 






59 GEAIlilAIII rKA5lÇU». ,, 

le premier à jnetjre la science au service du vulgaire. 
A ce litre seul il niériterait une plact^'i part, une men- 
tion spéciale ; mais il a d'autres drons à notre atten- 
tion, c;,t par les principes qu'il exposa, et par les. polé-* 
roiquescpi' il souleva et entretint. V 

% l/unziesnie jour d'octobre, l'an mil cinq cens qua- 
rante deux, » le Parlement, t y eue la rcqueste pré- 
sentée par Vincent Sértbnas, marchant libraire de 
Geste ville de Paris, luy a permis et permet imprimer 
et faire imprimer .ung livr^ composé par Loys Meigret, 
touchant t'escriture fjançpyse , et iceluy exposer et 
distribuer en vente le temps de quatre ans prochaine- 
riierl venant. » En vertade ce privilège parut à Paris, 
l'an 1545, à l'imprimerie de Jeanne de Marnef, veuve 
de feu Denys Janot, un petit livret in-8* de moins de 
centTpages, auquel s'ajoutèrent différents traités d'Es- 
tipnne Dolet: '^*. 

V Sur 1^ manière de bien traduire d'une langue en 
autre; 

La punctuation de la langue françoyse ;. 
^es accents de la langue françoyse. 

L^ouvrage principal, pjps de nouveautés, a pour 
Htre:' ' ' "'/^ , ^' ^ <W' .;«; -.;- : : . 

Tbaité TotcHAirr le commun usage J)E L'EscBiTuas . 
I^ANÇMSB : faict par Loys Meigret ^ tyonnoU : auquel 
.ett dtifaHtt des faultes et abus en la vraye et ancienne 
pmssance des. lettres. 

Dans une courte préface, Mefigret W;ve hardiment 
Tétendard delà réforme grammaticale :. * Je ne yoy 
point, dit-il dès le début^ de moyen suffisant, nlraison- 



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» , » 



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4 



tOCIi MltQBBT. i M 

nable excuse pour conserver la façon quenous avant 
d'escrire en françois. » Et que blûmi-t-il d*ry cette 
façon d'écrfref C'est que « pour la cènfusion et abus 
des lettres, elle ne quadrè point enlièl-emcnt àla pro- 
nonciation. • Voyant la faute, il a cht+ché le remède, 
et « faict finablement diligence de trouver les moyens 
isuyvant lesquelz vous pourrez, se boljj vous semble, 
user d'une escriture certaine, ay/ins(ant Seulement égard 
à ta prononciaiionfrançoyse, et à la nay vIp puissance des 
letres. ■ 

Ce premier écrit de Meigret , que suivra bientôt sa 
grammaire, n'est donc autre chose qu'en traité d' or- 
thographe, mais fondé sur un principe incômpi/et, 
puisqu'il s'appuie ^1a prononciation, /chose légère et 
muabje, et ne tient aucun compte de i'éliymol9gie, ce 
critérium nécessaire de toute orthographe rationnelle. 

Le livre^^ lui-même comprend cinq chapitres : 

l. Des causes de fausse escriture avec jeur blâme ; 

lii Des lettres et de leurs puissances; 

IlKDes dipbthongues; 

IV. Des consonnantes; 

V. Del^apostrqphe, oudétour"d*anelettre\oi^yllabe 
finale. 

' Nous exposerons rapidement la thèse delMeigret, 
introduction naturelle à sa grammaire, et éause de 
grande^ discussions ; le procès instruit, pièces en main, 
nous pourrons porter un jugement sur cette aflkirc, le 
premier, mais non le dernier mot d'un long débat. * 
Meigret, ainsi le voulait son sujeL s^appuie sur l'a-; 
nalyse ; il part de la définition des sons , ou « . choses 



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« < 



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4 



iS f GiAXHAïai rtAIIÇAl»!. 

sensibles à Pouïe», et dislingue la voix naturelle de 
la voix artificielle; • les voix sont les elemens de la 
. prononciation, et les lelres les marques ou notes des 
elemenSé.... Puisque les letres ne sont qu'images de 
voix, Pescriture devra estre d'autant de letres que la 
prononciation requiert de Voix ; si elle se treuve autre, 
elle est faulse, abusive et damnSbt€u^» 

On ne peut nier ni la vérité du principe ni la jus- 
tesse de là conclusion j mais ce principe. d'une refalion 
seule nécessaire entre l«i prononciation et rorthographe 
est trop absolu, et la conclusion trop rigoureuse. Si 
l'usage suffit pour écrire, un mot conformément à des ^ 
règles qui sont celles de la prononciation, qu'est-ce qui 
remplacera, dans les langues dérivées, le maintien des 
lettres étymologiques ? Ori sait quel secours elles prêtent 
à la philologie comparée pour retrouver la juste valeur 
des vocables, et pour établir, à l'aide des rapports 
des mots, 1^ relations ethnographiques des anciens 
peuples. C'est surtout de. ce côté que le progrès de 
la science a donné tort à tous les faiseurs de systèmes ; 
et si maintenant nous demandons une orthogi^aphe 
rationnelle, ce sera celle qui . conserveraJe plus de 
\consonne8 étymologiques, ou "du moins le plus des 
' consonnes étymologiques caractéristiques. 

Ces réserves faites, nous exposerons, sans plus la 
discuter, la théorie de Meigret, dont nous reprodui- 
sons toutes les^idées, mais les idées seules ; nous tâ- 
cherons de n'en omettre et aussi de n'en ajouter au- 
cune ; pour peu que Ton admette comme secondaire sa 
règle {principale, et qu'on se défie a une conclusion que 



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V). 



. / 



Loiis'MiiGirr. 



53 



réprouve la science moderne, on verra quelle sagacité 
^'observation, quelle finesse d'aperçus recommandent 
Tœuvre de cet auteur. 

€ Une escriture, djt-il, peult estre corrompeue en 
troys manieregf qui sont : diminution, ou superfluité, 
ou usurpation duhe letre pour autre, iy 

.1. — Diminution : dans les mots chef, cher, danger f. 
nous prononçons la dipht(iongue ie; nous devcms donc 
écrire chiefjchiér,. dan ffier, ^^ 

II. — Superfluité : a est superflu dans aornéjh ^ané 
liehvoir, doibt, dèihvent; C d&ns faicl, par/met, dict; 
D dans admoneslement , advis, adverse; E dans battéra, 
metieroy pour battra, metijra (1); F dans bricfvement; 
G dansMn^, besoing ; i ^&ns meilleur ;l dmsdefauît; 
G dans œuvre; p dans escripre, escript; s dans estre, 
honneste; T dans et, éms faicts, dicts, vents, et « en 
tous les pluriers du participe présent, comme amants, 
beuvanu, disants; v en la diphthongue ou, qui n'est 
point Françoise; xTinsà iX&ns chevauh, loyaulx ; il n'est 
(^jijit françois. » * 

^11. — Usurpation d'une lettre pour une autre: c'est à 
tort que nous usons, par exeihple, du c en son de «, 
commeenfiiçon,francoys,deça,Gcerô. 

Pour défendre des vices si graves, on-s^appuie i*sur 
l'usage, 2* sur la nécessité de distinguer les vocables, 
3» enfin sur Ja dérivation. — Mais, 1» l'usage, quand 
il agit sans règle' et sans raison^, devient abus ; et 



(I) lelNeigret donne en paséant une règle de grammai^ : l« futur est 
en ray dans les verbes en re; il est en ay dans les verbes en er : batt-r«, 
je batt-ray; aim-er, J'aiœer-oy, \ . \ 



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GRAwilAIMK rMl<CAI«»- 

quelle incertitude d^ns sç^prescriptipnj^I dn.ns monstre , 
chose contcefaîte, et dans tnmtJlrf, Vi se prononce; il 
est nal dans wonstre, du verbe monàirer, et' dans 6«* 
nhtre: comment distinguer? On a trop de ces lettrea 
qui ne'sefvcnt qu'à donner à récrilure.plûs^lle ap- 
parence. La belle raison de les garder î Excuserait- on 
un peintre qui ajou.terait des (licatrto à un portrait? 
2' « Lasuperfluité de&lett'reçest,\iiit-on, non-seule- 
ment tolériblfe, mais nécessaire en rèicriturefrançoyse 
pour nion^trer la différence des vocaoles. » — Mais, 
outre la différence des mots et la différence des sons^ 
d'une même lettre, n'a-t-on pas le senitobur se guider? 
Quand nous disons : « Cetl arbalestier qk\ pane a frappé 
une pmse d'une arbaleite dépasse^ » nous avons trois fois 
je même root, trois fois écrit avec les mêmes lettre8,.et 
trciis fois prononcé »yec les mêmes sbns : qui s'y 
trompé? Le sens n'esl-il pas là qui éclaire sufQsann 
eit ? Et les mots qui deviendront semblables par la 
;eciificalion de l'orthographe, n'aurons-nous pas les 
iên^cs ressources pour les distinguer ? ^ 
8'\Quan)t à \b.' derivnhon^ conwpe dit Meigret, pour- 
quoi la signaler à l'aide des lettres? Emprunter de» 
mets est-ce un crime qu'on ne puisse effacer qu'en re* 
coAnaissant l'emprunt? « Mais il n'y a non plus d'of-^ 
fenken tel emprunt que d'ail umer son tison au feu 
d;au\ru^, » Peut-être agit-on ainsi en vertu d'une con- 
vention ?(quop la cite. . .\/* 

Esl-ce\ donc par reconnaissance? Mais, ^^^ne part, 
quel profitVen retirent les Grecs et les Latins? de l'autre, 
« est-il bién-faict si grand qui te puisse obliger à mal 



i* 



■■ i' 



• LOIJIf MBÉGRIT. 55 

faife ny faire chose sotte et digne âe reprehensioh? » 
Que si l'on veut, de gré où de force, respectera éty- 
mo|ogie» au moins faut-il être! conséquent. Si Ton con- 
seri'c Je c dans dicty qui vient de dicium, qu'on le main- 
tienne dans il dii^ qui vient de dkU; si l'on veut mm 
consj^nne inutile dans escriprei ce n'est pas le p, c'est 
le B qu*U faut prendre, puisque la racine est scrihere. 
Mais qu'importe à nos beaux étymologistes? Une con- 
^ sonne oiseuse c'est « ung espouvantal (fe chêne vière : » 
l'un effraye les oisillons cojnme ràutre étonne les ^iseurs. 
CuAPiTRB II. — Meigret, dans^on examen des lettres 
et de leurs missanceSf rompt avec la tradition d'une 
manière tout aussi libre et énergique ; après avoir di- 
visa les lettres en voyelles et en consonnantes, ij passe 
en revoie les cinq voyelles a, ^, i, Oy v,'ei affirme, non 
sans raison, qu'entre ces cinq sons principaux nous 
avoQS des sons intermédiaires que reconnaît la pro« 
nonciation et que l'écriture distingue souvent, mais au 
hasard : autre e^/fë son de e dans bonne et dans bdkté, 
autre encore dans m^f, tes. ut; ce'dernier n'est autre 
chose pour l'oreille'' que es de ^ttre, beste, où !'# ne 
sert qu'à indiquer la prononciation , et «ri de waistre. 
Pourquoi trois notations pouruû ipéme son? L'e* di- 
versement accentué, suffirait!^ 

Les mêmes inconséquences de l'uëage ne se tra- 
hissent pas moioà dans les divers emplois de Va^ de l'i, 
de V'o surtout. QUoi I vous joignez dans certams cas un . 
u à Vo; mais où donc est-il fait « mention de la voyelle 
u dans toute la langue françoyee, faisant diphthongue 
avec 1*0? » Cependant, dira-t-on, il faut un signe qui 



56 GBAHHAimi FIAKÇAISB. 

V indique qu'il faut prononcer To clos daji6 amour,, pour ,' 
courir, pouvoir, — - Dans tondre, noz, hoste, compaignon, 
.vous avez le même son que dans artiour : la nécessité ne 
serait-elle pas la même de joindre un uk cet o? 

Quant à r^quand il est consonne, il serait bon de 
le distinguer Tm v (ii) voyelle; maïs Meigret ne pro- 
pose aucune règle dans ce but. Pour Ty, que Ton con- 
fond inutilement avec Vi , puisqu'on écrit aussi bien 
aymer que aimer , il faut le réserver pour le placer 
.entre deux voyelles, comme dans loyal, où il a le son 
de t voyelle; < yeu que Vi sonne quelquefois en con- 
Bonante entre deux voyelles, comme en goiai, proiet 
(goujat, projet), ce que jamais ne fait l*i/ grec, » 

Chapitbb m. — - Des diptithongues. Qu'est-ce qu'une 
diphthongue? — Cest < ung amas de plusieurs voyelles 
retenant leur son en une seule syllabe. ■ De cette dé- 
finiiion naît une loi : n'écrire la diphthongue que 
si les deux lettres sont distinctement prononcées ; 
« ainsi dans mais, on ne prononce qu'un e ouvert : écri- 
vons donc ce mot par un e; dans aymer, aydér, hoir 
(haïr), les deux lettitîâ s'entendent (1) : conservons 
donc ay ou ai.— A cette diphthongue ai ou ay se joint la 
\ diphthongue au. Cet accouplement. de l'a et de Vu est 
absurde : « oncques langue de Français ne la prononça 
en son langage; » c'est aa qu'il faut écrire, tout aussi 
bien dans aoianf, c^aot (autant, chevaux), que nous 



(1) On fiitttt de semMsbles diérècei an moyen «Age dam trtnner, trcU- 
trê, haine pour traintr, Irollre, hatne» — Cf. .Quteher«t, Venif,- fr., 
1164, 4t6. 



<? 



LOUIR MIIGIBT. 



57 



le faisons, et avec raison, dans paoure (pauvre) (.1). — 
Oy, qui peut se conserver dans royal, o\i Von entend 
dislinctenynt dans une même syllal^e To et l'i, doit 
être j-emplacé dans roy par oé\ qui représente exacte- 
ment le son. De même devra-t-on écrire aymoétei non 
aymoii ou aymoient. Toutefois, « quand nous disons : 
« merre aymoet ceux qui l'aymoét, il n*y a différence 
entre ces deux verbes, sinon que le premier a 1> ou- 
vert femenin et le dernier a Vé masculin qu* demande 
une prononciation lente , estant celle de Tautre fort 
soudaine. . — Ou, « Il reste^ncores à débattre la 
diphthongue oii, dont, comme je vouô ay dict/nous 
nous passerions Lien. . En effet, si les Latins écrivent 
volo, quand ce mot signifie vouloir comme quand il 
signifie voler y. quelle raison dpncqués avons-nous 
d'escrire vouloir par la diphthongue ou plustost que t;o- 
ler ? Et pourquoi ne pas écrire par 6 en voloir et voler ? . 
Il reste à parler de eaet eo introduits après les con- 
sonnes g et c pour les adoucir, comme duns gagea et 
gageons^ commencea et commenceoHs, où l'a et Vo seuls 
^e prononcent. « Vous voyez comme d'une faulte on 
tumBe dans une autre ; car si le g et le c n'eussent 
point usurpé les puissances de s et de i consonarites, 
etque npuô eussions usé simplement des lettres selon 
(çi'est leur puissance, nous n'eussions point eu occasion 
d'abuser de ces iiutres diphthongues. . 

Chapitbb iv. — Dei consonantes, — Meigret. qui 
ne connaît pas Toeuvre de Dubois, tire directement 



•/* 



(I) Nlcotdonnepaoïmwi «lleiui Meigret éctiti,outu (patoli .ngeTln). 



'X 



«v» 




. . • ■ ' ' ' .. , r ' ' - ' • 

des Grecs- leur division des muettes , et rattache : 
Au bVIcs lettres v, f, p, ph, pt;.— au <;, les lettres 
K, X, c ; — au D, le T et le TH. 

•^ Parlant des consonnes de la première *cla^, il 
demande que ph soit remplacé par F, que b et ij^soient 
supprimés daiis les mots «omme dùibt^ escripre] etc., 
«car là n'est aucune mention il'elles en notre pro- . 
nonciation. » b disparaît aussi devant le v consonne : 
orter et non obvier; « Notez aussi quelles noms qui se 
terminent en f comme brief, la tournent en 4eur8-dé- 
riVatiïs en » consonnaiite comme brief^ brieve, pripar 
tift privative} » - ^ 

— La seconde classe de consonnes rocciipe sur-^ - 
tout. C'est un abus d'employer c pour t : • Pour quoy 
vous voyez évidemment que ceste façon d'escrire donne 
occasion de mal, prononcer. é. Or, je m'esmervcille qiiè 
èeux qui ont cherché' de faire différente escriture de 
vocables Jà où leur :6igmfication seroit diverse, n'ont 
advisé en ^semblable de diversifier les lettres là où leur 
puissance se trouveroit diverse... Pour nous ostcr 
doncques de ceste confusion dû c, j'ay advisé que leê 
Uespaignoîs ont un ç crochu ou à queue, dont nous 
pourrions user^ devant toutes voyelles devaiït lesquelles 
nous usurpons le c en s, en écrivant deçOi çeçy^ façon; 
non pas que je veuille dire que B me s'y puin6 bien 
mettre. » Meigret arrive ensuite à déclarer superflu, 
l'emploi du K. et du q, et ne reconnaît au c que le son 
dur , soit dans co/ere,par exemple; et dans eoiiatim^ 
soit dans colerice\ qui peut fort bien se prononcer colé- 
rique. La suppression du q amène la suppression de 



^ 



# 



LOUIS miGlIT. 



&9 



To, après Q comme après g', puisque cetun*est pas 
prononcé. Quand nous vouions donner un son doux 
au 0, ifr pourrions- nous prendre le j consonne? 
• Quant k cela^ je confesse bien que toutes ctioses én^ 
leur commencement sont difficiles et fasclieuses, et- 
Ipfiesmement qdand il faut désapprendre. Mais aussi 
n'est-il rien si difficile que l'home n'entrepreigne» 
quand par raison il y sent ung grant giiin et prOufit... 
Nous ne somes pas éncores hors de tous le< abus 
du G. » Un autre abus du g, c'est d'être placé devant 
N pour servir d'adoucissement; il suffirait, dans ce 
cas, f d'un point crochu mis au-dessus, de w. » Le g 
enfin doit, non plus seulement être modifié, mais sup-^ 
primé dans des mpts comme cognqhtre, cognoistaneê, 
untjj betoingy etc., où il n'est aucunement prononcé. 

— Quant aux consonnes du troisième ordre, « je ne 
. treuve point la puj^sance du d avoir été corrompue/, 
mais il me semble que nous ep abusons en superfluité. ; 
Ceci posé, Meigrei bifie le d de advenir^ advité, etc«; 
il blâme ensuite Temptoi de ct dans les mots comnie 
ftiction^ etc. : écrivons-les par un x, </li;ioii, et, à la fin 
des mots, n*^ laissons plus dict^fatçtt mais dit^fait; rem- 
plaçons le T de annoncialkùn et analogues p&r un ç : ma- 
wfe9t0çwn, — k propo8*déT et p iernpinaht les mots, 
il les change, dit-il, en s au pluriet: renard y rekars (1). 

De toutes ces règles, on le voit, un bon nom|)re ont 



(I) un pMt aeeeptcr la formation du pturtel d>près eette règle; mala' 
tioiniiient d«i graromatrieiiH'plus mo<lerne« ôn(-iU pu dire que, dans tei 
litfù teriDlDéiv par t, Je pluriel «e forme par l'addAion d'un s et la aupr 
preeakoa d« f F -^ C'est la mémf chose en fait, mais non |n principe. 



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tiO GMàXVAIRV^ FRANV'AISR. : 

pris force de loi avec le temps; d'autres, qu'on a essayé 
de suivre au-dix-huitième siècle, n'ont paâ été défini- 
tivement acceptées par l'usage. Nous avons bien gardé ; 
voluptés pour vo/iipï«» njais nous n'acceptons, plus, 
comme Chapelain el La Monnoie," par exemple, vous, 
aimés pour vous ofmez. — Avant de ^asseKaux liquides 
L, M, N, R, Meigretr insiste sur le z, %ui renVplacera l's ' 

s m/Hs, comme iiizons^ fèzons, et sur l's, qui dispa- 
raîtra là où on Jte prononçait epcore du temps de la 
jeuftesse de Pasquièr (1 ) / mais où on ne le prononçait 
plus du temps du livre de Meigret, c'est-à-dire dans 
les mots comme, /M>tine«(«, lionnesteté. ^.. 

Fi4èle à la division des consonnes telle que l'ont faite 
les Grecs, nos maîtres, Meigret aborde la classe des li- 
.quides : l^ dit-ii, diait se supprimer dans c/i^rau/x, cii/a:, 
peuUy et(^., où il nèÀnme pas ; dans les mots où on l'a- 
doucit en le redoublant et le faisant précéder d'un i, il 
sufliVa, convention pour convention, de marquer l'Ldu 
même signe qu'il> déjà féclamé pour l'adoucissement . 
^^a-&(gn-^n) : meilleur dièviendra mbleur. Ce système 
sera-t-il adoptée Meigret en cloute fort; voici la raison 
qu'il en dorîne : « La plus part déiious François usent 
de cette supêrfluité deletres plus pour parer leur écriture ' 
que pour opinion qu^ ayent qu'elles y soient necesse^ 
res.. . sanaavoir égard si la lecture pour la(]uelle elle est 
principalement inventée en sera facile et aisée. J'oseï 
bien davantage asseurer que c^est bien l'une des prin- 
cipales causes pour laquelle je q' espère pas janaél, ou 



t: 



(I)Né en 1528. — Voy. Recherches delà France^ livre VllI, ch. 1». 



I 



• - 



I» •» 



l.0l'IS MtIGMIT. ' 




pour le moins il sera bien dificile que la superfluiuyc 
letres soit quelquefois corrigéç, quoy qu i4 yensuyv 
espargnë de papier, de.plùme et de temps, et fina 
blement facilité et aisance de-lecture à toutes nations. » 
^? Meigrat^^asse ensuit^ à l'examen de la lettre n: 
^_\ , Quant à N, dit-il, je treiive que tout ainsi que 
noua eu abusons, comme je vous ay dict, es tierces 
personnes dupluriel des prétéritz imperfectz de Tin- 
dicatif , quand j'ay parlé des diplilhongues ob et oé., 
qu'aussi fésjons nous es mesmes personnes du présent 
comme en ayment,, fripent, donnent esqueh nous, ne 
prononçons sinon aymét^ frappei^àonnet, et qui se 
♦forment de la tierce persdiine du singulier en adjous- 
tant le iseul i à la dernière syllabe terminée en e fe- 
menin : de sorte que si nous adjousions à «i/wié, tierce 
.personne du présent, ûng t, se formera aymet (1), 
tierce personne du pluriel; en retenant toujours e 
femeniri : de sorte que notre écriture sera rayson-^ 
nable quand nous escrirons : /« homes aytrœt les fem- 
mes. Td^y dict notamment par e femenin et clos, d'au- 
tant qu'un -calomniateur ne faudroit (manqueroit) pas 
de prononcer e en donneï comme en bonnet , furet y 
esquelz est un c/feme«ih ouvert. Brief, je te dy qtd 
si nous prononçons le même e qui est en la tierce per- 
sonne du singulier en y adjoustant tant seulement 
ung if, il est impossible que tu ne prononces la vraye 
tierce personne du plurier. 



/ 



/ 



(i) Nous^vons vu, p. 38, Dubois proposer ceUé orthographe pour la 
3* perscniM du aingulier. ~ U conserve l'n au pluriel. 



ï 



ft2 ■ GIAHIIAIII Vi^RÇAitl. 

> Il ne noua reste plus k expédier que x... Nous 
-eu abusons on nos^re langue la faisant finale à plu- 
sieurs vocables, comme riMX, chevaulx, royaulx. Car 
.'il me semble que les François n'ont point de prop<*e. 
termlnarson cri x^ et que- « y est suffisante; et pourtant 
nous devons escrire «o«, clu'vahsy roijaos. — Vêla 
doncq'ues les raysons qu*il m'a semblé bon de vous 
mellré en avant pour vous faire cognoistre le grand 
abus, desordre et confusion que nous tenons en nostrc 
façon d' escrire. » 

ChapitAb V. — De C apostrophe ou détour d'une letre 
on sf/lfahe finale. Ce chapitre se borne à réclamer un 
emploi uniforme de l'apostrophe, inventé, comme nous 
Tavons vu, par Dubois, dont Mëigret semble ignorer 
jusqu'au nom ; en effet, pourquoi écrire y aime et non 
je aintef L'e aurait-il une raison pour être plutôt pro-, 
noncé\à la fin de je qu'à ïa fin de aime? Donp il;làut 
écrire :\ ou je aime une femme ou bien j' aim* un* femm\ ■' 
— Toutefois, € notés que \ï et elle après le verbe ter-v 
miné en b femènin ne fait pa§ perdre le son d*E, comme 
quand nous disons oymè i7, ayme elle. » - , 

Si une voyelle se retranche devant unç autre 
voyelle, une consonne qui ne se prononce pas, devra 
se supprimer devant une autre consonne; ainsi • je 
treuveque/e», des^ c«; perdent « quand le vocable 
ensuyvant commence par consonante, ,comm€ quand 
nous disons : « Les compaignons de guerre etquelz les 
capitaines ont faict des dons sofit les mieulx agguerriz : 
nous devons escrire : /<-' compaignons de guerre é* 
quetz ié* capitaines ontfaicl dé* dont sont lé* vmulx 



LODIS MllOMIT. • ê% 

aifffuerriz..,, (1) Et là où nous ne voulc(rions recevoir 
l'apostrophe, je dis qu'encore la lettre ne doit point, 
.cslre escriple. » 

La lin de ce chapitre est la fui de l'ouvrage ; noiis la | 
transcrivons : « 11 y a aussi quelque fais détour de syl- 
labe entière comme en avez et iavez quand nous disons : 
' ' avousy sa vous pour avez- vous f save;>vous, que je trou- 
verois bon de marquer de la "figure de l'apostro- 
phe (2). A UISG SBUL DIKU UONNliUR £T GLOIRB. • 

Ainsi se termfiic ce premier traité de Meigret. Avant 
d'exposer la querelle qu'il sclutint à ce sujet avec 
Des Autels, je ferai rapidement connaître sa gram- 
maire française. On y remarquera la mêmC hardiesse 
réformatrice que dans son premier ouvrage , et l'on . 
verra que, dans Tiln et l'autre, l'usage lui a trop sou- 
vent donné raison contre un principe dont il est fâcheux 
de voir l'orthographe se départir, le respect de ces con- 
sonnes caractéristiques qui conservent la tradition des 
étymologies. - 



(1) Le texte porte simplement : lé compaignont de guerre, é quelt lé 
capitaines ont faict de dont tont lé mieux, agguerrix. — Noua le croyon» 
fautif, rt l'avons mit d'accord avec la théorie de l'auteur. 

(2) Nous avons déjà fait remarquer que l'e de la 2* pers. plur. était 
muet dans les interrogations «ou^s-coia, voye$-vous en patois angevin. 
I.a forme contractée sa'tout, a'tous pour saiet-rout, avet-rous s'eiplique 
ainsi factièiiient. A'vo*u ne s'eet pas seulement prononcé, il s'estécrit : 

A'vous mal aux dents, maître Pierre? 

(Le Uitement de mtire PetMin.) , 

Cf. Glofsaire du centre de la France, par M. le a^te Jaubert, 1. 1; p. in. 



I 



> 



04 



OftAVàAIBI FKATIÇAItl. 



S 1. - TraM« et la Crai 



ilrt rraBC*lM. 



Ce premier effort que tenta Meigrct pour réformer 
noti^ orthographe, fut suivi, en 1548, d'une seconde 
tentative , où il commença à se comprçmettre en joi- 
gnant l'exemple au précepte : je vewx parler de sa tra- 
duction du Menteur de Lucien (1), qu'il affubla d'une 
orthographe particulière, et rendit illisible. Deux ans 
plus tard, il donna le dernier mot de son système dans 
rouvragofiuivant : ' \ 

Lb taetté de là grammere FRANCOEze, fçt par houU 
Meigrçty Lionoçs (^)» 

Dans un rapide avant-propos, MeigretréVient sur 
sa thèse favorite , l'accord de la prononciation et de 
l'orthographe; mais,'jôîgnant la pratique à la théorie, 
il présente ici, comme dans sa traduction du Menteur 
de Lucien, un texte dont la bizarrerie et les inconsé- 
quences sont U meilleure critique de son système (3). Il 
le déclare en outre : dans sa grammaire, il ira plus, 
loin que dans son premier traita; il dira « finablément 



{)) Lb MfMEOR 00 l'iscmdvw ihc Lvciab, traduit de gr^ en franço^i « 
v^par Lovis Melgrçt Uonno^i, «vçq ▼ne ecrlUore q'adrant à la prolaçlea / 
FraiM^te : e, l^ r^wn»; A Pari», çhéê Chrettlan Wechel , à la ro^e Sainct 
iaqaet, à TEacu de Ba»le. M.D.XLVIIL - I yoI. iD-4».^ Une Introduc- 
tion de vlnut-neuf pagee explique Ma kyttème. 

(ï) A Pari»; cW» Chre»tlen Wechel , à la rue Sainct lean de Bauivais, 
à renseigne du Cheual volant. M.OL. - 1 toi. ln-4': pp. 1-144. 

(3) Nou» aveni»«on» une foi» pour toute» que nou» ne prenons for- 
thographe de Meigret que dans le» ca» où elle .e»t ab»olumcnt nécas- 
saire ; partout ailleurs, même en le elUnt, nou» le tradui»on», pour ilnsl j . 
dlre/comme"nou»atons trtduit Dubois , tijnt son système défigure ta - 
langue, en lui laissant toutefois l'orthographe ordinaire de son tenpa. 



% 



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toutes les parties néoe^aires à baslir un langage en- 

• tendible, avec les règles qu'il a pu extraire d'unixorii.' 

^ mune observance^ui, comme une loi, les a tacitemèat 

ordonnées. » 

La grammaire s'ouvre par un chapitre sur Vabon^ 
dance en wix de la langue française : Meigret montre 
que nous sommes plus riches que les Grecs et les La^ 
tins, et qùe^' nous prononçons en notre langue des 
vocables que le latin ni ie grec ne sauroient écrire par 
leurs caractères, d'autant qu'ils ne les ont jamais eu en 
usage, comme sont L,N, 8 raollÉft» - .^ 

Le chapitre qui suit détermine les sons particuliers 
de la langue, et fixe la manière de représenter chacun 
d'eux à l'aide des voyelles et deà diphthongues. i 

Nos voyelles sont : * a , e ouvert, e clos, i , oo clos 
(autrement ne l'oze-je noter), ouvert, D.» 

Jl ajoute : • Toutes les diphthongues que j'ai pu dé- 
couvrir en notre langue, jusques au nombre de seize et 
trois triphthongues, sont : ai, ao (au), Aou (dans aout\ 
El (dans teindre), ba, bi, ço, yjl.yr, yo, tu, Of 
(dans elofl, rfiiofi) (1), OT (dans ro^/), uç (dans 
miiei), UT (dans niiyi), bao (ttfoo, veau), yen, obyl ou 
3EIL (dans ii«7, œil). 

Et ■■'' 

Meigret passe ensuite en revue les consonnes 



-r 



(I) lleigret propose duroff an lieu de dùotenf, etc., pour fixer la |m-° 
noociafkm iocertaine entre les eonrtlMns. 

« Ceak qui, dit Melpet, ontmaoTalM expérience de la langue fran^oiae 
ne faudrdnt pas de lire leur "ramage «nr cette manière d'ecriture confuie : 
de sorte qu'un nayf àauMeron ne faudra pas de ilire rejiptiit en voyant re^ 
tipient, ne V l^icard de prononcer \ enient. tf'-Ct. ci-dessus, p. 40, note 2. 



• 



\ • 



*f^ o->S' ^''^^^^ilkii 



È^ji^V^^' 



."1. 



I 



y 



ftfi <iMA««AlftK PlAFIÇiUflE. .. 

(thàplirff lit) y et, se reportant « aux raisons quMI 
a autrefois déduit , », il formule plus nettement âa 

\ Hîj^lt*: « Pinablement, dit-Il ," je^ fais sonner (comme 
la raison de leur ancienne puissance le veut) toutes 
pnsonantes d!un môme son avant toutes voyelles. > 
■V- Ainsi , (|uelle que soit la*voyelle qui suive, c sera 
toujours dur, G de même, etc. Cependant, je ne sîais: 
pa)r quelle complaisante faiblesse, pour ce seul motif 
le le c sçnant en s seroit difTieile à ôter de récri- 
ture! • et que si (• comme la raison le veut»), il 
mettait t un s en. sa place, vous jie faudriez pas à le 

\ prononcer en e entre deux voyelles, » .Meigrét • lui a 
baillé mic queue à Ja mode des.Hespaignols. «^Nous 
ne voyops pas d' autres traces de pareilles incolisé- 
queuces datié la liste des signes destinée à représenter 
Jes voix (Wnçaises : • Mais affin que la cotmolssance . 
d'elles soit\plus aisée, dit-il en finissant ce chapitre, 
j'ay aviz^ oip les peindre et leur bailler leurs noms 
seloh leur puissance et de le^ ordonner selôh leur af- , 
finité : \ . \. 

• A ; -^ E ôuvWt; — K clos ; — i latin ; — o ouvéEk ; 
01] clos ; — u ; ^y grec, de mesme puissance que Vi ; 

— B, be; — ^ pA; — f> </; — P^, pUt; — u con- 
sonne; — C , cû lîUin ; — k, ea grçc ou kappa; — 
Q, qu; —G, ga o\t^^^gamma ; — ce, cha sispjré'; — 
D, c/c; — T, te;— TH,^/i^ aspiré; — s, ç^ es;^i, zçd; 

— ÇH, çtie;- — L, f/;y— l, f/ molle j ~m, cm;— , 
N, çn; — N, fn molle ;\— a, pr;^ — iji consonante; . 
-— X, es, K.8, GS, ix. » \ . / 



\ ■ 



^ 



'( ' ; 



tOCrt niQAIT. '67 

)e8 syUabei, — Meigret suivArit Uimî méthode toute 
logique , va du simple au composé ; après avbir parlé 
des voyelles et des consonnes, « il nous faut, dit-il, 
rechercher 1^ premières et les plus simples composi* 
tiôbs qu*e;li^font, qui sont les syllabes. » {Cliapitre IV.) 
.|Une analyse détaillée explique quelles^^ consonnes 
peuvent précéder ou suivre telle ou telle autre con- 
sonne, teUe ouHelle voyelle, et enfin commencer ou 
. finir les. mots. 

Entre uq^ grand nombre de règles oarljculières ; 
deux principes g<^éraux sont posés : le' premier « que 
toutes conspuantes peuvent être posées avant toutes 
voyelles; > le secpnd, • qu'une simple consonante 
misé entre deux voyelles fait communément syllabe 
avec la subséquente. »^ ^ ■ : * * *" 

Les dictions, mots ou vocables* (G/i(ipi<ré V) sont les 

s, ■ ■ ' ■ ' \ . . ■■■■ ■ '. ■ 

éléments du langage. « . IJ^^^ , ' 

« Xe langage, l*orai^on^^arler ou propos [Cha- 
pitre y/) est Un bastiment de yocâbVéë ou paroles or- 
données de sorte qifèlle^ rendent^ un sens convenable 
ou parfait'..,. Pour la hécessité du bastiment de notre 
langage, il y peut entrevenir huyt parties outre les ar- 
ticles , qui sont : le nom , le pronom , le verbe , le 
participe, la prépositioV, Tadverbe, la conjonction 
et l'interjection. — Mais avant que de vuyder rien 
des huyt parles du discours nous depeschérons les 



articles. 



V^ 



Des articles. — Dubois, on se le rappelle , 
pu se décider à faire des articles, dont il ne 




\ > 



f 



68 GlAUillÉ.riAMCAISI. 

pa3 voir en latin des exemples assez faciles à saisir (1), 
une classe particulière de inots, et il en parlait à peine, 
en passant; Meigret, plusnardi, n^ose cependant in- 
troduire Varticle d^ns la liktè des parties d'oraison , 
mais il leur consacra un chapitre particulier, où sa sa- 
gacité ne fait pas défaut à ses analyses. Voici les pointe 
qu'ilnous a paru important de noter. 

« La langue françoise n*a véritablement que deux 
articles du singulier, qui bont le pour le masculin , la 
pour le féminin ; qui ont en commun les pour leur 
pluriel. — Au regard de de, du, det, ils sont plus 
véritablement prépositions qu'articles.... Nous les Ier# 
rons (laisserons) donc jusq\|es au traité des préposi- 
tions, vuidans tent seulement /<?, /a, qui sont les vrais 

articles. 

» Le ne /c ne sont jamais mis. devant les noms 
propres,» — excepté « quelquefois, par manière d* ex-, 
pression piliis manifeste et démonstrative, comme : 
j'ai envoyé Pierre à Lion, je dy le Pierre (Jue vous 
avcï vu à Paris. ' 

» Le et (a se préposent bien aux noms communs, 
généraux , spécifiques, comme Ç homme; au|, pronoms 
possessifs, comme le mien; aux relatifs, comme lequel, 
laquellà; — et faut noter que ces articles ont quelque- 
fois quelque restriction , approchés d'un certain indi- 
viduel comme j'ai vu l'homme qui a couru deux cente 



(I) Yiéi iUàm homimêm quivinit n'ett-M pu plutôt j'm vu ThoaMM 
qm ê$t «MU qMi'a» tu ett homme qui. ut «mu? Cet exemple ne prou- 
te-t>ll pu reiUtence d'une M>rte d'article fn Utio? 



LOUIS MIIGI^IT. 6U 

* - 

pas, , __ C'était la règle de Dubois ; c'est aussi la 
règle jâctuellc .: l'article se prépose aux mots qui dé- 
signent un genre , une espèce ou un individu parti- 
culier. 

Il montre ensuite que W nom , quand il est dans 
une proposition 8im[$le , attribut d'un sujet auquel il 
est relié par le verbe étre^ peut être employé sans ar- 
ticle : f Comme, je suit homme; »\^ue l'adjectif peut 
/être predédé de l'article après un nom propre, «comme 
Philippe ie Bel ] » mais jamais après un nom commun ; 
• comme riiommer lé courageux, » » 

Enïïn il distingue nettemeiit /e, la, les^ articles, de . 
le, loi les, pronoms; et signale l'usage qui change en 
noms les participes et les jqfinitifs en JfaisaQt précéder 
les uns et les autres de farticlç. 

La nature de ^ mot , son emploi, sont ici nette- 
ment formulés, etcç chapitre, où pour la première fois . 
l'article' reçoit ses lois, e&i des plus remarquables. 

Du fHNi. — Le traité du nom forme huit chapitres. 
Il y règne une extrême 4:onfusion , mais qui s'ex- 
plique par l'usftge où Ton était de ranger dans une 
même classe le nom substantif et l'adjectif, tant^qua- 
lifîcatif que détern)inatif ^1). Nous essayerons de por- 
ter quelque lumière dans ce chaos. .; 



I. (i) Conf. <;raMiiMlt«i {attna Th. Melanchthoni$, ah autw* nùptt weta 
tt rtcogniU. -rCoUmix apud ^/rSoiirem, an»o M.D.IXtX,mtnte Ja-^ 
ntiqc^. — I Tol. petit ln-S*.etnfîl; lignât. î ,. yerso. — Encore «i dl " 
J^uitième tièete, la gramnulre publiée par Régnier Desmarais, an nom de 
l'Académie française, ne prooédait pu autrement. 



10 



IJRAMHAIRK FRANÇAISE. 

* Dès l'abord, ifdùle à sa méthode indépendante, il 
ose déclarer que « il éçhet au nom (juatre accidents 
«eii^ijmé'Hi en la langue françoise, qui. sont: espèce, > 
genre, nombre et figure. 

» Au regard fte$ cas^ ajoute-tril, — et c'est ici qu'il 
est vraiment neuf, — ia iang^ue française ne les connoU 
point, parce que les noms françois ne changent poiwt 

leur fin. » v 

Oser prétendre que les noms français ne se dé- 
clinent poiht I c'était une hardiesse dont un novateur ' 
aussi téméraire que Meigret pouvait seul être capable. 
Henri Etienne, qu'on a voulu élever si haut , ne s'est 
pas avancé jusqu'à soutenir une opinion aussi étrange, 
et ni la granynaire de Qudin, au xvii' 8iècle\ ni celle de 
Regnier-Desmarais, au xviirj n'on^^sé l'admettre. 

Espi'ce. — Les noms sont prinïitif»^ I\ome, ou dé- ' 
rivés -.iJornam (i). Les deux noms cités sont des noms 
propres. — Les noms communs exprimen| une es- 



» \ 



(1) Ce métne chapitre quiUe Ici un instant la grammairéfpour la satire, 
une satire que l'on croirait notre contemporaine. 

« Au regant dit-il, des. autres espt'xe» de noms propres que les Utins 
appellent pronomen, nomen, rognomen et agnomen^, les François ^ommu- 
nément ne gardent qne le nom et le cognomcn que nous appelons le sur- 
nom, parce que c'est le nom commun à toute la race. Quelquefois auMi 
nons nturpons, quasi pour une grande gloire, les noms des seigneurie», 
métairies, molins, buysaons, monUgnes, vallées, prez, bayes* chausséief, 
moulins ; flnablement , il semble que le François (ait si peu de compte de 
porter lé surnom de sa race qu'en le délaissant il s'usurpe le nom de ses 
possessions et seigneuries, et, en défaut d'elles, H s'en forge sur des buys- 
sons, bayes, ioups et renars, comme Louvetiere, Renardière, Bruyère. 11 
est vrai que quelquefois elle» sont noms de seigneuries, au plaisir de ceux 
qui les ont voulu ainsi appeller. Flnablement,' si quelqu'un porte sufiytr 
en France qui né sott aocoibpagpé d'un de, la noblesae le tient pour, un 
▼U]alii.*(Page31.) . , 



LOL'IS MBIGRBT. 



71 



pèce de substance:, ou une qualité , ou une quantité. 

Entre'lc nom propre et le nom commun /qu'ils 
soient l'un ou rautre primitifs où dérivés ^ Meigret 
cherche et veut montrer des dilTcrences toutes méta- 
physiques; il fait suivre son exposé d'.une classifi- 
cation fondée sur des distinctions trèsrsubtiles, selon 
que les mots sont corporels ou incorporels; — il en 
est qui sont réciproques , « d'autant qu'en disant l'un 
nous présupposons l'autre, comme en disant père, 
malstre, nous entendons qu'il y a fils- et serviteur , 
tellement que périssant l^un, l'autre périt; » — d'autres 
sont « consécutifs, lesquels périssant l'un,, l'autre ne 
périt pas, quoiqu'ils soient adhefans l'un à l'autre, 
comme la nuit et le jour, » — C^ subdivisions sont 
innombrables. 

La fin du chapitre, plus particulièrertlent consacrée 
à la dérivation des noms, indique, me^is seulement en 
quelques pages, et sans les longs développements de 
Dubois, quelques terminaisons françaises qui rempla- 
cent telle ou telle terminaison latine; moins préoccupé 
toutefois du latin que du français, Meigret ne i^u- 
drait pas nous voir copier trop servilement |es, lan- 
gues mortes, et donne à pe sujet la règle suivante : \ 

< Il faut de vrai faire des vocables que nous emy- 
pruntons tout ainsi que d'un etrangiér que nous voii^ 
drions faire recevoir entre les François poq)* un dé 
leur natioq :.' auquel on ne sauroit mieux faire que dé 
raccouirer à la françoise, avecq quelques gestes et 
contenance, et fuiablement le langage : car lors il 
sera reçu' pour un François naturel et natif d^ France. 



■S 

V 






73 GHAHMAIHE FRANÇAISE. ' 

Si aussi nous s^-Vons bien déguiser un- vocable latin 
ou d* autre langue, lui doiirnànt la forme et terminai- 
son commune à autres tels et semblables^ il ser& tenu 
pour françois. » ,. 

Après avoir donné plusieurs exemples, par exemple 
de an'iM qui se change en aire (comme notarius, no-' 
taire), etc.^ il termine en disant : « Je ne m*amuse 
pas fort aux formaisons des dérivatifs, d'autant que 
cela requiert la lecture des grammaires grecques et 
latines, auxquelles celuy se devra addresser qui les vou- 
dra entendre, sans toutefois se prescrire aucune loi 
contre Tusage de la prononciation françoise, commet 
•font plusieurs .qui disibnt : nous dussions dire ainsi, 
suyvant les règles latines et grecques; auxquels pour 
toute satisfaction il faut reëpondre que nous devons 
dire commejidus disons, piiisquè généralement rasage 
de parler Ta reçu ainsi : car c'est lui qui donne autho^ 
nié aux vocables, sauf toutefois là où les règles fran- 
çoises et la congruité sont offensées, comme ceux qui 
disent :j« venions ^ je donisscj je frapisse, qui sont 
fautes qui n^ont jamais été reçues par les hojmmes 
bien appris en la langue françoise (i). >y ^ 

Nous avons msiaié sur ce passage, qui montre toute 
Tardeur de Meigret à rompre avec les traditions, pour 
constituer notre grammaire nationale; acceptant la lan- 
gue pariée sans conteste, au nom de Tusage, il ne fait 
porter ses réformes que sur la langue écrite, comme 
si celle-ci n*obéissait pas elle-même à Tusage. 



(1) Cf. ci-dessout, p. 81. 



^As" 



^TW^ 



\ 



f> 



L0i;i8 HEIGIET. 



7% 



*Au second' chapitre du Nom^ Meigret, confondant 
l'adjectif et le substantif /reconnaît, au nom le com- 
paratif et le superlatif. ^ .. 

Le comparatif se forme, tantôt comme en latiri^ par 
une terminaison particulièrt, comme meilieltr; tantôt, 
à 1-aide d*adverbes comparatifs , co^mme plus , ^notns^ 
etc. t Nous pouvons faire- comparaison entre loutes 
choses qui peuvent recevoir simiUtude d'accidens, 
corpme par exemple si. nous disons qu'un papier ou 
sucre est aussi .blanc.. que neige, » ou encore r « Le 
lion est plus fort qqe le bœuf, Annibal est plus rusé 
que les Romaind. Pour la bonté de ces comparaisons, 
il suffit que le lion et le bceuf soient forts, çt Annibal 
et les Romains rusés. » 

Au lieu de reconnaître, comme nous^ deux sortes de 
superlatifs, Tun relatif, comme 7e plus sage, Pautre 
absolu, comme iréf-to^tf, Meigret, reportant, non sans 
raison, la première forme parmi les comparatifs, ré- .. 
serve pour la seconde seule le nom de superlatif. Le 
superlatif se forme à la manière grecque, en faisant pré- 
céder du >mot 4rés le positif. Rarement nous emprun- 
tons là forme latine, ou, si nous le faisons, c*est sans lui ^ 
««< ... , , ■ » ' 

laisser sa signification superlative, comme on le voit 
dans les mots maxime, règle infaillible, minime, terme 
de musique : « Au regard dé la nouvelle invention 
des superlatifs latins en istime, comme illustrissime, 
reverentOsêime; que nous' pouvons appeler superlatifs 
titulaires, Tusage de la langue françoise ne les peut 
goûter et encore moins digérer. Parquoi je les lerrai 
(laisserai) à ceux qui font les hommes Dieyx ie papier^^ 



V.' 



74 



«. 



GRAMMAIRE PRÀ1IÇ41SE. -^ 

et d*encre, quasi commctoar letres de banque (1). » 

Les dimiimlils (Cliapiim IV) arrêtent peu Mergret; • 
-après avoir simpljçment constaté remploi de quelques, 
formes, que nous connaissons déjà, il se hâte d'ar- 

river aux' dénominàtifs (C/*api(r« V.): / 

Ce mot iléiiominaiif est un terme de la granimairo 
ancienne; il désigne tous les noms, substantifs ou 
adjectifs, non au point de vue de leur signification, 
mais'i)ar rapport seulement au mot dont ils dérivent ; 
ainsi éciieUe et échalas sont deux noms de significa- 
tion différente; le second est un dénominatif par rap- 
port au premier, parce qu'il dérive de celui-ci. 

Le chapitre entier est consacré à passer, en revue 
les innombrables terminaisons qui appartiennent aux 
dénominalifs masculins ou féminins, substantifs ou 
adjectifs, qui sont dérivés d'autres noms, ou, par ex- 
tension même, tirés dp participes et de verbes; soit 
' français soit latins,, tels ;' modestie de modeste , simi- 
litude de siniHitudoy vuion de visu, etc. 

Le chapiire du Genre dit hardi mien t : *• au regard 



' -(1) Ce» mots flt^uraient ators en Italie dahs les titres qn'on donnait aux 
prélats e| autres grands dignitaires de l'Église; ils ne fqrent introdum 
en France' que plus tard, par le cardinal, du Perron. Balzac dit à C9 cujet : 
• Lorsque le cardinal du Perron reTlfll de Rome, après la négodation de 
Venise. Il en apporta l'iMialnùwiiw fl^ipal et la seigneurie illwUritsime : 
mal» personne n'en voulut » '- C^penciant ces mot» furent viti^ acceptés, 
car Coktar, écrivant à M.', de Ungendes, nommé évéque de Sqrtat, lut. 
disait : « J'avols dépit de ne pouvoir vous traiter d't7I^i«rrunme, •'— 
Voilà pour ces superlailfis Utulatres, comme les appelle Melgret; mais les 
superlaUfo et coaiptr^Ufs formés à l'ifnltatlon des formée latines corres- 
pondantes avalent ^té déjà essayés par Baïf, et Ton connaît le sqpnet 
railleur qbe lai adraaaa Joachim du Belfay : 

Prsviqw ssyrit, svr toos e>ce|lentim«i... 



■^y 



9 . 



•» > 






LOUIS mAuRRT. 



75 



du neutre, notre langue no le connoît point, >» et 
le français n'admet que le masculin et le féminin. — 
Après avoir ainsi brisé une fois de plus avec les' tra-. 
ditions latines, Meigret dit quel genre est attribué aux 
terminaisons françaises le^ plus usitées, et s'occupe 
ensuite du iVoin^re. . 

Là, comme partout, l'analyse de Meigret e«t très- 
sûfe et très-fine ; mais elle tombe aussi dans cet excès '^ 
de divisions- qui nous avons déjà signalé. 

Frappé ded^f^it que les noms propres ont parfois 
urî pluriel : — len trois Jeans, -^et cjue les noms com- 
'jnuns en manquent ;fréqueipmcnt : — on ne dit pas ' 
•• les sangs, les ors, etc. - — il arrive î\ cette conclusion : , 
« Au demeurant, tous pluriers oat s ou z linallç..., 
excepté qui interrogatif; comme qui sont ceux-là ^ et 
quelques rioiïis numéraux qui n'ont pas de singulier, 
commé^n^, ne«/,- onze, » etc.. « Or, ajoute Meigret, 
puisque nous sommes venus sur Ja matière des noms 
numérayx, il. les faut éplucher par lé meiiu; » et, . 
à l'aide d()^ette transition , il enserre dans le cha- 
pitre du nombre des noms une longue discussion sur 
les nun^éraux, lesquels peuvent être cardinaux :««, 
deux'i ou ordinaux : premier; ouproportiôtiau^ : triple, 
'^^_^a4ruple, onzuple, dixhuituple , etc. ; sesquiautjcçs^ (tj 
"^'^113^ &^ijmBXi\s i sest^uitiers, sesquioctave, sèétfuivimjt et 
(V^iiwt^ièéaqui combrennent des indéterminés entre trois 



■y^- 



' -5. 



. (t) Meigrt^ coml^rend lui-même que ce n'est pa« là de la grammaire t 
auui dit-il : « Si TOUS voules entendre comme quoi s'engendre cette 
niai|lere»d« nojmbre, retirez-vous aiii arithmétiques. » ( Page 45.) 



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4 



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,v : 



>". 



. (IRAVMAIIB PRANÇA1K8, 

et quatre, huit et neuf, virigt-un et vingt-deux; 
ou enfin collectifs, comme dizain^ dizaine, 

"Meigret s*égAre ici dans ses systèmef^ de classifica- 
tion. Cependant, plus on Tétudie, plus on se sent 
disposé à oublier son ardeur de réformation , à glis-^ 
ser sur les bizarreries de sortjorlhographe, à franchir 
Ses raisonnements erronés,^ en faveur de la manière 
neuve, indépendante, originale et personnelle dont il 
expose ses idées. Ce n*est point/Dubois, ce n'est paipt. 
Henri Etienne qui est le. père ^c la grammaire fran- 
çaise': c'est Méigret. Il a été facile,., en *Testant dans 
l'uslge, de le dégager de ses erreurs, qui proviennent 
en général de ses attaques /npèmesv contre, fusage ; 
mais il fallait un homme de cette vigueur, pour poser, 
avec autant de bonheur, sous une forme souvent dé- 
finitive, lés principes qu'il a mis en circulation, 

^fous Pavons vu tout a l'heure refuser le genre 
neutre à notre grammaire/, et bannir les* cas et les 
déclinaisons des noms français. 



N. 



' «. 



'Arriva aux Pronoms, mots, dit-il» qui suppléent le 
nom, et dont il prouve la nécessité par det; exernpies, 
il leur attribue six iccidénis : espèce, personne , genre, 
/^ure (selon qu'ils sont simples ou composés), nombre , 
et cas, — lies cas à ^Mse des formes diverses qu'ils 
prennent, selon qu^ils sont sujets ou x^oroplémentà, je- 
me-nwi, tu-te^toi, etc. Il est certain qu'il y a, là. une 
tracé sensible de la déclinaison latine, et nous ne pou- 
vons que féliciter Meigret de l'avoir signalée. Il est un 
reproche cependant que nous lui ferons, et iMe mé- 



LOCIft MBIGIIT. 



77 



X 



rite d* autant mieux qu'il a fort bien connu et tracé 
nettement le rôle du pronom : c'est d* avoir été amené, 
par suite de la confusion qu'il fait des substantifs et des 
adjectifs, à raoger parmi les4)ronoms mon , ma et au- 
tres mots semblables qui déteriîîfnent le nom et ne le 
remplacent pas. 

Voici, du reste, comment il expose, à ce sujet, sa 
théorie : « Or sont dérivez de la première personne 
won , ma , de moi ou mb , et mien , mienne ; et de nous, 
nost noire,,,.. Sur quoi il faut entendre que, par ces 
possessifs, deux personnes sont entendues, qui sont le 
possesseur et le possédé. Et combien qu'aucuns re- 
quièrent le substantif possédé (1), le possédant y est 
toutefois toujours démontré (2). » — Mais les autres, 
le mien , le tien, outre qu'ils font connaître de quelle 
personne est le possesseur, représentent aussi le pos- 
sédé, qui alors « -ne doit estre exprimé. > 

A propos des Personnes du pronom {Chapitre II) , 
Meigret remarque fort justement que ,• la première 
personne est proprement entendue au singulier, car 
elle peut comprendre toutes autres personnes avec un 
verbe phirier, comme : toi, moi et lui irons là; mais 
la seconde (au pluriel) ne col(çoit.que la. troisième , 
comme : toy et luy ferez cela-; au regard de fa tierse, 
elle ne comprend que la seule tierse. » — G'est-Mire 
qu*un sujet complexe dont les différents termes seraient 



(t) Mon, ma, ad)ectl(« qui nepeurent «^'employer mm le toUtantif. 
(3J Parce qu'en effet ce* adjectib indiquent «i le posteueur est de la 
premièret de la deuxième ou de la troisième péri^nne. 



78 ' ^tîHWIMAIil PRAHÇAISK. 

de la p^emi^re, de la deuxième et de la troisième per- 
sonne, exige le verbe à la première personne du pluriel ; 
si le sujet comprend une deujfième et une troisième per- 
sonne , le verbe sera à la aeuxième personne du plu- 
riiÙ; si enfin le sujet ou les sujets sont de Ja troisième 
personne, le verbe ne pourra être qu'à cette personne. 
^ ku Chapitre lll, Meigrct dit que les pronoms ont 
trois Genres \\\ rend mal sa pensée ; Car il a déclaré plus 
haut que notre langue n'est susîceptible que de deux 
genres; mais il est facile de le rectifier ; il veut seu- 
lement faire comprendra que les mots peuvent avoir : 
l'une forme pour le masculin : celui ; 2* une forme pour 
le féminin : c W/e ; 3'' une forme commune (ce qu'il ap- 
pelle le genre commun) v^\xv le masculin et le féminin : 
;e/(u, 4^01, qui. 

J.es deux chapitres qui suivent traitent de \b. figure : 
les pronoms sont simples : je, m, il^ ou composés : 
Cetuy-cijy toy-méme\ — et du Nombre ; il y a deux 
nombres, le singulier et le pluriel. 

Des cazes {cas) et déclinaisons des ptonoms, — Cet 
important chapitre {Ch. f/.), dont notre analyse pré- 
sentera tous les points principaux, est un de ceux où 
l'ingénieuse sagacité (Je l'auteur s'est le plus heureu- 
sement exercée, et un. de ceux aussi dont il est le plus 
'difficile de débrouiller là confusion rilous tâcherons 
d'être plus clairs. 

Les prondms comme les noms, peuvent être, i" sur- 
posés ou apposés (miei&); — et 2* sousposési ré- 
gimes). 

Dans les verbes actifs, lé surposé est l'agent ; le sms- 



.# 



■ 



LOCIt HIIGIIT. 



79 



posf' est le patient; c'est le contraire dans les verbes 
p Assifs où le surposé est patient et où le sousposé, pré- 
cédé d'ufl*^ préposition, est agent. , 

A la pren:ière personne et à la seconde, les sur- 
posés bu sujets sont je, tu , et non moi ^ toi ; excepté : 
1" quand l'un d'eux est uni à l'autre ou à une troisième 
personne, Comme : toi et moi leferonSy toi et Pierre ferez 
cela ; 2* quand ils représentent une proposition entière 
et répondent à un<; interrogation, comme : qui a fait 
cela ? — moi ou toi, , 

,« Or, pendant que noua sortîmes sur ce pçopos de 
première et seconde personne , il nous faut examiner 
aucunes manières interrogatoires et responses qui me 
semblent fort incongrues. » — A la faveiy: de cette 
transition , Meigret intercale ici une longue critique de 
formules ioterrogatives qu'il tolère dans le langage 
courant f attendu la longue coutume et la prompti- 
tude nécessaire à poursuivre un propos », mais dont 
« la plume toutefois ne se sauroit si bien laver, vu- le 
bon loizir qu^ifecrivain se peut donner de considérer, 
ce que iayplume a à exprimer. » Il permet bien à la 
rigtwir/ae dire ««-ce (di , es-ce Pierre ou esse rôi, esie 
Pierre i parce qu'il y reconnaît, ali moins quant au 
son, la\ti* ou la 8" pers. sing. du verbe être et le pro- 
nom ce. iMais si le prononi qui suit est de la première 
personne ,\oit au singulier, soit au pluriel; s'il est, 
de la seconde>Aù de la troisième. au pluriel ; et, dans 
tous les cas, ëi le verbe n'est pas au présent,, employer 
est-ce, c'est admettre une forme « incongrue. » — La 
grammaire, en effet, peut-elle accepter qu'on dise : 



/ 



> • 



■f 



SO GlAl^HAIll rtANÇAin. 

e$i'ce mot, mut, vouiP'ierû'ce moi t rot AnoiM, voUi^, 
qui irom à Parti ? • 

11 esr facile de montrer, combien est faible l'argu^ 
mentation de Meigret ; s'il permet etse /oi\ fstif lui pour 
es-ce toi, et-ce Ità^ où Ton reconnaît le verbe V/r^ à la 
deuxième et à la troisième personne, pourquoi con- 
damne-t-il tera-ce lot? On y fetcouve au^si bien, au 
moins pour le spa , la secopde personne du futur liée 
à la seconde personne du pronom.. 

Parpuile de ce principe, et pour écarter- le plus Pos- 
sible ces formes qu'il tip^uve vicieuses, et qui, en efl^t, 
bEmablesck bonne logique, maii pour une cause ptus 
sérieuse, ùe sauraiei^t être condamnées puisque F usage, 

. . f • " ■ • _ 

Quem pênes arbitriam e>t et Jim et norma loquendi 

les a consacrées, Meigret ne veut pas qu'on dise iei<e 
toi çfii OM ouvert cette porte, mais as-tu ouvert cette porte, 
de ilfiéme qu'on ne dit pas : étes-vous celui qui avei 
paru à Pierre? mais bien ; q'votu parié à Pierte? 

Itelvenant ensuite à la^ théorie du pronom , dont il 
s'est a'ailleiirs assez peu éloigné, c au demourant, 
dit-il l mot , toi , lot , servent en notre langue de caze 
, g^itii ou possessif, datif et ablatif. » -^ * Au regard de 
me y te\ te^ il§ ne reçoivent' jamais préposition, et si (et 
aussi) sont toujours préposez aux verbes ou parti- 
cipes qui les gouvernent, tervanjL d'accusatif, lequel le ' 
plus souvent est en notre langue sans aucune préposi- 
p tien. > Il en est de ménie pour nom, vous, 

Plusloin Meigret, continuant ses remarques, signale 
l'usage du pluriel pour le singulier à la seconde per- 



v"^' 



\LOUS MEIGRKT. Al 

"^^ ' . ■ \ . - ' • , ,. 

sonne; Pattribut qui* suit neit est pas moins au sin- 
uJier : vou» iHes un lt{imme de bien; mais le verbe se 
i au pluriel : « De vray 'aussi , le françois ne seuffrc 
jatViaisuu nom ou pronom surposé au verbe (un sujet 
du verbe) estre d'autre nombre que le verbiî. A celtQ 
cause/quoiquc diligence CQntinimtJe que fassent aucuns 
Franaoîsde cuyder iritrx)duirc jV//Vw», fij «///o«.», ils no 
servent aux autres que de mciquerie. » — Cf. p. 72. 
. SuiveiU les remarques sur W et ses composé:*, cenj, 
cela^ cel\ ceUe, cHuij^ cetutj-ci, cettnj- là î celui ^ cil ^' 
il" distingue nettement celuy deWwi/ ; le premier dé* 
montre.d'une manière vague et réclam<^ après lui le pi:o-, 
nom qui et\une phrase incidente Alç second se suffit à 
lui-même, et s'emploie seul. — ExEMrLé^ : cfHwj-cfja , 
inventif ceUm qui a inventé. . On ne dirait pas : cetuy 
a inventât non plus que cetuy-cy ou heluy-Uii parce que 
c^et ta ne peuvent s'attacher qu'à ce{uy.-^ L'usage en 
a, depuis, décidé atitremeht. 

Mcigrct règle ensuite l'emploi dey/; /«y, oh, puis 
de iceluyei icéUcy • desquels les courtisans h'uéent pas 
conimunément;» enfmde ie^ la, lès.^cvde qui, que; — 
« Reste lé telatif <7ti«(, qui ne peut estre sans son article 
le\ ni soa féminin quelle sam la... Ce quel aussi a si- 
gnification de qualité, et .alors il a*a point d'article, et 
si (alissiVn*est point sans son substantif, comme : quel 
homme estes vota?.,,, Noitez aussi que nous usons de 
cette particule dont pour de qui , auquel , desquels, de 
laquelle, desquelles.,,, t ^' ' '\ 

-* Reste le reîatif y, qui doit estre bien distingué de 
1/ adverbe Jpcal.... » / ' ^Z :^ «Il 



\ 



\ 



) 



•2 






« Reste leproàpm mesme, réitéihatif dit la mesme 
personne , soit norij ou pronom , et ^ui , seul , peut, 
aVpc les articles le^M^ l^s^ estremis endause (être mis 
dans une phrase) aveè le nomqu*il représente, èçmme : 
Pierre a été à Rome; |e mesme Pierre ep estreVenu; 
c'est le mesme dont je vous ai parlé. » \ \ 



\ 



|H)\TI1I 



Cb. I. — « Le verbe esi une partie du langage 8i-\ 
gnifiant action oji passion, avec temps et modes... — * 
Au demourant, le verbe a huyt accidents, qui sont : 
la signification, le temps» le mûde, l'espèce, la figure, 
la conjugaison, la personne et lé nombre. » 

Çu. IL — Des significcuions m\aettre» des verb^. '. — ' 
• La signification ou genre consiste proprement en 
action ou passion , d^où deux genrea de verbes, l'un 
actif, l'autre passif. » Meigret^se d'un proc)édé fort 
ingénieux pour distinguer les verbes actifs : c'est de 
voir s'ils ont un participe avec sens passif; venir a 
bien un participe de forme passive {venu) ; mais le sens 
en est actif : donc vcjnir p'est pas un verbe actif. 

« Nous appelons un verbe 'actif transitif, quand 
son aclion se peu^ transférer en une autre, comme 
j'endors Pierre, qui est autant à dure qUe : je fais dor^ 
mir Pierre, Par ce moyen, je suis la cause qui fait 
que l'action de dormir s'imp^Q^e en Pierre. 

• Il faut aussi entendre que l'usage de la languie 
frauçoise a introduit une façon de signification passive 
par les tierses personnes des verbes actifs, t^t 4^ 



\ 



\ 




J 



■■•. \ 



LOQtjl UIGIIT. 




étrange 



singulier que du \^lurier, qui semble 
coiiibiei^ que fort uàitée, Quelle se fait 
po6&\[leMet) est conjoint au verbe avec ^e réciproque 
te, ayaniy signification de patient et non 
comme en ces traits :\/« i;i/i «e^ot/, la maison se fait, 
— CoDMne nous' n'ayon^ point exprimé leurs agents, 
nous dirons que ce sont passifs indeterminez ; t)ourtant 
(c*est pourquoi) si nous iesyoulons résoudre par le verbe 
actif, nous\ prendrons uQ-kurposé (un tu/et) indéter- 
miné, de sorte, que noua re^udrona. le vin se boit par 
oit boit le t;in\et/a maison se fait p&r. on fait l^ maison.., 

• Nour avons encore une autre façon de parler par 
le passif sonnam en actif quasi comme par <^ne. mu- 
tuelle récompense, en faquelle Tagent et le patient 
sont une mesme substance et personne... €0]nmeje me 
suif aimé. » — Meigret analyse longuement et confu- 
sément cette locution et les semblables; mais il oublie 
toujours le présent je\ m Vime, et s*éloigne de plus en 
plus de la vérité. Il Wive à cette conclusion « que 
je me suit aimé et leà autres semblabfôs sont prétérits 
ajstifs formez de Tinfinitif prétérit et actif , avecq le 
veit>e substantif usurpé pour oy, ai, au bon plaisir 
de nbi^ anciens dont aujourd'hui il nous fau| uzer, et 
par cG^sequence que cet infinitif doit demeurer im- 
muable, tellement que nous devons dire cette femme 
s'est ayme^powr aymée, nous nous sommes aymé pour 
aymés.,* Passons outre. » 

Ch. III. ^ Des temps des verbes et des modes. — 
Ce chapitre est^ inlt!éressant à cause des efforts que 
fait Meigret pour^rouver que Sknaje suis mmé, par 



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QRAXIIAlKe PnANÇAISB. 

' exemple , et autres semblables , nimé nV.-t pas un par- 
ticipe, mais un infmilif prétérit et actif. Il donne pour 
7 raison que cette forme, jointe avec oroir, signifie le 

passé, fat aimé , et jointe avec (Hre indique le présent, 
^ . je. suis aimé :.or un môme participe ne peut* signifier 
deux temps (i) ; en outre, le participe est comme Pad- 
jeclif, et veut unjsubstantif sur lequel il s'appuie : or, 
dans fai dormi, tiormi se soffit seul r-donc ce n'est 
pas un participe. Que conclure de là? c'est que « ces 
manières de parler en temps prétérit : /'ai aimées les 
dames, est incongrue... Nous\ userons donc de cet 
infinitif immuablev^uelque singulier ou plurier, mas- 
culin ou femenin qui le suive, dizans i faij'wjnté 
les dames, fay écrti une lettre, fayvu infiniz peu- 

pfes (2). » * ^ 

Tout le reste du chapiitrc est consacré à unie distri- 

\buiion des terfjps; Vauteur s'y écarte de nous quel- 

^^'quefois, comme quand il distingue l'optatif du'^sub- 

jonctif dans cette J)hrase : « Dieu me yâ'wc (optatif). 

pardon, tjnoyque je fasse (subjonctif) ma// » et soutient 

que l'infinitif aimer est improprement appelé présent, 

parce qu'il ne désigne aucun temps. . 

CHé IV. — Des espèces des verbes. — « Il y a die|ix 
espèces de verbes, Tune primitive comme aymer,, 
l'autre dérivative comme demelancholie, meUmcholier, 



(1). (te pourrait demander a Meigret par quel privilège supposé l'iqftr 
Bitif aimé serait préient «îl passé à la fois, plutôt que le participe. v, ^ 

(2) On trouve sur le «bjetde l'accord du partici^pe une longue et inlérei?^ 
saaicdiacusiioadans XmQlnervation» tut l^ langue frwçoite de Ménage.-^ 
— 2 vol. in-12, 1672 et 16*!C. t. I. pp. 3i>-i8. — Nous? revlrnilron». 



«i. 



LOUIS HBIGIIKT. 



^e cliolèrcy cholererf deboueau, hotlcteryÔG ris^ rire. » 

Cu. V. — Des figures lirti verbes, — Les vcrbea 
sont simples : voir^ — ou composés : pr'evolr. 

Ch. ,Vl. ~ De la coujufjaison des verbes. — « La 
langue françoîse a quatre diverses conjugaisons de " 
verbes , diversifiées selon la divcrsilc des infinitifs... 
La première k sa terminaison en cr, par <^clos brief, 
commQ aimer y frapper , *tom<er; la seconde Ta- cu 
oer(\); la tierse en rebneï.^ommedirt', faire, bat- 
tre;.,, la quatrième en ir comme fnir y jouir, gaudir, 
en laquelle quelque voyelle qui précède, Vi ne fait 
jamais dipJilhorigue; de sorte qu'«ir, ///^r, puir et tous 
semblables qui semblent estre monosyllabes, sont dis- 
syllabes. » ^ 

Cu. VIL — Des Personne^, — « Les verbes ont 
trois personnes, tout ainsi que les pronoms. » 

La seconde personne plurielle s'emploie pour la 2' du 

singulier, t en parlant à plus grand seigneur que nous. . . 

Il est vray que le papier endure tout ; à cette cause, nos 

•poètes parlent plustostet de meilleure grâce aux princes. 

et autres en personne singuliei^e que plurjiere. ■ \ 

Le verbe s'accorde avec son, sujet en nombre et en 
personne; «i il faut davantage entendre que si sub- 
sequerament^iJ-^ surviçnl un relatif qui gouverne 



(1) Kou» rappelons que U diphlhongue o» est toujoan érrlte oe par 
llei)$ret, ici romnie dans'Ws laMeaux de colljukai^ftll» «i d.tns.toiil son 
livre : voici son texte t • La Miondc l'a en ofr p«r la diphfli.nu* »»j wlon 
la prononç^ien : laqçlc toutt;fo^ l'incoii^lderasion dçH errimln», aueu- 
glée d'une comun' obgçrvançe, clianj' en K»n é«-ij!tur' a ladi[ththon.<' oy : 
corne »i on pronoDÇ4)<t oy çn rof, jMuiiofr, touteântl q'çn roya<,^motiu, 
soin Ç aotres ^o gran* nombre. • 



J 



! <t 



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s • 



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l 



8S GlAMHAIll PlAIfÇAIi^ « 

quelque verbe » le verbe subséquent devra eistre de 
mesme personne que le nom ou pronom référé ; pour-^ 
quoi cette locution est fa.u8se en "toutes sortes : ce»i 
moi qui a fait celo^ car ce i/ttiréféï^.La première per- 
sonne, par quoi il doit gouverner un verbe de mesme. » 
Il faut donc dire :cV«/ moi (fui aij fait cela, — « Mai» 
si la négation y intervient , alors le relatif suivra la 
personne déniée , comme si je dis : je ne suys pa» 
^Chomc qui a tué cet autre. » 

Ch. Vïll. — Des nombres des verbes. — • Les ver- 
bes n'ont que deux nombres, > tout ainsi que les noms, 
qui sont le singulier et le pluriert^» . \ 

Ch.' IX. — De la déclinaison des verbes, — Dans 
ce chapitre et les suivante, jusques et y compris le 
' XXIV*, Meigret enseigne de quels temps- primitifs' et 
par quels procédés se forment les temps dérivés. Rien 
de plus compliqué que ce chapitre, obscurci encore 
par le fâcheux système orthographique de Taute^r. 
Ainsi, comme il écrit voçr,je »of, il ne peut expliquer 
les formes voyons, voyez , et voyet (où l'y se prononçait 
alors) que t par le moyen d'un infinitif inusité, voyer^ 
en tournant er en ans, ez , et, » Et quant à cette ter4 
minaison et (1) qu*il prête ici à la 3* personne du plu- 
riel « ce n'est point par mégarde; il » déclaré pinû 
haut que « au regard dé la tierse du nombre plurier, 
elle n'ajoute qu'un I à celle du singulier, comme 'de 
doiie , donet , ]^our lequel , ajoute-t-il, vous écrivez : 

donnent;» Ve de c^er n'étant /narqué d'aucun signe 

t» ■ 

- /|) Cf. p. tu 




^ 



■ . toniS HIIGIIT. 87 

restait muet d'ailleurs comme celui de donc; et, en 
écrivant ih donet à hoire^ Meigret n*avait pas une autre 
prononciation que nous quand nous écrivons : ils don-, 
nentàboire, 1! entre ensuite aans le détail d'innom- 
brables exceptions, où nous ne pouvons le suivre, 
forcé que nous sommes de rester dans les généralités. 
Voici la série des temps dont il examine successive- 
ment la formation, et dont il détermine, à son point 
de vue , Torthographe : 

A/ l'indicatif : 1^ présent : fayme; le prétérit im-^ 

parfait : j'aymoig; le prétérit parfait indéterminé : 

jaymay; \e second prétérit parfait, et déterminé,: j'ajjf 

aymé; le premier, le Second et le troisième prétérit 

plus-que-parfait : f avais agmé, feus aymé^ fay eu 

. Mymé;\e futur ifaymeray;' 

A ViuvÉKAJTf i le présent : ayme; 

A L'opTATiP ou DEsiD^RATiF : le premier présent : 

faymeroif; le second présent : faymasse; le premier 

et le deuxième prétérit parfait : f4ur(Âs' ou f eusse 

aymé; le plus-que-parfait vj eusse eunttftné, et quelque- 

. fois: f aurais eu aymé; \e futur : (aue) fayme; 

Ad subjonctif ou coNJONCTiFne présent, semblable 
au futur de i'optatif ^(çiie)/!!^»?!^; les prétérits parfaits 
et plusrque-parfait, tomme à Toptatif, c'est-à-dire : 
l aurais ou f eusse aymé., ^-- f eusse eu ou f aurais eu 
aymé; et de plus un troisième parfait : {combien q, 
faye aymé; le futur, susceptible de deux formes 
fàuray ou fauray eu aymé; v , 

A l'tnfinitif : le présent : aymer ; le prétérit : aymé. 
l^ PARTICIPES forment l'objet du XXV chapitre. 




- V. 



V 



\ 






y 



/ 






\ 



88 



V 



(iRAMMiniE I'RàVÇAISE. 



w 



Après avoir rappelé que les participes tiennent du 
verbe par Taction ou là passion,, quoiqu'ils n'aient ni 
temps ni modes, et reconnu qu'on n'en peut distinguer 
^d'autr<^ que lè participe actif aimant ^dje parii«ipe 
passif aiW, — Meigrpt nous montre que le participe 
tient aussi du nom , par le g:enre et par le nombre, 
puisqu'il a à la fois masculin et ftîminin, singulier et 
plurieK . 

Il semblerait que l'auteur dût ici donner des règles 
pour raccord du participe et du nom ; ^emporté loin 
de son sujet par une longue dissertation/ sur la puis- 
sance de l'usage, il n'a garjde de revenir sur les prin- 
cipes qu'il a ailleurs exposés en courant (1), et se hâte 
de (lonner des modèles pour lés quatre conjugaisons 
de verbes qu'il a indiquées; les vçrbes ainsi conju- 
gués, sont: avoir ^ être, aimer ^ voir ^ lire et bâtir, 

;Nous rep'roduisons ces modèles de conjugaison; là 
pronohcialion fixée par Meigret a été parfois constatée 
aussi par Robert Estienpe, et le rapprochement de leurs 
doclrines ne sera pas sans ' intérêt. — Nous citerons 
ici textuellement le passage, de Mei^rêt; son ortho- 
graphe en rend la lecture pépible ; mais elle éclaire 
les autres grammaires contemporaines, où la pronon- 
ciation est souvent diiUcile à reconnaître sous une ortho- 
graphe moins caractéristique , si elle est plus ration- 
nelle. 



(1) Voyeï ci-de68U8, pp. 83 «t 84. 



\ 




lOllS MElUREt. 



W 



VEIIBE AVOin. 



•^^ 



IisDiCAtiE : présent : j*ey, tu as, il a (1) ; nous auons, 
vous auez (2)y ir Qnt. x- 

Prétérit ou passe imparfait j- j*auoç , tu aùoçs , il 
• auoçt; nous auyôns, vous auyez, il' auoçt (3), 

Passé indéterminé : yû ou us, tu ÙS, il ut; nous 
. vuiies, VOUS vttes, iV vret (4). * 

PaUsé parfait ; j'ey u, tu as u„il a u; nous auons 
.u, vous auez u, il ont li (5). . " 

Passé plus-que-parfait ; j'àuoç u, tu auoçs u, il auoçt 
u ; nous auions u, vous auicz u, if auoçt u. 



»» 



^ 



(1) DuLiois écriiÉ il hat. r'cut-étrc la i>rôiionciatlon lui donnuit-elle 
raison quand le verbe ee trouvait devant les voycllof», et pcut-èlre di- 
sait-on :• t7 hat un Itvre. Ce» liaisons fuites en huiac de. l'hiatus 8(.nt de 
règle dans certains patois ; l'angevin qiii se rapprm'hefaiîtilcla langue du 
jv'i* si(\c!e rie dirpasautrènteiilî dansleBcrry au contraire, on a recours à 
riilatus pour obtenir eu quelque a«rte un effet adnnratif : U est hunorme 
(h aspiré, -énoxme). Du resleNsetle aversion pour l'hiatus est si marqué»! 
en Anj;)u quVn ^ met pas ce t euphonique seulement après le verbe, 
mais après tout .nuif e mot : mercit , ayssit,... en.faisant sonner le t. 

t2) Dulwis termine la 2' pers. plur. parw, avec l'e muet : vojis hau-èt.. 
Cf. p. 43, note 'j. '[,■-.• ^ ■ 

(3) Ici, Usez par v consonne.— Meii^réi, en' notant la prononciation 
j'a^c par^e comnR' les Lyonn.lis nu les Picards; Dui;ois , si volontiers 
lldèlcàson pays, est ici pur Frçnt^is; Il écrit: n'hau-c'è, lu hau-th... 
et H ajoute : je nés;ligc h desswin de donner la termlnnlkon \uli:airè en oi, 
où, otï... — Encore nuintenanl les Picard* pronom-ent : j'aioais, .tu 
avoai*^ — iï. Gla^aaire picard^ par T!. l'ablié J. Corblet. 

(4) Nous rappelons qU'uvant \» distinction de l'u et du v, la .forme v 
était réservée au commencement de» inota pour le« deui cas; la forme u 
paraissait dans le corps des mo^. i * 

Ui) Ménage n'ëcflt jamais autremfi^t que j'ai u: de méme.^/iureux. 
AijltrefolH on disait e-u, et oi^e dit encore dans les environs de Paris. 
M.'Quicherat.ciU un hombrffnllni d'exemplesr'de diérèses semblables 
tlans BOip excellent traité de iertiàcatioi^ française. '— Voy. pp. iik et 
4iO. «T-Cr. Ip note I, ci-deasous, p.W 



3 r* '. : > 



f.! 






' •) 



■* ^ -.r 



V 



V 



90 GRAMMAIIK PRÀIYÇÀISI. 

Fvtur ; j'aorey ou arey, tu aras ou aoras, i! aora 
ou ara ; nous jirons oh aorons, vous arez^ iV aront ou 
aoront(l> 

Ihpi^ratif '.présent et futur : ayes, q'U aye ou çyt, 
ayons, ayez, q*ir ayet. 

Optatip : !•' présent : f aroç ou j'aoroç , j'aroçs ou 
j*aoroçs, tu aroçs^j^il aroçt; nous arions, vous ariez, 
iP aroét (2). T ' '^^ 

2* présent : j'usse, tu uss,es, il ût; nous ussyons, 
vous ussyez, il' ùsset." -^ . - 

1" prétérit parfait : j'aroç lï^tu aroçs H, il ftrôçt u ; 
nous arions u, vous ariez u, il* aro^t u. 
" '. 2^ passé parfait : j'usse û, tu usses u, il-ut u (3) ; nous 
dussions u, vous ussiçzù, il* usset u. — s. 




\ 



, ^'(1) liuhoïs^ écTi\: g'-haurai , tu haurat,il haurat..:; rt ajoute : « quel- 
ques-uns prononcent ces niol« avec le u- [r cons.\ et disent : 9'-/»au-rot\^ 
tultaû-ràB (j'oerat, tu avras ;ecj italien airô/arraïf; en espagnol, habré, 
Habraè...)i (fautres enfin, Ânppriniant u i»u u-, préfèrent : g'-harai, lu 
/Mfd^.-^iJ^usVerrons plus tard l'emploi de cette forme constatéaussi par 
Rd). Es^BPi. — Dans le centre de |a Frauce oh a> conservé : j'arai, tu 
ciras. Cf. Glpa^ire du c^ptre de la France, par M. le comte Jaûbert. 
"„ '■ ► - /C~ ' ' "■ ■ 

Miei'Tint tien que II du Taras. * 

Çïtopet 1, fable 41.) « 

Di^Ui lyons : qui ne saroit 
T^ pbiir, et qni no t'aroit ^. 

, . Oncques'«i sa vie véu, , 

n derroitestrebien esmén. ^ 

. , (Ytopei II, fable 8.) . 

(2) Ici Dubois ne donne plus les formes correspondantM à g'-hàurai 
ou g'-hau^ai, mais g'-haréi, tu haréèt, on g'-hairéè, tu hairéèt. Par, 
cette dernière forme il rentre dans le patois picard qui conserve la même 
proDondatioD pour la syllabe initiale; 11^ Corblet écrit : féroait , tu 
iSUfii/li*'^ comme il arait donné au futur j'érai, tu 4ros. Dans le centre 
^ U|hnoe, le con^ltionhel , qui n'est autre que l'optatif d(f Jfeigret et 
4P OBois, soit aussi le futur : j'arait, tu «rot*. 

(t) Ad 2* ptésent de l'opU^f, Mcigiet a «crit ttf avec l'areent. 



ÉÊÊB 



,# 







LOL^IS MEIGmT. 



91 



Futur : j'aye , tu àyes , il çyt ;, nous ayons ; 'vous 
ayez, il' ayet (1). » , . 

Le SuBJONCTip ou CoNJOîVCTiF fçt son premier yfre^ 
zçnt du futur de Toptatif, ç luy ajoute davanme Iç' , 
deu' prezçns ; vzant toutefois de celui en sse qelqefoçs 
çn prêtent. II prçnt.aosi Iç* deu* pretèriz, ça davan- 
taj* un prétérit plusqe pçrfçt. 

Prétérit plus-que-parfait : j'aye u, tu aye9u, il çyt u; 
nous ayons u, vous ayez u, il* ayet u. 

Futur : j^arey ou aorey u , tu aras u, il ara u ; nous 
arows u, vous arez u, il' aront u. 

Infinitif: présent actif: auoçr. \' 

Passé et actif: u, auoçr u. - 

, Participe : présent : ayant (2) ; — - le passif , u. 

VERBE SUBSTANTIF ^riiB. 



^ 



^ 



, I 

! 



Indicatip : présent : je suys, tu çs, il et; nous 
somes, vous çtes, ils sont (3). 

Prétérit oit passé imparfait : j'etoç, tu etoçs, il etoçt ; 
nous letyons, vous etyçz, ir etoçt (ft). 



tO On prononce de même en Anjou, an moins pour le pluriel, {' faut 
que y ayom Jnouê ayons), hein toui (êolf) pour bouer* (iMire) chao ou 
frét^ (chaud ou froid), donnant à la prenifère syllnble ay ie son du sut)- 
staijtif aii. . 
(3) Et nonfyonl. — Même prononciation en Anjou. 
• ***(•<) Dubois donne à choisir entre les formes sumet et romes.— Cf. p. 4C. 
' (4) Dubois donne g^estdè et non g'-eJttois, comme ii a donné j'hau-éè 
/et npn g^'-hau-oi. Il conjugue ainsi ce temps : g'-eatél, (u ettéèt',il esiéit, 
nous eMteonf on ettièwièê, vous ettées, iU ettéèni on nteont{t muet). — 
Cf. p. 46, textd'flt note. ' ■ ^\ 



<r 



\ 



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/• 



/ 




'si'- 






f.t, 






92 URAMMAIIIC fHANÇilSK. 

Passé indciârminc : je fii oujû^, tu fus, il fut; nou' 
fumes, vou' fuUcs, il' furet (l}i , 

Passé piirfait : j'^y clc » tu as ct6 , il a clé ; nous 

auons clé, vousauezcté. il' ootelé. - . 

■ . • 

Pu ss(' plus- (jue'parjah : ytiyxQis Gié... 

Fniur: je sercy, tu seras, il sera; nous serons, vous 
senîï> ils scrôiit- (2}. • . 

lurÉRATiP i présent et futur : sov?, q'il sovlibo^ons. 
■ soyés, (j'ils soyet ou eoyt (^3). . 

O^î-ATIP : i" présent : je seroç on scroçs , tu scroçs, 
il S'TocKrious serions,. vous seriez, ils seroçt (4). 
» 2' présent : je fusse, tu fusses^ il fût ; noV fussyons, 
vou' fussycz, il' fûssel. • ".' ' 

^ . i" ]yassé pnrfu'it : j'aroç etéi tu aoroçs été, il aoroçt 
été ; noué arions rté, VOUS' aricz été, il' àro^t été. 
' 2* passé parfait : j'uss' été, tu usscs etc... 

Futnr : je soç, tu soçs ^ it soçt ; nous soyons, vous 
soyéà (S|), il' soçt. 
/ ie GoNJOîscTiF fçt s§' trocs prezçiis de mçme 
q'tti/or ç tous aotres yçrjjjes; aosi fçt il Iç' prèteriz. 

Passé plus^que parfait : j'aye été, tu ayes été, il aye 
ou eyt été; nous ayons été; vous ayez été, if* ayet été. 

Futur : j'arey ou aorey été, tu aijas été, il ara etc... 

ÏTiFi^iiTiF ; présent : çiTQ. » 

Prétérit ; été, auoçr été. 



ff: 



Mêmes formes dans Dubois, au système d'ortho^phe près. 

{%)-id. ■''■■■■; " ,. ■ " - -.■.. 

(3) Mentes formes dans Dubois. 

{i) hohoit: g-ès^éi, tu ter éès. ' -, '•. - 

(&) U faut sans douté lire : sot/«2. ' ". 



i.. ' ■ 




ions MEIGRET. 



!*."\ 



Participe : ;)r^^«fM( : étant. \ 

• Ao reiçard du passif, il n'çn n*a point; car nou' ne 
dizon' point : vn home eié. 

En ajoutant donqes Iç' participes passifs a ce vçrbe, 
eonvcnans çn nombre, nou' formerons 1^' verbes.pas- 
bifs, corne: je auijs cymé, nou somes rym«, ils 'sont 
çymez. ' • . 

Venons meinlcnant aoz aotrca qatre conjuggzonç, ç" 
Gomçnçons a. la premier' çn En. 



?7 



VEBBE^rjWEiï (AIMER). 

lymcKTir t présent : j'çyme, tu çymes, il çyme; 
nous çymons, vous çymez, il' çy met (i). 
* Passé impar/uii : j'çynioç ou j'çymocs,. tu çymoçss, 
il çymoçt; nous çymyons, vous çymyez, \V çymoçt (2). 

Passé indéterminé : j^çymey ou çymé , tu çymas , il 
vyma; nous çymames, vous çy mates, il* çymaret (3) 
ou çymeret. ^ , 

2* par/flir : fey, çymé, tu as çymé... 

1" plus-que-parfaii : j'auoç çymé, tu ànoçs çymè.i. 

2* plus-^ifue-parfait :y'u ou j'ûs çymé, tu lis çymé (/i). . . 



(l) M^'me terminaison dans Dubois, sauf l'orthoeraiphe. — Pour le ra- ' 
dii-ai, il donne d'abord : y'-atmè, mais il ajoute : • Je prëfèri; dire : g'-amèf 
(u amès^'tic, sauâ la dipbtbongue, dans toute la, conjugaiioon. ■ — > Gf. 
p. 13, le. texte et la note 3. — Voy* "u^t P> &6 ce que Me|j;rct di;^ de ay- 
mexi qu'il rapproche, poiir la prononciation, et sans doute par erreur, . ' 
du ^tr, et de ayder, deux verbes où. la dli^rète était également de règle. 

{2) Hnhoia: g' -aimées, tu aimées.... ': * " M 

(3} Cette forme de la 3* personne n'est pas donnée par Dubois, qui * 
admet d'ailleurs'les mêmes que Meigrct. Elle était d'au usage générai au :■ 
.sciiiùmcsiècle.— Cf. p»\9(). ' *<* . ' . 

(4) Dubois ne donne ni cette forme ni la suitantc. . 



\ 




, ■*. 



-^; 



■•m 



i 



T 



CA 



im 



-§: 



9i tilÀHMAlil riAnÇAISK. 

3* plut-que-parjait : j'ey u çymé, tu as u çymé... 

Futur .'j'cymerey, tu çymeras, il çymera; noua 
çynierons, vous çy nierez, iV çy nieront (1). 

ImNratif : préxent et futur : çyme, q'il çyme; 
çymon.s tymez, q'ir eymct. 

Optatif ; i" prêtent : j'çymeroç ou j^eyneroçs , tu 
çymeroçs, il evm croetj_ i)ous çymerions, vous eyme- 
riez, îr çyinero^t (*i), 

2* prcgeni : f çymasse, tu çymasses, il çymât ; nous 
çy massions, vous çymassies(aimasài€z), irçymasset (3). 

1" prctérii : j*aroç, tu aoroçs, il aroçt eymé; nous 
avions, vous arics (ariezT» il' aroi^tçymi^ (4). -® 

2* prétérit : j'uss' çymé, tu vsses, il ût çymé ; nous 
ussions, vous Yssiez, il* vsset çymé. 

i*' plus-qucTparfait , peu usité : j'aroç u , tu àroçs u 
çymé (5),.. ^. -^ ' 

2* plm-^uB'parfmt , plui wité : fusse u, tu vsses u, 

ilûtuçyraé.*. -^ -; >^^^; 

Fttiur^ j'çyme, tu çymes, il çyme j nous çymyons, /^ • 
vous çymyez, il' çymet (6). . * , ^ 



'(l) Du()oi» admet 'comme temps de l'inA\c»^\A iwvM : g'-haurai 
aim('..M dotit Melftret fait an futur du sMbjoQctif. 
(2)r DuboU : y'-ai«»^r^f *«« a»m«rê», ti aiwèrf I. ' .'- " 

(3) buboif donne oette furmë cununçt^ corretpondant à Amatitifm,.et^ 
comme doublant cette autre i feusst atmd^ Heigret a raison; non parce ' 
que }*aim<uie est un prése^ de l'ijptatif, mais parée qu^t~tr«duit évi- 
demmentplutôt amarem qtteaiÀattffein.. . * 

y (4) DtfboU nèdflfimé pas oetter funne« mais donne UsuiTante. ' . >-^^ 
(&) Dubois ne donne ni cette forme jal la suiVantCé . ' %> 

(6) Uuboif 4onae QÈtte forme icomme tcaduction de ommii. Il ne v 
.^omi^ jamais d'aiUeujn, avant aucune fçane, ni mode ni temps, ^t se 
borne à mettre eà regard °ie mot latin corréspwdant. La claaâi4caUoil 
des temps adoptée par Me^et.estt viaiblemant mauTiiaet en disUnguant 



.<<-' ''".. 



» 



* V, 



A 



'I. 



. V0'. 



m 



OUll MUGBIT. 



• 5 



Subjonctif. — Ao . regard du subjonctif , il em- 
prunte Itf' prezçns de mcmcs qe fyt anofr ç le vyrbc 
8ubslantif(i); il emprunt* aosi touslv' preteriz tant pçr- 
fçs qc plusqepçrfçs de Toptatif, ajoutant davantaj' vn 
prétérit pçrfçt e vn plusqepçrfyt. 

3* prétérit parfait : j'aye, iu ayes, il eyt ou aye 
çymé... 

3' pltu-que-parfait : j*aye u, tu ayes u, il eyt on aye 
uçymé (2)... 

Futur : j*âorey, tu aoras, i| aora eymé... 

Nod* pouuons çncores ajouter cçt aotr^v ^Hn de 
n'apouurir point la laLnges^Iangue)^ puy& q'on çn uzc , 
ç q'il.çmporte plus grande |>crfçcçionçn t<;mps futur 

J'aorey u, tu aoras u, il aora u çymé (5). 

Immnir : présent : çym^v, . 

Lespatiét : çymé, auoçr çymé, u çyupé (4). 

Le Pa|iticipe présent et acïi/ rçymant; le passifs 
çymé. Duqel se forme le. vçrbe passif, joint ao* tçmps 
ç modes du vçrbe substantif, çn luy donant le nombr^ 
ç le jçxe tçl qe le reqiert le surpozé {le sujet) corne : 



/ 



> 



'^ 



\ 



PopUtif du sobjonctif, et voulant .donner 4 ces deux modes les mêmes 

temps qu'à r'.ndicaUf, moins l'imparfait qu'il n'y reconnaît pas, je ne 

sais pourquoi, il s'est imposé un cadre qu'il a peine à tempUr, ce qui 

l'entraîne -^ans les erreurs que l'on remarque ici. • 

, ( t V€'(«it«à-d'f® ^^ '>*^u^ ^* Toptatii. Que j'aime est donc leXutur de 

l'optatifbù le présent du viibjonctif. Les grammairiens moder(f& voient 

itxaqutj'aifiie, un subJoncUf présent ou futur, c'est-Mlre une forme 

qui dépend d'un 'premier i^ierbe au présent ou au futur : t{ faut ou il 

(àuâra quêfaimt. ^ 

^ (S) DuboU, qui doniw la fonne pré(^ntei ite dom 

(3) Dubois ne donne pas cette fbrilne.: y ^ ; 

(4) Noos avodi vn pins bMi à quel emploi est léserré par Melgret son 



/:^: 



;\- 



v 



i m'r\ ^ 



-'■A 



■■-.\-^ 



■\'.- 1 



V^ 



I ■ 



'^ 



T 



16 



GIAHMAIII rilV^ÇAl«K. 



Piçrr* çt çymé ; Jan* çt çymée; Içs homes soiit çymcz, 
aosi,8ont le' famcs çymées. 

Nous ne prolongerons pas ces citations; les modèles 
que nous avons présentés dos dpux verbes auxiliaires 
et d'un verbe aclif sufTiront pour donner une idée des 
autres verbes que conjugue Mcigret, rofr (voir), /irr, 
bà\\r; cesexemples, onle voit, sont assez mal choisis, 
puisque ly voir ni i\rc ne sont réguliers; aussi dît-il 
lui-même, en abordant la seconde conjugaison, « qu'un 
seul exemple n'y peut satisfaire, vu la grande diver- 
sité des formes qui s'y rencontre. «Nous avons donné 

' aimer y qui présente des formes généralement suivies; 

naMii^j^D^^is_le smod èles des autres conjugaisons 

I que quand nous les rencontrerons mieux choisis , et 

f pquvant servira toute une classe de verbes. 

Nos temps ont d'autres noms, rails les formes don- 
'eM*ifTèreni-f>«u desnôtres; il en est deux 



cepeiaàaijt qui'nous ont frappé : le futur du verbe amxt^ 
yaraij, et la 3' personne plurielle du prétérit parfait 
in^îj^pjjliné du vçrbe lumerji tU aimareni (1). La pfe- 
g miere est consacrée par l'usage du temps, jet par R. Es- 
tienne; la seconde se trouve' dans certaines éditioias 
de Rabelais, et souvent, au xvir siècle encore, dans 

les Voyages du sîeur Dema^z. Les Italiens conservent 



,m ! Ji i 'M m 



^.■ 



(I) «Je diray que les Infinitif» en er forment leur prétérit parfaictOB 
a, laquelle leUre a lia gardent, en toutes les personnes, comme :.j'atiiMy, 
iu fl^moj, il aimast, nous ayuxasmes, rmis àimastet, ils aimarent. • — 
'{L'Art poétique françoit, de PlTr» Dolaadan Daigâliera. -- Paris, Aiit. 






duBdicil, 1&1)7, p. 32.) 



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I 




LOItlt HIHSBIT. 



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à Ja troisième personne du pluriel l'a qui flgiéré ff toutes 
les autres, et que nous avons adouci à' la première du 
singulier et à la troisième du pluriel. Les Provençaux 
disent encore : faimp, Us tàmarent. Les autres mo- 
des, Jes autr^ temps, pourront se comparer aux mo-. 
dèlesque nous donnerons bientôt, d'après Robert Es-. 
tienne, de tout^ les conjugaisons. 

M u pitposinoif. 



« La préposition est une partie de langage indé- 
clinable qu'on prépose aux autres parties par ajonc- 
tion'ou composition : pa|- ajonction, comme iltiim 
DE l*ierre; et par composition, comme : (femeniir, com- 
posé de (fe et m«n(ir. V 

Elle diflère de la conjonction, en ce qu'elle t ne con- 
joint poim deux substance i^vec un accadent, ce que 
fait la comonction, commU: Pierre et GiiUfaume font^ 
«/a; ou bien deux accidmlb avec vm substance^ 
comme:, n^on cheval trotteMr^nit% v v ^^ 1> 
• La prépcteition gouverne (toujours , /par inaniè^^ 
de cause, soit nom, soit prûn|)m, inftmtif, ^participe 
ou adverbe; » entre deux nms, « elle dénote com- 
munément cause possessive ou \generative, ou mate*^, 
rielle,ou çAfictive, coijMi t4a Maison du roiyfhomrtà 
de pouvoir, Ùfils de Ùuiaaumè,h cou^^ 
delamort.,.] "h- \ '\ :/A- X'^-'^^-Vh'- '■■'■. vP^- 

.» Noua tairons OT^^ la préposition en ceïv 

taines façons ^e parler, èWme\;lo rueSnim^Antoità 
p(m hrmtdÊ^SainiAntoiru:^ eicMm cela n'est pas 



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r.RAMAtnK VBASÇAItl. 

gênerai, car nounne disons point î re»pée Pierre pouj • 
tetpée lie Pierre (1). » 

Si parfois on trouve la pr^^posilion »> entré deux 
noms, c'est qu'il y a quelque mol sous .nilPnùu. Ainsi, 
• combien qu'on die : le bonnet ù Jar^M*»*., pous suren- 
tendons çnfapprifilpMl; » «1, ou, oii;,. sont plutôt ftc- 
quisitîvcs que possessives, et se placent mal aprè^s un 
n(^; cedtie toutes tes autres prépositions, elles 
veulent être /plutôt précédées d'un verbe ou d'un 

participe. /^^ * 

Des prépositions, ■ les unes sont simples, comme 
de, Hu, dett au, aux {'i),pary8Uê, iUr, ef les autres com- 
posées, comme : enven, pardeven, — Or sont-elles 
en notre- langue pn assez bon nutnbre, ni ne me fais 
pas fort de les avoir ici toutes comprises, qui sont, 
comme il me semble : de^ rf«,fl, al«»^», aujc^ par, 
pour, élec, deçà, avant^ près, apret, davnnt, arrière, rfwr 
r'iere^ cite*, environ, contre, lès, joute {jouxle)^ dedani^ 

- onirh prei, loinyho r, entre, en^ et, $etûn, ver$, rfc- 
ç^f, envers, jusquet à, êanit avec, êur, sus, sous^ dee- 

• èous, puis, depuis» i . i, j 

\ L'imprùdefice avec laquelle Meigret a admia^M, 



-■iiitXi 



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■ l l lii i r-i 1 1 i f i M ii» 



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1) Cett« lupiirMelon *« liprtpOiHion était fort commone dairt là 
lingue du moyen âgp; nous ivwi» cotiwrvé quelqun muta oà la pré- ',;. 

position SJ-^alt nécessaire VlU étàlêut créé* de no» joura; lela VHÔleh,^ 
IHtu, /«• /li/e»-DiM»;à Wolrmoutier, on vlallc le Pi^t'abbé, e'«t-4-di» 
it piedê rubt>^ Plua tufd pn « dit d«ï même : VHfirel SfgMter, le Po^aiê^ ^. 
ragdinaL — ToulfCoU cctte aupprMsioii de la prépoêition se faisaU*M' :/ 
v'mo^' i|« aahs fraud iMoovéaient pMeé que lea caa'obliquet n'ayatent f 
jbt la ipéme torm&^ue ké caa dlreeu. Cf. Ménage, (fh*trtotiim tur ^; | '^ 

(1) HMi Kmê f« 4<É* ««Ut «ff«uf 4« Il«i8n«t-^ CL, ^ 

• \. '':■■.■■;' :.■ '■>■ ;■ ' ■. ;• • ^-^ ;■■ ;■■■'■ ; , '^,v:: ' . ..;. • 



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MX, du, dei, parmi les prépositionSv ram«|e à disser- 
ter longuement sur la distincUon des prép^diWns selon < 
qu'elles demandent iMingulier ou le pl|iïielNe iwas- 
culin ou le féminin, qu'elles précèdent l|fe voyelW ou 
les consonnes. Si Meigret avait donné c^règlesqualid 
il A parlé de l'arlicle, on aurait reniiVqué cette fihe 
analyse; ici on ladéplore puisqu'elle |^*a pu (aire éviterv 

. à l'auteur une faute grossière. J;f > 

« F^ut entendre que tout le reète des préposition» 
sont presque toutes locales, et par conséquent tempo- 
relles; » cependant il y a des exceptions : etiire, sans, etc. 
Les prépositions tantôt demandent un article, tantôt 
s'emploient seules ; nous disons : cest blé en Wwi>r, 
mais non cesi blé dedans grenier; * il faut entendre 
que li^ Ibcution sans article est plus générale que'cellc 
qui est par l'article. ■ — Insiàtant sur cet exemple 
qu'jl vient de donner, Meigret passe \eu revue les di- 
verse» significations deen ; vivre en tuMime ou comme 
vn hamfiie^ — il en mourra, — je m*en\'ais, — il s'en 
revteAl, etc. ; il remarqtw^fort justement V|ue dans : c«i 

, homme estf^ malade, il en mourra, le mot en ne sau- 
rafl être ûïTe préposition ; iiàis il a tort quand il dit que, 
dans cet exemple, en. « est adverbeou pronom relatif, p 
Ici, en rte saurait être qu!vin pronom remf,\ quoiqu'il 
représente l'adverbe latin indê, souvent e/nployé dans 

*un sens eiyieternent le même (1). \ - 

• \ L'explicition qu'il donne de ;« m*en vais, je m'en 
■ • ' ■• • : < ' ■ '\ . 

■ : —: ■— ^ ■ . V i .. ,' 

, "^ • (1) VtMtk dttxit{ MU «il duo t ltod« ««o hane mÊianm aétnlaff 
milii. (Taraut Adfliplu. 1. 1, SI.) . 



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lUO . URAXllÂIll PRAKÇAISE. j 

reviens n*est pas heureuse; qu'on en juge : « En est! 
aussi usurpé et postposé h me^ te, se, nous, vous, san^ 
note de préposition ne d'adverbe relatif, et ce sculc4 
rocnt avec les verbes de mouvement local, estans conj 
joints à leur même personne seulement; de sorte qui 
nous disons ; je m'en vais, reviens, reloHrne,.tH l'en vas, 
il s en va, et ainsi de toute autre tierce personne, 
tomme: Pierre s enva,natis)tous en allons, vous vous et 
allezf ils s'en voni (1), pour lesquels nous ne pourrtwjs 
dire : je inevais, tu te vas, si nous neluy ajoutions quel- 
que infinitif gouvernant ce me ou i<?, comme : tu te 
vas perdre, et ainsi (les autres. Or, commç en ces fa^- 
rofts de parler le moivcment soit réciproque à Pagont, 
tout ains^ijate quand je dis : je m aime ^ et qui soit la 
cause mouvante et unie (2), ili semble que le françois 
J*ait vçulu Aprjimer par ces me, )«*•«*, avec la préposj^ 
lion en postposée, tokit ainsi que font les Latins en i 
çum, mecum, etc., quasi comme s'ils vouloient dire : je 
vais en mdi] c'est-à-dire jesuîs, la caus^ mouvante et mue 
pour aller à Rome. Voilà ce que j'en yuis diviner. f 
Après celte discussion dont là conclusion est pjlus 
que contestable, fauteur arrive aux adverbes. . 



BE8 ÀDVBRBES. 



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•'de. t; tf « tM^rbe est 4me jMtrtie sans article, 




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(ty liénice ebni»ta4 qui! n«faut.pàl (ftm : j> M*inenm»,ils/t*ên'')imit 
en'alléx. On Je diMit tlonéde «on iemp«. l)a rette. Ménage éUdt An«cTiti ,* 
et l'on pinrllB eàçore aiwl en Ao|p«ï. * '.. -/ . / 

<2) Il (iut-aattf dottt«Jlrer •moa^ante et moét » cooiai< cinq I^inif 



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LOClt VtIGIIT. 



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la signification duquel se iolni conrïmvinement aux 
verbûj ^qualifiant leur actio^ ou pa^ion, tout ainsi 
que iaîl Tadjectif les noms appel!alifi ou propres. » 
L*ad verbe qualifie aussi les,adjecliffs, comme i fori 
noir; mais il ne qualifie pas toujours les verbes avec 
lesquels il est employé , et j>eu||||)rter sur là.. phrase 
entière.-?^ « Combien ajussi qi^es*adverbcs se joi^ 
gnent aux Verbes, les unk toutefois se peuvent joindre 
à tous les tenws et modesi leu autres^c n : ainst/iierne 



peut se joindre à un futu/Jjii 

C*u. II. — Les 
bien, mai^ — ou flérivê^ ; t|ott/|)nif 



.demain à 



un 



^etc. 



sp^jt prin^iUfs : oui ^ non, 
volonté, etc. — 



'^# 



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Tous les adverbe$^n meiirs ont des adverbes dérivés. 
Ch. m. — yl ek tr^is figures d'idverbes, Tune 
simple, comnoeW'»\on; llaatre composée, comme 
nenni ; Ift tierce ekUâ2ê2»«Lgosée, qui est dé^vèe dô 
composés, comme de malhéuriiL)ç^,_jji^^^ 



Nous remplaçons parfois ll^adverbe 



par la préposi- 



tion çh suivie d* un nom i coinbaitreenHepetilérph^ 
préposition d, eh sous-enteiwnt »iot/«,y^mme t»frre 
(iuiiiennê\k la mode, etc;) } j^THin dj&pminatif fétni- 
nin et la préposition de : courir d^m^, étc* « Tou- 
tes lesquelles façons sont mieux rèçics et pIjt»-«gA 
bles que les adverbes mesme ; de aefrte que: il cQuri de ♦ 
rj vitesse sonne mieux que : it com vitemLnt, quoiqjii*ii 
'soit bon langage.*». V_^ , ) 

; Jfe chapitre. suivant répartit en différentes classés 
I les adverbes de temps et de lieu, l^s advéïbés affirma* "" 
1 * tifs et négatifs, etc. ., ,. .• l , "- 



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GRAW^II PlAlfÇAU 



DIS CPIUOIICTIONS. 



« La conjonction çst utte partie du Hangage, indécli- 
nable, sans articles et sans aucun gouverbenoent, conjoi- 
• gnant les autres {{he% mes\nes) espèces «es parties, ou 
'clauses (phrases) aux clauses avec queloue significa- 
tion* J'ay dit l^aaiiesmes espèces des pakies, cômnfïe 
le nonr) substantif au substantif ou au pponam, ou bien 
Tadjecif à l\adjeclff, lepronom au pronom.Ytc. 

» Les conjonctions soht ou Simples : ç«e, «ii, ne; ou 
éomposéss :^o»i^*V/i, iow\ep)h,\ 

» Aucunes conjonctionà Ipiit ^o|iulatives;...\ les au- 
cunes sont disjbnctives di» 8enÀ\;. .. le» aucunes sont 
causales;... les aucunes sont négatives;... Iw au- 
cunes sont adversalives.rj.ètc. ■ ^ 




— ^ Di i/nfTitJB^moif. \ . 

t LMnterjéction est une voix\d'un0 passion cxc 
8ivc,«oit par admiration, ycourr^ux , Joie , roélancoli 
ou épouvantcnient, . . . de sorie, qu\il n'est- pas au poiip 
' voir de l'homme, étant celte- pas^^ion ferrnée, d'user 
de Quelque modérée faconde paroUe..^ Comme ces 
passions ^nt con^munes à toutes n^tions\, e^^ùeja 
seule nature lés engendre sans au^un diiscpurs, il 
advient qu'elles sont presque toutes u^es à tous peu- 
ples et langues, tout ainsi que los soubirt ^ plfilntes; 
. sanifbnnedéparblle. » 'A 

MéigretAprès avoir cité et classé quèl^fueeii^to , 
iions^.signaie^'emploi simultané de plusieurs d'ent] 



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LOUIS HMIIT. ' m 

êFles poai^ un même cas, et aussi 4*un6 même interjec*- 
tion dans \ des cas différents. ' ^ 

\ Ici, la tâche d*un Rirammairien vulgaire serait finie, 
si, comme Meigret, il\ne s'occupait pas de la syii- 



loKle 



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À -V 

taxe; pour i^ôtre auteur, qu'aucune diflieulté 

fraye, il souJi^ve encore une ouestion aussi dél 

qu iiitéreesante/et traiteWei accents ou ton$ de» tytiabes 

H Uiciiom : nous essayerons de le suivre^ autant que 

nous le pourrons^ , dans les obscurités où il s'engage. 

Verba vo/ani, dit- on, les paroles volent. Si donc la 

^ j)rononciation est si diflicile h noter, combien l'est plus 
encore l'accent! non pas c^è accent qui distingue' les 
différents sons d'un^môme\ voyelle, mais l'accent to- 
nique, raccant nécessaire! au rhyl(hme, celui qui, 
comme l'a démontré ^, Quicherat, tient une place si 
imjportante dans notre iarsificatioD française, 

pans la seconde édition de son TraHé d$vemfieaiion 
françaiêei, M^ Jules Ç^iclieratl insistant sur ce pfi»- 
cipeémis par lui dèsiÇ^; « bue notre vers alexan- 
drin doit avoir, un *nombre fixe d'accents, » croit 
n'avoir été précédé dans jçetteV découverte^ que par 
r^bbé Scoppa, dont les œui^fes mondes ne lut furent, 
connues que plus tard.. S'il 4 ra^llu attendre jusqu'en 
182^p6ur voir formuler en rè^j^ la nécessité de l*aç- 
cent^dans les vers;, déjàdu liao^nsVejlistence dq I'imc- 
ceïilt'dans la prose et, jusqu'à un cei 

% variables avaient été Tmejnent ànali 
ment signalées jjar Mëigf^(Éi \ ^ 
>. Mn A »Uaqué Meigr«l Vc^ liiijet 



iin point, ses loià 
et ctirieu«e- 

iPé^ Im ê9«m- 



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104 CEAMIIAIIB r«ANÇAiSE. ' • 

ples'cités par lui à l'appui de sa théorie , et notés à 
Taide de signes musicaux, M. Wey reste convaincu 
c que l'on ne saurait mieux chanter h parole à la 
façon des mariniers de la basse^ône, » et déclare 
que « Meigret parlait canut; Xpour nous, sans dis- 
convenir que les accentuations sont fort difficiles à 
fixer, nous -prenons parti pour. Meigret conlre.l au- 
teur de^r//i«toirc iif langftyey et nous pensonï'que 
si Meigret a connu Taccent lyonnais, il a eu du moins 
assez de bon sens pour n'en pas être dupe et chercher 
le vrai a'ccent de la langue générale. Sans doute nous 
accentuons autrement ; sans doute il a été trop loin quand 
il a imaginé des mots de douze syllabes.'^comme Con- 
itantineapoliiamsation s, Ut consUtininéopoUtanizeront, et 
qu'il a pris la peine d'y noter des accents; mais est-il . 
besoin de gramle indulgence pour excuser un homme 
qui, traitant le premier un sujet si épineux,, a dépas^ 
peut être l* mesure? Sans méconnaître ses excès, 
nous voulons au moins conserver ce qui fait le fond 
de sa doctrine, et nous continuons à le résumer. 

■■"'..''■ r' '■ ■ ■■' ' ■..' • 

• V accent ou ton en prononciation est une loi ou 
règle certaine potfr élever ou abaisser la prononcia- 
tion d'une chacane syllabe. Et combien que cette doc- 
. irine semblera bien nouvelleau purfrançois, si (cepen- 
dant) est-elle de tefle. conséquence que, si quelqu'un 
ne les observe, soit par usage, ou par doctrine, et 
iïu'il les confonde; rôreiile françoise s'en méconten- 
tera : de sorte jque, combien que les ayllabessoient 
observées eà la prononçiatiqa avec leur quantité* $i 



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}Vn MBIGHBT. 



105 



toutefois raccent est è^orrompa, elle ne la daignera 
avoufer ^ienne. » - \ i ^ . 

; Cettë^finitfon faite, èl la néccsêilé de la réglé ainsi ,, 
établie, Meigret ajoute u^ détail curieux : t A cette 
cause, c(it-il , nous voyons taxer les Normands d^ mau- 
vaise prononciation françoïse f)our un accent] aigu 
qu'ils font en l%derniBre syllabe d'une clause (phrase). 
Ce qu'aussi font d'une bien i^auvaise grâce, et quasi 
comme eo^ton d'interrogation *)os joueurs de Paiisicj^, 
lesquels, pour le comble de vice, font une brève lon- 
gue, comme : sire Pifaté pour Pilate (1 ). » , 

Meigret distingue :rois tons dàfis le langage parlé, 
l'accent élevé ou aigu, J'accent Baspu grave, et l'accent 
léclinant, qui commence par l'a\g;u et finit ])ar le 
^rave. Clela posé, « iLOur commenceic à défricher cettie 
doctrine, il faut premièrement cnteMre que jamais 
l'accent iievé ne se rencontre, en la aerniefe.syllabe 
d,es\di^yllabiques n(rpolysyllabiques;\ e le ton 

' decliDânt bu circonflexe ne se treuve point qu'en la 
penul\ime syllabe, si elle est longue et la dernière 
V brève.) - ' 

» Lék fnonosyirabéè en notre langue fo^tjtaA;ier les 
tons d'emcuns dissyllabiques, ni ont^(et ri'oi^t) eux- 
mêmes aucun ton stable. > -^ 



Ayant d -entrer dans l'examen des règles (!(*accen- 

(|)]En Anjâu of| dit de mémei mettei-lé là pour nutteM'h lA; ut^ 

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■ .■ ' ''- 




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GBAimiimB J'KAnÇAISI. 

^ tuatiC)n des monosyllabes qui se suivent , puis des poly- 
' 8yllafeeér~4eux principeâ^iôivont être posés : 

RèqlkI. Jôut polysyllabii ^ontla preiiiière n'est pas 
accentuée, çouime/rên', compafjnony n'a d'influence sur. 
les monosyllabes qui précèdent que comrtie m simple 
^^'^^ monosyllabe. - 

Règlb 11. Toute pause, tout temps d'arrêt dans le 
langage rend les mois qui suivent indépendants -de. 
Ceux. qui précèdent. 

• • * yU'fjles (fàccenliinlion pour 1rs v^^^ 'i 

1* Si deux monosyllabes se rencontrent , soit au 
.° ^Jjfcommèncem/înt d'une phrase, soit après un polysyl- 
♦ labe, l'accent portera sur le* premier, excej)té dans lo- 
geas prévu RÈGLE I , car alors il y aura en quelque sorte 
^ trois monosyllabes : r ■ 



rv 






N 



■te ■ à , j 7~-^r-- k =\^}r--^=^ 



^ 



<> <> ' à 



M 



à-£i 



C'eUMBoo »al-b«ur, c'cii^moB (rc-r«, c'esi moit «m* et moo eê-pol^ 

. ' •" - i - 

. ■ ■ '^ ' t . '. _ 

r '^ Si trois monosyllabes se suivent, le second seul 
est accentué, comme nous venons de voir pour deux 
monosyllabes suiviî^^'iin polysyllabe à première syl^ 
labe/graVe ou basse tccU mon frèr(\^'^ ^—cés Irpis mo-" 
lïosyllabes sont-ils suivis d'un polysyllable qui rentre 
dans le caé prévu par la !\ègle I, on a la môme 
accentuation que pour quatre monosyllabes : 



5t^ 



,.<> ^'•hrà—à- 



^^^^^P 



qTMt aoti cœur, cTmi m gnwl'M* --rê, €*•«( bob b— 






. .. I 



^ 



■•, . 



V 



.: / > . 



•. 1,01)11 IflIGEIT 107" 

• , . , . ■ - ■ • ^, - ■ 

â* Si qufttre monosyllabes se suivent , le premier et 
le trpisième sont accentués : 



22 



r- ■ ! 



Ori'cit-il bon à^tti, J« T«i« * loi, Â toi â noU 

i ' . ■ "',■'■ : \ 

h* $1 cinq monosyUabes se suivent , Taccent i^jrte 
sur le premier et le quatriëmie: . ' . 



| ~ ^. J> A , O 



TTriVrll 



Il D'est pat fprt boo, U b'm^ pu mon fr« - re. 

i 5* I9*il y a six monosyllabes dç suite, le premier, le 
troisième et le cinquième sont^levés comme : 



-^-4| 'jv' 6 Â — 4— A-4-4 " A <l >— Jr-~'<!^^r-A=^H| 



u É tm Uta» M* b|M>, 



?tt tout SM tM'Ttd,^ 



6' S *il se rencontre sept rnonosyllabes de suite» « nous» 
accentuerons les cinq premiers selon m règle dé leur 
nombre, et les deux subséquents par^^le du leur, • 
— c'est-à-dire comme s'il y en avait cinq puis deu^c : 




■■**f 



>^.' 



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^—rr-^-iy; 



6 A-H>- 



^^ 



Or U a eu tout im bieni, et a Ja. vuiout m com-pagapai* 



7" Pour huit mortosyllabes, accentuez de deux en 
deux en conr^mériçant par la première;-^ d'^ même 
pour d;x^ et pour douze, ^'' 

8* I^dtir natif et pour onxe, accentuez de dftuxjieti 

.-.. . '■ ,1. 






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• ■ ■ < /- ■ : ,; ■■ ■ 

GBAXSlAtlIB PR4>ÇÀl<ir. 



dcu;(, comme pour huit, *cn laisî^ant graves les deux ' 

derni^iY»» c'csl-à-diio la hiiitiinne"ct là neuvième ou 

• . ■ ■ ' . »' ■ " . ' ' ■' 

bieii là dixifrthe cHa Qozièmc,— r • et ainsi subsequém- 
rpènCdo .(ous'auh*es rioinbics/painp et impairs» selon les 
' règles do huit et (/« neuf. », • • 

.Le vicedc ce .syslèmc est facile ^démontrer; mais 

■ iàvant de le combattre remay^uons bien que Meigcet a 
pr^vu le cas où l^s monosyllabes seraient indépen- 
dants, com'Pe en çetla phrase : i'/«, ris, tiis^ Jais tout ^ 
bien^ où les derniers seuls â^nt liés, pu dansxctto autre 

J ou les premiers sclient seuls entre eux : gardons-nous 
de porc, chien, chai, ral^^rf. — Dans le premier cas, 

' racifènt porte Sur /om(; et'dans le second , sur gar ct^ 
surrfe, de çetfe façon : "* - . • - .- * 



::i -I- 1- Ui 



Ù Q- 






it 



4* Vil, rii, dit, f^* tuuî bita. S* Gardons ooai d« porc, chieq| chat, rat, cttt 



4 • 

Cette monotonie ^qiji^atteint les monosyllabes indé- 
pendants, sufTil, à elle seule, pour prouver rexistcnce 
de PaGC^ dans les langues mêmes qui , sans le faire 
: sentir aut?fnt que 1 italien et respagnpl , ne sont pas' 
moins forcées à l'avoir^ qt surtout poui' en montrer la, 
. nécessité dans notre versification ,'oii la- place qu'ail oc- 
' jcùpe contribue àt l'harmonie du vers et à la variété^du 
rhy^Hme. ■ '■ . . - ' . ^ v ' ' \ **- 

Toutefois si. les règles de Meigretne sont pas sans 
valeur, elles ont c'ependànt des. défauts graves que . 
nous devon^ signaler* V ^ •• »* 

■ D*abôrd, on le remarquera, Meigrct n'admet que 



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LOLIS MEIGUBT. 



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despyllabes acccntuéiis et des syJlabfe^ graves, et ne 
tient jamais compte de cet accciit iniermédiuîre qiA' 
' arecpiinu, Caccetii drcHnaiU où àrconjlexel et, ap^s 
;^avoir accordé, en iWoric, trois notes au lajigjjge p'arléi 
- il ne lui en accorde plus que deux dans la, pratique. 
Surtout il oublife quev dans le la^ga^c,' certain 
aïTixes, comme par exemple les articles et les préposi- 
. . tions devant les noms^ et.comme les pronoms devant 
les verbes, font corps avec le mot quitles^suit : i«es 
4tomwes; JE vienn; ii UE frappe; et s'il est vrai que, 
"dans les exemples (^u'ildonhe, la première soit réeU 
leiiû'rit accentuée , y elle serait grave dans d'autres 
phrasés monosyltîibTfjues qui Gommencei*aient. par un' 
^ ^ des .aflixe^que je.vkns de citer ou d'âutre;5 sembla- 
bles.''» ' • • ' • \' 
/ Dqs exemples éclaîrciront cette question un peu ^ 
obfourç, et montreront- combien il était important de 
ne pas parler.seulemeiftxles monosyllabes isolés. Dans 

c(} vers monosyllabique de Racine : ' ■ ■' ^ 

..'■',■' ■ " - \ ■ ■ "^ ■ ''■,■■' 

Le jour n'est pu plus pur que le fond de mon cœur, « 

* ; ■ . "■- , _ ' - ' ^ ■ ■ '■ 

'■■■-■■'■ «"'■'*.. y *. 

. les accents portent sûr les trois syllabes pairtfs du 
premier hémistiche et non sur lés syllabes impaires,, 
cpmme Je prétend Méigret, et n'atleigiîe/it plus, dans 
le second hémistiche, les syllabesque de Irpis en trois, 
savoir /oH(f et cccur, de sorte qu*on a cinq accents 
. et non six daas:*çe verç.^ — D^ns c^t|iHitre du même 

' 'poêle : ■ '^ • . . <; ' • ' 

~-~^; -i»oU"qU'elle eût même en lui'vu je np gais quefcl^axmr, - 



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l'accent placé sur la preiriière syllabç vu du ^cond 
hémisiiche dotinc au vers une dureté qu'il ir^urail pas^ 
si celle syllabe était grave. • 

• ^ r . 

'Bt'fjies tCacceiUaation paUr lei polysyllabes': 

'•■■.' * 

Arrivé aux roots polysyllabiques, MpiK''<'t tient plus 

de coniplc des aillxqs; il semble mèrSe qu'il a aperçu 
la véritable loi et ([U iK v-a la saisir quand il di.t que 
dans im' ame, une ■ se joignant au sul)sequent dissyl- 
labe par rapostroplie, forme Un trissyllabe; » mais il 
abandonne bientôt celle lueur qui devart l'éclairer, et 
s'égare de plus en pfus. • 

C'est une loi bien connue de notrO langue que l'ac- 
cent porle toujours sur la dernière syllabe sonore d'u^ 
mot, la dernière dans hnpureic, l'avanl-derriière dans 
impure, ' 

Les Anglais, au. contraire, font plutôt porter l'ac- 
cent sur la première fsyllabe; c'est ainsi <|u'ils élèvent 
la voix sur. a/i dans Angleterre et nous sur ter; aussi 
çnlêndons-nous mal notre propre langue parlée par 
eux 4- trompés que nous sommes san» cesse par notre 
ore'i lie qui,. habituée à atlcndre les finales, prête moins 
d'dttenlion aux syllabes initiales. " 

En it-alien, l'accent èuit ordinairement une règle 
plus rationnelle; .bien que, dîins les infinitifs, les 
pîfrticipes et les^ativerbes en meuie\ il porte sur l'avant- 
dernière syllabe,^ on peut dire, en général, qu'il 
marque la racine du mot; ainsi dans Ve/i^r^, Vénus,- 
g'iuilicf, juge, pubhlicn, public, etc. , l'accent est sur la 
première ; ÛMi& dreoêiania , du latin çircum et «lare* il 



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,' ' . •* lOlJH MlilUltKI. \ Vh 

porte stir .«i«;i,.dans vfu^evmo, tl» vciKlaicJit , du latin 

Vimini-diirc. vcnilvrf^'sm' tic ' . • , 

i\vA laj.N, t'u iVaricaisr on anglais- et en italien, ne 

^ >(r)ijt paséjgaicmeiit lo-iiciues; mais elles sont foi^rncllos. 
CL'iloaquc M(;igiet nous Joinic noua Vîfoi^neiit de tous 
; les |)rinri[)es actuerieineiit, reçus, et ses rè{^les qu'aucun 
cuiilrùle ne peut nous faire a|)pr(;cier, semblent donner 
àia jangm3 duseizièaie siècle une physionoune parli- 
iuli^'ri';^al)()rd, il no se boriie.pas à reconnaître un 
accVwt(laTÎs les mi)ts,.1l en reconnaît, plusieurs, selon 
lé nombre des SNJlabes; nous sbmmt^ loin db l'en bià- 

;' uTcr;" inais nous aurions ainié qy'il fît une diïlérence, 
qu'il ètablîj^ entré- eux une sorte de gradation ; nous 
aljnetlrons bien que, dans impjtreU' , la seconde syl- 
labe soit plus élevée que la première, et il est sur que 
la troisième est morns élevée, que la dernière; iiiais 
nous ne pouvons croire que deux svljabes d'un m'ôme 
met àicntétéji^ nais ég-alemenl accentuées. 

Nous- n*insislero|is piis davantage^ sur ce sy.^tème 
dont rimpoi»tance-èt la nouveauté ont diV nous an éier 
quelque temps; mais avant d'arriver aux deux cha-^ 
pitres qui termin:ent le I1v('e de Meigret, nous devoii^, 

. avec cet habil» grammairien , remarquer que ces 
règles d'acceiiluatiojl^nc peuvent être considérées 
comme absolits ; il a même tenu fort sagenient 
compte de la jV^^n , qui cbaiige''ct déplace à son 
gré les accents. cV^^^ dit no peut s'appliquer 

qu'à't un lan:gagej7^ere»mD8 colère ne complainte : 

* car alors chacurHe^^ompt sdoa sat m«^ 
et de plainte^ » 



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112 



(iRAUMVIIIE Pi ANC AISE 



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DES P01!«(TS D ADXIRATI07I ET i'HTER^GlTION 
ET DE L'APOSTROrilE, ''' 



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f Or avons^nous, outre ces accents, dcuîc autres, 
qui sont d'admiration et d'interrogation, lesquels sont 
entre eux différents en ce nue l'admiration ctev« la 
prononeialion entiron le commencement de la clause, 
là où rirfterrogution le fait communément sur l|i fin , 
Comme : l liomme de^ bien ! tjuel Itàmme enles^vous ? 
Or sont leurs nott^s en l'écriture (1) faites par les Latins 
quelque peu divei^ses, car celle de radmii-alion est 
faite de deux points; desquels le dessus tire droit à- 
DftQTjJt^e cette sorte ( ! ) , et celui de l'interrogation se . 
recourbe contre-mont ainsi (?j, • . /• 

» Au regard du point de Vapo^irpphe Q^ dctoi^r (2), qui 



•;i) Voytt Itt noteci-d<>sftou8, p. 114. • • 

[i) Dans un des opuscules annexés au Traita touchant le commun usagt 
de Vkscriture françoùe (voy. p'iO),feous ce litre :,/« Accents de la langut 
franroxjte, \m KUehne Dolet, nous trouvmjs le pasiwtge suivant : 

.... • C.e dict e femenln est aulcunes foy» mangé par apostrophe. (»r' 
Tapostrophe oste du tout (tout à r<;it) la voyelle tlnale qui précédé la 
Voyellt^ du mot ensuivant, et f^iH qil'elle ne s'escriptiie profère éulcu- 
; neroéiit, et sufllt que' seulement ofj la mareque au-dessus'pâr son petit 
poiflt- Deyanjt qliede l'en tmiifenALe'uiple, je t'avertis qu'apo»trophe e;6chet 
' pri'nclpàlfïînenl surjces monosyllabes c»-,*?, ti, ié, me,nue, ne, je, te, k, 
la, de. Et rombitn que les Françuy» n'aytijt^de rou'^ifùn1e de signer ledlct 
apit;!ilrophe, si en uscnt-iiz naturellement, pripripalemcnt aux monosyl- 
labes dessùsdicteà, quand le mot ensuivant se commence semblablemènt 
parvoyell^. ' , ■*''*'■ ^ .■■'-'■ , 

• Et si d'adventure il «e comriiencc par h, cpla n'enipcscbe poinct quel- 
que foys l'apostrophe s cair nous disons et estripvcmsjian!! vice l'honneur, 
l'homme, l'humilité tl non le honneur: le hôm'nrè, la humilité. Aû'con-; * 
traire noufrdisons sans apo.strophe le haren.la harendiere [laharentfère; 
', Cf. p. 18, le tcjite et la ntJte 1), la haulieur...; et si tes mots se profèrent 
■ MUS grande aspiration . I9 faultc est énorme. De laquelle faulte' apnt 



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tOl'18 HnciiT. J^ . 

dç'note une yoyollc , ou çonsonantc , oq syllabe finale 
esirc consommée ou bien dcvpir «sire tue, — comme : 
uucnvîP, le quel a vous? pour ime^eiwie, lesquels nvèZ' 
^,(,ns^ — plie n'est pas proprement accent mais elIt le fait 
biou changer, comme jo vous l'ai dit. Laquelle (aj^ostro^ . 
plnij, à rimitalion des Grecs; nous avon«|iot6 d'un point ' 

• ù queue jel(3 au dessus entre le mot apostropiié et son 
subspquèn;. — Gomme donc cet 'apo?troph' ait. puis- 
sfcince de changer râcccnt, je m'émerveille ^e ceux 
gui ne l'observent qu'à, certains" monosyllabes. Il €st ■ 

. certain que, quand nous écrivons une amçur^ il y a ' 
aussi grafid danger de prononeer i'« ue >u/je ^lie celuy 
(Je le Uoamc (1). » * ' | /• * . ' ■ •' - * -' 

Pour Meigrct, l'apostrophe neffcmplace»as seule- 
nicrit une voyer|c, n)als aussi une consonne suppriifiée; 
•ainsi dit ii : « tl faut entendre que»* çt t seuiïrerit sou- 
vent VaposlropUe en pptre languq aVant les oonso-< 
nanles,)8t^jTîesmiyto£uiO^Tïï&Ti^^ comma vou 

vQps'tuez; ny n'e^t rien tant facheux^àkT oreille que i{i 
prononciatiofn d'elles. » - ;' « ' 

- ^^ NJeigret remarque aussi qu'il' n*y a pas d'élision'de- 
^nt Vil aspirée, et pl^s loin il din« Quand à^i/, elte\ 

-'(.ils ne font point -d'apostrophe hs verbes precédens pat- 
ronne d'interrogatoire, comme aime i/, aime elle? 






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ploin^cs Anvpfgnçt'B, Içt rrovctacaulx, le^ Gascops et toutes le^ provinces 
de la langue d'oc Cai; poitr^e harrn Hs disent Varen* p«,»ur /o harendiere, , 
rare«diVir«',- pour ./a hâi^fteur, /'flMfwiir.... EX' non-seulement (qui pii 
ôst) fonft^'.L'hte ftiullo nu sirfKàlier nombre de Ithfs dit:lronâ, aiais aussi '■■''' 
au pluriLT, fur' pour de* harfwiliùijfnt (1<^ arc»».... • "-..'. ' - 
\l : Cf. çi-dés^«? p. «2. - ':■:;,<: " ; ' ;,i»-. ,- ■■ ' " . 

' "- • ■ s; ' . - 



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114 . , . GRAMlUltE FRjiriÇAISe. ,< 

. • ; . ' ■ ' . ' i ' ' ' 

Nous disoflsr ^M^K piustost/ e(i«i^ eâ que ;'euj«' eu, ft. 

■-.;,••>■■ ' ■ , . . • ■ . 

; DES POIJITi.DB 80CPIR» Dfc HRlTI-PAUgB, POINi flîfAL 

•"".' ' yr';, ' ':, ix,f4IIEMHÈSK (I). '; . .* . .' 

• n^Ieigret reconnaît, comme signes de ponctuation^ U 
*otf|ti^',- la sçmi'pame et le poiwr; le êoupir ou point à ^ 

.<]^ueMe,, la.Ar>«i-^r/MA6' ou cumma grec ne sont autre ' 

* chDseqiie notre 'virgule et notre double point, creux ■ • 
sighcs distincts que les imprimeurs confondaicntàla fin 

du XV' et au commencement du x.V|* siècle, et qu'ils mar- 

' quaient d'une petite barre oblique par eux appelés vir- 

■ gule, r Xe soUpir sert à la distinction des parties d'un 

' XDémbrc, c,t lii semi-pause à distinguer. les membr£s. 






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(I) Etienne Dokt , dans son traité intitulé la Puncptatxon de la langue 
françoyse (vuy. |>. i>b) traite plu» longueuient que Mcig'ret le même «ujet, 
et tl'uhc manii^ré diffiTeute, quoique sous' ses auspices, pour ainsi dire , 
puisque son travail est joint au Tettiié touchant' le commun tuage dâ 
Vetcritùre françoyse. — ^(ouâ crovona utile ()e 'fapproclter les deux 
théories. 

« La pcncTUATiON FRANÇoi^E. — Si toutcà 168 laDgues généralement ost 
leursdillVrenws in parlerJet escriture, toulesfois nonobstant c<la elles 
n'ont qu'une punctuation «eulrment, et ne trouveras qu'en icelle les 
Grecs, Uitins, Fran<;oys, Italiens ou llespaignola soient dillerents. i)obcq 
je t'iiislruiray briefvi-ment -eh— e^y. Kt pogr t'x, bien endoctriner, il 
est besoing de deux choses. L'une est que tu cognoUses les noms et 
Ûgures des points. L'uultre que tu entendes les., Iie^^r1)u Iriesfaul.t 
mettre. Quant aux figures elles sont telles qi^'il s'ensuy^ , en ^este sorte : 

r, - u I - ni . - IV f - V î — t ) \ ' \ ' 

I. Le premier^oiuct esr^f^îiollé en latin «Rctirilm, él en" fraaçoys „ 
principalement çn l'injjiji^rie, on l'api^elle ung poinct^à queue on vir- 
i;plf , cl se .sDuloi^ marqutr ainsi •/• — IL Le second est ap(^lé en.grec 
coinma et les latins ne luy ont baillé àultre nom....— Ul. Le tiers est 



V. 



dict (iïr les Grecà colon. Ln latin on l'apifelle puncium. £t en.l'impr 
merie-on rap^tclle ung poinet ou uns; pojinct ron^. T^t'utesfoys quant à 



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LUUIH HEIGRBT: 



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1 15 



>Au regard du point, .il fait la pause à (a fin dti dis- 
cours. • — A ces sigjïcs Mpigrctj'oint la pnreutliàse ou 
'cutrejot, ",80118 parfait... lequel n'ajoute ni ôte rien à 
la perfection du propos, tellcintnt (ju'on le peut ôLer 
sanf^interr^ptioiidcia-scntence. » ^ 

A èç chapitre, sans faire un^ division nouvclle/saris . 
aucune distinction, dans un mOmè paragraphe, Meigret 
rattache* tout le.peu qu'il dit de la syntaxe. ^ 
. « 11 ne reste plus, dit-il , que la partie que-W^ecs 
ont appelé* ji/nm.'m et les latins construction mie nous 
pouvons appeler bastimeni , ou construction , ou or- 
donnance bonne de paroles... Quel sens tirerons«nous 
d'un langage, si le verbe tient le lieu d'une autre partie 



rifflcarc il n'y a paâ'i,'rand différence entre colon, et commua. Sinon que 

"^l'iing (»iul-e»l eammh) tient Ip sens en partie siisjen». Et l'auitre qui est 

1« colon) c^ltid la feitteiiAv Par aiiii^i ou ]m1n-rait dirt?, que le colon 

-peult comprendre plusieurs comma : et non pa» le comjna plusieurs 

colon., '- \\. Le quart est nommé par les Ijitins intetrogant : et ^mf 

le* Krançoys intetrogant. — V. 1^ quint ditfere peu du quart en llj^ure • 

touti'sfoys il se' peult appeller admiratif et non^ interrogant. -^ VI. Le 

sixlesme e»t ap{)ellë parenthèse : et cat double, comme l'onpeult veoir 

par ses deû\ petis demys cercles ( ). r . * ' ^ • 

'•* Or puis que tuVf^itnois leurs noms et figurés, Je te yeuU ma^tenanÇ 

monhtr^r familiercment^queli iieu\ ilz <loilivent avoir en noslrè piirler et\ 

e>>cripture. Et te priey vouloir entendre :d^ bne pùnctuation Lien gard^er 

et observée sert d'une exposition en tout' œuvre.... • 

» Si tu en veuU avoir exennpie, je té voys^vaisj forger ung proiios, ou , 
il y aura troy» périodes i dedans lesquels touts les points, que^ je t'ay 
proposés, seront contenus.^.. : L'Empereur cognoix»ànt, quepaix^talloit» 
tntfu/j, que guêtre, a faict aj)poinctrment avec le Rçy : et pour plus 
confirmer cette nniytié, allant en Flandre il a paisé {chdse non espérée) 
jfar le roijaulme de^Frame : ou il a.eife' repcfu en grand honneur, et'' 
extrême joyf du peuple. Car qui ne se refjouyrott d'ttny tel accoMi' qui 
ne loueroil Dieu de vroir guerre as^opiv, et paix régner entre les ^hres' 
tiens ? ù que long tenijfg avons désiré ce bien ! à que Inen heureux 'mient, 
qui ont tfQieté ce$t accord! que mautdicts'toienlt qui tascherot^t de le 
To"éiipr§! • . "■ ' i ', ; 




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, - X /' •••■ -■ ■ . ■ * 

lie GUÀÎifMAIIll, FRANÇAIS!. ' 

• çt âinèi dos autres, contre la commune utilité el corn- 
' modité que- l'usage de notre langue a introduit pour 
une commune inteiligcncQVcomnia qui diroit '.^eûx 
voudrois (juç je qui écrire se de tiiestent français en plus 
(peu) ttti rcvcrejice de portasse nï usarje conmun nu parler 
àé^aet ecriureUi convenable estqul /«//, au lieu de dire *. 
je voudfots que ceux qui se meslenl d écrire en ffanroitr ■ 
i portaèsent un peu.phjs de révérence an commun ùs^fje de 
fiarirtet a Cccrilure qui Inij est convenables^ 

Voilà en qjjoi, selon Meigret; consiste la syntaxe : 
à proscrire ces mois sans suite qui rappeUont certaine ' 
scelle du Bourgeois qenfllhomme ; luî^même semble s'at- - 
tendre à ne pas ôtre pris au sérieux ^ çai* il ajoute :* 
. « Je" ne dy pr^s cecy sï^hâ cause, car je suis asseuré - 
oii^une bonne partie de. ceux qui s'en meslcnt sont si 
*^ friands de suivre le style latin el d'abandonner le 
. hostre, que cSmbien que leurs parolcâ soient naïyemeîît 
françaises; la mauvaise ordonnanqe rend; toutefois )e 
: sejisobscuravecqun grand mécontentement de roreille ' 
A ' etde.rassistance. » ' .' • ' ^ 

Après une rapide comparaison du latin et du fran- 
»Ç-çais quant à la constructionV Meigret termine ainsi 
' son^livre : t Voilà^ dit-il, les considérations <]uej'ay 

nu trouver des parties nécessaires' au ï)astinfieat de 
- riostre langage» lesquelles^' ay dressé suyv^nT^ex- • 
■ "perience que j'ay do» nôtre langue et .de son usage, 
6.1 imitât ion dej'ordre que tieiït Priscian en la latine ; 
combien que je me liions pour tout certain qu'il est 
" "bien difficile qu'il ne' .s'y treuvé beaucoup d'ocôasions • 
"de iDeqpntentenfieqt, tant en la, goneralité des régies 



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». i- MEIClETlïtt!. DM AITI?!.». III 

qu'en rxiîru>8iorï de leurs cx^cpiit ions, îtttmidii Tinîmité 

lant dr>s noms que des verl)es et leur diversité, à Cause 

de l'extrait divers que nous (ou nos ancestres)'cn avons 

' fait 4cs autres langues. — A ln seul DJiiU U0i>>ELa^ 

.ET GlrOlRE. »- ^ ■ ^ « . — - — ^, 

-.: ' c - ■ ■ ■ ■■* ^ '"^ 

. '^ S 3. 7- Lutte ratre GulliuBie IKCs Auieli et Melffret.' 

' Des théories àtissi nouvelles, des tentatives si t^-mé- ' 
raires ne devaient po'int •passer. iqapcnjDes. Nou^ l 

«avons réuni dans notre analyse, \Q,Tv(i\ié totichantlc 

- commun- usaye de t é4:riluré fnmçoi. se ci la Gniuiniaire 

' JrauçoisejjmRis avant la publication mérne db ce^ se- 
cond ouvrage, un Jeimeé.cri vain, encore inconnu,. se 
révolta au nom de là langue et du bon sens. ^ 

•Son Traité de' C orthographe des M cigrt listes , qu^l fit 
paraître souâlepseûdonyme de Glaumalis de Vezel(*t, 

'*lui attira une vertp "réponse de Meigret; il riposta; 

' Meigret répondit e^ntore ; et Jut enfin «eieônck ; par 
J:acques.\pelletier, poète et. matliematicien du Maris ï^^ 
ce fut l'aide de roùrs à famatt^iur des jardins ; la pierre 
que celui-ci lança contre É)e§ Autels atleignit surtout 
Meîgrel: an pourrait croire un enùemi déguisé. 

> De ç«tte lonfu€Pl«tle ont jailli quelques lumières, 
le résumé qtje nous ferons des débats appellera sur- 
tout Inattention sur- les faits intéressants -quî' s'y sbnt 
»r0duitfe»vi / ■ i .' ' ' ^• 

Le pr^mieF soin de Meigrekest d^e cncrcher ^on . 

. adver$aii^e sous le masque; Glaumalis dt^ Vez let a été . 
vite TèGon nu pour GuilJauiîie.... « Je dirois bien \eT^ 



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GRXMMAIRK FRANÇAIS^. 



dcmoiirant si je vouloK • Son AR.o..n'éehappe pas à 
, Moigcet : ^ *3e ne puis croiro-, quejqne jeUncsse-qu il 
allégué, qirime telle œuvre que la sieqrt(î no rcqucre** 
• > %ieii pour le moins l'âge- de huyt à nèirf ans. » ^— 
L'ironie est^elle assez piquante! Mais bieniôi Meigfet 

-'.i^a changer de langage; les- mois d'ignorant, calom- 

•' ■ • • I.- 

, • niateap, â,ne, sang^lier, docteuf en jargonnérie, médi- 
sant, honteux et de lâche, cœilr, se présenteront sous 
sa pi Urne, et il les écrira sans h'ésiteF.^PaiUvre Guil- 
laume ! . \. ♦ - ^ r 

• Mais reprenons les poiots eh litige. . - 

Des Autels fait d'abord Aielques concessi'bp's;, c'é^t 
lai preuve d'un esprit droit : V J'ay, dit-il , naturelle- 
ment en recommandatiofr ceux qui , par gentilëssjB 

' et habilité d*esprit s'efforcent de^ trouver quelques), 
choses profifablô». Par^quoy je loue l^nvention, tant 
sbit-clle maigre, 6u,'cbmme vous dites par dinlinutif, 

' maifjfeitf, de ceux qui nous veulent faire écrire' comme' 
' nous. prononçons, pourvu que la prononciation fust 
bonne et non vicieuse.*Et voila en quoy je serois bien 
d'accord avec eulx.' »^eigret/, semble-t-il , va battre 
des mains. Point du tout, on croirait à l'entendre qu'il 
né veut Des Autejssni pour aûii ni pQur enhemi. Avec- 
quelle a^rrogîïnce aussi accipte-t-il la déclaration si 

.sage de son rival! « Il me semble, Guillaume, que je 

l'ai assez souvent dit , ajWant davantage qu'ainsi que 

i'usâgedè la prononciation françôise changera, que 

jy -recritjiré dçvra faire le semblable, àttei\(Ju .qu'elle 

n'estSué son image.... Ce -n'est pas d'aujourd'huy,, 

Messieurs les Guillaumistes , ^M'on dit qu'il faut 



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^ r L. HEIGRET B^ G. DIS ACTELR. 119 

ecpre cotTime on proi^once*.. Or passons outre,» 
^- Des Autels reprend : a Cela premis '(P^-^'^'i je 
.viens à la.qiiestion de rorthograplie, qui est de ce que 
.nbstrc prononciation né s'accorde pas avec l'escrip- ' 
. ture.i. Ils veulent reiglerTescripture selon la pronon-* 
ciatiion , et il sembleroit plus convenant reigler la pro- . 
nonciation selon Pescripture, pburce que la pronon- 
ciation^ usurpée de tout le peuple auquel le plus grand 
nombre est des- ioîots et indoctesvest plus facile à 
corrompre que l'Jîfjcripture propre aux gens sçavants.» 

Revenant alars sut* le vice de supej-flnHé que Meigrct 

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atfouvé dans l'emploi de certaines lettres, il déclare 

qufi « il n'y a point de vice en l'escripture, mais qu« 
plùstostjl y tn a en la prononciation en ces Vocables 
[ teste ^ besjte, monsife,, veu mesmement que les autres 
langues vulgaires , italienne et espaignole , pronon- 
cent r«. » J;^ 

— « Voyez icy, s'écrie Meigret, la folle et auda^ 
cieuse bêtise, de ce Guillaume, voulant corrom{)re le 
vif. pour satisfaire à la poUrtrâitureî » 11 loue, ceux 
qui veulent mettre récriture d'accord avec la pronon- . 
cîation , si la prpnonciation est bonne; mais iNa soin 
de la trouver mauvaise, parce qu'efle n'est pas con- 
forme à récriture! il veut qu'on se règle sur l'écriturei 
pour prononcer : mais « à quelles armes a il conquis 
cette authorîté"? » et ne sait-ij î)as que les anciens li- 
vrés ont été impuissants à çmpôcher les changements 
de la prononciation ? Nécessité est de cuivre 1u loi du 
plus fort, sage ou fou; or, le peuple est le plus fort : 
donc il est faux le système de Guillaume. Il parjç des 



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(;«4MMAIRE FRANÇAISE. 



ItâKens etdes Espagnol: t Vous verrez que cet ha'- 
bilc Guillaume" nous mettra au rang des perroquets ]..:- 

. Comjne qi^oy donc es.- tu si bebelé cl si courroucé de 
'dire, contre l'usage de la langue fra^içoise, que nous 
devons prononcer ^^A^^Jt bcsie , parce que l'italien et 

' respâgnol le fait ainsi en prononçant s? Je m'emer- 

*vejiJïiLMlue tu li'asdit r<?«/fl; car de quelle raison excu- 
' seras-tu le IVAfiçois poUr avoir tourné .n en e, en le 

' blâmjint d^ttv^iF tu s? Vous voyeftldnc icy lajnalice 
de ce Ciuillaume. » ^. >_ V _ . 

< .£)cs Aulels avait dii aussi que la langue fran- 
çaise l'emportait sur toute autre jmr la d#uceur delà ' 
prononciation, « pour laquelle observer, ajoutait-ilj il 
vaut mieux prononcer tout co qui est escript. •, 

— 4 Par ce moyen, Tepond M eigret, Messieurs les 
.courtisans et tous autres qui font profession de bien 
parler, auront dorénavant à prononcer escriprcy re- 
cepveur^ doïbvçnL, exioieiily ciilx et infiniz autres vo- 
cables... Mais aussi, pourra dire quelqu'un, pourquoi 
n'aura il avec ses. savants un jargon (1 ) pr^re, vu que 
les cagnardiers'(2j s'en forgent bien un à leurjiûslc?- 




(1) L*jai'f?on c'est Taî^ot des «rcbis|]pp<'its du grand Coësre; quoi 
qu'en d»«« M. Kr. Michel, Etudes de philologie comparée sur Paryot, 

. (1 Tol. ïn-t". Pari?, Didot, JH;»«) nous croyons que jaruon est dérivé do 
jars, raàle de certains animaux, d'où parv et garçon. Le jars ou jargon 
serait le parier mate, celui des vrais hommes, de| hommes par eicei- 
lence, c'est-à-dir^ des voleurs qui remploient. — Qui croirait que Mé- 
'uage dérive jnrjfon- de barbar\r,us, baricus, taricut,,garats, gargus?.... 

[2) Les -Cagnardiert, di>nl M. ¥r. Michel n'a pas admis le nom dans 
> ses Études de .philologie sur Vargot, étaient des confrères des Cagnus, 

des Marcandiers, des Riffo^és, de» Callots, dts Coquillards ei autres 

' 'sueux- Pasqulcr, Mv. VIII, des RecAerches de là Fronce, chap. xlii, parle 

dos truants, pontonniers , coquins, gueux de Costière, et enfin des Ca- 



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t. MEIGRET ET G. DES ÀUTEI.S. 



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Je ne débats, pas, continue Mcigret , qu'il ne'jargone 
avec ses jargoneux tel langage qu'il le Voudra forger, 
ftiàis qti'il nous laisse entre nous,, simples gens, user 
de la langue qui nous est jà fort usitée. » En outre,, 
si Ton suivait l'avis de Des Autels, il arriverait ou 
que escripre ne timerait piis avec J/rr, ou que propre 
rimeroit avec mor^ et rrtrc avec7//)rr. 
. -Exagërafion^de part et d'autre! Ne serait-il pas 
possible d'accorder les deux systèmes rcn établissant" 
que l'on écrira en. respectant, comme les kavants, les 
consonnes étymologiques dans l'écriture, et en pro- 
nonçant comme veut l'usage? Sans doute Meigrot s'y 
refusera, parée qu'il veut qtie Técrilure soit l'image 
fidèie de la,prononçiatioiT,vet ï)es Autels parce qu'il 
cnteniique la. prononciation soit l'image de l'écriture; 
mais ces deux opinions ont leurs excès qu'il faut cvi- 
ter, et notre moyen terme est le seul qui passe eiitre 
les deux écueils sans^s'y perdre; malheureusement il 
ne s'est alors trouvé personne pour le proposer, et la 

guerre continua. Poursuivons. ' - . 

Des Au%|s a vu un danger dans la diiïér-encé qui 



ghardiers. « Quant au iriot de tofinard, 'dit-il, cola dospsnd d'une his- 
toire dont ju pui» Ciitru léuioin. I>e tuiU qu'en ma ^runiie jcuiKsj^e, ces" 
fainéants avoicnt ncréustunié au temp« d'esté de se venfr l«i^cr ^ous ik^ 
ponts de Paris, wirçons et fjarces jie*le mrsle : et Dieu srait (juel nionajie- 
ilà fuisoient ensendHe ! Tant y a qu'il me souvient qu'autresfois, par ery 
public eiïïané du Presvosl de Paris^'il leur fut delTt-ndu, sur peinéide* 
fouet de plus y hanter; et comme queliiues uns fussent désobéissant^, 
j'en vey foueter potir un coup |)lus d'une douzaine sons les me»;me» ponts, 
depuis Itquol temps ils en oublièrent le rhethin. Ce lieu étoil appelle le 
Catg/iord, et ceux qui le frequentoient Caij/nart/icrs, parpe que tout ainsi 
que les canards ils vou&icnt leur denieure A l'eau: • - '• 



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JÎ2 GHAMMAIRB FRANÇAS»^. 

atteindrait Tc^criture d'un mênrîc mot selon qu'il se- 
tait suivi d'une voyelle ou d'une consonne, car si Ton 
écrit Aie devant r/V, on écrira ei\! devant aime : il ne 
comprc/iidra plus.— Tant pis pour lui, reprend Mei- 
gret; et^ïl passe outre. »' 

■ •Guiilaalîie'alorsfi'échaufl'Q.: « et eneoise plus facile* 
mont/dit^il ,' je les croirois si se contentoient d'ac- 
corder l'escripture à la prononciation ; mais pour se 
monstrcr plus'^ingenicux , ils cherchent des nouvelles 
diphttîongues, et des nouveaulx caractères, et de nou- 
velles quantités à leur plaisir, d'autres belles triquc- 
dondeines. Pour faire au, ils escrivent ao, ils vont 
pmprunter j/ des Grecs, duquel on se passe bien; 
bref, ils font rage, il n'y a que pour eux... » ; 

T^tMoi^sieur maistre Guillaume, reprend Meigret, si 
vous n'avez le cerveau bien troublé d'opiniastreté, tous 
trouverez qu'jen introduisant la diphthongue ao (i), 
je neHtajs qu'accorder l'écriture à la prononciation ; et 
pourtant, cessez de braire. » Plus loin, il remarque 
que Des Autels a fait usage de^l'apostrophe, et qu'il a 
marqué d'un accent Ve masculin : en prenant Papos- 
trophe, il donne raison à Meigret qui l'a ou croit l'a- 
voir le premier introduite ; en prenant l'é aigu qui a un 



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V^ (1) Il e»t certain qu'en Anjou Toit prônf>nc« de la ch<ior,<j'ai chaod, 
ehcraox, en appuyant sur l'a et glissant léijôrcment sur To qui ne s'en- 
tend gut^replui» qu'un e muet.— Dans le Bafon dè'Fanftte, d'Auliigné 
note .|»ar <*(>tte alliance de ï'ao un 8on na»al particulier au dialecte poi- 
tevin, mai*» qui n'a rien de commun avec l'^io de l'an^e^in dans les 
exemples rite, et autres semMables^ Cf. If s Aventuret du baron de Fx- 
nesîe, édit. Mérimée, Paris, Jannet, 1855 {Ribliothfque elxépir.) pp. XX. 

^ 138 et sulT.' V 



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L. MEIGRET ET «1. DES AL' TELS. 



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autre son que IV muet, il ajùgoe utile, une disHnction 
que Meiïïjret avaii juj^ée nécessaire : cfaecord avec lui 
sur te besoin de distinguer les deux sous, il^dilTère 
sur l'application: qu'importe au système? LeqUfjl' a 
lort des deux? « Au demeurant, j'ogtbiiois ton auda- ' 
cieUvSe calomnie, dont tu me <;tiarge6, qn ce que lu 
disque j'emprunte l'// des Grecs , comme si \q Fran- 
çois n5\tpyjïïême n'en eussent jamais usé? Ou as-lu 
tiouvé ecPitui'e françoise, tant soit-elle ancienne, qui 
n'en soit garftie? » 

Le débat passe alors du grave au doux, du sévèn 
au plaisaat. « Je ne tiens pas grand compte, avait di 
Des Autels, de vos plurlers, singuliers, car leseofans 
s en moquent. -r-Entens, Guillaume, dit alors Mcigr'et,j 
que je ne trouve pas étrange que cet âge là, ineai/able 
de raison, le fasse, espérant au demeurant l'amen- 
dement de ton opinion si, par succession de ytemps,," 
Dieu te fait tant de grâce qu'en te dépouillant de ton 
■£n|fance, il te mené à quelque âge docile et suscep 
tible de raison. » ; 

Puis vient la querelle du c dur devant t.oiites les 
voyelles, comme on l'avait en latin, smon Meigret : 
grossière erreur, selon Des Autels, qui/oublie que Ci- 
céron a fait une équivoque de cocce eyquwiiu'; puis la 
raillerie, reparaît : e Ils me font rire', dit Des Autels, . 
quand ils disent qu'ils tiennent notr>c long silence pour 
un tacite consentement. • Meigrety prenant la l)al|e au 
bond , confesse qu'il ne rit point/et tiue cette attaque 
l'égayé peu; puis, s' adressant à D^s Autels: iJevoudrbis . 
toutefois,, lui dit-il, que pour ton.^|k)ncur et pour mon ro» , 



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, poslu lie .In fus<so$-rais aurànj; (le ces (lodaigncurî*, et 
que tu m* Ju«ses[)6infvoiui au roiiibatcciurpi'dc raisons^ 
.coiirmo.mie gVoiionille de pliniics! » Api\'-- (pioi il- le 
Ira Ue encore urmdngic, iticapabkî de rai.stj/< , bç-ite 
. '' .sauva;i;tî'Ct crirelje sous figure d'homme, » et termine . 
• sa réponse au, fac|um de sou'advcrsairc par ces mots : 
t Si (rtuillaui'ïie ou autre se veut plus adresser à moi, 
• touchant cet art, pour me cbiitredirc', qu'il avise de 
donner vt\'emcnl à ce premier fort que jamais homme 
: . de^ bon .sens- n'assaudr-ii, autrcincnt je le lairay parler 
tout sghI, comme qui n'a aucun principe. — A t.N skul ' 

' EfilL' IK)NMïi.K KI*(.L0I«E. » ■ ^ . * ^ 

> ; Des Autels, jeune et ardent, ne se linC pas pour •• 
'battu ;a:pmparaisoii, di,tle proverbô, n'est pas raismi; . 
injure encore moins, et l'injure occupai*, la . place - 
' * 'Td'iiônneur dans la réponse de Meigretï' Son aOversaiçe 
reprit dond; la plume:; mais celte fois, sans dire beau- • 
• coiip plus, il se crut obligé d'èlre plus long et;dèTaire 
volume. Sa Hrptique aux furieuses lirfenses de' Louis ^ , 
iVe/^rt't (Lyon, J. de^ Tournés et G", Gaze^iu), ache- • ' 
' vée dès le 20 août 1560, et publiée l'année suivante, 
" n'occupe pas. moins de 75 pages Irès-corhpacles, 

Le jeune critiq^ie,— il avait, dit-i-llui-n^ême, vingt- *.. 
' 'deux ans , -^ a sm* ♦leigret un avantage notable : "son 

. style est alerte, parfois»«pi rituel,, autant qu'est lourd et • 
, , jlédant cBlui de son rjval. S'ildit des gros nrôts, jl les en-^ ^ 
- velQ^'pè, mais il lui eii échappe peu, et jamais iN'a^^^^^ - 
jusqu'à la grossière insolence de Meigret-': aussi le 
lit-on avec plafsir^II avait « bien d'autrçs choses à '*^ 
fa^rçet de plus grande importçtnce qBc'fceci ! »' Pour- 






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,;T ' •'* * ' L. MEJf.nET ETr,/bFS Al.TEIH. ;' | Jr, 

* quoi' (fonc cniro-l il on lice? C'est que MtMgret hii- 
nrèinc Py a forcé : • Je «c soi\s sinon appelle, je lie 

. passe, oullrc sinon mené, et onco^C n g'béi-je point, 
,. siiKm'Iiél't contraint.'» . ■ ^ - 

* « • Kntrant en iTpalièrc, Jr s'imprcssc de déclarer qu'if 
. i^iorc f qui ost ce Mei-ret . tyji l'a attaqiié. Au.^si 

c'est niôîiKS riiomrne qui sera un (question que ".^cs' 
frincipes : H>,.Qr prie-je toiL« mes Iccje.urs "^e ne. pen- - 
se-r qilo je mette la m.'un.à Ta pliînio ppiir Vc'spohdre h 
' li'lJos li^^dfnerJe;? : car |é n'g^cri que? pour déclarer 

• : Jéclai-r^cirVmpn-opistre précitée et mise puli-emon-gré 
- i;u. lumière..; Vay est que là.oîî il sçrâ besoin, je par- 

Icray u ce Meigret , àfrn qu'en oyarlt dire mal île soy, 
*s il perde une parjie du grand plaisir qu'il, ha prifis à 

dire mal d'autruy. • ■ -' t * , \ . 

•^TQut cela, n'est pas sérieux.^Çn ne-peu4 toni,rgrand 

compte aussi ni'desou apologie du ^lom de Guillaume 

altaqué "par Jleigret, qui semble /aire .illusjon au" 

r.uillaumole Poiisifdes Amadis, ni sur sa théorie d'.une . 

langue irançaisê corilempdrainc do la langue latine, 
^ OH l'on aucait dit paw^ ./).,>«, quaQd- celle-ci disait 

p(mis,Pçùs;mms il est intcressant.de lè^ suivre qeraud' ^ 
t jj;^Iû'me te mauvais langage de la Cour.et de se demdn- 
. der àvecjui ,- t. d'où sont venus ces mots il feset , i['\ 
^ dh'cl et Jik- rime que l'on .appelle tMjm voque de cères ' 

avec serbi* 11)? Pburquoy.ha on laissé le mot régulier 

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. ,n - Il y a dç clr«j sortes de /imesijà - premUT-é, t)lus fxriH<!nte pt ' 
. moins ufiiléj^^ur éstre la plius dilllnlel est Vequnoquc, qufest lori^qu'un 
•mot de d«ux,^lrois on quatre gyliabï's rime et sjînbaHise à la lin il'uu 



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136 (.MA^yiAIIR FIANÇAIHK. 

etuzitédc mjne pour dire mV;' Pourquoy quelque 
(tamc voulaîU bien coiiliclair^ la courlisanne à ren- 
trée (Iccest vvér dira (|u'il fait' /m.... Voulons-nous 
endurer ccllr tant démesurée Micer^ce?... Hastons, 

]iaslons-nouH d'y ujettre ordre. ».^ / ^. ' 

• Les courtisans qui |)arlentr d'une façon aujourd'liui 
'parlaient d'.UHe autre hier, et changeront demain ; de- 
plus, i ïa Cpur est un^monstrc de plusieurs- testes et 
con-^ociucmmcut- du plusieurs langues et plusieurs 
voi;5t. » — Uevra-t-on di)nc modifier l'écriture aussi 
souvent (ju'pn. y altère Klr'^pronOnciation ? «Ce n'est 
donc pas lait de bbn sens dfep^mettre à nostre 
liingue;ç(itle licencedc ee côrrompfce ainsi de jour en 
jour, et sortir /du vray ehemih" d© j^aisbn pour se 
fw'ùrvoyér pai" les sentiers de Tabus. r; ^ ■ 

Cela cst*très-jus(è; et Ton. arfliè » voir le jeune ' 
écrivain,'souleîjant une thèse si raisonnable, donnera 
son langage l'autorité, qui manque aux grossières in- 
vectives de Meigret , et s'appliquer à éviter le ptus 
possible les fautes de son adversaire^: « Il y a, dit-il 
à ce sujet, deux genres de brocars, l'un frattc, cjvil, 
ingeni(3ux , 'clegÉ^nt et facelieOx, ■. je ne qualifierais 
pas autrement Sa crjlique ^ — « l'autre servile, im- . 
portun, scurfilé, petulajit et oùtrageux: » — c'est celui 
de Mèigr-et.- , . ^ , ' , 



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vers ayrc- un autre ver» 



« K\ : md \anW rt attente, pas sage et pas- . 
«ag)-. «'tr.^ • l.a iM'concli' '.M la rimt* appeltée richo .. » ^L'Aft poét. de 
P. Dt'lauduo DaFgalicrs, p. ;W-io.) ~ Cf. Quicjjéràt, Yersif. franc., 1860, 
pp. W2-:Mi!>,fii sur les it^ots en oi rimant avec4e son ai, même ouvrage)^ 
pp. 33»-3à4. •' .. ' 



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W JL. MKIliltKT UtT,. Dfi<i Al'TKLH. ' fiS 

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Bientôt Des Autels le prwjd corps à corps ; ce (|u'il 
(lit de l't', de l'apostrophe et d!es diphtlronguci^ mérite, 
surtout" d'être remarqué. V * • 

. Jh'la lettre E. — « Tu n'ignores pas, Mergret, que '. 
/ nostre e ha trois .diverses puissances", selcTn Rono 
.desquelles tu 16 nomme^ ' ouv^ri et luy donues un.. 

j creçhut ; selon rj^utrc, Hm Tappelles ' vIoh ; éelon la 
tierce, dont tu Ce tais eh ton prolo{^'ue ,"}\ est commu- 

, , '- nement.appeJJé/tmçMiM, et à ce dernier, comme il me ^ 
', semble, si Ton ne se veiilt fier a la discrétion du leç-. " 

. Icin-, vcià q'i'il est inconnu aux aàtres langues, tu - 
p-ôis plutost donner une noie de 'dirterencc qu'à 
Tjautre, quç la langue latine, selon la prononciation , 
iresefnte de tout le iponde» sans le ^iveCàiifiur, .pro^ 
énonce comme nous, lorsqu'il est joint à une-àutre-' . 
congonante que w où ii \ la fin d'une diction, comme . 
en ces mots hœc, meL per, e*/ regarde ce mot Cercs 
où, sans note diverse / nul ne fait ^iflicuité à discerner 
les sons du premier et second e, Toùtesfois je °ne 
trouva point de danger qu;il soit diversifié; mais il 
n^e serQbleroit meilleur.de l'appeler diphthongue im- 
propre, comme les Grecs en ont quelques-unes, et de • 
luy mettre un petit point dessouz, que le crocheter 
ainsi que tu fais, et^ sans raison ny exemple , Jappe- ■ . 
1er è ouvert. — Quant au tiers, ce nom de femenin. 
m ha tousjours semblé impertinent, et pour ce j'ay 
accoutumé de Pappeller imparfait , pourçe qu'il ne 
semble avoir queJe demy son de IV', voire estre quasi 
une consonante... Je ne parle point de l'autre e qu'on 
appelle masculin et croy que c'est celuy que tu ap- 



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pelle clos, nycle^.T crçstc,'rr do In<^nçllc j'use 
purvant la'wutume, comme des autre? abus de' récri- 
liu-e*, ii«ii par i^isori, vcii que ce trail' e:*l la note. •' 
J'un ocrent" ai;;u qui ne convient pas partout cù nous' 
le iiiollons^ ■ ^ ' - 

Mélarif^e de vérité et d'erreurs, au moins relative- 
ment à noirs, ce passage e^t curienx parce qu'il mon- 
•..tJT sur le point en question l'incertitude des savants.^ 
/ • Ce que Des Autels dit ensuite de l'apostrophe a fixé 
l'usaj^e, et Td emporté sur les règles beaucoup plus 
larges de- Mci^^ret. 

De Vajwstrophc*. • Puisque tu demandes un registre 
des môlJ^-que je veux apostropher, jeté réponds que - 
i'usage des savants, devant que tu te meslasses de 
reformer te monde, y avoit bien pourvu, en lamettanl . 
seulement lorsque do doux mots nous ne faisonsqu'un, 
co;nme.auv^inpose7 de deux^ntiers, tel qiiccestuy : 
• CÔ/ifr'f/m/V, titre d'im élégant petit œuvre de Chailes 
Fonteine (1 , on quand les monosyllables terminez* de 
IV imparfait, connne 7/1/% iic^ Icy se, etc., rencontrent 
quelques voyelles; aucunes fois, il avi^nt aux mono- 
syllabes parfaits devant les voyelles, comme l'a, en 
Vame^ ma en m amie qX en l'antique rn'mw<';.vr en 
yi7, et aujires semblables. Les poètes en lîsent aux dic- 
iionî? féminines adjcctiveç, comme //ran^r pour 7/flwci^. 
Voila, monsieur le scribe. Te, registre de mes apostro- 



(1) la Contr^amir de Court (Parii», Adam Suulnier. ).'>Ci,'ln 8»,, iCfl 
i!(' r«'i»0(i>c il VAmir de (ouït, lU la Uonlcni, ft h la l'arfaicte Amie pa|v, ; 

,Ant Ht'rwt. Os trois ou\ rai:i'« oui viy plusieurs Uni réinuHrimcs ensemble' ,|; 

. dans Uivtiâ rfout'il^. ■ . - . ' , "i";i 'V; 

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L. nWMIT RT U.. ttlK ACTRLti. 



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phcs (1) ' qui n-est ppint fondé sur voz nouvelles re»ve- 
ries, mais sur Ta bonne et ferme raison avec J* usage des 
d(tc tes gens.... Que si nous apostrophqns toutes telles 
diction?, devanilesr voyelles, et n'en Vouk)ns de deux 
faire qu'une, :serjt-ce pas un beau mot que cestuiî 
vuidamoiseC amdùreui lionesC enco*\\mence or' un 
cstrang* entrepris' admirablement?, et autres* encore 
plus longs, car nous e;) pourrions faire qui dureroient 
autantque le chemin de Paris à Orléans. • 

On se rappelle que Meigret voulait remplacer par ao 
la dipthongueiitf. Des Autels part de là pour passer en 
revue divers autres groupés de voyelles -^r lesquelles 
il'expose ses idées, autant, on le croirait parfois, pour 
inquiéter Meigret, malgré ses protestations, que dans 
l'intérêt des v^s principes. Voici ce passage : 

Des diphth^ùes» — t Jamais tu ne me fis bonne 
preuve que hpus n'ayons pas la djphthongue ou, et 
encore ne répons tu pas à. ce que j'en disois, 'c'est 
assavoir que flous l'avons dos Latins qui la prononçpient 
enautcM comme nous faisons en niis«i. .Aussi triom- 
phes-tu de dire que les diphlhongues gardent toujours 
en une syllabe le propre et entier son de deux voyelles 
conjôiotcs ; et sont encore plus gaillards tes^CîTem pics 
de payant et rayai. ,.. Je te dy donc — et ici commence, 
avec l'exagération, l'erreur de dès Autels '■^. je te dy 
donc qu'il /n'y ha point de d|[)hthongue en ces mots 






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[> ; (I) Vq^., dans l4^^^|^ir#de r«rrt/^/'ranç. de M. Quicherat, édit citée, 

l 'i. «une loog^ite mj^ d«f |wlft où l'on remarque l'emploi de l'apo.atrophev p. ;(0S <■ 






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ayante payanti^roynl et /of^a/, mais seuiemont une con- 
traclion, qui encore ne se ^it là où tu prends la 
diphUïqngue, mais en la syllabe suivante, carçn-fli/oni, 
a «si une syllabe qX ijàni (l ) une autre par contraction 
de deux. Que si tu rio peux si losl comprendre cela, je 
te le ferai connoislre à tes ye'ix mieux. Regarde iqjie^ 
Ti/et Te se joignent jen ces deux^inots yeux et mieux.:. 
Si tu mt presses de ^^en donner un de i'^i et de l'a, 
comme est nostro^quéstion,. tu n'as point de plus 
familier eiempleque rfil>6%,aoqu€fl je te renvoyé...... 

» ,Au dorrteurant, pour montrer la.bestise de ccst 
ecervelé, <în ce qu'il dit que l^tme et l'autre voyéHe 
garde sa 'puissance entière, je rie 'me yeux ayder . 
d'autres exemples q^pleâsiôrts, pour, ce pendant qu'il 
combat contre son ombr^ luy couper le gosier de son . . 
glaive. Je luy demanue spa diplithongue fiançoise euy 
en ces mots jeM et /«^m galrdele sonenlieu^derM}' Jelny^r 
demande ouest le son, iKjJn entier, mais demy eu encore 
moins, db 1 a en la diplithongue de sa n ou ve I Ip forge- 
ao? ouest le son de Fi au prctelit kidicàtif d'at'oir, 
qu'il escrit par la diphthoDg^d? Une faut donc pas 
■ que kîs' voyelles .gardent aux diplithongues Aeur sop ' 
. propre et entier, mais bien qu'elles servent toutes fleux, 
soit enieurson propre ou^en un autre vpisin, à faute de 



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(1) Ce passage montre assci la prononciation 4e ayant, payant, qni 
s'est tonstTvé dans^'lc wuUv de la j-rance et en Anjou, tlii pK-arUié, on 
dit goy/iU \u>ur giliHe (dirnso d*- yvôle , et If colosse d'osier qu'on pro- 
mène daiiâ k8 rues de Douai ami le Hom de Gayan,, à Tepoque de la 
Ducale, n'eht autre que le Géant, pri» abftolumait. Cf. Efteaiier. Kt- 
mArque^ur le patois, A vol. Id-8*, 1856, P' 22 ; dans ces derniers. moU, 
çayolU, {payant, le soD de a pour ai ou <' e^t bien caractéristique. CL p. 91 ■ 



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^ \ »■ ■«lytT rr ti. BIS Al'TiLf. ^ ISi 

.lettres pluaicjoinés (convenables)... Parquoy je rtesuis' 
pus d'avis de- laisser la diphlhongue mi, commune à 

.nous et aux Latins en mesme sojuiui luy est propre, 
pour en recevoir une nouvelle et inusitée qui enco>e 
trompe les yeux, suivant le rlgdreui examen ^■ 

foreiHe. j^ ^ '. 

.... • Nous n'avons plus Meigret et moy, dit> enfin 
lies Autels, à d(''battre que le c, le g et le 7, oivje mwn- 
/(.iensnoslre usage estrte bon, qùoy qu'il api>orte du con- 
Itraire de l'usage inceWain des anciens Romains, car * 
nostré règle françoise est seure, certaine etèans exccf^ 
li*)iH T[ue le c et lé <7 devant Va et l'i sont prononcez 
se^on la furce que leur nom mesme nous fait entendre. * 
^ , Nous ne pouvons le suivre dans/la longuedfscussion 
où ^1 entre à propos de textes de Quintilien et de Cicé> • 
rorf^ et, ^pVès avoir indiqué tette grande' quQStio 1 du ^ 
c dur et du 7 ou ffu, cau^^e au seizième siècle de tant 
de colères, nou^a^andonnons Des Autels au momchl 
où lui-môme, vainqiîç^r de Meigret, aborde, d^ris^a • 
iacile causerie, l'éloge de la poésie etcies poëtèé. 
sujet charmant, qui n'est pas le<nôtre. ;^ - 

Meigret avï^it menacé Des Autels de ne pas lui répon- 
dre; mais à la vue du second /actum de son ennemi, 
la colère l'emporté et il oublie sa résolution. En quel- " 
quesmois, en quelques jours peut-être, il improvise ' 
une défense nouvelle, qui parut dès la même année. 
Son in.4' de 95 pages étouira-t-ifle* modeste in-12 de 
Des Autels? Non, sans doute'; mais celui-ci, persistant 
dans son rôle de sage modération, s'abstint de pro- 



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longer la qircreUe en insiï^lant davantage; il laissa 

maître du terrain son adversî|iirè, ei celui-éi n'eut plinr 

... ^ . 

à lutter que cùnlre ses amis. 

lieponse de Lmib Mrjtiret à ta désespérée réplique de 

daumalhdc Vezelet irnnsforwi'enÇmlhumedes Autels, 

5 tel est le titre du liK'H»? qu'if fit paraître chez Chrestien 
•Wcchel,, son imprimeur ordinaire. 

Lepr^emier soin de Meij>ret est de crier à Tinsulte 
et à lu calomnie. Kt de quelle façon il le fait! C'est çn 
injuriant so'n adversaire pendant vingt pages, sans 
interruption, et plusieurs fois à chaque page , de. son 
livre. Trist€ langagci'que celui de la halle pour soute- 
nir des points de lin{];uistifjue! Le seizième siècle en 
' abusa. Pour nous, nous avons hâte, on le conçoit, 
de franchir ce bourbier, pour arriver à la discussion 

J.des [ oints attaqués par Des Autels. , 

• « t:e gentil philosophe, dit \kigret, en la recherche 
de e me propose que je n'ignore pas que noire e a Crois 

• diverses puissances : si fais, Guillaume, car je n'en 
tpeuve en notre langage que deux...^, qui sont l'e clos' 
et Te ouvert. Mais, en tant que concerne la quantité 
ncusen |)ourrons assigner quatre, qui sont Te clos long 
comme celui &c tfonté, c/<a«(^re,:j^autre bref comme 
fume, bonk... De même aussi avons-nous réouvert long, 
comme il est en la terniinalede tous les pluriersesquels 
ifsc rencontre, c^ihme honnei^^yVallets, étant au con- 
traire bref en leurs srnguliers, comme bonnet, v(jtlet, • 

• - En pareille matuTe , il est diflicile de procéder 
autrement que par des anirniaCions ; en^^ême temps 
que les deu? rivaux se contredisent, on^eut, de ce 



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L. MliUKIT'RT r.. DES AtTBLff. 



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qu'ils constatent Turt et ratitrê, tirer desxoncluîrions 
^ , semhlubk'S : à sâyoiç d'iirie'part que les dilTtrents .^ons 
. de r^' étaient alors ce (jju'ils sont uiaiiitenant, et d'autre, 
part qu'on. ne s'entendait pai sur la maniùre de les" 
noter ou.de les noinmei^. • ; 

■ . — « Au rej,'ard de ce que lu femerveillcs des innu- 
incrables apostro|>lies que l'écriture requprroit..., 
trouves-tu. pFus malaisé Ô6 sotiffrir les apostrophes en 
l'iicriture qu'en la pplation»? Vous verrez que lavuc 
^ se rojcmit plustest de la superfluilé des lettres que ne 

fait IVuie de» voix superflues. • ♦ 

■■.'•■./■•. ' .' ' ■• 

Meigret i^ui s/ùit son adversaire pas à pas, ligne à 
ligne, ne pardonne pas à Des Autels d'avoir attaqué sa 
théorie des diphthongues; au surfont, qu'il écrit oo, 
ToccUlpe beaucoup-: • Le plus opiniâtre sourdaud du 
monde pe saurait nier qu'il n'oye (entende) en qosi 
V (aussi) un « puis un o'quiluy est conjoint en .une 
mènjè syllabe... Puis il dit qii'én ce mot aijant, a est 
linefyllabe et ^a»»/ une autre, par contraction de deux: 
' de sorte que Guillaume veut donc dire que ny/mt dût 
être trisyllabique , mais que par contraction il est 
rendu dissyllabique. Je m'émerveille delatfestise de ce* 
"sot, qui, sans occasion d'inconvénient, a voulu, tant 
seulement pour contredire, proposer qu'en ayant la 
diphthongue ay n'y est pas, sans avoir eu égard à la 
source de ce participe qui vient du verbe ay, as, a,- 
selon rancienne prononciation , ainsi que l'écriture 
mesme nous le témoigne. Et combien qu'aujourd'huy 
on die aussi bien* j'i? que j'ci/ pour fay, si ne trouvera 
1 on pas quajamais les PrttîTçois ayent abusé en l'ecri- 



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134' gbamka||b pkakçaiki. 

ture de ladiphlbongue ai pour,ur><f closet long, al par 
consi^quervce on proijouçoit aij commt? il ést'ecrit. Au 
deinourUnt, pauvre sot et niais, ne poiivoi34i| aussi 
bien rosver la.figurc de contraclfon sur ai quesur yani?» 
^ousne prolii)ugerons pas plasiongtemps le résumé 
de cette discussio^i ; on en voit la forme et la portée, et 
.certes si nous avons danné à Meigret les éloges qu'il 
méritait pour avoir le premier tenté d'écrire, une gram- 
/ maire française en français et rompu avec les kàdi- 
tions latines, nous ne pouvons constater sans tes déplût ' 
^ rer la grossièreté i)rutalc aveclaquelle il a soutenu 
ses propres idées, et le caractère absolu d'un système 
■ exagéré, et impraticable dans ses excès. 

s fe~- L«ii« catrc Mdcrct «t lacqacs PclltUtr. 

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Nous n'avons pu séparer les deux atîSqqes de Des 

Autels des deux réponses qu'y fit Meigret; mais entre 

Iles deux, Meigret reçut l'assisfance d'un ami, médecin^ 

- pbéte et mathématicien, déjà connu alors par ses vérà 

'et sa traduction de l'Art poétique d'Horaée, et qui, peu 

' (i'amiéefi après, pu Wia un Art poétique fiançoi».' Homme 

à système comme Meigret, Pelletier respectait les idéeâ 

contraires aux sienneg; prompt à lancer les projets de 

réforme, on ne voit pas qu'il les ait sautenu's avec des 

armes trop acérées. Plus hardi que Meigret, mais plus 

mQdéré dans l'expression, introduisant les nouveau^a 

% non pi^ trçp hardiiueut, mais doucement, ^. il ne se 

mêla p^ seulement de corriger l'orthogrs^phe, il osa 

pofier i^iteÏRte ^if fdnd mém de la iangiie; (Mpsi le 

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'voit-on, dans son*art poétique franrois, récianier, avec 
lossuperlatifs^/mwJ/v.vmjé», be\mmc{\ \ les 'comparatifs 
(frnhdieur et hclieUrj formels à l'imitajion des. Latins; 
làf (encore, il érige en [Principe la compo<^ition des mots 
Tomme « Atlas ;)or/ef/W, l'àir portenuè , l'Aqwjlonpor- 
U'frnvU » et autres compositions artificielles; il pro- . 
po^e, pour enrichir la langue, de puiser à pleines mains 
jlans les patois: «Je po'éte pourra apporter de mon 
conseil, mots picards, normands et autres quisonisoys 
la couronne: fout est fr'ançoiipuisquihont du pays du 
/?«»/-/» Excellente raison I 

& SonApotogie à Louh Meigrêt Lhnnois, daté* de jan- 
vier^iSM), ne parut que l'annéQ suivante. Le principe 
d'une réforme orthographique qui ferait concorder la » 
prononciation et Torthographe, fut accepté de Pelletier 
dèsTabord, et il fut longtemps, semble-t-ih, seul dé son 
parti: « Quand tu mis premièrement en lumière, dit-il 
.\ Meigret,°ton invention de reformWrorthographe, 
moi étant pour lors secrétaire de Monseigneur l' Eveserué 
du Mans, M" René du Bellay, je fu^ celui qui Jouai uni- 
quelment ton entreprise, et fus..tres-aise eïï moi d-avoir 
trouvé un homme de pareBle afîection h. la mienne en 
unechosenon moins favorable que nouvelle. Car afin 
que je confesse ma pusillanimité^ je n'avois encore été 
si hardi de publier ma fantaisie : tant pour craiiite que 
j'avjoi^d'eslre p^ustost moqué qu'autorisé, qu'ausëi pour 



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iSC . URAMMAIRK FRAiSÇAISE. 

estre lors sujet au vouloir et plaisir de mondit seigneur : 
auquel toutefois 'me faisois assez souvent reprendre de 
ma mode d'écrire, sans jamais la lui pouvoir faire trou- 
ver bonne. » — Aveu naïf, qui marque assez bien -• 
l'opinion des gens du monde au sujet des tentatives 
des réforniateurs. Un projet paraissait; un ou deux 
savants étaient seuls aie remarquer et à le combattre ; 
mai* pour le reste dqs lecteurs il passait inaperçu, et ces . 
efforts isolés et malencontreux restaient toujours sans 
résultat. N()ms ne voyons pas que Meigret, Pelletier 
ou Bamus aient fait école en cette manière et se soient 
connu un seul disciple. 

Jacques Pelletier.cependant, avons-nous dit, s'était 
posé en partisan de Meigrel; à chaque page de son 
livre oa^trouve un ^loge ou une formule polie; mais 
cette urbani,lé, P^lletier la mettait au service de cri- 
tiques sérieuses, et non d'approbations bàrîldes. 
> < £n premier lieu, lui dit-il, chacun entend assez . 
que nous visons tous deux à unblanc, qui est de rap- f' 
porter récriture à la prolation; c'est notre but, c'est 
notre point, c'est notre fin ; somme, c'est notre univer- • 
sel accord. Mais... premièrement, il es| tout certain 
qu^il y a en notre langue et pour parler hardiment en 
toutes langues vulgaires, une manière de sons qui ne 
se sauroient exprimer par aucun assembleroent lii aide 
de lettres latines ou grecques. » 

Après une observation si sage, condamnation sans 
répliquede tous les systèmes qui veulent s^ibslituer une 
convention à uiie autre, on s'explique assez peu que*^ 
PèlJQtier accepte le système de Meigret, ou qu'il élève à 



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L. MBiaRET ET J. PELLETIER. 



137 



coté un système rival. Cependant il persiste, et après, 
"tvèir remarqué que les prétendus abus signalés par, 
.Meigret dans remploi djes le'ttres latines sont devenus 
nçjcéssaires pour représenter des sons nouveaux jncon- 
nus aux Latins, comme celui de Vi et du v qui, toujours ^ 
voyelles chez eux, sont devenus consonnes cliez nous, 
comtne aussi celui de // mpuî'llés qu'ils n'avaient pas, 
il déclare qu'il se bornera à changer les signes seule- 
ment où changent les sons; ainsi, comme, dans.yi/te, 
les deux /conservent leur son propre, il les y laisse; 
mais, comme dans bataille^ les deux // de l'écriture vul*- 
gaire ont un son particulier, il les remplace par ///(!): 
a Ce sont les mo^s, Louis Meigret, qui méritent reforma- 
tion, ^n pas ceux, qui s'écrivent d'une sorte' qui est 
toujours semblable à soi et qui jamiais ne-se dément. • ^ 

On sp rappelle, pour ce dernier exemple, que. Mei- 
gret avait représenté //mouillés par deux /dont lesecond 
était barré : tous^eux soût d'accord sur la nécessité de 
la réforme: pourqooi-ëonc diffèrent-ils dans Texécu- 
tion ? Nous Pavons dit; là où une convention doit être ' 
remplacée par une autre, td^hanfip est vaste aux pix)* 
jets, et," l*amour-propre aidant^ chacun.émet le sien; 
autant et mieux valait la première façou d'éqire, par 
cela^eulx[ue l'usage l'avait consacrée. ' . i 

_Jelletier reproche ensuite- à Meigret d'avoir voulu re- '' I 
tirer au<7 le son adoiici, quoiqu'il luF passe l'emploi du 
j, tout abusif qu'il est. Ainsi, lui qui voulait deux formes 



[i) Lh pour représenter. le son de II mouillés (ilhrille), et nh pour qne 
^.(monkiy9«) Bo.n|^ encore aujourd'hui des notations portugaises. 



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pour/ pur et pouf /mouilla pcnpct'ahî^ le son faible et 
le son fort: singulièro inTrrîîst'quencc-! et la raison? 
C'rst- « la peur (|Me j'ai que n'en soyons .avouez. » 
F<pôrait-il clone que le langai^e, en même temps qu'il se 
réserverait de persévérer dans de prétendus abus,, 
accepterait la réforme sur d'autres? ' - 

Respectant ki double son du gr, Pc'letier se voit 
obligéde consctvor l'Mqui suit ce*/, qu'î^iKi'il alesondur, 
ds^vunl e, i, eu; on conçois qu'ensuite il^Jaisse aussi )'« 
api:<4 le 7, « L'ar qui la vit jamais en ecritt^re du monde 
qu'elle ne, fut accom^iagnéo d'u? » Comment s'expli- 
quer ici cet\;»ppel à l'usage, *quand ailleurs Pelletier' 
le combat si vivement? 

De là Pelletier passe à l'examen desdiphthongues : 
Meigret a voulu, op se le rappelle, remplacer au, par 
ao : mais, lui. dit avec raison P^lfetier, comme Des 
Autels, cl|3ngement pour changement, • il t'eût autant 
valu mettrg.un osimpief» — (Juantà ladiphthongue 
eu : « di-moi donc, je te prie, Meigret, qui te pourra 
consentir que Tori doive prononcer cu^, hurtep&ru tout 
nud, au lieu de queue et lieurtc par dfphthongue (ly ? » 
Le son de l'o, fort indécis dans Meigret ^2), qui prétend 

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(ifftien'dpply», vague, de plus indéterminé que ia pronondation de 
M, eu, 0, ou au mo^^n âge «-t eniorc au xv* gièt-l»*. Noua ne pouvons* 
mieux faire, au i4eu de dutitiçr d'innumlirablea exemples de celle confu- 
-uion, que de renvoyer au TràiHé Me versificalmH françoise de M. yui- 
çheral. pp. 3S4 359. — Cf. ObxenaMrti'tUc,.. de MénnKe, t. I, p. 291. 
324. ,481. — Glossaire picard, par PatiJié C«»rltlet,.p.,ç^i;ji. — sux là con- 
fusion de eu et ou en partit uliiT, Cf. Quirherat, oav. cit«, px 3({4r36â. 

[ij Sur la confusioa des sons o m ou, CA. Quieh^rat, Traité d»%ériif. 
franc., pp. a6î-3«4; Ménage, Obterrations, !. Cpp. I&T-IW, 411-413 ^ 



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139 



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. - . - ' > «BIGIBT Br J. PEL-ljBTIKR. 

qu'on prononce /roMp.(tnop) ai voleur (couleurXvjrest 
pas moins vivoment discuté dans ce passage curieux : 
> « Qui .(accordera qu'il faille prononcer par o simple 
ces niots bun&^ comodey comi^^omt, home, lumcury pour 
bonne\ conUnode, connu , commet homme ^ hénnt'ur?^]^i 
qui pis. çèt, qui t'accordera qu'on doive pronoRcer 
troupe noiarest coûte, cloiUf nous anciens }^ar diphthoiï 
gue%u/ au lieu de twp, nôtres, çdte^los, et nos anciens 
par o/siinple?^Ai; contraire, à qui as-tu ouï dire co/É-wr, 
doU'Ur par te même o simple que tu appelle o ouvert? 
J'ai pri^ garde quelquefois à cela, e't.ainrouvé que c'est 
le yicè de certains pays, comme dç la Gaule Narbon.- 
noise, Lionnoisejet <3e quelques endroits de l'Aquitaine ' 
oîi ils disent: tehaUtboi^ un huii overt, Ùu vin rofj.e, au 
contraire un iïwut\ unechouse, et (A?^ pourreaus,,. Je te 

' prie, Meïgret, niépoqsons pomt si' àffectueusemefit la 
prolatiiDn de nos pays. » Quoijque lui-même soit d'ùjié 

.-province où le langage soit fort vicieûjf, persuadé qu'il • 
est que.* n'j' a endroit où l'on parle pur françois fors 
là-où est la Cour, » il s'y' est volontiers jeté, dit-il, et 
il a. eu souvent occasioTi de hanter les courtisans; 
« màié, certes, ajoute-|-il, de tous ceux-là, f je n'en ouï 

-Njamaisunquiprônonçastlesmotsainsifiue tu les^crits.» . 

C'est/Jàencore "ne reiwarque foH judicieuse ; Àiais 

oublie-t-il donc que'Meigret, qui demeurait à Paris, au 

bout du petit .Pont (1), et qui avait été. assidu à la 



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— Vau&el». Remartiûet sur la long, franç.,*<éd\i. ^61», [t. 24f». - clost. 
du centre de la trance, p. HJ ; =— Glossaire picard de^Corhlet^p. 133, 
f>t 184, etc., etc. / " 

• t) Deuiiéme factum'^e des AuUli . . ? 



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GRAXMAIie FIIA,NÇAl!tI. 



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. c6urde Trançois I (1), pouvait irivoquor la'mémeauto- 
, Vile? Tous deux jj^ut appel \ la prononcialwii de la 
Cour: auquel croiiu? Il c>l fùcbeux que. nous n'ayons 
pasiti le ci)i nrùk ik ^il^siAulels. couinic nous lavons' 
po'uî U.di$tussîàrf-fçlali veji. I c ; . su^nee point,,J^elUil icr 
est d'accord ."ivec Dca Aulels et reconnaît.ayec lui, non 
. deux sortes d'e seulement, comme Meigrct, mais troi$ 
espèces dont 4e niot d /ère (de défénr) lui fournit un. 
^ exemple. Toutefois, ici Des Aulels ne modiQc en» rien 
récriture, et Pelletier s'accorde avec Melgret ^iour 
noter le son de l'e ouvert par un é? â cédille dotU les 
"manjiscrils mêmes .du .moyen figp avaient consacré 
Remploi pour écrire l'ir*' Geoffroy Jory, dès 1509, s'en ' 
était servi dans I^vîs aii lecteur de son édition du 
\ Cosmoçfrnphia PU 11 (inipr. par R. Estienne),,pou^ di?^^ 
tinguer l'é* pfcnultième de^ewif re, 3" personncpluriellc du 
parfait^ de l'infinitif £m€re ; Érasme e4ifm en regar- ■ 
dait le son comme analogue à celui ^eJ'r, des Grecs. , 
Sàné recourir à césjgné. les'^odernes ont avec raison 
jugé nécessaire d;jî distinguer,, à l'aidé d'accents diffé- 
rents pour Vê fi«né et 1'^ ouvert, les ti-ois sons de Ve 
signalés par Des Autels et Pelletier.- " '" ■. 

Ici s'arrête TApMogie de Jacques Pelletier ou plutôt . 
•sa réfutation dé Meigret. San,8 égard pour la politesse 
de son adversaire, qurveut rester son ami eii défendant 
la vérité, Meigret lui répondit avec aigreur, mais hW; 
reusei|îent cette fois, enquelques pages seulement. Ce 
qu'il reproche surtout à son contradicteur, c'est «a tîmi^ 



Vi 



(K) Rréfacc de sa traduction du Mfntcur, de Lacien. 












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l. MEIGRET RT i. PRLi.ETIRli. .- 141 

di((5; t Je'suLs d'avis^ lui dit-il, que :qui a^j)eur des 
feuilles ne'voise (n'aille) point au bois. » . ' 

Reprenant ensuilo uncàuNe les objections de Pelle- 
tier, il remarque, non sansraisôn. que la cause de leur 
désaccord vient souvent -de la double prononciatioa 
qui atteint un môme mot, ceUxci disant recouvre^ ceux- 
lïl re( œuvre (1 j ; parfois aUssi, usant d'un procédé com- 
inode, Meigret" rejette sur ses imprimeurs dés. fautet 
qui ne peuvent (Hre imputées qu'à lui seul; eïjfm il nie 
qu'tl'.y ait dans il défère {de déférer) plus de (deux sor- 
ties d'r, le premier et le dernier ayant up iJiême son: 
, alTiTnlpr n'est pas prouver,, ^ / 

Les autres points de'sa rcpbrtse ontJélé déjà .traités 
'ailleurs et ne nous* apprennent rien de nouveau: aussi 
u'yifeviendrons-nou^ pas.- . ' > 

; Que devint enti-e les mains de Meigret ce système 
qu'il soutenait Jiv^c tant d'ard^*"!*/ \sbijs s*occuper, 
disait il, s'il serait oii non suivi? Bientôt lui^mémiç fut 
force de rabandonner, non saris regret, par T'impossibi- ' 
lilé ou il se vit ji^ trouver un imprimeur. Cest ce qu'il 
nous a pprcnd dans la préfaceae son Oisœars tuiichant la 
créaiiun du momie, publié.à Haris chez André VVeohçl 
en 155/i : « Au demeurant, dit-il, si le butiment de 
Tescripture vous sctnblc autre cl différent de la doc- 
trine qu'auircfoys je mis eu ayant, bla(Mez-én Timpri- 
mcûr (jui a préféré son. gain^à#a raison : espertîntle 



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i Cf. Ti-dt'fsu», p. 138, texte et* rvolp?.. 



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GlinAIII r]llANÇAI8l.< 

Taire beaucoup plus grant et avoir plus prompte depcs- 
• che de sa eacographie que de mon oj;lhographie. A |a 
yérilé aussi fa plus grand part des hommes est d!une 
légèreté autnnt volontaire et facile aux fraiz et depcn^ 
SCS pour le c'bnlcnlement de ses plaisirs, quoyque dorai 
sonnubie, qu'elle est par une impatience ennT>mic et 
dédaigneuse, d'une repuiçnance tant équitable et juste 
qu'on voudra es thoses qu'elle tient pour, bonnes et 
sufîisanics. A cesle cause, je laisse le choix à Timpri- 
mour de telle cscriplurc que bon luy Rembléra, me 
délibérant pour l'advcnjr de le squlTrir tousjours de 
mesme et de prcsque„dire en bon courtisan avec Perse: 

. Pcr lue iquidcm sint omnia protinus alla. ■ 

■ . ■ ■ ' .'^ '-■ ■ - ' ■ ■ ■ -r '.' ' 

Abandonné par son auteur, qui suivit'encoré l'or- 
thopraphe usuelle on 1557 dans sa traduction du traité 
d'Albert Durer sur li's proportions du corps humain-, le- 
système, on le conçoit, ne fut repris par personne. Mai*' 
"comment l'ipsuccùs de Mqij^ret n'a-i-il pas arrêté les. 
autres réformateurs ? . - . r r 



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JACQUES pelletier; 



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I)ialogv(' (!(' Korthograft^ e prononciacioii franrot^sc^ 

'[);iTll^an deujî liurt^s; par Jaqui^s PeMtier du Mans. 
— A J^yon, parJan de Tournes. W.D.LV, 

La date de ce livre peut à bon droit nous surpfen- 
(ii4. Depuis un an d<^j«'^ Mfigret était- rentré dans la. 
\oio commune, quand Jacques Pelletier pnbiia son 
Dinlnfjue de Cçrllwtjrnplie et profionciçttiori françoise; 
sans essayer des réformes aussi radicales, il y lit 
cependant des tentatives hardies auxquelles manqua, 
comme toujours, le succès qui seul pouvait lesjusti- 
fier. Les cent pages qui forment ce yolumc, joignent 
rexpmple au précepte^, et sont écrites dans le système 
de l'auteur inguâen dominerons plus loin un exi^mple. 

Premier livre. Pelletier a pris la forme du dia- 
''^a^J*^^'"^ introduit dans son livre Jan Mai-tin , 
J^nis Sauvage, Théodore de Beze et lui-même, aux- 
quels vient se joindre assez souvent le seigneur Dau- 
ron ; tout un hiver, « ils firent la tàbte » enâemble, 
animant letfrs repas de graves et sérieuses discqssions 
soutenues di-jns un jangage d'une grâce exquise. 
, Un jour quéles quatre amis étaient réunis^-je pris, clit 
Pelletier « par manière de contenance', un livre de ses 
OEuvres poétiques f et lue mis à lire dedans par ci par 



... %. 



144 



• « 



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uiammaiii rtA?«ç4iiir.. 

ià. Et en tournant les feuillets, je changeois quelque- . 
fois (le grâce,.* — Incontinant le seigneur de Beze en 
souriant: —J'entends bien, dit-il, que c'est qui f^it 
mal au t-cignopr I*clleticr. Et ep se tournant vers moi : 
Voiis •ouv plaignez, dit il, que les compositeurs de 
rimprimofift n'ont pas vdutu complaire à votre manière 
d'orthographe. Mais il me stimble qu'ils vous ont fait 
. grand t)laiFir, car il y a bcaq^ôup de lecteurs^! eus- 
sent différé a lire votre livre, s'il eust été écrit à votre 
mode, par ce que cefa les eust gardez d'entendre plu- 
sieurs passagrs.» ^ Pelletier pense en effet ■ que 
quand on apporte quelque livre à son impjrimeur, le 
moins de gracicih^lé qu'il puissfe faire e^t de suivre 
A la minute /l«î celui qui l'a fait et qui le lui donne ;..'. 
mais, ajoute-4i^il, j'eusse pensé que votre opinion eust 
cté tout au contraire' que, si l'on eust imprimé selon 
nionjnieinion, cela eust e)é cause que maints hommes 
de lois] r et curieux de' TioimwAtfiz se fussent amusez 
aie lire^ plus, pour l'écriture que pour la substance 
du 5ujet. » 

Alo^ s'élève entre Théodore de Bèze et "T^èiletier 
, une discussion qiii bientôt, sur i!|i proposition de 4an 
Ma<;fin, devint générale. 

f Cors Jan Martin : Ce n'est pas mçtl avisé, dil-il, 
maimcnant que nous sommes bonne compagnie (Dau- 
ron était survenu) , laquelle peul-estre ne se trouvera" 
de longtemps si .à propos, que nous débattons un peu 
les points qui. sont en controverse touchant npire écri- 
ture, laquelle , sans point de doute , est Uo peu mal 
réglée. » ■, v - : • ', .' 



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, . JAryi KH l'Kl.l.lTIKH. . 145 

D'un commun acco» (J , on ^ibordo ic^ujet ; cic Bcze, 
(\m le prcmitn- prend la paroï<^ parle avec un admi- 
rable bon sens, et, dùlenseur de l'usage, il réprouve 
1rs innovations qui le contrarieraient sans utilité, ma 
non sans danger (!. Xous ne pouvons mieux faire que 
do reproduire cet excellent morceau ;• nous l'abré 
çerons peu. 

«• Ceux qui entreprennent de- corriger notre ortlio 
j^raphe, dit-il, ne tendent ;\ autre lin (ju'à rapporter 
l'cîcriture ii la prolation, et par ce moyen iljj tâchent -4 
en ester la superfluité et abusion qu'ils disent y éstre. 
lit en Refaisant, if faut que ce qu'ils veulent faire 
soit en faveur des François, ou ^ des étrangers, ou 
. bien peut-estrc de tous deux. 

' S'ils le font en faveur des François , il m'est avis 
qu'ils ne leur font pas si grand plaisir comme ils pen- 
HMit ; car les François^ pour estre de si longterops ac- 
coutumez^ assurez et confirmez en la mode d'écrire 
(|u'ils tiennent de présent,., se trouveront tous ébahis, . 
< l penserèint qu'on se veuille moquer d'eux, de la leur 
\ouloir ester ainsi à coup ; et non sans raison... Telle- 
ment qu'au lieu de les gratifier, vous les,mettre« en 
peine de desapprendre une chose qu'ils trouvent bonne 
et aiséte pour apprendre une fach* use, longue et diflii- 
• ile... Comme par exemple, combien de Fjrançois se 
trouveront-ils, lesquels de présent, ^chant trop 1)ien^ 
(lucc'e* que ces mois estre, tempeslCy hoste, naistre^ 




/l ; Nous pri'scntterons plus tard une analy»e et des extrait? d'un Traité * 
'<im[»o»« pair Ttu'odorc de Bèze sur \h prononciation de la lant^uo fran- 
• ar->('. On y retroiiTora beaucoup des IdiVs qui lui sont prêtées ici: ji^X 



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qui ne saurohl que ce sera quand ils •liront être, tem- 
pete^ iunrc ei liule?... (Juand ils yërronl veus, deus, . 
saas .pour veulx f deulx, sauU) non-seulement pur « 
à la lin , au lieu de s ou x, mais aussi sans / précé- 
dent, que penscfont-ils^quc ce soit? Tantost Ils le» <^ 
preiulr-jut [xJur mots étrangers et nouveaux, tantost ils 
preiidrunl une sigiiilication pour une, autre"', ou bien 
^ronl lu lellrum V^^ur la \oyelle ii , connue pour deus, 
veuSf «a«5, ils liront deiis^ vins^ sans: car c|iacun sait 
bien (jue la lellre vulgaire" des l'rançois, qu'ils appel- 
aient lettre courante , ne lait point de dislinctioh de la 
vuvelle u avec la consonnantcNi , qui est de fermer; 
.Tune par bas, et l'autre par ^laut, ce que les François 
n'ont loisir é observer en écrivant couramment (1). n 
A l'égard des étrangers , ils.apprendront plus faci- 
lement notrO langue; si nous lui laissons* le^^i^onsonnes 
étymologiques qui .en niontreiit la rapport avec le la- ' 
tm : u Comme ce mol temps, en y mettant un», on 
entend tout soudain qu'il vient de temi)uSr et parce 
moyen on voit ce' qu'il signifie', item a(/i'ocaf/ en y< 
laissant un d on l'ait connoitre«qu'il vient de àdvocaïui, » - 
— De Bèzc remaniue ensuite Ibrt justement qu'en 
aucune 'langue les caractères ne représentent les sons 
autrement qu'en vêi-tu d'une convention : • Pouf les 

rendre*, nous empruntons rroffice d'une lettre, non . 

* ■ , . ■ ■ ,. . 

pour démontrer le naturel^ delà voix, mais l'ombre 

seulement.* 
Citons fes autres inotifs qu'il donne j)Our conserver 



-j \(i>. h' » hafuJtre de Thetniure de B#Ee 



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' . JAr(jrR« PRI.IRJfllll. . ^ ,141 

l'orthographe de son temps; le premier est asseï 
•étrange; quant aux /autres, inaintenalit même que 
l'oHhbgr^he est changée, iioUs sommes forcés d'en 
v^ppfbuver le principe : • 
' • Outre cela, (jyi douteirpi^if n'y ait nori-setilément 
en françois, njftia aussi "en toutes langues vulgaires, 
plusieurs Ici très qui: u!,y sont ap|)rfeiiri«ii pour-y servir, 
ni pour ce qu'elles y "soient nér essai res, mais seule- 
ment pour y donner grjlce ( \ ) ? Ainsi que sont en notre 
(J-^çoMi. quasi foutes les lettres doubles, comme en 

mois fd//e, chasse^ tiesscy^mtollr^ atietidrp, nller^ 

}ter et autres , là où la lettre ne s entend point 

le? Car, nous ne. prononçons aucune lettre double 

^ançois, fors r, comme, en r^r/v, 'pierre, arriV^'r^*, et 
fe» semblables (2). ^ . ' ^ . , 

* • Les autres se mettent pour rapporter les aérivatifs 
aux. primitifs, comme en ces mots (/eserire, dr^cription, 
là où, combien que la lettre s ne se prononce pcrint au 
premier, si (cependant) est-elle nécessaire en tous deux, 
pour montrer que l'un et l'autre appartiennent à mesme 
chose et sont de mesme nature, origine et signification. 
Autaht^-il de OÇS mots lemjis, Irmftorrt, là où, pour 
4a nsèmfH^n, le p est néce*»saire en tous deux, com- 
bien qirillKl 86 prononce point au premier. Autant de 
.ia4e%t^é en ces hiots eonirac't ei *innirarter ; de Ja 
lettre m, en ces oiots nom et nommer , et assez d'au- 
tres. - ' ' " * 




2) Voy le chaftltré 4e Théodore de Bèze. 



P- 



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14» ► r.iAUMAiin? FiAHAtsr. 

• Aucunes lettres s'écrivent aussi pour proportion^ 

neries noms pluriers avec leurs singuliers /comme 

en ces noms/at(/s, nàifxy chevaulx^ noms^ draps, /aie tz, 

là ou, coipbiien que les lettres d, /, /, m, p, et ne se 

,fâsseni point ouïr» toutesfois elled y servent pour 

rrtontrer qu'ilz viennent des singuliers laidf m'if, cher- 
rai, nom y drapy faicii , >' - 

• Outre cela, on met aucunosfois des lettres pour 
signifier la. différence des mots, comme sont compté cl 
■comle, desquelz le premier appartient à tionobi^, et 
l'autre èî seigneurie. Item croix et crois ., de^qusIÉJjl. 
premier vient de crux latin, et Pautrè est la 

..personne du verbe croire ; ifeçi ffraceei gratté^ 
et »/r/'*/e, et plusieurs autres... ' .M 

» Souvent aussi on laisse les lettres, encore qu^cdl 
ne se prononcent^ppint, pounla reveren.ee deâ langue»? 
doiit les mots sont tirez,..». 

» Une autre raison qui me sembje bien à propioe, 
nst que récriture doit toujours avoir je ne sais quoi- 
(Je plus elabourc e,$ plù?i acoutré que la prolalion , qui 
sa perd incontinent. .IlTaut qu'il. y ait quelque diffé-^* 
Kcnce entre la manière d'écrire des gens doctes et dès 
^emi mécaniques'; car seroit-ce raison â*iinitdr le vul-* 
gaire qui mettra aussilost un'^ pour un I (/)^ etu| c 
pour un « comme un mot pour un autre? Eati^rti*-' 
son qu'un artisali qui né saura que lire et écrire,. 
encore assez mal , encore assez maladroit, et qui n'en 
entèid ni les raisons- ni la congruité, soit estimé aussi 
bien écrire conime nous qui l'avons par étude, par ^ 
'réglé et par exercice?... S'il se faisoit ainsi , il fau- 




V 



î-;' . ■ * 



; 



JAC^^IkS PltLRTIM. 149 

droit dire qu'il suffit d'écrire de tclkî jsotIc qu'on le 
puisse lire.» 

Comparant ensuite notre langue aux autres, l'aîu- 
leur prêté à Théod. de Bèze des remarques fort justes 
sur les nombreuses manières -jâlont un même son, est 
cxpHmé dans des idiomes différents : « Si nous voulions 
iii)ir et conforpier l'écriture de toutes les langues, il 
ne lïous seroit non pfus possible que d'accorder les 
l'nœurs et natures des nMions ensemble. Outre cela,. . . . 
cljacun s'est avisé d'écrire sa langue à sa mode; ri . 
sulïït que tous ceux du pays en soient cônsentans: 
tellement que si Ton nous reprend de notre manière 
d'.ccrire, nous le reprendrons de la sienne ; car quelle j 
apparence y a il qu'en^ Italie ils écrivent tagliata par 
(jli non plus que le françois taillée piar ill , sinon que 
les Italiens sont d'accord par entr'eux de leur écri- 
ture , et les François par entr'eux de la leur? » 

Après avoir mofitré combien il serait fâcheux de 
supprimer urte consonne qui rappelle la composition 
d'un mot, parce qu'elle ne se prononce pas, je trouve 
cette page remarquable pour un temps où les études 
philologiques étaient si peu avancées : 

i( Et à ce propos , quelle apparence y *mroit-ii 
d'oster !'« de ces mots ires beau, très hqiUy très nou- 
veau, '\k où elle ne se prononce point, plustost que de 
1res humble t très affable, très illustre, vu que lia syl- 
labe ires est pareille en toutesles dictions ? 

» Mesmes, en notre langue, nous prononçons et ecri- 
vons diversement en beaucoup d'endroits, là où les • 
plus subtilz reformateurs du monde. ne sauroient don- 



^ 



:«-■ 



ISO jbHAjniAlilK KHAHAItili. 

ner ordre , <^omme quand nous, ftcfivons vif, mtf, 
iiiai.<jy par /final, combien que. nous hes prononçons 
par M consonnes ainsi (lu'on connaît on proiionraul 
ces mots : homme iC esprit miif, invmiij éi résolu il). Kl 
toutefois., d'y- mettre un n vi ce seroil chose trop nou- 
velle et absurde, parce que la com^onne u ; r) u'a point 
cette application à U fin du mot, do icur qu'on tic la 
prenne aussi tost pour vovclleque pour consonne 2). Par 
ainsi, il nous e^nécosf^aîre d'emprunter la puissance, 
de la lettre y, comme la plus voisine et propi'e à co- 
que bous voulons exprimor. Nous écrivons second ei 
secret par c, et toutefois flous les prononçons par </^3% . 
Nous mettons un (/ en la dernicpe syllabe de ces mots 
quand, grand, chaud, hazard, et si etcependant i y son- 
nons un ( (h i : joint qu'il y a raison d'y laisser le </, parce 
que lesniots augmentez qui en descendent lé retiennent, 
comme grande^ chaude, hazardemc. Nous prononçons 
firèfje ferè, et bref toutes les premicrcs personnes 
du futur indicatif, par la vovelle^*? en la dern-jere; 
mais dé h y nfiétlre, ce seroir^n changeniient qui 
troubleroit un des bons'ehdroits de toute notre langue : 



^, ^^ 






ri) Voy. le chapitre de Théodore de Bè7.e. 

(2) NiHiA voyons ici le secret d'une Torme picarde aitsex fréqutente. L« 
terminaison i/ dans le patois picard c«t ritnplacc par tu : poussif, potum.' 

(3) Ménage, Observations sur la langue franc. , i. H, p. 301 et sui'v., 

demande qu'on ét-rive *eguHd, segnt, k oau.He de la prononciation. 'Quant 

■>k l'étymologie, « Ceux qui ne savent. point le latin ne peuvent être ch</: 

;«quez de cette ortho^^raphe , ne Hachant pas qu'il ;y a uo e dans te latin 

d'où CCS |Dot« vieifuent. Et ceux qui »avcMt le latin ne peuvent pas aussi 
e?tre choquez de ceUe manière d'orthograplner, lé changement du cen y 
estant très ordinaire et très naturelle. » 
(♦) Voy. ei-de«sou8 le chapitre de Théodore de Bèia, 



V 



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V 



JArgtSS rEULETIER. 






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car la régularité nmtfr conriTWanrfe de garder To erv 
toutes les pcrsonnoi (du sin(^u|ipr). ^. ' 

» Nous prononçons yrmk cnUj^^ ptudièl , et toutes 
trcrces personnes de l'imparfait indicAtif vonaîit des 
infinitifs on »>r, et toutefois nous écrivons pnV)i(,w«- , 
(tioit : T)fi nous est permis d'en user autrement, cîw ce 
soroit faire tort .^#^n^a^e-.à la dediirtion et k I*intp1li<|^ 
gence des mots. Kt mesme aujourd'hui .sVn trouvent 
qui s*estiment griritls courtisans et^ibien parFans, qui 
vous diront : jV;//r.v, je fesês, itrOreL il irpt; toutefois 
-si c'est bien" dît j,„ qu'ils v pensent: 'je ne .suis i(!i ni 
contre eux, ni pour eôx : mai)/ tant y a qnô je' saj 
bienqu'il n'y a celui d'eux qui n'escr'we : fallohy- je 
frjhnîs^ il dirait, il irnit ^\^. „^ 

f » D'autre part, nousecrivonS'/o/,Jor, mol , col .pr^l , ■ 
et toutefois nbusprononçons/oh> sfjw, mnu^ cou, pou (2); 

* ■ • »' ■■■■.'■ 

Vrai est que nous disons quelquefois /o/, ainsi qu'il est 
écrit qjuand il s'ehsuifune voyelle; et quant aux autres, 
nous n'oserions les écrire autrement, tant pour garder 
Tetymolo^ie que parce que les feraenins de tels noms 
sont en o//c, con\n\e folle, molle. 

n Souvent' aussi nous prononçons des lettres qui ne 
Vecrivent point, comme quand nous (limmd dine (i, 
ira tipei escTÏwonsjtine il ^ ira »V, et seroit c^ose ridicule 
si nous les écrivions sejon qu*ils se prononç^ent(â). ■ .* 



cnvipi 



^(1-2}' Voy. plus loin le chapitre de Tljpf)do.re d«' Bèr.e. . 
' (3VNo8 troisièmes personnes du pliirifl sont toute!» termieée? par ;in I, 
qui ne se prononce pas devant les consonni-s, mai.» qui kt: proiit-nce do>ant 
les voyelle». Aux troisi«''mes persoiuies du Blnçuller, tal>t«)t nous av(tn«r 
le 1(11 finit)^ UntAt nous ne l'avons pas (il aime, il finira, qu'il rrçnite). 
Pour la prononciation, peu importe devant les consonnet^ ; mais éKarés par 






V . 



X ^. 



V 



m 



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7 



L 



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Th. de JJèz'c, continuant t;on exposition , rcimirquc 

' ensuite que Vs àau^'iioktf ^ pmiu, temjmic^ «adonne a cou- 

, noi^re (fuc les syffabes .sont plus longjues que celles de , ' 

trovipcuey patte, hoUc{i)y* et au,^i que « .les ilernièpes 

letiKcs de tous les mots ne sonnent point lors^elle du 

dernkîr » : deux raisons cpii exigent d'abonj que T*- 

soit maintenu dans les vocables iju'il cite, ctcnsuite que 

les consonnes finales soient^ conservées dans leSf mots 

mêmes où elles ne sont pas prononcées, parce qu'elles 

peuverïïl?rètre si ceS/tt)ots deviennent les derniers d'une 

phrase. Que dire du trouble qu'on jettera dans l'éty- 

mologie? «Si vous ostçz \e pd(X corps, comn^ent 

/pensera Ion qu'il Viegne<îe corpus.* — Si vous écrivez ' 

pii' et nœu sans rf, Comment jugera Ion qu'ils viennent 

l'un, de pes<,pedh, et l'autre de «ot/wi? Si voifS pstez le 7 

ÙQloiug, comment entendra lon'qu'jl viegne dé lomfè '.* 

'. » Et outre cela encore, le renom , la conversation , ^ 

l'alliance et, qui n'est à. omettre, ta trafique qu'ont 
^là t'rancois av€c toutes" nations rendent la langue 
. non seulement désirable, mais encore nécessaire à 



t\ 



1.1 pensée do» voyellcu qui pcuvrnt suivre, lr« fjrammairipns sont tombas, 
par suite dp reUo préoccupât ion, dans de» erreurs difTértntes. UuIkjIs écrit : 
xl iMt, ilaiin*! (e muet)«ûtaDten \màeaimet-U (aime-t-il)et ùehat-il 
(a-^t-ii; que pour rester fidèle aux furmés ia^nes. Meigret n'admet pas i« 
t au sinculicr, mais au plurieloù la prononciation cependant est la même, 
du moios pour nous,, (il aime, ils aiment), il tennino la troisième pcr- 
*i»nne par un t il' aimet). L'usage au tçmps , contrarié et par Dubois cl 
par Meigret, est celui que tibus suivons encore. Seulement , quand be- 
soin est. nous introduisons un i euphftniqne q-til, aime-t-il. — Cf., 
. pp. W», 87 . — Et,^ çi-dessqùs, le chapitre de Tliéoilore de Bèïc. 

(1) Cf. p. 5j : ■ Dans bestç , estre, etc., iblon Meigret , V$ ne sfcrt qu'à 
indiquer lai prononciation, • c'ekt-à^lire la lupgueur de la eyUtbcv^ Voy. 
aussi , plus loin , le chapitre dé Théodore de Bèje. ; 



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JAC^tliti l'ELLKTIK». ., ~ 153 

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tous peuples. On sait qu'au pays d'Artois et de Flan- 
dres ('l), ils tiennent tousjours l'usance de la langue 
et y plaident leurs causes, et y font leurs écritures et 
procédures en françois. En Angleterre (2i, au moin^î 
entre les princes et en leurs cours, ils parlent franrois 
en tous leurs propos. En fispagne, on y parle ordinaire- 
ment françois es lieux les plus (îielebres. En la court 
di! l'Empereiir, on nlusc4)our le plus d'autre langage 
(jiie françois.^Que diray-je de l'Italie, où la langue 
Irancoise est toute eonnmune? Maintenant si on leur 
veut bailler nouvelle écriture, que penseront-ils, sinon 
(lu'on les veuille tromper?... Et puisque je suislombc 
sur le changement, chacun sait qu'entre les François 
la prolalion change de temps en temps. Partant, si 
nous- voulions toujours donner nouvelle écriture à la 
nouvelle prononciation , ce seroit à luus coups à çe- 
commencér : et faudrqit qu'il se troôvast toujours 
queFciu'un qui ii'eust autre'cliarge que d'agencer Tor- 
Ihographe et la publier tout ainsi qu©4es ordonnances 
et les cris de ville. îdais qui pis est^, avant qu'on eust • 
eu le loisir de pensçr à cette inode nouvelle, la pro- 
lation seroit déjà changée. y6iluc5?fiment la grân 
luriosité que nous aurions eue de polir ^Tregler nofrc 
'langue seroit cause de contusion Jel le 'qu*él le pourpoit 
en peu de temps abolir l'usage de la langue etla con- 

(1) Les coutumes d'Artois (I50ft et TiMîl)* et celles de Hatnaut (15.»>, 
sont écrUes en françois. — Jean Bosquet, de Mons, pubUa *s « Klemens 
ou Institutions de la langue françoise » dès f 5^0/^ • 

^2) G{^)riel Neurier, dans la préface de son Traite pour apprendre à 
fmrler français et anglais (l.S<J3\ dit:> Ort parle françois à la cOur d'Aii- 
i;l< lerrc, » — Cf. E.-J.-B. Ralhery, Des relations sociaùs et inteUectuelli:^ 
entre la France et l'Angleterre, Paris, I85fi, p. lOetsiilv. 




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l^lfAMllAlltK KKA^ÇAIHE. 



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vertiren uiie aiitrdqui seroit ineslccdu temps prosent, 
passé et à venir. Notre langue (|ui est aujourd'hui 
(1555) en sa pi us gran'de force et cons^tance, ne peut 
soutrrjr reformafion. Cela se devoit faire il y a vingt ou 
'trente ans, lorsqu'elle coininenrôit à s^avancer. C/étoit 
le temps que personne n'eiist'con,tre((itrparce qu'alors 
on un peu auparavant on trouvoit tôutestlioses bonnes. » 

Se plaçant ensuite au point "de vue des réformateurs 
eux-mêmes, Tli. de B<ze^ dont Pelletier n'alTaib.litja- 
'mais rargumentation en la rapporl;<nl , leur demande 
d'abord^ls ont des relisons suffisantes et invincibles 
pou^abolir. lespiiemiôw^ et présentes coutumes, » et 
ensuite, même si elles sont bonnes, quel est le fonde- 
ment du éll)it qu'ils s'arrogent de réformer la langue, 
^dç luU^ contre l'usage? Qu'ils y songent! qu'est- 
J' usage, « sinon ce qui est approuvé par 

(uimes qui sont les premiers cntje les leurs en toutes 
sortes de disciplines et de pl^losophie, mesme en ad- 
ministration publique, en autorité, faveur et crédit? » 
Qu'est-ce encore sinon un maître souverain dont les 
décisions soç|| inattaquables, soit qu'il réclame l'emploi 
de vom pour lu. à la deuxième ipersonne. du singulier; 
soit qu'il fassiB brève une syllabe qui était longue dans le 
primitif : tel estn, bref danscrecHei/r qui vient de creniar 
où \a est Jongr^it enfin qu'il donne à un nom un 
genre autre que celui du primitf, comme c/ow/etir, qui 
est féminin et vient de doior\ miasculin? ' 

« Tandis que^e seigneur de Beze devisa ainsi, il 
n'y eut celui de nous qui/nerecoutast -fort attentive- 
ment.,.. — Lors dît le seigneMr 3au>age : Je suis 



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JA(:g>L'KS^PEI.I.ETI^. 



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4 opinion , M. do Bcze, que cela que vous avez déduit 
sent bien, ses bonnes raisons.,. '.^ Mais il m'est demeuré 
un douté que j'avois d/'s avant (lué vous eussiez coni- 
,nicncé-, c'est que je m/attendois, et m'atteiuls;Qneore. 
que vous nmis ouvririez quoique nioHio(J(^ par larfucllç 
notre orthographe puisj^e estrê réglée à un point; et' 
m'est avis que c'est l'alTaire leplusdimcije, parce que 
jp .vois que de tous ceux qui* écrivent françois, chacun 
orthographie à sa guise. Je vous prie poursuivre, r/t* 
endroit. .-- De Bqze s'y'refuse; il croit que « é.nn 
homme écrit k sa mode et un autre à la?îonneril perfï"' 
csire que tous deux ont/ leurs raisons et que to.uàkdcux 
ne l'aillent point; . il pense que « quant aux person- 
nages de savoir et d'esprit, ï\ ne leur faut point d'autre 
méthode que celle que l'érudition et le jugement leur 
apporte. > — Pressé alors de s'expliquer sur ce sujet, 
M. Uauron y consentit; mais l'heure avancée força 
de renvoyer au lendemain la suite de la discussion. 



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J?. 



Skcoîvd livre. — Après quelques regrets donnés au 
départ de Tfféodorè de Bèze qui a quitté la France en 
secret^ pendant l'impression de la première partie du 
livre, Pelletier ouvre un second dialogue où nous re- 
trouvons les mêmes interlocuteurs. Mais la conversa- 
tion devient ici gàiérale, et prend par Mla même dès 
allures plus capricieuses.^que n'avait é(é i'argumenta 
tion si serrée de 'rtiéàdore de Bèze, Cèpe _ 
points agités par l'illystre champion de l'usage en fait de 
langue, font passés en reVue par les partisans de la ré^ 
forme orthographique, dont le plus ardent est Dauroni\ 



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I.II4HIAIME f 



A pris ' avoir célébra k di 



pnite de j4 



(ànguc fraii- 



çafee, soti élégance, âdn iuslrc et sa douceur, et avoir\ 
avancé* un peu légèrcjmcnt que • les disciplines elÉ 
sciences sont aujourd'hui tant bieiii éclaircies quMI 
semble n*y falloir plus rien, • Dcy^ron aborde son 
principal sujet, le rapport de l'orthographe à la pro- 
nonciation , par la définition de l'un et de l'autre ; la 
réforme de l'écriture , ajoutc-t-îl , (jue Théodore de 
Bèze regarde comme entreprise en faveur de nos con- 
temporains seuls, français ou étrangers, est surtout 
faite en vue de l'avenir^ Et pense-t-on que Iç lecteur 
contemporain en ait à souffrir? il n'y-est que trop pré- 
paré par les variations d'orthographe qui atteignent 
un même mot, et il sait parfaitement le reconnaître 
iious les trois ou quatre formes diverses dont il est écrit, 
quand une devrait suffire. 

' « \\ n'y a celui en Trance, hormis par aventuralcs 
/ustiques ou idiots, (jui n'entendent assez le langfige vul- 
gaire, soit en J'oyaht parler ou en le lisant, sans se sou- 
cier commentilsoit orthographié,' jcncore qu'il le trouve 
quelquefois ccrii d'une sorte et quelquefois d''une autre. 
Comme quand il trouve écrit en une impre&sionc/^'^roir et 
rere-pyoïr avec ft et p, et oh l'autre \ievo\r et r<?cei'oii pu- 
rement; en l'une //^mrr, en l'autre rfii^/er et en l'autre 
dabter- car il s'écrit en trois ou quatre sortes), il ne 
laisse pas pourtant de savoir que' c'est que les mots 
signifient. Et assez d'autres qui se trouvent en françois 
écrits diversement sont pourtant assez entendus des 
François en toutes sortes, pour&ison de l'accoutu- » 
nîance et quotidien. usage il'iceux^^sime quand *une 



jfc- 



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JACVIES (•KLI.ETim. l'.T 

fliclio» est Uivcrsemenl tirée» si eA-cc qu'on ne l'en- 
fciid pas moins pourtant. Comîiic quand les uns disent 
;jn«'«ni, les autres p^î>tf/îr(l) et encore les autres ;ïe«/ew/, ■ 
si n*y a il celui qui ne sacho bien, sans autre aver- 
. tisscmenl , que c'est la tierce personne plurierc du ' 
verbe je pe^, combien qu'ii n'y ait que l'un des trois 
qui soit le vrai mot (2). Et quand les uns disent n//flj«ioMi, 
les autres ny/mimj.v desquels l'un est régulier ot l'autre 
iiûi), si est-ce que tout le monde sait (|ue c'est à dire..: 
Kt de dire qu'il y on aura qui ne sauront que. ce sera 
(|uttnd ils liront : tele, fête, temjwte sans s, corsf u-ms 
^^îllls;;, et les auircs, il fàudroit qu6 les mots fussent 
mal appliquez et agencez s'il n'y en avoit assez d'autros 
IKirini qui en decouvriésent kl sigiiificalion. • 

Nous voyons ici la question dans son véritable jour; " 
pour la preinièfc fois nous la trouvons posée comme 
die doit l'être. Ce n'est pas une réforme générale que 
(limande Dauron ; c'est l'unifor^nité d'orthographe 
pour un même mot : c'est la rtVj'Ie au lieu de l'anar- 
< hio. Dans ces termes, le projet peut cire accepté, et 
Ir* point à débattre sera? de savoir quelle forme sera 
préférée, là moins chargée de lettres ou la plus "voisîiic 
du rétymologie,trt si « l'intelligence du langage^gist en 



■[',) Sur ces deux formes , voy.^urguy, Grammaire de la langue d'Oil, 
1: rlin., l. Il, I8.VI, |>. 4H. -:- Quant à la troisième furmc, elle s'explique 
i Tt liien , d'abord par l'étymolo^ie , qui tirait le verbe poutoir, partie de 
,!»v«uni, partie «le poUeo {pollet. Il peult, pollent, ils peulini), «a aii>'sî 
|..ir suite de.ranttloiïic qu'ti|(létablbg^it entre rotttot'r et pouroir, il renU , 
<' pcuU: iU veulent, ils peulenif^^ur \'l do i7 peult.'cL p. nu, p. 1:2 

*-t!'.\r». „, . • ■ 

(2) Cf. ci-d^soUs, p. l.'iO. ?îou8 verrons plus loin rctle fornjc constatée 
< t in'ppt^ par Robert Kstienne. 



ir.tt 



GRAMMAIIR FitAliIÇAIftlt. 

un papier ot non pas au parler, en Pecriture etTion paa 
en la prolation , en l'œil et non pas en roreillc... Et - 
avecq cola je demandcrois volontiers, si Icfe mots qui 
sont par écrit sont autres nrigls (iuc'ceux que la lan- 
gue prononce. Co moi mai tn\ quand il est proftrré 
sans *ost-il autre que lui-niônieqùûrtd il est a|yi)liqué 
en l'écriture? » - -, . • 

On le v^l, Dauronfaifun pas' en avant, et par là il 
compromet,, à nos vimix , sa thèse, sinon au point de 
vue de l'usa^tî iiioderne, du moins au point de vue de 
la raison qui ne saurriit trop réclamer^ dans Pintérj&t 
de la \raic signiliçation des'mots, le respect deâ con- 
sonne? ('lymolof^iques, Tlicpdr)ré de Bi'>/.e avait insisté 
.^ur ce point^et l'avait confirmé parl'usagp. Son adver- 
saire n'rlude point la discussion : ' , ,i • 

; Et ici j'ay à répondre à deux points les plus gene- 
niux et (lue M. de. Bcze a allegmiz pour les i>lus forts ; 
! "un est l'usaj^ef l'autre, retjmoloiie.' 

>•' Quant au pri'miei-, si j'ac^ci^fuois avec luy du nom, 
je confos^je-qtiie ce ^eroil une raison hici} forte contre 
. ni()y, et irv'y fiiiuroit lonpcuoment arres^i^-r. Mais quelle . 
apparcjico'y 11 il d'appeler usage ce qui est contre la 
" raison ?'<JiiuHe usucapiou 1 y peut-il aviûir en mauvaise 
foi d'une cliose qui est pabli(îuc et i-p-rituelle, et, .qui 
plus e.^l, eontentieu^e ciitre ceux là mesm s qui préten- 
dent l'usucapion? Et si ainsi est qu'ils n'aient jamais 
cté d'accord ensemble/ n'ontr-ils pas pïutost besoin de 



(1) Terme de jurisprudence. L'««uçop»o»v-ëtaii ai» ItienS meubles ce 
M]u'e8t la prescriittion aux biens immeubles. ,Après un an de joui ance, 
il y avait possession léi^itimc par usurdpinft. , ' ■ , 






l' ~. ' '1 






juges /fui les règlent qued'estrc toujours en ce diffé- 
rend ? Car de dirc^ qu'il y ait manière aucune d'écrire 
qui soit certaine , il sera assez manifeste que non , en 
l>l uduisànt la main i I ) de tant de sortes d'écrivains cjui 
est si diverse. Ei encore qu'elles fussent pareilles; 
liuil-il appeler usag(î ce qui a élt'î tolûré- iii/m/»< et 
non pas. approuve ? et eticores qu'il eust été approuvé, 
laul-il pas regarder par quelles gens ç*a Clé et de 
(juuHe autorité? Et brief si l autorité y etoit entreve- 
. il Ht*, ne faut-il pas qu'en inatiere si privilégiée^ l'auto- 
A:^rilé soit coiilïriiiée de la raison ? » - 

Ahi B«''zc avait prévu et réfuté d'avance cette objec- 
tion, quand il avait dit de quels hommes il voulait rc« 
<'\oir l'usage et quand il uvait conlirmé leur autorité 
j'ar un appel à la raison , c'est-à-dire au respect de 
rétymologie. 

A une objection . de J. Martin qui dit que les écri- 
vains français des siècles précéticnts se contentaient 
bien de rjortliograplie telle qu'elle était, Dauron ré- 
.|»lique : > 

-M iMon opinion est que nos prédécesseurs, encore 
i|u ils fussent un peu grossiers en matière de langage, 
M etuient-ils plus sages que nous en Porlhographe, la- 
(luello pour le plus répondoit à leur prolation; et croy 
que nos anciens disoient be.ste , honnesle et mestièr, 
par 6 (*i;. lit n'est chose qui ne soit croyable, par ce que- 



;i; C'eat-a-dire récriture. Nous disons encore de quel(|u'un qui écrit 
ion qu'ira une belle main, c'est-à-dire une (>eilc écriture. 
Jj r,f. ci-deusu8 , p. 60. 



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-V ce pays ai a élé autrefois habiuV par gqiis qui oAoitMil 
la laiigue tout ainsi que la manière de vivre plus ro- 
buMe que nous n'avons aujourd'hui. Mais depuis que 
les François ont ctc en paix, ils out commence à 
parler plus doucement, et, si j'osois dire, plus- mol- 
lement. Ne les ayons-nous pas vus si sujets k leurs 
dardes, qu'ils eussent cuidc estfe pecln'î mortelMc pro- 
noncer autrement (ju'ellcs?... Et de là est venu <iimi«- 

- .v/owi, fHtrlissiom^ donntssions {\) ?.*. De même lieu est^ 
venu j^ i'r/«« o.v«îi;r, et maints aulr«s (mi se pronon- \ 
cent a petit bec. Mesmes par uii désir de parler -dou- 
cement , nous sommes chus au vice djaiïectalion prc- 
nîieremcnt, puis sommes demelUrez ey controverse et * 

. dilTércnd de plusieurs motsl Aujourd'hui les uns disent 
cinicr, les autres rmcr; '\c& uns yciubh, les autres meV* 
tent i ou y en la penultimé et disent jywoeyc^ foeije 
et' les autres* — Lès uns disent reine les autres ronic, 

.. Mesmes à la plUspart des courtisans vous orrez dire 
izallèl, il verièt pour ils ailoient^ ils venaient. Mais, 
comme aussi toucha hier le seigneur de Beze, c'est 
à eux à penser si c'est bien parlé. Au parsus, les 

. uns disent plcsir, les autres plaisir par un <' clair ; les 

"' uns peis pour p«ï.ç, et peijcr pour pwier (2). » 

Dain'on fait reniarquer ensuite que si les changc- 
n)ents proposés ne sot* pas définitifs,, du moins ils 
aideront les écrivains iWenir ; ceux-»ci auront par suite 

V > :. " 



(I; a. p. \:,c,. , „ - 

'?) r.f. ri-flossus, p. 130. — Surjetant pour faisant, analocue d« picdr , 
pfMir ji/cjijtr, Voy, plus loin lo cliapiire roifta^ré A Th«*fMl«iri' de ll«' .^ 



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JACVIRS PI.I.I.ETI»:N. i(]| 

moins IJfîiiic, et ce sera un pas de plus qui nous 



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•loignoraji^r temps où Toii disoit- lioms pour honmu-, 4^* 
Ihx pour /jVm, il 01 ' pour it eut , et mille autres ^ 
mots, où principalement ils mettoient la lettre * (juasi 
partout, comme /wiiv pour Aon (1). » Combien il nôust»n 
reste encore de ces fornies surannées que nous corri- ^ 

, ^Tons chaque jour J Ainsi au lieu de ^c w»V»*, ;>(//•«*, 
je cannois, nous arrivons 'à ^dire •;> vien, je tien, je 
(onnoir qui s'en vont tout francs et receuz. • — ^ « Si ' 
est-ce. qu'il y a des irregularitèz qui n^auront jamais 

■ Joij^ir de se corriger, comme quand nous disons de 

^(fucrir, guéri, et de ferir, féru, et do quérir, quis ; 
dadire, dit, de lire, lu, de rire, ri, de suffire, suffi y 
dcjaire,£ait, de faire, tu r de prendre, pris et de ren- 
'Ire, rendu.,. '" 

\ous avons dû reproduire les objections de Dauron 
.1UX sages principes exposés par Théodore de Bèze ; 
il ne frappe pas toujours juste; mais quoiqu'il soit 
à (ùté do la question , ;ious trouvons, sur le nouveau 
lorrain où il nous entraîné^ des points fort curieux et 
par les fjaits qu'ils constatent et par le rapport qu'on 

. remarqueraai-ément entre les réformes proposées alors 
et celles qui se sont opérées plus tard. Quelques unes 
après avoir été suivies ont été ensuite abandonnées; 
ainsi je vien s'est dit après je viens, mais on estyc- 
venu à cette cîicrnière forme.*.. " ' » 



(1) Oa'QvaU d»'j.1 perdu l« tradition des régit» suivie» si fonfilammcnt 
nu moyen âge : i'» était de rj^sle alors aux cas directs an singulier et ftu\ 
< as oMkjucs du plnriel. — Cf. Sourelles françoises du xin* xtècle, {mhUée.n 
par M.M. L. Molanilct f.U. d'Héricaiilt pour la Bihlioth: ehf'v. Intmiluc- 
' 'n,. pp. \lvi-lvi. V ' 



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#, 



Au même titre que Tusage^Th^od. de Bèze invoquait ' 
J'ctymologie^ Suivons'lus réponses de son adversaiire. 

• Je vien maintenant au second point que j'avois en- 
trepris àsoudre, qui est rêlymplogie, de laquelle le 
seigneur-de Beze tail si grand compte. Et certes, je ne 
ia mésestime pas, cl ne veux point dire qu'elle ne serve - 
beaucoup à rinteliigencedes mots. Mais voyons si elle 
ne se doit pi;^plustut et de plus près considérer sus le 
parkr que susf écriture, et si ceiie sont pas deux choses 
àparLqueretymologie et l'orthographe. Ciemierement, 
quand nous voulons dériver un mot d'un autre, ne le 

/' ' - " ■ w * ■ 

plononçons-nous pas selon qu'il nous' semble estre bien 
ùï'^7 Quoi. que ce soit, quand le mot commence à être ' 
en usage "(car il n'est pas aisé de dériver un mot bien 
directement quand le vulgaire ia'en mesle), l:a dériva- 
tion n'est-elle pas toute faite avant que le motsoit écrit ? 
Oui certes; et partant, il me semble que pour Tecnre 
en. une sorte où en autre, il ne sera dorénavant ni mieux 
ni pis dérivé. —^ Ici, dit Jan Martin , il est bien iriy 
que la jderivaison est toujouris mesme en toutes sortes. 
Mais si est-ce te propre de l'etymolôgie que le mot ap- 
proche de celui dont il est déduit au plus près que faire 
se peut, comme quai^d nous faisons de riitum, vin, de 
ventre venir, de àqnare donner^ 6t les autres. — - Oui 
bien, dit Dauron, en ces mots que vous di^ et encore. 
en quelques autres, comme de bonus bon, de divinus 
divin, de doctrina doclrine\ là où vous savez qu*il ne se 
met rien qui ne se prononce. Mais en ceux-ci que vous 
•écrivez teste, èscripre; item, contract, advenir, haûl- 
leur, danipner, recepvoiTy dites- moy quel tort je, feray ' 



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JAf.Ql'l» PlLLITItlI. Ibi 

il l'elymologie en les écrivant sans j, c, d, /, wi^, p non 
plus qu'en les prononçant? Et si, en les écrivant sans 
telles lettres, l'etymologie vous semble corrompue, 
qu'est-ce qui m'empeschçra d^en penser autant en. les 
.oyant. pfononcer sans les lettres mxsmes^ Tette, 
comme vous l'écrivez, vient de testa, et toutefois vous 
mettez f ay lieu d'u à la fin,.et ne sauriez dire que ce 
iUi)t^)our autre raison, sinon parce qiiej'e se prononce 
çt ?ion pas l'a (1 ). En maistre, vous ostez \e'g qui est en 
mujisterf elcaiyowr autant qu'il ne se prononce point; 
En escrire, vous ajoutez e au commencement, car la 
prolalion le veut ainsi. Que si l'etymologie, est moins 
connpissable pour ostcr un p de cors et de teim en les 
écrivant, il s'en faut prendre à la prolation qui a été 
avant l'écriture et qui a fait la première corruption s'il y 
. (Ha ('If. Mais s'ita seniblé bon à l'usage qu'il fiist ainsi 
prononcé, quel inconvénient y a il de l'écrire ainsi? » 
•Le vrai principe, selon nous, et nous ne nous lassons 
poiRt de le dire, est de conserver les consonnes radicales 
• des mots étymologiques; les voyelles sont de trop mince 
importance dans la dérivation des mots pour qu'on en 
tienne grand compte ; ainsi reprocher le changement de 
l'a en e dans teste de tenta, et L'addition d'un e devant acri- 
bere, escrire comme une inconséquence de l'usage or- 
thographique, c'est faire une objection qui tombe d'elle- 
même par son. exagération ^ ^ '.j 






(Il C(. ci-deasuR.p. rtO. 

2) Sur ceft formes ortbograpbiqaet , vôy.^Pasquier, Recherc}%«$ de la 
Franc«, llv'.vni, ch. !•'. 



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llK (iRAMMAIRC PIA«(ÇAISi:. 

Plus loin Daiiron, coiilinuanl ù discuter la liièse dp 
Tlu'odorc de Bèzc et des autres défenseurs de l'élv- 
iTioIogie, ajoute: « Je sauFois voiilontiers pour(juoi 
vous mettez deux // en tutelle, cauielle ^ querelb , qui 
viennent de tutela, cauiela , querpta , sinon parce qu'il 
yous a semblé que la prolation vous l'a conseillé? »> 

La raison de ce redoublement de la lettre / a échappé 
H Dauron ; mais comment ses intorlocuteuw ne la lui 
ont-ils pas apprise? Avant rinyenlion des accents / on 
redoublait la consonne après Ve pour lui donner le son 
aigu ; encpro maintenant nous écrivons il appelle, il jette, 
(jiroiqire l'accent tende à obtenir un emploi uniforme 
et qu'il paraisse déjà dans il achète, etc. Ainsi se sont 
accomplis, ainsi peuvent seulement s'accomplir les ré- 
sonnes orthographiques : Ift règle générale d'aujour-^ 
crjiui a commencé par être ^une exception , et si Tex- 
(•(^plion d'aujourd'hui déyiéïit rèigle , ce sera par une 
pxlcnsion lente et successive. 

Parfois la critique de Dairron porte moins à faux; 
ainsi c'est avec raison qu'il remarque les ihconsé- 
([ucnces de l'usage, qu'il bl;\me l'emploi du c dans sa- 
ri)ii' (^çâvoir) qui vient de sapere et non de scirey qu'il 
condamne ceux qui, sârts penser' que le 6, ou le p s'est 
( h!in«;é env'^ans fièvre, avril, devoir comme dans ai»oir, 
' ravir, couvrir, é<:n\enifietivre, apvril, debvoir. 

«Ils mettent un /> en la seconde personne de rindicalif 

je dui, et écrivent tu dàibz, comme si elle vendit de 

'4hbes et non pas de i,a première personne dot, là où 

yîls ne mettent point de /». Mais j'estime qu'ils ont eu 

horrtc de le mettre h la fin de la diction, combien lort- 




, * 




. * 



"' JALVIKS l'ELLETIKS. U,;, 

tclois qu'ils ii'âyent pas laissé d'en mettre do seniblabics 
en ces motai : ^jW, . nœud^ loup, Ejt m'ebahi qu'à ce 
compte ils ii*pnt écrit là seconde personne de aoi pai- 
un r/commevenantde cre(/i«, ciiu vads comme venant de 
vmlis. Vrai est qu'il faut prendre garde à certains rtiolîr 
(jui viennent du latin sans moyen (sans intermédiaire) 
cl non pas du françois, comme prononciation et proîa- 
lion ne viennent pas de prononcer et proférer^ mais do 
pr^nunciutio et prolaiiç.,. Et par ainsi on doit rncllrc 
lin s en descriptioni parce qu'elle se prononce', et.noii 
pas en décrire, et n'en faut faire difficulté non plus (|ua 
(le mettre un t en mutation et non pas en limrr, un <i 
en déclaration et un e en dcclerej. 

)) Ils mettent aussi la voyelle o pour la seconde lettre 
de ces mots nœud, cœur, par une grande curiosité de 
retenir le latin, et ne regardent pas que c'est Tordi- 
nîiire que l'o latîn s*en aille eh eu françois, comme de 
DOL©R(/oii/eMr, eoLOR coti/éur. Toutefois, on pourroitdirc. 
que ce n*est pas directement, mais parce qu'ancienne- 
ment les Françofs disoient (iou/our, contour, iangour; sa- 
vour (1)', desquels nfous avons encore douloureux, savou- 
reux, langoureux, tous lesquels pour la plus grand' 
douceur ont été misen eur, et n^çst demeuré qu'amour. 



,(1) On m daos Mtrot : 

Portent inr «uz dec cordes A gnw iMNMb 
Pour lui lier ■!«< jambes et genou. 

Et encore dam RouMurd : 

Qo'ensié-je taJetT L'areLet Moit si doux. 
Si dodi ion feo, si dont l'or d« ses i»o«d« 
Ua'eo leers filets eocori je m'oablie. 

— et. Qùthêttl, Traité d* uriif. frànf, \%U,\>. M^r 

et ci-><i«stts, |>. t4. 



' /. 



166 



tilAMMAIlE rSANÇAlSK. 



\ 



^■ 



qui est tenu bon (j entends le mot et nop la chose J; 
et dit-on aujourd'hui aussi souvent keuvre^ tfeuve, 
epreuoe comme couvre^ trouve ^ éprouve (i). Et incidem- 
ment Taut ici dire que, pour la môme cause les- supins 
seUy peu, leUydeUy ro/in/'u ont été mis en «m, pu^ tu, du, 
connu; item : asseure^ atleure, monteure, jeûner en om- 
ture, allure.,^ monture, juner et beaucoup. d'autres (2). » 
■ Tàik ce passage est excellent. Parla nous assistons, 
pour ainsi dire, à la naissance de ces irréj^ularités que 
la dérivation a fait peser sur To latin qui, dans un même 
mot , a pris différents sons : ainsi de posslm et de 
POLLEO oh a fait je pui8,ilpeùl(y je pus, pouvoir; ifORl> 
je meurs, mourir, mort, etc. — Que faire ici^ si ce n'est 
constater et accepter P usage? / 

Dauron, ainsi rapproché du lalin, s'occupe incidem- 
ment de la forme que doivent prendre en français les 
noms propres tirés de cette langue. 

« Pour retourner ces propos, dit-JI ensuite, jce qui 
me fait reprendre Tecriture vulgaireAi'est point prin- 
cipalement l'abus que nous commettons en la puis^ 
sance des lettres latines..'. Toutefois, d'autant que je 
vois tout cela estre quasi incorrigible, si ce n^èst à grand'- 
difËculté et longueur de temps , .j*aime autant laisser 
passer cela par amour que par force.. Mais je voudrois 
bien qu'en ce dont nous abui^ons, au moins nous ne 
fussions point inconstants, c'est à dire que nous né 
.chargeassions point abus sus Abus. —Comme en quoi? 



(|i or. ri-dcMu». |). 14 et -p. |3«. 
f2) Cf. ci-deMUi, p. IW. 



r.- K 



JACQCKf PKLLRTnH. 167 

dit Sauvage. — Premièrement, dit Dauron, vous abu- 
sez du r en lui donnant avant a, o, tantost le son d*un/l% 
tantost ffun a, comn^e ^a\ dem et en ffjrpn.lh où vous 
le sonnez comme t, et généralement en autres tels mots, 
vous le sonnez en k. — Lors ditSauvage; Quant à 
rrla, nous y avons remédié longtenrips a, car nous avons 
pris le ç à queiM qui est semblable à la loltre s en rip:uKc 
et en puissance, -r- Bien, dit Dauron, jo trouve cela\ 

^ bicn.bon et j*en jise assez voulontiers, et sais bon gré h 
ceux qiii nousTont apporté. Et est moh avis que nous 
rie le devons à autres qu*aux Espagnols, auxquels il . 
a été et est fort fréquent de longue main (1 ). 

» Et mesine les apostrophes qui ont^té trouvées de 
notre temps me semblent bien propres, combien qu'il' 
y ait des imprimeursqui ne font compte d'en user. Mais 
je cr<)i bien que c*est par ce quMIs ne savent à quoi elles 
sont bonnes ni là où elles se doivent appliquer. 

» Quant à Paccent aigu, qui a été introduit du mesnie 
temps, sans point de faute je ne le voudrois pas approu- 
ver en la sorte que vous en usez. — Si est-^îe pourtant,^ 
dit SauvagCy qu'il nous sert grandement bus Ve final . 
que nous appelonsmasculin,— Voire mais, dit Dauron, 
telles syllabes, avecq ce qu'elles sont coustumierement 
brèves, eiicore la nature de l'actent n'est poim d'es^ 
tre rois' à la fin d'un mot, combien qu'en notre frân- 

^ çois cenous soit quasi force d^ l'y mettre, non pas pour • 

accent, mais pour apicule et signe de longueur. Mais 

vous eh usez en diverses sortes et contraires, comme 



(l) Cf. p. st. 



\^ 



ï' 



\ 



•> 



N' 



& 



<" 



en CCS mots nomme fixent ^y^rivème ni y obsUnémenl, éorii 
les syllabes sont loifgues, cl ailleurs yous le mettez sur 
les brèves. .•> /^^ " 

Presse par Dçiiis Sauvage de' formuler un système 
complet, Dauion ri'si.sU'' qilel(|ue temps; mais eufin : 
« Je sais- bien; dit-il, qu'il le fajit faire, puik}ue vous 
le voulez, et u'en eussé-je point d'envie^ car Dieu sait 
•combien vous ^tes mal aiscz à conduire!.. Première- 
ment, je vous dis que nous avons en'frànçpis trois sortes 
d'éî^- comme desja a été observé par d'autres, et tous 
trois se cortnoissént en ce mol/t;r/mf t'' (i). » Il propose 
ensuite de régulariser le son de // double qui tantôt se 
prononce comme / simple ^antôt comme // mouillé : 
ce dernier , qu'on- l'écrive avec Ih provençal. Le 
gn , tantôt se prononce comme uh provenCar(2)i|| 
et alors, qu'on l'éx^ive nk; tantôt ii se prononce comme 
«simple: et alors jl doit s'écrire sans 7, comme dans 
les mois cognoistre , signifier y régner y digne 2»)^ Knfm 
Dauron veut aussi suppriiiier le» lettres doubles, là 
où une «ùle |uflirait , e^retrancher la lettre « d^ les 
mots où elle n'a d'autre office que d'allonger la ptp-/ 
nonciation delà voyelle qui précède (à). . "7 

' Lors Sauvagèx: fQuè f oùdrrez- vous donc, dit-il, que 
i'ôn mit au lieu 'de la lettre « pour tenir la syllabe 
%nguô? — Il ne, faudroit, dit Daurpn, que mettre un 
accent sûr la syllabe, comme je vous ai déjà dit. — Ce 



V. 



\ 



(!) Cf. pp, 0, 65,«6., r27/132, IW. 
(2) Cf. cl-de|g*«T p. 137. ^ 
{31 Cf. p. :>z. 
(4) Cf. p. 55 et I W. 



■>k 



4'^ 



iKL\HtS l'KLLKTIKH. '^. 



1 ••«.) 



scroit une grand' peine, ^dit Sauvage, de in$tl>c tant 
d'accents. — Lors, dit Daufon, j'entends toujours -que 
la protestation par moi faite dès le conîmencement me 
serve, qui ^sf^que notre ianguè^oit nombrce entre 
celles qui soiïi di^nçs d'être polies, réglées et cultivées, 
cl lofs nous n'y trouverdhs lès accents étranges, non 
plus qu'en la grecq,ue, ni les points^ en l^heliraïquc. 
Cojhbien de temps a. Ion esté aVant que pouvoir l'aire 
tr()uv(:M*'b9imes lès- apostrophes, \e ç h. qUe"uc et l'ac- 
cijiit, ;>igu^(îjjoiqu'on abusa de celûi-çi) et autres notes 
(le jwlre langue à un tas d'ignoVants.jôa- opiniâtres':^ » • 

Sans inâister plus longtemps sur cette question, 
' Dauron revient à l'examen des lettees et de Iquf pro- • 
iionçiation. (Juandl'e se prononce comme a, par exem- 
ple dans «ci>nc^,. diligence , e«,.pn/9eVra récrire par 
un a. Mais d^où vient quo; nous ayonsxhangé le swpn de x 
l'e dans ces mots? V ' * 

• îTandis que j^e suis ici, je dirai la'raÎBon pourquoi, 
nous prononçons autrenient sciance en françpis cfue 
«t iVnïia ne se pronopce en bttin;^es maistres.d'ecol^ dqi 
temps passé' disoient : omnam hominam vemontam in 
hune m unc/um, duquel vice notre -France à'^peine.sc 
pourra jamais bien purger, vu mesntie flue ceux qui ont 
été crudité, ce semble, en \)ons lieux,' sont imbuz de 
cette odeur. Et parce que les prêstres avoient tout je, 
crédit le temps passé (qu'on appetoit le bon temps) et 
qu'il n'y avoit gueres" qu'eux qui sut que c'etoit qi^c 
de latin (comme la barbarie et puis la littérature' re- 
gnoient par vicissitude en tous paysdtk inonde), ejt que 
tous les jeunes enfants tant de ville que de viUage pas- 



V 



•'^. 



/' 




/ 



^ 






/ 



. 1 

soient par leur» mains, Dfeu sait comme ils etoient in- 
struits!.. Par quoy ie vulgaire apprit a dire »rmnc<', 
conscidhcc^ àiliqeançe par à; Voire dp sorte qu*aujour- 
d'hui ce nqus^ est un patron qui nous demeurera à ja- 
mais... Et combien qu'aujourd'huy la prolatî^ri latine 
soit un peu eclaircie, 8*11 avenoit toutefois que nous 
prinsions^a liberté de t^rer quelque mol nouveau*3u • 
latin en cette termintiison ou semblable ^omme par 
exemple si nousMisions reminhceniia et nous' en vo^- > 
lussions former réminiscence {\)\ nous ne l'oserions 
' proférer autrement que par fli.,. / «^ „ 

'. ^-^* De mênj^, parce que jdu temps barbare on pro- 
nônçoit mtchi\ nichil,' m Ueu de mihi, nihii, là où ijs 

^faîlloientsi doublement que, sans la pauvreté dti tem.ps 
qui les sauvoit, je ne crois pbint qu^lsn'en eussent été 
pu*hiz en ce moiide icf ou en l'autre, nous en avons le 
mot françois anichUer; ^u lieu duquel si nous Voulions . 
maintenant dire animer. Dieu sait comme on Grieroil' 
après nous (^)î... ' . 

». Retournant de là où je suis parti, je dis, quanta 



t 



(1) Ce mot, qui se trouve dans rimitation faite par Théo|^hite da PM- 
dpn, de Platon, ver» 1C20, ne figure ni dant le Dictionnaire 'fran<;aiB-iatln 
de Ruitert Estlenne , ni dans son Dictionnaire latin-français où manque 
mémele.mot reminitcentia. Nicod ne l'admet pas non plus^Le Pietion- 
lunire en forme de bibliothèqiu unkertelle de Boyer', sieur dii Petit Puy, 
1649, Ta accueilli. Lé Dictionnaire français-Italien de Duez, 1871» leniar- 
que d'une astérisque, et, le Dictionnaire italien-français du même auteur 
tTa.ûuiyxemi*»seentia pBt jestouvenqnce^ Richelet a omis ce^mot. Fnrc- 
ti^m^ l'Académie (inédit.) le donnent également. Saint-.Évrëmont l'a 
einpioyé. 

(2) Nicot donne encore anichilêrei mieux anniehiieT, maUnon aiifit- 
MW. Ce raotdttparatt dans les pr«miéfeslM(U<ms de Fareti^ et de Ri- 
chelet ; le dktioDiitire de Trévcox l'a repria totts û màme fbnneviwi- 
ehtier. 



^^ 



r-v 



• -J 



> 



- JAr^UBS PBLLKTIKR. 171 

■ • „ ■ ' ' •* 

la puperfluité, que si une lettre en quelque mot ne se 
' prononce point, elle n'y a nuUe puissance, et, n'y ayant 
nuiLe puissance, elle nly doit avoi'r^place. — Lors dit 
Sauvage : Et quand vous la prononcez, donc pourquoi 
iiC la y-metloi vous? Comme aux mots qqe vous disoil 
hier M. deEêié, ira il? vous semùie il? f voudriez vous 
ffiettre un t entre deux et dire : ira ti? vous semble ti? 
ainsi qu'bn le prononce? — Je confesse, dit Daurc^n, 
qu^il seroit dur dé les écrire ainsi qu'ils se prononcent 
vulgairement. Mais vous savez qu'il n'e^t pas défendu 

^prononcer ira it^.ei que ceux qui le diront, on ne 
les sauroit justement t-eprendre, comme vou« trouvez 

••''S poètes assez souvent t;oM/*em6/'i7, et non point voma 
semble tiKX) ? Si est-ce pourtant que l' écriture a usurpé 

}ret homme, Tet oeuvre au lieu dé ce homme, ce œuvre; et 
toutefois la raison est pareille comme davous semble ti, ' 
ira ti, qui est à cause de- la concurrence des deux 
voyelles : là où les écrivains commettent erreur insigne 
y aJ0utanf » et écrivant cest homme, cesl œuvre, cest 
honneur. Et croy qu'ils M^té si' sots, en cuidant faire 
un grand tour de subtilue, de penser que le pronom 
vient du latin iste (2) ; et de là est tonobé un autre erreur 
en la tète de ceux qui se sarit avisez d'écrire ste femme, 
ste cause (3) , au lieu de cette femme, cettecausf, et Dieu 

.sait comment ils ne s'y montrent pas bestesl • .^ 



>. 



% 






(1) Rien de plaA fréquent que cette suppression de Ve muet flnaj dç la 
troii^éihe peri^pnnc du singulier, et même de Ve muet à la fin de tout ai%- 
tre mot ; M. Quicherat rite un nombre Infini d'exemples. — Traité de 
rertif. ftanr,.^ pp. 398-409. 

(2) Cf. Dubois, el-dessos, p. J4. 

(3) Dans sa tradoeUon de Lucien, Pcrrot d'Ablaneourt, arrêté par le 



V 



/^ 



l^ 



4 



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#> 



V. 



^'-l^' 




n* , . <iaAHIIAIIK>|IAH41«i|[., 

CoiUiiiuant à chercher dans la prononciation Ja cause - 
(le certains autres vices d'écriture, Dauron allrihuc 
l'introduction de Vn avant le t dans la troisième per- 
sonne du pluriel, non pas à l'imitation des fonnes la- 
tincs, comme le vetit Jan Martin, mais bien, ce (|ui 
est une erreur, à l'antique prononciation dont on voit 
la trace dans les écrits « des vieux rimcurs françois » 
et (|ui s'est conseirv^éeparmi « les bonnes gens du Maine 
et du- Poitou, • qui a prononcent encore aujourd'hui 
Àz atantj iz venant {i). » 

• ri y, a outre ceux-ci maihts autres mots ou la super- 
flditécstencorepkis déraisonnable, comme quand vous ■ 
amassez tant de consonnanles. Et pensez-vous (ju'il 
vous ïait beau voir écrire ccmot plurier escripz qui est 
prononcé ecriz? liem coniraciZyContrêinciZt qui se pro- 
noncent cçntrazy contrains. Et si voUs les proferrez 
cpmme vous les écrivez, il sembleroit qtielquc haut al- 
lemand. j0tm^ 

» Somme, vous avez une règle générale de prola- 
tion que jamais les noms pluriers françois n'admettent 
■■ ' . . y"' . ■ V ■ 



Combat OfM toyeUet. tardai à fon neveu Frémont d'AWaneourt le soiti d'en 
faire uneTimtUUon, tnion une traduction. Le Dialogue des Uitrcs.qu'A 
rompou, est un curieu^K monument de la prononciaUon du temps. L'au- 
teur y fiota une suppression de Ve plus singulière encore que celle de «i« 
(«u plutAt c'ie) pour cette, qui se rencontre souvent ab x?i* siècle daasd 
cl heure, qu'on, trouve ëtritoir heuft. C'est d*», Tspour det, les m plein 
xmVsjiècle; voici le^passage. c'est l'K qui parle : • Il n'esV p«8 Jusqu'aux 
( «Hisonnes qui ne me âaogent entre elles, surtout quand je parie de ma 
Krand'mèrf, et j'ai grand' peur qu'elles n'en demeurent là. car elles ont 
bien d*» imaginations eitravag&ntesqui-me regardenh •— EC une note 
plai'ée en regard, dit t • r< ne se prononce pomi en des, Ic«, quand ooc 
vovelle tult, » — Voyez ci-dessoii» l'analyse de Rar>..iK. 
i,i) Voy. |ilu« loi aie chapitre de Théodore de Déze. * 



'^ 



\ 



. ^ . jAr.QCKs rii.i.iTiEk. i"' 

cou d'autre consonne aviec «, si ce n'est r ou m, comme 
éuiU'urs, talons; et encore, en ceux qui ont npst-ell<>^ 
peu entendue, comme Ions lomfs , bons ; et en ceux qui 
ont r, la lettre* y est peu entendue', comnrie/«r« (foris ) 
ntrs corps) : tantVen Caut que.jy, p, /, y soient enten- 
duà. Bref, toutes consonnantes finales des motâ singu- 
liers se perdent au pluriel, forsn et r, et se couvert ift- 
sciit on s ou s, comme de aspic^ asph, de écrit ccriz : 
i.moin les poëtes qui riment ce que vous écrivez loiufs 
par g sus toloHSi aspics sus pi*, esciriptz sus criz et tous' 
les semblables. Et si nous y pensions bien, nous nous 
devrions accoutumer .à les écrire par simple », tout 
ainsi que nous écrivons ces mots fout, gram sans / et 
f/, et comme nous écrivons tous les noms pluriers des 

/participes, comme aluns^ venons, et non pas fi/aiils, 
vriuiutz. Et quant à ceux qui disent qu'on prononce 
(Inrps^cocsy longs, ils ne le eroiroient pas s'ils avoient 
bien écouté les François parler quand ils disent /e» 
<oz chantent, tés drus sont blans. Ions et larges. » 

C'est la dernière page sérieuse du volume ; car nous 
j»c pouvons guère tenir' conipte de l'opinion déjà ex- 
primée par Théodore de Bèze et confirmée ici par Dau- 
ron, que roii a introduit un / dans il^uU pour aider ù 
distinguer Pu de Tu, confondus dans l'écriture courante, 
ou mis un x à la fin dé deux pour empêcher qu'an ne 
lût tenté de lire dens (1). Cependant nous reproduirons 

; i^e pass.agc, en conservant l'orthographe de Pelle- 
tier dont nous avons prorais de donner un exemple. 



^O" 



(I) V(ty. ci-dessus, p. ihti 



>. 



/> 



174 



\ 



• •RAJIHAIItK r&ANÇAliiE. 

'' ' • ■ 

Nous laissons la parole à Daurou : 

t 11 resW meinl^^nant a parler di? la lytr^ courant)^ 
des François : laquH^, eirtsi que disoèt' D^bi,!^^ n^ 
fvt point dt^ dislinccioii .âiitr^^ la consOnantj^ h et la 
voyçl^' II. C^^ qui yt einsi : dont }^' randre ici la caus^V 
tel^ quy chacun la connovtnt-Vrv'y^-'- Les François ont 
elè tousjours rej)urèz grans manieurs d'afvr^^s , g'ans 
ouuyrs, conipagiiabk's, e pour dir^' ciiisi, legaus. Par 
cy moyv'H, iz ont essayé a la longue^ qu^ la cominuni- 
cacion.d'afvrf's ouurV lesespriz, c baliu^ au(,Mtic^^mant 
a chacun d^ S{i dôner gardv', e d^ s'eforcer d^ fçr^ 
sa condicioh meilhcurj^ qui? cçlj' d^^ son compagnon. 
€ar quand iz s|i sont vùz par plusieurs e divçrsj^s 

fOf'S,. trompez a la b6nn(^ fog : comm^^ an marchez, "an 

■I 

promt^sses, an vandjcions, an heritag^fs : brief, an tant 
d(^ sortes û^ conuancions, iz onfétè contrains dj^ ré- 
duira p^r^crit tous les apoint^mans qu'iz auoçt les 
uns auçc les àutrps : Tel,^mant quj^ TEcritur^^ gt û^ii^nu^ 
fort commurijk^. e coutumierç^. . . A propos, TEcritur^ èji^ 
répandit d^ tel^ sort^^ parmi les Françoçs, e fut si 
bien excçrce^ d^^ toutj^s manieras d^ g'ans, qu'an null^ 
autr^ nacion çlji n^ fût onqu^s si. ordinér^ : a cause? . 
, qu'iz an ont il, c^ leur à samblè, plus d'afçrjî? e d^ 
'nécessite qu€? tous les peuples du Mond^. E si TEcri- 
tur^ s'ét einsi multiplie^ a rçson d^ l'abondance des 
procçs, ou les procçs a rçson â^ tant d'Ecritures, c^ 
n'çt ici M liej^ d^ 1^ tlir^. Mçs quoç qu^ soçt, ceus qui . 
suivit V palçs sau^t ecrir^ plus leger^maut, e plus 
pratiqufc?mant, qu^ les autres. E leur ^t bien métier, 
vu la grand' prçss^ qu'iz ont, pour satifyr^ a tant d^ 



4 



# 



JACQLKS PBLI.FTiEM. 



17f. 



• pK'deurs. Puis la lucratiu^ qui an vient, leuràaâsoupll 
la incinvd^^ tcM façon qu^' les François amport^ront 
lousjours^^ pris par sus toufji's naciqns du M6nd^^, 
-il ('t question d^^vil(;q^ d('niein. M^s voçci 1^ point : 
qui/, ecriut't si let;eiyniai)t , qu'a grand'"p^in^ ont iz 
Ut.sir d^^.distinguer un c d'av-t/c un t : tant s'an faut 
r|*i'iz facc^t dis'crecion d'un li d'aui.'c un u. Or çt il, 

■ (|a'cus voyans qu^^ là soudein^'to di'. leur mcin, etovt 
. uuM' qu'on prjj'noi/t souuai>t lytr^^s pjour Ivtr^^s :,iz i 
m ont alçtr e antiVm<;Iè d'autrj^s, pour obuier a'I'in- 
(oiiucniant.- Comint' an quelqut^s moz-, qu'à aleguè>. 

' 'lonsieur D^fbçz^^, iz ont mis ou''/, ou />,.ou (/, einsi. 

.|iu It^ cas 1^ r^^qu(^rovt. Gômmt^ d^ peur qu'on lût pmt 

[Kir M an lieu d^ peut par u : iz ont mis / antr^deus 

ciiuans, peuU : E Dieu sèt çommant i^\^ i çt a 

propos. • ' . 



v-^ 






m 



PIERRt: RANUS 011 LA RAN^. 



! / 






■■&■ ■ 



(hiimmalre de P. de la Kamee y lecteur du Boy, eu 
Ci niversïU' de Paris.— A la Royne, mère dit Hoy (i). 

Le mauvais succès, ou plulôt riiidiiïérencc qui avait 
accueilli les tentatives de Dubois,, de Meigret et de 
Pelletier, ne purent arrêter le génie entreprenant et 
novateur de Ramus. L'adversaire d'AristdCe éUit ha- 
bitué et exercé à la lutte. Après avoir composé une 



■^ (1) A Pari*, de rimprimerie d'André Weriiel, 15:2. I vol. in-12. ^ hé- 

^ dicace et préface, 12 p. — Texte, p. i-2i i . Imprimé à deux colonoet à par- 

tir de la page 57. - ('.ettc éditioa lerail la seconde, selon M. Brunet, qui 
nie une édition antérieure, énonymc, de 1 562 : noa> ne l'avoni pas ren- 
contrée. 

Une dernière édition, publiée, en 1587^ chez Denis da Val, saccesseur' 
de Wechel. est donnée comme • revcue et enrichie en plusieurs endroits ; . 
dans son Avis au lecteur, rimprimeur qui seul, disaii-il, pouvait repro- 
duire le texte de Ramùs - pour la diversité des caractères . qu'il avait 
conservés, vante laide qu'il a reçue de N. ilergcron, avocat en parlement, 
auteur de quelques ouvrages cités par du Verdier. Mais il ncn faut rien 
croire. A peine, dans le preniier chapitre, voit-on quilquc^liangements 
Insigniûants; ailleurs, une remarque de trois lignes a été ajoutée; la 
moitié d'un chapitre a été déplacée; quelqu<:a fautes ont été remplacées- 
ftar d'autres: arerbé, de la première édition, est .écrit adverbe dans la 
seconde i mais c'est tout. - 



ni 



m 



f^rammairc gjrecquc (i) qui, àTîenl ans de date, lui atti- 
rait encore les éloges de Port-Royal, Ramus publia 
une grammaire latine (S") ; ces deux ouvrages ne lurent 
(jue les préliminaires d'un autre livre , qui fcrme la 
liste de ses nombreux écrits, la grammaire françaii^c, 
dont nous avons à nous occuper ici, 

(]omme Pavait fait Dubois, Ramus mit son livre 
sous le patronage d*une reine : mais Catherine d^i Mé- 
dicis ne porta pas plus bonheur à cette œuvre que 
la reine Éléonore à celle du grammairien picard : en 
fait de langue, le peuple est roi. 



i 



Noua avoni eu entre les mains tin exemplaire donné par l'auteur à 
N. Uergeron lui-mfime, qui était son disciple et son ami, et qui, au cha- 
pitre XVll, est nommé par Ramus à Foccasion d'un dictionnaire français- . 
latin auquel son maître prétend qu'il travaillait. Bergeron a écrit snr le 
titr<> de cet exemplaire : « reveii et corrigé par N. Bergeron. • liais ses cor- 
rcrtions se bornent à la suppression d'un l dans gmMois, qu'il écrit |^«- 
loii, et à deux on troia remarques aans importance. 

Dans les deux éditions que nous avons consultées, presque toujours les 
deux textes se suivent page pour page, ligne pour ligne.< 

Dans l'intervalle de ces deux éditions, parut une traducUon latine, avec 
commentaires, de la grammaire de Ramus. En voici le titre exact : 

• Grammatiea latloo-AraDeiea.'a Petro Ramo francicéscripta, latina ver6 
facta, annotaUonibus que iUnstrata per Pantaleonem'ft)eTenlnum,.Com- 
merciensem Lotbaringum. — Ad Rererendissimum ac lllustrlssiraum 
principem D. Domina» Caroium Lothâringum, Metensem antlstitem. — 
Krancdfurti ad Ma;num,apadJoaniiem Wechelund, N.IkLXXXilI.*^ — in-l?. 

Otte traduction ne conserve pas la forme du tefte, qui procède par de- 
mandes et par réponses i elle Tabr^e qweklluefois et parfois y ajoute. — Les 
.commentaires qui l'accompagnent sont souvent utiles ; enûn on trouve, 
à la suite de ta grammaire, un art delà poésie française, écrit en latin, sous 
rë titre : « De Ratioiu franeieorum tersuum, inrhythmii atque métro. ■ 
11.-127'; 137. — Les p«g«t 131-140 contiennent diverses épitapbea de fia- 
inu8, en vers latins.' 

(1) P Raml Grramtfiatica grxea. — Voy. PréCace de la Méthode grecque 
de Port'Royal. - -^ 

(3) ïïiuUwttnta frawtmatiex, Parisiis, apgd AndreatnWechelnm, 1559. 
Tum prtmUfio Régis. 1 vol. in-8* de 4S pages seulement. Le texte y 
tst rédigé' par démajidet et par réponses. 

''. ■ . .. " " . . ■ -.12 






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f 



t78 r.lAMMAIII RM4IIÇAIU. 

Ramiis n'ignorait pas entendant les tentatives ha> 
-sarclées avant lui. Les systèmes de ses devanciers/ 
tous différents entre eux, avaient un caractère com- 
mun, Tarbitraire; Ramus continua à suivra*, leurs 
errements en ce qu'il se mit, comme eux, en révolte 
contre T usage et leva un nouveau drapeau. C'était 
augipenter la confusion. Si tous ces esprits téméraires, 
qui prétendaient, régenter la langue chacun à sa guise 
avaient réuni leiirs forces, l'insurrection, en quelque 
sorte justifiée par l'accord de tant de bons esprits, eût eu 
pour elle quelque prestige; mais la désunion compromit 
les chances que l'accord eût assurées aux novateurs. 

Dès sa préface, RamUs rend hommage aux bonnes 
ijdtentions, aux louables efforts de Dubois, de Geoffroy 
Tory, de Dolet; «Nnï^d,. dît-il, la conduitte de ceste 
œuvre plus hauîte et plus magnifiqiie et de plus riche 
et diverse estoffe est propre a Loys Megret, combien 
quil nayt point persuader a ung qhascun ce quil pre- 
tendoit touchant lorthographe. Jacques Pelletier, a 
debatu subtillement ce poinct d'orthographe, en en- 
suivant, non pas les characteres, mais le conseil de 
Sylvius et de MegreU Guillaume des Autels la fort 
combattu ; pour deffendre e| maintenir lescfipture 
vulgaire. Lors esraeus dune si louable entreprise bous 
en fismes aussi quelque coup çlessay, tendants a de- 
monstrer q\ie nostre langue estoit capable de tout em- 
bellissement, que les aultres langues ayent jamais eu. » 

Nous connaissons déjà ces réformateurs que Ramus 
veut à la fois imiter et combattre. Mais quand on songe 
qu'au même temps avaient déjà paru les grammaires 



riKMMK UkUlS. 



ni» 



de Robert Estienne et. de Jean Garnier, lesquels, 
dit plus loin Ramus , • ont ovité toute controverse, • 
(in est en droit de s'étonner qu'il ait cherché «àt 
ranimer une lutte déjà éteinte, lutte compromettante 
pour la discipline qui tendait à s'introduire, lutte inu- 
tile dont il était le premier à désespérer : « Tout cela, 
(lit-il en effet, seroit a soubhaictér, si nous a'vions a 
forger comme ung nouveau chiffre, et a commence 
une orthographe ou il n'y eneust jamais esté aucune 
on usage : mais ceste utilité» combien quelle soit fort^ 
grande, nest pas suffisante pour abolir une m longue 
prescription, fondée sur ung droict légitimé, et sur urîo 
possession de bonne. foy. » -^ Mais quand il pariait 
ainsi, Rauius n'avait en vue qu'un mince point de dé- 
tail : par un singulier aveuglement, en effet, il se croyait 
jissQZ fort pour i^éformer l'orthographe entière, intro- 
duire des signes nouveaux, changer les fonctions de* 
f^ plupart des lettres, et il n'osait demander qu'on 
attribuât à Vu leson plein ou' qu'il avait en latin. . 

Ai^leu^s il dit: « Ce nest point a vous ny a moy de 
commander au peuplé de France: trop bien pouvons 
nous proposer nostre ad vis avec toute subhiission : ce 
seroit de nous départir le moins qui nous seroit pos- 
sible de isC coustume, et tbutesfois retenir la vérité.» 
— Il oublia cette' modération si sage, il oublia trop 
la coustume,^ pour servir une vérité systématique. 

Enfin, comme s'il se plaisait- à fournir des artnes 
contre lui-même, Rainus se fait encore ailleurs le 
champion de l'usage. « Le peuple, dit-il, est souverain 
seigneur de sa langue, et la tient comme uh fief çle 




■ ■.i^^- 



>- 




180 GIAHMAIRI flANÇAISK. 

fr:înc aleu, et n*en doit recognoissance a aulcun sei- 
gneur. Lescolle de ceste doctrine nest point es audi- 
toires des professeurs hébreux, grecs et latins en i'U- 
niversité de Paris : elle est au Louvre, au Palais, aux 
Halles, en Grève, a la place Maubcrt... Par ainsi, 
cest une estrange barbarie en ceâ^grammairiens, -qui 
se debvroient proposer la pronohtiation du peu- 
ple... etc. (1). > Ainsi Ramus croit assez faire en respec- 
tant la prononciation telle qu'elle est réglée par Kusage. 
11 ne songe jamais qu'on est en droit de lui demander, 
au nom du même principe, le respect de Torthographe. 
Du reste Ramus, champion équivoque de Tusage, est 
bien plutôt un philosophe qui cherche dans la science 
du raisonnement ses déHnitions, l^s divisions de chacun 
de ses chapitres \et ses règles fondamentales. Tantôt 
novateur audacieux , tantôt sectateur servile d'in- 
fluences étrangères que son esprit indépendant n'ar- 
riva jamais h dépouiller tout à fait, Ramus présente, 
dans ses différentes grammaires, et en particulier dans, 
celle-ci , le singulier mélange d'un observateur gêné 
par les préjugés d'une logique inopportune , et d'un 
logicien entravé dans ses synthèses par les analysés, 
de robservateur. Gé caractère particulier d'une œuvre 



^ 



y^ 



. (1) ■ Ante omnia propriam grantmaticasartit ttabillendum est, gram- 
mattcftm certia quidem principUs coostare.sed e popalaris consuetudinls 
tua et aqUioritate, obêer^atis... Principes illl grammaUcœ autbore» 
omnes uno oie conaentiiunt popalvn lingos magUtrum ettè. • Ramus, 
on le ▼oH,éUit resclave déclaré de l'uiagç, eu principe. Le passage que. 
nous Tenons de citer est appuyé par un.p'and nombre d'autorités et on 
peut les opposer à Ramus, si indépendant dans la pratique. {Schol^- 
^ammatiexy parisila ap. Andrœam Wechelum; 1569, in-8*, pages 18-23). 






• «a. 



l'IKRRK RAMIS. 



181 



écrite par un homme qui s'est fait de rhéteur et de 
philosophe maître de grammaire (1), ses propositions 
hasardées, ses réticences calculées, nous ont amené 
à accjpmpagner Tanalyse que nous en présentons de 
commentaires tout diiïérents de ceux que nous avons ' 
joints aux autres grammaires du même siècle. Nous i^, 
avons cherché surtout à montrer, en qulLJRÎam'us fut 
ou ne fut pas d'accord avec les auteurs contemporains 
ou antérieurs dont il a la prétention de se distinguer ; 
ainsi ressortiront nettement les points qui caractéri- 
sent sa doctrine. 

L'ouvrage de Ramus est divisé en deux livres; l'un " - 
est consacré i VÉiymologief le seq,ond h \& Syntaxe, 
Quant aux deux autres parties de la grammaire 2^0- 

cienhc, la Prosodie et rOrl/io^rap/ie, c'est à dessein que 
TaUteur n'en fait pas deux parties distinctes : « la Pro- 
sodie et l'Orthographe sont répandues dans toute la 
grammaire comme le sang et les esprits dans le corps 
tout entier (2). » 



(1) « Si qui* initio miratat siteur,erhetorefiatphiloM>pho,graramaUcx 
magibtcr factna eM«in, i» qnuin lumn^s orttorM, summos philosophoi, 
summos etlam reipublh» principes gramnMtita magistros fuisse, instnir 
mentisquc éx intima philosophia depromptis, taie magisterium exercuisse 
cognoverit, hic, ut spero, nostrumt in gramwtatieo quidem argumenio, at 
plane philotophiéum ttudium reeognt^eet, et de granunatlcis intftitutis 
attentius mecum libentiusque cogitabit. > (P. Rami Scholx grammatiex, 
p. 16). — Nous demanderons souvent aux* escoles granunairtennes, » 
comme Ramns lui-même traduit le titre des Sehol<p grammatica', Texpli-, 
cation de théories trop sommairement énonce dans la' grammaire • 

(2) Duis sa Grammaire latipe, Ramus avait soutenu déjà la même 
nouveauté; 11 l'explique et la JusUfle dans ses Scholo! grammaUck , 
P- 21% 2S.-*Sanches ( Sanetius) taisait de la syntaxe non une partie, 
mais l'objet même dé la grammaire. 



1 ' 



^" 



Des dix-huit chapitres du premier livre, sept sont 

. écrits avec l'orthographe du temps ; ceux qui suivent 

sont imprimés sur deux colonnes, d'un côté avec Por- 

thographe usuelle, de Tautre dans le système expliqué 

^et soutenu par fauteur a^ débutde son^œuvre. — On 

remarque que, par un précédé peu généreux,- Ramus 

a enfevé à son texte couraht les apostrophes «t les ç à 

cédille qui étaient déjà en usage, comme oii Ta vu 

(Cf., p. 66.), et les a réservés pour la traduction 

qu'il donne de sa grammaire selon sa forme systéma»- 

^ tique : il ôte ainsi à ses adversaires un mérite qu*il n'a 

pas le droit de s'approprier. 



PREMIER LIVRE. 



• 



■i :■ 



Voici de quelle naïve façon s'ouvre le premier cha- 
pitre, qui traite : des Voyelles. — ^L'auteur procède par 
demandes et par réponses, d'après.çette méthode éro- 
Cématique (du grec îpoTiw ), si chère aux grammai- 
riens de son temps. En suivant lé raii^nnement de 
l'auteur sous ces formes n^Tves, on sourit , et ce n'est 
pas Socrate et Platon qu'on se rappelle^ mais Âlcuin 
et ses disciples. ! < -<^ ^ 

^ DiSGiPLB. — Je désire (mon prœcepteur) denten- 
dre de vous la grammaire fcancoy se, ainsi que'jay 
entendu la latine et la grecque, moyennant qujil ne 
vous soit moleste (importun 1 



>A 



-^j 



. rf 



flKRKK RAHL». 



185 



» Pr^ecepteur. — Certe nulle chose ne me scaiiroit 
' estre plus agréable, que de favoriser a tant louable et 
honaeste désir (1); mais quand vous appelles gram- 
lïaire francoyse, nentendes vous point gauUoyse? 

» Disciple,— Pourquoy doncques? » 

Ici, Ramus s'attache à démontrer que notre lan- 
gj^ge, quelle que soit Torigine des mots dont nous nous 
servons, qu'ils nous viennent des Francs (ou François) 
ou des Romains, à pris chez les Gaulois une forme 
particulière, si bien que notre grammaire n'est autre 
que celle des Gaulois (2). Personne avaht Ramus n'avait 
émis cette opinion, et personne ne la âoutint après lui. 
Voici en quels termes il Texpose, dans sa réponse à 
la question de son disciple : 
. « Précepteur. — Combien que les Romains et 
les Françbys nous ayènt innové une infinité de parolles' 
et de façons de parler, de manière que nostre laiigaige 
^it appelle tantost roman, tantôst francoys (3), toutes- 
fois la grammaire gaulloyse nous est demeurée es 
nombres et cas des noms: es persones et conjugai- 
sons des verbes : en toute term^aison de chacun mot : 
au bastiment et structure-de loraison : et quelque es- 
pèce 'que les étrangers ayent apportée en la Gaulle^ 
les Gaulloys lont habillée a la gaulloyse. » 

Ramus ne prévoit môme pas qu'on puisse lui de- 
mander de prouver son assertion, de citer, des textes 






(1) Ce début est littéralement tnulait di| début de la grammaire latine. 

(2) Voyei le traité de moributHallorum.—Ci,, p. I8&. — Note l. 

(3) Non» n'aTons pas besoin de rappeler ici la différence que fotat les 
philologues modernes entre la langue romane et la langue françaisi^. 



r84 



(fKAMMAIRK fRANÇAISI.. 



gaulois, de les comparer, tant pour le lexique que pour 

if 
laconstruction,avecdestextes latins, romans et français. 

SayÉbit d*avoir Tapprobation do son disciple, il per- 
met a^lors que celui ci t l'inlerrogue^out simplement 
de ceste grammaire gauloyse ou francoyse. » — Nous 
ne ra])pellèrons plus les questions faites au maître : 
nous le laisserons dorénavant parler seul. 

« Grammaire, cest ung art de bien parler, qui est 
de bien et correctement user du langage, soit en pro- 
sodie ou orthographe (1), cest a dire en vraye prola- 
tion ou escripture (2). 

» Grammaire a deulx parties, etymologie et syntaxe. 

» Etymologie, çest la première partie de là gram- 
maire, qui declaire les propriétés des letres, syllabes 
et nïots, » c*est4-dife leur emploi propre et régu- 
lier (3). 

». Letre, ce^ ung son indivisible (4), comme en ce 



\ 



( a Ortiiographia docet rectè tcribere : mllo per v, fallo pcr r. 

• Prosodia docet aeeêntus : libère, libéré. > 

{iiramwMtità latina Phiiippi Me^chthonit, Colonïaif ib29.) 

{2) Lé» Scola' gramfMticx détlniMént ainsi Tobjet de la Grammaire : 
« Materles giaii)iiiaticff est eermo populari»et patrius, id est tigniflcatio- 
liibus Dotus; nec grammatica signiflntioncs vocabuiomm, aed ueum 
doccndum aoscipit... • (Page 1 1 ; C(. ibid., page 2b). 

3) « Éxvy^'kvfin, id est pnipriétaa dictionia. Docet enim discrimina 
easaum : non enim eadem est baram vocam signifleatio propos, firgi- 
liuteiVirgUium, ScribotX Scripn. • {Id., ibtd.) Alcuin et Cassiodore 
donnaient au mot etymologie le sèni^que nous lui donnons aujourd'hui ; 
Alcuin : « Etymologiaest origo et ratio vocabùlorum, uta re^endo uixt • 
— Cassiodore : « etymoiogia est aat vera aur verislmilis deraonstratio, 
declarans ex qua origine verba descendant.- • — Voyez ci-dessus page I(i2. 

[\y • Litera est pars minima vocis articulatee.» Cette. déflniUon, donnée 
par biomèdo, acceptée^par Aicuin, ne définit rien. Ma»imus Victorinus 
a mieux dit : « Litera est tiguratio qucdam qua cum alUs adneia, «ox 



« , 



IMERKK HAMLK. 



»8: 



moi^iony il y a trois lettres, ^ o, m. Là prosodie et 
orihographe des letres est prise de leur puissance. » 
J^a puissance, Id valeur des lettres gauloises est, en 
général, celle des lettres latines, lesquelles sonl ve- 
nues aux Romains .des Grecs, à qui les Gaulois les 
avaient dohiiées : « Nos Gfiulloys avoient leurs tharac- 
teres et les appelloient par noms gaulloys; et, en 
commandanlaux Grecs, \\$ leurs ont donné les cha- 
racleres avec leurs noms» tout ainsi que nou6 ont ftict 
les Komaips (1). » — On voit qiie Rarous n*épargne 
pas les paradoxes. 



;*J> 



^ 



_ UES LETTIBS. 



♦;■ 



• Les letreâ se divisent en detix« scavoir est en la 
voyelle et en la consonnq. 



cooipiehenditar. • Mais c'est plutôt 1a déûnition de la consonne que de 
la voyelle. 

(i) Voici oofàment le traducteur de Ramus soutient cette hypothèse, 
p. (> : «lUmus, dit<4l, a discuté ce point dans son livre des Mœurs des 
ancient GonIom. Mais, dans le prenrier livre de ses Commentaires, Césair 
ne dit-il pu: ■ On trouva dans le camp des Helvètes des tables couvertes, 
de caractères grecs r • Au livre VI, il dit encore : « Les druides regardent 
cooime sacrilège de confier à l'écriture leur doctrine; toutefois, dans leurs 
actes publics et leurs comptes particuliers. Ils se servent des caractère^ 
grecs. • Or ces caractères, que César appelle grecs, Ramus démontre par 
des raisons sans réplique que ce sont des caractëroi gaulois. Varron, De 
lir.gua latina, le prouve clairement. En eiïet, comme Cratès traitait, en 
Grèce, une question de grammaire grecque, il demanda pourquoi alpha^ 
ne se nommaitpas plutôt alphatos? — C'est que, répondirent les autrei' - 
grammairiens, les noms de nos lettres ne sont pas grecs, mais barbares. 
Cet aveu, fait par les Grtes eux-mêmes, que leurs lettres nc^ leur appar- 
tenaient pas en propre, ne prouve-t-il pas asseï nettement qu'elles leur 
venaient des Gaulois, comme leur philosophie, au dire d'Aristote, qui as- 
sure que la Gaule fut la «raie maîtresse de la Grèce?» —Cependant 
Ramus, dax» Wk Seholx gramm. , p. 26, semble admettre l'opinion de ' 
ceux qui donnent aux lettres grecques une origine phénicienne. 



^' 



\ 



^^ 



/ 



IH() . GRAllAIMK. rilANÇArSKr ^^ 

\ Voyelle, cest une letre qui par soi peult fairc> un 



son entief (1). V r^ 

» Entre les voyelles, les unes se profc^enjt ta bouclic 
plus ouverte, les 'autres la bouclMî plus scrrc'e et plus 
arrondie. » -^ ' 

Ici Ram^s se jette, sans autrement prévenir le lec- 
teur» dans Pexposition de son système. -- Nous le 
laisserons parler, tout en nous réservjmrSë^upprimer" 
des hypothèses relatives à t'ori^ine de certaines diph- 
thongues, et qui n'ont riçh avoir avçe la 'grammaire. 



l. Dc5 voyelles. — 1" Voyelles ouvertes. 

'fi ,_ - 

« La première des ouvertes cest a, que nos Gaul- 
loys ont nommé Alpha. Elle n*a rien de différent avec . 
les Grecs et Mtins. 

» La seconde voyelle cest le son que' nous escrip- 
vons par deux voyelles a et u, comme- en ces mots: 
aultrest auttel, ou nous prononçons toutesfois une 
voyelle indivisible.... Geste voyelle nest ny grecque, 
ni latine; elle est totallement francovi^j (2). » — Que 



-x 



(1) « yocales lunt qa» per m proferaotur et p«r m syllabam fadunt • 
(Donat.) 

(3) Selon Ramas, les Grecs ftrononçaifînt su comme of , et le» Latins au 
comme àou. — Touteféis II fait de au,, dans sa Grammaire latine^ p. 5, 
un^ diphthongae ; Cf. SehoLr grammatierf p. -70.— Pour le grer, cf. 
Joh. Rod; Wetstenii pfo grârca et genuina lingur grntx pronuncùiftotir, 
Oraii(me$ apollogetica' jntblM a itudiotù jurenibHi' habiUr, Rasilen*, 
1680, 1 vol. ln-8», p. »29j 208^210. — lji grammaire grecque' de Port- 
Royal condamne cette prononciation , et préten/d que dans àuxin, au se 
prononçait comme au dans le fran<:ats auxlére. — Voy. aussi Pasquier, 
Lettre à M. de Fonssomme : • que nulle nation ne peut dire si elle pro- 
nonce «u rray la langue latine comme fiisoyent les i^oniains. • leltres, 



V. . 



..? « ■ 



i 



fairfO*our ne pas trop choquer P usage, qui aaccept<^ * 
le son ail, et respecter en même temps la valeur des 
lettres, Ramus conseille « de comprendre a et u en 
# ung mesme charactere, ainsi que la voix les comprend, . 
comme pourroit estre ft/, en escrivant n^ifre, fwte, en ' 
sorte que le recteur entendit que ce ne feust que une • 
lettre (i). • - ,,* . 

» La troisième voyelle, cest une voyelle que nos<» i 
(Jaulloys ont appelée Ve menu (2), et que nous appeJ- 
, Ions aujourdhuy IVTemenin, Ve brief, Vc clos : comme 
es desnieres letres de ces mots père sage^ mcre èntc. 

» La quatriesrne cest une voyelle nommée par nos 
Gartiîloys eta: comme elle est nommée par nous,, l'e ' 



Vàm, Petit-Pas, 1619, t. 1, p. 146. —Jean Chèke, dan» son Traité de 
la prononciation de la langue grecque , 1556 , p. 15(), traduit le son ij 
par«w, et.non par of. Il s'appuie sur ce qu'Aristophane , voulant Imiter , 
i'altoiement d'un chien, écrit av, au; et i! ajoute:.* Ne canes quidém tam 

I raasi «unt ut pro au, «u, o^, af, sonent • - ' 

(n LeTrissin, réforratenr Italien, employait auifcsi r«i> |«Ta, non pour 

II dtphthongue ait, que les Italiens prononcent oou, mais pour l'o long.^ 
— bu Verdier, citant un passage de Baif, qui suivait le système de Ramus, 
remplace ptt4'u le caractèc^^ployé par l'auteur. : . 

i'i) On^setappelle que/iltoûtUmits, lès GauloisDnt donné aux Grecs 
leurs' lettres. Or, l'c ^"kw des Grelc» «'est Fe'mcnu. L'f marqué d'une 
Védiile n'était pottit un signe nouVeau f Meigret Tavait employé. C'était 
une ahréviation poar ». Le premier lirre où nous Tayoùs va, employé 
[K)ur X, c'est If -Lactance iînprin^ en 1465 au monastère de'Subiaco, dans 
la Campagne de Rome, par Cqnnid Sweynheym et Arnold Pannarti, im- 
primeurs \cnas de Mayence * une feuille en est conservée dans les yitrines 
«le l3 iftlrtiothèque impériale. On retrouve le même signé dans les Epùtole 
/Vrmt(tarefCtc«ronù, imprimées à Venise en 1 1^7 par Jean de Spire. Il ne 
parait nl^dans le premier livre imprimé à~ Paris. 1470 . par Michel Fribùr- 
«pr, ririch Géring et Martin Krant2;^i dans It nhe tarifa Cieervnis, 
imprimée à Venise en 1470, par l'imprimeur franr^ts N'isolas Genson; 
^ni «nfin dans la Somrhf.de saint Thomas d'Aqtiin, premier Jivre im- 
primé à Valence, 1477, par Lambert Palmart, introducteur de; l'iroprl- 
merie en Espagne. 



/ 



'.* . . 




• 



IhK 



(•RAXaAiRK »nAN«AI<>t: 



•• * 



w- 



miiscutin, IV long, Vc ouvert : comme en ces mots 
mcs^ lei^ te$^ quand nous disons : mctbiens^ tes biem,^ 
tes biens. Maïs pour signifier ceste longueur, nous 
laisons souvent une lourde eàçripturc, en préposant 
% iine consonne, comme t/^scouvr Air, enlever^ pour decou- 
' vrir, eièverii). Ce sont icy deux voyelles différentes, 
Don-seullement de quantité, mais de son. 

» La cinquiesme voyelle, cest ung son entr^ ces 
deux voyelles, tantost brief, tailtost long : comme es 
dernières letrcs de ces mots ayme, traicte .{ aimé , 
traité), amatus, taactatis, ou il est long » item eâder-. 
niercs syllabes de ces mots : aymer, traicter, ou il est 
brief. » ' 

Pour distinguer ces trois dernières voyelles, si dif- 
férciites, selon Ramus, il faudrait trois cai*actères dif- 

' ■ -A" ■ ■■' ■ ^ ^ _■ 

(i Cf. ci-^eMuie, p. làS. — La notation marquée par Ramas ne lui 

^— -) est poMil propre. Elle ditTère pea du signe adopté par PelleUa. Le 

(/^l'rissia l'avait déjà employée, surtout à la Qn des mots, pour marquer 

le son que, dans le corps des mots, il notait par l'c ^Xov grec. L'ancienne 

langue nurquait ce son par te ou par et : comme brief, teint, haleine. 

An commencement du xvii* siècle on usait fréquemment de cette dernière 

^notation. Nous assimilons la notation ie à la notation et; c'est-i-dire 

que, selon ioous, i'e précédé ou suiTi d'un t av<ait le même son, au 

moins dans les mots où ces deux lettrés remplaçaient une seule lettre 

latine, dette opinion peut paraître paradoxale. Nous l'expliquons. De 

veiHi on a fait retne. On a dit de même, il am^tne, promeine, .etc. Com- 

aient'douter que, dans ces mots, les voyelles et aient marqué le son r ou 

éf— Pour te, Toyex les niots ehief, grief, sanglier, bouclier dans lesquels 

'^; te ne marquait qu'une syllabe dans la mesure du vers, quand il noos 

esl impossible de les prononcer sans une diérèse: en peui-oa conclure 

autre choae àinon qu'ils se prononçaient comme si l'on avait iaït eheif, 

sangleir, houcleir, etc.? —Qui ne sait du reste que dans les dialectes 

picard et normand les inftnitifs/étaient en ter, doitter. Même dans la 

syllabes «en, I>(ev, neiis, le patois angevin, image si fidèle de notre 

■ { vieux langage, prononce toujours bftn, rctn«. Il en était de l'i avant ou 

après l'e comme de l'u avant ou après l'e dans dit<t( ou deuift dont la 

prononciation était la même. 



PJEIIB lAMll. 



189 



fércnts ; on les trouve <jaQS ks mois firmeje^ m^teje , 
fermeté, honnêteté (1). • 
» La sixiesme voyelle cest^ng son que nous escrip- 
. vons par deux voyelles, e et u, comnae eu ces mots 
p^Mr, meur^ seur(^). À ceste cause, il ne seroit point par- 
avcnturc cstrange de le marquer ainsi r , comm4; en 
ces mots, ^re/, male/rtj (heureux, malheureux). 



Il Papon, dans U ^otairr, troisième traité, ne demande d'autres dis- 
tinction que l'accent sur Yt aigu : • Se treure autre ligure aussi depuis 

' n'iifiuieres introduits^ c'est pour l'accent aigu ou bien soumis {$ubmù\u%, 
i')as,^rave}, cela se pratique en la lettre de e, soit à la fln du terme ou 
au milieu et concerne plus la prononciation que l'orthographe. La faute 
1 1 erreur qui se peut (^mmettre en ce est epertement congnue par la 
farun barbare de pronoucer d'aucuns qui, riaifvemcnt et selon ce qu'ils 
ont pris de leur nourrice et 8U<'C avec le lait, ne se peuvent tenir de 
prononcer tout d'une mesme sorte, et h'advise point si la lettre de e doit 
t'^tre prononcée par acuité, et haut ou bas, et sans accent aussi, qu'elle 
i^oit au milieif ou à la fln ; mais au contraire, par rostine niaUe, pro- 
noncent tout avec ledit haut accent. Il prononceront de mesme accent 
Ittté et t$U, et les deux enlèveront d'un pareil accent, où le terme de 
6c% doit estre escrit diversement quant au e : bttle; l'autre terme, qui 
e«t r<f^ devra estre escrit aVec un trait d'accuité au dessus. Au lieu de 
prononcer ntceMatre, ils diront tureeMatrt',- au Heu deperf.mere, frère ^ 

t compert,\\% diront pire, méré, fréré,eompérë{d. p. lOS). Par ainsi est né- 
cessaire en ce d'observer l'orthographe, d'ont pourra estre congnue la ditri>- 
rence de bien ou mal prononcer, et notamment en ce que aéra formé le dite 
M:avoir pir une queue-tu bas d'iceluy, come, f ouj>ien sur teiy.si est-ce 
que le livre (e'est-i-dirè l'impression; est sana addition de la queue. Et 
encore par ledit bas accent, fost s|ins queue, et ne fust tel, f , si est-oe 
que le lecteur, <le telle différence, st^ara que le e seul et sans ledit traict 
s>ur sa teste devra estré bas et bassement prononcé, ores que ladite 
queue n'y fust au bas. • —Qualifiant à la suite de ce passage, les ré- 
formes tentées par Meigret et PelleUer, Papon ,'ajouté que ces auteurs 
• ont voulu apprjDprler les dictions à la prononciation avec une si grande 
liberté que je cnindrois qu'il en y eust trop.et que cela fust faict par "une 
curiosité de nouvelletéplustostqiie autrement.» — Xf. Du Verdier, Bi- 
blioth. franc ,ïa't', ibii^^.bll. 

(2) £it figure, comme au, dans les diphthongues reconnues à la langue 
latine, par tous les grammairiens latins et par Ramus lui-même. —Gram. 
latiruy page S; dans les Scholx gramm., page "iO, on lit\ ■ Ut au et eu 
duos in upum sonos conjungunt, 8ic .r et oe conjungere deheant. ■ 



1:H) ORAlUIÀiaE FKANÇAISK 

■ La septième voyelle cest i, nommée par nos 
Gaulloys ioto, qui na rien do différent avec je grec et 
le latin. ,. 



.'■»!■ 



2" royf;Urs arrondies. 

« La première des voyelles proférée la bouche plus 
serrée et plus arrondie, cest le son propre en la pre- 
mière et troisième letre de ce mot obole. Les Grecs ont 
faict icy deux characteres,scavoirro grand et \\o petit. 
Mais les Latins et les Francoys ont mesprisé cestc dif- 
férence. 

» La secoiidè. voyelle arrondiç cest le son que nou^ 
escripvons abusivement par qu, * — Doit-on le repré- 
senter par u comme les Latins (1;, les Italiens, les Es- 
pagnols, les Anglais et les Allemands, ou affecter à ce 
son lAi caractère particulier? Ramus, pour conserver 
à la France le son m que notre pays seul possède en 
Europe, préfère introduire un nouveau caractère, qu'il 
emprunte à une abréviation grecque, h (2). 

« La dernière voyelle cest le son que nqus escrip- 
vons par M. »— - Quant à Ty, Ramus le rejette abso- 
lument, parce que, dit-il , « nous abusons lourdement 
de. Y pour la voyelle i (8), » 



(1) Cf. Schofcryràmm,, p. 33: 

(2) Baif a accepté la même notation. 

(:i; Schoiv gramm.,p. 34 : • Y vocalls grxca e«t, nec in ulla voce, nrti 
graeca, adhibetor^ Quanta vero ei cum o vocali cogoatio soni fuorlt Tete- 
ribu8, indicat in Oratore Clceto.... etc. •— ,Les grammairiens latins 
s'accordent à ne pas rejeter I't; mais ils en restreignent l'emploi aux 
mots tirés dé grec. 



FlltRI RAMtH. 



VH 



Kamus attribue donc à la langue française, grâce 
aux sons on, fu, ou, qu'il introduit dans sa liste, et 
(jui sont plutôt en elTet des voyelles composées que des 
(li[)l)tliongueb, dix voyelles, et il en donne les exemples 
suivant : 

fl. — amant y ûrdunt, 

w. — wiel, swtf fwt (autel, saut, faut). 

<-;. — ejv', rose, (eau, rose). ' 

e. — c/wMie, navre (chanté , navré). 

r'. — r-'p^-'j, ^nfér (épais, enjer), 

vj. — fvr<j, t^re^ui (heure, heureuse). • 

i. — issir \, lisair. 

p. — f^r>/c, oppozons. 

H- — »<n;, kHrras (outre, courroux;. 

u. ■^- uzurtif rupture^, 

H. Des consonnes. 

Ramus consacre à Texamen des consonnes les ti'ois 
chapitres suivants. Après une courte digression sur les 
inconvénients des prononciations si diverses imposées 
à la langue latine par les différents peuples (1), et 
avant d'aborder son vrai sujet, les consonnes, Tauteur 



(I) Dans sa première lettre à Ramus, Pasquier lui dit: • De ma part, 
j<- croy que si Ciceron, César, Sallustc et tous ces grands autheurs de la 
langue latine revenoycnl en leur premier estre, et qu'ils n9us ouyssent 
,I>arl«.r leur langage, ils ne nous entendroyent pas, ains trouveroient nos 
1 nmonciations agencées les unes à la françoise, autres à l'espagnole, au- 
trrs.à l'allemande, sdon la diversité des nations : chose que vous ihesme 
ri'cognoissez en passant dans votre grammaire françoise. • (Livre III des 
htt.d'Ett. Patquier, Paris, Petit-Pas, I«t9, 3 vol. in-8", t. I, p. 131.) — 
(^f. Ramos, Schol: gramm., p. 27 : • Quanti verb latin» llngua» Intersit 
\ cros literarùm sonos intelligi , ejus la diversis nationibus obscurltas et 
ronfosio demonstrat^... etc a 



i 



id2 - (itAMMAIll PBAFIÇAIlll. 

se demande « si nous debvons totallcment cscriprc 
*" ainsi que nous parlons (1). • La réponse n*est pas dou- 
teuse ; « Touc(iant ceste demande, quil faille escriprc 
comme Ion parle, ccst le jugement' des Grecs et Latins, 
fonde (2) sur la cause fmalle de lescripture, qui est mes- 
sagère et truchemande de la i^oix, comme la voix est 
de la pensée : et tout ainsi que laparolleést menteuse, 
qui ne rcspond a la pensée, ainsi lescripture est trom- 
peuse, qui né respond a la voix (3). A ceste cause, 
ceste façon descripre mature^ momtroient^ royaulx , 
que nous proferons mètre, montroet^-t^àut; et gène- 

* ralemént toute semblable escripture ne respondante a 

• la voix, se doibt corriger et réduire a la venté. » Le 



f 



\ 



(1) Le (inmroalrieii taUn Velius Longus est le seul chez qni nooi ayoïu 
lu une nq^tne k cette question : ■ At ftoprium ôpAo^paipix; ttt, qmHims 
in Tocit enunciatone nihil videmus ambiguuni, at in seriptione tota h«- 
sitatio posita ftt : tel ett le propre de l'orthographe : où la prononciation 
D'cat pas doutel&se. Il n'y- a paaà hétiter pour l'écriture. • — Paaquier 
dit à ce sujet, dans u première lettfe i Ramus : • Plus vous fourvoyés 
de nostre ancienne orthographe, et moins je vous puis lire... -^Jesçay que 
voBtre proposition est tres-specieuse de prime rencontre. Car si l'ealtnre 
est la vraye image du parler, à quoy^;ious pouvons nous plus estndier 
que de représenter par Icelle en son naïf ce pourquoi elle v est inventaef 
Bell«a paroles vrayment: Mais Je vousdy que. quelque diligence que vous 
y apportiez, il vous est Impossible à tous de parvenir au dessus de vostre 
Intention. Je le cognois par voa écrits : car combien que décochiez toutes 
vos flèches à un mesme blanc, tontesfots nul de vous n'a sceu atteindrt, 
ayan^chacan son orthographe particulière, au lieu de celle qui est com- 
mune à la France. ■ ( Pasquier, lettrei, édit. citée, t. I, p. 128.) 

(3) Nous écrirons dorénavant avec l'e flnal accentué, les mots 06 cette 
modiffcatlon i l'usage suivi par Ramus sera nécessaire à la clarté. 

(3) « Siendo propiamente la escritura una Imégen de las palabrM, cmno 
estas lo son de loi pensamientos,^ parece que las'letras y lossonidos de- 
bieran tener entre ki la mas perfecta correspondejicla. ■ — Ortonrafia de 
la len(fua easteUana, eompuesta por fa rtal Acadcmia etpaHol; 8" Im- 
presion, en Madrid, 17C3, |i. a. 



/ 



r 




PIKIIIKK lAlltK. 4 or. 

meilleur « expédient a redresser nostre escripture et 
ous reiglef une orthographe, ' » c*est d'attribuer à 
chftçuii des sons de la langue, son caractère propre : 
Uainus l'a Xait pour lés voy^elles ; il suivra le môme 
principe pour les consonnes. 

• Consonne cest une letre qui ne peult de soy faire 
an son entier, et pourtant (pour cela) eile est nommée 
en latin par layde de quelque voyelle. 

» La consonne est demi-l^elleou muette ^(1) : 
dciui-voyelle, pourtant qu'elle a. (parce qu'elle a) 
comme ung demy son de voyelle : elle est nommée en 
pra^posant t selon sa puissance, et est partie liquide, 
partie ferme, » 



1" Dts demi-voyelles. — A. Demi-vôyelles liquides. 
«Les demi-voyelles liquides sont ainsi appel lees, 



(t) Donat, Prlici€n,yâlerlu« Probat. ont, à l'ImiUtlon des Grecs, re- 
connu des demi-voyelles. Ce sont les lettres f, t, m, n, r, s, x. Sw^sius, 
ilang son commentaire sar Donat, explique leur nom comme Ramus : 
" SemiTocales dictai sont quod semis quiddam vocis habeant, et hanc Ic- 
Kein habent ut a vodlibiu toehoent , et in naturalem desinant sonum, 
ef, el, em, #n, er, ei,ix; his si detrahamos vocales , habent tamen vclut 
quemdam suî levem sonam. • — Cette division des consonnes en mueites 
et demi-voyelles a persisté dans les autres langues de l'Eiirope : « Las 
coosonantes s« dividen en mudaa' y semivooalet. » fOrtografia eatte- 
llana).-~m UettodeUe vocall, yengo aile consonantl, lequall dlvido in 
duc parti ptineipali: in nove mute éd in sel mezxo vocali. • {Le osîer- 
mtiotii deUa ItHgm volgare../, in Venetia M.D.LXII, in-8% p. 328). — 
MélanchthoB divise les consonnes en muettes, ^emi-voyelles et liquides. 
—La Grammatrt^laUne de Ramus ne reconnaît que les consonnes simples 
et les consom;« doubles (s, y). — Le Trissin compte neuf demi-voyelles : 
hi, m, n, r, i, (»mol), j [s dur), * (tché), et f (dgé), entre lesquelles 
quatre sont liquides : /, j, n, r, et quatre sifflantes, », j , i, f . — Il ne dit 
pas dans quelle classe il place m. — Mateo Aleman dit crûment : • Estas 
consonantes Us divldieron en mudas l semivocales, de que no pensio 
tratar mucho, por no gastar papel l tiempo en cosa tan impertinente.» 

13 



"-^ 



l.'»^ 



, GRAMHÀIEI PI4NÇAI8I. ^ ■ ' 

noD pas quelles ne soient^aussi bien souvent fermes, 
mais pourtant que (parce que) quelquefois elles sont 
qiiasi fondues et liquéfiées en leurs sons. » 

Les consonnes de cette classe • sont celles que Tes 
Gaulloys appeloient sigmoy ro, lambda^ my, ny, ou 
bien, comme nous* écririons, mu, nu (1), et les Ro- 
mains é«, er\ elt em, en. .^ 

> Quand nous disons ta, se, ni, so, su ; ra, re, ri, 
ro, ru ; la^ le, li, lo, lu; met, me, mi, mù, mu ; na, ne, 
ni, no, nu, ce sont consonnes (Jei-mes; mais quand nous 
prononceons ce que nous escripvons, comme en ces 
mots: dutpiire, chose, musart, moysi, tarare, Jueillart, 
douillet, bam {ban), nom', co^paignon, gaigner, nous 
ne prononceons que demie s/r, l, m, n. » 

S, ch, %. — I^ ces demi-voyelles la première est s : 
cofiime elle ne se prononce p.as dans maisire, mesleif 
masU'y (fsier' s'ouslenir, ce n'est pas dans ces mots ou 
leurs analogues, que^ nous chercherons le9 sons 
liquidés (la liqueur, dit Ramus) qui en découlent. 

« La première liqueur issue de s, c'est ce que iio^s 
escripvonscB, comme en chapitre, chère, chiche, chose, 
chut, etc., et n'est' ceste letre ny grecque, ni latine, 
ains totallement et proprement francoyse.... Cette 



(1) Ramus attribue k l'u «^Xov des Grec* dod le son de t ou y, mail le 
soù de nuire u. — Purt-Royal est de cet avi». *- En tête du Une de 
J. Cheke, De pronwniidfione ling. grxc, on lit un règleœ m relatif à la 
pronunciatto» du grec exijtée par un recteur de l'univereilé de Cambridge, 
qui réclame pour l'u la même protionciation que pour Tt et I't) : « y^,\ v, uno 
eodcnique «unu exprioiito... Si qu'u, 'quod abominer, aecus feeerit, hune 
homiufm, quiRquis is erit, ineptum omnes-habento. • — • Joann. Cheki,^ 
Angti, De pronunciatione gr.fc.ir potiitimum lingux diafutfitionet. t- 
Itasileœ, ibbà, |n-8*. — Cheke (p. 127) suit àua«i l'upinton de Ramnt. 



PlltRRI RAMlii. 



195 



déiï)yvoy©Ile demanderoit une figure propre, commf; 
pourroitesgpo c, que tes Kepaignols appellent 6wi//o(i). 
INous le pourrions appeller <?Mï7/e, qomme petite *, ou 
bien a la grecque, thjmation; » mais le*f remplaçant 
le CH cederoit lui-même sa place à l's, dans les mots 
comme Frqnçois, leçon, qui se prononcent, et doivent 
s'écrire : fransoeSf leson, 

» La seconde liqueur issue de s, cesj; ce que nous es- 
cripvons par z, comme en ce mot tixaniey et que nous 
nommons zeL • —Réservons s pour les mots ou nous don- 
nons le son dur, nwstager, amanser : il n'y ayra plua be- 
soin alors de la redoubler, puisque nous la remplacerons 
par z dans les mots où elle a le son de cette lettre, com- 
me amt^e, moysiy que jous prononçons amuzeyinoezi. 

R; — Le B, % ferînBB||ptnîncnçement des mots 
et liquide au meilleiU, comme eu tire, rare, » ne 
réclame aucune ,mo4[Çcûtion (2). 

L, i7/., — Comme 5 uaps mahtre jL doit se suppri- 
mer dans ou/tr<!, pèu/l, moûlt, où elle « n'est aucune- 
ment proférée. » ^ 

Dans douillet, feuillet^ et semblables, Ramus voit 



0) «Este carécter f, Ilamadovulgarmente cedilla, ténia en Cai^teUano 
el propio ofldo que ia x...; aunque aigunos aiitorcs fueron de. opinion que 
era mas blaiido y siiave el Csonido) de la cedilla. No UmiaenU letra à su 
favor, comd otras, et poderoso apoyo dePorigen, portiue era propia de 
niiestra lengua... La Acadeoaia haoxcluido de nue!«tro abecedariu laf. • 
(Orthografiacasteltana, p. 18). MateoAleman remplace le ch' par :>; ainsi 
il écrit mu9o pour mucho; lot dtio« pour îos iUeho$, ^tc. — Le TriPirtn 
emploie le ç pouf marquer le son du g modeinu [âgé devant e et i, 
omme : çenerùto (generoto), virçine$ (virgines), etc. — Rabelais, rommé 
bien d'autres auteurs du même temps, écrit/ac«on, cio, pour façon, ra, 
remplaçant le f par cr. 

(2) Màteo Aleman distingue aussi r ferme et r liquide : « Sirve U r al 
priQcipio i en medio de la diciou. i bunca (suei Uo délia... etc. » 



/ 



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^f-y 



m 



^ 






l'Jii UJIANHAIBB PBAIfÇAIftE. 

« une cscripture fort barbare, ou nous assemblops trois 
'^ lettres pour la moytié dune, et les forçons de donner 
ung son contraire a celluy que nous leur avons pre- 
mièrement imposé (1).— Le remède pourroit estrepar 
ce caractère, /que Ton a nomme / moHe et que nous 
pourrions nommer lambdacion. Ainsi, en éscripvant 
dttletyfe/let, nous éviterions ce tant lourd barbarisme (2). 
M.-— < M est ferme au commencement de la syllabe; 
en fin, elle est liquide, comme Afarie, martyr,^ nom y 



(1) Dan» 868 Scholx gramm., Ramuit avait déjà fait la même remarque. 
Après avoir parlé du son faible, du son moyen et du son plein de l, il 
ajoutera Atqui prseter hune tripliccm sonum , liquor vernacula lingua 
sentitur, qualem irentlmus quum francicé dlclmus delicatum , folium , 
douilUi . feuillet , ubi tribus Integrls literis barbare admodum ut^ur 
ad dimidium unlus sonum declarandum. • — Prisclen attribue à la 
lettre L, chez les Latins, nn triple son, et s'appuie sur Tantoritë de 
Pline : « L triplicem, ut Piinio videtur, sonum habet : exllem, quando 
geminatur secundo looo poslta, ut ilU, Metellus; plénum, quando Unit 
nomina vel syllabas, et quando habet ante -se, in eadem syllaba, ali- 
quam consonantem, ut sol, tylva, flatui; médium in aliis, ut lectut.t 
(Lib. 1.) — Ajpoins de reconnaître notre H mouillé dans Mettlhu, ili^ê, 
coomient s'expliquer que Priscien n^ait pas attribué au premier l de ces mots 
le son plein'4{ùMl à dans tol^ et au second le son moye» qu'il a dans lectut ? 
—Je n^ Sac^ie pas qu'on ait cierehé le vrai sens de ce passage, bien qu'il ait 
été connu^de ^mus et de Pasquia. — A propos de II mouillé. Pasquier 
combat l'introduction d'un nouveau caractère^ tentée par Ramus : « Je vous " 
supplie, dites-moy, y eut-il Jamais plus d'incertitude que oellè que vous 
y apportes? Par ce'qu'ostant noftre vieille orthographe aves f-haicun de 
vous Innové divers characteres, esquels Je me trouve beaucoup plusem-' 
pesché de trouvw le son mol de ceste lettre que Je ne falsois aupiaravant. 
Or voyea avec auel soin et diligence noz ancestrcs nous voulurent figurer 
ce son ; car ils né se contentèrent pas d'accoupler les deux LL ensemble, 
mais devant y ajoutèrent un I , en ceste façon , pour iih<)iptrer que cèste L' 
contient obliquement ei; soy un I^i qu'il faut, ri ainsi voulez que le die, 
prononcer sans le prononcer. • — I*asquier défend, à l'aidé du même rai- 
sonnement, Kmignard marqué ians l'ancienne orUiographé par les lettres 

«im (mynttir, etc.)- 

(2) Rabelais écrit souvent , à la façon italienne , esveigler pour éveiller. 
— LeTrissin remplace l'orthographe usuelle gli, partout où il le trouve, 
par iji; mais II faut se rappeler ici que j en italien vanC deux t«V 



l'IBIMB RAMUt(. 



197 



bam (ban, bannum), arrierebam ; qai a esté cause a 
nos grammairiens denseigfner que h devant p estoît 
presque supprimée, tomme en campt champ, * — Ra- 
mus ne propose aucun changement. 

N, «n. -^ ■ N est volontiers feijpie au commence- 
^ment dtï-^ot et en ta fm : comme nanin^ non : mais au 
meillieu (1) elle est quelquefois liquide comme en 
compaign(m, espaigiiol, ou ces^t la me&ne barbarie, que 
douitiet, feuiUet{2) : cardeàcripreiet^n, cest-a-direune 
voyelle, une muette, une demi-voyelle pour la nioytié 
d'une demivoyelle, cest toute semblable subtilité que 
devant: qui a esté cause aussi dy chercher remède 
extraordinaire, sans se contenter du caractère simple, 
comme en r-eim. Carlon a inventé unen, molle en ce ca-. 
ractere 9 , pour escripre comparjon,, espanol : ce caractère 
se pourroit nommer nt/on, cpie nous escririons nuon, 

» Ptr ainsi nous aurions en ces liquides et eii leurs 
liqueurs (3) neuf demi-voyelles dont les quatre seroient 
tousjours liquides : comme en ces figures descriptes 
selon lès puissances : . . ^ 



(1) Voy. plus htut, p. 19$, note j. 

(2) Dans «es « Ë&cples granimairleDDe$ • Ramas aTait déjà exprimé la 
. même idée : • Proter lllam Utene N In fine lenltatem , liquor est qalàam 

in nottro vamacnlo senncHie, qnam didnîns Kipoégnol^ compaigtum , n^ 

' tribns literis integrlt, dimiéif tnm unios aonum tali barbariuno scribi- 

mu8,quali antea tertia MmiVoealU dhnidiatam aonum èxiffeMimaa; 

fevHlet, douUUt. »->Le TrtMin laikM paiaer té fn mouillé sans diieuiaion ; 

vctil approuTe'm^e eet a«embla«e delettret pour former le son adouci. 

— En Espagne^ ce fut NekMixa qui introduisit dans l'alpbabet les signes 

U et n : K ta efc» la U, y la II son létras proprias nuestras... NIngUna de 

las otras représenta en lo eserito el sonldo que atribuimos i cada una de 

esUs... Nebrixa en su Ortografia eastellana ineluyé estas très letras en 

.Alfabeto.* (Or(o0. CMteUafui, p. 16-17.) ^ 

(8) C'est-A-dire : dans les sons liquides t^ul en ilpendent. 



(■ 



■fi 



i' ■ > > 



f98 GRAMMAIRE rRAHÇAIBE. ' 

sigma :. «'>•••• talttU f^sfvt (assaut). 

tigmatim'f. (;«..•• (^rç, çoxq (chère, chose). 
xeta :.'..«».•• St . • . • . muzart , cwz&r { Causeur) . 
ro:. .•••...*• r,.*.. rir^, fçtrq, 
lambda: ,..* /,.... lave^ élite. 

lambdadon :. J,.*^- <^/^^ T*^/*^'- 

mu :....,.... m,... mo'n^ nom, mon, 6am. 

nu:.......^.. n,.... fiontnnon. 

nHon : 9)*>** Çampai^e, Bretane, 



■• : <t>» 



B. Demi-voyelles fermes. 



Si 



t Les demi-voyelles fermer ce sont celles qui ne n 
sont jamais liquides, ains tousjours fermes, et se rap- 
portent aux secondes voyelles, en arrondissant leur son. 

» 11 y a quatre demi-voyelles, j, », f, h. . 

i J. — La première cest le son quû Ion profère et 
escript aux premières syllabes de ces, mots, /amati, 
letier; liticy Mias} lurer (i ). Cette demi-voyelle ferme 
a esté nommée iod par les Hébreux ^ et puis nous lavons . 
pratiquée en nos impressions latines pour faire diffé- 
rence de la voyelle i contre cette consonne (2). » 



(i)'La pramièrt Mitl«B éolTait «tait: fMMw, IttUt^jisU, Ittiêt, 
furmr. — U tnëacUon UUm écrit, eé faiMut concorder miMX la rè^ 
0t l'aemplcr j|<MiMft, i«llM-, fiste, #wùu, jvnr. C'était eu rctte par 1 
majateale «pie Ton. svppléaU an manque dn ctraetèie ; on / dana iet 
impriitaerléa. Voyet plus loin le diapltre des Eettenne. De néne, le gram- 
mairien eapagMel Ifebrlta qnl dlaUngne toujonn i é»i dans le eorpa det 
mots a dà les confondre an commencement, qnand Ils détalent éin ésrlt« 
arçc la majnscule. ponr éfwrfner la fonte de ce caractère. ' 

(})« JodTprAeoniionsit»otts4|nl le^ttiflans sK, ▼eterùm nenio(quodait- 
madvcrtere potucrim) expressit... Credikile eat hujus coneona noMeo 
aliquod, aliquam êtltmfhturam toeUn esse : ad ^nldnam Id (tMrtt, divi- 



■N 



PIEMK aANlIS. 



• 91» 



» V. — La seconde cest le son prononcé (1) es pre- 
mières lettres de ces mots : vacation, vertù^ viite, vostre, 
vuide. Nous lavons figuré ainsi ▼, v, pour la séparer 
de la voyelle m, et Vnrron, tres-docte Romain la nomme 
WM, sqlon sa propriété et vertu (2). 

» Ces deux letres ont ung grand et f^^equent usage 
en nostre langue, et portant requeroyent bien aus^ 
deulx propres characteres, tels que nous avons prô- 



ne # 
ip- 

)n. 

; et 

me 
}ns . 
ïe- 



ml 

k» 

tm- 

trite 

nt- 
•ea 
Uvi- 



nare difficile est : noa f^cHIret latini^Hebrfi^Qruin exemplo jod appella- 
mus, et flguram attribuimus quam In HiKpanoram et Francorum sermone 
versatam perspicimus. Jamprldem enlm Ht^panis nejJcl© qtiis dedlt ; Fran- 
.la» perte nune nuper I^oicus Meitrétius utandum proposiiit, cuJiib In 
conformandâ gentU aux lingua induatriam valde equidem probo et laudb.» 
.Sf/ioi. jramm., p. 43, 44.— Cf. la note précédente. 

(1) Ici, RamuB ne ae reporte paa au latin. Dana aes Sthol. gramm., il 
rappelle que les Latina protionçaient de la même manière \e v et le f. — 
Happelona à ce propos que le r de» Allemanda a conaerré cette pronon- 
ciation de A 

(2) Raniaa fait honneur aux Imprlmeura, non aux grammairiens, de la 
distinction de v consonne et de « voyelle, précédemment confohdaa : . 
«Typographi nonnulli, tacito consénsu, flguram tau ronsonœ hanc, V 
nempe, pro t^igamma lllo spoHco Induxerunt; et flgura videtur aptior 
propt«r aiBnttatem «ôm Tocall «, «( certê Jam nobla uaUatlor.'Itaque; 
quod ratio jamprideffl auaserlt,et uaustàcitus approbarit, negligeodum 
non arbitjnunur. • {Schoh gramm., pp. 55, 5«.)— Il y avait bien des aièciea 
que cette dlaUnctlon d« n voyelle e| de « oomonne étaU réclamée. César, 
proposait d'éorire j, c'est>à-dire un digamma éolique pour v conaoniie : 

• Qaod quamvii llli reetè vlsam est, tamen ronsuetado antiqoa supera- 
vit. •(Prùeiani gramm., Hb. I.)— Nebrtu, en Eapagne, fut le premier, 
qui proposa la jdiatinction de l'iet.de l'o en employant, pour les con- 
aonnea,j et v/ qu'il' diaUngae tonjotira spigneuaéipent; noiquement oo> 
oiipé de la prunonrlation, comme le fut, depuis, Mateo Aleman, il ne 
tint compte ni de raaage ni de rétymologie,''et a'attaçha aeoiement à 
.marquer t'jiaqoe aoihpar un caractère différent. Cet auteur mourut en 
f.V22. — Depul», Le Triuin publia en 1534 , aa fameuse lettté au i>ape 
Clément Vil, où U maintient la nécessité de cette difttinct ion. Nous «i- 
tona teitaeltonent ce passage impartant : « Appnaao ci i di notare an- 
rhora la dilfcrenila che 3 tra lo 1 1 lo m, qoando aono oonaonantl, c qnando 
Toeall ; c pei«16, qnando aaranno voeali, ai açirlveranno per le consucte can- 
cellareadie; nia, <piando aaranno eonaonanti, 16 t si aeriverà per uooj 
iungo, che ai extenda diaotta da la riga, c lo tt per un « antico, a 



#• * 



^ 



200 ttRA^MAlRE FRANÇAISE. 

posé. Car cest l>ien aultre chose quune plaine voyelle 
et une demi-voyelle ferme : comme beaulxieuhe (beaux 
yeux) et beaux jeux: item puante morue ei puante 
morve. » • . i; 

F. -^ Cette lettre « n'a rien en Francoys différent 
diiï latin (1). » ; : 

H. — « Geste letre nest point aspiration en Francoys 
comme en Latin (2), et pourtant (pour ce motif) nest 
jamais apostro{^hee , » c'est-à-dire ne souffre pas 
devant elle un mot dont la dernière soit suppnmée 
par Tapostrophe. Elle est placée avec raison en tête 
des mot3 la hallebarde ^ le/iic/eux, !e honteux, la hure; 
mais «xest ung abus de nos étymologiques latiniseurs 
de lescripre ou elle nest point proférée, comme en 
héritier f heure-, homme, » 



2* Des muettes. 



y 



11 y a six consonnes muettes, lés unes ouvertes et 
proférées, soit des dents, comme t, d ; soit du palais, 
comme c, o ; — les autres closes comme b, p. 

« De ces muettes, p, b, p, sont demeurées en leur 
entier et ne sont en rien altérées; t, c, g, sont bien 
souvent corrompues dans nos escripts. 



1(1) a. ei-detsas, p«^(|||^ nol«< I et s. 

(2^ Despautèie regarde Vh non oomni« one lettre, mais comme no signe. 
Priaden avait^dtr> « H «tpiraUonis magii est nota quain tlt Htera. » — . 
Dans ses « Écoles grammairiennes • Ramus ne se pro'nenèe pas très-net- 
tement k ce sujet. Après une-t>ès longue dissertation (p, 62-69), il eondot 
ainsi : • Eqa|dem> ut aliquid statuam, si '/m (H) lltera non slt/eerte 
liicrte vim vâlde llteris vicinam babet. « 



flKRRB HAJieS. 



"■ 201* 



T. — « Nous abusong de t poiir s «entre deux 
voyelles, comme nous' prononçons j/ràswn, cpndi- 
mn (i). » En vain objecterait -on , pour défendre 
l'emploi de ce t, lerespect de rétymolôgie latine: si 
'les Rot&ains écrivaient gratianus] c'est qu'ils donnaient 
âù T le même son ici que dans terra : sMls avaient pro- 
noncé ffrasianuSfCGUx qui « ne se sont proposé aultre 
chose en leur escripture, que la seule prolation du 
peuple i> n*auraient pas écrit ce nk)t d'une autre mar 
nière(2). . ^ , " ■ 

, C, G (3). — « L'abus de c (4) et g est encore plus 
grand : car ces lettres debvroient sohYier ainsi devant e 
eti comme devant a, o, u, brief comme elles sonnent en 
/flc, tang, «—En effet, c etjG, devant e, i, se pronon- 
cent conàme s et j : cecy^ ce/a, age^ gite, se prononcent 
sesif seloy aje, gile. Cet abus est bien plus seAsible 
encore dans les mots comme : commença, leçon, recul, 
bourûoity bourgon, dongon, où Ton donne également au 
G et' au G le son de- s et de j : commensa, léson, resta, 
boûrjoes, bourjon (5), donjon (6) : « puis, pour corri- 



( I ) On «e rappelle que, pour Ramiu, V$ slirpte est toujours dur comme 
i'At double, dont il Uent )«. place. '^ 

(2) Voy. In ^chol. gframm., 'p. 4} : « Vitiwe t pronuntiatur a nobis, 
Koguente vocali, in.^alia gtntium : Ihic enim s «Ibilui anditor vuigo... • 

(3) « G nihilaliud est quamclete aç molle.» {SeKol. gramm,, p. 47-48.) 

(4) « Patet e ante « et l' vitiose a îiobis pronuntiari sibllo r liter», ut 
an(ice, amiei; vulgo sic enuntlamus tanquam scriberemus amûe, amisi, 
et literam ipsam appellamps tanquam scriberemus se. Quare barbarismns 
bic taiis est, qnalis antea in e dictus est. • {SchoL gramm., p. 45.) 

i&) En Anjou on prononçait bourion, et ce mot s'est conservé dans le 
nom d'une peUte localité , maintenant desservie par le bureau de poste 
de Saint-MaUiurin. 

{(i) C^te orthographe est celle que nous suivons niaintènant pour lé 
mot donjon. 



■t 



« . 



V 



« t. 






V.- 



v 



itta 



«iKAXMAIHI FkANÇAISK. 



,* 



ger. cestabas, Ion en fai(^ un aultre, en interposant 
E sans le prononcer aulcunement, comme comfn^nr^a, 
commenceonsj receut {\)f cHamjéonfy jugeons ^ Bonr- 
georSf bourgeon ^ dongeon, », 
V Le G, employé à tort dans certains mots où il tient 
Ja, place du j, doit se supprimer à la lin des mots tes^ 
mqing^ ioing, coing^ ung. Si, pour les premiers, 0n 
objecte que le g y est nécessaire pour expliquer les 
Verbes Éfigmoingner, soingner, coingfitr^ — qui doivent 
s'écrire u^motier^ soner^ carter, — on ne pourra dire 
sérieusement que le g de ung a pour but d*empêcher 
que le mot t^n, SiMl était ainsi écrit, ne fut pris pour le 
chiffre rii (2). 

Chef chant à coml^attre ces abus de c pQur s jet de g 
pour J, Ràmus demande remploi de Ts et du i par- 
tout où la prononciation leâ réclame^ le son du t: dur 
sera toujours représenté par k (3), qui tiendrait lui seul 



(1) Ramu8 a signalé un emploi,^— qu'il condamne comme abusif,^— de 
la çédilie dans françoit, leçon. Il semble qu'il eût dû écrire aussi av.ec la 
cédille les moU cités Ici, Mais on' remarquera qae ce sont4es verbes ; s'ils 
ont un «, c'est que ccLt e figure dans presque toute leur conjugaison. 

(2) •• il n'est pas, dit'Pasquier, qu'il n'y ait quelque raison en une or- 
thographe que noas avons Teue autrefois en ce motd'mque l'dn escrivoit 
avec un g au bout; lettre qui sembloit du tout superflue» de quelqae costé 
que l'on Toulost toumor la pensée. Mais cela advint pour autant qu'au- 
paravant l'impression, aui livres que l'on escrivoit à la main, on cottoit 
ies nombres par leurs figures, i, ii, jii, un, v, vi, vu, et ainsi des nom- 
bres suivants ; et quand on commença de les cotter par leiifs noms, on 
adJousU à l'm le g pour oster l'equlvoqne qui eust peu advenir entre, 
ce mot et le nombre de sept, représenté par la figure de v%t. • {Lett. à 
Bamtu; — Lettres de Pasquler^ édit. citée, <p. 140. ^ Voy. les kecherchet 
du même aateor, 1C2I, p. 400.) 

(S) Le K était si peu une lettre française que Içs Imprimeurs, manquant 
de ce caractère, le remplaçaient souvent par un l et un x, ainsi : \%. — 
Gonsalo Gorrcts, on des réformateuni de l'orthographe espagnole, rem- 
place par le K les lettres c et q. — Aleman, au contraire, supprime le a. 



^ 



i'IRRBK RAHL'K. 



,205 






la place âes trois lettres c dur^ k cIq (1); quant au g, il 
aura également le son dur devant toutes les voyelles, 
et, légèrement modifié dans sa forme, i| deviendra ^. 
■ "", A ce système on peut faire plusieurs objections : 
d'abord, s'il j|st convenu que c et g doux seront rem- 
placés par s Jl J,. pourquoi ne pas conseï ver, là où ces 
lettres* sont dures, le c sans le changer en k, le q, sans 
en changer la forme? Ensuite si Ramus, dont les con- 
temporains faisaient sonner les finales dans ^r<;c, /o/?^, 
termine ces mots par * et g- pour indiquer cette pro- 
nonciation, n'y a-t-ilpas lieu de penser que Ton pro- 
nonçait aussi alors le c d&ns franc? Remplacer ici le 
V pa^^, c'est gêner la dérivation, /ranc/ic, affranchir; 
et pour Ramus lul-môine, qui écrivait /ranfç, offrançir, 
ces formes s^expliqueht bien mieux venant de /ranc 
que defr40ik. 

Aux muettes se rattache la double , x , qui est une 
abréviation de c#, gs, gz : Ramus propose de Tadopter 
partout où l'on entend le son de ces lettres, « comrtïe 
e« ces mots conjorixion, dixiod, lax, lanx, que nous 
vons co/ttQficiion, diction; /ac$, Yoii^«.— D'autrôs 
fois x\à la fin des mots cômine envieuà^. voix, nous, a 
le ménl^e son que s : Vs devra prendre sa place rm- 
vieutytic, . - 

> Résumant alors dans. dés exemplôB Jes règles qu'il 



^^ 



>y- 



(t) D'après eettre règle , Baïf i^e manque pas d'écrire fct pour çut. — il. 
ne rentre paMlana notre bujet de rappeler les querella qu'eut i soutenir 
Ramus à' propos de kùkis et, de htMlûm pour qui$quit et quanq^flm. — 
Le Trissin adopte le Jk pour écrire les mots où l'orthographe usuelle pia- 
• ait c/i devant t'; ainsi iV écrit : kiaro pour ehiaro, etc.; nuis devant e, il 
i-onscrrc le eh, comme ehe, etc. - 



•:# 



/- 



,p 



"^ 









{- 



A" 



' •. 



•< 



sot i^RAMMAllK KRAHAiSK. 

vient d'exposer, Ramus présente le tableau suivant : 

^ini...*... i.k.. ...... toitff titre» 

Ùelta»^... d. de^dans, Didier. 

Kappa.,, k.:. kakejert kokiner. * 

"Gamma,.. ^.^,..., f^err^y f,idon. 
Beta,,4,,, 6...;...., barb^^ barbon. 
^»" -.P pape,, pompi^. 

• Et finablement., si nous rassemblions tout nostre 
alphabet, nous aurions vingt et neuf lettres (4) : 

o, fi/, ç, e, t*y e/, i, 0, «, «, «, .f , s^ r, /, /, m, n, n, 
jt ^t ft ^» 'i <^» ^'» fe', ^, |>» et. tme double f j:. » 

Cesl-à-dire : 

n^ au, e muet, e- ferriié, è ouvert, «i, i. o, ou\ Kch, s, 
^ //mouillés, m. n, ^n, ;, r, /,*A, i, rf, Ar, </ dur, 6, p, 
et une double x, remplaçant ci, Aj et.^». 

Ramus eut un disciple fervent, c'est le poète J . A. de 
^^^' ^%^^ ^^ Etrénqt dq poé$iq .franso^zç an vers 
m^^urés (à Paris, chez J. Duval, successeur de We- 
chel, 1574), on lit un a b ç c/u langage frhuoej, puis, 
à la suite , une expliQaUon «h/ç« noms et valeri d^s litres 
nHve,les, » — On y remarque une seule différence, avec 
le système de R«nus.^ Cest qu'il marque I'e muet par 
*tf non par ç coipme son maître! A la fin de cette sorte 
de clef â nécessaire à l'intelligence de son orthographe, 



(I) • I4 Raniee a faict une graqpuire en laquelle il nombre vingt et 
neuf lettrea: mais pour moi j'estime que ^^ »ont toi^tet lantaetiqueries 
d'un esprit mal raboté. • (L'art poétique françois de Pierns Delaudup 
Daigalieri, — Paru, 4y da breuil, iS97, p. ti.) 



'- *. 




* / 



PIIRHf! lAMIft. 
1^ 



•>«>'t 



il donne le motif qui la décidé à adopter la réfonne 
de Ranius : c'est que « mns C^xacie e^crilure conforme 
a parler engins lej ejqmer^ (Ticelui y lettre pnr son h 
voyfjeg ou comonanlçtt l'art dts vers mesurej ne 9e peut 
rvjjlrjr ni bien Ire^lej, » 



DM DIPHTH0N6UB8 IT DIS SYLLABKS. 

■ 

fl Syllabe, cest ung son entier, et peult estre dune 
seule letre, comme dune voyelle; peult aussi estre de 
plusieurs letres, voyelles ou consonnes.. 



N 



1* Syllabes formées de voyelles. 

» La syllabe de deux voyelles est nommée dipUtUon- 
(jue, scavoir un son de deux voyelles comprises en une 
syllabe (1). » ^ ■ ' 

Notre langue compte huit diphthongues : 

AI : ai, ^—->pai<mty (faumt (géant), aidant (2). 

E4u: ... i'w. — : fopça; (chapeau), mimtea. 



(i) La meilleure déQnitlon que nous ayons rencontrée 4e la diplith6n(;ue 
nt cielle du TriMin . « Credw ^he tia c$4a atsai manifesta che i diphtbuQgi, 
si nel latinu ciome ncl i^Ch), nun sianu attru ch^ due ietterc v^ali, 
talnu'nte in»ieme puste c nanlunte, che in una S(<>la «yllaba, c 8<>>lf>> ic- 
centfa» si senta il phth<i>nfb», ciûè il suodu de l'una c de l'altra. « — « Je 
crois que c'^t chose asseï claire que les diphthongues, soit en latin soit en 
erec , ne sont autre chose que deux voyelles tellement unies et liées en- 
semble que dans une ««ulu syllabe et sfnu un seul accent, l'on enlende.ie 
^nde l'une et de l'autre. • — Cette définition ne peat s'appliquer à 
tu u tes nos diphthongues françaises, où Ton n'entend pas toujours le son 
des deux royelles, comme daus au*i, eu, ou, qu4 sont, k proprement 
parler, des toyeiles composées; mais l'introduction de l'accent comme 
un élément propre i distinguer la diphthônfue donne à cette d<^flnition 
une portée particulière. ^ 

(31 Cf. d-dessus. p. 130, fiol«. 



A 



'206 r.lAHH4ll| PâANÇAlHE. 

Bi : éi. ~r fi^inilr^t p4^hidrfi, eréindr«i, péine^. 

Il r..... ié. — mW/, tu<^(ari (vieillard). 
iBu:.... te/, — Dif, /je/ (Dieu, lieu). 
#« 01 (oé): w'. — rn«^ /of! (i). • 

01 :..*.. oi. — mohidre^f poindre^ ^ coin, soin; 

voyant , ayant , larmoyant , 
• loiautxj royaulx. 

m :..... ui. — puis y nuirç, futanty cuidunt, 

vuider, puiser. 



(1) '• Noasavonitunf diphthonftucoi/ qui est néo avec hou8, ou qui, |»ar 
une («ottscssiuii imniémuriale .s'est tuurnée en iMturc : diphtbongue dès 
|Me<:a reconnue e«tre noitre par les estrangers. Car r« docte personnage, 
Kraiine , l'a sceu fort bien renurquer en son litre de la prononciation. 
Puisqu'elle noui est. naturelle, et que l'estranger ne s'en eat pai vobiu 
rendre inr^paMe, quelle faute a elle commis depuis piir laquelle il la 
falle exterminer (bannir) de la Krauce? Au lieu d'icelle vous avez intro- 
duit un oe, et au lieu de ce qut! nous disons moy, loy, soy, roy, loy, foy, 
vous dites moé, loé, toé, roé, loé„foé. Ce n'est pas faire conformer l'or- 
thographe à la prononciation, ains vouloir introduire une nouvelle pro- 
nonciation sous ombre de vostre nouvel orthographe. Je voy bien qui 
TOUS induit à cesie opinion. Vous estimes que l't simple ou l'y grec ne 
peuvent produire aucun son, conjoincts avec l'o, que celui qui leur est 
naturel estant séparez. Qui le vous a dit?.<. Et à fin que je vous monstre 
à l'œil que ce ne/fust pas sans raison que nos ancestres en la dlphtbooguc 
d'oy employèrent l'y, )e vous puis dire .que c'est un chiaractere qui a un 
ton particulier entre nom, non commua avec toute* autres vations, 
quand^l est immédiatement suivi d'une autre voyelle, et qui, poar ceste 
cause, mérite à l»onne'raison d'avoir sa place en nostre alptiabelfrançuis, 
autant qu'autre lettre que ce soit. Car de r«s mots moy, toy, sey, doz an- 
cestrci Breat un moym, toyen, soyen, *ioy«, loy«, ioy«, eomme nous 
voyons dans un Romant de la Rose et autres vieux livres, que nous 
avons depuis eschangez en mien, tien, n'en . ne nous estant reaté de reste 
antiquitéque le mot de moifoyen, que nous approprions aux murs, comme 
si nous voulions dire qu'il fust mten et tien. Mais combiin que nous 
ayons perdu l'usage de telles dictiona, ai est ce que les mots de roy, 
loy, quoy et tels autres produisent royal, loyal, quoye; comme aussi 
"^voyons nous semblables dertvaisons aux verbes , comme d'otitr nous di- 
sons j'oy puis i'oye; de trow*, je toy, toye, comme quand on dit? Dieu 



t 



Pllltl RAHDl. 



i07 



Dubois n*aTait donné que sept diphthongues : oi , 
ei , oi , oy^ au, ea^ ou; Meigret en compte seize et 
trois triphthongues. Il appartient à Ramus d'avoir le 
premier signalé les sons ie (de fiel) et ieu (de Dieu) 
comme formant une seule syllabe; on peut ne pas les 
appellcr. Tune et l'autre diphthongues; mais l'obser- 
vation de Ramus n'est pas moins fondée (t). 

Quant à la diphthongue m, que nous écrivons aou, 
il n'y a pas lieu d'en faire l'objet d'une règle spéciale 
pour un seul root, aou«((*2), où elle se rencontre, et 
I qui se prononce toutefois aujourdhuy presques par la 
i^imple voyelle, comme Mf. • 

Par cet exemple et par ceux qui précèdent , on voit 
que Ramus considère comme diphthongues simples 
certaines réunions de trois voyelles, regardées par les 
autres grammairiens comme triphthongues : il applique 
ici le principe qu'il a exposé plus haut, et qui consiste 
à faire une seule lettre des sons au (w) eu (e/) ; w étant 
une simple lettre, e/ uoe autre, il est évident qu'il n*y a, 
dans çcu (eau), qu'une diphthongue, et de même pour /e/ 
(jeu)'. Toutefois on se demande pourquoi Ramus, au lieu 
de faire du lop eau {qw) une diphtiiongue, n'a pas sim- 



ieuiUe que j'oy, que je «oy- Sçaùriei-Tous repré«enter le rray son et éner- 
gie de noctre prononciation quan<i vbui les escrivex en ceste façon : loealt 
'roeal,quoi'e, j'oce, Je voéef C'est, pardonnex-moy si je le dis, ou n'avoir 
\>(niii d'aureillcs pour juger, ou penser que nous n'en ayons point. • — 
Knsiiite Pasquierrappritchc de la diphthongue oy la diphthongue ay que 
Itamus écrit (it, et y réclame l'emploi de l'y en s'appuyant sur les mêmes 
raisons qui l'oQt amené à défendre cette lettre dans la diphthongue oy. 
<Le(rr<>s,édit. citée, p. 135-138.) 

(1 j Voy. ci-dessus, 1^ U&. 

(2) Meigret compte ooit parmi ses dipfathongueii. 



~\ 



/ 



plilié encore, en représentant ces trois lettres par le seul 
signe w'f Peut-être y a-t-il lieu de penser que Ve , tout' 
muet qu'il était ici , n'était cependant pas complète- 
ment insensible, et la prononciation actuelle du patois 
angevin, image assez fidèle de la langue du xvi* siècfc, 
autorise en eflct à le penser : manieaui chapeau ^ et tous 
les mots analogues, se prononce presque mantiau, cka- 
piaUf etc.; de plus, on disait indifféremment deable ou 
diable , suppliée ou suppléée ', et une observation ana- 
logue s'applique à la diphthôUgue ei defeimlrey peindre. 
Le commentateur deRamus insiste beaucoup. sur ce 
point que /eiwcfçe ne se prononce ni fendre ^ ni findre\ 
mais bien feindre; Ye s'entendait donc sensiblement, 
tout muet qu'il était, devant au ou in comme l'o dans 
moindre ou Vu dans hm. 

Les autres triphthongues iei de vieillart^'oei, de 
oeiliade, oèu de voeu, om de mowUe, ueit dô orgueil y 
ueu de gueuUf ont été de même réduites en diphthon- 
gués par Ramus qui écrit : viélart , &lad^ , »c/, mttlery 
«''S^/f È^^t d'après les principes qu'il a exposés en 
traitant de /et de ^, 

Revenant sur la prononciation des deux diphthon- 
gués ai et i& (ieii), Ramus constate que la première 
tendait alors à se changer en éi et en e (1) : comme 
éimeryférq, éimi^re y feje ^ pour aimera faire, aimerai, 
ferai; et la seconde en u simple, comme Diuy,liu, 
pour Dieu, lieu {2). _ - ' 



(1) L'e sus accentde Ramus, c'est notre /.Voy.cMettus p. 93 et 139-1 30. 

(2) Cf. ri-deMus, p. p. 89, iiof« &^ 



FIEKIR FAMIN. 



2U9 



\ 



3* Sytlabes où-entrent des consonnes. 



en 



t Quant à la syllabe composée de consmies, le 
François ne prononce point volontiers deux consonnes 
sentresuivantes, si ce nest davanture /î, comme en ces 
mots ierre^ errer ^ ou bien en quelques dérivés, comme 
couramment, diliffemment. » Dans ces mots, la nouvelle 
urthographe laissera la consonne double ; mais elle en 
supprimera une dans les mots comme « passer, ailer, 
commun, fionneur, différer ^ flatter y addirer, coccu, ag- 
(jraverj abbaijer, frapper ou nest prononcée quune 
coijsonne pour deyx escriptes (i). » 

Dans d'autres mots , comme eimast , asne , escon- 
duire, mesmcy aiumettCf SosneyRoine, oh voit des con- 
sonnes superflues, s et i, qui n*<wtd*iutre objet que^de 
faire prononcer longues les §0|fQfi:«, «,. o. Suppri- 
mons ces indications baiMM^fi^ à foxeol^e des 
Latins • proferons naturell| 
longues et briefves... 

ambiguité qui seroit a deuxWIfllÊ^ W. 

pdte, (pute de chien et paie (fe jyp^ii^ittpB tOltfrionÉ 
apposer quelque marque de longûeàl' ou brièveté. » 

L'examen de la quantité dans les mots français 
amène Ramus à parler aussi de Faccent (2) ; |a quantité 




(I) «Oitez de nottre escriture les lettrecqae nous ne pronoiu^ouf ]»•, 
vous Introdairës un chaos jen l'ordre de postre grammaire, et ferez perdre 
la cognoissance de l'origine de la plut grande partie de nos mots : con- 
fondant singulier et pluriel ensemble^ parce qu'en ces mots d'il fait et ils 
font, le mot d'ti se prononce toui d'une mesme teneur , et représente 
nëantmoins divers nombres. > ( Pasquier. ) s 

(I) Ramas définit ainsi l'accent dans ses Hudimftit^^ grfimm. lat.. 






!!• 




♦ 5?^ 












. ♦■;■■;!"•. 



' 1^ .et raooentl Amix AéaNSU d« la prosodie latine, et' 
qu*ii ierafi Udè» (TinlrodMre cUot Dotre versification : 
« le moyM, oèaeroii qat m» jpoelas saddonnassent a 
faire leitfa fwe non aialeaMBt par rithme et mesure 
de sone pemblablea (qui eel fort plaisante et délecta- 
ble), mais [auBsiJ par certaine quantité de syllabes 
longues 6t bATea, tOr, sejlon Aarous, Etienne Jodelle 
• a parfaitement moÉtré , par divers essais, 'que notre 
poéiie fraoçaiee peut être modelée sur la versification 
deelAtins M des GrAi;ett pour le prouver, Ramus 
^«ilB de Jod^Ul uii petit poime composé de distiques , 
heuinètree e^ pentamètreii M un autre en strophes 
siphiqaei (1). ^ . 
i9i le FliiiOiistt*il#9ii encore arrivé à< deffricher 




m accinnltur. • — Le cha- 

% dit mieux : « Aoeentut an- 

«hUooe et depresaione. » (P. 94.) 

Iriens greca nommetit ap<n< 

dana lea gremmairea laUnes, 

it dana ootre poésie française, 

ée M. Quicherat. 



, noua davona reconnaitre que la ae- 
à iti «fCets quioe sont pas trop choquants : on 
y troat^iB «BM^ 4UÉ IM fniAds vers, deux hémistiches, le premier com- 
pote 4* #■§ «lit ««Mli 4e six ayUabea, et ai ces hémiatichea étaient 
toujours hten mwqaés, ira lieu d'être remplaàéa par des césurfs arbi- 
trairea, pent-éire noa poètes modernes pourraient-ils essayer ce Ters de 
onxe syllabes, qui répond aHses Men au vers endec4uiUabo des Italiens. 
Voici la première strophe de Jodelle : 

Su» Toler duu l'air, j« guide eu M b«au liea , 
Dam c« char, CyprU, révérant ce l>eau Dieu «^ ' . ' 

; Que retiut d'uu du;u mémorable souï tôy 

Charlu aTec moy. » 



Ronsard a reprodnit le même mètre dans cette strophe; Il a toujours net- 




a 



ce désert de quantité et daccent » , cepcndanijl a 
sayé d'introduire dans la langue quelque hari^owl * 
• il a asses plainement descouvèrt lapop|rophe , cm/th 
dire ung retra^chetlieilt de lettre Onalle, pour avoi|,0tie 
euphonie , cest a dire ung son plaisaot a idiiiife , et 
iapostrophe se marque en \eÊiCtti^ÊfVf%ig demy 
cercle au dessus , ainsi '. : -^ ■ 'W^^^'^^'^IÈÈ- u^-' 
Les lettres sujettes à ra||ilrophe soniwi féjelléB 

ç, t, et lès consonneftj 

er, — no» dirions au- 
tt les autres faciles : in*tt- 
ma amiçtjji nymq, n H veut; 
muet) final est quelquefois 
nne, comme granit joye, 
mtvottre-gr^çè. > Tou- 
oâ proposition, niest point' 
apostrophé; commll^|i e»ti homme de bien, H est ^ 
A miènï; i o*est gtpmapostrophé eisi » (<x>njonctioit] 
et ne Test jamais ai 4ans 1 1 (adverbe) ni dans nL 4- 
« Quelquefois deult ^voyelles sont ajpostrophees en vm 
inesme syllabe, comu^iray pour j^ i iray » : 
avait déjà fait la rnéàt tmmp» (f.)j 



a,.ç, f peuvent B*a 
jourd*hui s'éHder, 
mi^,faymç;8'UvêU^ 
de plus « ç (c'est 
' apostrophé devant la 
gran(Cpeur, la plut 
tefois « a quand il 



lemeot indiqua U oé«ure 

^ Ny l'âge ny sang | ne sont plui ai yigùmtf, 
Les ardtnU'peiuari I iM m'escbaaffent k c<ion 
fias mon chef giison | oe m veul eufwmer ^ 

» SouB le jong d'aymer. ' t ' 

Voy. Pasquier« Recherches, liv. VU, chap. XU: Que notre langue clt ca- 
pable de ver^mesur A tels que Us Grecs et Romains. 

(1) Voy. p. Î3; cf. pp. 128-129.— Papori, dan» la partie de «on livre, « le 
Sotaire»^ il s'occupe des devoirs da secrétaire , consacie , t. III , p. 23, 





...t 




^ 




mi: 



^Si*-, 




jÊÊMêgm^^ FIAIfÇAIfi^ 

rsonnesf (i), i, r, /, sont sujettes à rapostrophe 
id le mot suivant commence par une consonne, 
^ é(>mme : le' pkUosoplié' fm* iou par rahon ; tu veu parle' 
têi£$eul;at Vjaict?at i' chanté? pouf /e« philosophes font 
^ toutfkut raiêon ; tu veus parler tout seul; a il faicty a il 

4 Dans îÊnUrWtïàeTS exemples, on voit au con- 

trairo intmkiire un (, qiie« nous interposons quelque- 

fbis pour ne point tom 

rence de. vcnrelfes. » — 

le même bwl'introductii 
. ^^pour je ri (2) eipleur^* non 

personne, n^is pouRant q 

alofeille (3).» 
Avant d'entrer 'iÊJm^. 

diverses espèces, et des 
«des Iplurties djijdiscours, R 

'^' 't. 




une déplaisante concur- 

ant nous montre, dans 

s : je ris et pleure 

ny rny s soit a telle 

ce qu*il)plaict ainsi 

des mots, de leurs , 
relativesit chacune 
e un regard en ar- 



^ 



-1»w 






un duipitre à l'oraogrtphe. PiHis||«le l'apostropbe r H dit: 
« t^bMCvtnee dqHiU n'agnieres reœue mWnnee des apostrophei, ainsi 
ooaune'àvtrHoM en orthog^Éill^'iloit estre entretenue comme 
fn|«»|Hl|mige fraBQOif. Ctrilipigiiet en forme de crotoMnt « ' • 
llgiaftir ]l r4«0Uoa (f «w i^ÊÊ^% f, «*> o> «. oa bien d'anç dipb- 
•ifM, maU prlMp■^P■l de a et de e; des autres, non, ou 
vent, eaooneijMifour quelque licence poétique : Van pour 
YtÊÊÊtmtt fraui^ise lourde, incorrecte et des- 
ll^ie ne sera observée, qui est aisée ià icom- 
preiiélé'ili^^PiP|fej(%l délaisser à ceux qui l'entendent.* 

(1) Pour eiUliÉttte, Bobols avail fait la même remarque, voy.'^. 8-9. 

(2) La première personne de l'indicaUf Éingulier des verbes de> cet te 
conjugaison ne prenait pas l'< llnal. Voy. ci-dessus, p. 37. y 

(3) k ces lettres euphoniques, et à celles doht nous avons parlé ci- 
dessus, p. 16, noie 3, ajoutons n euphonique, que Ronsard votfiàit in- 
troduire dans notre langue; à l'imitation des Grecs, qui disaient i^nv 
pour CoTt, oûttfstv pour oûrotn (pour oOto;], il disait ainsin pour aitui. 




iA^ 



A-JljtyA, 









Èt% 



..^,.:;. 



■■.■«si. 



w 




rière ; il rappelle quéfquÎMhÉiftm 06^ ;it noÉii# 

tre que, si C'est au peuple de fiicer la prononciation , 
c'est aux savants de régler récriture; il dit de quelle 
utilité serait la réforme qu*il propooe pour les étran- 
gers, qui connaîtront le prononciation de chaque mot 
d6s que Torthographe en sera la notation exacte, et 
réciproquement; pour les. enfants et les femmes, 
qui ne peuventw-«fe préoccuper de Tétymologie et 
-écrire autrement qu'on ne jffnnûBoe; pour notri 
langue elle-même qui , ai noplid^QOi di^Muraltre di^ 
l'histoire comme le peuple g^ et le 'peuple romain^ p#|r^/;: 
ne présenterait aucune i^filçoKé à.oeox qirî Tétudio^A^tl^^'^ ■ 
raient. — Mais, pour le |tfèliÉt#*<lue det,jBfelâinations 
il faudra subir, maître, qoe^O^ 
crc, que d'obstacles renvertef- 
votre sage système?—! 
ses ne réussissent pasi 
un petit conte qui^ n{ 

«Quant a ces 
guez , ce seroit le 
grand roy François, 
France de plaider en langui^! 
alors de merveilleuses coi 

Provence envoyé ses députés pir dsvem^Sa Majesté , 
pour remonstrer ces grans inconveniens que vous dic- 
tes. Mais ce gentil esprit de Roy, les deîayans de mois 
en mois (2), et leur faisant entendre par son Chan- 




m- 



1 



(1) Par l'édlt de Villen-Cotterets. 

(2) Les remeUant de mois en mois. 



^*A 



J 



S14 GRAHHAlMIt PRANÇA1S8. 

cellier qu*il ne prenoii point plaisir douir parler en 
aultre langue quen la sienne , leur donna occasion da- 
prendre songneusement le francois : puis quelque 
temps après ils exposèrent leur charge en harangue 
francoyseï Lors ce fut une risée de ces orateurs qui 
estoient venus pour combatrè la langue Francoyse, et 
neantmoins, par ce combat, lavoient aprise , et par 
efipect avoient monttré que, puisquelle estoit si aysee 
aux personnes daage, comme ils estoient, quelle seroit 
encores plus facile aux' jeunes gens, et quil estoit bien- 
séant, combien que le langaige demeurast ^ la popu- 
lasse, neantmoins qae les hommes plus notables, es- 
tans en charge publicque, eussent, comme en robbe, 
ainji^fglll^» «Quelque praseminence sur leurs infe- 

"""lllb tmtteeifMta^^ qu*il clôt par ce eu- 
0lRlf H<^ àtmibi^^ au précepte, se 

d6^e àlÉfirini^ f^ sur deux colonnes; 

Wàël^Êm^ de rktre Tor-. 

It^g^«i|« 91^4^ ^«Him^sai : « Or sus, de par 
Dieu t^^il'^tt jilikOii^ mis en avant, comme ung 

tableau 4iî||||ii^ pour escoutei- derrière le 

rideau le Jngement des passans (i*). » 

Nous sonimes au chapitre huitième (2), et npus abor- 



(I) On connaît l'anecdote d'Apelle^^et l'origine du pr^erbe n* Iriilor 
uUra creptdam. 

(3) Le 7* de la tradnctton latine, qui supprime le chapitre récapitolalif.. 
r- L'édition Buhrante, faite après \%. mort de Ramui, ajoute ce chapitre 
au 8* sans titre particulier. 



FIVHBK «AMliti. 



215 



dons la grammaire proprement âite dans ce qu'elle a 
de pratique. - r ' 

Sans dire combien il y a de parties du disc6prs(l) ni 
(Quelles sont, selon lui, ces parties, Ramus traite les 
questions relatives au nom. 



DU NOM. 



^~» 



Ml y a deux choses à considérer dans ■ la notation 
des noms, l'espèce et la figure : pour Tespèce, le nom 
est primitif, comme vin, ou dérivatif, comme ,vineiix. 
— Pour fa figure, il'est simple, comme ami, dit, ou 
composé : ennemij contredit (2). /* 

« Icy vous aves une grande félicité de composition, 
comme sauvegarde^ boutefeu, couvrechef, bridoiè^ ctire- 
dent; chaussepied.» T / ^ '' 

On doit tenir compte aussi i cbii|^1« in^ en gébé- 
ral, de ce que Ramus appelle fl(»^^|ip6r#Dce8,»'c^ 
à-dirë les espèces , les variétés. ^JBUee sont avec 
nombre ou sans nombre; avee ootiolmi^y qoand elle» 
notent avec leur, principallè a^iiteitidn un nom- 
bre singulier pu pluriel , comme bon eai de nombice 



(1 ) Ramàs ne fait rien '$ku motif. Son silence même doit être expitgùé. 
Danf Ms ouvrages éiémentaires comme t« Grammaire latine et mi Gram- 
maire française, il évite en général de donner des opinions qu'il ne pour- 
>ràit soutenir qu'avec de grands ^ételoppements. Ici, il a été arrété^pi^ 
la diversité des doctrines qu'il a rencontréesi ArtstQ^et Théodecte n'oM 
recolonu que trois espèces de mots, le yerbe, le nom et la coDjdnctiony^ 
Varron en reconnaissait quatre ; Aristarque, huit ; Quintilien et Servit 
lutee. Dans ses SchoUe grammatieœ, Ramus rapporte toutes ces opinions 
sans se prononcer; sa conclusion, il la donne ici en s'abstenant. 

(2) Cf. ci-dessus, p. 31, etc. 



/ 



, ♦ 



w 



/v 



1^ 



216 URAMMAIIIK FRANÇAlâK. 

singulier, bons de nombre plurier. —Cette division des 
ipots en deux classes^ distinguées parce que les uns 
sont sujets au nombre et les autres non , est particu- 
Hère, parmi les modernes, à Ramus (1); mais ili'a- 
vait empruntée à Priscien (2) . • ^ ' 

< Le mot de nombre est fmit ou infinit ; fmit, quand 
il signifie son nombre par " certaines terminaisons, . 
comme: les cerfs courent; Tinfinit, au contraire, 
comme courir , aimer (3). » Ici Raipus veut dire sans 
doute quç les mots comme courir, aimer, ont véritable- 
ment un nombre, bien qu'aucun signe ne Pindique ; et 
en effet ces propositions : il me faut courir, il nous faut 
courir, donnent à Tanalyse : t7 /auf — moi courir, (il 
faut que je coure), et courir est au singulier; ilfaut^ . 
noufi dourir, (il faut que nous courions), et coufir est 
ici au pluriel. 

Du nombre. -^ En ce qui regarde le nombre, le . 
mot en général peut être iiom ou verbe : < le mot nonâ- 






(1) Noos la retroDTont dans ^nctlas. Pour ce grammairien, la jhto- 
priété qu'ojDt les mots de receToir et de manquer le nombre est un signe 
caractéristique qui distingue bien mieux )e nom et le verbe de l'adrérbe 
que^ ne peut le faire la yariabilité. — Dans ses Écoles grammairiennes, 
Ramus dit encore, à Tappul de cette doctrine : « Quùm vero subduxeris 
omnes orationis partn, ut gramnfatici loquuntur, vel gênera vocis, ut 
loquor, essentialis dilTerentia nnmeru^ invenietur, qui solus nomina, pro- 
nomina, verba, participia quaé iq>peUantur a reliquis dividit. » (Pa- 
ges 110-111.) 

(2) Lib. V., cap. de numéro. 

(3) Ramus abandonne ici Priscien, son maître; selon cetauleu^, le 
Nombre singulier est flni^ parce qu'il désigne évidemment l'unité, ni plus 
ni moins; le pluriel est infini, p^rce que, en indiquant la pluralité, il ne 
la liiiîite pas; de sorte que hômo désigne un homme et rien au'un; ho- 
minet désigne plusieurs homnies sans que l'on sache s'il y en a deux, 
cent ou mille. (/W*.) . .. 



l'IKRKK KAMtS. 



^21? 



bre est nom ou verbe. • — Le ïiom se distingue du 
verbe" en ce que « nom, cest ung mot de nombre avec 

genre (1). » ■ . • - . 

Pour la formation du nonfbre, Ramus^ se borne à 
donner ces trois règles : ^ 

. !• «.Le pluriel adjoute au singulier une s: owç, 
omi^s ; famqy famqs; vécu, vews ; ejtej (heureux) e^rets, ; Is 
(loup) /«*. » — Vx étant un signe abrégé qui tient la 
place de ksici) et de gs, Ramus ajoute à ces exemples^ 
sans en faire Tobjet d'une règl^articulière : lak (lac), 
igx; long, lonx. . \ 

2»» D et T sont amortis, comme ; s^^r^t, se^^rés; 
dén\, d^ns\^im€mty éimans; pléd (plaid), plés; soldard, 
soidars, \ 

3°> A final devant l^ est changée en'co (au), en 
supprimant l, comme: çe^val, ç^vqjs, roial, roicus, — 
Nous disons auasi :*«i«?/, «c^«(ciel, cieux), viét (vieil), 
t1?>«^, e/{ (oSîl), fc/i. » . . 

Remarques, 1* Quelques noms sont se.uteipent sin- 
guliers : sang, or, argent, plomb, étain, gré;—^" d'au- 
tres n'ont que le pluriel: pleurs ; — 3* d'autres enfin 



/Il 



(r) SinctioB traUaAnt de la^mmaire latine donne la même' définition ; 
pour lui le nom est un mot ^Ue nombro avec genre et cai, « vox numcri 
rasualis cum génère. • (SancUi Miner ca, 1, 5.) — Des'pautère, Rinaido 
:k>r8o^ Guldaèier enQn (Agathios Gnidacerius), dans sa grammaire hé- 
Iraïqae (^arû,tn eo]AeqioItalonMi, f 53d), ont bien.mieux défini le nom, 
d'après sa. nature. — La piiipart des grammalrienl anciens ont suivi la 
défiivtiun du maître , comme dU AlcuiÀ, c'est-à-dire d'Aristote, qui éta- 
blit entre le nom et les autres esj^èces de mots cette différence que le nom 
ne marque pas le tempsL; les autres ont suivi Priscien qui tient compte 
des cas, et de la nature d'un mot qui a pour objet de désigner les êtres 
animés ou inanimés. 



.* 



l \ 



V 



• 



V 



<*fi- 



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* (■ 



i ' 



2tH GRAMMAIRK VIANÇAISE. 

» 

(et cecirésulte de ce que Ramus comprend dans le 
nom, comme ses contemporains, toutes les espfèces 
d'adjectifs) sont pluriels, et « ne sont point" terminés 
en «, comme quatre ^ cinq , sept , quinze , vingt et qm- 
tres numéraux. » ' , : 

Du genreT~— « Le gence^^Btjnasculin ou femenin. 
Si le nom convient au masle, il est masculin ; s'il con- 
vient a 1» femelle , il est fem^n , comme; Pierre , 
Jeanne t seigneur, dame ^ roy , rogne. * . 

ÎLfaut savoir gré à Ramùs, conmie à Meigret, de 
n'avoir pas attribué le genre neutre au français; ce 
/ , que Meigret semble avoir fait par vraie et simple in- 
telligence de ta langue, Ramus le fit en pensant a des 
analogies qu'il fait remarquer à la fin -du cinquième 
chapitr'e de ses « Escales grammairiennes (i).» C'est en 
V^ pensant au latin et au grec que certains grammairiens 
.'ont gratifiés du genre neutre : c'est en se repor-. 
'au chaldaîque, à l'hébreu, au'syriaque, au punique 
même qué^amus nous en a délivrés. 

Les noms d'arbre (poirier) et de monnoie {escu) sont 
masculins; les noms de ville, tantôtinascuUns (Part<), 
tantôt féminins (Troie), ' ° 

i Quelques reigles se peuvent dresser pour le mas- 
culin, comme le plus fréquent, i^lon les letres finales, 
en exceptant les fcmenins. » — Cela posé, Ramus 
dresse une longue liste de finales particulières aur 
noms de genre masculin, comme : a, bras, las, amas, 
tas ; — ou, chapeau, etc. , etc. 



m-123 






PIKRRE RAMUS 



"219. 



« Le femenin est formé du masculin, en adjoutant <y 
comme fin/fine, fi(^r^ fiért-y tin, t/«*ç'(doux, douce), 
he^Wf béiç; item : fe/re/ (heureux) e^rejiq^ Fransoé (UaLii- 
çois), Fransoése^; item swf (sauf) swv^ ; vêf (veuf j vêvv, ;, 
> ri/', vtvq; «^/c (sec) s<^çq;frankyfrwiçq{(rsinCf franche); 
o/ç (hotè) otésq; roé (roi), r^inq ; Diu (1) (Dieu) de(fsq; 
kl(>rk (clerc), klérgésq (clergesse) ; tuten', iuirUq (tuteur, 
tutrice). 

» Les adjectifs en q sont de commun genre : dnétq, 
jnsiq; — f^moJn est aussi commun. ~ >- 

» Quelques noms sous* un genre comprennent deux 
• sexes: comme hérouy broçét, turbot, sous le masculin 
genre ; a/w'f , pérdri sous le femenin. » 

On voit, pj^r ces exemples, combien laisse à désirer 
le système orthographique de Ramus ; combien sont 
peu nettement formulées des règles qui ne sont plutôt, 
à vrai dire, quedes remarques sur là langue; com- 
^bien il est. incomplet et confus. . 

Un seul mot en passant, voilà tout ce qu'il dit de 
la distinction du nom subs^tantif et du nom adjectif: 
ce n'est point dans lia nature diverse des dcujç mots 
qu'il on cherche la différence ; il se borqe à constater 
que « b nom. est substantif ou adjectif : substantif, il 
est dun seul genre, et ail est propre il sescrit au com- 
mencement par une grande lettre, v, — D'aprèa cette 
remarque, le nom rot, qui /a un féminin, teine, serait 
un adjectif Ci). ^^ 



^ 



(1) La définition donnée parMéUnehUion, dusùbstantit et de l'adjectif, 
^st un peu molnanaive: «le sabstan^if, dit-il, e»t*un nom auquel on ne 



V 



:î20 



«ilAMMAIIK l'«A>VAif»K- 



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VÏM^i et cent sont toujours pluriels ; mais ils sont 
tantôt adjectifs, tantôt sutystantif». Ils sont ^ubstintifs, 
quand \h sont précédés d'un autre nom de nombre,, 
et alors ils prennent utie s : six vingit, troi» cchIm; 
employés seuls, ils Font adjectifs ; c'est du moins ce 

ique Ton peut conclure des exemples de Ramus, qui 
ne donne pas. dérègle à ce sujet. 

Artict^, — En traitant du nom, Ramus consacre un 
court paragraphe à fartide : • article, cest un nom (1; 

• qui faict au singulier masculin /e, au féminin Va; pour 
je plurier de lun et de Tautre il faici tes. — Le genre 
est communément déclare? par larticle singulier (2).^ 



peut «joater Ifann, Weih, iHng; Tàdjectif est an nom aiAïuel peut t'a- 
Jouter Mann, Weib oii Dinç, homme, femme., ou chose. •— Ou\ra(!îp 
ri|ë p.<t.— Dhu SI Gnmiiuiit latine, Ramus prèviefit l'objecUon qne 
nous lui avons faite; «fh Ht eîi effet : ■ Quomodo dtviditur nomen e dif- 
' ferentia generifi? — In substantivum et adjectivum. — Quid est nomen 
sobstantivum?— Quod cum une icenere, aut summum (fuobu$, ilpclina- 
Uir. — Qaid est nomen adjectivum.' — Quod cum tribus generibus de- 
dinatur.'* — Pourquoi Ramus qui savait que le substantif peut, à la ri<- 
gueur , avoir deux genres , ne le dit-il pas dans sa Grammaire française? 

^i) Pour Méianchthon, la préposition est une sorte d'artide, et on ne 
' pent qu'admettre la rériprodté. En rangeant au, aux, dif, dés, parmi 1rs 
firépositions, Ramus et les autres grammairiens de la même école, nous 
ont donné la clef de cette confui^ion. Touj^s les graomiaires italiennes ont 
toujours rangé dej^, dtgli, aUo,afiU parmi les articles ; c'est on les Imitant 
que nos grammairiens sont parvenus a vider cette question.— Cf. p. 334. 

(2) Ramus dans ses Scholr gramwuittcT, p. 122, défend cette eiplicar 
^n si élémentaire tMr l'autorité dé Vairon, qui a ()it, dansson 8* livire De 
lingua taltiia ou 2« De analogia) : « Sic itaque ea vlrilia dicimus, non qua; 
vlrum signiflcant , sed quibus propônimus ht£ et M; et sic mullebria, in 
quibus dleere pôssumus h.re aut M*. • — Pour comprendre ce passage,- il 
- faut se rappeler un autre endroit où Varron dit que les genres sont du 
naturels et invariables; ou de a)nvention et variables. (M. TerentiivVaf-- 
ronis. De lingua latina, libri très et totidem De analogia. — Parisiis, 
apud collegium Sorbons , M.D.XXX , roense septemlai. — I Vol. in-S", 
^LXXlV,v^) • 



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riHiK HÀmfi. 



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Ne seroble-Uil pas que l'arliclc n*aii d*autres fonc- 
tions que de faire connaître» lô genre des noms ? — 
Ouant aux formes a, au^ aux, de ^ du, des, nous les 
trouverons classées ptirmi les prépositions. 

CjumparaiêOH et diminution det noms. — Ramus ter- 
mine son traité du Nom par Un chapitre sur les degrés 
de comparaison et sur les diniinutifs. 

Pour la comparaison , comme Ramus se propose 
d'en^ parler ailleurs, il se borne à ces repaarques, 
toutes d'observation plutôt que de théorie : « La com- 
pijraison pst suppliée (suppléée) par circonlocution, 
comme ffii^é par le positif, pht» 6u mains sage pour le 
comparatif, tressage. pour le superlatif. » -r- L* auteur, 
on le voit, ne, considère pas comme superlative' la 
fonne : le plus sage. 11 ajoute, à l'adresse des nova- 
teurs de son temps, cette remarque fort juste : « iUusr 
trissimë, inpictissime , doctissime, reverendissime (i)/ 
sentent ui) latinisme que le francois ne peut goûter, et 
encore n^oins diluer. «Toutefois, ajoute-t-iU c'est 
aux latins que nous avons emprunté les formes meV- 
leuTy pirCi moindYe, supérieur ^ inférieur, '^nwjeur d'âge, 
mineur d'âge. ^ * 

Diminutifs, — Nos diminutifs français se forment à' 
l'aide de trois terminaisons : o/ (au) : arbre, arbrissew, 
lit^vr^, /çwra/( le vra^ul) ; —on : eku, ekuson; —r et : jar^' 
(lin, jàrdini»t{2). 

Avant de quitter ce ch^itre du Nom, nous devons • 



..) Voy. ci-desMs, pp. 3i, 67-70, 9S.. 









-:.; tX':, 



v.> 









y 1 . . , 







i>-.' ... 



:-h .:7, 



^ 



# 



23i . ^ GIAMBAIII rRAH'AiXIi. 

faire remarquer dans Ramùa deux mérite», qu*il r'csI< 
acquis du moins par son silence : il ne reconnait 
pas de déclinaison en français , et il ne signale que 
deux genres, le masculin et le féminin (4). Meigret 
Pavait précédé ; mais Ramus a eu du moins le bon 
sens de suivre ce grammairien original. Malgré l'au- 
torité que donne à Mcigret, Tassentiment tacite du 
grammairien philosophe nous verrons plu$ taid 
d'autres auteurs revenir aux errements de Dubois. 



SS 



A- 



DU PIOROM. 



r 



\- 






ï:^^ 



^ 



Ramus fait eilcore rentrer le pronom dans la clasà 
des noms (2) : t dix nonvs; dit-il, sont appelés pro- 
noms, et semblent tous avoir quelques cas. » 
. Les dix pronoms reconnus^ar Ramus sont rangés 
par lui dans l'ordre suivant: je ou nwi; tu ou toi; éfi; 
ce, ou ce$t (Tém.. ce^),^t-i5es^dérivés; il ou fui; qui, 
que; mon, ma, miepi mienne ; ton, ta y tien, tienne; ion,, 
ta, sien, sienne; mesme* ®" 

De ces pronoms, je, tu, ce on cest^ sont dénaons- 
tratifs ; soi, iOsaui, sont relatifs ; les autres sont pos- 
sessifs, exceptéme«mc qifi est réitératif. \' 



f: ». 



(0 A la même époque, la gnmauire itatienne d« RiDÉido Cono ncm- 
naittait encore an genre iieutre, 

(?) Saochei (Saïu-Hiw) ^ipalilia en I&87 la l'* édition de la Xûiert», 
pÂrtaKè t'upiniun de Raœug; « Pronominir non dubiis rationibos a parti- 
buft. oratiMiis rejicimui. Primom omnium, sk pronoàiai diSàret. à Do- 
mine, ejui natura per deÛnUionem poMet atUngi ; at v«ro nnlk ett dcA- 
nitio pronomlnls, neque potcn^ Tera «t propria lùTestigaiti... > (Sêactii 
¥tn«rt<ï, lib. l.pap. 2.) 



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riiiiiR BAMiifi. :!'i'> 

Plusieurs pronoms, on le voit, sont oubliés : douu 
en, y ; d'autres mots sont donnés comme pronoms qui 
ne peuvent être considérés que comme des adjectifs 
possessifs: mon, nuit pu détenninatifs : cet, cette. 

Bamus en traitant de chaque pronom en indique la 
(iûclinai^son. Le tableau suivant résumera utilement ce 

long et obscur chapitre. ' 

■ fc p ■ ■ • • ■ 

■' Sltwiilin «i iMuniD. 

Nominatif. j>, iko^j. ^ \ tu, »oy. , 

Génitif '. . . wioy. \ - lOf. . ^ toy. 

Uatif moy, me. \ toy. te. soy, te. 

ArruuUf. ...... moy, me. i loy, («• *oy, t§. 

ALIatif. ......'. moy. toy. <0)f. 

Vocatif. ................. tu. 

iVou», Indéd.; — «m*, Indécl.; — M (dat, et WXU8.). 

SiNGcun. . « ' ' 

■ * -, ..'•'•■'■ 

Mase • ¥éai. "' * Maicaliu. Pétniain. . 

Nominatif. , il, UtyT eUe. fui, qMl, gué. • qui, q%uUe, i^uêk 

G«^nihf. . . . /«y. — — — — — — — 

Datif... Imy. - - -^- —'"- ^ ^ - 

<*»cuiatif. . » i»y. — qui, quel, que, <^o^. qui, quelle, que. 

Ablatif. !; . . itty. .— qui, quel, que, quo^. qui, quelle, qui. 

o rLoaiCL. 

IU,iuà,9lks: qm, que, quels, qu$Ue*,fOurtom\tiç»M, , 

■ .. •» , . . '■■''■ ■ '■ ^ 

Noos avons dressé ce tableau d'après les règles . 
tracées par Dubois; mais nous protestons contre le . 
i*ôlede7tif, cpii ne saurait étrp un wowinafi/, c'est-à- 
dire un sujet, quoiqu'il- puisse être attribut; — et de * 
çWi, où Top ne peut voir un accusatif, c'est-à-dire un ' 

complément direct; 

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22 i GlAJiHAIII FIANÇAiSI. 

' ♦ ^ "A 

De ce OU cestt féminin cette, dont le pluriel est rw, 
pour les deux genres, sont dérivés : cèttuy^ ceêtuicy, 
cettuylot ceof, celof cestecy, cettela; de ce cl lay, i/, 
eUe, sont composés: celuy, celle, iceiluy, icelle. 



DU VltBt. 



i^ 



Cgsi ici surtout que Ton peut reprocher à Ramus 
de se borner à constater des faits, souvent même assez 
mal observés, au lieu de donner des règles ou ^''exi' 
poser des principes. Nous extrayons du chapitre con- 
sacré au verbe les passages suivants* où Tauteur donne 
ses définitions. 

< Le verbe, cçst un mot de nombre avec temps et 
personnes (1). » \v ' 

En constituant à Taide du t|mps^ la différence spé- 
cifique entre le verbe' et les autres mots susceptibles 
demarqueV le genre, Ramus n*a rien innové ; il a 
suivi .Aristote. Toutefois, nous ne croyons pas que 
cette différence soit fondamentale ; et celle de Meîgret 
nous paraît bien, préférable (2)^ 



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(1) Ramus défend longuemoit m définition au «htpltre t'% liv. II , de 
te» EicoiUs gramwuiiritnnes, Entre IM grammairtens anclent, Priaeien 
copié par Aleain et surtout Coiisentins ont donné les meilleures îiéfini- 
tioiM ; Priaeien : « Vérbuân est pars orationis cnm temporibus et modis, 
sin^ «su, agendi vtl paltcndt signiHeatitum y • — ConsenUus : • Yertrani 
est pars orationis façtuék aliquod habitumve ti§nifieant eum tempore et 
iiersooa, sine casu. Facfum quad iignifietàur, agwtis aut patiêntis vim 
cOMftnel. • , : » 

(2) La. définitif de Ramus a été adoptée par SaneUds, « VèrtNim est 
/Wdx partlcepa numerl, personàlis, cum tempore. aEt il ^J^te poliment : 
/Hce deflniUo vera. est et perfecta; relique onfines grammaUoorum 
inept#.> (S^nctil Jrinerrn,!, 13.) - 



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« Temps, cest la diflereoce du verbe flelon le pré- 
sent, prétérit, futur; — Le verbe finy a trois temps 
imparfaits et un parfait ; — Le verbe infini est perpé- 
tuer: aimer, aimé, ou gérondif : aimant , voyant, 

> Le Yérbe passif s^exprime par périphrase, 

• PersQnne, cest unespecialle diiïerence du nombre 
verbal, laquelle es^ triple en lun et lautre nombre. 

> Le verbe est divisé doublement par la dilTerebce 
de la personne, eil personnel (ayni«, aymons), eilpn 
impersonnel {/aàltychaïUl). 

■» Le ve^be ek de fi)rme active ou neutre. — lie 
verbe actifl cest^ celuy qui peut former ^n pàrticij 
prêtent, comme ^^ç^fo^ihe le participe «l|iW (aimé)l 
— Le verbe neutr^, cesii celuy qui ne» peut former 
participe prétérit; bommip. Hre, dormit, fondent seule- 
ment riant, (formant (i)* ■ -— ^t n , (toriéi, j*ai ri, j*aii 
(iormtP Ramus oublie ces f Qpnefl| et d^tfuit^ par cel^l 
seul, sa défiuitiod du verbe ^eim 

Participe. -^« Le participa es^ iBir^â^(2), &inj|i 



tamèit 

iment : 
ieorum \ 



plus loinlnne déAnittonl l« vorbe 
liné en o, eoauniDe leij verbe^ acUlii, n« 
C'est 1 Âlcain que i 
1^ doBoée par les 
TertM Mtam Tel paMlènem 



homm 



(1) PTisdèn n'avtlt pu été 
neutre , dit-U , est celui qui , 
peut prendre U forme passlTe en 
la mdlleure déflaitton du TjBrbe 
ciens; le Prapèdlt au Suon : « 
unde dicnntor nentra? » — "-Le Saion répond : • Non 
vel passlonem ne signi&oeat, sed ideo qnû nnnm 

(S) Pas on grammairien aneten n'avaii.oaé donner npe 
précise: UMM dtaaient : le pirtietpe ert n'mypartle dn dteeonrs l^uf tient 
«lu nom et du Terbe^ Pour rattacher le ^tlcipe non au. Terbe, mais 
au nom comme genre, Ramns, dans ses E$col4$ gram'mairieiêiet (IIt. il, 
cb. 2 If s'appuie sur la déOnitl«if|p*lLj donnée et dn nom et du yerbfi : 
• J^'ec Tero partleiplum subjlcere |%si,nm verbo cnm ^t«|(i^, qnla deflnitlo 
.verbl nu non eonvenlt ; tox numerl persooaUi eun; teaip«rlb^ ; personaa 
/«nim neqoe ptïVu neqne loflnltat iMlMt; aai aooUal #«^o, i|nia nomlnl» 



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GMAMlAm niANÇAItl. 




4 



nommé parce quMl participe du verbe en tempe et en 

forme. ' ' 

» Le participe actif est toujours présent, et est prins 
•du gérondif, comme aimaM^ oiinonte ; — Le parUcipe 
passif est prins du parfaictpjreterit infini, boMÛ^ (>attiè.n 
Le Dactiçipe français n*a point de ifutur. " , 
Conjugmton.-^ « La conjugaison est divisée vul- 
gairemenien quatre espèces, par les terminaisons du 
présent infinK(l). 

» La première conjugaison |st ^oelle qui a linftni en 
^r;*eUe a plus de six cents verl)éa^rimitifs, tous régu- 
liers et conformes en conjugaison; eUe_aau|iÉi quel- 
ques irreguliers. /. 

» La seconde conjugaison cest celle qui a linfini pré- 
sent en oer, et est presque en chascun>erbe irreguliete. 
wiLa troisième conjugaison est celle qui a linfiày 
]5reient en rc. Celte conjugaison a aussi grand nombre 
(J'anomaux, et sont de deux espèces , les uns ont de- 
vant re quelque voyelle {e$mré)'i ceux qui ont une 
consonne devant re, comme Vf v, ^ d^ p« sont fort dif- 
férents, - ' - 



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deflnitio plane ei cooTenll : e«t enlm toi nnaMil 

— Sandias ne partage pas iet ravis de Ramnit an eootnln U 

ratUcher le participe au iretbe, Perltonlus, ton MTaat «wir- 

rentre dans r©plnjon de Ramas, et détend «tte ]Uièae, der 

mum à l'un ft à l'antre, dans une note ou plntAl dans une io«»na *»- 

serution qui occupé plusieut» pi^. •-* MelandMliiHi aarappfw*»a««â 

de, Ramns : • Particlpium est nomen rerbale lignlfleans ^pns. ». 

(ij On lu prétérit infini dans la premlère^dltton, p<HW leadefite- 
tes.run avec roflhographe vulgaire, Tautrt aw)er«rt6«ini** *«••• 
mus; de même dans la traduction htlne; de lÉéme fMiat du» 1» teste 
deU deuxième édlUon donné atec 4'orthograpbe de Bamiii; rtwn M»»« 
porte : Dn premier infini -, , tout ce qui sultJusUie notrp ' 



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PIIIIE BAIItii. 



22- 



» La quatrième conjugaison est cellej^qlii a linfini 
présent en ir; cette co/jugaison a aussi 8|fiîrreguliers, 
pont les uns devant ir ont quelque voyeÉ^, comme i\ 
«» m; les autres ont quelques consonne^- comme «, x, 



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/•, /, /, m, n, i;, i, x, i . 

Pour modèles de ces conjugaison^ Ramus a choisi 
aimer, voir, connoitte, baitlir ; à la suite de chacun de 
çA exemples, il conjugue les formes irrégulières des 
verbes suivants r \ 

1" Conjugaison : aller; \ ^ 

2* Conjugaison ; ardoir ou ardre, apparoir^ compa- 
roir, appehevoir, avoir; êeoir ou sëir et atsoir; souloir, 
clioir, mouvoir, valoir, vouloir, devoir; douloir (&u\ 
troisièmes personnes des deux nombres); challoir et 
/fl//otr, ces deux derniers à la troisième personne du 
singulier;" ' . v 

3* CoDJtigaison; etcrire, raire, rire, frire, traire, 
dire, croire, boire, braire, bruire ^ plaire; mivre, vivre, 
cstre; meUre, iistre (tisser), croistre, clorre, battre, 
paistre, aji^re (i) ; joindre, fèindf0, craindre, peindre, 
poindre; ces cinq ^^miers Ont la première personne du 
pluriel en gnon$»,w^\meudre (moudre) ; esieindre, eh- 
fraindre, etpandre, lemoddre, souldre, rjn feindre, res- 
poridre^ rendre, mordre, fendre, fqndre, tendne, tordre, 
tondre, pendre, pondre on ponre , coudre , vaincre y 
prendre: tp^is ceux-ci degui^^|i«iiidr<?, onj^ le irluriel 
en dbn^dez,'deni : eêUindons^.il] 



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' \%) àkêrér*, ÀMuniRE, attacher ; mot piciard, employé par Beaama- 
■oir, Coéll^^#Miiooim.^Ct i* Corblet, Çioêsaire fncMmi. ^^^^ > 






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2}8 GMAIMAIMK PRAtfÇAItl. 

&* Conjugaison : /i/tr (haïr) , /tîtr, puir, Mttr, ^^«ir, 
/tfnr, offrir, souffrir, mourir ^ courir, couvrir , seJir, $aiU 
lir^ faillir, bouillir, dormir, venir, tenir, servir, sortir, 
vestir^ partir, nasquir ou naistre* 

Gomme exemple de la manière très-sommaire, trop 
sommaire, dont Ramiis donne ses modèles de conju- 
gaisons, nous reproduirons, d* après lui, le Visrbe alm^r. 

« La premier^ konju^zott s*ét sél^'ki a F infini en 
tr, é sq konju^ç éinsi: 

éimç, éime^s, éime^, 
{\y^ éimom,' éimes, éimqt, 

éimç, éimçs, éiniç, .. , 

V 0'^ éùniomif éimiei^éim^t, 
V ^itnqroé, éim^ro^s, éim^ràêt, 

éim^rions, éim^riés, éim^roét, 
^ma$ç, éitmtu^s, éimai. 

éimoêions, éimasieSt^moM^tf 
éimoé, éimpéSf éimoét, 

éimUms, éhmiéi, éimoét, 
éimçref éimçras, éimçra, 
,jfimçrons, ^im^rest, éime,ronU 
éim^, étm^, 
éinumtf éimetf éinOit, 
éitne, éimas^ éiHki, 

éitnam^s, éimatçi, éimêr^U 

.ffiii^ observatioi^ sur lU Yerbesi 

de Ift Iprao^^ 



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329 



mil' 
ortir, ; 

trop . 
ïnju- 
Imer. 

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Hdte 



Ve est dilTérent dans tu éimqs (tu aimes), et vous 
('imes (vous aimez); Ye est muet au singalier, non au 
pluriel;— 2* Que les formes ii éimoét {i\ aimoit), et 
ils éimoét (ils aimoient), diffè|g|^ en ce que oé (oi) est 
bref aiMingulier, tandis qi^a l'iccent circonflexe 
sur la deîWre au pluriel; — V Que la prononciation 
vulgaire conjugue avec uni (Jaithi, tu aimis,,,, que 
yaimisse, etc.), le prétérit parfait et le troisième pré- * 
térit ini'parfait (1 ) ;— 4' Ve est long daçis f appelle, bref 
dans /ai oppe//^,. en d*autres termes qu-il est muet 
dans j*ai appelé, non d&i^ j'appelle. 

Ramus, comme on le voit, ne fait aucune distinction 
de, modes. Le nom même de modes n'est pas prononcé 
par lui : on pourrait croire à un oubli, si l'on ne savait 
combien Ramus pesait chaque mot^^cJiaqtîesyHa^, et 
qu'il ne faisait rien sans<«fieintention formelle (2). 
Il semble, à en juger par divers rapprochements que 
nous avons faits déjà, que ses théories gramn^aticales 
aient été connues du grammairien espagnol Sanjchez|- 
et que celui-ci se soit attaché à lés appliquer et les ^ 
justifier : c'est dans son traité de la tangue latine, sa 
Minerve, que nous chercherons l'explication |[lu silenco 
de Ramus: «f Le mode, dit-il, dans' les verbes, ne 

■ W '- \ " ■ - ■'■ . : ^ . ■"} • ■■ '■ r-i — ■ < K 



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. (0 Voy. ei-de|8iiii, pp. 1^,160. ' ^ ..>#,'' ^ 

' , (2) Dèm.sflB Séhôtte gr«a0im.t RanuM'a débuttu cette ^qiiegt\on dçs 
*> modetf daat\Je« ▼«rbes, mait trop longuement p^r que nous ^puiuion« 
rapporter et tes raisoriji qi^ donne, et lel 'eiemplet' sur lesquefs il les 
'appuie, et lea autoriib^ tloiu H les conArine. 'flous noasbomerdhs à dire 
que sa diaamation porte sur les points suivant^ : la division W. modes 
est incj^rtmia et obscure; — elle e^t fausse; t- fût-elle fond^, elle esV 
inuUte. iSth. framm.. p. 24i-2&4.) 



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2^(0 . UllAMaAIRE PRAnÇiUHI. 

touche en rien a la nature du verbe; aussi César 
Scaliger a-t-il pu dire : « Le mode n'est pas nécessaire 
dans les verbes. » Il montre ensuite le désaccord des 
graitimairiens sur cette .question ; les uns n'acceptent 
pas le nom,, tout en acceptant la chose; les autres 
admettent quatre, cinq, six, huit modes : enfin dit-il, 
pour les écras^toas sôus le poids d'un jeu de mots : 
Grammaïiciy in nmiis explicandiSj nuUum modum tenue- 
Tunt, » — Avec ce raisonnement, qu'on ne doit recon^ 
naître aucun mode paï?ce quq( les grammairiens ne 
sont pas d'îiccord sur le nombre .et les noms dès 
modes, on arriverait à ne faire aucune distinction entre 
les diverses espèces dépôts. Nous avons vu combien 
les auteurs anciens avaiejot émis de systèmes .diffé- 
rents sur les partiea du discours (i),^ 

En supprimant les triodes, Ramus a rendu sp.n sys^ 
tème de conjugaisons extrêmement confus et obscur; 
En, outre, il ne donné- aucun temps composé; il ne 
parle même pas des temps cfîi la forme verbale réclame 
un auxiliaire : dès que deux mots sont réunis , selon 
lui, ils appar^ennent à la syntaxe : il résulte de ce 
scrupule que^ pour avoir là* conjugaison complèite des 
verbes, il faut avoir étudié lés deux parties de la 
grammaire. ^^ Sans attendre à avoir la théorie com- 
plète de Ramus, -nous avons cru utile de d^onner, 
dès à préfient , un tableau destloé à débrouiller le 
chaos d'^ie théorie personnelle à rauteurret qu*il au* 
i*»it dâ,:poar ce motif, s*efloi%er de ren^i^e phis claire. 



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t) Cf. ct-'dc«l|^8, p. I&2, nète. 












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332 



GIAHIU'IRI K&ANVAISK. 

A la suite des chapitres qui /précèdent , et où il 
a parlé des mots susceptibles de varier suivant le nom- 
bre; Rainus s'occupe des mots invariables ou sans 
nombre.^ Il n'en reconnaît que deux espèces :— l' l'ad- 
verbe auquel il rattache r interjection et la préposi- 
tion \^ 2* la conjonction. 



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.■ ^ DB L'ADTBIBE. 

-, « ;■■ ' ' ■ - .' *^ 
« L'âdverbç céstun mot sans nombre qui est ad- 
joinct a un autre (1).»— Suit une classification des aîi- 
verbes, que Ramus divise en adverbes de quantité 
comme: a»«ez, entredeux y bien, pas, peu, tropêu, 
proii, etc.; — de temps : après, enapres, (après, en 
après), aujourdhuy, auprime^ entretemps, ores, ora- 
prime, orprime, siprisimi, pespre, awespre, devespre, 
piçca, depuis, apresque, etc.;— de lieu: arrière, aiUeurs, 
apart, i(y), etc.;— de qualité : seurement, facilement. 



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(1) Pu un grammairien ancien n'avait donné une d^ûniUon auai. gé- 
nérale; tous ont déflnL l'adverbe un mot qui ae Joint an v<rt>e pour en 
modifier la signification. Sanctiua ne sort ips des définitions vulgaires. 
MelanchUion a bkn mieux compris la nature de Tadverbè quand il fait 
entendre, dans sanléflnlUon, que l'adverbe peut modifier une proposition 
tout entière : • Àdverblum voearunt quod acUonIs aut pas»ionla clrcum- 
t^tantlamlina voee effert. » Toutetoto s'il a vu la propriété la plus géné- 
rale de l'adverbe, il ne lalssèpas même apercevoir la pfopriété parUcnUère 
qu'a cette espèce de moU de ofodlfier un adJecUf ou uiTautre adverte.— 
Ramus, m employant oe terme vagut ■ un mot sans nombre . , s'est donné 
le i\T0i\ de ranger les prépositions parmi les adverbes. U coiflonclion 
s'en dislln^e parce que ce n'est pas à un mot qu'elle est jointe , mais à 
deux, sinon à deux propositions. MaU comn/ent Ramus a-t-ll fait un 
H 'adverbe de rinterjectlon qui, pour rappele^se» propres termes, nest 
jointe à aucun mot, et qui forme en quelque sorte à elle seule une pro-. 
^position indépendante? V 



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PIBRtE RAMt8. 



233 

justement; — d'affirmation ou négation :, n , ceries, 
voire f moUy nànij nanin^ ne^ ni, non; — d'appel, sou- 
hait, exhortation : he, liau,^ luÊula, kola, o, «i, ortm, 
la iû, hay, hayavant; — de similitvde : àinsit tout ainsu 
commet etc. > ' 

i< Les interjections, que Ion appelle, sont aussi ad- 
verbes (1), comme: ai, oMi Uui hoy, «, signe de 
silence; rr^ pour engaigner les chiens ; irr, pour chasser 
les oyseaux (-2). / 

» Les prépositions sembtablement sont adverbes, 
et presque de temps et de lieu, comme suit: a, au, 
aulxr avecqueif e«, vers, hors^ dehon, de, des^ deçà, 
delà, derrière,... etc. 1(3). / 

» Item, quelques inséparables, comme re, /or; etc. , 
rèt^ir, revivre, for Ugner, forfûire. 

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Dl LA COHJOHCTIOII. 

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/^ » Conjonctiou cestun mot san|» nombre, par lequel 



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(1 ) SincUus repousse l'oplnlrâ de RÛnns, qaf est aossi celle des Grecs : 
«. Interjectionem non ense partem orattmiis sjc ostendo : qaod natunla 
est, idem est apud omnes : sçd gemitus et signa Istlti» idem snnt apnd 
omnes: snnt Igitor na^rUe8. SI vero natnrales, non suilt parte* ora- 
tioQlB» nam m yartetT secundnm Aristotelem, ei insUtato non nOura 
débent constare. Interjectionem QriEBci adverbiis adnumerant, sed fa! 
VallaéUlt aussi de cet avis. Pour César Scaliger, ^contraire, l'i 
jectton était la première des parties du discours. 

(2) Cf. cirdessus, pp. 48, 1.02. 

(.1) La dëflnilion de ,1a préposition est à remarquer dans Mélanch- 
ttioir: • C'es|i^itrU, une sorte d'article qui Joint le nom au verbe. « Prs-^ 
positiorstpropemodunytrticulum, yerbo nomen {idjunçe^s. ■ — Cf. ci- 
dessus, p. 230, ,^; V. 



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S34 (MAMHAIBB PlÀNÇAiSK. 

les parties de loraison composée sont conjointes: et 
est : 

» I. ÊHontiativet quand les parties sont assurées 
pour certain. » Cette classe comprend : 1* les congré- 
gativcs, subdivisées en copulatives (et^ auxjf....), et 
conditionnelles (<t, fe, tt n«, iiium) : à celles-ci se rat- 
tache « une conjonction de temps! prochaine à la con- 
ditionnelle n {pendâkû f^<^^*}]> — 2* (es $0grejglàtivei i 
divisées en discretives (maiSt combien que, aiiu, jacoit, 
a tout le moins t quant à ce que), et disjonciives (ou, 
auUrement). . «j " 

II. Ratiocinatipe j quand rtine des parties est con- 
clue par Tautre ; cette classe comprend : i* lès ratio- 
nales {dont, danq^ parquoy, poUree, pourautcmt* par- 
ainsi) ; — T les causalles : car, parçequa, afinque, 
J$tisque. ^ 

A la manière dont Ramus parle de la conjonction, 
.on reconnaît bien plutôt un philosophe <}u*un gram- 
mairien : on croirait lire ici un chapitre de logique. 

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SECONIi LIVRE 

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Bl LA OTAWAiM» M P. M LA tAMtl, TOUGSAIIT U fTHTAXI, 

La syntaxe fut pour Ramus ce qu'elle était pour ses 
contemporains de tous les pays, et xe qu'elle devait 
être pendant plus de deux sièc)es encore, c'est-à-dire 
une sente de recueil d'ôEôervatioiiB sur ra43corâ des 
mots entre eux ,' et non un ensemble de règles propres 



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PIBII£ RAHUS. 



235 



à déterminer le rôle des mots dans la proposition ou 
des propositior^s dans la phrase. Pour Despautère , 
GilIeVct Kleynaert (Clénard) en Flandre, comme pour 
Mélanchthon en Suisse; pour Nebrixa et Szuwitius en 
. Espigne; pourBembo, Fortunio, Gabrîclleou Rinaldo 
Corso en Italie, comme pour Ramus et tous les autres 
grammairiens de son temps^ la grammaire va du mot 
au mot, mais ne s'élève jamais jusqu'à la proposition.' 
Si parfois oh remarque T union de deux propositions 
# par une coïijonction , les particules fi/W^aii, or, 
donc; ror, d'un usage familier aux logiciens, sont les 
seules qui soient citées : rarement on joint aux exemples 
de propositions coordonnées des exemples de proposi- 
tions éfâbordonnées, et jamais surtout on ne >va jusqu^à 
expliquer rinfluence Réciproque de deux propositions 
Tune sur Pâutre. Un^Beuldes auteurs dans les œuvrer 
desquels nous avons épié l'a^ parition die la syntaxe des 
propositions, Perizonius, dans son excellent commen- 
taire sur la Minerve de Sanctios, nous a paru coin- 
., prendre la véritable valeur des modes des verbes, 
quand il dit : < Les modes sont pour les verbes ce que 
sont les cas pour les noms. Les uns |^t les autres pren- 
nent des terminaisons différentes , selon les différentes 
constructions (i). > Mais cette lueur qui perce ici n*éta{t 
pas assez vive pour éclairer une voie nouvelle. Ni le 
P. GhiCClet, sans parler d^ grammainens antérieurs, 



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, (1) « Biodcai puNi^medb m habent modi In t«rbU, qno mMéÎ In nomi- 
nibuf. Utupie «oosiiraHl in dtTenla termInaUonibqi pro divenlUte con- 
&tructionii. • (Sanetii Jrttifrvo, lib. I, cap. XII, n. I.) 

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ni Régnier pcsmarais.n'oot comprisse vrlai principe 
eii vertu duquel les propositions sont unies entre elles 
comme Tes mots entre eux, et le P.-Buflier, qui |eur est 
cependant supérteur\sur ce point, n'est guère allé plus 
Jbih que ses prédécesseurs (1). , • 
• On ne s'étonnera donc pas du caractère «i élémen- 
taire dé Tœuvre de Ramus. A, cette époque, -et avant 
le temps où parut l'Encyclopédie, si la philosophie ve- 
nait parfois, en aide; à la grammaire, c'était pour lui 
f9urnir quelques rares définitièns, mais non pour pé- 
nétrer l'esprit d*unë langue et, pour ainsi dire*, en ana- 
lyser le mécanisme. , " '' 

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Ramus Commence son traité de la syntaxe française 
, par une défmiUon U^La syntajie, dit-il, cest la seconde 
partie de la grammaire. qui enseigne le bas^ir^nt'des 
mots entre eulx par leurs proprietez « et est presques 
seulement en convenance et mutuelle communion d^s 
proprietez, comnie du nom avec lé nom ou avec te 
verbe; dèkdvert>e avec tous le^ mots ^usquels il est 
adjoiâct;<K^ia conjonction eh lordre des choses con* 
■ joinctes. ;:%•::■ .' ;. " r'*"' ■■.'' ^ . ■ 

« En cesté partie de graînmaîre,'dH-il ahieurs,ies 
enseignemens sont jusques la profitables quils expli- 
quent lusaige du langaige receu et apprpuvè, npn quils 



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V (1) La grammaire de rAcaà'émie e^gnolè, pqbltée dam la seconde 
yoitié du XVIII' siècle, dte quelques exemples d» propositions/subordon- 
nées Vunè à Vautra, mials ne ddnnc l>as de règles formelles."^— Oudin,. 
dans sa Gran^màire fraivpaite, a donné quelques règles sur la syntaxe des 
proposiUons subordonnée, dans son chapitre de r*uage dts lémpi du 
r€rl»« (Vdtr. I6i6, p. 183). . • ' ' '^ 



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en puissent baslir aucun ()ar soy et paf nouveaulx 

^^'^d^'SiVpkîs ce pf^ambule, qui nçus édifie sur la portée 

V JE »reinar(jues dé^ Rainuè , remarqués fondées sur 

l'usage seul , quand Tinfluence des éludes latines n'inr 

terviént pas , nous abordons les règles • de la conye^ 

nance, • Vest-ài-dire de l'accord des nonw, _ 



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coimnfAnci dbs noms. 



Règle : t La convenance des noms est en nombre et 
genre , comme : liomhie prudent, femme prudente., •— 
En quoy l'ordrcr, comme dans toute la syntaxe frÀiV-^ 
coise eàt bîèft fort requis; comme pour vin blanc vous 
ne dir6z ^nt avec lé Picard {i\ blanc vin (2). » - 

Comnae on doit s'y tittendre dé la part de tous les 
grammairiens, mais surtout de ceux qui se bornent à 
constater T usage* et ses cabrices, lés exceptions sont * 
toujours ici plus nombreuses que les fègles. Ramu^^ 
termine cli&cun de ses chapitre p^irrexamen des ani»-' 
»ma!ies qui s*y rattachent. On rendarquera que ces anoy 
malies ne sont auice chose, le plus souvent, que de^ 
figures de grammaire. ^ 4 

Àn&malieiiV Le substabti/et d'autres fois l^adjeclif 



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(I) le tnducteor laUn de Ramas ptrieauui des Loflfâli^ qui placent, 
dit-H, fréquemment l'àdjecUf avant le substanti|; ; . 

\2) \\ ne faut pas confondre \a cô^truction ou l[ordre av^c la syntaxe; 
^Ite-cl règle l'inflacnce réciproque des^ mots sur les mots, où'^içs nr.o{nKii- 
tions sur les propositions. Nous y reviendrons' dans lé chapitre cousaccé 
aux traités grammaticaux de Robert «^t de Henri Estienne.' .. 



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peuvent être eouB-euténdus ; h»- 2* I*a4j.ectif peut être 
! employé camine substantif : le chaud t pour ia chaleur; 
•^3° deux noms substantifs peuvent se suivre (1); 
' « Charles, roi de France; • — à** lanomaUe du nom- 
bre, cest quand plusieurs singuliers sont pour ung 
pluriel : Jean et Pierre ^ me$ Jrèrei, .s^nt venus; les 
Gascons y nouveau soldat ; • — « 6* Panomàlie du genre , 
ccstijuand deulx singuliers, lun masculin et lautrc fé- 
minin , sont joinctsji ung planer masculin : mon père 
et ma mère sont morts; — 6' cest une aultre anomalie 
en ces façons de jfarler ;a la Sainct Jean, ou vous en- 
tendez /^«(e <fe (2). • ' ; • ^ 

CONVINANCI DIS ▲ITICLU. 

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h < Larticle est prépose aulx noms communs, aulx 
pronoms mien, (t^, st«i,no«lre, vostre^quel, me«me(3); 



(1) Qi^anddéux sobstantifs sont employé», arec ou rans la prépô«llion 
dt en françaia, pour désigner le méoiè objet ou la même penrane, ce< 
deux subatântifa'torment une apposition. Ramui taie que l'appotltion soit 
•utac; figure de grammaire , dans le chapitre des Etcolet grammairiennes, 
où 11 trilt^ de la synUxe t • Teste viro patrt figura grammaticls eat-, ap- 
positio dicitur. At figuram h\c nullam video, cùm alla hk synUxis esse 
pulla pctosit; nec notata h\c uHa est orationis forma, cAm dleis Mareus 
TùUius, JuliusCasar, et in slmlllbus. Confenlentlam ble leglUmam sttf- 
tuimus, et prlmam-in communlbus nempe deflïUtlonls nomloalis parti' 

bus. ■ (p. 8».)* ^ • N' 

(2) y> 3* MlUon porte cette note, que nous avons lue, écrite de la 
main de Bergeron. sur un exemplaire de la 1" édlUon. • Encore plus 
gtande» Irrégularité est en ceste locution usitée : letres royaulx, pour 
royalUs, etc.» — Voyes sui'*Ie sujet de ees locutions i IfUru royaux, 
ordonnances royaûXt le» Remarques de VauçeUu, avec notes de Patru et 
de Thomas Coraeiile, 3 vol. in-12, 1738, t. Il, p. 158, iiol«; — et les Ob- 
sertaiion9 de Ménage, t, ll,-p. 81 .-Voy.aussl V. Lespy, Grammaire héar- 
naue, Pau, Veronese, l8S8, 1 vol. In-S*, pp. 151-IS3. 

(3) Voy. cl-dea»u», p. 68. . ^ . 



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item aux verbes infinits (i) [pris] pour le noïn, et aulx 
ddverbëa : comme lliomme, laTémme, le mien, lequel, 
le^roesme, k manger, le dessus. • 

II. « tarticle est quelquefois redoublé, comme voiii 
le deffendez le metchanl ; vous la memienez la rusée. » 

III. • Il sert a,ussi au vocatif, cotatm Ihoste^ venez 
ca;escou(ez^ Ic^belle fille. » : 

/ ly. é ï.article retreint (restreint) quelquefois par 
' uiïe sineçdoclfl^e nom coraipun a ung certain, comme 
quand nous disons : le iioy a commandé de pour leé 
armes t nous cntendonà Charles (2). - ^ 

i Larticlen est pas toujours propre au nom com- 
mun: * . *- ■ / 

i'n Si le nom commun est gouverné par le précè- 
dent nom ou verbe, soit actif soit substanipf, comme : 
cest ung livre de grammaire; je suis précepteur (5). — 
Toutesfois nous àiaon& : je suis maisire bûle maistre 

de céans: 

> Avant Padjectif des noms communs, comme 

éiomme vertueuxl et non pas Ihomme ù vertueux {k). 






V 



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(1) Dans M Deffenst et inustration de là langue franço^e," lom^im 

Initld et ^eetlfs prù pour substantifs à l'iini- 
fll(Ument de l'inûoitif pour le nom, 



du Bellay vante fort ces 1 
UUon4es Grecs: • Uses 
comme Palier, le ehanter 
comme : le liquide de$ ea 
jiei {l'épais) des forettx, Fenf* 
mère de parler adjoute l|ueique 
chault du feu, le froid de Mu 



et 

inques 

vivre, le mourir; de l'adjectif subsUnttvé, 

vitide de Voir, iè frait desumbret,l'e- 

dee ctmfraMe*, ponry^u que telle ma- 

;racé et véhémence, et non pal : /< 

le dur d^ fer et leuri eemblablet^ » 



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Kv. il, chap. IX : Observation d^Xueiquet: maniires de parler fran- 
coise'i. » — C. ci-de«8U8, pp^V*^ plus loin, le chap. des E*Uçwe. 

(2) Ramus composa sa grami^Éue sous le r^e de ChaàrlèsiX* 

(3) Voy. ci-dessus» p. <>0. 

(4) a. p. 69. ' ^ ,.■■'./■ V .;J>i; ■* ■" "' •■ 

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^iO . filAMaÀlll PMAXÇAitl. 

— Toutesfois noos dispns : mnirt iire te Hoy, tnoiuUur. 

le Pue; , ' ' •' ^ 

, S* • Il nest point devant le participe signifiant 

quelque temps : Le Roy estant a Paris f< loge au Lou-. 

i»re.. -^Mai» quand le participe ne niarque aul.cun 
• temps, il peult avoir larticle, comme : lamant, la de-: . 

solee, ^ ■ * * . 

, /. • Au contraire, larticle est devant le nom propre de 

"N fleuve et de pays, conflme : le Rosne , la France; 

u^r^ combien que sans article nous disons aussi : il coule 

J'':] au (K) Rome; tu leh vas en Italie; ^ 

» Il peult estre t^ussi devant le nom propre dhomfnc . 

et tleicffime pour plus grande signification (.2), comme : 

jay'veu le Guillaume- que vous dictés ;-^comb\en que ce 

y seroit aussi bon : tjay veu ce 'Guillaume quer... 

> Davantaige, il peult est^ aussi devant ladjeçtif 
nom propiré , comme : Alexandre le Grande cest a, 
dire qui est nommé (5).. 

> Le, la, les^ sont quelquefois relatifs en laccusatif 
deva^it le verbe, comme : tu prises honneur et vertu, e} 
je le prise, je la prise.— Le^ est quelquefois relatif, nô- 

; minatif de. tout nbmbrç et ^çnre;, comme : tu eslibe^ 
ral^jelesefray, Islle le sera, vous lestes et léserez, ils le 
seront, et non pas, vous Jet estes ne^Us les seront (h)' 



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(I) Nom rappelons quem, dy, det, sont i^oqsidérés comme .prépo- 
■Ulona. — Cf. p. n. \ 

(3) Voy. cMeiMu Metgret. p. 68. "^ ■ >' 

.' (t) cr.p.cit. . ' .. ;":^ . ■,., v^ ; . ■ * .v7 ♦- ■. M 

(4) a. p. 69. — Heisret iyait aa faire là distinction de l'article et' du 
-pronom le, (a, to(. , /. 

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• Le9, par i Içng oy bref (1) est indifiçremment 
devant le ùxûi coinraençaiU par voielle, comme lei 
hommei^ tei-hofmeurs ; — (ex par tf long est devant le 
mot commençant par consonne, comrn^ les marig ^ 
len fen/imef. » " / r' • 



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DJU COlPAlilTIP IT StTI|LATIP (2). •. ^ '■ " ' 

». ■ ' ^' .''••■ ' . ■ .'.-,.- 

« Le- comparatif' doit convenir aux parties compa^- ..- 
rées, et re<|uiert seulement çu^ avec p/ia on moins ; » ' . 
'c*est à dire qye la qualité énoncée par radj.ectrf doit 
convenir aux d^x* noms comparés. — kÀin méme^npm 
peuvent se reporter deux qualités contraires; si nous ^ 
[es comparons, nous n^i'in^tonf^paa^au compi^titif, 
comme les Latins, les deux adjectifs qui expriment ces ; 
qualités, mais le premier seulement :'i7ei^^/ii«,ia9é 
que fou, 

» Nous abi^onrqttetqQi^foîs Su co^pai^f, comme :,■ • 
la mer majeur est ptus, douice que 'loutes^fet^jmUres 
mers, c'est a dire moins aihere*'» ^ ; \- 
\' -En -passant en français, tes formés Jatines meiUeur, ' < 

mieux, pire, pirement, majeuâ' d^âge, nmeùr d*&ge, 
' moindre , moÙis, supérieur, etc. , ont conservé leur si- 
'♦•^ification comparative. -^ Cependant « il échappe. * 
quelquefois au vulgaire de diref7/ii«i}iet//«iir,. comme il 



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Dpé âip[VGrecs.mesnie, juuxXXov pcXnov, qui 



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Il ) Bour em^i^midn ee putage,'il Unit interroger w slèdr saiTtnt^ 
- Voy.ci-deuui, p. Î7J , ROl« 3, le ptiuge d)é de Frémoùt d'AbUukeoiirt/ 
(î)Cf^. 78. '"' : ., ' - : 

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URAmiÀIRI raANÇAISR. « ' 

prennétit &u8si qùelquefôi?. lear comptratif fléar le 
^poëitif, comme iVous faisons en -pire quant nous di* 
"^ Bons : // nest pMpite, pour i/ wcf l p<u motivaû (1); ^^^ v 

.• Lé^mperlatif ^.xprime en deuxywrtes : première-, 
*^ mept il est al^sâlut et siniplè, comme tre8savant.j^. ; ; 
" ■ /secondement le superlatif est expriiîié ert niettant de- . 
"ir vant jjj(ii« où moins larticlé cpn venant au r^om gbu- . 1 
/' . , ycrné : A^ihUtes est le plus beau de tous les Grecs ; cesi 
' bien ta plus gratieuse (ï) créature que vous veiêtes 
'^*^ ^oiîcquesi» '. ' ■ '■ ■': ■ 

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Ramùs ne donne qu'une seule règle, ou plutôt 
• ' ' qu'une seule remarque générale relative aux pronoms ; 
: la voici : «Xes^ pronoms primitifs vacquent- souvent 

• (sont souvent explétifs) comme en grec et en latin: 
; /.rotte-moy bien ce galand ; je te le fâconneray a plaisir; 

je le vous etfuipperqi de toute façon, » 

Sans autre explication, Tauteïi^ traite énsuitiç ide 
chacun des pronoms en particulier. v *. 

1. A'o«, vos, diffèrent de nostre^ vostrç^ m ce que 

* nô« et i'o« précèdent le substantif: nos amUf et que 
nosiresei rostres le suiventx^^f vignes sont vostrés(^), 

2. c Soy, se, sont réciproques' au sùbstanjtif sùpost 
deJa mgsaie ou prochaine oraison, » c'est à^^lifiB: 



soi et se représentent le sujef de la proposition où ils ' 




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. (I ) Voy. pluR loin lé cb|ir>iti« de Rub. et de H. Éstienne. 

(3) Ménage, Vangeltt, dif>c:utent sur t'emploi du mot grtteittut mtate 
l'ii était nouvl»o an xvii* «rècle. à ' r 

(3) Cf. p. >7. . ' ' ■ 



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se trouvent/ ou du verbe lé plus voiain i touie ndiure 
eêl yardiernif! de ioff. , 

3. Ce se ptace devant les consonnes : ce loupt ce hal- 
barihert et peut éirb- employé Seul conupe substantif: 
toiu ce. que lu voitétia vioy-; cent y devant le*, voyelles, 
et n*esl janiais employé sans substantif: ce$i homme 
que iuvoise*i'ioii frère» — Comment fiam us, qui recon- 
naît lui-même que cei^ et souvent ce veulent être ac- 
conjpagnés d'un nom, range-t-il ces mots parmi les 
prononls? Pourquoi ne pas en faire une^classe^paftP 
culière de isots? \l faut voir là encore une influence 
latine. Ces mots traduisaient hici^ hœc, Iuk, qui, .tantôt 
adjectif, tantôt pronom, était cependant classé parmi 
les pronoms. 
^^^ à. « Ceux est quelquefois prins quasi pour article, 

^"^^--Gomine : ceux de Pariê^ pour le$ ParUiem; » — pour 
article, dit Ranns, qui -voit ici la tournure gl'ecque: Ot 

b.nCét est aussi pratiqué encore aultremeiit, comme : 
ne mè parle* point de cef fâcheux pour teU fâcheux, n 
— Devant les voyelles, on prononce indifliérânmeni 
céB ou ces (Ramus écrit ses ou sçs) par e ouvert ou par 
€ muet; .mais devant lès consonnes L*/est toujours ou- 
. vert (2). ^: .: C^ ■ . • • 

6. « Les composez de ce sont purs démonstratifs, 
sans relation ne adjonction de substantif.. » ~- Pour- 

* i , ' , . . - . 

# (l) Voy. Hfnri Estieime,- Traité de la conformité du français apec le 
grec, l&69,p. 78 :'de Vartiele, obsery. 3*.— f^pus l'tnalyMrons plufl loin. 
(SJ Vby. cMI«M|M, p. 241. é^, 171 en nnte, un pueage tiré de Fré- 
mont d'Abltneourtw , *^ 



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GRAHMÀIll rik^RÇAISI. 



* quoi toucher de «.près à la (fistinction de radjeciif et 
du pKonom, sans la poser nettement? —r Ced désigne 
les objets présents, cela les objets éloignés/ « Ces mot?^^ 
sont /quelquefois divisés, * comme : c^ livre ey y ce 

. 7, • Bux est mis comme réciproque pour ie pluriel 
de soy, comme : tei amis ont tout ifitmcammum entre 

eux, pQW entre toy» * • 

a,^ »// et t/« sont quelquefois, postposés aulr ver- 
bes, comme : cett i/, ce sont ils, ~ 

9. » Luy, avec le nom numéral faict une certaine 
phrase francoisç (un francisme, dit-il ailleurs), comme : 
il est arrivé tuytroisiesme, quatriesme^ cinquiesme pour 
estant accompagné de trois, quatre, cinq, qui est ce que 
les Grecs disent:. Tpfro;, TitotpToçy TrèfÀirrè; «vrô;, en^, 
pqMposahtfltiJ^ôç OU nous préposons /«y (2). 

10. » Leur ^quelquefois relatif pour eulx, comme : 
tes hommes ont offensé Dieu, ce qml leurs a donné a en- 
tendre. — - Leur tileurs sont réciproques a plusieurs 
pour son, sef, comme : les parents, ayment leur saiig, 
ils cherUsent leurs etufanis, et non i^sA sm sang ny ses 
enfans. ' * ^ / / 

• l!.iO//tty est démonstratif indéterminé, et par- 
tant tousjours adjoinct avec le relitif gui (â). 

ê2, » Icelluy et icelle sont quelquefois usurpez par 
les pr^cticiens pour (e, h, fês relatifs, comme :j'à9 



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(I) Cf. ei-deMai. p. tl. ^ ■ 

(J) Voy. Henri EiUenne^ ée le Conformité... etc. -^ Êdlt. ell^e, p. ili 
Runiif ra t»pil presque textuellement. —Nom l'analyseront plua loln.^^ 

(t). Cf. ct-d«8«us, p. Al. . ' 



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acheté wf g cheval pour iceUuy tenvoyer; mais nous di- 
sons mieulx: fkMirlf/tfiiroi/er. ■ '\ ' ' 

• Nous ne prolongerons pas ces extraits. Les remaf r 
qties sur J71U, 9tie, quel, quelle^ quoy; mon,Jon, son; 
mietff tieriy tien; son, «a, ses, ne constatent aucun em- 

loi, curieux pour nous, de ces différents mots : toutefois 
nous citerons encore ce passage où Tauteur signale 
•des anoniaties : « Lanomalie du nombre est quelt[]uef0i3 
en cèpronom^ comme sil y a homme (lesquels cer- 
tainement sont en ^rand nontbre) qui ayent cet honneur, 
:cest toy, — Tu, as dit que tu ifàulôisi avoir \ ung bon 
cheval, pourtant ^tiitrfoRf aujourdhùy de requesté, 

nMon, ton, son, avaiit le mot oommencanfc' par. 
voyelle sont prins pour lè\fenlenin, comme mon ame, 
ton audace, son arrogance, et non pas avant la Con- 
sonne; car nous ne d|son8 pas mon femme, mon ha^ 
quènee, 'alns ma femme, ma haquenee... Il sièmble que 
cecy soit introduit pour Ja dureté de lapostrophe, 
m' ame, i'ame, s ame; ce- qui sera bien évident en in- ,. 
'te^posànt ung adjectif commençant^ par consonne, car • 
lofs nouls dirofis ma et non pas mon, comme ma pauvre 
amCyma grande amour (1). » / '. ,' 



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i>l LA (ÀIVTIRAIICI DU NOM AfK U'VBRBà. * 

« La convenance du nom avec le verbe est en nom- 
bre, et en personne. » — ^ Cela- posé, Ramus examine^ 
successivement (es pronoms, comme sujets, ou sup- 



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( 1 ) Cf. ei^euui, |». M . d plai loin le ehap,j^ Garnier, PlUot et MtUiieu. 



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J48 : ' GfCAkaAIRK FII41<CAliiK 

•poitt des verbes au açfponu i pour toute définition du 
sujet^il dit: « Le noih précédent devant le verbe est 
icy appelle stipposir le verbe appôst. » -r- A la l" per- 
sonne conviennent les pronoms je, moiy nqus; à la 2*, T^\ 

* iM,l8i , vous ; à ia 5% « tous aultres noms- » oii pjonoms. 
Les pronoms ;>, nous, m, i>ous ne sont jamais, sous- 
eàtendus dervant les premières ni les secondes person- 
nes (l)r excepté:— i*« si nous cortfmandons ou prions » 

c*est a di.rej quàn'd levérbe est à Timpératif ; mais 
RamUs ne reconnaît pas démodes; 5» V sauf aussi en 
ces tesponses : (u as chantê?--nun ay;^jay reposé? non 
as? Ha iatisfah? — nortd'.— 'Le verbe est pluiôt sous- 

•'eiitendu : a Ja mienne vobnté.imrmes aureillès fnss^ni 

m}urdesoutaiangue{{u»imueUeil ; ^ \^ 

Au lieu ide jç, tu, on emploie moi, toi : i° quand ces 

deux sùjeta sont unis par les prépositions et, ou soit 

- run a rautfe/spit à un sûj^t.de là B* personne, a Ta^ 
etmoy irons b, toy et Jean" fêtez cela.> —â* QiJ^^nd ^ ils 
servent de suppôst (de , sujejt) effresponse, cottime : qui a 

fait cela? moy, toy (2). » . 

1/. ^ Ce pronom « es*" supposa (suje*) jndetenhiné 
de la tierqe personne des verbes eitre. et falloir. Le 
semblable est devant y a, ny a: il y a infinis bpmmes 

meschaAs.» -^ .'• 

Qui — On remarquera ce ique dit Ramus . de Tel- 
lipsé qu'il supposé faite de ce pronom,- dans des phra- 



(l) L'aM«i donnait tort à Ramu*.X)n en cliferâlt milld êxMt^l^*** 
^i« slède jetTdepuitf dans ce qu'on est contenu dlappeler le,sty|[9 niaro- 

(») VnyWel di ttM . p^^», M. * ' 






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se9U»i(, l'on "« sait trop pourquoi, il ne veut pas voir 
un pléonasme. Apres avoir inontré que ^/mî peut-repré- 
Mnter les pronoms âes troi^ personnes, il dit : « Qu^d 
nous commandons a la seconde personne, loi/, jvousj le 
relktif tfui est suppost (sttjet), comme : fais cela, toy 
qui i endors,., f quelquefois le -relatif est supprimé : . 

fais* cela ^ iQij (\)» » . . * • * . 

Que, — Est-ce parce qu'il vient de parler des for- 
mes de comn?andement ou. parce que TexaiWendu pro- 
nom que doit suivre l'exàiflen de qui, que *Ramus dit : 
f Quand nous commandons a la tierce personne, que 

XSt avant le support, comme : que toute personne loue' 
k Seigneur? n— Il ajoute, suns marquer aucune dis- 
tinction -entré que conjonction et que pronopi : « Que 
n'est point nominatif qùavec le verbe substantif, et 
lors il est de toute pèrspnne, comme :je suis ce que je 

\suis, tu es ce qiie tu es, il e^t ce qu'il fst, 

QueL-^tiQuel, avec article, peultestre gouverné par 
le yerbe actif,» c'est à dire, pour nous modernes, 
lequel pQui être ce que nous appelions complément 
direct, « comme : jh suis celuy lequel vous désirez, ^ 

^ » Le vçrbe infiny articulé est souvent appost (2) pour 
je nom, comme le manger, le 6otrc, qui sont de,s Çreçs 
comme aussi des Latins (3).» —Ramùs a tort de ne s'en 

'pas tenir à la remarque beaucoup plus générale qu'il a 
faite précédemment en parlant des articles. En recon-n 

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(1 ) Voy. pins loitt le chapitre consaleré à ÇiUot', Gantier et Abel Mathieu . 
(2) Il f«Dt lire suppost : c'est-à-dire, l'infinitif du verl»e< précMé de 
l'article, e«t fon^^t sappAt (sujet) comine un véritable nom. 

. (3) \oj[ cl-deMOf, jfp, 21, 4&, etc. , , ^ 



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bBAMMÀIRI rilANÇAISIl. 



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naissant alors qrfa rinfisitif précédé de rarticle deve- 
. naît un- véritable nom, il n'en restreignait pas remploi, 
comme il sentie le faire ici, aux phrases où l'on em- 
ploie cprapie sujet cet infinitif qui peut-être tout aussi 
. bien régime, comme d^s cet exemple : il en perd te 
boire ei le manger^ " ■ ■^■" m^ 

En général le prononfi sujet précède le verbe; tou- 

" tefois H le suit : i • < eninterro^nt, comme ; irayje? 

iras tu? est ce moijf est ce loy? est il? est ce til? cesi 

moi, cest toy^ çest il. — 2* En la parenthèse, dict il, 

dict elle, dientils, disent elles, » 

Les pronoms régimes, « me, te, »e, nous, vous, 
luy, leurs, précèdent le verbe gouverirant, comme i^je 
me recommande, tu Pe prises, je luyjdiray,je leurs es- 
'crirau. » . - * '■ ■ 

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Ge sontlà des « anomalies de lordre entre le nom et 
le verbe. » Ramus parle ensuite de « lanomalie du nom- 
bre et delà personne. • 

Anomaliifs du nombre. — r On trouve des anomalies 
de cette classe: 1* «aux noms signifians multitude, 
comme : chqscunont commencé^jL. seslever pour a com- 
mencé; une bien grande partie <mi esté navrez pour a 
esté navreék: ouil y a davantage anomalie du genre 
masculin pour le femenin. — 2* » Quand le verbe sin- 
gulier est quelquefois applicqué, non pas- au suppost 
pluriel , comme il debvoit, ains au nom sinigulier gou- 
verné du verbe. »'— En d'autres termes ; le verbe peut 
être au singulier, avec un sujet pluriel, quand l'attri- 
but est au singulier, « comme : les courroûlx des amow 






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reuh , ,j^8t uny retiouvellemeni damour , cest pour 
égqnt (1). » ^^ » :■; . ^v;- / ' ^- - • " j 

De pfus « pour modestie et révérence, nous /usons 
du plurler de la seconde personne pour le singulier, 
comme en parlant à ung seul nous disons: voits estes 
aimable;,., en ceste mesme façon de parler après lô j 
verbe plurier nous usons du nom singulier, ou bien 
, après le nom du singulier nous usons.du verbe plurier, 
comme : vous estes excellent orateur; mon fits, escoutez 
vwy. » — Toutefois, t nous, usons aussi du' verbe au 4 
singulier, voire en plus grande affection, coinme : r^ion'^ 
DieUf regarde, nwy. ' 

> Ceste licence du nombre pPurier pour le singulier 
• est encore àultrement pratiquée par noz Roys et Ma- / 
.gistrats,, en parlant deulx mesmes, pour moristrer 
lexcellence dj^ leurs estats : C/icrr/es, par la grâce de 
Dieu Roy de France, salut^ scavoir faisons;.., Anfhoine 
dn-Prat, garde de la prevàsté de Paris, salut, àcavoir 
faisons,.,, — A lexemple dequoy le vulgaiipe, voire 
les Princes et grands seigneurs ont ordinairement en 
la bouche : je (/troR«, je ferons; ce qui est condampnô 
par aucuns grammairiens (2) , disans que le Francoy^ 
ne souffre jamais quun nom où pronom "supposé au 
verbe soit' de nombre différent. Mais je pense bien que 



1) On reconnait ici le vert de Térence : 

Amantinm ira amorii int«gi-aUo etU 

Rainus tarait pu traduire aussi ee Ters iTOtide eà l'on remarque la même ^x 

foroie : - 1 

Paoii tt'at primU^irid«8 «ortalibas herbe. / 

.(2) Cf« ci-dessus. pp. 72 et.8i,ete. / •. - . 




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(usage sen dispensera et quir rehvçrsera lé jugement 

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de ces eenSeurs; voyre, ces docteurs niesmés, si Ion " 
reclierçhe levir/Iangaige, poïteront tesmoignage a len- 
contre de leur doctrine en. panant en ceste façon i H , 
jest'deux genres simples^ it est plusieurs espèces dwù- 
maulx. Mais q,ue voulez vous plus? Demandez auPa- 
lais de.PaYis/qiiclle heure il est quand la Cpurt ^Jeye; 
il ny aura advocat, si grand orateur quîTsoit, quil ne 
vous^responde : il est dix heures (i)* » * 

" Après cette étrange- défense des formes barbares, ' 
je dironsj leic,\ conservées encore dans plusieurs patois, 
et notâniment*en Anjou* (2), Ramus &ipी"k parler 
des anomalies d'un ordre un peu différent.' 

II. Anémalies de la personne, t II y a une anoma- 
lie de/personne quand la premierte personne avec la 
seconde et troisième est mise pour la première, et la 
seconde avec la tierce pour la seconde, .comme : « - 



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« Qnmi on me demande quitte heure e$i-il? je réponds : il e$t àix 
très. G'^t comohe t\ l'on me denundolt : iiuêlle heure est eeb? -Hé 
brte que je réponds i là pensée de ttelul qui m'interroge en lui disant : 
tla est dix heures. «-^ (Chevreau, OEuvres méléet, p. 541.) ., ' 

(2) Cf. Glossaire du centre de la FranceJ^r M. le comte Jaubert. I) 
constate la même irrégularité d»ns le patois de la France centrale.— On 
se rappelle la scène des Femmes savantes : 

■■^' Xaitinb. ■ ■ 

G« n'est point à U femme i parler, et Je tomm»/ 
PoDr céder le dessus m toute chose aiii bommeR./ 

Bbusb. 

7 Ton esprit .je l'aToae, est biAo matoriel ! 

/e art an singvliar; «mm «st un pluriel.. 

Citons encore ce passage des Lettrts de la rétiM de Navarre : ■ J*avons 
espeAnce qu'y fera beau temps, Veu ce qiie disent le» estoillos, iiuc 
f avons eu le loys|r4e véoir. • * v 




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ne moy ne loy nelavonsfaictf moy et mon frère avons 
commandement de veâir a Borne ; —*-toyet Marie chantçz 
^«iemA^ (1).—^ Mais cest^ anomalie , est bien aultre en 
ces manière? de parler : est-ce moy? toy? il? nous? 

i vous? eulx^ Combien que la raison de grammaire 
;^,v aille aussy en cpielqutm, colnme'^ ce suis je^ ce som- ■ 

• mes nous, ce sont ilSy çqht: cest moy, cest''nous, cest 
eubc.— En auicun, lusaige surmonte lart; comme: *^ 

est ce moy, ^ non psÀi suis je ce? {^)* 

■Tpus ces galljcismés , ces francismes, comme dit 
Ramus, valent bieiiles atticismes des Grecs': Taî^«{ . ' 
zpi/tt , les animaux^ court, et • leurs mettront la paille 

* en lœil. Et si quelque grammairijpn vouloit dépouiller . \ 

^ fiostre langue de tels brnemens, ce seroit comme des- - 

gainer lespee luy tgut seul a lencontre de noule la* 
France. .»'^ ' • . \ /j 

Dans le chapitre suivant, R^mus fait quelques re- 
marques sur l'emploi de -IMnfmitif et du participe et sur^ 
certaines formes impersonnelles. • J' 

"^t pB Verbe deliberatif gouverne linfmy: tu veut» 

♦ a^mer.... Quelquefois Iç verbe deliberatif est suppri-^ 
mé :. et mfltinsj de courir ^ et nouê daller après. 

» Le prêtent infiny est employé dune aultre façon : 
veu que vous esteê si saiges, attendu sa preudhomie, cést 
Sk dire après avoir veu, attendu, ,è, ^ ^ •" 

> Le ver|>e latin impersonnel de voix active est ex- 
pliqué par i7, et de voix passive par an, comme opor- 



|l)Cr.el-d«Mtit,p. 7T. 
' {7) Cf. Il«igr«t; el-dwiOB. pp. T».M. 



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, ifff, il fauH; amaiwFy oh aymé.— Larticle y est quel-. 
' quefoi^ adjpusié.a raison de leuphonie, et pour on^- 
nous disons /on (ï^)^ comoie : ion dicuqyefaii /oiK Mais, 
; ()uand le verbe e^t |erminé en e, larticle es^ nécessaire, 

■ ^comme aifme Ion ?^Mouppe Ion ^ » :— 11 est étonnait 

que |\amus au lieu de considérer simplement cet / 
> comme une lettre euphonique en ait fait un article ; 
V son erreur paralf plus étrange encore quand on lit ce 

■ qui suit : t on dict aussi ayme ton? touppe (on? en in- 
terprétant f, qui est une telle élégance comme aupa- 
ravant: j« ris^Mt pliure (2), mon ame{Z). ■ ^ . . 

* / Avant de quitter ce traité, si imparfait, du verbe, et 
. de parlelMlu parlicipe, Ramus revient sur une ques- 
^ tibn réservée par lui, quand il 6*est occupé des con- 
jugaiâ(ms^,^>n se rappelle quMI aécaH^ de ses para-^j 
ligmes toutes les formes composées, lesquelles, selon 
lui, relèvent de la syntaxe : ce qui prouve biesl qtie 
« nos grammairiens, sans cause et. sans raison affer- 
ment ^u& nous navons q^ulcun art de syntaxe..» A ceux 

. donpqui, malgré les chapitres précédents, douteraient 
epcore que nous àyons^ un axt de syntaxe, » Ramus 
répond victorieusement eu consacrant ùn^' chapitre 
spécial à c la periphncse des verbes. > Qui osera, aprè& 

• l'avoir lu, nier encore notre syntaxe?' *. 

..\ fiLe.Fr&ncpis a ^çfault de plusieurs verbes (6), 



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(l)çr.ci-deuiis,p. 3& „. 'V 

' (2) Xpy.'ci-deMot, p. ^12, le texte et U u/f 3, 

(3) Voy. d-deuusi p. 24$. "" 

(4) Noos liriont TokHiUen f«iiifw. Le Mni noa|.y •ntorîse, Mtift la tft^ 
dilctiov lattne porte : « Francis molta verba deftonl. • 



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comme de tous les temps parfaicts actifs, fors le 
premier prétérit , et de tous les passifs , ou il y a 
ioutefoid grande abondance doraison pai' périphrase 
et circonlocution, cest^dire par syiftaxe de plusieurs 
mots. -;- Quelle est ceste afeondance , demande le 
Disciple au Maître?-^ La syntaxe des temps actifs, 
tant j;)reterits que futurs est composée de leur infui^ 
prétérit, avec le^verbe avoir ^ comme pour 1<B' prétérit 
amnvUtij nous ne disons point sieullement tu aymat^ 
mais jÀr ceste. Syntaxe nous disons davantage : tu as 
^nijmètiu eut aythé. tu as eu aymé; entre- lesquels m 
aiimasy tu^ eus ayiné sont orisies^ tuas aymé ^ tu as eu 
wjmé sont, aoristes (1 ). Ainsi ce premier prétérit est 
quadruple.' ■ ' . » ' - 

*' • -Le ^cond prétérit est ocluple pour ung seul lalm, 
,amaveris. }^s quatre premiers ont la périphrase sim- , 



' {\) Dins le- commentaire du traducteur latin noui truuvons, à propos 
de cette division des temps oriatt» et oorûfes le pusage suivant : 
<v • ôpiTc6« Xr<^^^> pour les Grecs, est 'juh, tesaps certain, déflni ; àà'fvrm-^ 
ku^ntraire. an temps imléflni, iivec'uhe signmcatiôn indéterminée, 
que la chose soit passée depuis lont^raps ou non. }>tte diitinction. in- 
connue aux ijitins, nous est commune aivec les Grecs. Voy.CRléiard dans 
»a ironjugàison du verbci rinsni, et les savantes, notes qu'y a )omtes René 
Gujiion. Voj. aus^ PiUotet Dubois dans les passages où lis traitent dés 
temps verbAui; Ils donnent un double prétérit parfait de l'indicatif, rau-\ 
ri9te d'abord, puii'. Tortste, comme : j'oy aM/ourd'fctiy i«A Ccton, je Uuz 
hier Catàn. iTout ce système des temps définis et IndéDnis a été parfai- 
lei^nt traité par llobertEstienne' dans |Ms coniùgaUons latines-fran- 
KMiin, où il emploie souvent tette formule 1 aMfrem<«lfRwr Je /Vohfou. 
Comme ce livret est entre les mains de tous les enfants^ J'y renv6i«j Je 
lecteur. • ^ 

Pilîot aqra vaàiywpfi\u» loin, dans, notre <|hapitre sur lés Estienne. — > 
Pouï Dubois^ v«yex ci-dessus, p/40. —Le petit livret de Robert Es- ' 
tienne Ae nous est connu qde par un seul eiempUire; nousf'le repnitlui- 
nm;: textuellement à caose de sa rareté. 






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i54 (iRAMMAIRI rRANÇAIRE. 

p)e,^t'ceii.p&r les trois présent, at, ayês, auroti, et 
par le prétérit imparfaict avoU^ comme : — 1. Veu que 
tu ai aymé; — 2. combien qutf tu ayc\aymé;'^ 3. o 
. que vohntiért tu aurois aytné'; ^^ 4* veu que tu avo'u 
aymé ; — 5. veu que tu-aê eu aymè ; ^-6. çomhietique^ 
lu ayes etf aimé i—l . veu que tjuavo^euayinéf où moi» 
et a vpû eu spnt' aoristes. 

' » Le tl*oi8iesine prétérit amavittet est .sextuple'; les 

trois premières périphrase^ Sjônt par atiroi* , euisesy 

avais; les aultreé adjoustent eu, comme: — 1. quand 

•tu aurais aymé ; ^ 2. «t lu eu««e« aymé ;; — : 3. veu que 

. tu avais aymé, Jl . ': ^• 

1 Puis Ion àdjouste eu coàime devant : — 4^ aurow 
eu aymé ; -^ 5. eu<se« eu aymé ;,— 6. ' «^wis eu at/mé, 
. — ou.iivoi« et cfvoû eu Bout oristea; f^ auUrés , 
'aoristes. • ' . . . ^ 1. - 

■ Lé quatriesme prétérit, amaveroj, est double, 
CQmmé : tu apo» aymé, lu at>oi« eu aymé. 

• Le futur parfaict est double et oriste, comme pour 
ÀMAVBao , je auray aymé; — je auray eu ayfné. 

» La périphrase du prétérit infmy est dodecuple ^ 
comme dic te Âhavisse, t/w :— 1. que tu aymas; — 
â. que tu as aymé; ^~^i: que tu mfes aymé; — k* que 
: tu aurois aymé ; — 5. que tu eusses aymé; — 6. que tu 
avais aymé; el puis, aprez a«, ayes^ aurais, eusêes, avais 
ion peult'adjouster eu et entendre oriste ou. aoriste, 
. comme devant. » ' ' : 

Le souvenir du latin poursuit Ramus. La pensée de 
mettre, comipe il le dit ailleurs, ia pdlle en VceW des 
Grecs et d^s Romains, lui fait accumuler les formes 

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/ )e^ plus barbares. Son difciple et laterlocuteur est 

. dans l'admiration : t Dieu, B'ecrie-i-il\ qui as formé ^ 
t)ouche et le parler de Ihomme, quelle noblesse et lar- 

.. gesse de parolle vpy je icyl que Ion nous reproctie 
maintenant que nostre laiigue es^ pauvre a cause de^ 
vètbeB \ sera-ce pour tant que jxHtf une parolle con« 

' ruse, nous en avons douze en plus diserte façon que 
ny le Grec ny le Latin nie scauroit exprimer? • * 
* Ramus triomphe. Il ne cachp pas sa joie de ses déy 
couvertes: « vous estes grand, orateur, dit-U * des < 
fouanges de voslre patrie. Mais escoutes le surplus. 
> l^a syntaxe du verbe passif (i) présent est' composée < 

^ ^de SOI) participe passif et du vert>e dùl^ntif, en gÀr- 
ilant ta convenance du nombre, genre et personne, 

'comme : amob, je suis oym^, dirai Ihomme; je suis 
jiymee, dira Ja-femine; — Ainsi les apures temps: 
, AMKn, je sois aymé,je iotjejayme^j^ kjiktiEtiy je se- 
roije aymé ou aymee^Je fusse Mymé ou aymee; — 
AMABAR, jetoye aymé au aymee ^ et semblabîement 
pour tous aultres temps. 

•-»-II y a quelquefois une circonlocution du passif 
par le verbe actif, comme^ je mappelle JehaHj pour 
je suis appelle ou Ion mappeÙe, — Quelquefois en telle 
syntaxe (et c'est là tout ce /que dit Ramus des verbes 
pronominaux), le verbe sujpstanlif est employé pour le 
verbe aiwt'r, comme i je me skis aymé a Home; je suis 
nliéh Borne y vous este^ venus a Paris (2). » 



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{\) Cf.ci-deMUs, p. i^. 
Vi) Cf. cMeMu», PI). 82, 83^ 



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Arrivé au participe, aoni la syntfxe jetait,^ dès ce 
ternp^, le désaccord entre les grammairiens, Ramus 
prend, netterhent pl|||*ti pour Tusage. Nous avons vu 
Dubois et Mei^ret proposer des systèmes tout con- 
traires (1), mais qui leur étaient per^nnels. Ramus, 
« se souvenant de la souveraineté du peuple » s'écarte 
de Pun etde ràutre. Son guide est un poète (3), c'est 
le jpfoëie, comme on disait alors, c'est Marot. .;^ 

Après avoir signalé les idiotismes i7 ién albit di- 
ganU il 9* en va tout mourant, pour i7 disoit^ it te meuriy 
Rainus expose ainsi sa doctrine : 

« Avec le verbe avoir, le participe passif est mis 
pour linfîny (l'infinitif), si le substantif précède, comme : 
ce sont teigracet que Di^u voûta donneetrpowr a donné. 
— rQue si le substantif suit-, le verbe infiny seraprac- 
tiqué, comme : Dieu- vaut a donné cet gracet, non pas 



(I) Cf. dHlcHM, p. 41 etp. ta, S4. A' 

(S) Un poète valait prrtique an grammairien. Qu'on en Joge par ce pu^' 
Mge qui sert de dâiqt A la lyntMie de Despautèrc : « Grami^Uca quid 
est r — An reete icribendl, recteqai lo^uçiidi, fottvrwm enarrtUonem 
oontlnena... — Eaine grammaUcI exponere hUtorlooa et oratoret? — 
— QujdnIP ^ Cur Igltor, In- defliniôone, poetarum solnm menunuti.* 
Quia poeta Terui quodam modo omnU tcrlplor est : oti homo jonutris créa- 
tara : et anima, teste Arlstotelc, omnla, quia omnium Imagines in se re- 
ejplt : ita dkiDui poetâ omoeis scriptorea priesUt... Poetis proiimi tant 
grammatici. » — { Johannia Despaaterll niniVu» — Cvmmentarii yrow- 
maftei. — .ParisiiseioOe. Bob.Stephaoij&37. — ln-r*,p. IS«0 
' <?est-à-dire : ~ « Qa'est-^e qne la glammalref — C'eit Fart dé pvter 
«t d'écrire eerreetement, comprenant l'expUcation des poètes, -r Ëst-re 
que le grammairien n'a pas i expliquer les historiens et les oratAn? — 
Si, sans nnl dofte. — Poorqool donc votre ddflniUon ne parM-elte que 
des poètes T — Parea que le nai poète est à loi Mut, en qtfeiqaè sorte, 
totts les écrivains, coamw l'homme est tontes les créatures, comme l'âme, 
selon Aristote, est, tout, parce qu'eHe a en elle les images de tout. Aioti 
le poète dWln. dépasse tous les écriTalns... \/t pl\is près powiMe dés 
poëtM sont les grpimairiemr» 



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vous a donhee», — .Quelques gran^mairiens toutefois 

estiment en ce participe (/r>»iwcr/'« pour Jc' verbe donné 

' • une lourde incongruité: mais lusaigc le ^inbàt. - - 

» Et a ce propos jeVnc'veulx oublier ung ^oesmede 

•/ Clément Marot que Estienne Pasquier, advocat en 

i. parlement (duquel le celiebrc renom est honnorable en 

voslre escolle poury avoir exercé ses jeunes ans) nous 

proposa ung jour qiie nous estions en ceste t]iies> 

^ tioni: ,.,'■: i ' . ■ '.^ ■■■"'.- : 



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• Enfàns oéié9 unç tqspHt 
Notrf^ lan^i^ a sejq fason., • 
A'ç /ç fe^rinç Ai va devant ^ 
Volonliér rt^jitt^ suivant, 
Léê vie)ê éxérn^^s jç suivre^ 
Piirlqme/:KÊ^M.^irq vfe, ' . 
iMçanzonfuihiënotdone^t- 
Ki diu H'amHr vm e done^:^ 
£' du bat^ kêione ^ . * 
Ai ditj M'arhnr t?8* e done\ 
Voélalaforsqk^posédç,^ 
Lq fqmqnin kand H préiédq. 
Or priivqre par bons u^ moins, t 

Kç tH$ pluriérs n'en font pas moius. 
Il fait dirq en térmej ptirfés, 
Diu en sq màndq nus v fés, ^ 
Fwt diri^ /n pkrolqs parptrj, 
Diu en iqMondç Iqr (l<*s) a félqs^ 
^:.m!:'i%. ^ 't^ n^^fi^poi00r^^ ^■ 

*ï"» '-y , ■'"■,'-' ' ■ . » . ;■ ' ■'■s. '. *î'^:.-*^ ■ ■ ' 



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(jR aiiàiri/fb ahçaisi . 



Mes w»* a. /*'/ «8/ rinyl/'nifnt. 

W lUtlién /(dont la fa'i^ondti,' 

Pasr^ /<; vul'ù,^r(i du mondq^) 

Soh ianZfajti a tÛrtsi bâti, 

E'n dizanL Dio noi a fati. • 

Parkof* kant me suis avise. 

8 m(^« /M/>.« ont mn/ l'isi', . 

, « t'n «ff/fl M onU'Lrànd sit^nst^, 

silzontdurekonmhisi^^l 

:. . . ' • - ■■■■* ■■ 

Nou.s avons donné ce texle comme Ramus l*a donné 

lui-même,' parce que nous y avons trouvé des exem- 
ples de toutes lesréforliies orlhographiques proposées 
par luH excepté les trois CaPftctères /i, <v, x, qui n'y 
ont pas trouvé ptScc : comme dans liart, imrnf {haï- 
gneux), flxiow (action), /ortJb (longs). *^ . 

Voici:maintenant la même pîice é^^rile dans l'ortho- 
graphe ordinaire du xvi". siècle. Nous reproduisons, en 
le ponctuant, le texte donné aussi parilamus : * ' 

Enfans, oyez viîe l^con : V-^ '• 

Nostre langue a ceste. façon, 'i ^ 
Que lé ternrie qui'va-deuant^ . 
" Volontiers régit ^e suiuan t. " fv 

Lfes vieux exemples Je suiuray ' ,^ .' 
Pour, le miculx ; car a dire vray,^ 
La chanson t'ust bien ordonnée^ v 

' Qui die t^; Mamour vous ay donnée; 
Et du bateau est estonne,.' * 
Qui dict : Màmour vous dy donne. 



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Voilala force que possède, 
Le femenin quand il- précède. 

' Or prouueray par bons tesmolfigs, 
Que tous plurjers nen font pas moins/ 
11 fauli "dire en termes parfalct^: 
Dieu en ce monde nous afaiéts; \ 
Fault dire en pareilles parfaictes : "' 
Dieït en ce monde tes a faictes ; 
Et ne fault point dife en.efTaict : 
Dieu en ce monde.les a faict ^ 

^ Ne nous a ^faici pareillement, 
^ T\i!ais nous a faict {{) tout rondemônî. 
Litalien (dofft la facofKle 
Passe le vulgaire du monde,) 
Son langaige a ainsi basty, • 

; En. disant, Dio nôi a/fUr, 
Parquoy tiuand me suis aduise,. . 
Ou mes iu]g:esont mal vise, 
Ou en cela nonhgrande science, 

^ Ou ils ont dureVonsciencc. .* 



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DB LA STNTAXE DBS ADVBMBS. 



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« Les adverbes ont leur; convenance : l^laton parie 
saigemetiti Aristoie dispute subilfemeni. 

» Quelquefois Padverbe articulé (précédé de J'arti- 
de s est mis .pour le nom, comme : le trop de bien te 
gnste.m -~ L*autcur cite ensuite les exemples suivants, 



(1 II faut «ans doute lire Ici : nous a fairls; autrement, Marot n'est pas 
tiaiv ord aver lui-même. v ' ' 






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sans dire ce qui s*y rencontre de particulier dans l'em- 
ploi de Tàdverbc Y il a jiani peut: iLa si faim; il y 
avait una vingt homma^ç^rhct^at, ung cent hommes de 
pied, OÙ IIWJ7 veult autant comme quasi. » 

Ramus, qui n'apas classé dont, y{i) parmi les pro- - 
noms, les range parmi les, adycrbes : a Dont et y si- 
gnifie quelque rèlatton; comme : jaij veu le livre dûn{ 
vous parler; vous allez à Paris ^ je nien tjvotjaprez voûs.n 
Quant & en, Ràmus le place parmi |es prépositions (S).» 
« Quelques adverbes sont prins les uns pour les 
aultres, scavoir les adverbes de sknilitùde pour les 
adverbes de temps, cpmme : jarrÉois ainsi quil rff- 
parlpit; comme la bataille sattaquoit^ la pluie survint. 

i * Le semblable est des adverbes de temps et de lieu 
prins lun pour laultre, comme en grec et latin. 

. » Les^adverbes sont souvent employez sans neces-- 
site, comme : encore derechef , puis aprez, ceqni de- 
dans y ieans dedans f ainsi comme, quasi presque.^ » On 
éli encore : venez ung peu icy; dont venez vous ain-^ 
sy,' eic.l •un peu, ainsy sont explétifs.— «Cette re- 
dondance est souvent en plusieurs négations pour une.: - 

je ne tay point offensé ny ne le veulx faire. » 

♦"- " ■ , ■ ' ' .• , ' ■ ■ - 

DES PiÉP0S|-H0W8.. y 

« Six prépositions a, an, aux, de^ du, des, embras- 
sent topte la gouverpan'ce des noms et des verbes (3) : 



(I) a. ci-des8us, p. 81 ; — et p. 298. 
- (2) Cf. cl-déMus, pp. 46 et 99 ; —et pp._ *98, iii. ^ 

(3) Le latin n'est guère ptus clair : • É praeposilkonibu^iy^x oniTenam 
nominum rerboruuique rietlonem ampléiéiiintiir. • ^ 



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261 



ncide avec arficle oa bien sans article, selon lexi- 
gcnce prescriple ; les aultrcs totaliement sans article. » ' 
Oiî ne 8*expliquc pas càfe jerreur de Ramus, plus 
Rcrisiblc encore dans Dubois (1), sinon dans Mei- 
^ret(2). ... ^' .-• ; ,^ / .; 

L'analogie des formes italiennes a//ô, dello^agli^ de- 
(jli^ contractées ou syncopées- en «/, del^ aiy dei, devait 
mettre nos grammairiens sur la- voie, à défaut du sou- 
venir des formes employées par nos écrivains des siècles 
aflléri'eurs : dél, deu, dol, don, ilu; «(/«m, ou, el, eu; 
(is\ es, itus ; dea ; 3\ Mais posréfonnateurs, ambitieux 
de fonder eux -mêmes la grammaire, reniaient le passé ; 
s'ils faisaient appel à l'usage, ee n'était pas là langue 
écrite qu'ils consultaient ; elle' n'existe pa^ pour eux, 
mais la langue parlée. Pour Ramus, à voir ses défini- 
tions si étudiées, ses divisions si rigoureuses, ses règles 
si strictement exposées, on. dirait qu'il traite la gram-. 
'inaire française comme une science exacte; tr^hi par 
sa faiblesse, embarrassé dans ses souvenirs, il marche 
en tâtonnant dans le champ de l'observation, tout en 
croyant s'élever jusqu'à la spéculation : il cherché des 
principes, il trouve. des faits; il veut dire ce^cjui doit 
être, il dit ce qui ès(; selort qu'il ic voit plus ou moins 
clairement. — Ce ch'apiti-e le prouve mieux qu'aucun 
autre. . , ' ■ 

Ces six prépositions dont il vient de parler t servent 



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(I J^f. cl-de88U», p. 32. ■ . <t 

(2) Cf. cl-de88US, pp. 6ft, 98,1)9; — et p. 28(J , 

(3; Cf. Burguy, Grammaire de la langine d'oïl, 1. 1 Berlin, 18&I, p. 46. 



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262' •' t.KAMMAiHi': FnA^^Alsl:. >* ' m\ 

toutes au verbe de inbu'vcmeiït local : aller a la rivière, 
a Paris j au marché <, venir de Paris, du marché ^ des ei- 
tudes. » -^Qn s'étonne, en voyant ces exemples, que 
•Ramus n'ait pas dit: je vais au Paris, ou qu'il n'ait 
pas défendu/pai* une rèo;le spéciale, de nnettre devant 
les noms propres de ville, le§ prépositions aUj du; 
ou enfin qu'il n'ait pas aperçu la dilTérence de a, de, 
préfibsitions, et de au, du, articles. H- Voici deux 
remarques analogues à celles que nous réclamions tout 
à rheure : « a et (/^' sont communies, à tout nombre d? 
genre; a, au génitif^ datir, accusatif siblatif; ffe au 
génitif et ablatif. > . • 

A et de, avec te substantif estant gouverné, servent 
'adjectif : homme a cheval , a pied , de cheval , de " 
pied. Ainsi disons nous: quelque diose de bat, homme 
de bien^ pour bonne chose-, bon homme.» — Qui ne verrait 
ici de véritables règles ppiur la traduction du latin 
plutôt que des principes de grammaire fran^se ? 

< i4 et. de sont souvent surentendus, comme : si Dieu 
plaitli pour siplàisi a Dieu; la rueSt Denys pt>ur fa rue. 
deS.Venys (1). , 

* fjl'sert souvent pour aultres prépositions, comme : il 
est passe n Lyon, i. e. par; a mon jugement , i. e. selon... 

> A quelquefois, avec linfmy présent, emporte temps 
futur ou qualité de quelque debvoir, comme : chose a 
tidvenir^besongr^eafairé, 

> De sans article sert au nom de niatiere, quantité, ' 
instrument, comme: couppe dargenl, ung voyrrt 

(t) a. ci-4«MU», p. W. 



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N. 



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265 



denue (un verre (reaii), jouer dinsuumens.' — Nous 
diiions aus&i: jouer (ic\la hurpcy de lespinettc^ ci sem- 
blables fèmenins. - . 



./'• 



'!) C'psibicnlc mot déBamus : il oublie qu'il a fuit de cca particules 
(ic, du, d(«, a, au, ^UT, des prépositions. 



1. 



• ylw sert au datif, accusatif, ablatif; du, au getiilif 
' et ablatif. ' >r , . ~ ». 

» Aulx et des servent au plurier de quelque genre 
que Ce soit : aulx au datif, accusatif, ablatif; des, au 
génitif et ablatif. 1 , - ... \ 

.» De, du, t/e.v signifient quelquefois part ou espèce, 
' c.Oïïwyc^ boire de leaue, il y a du vin, je mange du [de ce] 
mouton que vous avez^tné : en quoy de et du différent 
selon le genr^;^ car nous disons : apporte du feu e{ de 
leaue et non apporte du feu et du /«/7«e.^— Les surnoms des 
Francoys, principallement nobles,' sont presque [fousf^ , 
cxpiiméz par de, du, des : Jean de la Fontaine, Pierre 
du Mont, ^Jacques des pans. 

» Ùe, du des semblentaulcimefois vacquer (être ex- 
plétifs), comme la ville de Romme.yjaij du bled et du 
viri pont jay bledet.vin ;iiem manger du pain, boire du 
•viu. Et quelquefois -nous disons aussi. sans ^rticle (1) : 
jamais ne mangeras pain ny beuvras i'i/i, Neantmoins 
en ces dernières forrarales la difference^st manifeste; 
car (itt signifie part ou espèce, comme de, ei ne, ny, 
nyent generallement. », Nous g^yonâ déjà vu Ramus 
lircr d'un exemple mal choisi des conséquefices faus- 
ses. S'il avait pris pour exemple : tu mangeras pain, ; 
tu boiras vin, comme la langue de son siècle, le per- 



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•iÇ4 ^ . . r.RAÉMAItE FRANÇAISE.. . '" " "*' 

mettait (1) , ou lu né mangeras de pain mj né boiras de 
r/w , cmiiment aurait-il appuyé .son raisonnement sur- 
la présence ou l'absence de la négation? 
; t De, cfw, des, entre forment le superlatif .^vec p/u*, 
qiri reçoit alors larlicle. 

• 1 En et es ont aussi quelque alTiection au nombre 
avec le. verbe de rt-pos, en au singulier:» es au pluriel: 
il est en Egypie, es desers d\l^rubie (2). 

j» En toutefois et non ^.s gouverne »om.v', vous, nos, 
vos, vies, tes, SCS, qui, — Jin, local, nest guère toutefois 
devant les piopres noms des villes) car nous disons ^ 
bien : il rst en chambre, en France, el non pas guère: " 
en Rarïs, mais a Paris, - ^ • 

»v£/i est aussi postposé a»«', te,' se, nous, vous, 
et aloute tiorca peicoiinè'avec les verbes de mouve- 
ment iQcal estans coiijoins seullement a leur mésme 
personne. » Ramus donne pour exemple : n jemenvaij, 
je men rerien, je m'en retourna, tu tcn vas.-... » Mais s'il 
n'y a pas ici un idiotisme, si ew n'est pas un adverbe , 
relatif, et, s'il suffit qu'un verbe soit « verbe de mou- 
vement local conjoint seullement a deux pronoms de 
mesme personne, » pourjustifierremplôf particulier de 
en devant tous les verbes; il s'ensuivra que : je meh 
dirige sera français (3). - 

Rainus n'a pas été cependant sans voir que en est 
un i;elaiif comme y; de ce dernier il a fait un adverbe : 7 



(I ) Lui-même, parlant des préposiliong de, du, des, leg regaMe comme ^ 
explétivea dans j'ay bled e.( tirt. — Voy. quelques lignes plus haut. 
'(•/) Voy. plu» Itas, p. 324. , ^ 

(3) Cf. ci-dessuk, pp. 99, loo, 321. 



». 



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(j) 



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iriERRR RAMLS. 



2fir. 



^ 



pourquoi donnai rcd-é en une prépojùtion? Pourquoi 

sui'tdut-moiiWjf^^j- emploi analogue de en et dç y s'ils 

sont différents de nature i^ « En est relatif quelquefois, 

. :>■■ ■ ■ ■ . ■ ..■•■' 

tout ainsi que y ; il est fort malade^ il pn mourra; il s'en 

repentira ; en voulez-vous? - ♦ i 

t Ert sert au gérondif : pleurer en riant, r- ' ^ ' 

I En a- davantaige plusieurs façons de parler^ 
comme : je pense en nwy mesmc ; estre; en possession 
pour posséder, liem par interrogation : en avez vous 
a moij? » — Toujours dès observations imparfaites, 
l/emploi particulier de en dans cette phrase n'a rien 
à faire avec l'interrogation : il en à, // en lient contre 
vous], suffisent à le prouver. 

« Sur a aussi quelque particularité, comme : estrc 
sur la maison^ sur larmêe, sur les finances^ ^ouv estrc 
mr entendant de la maison^ de V armée y des- finances. 

» Apr(^s avec le verbe substantif est mis pour le 
verbe actif, comme : il est après pour en scavoir des 
nouvelles, cesi adiré il poursuit, il diligente.— Aulires 
fois îl est omis, comme* estant /^evenii, ayant aismé, 
cest îT dire après estre venu, après avoir aymé, 

» Par est joint avec de pour de lapart , comme : de 
par le Roy (1). -^-Pour, avec linfmy présent emporte 
(juelque -faculté au futur ainsy que nous aVons dict 
de a. . ' : ' . 7^ 

».Les aultres prépositions sont indifféremment de 
tout nombre et genre, avec larticle ou sans article. • 

Ramus quitte ici brusquement l'examen des prépo- 



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(1) M. GéDin a repris et «outcnu It même th< :>e. 



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tje. FRANÇAI^F.. ^ . . , ' I 

I ■ ' ■ ■ ''' 

sitions en général, et entré dans llétude^'de leurs cm- / 
plois particuliers, deyant Jes prondbs. Égaré par la 
confusion qu'il fait de certains ad^Kîtffts^vc'c certains 
pronoms, quel ei leifuely mierT'e^c jwicwj^et par cette 
erreur que les formes «m, aux, duydes, sonC/des pré- 
. positions, Ramus embrouille de pi us en pluëson ob- 
scure théorie. Enfin il termine son chapitra par' cette 
remarque générale : '< La préposition ave(zqi|es le cas 
gouverné est prinsç souvent pour ladvcrbe de qualité • 
combaireen Hercule, procéder de vrudenfie^' vivre à la, 
Francotjse, habillé a Lalemaude, o\^ \^us entendez ; a 
la mode €U façon {i) . » 

Après avoir lu ce'c^japitre, oji ne peut plus voir 
qu'une ironie dans l'exclamation^atteuse que se per- 
met le Disciple : « Voila une singulière syntaxe de nos 
prépositions! • 



DR la" SYNTAXE DE LA C6?l JOSCTIOS - 

^' ■-■■-' C ■ 1 • , * ■ . . 

f SensuyHa syntaxe de la conjonction, Elle est 
seullement' en la convenance et lordre. Quelques con- 
jonctions sont au millieu des sentences quelles con- 
jongnent. ■ ' <l ' 

' » La copulçitive ef est mise déyant toute lettrç, comrpe 
bœuf cl aittie, frapper et blaisser.^^Et sert querquefois 
a indienation et despit. » ^ . ' 

Ramus dbnac ensuite un exemple de l'emploi de 



•i 



(1=) «f. ci-des»ùi», p. 101 ; voy. aussi, plus' bis, dans ce volume, le cha;- 
pitre de Kob. cl de H. Estienne. 



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t,,.A. V— -..Jf 



V 



PIERRE" #IAMUS. 



267 



chacun des mots suivants, qu'il classe parmi les con- 
jonctions ": que-, ~ OUI, poiirian^' (fue..aus!iij, tloncques, 
si, combien ^Me , et enÇiii auCremcnt , comme dans cej, 
exemple : « pouez iwoj/, mdlremenl je vous quitte. • 
Les figurç^i>4ti^ conjojîctions latines sont aussi 
françaises: « poïysyntheton , çest quand la conjonc- 
tion est doublée: ou boy ou i-a le/i;.asynllicton^ C€st 
quand la conjonction est ostée, comme : iu veutx cou- 
rir, jouevj saulteri danser^ ^olUnrer; y- veuilles non 



}cuiUes,^ 



r 



^ 



DES FORMES Dj L'ORAISON. 



7* 



« Il ne reste plus a dirç que des formés de loraison . 
Ce reste est aussi du tout (tout à fait) seinbla-ble au 
lalin, et à quatre prîncipalles- -distinctions : souspir^ 
'Hemipose , pose , période (1)^ 

» Sousptr, cest une distincti9n.de mot qui'pourrait 
servir douteusement a lantecedent et au conséquent, 
et se marque ainsi •*/ » ; demipose test une distinction 
de sentence imparfaiçte, et se miarque par le poinct 
moyen (3) , ainsl^» • . Pose yCesi distinction de sentence 
parfàictfr, joiricte avec une.aultre, et se marque par le 
poiuct haut, ainsi < • » • Période, cest un^ distino|iojj 
de sentence du tout absolue, «t se marque par le point 
bas, ainsi « . • . Quelques grammairiens, pour les 



/ 



(1) Cr. ci-dèMua, p. TI4. * ' ' 

!'i\ C'esl-à-dire placé au milieu de la hauteur dt la l|gne. 



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GIAMMAII.E PRj|?IÇA|SI. 



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.pôVcks imoych et hauH, ont intpoduict ung den^ cercle 

et deux poincts^ amsi^ 9 ! • ,<»qui nesi pas graml diffe- 

• rent. Voua aves toutes ces distinctions en ccstô exemple^: 

•••••• * ^^i • ••* "■ V. . ' 

Clins . phibsophes de 
grade aulhorite / se- 
parôt par pésee seue-^ 
remet et vertueusç- ,, 
met ces trois espèces * « ' 
estans en elles Vnies • 
, et confuses. Car ils e* ' 



■■.^ 



. *. *; i .. . wkuns fiio- 

. ioriie I s(*par(^t par 
V . juinseq sf^v^r^ùiéhi é 
, \ . r €* rlu f/ s ç'm en t ses 
iriM^s (*spi*sH (Uatis 
♦ i'n (Hes univjs V Uon- 
* Juzqs . K(tr ils ('sty " 
:mrj f*tr4\ profitable -^ stimenie^iie prouffi- 
^ jtii sf • kly't Jnsuy^ lâble tout Ce • qiiiest ; 
'\ avst jujei ilz t'ir^ •» juste* Aussi jugent lis 
juste, iHisp/' Idf^tO' ^ 'estreiustetoutce.qu; 
' tuUr. ',Dôt ilfcut kb^ . est honneste* Pont il ' 
" klurrr.k^tHtsekiét fault conclurre -.que 
ànSiri ' k(* s(Ua m^mty " toiît^e • quiesthon- 
sw'rttfi/ç. '^ neste • que Cela mes- 

• '^^^ .inesoit vtile (i). 

■..-.' ■ , ■ • ^ ■ ' „ ■ 

'■.-.'. f ' .. * z . . > 

t Ce sont, continue Ramus, les^distinctîons yrayes ' 
et anciennes/ tant des Grecs que des Latins, combien 
^quelles soyèrtt fort mal observées. . 
* • Notisavons davantaige (2) les particulières disfînc' 
tibîis dn. interrogation, ainsi : * ? ». — En adtniration, 



v>^ 



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(1) Nous avons donné, ligne pour ligne, le double texte de Ramus ;< par 
cet exemple on jugera dé la disposition du livré entier. 

(2) et. cl-de«»u8, p. fl2. ,! ' " 






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FIIBMR KAUU< 



2«9 



V>^ 



aindi :«.'». -^, En union, hinj^i ; « vp • • fw^A^-u- votiint; 
— en parenthosc,' c'cî^I a dire interposition, ainâi par 
dciix demi-cercles :• ( ) t. ". , . 

♦ Ici unit la grammaire de Ranpus. |^'. spril de sys- 
tème a égaré Pauteur ^des observationsincômplètcsrout. 
mal servi. Cependant cômnie son livre constate au:^ôins 
des facits, .s'il ne donne des règl^ il sera utilement 
Consftilé. Grammairien* pTiilosojilyj,. Ramus doit. être/ 
étudié dans ce qu-il ne dit pas comme dans ce qu'il 
dit, car 6n peut être^ûr qu'il à toujours eii, pour se 
taire ou pour parler, un motif, fbnd^ounon, mais qui 
est farcnientngnorance. Les nombreux points de com- 
paraison, que nous avons fournis en pliant en regard 
de son texte des textes *contemporains,^pnt déjuNiJ^hné 
liçu" sans doute de fîiirç cette bbservartion,/ confirmée 
'^nçorie par l'utile commentaire de ses Ecoles- (j/ath- 

; iiKiH'içnnes. . . J '' ' , . ^ \. 

Ramus .ne devait-pw se borner h, donner à la Frajice . 
irnc graramaire : « Jespere'bien, lui dit son .disciple, 
de ceste mesme libéralité^ une largesse beaiicbùp plus 
ample: cest que la^grammaire sera |é premier des arts 
liberaulx par vous donné a noétre France, mais quelle 
ne sera poinçt longtemps seuUette;^uelle natire après- 
soy ses aultreç compaignes. — ^ Dieu vous face jouir 
dune telle espérance, » répond le précepteur, *et c'est 
,|e dernier mot de l'ouvrage. Mais Ramus^ ne réalisa 
pas ce projei.' — r Sa gramnrair©^ parut l'année nî^e 
de la Saint-Barthélémy. ' 






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A^ CARIIER. ^ JEAK PILLOT. 

* • 

AEEL NATHIEU " ; 



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Nous réunissons dans un môme chapitre trois 
granjmairiens qui, sans avoir obtenu la célébrité de 
Dubois, .de Meigret ou de Ramus, méritent cependant 
de ne pas étire oubliés. Destinée à renseignement, 
comme la grammaire de Robert Estienne, dont l'exa-: 
mèto doit clore notre ouvrage, les livres de Jean Gar- 
nier et de Jean Piïlot portent de nombreuses traces 
de cette inexpcrïence à laquelle le temps et deç étude» 
plus indépendantoB du latin pouvaient seuls soustraire 



.,/'- 




|1 ) InsUtulio galUc<i,iirlgùx, ad %uum }uventuUs gtrmaniar, nd illus- 
fn'Mtmot jitniores principe! LandtgrariosHiçmx eonscripta. — Authore 
Jo»rt. Garnerio. — Matpurgl Hxssorom, apud Jo. Crispinum, 1558.— 
I ToI. Iii-I2. 

,— GalUex lingua: InstitHtio, la^no ttrmone eonscripta^ per Jotnnem 
Pillotum, Barrensem. — Parisiia, apud Jacobum Kenrer, 1581. — î vol. 
tB-8«. *' 

i-, Devii de la latiguefrançoyte, à Jehanne d'Àibret', royne de Nararret 

^ duq,hetse de \endosme, «U, par AWl Mathieu ,*natif de Chartres. -A 

• Parla, de rimBrimcrie do Richard Breton. 15Î.9. 1 yolin-8".-- Imprimé 

en caractères de ciTillté. — Une «econde édition ;«ignép A'. M., sieur de 

MoysUrdière, parut chei la v«uve d« Riehard Breton. Cette édition est 

imprimée en carlctèrcirromains; '^ 



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JtAFI GARTIIKII. JKAI<I PILLOT. AtBL ■ATUIIU. 27t 

Ici Sjfiyj^nts j g^ ne esoiikpas des réformateurs; i|s di- 
stMitce qu'ils savent,- comme ils Tont ap'pris soit de 
l'usage, soit, mais bien peu, des grammaires anté- 
I ieui'es. Quant à Abel Mathieu, ce n'est point un traité 
grammatical qu'il a écrit, mais seulement deux disser- 
tations sur la langue. De ci, de là, par quelques 
éclaircies, on entrevoit la grammaii'e; mais l'auteur 
n'est point un pédant. Dieu Ten garde! c'est un 
galant gentilhomme qui devise de la langue, plutôt 
qu'il ne/ûisserte sur les règles du langage, et il est si 
jalou^dé notre honneur national qu'il ne veut pas que 
noué en devions rien àd'autres peuples. Notre langue 
est à nous; les Grecs et les Latins n'ont rien à'y voir. 
C'est -un royaume habité pa^r les dames,- qui sont les 
voyelles, et des cavaliers, qui sont les consonnes, « les^; 
quelles accoinpaignent, selon leur rang etordrp, leurs 
cinq damés au meiUieu, à la /in et au commencement 
.du mot (1). » De voyelles et consonnes naissent des 
mots ; les uns que . nous appelons articles, l'auteur 
les appelle indicg^ ; d'autres, que nous nommons ver- 
bes, il les appelle, nerfs, A l'en croire, si l'on parle, 
c'est pour plaire à l'oreille ; si l'on écrit, c'est pour 
charmer l'œil par des signes qui figurent sur le papier 
comme une agréable peinture. . 

On voit, par ces quelques mots, combien peu de 
fonds^ on pitfit faire sur lés Devii d'Abel Mathieu. 
Cependant nous y avtlns pris qijielques notes, et nous 
les joindrons à telles que nous avons recuèîtties dans. 



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^ 1) Second Devu, p. 7. 



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212 (.RAVMAIRK FBA.NÇAItE. 

les ouvrages plus sérieux* de Pillot, et de Garnier sur- 
tout, qui sera notre principal guide. . • 

— Sans s'arrêter à définir la grammaire et son objet, • 
Garnier et.Pillot entrent cii mîUii^Te en comptant les 
lettres de l'alphabet françaif^. N4>us avons vingt- deux 
lettres : a, t., c, d, e\fi g,h,.r, iy m, n, o, p, (jf, r; *, r, 
11, ar, yi s. Les voyelles sont ; a, e, l^o^ u; les au- 
tres lettres sont consonnes. D^e ^lles-^ci,, Ha^'nicrli'ôc-. 
c'upe id' abord de A*, x, z : A est u^iç Ipttrc grecque et 
non française; quant à x et z, «c'est contre- toutes 
règles et toute raison que nous les^ïnettons pour s à 
la fin des mots : ■ maiç comme l'usage est leipaître, 

* la grammaire doit obéir. Pour- les autres consonnes, 
Jps mo'Sernes. les ont sagement retirées de tous les 
mots où elles ne*ée prononçaient pas, • si bien qu'au- 
jourd'hui récriture s' accorde à lapronondiaiion.^c'est- 
à-dire q^e nous écrivonà comme nous parlons (IJ. » 
Une lettçe cependant a "fésii^Éé^se^st « qui lient du c 
et du s, et^ui, si elle se prononce toujours devant les 
voyelles, est quelquefois muette devant les consonnes. 
Suivent piques remarques : -r- sur ïe qui a deuîTibns, 

■ ^ ,,• • ■■ -■" ' ' '.'. '" . '> '. ■ * -. - • 

■ " .'. ' .. ■''■".■ 

( I ) oè^iuge de Garnier mérite d'être cité, i cause dé la date : • Gallo- 

rum. enioi anliquitas, qu«> suorum vfcrboruiki sea dlcCionain gaHicarumji 

fatina i|n4oa descendehtlum originem. signifiocret, mul&- in scribendo ii- 

\ tOTas retinùit, qoas tamen injegendoomntno reliquit, quod tasdiosom 

"' talde molettumque fuit lectorîbui ; atqtie linguam Ipuun odiosam et dif- 

flcilenà oqinibua peregrinis reddidit. Siqqtdem merito omnes conqueruD- 

tur, etabyiejus lecliône althorrcnt, quod aliter scrilwmuB, aliter verù prp- 
nuntiemns. Quod quum animadvertiMent modemi , linguam noctram 
repurgare cupientea, illas omnês fere iiterai ékpu&xerunt : fdeô ut jam 
. -scriptura per omnla fere ipsi j(irûnuntiationi cooveiliat, hoc est ut ita 
, scribamus qucmadmÎKlum loquiinui(, • — .I^'bon Gjimier ■ pris son désir 
pour une réalité. . ,.',,• 



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,JIA« GARNIIR. JIAU PILLOT. AIBL lUTlIflL 



«75 



l'un aigu, l'autre ^raNMî:;M//r(ju(Ùcarus),JMy^^ . 

— sur le c, qui est deux devant e,i, et qui, devante/, 
0, M, peut être doux ou dur ; s'il est doux, nos moder- , . ' 
nés impHmeurs l'écrivent. {:,• — sur le </, qui est dur '_ 
devant a, o, ii, et sonne comme j devant <•, iv — enfin, 
^ur l'ii voyelle, qu'il faut bien se garder de prononcer s 
ou, car il y a grande différence entre «««et sous, rue 

et roue : cetto remarque s'adresse aux Allemands. 

' . ' ■ ' ■ ■ ' ** ' 

Suivent qiielqucs lignes sur ràpostroplie qui lient la ' 
place des v^oyelles, excepté de Vé masculin, si on les 
élide à la fin des mpts devant d'autres voyelles, ce ' 
qui est permis quand il n'y a pas dangtT d'équivQque. 

., Mathieu constate aussi Tusage de l'apostrophe, < 
mais non sans poser toutes sortes de réserves avant 
.d'introduire dans notre écriture un signe étrange: 
« Noz ancestres ont du tout ignoré ce signe de^rcjet : 
en forme de demi-cercles «'», lequel o» met à cousté des 
inc^ices de masle et de femelle (des articles niasciilins 
et féminins) principalement, et des particules, au6| 
cunes fojs des motz quant if fault confondre en. la voix * . 
leur dernière letre avecques celle dos cincj a part (des 
cinq voyelles) qui est* après : ce que les Italiens ont. \ 
pareillement en usage..... Les Grecs l'ont en singulière \ 
recommandation et commune observance, et d'euL-C 
l'avons pristet redeu, sans qu'il soit nécessaire a noglr<^ • 
escripture; aussi nest ^ gueres en usage,, fois en la 
composition divulguée (imprimée) des aùthcurs.Tou- ' ' 
tesfoys je leur donne et donneray autant de crédit que ,^ 
les gentifz espritz vouldront, pour honneur seulement 



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fY4 iiRAIIMAIIK PRAKÇAltl. ; 

de. la composition cl escripture, oi non poilr nécessité,^ 
OU que bcsoing en îsoyt » (1 ). ; 

Enfin, Gîirnier arrive à parler, des diphthongucs; 
t Les ^'rançais ont trois principales diphthongues, mj, 
oy, œ, qu'ils' prononcent généralement par e simple: 
mayiont orayion^foy, by, Françoys^ Antfbyiy cœur, 
œil, œuvret, etc. : et plût à Dieu qu'on les écrivit 
corane on prononce,' .meiorty oreson, foêj ioé, fran-- 
çœsy etc. I Mais l'usage s'y oppose. ^Juant liau^à^èu, 
ou et tti, bien qu'elles soient diphthongues, je ne les 
. compte pas comme diphthongues, parce qu*elles se 
prononcent comme elles s'écrivent [i). Nous disons en 
effet : feu, eau, peine, jour, nuit, e\f,. 

''Jean Pillot- est plus complet* Son étude sur l'al- 
phabct n'occupe pas moins de trjpizc pajB;es dt son 
livre; nous les; résumons : après quelques lignes 
sur les voyelles I et y qui se prennent souvent l'une pour 
l'autre, soit à Fa fm des mots, soit dans les diphthon- 
guèSf l'auteur examine les diverses combinaisons des 
voyelles, lesquelles forment des diphthongues et d^ 
* tripHthongueé. ^ 

Nos diphthongues sont 41 on: kxr. faire i — au : au- 
theur ; — Bif : peine , ceindre , un ceÙ (foeil ( nictus 

* * ■ ■ • 

otuli) } BU : feu , flalieuf; — 01 ou pv : foy , trou , je 
congnoitrois; — ui ou uy : dètiruire, la nuict, nuyre. 
^Prononcez ai, ei comme la diphthongue latine œ; 



-r-«- 



if) SeeoHÀ DerU, p. 96 V^; MtUiieu • dëj* plutleur» fois toupbé à ce 
sujet : premier' Deti$, pp. 2* v» «t .26 v*.j'—«econd Devit, p. 16 ▼". 

(2) Cf. cl-deMU», p.^86-. - 



.1: ■ 



., ^. 



JBAN GAINIRR. JEAN PrtLOf ABEL H4THIKI: 



V 



275 



miei^yeuœt />«« ; 



' la prononciation cfë oi ou oy fait entendre les defci 
lettre Oji* A eetle liste on ^ciit, si Ton veut, ajouter 
.j>,'qui, (t*ns lès finales çn ien : »»>«» chien, etç.,jie 
fprme qu*uiie sylmbc^ 

Nos tripliilhongues sont : KAUt: beau; — («i ; œil: 
-^ L'çi : cueillir; s—oeo : eœùr, vœux; — UBO : guemx^ 
gueule; — IKi : vieillesse ;^ r-r JBO 
— 01)1 : mouiller f pouilleux. ' 

Du tréma. — Dubois avait déjà employé |e tréma 
pour marquer la division de deux voyelles qui se sui- 
vent saneformer diphthongue ; il leg marquait Tune 
et l'autre cTun point (1)1 Mais Pillot nous paraît être 
le premier de nosgrammairiens français qui ait nette- 
ment indiqué i*ïisage de ce signe. Il Pavait emprunté ' 
à ['[accentuation grecque; maii.déjà on le trouve, dès 
1 526, employé en Allemagne (2) ; dans le système 
des poiuts-voyelles en hébreu, il servait sous le nom 
(le seri (3), zere (4) ou isere (5) concurremment avec - 
je sœgol (*.•) et Iç aeva ou 8chevâ(:) pour représenter 
le son e (6), Les Italiens semblent Tavoir ignoré; 



- {«) Cf. Bi-4eMa8,p. 22. . - .. 

(2 A la première page M la Proi:odt< latine de Melinehthon on Tolt 
of r (1520).— A la suite du livre intitulé : S^fntattù Ph. Mjelanchtinonis, 
ColonxiK,}&26. ■* . '- 

(3) AlphaMum hehraicum, Par. ex offlcina Rob. Stephani, 15». ." 

(4) Alphabetum htbraieum, Par: apud P. VidovKum, lâ3l. (Avec un 
frontlBploe de Geoffroy tory,) • "'■ '^"^ ' 

(v>*; Tabula in grammatictn hebra.'am^ autote Nie. Clenàrdo, Par, apud ' 
*(^hrist. Wecbel/iS40. 

(li) Remarquons à ce propos que les Altemanda mqdemes ont remplacé 
l>ar le tféma l'ç qu'iU'marquaient suir leur u (ou) poi^r lui donner le sens 
jie l'M fronçai*, -r^ f, ^ >! , ^ / . _.,\ 



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1^ 



276 UIAXMAIRK* FHA>C«1SE. 

,> les Espagnols s'en servai(»nt et le nommaient crémà (1). 

' En France, le tréma semblait être phttôt^rçsefvé à 
rimprimerie qu'appartenir à r«3crilure courante ; et si 
Permel, dans son livre -.Ut Stieucc dé T Imprimerie) s'en 
• . occupait (^j, la grammaire de Hegnier pesmarais n'en 
4i^it rien, le P^ liulTier en parlait^ trop pou (3), et 
Beàuzée posait des difficultés sans, les résoudre for- 
inellement (4). Pillot est plus hardi, et voici ses pa- 
roleSy dont l'importance ressort de ce qui précède : 
• Cç^me lès voyelles^ et / sont le plus fréquera- '^ 

• ment employées dans les diphtiiongues, lorsqu'elles 
son t jointes à une autre voy cl le sans former diplWhon- 
gues, on les marque en dessus de doux «points nnum- 
tursuprà duob'ns àpirulis hoc modi;^ de;^elttvnjaniùrc ; 
la vciifÇ (à queue (5), ruin^.pai» (iMiiiH , qui est par 

. là (6) distingué de paix (i'ax;. Cotte notation e.^t' 
empruntée des Grecs^qui ma-rquent ain-i Ic^ diérrses. »'* 
—Plus loin. Pillât signale un autre einiiloi diitréitta : • 



^ 



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- (r, Voy. COrtografia de Uîengua mstellafiay l'.di, pp. 3S, 4Ï, 69 et 

(2) La tcience àe rimprimerie^, I vol. in-4*',' {T23. I>a p|age coniacrée 
par Eerm^l au tréma et>t la meilleure qi/i ait. clé écrite sur ce sujet Ju»-. 
qu'à beauze'é. . • ' ' v ^' ^ 

(3) Gramnpairefrançoise, l'cdil., 170î>,-n"^ OTO, 974. 

- (4) Voy.. r£ncyci6pé(lie nu'thodl(|U.e, Grammaire et Uttérature, aux 
moi» : diérèse, l {ltttre],pninl tréma. 

(5) On remarquera que ^^lut,•alalg^c éa rè^le, pHicc le tréma tur m. 

(6) Ou (rouve de fréi|uert<8 fvmiples'.çtJmcmc au xvir slèiMc , du mol 
paysan employé par nos poè'es comiAc dis^yllaltCi au iti', un trouNc 
néaie pays mono») tiabe : 



l - 



Le fûf» «m paii, ^n hant<?<f« H n ploir*. 
ly^iMR n'ayant peMc'8esl>annicrf«e!itran^>vv. 

W. Qukherât, Versifie, ^.''f iP. ^20- etc. 



( AlaIM r.H^JKTTtlt. 



V 



; 



V JEAN (iARMlill. JKaS PIÙOT- ABML MATUIRU. 217 

» Lorsque m consonne i»), dit-il, se trouve au„milieu 
d'un mot, devant (jucl(|ue voyelle, ;lcs imprimeurs de 
notre pays ont Thabilude de le .marquer de deux 
poiHtsî 1/ MttMrft vulncravît), pou^iJe distinguer de u 
voyelle li/iùiMm (.non habebit) (i). » ' 

LeUré^'C, ci ç. — C a le son de « devant e, i ; ceàj^ 
et devant « et* «, mais alors, surtout dans 'les livres 
imprimés^ il est marque ainsi; ç :sçuvoir\ façon^j'ap- 
pcrçoiji. — Partout ailleurs il a le sçn du k allemand (2). 

Lctire E.^-II y a deux sortes dV : Vi- masculin : aymét 
ft'Ucité ; il. serait mieux nommé e latin ; — tt Ve féminin : 
justice^ fortune. Ce dernier est soumis à l'apostrophe 
et à la synalephe : par l'apostrophe, c n'est ni écrit ni 
prononcéy mais remplïicé par'? par synalephe, e s'écrit ^' 
mais ne se pronôIIiîCkPas : il désire estre esUmé se pro- 
nonce : il désir' estr estime. Toutefois, l'e muet final 



(1) Daos le dériver ouvrage qui ait paru au xvi* sifculc eur l'orthographe 
française, il est question « dc« puinti tremaix qui marquent ik-s e, lc« i, 
les 14 trcniatx (qu'ils appellent )• i»^ Tauteur dit .- •hûé, y de Ai- , "lecta , 
^^LtcTA, cest accent icirconflcxe] imoycnnanl les deux petits poiiitsquc 
l'on appelle (rftiar^ appliquez sur IV faut ilii! rcr la pfulaiion de tela 
motaet'Ieur orthographe d'avec levé, relève ,i.r.\ a, hki.lva ; aiiif>i reûe, 
VISA d'avec veve, viotA..., etc. ■ {La rratje priHagrupù française conte 
nnnt îet reiyle» et préceptes infaillibiet' pour se rendre certain, corgtct 
et parfaict à Ifien parler français, par le Bieur de l'alliot. Paris, 1600, un 
wl. in-4'',,o{»iong). — Ant. Oudin, dan» sa Grammaire française, recon- 
naît auui qfié « t se marque du deux poinct» pour le. féparcr de l'a: 
naif, hair;* et puur u, il dit : ■ i) marqxié de deux poincis e«t voyelle.: 
louer, io/ûtf. Quelquea-una les mettent sur \'è qui le suit, ce que je ne 
trouve JMia à propos , car cet pointa ne «ont paft^e lessence dudlt e, » 
(f.dil. I6dc,pp. 10, II.) ^\ 

' (3) Antoine Oudin est le premier écrivain du \vii'> i»u>cle qui recon- 
. nathffe apt c un autre son : • c en ce» mots Claude, second, secret se pro- 
nonce vulgf.iroment comme c. • — Cf. -Ménage, Observations sur la lanque 
,'raMfowr/,,2«part., I(i7(i, p. 301. 



^ 



* '4 






V 






278 . GRAIIHIAI*); PHANÇAISF. ^.. 

d'un verbe se prononce quand il est guûvi de Hou elfe: 
désire H, dexire elle (1)? • **' 

il > a Ufie troiMèmn sorte dV qui tient \e milieu 
entre a et e comme tr des Latins,' oij des Françîtts : 
pkai"sc à Dieu que nos imprimeurs le distinguent par 
quelque signe ! — <]et,^ est celui qu'on trouve au^com- 
mencement, au milieu ou à la lin des mots : prt'«, 
fenestrCf auprès. ' 

. Abcl. Mathieu accepte, sinon la distinction des e,, 
du moins Ta dislincTOn des accents : 

«J'entends, dit-il, qu'il li'y a point d'accent ou de 
quantité principalement en Jrancoys (de peur que je, 
naye le nez tiré) et que ce a est^ par artifice, non par 
nècessiti^ que nouvellq^nent on à adjotisté à l'escrip- 
ture un gros *", un agu , ou un renversé ^^ a (pour) 
l'ornement d'icelle, ou par curiosité, laquelle cQua- 
tume neantmoins jay approuvé et '^|iprouveray toute 

• . 

(I) Le sieur de Palliot remarque que l'apostrophe ne peut se placer 
qu'après une des lettré» suivantes : c, d, ;, /, «^», q^ r, s, t^que ce signé 
peut remplacer l'e muet même derant les ctim^||s : encor'moins, etc.; 
et mikiie- aussi dah^ le corps des mots : quelqu'un, anjourd'hui, etc. — 
Cf. Anl. Oudin, édit. cit., pp. 49-âl. Palliot trouTCa indiffèrent > d'inirp- 
duire, entre le verbe et le pronom, un t pour éviter • ce quenous pour- 
riona appeler l'entre-baillement ou vague, on vuide son entr'ouvèrt ; ■ il 
écrit : mange t' il, tiendra i' il. (p. T) ). -^ Oudin réclame positivement le 
T euphonique : pente-t'il, aime-telle, iouffre-fon (p. 7).— I^*un et l'autre 
faisait une faute éontre laquelle s'est élevé Vaugclas • «Si la verbe finit 
par une voyelle devant orr, comme prie-on , alta-on, il faut prononcer et 
écrii'ê un T «ntre deut : prie-t-on, alld-i-on; et quand il ne aeroit pas 
marqué, il ne faut pas laisser de le prononcer, ni lire comme lisent une 
^nfidité de gens : allà-on, alla-il. Il (st trai qu'en cette orthographe du 
T on atccoutumé de faire une faute... c'est que- tous impriment et écri- 
vent àila Cou, mettanf ainsi une apostrophe après le t qui est trés-mal 
employée, parce que l'apostrophe ne se mot Jamais qu^eA la place d'une 
voyelle qu'elle supprime, etc. • ( Vaugela», Hemarquet, avec lea not«Mle 
PatruetdeTh.Corneille. Paris, deNully, 1738, t. I, p. 114.) 



/" 



\ --* — 



- I 



1 « 







JEAN GARMIBR. JEAN PILLOT. AMI. MATHIKÙ. 



279 



il soniie comme ï^ 



ma vie : au lieu dequoy 1^ simples du passé, igno- 
•rans cest artifice, disoiej(t J a lettre e estrc masculine 
ou féminine à la fin iu mot. •/ ià 
' Revenons à j. Pillot. 
^ Lettre G. — Le g a trois sons 
consonne ("/) devant e^i (1») : (jemir^ gibecière; comme 
(j allemand {!i), dans f//«w(/, grenier ; d'une façon pai-r 
licuculière dans yl//r/na//ne, fom/wï^now (3)." 

Lettre ii. — La lettre â, après le c foririe tantôt le 
son représenté en aHemand par«c/i(/i) ; ch^rclter; tantôt 
le son k : eiianle^ cliolere (5) ; tantôt h estWpiration : 



x 



< 



T 



(I) Ce son du j consontie et Je g dans gémir, est propre au Français, 
et ne se retrouve dans auciiDc autre lanijuc de l'Europe.' 
, (?) Il fallait dife comme g dur allemand : car les AlLçmands ont auMi 
un g doif^, qoi ae trouTe dans certains mots, cobime ^t%a,, tini^tn % etc. 

— Toutefois lé son de (xq doux allemand est tou| autre f^ c«lui de 
notre j ou jf faible. 

(i (a son mouillé de'^ ne se trouve ni eh allemand ni en anglais. Il 
eiiste ea italien repré&cnté par les méine« lettres : yvadagnare , gagner; 
-cn^pagnol, par»»"» ; en portufiaia et dans l'idiome béarnais par nh. — Le 
sTeur de Paltiot, aprèi'avoir noté que gn sont très-souvent précédés d'uiâ 
I, ajoute cette remarque qui not(s explique >(h)e orthographe très-ré- 
pandue au XVII* siècle : c'est que ■ l'i précèdent te peut bien en quelques 
endroits changerea n ; comme , en gaigneur^ l'i qui se garde de gain se 
r>eut encore changer en m indifféremment : ainsi gaignevr ou gangnewr. • 

— Rien n'est plas commnn au commencement du xvii* tiède que ëe voir 
ttronj^M, i>e«on(|ftif, etc., ainsi écrits. 

(4) Le même son eât exprîmé etar^nglais par sh : I thhll, — et enhta- 
lien par te : tcfgfkire (diminoer ) ; mais 11 n'existe pas en espa^ol ; — 
en béarnais, s simple dans «etu y teyt , nxante^ tue, se prononce comme 
notre eh. Du reste on sait qnàhchirurgU, au xii> siècle , s'écrivait nrur- 
gie et avaitvpeaf'élre la- m^me prononciation. — Cf. Lespy, Grammaire 
l>éarnaite,:p.yi. — En Auve'rgbe, comme en Béarn, le son de ch pour t 
>'8t caractéristique. »^ / 

{'*) Palliot fMrle auwi ( p'. 13, R") de la lettre h des mots eh^lert, et- 
fholc^ charactere, meehanique : «mais a telles dictions où seroit ainsi 
insérée ceste aspiration u avec le c , il seroit iudillerent de i'obaiettre ou 

!>■ laisser. , - ' 






V 



/ 



I. 



i 



280 



. GRAMMAIRF FRANÇAISE. 



k- 



honte,. harquchouzc (1); d'autres fofs il est muet : /icure, 
honneur. 

.Lettre L. — La'letj^re / a un son dur' autre quand 
fcllt\^t employée agule. que quand el^ est redou- 
Ôlëe (2;. — Ex. : j)Uer ct^nUer, haler eiftailler. 

fleuri' Q. — Jamais" la lettre q n'est employé^ssans 
u : ces deux lettres forment -le son /.-. — Cest ce qûç dit, 
en d'autres termes', AbéI Matliicir: t Les autpés con^ 
sonnos, dit-il, ne sont j^-Jniais retifvcs, en, quelque 
place qu'il plaist à leurs dames de les mettre et dis-_ 
poser, fors et réservé </, lequel est obstiné à précéder 
M et refuse il faire honneur et compagnie aux autres-, 
sinon quil accède audit m, mais aussi en sert il deux.. 
Il a souvent le son dei« prortonciatiDn semblable à c. 
joinctavec Tune ûes dames, comme nous disons : ca- 
pitaine Mais quelcun me dira : Pourquoyj si la 

prononciation sonne commodément q'en telz motz, 
l'escripture aussi ne la elle receue?'veu que facilité sen 
ènsuyvroit[etJ applaudissement à nostre langue : autre 



2l 



(.1) Oudin RombU; être le pi os ancien grammairien qui ait remarqué 
l'aspiration dç h dans Idcorp» des mots. Il cite pour exemples : iouhait, 
appréhender, dehors. ' 

(2) Nous avons vu plus haut les tentatives des réformateurs pour rem- 
placer par un seul caractère la^oombinaiipn ill qiii représente l mouillé 
propre aux Français , aux Italiens, aux Espagnols et aux Portugais, mais 
Inconnu aux Anglais cl aux Allemands. Cf. ci-dessirs , pp. t3i,A9e. —Au 
XVIII» siècle, on voit reprendre le même projet par Urbain Domergue, etc. 
Voy. Journal de la La>: gué. française , n* du 14 mai 1791. pp. 231-235. 
Palliot veut qu'on reste lldèle à l'ancienne et commune orthographe et 
que l'on conserve ill «sans que ces beaux novaliseurs ou reformateurs'» 
nouveaux de l'antienne esiriture, par une je ne cçay quelle debibus fan- 
freiuchée à leur mode, uyent à s'emburlucoquer tout le cer^-eau et nous 
encorniflstlbuler le nostre à la recherche de leurs nouvelletei. n — LeOp 
Tangage j « ' 






,. m'- 



u 



» ' 



JEaV UAR?IIRR. JEAN l'Il.I.OT.. ABKt- MATniF.li. 'lAi 

• . ■ * / 

raison ne puis asi?igner que la çoustumc. * — Plus loin 
il revient sur cette théorie : « Aussi feroit A-, s'il estoit 
receu. Mais estant de forme et do son plus Grec quo 
Rommain ou Françoys, il c?l dojccté de la yraye con- 
grégation de noz letres (4').» 

■ Lettre R. — Cette lettre canine ! 2), surtout à la fin 
des piots, a un son trop dur pour. des oreilles fran- 
çaises qui sont^dit ailleurs Pillot, trèbVamoureuses de 
Teurphonie : aussi la templax^entiils souvent par s (3). Ce 
cliangemerît, la dé^catesse des inignardes Parisiennes 
le fait partout; ainsi elles disent : pezci. ineze, pour 
père, mère (II). Mais ceux qui parlent bien adoucissent 
la rudesse de r en lui donnant une sorte de son mixte 
ou en le prp'nonçant sipeii qu'on l'entend à peine : ce 
qui toutefois ne se fait jamais au milieu des mots.. 




V 



"^. 



(i; Sur l'emploi du K, voy. cl-dossu8, p. 202. . > ■ 

('1) Comme di'âaient les Latins : , -^ 

Souat bic dente canina • » • 

Littera. 

■ ' (Perse, sat. I.) . ^' • - 

.1) Souvent aussi on supprimait R^soit dans le çoi^s dos njc.ts: me- 
^rcdy, abre, mabre; Oudin le dit, Ménai:e le conllrnie, tt la prononcia- 
«iion^ngevine (c prouve encore; — soit à la lîn de» moj;?, ct-Oudin cAW : 
le verbe» tn er et en ir, mais c'était de sa part'tïïïtrtmMkation; jiuis kvs ■ 
niot8 premier, dernier, les termes de diRnilé/ei de méUcv^ .u^fmsttUer, 
[mrbier, etc.; puis encore : mouchoir, miroir Iporttur^ couppntr, faiseur. 
i)ans plaisir, désir, souvenir, a était Indillt'rrWnent aUmis-ou rej'té; de 
même dans monsieur ou messieurs, mais on irnPralt ne pa-» prononcer n. 
— Thomas Corneille, dan» «es Notes «ur Vauî^elas, remarque que • ifens 
le discours ramilier,,on prononce notre, totre, sans y faire f(*ntlr l'a, cl 
l'on dit notre dessein, votre réiobtùon, comme st l'cm écrtvoit noie des- 
sein, rote resolulion. (T. III, p. 77). En Anjou et dahs tous lestipatois 
congénères, la prononciation néglige r de t ofrf , notre. ^ 

l\) Cf. cl-dcfRU8, Duboia, f. 20; et 382. — On lit dans la Grammaire • 
de Oudln : • Chaire vulgairement se promutce rhitise, et ce dernier est 
plus receu parmy les courtisans. • 



K 



f ^ 



-^ 



K, 



k 



j 



V • 



'l'V' 



'9^ -, 



■■■ -ti 



282 (UfUMlUlRE F^▲^ÇÀISK. * 

Lettre s. — Entre deux voyelles, % se prononce 
comme- s ; rasery maison; prononcez : razer, maizon. 
Mais dans hauiser^ danser^ l'on prononce s ferme (1). 

Abel Mathieu, qui devait être un calligraphe, se 
pose en défenseur de l'«, même quand elïe ne se pro- 
noiice pas : « Elle sert'ù l'escripture d'ornement et d'am- 
pliation ; dautant que lœil se recrée :en la peinture qui 
a plusieurs Couleurs, aussi faict il en lescripture parée 
de diverses figures et ornée de letres. » — Au même 
titre, il^ faudra conserver Vh^ei Vy^,\(ne deussent ils 
servir que d'ornement et figure a nostre langue, et pour 
la multiplier de forme et °de grâce, suyvant la simi- 
litude (Jont jay usé de lœil a la peinture. » , 
-^^eiire T. — La lettre /, outre le son propre qu'elle 
)rrce comme c dans les niota dérivés des vo-. 



atm^a 10 : diçUony prononcez i/iccio»^ Ainsi 



{ 



a, se prono 
ca 

m(?me écrivant les gens qui ne savent ni le latin ni 
l'ortlragCaphe française; ainsi font quelques savants, 
qui imitent, et pensent qu'on dbit imiter en cela les 
ignorants (2); 
Letire X. — A la fin des mots, x ne diffère en rien de 



• ' :J-^ 



(1) Au xTii* siècle, c'est dans la Grammaire de Oadin qu'il fautcber- 
cher les meilleures Indications sur la proDonciation de Ts : nous ne 
pMÙvons transcrire Le lon^hapitre qu'il cenâacre à cette lettré. — Le 
sieur ;^e Patliot reroarqueqi^ le peuple de Paris dit mot^ courin , ma 

^couririf, au lieu de mon cousin, ma eoutine, mettant r pour s comme il ' 
met s pour a dans mese, frète, etc. — Cf. ci-dessus, p. 281. 

(2) Oudin dit d'uue manière plu:» ^éraîe^ et avec raison : • t devant 
les syllabes ta, to et t> preu^ le sonde l's : patience, «nt^iittoii; devotitux, 
partial, etc. • — Il remarque aussi la prononciation forme du t dans les • 
nombres depuis tingt-deux jusqu'à tingt-neuf, bien qu'il aoit suivi d'uuft 
coosonoe. 




• X 



JEA!f GARNIES. JEAN PILLOT. ABEL HATTIEL 



583 



's (l);.au milieu, j: est une kttfè, double.®, en français 
cDuime en latMi, - 

* . Lettre t, — ^Le s, dans le-' corps des mots, a le son 
de Ï8 entre deux voyelles; à la fin, il ne diffère eii rien 
de* (3); il ne se rcdouble'jamais. ' 
. Des lettres mueites. — En Ifanrais, un grand nombre 
de lettres s'écrivent qui ne se prononcent pas. Des 
gens fort savants commencent à ne plus les écrire, et, 
peu à' peu, on arrivera s?kH3 nul doute à supprimer 
entièrement ces caractères inutiles (4). 



'< ^ . 



1) Oiidin fait, avec ralaon, quelques exceptions, et cite fix, j)re;fir, 
perplex, impts dont les modernes <rint modifié l'orthocraplie , puis iinï , 
thorax, phenixi » 

(2 Palliot cite les mots sixienie , dixième, inexorable , examen où x 
prenait le son de m. — Dea.mots taxé, maxime, Il rapproche lexive. Il al- 
tril)uc une prononciation analogue h exemple, exempt, exii, exercice,. ex- 
comniunié, toixante. Mais Oudin note entre ces mots plusieurs différences : 
selon lui, K dans exemption, exaucer, exorde, exil , se prononce comme 
gn; 6ànê AleMondre, extravagant, comme es; dans excuser, expliquer ^ 
excommunier, exquis • et leurs descendants., » comme «simple : escuser, 
expliquer, etc.; comme ss double dans soixante, soixantième , Auxerre, 
lexive, Luxembourg, Bruxelles.: 

Otte dernière prononciation eât relie que l'on donne , dans les patois 
du sud-est et en Italie, non-seulcnvent à Vx, et au double ce représentant 
■1^, dans Alexcmdre f40ecent , accès , mais encore à la double bs dans ab- 
ience , etc. , qui se prononcent assent , asscs, assetue, à l'imitation de l'i- 
talien (u«enia, Alessandro, etc. 

(3) Palliot dit à ce lujet : ■ Le« « masculins , à la fin des motz au plu- 
riel, lont toujours fermez du », tant aux noms qu'ant verbes.» '— Cf. 
Alphabets français, latin et grec... Rouen, L. Loudet, l(i20, in-12, p. 52. 

(4) (.« graxid Dictionnaire françois-ftamen , Hotterdam, IGIK, in-4°, e't 
le Diet. flamand- franc, cor^pondant, imprimés par Wœsberglie, à Rot- 
terdam, d'après les lexiques antérieurs de Claude (m/Luiton, Gabriel 
Meurlcr, Matthieu Saabout et Léon Mellema, 'est un ouvrage fSh impor- 
tant à consulter pour la ronnaissanee des lettres muettes (hins la^ 
dation du français : il les marque toutes d'un signe partlcïrher Le livre 
est L'il outre précède d'une • brieve instruction des lettres qui ne se pro- 
noncent point: • des instructions dcrce genre se lisent aussi dans Ich 
Alphabets franc, laii* e% grec citéa à la note précédente. 



.♦ 



^ 




V 



-•Vlï 



y 



Q 



B8t 



GRAMV^IB KKA,<<!ÇAtSI. 



Ici Piilot donne loi exemples suivant^, que nou^ 
reproduisons. On verra que/ si Tusage lui a donné 
raison quelquefois, Tauteur a souvent poussé son sys- 
tème jusqu'à un point où les modernes n'ont pas cru 
le devoir suivre. . 

■ ' I : bailler (hiare) , aisàilhj; — b : plomb , je doibs, 
presbtre ; — c : un poincty sainctf faict; — D : adjoindre, 
admonester ; — K ijemengeay^ scel (sigillum) ; — p : 
briefvement, affection; — -G : besoingtCongnoiMtré;< — -h: 
honneur, homme;: — N : ayment, disent; — p ; compte, 
escripre ; — R ; arrestér ; — É : estre, maistre , màsle ; 
-^'T : lettre; • — v (m) : quatrey langue (1). 



V 



'^,- 



#■ 



( I ) A la suite de cet examen des lettres, nous aurions aimé à trouver de» 
rallies précises sur l'emploi des capitales. iGarnier. Piilot et Mathieu gar- 
dent le silence à ce sujet. Mais le sieur de Palliot nous renselgniera^ 

fi « LETTRES CAPITALES sont notamment requises à l'escriture pour 
n'en faire lictiere, comme l'on dit, et jonchée à s'en servir indiacrette- 
nient et à tous pfopoz , sans quMl y en ayt occasion ny subject. On sçaura 
quand- if ettchéra d'en user si l'on entend lèjur' signiflcation. Elles s'ap' 
pelleÂi capitales, à çajxite, parce qu'elles se mettent en teste et au com< 
mencement des'escriiz : comme elles peuvent servir d'inscriptions, d'é- 
pitaphes, de, titres en quelque sorte et manière que ce soit. Mais leur 
usi^en ceste qualiti^ ne porte ny accentx, ny tiltres, ny tremati; nyf 
à qiieue, jiy autres telles particularités qui conviennent aux petites 
lettres. S'appliquent en frontispices de bastiments, en chifTres, (estons, 
guillochlz, faces de livres, commencements de chapUres. Servent encorrs 
en tous commencements de clauses et périodes ,.de vers et de noms pro- 
pres. — Noms propres sont de quatre sortes y 1° des Pek^onnes...; 2" des 
Lieux...; â" des Temps, comme des Saisons de l'Année »,>dcs Mois, des 
Jours de la Semame , des Fentes solennelles et autres Jours remàrqua- 

' blés.,.; 4" Noms propres des Choses, comlne des Arts et S«|ences, de», 
principaux I^ioms -et Termes dont elles usent, des Escritz celebreside di- 
vers Autheurs, des C'ieux, des Astres, d<||^^lementz , des Vcriux, des 
^ctes mémorables-, des Asr^pibléci^ notables, comme ce terme d'JFjiùe 
qui signifie Congrégation. Plus, des Duchcz, Comtez, MarquisaU, Baron- 
nies, Seigneuries, des Institutions d'Ordres et Milices de Chevalerie, Am- 
bassades , des Jeux et exercices publics , des Monstres, dés neuves, des 



ê V 



-ï 



T^ 



♦ 



JEA> UA'R.MII. JEAN ni.LOT. ABïL MaTIIIEL. 28% 

'Remarque. Quand une consoifne est redoublet^ on 
la prononro simple; mais la voyelle précédente osttrc's- 
souvent allongée; ce qu'on remarque dans j> r^lp»/ 
(»ti IV est long tandis qu'il est bref dans ;c/<?rr/v f\ ). 



i v 



DE9 PARTIES DU DISCOURS. 



(jarnier et Pillot comptent huit parties du discours: 
Garnier, qui veut rester dans jes limites de nombre 
prisées par lés grantmairieris latins, ne sépare pas 
l'article du nom; Pillot imite Jes' grammairiens grecs, 
et fait dé l'interjection une variété de l'adverbe.— 
Tous deux confondent le substantif et l'adjectif. 

Dans l'examen qu'ils font l'un et l'autre de res huit 
parties d'oraison, Garnier est bien supérieur à Piljot. 
Après avoir défmi.ct classé les diverses espèces de cha- 
(iHi.e des parties du discours, et, pour les mots varia- 
bles, après avoir fait connaître les mo€lirications qu'ils 
peuvent recevoir, il donne* avec une parfaite clarté ses 
'Observations et ses règles : aucun autre gramnmirièn 
ne procède avec une méthode. plus siire et plus claire. 
Pillot est il la fois plus confus et moins complet. 



Hivieres. des Montalgnès, dès Vontz, d«8 Evencmentz de toutes et rha- 
curiea les choses plus remarquableAii soient arrivées par l'Univers. •> 

— Palliot eût eu plus tôt fait, il faut eq convenir, d'énumérer les mots 
qui ne prennenjt pas de majuscules. 

(t] Abel Mathieu n'écrit jamais autrement que : je fairay, je fairoit : 
« Ledit payement que je tous fairay sert en monnoye ayant cours ad 
pays, non faulse ny adiiherine. » — 2* Deiù, p>'2, verso. 



>#•' 



-IT". 



tt6 



61AMMAIRB FllA!VCAlfl 



DE L ARTICLE. 



Oarnicr. et Pillot parlent assez pea et assez mat dq 
l'article ; pour eux, la principale fonction de rarticle 
est de (airfe c^iaître le genre du nom qui suif, 
Mathieu -attribua aussi aux articlej» la propriété de 
marquer le nombre des nomsqui, au pluriel, ne clian- 
,gent pas la terminaison de Imir .singulier- : t Je les appelle 
indicé*, dit-il, pour se qu'ilz dénotent les sexes. Et si ' 
aux noms propres, auxqu.elz ils n'ont point d' adjonc- 
tion, une qualité ou différence s'associe,- lesdictz arli-:' 
des précéderont iadicte qualité, ou différence, commp 
nous disons : Alexandre te Grand ,, te saitje Satomon, 
Diane ta pudieque. 9 , 

Pillot et Garnier prêtent à l'article une ' déclinaison 
qu'ils disposent ainsi l'-un et l'autre (1) : 



< SlNCCUER : 


Nominatif. 


Génitif, 


Datif. 


masculin • • 


' le, 


m: du. 


{à), au, 


féminin : 


'to. 


d*. . 


u, 


PLORiEt, pour Ut 


^ux genres : 


n» - < 




./"^ 


> ^ les^ . ' 


(de), de&. 


(à), ouj 



Quant aux autres cas, àélon Pillot, l'accusatif est 
senfiblablé(ay^ominatif^^àblatif, au, génitif; au lieu 
du vocatif 0(1 emploie Fad verbe o, qui du reste s'ex- 
prime rarenicnt en prose. — Au datif, à doit toujours 
être marqué lie l'accent grave : Pillot est le. premier 
auteur qui ait posé cette règle. 



"I 



(I) Nous avons mis entre parenthèse les particules ajoutées par Pillot 
à cflle» qu'avait données Garifier. ' 



m 



' JIAN r.AMNItl. JIAN flllOT. ABRL MATJIRH. ïiT 

Par le tableau qui précède on voit que le féminin, 
au gciiilif ot au datilTcst manjuc par liejm par a (1) : 
CI) effet ne dit-on pas : le mnintien de femme, eouture de 
ro^f, etc.? Cependant Pillot consent à mettre deux ar- 
ticles, riôniau pluriel, car on ne dit ni de les hommes ni 
delesfemmet^ mais seulement- au sin^lier, — ^(•devant* 
les noms fémiiiifls : le mainlien db la femme; — 2* de- 
vant les noma masculins commençant par une voyelle 
ou iine h muette : la prunelle dr Vceil; te jugement de 
h'Momme. — PHIot termine par cette remarque qu'il est 
%rt élégant de former un nom d'un infinitif accom- 
s p%né de l'article (2.) : le boire, de boire, a boire, etc. : 
'parbù l'on voit plus formellement encore qu'à ses yeux 
(/(? et ri sont purement articles, et non prépositions. 

Garnier, en qui nous trouverons ailleurs un meil- 
leur guide, est ici complètement égaré. Qu'on en juge. • 
Voici ce qu'il dit de l'article, au milieu de ses obser- 
vations sur le nom, avec lequel il le confond : 

1. Tous les noms, pronoms et participes sont indé- 



/ 



(1) Viugeliui et ses commentateurs Patru et Thomas (^ç^iieille, ce der- 
nier au nom de l'Académie française, rangent aussi de , à parmi les ar- 
ticles; Oudin en fait des articles indéflnis.-ct cette erreur, suivie par lo 
P. Chifllèl et le P. Bufller, n^semble pas avoir été combattue avant 
l'abbé de Dangeau et l'abbé d'Olivet — Voy. Oputculet siir la langw frdnr 
çoise par divers arademicient. Paris, Brunet, 1754, ln-12, p. 233;. et Re- 
marquei sur la Langue françoites, ^n l'abbé d'Olivet. Paris, Barbou , 
1771, pp. 139 et suiv. —Cf. Grammaire générale raisonnée de Port- 
Royal, combattue dans. la. Grammaire franc, de Régnier Desmarais. 

(2) Tous nos anciens grammairiens ont parlé de cet infinitif substantlvé, 
romme le nomn.c J. du Iteilay (Cf. p. 2.30, note >1). Il est d'un usage ré- 
gulier en italien et en espagnol. Mais en bëamai«i, il a des emplois bien 
plus caractéristiques dont nous reparlerons dans le chapitre des Ëstiennes* 
— Cf. cl-dessùs, pp. 27, 45, etc. 



M 



^ 



^/< 



188 QRAMHAIIE PRAMÇAIfiE. ,^ 

I ■,-«... 

clinâbles en français; Tarticle seul ae décline %\xx deux 
genres et aux deux nombres. 1 " 

2. Aux noms appeUatifs (oa communs) nous prépo- 
sons toujours un article de môme genre, pour tous les 
cas et nombres ; cette règle s'observe aussi aux cas 
obliques/mais jamais aux cas directs des noms pr^opres 
ou appropriés. Sont appelés noms appropriés les 

' noms appcllatifs qui ' sont comme déterminés et 
restreints p^r un nom propre ou par un pronom, 
co^lni^mom'^eur LouiSf viaistre Jem, cesl homme ^ ta 
mère , etc. " 

3. Les noms propres et appropriés répoussent l'ar- 
ticle masculin, et affectent Particje féminin. Nous disons 
en effcl : C Evangile de Jénis-Clirist , çt non dl Jésus- 
Clirht; donne cela a Philippe ^ et non au Philippe ; la 
doclrineDB cestyhomme est bonne ^ et non Diî cest hqmme. 
— Ainsi ces nomsi propres et appropriés suivant tou- 

'jours laVèglc dus noms féminins. 
' h' \'X do même ,que Les noms propres n'ont pas de 
pluriel, li^noms appropriés au pluriel rejettent les 
articles. pliifiels et prennent les articles singuliers du 
cas où ils sont. Ex. : lu faveur de mes amÎM, et non 
DES mr« a>»//s, etc. - . "( ' 

5. Les noms appcllatifs féminins prennent, aux 
cas obliques, outre l'ar^ple de ces. cas obliques, ' Par- 
ticle de leur nominatif, mais au "^singulier seulement,, 
et non au pluriel. Ex. :Gt)niions honneur A L\ parole de 
Dieu y ci non \ parole j de. 

Il en est de nième pour les noms masculins com- 
mençant par une voyelle; mais dans ce cas ori 



^ 



\ 



i 



>■ 






\ 



JIAN GARMCR. JBAM P^LLOT. ABI'.L lATHlU. 



ÏÎ89 



-/ 



recourt toujotm à l'apostrophe, pour éviter le choc 
tics voyelles. Ex. : garde-ioijtJhm iw. i^ homme flatteur. 
On ne peut se tromper (]e meilleure foi ni avec plus 
de conscience ; mais ces sjinguliàres théories ne nous 
ont pas paru susceptibles de discussion, et nous n'a- 
vons pu que les exposer dans toute leur sin»plicité. 
Mais c'est bien le lieu de remarquer, avec l'abbé de 
Dangeau, que cette confusion des articles et des pré- 
positions « cause une grande obscurité dans les gram- 
maires ordinaires (1), » 



Di; NOM. 



Abcl MathieO se. place à un point de vue plus élevé 
q<ic Garnier ou PillOt :.€ Le monde, dit-il, et tout ce 
qu'il contient «st appelle par son nom ou par un nom 
;;eneral : Wei/, éléments; sont lies personnes ou les 
choses soubz lesquelles je comprends toutes créatures 
et tous animaux et sans ame, et ce qui est de nature 
ou d'art. — Lesdictz noms viennent aux personnes et 
aux choses par imposition d'hommes qui les ont in- 
veniés et assis- à chacune diversement. 

> Les François ont donné les noms aux personnes et 
auxxhosesdetnasleoulde femelle, tant seulement. » 
— C'est aussi ce que dit Garnier : %. Les Français 

fi. 

n'ont que deux genres, codime \\ n'y a que deux 
sexes. » '..' . 



^ ■» 



! « ; \oy. , (yputoiltn twr ta Umgue frat^., p. 233. 



T7 




290 



^-X 



r.lAUlAlKf ' FIA!VÇAIfll. 

Mathieu signale ensuite une mode qui tendait alors 
à s'introduire ; il i|i blânrie vivement et avec raison : 
• Aujourdhui. se forme un abus en ceste langue tou^ 
chant les indices (articles) de motz , lequel vient , 
comme je çroy,. de la communication des estrangers ; 
car ceulx qui en ont part veulent réduire leur par- 
ler, touchant lesdits indices, à la suite du latin , et con- 
trevenir à Isî» multitude, qui prend un autre sexe à son 

usa^ Je conseille de suyvre, en cela et partout", 

le peuple et la multitude..... 

» Lésditzi^oms ouHermes commancent par Icp cinq 
dames q, e, i^o, m, et y finissent, ou par lés conso- 
nantes hagucres' nombrèes ; et sont propres ou gene- 
raulx, comme /lomnie, cheval, ci nont que deux va- 
riations, l'un^au nombre d'un, l'autre au nombre de 
deux ou plusieurs: et quant au nombre d'.un, il est 
toujours manifeste et na aucune difficulté ; quant au 
nombre de beaucoup , il est à juger en deux sortes, 
cest assavoir es noms fmissans pair l'une des èniq" 
[dames]; y âdjoutant à la fin la lettre s , ja variation se 
faict, et quelquefoys y âdjoutant x, spécialement 
quant « est la dernière dli mot : oyieauy oyseaux,.... 
Sont infiniz motz françois, propresou non, et de propres 
estrangiers, lesquels n'ont variation de be^coup, mes- 
raement ceulx qui ont *, en quoy l'on co^oist la dif-, 
ference des nombres par les indices (articles) mis 

devant. » 

, Rien de mieux n'a été dit par Garnier ni par Pillot. 
De plus, Mathieu aévité , par son. silence , de tomber 
dans Terreur, commune à tous les grammairiens du 






*■ 



t 



;KA!< tiARKIlM. JfAN>ILLOT. AttL MATHIEL'. 291 

môme temps qui avaient grand'peine à se tirer de 
rembarrai où Içs jetait la confusion du subsiaûtif et 
de radjectif.(l) : si ce silence çsf volontaire et raisonné, 
il est fâcheux que Mathieu ne l'ait pus défendu. 

Mathieu ne parle pas non plus des déclinaisons ; 
Gamier, qui n^en admet pas et qui dit : A quo^ bon 

* des déclinaisons, où il n'y a rien à décliner? ne donne 
^as /moins, comme Pillot, des exemples de mots 
comme docteur y doctrine, tainci, saincte, qu'il fait 
passer, à Paide de l'article-, par les trois cas qui 
remplacent chez^ nous. les six cas l^ins: pour lui, 
c'est ménpe la principale fonction de l'article, de 
marquer les cas, c'est-lUdire le rôle des mots dans la 
proposition ; et on comprend cette erreur en pensant 

'que parmi ses articles il ne range pas seulement /^, /«, 
/w, mais aussi ù et c/e,. . 

Pillot semble copier Garniçr quand il divise les 
noms, en noms propres et en noms communs, et 
ceux-ci en substantifs et en adjèctifa. C'est à celte 
dernière classe de nomô, les noms adjectifs, que s'ap- 
pliquent, dans les deux auteurs, les règles relatives 
aux degrés de comparaison , règles littéralement co- 
piées sur Garnier par Pillot (2j. Nous formons le com- 

'T" ai' " it ' - ■ 

1|F ■ •■ « 



/ • 



# 



(I) Cette confusion dans laquelle sont tomtiés encore Oudin, Vauge- 
la» et seacomndentaleurk, le P. Chfllet, le P. BulQer, d'OIivef, l)an«<au 
et.milie autreï, n'a été bien nettement dissipée que dans la Grammaire 
de Heauiée. Voy. aussi les articles de ce savant Krammairien dans l't'n- 
cyclopédie méthodique, aux mots subitanhfx. adjectifx, éHc. ^ 

,2) On en jugera par ce tapprochement : — Garnic» : • Comparàtiones 
. Galli non habent, aed ilUs circumacribunt per islâs^ùas partlculas plus et, 
«ï. Comparatltuin «ffcrunt per sunm pnaitiTun, prspoaita partieula 



292 



tilAVllAlRE riA!<ÇilSK. 



/■ 



paratif en plaçant pluM devant le positif, et le super- 
latif en plaçant très. Sont cxceplcs par Garnier les 
adjectifs ban et wauvah, qui ont uncomparatif irrégu- 
lier, mei7/<?ur, pire, mais dont île superlatif est régù^ 
iier: très-bon, iré.<-niaMt'fli«. — A ceux-ci Pillot ajoute 
petiu moindre, jres.pelit:— Celle forme : * te plus heu- 
reux dé tous • est pour les deux auteurs un compa- 
ratif (i). 

Pillot continue à copier Garnier quand iHpttHe en- 
suite des adverbes et des prépositions qui peuvent rece- 
voir le comparatif et le superlatif iprurfeimneiïl, plus 
prudemment, ires prudemment, MyeThes; près, plus. près 
outire, plus oultre; ces derniers mots sont des préposi- 
tions et n'otit pas de superlatifs : on ne dit pas très 
près', etc. {très près non e^ in usu.) 

Ici, toutefois, Pillot intervient,. et fait une remarque 
qui lui est personnelle , ou ducnoins qu'il n'a pas trou- 
vée dans Garnier : « Queïqueà-uns; dit-il, voulant enrir 
chir notre langue, lui donrierit un superlatif à Pimi- 
lation des Latins ; ils disent pour.frM sçavant , sçavan- 



pitu; &u|^rliiUvuin vero praèpofiU particula tret. /lUque compirativi 
propria nota est p/u«, aupcrlativi yen» ir€». » 

Pillot : • Utiiii paululuin immuKato posUivo comparativom et «uper- 
lalivum formant; »cii Galli, ut Hchrai, utrumque clrcumscrlbunt : com 
paritUviyn quidem GalU pçr poêilivûw suum et parllculam plut, id c«t 
wwgn; luperlatlvum autem, pr^pcf^a syllaba tret. Ergd comparativi 
nota c»t pJta, sMperlalivl »rM. • ',' ; ■ 

(I) Ou4in : * en cette phrase : le pifii ijnoront.du monde ou de la terre, 
il (le comparatif), peut passer pour supctlalif. — Chimcl : • Quand le 
cotnparatif a l'article devant luy. il dcftent superlatif : Çett le plvt riche 
deità tille. — BuWer : « le superlatif deflni demande le génitif, et on y 
t^ute souvent le mot du monde", comme : le plut tarant du monde. » 
^ Cf. Grammaire de Régnier Desmarais, édtt. t70&, p. 18&, 



JKAN UARNIE»-.' JIÎAN PILLOT. ABiL MATHIEl . 295 / 

(isshne ; pour très bon , bônissime ; pouf très révérend i 
revi'iemlisHinw i\). Cc& formes sont dues à la cour, 
dont raulorilc esi;.iè1le qu'il vaut mieux se. tromper 
avec elle que de bien parler aveC les autres, et que 
l'on a toujours raison avec ce mot : « elle l'a. dit. m 

Kiifin Pillot et Ciarnier parlent, mais fort peu, des 
diminirtifs, dont l'emploi, dit Pillot, est très-élégant. 

Nous avons déjà traduit, en 4)arJaftfe^de l'Article, lés 
cinq premières des Observations que donné Garnier à 
la fin de son chapitredu Nom; nous contihuci*ons à.lc 
résumer. * 

1. Dans les genrçs des lioms, les Français imitent 
ordinairement* les Latins, faisant en outre masculins 
les noms iieutres du latin (^). 

2. Dans tous les adjectifs, le féniinin se forme du 
masculin par l'addition d'un e ; bon , bonne ; mauvais, 
mauvaiiç ; blanc , blanche; il en est de même pour 
tous les participes actifs ou passifs : aimant, aimante; 
aimé, aimée (3). r- Quelques adjectifs terminés par c 
muet : sage, juste, etc. , ne varient point ; il ne F*ensuit 
pas qu'ils sqient d'un genre moyen ou commun , car 
le français ne reconnaît nullement ce troisième genre. 

3. Les adjectifs employés seuls prennent, à tous les 
cas, les articles du genre et du nombre qui convient 



(I) On lit encore dansOudln : «Npus empruntons de ntallen docUt- 
iime, extellentissimê , grandistime , ignorantitùme , i^ustrimme^ rêve- . 
rendisnime ,. piitiime , iancti$iime cX serenitsime.» — Cf. ci-de»«u», 
p^. 74, 135,221. 

(V) CeUe règle e«l la «• 4anB Garnier. 

(3) Nous traduisons littéralement; mal» on voit que, dans toua les 
excmpkti cités, le féminin n'est pas formé par la seule addition d'un e. 



/^ 



îî»4 



tiRAMMAIIIF FRA;<IVA*^>^ 



# 



.X" 



aux substaniife alors sôus-entendus ; ie tiçnc ett meiU^ 
leur que le roUge ^ s.-ent. vin ; ut porte point envie aux 
meschants et ne mesdy point des bons, s.-ent, .hommes y 
' .4. Les noms d'arbres sont masculins'; de fruits, 
ïémlnïns: le rioyêr, la m/ht. 

5. Les noniâ français terminés en al ont le pluriel 
en aux : cheval ^ clieyaux; ('fjol^ égaux. 

6. En parlant dq chair, de poisson ou d'argent , le 
f rahçaî^ 'emploie ordinairement Je singulier : chair et 
poisson est viandr de fonntiixsaire y dil^ont etc. 

7. La langue française forme un grand nombre de 
mots du latin , soit en ajoutant ou retranchant cer- 
taines lettres oa syllabes, soit par transposition , etc. 

8. Il y a trois sortes de noms de nombre en- fran- 
çais, comme en latin : — 1" le nombre cardinal : mw, 
dix, soixante, huitante, cent, etc.; — 2" le nombre 
OTdinBl : Huiemèy Aleuxiewe, troisième,,^ etc.; nous 
disons auaï?'i : premier, second , tiers, quart, quint, 
sans aller au delà;— 3' le nombre ad>^rbial , qui .se 

. forme du nombre cardinal , ou qui n*est autre que ce- 
tui-ci suivi de la particule /om ; une fois, deux fois, etc. 

9. Le mot crtj)ii«,.dan8 le sens propre, se rend par 
teste, comme : ma teste me fait mat,; mais au figuré, 
p&r chef , ainsi: Christ est le Htef de C Église, eic, 

10. Cpmme Bieu est un, ce mot 'Dteu est regardé 
comme un nom approprié, et pejétte Tarticle, comme 
les noms propres, à moins qu'il ne soit suivi d'une 
épithète : Dteû a parlé , le Dieu fort , jmte e;l miseri- 

\^r, coriiieux, etc. *■ 

il. Quant à l'ordre des mots, les Français placent 



j' 



\ 



JfAN GABWIIII. iEAN MLLOT. ABEL MATHIEU. 



295 



toujours les substantifs avant les adjectifs: te vinhlanc 

et non tê blanc vin {\ ' ; et les cas directs devant les cas 

obliques : la main de Jean, et non de Jean h main. — 

Kt en cela les Français survent la nature, qui denr>ànde 

la substance avant Paccident (•2i. — Kxc.eptez bon et 

mauvais qui se placent indifférennment avant ou après 

-le no*m..' 

12. L'ablatif dMnstrunientf 3) se marque ordinaire- 



• 



c__ 



i'^(^iM;lle doiVétri' la plare de l'atljertif par rapport au substaiilil qu il 
(]ii;ilitit'':' — Vauupjns ne (l^tiiiic il»; n'iilcp uënéralc» qii<' |t4)iif deux lias?;*'» 
dadjodlfs; çm\ i|ui Uiarquent la coulour se placent aprijs !♦• nom-, '#s 
dt'trrniinalif», posM-ssifs cl iiumt'raux, se placoi.t ■vutit 1«' "nom. La plaec 
(lis autres no se ri'tiW (luV par l'usanc et riisrnioniedu «îi:Koiif)». 

Oudm dynne lesiiiéiniis rèj{ks. Mais aux adje«tifs do couleur, iJ ajoute 
le- adjectifs de natiuii i chupiau yris, ycntiihumme franro'Ht -. &u\ d» - 
termiiiatifs, il a*8iniilc ■ les adjetîifs de luuanJje, bla^tne, quantité et de 
boniie «u mauvaise condition ; un yros souUer, bon chkral, » - ^ 

Le P. Chiinel reprend Oydin '»ur ce -dernieri point : «Je meUijin«, 
dit-il, qu'un Vrlaiit efariiïïiairien qui a eompowi une (trammaire a*scz 
bonne, ella nteilk'iiie de toutes^celle» que j'ay pu Voir, ait, fait là-de»!iU8 
, celle règle si générale.. Cefle» il paroist bien qui'^cest homme, et que 
j'eflinic beaucoup, n'avoit pa» l'expérience qu'il faut avoir pour/strebon 
urAnmiairien. » — Suivbnl des r^^gles qui n'ùtuit rien de la confu^1on : 
Cliimit, cependant, n'a rien négligé pour être complet : «WVvant de for- 
mer leïisîégles de ce traité, dit-Il, j'ay parcouru et examiné tous les ad- 
jectifs delaTSngùe fran(;«)ii«e. » # * 

L'abbé d'Olivet, qqi jugeait le même travail iroinjsslble, se tire d'embarras 
en di&ant que * quand il s'agit d'une langue vivante, le chemin de l'usagée 
vaut mieux que celuy des prée^ptcs.» , 

Le I». Buflier ChMjeajiisi de donner quelques règlç-s générale» ; VKucy- 
clnjh'die méthodique, qii\ jugé ladifflculteau ùQémepoint de vueque l'abbé^ 
d'Olivet, donne cependant quelques régies, «ïnumére beaucoup d'tx«nip4*.>. 
Mais de toutes ce» théorise», la conclusion la plus claire est qu'on nep» ut 
rieni(tnclttr«, que l'usage est maître, que rorei.lle est juge. 

(2*... «Âanque et conforme al érdeny eonstruecion natural que el 
suiianlivp précéda al adjeJtito,... se pued«, y' aun muchas veces es con- 
veniento, invertir este érden nnfural, posponicndo el stustantiyo al aiije- 
ti.v»». V Granidtito casteUand, \1l\, p. HîiO. 

(a) Kn latin, on met à l'ablatif Ir rom do l'in.«trumont à làndo duquel 
une •hô^ »e fait . 



\: 



2yti 



OHAyMÀlKE KRANÇAISK. 



\ 



^• 



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■^ 



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\ 



ment par la prépositiQn par et Taccusatif : nous som- 
mes rachetez par le seul sang de Jésus Christ ; quel- 
quefois cependant, par l'accusatif et ta prépdsition de^ 
comme : o SeMjneur^ remplij ytfoh cœurs de ton Sainct 
Esprit, . - \ ' 

13. Pour demander où indiquer une partie dequel- 
jquc chose, riôiis employons non L'accusatif, comme en 
latin, mais le génitif avec son article : dpnnez moy du 
.pain^; si Ton vcit la chose entière, on emploie l'accu- 
satif : prestez.wotf rostre cheval^ vostre Cousteau^ etc^, 
pârc'e que ces objets ne peuvent se partager, et nous 
n'en pouvons prendre une partie salis les autres. Pour 
ce motif, nous disons : donnez-moij le pain, 4e rin, 
C argent, quand nous voulonsHtout le pain, tout le vin, 
toutTargent (1).. - . 






DU PROKOH. 



Les proaoms sont, en français, ce qu'ils sont en 
latin. — On les divise en trois dassés : les démons- 
tratifs, les possessifs et Içs relatif 

Les.pi^nomfi, dit Gs^ier, se déclinent comi||B les 
noms, à l'aide des articles (2) ; pour le prouver, il clé- 
cline successivement les sept prononis de là première 
(ilasse : 1° je ou rho^;-^^ tu ou toy ; — 3' i&UJr" ^' *^^' 



r . 



(r Aucun grammairien n'a mieux compris ctmi«ux expliqué les prin- 
cipes exposés ici par J. Garnier. Oudin n'a pas même indiqué la règle. 
Régnier Desmarais tombe dans l'absurde (voy. sa Grommàitt, p. 160 et 
suiv.). - Cf. CbiOlet, 1700, pp. 17 et 1«> BuOIer, <;romfiMitre, p. l«3 : 
dfsrorJicte miJoycn ou paruii/, etc. 

(2) Od se rajg^^ilft^que Garpicr confond avec l'article les préposition! 
df, d. ^ / • 



. JKA^ liAHMKH. JliA,V I^LLOT. *BKI. SlAflIlïM . , Wî 297 

qui devient té-if devant une vqyplle ; le fémwwn est cesic; 
au pluriel, le njasculiii est ce$ ou ceux; le fcinimn-jce* 
ou coiies t^ic); -^ 5° il ou luii% féminin, c//f; pluriel, 
masculin ; i/s , eux^ leurs; féminin : eltes-^ leurs ; ^- 
%' leur, qui est des- 4euxgenre&etqu^em[)loie quand 
. il s'agit. d'urre§eiire^ ehosé en particulier : ces yens ont ' 
j)erdu tous leurs biens et exposa leur vieytic, ; — 7"cê/iie/, 
hUe, ceux, celle». ^'^^^ V » - ^ 

Ces-proiîoms'admettçnt parfois: une composition, 
a^ix deux ^efti:ei5 et aax doux nombres, comme tcesiuy- 
H] cèluij'hj cei^ci,ceuX'lafCe8le-:ci,cèlle"la^cesl€s-çy, 
re//e«-/fl; leur signtfîcation est la'mêmçr,. mais leur- 
^ erpploî est différent. \ • . v . > 

Jusqu'ici nous avonç suivi exactement Garriier ; 
liôus devons même faire remarquer que nous avons' 
reproduit son orthographe en mettant ydes4raiis d'u-. 
iiion entré' iès d'eux parties de- ces deraiera pronoms, 
. ce que n,'a pas fait Pillôt j celui-ci rachète celte légère 
. infériorité en admettant dans ses môdèles^d^ déclinai- » 
son les formes me et te que 0,arnier avait omises. 

Les pronoiris de la, secondfe^^tl^, pronoms pos-^ 
sessifs, sont au nombre de cinq : mon, ton ,-mon, (ô- 
minin ma, ta, sa, qui, pris dans une-acception-^rela-' 
tive, deviennent mien, tien, si«n, féminin mieiwe, 
tienne ,' sienne ; et entm nostre, yostre. Ces deux der- 
niers ne changent paç, soit dans le sens possessif, 
soit dans le sens relatif, sauf au* pluriel où fé posses- 
sif fait nos, vo«, et le relatif no^frc», ro«/res. 

La troisiètne classe comprend les pronoms purq^- 
mcnt relatifs, comme qui, te, la, repi'ésentant les 



■^^. 



/ 



V 



r \ , 



r 



^ . 



298 URAMSAIRB FRAMÇAIS». ^_ 

personnes ; 1/ , rappelant lé lieu (^; en, qui s' applique 
au lieu et à )a personne (*2)Tr 

Après rénumération des pronoms de chacun des 
trois ordres, Garnier présente les observations qui s*y ■ 
rattachent. , : 

L DÉMONSTRATIF^. — I. Les pronoms propocîc» aux 
noms appellatifs (ou communs) tiennent lieu de l'arti- 
cJe,. et en font des noms appropriés (3). 
/ 2. 7p, <M, irdeviennen**moi/, tog, /«»/, 4» quand, au 
Heu d^ètre conjaçfés avec le verbe , ils soni^ç^iployés 
seuls pour une proposition «entière : quia/aict celar 
mntj, ioii, luif; — 3? (Juand ils servent à Pûn dès cas 

- ■ • * - y ■ ■ • o . 

obliques. f . . , 

"^3. Cesimj'Kf, erlm4a. s'etîiploient seuls : ccstuy-ci 

esi homme de bierii et cçt'uy^a est un meschant; —mais-,- 

s'ils sont. suivis d'un substantif, on emploie ce devant» 

■ , • ' — '. ^ ■ : 



,(i) Oudin range dont, en, y parmi les pronoms. 11 dit de y • «Cette 
particule relative indéclinable ne ê'applique qu'au lieu des prépositions, 
rapportant l'endroit ou la «bo!»'', selon les ronstrucllons où elle se rcn- 
c<»ntre : nnus y sommes sujets^xt-il au logis? il y est. Elle est çorrela- • 
tive do 4, la, au, etc.; par, exemple : est-il à la maison? ouy, «7 y est. — 
Li phrase vous' y <jiies signifie totw atex deviné. La contraire négative 
vous h'y estes pas, dont le vulgaire seulement peut user, veut dlTe : tous 
ne l'entendez pas. — Ces autres sont Remarquables : il y a longtemps. ^ 
— Oiidin. à ce dernier exemple, aurait pu ajouter celui-ci : qu'y a-t-il? 
si éxaétementtraduit en latin jiar cette locution qui se trouve dans l'iaule :■ 
quid isticJwbet ? - > 

12) Oudin : « En relatif dénote la personne, la chose, la portion et le 
lieu ; par exemple : qu'attx-vout tirf de vostre maistre? j'en ay tiré 
quatre escut.... elr; » -r Cf. cl-desaus, p. 4«. — Vaugelas sei^ome à re- 
marquer que « cette particule est merveilleusement commode parmi - 
nous; et, comme cliaqne langue a ses^vantages et ses défauts, On peut 
mettre c e petij jpot au nombre dos^çons de parler en quo"y nostre langue 
8urpa>.«<ne« autres, et non-ccuîement les^^vulgaires, comme l'espagnole et 
raiyïnando excepté, i'ilalienne qui se sert de ne au méme'tcm«), mais .. 
la^retque et la latine. » -^ K<iit. avec le» Commentairet,.,. t. Il, p. 47«. 

(3 Voy.'ci-de«su». p. ?«8. >i,^^ ^ 4 ? 



^N 



»-j 



J 



X. 



JBAN UARMIti. JBAN PILLOt. ABEI. HATBIEl. 299 

une consonne, cesfe devant uae vovelle. — De nfvême 
, au féminin. . • . 

h. Ce et cest ont '\e même sens: l'un se place de 
vant les voyelles, l'autre devanfles coinsonncs. . 

5. (^ecîf,cefo, désignent vaguement dne chose ina- 
nimée , et ne s'emploient qu'au singulier : nu- est ceci? 
qne signifie' cela ?^^ , 4 * 

6. La partîetffe ci , dans la composition ou hors de 
la composition , sert à désigner les objets rapprochés ; 
lii\ les objets éloignés : ceci est bon so dit' d'une chose 
que nous touchons ; ^e/rt est mauvais y d'un objet 
écarté; cest homme ci est près de nous^; cest homme la 
en esMoin. ,» 

y 7. A la fin d'une phrase, on^ditioi/; partout ail- 
leurs, on dit «e ; le sage porte ses biens avec soy; qui 
bien se mire, bien se vôid. , 

Si^Weime , joint aux pronoms motjy tot^ sog y ou je, 
lu , i7 , ou >ïte y te y se , ou eïîfin à tout autre ,. produit 
le même effet, que la syllabe met ajoutée aux pronoms, 
latins : ecomet , mùy mesme , etc. 

'II. Possessifs. — 4. Le^rbnoms mon y ton y son; 
rna y ta y $a; nies y tes y sm^m placent toujours de- 
j^ant un substantif exprimé : mon fils , -etc. ; — si le 
substantif est sous-entendu , et que ces pronoms doi- 
vent terminer la phrase , on emploie mien , tien , sien ; 
Ex. : ceste doctrine n^es>l pas mienne. Il serait ri)ieux 
peut-être dîemployer à la place de ceux-ci les datifs 
à moy y à toy, à soy; comme : ceste doctrine n'est pas 
à moy ;. mais Tusage est pour mien , tien , sien , tîf l'orî 
ne peut ni le changer ni le corriger." 



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V 



V. 



4 



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sud . CBAMIlAltl PB4NVAIHK. " 

2. Les féminins ma^ ta, ta sont remplacés par 
mon , ton , son , devant les substantifs féminins com- 
mençant par une voyelle : mon ame, et non marne,, 
quoiqu'on dise, par eitcçption , m amie. 

5. Les Français emploient souvent les accusatifs me, 
te, se pour les datifs moy, toy, soyfla, règle est con- 
traire, mais rusag€ le- veut. Aiusi.au lieu de : vaux 
avez escrit à nidi/, l'usage dit : vous m'avez escrit, — 
De même au pluriel : cela nous appartient, et non : ap- 
partient à nous, y^ ! 

à. Me, le, se, soit'qu'on les emploie comme datifs 
ou comme accusatifs, se placent toujours, sans inter- 
inédiairè, devant le verbe dont ils dépendent : je me tay 
cl tu te vatiies ; — ■ de même pour le pfuriel :' je vous 
prie. .- — De même enfin leur, leurs s'emploient comme 
génitifs ou datifs : les mesclumts servent à leurs convoi" 
li«e« (aux convoitises d'eux), aussi ml leur en ad- 
vient (en advient à eux ) (1). 

> i5. Quatre pronoms veulent être rapprochés du 
verbe : s'ils se trouvent employés ensemble, on. les 
place dans l'ordre suivant, par rapport au verbe: 
d'abord me, te, «<?; puis le relatif, le démonstratif;^ 
s'il y a une négation , elle se' met ensuite, et enfin vient 
le sujet : — Me voulez-vous révéler vostre secret? — Je 
ne le vous reveleray jamais, ^\x bien je le vous rêve* 
Uray(2).: « 



*>, 



(1) Cf. ci-dëS8U8, p. 3à. 

(2) Sur la construction des prononu, voy. Bufller, p. 184 et suiv. — Ni 
le P. Buffler, ni Chifllet, ni Oudin, n'ont réglé le cas où deux verbes se« 
suivent, accompagnés d'un pronom régime du second verbe, comme : ine 
rtnex-voui chercher f Garnier wt formel ; il faut que le pronom précède les 



è:^ 



\ 



I 



jrAN GA1?IIIR, MàN PILLUT. AIBL IATIIIKL. 



3Ut 



6. Nostre , vojfre , pluriel* nos , i'd« , deviennent 
Hfisires, voslrex quand ils sont relatifs, c'est-à-dire 
(|iiand ils rappellent un nom sous-entendu: nos amis 
sont venus et les voslr es jonl demeurez {{), 

7. Tous les pi'onoms possessifs employés absolu- 
ment, réclament toujours apr.ès eux un nom qui soit. 



deux verbes : me voules'vout rtteler vottre secret? Il en e«t de même en 

tM'arnais : ■ 

En vantant Jou las hotiy goari^ (Navaukot.) 
En chanlant je Us vrni gnérir. 

Cette construction a existé de toute antiquité danfl notre langue, et elle 
éliiit encore la plus communément ^ivieau xvii* siècle. Maintenant on 
place d'ordinaire le pronom complément entre les deux vert)08 : je t^ux 
k niir. — Cf. Lespy, Gram. béarn., pp.i;{09-2M. — Vaugelas (édil. citée, 
t. II, p. 393) examinant ces deux phrases : ilie vient jasiifier, il vient se 
justifier, dit : « Tous deux sont bons; mai» si celui-là doit être appelé le 
« meilleur qjil est le plus çn ui»ge, je ne le veux pas faire sera meilleur que 
]f ne veux pas le faire, parce qu'il est incomparablement plus usiK». 
M. CovITcteau observoil ordinairement le contraire. »— Th. Corneille, 
dans son Commentaire, ajoute : « Je croi que l'oreille seule décide dans 
toutes ces façons de parler. Ainsi je ne It veux pas faire est meilleur que 
}<• uf veux pas le faire, parce qu'il sonne mieux à l'oreille. > — Alfaire 
u liabitudo-: c'est au nom de l'oreille que les modernes font le contraire. 
I.'abbé d'Olivet, iifemarçucf sur Racine, examinant ce vers de Baja- 
ïet [actel, «cl): ' ' 

' , Viens, suis-moi; U snluoe en ce lien se doit rendre. 

nous apprend la date de la petite révolution grammaticale qui changea 
la place du pronom : « Presquetous no» écrivains aujourc^kjui, dit-il (• "38 , 
se font une loi de placer imméiliatement ces pronoms avant l'infinitif qui 
les régit. Us dtrolent : kt sultane en ce lieu doit se rendre. Je conviens 
que l'un est aussi bon que l'autre pour l'ordinaire... Racine a cependant , 
préféré l'autre' manière, parce qu'il l'a trouvée apparemment (évidem- 
ment) plus naïve (plus naturelle). 

(1) OudjMHtivise les possessifs en deax classes : les possessifs simples, 
•mon.inoftr^ etc., et les possessifs absolus, le nostre, le tien, etc. Chifllet 
constate le fait de l'emploi différent de mon et de le mien, mais ne pose 
aucune distinction. Régnier Desmarais^et Je P. Bufller divisent les pro- 
noms ^oseessifs en possessifs absolus, qui précèdent le nom : nottre pain, 
et en poMc^sifs relatifs, qai s'emploient sans substantif, et,qui supposent 
un nom énoncé auparavant : à qui est ce livré? c'est le mien. 



i 



f^'. 



y^ 



>.■ 



X 



SAS GRAVHAfll PRANÇAISI. 

exprimé ; aux cas directs, ils rejettent rarticle ; aux cas 
obliques, comme on Va remarqué pour les noms pro- 
pres (1), ils prennent le féminin. S'ils spnt relatifs, ils 
rejettent le nom-commun ôt prennent l'article du genre 
qui leur convient : mon hounet^ eut le lien, 

111. PauNOMS RELATIFS. — \ , Le, ta sont pronoms re- 
latifs quand ils portent sur un verbe (2); articles quand 
ils portent sur un nom : ù lard se repend le rad (le , 
art.y, quand par la quenelle (le, pron. rel. ) tient le 
chat, ■ . ' 

2. 0««/ peut se placer comme adjectif devant un 
nom; il devient relatif du nom ou de ia personne, aux 
deux genres et aux deux nombres,, s'il est pr,écéd6 
dos articles /?, la. — Ex. : Saint Paul nous a prcsché une 
doctrine laquelle nous mènera tt^la perfection, 

3. Il en est de môme de celmj, et lie ^ si Ton y pré- 



\ 



(1) Voy. ci-tfeMU8, p.288, n" 3. * 

(i) Oudin. range parmi les relatifs les pronoms tl, luy, elU, icelluy, 
irelte, le, la, les, qui, me, l^queU, dont, y, en, quel, quoy. 

. — Chilllet : ■ Pkonoms relatifs : en voici le dénombrement : lui, elle, 
le, la, lety qui, que, lequel, dont, y, en, quoy.... Je n'ay point fait icy^ 
mention de ces vieux mots 'ic«{uy, iceUe^ iceux, ieelles, parce qu'ils sont 
tout à fait bannis du bon langage et ne s* trouvent plus que dans le style 
/ des notaires. * 

Le P. BuOier fait du pronom qui, que, Icqu<// guot, • appelé commu- 
nément relatif, ■ une espèce particulière ; il le^nomoie ■ pronom modifl- 
catif ou determioatif. » 

Régnier DeEmarais : • On appelle pronowu relatifs At» pronoms qui se 
rapportent à un nom précédent. Ceuvià, à prendre (e terme de relatif 
dan» toute son étendue, sont en très grand nombre parce qu'il n'y a ,, 
g\ieros de pronom qui ne puisse devenir relatif. Mais pour se réduire à 
ceui qu'on a accoustumé dc^ ranger dans la classe des relatifs, en voicy à 
peu près le dénombremelit : t{ et luy. qui et que, quel, lequel, dont, quoy 
et les autres particules qu'on a accoustumé de substituer (? donl, en, y) 
à la plare <l6S pronoms qui et lequel » ~ . 



w 



JIA7I GAMIVIII. JIAN PILLOT. ABEL MATBIBU.. 



SOS 



pose un i ; celny qui est beau et parle vilainement^ ice- 
luu tire un couteau de plomb tCu'ne gaine d'ivoire, dit 
l)iofjene$. . • 

A. Il y a donc ert somme neuf pronoms relatifs en 
français : cinq sont simples : le; la , qui ,y, en ; qua- 
tre sont composés : lequel , laquelle, iveiuij, icelle. Ils 
g€ déclinent, comme les noms, en genre et en nombre, 
à l'aide des articles : lequel, duquel , auquel; qui , de 
qui , à qui , etc. - ^ ' 

Ce chapitre est fort remarquable, en dépit de la 
: confusion,, déjà signalée, des adjectifs et des pro- 
noms ; toutefois l'emploi différent des uns et des au- 
tres est nettement indiqué j tt'auteur suit une méthode 
rigoureuse, préparant la règle qui suit à Taide de 
celle qui précède; il a formellemehl distingué /€, la, 
articles, de le, la, pronoms, et donné àr/i, ij le nom 
qui leur convient. S'il a des erreurs, il les rachète du 
moins par de bonnes et sages vérités. Pillot , qui a si 
bien connu Garnier, et qui l'a' souvent copié,, est 
moins complet et plus obscur. Je rTmarqué cependant 
qu'il a noté un léger changement survenu dans l'çm- 
'ploi.de ceiutj et de celuy. Du temps de Meigret, on 
disait cetuy ci , celuy la, mais non celuy cy, celuy la (1 ). 
Garnier dit cestuyci^celuylà; Pillot constate l'emploi 
&i,multan^deces(ui/-ci/ et celuy-ci; de cestuy-laei celuy 
la. On se rappelle que Ramus avait parlé des prononis 
moy\ toy, luy, sujets employés par pléonasme après 



v^ 



'^P" 



T? 



(1 Cf. ci-dessu», p. RI 



M 

^m ':■ 



:i04 t^RAMMAlRE FRANÇAISE. 

un verbe (1 )-.<Ni Pillot ni Garniêr ifont signalé ce re- 
doublement du* pronom; Mathieu l'a remarqué, • quant 
par effect on veult declarei et asseurer sa paroile , 
mesmement par affection , comme : je le veulx, moy ; 
lu l'as faict, toy; il dict, luy : laquelle façon de parler 
est ordirtaire parmy le peuple et nest vitieuse ne cor- 
rompue : car de semblable use souvent le Pétrarque 
en ses sonnetz, et s'y, accorde le commun langage 

' ■ ■ ■ • 

d'Italie. » \ 

. '■ --* , 

Dr TBllE. 

€ Il est heure maintenant, dit Abel Mathieu, de 

traicter de la matière principale du propos, que j'ap- 

. pelle le nerf du devis (2), pour autant que, par icel- 

luy, il est dict ou faict quelque euVre ou quelque 

chose , et est mis perfection à Poraison ou àJa parôlle. 

y Exemple: quant je dis Pierre, mon parler nest pas 

. M achevé; si je diz : Pierre esiudie, il est achevé; en 

/' sorte que, par ce nerf e»t«(//e,J*astraincts ma pa- . 

■W rolle et achevé mon oraison. Si j'adjouste après bien , 

je l'orne de ceste grâce on. particule. 

» Donc le nerf de la paroile c'est [le mot] par lequel 
le nom ou mot s'astrainct ou est astrainct à quelque faict 
et euvre ; comme en nostre exemple cy-dessus : Pierre 
esiudie bien , ma paroile ou mon devis astrainct le nom 



- (I) Voy. ei-dessni, p. 247. ^ 

(2> Nous ayons vu, et- dessus, p. 271 , qiTe Mtlhieu change TolonUers les. 
termes de grammaire conoimunément reçus. Il va.se JùstiQer quelques 
lignes plus bas. ' ... 



^ 



IIAN OÀlNUtt. 3MAX VILLOT. AlIL IIATÉIEC. SOS 

Pierre à Testude, et en cela j'acc^iieice et arrette ma 
parollc. 

— • Fault que je die que ma déclaration ( mon expli- 
cation ) telle , amenée ëur le champ, nest point imper- 
tinente, et est facile au peuple a Pcntendre, et mt^ 
(joibt on moins imputer a vice si je n'use des raoti 
ariiiicielz de noz docteurs scholastiqucs^ pour ce quiiz 
sont nouveaux et mal plaisanta a gens q.ui ayment 
inyeulx lés laictues quejes chardons, comme il est 
uu proverbe. Encores sont-ilz hors la commune intel- 
ligence; car en ce je tui$ aymé ^ qui est le sens d^ 
verbe passif ou passionné, qu'ilz appellent, en quoy 
ciiduré-je passion ? Ains je demonstre l'action de cel- 
luy qui m'ayme.... Et la multitude entend myeulx 
qu'aymer et estudier cest faire quelque chose,, et çsire 
aifmé pareillement, que si je luy suggeroys, par dis- 
pute de philosophes ; estre passionné d'amour et trou-^ 
blé éh pansée. Et puis , ce nest pas assez de dire je 
suis aymé; mais il fault aussi dire de qui, pour dé- 
clarer le faict et pour oster la question survenante. *• 

» Donc est il véritable que le lierf de lai4)arolle as- 
trainct le nom ou le mot francoys au faict et à leuvre, 
de quoy -il faict arrest a la langue et acquiescement 
à l'esprit » ' , 

Voilà ce que nous avons trouvé de plus élevé, dans 
nos anciennes grammaires, sur la nature et la déOni^ 
tjori du verbe soit actif, soit passif. Avec Garnier et 
Pillot, nous rentrons dans le terre à terre des opinions 
, reçues. Ni Tun ni Tautre ne s'arrêtent à une définition. 
— M Les espèces de verbes, dit Garnier, leurs modes, 

' ' 20 



• 



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9à^ 



Êki_ 



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OKAMHAIll PIANÇAIII. 



temps, nombres et personnes ^sont les mêmes en frtn»— ^^^ 
çais qu*en latin, à cela pr^s que nous n'avons pas de 
verbes passifs fl;^ w 

Pillot/qui n'est pas de cet avis, distingue les ver- 
bes aictifs dés verbes passifs et neutres en ce qi^ les 
verbes actifs, s'ils sont personnels, conjuguent leurs 
prétérits à l'aida de l'auxiliaire, avoir, et,. 8*ila sont 
imper^nnels, sont précédés de il : Ufauii; les verbes 
passifs ou neutres*,, au contraire, impersonnels, sont 
précédés de on : on joue y LtmiUK; personnels, se con- 
jui^oent avec eslte; les verbes neufres prennent cet 
auxiliaire à leurs prétérits , et les verbes passifs à tous 
leurs temps. . V 

Comme ces auxiliaires avoir et estre sont indispen- 
sables à la coifjugaïs^n des autres verbes, Garnier, 
Pillot et Mathieu les conjuguent d'abord séparément. ', 
Mais avant dé donner ces paradigmes, Garnier pre-. 
sente quelques observations> préliminaii^es indispej^sa- 
bles du traité des verbes. ^ , 

Comme Pillot, il reconnaît quatre conjugaisons, dont 
une, selon lui, est. irrégulière: on les distingue, dit-il. 






' W^ 



. .(1) Le français a-t-il des verbes passifii? Les Alphabets (1620) disent 
foroiellement : « Le« Fran(,-otâ n'ont pa^ de verla'é passifs. Puur en former, 
Hs se servent de circuuiocutiun : ;> nuis donné, baity,veu, ieu,-etc, > — 
Oiidio : « Mous n'avons point de verbe passif» simple ] mais-ât se csompose 
du participe prêtent, par le moyen du > erbe substantif. • — 'Port-Koyal, 
Cramas, génér. : « Les langues vulgaires de TEurope n'ont poini de 
j^assif. »— Cbiniet ■ * Quant à la conjug. dés verbes |)a8sif8 , c'est asses de 
dire qutils sont conipusesdu verbe auxiliaire substsintif je >utc, etc.. >— 
Régnier nesma rais : • Nostre langue, pour^uppléer au defout des verbes 
passifs..., etc. ■ ^ Le i*. UulUer s'eiprime à peu pràs de la même ma- 
nière. ^ 



JIAN'GARNiKB. JEAN IMLLOT. AIEL MATUIll i 



30- 



encore, par lé temps prétérit parfait de Tindicatif, et 
niieux par l'infiiiitir. Pillot et Matiucu les reconnaissent 
à l'infinitif : car. dit Pillot, les caractéristiques du 
thème et les parfaits sont trop divers pour qu'on 
puisse en tenir compte. . ' 

,j La première conjugaison a le prétérit parfait en t-, 
l'infinitif en er, comme : ahuét aimer;. — la seconde a 
le prétérit parfait en i, et Tinfini en ir, comme :ioM/ri, 
wùffrir; dormi ^ dormir; — la troisième a les mômes 
formes en u, et en rc, comme : leu^ lire; creu^ croire; 
vaincu, vaincre. — La quatrième n'a paîs de termi- 
naison fixe (l). ■ ' ■ ^. . ' . - 



UMi 



^- 



[1) Le» Alphabets déjà cilés attribuent aui^ei in français quatre conju- 
gaisons, dont Ie« modèles sont: i* aimer, donner; 2" bastir^ garnir, 
3» mouvoir, atoir ; 4" lire, cqgnoistre, lîroùlre.— Qudin adhwt le inémc 
mtmbre de conjugaisons, et il en donne pour exemples le» verbe» atmer, 
finir, divoir, rendre. Le P.^bilBet.a^holsl mwwr , punir, devcir, rendre» 
A Regriier-DesauraU dit : « Nostre langue a jusqu'à vingt-quatre ter» . 
minaison» différente» de l'inflnltif, qui toutes cependant sont réduite» or- 
dinairement a quatre classes , dont la première est celle des verbes ter- 
miné8\^ Tinûfiitif comme aimer, chanter, parler, etc. ; la deuxième, celle 
des verbe» en ir, comme battir, agir,coxirir'; la troisième, celle des, 
verbes enwr, comme i>o»r, avoir, dètoir; et la quatrième, wlle de tous 
le» verbes qui unissent en re, de quelque maplerequc ce soit, comme 
faire, dire, eonnoietre, rendre.» — U J^. Buffler : • No» grammairien» 
obscrï«nt que les terminaison» de tous le» Infinitifs se rédù^^ent à quatre 
principales, savoir : er, ir, re, oif ,'et que ces quatre termiinalsons font, 
'qualïe sorte» de eonjaptsons de» verbe». Cette observation est àsseï Inu- 
tile, puisqu'il y a souvent autant de différence» d'inllexions entre cer- 
tains verbes d'une mesme <x>njugaison qu'entre le» verbes de ces quatre 
prétendues différentes conjugaisons... Si on veut parler consequemment, 
il faut ou ne Teconn(.Ure qu'une seule conjugaison dans les verbes fran- 
çoli», ou en reconnoltre autant que nous allons marque/ de terminaisons 
différente;* dans les Infinitifs. ».Le P. Bufller donne ensuite un tableau où 
sont marqués l'infinitif, le participe actif, le participe paosif, le présent et 
le prétérit des treize verbes suivants : porter, finir, sentir, couvrir, souf- 
frir, tenir, plaindre, produire, paMtrf, tair^/n><^'*'i^^' recevoir, mou- 
voir. ■ — En flxant à quatre le nombre de nos conjugaisons , les grani- 
inaiiien» ne semblent guàre avoir tenu compte que de la tradition latino. 



'W 



V 



. ^ 



>• 




■ 30S ' GlAMMAl»! PRANÇAISI. 

Ici Pillot diffère de Garnier : selon lui, la troisième 

, Conjugaison est en oir ou oire; prétérit parfait , ^u; 

mais, par SCS exemples, on voit qu*il tient peu de compte 

• de la règle, puisqu'il rapporte h cette conjugaison avec 

les verbes rroire et appercevoir les verbes yôir*,;Hiû- 

trci congnoistrc, eîc. — Kiifin, pour lui, la quatrième 

conjugaison a rinfinilif en re précédé d'une consonne; 

le prétérit parfait est en ci si la dernièPe syllabe du 

thème est une 4cs dipbthoiigues ai, cif^oi; ailleurs il est 

en M, et le premier parfait en i {je rompis); ceux gui 

ont rinfmitif cn^r^ changent souvent ce (/en 0- ou en 

^ àce premier parfait et à l'imparfait (je craignis^ je 

craignoitf — de craindre), ^ 

Quant à Mathieu, il accepte les trois preniières con- 
jugaisons de Garbier, et il ajoute: «On en pourroyt 
encores observer deux,, comme /aire ett/ire, valoir et' 
pouvoir : lesquelles, a cause de briefveté je lairray 
aux nostres a imaginer, » — Du reste, il est trop bon 
français pour dire qye nos verbes ont des conjugai- 
sons. Fi ! conjugaison est un mot latin : les nerfs du 
devis ont des/ormes; évidemment /orme est un mot pu- 
, rement français , comme nerf, et Mathieu se fait un 
plaisir de les)î/er^ parce que filer sans doute n^est pas 
d'origine latine. — Où. ne va-t-on pas, avec Tesprit de 
' système! v 

ReveH^s à Garnier et à ses observations générales • 
sur les temps et les modes des verbes. 



A. Verbes'' actifs. 

Indicatif. — Présent. — l^e thème d*un verbe est 



<3. 



JftAN UAR.MEI. JKAN PIU.OT. ABIL MATBIKL . 509 

facile à trouver : il suflit de retrancher V$ final de la 
seconde personne du présent de Tindicatif : tu aimet^ 
lu i/ors, tu erois^ deviennent ainsi : aime, dor^ croi, et. 
' ces formes sont les thèmes des verbes çimer, dormir et 
croire. ^ Pilloi fait remarquer ici que de son temps 
Io> vieillards écrivaient encore la seconde personne 
plurielle par s ; vous aimes ; mais on cnnunençaît à 
écrire par é accentué et s : vous aim^x ( 1 ). M«iHiéu fait 
une remarque analogue; après avoir donné Vindicatif 
présent du verbe labourer, il dit : t Voyia pour le temps 
présent, où les variations de Tun et l'autre ' nombre 
aux seconds indices de personnes (aux seconde? per- 
sonnes) sont pareiiz en nombre de lettres et figures; 
toutesfoys la prononciation les rend différentes, en ce 
que Ja variation du nombre unicque (singulier) doibt 
estre prononcée légèrement, en levant la voix ; celle 
du nombre de plusieurs (la 2* pers. plur.) au second 
lieu est grave et pesante, que daiicuns veulent déclarer 
marquer) par ce traict '. » 

Prétérit imparfait,— Tout verbe, de quelque conju- 
f];aison qu'il soit, termine" là première personne^ de 
l'imparfait indicatif en oy; la seçOîide y ajoute $; \a. 
troisième, / ; je prioif, ta priais, il priait; la première 
et la seconde, au pluriel, font précéderd'un i la termi- 
naison propre aux mômes personnes du présent : nous n 
aimons, nous aiJnions, etc. — Sefon Pillot, trois formes 



i) CPtIc orthoLTaphp, Pxtrémrin<»ni répandue, en fait/dans Icb ma- 
nu^^ri^» du xvii* sièflc, — j« citerai rntre autrcii, cvmx du P. Joseph ot de 
(.!ia|)elain, — est trè»-rare dans h-ltUvcos imprimée, et nt* semble pas avoir 
Ht- sout^||h|e par les grammairiens. ' 



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.10 



tiRAMMAlHK l'-|IA>ÇAISK. 



orthographiques diff(^rentes se disputaient la première 
personne du singulier à l'imparfait. Les uns écrivaient: 
fmjmoy; d'autres, j'ai/mof/e; d'autres enCin yaymoijf, 
el'cètte forme était, dit-il, la plus usitée (i). 

Mathieu a constaté aussi l'existence de ces trois for- 
âmes; il écrit ifavotjê ; mais il ^Oute : « Alicuns veulent 
direj'm'oy, pour mctti^e différence avec la seconde va- 
riation (personne) toiitesfoys .je ne voys. point le 
peuple y avoir esgard : aussi n'y feray-je point d'arrest 
icy riy ailleurs; fa^vertiray bien (i'une faulte qui sy 
commect ordinairement pour l'éviter, accoustumant a 
dire j>yof/^ pour /aiw/.^. » -^ De plus, il signale for- 
mellement comme une faute de dire et d'escrit^ labfm- 
roynt et ïahoureToijnt pour labouf oient, labour^roieot (2). 
PréiérH parfait, — Nous avons- deux prétérits parfaits 
comme les Grecs : l'un simple ^ j'afmny , je Horimj ; 
Tautre composé -.j'ayaimiUfay dormi/ ( 3). -^Ce.parfait 
composé est formé du participe passif du verbe et de 
l'auxiliaire avoir on ps(;r;, le simple se termine : V pouf 



r . 



{ 1) Le» Alphabet* conjuguent tinsl i je âonnoy, tu donnais, ii Honnoti, 
nous donnions, rous donniex.ils donnoient. — De même Oudin, exopté 
à la première personne : j'mmow. — Comme Otfdln , le P. Chlfflet, Wt- 
•nier DesmariiK-, le P. Buffler et lou» les autres. , 

Tous les auteurs qui terminent par s la première personne ue l'im- 
parfait, terminent aussi par « les premlèret personnes des formes je dois 
» ( et non je dqy),je courm (et no« j> couvre), etc. — Vaugelas a, «ur ce 
sujet, une Remarque dont la conclusioil est : • Ce n'est pas que ce fut 
une faute quand on oslerotl rs, mats il est beao<5pap ^leox de le mettris 
toujours dans la prose. » — Cest comme lettre euphorique que Vs s'cil in-, 
troduit d'abord, puis s'est maintenu dans ces termlnal8ons.*t Voy VArt 
poétique de P. Dclaudun, Daigaliers< IS»1, in- 12, p. .32.) 

(2) Voy. le chapitre des Estlinnes.- 

^3^ Le» Alphabet* donnent fay 6â*fv»comme t'^mp» parfait, et je'basty, 
comme aor*Rté; Oudin nomme la première tonne pirfait indéfini, et la- 
forme simple porroil d//int. De même Cftifflet. - 



f^ 



-^ 



JEAN GAR^IEII. JEAN PILI.OT. 



jOIRI. 



MATniEi: 



7,\\ 



r . 



lajjremière conjugaison, on a\\^ m, a. amexy ate^^ 
rrcnl : « d'aucuns, ditMnthiVn, prononcent iqhmrnrent : 
ce qui est ncantrnoins hors l'usasse des fnyeulx ensoj- 
j^n^.au langaj^c franroys (\.) ; » tî" pour la seconde, en . 
i, iT, ï'r, /me.f , i>.v, j;rw/ ; 3" pour la troisième en /•«, eus^ 
eut, rnrheSj rutcs, eurent. Telles ne sont point Ips seuleiî 
- formes reconnues par Mathieu. Après avoir conjugué 
* je cnttrus^ tu .courus, etc., en conservant Tu à toutes les 
persoanes, il dit : • la commune, par corruption, dict : 
jiotis courhmes„ il cnurit, rlettatit i consequemment 
partout, a — Ainsi, reprend Garnier, dans ces deux 
dernières conjugaisons, la terminaison de la première 
personne du singulier est la même dans le parfait 
simpîe et dans le parfait composé. Plus hardi que 
. Pillot qui constate une difficulté et en renvoie la solu- 
tion à rusaçe, Garnier dit ensuite quel est l'emploi de 
chacun de ces deux parfaits (2). 

I.e premier prétérit ou prétérit simple, s'emploie : 

1' %vec des adverbes marquant le temps passé, comme 

'dernièrement t hier ^ jadis , et semblables; — 2' quand 

mous partons de choses $i bien passées qu'aucune . 

des • circonstances ne puisse pvaître présente? : ce 

que cette forme indique sutRsamment , par cela seul 

^ qu'elle n'emprunte pas îes auxiliaires j'm/ ou je suis y qui » 

appartiennent au présent. — Ex. r ISous passâmes hier 

■■■' * 1 

fHirmy letbtigani^ etfusmes en danger d'eslre destroussez; 



(1) Cf. ci-deMU8, p. 96, >t un pa85age du second deviji, pp. 3()-.ll. 

(2) Oudin traite longuement de nett« dittinction. Nous renvoyons A re 
long chapitre, Vdif. I «SA, pp. 187. i»0. ' , 



r.iï 



URAlllÀimi FRANÇAJSE. 



\ 



Le second prétérit, ou prétérit composé, s'emploie : 
1* avec des adverbes marquant le t«mps ^présent, 
comme aujourcCkuyf desjàt maintenant, etc.; — ^2* quand 
nous pitons de choses passées, mais passées de tel te 
sorte qu elles paraissent encore présentes; ce que fait 
entendre Pauxiliaire employé, qui est un présent. — 
Ex. : fay creu, et pour ce aij-je parlé; ces gens-cy sent 
venus à bout de leurs affaires. 

Plus que parfait. — Le prétérit plus que parfait ne 
diffère du second prétérit parfait que par Tauxiliaire 
qui est à Timparfait, à quelque mode que ce soit; indi^ 
c&Ûf ifavoyecreu; opiSkiK: y eusse creuj etc. 

Fii(iirl-^Tout futur, dafts toute conjugaison, se ter- 
mine en ray : je chante, je chanteray; je croy, je cfoi- 
rat/ f etc. (1). *': 

Impératif. — L'impératif, en français, n*a qu'un 
temps, le présent, qui est généralement semblable au 
présenî^indicatif, iu moins pour le pluriel, à cela près 
qu'il rejette parfois son prpnôm. Quand il le garde, il 
le place toujours après le verbe, ce qui se fait -aussi 
dans les interrogations : Levez vous et allons nous en 
(ticy; perdrons nous courage au milieu de la victoire? 
Mais nous disons aussi, siinplemént : Mon fils, honnorc 
les anciens, hante les sages, visite les bons livres et ensuy 



(I) Oudin se borne à dire ; • Le fatar se forme en ajoutant ay |i l'in- 
finitif de la première et de la deuxième conjogaison : aimer^j'atmeray; 
.finir, je finiray; pour lés autres, cbangei^ o«r et re en ray : devoir, jfe 
deirray; rendre, je rendra)!. • 

• — J'entens souvent demander, dit Th. Corneille dans ses JVofr* sur 
Vaugelas, si, au futur de counr, il faut direje courerat ou je courra*. H 
n'y a aucun sujet de douter; il faut dire s je courrai. • 



. 1 



■J • 



JEA> «;ak.mbr. j»:a\ i'illot. abkl MAi>fiiEi . r.ir. 

umic vertity ici le pronom est s6us-en tendu.. — Et main- 
tenant, ajjpute consciencieusement Kjarnier, quand 
doit-on employer le pronom ou le soua-ehteadre? l'u- 
sage l'apprendra. J'ai essayé de trouver la règle : je 
n'ai pu y réussir (1). ^ 

Optatjf. — l^'optatif (2 ) a trois temps; en français- 
comme en latin. • - . 

Présent et imparfait. — Ces deux temps n'en font 
qu'un ; il prend deux m, précédés d'un e qui se change 
cil i à la première et à la seconde personne du pluriel, 
parce que tous les imparfaits affectionnent l'i. à ces 
personnes : que je dormisse , que nous dormissions^ que 
f aimasse f que nous aimissions , que vous aimissidz, — 
Pillot donne plus formellement la règle : * A la pre- 
inière et à la seconde personne du pluriel, dit-il, dites 
(l'unissions, aimissiez, louissions^ louissiei, etc., et non 
aimassiez j aimassions, etc. — ^ J'ai quelquefois trouvé 
dans mes lectures, ajoute-t-il, estimassiez, aimassiez 
et autres semblables, 6t c'est ainsi que les Poictevins, 
èitr'autiies, écrivent et prononcent toujours (3).» 

Mathieu n'est pas de cet avis. Après avoir filé, 
comme il dit, la forme )c labourasse dans tous ses in- 
dices; c'est-à-dire dans toutes ses personnes, en gar- 
^lant l'a, il ajoute : • Il fâult noter en cest endrpit que 



■; 



^ 



•ÊÊt 

■m 



(I) Cette dimculté n'eût pu longtemps arrêté le naïf grammairien s'il 
se fût avisé, coipme Oudtn, de faire une classe particulière • des verbes 
rcfiproquci ou renechis.*» 

(2)* La manière optativcacummcdisentlrK^i/p/Kjf^rU^ii le mode optatif, » 
ronirne dit Oudin, persiste dans la grammairt^ du P. ChiOlet , mais ne' pa- 
reil ni dans Regnier-Desmarais ni dans le f> . Ifuilicr. 

(•3] Cf. ci-dessus, p. 157, i«0. 



-il •„ 



t M 



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,i 



/ 



/ 




314 GRAI^.U'KB FIIAi?fÇAlSE. 

le son pemiltimc des variations de semblable qualité 
(cenniotcst rcceu en Franco) est tou!<jours assis sjr/ï,,i 

Cependant le même grammairien" fe^n)arquo q^e 
cour'mc ^ur couruftse « n'a pas du tout P^rdb son cr(^- 
dit vers la commurre (dans le peuple V;... manière de 
parler qui est à fuyr (i). ir^ • - / 

Pritcrit paMt rt plus que parfait. —Les deux temps 
se confondent aussi et se conjuguent avec l'imparfait 
optatif de l'auxiliaire. ^ ~~-" , . 

Futur. '— Voicji les propres paroles dfiGarnier : t Fu^ - 
turniriMUtem est perse, pstqué )oommumter. idem cum ' 
suo praseqti indirativi. » — En rapprochant cette phrase 
de ce qui précède^ le futur optatif existe sans être mêlé'" 
et confondu avec un autre temps, commele sont le pré- 
sent et l'imparfait, comme le parfait çt le plus que 
.parfait. Ce futur est ordinairement semblable à son 
-présent de l'ipdicfttif. En d'autres termes, il faudra 
dire (car tel est l'emploi du futur optatif) : Dieu veuille 
(jttc faillie y que lu aïmrs, quil aime, que nous aihton&, 
que vous aimez, qu'ils aiment ; que je fais, que nous fai- 
sons, de. — Soit. Ces formes n'ont rien qui nous étoft-. 
" nent ;' éHes sont fréquentes au xvi* siècle ; Mellin de 
Saint-Gelais en. fournit, entr' autres, de nombreux 
exemples; et Pillo't confirnic ce fait en conjuguant, 
sinon tous ses verbes-modèles, du moins aimer et ohir 
comme nous venons! dé* le faire. Mais, par malheur, 
tous les exemples proposés par Garnier contredisent sa 
règle, et il'donne- toujours au futur optatif des formes 



'X 



(I) Cf. ci-de«ii)i, p. 311. 



^ 



<' 



JEAN r.AINin. JIAN PILLOT. AIIL MATillKl 



SIK 



/ 



analcpues àcplle-ci,qu'i1 me fournit': fHen vueUle que. 
favn^$Êfue tu aimcSy /fù' il aime, que noté* aimions, que 
vous aimieZf quils aiment. — Nous ne pouvons que 
constater le fait e^ notre embarras devant ces contra- 
dictions. 

CoNJONcnr. —Le conjonctif (1 j est complètement 
semblable à l'indicatif, dans tous ses temps, à cette 
seuleexcepiiofl prèsque'toujours, à toulesles personnes, 
il ajoute reu que, «, quand. « Tous les grammairiens, 
continue Garnier, ne sont pas d'accord sur ce point; 
mais je m'en tiens à, cette règle, pour éviter toute" 
confusion et ne pas faice paraître nos conjugaisons 
plus difficiles qu'elles ne le sont réellement.» „ 

S'il y a quelque distinction à faire, et il y en à, c'est 
au prétérit imparfait, qui change en eflfôt quelquefois, 
mais non toujours, quand il est précédé de quand: 
alqra on introduit simplement un r avant la dernière 
syllabe' de l'imparfait indicatif ; ainsi Ton dit : quand 
yàime-r-oije, quand tu aime,-r-nis^ etc. ; cependant on 
dit aussi : quand j'aimotje (2), etc. —, On reconnaît 



(1) OudiivdU au contnire,>lonn«llcmciit :-«Ordinalr£tnfntle conjonc- 
tif 86 confond iTec l'optatif. » — I^ méme^ grammairien signale un lomp» 
présent, qu'il confond avec le futur, dan» ieopiodc optatif : mais m œnju- 
gaison est antre que celle de Gamier, comme on le voit par l'optatif, 
présent ou futur, ,dn verbe -aroir tel que le conjugue Oudiii- j'aye, tu 
aye,%l aittiilay«...,eic. \ 'V 

(2) Oudin regarde la forme ;>tmeroû comme un second lniparfai| de 
l'optatif, ou comme un de« présents du conjonctif. —Chifllel, qui ne fait 
qu'un mode de l'optaUf, du conjonctif et du subjonctif, donne j'aimeroïs 

^rximmenn ^oiième Imparfait de l'oputif. r-.Regnler-Desm^rais qui ne 
reconnaît que trois modes personnels, comme le P. ChilTIet/ «avoir l'in- 
dicatK, l'impératif et le subjonctif ou concfHionnel (ce d«ilmter au lieu de 
l'optatif de CMfflet) présente j'atmeroû comme le futur simple, et j'ourois 



/ 



*.." _ 




%■ 



■V^: 



316 " GRAXIIAIIIE rilA!<(ÇAlKI. ^ 

ici la forme que nous appclofis conditionnelle ; nous 
Pavons justement distinguée cju conjonctif, en même 
te<(lp^ que nous supprimions €e\modc, qui ne servait 

• qu'à ' retirer le nom d'indicatiftà certaines formes 
verbales, quand elles se trouvaient précédt^es de con- 
jonctions après lesquelles le latin ne mettait pas Tindi- 
catif, / 

V^ iNriNiTiF.-^Si Ton ne jugeait de la conjugaison des 
verbes que pa^* les Onales de hnfmitif, aucun ne serait 
irréguliér, caf ils se terminent tous par cr, 4r'ou rc* 
— L'infinitif est très-souvent précédS de la préposition 
de^ comme : ce n£st pus honte <fappi*endre, mais cesi 
honte de ne rien savoir. 

Prétérit plus que parfait,— Ce temps, à l'infinitif, 
est composé de l'auxiliaire avoir et du second pré- 
térit pfirfait de l'indicatif: at;oir aimé^ avoir dormit etc. 
Futur. — Les Français n'ont pas le. futur infinitif, 
comme les Latins. Ils expriment ce temps par une cir- 
conlocution. 
GéBONOiPS et Supras (1). -r?^ Français n'ont ni gé- 



* . 



rf .■ i 



aimé fpmme Jr futur composé de ee subjonctif ou conditionnel. -^ Le P. 
Buffier Jait de cette forme un temps particulier i]u'il nomme Vinurtain 
et qu'il fait'dépendre de l'indicatif. 

Beautée détache le auppoiitif du subjonctif, et il reèt>nnait an luppo- 
sitif.lea temps suivants : Présent : je ehanterois: prétéilt positif -.fauroit 
chanté; prétérit Comparatif : j'aurais eu c/uinr^ ; prétérit prochain : je 
viendrois de chanter; futur : je derrois chanter. 

(I) — Les Alphabets donnent, à |a suite des modèles de chaque conju- 
gaison, des gérondifs : de donner,-pour donner, en donnant; et des su- 
pins : donner, d^ettre donné. Il y fant voir simplement les formes à l'aide 
desquelles on traduit les gérondifs et les supins du latiîi. — Oudin ne 
reconnaît pas de supins; mais il donne un gérondif : en. aimant , qui se 
forme, dit-il, comme le participejprésent. — L. P. Chifflct, le P. Buflier 



n 



■■.:^ ^ \ 



>. 



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JIAÎI CAINUa. JIA?I PlLLOî . Ait£L MATHIEl' 



51 



rôndifa ni supins, comme eh à la langue latine. —Ils rén- 
dent les gérondifs en plaçant devant l'infinitif présent 
rli\ erses prépesition»: de, pour, (A par le participe pré- 
>tut et la préposition en; ainsi : ilext temps de faire 
faciendi); je vient pour avancer t honneur du Seigneur 
(augendum) ; en contemplant Ut œuvretde Dieu (spec- 
tandô). • : • 

Dés supins, ta première forme (la forme en um) des 
latins se rend par l'infinitif présent : allons combattre; 
la^conde forme (la forme en m) se rend par le pré- 
térit parfait de Tinfinitif avec la préposition de; comme : 
ce livre ett digne d'étiré leu, * 

Les participes auront leur place à part. 



^n'admettent ni gérondib ni supins; — Regnicr-Desmarais donne un gé- 
rondif: aimant. — Vauscias, suivi par ses annotateurs, P^tru et Thomas 
«iorneille, distingue soigncusenn-nt du participe pré ent, qui est variulile, 
I*' «{«'rondif, qui est invariable; de ce dernier il donne (HI, 304 et 417) les 
ev mpl»'» suivants : le bienfait étant de cette nature; les }iommet ayant 
fconnu ; les femmet ayant leur mari. 
Avant de quitter ce chapitre di s ModiFS et Temps T«rbaux, qu'on nous 

' p< rmelte de rappeler Tusage Liiarre qu'a faltxie tous les termes de gram- 
maire, le P. de Saint-Louis, dans son poème de La Magdelaine . Nous 
en dëiacberons quelques^vers : 

Pendant qn'elle K'oecap«\ punir le forfait 
De s<ta^/«Mp« pre/^ri/ (}ui ne fut qu'tm/wr/ai7, . 
, Temp$ de qui \t4*t\ir reparera les pertes. 

Par taat d'affliction et dé peines souffertes ! 
Et le frètent est tel qoe c'fpt Vindicatif 
D'un amour, qui s'en va jusqu'à Yinfinitif. 
Puis, par un optatif • «Ah : piùt à Dieu, dit-elle , 
Ou« je n'eusse jamais été si crimiBeUe!,..» ^ 

- (La Mafdelaitu au Dftrrt de Saint-Baume, poème spirituel et 

chnstien, par le P. Pieire de SaimiwLoois. — Livre 11. ). 

-r C'est ici le^cas de répéter le mot de De^pautère : « Poetit pro- 
xifM sunt grammatici.» — Cf. ci-dfssus, p. 2tti^, note 2. 



y 



3IH 



.* 



UIAMMAIBE PRA^tÇAlil. 



a Verbes passifs. 

Les. Français n't)nt pas d« verbes passifs ;Tls les 
expriment par circonlocalion , i. raidc de Tauxiliaire 
i^sireei du participe passé pa^sil; lequel reste inva- 
riable au singulier ; au pluriel, il prend «, changeant 
de genre, d'ailleurs, d'après le genre du sujet :je suis 
aimé ou uimce, noug sommes aimez OU aimées. 



C Verbes imiter sonnets. 

Toujours sous; l'influence des traditions latines, 
Garnier prèle à notre langue 4eax sortes de verbes 
impersonnels : l'impersonnel actif, marqué par i7, 
comme : iljaut; l'impersonnel passif, marqué par on, 
comme : on sert icy au Seigneur. 

Ces verbes se conjuguent comme tous les autres, 
mais ils n'ont que Ja troisième personne : t//ciiir, il J'ai' 
loii..., on clmnlajon a chanté. ..—Les pronoms ii ou on 
les précèdent toujours, excepté quand on interroge; 
auquel cas ils suivent le verbe : /awl-i/ ? seri-on? 

Ici nous demandons à Pillot uiip remarque générale 
quia échappé à Garnier, bien qu'il écrive toujours 
couime s'il l'avait faiie, au n^oins mentalement. 

Dans les formes d'interrogation ou d'admiratiori, 
dit iMllot, les pronoms se placent toujours après le 
verbe (i), et, — cette règle est précieuse, parce qu'elle 



(I) r.c i!'<*t pa?, eeloji Oudin, le seul cas où le sujet pîil«î«c ftivreMc 
verlic: «Quand la iiériode, dit-H, commence par une adverbe, Il est in- 



' ^ • 



JBA'K GAINI». JIAN PILLOT. ABUL HATIliri. ..m 9 * 

parait ici pour la première fois, — ils sont rcunia au 
vcrlie par unirait d'union (- ) qui montre qu'on doit H 
prononcer d'Un trait le verbe et son pronom, comme 
s'ils formaient un seul mot (1). 

Comme il l'a fait pour les noms et les pronoms, 
Garnicr, après avoir donné divers modèles de conju- 
gaisons, présente ses observations générales sur les 
verbes. Nous \eè analysons. * 

1. Comme le substantif est toujours précédé de 
rarticle, le verbe est toujours précédé de son sujet, 
excepté quelquefois à l'impératif (2). » 

2. Les deux premières conjugaisons sont très-régu- 
lières j la troisième présente quehjues irrégularités. En 
elîet certains prétérits parfaits sont en i*, comme :fuy 
mis, actfuis, etc. ; d'autres sont en ins : f(iy prinst ap- 
priiiSt reprinSi çomprins, entreprins^ etc. (3) ; de même 
quelques-uns ont le prétérit termiiié par if ijay (/ejs- 
iruil^ seduity cuit, ?aduil ; d'autres par inl : jay craint, 
p*;'mij adjoint jCOHÏreinl y etc. —, Mais cette forme étant 
connue, l'on a toute la conjugaison des (ormes coui-. 



(lillercnt de mettre le Duminalif devant on après le Yerl>e : V. g. ainsi 
parla M. k .Président auxassiUans, ou ainsi M. le Preaident parla, etc. 
Le dernier toutefois m'agrée beaucoup mieux que le premier.» {Gram- 
maire de Uudin, p'd. cit., p. 201; Cf. id., ibid., p. I04.) 

(1) Le sieur dePalliot distingue les unions (-lt) des division» f-); 
mais dans la pratique il les confond ; et un dos usages de ces signes c'c^it 
de marquer le lien qui unit le pronom au verbe. 

(2} Voy. ci-dessus, p. J248. — Excepté encore dans les cas marqué ci- 
dessus, note l, p. 318. 

(3) Pillot écrit de même; mais il ajoute : je prias et ses composé:) 
sont parfois écrits saut n : je pris, etc. Ondin' dit: « priHse ny entre - 
Vrinte ne s'escrivent plus.» (1>. t68.) — Cef^^ndant en Anjou ou a con- 
servé ia prononciation je prins, comme je vinu. 



\ 



3i0 r.HASiiiAifti: itASÇAisc. 

poiées, puisqu'elles prennent toutes ce participe et 
l'auxiliaire ai'oJr, k l'actif, ou l'auxiliaire estrf, au passif. 

S. Ainsi avoir est l'auxiliaire .des verbes actifs ou 
marquant l'action; eitre des vérl)es passifs et des 
verbe» neutres absolus ou marquant passion (ij; Ex. : 
fay dormyje suis venu, — En général, on emploie en 
français «/rc où l'allemand emploie ic/i6in; — ot'oir, 
où il emploie tr/i te^, du /lax/, etc. 

ft. Le participe qui suit estre prend le genre et le 
nombre du sujet ; après avoir, il reste invariable : nous 
sommes venus; mais dites ils ont domfC^on dormis (2) . 

5. Il y a en outre; en français, des verbes qui sont en 
quelque sorte d'une conjugaison mixte ; ils appartien- 
nent à la seconde conjugaison par leur infinitif; veoir^ 
tenir, venir, savoir; et à la troisième, par leur parti- 
cipe, qui est en II : j'ay veu, tenu, su; je suis venu, ^ 

6. Certains verbes, peu nombreux, de la seconde 
conjugaison, ont une double forme au prétérit parfait; 
ainsi Ton dit égaleinent bien : j'ay oiivri et ouvert; j'ay 
offri et offert; j*ay souffriei souffert; j'ay couuri et cou- 
vert, descouvri et descouvert (3), etc. / 



(i) Otidin : î Lm verbe» neotrea ne «ont point différent» de« actifs en 
leur conjugaison, excepté que les uns re<;olvent le Tcrbe avoir pour auxi- 
liaire, et les autres le verbe subsUntif «irs , comme régner , fim régné ; 
tomber, je suis tombé, ■ 

(2) Le chapitre de Oudln eaf trop long pour être reprodnit klfn noie. 
Nous y renvoyons le lecteur. Gramm. , édit, 1656, p. 256-260. — Cf. ci- 
dessus, p. 256. - Voyei aussi Vaugelas, avec le»» Commentaires , Table. 

— Chlfllet, édit.dX.. pp. 55, 89, 97. — Régnier Desmarais, pp. 458^; 

— Buffler, pp. 235-fi63. — D'Ollvet, Remarq. sur la long, franf., par di- 
vers académiciens, p. 3VI et sulv.; ibid,, p. «10» etc., etc. 

(3) Nous n'avons trouvé dans aucune autre grammaire les fome» 
oflW,, «OM/fn, courn, etc. 



/ 



JEAN GARKIEI. JEA?I PILLOT. ABEi. NATRiBll.' 



32i 



7. Quelques verbes sont défcctifs en lalin sans l'être 
en français, cbnmie oni :jc hay^ tu liaiSt il hait, nout 
huissons, vous linisseZf ils haïssent^ c[c.\ — et récipro- 
quement. Ainsi, SOLEO, n'est pa's défectif en lalin; en 
français au contraire :je smihye, Ht svuUàSy il souloit, 
nous soulionSy vous soûliez^ ils souloicnt \1 ) ne se conjugue 
qu'à l'iniparfait de Tindicàlif. Aux autres temps, on 
dit : jay couslume^ lu as coustumc, etc. Mais on aurait 
Ijcine à trouver d'autres cxempifs de ce genre. *' 

8. De même quelques verbes, imp^&onncis en latin, 
sont personnels en français, tci : pœnitei, qui setraduit 
en français par : je tue repeus, et ce verbe a tous ;ses 
temps ; il les forme avec deux pronoms. 

9. Les verbes qui marqi^nt mouvement vers un 
Kcuf se conjuguent avec deux pronoms, et la préposi- 
tion e/t, comme :/e tneufuy^tu C enfuis^ je ni en vay, tu 
Ccn vas (2). —Presque tous les autres verbes peuvent 
devenir réciproques en redoublant ainsi leurs pro* 
ribms : j« inuime^ je m endors, etc. - 

10. Quelques verbes, auxquels suffit lin mot en 
latin, veulent une circonlocution en fi'ançais. Ainsi : 
MALO se traduit par : j'aime mieux, tu aimes mieux; 



(1 ) Ce Terbe, signalé dans le {tatois normand par MM. Dubois et Dumé- 
ril, se trouve aussi en usage dantf les îles de la lianche; il était d'un 
us«ge général dans notre ancienne langue; 

(2) Oudin : ■ En eat âne particule qui se Joint avec les verbes aller, 
xenir, fuir, courir et retourner, moyennant les réciproques me te, se 
nota, vous et (e au-plurier : je m'en vay, tu Cen viens, nous nout encou- 
rons , rotw ffoiM en revenez , ils s'erifuyent. Mais il faut que e^ verbes 
foient réciproques , parce que, ne l'estans pas, la rclaUoôn'y sera pas 
nécessaire , et l'on dira : il ta, il vient, il fuit , il court, il retourne. • — 
Suivent des remarques sur l'emploi de s'en aller, etc. — Cf. p. 2C4. 

- ■- ■ ■ ■ 21 



e 



"^ 



322 URAHMAimi FRàNVAIKK. > 

. * VALEO, je me porte biciu etQ. — Ces verbes peuvent être 
aussi conjugués negalivement : je «le porif m«/, tu te 
portes mal; il ne in en chaut ^ il ne ïen chaut, il ne 
lui en chaut, etc. Mais ces exemples sont très-raroij. 



VI PARTICIPE. 



Les participes sonl, comme les verbes auxquels ils 
appartiennent, aclir-i ou passifs. — Le participe actil 
est terminé par ont, fém. aniCy comnie : uvuant, ai- 
mante. — Los participes passifs" sont ^éguli^repierlt, ' 
scloiî la conjugaison,- en r,' en ,/, en u; ils formeiil le 
féminin par l'addilion d'un c : SLimé, aimée: ouy, omjr-: 
venu» venue, etc. — Ils se déclinent en gcure et eii 
nombre, à l'aide des articles, ajoutant un s pour le 
pluriel. 

"Les participes, ont donc un genre et iui nombre. 
Mais en vertu de quelles règles se font ces modifica- 
tions? Garnier s'en ttcnt au peu qu'il a dîl^ Pillot 
fait moins encore, et Mathieu ne dit rien d'important. 
Toutefois ce grammairien a signalé certains usifge? 
do participe présent qui avaient échappe à Garnier.cl 
àPillot. ' / . 

t Le mot ro/npantei semblableSi dit-il, à signifiant 
latente et cachéer-é^ troys temps preselifc, passé et à 
venir; comme : Fabius le Maxime délayant saulvaja 
ciwse publique ronwine , c'est-à dire : quant Vabiua 
Maxime délaya {i)\-^Decius mourant saulvera le peu- 



\ 



(1) C'est le ters d'Ennius : 

Vms fù Mit» cMmla*.'9 rttiiUl rem 



"T* 



JEAN (lARMBR. JRA?I PILLOT. ABKI. MATHIRlf. 



32îl 



p/« de danger^ c'est à dire :r/finit(/ Decivs montra ; — (c 
peliican mourant donne vie à ses peijst c'est à dire : 
quant U fSlican meurt. Et a en escriplure et propos 
grand force et vertu, et grand grâce, loiU seul ou ac- 
compaigné de cesto "particule r;i qui le précède. » 



DK L ADVERBE. 



Les adverbes existent par ciix-mêmcs ou se forment 
des noms, en ajoutant la syllabe ment au féminin: 
belle, bellement; par syncope nous disons : clrgrimment 
pour elegautement; hardiment pour hardicment y etc.. 
■ Les autres adverbes sont innombrables et se divi- 
sent en différentes çlâ^s, comnie en latin. On en 
trouvera la signiricaBoMB|^ppIoi dans le dictionnaire 
latin-français de Robert Estienii^ :• l!usage et la lecture 
en fourniront d'î^uti:^.; — PiHot s'est emparé de cette 
idée, et Jl termine spb livre pat une longue liste de 
phrases latines et françaises où il donne des exemples 
de mots invariables : sur les deux cent seize pages que 
compte sa grammaire, cent six sont consacrées à ce 
dénombrement, qui 'a sa place naturelle dans les dic- 
tionnaires. \ : 

Garniera parlé ailleurs des formes <&mparatives et 
superlatives des adverbes(l), en traitant de l'adjectif. 
Use borne à. parler ici des négations qui sont ne. 
pas; ne... point, ne,,, rien; ne.,, jamais f et le verbe 



i. >) Voy. ci-dessus, p. 29?. 



'Ti> 



' ^v 



324 



au milieu : ilioïnme saye nb dit jamais : je nb i' eusse 
PAS pensé» — Hors de la proposition, d'-qs les réponses 
" par exemple faites à une interrogation, on emploie non 
OM-nenny (1). 



•^ . 



DB LA. PRÉPOSiTIO?!. 



V 



' Les prépositions sont les înômes en latin qu'en fran- 
çais;- les unes entrent en composition ; les autres, non. 
Des pruniiùresj jes unes sont séparabies : dire, contre^ 
dire; d'autres inséparables : facile, difficile; jour, 
séjour, cic. 

L'emploi des prépositions a, de, a été marqué en 
pariant des articles (2}, et de l'itifinitif des verbes ac- 
tifs (3). — La préposition en peut être remplacée t)ar 
le datif de l'article masculin singulier, au : les anges 
sont au ciel, et les hommes £/i terre ; au pluriel, on dit 
ai{x et es : les uns sont ai^ faux-bourgs de la ville, et 
les autres sûtït w portes (4). 



^ 



i»B LA coNjoncnôiv. 



Le? Français font grand usage des conjonctions; 
mais ils en ont bien moins que les Latins. En- effet, 



(1) Oudin ne coiuacrc pai moinit de sept pages aui adrerbesde néga* 
iibn(pp.28S-29l). 

(2) Voy. cl-deMU8, p. 286. ♦ É ' '^ 

(3) Voy. ci-dettus, p. an. 

(4) OudiDt négligé cette remarque i'.Cf. d-de68n.s p* 264. 



/ 



JEA:1 garnies, JIEA> I'I|.I.0T. ABKI. MATniEtJ. ri25. 

en français, presque toutes les c.opulatives- sont rem- 
placées par et; les disjonctives, par ou; les adversatives, 
par mais; les causales, par car; les rationales, par donc, 
— Les Français ont très-peu de ces conjonctions explë- 
tivcs qui,_san3 ôtre nécessaires, donnent tant de 
grâce aux discours,— £<, ou, mais, ^ar, donc, sont les 
principales conjondions - françaises, mais non les 
seules; on connaîtra Tusage des autres par la lecture 
des auteurs. L'emploi de nij et de ains (1) pouvant 
paraître un peu obscur, un exemple ôtera toute difli- 
cuUé : Cestè maison ne sera ny à moij mj à toy, ains 
sera divisée, 

- . * • ,. . 

Di L'interjection. 

L'interjection est' moins un mçt qu'un son informe, 
marquant uu sentiment de l'âme; les Français s'en 
scrvcnt^omme lés Latins, mais moins fréquemment. 



-.'a 



^ SYNTAXE. 

Syntaxe ! Est-ce' donc Ici que nous trouverons cette 
syntaxe que nous avons vainement cherchée dans les 
autres grammairiens, même dans Rkmus, si peu com- 
plet qu'il soit? Non; Garnier ne nous fournira point' 



«/ 



(1) • Àim, dit Oudifi, e»t defenti vieil depuia'dix ans en ca. • — Voy 
dans notre édition de l'Uitt, dt VÀead. Fr. par Peliason et d'Olivet; aux 
Pièces justif. dtt t. I,,U Requête 4is Dictionnaires, et la Comédie de 
l'Académie. 



. / 



7*26 • -' GRAMMAIRE rRANÇAISE. 

encore ces règles précises qui' auraient pu nous 
initier à l'esprit de notre ancienne langue; si l'auteur 
avait trait(5 cette partie de la g^ranrimaire. avec la 
sagacité, avec la méthode si sûre, -dont il a fait 
preuve da^ls l'ouvrage que nous venons d'analyser, il, 
n'aurait pas manqué de nous laisser un travail utile, 
et il aurait été facile ensuite de le corriger ou de le 
compléter. Malheureusement il se borne à quelques 
remarques syr l'ordre que doivent occujjcr dans la 
phrase les mots qui la composent. . • 

En ce qui touche à l'accord des genres et des nom- 
bres ettÀu régime des verbes, le français imite exac- 
tement le latin; dans les pisses qui ue sont ni 
interrogativcs ni négatives, on pïaçe d'abord lé sujet 
du verbe, puis le verbe, le complément du verbe et 
l'adverbe; les autres parties de la phrase se placent 
au commencement ou à la fin, selon les exigences du 
discours. — Dans les phrases interrogatives ouimpé- 
ratives nous commençons par le verbe, précédé de me, 
iCj .çtf s'il a un de ces compléments; vient ensuite le 
sujet, puis le complément; si le verbe est à l'impératif 
et que la phrase soit négative, la négation se. place 
avant le verbe. 

■ ■ * 

On remarque que Philippe de Commines place or- 
dinairement le sujet après le verbe : Et commande Le 
roy, et vindrenl tes ambassadeurs {i)t eic. 

Beaucoup de phrases françaises commencent par :i/ 
y a : mais on ne saurait donner de régies précises sur 

■ * 

• \ - . — ' — : ~- ■ ^-^Tz ~" 

(t) Cf. ct-des8U8, p. 248. 



M 




\ 



ji:an ('.armer, jfàn pim.ot. xnm. matuiei». 



327 



l'omploi de cette locution. : H y a trois choscê qui chas^ 
yrnlC homme hofsflè sii maison y assavoir la fumi^c^ la 

' (inndcfiui chcl (t\t'n haut et la fcnimr rioUcnse ; au lieu 
(le ihjaon peut employer sinipleraent H est (f\ — A 
celte remarque de (iarnicr peut se joindre -rlle que 
lait Abel Mathieu sur une locution analogue:* Fault 
icy, dit-il, adviser une liayson estrange, neantmoins 
îoM ordinaire. Quant je demande : (/»<?//« Ucnrc est il? j 
nii nespond : i7 e.çr rfeMa:W/<*Mrr.v; laquelle est usitée en 

Tiîoscane et approuvée (2); scmblâbrement les (îrccs 
Fout ordinaire en tous liens. et nerfs d'oraison (5 : par- 
lant n'en fault faire aîucune doubte, puisqu'elle plaist 
a iiostre peuple (4). » 

Du reste c'est par l'usage et l'exercice qu'on arri- 
vera à connaître la syntaxe française, et par l'étude • 
dos bons livres, comme la lecture du Nouveau-Tèsta- 
inent ou de Philippe de Commines. ^ 

Ici è' arrête le travail de Garnier. On voit combien , 
loin derrière lui il a laissé Jean Pillot. Garnier est peu 
connu : Texamen que nous venons de faire desa gVam- ' 
maire prouve qu'il raéritaït plus d'attejition qu'il n'en 
a obtenu jusqu'ici. 



(1) Cf. ci-dessus, p. 24C. 

Ci) C'est une*'crre«r. En italien pur on dit : che cra è? sono le due. — 
Cf. p. 250, '' 

i'X En grec le verbe, employé à là troisième personne, se met au sin- 
gulier avec un sujet pluriel , ai c« aujet est neutre : rk C<<>« ^p^x^t. — Cf. 
ivdet»u8, p. 251. * 

(4) Oudin hit une grande difTéren£e entre : Quelle, heure ext-ce qni 
ionne? à qùoj l'on .répond : ce sont fiix heures; et quelle heure est-il f 
il est diat heuree. ( Gramm. , p. 2 1 3 et autoi page 2SI • ) — Cf. Vaugelaa avee 
Commentaires, t. Il, pp. 399-293; et ci-deasus, p. 250. 



% 






328 GRAMMÀIRR FnÀ>CAISR. 

Quant à Mathieu, bien q^ii*il ait nt'gligt^ beaucoup 
.des quesUons auxquell(!à la «grammaire doit une ré - 
jponse» il a songé à donner des règles sur un point que 
Pillot et Garnier avaient l'un et l'autre oa)is, la ponc- 
tuation. ' ' 

C'est donc à lui seul que nous emprunterons les 
règles (|ui suivent : « La ponctuallun ne touche en rien, 
dit-il, la ligature ne le seris dë^la composition ; nnais 
tant seulement est trouvée à plaisir h. la distinction 
des membres, et pour conforter l'alaincdu disantjN)u 
de celuy qui list. a 

- M Aucune distinction y a. en ceste sorte « 9 » ou efn 
céste t / » , qui donne.a eognoistre lentree du propos; 
l'aiitreen ceste sorie t r » qm donne à entendre le pro- 
grès d'iceluiy et continuation ; l'autre en ceste sorte « . » , 
quidonneaenleridrc l'achèvement; unequiegtpar clos- 
ture de deux demys cercles rompuz ainsi f ( ) », par 
laquelle est à entendre que ce qui est dans le meillieu 
est aucunement extraict et mis dehors du vray dis- 
courà, niais neantmoins y peult tempor^er; une aussi 
qui sert à la d^ande et interrogation, en haussant la 
voix et le son du mot ou du nerf (du verbe) en ceste 
sorte « ? » ou en ceste «V» (i). Lesquellesje nomme dis- 
tinctions (2), qui est terme gênerai faict particulier, » 



(1) Le point-vltRule sert, en grec, à marquer rinterrogalion. 

(2) Ajt 8leur de Palliot dlTde même : • Restent maintenant les Distine- 
'ttotu qui sont teilemeiit iSfÊÊÊU cm nostre orthographe ( où neantmoins 

elles s'observent moms qu'en pas une langue , comme si nos François 
estoient ignoranti^eleur effect et valeur) que sans Icellea , lune eaaitute 
demeure comme toute' confuse e|' moins intelligible.» 



A 



ji:a> (;armer. jkan tiilot. aki.l auTiiMiiJ. 



;'2D 



\ Mathieu n'ose imposer de nom à.\'iucun des signes 
qu'il a figures; il se conlcnle du nom de disiincthms, 
qui sera commun à toui^ ces signes : « sûyt di^c, dit- 
il, qu'on les appelle entrée, p'rogrès, achèvement, ^'os- 
lure et interrogation, tousjours auront-elles le nom 
général en françoys. » •" 

Ces signes, « noz anciens n'en ont pas este curieux 
ou né les ont gueres' cogncuz. » A-t-on donc le droit 

'de rier. 'innover dans là langue? Mathieu penclie, ici, 
pour l'aflirmative : * ceulx qui sont les mieulx enten- 
duz, dit-il, y auront ésgard, car cela ne deshonore 
point nostre langue et ne la défigure aussi, combien 
qu'il ny soit nécessaire : mais pour ce qu'on en use es 

. auti-es langues polices €t oi'nees, eJt poîiî* ce aussi que 
le sens et la raison est commune a toutes gens, telles 
distinctions consistant aussi bien a la sentence du pro- 
pos que des motz, il ne fault trouver estrange si elles 
preignent place en France, spécialement entre ceubc 
qui jouissent du bon loysird'escripreetde composer. • 
Jaloux/ autant que l'était Meigret, dje l'honneur de 
iiDtre laggue, Mathieu ne voulait nr qu'pn la polît à 
l'aide des langues anciennes, ni qu'an en simplifiât 
l'orthographe en faveur des étrangers : «qu'ils vien- 
nent, disait-il» babiller avecques noz^enfans et fem- 
melettes»; il constate ce qui est; l'usage est sa règle, 
Tusage qui n'a jamais tort, et qu'il ne veut ni discuter 
ni blâmer. Ce n'est donè pas lui qui voudrait «repren- 
dre l'usage d'escripture en francoys de supcrfluité al 
redondance et la changer ; » il sait trop bien — et ceci 
est la condamnation de Dubois, Meigret, Pellelior et 



3j0 



oftmiMAIRK FRANÇAISE. 

Uamus, —qu'il ne faut pas imiter a aucuns nouveaux, 
qui en cela n'escripvent à d'autres qu'a eulx mesmes, 
et tant s'en fault qu'ilz soycnt rcceuzctcnsuyviz, qui 
ne sont leuz nycnlcnduz du commun. » - 

Pillot et Gariiier, dont^ nous venons d*analvser les 

•ipuvrcs, appartiennent à une école qui pouvait rendre' 

4 notre grammaire de" véritables services, et fournir à 

la postérité d'utiles rchseignemeiits;. ils -constatent ce 

qui est, sans chercher ni proposer des réformes contre 

• lesquelles l'usage a toujours raison. On remarque avec 
peine, cependant que leurs explications pour justifier 
Ics'règlGs communes n,e sorft pas assez indépendantes 
de la grammaire latine, soit qu'ils la suivent de trop 
près, soit qu'ils aient la pri^tentibn de s'en affranchir et 
s'en écartent à dessein, mais maladroiterfient et par 
système.» De plus ils se sont bornés à consulter la 
langue parlée plutôt que la langue écrite; et telle est 
la double cause d'uno faiblesse qui jour est commune 

, avec presque tous leurs contemporains. 



i 



,/ ' 



ROBERT ET HENRI ESTIENNE. 



^- 



:s':.^ 



T Las pjus importants traités composés, au xvr siècle , 
.sur notre grammaire nationale sont 'dus fi Robert Es- 
tionne et à Henri Estienne son fils. 

Plus hçureux et plus habiles que les autres gram- 
mairiens qui ont écrit à la môme époque ou dans une 
période trè&rf approchée, tous deux, tout en restant fi- 
dèles jusqu'au scrupule à la grammaire ancienne, ont 
pu donner des œuvres bien, supérieures à tous Ips au- 
tres livres du-méme genre. 

Leur boidieur est d'avoir marché d'accord dans une 
voie d'étude que leurs efforts, non plus isolés qiais collec- 
tifs, ont pu prolonger après l'avoir ouverte, élargir après 
l'avoir tracée; leur grand mérite est d'avoir su tenir 
compte à la fois de la langue parlée et de la langue, 
^citej.ils citent souvent les ïToëtea et les prosateurs, 
M isSkîun à*èyx fut, comme dit Itorace , Imdator 
ipmporïs'acti, * , ; * j 

Au moment où Tltalie et rEspâgne disputaient A 

la Fiance rhonneur d'avoir la langue la plus riche* et 

la plus polie de l'Europe, ceys deux grands hommes 

, pirofcTndément versés dans la connaissance des langues 

anciennes et modernes , et jaloux de la gloire de notre 



^^^7 



♦. •" 







1' 



4 

\ 






A" 



/ 



3^'i UmUMAIIIE FRANÇAISf,. 

pays, s'attachèrent avec le plus noble patriotisme (\), 
avec l'ardeur la plus généreuse, à assurer par d'utiles 
travaux la supériorité de nos écrivains. 

Le dénombrement des mots français (2) et une 
grammaire française (îi)f deux ouvrages de Robert 
Estieniïe, prouvèrent à ta fois combien notre langue 
était riclie et combien étaient précises les règles qui 
on fixaient la correction et la pureté. Digne héritier de 
son père, Henri Estienne continua l'œuvre de^ Robert; 

^ il compléta sa grammaire par un-grand nombre d'ob- 
servations nouvelles (il); il montra ensuite que, par sa 
conformité çivec le grec (5). c'est-à-direavcc la plus belle 
laiîgué qui fût jamais, le français devait prétendre 

^ à la place d'honnreur dans la 'ittérature de tous les 
peuples modernes; ftous avions seulement à la préser- 
ver des influences étrangères, surtout des influences. 

(r) « Ceux qui auront yeu les escritg de mon fière et de mon onde, dit 
Henri Estienne, appcrcevroht que ceste atTection d'honorer ma patrie 
m Viilj tellement héréditaire que je ne pourrois me la déraciner sans forli- 
«ner totalement. » ( Dédicace de la Pr^cellence, au Roi.) 

(2) Dictionnaire (rançois-latin, eontéitant Ut mots et manières de par- 
ût françoit, tourne: en /afin. — A Paris, de l'imprimeriede Robert E»-» 
lietine, M. D. XXXIt.— Pet. in-f. 

(3) Traicte de la Grammaife françoise.S. l. N. D. à l'Olivier de Robert 
Estienne. — ln-8.- • ' 

■ (*) ftypomneses de Gallica lingua, peregrinis eam diseentibus nehessa- 
• j'w; ; quadam verà ipsisetiam Gallis multum ptofuturx... Autore Henr. 
I^tephano qui et galiicam patris sui grammaticen «djanxit,— S. L. — 
J*.D.LX^XiJ.-In-8. 

(5) Traieté de là conformité' du langage françqis avec [# grec, divisé 
en trois livrés, dont ies deux priemiera traictent des manières de parler 
conformes! le troisième contient plusieurs mots françois, les uns pris du , 
grec entièrement, les autres en partie.... Avec une préface rêmonstrant 
quelque {{artie de desordre et abasliui se commet aujpurd'huy en l'usage 
dé la langue françoise. — En ce traieté sont descouvertk quelques secrets 
tant de la Jangue grecque que de la frani;oise^: duquel l'auteur est Henri 
Estienne,— A Paru, paTRob. Estienne, imprimeur du Roy.— 1 VoL in-8. 



I 



y 



\ 



italiennes (I) accpptiMvs j.ar la mocln, et qui en cor- 
rompaient le caraclère et en affaiblissaient la saine 
vigueur. Qu'uvions-nous d'ailleurs besoin du secolirs 
des Italiens, puisque notre langue remportait sur celle 
de ritalic(2) autant en^ richesse qii'en noblesse et en 
gravité, et qu'elle avait non-seulement le nécessaire, 
mais encore le superflu? * 

Les travaux où sont traitées toutes ces questions, 
oïl sont fourniçs toutes ces preuves, forment un en- 
semble dont les parties, unies par un lien comnuni, 
soiit de la plus haute importance pour l'étude et rhi.s- 
toire de notre langue. ^ Disons cependant bien vite 
.notre opinion. Ces ouvragés étaient nécessi-^ement sa- 
vants puisqu'ils sortaient de telles plumes; mais ils se- 
raient plusutilèsencore peut-être si les autours s'étaient 
toujours placés^à un pojat de vue indépendant de leurs 
étudeè habituelles sur les langues anciennes, et si les 
exigences de leur profession leur eussent permisde 
mûrir aijsez longtemps des œuvres (3) dont la vente 



k . 



(1) Deux dialogues du nouveau langage ftançois italianizé, et autre- 
ment detguiié, principalement entre Iw courtisans de ce temps; de plu- 
sieurs nouveâutez qui ont actompagni^ ce«te flouveautë de langage,: de 
quelques courtisanismes modernes et de quelques singulaHtez courliâa- 
Hesques.— In 8. S. L. N. D.— (?^ Genève, ÎS:8, d'après bruriet. 

(2) Projet^u livre intitulé re la Prkcellence m langage rnANçoLS, 
par Henri Bstlcnnc.— Pari», Mamert Pâtisson, M.D.LXXIX.— ln-8. 

(3) H. Estienne convient avoir terminé en quirizè jours son traité de la 
Prifcellente ; dans son livre dé la Conformité du français ai ec le grec , 
p. 104, il fait «e singulier aveu : «Geste observation lia le dernier lieu 
par oubliance , car si elle me fust venue en mémoire, ie. l'eusse mise la 
prerniere; mais- Il n'y a plus de remède, la copie du précèdent n'ei>tant 
plus entre mes maini', pource qjue cecy s'imprime faict à Taict que je l'os- 
cri. «Dans le même traité, on lit encore : « Ceste observation devoit avoir 
esté traitée ci-dessus... mais d'autant que cest endroit là .cstoit ja im- 



I 



#« 



, «-■ 



334 



(jBAMXAIIiK rRÀNÇAISE. 



{ 



, * 



devait leur apporter vite un profit assuré et nécesvsaire. 
Les dilTérciits travaux dont nous venons de parler 
ne sont pas tous exclusivement relatifs à la gram- 
maire; mais dans tous sont traitées des questions 
grammaticales que nous avons prfs à tâche de réunir 

-et de coordonner. Bien que publiés à d'assez longs in- 

» 

tervalles et à des dates différentes, tous se viennent uti- 
lement grouper autour delà Grammaire à laquelle ils 
^nt éîroilemcnt unis, qu'ils démentent raremetU, et 
qu'ils complètent. 

Nous diviseront' notre étude sur les œuvres gram- 
maticales de, Robert et de Ilcnri Estienne en deux 
parties. Kun côté sera le lexique, dont nous nous oc- 
cuperons en dernier lieu pour ne pas interrompre la 
marche de notre travail; de Tautre la gramma-ire, 
dont Tobjct se rattache mieux aux études précédentes 
et dont nous parleronà d'abord. Nous en détacherons 
un dès chapitres, le chapitre de la conjugaison des 
verbes, que Robert Estienne a cru lui-même assez im- 
portant pour en faire l'objet d'un livre particulier (1); 
nous le prendrons comme texte de comparaison avec 
les doctrines émises sur le môme sujet par les autres 
grammairiens contemporains. . 



primé, .car il m'a faUu haster ceii ouvrage selon la ha»te qa'avuyent les 
presses, )'a> («n^é qu'il vâuldroit mieux la mettre ici, encores qu'elle ne 
fusten ton lieu, que la laisser eschappcr. • — Pages 3•^34^ 

(1) De Callica rerborum declinatione. — PariBiio, ex ofllcina Rob. Ste- 
pb&nj, typogràphi rcgii. — M.O.XL. ( PeUt iu-8'>(le 4 feuiUes, &uu pagi- 
nation ). — Voy. ci-dessoua. , 



. À 



I 



û 



ftOBEST IT UINMI ISTII5MB. 



iss 



GRAMMAIRE FRANÇAISE. 



La grammaire française de Robert Esticnnc répond 
au déiip qu'on lui avait manifesté de voir notre langue 
réglée d'une maniiire moins arbitraire qu'elle ne l'était 
dans les ouvrages dû Duboiâ et de Mcigret : savants 
hommes Bans doMte, mais qui ont entremêlé d'erreurs 
un grand nombre do 8ag,es observations et dé bons pré- 
ceptes. Robert Estiennc a retiré l'ivraie du bon grain ; 
il a complété les données que lui ont fournies ses pré- 
décesseurs à l'aide d'une source féconde où ils avaient 
trop négligé de puiser, l'usage (1). 

L'usage! voilà le vrai maître des langues (2). Il est 
si bien établi en France, *que nous n'avons pas eu be- 
soin jusqu'ici, comme les Italiens, que « les plus grands 
personnages de iiostre Fi-arice ayent mis la niain à la 
plume, pour parler françois (3). » Ce bon usage du 
pur français, Robert et Henri Eptienne l'ont cherché 
où il convient, c'est-à-dire dan?F|le-de-France et sur- 
tout à Paris, car Paris c'eét la France de la France, 
comme Athènes ét^la, Grèce de la Grèce. Sans doute 
il y a à Paris des locutions propres au terroir, pour 
ainsi dire, des parisianismes,. comme il y a des blai- 



(I) J'r^/iM^de Rob. Esticnne. 

(3) ■ Optimus loqueodt magister habttus fait usus. • — II. Estienne , 
Bypomneses^ p. 198. 
(3) Pr^cei/ence , ptéfice. 



/ 



/ 



f 







33& HAM^runK inANÇALSK. 

sismos ;'i Blois, de.; ortCanismes .'i Orléans, dos turo- 
nismcs à Tours : mais ce (jui serait une taclie ailleurs, 
à Paris c'est un grain^ de beauté (l)r. Là est la Cour, 
qui maintenant, hélas! li;nfi à laisser l{i mode en- 
valiir le langage et corrompre sa pureté première; là 
surtout est le Parlement ; là, la Chancellerie ; là, la Cour 
des Comptes (2). 

Compilation de sages préceptes, formée des meil- 
leures règles des meilleurs auteurs, enrichie encore 
l-ar l'usage, la grammaire de Robert Esticnne sera uu 
ouvrage uirle. L'auteur — il s'en vante et c'est un torl 
— a procédé «^ la manière des grammaires latines, • 
et ses ciïorts pour traiter son sujet t le plus elere- 
mcnt (3) » qu'il a pu ont si bi'en réussi, nousdevons 
le reconnaître; l'ouvrage, au point de vue purement 
typographique, es» si nettement disposé pour l'œil, 
qu'une seule des grammaires du même temps, celle de 
J. Garnier, peut lui être comparée. Malheureusement, il 
faut le dire aussi, l'ouvrage est incomplet: Robert Es- 
tiennc avait vu ce défaut et voulait augmenter son 
livre, quand la mort lé surprit. Son fils Henri regarda 
comme un devoir filial de remplirie vœu de son père, 
et il donna pour couronnement à Pieuvre de Robert, ses 
Jlypoinueses linguœ gallicœ : c'était en outre à ses yeux 
faire acte de bon, citoyen^ «t fournir aux étrangers de 
nouvelles ressources pour apprendre à fond notre lan- 



(1) « Nasvos in pulchrâ facie » dicit.— Hypomnetet,:ptait. 
i'i] Rob. Esiienne, préface; — H.EàUeQDe, loco cit. 
[i) Préface de Rob; E§ticnnc^ - 



f 



ROBERT ET HEMRI ESTIENME. 



557 



guc (4): langue riche et polie, qui a tiré du latin la 
plupart de ses vocables, du grec ses meilleurs tour^ 
(le phrase, ses plus élégants emplois des mots : lan- 
gage susceptible encore de s'enrichir par de discrets 
emprunts faits à ses divers dialectes; langue supé- 
rieure à toutes les autres, et la plus belle usitée parmi 
les nations modernes (2). 

Robert Estienne entre ainsi brusqucjnent en ma- 
tière : 

« En nostre langue francoise nous avons vingt et 
— tlcux tettres, lesquelles nous divisons comme les La- 
tins en deux parties, en voyelles et consonnantes. » — 
Après en avoir fait le dénombrenjçnt, il ajoute : « Nous 
avons forme de lettres particulières, approchantes 
assez près de celles des Italiens; mais elles ne sont 
point ainsi couchées sur le devant, ains sont droites 
comme les romaines, et plus grasses; le corps des 
lettres est court, les janibes et les têtes longues. — Es 
impressions, nous nous servojis pour le jourdhuy de 
lettre romaine, quelquefois de PitaHenne (5;. » 

Comme modèle de nos lettres françaises, Robert 
Estienne donné l'alphabet que nous appelons aujour^ 
d'hui gothique et qui sert encore en Allemagne; Abel 
Mathieu, qui affectait d'éviter tout emprunt fait aux 
étrangers, avait au contraire employé le caractère dit 



n 



% 



t, 



(i) Pf^fow dM Hkpomneses. 

(2.) Traité de U PrécelUnce^ et Conformité du françoit aveélt grec; 
— (xaasim. 

(:t) Les caraetères italiqoes furent spécialement affectés , dans le siècle 
suivant» à l'impreMion des ouvrages en vers. ^ 



r 



3S8 



GlAMMAIBE FRA!(ÇAISC. 



de civH'tU'; Thë;pdo*r&dc Bèze, dans son traité latin de 
la. prononciation française, donne formellement ces 
caractères comjne purement français (1) et s'en sert, 
au lieu d'italique , pour distinguer de son texte les 
exemples qu'il produit. — Mais ce n'est pas là une 
question de grammaire. yj^ 

Suivent les remarques sur les lettrés, qui ont servi 
de thcme à un travail cons^érable de Henri, Estienné 
dans ses //f/poi«/ie.sr.v. — Robert n'avait parlé que de 
celles dont I4 prononciation n'est pas la même en fran- 
çais qu'en latin : Henri les passe toutes en revue dans 
cetordre: voyelles, diphthongues,triphthongués, con- 
sonnes; nous suivrons S3 division. * 

, * , .- ' . ♦ .. 

'. ' " ■ * ~ ' • • 

^ ■ " ^ , ■ ■■ ■ " ■ 

l.—TRAlTl: DES LETTRES. 

URTDOGRAPHE KT rRONONCIATlON. 

Voyelles. 

A. -»- La prononciation de l'a nous est commune 
avec les Lafins et surtout avec les Grecs. Comme le* 
dialecte dorien, le dialecte roman, «c'est-à-dire celui 
des frontières do la France, n -et le patois de la Savoie 
reniplacent volontiers le son e ou ai par le son a, disant 
c/a pour c/r/; de même, dar^ man, fam, panyfareà\x 
lieu de clair , inain^faim, pain, faire (2). Nous-mêmes 



(1) • yerc francici characteres. » 

(") Le Glossaire genevois constate l'emploi de a pour e détint r : 
Poffon , Berlin pouf perron , Berlin. Les paysan» de Molière font le 
même changement *. « Un habit jaune et vart ! c'est" donc le médecin des 
perroquets?... allons vite le sarcher. ^ (Médecin malgré ItMé) — Geoffroy 
Tory attribue k \n fréquentatien do Italiens qui affluaient «as foires de 



••js 



) 



é» 



nitnKRT I.Ï ni;NRi kstiknnk. âno 

nous (lisons c/rtir, mais r-rf/rf/'. Cet a du roman est plus 
voisin de J'étyinologie, qui paraît inLciix dans '^ifirr, 
)u(irt\ f/c/Hfl/î que dans père, mcvcy demain, tirés de 
paire, inàtre, dé mane, - 

A est généralement bref : race, trace, face., place, 
t/lace; ï\ est quelquefois long, surtout dans les dissylla- 
bes, comme {/race, âge pour auge ou eagc, Ct aussi quand 
il est suivi de deux ss ou même, quelquefois de deux con-, 
sonnes quelconques : ^rroM^, lasse, basse, brasse, etc.; , 
paste, liasXc ; gasie, tasle, \orhcs ; masle, jyasle. — 
li est souvent bref néanmoins -même suivi de deux 
consonnes: vache, tache, hache, sache, cache, etc.; mais 
il est toujours long s'il y en a trois : masche, lasche, 
fasche. — Cette distinction de brèves et de longues sert 
à distinguer certains mots : tels pâte de chien, pasleûe 
farine, matin et masiin;^ tels encore V/îa^Ae (venatio) et . 
chasse (ferculum). . 

. Dansjes trissyllabes, a est généralement bref, «//ace 
(imca) bécasse, etc.; il l'est, de plus, dans les mots 
dérivés d'un primitif où l'a était bref, tels desplace, de 
place ; chickeface, desface, reface, etc. -^ Toutefois il 
est long : 4" dans les dérivés deraots où Va était long; 
entasse dé tas; embrasse de 6r£tj«e^ etc. ; 2° dans la syl- 
labe asse particulière aux subjonctifs et aux optatifs : 
aimasse, louaste, eic. 

Dans les fmates en âge des mots de trois^ quatre 
ou cinq syllabes^ cpmme visage, mariage, apprentis-^ 



>^ 



LyoD rasage qu'araie^ les dames lyonnaises de changer e en a dans la 
pronoBciatibn^quaodJ^ contraire les parisiennes airectaient de changer 
a tn f. (QiaiBpleury, feuillet XXXIII, V.) 

-■#■'■ 



/ 



X . 



y^'i" 



340 GRAMMAIRE FRA>VAI8R. 

sagCf Va est allongé, mais très-légèrement ;^-demême 
pour les finales en atementoii ablement, comme totale- 
ilientt honorablement (\). * 

Le peuple, ou plutôt la lie du peuple, surtout ù 
Paris, met souvent un. a pour un «, disant piarre pour 

"^ pierre, guarre pour guerre; et cette prononciation était 
autrefois générale : « Quelles pensioQs nous qu^estoient 
les oreilles d'alors qui portoient patiemment mon frère 
Piarrcy mon frère liobari, laplace Maubart? Et toutes- 
fois nostre \Mllon,,un des plus éloquents du temps, la 
parle ainsi- (2). »/— Au contraire, les courtisans, « con- 
trefaiseurs de petite bouche, » et surtout les femmes 
ile la cour et celles qui croiraient déroger à leur no- 
blesse en prononçant Ta, le remplacent par e et disent 
catherre ei càtaplesme pour catharre et cataplasme : ils 

- rappellent la demoisçlle Savoyenne et son «c/ian(^r 
miagnifiquer qu'elle disoit pour chanter magnifitqt, pen- 
sant éviter la vue de son langage naturel (3). ■— *.Gar- 



V 



(1) C«8 tleiix remarques doivent nous rendre moins eévères que nous 
ne le serions, en tenant compte de la prononciation actuelle, pour les 
poètes qui ont dit, par exemple, comme Despréanx : 

Si qtielqne. esprit' malin veut lejiJtraitrr de ^«A/f«, ^ ' 

On dira quelque joorponr les rendra (T0jfaM^«.,. , „ 

ou qui ont fait rimer, conime Voltaire, âge et courage , etc. 

(2) Introduction au traité de la Conformité des merttilles aneietwes 
avec let modernes, liv. I. — Il ajoute } « Voila exemple du langage auquel, 
on prenolt plaisir de faire la grande bouche, à la façon de ceux d'entre 
les Grecs qui estoint nommez Dorieni etde ceux d'entre les Françoin qui 
'sont nomnci Savoyars. • ;^ ^ 

(3) Rien de plus commnn au xv* siècle et au xvi*, «t. à )>lùs forte' 
raison , aux époques antérieure* que la confusion des sons a et i. VUton, 
dit M. L. Quicherat, fait rimer barre avec err«, Marne tvtc hiverné, 
Lombart avec Robert; dans Coquillirt, on voit ferme rinutnt avec ^en- 



ROIERT ET HBNtI ESTlinnE. 



r»4r 



dons-nous de les imiter (1) I — Gardons-nous de dirç : 
// iy en aU'n pour i/ s y en alla : Marot reprenoit ceux 
qui disoient renda pour rendit, ou troaK moas pour 
trois mois (2) : craignons de paraître « supposts de la 
place Maubert (3), » 

E (û). — • La lettre e est une de ce^ps qui ont le 
son doux et plaisant ; nous en avons de deux sortes, 
l'un estant masculin, Tautre^ plus fréquent, féminin, 
laquelle division semble admettre quelque subdivi- 
sion; et ces d€ux sortes entreméslees font trouver de 
la diversité en une mesme lettre (5). » — Quelles sont 
donc ces deux sortes dV? La girammaire nous répond: 
« E, quand il est aîu commencement quelquefo*is se 
prononce brief et court, et comme à demi-son, comme 
peler, où pe est court, et 1er est long. » Quelle que 
soit sa place, au commencement, au milieu ou à la fin 



dafm«; on ut dan» J.Biarot : / 

Or pst Montjoie, alors premier roi d'arme», 
Hoo^me discret, tris^égant en terme»... 

(I) Ce chapitre est rédigé à l'aide des Hypomnetet , pp. 3-11, et des 
passages cités de V Introduction au trotl*'...,. etc. — Au xvii- siècle, la 
cour hésilàlt entre terge et iarge: ( Vaugelas. ) 

[1) Maiot, l« épitre du Coq à FAm ; • 

Je dy qu'il tfest point question ' 
* ■ XttàinfaUUm.ntij'étlion, 

Vytenmlê,njjefrtpn. 

(3) Long, franc, italianisé, iiii. S. D.(?) Genève. 1S18, pp. 143, 145,, 

146.— Cf. p. î»8. ' 

(4) Ce paragraphe est rédigé à l'aide principalement des Hypomneset, 
pp. il-M;— nous ayons suivi aussi la Grammaire -et d'autres textes 
cités dans les notes qui suivent. — Sur les diverses prononciations de \'e, 
voyeï dans Geoffroy Tory (ChampHeury, ^XXX1V, r» et V).u» passage 
trop long pour être cité Id. 

{b) PréctUence...,^. M. 



'»' 



342 GRAMMAIRE FHA.NÇAiSE. 

d'un mot, ^ peut être long ou masculin, dit Henri Ks- 
tienntj, ou court, c*cs;t-à-dirc féminin. Ordinairement 
il est long quand il est suivy de deux consonnes : com- 
mettre (4). » 

Les Français ont cli«çingéen e Ta d'un grand nom- 
bre de mois latins où lo dialecte roman {"D l'a con- 
servé; icisbonté^ santr, mer, amer qu'ils prononcent ; 
bonta, stmta, innry amar (3i. 

E mascurm. — Cet e dont le son est clair et plein 
nous est commun avec les Grecs (te, oe) et les Latins 
(te, de)'^ non^seulement il peut y avoir un e masculin à 
quelque syllabe d'un mot que ce soit, mais- encore il 
peut y en avoir deux dans un môine mot et même 
trois, soit de suite, soit séparés : défi-rer,' v('rité {II). 
— Cet e se rencontre dans certains verbes, où pour 
mieux marquer le son, on écrit- parfois deux e comme 
séparénwnl o\i sepùreement (5) ; dans d'autres adverbes, 
r^ est féminin ; sniuctement, justement, — Celte diffé- 
rence de l'r masculin et.de Ve féminin sert à distin- 



V'- 



{D Xn.ammaire, f. 6. 
. {2) Nous avons vu 6eu< pages plus haut que le dialecte roiii«ii mt, am 
yeux de lienrlEstienne. le langage des fronuires de la France.— G: Torj. 

(3! Voyez nos remarquesj sur a, ci-dessus, p. 340. 

(i) Henri EsUepne n» ^^a^que l'accent que sur les Anales : il écrit bé- 
néfice, déférer, évité, lerité ; nous le plaçons, dans no* citatidns, partout 
où la clarté, l'exige. 

(b) A la page 6 de la Grammaire de Rofe. Estienne , nous trouvons 
communeement écrit avec ces deux ee. Ce second «comptait parfois dans 
la mesure des vers, surtout avant le xvi* siècle: < 



Huit b tint honoirement 
— Cf. Quicherat, Versif.fr., p. 416 et luiv 



c-Bekoist.) 



^ 



ROBERT ET HE?<RI ESTIENNK. 



ar» 



guar quelques mots tiui sont semblables, à la pifonon- 
ciation près. Ainsi séparément, c'est le latin separatio ; 
séparémcnlr\Q\dA\n' sepûratimfX). ' ' 

. Cet e masculin a un autre son dans accès, procès (2), 

^ belle (3), ver „ fer, terre: c'est celui Se Vc latin dans 
terra ;.il s*ûffaiblit un peu dans les finales des infinitifs, 
comme chauffer, laver. Mais c'est surtout dans les mots 

, où cet e est suivi «de «r, comme teste, besie, ou de deux 
ss .comme cesse^ presse ({ne, Vc prend ,un son ouvert; 
il est alors semblable à celui que l'on marque par œ 
ou ai, et l'on peut rimer ensemble professe , cesse et 
laisse, a6^>am<'.— Exception : il est moins ouvert dans 
proteste, peste, moleste, etc. 

L'c masculin a un autre son encore, qui tient à la 
fois de l'e et surtout de l'a ; cet e est à proprement 
parler l'c français; on le trouve surtout avant m, 

. comme femme j iems ou temps et avant n, comme dentf 
vent; prudent, pruden^., prudemment; ornement,. juge- 
ment, etc. ; le vulgaire prononce tamsy prudant, san- 
tancé, et s'excuse sur les poètes qui font rimer constanfs 
et temps (ft) ; c'est une faute, et il faut donner à chaqù 



(i) Séparément ^our séparation semble avoir été supposé par rautcuï; 
pour les l^esolns de sa cause.' On ne trouve en effet ce mot dans auc^fn 
lexique. 

(2) Ces mots sont également écTrts dans le texte sans accent. 
' (?) D'après cette pronpnciaUon Mie e,t (tJ) béU rimeraient très- 
44) Cette faute n'est pins, appréciable aujourd'hui pour nous qtUpro- 
nonçons eonstantt et temps avec le sén que donnaient à ces mottes 
poète» anciens. Remarquons même à cette occasion que nous faisons dfes 
distinctions qui ne «e faisaient pas alors, au molns>n poésie ; car l'ore 




/ 






W' 



, V 



♦ 3U 



GftAllMAIRE FRANÇAISE. 

lettre Je son qui lui est propre; on évite ainsi les équi- 
voques de embler (enlever) par exemple , et dfe ambler 
(aile- ramblu). Nous nous faisons parfois un jeu de 
cesambiguités; ainsi : « Pourquoi dit-on la vérité dans 
le vin? -^Pource quil est de serment. » .— Ijci Te-de 
serment se prononce un'peru comme Ta, de façon qu'on 
puisse hésiter entre serment (jusjurandum) et sarmant 
(sarmentum) (1). - ' 

Une dernière sorte de e masculin est Te des mots 
conlme c/iie/i, mien^ tien, sien^ vien, où il se pro- 
nonce comme s'il y avait chiin miin, « Mais — ici pous 
traduisons, textuellement, — cela a lieu principale- 
ment dans les mots qui' sont nionosyllabes ou se 
prononcent comme les monosyllabes; tels sont ceux 
qui précèdent; car pour /icn, sien, moyen, ancien, pra: 
ticiek, >ofi ne peut d'aucune façon dire la même 
chose. » — Peut-être ces derniers mots aVaient-ils le 
son que nous avons entendu, dans le sau;nurors,; 
donner au mot c/tie/i,' qui s'y prononce à peu près 
chian (2) : la terminaison latine ipnus, ou italienne aiio 



ne saurait plus accepter la rime qu'on trouve en ce» vers : 

(Villon.) 



Am«i ay perdu tont crst an : ' 
Diea If Tii«ill^ poorroir ? Amen. 



Mm comment m ptirU l'anessc 
Mue tn irajr «W JentmUm * 
S'elle rrnlt taoxAtt., gardé I'cq. 



(Makot.) 



(1) Louis XI se plaignait un Jour dvi la mauvaise qu.iité du vin d'une 
certaine année; il en demandait lii raison :• C'est , hi dit-on, que le»' 
sarmens (oo sermens) n'ont pas Tenu.* — Cf. Quicherat, Vertif. fr., 
p.1361. ' 

(2) Cf. Rabelais. Gargcmtua, liv.l'*, chap. IX, édit. Jannet (Biblioth. 
e'set.);\otai: I. p. 33, ligne 3. On y verra un équivoque de ckùn et de 



\ 



\ 



ROBERT KT nE>RI ESTIENNE. 



:^:> 



qu'on trouve dans les équivalents de la plupart de ces 
mots expliquant la nature du son dont parle si va- 
guement Henri .Estienne. 

; E yi?fïïiniH.' -^ JU'e. féminin a le son plus sourd que 
Ve masculin; il s'arrête' potî# ainsi dire /au gosier, 
quand l'autre va jusqu'aux dents : iiousAavons des 
exemples de ces deux sortes d'e dans les mots ambutjes, 
satelJlteSf calices qui sont latins et français, avec cette 
différence seule que Te .est masculin en latin, féminin 

' en français. — Chez nous un même mot peut avoir 
les deux e avec un son différent y war</Me, c'est le nom 
latin NOTA ; mar^u^ c'est le participe latin notatis ; 
mar<3f Me peut être Aussi une des trois personnes de l'in-r 
dicatif présent, ou la seconde de l'impératif. — La dif- 
férence des e sert aussi à distinguer les mots, comme 
paste et pa^té. » ., ' "ï- - . ' 

, Ces nom's d'e nrosculin et d'e féminin sont venus 
de la rime, et semblent devoir être réservés pour les e 
desK«yllabéSKrmales ; on les trouve cependant au com- 
mencement ou au milieu des mots. Nous l'Wons vu 
pDur e masculin. Pour «féminin; le§ mots genesi] félon ^ 
U'iliTy venir ^feraiii ferons t venions^ menions, puis dow 
cernent , passe-temps, jugement, souvenir,; etc. en sont 
la preuve. ^ 

Des mots dérîv-és de vocables latins commençant par 

— : — 1 

«. ceafu qui peut servir à faire compreniift-e le pasfape de Henri Estienne : 
scMlement l«g mots lien, at^n, etc., avaient la prononciation (lu'il 
retire au mot chien, etc. -'kemarquons encore que l'on trouve ttrlt 
Europemn le mot que d'autres textes du même temps écrivaient Euro- 
péen : la prononciation expliquait la première orthographe. De même 
Pritcian et Pritcien, Julion ou Julien, Vulcah ou Vulcain, etc. 



V. 



V 



/ 



X 



y 



* r 



546 GRAMMAIllE FKA>ÇAISK. 

(/e et re nous faisons le premier <» soit féminin, comme 
devenir f retenir j soit masculin comité déclarer j référer , 
soit indifféremment l'un ou l'autre, comme décevoir, 
refréner, relasçher, détenir, où cependant IV masculin 
semble le plus en usage, et r/r«im- où le féminin semble 
remporter. — Quand deux e se suivent, ils peuvent être 
l'un féminiii^ l'autre masculin : feuîUeter, plumeter; 
ou tous les^ieux féminins-: recevoir; recelons', trois e 
de suite peuvent ménie être féminins : nous rcce/e- 
rons (1), 

Dans les infinitifs, c qui suit r ^st féminin : dire, 
ftiire; — e qui précède r est masculin : laver, aimer. 

' — Les troisièmes personnes plurielles des verbes , 

' qu'elles prennent ou non les lettres oy, ont aUsâivcet e 
niuet; la lettre n s'y entend aussi peu que possible (2^; 
dans les finales en oijent g,u pluriel, le son e donne à 
cette syllabe une longueur que n^a pas la syllabe oit 

/du singulier : il aimait, ils almoyent (3). 
flf^ans la poésie, les vers terminés par e féminin ont 

^ une.^'lla)îe'de plus que les autres, ce qui s'explique 
parce qu'on l'entend à peine. Il n'est pas mpins muet 
dans les mots comme esperit, quç Ton écrit même 
esprit, et la prononciation n'est pas autre dans vraye- 
ment que dans vrayment {h). 



m 



(Il Tous les exemples donnés dans ce paragraphe montrent avec quelle 
prudence on doit accentuer les e dans la repipdoction des anciens teit es. 

(2) Cf. ci-deMus, p. (fl, chapitre de Meigiet. 

(3) Voyez les renkrquet sur U dipbihongue ot. ^^ 

d) Ceptndant, roém« au xvi* siècle, vraiemtnt comptait soarettt pour 



1^" 






ROBERT ET HENRI ESTIKM^K. S47 

Diins certain mots e féminin adoucit la consonne 
préccdenlc : bourgeois, dom/eon, bourgeon, chiuujoanU 
chargeant, rongeant, Gic, que Ton prononce comme 
s'ils étaient écrits avec \"i consonne [ j) bourjoh, donjon^ 
bourjon', dans d'autres, il allonge la voyelle qui pré- 
cède : ambUjUement iW dc^ubign, catourdiemcnt , do 
rstourdi (2); en vertu de la même loi, e masculin des 
adverbes séparément, inopinément sera, long, puisqu'il 
|)eut se marquer par deux ec : scparccment, inopiuee- 

ment. 

En général, du reste, la syllabe qui précède e fé- 

. minin est plus longue que celle qui précède 1'^' mas- 
culin : ainsi, plus longue dans cosie, fosse, paste, 
jmirclw, escume, que dans costé, fossé, pasté, vtarché, 
cscumer, etc. Dans tous les mots qui précèdent, ce 
point n'est pas douteux (3). Peut-ôtre paraîtra-t-il 
nioins certain, qu'en vertu do cette mémo règle, qui 
n'a jamais été' posée jusqu'ici, mais qui est très-sûre, 

• la syllabtî qui précède Ve féminin dii présent est plus 



^ 



trois svllalies : 



Toi\i^ra-y-mentM mànicre comutcpilrc. 



(Marot.) 



— rr. Quicherat, Versif. franc., pp. 41G et 8uiv:-Voy. aussi, dans le 
mime ouvrage, pp. 427, 828. v- 

Quant à csperrt. pour fAprtf, le niême auteur en cite de nombreux, 
exemples qu'il tire même des pofte« dn xvi" siècle; on disait aussi 
sbu$peçoH,terai, larreein, derrenier poirr «owpfon, vrai, larcin, dernier. 

(1) H. Ksticnne écrit sans tréma : amtiffwmfnf., . 

(2) En allemand, Ve après Yi n'a paç d'autre effet : \vit,l'\t. ©ricf, etc. 
8C prononcent tie,dit,brif. En hollandal» de même : ■ ie »itb toie i 
auîiv\ffvtcdp.. » • 

(3) Ce, point aérait très-doittpux pour nous, qui prononçons ro également 
long dans eoste et dans coifé. Va dans \)dfe cl dans pasté, etc. 



348 



\ 



• 



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i 



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V 



UIAUMAIIIK PiA>ÇAISE. * 

longue que cçllc (jui précède Ve masculmdu prétérit; 
par exemple d'ans je pane, je conte, je porte, fostv^ 
que ânnsjay pasiié, conté, portée oitti (1). 

I !2).>- Rob. Kstienue se borne à dire que la 
voyelle i se prononce en français et en latin, et que 
• aulcuncs foii est coiisonante, comme joMer, jeiter, 
jouer, jurer, u J|. Henri Esti^nne est plus eifplicite. 

1 consonne. ,— I peut (être consonne en français 
comme en latin, soit au commencement soit au milieu 

•des mots. S'il esi consonne, il serait bon, pouV avertir 
le lecteur, de le roarqueç par la ntajuscule, comme 
dans '^Hth, iimir, vendçmle, que Ton écrit aussi pagi^, 
singe, vendemge (vendange), avec g. 

Ce g prend encore la place de /, mais avec un a.utre 
son, surtout chez les Picards qui disent gambe où nous 
dirons >am% ;*iiqus leur avons pris les dérivés gam- 

• Jnide el ganm^r (^), 

ivoyeUe. —Vi voyelle est écrk par quelques-uns 
dans des mots où d'autres ne l'écrivent pas : ainsi 
dangicrei danger ^ estrangier et estranger (A). Cet i ap- 

-partenait à notre ancienne langue, qui l'écrivait dans 
tous ces mots et les semblables^ et surtout les infmitifs, 
comme aidier, Itebergier. .. ; on la trouve même dans le 



(1) Voyei plus loin, le» remlirquMjBur l6 verbe. . 

(2) Ce,4>artgraphe est tiré surtout des lîypoirm«m, pp. 28-34. ^Cf. 
^ Geoffroy Tory. Champ/Uury.f* XLVI, r. 

13) Le o dâir est employé en picard partout où nous employons le j^ 

. ■ les Picards disent de même gardin, gar$f, gàrret où nous disons jardin, 

gerbe, jarret, etc. Cf. Escalier» Jîf m. sur les patois, clossaire lalin-fraoç. 

^ du XIV siècle, au mot pomerium (laU) ; CorLIet. Glo*s. picard, etc. 

(4) A Genève, on dit encore péchier pour pécher, comme prunier. 

(Gaudy, Gloss. genevois, 1 vol. in-8", 1827.) 






m 



;■> ■ ' 



.-:X; 



ROHKRT KT UKNRI F.JiTlKNNK. 



tf» 



oorps des mots, comme je iwWy yeslicve, jV rjrirvr^ 
qui sont encore (^58*2) employés quelquefois. On dit 
(ic môme grirf et brief\ mais 6r</ et jyrrrr, plus voisins 
du jatin {brcvhi gravis) sont prt'fi'rables (\ *.— On /•en- 
contre aussi i'< après IV dans plusieurs verbes, enlr'au- 
tres il meine (démener) ot ses dérivés; mais il. serait 
maintenant ridicule de le p^noncer. 

Dans d^autres mots l'i , sâa^tre omis, se prononce 
I Fi rapidement que beaucoup de dissyllabes où il est 
suivi de e jlevicnnent monosyllabes (2). 

Quant à la quantité, i est long, par exemple, dans 
les- subjonctifs des vérités où il est suivi d'un s, et cette 
]iron6nciatio{i lente sert à les distinguer de Tindicatif : 
ainsi, i est long dans quil gemist^ bref dans il gémit. 
De môme, safts que récriture cependant soit changée, 
il est plus long dansrom^fVn que je prie &u subjonctif 
que dans j<;prt> à Tindicatif. Enfm dans les mots où \'i 
est seul on reconnaît sa quantité en se reportant au pri- 
mitif latin : le verbe )îer, defidere^ à Vi plus long que 
r adjectif yîtfr de fhut ; de ipôrac il est bref dans lire 
ou lyre (lyra), et long ddns tirp (de légère), à cause 
de la syncope. - 

Les amateurs de ritalien changeaient, alors pour 
obéir à là mode, / en ?* dans luS mots plaisir ^ plume ^ 






(1 La diphUtongue'ï«, remplarant e ou a laUn, s'est conservée dans 
beaucoup de mots après, avoir- disparu d'un très-grand 'nombre; nous ne 
disons plus brief,. mais nous avons encore btiéreté; de même fiètre, jiel,' 
miel, lièvre, pierre, tiède, tic. 

(2) Voy. plus loin, di'fhf honyu* lE. 



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qu'ils prononçaient yumr, jnnme (ï); ils remplaçaient 
i par M dans seniu pour senii, c[ au conlraire-a par i 
tîans/^/rrt;»;)is.sr, et autres scmhla!)l*îs 2 ; du reste 
nous voyons Henri Kslionne lui-iiH^mo msltrd dans la 
bouche de son Celtophilc le mot wcstinqe pour mes- 
lanrje ;3j. 

O i^û).— -Nous prononçons Vo coinmc'Ics latins; raaià, 
dans les noms qu'ils terminent en io^ mo, roj to^ nous 
ajoutons un n , et disons (xcnsion , bcrnwn , Ciçeron , 
(Mlon\ pour orcush^enuo,. Gcrro, Cnln : en quoi 
nous imilcfns les Grecs qui disaient Sacav, etc., et les 
Hébreux qui disent de même y^-z^v. 

Nous le changeons quelquefois en ou .♦ nos,->w/«; 
COLOR^ coM/cMr ; parfois aussi nous admettons les deux 
sons : nous disoiis en elfet voutonlé et lolonté^ tvur* 
meiU et tormenl, colom ou cpulom (colombe), pourceau 
ofe porceau; il ne se changé pas moins souvent erf?» 



V 



X- 



. (1) L'tqui remplace Ides prlinUifs latini était en ItaBleii métne une 
rocru^tion de l'ancienne lancue. Le cardinal Beml)o a, sur ceeujet, dans 
EoD premier livre^ Délia tolgar lingua, un passage qui semliie avoir 
échappé à H. E&tiennc : • Era il nostro pariare nogli antlchi trmpirouo 
,et grosso et materiale, e raolto piu ollvadi contado che di ciUà. Par la-, 
quai cosa Guido CavakanU, Fariifttavdegli Uberll, Guittone é môU'àUri, . 
ïe'pa|ole del loro seculo usando, lascarono le rinre>4u£c piene di mate-- 
riali et grosse vocl...»btormd etplaeere, etc. » [Le Otterxatumi deWi' 
lingm t\>lgare... In Venelia, M.D.LXll.— In-8v pp. 42-43.)- En Anjou, » 
l'on remarque une tendance analogue à mouiller lea lettres bj", ft, etc. On 
dit biûnc, hieHiiifiur blanc, bleu; fiancpour flanc, flamme jfoUT.flamme, tic. 

J2} Largage fr.'Ual., p. 143. Cf. ci-dessus, p. 229. 

•(3) 76td., p. 16, ligne 9; p. i7, avant dernière ligne, et ailleurs. Les 
Picards disent de même minger, diht, diminche pour maiiger, dans,' 
dimunehe. . v ,' ..- _; 

;4) Hypomnetei^^. 31-2U. — Cf Gepffiroy Tory-((.hampffeùr>, '^L1 >f 

et LU, ri. --■/.„. ' . . . ; • ,„v: . -. 



1 » . ». 



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HOBKRT ET BEMll ESTIINNK. . .* 531 

dans les finales latines en or : honneur, douleur , cou- 
leur, etc. : dans certains mats on prononce indilTé- 
remment on et eu : demour^k demeurer; on dit 
mayxx prouver que preuver;WK^ mieux preuve que 

yrouve (l). 

La voyelle o remplace souvent chez nous la diph- 
ih^ljgue «M des latins : ainsi or, de ourum; nous 
avons dit Pol ÙQ Pautus^ comme le prouve ce pio» 
verbe 

Si au8i«i Nine w que sainct l*oI , 
N'aj.ant.rlcn c« rVpfl^â fui ; . 

mais il vaut mieux écrire /*ar|/. 

Autrefois o se redoublait, par exemple dans roo/<?, 
quand il était iong,. comme « se redoublait dans aiufo, 
et e dans aUeèment; il vaut mieux comme on a conj- 
mencé à le faire, le marquer d'une sorte d'accent 

aigu(2)[. -• . -;; " ; - 

U (3), — Robert Estiénne- s'était borné à dire que 
l'tt él j^it souvent consonne, surtout au comnnencemcnt 



Cf. ci-dMBuu, ^. 160. - M. Biirguy, dans sa Gtamm. de la langue 
(iOU se demande d'oo proylent.ceUe irréffularité dans la dériTation «es 
niots-dovlEuÎL, do^msfeux. et il répond : . Le iangage de Bourgogne 
a\ait or dans tous les cas : cr^alor, lor, etc.; or, eor, os, éUient rem- 
placés en Picardie par eur, pur. ou*, comme : diseur, )onyleuu etc.; la 
^o^mandle avait u, comme lur, dônnur. Ces faiU notés, la question se 
résout d'elle-même ; les formes en eu, qui devinrent de jour en jour plu» 
romipunc», s'introduisirent ave<î le langage picard dans lIle-de-France, 
elrprirent enfln droit de bourgeoisie dans la langue ûx^. •■ T. I, p. 2«. 

(2; a. él^essus, e. — M. J. Quiclierat cite de nortibrèux txemplp de 
drérèéès analogues à celle de aage où éage ( âge ) ; vo> , danis son Iraxté de 
rpr.if^n f, p p. 415-434, une longue et savante note au slijct des dle- 
T«ge« en usage dans notre ancienne poésie. 

(i) GtawiwmSre, p »r HypomneM», pp. 36-\0. — Cf. <*• Tory, ^ LIX 
•ret-LXiv ^ ^ . .^ > . 



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S52 GIAMHAIIK rRANÇAIfU. . 

■ * • ■ . . 

des mots; Henri, après av/rîFdît que le son de l'ii nous 
est particulier parmi les/nations modernes (1), justifie 
l'emploi de cette Içtlrc comme consonne au milieu des 
mots, par l'exemple deal latins qui disaient tenvia ou 
Wnuia (2), et au conth^ire liistoluitse pour rfijjoA- 
visse (3); toutefois devant r Pusage que nous faisons 
de M consonne nous est particulier : fièvre, livre, 
yvrè y jdtc, La distinction de m consonne et, de u voyelle 
sert môme à distinguer les mots ; i7 navrai c'est vutne- 
ravit; H n aura, c'est non liabebit. 

. Nous avons souvent changé en g le v consonne des 
latins : va^tarb, gaster; vespa, guegpc (h) ; et aussi u 
suivi de i, comme serviens, «rr^/cii/,. abbrbviare, «/»- 

reijery etc. 

Ni Robert, ni Henri Eslienne ne proposent de dis- 
tinguer par deux caractères particuliers u voyelle dç u 
consonne : Henri Estien ne cependant devait com- 
prefi^re l'embarras où pouvait jeter cette confusion, 
lui qiii, cherchant les mots qui répondaient au mot 
capriccio des Italiens, cite le mot uerue, et est obligé, 
pour en fixer la prononciation de recourir à la rime, 



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(I) Le< PiéihoDtaift et Im Écoistis oiit le son u comme noas ; en Aile- 
iriagne et en Bohême, ce ton exùte aoifl; les Al^ands Vont marqué par 
eu (lUbcr) ^ia par ft ; les bohèmes le marquent i»Ér j'y grec accentué, y- 



TàuU* Me Umàjftr (èlim reUem ferri. 



(3) Tibolle ! 



Iiec\utu onutgt iisatriuisu çtntu^. 



J(A) Le pafms pkard a conservé les conionnes ladntb ? t/pe pour m 

tuéoe. e\e. VA. Nient, iiii mnt />/inf ote- • . I 



guêpe, etc. Cf. Nlcot, aa mot gant, clc 



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«OtltT ET ne""!!! MTHNflK. ) "* 



333 



%er\ie : parce quo, si Ton disait verve et veruc, on ne 
(lisait que *errf (1). — Nous avons vu plusjuiut u 
voyelle pour i (2). 

Y (3). — • Yjkî prononce comme i. Les anciens ne 
se sont point seulement jservi de ccsle lettre en nostre 
langue francoise es mots qui descendoyonl du grec, 
Comme aussi font les latins, hydropiquCf hypocrisie; 
mais aussi sen sont aidé quand uiig i venoit au com- 
mencement du mot/ faisant seul une syllabe, comme 
yuer f hyvcr) ytire (ivre), à cause que y ha forme telle 
qu'il ne se peylt joindre avec la lettre suyvante. Pa- 
reillement quand il y avoit ung i entre des voyelles, 
comme envoyer ^ je vouoye] afin qu'on n'assemblast l'i 
delà syllabe précédente avec la syllabe subsenuente, et 
qu'on ne dist envù-iery je yo-ioie. Aussi en la fin des 
mots finissant en dîphthoBgue ont rais ung y, comme 
moy, ireytennuy^. 9 

Henri Estienne, à cette observalioii très-fondée, 
ajoute que l'y entre deux-voyelles a le son /Je deux il 
dont le premier appartiendrait à la syllaj/c précédente^ 
le second à la sai vaille : loyai, loi^;imyen^ moi- 
ien; la forme de Vy s'expliquerait par cet emploi : il 



(1) Langage fr.-ital., p. 116.— H cite quelque» vende latarcede Pa- 

thelin: 

— RMomauo<»x neu vostre nerv*. . ^ 

— Je «'«y piMBt «ppri» qa'oo »* «•rf» ^ V 
. SaUlinoU. » 

• Et afin que tous ne pnissiex douter de eexnot terut notez que sur 
iceluy est rymé lerue. a 

•.(3) Cf. ci-deMQs, p. 350. ;^ 
' (3) Grammaire, pp. 9-10;— FypomneîéJ, pp. 40-41. -^ Cf. GeotTrôj 
/rory,^LXIv»etLXnr. 

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354 



-MhTMllAlKK riAX^AlSK. 




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remplace deux i pr^écisément parceque, anciennement, 
yn écrivait deux H dont le second était plus allongé, 
ij ; nioijen, loijaL^^ Dans quelques villes voisines de 
Paris on fait de l'y un véritable 7. disant mogen pour 
màfien el pager pour payer : il faut prononcer moy-ien, 
pay\ier \i). y , 

■"-^-^ .. . : \ .■■■ ., .-X ■' -,, 

IlIPllTHONtiUBS. 




i Les dîphthongues sont des syllabes # qui sont de 
deux .voyelles tellement jointes ense'mble en une syl- 
labe qu'en prononceant op ait et^ partie le son de l'une 
et en partie le son de l'autre. llV en a sept : ai ou o»/,- 
ei, oi ou oy, ni, au, en, o«. » V , 

}Ji prononciation des diphthongWs CS très-difliciic : 
quaiid^ri la possède, on est maître de la langue. ' 

4ï' r- « Il ne fault pas prononcer ja-x-re en trois 
syllabes, hiaîs en deux : /"«i-re (â).*^ — La prononcia- 
tion doit distinguer fwirt, vam dej)/», vîm, et danner 
un son plus ouvert aux premiers, quoique l'on puisse, 
par licence, ^aire rimer ^ensemble les uns ,et/1es 
autres (3). 
\ 






(li M. Jaubert flignalè^tfn même emploi de y poor f dans tet| patola de 
la France centrale; il cite les moU couL-'y^r, t'éméger, nogUr; piéger^ 
rudéger pour couteyer (côtoyer), t'émé$er («•émoyer, 8'Én<ruléter), no^tr, 
pleyer (ployer), rudeyer (rudoyer), etc,-r La même remarque peut s'ap- 
pliquer, pour quefqucs cas du moins, A la pronondation angevine. 
• (2) Voje» ci-dessui , p. 56, c« qui a 6U dit de fa prononciation de 
aimer. " ' ' '-' , ' ■ 

(a) (7rommatre, p. Il ; ~ Htfpomn«*e«, pp. 4l-»î. Nous ne distlnguoni ' 
pins, dans la prononciation , potii de jtin. Voy^ ce qui a été dit plnu^ut ' 
de I'e oitsàilin. • » !^ . 



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RUBKRT ET IIE^Vtl EKTIIcSnR. JJj :^5 

Ali. — Cette diphthongue a* môme son «ijf français 
qu'en latin (i). Il ne fi^tit donc pas pron|hber de la 
même manière maiti ou- maux et mots , mni la rime 
confond les deux sons. Cependant la di])f|lliongue au 
en latin a été souvent remplacée en fra jt-ais. par un o 
simple (2); et npus avons fait au de Is^'isyllabe al des 
latins: malva, mauve; alba, aube (^, 

De même une prononciation vicieuse a introduit au 
à là placé dç al dans certains mots jfrançais : un chevau 
pour un cheval (4). 

El. — « El : peine, deux syllabes^ çomnxc peindre, 
ceimlri^^cueilliri orgueil f œil {'5\» -'. * 

Dans beaucoup de mots où se trouve la diphthoa- 
gue eif Vt ne s'entend pas, et n'àid'aull'e effet que de 
rendre long Te qui précède; ifih soiit peine ^ èèine. 
Maison ne saurait écrire nicinc (Gj parce que la pre 

— , •■ ' -^ .,. \ ■• : ■ 

(I) !^ latins pronofiçalent au c^mme a-ow. f.a\r?«le pnnée par l'auteur 
«xpiique Turthoijnqthe ide Meigret, qui repreëeiiUit: au par ao. Cf." ci> 
dessus, p. !20,el'p,')K«, note •/.* , 

(î^oyex ciértistfe, yoyeKe 0, p.^t * 

(3) lltfpomnete$i pp. 42-41. " , 

' (4) Lûng. fr, tlo/./p. 14^. — t^D chevau ou plutôt un ye<Èau fe dit 
dans le patoi^ angevin ; nous di«ons ëncbre un chetawrh'ger»-' On truute' 
dans 1p« msa. de Cunrart , collection iflrf", t. IX» p. 40kL u^li impromptu 
de M. Pellissonpour répomeè ia question faite parle royl^iuis XIV) s'il 
faut dire tinyt et un cheval ou vingt et un cherqux • Bieu que (^e ne «oit 
pas la prononciat;oljiqui soit ici en cause, mais la qiiestioA de savoir sLun, 
apyrè$ vingt, veut ctrç'iiuivi d'un singulier ou d'un pIurie\,nou|k donnons 
là solutioo délicate du poète : •/ 

Je eroy qM vingt et ,nD r.Mara ^ "t 

» , r,rîUD.lr'oj«rt Lwii< tlaiJslM ii.i»ar<^; . 
/ _ "' .V Etqa<>Tinj{t et nn Aleiaiidre ^ i 

,. l*! luy ne *e iK»urroyenlil«!iren<Jre. ; , y\^','f 

(<}) Cf. «(L-^4enu9, p. .l'88. —Jlypomneut, p. 203.jCf. ci-desius, p. ifu. 




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356 



GRAMUAIUE KRAVCAISB. 



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^1: 



mière syllabe est brève. — Au contraire IV ne s'en- 
tend pas, et Vi seul se prononce dans les mots.comme 
feindre t peindre, ceindre. — Quelques-uns confondent 
à tort fi et ai, ^.crïv&ni pleine pour piaine, de plan es, 
et proDonçarit même/o/i/eme pour/oMr«ine. 

EU (1^. — Robert Eslienne donne, pour exemples de 
cette diphthonguc îes mbts «cwr, meur (sur, inùr) peUf 
meurement, csmeu, heureux. j 

Henri fait quelques distinctions. £u n^a^pas le 
même son dans il pleut ou dans Tad verbe peu et dans 
faij pieu, ôeptifiret o\ipeu, de pouvoir ; dans ces deux 
derniers Vu seul. est entendu : plu, pu; et il peut 
naUré^urte confusion fâcheuse de celte ressemblance 
d'orthographe :/ay peu, en effet, peut traduire à la 
iois poUii tl liûbeo pariim\^ Même remarque pour 
seur, meur-t qui se prononce sur, mur, avec u long (2). 

OE (3). — lîenri Estieone ne parle de cette diph- 
ihongue, non signalée? par son p^fe, que pour mémoire, 
parce qu'on la trouve écrite quelquefois pour oi (4). 



K 



(I) Grammaire, p. 15. — Bypomnetet, pp. hK-AC. . ^ ' 

(?) Qiar'.es Fontaine, raillant les inritatçun maladroits de'MaroC* ^'^ 

dans une épitre qui a été attribuée à Marot loi-méme : 

■l ■''"•» ^ ^ ' 
.. Mautrt et remettre iwviicueurtfX ehtctn ' ^ \ 

Ce MALbeaùlx moU; uMiis eu rithoic ils tont dnri'-. ;,. [ 

(3) HypowfiM»», p. 46. 

(4) On trouve apsai œ pour œ, iXmmtpœu pour poète im» eertaiues 
éditions anciennes dra poètes du fVi* sièeleet même du xtii*; malf,qa« 
les' imprimeurs aiept écrit perte ou poète, la syoérèie n'aTtit p«s'|aoMir, 

* ^nl peett ne sVtt tu Unt Mé d'eotrfpB^r*. ( tftlr.) 

_ Des erdum (\n Krandt le p^le w> rmd sal«. , { » Acnwrt.) 



èl» fotbiMi* d/i seiilptiMtr . 
tà^VOfCWi'knj n'«a di/i gtt«r«>! 



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(UFôinj^). 



4 . 



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357 



ROBKRT ET BENRI ÈÎTl^nnf^ 

01 ou OY (4). — € 01 : ohorit moindre^ deux syl- 
labes..; oy est la mesme dlphlliongue/mais elle s*es- 
crit ainsi à la fin des mots ; /oi/, /oi/, moi/, fet quelque- 
fois au milieu, comme mot/e/i, envoyer quand la syl- 
labe suivante commence par u^^oy,elle. > , 

Cette 4iphlhongue a divers4Pis. G^est le son e qui 
domine apre&J'o dans les mots njoi«, /oi*, rrôi>; C*e3t 
le son i, dan* les mots où elle est suivie d'un'N ibe- 

soirij coi/iy momê.,. ^ 

La di^hthongue oi nSus est venue'des Grecs avec les- 
pronoms moi, toi, trac(uisant ^ôî, toI (dôrien, pourool) 
et elle avait en français^ la même prononciation ; 
on remploya ensuite, par métathèse, en transposant 
Vi pour traduire les mots comme globia, gtoiret mb- 
MORiA, mémoire; eDfin,> après avoir dit de oredbre, 
de RBGE, de fide, etc., crere, ré, fé, qui sont encore 
conservés dans certains dialectes, on remplaça e par 
oi ou 01/ ; croire, roy^foy. — Du reste dans foi eifoy la 
prononciation est la nriême; mais on écrit plutôt par 
y ce mot et les semblables. — tl faut se garder. d*y. 
prononcer oy comme oi grec dans^^ ; c'est ce que font 
plusieurs qui détachent Vi de Yod disent /oï (2). -r 
il ne faut paâ moins éviter de prononcer moas, Joas, ^ 
(m/*, pocw, comn»e le menu peuple parisien. ' 

Comme. le son de oi est une sorte de son moyen 
entre oi et œ que!que9-uos récrivent oe: nwèt, poévre. 



-J^À 



-^ ' A- 



(1) Cromaïairr, pp. 11-12. — l/ypomiif««, pp. 16-W. , 

(2) NooiBTonitretropréA^Noirmoutier cette prbnoncUlion.t^mbLable 
à celle de aille, moi Aoni se^èrl lî'" de' Montpensïer pour Uiduire l'es- 

* pagDol oiia {^oUa ]go<frt<ia).- Cf. ci-deiiui, p. iS. 











A, 



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3S8 



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' G^AMMAIBB FAAKÇAIAK. 

foet (fouet), ioett et surtout wo^//<r (1) ; mais ce der-' ' 
nier diffère un peu des précéderil^, parce que o, é n'y 
forment pas diphthongue, le mojl étant plutôt de trois 
que de deux syllabes (î2;. 

Revenant au son primitif é que oi avait remplacé; 
ou plutôt imitant la prononciation amollie des Italiens, 
rusage tendait à remplacer le son oi par le son e : 
« On n'oseroit dire François ni Françoise^ sur peine * 
d'estre appelle pédant; mais faut dire Francet et- 
FranceseSf comme Àmjle$ et Angleses; pareillement 
jVtrM, je faiset, je diies, ï ailes, je venes, non pas 
y*eitoiSi je frîsoist je disoisy j* allais ^ je vetiûis, et ainsi 
es autres il faut user du mçsme changement. — Je 
croy aussi qu'on ne^prononce plus la iJoine?— Il y 
a longtemps que ceu;ç (jui font perfection (3) de pro- 
noncer delicatenient et a la Courtisanesque ont quitté 
ceste prononciation et ont mieux aimé dire la 
Beitie (û).: » — « Il est certain que ^eci est venu pre- 



♦*■ 



•» 



/ 



(1) Voy. ». 356, note i. Poor^ c« mot VMélle, H. Estienne déclare, 'et 
la i)lupart des poètes ses contempocains conflrmerit son dire , Il formait 
(ilutôt alor» trois syllabes ; maintenant au contraif« il n'en foroM plus 
que deux; foet (fouet) disyllabe autrefois est maintenant roonosyllalje. 

Et qnelle^fleTre ard toute mamoelie. ' ( Ronsard.) 

',::-';i| ' ^ QufKxbacoa predna en main le aïoeÛtfiu; AheUy. (DesmuUdx.) 

' v'ielle,8orcier9d«hoht«» , ' ' ■ 

HmeltthoarteMi oui fmuttee. ,* (Rmsakb.) , ^ 

Or il Tous'prfjad Macrobeet lui ifoDoe le/iOM/. (Ruiuek.) 

— Cf. Qulçlierat.' Fer«Y- f^., 2* édit. 

(2) Voy. plus loin les Remarques sur les verbes. , 

(S) Sur cette locution t<a/tantW<, faire perfection pour profMfùm^TOjèx 

. (4) Long. /r. itat., pp. 22, et &M et suIt. — Le fait suivant peat mon- 
l^^ilèlle incertitude 11 y a toujours eue daiis U, prononciation de» prô- 
TMicés. KtT^n^tu, à SvInt^Mattiurtfr,;^ dit françait jtour l'adjectif et le 
niNn- du peuple, et Françoi$ pour le nom du itaint; à une lleae de là^ à 
La BohalICn on dU Trd>ifai5 dans les deux cas.. 



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HUBERT ET HKNRI R8TICNNB. 



599 



mierement des femmes qui avoient peur (^'ouvrir trop 
la bouche en disant Frar^çoin, Amjhis (i). » 

OU (2). -^ Cette dipiîthongue a le même son en 
français qu*ea grec. . , 

On compte aossi quelquefois comme diphtbongu|||^ 
sur une fausse apparence ^ ' les lettres ie. Mais si ^ 
est monoàyllabe dans chiens mien, ft^n, sien, il est dis- 
syllabe dans ancien , praticien , grammairien , miel, , 
fiel, etc. (3); il n*en est pas de même de tii, qui ne 
forme réellement qu'une syllabe dans\les mots comme 
thticl, nuit, cuit, etc., et qu'on écrit parfois «»/, "comme 
muy, . • I 

Robert Eslîenne en parlant de la diphthor^gue ni 
avait donné pour exemples : rfe«irui?ç^, nuire, nuict, 
fuite; quant h !>,: «ily a ie qui est conlme diphthon- 
gue, mais d'autre manière, car aucunement on oit le 
son de f et e séparez, combien qu'ils ne facent qu'une 
syllabç, cq.Dme : miel, ciel, fiel, pied, fier, mien, chien, 
rien, tic. (k)* ; ^ 

DM TtiranoiiGDis. . V 



\ ' 



«Souvent advient que ,troià voyelles sont joinctcs 
ensemble en une mesme syllabe, descelles trois on 
oit les. propres sons aucunement séparez; «au : beau. 



— — <fr 



'-.. »• 



*(0 Introduet.'au traité de la conformité..,, «tc„ p. SS2. 

(2) flypoaiii«se<^ p. 49. V | 

(3) Sur toas ce« mol» où le» pot-tef faisaier/t tantô!^ de» diérèiea tao^tài i 
ëes Bynérè»e», Toy. Qoicherat^ ouvrage et»/, pp. 301 «t buIt. 

(S) ^raminairt, p. It. — • Cf. QuicheMt, pp. 114-319, a 





















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360 GliAliaïAinK F^A>ÇAISE. 

seau, veau ; — ïei : vieillard ; — ieu : Dieu, Jieu, tnieulx, 
yeulx; -^ oeil: oeil, oeillades; -^o^m : oeuvres, soeur, 
voeu; — oui : mouiller, pouillçux; — ueil : cueillir, 
orgueil; ■'—Mt'M ; gueule (1). » 

Henri Estie;i*ne ne revient point sur les exemples 
d^ divierscs triphthongues donnés par son père. Les 
plus difficiles à prononcer sont oel cl tteL Car .ces mois 
ociiy dtieii, accueil, onjutil et semblables sont pro^- 
noncés par quelques-uns de n^anièr^ que l'on n'entend 
qu^uo^e long avec un i à peine sensible ; les autres font 
entendr.e le son d'un u : non de cet u qui est avani d, 
mais d'un autre que l'on entend à la fin de la syllabe, 
bien qu'il n'y soit pas écrit. Cette dernière prononcia- 
tion, admise dans vrf/ueU (2), serait intolérable dans 
Qrtjucilteux y bien qu'elle soit en général plus usitée 
que la première. 

On a tort de comprendre parmi les triphthongues 
^ai ou eaijt eoi, ueu, comme dans geatjt bourgeois , 
cueur, gueux; parce que Pe dans les premiers, Tu 
dans les seconds n'a d'autre objet que. de rendre le c 
ou Je g doux ou dur ret en effet ceux qui écrivent 
ciieur ne prononcent paë autrement que ceux qui écrl- 



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(I) Gràmm., p. 12. — Dap» vieillard , il est facile de reconnaître « les 
propres soct^des trois voyetles aucunement séparez ; • mais dans les autres 
mots citéji, la prononciation actuelle tantôt ne retrouTe qme deux sons : 
Di-eu; tantôt en marque seulement un : iœur,beau. Toutefois, pour ce 
dernier, rappelons (Cf. ci-dc 9j«us, p. 208} que certalns^patois prononcent 
biati, xiau, etc., et que ces formes ont été longtemps écfiles : 



LcTftqiie dt biautgu et d« Miat Fol U qiMni. 



(Jfnoui,.) 



(1 Et aussi sans doute dans dueil qui s'écrit et se prononce maintenait 

deuil. 



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ROBERT ET «ENRI ESTIENNE. j 3G1 

vent cûçiir. — Peut-être, pour uiei, e^t-ce la même 
raison qui fait écrire «auei/ : ce serait par analogie^ 
/ ensuite qu'on aurait écrit dMeii (1). 



DES CONSONIVES. 



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Dans Pexamen qu*il fait des consonnes, Henri Es- 
tienne ne s'occupe pas seulement de leur prononcia- 
tion, qui n'est pas la même pour tout le monde, 
mais aussi des permutations qu'elles subissent en 
passant, par exemple, d'un primitif à ses dérivés. On 
ne remarque pas sans étonnement que Rob. Estienne 
et son fils ne paraissent tenir aucun compte des con- 
quêtes déjà obtenues par l'orthographe. Ni Hs ne pro- 
ciament la nécessité du c à cédille, ni ils n'établissent 
de drvision formelh.et rigoureuse entre i, u voyelles 
et i,ti consonnes (j, v). Chacun d'eux, tattéaior tem- 
porisacii, acceptait l'héritage (^u passé sans chercher 
^à en régler la transmission dans l'avenir. Aux censeurs 
"^Is répondaient L'un et l'autre :« je m'arreste AUî^ftft^ 
cièns scavans qui en scavoyent plus que nous (2). » 

B (3). —On dïiflambe^ei flamme ; de flambe vien- 
nent flambeaUf flamber et flamboyer; de flamme on a 
{Wéflammerole et flammesclie. — D'Une même racine 
on a tiré livre et librairie. ^ 

(i) llypowMei*t, pp. 50-&2. 

(V) Rob. Estienne, Crasiffiair*. p. 7- 

iZy Bypomn€S9t, p. M. - Cf. Geoffroy Tory, ^ XXXV, y. 



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362 



GÎAllMAimi rRAKÇAlSk. 



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C (1). — t c, le plus souvent se prononce comme, 
en latin. Aucunes fois devant a, o, u, se prononce du 
son de s : commença, leçons appecoy, reçut, comme si 
tuescrivois commensa, tesoriy etc. Souvent pour ad- 
doulcir la prolation on entremet ung e : commencea, 
receuL • 

Henri constate, mais sans le prescrire, Pempjoi du c 
à queue {caudaium),ei lui appose te c adouci par Tad- 
^ jonction d'un e : avanceons. — Suivi de /i, le c prend, 
I devî^nt e, t, a, un son particulier, autre dans cj/ete, 
chien, champ que dans clioie (d'où cholere), et cliorde 
Hjf (corde). — 11 est souvent difficile de démêler Korigine 
* des mots qui ont changé le cMdu latin en ch : les Pi- 
cards n*admettent ce son que devant e, disant cherf, 
chent, cheux pour cerf, cent, ceux, et au contraire 
kien,kat, pour chien, chat, etc.. Ccst tantôt chez eux, 
tantôt dans le pur français qu'il faudra. chercher les 
' ^ylnologies. 

D (2).— Ou a tort de dire que d à la fin des mots 
arànijl, friand a le son du l| il fallait seulement recon* 
natlrjô que la prononciation n*y saurait distinguer le 
f dif cf. Maïs d^ nia pas le son de f puisque ^raii(/, 
/rûii^i/ et autres forment grande, grandeur , Jriande , 
. friandise, friander ; Temploi du d s'explique dans ces 
mot# par l'origine latine.— Dans les ver|}es, c'est l'in- 
fiQitif qui règl^ l'emploi du d final des mots cramd. 



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(1) Crommatre, pp. 6-6.-~ffypoinit«<M, pp. M-90.4-Cf. Geoffroy 
Tory, ^ XXXVU r- rt V. 
(S) Hypomnesu, pp. 6&-ST, et S&-9:.— Cf. Geoffroy Tory, f* XXXVUI, r*. 



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ROBBKT ET HENRI BST1EN?(B; 



56SN 



pindy Jindt troisièmes personnes de l'indicatif présent, 
venant des infinitifs craindre ^ pindrcyfindre. Toutefois 
au participe, on doit écrire : craint, comme on le voit 
par le féminin cr(Mnr«* 

Quand, de quando, et quant, de quantum, diffèrent 
par rétymotogie ; mais les gens du peuple et bien 
d'autres écrivent quant dans les deux ca3. . 

F (1). — Cette lettrç a toujours, au commencement, 
au milieu ou à la fm des mots, le son que nous lui 
voyons er^, latin iface, fac'tley difficile, bref, neuf, etc. 
— Pour ces deux derniers, remarquez que le est suivi 
gde u dans neuf, bœuf^ et non dans bref (^)\^jisi que 
celui-ci vient de^rem's, où il n'y a. qu* un ii, et ceux-là 
de nouus et deTwuit, où il y a deux un, ou un o et un 
Mé l'outefois cette règle n'est pas générale : ainsi de 
SERUUS éfde CERUUS viennent serf ei cerf ^ bien qu*il y 
ait deux un en la|.in. 
. On observera dans la prononciation que si les mots 
eii ««/ sont suivis 'd*un mot com(nençant par une 
voyelle, / prend le sod de v consonne : ainsi neufarbret. 

G (3). — « o, estant mis dçvant e ou t en une mesmé 
syllabe, se prononce ainsi qu'uni (/), comme gémir, gi- 
becière. Quelquefois entre g et o on ntiet png c comme 
pour bourgois, on escrit bourgeoisi al^a qu'on ne pro- 



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(i) Hypomnem, 57-5». — Cf. ^flW>y Tory, ^ XL, ▼•. 

(2) Il y •▼ait une grande incertitude dans l'emploi de e ou de «u devant 
^ ou V : en Anjou, eu est d'un nttg^«onstant devant le v : Je Uuvé, la 
fieuvt, i»/ie feuve se disent pour Je.'l«M, la fièvre, une five, etc. L'emplei de 
la forme orthographique v«Noe, pour vefcê,ix'm été réglé qu'au xtii* siècle. 

(3) R. Eatienne, GnpmtNafr«, pp. 6-7. — Cf. Geoffroy Cory, ^ XLI, 



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, ?â4 ghammaiui riAxCAislE. - 

» ... ^,^ ... f 

, npnc^ \èti avec comme oiUé^rorrôiice en go^lehr^ 

A la Twîdçs iTwts, il est quelquefoià cscrit et rie se pro» 

, TÎbneç pdfiit, comme tesnwlntj^ solnf^t coiwjr, dont vient 

içimbhujncry sohujner^. coingner comDien que coifimu» 

necment on escrive tesmoigner^ soigner i co}gner.n • ; 

' Tout le monde est d*accord sur îa prononciation de 

l:Hangea,r('nge(u.o\x ge a le sôtijdû 1 consonne : chanlat 

ranla (1); mais on prononce et Ton é^rit interroga 

et ittterroguer aussi /bien que interrogea et inter' 

roger{^' '\ \ .^ \.:; ,.;.. 'y .^-";. ,--.:' 

t.e g amolli- qui paraît dans ugne ^regneri ^ digne ^. 
signeryfiiCij et qui se pronoffce comme dans agr/iia (3) 
' est parfois supprimé par une^ affectation contraire au 
caractère de notre langue, et certaines gens prononeent ■ 
rénej rener^ dint, siner (û)i /' • ,' 

H (5). — u tantôt se prononce, tantôt fie se firononce 
pas, et- se placç devant; des mots dérivés de vocables 
kitins, sans que ceux-ci qx^ aient toujours éié précédéé-y 

C'est égalemeiht unô faute d'aspirer l'ii dans les 
mt)ts où el)e "est muette, comm^hoihmè.'hosteUerU, et 



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■ ^ ' (0 V«yM c(-deMu«, p. 198. •. ^ 

■ \t\Mjm était de même pour d^ro^M<?r. — Au xtii* |1eçr6, on hésitait, 
' ■*' entre nartaier et navigyur. -r- Noya di&Qna encore arrogant y avep le g dur. ' 
. (3) -Nous tjàduispns IHléralenient:-^ La Ué%hode latine dâ Piort- Royal 
/ , fait obsei\i!r que si notre n mouillé eût existé en latin , i^ùelqu'un des 
\^ ^ ' auteurs anciens qui onf traité de l'alpbabet latin auraitfait mention d'un 
' son aussi remarquable. Le.n mouille ne se trouve- dans aucun. idiome . 
- f 'germaniqu«, tandis qu'il existe en bretoiit) en écossais, en irlandais , en . 
^ vv . lin mot dans tous Içs' idiomes néo-celtiques, exéei^té dans le gallois. -^ 
Cf. Chevallet, t. II, p. 112; et ci-dessus pp. jl68, 197, etc. 

/• (4).7/ypomn., pp. &9-60.-.^V.oy. ct-dessus, lettre iw , 

*{6) Gram)natre, p. 7.-^f. Geoffroy Tory, f- XLIV, r,^8qu'au f^ XLVI. 



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do ne pas Taspirer où elle dôii *ôt^0 aspirée ^ comme 

jtlh^ntey'fuihaquênéef etc. (i); 

^^i^.^Pour* f consonne (j), voyez cî-dcssus, 



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Pour Je k,Â\ semble qu'e cette 4eltre man- 



quât à rimprimerie desEâliqnne etailletira; .un effet, 
tantôt ils le remplacent par le jt grec, tantôt pat t:^ 
c^est ainsi qu'on voiti noter la môme lettre dans Abel 
Mathieu^ dans Bouille, etc* (^). '. ' \ \ 

• L (5). ~ « L quand on la redouble se prononce 
plus fort- et plus rudement, comme «///c/ier, kelley 
chandelle; si t est devant les deu^//, elles se ,pronon- 
çent- plus* faiblement, et quasi comme si elle estoit 
fculc, comme bailler , piller: Quelquefois l sescrit et 
ne se prononce point, comme mauluah de malus v 
niièulx de mÈLits, raw/t de Valet. » Les uns prétcli- 
dent qu il^n^faut pas Técrrre, parce qu'elle est chan- 
gée en M dans ces mots ; les autres, qu*il faut récrire, 
parce que la diphthb'ngue française provient de la 
.voyelle primitive (4), «Quoy qu'il en soit, les anciens 
escrivains, gens de scavoir, Vont gardée, comme plu- 
sieur? autres consolantes. Elle est quelquefois super- 
flue, et rescript on seulement pour aider la prolation, 
afin de ne meslec ksiettres de la syllabe précédente 
avec la subséquente : comme aucuns escrîvei>t?p|Mf<, 
»noii/t et plusieurs autres afin qu*oa ne die ^e-ut m 



(1 ) nypnmne>e$; pp. e<MJt.' - Cf. 'ei-à<?«àoS, lrttr«»C, et i^lÇ, note î. 
» (2) Cf. ci-dMsufr, p. 2IH.. et p. 502, nol« ;^.-vCf. G«.f. Tory, f XLMl, v". 

(3) Grammairt, pp. 7-8.— CL Geoffroy , Tory, ^ XLVHU ▼% .^ 

(4) Voy. la dlsctiMlon de ce point de floi^ç'lsMqucdan/» VOrifiM de 
lalanguefraiw:ai8e,par A. deChevtllM,>.H, PP.tîtelJ»*^**' ^ 



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GlAMIAiRR PRANÇAin. 




deux syllabe», mo-ut. PrincipalemcrjJ ccste / Ruperfluc 
»e m€t es mots finisaana en aux^ ou <mx, comm e tim ul^ 
envieulx,p ' '' - ' '. ■ ^ ,/..>■ * '-'ij:. 

. C'est à tort q«e les gens du peuple et rtiôme d'au- 
tres Veulent remplacer i final de /o/, col^ mol, etc., 
par un u : /ou, cou, mou; dans ces mots / doit, s'écrire 
et se prononcer. Il s'écrit et ne se prononce pas dans 
Soul ou s^oul; de même (^ans «Durct7 , gril, coutil ^ 
fuêiL Le peuple dit /î ou /î* pour yî/^f^ filius, mais dit : 
un fit, avec /dur. |>ans les verbes où il y a deux // au 
présent, j'flr^pW/<?,et^^ fyiliit y^ppelleray, une çeule 
est xonservée aux .autres temps : fappeloist fay ap- 

Pour LL mouillés, «quelques François (j'ealens de 
ceux qui sont es confins de la France) au lieu d'escrirè/ 
muraille ioni une sorte de changement, escrivans iW- 
raith^. Et à ce mesme propos, j'ay mémoire d'aVoir 
yeu escrire a quelques Dauphinois non pasyi//« mais 
filhe, et bailher, non-pas bailler (2). t 

M (3j. ,^~*ll faut se garder de confondre m avec h 
devant 6 et p danà le corj^ dea mots : elle a sa pro- 
nonciation propre : cotKJjleTf trembler , embrasser, em- 
pire; de m^me a la fin des mots : nom ne se prononce 
pas comme fion'(/i), J^a distinction n'est difficile à 



/ 



^• 



J^t)'^Hyfomnétes, pp. G2-C4, et Cf.». 5. — Vdyet p. 3^9-350, i voyelle. 
(2) Lanq. fr. <fa/., p. 670.— Cf. ci-dcsRUs, p. 188. ^ ■ ° 

(a) /fypfiinneîf», pp. 64-C5. — Cf. Geoffroy Tory, > XLIX. . 
' {\) be dialecte béarnais ohacrvis ftpigneuseitient cette dit tinci ion, pro- 
noni^nt toujours^i et n à, la fin dc$ voyelles nasales en, em, etc.... €f> 
Lespy, Cramnw beam. ' *; 



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. * cltairips ( 

;r: fï(l). 

mots, ce 
• rivés, co 

serait pi 
' (es adtr< 

sièmes. j 

prononc 

P(3) 

prononc 

négliger 
dans c/u 
cliant\ c 
qu'o|i d( 

de^moti 

' ; r''(5] 

nonce q 
fin elle, 
commer 
aller dei 
dehors { 



(X) Ifypt 

(2). Cf. c 

(3) ffyp< 
(i) /6ib 

(5) Crin 

(6) R lin 
qu'on doifi 
de n<MDt p 




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«•V .V , *. KÔBBRT HT HI>iM ESTIIMB. ; ifeî 

laire/quc si jn ou it, son suivis de cousonneà, cprtiine 
.* f/<rtin^«,et clumti," . j > » * : • u, ^ * ' 

*;^fj(l),^^ Cette consonne redoublée, dans certains 
mots, conirao/ioiiiieiir, doit être simple dans les de- 
rivés, comme lionesie^liunorer, honorable : mais la faute 
serait pluà grande d'écrire /lon^ur ayec urin seul que 
- Jcs autres tnots avec deux nn* t^ A la fin des troi- 
sièmes, personnes du pluriel en oifeni ou erit, le N ne se 
prononce^ pas (2); ,_ > * ,; 

p (3). — A li fin oIbs motsj .tantôt cette consonne se 
prononce, comme beaucoup (oîi le peuplera tortl^e la 
négliger),, trop, cwnp,; tantôt elle est muette, coinnie 
dans champ. Et si ce dernier doit être, distingué de 
chant, c'est sur les finales de celui-ci, non de cluunp, 
qu'oji devra insister» ^" - 

Q (/jv __ Cette lettre ne se trou:ve guère que dans 
deâ»mots dérivés du latin. 3, - -^ , , 

I\V5^i — «B, es commencement deâ npols se pro-, 
nonce quasi pour deux, comme rire, rare; et en la 
fin elle. ne se prononce point quand le mot suy vaut 
commence par une consonnante , comme : H yeuU 
nllerdeliors^ çoTûtiiù si tu cstcrivois^ U veut allé ( allé) 
■ <fe/ior» (6), r;,^ ..•::.■'■:■■■-■ .t;".- '^.j-'^' •^s^:: y-'' ■■•■'■' \ '^. 






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(1^ lt)fpomnétet, pp. fi.V««. — Cf. \^offroy Tory, ^ LI. 

(2) Cf. cl-dç8sus, voyelle e, p. 3*6. , 

(3) H^pomneteil p. «6.- Of. Geotffoy tory, ^ Ut, 

(6) Crimm/p. S,— Cf. G«-fffoy Tt.fy, kIv. ... * 

(6) M. lliiam prononçait loujours>u.^jvn' siècle après la voyelle f, «oit '♦ 
qu'on dortnat à celle-ci le «on fetiné ou le son ouvert-, de là Vient que tant 
de n«au propres de ce tempi sont si fréquemment écrits «vec oa sans e 



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A ces quelques %nc8 de son père, HenriiEstiennè 
attache un commentaire. • ».. . ^ • . 
7"" Le peuple, surtout de Paris et des villes vpi?m^ 
rertiplace, en beaucoup de mots, r par 9 ou s. 11 dH 
en effet mmi ou was/, pfs^, iwes«, pour vmrlj piprf, 
m^re : ainsi les Ï-Alins disaient Valesins et /^ufiiis pour .. 

• Va/cnu« et i^^Mritt*. Mais, chose étrange! le même. 

• peuple change f en r en d*autres vocables, disant 
•^ttfffi, rairoiiy pour cousin y^r ai son (1). Pour sairôn au 
lieu de saison, il n'a peut-être pas tort puisque ce mot 
kiem du grec xaipàv (2) ; ^e même, quand au lieu de 

^ casaque dqnt se servent ceux qui ne sont pas du peuple, 
on dt^^rgjwçue , on est d*accord avec notre ancienne- 
langue (Sy. ^ . 
Eh outre le peuple supprime r^nal, prononçant 
piaistf mestié, papié, resveu au lieu dé plaisir^ mestiery^ 
papier, rMPeur^C'est une faute, tomme quand on dit -^ 
et ici Henri Estienne est eu désaccord formel a,vec 
son père,— iljaut parte pas, H faut disne de bonne ^ 
heure (&) au lieu de t7 faut porter bas, it faut disner... 



tfttf %ljtolieron ê[oU«t§\ ete; — lf«i»on Toit par to texte 49 H*^ Çs- 
' tienne qoe le xn' rtècle.n« prononçait pat toa|oarji er final, et que. la 
pronotiftatioA des mots diné , déjeuné tendait àVintroduirt : bientôt' 
mérna rosage la permit aax poëtea. (Cf. Quicherat, p. 3l3|<r - 



Pafblea, j« ^lnua an LooTre, oà ClèNHi, in kféy 
Madime, a bien paru ri4iea1ê aeheré. * 



•-* 



(VOL^U,) 



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(1) Cf. cldessôs. p. 20, etç; — Cf. G. Tory, f- LS, r: ; . ' 
(2)>Joachini Perion , partisan fanatique des étydiologiiet grecques, ré- 
clame l'orthographe taison^ p^r coiuarYer, bt^ le^c, l'équiTaleot du; 

■"■■.■ X greii. ■•';'-■;■ ■:■/';: ";'^^ ,;,■■■- ..■ :/ .■ , 

(^} De là lé nom populaire de roràco donné à.êertaina tétemants der'-^^ 
'^ . ferontfs; on disait autrefois cordeofi (Cotgrave). * ,^ « 

. •^ (.4) iici, H. Estienne ne'met paslil'accent sur l'e de parlt, éitnt, qoolqu'if " 



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-,• ■■.••■ ■ ' . ■• .-.:-.•■ 

— Hors du peu pie, môme on tombe dans îa ificîmc 
' faute, quand onûifnpres Uisné, après tow^/it* ril faut ^ 
(lire après disitet^ etc. , comme après boire ^ son boire- et / > 
Ao/i manger; CQ sont là de» infinitifs-cmproyés comraô . 
substantifs' Toutefois si deux mots- teî*minés en er se , ' . 
suivent, ii vaut mieux ne pas prononcer, ou prononcer . / 
très-peu sensiblement, le r du preTnier. On diràlclonc :. . ; 
H faut aile disner chez iuy {i). ' / J^/ 

5(2).,—"^ P***^ deux légères observations, doni; V ; 
fune pAt que# peut être nnueUe dans certains mots:' -*•' 
!, fcxinilrer), sans rétre4ao8 tous ceux de la même famillo "^ 
((/emdn«(ra(ioit). et dc^t Pautro est que plusieurs ipibts 
prennent devant Icà voyelles « final ( fusqUdt a, eàcores)r j^ 
qu'ils perdent/devant les, conôonnes.HejîriTislienne 
n'a rien trouj^é à ajouter aui règles' tracées par a6n .;^ / 
père (3). ^ • ; \- ■ ,. s ^ " , • - . '', y 

Celui-ci dcbc^ dans êps remarques sur là Mtre «» 
reconnaît : 1° Qu'elle donne An 8oa,^ 6s-ouvert aux 
syllabes où elle setrouveTînâis ne se prononceras dans « '-. 
malsiréyékuéHe (4),.etc. ; 2*jqu'elle se prononce^ 
comme en latin : nONBSTUS, hùrieste; cactus, chaste y etc. ^ 
3^ "^[iféfllf âert parfois & allonger la syllabe, sans se 
pronojicer : c/ejcoûrrir, escoAduirej esieper^ mçsme ^ 
hte«/er» aimasf y asnff masle; U* qu'elle distingue di-' 



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en laiçtte lïn trots lignn plut bat, sur aji^es i^itn^, ctc.*<^ Il né faut voli^ 
là qu'une négliKQce., , ^ , • 
;(^Vôj*d-d«fcat,îioi«a2Y; -^ • 
- (2-) 'Grammaire, ipp.t-O.-^ Cf. ;t^cfl;royTor^f!' LVI. , . ' '; ; 

f3) Voyn eepaiwotlet ranarqoés «or 1m consonnes tn^ftUes 'et autsi 
sur les verbe*. ^ .-: " * / 

tt) Voy. jes vers de Chtrles Fontainç cilél^ ei-dte£su8, p. 35(;, no(« 2. 

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' ' « ■ ' /vciy^empâVérbaux r'(ian«î1/>ei(((, lo/gam eit^f; 
• ;* :' àdni iKUm^eu quil pi'ust à Crnlveûir, lé son est lon«; 

- -^^ -fç» qdVIjc dislingup'diterenls Verbes : il pleut, de plenz~-*r 
\ ' ' • ^\voit:.piêiiiil^;à Dira, ^^ plaire. - ' '^ / * ^ '" / 
;.. ; * SouYGOt «n'és^ écrit* dims un mot que pour rappéItM 

.* , '/.r •'''rétyn)€>k)àiô ' \-ài\nc', et ne tie* p^ronouccpa» : sditsiewr . ^ 
'", / '-r-èe sûstift^, etcv^^'n^ ^^ ppônonco pas nonyiiis à ' 

" -^i' ih fm des ipoi^ quisofftt suivis d'une consonne ;'pro-- 
, "^ * * ' noncbi : h-a/emmcLsont bonnes, comme s'il y av:ait: /ç.' 

" '\:;AS^^e praobnê€ au éon traire : 1" à la fin de» inoii^ . 
'!'C 'Suivis d'une voyoll'c: les nifansi— ;'l^ à toutes les 
:;;/-.- pauses a^.rcpos. de la voix; —â-quand-il vient aprè.'^ 

/^ - .^>' ^>' ; ' '- ; un son ouvert, cammc : procès, wers, i^s, ses, api:rs, 

- ^' ■■ ■ '■ -■ ' ■■ ^ '^ ■ - . .. ' • ■ ■ :; V . ■ -^----~ \r /- ■ ■- • 

' ' " ■' " ' '" :\^; >:.';. Jmtre deux voycUcS , s prend 1q son de s. aûisi : 

';' ; " raser, maison se prononcent r«=€T, maîzon, | 
■^- - V «^ ^' t (2j* — Devant la Imaje ion y le ( se prononcc.cotnnrie 
" ■' / c ou 5«; ainsi pour f//c(ioM, exhortniion dites- i^^iVçiofl, 






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• f n GcoflVoY Tory, dan* son r/ian.r/l)tiry . f ' LVU . parle aln.i de s final 

m^fl^ t il dit • S .» m.tro (jpM'i ,7.fu.v/L»mo$ rim suam fréquenter am- ^ 
?r li dant. de WrlB, pour la plr.:>;^rart>o. ol^seiveal Wen cc^c 

uLdedire:.Nous«ro«sJJ.néenungJardinety«ron,menged^^^^^ . 

J^mTd'lp res l de» aru..r/.., • elles dt^eitf «"Nou^^a. o^d-snt-en un^ , 
^u^Zn UK.u,é .4 prune t^anc^et «ofr^ des O^'^^^^^ 

treuve enliet abus de parfadecaenl prouunc«r en parlant. — U. ci Qt^ 

m?, p.'**. > . -SA. ■ 

(2) Crommatw, p, 9 -Cf. GeolTroy. Tory; f" LVIU, v". || ; ^ . 






çrhorlns 

. la prolal 

al limette 

dôs inol! 

, lion et, 

'nj devaii 

* Henri 

jiôuvdk 

'pour le 

Entré 

,• récritiir 

^commc 



" (I) l>m 
«u\ temps 
ijarin, }>i 
dit déjà 
tainen qiii^ 
qui lia, et 
mjml^re w 
sommes re 
iu epn ado 

■ (2) G.'t 

bellfoX ail 

'3) Oe5»fl 

; sujet, M T 
Tes denU s 
senible-qui 
tettigine l 

■pnmaneial 
leîliet re| 

.£otie pluri 
run pour . 

• celiui I à II 

dire : « Co 

«enl : • Co 

> LVIIl.) 

(4) Voy< 



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R(HI>JIT f:T IIKMII ESTIK>N«. 



^71 



çrhorinssion (1'). — Lèrrcd'^uhfé t=crt « pour onforcjr 

.la prolatioa et I^'^longon la precçdenlc syllabe, comino 

' alunwttc, ffruneitc (2kf lliil^^fi pVonotiçe pa«» àl'afitt 

• (les .mots, devant iinc^jpon.^otiné (5); dans Ja conjoiic^ 

(ion ef. il ne se prononcé ni' devant une coasonnc 

■ 'nj'devant une voyelfe. . 

Henri Esticn'nejioiia app04le quc!que«î obsçi-vg-tions 
nouvelles. -^ A la fin de quelques nnbts, comme trot 
'^ pour le dislingucrdc (rop, (A), il a un son trèa-claîr. 
' '^- Entre* deux voyelles, la prononciation, plutôt 

,' récriture, l'introduit souvent pour éviter iiiv choc, 
• ^commc faisaient les Latins de la lullre d (jT<////rr^ro); 



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(0 l>mpl(ii du e doux avec !è «on du dowj)l«^ v« au lieu du I rmiontc 
<au\ti'mp:« les plu8 r>'Ctilésj on troiiv«'daii8 le» plus aiu-icniK's cliartes t 

ïo, pcrciHio, ju.vfiCia; ttc t au corn»iorK"«;m(;iit du vu* niècie, îsiifuro - 
dit dé]îi[Tf^'g'.ï» 2C, jiij: « Quum justifia sonuni x KteraV rtprlmat , 
tauu-n qUia latiiium.c.-t, fir ( scrlli«ndum est, sicut tni/iriVr, mnlitia, ne-. 
quitta, ti tablera siuiiliâ. • — Nos^ncien» ruUiaiis ï^^mi fuuruistent uu 
mjrnfcre Infini Ae moin\omm(^periifucion,(lrstruci'on, etc.,;" mais muH 
"sumnips ref enui à l«r consonne étymeloKique latine, tuut qa consirvani 
le «on adouci^éjà ••Kn»l<5 pjtr 4s:dorcde Seville. 

(2) G. Tory, f* XX.XIX r.Tcmarqu»* que le? Lorrain? prononcont her-', 
be»** Vit aulrt'S mots seraïilaMe», comme s'il y avait /irrf)/f. * 

'3) rieoflfroyTory que nous avbn<> rilt* à prupoKrdc s final muil, éiTlt,.^î 
; Rui«t, »<« T flrtial : « T;vi«ult estVo pronUncé en ffapant' d<; la lanjiiîc cohlrtt 
Tes d.cnU s<h^ie?. I-o? Italiens le -iironunccut si bit;n ct^si rt-soncnt, quil 
semble -quili y adJoBxtent un e, quant p^qur et en lieu de dire : Cnpni ^ 
tertigine laboràt, its pronuncent : capme iWtigin'e Inbniiqte.,. Laquelle 
pnmancialiôn nestaulcunement tenue ne usitée des Lionnoi». qui lai!<84>nt 
le îlift t et ne le pronum-ent en façon que ce soit à la fin de la ticrecpcr- 
.ÉoUe pluriele des verbe» atlifz et neutre», en disaht amaieritn 6t àrat^- 
run pour amar^runt, draverunt, l'arèiNcment auruns Picardit laissent 
• celiui I ft la fln de aucunes dictions er>franeuis, comme qtiant ilz veuU ht 
dire : « Cornant cela , comôn/ ? mittisiAir, cc*t une jutneni; » ilz pronun- 
Mot : • Cofiiati cl)ela,£oinan?monsieurVihest un^ jumen. » Champfl':ury, 
/•LVIIl.) . > 

(4) Voyex cl-deE«U8, lettre P, p. 3«T. - ^ ' ^ 



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(jRAMIiAIRI. FRA>ÇÀI«I. 

ainsi dh prononce «imél-i/i donneirity aiitiet-ellr^ diÀinei- 
etÙ!;de même i;a/-i/^ i'(»f-e//<?. Dans, quelques lieux ; 
l'usage dp ce t est tellement établf, qu'on. le trouve 
même devant d'àUtres voyelles que celles des pronoms 
«7/ eZ/é*, surtout(.dan§<ii et i'«< » comme : il atQUijy il mr 

y. — Il ft/ été parlé de cette consonne en ix\ù,im 
t^mps que de la voyelle U (2). • ^ - ' ' y 

X (3). — «i, dit Robert Estien ne, se prononce • 
comme^cri' latin, fors qu'en la fin du mot ; alors il, se^ 
prononce comme s; mesme aucuns escrivent «; au Ueu 
que les anciens escrivoient X en certains mois comme' 
envieux, voix, noix, fflnàMo;. » La raison de cette an'- 
l|bienne orthographe, que nous suivons encore^. :n*est 
pas heureusemçnt trouvée; il semble, selon .lui, qu'on ; 
ait mis un « «de pcurqu'on rie die cnij^M*, vo-i«, 
no'is, cana-us {k)\ » comme s'il y avait bien moins à. 




' (I) L'emploi du I au li«u de toute autre consonne pour prétenir l'hiatug 
eptre uif vertM à la 3* personne et son pronom ■ son «xplication ëabs ce 
fait que la 3' personne du singulier des verlies latins était terminée par 
cètte,lettre. M. de Cbcvallct remarque fort Justement que, pour une raison , 
analogue, c'est $ que nous employons' comme lettre euphonique après les 
secondes personnes : vac-y, dônnet-en; sculeBieotî' usage, ne sépare psâ 
cet t euphonique du mot précédent . et isole au conUaire le (. Cette ano- 
~^ maliea wmï sa raison d'être : \'e ne reste pas muet atant i; et si Ton- 
^ éeriTait : atm^M'Diti lien de aimt-t-il^ il y aurait lieu de prononc^^fmeN 
il comme atînatt^'tl.— Voy. CheTallet, H , t4S^i:5(h Cf. ci-dessus, pp; l&l-.^ 

HM. » ' . ^ '' 0:'.- . ■ ■' "•■•■ .■''^,. 

.. (t) V%. ci-de«sus, p. 35I-3S#^ -^ f ,' 

(I) Grammairt, p. 9. -Cf. Geoffroy Torfft' LX, v% , 
(4) La vëriUble raison de l'echploi de z ûnal a été tlgnalée par lea cri- 
tiqués modernes. On l'employa d'abord i| la flli des naota qui avaient x en 
latin : eroùr, voix: pbis, pour et et gt au subjectif {Singulier et au compté- 
' tlf ploriel des mob en c ou en jj : «roc, croès, erox; juu§. Jougs, jims; par 
analogie, s, équivalent de csft gs devint l'équivalent de if e) rt ; ainsi i 



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craindre qu'on ne prononçât : envie-ux ,vo-\ix^ no-ixy 

cqndi'UX. • . * 
Troîs fautes sont à évitpr dans la prqnoriçiatlon de 
^dit Henri Estien ne (1) : fil ne faut ni t)rononcer _^^ 
ûvtc.>| les mots où x a le son de es, comimc Xemn % : 
.,/,v,„ ; --^* ni donner k x le son de z et dircj, comme"' 
qwûme&'UnSt ezpmjite^ezerccrf pour €cshfipteyyc$ercer; ' 
. -*. S^^ni d;onner II a; le son de deuî^s.^, corriméVles ItaV 
lions; et dire lAfessdndre^ Massime po\ir Alexandre^ ;". 
1/â^w«^ Toutefois il ^ Latins 

• so Biangè souvent en deux sir en passant en frj^nçais'; 
.on le ^oit dans iemve, issir iaUsiçuJ^^ eiccfi ou 
ahsiul , qui viennent de iix'mum\ txire; axis. \ 
' * A laldn des moU, x n'a d*âutrc son^ que s ; oh pro* 
nonce donc pflw: comme, pais» \ 
. Z (2). — t De ceste lettre se sèrvc^'t le» fikîicois 
es mois qui sont prinsdu prec, comme zeA^, >^ff f««»;» 
— On sen ©srt aussi en la fin d'aucuns mots ab lieu 
de «pour monàtrequ*enè se doibt prononcer a bouche 
«uvqrte, la 'languè^rréçi contre les dents d*énjba^, 



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ùhemi, theV»\i, chtvn/e on ehetttux; eie^^élj^ ou c!teul8,c«>«,oa eieux, 
éhol, fholi ou cliouls, ckous; porteur, nOrteur», jM^rTeux, Par sulle d'une 

"analogie nouvelle entre Iç^son de» fl^le» dé ce» derçler» nwU et le »on 
de» Oflale» d'une autre «érle^e mot* qul^ sans arolr la ik^le consonne, 

^ avaient les tennlntlÂif ep au, eu/ou,' on termina par x aîK.|leu d«<i le 
subjectif singulier et le complétif pluriel de» mut» étaux, ptêu^roux, 
patfM qu'en écrituïi chevaux, jéheveux\ choux. Cf. CheTallet, IH,Mp-l' 
{note); BurguT) Gr. de la langue d(K( : cd.ul-tl appli«iue ji» tér^- 
comme tut nom» cet obserraUons quMl déreloppe plus longuement. 

(î) Grammairi,.9. 10. - Cf. Geoffroy Tory, f" LXit. - \ ', 



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3"L4 ' UKAMSAIRË FRANÇAISE. # 

■".■., ■ ' , - . ; ■ \ • ■ ,:- . .'-1 -■■■'■■, ■ 

• comiïje en tels mots : aimez ^ e/ît'oî^<^, n^rlicipes du 
. lemp.* pa-ssé ; wjez, l'oy^iiiipûralifs {l\ ^^ ; ' . 
/)t?5 leilres muettes. ^~ A la fin de son pè|it Iràité dç 
.la conjugaison des verbes, Robert' Esliçi^e avait 
donné une liste de mots pu quel<}U*une des lettres de 
l'alphai|||t ne se prononçait pas. Mais ça gràttiihaire. 
Ile disait rien à cefsuiet. Ilenri.Eslien'np a- réparé cet 
oubli dans lïn chapitre des Ilypomnescs'l'^').. '. 
'^/Les lettre:^ muettes sont celles qui ^q su prononcent 
pas. 'Eljes sont telles ou par nature ou par'positîoa i 
; ^ par nAturé , f ommé dans' nostre, vosire, apo%ir^^ 
, monstre f oster^ prester, arrester, ou. s ne ^e prWon^e 
' jamais; — par position, comme dans ces exempleài: 
pujsqnU ïa pku <mnt faire pour hous et Us nostreL" 
titUH sommes tenus 4t' prier Dieu pôVr ta prospérité, f 
Ici T final éiç tûni est muet ; tie\[iôme s 9es inoti 
nous «om»«é's,r<^.,., prononcez nou somme ïou tenui. 
Quant au prémiec nou«, s final s'y prononce, parç^ 
qu'il est devant une voyelle: nous et...] s finaf isû'pro- - 

■ ~ ^ _. ■- ■ .■•' -=^~ — '•. ■ .-'A, -, 

(1) Le s «(ait, comme x ,. une lettre double, ^n emploi «u lieu de « 

. fi'i'tpljquc par (dc« raisons analogues à ce^es qui «menèrent l'emploi d,9*. 

Comme X représentait cs^ g$^ Is, rt, .le z représenta d'abord (i et dt au 

subl'ectir singulier et au complétif /pluriel : ainsi dert«,p{e(i< furent ren-: 

plates par deHS,piei ; dans les {i^ots comme et i^, qu'oh écrivait au com-' 

pléttf aingulier ct(ef (C|VfTATct), hontet ièamtArk»), amet on aimet (SiA-- • 

TUS), on eiît ad B*ibJ»?cilf 8lngul'i«^l au ccNopftétif p^uriçl cites, bdnUtf 

aiiiKS pour cUets, bqntett, atmfffiSLa mémelremarqne explique : tous^^ 

aimex, vous teneu pour tous at nu» (amatis), VbDS.r«n«rf (TE!«ETis};qai 

" >e sont même' écrits. Ces mots étant tort nombreux dans la langue, Jors- 

(lll^ott eut à nnrqaer un son analogue à ceini des finales de eitix,Vmtétx, 

aimtit on employa, sans raison d'ëtymologie. mais par analogie de «on, 

l'a mèqj*''^^*^'^" **//de là les formes : SMccex, progreit, etc. — Cf. Che-^^ 

valli't; 11^4 1-42 (nJtir} tt p. 43 et «uiy . ( texttj\ BurgU>, 1. 1, etc. 

* (^Ï.UypomnestSyji^p.ioAOO. - • 



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375 



iiohcé auf%yans: r^-niil, quoiqirH uc soit , pas suivi ^ 
^ (rune^.elle-: c est que-quand lès consoiftics finales . 
•Vdo plusieurs mots, sQit s,' sôit quelque autre, n'ont pas .'" 
.. ùié prononcées, la plupart .de ceux qui parlent bien. 

'«sinpiltous, font sonner celkrqui termine lemot gui-e^ 
' vant. Enfin dans pirlsqu'il t'a pteuy ks. gcirs dapeupfë. ^ 
V' et bîeti-d'a-ulcesne prononcent pas i. ft disent ^mw^ui • 
^ , l'a p/cu(l); il il? iaut pas les imiter. . ^ \ 

r .; Aprèâ; ce court préambule, Henri Estienne parle " 
^" .: •ivcic-plus do delailè des deux classes de muette^ qu'il a 

' distinguées::. ; x<-. ' .' ^ • , 

' 1» Con50>inAstnMe«re«par|inri/r6': de ces mUfettes,le3 
'- 'ufles servent'^ marquer uîié distinction tantôt.plus ou 
'moins nécessairc,comme matin (mane) et mast'm(/kms ^ 
' WiLLATïGus) ;;cwfie (juvENjs) eljeusne{3EJvm\i^iliniol ^ 
plus ourtioins inutile, comme entre 6cs/c^estu) et 
Vte(PKTV)^etc.> les autres servent à r^peler Téty- 
mologiéi comme L^ans sonlci\ de soutiTi^m, p dans ' 
campte, ^ui se prononce <î6mmé cQthte, nom nouveau 
d'une dignité qui élève au-dessu^e la noblesse sim- " 
pie. Cette même lettre p paramsàit aussi autrefois dans •: 
^«;n>rè:on l'a suppriçaéeyét avec raiison; car elle • 



'9i. 



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wJ:i. . rime de ouiU etdé ditMi; on trouve (i'amour8.dan8 diMkllay 
tiinl^T^U'. aAue àce.ledep^l.et<lePùrù,^Volcl le. 
vers de la Fontaine; • ï : • ^^-^ 

' ' ' L'histolrPpn estanssitAt di»p«!r8ée; , „ ' . ; 

1 '• Et boquillOM dii perdrK leu^Qulili . 

- Domâgue (/oumfli de la langue françaUé, r du' 28 mai n.91, p. 297) 
"prétend que Ut donnèrent ùoii «e prononcer < cfonfre {i long), ^ ., . 



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gii^^j^cj^t confîervcé^ que comme caractéristique de l'o-. 
rigitîc>du mot. Mais ces consonnes caractéristiques 

. eiies-mênks doivent' disparaître jdeà mots français , 
quand elles e^i^pt déjà hôrs/^usàge qhejjes Latins. 

^Ainsi., de 06 et muerr, ils pt/fait onuf^e et non 06- 
miiicrc, Ouçceux^abnc qui écrivent o^meh^c* né soient 
nas si scrupuleux , et eieri/ent si^nplemcnt oWwr^. 

#V Beaucoup de mots, mi ^igii^ient airesi troisxcoii-: 
sonnes de suite, s'écrivent a'une autre manière \, àpîus 
fSrt(*! feispn ceux ôi/il. y en aV^t quatre, coran^e 
7)n^46/re;; écrivez Vres(re, 1 quorque Ne b ait servi à 
marquer rétymoMgie. A quoi bon, jckiît dans lés 
mdls comme (t'w/)*/ corps, conserver des r^ltres inu- . 
tiles pour*- rtia/quer une* origipe.qui est 'assàv claire 
sansces lettres?— Noç anciens avaient leurs motifs : 
ainsi en écrivant cor/}« on ne laissait aucune confasio) 
entre ce n^ot et le mot cors ou cornet. — Mais suppo- 
sons l'orthographe chargée de toutes ces lettres super- 
flues, comment fefont les étrangers ? ^- Qu'ils ne pro- 
nbncent pas celles qui leur paraîtront difficiles, et ils se 
tromperont rarement. -— Mais les mêmes consonnes*ne 
son^pas également difficiles dans tous les pays. Le^ 
Allemands, par exemple, prononceni facilemenTplu- 
sieurs consonnes qui se suivent. Pour établir quelque 
uniformité, il est donc utile de chercher des règles 
'positives et générales. En voici quelquef-vines : 

,0ù se trouvent quatre consonnes «de suite, une au 
moins sera muette, quelquefois deux, comme dans 
presbtre. * * V \ * . ' 

^^il y a trois consonnes, presque toujours une d'elles 



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J-^' 



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»■ tt 



»>*•! 



est iiïuctte,"SUi:tout^s; (, p, c^d; — Exemi»l^ : — s :. . 
lasclmy estre,.noUrelenf/uoislrc, luaistre, desbauclter^es-i 
border, çtc.tl); — M }yresenls,abst'nïSy forts, ports,ou- 
vertSy eic. (2);— P -.temps., corps;cempte, escri>M(3);— 
c : sahict, feinct/poinàlJx:);-^p yÛàrthrUccordi, mords ; 
ce dernier se prononce comme nwm (moutui) et 
î)ir;?«, participe de mordre : i\ ^ mors {b) . - 
■' S'il y a deux consonnes, une' peut être m^^ 
ce cas est r^re, et le phis-souvent c'est * devant / ou 
a^vant (, côTtime masle,freslcf(jaster, (joustéVr arresler. 
-Dans tous ces mois s* est muette, mais rend longue la 
' voYclle qui précède.; elle sonrrie au contraire dans les 
mots peste, céleste, persister et beaucoup d'autreS; , 
Queiques^provincesprononccnt Vs dans des mots où 
•ailleurs- elle est muette, et réciproquement; de même 



(1 M. Ouichcrat a réuni uH grand nombre d'exemples qui peuvent ser- 
vira moïirer queïKalhcermude régnait, parmi les poëtes.età plus forte 
rui^on dans le peuple, au sujet de la prononciation de rdans le corps des 
.;o.s comme Zn'.téei admoneste (Vaion), ;u,;e et '^P-'^^^^^^^^^ 
rab,nte ei brute (J. Mar«t), jusque clperruque (Coquillarl), syllogisme 
et abisme (Martin Ufrauc). etc.- Voy. Quicherat. VeTSif.Jrançaul , 

ip. 365-367. i * , -, , > . 

(2) Le t ne semble pas s'être Jamais t>rononré dans ces mots. Nous avons 

vu plus haut que le I» était spuveot remplacé par s (Cf. ci-dessus, nolei . 

p 374) 1 ' **■ '• • ' ■ 

on M. Qulcherat cite le^imes de précepte et faite (Marot). de sceptre 
ei estre (M. Lef.anc), ûésccptres et an^sfrè ^Villon, f- Lcmalrc, Jean 
Marot). de E^îffX. et p.ft^e (Hulcbeuf). de Egypte etpcf.te Chr.stmede 
lÏÏanV.do ecf.iîe ti embellisse (Roman de la Rose ) - Verstf. française. 

p. 3G8-3(i9,^ ■ •' , ,s j-, , ^t 

(4) M. Quicherat cUMcs rimes de délecte Ct mu«elfe^()lurot). délecte et 

tio(e««(Saint-Gelai»), etc. . . ^ ^- 

(5) Il en est du d comme du t. Voy. l'avant-dernière note. - Plus 
loin Estlenne qui distingue le. cas où il y a deux où trois consonnes 
ma.s qui ne tient pas compte si c^s consonncs^ont au m»»*" <>" J »• »" 
des mots { en cela, nous Tavons suivi ù regret ), reparlera du d, etc. 



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18 , 7, GRÀMMJtIRK FRANÇAIS^. 

en quelques lieux on ptonoiice dans honneurj lionnes» 
teté, eic.f les deux nn dont, en général, un seul 6st 
prononcé. — En outre le morne mot, pris dans diver- 
ses acceptions, fait ou rie fait pas sonner*; ainsi pro- 
nbncez : accoster quelqu'un ; avec s sonore; dites ac- 
coter (appuyer) un pot. — Enfin, parmi les mots d'une 
même famille on voit de semblables irrégularités. 
Ainsi, on prononce, sans s : demonstrer, besle, beulséy 
bcsidtl; tenipcstCt tcmpfster; poisirc, pasturcj tcste^ 
baston;' mais au:" contraire en faisant sonner s : de- 
monMraiion^' bestaUf tempeslaiif, pasteur, teêtonner, 
bastonade, . / 

Henri Estien^ ;, dont on adéjà remarqué l'admirable 
-sagacité, donne une excellente raison de ces anoma- 
lies : tous les mots ou se prononce s sont moins an- 
ciens dans la. langue que ceux où le temps l'a, pour 
ainsi dire, usée jBt effacée. • 

Après *^ la lettre qui esMe plus souvent omise dans 
la prorjoricialion, c'est f suivi d'une autre consonne, 
sturtout de s : mets^ permets, luiuiSy faits j dits, 

L est souvent muette aussi (1 ) : ouitrey doulx, doid- 
céuTj mieuhc, vieulx, poulsy poulce, faully vault^ hautt, 
sâult,eic; dans les pluriels : mnnlx, animaulx^ chc' 
rautx. On trouve nîême quelquefois écrit wiiaw/raw, 
maulpiteux, mauldire : mais dans aucun de ces mots 
/ n'est prononcé. Cherchant l'origine de ce son au. 




'\ (I) Noui avoDB cité plus haut (Cf. p. 3Tà, note 1 ) la rime d« dit-il et 
de ouM. M. Qaicherat cite les rimes de sourcil et si (du Bellay), erueU et 
tuexifautels et beautex (llarot), hôtels et noteM, seuls et deux (Coquillart), 
inds et nudj, nuls et retenu» (Meschinot). — Versif. fr., p. 374. 1 



y^ 

V 




Henri Eslîenne se ran|gii à ropinion.rappeléepàr son • 
père,' que au. remplace la syllabe latine •çi/;.paur le _ 
prmiver, il cite un certain nombre iîe mols.où l'on*" 
employait indifféremment à celte époque a/ et aii'^ : 
comme Mia/fw're«x et maupitèùx, malplamm qI mau- ^ 
plaisant; selon lui u remplace / ; introduire u^t 'Con- 
server /^c'est faire double; emploi. On écrira:^ donC/ 
sang L : clievanx, antmauXf auc4m, inoM^,. et(<, Maas 
après ou et après eu Ton né peut invoquer la\inême 
mutation : on conservera donc l, au moins sfelle^ést^^ 
caractéristique de rétymologie, surtout si eMe 'se pfo^ : 
nonce comme efi coulpeei poulpe (culpa ,7I»ulpa). . 

B, si on récrit, dans doubler., plomb, coulomb (ou ço-- 
lomb ; COLOMBUS), ne se prononce pas (ï), 

C, surtout devant Te%t muet (2) i/éc/érj-af/aic^i 
jaici, dict, pe/nct, /cirtcf, etc. Quelque/-uns le- changent 
enl dan^ jener, allaUter, et le remettent da^s /air, . 
(///,etc. Pour ces derniersfrien de pi us rationnel,'* selon 
IJcnri Estienpe : mais irfâudïail/.uné-^stinction. \\ 
./(jii, il (/à , \\ peint peuvent perdre le c: maia, ces 

mêmes mots doivent, le conservera ils son tpartiçipes:. 



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(0 M. Quicherat cite les rimes d^ Jol/et cop (Rutebeuh» J(UO^ et t^oP' 
(Villon), /o5 et trop (Coquiilart). — i/oc. cit., p. 3'5. 

(2) Cf. ci-dessus, ^"^ m, note \.-lv. Quicherat remarque romisslon 
ihi c dan» la prononciation d*un grarid nombre de filles, au pluriel j ce 
fait n'a rien d'étonnant, si l'on «e i^àipetle la notation «equiyalente (Cf. 
ci-dessus, p. 312 , note A). Il cite les rimes de boucs et genoux, tact et 
iHrapi (Coquillart), tùpict et pi«,(Marol), Turcs et duts (J. Lemiire), 
Grecs et àucreu (J. Marot), ^rm et secrets (Régnier). Pour Cfw, 
nous avons conservé l'aDcieDàe prononciation dans le nom d'une rue : la 
rue des Gris n'est autre que la rue des Grecs. — Au. Singulier, Userait 
i>lus diOlelle. sinon Impossible, de trouver le c muet dans tous ce» moU. 



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yfairjt dict / etc. — Dans prftctiquef pfactinen , les uiis^ 

^ changent le ç en 7^ fet écHvent praitique; d*autres.Ie ' 

suppriment : pt^aiique» --^Endin on prononce rfîifowou* 

; iiirUm. / • v * ' • 

' " - ■ . * . * • ' 

' ". \) est muet (i ) dans advancer^ advenir ^ advenir ^ etc. , 
mais .non ôslïïs adversaire, admettre, administrer. Ce 
dernier mot est prononcé, tnais à Corl, par Je peuple, - 
avùnisirrr, * ' ^ \ 

P est muet (12) dans briefvé , briefvemenl , ou plutôt 

. hreye t'*hrt;vemeiU f vettfve, quoiqu*iH s*éntende dahs 
brief (oimieuxr bref Jei d&na veuf :i\ est- probable que . 
dans, ^r/^/i/r, ref/fe, la conëonne F servait seulement 

i il iiïdiquç'iuqae M Suivant était, consonne. ' - * 

^ G filial est mûct dans les mots toing,,ie8moihg, 
/**^*i(<7, où on peut ne pas récrire; quoiqu'il s'écrive * ' 
et se prononce dans les dérivés: esloignef, tesmoi-^ 
jjt)er, hic— ' Le^G est mu^t aussi dans congrioistre du „ 
coffnoi&tre. - . ' • '" 

. *Çeôt souvent muette^el sert seuleiftent alor^ à rap-^ 
. pejérVéty môlogîe ; hoste^ de liospes, se prononce comme 
' it ostc^, mais se distinguée ce verbe par la lettre h, 

Patce qui précède onu pu constater: 1* que' souvent 
deiix consonnes soiU tnuettes dans un même, mot, 

> conrime n dans haultSr ct dtins dietSt etc. ; — 2* que 









Il 3. 






(1} M. Quicherat a mté , dans le Roman de Brut, la rime âè Daùd et 
-de Ânt, , ' * • , - ■• 

• • , '■ ■^ ^ ■-,-*•..' ' ♦ ' ■ v ' 

■ {î^ M. Çuicherat cite lès rimes de «er/V et reVprx (Christine de Pisan), 
je m (Bt rift (J. llaro«), /uiftetfms {MiTo\),Jwft et Minùù( Régnier), 
■new/i .et e»wreM*( Villon); neufs et ncrudf (Marot,Saint-Gelai»),etc. - 
IVrtV. ^r., "pp. 371-373. / ' 



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.,, ROBERT iTuè^jkl EST|E^i^Jî. , ' \^K 

i l'orthogmphe tendait il çitppriim;r runé des. deux 
muettes et qu'on écrivait plutôt iumis, faiu^ etc. 

■^'jConsonnes muetlet par posiriow.— Henri Estiennô 
•déduit, de l'exemple suivant, les remarques c[u'il fait 
, sur çétte^Iasse de mWtés: . ' • t , 

Vous me dites toasjfturi^iue tostre i»y8 fst plus if|(«nd de beaucoup et . 
plus •boudant 'gue le nos^e, et que maintenant voua pourriez bien .y 
,Viure à meilleur marebé que nous nfe tiuons depuis 4roi8« molj en ce«te 
' ville : mais (ou» ceux qui en vi« .enr, partent bien vn autre langage : •< 
y ne vous defplaiseV • • ' •» 

^ . , . ■■' ' 

Il en note ainsi Jà prononciation : • "' 

^^ fou me dite loujouri qu9'votrfintyt est plu gmn de braucoup e 

plux abondan que l» notre, $ que mainiçnan \ou pourrie bien y vivre 

\à meilleur i^rehé que nou ne viuoxi depui. trbi mçit en cite ville : mai 

fou ceux ^ui en viennet, firkt bien vn auirelangage : ne cou de- 

■ jfilaite. .• • . : ■- [ *: .. * , -,. -, '; :■ . • ■ .. , -..t' 

• oh voit ici que s.ne sonne pas dans plus, ni d ddns , 

^rancf: mais s et D se pronon.2eraient8'ils.iâtaient suivis 

d'une voyelle : plu grand et plus abondan.,. — s <st. 

conservé àasis toujours parce qu'il a disparu des mots 

''vprécédents (t j et que la voix fait, une pause après- ce 

mot; cette règle s'applique àHbûte aulbsi^nspnne qu'à 

s ; ainsi T fmal de ^souv^iK sonnerait dans cette phrase : 

c'est fui . propos qiion tient souvent , quand on ne sçait 

que reippnrfre ; — prononcez : c'est un propo qu'on 

(ien touvénty quand,.,; quelques-uns même prononce- 

' raient ici 8 de propo»,parce qu'on fait aussi une légère 

pause après ce mot. -— Heil^ri Çstienne a soin de faire 

observer ici qu'il ne parle pas du peuple, qui aie tor| 



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(ij Cr.^ci-dessus, p. 37 &. 



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3ft2 \ blAMMAIRK rHAl^ÇAHI. 

do prononcer irh^jou ; de mémo il nç prononce par lo/ 
final éc vietmenli paHenif que tou9 ceux qui pronon- 
cent bien font sbrtner, et avec raison, nour dislinjçucr ; 
Icpluritîl du singuiiçr (1). Da reste j iî faut reconnailre 
que beaucoupdè. cc^ muettes, qui' disparaissent dans - 
un parler Tapide, sont cooscrvées lorsqu'on 8*cx prime 
lejïtement. * ^ 

Des consonncsi^mucltés, par nature ou par position, 
Tauteur passe nalafclllîrtient aux voyelles supprimées 
paf apoi'trophc, ^, , . j ^ . . ^ -n^ _ ; . 
. .!?« C apostrophe. >—fl. E^tiî^nc se borne à parler 
delà voyelle <?, qui f* disparaît toujours; devant une 
voyelle: ctityjev^abusé; tfai terr* a gnerr a^ elc;; 
— et ,qui 2* §'élide quelquefois devant te^-e€Însonncs ; 
.alors c'est ordinairement qaand èllecs^ pr(5cé$lée.çlo^a ' 
tODSonne d : ^ràniCchose^^grùtuCpeâr'^)^ Dieu vom 



ii) Cf. c\-iït'Sfi\Jf,ip. ihi, nous. ''. 

(î) Apr<^« avoir noté, dans sa Crammttire h^amaitèf ce fait «^u'un eer- 

■ tain JKtiiilm' iriidjcclirs l«*'arnais terminé» on au, tels principau, ftnau, 
conservent cette tcrndnalson au fénnnin comme an m'ajtfulin, M. l,espy 
fait observer qu'il en était do en .adjectifs, dërivég de Micablis latins en 
alù (pHisnpAlis, FiSAHs"), comme des adjectifs >n 6/«', tels aimahle , 
'croyables, déri\ës d'ànjccùfs latins' rn hUit : |)9rcet]ae, dans l'un et 
datiK l'autre ca^Je mot étyntulo^jque, avait la même torniinait^tm aux deuv 
glCnrcs. Il ajoute : « Ain^i oii dit encore,: gt^nd jpitié . grand peine, grand 
mère, grand rue; d'où Vient cette apparente anomalie 7^ Lei» grammai- 
riens prétendent 'qjie dans gtand mcre , grand.pHié. elc IV m^iet est 
élldé, et ils placent unc'apos'trophe aprèa granÉ. Ce\fi prouve que les 
grammairiens ne savent. pas l'histoire de la langue; il ne fuat point d'a- 
postrophe, car il n'y a rien d'élidé. 1/ancienhe langue rend Taison de 
celteinfractfOQ àla loi d'aprè* laquelle i'adjcctif s'accorde 'a vccf le §ut»- 

^ stantif; eMc enVcntl raison par ujie autre loi fondée sur l'étjfmojogie. » 
Cet arrêt contré les îyammairiens 'c>t bien sévère. & nous adhielions 
^br lettres royaujr, teime consacré dans les traditions peu variables de 
la chancelleiier, la Ibt étymologique Invoquée par M. Keiipy, nous n« sau-^ 
Tiens l'accepter pVmr j^tiJ' pitié, grand' mère, etc., où dous croyons 



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!gardrUe nm/ (1). ou parfois de la consonne i., c^ime 
' (^ans mir pour mlll<! i^î)- oi queC quelle soit (J^) 
'. quelle quelle soit. ^j^_ .^^^ _^ — , A 




■1 



-lapoiUopho nrnwaire : i" ttôurni'.paH.fr^cr .u miJ. 1 du irot ar^ u 
, e%Cfp\l«n cii.1 ne »'appliqu.. pa., à «rauirr s inolà .dérive. i\ a.lK.tif.\ la». 
anal.Vuf»; r parce quf le mol grande lui-.n.orn.ç, h>us .^a forme tt»n 
nèti' p. ut vi^n plac<i . en wrluif.* Mi, deVanl plusieurs dp» niote >i«» 
' ici : Voilà une graf0e ^rue, vi-là- une f^raAde inlle, e(c.-Cr, mpy. 
p. 101; vub^uss) l>al*trav«, é^t. (;wiin, pp. 2im-2!t!>. Vf 

. ^H) oiî trouvç dans So* poil^'s^l^TU*» l««u'«"'" J".*'ï""* VoUaîrc/bii 
V. nombre, iallnï d'exempt» où r'rd' e*t ompjojé Roiir j,orde ; „, . / 
• Oodffroy ft B«".lnin. .jtw ^ti^« jard de loarmeat ! . (IJArooi».) 

Iiieii y«rrf .l« mal celUs .,nVt. . i^ Mii.l.l.d.les!.. , ÇU |-o)*Ta.« 

'' ,Qtï*.l)i«uv«ni,jur«i',rimp<.ieillogi'Uicua - .'. ^ (^N oiTAiot.). 

• Il en étâil^e m^nie four command, ou lieu de commande, demand kn ' 
"^ >itu de Itemahik, nou-seukmenl à l'oplalif, rnais à hnduatii : ' ^ • 

*- ) ■ . Je »oâs rowmanJ rensrijfDe »»inl Deuis. 

♦ * A, l>ù'U f««i/«<i«4i'. vostrc beauté. . , V 

On trouYC f ricore aiwïjpoui: aime ; -, 

' '"* Soignors barons, ]•■ ^0''".''»<H.''*"^'*'- V 

■I Je M dis pai que Tcm!i«î« ïollèiueot. ".> 

— Cf. Oulcbcrat. Versif. f anç.. pp. 405-400. . . , 

(2) On employai in.litfereiùmenl mil et mlU , selon les exigences de 
la mesufi', dans le» vet» : 



/'(U.deROLLAN».) 
' (TUIBàBT') 




UllkAmx mots doncrnirnt eiprimei 
mi doiij baiicr» doucement iuipriînoz. 



(Du Bkll*'t. 



(A.fiH*!lTII.R<) 
(J. '.M A ROT.) 



— Cf. Quicher'al, PP- 402-403.. 

> Onùnétàitdemcmeponrf.l'aulicu iicjvUe; quelle et fWie pou- 

vaierit«u8»i Veroployçr, suivant le. exigence» de la un-sure : - 

» ". »»•■ , ■■, 

Oh*»»?!- vous? q»w?ir mouj:Uc vous pique? 

' . • ii(, voit Iturprincetn tel'- niagiilkêm-e, 

' - Dans tous es excmplos^nous marqt.yP» lapoatrophe.liien .jue ce signe 
ouSu P«s encore connu-ou ne fut pas «énér«lerm...l a.lupte : ccsl 
nue" pour tCs ce. mots, le pocle usait dune licence tolcr.e ei.ne son- 
geai; ps à invoquer deJol éumologique, pui^u'.l *e reservait le dro.t> 

'trii^^tS'l'u^cau^orls.Hrélislondel^tnuetflnal.M^ 
•joutTrn s'appuyJ*ur de nombreux exemples, poeuc, ^antaiMc. ca^ 



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I^én^i Esticniie courte lo fait de TexiîUcnce do 

rapomrophe ;, mais/à le voir dans ^\\\ traite de la Vtv- 

< celtencc du iamjarje frunçjoïSf reprocher aux Italiens <ie 

'diR^/rrt pour lfem^%an pour sano, etc., on peut con- 

ject^rer\qu'iUe8t assez peu partisûn'de ces élisions : 

' t Je (eur Veray confesser que ce qu'ils-coupent ainsi la 

qiieuc à lèwrs mots est grandement contr^eux. Car 

quant biehtis voudront dire que ce qu'ils font ce 

n*ost pas Ipur^ouper la queue mais la trousser sculor 

ment, m est-ce ^u*il s'cnsuy^vra qu*|i cux-mesmes elle 

semble traîner (l\ ^ 



Mais si notre langde elle-même ne peut cncourLp^'un 
semblable reproche pbur reiijplorqijje nous faisons de 
l'apostrophe, reproche\fort dur et injuste, selon nous, les 
remarques que fait plus loin {Û) Henri Estienne sur cer- 
taines syhcopes que- nous nous, permettons, ne nous 
laissent pas grande supijriorité sur les Italjens : nous 
aussi nous coupons, noub coupions alors la queue de^ 
nos roots. Ainsi il constate que les gens du peuple et 
bien d'autres disent (fit a-tu poiïr quas-tu? éi m^.mQ 
qua-vou8,na'VouSf sçQr vous, pour qu'aves^vouSf n'avez" 
vous, sçavez-vous i3). A ces formes le peuple^ mais le 
peuple seul , en ajoute bien d'autres. Ainsi , à Paris 
surtout, il dit flamour [h)t au lieu de pour C amour; 



thfilie, comme public; puis inutil, fertile coiAme vil, $«rvH, etc. -^ertif. 

fr., pp. 398-409. . 

(1) Pr^cWZenw, pp 16-17. . - - * • 

(?) l/ypomn<fe«, pp. 98-99, etc. , - * 

(3) Cf. ci-dessus, p. r.,1, texte e,t note, et p. 80. 

(4) Cette ruëe syncope n'est guère plu» étrange que celle-£i : ck' fr' ei" 



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«OM^T.RT niMRI EStlIflNI. * 

ainsi encore, sa fosire h^onneur^ sa vosire tfrace b.\x lieu 
i\e sauf vostre honneur'., sauf vostre (/f(^ce6c disent dans 
le i>ouplc, et même hoii du peuple, à Paris et danâ 
les villes voisines.' ' , ^ -, - , • 

Syncopes et apocopek -^ Nùùs avons donc , en - fran- 

., Vais, de véritables syncopes et apocopes. Entre. autres 
•syncopes, Henri Estiephig cite les (otmes famerray^ je 
dorray pour fan^néray^ je donray ou donneray (1)'. 
C'est aussi par syncope que nous disons cratR(/rai^,/n- 
druy (2) ; e^ cette figure se retrouve dans le^ mots com- 
posés comme (ior«riava/i/, que le peuple prononce même 

' domavqnt, et aesormai$ pour (tores en avantj des ores 

mais; dhïï» samdessusdessous qu'on prononce gènéra- 

Icment en un mot pour dire ce que dessus dessous (3), 

comme, samdevamiierriere pour ce que devant derrière.^ 

^ . . Ce sont là des mailles d'un langage corrompu au> 

. quel se rattache encire^le mot, qu* on prononce et 



. •» 



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frur,où nnl^ra IgnoranUfi, qnl nous l'a tignnlée comme ositée dan» son **• 
ordre^ noua a dit <^u1L faut reoonnaUré : ihéY frère directeur. — En tous 
Iroips; en tous lieiix j la^ rapidité de (a prononciation à toujours tendu k 
contracte^ de cette façon des mota d'un usage fréquent. 

(f) Voyes dans le savant Traité de Fefti/. fran; „ par M. Quicheirat, 
p. 409 , de nombreux exemples des formes verbales syncopées donrai, 
menrai au meirrç^, iatrat ou ferrât, demoùrrdt ou devtiêurrai, durratVelff:, ' 
pour donneràt, mènerai, laiutf'ai, demeurerai ^ durerai, etc.; mais en- 
core de substantifs : verjté, durti , seurté, ohteurté, jartière, eprhn, char'* 
fier, halbardê, fortresie, pelrinagé, ^rfour, etc.,. pour rerité, dureté, 
sûreté, obteurité. éperon, chMifretier, hallebarde, forteresu, pèlerinage, 
carrefour. M. Quicherat pnise^Hemples dans nos poêles les plus an- 
ciens et descend Jusqu'au xvii' siècle, à Corneille (car four), à L|i Fontaine 
chartier), à Sarasip (ejjroiftwmt). etc.— Cf^ Paisgrave, p. 401. 

(?) Meigret n'avait pas eooiîmTt^le erreur.— Yoy. ci-de»sus, p. &3. 

(3);ltomosavut déjà p•rté^dé;C«Wl<^^tion• et Pasquier, dahs sa se- 



* tMAQ lettre, •'«ils 



'-An 



fort longacofent. 



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^«e MAMIlAltl FHANÇàlM. ^ V 

qa*on* écrit fpiwn/onr, -surtôul; dan§ le peuple, pourc<^ 
pendant, et temps p^indani ; «nram (i), adverbe, poor 
ûnte annum. . • ' ' , 

* ' itii/onHiour montre un seul mot français formé dé . 
deux motsialins : nous avons beaucoup de ces. vocables 
composés : ainsi on dit débonnaire powr de bon riire. ou, 
de bonii aire; de même pujourd'huy^ naguère pour au ' 
jour de Imu, n'a guère c'est-à-dire il ny a guère dt , 
temps ; quand oui dit c ceh est faictpiéça, c'est comme si 
Ton disait il g a bonne piec^dele'inj^] que cela eUjaicL 
Enfin làmjouH que le peuple {yrqjpfonce toujou et mémo 
toutjou est forihé de tous et de jour» : les Picardis (2} 
le remplacent par toùdi (totos diesJ. 

-* Ces modifications ne sont pa^Jcs seules qui Sachent 
rorigine des vocables dérivés j4Ju laCin, llchri Es- 
tienne passe. longuement en reviie les autres change- 
ments imposés aux mots tirés de celte languerdans 
un chapitre qui complète le travalïtle DolJfeis (5), re- 
produit par son père : mais ces observations, fort utiles 
d'ailleurs, et présentées avec une/rgrande fincése, 
n'appartiennent pas à la gramnjaire proprement ditc^ 



liX. 



■x. 



n, :^ " I \. 



(1) U célèbre ballade de Villon : 

i " ' ' '^ . 

Mitt'où KM* le» aëfM d'aaUp? 

^ • presque uuvé etvà&L 
. {%) V»y. J. CorbM, Glo$i. fiemé : 

lÉnothl EpipkaM 
Qoi Imiis bMtoik lort •■ ftouM. 



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(if Voy. ei-dettui, p. 10 ël wIt. 



{KpU.iM rim. StM'DeftéêJ^ 



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A- . 



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' - , «(>tJ#r Ml lUUIMI MTIINNE. 

il. ~ TKAn-i\DRS pa/ties nu inscouRs 

■■':■'— 
■ » ./ • . ■.;•'' ■ ' - . • 

/ * .♦; 0«A«AAIft PtOPUBilN'î Dm. ^ A ^ . 

V . « ■• • 

%;■ ' •»,•% -• 

Les quelques paj^ps conçacrées par Robert Esliehne 
à ctjacune dés lettres de ralphabet sont devenues ici, 
grâce aux abondUntî^ «""imcntaires laissé* par Henri, . 
un.traitédontil n'est pas besoin 'de faire ressortir Tim- ^ 
portancet>our l'étude de la prononciation et de Torlho- 
grapheide notre langue. — Nouscontihuorons, en sui-/ 
' vanl pmir guide "la grammaire de liobort Estienne, k 
emprunter aux savants ouvrages de son fils les com- 
pléments réclamés par ce livre tout de p^ratique, où 
rexposition des principcs^laisse talit à déâiferr' 

\ '■ ■ . \ ^■ •» . ■ . • 

Des lettres se forment les mpts; des mots, Toraison.. 

Il y A neuf parties d'oraison' : n6m, article^ pro- . 
nom/verbe; participe,(adverbe, conjonction, prépoai- 
tion et interjection (1); 



\ 



"Et 




Y ■ 



■V 



(0 DuboU et' Magret n'uvarwit reconnu qne huit^ie» en f'scoaw ; 
namu» ne »'étail pM prononcé; le* Grammaire» provençales publieetré^ 
ILXntVr M. cVelrd f I vol. InS-, Pari.. Franclj. xm, retient dan. 
le. tradHipn. vulgaire, det grammaJrirn. latin. : « l>a« oU par., qne om 
troba en gramaJtlc. . troba àm en vul..ar_çmtn"«; •«>.«•/"";"' P^T^: 
vi.rl>«, adverbe, parlicip, conjunclio.. pr.po..l.o,i, '"" '!?... ^î^jt 
ndi« WpMl^â.P •T«t« lM.ln qe MJntfnda en grammatba deu aaber qe 
VM. A»» ^ ^ ^« V tod*. la. paraola. del mont ai tra«.n^o e. nojm, 
•pronUa. *erb.,p«rleelp.. advtrbi.. co..J«nct.o.. pnpoMlloa rt inleriec- 
Lt* Vld.1, S* rapide iro(»«r)^P.l.«r.ve avait a a... reconnu 
ne^f «lècLd. mou : • lo tbe franche tong be IX parlr. o^ .peche^ ar- 
ticle. noW pronowne, terbe.particlple. adverbe» conJoocUoa and In- 
terieetioà.» (Uv.U.) 



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388 



-^iK. 



0"- CRAMXAIIIE FIA^ÇAISE. 



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DU noM. 






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' fl Les noms sont/les mots qui signifient ung x;orps 
ou chose qu on j^t loucher et veoir, comme livre j 
<4irbre\ ou chose qui nf* [^feult estre touch^ee ne veue, 
comtne vertu, espfitt Dieu (i). • 

Les noms se divisent en- substantifs et en adjectifs; 
les substantifs, en nojn8,propi4s et en noms communs 
ouappella^fs. — Au nom propre se rattache le nom 
de la ^ race, comme « J^ehan 'Rian, Robert Estiehne, 
* dont on dit les Rians, les Estiennes.» — t Des noms 
- communs^ aucuns signifient corps : homme , cheval; 
aucuns signifient chose sans corps : vertu, esprit, 
/iieu ; aucuns signifient nation : italien, francois, ou 
viHe dont est queiqu*un : parisien, lionnois; aucuns 
8ei*yent à nombrer : un, deuxy trois, et aucuns a de- 
ncter Tofdre : premier, leconcf. D'autres signifient di^ 
gnité ou estât sur quelque nombre de gens : </uar/«itt>r, 
disenier, cinquantenier, centenier, qui. ha charge des 
mesnagiers de quatre rues ou de dix, ou de<Mnquànte 
hommes ou de cent (2) ; aucuns sappellent collectifs (3), 

W (1) « Us paraulu subtUftUTU son aiso oom : 6«llexM, bomnttti ta- 
ril(...^et lotas las «utrai del mont, qe dem^stron substantia Tiilbil « non > 
vWbU. » (R. Vidal.onv. cit.; dMM les Gramm. proeenf. pnbliéei par 
. M. Gucssard , p. 72). ^ : y 

(2) Les officiers ^d nominés ne conserrérent j^m, ao xtii* ^ècle, les at- 
' trlbutidns que leur assigne R. Ëstienne. L'office du centenier était siip-« 
primé. Li quartenier arut char^ de fairç exécuter, dans un certain 
quartier, les ordonnancés et \t» mandements de la Tille; il assemUsit 
ebes loi les^ bourgeois , et avait la garde-derportes de son quartier. I! 
avut sous lui deux elnquantenien, et ebaque cln^aanténler avait sons ses 
'«dret qnatre dixainiers,' 
(S) Des collectifs eités lel, les deux presaiiers désignent de petites pièces, 



'H', 



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J^ 



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ROltRT IT HKRI tSTII1<INE. 



3«0 



comprenans, un certain .nombre : siiain^ liuituini tiou' 
.zam;trezain (\).» ^ / ' ., 

-^ Comme les anciens grammairiens, Robert Estienne 
qai ne Vise pas à sortir du^senticF battu, môme pour 
marcher sur un terrain conquis par des auteurs 
plus hardis, traite ensuite des accidents des noms, et, 
^, entre autres,, des cas.etxles déclinaisons • lesquels, 
dit-il, aucuns ne mettent (n* admettent) point. » —- 
J^cs autres i^iccidents sont l'espèce, la comparaison (et 
la diminution), le genre; le nombre et la figure. 

1* Kipèce, — Les noms sont primitifs : 6on, — ou 
dérivatifs : bonté, (ï).* . 

^ A. Comparaison,' — Là comparaison se fait àPaide 
des adverbes p/u«, moins joints' au nom adjectif, ex-° 
cepté pour quelques niots empruntés au latin : meUleur, 
pire y moindre (3).— v« Quand nous voulons signifier ung 

■ ., 4— — — : 

de poégie formées de six ou de huit vers ; le douxam et le treixain 
étaient des piètescde monnaie valant douze deniers (un sol), ou treize de- 
niers (un sol et un denier). -On donnait autrefois un trtitain à la mfsse 
des épousaillM, et Fauehet explique longoement l'origine de cet «sage.— 
De ees'<mott sont tirés les féminins hmtaimtf qui s'applique aux Jours, 
doujsmnf qui s'applique -à différents objets, et enfin, dans certaines loca- 
'lités, trtixaint. A Nantes, par exemple, 1m œufs, les hultreS, les sar- 
dines, etc., se Tendent par treixaine» et non par douxainet. 

{\) A cette division des Noms, comparez nelie de Dubois, p. 32. — 
Paisgrave divise simplement les noms en substantifs et en adJ^tifs. . 

(1^ et ci-dessus« pamm.->-Les Grammaires provençales, ;calquées 
comme edie-ci, sur la Grammaire litine, aVait déjj^ reconnu la même di- 
vision ,(les non» quant à Vtifiètê. 

(^ La langM da moyen Age formait la plupart de ses confparatifs 
de supériorité à l'aide de l'adverbe pivi; cependant on en trouve 
un très-grand nombre Tonnés à rimitatlon des comparatifs latins; 
M. Bttrgttjeite^entre autres ^randrfz, graigfior, grtignoTy etc., de gra$ui; 
poil oii CT â ne », jut^nur, wrdeior, etc. M. de Chevallet ajoute : forxor 
plus fort, Aofxor et hautor, plus Jiaut,' bellexor, plus beau , etc. — Les 
Graram. provmç. ne parlent pas des de|;rés de comparaison ; H. Kfidit 



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380. ^% UIIAHSIAIRC FHA>ÇAI6£. 

homme excellcnl -en 'quelque chose, teïlemeut'qtt*it ûe 

■ ' ' « * ♦ " ■ . -^ ■ ■* 

soil besoin}^ deTaccompAiagera d'aut es, Oous adjoua- 
tons ce l'ouï ireê {qui signifie irôië) au nom adjectif po- 
«tif, et* disons ; irexdaciiP, tres/oru irésbon (1 ), c'esl-à- 

- dirû ejtcelleti'ten, scavoir^ en force et eu bopté (5)é » 

- ^ ^^ « GoUibien que ce comparât ff meilleur emporte 

Mwit' que^/ux 4f(m^ toutesfoi» il esch^ppe au comaïun 
> péu^^^e dire plu$ meilleur, • Henri Esttcnne, qui 
voit danS^^irfe «4tp<'r/?^M/(e une' iinilaiioD du grec ((st?- 
Ttov ,/>«>. W, ttp£iv4v?fiâ?./ov) affirme qu'elle doit être 
't tenue pour élégance. » — Il ajoute que' nous em- 
ployons, encore ^ limitation des Orecâ, le compa- 
• TAtif ^irtf .pour le -positif mauvais, quand nous disons : 
vrayement voila qui neat pas pire i^ôur votîà qui n'en 
jHu mauvais; et enfin que ires, emprunté du tp; des 
(kecs, s'emploie * tant en mauvaise part qi^' en boone • : 
treHmeciuinl{6), . ■ -0 



{ DmatM f»ro*n*ïbfijfW»Ve ke formrii'p9«itiv<>ii et }m formes comi^tlvM ; 

' * Ë ^e ta rrgia Ufi iirMiiiiiiatiu »i«^Utr, que-vol « • l« fi, vutlh ancar traire 
fort: maritre (nia8J»t«T). poêtre (pa«t«r), mtiher (melior), p^>r { pejof), 

. toréeigr ( dt^tfrH>r ), maitr (major), menre (tiiinor), genser (pulèbrior), 
iéuger {ItVjfH), greuger '^%n^\ia).» 

,. (I) M. de .Chevàllel «iérive notre adverbe trèt, 4e la prép. latine Iraiu, 
•n delà i-'irl^Ê-hnbile, habile au>4elà d« re<|«e m» botunrt le aant géné- 
- raleiaent : ndl»». aurions donc ici la mémo partieale qui:' entre dam la 
e of aiHiOB du "v^rbe tre/ipmtuer, iréfiaMer.— iaarblni Periondif, comme 
Katimae et in* aatrea : • Gùm doetistimuw^ mninpii gratia, tretéoete is- 
. terpreiamuT, a Kra;rot,\«tliud 1res Mirai* «uater a»«t««tu« «at.^ — Hoe 
xputMi veUm «tiiim Ptpoiias, undemortuaa lrr«f>awi>f vneeiiMtf.— ... fraiu 

^p ray# itlfO (r«( »4|ta«ficar« dri-aïur : qttod OMiUa e».t «fidentiva la boe .gé- 
nère diceMdbi : U ka tre»paué ton comirttmd$menLm ^ joacb. feriaii. ta 
lki§tm foU, mm graim eognatiome, l^via, 1164, te>^, p. Iâ2 «*, 0t 

;p. lUV) ■ V 

. (2) CroaniMwr*, p. 15.- •';'..." . / ■ 

{$) Conformité, xtft. Zi-K. 



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"' V. • 



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ROHCKT ET UliMRl -ES»T»r(NB.. 



S»i 



; En empruntant aux.Qrecs cette pyticuïe, et en di- 
sant ireshon ne sommes-nous pas supérieura aux Ita- 
liens qui disent banissimè^ *hfk langue italienne ae 
peut elle Vanter d*avoir crédit à l'endroit de la grec-, 
que(l)?. — Malgré cette condamnation; les forme^ , 
italiennes commençaient àenvahir la langue (2) : ces su- 
perlalîfs étaient t fort plaisants aux courïigans, comme 
sônnansiort bien et ayant quelque- garbe, tellenient. 
qu'il vous faudra prendre garde de dire pluslost doc- 
fh$hneqiie4re$docie,beUUime q\ie tresbeau, bonissime 

que ir^« ^»i (â). » ' 

B. i>immMii/)i. — - «H yades noms qu'on appelle dlr 
minutrfeiû), qui dèmonstrent la diminution de leur pri- 



^ 



{\V PrécelUnce^ p. 58, \ . ; 

(î) On Ut dins Perlon, loc, cit., p. 1«. f : • Ulud tpM nostrum, litcra 
uniuB muitlione, fpcimu».,' ;' quanquim sunt bodie qui illud ex lingu» 
noslriB Ontbus eî^tiTininare volun^ rùm UUnorum.sfiper.'ativa qua>. vo- 
oaniur, pei* ad vMmm In miiUl» inurpant, velutl lUusTnissmus, tlltu, 
trùiiw^i «Êv««E«oissiMi]», tertrendiuime, aMtqae, ejùsdfim teneri», qu» 
nunquam ante ho» paucos anno», audita suiiU • — ,Ct!« forints 8up«rla- 
irves avaient déjà ex\t^é dan» 'la lawrtie, maU alors formw» rt'aprèa les 
tradilloM laUae»; eMetmoii» revinrent par l'iulie, M-de Cli«vallet cite : 
de ALTtssiiics, (nWtme: de CARiss»iHs,chf mm?; de sanctissiucs, «oin- 
tittM. «te. M. Burguy répète tes tnéuM» «enoplea. ■' r i ■ ■ 
> (3) Langage frauçait italianùé, p. 21. S. — l'a' «grave forme le cojnpa- 
ralif oomine le« E»iienn«; pour^c 8iiRerlallf,-il ditayec raison : «The 
superlative» addeth to hi« comparatyvé on« of thfsc sHe M^ordes : l», 
mon, um. nortf«, voêtre.Umr, of Buehe géodre «né nomhre as the ad- 
Jeetyvea aeWc. ..«««,• ° / 

(4) Voy dana l'ouvrage de», «e Chevallet, tïjl, p. 89Î et aulr., «t dan» 
la Cram. de te tendue tPoU^Ae M. Borguy. 1. 1, p. 99» une liste de« ter- 
minaisons dlmlnutjves employée» dans notre ancienne langae. - Che- ^ 

vallet • ef, *i<«, ««* .• Hl': «'«/«*'. «««• «''' '»"^« <'"*^^' '*' ***^v '^' 
ehon, rhe, on; in, xne; et, ette; ot, ©««.^Barguy :.to«, eau, el, ele, ait, 

ete,àte, ot, on. * .V ■ , ;. 

Noua diron» de ce» forme» dimlnutlve» comme des formes superlative» 
en t»»<m« : leii'r emploi en roman s'explique par les Ipidètion» latine» ; 



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59J . ; . cilAMllAIJll F»Àr?ÇAI8«.^ / 

mitif, sans faire comparaison à autres : commede qrmui 
on dit yrmi^c/rttVest à dire ung peu ouquelcpiepeu 
^grand; homme, liomwel; àrl^re, ar^rûsêofi; aneau, 
àne/<fi; cscu, eiciiMO«tt'--T>fe môme pour les noms 
propres i Pierre, Pierrot, Perrot; Jai^ups,' Jmjuei; 
Magdela^ne, Màgdehn ,• Marguerite, Mànjot. — Il y A 
d'autres termînaiisûns : Jacôt, /aconn; chausse, c/wi*- 

«m, etc.' ■• ^. , '■ * '■ . :':"-■■ ' ' /. ■•■';;;, , . ;■■•..- 
^ A ce chapitre ..fort incomplet, (l),; Pehrî Estienne 
ajouté quelques observations. U reinarcîue, par exem- . 
pie, que, Buivlmtunelocution grecque, nouscoiriposons ^ 
nine sorte de dinainutifii rajde du mfot mêclmnt : coimmie : 
tin mesclumi petit cfcirwi/ (2) ; ailleurs il. dit : t Nostre 
langage est tellement ployable à toutes éorics de mi- 
gnardises que nous" en faiadns ce que ûous voutonfs, > 
adjôustàhssouventdiminutiqiif sur diminution, comme: 
arc, ^rcliety ûrèheiet; tendre , Undret, tendrelei^ 
Nous tfvons plusieurs duminutifs de ceste sorte, à sça- 
yoir en i/(pn ;«iseau, oiselet^ oinlldn; carpe, carpeau, 
carpiiftôw: » Nous 4iiàin« même, par une t superdimî- 
nution, •<»«/<?', couUton, co«i//onii«i.—« Aucuns font 
le mesme a une autre sorte de terminaison, qui est 



oubliées ou négligée» plM tard, elles reparurent àa xti* siècle du» le lan- 
gage iUllanlfcé. La vogue n'en dura pas longtemps, malgré les tenUUres 
des poètes pour les maintenir dans l'usage ordinaire de la langue. — 
M. Lespy fait observer que les formes dimlnutires n'ont Jamais eesié 
il'étre en usage dans les dialectes du midi de la France, et selon lui • c'est 
là que le Français les a trouvée». • — Mais l'influence de ces dialectes sur 
la langue générale est fort contestable, ou du moins fort restreinte; l'in- 
fluence italienne est un fait acquis. 

(1) Cf. ci-dessus, pp. 33-34, etc. , . - 

(2) ConformUé, pp. ^"-88. ' ' ' •# 



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ROBEriT ET UB>RI ESTIENNE." ^95 

m\ ou^w, prononceamt le c comme s": enfant, cnimx- 
fo/i,^>î/a»fo«P^^v... Je n'o pas ^ue^nous imi- 

tons des G recs^^ certaine forme, de diminutifs ; 
c'est comme qu^l^é ce mot wousc/ic nous déduisons 
cestuy-cy, mouichermi car les Grçcs usent ainsi de 
genre neutre eh telle chose..... —Nous disons aussi 
;)/rtic/erfOMx, par forme de. diminution ejmporlant m^ 
pris, et usons "de plusieurs autres términein les uns en , 
reflM, et aucuns en oceau, comme procuraceau (1)^ » 
^ 3° Genre. — Entre les mots, « les -uns appartien- 
nent aux hommes.et masies, et pourcre on les appelle 
du masculin genre, comme : seigneur, docteur, bon, 
mauvais; les. autres sont appeliez temenins, pourtant 
qu'ils appartiennent iiux femmes et fènàelles : régenter 
roinï:, ^onne, mauvaise. » Ici se place une hardiesse 
que l'auteur oublie souvent, .et que son fils n'admet 
guère: « Quant au neutref genre, dit-il, c'est-à-dire 
qui ne soit ne mksculin ne femenin, nous n'en avons 
point, non plus que les Hébreux : mais est comprins 
"soubs le masculin (2). • 



-f 



H)Préc7llence, pp. 6Ô-72.-Cr cl-dé«iou8 . chapitre des rerbéi. 

(2^ Suivant le Donatx proensàU (Gueaaard, pp. 2-4), il y t cinq genrea : 
. GenuB e» de cinq manera» ; mawuH». femlnls, waiti», eomut. omms.- 
Ma9culU,ea aquel que perten a laa mafclaa cauaa. aolataen »' «"™J'«»;^ 
mal,; femlnl. «. «quel que perten a Us cauMi feminllea w»-*"»». «^ «"^ 
bona, mala; neutrlt es aquel que nt» perten a l'un ni a l'autre, si cum 
aauax (gaijimo«\ bw (noROM).... Coraan son aquelh que perlenen al mas- ^ 
cle e al feme ensems . si comson H partlcipl que flnlssen en «n. o In 
en,'., ooinls es aqnel que perte al mascle e al feme e al neutrl ensem».. 
- PalsKraveafalVdlt comme Esllenne : « ...For neutre gendre, they hâte 
none, msemblyng Iherln Uie hébreu tonge. 'whlche also have*o tao but 
the iyd two genders taere «xpressed. . (ÉdU. Génin, p. «a, cf. p. 27.) 

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«RAMMAIRB fRAnÇAISI. 



/ ~. < Aucuns nom»^ soubs ulne mômev termirwiison, ; 
sont masculins et femenios : homme chtate^ femme' 
chaste.; those possible, cm phssible^ . ^ ' 

— € Le femenin souvent fie- fait eh adjoustant ung ej 
au masculin : constarit, constante ;'\ïpy/^u%^etireuse ;\ 
— aucunes fois, en adjoustant cesT^ la consomme pre^ 
cedente se double : bon, 6own^; rous, rousse; — Le fe4 
menin se fait aussi en^djoustant ceste terminaison sse 
OMesse au masculin : niaistre,fnai«(reMtf; larron, lat- 

Tonnesse {\). » ' '* 1 

• Ici encore nous rencontrons H. Estienne ; nous lui 
demanderons toute la pensée de son père : Je français 
a-tvil, comme le grec et le latin^ un genre neutre?— r 
• Je dy qtril en ha un, mais confus avec le masculin. 
Et si on réplique comment», n'estant point distingué 
d'avec le masculin, on le pourra* c6gnoislre, je res- 
pon qu'on le discernera paf l'application.» Quand 
nous disons nihd pulchrii c'est l'application seule en 
effet qui montre que^u/c/ifi est neutre et non mascu-' 
liir. « D'avan\age, silesj.atins comme ayissi les Crées, 
n'ont distingué les neutres d'avec les masculins qu'en 
une partie des c^,et encore ayàns la terininaison com- 
mune, pourqiiby le françois ne pouvoit-il faire le tout 
pareil ? Je dis doncques 'pour conclusion que le fran- 
çois ha un genre neutre. » ' •* 
^^ Ainsi quand nous disons tien .iT bonnette. Ce mot 
honnesiee^i du genre neutre. — Un emploi remarquar 
blcdu neutre en français, c*estd*étre mis, comme en* 



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4. 



(1) Çnmmoifiret PP> fi*1(> 



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iOntT ET HBNIL MTIENNK. 



395 



• 



- mv"^' r- -, I'.: 

grec, pour le masculin Singulier: cotamect f\'e8tken 

qui mille, pour cet mu^iEj est i^ien qui vuUlei ou jour 

le masculio pluriel : il tûa tout czquil renconàa, i^esi- 

à-direio««cc«i?.i., etc;.^(^) , ; : [:. L 
t Je iroùve aussi que, comûie en grec, l apjecM au 

genre neutre tient quelquefois la pl^ce d^un s^bsU^tif, 
en frartçois pareiUenient aiicunamots qui sont adjéctifb 
delilu^nature'servent de substantifs. Ainsi^n^us d,8()0s 
un accident, ^àifi^rent.,. Us tiennent la pla^e dé sub- 
stantifs lesquels né sont point en usage; caj on ne dit 
pas «n^ acci^dre pour «^ occic/.nt, ni ««e c/î^^^^ 
uit dl#>reiït,^ui signifie dtbût (2U • ; i * - 

Enfin Uadjectif neutre «st souvent emplcv^'pjur un 
adverbe, ep français ' cimme en grectif «^nt Un, il 

, sent mauvais {^)* * ,.*l • 

4- Nombre. — « tes noms ont .deux nombres, sin- 
c^ulier et pluriel. Aux mots qui se terminent eh e au 
^ugulier, lequel se prononce en ouvrant ung-jpcu la 
bouche, it fault adjouslcp titie s pour faire le rilurier, 
comme :, pierre, pierre^, homme, hommes, table, la- 
ble$, e\t. ^-k tous ceûlx desquels Ve fmal se prononce 
abouche ouverte au singulier, dô tout temps on ad- 
iouste un z au lîçu de.* pour faire le plurier, comme ; 
lettre, ie«r«à,aimé, aimez (4) .-Ceux qui se terminent 



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/.\ r^tt^rmiti DD 24-31. Uvr. 1. Ohiert.t» ^ , ^ 

S;î 3^ X-Hi: p*rt«. «cru «a- . d« if*»". * "9* 

comme le» rooderneè, différtnds, <^ 

4 Wou. iTOM d»t plut htat (p. 874. noU i) que ce f était 1 ^J^" 
W rd'.l Jo-ehlm Perlon . «pr*. «tolf dit que le. nom. f^o^sâl. . 



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«ÔÇ V CtAMMAWl rtAJiÇAli»,* v . , 

ep consohhanlfev,au jsingulier^ on l^ur adjouste «ne i 
- ; pour en faire le iHuri^vCOrtme grec, grecê ^1): champ, 
champs. II fauit eccepter cculx qui fînent (^ic)enjou 
(/, car au plurier le i et le d sont tournez en > ou sont» 
' rejectez; comme : dent, dens; dard, dars (î)., En quel- 
ques motà on relient le i et luy adjoinlt on s it cause dé 
la prolalitfri, coqame en t^cré't*, rfgfrfMr.î1Ea laissant 
le.l etadjoostaniVpôur le plurier, lacônsbnnantc.attire 
à soy l%ctfent et fait sonner é a bouche ouverte,^ÇOttwn(;g 
par r^cccnt agii, «ccrrt«, reyrett. ' ^ ; « 

. ■ • Ceulxqui finent en a/ au singulier, muent a/ en 
aulx au pluriel (3), comme : chevAl , chevaulx; loyah 
: loyautxxkU V 



:-v.-;.» 



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' " àM\in do UUn OQ' da grée, soalfUn^ da datif oo de l'^ècasitif de ce» 

lances ice qoi n'est pas , on le «oit; MnedécoiÎTerte moderne), dit que t 

, /Qnal da pluriel es Cran^ia s'exffl^ue {Mt les terfbipaiaoaa latines oa'grec» 

. ques qui étaient égaleiB^ent en c ou en i>, et -ajbûte' : «^use<eùni ita sibt, 

cùmquelitera < in iiSr quoédiii^ (fuobjis casibus Um^pnd GlraBeoa quàm 

^j^ apudLatttHM In omni infletton^refteriatdivprofectô « inoannibm, non s 

, litera extrema scribènda es|l. Quàt enioi ratio est in accurandi et dandi ca- 

'--stbus % srribere, iniiuibus s extrema est litera? —Nalîa, inquIU — Quùd 

bi in^.his, inquam^casU|asj;~pon^ débet* cùr in neminandi gtgnendique 

casibns x potius quam T^lbetùr* -^ No« Tid«o, liiquU, quambçBin Id 

' recte fleri posait, quaindoquldein in nullls'casiboax inveniatur, ei^y4nT^ 

âiatur in tribtfa. • ( Pertop, qwc. cii, p. 51.) 

f ^ (i) Une particularité de la langue béarnaise c'est de terminer à la fois 

. '; par X et par «, an ploriél, les- mots dont le. singulier est en ç; ainsi : loc, 

' > lieu, loejMi de même, fait justement remarquer'!!. Lespy, on toU enla- 

/Un un certain nombre de mots éeriu, sans néoeaalté appareat«4N>nr nons. 

V / >Tee on's et an «i ainsi : o^ 

^(2)„ PeriiRa demande que le I soit consenré : « In partieipiorom numew 

multitndihto l acribcBdum esse orige ipaa déclarât, etai minime nobls, io- 

, callUtin causa, pronuntietpr. • ( Perion, «I>td.,p.*i20.) V 

(1) Rob. Éstii^ne écrit indifféremment plurtet ou piurier. 

■ . (4) Cf. ci-dess«s; p.' a>3, note 4- — Peripn écrit enà poor aux; par aoa- 
lo^e , il préfère saot nul donte , chemna à cfcevaiu -t—^ « Gur artln^lum, 

' '-■'- i '^ :■ ' ' : ■ ,: ■■ ■ ■ '■ ^ ■ . ■■ : " 



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loVttY iT BEMli EITIIVRB. 



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• Geuli qiil flnent ea «• au «ingulicr gardent la 
mcsnfe au pUiricî, comme : propos, les propot (1).' 

it\\ fauH noter que les ancierts en beaucoup (dé 

mots,' au lieu de àfiûa! ont escrjpt uhg «, voireaù 

jsinàulier, comme ombrageux, mauix^famx^ aux, àeulx^ ; 

eùUç (2), Et ce ont faict presque touipurs cri ces termi- 

V naisôns àeflu/x et do fM/jr. — Aucuns i^omç nesetrdu- 

' vent point au pluriel qombrè, comme «any, çr, urgent, 

' q%e intérrogàtif,' cl gréi^).» > ' ' 

5* Figu^^* ^Lcs mojs sopt 4),ii simples : ami, heur; ^ 
^^oa composés imailieià:, ^\ , ; . . 

' éfeiTCfis ti DéçlimUonty -r- « Quant aux cas deâ 
,nom1s;ô^ cadences ctHerminaisons d'Ung mèsmenoi^t, 
^ au4iomihalif, géttitifVv<ïatifv accusàtiret ablatif, nous 
"^ sommes entièrement différents -des Latins, *ar l^ous 
n'avons qu^iijng cas ou t^rmînçîîson au singulier pour . 
jous-éçs «X cas des Utinst et ung seul cas. pour lô 
pluriel ett^Joustant^pf au singulier; mà.is*noùs de- - 
daronls ces cas par 4e8 articles /^, /a a déy du;'flt au; '. , 

' point avotr de déçHii^sons; * car pùîsqu'irnYa qu'un 



-r 



dandfcMos numéro molUtudiniiper •' non pe? x, ot tulgù flty «criben- 
4um puiai? ^Quùd celerorum, Itoquâm, éja»(|«ni,namerl cMuum artl- 
culi per i eltrt coBtrotèr»lâ«rr leribaiitur; quôdque nomlna ips* .ton» 
griecoram quàm UUnoruœ in Ws ipflt ca»lbo»per « icrIW «oient .Cf. 
cNleHa«, p. 396-3iNii noK. 

" (lVP«l»gTâ»e avtlt bien mieux dit:- Al lobsUnUres who»e sJngolM^ 
nombres ende in tny of Uie»e Ul letticr. htvfe Uiejfr «loiulâr nombre and 
plarel »I1 oBe, •» mpt, |»oix and *wif, m«y lerve Inditferenlly for bo(h 
nombrea. •- - ■ . - **" /, .'■.,, . ;" 

(22tf. cl^eMu», p. 372, noie 4. '„' ' 

(3àCrompioir«, pp. le-H. - H. EaUenne n'i rien ajouté à-cca règle». 



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^^ UKAMBAIKI l'IAJVÇAISI. . 

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cas pour le singulier et an^ autre pour le pruriel, 
. mentse .deciineroyeDt-ils(l)?» 

Henri Estienne ne suit pas la distinction faite par 
son père de ce? cas qui ne sont point des cas. 11 admet 
en français de vvéritables cas, 9#<niirY, (//i/f/, etc. Et 
pourquoi n*en aurions^nous pas? Les Grecs en avaient 
bien. On Toit en eiïet le savant helléniste, dès ledétHit 
de' son traité de \!i Conformité du françbis avec le grec, 
s'attacher à montrer que nous faisonà de nos cas le 
même^mploi que les Grecs; nous le résumons.- 

NominnOfet vocatif, — « En la plus grande part [des 
nonfs] nous faisons le vocatif semblable au nominatif;. .. 
mais en aucuns nous osions une leltfe , asçavoir*, 
comme quand nous disons Thomas est venu^ei puis 
quand nous rappelons : Thonuiy venez dîner. Ainsi 
ostons>noas ceste s à iVico/ax quand nous rappe- 
lons (2). * . ,, - 

Génitif, — » Nous" employons le génitif, non comme 
les Latins, mais comme Iqs Grecs. Nous disons man-^ 
ger DU paiii, manger LB pain^ et quelquefois, safis ces "^ 
particules du et le :, manger pain,,. Et ceste différence 
de construction n'ha point lieu en ces exemples seule- 
ment ou en semblables (comme manryer du fruictybmre 
' de t eau), mais s'cstend jusques à toutes les autres locu- 
tions esquelles le génitif nous déclare une part et por- 



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(t) Po«r Palfftrttre, !• il^^^inaiioii n'efll aa^ clyiM que la ▼ariaMlllë : 
% 0r>X parles of specbe, dil-U/V be dedinéd, Uiat Is to say varie Uwir 
ùitlettert. » 

(S) Coii/bnml^,j>. S3. 



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nogfclT ET |ltf?fll IHTIISMi, 



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tion seulement de, la chose dppl il est qucstiorrtl)... Et 
li'y a poin4t,dc4<Jute Ij^Ûé'xomine lesX;rec8, quand.iU 
disent ty./.4j tAv ypnuâ-tw vCxw laissent à entendre 
^rpo; du aùiro mot semblable, nou^s pareillement, en 
ccste façon de parler : Uluy a denrobé de son argent^ né 
voulions qu*QJi entende pntiie ou une partie.,. Comme 
les Grecs aussi, qui di^nl sans exprimer Ja préposi- 
tion Ivnux, xtûôtitvoti xovpy;;, noUs disons : il eut fâché de 
cela au lieu de : it eu jilchc à cause de cela (2). 

> Une cUse fort digne d'estre notée, c'est que, 
comme Içë Grecs devani un génitif d'un nom propre- 
d'homme ou de femme, omettent pç mot ûtoi; (c'est-à- 
dire At) ou ôuyaryp (quf est à dire fille) ainsi le viei! 
françois omettoit ce moi Jils en tel endroit (3), ou pour 



(1) L'article piirlltif éùit très-peu en usage (Biirguy, p. b) : 



Cruu'colp* i-ec«iveat, graoï.cole» duMOt. 



(Cb.deR.) 



' (2) Confbrmtl?, pp 3-6et îi. » 

{■,]) Ce n'est pa« si-urementle mot fils que «le tIoU françois ■ sous-en- 
tendalt dan* let loculiont de jm genre, mal» tout autre mot. «Aljni, dit 
M. deCh«v«tlet,après,avi»r fait qiention d'une lance, on diMil la Beau- 
àom pour la lance de Beaudnin, etc. On lit dan» une ordonnance somp- 
tuaire de Philippe leHj»nli : «Se aucun» bourgol» fai»oit contrf cet atlre- 
ment ou auj:une bourgoi«é. li bourgoi», pour »on foifail, ou pour /« sa 
famé, paterell m livre» tournoie, » — Il eh e«t encore de même aujour- 
d'hui' dan» certaine» èxprtsMon» d'un fréquent u»age , et dan» les- 
quelles un mot' e«t a*»*» aouvent »ou»-entendu : *U éhampaçne pour k 
iin de Champagne; portrait à la Rembrandt pour à to faconde Rem 
brandt... Kou» disooa encore : te Saint Jean pour la féu tie Sainte 

Jean, etc. » ^; '. j , 

Cm dernier» exeÉl|ïe» ne hou» »erahlent pa» analogue» aui premier», 
où un koUUntlf, exp iroé (T'abord, 'était ensuite Itouit^DUndu; ainai pour 
l'eMUiDU uilfaot ou tout autre de ce genre :* 

■'; |l»fa«ttalaMa«tlaOa«diB,' 

noo» adopKÎn» ropinlon de M. Burguy ■ «i/'àrtlele derlTant da ptrwem 



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GRAMMAIII rRA>nÇAISI. 

le moins devant le génitif d'un nom propre d* homme, 
et Itiy laissoit sa place justement entre Tarticle et 1e 
géiiitif. > Ainsi, continua H. Es^tienne; • deux papetiers 
frères qui ont fait le papier sur lequei est impriinû 
ceci estans fils d*un qu*on nomilioil llanri sont appelez 
par ceux du lieu (ctmesfnementpar les vieilles gensj 
tes (Tflanrî^ au lieu de dire îen fils dllanri : et fty pris 
garde expressément qu'ils ne disénl pas ies Hpnjrh, 
eomme on appelle moy et mes-lrercà les Etiiennes, du 
surnom de notre pere^ au; lieu de dire les filit (TEs- 
tienne, jnais ainsi que je viens de le dire, asçavoir 
ies (CHanriy et consequemifhent i£rf tfffanri, aux 

' (CHanri (!).• ' ;. ' >. ' '■ V'^; ./ ■; 

. Ùatif.—^k h favfeur d'èxpliicatîons plus subtile» que 

4bu^t^^* B- Esticnne au lieu de parler du datif, s'occupe 
longuement .d^ellipses qui se font. de,ce;rtains sub^ 
Rtantifè, ,i non seulement au datif, mais aussi aux au- 
tres caç. • Quant au datif en particulier» « nous disons 
ordinaifement habillé à lafranç^mfyà ranglohe.,,,çèla 
êstfakiA'^'antiquei.. Quand noui 'parlons ainsi, nous 
omettons ce nom/ofon, ou moçff, ou coustume, lljsult 
noter qa& pareillement, quand ûbus disons habîtti de 
noir oa vettu de noir, vesiu de griè, nous omettons un 



«lemonitntif, «n ne s'efopnen pM d'en voir la forme, employée où plos 
taird nons «Toiu déei<M qaeie pronom demonAtratif doit seul tronv» 
place. Je dis la former parce que Je crois qa'it faut faire une différence 
entre l«v^« article, et H, la, tenant Ifeu de notre pronom dénn<P)stratif/r 
li, la^démonstratlf deratt avoir nn accent, comme le pronom démonstratif 
espagnol el, ta, lo, qui se déaline de la n^^me façon que l'arficle, mais 
dont il se distingue par l'accent. • ( Burguy, Outr. cité, pp. Îtl-M']]' ' 
(l) Conformité, ^p, CÀ» ' . 



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' ROIRKT IT He^IRl'IgTIKflNP. • «(VI 

• . ■ ■ •■■'.,■ 

nom substantif qui se doibt joindre avec ces adjectifs, 
car il est certain que ;ious voulons dire : vestu (f habil- 
lement noir,., (i)» 

L'auieur ne présente aucune observation particu- 
lière sur remploi de l'accusatif et de Pablalif. Mais 
nous avons encore à lui faire quelques emprunts rela- 
tivement aux noms substantifs et adjectifs. 

L*adjçctif se place tantôt avant, tantôt aprfts'le sub- 
stantif qu il qualifie, et, de sa position, résulte parfois 
quelque différence (2K Ainsi, une ^roMé? /«;wimr,-une 
femme iage^ un gentilhomme ne sont point une femme 
grosse, une sage femme, un homme gentil,; le mort bois 
est un arbre qui ne poi'te point de fruit, comme le 
peuplier^ le bois mon est un arbre mort, ou une de 
ses partiesT. Ijl même différence, mais moins sensible 
au vulgaire, se remarque entre un jeune homme, un 
brave homme, un homme «sf^nt/^ (étranger) et un 
homme jeune ou encore jeune, un homme brave, ^Cun 
estrange homthe (un singulier homme). 

En^g^ral les adjectifs, s'ils désignent une cou- 
leur (3), se placent après le/substantif : bonnet blanc, vùi 
rouge; à\si bonté ou la beauté, avant le substantif : hon 
pain, beàuchevat; mais bel ci bon réunis se placent indif- 
féremment avant ou après le nom : un cheval bel et bon, 
un 6W et bon c/iet^a/... -^Beaucoup d'autre» adjectifi^ 
n'j)nt pas de pl^ice marquée, tels sage, \mllant,excel' 



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(1) Conformiez pp. 7-îl, et larioul IHT. 

(2) Cf. ci-deMus, p. 296. 

(3) Πd-deitat. p. 896, lutif i. 



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ÛBAMIAIBK rtA5Ç*I^I. 



/«If. Toutefois quelques-uns ont nriçilleuré gràce.lÉ 
l^oreiile, placés dans tel ou tel ordre. Ainsi un habite 
homme, un'g'iluiit homme, un simple liomme, un gage 
homme plaisent mieux que un homme habile, eic,-^ 
Grand ci prîit se placent moins bien après le nom.' 
Dites donc pi)jt^t un grand homme, un pelU homme 
que un homme gràmi, un tiomme pe(it. — La même 
observation s'applique aux adjectifs joints au. mot 
Jemm€f dites: une bel(e femme, une bonne femm^ Ci 
non Uifie femme belle, etc. {i). 

On voit par ce passaj;e, dont nous avons exacte- 
ment rend<u le sens, que les idées du seizième siècle en 
fait d'cfuphonie n'étaient pas tout k fait les nôtres, et 
que nous avons établi quelques distinctions nouvelles 
entré certains noms, selon qu'ils liont suivis ou pré- 
cédés de l'adjectif. 



Dg L ABTIÇLI. 



Il ne faut pas demander à Robert Estieniie des défi- 
BÙion^ bien savantes. Pour lui, t articles sont petits 
mots d'une syllabe faisans une mot (2).» Leur^mploi 



(I) //yf)tomii««e«, pp. 154-1 ip. 
'(2) Les Gritinmairps provençaW publiées par M. GuesMrd ne diwn| rien 
de l'articie . niaié.puriui' le» prdnoiut, on trouve tl { Donats protnsaU), qol, 
bien que traduit i^ar ille, mi emi-h»)^ par l'aliîeut comme article : el no- 
minaittt, le n<minaijti Faidit ne comprend jia», dans sa liite, leaautrei 
forme»; mal» dan» Ja« Roiot de lro6«r, It. Vtdal adm.> t dan» son énamé- 
ration do frwo^i 'tl,els, (o«, la. Uu, qu'il emploie lnl*aiéae 
articlff . ■ . . \- \ ■ - . " 



.» 



ÏT* ♦ 



n^^t guère mieux fixé : « ^^0^S^ P®"*" <^^"®^ * 
çoguoisire les cas des Latins.... tes deux prlncipâul^, 
ci qui proprement doibvent esire nommez articles sont 
ù poui* les Trtas^ulin», et' la pour les femenins singu- 
lierôs qui 0|ft pouiùe pluriel soit masculiii soll fgmenin 
le» t lesquels articles sont empruntez des pronoms i//^ 
illa, HVt; le» autres de, du, fie»,— A ""• aux, &oni cm- 
prùntez des praBpo.iilioné il> Quant à «ux, s'il est mis 
ayec le pron^n //««/«, jç se rouera ^fi) et^oingt tout 
ainsi que si c' estait ung mol; comme auxquels, — 
EXKMPLKS (3^) : 

Mascouh. Kéiinis.- 



' No», «t kCC. 

Otm. •( ABL. 

Datif. . . . 



I^c maistre. 
fie. du aaiHtre. 
A, >ii uj^'kstr«. 
Matslra. 



l'iMritU Siniëlier, 

Les niaisfrf». ta friumr. 
De, det lusi.'.)!^. I)« femme. 
A, xux m^atro. A Ifiniae. 
lUJ«tr«i.' Fenuoe. 



Hurie,l 
Les feuiraw. 
De, df» toaiae». 

A. a|i\ f'Uiuies. 
Fempés. 



Suivant Robert Estienne? «souvent nous usons de. 



■^ 



41) lioai «ntofoiwi tux MvanU travaux do H M. de CtMvailct et Bùr- 
guy pour tout ce qui concerne le» forme» »ua--e»»ive» ou t>imultaiiée8 des 
aiticiei h, lailt», du, (U$, «m, aw»* maU pour montrer OimUien il faut 
savoir gré à'H. Éslieiine, pariisan fanatique de» dérivation» Kreequet, d'a- 
voir tii« te,' to, l9M, du laUn, iiôu» re>.uui(ruaa ici bnèveatent l'opinion 
d'un bel étjLiKte contemporain de H. Estienne, mai» plu» alMtilu encore 
dans aon »y»téwié'. Selon Joat him Periou, Iç» Utin» troi.i pu nou» léguer 
Ica arlicleé, puisquiU n'en avaient pn; Vuaage que jiou* faisons de» ar- 
Uclea et no« anicles eux-niéme»», nou» les avon» empruii}é« aux Greo». Le, 
que plu»leuft pnmoiMcut fo, dit-il, vient de 6, io vient de tj, ou eo dia- 
lecte dûnen «, précé«le« l'un et l'autre de la même lettre euphonique /; 
én,anp le» P«ïmb# prononcent dou, et de viennent détou.^n changeant 
le T^ di au vient die Ty, en supprimant le t et changeant m en att, - 
opoiine on dtt Kauttu ou Êorwi des et am sont les ffltitîat» régulière- 
ment runnés de att.t de.(J. Penonis de côjmaaone..., p.-lOT r^HW v».)* • 

(2) Cf. la note prefcédente> el tuisi p. 395-39C, f<off I. 

{7[) GraauMtr*, pp. lS-19. * 



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. - • > 



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404 ' GIASIMAIHE HANÇaIW. 

' • • ' ' . . ■ ' '' ' - •* 

ces deux mots nntj et une • comnve d*ilrticle9, dismis ^ 
«W9 iivT^, une'femmeii). «—Mais H. Ëstienne n'est pas 

; de cet avis. Aprèsmvoir montré qu'on peut dire égale- 
ment bien : on iuyiafnictauUint tC honneur que t* il eutt 
eiié roy ou ON roy ; et il iuy fauU trouver femme t)U UNB 

; ' /<fmmf, et que, un, une « ne changent rien de la sen- 
' tence, » il se demande ««comment se Taict cela?» ^ 
Voiéi sa réponse : « Geste particule tin s'appelle impro- . 
prement article; et est quelquefois du tout (tout à fait) 
superflue, comme en Texemple. précèdent; quelques 
fois elle, n'est point, feûp'erflue, mais est comme une^ 
pièce ^rvant è^ Tusage des cas, comme on dit :poila 
im livre ^ et non pas voila livre : et toutes fois tapt 8*en 

^ fault cfu'elle soit article, que mesmes elle Iuy est oppo^ 
sée. Car sijedis woi/n LE /i»re, ce propos est comme 
oppoèé^ à ccstuy-cy, voila m livré : d^auta'nt que ce 
premier parle particulièrement d'un certain livre, Iç 

•" second pî&rlo généralement, et laisse incertain de quel^ 
livre on entend (2),'» ^ - 

€ Or, reprend Rob. Ëstienne, il y i^queiquë diffc- 



\ 



(1) On trouve de nombréul exenoipîet daiu Plaute, dans Térepee,dUM 
^Cicéron même deuntu employé-exactément dans le sens de' notre article 
tndéflnl .«n, un* : 

Qxut ibi sderint, toHe nnim »q>icio a(tolec«r>ntnUn. * 

. -,„ , :. [Tn. AaéHëVl' U 

— Sur ce yen, Donat, qui écrlTall au ir siècle, nous Toumit cecon- 
mentaire remarquable : • Ei cansueludine TerertllBs dixll unam, ut dl- 
cimus unut 9tt adoUicen». Toile «nom, Ua flel ut tentenUa nihll dealt, 
sed rooaûetndo miranUa non erit eipretaa; unam ergo x^ auat\a\uf 
dixlt. Tel uftam pro quwmdam. • — Cf. Cheyallet, 111, ISJé — Paligrate 
adonne également pour article» uny, un* et l«, te. 

(}) C»ii^of»Ml^, pp. IS'je. . ' 



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■oneaT ET usNti estien?ib. 



40ft 



rence d'user de de et e/n, apliclea n^àsculins du geuitif 
singulier : aussi de a ei au, arlldcs du datif singulier. 
Car noua disons 7e livre de Pierre ci mi\ du Pèerre, 
pourtant que (parce que) du jamais ne se joingt aux 
feiminins ne.aux proprca nomsisi ce n*est»qu on vueille 
specifter une certaine personne qu'on cognoist ou de 
.laquelle ôp a parlé, comme 7ç Uvre.dudicl Pierre, Au . 
contraire on dîçt /« livre du nuiîsirej et non poinct de 
irnai$trey comme en pfirïant d*un particulier, si tu n*ad- 
joustes le proprô nom; de maistre Jehan; ou çn ceste 
maniéré de parler : ru fais l'office de maistre, qui est 
dict en gênerai. » — Il en est pour o, ««» comme^our 

(fe,du(i).. ' ' ' • .;; * 

Henri Estîenne remarque, à propos de •la parti- 
cule rfu, laquelle semble participer de la pâture de la 
proposition et de larticle, • d'abord qu'elle est par- 
fois superflue,, comme quand on dit : fay du blé et du 
vin, au lieu de fay blé et vin ; ensuite que • quelques- 
fois elle semble estre opposée à <f liit, comme nous 
avpns tantosl vcu un opposé à (e (2). » 

Esclave du latin' comme son fils est esclave du grec, 
^b. Ëstienne revenant siir l'emploi de au, aux, re- 
marque que aA< pour le singulier masculin, et aux pour 
le pluriel soit masculin soit féminin , sont communs 
• au datif, à l'accusatif et àTablatif.» Il faut com- 
prendre : sont employés devant des noms qui tra- 
duisent le datif, l'accusatif ou l'ablatif du latin. 




(I) Cf. cMcMus le chap. de Garnier, etc., pr588> 
!,2) Con/bnutl/, pp. 78-n. 




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406 



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M Du ei det quelquefois servent comme de pro- 
noms; • — il y n VE8 hommen la rf*drt»i«, c'est-à-dire 
aucun» homfnesl* Dv aussi sert quelqjuefois pour de et 
ce démonstratifs, comme s je mange du tnouUm que 
nous avons lue. c'est-à-dire : de ce mouton (1 >• 

» De souvent se (rouve devant lès articles /e et*^ii, . 
comine le maintien de thomme, ta prenelie de Cœif, la 
cousture de /a ro^.» -^ Pourquoi donc n'avoir pas 
décliné le génitif avec de le, de ta, et pouniuoi sur- 
tout établir entre de l'homme et du mouton une diffé- 
rence fondée seulement, en réalité, sur ce que Tun 
des deux. mots comÉence par une voyelle, Tautre par 
une consonne? 

Robert Estienne signale encore quelques autres em- 
plois de Particle te, ta, les. Devant les noms propres 
d'homme (2) on le soppjHme, mais no)i devant les au- 
tres î le Bùsne, laChampatgne (5) ; — « il dénote quelque 
chose dequoy on * parlé ou dequoy il est mention ifay 
veuPhomme qui afoictcela; — ils 80^ rais quelquefois 
devant Ie6 adjectifs qui sont joincts aux noms propres: 
Ptulippe le Bel {fi) ; — ils se mettent quelquefois aussi 



I ' «■ ' 



(I) Cf, ei-de«H», Hamat, p. 3^0. 7" * 

(3): A propos de i'article devant leê ihhim propres, hoqr devohs mpprler 
ici un carieux paswifld de J. Perion : • Discriminis causa, nos icperùm 
de qulbusdam loquimur. quorum nomlna eadeoB Miot, ut defoo loqM- 
.mur Inlelligi possit, hoc modu explicare per ariiculum solerou*: Pterré 
1$ Fetre,.id est Petnu Faber qu^id Latini non exprimnnl. A Gvàelaac 
boc *cendlgenu8 haliemus? — Est plane graxium, inquam; D«ûXec * 
éviTtokiK^ Faukû opoffio<«u, no» Paul rapottre j^nterpretamur. • (Oncr. 

(5^ Cf. ci-dessns» Rao|Bs, p. 2». 

(4) Cf. ci-d«S»us, p. I}0, 249. > *. , 



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RUftIRT KT HENRI ISTIlX^iE^^J^^^j^ ^ « 407 

devant le comparatif' p(us, en ceste manière : c\ettb\en . 
ia frtnme fa plus gmciemé que je vei jamais^ o\ï ce$t 
bien la p(ut gracieutie femtme ^ue^ èt^. ; ^ quelquefois ; 
ilasont relatifs et lors sont i^ronoiq^s, comme : jay vea 
Pierre et te voirez (1)«— H ne f{ji||t oublier que l'ipû- ; 
nilii*, prenant nature de nom, reçoit* l'frticle te (2), ' 
coqnmé : te boires te manger (S), • 

Ces indications si sopim^ires sont complétées par 
Henri Ê^îticnnc. D*abord, dans ses HypoAineses^ i\ 

EL 

montre quelle différence il y a enire faire te -comte (le 
compte) d'une choie, c'est-à-dire </« comter,ei eit faire 
comte t c^ést-à-dire Cesiimer ; enire faire ài ieite, qui 



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(1) Cf. cl-dc«»a«,p. 69, 540. / 

(i) Le« inanUifB^enipluyâ sobstantiveirtent prirent gounde faveur sar-? 
tout à la An dn ifi' slècltf. Le fait a' été eunsttté par M.^Jung, qui en a 
pre««tt« donné l'eniplication quand il a signalé la pré(éj||poe marquée de 
Henri IV |f^ur c^« infinitifs traiicfuroiés en substantifs. île roi ét-rit à Bel- 
Uevre .* •£« dt/fer«r'aecrett les défiances; • à nia<iaine àe OiMnmont : 
• Dieu bénisse mon reti>ur. comme il. a fait U ttnit, • etc. Miiifl d'uù ve- 
nait cette tendance du pfinee> M'. Lëspy y voft Vie réflOltat' d'une habi- 
tude quil aarali contractée dans son enfance, lorsqu'il parlait béarnais^» 
-=^ effet, « en l|éarnais,' l!article sufvii d'un infinitif ou d'un partieipo 
(on volt qufITe extensWn prend ménie ici la règle' forme un ▼érltabl*" 
substanUf : roua, l'aller ; tou iQuma'j le retournçr, le retour; 

...James dehenstocJotif ' ,...IamalsrfaniT«Y«ri»^ _^. 

De ma maysoo no-tornareyv E|e ma maison je ne retoumenl. • 

.y -i , ■■'.,♦' ^ , ... • ■... 

—■ L'ébbé d'mUet. reprenant Régnier Desmarais d'avoir restreint l'em- 
ploi de eet liiflnitif à certaines locutions eonsacré^^ se demande : « Y 
auroit-il grand mal à étendre-un peu cetïs liberté de créer des substkn- 
Ufs dans ce. goi^là, puisqu'elles peu vent oct-asionner diw ripressions 
neuvi-s et benr^ea? TeoMMn la téponse de rAogéH. ce fou de la vieille 
eour' Inoioitaiisé par De^préûii : unjour le Roi li^l ayant demandé 
pourquoi- on^ne le voyait jMUiiii au sermon : Sire,. dit-Il, c'>-etS]ue Je 
n'entends pas U rationner, et ')e n'aime pas U brailler. » {Rem. turîa 
hnifuê franfaitt, 117 r, In-I2, p. 140). — ^Cf. J. Perion, p.liOV).- 

(3) Grammaire, p. 30. . P' . 



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408 



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GRAMMAIRB FRANÇAISE. 

36 idirait d'un sculpteur ou d*un peintre travaillant à 
une Btatueou un tableau, et faire teste, qujest t' oppo- 
ser : faire teste à l" ennemi :enirt il est y ou il va en la 
prison^ qui se dit d'un homme qUl visite librement 
une prison, et i7 est , on Ca mené en prison ^ qui se 
disent d'un prisonWer. Il ajoute que ^ dans certains 

^ cas, on ne peut employer l'article : il eM à table et non 
àLk tuble^ à moins qu'on ne dise à la table oi&quj 
il est à LA table de monsieur ; que Ton peut queimiefois 
employer ou non l'article, indifféremment ki/^i «w LA 
viUf, en Lk court, ou bien^: il est en ville, en court; en- 
fin que parfois, avec un même Verbe, on se sert ou* 
non de l'article, selon que le nom est ou n'est pas Joiiit 
au verbe immédiatement : il le faut' tenir en bride m 
il lu§ faut tenir là bride, " • - 

Quelquefois en plaçant yne préposition devant le 
nom, nous donnons à la phrase un sens différent: 
courir par tes rues se dit de n'importe qui ; courir les 
ra^A se^dit d'un Xou ; fuir la guerre, c'est délester, évi- 
ter la i^uerreç fuir de là guerre se dît d'un lâche qui 
déserte(l). ^ \ . <■ ' 

S|ans 8o;i Traité de la conformité du français avec le 

^nrec, Henri Estienne revient sur le même sujet : t En 

premier lieu, dit-il, coùame le grec^usè de son article 

pour discerner une généralité de la particularité, ne 

< plus'ne moins use le langage françois du sien. Exem- 
ple : On luij a fuici autant d'honneur que s'il eust esté 
Aof/, cela s'entendra généralement. Mais si deux Fran- 



(1) Uypowtntstf^ pp. mS 190. 











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ROBERT ET UESRI ESTIETfNE. 



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çois oui dçux Espagnols parlant ensable disent i on 
luy vfakl autant d'honneur que ii^eust esté le Roy ^ les 
François s'entrentendronttouchant le Rôy de France (i ) , 
et les Espagnols touchant le Roy d'Espagne.» — D'une 
manière analogue nous disons le Seigneur pour le 
Seigneur des S.eigneurs, c'est-à-dira Dieu. « Item, • 
comme les Grecs appeloient letrr Homère 6 7roi«T)î;, on 
aautresfois appelé Uardi le poète ou te poète Françoit: ' 
lequel titre a eu depuis tant de compétiteurs qu'on n'a -t. 
sceu à qui le donner sans faire tort ai^x autres. »^^ 

Henri Estioqne, x(ui a refusé de regarder un, une ^ 
comme une sor^eM'article', dit/en parlant de ceux : 
t\\ ne s'ensuit pas que si oTdinaireni^nt^èci^x sert de 
pronom il ne puisse aussi qu'elquesfois sie^vir d'article. 
Je di davantage que, si l'on prend bien gardé à Tem- 
. ploi de çet^e particule, on trouvera que, qualnd nous 
la voulons faire servir dé pronom, nous adjouWons au 
bout "un petit mot d'une syllable, asçavoir cil disant 
deux-cL... Et mesme tout ainsi qu'on adjWe ci 
après c^uo:, quand il sert de pronom, aussi lej)ôpulaire 
(lequel je n'avoue pas toutesfois) adjouste souvent peste , 
particule leg au devant de ceux tenant lieu dlarticle, 
comme les ceux de la/maison;» c'e^ là tdurriure 
''grecque :^î «rô t/T; ûl/.t«;. —Comme les Grecs aussi, 
"nous employons l'infmitif pour substa^if enjprépo-. 
"sant l'article, et enfm nous plafcons rarti(^€rdcvant 
certains adverbes : le dehorst lé\dedan8tQi.c, ('i)« 



(1) Cf. cl-dc88U», RamuR, p. 239, IV. 

(2) Cwformilé, pp. 7 4-8S. 



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GRAimAIRÊ rRANVAlSK 



bu PKOitoa ().). 



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• Pronoms est une sorte de mots qui servent pour 
supplier (suppléer) le n'ona tant propre qu*appcllalif, . 
sans aucune signiGcaiion où déclaration de temps, dé- 
notant toujours quelque certaine personne. 

» Le pronom ha six accidents, qui sont : espèce, 
personne, genre, figurée nombre, et cas avecd^linai- 
son {;!), 

• Il y a douze pronoms : je (3), tUySoy où se; Hice, 
cestf eulx ; mon y ton, fon^ ou mien y tien, sien; nostrey. 
vostre. » ' '!'■'■ .■.■■.,' 

Espèce. ^— les pronoms sont primitifs : je, tu, ou 
•dérivatifs :^ mon, 4on. — Des primitifs, quatre sont dé- 
monstratifs : je, tu, ce, cest; trois sont relatifs : soy,iK 



(1) Gtammcnfi, fn/31 32. 

(}) Eirurlant Ayrmm, Rob. EstleniM a fait da caa et 4e la dédinaiMO; 
ga'ii réuniVici, deux accidents particuliers. ' 

(3) M. Bur^uy/M! demande si « la lettre t de èea différentes formes du 
proDom it ()tt, /pu, ;oit, ;<», jto) s'est toujours prononcée en oon8«>nneP» 
— M. de Cheval l«t répond : • euc donna d'abord eo, io, que l'on troiiTe 
daqs les serments de 843; Italien, u>; portugais, ai; langue d'oe, \o,to, 
MM.... Dana la suite, t oa « furent remplacés par le aon chuintaot que 
nous représentons par j oïi g, et eo, io devmrent;o. puis je. • M. de Che- 
Tallet semble regarder comme une preuve à l'appui de eettë opmiun que 
« au in* et au xui* siècle, on trouve ce pronom écrit tantôt je et gti. Pour 
je, qu'il substituée te, M. de Chevallet a t-it donc trouvé deui notations 
différeplea, supposant la distinction, à cette époque, , de t et de jf La 
formç ye serait plus concluante; mais la prononciation ge qui flnit'par 
l'empoiter daiis la langue eitsurpendant longtemps sans doute, simulta- 
nétpent en différentes provinces, avfc te, par i voyielle : et la preuve, 
c'est que, dans les patois de la Vendée, par e&emplajon dit eooorcie et 
non je. 

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ROBERT ET H 




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cuk; ûn^stlanlôt démdn^àtif, tantôt relatif : il, ou 

UoMJuy. » . 

# Personnes. — Le pronQnoi ti|ia péfscjmes, comme 

les verbes. . .. / . ' ■ . . / . 
Genres, — « H y i trois genres dès pronoms : aU|^ 
Clins- mascuh'ns; comme i7, celu^; les autres femenins, 
comme c/Zc, ce//é»; et d'autres qui sont masculins etfè-* 
meninS, servans tant à Phomme qi/à la femnoe. comme - 
jV, tùy sàyy qui. • — Robert Estienne, on lé voit, per- 
siste h *e pas admettre le genre neutre, que sou Ois 
s'est obstiné à conserver. . 

Figuré. —^ hés pronoms sont simples : je ; oîi com- 
posa : moij-mehnei. 

Nombres. — Les pronoms ont les deux nombres , 
comme les noms; le singulîer': il, et le pluriel r ils. ~ 
Certains pronoms ont seule/nent le singulier : cevii^ 
c<f/a,^ d'autres ont la môme forme au singulier et au 
pluriel : «ip, qui\ que ^ Me. 

Cas et déclinaisons.^ <iLe3 pronoms ont quelque 
manière de cas et déclinaisons, ainsi que tes noms. » 
— Les douze pronoms sont compris dans Irpis décli- 
naisons; dans là première, sont rangés ;>, m, soy; . 
dans la seconde, les démonstratifs et les relatifs ; dans 
la troisième, les possessifs. 



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1. — blMCULICH. 

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NOMINATU. . . • 


Je. «oy. Tu, toy. 


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Ointrtr. . . ■ ■ 


De B«y.' De toy. 


I>e»»y 


D&Ttv. . . . • • 


Amoy.ae. # Te, i toy. ,^ 


A My, te 


AOCSIATir. . . , 


Moy.ne. Te, «oy. 


*".•(* . 


VOC&TIV. • • • ■ 

AtuTir. . 


Toyt)to. 
A moj, desBoy. , ^, A toy, *• tof- 


"•n 



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URAn^lll FR^JHÇilIll. 



!li>iraiAttr. 

l»*Ttr. . 

AuX*kTlt. 

AkLATir. . 



lli»M. 

D« non*. 

à BMI. 

Noms. 



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A M«i>i 4« Bou: 



▼ou». 

A VtH, 

VoM. 

Ha Toiik. 



.U S( 



Se. 

Sie. 



y 



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w* 



Rkmârqub. — Mby, toy, servent datisles interroga- 
tions, pour les réponses affirmàlives ou négatives : e$h 
ce totj? c'est moy\ ce ne»t pas tnoy,^-Me, le y ««, sont 
placés devani Je verbe; moij, ioy, soy, après le-verbe : 
je MB recommande à TOY. — Se a lui-môme un pluriel, 
c'est leurs, génitif pluriel de i7, comme : cest le le ut 
pour cest û eulx; — 17* sont leurs pour its sbnt aeulx; 
.— Us 4e feront leur ppfif Us te sapproprieronl, — Nous 
avons déjà vu la même erreur dans Dubois (1). 



V 



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"N<rn«i»tir. 

D*rtr. . . 

- AcctfAtir. 



DâTW. . . . 

Atcntrir. 
▲•lATir. . 



- N<Mlnunr. ,.' .' 
IJtJtiTir. . . ; . 

AmriAnr. . . 
(• AkUnr. . . .' 



7. 



H. — StHCbLIK^v 

Mêtc..- - Ffm. '. -' I 

l>, eux. 'C«»l«. 

W ce. lif c«sl*. 

A cit. A «^te. 

Dt e«. Ue t« ^t«. 

■ Qui, q««, <|oi I, lequel. 
IH f|«i, (U qnci, dq qotl. 
A qui', a qnei, aaqvêl. 
Kinj, qoe, q«ri, iM|afL 
De qoi,~d« qipcl, ditqat]. 



Il, Iny. 
peliT. 

Llljr.à \UJ. 

Le» luy. 
May.; 



aie.' 

lt^.41^ 
A«-Ile. 
Elle.U 
Dette. 



Fim. 
Oei, que. qtteUe, laquelle. 
De qai, 4e quelle, de jaqueUe. 
A qui, a quelle, a laquelle. 
Qei, qM. qwelk, l«{iieUe. 
De «ni, de qielle, de UqMfle. 



PLCMCIm 



Cet. 



D>, eali, le<; les. 

Leurs, de leiirs; d'eah; d'elle^ Uvn. 
A Ms, leor ; a elles, lean. 
Us, eoli, les ; elle». ~^ j 

• Leui»k<de leurs, d'culi; d'allée,. lears. 




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it) Cf. cMfsias, p. 36. 



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■ OIBIIT ET HX7(II EiTIIMFlt> 



4P 



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CtNiTtr.. . . 

IlATir 

Acc«f«tir. . 



Qui, qurU, Ictqnalt. 

Dr qui, dtqii*!*, dnqnaU. 

A qui, » qiidi, aiiM{ii«lt. 

Qui, qu«U,>«qarU. 

Pê qni, 4*qo^, dMqHli. 



Qai, j{n«ilM, Iraqrienn. 

P* qai, dtqH'IlM, de.wiHfllM. 

A qai, • qurllrn, aui'|a«l.l«ji. 

Qui, quall^, ItuiwUt».' 

D» qni, d« quelles, dnqntllM. 



Remarques. — Ce se place devant les "consonnes on 
Il quand il iBst aspiré : ce îoup, ce haran; — et ceit 
devant les voVelles ou h qui ne se prononce point : 

*ccst enfant, cett /lomm^.— De ce vient cati owcestui, 
M qui htkcei pour son pluriel, k cettuij quelquefois on 

^ çohjoingt ri ou itf , et dit on : cestuy ci, a scavoir qui 
est près de nous et de qui on parle; et cestuy h, qui est 
loing de nous et de qui on a parlent). Leur pluriel 
est céuiX:, *— Cecif cela viennent encore de ce. Ceci 
dennonstre la. chose présente ou prochaine; cela 
monstre la chose plus esioigneé. Aucunes fois on met 
un mot entre deui, comme t!é livre ci, cest homme ta, 
— De ce est encore composé celuy oud/, qui est ung 
pronom démonstratif qui ne terminé rien; pourtant 
{pour cela) pn lui baille ung relatif qui le suit, pour 
déterminer ce qu*il demonslre : celuy en homme de 
bieti qui vit telon Dieu. ^ouT bien parler on ne naet 
jamais ci ne la après. Parquoy c'est mal parlé françoU 
de dire : celuy la esf homme* de bien qm,.. • 

// et luy différent, en ce qaéil se met avant le verbe : 
il dii; excepté dans leslnterrogations: /erai7?«mais 
/n^sert aux responses, <^mmë qui a fàict cela? luy, et 
non pas t7. — Xc et 7a sont relatifs qui ne se joignent 



#^ 



(I) Moat nppetom qoe booa mprqaons soavent sur e , poar plat de 
clarté, Ici et âilleur», l'ieoent qae Rob. EiUenne néglige souvenu 



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J 



414 OIAMMAIMB rtAloÇAIfii 

sinon aux vrrbes, et se mettent devant : je ^ voy^ je 
tk voy, • à moins que le verbe, ne soit à rimf^ratif : 
fay ley aime la. ««Us sont toujours â^cusatifs^ siinon 
avec le verbe substantif, corr.me : ili sont bmta hoimnes, 
wmiê Us ne LK iont que de lanl qu'ils craignent Dieu. 
— icelmjt icetle sont de mesme signification que sont' 
a, luy eieile, • ' ' 

De qnif qne^ quel, lequel , \e pltis général est qui, 
parce qu*il scf( à tous genres» à tous nombres et à toutes 
personnes. Il ne réf;oit point d'article. Il peut être 
précédé de prépositions. — • Nous usons dé quequ^inà' 
la préposition n'y est point requise, comme : roi/a 
Jehan que vous demmàei. Il it^est Jamais nominatif 
qu'avec le verbe substantif, de tous gcnfes, nombres 
et personnes, cçmmé i je suis ce que je suis^ vous estes 
ce que vous estes. Il est souvent interrogatifi comme:' 
qu'estes'totts^ qu'avez^jtout h On asc aussi souvent de 
que pour Itijuel ou laquelle j corn me : je parleray a eést . 
homme, lequel {owque) vous craignez.— jQûoi (!) : il scm-' 
ble qu^il nous sert pour le quid ou quod des LaUas, 
comme quand on dit : il ha de qmy,quoy faisant. Il 
sert auâbi, pour adverbe inWrogatif-: ppui^quoy ? sur- 
quoy? 

» Y aucuns diént estre pronom relatif 4Wtions et 
passions, autant en pluriel qu en.akigulier^ cûmme : 
je vous dis quii est fort malade afià que Wu« y 'éfiùe:^,; 
prens garde a tqy : j'y pren garde. — - Aucunes fois il 



(I) Sur remploi dé quoi, bien plus éUmdu dam notre 
qu'Use l'ett tiuiaienanl, vuy. Cbevallel, Ul, p. tt/S-tin, 



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ROtIKT IT RIfIMI M-nira?!!. 4.15 

■ " - "■■»■: 

fait relation de lieu, comme : vout vout en alleia Pn- 
fit, je tnif en irny après vôui; y allez-vous ? 

» Il fault npter que nous usons de ce petit mot dont 
pO\iT de qui^ duquel, desquels ^ de laquelle j denquellei^ 
comme rj'oy'wn le livre , les hommes, lajemme et les 
chosf9 dont vout m'avez escripl {i). r 

IlL — La-declinaiRon de mon, ma, mien, mienne, te 
mien, lu mienne ; ton, ta, tien, tienne, h tien, la tienne; 
,sm,W, sien, sienne, le s'rcn, la sienne; nostre^, le nmtre; 
909tre^ le vostre ne présente aucune difTicullé. Le 
norpinatif et Taccusalif sont semblables, ainsi que^ le 
giéoïtif et rablalif, qui' sont précédés de la préposition 
^•;ie datif est précédé de a. ^ ; .^^ 

".Oui emploie '® masculin mo«; ton, son pouf le fémi- 
nin ma, m, sa devant les voyelles-: mon ame, son ifjno- 
ronce, — Mon, ton, ion se mettent avec le substantif: 
eslee la ton maistre? c'est mon maislre, «Que si on ne 
veult reprendre le sulwtantif on use de mien, tien, sien, 
et ne se mettent guères sans articles : estce la ton livre? 
cesi te mifii.- Avec le verbe substantif ils n*ont point 
ces articles : ce cheval est mien, cestuy ci est tien; 
eicepté si ce précède; «car nous ne disons pas ce est 
tien, mais cesi tè tien. »— Il en est de même de nostre 
tite mostre, vostre et le vontre. 

• Il y a ung prqnom^u'aucanB appellent réitératif- 
delà tnesme personne, soit nom ou pronom, qui est 



t* 



(I) Sur «» mot» dont, y, cf. çf-dMsoi. pp. 81, 2^^, etc.-Nl Burguy ni 
Obcvallct né rappellent de pirlleultrUég dan» l'emploi de e*inn«t«, »u- 
joard'biii prunomt plulôt qu'adverbe», aulrcfol» pluiùt adtçrbe» que pn>- 



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lié (iVAHXAIIK PMARÇAISE. ^ 

. '■ * ' ■ - ' ■- 

mesme, etAu pluriel mrismes ;comt\^e lie suh du mesme 
consrit ; foij parlé àluijmesme OU à e^ttxmeimçs (1). ■ 
- Rc^ert Estienne« on a pu s'en convaincre, n*a pas 
fait un seul pas en avant; toutes les observations quMI 
présente dans ce chapitre des pronoms, nous lés avons 
trouvées ailleurs : même confusion des adjectifs et des 
pronoms démonstratifs ou possesi^ifs ; même ' respect 
pour les traditions latines que l'auteur s'attaclie'à sui- 
.vre du plus près qu*îl.peut. — Au contraire, sur ce 
âujét «i embrouillé, la sagacité de Henri Estienne 
Iriompkç. Nulle part ailleurs cet dbservateur ingé- 
nieux n*a su pénétrer dans le détail d*analyses plus 
délicates, et n*a été mieux servi par saxonnaissance 
profonde de tout ce qu'on appelait alors* /ri élégances 
des langues anciennes, du latin /du grec, de l'hébreu. 
Nous n'avorid pas trouvé, 'dans ses oeuvres,. moins de 
cinquante pages relatives à la théorie du pronom : 
nous en résumerons les points principaux. . 
-* Henri /Estienne étudie d'abord le rôle du pronom 

^ dans hjs phrases interrogativeâ. — Dantt ces phrases, 
le pronom^ place après le verbe; dites éonc : quelle 

' heure «<m7P Mais si l'on dit : demandez quelle heure il 
'eti,, dite moy quelle heure il est, le pronom se place 
avant le verbe; puis cherchant à compléter les iravai^ 
non-seulement de son père, m^^is de toiis . les gram- 
mairiens qui l'ont précéc^lui-même, il ehtre à fond 
dans la matière et fait les Temarq^es suivantes (2)« 

".-^ V ," ■ S.- > " ;- - ...^ .. — _ 

(1) Sur l'or^ioe et les diverses formes de oe pronom, roy. Cbetallet, 
m, pp. U4-148. 

(2) Tout ce qui sait, Jusqu'ao chapitre du «er&e, est tiré des ffy- 



y^ 



s. 



•I 



r-*- S- 



l.» 



^ 



• i6BUT ^T HINlMfTII^HB. 417 

\ . Bien qu'on dise : je $uiiy tù es, il est conientj et non 
moy suiit toy ^ l^y '»' content, on peut cependant cra- 
*^ployer moy, toy ou Iny^ maia éh répétant j>, m, U dans 
des phrases commi celle-ci : quant à moy, je,,,; quant 
à toi, tu..,; quanta luy, iL..; et même avec ce der- 
nier, on peut supprimer r un des deux pronoms et. 
dire : mais iuy, H ne i en fait que rire, ou bien mait 
luy ne s'en fait„,i ou enfin : mais il ne f en fait que 

rire{i). ' ^ 

II. Nous répétons* cuvent deux pronoms de la 
même personne : je me persuade, tu te permets, etc., 
et ici me, te, sont au datif ; ou bien ivous vous accusez, 
nounous tourmentons, et ici rou*, nous sont à l'accu- 
satif (2). Dans ces exemples, le second pronom pour- 
rait être, remplacé par un autre complément. Mais il 
est certains verbes qui ne se conjuguent jamais 
ces deux pronoms, ço|nme : nous nous taisons, not 
nous reposons, nous nous e«6a(on«, etc.;— d'aut 
changent de sens selon qu'ils ^nt conjugués a^ 
deux pronoms de la même personne ou deux prony 
de personne différente : dans nous nous hastom, 
nousfaschons, le sens est autre que dans rou« «0M4 
tons, nous vous faschons, et ces derniers mots 
fient à proprement parler : nous faisons de soi 



h 



pomn*ut, pp. 15918S; qurtqae» »d4ltloni, empruntées ao tràitii» \a 
Confonntt^, sont indiquées dUM les Notes. "- 

*(1) a.'d-dessus Ramus, p. 247 ; Garnler, p, 304. 

(ï) L'McusaUf , est-il besoin de le direP c'est le conplémént direct; le 
dsllf est le complément Indirect. — Cette répétition da pfonom n'svsit ^ 
point échappé à Palsgrave. Voy. Êdlt. Génln, p. 79. 

■ ' 27 












4it 



klIÇAIM. 




» . « 



voui vous hatliezy que vous vous/asclnez ; — d'autres ne 
0ont jaihais Conjugués ainsi ; on dit :f apprends, mais 
nou je rnapprend» ;^—ô!'a.uire3 prennent ou ne pren- 

. nen( pas les deux pronoms, indifféremment : nous nous 
rions de tuy_ ou fioif« rions de tuy 86 disent également. 
Parmi ces derniers, qui se conjuguent avec un ou deux 
pronoms, quelques-uns, pour recevoir les deux pro- 
noms, réclament remploi de la particule en; ainsi , nom 

fuyons f nous dfhM à Paris, ont le piême sens que nous 
nous en fuyons, nous nous en allons à Paris [i); et il faut' 
remarquer que, dans ces' locutions, «n n'apasie même 

' sens que dans petto aiitrej parce que h peste est en h 
tfiitejem^fn suis retiré; ici, en remplace d'icelle fjeme 
suis retiré dticeUe. — Enfin quelques verbes ont un 
autre sens 8*ils sont conjugués avec un ou avec deux 
mômes pronoms inous éludions, nous doutons; c'est : 
nous cherchons à apprendre, nous avons un doute ; mais 



(t) Cf. d-dfftsus. Meigret, p. 100. -r Nou» avoQS^ blAmé l'eipUcallQf- 
donnée par Meigret de l'emploi de en dans les locutions.: ;e ifCtn vais, 
tui'enfuù, pic. AprèaaToir longtemps cherohé une solution meiileare de 
Wte diflicuiUf que qI Burguy ni Cbevallet n'ont abordée, nous afonsfiU, 
sar an grand nombre d'exemples, ces observations : 1« en n'est guère 
employé avec les deux pronoms que devant des verbes qui, sous l'eor 
forme simple, sont neutres : alhr, je m'en vais -, fuir^ Je m'enfuis; courir, 
j« m'encours ; rfioiirii«r, Je m'en retoome; roler. Je m'enrôle; 2* que 
certains rerbes neutres, qui nuintenant ne «'emploient que sons leur 
forme simple, suivaient autrefois la même analogie j • Et M '«<* p«rlt( «t 
* sen retourna à Constantinople (VillehardtrSin) ; et ^ sen%iara lempe- 
rors à Constantinople t«'<f.). il eut es fantaisie do s'm alUrjin la maison 
de Cesiir, et j'en recourir après son frère (Amyot, tIo de Cleéron); » — 
ne pourrait-on pas conclure, de ces exemples, que la prépoalUoa en qui 
marque le point de départ indiquant ici une trantitionf avait pour effet 
de rendre trantitifon actif le verbe auquel on la Joignait? si la consé» 
quence tirée de ces inductions est fondée, Il faut bien en oonvaiir, €mU 
an fond, l'explication de Meïgret. 



A 



.k. 



. tOiilT Vf HIÎHll 18TI1WNI. I([|»^ 

noushoui éludions r). . . . c'est : nous nous appliquons à. . , \ 
nouu nout douton» de htij, c'est : nous le tenons pour 
suspect. — Si un autra verbe suit le verixe conjugué 
Avec deux pronoms, ces pronoms pourront être sépa- 
ré» : on dit également bien : nôun nous pemions situver ' 
et mut pen$ioiu nous sauver. Dans, les phrases interro- 
gativcs, cette séparation est de rigueur ; dites jypoMj ^ 

* pou/tes vous retirer? cl non «ou* vous vouliez retirer? 
IH. Nous avons vu que moy et toy sont datifs ou 
accusatifs. Certainà verbes changent de sens selon que 
le pronom change de cas : dan^ accorde moy cela, qui 
signifie : domne moy cela, moy est au datif ; dans ac- 
corde toy à celaiyqm signifie : consens èi approuver 
cela, 10»/ est à l^îcusatif. -r Ces.prorioms^of/, toy, 
au datif, tant^ prennent la .préposition à, comme: 
venez à moi^i^ tantôt ne la prennent pas, comme : ré»»- 
pondez m^>— Le\datif du pronom est moy, ou me,- 
iay ou i/; 9ymi le 'verbe on place me, te; comme: il 
m'aW/^; après -le verbe, moy, toy, comme : parlez- 
wdtt//Mais on ne peut employer Indifféremment l'un 
/pour l'autre; ainsi on dit : persuàdei^-moy cela et non : 
i4 persuadez cela ; et au. contraire : il me persuada cela 

/et non il persuada moy cela* y 

IV. Les pronoms moi/, toy (ou te) nous, vous, etc., 
sont souvent explétifs; dans : regardez-moy la mine de 
ce ^afcinrf, mot/ n'est pas nécessaire. - 

Tout explétif qu'il est, ce çronora modifie quel- 
quefois d*une certaine .manière le sens de la phrase? 
«quand on éii x cest homme là ne m'ha^poihi bonne 
|)%«îofiomie, e'est autant comme si on disait : cest 







'M 



# 



4^0 - «lAMMAIEE r»4hÇAI8I. -; 

homme ne me semble point avoir bonne phijsipnomie , 
item quand nous parlons ainsi : ostes^moyxela de voi- 
ire vhaniasie, c*cst comme si on di:-ait : xi vous me 
voulez croirç^ vous osierez..» [})'• 

V. A la façon des Hébreux,. nous employons queU. 
quefois un relatif sans antécédent; comme quand nous 
disons : on me Ta baiUée belle. C'est; comme si l'on di- 
sait lia trousie quon nia baillée, ^n me Va baillée 

belle {^), 

VI. Nous emplayons souvent le pluriel poue te sm- 

gulier : je vqus aime pour je Caime. Nous n usons guère 
du singulier qu'avec les domestiques, les inférieurs ou 
des cmis intimes; mais cette familiarité, plusieurs lïe 
la prennent pas cependant avec leur femme. —Quand 
un éérrt, et «urlout en vers, on dit souvent eu, toij au 

Roi et à DicuiS). 

La première peissonne du pluriel est employée 
aussi pour le singulier, par , les magistrats et les 
^.princes (4). , \. .' '. : ^ ■''^> > ;' 



I) Celle dcniW>re ol»«erfaUon\est Urée dé la Conformité, pp. 4Ï-*2. 

(2; On dit «véc le» rtémWelUpW ; vous avez beou à faire telle choses 
i] y te\lnl de plut belle. « .\'' 

tz) ïlaMAe Journal de U langue françaiie, fondé iHar Domergu*, on 
trouve (H- du v et du 8 Janvier 1791) deux longues lettres sur lyop- 
lion de tu au lien d« tous en parlapt à une seule perBofein«. ^ . 

(4) ¥m latin, on n^employalt pas ladeuxlème personne du pluriel pour 
le-èitfguHgr, uiaU la première personne pouvait s exprimer par le singu- 
lier ou lé pluriel. Tlbulle. dans on a«i^ ters , «mploie les deux formes : 

,■ ■■ ^., ■ ■ >■ ■ ':■. . -■ - - ► ' . ^ •■' 

Et it* qttU mtrui, fi rti* ftHit^"-^* •f^'- 

M. de Chevallel dte divers p«»sages de Jallas Capltollnas, de Gré- 
tolr^ de Tours et de nombreux romans du moyen âge, où l'emploi du 
plt^pour le slngaller. à la deuxième personne, est très-ramarquable. 



m^llKT IT RINKI BSTIEfrai. 



421 



« En parlant à une jseule personne, nous usons sou^ 
vent du pronom pluriel. Jfe n'enten pas quand nous . 
mettons vous au lieu de iotj; mais quand, en la per- 
sonne de celuy ou celW à qui nous parlons, nous taxons 
pu louons les ^utrétf aussi à qui attouche le fait duquel 
nbus parlons. Exemple, si je parle à un jeune homme 
desbauché je diray : vom, jeunes gens, n'avez autre pen- 
sèment que de cerchtr vos plaisirs. W est vray que le 
plus souvent noùs'adjoustons ce mot entre devant le 
pronom, et disons : en/r* vous jeunes gens,., r- H vient 
fort bien^'à propos ici de parler d'une autre locution 
qui revient à ceste autre, asçavoir où nous mettrons 
ce mot entre ; car alors nous disons vous autres ou entre 
vou$\ nous autres ou entre nous (1). 

VII. Quand le pronom auit le vei;be, il est telle- 
ment uni à lui que la prononciation ne doit pas l'en 
séparer ; aussi, en écrivant, on fait bien de les joind.re 
par un Irait d'union : di-moi^ fay-moy, que dit-il? 
. preste-^lé moy, etc. Toutefois si le pronom appartient 
au verbe suivant, on réunira par la prononciation le 
pronom au verbe dont il dépend : venet me dir4^ la 
response..», ^ic- 



Alo.l.pbur nou. borner à an exemple' JoHni Cpllollnui dit. en parlant 

fait Mareu. (Antonlut. Phllowphu»). • - (Vit de Mare-Aurèh, éAM.^CA- 
.ïnl^ lii ô: %4.-0n Volt quici l'adjectif q«l qualifiait rette deuilème 
^JÎÎ'Jiartel i«'«ett.?t lol-méme au pluriel, contrairement ♦ 

^'""Tlia^TH^^a, pour mm,, et ^ «Nr». po«r «m. .ont de. forme. 

poJée. «mt leales employée., et non no., eo.. Dan. le midi de ^^'*^' 
nous anlrw, w»* a«»lr«* «m* employé, auwl, comme en eapngnou 



■■ 'v^ 



é^ 



A- 



•^ 



422 QMAHMAIRE FRANÇAigi. 

• ■ . ' . ' ' ' * 

VUI. Dail8 cetluydt ce»tuy-la (1), ceci, cela, ceux- 
ci, ceux-là, les particules ci et (a sont dés adverbeâ : * 
d n'est autre que ici/. On le trouve danâ^ïa formule .. 
épigraphique : ci gist honorable Iwmtne,,, — On devra 
remarquer que ci, la peuvent être séparés iceit homme/ 
ci, ce pain. la. • -^ --^--^--^---,^---^-^---.^-^,^ — 

• Combien que ce pronom ce se doive dire propre- 
ment des choses iqu'pn monstre au doigt, neantmpins 
nous en usons souvent autrement, en parlant de cjioses 
peult esire fort esloignees de rious, voire qui sont en ^ 
Tautre bout du monde. Exemple: ne m^ apportez point 
de ces petits rubis, mûis de ces grands* Getuy qui dira 
ceci a quelqu'un allant en Portugal, ne luy monstrera 
point, en parlant a luy, ny des petis rubis ny des grands, 
et toutesfois usera de ce pronom» démonstratif. Et 
fault noter que quand il dit : ne m*apportez point de ces 
petiê, rubis, c'est autant xomme ^lit disoit : dé cespeiM 
rubis que vous scavez* • — Le demonstratif'ce sert aussi 
à marquer le mépris i je. parlais à un de ces ^ plaide- 
reaux, . 

H. Esti^nne note encore deux emplois des démon- 
stratifs. Nous disons vaguement faufre «quand après 
qùelquç verbe ou façon de parler notable nous adjous- ^ 
tons r comme dittautrei'i),» — • Dautre part, en parlant 
.de soy-mesme, aa lieu de dire : me voici on dira voici 



(1) n. Estienne réunit eeitu^^ et sépare eetiuyla. è*e>t qu'il titffftà» 
cettitifei tomuM une oontractjkÀ pour eeituy'iei. 

(3) NQui)Mlployon»raMtr« «a eltaot des phrases proverbiales dont on 
ne p^t dîMtpMf phis^lairement tautntr, Ia mol autre, en oe sens*, ne 
vlendralt-il paideouefor.otil/tfff que de aller* - '. ^^ 






V 



^. 



^ 



ROBERT ET HENRI E8TIEISNB. 



425 



l'oiire /lomtiip.w; et dans cette locution *micx est 
tellement adverbe qu'il ne laisse <J^tenir de la siguifi- 
cation du pronom (l)rf» 

IX. Lù}^ s'emploie pour le datif des deux genres, et 
se plikce avant le verbe: je /« /ui/ ai/ rfict. Mais si l'on 
veut distinguer Phomme de la femme on dira,' en 
plaçant les pronoms après le verbe : « Pavez-vous dit 
à luyo\i àelte?» 

-* X. NoUs remplaçons souvent le pronom possessif 
par Tarticle; ainsi :jû.vou» preste CoreUte, presiez'-moy 
r oreille ^ Bi non je vous preste mon oreitte, prestez- 
moy^voitre oreille. -^ Oh il faut remarquer encore 
que nous employons le singulier et non le pluriel (2). 

\{,Cestuyci et ceci, cestuy-la et c€*/<f ne doivent pas 
être confondus. Ceci Qi cela ne s'appliquent qu'au neu- 
tre, à moins d'être séparés par un nom masculin : ce 
livre-ci^ ce livre-la, 

Xll. On ajouté quelcjuefois, hceluy. celle, les par- 
ticules ci et, la. On ne devra jamais léMàire si qui ou ; 
(/ne) doivent suivre ; ne dites donc pas ^: celuy la qui 
aitiM, mais cc/ttî <7tit <itme. ' . ' * 

iXest un adverbe de lieu ; le vulgaire prépose quel- 
quefoisïtïHr et dit ilà (3), —Quanta ci (ft). ou^ ici il 
Vient du ph)nom ce (5). 

XÏII/Ôn <iit ï je suis allé; mais si le sujet est 



■ I »ii 



"(I) Cwifonutl/, pp. 48-51. 

(2) célU» remar(|ae e«t Joite pour prêter Voreille ; mais on dit : donntr 
les v^m à une affaire^ et Ici clett le plariel qui «a employé. 

(3) Cf. Chevâ««t, III, 2W , Burguy, II. 27« -2^. 

(4) Cf. Chetillet, lU. 806; Burguy, II, J78-280. 
{%) Conformitéfp.M, 



'4^ 



^ 



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.. / : 



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'444 



gbàmhairi phakçaisb. 



\ 



x 



.^ 



X 



complexe, on remprace je par moy^ comme : Pierre 
et moy tamme* allés (!). 

XIV. En parlant de soi et d*un autre, lé Français 
se place le dernier; aidai on dit : Pierre èi moy plutôt 

, que moy et Pierre, à reioina qu'on ne parle d*un do- 
mestique, d*un homme très-iflféri$ur ou de sa femme. 
Quelques-uns cependant font à/leur femme cet hoti-, 

% neur de la nommer avant eux , mais non sansparaUre 
ridicules au plus grand nombre qui leur reproche de 
piirler en hommes yuvawoxpaTou/xevo!,. menés par leurs 

; femmes. ' 

'XV. I^îous avons vu employer le démonstratif ce sans 

qu*il y eût démonstration. On emploie de même le 

, possessif iHMfrê sans qu'il y ait possession. Ainsi, 

V « souvent eit nostre langage nous disons wstre galand 
au lieu de dire ce galand. que vout sçavez'; «t mesme 
nous dirons : voila vmire gaCanlflthier, et entendrons : 
-ce galand qui vous voulut affronter hie^, ou auquel jpo^t 
chantastes si bien ta l^on Hierf'ùVL lequel vous frptoête» 
§i bien, • etc. {^y '. ^ 

XVI.; Un usage particulier des possessifs se rcmar-, 
que quand nous disons : •il est mi^,..ou il est fbui 
mien; je suit vostre,.je suis tout vostre au lieu de dire 1 
il est à mon comrhandemenif ou je suis à vostre^comF , 
mandement f ou je suis prestà vous faire plaisir. -^ Je 
trouve Tusage dB ces pronoms estré tel en la langue 
grecque (3). » 



r' 



(i) Cf. ci-dOMUS. pp. 79. 346, 298. 
(î) Conformité, p. Il, 
il) Cot^ormité, pp. 44-47 



r 



T 



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/ 



ROBIIÎT IiT HKNRI ESTIBNNB. , 425 

. -.4 . * 

- ^ . .-i-'-v ■ ■ 

). " ■"^'xi * ' ' 

XVIÏ. « Je vien au pronom relatif,. en frànçois luy, 
et di que çeste façon de parler (qui sert bien poj^r 
àbbreger), i7 y est alté luy troisième^ on luy (juatriemet 
au lieu de aire il y '^st alté acrcômpagnê de deux, ou 
de troM, est conforme à celle ^des anciens auteurs^ 

grec6(l).» • 

XVIII. € Le François ne dira pas^: j^iwe; en toy; 
ains fault qu*ii ,diè(^ub peine de parler mal, eji loy 
meime (2).-» On voitrpar là Û9 des principaux eno- 
ploip de mesme, réilératif de la/ même personne . 
comme le,nomme Rob. Ëstiertne (3). * V^ 



«SJ> 



DU VEMBX. 






Dès Tan 1542;- Rob.Estienne avait public un petit 
traita* de la conjugaison des verbeâ' français; comme 
nous le reproduisons ihtégfalemeût, nous ne donnè-^ 
rons pas iai des modules de conjugaison quîonjtrouvera 
dans cet opuscule? noiis nousbornerôné aux remar- 
ques générales faites par I^b. E&tienrie dans sa' 
Grammairç, et par son fils dans ses divers ouvrages : 
malheureusement lisant loin\run et T autre ^d'avoir 
épuisé la matière. _ 

« Les verbes, dit RoV. Eslienne,iîe sont naots qui 
signifient ou faire quelque chose; icorome aiméT ou 
souffrir, comme j«««waii?i^. » ** 



(1) rofiformtl/, p. 51.— Cf. cl-dettp»>i». 244. 
(3) Vojrei ci-4e9tu». p. 115-116; cf.^ p. 32. 



"^K. 



V^. 



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V. 



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__l — .. ^^. 



426 



GRAMMAIRE FR▲^|;AI&I. 



»«er 



^ Diaprés cette définition, Vapeur divise ensuite les 
verbes en verbes actifs, « quifeignifient fair§ quelque 
chose ; ■ en verbes passifs, c qui siKni^»^ souffrir; » 
enfin en^verbcis neutres.;» quiJp^ sont ne actifs ne pas- 
sifs, et n'ont point de déclinaison passive {{),'• 

-- t Oultre ces trois- sortcœ, il^ a le vçrbe nommé 

^ubstantift qui est estre^ qui pe signifio action ne pas- 

^6ion...>Toutesfoi%îPest si nécessaire a toutes actions 

et passions que noiiÀ, ne trouverons verbes quiNje se 

^puissent resouldre par luy :|par ce que toute action où 

pa^ion requiert existencei ou sub^stance «t estre. 

Une dernière classi;% de yerbes est celle àes verbes 
« bomiiiez impersonel», al cause qu'ils n'ont né per-^ 
sonnes ne nombres; c'estJà-^ire; quand on ei) use, on. 
ne scait de qui c'est qu*on parle^ ne si ^ést a une ou 
plusieurs personnes.: sefulement ont les modes et les 
temps distinguez, et smit tiçrces personnes. Ils sont 
d^ deux sortes en latin...' • -.^ Donc il& sont de deux 
sortes en français : cari évidemmenl^s deux langues 
n'en font qu'une. -^ «tes uns finissent en /, pour les- . 
quels expliquer et rendre en.françois on prépose i7, 
comme OPORTET, i7/aM/i^0P0RTUiT,U/ a /a//u ; les au- 
tres se terminent en/ fur ; à tels, pourjes exposer en 
françois on prépose/ on, comme: amatdr, on aime; 
DiciTUR, on dit, Erw laquelle manière de parler quel- 
quefois its prend jfa place de on, comme ils dUenii 
pour on dit, * 



(I) PalsifTave divise Im verbes de deii\ nMnières : d'abord en verbes 
actifs, passifs oûmvyeiis, ensuite en verbes personnels ou impersonnels. 




\ .. 



• -) 



T7 



ROBEBT BT HEMll E8TIENNE. 



427 



' Suit un chapitre fort important, dont la forme 
concise n'est pas susceptible d'être résumée, et qui 
A traite de points trop intéressants pour que nous puis- 
\iods l'abréger en rien : c'est la théorie complète du 
verbe : nous citerons textuellement, comme un spé- 
cimen de la manière de l'auteur, de son orthographe, 
de son style, de sa ponctuation même; tout ce pas- 
sage de»' acci</cnï# </« t;er6«^(l). 

;■ " _• V- p ■.. ' ' ■. \ -^ - ' . 

« Les ÀccipENT^u verbf. — Le Verbe^Ha sept 
accidews, qui ionl Mode, Temps, Espèce, Figure, 
Conjugaison, Eersonne et Nombre (2). 

« Des Modes^ — Les Modes sont de cinW sortes (3) . 

La première sappelle iniicative, pourtant due le verbe 

^uôunç^fpis. demonstre que quelque cheseWe fait> ou 

^'elleNe faisôit, ou qu'elle a esté faictè, oU qu'elle se 

feili; comme, Vaime^ Vaimoyef. Tay ainué^ Vahoye 

QÎméy Vaimeray Ji). 1 

* » La seconde mode ou manière (k Verbe,\ sappelle 

. Impewitiue, quand par iceluy on commande \de faire 

" quelque chose : comme Aime."^ Elle n'ha point\de pre-^ 



{{) Nom iton» doihié de leinlijables spécïmen» pour Dubou\pa»fim; 
Meigrel, p. .89, pbur PelleUer, p. J74,^Uf Ramua, pp. 267 et B06. 

(2) Lm accidents dû ▼erbe, "«lon^tn^Be, »ont j le mode, lètemp», 
It eireonloenUon («n uMge aux lempi ^!»é«), Je nombre, la pèrMnne, 
i%.cbnJugal»on, la formation oa dérivaUoD, la composition, rafllibation 
efla négaUon, eiifln Tordre. 

(1) Selon Palsgrave, la langue française .a «ept mode* : rindleatlf, 
tomme je parle; le iùbjdnctif : rouléx.vouf que if pdrle; le potehtlel : 
/« p«fi«Wv«; rimpératlf : pdrle ; TopUtif ; bien pdrle il; le condlllobnel : 
iy>«p<lrl«;nnllnmf:p«fi«f. • 'V 

(4) VI majuscule était pour l'auteur, nd signe équltalent de notr^;.— 
Cf. ^-d^Uf , p. 848. 



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m GiiniHiiBi rtAKÇAift. ' 

terit : car on ne peult commander pour le passé, qui 
est .temps irrcuoc&bic (1). EHe n*ha donc que le pré- 
sent, qui toutesfois n*est point si présent qu*ii ne tienne 
quelque chose du fdUir temps. Aussy de vray ce se- 
roit commander sans propo» a celuy qui la fèroit ce 
qu*on luy a commandé. Avec ce, on ha de coustume, 
quand bon semble; de luy adiouster aucuns Noms et 
Adverbes signiTiant temps : comme Faicelademam^a 
reste heure, pretentrment : dont la pluspart emporte le 
futur. Quelque fois on se sert du futur de^l* Indicatif 
pour rimperatif .'.comme, Voui ferez cela. Tu irat la. 
Combien que par Tlmperatif, aussi {proprement se 
•puisse dire, car autant vault Faites cela, et va /a, que. 



Vous ferez cela, et Tu iras la, prononcez c^n façon de 
conunandement ou remonstrance avec les plus grans, 
icàr^ les soubiects ou moindres ne peuuent pas com- 
mander a plus grans qu*eulx : veu qu'entre lés esgaulz 
mesmcs le commandement n*ha point de lieu. Parquoy 
il est euident que ceSt Impératif est plus futur que pré- 
sent : ou que pour le ùioins nous le pouvons appeler 
aussi bien futur que présent. 

» La tierce mocle sappelle Optatiuè : quand on 
souhaite et désire que quelque chose se face présente- 
ment, ou qu'elle eùst este faicte ou quVlle se face a 
Faduenir : comme, que uoéontiert VAimeraye, VAu- 
roye aimé y Dieu uueitle que C Aime., 

■ I^ quatrième mode sappelle conjonctive ou sub- 
jonctive, quand on parle avec cause ou condition, et 

(I) Cependant en grec, rimpératif aoriste était d'un uuge général. 

* ■' ■ ■ ' 



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lOllMT fcT HBNBI KSTIINNE. 



42» 



qu'il y a deux modes et manières jolncles ensemble 
pour faire sentence parfaicte comme si je di : //Manc/ j<? 
l\mray dicl^ la sentence n*cst pas parfaicte si je n'ad- 
, jouste quelque chose, ^com me /w te scauras, ou sembla- 
ble^ Pourquoy raimejoyc je, veuquMl uq me JaUja- 
mait que mai? 

• \jx cinquième mode des verbes se nomme Infini- 
trve : quand le verbe, mis seul, ne détermine ou 
demonstre certaine personne qui face ou endure quel- 
que chose, ne le temps ouq^elPaction se face: ne le 
nombre des personnes qui la font, ung ou plusieurs, 
comme : aimer. Si autres mots ne sont adjoincls a 
cestuy, on ne scail qui aime, toy, ou moy, ou autre, 
ne en quel temps et combien çn est. Elle ha ung pra;- 
terit,4equel signifie temps, comme avoir aimé. Geste 
mode est la source dont proviennent toutes les' parties, 
d'ung verbeJ / 

» Les Latins ont ung futur, comme amaïutum e9se : 
que lés François déclarent et représentent par le futur 
indicatif en adjoastÀnt ce mot <jfiic, commç(quand nous 
disons : f espère que Jehan aimera, 
■ » Quanta ceulx que les Latins appellent gerûit^ia et 
siipina, les François n'en ont besoing;ïar ilsles\x- 
priment et représentent par les infinitifs ou participes ; 
comme, au lieu que les Latins dient eo venatdm, le's 
i^s di< 

•vten de 
pour chasser; becrbatur ajiimus venando, on sesbai 
eïMuumnt. Nous en pouvons bien dire aucuns autre- 
ment, comme : je vay a (a chasse, etc.- 



Ffancds dient : je m'en vaij chasser ; rhdeo venatl, 
jerevSn de chasser; vbm Venandi gratia, je suis venu 



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430 GMAHHAIMI FIANÇAIHI. , ■> ' . 

'•, ik» îempt, —Il y a trois principaies manières d»» 
temps : le présent, le prétérit ou passé, et le futur (H. 

» Par le temps présent nous est donné a entendre 
que la chose de quoy on parle se fait présentement,, 
comme : je Çahm, tu es aimé de môy, 

» Le temps prétérit et passé est divisé en trois temps : 
le premier se nomme tetnpn prétérit imparfaict, pour- 
tant qu'il ne nous dénote pas ung accomplissement tje 
perfection d'une action ou passion passée, mais tant 
seulerhent avoir esté commencée, comme: falmotje. 

» Le second s'appelle prétérit parfaict, leduel.est 
de deux sortes; Tune est simple, qui dénote iWion 
pu passion parfaicte, duquel toutesfois le temps rbst 
pas bien determipé;^sorte qu'il despend de quelque 
autre, corpfncTje vei le Roy lorsqu'il fut couronné ; je 
fei ce^e lu m'avols commandé rsoudein que jereceu les 
lettres ;je leu hier les lettres que tu ni avois envoyées il y 
a huici joiiri. ^- L'autre est composée du vert)e avoir 
et d'ung participe du temps passé, et signifie le temps 
du tout passé, ne requérant aucune suite qui luy soit 
necessaife pour donner perfection du sens, comme: 
fay veu le Boy, fay faict ce que tu m'as comtnandé, 
fay leu tes lettres, — Il en y a encores deux sortes; 
l'une, qui sq fait par le prétérit parfaiçt, dudict verbe 
avoir, et le mesme participe du verbe qu'on traicte. 



(I) Pal»graviB p«Me en revue les temps de chaque mode; rtndicatir a : 
présent, je parle; le prétérit imparfait -.je parl&ye: rindéÛnl:;VparWy; 
le prétérit paifait t je ay parU; le prétérit pluis^^iue-parlait : j'av6ye parlé; 
le futur : ;> par/erdy.— Lea autres modes ont tous ces temps ou seule- 
ment quelques'-uns. . . 






IIOBERT ET HENRI E»TIK?(XI. 



4SI 



comme feu aimé. ^-^ L'autre, encores par le prétérit 
parfaictdu verbe qa*on iraicle, comme j'ai/ eu aimé. 
Ces deux sortes sont indéterminées, comme aussi le 
prétérit plus que parfaict, et pourtant Vequierenl une 
cause précédente ou subséquente le plus souvent avec 
temps prétérit, comme : favoye Jaict quand mus 
veintes'yjeufiiict quand vous arrivàstes; f eusse faict si 
mme^Ceusscs escripi; jaij eufaict avant qu il arrivait. 

» Le tiers s'appelle prétérit plus que parfaict : lequel 
se' forme par le preCerit imparfaict de/ai/,'a*,a ; avec 
le participe prétérit du verbe qu'on traicte, comme : 
favoye aimé. ^ . 

» Le fiitur signifie le temps a Venir, comme/aiwe- 
rayM ne se divise point qup par adverbes ou noms 
signifians temps, .cqmme je leferay aceste heure, main- 
tenant; demain, dedans huict jours. (Quelquefois aussi, 
pour monstrer la chose future plus que présente, nous 
disons par le prétérit parfaict: ;■ ai/ /aict mamtcwaHr, 
fay dicijfay tout incontinent disné; pour : je feray, Hi- 
ray^disneray incontinent. 

VDcs espèces de verbes. — Il y-flrdeux espèces de 
verbes : l'une primitive, quand le verbe est premier, 
ôt n'est point formé, ne dérivé d'ung nom, comme ai- 
mer; Vautre derivative, quand il est formé et dérivé 
d'ung nom, comme de meianchaHe^ metancholier^wde 
choierez chdorer; de fient, fienter ; ^e ris , tire, , 

» Au regard de cep dérivatifs latins, comme le fre- 
quenUtif, méditatif et' desideratif, les François n'en 
ont point en ceste gignification. Et quant a l'inchoactif, 
nous rexprimons pv le verbe commencer, comme : j<î 



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UIAMMAIIII rilANÇAISI. ^ 



commence avoir faim. Et le mcditatif latin en rio par 
verbes de désir, comme : PAiTOiftia, je degire, je veulx 
enfanter. Et quant au fréquentatif, nous Texprimons 
par l'adverbe souvem et ses semblables, comme je 
hante ou voy souvent. Et combien que vi$iler soit tir^ 
de visito latin, et fréquentatif, il n'en garde pas tou- 
tesfois Iji signification, en notre langue : tellement qu'il 
ha bcsoing de l'adverbe souvent^ comme : je visite sou-^ 
vent te palais et les prisonniers. Nous en avons qui si- 
gnifient imitation, termines en zer, comme tyrannizer, 

latinizer, grccizer, 

. ' •*. . . . 

» Des figures. — Les verbes, ont , aussi bien que les 
noms et pronoms, simple figure et composée. La sim- 
ple, comme dire,, veoir^ ouir; la composée, cdinne 
contredire^ preveoir, défier* 

» Des conjugaisons. ■^~ 11 y a quatre conjugaisons de 
verbes, séparées selon la diverse terminaison des infi- 
nitifs (1). # , 




(1) Paligrave n'admet que troit eonjogataons : la première a le présent 
de riodlcatif et le participe passé terminé par e, mais avec un aecentdif- 
fêtent; i' infinitif est en er : je pdrU^ je ay parlé, pdrkr. — La seconde 
conjugaison a le présent Indicatif ea.ù, le participe en y, et l'infinitif en 
If • je convertis, jay tonverty,cont>ertyr; les verbes de chacune de ces 
conjugaisons, le présent, le participe prétérit et l'infinlUf ont lé même 
nombre de syllabe. — La troisième conjogaison a le présent indicatir ter- 
miné en f, et tantôt d'une syJlabe, comme je b«s,jetens, je romps0 
meU: Untôt de plusieurs syllabes, eomnae;* eombés, jiniénsjè eorr&mps, 
jentreméu: l'indéûni se termine aussi en s précédé de y, «», «i, on, u, 
comme je ./U je print,je reeéui,je bàu; le participe prétérit eat terminé 
«a «, I, M ou y, comme jay pritu, jay dit, jay balA, jay reféu, jày îormy, 
et il est tantôt d'une syllabe, Unlôtde plusieurs; l'infinitif, toujours po- 
lysyllabique, est terminé en rè ou en yr, comme Mire, f^iwNl, wrrîmpre, 
' n^it%rt, dormyr. 



lOMRT IT Hinil ISTIENMK. 



4%Z 



• V La première âe termine en ef long, comme: ai» 
mer t frapper, donner. 

*}ja, seconde en eoir, comma Iveolr, pouvoir. 

■ La tierce en re bref (muet) /comme: diref battre, 
cognoiêtre, faire, 

i La quatrième en ir, comnie : fuir, jouir, gaudir. * 

» Dei personne f, — Comn^ les pronoms, aussi les 
verbes ont trois personnes. 

> La première parle de sby et non d'autre, par ac- 
tion ou passion : faime Pierre, je iui$ ainié de Pierre. 
— Mais, au pluriel, elle peult comprendre toute autre 
personne : loy et moy avons faict cela; iuy et moy et toy 
aums fatct cela {\\. | y 

I La secondé personne est celle a qui nous adres- 
sons la parolle, comme tu aimes. De laquelle, aussi le 
pluriel peut s'adjoindi^e la tierce personne; comme: 
vous et Pierre irez la^LeÉ François usurpent ceste se- 
conde personne pluHele pour la singulière, parlans a 
plus grans que soy, k:omme : vous estes mçn père et 
ieigneur, ! • ^» 

• La tierce personne est celle de qui, soit présente ^ 
ou absente, nous parl0ns sans leur addresser la paroUe, 
comme : Pierre esra(lé là yleshomines sont quelques fois 
pires que les bestei» 1 « 

^» Des nombres. -^ Tout ain§i que les nonis, sem- 
bUblement les verbes ont deux nombres: le singulier, 
comme je II; et le pluriel, comme nous lisons, • 



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(1) Cf. Meigr«t, ciHteMiu, pp. 77-78. 



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^^ ^ GlAJIMAimi FMÎ^ÇAliB. 

Robert Estienne, à là suite' de et long chapitre, 
donne ses modèles de conjug^oo : nous n'avons pas 
à BOUS y arrêter ici; c'est à son fils que nous voulons 
demande, maintenant le complément du texte que nous 
venops de reproduire. ' -i. 

Henri Estienne ne trouve rien j6i répondre ni à ajou- 
ter à la division des verbes en quatre conjugaisons; 
au suj^t des modes, il se borne à constater deux faits: 
!• le mode infinitif, précédé de rarticle. devient un 
Véritable nom (1) ; 2* « comme les Grecs quelquesfois 
usans de cest adverbe ôttwç omettent un Inipçratif qui 
devroit éstre mis' devant, ainsi usons-nous de hostre 
que,... quand nous disons : màU qu'il n'y ait point de 
fauhe, au lieu de dire : mais voyez quHt n'y mt point 
defauUei ou : que je ne vous y trouve plus, au lieu de: 

faites que,,. {^)>» ^ ' 

Nous sommes amplement dédommagés du silence 

de H. Estienne sur ce sujet, par la tjiéoric complète 
qu'il nous a laissée des temps; plus tard nous verrons 
aussi ce qu'il dit de la corrélation des modes entre 
eux, et des temps entre eux. 

Les temps de nos verbes sont simples ou composés, 
— Avant d'en régler l'emploi, voyons à quelles re- 
marques donne lieu rorthographé de ces (ormes 

'verbales. j^ 

Temps Mjimples. — !• Coinmc les Grecs disent tu 
présent ,6«XXw avec deux U, "et à raorigle !6of>ov. 



Mfe^î'ï 



{DjConfwmité, p. 67, ÔbWTT. fin i - «. d-dcMui, pp. 2&, 47, 2*7, etc. 
(î) Conformité, p. VI. ' ;./■ s...':' i '-'l'-^'V '■ 



-s 



fî^- 



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ioiiiT %r iii?iii «sTiiHni. 



iS* 



(( afnsi fait npstre langue es prétérits de certain^ 
verbes: nous disons au présent j'ap;)«//<*, et au pre* 
terit fay appelé. Car ceux qui escrivent fay appétit^ 
font long ce que la prononciation fait bref : ce qui est 
contre toute raison. Ainsi est-il du verbe aller; car on 
dit : où allez vous ? avec '// double ; je êuis aie avec / 
simple... J*adjousteray encores ceci, c*est que (si mes 
oreilles ne sont deceues) ceux qui sont estimez bien pro- 
noncer disent : feichappe^ je suis e$chapé; \q frappe, 
j'ay/rop^; et es verbes semblables, semblable- 

. H ment (1)^ » ^ 
^ 2* Par suite d'une erreur trop commune, on voit 
souvent ajouter à la première personne du singulier de 
l'indicatif présent, là lettre » qui i^e convient qu*À la 
seconde personne : je suis y je puî», je dity je Hi; de 
même, j^escris, je fais, je me iais, je crqu, je voi9, je 

' r<?fot« .• .'c'est surtout après Vi que Von voit placer 
cet «; mais on le rencontre aussi ailleurs : je crains, 
je viens {"1). Il est plus correct de le supprimer, excepté 
dans quelques monosyllabes, avant une voyelle : je 
suis ami, je lis un livre : ici Vs sert à adoucir la pro- 
nonciation (3). \ * 

â* A rimparfait, l'usage s'est récemmenl éèabli de 
terminer par un s la première comme la deuxième per- 
sonne : fàimois, tu aimois. On écrivit d'abord : fat- 
moye, je faisoye, etc.; cette terminaison, dont Marot 
s'est servi dans ces vers, est encore employée aujour- 



{i) Conformité, p,M> 
{2.) Cf. cUdeuuB, p. 161. 
(3) HypomtiMef, p. 196. 



V 



»: 



4^6 



GMAHMAimi rMANÇAISI. 

^ d'hui, en vers et ipcme en prose ; Tusage, qui aiuve la 
brièveté, ayant retranché Te final, aux formes j'aiinoi/, 
je fàitotf^ on ajouta «, par euphonie, surtout devant 
une voyelle : aussi ceux mômes qui écrivent et pro- 

•noricent/a//oyi d la vitle, prononcent et écrivent j'o/- 
loy dehors, ei marquent souvent d'une apostrophe ce 
mot /o//oy*, pour indiquer l'élision de Ve (ï). 

4* Au parfait, plusieurs disent : yalli, tu allis, il 
aliity je baiHi, je màndi pour /a//ay, tu dHat, il alla, je 
baillaijy je mar\day, et au contraire, je cueillaïf, fescti- 
vay, je renday, je venday pour je cueilli, j'etcrivi, je 
rendi,je vendi (2) : c'est surtout à la première personne 
que cette faute se commet, et tel qui dit je venday ne 
dira pas il venda, — N'y a-t-il donc aucune règle à ce 
sujet? il y en a une, très-facile et très-sûre j les verbes 
cil e précède r à l'infinitif veuleftt un a au parfait : 
aimer t j'aimai/, ia aimât.,,', etc.; les verbes où t 
suit r à l'infinitif, veulent i au parfait : rendre, je 
rendit (8). 

' 5' Au participe passé, c*est une faute de dire tentu 
pour tenti. 11 me souvient aussi qu il (Blarot) estoit de 



(1) ffyyomntMf, pp. 196-197.— Palsgrave donoe, pour exemple de U 
fonne des imparfaits en oyr, une longue pièce d'Alain CbarUer : 



^ 



Qdaid m ErasM i^ajn 
SnHé ptr Toje 



*(2) cr.el^deMnf, pp. Mt, iflO, 9^n, ete. 
(I) jtf ew m twf, pp. 194-19S.--Cf. ci-deMOi, p. 2&0. 



SJ. 



■# 



lOBEtT KT ■BNBI KSTIINM. 



437 



Topinion de ceux qui disent : il m*a tors^ il in*a mon 
npnpas: il in*a (orcfu, il m*a mor(/ii (1). » 

Tempi composés; auxiliaires divers, — 1* • N09 
verbes françois ont leurs prétérits de deux pièces : en 
quoy de prime face nostre langue pourroit sembler 
n'cstre pas d'accord avçc la grecque : mais si nous 
prenons garde de près, nous trouverons qu'elle s'ac^ 
corde très bien.'.. Car comme nous usons du v0rbe 
fay (c'est-à-dire habeo) pour faire; nostre p^térit, 
ainsi eux ont usé do leur lj(ù, qui signifie le liiesme, 
tesmoin ce vers d^Hesiode : V 



%'■ 



Kpû4<avTe; yàp l;(ouci 0êO( |S(ov ocvOfxiTtowi (2) : 

car il dit /.putfâevTc; e/ouat au lieu de Expv\|/ffv, ne plus ne 
moins que nous disons : Us ont. caché {3)» -^ Nous 
formons quelques prétérits encorcs d'autre sortç, quand 
nous disons : je suis venu, je suisalté, item je suis tombé. 
Ce que nous et les Latins avons commun avec les 
Grecs, qui disent Iv nfeTropeu/xô/oç, ainii que nous : il 
e4pit allé t elles Làiins eratprofectus. 

> 2* Nous suivons aussi les Grecs quand nous disons, 
en prenant devoir pour un Véritable auxiliaire :je doy 
demain souper avec mon frère, au lieu de ce que lë 
Grec dii*a : fiOlta «vpto» èumtlv fiixi toû «de/opou... Car 
je crois qu'il n'est besoin d'avertir ceui qui sont Fran- 
çois naturels que ce doy ici ne signifie pas je suis tenu 



. » (■ 



(1) Langage frûaçait itùHanité, p. 143. — Cf. cl-d«uui, p. 350. 

(2) Car les Dieoi ont caché leur viA aat hommes. 

(3) Cf. VUleaullD, préface du Ih'cltoiuia«r« dtVAcadémù, 1835. 



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4S8 \' . , ' ttlAMllAnB flANÇAISt. 

de itebvdif, OU mon debvoir nC oblige à ce faire, — Or 
sçay-je^ien que ce moi {devoir) est en usage entre les 
Waloiîs ^ncbres en une autre façon qui est fort es* 
trange, ei Ji rebours de la nostre; car au lieu que 
noua rappiiquonf^ au futur, ils l'appliquent au prétérit, 
Pierre ma den^ire qiiè voua estiez- malade. Mais je 
laisseray aux WâlOns rendre compte de^ leurs walo- 
liismes; il suffit, si je rcnVôna^ de mes gallismes ou 

gallicisineî (1). » . ' , * ' 
â* « Je vieil aux -exemples de quelques Tarons de 

parler ,qu(j lès Italiens ont prises de nostre langage, 
CQmrtianceant par une qui est enee vers de Pé- 
trarque 

■:- \. —l ■■ ':' ' " ■■■■■ ' ■■. * -^ , ^■- ^ 

pi dî In d\ t« canglando 11 vIbo e'I pelo. 

Il est ccirtain que cjeslé façon de parler est priée de 
notre lajbgage, auquel elle est aussi fréquente qu'elle 
y a bonne grâce, tomme en ce vers; pris d'une elegie 
-de Philippe Desportes ; . 

Mite dorant qa'«n regret» , tut» TM eootumtnl, 

et en ce passage pris d'une sienne chanson : . t 

Le plo» Matent en Tooe Toyanl 

La peur Ta mee sent effroyant. ^ ^ 

£edie taçon de parler nous est fort ancienne : mais les 
Espagnols y ont voulu avoir leur part, Jesmoin celuy 



(I) Conformité, pp. S4-&7. 



/' 



, 4 



"^ RaBRKT ET IIKNKI KSTIIMNB. 



454) 



, qui a traduict airtsi le vers de Pet*irque allégué ci- 
dessus: • . ' ' ' ^ 



/ 



Cadadia voy mudando ei gesto y èl pclo. • (l) ^ 

* ' . ■ . -,,■*'•• 

UsAGF DBS TEMPS (2). — «J'entre maintenant dans 
urie matière d'autant plus difficile, selon le proverbe 
grec, qu'elle est belle, et non moins profitable que 
belle : c'est robservation dé l'usage des temps. 

Présent. ~ ■ Suivant l'ordre, je commenceray par le 
présent. Je dis donc que quand nous usons du pré- 
sent au lieu du futur, notitf ensuivons les Grecs, comnn« 
quand nous disons : ou c/i«iion«4ioM» nujùur(fhuy? où 
soupponi-noui demain ?.,. Noui disons aussi souventes- 
fois : et bien, que devenons-nous? ne passons-nous point 
ouUre?^ — Nostre langue \ha aussi ceH de commun 
avec la grecque, quant à l'application du temps pre- 
ssent, qu'elle en use volontiers au lieu du prétérit, en 
faisant quelque récit... Mais pource qu'on ne pourroit 
amener exemple de ceci qui ne fust bien long (d'au- 
tant qu'il faudroit vèoir un di^ours entier) il me suffit 
d'enivoir adverty. *' A 

' hnparfcAt,—* Quant au prétérit imparfaict, je trouve 
que nous ensuivons les Grecs, comme nous disons : 
ainsi qu*H mouroit on commejl mèHiroiU^M,; les Gî-ecs 
diront co;nmé nous : (^ ii avrô< «ciré9vv;ox^.** 
' Parfait défini et parfait, indéfini. — » |»Î0U8 avons 



rftiii piii 



(1) ip»^*&M, p:ifl-rî -l»«J»gT«v« (édlt. Génln) parle loDguement 
de cet «nitllalre, p. 4«MI0. \ 

(S) Tottt ce chapitce est résumé du lYatl^d* la Conformité», p. 68-67. 
^ Voyes le même sujet tndté druu PaUgraTe, v- 3*^ et luhr. 



440- 



6I1A1IMAIRB t'RANÇÀISB. 



\ 



aus3i deux pretefits parfaicts... Quand nous disons : 
y ay parlé à luy et tuy ay faicf response^ cela s* entend 
" avoir esté faict ce jour là ; mais quand on dit : je par- 
lay à hiy et tuyfei responte, cecy ne s'entend point avoir 
esté faict ce jour mésme auquel on raconte ceci, mais 
aupara^l^j^, sans qu'on puisse juger combien de 
temps est4)assé depuis. Car soit que j'a^e faict ceste 
/pQgprfnse le jour de devant seulement, soit qu'ij y ait 
jà cinquante ans passez ou plus, je diray : je tuyfei 
response, ou alorst ou adonc je fei response. Voilà com- 
ment, par ce prétérit, nous ne limitons point Tusage 
du temps passé. .. r— De cent estrangers à grand peine 
sen trouvera il dix qui ne heurtent, voirè choppent à 
ceste différence de nos deiix prétérits... Car d'un 
homme qui fust venu parler à eux depuis un demi- 
quart d'heure, voire depuis une minute de temps, ils 
^eussent dict: U veint icy^ it parla a moy. Et mesmes 
sans qu'il soit besoing de les escouter. longtemps pour 
en donner sentence, ils font quelquefois leur pfôcès 
eux-mesmes, quaxfâ ils disent : Urne veint parler au- 
jourdhuy. Car ce^ourdhuy qu'ils ajoutent porte leur 
çondemnation. . 

I Quand nous parlons ainsi : je suis venu^j^ay/aictf 
nous entendons du jour auquei nous sommes ; et, au 
, contraire, je weiii, je fei, se dit d'une chose qui n'a 
point esté faicte ce jour là. Je ne nie pas que quelquesr 
fois, selon le propos qu'on tient, on ne signifie par ce 
plreieritlà le temps aussi qui est passé devant le jour 
auquel on est. Car nçus df sons^ordinairemeni : ;> luy 
ayjaict iouventesfois plaisir ^ et hon pas je luy fei sou- 




ROBERT ET HENRI ESTIENM. 



441 



veniesfois plaisir. Et toutesfois, en lu négative, nous 
usons de tous les deux : je ne Imjaij jamais faictf)tai- 
sifi je ne luy fei jamais plaisir. Mais, tout bien consi- 
déré, il sdlrouvera qu*en TaflinTiative ce prenrïfer pre- 
. terit, j'ay faici est plus gênerai que le second je fei... 
» Je vien a monstrer un autre usage fort notable 
du premier prétérit de nostre langue, lequel il ha con- . 
forme à l'aoriste- grec. Il n'y a rien de plus commun' 
en nostre langue, que ces façons de parler : c'est un' 
dangereux vilain; si on le fasche^ il A aussilost DONS 6 
un coup de dague i..c* est un fin rusé; quand il se Sent 
pressé, il K incontinent trouv]^ des esctiappatoires. . . 
Je di que ces façons ds parler tiennent cle Pair de la 
grecque suivante esquelie on use de l'aoriste : 

Pour le traduire simplement et en gardant les mesmés 
temps il faudroit dire: celuy qui obéit aux Dieux, ils 
Coin aussi tostEXkvc^. • .' 

CoRRiSLATiON DES TBMPS BNTRB EUX. — H. Ëstiennè 
revient, dans ses Hypomneses, sur la distinction des 
deuiL sortes de prétérits je vins él je suis venu; il . 
montre ensuite quelles fautes sont le plus habituelles 
aux étrangers quand ils ont à faire concorder le^ 
temps de plusieurs verbes employés dans une mên^e 
«phrase, mais dans des propositions différentes; il ne 
donne pas de règles ; mais, par les exemples qu*il cite, 
on comprend quelles fautes il a en vue de corriger. 
Selon rillustre grammairien, qui le premier a su 
reconnaître la difficulté et la résoudre, il ne faut pas 



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dire: dunnd ii me disoitcetà, fe^tois bien marri ; ni : 
quand lu- me disoii cela, je fus bien marry; mais t 
quand il m' a dit ceia\fay esté bien marri ; ou : quand il 
me dit" cela, jefu bien marri. On pourra dire cepen- 
dant/: quand il me disait cela ^ jf estais bien marri, mais? 
dani un autre sens. Cette phrase signifié : Vetbis bien 
triste au mffhnent oîj il me dit <iela. Les phràseà précé- 
dentés, au contraire, signifient ! lorsqu'il m'eut dit 

a, j'eus un grand chagrin, et il faut comprendre 

e le chagriif a pour cause ce qui a lété dit. 

Une faute opposée à ceîle-ci c'est d'empjpyer le 
rétérit au lieu de l'imparfait. Ne dites donc pas : 
[ce cheval fut bon quand je ÇaehefoiSr mais bien: ce 
cheval estait bon quand je Cachetais ou *quand je Va- 
chetay. De*même ne dites pas : te cheval qu^il'me 
donnait fut un bon cheval, ni quand je voyais Pierre il 
fut malade, jndi\& bien : le cheval qu'il, me donHa eftoit 
un àon cheval, ou-quandje vi Pierre il estoit malade (i)» 

Corrélation des modes entre euï.— Il ne faut 
point s'attendre îi trouver ici des règles sur l'emploi de 
tel ou tel mode après tel ou tel autre dans des phrases 
formées de propositions subordonnées : II. Estienne 
ne s'est pas élevé jusque-là. Il se borne k donner 
quelques exemples qui montreiit comment il faut cor- 
riger certaines fautes de langage. Il ne faut pas dire: 
je luy demandais cela, mais ii ne voudrait nC accorder, 
mais bien : je luy demandais cela, mais il ne voulut pas 



(1) ffypomiMiM. pp. 192-19I. 



■l^ 



ROBERT ET HENRI ESTIEWKE. 



443 



me V accorder t — ou : j« iwj demandmj cela, mots...; 
— OU enfin : je % lay demandé cela, mais il na pas 
rott/iiA..,elc. C'est uife faute semblable, ou plutôt une 
mêmeifoute, de dire : je le priais de cela {ou je tay . 
prié de^la), mais il ne voudroit.V our qu'on put em- 
ployer cette forme voudrait , il faudrait qu'il y eût 
d'abord : je le prierois, et, dan» le premier exemple, 
e luy demanderais {i)» 

H. Esticnne ne s'est pas borné à étudier l'usage 
des temps ou des modes des verbes; dans maint en- 
droit de ses ouvrages, il s'occupe du verbe considéré 
comme mot; indépendamment de son emploi ; c'est 
ainsi qu'il traite ici des dimininutifs, là des verbes 
composés, ailleurs de verbes qui combinent, pour ainsi' 
dire, et expriment à la fois deux idées. Nous conti- 
nuerons h. résumer ces différents passages. ?• 

Verbes diminutifs. — « Nous avons une sorte Me di- 
minution en ceste partie d'oraison qu'on appelle 
verbes; car, de muter nous faisons sauteler;. de voler , 
nous déduisons voteterr et de trembler,, trembloter; de 
pincer, pifiÇoter. Vray est qu'es vofbes dé çeste/orte, 
il faut considérer que parmi la diminution, ils ont au- 
cunement la signification de ceux que les Latins nom- 
moyent fréquentatifs, principalement aucuns ; comme 
sauteler, c'est propreji^nt faire plusieurs petits sauts 
les uns incontinent aprèf' les autres. Or fapt-il tous- 
jours avoir mémoire de ce cfue'^ j'ay dict de (a facilité 



^ — ^ 



{i)BYPommê$0i,f.t9*, 









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vfi4 "~. " ttlAMlAllK FlAîiÇAlil. 

de nostrelaiigage, quanta faite recevoir à ses mots tel 
pli qu'il luy plai»l leuF donner : mais il en vient bien 
Vieuk à bout quand il ne faut^que suivre TaDalogie. 
Pour exemple, tout ainsi qu'il ^,t trembloter, phiçoter, 
beuvotevy ainsi pourra il faire suçoter, de sucer {{}, » 

Verbe» composées -^ «< Noua avons aussi en nof 
verbes les^esmes commodités de composition (ou la 
plus grande part) qu'ont les Grecs. €ar premièrement 
nouô mettons des prépositions qui signifient privation 
devant plusieurs verbes, ainsi comme eux."» Ainsi 
nous disons lier et deslier; ainsi encore, croire et 
decroire, t comme quand on dit : je ne le croi ni Te 
decroi. ■ — Item nous avons aucuns verbes composez 
signifiaus privation, desquels les simples ne sont point 
en usage; mais la composition a été formée sur les 
noms, comme décapiter. » -^ item nous avons ceste 
particule r^; qui respond fort bien à Vàvù des Grecs, 

mme-knitty frapper f àv^izxUiv, refrapper; /.«toV/sty, 
mauldire ou injurier, ctvr«ic«/.oÀ07£«/, reinjurier on re» 
mauldire : ce que Suétone s'est ahardi de dire rema- 
ledicere. Or est- il vray que nous ne mettons pas notre 
r« devant toua^ les verbes, comme leô Grecs mettent 
leur «tt^mais en mettant ce re. devant les .verbes 
faire ei dire nous suppléons en partie à ce défaut 

» Comme .aussi les Grecs disent «XJlnXoçoveû/ nous 
disons Hentr'etuer ; dU/Xoçaycty, i entre-manger (2). • 

Nous avons fait aussi des emprunts aux Li|^s, et 



■\ 



(i) Précellenee, pp. 70-7 U 
(2) Conformité, pp. «7-69. 



-, Vc. 






KOMRT EH HBNMI BRTiEN!|fl- 



445 



«nostre langage a bien scèu s*a'der de quelques petites 
particules latines pour, faire dès excellens verbes com- 
posez. L*un€ d'icelles est forai; c&L quand (pbur 

* exemple), devoye il eut faiçt envoyef, renvoyer ^ con- 
voyer , il adjousta /or»oj/<?r, comme si on disoit : aller 
Jorla voye... Ainsi a esté faict/or%ner ; ainsi /orc/brr<?, 

/fort usité en la pratiqué...; nous usons encores au- 
joûrdhuy de for/aire po\ir mal faire (|). » 

Verbes à signification complexe. — « J'ay pris garde 

* que nous avons comme les Grecs des verbes dedans 
lesquels est enclose la signification d*un autre verbe. 
Comme ; il sesi^sauvé en une maison, au lieu de dire 
il s'est sauvé se retirant ow fuyant en une maison, bu il 
s'en est fui' en une maison et ainsi s'est sauvé ('2)/f 

En regard de ces verbes à signification complexe, 
on peut placer certaines locutions qui, famées de 
deux moits, n*ont cependant que le sens d'un vferbe 
simple : wsi faire, réponse équivaut à répondre\ Le 
verbe faire entre dans un grand nombre de/céé lo- 
cutions : faire une demande, faire lecture, faire dili- 
gence, faire mtstier, faire compte, faire estime, etc. (3). 
— « On dit aujourd'hui donner aide, donner secours, 
plustot que^ prester aide, prester secours (4). » 

S'il nous était possible ici d^entrer dans le détail 



-w 



~-~A 



(I) Pf^e«ttt"««, pp. «IMÎl- 

(J) Conformité, p. C9.v 

(j) Conformité, p. 118. — Pal«graT(B, dans la recherche de« nombreux 
Idlotiimcl où entre notre verbe faire, est bien supérieur A H. Estienne; 
— toy. Palsgrare, édit. Génin, pp. iii-4l3. / 

{h) PréulUnce, ^.21^ . ? 



'• 



14» 



OAMXAIII rRA!<IÇAlSI 



d* exemples particuliers, nous trouverions dans \ti 
oeuvres de Henri Ëstienne de nombreux pas^ges qui, 
de plus ou moins loin, se rattachent à la grammaire; 
mais les limites de ce travail nous forcent à chercher 
surtout les généralités, et nous y rentrons avec Robert 
Rslienne. ^ 

DU rARTIClPB. 



• Participes sont motz dérivez des verbes, partici- 
pans de l'action^^et passion de leurs verbes, ayant pa- 
reil gouvernement (régime), en tant qu'ils se joingnent)^, 
avec les noms, pronoms, prépositions et adverbes, 
ainsf que le verbe. Outre ce, ils ont genres et nombres ^^ 
comme les^noms, sans aucune diflerence dé personues 
ne de modes. Il semble avoir esté fn venté pour plus 
grande brièveté de langage, et se met pour le verbe, 
comme, au lieu de dire :' Pierre aitnoii cesiefiite et Imj 
donnait force dons, pour abréger nous usons du par- 
ticipe,i disans : Pierre aimant ceste fille, luy dmnolt 
force dons, » Cette opinion, que le participe sert à la 
brièveté du langage, a été reprise et développée par 
H. Ëstienne. j, 

• Gomme aucunesfois, dit-jl, en laî langue grecque, 
il fault resouldre le participe en soa verbe en inettant 
devant la particule ce ou cov (c'est-à-dire si\ de mesme 
le faUlt il faire au françois. » Ainsi nous disons: êfai- 
sont cela, *^vous offenserez les amis , au lieu de dire : si 
'VOUS faites cela; » de même : « croyant bon conseil, 
vousaurezppnne issue de vos affaires^ c'est à direr fi vous 



•"* 



!M • 



lOBElT ET HlKll EST1IN7II. 



. **^. 



croyez...; item : fai$anl vosire devoir, vous aurez ta 
viciofff, c'est à dire I fi voM /aile»... (1). » 1 

Revenons à la grammaire. 

• Il y a deux sortes de participes, les uns presens 
actifs, les autres preteriU passifs. 

» Tous participes presens sontf terminez en ani pour 
le masculin, et en ante pour le femenin, comme ai- 
matu, aimante. ^ Us se déclinent ainsi que les noms, 
comme: 

• ■ 

nominatif et aecutatif ; Aimant, ralmant, ung aimant. 
Génitif et ablatif: D'aimant, de Talmant, d'ung aimatJt. 
Datif : A aimant, a l'aimant, a ung aimant. 

Le pluriel se fait du singulier en tournant le i en j, 
comme ainiant, aimons ; — le femenin se fait «n ad- 
joustant e au masculin pour le singulier, et eipdur le 
pluriel : (limflnl, aimante, aimante* (2). 

a Les participes prétérits de verbes de la première 
conjugaison sont terminez en e long (accentué) pour 
le masculin, comme aim^, et pour le femenin on ad- 
jouste ung autre c brief (muet), comme aimée. Le 
pluriel prend un « a la fin* comme aimées. Quant aux 
autres conjugaisons, ils ont diverses terminaisons, 
comme to(i, baslie; batu, batue ; craincl, crainte{^). » 

hG8 participes présents (4) deviennent souvent sub- 



{i) Conformité, 9.lt^0\mty.iy,' ^ 

(î) Cf. Palsg^ve. p. m. / ^ 

(3) Voy. Palsgrnvc, qui donne sur l'accord du participe de» règle* trè»- 

Importantea. pp. 788-191. 

(4) Cf. Con/brmtl^, p. 70, ObserT. I. 






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é^' 



V 



/ 



slantifa; ainsi, • de pendant, c'est à dire qui eu pendu, 
nous faisons le substantif pendant qui signifie ce a 
quoy quelque chose est pendue. • Nous disons de 
môme : le croissant de la lune, le taiUant de quelque 
ferrement; t de escrivant, c'est a dire qui escrit, nous 
disons ung escrivatU, et plustost escrii>ain ; ùq allant] 
nous dirons c*est ung grand allant, c'est a dire ung 
trompeur ou fin et cault homme. » — Par une même 
analogie nous disons avec des participes prétérits fer 
minins*: Centrée de la maison ; nm pensée; une armée, 
ne montée ; t ainsi d'autres tels infinis (1 ) . » 

Dl L'aDTEIBE. 



h 



Robert Estienne s'étend longuement sur l'adverbe 
dans le chapitre qu'il consacre à celte partie du dis- 
cours. 

Après avoir défini l'adverbe, il dit quelles exceptions 
restreignentia définition générale qu'il a donnée^ 

€ Adverbes, dit-il, ce sont mots qui ne se déclinent 
point, et pourtant (pour ce motif) n'ont aucuns arti- 
cles : lesquels communeeraent se joignent atix verbes 
pour montrer quelle est leur action où passion. » ^ 

L'adverbe peut « prendre la nature de nom, » et 
alor^ « il ha ung article devant, ainsi que les noms, 
comme : le trop de biens gaste, »" ■ ' ^ ■ 

L'adverbe ne montre pas toujours « que! est le 



(I) Grammaire, pp. 71-72. 



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^^' 



^OlIftT IT HINil E8TIS1VFII 



449 



lM il 



verbe en sa signification, » par exemple qua^ 
c signifie lieu, » comme quand on dit : je nCefi vaij 
ht detOt itkit d'ailleurs, | ! 

Enfin Padverbe peut se joindre' «aux noms, n^esme 
adjectifs, comme : fort noir, (rojp riche^ bien blaHc, » 

L*adverbe, comme les autres parties du discours, 
h diyersaccidenti ; Bob. Estiennelui attribue espèce, 
figure, et, ce qui peut sembler étrange j signification. 

Espèce, —Il y a deux espèces d'adverbes : V une 
primitive, coiifime ouy^non, bujjft mat; l'autre dériva- 
tive, comme ^oloniierst qui vient de volomé. «Et notez 
que tous adverbes en ment sont dérivez, comme sou- 
dainement de soudain i sagement de sage : esquéls Te» 
brief au primitif, se prononce brièvement., Il y en a 
esquels Te long du primitif se prononce aussi longue- 
ment, comme de aisé, aiseement, et ainsi des autres. 
Ceux qui se terminent en ammeni se tirent des participes 
en anij comme de plaisant nous disons plaisamment. 

• Quelquefois nous usons d'aucuns^^primitifs pour 
leurs adverbes, comme : fay viste ou soudain cela, pour 
soudainement.» Henri Estienne insiste sur cette re- 
marque: • Lie Grec, dit-il, n*use pas de son adjectif au 
genre neutre pour un substantif seulement, mais en- 
cores pour un adverbe : lequel usage aussi 6st fami- 
lier au françois : il sent mauvais, il sent bvn (1). » — 
c Ainsi faisons^nous encore quand nous disons : subit 
pour subitement, fort pour fortement (2). » 



(t) Conformité^ p. 26. 
(l) Conformité, p^ Si. 



*S' 



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29 



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A M 



4 



GMAMMAIRI FBANÇAIM. 

Figure, — « II' y a. trois figures d'adverbes : 
•Pune simple, comme ouy, noit\ /il«r; Tautre composée, 
comme : vianU avanthier; la tierce est de ceulx qui 
sont dérivez des compoi^z, comme de malheureux^ 
malheureusement, 9 

Les adverbes peuvent être composés : !• « de noms 
et de verbes, comme pieça (1), qui est composé de 
pièce et a, tierce personne du verbe ay^j as, a;, • 
S» « de noms et participes, comme mainienant, de 
main et tenant; » — S* « de nom et adverbe, comme 
jourduy, auquel nous adjoustona^ra préposition au (2), 
comme ce jourduy, aujourduy ry> —-ft* «de préposition 
et nom, comme demain ;» -^ 5* «de plusieurs préposi- 
tions, comme paravant, auparavant, quand elles pas- 
sent en nature d*ad verbe, c'est a dire quand elles nont 
point de gouvernement, comme auparavant que je 
veinsietueitois venu,r^ 

^gnijicatian. « Il est beaucoup de diverses signifi- 
cations d'adverbes. Les uns signifient temps présent; 
passé ou futur;... autres signifient lieu; » d'autres 
sont aiBrmatifs oa négatifs, appellatifs ouinterrogaUftH 
collectif ou séparatifs, dissuasifs ou désidératifs; etc. 
Dans ces différentes classes, Rob. Estienne fait en- 
trer une grande quantité d'adverbes dont il expli- 
que l'étymologic c^tTemploi à l'aide de*^ nombreux 
exemples; nous en citerons quelques-uns i en choisis- 
sait ceux où l'auteur offre les renseignements les 



(0 H. Estienne parle de cet adverbe, cf. cl-de»»af,p. 386. 
(2; Cf. ci-de6bU8, p. i03. 



N.' 



lOIERT ET iIBNIl CSTIENNK. 



451 



plus intéressants au point de vue de nos études mo- 
dernes. 

« Mort : Ipcuns l'escrivent û Chers, (ad illam uo- 
bam) ; — Auprime et oraprinie ou orprimef ou selon 
aucuns horaprimtf quasi qui diroit en latin ad iianc 
aoRAM PBmAM. — Gpricimit mot composé de quatre : 
cit prit t. ci, m», pour dirQ- incontinent et sans délay, 
comme qui diroit : en ce lieu pris et en ce mesmè lieu 
pendu. — Demain f composé de la prepositiôn-c/f et main 
qui signifie maf in, dont es rhythmes (en vers) on dit 
toir et main. Plus souvent on dit matin, et aussi sou- 
vent éeivlain matin (1).— Donc signifie eago, et par 
TONC, nous disons adbnc. 

» Guère ou gaire signifie beaucoup ou moult, soit 
de temps ou autre ; et il ne se met jamais sans néga- 
tion précédante : commè(|H||^a guère qu*ii est venu, 
pour i7 ny a point mouïtH^empSj, Les Savoyens en 
usent sans négation en initerrogant : guère cela? comme 
8*il8 disoyent : ce/a cotthera i/ ^emirotip ? * 

■ Jamûii et taùtjours sont adverbes de temps per- 
pétuel, et se joingnent a tous temps : je ne leferay ja' 
mais, c*en ettfakt à jamai», c'est a dire à'toujourt, — 
Maithuy ou methuy, c*est « direi plus (Caujounfhui, 
comme quand nous disons: je ne leferay meshuy, 

9 Ça signifie au lieu ou près du lieu 9ù est celuy 
qui parlé : comme t7 vient ça ou il vient en ça. -^ Le 
contraire et opposite de celuy est /a, signiQant au 
lieu ou prés du lieu loing de celuy qui paHe, comme 



■ ê 



(l> En Ailemandt morgcn signifie égaiememt demain et matin. 



^ 






^ 



.^ 



151 GMAMMAIftV "PIAKÇAIM. 

il va la ou il va^nla. — Ci demonslre le lieu prochain 
de celuy qui parlé, comiue faict fû. On n*use guère de 
ci sans la preposiliion par après le verbe.; lors il est 
àemonstratif| de mouvement par lieu, comme te Boy 
passera par <ji. Que si on le met devant le verbe, il est 
toujours sans préposition, comme : il est ci venu, il est 

cipasié. I ' .■ ■ • -■ '■/''. 

» £n est comme relatif dii lieu ou de la chose de 
laquelle il est parlé ; comme s'il est mention de quel- 
que lieu, nous disons jVn vien. Plus souvent s'entend 
de la chose mentionnée, comme je n'en ay points a 
sçavoir de l'argent dict. Aussi menaceans nous disons : 
{Il en auras, a sçavoir des coups (1). Quant a ceste façon 
de parler : il y enaiil en est, comme il en est ou il y 
en a en ce monde a qui ne chault de Dieu, elle n'est 
point receue de ceulx qui parlent bien, car il faiiH 
dire : il est des hommes en ce monde ,,,. etc. 

> 1 ou y signifie en ce sens, par ce lieu et au lieu, 
comme : y allez-vous , cest a dire allez-vous en ce 

lieu la? ■ . '; ■-■ - ■■/■ ■ -,■■'■ .:^^ '■ '^ 

» Ou est îaict de ti^t, latin. Il se join^ aux quatre 
verbes aller ^ venir,- estre^ passer, comme : ou allez- 
vous ?ifou venez-vous ? ou estes vous? ou passeret/rvous, 
par ou passer ex^vous? vers où f 

> 11 fauli noter que quelquefois nous mettons deux 
ou trois adverbes ensemble, comme : allons la ou il y 
a de bon v^n, 'En gros latin on diroit : illuc ubi Hlicest 
bonum vinum {^2). V - : 



( 11 Cf . ei-dCMiit, p. 46. . 

(3) Cf. el-d«Mut; DUboU, p. 4K 



s \ 



•^ 



\ ' 



tOBliT IT Hlfrtl ISTIENNC. 



453 



/• 



Nous reviendrons, avec H. Eôtienne (1), sur quel- 
queâ-uns des adverbes et quelqties-uns des principes 
posés par Robert. Reprenons d*abord la dernière 
règle que nous venons de <s{ter; Henri la complète 
ainsi : « J'ay pris garde que comme les Grecs niettent 
souvent deux adverbes pour un, ainsi faisons-nous 
ordinairement quand nous disons : à^coret derechef ^ 
ptdt fipret, cean»éedani\ aimi comme, qùaii presque, 
etaijtres. 

Ok 7- • Il nous faùlt prendre garde à la significa- 
tion que nous donnons à ou quand nous parlons ainsii: 
vaut ifouê estet retiré te plus loing des coups que vous 
avez pUf ou vous deviez donner courage aux autres.,. 
Souvent aussi nous disofis au Heu ^n^, lesquels trois 
mots ne. signifient autre chose que ou tout seul : vous 
vouê estes retiré. ., , au. lieu que vous deviez,,, , etc. — ié 
trouve enbore une autre signification de ce ou, comme 
germaine de.ce que que je vien de monstrer, laquelle 
toutesfois,igftt autre que de au lieu que, comme si je dis : 
où il me hait à la inort pour si petite offense, queferO'U 
quand il verra qu^je pourehasseray sa ruine f 

Noni ne, — • Il ne fault pas ^oublier Tadverbe pe- 
gatif, asçavoir non ou ite..v Le premier poinct est que, 
comme l'adverbe négatif grec estant double augmente 
la négation (au lieu qu'en latin il equipolle une affirma- 
tion), ainsi fait nostre adverbe. £t ne plus ne moins 
^ cela se fait en trois sortes au langage grec, aussi 
se fait-il au nostre... Quanta la priemiere donc, fault 



*/ 



è 



(1) C9nf^rm4té, pp. 85 et nlr. 



"X. 



45( 



GRAMHAIRK FKANÇAISB. 



âoter que ik>us parlons souvent ainsi : je ne tayppinct 
' faict nu ne le veulx faire. — Exemple de la seconde : 
je ne trouveray |iul qui veuille entreprendre cela. — 
Exemple de la troisième :je ne vous nie pa$ qu^ ainsi ne 
soit. Item, je vous ay défendu de n^y aller pbint, ^>— 
J'amenerôis aussi pour exemple de cèste façon de 
parler :. vous ne m*en avez rien dicl^ si rien signifioit 
nihilf comme plusieurs pensent; mais ceulx qui esti- 
ment que rien signifie nihil, s'ils en considèrent bien 
r usage trouveront qu'au contraire c'est le res des la- 
tins, et ce que nous disons chose.à Et puisque ainsi 
est, nous ne devons pas nous tant mbcquer de ceulx qui 
disent quelque rien pour quelque chose, > Personne est, 
conàme<>tffi an mot afHrniatif : « mais ce qui fait 
abuser plusieurs en la signifiçalN^n de ces deux inots, 
' rien Bi personne, estquMls fiontjoincts ordinairement 
à la particule négative. ' 
> Le second point quant a l'usage de cest adverbe 
. (négatif ) est que nous usons du nostre par manière 
d'interrogation, en exhortant ^quelqu'un a faire quel- 
que chose. Ainsi nous disons : neferex-vous poinct ce 
(fue je vous commande? n*ireZ'Vous poiaci ùù je vous 
ay diel? » ; . 



M LA PftIPOSITIOll. 



M. 



■iV" 



il 



«iPrepositidnB, dit/Rob. Estienne, ce sont petite 
mots souvent d'une syllabe, quelquefois d'une lettre, 
le plus souvent de deux syllabes et fort peu de trois, 
qui se mettent devant les autres roots quand on parle 



1^ 



-JMK 
1 



i de 

Mti- 
bien 

iiosi 
cqui 

C8l, 

fait 
»ots, 
nent ># 



•OilERT ET BEHtI CSTltNKB. 



455 



d'ung li^u, d'un ordre ou qu'on dit cause pourquoy. 
comme : il etten la chambre^ iecond après césiuy la, je 
l'àyfaictàcaus&deluy. - 

» Il y en a dfes simples, comme a, au, aux, de, 
' det, etc. et des. composées, entre elles, comme para- 
vont, au paravant, entre, '^^ 

L'auteur passe ensuite en revue 4es principales pré- 
positions; il semblerait^ à le voir donner aia; comme 
„pluriel de au, et e$ comme pluriel de en, qu'il recon- 
naisse les deux nombres à la préposition, qui est 
essentiellement invariable; mais ce pluriel s'expliqua 
au moins pour.à^ au, awp, parce Qu'ils t servent pour 

articles. » 
Henri Estienne (1) fait de noîSabreuses remarques, 

non sur la préposition en général, mais en particulier 

sur en, de, »ur, après, avec: nous résumons ici Ce 

chapitre. i 

En, — Nous disons iHyest venu en robhe de dueU, 
pour vestu de robbe de dueilf en robbe imgue, etc. 
Nous employons en après le verbe substantif, de- 
vant un nom verbal : ainsi nous disons estrè en fosses- 
sion, hM\\&x àtpotseder. 

De, — C'est à l'imitation dés Grecs que nous disons 
de nature; de longtemps; fay appris cekk de (ou des) 
mon jeune gage; de nuict, etc.; on dit aussi ffenri Es- 
iietme de Paris au lieu de Parisien : il en est de même 
en grec; on ne pourrait le dire en latin. 

Sur, — « Énî dénote charge, comme i hti tûv 



• / 



^ # 



(I) Conflitrmité, pp. 98-104. 



^■l 



150 GftAlliAlllB #l4!>IÇAIflt. 

ïcvtçiiv, que IWU8 appelons mareschal des logis. Nous 
donnons a nostre $ur ceste mesme signification «n qa^ 
ques façons de parler, comme quand nous disons : ' 
il est sur toute ta maison, il est sur les finances , bu lieu 
de (lire superintendant des finances, • — Nous disons 
encore, à i*imitation des Grecs, sur cela il prit congé 
de luy; -sur tout dites tuy bien»». 

Après. -" Cest aussi à l'exemple des Grecs que 
nous disons : i7 est après pour en sçavoir des nou- 
velles, -' 

^„^c. — Homère qui a dit : £yux zri rfxépa nous 
^ a appris à dire : avec le jour pour dés C aube du 

jour. ^ . 

l La remarque suivante nous a/paru moins inteln- 
' gible : nous la donnons tei^tuellement : « Nostre lan- 
gajge omel^en cerCiines façons de parler les papeposi-^ 
tions, et princrpalement a coustume d'omettre son 
après quand elle dit : estre venUy avoir disné, pour : 
après estre venu, après avoir disné. • 



M LA COIfJOKCTlOII. 



y. 



« Conjonctions, dit Rob. Estienne (I), ce sont mots 
qui ne se déclinent point; seulement servent poor 
joindre et assembler les mesmes espèces des parties 
d'oraison ou les clauses (propositions) aux clauses, avec 
quelque signification... 



' (I) GfamtMirt, p. It. 



\ 



«. 



■OBEIIT ET IIEI»mi 18XHNÎHB. . . . **^ 

I» Il eschet à la conjonction deux accidens, a scâvôir 
figure et signification.^» ' ^ 

^ Quant à la figure, les conjonctions sont simples, 
comme et, ou, mais, que; — ou composées, comme 
combien, toutesfoh, sinon ; -^ quant à la signification, 
elles peuvent être copulativ'es : er; disjonclîveâ : ou; 
h^jonciises: pendant que, tandis que^ adversatiVes : 
mais, combien-que, ja%oit ce, ain8,ainç/t8; continua- 
tives.ou conditionnelles,: si; négatives: wi.— « D'au- 
tres rendent la causé d^ ce qui est dit ou faict, comme 
car; aucunes servenli quand on veut excepter -quelque 
chose, comme : sinon, sans cela, autrement ; il y en a 
qui infèrent ou recueillent des propos precedens ce 
qu'il ensuit, comme parquoy, donc, pourtant; quelques 
unes ne servent que d'accomplir l'oraison, comme or, 
doacques, ordoncques»t .' 

Après avoir inontré que nos conjonctions et, ou, 
mais, si ont en français et en^grec des qsages analo- 
gues, H. Estienne signale, en terminant, un emploi 
remarquable de que, également emprunté aux Grecs î 
et il en donne cet exemple : « que vous a on faict que 
vous estes rf fort courroucé? ou qu'avez-vous, que vous 
Usiessieschaufféf 9 ^ * 



fv- 



/ 



M L'nrrMJiCTioii. 



• Interjections sont^ mots qu'on çntrejecte et cnire- 
met' parmy ung propos pour demonslrer l'affection de 
celuy qui parle; et ne se déclinent point, ne ne sont 
le plus souvent que. d'une syllabe. 



458 



GEAHMAUE' FBA>ÇA1$B. 



» 11 y en a de diverses sortes, lesquelles difficile- 
ment se peuvent tôlLes mettre parescriptf car chas- 
cun, selon ses diverses afleclions jettt quelque voix ou 
de tristesse ou dé joye, ou pour demonstrer quelque 
chose advenue soudain, a 4aquelle il n'a pensé, dont 
sesmerveille ou sescrie. » — Les plus .communes, 
suivant Tauteur, sont : o^ liei ou hé, hau, hai, phiphi, 
.heiofi iioé: ce dernier < sert cin admiration ouestonoe-- 
çaent, comme quand on dit: hé qu'eu cela? 
^ > Ma sert quelquefois a melanchplie,. comme : ha 
quelle fasdierie, — Autresfois a la cholere, comme : ha 
meêchant tu es mort. — Aussi a la joye et riseê, 
comme ': ha ha ha he. » 

Rob. Estienne n'emploie jamais le point exclamatif 
après les interjections. Du reste, la ponctuation ne 
lui a pas paru mériter un chapitre particulier, et cette 
lacune n'a pas été comblée par son fils. 

Robert Estienne termine sa grammaire par un long 
traité étynwlogique copié presque textuellement sur 
èelui de Dubois, et que nous avonf résumé dès le dé- 
but de te livre. Nous n'ayons pas à en parler de nou- 
veau, mais nous reviendrons» comme nous Tavons 
annoncé, sur la théorie ^d verbe : le traité parti- 
culier que nous reproduisons ici, d'après un texte 
umqiie, en sera l'utile complément: 



•> 



•'^^-' 



* • , ■ / ■ 



ROBERT ET UEJIRl B8TIBNM. 



159 



TRAITÉ 



DE LA 



CONJUGAISON DES VERBES. 



^- 



: ha 



De GaltieaveÊH)rum-éeelinatione.'-^P;\T\sl\^, ex oflBcina 
Rpb. Steph^ni, typograpbi regU..— U.D.XL.) petit io'-S' de 
qîiatré feuilles, saos pagioatiOD. 

Ge>miDce livret qai, jusqu'ici avait éèbappé aux biblio- 
ip'apbes^ est le premier ouvragé oii Rob. Estlenne ait exposé 
une théorie du langage français. Un caractère particulier de 
ce livre , tout élémentaire , c'est qu'il est à la fois écrit en 
latin et en français; on jugera par le début, que nous trans- 
crivons, du système suivi par Tauleyr. 

« De iia^ieà ««rborum die^natiom, — iX>« la deelinaiion det v«r5e< 
françfnt. ., 

» 171 tn lingtia /aftno, tic ingallica tonjugationu verborum jtunt qua- 
tuor f qux in infinitivo gaUico decHnahu activi maxifuê ditetmuntur. •— 
Il y • au langage trançois quatre conjugaisoni de verbes, ainsi comme au 
latin; lesqueil^ conjugaisons oo discerne principalement en TinOnitif 
franchis de la déclinaison active. ' 

» in/liitittt galliei tenm'iuiftonM. Les 'terminaisons d(B Finflnitlf en 
francoti : «r, prims conjugatioois, oir secundae, re tertia!,.tr quarts. 
ExEirtA ': amêrtt ajnner, rectp«r«, recevoir, lègertf life,'audtre, ouyr. 

» Net refert qêotx conjugationit aut cuitu -géneri» tit latinum verbitm/ 
nom *M singuiii amjugotionibut goUiciit vtrba.*» omnt làtino co^jugatu 

gfnêrt , frmtw paM««Mm, Uwenirê httt i ut opparebtl e«cvpi<« pMf 
;^iiMiMcoi^^ti0aftoiMm pott'fM. — Et ne peult chaiplr der la quantiesoM 
con}n|Klaon, on duquel gwrtt (l) soit le ^erbe latin. Car en chacune con- 
"jugalsonWBçoIse on peult trouver des verbes de toutes conjugaisons et 
de tous gUres en latin, excepté le genre fissir, comme Itapparoistra par 
les exenpW qui sont mis après la première conjugaison. 

■m ildmom'fto. Ung advertlssement... 

* ' ■ ,« ■'■»■.- 

' ■ ■! • . f I t m I ' I II I I II , i 1 ^ 1 . ■ 

(I) JN(,ieiet»illMn:fmf«. ' * ' 



K . 



« 



460 



GRAMMAIIB FKAIfÇilSI. 



// 









^r" 



1 - 



On le volt, une phrase française traduit toujours la phrase 
latine qui la précède. Nous continuerons à citer teitoelle- 
ment cet important opuscule, où nous troavons le véritable 
usage de la langticf et non le système arbitraire d'un gram- 
mairien imprudent ; mais nous pensons qiiè le fraoçois sblDra^ 
et se fera comprendre sans l^iaide du latin. 

• Ung advertlasement. Quant eit en latin, let Tcrbei se déclinent faci- 
lement sans aucuns prononu; mais en la déclinaison fraoçoiae, ainsi 
comme au langage, Il les fault quul tous repeter et redire :>«, lu, W, 
nous, vcus^Um. 

• Pour décliner plus facilement les Terbe« en fran<;ols, il fauldra pre- 
mièrement apprendre ce qui s'ensuyt : J'ay, tu as, li a, nous avons, vous 
aVes ,' ils ont; '— J'avoye , tu avois , U avoit ,.noas avlooa ,^p».i avles , ils 

iMxoytnt. — J'auray, tu auras, il apflP, nous aurons, tous aures. Ils au- 
ront. — Que J'aye, que to ayes, qu'il ait, que nous ayons, que tous ayei, 
Qu'ils ayenU -^J'eusse, tu eusses, 11 eust, noua eussions, tous eusales. Ils 
eussent. 



La conjugaison àctivt de't verbe* pertonnelx de la première eonfugaitOH 
françoite : dnqueh verbes Vinfinitif en français est terminé e» jer (I ). 



J'aime, qui est ung v^erbe personnel, est décliné en françuls 
s'ensuyt : . ' ' 

TEMPS raiisCMT DO UtV (mode) INHftiTIF. 

i'aime, t!u aimes, 11 aime, nous aimons, tous aiinesl lia aiment. 
'- Prétérit imparfait, 

J'aimoye, tii aimois, 11 aimoit,'noak aimions, tous aimles, lli aimoient 



:V 



i- 



(IJ Daus Palsgrare, les modM et Ifs temps M laiYCBt dsm cet oédre : I^piCATtF *: 
préêtut : je fuiéi — mferfsit .Je psrioye; — i»4èflmi : jtf^tUfi^'frètèrU.fttr- 
faU : j'ay parlé*: — prit, pl.-f.parf. : j'afvye fwrié; —fiUur : je parliaray. — 8«»- 
JÔ;«cTip : présent . qne je parle, que Oon* parliou;— M</M : q«e Je puriasM;-— 
pritiril perfàit .• que je aye fx\é;— prétérit pi.-^ -farf. : qms je easie partfi— /b- 
tur : qn« je anray parié. -^ tVy i amis t i prisent : je parleroye;— jrrMMI parfait .- je 
||Toye parié. — liâsÉaiTtr : prisent : pstle m pari» ta;— Yk/ht ■ qne je parle.— 0^- 
TATiF : présent .- 1>iiai parié-je ; — I nd éf i ni ; biea parlaMe je — CoNamoMiu, coiÉae 
l'indicatif, pi^oèdé de, «I .• ti je puje, etc.— Iiviiiinv : prisent .- psu^i—prUtrit 
pnrfnit •• aroyr parlé. ' " " 

J,. (ramier préMate»ainii la lérie des^auMlM et des teaipe Teriwau : Immcaiv : pri- 
sent : i'siate ; — prit, imper f .- j'aisaôye; — prit. perf. premier .- j'aima; ;— prM. psrf . ^ 
«eeeMiV j'ay aiaaé; — prM. pl.-f.-pwf. ; J'avoya aùté; — /Wur ; j'aiaeray; — Imei- 
âATW i présent . aiiae ta; — Optatif : pnts. M is^fnrf. .- pleatt à Diea f«a f aiaaaae, 
que noua aimiaaioos ; — pné/.* p«rA tXpi.-^.-perf. : pleoit à Die* qM j'e 
fut. : IHea Tenilte que j'aime, qoiê ooas aimiooa. — Conmnctif ': eoauM l'I 
faisant précéfler |e verbe aa|rtrois pertooiies et aux de«x noailins 4e Ma fW msfumd- 
— iMFUirrff :|>r^«,,v aisoer; X- perf. ; aTQif Aimé/ 



idÉ^dK 



T 



ROI»T |T HBNBI l8Tirai7(E. 



4m 



,v 



\ 



Prétéril parfait, 

y$j, ta u... •iraë. - Autremeni : l'timay, lu «imu , Il «im* , noun 
•imasoMs, TOu^timMtet. Uzaimerept(l). V. 

' .. prétérU plut que parfaiet. 

J'itoye, tu •▼oii, U âToU... »iiné. 

Futur. 

Jâimerty, lu timèrâi. Il •Uneri, nom »lmeroM, vous timercx, tU «i- 

ineroot(î). * , • 

TMM rtlSIST ET rUTO« DO «EU IBPEWATIF. 

Aime, qu'il lin»*, almon», ilnief,qu'4U tlment* 

tnpt PEEiEirr et renia do- «eu opTÀTir., 

' Dieu teuiUe tfue J'aime, que lu aime. , qu'il aime, que nous almion». 
que voua almiei, qu'lU aiment. (3). ^ 

PreUrit imparfait. 

Pleutt à Dieu qiM» J'almaue, que lu almaMW, qu'il aimatt, que noua 
aimlsaions, que vou» aimiMlei , qu'lli almaiaent (4). 

Prétérit parfait. 

Dieu vtuHk qu« J'aye, tu ayea«, alm* (5). 

\ PretfrH plut que parfait. 
pteuitàDieuquêytUÊ»»,qaeXataue%...»\mi{(i),ffi . 

TEmW raESEHT ©O «EO COHJOHCTir. 

Vf» fue J'aime, que ta almea, qu'il aime, que nou. almon., que toui 
aime», qn'lU aiment (7). ; . ' ^ 



O) Cr«w«. fr. : mimt fonm p<«r lèj«rfait compo.*: I U snite de liutw for»' 

TZrvnMril i«rfaiet propre .n (r«.c«. et w>to..u Utin^ : ; «., f« m *••<, etc., 

(rîTcîI-irr. donne deox futur. : fator impwfaU : /-•<««». etc.; ftitur p»r- 

^1i\u!ilL^}r^^t^f^ .«t«»eht : opMtif pr*«*nt :.ô que Ao»^*»^''? ''«*'; 
reï "iiSIl, •U.:--t»ti«i«nt , pUuM . Dieu ,ue/«iiMm, rt «HM«9e.. ,^1- 

(î)ïllîp!ÏîS"dr^^ Cr«-I.rr. doni^: 6 .jue rolontier, /.««Mfe. <•. 

' ni U^SL«1^<Z^« coiiTSf ^^^^ gr«Kle «riét* déforme.; le pr*^»» eet 
•«5u«iSrcoiibleoqoe. -comme .in« «it que j'aim.,... que no«..p,oo..... 



'/ 



t» 



X 



» • 



1 



* 



■■■,', ■ ■ ' • . _ -m- ' ■ ' 

462 GRAMHAliR rRA>ÇAifll. 

Preltril imparfaict. 

Veu qu4 j'Étàoye, qa« tu ■ioMli, qa'H almoit, que noui alinionii , que 
^ Toos aimlef, qu'Us timoyeot (I). 

Prtterit parfaiet. 

'— « 

• ^^ qutfj'aytquetuai... aiiné(}). -, 

Prétérit plus que parfatet. , ° 

^\ Vtu que J'aroye, que tu aToyet.^ aimé ^3). 

Futur. 
q-. Quandi'utj (\), |u aras,U ara, nous arons.foui ares, ils aroot aimé (S). 

AOTEEMEKT : Présent. 

Combien que J'aime, que tu aimes , qu'il aime, que dodi aimions, que 
tous aimiez, qu'ils aiment. 

■•• Imparfaict. 

Combien que j'aimasse, que tu aimasses, qu'il aimast, que nous aimis- 

sions, que TOUS aimisslez, qu'ils aimassent. ^ 

#. ■ . • ■ .' . ■ 

Prétérit parfaiet. ' 
Combien gue.J'aye, que tu ayes... aimé. - 
• Prétérit plus que parfaiet. 

Combien que j'eusse, que tu eusses... aimé. 



TEMPS PaESENT ET PRETERIT IRPARTAICT DD «EU INFINITir. 



Almf r (({)• 
Avoir aimé. 



^ 



V 



Prétérit parfaiet et plus que parfaiet. 



, , Futur.\ 

J'espère que y&ïmersij {spero me amaturum esse). 

/ ■ . ■ 

. (1) Gramm. fr.: • Prêter, imparr. : quand j'aimeroye... ; autreiftent : combien qu« 
j'aimasM... :'n/reMM/ encerej ▼euqw j'aimoyo... 

(t) La Gràmm. fr. donne au pî^l^i^fô^. les formes sairantes : combien que OÉ 
eommt aiu.si soit que j'aye aimé...; autrement : reu que j'ay aimé; e»eoru'eulreme»t : 
combien que J'aye eu aimé ; item autrememt : veu que J'ay en aimé^ 

C3J La Gramm. fr. donae au prêt, pl^-q.-parfait let tùtmfi qui suirént .-quand j'iu- 
réyeaimé,..; Lutremmi: combieu que J'eusse aimé...; encores eutremcHt .• çombieii 
que J'eusse en aimé... ; itiem éutremenl : Teu que J'tTOye aimé. 

(4) Vide infrà, p. 47||' 

(5) La Gramm. fr. doute au fqtw deux fonnes : qnaod j'auray aimé... ; qoand j'ao- 
ny eu aimé... 

(^) Là Gramm. fr. donne aim^r comme présent, et non comme présent et imparfait; 
elle n'admet à l'iaflaitif ni plos-que-parfeit, ni futur, ni gérondifs, ai tupio, ni par- 
ticipes... . 



I 



# 



I 



ROBINT feT RKMII ISTIBNIHI. 



46^ 






( ^ 



» * Gerondifi: 
D'aimer, — en •imant, — aimer. 
*" , Supin* 

Aimer ou pour aimer. 



Aimant 



Qui aimera. 



Partieip» présent. 
Participe futur. 



l'ng adtertittement.Stïon l'exemple deaiui dlct on pourra dccllQjer en 
françoiH presque tout lei verbes, actif» ,, neutres et depoDens , desquelx , 
verbes l'inûnltir francois ett terminé en e«. ^ 

Ainsi se conjuguent : proucer, enseigner^ empeteher, mener; —che- 
miner, plourerjater^ reposer f —peschert'confeisèr, essayer, parler. 

LA SECONDE CONJUGAISON FRANÇOISE 
«e tafaelle Vtmamim cm icraalM cm «M. . 

... . ■ " '' "' . ■■ . - -'■: ■'; 

MEO iKDICATir ET MEaiEME TORliE DO COîIJOîICTIF (j). * ' 

Temps présent. 
Je recols, tu reçois, il reçoit, nous recetons, voua receve'x, Us récoltent. 

/Prétérit impur faiet, ^ 

Je recevoye, tu recetoU, Il recevoit, nous recevions , vous recevlei , lli 

retovoycnt. , 

Prétérit petrfaiet. 

J'ay, tu as... receji. — ilM<r«m«nl ; le receu, tu rcceùs, Il receut,D0us 
receumes, voua receutea, tlx receurent. . . 

^ Prétérit plus que pt^fa^t. -. • 

J'avoye, tu avoto... receu. ' 

. Futur. 

Je receveray, tu receveras. Il rekevera, nous receveroni, vont receverex. 
ilx receveront. 



(1) Noos réaniMODS iei, pour ahrégw, wos ua même titre, d*i formes i«mblabl«>8 
que Rob. Eaticone ivait claMée» sous deui chef» différenU. — Rn se reportant au 
rert» eimer que nous irons conjugué plu» haut comme Bob. Estienne lui même, on 
comprendra la dispoeition de lanteur et notre ilmpliJJcaUon. - Le-i note» jomUx» à la^ 
premièrt conjugaison non» dispensent de donner ici la ïérie des modw et des temps 
adoptés par le» autres graiuMùrieus. 



/ 



'*■■ 



/ 



■J ^ 



m 



/ 



«•AMAItl riARÇAlll. 



y 



■« ;■' 



'^' 



TTJirS MEAKNT ET rVTCR l>ll HEU IMPERATir. 

Reeojr, qu'il reçoive, necvont, recetei, qu'Ut reçoivent. 

■co orrATir et eEuxitat iorme no coNJONcnr. 
Tempi préêtnt. 

Dieu veuille que je reçoive, tu reçoives. Il reçoive, dooi reeevione, voot 
reoevies, ili reçoivent. , 

ImftarfaicU 

Pleutf a Dieu ou combien que Je receusse, tu reeeu»«e«, il receust 
noQi rjéceussiont, vous receuuiei, lU receusaent. 

. / Prétérit parfaiet. 

■I . / ■ ■ 

DiêuxeuilU que ou combien que J'aye, tu ayes... receu. 

Prétérit flut que parfaiet. 
Pleutt a Dieu que on comMM que l'euaie, tli«i|^B«s... receu. 

mo ^MriMiTir. '.-._.'/ 

Tempe^ présent et imparfaict. 
Recevoir. 

Parfaiet et plut que parfaiet. 
^voir rece / 

Futur. 
7*«>]>«re yW Jereeeveray. 

Cerondifè. 

De reee;iroir, — en recevant, — redevoir. 

Supin, 




Recevoir ou ponr recevoir. 



Recevant. ' 
Qui recevra. 



'eteji. 



Participe preti 
Participe futtàr 



^LA TIERCE CQIUI;GAIS0N FRANÇOISE, 
«• lAtaeilc PlBtolUf CM tcnalaé «■ SB. 

«EO IRBICAT» CT KaniClE FOan|E »0 cnMJOllGTUlr/ 



Freeen». 



\K 



Je lit, in Itf ; Il tif, nous lisons, voiis Uaei^ llsUsenk. '/ 



(/ 



♦ VOÛ» 



»U8t 



V ■' 



•OMIT ET vinii ItTitrtNI. 



465 



ImparfaieU ■ .| 

Je Wtoyt, tu )isoit« il liwit. noot Uiloni, tous liilec, tli lisoyent 

Prturit parfaieU 

J'ay, ta ai... lea, ou Je Hsi, tu lUii, U littt. noos |Uim«i, Toueliiltei, 

ils UsUrent. * . , , 

Prettrit plut qu« parfaiet. 

' ' ' ■ ' ' ■ h 

J'ayoye, ta aToii... leu. 

futur. ' ■ . ■ 
Je llray, lu lirai, il lira, non» Ilroni, tooi «rei, lU liront. 

■EO IMPKKATir. 

Temp$ prêtent et futwr. 
tu, qu'il lise, lliODS, liMi, qu*Ui Usent. 

Miu orrATiF n Mounk rotai do coiuomctiK 
Prêtent et futur. 
Dieu veuille que Je lise, tu lis«s, il lise, nous lisons, tous lises, ils lisent. 
1 Imporfaiet. 

' Pnuttçk Dieu que ou comb^ que Je léusse, tu leusses , Il leust, nous 
leussions, vous leussiez, Ils leussent.— Autrement : Que je llstsse. que tu . 
lisiaaes, qu'il llsist, que nous llslsslons, que vous llslsslez, qu'ils lisisaent. 

Parfaiet. 

Diek veuille ou combien que J'aye, tu iiyes... lea. 

■ ' ■# ■ ' 

Plut que parfaiet^ 

fkmta ^'«M V^ ^^ combien qu* J'eusse, ta eusses... l«u. 



n 



.^• 



■io iiirniiTir. 



»i^ 



Lire, tVoir leu,... ete. 



\, 



■■4' ' \ •'-. 



LA QUARTE CONJUGAISON FRANÇOISE 
4« tafpiue l'iistaltir cm tcrauà« «s n 

^n'vnwckxa\*t ruaunt roRMi w obuoHcriir. 
Témpt prêtent. , / 

Je dors, ta dors, il dort, noos donnons^ tous donnes, m dorment. 

- imparfait, / 

Je dormoye, tu dormois, il dormoit, nous dormions,' tooi dormies, ils 
dormoyeot* v ^ 



ë 



4M 



^ 



■J 



GIÀHHAIM PlAKÇAItB. 

Prettrit parffiict. 



f- 



J'ty. ta at, il a... éormj. 

. ' ^ Prétérit plut que parfaiett 

J'avoye, ta AToia... 4onnl. '*'.'■ 

Futur. 

Je dormira;, ta domUral, il dormira, Boui dormirons, vou» doroiirez, 
ili dormiront. > ' 

■CO IHPEKATir. "* 

■ * ■■..■*. 

Temps prêtent et futur, 

Dort,'qa'il dorme, dormon!>, dormc^, qu'iU dorment. *^ . 

HtO OrTATir ET DEUXIEHK FORME DO CONJOMCTir. 

Tempt prêtent et futur. 

Dieu veuille que Je dorme, que tu dormes, qu'il dorme, que nous dor- 
mions, que TOUS dormiez, qu'ils dorment. 

. ',. imparfuiet, , , 

Dieu veuille quê ou combien que Je dormisse, ta dormisses, il dormist^ 
nous dormissions, vous dormissiez, ils dormissent. ' - 

Prtiterit parfaiet. '* 

Dtffu MwiUf çM J'aye, que ta ayea... dormy. ^ 

. > HEU IMriaiTIF. 



Oonnir, tToir dormi... etc. 



l 



\Ung advertiitement (t). A la même confugaison françoise appartient le 
▼erbe ouyr; mais comme il présente certaines difllcaltés, noua le «onju- 
guons ici entièrement. 

^ , . BEO INMCATIf KT PHEHIEaB FORME BO COMiONCTiF. 

Preienl. 

. J'oy; ta 07a, Il oyt, nous oyons, tous oye», iU oyent. 

Iwtparfaict. °, ' 

^ royoie, tu poïtf 11 oyoit, qoua ôayoas, voua Ofqreit U> on joiéat. . 

Pàrfaict, . 

J'ay, ta ta... wk^j. —Autrement : Je ouy, la ouya, Il ouyt, nmu oayames,. 
,'» Toas oayates, ils oayrent. 



(1) -Eob. EtUsoM M douM qu'an Utia Mtto raoïarqiM : no'iu la tradotMiu. 



M- 



) 



?r 



ROBKRT BT HR^RI ESTIi^MlB. 



4ST 



y 



^^ \ Pitf4 que jitnrfaict. 

J'tvoye, tu avoiB... ouy. 

huiur, 

J'orray, tu orras, il ^..ii, nous orrona. vous orrez, ilz orront. 

, ■• ■ . . • • -■ /-^ - ■ 

Oy, qu'il oye, oyons, oyez, qu'il» oyent. 

■ * 

MEU OPTATIF ET DEUXIEME FORME DO COIdONCiTIF. 

frètent. 

Dieu veuille que j'oye, que tu oyes, qu'il oye, que nous oyons, que votf 
oyez, qu'il! oyent*. 

Imparfaict. •> 

Pleust à Dieu que J'puysse, tu ouyçsës^il ouyst, nous ouyssions, vous 
ouyisiéx, ilz ooyïsent. 

■ ■ - • - ' . ■■.v'i' 

- / A ■• Priherit parfaict. 

Dieu r«utl(« que J'aye,- tu àyes... ouy. 

,Preterit plut que parfaict. 
P^eiuf a Dieu que J'eusse, tu eusses... ouy. , " 

. . „■ . * , ■ ». 

\ "*0 INFINITIF. 

Ouyr, avoir duy. * , , 

Ung advertitsement. Presque toute la déclinaison françolse des verbes 
passifs est composée des mots de ce verbe Icy tûm (Je suys), et du, participe 
de temps prétérit. — Et pourtant ( pour cela) il sera fort ajsé de décliner 
iceutx verbes passifs, après avoir mis seurement en sa mémoire la dé- 
clinaison dudict verbe. 

SuM (je àoyi) qui est ung verbe personnel , nommé substantif et ir- 
regulier (xc'est a dire de tiulle conjugalsbif), et du neutre gerre (tic) 
I09 sa ilgaiflcation, est décliné en francois comme il s'ensuyt. 



'*■ aCO INDICATir ET rfeEMIEIie FORME DU CONJOMCTIF* 

. ^ Temps presenf. \ 

Je suys, tu es, il est, nqus sommée, vous estes, ils sont. 

'■'■ ■ •., • . . '„■ ■■ %. ' ' ' 

Imparfaict, 

l'estoye, tu estois,^ estoit, nous estions vous estiez, ilz esloyent. ' 



Ma 



468 



tRAMMAIll PMANÇAUB. 



Freterit parfniet. 

J'ay, tu M... esté. — Autrement . Je fu, tu fuz, il fut, noui fasoK-s tiN 
vous fuBtès, ili furent. 

Prétérit plue que parfMCt 

J'aroye, tu aroia... esté. ' 






■EU iurr-RATir. 



Présent ou futur. 
Soi*, qu'il aoit, loyont, soyez, qu'tii toyent. 



©>' 



* HEU OrTATIF ET BEISIEIE rOllME DU CO.<«JQNCTtr. ^.^^ 

■ / ■ ■■■' '-■■"•"■ V .■-'"■" 

- 'l'y Prêtent et futur. 

Que je soye, que tu sois, qu'il soit, que nous soyons, que tous soyez, 
qu'ils soyeot. j 

■ .■ "^Jmparfaict. '■■■'■'■ • ■ . ' 

Que je fusse, que ta fusses, qu'il fuitVque nous fussions, (}uç vous 
fussiez, qu'ils fussent. . ' 

^ -^ ParfaUt, ^ , . 

Que j'aye, que tu ayes... esté. 



P 



Pluiiiueparfaict. 
Que j'eusse^ que tu eusses... esté. 

. * HEU INFINITIF. 



' Estre, aToir esté. -'.'c'"-:'. ,' V: * 

I^e ver^e passif conjogaé ensuite pour iqod^le présente 
les mêmes temps, disposés dans le même ordre : poas ne 
croyons pas avoir à le reproduire, non plus qu*nn autre 
exemple où Rôb. Estienne a pris la peine de montrer « la 
manière de décliner en féminin 9<Tre, » en changeant sim- 
plement le pronom de la première personne. Nous âeTons 
remarquer cependàiit qu'il accentue le féminin du participe 
aiméi, d'après le système de Dubois, en notant Te muet à 
l'aide d'un accent grave : ce qu'il a fait encore dans d'au- 
tres cas^ ** 

.Vng'odverHttewMnt. A resemplt dessus diet, on poam dediBcr ea 



(t) Ite eet ^ pour e miMt,Toy. cmIssmus, dans c«tt« pags, à WAadt là c«ni*piêoo 

df « Tcriw. . ■ " . * . , •. . 









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B 


<«lV. 


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K»>ez, 




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>. vous 


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1 
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«ote 


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ROHMT ET HINII MTIINNB. 



469 



franco<> tout »«• «utret ▼PTbcs du gerre passif» «I premier oi» a sc«u fe 
participe francoit du temp» prétérit. ^ Or II y » diverse» terminalaon» 
d'iceluy, de» quelle» »*én»uyvenl quelque» exemple» : 

Prouva, prouvéi. — ehieigné, enseignée, — touché, touchée, etc. 

Et quant e»t de telx participé» francol», lU aervent non »eulement pour 
la déclinaison paasive, mai» aussi en u»on» en la declinal»on active du 
prétérit parfalct de rindlc»tif et de tou» les temp» qui en sont forme» : 
Exemple : /iay If OMt^, j'acoye d«u, etc. 

Que fault il f«lre si le verbe passif ou n^Jtre que nous voulons derUner 
est toUlement en latin »«n» aucun participe du temp» prétérit? Lor» en 
francol» il ftult feindre ung tel participe. Ce verbe lifwor n'a aucun par- 
ticipe du prétérit temp», et toutesfoi» nous en feignons ung enjraijcois, 
c'est « «cavolr craint; paî' aln»l nou» le déclinons en ce«te manière : je 
iuyt craint, nou» îomme* crains. — fe suys eheut, nous somm$t cheux; 
)'ay tùuehé, nous avons couché^ etc. 



«c «cdlBcrca trnm^l» Ick vcrkc» 
«• U 4c«llBato*a yaMlve. 



INNCATIF ET>M«IB»« rOME DU COJtJOUCTir. 

Prtsent. 



ôa aime. 

On aima. / 

On a aimé, on aima 
On avoit aimé. 
On aimera. 
Qu'on aime. 



Imparfaict. 

.Parfaict. 

Plus que parfaiçt. 



Futur. I 
iMrERATiF. Présent ou futur* 



Pr€$mU 



Qo'on aima. 
Qu'on aimast. 
Qn'M an aimé. 
Qa'Mi àvott aimé. 
Quant on aura aimé. 



Imparfaiet. 
rtrpùet. 
PluiqutparftM. 
^ Futur. 



J 



.% ' 



470 



^^■ 



GMAXIAIIIE PllA^ÇAI!tI. 

iNFismp.- 



Aimer, avpir aimé, qu'on aimera..., etc. 

' ■ ■ - ' 

EXEMPUC 

Du retbi impenonnel en la déclinaison ocltv*. 

Il ennuyé, il eunuyoit> il a ennuyé ou ii ennuya, Il atolt enpayé, Il en- 

nuyra, qu'il ennuyé, qu'il ennuyast, qu'il ait ennuyé, qu'il eust enniiyé. 

— Avoir ennuy^ avoir eu eonuy. . • 

. \ -■'.■■'■ • ■ . 

La manière de le décliner par nombres et personnes. 

Il m'ennuye, i| t'ennuye, il Iny ennuyé, il nous ennuyé, H tous en- 
nuyé, il leur ennuyé; — il m'ennuyolt, Il t'ennuyoit, etc. 

Ung adrertiisement. Pource qu'a peu près en foute la déclinaison ' 
francoise des verbes nous usons beaucoup des raoti de ce verbe Icy habeo <•' 
(i'ay), il nous a semble iwn de mettr* icy a part toute sa declinaisoil en- 
semble. • . 



/( 



^ .INDICATIF ET PEEHIME FCBIIE DO CONJOMÇTir, 

\ : ^ ■ ■ Présent. i 
/ J'ay, tu as, il a, -nous avon^, vous avei,^ lli ont. 

Imparfaie^l ^ / 

J'avoye, tu avpis. Il avoit, nous aTlons/voas avies, ilxavoy^nt» 

_'"•'' Parfaiet. , • 1 / 

J'ay, tu as... eu. — Autrement : J'eu, tu en*, IF eut, nous ènsmes, tous 
eustes, lu eurent. ' \ 

•;. Plus que' parfaiet. \ 

. 4>voy' eu, tu avois eu... 

'i • Futur. \- ■ 

J'aurtfy, tu auras, il aura, nous aurons; tous aarei, ils aorom 

''"^ iMPERATif. Prf«enl et futur. . 

Ayèi, qu'il ait, ayons, ayei, qu'ils ayent. 




OPTATir ET DCOXIHC WOUUS m CONJONCnr. 

. Présent et futur. 

Dieu veuiîle que j'aye, que tu ais (I), qu'il ait, que noua' ayons, que 
vous ayez, qu'ils ayent. . • 



( I j On r«marqaeraqu« cette forma e«tatitr«iB«iit icrii« dans les modèlM de cosjucai- 

<un qui prkèdeot. . . - » 



^ 



lyé, ilen- 
t «nnùyé. 



T0U8 en- 
te) intison ' 
icy fiabeo >•' 
aisoEt en- . 



/ 

A. 



at. 



aes, T0D8 



ona, qae 



coi^ugai- 



ROBER 



T^ 



HENRI BSTIIlVTfE.' 



4-31 



Imparfaict. 
Que i'euMe, que tu euMes, qu'il euêt, que faons euwlon», que tous èus- 

giei, qn'llz eussent. 

Parfaict. 

Que J'ay' eu, que tu- ali eu, qu'il tài eu... , 

Plut que parfaict. 

' Que J'euss' eu, que tu eusses eu... 

/ . JSFIHITll'. 

Avoir, avoir eu, / 

Ung advertittet^ént. [Ce verbe a uh pawTlf en latin], mais, dans l'usage, 
il n'a point de ôedinalson françoise. 

DO FBETEillT IVARTAICT DU COMJOUCTir. 

Outre les deux manières dessus dictes de décliner en françote au «on- 
Junctif, on trouve quelque chose liropre et particulier au prétérit impar- 
faict d'iceluy meu (mode), et ^ en tous verbes de quelque conjugaison., 
que ce soit. Exemplet : - 

I. J'aimeroye, tu aimerois, il aimeroit, nous aimerions, vous aimerlei, 
Us aimeroyent. * ,. 

IK Je receveroye, tu receverols. Il rçceverolt, nous receverions, vous 
receverlex, llr receveroyent. ^ 

III. Je liroye, tu llrols... / 

IV. Je dormiroye, tu dormlrbls... • 

àimi : Je orroye, tu orrols, il orrolt ; nous orrions, vous oirlei. Us qf- 
Toyent. 
Ainsi encore : Je seroye, tu serols..., etc.; J'auroye, tu anrois... 

Il en est de même au passif : . 

Je seroye, tu serols, Il seroit aimé» nous serions; vous séries, Ils scrolent 
aimes.' .'■,". 

La manière d*M user : Je dormiroye volunticrs, je dormiroye si j'avoye 
loisir ; on jourroit (sic) s'il y faisoit bon ; je vouldroyjB que tu eusses este 
à ma fortune ,(tii meo «i«u ad^umes). 

If autres disant ainsy ; Je dormisse voluntlers, Je voulslsse que tu 
eusaesi ■ 

Touchant U futur de Tindidatif et eonjunctif : Le futur, tant de l'indi- 
^Uf que du eonjunctif. quand il y k ung si devant, prennent eommu- 
- 'i^ioent la translation flrancoise du présent de l'Indicatif. 



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• '? 



472 



GRAMMAIRI riANÇAISB. 



^ 



La manière d'tti^ter : Si tu Pliâmes Dieu de bon cueur, il t'en pren- 
«Ira bien. —Si tu disne^ demain chci toy, fay le Etioy scaroir incontinent. 
' Suit, dàna le volume , une liste de mots où certaines lettres ne doivent 
pas se prononcer. Une seule de ces remarques p«ut trouver place ici : 
« Beaucoup de mots s'escrivent autrement en frapcois qu'on ne les pro- 
fère, comme sont les moti qui s'ensuyvent r auray, àuras^ aura^ aurons,' 
autei^ auront ;>— auroye, aurais, aur oit, aurions, auritx, auraient. Donc 
on les profère seldn^cestêescripturei arny, nras, ara^ arons, prex, aroni'; 
— uroye, aroitt aroit, arions, arièXt aroyent:», ■■'■ 



EiqBOCBAT Hob. StCrailNOS, BEBaMCAIVa 
ET ^ATINAROH LITEIAROH 
. " .FHQS RECITS (siC), pARISils\ àMN. 
M.D.XL.XU. CAL. FEBR^ 




■ \ 



ROBKRT RT HKNRI iSTIEN 






413 



LEXIQUE. 



X 



L'œuvre grammaticale de Robert et de Henri Es- 
iienne,a pour utile complément le Dictionnaire fran- 
cai3-latin,et même Jusqu'à un certain point, le Dic- 
tionnaire latin-français que fit paraître Robert Estienne 
à peu d'intervalle. Destinés à faciliter rintelligence 
^ des auteurs et la traduction des deux langues, ces h- 
vres devaient être surtout . duisans aux apprentiz , 
pour lésquelz il fauHd'autant p*8 soigner qu'ilz ont 
grcigneur (plus grand) besoing de secours... pour 
passer les destroictz de la langue latine; • l'auteur n'y 
voyait donc point des manuels d'orthographe : de là 
le peu de régularité qu'on remarque dans remploi de 
. certains signes ou^ans la' manière d^écrire les mots. 
. Mais.des défauts O© ce genre, peu sensibles pour un 
puWic qui ^'avait pas le droit d'être exigeant , n'em- 
pêchaient pas que la jeunesse française, et surtout les 
jeunes étrangers qui lélaient . sur leur commencement 
et baçhelagQ de littérature, . ne trouvassent dans les 
dictionnaires des types orthographiques qu'il eût été 
impossible de chercher ailleurs, au hasard, dans les 
livres. Les grammairiens mêmes devaient demander à 
ce dénombrement des:mot8 de la langue dés principes 
généraux d'orthographe ; ces listes de noms, de verbes, 
d'adjectifs, de prépogtions et d'adverbes leur fournis- 






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474 



( GRAMMAIRl!; FRANÇAiSK. 



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saieiit: à la fois (Jcs.^r^glea, des exemples, des excep- 
tions. Èiànt donnés lé^ suDstaîitifs , on demandait à 
.. Pusage quel en était le pluriel seloh qu'ils^ àviiient telle 
ou telle /erminaisoji ; les verbes étant connus, on pou- 
vait les -ranger par classes, fixer le nombre des conju- 
gaisons , indiquer la forination des temps primitifs 
d'après des analogies manifestes; et ainsi des autres 
parties <lu discours. • V v ;" . 

1 ■ -.''■■('■ ' « \- ■ 

,■•■"" • ^ ^ • - k 

Ge ne- sont plus ces services si élémeiitaires que 
nous demandons maintenant aux Dictîbnnaires; cç- 

. pendant au siècle dernier, le P* Buffîer et Ijabbé de 
Dangeau n'ont-ijs pas encore dépouillé nOs lèxiqueë, 

- pour y chercher la loi qui règle |a place de ('adjectif 
ayant ou après le substantif, et les éléments d*une 

* classifi.cation des verbes qui leur permtt de fixer le 
' nombre de nos conjugaisons? Combien de questions de 

ce genre trouveraient ainsi leur solution dans un tra- 
vail semblable l Nous ne pouvons songer ici à traiter 
complètement tous les points que soulèvent l'étude 

• ,du* î^jctionnaire de . Ilob. Estienne .et la comparaison 
°'qM(i eh peut faire soit avec les autres lexiques, sçit 

avec^des textes contemporains. Nous nous bornerons à 
présenter quelques remarques générales qu'il sera aisé 
pour chacun de multiplier, et qui peuvent servir de 
jalons pour jun plus grand travail ; nous montrerons 
ensuite, en prenant le Dictionnaire pour base de notre 
étude, quelles lois ont présidé à la transformation de 
la langue entre le xvr siècle et le xTii*. 

Un point qui nous a frappé d'abord, c'est de voir 
combien est marquée dans le Dictionnaire -la tendance 






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"475 



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^ '" ROBERT ET HENlilESTIESïTE. 

■ ■ ^' * . . ^ " ' ' 

institicUve de la langue françaiséà procédet paralyse 
'.dans l'expression- de, la pensée;, la logique de notre 
langue, toujours attentive à faire connaître la cause en 
même temps que Veffet, paraît clans de pombreux 
tîxempies. Ainsi au mot actompaujnery je vois non disr 
cedere ab aliqug, çt ces mots traduisent': accornpaigner 
uufiunetne le *</mitér jamais. Pourquoi ces deux verbes 
français. polir un verbe latin? le second ne suffirait-il ' 
' pas? Robert Estiënne a vu dans dhcedere une double 
idée î' ir'nie par l'analyse du mot; c'est que «ne pas 
quitter quelqu'un» suppose d'abord qu'on raccom- 
pagne.; . : ^ 

Mais un exemple isolé ne suffit pas à prouvet un 
système- général. En voici d!autres. ^v 

AccoMPARAGER (çoitiparer ) : — «*Accomparager ctT 
priser autant Annibal que Philippe : a(/a?(/Ma/e Anni' 
bail PhUippunu . — Ici encore il n'y a qu'ion seul verbe 
latin; mais l'analyse dit clairement que pour estimer 
également deux personnages, il faut d'abord les aj/oic 

comparés. v 

AccoNSUTVHE*( poursuivre ) : — ^ « Acconsuyvre au- 
'fcun cheminaût et atteindre : aisequu » Faisons l'ana- 
lyse de flMe^Mi, mot latin qui', seul, est rendu par la 
phrase de Rob. Èstienne : trois idées y sont en effet 
exprimées : on n'atteint. pas quelqu'un sans le pour- 
suivre; on ne le poursuit que s'il fchemine. 

AccobdeA : — « h a accordé et convenu de payer 
•deux milles : pactus est duo piilfia, « — Toute conven- 
tion suppose un accord, » 

Nous pourrions multiplier à rinnni ces citations; 



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'»ll. 







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476 CKAIMAIKI FIANÇAIftl. 

mais les quatre exemples que nous donnons, pris dans 
une même page , nous semblant une dénionstration 
BufTisante. 

Si nous voulons, satis entrer ainsi dans Pcsprit de 
la lahgue, demander au Dictionnaire les renseigne- 
ments qu'il a pour objet principh^ de nous fournir, 
nous y trouvons d'abord un grand nombre de termes, 
maintenant perdus, et, parmi ceux-ci, plusieurs que 
la traduction latine sert beaucoup à nous faire com- 
prendre aujourd'hui; d'autres ont changé de sens : 
grri/fer ^ignifie^/ÎM^r (LABi);-un aori^ c'est un lieu 
«.ou le soleil frape tousjours» (apricus loccs) ; unfe 
adresse est qne route abrégée (compendiosum iter).; 
d'autres, dont l'auteur constatait l'emploi plutôt parce 
qu'ils étaient utiles et puar les faire accepter, que parce 
qu'ils existaient Féellement dans la langue, ne s'y 
sonV pas maintenus ! de ce nombre nous citerons une 
foule fde noms en ment donnés par Rob. Estienne à la 
suite des verbes,, comme adjouster , a(//ou«/emf nf ; 
ACCOURIR ,arcoiiremei}( , eta»; pour quelques-uns, il a 
'eu la bonne foi de les désigner comme « mots peu 
usités , » tels accointemenU amfnenement , uvanlcourc- 
ment, etc. — Ailleurs, bien que l'auteur ne dise jamais 
si les mots sont masculijis ou féminins^ on 'trouve le 
genre constaté par les exemples : ainsi le ïiiot affaire 
l est maéculin dans toutes les locutions citées , excepté 
dans celle-ci : affairés urgentes; le mot ar^re parait 
suivi tantôt d'un adjectif masculin, tantôt d'un adjectif 
féminin, etc. — ^^i^fin le nombre «st infini des mots qui 
ont persisté dans ^ tangue avec une prononciatioii 
. ■ ^ ■ '■/ ' 



■ r-'->:.-'\ 












%. 



-^1 



Si 
il 



r nur ET HfNII IRTIINRl. 4'"ï 

ihang<^e, une orthograplic modifiûc : nous en parle- 
rons bientôt pluslongueinent. ^ 

Je passe aux vcrl)e8. Ici nous voyons des verbe» 
terminés par des finales qui eu changent la conjugai- 
son : tel finer, je fine, et non yînir, jefinh; d'autres 
ont un participe autre que j'infinilif ne le fqrait sup- 
poser : cueillir, accueillir ïonl ^cueilléy uccueille; d'au- 
tres se conjuguent avec ou sans le double pronom ; 
nmdtscendre, JE coiide»cend» ou JE me amdescends; 
ceux-ci ,preiment devant leur complément une préposi- 
tion que nous ne leur donnons plus : «wiaier A. quel- 
ijuun, congratuler a; (ceux-là réclament une préposi- 
t\6n autre que cçlle qui leur est maintenant attribuée : 
au lieu de s appuyer kV conseil des ancien», nous dirions 
maintenant «'appuyéT. «ur,..; lorsque deux verbes se 
suivent, s'ils ont pour sujet le pronom indéfini on, ce 
motoii précède le premier verbe et suit le second : on 

dit etfaiton\ \ 

Quant aux prépositions^ non-seulement plusieurs de 
ces particules ne suivent plus les verbes dont elles pré- 
cédaient-alors les compléments, mais elles avaient des 
jTonçtions multiples que nous avons restreitites et dis- 
tinguées ^Ainsi nous ne dirions plus r.^^ner en avarice 
et cruauU?\On voit souvent aussi deux prépositions 
juxtaposées : les unes sont restées réunies > hors, de- 
ftdr«Vles autres ne sont plusenaployées de la même 
manière : en <ipr^«. 



(^ 



,»• . 



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i •'. 






Il nous reste à présenter le tableau des changements 
survécus dans la formé orthographique des mots, et à 



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"^j" 



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478 ; CRAMMAilIft FKA^tÇAISI. / 

suivre les modiOcatrons que notre langue cul à subir sous 
rinflucncc capricieuse de causes qui s'exercèr^t comme 
au hasard, sans agir d'une manière générale et régu- 
lière. Entre ces causes, il faut compter d'abord Padjon 
du temps et les bizarreries inconstantes de Tusage , 

•. ■■ ■ • ■■■ . ■■ '' " .■ . :- ' " 

Queni poiu's arltitfium est et jus et/norma loqtirndi: 

les exigences variables de Peuphome, qui sauvent re- 
pousse comme trop durs des mots^u des forme» qu'elle 
« avait recherchés aut|;pfois; l'adoq^cissement progressif 
et constant des uifcurs et par sUfte du langage ; l'ou- 
bli ou le mépris, des élymologiés ; une tendance fâ- 
<:heuse, et souvent peu rationellé/, à favoriser la rapidité 
de récriture par lasuppressioi/soitde voyelles, soit de 
consonnes, jugées inutiles parce qu'elles ne se pronon- 
çaient pas. Parmi ces causes/ je n'ose faire figurer les 
travaux des grammairien^^^â ne pouvaient girère 
demander pour les règles/ qu'ils avaient tracées, un 
respect dont eux-mêmes né donnaient pas Yexempie. 

En parcourant le Dictionnaire de RÔbe:i|^.Estienne^ 
on remarque un^ indécision singulière dans l'emploi 
des accents. Il n'est pas rare de lui voir employer Vé 
marqué d'un accent grav^ {)our Ve rouet, comme avait 
fait Dubois ; tantôt il emploie Ve san»;.a£i;ent pour Ve 
fermé ; on trouve Vê *vec- Tacceot aigu , ayant/ Jes . 
fonctions les plus diverses : C0»ré, travaillé ifàypénièf 
preste, béltes; digérées; départes vous de devant moy; 
-^ i'i et le j, Pli et le v, 1^' et Vy so^^t confondus; la 
cédille reste inconnue ; Tapostrophe , rarement em* 
ployée, sert parfois, concurremment avec Je * .trait 



r 



m 



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■^: -i: 

• - I 



, f(- . 



^-, 



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■OIERT IT HFMl ERTIISM. *''' 

supérieur desabrtivialioi)» anciennes \à pour an ; v pour 
«'H ) , à marquer la suppression de n ; ainsi ; avuimje, 
ancù». gmit, etc.; le z s'ajoute au singulier de la plu- 
part des noms, soit après les voyelles . soit après les 
consonnes, pour former le pluriel -. • Les nations alran- 
ffipreê qui sont nox alliez pourtuijvenl les iniures de noz 
magistratz;.* h la fm de certains mots, x ou * paraissent 
iudifféremme'nt .poix et pois; on voit aur^si IV pour ai. 
comme ; tu ne sces,oiine scei; de. même o pour ou, 
et ou pour o, comme doleuf^ couleur, froument, beau- 
cop; dans leô troisièmes ji^sonnes plurielles des verbes, 
u fmal est quelquefois suphrimé : i/;; vienei pour ils 
vienneiU. On serait tenté soivent de prendre pour des 
fautes d'impression ces irrégularités; mais elles sont 
.trop nombreuses et trop fréquentes pour qu'on n'y 
voie pas et l'embarras de l'auteur, et les incertitudes 
ortllOgraphigue^wd'une langue mal fixée. — Dans 
l'examen que nous albns faire du liexique de RoWt . 
Estienne comparé h ceux de Nicot et de Cotgrave. ce 
n'eèt point à ces détails que nous, tîous arrêterons; 
noi^ ne .tiendrons compte q'ïïèiie l'orthographe géné- 
rale teUe qu'efû est toujours suivie pour un môme mot. 
<Le8 m()dificaiioris qu'ont eu à subir les mots de la 
langue depuis l^iliéu du xvi* siècle jusqu'au milieu 
du XYU% onl été gucçessivement constatées dans les 
; lexiques'de trois auteurs qui noàs fourniront nos poinU 
^ de comparaiôon : Robert Estienne, Nicot et Cotgrave. 
T^ous avons dit la date du lexique de Robert Estienne, 
_i539. L'édition que nous avoiiis consultée du Diction- 
naire connu sous le nom de Nicot, mais qui est à vrai 



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^•0 OIAVIAIII FiAnÇAIfll. 

dire la deuxième édition du Dictionnaire de' Robert 
Eslienne, a été publiée en 1573 par Jacq. Dupuis; 
pour le Dictionnaire français-anglais de Cotgrave, 
nous avons suivi Pédilion dé 1650, copie' conforme 
d*unc première édition publiée en 1611. 
/ Les mots ont été modifiés par une de$ causes sui- 
vantes : * . ^ ' ' 

Trq^uposiiion 

Trant^orma lion 

Assimilation 

Fusion 

Addition 

Suppression 

, Nous n'avons pas réuni des exemptes de toutes ces 
causes ^ la fois pouçtoulesièsllettrès; souvent aussi 
nous avons trouvé une orthographe incertaine appli- 
quée à des sons indéterminés r mais ces observations, 
et d'autres encore que nous pdwrlrions faire, seront in- 
diquées assez clairement dans lesltableaux qui suivent^ 



des- consonnes 

des voyelles 

ou des diphthongues 



initiales, 
mèdiqies. 
finales. 



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I. DES VC^EU 

.^ '/ -: 



'k^ 



Jf. M. — Um cet lictcf^ ki chiffre I dMgm» Robfrt BstienBe;— t, Nieot; — B, Col- 
Ifrvrt. -^ L«i moU entre pueatbèaes' sont ea général deJ tradnctiont «jontéu ptr nom ; 
les iodiuUons ekêrckes ou ttffts, tient, etc., appartiet^cnl lax aoteon. ~ L'abteiH^ 
i*nn mol tUnt un des Iniques est marquée par le i 



mot! 



,o 






L riMloB ; I. Aage; — 1. aagè; — 31 aage (âge). 
I'. Paonr, etrchez peur; — t. paoui^çmrA«z peur; — 
3l paour, peur. "* 

i, Paouùre>^e«rcA»poure;^S. paouufe/c«fcAefvpaaure; 
j' 3. pao/re, voyez povre. 






V-i^ 



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KOllllT RT niNRI KITIINIfl. 



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1. paeïle, pâpilon;— 2, paelle, poillon;— 3. paelle, pelle. 

II. flappr«Mloa • I. Devancer;— 2. adevancer ;— 3. àde- 
V^noer... 1 .. • '•' ' 

m. TraBtftoniMtloii 1 1. Escoiiter; — 1 accouter, àcou^- 

U»r, ascoulcrj .CKOuter; — 3. escouter. 
î. {Mangw); — 3. avaluer; — 3. avaiuer/cvaluer. 
i. Asparge; — • 2. asparge ; — 3, asparge, asperge: 
I. Estarnuer, cerchez estemuer ; — S. esternuer; — 3. es- 

tarfeiuer, estemuer. 
i. {Manque); — S.^harde; — 3- hardc (troupe, horde). 
î, Tiibourin; — 2. labour, labourin; — 3. labour. 

nr. Ortbofrapb« Incertaine, eons Indéterminée : 

1. Bqurrocbe; — 2, bourrache ou bourroche^-^S. bour- 
riche ou bourroche. '*^ 

î. Ar^aircs, ormaire', — * 2. onnafl« ou annaire;-^d. ar- 
mailpe, ôrmaire, aiteoire. ' ^ ' 

A. Ghiiné ou cherté; —2. charte ou cherté; —• 3. charte ou 
cherté. 

I. Esguilie in* aplRe i-—^. esguUle ou agmlle;— 3. âguille, 
aiguille» ^sj»Hfie. y f ^ 

i. Entiché^oé^ntach#;—\^. entiché ou eitaché;--3. en- 
tiché ou- entaché. ^,^/ / * 

i,j{Man^é); ~ 2. arteil ot<^pi:teil ; — 3. irte^| ou orteiK 

i. {Marque) ; —2. ragjaliceV Jf«ga)ice ou n^iice;^ 3. ràga- 
lice, ^regiisse ou rigtisse. / 

,^ I * Stl^andre ; — 2. salamandre ou si(fmandfè; — 3, sala- 
maadre ou £almandre. 



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• 1 ! 



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ïï^ l^dittoni i. Methridal^-^2. inethridat; •— 3. methri- 
^,âat 'ou mithridat, ^^, ^ .; ' ,. ^.'- %: ■ ' ^.. : ;; .- - 'A ; - '.'^ 4 :, J- 
1.' Tn>ce; — 2;. trac et trace; — 3: trac et ti 
i. £isciavç;'^2. esclàu et esclave; — 3. 

-/■■:.ClaVe (IK •.■'.;.■., ■ -.V* . ^^; ; ;,. : ., 




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III' I •• lii 






. (I) Ktclau «it niar^né «omnM vietn: — Vojr. nom» p. iiltnoui.' 

ai , 



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ÏNÇAISB. 




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IL tapprMfllon i ir'Tourbillon; — 2. estourbillon et tour- 
billon : — 3. estourbillon et tourbillon. 
i. (Mauqué); — 2. un pédante (1); — 3. pédant./ 

__ ■ " ,■'.'■• 

m. I^aïuformatlon s i. [Manque),^ 2. arteinon;^- 3. ar- 

temon «( artimon. - ? 

{.{Manque)) — 3. {t'ulr ; -^ 3r puir (puer). ^ 
I, Demaine; — 2. demaine; — 3. domaine {vieux) Wdo- 

mainej */ , * ^ 

I. AcfaeC; — 2. achet/— 3. achet rt achat. 
I. EnciserY^^ncliner; — 2. enciser*; encline' ; — 4. enci- 

ser ; encliiltôr ; inciser ; incliner. 
t. Pompon (2)/ — 2 pepon ou pompon; — 3. pepon ou 
. pompon. 
ïf {Manque); — 2. espan ; -^ 3. espan ei emptiQ. 

ly. Orthoffraph» Incertain*, aona indéterminés : 

f. Affoiblir; — 2, affeblir ou affbiblir; — ^^ 3. afieblir om af- 

foiblir. 
^ 4. Frelon ou froilon ; — 2. frelon pu froilon; — 3. frelon, 

fireslon ou froil^on. *; ' ^ 

i. AffejTOer;-— 2. affermer ou affirmer} —-3. affermer ow 

afiirnier. ■; " :^p:. 

f . 'Apèstunie ; — 2. apostume ou apostéine ;-> 3. apbsteme 

ou apostume. V / 

I. {Manque)) — 2..apennag,e'ou apana^; — 3. appennage 

ou appanage. , * ' .• 

i. {Manqueyf'T' 2. basenne, ou basant! --3. basenne^ ba- 
', V sane ou baza^e. ''':■'': ■■•',.'■ ■ f .^ ' '. -'■'■ >^^. ' ''■' 
' 1^ Garine; — SL canne ou carene;-~3Jcarineoucarene(3). 
1 i Nau)^*— 2. \nau (4) ou nef ; — 3. n^u,, pim ou navire ou 

nef. , 
i. Femelle j — tNemelIc au fumelte/; — 3. femelle ou fu- 

melle. ^ 



u>*> 



(1) Nicot attribué eè mot à da Bellay.. 
' «(2) C'était une sorte de melon. (} i f 

'(3) Caren* est marqué comme vieux. / ' 

■ (4) Est-ce par u consonne ? est-ce par u voyelle?» 'Cotgrave donne noui 
■par tt voyelle, comme viçux, et admet naue [? i\ave} ou navirt. 



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1^ MOIIKIIT ET HINti ESTIBNflE. 




^^ 



?485 



I . (Matufue);^ 2. jesier om jusier; — 3. jéSMc^w jusior. 
I. (Manque); — .2. iosperé om inespéré; — 3;/it)8peré on 

inesporé.- a ' - ijî ' '• 

i, Tect ou Xoici ; — 2. tefct ow toict ; — 3. tec^ôw loict 
I . Voarre ; — 2. voarrc ou verre ; — 3. voan^|||M verre. 
1. {Mangue); — 2. raptacer. raptasser ou |lpetas8er; — 

3. raptacer/raptasser ou rapetasser. '^-^" ^^ 



M 



I-J 






:ix 



MpprMMon I 1 . {Manque)', -> 2. arrierages; — 3. arrérage. 
1. Bestiail; — 2. bestiail; — 3, bcstiail, beslail ou bestial. 
i. Boulengier, legier, elc-î — 2. boolcngier, legier. etc.; 

3. boulengier ou boulenger, leg|êr ou léger. 
1. Genouii; — -2. genouil; — 3t genouil (gcnoa). \ , 
. f . Luicte, lûicter; — 2. luicte, Iuicter;;-«a kiicte^ Iiiictar 
\pu luter. 

Traaiforauitioa t 1. Bourion (l);'7-2. botirion ou bour- 
^n; — 3. bourjon ou bourgeon. 
I. {Manque)','^ 2. corion; — 3. cotion ou cordon! 
I . {Manque); — 2. èpidimie (2) ; — 3. epidimie. 
\1. Fiiier;->-^2.finer}-^.fiBer ou finir. 



J> 



IL 

; .h3. 



pQtltloii 1^1 . Escurieu y — 3. escurieu- ou escureuil ;— 
^3, escurieu>tt escureilt.. V 



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oHfioffraph* liio«Haliie ^"Siii IndétùviiiiéÉ i 1 . Au- 

' bin (3) ; — 2. aubia ou aubun ; •— 3. aubiff o«< aubun. 

|. GemetMirre ; — 1. cimetiërre ou cemetérrasV- 3. ce-" 

metierre ou çimetierre. ' * 3/ 

I. Gaiure;-r ^ gaiure où gageurej-^ 3. gajure ou ga- 
i; 9 geure,.;/',-;;- ■; ^ ' 






. (I) Voy..elHil«MOt, 1^. JOi iiot«,: •' ^ ^ * '• V 

(}) Cemot est devenu «fptcMmifiie quand' ta prononciation. du |r^ à 

fJiaDRé, en FAin«é, jt que l'it a ceasé.de pe prononcer vponr M proïKmcer 

y.^ii|Pv*«v«i»i»iK.,....;v..''-/^ , ,.:•■ ;•:":■;:. ;- v :?",..,>,.■• ^i..' 






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V. 



484 



(jRAMMAlKi FRAI^ÇAIflK. 



I . Léopard \ — î. liopard ou lebpard ; —3. liepan), léopard. 
A. {Manque);— î. Ueulrin om leclrin ; — 3. îectrin, letrin, 

lietitrin ott lutrin. ^ 

i . {Mttnque)i — %. manifacture ou manufacture -, ^ 3. ma- 

nifactnre OM manufacture. 
1". Prins (I); — 2. prins om pris { — 3. prins ou pris* 
—Voyez à l'A : hardef ormoire, arteil changé en hwâi, èr- 
moire\' orteil; — à TE: demain, deventi bornât n«; — aux 
diphthongues àu^ eu, ai, ou, etc. 

Traniformatlon : rHomologUer; — 2. emologuer m ho- 
mologuer i — 3 . emologuier ou homologuer. 



r, r 

lue) (mbngol). 



I . {Manqué) ; — 2. mongal ; — 3. {mçinq; 

orthocraph» lnc«rutii«, sonf indéterminés: I. For- 
mage ou fourmage; — 2. formage ou fourmage; — 
3. formage^ fourmage ou fromage. 

1. Tomber, tumbereau ou tombereau; — S. tomber oy 
1ib[i^ (2);— 3. tombcif oiAtumber. 

1 . vSlunté; ~ 2. voluiité ou voulonté ; — 3. volunté o^u 
volonté. * . V . / 

^ 1. Ombre pu umbrej — 2. ombre pu 4iiAbre; -^'3. ombre 
ou umhre. , , « . / ' - ^ '■*■•■ 

I. (Jl^anoue];— 2. mosaïque ou iliusaïque ; -^ 3. musaïque, 
voyez mosaïque. , ^^ f 

\,. {Manque); — 2. mod ou moue; moë ou moue. 

•"f^Voy. les diphthpngues eu, ou, et^. 



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Addition I 1. Fronde; — 2. fronde; — 3^ fronde ou fu- 

' runculo (/uronc/e). • •^, \ "*' 

1 ' ' ' ' . *^.'*' -, "u '"ê^' ' ■; , 'i'" ^ • ^"> 

Tranifformation i 1. {Manque) i^^. pijiler;.— 3. piuter 

> ou piolcr (piaùk>r).r ' ' / 

I I I ' I I Il 1.111 un » * 'Il •âi^mi^im 

(1) PrtiM s-Mt conterré ett Anjoa. 
(3) rumbw.M dit encore «n Anjon. 



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■OniT ET HIKMI ESTIBTIKE. 



485 



eopard. 
, letrin, 



3. ma- 



"dé, ér- "^ 
— aux 

OM ho- 

l. For- 
age; - 

iber of< 

inté o^u 

■ /'■ •■■ 
ombre 

■ »■.. • 

isaïquc^ 



ou fu- 



piuiâr 



•ow indétamiinét t 1 . (il/nn^uf ) ; — i. plouvier ou plu- 
vier;— 3. pluvier ou plouvier. ' 
Yoy. à ri et au^ dipbthoDgues. ., ** . . 



■i 



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rormatiMi : I* Yvcr;-*4. yver; — 3. hyvér (I) ou 

1 . (A/ô»toM*) ; — î. yiser ; — ^sser (vieux) (bisser). 

OrthofrapM IncMrUdno, sont lildét,«nnlnés : i. {Man 
que); — S. diachylon ou diaculon ^ a- 3. diaculôu. . 



L£* 



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II. DIPHTHÔNÇUES. ^ ' 

TrflBifïnnatloli :'l . (Mangue) ; —t. attaisinateur;— 3. as- 
sassin. ' ^ 
1. (¥a»^)| — t. I*arrin, marrinéi— 3. parain,paTrain, 

ptrin, parrin, maraioe, marraine,, marrine. 

Or^Offraph/tAMrtaiii*^ aona lBd4l«rviliié# : 1 . Hairon^ 
— S. héron OM bairon ; — 3. bairon ou beron . 
i. Armaire;^|L armaire ou àmioire; — 3. aitoaire^M 
■ armoire." , " ■._ ' : .i ••' ' ■*^- 

I. iWne ; — i. trame ou traime; -^v3, trame o« iraime« 
I. {Manque); ^^. debleer on dél^layage ; * 4 désbleer 

- éuCÊeàAêyer» '/''^ ■^-''■''- .; ■■ ■:y:'^ ■■ '\ ... 

I. Uneniay;— 4:rocl, mecl, makîtoiimiyï— -3. maî.ct> 

X maye, mect, met. , V 

i. Abbay; — S. abay ou abpy;-W9. lÉlwyWi^ 

/l, Eftpoyv^l ctfrayoM effroy; — 3. eiftty ^k eftoy. 
I. FoiaoD; r* t. fiuMMi oi^ foison; r^d« foison. 



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(1) mcB 4iit ry «I UiteuMtMNiveat 

'4«f|Mpt.l«i,Mi^«il| 



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4»6 



GRÀMMAIM rRAMÇAISK. 



AU 




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Tr^Oiformation : 1 . Pau ; — 2. pau ; — 3. pal <m pau. 
i . (Marujve) ; — 2. bauffrer ; — 3 . bauffrer {baffrer) '. 

Orthocraphe Incertain», sons Indétermlnét : i . Flatrer , / 
^ flestrir (i); — 2. flatrer, flatrir, ^eutrir, flesïrir; — 3. fla- 

tîfer, flastrir, flatrir, flaistrir, fleslir, flastrer. 
' \. Ung aulx;— 2. aul ou ail; —3. aul (vieux), aulx, ail. 
i. Pocher (les yeux); — 2. paulcher, paucher oô pocher; 

— 3. paucher ou pocher. 
i. Peu; — » 2. pâu, pou oK'peu (2)X/w«/wm); — 3. peu. 
I . Trou ; — 2. trau ou trou ; — 3. trau ou trou. 
1 . Se veautrer ou vautrer; — 2. veautrer, vautrer ou vois- 

trer;— 3. vaultrer,.voi8trery(vi>Mx), véautref. 
,1. Povre; —2. povre om pauvre; — 3. povre ou pauvre, 
i. Oiseau; — 2. oisel où oiseau; — 3. oisel ou oiseau. ; 



El 



TransférmatUm . : 1 . Marguillier ; — 2. mafgueillier ; -^ 
3. margueillicr pu marguiliieir. 

i. Seijon; — 2. seiUon (2) ; — 3. seillon ou sillon. 

I. [Manqué); ^^, sereine ; r-r 3. serene («tr^ne). * fj 

^ i . Meic^e i—^. meiche'Ou mèche : — 3. meqhe ou meiçhe. * 

Ortlioffrapha IneéitaliH»*, sons Indéiarmlnéa : i. (Afon- 
que);— 2. ouailles ou ôueiHes ; — 3. ouaille ou oueille. 
I , Licfaers; — 2. leicher'Ou li^her; — 3. leic^er o» li<4ier. 



^ 



(1) Flairer, potn- Rob. Eetieilne, yè'est nwrqaer , ttigmatiger ; il doniM, 
pour exttnplé : flatrer au front iSwie Uttra chautde;— «u contraire 

■flettrir'M dit des plantes qui se dessèchent; Nioot donne à la fols les for- 
mes /lalrer, flatrir fX^fUutrir; l/adoption de ce dernier root a amené la 
confusion de fleutrir et /lettrir /Côtgrave ne les distingue déjà plii#. 

(2) Ces trois formes, dans Wioot, ne s'appliq^ient pas à l'^tbogra^e , 
nfis^à lâ'pirontmeiation. On privait toujours pe*. ^ 

^S) On prononce encore ««tijkm, en Anjen. 



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ftOIBBT BT HKNKI BSTlINNi. 



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pau. 

Flairer, 
— 3. fla- 

iilx, ail. > 
pocher; 

peu. 

ou vois- 

Auvre. 
eau. 



»Uier;'7r 



I meiçhè. * 

oueille. 
licher. 



; il donne, 
Il cimtraire 
fol* les for- 
a amené la 



^^- ' EU > 

Trautiforniatloii : t Meurte; — 2. meurte ou niurte; — 
3. nieurle, murte ow myrte. 

Orthocrapb* Incertaine, sons liid«t«iiBiinés : 1. Aloy; 

— i. aleu, aloy, alod, alo; — 3. aleu, aloy, alodoualo. 
4. (Manque) ; — 2. enrheumé ou enrhumé;— 3. eni^phé, 

ennme. .w- 

1 . (Manque) ; — 2. filleul ou Gllol ; — 3. fillol ou «IleuL 
4 . (Manque) ; — 2. yeuse ou yeose ; -- 3. yeuse ou yeose. 
1. Jeune cm juné; — 2. jeune ou junej -*-3. jeune ou june 

(jeûne). ■ i 

i. Flegme ou OeUme; — 2. flegme ou fleume; — 3. flegme 

ou fliéume. ° < * 



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OHli6craphe Inèerùlne, eons Indéterminée : i. Pe- 

voesne;— 2. pevoesne, pivoesne om pienne; — 3. pe- 
voesne, l[>evoisne, pivoine, pienne (rose de). 

01, oy («) 

A- Voyexçi-dessus, à la diphâiongue ai. 

Tranefformallon : i..(i/an^ttc);— 2. jMirloer;— 3. parloer 
ou parloir. , ' ^ 

1. (Jiraiwiie);-r'2. moitoyen;— 3. moitoyeli ou mitoyen. 

»... • ' / 

Orttaoffraptae Inoertalne, apne Indéterminée: i.{Man- 
^ ^;— 2. nayeroùfloyer--r3. nayerounoyer. ' 

!• (ifTofi^V) ;-^2. doiçil J2) ou (tousifT— 3^. doisU ou dousil. 

i .' 'f "•- ' -^ . .. ■ ■ . ,' 'TT 7 ■ 

(I) Voy. les rtmarqaes sar la ^emièref- personne dujiinguUer de l'ioi- 
^ parfittderiDdlctfUfyCi^essiis. > . «' 

' (l) Là forme <fot«7 est enc^ osltée'iaés les enTlrons. de Nantn, à 
Vàilet, par exemple. . ^ i 

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^^8 GMA|IMA»B FRANÇAIS!. 

I . Coulil ; — 2. coUil {{) ou coutil ; — 3. co'ustil ou coulîl. 
l . Pevoesne, etc. — Voy*. à la diphthongue ««, p. 4^7 . , . 

I. Traïufomiatlon : A, Molin ; — î. molin ou mouUn i — 
3. molin oti moulin. 
♦. {Manque);.-^ $. encoupéou encoulpé; — 3. encoulpé» 
ioculpé. :îJ 

tl. Oirtliocrapli* Inosrtâln*, tons indétennlnéi :: 

i . (Manqué) ; — î. senglot ou senglout; ^ 3. senglot, 

senglout ou sanglot. 
1. (Mttitque);'^^. colouvrinei — > 3. colouvriiie ou cou- 

leuvnne. 
I. Peuchiere; -^ 2. fougère/ fougiere ou feuchiere; -f- 

3. feuchere, feuchiere ou fougiere, 
I . Pleurer ou plourer ; — 2. pleurer ou plourer; — 3. plou- 

rer ou pleurer. • 

1. Plouvoir; — 2. plouvoir ou pleuvoir; — 3. plouvoir ou 
pleuvoir. 

I . Peur ou paour, poureux ; — 2. peur ou puour, pourêux; 

— 3. peur ou paour, peureux. 
i, Conroyeur; — 2. çonroyeur ou 'oourôyeur; — 3. con- 

royeur ou couroyeur. 
I. (Mangue);— ±.baxq]\$ ou boussoUe j^^ 3. buxolle ou 
bou$9olle. ■ \ % , 

' I. Abbrever; — 2. abbrev^, inbbreuver ou abbruver} ^ 

3. abbruver ou abbreuver. ' 

' i. (iVoii^ue);—^. beurre ou burre;--r 3. burreotibeuorre. 

. . ^ -.^ III. '■.■■-■ •v'''^:-',. ".::•■:■■ - 

rr•m»totmm^on : I; Coussin, cuissînet; -^ 2. coussiû, 
coussinet Mt cuissinet;— 3. ooussin, cuissio, coussinet, 
cjissinet. 



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(1) La forme coiUl est «score employée en Anjou. 



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ROBIRT ET UENBI BSTIBNMK. 



489 



m. CONSONNES. 



B 



I. AMlmilation : i. Flambe ou^ flamme ; ~ 2. flambe; — 
3. flamL* ou flamme. - 



IL Trànsformatioii : 1. Banne; —2. banne; — 3. banne 
{vieux) ou manAe. 
1. Havre; — i. hable: -—3. hable ou havre. 

m. snppr««»loii : 1. Orfebvre;^ — 2. orfebvre;«--3. br- 
febvre ou orfèvre. ,. , 

i. Prestre; — 2. presbtre;— 3. ppèsbtre ou prestre. 
I. (A/onj'ue); — 2. accoubder;— 3. accouder. 

IV. orttaocrspb* Inoartaine : i. Manne ou banne;— -^ 
2. manne ou banne; ^—3. manne ou banne. . 



i; AMiiiiUation : 1. {}fanqué)i^%. equinocce; — 3. equi- 

> nocce (equinoxe). "^ 

Iv Rossignol; -^2. roscignoi ou rossignlbl ; — 3. roscignol 

ou rossignol. 
! . Quictêr ;— 2. quiter ; — 3. qqicter ou quiter. ^ ... 

n. TraiiifÎ0raMrtlo& : l.Bagage;— t. bacquaige;~3. bac- 

quaige (vieux), bagage. 
1. {Manqué); — %. boutidier; — 3, bouiidh (bimtique) et 

bénticlier (tn'eujr). • 
1. Quinqualièr; — 2. clinquailler;— 3. [clincaille et cMù- 

quaille, quinquaille] quinqualier, quinquallier ou quin- 
■ quailler. 11^; ,; *:-''■ ■■'•:;•'. 

^ 1. Paroice; —2. paroice; -*3. paroice ou paroiik 

1« S'embuischer; — 2. s'einbuscber;-- 3. s'embfécher ou 

yembusquer. 



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uram'mairk. française. 



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\. (Mampje); —2. flache u flaque; — 3. Ilache, lîi»che ou 

flaque {flasque), 
f. {Manque)', — 2. eneuche.;— 3., euneuque. 
i. (iWan^wc); — i.^toquesing; — 3. toquesing (<ocfm). 

m. 8appr«sRton : 4. Jecter;— î. jecter;— 3. jecter ou 
jelter. 

i. Annichilcr;— !^. annichile*-;— 3. annichilep(anniAi7^r). 
i . {Manque) j — 2. chaircuicter ; — 3. cbaircuicter ou chair- 
cuitier. ^ 

nr. Ortboffra|^« Incertaine : 4. QQaqùet oj<^€aquet; ~ 
2. quaquei ou caquet; — 3. quaquet ou ça<fuef. 
4 . Carquois 6u querquois ; — 2. carcois, carquois ou quer- 

qùois; — 3, querquoisy carcois dû carquois. 
4. Quarquan;— 2. carcmgk quarquan; — 3. qûirquan, 
' carquan du carcan. ^ V^ 

4. (Manquey,—^. cueux ou queux*— 3. queux {vieux mot). 
4 Scavoir;^2. scavoirousavoir;— ^3. sçavoir.* . 
4 . Embrasser ; — 2* émbrasseK)ou erabraeer ; — 3. embras- 
ser.. 
4 . Défend ; *• 2. défense ou defiencc ; — ^ 3. defence ou de- V 

fense. 
4 . {Manque) ; — ± absince ou absinthe^; — 3. àl^ynde, ab- 
synte ou absynthe. 
. ; ^4 . Cercher ou chercher;— 2. Percher ou chercher ; — 3. cer- - 
■ tM- cl^r ou chercher. 

4 . {i»/ûn^ue)î— 2. drachme ou drôgme;— 3. drame, dragme 
ouxkâchme. , ,,, 

V 4.,C;jabinet;^2. cabinet du gabinet; — 3. Cabinet ou ca- 
binet. 
. 4. Clocher {véàe^', — 2. clocher ou lochér;— 3. clocher 
ou locher. • ' 

4. Saircueil; — 2. sarçueilou cercueil;— 3. sarcueil ON cor- ' 
, cueil.' ■..■.■■■ .':' .' •:■-.';■.'.■.■■ 

I. 4islmll|itioii : 4'. Manne;— 2. mande; —3. roaa4e ou 

' manne. ■"■ - - ■':."■'. }^'''' i'-- ■:■-/: 






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aquét ; — 
; ou quer- 
[ûirquan, 
eux mot). 
. embras- 
ée OM de- 
^n(^, ab- . 
—3. cer- 
, dragine 
et OM ca- 
clocher 
iloMcer- ' 

iaa4e ou 



ROBERT KT HENRI E8TIENNE. 



49i 



II. Tranaformatloo : i. (.flanque);^ 2. pétarrasSe; ~ 
'3. petarrasseoM petarrade. „ - . 

in. fiippraMlôii : i . {^fanque) ; -- 2. demigraine ; — 3. de- 
' migraine {vieux mot) dfi migraine (1). 

tv. Orthocraphè ihearfaine : 1. Arr;~2. àri ou aride; 
— 3. an{vieux)i aride. 
1 . (Afan^iie) ;— £ venredi om, vendredi;— 3. yenredy (vieux) 

OMvendredy. 
^i. {Manque) ;— 2. admirai ou amiral ;— 3. admirai ow-amiral. 
; f.^^dviser ou aviser; — 2. adviserou aviserj — 3. adyiser 
ou aviser. C • ' 

1 . (Manque) ; —^2. cotignac oti-codignac; — 3. codignat au 
colignac. ' 
. \. Retarder ou retargerj — 2. retarder ou retargerj — ' 
3. relarger {wenjp), retarder. 



•: 



I. ÀMlmllatloo : î. (Manque),— i. effraie;— 3. orfrais, 

or&pjre. 
1 . [Soiilfre] ; — 2. ensoulfrer ; rr 3. entoulfré (souffrer). 

II. TràiufomMitioii :. I. Ncufieme; — 2. neUfieine^ -p^ 

3. neufiesme. , •: * • 

i; (Manque) ; —2. neufaine ; —3. neufaine, neulvai'fle ou 

' neuvàine. j / ' 

m. Orthofraptae incartafna.: 1. (ifan^ue);— 2.titero{4 

tipher;- 3. tipher ou tiffer (attifer). ^ 
1. Tuf ou tuph; — 2. tuf OM tuph;.— 3.-Uiph om tuf* 
1 . Orfelin ; — 2. orfelin ou orpbelia ; — 3. qrfelin ou or- 

pheliu. 



(1) Nous ne donnons pas pour exemple de la suppression du D ;des 
moU comme dentrvtr, etc., qui peutent .venir d'un mot composé de la 
particule laUne de; si nous citons le mot demigraine, c'est que le D ini- 
tial ne peut s'expliquer que par me corruption de laigage, la racine du 
mot étaift ^iuuxpdvtov. • > . . • . 



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laMi; — ^3. tilioa, tMMiM laa 

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'. I. Hiùlrà M WÊkmix oa^strë; <— tl 1in$tres« «« «n««lx 

3. riiiraiw'* lonime *Mi ninif ; / 



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4L AiHi«Ai«iMi^t i. talkl «« uritt; — t. ivlH; 

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VX, TiiMifiiMliiM t t. Hoc; r- ^ <irac |iM»iir ftoc ^ 

' 3. Wic •*!«».■. .- : ',"''i# .,;■. 

t J- f -jr^wf »tt*-— i , ÎÉohw ; ^, 3, oKilne. int :aMi«e, • : 



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▼, i | Bpt > r oiiion : I. Micuh; — î. mîm^-^l. mrvli »«? 

I ^ PouInMlD -, — 2. fMMiimm! ; — 3..pc iai noà \b# |iti^Urooii. 

«^ t . (MJyi^'Hir) ; — 2 . k»oe; -n 3. ouee «mi loocie 
I. Ûié^Ytil ; — ' i. clic!T«U ; — 3i cbereul, (dKH 
" I. 4>Nil|nble; -^ i. ooul|Mible ; — 0. ooulfi^ilè. 




' 9m bramcàr; -* 3. fat^as^wanéal «mt Imux^ar. 
|. T^Mipil «M» tKMifHe; -^"^r tou|Ml «^ toupie ; — ; 

. «m . toupie. . ', . '.' -'x- ' ' * 

I . Owkf;^— i, cn%vi if* cttfwr ^ — 3. cowr 
1 . MslbcTU. «^ mt^it ; — 2. utalertc «w malritasl 

leÉas tM maietâs. 
4. ^^Énetpeoier^ •-> i. paitirçiiier W mldt^^ pt- 

/.f. iJf«»f«p); --*è.$,. alqoemie «m «iiqueiiùe; ^ 3, «rquetiikr 

' I . «Hrlui ; — 2, orCe^ m orpbemm; -— 3. oifoùa, Ofv 
.' "' ' isfei •« ôrplielîa...;; ^;;%..'y /■ .-^\ 



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TraMtormaticMi : |. (V«jif«»e) ^ j*- i. ctoovcat ; -r 3. cou- 
vent. * \ ''"'" " ' 
|.JJtf*#i^W^;~î. Bustier; — a. mcmslki'. 

\|. Cb*nfr»»ni — 1. diaufrâin; — 3. chanfrain <m chau- 

ri I . Prinf ; -r î. pnns ; ~ 3. pims ow pns. 

brtlioif«^M iBOcrtàItt*: I. {Mmiqm\-^ -* t. ancNie oi< 
\ an$à»éî --3. *iH>we, 8pmié©waii|?oi^^. ° •: 

«l\ \V^»Çt^ ; — 2- l*anfK-«)iic ou LctnderoUe;— 3. bMÏ- 
éer^e w bannerolle. 

I. ^lf*«»^«^V; ^5. liandi«re «»« bannière; — 3, l»aDdki>^ 
^ oatianai»!^ 

I. Kiwiau ; — t. Iwcwi w» ûîwtu ; — 3. nivftau m Tiveau. 

I, <.V««y*f i r-*t, mannonner ©w m'araiollor ; — 3. mai- 




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; — î. ripoulo;— 3.Cibl[Hiî<».' 

I, <%ratign«p; — «. f^^ripliî^er {ij ©« é|;r^oer; — 

3. eçratipifr. * . 

; {jirtf%»r);— t. |ic>iiiMlé««pawslclé.pos«iplé;--3, po«- 

V pelé- ow 'pottS^é. , '"X-^ '•' , 

bictftki** : I. RàrHal^ — i. raduipil o» ra- 
\cfit;--3/r»d»aiki»rf»riiat '' 

lA^4»ï*«; — *: "«^••P'M'*» wcheler; — 3. rachapl«r^ 

MFicbebT. '« ■. 

1^ |J^«M|«f ); — i< ttgqttBhqmllêr m <*^rpiUer; — 3. «s- 
' 5Mt èsquarquiUer. ."''■*, ts^/V' 






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mk»; — 3. itqiMtinif. / 
I. Pasqriis:— 2. |p«9qim; — 3. fMisquiii o«/ pasUs (pâtitj:. 
. _ I. f.V«iiyi»fi;'— 2, toqupsing; — 3. toquesing. ' , ; 

. • m/ caocbeman ;-- - 3. caoqueman {^fV^ ©* Câuchi?-? 



Vo^^àCelIkU 



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Addition : I. IMançw];-^ 2. eslore^^ 3. estor^Mr ws- 
-■ Uurcr. ■ .' ' - '■■•'■.'. • X '' ' 

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•^ppr^nhm^, I. (Afaiifw);^- 1 ders; - 3, d«^ {twwc), 

4^iz6ii<kis. •■ ■■. . ■' 

Tr«nspo«itioii : I . Crococttte; — t. crocodile w at>oàdile,^ 
^_ — 3. awodilfeî,- ■■■' ^ ' v.-'-v.^.. ■..,■ ' 

I. Dfspoqrreu ow drsprcnlvf^* — J. despouneu «it 4es^. 

jMtHiVea ^ — 3. despoiirv<>u o«,desprouvea. * 
1 . Formage ; -- î. formage ; ^ 3. fbrmafé outroaai^ \ 
"%, Prouffil^ -r S^ pQurfit im» proufH i^X poupfit (M profit 
t, Pourmeîier; — 1. fiptirmriier oif proumeiMr ; •-- 3, 
' . pourmeDer. '• ' ,^ -^^ ^^ 

/rr^iittorB«tl«n : I. Il^arler;— 2. i^Kiirlêr; -«-31. meur- ' 

* ■ . . ■'■•-.,* *■'„'""■♦•-''■■'". ■•■,■■ 

' , ■ .*■"■..,■, ',.'»'''■■ ■.'.'■- 

OrfhofraplM incMlaiBa : J . Pampre; î.^ p«npe «n ptn^ 
pre; —a. ptmpeMipinipre. ^ 

J. Pârfrcttierç — 2. pmfrenîer; — 3. palefrenier {riew-jT- 
palfienier oiKfkalefr«n)Qr. • « ; % 

I. 'Ijlanqme}i — 8|. p^^^in «i peWriiT; -r, 3. p^egrin wr 
». pèlerin. „■ , , ^ ^ \ 

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\ . «ii'dfiie. " •■■;■■"' ^ ■' ' ° ■' ■' ^ ^ ' ' 

, • ■ ■ 1^ , . - - . • 

i, ^chifer on (lechirrr; ^i. deâchirer, descîrec ok de^ 
^ cHirer; -— 3^ dcschic^OM déchirer; vf- •* 

. i. Risure;-~t- rasure;.— 3. rasure om rature. V' . 

' mupptmÊitf^ : Jk, Esjpier {!);-. t. e*piCT-,~ 3. «pier 

.î,:{^nnqu^;^: chassub)e; -^3. chasuble^ , . ^ •' - ij 

: Adjtttioor: i. Maiuside i#^r- *• niausade;— 3. ofuiusade > 
•. (inàùssa(V«). -.' -''^ •'..*; ^'' - ' ^ '^ -'-^ , 

Iv lik nsile-, ♦- tv Hteiisile ; V 3. utensfle (ustensile)? ^ 

' . .' ' ^' ' , ■' > "* , ''•'.■■ 

dire r\— 3. csfty ^ f^jre. ^^ /' ,. ' 

|. Esventèr; -^ 1. ésveDiter pii erentec^ -^' 3. ^renter om 

evvBAet. .;./:-. ;:..■■■.•;' -^ .;■'•■■: 

-t. Besvér ; -- 1. rpmr oii rerer; ^, a^resrer. ' 

I, (A#flnçvf)4 — 1. Destner «K destrier; — 3. àÊS&ka wi 



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;inm«Ariii^^ I. (ir«|.^;-î, Tttd^nde; - 3. w- 
dugalleiMt^eiiugi^, vertiigadîn. 



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I , (ifaii^) , — J. aposttter ; -r- 3. apostate^ o« apostasier. 



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': '\ " • 1. Ch rèliqiii; -V*. i«l»qu« ; ■— 3. réîiqua (reliquaj). 



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V r.;- Q|fiMi(|ra^lM laeërtalB* ! 1. iWanqw); -^ 9. desMurtôire ; 
• ^ ./ ?, ' OM a«;slourabii«:''~XdesU>urtoire (t'i>iar][ o« 

I •-- -, . " ' ." '■""^ ' 'noire. ' ■. .■■../' ;■■.■,,.■ . . ; .' .■ 

\/ ', :^^ V • ' ■ ^^'t^ , ^ ^ .Iv ; [*l/an^i*e) ; 2. loriot ou loriori ; — 3, lorion ou loriot.' ' 

l", -/t j " *■ ' ; '- ,*■ >i. Arii — î. tri ou tari;;— 5; an (y^éMx)ôtt tari. v 



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:-,{' ■ à, '(Manque); -^ î. musdadel ou muscadet; — ; 3. imùcàdel'^ 
OM muscadet, '.,'•'' 



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,^ ' ^Voyfez à P, à^ voyëîle, au B, au (G, à l'Fv ' 









iph« Incertaine : 1. (.l/an^t/e];~'2. aveUle »k 
. . abbçille; — 3, avëille, abbeiUé où abeille. 
^ '-1. Pçlûlou vgIu; ~ 2. pelu ou velu'4 — 3. pelu (fu'yehi. | 
I . Courber; -^ 2. courber oe^ \courver; -r X courver «u 1' 
:' '-V'oourber# •::,.'■■.• -.. • •.-, .7 . \;y ...\ 



— VoyciàSetàt;. i 



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— Vovez à S, 



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(1) Cm, k euùm et gaini. 




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PRONONCIATION. 




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C'est chose légère et insaisissable que la parole ; 
Torlhographe en est rarement la notation exacte et 
^'^-—^cécise, surtout à Torigine de la langue; alors récri- 
ture procède aèec des- tâtonnements tels qu'on a sou- 
vent peine à /saisir la véritable forme des mots sous 
les dïvefs déguisements qu'ils empruntent de là mode 
duiténaps, des bizarreries des dialectes oudu caprice 
' des scribes. ^ , . * ' 

Les grammairiens du xvf siècle essayèrent de dis-- 
cipliner ce désordre/ Leurs œuvres, que nous avons 
analysées, sont, en grande partie, des traités d'or- 
; thographe. Les uns, comme Meigret et Ramus, veulent 
asservir l'orthographe. à fa, prononciation et proposent 
iMje réforme absolue du, langage : tentative stérile , 
^ compromise par l'exagération des systèmes et plus 
encore par la diversit^ des moyens; les autres, lais- 
. sant à l'orthographe ses droits légif imes, acceptés par 
. Tusage et- confirmés par l'juialogîe, cherchèrept à lui 



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«iMAlUiAIMB FKANÇAliic. 



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donner des règles uniformes qui seraient communes 
aux écrivains , français de. toutes les provinces du 
royaume; ifs dirent ensuite quefl compte en faisait««la 

..:prono'n'ciatîOjÛ^^ O'jiUtres enfin, sans tracer de Règles, 

. sans projets de . réforme cômme> sans prétentipns de 
doctrine, s*attachèperit uniquement.à constater à la -fois 
;la prononciation et TorlhogrAphe, en ?vue surtout des^ 

; étrangers chez qui la' langue française comnidnçail' à 
étendre sa glorieuse influence; . * • ' 

Deux ouvrages publiés à quatre annéeè seulement' 
d'intervallej l'un a Gehéve, rautre à Londres, se sont 

I spécialement occupés de la'prononçiiation^ Panalyse 
que nous en présenterons ici formé la suite naturelle 
des traités orthographiques résumés dans les pages 
qui précèdenti , 



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CLAUDE DE SMNT-LIEN: 

; .(ClACBIO» A "ftANCtQ VilfCOLO.) 



'l/>plus ancien traité de prononciation que nous Ayons pu 
connaitre est dû à Claude de Saint-Lien, de Moulins en 
itourboimais, professeur de langue française et de langue 
latine à Londres. ^n livre, dédié ^ la Veuîe. Elisabeth, parut/ 
à Londres, en 1580 j il est en Uitinj'en voici le titré : , 

CSlacdh A SArtctoynicvt(^e pr^untiati(me lÎR^x^ g^^ 
Uhn 4^€r:'-nd Himtrissimam iitnt^ue^ dpctissimam Etizabe^ , 
thamî^Anglorumx^qinam^-^ Londini,' excudelwilrl^mas Vau- ; 
trollerius typograpbus. IftHO. -r— I yoL jn^i2; avec cette 
dévise : </«f m. »/>iro«f>ero (I). '' f , , . 

' ■ ■ , ' ■ '■ ' • . . - - ■ ■s ■ 

' ■ I ' » 1 1 1 1 .1 I ■ ), I I ■' 

• .■ ■* ' ■ , ' 

' ^l) l»*parl»f,-pp. 1-86; — 5« par fteï^D."n- 108; — Diaiôgum^ fp. t08^ . 
l?0 et 120-150. — Sermon , pp. l&4-i»r( en latin «un pages)< paires, en 
fhm^s aux pa^ee impaires). 



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Dans son épltro dédicatoife à !â reinV»^ à qui o^l Hpnimagô 
est diX à caus*; de sa parfaite connaissance de la lanfifuc frari-^ 
^isey l'auteur montre l'incertitude des règles tracées par les 
granrimairiens au sujet de la^rononciàtibn. Les uns ont àc- ' 
. xîepté, les autres ont réformé l'orthographe usuelle : il s'est tenu 
entre les tieux systèmes, conser\'ant les traditions' orthognit * 
chiques, indiquant la prononciation par des sigWs pai^ni- 
iiers indépendants de» lettres. ° y ' 

.Quel est le moyen tertne étàbÛ pai* le nfiodéfateur pour . 
' concilier les partis extrêmes? Claude de Saint-Lien <|ui, 
d'une part, est grand partisan de l'orthographe étymologi: • 
que, et qui, d'autre part, sait ^ue la prononciation est suî- 
'\ toilt gênée par la présence, dans les ^pot^, &'un grand mmi- 
> bré de lettres muettes, s'attache, avant tout, à marquer ces 
' lelUres en iriettant au-dessus .ou au-dessous une petite croix 
• qui montre qu'on les doit tai>e. . " ' 

^ 'Mqtips foiik cÔkservir L'oWTHôGiiAPHt AMciiiiNÉ.— L'ortho- , ' 
graphe usuelle doit étne .coupej-vée par respect .pour l'étymo- 
logie et pour U quantité; (fons l'intérêt de la fixité du langa^^(^ 
' qiié la prononciation altérerait toujours de plus çn plus, enfin 
pour l'inteMigence des textes anciens : et en mênk temps il^ 
faut aider la lecture par des signes iqui seront utiles -non^'* ' 
seulement aux étrangers, mais encore aux habitants de pif 
' sieurs |H>c|vinces de France. , : 

l NonuMs lettre» françaitet.^ Les lettres françaises sont .\. 
a, bij ce, dé, é,^gë,a»h^ i, ka, el, em,'en, o, pé, *à, er, ess, 
^ té, y, ex, ygreck, ézed: jj consonne se prononce comme ^ 
doux ; I voyelle , comme ef anglais dans , beede,- u voyelle 
..comme u écossais dans ^im/ (good).. 




. coinposition 

même mot : chausse-pied, pmt-levis; ckitSàiTe ft xr » servira 
à montrer la. lia'^n momentanée et non constante de niots 
fortuitement rapprochés : gardç'roife,batei'le,appettei^moy^ 
Signe des diérèsei. — Quand deiixi voyelles se $uivent ft 
doivent se détacher'.dans la prononciation, nous inarquons. 
(Cette diérèse de deu| points que nous plaçons, non sur la 
première voyelle, içais sur la seconde : j'ou-êr, et nOn Jo-ver, 
pa-isei non pais; moru-è et non mof-ve. Si I'* est ^ccentuéy 



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GBAiniAIllB rHANÇAlSB. 



TaiiteUr marque la diurèse ainsi : Mlu-Vy et place l'accent en- 
tré les deux points. ' ' - ' , ^ ' ■ , 
/)e Papostrop^ie. — La suppression de Tn, de IV, et quel- 
quefois de l'i est marqut-e par l'apostrophe, signe fort en 
usage en français et en italien, et qui commence à s'intro» 
•\ duire en Angleleilv. Nous ' écrivons donc L'esprit, l'église, ^ 

\s il veut, pour k esprit y la église , si il i)eut. \ ' 

l \ De Té masculin et de Te féminin. -^ LV masculin diffère de 
' ly-féminin en a? qu'il est, ou doit toujours être marqué d'un 
ac(*-ent aigu; il se pfonouce cofnjme l'v latin dans me, /«, ou 
daiis la prfeniiàre syllabe de /ègeris/^l'é muet se prononce 
conime' Ve latin -^ pt,ec passage nous, révèle là ^rôhoneia- . 
' tion du latin au xvi' sièele — dans la seçoijde syllabe des 
n\o\s légère ^ agere, feceris. — Quand- deux Npe- se suivent, 
I couroukée, abatuloji/iée, le preniier e&t toujours u^scuUn et le 
' second \toujours féminin. Cependant les deux ee décrie' et 
' recréé iàni masculins; le dernier e Vst féminin dans erééci 

^ ' recréée, \ ',:■■■;, '. ^,;/;;=*, . v "" Z-* '.- ';■ ^- ■ ' ' • " 
Deux 'règles eajntales pour U ,bonne ^prononciation du fran- 
çais: -r- l* fcîlaioné — 0eux règles sont nécessaires pour, 
bien prononcer le-français : 1^ pjemièré, c'est qu'il iaut éviter 
une prononciation trop rude; ainsi, quand un înoVtcwmîné 
pat^ féminin ,est suivi d'un Autre mot coihmençant par une^ 
voyelle («, é, i, o, m, y), Ve muet final ne ^oit pas être' en- 
tendu, et les deux mots se prorfoncenl comme un seul; ainsi 
via tante a disné se prononce ma tànta. disné; mtm père et 
ma mère ont soupe se prononce 'monpéretmafnéronUoupé. 

; Toutefois, en 'Taisant une légère jwusé on peut dire ! mon 
père, et ma mère on ( «oup^.' Mais si l'on s'habitue à cette 
pirononciation on comprendra les livres, mais bien, peu la 

- -conversation des Français^^^On remarquera ici Vé de Ramus. ) 
' ' ' .■ . '. ^ ... 

>_ ' ExrtmoN. -rW y a une exception éependant à Télision 
^ de 1> muet; cet e s'entend non-seulement devant y et.o con- 
sonnes^ itiajs encore à la fin des verbes suivis des pronoms i/ 
ell^^ on : (yomment s'appelleMy-elle? comment V appelle-on? 
Toutefois, pour éviter le choc des Voyelles, tout en les' conser-» 
vaut, oia^it/aussi, aon sàtïs éiégfunce, s^appelle-iil, s'appelle^ 
telle; ei èif revanche, certaines voyelles, même écrites; ne 
se prononcent pas : pôarrnadamoiselle, cppitaine, dites mad- 



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APPB11>tCI. 



SOS 



moiselley cuptàine,, ei encore même, dans ces mois, faites*à 
peine entendre lé (/ et le ;i; V V. , • ^ 

V ^°'Bècl« de$ deojK opntonnet. — Le françaist à cause 
de sa douceur,* est \raimenl la langue des femmes. Aussi 
tjuand, dans une môme phrase, un mçrt terminé par une . 
consonne est suivi d'un .autre mot » corn mençunt aussi par 
une consonne, la'consonne finale du premier mot ne se 
prononce point. Ainsi, vous parltz bien de dire qu'il n'est ja-r 
mais trop tard pour btén faire, se pronbflcc ; uoms par/«z bien 
de dire qu'il n'est Jamais trof tarû pour bien fdiire:- Ta dans 
vous, Ici dans parlez, le f dans est) l's dansjamaw, \é p dans 
irop,\e d dans /arrf tie se prononcent pas, à cause des côn- - 
sonnes suivantes. Toutefo|s si la consonne finale est la même 
que celle qui commence le mot suivant, il n'y a pas à dire 
qirélle soit ou né Soit pas retranchée : dans7ro///>eK, on ne 
sait auquel des deux mots appartient lei^.— Quand y et t; 
sont consonnes, elles sont assimilées aux autres et étoufl'ent, 
pour ainsi dire, la consonne précédente -.estes vousjalous? se 
prononce es/evou^tt/oMs? , < > 

Excmiow— i)e cette règle sont excepta lou's lôs mots 
terminés parw ou par r. — En outre, le c se prononce tou- 
jours dans avec; voiJ à pourquoi autrefois [4580) on écrivait 
avecque devant les consonnes; — f se prononce à la fin de 
quelques mots, et exige une légère pause avant le mot sui- 
vant . Dites : du bœuf salé, le meschief que...eic.', nœuf heures 
se prOn^cent neMueure*;— s se prononce aussi à la fin du 

^moioin». -^ , / 

c! — Le f à queue se prononce comme » devant a, o. — 
J et Vcorwonne«.— Pour que rien n'arrête, dit-il/4a marche 
du lecteur, l'auteur marque toujours l't consonne par;, et 
l'u consonne par V. "' <^- V,, , 

L simple. — Ala fin des niots, les uns prononcent /, qui 
aie son doux et liquide : »7 vient, ils disent; mais les coiir; ' 
^isatis ne les prononcent pas : le choix ici est permis. 

L dans le corps des mots. — Dans le corps des mots,* / ne se 
prononce pas après les diphlhongues au, ou, excepté dans 
cwùpe, poui pitre. — . Dites donc, sans faire, entendre l . 
auUrement, pou\dre,eic, / 

f S dans le corps des mots. ^ La lettre «, souvent muette 



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504 



9%ftÂlllAl|| FIANÇAI 



^ans 1^ t»rps des mots, se prononce toujours : i' Uans les 
noms propres : Auguste, Espagne-y... éfc; excepté, dans 

-- Christ y fiasUj Crespin^ Escoste^ "Estiéne, llyerosme i—i" dans 
les noms de sectes r anabaptiste, ùthe-^e, latiniste; — ^3* dans les 
. noftis en isnte, comme babarisme^ cathéchistne y judaïsme l'ex" ^ 

'^ ceplez a&«wtf;\^ — ^;4" dans un grand noriîbre de mots (l'au- 
leur en donne )a liste) to^is tiiâis du latin, comm^ ?*P^iU 
contrister, ou particuliers aux Français, comme es^arpinê^ 
zmas^^'éf ^stoc, • ' • - ^ V 

^ LL redàublêi. — Lorsque deiix /f suivent une des quatre 
dipbthoi)gue5 ctiy e(,;Oi, ui^ ils se prononcent en touchant lé* 
palais pi^n avec^la poiAte, mais avec \«t milieu de la langue,. 

. Qeqiiiilonne à i^s lettrés un son mouillé : tailler, iriillis, 
grcnoi^Uy fouillé;, brouiller, bouijlir. — Exceptez : anguille^ 

" avilUr, e^àf/7/aaon (raillerie), e&toil le, tranquille, ville, et leurs 
dérivés^ où / se prononce du bout de la langue. — Ajoutez 

.f tous les mots en ï7/<?n, "comme papillouy et îin graçd nombre 
d'autres en ille, comme l^eiuille, famille, v<datille,fprmillièr€, 
périlleuœ, elc. \, ; | ./ ''•„■/ ■■"/ * . /X ' . 

Lettre M. A- Toujours à la fin des mots et souvent devant 
les consonnes, les Français prononcent m comme n. Aim 
nom, chqmpi fain, temps se prononcent non, chan, fin, tans. 
Quelques-uns qui pronoi^cent prompt au singulier disent au 
pluriel py-ons pour ^rom/^(«, ^ 

Lettre N. — On a dit |il|is haut que n se prononce piurtout 
où il est écrit II peut exceî>ter x^ependant les troisièmes per- 
' sonnes plurielles -des verbes terminées par ent; ils ^ISngent, 
i^ mangèrent se prononcent sans n, avec le t et l'e muet. 
Mais dans lés verbes où ,1a troisième personne du singulier est 
terminée par ent, on fait entendre n ; il vient; elle tient. 

Lettre S teiw le son de Z.— Entre deux voyelles, «sonne 
comme z ; ainsi chose, se pirononce cAoze, excepté dans les trois 
mots présupfto^, resentir\. resembler, où s simple se firononce 
conime ss double dans poisson , — Où écrit prise ou prime; 
dans les deux ca^, s se prononce comme z; dUes donc : la 
prinzè, ou là prize\tiuroy.\ • 

. Lettre T. -;- Le if, se. prononce souvent comme deux m; 
ain$i imposition se prononée^ i'inpozission. U vaudrai mieux 
écrire par c, tm/xûtnon, (/tccf^ii, etc. ' 

* Lettre^ X. — A la fia des mots,^ se prononce comme s : 










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;. !■ 



, APPENDiCi.'. 



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:>o.5 



ainsi, deux, dix^ prix ,' cheveux ^ doux se prononcent deusy 
dis, pris^ chevem, dous% — Exceplé perplex. — Dans le corps 
des mots deusiesme^ sixiesme, dixiesme^ seiziesme, on proT. 
nonce x comme j ; siziesmey e\c. — Dans soixante, lexive, 
Bruxelles,' il y a le son de deux 'ss : soissante, lessive, etc. . 
^Partout ailleurs, il ft le son du latin : extraordinaire, 
exalté. - ' ;■- •■ /■-.■• - ■.^,, ''zv----- . -:--■-■■: ■-■'■■-'■.■ ■■m 

Lettre Y. — L'/y et Vt, placés entre deiix voyelles, diflTèrenl 
en ce que 1'^ ne devient jamais consonne devant une voyelle, 
et se détache toujours nettement de la voyelle suivante : 
af/ons, V04/eZy se prononcent fl-y-on.t, vo-y-ez, et non a-yons, 
vo-yez, que quelques fous, ont voulu introduii^e, gt qui ap- 
puient leur erreur en ^écrivant au milieu des nK)tsun t au lieu 
d'un y: la faute est d'autant plus grave qu'elle peutilonnér 
lieu aux étrangers de prononcer vo-joye,'a-jàni. — L usage 
permet, du reste, d'employer irfdifféremmént y pour i. On 
n'examinera point ici si cWt avec raison. . 

Après avoir parlé des s|mples lettres, autant qu'il était 
"utile à son sujet, Tayteur abc^rde quelques fennions de lettres 
et certaines syllabes* qui peuvent paraître di^ciles. 

' De àin et di« ein. — Dans les mots qui finissent par "liin et 
cm, nous ne prononçons ni l'««ni l'e. Ainsi piain, plein ia ^ 
prononcent min, ^/m. Majs si les lettres ain, ein sont suivies 
d'un e muet, ce n'^t le son ni de l'a ni de Vi qu'on entend, ' 
mais un son ifbrmé des deux, et que Ramus marque par un ë : 
comme baléne^ capiténe. Ainsi Itomain, certain se pronon- 
. cent Romin, certin; mais Romaiwi, certaine se prononcent 
Roméne^ certéri^^^^^ On.reproche aux Bourguignons et aux 
Normands de faire Irop enlçndre f i dans les motâ terminés 

jn aine. ; • •■'''. --ï' ./:•;■' .v;' •:• v ■■■'■'■:'■ t. ':''■' ':S:- ■ 

ai et rfe ây. ~ Ces deui syllabes.' prennent différents ' 
sonV; dans fay, je sçay, nay (né), et à la première personne^ 
du sUigulier du fulm, je diray, je dorfhiray, jfi tiray^ on *^ 
pronom:e ai ou ay par é ipasculin ; mais k la première personne 
. du prétest indicÀtif, on prononce comn»ç on écrit, surtout si 
l'infinitif V en ér; ainsi ;> chantay, j'allay, je marchay.— 
ToatefoisVraelques-ujis prononcent comme si t seul était écrit, 
et disent je)chanti, j'atli; de quelque manière qu'oo pro- 
nonce, on écH^l toujours ay 



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VtÔ6; -* uhahmàiib framçaisb^ ' ^ ; 

Remarque. — Si l'y est suivi d'un a où tl^un ^, les trois 
voyelles forment trois syllabes : ayant; ayez; vmjitnt^oj/fz: 
'abbaye, loyer y etc., prononcez i nb-ba-y-e, lo-i/'ér. ^""^ 
V , Il faut excepter là preniiérepersonne de l'imparfait de l'indi- 
^ -y catirqVii se prononce toujours /'rïi/wof',^'_'ri/foé^, je lisoé^soh 
- qu'on les: écrive j»"«<wo/s ou fatmoye,fallois oùfa^oye,èiC. 
Les poêlés emploient l'urie ou l'autre forme selon la niesurt; 
du vefs.f. X " .. • _ ^ \ ■ , ■ 

Àjj. reste, af tient le milieu entre a.et <?, partout où il se 
rencbntre, et il se rapproche b^at^goup, .quant au son, de Vt* 
ouvert. • ■■V. -. .■ \ '- Y" '"«■, . ■ , ;^.. 

. Excejttion.-^ Cette règle ne s'ÀppHque pas aux'<nots où Vi^ 
est marqué des deux points, tOnî^ne Aayr, /w/*j quise pro- 
noncent A'«-/r^ />«'/.«. Quelques-urî^ font aussr sentir l't dans 
«irfe, aiÉ/e/î; mais c'est une prononcii^tion normande. . 

Dê'di. —hs^ch français se prononiçe comme sA /anglais, -et, 
.«cA allemand; — excepté dans les i^^ms' propres où ch est 
suivi d'un a pu d'un o, et dans quelques noms communs: 
Chanaùn, Zacharie^ cholérc^ chorde^ esdiole^ écho y etc.; 
^Ii0j?s il se prononce comme ktkbléreyQic, 

Des syltabes em, en, et ent. — L'e devant 4n etti, au milieu 
ou à la fin dés mots, prend une pronoiwîiation qui tient le mi^ 
lieu entre l^aet l'e; ainsi pour attentivement ^ on dit preéquc 
attaniivemnnt. — . J| y a une première exception pour le plu- 
riel des vei-bos en ent : voy. ci-dessus,p. ^04;— une autre ex- 
ception demande que cette syllabe en se prorfonce comme elle 
est écrite, c'est-à-dire piar e : c'est dans les mots mien, tien,' 
sien, lien, bien, ou, au pluriel, biens, liens^ A ces mots je vou- 
drais qu'on joignit tpus les mots terminés en ien, yen eiient, 
comme: il convient, moyen, terrien, etc. rr Le mot géhenne 
se prononce yenne. \ ' ■' 

De es et ez. — Il y a grande différence entre es et ez. Dans. 
chantes, aimes, danses ^ toutes, sommes, le- son de es se rappro- 
che de Vè féminin, il est, comme on dit, d^mi mort; dans 
contez, darjLSèz, et autres mots enz,léson de'<*2 est beaucoup 
plus aigu et fse rapproche de e^ latin dans lapidei, aies, 
mais un peu .moins ouvert. — De cette différence d'écriture, 
résulté une double différence de spn ; dans martirises^ deva- 
iises, la péniTtlième syllabe est longue et la dernière brève; 



\ 
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APPEnDICB. * ... < 507*' 

■ - ,■■,*', .1. > k 

(Jàns martirisezy^décaliàz, la pénultième est brève et la der- 
nière est longue. ■ ' :^ j ' - 
^ Du- reste, m n*a pas toujours le môme son», it se prononce, 
non pas à bouche close, mais à boucbe ouverte daVis les nio- 
nosyllal)es mw, ici,' ses^ ces, les\ des : ne serait- il pas néces- 
saire de niarquer c^ll^ dittérenr^ du, son par un caractère dif- 
fïirent, pai* t', qui ^servirait encore ^dans ,cs/)<f'6r,LMcr«^ce,|^ 

vèére,fri^re,'eisiJ • \^'' 

' Quand faut-îl terminer les mots par, e.v, ôu°par es? — Le 
^lurieldes mots dont le singulier est termina par e muet; 
ind V; ainsi home, homes, etc., si le singulier, soit nom, 
soSparticiw, est en e, le pluiiPl^est en «/ainsi, bonté, Iton- 
tezi^imé, aimez. ^~ De moine, dans* les verbfs, la seconde ' 
' p'ersoùne du pli|riel est toujours en ez : vous é/qnse: . la scr 
condô du singulier peut être en es ; tu chantes. .. 

Prmonctation de gaow milieu des mots. -^ Dans le" corps 



-♦y 



\ 



Prmonctation de gaow muiett aes mots. -^ uans le corps ^ t 
des m&, i/» se prononce en fran<ws comnie yn italien dans \ 
s»^wbre,\comme ni anglais dans miniow, ijui n'est autre, pour / / 



la prononciation et le sens, que notre mol wi</«ow. — Aotte- 
' vfois (iftsà e"n France on faisait précéder gn de i, comme 
dans gaigner, baigner, dans le but sans doute de marqjucr •' 
'^radoucissement du <?n par cet î, ' ,. 

, ■* • ' \ ■ ... • . ' ^ 

ÇlxcEPTiGif. — Dans les mois cognoistre, cigne, regnard, , 

signe, le g est tout à fait muet. 
\ J)£ oy et OU' — Le mot moyne, et tous les autres moti ter- 
miné! eri oy, comme moy,%, se prononcent par oé : moéne, 
ioé, toé; remarquez que royné se prononce [comme Tanglais} . 
rgnne. — oi pe prononce -aussi od<. Si oi est suivi de n, comme 
8oin^ besoin, ftoint, moins^ on prononce presque en divisant 
ainsi so-in^ pour-po-int, eUi. 

/)e gu devant a, e, i. — Partout où vous trouvez gîtai pro- 
noncez comme la première syllabe de Gabriel ; le g a le méftie 
son dans gue, ^». — H y a quelques exceptions à cetterègle : 
G«i«e, j'arguë, aiguè, ont trois syllabes;, cmtiguè, ambiguë, > 
fli^mer ont quatre syllabes. ^ '. 

' ^^ qu. — Pponopcez partout qua, que, qui, comme hn, ke,. 
ili; ainsi pbur quâtibre, querelle, coquille, dites Uàlibrei 
kffrelle, cokilte, - ' 



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«■ mfihi im 
««t»îr parié «1rs lettres et drs sf^lâtuès, I' 






b'ilvxiiiiMiMnitlaua àei p K p pu Mtï att d érs plMiiÉn caitîërML 



Ti(Mtt Ik BMib. dohfat êlre méi Ifliii <i Af Irite »ql%^ gf. 



oaclHML Cm Ollllft CK 



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ratf^cit. Ti^ r«, et r« ant loi«s. 



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oiir t> M sàH ftMl nwtit ^MnEte: " 

. Ô>«A dp Sitnt-lirè WmiMM firtip pitfifm^ péitif ilr «m 

il ^ fMt 5|«iHn I àmplr^dtfts lyyflwr .^ ie .iiiAa|B m^iitilt <l 



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wn i w ; IcfcWticips, < y wi qMei> •4|t»tit&. ksfirMiaaK/PrtiMiy, 
ru <iVy, «•#, Ib, m H. i»r, fp, », fr, ">«,' ••*», «wc, r», 
ftfrni, (tel M fBaraÙMil dh¥ffi«« ^^^ 
Affné «u vnbcVs i m sà|CMil^ m rerraîo occnbre qw «4- 



te cipp Mg g e 
..de 



Les covrtîsMi^ vont luêncip îaâi|a% 

»*P5 fi»w\/Àwi% énr, 

'km fmt ffêâ pfomr «HK^-^ytim [mit <v^«.- amâ «n-. 
CQR^ k «Ml Um^^/m'^fme^ pour Ir ncmnrx mms ixirm^ km' f"*»* 
nik» face. Enia poar «eNf êmme^ rouff /Smv, «rtf mffirmgif^ «f ' 
ochIp Anp^ <Mi pranfMop ttfn^^ sit ^^m^p, arCApmp<p, tltiftfmh- 
Hf^ Ht. -r Es (tfla mmk hvUmis Ws Hdbpns qui dbêil sto 
^ MMhip piMir ^MnAi aHinp* Mftir v. pMr c ^wnte 'Amtw, Ptr,' 

L*«alMr hipiw celte ««mide putîe «n OMomat dponm- 

^ liir« d^ mtwi^rrr cm .pr«C ooofifw oarTPflie :/p Ant,/p i|r 

^ éÊitê'pÊfÊ^.émr'Je^'iift d«r»-jip jn*/ tes vcrim l<MI ealters^ dit* 

' ril» «Mrt «Q^fii^nips dMS sm taitîte de h cQii|ii|»boii wb^Ut- 

'friiicw/o^f da»»» Dktioafiiiw» 

Le «sriàÉÉe mA tenùiè par qitflqpKs dnlof^Ms où r<li^«r 
plwe ctt rr^m^ éuKquin cnàoaBn* d^ahotd r<MtlMf!rtphe . 
pais «eue d» rafionaàteurs. sans jMEmnner onn<€i, 
te sipaap propre et te proaoacàlîoa; d «olris dtelo(>«ies^ 
«««c tes apÉea^artKuttm doat 3 m«nf»p 
Le volaaR «A tenàîBé ptr ua sennoa doat 
li no É to te LMli tea dt %arée d'apirès te sfslMae de Taoteiav 



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TliftoilM^ <le BètP édWit à rnsafre des AUemmcls un triHç 
^kiptie à f«4tii qv^ CUude d^ S«inl4ien a^fit comporté 
poiir les A'ngl^ : imqs laiiâlysrrcms cxMnm^ nous a«oii« 
Ùil le pwcWei*. --\En wk* k 1^ 

T!iM«dorr> <V Pè« dédie Ib pflit Brre •■ ^«iiie hartm de 
Z^TOlih, qai vient «i ^Vnice; il a déjà exf0«^. en pn^nce 
de ce jfune'seipmir « de ses amts, Içîj idi^ ééitSî* de nou- 
veau dan» h» traîlè. \m'oo ne .reçmdiè point àTaiitei^ Mt 
'àmraiie caamifprq digne de^son nom ^ «lèvItr'i^lWesaoo : 
d'à poar lui lesexeinples dé Plattm ft dis Cèsîr. • 

Au débm de l'opii^oile. iW>j)e justifie. le titre de sou traité: 
d écrit 4f li fmm fmmetcn, et j»on et lim^tm fidtiro. non à' 
àAt<ie firs Francs, mais parce que l'ancienne («aule. remSea- 
'^Kjtts tonunun àt ioules les natioiis a pris le nitai de Frauce, 
et que sa langue, fonniée d'une foule d'idioaies. est tellemedi 
lîcbe ci polie qu*on l'étudié partout à cause de son élé^ran»* 
on dans llniérêt do oommeroe. — Deux «Mises rmdent sa 
pnMMMKsation difficile aux étrah^jers : la preniièrp^ c'est cette 
dficrsité de pr(Mionciat>ôns'si;«<'iisii>if l<N^u'on entend pit»- 
noBoer une mente langue, oodune le Utid, pardes AUemands, 
des Auflais ou drs Français; b seconde c'est que, d'une p^ 
UnèBie kttre aie n^irésente pas kmionrs^le mîme son, et 
que, d'aulre.pwt^ toufefe les léttxv« d'un mot ne «ont pas, 
t((pjonts pninoQcées. 

^ CH wi k fu ei rèrfes serrent à lerer èes ^fficidlé»; m^s le roefl- 
l^^rcuide est riuaiie^iputefots il ne £iut pas .Iç Suivre sans 



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étifitrfi, cj^cDdts «tfiteairis, api 









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|iraifleiioe rt «tm rÏKMi. AutfWais^ snos Frsncoif t^, le vhù 
p^^ (k'S lettre, c'est à U cour qu>o UxHivait le bon usa^jM^; 
iDAÏs depuis su inoit, la Uofn>e tout entière est t44lfiTM*nt - 
rhangée qu'on oè ttit où eo dk^t:^ U purrté; le peu qui 
en resie t*fst coaurvé dans quelques «ncienoos /amilhpr et 
dam h^ aeia du paHement. qui oepttKiaDt &e lai&ie ga^x*"^ 
parla cohtairion.-— L'juiUnir dira) d après ws souvenirs et 
ies ottsenations, ce qu'il |i appris depuis sa j*^UDcsSe daas le 
oocniueroed'hoitimos ai!^ langage élégant et pur. - ^ 

Qmelfwt$ t^eé fèmèrtÀiSt et prommrititiam. —. Ce n'est pits 
^issec dê-tenoaitrelè son de diaque lettre et de ^votr quelles. 
Mtre<j bien qu'elles soient écrîtei^ doWenl rester muettes-; il 
faut encAre éviter tout son dur et ppononc<^r a\ée une «"ertain^. 
douceur m-^ligâià. La langue a tellement bi»rreur des sons durs ; 
qtM ics/mots oîi se trouvent deux ce, conune |M>»ès, deux mm^ 
oodiamt «bfime, deiii ftn, comme anmee, ou deux rr^ ootroniie . 
ferry^ sûotles seuls où se prononce une consonne rèdonNée. 

Il faut éxiHgT aussi too( accent et toute pesanteur. l'àorenV 
des It^iens qui pctrle sur ravant-dernW're syllabe des mot^; 
la pesanteur dt^ Allemands qui s'àrrèu* sur chaque nx>t. Eçi 
Rance, ta pnooc^ciation est rapi<lë comniê Tesprit des Fran- 
A'aûs; on n'aime ni le choc ^ consonnes m les syllabes Jon- 
jolies ^ les CiMisonnes Anales 4e joignent a intimement aux 
voydles initiales des vaolt& suivants qu'une phrase se pr(>nonce 
oomroe un seul mot Awm dans : Je pitrlerûy étmnm à 'vtm$ «î 
Afm ei>rimt à hvid kfwys dti maiiny il y a dix-neuf <\] svUalies : 
toutes sont hnèves, et elles se prononcent liHitesd'un seul trait. 
■ Lis Français ont \ingt et une lettres, en écartant k q^i n'a 
^lÉs d'emploi, et y qui n'est autre que la voyelle i redoublée. 
Ud se seit; en typc^rraphie, de carartèreis^ appelés romains, 
italiques ou gptliiques ; mais les \Tais caractères français sont 
empruntés des ferecs^ et c-t^t ce qui explique pourquoi César 
dit'avtifr trouvé dans le camp des Helvètes des tabKites cbar- 
fîées dé caractères gnncs. -^ Ici; Théodore de Bèie met en re- 
9Vd de rd(4iabet grec un alphal«et composé des caractères 
qoelMMis af^[»ekins maintenant ca2*actères de civilité : nous 
avons dit piiis hjuit qû'Abei MiidMeu les avait em[4oyés. 



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(I IMxe comj'te f «rieur ctitaxat disfyitabe 
fvUaUa 4aM ietoaide qu"!! cite. 



autremeot il y aurait vingt 



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' ' PtOnOMSATIOll Mt VOTILUt. 

*tl«'oe«<Mtrrt:, diu^Sont voyelles c, f , i, o, m. 

i'oyf//e «. r^ La Toyelle a se forme à ta acmé de là lan- 
pat^ dans le gosier snil, la bouche ouv«rt«, et produit top- 
joiirs un soa fort clair.- 

Voffftte e. — Le son propre de 1> e*t <v4ui que produit k* 
bout de la langue sur les dents, la bouche entr'ouXerie : on 
le. trouve ÔMps les mots latins ""/e^erf, vivere. Les grtmmai- 
rien^ français ra|>pellént e Cermé ; quelques-uns, e long ; c'esl 
a tort, car il est otnlainement bref qurlqiiefois, comme dans 

mot altrré, qui est un dactyle, et dans Iw^n d'autres. 

L> a un autre sop qui est celui de la diphthongue }r des 
Latins ou «i français, et qui tient de Va et de4V; qo le tixrâvé. 
surtout devant /, r, s et t: on l'appelle alors f ouvert; ainsi 
eittre, fe»le\ lêrre, eile^ te prononcent m$tre^ fmstty tmrre, 
aille, comme dans màistrt^ faute, aùte. . 

Un troisiènie son de I> frajrçsis, inconnu des Grecs et des 
Latins, est celui, que les Hébriuxdonnent à leur point-royellc 
le sera; on Tippelle e féminin; cet e féminin, qui s'entend 
à peine, ne compte pas à ta quatrièihe syllabe des vers pini- 
tamètres ^ dix syllabes) ni à. la sixième (à tliémistidie) des 
vers béxnmètret(aiexaiidnns); enfin les ^"ers terminés par 
cet e sont tous hypermètres — Le féminin ne commn>ce au- 
cun root et s'i^ipvie touj<Nirs wt la - consonne ou la voyelle 
qu'U suit. . . ' *■ . 

Il faut bien ^(^ingiier m trois sortes d*e, pour ne pas pro- 
nonce' par e ouvert, oonmie OQ fait en Guyenne, les infi- 
nitifs aimer t ditmer^îji le pluriel des noms ou des participes 
^làmtét, l«à»h où Ve doit être fermé. C'est ce qui rend si dures 
pour les oreilles déUcates les rimes de dis/mter et Jupiter, 
Hiver et érriver^ parler et par V<iJtyla»$é» et IPyues (1)*, a$m 
(aniiex) et accès, qu'on trouve fréquemment dans les poêles de 
oette>^peoviiioe. .Aussi serait-i) à désirer qu'on affectif | ces 
trois sortes d> trois sortes de caractères. 



(I) pB sirivatt la 



Utiaè^ ^oMàil à Ve teal l%fMi ««- 



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LVi encore (i'^ui: autres soiis. ^tï^4s^hatii^ds qii^il prom! 
ayant tn ft à\afit n. tantôt alors i} a !<• son de a, ti I cuntfut ou 
'Tt se prononce presque njtsolutrient cotnnH' on de ronstanf; 
tantôt, «t alors m <Vi loujours picHï^dé de i, il pfejid le son- 
iYvm I .• tel fnm^^ui »> pntiutnce ùim. — ' l>ans ce d«'n.j<«r 
rjis, M«lâ syllabe j>n vje^t a être suivie d'un ^ inuet, IV reprend 
)e §on-feriné : tkimf^ ekrfaftcne, mlem^ etc. -^ Les dialectes 
font, i celte ti^ublt; rt^gle, une dodl^ exception. Kn Picar^lir 
"on pr«>nonce en sau^ lui donner le 8<)n de <iw, et l'on écrit -et 
jMuiionce</cr/ff<«,cfc*«.s quoique le rejile de la.FriUice écriv*' 
e)[ proiic*ncef/e(/{Zfi.<J, cer/ru ; etau contraire en I' Oilo«,-<)n donu«; 
à û syllabe ien'U son de te fermé ou plutôt de Va. \ 

Letinu -^ En fVân^«i&tX)nmiè en latin et en liëbreu, U 
leth>e I est tantôt voyelle, tantôt consonne: voyell^, elle a un 
son grêle, commun À tout/es les langues; consonne, il parait 
"Utile de la diMinguer de t voyelle en Rallongeant ainsi, 7'. 
/ Voyelle 0.,-^ Ceti^ voyelle résonne, sur la voftte du palais 
cmniné un édio^.|iiai5.avèc un son moins clair que «, et 
moins sonore que iPui 'qu'on lui donne dans le Uerry, à Lyon 
et en plusieurs autlli^. lieux, où lou |àrononcc fujatre^ mttre,: 
leéoi, conifpé 'm>u}irre; vçtisfre, te dom. L'usage f^^pendaut d 
adopté ce son pouu'les mots cou, /bw, wjow, qu'on écrit aussi 
coiyfol, mol^ ai d'où viennent colet, folle, molle ; eu DauphiriéV 
au contraire, et en Provence, on supprint^,^rM de la dipli*' 
Ibongue oKs, et jl'bn pronoïK^'eo/;, beaucop, dol^Ur^ torment, 
fkni^coH^y'bcaaanifj^doulct'r^tMtrmenf. . • 

Lettre v^ u. — iC;étte lettre, lorsqu'elkî est Voyelle, 'n'est 
autre chose ^ué rbypnilon des Grecs, et se produit, les lt»\ res 
rapprodï^», avec une sorte de sifflement ; elle" a-JMi son 
gpêie, presque comme IV. — Lorsqu'elle est coijsonne, elle». 
se rapproche du digmaitia éoliqiie! -^ Dans la prononeialiou ' 
de otHUe Itltre, il faut bien se gardT^r dé la faute que font les 
Gasccxis qni prononcNit ^4«~-pour rin, boche pouf t'flcjf^e, et 
qui, ai^ contraire', emploient v poui b. — Les anciens Fran- 
çais voyant cette Arflogje du b t't du t , iiiveiitèrent pour le 
p un caraCfci're qui„. sans^étre un é, s'en rapprochait tort; et. 
r«nployèpent au nçiilit^ù, commue au ctMTimenceraeni des mots : 
rw,, ivri!ii,^î^^^i|jp^«»f,^^€^ ^iVamus, pour distinguer u 
fi'O^Ucil^ pour la consonne, le « 

lià^ax'Jli vt)^^ tiéa^tj0^èmsi^'C(i dessein ,«, mais non Texecu- , 



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tioo : lu cori^wicc^ùt été |»r»'fcraUl(', cuir, j ?n greà aucieu 

■ était la voy4>lli', ct^ (v) était 1^ copsonni' teVA^i ; plu» tard les 

'^ scribes i|[^iirondir('nt (ïe&dcux sigiics, toutefois en rém'ryjKfi 

le u'pyurli- conuuencenièot, Je u pour k» milieu ou la iîp des 

■ lfÛ^t^'*^~r T=- — — ^ ?, . ^ ,^, -— ^ -- -^ ^^ y -.' 

^Mtrt B, -7- Cette «^tisonne a le méi^^n en traïK'ais «l 
* ralatin, avec une certaine douceur, t|Q«ftefois, qufen tempéré , 
/fa dureté, et la distingue da />. > " ;- 

iMtrf C— Le c a deux s«fîs ;. devant a et an, o et ow, n pt 
. /<t, elle a le son^du (atjn^ devant «et rV eUe se prononce 
Toninie j. —^ Dans c^^esni^ cas, les uns, pour indiquer sa 
prononciation, lajfc^nt suivre ij^iifVfr ^ ieitmtnenœa^ nous r<i»m- 
meftceon$; d'auttos allongent le VpMï'r un trait inférieur qui 
rappelle 1 ; comme ra^ façon\ -cùmmenf-aj etc. — Lorsque Je e. 
est suivi (l'une aspiration, il prend unson'lourd et gras comme , 
r celui du sjHiin hébreu, marque k droite, aj^ non comme celui du / 
y grec : chatf (hoir, riche ^ cAo«é. .. — -Leimcards prononcéiitle ch 
par c dur , disant tatj céuld, pour cha^chau/d ; etau oontrairele 
e doux ou « par cA', disant chechiy ckeia, pour ceci, ctla. 

Lèttrt D. -^ Le </ ne termine aùcime syllalieen français, 
si ce n*est, quelquefois, pour rétjmtiologie, certaines nnales-: 
mais alors il a le son d'un t un peu 'Inouci. C'est ainsi que 

. nous écrivons gaillard, lurd^ à cause de gaillardise, larder, 
On le trotive aussi, au lieu du t qui parait à la. deuxième et 
à la troisième conjugaison, à la fin de lafrôisâ^e personne 
du singulier de e^'rtains verbes dont l'infinitif eai en.</irc, 
comme enlfwrf^ fond, craind^ Joitwf , de entend/e, fondre, ; 
craindre, jéindre. — H faut se gjtrder de confondis 7f<anrfy 

' de quando, avec qnant, de qmntnm ; -^ et aussi éviter l'ciwir 
des Allemands qui prononcent toçtar pour docior. 

Z^/fr<? F. — Cette lettre répond au digammftéèlique. Les 
Allemands ont à se garder dé confondre 1; et /; bien que /, 
final de certains nîots françuis, se diange en t* dans les dé- 
/rivés ; grefei grever, naïfei. na'iveté, nerf dmrveux,' etc. 

/Lettre G. — Cette consonne devant a, 0, u,sl une pronoh- 

. ciaUon qiii tient de celle du c: ainsi gale^ 90*^ f aigu; mais 

devant e et til se prononce comme /consonm.*: ^aj/fer^i-e^ir, 

se prononcent comme gajer, réjir. — Quand devant a,p,\eg 

doit avoir U scm doux, on le fait suivre d'un e» comme Je 



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mangeai f nou^'manfjevtts^,ifi>fn(tnyt'<trriit[\)i ({(umhJ «li-vautti 
• I, le g doit avoir l*) son dur, on le fait t^uivra d uii u ; tuiiiine 
langue'y languir; mais ni Ve\ diâns le premier eus, n'esl pro- 
noncé, ni Vu dans le second. " " . 

Lettre H Les Français adoucissent ûulant qu'ils peuvei^t 

' l'aspiration, 's&'ns toutefois, quand elle existe, iu supprirmjl;;^ , 
' entièrement, excepté içn l^our^of^ne, en Berrf'^.à liyon, eir 
. (juVennê, où l'on prononce en auit, Vac^/ueru'c, ïaznrd :]your 
en hault, h hartfuenve, le hnzhrd. — L'auteur cite ensuit» une 
(otigfùe lisle de mots où /< est aspirée : nous ne pouvons la no- 
produire ici. mais nous devons faille observek' qu'auriui des 
n^ts^cités'par.Thëod. de Bèïe n'a perdu, depuis le xvi« siècle,/, 
sùn aspiration. . - * 

Lettre. L. — La lettre / conserve sa prononciation origitieHe 
soiiayint, soit après les voyelles : /«, le, li\ lo, /*/, «/, et, il, o/, 
*U: redoublée, elle garde cette 4)ronohciat ion apr«>s «,,/^, o, 
•^oonmiè: aller, /W/^^/b//*; mais après l'i, excepté dans le 
mo^ t?i7/e, elle prend ce son pàrtimlieç que les ItalieTis mar- 
. quent par j^/ ; ainsi bille, filla, piUen, Hc. -^ Lès lettrj^s^/. 
n'ont jamais le son italien, excepté on Berry, otion prononce ^ 
gloire' et glorieux comme lioire-H liorieux — Lorsqu'une. 
" diphthongue préfcede cet i devant deipi //, .1/ annont-e que // 
"doit être mouillé :%ailler, oeiUer, mouiller, feuille .{H non 
fiieille)i veuille (et nôirt«tt«7/«). -s-°t<é8 Aquitains j^ivent : 
. ftalker^ mottlher ; nous n'atmns pi|s à les déffinfdré, .^ v 

' 'JÛfttre M. — La lettre-m^ au commencement '^es syllabes, . 
a le même son en français que dansje»,aiitres langues.; i^ais 
'': à (a lin des syllabes, soit dans le a)pps des mots, soit à la fin , 
elle se jMtjnonce comme n; ainsi tewjiorel, hytrine, kominùgé, 
dmtt htm, haim^ faim, temps, pe prononcent tanporel, hf'nne, 
/ummaye,dnn,nonfhin,l^n\tant^. -v . • *' 

Lettre K. — Cetteconsonne, au commencement des syU 
.lal>es> conserve sa^ronenciation originelle; souvent dans le 
coi^s.de» mots ouau commencement de la dernière syllalié/ 
elle prend un son mouille inconmi aux Hébteui, aux Gi*ecs 
et peut-être aux Latins, mais fréquent eu espagnol où on le 
représente par n, et ert italien oii, on le*marque, conmie en 



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(1) Cf. ci-dCMQS, pp. 06, etc. 



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URAlhtAIBL i-hA3ti(;Ar8K 



français, pap gn ; ain&j, gagna, gagner, guigner, rogtion, gai- 
gneur, se prononcçnt pre^iue côiumè •pania, ganter, guinier 
roniqn, ganieur, dont on ferait des dissyllabes. Quelques-uns 
introduisent un i qui ne se prononce pas dvMknXgtL, tMTJviint 
roigner, tfsmoigner, besoigner, otthogruphe vicieu»e, car li 
devrait plutôt s^ettaccr de ces inotss'il sy trouvait; d'autres 
ecnvent avec uq «. congner, ^esmongner, bewtkgner. Ils n'ont 
peut-être pas tort, puisque souvent on voit redoubler soit m 
comme dans hotume que l'usag»- préfère à home (homo) ; soit h] 
. comme dan&^ne, Unner, honneur, qilï viennent des iiï6ts 
latms lwna,sonare, Awior. -^ Les moU conoàire, cmoissance, 
doivent s/écrirc sans ^, ou en cfiangeanjt le g en n / cuiintiistre. 
eomunssance, niais non cognôistre, cogmmance. — En hébreu 
on ne Redouble pas la. consonne; on supplée à ce redouble- 
ment en latnarquant du daghès fort : sans l'emploi du daghès 
nous avons 4es exemples analogues .d'un même effet produit 
par lar voyelle simple dans diverses phrases où un mot tér- 
mii^é par » est «uivi d'un autre mot commençant par une- 
voyelle. Ainsi, i/5'CTi.e5/a//eVi7.m'eri « /«WcV se prononcent 
comme »/ s'!pn n'est aliê, on m'en n'a parlé : en cela, il ne faut 
pas^miter le peuple d»ï Paris qui prononce il se wsi allé on 
mena parlé. * . . ,' 

Lettre P. — La prononciation de» cette lettre, forte dans 
toutes leslangiies, eét adoucie autant qije possible en fran- 
çjiis ; e^le finit très-peti dé mots, comme les interjections hip, 
qui marque l'élan d'un sauteur, et hop qui sert à appeler^ 
comm<ren6ore hanap, vieux mot qui signifiait coupe, capl ■ 
coup ei beaucoup, »ep. 

Lettre Q. t^ Cette, lettre, qui ne se place qu'au commence- ^ 
ment des syllabes^ excepte dans eoy |et dan8.c%], est tou-/ 
jours suivie d'un « qui ne se. prononce point; elle a le son du 
kappa grec; ainsi quand, quant, que, gai; se prononce kaitd, . 
kànt, ke, fe. — Le c dont on l'a fait -quelquefois précéder est 
dortc inutile : avecques, picquer , doivent s'écrire avequeg^i- 
Vf^' ~ '^0"™bre de mots terminés par c prennent ^^ins la 
dérivation, comme rebequer,clfuqu^,f(tntastique, greque,4e 
reltec, clac, farUaitiCf grec. (?uelqu^s-uns ceDendant de ces 
noms en c forment leurs denvés «ncA, comme rfwc>ie, ittchet, 
'^I^Tdejucheriécrocher,é6dùc,8M,hc;^ 
Lettre R. — Celte lettre, soit au CQiiimencement, soità la 



536 







f- 



APreSuice. 



517 



lin (h'S syllabt\"!, ronsPiTC lôiîjourssa prononciution naturelle ; 
jplle*avjin son très-fernjc^ i^i malgré lu douceur du français,. 
. quand ello <;st redoui)léo, «UU* doit se prGnunccf plus rude- 
ment encore, comme dans blurrcy beurre, courre, erre, etc. U 
faut éviter à Jit fois de pronoq/oer r i/edou Né comme r simple 
et aussi de prononcer r simple comme rr double, comme on 
le fait dans le Maine, dans le Poitou el en Lorraine, où l'on 
dit /birre pour /«»re eivoirre pour l'oire (vraiment). — liès 
I^risiens, et bien.pl/is.encore les habitants d'Auxerre etjcèux 
de Vezjelay, patrie do Tauteur^ changent souvent 5 eii r et r 
en^, disant covririt Màsie^peae^ mese, Théodose y pour cousin; 
■ }ffirie, jteref mère, j/'heo(hre. . ; ■ 

Lettre S. — Cette consonne "conserve toujours^, au com- 
mencement des 'mbt«, le son qui l^fi'^st propre» : say^, semer; 
mais si, dans le corps des mots,elleit p|é^eai|rès line voyelle^ 
et commence la syllabe suivante i^t précède q^ie autre voyelle, 
alors elle se prononce comme lé zaïiî hébrèU|Oif le zêta (zed) 
français : ainsi cau«è, désir, wer, se prononcent cmtzej dezir, 
fizer. — Elle a le m^me son lorsque, placée a^fin d'un mot, 
éjle est Suivie d'un autre mot commençanjt par «ne voyelle; 
" ainsi les ameSf t^usages, se prononcent //z ané», lez usages. 
if— Si on la redWble, la première ne se prononce pas et la 
seconde-prend, le son ferme qui lui est naturel : flussiy baisser; 
il «n est de niéme ajprès toute consonne : ainsi, transi. Aussi 
est-rce i tort que quelques-uns écrivent et prononcent pn'tw^, 
entreprinse, jmnson , pour jn'ise, entreprise^ poison. ' ' 
*• Lettre T.— Soit seule, soit suivie de r, qui est presque 
la seule consonne qui la suive, cette lettre coi^rve tou» 
jours le son qui lui i^ propre , son très-diflféreni du d avec 
lequel les Allemands, la confondent souvent. Elle ne finit 
jamais les syllabes dans le corps dés mots, à moins qu'elle ne 
sottiredoublée, et alors la seconde seule se prononce. — Dan» 
les mots français dérivés de niots latins en tio comme interro- 
gation, affection, elle se prononce cxïmme c doux*: intèrro- ' 
don, affeçeion : à moins qu'elle- ne soit précédée de f, auquel " 
casellerej^nd sa prononciation particulière : combustion. - 
Cette ^re a le singulier privilège de se prononcer quelque- 
fois, par raison d'euphonie, sans être écrite; ainsi parle-il ,se 
prononce eii introduisant un vC»i(Tlit en conservant l'e fémiâin. 
\parlet'il;ùe intime ira-H, parlera-il ^ «a-V/ se prononcent 



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V 



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GRAIIXAIIIE P1IPIÇAI9C. 



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imtil,' piirhrot-il,' rnt^if, quo qiiriqiies ino(UTnPS t^nrivint 
mAino Hinsi : Icmlefo^s on no peut ôrriro nimet-tf; ponr r./. 



tn^nnt, l'fc. , on- arrivait nn1r«>|(nis ces forrnôs nvic nn7 qui 
dispnnil plu8 tard, ot -cV-sl (v qi^e prouve le (lialofle l»our- 
gui^non qui écrit encore (1581) e^on>noi)c«'y> vu. tu van, il, 
vnf, e\c.;j'aiwn, (,if aimas, ii aimnt/h(c. ; je p^irlpra, tti i^ar.- 
lerrnt, il pnrlerfjf. 

lettre \. — Cette Irttfo, qui fait violence èi la tloucftiir de la 
langue ïrançajse (»ù elle s'est introduite par force avec ' qu(,*l- 

"ques mois 'étrangers, se proiTorice coinme deux ce, dans la 
ppcuiière syllalw de \'tr.r>s, et comme un cdans la seconde, wi? 
conïuie si l'on écrivait Xercrs. A la fin des mots, il se pronoiico 

'comme $ : noix, fmir, el dans les numéraux sijn, dixvi leurs 
dérr\és %ixjesme,<lixiesrne. La raison en est que .r a «ïnuveiit' 
été employé pour s h la fin de certains vocables après les 
diphthongues en.au: on était ainsi amené à distinguer >w/jf, 
ImiXf mieux, de ren.n, liens, nù'ehs, que l'écrit nre-rfîfsiuTdes 
Français, confondant n et u neperihettait j«s dedistinguer (1 \ 
Par suite, rusagc s'est iutroduit d'écrire cAf'yff?*.r, maux, nom 
empêcher qu'on ne Iftt cAemwi», rmiH.V etc. . - 

IMla lettre Y vniuut^e a fort t qrec. — -.Pourquoi noranie-l-on 
f^rec le caractère »/ qui n'a jamais existé en grec? cîestque 
nos ancêtre» ayunt à écrire <ieu\ tï, lorsque les diphtiion-. 

' ^gues^^ ott ni étaient suivies d'une syllalK» commençant ïkir 
un », les marquaient par ij : mnû plaije , loijnl,r^al, 
n'étaient, autre chose que plai-ie. loiwial, roirinl; cette fausse 

, écriture faussa la prononciation : sî bien que les uns pronon- 
cèrent, en siipprimant un i, loi-al,nm-en, plai-e;\efi autres, ' ■ 
comme les Orléanais, supprîmnnt le premier i, prononci'nt. 

. par j consonne : n-Je, jo^je, jojeux, lo-jal. Ces pronon- 
ciations sont trés-vicieuses, et l'on doit dire, en conservant 
les dejix diphthongues ou la diplithongue et Ift triphthongue : 
ptai-it, ai-if, nai-ier, pai-iemeiit , jfotriV, joi-ieux, moi-ien, „ 
loi'iàt, numnm-ieur. ("e«t ainsi que nos ancêtres prononçaient 
ai-moi-ie, l'? péri, du çing. de rinjparf.^indic , etoi-me-rvi-ie, 
4"per«. du sing. derimpabf. optatif: aussi Marot, psaume 33, 

, " a-t-il fait trissvliabes les mots vif^-droi-ie^ crain-droi-ie. Main^ 



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' I \ Cf. oi-^MSiU?, Pe/lefifr, p.^ * l. 



V., 



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V ••: 



V 



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V 



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APPE!HDICI. 



.51 n 



' trnant ( I r>8i) l*i|^ago a prévalu ()e ^nppriiH<^i' la doi'rii<>re fljpli^, 
tii(>nf;iie />, et <fe «lire ainm\ nimfnHf viendrM, crmittiroi; 
. queI<iuofôis hième on ajouUi .<, iTiarijuo de la 2* p«^rs. du biii- 
fiulier : nimois^'nimernh^ etc. Doîi Murot a pu dire : ^ 



noble Roy fran<:olS , ' \- ' " ■ ." 
PardoDne-^mo^, car ailleurs Je pensola. \ 

, Suivant la mi^rno analogie et le même sy8tt»me, nos ancA- 
irosjpnt riisuite écrit par un simplç e féminin les troisièmes 
pereonnes plurielles des mêmes temps, ainsi : nimoi-m^, ûinifi- 
rxii^ent. Cette -prononciation se corrompit de deux manières, 
yiielques-uns .atraçant i prononcent «ifmwin/, aimernenf, par 
e fermé, comirie \v^ Poitevins prommcent les troisièmes per- 
sonnes plurielles rt/mpn^ ^i"5*n/, comnrejes participes pré- 
sents aimant f disant. D'autres, ctfmme en Guicnn'e et en 
Gascogne, suppriipciit 1>, et prononcent ai-fnoirrt, ai-merointy 
dojinant aux finale!^ le même, son que dans fnip^ besoim Mais 
marntehafnfle» Fraiiçais qui parlent bien, tout en conservant 
l'aiTcîenne orthographe, prononcent les troisièmes personnes 
'*-pturielle8-'fltw°o7(»rï^, nimeroient, comme le singulier aimo//, 
nimeroity avec une simple différencSB non dé son, mais d'ac- 
cent^ comme s'il y avait aimAit, ajmer<îï^.— L'auteur propose, 
non de i:îhanger le caractère, mais le marquer de deux points, 
(y)/ Q"'? en montfant qu'il n'a rien de commun avec le grée, 
rappelleraient que, par son origme, il est inkdouble î,-^ty, 
qui ne doit s'écrire qu'après les diphthon^ues ai, oi, s'il est 
suivi de quelque autre diphthonguè ou trlphthongue. 

Lettre Z. -^ Cette lettre s'est intrôdMile avec quelques mots 
étrangers, iéphire, znrinthp:Vi]M^. l'a placée ensuite dans le 
mot imze (onze) pour empêcher qu'on ne prononçcll tmsse, si 
l'on avait mis s, qui a le son ferme après ime consonne ; 
puis,' sans avoir le même motif, l'usage l'a placé, par ai)à'- 
logie, dans les. mot» douze, treze, quatorze, quinze, seie, et 
ejïfin dans ozcille. ~ L'auti^ur approuve ceux qui terminent 
par ; aprjfs Ve fermé les, secondes personnes pluriell<ïs des 
verbes : vous aimez, aimerez, pour les disiiBguer du pluriel 
des substantifs. . , 



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(1) l/autpur marque le sfcond mot du tn^ma ; le promier et le troigrème 

n'ont que I'* simplw. U n'en faut tirer aurun-^ conséquence . d'abord parce 

^ue le texte ent tr^!.-!.ouv».n( fautif, ensuite parce que. dans Iç courît "de 

lymvraftre, on voU acs-r souvent i employé pour », probablement au gré de 

j'impnmeur qui avait ce caractère et le plaçait au hasard. 



'T?». 



''^^ ' '•RAÎKMAÎRE FRANÇAIS», .r 

- ; .- -..■■■ A- • .-^ .¥"-^-' •••-■''"-• 

\ . . - M ■ - .■ ■ 

.' - DHS DrpnTOONatES. • 

L'aiitetir, avant «le parler des diphthongues, constate entre 
Hips, quelques différences. Dans les unes, on nVnten|i jïi 
une m l'autre \oy\\*\ mais un son neutre qui tientde toutes 
r les deux ; dans les autres les deux vovellesT sont enU'ndues 
ijîais ne forment r|u une seule syllabe. Il y a en français neuf ' 
diphlhongues : a», nu, ho, e/, ew, où ç{', ip\ ui 

Diphth<mf,ve Al. -^ La diphfhongue ai s'est prononcée 
dal)Oi(l chez nous comme nous prononçons, Aa/ hai («le,* 
m-)y^i comme on le prononccencore enHcardie àamnimer, ■ 
pn une syllaln», mais avec une diérèse. Maintenant {\:m) ni 
a.nnson n.oyen entre «^et i, très-voisin de IV- ouvert ; ainsi 
i^m<,imfnU' et prnj,hete les pémiltièmes syllabes ont abso- 
iiment le même son; marv/re et mettre ne diffèrent que par ' 
a «piantite.— Quelquefois la diérèse se produit: ainsi l'on 
lit hjnr (I) dissyllabe et hnisse, luthsoiH, triss.vIJabes, bien qji - 
c^ thème du verl)e A«/, hais, hait, soit mAnosvllabiqu^ et 
ransmette il hame sa prononciation. — Il ftuit noter encore ~ 
VJo le peuple de Paris commet souvent la fauîe de prononcer 
/wnMe participe /•«w«n/..'transforh»ant un spondée en 
amlm ". — Enfin quelrpiefoii? la diphthongae ni prend le 
son de r/. Ainsi fmin, gain, ffla in (phnus) se prononcent ' 
\/x'tn qvnn, plçm: mai» elle reprend ,sa prononciation dans 
les d«'rives.;>/7/>//^. hnigner: ce dernier se p'pononce péné- ^ 
ratemcnl hof^ner; de niéme on dit mieux aujntird'hui >\:\M) 
(jnuner que. f/'^if/ner, forme restée en Picardie. De môine 
gNonr et f/m,rison ont remplacé (pmirir, gvairison que l'au^ 
tevîr préfère. • • . , " . 

Diphf/nmf/ne.^ ai- ^/ aoI — La firphtHonpfue nu ne diffère pas * 
sensiblejTi'eïit de la voyelle « ; ainsi yi«x (allia), jja^x (vau), ' 
vmKi' (VALLES), ne semblent pas ^voir un autre son que les 
oif, vosj pro^^is.^Las Normands la prononcent en faisait 



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APMîNDICl. 



53i 



disant ;a-0' 



entendre distnlctement a, o .• disant ^-o-^n/ polir autant: 
p«'iit-c'tre est-ce la vraie et ancienne prononciation comme la 

" vraie orthographe de cette di^litliongn^ : oi\liographe coji- 
servéé dans /xïon. fortn qtii se ^^rononceAt pnn'Mun; pronon- 

. ciation conservée ainsï que rprllio^îi'aphe ihnkfaonnpr. -^^ 
Autrefois en France on écrivait et 'pmnonçait />«\wr, qui e^ 
deve% /><*///- dans pawnfl, pmurcté^Vv parait, avoi^^été intro- 
duit pour ën»p(^çher de prononc^T, par la diphthrtngue tiii, 
fxm-re^ jmu-reté. Mais on pouvait évitpr ce danger\soit en 
adoptant un signe particulier pour v consonne (/>oy;r, ^ 
soit en employant la diphlhongue «?<, comme on a fait depuis 
{/muvre, pauvreté). — Il faut observer ici que si au es.t\uivi 
d'une voyelle, il ne peut y avoir diphthoiigue^ : « devient 
consonne : avare^, avant ure. — La diplitliongirc au rempli 
souvent al des primitifs latins : ainsi aultre de aIter, etc. 
de même on forme en au le pluriel des noms en al, comme\^ 
mal, maux, vie. — Au futur de Tindicalif et à l'imparfait du y 
conjonctif du verbe avoi^i K« v consonne est devenu voyelle, 
et l'on (lit m/-7a<, «M-r«.>-, etci, an lieu do a-vrai,. a vrâs, etc. 
—De là est venu ensuite l'usage de prononcer arai,aras, etc.,, 
en supprimant i/. * , 

7>.</V<Mong«eïi. — Cette diphlhongue ne se trouvé guère ' 

..prononcée que Rêvant «, et elle a un son'voisin de t simple:' 
gueine (^miHi), jjlein : lU-^o derniejr mot les Picaris forment 
féminin plfine^nuùsi ailleljrs ^on j ferit et on prononce plevm ■ 
— L^lisage a fait aussi qu'on écrive par et nombre de mots 
tjérivés de^ vociihles latins qui n'avaient que Vi simple : sçin 
de siîJt's, veincf'fi de vinckre, peindre ^fé^piNCERE, etc. — DaHs 
quelques mots «" subit une diérèse : ainsi o^'/r/a trois syl- -' 
labes, et réitéré)' qnati:o. — Enfin devant le doume // on écrit 
^souvent t'i; mais l'i n'a aucun son, et Ye prend le son ouvert : 
treille^ veille^ etc. . "^ ; ' 

Diplahmupie bu. -— Dans cette dipiithongue on n'entend ni 
1>, ni r«,-niais un son qui tient de I'oïti et de l'autre : heuf, . 
neuf, ;>eu ipàucum), .se^,m (soror), veu (votum), et un grand . 
nombre d'autres que Jes Picards prononcent souvent u sim- 
ple/disant /)im, >, pour Dieu y jeu. ^.es Eranvais imritent , 
quelquefois ïes Picards, e\î ce qu'ils prononcent' par w simple 
les mots^«?«r (securus) et ses- dérivés seureté^ apurer, a^u- 
rance; meur (maujrusj, meureté, et en général tousles nom» 



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CiAMXilUB FHANÇ4ISE. 



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rn f «r<? long dérivés des vcrl)ps, coriime>W'H«4(f ? , ^ msseure , 
nnvreure [wtmnkrw^, -rnmpettre {ni^xji^^ Ole; il en est df 
m^nie dans les participes passés passifs, nmscullns pu fémi- 
nins, terminas en eu^ ew, coiunie heu^hene, fîeUf dette, leu, 
leue, etc. ; c'est à tort qu'à Ghaptres et à Orléans on prononce, 
avec une diérèse, e/?, et, d'autre part, qu'on fait rimer hcur 
et dur, engfavcftre et figure, heure et nature, faute qu'on 
retrouve en Guyenne. —Comme nous l'avons dit'pour «m, si 
eu est suivi d'une voyelle, n voyelle se change en v consonne: 
tere?'ifé, recevrai. ' . " 

IHphthmgue oi. — Cette diphthonguo. fait entendre à la 
fois, mais rapidement, le son de fo et de r»Vquand elle est 
suivie de «(comme loin, besoin, tesmoin, 'juats que" quelques- 
uns ternïînent, H tort, par un «7. — Non suivie Âcn, la dipli- 
thongue oi prend une pronotficiation voisine de celle de la 
triphthdngue oai ou de- la diphlhongue^rti ou e ouvert ; il a 
le son oiii dans loi, moi, foi qu'on trouve souvent écrit, à 
tort, avec un ;// quelques-uns, supprimait le son o, pronon- 
ce.nt snulehient ni : ainsi les Normands écrivent et proiion- 
cènt"/We, pour /or, et le peuple parisien iXxipnrlet, alict, venez 
pour /yflr/o?y, alloii, venoit; lès imitateurs de l'italien pronon- 
cent de même Anglh, Frnneh, K cosses pour Anglois, François, . 
Kcossois. — Une faute tr^s-grande des Parisiens c'est de pro- 
noncer^'oiVr? (ou verre), foirre (i'aleà), irofs, comnie voarre, 
f'oarre^- troas ci ïn(ime ti'os. ' 

/)ip/Uhongufi^ov. — Cette diphlhongue a un son propre qui 

tient de Vo et de Vu. Il faut se garder de prononcer comuie 

à Lyon mt pour .(comme nous pour msy, et cipmme dans le 

Dauphiné et la Savoie pour om ." tels cop pour coup, aï pour 

.OM, etc. . ' . ^ 

ITiphthong^e ie. — Les deux voyelles de cette diphthongue 
s<)nt toujours prouoncées avec leiir son propre, excepté qusrnd 
elle est suivie 4p «, auquel cas ie|^se prononce comme Un: 
ainsi pour Aien,i^Ai>»i, dites WtVi, c^ïn," toutefois si n est suivi 
de e, comme chiene, miene, la diphthongue. reprend sa pix^ 
nonciation ordinaire. — Cette âiphlhongue subit la diérèse 
dans les infini lifà en iW*, comme fier, riïèf^,et lesadjeclifs en 
ief/.r dérivés soit des verbes, comnie envieux deeumer, soit 
de primitifs latins en o.«fW5, comme c?(n>«jr. > ' ■ f 

Dipfithongue vi. — La diphtbongue ui fait <?ntendre. l.c son 



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ktfwthncB, 



58? 



dp ses deux tWlIes : hm'it, huistre, ruis vieux mot, d'où 
rMJifwrtf.— El le ne commentée àuctin mot fraudais, et il fanl 
i>ien la distini#iie<iie la^llabe VI qui parait dans We?T, ri«, 
fvV/oi>e, ent'i>,,etCv, et qui dnlXe r' consonne. •/ 

-.. "■' "'■• • w ^. bIs fausses' DIFOTHONCiCESfjd, eo. '^ ■ _. 



Il ne faut pas compter comme diphthortgues les lettres ea,, 
en, qui Viennent aprf's le gl cpmmc clans mmif/pn, flageole^. 
La lettrée qui précède rt et o a pour effet d'adoucir le son 
i\ng et cfe lui donner le son du > consbnnte imnja, flnjôlet. 
-. ,--, .. ' -'' ' •>■ ■ '^ _ • ■ N- V' 

DES TrilIPHTnOÎIGtB*«FBANÇAISKS. , * 

Lés Français ont des triphthonpues, soit vraies et légitimes, 
comme enu, f>w, les mitres fausses et b'Atardes, comme ici; 
veu\ (Uii; les autres superftues, même vicieuses, par suite du 
changement de pronohciation, et qui devraient <}tre suppri- 
mée^^ comme oeil, oei, vei{ I ). 




urtbel oèeorrf,— d'où le féminin fte/r*.— Il fauLévrler la fuùte. 
j^rossière des Parisiens tian pour /'eàîi, etc. ' 

Triphthnnguc iKu.~Dans la prononciatioiT de lew on entend 
à la fpi8»-r? et la diphthongue eu, cpmijié cieux, Oiéu, ieux 
du vieux mot »«// {cril).encore usité à Paris { 1 584).-^ ' 

iei.-^OnéctilMeilte par ici, et dans ce mot l'i qui pré-, 
cède // sert seulement à avertir qu'il faut mouiller // .• aulre^. 
miyit on prononcera^ vieilie comme nWe, instrument de 

musique. - 1 . , . • A 

•weM.-- Ces trois voyelles ne sauraient former une triphtlion- 

gue, puisque le premier r^n'a d'autre effet que de donner au 

r et au y, seules lettres qui précèdent wçm, le son durJ 

oui, — Quand ces trois lettré sont placées d(,'vant //; 1/ 

sert seulement à prévenir le lecteur. qu'il faut mouiller II; 



(I) ke texte, an lieu de ee» dernière» iripl^thonsueflMu, on, «et, répète 
iei Mit. oui ; It suite du texte JuttlÛe notre correction. > • 



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oÉ «t iNWie «m r«Mi po fmw i i p ««. OMme itwi / , «ncrr. la' 
fmrvn^ r« s*ex|*4«e «omMok par l' H yiriiti^m h^Êtf. 

.' ifar ta p KiW ficif de « «bm i^ <lMn<» tÊmnrr\ mmer, — HmI» . 
d'autr» MOI» «nMa«M> r«rwr«;i^, <lr wagrilr» ntimrr dv. r ■■■ ■ ' 
. irt eÉM wrwr; Th» i||^ j rf aW of O l à d M i rr m r le «oa dir. 
»• _.^ — iOsctinm léitn^ ae fiwAÎi^enl 4|Be dus le aiot «li. "^ 

r>srrtait « rtyfièler r<ftyDfcnpie hÊàm'mrmém. Omjmjppnmm 
fWiii' m par l y aor j are^ H^ par i |,aaiia i cn^ a«$»à^ oa iatro- ' 
doÉRàl la vwpdle t, à caiw; da éemrmnUiÊdt, «à I V aaaniictti^ 
A le «oa OMN^Ilr d^ //. Qaoî qp^ll <ra M^ 

^,^ ;«iiftKdb«ain*cràt^^ /.\/ ':' 

tm/jL — ôrs trwKf vofriks acLjstMn rèaaàs qëe deihaAI If 

«IPttN»' Pf>My iadiqarr le :aOia D»qpi|fe>; •e<p« jnjl < at ae «e pio- 

«a<Mrv pa» vht oui» OMniiMr ^-^djjpbttwaigae «a .^aaksî fanUr, 

: r« « i B r ^ proàoamrtrt fymlte^ frmUe, Vvm i if Ê m a'écfil-aa pas 

, iiîfK*? pvi^ ff^ *^ aBra0»$,-a.a]rJuil J^ét c a r ad Ufia péitH v 

^caHer poar dulîniriMr • i«i]>]|vll^H a enabarie, rtniga^pl, 

' ^ ea ft i.ii m /l ai^ii'. waiilp,qa «lae praanaçiÉ^wfr^ ae-ta|l>; 

j» inaÉitnài^èrtle rab<ia «^slWlIe hiea honae, pa i iqa i i^ aoat «cri* 



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.. nwaii law w glè. frn an Éa lIr'sias < 
'imaMnlIp.. — L*aalear%Y«af> -èftsaiàe 
p o èwp wà «n értil ifwMtf^ nràf ''^mkmàtiak taà a'eçV . 
. ,v.' M dipIrtlMapw ca; df«l« nm! .4|ai' 'ae .HMapè es «a daw les 

■iv t /^ W, eir. ^ (faa «nî| de nataie m^ 

v' C' • ^y ***^» l'tt-sefi à dnaarr ag f le saH dar; ■mkTi etf . 
jyUe; i ae panA fa'à caa$e da dfrrw wy ' f a f î yfaag , ai 
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tfHWit gnHnerail bon de <mi|wiwMi ' ^\ 

Àf />. — 'S r« «fit ttàoMt^ iel it Mf IViii ^bp dmi tm.- 

pra db 'molft, tmÊÊmt-pmmUitr,, **ff^^ £1 iims 3tt.|iraMiaor pic dt 
TMid M« l çMi« » lwi|!»>]to s\1l«lîè oti il «fr Ipmivv^ -7- ^^ fut . 
, «j p kiwiir lf!s'4e«i «ta dam !«!& inoU iKbrrux /mmt, ilM^. rlr 
•~>'JlMiit à «, .camiiif diûtt «wMiI, ifai jse.firoocwoe mu<| r« dct' 
9t Cuî iioneaMiBl »Mitir>; — joiai' à m ^Amis là^ Même ig^lîtbe, 
Jttjî"» ipÉKan «oB^c nÉut'let nm se pnlÎMiKwtit de mènié. 
' Ar fK- — iL> «'a aaciMi soii duts la dJphtiwMigiiif <n devrai 
m; aittsà jiAmi se pnuiMMe |Mb« ; au l^fUMM», ciefn^Bdàttl, «titrs 
jsifwe ,- — ^)l> esl u^Eitilel^diK |« mots jtwiy r««irrtviHiT<rti- - ' 
■■ oto gie '«ara, «nKnfe aMialKi «pnl detiail i^cf supprimé; 
— ée«|IHl «V •, après Ir f et V r, it or $«rlf<|i|fà dt^éiBrr à ces> 
' coMWmes on son ailàiiKi : f"!9n>, .féaia^r«c«M«,''--^l> «si émn 
tlk «M3ài« demi le mol A t wfiu r qià se prottbttcie, AiM >e« u r, |iiai 
^^ soi! dén«ié ife ^; oè V«irte«A la di^^ 
et dm^ IMBS Im p«rtia|ies passifs oofmMs i<r«, rvcrw^ ma, 
^'i fait proaèÉHnd^^ mMu r^ dt.am par U <Uphtiioiiigitr< 



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tk r|.--L'î «% aacmi soa^deimtt le doilde il a|if^«^ 
«omnie tmMt; 9fKè^ oomnie mtàlto; après <nv, caamm'fevtUê 
{HLwKm fmeUh^ cqoemk «licrit le Vd^iiiv ; après m, oi«nme 
■niflir. Maïs il s'enUMil devant il ^qwnd U finit la sytkbe 
precsedenley oomme |UiCy Mcley cpBAMvp. ^ 
; Ar rjft.^-^Vé ne'sniiBf'pas dMm'li-dipliikonsae «a. cmÉme 
^mn, /Imt. Le fiançai» n^pîme pas le cImmci de r« «« de4^«, 
InR des dfibtlmnjgées^ et sépares par a ; ainsi «a « 




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«AlMIUBt nUJkÇUCK. 



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fl,t M' prfMMiM* m «• ^«f< Vsoepic tm Bfm ou TiM pronoiior 
• iM i/if. 0«Md ^ root fûiit par «^ si le uM tuir^Mit oom- 
vofBUi» par a, oo mlrrpiM>e .dan» la prononnaUrtn uo r qui or 
a'echl pa&, m 1\iq n'aaoe mK>ui un /, ainw ytr«-«H, uw-^n »f^ 
prdtooncmt 4irmf'<m^ irytt-^m ou éir^-ltm^ tm-iMm^ — L'a ne t€: 
proo«4in!r pa» dam ae«, çotnnir aipM«vv, l«ic>^ 

|ir Tr. ~L« après Ir f .rt te r n'a d'autrp ^Bd jq«|p dr 
maîiMUw à ers canvoaon kur son ditue d«%aot,r, t , oonuitc 
l-mmf*^, /im^fèr, fwfmr^ cweillit . «r 11 o a aumn soo apKs y, 
.o»»nin»o <j>*<TH4i. — ll«n« cfrtxinK U-wjts du vvtW «»n».rj W» r ot 
d aiKMd d^'t«u \oy«^k', prnir fonm-r iadiphiiMm^nie *l au li»^ 
<|e^«r ; !'« se«( ensuite suptM-uue t amsi l'on pn»iKNioéy «rw, 
ifi 4^l»f, elc, piMir/ ««rat, qui a rempUoe/ârro:, (« «orvtc. 



M» C4M»(»i%If »(MSa«fK. 



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, Oevix rèflfn jfmé^^. — L Toute' consonoe se '^woiioïKe 
a^ cosioïK-aoPiiKiiI d^nr ^Tllafae, eiicepié $ devaut «r uiouili^^ 
H s dans oo grand nombrr de utots. 

IL Tooles les liWs qu'ooe <x>DsioaiH\ ei»t ràdcvubléA» la pre>, 
wièrç ne se proaooœ pas, e\è^pié «r. jnm, iw, rr>w s'eîi- 
leadeo) \t% ôevtk \fA\rt-k Tune à JU (|n df* la première hvlt^', 
rarttrc au ominieocemefit de la.syUalie suîvafite. — Aiu^i // 1^ 
prouûDoe mi cooMkie / simple : ffèifUe, t^^le^iM %\îx jk* sou^ 
OMMÙUé; $» se pfXJiioiiDe c^akcnieQt onimne » simpèê, maià 
arec le soq fenne. * 

•Crïle rè^ dpît s'oUsen-er- surtout àêns les adiectfâ plu- 
rikls «À la proooociatioo de la lettre finale'du singulier ren- 
drait le laoiïafe trafi dur : ainsi sont a dans ntrf de tet, f$ 
Am& tf^'^f* ^ çri^f: h <iaos tcUdc *r/î /*« dans srj» de ^ff;._ 
U dans |»rrà» de fHàt; la prHnière de ct^ oonsoones ut^^fii' 
çt%moaee pas do Umii, oo s'a qu oo soo. à pàoe senafaie. \^:> 

il. >7- La oooKMUie é œ teitoiiie aocuo mot français (èi'> 
àBpki^ fJtmê] ; duis le oorfts des mot», elle ne finit de syUi- 
Imi <^'au!a&t quVUe est suivie, 1° dTiio s.-^jfktimt, oé»<^«et, «i 
-siora die se pnM)ODoe; T de «r, c:ûain>r> <é»rur, H tÂon eik 
oe se piWDoiyoe puiut, ci roii dit xatctcr; 3' <jke «£, connue 
'où «Ue i^ ^ |Hï>Dooce pas, et «^/eMyr, où eile ># 
■■li^eo qop possible^ 4* de / consonoe^ 



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r^€r, oy- cife ii*a aucun attn : d^oùce jeu et aioU lalîns fran- 
rab «««14 muA %ie ou <«« i « mal ottvté. — Enfiu tKmis et ries- 

C. — U f ne &»' proDonri» pas: 1"^ avant le f , H on piMirrait 
YcfUccT de> u»ots ooyiwrir^ acifuj^ttr. mal^' rétyiiH»l<>gi<'; 
3*a\«nt le i à la^iitildes liiots, romiiM* fif//Vrf. /fl»r(. TouftTois ' 
dans le oôffis dés luots oil prmiorKx* tn^U'iucnt le i et le /, 
CiMiMUe «ff, tHikm, 0CUf^.étkmct€W\ E\oi*|iU'i traùirr ««t 
(ficttam^ où c n'a Mieun saii. Il se prcwvHice toujouri à b nu . 
df« niots ItohiiiM' é*w , froCf m-^ fw. 

/t. — jù' (i ne i« proiKtnoe pas à la fui du moi ptni, vx- 
c^-ptë en. Pjcaniit*, où cmi pioocMice ^W, couiaie s'il y avait 
uu l^d*<Ni fâttim. — ^-Cette coosonoe w^ Hf prononce pas' de* 
vam /, oumnif atiju^erf md Jurer, oAjfmméry wij<*uf>trr; nî' « 
dt'\Vnt M, oomiito oilmimtflcr: excepbtz ndnutTr ; n^'d^^ant r 
ruii>oooe» oonml&«/fv^rr,:W^4>. ^ A-la fin des liioîs. par 
quelque ccmNonne' que ^^Mimvpncc le,R)c4 suivant, elle ne se 
procKHioe pas; ainsi pour i/nand ban temfi$ viendra, quattdctifi 
f>e frra^ ctf., tiiles qtum lum tryttfjHj ^nan rela, çtMin fa^i-ùé 

F. — Qplte coosoiuie a le s<mi du ^ grec Elle fst rempUMvie 
par le digamnia éciique oii r Consonne dans ks f(miiaios 
cfmtita/e^ht de hrtf, cive de w/, c^, — OuHques-ufis fcri%«'«i4 
iirefoe^ grrfve, conset^ant -ici / pour empt^dber qu'i»i ne lise, ' - 

' par » voyelle Arr»/e, greue. Ce dan^tT serait écarté si run^réscT- 
vmit pour le di^ànfina éciliqiie ce vieuii <mractt're fraïK^is v. 

G. —^ Le ^ n a auoin son de> «|it n sfùt mouillé conuiie dans 
"yÊjfmer, s<Mt ferme cxxniue dMis signe, signar, regnt, régner, 
fpii «e proDOOCiMit ««w, «i*fr, mie, rcner. C'est à l»*rt que W ; 
îfTiKiraQts écriveiit le y à la fin desnK)ts ung, tet-wvôing^ ming, 
é/esoing sous prétexte qu'il* se toouve dans les dériva teamw- 
gner, soigner, benaigner; dans ces derïîiors mots -le g indique 
siuipitHï^eat lie son mouille de ». — Qi^nt à vo'^naûtre, <-ot 
fiio»V«emcr, fiiftyniologie même n*y Justifie pas 1e,ç; maisetn 
réoit dloil le Ipit avec raison daps hareng, d'où karengerç, 

il, —^ Cette . lettre est un signe d'aspiration qui tantôt se 







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ff) C#li; et DMi /que Théodore (ks Bète nooune ainii. 






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GBASVÀlBK FR^l'^ÇilSC. 



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sK*Tneir personnes. piuruMifS d£« verDes leiHHiies pm;. 
n«" mwCTïf,.fli»ij!rroir»/;etc, > 

'P. -^ Le p ne s<^r<>nonre* pas dans temf.n^ romptf. t^pf, 



. prot]»onre. tanUM ne se prononce pas; les e\riiipl«rs al»oiid*nt 
<!<► p«rt et d«utre, î^ y/lfa atvrun s^m, pj,»re entre rHr, 
comitie fAriVtf, rhrfsttrHy Hjtftfrhrf-^ ni dans V'-^rt;! ou Jtthim. •. 

L, — Otie cooMirtne s** tait plact^é entn^ la diphthon|;iH> fu 
et la lettre X, conînie mirufr, rer/Aà-, mi la lettre / ccMnitH'. 
fieuit ; de même ei.tre Ja dlf^llHHigi*»*^ «»/ et la consonne f,, 
comnn au/tre : dans ce* mots ellesert siMileiîM^t à eiiijWVber 
qu'on ne pn^rtne w pour fi. — C»n ne la pronoiice pas non plu> 
dans le iBot t^nvlri (sou) qui, chez lf« Pîcard&i se pn)«itnoe 
comme £^il étkit écrit Kh/t; dans swmi qm' nous pr*»nonçy>ns 
' aou^ l dispafalt égalen^^nt et ne s'écrit qu'à cau»« du dérivé 
Morflr:^n dit /"ou, eu»/ ponr/o/, ro/. A la' Hn des nK>ts^ quelle 
que soit la .confHinne qui commence le mdt suivant, / garde 
toujours le ^on qui lui est propre, 
M. — Cette c(»nsonne se pwinonce toujours. « 

N. — Cette cousoqine lite se prononbe; pas da'ns les trM- 
ines\ plunellfs di% verbes temùnés pai;. en/, 
qnime aiment ^ ^trrirroiml ^ etc, 

iovp et loitps; ukaisH, sVti^nd à la lin d«*s ït\Q\s'covp, nrp au 
sinpiliei*; qi^nt au pUirit*! roupa, seps, prononcer. «»/>; *p.s. 

. (kl le TécrH plus i|5tÛ i dans eii.«e/>{Wr>, pu il empêchait qu'pn 
ne prit tv po«ir e«,, m dans ewrfyvn»»»^,^^ 
(/. — ft."^- Ces deuv.cot»sonnes s*'; projioncent toujours. 
.V. — A la iii des-^ots, quelle, que soit la cpummiuc qui 

• c^immence le mot /Suivant, s ne se pnmnnce point : le$ honf, 
/es ros, Ifx dar0itn, eit. — Uan's le co'rp> dès mots /elle fiS^sie 
joint jamais V(/, f, g, /,.r, v; maisVll^' pt ut sallier avec lès 
autres consonnes, «r, sm, ^</, fp^ itg, rf, tantÀt en se pronon- 
çant, tar^ saAs se prononcer : laïileur doi^ne quelques 
éxcmple5?Vr Dans \r, « ne se prginonoé pas,: tsc^^^vwr^ et 
quçlqoes-uns in^'ipe ne récrivent )>oint. — - Dans «m, xi»,, on 
ne prôrionce paé «, et cette lettre semble avoir pour fonction 

*<le rendre la syllal*. longue", ce qui est un abus, car les let- 
tres n'ônt-pas été inventées pour niiirquer la quantité : MaspnCy 
carTsme,*ctKsrtet ffoatte. -^ Dans ^/i, tantôt il se prononce . 
esftertTy taprit, et surtout s'il commei^pe; le mot : sptciatt- 
ment y spirituel ; tantôt il ne se p^nonce pas : espee^ espertm, 
rtépondre. — Dans sq^ on le prononce, comn^e dans ftniçues, 

. tmru^, i IDOÏDS qu'il oe soit précédé d'un e; comme eve§' 



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APrt!<iDICC. 



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pêe. — Dans «r,Viï çsl ppéoéddTdè <r, \\neie prononce pas : . 
gakter^ rnsteav^ bantir (d'ciù le inot ||imcnçaI>T*7*V/f ; avpf < 
dur); ni s'il -est précédé de ai", oonimé i^ans fnhtre, mai*trr: 
ni enfin s'il r^t précédé d<» f , fommo w/r^, />/>7*», /<»>«Cf . Kx- 
cpp^à^te, pntff rtttte, moiegtt: s'il est précédé de.i, il w^'. 
prononce : mistere^ hi$tuirt. — Dans ih, suivi soit d'un»- 
\oyeliei soit d'une ronsonnév * rte seprononee ja^iais; ainsi 
pour ihirni droite ils dînent^ prononce! 1/ oui droite i dirent. \ 
l^ns le inot.f/iV/e et dans toutes les .sectmdes personnes du 
pluriel t^u prétérit parfait simple en »«/<*, on ne le prononce 
jgnu^s. —Dans «f précédé de or el de oh. on ntî jjrononrx; 
pus * : ontfr, eotiaer: excepter . ;*o5f^, t^ofiter^ ontade ! sor*^ 
de tissu ; si « ppee^é, on prononce « : jt(ste, ;m«K>, mstYe^ 
vieux mot qui désipne l'homme prompt à se Tuer, téméraire. 

T. — A la fin d'un mot, / suivi d'un aiitre mot comment 
çwit par une consonne ne se prononce jamais ; suivi d'une 
voyelle, il se prononce toujours, en unissant les jkux mots 
commer s'ils ne faisaient qu'un; ihmnt à mor se. prononce 1 
«on tantôt. — Dans ef, le ^ ne se prononce en aucun cas. - 



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»M ACCENTS Dl CA LiHGCE ^lARÇAISII ^ 



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Les Français ne marquent aucun jccent, et quelques sa- 
vamf7ptél«ndent que la langue française n'a pas d'accents;' 
c'est oné,erreur grossière, et il ^ulBt de consulter l'ortùlle 
pour la détruire, - °- 

ll^y a, dans la langue française, deux temps : temps^ lo^g 
et temps bref, et tjrois accents' : accent aigu, accent gravé 
et accent circonflêiie; — il faut remarquer que tout temps 
long a' l'accent aigu, et réciproquement que tout accent âgu 
porte sur un temps long; au contrairej les syllabes brèves sont 

graves. ,, • ' ■■-. , 

Rien ne saurait être plus choquant pour l'oreille que d ent 
tendre prononcer des longues brèves^ ou des brèves longues ; 
comme, par exemple, quand les Tourangeaux a les Toite- 
vios disent mtêtrei^ ""* ' pour maintrea^e " "\ ou mexsc " \>out ^ 
mesfH ""; en Savoie .on dit de même féste v j>our fnicfe % 
f^pke$te • "ponrpro/fhetc r"; ti*iserccorde •',""" i>our W- 
sei^orrfë-""' '. fit^rtaines syllalK' s, brèves au singulier, de- 



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«iaxia/aÉ riANvAiiii. 






%iennfnt longues au pluriel, H cVst* h pniprr d<» l'accent 
circonn(»xe de marquer cet allongement qui distingue wu - 
vent certami mots entre eux, comme fit, fin^ fut, et 

Toutes syllabes quf ne sont marquées ni de Taccent aijfu ni 
de 1 accent rirconflexo sont considérées comme graves; nous 
•vons, du reste, fort peu de syllabes, longues en français, et 
cette disette de syllabes longoes rend impossible le sùcc*ts 
d une tenUtive qu'on a bite de composer des vers mesurés. 
- comme l«*s Grecs et leâ Latins. • 

- Voici quelques règles fondées sur l'usage : . 
l. Beaucoup de mots français sontentièremeat composés de 
brèves, comme mneneorde: U n'en est aucun formé seule- 
ment d.' syllabes longues, parce que l'accent les modifie sui- 
vant la place où il est. Ainsi, dans entetidement, les deux 
premières syllabes sont longues; mais c'est la seconde 
cest-à^ire l.aptépenuUième du mot, qui reçoit le ton et U 
quanUte. Si l'on joint à ce môl une enclitique, >«/«irf,*//i«,/ Hon 
la dernière syllabe ment, sera seule marquée de l'accent aicu • 
ainsi dans HUvndre, formé^e trois longues, la péhultièiiie 
s«mereç>oit l'accent aigu et paraît seule longue. 

11. Toute syllabe terminée par m ou n non redoublée et 
kuivie d'une ^utre Consonne est longue; ainsi endormir est ' 
undactjle -; bonté, un spondée , etc. lien estdemémesi 
tes syllabes n appartiennent pas au même mol; ainsi bontMm - 
^ un dactyle, - Si m est redoublé ou n, comme dans 
*t/mr/»e, himne, alors lea deux syJUbes sont brèves. Exceotez 
f«i»emi ou la première est longue. . , 

Ul. Tous les mou terminés pare féminin ont la pénulUèrae 
longue; fimdue - -, «y*, /,>, „^, - - j et, termioés par e mas- 
culin, la pénultième brève : miier, /fèr > . 

)^. La diphthpnguè «u est toujours longue, soit qu'elle te « 

IX' ?ïi.lî'^"t'^ *^"?*^* *^'^ mot comme dans 
nnun, \ intepénultieme comme dans hmdtaim'~ - % Aan/- 

f/r^/ -"" * "^ ** tltmière suivie d'autres syllabes : hmit et^ 

• V. Entre deux voyelles ëGi elle à le son de 5, la consonne 5 
re«d longue la voyelle qui précède^ à moins que la pénul- 
tieiiie ne soit déjà longue.pour une autre raison, commTp^r-* 



»• 



( exem 
: troi;h< 
\é 
' aille 

pasi^ 

, lavo> 
— l>a 
syllàlj 
suivis 
est l(j 

VU 

tairre 



\ 



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') • 



APri|5»ici. 



s«i 



exemple &i la dernièw; (était un * muet. Ainsi fjrùe -" est un 
trocht^^ çt /^mfe • • un amphihraque. 

\' ht.*, jîsîlivi (le ill est jong si le mot finit par ç féminin : 
aWe %f>nÙle *, Hc. 

VU Letj f^HtnetvcrtiiJestornuntts en Mse^me sdnt longue^ : 

V Ali. Lorsquo » suivi (iVue consonne ne ro prononce pjis, 
la voyelle qui prêche eel« Çft longue : httsle , aletHv" "\ elr. 
#*-^Dans les pronoms nti^i^rf, tM>//re la quantité de la promièri' 
syllàl^ est (touteusi' : ene est brèvî^ii nustre^ vuttre sont 
suivi* (l'un mol qu'ils détcrminont : réoiifre mnison "" "; «Ile 
est lougutt si uiÂre,'^ witre sont employés seuls : Je suit 

VUl. Toute vovf Ho placée devant deux >r est longue : ca- 



tairre 



" \ catattieux 



;,jtoutrir "; ènierrer 



DES EKCLlTIUlîlS. 



■0f-' 



■/' 




.On appelle enclitiques d(^s mots qyi dépendent; quant, à 
l'accent j'des mots précédents. Voîcï la règle. 

Toute diction monosyllaliique K^ngue, ou polysyllabique 
tenuinéepar une longue, prend l'accent aigu, et suljordonne 
à son accent le mot bref, monosyllabe ou dissyllabe, qui 
suit: ce qu'on devrait bien marquer, en faveur df»s étran- 
gers, par un accent aigu, comme les Grecs. — Exempk^s de 
monosyllabes : c'est moi, c est bien diction n'en m. — Kjcerii- 
plês de dissyllabes : une chcme bien dicte, unhùn-pais, on 

M L'aCCKWT m'iïrrBlROGATfO?!. . 






z--^ 



r 
■ I .. 

■/ •-. 



y 



Toute syllabe, qui finit une pbrase interrogative est mar- 
qua de l'ac(îent aigu : que dites-vom? I^ -prononciation nor- 
mande place cet accent aigu à la lin de tdutes les phras(>s, 
soit négatives, soit affirmatives, ce qui est trés-cboquant. 



— / 

/ 



DU TRAIT D CTWOX. 



- ■ 'y 



Les tyRftgraphcs les plus "soigneux réurnsseiit par un petit 
^, trait leé mots qui sont unis, comme ryis-jfr\ dit -il, diras-tu.' 



w 



J ' 



532 






■ ); 



GRAWIÀIKI riAltÇAISI. 



M. A APOftTiOrUE. 



Nos typ<»graphes cmploienf l'apostrophe: T pour marquer 
la supprrssion (le IV .ft-iuinin devant une» autiyî vjovellc Oivh 
imu'\\o. iiimmo ïnvùrinn,ar, riniffnt , /Aûf/zm*»; c'esf une 
grande fauU* <|p no j)as faire civilisions, que l'on observe % 
toujours dans h» vers ; 11" pour marquer rélrsion (ie IV; devant 
une autre vo^jflle, œmrrie /V/rv/nVr, Veupfice; nos anctHres 
robsenaienJ avec [es pronoms poss<«ssifs, disant tn'esjjee, 
s'y^e, fnmT ma, .sâ.espee; ciVbn dit encore (ir>84) m'nmie, 
' 4 't»,ie , ^rw/oVf . Mais Tiisape s'est élalili de dire mon esm, ' 
mm: tm^ hostç.ssi';t sou i'ffmrançe. —ht -r^'c^i j^ij^ah éîmé; " 
exreplé avant \o j)ronom //, comme i{it vient pour st il cimt ; 
les Lyonnais proiloftrent donc mal, lorsqfi'iïs disent -.rc qu'est 
pour rr yM|- *.s7, et vWrt pour ai m a : l'auteur se reproehj^ 
(1 avoir fait cette élision. par ïicenc<\ pm-tique dans «a traduc- ' • 
tion des psaumes : Marot a dit -dé. intime .<fV(en*!" pour si aimi. 
L'e et IV/ ne s^élident jumaîs. ^ L'adjectif grand perd ordi- . 
nairement, ijcn^nw devanj une consonne, 1> qui UTmine'soa 
féminin, .ynm^^; ainsi <^n dit : vnc (jrand' hesongne, une grand' ' v 
<^fiOse,un€grand'/h/imfi;Hmf/rnmI'uies€hanceté. 



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DE L'aPAÏ^RÈSK, DR Là S* NCOHK ET 1« 'l'APOGOPI. 

. ;^I «S français jie font pas d'aphérèse : .aussi la prononcia- 
tion des l»rovenvaux qui disent Ùieu nous /W/e,pour Dieu nous 
/V'/W/f, est extrèmemeni vicieuse. 

1-1 t»yncor«»%8t>^ueIquefois employée • ainsi on a dit rfonr«, 
^iiunruy einpiip^ avent pôur donnera, omenera^^entre/jrisf^ 
'^xtevftrd (atjvent) ; les Parisiens disent aussi-/xrt/rra pour bail- 

\ hru. — |*pf(,tiirs df' («rtains verl)es.p<Tdent ç; ainsi Kon dit 
onvoirçi, essu!rni,Jo>h'oi,j^mrenf^ijerni{i)f emiijerai floue- 
ntiV/Qnnes régulières d'e.s jutinitifs, «'«rojVr, eifiiuier/loûer, -r- 

1 Utioeinploif V P^^r deux i»\, afin d'éviler Vy^ tijoot il a cood«ilaD« 

. remploi. • .-..■'"■ • / 



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APPBTVDdCI. 



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Sans'douto iins.siSwrr'mf, apercevrni, auraiy d<»s irfnnitils re- 
rffvoir, npercentir, avoir, sont des formes' syncopées p()ur 
recevértUy a/M'rtcveraij avérai. ^ '\ 

J )i\ iis»Vdr l'afK¥U)pe (ïflfnît quelques locutions comme a'vous ■ 
pour //rc'i-roi/.s, sn'rou« pour savez- vous. ÎJuanl i/rt(;« pour * 
regaidi', atjardez fK)ur reyarftez, il faut les laissa* uu peuplô V 
(le PanV . ^^ 



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TABLE DES MATIÈRES. 



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Wdicaccuà S.- Exe. .le Ministre do l'fnstruction publique. 

• ' -<• ■ ■ ^ " . . . - 

I. Jacques Dcbois dit Sylvics : analyse de ses Traités 
i .^ ' gramniaticaux ,,,..:.,.. .^ 

4 l* isagoge ou Introduction. . , .;;;;'. ..... 

, . 2* Grâtainoaire proprement dite. . ..'. . . .^ , 

iipècitnen des caraclèrfi-et de Corthûgraphc 
de Dubois .■ ^ .... ^ 5-1 

V ■ t • . 

II. Lodis ViEiGlitT, — Jacques Pelletier, -r Guillaume 

Dis Aoteu. . .J . /i9^1^6 

1* L. Afelgret : premières tentatives de 'réforme.-^- 49- 
Trinité de la Grammaire françoise.. 6/li 

. Spécimen àes caracUres et de Corthograplic 

de Meigret. . . . . i . , . . . . .65, 66, [^89-d« 

^talion musicale de t accent ionique. . . i . 106-t08 

,2' G. des Autels : Lutte avec Mejgret ... . . . - 1 17 

( • ;?* J. Pelletier .^Lutte avec Meigret. ....... l-'i/j 

, '^ Dialogue^de rorthographe. . . , 143 . 

'" Spécimen des caractères et de lorthographe i 

^ de PeUetier .............. .V. . 17/1-175» 

Let BoMt de,e« ebipîirt founiiuent diveri^.râppr,ci€bei0enU ivee 
l«s'paio(t. ' 



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TABLE DBS MATiftREil. 



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III. Wêh-o Ramu^: Gramnî^re ffîinçolsl . \ % . . , . . 176-270 



182 

234 




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.l>remler Kvre : élémeiits\.\. . . . * 
Second livrie : syntaxe. . V 

Spécimen des caractf'res \t de Corthogfèkahe de 
\.. ^ * ^Bamus. Passim et-^urtout aux patg^s 191, 
198, 204, 206, 206, 257 

!-«• n«tM de M chapitre fourDisMiit diren rapprocbemV 
avrc le« grànaairient ancienu, soit av«p Us grammairieu él 
conumpor^ins de l'auteur. 



IV. Jean Garmier, — Jean Plutôt, — Ahel Matii^o : 

Analyse do leurs Trait»'» grammaticaux.\ . , 270-331 

Les notes de ce rbapitre folirnisseni divers rappreehementc aW ' ^ 
les srammairiens de l'épo«|tte suivante. 

" . ... .. , • -r - 

V. .Robert et Henri Estibii.'S£ : Leurs Traités graQima\ 

ticaux. . . ... i . . .' . . . . . . . . . . . .\ 331-499 

!• Grammaire. . . . .*.#....':... . . . W-459 

l. Traité des lettres : orthographe e't pro- \ 

. nonclation 338 

II. Traité dfes parties du discours du gram- 
♦ mdre proprement dite . • . •. • • • • 387 . 

J§péçitnét de Corthographe et dû style de.Ro- 
berl Estienne. . . . . .... . . .. .^. . .". 427-436 

^ir Traité spécial de la conjugaison des verbes . . 459 

3" Lexiques comparés do Robert Estienne, de ' 
NicoT et de CoTGRAVE. . . . . ........ 473 



Les notes de ce chapitre fouraissenl divers rapprocfaenequ avec' 
les grammairiens de l'époque précMeule. 

* ' - . , 

APPENDICE. — Prononciation ...."*..,..: , ; . . 499^533 



l*» Claude DE Saint-Lien . . 

2" Théodore de Bèze ..... 



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FIN DE Lt tABLE DES MATIÈRES. 



Paris — Impiiuit Jur^JS^ TacS^t ET C', 26, ni? l(acin«. 

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