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Full text of "Traité de la prononciation des consonnes et des voyelles finales des mots français [microforme]"

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^ .IMPRIMÉ CHEZ PAtJ^L RENOUARp, > 



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11U£ DE l'hIKONDELLE'^ n" 22. 



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DE LÀ PRONONCIATIdN 



{ DES içONSpklVES ET DES VOYELLES FINALES' 



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DES MOTS FRANÇAIS, 



DAI^S \^Xm RAPPORT AVEC LES CONSOIWE9 ET* LÈfl VOTELlid 
tNITIALES DES MOTS SUIVANS ,* 



SUIVI 



,-* 



> DE LA PROSODIE DE LA LANGUE FRANÇAISE^ 

Fiposéc d'apr«>8 luip nouvelle méthocfej et contenant de» <]ëvclbpp«>Qeiis 
sur lés applicaiion» ^ont clic est suscrpiihlc, qui n'ont point encore ci« 
pi csciite'fi dans les traites de rr genre. , . \ . 

. Oxxw^^^cïaihanX. inxicdiV Art de lire A hauie voix, , 



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PAR L. DUBROCA. 



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PARIS, 



QHBz l'auteur, nuB sAUtT-HTAcnmim-iA'iirT-^ovopi, «* a; 

DEI.AUNAY, MBEAIBK, PAJUAIS'BOTAl.,. aAX^miBf DB BOU,«* «43; 

BT A. JOHANNEAU , ubbaikb, ^v% du coQ-tr.-KovoBi^ N* SIm. 



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JfUUL Jtliy. 



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INTRODUGTXON. 




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Je consacre ce volume aux âéux parties de la, prononcia-r 
lion française qui entrent le plus avant dans le génie de la 
langue, et qMÏ impriment le plus à la diction publique |e 
caractère du peuple, qui là parle. • 

Lier et prosodier ré^uVxhrement les mots de là làa(^ue 
française, c*est donnera cette langue la pompe, la plénitude 
jGt la dignitë dont elle est siisceptible^ c*est ^ rjCUflre au^i 
agréable à roreille par sa douceur, ^'eUe est ^^sfaisant^ 
pour Tesprit par sa correction et par SA netteté; c*eh^ la 
revêCir à-la-fois de grâce , d'harmonie et de majesté; c'est 
en un mot, en adoucir les formes, en régler les proporttong 
et^a disposer à Texpression méîodiieuse et facile, lente ûu 
rapide, coulante ou pittoré«i«ç de tous ï« se^timens 'qm. 
constituent le^caractëre national. .; , s ., ^ 

Ces deux parties ' devaiept néceisairëment eihtrcr ^dànii h 
plan de la première section de mon ouvrage sur VAri de 
lire à haute voix , où [e traite de» Mùfens de captiver fo-» 
reille: mais il aurait fallu le« réduire pour,l(W o^ettre*d«M 
une juste proportion avec U» autres pfiwcîpei oonatihUifr 
de cet art; efje ù'ai pu consfntiri cèMcrifice. Ce que jVto 
ai dit dans les^précédentes éditiph^ f(e cet ouvrage, ne m*à 
jamais paru suffisant, et j*aurais eu trop de )negrtta*jei^^^. 
^ blier une nouvelle , sans lui associer rentier développeflMVt 
aps questions qui si 



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INTRODUCTION.. 



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On voit donc que cet ouvrage, qiioif[^iie publie à pa^t, 

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^est dans une dépendance immdcliate de mon Traita sur Part 
dé lire à haute Voix: ^en est en effet le cornpldmerit ^ et 
ii*il m'est permis d'cXpritiier mon opinion sur spn impor- 
tance relative, je d(îc'lare que je le regai'dc (ommc rfgou- 
rcusement nécessaire poîir ceux qui veulent étayer leur pro- 
nonciation dans les discours publics, de tous les principes 
qti| peuvent la rendre co|Tecte, pure et harmonieuse. ' 

Les/fautes qui affectent en géntfral la diction publique, 
soiis le double rapport de Ki prosodie de \i\ langue et de la 
juste h'dfîsoh de ls»eS mots , n'attestent que trop la^iécessité 
d*étttdier ces deux parties de la prononciation- ftiançaise , et 
voilà ce que je propose dans cet ouvrage. Je ne pense pas 

. avpir besoih de me ddfier, pour lé succès de mon projet , 
dé l'espèce 'd*indifférencè dont on accuse gdndralement les 
Fraji^Aîs pour tout ce qui regarde la juste prononcialion de 
leur langue (ij: car il m'a toujours semblé qqe s'ilest un 

" 6b jet d'étude qui mérite des soins et de l'attention r c'est 
celui qui a pour but d'apprendre à s'exprimçi' correctement 

(l) Voici commttil s'explique rt ce svj<t un Toyapcnrphilosoplic doi^t 
les ën*îlii 8ont aushi rrinarqualilrs par l^s ol)ticrv,alions jùtiicicuscB qu'ils 
renferment, qwe par le», faits curieux, qu'ils j^t'seotent. , 

çt J'ai remarqué, di.l- il , que de toutes Icu natious de l'Europe > il n'y eu 
avait pa's de p}u« iudifleieutc qxitfla uôirc,i>our ce qui regarde la pronou- 
ciation de,^ Unf;uj'. Le» t'iiangtrs'sout les preiulers « nous laire ron-. • 
naître cette vérité p«r d»6 r« piot lifs- sur le peu de soiu que non» appor- 
tons k prononcer nos nu th. Dans Us princ ii>«lr8 cours du conliueiil , <>»? 
l'on se lait un poiut dhonneur de bien parler fianeain, on n^étonue que 
BOti» en negligionr la plus ii»HK)i tante j)artie , qui «si la prononciation. Il 
" y a même de» étrangers qui diMi.l avoii ouï iaire déb taules de pionon- 
cialion à de» l'V»nCAikd4»lii.4imb, qu'ils auraient rougi de faire eux-mt^nus. 
A la vérité, aiontc-lll , et n'est* pas um grand mérite de parler régidiere- ^ 
inent sa langue; nialuït faut 'ctnivenir rfiic c'est une grande lionte h un 
hbmme bien eleté de nela parter pas selpn Ica lègles et suivant l'usage 



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'/ rNTRODUCTTOy. \ III 

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flafis sn langue iiatar'c Ile. T^.^ fautes peuVcnt être pardon- 
nables 'yJànsIt^ïioncialiojixFune langue él^ang^^e : maisiians 

la sienne propr^! elles sont intolérables^ elles renferment le 

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tarite aveu d'u^te ifenoranre honteuse, surtout quand elles 
sont à eôte des japj àrcnces d'une «éducation cultivée. 

Et d'où pourrait venir cette indifTért^^nce ? De ce nue sans 
doute, \cb ( lioses nVn votrt pas moins bien dans les b'Jji'i'^^les 
v^ociaieS, maigre' ipu'lquL.s ini[)erfeelions de Jungfage ; oe ce 
que les pi en pics de la morale n ligiluse n'en sOnl pas moins 
proclames et entendus dans les temples ; les drbits de la jus- 
tice au baneau ; les inlerêls de^ [)euples', dans les tribune^, 
"politiques ; les çcovre."» de nos grands poètes, au théâtre, et 
les p'rinci[)es des beaux arts^ dans lTu.>assemblees savantes et 
lilltM-aires. Mais un peuplé, créateur d'une aussi belle lan- 
gtu^ que la largue française, et au.s?H jaloux de perfectionner 
ses crcaîions, dcviait-i4 raisonner ain^i? Ne serait-il pas 
di^ne (le lui au contraire qu'une impulsion plus honorable 

fût doniu'e aux esprits sous ce rapporfjct surf.out, ne sei'ait- 

.* . . *.''■• 

il pas "di^ne des premiers régulateurs de renseignt?tiient -pu- 
blic que l'étud-e de la bonne diction française entrât davan- 
tagc dans rédueatiou des jcum s français? Etrange renver- 
seiniful de tout ce qu'il ya de plus simple et déplus naturel 
ptu'tni les hommesl On enseigne aux jeunes gens avec le 
plus grand "oiu le latin et le ^rec , et on abandonne leur 
langue matcrnt lie aux lî.isards,de Tusage bon ou mauvais. 
Est-il étonnant après cela qu'il y ait tant il'instabiiilé, tant 
d'incertitude, tant d'opinions arbitraires et faus}»es sur la 
[irononeialion de notre langue? " , ' 

Mais je me sens entraîné par des considéralions plus 
graves ereore. Ce qui me frappe surtout- dans les résultat» 
de celte indiflérence malheureusement tj^op conslatëe j c*eft 
le danger aùqtlel on expose la langue clio^méme. Ceux <pii 
mnnin\^rMit l'hiiilniii; dc^ 'iT^gtrf jHvtfHf qiip rVsf tnilioilll 



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INTRODUCTION. 






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par kl prononciation que commencent les altérations d'un 
ididmÇjaUérations qui, bien qu'insensibles d'abord, finis- 
•ènt à la longue par changer les formes du langage , ci à * 
le rendre cnr quelque sorte méconnaissable à de grands inter- 
valles. Tant que le goût et les lumières ne sont pas filés, 
cet inconvënîent h'es^ pas très grand sans do\ite ; il est 
mémeatile, en ce qu'il eot ^uit k des perféctionnemens : 
mais quand- un peuple est paryemi aux. plus beaux siècles 
de sa civilisatioiï; quand il possède des ouvrages au-delà 
; desquels il est probable que l'esprit humain ne parviendra 
bas f quand des monumens immortels ont cloué, pour me 
éeryir d'une expression de Afonlaigne, la langue à leur exis- 
tencei/c'esMlors qu'il est utile et Nécessaire d'arrêter la 
marche des variations qu'éprouve le langage,. de poser des 
bornes à son instabilité , de fixer la doctrine de sa pronon- 
ciation , et d'en répandre partout rinstruction et les prin- 
cipes. • , • ■ . 

Et qi^el moment fut jamais plus favorable pour l'exécu* 
tion de cette mesure conservatrice de la langue? Un grand 
ouvrage $ur la langue française se prépare; les membres les 
plus distingués du premier corps littéraire de la France sont 
appelés k y concourir; il s'agit de refaii'c le Dictionnaire de 
l'Académie, d'agrandir et de perfectionner ce monument 
du fcèle des premiers régulateurs de notre langue. Qui pour- 
rait peniei* que la docirme de la bonne prdnonciaWon fran- 
çaise , consignée en tète de cet ouvrage, n'y figurerait pas 
d'une manière utile , et que le but de ce répertoire classique 
n'en serait pas mieux rempli? ' . 

Je sais bien que ce moyen n'empêcherait pas les altéra- 
tions que le temps^ traîne à si| suite, et qui attaquent les 
' -knguess comme tout ce qui existe dans. la nature: mois 
du moins, leurs effels n'auraient pas des conséquences ausii 
dangereuses pour la stabilité de la langue; du moins les 



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INTRODUCTION. . y 

bons esprits, les écoles publiques, et, tous ceui qui vou- 
draient se garantir d*une contagion vicieiise, auraient dans 
cet immuable dépôt de la doctrine du langage, une source 
toujours constante d^une bonne et juste pi'ononciation à 
laquelle ils pourraient revenir pour en conserver ou ppiar / 
.'en propager les principes; et les intérêts de la langue se-' 
raient sauvés (i). 

. J'ai exprimé mes idées sur cet objet , avec la confiance 
qu'on m'en pardonnera la publicité, en faveur du motif, 
qui m'anime. Je m'estimerais heureux si elles pouvaient 
paraître fohd<^es; alors j'aurais acquitté le vœu le plus cher 
de ifîon cœur, celui de contribuer en quelque chose â l'hon- 
neur d^ine langue dont les prérogatives déjà reconnues par 
toutes les nations civilisées , ne demandent qu*à être digne- 
ment soutenues par ceux qui la- parlent , pour faire taire 
toutes les oppositions de l'envie et de la rivalité: c'est dans 
cet esprit que je vais expier le plan des sujetf que je me : 
suis proposés dans cet olivrage. \ "^ 

(1) Et puisque, j'en suis sur ce point : pourquoi VÀcadëmie française 90 ^ 
s'occiiperail-elle pas e'galement de poser en tête de son ouTta^e, les prin- 
cipes fixes de la Grammaire française? Ignore-t-on le mal que produit 
cette foule 'de grammaires ^ue chaque jour voit ëclore, et où chaque no- 
vateur r^and k pleines main^ ses systèmes, ou^lutAt •«• idëea oreuMS ? 
Qui pourraiiT croire, à voir cette intermiaaUè publichtf de nourdles mé- 
thodes, qiie la langue franchise a été l'objet des médiuiioo» et dcf ^|f 
des p4us savans grammairiens; ou plutôt, qui ne la croirUt paa eneora 
dans l'enfance et aux premiers âges dé. sa foriuation? «t-il Mi gramâiai- 
rien, quelque mince qv'il «oit^ qui, peur bire valdii' »op Mvrf , IM |# 
Vr^cente chmroe une langue rtns principes fixes, et dont tt »'f]jg!ir$m»t 
qu'i lui de tracer la bonne doctrine? C'est un véritable romantiêmë 
grammatical, dont les efiisu sont bien p|us daflTgereikx caeore que U^ 
romantisme littè^ire. Que! Inconvénient y aurait-U enfin qu%t èxiacll . 
une grammaire vraiment nationale, auteur 4e la^o^e foui les eap#itl 
poi/rf^ierit' se rallier, qui porterait le caractère d'une aancUon impin- 
»«nte et légitime, qui ferait taire fbutes les* décisions arbitrairea , etqiià* 
MJhrirait généralement à finstruetion puisque? v 



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y\ ; INTRODUCTION. : 

*ît y a quatrç cirronstances dans lê discours qm ciifibras- 

sent loule la doctrioe de la liaibon ou de la division .des 

finales françaises^ dans leur rappoït avec les initiales des 

mots qui les «liiVent : ^k 

10 Lorsqaçdes voxelles sont opposées à d*autres pqrelles, ' 
2» Lorsque des 7)ojelles se rencontrent devant des con'- 

' • . ■ " 

sonnes, . • ' ' . . • . • - • 

"^à Lorsque des consonnes heurtent d'autres consonnes, 

• 40 Ei^jin j lorsque des consonnes ie^trouyent placées de- 
vont dts v(yy elles. r'^ X ■ 

C'est sur ces quatre suppositions di-^tinçtis, arl'il n'est pas 
possible d'éluder, qui se réalisent et, se renouvellent à chaque 
instant, et qui se présentent presque toujours ave<* de nou- 
velles modifications prises dans la Tiature grammaAitale des 
- mots qu'il s>€il de lier ou de diviser, que roule "tout le 
travail contenu dans mon premier Traiti'. Parmi ces dille- 
rentes suppositions, il y en a deux surtout, ta première et 
la dernière, que je recommamle particiilibrcment à l'atten- 
tion dç mes lecteurs. On trouvera dans la première , la ques- 
tion si épineuse , et gc^néralement si mécjmnue de l'emploi 
des vojelUs nasales devant d'autres voyelles , et ^lans la 
dernibre , celle non moins importante par ses applications, 
a« la manière dont il falit employer les consonnes finales 
devant les voyelles initiales des mots sui'vans. 

Je ji^seme flatter, dans une matière aussi neuve, d'avoir 
posé des principes à Tabri de toute contestation: mais du 
moins, f aurai ouvert la carrière k une disc^ussion incontes- 
tablement utile , et je m'e sens assez désintéressé^ dans mes 
opinions, pour en faire le sacriGce à des jugemens fondés sur 
de meilleures raisons que les miennes. 

Quant à m^ prosodie qui forme la seconde partie de cet 
•uvra«e ; si j'y ai rattaclié des questions extrêmement déli- 






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INTRODUCTION. 

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c'd^esi>wv\c m ècnnisme de nos compositions poétiques, ce n'eni 
•pas saiis avoir ramené souvent nies regards sur moi-même 
et sur l'immense disproporlian. de mes moyens, pour traiter 
xm aiissi grave sujet : mais enfin, je voulais donner ^- mon 
Traité; toute la latitude qu'il roifij[>orle naturellement , et il 
m'a semblé qu'en parlant de la prosodie de la langue, fran-^ 
çaise , je devais pré^cnter la possibilité d*une de ses*. plus 
brillantps applications. Je n'ai jamais pu concevoir un 
Trailé de prosodie sans la condition de ses rapports avec 
Je rythme poétique j l'abbé d'OliVct qui n'a point porté ses 
vues jusque là, semble en une foule d'endroits sVn faire un 
reproche j il regardait son ouvrage comme imparfait : et 
il eût été bien étonnant en effet.quecet homme si judicieux, 
Yl'cût pas senti que son travail sur la prosodie de la langue 
portait avec lui le principe de sa stérilité , par le. défaut de 
son application au mécanisnie de la versification. Lorsque 
f^lopstok , Afilton et le liasse, secouèrent le joug de la 
rime et soumirent leurs compQsstions à un rythme régulier, 
ils durent cet avantage aux prosodies de leurs langues reS-' 
pectives qui traitaient du nombre dans l'universalité de ses 
rapports. Pourquoi Baïf et quelques autres, Jl y a deux 
cents ans, entreprirent-ils inutilement cette même réforme; 
pourquoi Lrt A/bf^<» lui-même a-t-il si complètement échoue 
dans la compo>ition, de ses vers blancs? C'est qu'il n'y avait 
poUit en France de prosodie de la langue, appliquée au 
rythme métriqu'è. La Motte calculait seulement ses syllabes, 
sans égard à leur mesure prosodique, qu'il ne connaissait 
pas; et voilà pourquoi sa tentative n'a pas eu le moindre - 
succès. . 

Je n'ai donc fait , en associant à mon travail sut la pro- 
sodie française des questions sul* ses applications au nié» 
canismc de la versification , que ce qui m'était prescrit et 
commandé par la nature même de mon sujet. Je D*âi pat 
eu d'autre prétention , et il me semble que, iK>iu ot rapport 



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yi,, - INTRODUCTION, 

fui quelque droit k rindulgence du public. Je sens mieux 
que perÉonne , combien il m'appartenait peu d'être le pre- 
mier à ^ler ces hautes questions à mon plan. Aussi n'ai^ 
/Je^ouluWue présenter un essai , laissant à un écrivain plus. 
yetU que\moi sur ces sortes de matières , le soin de pour^ 
niivre uni entreprise dont les résultats intéressent au plus 
haut de^^ la gloire de la langue française et l'honneur 
d'une des blus belles parties de notre littérature. 



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TRAITE 



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DE LA PRQT>fONCIATIO 



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DES CONSONNES 



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DES VOYELLES FINALES DES MOTS FRANÇAIS, 

D\?fS MtUk UAPPORT WKC LU» VOYELLES OU LBS COIfSOWÏIKS INITIA LBA 

DKS MOTS «UIVAK9. . * 



L'exacte ënonciafcion <ies mots , considérés dans 

f 

leur isolement, et sous le rapport de leur- caractère 
syllabique, est sans contredit la première base d'une 

•bUnnè et juste prononciation. Quiconque pécherait 
contre C€tte condition fondamentale, ne pourrait ja- 
mais prétendre à l'art de bien dire ; parce que le pre- 
mier devoir de cetui qui veut s'énoncer eif public , est 
de prononcer régulièrement les mots qui constituent 
la langue qu'il parle, et -que rien n'offense plus l'oreille 
que les fautes qui attaquent les premières lois de leur 
prononciation. Mais, il faut l'avouer , cette condîuon 
importante ne suffit pas encore ; les mots, daiit le dis- 
cours , ont entre eux des rapports qui sont détermi- 
nes , ou par la nature de le^r position grammali* 
cale , ou par des principes d'cuphouie et de goût ; et 

'l'art de les assortir, de les lier régulièrement , est en*; 
oore une des bases fondamentales d'une bonne^]pr) 



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noilcîatîon. Dans la lanj^iie fianraise surtout, le justt 
emploi des consonnes et des voyelles finales, dans 
leur raf^port avec les Consonnes et les voyelles initiales 
des mots suivans , lient pai ticulLcrcment à son ^énie y 
et s'il est vrai , comme on en conviendra facilemqnt% .. 
qu'il soit toujours nécessaire "(le parler une lanj^uc 
d'après son propre génie, c'est-à-dire, d'après ce 
qu'elle a établi pour Cti adoucir ou pour en perfec- 
tionner la prononciation, il s'ensuivra <pic l'élude tks 
règles (pil traitent de la manière dont on doit employer 
nos consonnes et nos voyelles finales, dans leurs rap- 
ports avec les \oyelles , et les consonnes initiales des 
jTïtTts suivans , est indispensable poiu* quieoncpic est 
jaloux de s'énoncer coiTeclement dans lu lanj»ue fran- 
çaise , et de conformer sa dieliôu aux lois qu'elle a 
établies sous cet important point de vue. 

Cependant , il faut le diie, il n'existe presque point 
dcpriïicipes pour cebii fpii desice s'instruire sur cet 
objet. Peu de grammairiens s'en sont occu|)és , et en- 
core, ceux qui en ont ttaité, l'ontils fait tl'une ma- 
iiièrcxnguc, générale et si concise, (pie ce cju'ils en 
ont dit suflil à peine à cpieUpies appliontions.y 11 semble 
qu'ils apient craint, en q»iel(|ue sorte, d'abofdcr celte 
partie db notre [irononeiatibn , tant elle leur a paru 
Kuis doute hérissée de dilTicullés , cl susceptible de 
contrudiclions. Aussi, nu|- prînci|>e de l'art de bien 
pnrlern'cst plus méconnu , plus arJïitraire et plus dé- 
figuré par dis fautes gralcs; Privés de réglée cerlain^r, 
les hommes même cpii.se pitpirnt do porbr le plus • 
correctement, son! en perpctuellccontradiclion entre 



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, j:.t i)r;s consonni^V finales. 5 

♦îux , cl fjiiclfuuîfois avec enx-niorncs. Ici, tontes les 
voyelles nasales sont indistinctement traitées coinmc^ 
(les sons articulés , et on l«'s lie ^ans Kcention ;, là 
on forme ries liaisons barbares cjui restitnent à la lan- 
|»ne française tontes les aspérités, lonle la rudesse de 
sa première origine. Ici , on lie généralement , et sans 
distinction , tontes les consonnes finales , lorsqu'elles 
sont suivies de voyelles ; là , on insisté snr des voyelles 
qui t«M minent les mots , et dont rëlision avec It;s 
voyelles snivanles^cst indisf>ensal>lc. Prcs(pio nulle 
part on ne suit les lois de la prononciation française 
sur cet ol)jeL., dilFicile à la vérité , mais l'un des pins 
propres, rpiaiid oh l'a ét^idié , à doîiner an )Lliscoi!rs 
<lj4j|a nettettt, de la grâce, de la douceur et delà 
nit'Iodic. • 

La langue française j (juand elle e^ bien parlée, est 
sans contredit Une des pins belles et des plus liarmo* 
nienses des langues modernes : sèclie, aride, iufleir* 
bl(; dans la bouch(î de celui <jui ne connaît ni 8CMi oc- 
nie , ni son caractère, ni les lois de sa prononciation, 
elle devient majestnenseet brillante , flexilite et douce, 
nombreuse et riche en i;dle\ioiis mélodieuses , quiind 
elle est énoncée avec les conditions fpi'elle prescrit. 
INulh; langue, ne s'adapte mieux qu'eHe aux divers 
ficntimens du cceur humain , et ne les peint avec plus 
d'énergie. Autant elle est pleine do graço et il'une%î' 
mable liberté dans la conversation des gens polis ^, 
iiutaiït elle s'élève et s'cunoblit dans les sujets qui de* 
niandent de la pompe et de la difrilitë* elle suffit ^ 
tous les genres, à celui qui proclame devant les tri- 



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4 , DE l'emploi des voyelles 

bunaux Jes droits de l^innocence , comniie à celui qiii 
Iraiie dès grands intérêts de la morale et de la politi- 
qn^ Voyez comme sons le .pinceau de i?«c//2^^ elle 
devient rînterprète sublime des senliuïéns les plus 
délicats du côçur Immain.; comme sous celui dei9///*- 

^7ï , elle décrit magnifiquement les merveilles de la 
nature. Voyez avec qucHe majesté noble et imposante 
elle s'élève jusqu'au trône de la divinité, dans la bou- 
ché de Bossuèty cf avec quelle heureuse , flexibilité 
^ elle se plie aux charmes de la plus aimable naïveté^, 
sous là plunxe de Lafontaine et de madamp de Sét^igné, 
Mais cettcj lanjgue si belle cesse de l'êh*'e , soit sous 

" la plume de l'édrivairi ,/soit dans la boiiche de éçlui 
qui la parle, quand on n'a plas étudié Iqs réglés qui la 
concenVentsôusce'lLdeux rapports. Le mauvais écrivain 

• etle mauvais orateurstMitdes ennemis nés dèja langue 
française •,M'iin,parcejj^u'il la transforme en \m jargon 
barbare , pauvre e|t méconnaissable -, et l'autre , parce, 
qu'il la dépouille de son harmonie et de sa richesse, 
pour la revêtir des lambeaux de sa propre pnsèriî^. 
Et , pour ™® renfermer dans mon^ sujet !^ de quel 

, intérêt rie la prive pas celui qui néglige d'enchaîner et 
d'assorjûr ses mots par ces liaisons fréquentes et variées , 
qui sont destinées à répandre tant d^ douceur sur sa" 
diction .et à la telever par tant de charmes! Que l'on 
écoute tour-à-tour deux lecteurs, dont l'un possède 
l'art des liaisqjfis, et connaît, eii même temps, le se- 
cj»t de les nuancer, de les adoucir et de les^i^ndre 
coulantes*, et dont l'autre n'«n exécute aucune ou lés 
exécute à &ux , brusquement et sans goût. Dans lé 



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M DCCC XIIV. 



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ET DÈS CONSONNES. FIÏfALEis. 

premier : qneHe diction agréable ! Quel enchaînement 
; iKirmonjeiix cle mots ! Quelle douce coritiiiuitë de son» 
flatteurs et puissrfris pour rôreille; et dans l'autre : . 
tjtp?H3é^ pnoncialion âpre , dure , brisée , désagréaUé* 

' iùent'iîbnduite- et fatigante pour les auditeurs! Dans 
le premier , c'est la langue d'un peuple poli, da ifs :la^ 
quelle pn retrouve son caractère et les afiectioni douces 
qui l'animent ; et dans le secoild , c'est un idiome bar- 

, ^barc qui oiTense autant le goût que la raison^ > . . 
.^. Quelles que soient les difficuUés^du sujet que j'eàtre- 

. /prends de traiter, j'oserai Faborder franclïement'î et 
le suivre jusque dahis sç^ défireloppemens le» plu» dé- * 
beats. J'osertii poser des règles là où iïn'y a eu, jus* 
qu'à présent^ que. coQtrtfdiç^on3 et incertitude dé 
principes. Je ^e me dissimule, pas tout ce que cette 
tâche peut avoir d'épineul ) jeprëviens même d'av|ince 
que je serai quelquéfois^n oppOttitioii avec beaucoup - 
de gcammâiriens qui ont 1i<l9ardé leUcs jugerons sut, 
cet objet: mais si je place « cote de iDes\|irin€ipei les^ 
raisons qui les justifient; si je le» appuie âur <]cs ma* 
tifs puisés, autant dans le génie de la laçgùe française, r 

, que dans les lois du goûit et de la raisicm; faurai^y» 
pensQ, suffisamment déiieloppë mon i^jet. Si je me 
trompe , mes erreurs ne pourront ét^ démontrées 
qu'à la suite d'une discussion sérieusebsur lea lois de la 
diction française à cet égard; mais cette discussioUi, 
serait elle-même un bienfait par tés décision» qui en 
résulteraient , et qui serviraient , san» doute, à fixer iiil v* 
système de prononciation depuis trop' long - tempt: 
livfé aux opinions arbitraire». ' ' . . 



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6 I DE 1^'kMPLOI 1)KS VOYKL1.Kλ * 

V IPoul donner à mon sujet toute J'exCeusion aoiit il 
est susleptible, je le conhivJéreral soys. quatre points^ 
de vueldifierens , ([ui i;îront l'objet (i'aatant de. chà- 

pitréa: ^ > — ' 

: 1* De qnclbinamère faut-il employer jes voyelles . 

V finales, soU simples, comptées pu nasales, larsqu'cUes 
sont suivies de mots commençant. par des voyelles? 

a^ Comment faut-il prononcer les voyelles devank 

/ ' ^ i^- • * ..." 

les consonnes? '* 

3" Les consonnes depnt d'autres consonnes? 
If Enfin ^comment doivent être tr-airccsics con- 
'' so/ne§ finales devant les Voyelles initiales djes mots 
suivauB? "^-^ - 

Telle est la discussion a laquelle je vais me livrer. • 
Mais avAwtriiVntrer en ntalicre'sur ces diverses 
questions, je crois de>oir poser qucUpies princijjes gi-- 
néraux, applicables aux différens points dcf vue sOus 
lesquels je dois considérer le système de nos liaisons. 
Ces prïncipesyOnt pour objet de déterminer datis quels 
cas les nio^»eiKent et doivent se lier entre eux, et 
' dans quels cas ils doivent rester dan? , une indépen- 
dance mutuelle. Cette discussion préliminaire est d'au 
limt plus importante , que , dans la balance des .erreurs 
sur ce point , j'estime qu'il vaudrait encore mieux ne 
point faire do liaisôrts que d'en exécuter do fausses e! 
d'opposées aux lois du bon sens et de la rai>on. 



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inuittio^ 



Ijut ** suauw«au»^ 



l«l|I-V«« »«^»i 



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blier uoe nouvelle ^ sans lui associer rentier dëYetop pffWi i W t 
d^s questions qui sont Tobjet de ce nouveau traravl*- 



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i:'l\ Di;S CONSONNES FINALES. 



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PRINCIPES GÉNÉRAUX, . 

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^E» f;énëral, pour qnjil y ait un Jiisto^r^iolif d'établir j 

une liaison quelconque çntre deux mots ,11 faut qu'il 
existe, entre ces mots , un rapport grammatical et iin* 
médiat, et il y a' rapport , dans cesen^, toutes les fois '[ 

que les mots se modifient, se régissent , ou qu'ils^se | 

quafifient mutuellement. Reridons ce principe .plus 
clair .|>ar dés .exemples*. 

L^s enfans de mon arrii. Dans cette proposition , 
les et mo-|ijùîidifient les mots ç'n/û/w et ami ^ le pr«-^ * I 
mier comilie article, et le second ^omme pronom 
posscssiFconionçtif; par conséquent les consonnes fi- 
nales de ces deux mots doivent être liéos avec les 
voyelles iqitiiles d'es mots suiva'ïis. ; ^ 

Le juste emploi des liaisons dans la langtiijrqjt' 
çaise ajoute à sa douceiii>. Ici , il y a deux liaisons 
grammaticales , la première .entre les deux nïoK% juste, 
emploi ^lid^rce que le moi JusU affecte nëcesftairémeDt \ 

le mot emploi , dont il est râdjeclif ©u Iç quîilîfica* V 
tqur, et la seconde dans les roots : ajoute â sa douceur^ ^ 
parce que le verbe ajouter régit inimédialfftnênt le» j 

mots dont il est suivi.\, 

Observez , relativement k la première liaison des 

mots juste et emploi j q«e^ lorsque les adjecUispré* . 

cèdent immédiatement leurs substantifs , la règle qvii 

' détermine leur liaison est générple et Jaos exceplioo 9 

au point que les sons nasals êùx-tnémês 5 à Uès pea 



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hbmme bien c>Ttf de nela paiïtr pa« selon le» lèjjle* cl buivant l'usagr 
iTçu de tou* ceux qui pàrjent bien, V 



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1 , 



8 > ' 'r DE L'EMÏ'ïiOI DES VOYELLES . 

d'exceptkm&^res y/ sont soumis. La ' raison en^ est 
prise dans les fonctions des adjectifs , qui , places de- 
vant leurs substantifs, les-^afiectetjt d'une manière si 
inUme et si absolue ,* qu'il n'est pas possible de* les 
diviser. Peut être encore vient-elle de êe.qqe, la qnali-*. 
, fication précédant le sujet qualifié , e^^^ne signifiant 
rien si tout aussitôt l'esprit n'est point éclairé sur la 
nature de la„ qjiose qualifiéj , il devant indispensable 
de lier , dans tous les cas, ces ^cu* terrhes*, potir ne 
point laisser un instant d'incertitude "îlan s le sens des 

* idées. j \ 

JL'apis important qu^il reçut. Dans cette pbtasô , 

11 y a un rapport diif et entre les mots ai^is et impor-r 

tant , considérés, l'un comriie subsjtantif, et l'autre 

^ commfe SOU adjectif ;! par cons^équent , leur liaison est 

de rigueur. . * * ■ 

Je remarquerai fcependant que la règle de la liaison 

' des substantifs précédant lenrs adjectifs n'est point 
générale comme celle des adjectifs , lorsqu'ils précé- 
dent leurs substantifs , parce qu'en effet , les substan- 
tifs n'affectent pas leurs adjectifs aussi essentiellement 
qu'ils en spnt eui- mêmes affectés. Un nom , d'ailleurs , 
peu>étfe présenté seul , sans que l'esprit éprouve quel- 
que.imptience poui^ connaître la. pâture de la ^uàlifi- 
catioir^n lui appartient. Voilà pourqupi il y 3 tant 
d'exceptions à la règle ((Je la liaison des substantifs 

V avec les voyelles initiales deHurs adjectifs -, voilà pour- 
quoi, niiisi que nous le dirons- ci-après , les'^sons 
nasals ne perdent jamais' leur caractère devant eux , 
et ne Souffrent nçistde liaison. 



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le dalnger auquel on expose la langue cl i(î*inéniie. Geux qui 
connaissent riiistoire des langue» savent que c*est toujoul* 



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ïiT.DES CONSONNES FINALES. 9 

LjCS avares outragent â-la-fois la religion et Phu- 
riiariité. H y a trois liaisons dans cette phrase : la pre- 
mière porte sur les ai^ares j la seconde si^r avares 
outragent y^ci la troisième sur outragent à-la-foù ^ 
mots qui se riiodifient et se déterminent mutuelle- 
meritrEn(ifi , comme il y a toujours rapport entre les 
mots régissans et leur régime , enlrd les adverbes et les 
Yerlrcs\qu'ils afFectcnt ^ entre les prépositions elles 
mots dont elles établissent la relation ou l'opposition , 
erUr^ les conjornctions et les choses qu'elles rappro- 
" cheni •, par conséquent , ii y a, généralement liaison 
en|re les mots q'ui ont entre-^ux ce caractère gram- 

atiçal , ep obseîrvant toutefois les exceptions que 
l'on^ trouvera exposées dans les chapitres suivaiis. 

Mais , s'il esi inllis^opsablc d'exécuter les liaisons 
qui'spnt fondées Sur ces rapports, il est ëgalenient 
important d'ét^iter celles qu^ n'ont pas ce principe 
' pour rtiotif C'esC une grande erreuCde penser que 
tout mot terminé V par (exemple , par une consonne , 
doive être lie au mot suivant , s'il comnaence par une 
voyelle; c'est donner au systénve des liaisons, un 
appui aussi faux que dangereux. U en résulte une pro- 
nonciation affectée , pédantesque , et qui j souvent 
même , attaque et intervertit le sens des idées. 

Quand les mots sont pris abstrdctiveoient , ils ne se 
' lient pas. Ainsi, dans cette phrase: homi^ws , anir 
maux y tout périt ; le s du mot hommes ne se lie 
point avec lu voyelle initiale du vaQt animaux j p*tce 
que ces deux termes sont pris abstràctiveiiiei|l f €l 
n'ont aucune action grammaticale l'un sur l'autre. 



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dtt moinK, leurs ettels n'auraient pas des coiiseçiueiiut:!» ttu«»i 
dangereuses pou;* la stabilité de la langue; du moins te* 






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• lo J>E l'k^iploi w.s^vo¥»i:lles etc. 

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Ainsi que leS'saiî^ons, on voit changer les honvmes. ^, 

Delille. 

Dans hrrfetuçc de ce v«rs , ce serait une fanU 

de lier le 5 final du ^^ot^saisons >. parce que , premiè' 

~^„ renient le repos en dispense, et que d'ailleurs il n'e\is>îé 

/aucune relation grammaticale entre ce mot et le pi:o- 

nom on qui suit. ~~ „ 

En général, toutes leç fois que Ton peut ou qtie 
l'on doit établir des repos ^an s la prononcjallon , in- 
dépendamment même de ceux qui sont déterminés 
par la ponctuation , il faut se dispenser de lier Ctes mots 
entre lesquels on fait ces repos. Si ofi les liait dans ce 
ca», il en résulterait que le lecteur serait pbligé de 
détacher en quelque sorte la consonne finale du mot - 
auquel elle appartient, pour Tattacher, après un in- 
tervalle^ à Ja voyelle initiale du mot suivant*; ce cpii ' 
rendrait sa pronSticiatiofi traînante, désagréable et 
ftouvorainemcnt vicieuse.. / 

' Au reste , comme nous aurons souvent occasion do 
reproduire ces principes, et dVnVprésentcr rapplica- 
tion dans le» lectures que nous* proposerons; iious 
allons terminer ici ces olf^ervalions préliminaires pour 
passer au dëveloppeijucnt des diflerens points de \ue 
s sous lesquels nous devons considérée le système de nos 
liaisons. . . 



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irait gënëralement à fin^truction puLlique? 



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CHAPITRE PREMIER. 

DE i/kMPT.01 DKS voyelles FINALES pfeVANT 
d'aL TRES VOYELLES. 



V.n dos plus {grands obstaclesà la douceur delà pro- ' 
nonclation ,• est , il faut l'avmier, la rencontre do 
deux sons voyelles a|y>artenans à deux mois qui ont 
entre eux un rapport grammatical , cl qu'il n'est pas 
possible de couper par celte raison. U se fait alors un 
hiatus (l) toujours fatigant pour les oreille» de ceux 
Quiécouteutet pour les organes de ceux (pi l'exécutent. 

(0 Ce mot, propi^ment latin , a ëtë adot)të dan» notre . 
•langue, sans aucun changement, pour signifier Tcsp^ce 
dec^eophonie qui résulte de l'ouverture continuée de U 
bouc he dans l'émission ^ort^écutivc de deuxT sohs qui ne lont 
dislingués l'un de l'autre 'par aucune articulation. Du- 
marsais paraît avoir regardé comme exactement gynonytow . 
les deux mots , hiatus eU bdiUement ; mais il nous lemblc 
qu'ils désignent dé» icHécs accessoire» diCFërente». Le mot 
bdiUement nous pon.U exprimer particulièrement rétat de 
la bouche pendant rémission de cessons conlécuUfoi et le 
mot hiatus , exprimer la cacophonie qui ci^ résulte : en wrte 
que l'on peut dire que Vhlatus est l'effet du J>ài"ement. Ce- 
lui-ci est pénible à celui qui parle , Tautre e&t désagréàbU 
à celui qui éroubt ; la théorie de l'un appartient à l'anâto- 
mie, celle de l'autre est du ressort de la grammaire. . Ç*«»* 
donc de l'/z'Vifiiç que ron doit entendre ce que Dumrtrsaii 
a dit du biùllement. ,* 



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♦uviage; m j'y ai rattaché deâ quesiions exueiiicuiciic m^.. 




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HHBilPPfilRnimM 



la DE l'emploi DES VOYELLES FINALES 

La pocsie iraDçâise a rigoureusement banni de son do- 
roaine ces rencontres fatales à l'euphonie, et la langue 
/elle*niéroe a tout fait pourles faire dispai'aître autant 
que possible, de la prose.Uen est résulté des règles de 
prononciation j sous ce rapport, qu'il est nécessaire de 
connaître et que nous allons exposer dans ce chapitre. 
; Posons d'abord en principe, qu'un son ne peut 
, jamais se lier à un autre son ; ou ils restent en présence 
l'un de l'autre, et alors ils se prononcent indépendam- 
ment et sans réunion; ou le premier disparaît entière- 
ment, et alors la syllabe qui en était formée va se per- 
dre et se fondre dans la voyelle initiale du mot sui^ 
vantj c'est ce qu'on appelle elision. 



X 



Dea voyelles qui se prononcent devant d'autres voyelles. 

Toutes les voyelles, sans exception, sont susceptibles 
de se prononcer devant d'autres voyelles, comme dans 
ces exemples: // . 

Il lé manda à ses amis, «^ il a été instruit de leur 
arrivée , •— il l'a ordonné, *— il £. renonce à tout , — il 
a kisurpë le souverain pouvoir,^ une vertw équivoque, * 

— unamj/rascible,il a publié^'oi/vcrtement cette nou- 
velle,* — où est l'homme qui sait souffrir sans fiaiiblesse? 

— La loi ^vângélique , — - une piti^ msultante, un ')eu 
affreux , — il fut envoya en ambassade , etc. ^ 

Ue muet lui-même , destiné , cômnie on le verra 
ci-après, à produire de si fréquentes éhsion^s , se pro-* 
nonce quelquefois devant les voyelles; et cette parti- 
cularité doit élreloigneusement remarquée. Elle tombe 
sur le pronom le, quand il suit un verbe à l'impératif 






eu a autre prétention , et H me semble que, ^iis ce rapport 



l 'v 



DE%'A NT d'autres VOYELI^ES. i3 

dont il est le régime , comme dans qettc phrase ; dites^ 
le à tous vos amis. Voici à mon ti vis quelle est la règle 
de prononciation dans ce cas : si la finale du verbe est 
féminine, alors le pronom i^ ne s'élide pas avec la 
voyelle suivante, et il se prononce avec le son de Ve 
guttural cjui équivau,t à-peu-près à celui de eu. Ainsi, 
on dira : Dites-le \ à tous vos amis y^— faites- le \ en-- 
trer, ^- abandonne- le \ à ses remords; qu^sefàit 
faux de prononcer : diies-rà tous vos amis y — faites^ 
rentrer y < — abandonne Va ses remords, etc. Mai» 
lorsque la finale du verbe est formée d'un e fermé , 
alors le pronom le s'élide généralement avec la voyelle 
suivante; ainsi on dit très bien : renvoyez- Va Paris , 
— instruisez^^enmon nom , — donnez-Vaux pau- 
vres , — promb^tez'Vavec sincérité j pour; renvoyez- 
le à Paris , instruisez-le en mon nom , dormez-le aux 
pauvres y promettez- le avec sincérité. La raison^ de 
cette différence vient de ce que là voix, dans ce der- 
nier cas , tombant sur une syHabe pleine qui demande 
de l'insistance , l'élision de Ve muet , dans le pronom 
le qui suit , peut s'eiccuter sans inconvénient pi pour 
la clarté de l'idée, ni pour l'eMpbonie^au liea que dans 
le premiei; cas, la prononciation de deux sylbbet (^ 
minincs de suite ne poDirait ps avoir lieu fans blesser 
a-la-fois ces deux principes d'une bonne prononciation. 
Au reste, cette règle ne s'applique qu'aux locutions 
dans lesquelles la finale du verbe eH formée, d'qu € 
muet ou fermé : dans tous les autres cas, le pr9at||pii 
le se prononce avec la modification de 1'^ guttural^ et 
il ne s'élide pas-, ainsi, on dit : i^oi8-le\ à loisir, prendâ* * 



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l4 1)E l'emploi ])i:S VOYELLES riNAl/KS 

/é-l a(^^c /oi^ dcfends-lc \ a\>ec courage , dis-le \ à ^ 
tes amis y etc. 

L'article/^ et le pronom c^'^ sont encore suscepti- 
bles de se pronon'cer devant les voyelles dans quel- 
ques circonstances : on dit le \ omjt le non , le \ on- 
zième du mois , — ce \ onze avril , -r-le \ huitième 
du mois. Il est viai*^qiie ces mots sont considérés 
comme apiit j)Our initiale nh h aspiré , q\ioiqu'il n'y 
ait point réellement d'aspiration , et voilà pouiqnoi 
l'élision des nionosyllàbes le ot c^ n'a pas lien dans 
cette circonstance. • * 

La lan«;ue frariçaisc comporte donc la prononciation 
fréquente des voyelles devant d'autres voyelles. Mais 
comment conduire cette prononciation , pour en faire 
dis|>araître autant que possible les inconvéuieus? Iry 
a deux ëcuciU « éviter pour cela. Le premier, en ne 
faisant poiut. heurter sensiblement ces voyelles op- 
posées , de manière ([uc, de leur rapprochement ne ré- 
sulte pas une-cacophonic dq sons confus et indistincte- 
ment émi». Le meilleur écrivain est sans dmite celui 
qui évite le plus soigneusement ces sortes de rencon- 
tres; mais quand elles existent, il faut <|,ue la pronon- 
ciation en adoucisse les elfcts. Donnez à chacune de 
COR voyelles une pulsation do voix distincte, et ëla- 
blissez entre elles une division , presqu'insensible à la 
vérité, giuis sullisante, pour (|ue les sons ne se con- 
fondent pas, et ne s'atténuent pcfiit l'un par l'autre. 
Le second écueil à éviter, estlorscpicles deux voyelles 
qui se trouvent eu opposition sont identiques ; connue 
dans : ille manda à ses amis , — //// ami irascible. 






/ 



DEVANT d'ALTIIKS VOYELT.ES. 1 f) 

Alors, il arrive souvent (\\\c ces deux voyelles sont 
confondues dans un même son , et qu'on n'entend 
point les deux pulsations de voix qu'elles devraient 
recevoir, mal^^rc leur identité. Ainsi, au lieu de ces 
niols : // /c manda \ à ses, amis j un ami \ irascible , 
on entend : /'/ le niand-a- ses aniis •— un am-i-fus- • 
cible; ce (|ui est souverainement Nicicux. Les fautes 
(jui se conunettentsous ce f apport sont très fréquentes 
dans la diction pulillquc, et même sur la scènc^oii 
les clioscs les plus simples et les plus clairemeitt expri- 
mées des ionncntsouventinintelîii^ihlçs par ce seul fait; 
je ne saurais trop insister sur leur inconvenance; elles * 
portent atteinte au sens des idées , et elles blessent les 
j)remièi es lois d'une boime et juste prononciation. 11 
faut dans ce cas, comme dans le cas précédent, que 
chaque voyelle identiipie reçoive une iuMStance in- 
di\iduello et partic»li^re de la voix , en oT)servant 
toutefois la di>ision qui doit exister entre ces deux 
insistances, que l'oreille doit toujours saisir malgré 
la ressemblance des sons cl leur rapproclicmcnt im- 
médiat. • , 



^ 



iJts voyelha qui s\'lldent devant d'autres poyellei. 



X/A lan<;uc française écrite et la lanj^ue française par- 
lée forment , par l'cfiet de rélislûii frëqueiitc de nos 
finales niucltfss, un contraste aussi extraordinaire que 
curieux. Par elle , les mots les plus disparates, r|uant 
au sens , et cpie la langue écrite tient dans un état con- 
tiuuvl de sépaiatioi} , sont tellement confondus et ided" 



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V, 



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l6 DE l'emploi DES VOYELLES FINALES 

■ai ' ^ - 

tifiés, qu'ils n'en forment a4tSTytnment qu'un à l'oreille; 
L'ordre des syllabes est renversé ; l'orthographe dis- 
soute, et à sa place s'élève comme une nouvelle lan- 
gue que l'œil a peine à reconnaître, quand on \eut la 
représenter par des signes analogues à sa prononcia- 
tion. C'est la partie de . notre langue sur laquelle le 
génie français a le^pliis exercé son empire, f^wacité 



4-'i 




et douceur y tels sont les caractères du peuple qui 
parle, et tels sont aussi les principes qui ont ré^lé ces 
communications fréqjutetes de mots à mots, qui , en 
disant disparaître le cortège nombreux de nos finales 
^ muettes , accélèrent la marche du langage , l'adoucisr 
sent en même temps , et lui donnent une continuité 
de sons flatteurs que rien n'arrête ni n'interrompt. 

Nous n'avons que deux voyelles qui s'élident dans 
leur rencontre avec d'autres voyelles, Va et l'^ muet. 
L'élisioii de la première est toujours indiquée par l'or- 
tliograplie, comme dans Vamitié, V espérance , rima- 
gi nation , V opulence , Vunifqrmiie » que"^ron écrit 
pour la amitié , la espérance j etc. La seconde l'est 
fouvent aussi ; on en a do fréquens exemples dans les 
niott qui sont construits avec Partiels le; avec les " 
prépositions de , . entre, contre , presque ; et avec l.es 
pronoms que y se y Je , me, te y ce , quelque , etc. 
On écrit et on prononce : r espace , pour le espace ; 
un homme d* esprit , pour de esprit ; entr*acte , 
contr^ amiral , un out/rage prèsq u* achevé , qu'aifez- 
pous ? il s 'occupe yj 'écoute , il m 'intéresse j je t'a- 
i^ms , c'est moi ^ quelqu'un , etc. Ces^ sortes d'éli- 
sions n'ont point de difficulté pour la prononciation ; 



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DEVANT DAUTKES VOYELLLi). \, '- I7 

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le signe qui les représ/eiite les indique suffisamment; 
elles sont d'ailleurs dans l'essence de la langue , et tout 
ce qu'il y a à craindrcV^'est, i>on pas qu'on ne les 
exécute ppifnt , mais qu'on les applique â des mots qui 

frieles souffrent pas , et, à cet égard, les erreurs ne 
sont pas rares. Qui n'a pas entendu dire : Vèspadaa» 
sin y Vèspectacle ^ Vèscandale y Vèscapulaire , Vès' 
corhut y V èscrupule y Vèspacicux jardin ? EtJi l'é- 
gard des mots qui commencent par xxxxh, que de fau- ' 
tes ne commet- on pas en élidant les articles la ou le 
devant ceux qui ont cette consonne aspirée? Combien 
y a-t-il de gens qui prononcent : V hideuse y jiour le \ 

.' hideux y l'hangar y pour le\ hangar; V hareng , pour 
le\ hareng y l* hachis y pour le] hachis? Toutes ces 
erreurs viènneni du défaut depiincipessur la pronon- 
ciation française, qui fait méconnaître les mots doot 
l'initiale est un A< non aspiré x>u aspiré, et qui ^ à ce 
titre, appellent ou repoussent l'^ision des finales 
muejttes qui les précédent. (Consultez, pôur^oeUe 
étude, le chapitre additionnel qui termine ce traité.) 

Quant aux élisions qui ne sont point indiquées par 
l'orthographe, elles ne portent que «ur IV ninet final- 

^ de nos mots , et leur rencontre est ioamense dans notre 
langue. Ce sont celles qui y prbduîient de tt beaui* 
effets , qui donnent k la poésie tant de mélodie , et au 

' discours tant de grAce et de douceur; Prononcer une 
finale muette quand elle doit se confondre et f%hà^ 
sorber dans la syllabe du root suivant, est v rainât 
une atteinte contre U génie de la bn|pe frao^jiW' 

' qu'il est impossible aux'orcilles délicates de supporte!^ 
'' Il -- V * ••- * • 







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exécute à fekux, brusquement et sans goût. Dans lé 



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ig, DE .L.'KMPtOI DES VOlfeLLEa FINAJ..ES 

CTfeil la bârbariser en quelque sorte , et lirramencr aux 
"premiers siècles de sa rudesse. L'élisiondes e mueU 
qiii terminent nos moU, est tetternefit commandée 
par le système de notre pron^cialion q^è, sou- 
vent, et très souvent, elle s'exécute entre des mots 
qui n'ont point entre eux de rapport grammatical, 
inaisfiCiui se trouvent rapprochéstpar la construction de 
là phrase. La plupart de ces e n'ortt même étç appelés^ 
au secours de la langue , que pour p faciliter et pour 
en adoucir la^prononciation ; tant on a reconnu que 
leur inli^rvention était nëc4saire pour faire disparaître 
les îJons trop durs,, et pour donner à liuc continuité 
de Tagre^ent et de la mélodie ! 
^ Mais comment s'opère cette élisipn de nos finales 
muettes? Nous l'avons déjà dit : en supprimant entiè- 
rement l'^.muet final , et en liant la-syliabe toute en- 
tière à laqu^le il était attaché a^vfec la voyelle initiale 
da mot suiviut , de telle manière que les deux mots 
diyiaés dans l'orthographe , n'en- forment plus qu'un 
dan» la prononciation. Si cet ouvrage était .unique- 
ment destiné pour les Français , je ne donnerais pas 
u»è grande extension à ce principe ; la prononciation 
idont il s'agit, et à la cruelle ils, sont formés dès l'en- 
fance", leur est nalureire ; mais les étrangers ont besoin 
d'être dirigés sur ce point, et c'est pour eux que je 
vais exposer une série de syllabes qui, ayant pour 
finale un e muet , présenteront l'application et les 
.. iîègles di^ur élision avec la -voyelle initiale des mots 

siîivans : « 

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liv?é aux opinions arbitraires. 






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DKVA NT DAUTI^S VOYELLES. ^ fq 

Astrolabe, syllabe y succombe jtomàe, — liez 
la finale be decps mot3 et semblables , ainsi qu'il 
suit: Un astrola-^^n main, une sylla^b'alffiey 
il siiopom-b'çila peine j f^ne tom-yentrQUPérte, 
• o|f vous voyez que l'e^isuet de be a disparu , et 
. que le b forme absolument syllabe avec la voyelle 
initiale du mot suivant. , 

BLE. ykccable y agréable, aimable."-^ Prononcez : 

Il Tacca-bl' à force de caresses, une agréa'blil' 

'■ lusion , un aima-bVenfanf, Les deux consonnes 

i»/ forment, dans cette élision, syllabe avec la 

voyelle suivante, 

BPvE. Cfiambre. , nombre , cJKbre. — Une cham^ 

br'oui^erte, un nom-br^mpair, un célè^br'aU' 

teur. Ces liaisons donnent les syllabes brou , 

' , brein et brau, qui doivent être proupncëes avec 

leurs modifications relatives. " .* 

CE. Constance, espérance , apcatce.*-^ Une cens* l 

, ian-ç^admirable , une espéran-c^ incertaine , il 

audn-ç'à grand pas. Jamais le c ne perd la 

modification du c doux dans les élisiooft, quelle 

que soit là yoyelle à laquelle il se lie. ^ ^ 

CHË. Bouche , cache , hache. — Prononce» avec les. 
syllabes c^i/^ chaet chai, les élisions sui* 
vantes : une bour'ch^ouuerte;;^ il se ca-ch'à. des' 
sein , une ha-^ch' aiguisée, ^i . : . ^ | 

CLE. Miracle, oracle.— Va nUra-cl'hptraonliaç^i^ 
• un mira-d'inom , un opa<i*accomjpU^Wt!!^ 
liaisons sont formées des syllabes clà», cli et cla. 



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»0 DE l'emploi des VOYELLES FINALES 

CRE. Encré j sucre. — De l'en-çr'à t épreuve^ du su-^ 
cr'en pain- Lés syllabes cra et cren se prtDnon- 
• cent dans CCS liaisoias avec toute la forcé de leur 
articulation. > « 

DE. Intc(^pide y rapide , monde ^ demande, — U/i ^ 
intrépi-d'dtlilètej le rapide (élément j le mon- 
d'épaumntéyune dentàn-d' indiscrète Ihes syl- 
labes qui résultent de ces élisi||s prennent,, 
comme ou le voit , dans rap/-û?V/^/^«/_, la mo- 
dification de la voyelle qui entré dans leuf- nou-r 
velle formation: ' 

WSj. CeMre y prétendre y répondre? ^^ Coui^ert de 
cen'dr*et de fumée, il ô^e préten-dr' aux pre- 
mières dignités de l'Etat , que répon-dr'à de 
. pareilles accusations, — - Observez que la con- 
jonction ,^/^, entre deux substantifs, régimes 
d'un même niot, ou entre deux verbes, donne 
toujours lieu à l'élision de la finale muette qui la 
frécèdej^-^Jlotierentrél'espéran-c'et la crainte. 
*— li peut préteh'dr^et pan^enir à tout. 

FE, FLEct FRE. Carafe, soujie, souffre. — Une 
cara-f en cristal, le sou-fl' empesté , il sou- 
frUmpareil affront. Remarquez dans ces exem- 
ples là nature des syllabes qui résultent (Jes dèr- *- 
nières liaisons. Lefy sonne distinctement avec 
les consonnes / et r qui l'accompagnent. • 

GE, GLE et GRE. Hommage , aveuglé, aigr^^ H 
rend homma-j'à ses i^erius , aveu-gl'^n sa 
furie , un esprit ai-gr'et fâcheuxl' Le g . 

• 1 

■piMpilipMIMIIIIWlIliW Il l II III IIIIUWI II I ILI I II . I ll WW IIII» M MipiMi|P|Pi[»Pi|H|ll|||g|li|ipi»^^ 



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comme le e^t^e prena jamais un son dur ^aKïs 
,^ Félision. 

GNE. Indigne y ihsigr^. — Un indi-gn^ami, un insi- 
^ gn^ affront. L'articulation du gn est toute entière 

, dans ces liaisons. 

LE. Egale ^ cruelle éternelle^ ville. *^\J ne éga-rl^ar" 
deur, une cmè-l^ûi^anture , une étemê' l'in- 
. famiexu^e i/i-r opulente. Le double / ne ^ 
prononce pas plus dans l'élision^ que dans l'é- 
nonciatîon simple des mots où il se trouve rë- 
pété. (Voyez ci-dessus Ijfmploi du ^monosyl- 
labe 7^.) 

ME. . Crime , homme ^ même ^ aime. — - MnV'cr^ 
. ^ m^àtroce j un ho'mUntègreyuneTné'm^lprfgine, 
il ai-m^apèc ardeur. Prononcez dans ces élisions 
. les syllabes ma^ min et mo. 

NE. Certaine j bonne, peine. -^ Une cèiiai-n^habi' 
tùde^ il est rf^ bo-ti^humeur, une pèi-n*horpble. 
—II est surtout indispensable, pour la ré§^brké 
des élisions , de connaître quels sontles mots dont 

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le h initial se prononce aspire ^ ou non : les 
fautes les plus choquantes résultent del'igno- 
' rancc à cet égard. Quand le h n*est point^piré 
dans les mots avec lesquels se fornient les 'éli- 
sions, on les exécute sans égard poA* cette 
lettre, et comme si elle n'y était pas. En voici 
quelques autres exemples : — Un Ao-lii^tf||jp|J 
un magnifi-qu'abillement , une nouife^Vabi^ 
tation, une çour^aleine, une e^u-'Ç^^fn^i^Ji^^ii 



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ei ne souffrent pftséde liaison. 



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99 DE l'emploi DES VOYELLES FINALES 

une plan -Xerhàccééy un clog-m'^^fique, un 

poè^m'éroïque > i^n^éroïm y etc. 
PE , PLE , PRE. Qfoum y peuple, pourpre, — Une 

cou-p' empoisonnée , un peu-pl-éclainé y ce 
■-■r-^- drap est d'un pour-pr' éclatant. Ces élisions ; 

sont foroiées d^s sj^llabes peu^plé^X. pré, 

ÎQUE* Publique y réplique \ supplique, — La pu- 
hUrq^èstime y miQ répli-q t/ adroite yi\ didressa 

iiiîé humble suppli-qu'à ses jnges, 9^serve|^ 

qqe IV dans ces élisions, est nul , et qu'elles 

se prononcent toramekès et ka^ 
SE/ Empire y guerre y néàèssaire, r^ Un empi-r'im-- 

mense, une guè-rr' opiniâtre; il est nécessair'à 
V ses amis ^ L^s liaisons du r sont généralement 

très douces.XJuand U est redoublé, prononcez-le 

Sort :nntonnè'rr' épouvantable, 

SE. immense , puisse , dispose, ^JOn immen-s' 
héritage y ]e ne cnois pas qu^'Apuir-ss'f suffire^ 
il se dispo-z^àparliT' Le * , dans l'éîisîon , con- 
serve la modification qu'il a dans la syM^ qu'on 

élide. Quand 41 est redoublé, on le prononce 
4»^Goronie un c dous;. Ainsi les liaisons précéden- 
tes sont formées dés sy llabes «^ ^ 9^ ou ci et zd. 

TE, 'fhE. Conduite y f^, traître /quatre. — Une 
condui't'inconsidérée y une té- 1' embarrassée y 
trai-tr^infdme y qua-tr' hommes,. Ces élisions 
donnent les syllabes /^'» , ten, trein et tro, 

}l£MAliQU£ sur le mot quatre dans cette iocution , 

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n ont aucune action grammaticale l'un sur rauire* 



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DJ5VANT d'aUTRISS VOYElâlX». «^> 

entre qhaire yeux. U s'est, introduit une ' 
singulière iiaison du mot ç«a*/», dans cette 
circonstance. On dit, et on répète partout, 
entre quaire-^yeiiM : et ce qu'il y a de 
plus singutier, c'est que cette prononciation 
se trouve ainw figurée dans quelques diction- 
naires. Comment a-t-on pu fiiii^ ainsi du lan- 
gage des halles , une loi de bonnç prononciation 
française? Et pourquoi n'a^-t-on fMS dit aussi 
qu'il ÊiHait ^ononcer : fni/re qiâatret^ hommes, 
entre quatre-z^arbres ; car k» raisons d'euplip- 
nie que l'on met «n avani pour fustifier la pr<5- 
mière prononciation , dewaiei^ égalen^nt pré- 
valoir pour les autres. Je sab que la langue fran<^ 
çaise admet fréquemment des leCltres miphoniqbes 
pour favorîspr le passuge d'une voydle finale. à 
la voyelle initiale du mot suivant; et c'est ainsi 
que l'on dit ; aime-t4l y pour mme-il ) i^as'-y, 
pouri^o-^ y etc.: mtîs observesque ces licences, 
que le besoin a injtroduites ^ et q^e l'usage uni- 
ver^ a consacrées, ne tolnbent qpie sur des 
verbes, Jamak sur des noms; et que d'ailleurs J 
partout où la langue leis a admises, elle fa% 
voulu le signe. Ici, le^si^ne euf^ionique s'atta- 
che à un nom, et aucun çara^tère.ne J^||di<|i|e. 
Il est dans notre langue des Kttrea ëéi||p ^ ^ ; ; 
ne prononce ps, et il n'^t aucun exemple de '}■■, 
lettres^ non écrites qu'on i>roiiqsiCN^Ai|iUi|4i»f|^ 



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s'il faut en croire une anecdote qui se Iroaif 
consignée dans un des ouvrages de VL. Jû^fH^ 



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^4 DE li'lîMPIiOI DES VOlEIilaES FIliAUGS 

gue,ïl paraît que cette prononciation î^ été 
intercdXée dâinile Dictionnaire de l'uicadémie^ 

■ ' contre ï'opinion de la pluprt de ses. auteurs : 
« Je venais, dit ce grammairien, de lire cette / 
« étonnante décision à la Bibliothèque de PlnSr 
j[C titut; j'entre dans la salle des séances v et 
ce m-approchant de MM. Çhénie.r ^ Ducis , 

. (( Lebrun y^ndrieuxy ColUn-d' Bartei^ille , 
i<Sélis eiDeWailfy , qui formaient un groupe, 
ce je leur dénonçai la faute apadémique. Tous 
ce déclarèrent que cette prononciation était Vi- 
ce cieuse^ exceptéDe Wailly qui garda le silence; 
« et bientôt après me tirant à l'écart : je vous 
a avoue, me dit-il j que, nommé l'un des édi- 
« leurs du Dictionnaire, j'ai indiqué de moi- 
scï même, sans y êti^e autorisé par audune note 
« de l'Académie, cette prononciation que vous 
c< condamnez^ J'^n suis fâché. Les raisons que 
« vous avez données, et les réclamations de 
a nos collègues, ne me laissent aucun doute sur 
jLi cette , prononciation , que Bauzée tenait d'uii 

' a officier de fortune, que jg tenais de Bauzée, 
« et que nul de nous ne tenait du bon usage et 
ce des véritables pnncipes. » 

VE, yVE,J^eu4fe\ œuifre. — Une ifeu^u'inm>nsola' 

' ' .bie, une bonne œu-i^r'accomplie. Prononcez 

ces liaisons avec les sybllabes Wn et ^ra. 

XE, AXE, TAXE. — ak-c' enflammé , une tak- 
^onéreuse, — 



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DEVANT D AUTRES VOYEM^ES. 



35 



Ps 



Elisions des finales muettes et mouillées* 
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AILLE, EILLE, ILLE , OUILLE. Bataille, àrèille, 
fille j rouille, — Une hata-ilViridécise ^ une 
orè-iWenduràie, une fi- ir obéissante j une wu- 
iW étemelle. Dans ces sortes de liaisons , la syl- 
labe mouillée s'attache toute entière à la voyelle 
initiale du frièt suivant j et' il en résulte des syl- 
labes pleiî;^s dont la modification est déter- 
minée par la nature dïi son nouveau dont elles 
se forment, coTnme on le 3^oit dans cie» exem- 
ples qui donnent les syllabes mouillées: illin, 
illan , illo , itlé. 

Elisions des finales muettes en ÈE , en lE , en UE j en 

QUE et en OIE, 

« 

' - > ■• • 

De toutes les élisions , celles-ci sont les plus difficiles, 

et celles qui demandent à <étre conduites avec le plus 
de soin. Dans les précédentes , c'est toujours une con- 
sonne qui se joint à une voyelle, mais ici c'est un son 
qu'il s'agit de lier à un avitre son , ce qui parait coq* 
tradictoire , comme dans ces exemples : une armée 
inçincible^ une t>ie obscure j une rde embarnu8é0^ 
il loue une bonne action, '\\ Tenuoie à PaMpék.- 
l'on voit que par Télision de l'e muet final des mottr 
armée j pie, rue, loue , et envoie ^ on doit lier de» 
voyelle a d'autres voyelles. 11 frut bien qull y#i;|^ 
moyen d'éviter les laatus que ces liaisons semblent 



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1^ DE ^'emploi DÉS V>OYEIiLES FINALES 

° . . ' »•■-.,■ , 

dôvoîr pKpduire, puisque les poètes n'hésitent pas a 
]e» introduire dans leurs vers , où elles jouent même 
uii très gi^rid rôle. Or, quel est ce moyen? C'est de 
donner une prosodie Wacte à ces voyelles : alors il se 
frit un prolongement de son qui vase perdis ens'affai- 
BUssan t dans la voyelle suivante et qui devient en même 
temps le lien de leifr réunion. Cette conaition est in- 
^ispen^le^ ôtex-la delà prononciation dans ce cas, 
et alorç vous retombez dans inconvénient intolérable 
d'un hiatus , ^ous prononcet : armé \ inpincible yVi \ 
obacure; m \ embarrassée ^ tXQ. , ce qui n'est ni in- 
telligible , ni supportable. 

Au reste, la liaison des Bnales muettes , dans la lec- 
ture de la poésie , tient à des raisons qui en rendent 
l'observation plus impérieuse encore que dans la prose. 
C^par elles que l'on fait sentir surtout Iç rythme du 
vers d l'harmonie des sons qui en font le charme de 
l'oreille. Que deviendraient ces beautés , si le lecteur 
ne marchait pas avec le poète , s'il n'entrait pas dans 
«es combinaisons , ou s'il faisait trancher mal-adroite- 
œentdes sons dont la prononciation ren verserait l'har- 
monîeux système de ses compositions? Ce n'est pas 
4|o'il doive abuser de la nécessité de faire sentir les 
disions poétiques , pour assortir et enchaîner des mois 
que k aeès divise -, oe serait une autre errear. lUen ne 
doit jwniôs déterminer k franchir par une continuité 
^ de tons, les intervalles nécessaires k Finielligence de^ 
i^ées , quoique le poète les ait fait disparaître dans 
- «es combinaisons métriques. Ainsi je séparerais par deux 
pulsation^ de voix bien distinctes , et après un repos 



^Sh- 




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' TiKVANT d'aXJTRES VOYELLES. 27 

marqué, les dèax voyelles opposées <|ui se. tronyent 
dans ces yers de Racine ; 



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Captiv^ , toujours triste, \ importune à moi-Tinêine , 
' PouTez-vous souhaiter qu*Androma^ue vous aime ? 

■ ■ *^ ' . 

Tandis que je Iherais volontiers les mois temple «t ' 

adorer j qui se trouvent dans cet autre vers ^ malgré 

sa coupure. gFammaUcale : : \ • " 

Oui, je viens dans son tempVadorér rÊternel. 

Cest au goût ef surtout à rintçlUgencc à déterminer 
ces liaisons et ces coupures*, leur variété peut dépen- 
dre de la situation de. Pâme ; quelquefois une coupure 
entre deux mots que l'on pourrait lier sans inccmvé- 
nient, peut faire le plus grand effet; mais je ne pense 
pas que les lii^isons puissent jamais s'effectuer au pré» 
judice du sens et de l'intelligence des idées. 

De, l'emploi des poyelles nasales devant d'auirts 

ifoyellês, . ■ > ' * 

Les Voyelles nasales ont été un objet tardif dexa* 
men et de discussion. En parcourant les aocienà ou* 
vrages de grammaire , je n'ai rien trouvé de latîsfti* 
sant sur la manière dont on lés considérait antrefini | 
ni sur les lois de leur prononciation. Ramus, daÉI Éi/^ 
grammaire publiée en 1671 9 n'en parle pas. BSM. de 
Port-Royal même , dont les travaux iur.toul c^ dtui 1- 
regarde la langue française, ont été' û ' ftéiiftiit'l Épp' ' ' 
même temps si utiles , n'en difeent également rien 1 IH s 






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a8 DE l'emploi DES VOYELLES NASALES 

premier qui ait traité cette question avec quelque soin, 
est Relier, dans sa graruniaire, pleine de recher- 
ches savantes et de vues profondes : il a ouvert la car- 
rière à la discussion , et depui^eeite époque Jesgram- 
^mairiecjs les' plus célèbres en ont fait l'objet (^e leurs 
observation^ et de leurs écrits. A quoipouvaît tenir le 
silence des jincigns auteurs ^ur cette partie si impor- 
tante dos signes de notre langue? C'est ce qu il est assez 
difficile d'èxphquer -, car s'il'a été dans tous les temps 
un objet jligne de fixer Pattcntion des. grammairiens 
philosopheis qui ont écrit sur la langue française , c'est 
certainement "«r{celui des voyelles nasales qui, jouent 
un si grand rôle dans cette langue , qui lui impriment 
un caractère si particulier, et dont la prononciation 
intéresse si fort sa pureté et sbu. harmonie. 

On convient généralenxent aujourd'hui de ces vé^ 
rites; mais il s'en faut bien que l'on soit d'accord sur 
la*^nature grammaticale des sons nasals , et sur la 
manière de les employer dans leur rencontre avec 
d'autres sons : ces deux questions vont être l'objet de 
notre examen. 

Pour bien, sç pénétrer du principe^ui doit régler 
en général la prononciation des voyelles nasales, il 
faut bien connaître leur nature; tout dépend dé cette 
première .discussion ; car, ou les voyelles nasales sont 
A des sons, simples, ou des sons articulés : si elles sont 
des sous simples, il faudra nécessairement qu'elles su- 

- bisêent la loi qui détermine la prononciation des sons 

- de cette nature; si elles sont -des sons articulés, iilors 



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, DEVANT D AUTIUi» VOYEIXES. 29 

leur emploi sera fi\é par le fait même de leur propriété, 
et il faudra consentir à leUr liaison toutes les fois 
qu'elles.se trouveront suivies de mots commençant par 
des voyelles. 

Examinons donc d'abord si les sons nasals appar- 
tiennent'â la classe des sons simples ou à celle des sons 
articulés; pour cela il suffît de réfléchir sur le mécanisme 
de ces deux sortes do sons. Les sous articulés s'exé^ 
cutcnt, comme on le sait, par le mouvement subit et 
instantané de quelqu'iiii des organes de la parole, Qu 
de la langue vers le palais, où ^cs deuts, du des lèvres; 
or, si je considère la manière, dont s'eiécû te l'éuon- 
çiàtion du son nasal, ]g n'y vois rien de tout cela. Les 
organes ^de la parole qui forment les "sons articulés , 
n'y interviennent en rien *, <^6 n'est qu'un son sim|f|e , 
qui, au lieu de sortir par l'ouverture de la bouche^, est 
repoussé vers le nez ou il contracte la modifîcation qui 
lui est propre. Quo l'on prononce là voyelle^ a > et 
qu'aussitôt après on rende ce son nasal , ^ ; si on ob- 
serve le^eu des organes dans\cette mutation i^e son, 
on verra qu'il n'y a qu'un léger mouvement de la lan- 
gue qui sert seulement a intercepter le. son oral et à 
le repousser vers le nez. Mais ce mouvement n'esl 
pouit de la pâture de ceux qui prodiiiscnt les sons^r^ " 
ticulés; ç'çÀt exactéqofent le même qui s'ôxécute dans 
réqiission des sons simples, lorsqu'il s'agit 4e passer •. 
d'un son k un autre , comme de l'a à 1'^; â'où il iiûl 
que d'après la'défmition Vnéme des sons simpIiÀ et de§ 
sons articulés , il est impossible de ranger les voyelles ' 
nasales dans la classe de cet derniers, et que par cop« 



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30 / DE I^'fiMPLOI DKS VOYELLKS NAîiAi.ES 

•ë^^^^, îlest impossible de leur faire subir une desti- 
BatiioibJliflférciile de celle des sons simples. 
•'* pi^l^çtrine presque universelle des grammairiens 
^ plus céïètres , s'accorde parfaitement avec ce prin- 
cipe. JLa fwcuvc, disait M. l'abbé de Danfijeau, dans ' 
M pissertation sur les i^oy elles, lue à MM. de l'Aca- 
dtoier que les voyelles nasales sont de pures voyelles, 
dei sçnsyfiimples et indivisibles, c'est <jue leur reu- 
gontii avec d'autres voyelles, produit nécessairement 
un bâilleiiient : « Quand un musicien, dit-il, voudra 
« chanter ce vers : 




Ah ! i*attendrai long-temps , la nuit est loin encore, 

4 

« il fera tqut ce qu'il pourra pour éviter le bâillement : 
-# a ou il prenijira une prononciation normande, et 
a êxtf/'.ia nuit est loin-n encore; ou il mettra un 
a petit g y après loin , et dira : la nuit est loing en- 
ta core;6\x il fera uiie petite pause entre loin et en- 
ce core. La même chose arrive aux comédiens dans 
• a ^«s rencontres^emilables. Mais quelque expédient 
. M que prennent le mnsicien ou le comédien , ils tom- 
« beront dans le même inconvénient en voulant évi- 
ct^'tw celui du bâillement , <à \el tempéramons qu'ils 
i (c clierclient, montrent seûFement que mon système 
et est vrai. La nature toute seule leur en fiiit sentir !• 

%« vérité, fans qu'ils aieiit étudié, comme nous, la 

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il nature des sons. » / 

% J'ai entendu lieaucoup de personnes se récrier 
contre le caractère assigné ^oux voyelles nasales, pré- 
cisiaentà cause de Teffel qu'elles produisent, et dont 






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DEVANT d'autres VOYELLES. 5l 

M. l'abbë de Daagëau se sert pour prouver leur indi- 
visibilité. La poésie, dilsent-elles , aurait-elle admis 
Jes voyelles nasales pour finales, devant d'autres^ 
voyelles, si tel était leur caractère ? P^'est-il pas de son 
essence de .rejeter la rencontre des sons qui ne peu- * 
vent pas se lier , et de &ire d.isparattre de ses compo* 
sitions tous les^biatus qui pourraient en troubler l'har- 
monie? Cet argument ne prouve rien contre le sys- 
tème des voyelles nasales. Ces sons ne sont pas les 
seuls que la poésie ait consenti de faire contraster av€Q 
d'autres sons. ]N'a-t-ellé pas les Hnales en oie que Ton ; 
rencontre fréquemment dans les poètes les plus célè* 
bres, devant d'autres voyelles^. quoique xette finale, 
bien qu'elle soit suivie d'un ^ muet, qe rende dans la 
prononciation qu'un son ouvert, oa, comme dans ce 
vers de Racine ? • ^ - • 

On rrCenyoie à Pjrrrltus , j'entreprends le voyagç. , 

* » 

La poésie , en admettant les voyelles nasales devant 
d'autres voyelles, a dû compter sur l'eiacte prononcia- 
tion de ceux quiauraient k su{bir l'épreave dû cet sortes 
de rencontres , car lorsqu'elle est juste et soignée ,i|^n'y 
a jamins d'hiatus à redouter : M. l'abbé d*OIipetj pouè 
prouver cette vérité , fait uu argument que i<||Mis bioii 
loin d'adopter dans toutes ses parties , mais ,doulr,j|^ ' 
fond est cependant exact : « Je reconnais , dit oeî ik 
(( lustre académicielT/ les voyelles mu^los jN>i^'Mp 
(i nons aimplea et indiuiaibles ; mais s'eosqilril delà 
u qu'elles soient de pures , dç fninchef yQ»j^eUi)|7 J|m| 

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Sa DE l'emploi DES VOYELLES NASALES 

(C ponni^ation aux voyelles aspirées. Toqte la diffe- 

« rence que j'y vois, c'est que,» dans les aspirées, la 

a CQpsonne h les précède, au lieu que dans les voyelles 

a nasales, la éorjsonne w. les suit. Or, si Inspiration 

a empêche l'Hiatus, pourqiioi la uasalité, ^i l'on peut 

« parler ainsi , ne l'empêcherait-elle pas ? Quand je ^ 

de recite à haute voix :. 

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Souvent de toUs rios maux-, la rai son- fi st le pire. - 

^ ' . , • BoiL. I 

«OU ' . ■; / '. 

Jeune et vaillant héros* .......*.... 

' • " " . ' ' . ' • 

« je ne trouve pas plus de rudesse entre raison et est y 

* a' qu^eniref^aUlantei héros. D'où je conclus que l'aspi- V^ 
a ration et la nasalité opèrent le même effet j et je 

^ « na!^ persuade que les voyelles nasales et les voyelles 
ce aspiréesr, étant les unes comme les autres, non des 
ce voyelles pures et franches, mais des Vpy elles mo-. 
« diiiécs, elles peuvent^ les unes comme les autres, 

'a empêcher riiiatuç.» ^ - *• • 

Mais si tel est le caractère des voycllcs/nasale^j s'il 

* n'est pas possible de les considérer autrement que " 
"^ 11' 

:ommC des sons simples, et si ksinconvéniens de leur 

'pHhion devant d'autres voyelles peuvent être sauvés 
par uuc bonne et juste prononciation, cjue devient le 
systèwic de ceux (|ui, dans la diction publique, les 
lientlindistînclemcnt et sans restriction? IN'estce pas 
^méconnaître les première» lois dç la prononciation des 
soiis simples , dont la propriété"' fonda menlidc est de- 
ueAter indivisibles, et dont l'énonciation ne peut être 



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liaisons sont tbrmée9cle99jliftbe$c^^#^<#etcJky. ; 






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DEVANT d'autres VOYKLIJBS^ 35 

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correcte qu^autant qu'ils reçoivent' une pulsation de 
voix individuelle et indcpentlanla^des. ions eavîron-- 
nans? IN'estrçe pas attaquer la langue jusqire dans se& 
élëmcns, et y întrodHire des abus <^ui outra^^eht tous 
les principes de sa prononciation ? Il l^iut en' convenir 
les idées sont bien peu fixes à o^t égard, ^t nous sodi- 
/ mes encore bien loin Vie cette rectitude de diction 
qui semblerait devoir, convenir a uçi peuple aussi 
écl.iiré et aussi civilisé cpie l'est le peupj$ï;fraricaisl Par- 
courez les écoles publiques, les tribunaux, ieft^cercles 
littcfaires, et vous y entendrez un renversemetit de 
priucipes quant à l'emploi des voyelles nasales,dont les 
oreilles les plus indulgentes tievraient être £itiguéeâ 
à roxcès. On sifflait k Athènes un orateur pour tiilé 
fausse inflexion;, et parmi nous, les erreurs les plus 
graves de prononciation sont à peine senties; un ora- 
teur peut impunément s'y faire entendre avec le lan- 
gage le plus vicieux , et quelcpn^is il reçoit des louaii«( 
ges et des applaudissemens , quand l'indignation gé»' 
uérale devrait le renvoyer aux ëlëmens de l'art de parler 
en public. Est-il étonnant que nousensoyonsàc6poift| 
de dégradation? Nous sommes tous compliq^. des 
fautes contre desquelles je ni*^èv«. Rien n'est plus* 
généralement méconnu et moins ^étudie qiie les lois 
relatives à là prononciation des voyelles nasales. L^ 
premier théâtre delà iif^iou iuisniéme donne , à c^ 
égard, l'exemple des erreurs les pW^ves. Je pê'nd% 
sans doute sincèrement justice à la beauté de la (làoH 
^ tion des piemiers acteurçde la scène française, el4!if# 
plaudis à l'opinion quiies fait considérer éqitiê ce rap!«r 



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DE li'FJfrUM »Efl VOYELLE* NASALES 

pétVmMftit de» modèles. Mai» » »'é«»rd du sujet que 
î« i«îl*ici, a .'«»i fa«t bien ^WA jjM^o leur part 
«„• «tCtUudeparfaiU-, j'w««ên^»«*'«d« penser qu'iU 
n'ont Mtr cet objet awertn système reçu et cdnveou dé 
prononciatioiH qnfe |lent-^lre cette partie est trop né- 
oWe paBini mi , trapipeu éludiée^^lrip dirai-je, j.eut- 
êuTtrOp niéconniié. J'ai ^uU^CSi au Théâtre-Français 
des.liaisons.devoyelk» nasales incontestablement vir 
ciewics-, j'y ai entendu dire : vnemè-n'a^'ide,poar une 
m4in\ avide imfm^n'insupportable,po\ii m frein \ 
imupportabie i un^occasio-n'impréfue, pour àcca- 
gien\ itnpt^ae, et d'autreif erreurs qu'il serait trop 
long de ConMgner ici- Souvent, j'ai vu deufinterlocu- 
UBI» «voir cbÉtcun dans le cas d'une même liaison, 
tMisystème paràcnlier de prononciation , et quelque- 
fois j la même acteur se contredire à peu de distance 
dan» l'emploi dé» m^^ea vcTy elles nasales. Que signifie 
cette versatilité de dictiop , tantôt bonne, tantôt vi- 
cieuse? sinon u«e: inocrtitude ou plutôt une igno- 
i^f de principe». qi» ne devrait point se trouver dans 
tsBtte école de goût et de pureté de prononciation. 
■ Mai»»» estdu moins,, .dit-on, des voyelle» nasale» 
qw doivent se lierwOUl.c le génie de la. prononcia- 
tion fi*n^i»e l'a voulu ainsi ; et c'est ici que l'irtstruc- 
tioti devient néce»»aîre Hou» deux rapporte. 11 s'agit 
de savoir: premièroiHenil ^ à quelles conditions eil par 
<]OdJeslois doit #'«xécHter leur liaison.^ et en second 
'U««, ^lielle» Mmt'celleB qnl devkwient susceptibles ou 



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DEVANT D AUTRES VOYKIJUBS. 



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Z)c la manière de lier les voyelleê nasaleê» 

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' Ce premier point de disciifston demande une attefi- 
tlon prliciilière; et je la réclame jivec d'autaiit plas 
de raison^ <]^e mon opinion sur la manière de lier les 
voyelles nasales se trouvé en contradiction aveccellequi 
est proposéç/pr beaucoup de grammairiens et qtii est 
adoptée par quelques personnes. Je vais d'aiK>rd ex^ 
poser les principes et la doctrine de ces graqimairiéiis; 
je présenterai ensuite mon opinion avec les motifs qui 
la justifient, et sur cette question qui est encore livrée 
aux jngemens arbitraires, chacun pourrai se dédder 
suivant le deigré de justesse et de raison, que présente- 
ront ces sentimens opposés/ 

Suivant le système des grammairiens dont je parle> 
la manière de lier. les voyelles nasales est ceUe*m : 
il faut d'abord conserver à ces voyelles leur àiViO^ 
tère d'indivisibilité , c'est-à-dire les prononcer tvec 
le retentissement du ts comme dans bon J lundis 
que ce même 71 ^ changeant de natiire, el deve*' 
liant pure consonne', doit aller flPatlftolter«à 1h ▼pjdk 
initiale du mot .suivant pour former la liaison dvi'Êùk 
nasal avec lui*, et ils en concluent qu'on doit prononcer 
bon-n*amL J'ignore quelles peuvent être les raiaôo^ 
qui apjpiiient un tel prinoi(ie de|>roiionciaticMI|^Mw 
bien trouvé le ngne dans bieaucoup ik gi«Mioiaii«é 
que j'ai Tues; mais j'aiviétneinent ckerèhéle^^ittKldfrlW^ 
sonnables qui la justifient : ne serait*ce pont^^fiiÉlè q^§ ' 
ces grammaires ne sont à cet égard qn'ime e< 



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36 DE ii'EMPLOI DES VOYELLES NASALES 

une$ des autres, et qu'il est bien plus facile de trans- 
crire des' signes que de rhisomier-sur leur validité ? 
Pour moi, je ne vois dans celle manière de lie^ les 
voyelles nasales qu'une inconséquence manifeste , et 
qu'il ne me parait pas possible de soutenir. Je vois 
que c'est faire un emploi contradictoii:e du mêm« sou; 
que c'est vouloir lui conserver d'un côté son carac^ 
tère devoyelfe simple, et de l'autre, le soumettre k 
une articulation qui pe peut appartenir qu'aux con- 
sonnes; que c'est diviser ce qui est indivisible par 
essertCe,et-donner ui?e double fonction à ce qui ne 
peut et ne doit en avoir qu'une. Je dis plus; c'est que 
la prononciation qui en résulte n'est ni naturelle ni 
conf(h^e au génie de la langue française, Cette dou- 
ble nasaïité que l'on entend forme à l'oreille une dis-» 
sonance toujours désagréable et pérfible, et je ne 
conçois m'éme pas que l'on ait pu en présenter le signe 
aux ëtrangerà qui, n'étant pas à portée de saisir les- 
adoucissemens qu'on peut Jui donner pour la rendre 
supportable , ne peuvent en faire résulter qu'une pro^ 
nonciation barbare. Lu autre inconvénient. die cette 
manière de lier les voyelles nasales , c'est que le sens 
.des idées peut en être quelquefois tellement altéré, 
que l'on entend précisément toute autre chose que ce 
qu'on voulait dire. Je suppose en eflet que l'on ait à 
prononcer ces mots : il est en âge. Si l'on conserve 
k la voyelle nasale en , sa na'salité , et si en même temps 
on fait sonner le n avec la voyelle initiale du mot à^e, 
il arrivera qu'au lieu do prononcer, il est en âge, on 
dira bien dislinctement : il pst en^nàf^e; ce q«>i est 



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DEVANT d'autres VpYBI^IiES. 37 

bien différent. Au reste, je préviens que c'est dans la 
prononciation réelle d'nn lecteur de société que J'ai 
.pnisé cet eicmple. Entendit qui voulut : Il est en 
;nâge j car il n'y avait jMis Ja moindre équivoque dan» 
sa manière d'ériobcer ces mots. Ailleurs, j'ai entendu 
ôn-n^a dit , qn-riafait , on-n^a cru ; pdur, on aditj 
on a fait y on a cm. Toutes ces prononciations vicieuses 
et subversives du sens des idées, sont une suite nécesf 
saire dp principe que je ébmbats, et des signes etn» 
ployés dans les grammaires pour le-i^présenter. 

J'en ai une Sou» les yeux dont le titre est d'autant 
plus imposant, qu'il annonce une u^nalfseraisonnée 
des meilleurs Traités sur la langue française, y oici 
de quelle manière s'y trouvent exposés, le» «gnes de 
la prononciation des voyelles nasales, dans le cas de 
leur liaison -, pour faire prononcer le^ taotji'j ancien 
ami , certain auteur y bon ange y un oiseau , il éorîjt f 
A ncien-n-ami y certain-n-auteur y bon»n-ange ^ un^ 
n-oiseau ; ailleurs , pour faire prononcer le» prénom* 
possessifs, tnony ton y son y avec des mots conimifti-' 
çant par des voyelleâ', il écrit : Mon'-n'intime^^Qmi y 
son-n-entière défaite y et plo» bas ,^« trouve. ijE^^ 
homme y en^n-ltalie, en^nrunJtwnuBnt y J0 »Vrf-/»-<^ 
point y pour iridiquer la prononciatioa/d<|.ciiA n)aj#/; 
en homme y en Italie y en iUn moAtemi y);€^'èi$éi 
pointa — Or, je demande ri u« b^urtieqol eWobe 
à s'instruire suflaf pjrononeiiition françaite^riilll) étran- 
ger , pourra ,*tfur dé par^ •igocf j 9(6 formel' une î<Wt 
exacte de la manière de lier le» voyelle» OMâlet, on 
plutôt s'il n'en recevra pa» lldce de la prooonoiâtîc^ 

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58 : Ï3B ii'BMFIX)! DES VOYELLES NASALES 

la plttê fausse? Encore, si ces signes étaient accompa- 
goés <jk quelque explication qui pût en donner Tin- 
lolilgeiiôe; mais non/, ils sont présentés sèchement, 
Mtti6 accessoire , sans aucune sorte d'éclaircissement: 
c'est t'œiiseid qui est frappé et guidé. Est il étonnant 
apfès cela qu'il y ait tant de prononcialions vicieuses 
dans l'emploi de nos voyelles nasales? Est il étonnant 
q«W J?on euteiide :'ll est en nage j pqm il est en 
4«'tf^ et d'autres erreurs^ont la diction publique est 
4ou» les jours remplie et défigurée. 
' Çen'cst asseSR sur le doctrine que J'attaque, et je 
passe au développement de mes prifï?5îpes sur les con- 
ditions de' la liaison des voyelles nasales. 

Mon opinion- est que; lorsqu'il s*agit de lier les 
îfoyelles nasales, leur propriété grammaticale disparaît 
ètoiiériwîient', que la voyelle qui précède le ri final 
re^féA<l sa prononciation naturelle; qu'on l'énonce 
dégagée de toute espèce de naaftiité, et que^ le tî va 
s'attadier comme une consonne pure k la voyelle ini- 
tinle du «idt suivant , avec laquelle ilforme une syl*- 
labe« Sdient les mots bien aimé ^ bon ami; pain effort 
et cerèain homme : voici l'es changemens qui «'opèrent 
dans leur prononciation, par l'effet de la liaison des 
voyelles nasalfss bien, bpn\ t^ain et certain. Dans le» 
premiers, bien aimé /^n prononce purement et sirti-: 
plemetit la diphthoogue 6iV> dont l'^ est ici feritté, 
tandis^que^n devient sonote«tse joint à la vt>yeH6 
suivante dn mot aimé, et l'on dit : bié-n^ai-mé, et non 
pda, idm^fi^imé. Far le même principe» on prononce r 
rT, et n^ pas, bonn-nmi) tfOè-n' effort ^tkk 



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ifè-n' effort y et non pas, pcun-nréffbH ; et em&nheriai- 
h' homme ou ceriè-n^ homme , et noa pas, it^iio 



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Celle manière de lier le$ «voyelles tiaiakL^nnepamît 
sauver tous les principe», et ne )ette|Ndi daiifiil'ipioii- 
tenable contradiction du double emploi du son «blasai, 
Considéré comme son simple et indivîfiîble ; le OEirao- 
tère grammatical de ces voyelles ^roti veraé à la vérité*, 
mais c'est pour en faire résulterun ordre naturel et 
tout simple; un ordre que iioiis e)iéciitoiis ^dana «n 
très graîid nombre dé nos mots , sans èesit^tlKliQti 
et sans difficoltë.jQue l'on observe en effat: nèlrjS ma- 
nière de pronon^Qer les mots : inattenttf ^ inabomor 
ble j ïàéxacty inhun^am , ete. ? Quelqu^unVaviae^Ul 
de ^rei In-nattentif, in-nàbordablé y m^nèxautéf 
inrnhumaiiz? 9ion y sans doute y ietcepeodlwl tout fie 
monde a4M>t que ces mots sont^ooiposës delà voyelle 
nasale m> quf répond i h préposition latine méé, 
voyelle que l'on fait toujours distinctctticnt sentir 4|ilils 
'les 'mots oii elle;«e8ttaaiv>ie4'«ii|iéxonsoûoe9 coinme 
dans m-dtfoentji ift^imnpèmmé, ^ia, Qqe fii}t-^0ii>4<lac 
^ans le pi%miérioa8^0n''pronioktoe l'i naÉMvaliement, 
et flans linemie sortie 4e «asiiliié ; ott^ eii ib^qi^ une tn/l- 
labe, tandis >qu0 ^eâi va se véwAr OMune uût pttse 
ooqsonneiibifoyetlesiit»^aDt>^jeti>oiitdtt';î"y^ p# 4i W < ^ 

i^nmèofxUbU ^ Unàmac^ , i''9diumiam^ '^■■:^^i^k-'^^ 

Teliesl le printipai qui doit -rë^r la f^roooiiciAliki 
<l« iMli vvkyelha (iiaalcf , «loiitei im fi»i^<ia%l «^P^ '^ 
4eB tièr^, oar «j^nrquoi jr Mirak4l dnuM oiipièrei ^M*- 
'feoluer kiMr lîeison??>Gel|e^.eitidiiis les tubtl^iAiS , 



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4o DE l'bMPIX)! des VOYKLI/E8 NABALi:?!;^ 

non-srulèment Je la langue (Van çai»e, niMis tneorc de 
la langiH? latine on elli; est exHClement l« nimne, et de 
qui fiou» l'avons san» doute reciuj : celle cjue je com- 
bats est san» autorité* et nVxiste (|U»î dans les livres 
de quelques grammairiens modernes qui ont prétendu 
fiiire UIW5 loi de leur mauvnrso prononciation , et qui 
Font fendue plus mauvaise? encore (îu voulant en pré- 
senter le sigm% Celle que je propose est hini pie , na- 
turelle et facile à ex/écuter; et l'autre, compliquée , 
iQOiitvadictoire et d'une rîxt^culion tué» diiFicile,-**"»*- 
tout quand on veut lui donner la douceur qui con- 
vient à la prononciation. française. Eidin , eu liant les 
yo^etleà nasales suivant l<î système que je défends, il^ 
li'on résulte jâniais d'équivoque pour le sens , et la pro- 
norfciation en est intelligible, «constante et c!fftK:e , tandis 
kfi^ diiisystèmeoppobé, >ésultcuî/, comme on Ta^vu, 
les>eyreurS^s plus gi^ves contre riiVtelJ^^nce des 
iclëes y et une dissonan<fe à rorcille nécospau emeht fa- 
tigante, et pénible. ' . ■'■/-,' ** 
' "il. Au reste, ce n'est point ici une opiriiou particulière 
et nouvelle que je présente^ eo\ exposant la manière 
de lier régulièrement («a voyelles nasales. Si ccllo qui 
lui est opposée a des partisans , elle a aussi des adver- 
saires d'un nom (célèbre parmi les grammairiens fran- 
çais ^ et je ne,pens6> pas d'aill(;urs, qu'elle ait pour 
elle l'usage de ceuX' qui se. piquent de bien parler. 
J'ai cousultxi \\ cet égard des hommes instruits; j'ai 
i^hercbé à saisir la prononciation de beaucoup d'autres, 
etfai vu que tous s'accordaient à lier les voyéUes na- 
sales conformément aux principes que j'ai exposés. 



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DEVANT ÙAVrnm \OYF.hhf:A. 



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II scitlît bien temps <\nc fonte iriCfTtitndf; sur ce p>oitit 
(Vit ttifiri iïxée : rien m; pirait ^lii» extrapriliiiaire aux 
* ('trarif^dn» <juc dtî liouv<T pîirrui nouft cette divcrftité 
«ropi liions et de jiig<'meiJ^. Orla ne répond point à la 
haute idée cjn'ilt» h'éfai' nt formé» de notre langue, et 
\vMv étonnentent rédouble , quand on leur dit rpic rien 
j'i'fsl encore fixé à cet éf»ard; <pi^p4e!ro]prfiion» contra- 
. dietoires dont ils sont (rapiiés^ n^ipfmrliiefinent qn'à 
(lé^ individus sans mission et sans caraptére, et quji 
n'est pas possible de » autoriser sur cet ob^l du juge- 
ment des instituteurs nés de la languefrafiçaise^ Que 
rëpou<lreaux qucstiouH qui naissent de leur surprise; 
et comment déterminer leur confiance au milieu des 
end)arras qu'ils ëpr9U vent? ' ' 




j 



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Des voyalles nànaUs qui ne aouffreiii pan de'^Uaison , 

e^ de ce /lé* qu^^il faut lier. 

Après avoir posé les principes qui peuvent donner 
une idée/du caructèiegrauiniatical des voyelles nasalcs^V 
et discutç' les conditions de leur liaison a v«ci<» voyelles 
initiales des mots auivana, il ne nous retle phis qu'à 
présenter l'application de ce qui a été avanûl iee^iiîet, 
en etposant quelles sont la», voyelles uattdie» qui ne 
soiiflrcut )a>nais de liaison ^ et lés cas partioufiers oà . 
il faut nécessairement les, lier. Pour procéder véguKè* . 
rement dans oe.ini^vpili jp clastcrii ptr |irdri «Iflii* 
béti(|ue, io^t«s nbs finale» naiilet^ el| il efaicaDe 
d'elles, f établirai les lois debor emploi SOU» Je doi^* 
ble rapport de leur iodépendanoe dei ft i j i M et m- 



\ 



e 




m DE I^'EMPliOÏ DES VOYELriiS NASALES 

liantes ^ oo de leur liaison avec ^lles. Ces dernièreii 
seront indiquées Am» le titre : !^ Exceptions: 

^iSÎ. Celte finale qui se prononce ain^ne souffre 
* jamais de liaison. On dit: lafain\ et la soif, 
"et non pas , la fai-n'et la soif, — un essain]^ 
' importun, ^-^ un dain\ échappé. ^ < • 

AU». Lesmotstorminésenam^sonten grand nombre; 
\t\ ^ «t l«8 fautes dans l'emploi de cette nasafe aont 
très coifiimnnes. Posons en principe qwe toutes 
•1^ W fois que ceè mots sont des substantifs , bien 
<^i'ils soient immédiatement suivis d'un adjectif, 
ils ne se lient ps. ( Voycs ci^dessus le principe 
fondamental). Ainsi, on dira : un airain \ or- 
gueilleux", et non pas un aire- n' orgueilleux , 
comme on le dit au Théâtre-tVanç«is , dws un 
vers de lÛtadamiste. — Un bain \ efficace , — 
il ne faut pas quitter té certain \ et le solide 
plmr Fimccriain , — un dàdain\ affecté , -t- de- 
mam^ au matin y ^t^on yK^^^'demè^n^au ma- 
tin ^^ un écrivain \4fH!^f^^ y "^ "" ^"* I "'*' 
inense, — un lei/ainl impur, — une main^ly 
a§0ide, ^ un pâitn] agréaUs au gotU?,*^ «H 
^quùtrain \ ' emeellênt , — m rrfrain | insup- 
p0r€abif , -^ un républicain \ ir^sMiê, — 
'■►i' ip »»n àoaieniain] Wjfn^ioo ji — nn sommuin | o5- 
-iuIiiIh 9ob$i^ ^nin^fÊrmin i immlte, etc. » • • ' 
6.' I Mii 11 eti* e«t demÔHièdeè adjecttA, quand iUtie 
noii èoDt pas «inmééiateroewt Miivis de leur subsUn- 
i >^ ilif.M font dire Vje «nii cti^m 1 atm;t9Uêiêê 



iM/ri.»' ' 



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v'fe'*'?/!^^.'-: 



* -X 



# DEVANT d'autres yOYBIip». 45 

bons esprits, que, etc., — cela est ^rtain | ^^ «>i- 
(dubitabUf ^ un caractère hautain \ et^fiçr, 

— il est humain ) ^* compcttisscÈni ^ ^•^. un cli- 
mat lointain | ^/ sauvage , — il (jf un jugement 
jça/Vï I ^f exquis a *— il cit revenu sain \ et sauf y 

— un bruit soudain \ et effrayant^ ^— il est 
t^ain\ àVexcès, , * /^ ^ 

ExcBPTiOMS. Mai» quand Us mots en ain sont^ 
adjectifs et précédent immédiatement des sul> 
star^fs , alors , la finale cesse d'être nasale, et le 
/î se lie ; on dit : un certé-n^ homme , un certè- 
ji*emb(wras y un certê-n'air ^ — hiointé-n'ho' 
rison^ — \e prochê-n'été y — un soudé-n'ob- 
stacle y •— il exerce un aouverè-n'empire y'-^^ 
on ¥è-n^ejffhriy un ifèn^obstacley qn pè-n* appât. 

Nota. On sent que Vè repr駫fite ,^<Nii'e^s exem- 
ple! et ailleuni , le son «i / j'ai peifttf , qD^ea^^ittl» 
metUnt , lo ligoe de ia bai»OD e» «tcrait plus facile 

k «oicir. , 

AM. Quand cette finale se change on an darti la pro- 
nonciation / elle ne se lie pas ; ditm : adan | êi 
éiMe, — la fteiamAadan \ ehcoutue^ -^ un qui^ 
dan \ y Oint Maia quand oii fiiit sDneer le m ^ 
cette consonne s'appuie tou}burs sor les voyelles 
\ qui k .suivit mmediatement'^ ^iJÊhmha-'m* 
et Jacob, \'\'H,ê\ti -v ^..»j^>ii ^ï^tr-- • 

A^. Aieo n*est pin» ordinaire' ^ )9mtBfièi^ fier 
dans tes Asconrs pcdiies eelle fimrtê ^#ree Téf 
TOyeHes qui la'aniTeM'; 'on dit : un pta^n^in^ 
feriUibU.un t^uribkÈ4âàifkml^Ê^h^ 



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V 



13K t'EMPLOI DES VOYEI.l.KS NASALES 

crablèy ce ruba-n'est beau ^ un ouraga-n' af- 
freux, nn an^entier; ce sont autant de fautes 
graves. Il faut dire: un plan \ infaillible ,~ 
V Vin courtisan \ adroit , — un tyran ] exécrable y 
— c« ruban \ est beau , — un pura<^an ] af- 
freux , — un artisan [ industrieux y^unan\ 

entier* 

Cette règle? n'a pas d'exception ; elle s'étend 

même à beaucoup de mois terminés en and et 

en ant ( voyez ces finales dans le chapitre de la 

^liaison des consonnes). 

Mo» Dieu que votre am(îur , en VraV tyran | agit î 

Tartufï. 



^ etmn\pnfk:en (frai tyra-nagit ^ comme on 

. s'ol>stineà|4^,diieauthcàlrc:^ r 
AON: Cptte filiale cliange de nature dans la profion- 
' . oialSon. On l'énonce an y et elle ne se lie jahiais.^ 
— Un fan \ encore jeune , — im pan [ admi- 
rable par sa beauté. 
ÉAN. Joniais de liaison. L'Océan \ agité. f 
EIN. Les liaison» de cette finale sont généralement 
fausscs',^lilC8 : un dessein] affreux y et non pft» : 
xknfdéasèn affreux y — mettre un frein \ à ses 
pàêéions: celui qui met un frein [ à la fureur 
des Ilots , — un style plein \ et nourri, — \é 
pkin I etlei\idêyTr wn front serein | et tran- 
quille j •— 1« sein \ inondé de pleura, etjc. 

NExcEPTloNï.Iie» les finale» de» adjectifs im- 
tnédiatcment luivis de leur» »ubitnnlifc. — En 



V 



iffvANT d'aùtrics yoyki.lks. 45 

plè-néléy*-- CD plê-n'airj — il obtinl uii . 
plè-n' avantage, ' . 

EN. Pronom^, ne se lie pas quand il n'y a point un 
rapport nécessaire entre ce monosyllabe nasal '^ 
et le mot sui?ant; on (ï\l\ parlcz'en\à i^otrt' 
^Pil ^ — allons-nous-en \ à Paris, •— Jçnnez- 
ni'en I un peu, • — prenons-nous-en \ à nous- 
mêmes. 

Exceptions, Mais en, préposition, se lie ton- • 
jours avec son régime; dites : a-n* arrière , — 
^ a-n avant , • — an' hiver , — a-n*étë , — con^ , 
stant a-n* amitié , --^jfdèle a-n' apparence , — 
en y pronom , se lie également , lorsqu'il précède 
le verbe qui le détermine. Comme dans ces 
phrases : il en a formé le dessein ; en avez vous 
assez? ils en approuvèrent le' plan; dites : il 
a-n'a formé le dessein , — a-n'avez-vous as- 
sez , etc. ' . 

EN. Finale formée de Ve moyen , ne souffre point 
de liaison dans leà substantifs , doyen , moyen j 
payèn , citoyen, Européen , etc. •, on dit : un 
moyen \ efficace, — un citoyen \ industrieux, 
— V Européên\ avide, ei non pas: un mpyèn*ef 
fuace ,' — un citoyi-n' industrieux, 

ExCBPTiON», Cependant on lia les mot» Ay- 
mèn et examen avec le» adjectifs qui les iui-" 
vent im mëdiatement ; ditM : un hymé-fi 'affreux, 
un examè-n' utile, \j^ raison de cette liaison est . 
prise dans la prononciation perliouUére do cet 






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46 ** DE Ij'EMPtOl DKS ,VOYiÇt.LKS N A8ALE.S 

mots /xloiit le /^ «iml ebl traité comme unccoii-. 
sonne sonore, par IViï'a de IV muet qu'on Giit 
K'gèrenient sentir après lui. 

lEN. Les substantifs qni ont cette finale ne se lient 

^ jamais î on dit : un académicien] illustre , — 

• ^ ^ up ancien \ a dip. — le bien \ et le mal ^ — un 

r ^ bien \ infini .— un chirurgien | habile , — u;i 

' [.'entr^tkm] insiruciif^^ c^' 

> cellent . ^^mu historien \ infidèle / — un lien \ 

■'•■',: indissoluble r^, un maintien \ honnête, — - le 

'] mien] et le tièri. ^ On ne lie point non plus 

les adverbes combien, bien et wn^ lorsque 

f ces mots n'ont point un rappori nécessaire avec 

les verbes, tes adverbesou les adjectifs dont ils » 

4ont suivisr Conibien \ il pous aime !-^ com- 

bienl eh avea-^où^? — ï\ parle bien [ et àpro- 

' p'p^ ^ — il ne i>oit rien \ et n entend rien. 

Exceptions. Mais pç lie toujours le$ adjec- 

tifs en ien^. quand ils sont immédiatement» suivis 

de leurs substantifs ; dites : nùancié-n'ami ,^ 

^ r- un ancié-n'ouprage . ainsi que les adverbes 

*im et riéfn^ toutes les fois qu'ils précèdent dés 

adjectifs , des adverbes ou des verbes qu'ils mo- 

.dilient-, comme dans ces phrases : un en fa^rt 

biè'ff'aitné , — cela est h iè-n' agréable , — c'est 

un tm^il biè^n'utilef — it e^ibiè- n'instruit y 

c'€8t hiè^n^assez ,*-- biè-n' entendu que . — • 

biè'H'^ au-dessous de sa valeur ,—- il n'a riè-n'oU' 

hUé, Il fictif somrien^â dire ?— il n'y a rièn'à 






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DKVANT 1/ AL TR lis* VOYELLES. ^7 

reprendre y ni riè-n'à louer à^ns cal ouvraj^c. 
Ainsi, je dirais sans liaison , ce vers àé Boiléau : 

^ . ■ . 

N'offrez rien | au lecteur que ce qui peut lui plaitc 
^ ' ' T BoiLEAU. 

et je réciterais celui-ci en liant le mot rien : \ 

' V • ■''.'■ ' - - " 

- * ■ W 

Giiise , du sein des morts , n*a plus riè-ii'à prëlendif. 

Voltaire. 
'■■-.■ ». 

LN. Cette filiale ne cesse jamais d'être une voyelle na- 
sale^ même dans le cas de la rencontre d'un 
adjcctir devant sori substantif. Ainsi^ la règle qui 

^ veut qu'elle ife sa/Jie pas , est sans exception ; on 
dit tou j G urs : un assassin \ infâme y— un burin \ 
ineffaçable j r~ un butin \ immense , —V un 
^ — chemin J inipraticable ^ ^ un destin \ affreux , 
'' — le diyin/\ arntour {et non pas, le dwi-n'a- 
mour ) y '^enclin à la paresse ^ ^—metére fin \ à 
. une aifeniure y — un jardin \ agréalfle , *— le 
malin \esprit ( et non pas, le m^j-n^ esprit ), 
•^— du matin \ au soir , — un médecin \ expé- 
rimenté ^--^ un voisin \ incommode y etc. 

iOIS. Rien de plus ordinaire que d'entendre, dan» 
l'emploi de cette finale, les fautes W plus graves: 
un mauvais système de prononciatioo, autorisé 
par l'exemple de beaucoup d'hotniiii^ inttruitf , 
-ifette , à cet égard , dans des erreurs qui seraient 
inconcevables, si^ne savait pis qu^ est l'em- 
pire de l'exemple sur la multitude, si^irtou^quanâ 
il s'agit de choses qu'on ne se donne point I» 



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48 DE i^'jBMPLOI DES VOYELLES NASALES 

(ION) peine d'étudier, et qu'on secoiiUînte d'apprendre 
par tradition. Les liaisons des voyelles nasilles 
en, ion sont du nombre de celles cjue rien ne 
peut justifier, parce tpi'il n'y a a^ucnne excep- 
tion qui puisse jeter dans l'incertitude, et^que 
tous les mots qui ont cette finale sont fournis à 
là même règle. Ce sont tous des substantifs 
qu'aucun niotifne peut (kigagerà lier, et don^ 
les finales rentrent toutes dans la classe des' 
voyelles nasales qui ne peuvent être ni divisées, 
ni altérées sous le rapport de leur caractère ^gram- 
matical et nécessaire. Cptte règle universelle 
pourrait me dispenser d'en proposer des exem- 
ples. En voici néanmoins quelques-uns que j'au- 
rai soin de faire tomber sur des mots qui don- 
nent lieu" aux plus fréquentes erreurs. 
>-^n dit : une abdication \ absolue ^ et^non 
. pas : une abdication' absolue , — une action\ 
atroce ; et non pas : une actio-n^ atroce j — wwq 
ambition [inquiète ; et non pas : ambitio-n * in- 
quiète, — V approbation universelle ;iit\\ou pas: 
Vapprobatio-n' universelle, — une aversion \ in- 
surmontable ; et non pas : une aversio- nHnsb^ 
montablej"^ une circonspection \ extrême,— une 
concluaion\ évidente, — une considération \ ho- 
norable y — une contagion | affreuse , * — une 
conviction\entière,^i\ne.description\agréable, 

^ — «ne diction | élé^^ante , — une érudition \ 
immense , — \xno fonction \ importante , — uiie 
imagination \ active , — une indignation [ uni- 



wmmmmmmimmm. 



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DEVANT d'autres VOYELLES. 49 

perselle , — un lion \ affamé ^ — une narration\ 
historique y — une occasion \ imprévue ,— une 
passion [ indigne ^ •— un o prononciation \ exacte, 
-— wwki question \ indiscrète , — une relij>^ion\ 
austère y — ufte résolution \ inébranlable , — 
une sédidon [ apaisée y — une situation ( «i^a//- 
ta^use y • — une superstition [ai^eugle, — • une 
i^exation [impunie y i^ia, 

OIN. Jamais de liaison pour cette fuiale ; dites: un" 
coin I obscur y — du foin | entassé , — de loin \ 
et de près y — là nuit est loin\ encore y-— un 
soin] inutile y — uir témoin] irréprochable y 
^ ' — un besoin] insurmontable, 

OLIN. Ne se lie pas non plus : un babouin] ùHreux , 
— un baragouin \ inintelligible y — - un Bé- 
- douin I avide, . 

0]\J. Le m, dans cette finale, prend gëhëralement le 
son du 7z^ et alors ii forme, avec l'o^ la voyelle 
nasale on y qui ue souiTre .jamais de liaison. On 
dit : un rion \ obscur (pour nom), -7? un pro' 
non I absolu y — un surnon \ honorable y -— un 
renbn \ odieux , — un prénon \ inconnu. 

ON. La prononciation de cette voyelle nasale, daus^ 

SOS rapports avec les voyelles initiales des mot» 

suivans, doit être soigneusement ëtudiëe, kita- 

son des nombreuses exceptions qu'elle comr 

porte , et des règles particulières auxcpielles elle 

est soumise. La première est que jamais, et dans 

aucun cas, les substantifs termiiiëi eu j^/» oe 

p(Mivënt lie lier. D'après ce priuetpe, on <fil ; lin 
u. 4 



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60 DR l?JEMPIX)t Dliii VOYELLKS NASALES 

((>H) abandon \ absolu^ et non |>as : on abando-n'ab- 
solu\ -^V^ohéron] ai^are, — ï aigaillon\eX' 
citant j — un Apollon \ admirable y^ un ba-. 
taillon I intrépide j — un Z^a/o/i | à la main, — 
un^ boisson] arnérej ^ H'i vin Z>o/i | à boire,-— 
bon\à monter, -r-. bon\ à, descendre (1), — 
., # c^/o (P5^ Z>ort I et beau, — mi buisson] épais,— 
une chanson \ ingénieuse , — une cloison \ 
épaisse, •-- \e démon [affreux des batailles, — 
un é/0/7 1 agréable, — ^iïydonjon | antique , -— 
un horizon ] étendu j, ~ un Jambon \ excellent, 
—/un /^m)«| insigne , — vi^i^ l^Çon \ instruc- 
tif^e^ — une wai^ow] incommode , — un /jo/- 
^0^ I û[c^if, — une raison] éolairée , — une 
saison] a^éable , — un son] éclatant, — un 
son [ aigu ,'^ un son ] harmonieux, — un 
soupçon I injuste, — un /otî [ in^périeux , -7^ 

(i) Décision de PAoa<^ëmie. Sègrais écrivit au rërebrc 
//!/<•;, au nom de T Académie de Caen , pour inviter l'Aca- 
dëmic française à décider s'il fajiait faire ou ne pas faire 
sonner la consonne u , dbna bon à monter , bon à descendre. 
« Sar quoi, rapporte Tabbé (ji'Otiyrt , l'Académie française 
« répondit «jue , puisqu'on pouvait introduire un adverbe 
t( entre bon et 4, comme si , par exemple, Q# voulait dire : 
«Bon rarement à monter , bon (juehjuefois à descendre, 
(.(delà il s'ensuivait que bon devait elre prononcé sans 
.( liaison avec la préposition A. Mèzerai , qui était Nor- 
u mand ; fut seul d*un avis contraire; mais comme secré- 
u taire de la compagnie, il fut contraint de rédiger la déci- 
• « «ion ^ à laquelle il o jouta en riant : W sera ainsi prononcé , 
At .t^ionqli,itaui clavmur de haro^ \^ 



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mmnmÊmiÊmm 




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♦•(/-''.'■' Vif; 



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/DEVANT D'aUTREi^ VOYEIiLES, 5l 

(ON) une trahison] insigne, -^ un p'allon^ \ aban* 
donné, etc. 

Exceptions. Quand ôo^ est àdjecfcif, et qu'il 
est iinniédiatement suivi de son substantif , le n 
devientsbnore,et se lie avec la vayelle sai^vante; 
on dit: un bo-n'honinie , -^ nu bo^fi*amij — 
un ôo-n'a^ôçat ,^ — un bo-n'oraieùr, un bo- 

n^esprit, , ^ :- 

■ •■" . ' - . ■ 'é 

C'est |>ar le même principe qu'on lie encore 
les pronoms possessifs, mo/i^ ton, son, «^^ mo- 
n^amij -^ mo-n' insuJflsajiGe, — nio-n* inquié- 
, tilde , — ' sorn^àme , < — so n' hôtesse , — so-^ 
n^ éloquence, • — to-n approbation, — - to h* au- 
dace , — to^n'habit. Observez que lorsque ces 
mots sont pris abjs^lractivenient, ils rentrent' dans 
la elasse des voyelles nasales, et ne se lient pas : 

— mon] et ton \ expriment là possession* 

Le pronom on, joint Ji un verbe , se lie aussi 
toujours > • — o-n'a dit, — o-n'oupre, — - o- 
ntentre, — o-n* instruit. Dan» les autroi cas, o/t , 
ne se lie pas^ — Croitron \à de pareils bruits ? 

— Pense -t -on \ à vous? — Peut -on \ ainsi 
tourmenter les gens? ^ ^ *" ' .' 

Remabque. Le pronom o/z est un des mots 
de notre langue qui a éprouvé les plutsiuguliéres 
modifications, soit dans son oaract^*e,griimaia^ 
tieal, soit dans sa prononciation, Ou crqirait dif- 
ficilement qu'il vient du mot hmim0^é,à^% mo» 
numens authentiquea ne l'i^ttei^ienit, Oo' disait 
anciennement , et on écrivait iT^/Tt dif,yïhom 

4. 



\ 



-^ 



V. 



c 



5tt DE L'EMP^iOI DES VOYKLLÉS NASALES 

(ON) fait , pour on dit y on fait Insensiblement, Ics^ 
traces du mot primitif se sont effacées, et il en 
est résulté mie particule simple que Ton a rangée 

dans la classe des pronoms. Quant à sa pronon- 
ciation, il est à remarquer que l'o y a consci\Lé 
un son particulier : on ne dit pas: onfait^comirm 
mon fait), où Toreille entend un légère nuance 
du son o^^^ tandis que Vo dans le premier se 
prononce à-peu-près comme ddns &-néritix, En- 
j fin , sa liaison a été traitée aussi diversement: Du 
' temps de F'augelas , c'était un rafinement de 
prononciation, même à la cour, de lui adjoindre 
vxiZy quand elle était suivie d'une voyelle : on 
^ disait élégamment : on-z'a fait , on-z'oupre ,^ 
07î-zV<?ow/^. La langue française, en se perfec- 
tionnant , a banni cette consonne étrangère : on 
s'est contenté de lier le n avec la voyelle initiale 
du mot suivant , et la prononciation en a été plus 
régulière et plus doupe. 

Le monosyllabe nasal.,/^p/i se lie rarement ; 
je ne vois qu'un seul cas bii sa liaison soit tolé- 
rable; c'est lorsque non se trouve joint à un 
adjectif qu'il affecte immédiatement, comme 
dans ces phrases : une suite no-n^ interrompue 
d'c^ctions glorieuses , — cela doit être rvgardé 
comme no-n'auenu. Nous en avons un exenq)le 
dam nonobstant j dont on a fini par foire un 
seul mot. Mais dans tous les autres cas, et toutes 
les fois que l'on peut placer le mot pas après 
iwn , la liaison serait vWieuse : ainsi' je dirais : 






pjiVANT d'autres voyelles. 55 

t'est à lui que je parle , et non\ à pous, — i^ 
; est craint et non \ gimé, -^ je cède à vos prié- 
' res, et non\ à i^oa menaces, 

tJM. On sait que cette finale se prononce eun* Quant 
à la manière de l'employer devant les voyel- 
les , elle ne se lié jamais; on dit : un parfeun \ 
agréable. 

UN. Cette finale nasaîe est une de celles qui compor- 
tent le plus de difficultés , çt dont la prononcia- 
tion éprouve le plus de contradictions. Essayons 
d'établir tes principes qui lui conviennent; et, 
pour le faire jivec ordre , appliquons - les à 
jchacùn des mots où elle se trouve. 
• u^ucunj prononcez aukeun ,qX ne liez jamais 
la finale eun ^ quand ce mot n'est point immé- 
- diatemeut suivi d'un substantif commençant 
par une voyelle. Dites : je n'en connais aucuh'\ 
à qui l'on puisse le comparer; et non pas: 
aucu-n'a qui l^n puisse le comparer. 

Briin, prononcez breunj jamais d6 liaison. . 
le b^un I et le violet, — le brun I allié au 
blanc y un brun \ argenté. 

Chacun , proïioince% ùhakeun. Les opinions 
sont paKagéea pour l'emploi de la tioaU d« ce 
mot d^VAiil) les voyelles, j'ai entendu réciter 
ainsi au théâtre ce vers de Mithridat9 : 

'■ f , -■" " r -î • ' ' ^ . f ' ■ ■ ■ 

Chacu -n'a. ce fardeau veut dérober la tête. 

Et tous les jours on entend difi : ohacu-n^en 
particulier, — chacu^n^à êon àour, etc. Je ne 



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54 "de li'KMPLOI DES VOYEU.KS NASALES 

(UN) pub, je ravouc, approuver celle manicre de 
prononcer, et jo la croiraiô plus rëgulrère sana 
liaison. J^ai pour moi les principes, et j'y tiens 
d'autaiH plu* , qu'en les abandonnant, on court 
risque de donner lieu J» des ^^tensipns (jui 
jettent .dan* les erreurs les plus graves. Jo ne 
voîspas c|u'il y ait plus dé doucem" à prononcer : 
chqcu'n*a ce Jhrdeau t^eut dérober sa t^te y 
qu'à dire ; chacun \ à ce fardeau }, d'autant 
niieux qu'il n'existe aucun rapport yraminatical 
entre r//acw/^ et le mot suivant^ et que d'ad- 
lour^j ou peut étaMir un repos après chacun 
qui dispenscnut de la liaison. Cette pbrase est 
dans le même cas que celle-ci : chacun \ à Vcnvi 
racontait ses vertus ^ où je ne ferais pas pliis 
de liaison que dqns ki première. D'après ces 
principes, je dirais epcore ; cJmcun \ ambitionne 
lafçrtune, — remettez ces liyr4?s j^chocun | à 
. sa place. — . Et comme le mol chacun ne se 
joint jamais à un î^djcctif , et (ju'il a toujours une 
acception ^cj>çrale et indçfipie, il s'çnsuit <pi'il 
no doit et ne peut jamais se lier. 

/ . - " ■ 

Écrive qui voudra ; chacun | à ce mëtiar , 

Fuut pcixjrc impunément Jt i*tinore et du. pi^pier. 

' ' BoiLiAu; 

>• ,. ' • , • - 

Commun ^ prononcez comeun: La voyelle 
n«sàlè conservé »<in caractère dans ce mot , toutes 
l<M(l\>is qu'il n'^t point suivi d'isH subftantiffpi'il 
atrecle lunnédiôtoment. On liit i il n'a rien de 



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13 



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DEVANT D'auTHES V0TELI.ES. 55 

(liR) commun \ avec lui y — Ta] r est commun \ aux, 
animaux et aux .{liantes ,^ ^— t\ti pasvsa^e rom- 
mun\anx habitant d'une ville, — il vit en 
commun I avec sa famille. 

Importun y prononcez importeun. Ce mot est 
- dans le même cas que te précédent; dites : il se 
rend importun \ à tout le momie y — cela de- 
vient importun \ à la longue. 

Importun \à tout autre , à soi-même incommode. Boit, 

(V^y^^ <^i'^GSsou8 les cas ou ce mot et les pré- 
cédens se liont,ct de t|uelle manière ils se lient.) 
Quelqu'un y prononcez g^elkeun. Je me ré- 
péterais si je voulais disserter sur les liaisons de 
la finale de ce njQt quel'usa^e semble au Cor iser; 
mais je nC/les ciois pas plus fondées cpie dans 
le mot chacun. Je ne pense pas qu'il faille dire : 
quelqu'u'n*a dit, — quelqu* u-n^ assure / 
comme on l'entend tous les jours; mais je crois 
qu'il faut prononcer : qiielqu*un \ a dit , -— . 
quelqu'un ] assure. Je dirais encore : j'ai vu 
quelqu'un \ à la promenade y •— prendre ^i:i«/- 
. quun I à témoin, — si quelqi^'un] inié^sse, 
c'est bien lui, — quelqu'un \ a-f-i7 parlé? etc. 

Tribun , prononcei tribeunl JaniaU de liaii^n 
pour co subsUntif, malgré lautorité du tliéâtro 
où un acteur oéUbro dit amii co jyrf : -, 

Vn triôu-h^empreisé 
Vient vous entretenir de ce qui f'cAt paii4.,«. WÊMvttIV». 



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66 DE l'emploi des voyelles nasale» 

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(IjN) Jo crowcellcpronojiciHtion absolument vicieuse; 
elltj u'a pour «lie ni les priucipes, ni Tusaj^e. On 
dit: un tribun \ odieux , et non pas \n\ tribu- 
n'odiouxy-- le tribun \ irrité, et non^ pas le 
tribu-n* irrité. 

Un j prononcez eun. L'usage, ou plutôt les 
finisse» prononciations de l'usage, ont inliô«.luit' 
pour ce mot deîi liaisons i| ne les princi[)es re- 
prouvent. D<' la conversation où on les tolère, 
elles Ont passé dans la lecture soutenue où elles 
sont intolérables. A'insi on y entend tous les jours : 
Xu'H 'et l 'autre ,^un'àun, — Vu-^ * était à 
Paris, et Vautre à Rome , elc, ^ Toutes ees 
liaisons sont vicieuses, et blessent \e^ lois de la 
prononciation des voyelles nasales. Je rends ici 
honmiageà la pureté de diclion. d'une célèbre 
* Wricedu Hiéàlre-Français (mademoiselle l\au- 
court)', qui, dans le rôle i\ly^ t h alie ^ et au 
commencement du.récit dû songe de celte reine, 
disait : ' 

PrélCE-moi. Pm/i | h Vaun^o une oreille attentive. 

-( 

C'est ainsi en elRit que doit être prononcée la locu- 
tion Viun et Vautre. Il en est de môme dans tous les 
Autres cas, où le monosyllabe nasal uti n'est pas im- 
médiatement suivi d'un «ubstantif, et, d'après ce 
principe, j« maintien» qu'il faut dire ; un \ à un /— ^ 
^ Vun I éiait à Paris , et l'autre k Rome , — Vun \ 
interrogeait, ci l'autre répondait, -- tout un \ou Ixiut 



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DEVÎVISIT d'autres VOYELLES. 67 

^ autre, — - donnez-moi Vun \ ou rautre j^^ïhse nui- 
,sirenl Vun\ à l*aittre. 

Vun I t'St le doux sommeil et Pautre est respdrance. Volt. 

Exceptions. Avant d'entrer dans le déUil des excep- 
tions c|ui déterminent les cas prticulicrs 011 la voyelle 
nasale un doit se lier; il est utile de discuter une ques- 
tion ({iii plusieurs ibis m'a été prôpot^ëe , et que je re-^ 
j^arde çonmie très importante pour la prononciation 
( IVanraise. Faut il ^ enlisant le son nasal ^ un , ro«- 
scrver à Tv la modification de eu, et dire par exemple, 
cu-rHami '> on Inen ^ faut il lui donner dans ce cas le 
son pur et naturel qui lui est propre^ eidne: un^ami? 
Cliacinie de ces manière» de prononcera des iiartiaani, 
et plusieurs fois, la contestation a étë defërëe au tri- 
biiiial du public éclairé, sans qu'il en soit résulté une 
décision Siitisfaisante : delà vient que lès dhose^ sont 
restées les mêmes, et (jue la diction française^ sur de 
[)oiiit , ollVe encore une diversité sensible. Je vais es- 
sayer de iher , autant qu'il me sera possible , les idéeti 
sur qctte prononciation Contestée. 

L'effet nécessaire et constant de la liaison des soAs 
nasals , est d'enlever à la voyelle nasaiéb le ii>n qu'elle 
avait dans cette pqsition/et de lui restituer celui qui 
lui appartient naturellement. Aipsi , en quittant , dakis 
la liaison , le signe de leur nasalîtë , les sons ain^ lÊin^j 
redevienneift ai et êi: oêrtai-n'fiommè ; m pM^n^éié. 
Ainsi, le ft||n on ^ * redevient dan/c6 même CMp ir|. 
mon 'ami. Far conséquent , et d^icètjâ même loi , le 
son nasal, un, lorsqu'il se IW, doit fedevèrrir li, |« 



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68 ÎÏE L*KMP1/^I DES- VOYâU.LKS ' NASALES ' 

ne vois pas ct^qu'oii pounaif opposer à ççtte consé- 
quence, ' ' . . 
Il est évident d'ailleurs cjuè le son ewn assigne à la 

voyelle nasale ///i , n'est <|ue le résultat du caractère 
grannnialical de la voyelle Wj,,qui, en sa qualité de 
petite voyelle, n'est point susceptible par elle-roéme v 
d'être nasalée , et qui ne rest jania^ en eBet'dans notre 
langue. Par conséquent , le son cun qu^on lui donneX 
pour la itendre àusceptiUle d'être nasqlée , est pure- 
ment acciyentiok par conséquent , lorsqu'il n'y a plus 
ck^raison poiir qu'il soit tel , c'est-îi-dire, lorsque le n 
ie détacliede X^ pourse lier^avec la voyelle suivante^ 
il est dans Tisrdre, que la cause cessant, reffet cesse 
aiifsi, X^ tjiie Vu reprenne *^on prouiier carflctère. Je 
trouve uh fmérnpJe de cet effet dans le mot unanime,, 
évidemmàt dérivé des mots latirjs*^, uho anima ^ et ; 
daiis lequfl existe réellement <én français, lo mot //» 
lié au mot anime dé{»ënéré de PaMalif latin, anima. 
Or, dans celte liaison, ce monosyllabe //m , perd, 
comme l'on voit, la modiiication nasabi eun : i}u ne 
«lit pas eu-noninu* , mais u-nanime : \yA est le pi in- # 
eipe qui «loit , ee me semble , coijjHttmmc^nt réj'b'r la 
prononoiatibn des Hiialej» li/i ou eu(i , tmiU» l&s bris 
quVi^'>^^ lient, et p* |>ense que l'on <ioit tUn^ ; un 'ami; 
eï nbn pat : eu-n'ami , •— wncamfnun intérêt ; et 
nan fiùê : xin commeU'nUniérét'. ,. . ^^ 

J'avoue ce|HMidi«iit , avec les |>arlisans de la prdnoiH 
oiatioii que je combats, que la liaison t lu sou nasal 
«n , ainsi conduite^ n'est pas sans inconvén'ieMt. Voiui 
quel .est leur raisonne uu^nt «Si vous retidei à l'ii^ 



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DEVANT DAUmES VOYELLl:;*; ÔQ 

« (Iisenl-ilâ , le son aigu , vons àttaquei nëcessaire- 
c< nient le genre des siibstantifi», avec lesquels ke lie la 

Il I ' ¥^ ^ ' 

.(( voyclltj na'saic *un. En .prononçant u-n'équii*oque ^ 
(c par x.xemple, on ne mi si vous îa\\.m ëquwoquê 
i< (lu geii.rc masculin ou féminin , car dans ces doux 
« cafr, votre prmioncialion serait cxacloment la nieme, 
« (t vous diriez pour le féminin u-n'équitHiqUe y 
c( comme vous le dites pour lo lUa^culin. Il esl donc 
« nécessaire, rtjoutent-ils, do conserver h la prônon- 
« ciatioili du moi^n, d^us le cas do sa liaison, »ne 
ji mbdificalion cpii fasse distinguer à l'or^illis le genre 
(c du substantif auquel il se joint; et en pronoriçaift 

. , « ôU pour lo masculin, au Heu de .^> O0r||aot^ p^nr 
« lié,féminin,',fce genre est suffisamment indiqué, et 
« la diction est rcguïtero e| olaire», . >-.' ' 

Ce i^isonnérnent n'est pas saiia quelcfue poidé j çt 
l'inconvénient cpi'il présente ne serait qiw trop réet, 
si nous n'avions pas, généralement parlant, le secoim 
•des idées accessoires qui, dans ce cas, suffisent pour 
détermii)6i* Iti goiue des tubstaxitifs liés ave« latltoalos 
on.//n^ Saut doute, il Mirait à dosiràr que la prcaon*: 
eialioii fut telle que W id^es, au moment où olk» sont 
«Ojnscs, en sortissent toujm^fs clai|tm^iieti4e^(«lMeut 
ci|)rimé<^j pieift il n'iMt aucune langue prjiée q^t ^Rra, 
tous les goures do perfection. L'inconvénieat cteqt |i 

. s'agit n'est pas le^soul qn^^l'oii pourrait allë^pier contra 
jo «y^^^me dif nos tîaiions. PTavbns-nous pas le mond- 
svllâbô n^/^ par exemple, qui, joint k un aubatfintif 
aiascurin ou fëmirTin , avec lequel il se liti", te proobnot 
lotljjnin également ? Nnue di^Mit en effet : c^I^imI^^ 



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6b Dlî i.'^EMri^OI DES VOYKLJLES NASALES 

' coniiïie i^oiis discMi^: cè^' usine; cè-t^ incendie ^ comme 
ce^i'équipoque ; et cependant personne ne s'avise , de 
contester celte prononciation. 

Au surplus , je déclare , quant a la modification du 
son uasal eun^ dans le cas de sa liaison , que je ne 
désapprouverais nullehfj eut le système de ceux qui 
voudraient lui conserver devant les masculins le son 
de eu y s'il avait pour lui la sanction de l'usage, et 
celle d'une loi précise émanée d'une autorité légitime. 
J'avoue même que^ cesop me paraîtrait plus eupho- 
nique que celui de Vu aigu , voyelle toujours sèche , 
faible et sans caractère, et que j'aimerais mieux dire : 
eïMi^CLnii y un commeu'n'inttîrét, aukeu-n' embarras y 
que : u^n'ami, un çommu-n' intérêt , ducu-n' em- 
barras. Mais , il faudrait pour cela , faire violenice aux 

. principes, et contrarier l'usage reçu. C*esè donc d'a- 
près ces priaci pes «t cfet usage , que je. vais ex posiîr les 

4^ cas particuliers où le son nasal i^/z doit se lier ainsi 
avec les voyelles initiales des mots suivans : 

Aucun. Liez la 'finale decepiôt toutes les fois qu'il 
. se trouve immédiatejtient suivi d'un substantif. Au- 
cu^n^ùayrage y -^ aucu^n^ intérêt j > — auci^-n^h&mmey 
-yr' aûcj^n'uccident, . \ 

Commun, Même règle que pour le mot précédent : 
*iX%9L^TCir\t^ lin commun' accord, *, 

£t je ne (lois la vie en ce commufii* effroi j 
> Qu'au bruit de' mon trëpo» que je laisse après moi.-v 



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Impçrtu§i, Et un. Ces mots ne se lient que dans la 

. . ' \ ■ f . ■ 1 . 



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DEVANT d'autres \ 0YELI.ES. 6i 

position des prëcëdens*, u-n'importu-n^amiy — u-n'es- 
sor y -^ u-n'homme , -— u-nUnstant y etc. 

, Nota. Les noms des villes, comme Jiulun , Afelun. 
Ferduii , etc., ne*souffrent jamais de liaison-"— Autuîi ]ést 
uni; ville très ancienne. — Ne lisez point non plus le mot 
un devant oui, huit , onzième. Dite : un | oui, ou uri non, 
— Un I huit Je pique. —' Un | huitième accès, — Un ( 
onzième» • , j 

4 

Telles sont les voyelles nasales qui m'ont paru sus- 
ceptibles de se lier ou de ne pas se lier. Je conçois <:]»€ 
roii peut élever des contestations sur quel(|ues-une9 
des finales que j'ai citées, et dont j'ai proscrit la liai-^ 
son. Mais que s'enspivra-t^il ? Que cette partie de la 
prononciation française aurait besoin d'étrç régula risée 
et fixée; car si je trouve des contradicteurs , j'ai a^issî 
,pour moi les suffraj^es de beaucoup d'hommes de goût 
que ) ai consultés, et avec lesquels j'ai particuliéremeot 
analysé ces prononciations difficiles et épineuses. Dans 
une matière aussi délicate, je n'ai voulu rien statuer 
d'après' mon of^inion personnelle. J'avais déjà fiiijt uii 
tjjaité sur la prononcigtion de nos finale^ , dans 
lo(piel j'avâi^ particulièreftient insisté siir celle des 
voyelles rtasales y dans leur rapport ai^ec les tfoy elles ' 
initiales des rriots. suivons ) j'y ai reconnu quelques 
erreurs qui m'ont été indiquées par des oritiqties judi- 
ci(fux-, et je me suis empressé de jc^ rectifier dans ce 
nouvel ouvrage. Je l'ai déjà dit.: j'aurai atteint mon 
but, si, en exposant mesprinci|ies. Je parviens 'à* 
provoquer une'discussibi» sérieuse sur les (lai'ties con- 
testées de notre prononciation. La langue française en 



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fia DB ivEMPiiOi DE» Voyelles FiNALKs 
vaut bien la peine , et rinstabilité de la dicliou [...- 
bli(iue,sous ce rapport, accuse depui» trop long temps 
cei« qui sont cliargés parla nature do leurs fonctions 
et par leur caractère, de fégulariser la lapgue dans 
toutes ses parties. » 



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»*^%V%»»*^ «'»■*»•■' 



CHAPITRE II. 



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DK l'emploi des VOYELLKS FINAtES DEVANT LES 
•consonnes initiales des mots SUIVANS. 

Quelques observ^rtipïrarsnfiîroiU j)oiir donnera ce 
chapitre tour le développeaient dont il est ausccplible. 
♦Personne n'ignoro que ks voyelles fifrtles des mots doi- 
vent toujours étte prononcées devant les consonnes ini- 

Ualea de* moU auivans , parce que %tioulation cpi'eii- 
- genl ces consonnias coupe nccessairernent alors le sou 
de» voyelle» précédentes, et force la voix ù donner à 
ce» dôrnicres l'insistance qu'elles demandent pour leur 
entière et juste proiuiûciution ; tout cela s'exécute ma- 
cliinolcment el sana qu'A soit besoin d'en posw les 
règle».. Cependant, malgré ce prinJipç naturel et uni- 
•versellcnient senti, il se commet d^s erreur» qui oui-, 
scntsingulièren^^nt ala clarté 4^* déUit-, et ces erreurs 
tombent principalement scir leà ijyllabes iinale» des 
, moU cjui se trouvent avoir quelque identité avec les 
syllabes initiales dcà mots suivans. jl'ai déjà dit un- mot 
de ce vice de p4:ononclalion (Voyt.y., V^^rtde, lin? à 



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DEVANT DES CONhONNrs. 65 

haute çoiXf V' Partie , et a'' Leçon de ce traité )\mi\\i> 
c'est ici le lieu d'en dévelopficr tous les incorivénitins. 
Par ce vice, une syllabe finale ijui a, comme je Tai 
dit, quelque analogie avec la syllabe initiale du mot 
suivant, se trouve tellement confoudue avec cette 
dernière, que l'oreille n'entend absolument "(|u'une 
partie du mot auquel elle appartient; et cela produit 
dans la diction un vide, un dé|prdre qui altère à-Ia- 
fois le sens des idées, et rend la prononciation incor- 
recte et désagréable. Ainsi, dans ces mots : Espérance 
certaine y on n'entend souvent que : espéran certaine ; 
et dans ceux-ci .Dernière récompense; on n'entendque 
dernià' récompense y parce que les syllabes finales des 
mots, espérance ci dernière y se trouvent jetées et 
conlondues dans les premières syllabes des motsc^r- 
tciine, et récompense y au point qu'elles dispraissent 
oulièreraent dans la prononciation. Que faul-il pour 
donner dans ce cas, à renonciation toute son inté- 
grité? Il faut articuler dislinclement et »elon sa ▼aleur, 
la syllabe finale des moU qui se trouvent dan» celle 
position , et faire également sonner sensiblement k 
consonne initiale dés mote suivans, il faut dire : £j- 
péran-ce \cer'tainey --»• dernià-re \rëcompense.pMA^ 
loi est applicable à tpus leA cms aefmblablc»i l'obaecva- 
\ko\\ en est ipdispensuble^ surtout Unnsla Icctàtejwu- 
tenue et dans le débit oraloire ,* où il s'agit de se fcîrç 
entendre à de grandes distances, et OÙ riep de ce qui 
doit,être nécessairement articulé ne peut être atténué, 
bans porter préjudice à l'intelligence prfaitcdçs idées, 
1 1 sans blesser les règles d'une bonne diction. 






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64 DE l'emploi des \o\ elles finales 

Une autFe erreur plus grave encore, dans la pro- 
nonciation lies voyelles finales (Itivant les consonnes 
initiales des molssuivans, est dans le faux emploi de 
ce» voyelles, quand elles sont suivies de mots commen- 
çant par un h aspiré. Cette erreur vient de rrgnbc^nce 
OÙ l'on est du système de notre prononciation , relati- 
vement à l'emploi de cette consonne ; et il en résulte 
des fautes d'un ridicule sans exemple. Croirait-on qqc 
j'ai entendu dea Français dire : l'hauteur, pour la huu- 
^f^r; ^l'hideux tableau y pour le hideux tableau^ 
^r harpon, \}Our le harpon;^ l'héros, ponwMwros. 
Toutcela est intolérable, et souverainement choquant. ' 
lia connaissance des mots dont le h initial s'aspire est 
indispensable dan» tous les cas, et surtout dans celui 
où il ft^agit de prononcer une voyelle devant lui. Sans 
cela, on court risque de faire dos liaisons absurde* et 
insoutenable». Voilà pourquoi j'ai mi» un sdin parti- 
culier dan» le détail de» syllabes qui sont formées du 
A^ et je ne peux qu'y renvoyer ceux dé mes lecteurs 
dont le» principe» ne sont pas certains sur cet objet. 
(Voyez à la fin do ce Traité : des mois dont la con- 
sonne initiale est un h.) 

La même loi cjui pjrescrit la prononciation ^des 
voyelle» finales , devSnt les consonne» initiales des mots 
suivan», regarde encore les »on» nasals qui, dan» cette 
po»ition , doivent recevoir une plénitude d'énoncialion 
telle que le reterttiasement nasal qui en constitue le 
caractère, soit toujours sensible, comme dans ce» 
mois : Un son retentissant, — un chagrin profond, 
•-im^'ai/iéri//V/etc. Mais icisc commettent encore d«ft 



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DEVANT DES CONSONNES. 65: 

erreurs bien nuisibles à la puretë de notre prononcia- 
tioij, ainsi iju'à l'intellig«iictjf des idées. Je suppose que 
ruiiaitàdire ceite \ihras9^ On n'ose potis le proposer. 
Qu'arrive t-il souvenl? Qu'an lien de dire : On\n'ose 
on prononce (ont le contraire, en disant an osér: et 
pourquoi ? Parce que le son nasal de on nVst pas snf- 
(îsaiiunent wan]ué, on pintdl parce qu'il jje trouve 
entièrement confondu dans le sou nasal de n'ose j ee 

<|ni <lcnalnrecunq)létement l'idée, et lui donne un «en» 
op|K)sé à ceJui qu'il s'agissait d'exprimer : mille loou- 

lions sont tous les jonrs travesties et faussée» dans le 

débit public par cette môme erreur. J'ai entendu^ à ' 

cet égard, dus fautes qui laisMient l'esprit dans une 

indécision totali? de la pensée émisej car, il est det-^ 

phrases tellement construiles sOuë Ce rapport , qu'une 

|)rononcialion exacte peut seule en montrer le vërila. 

bid sens. Que l'on ait à réciter, par e».oiiiple , ce, veri 
de*Delille; , r 



On n'ose interroger tes 6bréi corrompHçi, 



■• ,« ._ 'I.',-» 



0» voit que 1^ sens de «clto phrfle est tojil enlior dau» 
«W, et qu'il li'j • plu» lien d»m ««•eonitruolion*^ / 
cxpiitue la..li«|>o»ilion liéBaUve qn'diS renferme. Or}^ 
«|«c deviendra le «,ns de l« penHie, W «jui re»pliqw,«, 
!> Il u ist {w« dibtiactoiuent marqué dans l'ëiionciaUon 
des n.oU o« n'ose? Il faut , dah. ce cas, oômnie dana ' 
tout.-, le» circonstance» »eral)labli«, quo le. <]«iia «hw 
'<a»al. soient entendus individnellemeoti Mi» coiifiii 
Mon, »an» mélange, »an. équivoque. C'est une Ipid» 



'"''il; '^ • ,, 









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•MHiliil 




66 DE I.'ȕtfPIX)I DES CONflONlSlilS F1NA4.RS 

Enfui) nous avons de» locutionai particulières qai 
90 «ouffrent pas la proiipnciation des ▼oytslles finales 
devant les consonnes initiales des mots suivant. Tel 
ésl IV final du n^ot grande devant lés mots chambre ^ 
chère, chose , mère, rnèsae , garde , peine, peur. 
pitié, me, salle. On dit et on écrit : La grand* cham- 
bra, «^ on y fait grand* chère y ce n'est pas grand' 
chose y la grand' mère , la grand' messe, h grand' 
garde, — à grand'peine , il eut grand' peur , — 
c'est gmnd'pitié , la grand'rue, — la grand' salle. 
Cependant cette espèce d'ëlision souffre des excep- 
Viona , car T^ du mot , grande, se prononce et s'écrit 
quand il est précédé du mot i//i. On dit : Une grande 
chose y'-- une grande peine , — uyie grande salle, 
'^ UMgmnde messe, — une grande peur, — une 
^nde pitié, -^ une grande chère , — une grande 
fimB ««.^ eioeptez pourUnt le raot.de graw/'/w^> 
qui ne change jamais ni dans I9 prononciation, ni dans 
Porlbographc. Je la croyais fille, et c 'est une grand * 
mère. On dit aussi : J'ai entendu une grand[messe, 
^xjm. qu'une grande messe, - on y plaça une: 
^gmnd'ganle p\\xiùt qu'une grande garde. 

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BEVANTD AUTRES GONaONWES. 



67 



CHAPITRE m. 






T)F. L'KMPr.Ot DES CONSONWES FINALE» DEVANT LES 
CONSONNES INITIALE.^ DMS MOTS aiTlVAN«f. 

La règle fondamentale, quant à la manière d'ern-*- 
|)Ioyer le^- consonnes finales des mots devant d'aulroi 
consonnes, est que les premières ne sont pdint en 
général susceptibles d'être artiqulëes; et la condition. 
le leur suppression consiste à prononcer, eiaclement 
les moti dans ijesquels cet consonnes sont rotran«> 
çhcrs, comme si elles n'eiistuiurit pas; de uianiért 
que rien ne fasse ol)stacl«5 à l'artioulatidn i>ott« ot 
eiactc des consonnes initiales des mots suivant j «t 
(|u'inie (jonsqnne nëi|)araisa'e pas en hcnrler un^ aolrei 
ce qui, dans bien des cas, serait entièrement oppoaë 
au {*ëriic' de notre lanj^ue, el intolérable dans uo« 
Jeclure soutenue. 






. CoUc| snp|;iiression a été sans doute Pouvrago du 
Koi^t; (Quoiqu'il nous soit iraiposaible de dire priioitë- 
inent.dè i|iielU manière nos pèrei prpnofiçiriaat }m 
consonnes finales de noi mots dans ienr VeficofftH) iwM 
<raut^e9cpusonne»,il est prolMibla cepefidnit, f}u'eUb 
recevaient tQutes qne articulation marquée dftns kiaf 
langage informe et l>arhare. lit pouvaient, retenir d'ail» 
leui^ cette nianière de prononcer c*© la langue bliné^ 
dont ils avaient compose leur îdiAme, et o\\ fmàm 



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II 



68 DE t'EMPLOI DES CONSOMNES riNALKS 

le» finale» <ie» mots se prononceut Indisanctemeiit ; 
mai», comme le» moU lalin», en passant dans leur 
langage , avaient perdu leur plénitude , leur prosodie 
et leur» terminaison» harmonieuses; on ne tarda pas 
i s'apercevoir, quand enfin on voulut combiner et 
a»sortir ce» matériaux informes pour en former une 
langue régulière , que \<s lieurtcment des consonnes 
finale» , avec les consonnes initiales des mot» suivatis, 
produisait'un son désagréable à l'oreille j que la pro- 
nonciation en était dure et difficile; qu'elle surchar- 
geait le langage d'articulation» nuisibles au dévelojî- 
pemént dessons; qu'elle était, en un mot, un de» plus 
grand» obstacle» à U douceur de la parole; et peu a 
peu , on »e défit dan» la prononciation du cortège do 
la plupart des con»onnc» finale» , dont le dépûtfutcon- 
fié k l'orthographe, comme pour y attester l'anliquo- 
langage de no» aïeux. On fit [.lus encore , et celte sup- 
pression s'étendit i la phi» grande prtic dç» consonnes 
qui terminaient le» phrases-, tant ri>rcille fut consultée 
dan» cet ouvrage du goût nalioam.! ! tant on voulut 
laiiser de plénitude aux »on», et d'empire à leur har- 
monie l^r-^o . . 

Ce sacrifice fut immen»e , et je no orain» pas de dire 
que »i la langue écrite pouvait s'y adapter , elle y |»er- 
drait Ae grande partie de «es dimension» orthogra- 
phi.,«e». Mai» con.bien il en et ré.uUé d'avantages 
pour la langue |«rléo! Dç coinbje^i d'articulation* 
dure», difficiles et onJ»ria»»aiite» elle a été délivrée! 
Comme la voix peut courir avec facilité à traver» cet 
ontatt^inont de oonsonuea devenue» inutiles poijr elle ! 



■■■■■■■■■llllliPIH 



DKVANT d'AUTÏIES CONSONNES. ^69 

Comme elle peut passer avec douceur et sans obstacle 
d^in son à un autre ! Le système de notre prononcia- 
tion, ii faut en convenir, est bien habile : formes dés 
Penfance à ses lois, upus y réfléchissons peu; mais 
qiiand on Tétudie avec attention, on y découvre un 
. arV profond que l*on est ùkcé d'admirer*. 

. Cependant la règle qui prescrit la suppression des 
consonnes finales devant d'autres consonnes, est )om 
(l'tUrG constante et universelle-, nous avons beaucoup 
de mots où la prononciation de ces ttpnsqunés a été 
conservée , indépendamment de leur position devant 
les consonnes initiales des motr^ivans; le tem|)S et 
Tusagè Pont consacrée, et les lois en sont Aies. Delà 
vient que l'étude de cette partie de notre prononcia- 
tion es^ indispensablâ* pour ceui. qui veulent parler 
régulièrement la (angue française; car, autant il semil 
vicieux de faire sonner le$ ooiispnnes finaleii dans les 
moU où elles doivent être muettes: autant il serait 
. fautif de dépouiller un mot de leur sonorité , quand 
^ on doit la &ir« entendre. * . " 

Voilà pourquoi nou» ëtabliisons ici quelques règlct 
gcnéralet sur la prononotation ou sur la suppretsion 
des consonnes finales ^dani leur rencontre aveo lei 
consonnes tnitiales des mots stiivant. . . 

Le è final se prononce dans radoub et dans 1^ n^ms 
propre^, ^ohab, Raab, Jèeob, /oi , ato. ; partonl: 
iiilleuriileit>muet| comme àMn% plomb, rrimi (de 
vent) , ^lë radoub fui êxécuU en pêu de tempes *^ 
fhiêtoire de Job êêrd tôujoun hsê opêo inêéréii ^ 
fiu pion fondu,( pour p\on\h), . k 



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né Diî l'emploi DES Consonnes FINALES 

Le c c»t généralement sonore a la fin des mots: 
bac, sac , lac, beCj échec , twec , syndic , pic, aspic, 
public , trafic , bk^c j soc, estoc , froct;^ troc , bouc, 
joug , aqueduc, cddûCj duc, suc ^ tact , de. On lu 
supprime dnns estohiac, tabac, alnianach , marc 
( poids )t ^^^^> arsenic, clerc iJonc , imnc , blanc ,. 
^ banc, franc (^d\ecitï)^ etc. — Le bac fut entraîne 
par lés fûts, -^un^stoma paresseux , ►— un aque- 
duc construit avec solidité , '— le ban des fu^es ; — 
Uestfran de toutes chargea. 

Quand franc est pris pour le nom d'un l>ançi*is, 
le c 80 prononce; et quand ce mot si^iaiic Une pièce 
do monnaie, il est mu<^t: unfran et dix centimes. 

La (/ se supprime toujours ù la iii-i des nioth : ut} 
aoiir'muetj^ un regàr fixe , — un vieilldr- dtk ré- 
pit ,^^ un ^lui de vin,, — un ni d'oiseaux, *■— un 
pié de rvi. Eioeptez les mots isud, Talmud, où il est 
scniore dans tgus les cas. 

. \jàf, dans les mots qui cii^'sont terminés , .se firo- 
nonce à très peu d'eiceptions. 0\\ dit toujours c/i^?/', 
bnf, 'grief, relief abusif attentif, nwtif plaintif 
tuf, bœuf, serf, nerf, etc. On ne le fait jamais sonner 
dam cUf, baillif, cpie plusieurs écrivent \mr cutto 
raison clé, bailli, ni dans cerf; — un grief pardon- 
nable, «^^ une clé forée , -^ un cer^volant. ^ 

Le g. Il y %lrè» peu de mot«^.(|u^ (inissent juir uirgi 

. on pmii U» réduire à oeni^ci : étang, taiig, sar^ , 

longj 4HH^t , doigt, legs, coing , poing, jou^^, bourg^ 

Ces deui derniaiMi sont les seuls où le ^ se prononce 

comme uàc final et faible; encore ne sonnc-t -il pas 



m 



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l'.m-LS 



WS'B 



DEVANT D'ÀlJTRliS CONSOI4NES. 7J 

. dans faubourg j qui est U cowpo»c de boi^rg, ni daiib 
ralombourg:: im étan poissonneuk} ♦^ lonA^emps, — 
w// m/z distingué , ele, 

i.e A se trouve rarement à la fii> des nioû,yt ne »*y 
prononce jamais. , . 

L(i / c$t une des consonrfes qu'on app^^le liquides,, 
parce que leur pnononciatiçn a beaucoup de douceur. ^ 
La liste des mots qui en sont terminés est immense, 
et presque partout elle 'se prononce devmit d'oulres 
consonnes et à la fin des phrases.^ On excepte de oetie 
loi Ks mois baril ^ chenil, nombril ^ persil , gentil j\ 
soitrqil, coutil , outil , fusil ^ cul, quej'on prononce» 
bari) cheni youti , fusi , etc.— Un fusi chargé ,-^ 
un ouii parfait, — un eu de basse-fosse y — (kl 
. ^soutri noirs, eic* ." 

. Le m (inal se prononce toujours , mais avec cette 
restrictioir qu'il pr.end le son du m comme 4ans/iom^ 
renom, faim, parfum, que l'on prononce : no/i j 
rcnan, fain, parfeun. Cependant il est ^m mola ou. 
le m final conserve son articulation l)^turellti^ tels lo'nt 
lis noms propre» : u4bivham, Priam , Amsterdam, 
Siam, Ibrahim, Sélim, Jérusalem ;, etc. , et le» mot» 
intérim et rhum ( eau-de-vîo .do sucre), qm m pro- 
^ \\oi\ci\ roum. 

Le n, 11 n'y a point do 4ilboult4 poui^ celle, qum- 
»onne , qui »onno toujour» devant une conionn^ ou a 
li^Jin de» plirA»ea. ^' 

^ ïé^p, P(ou»avoiii» peu 4$ moU dan» loaquel» celle co|^ 
aounc fuialo se prononce ; tels sont ceuiroi : cap^ gop, 
jqilap, hdnap {s\Q\\\ mot qui aÎHnifii; initj Uaie},^!''- 



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lep, cèp. ~ Un cep (/f> pignej^ le mp de Bonne- 
Sspémnce: Vuiioui bUIou s le p final est luuol. -r 
Un cou dan^emix { pour, coixjii);^ un loa vorace 
, ^pour lôu(»), - b^ucou d'hommes (pour beau- 
coup ) , _ du drafin (pour drcp ) , — un can re^ 
tranché (pour camp), etc. • 

ThY» de prudence enhariie /ro/) de soin, Baciïïk. 

Le y* final est rare dnns notre langue; on Tailî- 
cule fort dans coq, et il est nniot .lans cinq. Dites : 
un coq menaçant, — et vin piè(xs de monnaie. Ce- 
pendant on dit et on écrit : co d-JmIe, 

Ia r. Il suffira pour Citto consonije , qui est la finale 
ifttn jiohil)re considiirahie de nioU, «riudiqner ceux 
où elle est loMJoprs sonore, indé|Mîndaninient de'leur 
posilîoni ' 

Elle est telle dans toutes Içà finales en ar : — car, 
char, hangpr; nectar, aie. 

Dans celles en ai> ; chair, éclair, etc. 

Dans celles cm ir, Ifint suiislantils (juc Vtrhes : 
désir, plaisir, dholiry fléchir, etc. 

Dans celles on or, eu air, en ,aur, oh our et en M/^• 
trésor, pouvoir, Lavaur, amour, obscur. 

Il n'y a do difficultë que pourries finales en fret 
. en ier, on le rest très frëcpieni nient niuel, éi où IV 
se prononce alors fermé. On le fait sonner, riiais'a>ee 
la modification do IV moyen, dans amer, belvedèt, , 
cancer, cher, cuUtèr, enfer , éthèr,fir, hiver, mèr, 
vèri et dans les noms p ro p nA^iSllp) lïi^r ^ Lucifer, . 



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à. 




■ Z-s^^. 



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DEVANT d'aUTRKS CONSONNES. : «^Jî 

dj^itthèfy Màgistèr^ f rater ^ etc. Quant aui finhlcs en 
/er^ îl se jfrt'ojfipnce .dan3 /î^ 

V , . ■ ; ■ . • 

>^^ • • ' '• ■ 

On peut clu^er taureau dompter le Croivt rebelle. 

■ . ■■ - • . y . ■ • • - - • . ■ ■_•.,• 

DlUtLl, 






(Yôyee dans 1er chapitre suivant les delails «if ces 

iiiiales. ) • ^ 

,' Le .ç. Cette consoune , finale d'un nombre con- 
sidérable de nos mots, se prononça rarcnieht devajit 
les consonnes iniliules d^s mots qui lu suive|]t. Voici 
d«ins Qiièls mots Q^i la fait sonner. 

, Ais ( plancbe ) j — un ais trop court. -*- L«{ia o4 

reirtps; —- un iàpaxle temps, f- Mars*^ *— ^ le moië de 

mars fini. — As; ^- un* as de pique. <^ Atlaa^ — • 

y un atlas complet, -r- Hélas ! et laç ! ( ioterjectionfr); V*- 

héhs! (fui l*eiit ctu. ' ^. . i^ir 

Dans les noms propres terminés çn as, le « te pro* 
noiH^e toujours: ^donias , y^f^ésiias , jârràê'. Cal- 
chosi, Epaminondas , Eurotas, Palpajetê. * ' 

Ou le fuit »6nner également dans les ifinôti iè^iiJf (è«« 
. do\ Hhco en argent ), gens et «^/m, — fjè cenêpreeçrH. 
' *— Orj gens bi^n nés. — Un bon ëens parfàii^ ^\^' 

Dans les fmales en ^j ^ on prononce Avec le j le mot 
afofsj partout aillourt cette consonue esl H^eilt, . . 

Duns oellet en Us/A n'y m quu le mot, jflt (eobnl 
màlo), dont on fasse sonner le #:,^^|m|^^ 

Dans les mots termint^ on is » sont eieeyiiéi ksr tolr 



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74 î)j; li'EMPLOI DïlS CONSONNES FIN^ALÉ» ^ ^ 

vaiii: bw (répétition k bris , — /^ Am c^^w/z ^è/M; 
^dem j gratis ^ lysyf/is et jadis, / ^ ; ^ 



5; 



i * 



A ces traits ya^V chers, à ces voix qu'ils cpnnaissent , ., 
Xa tcntessè s'éveille et les remords reiVaissent..,. 

':_■■' V ■■■'•. V ■•'■' " ;■ De'lille. ,. /, ■ V " 

• Tous le» noms propres en is subissent la rnêmc loi. . 
Adonis. Cypris /Isis y Lais y eit. . . . / 

. On excepte «gaiement dans la finale en eurs le mot 
ma9Z/r*/ dont le 5 se siffle un peu dans la lecture sou-. 

. tenue": des mœurs déprapées. \ . 
Il Dans le» finales en os , prpnonccz le 5 dans tons les 

i;»oni» propre» ainsi terminés : J^ini05\, -^^/t?po5^ Pq- 

■*é phosj^ Lemrws,4^c.\ et cbns l^s mois pathos et os^ 
• *— un pathos fatigant j, -^ un os décharné. - 

.^•^ Dans le» terminaisons en ours y on ne trouve quc^ 
le mot ours dont le 5 doive être prononcé] — un qurs 
mal léché, ,■"■. ^ /■"'•': . 

* É«(il>rd»n5 les (inales en wi^ on prononce avec le 

^' s les mots agnus, argus ^ blocus^ bibiiSy mlus, chorus, 
fétus , hiatus j.obtus^ palus , prospectus j • 

rébus, suSjGi teins lés nbms propres aiu.>i ternunés : 
Bacchua t JànuÈ, Titus , iTénus , eiç^ Lik pronon- 
ciation a^mct aussi (iuelqncfoi^ le sifflement du s dans 
. 'ïemoVp/wi., surtout à la fin dos phrases : il fit plus j 

il lui sacrifia sa fortune,: c 

>. Le >. La suppression de ccttie consonne tînale dans 

si rcncbnti^e avec'd'autres consonnes ^t presque gé-, 

nërale-, peu de mots en ont conservé rirprononcioliôti 

asJEîîJtûifik-4«"^ On dit : un fat déhonté, 




/^ 



...«_ . . 4. ^ 






1 , f 'ï 



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Z)EVAIÎ% D'AUTRl^S CONSQNNISS. 76 

— de Vor mat . — ^/ Ut êchee et mat son adversaire: 
Lz. Je cri de vii^ai mt^fTtissait de foutes partd, **- 
' un fait coritrouf^éy ^^Amettre au net sa copi^, «^ gar- 
der le iacety -^ le Christ ressusciter ^-^ un défiait 
pi-ùdiilieiix y — le rit ms musulmanÊk'^^ le zénith 
diffère du nadir, -^ i>pu\le trouiez :wty — une dot 
considérable, -^ un ittot déplacé j -^ iin sot ; - , 

L'aigle d'une maison n'est q^/nn 50^clans une autre* 

Grossit. 

le mois d^aout j -^ ils étaient au nombre de huit, r^ 
Cependant 011 dit: /mi soldats , -^ hui coi(ivive», 4^ 
un but perfide y ^^' le brut d* un ombrage, -^ ie fût 
d^une colonne y -— un luth mélodieux , '■*^ le rut des 

• animaux. • - « ^ 

Quand le t filial se trouve précédé d une autrie con* . 

: soniîe, c'est génjéralement cette consonne qui m prb~« 
nonce, et non pa» lé /; comiwe dtnt» : efforf^ari^i 
(oncçrt y respect, qui se prononcent : effor, atjOOncèr, 
jvspècj devant d'autres consonne». Exceptez quelques 
mots eri petit nombre oii le / conserve son articula- 
tion, comme dans tact, contact, strict , que l'on pro- 
nonce avec le / final : t-^ i|/i tabtfin ,. ^— le contât de ; 
deux corps, — tm devoir strict. * : r * --^^- '^ 

Le Affinai est uiuet diins le plus grand nombre éç 
nos mots 4 quand les suivant ont vue €oiiiOiui« poiii| 
initiale. Quant a ceuxj||ui font ciceptipn, il fatit ,(%^^j ^^^^ 
marqpei' les mois ok le # final se pronoQM^cocwia 

- un ê ^ ei ceux ;oti -il(ê'arUculé cQPiBpe Jr4^ pp i É||l 
Cadix et dix sotit dans le premier casvon ilH fjQjttifc;^^^^^^^^^ 



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76 lîE l'emploi bp GONSpNNES FINALES 

fut dssiegéj ^ UT^'dù dé pique, Copendan!; ort dit 
très bien : rfi soldâtes, ^ — di centimes. 

*C»W lïMotft: Amx], borax j similaxi dax j Unx , 
Iminxy^kinx et éynnx,phénix,préfix,Siyx^ index 

'et/J^/piyjFi sont dans le secpiid eaà. On dit: >//a^5 
ied^fianucombatj'^lesphinks redoutable, — 
/a i^/ja? profond , »— w« espri^erplèks y etc. 

Le* % dernière consonne, de ralphabet, j>lacé à la 
^n dei rnèik, 4 la J^ropriétë de donner à IV qui le pré- 
cède le Soiid'un ^ fermé, et il ne jse prononce piîint , 
à moinh qi>e le mot suiveinl rie commence par une 
voyelle : un né r-etroussé (f>our ne»), •— • che vous 
(pour chez), -^ mus "Usé* bien {\iom lisez). On le 
■prbnpnée comrne un ^ dansgûz et dans quelques noms 
propres , espgnol^ > CflivUrès , Fernandès / Rôdri- 
guès^Suarèêj^ic.i \ 

fToTA. ÏÏQUS n'avons point parle de la consonnW y , 
pan^ qu'elle ne se trouve jamais à la fin de nos mots , îii de 
k|^iwr»f A/pur ia mêm^ 



fit 



m*mi % /v*^* ^ *i^> ' *'* i * * 1%%^^%^^* 



».'»««.*<*'^%'*^**>««%^*».'*^>'»<»-*»^ ■••*■* 



A 



CHAPITRE rV. 



^DB L'emploi DES CQN80«NE8 finales' devant les 



yV 



VOYELLES INITIALES DES ^MOTS SUIVANS. 



. L'ainploi des çonsènnes finales de^os nv>U devant 

lot voyelles ioitialet des mots suivaiipest sans con- 

. treditla partie la plus importante du sujet que ^e traite, 



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lll fllI l MIl , IÉ |I I 



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DEVANT DES ' VOyEIii;.BS. 



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77 



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.Don-seulemewt parce que l'applicatiot) de ses rèf^es se 
renouvelle à chaque iostant, mali^^ncore parce que de 
la juste observation Je ces règles, rësiulte une dés plus 
«rryudes beautés 4é la prononciatioo française, et le 
principe de son harmonie,, C'est véritablement ici que 
se découvre le génie qui a présidé au système de nôtre 
prouoiiciation, dont le biit a toujours été d'adouoir 
les formes du langage, et de leur. donner les caraictèrcis 
du peuple qui la parle. Rien n'attesté naieux le goût 
ilational que cet inuénieui mécanisme des liaisons de 
nos consonnes finales aVèc les voyelles suivantes , qui 
cnehaîne le/* mots, resserre leur rapport grammatical , 
et donne de la douceur ii leur énoncïation sans rieîi 
ôler de leur énergie. Mais en quoi consiste ce méca- 
nisme? Le voici. Généralement parlant, î^fauta^tio^|er 
pleinement, et suivant leur côractère, lea'oon^nnps 
finales, lorsque les mdtssuivans ont une voyelle pour 
initiale; maisr, comme ces consonnes se trouy^nt pi»? 
cées alors entre deuxi son%, celui de la syllabe qu'elles 
terminent, et celui di la voyelle initi«|lè du mot sui- 
vant, il arrive que'ulvoix chercii«nt un appui à leur 
aitienlalion, court se saisir du son qui le suit, et lui 
attadie la consonne (luale à latjuel^il #'ii|it dfî à^mmf 
de la consistance. Telle est l'dpénMtÎQn nnfoessairé et 
presque involontaire qui s'exécutcî dans l^^p&fiag^ 
d'une consonne finale à la v6ye|Wim|îplt ipi^^l||^ 

^'uivant. 

Mais ici se présentpnt troU oondliipns impbrUntes 

de içes sortes de liaisons : la première i|CPcit qu elles né' 
doivent se faire en généralflu'eutrea^* woti qiii •• 

' ^ , , . -, '.. ■ Il , " ■ . » ' f' 

- , ' ' ■ '■ I ' '■■»'.* 

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78 DE x'EMPIiOI DE« CONSONNES FINALES 

l'ëgisèent et se modiAeiit mvituellemeut; là seconde, 
qu'dllesnepeuvent avoir lieu pour toutes les consonnes 
indUlinotenient ; et la troisième ^ qn 'elles doivent se 
modifier en raison du caractère des consonnes qu'il 
Vagitdelier. \a 

' De lit première condition ,• résulte Isr nécessite i^e 
ponnattre quand et dans (piellçs circonstances les piots 
se régissent et se modifient niutuellenient. (Voyez les 
Principes généraux ) p»go 7.) On abuse trop, en 
général, de la règle qui prescrit la,p liaison des con- 
sonnes, finales. avec les voyelles initiales des mots sui- 
vans; par lii, on fait disparaître souvent des coupures 
nécessaires 4^ l'intelligence des idées; on. lie les élémens 
les plus disparates du discours; on se'fait ^tin débit 
pédantesque et toujours fatigant pourroreille par l'effet 
déoettecontinuito deliaisons que rien no règl»», et dont 
la répétition augmente quelquelois la monotonie qui en 
résulte. ^e sais que, dans la'lecture soutenue, et dans 
la poésie surtout, où des inversions fréquentes déian- 
geht l'ordre naturel des mots, où il s'agit de donner 
plus de force et d'harmotiie à la prononciation , et de 
remplir par une articulation sensible Içs pieds qui eur 
treht dans la construction des vers, ^on peut et l'on 
doit mén^e souvent former des liaison» (jui ntontpas 
pour bases les règles qui les détorniiiient ; comme dans 

ces vers, par exemple : * 

■ ■ > ■ ' • * 

Je crus, à«i»oii abord, vonvlu xbmi' il' Apollon, 
Qui chassiùt , à IVcart, ilan;» le sf^cvé valloii. 

Où Vor. doit dire r><j cm^s!à soA aboràj et chassai' 



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^fm^mam 



. • -d-im-M^iM 



■ ■''■■■-.■. •■-.,-.■■ ■ • 

PliVAliT D^ VOYKJUUSS. 79 

t'a l^écartj tiupitJùHI n'y ait point de rapport gr^m-' 
jiiaUcal enlr6 cqs ni qU: niais ces liaisons sont l'ouvrage 
(lu goût, et c^est luifjui doit toujours présider à leur 
formation. C'est en sa faveur seulement que les prin-* 
cipes se taisent /et la prononciation , au liçu dV perdre 
quelque avanlage», li'ën devient que plus' coulante et 
plus harmonieuse., Distinguops donc les liaisons de 
principe. et les liaisons de goût. Les premières soqt 
toujours dcrtgueur, oonimedàns ces mots : i^-]E^Aom- 
tnes^ ' — (féz^enfar^ j -— au^z'apis, — nou-z * hono- 
rons j ' — il^z'ont dit j *— rfiê-z* ancêtres , — quel' 
z 'avantages ^ - — prpmiè-r* obstacle ^ -^for^i'hahiie, 
— passeur' une rwièrèy méchan-'f homme ^ etc. , qui 
sont, comme l'on voit, lies |)ar un rapport gramma- 
tical intime : lés secondes, quoique aussi nécessaires 
dans bien des cas , sont cependant subordonnées à l'in- 
telligence et au'gôùt qui savent lesxlistribuer à propos, 
et se garantir en même temps de celles qui pourraient 
confondre les- idées, et répandre sur la diction une' 
monotonie fatigante pour l'oreille. Les règles à cet 
égard seraient difficiles^ à préciser, et je doute quo 
quelqu'un osât l'entreprendre. 1 • 

Quant aux deux autres conditions delà Ijfiisoù dd. 
nos consonnes nnalesqutoot pa^r Qbjelhdjbtif:^^!^ 
des mots dont les consonnes doivent se lier', et! la téf^^^ 
naissance des modifications qu'elle» subisfcçnt dans 
leur liaison; on les trouvera développées dans les dër 



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s qui vont suivre. 



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«.iiè J?^ consonne faible, conserve dans sa liaison sou 
'ftrticutatiion peu sensible; )l se lie dans les finales en : 
AB. Op dit: à'bo'ké-t'à-bac j pour ah-hoC'etab- 
Aac>l5cution retenue <bi latin, fpii signifie d- 

tôrt-età-tm^erÉ : Acha-b'et Jésabèt- 

EBetOB. On lie aussi les noms, propres: Gaiêbj Orèby 

r Jacob j Job, - \ 

OUB. i^linsi que le mot m</owt (torme de marine): 

donner ie radou^b*à un pais^ieau. 
0MB. Mais exceptez h mol plofnb , dont le b ne se 
• prpnonce jamais :— un p/r)/i. /low/Wrfé». ^— 
Cette finale rentre dans la clsi^se des voyelles 
nasales. 

■ 11. 

♦ 

De la liaison du C ' ' 

/ ■ ' ■■ ■ ' : ■ 

Cette cojisonne se prononce tonjoui's con;ime un k 
dailssa liaison. Voici les finales où on la lie, avec le:» 
exce|)tioȉ qu'elles comportent. ', 

AC. Lac, estomac, tabac, sac. — Un ta-kUimbor- 
^ dable j ~ un èstomak* intraitable , % — du ta: *| 
ba-^k'en jpoudre , ' — un sa-k'om*èri, Dwns le 
% luûl aimanaçh le h jc^i tpu|6Mrs riuj^, et^où lie 

. seulomcnt lec; «r^ i/fi o/mci/ia-^'V^i/e'/v&srj/)/. 

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1Î)EVANT DES YOYELLKS. 8l 

EC Avec, sec, éc\\{.*c. —r-^ It parle àt*è;k' assurance, 
- — un terrein sè-k^et maigre,"— il reyt/t un 
grand ëchè - k'*à son honneur, : — évhè k^et mat 
^ ^ ternie (J(5 jou (U^s^'chrcs). 

IC. Trafic, pronostic, "--un irafi-Kai^antageux, t- 
jm pronosti-k* agréable, 

OC. Roc, escroc» estoc, croc. ?— Un ro k* escarpé ^-^ 
un escro-^ k' adroit ,*— fnipper d* esta- k* et de 
taille j — un efù-k* en jambe* . * 

l C. Dnc ,'a(^iie(îuc.. — Un d^4'k*etpair, -^- un aque^ 

■'". 1 if '^. ''■>' ■■■ . "^ '■ 

%"'-•■ . • ■ ■■ --■• > , ,.■'■■ ■ 

ANC. Banc, Maiic , franc. -— i(7/i ban-k^éléifé , -^z du 

blan ' k 'au noir j »-^ tih. fran-k *éfoùrdi , ^^-^ 

frank^et libre. ^ • A , 

I Excepte/, blanc , strUsUntif, siûhifiaiit un 

èhonnue do Qoulonr hlanck^ ; un blah \^ était }, 

. etfmne, pièce de ipoinWio : èfijràn \ et piugt 

centimes, / 

ONC. Dong, jonc, onc. ^--f^ûuséteâdon-k* instruit 

J de cet éi^'énemenij •— du jôn k'éif tâs, 

AJ\C. Àrc, bara, niaic. *— L'ai-k'en tfet, -^ Uf$ 

■* ' ' * ••Il i. ' ••- 

par^k'agréalriementsituë,i—Mar-k*Anioiné4, 

Mais qniind méirc -iilgni fie. jin poids , on n<^' Ciil 
. ^. pôipl soniîQi: 1^ c ? i— f uninuiret çfew pnce,s, \\ 

en «si d^ même de ma^jprtii'pbbri^^ 
, grossiers de» lier bes et des Ruils cju'on i prosfëèi 
ERC. Clero, — Comptât 4qkif^^ . ^ 



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' 111. ' 

De la liaison du D, < 

Le cfprond toujours dans la liaision la modiiicaliun 
du /J maU il ^^^ Ineijt loin de se lier cpustaiumciit, et 
la prononciation des final<*s ou il se trouve a' besoin 
<rétre parUculicrcinei\l ^udiëe ' 



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Al p. Laid. Quand ce mot est immédiatement suivi 
d*un substantif, lerfsc lie comme un /; — c^est un 
lê't*homtnej •— rm lè-t' animal. Ailleurs, point 
déimson:--'ilestlê\àfairepeur. 
APfD; Dans les mots terminés pn and,\e d est gêné- 
ralefnent muet, et alors la finale est une voyelle 
nasale qui n'est pas susceptible de liaison. 
• " Brigand i^ Dites : un hngan \ atroce, — un 
brjgan \ impuni, ^ Jl de^^ini bri^an \ et an- 
sassin^ 

Chaland, — Un chalàn \ nabituùl, 
•. Gand.jàowx de ville. — Gan\ est w\egrandtf 

, ville, „ „ ■...: "" . ■■ ^ 

Gland, — I^glan] est en pleine maturité: 

Gou^rmatul, -*- Unjgounnan [irrassasiable. 

:' Gmitdf,.— Lorsque cet "adjectif ent immédia- 

^ lement wùvi d'un substantif, le rf se lie On dit : 

un gran-f homme X ^ le granit \/iilexandre j 

r^ùngtan-i'acte de générosités — Hors ce o«s, 

poi^U do luiisou. •— // **JJ' gran \ at^ecsesjifm, 

; . , '. f jp-.' f homme gran \ et /p gran-Vhomme sont \ 

> . fiff MX ç7i(M'<?* ybit différentes p. -r «' ^^' IP^". 1 ^' 



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DEVANT DES VOYELUE&. y '8.5 

' Çwa/ïe/. r^' Lie* toiijoui-s le </ comme un / 
dans cet adverbe : -- Quan-t'arriverari U? '— 4 
quah'i*€shce quel ♦— quant il le t^omtràj,--.- 
qiioh t'et quand j • — quan-'t'antvz vous ter- 
mim? quah^t'une action est bonne, on la 
loue, " ■ . * 

AUD. iUgIc gt'uiéraltî et saos exceptiaii. Le due sie lie 
jaumitt ditiitk lç& luuU Icriiûuo)» eu an/ /c'est le /' 
seul qui ne fait scutir , et cucorc est-ce avec une 

cxtiMÊhie doucoUr, comuio daus le liuale» eu ar. 

. ■ ••^ . ■ ■■ ^ -^ , 

(Vay. ar. ) Ou dit : ^beilà-r et Hél^ïse, -- un » 
babillà-r-impitoyable ,^— un bauà-^r^fpronté , • 
— U9i brouiUâ^r-épais y — un canipagnàr- , 
incivil 3 — un dàr^aeéréj t-» avoir égii-t'à la 
' prière de quelqu'un^ — ~ un étendd-r-enlevé , , 
— un. air hagâ-^r et farouche ^ — fe hasà-r a- 
peugle, — i/#J l^opâ-rafiàmé » — un poignà- 
o r-à lick màin^ — un regâ r-assurê , r- un re^ 
tà-r-imprévu y*-^ un yiisiUâ-r: inquiet. ^; 
ALD. Mèuje règle i|^o la préct^cute. il'o'' badau ^ 
étonné j crut la chose comme on la lui disait, 
,; — il sQ^fire le chatà {etlefroirf^r-'Unvrapau] 
. afireux,T^ un ik/uifau ) ignominieux,^ pro^ 
uoQuea ainsi lei.woU ; ^ lourdaud ^ moiXMudj ' 
nigaud, penaud, réchaud, trigaud, «le. 
END. Celle iiualo apparlieut à lu troisième persoupe 



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84 DE l/liMPLOI n>«S CO.NSONNIÎS FINAIiKS 

affaires ,j^ il (fcfi'n-t*un ami, •^ il pnlten-t*à 

tout, , 

Exceptez les mois dijjerend , rét^érend y donl 
lo d liih-ïl MO se lie jaimis : ils eurent un diffi^- 
ren\ ensemble y — airm parla le révéren \ ih- 
téressé, 
KRD. Verd. Le rf'no se lie point : — Cet homme est 
^ encore vè-r-et dispos ^ — un vè-r-obscur y — 
le vè^r-est fai^'orqble à la pue, Cepeiulunt on 
dit en st}le proverbial : •— employer le i^ètyt*et 
le sec, '. • 

A la trojsiènio personne du yerhe pèrxlre y il 
perd y lo (/se lie : — il p^rt'un i>éritable ami. 
lAISD. Friand. Point de liaison ^ — un morceau frian ] 
et délicat y ^- il est frian] â l*excès. — Dites 
cependant : c'est un frian- t'entremets y — c'est 
un frian-t'oiseau y \^viYCC qne radjeclif /r/a/irf 
€»t immëdiateiuent s\nvi de soii substantif. 
ID; Muid, nid. La^u^ale <le ces mots ne se lie jamais; 
on dit : un r^i \ à mts y — un mut \ et demi y •— 
V mais on fait sonner le d en lui conservant son 
articulation naturelle dans ies noms propres : 
- Dauid , le Cid, etc. — Dépi-d'est un des pro- 
phètes de l'ÉcritureSainh, — le Ci'd*est une 
dea meilleures tragédies de Corneille, 
lÉD, Dites sans liaison: lia lepié\éeonhéy--suiifre 
• quelqu*unpié \ à pied y — mettre pié \ à terre. 
, Gi>|MsnHant , Iç rf »o lie comme un / dauâ ce* lo- 
c\\\\oi\% lié a en pille un pié- t'a terre y^— armé 

depiéH^en cap y--- U tient pié-t'à Intulv, Ihh 



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DEVANT DKS VOVKIiLES. 85 v^ 

pied ^ couture " pied y oontfé -^ pied , marche^ 
p/^^/^.etc. suiveiitia règledo^oVèrf. 
OBID^ INœud.Le// ne se prononce jaoHiiâ dan» ce luol. 

Di tes : un nœu | cmorti,' — un nœu\ mdissoiubU* ^ 
OlD. Froid. liez toujonrs la li4ialcde co mot. r- Un 
froi- 1 'orateur y — - iljhit unjroi-t 'excè^if, — . 
le frtH't'et le chaud. • , 

OKD. L'emploi do cette finale éprouve do grandes 
variétés; il faut l'étudier dans les mots qui au siHit \ 
terminés. : ' ,v 

Blond. Jamais de liaison ; -^ Il est bhn \ et 
délicat y -T il a les chepeu^c d*un bhn \ ardent, ' 

Bond, JVI^»»e règle. -^ Entre bon J ei isolée, 
faire faux bon] à son honneur. 

Fécond, — (Jnand co mot est suivi d'un suh- 
slantir, lioi la tinalo. — • Un fécon-t* entretien y • 
un fécon-tauteur. Ailleurs^ point de lÎMsun. 
— Un esprit fécon \ enmilUesy*^ un pir{ncip& 
fpcon \-en conséijuencesy •— un homme is^u , 
d*un sang fécon \ en demi-dieux (Boiii.) i| 

Fond, Frononcei ce mot luuis liaison^ y^ Un 
fon\inépuisable, -^couler <\fon\une uJfàifVy 
cependant oh dit : Démolir de font' €n comble. 

Gond, Ditet sans lier : Ungon | ù plâtre y un 
gon I #/tAn/if ^vMusi f^ue : luoriboudy .pUfoud , 
rond, vngaboiulî — C/n moribon [exhMêé^à 
la "hèorty — unplajim \omé de peintures ^ 
S€ placer enron \ auêout4'u^ tabl^^^^ç'êêi 
14/1 tHigabvn \ et unfiunçarih » iii%v *^ :'\\^' *'*^ 



Projond, (J[uandçeu)o(«iU|iivi d'iioili 



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86 DE "l/EMPÏiOl DES CONSONT«nR8 FlNAIJiS ^ 

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lif, il s«, lie toujours; îl fut écouté a^^ec un 
profon^t' intérêt y — c'est un pmfoh't'écriAnn , 
— un profon-t'abime. Hors ^) cas, piùut de 
* Whinou : li eut profon \ eii cette matière. 

i$WY>rtr/. Mértuv i-èglo que pour le pi-éciMlt^iUc 
Dit«i» : En sécant 'ordre , — un saon-t' appa- 
reil y — le ^econ'i'esixidtvn , -♦• cy&t le :secon | 
japrès lui y — - le secon | arn\>a imméd inte- 
rnent après. 

Quiuii aux veihes doul la fuiale est im ona, 

le d s'v li^' toujoui's coium<» un /. • — tl confon- 

t 'une idée opéc une autre , — il carrtspon- 

' ' ' 
t*en secret m^ec moi , •— il se morfon-t'à tra- 

Pailler, — le ciel f on t'en. eau y* — la petxlrix^ 

pon-t'orUnairement quinze on seize éeufs ^ -r- 

il repon-t 'aux soins q u *on lui donne y — ré- 

pon-t'il? eic. 

OttD. Lo r/ fiual est toujoui^ muet dans le^ mots en 

ord» C'est sur ler^ jiéuultièu^e cousonuc , «|uo 

f porto U liaison. Ainsi > il faut (lii'e : 

j^Mrd. — Un abcUr'agréabiej et non jw& 
un ab^r t agnkible. 

uécc6r(f, — Je suis d 'acc^-r-ai^èc lui , — un 
acc^-r' unanime, 

. D'abord. *^ D'abô-r^êl se tut , ot non |>as : 
' ^d'abér-tUéy « — il proposa d*abd-r-un avis , 
if fut d'ab&^r- interdit. 

Nord. — Dt4 nô-r- au midi, — du no-r-<) 
Vèst, — le no-r fel chaîné de nuages. — Ce- 

pei^dant on dit , et IHisago Ta «inaii autorîsic 

* / I . > ■ 



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DEVANT DM V0Y«lit4t».- 87 

iVi3»r-rfV*r, oor-rf^oi^/, en obsettintde con- 

, server 111 d son nrtictKtion propre. 

Enfin, on ne lie iamuis Ifes mots, bàrd y rê* 

bord, sabotxl , sUiibârd et lôrd, ni les verbes, % 

démord, détord, mârd^ reiôfd , tt Mrrf. On 

dit : Un bô^r-inaccessible, un lô-r^anglais , •-*• ;^ 

•' . - " "^ ' "■ " ■ 

ilmô^r-en riant, »— il id-r-un linge, etc.. 

Nota. Tous ces moU demandent, surtout dan* 
leur liaison , Une prosodie exacte. Leur pronon- 

• a « 

ciation , sans cela, ne sérail pas stipportablç. 

OLRD. Les mots i|ui ont octte liiiale , ne souffrent j»* "^ 
mais de liaison quant an d; dites: trouver' 

' lau-r-un fardeau , — */ est soiê-^r aux prières 
comfne aux menaces, — ilest sou-r-et mu^l - 
.de naissance, — sôii-i>a/i bruit dês canons, * 
' calme au sein de i^horreur. (Volt.) 

l D. Le i/ final se prononce te>u)ours dans les mots | 
sud, talmiêd, et quand il se lie, il conserve soû 
articulation propvc : — le su-d'est» •^ le M'*^ 
d'ouest j — du su^d'à l'est. ^, 

De la liaîsim ilié F, ** . 

■ ' ■ . - ' ' ' " ' ■' 

La propriéte,du/e»t de s^clian^|ÉP|piiours dans fei 

liaison en sa consonne faible, 1^ :diua, nova sont ven A ^ 

'. • », 

les mots; neiâi^'heuroêii, neu^fiètme^ me m*ién è eme iit m ; 
qiie ron a dû pronopœr «olrcfoia «#lJ/i^Mpf.'•ip^ I 
fiéme , néufUmemmti , du mol numéral , réitf, mnl '"^ 
tis sont compotes, nMÔi i|ue rfuphonie a I^Uement' ^ 



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. 88 DE L'^:MPI40I >E.S CONSONNES FINALES V*/ 

consacrésV que lîorthographe mèriie s'est adapfëe, du 
iQoiiis pour les deux (lerniors y à leur pjôuoncîatiun. 
beaucoup (!e«p<^rsouiiCS <|Mi igiioreul le principe du 
chau^emtiiit du /"en > dausia liaison, y fout cnteuTire 
:,s, la pre\ui.èrA cousoune, et diront, par exemple v'Vn 
moti-fifnportantj— un ^Xcés.sl f^cmborfpoint.X]Me , 
prononcii^iou iiVst point dans Ih <;éiiio (le*la langue 
française*, elle lui. donne iit> aii* î>au\,at»è, ollti la ^^r- 
rnanise y en fju( Iquo sort.(*, car c'est ainsi Yjue les AI- , 
leniands , les Suisses, et los.iUiros peuples du. Nord 
prononcent no^îjjaisons du /i l.e cliaii*5enienl dé cette . 
con^sonne etif^^ ihms ce (*as, est ifne |les plus lien- 
"" reuses niod,irj0;ilions jnltoduiles dans Ootre langue; 
Fénonciation eh'csl douce, facile, et elle ci>chaine les ' 
mot's par 'niie articulation donC l'oreille est touj^virs • 
flatlée.X<e sfei*! ii|enagen)ent (|<v'elle exige, c'est rpi'elle 
ne soil j;miaîî> Irof) foitée. Quelque faillie q»tû."s6it le v , 
il perd encoii.* de sa consi^^tance 'di»'Js, la lijjîsOn. C'esl^v 
le lien le moins sensiMe de nos ni6ts, et celui qui ae- 
yi^niaude le inoljis d'insistance tît if ex pre^ion. 
A\.V,Sairf\ Liez le y" dans ce moi*— Saiiri^' a recom- 

meneer", * — san i^^à tirer ailleurs d* au très 
•, conséquences f-»-^ tous furent tués y sau-p'un 
^ seuh . i ■ ' j, . ..- ./•.,' ' , ■ ' 

EF. 'Clièi, bref, nèf, fièf^ grièf, relief^ etc. Dans 

tous ces Tuots le f se lie comme, un v. Dites.: 

Un cliè-y* intrépide y^— un hivp^àpostûti^jf ue y — 
« nn^ ne t^ ^elet^ée ^ — un fié ^ <^ 'importan t ,-^ il est 

chargé cl' un griè-P^ infâme ^^ sa dignité lui [ 

1^^^^^. . yilHIILUIII IIIHHl.W|^WWIM^i^— -- 



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DïïVAIS 5; DES .VOYELLES. 80 

Exceptez^ ïeùipt u^iè/y ( lou t le fj rie se prononce 

et ne se lié iamàis. -^ Une clé f à t^is.TT une 

":■, cléÀenleuJè.^^' Cette clé \ ouvre toutes les 

< ■ ■' . portes. ''■}': ^ ■ •'' ' ' ■ /- , • - ' ,^~ 

ERF.'îLa prorioncuition de. c<;tte finale varie. Dans 



^'. 



IF. 



cerf^ ley^iie se lie Jàniais. -rr O/i connaît le cëf' | 
« ses a bat ares y un cèr \ excédé de fa figue. ïhns • 
: - nerf oi\ lie le /? -^ /v? ver vloptique ainsi (jfue^ 

V dansserf, ^ i/n sèr-ù\jpprime.('\oytz. ta liaison * 
du 5 pour le pluriel (le «es fi^^ales)'. . /* ,V. 
ELF. Daijsiienf, (nom dénombre) le /"se lie to'ijo^rs^ 
• — neù' y^hommes j neu-i^'annéesfneU'P amis , 

' 7Z^M-p''/i^/ir('.ç/On le lie également, (piand ce piôt : 
signifief une chose JCiile depuis peu.— ///ï^^w^ 
pas joindre le ne u^u^apèc le iHeùx.\yïies^\^9^^ ^.. 
i)OUr veuf; •— w/z i^eu-i^* inconsolable. 
Les njots (jui ont cette finale soht entrés grand 
nondjre ^^ et lo /" s'y change toujours en v 
dans la liaison ,. --^ ïm ah lati v' absolu' , -^ 

. cela est abiisi i^' et oppcksé à Tofdre public^^-r' 
atten ti^ i^* à sa vo ix . • — un lit 're instruçti v V/» ^ 

clair y Un caractère naï,i^\et simple j^'-r^ 

un motl'v' impérieux ,. -— un cri plaintif* et 
douloureux », — cela parut décisi-t^^à tout le \ 
monde , — un ho ni me pensi-p^ et réfléchi ,^ 
un excessi'i>' amour-propre y -r" un reçitati-p^ 
harmonieux, -— réti p* à la censuh \ etc. 

ExcjJ'ptez le mot baiîlify que qutjft pies personne» 
écrivent 'aussi bailli , — ditef : ^.vk bdUH-ir^;' V 

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d© • I^E î#'EMλI^f T)E5 CONSONNES FINALES •- 

. ^UF. Liée tonjaiirsla^ finale de^ mots (B«^ et ^œw/?' 
* «dn œu'V^'cxcelleht. • — Mnbœu^^* attelé à là . 

charrue^ du hœu^u^à la ntoÛe^ 
OlF. Même règle pour le mot soif; * — une soi^ 
., V* (ardente. Une soi-if' insatiable. < 

(JF. Aîpsî que pour le mot tuf-^ — po^/r p^w qu^pn 
l'approfondisse y on poit lé tU'P:'à découvert. 

" -■ Y:. ■ ■ 

■ :■;, •; .,, ■ ■ .• '■..:' '. ' ♦■■• .-. ■/ . ■ 

X?tf la liaison dû G, 

■ . A / 

Quand le g' se lie 5 iî prend l'articulation fortc^* 
du X: ; mais sa liaison n'est pas constante, comme 
on vale voirpar l'expositioufies finales suivantes.' 
ANG. Il y. a de la vâriété-jtlaiis la prononcijalion de 
cçttc finale. Le mot ctang ne soi^ffre pas de 

liàisoa. On dit : — un étan\ empoissonné y — 

» . i- " . . _ - . ^ 

cet ètan \ appartient au propriétaire du chd- 

teaUy--^ Vétan \ abonde en poisson. 

Mais dansiez rîiots rang et sang y faites tou- 

?* * jonrssonner dans la liaison, le ^ comme ir^^—w/z " 

^ rarig^'honoMble^ — un san k* échauffe , - — 

. itrépandait de sart k^à grands Jlots y — son son- 

' k'à gros bouillon^.de son corps élaTiçé. (Y ouT.) 
1)Bns' orang-outang j pronontez oran] outan, 

EIN%>. Scin§. leg-cst toujours nul dans ce mot; dites : 
\ un sein | ai^ec parafe y — • il apposa son sein | 
à ur^ lettre y — un sein \ illisible. 
ENG, Hareng. Jamais de liaison. £/>i haren \ excellent, 
" „ — le haren\ abondait, 

OlWfi. M^mc réftif, pour le mot poing. -^JLt^oin^ 



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JDEVAPiT DES VOYïÎLliBS. " gi 

oupèrt f-^ tenir le poih \ elepé sur la tête dey 
quelqu'un. ' , - i "• 

ONG. Long. Prononcez le g comme un k dan&id liai- 
son do ceinot. • — TJn lon-k'intefvalle ^^^En 
ÎQnh'et'en large , — ^ un lonk out>ragey-- un 

7 , disiwurs lôn-k et ennuyeux , — ce /o/ï-a: a/7i<iÀ' 
a aïeux, 

OUG. Le^'sonne de même daïisjoug^— £/Ay<?M-^^i/J-^ 
fo/e'mô/ej ainsi qné dans les finales en çar^^— un 

OLRG. Bour-k' agréable y — un faubour^k' incendié. - 

"•- ' "'■• ' ■■-■ VI.- ■':■' 

- ■ ^ + ■ ' ' .' ' ^ ■::..■ 

De la liaisoh du L commun et du L mouillé. 

Le/ commmi forme une de «os liaisons leé plus 
xouIahW; sa douceur résulté du caractère de celle 
consonne, qui est une des liquides ^ et qui , sous ce 
raj>port , ne peut recevoir d»ns sa réuntion avec^les 
voyelles initiales des nvots suivans^ qu'une articula» ^ 
tion pareille à celle qu'on lui donne dan* les mots 
•où elle se joint à une voyelle pour former avec 
elle une syllabe, comn^ dftns le mot ce- leste. La 
liaison de la consonne/, enyisagëe sons ce point de 
vue, est sans difficulté ; ii suffira d'en prëfteiil«r le si- 
i^ne, en attachant simplement celte consonne à la 
voyelle, devenue l'objet de sa liaison .- MaJa a(ili vent f 
elle se prononce mouillée à la Bo dés mots; comme 
dans œilf et alors, sa liaison change de caractère*:. 
Son effet est tel , que Farticiwation de cette finale , de' 
senti-mouillée qu'elle pétait, devient irtîetirttcttlatîon, 

j^ mouillée» qu'on ne pfut jjni rfiçr^ ( 




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9» DE Vemploi des coî^onnes finales 
seriter parle sij^ne qui lui appartient. Rendons ceci 
pli;|8 sensible pàrTun exemple. Je suppose le mot, 
travail: s'il stiit un mot commençant par une voyelle, 
. alors il est évident qu'en liant la finale ail y avec cette 
Toyelle, il se Ibrme une syllâble complète dont il est^ 
impossible detepresetiter le signe avec li3s seuls iéU-mens 
qui constituent cette finale. Ainsi pour prononcer tra- 
tfail opiniâlre ; il faut dire , non , comme s'il y avait 
tram-illO'pinidtre, ce qui ne signifierait rien; mais, 
comme si ces nïots étaient écrits ainsi: traita- i/l'o pi- „ 
niàtre. Et tel est en .effet le sig.ne sous lequ'el nous p- 
présenterons les liaisons dç nos finales mouUl.ées. 
AIL. Cette finale mouillée se lie toujours. Dites: un 
attira -ilV in -commode y ^ — un ba-iWà-fèrme y % 
— un déta-lirim-mense y — Véma - ilV éclatant 
des fleurs y — un gouperna-ill W-bandonné , — 
. unporta'ill^upèrt,-— un trava-itl' assidu^ etc. 

' Ali. Les finales en a/^ se prononcent lonjpurs avec 
l'articulation du i^, et celte consonne se lie sans 
exception : un chéi^a-. V indompté ^ -r un fata- 
rhimeny — un locohV agréable y^- un ouvrage 
nwra-Vèt politique , — un tribuna- l'odieux , 
^le principal' emploi, —-le filial' amour, etc. 
EIL. Liez cette finale mouillée, avec l'articulation com- - 
plète du inouillement :— wn o/)/>ar^-///^/w- 
mense y — le second est parè-ill'au premier y 
— un révè-iW agréable y — un sommé - ill' in- 
terrompu y etc. 
IX. Se^lie toujours : un aute-Vélevé y — un^cartè- 
. l'accepté , — crué'l'ami^'—uncolonèl'intré- 



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DEV ANT DES ^:OYJ3LiËS; 



9^ 

pidej^- un ton wlennè-l'ét imposant ^ • — lé 
clè-l'et la terre, 
El IL. Finale mouillée : — - un deu-iWa-niçèrsel,-— 

." . ■ * ■ . ■ . ■ 5 • ■ ■■'■'S 

unfnilteU'ill'^lé^ant, / 

ELL. Toujours liaison, — Je n^ai qu'un seu-l^ami , 

—— qu'un seu- l'intérêt. 
IL. Il y a une grande variété dans la prononciation 
de cetle finale. Tantôt la consonne / y est so- 
nore; tantôt elle y est muette*, et ailleurs elle se 
prononce mouillée. Indiquons les liaisons çfui 
conviennent à ces diverses prononciatiaui». 

. F inaie^ mouillées, ' 

\Aifril,'-^L,e mois d'a-^rUVest venu, — Babil. 
--^.Unba-bill' insupportable:— Geni\\j({ic\' 
jectif. ) - Un gen-till' enfant y un gen-till' homme. 
Mill. (Sorte de grain hii petit).-— récolter du 

mill'en abondance. Péril, — un pé-rill' affreux. 

• ■ ■ ' ' ' *. ■ ■ • 

Finales muettes. 

Chenil, coutil, fusil, gentil (pris pour pâyen), 

gril, nombril, outil, sourcil. Jamais de liaison 

pour ces mots ,— m« chepi \ infect ^ — du couti \ ' 

usé y — un fusi | à deux coups , — un genti \ 

éprouvé . — un m 1 accroché j*^ un outi \ 

excellent ,-— un sourci | épais , etcT 

.. ■ , * ■ • • ■ / 

Finales dont la consonne l est sonore. » 

Elles se -lient sans exception, — il est civi- 
r envers tout, le monde,* — un' exi-l'involon- 



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g4 PB l'eMPIX)! des CONSONiNES^ FIN AÏ^ES 

' tmi^ y~, un fi4impèrcèptm^ un projf 

Inexact ^-r-unsuiti-l^ argument ^---un vi-Vim- 

posteurj eic, ^^ : * 

Remarque sur le pronom f/.La liaison de ce mot de- 
mande un soin extrême, {>onr éviter les contre-sens 

. auxqueisiine «lativpîse prononciation peut don- 

ner lieu.Of 




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t qu'il ne peut jîlnia)s être indif- 
férent de dire: i/ i/w/m(/, on il V instruit ; il 
„ écoute , ou, il / Vi.'^w<?^et^^pendan{^, telle e^t sou 
•vent la pronondation dèj^c^n des gens , fjue cçs 
,denx senîisi opposés, sont'cMifondqs an point 
(jûc l'on ne sait auciuêl s'arrêter. J'ai iV^\ parlé 
ailieuiys 4e ces erreurs deprononciation qui lônt 
confondre des consonnes ou (|es voyeilcsiînales, 
avec des consonnes ou des voyelles initiales et 
identimjes des niots suivans', et yDiJifisistc- p^r- 
,^ tpnt suries graves conséquences qui en résnl- 
teiit pour la diction publique, ainsi que sur les 
* '"fho^jreris de les éviter. C'est-ici l- lieu de niontrer 
' quelle est la prononciation du pronom //, quand 
il 'est suivi d'une voyellt .^ilètudie. Dansée cfis, 
1* l'articulation de la consonne i commence à i>e 
faire sentir avec 1'/; mais en se prolongeant, 
elle va s'achever et se compléter en (|uel«|ueî 
, sorte sur la voyelle qfii suit en se liant avec elle. 
• La différence entre cette prononciation et celle 
oui a lieu lorsqu'il } a deux /, - il l'etuclie; 
' consiste en ce que, dans ce dernier cas, il y a 
deux^ articulations distinctes du / (pii s'exeen- 
' Wt: la premièro, par une pression ferme <lo 



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^ ^ 



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DE^^AJST DES VOYELUiS. , , ù5 

rextrêraité de la langue sur le palais ^^t la se- 
conde , par la sëpalation^ bipsque de ces dèux: 
organes -, ce qui donne néce^irement deul pul- 
sations de voix : *— /7 \Vèludie,%.vî\\^yi que 
dans le premier, il n'y a qu'une seule articulatioff • 
de fa consonne /, <Jni s'exccute par un léger 
rapprochenTetit de l'extrémité de lajafigue vers ' 
le palais, et par un faible contact d'e çéî> deux 
organes , au rivoment où la consonne / se liç avec 
la voyelle qui suit ;—i-/V///rf£/?. Tel est le jeu 
des organes dans ces dfux prononciations si dé- 
• cisives pourle sens des idctîs. Qiiol(|nes personnes 
trouveront peut-être , ces observations 'luinu- < 
tieuses ; mai^ ceux qui sj.n te ressent a la pureté 
de la prononciation française, seront loin sans 
doute de les >cegarder çonime k;lles. Les pro- 
nonciations écpiix Oques , confuses et indistinctes 
sont le fléau de toute dictiorj publique. Quand 
' . il faut que l'auditeur analyse en quelque sorte 
les idées qu'on lui transmet; quand on lui donne 
l'embarras do les démêler du milieu d'une pro- 
nonciîttion vicieuSe, cela est pitoyable, et Tne ' 
vaut rien. Les conséquences d'un pDpreil désordre 
valent bien la peine qu'on s'occupe des règles 
, qui peuvent les faire disparaftré. ^3 

OÏL. Toujours liaison pour Ws finales en 0*/y— cfov 
quel poi" l'est ce c/iei^àî ? iànsï que pour ce)i^ ^ 

OL. en 01,' — un fo' l'amour,' — un so- l'ingrat, -4. 'À 
. un uo'l'at/èc effraction. ' \ 

^ M . L.On écrivait autrefois saoul. Ne pronooce« jàmai»* 



'^^i4^v- 



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DE X'EMPLOI des consonnes FINALES ^■ 

" le / final dans ce cas ; dites :..9bV/^-*^ il est sou | 

à se rouler. 
EIL. Accneil ^^cercneil , écueit, orgireil.; La finale 

mouillée de ces mots se lie toujours : — ww accue- 
1 iW agréable j — un c^rcue -■ Ut oui^ert : ^— tin 
, orgîiC'iÙ^oiitrdgeoht ^ etc. 
tlL. Calcul , nul*, liez toujours la finale l ,-^nn calcu- 

Vexaet^, -r^nurl^ intérêt. Exceptez le n^ot ctd, 

Mont on ne prononce et dont On ne lie jamais la 

finale. 

Du M et du N. : 

frayez ces finales dà.ils la section qui traite de 
V emploi, des t^oy elles nasales devant d* autres 
voyelles. , . > * 

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'/: 



De la liaison du P. • 



Le p conserva toujours son articulation propre (lan& 
lA liaison. Son effet , dans ce cas , est dç se détacher en- 
uèrementdu mot auquel il appartient, pour aller se 
reunir fortement à la voyelle initiale du mot suivapt , 
ei faire corps avec elle. Cependant sa liaison souffre 
des exceptions qu'il est important de connaître. On le^ 
trouvera exposées dans les détails suivans : 
AMP. Camp et champ; ces mots né se lient jamais : 
Il y a plus^, le ni s*y change en n; cl sous ce 
rapport, ils doivent être traités comme les mots 



(; 



21 



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;rrmmes par un s 


on nasai. 


unes (1 


onc . un 


cun 


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1 



DEVANT DES VOYELLES. \ - C)7 

inexpugnable , et non pas.ttn cànt^^rtexpu- 

gnadlê ; le caH\ ennemi, etiiott pasV/é èa/n-^ 

i p' ennemi; un ckan | é?7i friche y ^ Wr pas 

2/^2 cham-p' en friche. 

La prononciation des mois ca/n^ et (7%aw^^ 
telle que nous l'exposons ici*J est depiMs\iong- 
terapsfixëe.Vew^lemiUeu du dii'^eptièmesUcIe, 
lin comtHlien alors célèbixvs'àyisadelaireso^ne^ 
lejD devant itne yoyelle, et db dire : Soncamp^^pu- 
' vert de toutes parts. 11 n'eti fallut pas d'àvàntLe 
. pour exciter une vive rurneui' d^n^ le public -Ja 
prononciation de éeiriot fut s^plennellenient dis- 
cutée, et il en résulta que l'en devait dire danl 
tous les cas, càn , et non f^s Canip, Que de 
. mots prononcés au tlicàtre , ajuraient besoin d'é- 
tre boumis aujourd'hui à la discussion dos hom- 
mes éclairés î 1 ^ ,. 
A P. La prononciation de cette fibale varie : ou pro- 
nonce le p devant une voyelle , dans cap^ ^^p, 
; (nom de ville) ,ya/t7/7^ e\\ hanap (y\en\ mot 
qui signifie une tasse); maî», il est muet dans : 
drap , — on dit : un dra \ usé ,^^ un dra \ inu 
sable. *. 
KP. Cep, liez le/? de ce mot,-— un- cè^p^ arraché, 
OP. Cette finale se pi^ononc« ë|jalement avec b liaison 
du./> , — w/i galo-p^ impétueux , — un^ siro-p^- 
exquis , — il est tro-p' ambitieux , ^je né mê 
fie pas tro-p'à lui. | 
OLP. Beaucoup^ coug^^ujours liaison pour ces moto, 
^ àeaueoB^^imm^ — ièlfui lé cou- 



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r'., 



98 



DE Ii'EMPIX>; DES CONSONNES FINALEiS 

p^ affreux dont il fut frappé. Dans le mot loqp , 
\tp ne souffre pas de liaison. On dit : un lou\ 
affamé ,--r- un Iqu \ enragé. . ^ 

* * * 

: '. ■ 'ix. ■■■ . ' ■ ' 



De, la liaison du Q. 






Le 5' prend, dans la liaison, l'arliculationYoïrte du ^ ^ 
et il se lie dans tous les m(jts qui en SQnt terminés. 
INQ etOQ,>— CiH'k' hommes , — -cin-k' heures y ^— ;.\ 
cin-k^arperis y •*- un co-k^ empaillé ^ — il est 
'comme-urk co-fc'en pâte / — il m'a repondu 
. . par un co-k'à l'âne, ^ 

C'est exactement la nxême prononciation que 
• pourles finales er\ oc ( i^oj^éx ue la liaison du c) . 



X. 



t.' 



De la liaison du R, * 

, '■ ' *• . ■ " 

Le r, consonne liquide ^ ne reçoit jamais, dans sa 
liaison , une articulation forte et rude : comme la con- 
•onne / ^ il we se détache presque point dit mot auquel 
il appartient, et il se lie avec les voyelles suivantes, 
par une sorte de prolongement doux et* pei:^' sensible 
du son qu'il rend au moyen des voyelles qui le pré- 
cèdeDi. Au reste, il s'en; faut bien que cette consonne 
subisse partout la loi de la liaison , et l'étude de soi) 
emploi^ sous ce rapport, est nécessaire. 
AIR. Celte finale se lie toujours. L^ai-r^ est pesant, 



^-' 



V, ' 



DEVANT DES VOYELLES. 



99 



— la chai-r* offensée , — il a le teint clai^r'et 
frais. — Prcinoncez dé même les mots éclair, 
pair y impair y etc. 
AR. Se lie aussi dans tous les cas. — ■ Un cha-r* attelé 
de six chepaux y — Un hanga-r* ouvert de tous 
côtés y — pù^r'cuMden^ 
EU. Finale de quelques sMbstflibtifs otBd}èclifs. 11 faut 
distinguer dans les mois terminés -en er, ceux 
qui ont Vè moyen et le /' sonore, et ceux qui 
ont IV ferme et le r miiet. Dans les premiers, le 
r se lie Sans exception. On dit : — un reproche 
amè^r et désolant , « — un belvédè-r' agréable- 
ment situé y — un cancè-r* opiniâtre, t- cher' à 
Dieu et aux hommes , — une cuillè-r'à pot, — 
un enfè-r'anticipé j -^ rethè'/azuré y ' — em- 
ployer le fè'r*et le feu , — - voyager sur mè-r^ 
^ et sur terre, un vè-r'à soie , etc.. 

Quant aux substantifs ou adjectifs en ^rdont 
Ve se prononce, fermé et qui ont 1er muet; voici 
les rè{^les de Temploi de leur finale devant les 
voyelles. . , ^ 

Danger. Jamais de liaison, — un dangé \ 
imminent, ^— le dangé \ était pressant. 

Etranger. Même règle, '"--un étrange \ ac- 
cueilli, — il est étrange] aux intrigues des 
partis. ■■'s^ ■ . 

Léger. L'usage a prévalu sur l'ancieiioc ma- 
nière de pronoacer ce mot ; on ne dit phs il^^^ 
avec un è moyen et le r sonore; mais; %i/. 
Lorsque ce mot. est immédiatement suivi do sdn 



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^ICX) IJE Ij'EïdrLOI DES CONSONNES FINALES 

substantif, alors Ve final devient naoyen el lé r 
se lie. On dit : < — un légè-r' obstacle ^ — z/;z 
legè'/inôoni^énient/ Hors ce cas, on dit tou- 
jours légé j sans liaison, — ^ il est lëgé\ à la 
course^ — un esprit légé \ et inconstant, . 

Ménager. Dîtes toujours ménagé devait les 
•voyelles, — il est ménage \ à V excès. Pro- 
noncez de même les mots : .Clocher , dîner ^^^ 
uiensonger, messager, oreiller, passager, pê- 
cher (arbre), potager, rocher , souper, verger, 
viager , — un espoir mensonge \ et trompeur y 
— un me^sagé\ adroit^ — - un roche j escarpé^ 
-^ un diné\ excellent, — un vergé \ ew plein 
rapport, > — ^ son i^iagé \ est /ipuisé y — un cloché | 
éleuéj etc. Celte règle s'applique sans exception 
à tous les substantifs en er dOnt le r ne sonne 
point devant les consonnes , et qui se prononce 
avec IV fermé. ( 

ER. Finale des verbes de la première conjugaison, 

à TijDfinitif. La prononciation de cette finale a été 

l'objet d'une vive discussion parmi les anciens 

grammairiens. La difficulté roulait sur deux 

^ poiiili, savoir : si, hors le cas do la liaison du r et 

devant les consonnes où à la fin des phrases; on 

devait prcftîoncer l'^ ouvert et le r sonore ; et si, 

dans la liaiSon.dfe cette finale, le son de IV devait 

être ouvert on fermé. 

L'affirmative sur la première qu^aiioû , parait avoir 

eu long-temps pour, elle l'opinion générale; delà vient 

que nous voyons daut- beaucoup d'anciens |)oètes^ les " 

* * ik • . 



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J&. 



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'Xï 



1>EVANT DES VOYEIiLES. 



lOl 



tinales des infinitifs des verbes en (?r3 rimer rtvec 
des finales incontestablement formées de Ve ouvert et 
du r sonore. 



X 



Et souffrez que je tâche enfin à mériter; 
Au défaut de Phinée , un ÛU de /w/w>er. 

Andromède, 

Que vos droits ,8ansi]na main ^uesontquç droits en Voir, 
Ciel ! allez, et, du moins,. apprenez à parler. 

9 , Attila. 

Malherbe employait souvent ces sortes, de rimes : 
on cm trouve aussi Ainm Qomhaud , f^oUure,.Gt 
4dans lés autres poètes de ce siècle. P^augeU^y soute- 
nait l'opinion contraire*, il traibit celle de ses anta- 
1,'onistcs de prononciation normande, iî t'appuyait, 
pour justifier la sienne, de Fautorité des siècle» prëcë- 
dens. Il voulait, en un mot, que toutes les finale! des 
verbes en ^r fussent prononcées devant lerf consonnes, 
ou à la fin desiphrases, avec un éf fermé, et sans l'ar- 
licnlation du r. . *• . ; *ii^ 

fel est le ji^j»ement qui û prévalu sur «ous les efforts 
des grammairiens qui lui étaient opposés. La poésie 
•nîodom'ca concouru à le fixer, par Temploi constant 
des vorbcs en et; avec des rimes complètement ferr 
tuées «^ et il q'est plus permis d'béiiter sur leurproooBT 
ciation. La Tliéâtre-Français a mukfé vabienent de 
resMuscil^r de nos yourt celle d« MeUhérim el da» 
f^olture; on n'y a vu qn'ane manie 'd«Temie dékir- 
mais vicieuse ict ridicule, et le goi^t national a mskl- 




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chargé d^uh f^iè-v^ infâme ,^-^ sa di^^nité lui | 
donne un rcliè^v' extraordinaire, y. * 



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DE I/EMPIX)I DES CONSOJSNESS FINAI:ES 

' . --, ■■ ■ ^ . . • • - , . ■ > 

'■■'". • ' , -. ■ ï ' • » - ■ • 

tCDH Isi prononciation des finale&iîirmëes , et non sb-: 
nores k dans tous les verbes en ^r quariS ib sont suivis 
d'une consonne , ou qu^iU leiminêRt une^hrase. *^ . ^ 

11 c'en faut bien qiiè l'on soit ausîl pl^ii^ertient dîac- 

jcord sur le son que l'on doit donner à IV> quand, pîîfr 

leur position," lés finales en ^r^ 'doivent se fier avec 

les vôj^eljes suivantes; et l'ancienne contéstaticfti sur 

ce point, dure encore* J'ai sous les yeux iiii anciep 

Traité de prononciation franacaise (l) v (lans lequel On 

j, professe hautement le prineipe qiiè Yè j d^iis ôe t^s ^ ^ 

doit être prononcé complètement fermé. P^u^feMsi 

était du n,)éme ^vis; et voici ce qu'il d^t à là fin de sa. ' ' 

fémarque^ur cette -prononciation : « quàniS J'ai pris 

a la liberté d^èn ayertir quelques-uns dé mes amis (dé 

(c. l'habitude où ib étaient de p^odoncer Jes è ouverts 

^ ce' dans les finl^ en.^olorsq^u'ctless^lièiitjvib m'ont 

. ot répondu qu'ils cîx)yaicntq^ue cette, proiloucîalion 

,.€c ainsi forte ^vaifcqplus d'emphase, ; et qu'^dle rétnplîs- 

« sait plus la bouch^de^ ocaleurs et l'oreille des audi^ 

« teu|^; mais, depuis, ils %e sont désabusés et corri- 

« gés , quoiqu'avec un peu de freine ^ ^ bause de la 

tt mauvaise habitude q^'|b aVaient contractée ». 



* } 



V(i) Edition de i646 , ayantpour titre rr-'-r^^rf defronon-^ 
cer parfaitement ta Langue française ', dédié A M**^ le duc 
de Bourgogne , par M. J. H- D. K. , a vol. in-i*2* Cet ou- 
Trage , outr^ les notions curieuses qu'il doqne de Tétat dé 
|a pronmiciation française , à Fépoque de sa publicité , %st 
singulièrement recommandable par les yue^ profondes et , 
pur. les recherchfcsl savantes qu*il renferme sur 1 analogie des 
'hmgues ^ je doute qu' il ait été fait , depuis qu'il a été. publié , 



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.écTÏ\ eni^àiissi baiUi , — dite$f: uu, bàUli-ih' \^ 



Hègre. 



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ilip/ièr^qui aVàit adopte les princi|)€i$ de P^augeias , 
faisait prononcer rigoureusement à ,ses «acteurs^ tons Ie§ 

^^ des finales en ^r féi^hiés, dâhs le castle bi liaison cÎq 
finales; et bientôt, 4" tKéâtre, cetto prononciation . 

.-passa dans l'usage ordinaire et devînt la pfdndndia- 
tidn dotninante. V* . . 

Cependant Je temps qui sojumet- à tant de vicissi- 
tudes la prononGiatio 9 d^-une langue, quand les prino 
cfpes n'^en sont; pas authéntiqqement fixés par les ve- 
ntilateurs Ugitimès de i&es lois ^ a ramené à^peu-prés 
rancienusageiJe prononcer Ve oioyen dtfn»Je8 liai- 

' sons des infinitifs en enre\, qùpiqu'it existé eacorc^des 
partisans de l'opinion côntrarre ,; jç pense qu^ils ne 

', forment pl^s le.plus.^n^om):)re. Quant a.^nn sen- 
îirriént p€t«Oi|nel fie voici, rfc^àvpiii ilO|>rincîpé iû- 
coi:)testable dajps notre langue cn>r*raKi|)fa^ontf er jv^^ 
lin f tnoj^nV tous W mûtsii^ns lesqiw c9Mf!i^9l^ 

'^précède un ^final sonore. Or /il est ëvS«ltotqac4éi^.^^^^^^ 1 *» 
qu'on lie la finale des infini.ti6'çn^>Joetlecoiiâonne 1 ' 

devint sonore; parepDsëqueDt la modnfi^lîOOjgttVm 
donne à 1'^. dans ce o^, me uaratt fondëe sa (f une 
des lois le plus reconoués de la prononciation '"frao* r^ 
caise. Je crois d'ail^nrï avec les ^antagonistes de Popi- . 



un meilleur ouvrage sur le su jet qu'il traite. XéLqii*y est, 
et malgré Tes principes vicieux qi}i*y 'sont èontentit y relati* 
vtment i ViHat actuel de notre pronoilciatioD t i| pourrait 
encore être fr>8 utile, et,j*avoue que {<e iD*aB rais itrti 
avantageusement pour des développeniéiit qui «odI Indtf* 
pendans des vicissitudes des langues, et des capricas dé 
l'usage. ^ \ \ 



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— te naren \ abondait^ 



OlN(x, Même règl^ pour le mot poings -^— Zi^ po//î| 






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. /; lp4 , Djfî l'eMPI^OI Pi>> CONSOMME» FINALES 

V ■■■' ■ ' * / ■ -■ * ' ' - " '„'•.- 

'* aipn à^ y'aus;€\la$ y que cette modification est bien 

* "^y^ ^varid)îe^au développement et a l'harmonie des 

jlpfns, que celle de IV fermé, voyelle faible qiri coin- 

: priaie la vôi^, et rie lui laisse aucune Utitude.-D'où 

/|Çi conclus que la meilleure prononciation dans le cas 

de |a liaison des infif^tifscn er y est de feiire entendre 

dajQs ces finales le son do 1'^ moyen ou demi-ouvërt. 

Ainiji on doit dire :mcfrchèfr^<iu combat y — dédaigné- 

< . rfiit} ri{>(iîy prr 'bldmè'r*une maupàise action y — 

• 'niçJjLeifè^v'itn^aj^airey *?— oontractè-r^ une alliance y etc . 



.' , ♦ 



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ËUH. J^l n'y pas bien loqg^temps que ta prononciation 

, . - 1^ ce^tle finale a ét)^ iixée. Autrefois le r dans 

; b^ plupart dç^ mois terminés en^ etir, se chan- 

^ge^ 9X1 x^ ci. l'on disait, par e&emplc : c'est 

ungf^ndchasseiiXj^ur chasseur; un labou-^ 

reux , pour iubçureur} un ifojrageius , pour 

V^0g^Wr leux ami, pour leur ami» Cette 

ppoii^noii^tîon était même du bon ton , et Vùfi 

Eil^: pouifliinsi dire de barbares éeux qui di- 
^ différemment , et qui sjavisaient^de &irc 
)r h r doiis la plupart des finales eq eur, 
Aujourd'hui) toutes ces prooonciatious ont dis* 
paru, ou sont devenues des fautes graves dans 
ceux qui les ont conservées. La loi est générale 
pour tousi les mots terminés en^£^r/pn les pro- 
nonce tous avec le r sonore, et cette consonne 
Sf3 li^ f^Oj^ exception avec les voyei^les; Hiiti^les 
des mots^soivaus. On dit : un laboùmu^r'actify 
— -un ifoyageur't' égaré, — c* est mon meilku" 



•< t 



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§erùi-rTyt)uillée qu'elle, était, devient ûtmUrttciïiaiionf 
c«mplètemehl mouillée, qu'on ne p€?ot pliis reprë- ^' 



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V. 



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' DEVANT DES VOYKLI^ES. i65 

r' ami,,—- un orqteu^-r'exerûé f'-^ un séducteur 
r' artificieux y — une ardeu-r* insensée ^ etc. 
I ÇH . Fifîale de beaucoup de substantifs et de quelques 
, adjectifs. -— IJègle génëralé et .sans eioeption : 
tous les substantifs qui &é prononcent en /^^ 
devant lès consonnes ne se lient jamafs. Dites : 
un acte | imbibé de sangy'X'Un ùrmurié\ ha- 
bile , — un apenturié] adroit y — un bahquié] 
opulent, — un bouclié | impénétrable ^ -r- un 
brâsié ) ardent,-— un canonnié \ intrépide,— 
uncoursié \ écumantyx — un écolié \ indocile , 
— ■ un grenié \ abondetnl^ — uriguèrrié \ aucfa- 
cieux y ^—' un héritié] ap^re ^ •— un out^rié \ ■ 
estimé, — un sentie 1 étroit, etc. 
) J'ar entendu au premier theatrode la liation : 
Un guertie^r* inconnu^ y c'est une faute qui n^ 
devrait' point se souffrir. 

Deuxième règle. Quand les adjectift ipl^86 
l^roiiioncent en ié devant les coosonnet |90nt im- 
médiatement sui vis dSm $ ubstanlif odmfnerjçaot 
par une voyelle; i(^ se lient toujoliriyet Vè\ 
devient moyen ; mais, hors de ee ûaa^ jaaoMiia de fi 
liaison. ' ' . * ' a^ "-^ , 

Dernier. Dites : lèdèrm^-r^honimef^le dèr^ 
nié r' asile,*— le dèmiè'^efforl» Jt stàrai le . 
dèrmé\ à y renoncer, — U fut U dàmiè \^ U ^ 
mieux ^traité, — le demie] est ariM. v 

Entier. *-* Il prié un entiè-r^^ucendûtnt sur V 
son esprit, — il^îl ut^ entià'r^ùiàrUÙh^ de ses 
biens, ^— il est torH^entié] àêesamis.^ 



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r accepté , — cruè'l\imi ^ *— un colone-Vintrè 



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106 DtS li*EMPIiOI DES CONSONNES FINALES ^ ' 

Pi»enner. — Ùest le premiè - r^homme du 
'~mo7tde pour la guerre j, — c'est le jjrémiè'r'o- 
rateurde son siècle, -^ le premiè-r* objet qui 
se présenta à ses regards, — un premie^r'ai^an' 
toge , — il rnorita le premié \à l'assaut ,- — il 
- est le premié \ en sagesse ,— enfin, Malherbe 
vint, et le premié \ en France, (Boileau). 
Singulier. — C'est un siguXiè-r' événement y 
J ' ^ je mé trouuê dqns un singuliè*r' embarras, l 
^ lé cas était singulié \^t embarrassant, — 
du singulié \ au pluriel. 

Troisième règlci Les adjectifs et lés substari- 
tifs qui se prononcent en iêr sonçre , se lient 
* • ion\ours,Tièr.^!^-Unhoff^mefiè'r'et hautain,— 
ce peuple est fiè-r'et généteux ,'^ hier y *-— 
'■ hiè- r'éncotsc , •— il arriva hiè-r *au soir ^ etc . On 
pronOi{çàit autrefois altièr ; nïik\% ce mot est 
rentré dans la classe de ceux dont la finale est 
on ié ) et sous ce rapport, il n'est susceptible de 
Uaiton que lorsqu'il précède un substantif corn- 
mençant^ar une voyelle. 

Quant àui verbes ternainés en ier, comme v 
apprécier, * calomnier, corder, supplier. Us 
suivent la marne règle que les v«rbeSi en er. 
-^ ( ^«({ftf« ci-dessus. ) 

lEÙlVr Dans cette finale, comme dans les mots en eur, 
le r te prononb^et se lie toujours^ exceptez 
■ néanmoins le mot , ilnQnsieur j dont on ne pro- 
nonce jamais le r, quelque mot qui le suive. 
Ce &erail une faute de dire : i7lon^i^£/-rV^ai/ a/^ 



^ 



l' entiers tout le monde,* — un' exi-Vinçolon* 



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4- 



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DEVANT DES VOYELLES. 



107 



à la campagne^ — Monsteu-r'amyera de- 
main; WîdwïAii'Q'' monsieu] était allë'à là cam-- 
pagne y monsieu \ arrivera demain j etc. 

1J{. Le /* se prononçant génëralemeDt dans toutes les 

finales des nio'ts en ir, soit sqb^tantfû ou verbes^ 

il s'ensuit que cette consonne se lie toujours 

. avec les voyelles initiales des mots suivans. Nous 

dirons la même chose des finales en œi/r^ en 

' oir^ en or ^ en our et en ur, #t cette -loi uni- 

-^ verselie nous dispensera de présenter des exem- 
pleà des unes et des autres. 



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XI, 



V 



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De Ici liaison du S, 



. Cest une régie générale que le ^ entre demi voje)les 
prend l'articulation du zj le même principe qui a 
régie cette prononciation , à aussi ém>li celle du s final 
des mots, devant les voyelles initiales des roots sui- 
vans; et ii en est résulta pour notre Ungoe une dès 
pins grandes sources d'euphonie. Lia loi qui ▼élit que^ 
le s fmal se prononce ,. dans ce cas , en r ^ est uiiiTer* 
^clle ; elle est tellement dans le'géoie de notre bngue , 
et si confornie au goût national , qu^elle n'a pas beioin 
d'être rappelée aui Français ; ils^peuvent bien j oomme ^ 
cela arrive souvent, méconnaitr^lés ciropnltAnoes pu 
la liaison du s final , doit a'voir lien , roait, lorsque 
l'exécutent , c'est toujours en z. Les étrangers seuls | 
ont besoin d'être avertis du principe fondamental qtii 



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168 DE l'emploi DKS*^COJiJSONJ^ES FINALES 

délepfwine le changement de cette arlicOlation. Les 
fautes qu'ils corameHent à cet égard, sont fréquentes 
- et elles renversent souvent le sens des idées. Aiiisi , un 
àUemand dit , par <?^mp]e : pous sa^ez pouK pou- 
z'apfz^ilsont^pom i/Vo*^;,etc,Tpn tes ces erreurs, 
comme Foir voit, ont pour principe le faux emploi du s ; 
mi les élrtiDgers qui désirent parler là langue française 
d'après les lois de sa pronondalion , ne sauraient assez 
s^attachej a l'étudier sous le rapport dont il s'agit ici. 

Quant à k nécessité' d'exécuter 1^ liaisons du s dans 
toutes les circonstances qui les prescrivent*, ce principe 
importe plus qu'on ne pense à la vérité grammaticale • 
et littéraire du discours. Souvent la transruission orale 
du véritable sens d'iine phrase , dcpeifd entièrement de 
l'obserVaiion de ces sortes de liaisons : de sorte qne s* 
elles n'éjtaient ps exécutées, l'auditeur serait induit 
en erreur, et ne saurait à quoi s'en tenir suv la nature 
de ridée qu'on veut lui communiquer. Les exemples 
ne manquent pas il .rappiii de cette \cr4^ ; j'ouvre un 
livre, et Je trouve ce commencement de phrase : Son 
cçeur avide d'honneurs et de richesses. Si j'avais à 
énoncer ces raoU, et si je les di^iais buns lier le s du 
mot honofurs, il est évident (jue Tidée ferait totale- 
ment dénaturée, et qu'au lieu do présenter celle d'un 
homme courant après les honneurs , je présenterais 
^rimiigo à^nn hbminc passionné pour l* honneur y K.(f 
qui forme, Je pénsbjune di/lerence usçca^romarquable 
pour montrer combien la liaison de la iinalc du mol 
AonJi^ar*^ avec la conjonction c/ /importait ici a I'oxpc- 
^ titude de Vidée qu'il s'agissîil de transmettre. 



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DKVANT DES VeYEIiLKS. -, 10{) 

Mais c'est surtout dans rënonciatiou des pluriels 
(lontle* est en général la caractjCristique , cpic la liai- 
son (le cette finale importe au véritable sens décidées. . 
Rien r\e peut justifier la discordance que jette souvent 
dans uhe phrase,ledéfaut^de liaison de èette consonne 
(juarui elle est destinée à exprimer le pluriel des mois 
cjii'elle affecte ,' et à élablif leur rapport avec les mem- 
bres correspondans de la phrase. OhMira, que l'idée 
ne tarde pas à être sovivent expliquée par la suite du 
discours; cela peut être vrai: mais dan^ tons les cas, 
c'est toujours un grtive inconvénient «fjned'avbi^ jeté 
un instant dans Pcrreur ses auditenriî, en leur préseii- 
tant comme Un singulier, ce qui est un pluriel. Ija liai- . 
son du s devant faire disparaître toute équivoque *» cet 
c;^ard , il fallait l'exécuter , et en ne l'exéculant pas , on 
a compromis. véritablemeut le scn,5 (le l'idée q«c l'on 
avait à e!qSrimer. . 

Les finfilcs terminées par un ;f dans notre langue, 
sont en très grand nombre, cl co srràil une entre- 
prise aussi longue qu'inutile que de vouloir Pépuiser; 
je nïc borneraîï cqllet qui peuvent présenter «pielques' 
difficulté», non pas *o\i» lo rapport do \n VmHon du 5 
qui, à très peu d'exceptions pré^,est constante, mais 
sous celui de leur propre construction qui exige sou- 
vinrït une prononciatiou particnKcrc d^ns teliawon. 
ACS. Pluriel <lc9 mots en ac au singttliiir. On y ûit 
• sonner le c oônîme le k. et lé * êe Uc devint les 
voyelles , comme < ; — dùé èntomak'tHntraita- 
bleè y — det sak-^z* entrouverte ^ — ^ ifa» tabak- 
z'en carotte: Exceptea^, lacs (cordon, nœud- 



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^rTTTTTÏI^S^jaT^ P3 




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ijo pE l'emploi des coNSON^Es finales 

coulant, piège) que l'on prononce toujours lAs, 
*— un là'z' inutile . 

ACTS. Pluriel des motseu açi. N'y faites jamais son- 
lier le t dans la liaison , — ils furent èxak-z'au 
rendezpousy — des renseignemens inèxak z'ou 
controuifés. 

AIDS. Pluriel des mots en aid. Le d y est toujours 
mnét ^ ils sont lai'z'à faire peur. 

AILS. Pluriel des mots en ail,, mouillé; dites : des 
détail- zHmmenses ^ — les goui^èrnailT^* aban- 
donnes. ' 

Air.LES. Pluriel des mots en aille , — il faut que tu 
aille- z 'à la cairipagne , — tu travaille- z 'avec 
ardeur y — des funèraille-z^ impies, 

AILLIS. Un tajtii'z'ouvèrt , — tu failli'Z^ëprouuer r 
U même embarras. 

AÏINS. Pluriel des mots en ain ,- — des hommes vain- 
z *et orgueilleux ^ — des terrein-z * en friche ^ «— 
crain-z^au moins celui qui voit tout, 

AINTS. Le t ne sonne jamais dans la liaison, — le% 
éain*z* apàtres , — main-z exploits, 

AIRS. Pluriel de5 mot» en air. Conservez toujours 
l'articulation du r dans les liaisons , — les alr^z' 
emhnUéSy' — des droits clatr-t'et biert établis. 

Aïs. Liez totijour» cette finale, — il tiendra désor- 
mial-z'^ifèc moi, — un homme épai'Z*et gros- 
sier, — il était frai'Z* et dispos , — il ne sera 
jamai'z'à vous, ^ il ledit imai-t* il tie le pense 
pa$^ — un mauva('Z*ouifrage , — le palai- 
z' impérial j -^ je pensai- z* à vous, ^--jcsavat- 



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'y^M-i-.^- 



f / ' lÙ.' . ■ . rî 3 



7 






•;1 



DEVAST DES VOYEliLIIS. 111 

z^ à nf en pas douter y'— je lehat-z^àlamorty 
* — je fai't^ un trai^ail long et difficile, eXc, 

AlTS. Pluriel des mots en ait. Le t n'y sonne jamais : 
• — ils sont^atisfai z^etjoyeux y — des souhçi- 
z* accomplis y — des trai-z^enuenimés, -^ des 
forfai'Z^ inouïs y — des travaux fai-z^et" par- 
faits. ■■ ^ ^ V ' - . 

ALS. Pluriel de quelques mots enal, •^desbalz^i 
i^erts au public^ - — des combats riapai'zrhpi^ 
niâtresj • — des repas frugal- z' et peu dispen^ 
dieux, 

AMPS. Idem^ des mots en amp. hep ne s'y prononce 
pas plus qu'au singulier, et le m s'y change en n . 
— lehycan-z^ ennemies ^ — les clian-z^élisçes , 
des chœ^z^ ensemencés, 

ANS. Idem y des mots en a/i , •— des plan- z* infaillir 
blés y — des courtisan-z* adroit^ , ^^ dès tjrmn-^ 
t'èxét^nbtes y — des charlatan^z' effrontés, — 
dan-z'un chaos d'affaires. 

ANCS. Idem , dès mot» en anc. On ne prononce ja- 
mais le c dans la liaison ,-— /^j ban-z* étaient 
occupés y — les blan-z *et les noirs , — le lion 
se bat lesjlan-z^atfèc sa queue , — Soyez fraw- 
z *avèc lui y — les fran-z'et les Gaulois y — 
vingt fran-z' et vingt centimes. 

ANDS. Idem, des mots en and. Jamais le d tty sonne : 
— cfc gran-z' attentats y'-^ de$ brigan^z^impu* 
nisy — lès chalan-zy abondent, -^des mar- 
chanrz^opulens y — des morceaiSsfnan'ii*et dé* 
licats^ 





V., 



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V 



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■ ■* 



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I . 



AWGS. Pluriel des* mots en* ang, -- dites : U aspire . 
^x/AT rqn-z' élevée de V Etat ^ ~ rfcç ran-z^in- 
.. f^r^eurS}* — 'deê é tan -i^ épuises. : 

AÎNTS. Même pronoijcialion qnc pour les finales en J 
)- - ans. ■ , ' „ •/ /^ ■ . .^ .- : 

. APS. La liaison des mots ^7Sp.ç et relaps ^^ .s'exëciitc ' 
avec rarlièulàtiofl dii/7 ^ — un lap'z'immensc. 
-^ un telap-z' et hérétique. Quant .-^n plnriel 
draps -, il se • lié sa ns p y -r- dçs dra-z 'usés y — ^ 
des dra-z' enrichis de broderie,, *• . 

' ARS. Conservez dî^sla liaison^lc ces finales, Paiticn 
htion (lu ty -A des char z' attelés , • — des han- 
gar z* abattus, V— l^ ^^i^ ^^ mar-z^a été plu- 
vieux. \ 
AUCS. Le r et le c s'articulent dans cette iînale. — 
Dés ark-z' attachés aux branches d'un arbjrc , 
*-^ des pïirk- z* imniense.^'^ ^ ' 

A RDS. Pluriel des mots en ard. — On les prononce 
sans d, --Des égàr-z' infinis, — des regarz^as- 
8urés )*— desifieilldrz'insultésr^ 

ARTS. Même jTronoucialion. — Des rentpàr- z' inac- 
cessibles , les àr-z* et les sciences, \ 

AS. Liez toujours cette fuiale. — ulniamâ-z^ indi- 
geste d'expressions frivoles , — dés appàz'ifn- 
puissans , — m tu à-z'ùn véritable ami y con- 
serve-le ,^ le hràz étendu, — un câ-z^embar- 
roêsant,'^ un fracà-z' épouvantable j—- Iféla- 
E* en ce moYnent,, gui ne fie serait conduit ainsi? 
Je iuiilà'Z^à l'excès, — marcher pA-t'ù-pâs. 



mmmmmBmmmsm 



\ 



DEVANT DES VOYELLES. 






/ — 'lin tâ'Z^énorme de boue , un trépà-z'ho^ 
MOfiwle. 

ATS. Même prpn(^djc;5ati6ii que dessus. — Des at- 

*^- tèntà'^ affreux,^ *^ 

AUDS , pluriel desniots en aud. Lé </ n'y sonne ja- 
mais. — Des bains cJiaû'£* et froids , lesécha'- 
faïUz' étaient dressés. 

ÀL'TS. Le test toujou^ muet dans celte finale. — 
Des défaû'Z* impardonnables y , — leè héraû- 
z* étaient en tête du cortège {\yont\k^y\n.), 

AYS. Quel péi-z'est celui-ci? (pour i}f^s,) 

ECS. Pluriels des mots en èe. Le c y Qonserv* soaarti- 
culation. — Des terreins sèk-z^ou humides, 

I^XrrS. On prononce de même la finale en ècts.^^-Des 
respèk'zUn/inis ^ — des hommes suspèi-t^à 
VEtat, ^ des sentimens abjèk^z^et i^iis. 

KFS. Voyez h finale iefs, 

J^S.lln'ya quele mot /^^5 qui ait cette terminamon. Ni 
le^^ ni le 5 ne se prononcent devant une Voyelle^ 
au singulier : on dit — unie \ important Mais 
au pluriel , on lie le s — ' des tè'Z*importana. 

EUiS. Pluriel des mots en eil^ mouillé} -^ les se* 
conds fut pareil' t *ai$ap premiers, 

AILLES. Id, des roots en eille. * — Ces choses ne sont 
pas. pareille^ t'entre elles, 

l'^lNS. td, des mots tn ein, -— Des deâsèin-i^auortéè, 
— des jours serèin-z'et tranquilles. 

lilN'rS. Même prononciation. •— Des hommes atteùp- 
K^ et convaincus ^ — ils furent atteim-M^à Vem*- 
trinùti de ta vilUf. 
a. , A' ■ • , 



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ll4 DF, i/eMPLOI des CONSOJSNES^rîTSALEîi' ^ . 

^ :ni^èreni hier au soir , — Deièlz'hçnmesjr- 
/ , dfi teUe-z^at^entures. 
_ EMPTS. On ne prononce dans cette finale, ni le ;;^ 
m le<; et le/w 8^ chanjje.ea n. — ^Isfureni, 
'décl(irês,èxen'Z à, jamais de tçuptribut { pour 

exeniplsj. , . / 

EMPS. On prononce de raéme cette finale. — ^<Le.s 

ten^zài^erùr,-^desœntretm'Z^aJIiig^(^^^''-^. 

f ■ .'• ' ', . ■ " ■ ' 

4 ; : pniis n^ëtait point tel en ces ten-ï!>rjigeux 

Qu»il paraît en nos jours aux Français ti op beureux. 

, . VOLTAIKB. 

ÊMD$, te c£ est toujours muet danç la Uî^ison de cctl< 
, il^eri^inaison, - Appren-zà me connqUrc , - 
1 tu comprenz'à merùeille, * 

ENGj^^ Dites également sans è'. — L,cs haren-z'^ 
,. (fbpn^aient, ' ^ * 

KT«, et ENTS Qnt la même prononciation dans la 

^fAf^n.'-Lebon'Sen'z'efitk 
(Ions y — /^5 absenz'onl toujours ttrt , — des 
alintenz'efccellens. 
EWb'3. Dites, : d«i nèir-%' affaiblis (i)Our ucrf8)j </'* 
cèr-t* entourés ( po^r cerf». ) . " 

■ EtU^. ?l«riel de» nip^i^ en er.. Quand lo r ii'«^t poinl 
sonore au ninguVi^r, oi. ne le prononce pou.t 
dans la lisi»^^' de» pluricU. — Des bèrgé-i'auec 
hur troupeau t — de Ug^ t' obstacles , — des 
étmngis-*' accueillis, -:df s roché-t'esc^rpèsi— 



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* DEVANT J)ES VOYELX.ÉS. ' 'll5 

vainement ofliîi^ué de ses />^aic^-z^<?y7a/5( pour 
pensers. \ (Boil), Mais ,' quand le r se prononce * 
au singulier, ôx\ en conserve l'articulation au 
pluriel, avec la modification de Ve moyen , — 
des pèr^z^à soie ^ — des en fan s cher- z* à leurs 

* parenSj — des cuillèr-z'à pot , — des-hyvèr- 
z^ affreux. 

On dit aussi: /tf dwèr-z* aspect de la cam- 
. pagne ^ • — ingrat envèr-z^un ami y — un re-" 
vèr-z^aJlfligeant de fortune y — l*uniuèr-z*est 
plein de sa, grandeur y — ce uèr-z^est devenu , ^ 
properbe y ~ des pèr-z' assez bien 'tournés , > — 
il marche pèr-z'un Ueu ; —r je sèr^z 'un maître ",,' 
généreux, • "". 

uns. Prononcez de même les fmaleî» en èrtsJ —^ Des ' 
d^>sèr - z* immenses y " — des cancer- z'harmo- 
nieux y — des jardins oupèr-z*au public, 

ES. Liez toujours cette* finale, qyellc que soit la mo~ 

^dificatioii de IV. .— Lé-z' hommes y — déz'ami'^ 

tié'Z * inconsidérées y * — dés offre- z^ol^li^eantes , ' 

— / *accè- z 'en est àifficilcy — ctô-z ^à présent, •— 

.mf'z'timis y •— té z'auantures y— t^ i-e^iris^^ 

trùU de tout,'^— ifèiu éle-s'applaudi, elc. . 

'. ■ A ■ ■ ' •' 

Nota. Les ne se lie point dunt cci phrasety »— /ur/ 
l(S I une heure. ^ Sur lés \ onze heurt s^.^^-^'iés \oui^ tes non 
— Quoiqu'on dÎM trèi biens — Ce soiUàé'^9*oui'édf9^ 

♦ ' . . •■•■"'• '^ ^ . 

El S Pluriel des mots en èl. Le / ii y #QU|ie jamais 

dmis la liaisou. >— . Dea ^ii^j^^ii^^gçftanê y 






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isDgues ', je doute qw'iJ ait été fait , depuk qu'il a ^lé, public » |^ 



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JMNLS FINALitS 



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4 . 



ilB Dlî li'EMPLOI DES 

;.— des effè'z'impréifus > -^^s décrèz' utiles y 
;— des sommè-z^inaccessifiles ^ -— àes^pràjè- 
z- irréfléchis j — des regrè^z' mutiles. 

EUFS. Daus «^^/adjecdf , û|à lie touj^drs le ^ final ^ 
au pluriel. •— Le^ hamts neuf z' ont plus d^- *J 
. clai que les i^ieux. 
J^VlS^ïAie^ ^ e^isiut : --^e sont les seiil^'a 
* /*" ^ m^j^stent , — //s *e ' promenaient seut^ z 'à 

""''%. 'X vicart.' : y ■ ■ ■' ]-:■ :'\. •'■ . 

EURS. Le r s'articule toujours dans la liaison de cette 
liuâle. — Des terreur-z' insensées ,^ des au- 
teùr^z'anonyrnes y -—' ailleur z'on ne le souf 
■ frirait pas y — des pleur z^anièrs , — ils né- 
gli£tentleur-z' intérêts, . ' ^ 

ICS. Pluriel des mois en ic, Ges. finales se pronon- 
' •►cent avec l'articulatioti du^ c, — Des prorws- * , 
tikrz-in-quiétans y «^ des bruits' pùblik-z' a- 
\ :. ifêrés, ". ■ . - , ■■ " 

ICTS. Le /reste toujours nul dans la liaison de cette 
^ 7 . finale. •— De» devoirs strikz'et rigoureux y — 
des di^trik'^^ immenses {^qxxv^ stricts et dis-^ 
iricts). \. ' 

lEDS. On ne fait p^oint sonner lé d, en liant ces sortes 
' de ^m\es. — Il a les deux pié-z'^écorchés j --^ 
' ' je ni*assiè-z*auprès.de lui, 
lÈES. Pluriel des mots en /^Prononcez le /cQrtme 
V \ /un 1^ faible, et lie* le s. ^ Ces fièfz^apparte- 
naiçnt à la maison de g eic,^ -^ les grièf-z^ af- 
freux dont on le chargeait , • — des bas-relief 



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usage. 



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-'f-mr^mm'ë^ikk^ 



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DEVANT nm VOYEI^Uas. ' . II7 

z^bmés de sculpture y. — les chéfe'èt les sol- 
> dats, , 

IEIkS. Idem des aiotsen ièl, r— Les homrhes superfir^ 
fieielrzfet sans forassent les plus empressés à 
décider de tout. 
iFNS. Les ancièn-z^ auteurs ,~ des bien z'. acquis y 
- — des entrêtièn-z^importans y — les nùèn-z^et 
. les tiens y — je revièn-z^aujourd^hj^^ , 
II^^RS, .Même règle que pour le$ finales ep ers,^- Les 
premié'i' hommes y -— des guerié-z^ intrépides y 
*— les demié-z' arrivée y -^ des écolié-z^indo- 
■ ci les y — des sentie-^ étroits ,- — des esprits 
fièr-z^ et superbes '^ --ft^ tièrz'et le quart y — 
un tièr-z'arUtre. W ^ 

EXCEPTION.. Le mot i^/an^#^/9 ne^ se lie ja- 
mais> — Je consens polôntié 1 à t^às désirs ^ •— . 
marcher polontié \ au combat y *— je ferai 90^ 
^\^lontié\ un sacrifice, ' 
IELRS. Cette finale se lie comme ^i^rtf. Exceptez le 
mot messieurs y doQtNUju!ie sonoe jamais dans 
la liaisoD. — Messiewz^ei chers colUigL^B^. , 
IFS. Pliirîël des mots en if. Faites sonner ley*oorome ' 
-. un K iSiible, et liez le s- — Des çapti£'S^^0CÇf^r' 
. nus y — dessentimeris f^if'xr&t pauionné» y — 
des auditeurs attentif-z^à un discours • •— des 
cris plaintif z^ et douloiiretfx. \,./-'. ./^u 
ILS. Idem des mots en f A La prouonciation des pin* 
riels e^ i/«. dans la liaison t varie conforinëment 
k celle, du singulier. On dit : des/uain^eniepéa, 
dès outi'z'excellens , — . des sourc'^%*<xrqués > 



-i j 



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■s.^li L^'J^'^^^.l^j'Mu. 



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— 'tm t^oyageur'r'égaréy — c^ est mon meUieU" p 



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"i- m'^ 



lié DE^'EMfrtOI riÉS CiÔysOÂ^léâ FINALES 

' 1^ mc^ âè ^Wndhéôlit kii singulier 

r sansfafliculâtion dii/;^ des profit-inexacts y 

V'>\^W pliera - àè subtil' z'ar- 

[' '^^^^ la consonne/ 

au singulier ', et epùndès^Mlz^S^^^ 

— tii(à!ài^^^ mouille au^^- 

miisj^is (^ïaiÀ màle )^a cottsoiinè / ne se 

proncmcé janijûs:^^^^ 

^ ^iî^ijfi-^oé^ y^ sésfi'z'ont 

• embrasse .Te parti des armes. . 

^ . ibans ils , pttinël Su pion'im // , oii lait tou- 

,. '^u^ 'somiër fa' œnsonn'e 7^ a de ce 

root s'exécute ainsi : »7-i*àr)"ïi>^yie>l*, —i^-z'jK 
■1 ''''Utlnràù)n'iéikpie', — ilz'aimerità obliser , 

■ ' ■ ■'^■il^MsM'sdnsmma^ , -^ que font- 

'. lï-^^ujoi^'mi ^ t^ëiï'ùbé feule ae dire , 

oompie bien des genklis fôhl : ùz'àrrii'èrent, 

,2.Xz'Mmentâobnger,-^_^uèpÀt-ï-s'atA 

Joùrdhùi? etc. . 

INS. Hùviel <ià "ïôts^^e^^^ ¥^- Liez comme dans la finale 

pt^am. 
ÏÎÎCTrtS. liéi est rouet dans la liaison de certè finale , 
' mais on fcôiisei^e fartfculai^ dû c fbrt : dei 
; criSl^isim'z'enéjr^^ ^ * 
IQNS. Ce pluriel Aès iiiët» en iofï' »6 lie teti^obrs. — 
. ' i>é^ '0i^t6h^^6fgùéiltéUàés , — tfè^ focW: 
" iion^i^wpi^; — ïës'pràâUMm-zadmi- 
^rxAles de ïa nature , ^hiiiis'i^i^ ihj^plionr 
z ensemble. 

• . . ■ k' 

talipliplIMpilMIIIIWWIIIM imiyjlUJ. I .J II . i niL I . I . LIU l »l WWI»llwrfwilllllWIIIMM»p|iW|W|l^^ 



'>' 



biens f^- il est MH^entié] à ses amis. 



r-'. w ■ 



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""^^?l^fe!: 



DBVAîrt DES V0YEIiIiKS.^ 119 . 

1RS. Pluriel dès A^ «onner 

V "ier dam la Bapoi^ de ce» fihaleft^ : •r^ Des s^u-* 
ijenir^z^^i^X^nsy^ despknmrz^inhocensy 
^^desdeair^Hwimodéfié. ^•' a^" .r y-\\,\ .^'J' '*. 
IS. Cette fhiale appartient à beààcoup dé moli ladl au 
singulië- quVli plari^ yàiw qirt beaucoup de 
verbes. On les prouoiï'Ge tdip jour» avac la liaison^ . 
du «devant une voyelle.--- l7na«?r^/mjboj^tfW> 'f 
4?* — ûj^brehi-'X^ègarëe j-^m cdim^t^t^àble^y 
^..^ un Gheual gri-é^et Mme ,.^^^ 
ttageant , -^uh tailli-z-èpàis > ^ir%*àAfù} AO- 
tànicKpi'H^étendUfêUK.à ,. \.-^ -* ?^^\ 
ris. La prononciation est la tnéme pour Ife» filiales en 

ii». ^ De» habi-^x'ët^ansy ^jd^^M^tiii^ 
* . mènses \ — des cœn^dùMri^ii^'et^iSimikUés , -- 



*f 



des récirz^exagirés. 



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>'VV.\ 



Vit'* ;î 



OCS. Pluriel de» raot» m oè.Qn li« cette fiéJe^Jr 
faibaDt sontiér lé t GomnàèX?. ^DJ^rok-h^ 
catpés, ^-r- des €scmk^^4»dmt8^ - M^ 

ŒUDS. Lé W est rotiet dah» la liaison, — £w nœu- 
z'assortis», •■. '■"•' »'V'^,^.jtM;iV'' ;;■./■ ■ 

OEUFS. Liez cette finale , en donnant au/^rarliçula- 
• tien A\x V. — Des bœuf^^atteUs ^•^iks 



/■ 



Jm z'à ia coqiPe* ^ .■• .,,. .■,.; v.^,/.,. ..^Kv» ■ > 'v 
H OlDS. Pk-ènooçdB Voujoortf om> cette finale V «dans la 

■ liaison. — Desfioi-z'éXii^ssifê^m^Mnpoi'' 

B z'Qccmblam. -'. ■^■■' •^^;-•v\^ V'-"'"*^^ ' v"'* ■*'#:; 

■ OIÇTS. Aiiiri que la fifi^te oigtt. ''f^ îWr fo* Vfo*- 

■ OINOS. Le^ esIrtoUfours niuet;^ Despoinrè'éleiHlsy 


• 

1 

V'. 


• »' 1. 

•* . • ■ • 

1 

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P^ ; — *- ^^ ' ' 


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<^ ^rait One laute ce aire : monsieu-r eiau auv 



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1 90^ DE Ï^'eMPIX)! DE» CONSOBINE8 FINALES 

;'^*~^ On prononce de même les finales en oints. 
' lUfurentùdjoin'z'à l'ambassade. --- Ce sont 
.y^deuxpoin-^'impoFians de l* affaire^ 
OIS. Liez toujours cette finale, cpmnie dans les exem- 
' pies suivant: Un boi-x*épais y ^— ie carquoi-f 
. > t*épuisèf-^je litr ai parlé unefoi-z'ou deux, ^ 
, i'^ un moi' z* écoulé, 

n * * ■ 

OITS* ProcioncÀs de même les finale^ en dis. -^ Des- 
'^ \\ exploi^z^'étonnans^ — des toUz* embraies ^ t- 

OBfS* Lé m prend dans cette finale le spn du/di — 
Desnon^z* immortels , • — des pronon^-z^abso- 

»! • ^ Aià ( Pour noms et pronoms). / 

0!ifPX$.^éiiie prononciation que dans la précédente. 
^. AmJ^rqn-z^à délibérer , •^ je ron-z^apeç lui, 
(Pour prompts et romps ), A > 

ONS. Liez comme danè la finale en 0m«. 

OKCS, ONOS, ONGS et ONTS. g» finales ont la 
^ , même prononciation dans Ja liaison. •— Des 
jor^z'épars y-^ dés profon-z' abîmes ,'-- de 
lon'Z*habits (^ deuil j -^ des mon z* inacces- 
sibles. ^^ ' 

OPS. Le /7 die ^e prononce point dans ie pluriel des 

^►, mots en op au singulier^— -Z)^^ sirorz'excellens. 

Mais on lefait' sonner dans Pélops etOpiij noms 

' > propreé. •--P^/7-«Vtoi/ aôs^/i/. 

ORDS, ORPS , OR^t ORTS. Même prononciation 
9t même liaison.*-^ Des accôr^z* harmonieux , 
les bdr-z*africains,'-^ des cdr^z'animés j -^ 
des^^ remàr-z^affiHi^ y — • des irésôr-z' enfouis ., 






■- *' '--^^i'^'^felw^ 



/ 



jDEVANT DtS VOYBLtJfiî*. ^ I2i 

— des idr-z'imparddnAabies , •— des hommes, 
fdr^z'ètcourageuxj-^iesmâr-'z'eiles mourons. 
G^hdant 6a dit sans liabon^: «6 ^o/Zn? <^r4 cor 
( pour Corps 4 corps ) ; «^ périr cor. et biens 
( pour corps et biens ). 
OS et OTS; Lfez toujours de même ces deux lin^Ies. 
( Nous parlerons ailleurs de leurs diverses modi* 
ficatiohs prosodiques. ) — ï/n gro-t^^rbre , •— 
• . des Jiéro'Z* immortels ^ — - un report* assuré , 
— des cacho^z* infects , •— des complo-z^àur^ 
dis j^ les flo-z'agitès , -— des^ mo-z^insignir 
fians , ^^ des imp6»z*oné^ux. 

iVb/a. Le mot tfos ne se. lie pas' devant ouié 
Oir^it: tous f>o | oui ne.me persuadent pœ, 

pilLS. Dans Xefnot pouls} supprimez la consonne, l, 
et dites : le pou-z* intermittent, ». . 

OU PS. Pluriel des mots en qûp. Lej9 y est toujours 
m uet. — Des hu-z* affamée , — des cou-z^ im- 
prévus ( pour loups et coups )<> • 

OURS , OURDS, OURGS et OURTS. Même pronon- 
ciation. — Des vautours* acharnés, *^ils sont 
soûr-z^et muets y •— Des calemboàr^^iruA^ 
pides y •-* lesfauboûr^ifwendiéê ,*^de coùf^ 
z'eritretiens. * 



,>w^ 



1 ■ ♦ 



. , f 

Ces faùbour.s*aiijpurd*hui A pompeux et si grandji. * ' 

f V VoWAia*^ 

OUTS. Pluriel des mois en out Le ^ ne se pron0no0 



H-. 



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ta» ' D^ L'BMPIiOI DBS CONSONÏ<lES FINALES 

1|[nMM dan» fe Ibfeoh. ^^^ Ihs ^god'zHnféch , 

UtÔè Prononiîéï celle finale ivcc rirtïcufetion du c 

/ ^ !&rt. 'r-^Bêi aqueâù^k't' élevés à gmn^ frais, 

i^ lia duk-z'et pait's du royaume s'y trou- 

". ïfaiehtr '''^V' ' "■ • . - . ,■ 

eUS fet DITS cbttfeerVertl' là tttêttie pk-dttoiïeiàlion dans 

; ià iîaîsbh. -^ Deput-z'uh instant )f — je sui- 

j^incèHàin du parti qiit je dois prendre , — 

'i^:; dëénui'z'êtoilées /^ des pivdui-t^ immenses, 

%- ihfû%nt insitui't'â temps de ce qui se pas- 

UNS et UNTS. Ges deux finales se prononcent de 

' , lïiérae dans la liaisoû. — Les unz*et les autres , 

' ^quelque-z^un-z^iiest uraiy dans là foule des 

mofts {Yùl/Vï^p^-- des emprun-'t^a gro't'in- 

^ térét 

tus «t KTS. Même fuiile dans le cas delà ItaisOn.»^ 
.' faire nn abà^^'ihdigme de la confiance d'un 
ami y — un biocu-t' étroit j ^ un bruit confu- 
jt'et incertain y >^wi hiata-i'iàtbléfable , •f- 
ées Mtnèé-z'fwnoïnblea ^ — des oui>rages 
■\ brà-i'et infor^s ( pour bruts ), — des rebû- 
t'amem {rebuts) ^^ ~ des tribu- t'acquittes 

(tributs). ' 

, XII. . 



m 



V xii la tiàison àîi i . 

Lcine se modifie point dans sa réunion avec les 
voyelles initiales des mots qui le^ suivant. Il conserva 



T 



'W^ 







J 






son articttlàliôiri proprié ^ et il d'pnhé H^ii à biîë de nos 
liaisons les plus fortèd. 11 faut hi^me cbnVèhir'^^^ 
emploi, dans ce cas , ésl soùVehk: duf à Pôheîllè; voilà 
pourqiioî il serait peut- être nëcéssaîre qu'il fût moins 
fréquent, et qu'on ne Pappliquèt pas surtout fi des 
mois qui , ayant liinê pénultième cdiif^orihë, pourraient 
otré lies dMbe mahiêré pl'uis douce jpâr son intermé- 
diaire que par le ^6hâl. iTels sont les mots en arï, eh / 
cri y et en ort, Tentenas tous les jours au ilfiëàtrè lier 
les mois , sàrf j îhotî j transport, art, désert} etc. 
J'avoue que je né puis ajiprbuver li liaison du t dans 
ces (înàles , mie j^ la réfgarde comme opposeb au génie 
de la la ngue Française , et destructive ^é reuptlQnie qui 
en a rëgle la prononciation, Je^ ne voui pai éâ ^let 
,qucl^ char;ne , quelle douceiir on peut trouver dàhè 
ces liaisons. : ceïte mor-i'est àj^usè y ^*-^ un sor^ 
l^agréàhle,* — un ej^r-t^impossïbîèj-^^un minspor; 
V aveugle y^tin, déser-i^ànde ; surtout , je lé i;ëpéte , 
juand la liaisoi^ pèiit. tomber sur ûlii^ lïei èobàonnes . 
]ui fournit lés liaison4 les plus coûtantes , suf le r^ 
et qu'en prosodiant éi9Cteméiït^ ooii^mè on ledoiti 
ces finales , on à Tes mojen^ âéleur aoiiner toute la 
plénitude et toute l'^nérgié qu'elles demandent. On 
oublié trob que lé principe^ aes liaisbos éit particu- 
lièrement fondé , dans notre languis , surjé olMoin d'en 
adoucir la prononciation , et d^en faire ^upapttre les 
sons trop duré. On eiui^ère\ o^ «p^^^ utui léè . 

règles quit)nt ëtë ëtabties^ùr cela ; e^, laulededif- 
ccrnèment, on pafvieint i restituer an liînfeîge toute . 
* d prèle de sa première ongine. 



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3ia4 DE JiVMPLOI i)ES CONSONNES FINALES 

Je ferai beaucoup d'exceptions à hi liaison du /, sur- 
tout <Jan» la classe des substantifs , et j'en appellerai, 
pour leur justesse, non aux principes »MiK?squel8 on 
est bien loin d'être d'accord et dont l'incertitude ne 
laisse que trop de prétextés à l'arbitraire, mais à 
l'oreille des hommes de goût, et au jugement de ceux 
qui cultivent les lois de la langue parlée , loin des sé- 
ductions du mauvais exemple. Mais , en insistant sur 
les' applications vicieuses de la liaison du /, je n'omet- 
. irai pas de faire observer combien sont graves les fautes 
de ceux qui n'exécutent pas les liaisons de cette con-^ 
sonne, quand elles sont de rigueur. et prescrites par 
les lois grammaticales pour là parfaite intelligence des 
idées. Tous ces différens points de vue se trouvent ex- 
posés dans les détails qui vont suivre. . 
ÀGT. L'usage a dérogé, pour cette fjnale, au principe 
que-l'on trouvera exprimé à la finale ^c^.On y 
&it sonner le / dans la liaison ; on dit ; le con- 
tai't'immédiat de deux corps ^-^ il fut exak- 
fau rendez't^ousy - — il a un tak-t'exquis \ et 
non pas ^ le conta-h' immédiat j — il fut èxà- 
k^aurendez'Pousj'^ ilàunta'k*ex(jiuis, 

AIENT. Xçlle est la terminaison d'une infinité de 
verbes à la troisième 'personne du pluriel. Elle 
se prononce pr une seule émission de voix ,^et 
aveo la modification de Vé ouvert et long. Quand 
il suit une voyelle , le /se lie toujours avec elle. 
— Ils parlaien-t* ensemble , — ils partiraient 
t'aprèâ-demain , sijêtcy^qu'ilsaien-t'appris 
cette nouvelle ou non , peu importe. 



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K» 



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■V=i.v,v 



DEVANT DÉS VOYEIiliES. 



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' AlM. Liez toujours le t dans celtfe finale. -^11 se 

rendit célèbre par main^t' exploit, ^ • — un sain- 

t' homme y ^— // ùrain-t avec raison les mé- 

. . >^ 

chahs y « — il se plain-t'à tout le monde. 

AIT. Il n'y a point d'exception pour la liaison du / - 
dans cetEe finale. — ^ Un attrai-t^ im^ incible ^^^ 
un bienfai't'inattendu j — un fai-t' étonnant, 
—7 il fai't*àiièc plaisirjçut ce qu*on lui de» > 
mande y — un forfait* exécrable , * — untrai^ 
yinéifitable ^~ il lisai-t'at^èc grâce, — il 
éédutai-t:' attentivement, 

ANT. Cette finale est une de celles qui comportent le 
plus de variëtës dans la liaison , et sur lat}uelle 
l'usage semble avoir le plus exerce ses caprices; 
C'est une grande erreur de croirç que le tdoive 
s'y lier constamment j les eiceptioos ^ont nom- 
breuses ;' et voici sur queb principes je les 
^ fonde. Les substantifs en an^ ne sont «uscep- 
Ç V tibles de liaison que lorsqu'ils sont immédiate- * 
ment suivb d'un adjectif corfifnençant par uqo 
* voyelle. Dans tout autre cas\ et ppur peu qu'il 
y ait lieu à un repos, on ne les lie p)hs. Quant 
aqx adjectifs , aux verbes , aux adv6rl|>es et «ux 
pi*ëpositions / ils se lient toujours. Quelques 
exemples vont confirmer ces principes. 

Abolidant , adjectif et verbe. < — Payêabon^ 
dan-t'en fruits , — albondanVen son sens. 

Agonisant . substantif. Point de liaison. •— 
Un {igonis<m\ au» oi^it. Bfais tiéi dans le; 
verbe ou l'adjectif.'--^ i/ était agonisan^t'à 



mÊmm^ 



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is|6 DIS l'emploi des consonni^ finales 

V'hem:^ même} — on le trouyq aganisant^et 

♦ S0ns ressource. , . , / 

AIMANT ( minéral ) , "substantii', jamais de liaison.— 

Vaimanlal^ire /e fer. Aimant, adjectif et verbe, 

/ -- son çœ^r aiman-Vet sensible . -- aitt^an- 1 à 

s^ instruire, ; • / „ \ 

/ AMANT , suSstan^f^ suivi fie son adjectif ^ se lie, 
un àrtvian' t* agité ^-^ un a^an-i' infidèle - Dpns 
^o«t autre cas,. pQUitlde liaison,'— i/«ama//| 
et Sq> maitressey — ^ ^ r^/^ d'uman \ est sou- 
peni pénible. ^ ,.: \ 

AMUSAN'JI^^ adjectif et verbe,' — nnjeu amusan- 
i*eî curieu:ç ^ — ^amusdn^t^à le tourmenter. 
' ASÇ)SC^D.AWT:> si^bstaiitiÇ; prpnonccJz : — i/;;» asc^/z- 
dm't^hnfirijeu^ j --Jiiai^ <^itcs : ^^uèiascen- 

vpu^rf^^\ftejc?. \ 

ASP|flkANTV^Ht\^^.ivtif, TT- Jé(^ aspiran \ qu^docto- 

AVAW'^i pr^pwUpn, li-ïtt toujours, — qy,an':t'au 

ni av^/iVi'Vi çpi^TO^ q^ç!<^u^>. perft^^^ne* le 



AUTANT j i|dver^)è,*toujour8 liaispo,, — a^(a«-/'/V 

BA'^rAyrjr^ ^^\mt^t^ (ra«r^€(^u 4W cloche), 

pfoqoi^cef^ ; — ff ^(tff^^^f^fqjti^^kle d'une 
clochê.^.,{ A^l^p^jif 9rt v^r^Çi^ — - baitçn-t'ou 



/ 



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mmimmimimmmmmmmimm 



Tir 






. » 

,,■-•- 






% 



DEVANT DES VOYÊLUSS. , 127 

ROUILLANT, adjectif et verbe, — un caractère 
bouillan-t^ et impétueux y'-- ^chille déplairait 
moiàs bçuiilan't'et moins prompt'" Boit.BAU. 

( JiANT, substantif, poiut de liaison , niéiiie devant 

un adjectif , — w/irAo/i | harmonieux.*,. Chant 

' ( partie d'un poème ) , — un chan \ admirable*. 

(ILINQUANT, substantif. JLiez dans ce cas, — un 
clinquan-t^ insipide ^ mais divisez, quand il ne 
suit pas un adjectif j *— préférer le clinquan \ 
cuÂé/blide,' \^ 

(X^MMERÇANT , substantif, « — un commerçant 
t^honnéte f*-^ le^râle de commerçan \ est tou- 
jours honçrable. Adjectif* ou verbe,— -po^ 
commerçan - t'et fertile : — commerçan - t^en^ 
gros, « • «, 

( OINQL ÉRANT , Substantif, Dites : — un conquéran- 

t* inflexible ; mvXs divisez ctens cette phrase ^ 

le conquéran \ inflexible dans ses refus), livra 

la faille au pillage. Il y a un tepos nëcèjisaire 

entre conquéran et inflexible, * . v - 

< ( >L CHANT , subslantir. te / se lie dans ce cas: — 
du couchan^t'à l'durore ; ailleurs point de liai- 
son , — le coucha!^\ était chargé de nuages,,.,^ 
a^l^tif et verbe ^^couchan-t* en plein air,»--- 
êè coUchan-t^après le travail, ^ 

i)KK)SANT , substuntif ,*-/^ déposan] affirma par 
serment tout ce au il avait déclaré;..., Velrl^e, 
*-^ déposan-t^une somme, 

l)IAMANT..J^ii)aia de Tmisot^i -7- un dii^man] î^ 



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< . î 

ia8 DE i/bMPLOI des consonnes FlNALBb 

J forme\y — iediaman\ est le plws précieux des 1 
minéraux: 
(ftwiÉNAyANT, adverbe. Toajoiirs liaisoii ^ — ^e 

' ^^^erai dorénamn-t'à uos ordres. \ 

*T1LÉGANT , substantif. Prononcez' sans liaisort , — 
' unélégan ] inpatué de sa personne ; mais liez ' 
• dans ce mot, ^djeçtif, — un style élégcm-t'el 

. ENFANT» Lies s'ilsbit un adjectif y-r*.£^/ï enjàn-. 
F indocile; Iiofsce cas, jamais : ^^^l'enfqn \etle 
miroir i^fikb^ j — llunfim ] apprend à parler 4 
. sans maître ^ — cet enfan \ est-il à uous ? 
FABRICANT, substantif, -^ 'un Jabrican-t' indus- 
trieux j-r^le fàbrican \ occupe le premier ran^ 
. , dans laclasse^des commêrpans..,.. verbe , — 
— / fabrican^funè étoffe nouvelle. 
GANT , substantif. Le / ne se lie jamais , «—i^ gon\ 
- accepté ^-^ ungan \ enrichi de broderie. 
^ IGNORANT , substantif ,— c*est un igpQran-t* outre. 
j * *— Viffnùrah\ admire tout sans raison,.,, verbe, 
'^ignoran^t^un pareil éi^ènement , Je n*ai pu 
en pret^emr If s suùfis,. 
INTRIGANT , subsUntSf , — ttn intngan^i'adroit , 
•*- /* rôle d'intrigan \ est souvent dangereux, . . • 
• - verbe ,-— c*«^#|i intrigan-fainsiqu* il parvint 

, d son but. 

LEVANT , substantif. Liez dans cette phrase,— «V'^ 

^ • ' )feiH^-î*au midi; mais coupeiifilleurs , — le le- 

van \ éclairci. . ~, verbe > — levan^t^unê armée- 

^JIÉChANl', subsUntif,.- un méchan-t*ipcorrip: 



V 



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V*^ 



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i^mmimimm 



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^^r- 



h. 



V, ' 



yX-t 



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\-f 



DEVAIT DES VOYELLES.. ,V ijû 

1)1 ff ^ — iff mëchan \ ençenime les actions leè 

plus innoceriies,,.,, adjectif, — w/i Tn^^cAan' 

f homme ^ .— ' un méchan-t^ouvràge. ♦ 

MONTANT, substantif, point de liatsoli , — le moni 

. tan ( est de telle somme*;'*, vêrbê y^r' Vfontan^ 

fàcheifai. - ^^ ■ 



» . ■<* 



«■^ ( 



\ m % 
' ) Il 



\ 



^fOURANT, subs^Dtif, — le mpimiri [y répondait 
^ / parde^ signes y — là volbhté d^urï moumn | 

. vst une chose sacrée verbe , ,— - mourçn*t*ai/- 

mondfi et à ses passions, . . 
PASSANT , substantif, — un passan \ accablé de 

fatigué,,..^ verbe , ^ passan-t^à un autrv sujet, 
PLANT , substantif. Jamais de liais|)n , •— un Jeune 

plan [ entretenu Q$fec soin j^^-çe plan {japros^ 
' péré depuis l'année dernière, . * 
Cen est assez de ces exemples qu'il ^jigit superflu 
iio multiplier davantageMls doivent suffire pQur don« 
ner une idée des grandes variétés quMprouve la finale . 
cil ant , dans sa liaison , et des principes qui doivent ^ ' 
eu régler la prononciation. On a dû remarquer aar- 
tout, que les finales en ant, qui appartiennent à' . 
des n¥)b susceptibles d'être considérés comnie sub- 
staMifs , comme adjectifs et comme verh^V roœvaiént 
dans leur liaison une prononciation dira*ente; noua * 
croyons en efiet qu^ est nécessaire de distinguer dans 
la prononciation oer différentes acceptions d*un même 
tuot,^ et i{u'alors la liaison du t doit être réservée 
|K>ur les mots de foroe qui sont les adjeolifi el les ^ 
verbes; cette raison me pariit être une dea plus d4- 

. il., • ■■ ': ' „ ^ - t 



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:]réux dont on le cnargeau , — aes oasrcHUj 



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V 






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(^ 




terminantes pour X^^^^r la prononciation des finales : 
en ^71^^ et peut être serait-il utile qu'elle devnil une 
loi lixe et posilivc. Je voiidiais qme ['011 établit en 
pfinçiptî qne tout suh^lanlif (jgi pourrait être pris 
m^ acception d'un adj(?clif ou li'uij^ verbe , ne^ lût 
^ . jamais susceptible.de liaison*, que l'on put dire, par 
;exenipfe,z//zj:?/a/^a/z]e/Z7ZW/i?//a;^ tandis qu'on ^pro- 
noncerait toujours, conmie cela.se doi,t , — le plai- 
\un'fhommfi, et pïaisant'à tout le inonde. It me 
'.' semble qrte. ce principe r(%urari8€rait singuli^^temexit 
la prononciation des mots terminés en ant , gI ^o\x- 
- mettrait leur liaison à une méthode qui iVexiste pas. 
Qu^^^^^^^^ qui ^le serakut pas dans ce cas, 

il» rentreraient dans la classe de ceux qui ne peuvent ' 

'■*•••■•■' ' ' - • , ^ ' '. •' ■ \ •■ . 

»eiier qu'a vecleurs adjectifs. /^ 

ART. La liaison tombe, dans le prononciation de m 
cette finale, sur le r qui en forme la..t>énul- 
'v tième consonne :* niais on observera que cette 
*' règle ne '^rçgarde que fe subslantils ] car_^ 
.'pour les ver^>es , on des lie toujours avec- le t. 

^ ,)Excmple : ' é ' . ^ >• - '^ 

Art» L'usage ^semble avtlîîr' introduit une, 

exception en faveuç de ce mo^, et pour un 

seul cas seulement, on .dit généralement : — 

Vâr-i'cratoire.VdiV tout ailleurs ,,10*/ est 'dans 

muet la liaison / — il parle avec un éi r^in- 

jl^l ^ . — Vd-r^ embellit et perfectionne layc> 

ture. * 

Départ. Prononcez : dépâr,^ un dèpa-r'im' 
préifu., — son dépà-rallarma toute la pîlli'- 



1 * 




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«■■■■■■■■i 




çies <xun'Z exveiiens , — .aessotircj^urqtieap 



k t 







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■ HiVrL ( Cor Je j — Guindé la hdrau col , 
)^tran^lé court et net. LafontainF:. 

Part, sul)stiuitir. Dites .^—àvoir.pâr'au profit, 

— prendra par' à l\iJ/Hctlon de quelqu'un , 

— de pà-r'j^t dMuhe. Cepeiîtlant ori dît : de 
pâr-t'en pdrf,, ' 

Part (il), v^rbe. Ijez le t , -— il pârrtUt- 
près demain j -^ il pàr-V en poste, 

La pliipai t. Dites ; - — la plupà-r^y assisté- 

rent. ' - '- 

*• ,. ■ ' ^^ ,.■■*■ 

Quart. ^ vononcaz quflr ^ — un qUârr'et 
demi. ' . 

; Rempart. Même liaisou. î — Un rempd-r'é- 



■:^*' 



iVf 



,A 



A'oZ^. Tous- ces mots doivent être prosodies, avec soin f 
Ittti liaison ne serait pas soutenable sans cette condition.' 
/Vovcz la Proiodie. * ■ , , 

■«•■'' * '. 

AT. Celte finale qui se liejaas difficulté daDS un très 
^ grand nombre de mois, souffre Hëaoraoiris quel- 
ques cxçeptiops, dont je Uiiâse ^uge» le^ pjeilleH. 
délicates. 
'Je lie pense pas que l'on puisse dire, pour lie 
V niot^' apj^àt j — l' appâ-t* éib,\t infaillible' ^^ ni 
pour le mot bât (selle d^s bctcs do somme) , 
— un bà-t' appliqué sur le dos d'un mulet ; 
m pour le mol mât^y — le md- Vêtait criblé de /^ 
.boulets. 11 y a des liaû»ons que l'on np pourrait 
pouU contester à la rigueur , rnaid qu6 le goût . 
repousse , soit pour les doublas iàupHcations 

■'■■ "' •" -. • ». ■ ' ■ 






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z'émémlile. 



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l3a DE L'eMPIX)! des CONSOimBS pinal.es » 

qu'elles présenlent,>)it à cause de leur disson- 

ii^nce. 
'Hormis ces cas, et serîïttables, le t se lie 

* toujours dans la finale en at, on dit : —undé- 
gart* affreux , — un assassina-V indigne , *— 
un attenta-t' odieux > *-^-jm^i^oça-f exercé j — 
un comba-t' opiniâtre^ uricontra- t'en forme; 
^unècla-t'emprunié y -^ un fa-t* ennuyeux , 
— un magistra t'intègre y— un pîa-i'écrimin) 
/ ^^ le préla-t'ei sa troupe à pas tumul- 
tueux BoiL. -r un scéléra - l'insigne, — 

un solda-t'audacieuXi-^ il fallait qu'il par- 

lâ'-i'à propos y etc. f 

AULT et AUX. La liaison du t doit être étudiée dans 
ces finales , ou elle n'est pas'donstante. On le fait 
sonner dans assaut , — un assaû-t' affreux ; 
dans d^ut y— un défaû-t ' impardonnable : 
dans il fautj-— il fau't'obsert^er. que, etc.] 
dans le verbe préifaut y — cet usage prëmûrt'ù 
là cour ^ dans i^aw/ ( du v erbe valoir),-^ il 
çaû't' une armée par son intrépidité et par ses 

' talens militaires) dam haut, aaWi d'un sub- 
stantif , — étm mu pour un hau-t' intérêt , etc. 
' Mais je ne dirais point en liant Xet^ — un le- 
vraû " t' excellent , --un hèrad-t'à cheval 
se présenta (pour bérault), — le saû-t'était 
trop fort pour lui, •— parlez hàû-t'à mon- 
aieur;^ il a le cœur hqûH'et généreux , t-H 
est haû't'et exigeant. Toutes ces liaisons son| 
dures et contre l'usage. 




'■i-ivjik/* «.JVM «*a* «>\/uiv/uBi> »««Mw*- 



«/- 






N^''»'/^^^^,,^^ 



DEVANT DES .VOYEIil^ES. 




EAINT. Les sub^Unti& géant , fainéant , néant , ne 
se lient pas dans les phrases suivantes :*^Un 
fainéan \ occupe inutilement une placé sur 
la terre ,- — ce géan \ est énorme ,^ — r le néan \ 
est le terme affreux que se propose l^ athée, 
.Mais on dit : *--r c*est un fainéan- t'at^été, •— le 
néan-t^inéi^itable des grandeurs humaines ,-^ 
c'était im géanrt^eagtraordinaire, 

E ANT. Liez toutes les finales des adjectifs et des verbes 
en ea/itj^^-^^la est affligean-t'et triste j — • es- 
prit changean-t 'et léger j^-^uh tràuail décou- 
ragean-t' et pénible , ^- infligeanrt'une peine* 
mangean-t'avec excès y > — outragean-t'impu" 
né ment tout le monde j etcT^ 

ECT. Dans la liaison de CQtte (inale , le Y est toujours 
muet : on prononce seulement le c qui devient 
seul le lien des mots qu'il s'agit de lier. Beau- 
coup de personnes- manquent à celte règle , en 
liant le /; c'est une faute. On ne dit pas : •— wn 
^ homme abjék-t'et pilj raais^ un homme abjè- 
k 'et vil *-— un aspèk-t 'imprévu j niab, un aspè- 
k'imprévu. 

Il en est de même des mots circonspect^ cor- 
rect ^ indirect, infect, respect y suspect. ^^ 
- Un homme circonspé-t'êt modéré, •— un lan- 
gage corrê-t^ et pur , — le respè'k'humainy — 
suspè-k* à quelqu'un. , * . 

KlNT. Tous les adjectifs ou verbes iqui ont cette ter- 
minaison se lient •— Il pèU>fà ratfir, •— il 
fèin-^fune maladie , «-^ attèin^t'et convaincu y 



V ; 



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M. 













"■'■■*.; t*,^';'|f'!{"j(,,' 






- "M' 








- ■ ■ . "* ' ' - ' " 


' . \ 


^ j34 DK I/eMPTOÏ nns CONSONNES FINALES 


' . ■ tf 


if//ï c/m/7 tèinVen noir. Exceplei^ le substantif 


„ * 


teint ^\\\ n'est poifjt 'Susceptible de Haison.— - 




li a le tcift\ uni et vermeil y ^— cette dtojje est 




' • ' â^un teni \ ineffaçable' j '— quelle étrange pâ- 


" ' leur y toutà-eoup y de son tein \ efface la cou- 


.' " ' ."'.■■ 


, • leur? 


" (^ ., - ■ ■ " 

"4. ^ 


pNT, prononcé éommo ant. CçXic finale nppârticnl 


i ■ ' 


à un très grand noml>rc de substanlifs , dad-' 




Jeclifs, et siutont d'adverbes. Parmi les snbs.- 


- ■ *■ . ■ 


iantifs, il y en a qui ne se lient point et d'autres 


' ' ' ■ ■ * 


mîi né se lient qu'avec les restrictions exposées 


• * • s 


^ ain finales eh ûw/ et en <?anf. Quant aux adjec- 


': . ■ ' ■ 6. •:^ ^ 


tifs et aux advrrlîes, leur liaison est constante 

. - .. , • > ' " ■ . ' 


« - " . • ■ ,( • 


et sans exception. 




^,\Q[\\yi\Qb>àembstantifsquine selientp(ùnt. 


" ' 


J|e ne pen^e pas que l'usage ait autorise la liai- 


^ " .,'■'' . ■ * * : ^■>. 


•son des substantifs suîvans, et qu'on puisse dire: 


•^ . . - ■ 


— // a un accen- 1* agréable , -—^ donner .son 


■ * . 


agrémen t*à unmaHa^fej, — l^argen-t^estlenerf 


V 


de là guerre. — Jernaiiitiens qu'Userait mieux 


■ »■". „ - 


de prononcer : — il a. un accen \fgréablc , 


4 


. — donner son qgtérnen û un mariage ^ - — 


, ■ ' . " ' • 


r Vargenr est le nerf de la guerre , — et que l'oii 


1 


doit dire encore : — un arpen \ et demi de 


" 1 ■ ; ■ 


terre ^ -^ une den ] arrachée ^ — la gen \ cm- 


• ' 1 ' 


plumée j — une jumen indomptable, • — un 


' 


^ ' onguen \ excellent , — un patien \ amené au 


• < ■ 


supplice. 


• 


KtcmpfcÀ Je substantif^ qui se lient, ^hi dit 


• 


l^àhattemen-t^ étrange de.son courage^ — l'ac 


^ 


^ ~ ■ : 






\ 



■fi 



'- '.,',^' 



' v\\^. 



m 



m 



. 0ÉVANT DES vcnrEi^LEs, l35 

(E^T)c€n''t'aigUj • — 'un acciden-f imprévu , - — un 
accomtnodemen't^à l^ amiable ^ — un achar- 
nemen-t^opiniàtte j >— un alimeH-t*exceUent, 
— uri amusemen- 1* innocent j *— un apparie" 
men*t^ incommode y — ^ un argumtn t'en forme , 
'^ un aitachemen-t^inviolable j *-- tsn bâti-" 
men-t^ antique y-^ ûri chMmen- f injuste ^' « — 
iin contpHmen-t^ insipide y '-^ un défioûmen^ 
V effrayant y *— an encouragemen-i^utile y — 
^ Un équivalen'Vinsujfisant y • — un épënemen- 
t' inattlendu y — f un excellen-t'oraiSur y — et 
que dans votre sein ce âerpen't'Slei^éyfiAccio, 
Les liaisons dà ces snbstar^tiib sofit if^diqmëes 
par Icnr position devant des adjectflii* Cepen- 
dâTiit, places ces mêmes lAots dans âei circon- 
: stances où leur i^ap[>ort graminaticad avec les 
^livans ne serait pas' le même , et hnv liaison 
deviendrai* vicieuse. Ainsi je dirais". — dans 
quel abattemen \ ô ciel! étes-Pous èombë! — ^ 
^l^accen \ est un signe qid sert à irtdiquer les 
diverses modifications des sons, -=— un pareil 
acciden \ était bieiijait pour effrayer tou4 le 
monde , — lé plus mauvais aecommodemen \ 
est pféférablê au meilleur procès y etc. En {;6- 
nëfaly toutes les fois que Yori peut JKîtor 4a 
" moinâref interraplion entre les substuntifs en 
an/ ou en entei les mots qui lei sutvenlj le plus 
•Ar,elje pins rëguti^r est de ne poifDl les lier. 

Enfin , j*ai dit que les ad}ectift et les ad vcr^bes 
eu ent se- liaient toujours. Cette régie fionëralo 



A-^ 



V. 



^ '■" * 






''^'\'0p'':':d'%tki , 






s 



t^p^l' 



V. 






l36 DE i/eMPLOI DKS consonnes PINAliK». 

me qiipensera éCen présenter des exemples : Pap - 
plication en serait immense , surtout relative- 
ment aux adverbes en ment, dont la nomencla- 
ture seule remplirait des pa^^es entières. 
EINT, finale féminine. Cette finale appartient à lalroi- 

^ sième personne plurielle d'un très gr^nd noijibrc 
de \ovhes ^ comme ils aiment j i/s aimèrent , 
ih portent, ils portèrent La liaison du / y est 
toujours de rigueur, quoi qu'en disent quelques 
grammairiens qui la rejettent, comme donnant 
lieu à une prononciation dure et affectée. ^On ne 
disconvient pas que cette liaison n'ait en effet 
quelques inconvéniehs sous lé rapport de l'eu- 
phonie; mais un plus grand intérêt que cerui 
de l'oreille, fait une loi impérieuse de son ob- 
servation : la clarté et la juste énonciation des 

.idées en dépendent bien souvent. Comment 
exprimer rég\ilièrement, en effet, cette phrase : 
— * toutes les passions qui portent \in caractère 
■ de douceur, sont du ressort du style tempère , 
' si on ne liait pas la consQnfie finale du mot 
portent vsec la voyelle du mot suivant? Il est 
évident qu'on n'exprimerait alors qu'un singu- 
lier, et que par conséquent la correspondance 
/ grammaticale qui doit exister entre le sujet et 
*son verbe , serait rompue. Il faut /donc dire , 
dans de cas , non pçs comme on le fait souvent , 
toutes les passions quipor-t'un caractère yelc, 
mais toutes les passions qui porteni^t^un carac- 
fv , <^. C'e^t d'après ces principes que doivcrjl 



■■■■■■■■■a 



•^■ 



^•S&t^/u 



"r'-""'-'-'"v 



t . 



^f' 



* 



DEVANT DES VOYELLES. l5'J 

(I'^NT)étre prononcées toutes les finales fëminines des 
verbes , dans leur rencontre avec des vielles. 
Ainsi quand on dit : i7^ aiment avec excès y -^ 
ils approuvèrent une action injuste ^ — ils 
allèrent à Paris, — ils formèrent un projet, 
— ils transportent un grand fardeau , etc.j 
prononcez ; ils aimen-t^açec excès, — ils ap- 
prout^èren-t^une action injuste, — ils allèren - 
t* à Paris, — ils formèren^t^ un projet, — ils 
tram' '^èren-t' un grand fardeau» 

Nota, Nous n^voni pa« admis, pour représenter la liaison 
de CCS finulei, le signe généralement employé dans les dic- 
tionnaires et les grammaires où Ton se contente décrire le 
verbe qui (|oit être lié avec IV muet anté-pénultiëme; il est 
certain en effet quHl y a dans ces finales autre chose que le 
>on de cet e muet, et qu'on y fait entendre un son faible- 
ment nasal qui , peut-être n*a pas été assez remarqué. Ce 
^011 est surtout sensible dans le cas de leur liaison où la voii 
est forcée de donner plus d'insistance à la syllabe féminine 
))oiir passer à Tarticulation du t qui la termine et qu'elle 
Vloit attacher à 1a voy^e lie suivante. En un mot, je crois 
quMl est insuffisant d'écrire ainsi cette phrase, pour en fi- 
gurer la prononciation. — Ils porte-t'un grandfardeau , et 
que l'analogie avec le son véritable du moi portent', dans ce 
ons, est bien j^us distinctement marquée, en écrivant t ils 
porten^t^un grand fardeau ; c'est-à-dire en laiiiant au verbe 
le signe du son faiblement nasale qu'il conserve. 

RPT. Sept. \jQt, dans ce mot, se lie toujours; on dit,: 
il h sè't'ans accomplis, — sé't*hommcs , — 
sè-t*arpens de l'i^nes, * . 



X» 






■t.' 



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l58 Dli lVmPLOI DES COWSONNBS FINAÎÈ.E& 

ER'1\ Goncèrt, couvert, dësèrt, disert, oxpèrt, etc. 
Les finales de ces mots se lient par Fintermë- 
, dîairc du r, et non pas parcclni dp t ^ qui reste 
muet; Prononcé* \un concè-r* harmonieux y et 
lion pas un corieèr- l'harmonieux ; —^ il est de 
- eoncè-r^apec mes ennemip ,— un désè-r^af- 
freuâc j et non pas un désèr-t* affreux , • — il 
est fort expè-r'en chirurgie , et.noapas exper- 
te en chirurgie j -^ Je n'ai plus à t'ojffrir qu'un 
désè-r'et mon cœur. Volt. 

* ■ ■ . "" - 

" r • 

Nota. Ayez ^oin de (k)nner à ces finales leur valcuip 
prosodique; cette conilitiou est surtout indjspeji- 

, Kabde dans leur liai^^n qui, sans cela, n'aurait ni 
Jtt plénitude vni la di^uceur qui doi^ut en fornaer 
le caractÎTe. 

j\ ' * ' 

EST. Dans la prononciatifOn de ce moiK)8yHal>e pris 

pour la troisième personne du vcrbev èive , // 
est j io s no se prononce jamais, et le / se lie 
toujoiifs : il é't\^loiment y — il é-t'anwé , 
— - iîét'Û Paris. (M lie .ëgalement le / dans ^ 
èst{ orient ), ouest ( couchant. ) — De Vès-t'à 
/'oi#^5<^ ainsi c|ue dau^ le Âiot /^«/. . 
>7i\ Les étjparngers doivent l)ion prendre garde à ht 
prononciatioiH de \ti conjonction ni detant ui>f 
voyelle. Jamais le t no se lie avec elle; et il en 
résulte qiic c'est iln é simplement qu'il faut pi-é- 
nonQiCtddiïi^tiitïit'. aimer é estimer quelqu un, 

• — un homme é une femme. 



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^ OEVANT DES VQYEIXÏW. ' l5o 

'Qiiant aux mots qniont pour finale è/^ prononce 
avec un è moyen ou ouvert, comme ari^ît, ban- 
quet, brevet, complet, effet, intérêt, net, piquet, 
5ccrét, sujet, trajet, valet, etc., le t se lie tou- 
jours i -^ un arré-f infamant ^—^ un banque^ 
/ 'extraordinaire f — * un brei>ê'fhouorable , »— 
un coup êè't' amusant y un effé'-firiattenduy*--^ 
prendre intéré-fà une^ affaire y -^parler né / 'à 
quelqu'un y • — un secrè-t^important , -^ un 
sujè't* infidèle y — un irqj è-t* immense , — un/ 
vaiè't*adroit, — Exceptez lo mot guàt : on ti(e 
dit pès /e guèrt'â pied j — le guê^t'à chei^àl , 
nms le gué \ à pied ^ — le gitê \ à ch^i>al, 
quoique l'usage ait autorist5 i//ï^?/^-^!<l/>#fM. 

Remarque. Dans le pronom cet, qui est le 
même'quoce^ le / n'a été hjout(5 que. par eu- 
phonie, et pour éviter la rencontre de deux 
voyeirâî;^ c'est dire assez qu'il se Kc : Cè-t^ap^i, 
ce- f homme, — cè-t*honneuiry -- cè^t^empire, 

\X n T. L*ii8age est partagé pour la Imison du mit 
meurt. Je suis bien loin de désapprouver qu'on 
dise : f7 meiî-r^at^ec résignation J'^ si tout 
meiUr*aifec le corps, là morale et fa vertu ne 
sont plus que de ^ains mots; tntjfs les verbes 
étaiil des mots de fcrce, Feur prononciation, 
surtout danti la lecture soutenue , ne saurait étro 
asses marquée , et sous ee rapport je ne uurais 
blâmer la liaison dit fdans meurt: 

rtlS T et lEIfr. Ces finales sont sournises aux méi^ies 
règfeà que colles en ont ti en ent: mais voioi qu^l- 



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ICT. 



DE L'emploi des consonnes finales 

ques mots qui montreront la nikessitë dé distin- 
guer par If liaison un substantif du même mot 
c^nsidëré comme adjectif ou comme veibe. 

Pliant (siège ) , substantif. Dites un plian \ 
incommode^ et dans l'adjectif ou le verbe : — " 
le plian^t'osier,* — se plian-Và tout, 

liant (douceur de cajraclère ), substantif. — 
Il a du lian \etdela modération dans l'esprit; 
adjectif et verbe ; il est lian- 1' et ajffable^ . — 
lian-t*une intrigue. , ■ 

Etudiant, substantif. *— Vn étudian \ en 
droit j •^- et verbe: étudian-t* ensemble. 
' Mendiant, substantif. —-Un mendian |.im- 
portun^j — verbe : niendian-t'à la porte du 

riche. •„ 

Suppliant, substantif. — Lesupplian \ est un 
être sacré \ •'— adjectif et verbe : • — cet homme 
sifièr est devenu stipplian-t'et bas}-- Supplian- 
Vhumblement. ^ 

Quant aux substantifs qui ne sont point dans 
ce cas', liea les toujo^|s avec leurs adjectifs : »— 
un clian-t'affidé , ^un expédien-t* utile , — ^ 
un inconî>énien't*imprévu ^ etc. - ^ 

Le / se lie sans eiception dims cette finale , soit t^ 
qu'elle appartienne à des substantifs ou a dos ^ 
Vf rbes : — un effet immédia-t *et sensible , — 
tm plagia t'indigne , — il fallait qu'il épia- 
t * une occf^ion plus favorable. 
Prononcei et liea le / dans le mot strict : — - un 
devoir stric-t'et absolu j et non pas stri-k *et 



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1^ ' DEVANT DES VOYEHJ5S. l4l 

absolu; mais^l est muet dans Je mot districi . 
dont le c pënultièroe se lie seul : *— un disirt- 
kHmmense, et «on pas distric-tj immense: 

IMCT; Distinct, instinct et succinct. Le t ne bo pVo- 
noDce jamais dans la liaison de ces mots; o'W/ 
le c seul qu'o^ lie comme k ; dit^ : — un son 
disif'n-k'et bien marqué ^ — ^ un instin H'at^a- 
gle; et non pas distinct 'et bien marque, ni 
instinot* aveugle, 

liNGT et INT. Ces finales se prononcent toujours avec 
la liaison du / ; — t^ing-t'écusj — ifing-Vk^m^ 
mes, *-^ il parvtr^'t'aux emplois les plus èle^ '^ 
tfés y — il sun^ln'i'un accident. 

IST, IT et ITH. Liez toujours le t dans ces finales : 
'-^ Jésus-Chri't a racheté les hommes, — il 
est en crédi-t^à la cour, — un habi-Vélégant , 
— le zéni't'et le nadir (pour tënith ), 

OIGT et OIT. Le / de ces finales se lie également sana 
exception : — être seruiàu doig-t'et à l'œil, — . 
un adroi^t'imposteur^p^aller droht'à aesfins^ . 
un passage étroi't*et dangereux,^--' un expiai' . 
t'extraonlinaire , — soi - t' indulgence , soi- 
t 'embarras, — un toi^È^impér^étrabU^, — il 
perçoi-t'un grand revenu, — il boi^t'outre 
mesure, elc. ^ 

OlJN T. La liaison du i u'ett pas oonslaDte dans cette 
iinale, qui appartient souvent k des moti sus- 
ceptibles des trois acceptions de substantif, 
d'adjectif ou de verbe. En voici des esemplet ; 
Adjoint , substantif. •— Il nomma pour son 



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10 A)B x'k^IPLOI DES CONSOpiNES FINALES 

jodjoin 1 w» homme de beaucoup de mérite ; 
*verbe : •^ 1//''' àdjoin-fà à l'ambassade de 
Mtâssie, 

--. verbe, — Ujoin-t'à ia douceur beaucoup de 
fémieté^-^iom-t'à ce çu^,— cji'Join-i 'un bit/et, 

Lej> autiej* $ub*Uulili qui ne »out |u»s ilans 

ce ca» , lie lioHt devant leurs adiçcûfs ; diles : -- 

il lui rey/naii un appoiu-l* immense , -— il a 

' ^ embonpoiu'f énorme ,-- discuter utipoid- 

rimporianl d'histoire,^ lé poinfessentiel 

Jd'wiû oghijt: On dit avww ; un poin-t'ei une 

pir^uley — il nifa poin- t'a Paris, — il n Vst 

poin-tUnstruit* ,. 

OMPTy |»i'onivt. <*» ««^^ *1"® ^® "*^^ *® prononce 

"* /iro/i. Qnand il suit uim5 va>e»lc , ^c / îi^arliculc: 

et *• Tie avec elle ; — pn^a-i:à se résoudiv,'- 

le pnm-r'effei d'une caus^, — 9US4ittàt ton 

esprit , proh-t*4 se révolter. lUuj.. \ 

Ëxoeplex les linale* de* vei btië iuternvnpFT 
rÎMtpt , corrompt , doMt le / ne me lirait jamais 
*u#<Wiiblû. Jo »c ïier. Ou dit : -- 1/ ^ 'il^ernm \ 
à tout pmpos , r- il nm \ un traite , — i/ nm \ 
Cl» w1toM5 ses amis, , — U corrun \ â prix d 'ar- 
gent les (imes $Ȏnoles. 
()M\ AflVo«Jl, frimt, uiQutTpout. G^s sulvstnitils îi« 
lioiii devaiil leura adjeeùlV. — Vn al/nm-t'ou- 
tn^fetmt, •- m/fon-l'^udaviiux , — un mon- 
i'inai^essible, ^ un pvnt'ètroit et dangereux. 

' llor» co jD^i, et pour |i«u v|u U y ait lieu à un 






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»^Bi>.' 



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DUVAxNT I)i:S VOYIU.LKS. 



1*0 



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vcposa|>iès €U2L, le / noe lie ps el reste raùet. 
-— Recepoir un affîran \ en ptib/ic^ -^ foire uii 
' agron \à%iuel[iu *un,^lfaii marcher de fron f 






IS 



I- 

r. 

m 



une inthgue etStes soin^ Je sa fortune*, — • 
son fwn I es^ dégarni i ruraux fiiéds du moh\ 
était un temjiièy^rr- ce poft 1[ admirable par ta 
hardiesse de sa constructitm ^ faisait Véton-' 
. nemerU des étrangers* ,.;.*- 

Le proQoin dont eii^ploiâ toujours U t dans 
sa liaison. -^ t^es héros d^nri^iiJire son ori^ 
éT***^ >- — ^^^ événemfns don^^à peiné quatre 
siêâies ont "pu arrêter hs' funwites effets, 

Ënûii ont \ lioate jïé diven iampa de beau- * 
coup do verbei > te proiionoe ioujbura a\ec le / 
devant Icui VQy«)l(A« ♦^ //sysQiW^4 i'orifji •-- »/s 
fojih*t*ensembk leurs étmeà > •«^ ils partiron- 
i^ai^ec moi, -r- ils on- 1^ un démêlé, ei^., 
iHir. Mous ayons exprimé notre opinion sur la nia- 
nièrcT de lier la fuiale des stibstantifs en ort, 
(Yoyea le conmiencemeut dis cette section) 
U en résulte qu'il faudrait dir« :*-^ une^ffâ* 
r*impossib/e , — une mS^'affream, — un 
pi^r*assuré, ^^ un rappé^r'ayaniageux , un 
ressô-r^infaitlibie y — * un sô-r'agréable j — 
un tô-rjrrépaïuUe , -^ un\trar^p^r* aveugle, 
à tô-reê à tmi»ers , en obser? «nt toutefois de 
. (M-osoilier régulièi^efiieiit cette termiiuftison , qui 
est à-la fois ^rave el lonifue. 
t>t' IcuiH erueU eiiran» rcflo-r*iiidu»trieiia 
V il^roW W ku ^Mï krûÏQ iHi^ Im <)i«Ma. V^ur, 



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l44. DE L'EMPIiOI »ES CONSONNES FINALE» 

eepehdi.nt , il y à qnelc|ues esçeptions que nous 
devons faire remarquer ; elles tombent sur le 
motyort, qui peut €tre substantif , adjectif ou 

àdveAs. * 
' ^FoTt , substantif (signifiant un lieu fortifié )* , 
se prononce)»»-.' - Un fô-r' assiégé , — un fà- 
r' inexpugnable. On le prononce encore tel 
dan» fort, aâjeçUf. <^ un homme fâ^r'ft cou- 
rageux, ^ il est fô-^'au^ échecs , — cheval . 
fô-r'àdompter.'-U^is quand ce mot est ini-. 
niédiàtenientsuivi d'un substantif, c'est le /qui 
«e lie. On dU : Un for' f. argument , — unfor- 
t'exercice. Il en est de même de fort, advei-be, 
dont le f sonnetoujours dans la liaison.— 1/ e«<^ 
fort'aimable , ^ for-t^ heureusement ; — U 
m'a for^t'eniiuyé / ^ cela lui tieitt for-t'à 

\œur. • , . , . , 

Je ne ferais égàleoaept aucune difficult* de 
lier ïe / dans le verbe , it sort, pour faire dispa- 
raître l'analogie qu'il a avec Iç sutslantif sort. 
■^ It^r-t'à l'instant.Mak j'aurais de la répu- 
gnance à donner l'expressiou forte du t finalau 
m^t dort, qui peint à l'esprit l'idée la plu» pai- 
sible, et je dirws : -r U àA-r'en paix ,—.ce. 
n'est qu'à. prix d'argent qu'on dôr'en cette 
'i,ille. BoiL. ; tant d me semble que dans 1» 
longue française il faut consulter les rapports 
(|ui existent: entre les moU et le» idée» qu'il» 
expriment! • 

Ot.iOu lie géuéralcmeot le/ dan» le» mot» qui ont 



mmmmmÊ 



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., -. ■ - ■ ■ ■• • - - •" ' r^v;>-.-. - 

. : .. -• - - ■ * 

deVant des, voyEixiiîj^- 445 

celte finafe , e t l'on dit ; un complo-V affreux y 
— un dévO'-t'aux yeux creux et d'abstinence 
blême j *^ Je^ris de mon naufrage et d^Jlo- 
t' irrité /r-^uri matelo-t' habile j^—Un trofin-^ 
; supportable ^-^ aussitôt t'aprj^s ^ — bientô- 
t'un neuçel çrage éclata y-^ iantô^tHl rit y 
et. Cantôt*il se fâche i —^ un dépÔ^t^ onéreux' ^ 
— un so't ' homme j cio. 
Cependant, il faut convenir qu'en appliquant cette 
it^le à'ious les mpts terniinës en o/^ on s'expose- 
rait à faire des liaisons ridicules. Je ne pense pas en 
ciret que Ton ait jaifnhi$ dit : z//? goulo-t^étwit , en 
parlant dn goulot iVûtie bouteille;^ ni le rô-t'est 
Ifniléy etc. Ces mqts et semblables ^n'entrant guère 
^juc dans l'usage ordinaire de la conversation, n'ont 
pas besoin d'être liés^ et i}. est vrai de djre, ealgé- 
Mci'àl , que beaucoup de nos liaisons admises , uë- 
ocssaires même dànV la lecture soutenue , seraient 
déplacées dans la conversation ; c'est ^n quelq^â, sorte 
lui lanf^agèà'part; il y règne plus d'abandon $ moins 
<le prétention, plus de rapidité et de libellé. Celui 
<|ni l'appliquerait à la lecture soutenue y le ?;ronipe- 
iait; mais au&si, celui qui transporterait à |/i .conver- 
sation les formes du>l^ugage élevé,. iîoUrrail risque 
«l'y jouer un' rôle ridiouler Les hommet^ de goût et 
He bon sens saisissent facilement ces nuai^e»^ et 00 
les reconnaît surtout à cett^,Cicilité,i^ié)é^ nie grâces 
qu^ils portent dao^ I^^ommunicatiops ordinaires de 
lu vie. Le* sociétc« choisies de la c•pi^le jp(||refife jdff 
uiodcles danscegenre. . ^^ ^v^jvtu^'^n — **.^ 

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i46 DK i.'kmpix3I dks consonnes finales 

CHJB'f» iPrononceai avec le / la liaison des finales des 
'' ^^rbes en oûri, — Il accoûr-Và ^rand pas ; 
jiiii«c|ae celle du mot court, ^djectif, (juand il 
Wt immédiatement suivi d'un substantif. •- Un 
coûr-t'espace , — - un cour- 1^ entretien. On dit 
* âiis«îed style femilier ,-^coi^r-/^^/Aow. 
OUT. Le f se lie également dans toutes les finales des 
mots en ow^. — te niofe d'aow-/Vcow/É? /— d^uii 
hou- f à Vautre,' — un dégoû-t' insurmontable, 
S-, un goû'fexq uis /— -yV fit* adresse suriou-t'à 
' Ç0U8 y — tou't'un peuple _,— tou-t à vous, etc. 
UlT. Même règle que la précédente. — Î7>i circui^ 
t'immeme j •— un biscui-t'excellent , ^ — hui- 
'■■'. t'écus , »— de mîhuit'à une heure , -— un^ 
nui't^affreuse j— il poursui'Vun fantôme, eii^. 
UiNT. Dé£unt , emprunt. Lo t ne se lie dans le preniiii 
T'^^e ces mots que lorsqu'il est adjectif, ©i imnVc- 
diatcment suivi d'un substantif. •— 3f on défiin- 
t'ami..Hors ce cas, jamais de liaison ,/— le r/c'- 
, * /i/n 1 aifait recommandé sa famille aux â^es 
bienfaisantes. Emprunt, né se lie pas non plus. 
^■^ il fit un emprun \ à gros intérêts. / 
llf et €TH. Os finales sonnent dan» la liaison , avec 
le t Dites : — Un attribu-t'honorable ', — lin 
' oUprage encart bru-t'et irifhrfne y — un burt' at- 
teint^ — de bù't'en blanc ,"t-un lu-t'harmo- 
- nieux (pour luth), ^— wfï jstatU't'approupé , 
* i*-^n tribu't'acquitté ,-—11 accouru t^à grands 
pàè, — il couru^t'à lui , "- il mburu-t'au 
c}\amp d'honneur , etc. 



> . A 



S ■ .; ,. t 



"T*^ 



■IIIIIIIBIip— 1 



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't^ y 



DEVANT DES VOYJSIiLEb^ 



147 



Xlll. 



De la UdiHon du X, 



* 



La propriëp de cette consonne est de se changer 
' dans la liaison en z; mais comme le x prend souvent 
a la fki des mots l'articulation de J^s^ comme dans 
.^JaXjpèrplèXjStjxj il s'ensuit que la liaisofi , dang^^* 
ces mots et âeiili)lables, doit s'exécuter avec cette arti- 
oiilation , céqui établit deu* nianières de lier le^ finales 
t'Ji x^ la première, avec le z ^ifuplo) et la seconde , 
avec un ^,et un z. QuëUiues exemple^ suffiront pour 
pK'scntcr l'application de ces devra sortes de liaison^. 
A\. Cette Hnale est toujours eih aks.lÀe^ doQC avec 
celte articulation les mots qui lui appartiiçnnent. 
— ^jak-z'est un héros de Iq fahle y— Dak' 
z^est une ville du midi de la France^i \ a 
AIX. Le X représente un s dans cette^finale , et il se 
\ lie toujours comme un z.^ Le faiz^ accablant 

\ du gouvernement ( po u r f*ix ) , — une pai-z^in" 
\ sidïçuse {\io\iV P^**^) > '—Âi'z'est une taille de 
Provence (pour Xix)» 
Al \. Il en est de même de la finale aiîx. Dites : ad- 
z^hommesy*^ QÛ'zUngmtê , — unfaû-z'ami, 
la faûz' impitoyable du temps, — un taii- 
z-eoiorbiiiant , -^ dos êi^naû-z^inewliamêj'^ 
des tra^ÛK^àhmun ,' etCi i^ ^ « i^t M,i«*i 
1^1 X. Le r se ehaoge toit^ours en £ d»llefilot^finifttft• 
~ Un ^stèmé affreu-z'et iniûiéml^isférkiiÊlf ,^^ ^ 



10. 



■i*'"pipi 



piHIIMIIIIIIlilililllIPPPPaiil 



1 



't 



^ 



4 



i48 mz V^uvvoi ni:s consonnes finales 

dangereu'zécueil , -- un doulourei^z'at^enif, 
unfameiirz'écmciih j • — unnombreu-z^audi- 
ioire y -^ tu peu'Z* arriver trop tard y— des 
. . cheiféu'zépàrs , — des jeu-z imprudens y — 
: des y eu- z' abattus . | • 

ÈX et JNX. Ces finale» se prononcent èks et inks, 
# ' Par conséquent , on les lie avec ^ette articula- 
tion. — Son cœur pèrpl^kz'et troublé , — le 
hirik-z* est un animal fabuleux. 
IX. Les finales en ix ont les Oeîix prononciations çn 
\s et en /A*. Exemples, des prernières ; dï- 
\ '- %'hommes j •— une perdriz 'enrôlée ^—un pri- 
z* exorbitant. Y,iG{\\\Ap des secondes : le jour 
; préfik'Z^arrii'é , •— le Stykz'odieux, . 
OÏX. Employez tonjpms le z senl dans la liaison des 
finîtes en oix, *— Une noi z*écalée ^ — de la 
poi'z' étendue j — dUwe çoi-z' unanime.^ 
OÙX. Même loi pour les (inales en oux. — Il est dou- 
z*et affable y — les dou- z'^accens de sa voix y 
-^ un èpou'z' infidèle j -y dés èpou'z' assortis, 

— un Jalou-z' incorrigible. 



XIV. 







. De la liaison du Z . 

, ' » . .. 

Cette consonne se lie toujours d'api^ès son propre 
caractère : on le connaît , et l'application de la manière 
de r«inployep deviendrait ici inutile. Tout ce que nous 
pouvons ajouter & ce que nous en avons dit , c'est qu »• 



:■■•''*%, 



."■'*'||||^;:, 



«-T 



y '- 



j DEVANT DES VOyBIiUES. ]49 

ne faut jamais négliger dVn former lii Jiaisoii des mots, 
jtfirtout où elle se rencotitre.devaut des voyelle». Biéa 
ditlereni de la plupart des autres cqnioimoi finalos | 
le z forme la xliâine de nos moU jnsc|ue3daBS Paban- 
(ion de la co|)Yersation la plus libre et la plus négligëii). 
La douceur qu'il rëpand sur le laiigage en a rendu 
l'emploi universel et du toute» les classes; partllit 
il satisfait Poreille, et l'homme le plus grossier l'a 
]M>lle tjuelquelbts, ^âns raisQn, à son secours, pour 
adoucir les a^përitë» de son langage. Sou interven|iofi 
â\ait lelleÉnent séduit nos pères qu'ils l'employaiont tt 
)a (in de beaucoup de mots où il n'existait pas , et c'est 
ce c|(ii a fait tJire lork-temps von z^a dit y oni^'éooute 
à la porte. Ailleurs, ils le substituaient à d'autres con- 
soiiucs (iuales dont là liaison, leur semblait trop dure; 
c'tîst ainsi qu'ils disaient : leuz'ami) pour leur ami, 
Toul cela prouve combien l'emploi du z a été rpconnii 
dans toii^ les temps J comme favorable à la douceur 
de la prononciation fiian^.aisd-^t combien lès secours 
«m'ou en pouvait tirer pour lier et assortir les mots 
satisiaisaient l'oreille , et étaient d'accord avec le goût 
ifaliarial. D'où je.concius que , négliger la liaisoti du t 
paiiout où la. présence de cette consonne la demande, 
e'ost violer une des lois fondamentales de la pronon* 
ï'iation française, et lui ravirunè partie de son charma. 
( Voy. la liaisori du *. ). ' ■■"■■'.'.. ■*■ r^m i^- mtmi. 
Je pourrais terminer Ici tout ce que j'avais i e)t[ioiér 
sur le système de notre prononciatioiri, relativement 
« remploi de nos voyeillea et de nos consonne» (ioelffV 
»»ïais l'extension que je donne à cet ouvrage, et te Inv» 



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V 



iSo EMPIiOI PE8 FJNAIiES I>JEV ANT LES MOTS 

•oin qvef4proiayè d'y consi^piner tous les pnncip^^^i 
MyiU 06 i^pport pensent aplanir léi difficultés di^la 
proMMMciiitioii françuUe, ne me permelteii l pas de laisser 
iilif»arbittti]neparlip dont le complément appartient au 
•«fot ;que je traite ici j je vei|x (Hré, la nrwinièrte d'em- 
pkmr les coi^spnnes ou les voyelles finales devant les 
mbli dont l'initiale est un ^. Les ^rreiirs sont sifré- 
cpe<itfl« et si içrôssjères à cet égard*, il y a si peu ' 
d^oinilKkS qui. aient là-^ssns des. priocipef certains, 
que je crois particulièrement utile de traiter cet ol>jet 
sîiparément. C'est ^lans cette vue que je vais faire un 
ehapitre additionnel sur ^efcte partie importante de 
niDtre prononciation. ' . •' 



V 



V CHAPITRE ADDITIONNEL. 

DK8 MOTS FRANÇAIS QUI ONT UN H POUR INITIALE 
ET DE TiAMANlilRJî.D'EMIîMïYEK AVEC CE CARAC- 
TERE liKS VOYEIiliBS OU LES CONSONNES FINAÏiKS 
DFS MOT» QUI liES PRi^:cADENT. 

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■ - — ' , S-. .*• ■. " •• , ■ • ' ' ' " "^ 'j 

C«^t (puiourS) comme on le sait, la nature du h 
initial d'un mot qui détermine la prononciation des 
CoiMonn^t» ou des voyelles finales des mots qui le pré- 
oèdeiU. Lp h peut êtl^*api|é du muet: quand il est 
aspii^ , c'est à-dire , quand il l'ait prononcer avec aspi- 
ration , ou du gosier, la voyelle qui lo suit, comme 



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QUI ONT VN 1/ PQIJR INITIALB, ^ iS^ 

"^ (\ansi hasard , il comaïuiiiqMç îi cçtt^ vQy«lk le» piOr ■ 
priétës d'une coni»onije;prcona4quei4t,lç« qQMiPlù^ai 
iinales des mots qui le précèdent, ne sonnent jamais 
dovaut lui', tandis que les voyeHei» liùaiçsy conservent 
toujours leur prononciation naturelle et simple. Lè\ 
hasards et le \ hasard* Quand il est muetfe'est-à-dire, 
quand il n'ajoute rien à la prononciation de fa voyelle 
(|ui le suit, comjrue dan» honneur ; alors cettv voyello 
conserve les fonctions de toutes les voyelle^ initiales, 
cl Its consonnes et les voyel)çs hnales des mots prëc^ 

^ (lous se lient avec elle ; l^ honneur j un dangereu-z hon- 
fu'ur. - . • ! ' N 

Mais la difRcrtitë n'est pas de rett^rtir ces }>rîncipës î 
Penïl^iTas, pour la plupart des lecteurs est de savoir 
({.uand le A initial d'un mot est as()irëdfiniu^t , afin de 
conformer loup prononciation A l*uo oii.àl*aulro du ces 
deux cas. Les fautes les pliift'grayet rétultftnt d« *oeilo 
ignorance; tantôt on lie les ooniônne« fliialeta^'des 
mots dont le A initial es| aspiré^ Untôt on les faif 
sonner sans liaison di^vant de^mot» dont le A ^tt muet, 
l^es mâmés erreurs se replrôduisent poiir les voyeltè% 
(pi'on élide ou qu'on prononce inalà^ propos. dans 
leur rencoUlre ayec ce. oaractère ; enfin rîeo n'est peut- 
être plus mallraité diins notre langue que œlte partie 
iJv M pronooeiëtiou > cliiRaile . i^ Jj| vérité, main pJMi 
digne dès- lors de Tattention et de Tëtude 4e oeil& qui 
veulent U parier QQrr^ctament. * ; ?$ r«f« 

Je diviiiurai ce cbapiUre hm 4^111; 4^^u».; cl|at la 
première, je couipreodrei l^^m le» luoU doint Initiale 
^'st un h mueij et dan» la sccQnç|f| toua oeua qui 



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Ht. 






li% BMPIiOI DE8ipiNilI.KS DEVANT liES MOTS 

ont ce caractère cispiré, avec des eiemples relatils a 
ohaounedeces positions. 



f'^i^i. '. 



H 



P II IS MI ÈRE SECTION. 

Deë mois dmni Vifiitiale est un H muet , et auxquels se 
fiénê les consonnes elles poyellei finales des mots qit 
tes précèdent , quand elles subissent la loi de V élis ion. 



HÀ. 



Habile et ses dérives. * — Un ha^m^abile,' — il é-t^a- 
bile m toutes cftôsefty*--^ il (U fait cela fot^t'abi' 
lement , r* il ofai^ ^oir so-i^'abileté en cette . 
affiiirf 7 — un écrimin 1 habile. 

f Habiller , «t dérivés, ♦— Il a^abillaii , ^ — il lefi-t'fl- 
biller des pieds à la tête , — • il\luifit donner 

^- u^n^abillefiunt magnifique i^^il portait u-n* a- 
bit gixissier. • > 

, Habiter , et dérivés. *-^ // doi-t^abiter cette mcUson i 
il est da^ sa nouifè-Vabitatiion ^ — * lé-^M^abi- 
tans delà campagne j •^ ce logement est main^ 
tenan-t^abitàblek . 
. Habit. -— Un méchant* abit , — u-n^abit propre j — 
lin rich'abitr 
Habitude, et dérivé». •*- Une bo-n^abituàe , • — // 
é-fabituetlement à la campagne , •— il faut* a- 
hituer les jeunes-gens au trauaU , *^ il a un 
ma^l'abituèh ' 



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QUI ONT UN H POUR INITIAI^K. l55. 

IJaglographe. --LèêcéUbre'z'agwgraphesXçivÀ écri- 
vent les vies des saints ). 

Uii\e\ne,r--Jip0rdai''è*aleinej ^ retenir so-n'aleine, 
»— réùiter un discours tout d*u^f^'aleine j •- un^ 

mauvaiz'aleine, 

..t ■ . . ■ . ^ ' 

Ifaineçon.— Mordre à l^ameçon , --- iijeta son^a- 

meçon inutilement,— un excellen-t^ameçon: 
IJurmonie et dérivés. — Une douf*armonie j,^^ il ^ 
chan-t'amionieusement ^ -^ une tvi^z'^rmo^ 
n^f^l^^ y"-^^^"^ ^on z'armoniqy^^^ - 

Hast (arnje d'), liHStaire (soldat armé d'une pique). 
-rléz'astanvs lâchèrent pied j*— il s*amnçait 
armé de so'n*ast^ ,' 

llauhart , liaiiteinf poissons). -^ Il prit un ^rvz'aU' 
bartj — l*autin se plaît daris ces paragfffs. 



HE. 



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M< hdoniadaire et dérivés. -r^ Un journa-lfêbdonia- 
^aire , — ilétait'èbdcmadierde la càthédmle. 
Jléhèrger, etc.— Ils nouzjlébérgèreni pas Jabiement, 

' ^r-- l*ébèrgement étaii commode. . 

I (ébétéa. ^ // fu4'ébété\à forcé d$ wupa , — • 90Uà 
' m*ébêtez par f09 discourê.^ >'. •» i! , 

Hëhiohèt ( crible). — ^pprpclieg-moi potr^éhiehêt. > 
Hibreii, èlc. ~ f^ous me parlé z'ébreu .^lùlaii^ 
^ gu'ébral^ue, #- i?W un^ébmisnw ( localidn 



hébraUpie ). 



1\W ï tu '%(■»». V •■ *v. ** 



Hécaiônib^ féminin. — Offrir un^écatomhê. *»î ^1 
Htctur(màte| généricpie^de» noufcaui poidi et ra#- 



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^^^^m^imm^^K^ 



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)5é BMKIiOr DlîiS FINALES DKYANT LES MOTS 

ioiitre -, — féctomètnfy --. ù-n'èvtostère: 
|1ëgU«, féminin. — L'égirè des Mahométans. 
Neitluque; -r- Deut^ eiduques se présentèrent dux 

avant-postes, 
Hëlas— i/^^ âe^ndzélas ,--- voyez lehéVélasi 

-^ PO't*élas rw me touchent guères. 
Ilëliafttes (juges d'un tribunal athcnioii ). — îié-z'é- 

liastes le condamn^mit au bannissement, 

Hélicon. — Le mont' Élicon y — le sommet de l'E- 

« " ' ■ ' ^ 

licon, i 

HiKotrone, — L'odorant'eltntrope , — il cultive 

dans son jardin l'ëUotwpe, 
Ilollëniqne. — Le corpzèllénique ,-- fàiiv dé^zel- 

lénismes y -r- un savant "elleniste, 
llWëtie. — L'Klvëtie e^t un pays hérissé de mo n- 

Uignes y -^ lè-z^Elvétièns y — les loi-tèlvë- 

iifues. \ . ~ 

Houi^ (iDqI t|iù euliH) JaiiJi la conipositiou do divcrii 
;: |i)9^,do *ci|OMUtî», demi)' I^? A } «^^'^ touipuri 

mwf t. " No-if^^misphùre , --le piwni^r'êmis' 

tiche p — ua^èimcyde ( demi c«rçle) , «tq. 

Hëmortgio, —7/ lui sêérviht une^ran^reinoragiey-- 

J: \fémor^^iie est une maliuUe souvent dan^i^ 

. . ttuse, • ** . 

Uë«M)nK)ttW. «^ U-^némoffoule extèrm , •^ 4ét san- 

k*én}orroïdaL 
Hëp«lic<u«. - /-^ jjfw-« V/KWivw^ • -^ ** i^al'epa^ 

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Qt^f ONT UM H POUR I^ITIAI^K. l65 

Héraidiquo, — La scieftc'^midique (oti du blaton ). 
I Iorb« , et dériués. *-t- Des planie-z'erbctc^ts , '— lé- 

z'èràagex^ sont excellens dans cm ixmion, — 
. u-n'èrbe i^èrte^ — r un 9o4^èrbeux ,^^^ m>n*èrbier 

des plantes iVAmérlqiéc y -— il iKitilu'fèjrbo" 

riaet y-^c*est unsai>an^fèrborisie. , 

Mticule^ — C-eH u-n*èrçule ^ -—- Vèrcule de Far* 

nèse. ■ . " . , 

I itTiUge , jetc. • — L*érUage de ses pètvs , — il le fi- 

t\*nUer de tous ^es biens , ^^ so n*ér^dité fut 

1 

partagée ,— if poss0ilai't*érédiiairemeHt une 

terre , — une c^Hron*éréditair^\ 
\ ïtrôsie , etc. — U*n*érésie y « — un dogf^ *érétique , 

— un 'ërésiarque > •^- léz'éreêies des premiers 

siècles» 
\\ii\'UM\[ihroi\\ie, --7 Les i^ers de tèrrtî son t'èrmaphrQ- 

dites, I ' 

\\imm)iu\i\e,'--L(nchirnl'*ènnytigue , -^ le ifaisseau 

fu hermétiquement fermé, 
lit riuine. -r- Un mttnteau d'ermine, ' ^ 

Honuite. — ^ Un pau-pr*, ermite-^ un élégan*t*èr^ 

mitage , — il se fi-t^ ermite, 
Uéioï«me, elc. -n. Un éclatan-t^éroisme , ---des ac- 

tionzéroi^ues y ^ c'est u-n'éroïne y — té-t^é^ 

roïdes d'Oinde, — h Lufrin est un poè*m*é- 

rotfcôrhique , — il mar-ok'éroïquement au corn" 

^' > — lé-**éromea du temps pâmé, ( Eioaptoi 

hérgi^ Aotii (e A ^t toujours ntpirë; (voyei cî-doi- 

dtSsoua ). 

Ht^ilor , otc. — // ne faut pchM'éêiêer entre ^9 juete 



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1 56 IÇMPIiOl DES FIN AUÉ^S DKV ANT I^ES MOTS 

:#l Vinjt*^ y ♦— ii'Z-ésiièreni long-temps sur le 

parti qté*ilsa%faient à prendre y^^ réciter San- 
* z'ésitation y .— iHi-frésitation m'étonne. Ces 

niôU élaieul pronoucé» aulrcfoi» avec lu h as- 

pire» 
Hélôroclile. — C*est un homme fort* été roclitè (l»i- 

M»T¥e)y^—unespn't*étetvclit€, • 
HëtëVodoxe.— I/o c/or/^M-fV/t^ro^oore' (coût rai ro à la 

bmiiie doctrine) , il est suspeit d'étéroihxie, 
Hëloroi'Xidr — Un corps composé de partiez' éiéro- 

gènes\ — Vététvgénéité est fmppante. 
Heur.— il Xy^ qi4*enrH ma/heur dansxe monde. 
Heure, — L')^4re est arrivée ^ — lé z'cures s\'œU'^ 

/ent,-r- il n*est qu-n'eure, 
Heui%U.\ , cic. Il est parfaitemen-t^eureux ,— il ri^ 

l^eureusement,^- lé'z'etireux écénemens qui 

se suvi'édèivnt, 
Hèiai^ono. — Une figu-rèxagone {l\ ^\\ ciUts). 
Ilèxamcti-e. — Un vèrz*èxamét/v 



Hl 



Hiaiu». Il faut éditer lé-Mjatu^.dans la poésie j -^ 
( ^oilà un*iatus gui blesse l'oreille. 
Hier. — Il parti^t*ièr , -^ il e^t arrivé d^ièi au soir, 
-r- il arrii>a aiwi ê'iér (cl uuu |»as, aidn \ hier.) 

HiérogKphc. — Dé zUéfvgfyphes ingénieux, — un 

... 
symbo'Viétv^lrphique, 

Hicrophaule.— L *iépiphante qui présidai! aux mys- 



"pK^ipilliBHHIIIIIIIipillBPl 



•fc mlui 



* QUI ONT i N«/ POUR INITIAI^, i iS^! 

^ tères (l*Eleu€iky ■ — ié-zUérophanies proriorh' 

HilarUé. -^ f/h^ bonhe et ftan-ch'ilarité^ -^cè-iUia- 
.rite fte Vous est point ordinaire^ * 

lli|>pialrique. --^ L* ippiatriqu^ est i*arf de guérir les 

. maladies des cheuaux, " 

irn>|»c1a[>he ((;ei"f lies Ardennes). — Lé-z^ippelaphes 

.s'ont très communs dans (lettefbrét* 
lliUpot^iMpos (chevaux marins de NepUiue)^ — JLê^ 
i ^ippocatnpes obéissaient à sa W)/jr. 

Il, 

IIl|>pocenlaurti ( munslio rabuleiu).-^ Cette statue 
{représente u-nippocentau/v, 

lli|»|HJcraS; . — C'est un excellen-t'ippocras , — il ne., 
Ixài'àit que de rippi)cras. J •' 

1 1 i I »jH»c rèiio . ' — lia bu des eaux de l 'ippocrène. 

Hi|*|(o|u)laiue. • — L^ippopotame est un animal'ùm- 
phibii;. 

IliroiuKlIo. -T- Une peti't^irondelle ,^- lé-z^iromlePes . 
sont des oiseaux iXi}a^eurs, ^ 

UUloiro , etc. — - Une pUtisan-t 'histoirf ,~ lé^ *istO' 

riènsS anciens , < — le styl 'istorique ^ ♦— narrer un 

Jai-tUstoriquenéen{. 
Histrion. — V^n'istrion f-^lé-z^istriom^-^un excel- 

len-t'isifioM, , ^ 

Hiver. ~ J^*arênce du gtunt^iv^j — lé-M^ié^rs sont' 

tou/ùurs fiMèeujf j — ^ les troupe-z*it4rnèimi 
' dans un tel purs. 



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l58 EMPLOi DES FINALES DEVANT LES MOTS . 



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llohereîku,'^Unmportu-n'ober€au{o^eanàGproiG). 
. \^ Lé-zobereaux sont la terreur des habitans 

de V air. 
Hogqer ( gronder ). — Il'z'ognent saris cesse , - 
/^ ifoua ne faites ^U'dgner. 
Hqir (héritiers). — Lê-z'oirsen ligne ascendante , 
>— /^om> de ce domaine devait lui revenir. 
. Hpllande. Le A^st muet dans ces phrases : toile d'ol- 
Id^de , '-' fromage d'ollande. 
Hollander i\iïïQ\\\ivaG).^y'ouspe savez pasz'ol- 

landèr une plume. -» 

Holocauste.— L 'aute\ déz'olocqustes ^^Volocausie 

était prêt, ^ * * 

>r ombre (jeu )7-* Le jeu d'ombre. ^^. ^ 
Homélie. •-- Dé savante- z orné lies , 4r une idstruc- 

%'V*omélie. 
Homère, etc.]— Le gran-t'Omére , —des uèr-z'o- 
mëriques , — léz'omëristea chantaient lea vers 

d'HomèreJ 
Htimicide.— Un complot* omicide; — des regârd- 

^ ' t'omicides. 

Hommage.— Un éclatari-t'ommage , -^ faire agréer 

sè'g'ommages . — ren-d/ommage à quelqu'un. 
Homme.— Tous léfz'hommea aoni sujets à larnort, 

»— r Vomme est né pour le travail* 
'Homogène. — Lea partie-z'omogèhes'd'un corps r^ 

Vomogénèité des corps. v 



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QUI ON.r LN // POUE IIIITIÀLE. 169 

ffomologue. -^ Léê côté- z^omologues d'un triangle y 

• — il-z^omologiièrerit un contrat i 
Homonyme. — Lé-z'omowynieê de la langue fran* 

çaise j -^ uhforh'OnjrMé d'un thot, * 
I \oi\io\)ha^e.--Lé'z'omophage8 mangent de la chair 

crue , —^ un barba-r'omophage, 
I fonj^rie. Lci h est muet dans Ces f)h^ascs seulement : 

*— Du point d * Ongricj — eau de la reine d' On- 

gne. ' : 

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WovyuèKc.— Un* est pa-z' honnête de se louer soi-même, 
— z7 obtint Un pri-z'onnéte de sa marchandise , 
— // en use fort' onhêtement avec tout le monde ^ 
' — une conduit' onnête, - \ 

Mv>îiiiçur. — Fai-r'onneurà son siècle et à ion pays, 
»— Wz'onneurs funèbres', *— un caractè-r'ono'' 
rable , — // vi-t'onorablement , — il fau-t'ono" 
rer SCS supérieurs , — des drqiz' onori figues, . 

Ilopilal. - — L*opital général j *— dêz'opitau» mili- 
taires y • — c'est u-n'opital. 

Horaire! -— Les ligne- z'oraires d^un cadran.- 

Horison. • — L 'immen-s'orison , • — un'orison étendu^ 
—/Une li'gn'qrisontale. ^ ' 

Horloge. — - L'orloge a sonné midi , — le z'orlo^ges 
nespnt pas d'accgrd j — un ^p-ri^orloger,^ 

Hormi#. .— Qrmis pous , toUt k monde j^ étffifj.,,^. 

Horoscope. hr.Onn^ çrçitptm ^ïiér^'l^-WW^ ^ ~ 
tirer Voroscope de quelqu'une,^,,,;- ,^ ;^t 

Horreur. — Celafai-t'orreurfr^Qnnysaunikidêpf^r 
ger saii^z'orreur , ~ lé-^^çur^im d'unçfmhat. 



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1^ ÊMPiOrDBS riNAI^S DEVANT LES^ 

':''Aù:i\»rrHn ohjè't^'omble^ *— il étàit'orriblement ctc- 

Hê^fiioe*'^ Donner ifospice à quelqu'un j * — c^esi 
[■^. un homme foM'ospitfl^hr j < — exercer l*ospita- 

rtospodar. — L'ospodar de J^alachie, 

Upilie; — U^n'oêtie de paix , --^ony sacrifia plu- 

.Yi^ieur-i^'osties. 
. Hostile I etc.-r- Une entrepri-z^ostile y— il agi- 1' os- 

iilernentj'— commettre dé-z'ostilitéê. 

mie.r^ Jl mange à table d'été y—unôtecom- 

' mvd» ^'^ l'oiéf de i^ille^-— une exc^llen-t'atel- 

. lerie\*^ilYadebeat^'t'otèls, ^ 

Hpuaga ( MU»g« d'un navirp ).'-'L'ouage dif vaisseau 

était marqué mr les flots. 



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îluile. — £/>ïi? excelkn-t'uHe , — des chair z'uileu- 

ses y ^--U'n'uilierd* argent, ., 
HuÎMier. -— U-n'uissier de la chambre , ^lé-'z^uis- 
siers du palais, 
' Huit. — Le A est miiet àf^m \ Di-Kuity ving-t'uit, 
//Vfi-/^«i/(voye» ci-deftM)U» quand il est aspire). 

Huître. -- Dé'z'uitresfraiches , ^ une bo-n'uitre. 

tlumaiil ; etc. -^ Le genfumain , lecorpz^umain, 

— les choae-x'umaines ^—-il re^it'umainement 

les vaincus. « 

Humble.— Un^umble aveu y — trè-z^umble sentir 

' teur,' — mpptiè-r^umbltmenl. 



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QUI ONT UN H POU» iNlTIAXiS^ l6l 

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Humectant. '-^ Donner dê-z* umèctana à tinmatadeï 

. — il fau-t^umècter soutient la terre, 
Hiiineur. • — // est d'u^n'umeur douce et traitable j 

— de maupai-z* umeur , *^ dé'z'umeura acres ^ 
1 1 m aidé. •--: Uumide élément j-^ le tempe és-t^Umide^ 

-— l'umïdité de l'air. 
1 lumilialion. — ^ La gran-d^ umiliation où il était , 

— cela est bié-n* umiliâHt j •— s'umilier dévani 
Dieu, — -une profon^d^umilité» i' 

jliniuberlu (étonrdij. f^ous êtes U'h'urluberlu* 
jliirlehiller. — Les mouton-z^ urtebillérent à propoê 
(s'accouplèrent.) 



HY. 



I lvaciuthé(planteetpiérro précieuse). £i%VicmlA^W/i^ 

bien dans ce. jardin ^ — ^ une bèlt^iacintl^e. M 
Ilvaclos. — Lé'z'iades s'y assemblaient (\eênyn\^ 

plies ). 
llydrauliipje. — La science* idraulique. 
llydro, féminin, V- U^n'idre à cent têtes j — lé'»^ 

idres mandent les petits poissons. 
1 lydrografjie. — Un bo^n'idfographe, * — des cartes 

d*idrographie. 
llvdionièk -- V-rt'idromèl vineux, t— un éxcellen- 

t'idromèl, ^ ' i *' - ' '; ♦'« v H 

fl.y<liophol>c. -^ Il dei^in-t^idiéphobej pr^ L^dro^ 

phobie est unj^mptômede /a rùge. • .'*^*eiiii 
Mvdiopisio. -^ // est menacé d^idikfpiêie^sw^xsDé'* 

z'idropii^ues incurables, . 41; <• il? -au t^ l diiU- 



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tfil HJiFLOI BE» FINAIÏE8 DEVANT liK» MOTS 

IIyéoè# «^ li*iène est un ahimcU quadrupède y — W 

g^Hnea y sont en grande quantiié. 
lAffjàw.'^ Il ptofesâe l'igiène: 
ïiym^**^ U^n^eureU'X^imeny'-^les lois de Viménée. 
Upam.'^Dé-'x'mmé en l'honneur des dieux, — 

unbèVimne, 
Hyperbole, fëminin. — G^ n* est point u-n'iper- 

^/é!j ^^je ifousledissanz'iperèole, — un dis- 

coûtât* iperbolique^ 
Hypocondre.' ^-^i^est unfàcheu-z'ipocçndrej_r-- lé- 

.t*ip0eondriaques sont mélancoliques. 
Hypocrisie. — *, // est dépôt san-t'ipocrisie , ^— un 

Mé'l/ipocrite ^ lé àc^ipocrites sont dangereux. 
Hypothèse. >— Faire u-nUpothèse singulière , — un 

propO'k'ipothétique j '^ cela n'esterai qu* i- 

j^m^tiquetnent. ^ 
Hysopa. ^D0puis le cèdre jusqu'à Visope. 

rSEQOVDB. SECTION. 

Mots dont l'initiale est un H aspiré, et auxquels ne si 
lient jamais- ni teë consonnss ni les poye(&s finales 
dêê tnots antérieur * 

. • ■ ■ ■ . • 

HA. 

' " . ' ■ • ■^ ■ : " 

'Ha (iQter)eotion qui marque la surprise ). -^ Son en 

, ordinaire ëtai \ha! 
Hàlage.*— C*Mlaii/>^*Afc| halage ,-^ chemin pra- 

<■ tiqué pour le \halage, V .. 

Hàle ( et ses dërifés ). •— Le gran \ hak ^ — le tein \ 






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QUI ONT UI^ U roVJBi IN|TIALS< ifij 

halé > — il fallut ping \ haieuts pour rwmontéà 

ce bateau j 4h»/^ | halemeni^ ;. 
Haleoer (flairik* l'haleine). — On p^niHloe le A dan» 

ce . mot , quoiqu'il loit muet dani hàMne et Aa- 
* lenée j — dés 'que\ le^ chiens eurè ( haimé M 

béte. 

Haleter. «^ il arriu0^ to\* \ hùletani , «-*^ hiséem-h j 

haleter, \ 

Haloir (lieu oiVlWftéclie le bhdUvre),*-^ i/y âPillir 

un gtnn |/wï/oi>. '^ ^^ 

lïalot ( trou de lapins J. •'— L^a chiens entr^itnt daiH 

le \halot. " > 

llalotechnie (traite des sels). — // est sàPant ^rià 




.''■♦\.. .♦ 



la\ hùlQteohnie. 
Hamac. — Il était couch^dans un excellen \ kantcu:. 
Hameau. — tfn méchan^ hameau, -—^4 boiêgi 

hameaux. 

Hanap (grand vase à Loire* Vieui.) *—j II rempliêêQii 
de vin son \ hanap. 

Haquençe. r— Une b^lifs \ hqquen^e, •— c'ut 

grande \ haquenéé, ^ 
Hai|uet (sorte de charr<^tte). -U- ^nl] ha^mi^ '^.p^ I 




hagu0tier, h w . . * a 

Harame (arbre qui r0urnit de Iv gomnaO^ *---X/ | 

harames jr croiwnt en :abo)uianeê^ "\.H 

1 laraugue ( et ses dérives ). — ^JL^ [haranguée de Déê% 

mosthènes, — f/ i^a^i^ 1 hartkfpm Hi ira^p^ 

aidant le combat, ' .4''' \ ;^u...'.V4';it;^''i^' :.';?. 



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arts. ^ l/zi &P/I I Adivi^^ -- i/^ éÉM^ dâ \ 




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J64 BMPIiÔl DES FlNALRa DEVANT i.FS MOTS 

Harasser. r-Z?«>» ^rw^pe' | Aar aWe« ,— /V est exthéme- 

min \hams$é. 
Hareng. - Dé\ harengs frais y^lci\hamriguaison, 

— c'est une \hareni^'ere, 

Haver (exciter contre qurU|n'un. ) — En vain on 

voulut le \ harcr contre son agresseur, ^■ 
Haricot. *- Dé\ haricots verts, >- un exceUeti \ 

' haricot, ^ 

HarU^iie. -— Une méchante \ haridelle. 
Hait). — Crié \ haro sur quelqu'un,-- clameur de | 

hato. • 
Hawird(et ses dérivcg), Lé \ hasards.de la guerre, 
^JiimlJhasard, — ils se. \ hasardèrent à partir: ■ 

Trop Kcumise pour lui Uc 1 hnsarilcr vos jpiu s. HAC. 

H»e ( foiuelb iiu lapin V Us tuèrent une \ hase, 
Hâta (cl twft iltHivés). Jlss^ [hâtèrent de pd^ler , - 

des fleur \hâtii>ès, 
HMU (niorccau ^lo porc frai*). - t'était une \hatille. 
Hàvc. ^- Il état \ hiU'c, — des jeu \ hâves. 
Havaiieou (lorte^e filrl de ptkiMO. - llyiMÙtdes 

tn^Us dans son \ ha^eneau^iaroù le poisson u'^^t 

échappé, 
Havcron (avoine »i|nvoi;«). - llfarailun mélan-c 

à de \ hai^eron, ' . ' ' 

Hàvut ( cn>clvt?t.) - Il raccrocha wei^on\ havetr 
Hnyîr ( dméciier ). — Il le fi \ hflvirm soleil. 
Havre. ~. Gagner lé \ luUre, ^ilpifdit son \ 

/idpre-Mir. ^^ ' 

Hùe. .— Une \ haie épaisse ^--se tancer en\ haie. 






WPl^WPf^HI^ 



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9Ui/b«T UN /r POUR INITUW:. i65 

Haine (et ses ÏÏérivës). i//i^ | Haine projfôndje , ^ 
tro \ haineux { pour- troj> ) ^ ^ iV /<? | hait à la- 

mort r . ^ 

. ' . Il 

Et je gouhuilerais dans ma juste rol^rc 

Que chacun le | haït , comme le | huit mû pkre. Rac, 

• • • " '. ■ ■ ■ ■ . 

Haire. — Porter la \ haire, * " . « • '*■ 

Haillon. — Des i^ieu \ haillons, — tout caupert 
de [haillons» V 

lUMe- *— Il Ji I halte en tel emlroiK 

Jlall>ran (ji une canânl sânvage). — - Le \ halbran* 

1\A\g.~ Une immensç \ halle, ---il.parle le langage 
dé] halles: '^ ^ 

Hallebarde. — la \ haUebakle est une arme dange- 
reuse, ^—lê I hallebaxiiieTS 9 enfuirent 
\ Hallîer (hnUîion ë|>ai$). ^ Il se glissa à traders lé ] 
hafliers, - , 

Hampe,— La ] hampe d'une] hallebardéi. 

Ilau (sorlc dô uiraven«éml),— le [han. 

Hanche. — i/a Atfitwi* | hanches'/ 

llanuar: -r- Vé \ hangars soUdemeni coneinsiis ^-^ 
uneférmèat'ec séyn^ng^uus.* ^ 

llMxucXon.^ Lé\ hanneêom j fqnÉ^du*dé§di | 

lianniclieur ( bourrelier)» r-/-<^ | hanniikeur: - 
Hanicrit (lungue wiiiilo AeÈ lniï\^j}ê )rr--Ii ^l ^^ 

Ihuic^— La \ hanse ieutonlgi^* . 

Haujiièro (leroio da maiiutt» cwJige). -r- la] hat^ 
siére, * \ . ' 



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q^PMipp 



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|86 ÈMPU)I DES FIMALrS PKVAMT LBl MOTâl 

flaqter. -^ f^ou ] hantez mauvaise compagnie j — 

cette \ hantise vous sera-^fi4nèste. -, 

Happe, hafiper. — De^ pierres liées ayec de forte \ 

houppes y-^ il fu I happé en sortant dé chez lui, 
Happelourdû (pierife fauwe). — Ve n'est qu'une] 

happelourde.^^ 
Hfirçeler. t- Une armée] harcelée de tous côtes ^ — 

on me \ harcèle de toutes part^, 
Harde (troupe dé bélesfauves). — Hardcs.— La ] harde 

était nombreuse j, — des vieille ] hardes. ^ 
.^Hardiesse (et »e» dérivés). — Il fit un discour] hardi y^ 

*^une noble] hardiesse ^— marché ] hardiment 

' à Pennemi,^ls s'en] hardi refit mutuellement. 

Hargneux. — Jl a un caractère \ hargneux^ — un 
chevQlfhr] hargneux {\iO\\v fort). 

Harnachement » harnais. — Un cheval bien | harnaché, 
♦r— d^ I harnais de charrette ^ , — endosser le \ 
harnois. 

Harpagon. — Cyeit un vieil j f^rpagon. 

HiirpaiUer (te cjuereller), -^ J/sse] harpailUrent vi^ 

V0ment* . ' 

Harpe, •— Un joueur fie \ harpe j — le^ son de la \ 

harpe. • \ . 

Harp«r . •--• Ce cheifat \ harpe les deux jambes, 
Harjue. ^^ Lé \ harpies j — c# sont de vmi | harpies, 
Hnr|ùi^ , harpon ^ liarpauuer. -t^JU? | harpin ^ — lan-, 

cer M harpon , •— ils le \ harpoimèrent. 
Harl (cordiD ). ^ La | hart d*unfhgot, ^ h \ hart 
* au cou) 



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QUI ONT 0N H POltR INITIAUB. 167 

Hauban (ternie de^ marin©).-—. Lé\hauhanj d*un 

Haubert (cuirasse ancienne). Wi- L«| haiêàêrê. '* 

„ . •• . -■ '' . 

Haut (et ses déri\és).'-^Lé[ hantes montagnes ,^—41 

■ é] haut (pour est) ^ — parlé ^ hautx — rfw *««- 

niére \ hautaines^ — /air 1 hautain , ^ il le 

souiin I hautement ^^ lé] hauteurs qui ^ntou^ 

rent la ^illej — une \ haute fittaiej^-^ sâ\hau'^ 

tesse y ~ de\ haute lutte ,e4c\ ^ 

Hausse, .hausser. — Xd | hausae des actions y ^êè\ 
hausse-colsy--^ il] haussèrtnà le bras, ^ les 
fbrèd I haussent j — ({é | haussoires, - 



lin i^aii- 



Héler (terme de marine). — // | hélèrent 

Héiai^t. — dé \ hérauts dénonçaieàt autrefois les 

joutes,^— un \ héraut d'armes* 
Hérisser. — Ses cfiet^ùux se | hérissèi^nt 
Hérisson. — Le \ hérisson, ^^ U àfi^i \ hérissonner 

sa maison, (vûàrtfir)* 
Wvtc, — : C'est un paui^re \ hère. 
Ucrotu — Le \ héron ' 

Vi\\ UéKoti au ioii| knx , cmniviirM il'un kiiifl M»y, I^f . 

I léros. — ^ Lé I héros d^ Vanêiquité, •«• p*^ mn \ Ké^^ 
ros,' — un gran \ héros. Tous les dérivés di ^ 
inoti ayant fwn initiale un * OiiiMi aubiiipiil 
une autre loi. ( f^cn^i cî-daaant). 



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168 EMn^OI DÉS FINAITS WVANT LKSMOlS 

Hèlre,— -^ fombfv d'un] hêtre, — du bc^is de \ 

héire. " jr^ .1 

Heaume , baumer , haumier ( tévme iVarmure w), ton- 

jours aspirés. ♦ 

Heuri , Heniiaiie. — La\ JHenriade est un beau 

poème* , 7 

* La voix du gran | Henry pëcipite kui s pas. | 

Elle «perçoi | Henry , »e détourne et soupire. Volt. 

Hennir , hennissement. — Ce cheval se^iiià \ hen 
nir,^l0\ hennissement des chevaux. 

Hernie ( et ses dérivés ). — Il est incommodé d'une \ 
hernie , — c*est un savani herniaire. 

Her«e (et lïérivés).— Passer la\ herse si4r un champ, 
.^le] hersa^a est achevé , r" ^'^ '» '^ P^ I ^^'^'^ 
ce champ. ^ 

^ . Heurt C^ilêrivés). — Le \ heurt de deux vaisseau.y. 

Un Ibeurt survient, ttdieii le char. Laf, 

^ ii ne faut pa \ heurter de fiont les opinions 
r^ueêy *— le \ heuHoii se brisa. 



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" Hibou. — Un nid de\ hibou , - /<^| hiboux habitent 

V 

\ Hic.^^itàée\hic. 

Hideui. — T//I monstiv | hideux , — iV ^ J hideuse- 

y^ment di^rme. ■ - ■ *. 



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QUI ONT UN W POUR INITIÀIJîi 



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*Hie (instrument pour battn^le yiSisé), Il se seri adroi- 
tement de la \ hie, 
' Hiérarchie ( et ses dérivés ).— • La | Hiérarchie céleste , 
-^ Tordre \ hiérarchique, - 



HO. 



• '*■ ■ ■. 

Hoc. — l^e I hic et le \ hoc, — être \ hocj-^ on dit 
. àussi. le \hoca {\Qu). . 

I loche ( el ses dérivés ). ^ // partit en \ hochant là 
tête, -—on prit an ] hocbe-queue, -^ce [ hoche-. 
pot était très bon ', — on fit une \ h0che trop 
forte y ( entaillure ) , — %>om \ hochez la tété: 

Hochet. — Lé 1 hochets de T enfance, • 

Hola. — Mettiv le | Mla» 

Homard. — - ^cheth de \ homards »— un bon \ ho- 

mard: * ■ -' * 

Ho(iuet. — Le \ hoqn^t de la morf; — on entendait 

se \ hoquets de foft loin,. .^^ , • • 
Ho(|ueton. ^ Porter le] hoqueêon, \ ^ 

Hollande. -- La \ Hollande , —U^ troupe] hollan 

daisesy-^un\ hollandais, (/^of^x oird«liut 

pour les oice|)tiunt. ) 
Hongre (el ses dérivés). — flad^ux beau \ hongres 
' dans son écurie, — il a foi] hongrer sùn c*#- 

vo/,— il part pour la \ Hongrie»^ ks in>iq>e\ 

hongroises ,' — un habik \ hongroyeur.^ 
Honte ( et ses dérivés). . * ^ 



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Le crimç I fuiî U honte , et non pmi récbufiiud. Coin. . 



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170 EMPIiOi DES FIN AtJBS DEVANT I45S MOTS 

~ une fausse \ honte, «^ il fijyai \ honteuse^ 
ment , — ceqù. *iij avait. de plu \ honteux pour 
luiy^ v^est un homme dé \ honte, 

'X" _ 

Hôiulir.— J/ <^ l honni partout^ — le^enfans le] hon- 

\ nisssent. t 
llois. — i/ e I hors d'atteinte , ^ il étai \ hors de 

lui y — on servit plusieur\horS'd\ruvre, Le h^ 

tt'aspiro t^galemeiit ilaiiîi dehors, ^ — Le dé\ hors 

d*une maison. 
Hotte. — Une \ hoHe , — // en oyait une pleine l 

hottée. » 

lloublof). — Le [ houblon y croit en abondance , -^ 

on a faiP um \ )u)ublonnière de ce champ], — on 
'. n'a pas assé] houbkmné cette bi^^^rrà. 
Houe. — La\ houe , -^ ilfavsai \ houer son janlin 
4Ioulette. — La I hoUàetted'un bergvr. 
lK>un. — Lé I hourisde Mahomet , • une | houn. 
Hv^\k.^ Bmlerde la | houille, — une \ houilUèn' 
( épuisée, ^ 
Houllo^Houllouv. ~ La \ houlle était grosse , ^— /*' 

M^rMai'l houlleiése* 
Houppe. -'^\Meitre dé\ houppes à. dès chevaux , — 

• </t^ I houppeianiles pour V hiver. 
iloûrce (ienMaNlo iiuriue). Houcilu^o ( m»vo"»*»»;^' 

gvaiMei* J. HWK|iMi ( uavirc liuUëûiluU). 4lour- ^ 

^ri ( tumulte X-- Tuiu ces mot» ^'asp'ucut. 
Hou«|ii|li^r* — Ils se\kouspUUrx'fit,^ , ; 

HouMMirilV^/'^ I houMà^ sont des tivupesk'^ci^s, 

— un 4fieu \ houtsui 
Hou#j4e (i^t ifvi ^érivi^). Al/wr | housse de dmp . 



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QUI OJNT UN ïi FOIR iNlTIArLK. ij\ 

^ î> ; ^ , >''„■.*'" 

-^ on n*(\pa\ howisé (ç^ meubks^ — • // n* aidait 

A/u ^une I hpussin^j^ la main , — " un marchand 

de \ houssoirs, v^ ' 
Houx. — Lé I houx y^iennent dari^ les hois j ^Jaif- 

. ier^un\ houx iin pyramide. « 

Ifoyàu. • — La serpe et le \ hayon. *V i,. r 



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llucho.— »i/r avq^/ {/i^ />aii9^d(i/i,s Al [ huche, -— ^ 
lluéo, Huor , •— Le^ *| Aw^t'* recommencèrent^ -^ i/vçe 
yï I huer*de tout le monde.. " " . - * 

v ■ - 

Hii{>uenol. --.Lé | huguenots' s'emparèrent de cttie 

placer — un \ huguenot cont^'erti. 0^ dH «u^ , 

la\ huguenote (sor^o cle niariuilo). 
Huii ( el SCS (k*rivé»):— AToiAs étion \ huU ,*— ia\ huir 

taine ,-—' c't^tait le \ huitième. \, 

Humer. — f^ou \hunf4fz B un imuêvaisi air. ' v 

Huuo, Hunier, — La \ hunè ^d'tm napir^ ^ — h 

gran\ hunier, - • . _ ' 
Hut — Une \ hure de sanglier. Enfin on aA(Uf« k^ h 

ilaiis huard(à\g\a 4I0 ni€r),v* cl buter (so)v pour. 

HO lo^ov iUu$ iitu» huttes.*— i/s JMT | hiàtèrenicoiruHe 

ils purent. 
Hup|H\ — La \huppçd*une<UiQi4eH$ ^'^iijfm^ 

plusieurs ffmike^ #4</f« pJu | huppéee. 
HurltT^ Hurlaïutiutl -^ CM enàmdit dé\ hurèememê , 

affreux. ■ ■ ] ' 

Hutte.- — l,a I hutte à* un berger * ^M^ construimi 

un4i\ kiitie. 



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LECTURE EN VERS, 



nCURÉp SUIVANT LES PRINCIPES DE PRONONCIATION , 



7 



EXPOSif DAMS CK TRAITA. 



V LÀR POÉTIQUE ('> 

CHAN PREMÏÉ. 

I 

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r ■ , « 

Cé^t*Êti vain qu'au Painà-svëun téinérai-K'iautçur 
Pense de lûr dé vèi-z'alleindiH! la hauteur j 
8'iîne »c:n uoiu du cîtl rrnnuence scLcrHe , 
Si êo^n'ikii-tr'éu ria^issan , ne l*a /qrmi^ poète ^ 
Dans tion grfn-î-ëtroi-lM lé toujoMr captif, 
Pour lui Phdbu-t*é soûr | é P^ga-z'ê rdtif, '\ 

• A ' ■ ' * " ' „ . ■ 

O vpu don, qui brûland'u-n*ardeyr périlleuse 
Coure du be-^rëspi'il la rarri^rrMpineuse, 
Ï9*allë pa Rûr dé vfer,han frui V()ucansiimë, 1 
Kl prendre noui'g**nî-u-n'ardeUr de rimé. 



.!-■' 



lien 
VJut 



Craigniîd'Jun vain plaisir (é Irorapeuse-i^amorcc, 
ÉcomùUé lon-ten vt)-tr>pri-t'ë vo force. 

" Ï4I iiaturô , ferti-Va ^^^ 

Sé-l'entre lé-»- auteur piu'tagé le taie u. 
. Ii'eun peu trac^-ii'eu vfer*i*u-.n*amoureu8e flamme : 
X*«utré , d'eiin tral plaison | éguit^é Pépigrammç. 
MallièrberdVun riiéinttppfi vnnt^é lé-i*bxplôi j 

% Hacaa chanté. > hiUi, le bèrgé'z!é lé bqi. 

X*) Toutfi lei inodiécuiion» "a« V« •« trouvent «cc«nlu«5e» dans oetW 
lMliir«i IV Ottveïl pas Vinocenl tircooflc«: !'« moyen, par Vwc«n« 



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LA MÊME LÈCTUBE, 



■' v/ ^C RIT 1 

aUtVANT LES PRINCIPES DE NO 




ORTHOGBAPHK. 



L ART POETIQUE 

CHANT PREMIER. . 

;' ^ ' . , . . • . ■ '■ \ */■..; , ■ ' ' "■ : , 

CVst en vain quVu Parnasse un li^^éraire auteur ^ 

r e (le l*art tie^ y ara atteindre la haMtvur; , 

S'il ne sent point du ciel rinfluence secrète i 

Si bpn ahtie en nài)isani ng l'a roruié poète I * . > 

Dans son géiiie (étroit il e^t toujourscaplif^ * 

Pour lui Phc'bus e&t sourd et Pt'gase cbt rétif, ; 

■ ' ■ . ' , '* ■ • ■ 

O vous donc, qui brûlant d'une ardtfur périlleuse , 

Courez du bel-esprit la carrière épineuse t 

IS'alliz pu!i sur des vers sans fruit vous consuinèr, 

Ni prl'udrc pour génie un amour de rimer. 

Gra ignez d*tjn valfi ptai*ir les trompeuses amorces^, 

El coubullez long-temps votre esprit et vottjTc^rcei. ' ' * 

' ■ ■• ■ ' ' •* . ■ ,/':.•■"'■ 

Lu nature, fertile en esprits dilTérens M '' ^ 

Sail iriiire les auteurs partager le» tulens*i 

L'up peut'tracer en veni une anioureusy flamint! i , . 

T.'uutre d'un trait pbjhiintr'gMiser Pépigiamme. ,,, ,! , 1 

MiilliLM be , d^^n béroi pe^ii vauter )cs c»(>li>iV| «-^^ , '^V 

Ratau chanter,Philisj^«biMr(|ei^el|l^|^ 

B*<ivr ; i>t Ici tjfrimi'a , pfr l'iraoent «Igu : Il en «tt dt mln^ des 4 0l<)<^f 
biuv* H. l.t ft (liùtloitii dtfs mou y sont iiidiquiift pr ilrt tirtis |)fr|pà^dmili., ; 
l*i\\:k', Lit i Cl 1rs tf .lon|t y poiuilt l'aMtal oiicooflciiiv ' ''' v^/ 



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174 tECTURte rftJN FRAGMENT 

Mat soùvch-t'u-n'fespri qui se fla-tV é qui s'aima, 
Mëconnai son gëiiî-é s'Igdofft soi-même. 
Aiii»i» tè-l'aulre fçi qu'on vi-t'avep Fai è , ^ 
Charbopnë de se vèr W mûr d*eun cabarë , 
S'en ^ma-ràpropo, d'une Voi-i'insolènte , 
Chanté du peu-pIVÉbreu la fuite triomphante , 
É poursuivan Moï-i'au travkr d^ dëuèr, 
Coa^-t'avèc Pharaon se noyé d^vis lé m^»'» 

■. , ■ ' '".'■.■ ■ ■ . ^/ , " ■ .■ 

Quelque sujè qu'on traite , | ou plaisanj ou sublime 
Qpe toujour. le bon sen •'accor-d'a^^c la rime i 
li*eun l'autle vainemen^Vil semble se haïr ,, 
La ri-m'ê*t^-tt*fe8cla-v*iî ne doi qu'obéir. 
îi)riqu'à la Jjien chîîrcb^é , d'abô-r'on s'év^rtûe , 
' L'èspri-t'à U trouvè-r'aisëment s'abitûe ; 
Au joue de lai, raison , ôan p>i-n'èlle fléchi s 
É loin de la gêné, la sèr-t'i^ l'enrichi. 
Mal lorsqu'on là négli-g'èlle deviëri rebelle j 
É, pour la rattrapé iie sens cour-t'aprè-zèlle. 

. Aimé don la raison. Que toujour vo^a'écri-z' 
Empreunte d'eile seu-l'é leur lus-tr'ë leui* pri . 
I^a plupâr I emportb d'une fou-gu'insensêe , 
Toujour. loin du droi sens 4 von chlrchë leur pensèe^j 
Il croirai s'abaisse dans leur ylr mon^rueû , ^ 
S'il pcnsAi ce qù'-n'au-tr'a pu pensé co-mm'eû. 
Eliton cô-*'fcxb: laisson-t'à l'Italîe, 
De tou ce faû ll^an l'ëclatatite, (blîe. 
Tou doi temlr'au bon leni j mai pou-r'y parvenir , 
vLe chemin I é glloan | ë pëni-Wà lenir. 
Pouf peu qu'on s'a^ ^'écarte f I atissitô-t'on se noie , ♦ 
I,a ralôoti , pour m^rchtfi n'a louven qu'une vole 

U-n'auteur , quelque foi , tro plein dPo-n*objë v 
Jnmat I jan l'ëpUUë ,!n'abando-n'oun ^ujÎJ. , 



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DE^ l'aUT POÉT^^QUE de BOIUBAU. 175 

Mais souvent <up esprit qïii se flatte et qui i*aiin« , 
Méconnaît son génie et 8*ignore loirinime» 

Aitiiii , tel autrefois. c}ii*on vit avec Furet t 
Charbonner de ses vêri les murs d*iiii cabaret , . 
S'en va mal-à*propos d*utie voix insolente ^ 
Chanter du peuple Hébreu la fuite triomphante , .' 
Et , poursuivant Moyse au travers des déserts ^ 
Court avec Pharaon te noyer dajns les iners. ,^_ 

Quelque sujet qu*on traite , ou plaisant ou sublime , 
iQue toujours le bon sens s*acoorde avec la j'imcj . 
L*un Tautre vainement ils setnblenise' haïr « 
La rime est une esclav<e et ne doit qu^obéir, l" 
Lorsqu'à la bien chercher d*abord on »*é^rtutt 
L'esprit à la trouver aisément s'habitue j 
Au joug de ia raison sans peine elle fléchit , 
Et loin de la gêner, lase^;t et Tenrichit. . 

Mais lorsqu'on là néglige elle devient rebelle; ; / 

Et )>our Ja rattrappér , le sens court aprës elle. 
Aimez donc 1^ raison. Que toujours V9» rfcriti 
Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prii. 
La plupart emporté! d'une fougue insensée 
Toujours loin du droit sens vont chercher leur ueniéei 
lu t^oiraient s'abaisser dans leurs v^rs aions)rueux 
S'ils pensaient ce^qu*uii autre a pu ptuitr oommo «ui» 
Évitons ces excës. Laissons à ritalit 
E|e to^as ces faux brillan» Kécla'iante fojie. ' 

doit tendre ail bùn teni; roAit pour y parvenir » ^ 
Xe chemin est glissant tt péuilile à ttnir* ' 
•^ Pour peu qu'on s*cn écairte | aussitôt on se noie j 
La raison , pour marcher , ll*è •ouvftot qu*uàè Voie. 

Un auteur , quelquefois trc^f plein de fon 0»l«t i 
-Jamais sans Tépuiser n'abandonne un sMJet* 



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in$ mtyVVViM d'un PHAGMEI4T 

-- S'il rencon-irVun palaiVil m'en dépein lafacfr, 
lfin« promè-n^aprl (le tèrra-ss'en tèri^sàej 
W,i^o-*ré'un perron i là rk-gn'eunto^^^^^^ 
Iià ce balcon »'enffer-m'a4»*eun balustre^*or i 
Il compte dé pkfônp, lé rôn-iM lê-i'ovale , ' - 
C« tteiôn que 1in»tôn , ce ne »ôn qu^astra^^ ', 
jifga^te vin feuille , P<»w-r'en titiuvé la fm, 
«Et je me sau-v'à pei-n'ati travèv du iardin. , 
Fiiyé de %»• auteur vrabon>iWe stérile ; 

I n« vou charge poin 4*eun dé^taiiri-nulili?; \ , 
iVm ce4uWdi de^rovl é n».d'ë>butan) .^ 

,• L'çi^iraMa»i^le-rôe^jett*à Tinstan. 

Qui nîj i'aièe borne , ne su jamat-^'ëcrire^ ^ . 
' Sovven la peur d»eun mal npu conjîiii dan-»>un pire. 
Bun vèr.ï*ëlai tro faibl'é vou le rertdé dur i 
' ÏMvUc d'ètrciônN jt deviènVob^ci^'.^ ,: 
J L»eun A*é poin- tro tardée moi i>amu-z'é^rp^vue, > 
' L'au*trV^peur deranptJi I il se pèr damla nûîp. /: 

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VpuW-you dû public màrité lôr^a^amour V " 

V San c^-ii* a nMcrivan , #arié vo discour. ; ^ 
'Eun style ti-o-pMgal, \ é toujourrï'uniforme, ' - 
" En .vain biiira no.»»yôu-iUl fau.qu'il noi^a'endormè. 

On li peu cè-x^ulèurs , né pour nou-a'ertnUyer , 
' Qui tou jour su-r'eun ton semble psalipodié. , 

Heurèû qui dan s> yhv , s'ai d'une Voi lég^Fe , 
^ Passé (\u |ra-v'W doû, du T>lai«nj ^ 

Son U-Vr'aimë du del, é cUri de lecteur.»' 

I m^m ché BwW?ï4 «!fV<ur«J d^athetôur. 



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Quoi<|ui youtyécvivi^l j éyitè la bussesM» j 
te ttyW le moin nobP a pourtan sa noblesse. 
Au mdpti du bon sem, te burlbs-qu'effronté, 
qrwwpa W l'yeA d»àbA^ , iplu paf sa noiïveautë ; 



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S'il reticpntre utt palau , il m*ei» 4<^(|«mt la ftice , , 

li me promené fiprès de terrasse en terraise \ 

Ici , s'offre «n perron ; là , «règne un eorridor. ^ 

Là , cm, balpoh s'enferme en un ba lustre d'or. 

Il compte. d^s plafonds les ronds et les ovales ; ^ ^^ 

Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales. 
>Tfc saute vingt feuillets pour en trouver la fin , ' ' 

Et je me sauve à pçine au| travei^t du jardin* 

Fuyeïr de: ceâ auteurs ra,lxuidance stérile ; 

Et ne vous charf^z pqiijit d'un détail inutiles 

Tout ce qu'on difc^de trop est fade et rebutant \ x. 

L'esprit lassasié le rejette à l'instant. 

Qui ne sait se borner ne sut jénuHs écrire. 

Souvent la peur d'un mal nods cmiduit dans un pire. 

Uiï vèii était trop faible , et Vous le rendes dur ; * 

n 'évite d'être long, etje deviens obscur. ' 

L'un n'est point trop (ardé \ mais sa muse est tix)p nue \ 
' L'autre a peui^f de ramper , il se perd dans la nue. 



Youlez-v6us dû public mériter les amours? 
Sans cesse eu écrivant varier Vjos discours. 
Un stvlè trop égal et toujours li.niforme , 
En vaii\ brillé à no^^^eux; il faut qu'il nous endorme* 
On lit peu ccii auteur^ , nés pour nous ennuyer f 
Qui toujours sur un ton senjiblent psalmodier* ^ v 

Heureux ^\xi daos ses ver4 sait d'Une vois iéi|èr«| ' 
Pusi^er du grave aulloux., àxk plaisant au stfvèrel # 
. Sun livre ai mé du del et chéri des lecteuri i 
i^^t souvent ohéB Barbin, entouré d*ifçbeteur|| 



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Quoi que VOUS écrivii» , éviloi U béitiiii4:'f"^:>^'iv^;.- -•- >|.f .^^r ',' ,, 
\^ stylo le,i|Krins'nolife''a 'pourtani^iftlibleM^ ':: 

AVï mépris du bo^ séni, le burlOiqué jeffrontél t-^Ù^.''^^^''^\'l 
X^rompa les yeMX d'abord • plut par sa nouveauté* f^A?/ ' «^ 



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On I ne, vi plu-i^i( vw qu^ Jiomte trivitfk;^ 

Lft licen-ç'à rimè-vVlQi' n^u plu de li^iii.* ^ 

Apollon travesti dô^in-^fèiin tabarin. 

Cette contagion |ii)fecta le province, ;; v 

^,Pu clèiA'é Uu bQWigeoiy|iaJ.î»^'jusqne-z'aiVpi'ince.; 

J> plu inpuvai plaisan | e^ se i^approbateiir , 
'■ Et jusqu'à d'Absbusàî , toi^ trouVa de ii;cU:ûi . * " 

l^ttî ili3 ce sty-Penfin la ç<^^^^^^ 

Pëdaigna de cô vèr Pcxtrjtivttgan-^ç^ais.ée) ^ 

j Distingua le naïf du pia-i*é du boutfoixî 

É laissa la provin-çliidmif^é le Tiphon, V 

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Queuestylejamûv, no Houille vo-ti:^ ouvrage.^ 
Iniitonde Marot Pëlégun bad inagt^ , • 

£ laisson le builbs-qu'aiV pjaisàn du Pont-neul. 
Maî n*allti poin-t'aiissi , sir lé ^ de Brébeul , 
Mém'a-n'une Pbarsa-Peutrtsstî Kur le rive 

V De m6v-«*«l de ^mou rân cen montagne p Uu n 1 1 v e . 
Fi'ené mieu votre ton. Soyê sim-pl'avec ai;, 

•Sublime sanï*org^eil, agréable san lar. 

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'■ ■ • *■ • ■ ' ' , " ■ * " ' 

H'ottV^ rien V au lecteur que ce qui peu lui plaire j 

.Ayé pour U cadetaç'u-n'oreiUe sévère. 
-. ; Que toujour dan vo vèr , le sens cou pan le. mo , 
.Suspeni^o Tb^nùsticKej en marque le répo. 
Gardé ou*une vo)-b-rà courir tro hulêe , 
Ne soi il*unê voyèn l'en son cbemin l lieurlée. 
I-l'è f u'-n*bettrew rhoi de ino-»'b^rmonie^v 
' iTuyé dé mauvai son k coneuur-ifc'iHliei\. . 

Le v^r le mieû i-einpAi , ia plu nobljî pensôe j ; , ; 
^ Ne peu plairt^à r«|ipri, qwww rorè-ij}' è bjessèt, . ; ; 



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tip i/aHT POéTIQl'B BIV.BOILKAV. 

Ou ne vit plus't'iv Versune-mViulus trivit^iei,' 
Le Panuivsepurhi le UuigHgc ile.s hulleà, . 

• TiU liteiïlL'e à riuieiv alors u*eiU plus tie frein/ 
A|h4I<"» *»'"vesU devint un Ubarin." ' • ; 
Ci'ite ccHitagion ini'eeta les|irovjnç4îii)^ „ ' 
T>ii cleic'et tlu -bourgeois, passa jusques anx jn:inca$, 
Ji,c ]Aus mauvais phdsant eut ses approbiiteurs/ 
Kt iusqu>.(P A.Nsqussi toutlrouya des leeteurs. 
Mais <le eu st\ le eutin la.rour dtî^ttUiist^e 
Dédaigna de ees ve^s* rextnivag-.inee aisée ; 
iUs|iu^ua le ni>ïi'tlu plat et du btnift'on; 

Kt laissa lii proviui'e udiûiit-'r le Tiphun. 

' • . ■• ". ■ / // ■ * . . ■ . 

Que c«v st) Uî jamais né souille vott;e ouvragé. 
luuUuis de Marol jVl'g uU badiuage , 
>;i laissons K- burlesque aux pjaisans tin Pont-Ntîur. 
M<»i>,n'tdl(>z point aussi sur lej* ims.de Brébeuf, 
MèiiieVu une Çliarsale, entasstV sur les rives 
Ml- uuu'is et de uiouraus eent oiontngne« plaintive)». 
Ph'ikiUMtuX votre ton. Soye» simple ^.yec art , 

Suitlinie sali.^ orgueil j ngiéablu sans lard. 

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TN'utlW'iÉ rien au leeteur que ce qui peut lui plaii-t?! 
Ayez poiu la radt'iïçe une oreille sévbr«. 
^)ue toujours ilans vo^ veW, le sens coupant le» inot«, 
vSusjK ikIc I lunnistiehe ,*en marque 4e repu». 
(iarxU^ qu'une voyelle à cbui'ir titiphûtik} , 
■Ne »(^it il mie voyelle «u «ou cliemin heurl^. . 
llest'un hvnir«i^x choix de miiU luii ùioaieux. 
Fiiye* de* inaùn^i*"sons lo^cpnpouî^ odi^u^xv ^* 
te vers le uile\ix reuipli , W plu« noble pens^^ 
^t' l>«Ht plaiie À Tc^^vit , <|U|knil roi-^ilk <i4l l^v^its^» 



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NOUVEAU TRAITÉ 



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^ PROSODIE FRANÇAISE 



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Un des plus grands ob&taolei» à la bonne et jùata 
l^^rononciatioa d\nve langue ,. c'est Tignoranco de ta 
piQsodio. Il serait difficile d'ei|di(|uer pourquoi oetto 
vérité est généralement aussi peu sentie eo-Franoa: 
jai entendu des hommes très instruiti» se réorier au 
seul pÀot de prosodie et demaudeiisi noua aviont aeu* 
lemeut une prosudie. D'autres ne connaissent absolu* 
ment de cette prtio importante de notre prononcia- 
tion que le nom, et, obeijisant mécaniquemenl \ oe 
pruicipe d'harmonie qui vit plus ou nooins dans le 
cœur de tous les4iomme>, ils prosodient sans diiéorîiCL* 
ment et sans i^iç, tous les sons y chacun à sa nianière, 
ou suivant les habitudes locales contractée dèi ('«n^ 
ftmoo. Eutendea un Orateiir noroMnd ; m proiodifi k 
lui, consiste à allonger outre raeture tout«i ||i4i|>» 
labea et i traîner pesan>intu^t son d«(Mt : eutencfçi d'^u 
autre côté un oratimr gascon;^. c'est une volulùlilé <|til 
tronque tout les sons et {es réduit indijUinoleoiMil à 
la plus étroite ; vakur^ (j|u<) d'hojfliaiea aiMli^ 
tribune et y pronontenH dea discourt ioigi#| llAi 
^voir seulement qu'il vxiste des luis do («rotKMliè! Qui 

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i8a NOUVKAU TRAITÉ 

de poètes niéiiie entreprennent et exécutent clei^ ou- 
vrages de poéîjfip I |^n> avoir ^tujilié cp |)ft'mi(M^ prnu Ipo 
d'hurmonie! Que do Traites de versification-, cpie 
d'ouvraj;e& sur \à tangue poètiijùe sse pvihliont, sans 
quHI y soit drt un mot de nos longues et de nos 
br^y^s \ c^tte iiHitteulîou passe toute croyuruu^. Eu- 
fin , l'indiflerenee pour tout syslèmc de prosodie est 
portée si loin , et -nos oreilles sont tievenues si 
étrangères au churinc kX^^h iulKxions prosodiées., cpie 
nou^ entendons tous les jours sans répugnance, les 
fautes les plus grossières contre la prosodie niéme do 
la langue latine , dont les. lois sont cependant si posi- 
tives , et do'nt l'exacte dliservatiou rend celte langue si 
belle et si harmonie\ise. Qu'il n»e soit pern\is de citer 
ici wn iait qui ne prouve que trop ceUe vérité : j'assis- 
. laii il y a quelqhe tem|^, dans une maison d'édueation, 
à un *etamen de jeunes rhétoriciens , lait avec le plus 
grand appareil , et devant une assenddée composée de 
professeurs dislulg^iés : un des élèves expliquant un 
poète latin,' prononça le mot, i^irtutem y en l»|»anl 
Mfim la syllabe tu. Hé bien ! personne ne i^arut faire 
- altenticui i cette faute grave > et elle |^\ssi\ avec bien 
dVulrea non moins choquantes , /qui me prouvèrent 
le peu dHntérét qlie l'on mettait généralenu\nt à Tart 
de prononcer rég\dièrement une langue (ptclconque. 
Quelle peut éii^ la oause de cette imliHérence dont. 
^ la ïaiiguè nationale paraît èXn\ surtout le premier ob- 
jet? Eatrce la tante de cette langue 4pn , |\ar elb>-méme 
«le temit fiaint susceptible d*une prtisodie rég\dière et* 
suffisamment cai'actérisé^VM Ki bien , l'étude et l'oluier- 



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vation des lois pix>s(vdîques seraioni-elles parfaitcmçnt 
iii(iitVé routes à la pronuaciaikm lranç«i$e> aussi bien 
t|u^lux productions littéraires do notre langue? ^eUét 
sont le^ questions que je me pro[H)se d'examiner dans 
K :» premiers chapitres de ce traité ; je passerai ensuite à 
l'exposition des principes relatifs k la mmliiicatiojd 
prosodique de nos sons; et enfin, je terminefai pr 
le tahh^u des lois généi^alos et particulières de la pro- 
sodie IVançaise. • 



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CHAPITRE PUEMIEH, 



LA I.ANGIK FHANVAISK A-T-KU43 £|| KIoic^MàMK 
h\)i> VHINCIPKS ll'uNK PHOSOaiS 

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SI FFKSAMMI^IN'r CAHACTtîRWKK? 



h\.i% VHINCIPKS ll'uNK PHOSOaiE 1IÉtiUX4J^aif KT 



Cotte question , qui nVn est pas une pour ceux qui 
ont lu avec attention ce qu'ont ticril aur la pr^oodie 
iVan<çaise nos plus célèbres grammairiem(i), mérite 
ciVtre discutée en laveur de ceux quv clés préjiigiés , 
tmnsmis par la paresse qui redoute detHoêlrùireifilî 
|K«r IHgnorance qui n'a aucune idée du méei^nisaie 
do notre langue', reiienneut, encore dans Popiiiioni 
que la prononoiiRtiou françeise n*ésl poiursusoeplibk^ 
d'une prosodie régulière, et que la vfdeur àoê sont 



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r{'\) Pucio», aOlîvet, MaiCnoalvl, IVbbé ^atteui|l>u« 
niu^.<«aH , etc. 



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19% \ VnoUVÊAr WAITÉ 

n^y m pus^uffis^^niueÉkl c^raef^rUée. CeHti omnion, 

bi«n élraiigo ^iiHclcuite, sonible surtout sVtrc am^^iU- 

1^ prniile« eli-augm*»; et.îU lavfondeiU parl^^j- 

•)ièit)ii>ent sur I«îs loU tRpu&ûUUives w? notre \er*i 

iMi\\m cjwi» i^laui^ëtennuiêe, tlisont^U, que par lo 

.llomhi^de&s\4kbes, laasXicnn é^nnl a\i«ir valeur^ 

InJiit'la fiiil>ies&G de la li^çue iVançuiîio souMe rapport 

de'M pitisoifioi doniJo type s©\l cuverait suilaut là, 

sHI élail vi^MpiV^Ilcffti àussi-ct^usl^e qu'on le jn^lend. 

La réponse à cette deoiière NaHt^g^ion li-'apjui 

poim^ncore à mon suiotVeHe^ni'a >a pince dan^o 

\cliapitre o(i je traiterai de la jWosodie iraViçaiï»e dans s€ 

rapports -«liveo If s conipo«ition<i littérairVs de notre 

^kugue. Mon'dej^ein ici, ©sStdVHîlaiiW Poninion/de 

' çottx qui, cn\Y«nt quix la langue fi^anç^â^ u'esU point 

auioep^ikle d^étre soumise aux l6is d'un^ pix^o^o 

régulière, en négligent l*ctude , affoç^eul dt^'iniHffé- 

renoo pour ses préceptes ^ et par U s'exposent à toV^ 

l«i inoonvéniens dHwe pix)nouciatiou vicieùsi et irrc^ 

guKère. " ( 

Mais , jKimr procéder avec ordre ikms cettp discus- 
•iw, il dut d'aboiHl déterminer ee qu*on entend pr le 
molpnWHlie , et quellea en sou^ les attribution* génc- 
. imle». Cet objet qui daai ses dévclopp«men|k » paraîtra 
i'éoarter un moment du |H>int principl dont il »*»gi^ 
dam oa chapitra va*y rattadie essentiellemcnf ; il ren* 
ferme d'ailleurs des notions fondanwntalcs »ur le sujet 
quejetraile, qu'il ii^porteavant tout , de consigneriez 



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DE PROSODIB FRANÇAISE. ^ l85 

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Q^0 ihii'On entendre' par Ja prosoidie d*UH€ la 

queleneUl*i^Jei? ^ / 

^On*eutçnd par 1© mot^ prosodie, la proaoocialion 
iFuMe lau^uc'^'reUtivemcui à t* accent ^K k hk quan- 
de chacfde svlUbo cW oeUe Uogu«, M* IVbbé 
vrOUvet^ en détiuUs^iU ce inèoie niot) * iàlroduit 
iUiis sa dûlîuiùon deux conditions , dout l'une me 
|KiiaU fausse , ei dout lautro Xlouuo à ka proaodîo une 
atiributiou t|ui lui est évideuuueat étrangère* Yoîci 
coiumeut il s'e\|U'uue.: a par le aiot>/)AiJi(iciitjdil*U| 
u ou cntcuili la manière de pronouoer réguKèreineiil^ 
\t( cVst*à-dire^ suivant- ce qu*exi^'cha(]ue aylbbo 
« prise à pari^ et considérée dauà a^ tcoiy propii^léii 
(( 4|ui sont) /<2ccv/i/> taspitaiion 3 et la quamiiié. 
a (Art. i.iJ'S.) » , 

Pouri]uoî la coiuUtion de chaque sjrUohe pri^e à 
part ? Consiilérée sous ce rai^^r^ uue ayUabe ua ni 
acct'ut ui 4viaulité4 Peut-ou dice «a «Bel » <)»• W ¥m 
|>ar e&emple) sait long ou bref, gnive ou ai^u, en soi el 
indépeudamiueut d\uie destination détermiu^? CVal 
tout aiiufileiiieja un s^o qui 0l^tHiM tine çefli^5i«|> 
vorture de bouche , et qui u*est susceptible dVuuxino* 
dirication proM>di4ue «{uelçoui(ue , que .loft^M^Par* 
giuey éit déterminé |^r Wt diàîérBii| fHfjglÊ .auiqUel 
ou applique casou. Ainsi, suivant M. twbé dXJlbrel 
Kii-mèmovi« ^^ ^^^\ ttt«^ €*«il qoaiàd \k]m Iflm^X 



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186 . NOUVEAU TJR^lTÈ 

pour la premièrer lettre de l'alphabet -, et bref ^ quand il 
est préposition. C^ette clivcrsilc de rnodincatiou,; selon r. 
les occuri*ences-est une preuve «ne ce son n'en a au- 
cune qui lui soit, propre, et (juçr par conséquent la 
>cond^tion d(^*cliaque syllabe , prise à patt , dont 
M. l(i*bbed'bliv.et compose sa dcfnjilion de la pro- * 
sqdiè , est fouli>^. > - ; 

€'est avec la même raison, ce^mc semble, qu'on 

•■ '* . • - ■■ - , - ■ ■ . ■, 

peut contester à cet illustre acadéniicieri l'cKtension 
qu'il donne aux applications de la prosodie , en classant 
Inspiration aw riombre des objets qui sont de son - 
ressort. Ix^spiralion n'est que la manière de prononcer 
les sons avec explosion; c'est donc une véritable arti- 
culation qui, comrnc toutes les autres, s'opère pa^ le 
monvemenl -subit et instantané des organes de la pa- 
rôle; et, sous ce rapport, elle ne pcut-ètr-e du dontaine 
de la prosodie qui ne traite que des sons et norij:les 
articulations. J'ai toujours remarqué l'embarra^ des 
grammairiens qui, d'aprc'fs la définition de M. l'abbé 
d^Olivet, ..ont voulu faire de l'aspiration unfe partie dé 
la prosodie française: ne sachant qtioi dire pônr„ rem- 
plir leur sujet, ils se" contentent de donner la liste des 
mots dont le A est aspiré ou jion aspiré : mais de bonne 
foi, esl;-ce^là un ^étail^iui appartienne à la prosodie? 
Et le lableaii de cette iiomenclature a-t-il quelque^ rap- 
port avec la^doctrine de l'accent et de la quantité dçs ♦ 
syllabes? / » ' — ^ 

RésAimons doiicet disons, comme uous l'avons déjà' 

exposé., que la prosodie ne s'occupe que delà manière 

# rtMicr m M ^ommcmtini i-fim*»4» r» iii port lie laec i ni 



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"> " lit: PROSODJ Fi FRANÇAISE. '187 

tt de I^ qnanlitë des syllabes des mots. C'est ainsi que 
loiii^'-temps ayant M. l'abbé d'Olivét , des grammairiens 
célèbres avaient considère la prosodie. J'ai sous les yeux 
une grammaire ancienne, publiée par le savant /^05- 
sius ; voici comment ce grammairien y définit la pro- 
sodie : Pars grammaticœ quœ accentus et syllaha^ 
* rnni quant itatém ï/oç^/.^C'est sans .contredit la pins 
sirîiple -et la meilleure dés défmitions qui aient été 
f ^ '^Çijfiées.sur ce, sujet. Il est vrai que sous ce titre, 
i ;ÏJ;)S^^^ dans la 



In nuisique 
^ioii de la 



- coniiaissancc des diflérens pieds et des diverses sortes de 
vers qui en sonfcQuiposés; et il a parfaitement raison: 
qui n'est à proprement parler qu'une eiten- 
prosodie, n'est pas bornée à enseigner les 
(|i(rcrens tons et leur quantité, caractérisée par les 
tUides, lesjj)lanches, les noires, les croches et les dour 
l>los crochcis; elle enseigne encore les diverses n^esures 
<|ui doivent régler le chant et les propriétés dés diffe- 



ILT 



Vt 



tes piècps dé^nusique qui peuvent en résulter. Voilà 
ritablepient le modèle et l'objet de la prosodie. . 
Si jamai^ nous avions un ouvrage fait sur ces bases, 
Il suppléerait une foule de théories ëparses qui, malgré 
-leur iSff commun , présentent encore une incohérence 

beaux -arts. Il comprendrait 
qui concerne le matériel des 



. ï-UvisiLle a^v progrès des 
n()n-5eulernent tout ce 



îîccens et:de la qinantité j m^s encore Celui des pieds et 
do leurs différences cortibifiaisons;; celui des njesurés 
que îesrejpôs de la voiL doivèn't marquer, et l'usage 
'jn'd faiit jeivtaireselonte^ établir une 

jnstf nar| |i Qiiii& cniro In l i fiann»»ttog|ioi i i 



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igg V , NOUVEAU TRAITÉ 

par là, on aurait ai;issi la liberté d'écrire sur l'art métri- 
que^ objet qui , quoi qu'on en dise, ne peut être élran- 
ger à aucune langue perfectionnée'^ on pourrait l'é- 
tendre encore sur le rythme de la pros^et en dé- 
Utller les motifs, les moyens, les règles, les écarts 
et Icft usages. M. l'abbé d'Olivet avait senti cette im- 
portance des attributions de la prosodie. Ce qu'il a 
écrit sur cet art, n'était à ses yeux qu'un faible essai. 
Pour l'achever, dit-il à la fiq de son traité , il faudrait 
un grammairien ^ un orateur y un poète, un musicien-^ 
et même un géomètre : car, tout ce qui demande ar- 
\ rangement et combinaison de principes ^ à besoin de 
sa méthode, - . , 

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De Vaccetit prosodique des syllabes* 

' ■ ' *■ ' ■ 

Ce premier objet des attributions de la pros|)die, 
peiit-il être appliqué à la langue française ? 

Nous rentrons ici dans le sujet de notre discussion. 
Il s'agit maintenant de déterminer d'après les attribu- 
tions connues de la prosodie , si ces attributions peu- 
vent s'appliquer à. la langue fr^inçaise. ]Noi% allons 
comipencer par Vacceht prosodique. - . . 

Le mol; orce/z/ vient du latin acc^/z^/^^ que Ducange 
4au8 son Glossaire , définit par son de voix, manière 
,€i€ pivnoncer, Stv^im, grammairien, nous donne la 
signification propre de ce mot. « il estappe\éaccèniuSj 
comme, qui dirait, ad cantus (pour le chant). En 
cffe||, dans les langues anciennes qui avaient une pro- 







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DE jprosodih; française. 



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sodie fixe et reconnue, l'accent marquait les différentes 
. infleiions de la voh , et les rendait en quelque sorte 
musicales et chantanteÉ^^^s aCcqns , 'dit le président 
Desbrosses y ps^Vaissent former dailis^W nature, ûnè 
espèce moyenne, intermédiaire entre la parole et le 
cliant. Les Grecs les' appelaient modulatio quœ sylla- 
bis adhibetur. 

L'accent consiste en efiet dans une n^odulation qui 
s'exécute sur les syllabes d'un mot par le passage de la 
voix d'un ton à un autre, d'abord par une élévation, 
et ensuite par un abaissement , et souvent par ces deux 
inflexions successives sur une même syllabe. L^ prin- 
cipe de cette modulation est dans la nature; il existe 
dans toutes les langues , chez^^ tous les peuples ; on né 
\ peut l'expliquer qu'en disant qu'il est l'effet de quelque 
loi secrète qui s'exécute, mécaniquement en nous-^ 
mêmes dans le passage du mouvement au repos. Les 
animaux même, dit l^abbé Batteux j semblent suivre 
cette loi ; il n'en est point qui ne fmissént leur cri par 
une inflexion plus ou moins sensible. - 

Les grammairiens tant ai|^6iens que modernes, sont 
tous convenus qu'il n'était pas possible de prononcer 
un mot de plusieurs temps, sans élever bu. baisser la - 
voix sur quelques-uns de ces temps : c'est ce mécanisme 
de la voix qui constitue proprement une pronpncbition 
à-la-fois régulière et harmonieuse. Régulière, parce 
qlie ces modulations, exécutées sur un même ïnol^ ;. 
et hors de s^ liaison avec d'auféres, servent k lé ftirà 
distinguer à l'oreille , à le détacher de ceux qui le pté^ 
, cèdept ou qui le suivent , et à lui donner nn cbmmeii» 

»WWWipM.J|PMI»Wl||ipili»IWI»II.^IIWIII II IUJl l Jyi»J l UIM»»iJ,Jl- l ,.LJUJ| | « l i-.J]]JL»UJ.l | tJM..Ul l .»JJ|pilJUJILLWW IM^ I . Il BLUUHnH—UMMl «-1 - ..IIUIUL I l l l É 



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iqb V NOUVEAU TRllTÉ' | . 

cernent et imeXiii, condition sans laquelle il n'y aurait 
point de elarlé ^ans le discours, ni une distinction 
précise des ëlënTens divers dont il se compose. Har- 
monieuse , P^fce que ces^mêines inflexions ^ tantôt 
élevées et tantôt graves rContribueTit h rendi^e les pe- 
rdes sonores , et à y répondre e^etie heureuse variété 
de tons qui fixe l'attention, paj- l'attrait des mpdula- 
tijon?en même temps qu'ils font le charme de l'oreille. 
Mais c'est surtout lorsqu'on *doit s'arrêter après la 
prononciation d'un mot, que l'accent prosodique de- 
vient sensible. Vn principe^naturel d'ordre et d'har- 
monie en règle tellement alors la force j% la distribu- 
tion, que si, par l'effetde quelque méprise, on termine 
mie phrase sans en avoir .préparé la chute par une 
élévation devoix , Oii revient machinalement sur les 
dernières syllabes pour y faire sentir l'accent prépara- 
toire. Ce sont ces dernières inflexions que l'abbé Bat- 
teux compare à des pointes ^cérécs au bout d'une flèche; 
elles donnent du poids, de là portée aux. pensées et en 
assurent la direction. 

Les Grecs sont les prenu'igrs qui aient établi des 
- signes pour marquer l'accent prosodique. Cela pour- 
rait par^tre étonnant 'de la part d'un peuple qui j à 
l'avantage de parler la langue la. plus harmonieuse de 
l'univers, joignait un goût exquis pouf le choiît des 
inflexions qui lui étaient propres : mais ce n'est pas 
pour eux que les Grecs soumirent leur langue à l'm- 
tluence des signes prosodiques. Quoique asservie sous 
la puiisonce politique de Rome , la Grèce avait 5ub]U' 
gué là maîtresse du monde par l'empire des beaux-arts. 

m-m--^ll ^jmmimmmium.. . i mi.J ! -m ,11.1 1 .1 ..mu.»] ,i„iuj|iini ^,1. mui i Ltiu, .mja — j^Mi ^ i i i _j,..Jhi)ujLij i aii i jjijiiiij ii »iL i LB ii .L, ii jiMiL»u i ij.ji.,j|iiwiMiL,ujjj.iiiiiii«j-jiiLii^ 



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DF.'FROSODIi: FRANÇAISE. \ IQl 

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Sa lan^ie surto.iit, élait dévcrMie l'objet de rétmila- 
tion dos jeUnes Roiûaius, (\wq les familles 1681)1118 dis/ y 
tingiiées de Rome envoyaient à Athènes pouf y pei-- 
lectionner leur éducation. Ce fut donè pour ces der- '^ 
niers , et poiïr fej» dlnger dans la juste application des 

< iiilloxlons prosbdiffuos de leur langue, que les Grecs 
inventèrent trois sign^i^s que nqns appelons encore d^ 
norn de la chose qu'ils si(^nifiaient (accens); et dont 
la confipuation matérielle devait indiquer les trois 
niodidalions de la Vpix qui constituent l'accent prosp- 
diqnc. , , ^ 

Far le sif^nc que nous non>mons accent ai^ti ('), 
ils can'ïctérisaienl rélévalion de la voix sur une svilahe; . 
'])ai- ct'Ini que nous appelons accent grave, Ç) ^ ils in- 
(ll(jnaicul son abaissement', et par celui (p\i a retenu 
le nom (le ciivonjlèxe (^), du inot Xaûu.ycircumftec- 
icre f> qui veut dire courber , plier à l'entour; ils 
niarqnaiecjt l'élévation et l'abaissement de la voix su É" 
une même syllabe. Ces sij'ues passèrent de la langue 
î^iecquc dans la latine, où ils remplirent long-temps, 
à l'éi^ard des accens prosodiques de cette langue, et 
sans doute aussi pour l'instruction des étrangers , les 
mêmes fonctions (lu'ds avaient remplies dans les écoles 

. d'Athènes (i) : mais enfin ils disparurent à-la-foi» dp 

( 1 ) Les Latins donnlRent differens noms à ces «ignés qui 

tous exprimaient les* fonctions qu'ils remplissaient ^ns leur 

langue. Tantôt ils les appelèrent , moderamcrtèa vocit / 

"^ai^ôt acct'utiunculœ f tantôt voculùticniei ; tantét etifin , 

tonus gX ttmor , wioih (\\x'\ tous deux signifient /ort , mais 







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sition : leur nom «eut » ctc ici-cuu , ^.. *.. 
vi qu'à caractériser la modification grami 
15 ^tandis que l'accent prosodique est re 



'jQIH NOUVEAU TRAITE ./^ 

ces decni langwes, et lorsqu'on les a reprià , ce n'a plus 
ét^ pour le njéme motif; tout a changé dans leur des- 
tination ; leur nom seul a été retenu , et ils n'ont pli^ 
■^ ■ — • maticaledés 

rentré dans le 
domaine du sentiment , de la nature et du goût. ^ 

Parmi les langues viî^tttt^ qui se sont fôr^néqs des 
débris de la latinité, la langue italienne est celle quia 
restitué la première à l'acceni tonique son influence et 
$ës lois; elle l'a appliqué surtout à ses compositions 
métriques , et sous ce rapport , elle a un avantage que 
n'ont point endore obtenu la plupart des î^itres langues 
de l'Europe. En France, le principe dé l'accent pro- 
sodique n'a été reconnu que fort tard. L'auteur judi- 
cieux du traité de prononciation française dont j'ai 
déjà parlé, écrivait en i644, que, quoique les Français 
observassent très bien dans leur langage les modula- 
tions sylUbiqiîcs ,xil n'était pas encore temps d^en pro- 
poser la dbctriqé , ^arcc que p'ei^onne ne l'entendrait -, 
qu'on prendrait cela pour des chimères, et que sans 
doute il viendrait un moment ou des hommes plus 
instruis que lui , développeraient ce principe d'har- 
monie , particuUcrç'ment attaché à la langue française^ 
et le feraïcnV sentir à tous les esprits. 

dont le dernier signifie aussi suite , coninic pour marquer 
que la voix , îî^levant sur une syllabe d*un mot , il s*cnsuit 
qu*elle s'abaisse en même temps sur la syllabe suivante , ou 
sur l»^ même syllabe où elle s'était ëlevëe, <i*où les mots ton 
et sa suite. 



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DE BllOSODIE FRANÇALSE. igj 

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Ge moment <ïât\arrivé en effet. La doctrine de l'ac- 
cent tonique, considéré, non connne une chose de 
convention, mais comme un principe imniuahle, uni-. 
versel, et Ibndé sur un ordre constant, a été démon- 
tréc et proclamée pr Ks plus célèbres l'ranimairiens: 
on a fait l'application de ses. lois à la langue française, 
et sa prosodie, sous cet important rapport., a été dé- 
terminée. Mais ce qu'on n a pas suffisamment démoD- 
tré, et ce qui peut-être n'est pas encore assez j;énéra- 
lemcut senti , ce sont la singulière aptitude de la langue 
irawfçaisc pour les inflexions prosodiques, et le caractère 
particiîlier qu'elles prennent dans cette langue. 

Il n'est [>us besoin sans doute do dire que ces in- 
fli xions sont d'antîint plus riehes^îtharmonieuses, true 
la larigiie à Inquelle elles s'appliquent, présente à la 
voix des sons plrjns etbii^^s, dos s\llaf)es sonores 
dos désinences n<'xiM*\s,des mots expressifs et a grandes 
images, des constructions «le phrases mélodiemes et 
bien coinhineos : or, t* lies sont les dispositions incon-* 
tcstables de ia langue française;, la plus vaste carrière 
y est ouverte a l'aecint pi osodi(pjf- et a ses développe- 
niens; indli; langue no prtsenteà (a voix une distribu- 
\tion plus beu.euse de sons, un retour plus frëquenj; 
de syllal)es pIciiM's et orales , des termiuai?ons phis £i- 
>oiables»à rabaissement vt à la cadence des indexions 
ïH] mécahisme de n)ots et de phrases plus harmonieux* 
Qne de riehessesr pour le poète et l'orhteur peuvent^ 
sortir de cette source féconde de modulations torik|no9,' 
quand ris ont l'artd'arrang'er les mottiet les phrase» d^ 
njaiiière que les accens agréablement variés se pr4* . 



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194 NOUVEAU TRAITÉ 

''éeDtcnt (Tçux-mémes à la lecture, et rëporidentexacte- , 
ment aux pedsées! Gommeat lire les vers déraciné ^ 
àtJ^oltaire ei de DelilleyU prose àe Bjssuet , de 
Fénélon , et de Buffbri, sans ressentir le çbarnie des 
inflexions prosodiques si savamnieqt combinées, et si 
hei\ieusenient naénagées par le seul sçntiment du goût, 
80US. la; plume de ces grands écrivains? Qu'on cesse 
d'accuser la langue française de sécheresseet de nioao- 
toiiie'; qu'on cesse de lui contester sa prosodie sous le 
rapport de ses moxlulations Ioniques j c'est le plus beau 
privilège peut-être qu'elle puisse offrir à s^détracteûrs : 
il suffit d'avoir une oreille juste et délicate pour le 
sentir; le plus mauvais lecteur est forcé d'obéir, de se 
plier à l'influence de nos inflexions prosodiques, tant 
leur empire est puissant , tant il est difficile de ne point 
s'adapter aVec elles ! Sans doute Taccetit français n'a 
• point le caractère de celui des langues essentiellement 
chantantes, comme l'étaient les langues anciennes, el 
comme le sont^encore les langues itiilionne , allemande 
et anglaise; mais ses modulations sont douces 6t expres- 
sives, elles' marchent par îles intervalles mesurés et gra- 
dués, qui ne laissent presque point a[>erçevoir les dis- 
tances qui les séparent. Dans la conversation, leur 
variété tie conserve que de faibles nuances ; sen4>lal)K s 
à ces coups de pinCéau légers <pie l'on remarque dans 
un portrait en miniature: mais dans l'espace étroit 
qu'elles parcourent, elles ont une grâce infime , et 
leur douceur charnu^, à-la-iois l'oreille et le cceur. 
Dans la lecture soutenue , ou dans la haute déclama- 
lion , elles sont majestueuses, dignes, pleines de force 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. ig5 

et crharmonie. Développées dans une gamme plus éten- 
due, elles ne perdent rien de celte imité, de, cet ' 
ensemble, qui exclut à-la-fois et la dissonnance des 
inflexions et leur monotonie^ Cest bien une sorte de 
chant, mais un chant doux et mesuré , soumis a une 
mctiiqde, réglé par le goût, exempt de sautiflemens 
et de trarjsitions disparates çt brusques : je ne sais si 
je m'abuïie , mais il me semble quela langue française , 
par la propriété de ses accens toniques, est celle qui 
répond le plus aux -lois du goût et à la dignité de 
ri>omme ; elle ne fatigue point l'oreille , elle la captive 
et la charme; elle n'étonne point par la hardiesse et par 
l'essor de ^es tons, mais elle frappe par leur justesse 
et par leur ,mélodié>~^'routes les nations l'entendent 
avec, plaisfr : cet homma«'e est au-dessus de tout élo^'e. 

Mais , ou sont les règles , pourra t-on demander, qui 
déterminent les sylla!)es sur lesquelles doit porter l'ac- 
cent prosodique? Où est la méthode de la distribution 
(le ces sortes d'intlexions dans le discours? Ici, je 
1 avoue, l(is lois du goût et du sentiment sont presque 
les seules (j ne l'on puisse consulter. «L'acCentdesJan- 
f( gués vivantes, dit Marmontel, est partout où la 
ff voix trouve à dévelopjier une idée forte, un senti- 
c( ment, une passion, un mouvement de rame. Mais 
« d accent prosodique adhérafit aux sons, immuable, 
« immobile , aucune langue ne peut en avoir ^ans re- 
« noncer à toutes les nuances d'expression qui doit 
<f pouvoir sans cesse varier, et se plidr dans tous les 
« sen^. » 

Cependant, pour ne laisser rien à destrer sur cette 



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1q6 • NOUVl^AU TnAITl^ 

partie trop peu coniiiTe <ic notre prononciation, nous 
allons poser quelques principes généraux sur la manière 
de placer l'accent, <C sur les syllal)es qui le reçoiv^înt;. 
ces règles sont autant le résultat iU^ hon usage, que de 
la -raison grainiiiaticale qui les prescrit. ^^ ' 



PREMIER PRiriJCJLPE. 



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Le» mono>jllal)es brefs n'ont janllîîis d'accent, parcf 
que la voix , <pu u£ s'éiève jamais qu'elle fîe se rabaisse 
aussitôt, ne peut s'élever et s'abaisser siu- une syllal)e 
qui n'a que la durée d'un temps. Mais il y a élèveujent 
et abaissement dans jes nioiiosyllabes lon«;s, comme 
dans faits y pàicc , tôt , 6 (j), parce cju'ils ont st^iisi- 
blenient deux te4n[)S, à la faveur desquels Tudlcxion 
prosodi(pie peut s-e\écutcr. Toules les diplilhongucs 
inonosyllal)iquoS sont eir général assujélies à celte 
règle. 

SECONO IMUNCirE. 

l'ons les pu^ts de deux , de trois, de quativ syllabes 
et daNantagr*, ont un aeeiiit ; et ciît are(Mit unupjc ne 
peut élre |)lacé <|Ui: sur la diMuière syllabe , ou sur Ta- 

(i) On sont (jiw ni)us n'employons ici l'ucccnf (Mironflcxo 
que (iiins If sens (le .sa piiinilivr clt'.sliimtion , tV'sl-à-dirc 
pour indiquer Idlt^viilion t'I rulKns.srincnl Micccs.sils de la 
vo X sin* une même syllabe. CV>1 dan> If même sens entore 
que nous em| louons I aerenl ai^u dun:» les exeiuplcs à 
rupnui des prineipc^ cx|>03c's. 



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DE PROSODIE FRANC /VISÉ. I97 

vant-dernière", on sur l'iujlé-pëTiuItièiîje , selon (|uo le* 
denilères soqt lonj^ues on brèves. 

Donnons des exemples de ces dilTérens cas'. 

De Vaccenl sur les mol^ înasculins. 

1" Dans les p>ots masculins de deux syllabes lon- 
i;nes, l'accent pose sur la première. Ardeur y trans- 
port. Excepte le- cas où la seconde est très longue , 
conmic dans ils étaient , où la syllabe talent j reçoit 
l'accent circonflexe. . . 

Si le mot est composé de deux brèves, hi première 
reçoit l'accent ;^t'V/r/ .ç<5m/;i^^. '» . 

S'il l'est d'une longue et d'une brève, accentuez la 
lit prcinière : maison j htàler. * 

Enfin , s'il est composé d'une brève et d'une longue , 
nietlez l'accent sur la longue : hasard y d* abord. 

Nota, Quelques personnes accentuent la hr^ye "y hasard , 
d'abord f mais alors la syllabe longue est un peu abrégée. 

2" Dans les mots masculins de Iroià syllal^es; si ces 
trois syllabes sont longues , l'açcenl pose sur la der- 
nière , ils s'entr'aimaient. 

S'ilssont formés de trois brèves, afccentuez la pé""l- 
Iwmv : aîtirer j attraper. \' 

S'ils le sont d'une brève entre deux longues, l'anté- 
pénullicme reçoit l'accent : concevoir. 

S'ils le sont d'une longue et deux brèves , pbcei 
l'accent suc la longue : champignon y fermeté* 

Enfin, s'ils sont composés do deux longues et une 
brève , accentuez la pénultième : mensonger. 



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NOUVEAU TRAITÉ 



De Vavr.ent sur les înota Jêntinina. 



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1* pans les mots de deux syllabes, suivies d'un > 
muet: si ces deux syllal)t>s sont loui'ues, la seconde 
reçoit Paccent : temptite, " 

Si la première est brèv^; et la seconde longue j celle- 
ci porte l'accent : 70 //é». 

Si elles sont toutes deux brèves, accentuez la pre- 
mière : adroite. 

Si k^ première est longue et l'autre brève, mettez 
V^LCoeni sur la louj^uc: audace. 

a* Dans les mots féminins de trois syllabes. Si la 
dernière est longue, elle reçoit Taccent : entendue , 
chevelure^ 

Si la demièrc est plus brève que la pénultième, 
ceile-ci est accentuée : insensible. 

Si les deux dernières sont également longues , c'est 
la dernière qui porte l'accent : insipide, 

Rkmahquk. Comme l'accent n'a, lieu que pbu^ pré- 
parer la^^hute , il cliangcdc place si l'on joint aux mots 
doi mônosyUaJMs en formé d!enclitiqu€\ parce qu'a- 
lors c'est sur l'encliti<(Uc (pie la y/ow baisse et se repose, 
comme daim ces mots : admirablement bien y^ c^tte 
atterffîôlï là, — ce mât ci, — pous nj pensez 
poê^ etc. De même, lorsqu'il y a plusieurs moiiosyU 
labes brefii de suite et qu'ils forment un sens , quoi->«^ 
qu'aucun d'eux pril^ sép.'i rémeut ne soit point afi'ecté 
de l'accent, on doit on placer un sur le pénultième; 



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comme dans oetto phri\sc : Dieu seul fait to»t en 
nous (i). . ^ 

iya|n'ès c<39 principes et leurs diverses nppUcalions, 
on voit que les' rèj^les de l'accent prosodicpie se lient 
à cellcf de la (quantité, et que les premières supposent 
la connaissance des secondes : cependant, il ne faut pas 
confondie ces deui choses. La quantité est , comme 
. nous le dirons bientôt , un principe qui détermine la 
mesure d'une syllabe , son extension ou sa brièveté; 
et r;icceul , est une inflexion de voix (pii s'exécute 
souvent ;V la' vérité , à l'occasion de la quantité , njaift 
(jjii néanmoins en est indépendante , parce qu'elle ne 
* hrapoint d'elle son existence , et que la mesure cfune 
syllabe ne nécessite pas toujours l'accent. La quantité 
t'st fixe^çt prescrite : elle est adhérente à chaque syl- 
- labe , au lieu que l'accent varie et anecte indistincte- 
ment toute syllabe , suivant l'expression qu'il fàf^i de 
lui donner : en un mot , la quantité est la proportion 
métrique d'un mot, tandis ()ue l'accent en est TàiDe, 
la couleur et la vie. . 

11 ne faut f)oint confondre non plus l'accent proso* 
<lit)ue avec Vaccent oratoire y autre partie de la oro- 
iionciation dont Içs lois influent , non sur une syllabe 
<l'iui mot, mois sur la pensée toute entière, sur le sen- 
timent, la situation (|u'elle exprime , et sur l'intoDaiion 

' 1 ) r.^H npplicfition» et leo c'xeni|iles que nous préientons,' 
Miiit cxtrniti de reiccllent TrAttë isur l'accent prosodique <W 
i' 'ihbv Bnm»ux , uu de DOf grammairiens qui a k plus ap- 
pi uioiK^ cette matière. 

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jjiiyiiaiL.jiJiuiiMHiiiLW^ I ■■JiWiiiilliBPPippfi.i n n uxmiiuiiwwiwuiijuiinp- uMÊmimmimÊmm^^^m^^^mfmmmmmm 



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exposé , que là prôsoclie he s-occupe que dc-Ia manière 
fie r^ier la prononciation sous le ra|4port de T^ccent 



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200 " NOUVEAU TRAITi: 

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générale qui lui est prOpre , objet imporlîyit qui-.se 
troiive développé dans l'Art de lire à hante voix dont 
cet ouvrage est une suite. -.^ 

Enfin.*, il ne faiit pas entendre par accPnt ùançais, 
■ lë^tte Ibnie d'accens vicieux , tels que Wtveent picard ^ . 
\e bas'hreto0^\c. normand^ Uygasconf etr., qui ren(]pnt 
la langue française presque méconî laissai )le. ÎNou ^ avons 
caractérisé le. premier : c't-st celui des hoynnes d,e ^oût 
dont l'éducation a été soignée ^ qui ont vécu dans Je 
i .. grand monde et cnIttvéTcs sociétés polies ; taiidis <[ue <> 
les inflexions qui appartiennent aux àutijés aecens sorjt^ 
opposées" au bon usage , et rtîuverseiit^tous lés tons 
d'unc.justè prononciation : c'est l'acce^it (les- hoinmes-• 
qui oe connaissent (|ué le matériel de ja langue fran- 
çaisc ,. et'qui la lyiu mettent à des habitudes locale.-; 

* dont ils n'ont jaraais|w*^u dont ils n'ont janiais vâulu 
corrige!* les vices.. Voi^i^nirqûoi* on a dit que ^poiir 
bien parler français y il ne faut point a poir d'accent , 
ce qui signifie qu'il ne f?mt point avoiv celui qui est' 
propre à telfe ou telle portion du j^ç||pW français , /« , 
telle ou telle province : mais celui qui \e5t dans le vcrila- 

, ble génie de la langue française , dont les propriétés 
consis^nt dans la justesse des toiis , dalis^leur dou- 
^ceur et dans une harmonie exacte entre les mots que 
ces tons affectent , et les choses qu'ils expriment. 
, Au reste, qu'on ne s'imagine point qu'il su fl^e, 
pour avojir eé( accent , de prononcer régulièrement 
Ml langue : l'expérience confirme tous les jours qu'on _ 
*p€ut avoir une très bonne [j^-ononciation et Un mau- 
vais accent : il y a même plus j c'est que souvent on a 



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ju il fatit bii taire seJorippiccurrence pont établir une 
juste harp^oiiic entre 1^ signes 'et les choses signifiées; 



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. Dr, PUpSOD.IE FIJ ANC AISE.. * 2ar 

iincprononciatlim^ vicieuse et un accent très juste et 
liesadrcahre. J>;ins certaines provinces cfo la France , 
OU' pade niclodieus^inient la lan^^ue française , quol- 

-Vj^ii^'UiNlfassc soiiveii : tles fautes très eravês contre la 

* pïbiVohciation ; ta ijdis qn'ii illeurs les pcrsonn«^s les 
mieux élevéesont uli accent riidè et désagréable , quoi- 
qu'elles p!)serv:cnt très exactement les lois d'une pro- 
1 on<iidtioîi ré<;ulièrc. Eri 'général^,* la mauvaise pipnon- 
cLitiorl peut se corriger i n4ais le mauvais accent .se 

^'corrï^ difficilement: il j reste prestpie toujours quel- 
cjiies traces de racceiit natal qtîi perce malgré les soins 
j\uè l'on se d 041 ne de Iç cacheff. Les oreilles.cxercées fè 
sentent aussitôt ^ et le âiscerncoient vif si loin à cet 
ég^iHil, que l',0n détermine par Taccent, le lieu, la ville 
ou là provincib de l'individri qui parle. Cesl ainsi qu'un 
i;:»scQn ou un nqrnwndécha*ppe|[jit rarement a r^nelfii-* 
eaJ)le-siiznaFeiJient de leur accent. Rien n'est |)ln9déK- 
caftpae le bon accent français : la moindre ^issonanee 
trahit celui qui-^ne Ta pas et dicté son arrétw Au sUrpIns, 
je ne pense pas rpie ce soit un malheur : il est méîme de 
lait que, lorsqu'un gascon^ par exemple, est parvenu 
li bannir de sa pronoriciatipn ées 4|^^utillemens brus- 
ques et rapides , ces éléVations aigu<Â\de voix à ta ûji 
des mots ou des phrases qui caractérisent son, accent 
naturel, et qu'avec cela , Il a apprfs» prohoncer ré- 
gulièrement sa langue; il résnite de l'empreinte tcrû- 
jours subsistante de la vivacité propre à son pays, et 
<hi bon acceiit français qu'il a sub^tuë à* ses dé&otê , 

,un charme nouveau qui plaît et qui' intéressé. .,ill?€iC 
î*insi qu'un acteur célèbre de nos jours > après avoir 



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comitie qui dirait, au caruun ^ poui ic ^.imwi.;. -^ 
effet,, dai>s Içjs langues anciennes qui avaient une pro- 



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NOUVEAU. TRAITK 



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fak disparaître , à force.de soins , de goût et d'étt^de , 
de son accent natal , tout ce qui pouvait altérer l^ 
Bfeaute de sa diction , est parvenu à se former un débit 
d'autant plus agréable , qu'on y remarque encore celte^ 
-empreinte de vivacité et de chaleur puisée dans les. 
climats mériaionaux deJa^rancc, et dont l'effet ajoute 
un nouvelintérêt et une nouvelle énergie à- l'excellence 

de sa déclamation. ** 






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De la quaiUdt, 



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-Ce second objet des attrirvutions de la prosodie 

peut-il s'appliquer^! la Wngue française ? 

ISqus avoiLS dit ^*il ne pouvait point exister de 
langue sans accent prosodique. Nous poserons le mcino 
principe pour Ja fianiM. Il n'est point de peuple eu 
en effet , qui n'ait dans son langage des prolbngemcns^ 

^ de sdn» , coninie des syllabcs^sUi: l(^quelles la voix doit 
courir et se lirécipiter. Cette disposition est l'ouvrage 
de la r.atuç^ elle a dû commencer avec ^ fqrmation 
des longues, époque ou les hommes -ayant un trop 
petit norobre de mots pour exprimer toutes leurs idées, 
dïirent donnera ce» mots des valeurs et des prçpor- 
Uons capables de peindre les divers objets de leurs 
pensée». Nous voyons encore des tçaces de cette dispo- 
sition primitive dans toutes les langues modernes, 
où souvent un même mot présente deux sens diffe- 
rcns, suivant la manière de le prosodier : les passions 
d'ailleurs durent avoir encore une influence nécessaire 



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vjibuiiguer a i oreiiie, a i^ aeiacner ae ceux qui iepr6* 
cèdept ou qui le suivent , et à lui donner nn c6mineii<r 



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DE FROSODiE FRAJiÇAISE, 



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sur le principe de là valeur des syllabes. La douleuV 
et la colère , par exemple^ outre les inflexions qui les 
diversifiept^ ont aussi une juanicre, différente de dis- 
poser des signes de la parole, qUa ut à leur proportion. 
La douleur les traîne, la colère les précipite; et delà, 
sans doute l'origine de la prosodie qui , incertaine et 
arbitraire dans l'enfanCe dés idiomes, est devenue, 
pour les langues riches, cultivées et perfectionnées, un 
ait régulier, fon(îc non. plus sur le besoin, mais sur 
des principes de goût et d'hôrmonie, et appliqué aux 
plus belle» créations de l'esprit luimain. 

Telle fut là prosodie des langues grecque et latine ,^ 
dont l^ régularité , sous ce rapport ) é^it admirable, et 
à qurlcs beaux-arts durent un w gi^nd éela^. Le prin- 
(Ipe qui««umit le» mots aux lois du rythme, chex Icîs 
aiicieus peuples de' Rome et (le*la Grèce, enfiinia dos 
l>roductioné qui feront éternellement la gloire de J'e^ 
[»rit humain ^ la poésie , f éloquence et la niusiquo (&n^ 
rcrurent ilnc^empreinte inedacable de perfection , que 
les àiecles futurs devaient essayer vainement d'atteindre 
et de surpasser. Mais bien t<^tV tout- disparut avec- la 
j^loirc et la puissance dea peuples foDdaleurtdef beaux- 
arts ; le» belles laçgues de la Grèce et de Rôine se fon-^ 
dirent dans des. idiomes barbares où elles |>er(lirent 
jusqu'aux dernières traces de leur im tique harmonie. 
Li langue latine surtout, tomba éparse , niii|il^t à^ 
gradée, dans les jargons des farouches vainqueurs de 
l'Occident , et de leur mélange confus naquif enl une 
Foide d'idiomes informes et grossiers , ad seîn desqueli . 
ia prosodie de ses mots s'anéantit; semblable à c^ 



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la puissance poiUK|ut; ue iiuine, m vjiv.v.v utuav i.^.-, ^ 
gué là maîtresse du monde i)ar Vempiie des beaux-arts. 



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NOgVEAU TRAITK ' 

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maûèresjirccicfises qui penWiit dans wn alliage impur 
leur éclîft.et tonte leur val<;nr. ^ , . * 

Cependant, t(;l|e était la 'dcs^^inée de ces jargons 
barbares, que de leur chaos devaient sortir, à la loilgne^ 
. des langues riches, harmoniensos et dont la prosodie 
devait en quelque sorlo rivaliser celle 4?^\s langues an- 
ciennes. Comment s-opéra c<^tte étonnante rëvolntion 

* ' Il 
dans la langne française? C'est ce cnie nous allons exa- 

miner: ce détail nWt point ditetonl étranger àia qiies- 

tien que nous traitons ici-, il prouv^a an contraire, 

que la prosodie française dont on conteste encore 

l'existence , est en partie une dérivation naturelle de la 

proifodie de la langue latine , que l'usage de nos longues 

:et de nos brèves est aussi ant^ien que nos mots, que ce 

^n'est point sans tbndenient qu'il s'est établi, et que 

dcîs-lôrs l'existence dék la quantité de notre langue est 

une de s^s préfog^lives les plus inconleslablcs. J- . 

Hiêtoire de lajprniation de la langue française sous le 
- ; rapport de na prosodie. 

La première formation des mots de notre langue 
fut certainement l'ouvrage du hasard, du caprice, des 
drconstances locales, du génie ou des inclinations 
particjjlières de ceux quiy concoururent. Les uns y 
ihtroduWent d'aboi d tWtuoU tout latins qui ne ser- 
vant que rarertîent, et n^ant point passés dans la 
langue commune et ordinaire (^(i sont conservés f)l«>s 
long-tempa' , et sont parvenus jusqu'à nous, sans avou' 
•ssuyé d'aulre*^ltération (|ue dans leurs termiuaisous 



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igjius et Itnor y mots qui tqus deux signifient £ort, 



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^I)E PBOSOniE Fl^AXÇ VT,SE. 2o5 

qiiç l'on a nccomnioJëes an. ^c nie do la prononciation 
fiunçaise. D'antres, y introilui>iionl des fiajj'iions des 
mots de la niciiiif i mj^no , prives de plusienrs syllahes, 
„et' pins dônalnrés encore pîir nn puHjoneiation bai;- 
fjare; les antres ,.(les niots ln«les<jnes et frermains dont 
ils acconiinoclèrent cValenient la '|rrouoncialion à'ia 
lenr; d'autres firent des niuls de, circonstance ou en, 
enipiniiteicnt des nalious voisines (jn'iJs francisèient; 
njais enfin les nuits latins composèrent tfi pitis "rande 
parue de notre lan^;Me, et c'est dans cet étal de coufîi- 
sion (pi\vlle par\iiit anx siècles on étant dtîvenue peu 
a f)en la lan.«^ne nsnelle du coi jis d(; 1» natio^i ,*et celle 
^^>nt u!i eonjnHineait à se servir dans l'écriture ; des 
lionuncs éclairés ciinent (pi'il était temps de lui donner 
une forme et d<; la soumettre à «les lois réanliéres. 

(.omine les mots lîilins la cofnposi|icnl , ainsi que 
nous favons dit, pres.jue lont(î ejitière ;. c'est sur les 
rè;;l(!S de l.i langue laiine <pids en étahlireiit la syn- 
taxe, ''lloJisli sri»olsijnelc(MMpies furent lallié'S autour 
decesloiv. Ils lenis doinièi^nt d'alxud nue forme de 
!i(>h;s déelin;d»le's en leur piéposaut des articles qui 
font le même efret cpie les cas lalinsfil < n fut de même 
desverhes qn'iK> iissnjetireht a des vi\^à, «le temps, dç 
personnes .singulières et pInrieJles, et à des manière» 
d'exprimer les -actions (pi'ils ap|ifelère|jt " /«(^/t?^; il» 
firent eu même temps des prece|>tês (jui , par la con- 
Jii<^aison ci'nn verbe, pouvaient servir a eu c.oujuguer 
plusieurs de la même terminaison , ejt;, prenant pour 
modèle les (juatre conjnjraisouH latiues, ils établi rqiit 
par analogie, quatre coujugaiî^ous Irancaiscs : cûfiii^ 



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et sa suite. 



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206 



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NOUVEAU TRAITK 






y ils classèrei>t les prépositioçs pour le rappoit et le 

1 régime d(îs lioms ; 4c5 cotijonctioi]^ pour le régime- 

déslemps et des modes des verbes -, les adVerbes , pour ^ 

Jes manières d'exprimer; l^s actions et les^ choses-, en 

ua mot, toul^cs les parties de l'oraison cpii peuvent 

entrer dans^ le. discours le plus régulier. Voilà comme 

] Tiôtrc langue s'est formée peu-à-peu, et comment, 
paries i^ins defe hommes bàbiles qui se sont occupés 

- de la régularis^jr* , elle est parvenue au degré de pcrfec - 
tion où. elle se trouvç aujourd'hui! iji 

Mais, ces travaux auraient été bien imparfaits en- 
core, si on n'avait pas en même temps réglé la-prosodic 
de la langue. Il était impossilJe c^u'en s'occupant de , 
classer grammaticalement des mots qui portaient en- 
core, malgré leur dégradation', l'empreinte dç leur 
antique prosoidie , .et qu'oi^ pouvait comparer facile- 
ment «ons ce rapport avec les mots dont ils. étaient 
dérivés, on no s'occupât pas en même teriips de dé- 
terminer leur prosodie. Cette nécessité ét»it com- 
mandée au surplus par la nature de la prononciation 
alors en usage , prononciation q,ui clle-niémc était mie 
suite naturelle de l'état où on avait réduit ces.iiiots, et 
de la coutiaclîpn (l'une partie de leursr syllabes. Je 
ni'e?^pliqne. , . 

\ . Il est évident qu'en obsêr-vanf l'immense quantité 
de mpts lalifis (Jui sont entré» dans la composition de 
notre langue , on les trouve pres(jue tous diniinwés 
d'une , de deux , et même de trois syllabes dans leurs 
iinales, relativement à leur ct^t primitif; C^elte con- 
traoiion fut, à n'en pas douter >ite(Vet , soit de l'in 



niauière que les accens agréa bleinont variés se pr4* 




--* Ui: PJIOSODIE FRANÇAISK. " '207 

aplitudo de nos aïeux pour la prononciation latine, soit 
delcur humeur prompte et vive, comme celle des Fran- 
çais de r^os jours, qui ne se donnant pas la patience d'ar- - 
ticuler les mots latins syllabe par syllabe , ^en contracr 
laient une partie ou les réuniisaiént , dans la prononcîa- ^ 
tion^d'une seule. Or, quelle était ropération naturelle 
delà vdix dans cette circonstàn^ce? C'était de prononcer 
longue la syllabe qui survivaîtià cette contraction , ou 
(juiréunissaitlessyllabesctohtrâcfes,Etnousdisonsaue 
cette opération était naturelle, parce qu'il faut néces- 
saïremcnt plus de temps pour prononcer deliiL syllabes 
qu'une;, et que, quoique dans^ uplrnot, ilpraisse n'y 
avoir qu'une sy lia be,4c deux ou ile trois qu'il v avait 
au|)aravant, parce que la subtilité de la prononciation 
les a l'ait disparaître , il y a néanmoins encore un 
reste de syllabe au bout de cellç qili est demeurée dans 
le mot, et qui fait <[Ue l'on est au moins autant du temps 
a la prononcer (ju'iine syllabe et demie, ce qui fait 
justement notie syllabe longue. V 

d'est ainsi qiie la: plupart de lîos syllabes longues 
datent de l'origine méfnq de la langue, et que leur 
prosodie b;ur est adhérciito nons^^i^ilcmçnt par l'effet 
de la contraction des mots qui en ^otit formés, mais 
encore par celui de leur analogie avecl les mots d'où • 
ils dérivent. Voici quelques a pplicatiooi de cette vérité.' 

Th's syllabes dont la (jtianîitt' a élt déterminêé^eion la 
ngle des tnotH primitifs , ou par V effet de la çôntraC' 
tion de ces utots. - 

I " Le ^ (iuala de tout tômps reiidu longue ia syllabe 



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lion , elles sont majestueasçs , oigues, pieiuc^ uu lui 



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208 NOUVEAU TBAITÎ: . ' 

à laquelle il était atlaclic , à ca^isc clc la contraction 
qui b'est faite d'une , de deu\ , ou de trois syllabes dans 
/ les mots primiti's qui se lemiinaie.t par celte même 
'consonne. Ainsi , on a toujours prononce, comme 
Op le fait aujourd'hui : Lâs j de Lapsus; temps ^ de 
tempusj boïSy du' boscns } corps ^ de corpus j cours y 
de cursus y les dàcsj, de duces ; les dénis ydi\ dentés j 
les arts , de artes ^ ïabàs , de abususj \g?> i^oui^er- 
neûrs^ de gubernatores ; \es faveurs j de j diacres , \eh 
humeurs > de humores ^.etc. , et on s'est si fort atfcou- 
t4imë à, cette règle de, faire longues le^ finales termi- 
liiées par uii s y cpi'on l'a géiféralcmcnt appli(juée à tons 
les autres mots, (pie)le<juc fût leur origine, soit qu'ds 
fussent au singulier c^i au pluriel , ou même qu'ils lus- 
V sent indéclinables, à l'exccplion cependant-dcs finales 

muettes dont je pluriel prciid un a. ^ 

; a" La (pianlité des |)énullièmes'sjllal)ys des mots 
terminés en re est également Ip résultat lio la conlrac^ 
tioiï des iftols pri nillfs ayan^ la uiélué lerniinaisou j. 
^ c'est ainsi (lue Ton a prononcé :/>//r /Me dicerc ; 
' boîre , de bibcrc ; faire yde jacere ; rîrc , de riderc ; 
, plaire /d^' placere. . ». 

3'.\oici d'aulres mots dt> trois syljabes, venus de 
. mot» lalins coiliposés de quaire , cpii , sui\ant la même 

; loi de» 81 llabc» contractées, ont lônjours coi^ervé leui 
* ■* - ' - 

' jK3nnUièi)ie longue : Emjnre , histoire, mêmoifo y 

my^ stère j thaùctiêrc y notaire y (rrammdire ,, sa- 
, lairey etc., (pii viennent de;, imperium y historia , 

mernoria , mysterium, caldarium, notarius^, ^ram.- 
• màticus y salariifm. Celte règle s est étendue a 



V 



^epenaanc, pour ne laisser rien a destrersur œlte 

il 



* 



* DE PROSODIE FRANÇAISE. . aOQ 

duc à tous les mois français formés de (jnatrc syllahes 
rlont les mots primitifs , en latin, étaient composés de 
cinq; connne dans arbitraire , téméraire ^ exerriy 

p/aïre ,\enus du: arôitrarius , temcrarius , exem- 

plarium y etc. 

4" La |)]ns i^randc partie do nos verbes terminés en 
are^ere, ire , are , urcr, ayant élé formés de la pr(>- 
niière personne des temps présens des verbes latiiùJ 
ont t;.irdr la même quantité des mots dont ils étaient 
lonnés. On dit : je déclare ^ de declaro ] '\esvère , 
(le spcro , je soupire ; île suspiro ; ] adore , de adoro ; 
Y jure y deyV/ro^ et par analof^ie, on a attaché la 
niénn' quantité à tons lés antres mots dé pareille ter- 
niinaison, soit îW'ils fussent noms, adverbes, on dé-* 
iKves de qnelqu'imtr^ lan«;ne. Delà la quantité des 
mots, barbare y avare , chimère y satire y dure y cùre^ 
couture y écriture y torture , elc, 

5" Nous avons encore une rèj;lé fort ancienne qui 
rend presque nniverseilement lonf»ue la pénultième 
syllabe des mots terminés cfi .9/» , ses, ze y^^en, parla 
raison de leur dérivation de mots soumisà cette rrii^me 
<jnantité. C'est (linsi que nous prononçons t^'àse y qui 
*a l'té lait (le Publatif latin i-^a.v^ ; diocèse y venu de 
(hœcèsis y nipt latin tiré i\\\ fçrec ; àlôse de 0to9a ; 

. rnûse, de musa ; aise , de Titalieu aggio ; cause y do 
causa y glorieuse , de f^lôriosa; i^alise, entreprise , 
de Titâlien vali^ia y impresa. Cette iégle i'ë^epd à 
un grand nondire de mol», eî |»articuliérement:Â ceux 
qui sont terminés eu asery iser, osec^, user ( voyas 

. les règles de la [Irosodie). 




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alO NOUVEAU TRAITÉ /^^ 

G" Une autre rcgic de prosodie également adhérente 
k nos inots, ot^(jùi ,n pond a leur primiirve formation , 
e)^t celle fj\ii cofkiérne le s «pj^on ne prononce point dans 
un grand nombre de mots comme piisq nés , baptésmey 
honnëste ,fenestres y cloïstre y apôsfre , etc., et qu'on 
marquait autrefois doms rorlliographc^ soit pour s'en 
servir eon\mc de caTactère auxiliaire, afin d'indi- 
quer la nianière de prononcer ^cs syllabes auxquelles 
celtec4nik>nneélaitattachée-,:>oitpour désigner (eomme 
plusieurs le disent), ^origine des .mots étrangers dont 
ces sortes de mots avaient été formésî»On voit encore 
que nos anciens employaient le s pour rendre longue 
une syllabe contractée, coinme il paraît par les mots 
Jérôsme , Rfiôsne y nous/àsmes y nous déclqtàsmes , 
nous confirmâsmes y etc., venus des mots latins, hic- 
ronimusy Rhodanus y fuimus , declarai^imus y con- 
firmai>imus, Vav conséquent la prosodie actuelle de 
tous ces roots et semblables, qui a été maintenue 
malgré la disparition du s dans Toi'tliograplie , est une 
suite de wlle (pu a été éUblie dès la lorQiation de 
oes mêmes mots, a.jlès-lor8 adhérente à la langue 

firançaise. 

7' Il on oftt de même de celle de» mots éofits au- 
trefois avec une double voyelle, comme qâ^e , von- 
trcHile, roôie, baâiller, pour eu indiquer la longueur, 
cl auxquels nous attachons encore la même quantité , 
Dialgrô la contraction d'une de ces voyelles. 

Ô* Aiâisi que de celle de» niot» terminés en aille , 
aUles, ailUr, aillé , aillent, comoie ^âi//# , mu- 
raille , écaille y écailler, tailler, qu'ils aillent, etc., ' 



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brève , accenluez la pénultième : mensonger. 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. 311 

qui ont tous la pénultième longue, par l'effet de leur 
dérivation de la terminaison italienne, aglia, avec 
laquelle on fait les augmentatifs en italien, et dont 
l'a qui la précède est toujours long, comme pàglia j 
murà^llaj squàglia y tic, y et cette règle a pris une 
telle extension , que presque toua les mots de notre- 
langue de pareille terminaison ont la pénultième Ion- 
ique , de quelques mots quWaient élé formés* 

9° Enfin une règle de prosodie qui est toute latine, pi 
rpic nous avons étendue à une infinité de nqs nuits, est 
colle qui appartient aux syllabes tétoinées^ar un m 
ou par nn n , et qui sont toutes longues, dans quet-^ 
qu'endroit du mot qu'elles se rencontrent^ comnne 
jambe , timbre y simple ,^vômpter , ombre, hàmble , 
]nêndre^ ^îriré , peintre y répondre , longue , mon" 
trcr , honte y etc. 

^ C'en est assea de ces détails pour montrer que, du 
tnoi!1|s en ce qui les concerne , la langiae française a 
une prosodie fixe, fondée en raison et nécessaire méat 
dépendante de la nature de se» motl. il n'anniit pat 
été difficile de les pousser plus loin ^ et d^Appliqueraiof 
raisonnenicns sur la dérivation et la coti traction de iioi 
rnots, k l'ensemble de nos lon^^ues et de noà Jbrèvat; 
tuais ce travail aurait été trop loogé 11 luflil d'cnârûir 
présenté le principe avec quelques applktiiofit ; lei 
I>oris eapritt feront le reste. Je sab oëaninoiiiê- que i'oo 
peut cotnbâttre pac des, raisons plausibles , notre ma^ 
nièré de démontrer là fixité de nés syllabes longuea; 
je sais qne I'oo peqt alléguer , par exemple ^ nos fioatia 
<*n ablê '■", eble y ible y oble et uè^U , qui scmt 

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de l'accent , on doit en placer un sur le pénultième ; 






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TS OU VEAU TUAITK 




'Viaytoutes brèves, quoic^u'elles soient unc5 cbntracrion 
Widcnte des finales latines en âbilis , îbilis , ôbllisy 
ûbiîis qui ont toutes l'antépénultième longue. Mais 
cette objection ne peut prouver autre chose, sinon 
qu'il y a tics exceptions au principe de la formation 
de nos syllabes longues. Et quelle langwe n'en a pas 
'* dans ie système d€ sa^rosodie? D'ailleurs , il est vrai-^ 
semblable que ces syllabes ont été, dans l'origine de 
la langue, prohoncéca, longues selon les lois d(3S syl- 
. labes contractées: niais ciue, sans doute, l'humeur in- 
constante et vive do ht nation n'a pufa^sujétir à suivre 
les règles (jue les hommes instruits observaient. Mal- 
gré les raisons que l'on avait de conserver ces syllabes 
longues, on a passé outre, et on a fait brèves quan- 
tité de. syllabes qui, originairement et raisonnable- 
ment, devaient être longues, * ^ 
Que devient donc, d'après cela, l'opinion de ceux 

qui prétendent que la langue française n'a point de 
«yllabes qui soient longues ou^ brèves par.ellos mêmes ' 
Outre que les faits, comme on vient de le voir, dé- 
montent ce pr^'jugé; j'ose dire que le plu» siii^)lc rai- 
sonnement suffit pour en moiJtrer l'inconséqueirce, 
sotos <pielquc rappQ^ cpi'on l'cnvi^gc : je supposé en 
«ffet que le» syllabes françaises n'aient aucune qu.in- 
' tilé prescrite; que s'ensuivrait-il ? Qu'elles seiaîent 
sincoptibles do recevoir la valeur cju'il nous plairait tlo 
leur donner; ce qui forait de notre langue, la plus 
couple de toutes les langues. Veut-on dire que tandis 
que nos syllaU'j sont indécises dans leur videur, elles 
sont décidées m n'en avoir aucune? Cp serait une 



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pioloiu^i cette matière. 



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DE PllOSODIE FRANÇAISE. 210 

chose absurde en elle- même , car il n'y a point de son 
pur ou articulé c]ui ne sort nalurellenieut disposé à la 
lenteur ou à la vitesse , ou* également susceptible de* 
riine ou de l'autre, et son caractère ne peut Féloigner 
(le celle-ci^ sans l'incliner néccssarremcwt^vxrs loutre. 
Enfin veut-on dire que la valcuiv^jrg/odique de nos 
syllabes manque de précision? mais qu'est-ce qui cm- 
pOchede leu> en donner? D'Olivet, aprèsavoir observé 
fju'il y a des brèves plus brèves, dos longues plus lon- 
f^iics, et un très grand non)bre de douteuses, finit par 
décider que tout se réduit à la longue et à la brève- 
Ci Km effet , dit Marmontcl , toiit ce que l'oreilk exige, 
:^cVsl la précision de ces deux mesures , et si, (Ifujs le 
langage familier, leur quantité relative n'est pas com- 
, plète , c'est à Torateur , c'est au lecteur cVy suppléer en 
K'cilant, Les latins avaient comme nous des longues 
plus longues et des brèves plus brèv^, au rapport de 
()ulntillien, et les poètes, ainsi que hss orateurs, ne 
laissaient pâsdejeur attribuer une valeur égale. Quant 
aux douteuses, leur propriété étant de changer de 
valeur en (changeant de place, alors, selon la place 
qu'elles occupent, elles sont décidées brèves ou lon- 
j;nes; ou réellement indécises , elles reçoivent le degré 
de lenteur ou de vitesse qu'il plait au poète ou à l'ora- • 
tcur do leur donner ; alors, loin de mettre .ubstaclo au . 
nombre, elles le (iivoriscnt^ car plus il y u dans une 
liingu<î de cfes syllabes dociles au mouvement qu'on 
K:nr imprime, pKis la langue elle-même obéit aké- 
"'ju^eirt à l'orc^llc qui la copduit M. • • 

l.idin, la preuve que la langue française est sou* 



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p*iuiavuir uiiu ireii liumie pruNOuyiaiiou ei uu iiiau- 
vais accent : il y a même plus , c'^st que souvent on a 



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2l4 jiOUVEAU TRÂlTâ 

mise aux lois d'une prosodie fixe et constante , cest 
^çpttXe, code en existe dépuis long-ten]j>s, entre nos 
mains, puise dans le génie de la nation qui la parle , 
dans de^ habitudes consacrées depuis des. siècles , dans 
leii^pports de nos mots aveq leiî^ pnmitif^, dans les 
régies du bon sens et de la. raison, sanctionnées par les 
.suffrages (tes sâvans, et pleinefiient ju.*«tifiéts par les suc- 
cès de ceux qui en observept les lois. En faut^davan- 
tage pour assurer que rien ne manque à la langue 
française sou^ ce rapport, et que M les applications de 
notre prosodie hè sont pas aussi universelles , aussi 
•enstbles, que dans les langues anciennjés et dans quel- 
ques langues modernes, ce p'est point faute de pnn- 
cipcs /fixes et certains; maiJ parce qu'on ignore trop 
69 général combien rétade et l'observation des^rin- 
cipes de la prosodie importent à la juste prononcia- 
tion de notre langue, et à la perfection des ouvrages 
littjt^raires qui en émanent, (^'esl^ ce que nous allons 
démontrer aans les chapitres suivàns. 



fc<^%'%< » ^^^^>^»>%'»i* »^ %^'»i,i.^^%'»^*^' 



CHAPITRE II. 



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DE LA PROSODIE , rON8ID^:R^:E DANS 8Ei* RAPPORTS 
' AVEC LA PRONONCIATION FRANÇAISE. 

C'est un triste et bien déplorable aveu que celui que 
noîi» dt\onH faire, en parlant des rappotta de la proso- 

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die avec la prononciation francaiêe^X^xx sont ceui qui 



vii«ui. tMM\j «J<_PM V V** '^ u tia 



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àittsi qu'un acteur célèbre de nos* jour» > après avoir 



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DÉ PROSODIE FRANÇAISE. ' ai5 

se montrent pénétrés de Pin ti mité de ces rapport* , et 
qui y conforment leurs études et leur dicfioci? Nous 
en sommes, j'ose le. dire, à cet égard , à un tel point 
d'ignorance, d'i^j différence, d'indécision et d*errenr, 
que l'on non^ ci^bif^it enxrOfe^^crhupreniicrs tenips d»», la 
formation d'uii^ langue, où rief> n'est déterminé, oJÎ 
tout est livré à) l'arbitraire, et où l'on ne soui>çoiine' 
même pas U;& lofis du rythmé et de l^harmonie, Traits du 
goût et de la civilisation (l'un peuple. Qui s'avise de par- 
ler de fjrosodie aux jeunes- gens (pit Von élève dans les 
écoles pnhiiqiies ; ou plutôt, qûels^'instituteurs y sont 
en éfat d^eh donner des leçons? Quels gramn^airierià 
en exposent l'^itilité da;is leurs oi^Liges sur la langue? 
II semble, h Ig manière ;dont on Snsidère la pro$ô(fi0 
Française, que ce soit one chose pu rement- acc.€Sftoiré 
et entièremciit indiflTércnte à la pratique dé notre Ult^^ 
^ue. Les livrets qui en traitent sont délaisses et re:YégM 
dans les bibliJ>tlièque9 comme des productions ifintifeaf 
<:t peut-être que cette dernière paître de ihoti oOTtîigly 
s(ira elle-même envisagée avec trn pareil dédaii). Est-tf 
étonnant apitcs cela que l'on contèi^te à la langue fràii^ 
raise sa prosodie ? Et qui pourrait penMr eii effist 
qu'elle efj a une, ^n entendant la plupart de nos uj'h- 
teurs et de nos lecteurs ?■ Passez au l>arreâu , et si vont 
(tes sensible aux charmes (l'une langue régulièreni(*nt 
pi osodiée , liâtez^votis de fuir ce théâtre où la kngifi 
iniiieaise e^t outragée par Ips failles les pins j^s^tèreê 
l'outre le» premiers'^l^f^incipHi de fa prosodie. Pauses- 
dan» lès cardes, d|ms le^ écol«*s p/HvKifiefV'^dlrlii^lèi; 
^ssenibléei où les beaut-arts semblcfiat u^êtfe choiiiA 



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d'ailleurs durent avoir epcore une influeuce uécessaue 



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ai6 NOUVEAU TRAITÉ . 

uo aftile, et vous y entendra ^uo bngage sans nulle 
prosodie, et^ plus souvent eneore, avec une proso- 
die qui eu renverse toutes les lois. Ce nVtail point 
aitisi qu'était traité cet art dans les langues ancien- 
nes : son étude entrait dans le plan d'une éd|jcation 
soignée; on ne laVéparait point des autres éfiîdes 
qui devaient concourir au progrès d'une belle et juste 
prononciation ; elle en Taisait une partie essentielle, 
et quiconque se serait exposé à pBrle|||||n public, sans 
avoir appris al donnei* aux mots de ces langues leur 
valeur prosodique, aurait été renversé de la tribune 
par les huées et les siffletâ de la multitude indignée.; 

L'étudb de la prosodie est nécessaire sous trois rap- 
ports: premièrement, pour obtenir une prononciation 
grammaticalement juste et régulière; secondement, 
pour attacher aux mots , et par conséquent aux idées, 
leur sens véritable^ et en troisième lieu pour dornier 
à la langue française toute riiarmonie dont die est sus- 
ceptible. Fixons, un moment notre attention sur ers 
trois points de vue qui prouveront incontestablement 
l'utilité de la prosodie, et l'intérêt .que nous devons 
mettre à l'observation de ses lois. <^ / 



I. 



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De la prosodie , dans aes rapports npec une prononcia- 
iiongrQmniatLcalément juste el ri^gulière» 



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La langue française a sa prosodie; je crpiâ^'aypir 
prouvé. Lea règles en sont posées, on pourra^'en 



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'a prosodie de sel mots s'anéantit; écmbtaWc à ci^ 






V 






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DE PROSODIE FRANÇAISE. ^ 317 

convaincre dans le dtfeiferi.^^^ de ce trait^ Il est 

rionc ^u devoir de toù|^ceux qui parlent français , et 
surtout de ceux que leurs fonctions destinent à la tri- 
bune publique , de l'ëtiidier et d'en observer les lois. U 
^ait vraiment singulier qu'on ^ût imaginer que 
Texistence de la prosodie française, et les règles qu'elle, 
propose, fussent des choses bonnes seulement en S|><5- 
culation, ou pour rester inutilement confinées dans 
des liv^; semjilables à ces ouvrages d'imagination 
faits uniqyement^our alimenter la curiosité. Quanta 
moi , Je regarde les lois de la prosodie comme aussi 
importantes pour .une juste prononciation , que celles 
nvème d'une bonne< articulation : ces deux conditions 
sont aussi essentielles l'une que l'autre : que dis-^jo? 
elles se soutiennent mutuellement; car rien peut^tro 
n'aide autant à la pratique exacte d'une bonne articu* 
lalion,quc cellç des règles ^e la prosodie ; comme 
rien ne favorise davantage l'observation ju^e des lois 
de la prosodie, qu'une articulation soignée et régulièyc. 
Quanti ces deux choses ne marchent .pas ensemble/, la 
prononciation ne présente qu'une mas^ de sons con- 
fus où l'on ne distingue ni la valeui' des syllabes ni. 
leur divisiorT^ammaticale; et elle est pitoyable. Voilà 
pourquoi l'étude de la prosodie est indispensable {$<9Ui* 
obtenir une diction pure et nette ; Voilà poi^rquoi îl 
importe dé savoir quelle mesure il faut attacher »ux> 
syllabes, afin de seconder à propos le mouvement Jiù' 
l'aiticulation, do te ralentir ou dcle pr/^ipiter « soi*. 
vant la rencontre des longues et des brè'feSi et d'apri^, 
leur valeur rebpective\ -^ ■ nw^ii ; 

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3118 NOTJVEAU TRAITA: 

Qu'arrive t-il lorsqu'on échanfre dans la pronon- 
dation une longue conjtre une brève? Que Fon estropie 
"bien souvent les moits au point de les rendre niéconnais- 
tebfes, comme esela se voit dans ceux qni disent .pàil^ 
Veraàil, notàir^ dir, latjoïr] \>o{xf paille, f^ersâilles, 
notaire y dire, la Loire. CMe manièi-e de prononcer 
joiniVe ridicule à Tincorrectibn ; c'est celle de gens qm 
voulant donner un air >le fnignardisc à leur langage, se 
fônt une prononciation a part, remplie d'aftectation , , 
et par consëquent d'erreur. Je no sais si , dans l'ai ter- 
' native des faute» qui se commettent contre Ic^ règles^ 
de la pro8odie,.jiB_n*ai'meraîspas encore mieux entendre 
(»ui\qui font longues des syllabes brèves, comriio ceux 
qni prononcent : a/wâZ>/^ ^ comme fâblë ; habile ^ 
i^comme lie ^ roche j cçm me gâf /eh e ,- mode /comme 
fraudé; pomme , comme paume ^ etc.;; car>cos er- 
peur» peuvent venii' d'un défaut d'éducaî ion ; au lieu 
qne la prononciation des brèves poin- dos-longues , 
nmtque^piesque toujours une ignorance jet une affec-^ 
tation qui ne sor.^ pas supportables. Je le ré| fête en- 
core, lors<ï[UC j'entends pil>nonccr: mon âme y — il 
est de ce côté là ^ — il a fait une grande fqûte , — 
o^eat le nôtre, ^prenez à gaiU^he ^, — pour dire^ mon 
âme; il ekl.ee ce côté là ; // a fait une grande faute; 
Vest le nôtre; prenez à gauche , îe ne puis m'empé- 
cher do me recrier contre cettv^ prononciation vicieuse. 
Si elk €St le rësultar de la vanité et de I affectation, 
eUe est souvorainement riJi( nie ; si elle vient dé Tr- 
giKN-ance, c'est une honte de ne pas chercher, à la i-ec- 
lîfier par rélude. .' 



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DJH PROSODIE rRANÇÀlSE. âlÔ 

Sans doulo , '^ ne tint point , sous prëtexle de cor- 
reclion et de ))rinc!|>ês, afl'ecter une pronoDcmtiou 
etnponléé ; car liotre iau^ne a cela dé particulier 
qu'elle ne > eut ri(?n deN^êiiaiil ni d'affecté, suivant en 
cela le j^énie de la nation rjgi ne veut point de con- 
traulle dans ses manières ; niais d'un autre côté el/ê ne 
veut aussi rien de trop libre : si elle cci^dahinp la ru- 
desse et la prétention , elle réprouve également fin- 
dépendance cyi la violation de ses préceptes; et comme 
saprosoçlje en fait une partie essentielle et fondamen- 
tale, il Iwjt nécessairement y conformer sa pronon-" 
ciation , si on veut lui donner le (^actèrq do justesse 
et de ûetteté qu'elliî demandé dans tous les cas. 



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De la prosodie dans ses^ rfipporta avev V inielllgence 

des idées, • 

Mak ce motif deviendra bien plus puissant enooi'e 
SI on considère quels sont les rappris de la prosodie 
avec la parfaite intelligence des idées. Telle est la lan- 
gue française , que, dans bien df s cas, il n'existe, pour 
donner aui mots leur vérilabl^^ignification , que k 
ressource de la prosodie. Les lecteurs vulgaires ne t'en 
doutent pas: aussi de combien de ioï\ït^%émêi de. 
combien d'équivocpies , leur diction n'estelle paf rem* 
plie? Comment déGnir, par exemple, dans leur tioucbe/ 
ces nombreux pbiricls dont la diffiérence avec Uur» 
singuliers n'existe (jue dans l'oitlipgraphey et qi^'il est 



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aao NOUVEAU TRAITIi. 

^ cependant si im[.ortant de caractériser dans la pronon- 
ciation ? pomme : pouvait et pouvaient; venait et 
venàimi; inhumain et inhujnàins; pcirfaU et par- 
ya//»^ etc^<:orhrllent saisir ailleurs je vêntabfe sens de . 
ces autres mots, tellement identiques dans leurs deux 
nombres, que îa manière de les prosodier peut seule 
en indîciuer l'exacte signification? Comme : remords, 
heureux, honteux, doux , clcH^i qu^on ne dise pas 
• que le sens accessoire suffit pour déterminer cette dis- 
tinction. Non; cette raison n'est pas toujours suffisante: 
car il arrive souvent que çés mots , soit par leur isole- 
ment, soit par leur réunion avec d'autres mots qui 
ont un égal besoin d'être exactement prosodies, soit 
enfin par la manière d^nt ils entrent dans la construc- 
tion d'une phrase , ne peuvent absolument être carac- 
térisés que par le secours de la prosodie. Que devient 
don^ors le sens des idées , si le lecteur ou l'orateur 
ne savent pas attacher ay singulier ou au pluriel de ces 
rtiots leur quantité relative? Que devient-il , s'ils don- 
nent à un pluriel la mesure qui. appartient à un sin- 
gulièn, ou à celui-ci la valeur d'un pluriel? 

Et quand le sens "accessoire suffirait, en effet tou- 
jours pour rectifier les vices ^une fausse proso- 
" die; la faute en existerait - elle moins? Et n'est-ce 
pas une chose honteuse pour un lecteur , (ju'il fadle 
que Tauditour chercha ailleurs ([uc dam la justesse de 
sa prononciafion i le véritable sens des idées qui lui 
sont transmises? L'observation des lois de la prosodie 
' peut seule faire disparaître ces ipcon vén^» '^ c'est donc 
k la prosodie qu'il faul remonter pour a[)j>rendrC à 






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JJK PROSODIE FRANÇAIS!:. ajl 

donner à sa prononciation l'exactitude qui convient 
au sens des idéei». C'est elle qui. apprendra ènco-c à 
éviter ces fréquentes erreurs qui jettent tant d'incer- 
titude, tant d'obscurité, sur l'énonCÎation de no» fi- 
nales en éCy eu îe et en ùe^ qui confondent les féminins 
avec les masculins, renversent la loi dçjBt^participes , et 
font quelquefois accuser un auteur d'avoir violé* les 
règl<^ de cette partie importante de notre grammaire. 
Je puis attester que rien n'est plus commun que ces 
sortes d'erreurs; les liomnics les plus mstrnits ne sa- 
vent pas souvent Vçn préserver. D'oii viennent-elles? 
sinon de Fignorance des règles i\c ÏH prosodie qtii 
assignent une valeur fixe à ctîs finales, et deviciinent 
par-là, la sauve-garde du »enV<ju'ellc>^oi*^ent expri^ 
mer.V_: , . "^ • 

Mais les mots sur lesquels la prosodie exerce Vin- 
fluence la plus manpiée, pour en régler le sens, sont 
ceUx qu'on a[)pelle homonymes ; c'cst-H-dire ceux qui 
ont unq niériie c6ns6nnance quoiqu'avec des sens 
tout-à-fait opposés. Toutes les lar^Jgnes ont de ces sortes 
de mots,, et partout, c'est la prosodie qui en déter- 
mine la sigfiification. En allemand , le moi^ stàll^ 
bref, signifie t^cY/r/e ou étable jét 5/«A/ long, veut dire, 
de l'acier. En espagnol et en italien, bûsco , cêrco, 
unio prononcés avec la pénultiénie longue, signifient 
je cherche y j'aime ; et les marnes niots, brefs, sont 
les troisièmes personnes singulières du prétérit si m pld 
de ces verbes : il chercha^ il aêma. Dans notre langue, 
nous;ivons des bomonymes dont la fausse ënoncia lion 
pro$t)di(|ue peut donner lieu aux contre -sens les plus 



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Sta« NOUVKAU TRAITA 

, choqtian»; et il est si important de les reconnaître, 
que nous avons formé une liste dç ceui qni entrent 
le plos fréqUêmnlent dans la lan^^ue usuelle, avec l'in- 
dicatif de leur quantité relative, pour apprendre à 
les diÀtinguer dans le discours , et à leur donner la va- 

. leur caractéristique du sens qu'ils expriment. 

■*•'■■.",, ' - • 

Tableau de quelqiies.lionwnynienqui ont un senu diffè- 
rent, selon qu*iU ao^it ^prononcés longé ou brefs , avec 
leur signification relative, 

V. Acre ( piquant) , un humeur acre , — acre ( mesure 
de terre ) : cent acres de terres labourables. 

Alêne ( outil de cordonnier). Son alêne est émous- 
séê. *--' Haleine ( respiration ) , // arriva hors cVha- 
éine. 

Aprelé (qualité de ce qui est- âpre], l'àpreté de 
êôfi cat^çtèrej ^ apprêté ( chose préparée), un dîner 
apprêté. ' . 

- B&illôiP ( respirer en ouvrant la bouche) // ne fait 
que bâiller. • — Bâiller ( donner ) , bâillez-moi cela. 
• Bâ^le ( nom de ville ) , il arrive de Basic. — Balle 
(petite boule ), Jouer à la balle. 

Bfit («elle pour les bêtes de îjommc ) , c'est un che- 
pal de bât, - — Bat ( du verbe battre ) , Use bât comme 
un liofi* ' .' 

'Bélç (animal irraiso^inable ) , une bête brute, — • 

Btlle ( plante potagère ) , la bête croit dans ce jardin, 

, Beauté ( perfection d*une chose), la beauté d'un 

/<i^/^aw. — " Bôlté ( qui porte des botits)^ vous voilà 

déjà botté. 



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Dï; PROSODIE FRANÇAISE. 323 

Boîte (ustensile à couvercle), une boîte enrichie 
de diaman$, — Boîte (du verbe boiter), il boïie de^ 
puis sa chute. \ . 

Bond (saut, rejaiHissement ), il^tun bond dange- 
reux.-— hon{Bd\^tïi) y un bon sen/iteur. 

Chair ( partie <fu corps deà animaux ), de la ûfiàir 
^ crue. — Cher (adjectif) , cela est trop cher j il est cher 
à ses amis. ^ ' - " 

Clair (tn\\eei'iî) j cela est plus clair gue te jour. — - 
Clerc (dénomination ), i//i c^rt? c?^ /lotoi/^^. 

Corps ( substance étendue), le corps d'un briment. 
'— Cor ^durillon auit pieds, instrument), U joue du 



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Cote (partie dés ossemens), il s'est froissé Une' 

cô/^. — Cotte ( d'ar'w^*? marqué numérale) , une cùttet 
mal taillée. . 

Côté (parfie droUe ou gauche d'une cho<ie), il 
passa du côté des ennemis.^r-Côttéy un liifre cette et 
paraphé. - . . , 

Cours (lieii de promenade; suite de |c;çoiif), le 
coûrs-la-reirie ; un cours de belles lettres ; h cours 
d*une rit^ière. — Cour ( lieu dot) , la câar du palais j 
il fait servilement sa cour; toute la cùikry aseista^m • 

Crains (du verbe craindre), ;e cfâins Dieu.^--^ 
^y\m{ poil de» animaux), le crin hérissé. .,• 'r. '^'^^h 

Chrême ( Ic^ saint ).-rClr6mc ( partit gratte du bti}^ > 
t 'est de la cr^me fouettée. ) ' . / Iv^ ^ Ui« 4 > 

Je croit, tu croit, il or6il (du verbe oruilre)v.f^ 
il croit (du verbe croire) ,i/ croit en eagesêei UerùU 
on Dieu. * ., .^aj 



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/ Cuîre (verbe ) , cuîre des viandes. — Cuir (peau 

d^tium\»\)^ entre cuir et chair. •, *: 

Je dcgoûtc, tu dégoûtes, il dégoûte, etc. (ôter le 
goût), -r- Je dégoutté, tu dégoûllei, il dégoùlte , (tom- 
ber gouf^e à goutte ) ^ son ingratitude me dégd^tede 
lui être utile ^ ces alimens me dégoûtent;— il dégoutte 
^e sueur j tout ^ori corps éïait dégouttant. < 

Dônt( pronom relatif), celui dont j ^espère le' plus. 
— Don ( présent), celui qui m^ a fait ce don ^ n'est 

plus, . 

. Durent f troisième personne du verbe devoir, au- 
pluriel ), ils durent s'en repentir. — Durent (du*verbe 
durer ) , ces usages durent encore. 

Eteint (du verbe éteindre), un flambeau éteint. 
•^Etaln (mélpl) et étaïm , (l^ine <;ardée, etc.), un 

plat d*étain, r ' *< 

Faite (sommeO et fête (jour solennel. ) • — 'Kttïte 
( p^ticipe féminin du verbe faire), <?/ monté sur le 
faite , il aspire à descendre ; une fête pompeuse ; 
—^ voilà une affaire faite. 

Forêt (terrein couvert de boisj, une immense fo- 
rêt. -* Forêt (instrument à pc^,ccr ) , on perça le ton* 
neau aifec un forêt. • 

Fûmes ( nous , du verbe ître ) , nous fûmes agréa- 
blement surpris, — - Fûmes ( tu , du verbe fûmei^, tu 
fûmes Oi^ec de mauvais tabac. 

Goûte (du verbe goûter ) , personne ne goûte fies 
manièrffa.'^ Goutte (petite partie d'un liquide), il 
' n^en perdit pas une goutte. 
r Hâlc (air cbaud et sec) , le hdle a flétri soA teint. 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. aa5 

^ Êàllc ( Ifeu qui sert de marché) y la halle était 
déserte. 

Hôte ( celui qui tient auberge ) , son hôte l'a bien 
acciieilli,'--^bke (panier)y sa hdtie était trop char^ 
^- • . 

Jaîs (substance d*dn noir luisant), un collier de 
Jais, — ^Jët (action de jeter) et faï , ( du verbe avoir), 
un Jet d'eau ; J'ai fini de parler. 

Jeûne (abstinence )yun Jeûne rigoureux. — Jeû^e 
( d'âge ) , il parlait à un Jeune homme. ' 

Legs (ce qui a été lëguë) , 'il en reçut un legs con- 
sidérable, — Laïd et laït yil est laid à faire peur, il 
ne ifit que de laït, , 

Laîe (femolle du sanglier) , iflhe laie at^ec sèa x>er 
iits. — Laï (laïque ) y frère lai, ^ 

Laisse (du verbe ïêisêer ) y. lalsse^là tes ifairisdis- 
cours, -XrtoAwe (cordon ), il conduisaît son chien à 
la laisse. , . ^ 

Maître, le sout^erain maître des cieuà. *«^ Mettre 
(verbe) et métré (mesure), on saura lé mètre à la 
raison j cette étojfe n*à qu'un métré de large, 
„ Mâ^ ( de navire ) , un mât flottait sur les eàu$c, "-^ 
Mk{ ( ierme d'orfèvrerie et 4e jeu d*ëcbecs)| id Uffit 
échec et rwlit; de l'or màt^^ v • 

Mâtin ( gros cbieu ), mms le mâtin était de 
taille, Laf. — Mitin ( première partie du^otor k 
ce mâtin donc au sortir de la meèse, Bon^ «^ f****»;^^ 

Moli ( douzième partie de l'année), c^était hmoiê 
le plus chaud, ^' Moi ( pronom p«rtoooel), ditêê^ 



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^%^ ;, NOUVEAU TRAÏTi: 

. -Mont (élévntioil sur la terre) ^ lemôntCaucaite.— 

Mon (ip'onpnï possessif ), m J« sentiment est celui-vi. 

•'''';^^^f%^\\ cbt paivenn à «a malutitc ) , i^oilà un 
optait twp mur. — Mûir Wôlnfe ) , ifoilà un mûr bien 

solide. ^ . 

Mftssa (fniisc au Jeu), il doubla sa masse , et la 
j»W^i/..-r~Màsse(amos (le [milies), c'est une masse 

informa f une masse de plomb. 

: l IMiftIè ( désignation dp sexe )yila un air mâle, ■— 

Malle (espèce de coffre) , il pefxlit sa malle sur la 

rouie, vj 

Nuit ( il , du verbe naître ) , ^t n'est , ( il, <ln verhe 

être), le bonheur naît d*une conscience pure j il 

n*è8t rien qu'il ne tente pour réussir. — ÎNët ( adject.) 
^je tH)us ledis tout net* 

PârW (personnage mythologique) et Paris (nom de 

ville), ài/ez'ifùus çu Paris, on parlant du tahlcau de 
>ce nom : auez^pous Paris, en parlant de la capitale 

. deliiFrano«. i — 

. . 1%t^ (farine détrempée et pétrie), il emploie une 
" mowt'aû^ pâ/^.— Pàite ( pieds des animaitx ) , il fut 
prisporlapàtie. y 

^'Paûme (jeu^'ib dedans do la main), il joue à la 
• ^ paume, — JPômroe ( fruit ) , U mange une pomme. 

P$chei:( prendre dû poisson), il passe sa pie a 
^pëoher*-rVéQhov (violer la loi divine )i il croit ne 
jpoint pécher, . ^ 

^ Péaè ( tte serrure ) , il a forai le pêne de la serrutv. 
If Pëtto (^Jilllictiof 1 ) , sa ptfne était affreu$e. > 
Plilno (rase can>pagiie), ce chàtcdu domine la 




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DE PROSODir FRANÇAISE. 23*7 

plaîné. — Pleine ( féminin de radjoctif pleiri),«a mai- 
sonétait pleine de monde, 

Rôgr^c (du verbe rogner) , o/z lui rô**ne les oncles, 
'-\\o*inii [n\îx\i^\e)yilfutguéride latÔgne. 

Ilôt (viande rolie). — Rot (ventj. / 

Sâ^( lissu de crin a passer), du bled passé au sus. 
-Ça (adverbe), et sa (pronon), ^^/i^pz cà; sa pa- 
tience est à bout. 

Saut p»ctiojp de sauter ) , un saut périlleux: *^— Sôt , 
un sot troui^e toujours un plus sôt qui l*admire. BôiL/ 

Saînt (pUr, sacré), il passe pour un saint, — Scïn 
(partie du ^:orps humain). — Scïnç (signature ) et 
saïn (adjectif.), un séîn meurtri; il y apposa son 
seing ; il est sain de corps et d* esprit. 

Scène (lieu' d'une action); ccne (cérénQOQie reli- 
i;iouse); àaïne (de l'adjectif sâïn), une scène plaisante l 
il fit la cène at^ec ses disciples ; une piande saine. — 
Seine ( rivière ) , Paris est situé sur la Seine, 

Tête (partie de l'animal), un homme de cœur eÛ 
de tète,.-^ 'lèile (sucer du lait de la mamelle), cèi 
enfant têtfe encore, . . -^ 

l'âcUe (ouvVage), la tâche était pénible eldifficile, 
—Tache ( souillure ), cette action imprima wie téchê 
inéjfaçable à sa mémoire, V . 

Très ( adverbe ) , iLest très sapant. •— Traït (dard , 
ligne au oraycm , etc. ) , le trait l'atteignit au cœur. 

Vaine (de radjcctirvaiii), une espérance pabti, ^« 
Verne ( vaisseau qui coutient le iaug) | Of» lui ouvrit 



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aie at^ecia pro/wrwiaiumjrarwaiMe,^j\x boiii ccu* 4". 



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3iïg • Vhuuvêa\j traita 

Véri (iiwêctee), vér» (préposition); vén (paroles, 
metar^). — Vérl ( couleur )', des vers à soye ^ i^ér/t 
le couchant } un yéra sublime } le\ért tranche mal 

" $ur cette étoffe. — . 

V{ài ( Bon, iixSvBf^eJy une f/oîxâonore:^--\ ois (dii 

verïie yoir), tu poiêj etc. 

: yôléïqui dérobe).— Vdle (qui plane dans l'air); 
il f/ôle tout ce qu'il peut attraper ; il t^ôle au plus 
hautdfê airs. 

On trouvera dans le chapitre qui traite de la quan- 
tité syllabique, beaucoup d'autres mot» de même coii-' 
sonnance que la prononciation peut seule faire distin- 
guer. On y trouvera les difiTérences que la prosodie doit 
établir dans renonciation d'un même verbe , considéré 
d^DS ses divers tem|>s, quoique leur orthographe et leur 
consonnance soient exactement les mêmes : comme il 
fût, ou gu'iifûi ; il lut, ou qu'il lût} ainsi que les 
jtoportant^ modifications prosodiques qu'exijçent les 
pluriels dans Ips mots qui sont identique» dans leur» 
deux nombres : comme deux ^ heureux , etc. ( F'ojrez 
les régln fondamentales de prosodie). ^ 



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De If prosodie dans ses rapports ayec une prononciation 

. harmonieuse. 

La. prosodie est à la p^ oitonciation d'une langue , et 
que. les ombres, les nuances et lef reflets sont à Ve*- 
quifcse d'un tâhlrau; elle étend ou elle diminue les pi Q- 




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•JwentDiees ou les beaux-arts semlilé^iit «'ëine choiyM 



DK PROSODIE FR A SÇAI.SE. ^'^9 

|KirtiODS des sons; elle Iqs fait taillir avec forcé, ou ellg 
les fond dans des nuances délicates ; elle produit «n nn 
rnot à Toreille ce que la peinturé produit a Toeil, en 
faisant \ni tout de b liaison d'une foule d'inflcfxioh» 
variées, tantôt sensibles, tantôt atténuées et circon- 
scrites dahs'des limites étroite»; d'oô résulte l'harmonie 
(Je la parole, sans fa(]uelle il n'y aurait ni vie , ni coù" 
leur dans la diction publique. Quiconque pourrait 
parler une bngue sans prosodie , c'est-a*dire sans fiiirft 
sentir d'accent sur les mots, et sans 4*Ompre jamais 
riuiiformité de la mesure des syllabes , Ven présente- 
rait pour ainsi dire que le squelette : mais celifest 
impossible. L'accent et la quantité Boni deux con- 
ditions de la parole auxquelles toutes les langifes, 
(l'un bout (le l'univers à l'autre , sont soumises; et il 
est aussi patnrel aux hommes de prosodier l'etpret* 
sion de leurs pensées, que de les émettre. Ce n'est donc 
point l'aL>sence des inflexions prosodique qui peut 
porter atteinte à l'harmonie d'tï^e langue ; mats leur 
Hésordrc , leur faux emploi , leur application vicieuse ; 
^-cfiarjuc langue cultivée et perfectionnée a sea prin- 
cipes H cet égard , fondés sur la nature et sur la con- 
struction de SM mots, sur l'usage et sui* le caractère 
<iii peuple qui la parle; et l'harmonie particulière de 
cliaque langue consiste dans l'observation eiacte de 
<T^»^ principes. ^ 

Ceux qui appartiennei^t à la^anguc française, outre / 
l'avantage qu'ils ont d'être constUtis, aiçti que nous 
i*avon8 remarque, ont encore celui de s'appliquer k la 
l'in^iic la plus heureusement disposée pour les effets 









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4e l'harmonie griiloire -, et vqilà ce qui iera rétciuelle 
COndanniiation de ceux qui négligent 4c le» étudier. 
Quoi Î pourmit-ou leur Ji«*e , vo«»^li&po*ez d'une lan- 
gue qui «sout l'influence des Iqi&de la prosodie, peul 
devenir fi belle et m harmonieuse ; et vou» ne connais- 
$et pa« leftlpis do la prosodie ? Quoi ! vous prononcer 
de» mot» qui , par l'empire de leip^iiccent^ étaient des- 
tiné» à produire de si heureuses inflexions, à être hi 
nettement cla»sés , si distinctement caractérisé» , à jeto» 
eja un mol tant de variélé dans votre discours*, et vous 
te» dépouillez da leur accent,. et vous les soumette/ 
tous à une inflexible uniformité de ton ! Quoi! ces sons 
qui, par la combinaison de leurs divers^ mesures, 
dev^i^ijit servir à peindre d'une manière si sensible , les 
mouv^meo» de l'âme, à donner du nombre î} votre 
diction, à y répandre le» charme» du rythme, a là 
mettre dan» un »i parfait accord avec les idées; vous en 
méconnai»»ez la nature, vous en dénaturez l'emploi^ 
vou» leur prêtez des valeurs qu'il» n'ont jamais eues, 
qu'il» ne peuvent jamais avoir ! Ah! cessez de prétendre 
à l'honneur de parler en public, ou bien descendez aux 
principe» qui constituent Tharmonic de votre langue *, 
étudiez sa prosodie ; exercez-vous long-temps à la juste 
observation de »e» loi» ,»ur le» compositions des grands 
^itresqui l'ont si heureu»ement combinée dans leurs 
. ouvrage» ; »entoz avec eux l'analogie des sons avec les 
idées^el le» différente» e»péces d harmonie qui en rc- 
»ultent> et lorsque vou» aurez ainsi disposé votre or- 
gane aux. mouvemens du rythme français, exercé votre 
oreille à la juite»»e d^»es inflexion», et iTultivé votre 



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•^oùt , rentrez dans la carrière oratoire : le» sdflrages du 
pubUc vous dédommageront asft^ de vos efforts et 
vous feront sentir quel est sur tous les cœurs l'empire 
d'uue prononciation harmonieuse et réglée sur lesprin- 
jïipes d'une prosodie riégnljére* - 

J'adresse surtout ces paroles à e<8ux €^i par ëtat > et 
par les devoirs de leur, profession, sont destiuës fi 
parler eu public ,sur les grands théâtres de l'éloquence 
oratoire. Bien prosodier pour eui , est une obligMâon- 
dont rien ne peut-les dispenser. Et qu'est-ce qui fiiit 

* la scène , par exemple, le chai^me de la belle rëci- 




sui 



tatioii théâtrale? Cest le rythme. Qu'est- oe qui lut 
donneie mouvement et la vie? C'est le ry tlime. Q^fest** 
ce qui fait qu'elle nous élève, qu'eH^ nous ehobaute 
dans le débit des verm de Racine! Cest le ryllune. Sans 
le rythme, en un tpot, U q'est point de belle déclanKi- 
lion française, parce que le rythme est non-seUlement 
urjc loi do la nature, mais yne loi^rticulière à ceux 
dont le public a droit d'attendre les doubles jouissances 
(le l'esprit et de l'oreille. J'ignore si la prosodie fait 
partie des. études des jeunes élèves de l'école dramati- 
(|ûc française, quoiqu'on éott presque tenté d'en dou- 
ter à chaque apparition de ceux qui sortent tout formés 
du sein (fé cette école : mais je sais bien que si la pro* 
i)odie n'entrait point dans le plan de Knstrt|Oliori à» 
ces jeunes élèves ; il faudrait l'y introduire comme 
étude préalable et inAspemabU ; tant je tais pénétré 
de son importance! ^ntMmep«raUifnfiO0Îbl#q«i^|Ml^ 
diction publique puisse jamais être bonne, il elle n'filf 
|>as fondéq sur les lois d'bne prnsodia r^oliére! 8i le 



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' dM9^ da la prose aratoire en exige l'obiervatioii V que 
teriHSé de celui de la poésie y et surtout de la poésie de 
4e nos grands ^maîtres qui ont conuu les secrets, de 
inbâriDOoie I et qui eo ont rëpt^du le germe dans leurs 
sayantes compositioDS? Que peut-on raisonuablemeiit 
fttteiidre de ceui qui ne sont pas en état de suivre le 
poète dans les divers mouvemens de sa pensée, de 
peindre parla nature des sons ^ ou par l'énergie des 

.. accens, les in^ges et les situations qu^il a voulu dé- 
crire? Et qu'on ne peiise pas •que des réminiscences 
fortifiées par l'es^ercice, ou même que la délicatesse 
d'une oreille juste, puissent suffire pour cela. Il faut 
des principes certains et positifs; en un mot, il faut 
avoir étudié la prosodie de sa langue, avant de la par- 

" lati Tel est lé précepte éternel que je ne cesserai de 
proclamer, toutes les fois qu'il s'agira des basses cer- 
taines de là i)rpuonciation française. 



■ • ■ 

CITAPITRE 111: ' 

0B LA JPROaODlK CONttlDÉRÉE DANS bUa RAPPOltlH 
4VBC JJia COMPOSmoNS ORATOIRES KT POETIQUES. 

En traitant des rapport^ de la prosodie apec les 
compoêiticnaoratoiree et poétiques, je sens que je vais 
introduire dans cet ouvrage une discussion qui s'écarte 
de mon sujet, en ce qu'elle cesse de s'appliquer diret- 



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DE PBOSODIË FRANÇAISE. a33 

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tement ûax principes de la làDgiie pariée*, ma» je n'ai 
pu rësister au désir de donner au traité particulier 
dont je m'occupe en ce momeut, toute rextension 
dont il est susceptible, en présentant l'utilité de la 
prosodie dans ses! applications aux productions litté- 
raires d^. la langue française^ Cet objet enibrasse^es 
plus puissantes considérations , et en mépie temps les 
j)lus dignes de fixer l'attention de mes lecteurs. Il 
s'agira de savoir d'abord quelle peut être l'influence 
de la prosodie sur les deux parties de notre littérature 
les plus brillantes, et jusqu'à quel point elle peut dé^ 
terminer leur perfection. Je chercherai ensuite si ses 
applications, déjà si heureuses, si fécondes en beaux 
effets ^dans les Compositions poétiques de nos grands 
maîtres, sont ausi>i étendues qu'elles pourraient l'être; 
si on s'est arrêté au pojnt précis où elles pouvaient 
cesser d'être utiles et d'intéresser la gloire de notre 
littérature ; en un mot, si la destination de notre pro- 
sodie relativement à b poésie est complète. ^ 

Je no m'aveugle pas sur la sorte de témérité qu'il y 
a d'entreprendre cette derniéfe ïHscussioii ; je sais que 
je vais avoir à lutter contre dés ppiaion^qni parpiiiMnt 
fixées; que peut-être même, là seule exposition de 
mon projet soulèvera cooire lui beaucpup d'MprstffS 
mais qu'on se rafénre ; je «'ai ni asseï de moyens î Ai 
assez de prépondérance en littérature , pour produire 
dans le monde littéraire, une aensatmiDapàblf 4^ 
troubler le repos. J'exposerai aimplement met* Tues 
&ur cet important sujet, et si mon imagination VttiirM 
par fois sur dcA chimères , j'ose croire qn'op nHd'pêim 



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234 RdUVEAU TRAITÉ 

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dontiera ce$ écarts, en ia>eur de» principe» uliles et 
parfuiteinent Trais que je leur awooj^roi. 



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J}éi- rapporté de la prosodie ai^cc lea compoailiofî9 
. / oratoires, 

■.....*'■'■''•■(■■■ ■ ■• ■ . 

. Je ne crains pas d'avancer un paradote en disant, 
qne la connaissance dés lois de la prosodie e^t no- 
oessaire pour la perfection des ouurages d^éloquence. 
Tous les principes d!Jiarmonie oratoire que Ciccron 
développe avec autant de {çoût que de profondeur, 
dâDS son traité de l'orateur, sont fondés sur celte vé- 
rité el en supposent la conviction. Il n'avait pas be- 
soin de la rappeler aux Romains, parce que l'étude de 
la prosodie entrait cbez ce peuple dans Us institutions 
fondamentales de la langue latine : mais parmi nous, 
où tant d'hommes s'exercent aux compositions ora- 
tob'es sans avoir recueilli dans Tétudc de la prosodie 
les premiers principe» de leur ba^mooio., sans souf»- 
çonner peut-être que ces principes existent là -, il est 
nécessaire de fixer l'attention sur l'évidence de la pro- 
position que j'avance. Que cuvent tous les tiailch 
d'éloquepce, sans cetto condition fondameiitalc? A 
qubî peuvent servir toutes ces dissertations savantes 
sur les loif^du genre oratoire , que l'on trouve dans nos 
modomea rhéteur» *, tous ce» précepte» sur le choix et 
Varran^ment des mots y sur la distribution des 
bres et de^ cadence, si l'oiî ne connaît pas d'à- ^ 




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935 



bord la ijalure , le caractère, la valeur prosodique des 
mots sur lesquels l'orateur doil exercer son diacerne* 
ment, pour faire rësultor^de leur choix et de leur db- 
tiibution, une des premières qualité» deja^çompo- 
sition, l'harmonie? En vâin on dit que Tinteltigence 
et le goût suffisent pour la perfection des ouvrages 
d^loqnence .: cela nW vrai que pour les premières 
condilious de ce genre, pour V mention et pour la 
déposition imhXB (\\\Bui e^ l'harmonie, elle est pure- 
ment artificielle et mécanique. L'expression du senti* 
nient est dictée par la nature, et c'est ensuite à l'oreille 
et à l'art à disposer des mots de la manière la plut 
liarnioniéusc. Il en est de l'orateur comme dU miisir- 
cien à qui le géniç seul inspire le chant, et que l'oreille 
et l'art guident dans l'encluitneroent dos modulations. 

Mais, ajoute-ton, fa prose n'esl-elle pas oweatieUe^ 
ment libre et indépendante dans sa marche ? Et ne 
craignez-vous j^s que la préoccupatioD minutieuse 
d'un orateur qui cherche à combiner des longues et 
des brèves dans son discours, n'arrête l'essor 4e sa 
pensée? Est -il probable en un laot que JSo$gtàet f 
Fénélon y Buffon*ov\ fioùsêeau s'o^cupsMeut boiu- 
coupil^ pi;o#odie , en ëorivaot leurs pa^^es inroorieUes? 
Ces observations accumulées qui m'ont été faites rvel- 
ioruent, d'après la simple exposition die mes idées sur 
le sujet que je traite, méritent d'étrediMntéet. i . 

Oui , sans doute, la prose est essei^tieUetnenl libre et 
Hidépcndante dans sa marolie : mais ee eeraetère, eair» 
tout dans les çuvrages d'éloquence, nf l'afiraochtl 
point des lois du nombre qui seules en consiitueol 



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î256 NOUVEAU TRAITÉ ;^ 

l'harmonîe. ^risiotefyeïit que la prose , sans être cou- 
pée^ comme la poésie , soit cepernlant pombreuse^ et 
Gèëron exige que l'orateur prenne soin rleconlei^er 
l\>reilïe,îilont le jugement , dll-il, c^t si facile à révol- 
ter. Superhisalmurn aurium judicium. Cette ^oi dn 
nombre, particulièrement foiiflée sur la connaissance 
de ia valeur prosodique des son» et des mots, fut por- 
tée au suprême degré pafrmi le» orateurs anciens , et 
C*6St par là surtout »que leur prose était si admirable. 
Pftrmi nous , Tart d'arranger et d'assortir les paroles 
dans tin diwSour» oratoire, fut coq nu très tard. «Mal- 
harbé, dit Voltaire, faisait des odes harmonieuses, 
loraqwe notre prose était encore barbare et grossière. . 
L'éloquence, ajoute -t -il, a tant de pouvoir sur les 
hommes, qu'on admira Balaàc do son temps, pour 
avoir trouvé cette petite partie de l'art qui consiste 
dans le choix harmonieux des paroles, et même, pour 
l'avoir souvent employée.hors de sa place, n 

Je fie ditcnterai point , si , depuis cette épo<]ife , les 
grands écrivains^ prose oratoire , qui se sont succédés 
en France, ont puisé dans la connaissance de la (ïro- 
sodie française, le principe d'iiarmônii^ qui éclate si 
éminemment dans leurs compositions-, tjgoiqu^il me 
semble bien difficile d'imaginer que ces orateurs qui 
ont fait souvent un A heureux emploi de nos mots, 
et qui ont soumis notte hnguTô en prose aux loisjl'un 
ryihme si pompeux et si flatteur pour l'oreille , nient 
rnécowiu cette premièfesource de Tharmoriie oratoire: 
maia^, quand Wen nîéme le goût seul aurait dirigé leur 
plume, il n'en serait pas moins vrai que la cmnmwtiHncc 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. a37 

de la prosodie est le fondement naturel du nombre 
(jui ap|tartieiit aut ouvrages d'éloquence.^ - 

Car, de quoi s^'agit-il pour donner aoi.cpmpoiition^ 
oratoires cette hariûonie si fort recommundée par tout 
les rhéteurs, tant anciens que modernes » et que l'oreille 
la moins délicate réclame si impérieusement 711 s'agit 
de savoir employer k propos les sons doux ou rudes, 
graves ou aigus, longs ou breft; d'état>% des repos 
qiii^arient selon que le sens l'eiige; de déterminer 
dis chutes de phrases plus ou moins douces /plus ou 
moins serrées ou négligées, plus ou moins sèches ou 
arrondies. « Dabs la prose nombreuse , dit à ce sujet 
« le célèbre Rollin , cliaque phrase forme comme une 
« sorte de vers qui a/sa marche. L'esprit et Poreilie. 
« s'ajustent et s'alignent dès que laphrase commence 
c( à faire quadrer ensemble l'expression et la pensée, 
« et à les mener de concert l'une avec l'autre, jusqu'à 
« une chute commune qui tes termine d'une façon 
« convenable; tellement, ajoute-t-il, que la prose 
(( nombreuse, quoique liée par une sorte d'harmonie, 
ce reste cependant toujours libre au miKeu de ses 
« chaînes. » • ,. 

Or-, comment remplir ces conditions et c^ cfietf 
de l'harmonie oratoire, sans la cooiiaissanc|) des lojb 
de la prosodie^qui enseigne quels sont les sons aigus ou 
^laves, doux ou rudes, longs ou brefs, et dont la juste 
notion peut indiquer à l'orateur l'emploi convenable . 
qu'il en doit fiiiire ,. pour établir les repos et pr^rer\ 
l<^s cadences des phrases? Comment 9 sapa oett« ooo't^ 
uaissance , caractériser les idées que l'on doit eiprH 



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a58 NPUVKAU TRAITK . 

mer, donner k son diseoufs , tantôt jine marche grave 
et majestueuse Uantftt un mouvement rapide et léger; 
IlitttÔt un charme qui enlève l'auditeur par.unc douce 
harmonie • et tantôt une foipce qui le pénètre d'hor- 
reur et de saisissement? Les mot» ne dépendent point 
de Torateur, il no peut en déterminer à son gré ni la^ 
qua)itë, ni lamesure ; i1 les trouve pour ainsi dire tout 
taillés-, c'est donc k lui a choisir ceux qui conviennent 
_ particulièrement k son sujet, et à les mettre dans un 
tel ordre que leur concours et leur union , sans laisser 
aucun vide , ni causer aucune rudesse, rendent le dis- 
cours doux , coulant , facile et agréable. Il n'est point 
de moto, quelque durs qu'ils paraissent par eux mêmes, 
qui, placés par upe main habile , ne puissent contri- 
buar k l'harmonie du discours , l'essentiel est rie savoir 
les juger et les assortir: l'orateur, dans ce cas, res- 
semble a un architecte savant qui, après avoir reconnu 
la nature et les dimensions des matériaux qui doivent 
entrer dans la construction d'un édifice , les lait tous 
servira l'oxécutrorl de son plan, en les plaçant conve- 
nablement, et en formant un^it harmonieux do leur 

réunion. ^ 

M. de Lamùtie , voulaht prouver contre la poésie ; 

que k plaisir qui naît de la mesure des vers, est pu- 
rcmeâun plaisir do convention et de préjugé ^em- 
ploio un moyen cpii vioijt à l'appui de ces idées. Il met 
en prose une de» scèuei de Racine , sans y faire d'autre 
Ichanneroent que do renve|[scr/.les mots qui forment 
les vera : voici quehiues lignes de cette prose. — >/r- 
haie^ on nous faisait un rapport Ji de lo ; Jiomê 



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DE PROSODIE française! ai 

triomphe en. ej/clj et Mithfidate est inprt ; les Ro- 
uiains ont attaqué mon père vers l^Euphriate ^, ei 
trompé sa prudence ordinaire , dans la (luit, etc. 
Mais , M; de liamolte ne faisait pas atteauon qu'outre 
la mesure des vers, riiarnfbnie qui résulte de l'arran- 
gcnient des mots avait aïussi: disparu, et que si Racine 
avait voulu écrire ce morceau en prose, ihi'aitrait 
écril autrement et aurait choisi des mots dont la pro- 
sodie et Tordre auraient formé une harmonie plus 
agréable à l'oreille. 

Concluons donc que, puisque l'harmonie oratoire 
résnlto du choix âvA mots et de la manière do les as* 
sortir cntr'eui , il est indispcnsahlo de remonter k 
Tétudc de la prosodie qui donne la connaissance do la^ 
nature et de la quantité de ces mots, qui leur assigne 
uuo valeur relative, et qui, par conséquent apprend à 
les placer convenablement et d'une maniàre agréabU 
^H loreillc. Supposez la plus belle pensée du monde; si 
olle est exprimée en ternies durs et mal combinés, il 
est impossible qu'elle puisse plaire; et delÀ vient que 
les éofits de tant d'orateurs doi^t l'oreille n'a pas 
été guidée par le sentiment des lois prosodiques de la 
langue, ont tant de peine à être lus, sont si dors, «t 
perdent si fort de leur intérêt; tandis que quelquefois, 
la pjcnsée la plus commune , la plus triviale , mais dont 
les termes sont choisis et prosodiquement classés, se 
lit facilement, plhft A l'oreille, et obtient lessuiTniges 
M la faveur <le son harmonie. 



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II. 



Dèê rapports de la proèodie avec les compositions 

poétiques^ 



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La prosodie ei la poésie, nées Tune de l'autre , ont 
M long-temp» règarflëc» comme irtsëparablea ; après 
avoir produit par \éar union des chefs-d'œuvre d'har- 

' -monie digne» de radmimlion des siècles-, elles se sont 
divisées ^ans le tumujTe d'une révolution qui devait 
changer la face du monde. La prosodie, sans, objet 
déterminé , est tombée dani l'oubli , et la poésie pri- 
vée de son appui naturel , à été obligée de chercher de 
Ddovèaux secours, jusciu'alors inconnus , pour se sou- 
tenir et perpétuer son règne parnjii^ les hommes. Dc- 
pub cette époque, quelques nations modernes ^ont 
tenté de rapprocher ^ces compagnes immortelles; les 
plus heureui succès ortt couronné leufs effort». Parmi 
nous, oet ouvrage n'fi reçu que des voeux impuissant. 
En vain la prosodie s'<îst montrée ; la poésie , fière de 
ses brillan» trophéeél et satisfaite de ses nouvelles 
formes, a dédaigné de se soumettre au joug rigoM- 
reux de aes lois ; et leur séparation , prolongée jusqu'à 
noua, atteste encore à nos yeux Je phénomène le plus 
extraordinaire , celui d'un système de poésie sans 

^ nombre régulier, et fondant son harmonie sur des 
^ signes de pui*e conventiuii. 

Cet état de choses a donné lieu à deux opinions, 
Uout Tune est complètement fausse par son exagéra- 



^DE PROSOblE FRANÇAISE. ji4i 

tlon , et tlonl l'autre mérite d'être eia minée. La pre- 
niière est celle qui feit croire que la prosodie est tolà- 
lomcnt étrangère à la poésie, et qu'on peut se passer 
de la connaissance de ses lois , dans la carrière des^ 
compositions poétiques : nous combattrons d'abord 
cette erreur dont l'expérience ne prouve que trop la 
fâcheuse réalité. La seconde est celle qui fait regarder 
comme impraticable l'association de la poésie fran- 
çaise à un rythme régulier: ce sera le second point do 
vue sous lequel nous envisagerons ce sujet. 

IMIEMIJÈRE QJUESTION. 

La prosodie J) a nçaiae est^elle totalet^eni étrangère à la 
poésie y même clans l'état actuel àe son mécaniâme f 
cl peut-on ^se passer de Ja connaissance de ses lois, 

, dans la carnhe des compositions poétiques ? 



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llien rt'est plus sinifJe, ni plus étranger, en appa- 
rence, à tout^ idée de prosodie , (pie le mécanisme de 
la versification française^ Faire cadrer un certain 
nombre de syllabes dans un espace donné; les cou^ 
per par une césure ou hémistiche j et les terminer , 
concurremment ai'ec le i^ers correspondant , par un0 
assonance , qu'^n appelle rime; voi|èi à-peu-prét 

tous les principes do notre versification : dans toMt 

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u, |>as un seul mot de prosodie; de sorte qu'à 

lit rigueur, il n'est fws tout-àlait singulier qu'il ne 

Menue pas même à l'esprit do celui qui s'etenio daui 

la carrière poétique, que les règles de la quauliié 



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w/iciit jïôiir quelque ehose dan» ce système de poésie. 
Séduit parla facilité de ce fnécanisnwi, et rijuni d'nrj 
dictiotjuaire de rirnes , il fait de» vers ou tout se trouve 
ciaclemerjt xorijhifié d'après les règles posées ; rien n'y 
iHariquc de ce Vjtji constitue les (brnics convenues dé 
la Ver»î(icalion ; souvent même une belle imaf^in.ation 
y brille^ les pensées y sont ivetteniment classées ; les 
lois de ift langue y sont trespectées ;. en un mot, l'es- 
prit |)eut être s^tisiâit, ruais l'oreille ne l'est pas : el ' 
pourquoi ? Parce qu'un dës'jiremiers atti il)uts des com- 
positions po^tiïpies, l'harmonie, ne s'y trouve pf>inl; 
. et riiarinmiie 90 s'y trojLive ()Ouit, parce que. la pro- 
sodie.^i'a pf Mté consultée , ou plutôt parce qu'on n'a 
pas seulement pensé que l'art cpû apprend à coiuiaître^ 
et ^ discerner la valeur métrique dès mots , put avoir 
quelque rapport avec celui des vers. v 

" : Et ce[)eiij^ant, si le mot de prosodie n'est pas 'entré 
dans le code de la versificatloM fVanraise, n'ei,t-ce pas ^ 
l'équivalent rpi'a voulu faire entendre le léf-islaleur du 
Parnasse fran(;ais;, lorsrju'il a dit : *" \ 

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* N'oflfre» rien au lecteur que ce qui i>eut lui plaire ; 
^ Â.yei pour U cadence une oreille »éverc. • 
It «a un heureux elioi* de mo/v /iz/rmoz/tri/j-. 
Ifuytil tStttnam'CiU vont \e concourh exilent, 
Ja! ver» le mieux rennpii , lu plu».noble p. n^^e , 
Ne peut plaire à l'esprit quand Vorcille est hh-jotëa ? , 

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Efi (|uoi consiste r//«rwo/î/^'/KW//V''^'''^*» ^""^ 
ie montrer les rapporhi intimes (pii, malgré leur ap- 



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i)i: PH080DIÉ i'tii.rnçMHÈ. a43 

parent divorce , licot la poo^ie aiii loin de la pr6ftO(Ke, 
ot la iiéceîiiitc (rétudicr celle èl, pour obtenir de vé* 
ritables succèft dan» la carrièrc'dei^ conipositiontt poé- ' 
tiqiicfc. 

Je conçois Hiarrîipnîe ppctirpic sous trois rapport». 
IVi^rnièFemcrit, soufi relui du style, mi tant f|iVildoit 
s'ycconkr avec le snjot fondamental qu'on traite, et 
olIVir une juste proportion ent/e l'un et Tautre. Ce 
si) le, Ou plutôt ce ton «général de «lyle , ëclato avec 
ixîti diirén'Mces rraf)paiite8, dans, la tragédie, relative- 
uieutà la couMulie; dant) la poiîsie lyri(|ue , comparée 
.lia poVîhie [iastorale : ipiicoïKjue confondrait ces di* 
vers j>K nre» et présenterait dans le biéme ouvrage des 
vcrs^;ij;i(pies, lyriques ou comiques, qui ne seraient 
i>ullenierit iiutorisés par. la pensée qii'ils renferment, 
f<;rait'plutôt une parodie qu'un ouvrage conforme aux, 
rr-^terde l'iul, et i>lesserait les premiers princi|>es de 
riiîirmôfiic po(';tfque. 5(«îcondeu)ont, sou» le rapport 
ih'H mriH vt des mots ai^ec Vobjçf. de la pensée / et ob- 
servez (jue si ciitte condition e#t présente aux ëcrivaint 
(Il prose, (11(3 devient une loi^bieri plus impérieuse 
encore (lour les poètes dont les composition doiveot 
/^trc poui' l'on^illi^ Ce (pie la peinture estjiour les yenxf 
pictura ri///-/Vi///.'l'roisi(3niement enfin, sous le rapport 
de L' enchaînement mélodieux des sons et des motê , 
art préci<Mii rpii appartient parlticulièremeut a la fioésie, 
et (pli c')nsiste à condiiner, à assortir tellement les 
mots eut r'eux, que toutes L^èyllabcs d'un vert priies 
ensendde, produisent par teijir son, leur nombre el 
leur quafitité,uneiJou velle sortlu d'expression qui ajouté 



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344 BiOU VEAU TRAITÉ 

encore à la fcîgnlficalîon naturolle des mots, a C'est 
Mnt t^|)èce de cliaiU musical dit Tabbë Batteux , qui 
i»orte le caraclérc, non-seulement du sujet en général, 
mais de chaque objet en particulier; on le sent quel- 
quefois , sans qu'on puisse dire en quoi il consiste; 
souvent i] est'si senbibic <qu'il frappe les oreilles les 
moins nitcntive». » C'est le point exquis de la versifi- 
cation y et ce qui met le condjle^à la perfection des 
compositions poétiques. 

AAès ce «tableau des conditions de l'harmonie poé- 
tique , je ne ferai point l'injure à. mes lecteurs de leur 
\ (Icmancler si ces conditions ne supposent pas, n'exi- 
gent pas même impérieusement la cormaissancc de la 
prosodie? Qui pourrait no pas sentir vivement cette 
yërtlë?Et quel poêle pénétré de Ti ru porta iice et do 
l'étendue de son art, è)serait la (Wsavouer? Si l'har- 
nioriie poétique , dprit je viens de tracer les prineipaux 
trait», n*eit point une chose vaine, il est inq)Ossif)lc 
que les principeiiqui y conduisent, puissent être cou- 
•idéréi comme indifTénn» ; et que ilès-lors il n'y ait 
paa un rapport direct entre la prosodie et la poésie , 
même dans l'état actuel de son mécanisme. Kt (|n'est- 
ce qu'un poète qui, prenant au hasard des mots, les 
enchâsse dans se» vers , par la seule raison c|ue leur di- 
mension complelte justement le nombre des syllabes 
qu'il doit réunir? Qu'est-ce (pi'im poc|e <pii exprime 
par des mots rudes ce qui est doux, o\i par des mots 
gracieui, ce qui est désagréable et dur*, qui peiiU le 
mouvement et la rapidité d'une passion par des syl- 
laliea longues et traînantes , ou la lenteur d'uiie action 



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DK PROSODIE FRANÇAISE. îi46 

avec des sons breGï et précipites? Qii'esl-ce (iti'nn 
|)Octc qui établit ses nombres sans discernement Aèn 
sons, qui fait reposer la voii t>ur <les sylMjes sourdes, 
maigres, dures, et qui ne sait pas éviter les disson- 
nances des mots par l%rappiochcmeut desméniefar- 
ticulalions; des mêmes consonnances, des mûmes n^odi* 
ficatiûns de sons? Et la rime, qui Ja sauvcr9 de'l'îgfto* 
ranc(|î d'un poète qui , sa li^tfait d'une consonnanco ap- 
|)arc;nte, l'ait contraster des finales {(raves et l<inf|;Uc» 
avecj^les.finalos aiguës et brèves? Je sais qtie. les pfus 
^tan(Is poètes oflrcnt dans leurs compositions ttVi% 
iricxaclitude prosodique jq^'on trouve dmê BoHeau]^ 
lans Racine y dans yoltaire des ei^empletdèçei'nfneB 
icOiuses qui blessent l'harmonie poétique ^ témoin^ 



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Un. auteur à genoux , dans une \iïkmh\e préface 

Au lecteui^qui i'ennuie a beau demander grtffctf. * ■ ' ifcoii'. 

Mais qi^'^st-co que cela prouve , sinOd. la nécessité 
d'ctudier les Ipis de la prosodie pour idpQner<iqus o% 
I apport aux côVnposiiions poctiqMes toute |a pcrfooticii 
dont elles sont susceptibles ?)Car, lanlait, d« quelque 
part que viennent ces fautes, on de parvieodiii il lés 
laire supporter par une oreille délicate et l»évèro; Ceft 
cet oubli dos convenances prosodiques (jui "Ait l«m>* 
riro de dédain les littératcurjtétran^rs, a la leotprede 
nos poèlea; qui leur donius des arii|ies pour accuser 
noire langue d'être sans prosodie fiie^ et le gbùt dm 
ûonal d'être insensible aux charmes d'une eiaote hâr» 
nionic. Ce sont cej inexactitudes qui ont errachë à 



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a46 . ii0uyEÀu TRAITA: 

VMié d'Olivet ce» reproches si frappan» : « (juc lors- 
oc que la versification française commençait h peine à 
a le prescrire (les règles, dans un temps où oIUj seper- 
QL meltait lés liiattisel les enjamliemens, dans un temps 
a oiila rime masculine et féniinirie n'étaieut pas encore 
« obiigëes de se succéder Tune à raulre; «piedans ce 
a.teiïlpa qui paraît barbare, on savait déjà et mieux 
«que n6us,fe§pecter les droits de la prosodie». 

il aVst pas de nion sujet de tracer ici le tableau des 
études du poète-, mais ce que jcSh*. permettrai de 
dire, soup le rapport de la quesAion que je traite , c'est,^ 
qu'avec le sentiment de sou lart , de ses talens et do ses 
moyens, le poète doit faire marcher IMlndo de sa lan- 
gue; et q«e si tout homme qui se môle d'écrire doit 
commencer pai-^bjeu coiinaîlrc les princip'^s, le j^énie 
^l lès resdbucce^ de la langue dans laqiM'Ile il écrit j 
cette connaissance est bien plus essentielle au poèlçr 
dans les ïiiains duquel la langue doit prendre en »piel- 
que sorte la docilité de la cire , et subir tontes les for- 
mes qu'il veut lui donner, l/es variations , les nuanctîs 
de l'harmonie poétique sont infinies , et leurs degrés 
inappréciables. Le goût , ce sentiment délicat de co qui 
doit plaire ou déplaire, est seul capable de les saisir; 
mais le ^oût vent titre fondé sur des prirtflpescertams 
qui puistoi^ le sauver dei erreurs qu^entraî ne toujours 
une ignorance fatale. Quel est le peiritro qui, avant de 
donner l'essor à son imagination , ne fasse une étude 
des couleurs qu'il doit employer,, des combinaisons et 
dûê nuances dont elles sont susceptibles? Savoir les 
broyer n'est rien pour lui; mais savoir les ajSpliquer 



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y DE PROSODIE FRANÇAISE.' a47 

.à la savante exécution do son dessein, est tout. Tel est 
le poète -, il doit connaître quels sont lés mots figures, ' 
nombreux et sonores de sa langue, qui pctivent con- , 
venir à la ponijie de ses descriptions^ quels sont ceux 
qui, par Teffet de leur propre mëcdaisme, peuvent ' 
peindre les douces gradations du sentiment, ou les.- 
vTolens accès dNijie pasi^ion furieuse; quels sont les mots 
expaiisifs, pour lès per^clians affectueux ; les mots ter- ^ 
rihles pour les transpo^rts de la colère et de la veh*/ 
f,aance; les mots imposans pour les pepsëes nobles et 
.majèstumiscs-, 1(^8 niots imilatib et pittoresques pour ' 
représenter tout ce qui existe dans la nature; lés mots . 
rapides, brusques ou lents , pour exprimer toute^ les 
scènes de la vie : en un mot, les divers degrés d'élé- 
vation ou de sensibilité, d'énergie ou de ressort, de ' 
chaleur ou d'activité qui varient et qui distinguent les 
cjiractères à l'infini, toutes ces qualités étant du ressort 
(le la poésie, il fai^t que 4e poète trouve et connaisse 
l(ë signes distinctifs qui les caractérisent, quHl les com- 
bine eutr'eux , et qu'ensuite il les fonde dans la cou-. 
leur principale de son sujet, pour en faire résulter à 
l'oreille un tout liahnonieux , semblable i celui que 
* présente ni) beau tableau où l'pDil apf>Vudii Â-Ia-fbit 
à l'ensemble et aux détails de l'exécution. 

Les leçons et les ipodéies de ce beau genre de oom- ' 
position ppéti<]i]e, ne manquent pas dans notrelaogae. 
Voici commeM. PabbéDelille en donne a-lafoiil'ckem- 
pie et le précepte. . 

Pf in h- m ôi légèrement l'amant léger de Flore ) 

Qii*un duux ruikMîau murmure en vem plut doux encorft 



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348 ~ NOUVEAU TRAITÉ" 

Entendf-tu de la mer k* ondet» bouillonner 7 
Le vers cofnint'un toirctit, en roulant doit tonner. 
Qu'Ajflx loulèvi un roc et le lance oVec peine, / 

Gbaqne nyllube (ht Lourde t;t chaque mot se traîne. ' • 

Maitr voU d*un pied léger Cumille t'flUurtîr l'eau , 

Le vers voie et 1« '♦uit au&«i pro.rai)t que roiwîau, 

* . « ■ .. - », ' • "■ ' 

^ t Trad, tic l'Essai sufla critif/ue , de Pop^* 

A ' ' ' - ■■ " ' ; • 

* ■ - .■ , " ^ ■"* '^ ■._. 

Vcuf-tn voir niftiiileiiant de nnelle mauièrpl*al)bé 
Delillo s'iipplirjuait à liii-mênio k»» preccples deJa f oér 
»iej)ilvtore8qne et iniilalivt; ? Qu'oiiMise ce SHpcrbe 
morceau du poème dti YHommedésCtmmpSyOvi ce 
noète Ç(^.lèbro »\ »t jMu à resscriibref les geures «l'hiir- 
mopie les plus oppo'sés! la langue IVauraise u'o peut- 
être point de fraç-uiriit où rheurcux <>riiploi do la |)ro- 
8odie produiitt une harmonie plus complète. 

Ta, d^fJ qu*nn vent Mger fait frcimir le feuiUuge-, 

AuHfti trtmblantque lui, le timide chevreuil • 

Part , plu» prompt que réclair , plu» rapide que l'œrl. 

Ici , des préa fleuris paissant l'herbe abondante * 

La vache gonile en puii sa mamelle pendante, 

Et *on folâtre entant bondit à h04i côté. . 

Plub loin, fier de sa Ibrce et sûr de sa hcautj^ , • 

S'il entend pu le. cor , ou le cri des cavales 

De soa fccrrail nombreux hennissante» rivales ; 

Du rempart épineux qui l»orde ie vallon, ' . 

Indocile, inquiet, le fougueux étalon : -^ 

S'échappe, et, libre enfin, triomphant et superbe , 

TântAt d*im piid l»*ger & peine effleure l'herbe , 

Tentât demnndt! au» vent* l'objet qui l'a charmé^ 

Tantôt dans le courant du fleuve accoutumé, v- 



^ 



DR PJliôSOOm FIIANÇ/VISE, 

Fiel-, relevant M*» crins que le téphyt déploW 
Yple et (lënnii dWgueil, de jeunekte et de joie. 



a49 



Quels traite frappansdtHmilation individuelle , mêlëi 
"ij mi#cnsemble d'Iiarmonio parFaÎT! Qui ne croit voir 
danslq;j trois premiers verà/et surtout dans U troi- 
sième , dont les organes de la proie lie sauraient égaler 
la rapidité; fjiii ne croit voir, i}i8*jo^ la fuite précipitée 
(i'iuj timide chevreuil poursuivi par li^ peur que lui 
cause le moindre frémissement du^feuillage: dftn9 la 
iliarclie lourde et tminantc des deux suivans , le tableau 
d'une v^che pesante et qu'alourdit davantage oncorf) 
le lait dont ses mamelle» ^out f^onflées: et dans le sui* 
\ant. T-J^t son folâtre enfant bondit à son cdté.j les 
sauts légers d'un jeune veau qui s^hle vouloir réjouir 
sa mère du spectacle de ses jo^i folâtres : enfin , durts 
les ry thcnescoupés , libres ojKariés , dans les inversion! 
iiaidies , dans les tropes fi^ppans, dans les traits^ prék*^ 
ses, les mots pittorcii(j nos et les suspensions de>s vers 
eonsaorés à la peinture di^ cheval^ qui ne croit voir b 
lioble fierté dé ce bel aninial , la btjautë dre ses élant^ 
Il réguliers ,' niais pleins de ^ràce , ses ,transportf foup 
^li^Rx qu'irritent les besoins de raruQuri et qjlli 1^1 
iont franchir tous les obstacles pour rejoindre le# 9l>ietf 
(le ses feux? ' • . ^ i > 

Je ferais un ouvrage in|;erniiDahle i^ si je voulait ras- 
yeinbW ici Icji beaux exemples d')|||ri|ionie poétique 
«|ue pourraient me (bumir |çi qj^vrage», 4<f Qfi grfiqf(| 
uiodèles : il faudrait surtout n^ppeler ces m^^ùffm, 
desicriplions des divers genre» de la pi|ëat9 q^9 Boilftll 



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NOUVEAU tRAJTÉ 






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^ consigoëo» dan» sort AH Poétique y etçour Jesquelks 
il a employa, avec une liarmohie si parfaîto, le style 
qui convient précisément à chaque genre en particu- 
]ier:on y verrait "f élégante idylle peinte avec les mots 
lei plus gracieux, les plus naïfs, et en mêtDo temps IcS 
plus Ao\i\\laplainti\^eélèff.e\x\^^^^ «ous 

les formes les plus lugubres, ou figurée par des nom- 
bres brusqiies, secs et coupes, expression du dépit de 
Panaour impatient ou trompé dans se^ vœux ; )W(? 
décrite avec des termes qui respirent l'enthousii^^mc , 
avec des mesures impétueuses et hardies /aicc cette 
richesse de sons harmonieux^et fortement accentués, 
qui disposent aux inflexions musicales. 

t, " - . 

Aux othlîîthe» dans Pise elle ouvre lu barrii-re , 
Chante un vainqueur poudreux uu bout de la ('arrière , 
Mbne Achille sanglant ûMX bord.^ du SiinoïbS 
Ou fait fléchir l'Escaut sous le joug de Louis. ^ 

On y verrait avec quelle pompe et quelle énergie 
d'expressions, avec quelle élévatipn de scWimens et 
d'images, il trace Jès lois du /?oi//l(' V/)/(///^^7^>mme 
il s'clévo au\ton noble, majestue\Mt et iuq)osant do la 
tmgédie, loi^u'il en décrit les caractères; et counne 
il detcend i uh style piquant , badin, léger , simple el 
naïf , lorsqu'il pose bs règles du genre comique, 

^e no terminerai point cette (|uestion , sans faire une 
application particulière des principes qutj j'y ai déve- 
loppëf à la poésie destinée à être inise en chant , c»ir 
c'est dam cette partie surtout, que Tignorkiice des lois 
de la prosodie, soit de la part du nuisicien cjui dis- 









DE PROSODIE FRANÇAISE, a5l 

tribue se8 mesures liûrmoniques sur de» paroles don- 
liécs, soil delà part du poète qui dispose sou su jet , 
cause les erreurs les plus sensibles , je dirais presque 
les plus honteuses. Nos opéra ^el partio4jlièremeut nos 
vaudevilles y oi\ le même air s'applique à une suite 
de couplets de hiénie rythme, fourmillent de ces 
sortes de fautes : souvent une doubk croche y afleçte 
lin son fundamentalementlong, etailleurs, une mesure 
entière roule et se développe sur une syllabe brève. 
(7est la partie, il faut en convenir, la plus défectueuse 
(le nos compositions lyriques, et celle qui nous attire 
de la |)ârt des étrangers le plus de reproches ti de sar- 
easnies. J'ai entendu dernièrement, dans un opéra 
nouveau, prosodier ces vers : . 



Tout est pour moi 
Profond mysllre 
Su-jet d'effroi. 



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De cette manière \ pro (href),Ahï)S le moi profond, 
liait long dans le chant , et la même faute tè ré- 
pétait dans la syllabe su du mol sujet, pareillement 

lnève. s 

Et ce qui prouve que la prosodie n'ëtail antr^ pOÙr 
I len dans cette composition muaicale ; o'isti que, dans 
la répétition des mémos mois, mais aur une autre mé- 
lodie, là quantité se trouvait rétablie d'une mÊke^te 
correcte. - ' » ,. 

Ce n'est là qu'un exemple i )e rougirais jl^eQ présen* 
ter d'autres, tant cette discordance entre la rythme 
nuisicaPet la |»rosodie de nôtre langue, blesse le goût 



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aSa ' NOUVEAU traiti^; 

national ,/cJ. accnsç Tétat de no8 lumièFes'sur cet objet. ^ 

Avonoirt lo cppeihfcrnt, celte discoriïàrice est pins du 
fait do ijotro poôbii! que de celui du coniposileur lyri- 
àiie. Qiie peut fuire un inusicicu, i\\\v\ (pie soit son i\vm' 
decoonl» nner sa phrase ninhicale avec les.paioles cpu 
doiNrul en recevoir l'expression^ lorsciu'il ne trouve 
dan» ce» parole» aucun rythme (ise el suivi ; lorsqu'il 
se voit coiilrainl d'adapter des modulations passionnées 
k de» mots qui les repoussent [)ar leur sécheresse et 
leur aridilë-, lorsqu'il do^l précipiter ses mouvemicnsva 
travers dos syllabes lourtjes et traînantes; lorscpi'il se 
voit arrêté à cbafpio instant par des renversemeus de 
valeurs pjosodl(ju(S ([ui le déconeertent ; lorsfpie , en 
un mol, pour satisfaire à l'expression d'un sentiment, 
dont le sujet lui fait \me loi , d ne trouve sous sa main 
que c^îs parohîs sans mesure, sans prosodie, et privées 
> dans leur ordre , et leurs proportions matérielhîs , de 
toute espèce iranaloj^ie avec la ,[)assion <pi'il s'agit de 
peindre'r* '- 

Que peut faire, je le répète, le compositeur lyrupié 
daniCiUo position? l)épji(cera^il ses \aleuis harmoni- 
(pief ()Ourlès eonedieraVee les syllabes capable» d'en 
recevoir les dëvcloppemcns? Mais alors cpio devien- 
draient les ccnnbinaison» de sa jihrase musicale VSaeri- 
iioe pouY aacrifice , il aime bien mieux blesser l'oreille 
ani dépens du po^te, que de roflenser par le désordre <lc 
' sa çomposili^ou ; et <Llà ces disctudanees (pii déparent 
not meilleurs' ouvraftos lyri(|Uos, et dont la responsa 
bililé pèsera sur notre poésie, tout tpi'elle ne sera pas 
•oumiiC,.du rooini pour les vers lyri<pies, à un rythme 

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• ^ ■ ^ DE fROSOpiE FRANÇAISE^ a55 

axe, adopté mainte liant par toule^ les nations éclairées 
do l'Enropc , excepté la notre. 

Mais cette révolution est- elle possible ? Cest lobjet 
delà seconde cpicslion que je me suis proposée, et 
dont je vais ofliir les tléveloppemens. 

• SECONDE QUESTION. 

\ 

1 

La poésie franraiae peut-elle être soimdse à un rythme 

^ régulier , et seaformesactuelleë siifft sent- elles dm 
' /). rfectio/i. } 

On vient de voir (jue la poésie française, dans l'état 
actuel de son mécanisne , ne peut se passer du secours 
de la piosoiiie, cherchons maintenant si riiarmonic 
«jul résulte de se» applications' indéterinmëes et irrégu- 
Ih les, sullit à la perfection de In poésie; s'il ne seiait 
|K»s plus convenalile, et en même temps pins conforme 
n resscncc des compositions poétitpies rpi'elleii fussent 
Noumises à un mètre réguHer", si la langue française, 
p;n sa c(mstitution prosodique, pourrait suffire à ce 
nouvel emploi <le ses mots rythmiipies. Grande et 
importante «piestion doiit rexamcn demande hvant 
tout le sacrifice, du moins momentané, des ojHiiions 
i< eues sur cet objet, et une Vaisoii supérieure à toute 
udliience^dliabitiide. ' 

l/origino do la' poésie se f)crd dans la nuit des âges: 
"lais si nous ne pouvons atteindre aux prâmièros cpo* 
'|»i«s de cettcj)elle création de Tesprit humain; du 
'uouis, noni^oiivons remonter au principe qui lui a 
^'•NÏ de base et découvrir, en quelque sorte son his- 



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a54 • NOlJVliAU TRAlT/r 

toiic, dans Ic^ applications naturelles et nécessaiies de 

ce principe. < 

L'hori.me imîl avec le sentiment ex(ii.is de. l'ordre et 

de l'harinoi.ie -, et ce principe , <piVn poésie ou appelle 
nombre , scn.blablé à tous ceux qui tiennent à l'exécu- 
tion de» lois éternelles de la uatui^c, est la source d'une 
satisfaction .jui le fait clténr et cultiver par l'iitlraif 
de» jouissances même «lu'il procure. Il n'a besom , m 
du secours de la réflexion, ni de l'influence des lumiè- 
re», pour étal JBr son empire sur tous les coeurs ; il est 
'anlërieur.ii tous les développemcns de l'esprit humain ; 
son action eut constante cOr universelle; il vit dan» les 
forêts où il*' règle les clianU et la danse du sauvage K 
KroMier/iui n'existe (pie par des sensations , eounno 
.dans le» sociétés policées on il sert de base à la oui 
turc et «Iprogrès des beaux-arts. Tout ce «luo l'Uonu.nc 
peut faire , c'est de .lirigcr sôs applications et de le 
soumettre aux lois du goût, pour enïairo résulter .lo 
plus beaux effets d'hartjionio-, et voilà ce <ini, a H.' 
o»écuté dans- la poésie, |«r les créateurs, on plutôt 
par les modèle» éternels dé ce bea«i genre. ^ ' 

Mais cette çnlrc(Wi»e eut »cs essais et ses gradation» 
fondés sur la marclic^naturello de l'esprit huniain. » 
e»t- vraisemblable que lo cl.ant iTit le pren.ior ob)Cl 
«uq»iel le» honuncs appli.p.èrènt le principe du non.- 
bro et do la mesure. Tout être vivant est sollicité par 
lo «entimcnt do son existence à pO"»'"' <=" ''*' ''*''"'"* 
momen» de» accen» plus ou n>oins ,Hélo.lioux .suivant 
• la Mtoro do »e» organe». Coniment au n.ilien <le •■' 
concert» universel , l'IiduMno serait-il resté dan» le M- 



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DE PROSODIE TRANÇAISK. 255 

Icuce? Bientôt il dut iiiokr s^ voix k celle de tous les 
èlrcs animés c|uireiitouraient,et plus privilégié qu'eux^ 
il y joignit rexpressiou mesurée des senlimens dont il 
était animé : t^lle fut sans doute roiigine^de la poé- 
sie fi). 

Enfin, des hornmes de gértie s^ montrèrent qui, dë- 
(laif^nant les expressions grossièrement modulées des 
j»remiers âges de la poésie, osèrent catice<oir un projet 
plus noble et plus hardi, celui de porter la perfection 
du nornhreiDt do là ifiesure dans cette alliance du chant 
et do la parole , et d'y appliquer toutes les richesse* du 

langage.tjnétudiautleurssendilablesdanslesdifTérentes 
situations (le la vie; en s'étudiant eux-mêmes, ils virent 
(|up chacpie passion , cha(|ue afleclion do Pâme avaitson 
accent^ ses inilexions, sa douceur, son degré de tbrce et* 
(le mélo^die;, et c'est là dessus qu'ils établirent le système 
du nqndMe poétique. Dès-lors, les. mots furent soumit 
à une mesure fixe, suivant l'analogie (ju'ils avaient avec 
les sentifnens pu les idées qu'ils exprimaient , et roreille 



iO Un aiit(«ui; modem» explique Tort nettement l'origine 
(Ui iiKlre dtiiu l'ancienne poé^e. Onnet*«vi«tt pas tout d*uii 
*o4A|v, tlit-il, (le luire lie» ver»; iU ne vinrent qu'aprèi !• 
chant. Quelqu'un ujrant ckactë des porolet, et té trouvant 
^utisluit du *;hant, voulut porter le même air sur d'autres 
paioleti. Poui cela, il fut oblige de régler It» paroles dû •#<- 
cui^d couplet swii \t premier. Ainsi la première itroplM d« 
i>i première ode de Pindare se trouvant de dixnept ▼«» , 
^ionCquelqu«i»-un» de huit syllabes, d'autres de tii , de sept, 
ile ouse ; il Ikllut que , dun« la «ecimde qui figurait avee ki 
i'iemi^rc, il y eût la incmc quuntitcf de >>llMt>fi» et de vert. 



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a66 KpLVMAU TIUIT^ 

.Cp^lfMlItéç d<*n* <^^'' ouvra(;c, déitrhnna lefl cspaccb 

4#il#>lciquelft fci» riioU divi^rseinen^^coinhini^ft , (lo- 
faient farmcr «o lout liarmoiiieux , qu'^n ajipcla 

^^frif.Alorii, fut créée cette langue <jiie riii»loire non» 
mojitrc déjà toute forml^e au »ein de» nations dont 
elle lions retrace les preniiêrei annale»;, celte langue. 
i4a«foi» harmonieuse et hnitative, dont les sons, Ick 
ijofiiljfret, et la prcTsodie donnaient aux mois le carac- 
tère des choses^ et disposaient ('unie |>ar réinolion de 
ror^llle, à recevoir plus vivement rimpreasion de 
riniage ou du sentiment qui lui étaient transmis. 

Ainsi fut fondé l'art de la versification , a)'ant |>9ur 
bàft la nature, et devant sa ^lerfection au sentiment 
oiqilisde Tordre et de ^harmonie. Si nous avanron» 
maintenant dans les siècles qui en suivirent Tétalilisso- 
ment ^ nous le voyons sanctionné par les sullrages de 
tojis les peuples, En vairi^ la poésie cHend se» brandies , cl 
devient tour-à'tour épique , dramatique , ly f^lfpie , plil- 

^losopliiqu^ et niorale; en vuin elle est obligée divpreii- 
dre des caractèrch divers, selon les climats , l'esprit d( s 



i«t ilttiii lu uiéme onfJr<w On oUcryii ensuite (|u<! le cliurit 
s^ndapUti l>€uucoup mieux aux parolei, quiiiicl le» brevet 
0t l«i longue» le troiivuient ptacéei en même ordre duiiH 
chu(|u^ «trophcvpour ni|>ondre exuetemeiil au» mémeti te- 
nues d« tons. En con»é|Uonee on travailla à donner mw 
durée tt&e à chaque sylUbe, eu la dëcluitint br^ive ou lon- 
gue f aiirëi quoi on ioroia eequ*ou appelle des pied is r*ei»t- 
àniére des petiu espaeei tout mosurét qut lurent au vem, 
ee que U vers ëiait à la itruphu. — ^ Coun de Ihllci'Ltil- 
irtif '» tome L 



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Ï)K PriOHOniK rRANÇAlNK. 367 

uation» ùt de» agc» , l« Këiiie dcê langiiet et celui dm 
|)oote%; ftch loriiie» fcurviverit à tout , s'appliquent h loiif 
les i^enrc» , et sowi dcftiioni» difFéreii» , fc rythme poé- 
tique rente toujour» «oumiflaux loi» d'une prosodie fixe 
vl rë^uliére : /^irgilè et Homère, Horace et Pindarel 
TiJrence et iS'ophoc/e , ptirleni tous la même langue, 
marclient en»en4)le dans la même carrière , ^t ftc ré- 
jKindent à travers les biècles par des accens fondes sur 
U's mêmes principes dliarmonie. Et commeiU aurait- 
on changé ce mécanisme si heureni cjui erjchantait 
l'oreille par tant de mélodie? C'était Ja pcrteotion 
même; la nature qui en «ivait été la source, l'iuspirait 
éf^alei^nent à tous les honmies; et l'art qni l'avait per- 
fjîetionné , ne pouvait pas a^er au-del/i de ce qu'il avait " 
lait. Les chelb-d'œuvre d'ailleurs qu'il avait produite ; 
l'éclat immortel qu'il avait imprimée la poésie, et les 
jouissances que, d'un bout de l'i^iivers il l'autre, il 
donnait à tous les étrii sensibles*, tout faisait une loi 
Jiux poètes (Je le suivre et de s'y soumettre, Les écoles 
ntiîntisKaienl d<;» priucip(»s (pii devaient y conduire- 
Hèh renfaiiciî, loreille sentait sa puissance et en coh- 
iiai.isait les charmes; la prosodie des langues , Pétude 
onsLante de^giands modèles y disfiosait naturelle- 
MKîut ; en unjuot, uneinqiulsion irrévocable semblait 
avoir été donnée, sou» ce rapport, a l'esprit humain; 
lorsqu'une révolution, non moins étonnante pi^r Pin- 
lluence qu'elle eut sur les lumières, que par celle 
<|«i'«lle obtint sur les.ilcstinéfm des uatiani, vint faire 
disparaître ce beau système de versification , et le rem* 
p'ai^er par des formes pis<|u'alors inçoniiuei, et dignet 



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g59 NOUVKAU TRAITÉ 

^ur la plupart de» clirnaU «aùvage» d'où elle» étaient 

riortiet. 

Rendoni cependant ayant tout'un juste hommage à 

Ulénié: quand lei languei, après le» grande» »e- 
COttliei données au monde civilisé et qui en avairent 
renouyelé la iàce, se sont enfin polies avec les mœurs 
des peuples; la poésie moderne a repris une partie de 
fOO ancien éclat. Ce (pu met en effet le TasaeJ'A- 
rioate, Miltonj Corneille y Boileau y Racine y f^ol- 
iaiM, Lafontaine ti Delille y u côté et (|uclqnefoi8 
iu«rdeisus des poètes anciens, ce sont la fiction, io 
deiMin, le coloris, Tordonnurtco, la fierté rnâlo dfôi 
grandes touchei, la délicatesse des louciit^n légère», 
rharinonie do rensemhie , et le f »récioiii de» détailn : 
mais tous ces avantages, quelque grand» qu'il» »c>ienl , 
n'ont rendu à la poésie (|u'uiie partie de son expre»- 
éioii; celle du nombre qui la constitue aussi esHeri- 
Itellemerit , et qui émane de rii|ïpl>c»tion d'une pro- 
iodie fixe et régulière , ne s'y trouve pas, et toiit c« 
que l'art et le génie ont fait pour y suppléer , ne non» 
en a donné que Fombre. 

Dépouillons- nous en effet de toute (>révçntion , et , 
s'il se peut, de cette prédilection que Tamour f)ropre, 
souvent aveugle , atUohe à tout ce tpii e»t notre ou- 
vrage; et voyons si les formes de notre versification 
suffisent à la perfection du mécanisme poétique. Il 
ne s'agit pouit de décider de leur bonté par l'empire 
qn'elles ont obtenu , par l'opinion qui les défend , w 
mémo i>ar le charme particulier que^^ nous y trouvons ; 
mais d^ savoir quelle;est leur nature , et si , rapp^o- 



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im PROSODII:: FRANÇAISE. ^ a69 

chces du cnractcre de la poésie, èllt'ft peuvent iouUnir 

l'ciameii de leur ooiivciiance avec elle. 

- . " ■ ■ ■ '■ ■ . •■ - : 

Les vers, dan» touteft les tangues ^ sont des mois 

arrdnj^ës selon <les regTî^ fiies et déternrinëos : dans 

notre langue, ces ri^glps ont pour objet: premii^renient, 

la rime (|ui consiste dans une exacte uniformité de 

son entre les njots qui terniincnl deui ou plusieurs 

vers; sccoudement , le nombre des syllabes qui doivent 

entrer dans les vers; eteniiu la cësure ou l'hémistiche 

qui doit yjnarcpier K; re|)os. Toutes les autres règles 

de versification roulent sur ces trois bases principalcfî 

et en sont le développfbment ou Tapplication. Or, j'ose 

le demander à tous ctinn qui se sont formés une idé9 

juste de lu |)oésie (^t de la nécessité d*y faire sentir | 

avec l'expreSbioM du senlimont et dtjs images, celle di^ 

nond>re et de la mesure: sont-ce là des formes ronda* 

V ' - 'à * l 

mentalement poéliqutis? 

Je croirais établir une discussion vrainient déi*i- 
boire , M je clitTchais d'abOrd quel rajiport de couver 
nance il peut exister entre la riaie ot les attributs iné- * 
cessaire du mécanisme poéti(|ue, (|ui sont, comqou nous 
l'avons dit, le nombre et F|uui|iiouio. U tiiudràtt bi«ri 
ilutAt demander comment èeite loi de notre versifi* 
cation a pu^prendre parmi nous ude telle cousistance 
(ju'il ne soit presque plus possible de la combattre; cp^M 
ment elle a pu devenir une condilidn fondameQ|||l| #1 
tiécesbaire ^de l'art des vers, à latpielle les plus ||rinc|i 
poètes se sont soumis , contre laquelle ORt 4obo^,|p 
plus vives attaques , qui a eu pour déferiieuri lei plif 

17. ' 



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360 ' NOUVEL U TRAITÉ 

célèbres écrivain» (1), et qui , forte de sea triomphes, 
forte de l'opinion ëubjuguée, et »nrtout de son règne 
établi dan» le» ouvrages de no» prenjiers modèles, 
•cmble avoir usurpé un empire irrévocable sur notre 
poésie. Cest là, il faut Taioucr, un de ce» pbéno- 
niènes qui confondent l'esprit bu main. On cherche 
vainement les raiftons d'un empire aussi étrange et 
„au»iri absohi. Si on considère l'origine de la rime, elle 
est ignoble, et il est impossible de renvisagcr sans 
éprouver une sorte de mortification pour les sciècles 
éclairé» qui l'ont ennoblie en quelque sorte, malgré les 
dégra(8i|ions de sa ||»remière livrtie. Jamais les poètes 
ancien», no» modèle» et nos mattrea, ne connurent 
la rirae; et quand ils l'auraient connue, vraisembla- 
blement il» l'auraient dédaignée. Reléguée dans les cli- 
mat» barbare» où riiarmonie poétirpie n'avait jamais 
pénétré (9), c*e»t delà qu'elle est venue, à la suite des 

(i)Toutl6 monde connaît la fumcu»« dincusâion dlevt'e 
p»r H. de f^a MoUo au hujtl de lu r'nwe dont il niait la nil- 
coMitë. Cet ëi^*ivain trouva di*i advcruuireti parmi le»* plui» 
célèbres autciirude non temps, et l'on wiit de cpielle munilre 
M. deiMfi{r*' Içcombftitit» en lui envoyant poiii rt^ponhe 
dtfM ver« harmonieiu, »emblable en quelque Norte à ce plii- 
loMophe qui, pour confondre un «uphiitte qui niait le mou- 
vement, M) contenta de marcher devant lui. 

(a) On a trouvé la rime établie duuH quelqueii contrée^ de 
rA»|e et de rAmérique. On lit dauk Montagne une chanKon 
en riàie» amt^riçainei, traduite en français j et tlan» le Sptc- 
tatwr , \% traduction anglaise d'une ode lapone qur était 
rimée^ Mai» la plupart decen pcup e»rim(ur9 sont barbarei. 
il eit probable que rétabliikcnjeut de lu riuiu cbex eux fut 



i)i . 



DE PROSODIE FRANÇAISE. a6l 

institutions les plus informes , s'ëtablir sur les ruines 
dp l'ancienne poésie , v/tf^e dans le sang des peuple» 
^qni l'avaient cultivée, ou flétrie par les fers de l'es- 
clavage imposé au monde civilisé. Jjà, soutenue par 
l'influence puissante des farouches va incjueurs qui en 
faisaient le charme de leurs chansons grossières , elle a 
passé dans la langue commune des peuples que le tort 
des armes avait confondus (r); et c'est ainsi que, 
survivant, et aux siècles d'ignorance qiii avaient favo- 
risé Son établissement, et aux institutions anti-sooiales 
dont elle avaitformé lecortége, et aux races des peuples 

IVfTet du sentiment profond du nombre qui , comme nous 
Pavons dit, existe dans le cœur de tout lei hommes; mais que\ 
IcH pol'tes de ces peuples, ne sachant comment l'appliquer , 
surtout relativement i leurs langues trop peu cultivées pour 
hrc manitfcs phr Ich règles du mètre; ils ont trouvé qu*il y 
uiitoit de la grâce à terminer par le même son deux parties - 
du discours consécutives et d*une égale étendue ; que ce son 
fiiiid rdpt^té marquerait une sorte décadence, et qu*ainti| 
il satisferait à la loi du nombre partout impérieuse, tt par- 
tout plus ou moins suivie* ' 

( 1 ) Dans les contrées envohiei par les barbares , il se fortimY^ 
Un nouveau peuple composé du mélange des vainquaur» et 
de» anciens habil^ins; les usages d« la nation dominaiita 7 
prévalurent en plusieurs choMt et prinoipalameiil dans la 
langue que parlaient les conquérans , et qui se confondit éga- 
lement avec celle des peuples conqui«. Delà vient qua la 
nouvelle langue qui en résulta se vit asservie à rimer ses 
vers. La rime passa même dans la langue latine .dont Tusagi 
s'était conservé dans une certaine classe) àSA \ê$ytn Léonine. 
c|ui sont des vers rimes comme noi vert IVan(ait. 



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ft8« NOUVEAU TRAITÉ 

qui* r«Tj|}ent appoi If e avec eux , à la destinée enfin 
que semblait devoir lui préparer son origine* bnrliare; 
elle est parvenue jnsfpi'a»» siècles des luniières où elle 
a oonsommé son tiiompho, en asseryissant à ses lois 
les esprits les plus éclairés, et en étornisaut son empire 
dans les chefs-d'œuvre de la poésie modchio. : - . 

Mais peut-être trouverons nous dans les effets poé- 
tiques de la rime, l'explication d'une destinée si singu- 
lière et (pii forme déjà un contraste si étonnant avec 
son orifrine primitive. Ici, la surprise va croissant; et 
l'on ne sait ce qui frappe le pli», ou de l'insigniliance 
de ses rapports avec le rylhme pocti(|uo , on de l'im- 
portance tpie l'on attache à sa conservation. Je me 
figure un poète courant après une i ime et la trouvant 
enfin après des efforts inouïs : qu'en résuho-t-il pour 
son vers? lui a-t-il doûné un non^ne plus régulier? 
L'at-il rendu plus harmonieux? A-t-il enfermé sa 
||^iisé[« dans une mesure plus juste et plus, agréable 
pour l'oreille? Non, ce n'est rien de tout cela : il a 
.seulement établi un rapport de sons entre les finales 
.de deux vers correspondansj et ce rapport qu on ne 
peut saisir qu'après avoir eùtendule dernir mot du se- 
oo^d yers qui rime avec le premier, est lui-même si 
Aigttlf qu'à peine l'oreille petit le rec^^nni^tre et le 
dislioguer. Autrefois du moins, on avait quefqu'égard 
peut Je travail du poète, en scandant les vers /dans la 
r^Uation , et en pesant sui* la rime pour la faire sentir i 
m»is aiiiourd'hui que eu mauvais système de diction a 
fait place k une récitation plus régulière , surtout dars 
" les périodes oii les tirades qui exigent de la tenue et 






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DE PROI^OtH:^ PHANÇAISK.' ^65 

une suite de liaisdni conforme «u $cn8 qu'elles reiifer* 
nient, ragrëment, de la rime, si tf^utefois elle com- 
porte quelque ugrëment, disparatt absolument: lê rap- 
port des so^s reste confondu dans le dëbit; Porellfe 
cosse de le pressentir; de sorte que le travail du poète 
se réduit au seul mérite d'une grande difflcallë vaincue, 
sans aucun avantage, ni pour ses vers, ni |^6ur le 
plaisir de l'oreille, ni pour' sa gloire : n'est-ce pas le 
cas d'invçquer cet aiioiYie, si vrpi est si connu: que 
quiconque se borne A vaincre, une difficulté pour le 
luoritê seul do la vaincre, est un fou? Rien n'égalait 
saris doute le travail des anciens poètes, luttant contré 
les difficultés du nombre; mais eu n'était point seulo» 
ment le mélange heureui de» daetylei.et des ipon« 
dées qui plaisait dans leurs compositons poéti^nea; ce 
qui enchantait toute la terre, c'étaient lai beautés 
qu'ils tiraient du fcyd mémo do ces obitaoles; tétait 
Tadmirable harmonie qui naissait de cette mesure dif- 
ficile. Aussi Jet noifns des hommes sui^ériiort qui oiit 
vaincu ces ohataolet, dureront-ils peut-être beadooiÉp 
plus quelles ij^mi dét payi oiH ili sont nétjlaQdia ijue 
\e mérite de la riiinéne laisae i ses autéuH qa%»l gIbM 
proportionnée aut effeU qui en rëititant; o'eat-l-dire 
une gloire lani eonsiitttnoe, et qjfi'on oublie ootnine au 
tour^ de force qui sont inutiles et Mfii ob|l^. QHë 
chacun te rende compte ici des icniationa quil ^>]^^ 
à la réoiution des vert dâ noa plut grittiit |M;|p|^ 
lùt-oe la I imé cjui le touche» <|iii le préooeat»i in ioih 
ment ou il te livre k leur empire? Non : tnaii HhutIM- 
-nie qu'il y trouve répandue; plut oêê fi^^wtXiWf^^ 



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NOUVEAU TRAltl'î 



prpçbentypius il sent rëmotion (gagner son cœur et • 
ses iireille.H charruëes. C'est le scnliinciit du nombre,; 
ee régulateur ëlernci de toUto poésie, (pii a^it seul 
alors wi nous, cjui nous subjugue tout entiers, et qui 
nous rend indifférons à tout autre principe do versiii- 
Voation; nous |mrdonnon$ a un vers à rime faible, en 
iavour do son hiu^monie, et nous som^aes inexorables 
pour un vers ^aus liarmoniè, avec la rrme la plu^ 
riche. ^ ' 

Ajoutez encpre à celle inutilité do la rime pouV 
la perfection t le la poésie, les ineonvéniens (}uVntraîne 
V. difficulté de la trouver. Won-seuleinont c'est Ja i-è- 
({le de notre versification qui répand le moins de 
beauté dans les vers; mais encore celle (pii , par les 
obstaolcs qu'elle oppose, égare b> plus le poî'te, et le 
jette dans des trivialités et des divagations, indignes 
du genre qu'il traite. Pour une pensée lieureiise (]ne 
l'ardeur do riiuor richeme^it peut faire rencontrer par 
liasard, il en est cent autres dont il faut dévorer l'in- 
sipiditëi avant d'arriver à ce terme lavori do Tambi- 
tion du poète. Souvent, un ou plusieurs vers sont 
tout entiers sacrifiés k la rime : c'est elle tpi'on clierehe 
d'abord, et non }>as la pensée 4|ui devrait l'amener 
naturellement i et comme alors j il faut nécc-ssaire- 
roent faooudre à quebtue idée; delà ces périphrases , 
ces circonlocutions, ces redondances, ces amnlitica- 
tious oiseuses, ces impropriétés de mots, qui sur- 
oharijent les pages de la plupart des |>oètes : entas- 
sement fastidieuif qu'une analyse sévère |)ôurrait 
réduii*e ^ quelques lignes, seniblable à ces matières 



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DE PROSODIE FRANÇAIS^.. . a6$ 

rjui , degaf^ées do Imir alliiij^o , q(î piYvsentont qu« 

<HieIr|U(;s l'aihles cîléincnr de Tor pur qu'elles renfer-' < 

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inaient. . . . 

Telle est la rime. \in \ain les siècles éclairés ont 
ci^erché à la perfectiouner, eii la'soiimeetaiU à des rè- 
f;les raisonnables ; en vain on a simplifié le ridicule 
catalogue de ses formes anti^pies (i); on n'a pu rti 
la dépouiller do sa, barbarie originelle, ni en faire un 
instruinent digue de la pt)('3sio; sous les richesses même 
dont les plus rares génies de nos temps mofiernes 
l'ont CQ*iverte, perce la preuve de son insufTisanco; 
car, si la rime eut été réelleuient suscepliblo de faire 
partie des foryies régulières de la versiliçalion, et 
de concourir au nombre et à la nvisure de» vers»c|iir 
doute (pie, sous la plume des Ravinent des Bpihciu^ 
elle n'eiU été élevée à cotte nol)le <)t utile foiicjtiofi ? 
Sa destinée est ilonc do rester ce (juV.lle a toujouri ëlë, 

(i^ Là «cieiure de la riineélttil Uicii plut coinpliqu<^ chcs 
nos ancêtre»» quVIle ne lV»t aujoiinrhui. Voici U liitc de 
«cIltM qui étaient en unuge |mrini lei anciéni poètes. Ili 
avaient la rime, aniivxé^ , bateié€\ bristfe , couronhéê^ em" 
}*<^rièrf>, riuhainée j, éifuit^oifuc »/raternùée, kirièh , réirit* 
graiiv , sénée ^ eic, L'eiplioitioii de ee* dlTcrtM •ortèi d« 
rimeM eut le monument ie plut iingulier de Tabui de !*•#• 
luit humain i main TuMife eu l'tail encore plui ridicu[«, et 
pliu harlMire. Au rette^ M. fabb^ Âfassùm pr^end que le 
phiM ancien morceau de poésie rOné , qu*il y ail dans toiiU. 
iKumpe, est U traduction du poème de l« Grée^ , tomjpoié 
par Otfrid , religieux de Wisiembourg , qui Tivail vert le 
milieu du 9* siècle. C'est du Iranc tout pur^ «uqucl nuus 
uVntcndons plu» rien. % ■ * ' . j 



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afifi NOUVEAU TRAITfc 

depuis lînslant pu des sauvages eii firent^ le signe l\t 
leur barbare poésie, jus(|u'à uous; c'est-à-dire, insi- 
gnifiante, futile, et sans aucun etFel pour la per^»c^ 
tion^ de Tari (l€w vers. 

Mais que veux-jo donc? peut-on demander ici. 
Yeux-je faire disparaître la rihie de la poésie fin n- . 
ç^isc? Non. Tant que l'art dos vers ne sera [m fondé 
sûr les lois d un mètre régulier ; tant qUe la pro- 
aodio île la langue ne sera ipi'uno science vaint\ dont 
les poètes n'emprunteront pas bs rJgles, pOnr éta- 
blir rhârmonie de la versification , d faut au con^ 
trairw conservei- la rime, et se bien, garder do Ta- 
bandoHntti;. Rien ne serait plus misérable (pie des vers 
qui, u'ëtanl pas mesurés, seraient en même temps 
dépourvus de rime. Il n'y aurait alors aucun muyen 
d^ distinguer k poésie de la prose. Et voïli <îe qui a 
rendu si iiupuissjuiles jusqu*içi toutes les tentatives 
que Ton a faites contre la rinve ; on prétendait dépoud- 
1er la poésie frau<j4iiso de la seule forme particuUèro 
•t exclusive qui la séparait «le la prose, et on ne [iro- 
p0iait rien pour la remplacer. Mais dans lasupposition, 
qUQ la poésie (Vançaiie peut étro soumise aux lois dn 
nombre, et qiu^la pfosodie de la langue pourrait suflire 
à OQ nouveau mëcanismô do notre versification , sitôt 
qud celle vérité sera r«^connuo et misé en pratique, 
l'eniidoi do la riuijù deviendra inulilr, et on pouVra^ 
Pabapdonner lant inconvénient. Alora, l'oreille satis- 
failo du nondM*e,'1i6 niuttra peu on peine de TaUence 
de Dette forme, et le préjugé se taira devant J'harmo- 
nio ^uieii sera le résultat. Alors s'opérera parmi non» 



jpwmiMpiuiwpp 



^ 



DE PROSODIE FRANÇAISK. 



co qui est arrivé chez les Italiens et Jcs Anglais, peu- 
ples ori<;inaircm^nt rinieurs coiiimo no^s^ niais qui, 

. ayunl lionvé dans la prosodie de leur langne, les vrai^ 
éléûiens de la veisilicalion , ^se ^ont affranchis du joug 
do la rimi^, et n'en ont pas i^ioins élevé des monu- 
mens de poésie que tontes h« nations ont accueillis 
par* des sntlVag( s tuianinies. • 

1^ secondé forme de nôtre versification consiste , 
comme nons l'avons di^tv dans fine rénnion plus ôil 
Miouis nombreuse de syllahes^selon^ l'étendue que Von 
veut 'donner au vcp r et cela s'appelle /n^swr^. Mesure} 
Comment a-t-on pu donner co uot\\ a une série de 
syllabes ''dont on ne mcsnro j>oinl la .valeur .et ()u*on 
jette à la suite les unes de^ antres, siuis autre calcul 
(pie celui de leur nombre? C'est ici que se montre 
surtout la parfaite insuflisaucc do notre mécanisme 
poétique , et que nous < le v rions yéritablemeni étro 
étonnés d'avoir si /peu fait poirr le progi^ , et pour 
Plionneur do notrapoésie. llenrcusemenl , nous avons 
eu de grands hommes «pii, sous d'autres rapports, l'ont 
élevée au plus haut degré de peifeotion : sans cela, elle 
ne mériterait |)as mémo le noiU ,de poésie! Conihien 

' nous nous sommes abusés sur la ' natur^ du nombre 
poéti(pie!|Les anciens le fiiisaient consister dans la 
\alciir prosodique des 9]^llabes', et nous, dam leur 
état numérique. Chea eui , il résultait de la conibiiiai- 

^on et de la variété des pfiods^ formes eux -uiénies de 
longues et de |irivei; et nous, nous le faisons rësçiller 
d'une réunion (le mots dont les s;yUabes ne doivent 
point e^cétler un nombre donné. Cest une affaire 4» 



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a68 . ^ NùrvKAi TRArn': 

simpic calcul nue le poèlq le plus iuexpcrimeulé peut 
faire sur hé's ilc)i«;ti». Tout ce (jue ujous avous retenu des 

.anciens, c'est (rcurcrmer nos vers dajis. uu espace 
déleruùnc ' uiais cela n'a j.uuais pu constituer le iioui- 
hp€ poétique. C'est de la syturtiic et uu ordre cta- 
Wi po^u' liver la natiue r^lhini(|ue dos vers (i). Otez 
la riuie qui déteruiiiie uct espace eu le horuant, et la 
poésie iVaiua plus rien <pn la dislln«j[ue de la prose 
qui a aussi "Ses espaces, dans lescpuîls le noiubr-cî poéti- 
que, tel que nous TavOns admis pour nos vers, est 

* auKsi sensihleuuMit r:nan|uéjpu^ dans la plus belle poé- 
sioi J'iîM pourrais citer mille eieuqïles, si cette vérité 
n'était pas l'énéralcment connue, et si elle nVtait pas 
depuis» lou^-teuq)s Ru iue trop victorieuse dont se 
sctveiit les ctrani;erft pour, accuser la poésie française 
et p(»ur Ta^siuiiler à la prose. " »., 

J avoue qu*e mis célèbres i^ersificateitrs, et je dis 
versific^îûr* , |uu ce qu'il ne s'agit ici (pie delà l'orme 
extérieure du vers ^s'élevaut aux grandes raisons du 
uiécnnisuu^ jMiétitpUM et prenant le uond>re moins 
!iou.«i le k*a|vport numéri<pie des jiyllabes qui cousti- 

(i) Ou i'onl'oiul gt'nërnleuii'i^t le rythme avec le nombre. 
Celui-ci (lépeniTde rarroiigemcut «t doja qualité deai s^^U»- 
ht%^ tmuliit quc'lejythme uu eoukidère que le h'uI eiipuce iUi 
Veti et lu manière dont il est r«uipli de »ons loiig^ ou bref». 
I/arraugement et lu qualité de» kyllabn forment le» ditlV-, 
r«nt mèlrv», oUt»i Ton veut, le« différen» partage» du mdme 
ct|mce, «t c«A mètre» divers peuvent étre^ bou» le mime 
rythme. C*«sl ainsi qu« l'on dit : le r> thme iainhi^uc i 1^ 
rjr thme ^l^ic/e^t/e , le rythme A(rjr(im4^irr * etc. \ 



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- IM'. iMiosoiHi: ravNVAisi:. ^ ab'q 

tuent un vers., (pie mmis cèlni lic l'iiarnionie qui doit 
résuller de leur réunion,, orTTclierché à ren)plir leiirs 
esppes rythniitiues de mots et de sojis propre» à 
peindre les olijets avec toi'ite la vérité possible; niais 
cet hoiu.inayc éclatant rendu à j.i presodie d^nt ils ont 
sàns.donté einprnîilé les règles et le sefcoiirs, n a point 
restitué annOnd»re tonte TniTluence (puldoitavoirsur 
le tnécanistne^métnpic; les applications do laprosodic 
^V sont ssans règle, sans suite , et trop arbitraires. Quel- 
(MieFois OlIi trouve chez eux des vers. d\in mètre si 
parlait, (ju'ou pOuryait les scander k là .manière des 
veis latins; et a colé^ des ver» ilont la prosodie' est va- , 
^ue, i*^iégale, dontlts nond^res son( incompatibles et, ' ^ 
par consécpient , sans liarunniie. (^>uo dire donc ilès^^*'^- 
versiticateurs vul«;aires (p»i ne eoiniaissent et ne prali- 
quent d'antre nuilioiKMjue celle de remplir leurs es- 
piïces du nondire de syllabes qie leur vei*sdemande,.el 
(pli , après li'ur avoir attaché une ri nie , croient avoir 
rempli toutes les lois de la mesure et du nouibr€t? 
lAirt (h s vers réduit à cette méthode, est la sëdnc* 
tion la plus dangereuse pour la pdésie. C'est elle qui 
a enfanté et ipd entautp tous les jours encore ce nom- 

V ' * ' • 

lue incalculable de poêles (pii inondent de leurs vai- 
nes productions le monde littéraire. Qu'on leur op- 
pose la loi d'une mesure régulière et fondée sur les • 
règles d'une eiacte pr(»sodic ; les vrais poètes i*esteroutf 
et la foule Se dissiitera. (ies nouvelles chaînes seroul , 
Miivant le l^tigage de Platon , des aiie^ qui éiév€r6hi 
A'A pn*mier!i Ju^u \iux cief.v ; ♦ .u^Us ifu'elTra^és jile 
lem poids , et i^elVuMut île les porter , les aulrei^ ff ntre- 



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faut dani lu iiénut: de leur impuUiiancc. La loi ^lu 
DOinbreeirpoii»iee»t jtwle, et n'obëir r|u'i« do jùiites . | 
ipiietUa liberté du génie. Kt r|U^ettl-il lieëoiii , api*^» 
ipufci que le «(irictiiaire de» Mii»e» soit accesoiljle à 
Util d'à vides; ^)i'é«cHiiptueux indignes d*y fif^urer, et 
que If9 oheniin qui y conduit en suit si Tucile V A-t-on 
oubliéque la poésie est cette langue sacrée. dont l'usage 
ij'^st réservé qu'A un très petit nond)red'liomnicH, 
^ùi ne doit avoir rien de vulgaire, dont le» acccnb 
harniunieux ressenddent aux coneeitH de l'Olympe, 
«Iqu'oa ue pdut parler qu'au [»rix des plus grands el*- 
fortl (i)? Ce n'est pas sans raison que les anciens, dan» 
leurs fictions si ingénieuses, nous ont rcfirésenté le 
temple de la Poésie situé sur un mont escur|)é et d'un 
diflSeile acoÀs; Ils voulaient nous^iaire entendre par* 
\h I que la gloire d'arriver à ce somnvet si désiré ne pou 
"vait appartenir qu'à ceux qui avaient vaincu les. pluA 
.grands obstacles, et long-temps gravi k travers les 
défilés qui y conduisent. - 

Mais quel est, dit-on, le législateur du Parnasse 
qui ne fasse aux poètes la loi du nombre et de la me- 
suré? Qui ignoré que j'espace (ixé aux vers n'est quo 
lé cadre dans lequel il Tant les renierrner , cpie c'est au 
génie ensuite et au goût à le remplir? Et «piel homme, 
doué du moindre bon sens, ne sent pas (|ué les mets 
et les syllabes qu'il doit y placer, doivent être clioisin 
et arrangés suivant les principes de riiarmonie? Tout 
|iel| est vague, et laisse trop à l'arbitraire. Je sais «pu* 

( I ) jihguëiam vssii viams voluit pnUcisquo liccre ( ViDA). 



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l)i; PIlOfiODIlîî TU/\NÇAiï»K. «71 

rien ii'cbt f^luihrecoriimiindé cjue la ooudilion du nom* 
|)t:o et fie la mei«ur^ dans lea conipositionii poëtkjiiei, 
(|iriliaul même trèiipfsn de luiniém pour en 8ei((tr \% 

^ n<^ce»Hitë : mais ou t»ont les préceptes p^tirsqui con- 
duisent à Vcxëcution de cette îndispqA|hle loi? Et 

. (jnel écrivain , posant les principes de jjj^ersiiioation, 
renvoie à la pronôdie dei^mots , pour y montrer la v(i- 
ritable source de Ib mesure ? On ne pense pas, s(Mis 
dprite, puistpi'on fait une condition si impérieuse do 
la loi du nondire, qiie notre languesoit dépourvue des 
élérnens de riiarmonie poéticjue. Ce^t donc à l'étude 
de c(is élëmens (pi'il faudrait rattacher les préceptes 
do Part Ak\^ vers; ij faudrait donner pour base au 
(uécaiiismede la versiticution ,1a [irosodie de la laiigiH)| 
(3l, pour traiiclier le mot, Il faudrait montrer cpieli 
sont noH spondéfin , nos dacty lea^ \\o% iambe^ , nos 
anapenU'H y, etc. ; alors , la condition du nombre oe 
serait pins un vain précepte; alors, an lieu d^in ar- 
rangement de syllabes^ on combinerait des (ûeds^ et 
l(i pot'sie deviendrait métrique, autant que le génie 
de la langue vl la disposition de sea mots pourraient 
le eomporlor. " . ' ' »*- 

Des expérii^nces vàinerdtmt tentées, semblent coilt 
damner, je le sais, ce projet*, il <i été un temps oilil 
avait vivement séduit quelques poètea éclairés', l'iiouf 
iieur de la poésie française leur paraissait attaché i 
(U'tte régénération; et l'aiemple des peuples folsiuf 
dont les languel s'étliient pliées i UQ rythme poérlqut 
régulier, les' encouingeait dans leur deftseii«. Leurs 
ollurls n'eurent pal» |e moindre succès, Mfiis (ju'^^ ii^ 



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reporte à tëpoqueoù cci essais furent teiitëb. La lan- 
gue sortait à peine des aspérités 4o sa piennère ori- 
gine, les sons en étaient incertains , les syllabes élaient 
surchargées i\p consonnes dures, les mots encore ^ 
dVmiliirbares étaient inconcilialiles entr'euxi nulle 
règle do prononciation ; les idées de prosodie n'étaient 
pas méaie soup^^onuées.^Comni^nl, avec de pareils 
matériaui et si peu de lumières, aurait-on pu réussir 
dans un |)rojot (pii demande, ou riuyeulion exprès 
d'une langue, ou les secours d'une langue toute iormée? 
D'ailleurs , ces lipnmies n'eurent ni assez ik courage, 
ni assez de force do génie, pour im[)fimer à leur des- 
sein un grand caractère fleurs essais consistaient dans 
queliiues élégies, gënte trx)p faible pour frapper les 
esprits et déterminer un nouvel ordre do verHifjcation. 
Lorsque Homère ut le Dante fondèrent la langue 
poétique de leur nation respective, ils se présentèrent 
un poème épique à la main, c'est-à-dire avec le genre 
de |)oésie qui lionne le plus d'audace au génie et , par 
oonséquent, à la latigue» Ou seut condiien de tels ou- 
vrages, maniés par des honuncs d'une imagination si 
forte, durent inlluer sur le succès de ^k;ur grande en 

treprise. 

L'art des verfc syjiïnserva donc on France avec ses 
premières forme» ,jT c'est ainsi qu'il parvint jnsipi'jm 
grand siècle où des hommes du plus beau génie élevè- 
rent sur la faiblesse de son ^lécanisme, des mony* 
iiieni de poésie dignes < h) l'adunnition do tous I(h 
Jgea. Ces succès étoniums ont <ioniié liel||iincétnni]{o 
exagération d'idées : on ^ ciu à rexcellonce it'un sys- 



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lème de vûrsilicatiou i|u^ avait «ervi de baéaà tant; de 
belles €ornpQ»itiona poëiiq\ief^ot oq Ta déclaré dësor- 
inab irrévocable : mais p^.n'a pas songé que Peipres^ 
iAon desfornEies et celle dU sentiment, du style el dea 
images étaient deux choses bien différentes; que lu 
pcrftj'ction de cette dernière ne retranchait rien jde 
Tinsuifisance matérielle de Vautre *, et que le méca"*, 
ni»me poétique, essientiellement défectueux. ideyall 
crouler tôt ou tard. par sa propre faiblesse, comme 
CCS frêles édifices qui , bien (|uHls soient décorés de 
toutes les richesses de l'art jin'en sont plis moins des* 
tinés il une ruine prochaine* .r ^ v 

Oui, l'aime i le ccoire, l'art des ter! prendra tAl 
pu tard en France, des formas dignes de son objet. 
Ces grands poète» qui ont fermé pour ainsi dire la 
carrière de In. poésie , par 1^. magnificenoe de If ura 
^compositions, <it qu'il est désoritiais imposable de ri"* 
valiser sous oera}>port, ont laissé du rooii^s 4 leurs 
successeurs une nouvelle source dé gloire eld«> €ëlé- 
l)rUé. La pf rfeotipri dU mécanisme poétique letn^ ap« 
purtieut , et ils qe voudront \ê^ s^ dessaisir 4!uQe tâqhii 
uussi honotrabU^. > %i ^e «toilton pas ; d' aillèiira ^ de 
quelle .(nanière la noble profession de poète va touf 
les jours en se dégi1adai»t , p«v Jai aonQurr^MOKH» i^i|^^ 
du cettefoule d» v«rsiàoateurs (|ui ont fait desœilidre 
^M HI^49M§ 4Qfile<(a lan|u<s poétique au rang dei ^dio^ 
r<i^9^ ^ p'm» vulgiàres \ et combien il est feempa^ .en^.iiii» 
tituantii l'art 4s« yen se% v^citahlii formes» dé ^un 
drc inaccessibles è l'aveugle présomption, lesaveniiii 
• <iM temple des Muses? Oui, je le répète, i|« #tii|dre 
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174 NOUVEAU TUAITÉ 

Certainement det liomni<« qui, intlignëe d'étj*e cqn- 
fondui ayeo la foiilo dcdaigiiëo des poètes mëdiocres , 
y^l^Hroiit n'en réparer, et qui ; par un noble seriti- 
«lénl d'orgueil, autant que par amour de leur art, 
replaceront la vemificatioii à la hauteur d'o^ elle n'au- 
rait janiaii dA descendre. H 

Gne ailtre gloire les attend encore, celle de fonder 
d'une manière fixe et immuable la prosodie delà lan- 
guev bienfait inâpprëoiable, et bit^n digne d^ toute 
leur ambition. On se plaint tous les jours qire la pro- 
sodie de notre langue n'est ^)Otnt reconnue; (pi'elle 
est vague, incertaino,arbitraire; prenons-nous-eii aux 
poètes è qui seuls il appartenait de consolider ieà »f- 
ibfle de noeoélèbres grammairiens qfui, depuis long^ 
lemps^^ ont dëmontr<i t'existenoe do notre prosodie, 
dt qui en ont ttfinement posé les principes. Et, où 
itrouver, sii^ dans la poésie, le type des qiiantités 

M'une langue? ^rait-oe dansUusage? MaisTusage va- 
rie* t0ua les jours ( 1 ) , et sitt nn point aussi déKcat que 
l'cfit le diirëo des sons, il est difficile de saisir la vraie 

^déQistoa de l'usage. Vouloir quSihe langue ait acquis 
par l'usage seul une prosodie rë^^Iière, c'est Vouloir 
quo lœ pas soient mesures d'eux-mêmes , et sans éti^e 
r^ës par le ohant pu par la musique. * 

€bfii> les anciens , in musique a doniié si^s nombres 

à k poésie^ ces nom'^es , employés dahs les Vers j. ont 

-communiqué aux paroles leur mesure Axe, les paroles 

l'ont retenue et l'ouil /appor|ëe au langaf^e; les itoU 

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(0 Fiuxa ei iUbfka res sfÊrmohumatms , dit PUtofi. 



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i^iî l>ROhdDllî FrtANÇAISK. 375 

pareils l'ont adoptée, et , par la voie de Panalogie, 
lo système prosodique sW insensiblement l'onné ; 
chez nous l'effet n'a pu prëoéder la cause, et ce ne sera 
véritablement qu'après qu'on aura prescrit aux vers 
les lois du nombre et de la mesure , que la prosodie 
de la langue sera fixée et unanimement reçue. 

Et voilà le nouveau succès qu'il importe à la gloire 
des poètes d'accélérer, en réalisant sur la poésie fran- 
çaise ce beaii système de versification. Voilà k triorti- 
pho qui leur est assuré , et qui leur méritera à jàniaib 
la reconnaissance publique. Qui pourrait les arrêter 
dans ce grand ouvrage? Tout est disposé |K)ur sûH 
exécution j la prosodie française, grâce aux travaux 
et aux observations de nos savans grammairitns, est 
déjà eft grande partie détermirtée; et il né lui manque 
plus que d'être mise en dépôt àànè h poésie, pttf 
l'emploi des nombres réguliers , pour flxer touteé les 
incertitudes, arrêter tous les caprices de Pusage, et 
devenir une loi fondamentale de prononciation. Cest 
là cjue serait son type étefnel et immuable, semblable 
à c^s mesura;» que l'on trace sur le marbre, petit* t^- 
tifier celles que l'usage altère. En vain noui„ préten- 
drions sans^çela faire priévaloir les principe» de la prôî 
»odiej toujours défectueuse et, méconnue, elle u^mtr 
tcrait que dans nos livres ; et la langue fr^n^e, si 
digue de jouir de touiea lei prérogative! <|?M*i belle 
langue , serait éternellement exposée au reproche hu- 
miliant, si' souVent répété, de u-avoir pas de ver«fieiHi 
lion régulière , perVe qu'elle n'a pas de prdib^IîéV^ôtf lé 

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n'avcur poiîit de proiodie , jparcç qu'elle n'a pas de V«r- 

«i^cMÀoii régulière. 

j( je né w?appeiantiraivpaft beaucoup fur la troi- 
|4^riié règle de notre mécanisme poétique qui consiste 
jji couper les vers par un repos/ combiné avee le nombre 
de» syllabes qui le constituent. Cest la plus beureuse 
que l'on ait substituée aux anciennes formes de la ver- 
sification y et cette dont la poésie moderne a tiré cliez 
DpUi les plus grands avantage» : les Italiens et les An- 
glaia qui déplacent ée repos dans leurs vers , nous font 
un i-eproclie de son ujniformité dans les nôir^*, mais 
aauji vouloir disputer à des peuples aussi cultivés leurs 
plaisir» , il est certain que notre oreille répugnerait à 
oes interruptions du mouvement donné ', et nous avons 
à p«t wrd pour nous /l'exemple des anciens quij dans 
leur» poèrnes béroïques, n'ont fait que varier le nom- 
l^rO y If us jamais clianger le rythme du vers. 

DijTliiMWy ces question» sont totalement étrangères 
& mon mjet, et je me hâte d'y. rentrer, pour en pré^ 
Ifntâr \t développement le plus important, dans Tex- 
position de la méthode qu'il paraîtrait conyenable 
d'employer pour soumettre notre poésie aux lois d'un 
rythme régulier , suivant la constitution prosodique 

de noire langue. 

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PropoêiHon (Vun noui^eau mécanUme de versification 
fiançaiêe i fondé 9ur les lois d'un rythme régulier 
conformet aux diMpoeitiona prvsodiqueê de là langue, 

Élprès avoir exposé combien le mécanisme actuel 
de i^Qtre v.ersiUcation est faible, |>eu di^ne de spn objet, 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. «77 

et quelles raisons puissantes en sollicitent le change- 
nient , pour le rendre aux formes antiques d\in rythme 
légnlier , je sens que je n*aî rempli qu'une {tartie, et 
sans doute la moins importante , de ma tâche. Il n*est 
pas difficile en général, d'attaquer un* système et d'es- 
sayer de le renverser*, l'esprit humain so joue dans ces 
sortes d'agressions. L'essentiel est de placer à cdtë des. 
ruines dont on s'entoure , l'édifice tout formé qui doit 
les remplacer; et c'est là4'objet dont je vais m'occupor 
dans ce second point de vue de la question que je traite. 
Les détails en paraîtront peut-être un peu arides; on 
les pardonnera on faveur des ddveloppemens que le 
Kujet exige, et auxquels iL importe de donner uiie' 
extension digne du hut proposé. * 

Il est constant que la versification) de tous les peifi- 
pies anciens qui ont cultiVe la pèàisie , fut fondée sur 
les principes réguliers de l'hârmotiie des nombres. Tel 
est, sur le cœur des hommes, l'empire de ce qui est 
beau et pris dans la nature, que prtout oi'i en pénè- 
trent des modèles, il y a aussitôt des Imitateurs. Itdri^ 
{[w^ Homère proposa aui Gi^cs le modèle le plus 
aecompli de la versification ancienne | il avait lnllii 
tloute imité d'autres poètes qui Pavaient deVanoé dSQS 
la même carrière; car il n'est ps dans la nature de l'es- 
prit humain d'arriver tout-i-coup et sans goideëi nu 
plus haut point de perfection. Homère e^t à son tour 
<los imitateurs qui, de siècle «u siècle propa|;èreiil «n 
tous lieux et dans toutes les langues, les règles de h 
versification grecque ; et nous voyons enfin ce tnéme 
sentiment d'imitaiiou régler les |ias de ^î 



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i|78 NOUVEAU THAITK 

IVii^i^ion d'un ouvragé, dev^enu pour les $iècle»mo- 
dera€â ua modèle adrnirable d'harmonie ré|^uUére. 

^ Cependant , oo principe «i naturel d'imitatiqn s'ar- 
rêta tout-à-coup; des barbares arrivent, et donnent 
une autre impulsion à l'esprit humain ; les idées du 
beau semblent s'eflacer du souvenir des hoinmets; une 
nouvelle poésie se fonde , et les régies en sont tracées, 
comme si tous les monuméns de l'ancienne versiiica- 
tion avaient disparu; comme s'il n'eiListait plus aucune 
souro^ i lacjiielle il fut possible dô remonter , pour y 
trouver le véritable type de l'art des vcrs< Ce phëuo- 
mène étrange se manifeste ^^rtout chez nos aïeux avec 
dei caractères singulièrement frappans. Jamais peuple 
pi^ut-étre ne parut plus heureusement servi. par les cir- 
constances et par les don» dei k nature , pour recevoir 
les beUes traditions de l'harmonie poétique. L'usage 
delà langue latine survécut long-temps |>armi eux à 
l'anéantissement do la domination romaine*, le^s çlieis- 
" %GBUvre'de cette langue paraissent faire les délices des 
savans do ces siècles , ils la cultivent avec un soin (|ui 
tenait en quelque sorte del'cnthousiasme*, le go(it même 
de la poésie latine semble être leur occupation chérie, 
et plusieurs y oicellent,f Cependant , malgré ce goût 
décidé, malgré tant de moyens de repousser ou de rec- 
tifier les formes |H>étiques présentées |Hir des barbares, 
ces formes triomphent « et le principe de l'imitation 
semble perdu pour toujours dans cette ancienne patrio 
des beafii-arts. 

t Je me trompé. Ce principe fécond a repris tout son 
empire, et ses oiîcts éclatent de toutes paris. Les insti- 



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t uûçns ot icti mouumeii^i du lu barbarie gotbi€|ue ^opl 
dtnà loin de nous. YoyiizcouuuQ Cou» le» ûbprits^ tous 
lo!ij^egard9i»^.>ont lourii^ ym$ U$ aucimis cbcfs d'œûvre 
pour eu atteindre ou pour eu «urpaiMiçr la perFeotiori ; 
chHC|ue brauche de$ beaui-arti »'^»t euipi^^éa d'eu 
recueillir les débris, pour y puiaer d^ rè||)o# et des 
principes de goût; nos temples, nos théàtrea , no» 
colonnes présentent pactout les fruits d'une liello iiui* 
tation; nos musées en sont des écoles; nous allons 
fouiller jusque sous dés ruines amoncelée» |>ar de» 
siècle» pour en extraire de nouveaux modèle»; une 
noble émulation rapproche çt confond le» temp» le» 
plus éloignés, lea hommes le» plu» diver»; et Tanti- 
quité renaît au milii^ de'^uous avec toute» le» gràee» de 
la jeunes»e. • 

Cependant, une de» plus belle» appUeatiaii» de Ti* 
natation manquas encore à la gloire de notre France ; et 
il e»t bien élonnatit quelle ait pu éclMip|M.T à cet eaprit 
régénérateur qui a efiàcé parmi noii» tant de tr^ice» de 
barbarie et d'ign^rauc^. Comment eu elilol) avec de si 
beaux modèka de veNittcation qui, chaque joiyr) 
uou» arracneiit des ^ntimen» do »uTpri»e et dVdiuini* 
lion, que uou» proçUoapiis comme la perfoctioi^ SU* 
préme,, avau»-uau» ireteuur des foiiue» de |ioésie i^ 
sont encore empreid tes de tou|e U rouille de» siàeie» 
, b^^ibare» qui noua ont préGéiiés?ConHueiU iMl4 de 
'grands homme», d^Uea émîde» de» |)k^ *l>e»^x gèùe» 
de rantii|uité, n'ont ik y>»ê cherché à le» rivaliser dau» 
le »avant et ingénieux uiéoan^uie de iWt de» veai? 
Comment , gutdés pr le» règles d'une saine cl {iidih 






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abO NOUVEAU TBAITH ^ 

dèiiM imitation f^ii'otit-îls ps hrisë devant leurs nio- 
dèl6$ les formes grossières de notre poésie y pour leur 
ttthtiituer celles (|u'enfanta leur génie pour la perfec- 
tion dé l'harnionie poétique ? 

Limitation, dans tous les arts, est soumise à des 
règles nécessaires. 11 faut d'abord bien connaître lo 
modèle qu'on se propose d^miter ; secondement, bien 
disoeroer ce qui peut être judicieusement appliqué à 
Fobjet de son imitation*, et en troisième lieu , savoir 
imiter d'une manière noble, gënëi^use et pleine de 
liberté. Appliquons ces principes à rihiitation du mé- 
canisme poétique des anciens, et essayons de poser 
avec leur secours les bases de celui qui seul |)eut di- 
gnement remplacer dans notre poésie , les formes que 
noua proscrivons. 

£q quoi consistait le mécanisme poétique des an- 
ciens? Voilà l'examen qui doit remplir la première 
condition d'une judicieuse et saine imitation. 

• Les ver» se composaient chem les anciens de pieds ou 
mesures \ la mesui^ régulière avait deui , trois ou 
quati^ temps. L'étendue du temps était d'une iixatibn 
arbitraire', mais si un temps était l'espace dans lequel 
ou prononçait nue syllabe longue, un demi-temps 
é^it pour la syllabe bi^ève. Les pieds ou mesures qui 
résultaient de ces tem|)s ou de ces demi-temp, étaient 
auT^ombre de Vingt-huit, savoir, douae simples, dout 
quam dm deni syllabes, et huit de trois : et seiit^ 
composés , tous formés de quatre syllabes. Nous ne 
parlei-^us ici qus des mesures simples : eu voici le ta- 
bleau : "^ 



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BE PROSODIE FRANÇAISE. aSi 

LepjnricbM ou pjfrriqiM, de dtux brèrct «KkqiU 

Le »ppnd««, de dciu lou|uc«. ..«.«.'*...,.* mÛMoi. 

L'ianibe ^ d'une hr^ve et d'une longue ........ Meti. 

Le irochëe ,- d'une longue el d'uue bi-ève nivqué. 

Le daot^rle , d'un« longur t% de deux brèvf«« « * <^ • * c^Urmliad. 

L'an«p«ite, de deux brèves ci d'une longue.. ^ .... «àpléuf. 

Lemoloùe, de tvi^U kmguea ., . lûciiiiifs. 

Le iribi-ache , de troii brevet pdt&l ' 

V^niphibracbe, d'uue longue «uire deux brève*. • . . oùpïd&» 

L'amphiraaçie , d'une brève t'nlre deux longues dUlUi». 

(iC baccbe, d'une brève et de deux louguea dMcûm. ' 

L'Aiilibacche , de deux longue» et d'une brève. . • . ; , viraiiùrt. 



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Telles sont les principales mesures et le plu» ufiiver- « 
tellement employées , qui rësultaieut ckei les Grec» 
et les Latins de la prosodie de leur langue respective. 
Tout se réduisait, comme Ton volt, à la longue et à la 
l)r^ve. Les syllabes douteu.%es cessaient de Pétre, dés 
qu'elles eiuraient dans la formation des pieds, el elles 
étaient décidées longues ou brèves selon leurposiiioQ . 
Les régies étafent fixes k cet égard. Due autre remar* 
que importante, c'est que les mesures se formaieot îq- 
iKiféremment , ou d'une partie des syllabee d^un mol, 
ou d'un mot tout entier, ou enfin de deui ou trois 
mots , suivant le besoin du poète et la nature de ses 
vers. L'harmonie en étaitplus soutenue, et les mots 
s'cnckatnaient pfif une continuité de sons régulier» 
dont Tensemble était ravissant pour l'oreille. Outre 
cela , les aiicieus avaient un système d'élision qui 'ren- 
dait ces mesures plus coubntes eniçore. Ils reIraq* . 
t liaient ta consonne ih^ ainsi que to«i|ea le$ toyeilia 
ou diphtK^>i^y*^t^ (|ui se trouvaient à la fin d'un iiiol% ' 



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St» NOUVEAU TRAITÉ . 

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liplliriqiie U suiYaotcoaiuieDçait par uoe voyelle ou par 
une diphtholigue. Ainsi dans ce vers : 

Quod nifti et aMÎduU ternin uisecubeie rji«trîi>. 

Ii68 pieds te formaient de cette manière : , 

. Q«MBlV<t]i««li$]ïstër]r-'îuUc]tâbër&]iWiî«. 

Qûelquetbis, l'élision se faisait en transportant le 
mot (]m terminait un vers , au commencement du sui< 
vant > comme dans ceux-ci : 




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em DQ|^in€U«aYi «ment koniinui^que d«oruaiqu« 
A %iùd in ev«r«â vidi crudeliua uijbc? 



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qii'on scandait ainsi : 

Qtt^m uôa j Iqcû ] li-v'fi ] môna k6ml ] nûmquâ dÔ ] ôrûni - 
Q-'iût aw**f1ie^v«ÎS ] vîUÏ crû ] aêOiu];ûrbé ? 

\êk raison âe ces éliaious était toute euphonique. 11 
6ft| prob^le que les lettres sur qui elles tombaient 
o^ét^ictit poiiit prononcées, ou l'étaient très peu; au- 
trement la meaure. et Tharmoiiie du vçrs en auraieut 
souffert sensibletnent. Mais, pour décider cette ques- 
tioi) , il &udrait être au fiât ae la prononciation des 
anciens, inatière totalement i(;norée. 



V%W9 formée de la comoiiL 

prtctder 



fuii4i>n lies t{ieitunf'% 
les. 



De» mesures dont nou» veidhs de préaenter le ta- 
Ueau,k» anciens avaient |!bin)é leurs \*'^'^«^ntes es-' 
pècea de vers; et ils avaient <xabli des t\ aoit pour 



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DK PROSODIE FRANÇAISE.' ^85 

Ja nianière de combiper c ^ mesure^ àm^ un vers^ 
soit pour le noaibre des p^s dont chaque sorte de 
vers devait être formée : voici le pl*écis <le kur savante 
versification. " ^ 

^ers hexamètre ou héroïque, C'éUi^ h grand vci-s 

des anciens; il était composé de six pieds. LeAnuaUç 

premiers pouvaient être indifféremment dactylea ott 

spondées; mais le. cinquième devait être généralemeat 

' un dactyle, et le dernier un spondée. 

« 

Piïndpï ] î» ôb« j ta : »ê ] rô m^dï ] cîùâ pà] iStûr. 

La libert,é qu'avait |e poète de vaTrier a son gré les 
^juatre premières mesures , lui permettait de donaer 
u son vers, plus ou moins de jmçuv'emeat , iilo« la »»- 
ture de l'image ou du lentiinent qu'il avait à exprimer. 
Voyez la rapidité de celui-ci qui est tout fk^voé dit 
dactyles, à l'exception du dernier pM. . / 

* 

Piiidiiui J îiii^iè I tt (15mU5 J ômnl p6 ] lêolU 6 jUn^i. 

hit la lenteur de celui-ci > qui est tout on spondées. 

Lûctâu ] les rhi ] tôt Xëm ] pétli ] tôatqoë i& ] D&rit. 

£t la douceur du suivaut, ré&ultan« du mélan^ des 
dactyles Cl des spondées. 

; Sîlv««J uëm tèttù J î i^âj «im mêJl ] l2rU il] vfiU. ^ 

;v '" ' ' ■'.■._• * ■ ,-..•. 

Le spondée prei^t ^^li^uefoia la |Ja^ du épB^jl>^ 6 
au cin<|iMème pied , pour (àvoriser l*karnMni^' el Pou 
pla^iit alors le dncty h» au quatrième, attu qu'il m*y mk 
pas trois s|hii)^Ucs de suite kl^ (m du veca. On appe- 



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;j|84 ; ^ NOUVEAU TRAITÉ - 

kit spofidcîique cette sorte d« vers. Homère en est 

filein.. ' '. .\; . •-■ , "~7V ''. / - ' - 

Q^îquefois^ aussi lo vers finissait par un dactyle au 
lieu d'un spondée, et on Vdip^AdÀldactyliquè, 

On voit par-là, combien le nombrie de riiçlamètre 
^tait varié, docile et fécond» Le génie des poètes an- 
ciensen a fait résulter Tex pression sensible des plus 
Jbelles imagç*,.et en même tèmpsune barjïionie inimi- 
table r Virgile eri offre à chaque p}»sdc's'exemp!es qu'on 
ne peut se lasser d^admii'er. SéduiU par ta teai|lç d^ 
c^ rvlhme, qqeltjuescpoètes anglais, IVançais, ont es- 
i' Wyé de t faire dans leur .langue dc^ vers hoxa mètres , 

mais leurs eïforts'ont été sans succès. J ode/ le en fit le 

. ■ ' ' ■ ■ f . ''' ' ' 

; prçrtiier essai. en 1659. On jugera si une pareilhi {eh- 

tative dé sa part devait réussir. ^Yoici un échantillon 

dé ses prétendus vers ; 



Phœbua , Amour , CyPT»» $ veut «autev , «ourrir et orfier . 
Ton Tel» et ton chef, 4'ombre de flamme et de fleurs. 



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f^ers penianiêire. Ce vers était composé de çi^ '^' 
pied^ 011 mesures. Les deux premiers étaient dactyleiil^u 
spondées » la volonté dn poète; le troisième éléiît tou- 
jours \in spondée , et les dciix dcTuiers étaient anapes- v ' 1 
tesr^n le scande ordinairement, en laissant une césure 
longue après le second et le quatrième pied , en éorte 
qqecès ^cux césures forment le cin(pjième.C>n trouve 
ce versioîht ordinairement aux vers hexamètres dans 
1^ élégie», lea^^bît^es ,.les épigrammes et autres* petites 
pièces. Il f>Y a ^int de pièces composées de penla- 
' T^tr**« •^^"l» RuonriWft dtt ce vers : .,...' .::.....^,,,, — . -^ . 



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Cnt^m'6iV^] perlôn] j^a* ] ïufiilu V^ri^ mftjrô*. 



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< • : JDÈ PROSODIE jhlANÇÂlSB. f > 385 

/^^rszaffiii^M^. Cette sorte de ver» était entière- 
iiieat, oti [iojjr la plus ^^^ oboipp^ëe du 

pied iambe. On lé considérait ou , ^lon la diversité de 
pieds qu'il recevait, qu selon lénomb're de pieds dont 
il était^rmë. Dans chàcua de cesgenres, il y avatt trois 
/ espèces de vers qui porstaien t des noms différens : 

i**J^es pm!s ianibiques qui étâieiit absolument for- 
més d'iambe&au nombre de six; comme dans ce vei^s 



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de Catulle :' 



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. PhâfiSJlUtrJIë, qûem] vïdê]tï«hô»]pUè«. . 

a° Les iambiques proprement dits, qui n'avaient 
d'iambes qu'aux pieds pairs; encore y mettait<^oà quel- 
quefois des Iribraches, excepté au dernier qui derait 
toujours être un iâmbe ; .. 

3^ Xes iambiques libres qui n'avaient de nécessité 
d'iambe qu'au dernier pied ,. con^poie tous les vers de 
.Phèdre. — - 

Quant aux variétés qu'apportait le ndti^bre des syl- 
labes : on. appelait iamhique dïmèire , celui qui 
n'avait que quatre pieds. "^ \ \ 

i:- ■ ■': - ,' 

Quœrûn ] lûr ïh ] iltris] Svês* ^ 



Ceux qui en avaient six f s'appelaient trimètres ; ce 
senties plus^beaux;, on les employait pour là tragédie. 

Ççux qui en avaient huit s'appekient tétranutreê. 
On, n'en trouve que dans lès comédiea.^ . * 

• « « • ' * ■ « ■ 

La plupart des hymnes de l'église sont des ïai 
qties gtimetrcs , OU de quatre pieds. 



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%t% "■ .- NOUVEAU TRAITÉ 

yei^lisclépiàde. Ce»t nn vers composé de quàti^ 
tikdé; ««voir: un spondée, dent c>oriambes(iti«suré de 
dèdii iii^èves entre deux longues ) ; et un pyrrique , tel 
<jî^ oètui-ci. 

' IvKce 1 nâaSUlVî» ] édite rë ].gïhÛ8. / 

On le scande plus ordinauement ainsi : . 

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M5i;ê]TiJiâtâ]vïff]ëdîtë]rëgïbÛ8. . 

Et alors ,,on le regarde comme composé d^un spoii- 

: dée, d'un dactyle, d'une césure longue et de deux 

dactyles, Pïous reviendrons sur la Tormule de ce vers, 

une des phis propres à s'adapter a^éhie d« là langue 

irauçaite. . 

Vers alcàiques. C'est un nom commun a plusieurs 
sortes de vers, ainsi appelés du nom d'u^/cee à qui on 

en attribue l'invention. 

La première, espèce d'alcaïques était de cinq ^pieds, 
dont le premier étàit'un spondée ou un iambe, le se- 
cond un iambe, le troisième une syllabe longue , le 
qiiàtfième un dactyle, et le cinquième un dactyle ou 
un il mpliimacre. Horace en est plein. 

La ^ seconde espèce consistait en deux dactyles et 
deux trochées. . . 

Vîf|ïnï ] l>ût pûS ] riidûe \ câniô. 

t^ode Qkaiqtm^omïk^\\. en quatre strophes de 
quatre vers chacttipe , dont les deux premiei^ étaient 
de» vers alcaïqUes <ie la première espèce; le troisième 
U^i inmbe dimètre /^gF^to/^c^^^^^^ 






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DE PROSOJ)IE FRANÇAISE.* à^ 

quatre pieds et «ne sjlkbe lotigae 5 et le qtlàtrièitie un 
^ alcaïque 4e la àecoDde espèce. Ëxempfev 

Non ï>ôs JiMënjiém ) mâUS t6 ] cîtërti \ ' 

Rëoté]bSa] tûm ] rëctiût ] ôccûp&t . 

^ ' Nômçn ] bëâ ] tî , qui ] dëôj rûm 

- MÛD^rl ] bûs sâpï ] ëntër ] ûtl. 

'' " ,_ ■ ' . 1 ■ ■ •- . ■ ':'.■ ]:■.'■-'.■" 

• . ■■, ^ ■■,',,'■■'* ' 

Pour peu qu'on ait l'oreille délicate,on seul combîéb 
les vers alcaïques, et surtout ceux dont cette strophe è»t 
formëe,sont harmonieux. Aussi -ÊTorac^ les appeÛe-t-il, 
les sons mâles et ne^\e^x d'Aïcé^.^Minaoeê \dkmi 
camcènœ. 

■« _ » ■ . " « 

/^^r* hendéca^llabe. Cette sorte devers était cooi'^ 
posée de onze syllabes. Les vers saphiçues et les ver* 
j3^a/êwc^5 sont hendécasyllabes. 

Le vers ^aphiqué, ainsi appelé de Sapho qui la 
première a employé ce rylhme, consistait en cinq pieds 
dont le premier , le quatrième et le cinquième élfateot 
dés trochées, le second un spondée, et le troisième un 
dactyle. On met ordinairement trois vers ida iétte 

^ forme dans chaque strophe, -qu'on termine par un 
\crsadoniquej composé d'un dactyle et d'unspOndëa 
Le vers phaleuce (^it compose ëgalenscvoit^ de 
cinq pieds , dont le premier, un spondée, ledeuxîétne^ 
un dactyle, et les trois derniers des trochées. ÇëiVess 
était très propre pour l'épigramoie et pour Jes poésies 
légère^. Les hen décasyllabes étaient les plusdoéi des 

, vers latins. • * , , j , ^ . 

/^<?r5 j[?A^/ie'cm/^. Cette espèce de vers était ùmùm 
posée de trois pieds y savoir d'un dactyle énîre dent 
spondées. Comme dans le suivant. 



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Cïit JS]BH>giï.jgaé. 



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VÔVytAV TRAITÉ 

Aaî^z/^f C'était uû 6 sorte de vers com* 
pciédé trÀichëes,'ou dans lequel ce pied dominait le 
ploé, comme l'i|mbe dans (é vers iambique. On trouve 
dans la dix-huitième <5de du se<;ond livre des odes 
dllorap^, plusieurs strophes de de ^ vers, dont le 
premier est irochMquè dimètre catalectique ^ c'est- à - 
diiiB , Jtrochàïque» coràposé de trois trochées et d'une 

. qfWpe a la tin. 

Telles. étaient lès principales formes de la versifîca- 
tion deâ anciens. Pour rompre l'uniformité des mé- 
sures régulières que comportaient ces> forrties , dans 
une longue suite de vers : a Les poètes grecs et latiiis ' ' 
. « a[vaienl; , dit Rollin , deux sortes de cadences , l'une 
« simple , commune , ordinaire , qui rendait les vers^ 
a doux et coulans,mii écartait avec soin tout ce qui 
« pouvait blesser l'oreille par tin son rudéet choquant, 

• a ct'qui . par le mélange des différens nombres , et des 
or différentes mesures y formait cette harmonie si agréa- 
oc, ble qui règne universellement dans tout le corps 
a d'un poème. Outre celà^ ils avaient de certaines 
a cadences particulières^ qui , marquées plus frap- 
cc pantcê, se faisaient plus sentir. Ces sortes de ca- 
ce dances formaient une grande beauté dans leur vér- 
«c sification, elles sauvaient l'ennui que dés cadences 
« trop uniforUiei et des c/hutes régleps sur une même 
«c imesuro, n'auraîeiit pas manqué de causer. Ainsi la 
c< poésie latine avait la liberté de couper ses vers où 
« eUe^otdait^ de varier ses césures et ses cadences à 
Qt son cftotx, et de dérober aux oreilles <ç)élicates les 

es produites par larépétitiori des dac- 



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, Ï)E PROSODIE FRA NÇ AISE. 






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« lyles et des spondées qui tenuïuaieiit surtout les 
(( vers lieroï(jnes. », -/ ' * 

Ce serait icMe rtiomenl de voir comment la ^poésie 
française ()Oiïrrait parvenir à imiter les cHirérentcs for- 
mules de la versification ancienne inuiis avant tout, il. 

■ t • e - ■ 

se présente nne grande question à diseuti r ; savoir si ja 
langue française es*^ de nature par son génie à se plier 
à ce s^slènje , d si elle est susceptible des nambres et ■ 
des mesmes prosodiques (pii S(M vaient de base an më- 
canisine poéti^)n(vd('S anciens, l n habile statuaire, dit- 
on , n'a pas'de grandes tlillieultésà vaincre, potn* copier 
les grands modèles âa ranti(piité; il a sous.sa main les 
mêmes matériaux .et lesTuénjéS instrumens qui ont 
servi à rexéciiliun'des chefs-d'œuvre (pii sont proposés 
a son imitation. Mais en est-il de rtjéme à l'égard du 

• poètç, de la langne française dbnt le génie, les construc- 
tions et les mots sont si difféi e:is dos laugu.-s anciennes^ 
et pént-onraisonnablemcnt lui [)rop(iser;<ri miter avec 
un pareil instrument, un mécanisme de versification 
qui était le résultat du génie particulier des langues qui 
l'avaient irét? Ce raisonnement, sans réplique en ap* 
.parence , ùous impose la loi de présenter (juelques dé- 
tails sur les caractères de la langue française,* dans 
lesquels, après avoir,exposé/m;7r7i^m^w/ <pidî» sont les 
obstacles jjy'eile oppose à l'imitation ^CO^plète des 

X formes potetiquc^ des anciens, nous nxoUlrerons en 
quoi elle Kii est favorable , et quelles sont, panhi les 
formules de la vcrsi fi cation Latine, celles qui pour- 
raient s'ada|)ter à ses moy*în» «ii»*»! qu'« ^on génie ; et 
c'est en cela que nous remplirons la seconde condition 



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ago^ NOUVEAU ^'haité ^ \ . 

4'urte judicieuse injK^tïôn qui exige le di.scernement de 
ce qui peut être oonvcnablenient iaiité dans l'originar 
que Von se propose pour Inodèle. 

Les caractères dlslinctifs de la langue franchise sont 

\ la claitéV l'ordre , la justesse et là pure^^ des termes., . 
Ces avantagea répandent sur ses constructions un 
agrément qui plait à fmi^es peuples-, son ordre dans 

rexpression des censées la rend facile; sa justesse en. 

bannit les métaphores outrées-, et sa modestie lui in- 

tendit tout emploi des termes grossiers et obscènes. ^ 

Cependant V quelque précieuses que soient ces qualités, 

nous som nies loin de penser quYllesJui doUneut un- . 

* avantage particulier sur les langues anciennes, et qu'on 

puisse en faire résulter des principes d'harmonie à 

régal de ces langues.. Son génie Timide ose rarcn^ent 

entreprendre' de rien faire contre les règles de con- ^ 

structiou qui décident de rarrangement de ses mots,., 

pour parvenir \à des beautés on elle arriverait sans 

doute, si éllo était moins scrupuleuse et moins méthô- 

dique dans sa marche. 

L'as^servissement des articles' auxquels elle est sou- 

mbe, ne lui.perm(;t pas d'adopter ces bellcs'invcrsions 
qui,, danslapoéksiVuncienne, étaient une source s) fé- 
conde d'iwrmonie, cl qui ollVaient tant de ressources 
aux poètes pour lormer et régidariser leurs nombres: 
«etcependant,commyleremar(pierabbéDulHsiqwt^lïe 

langue aunfit plus besoin d'inversions, que la langue 

franchise, pour devenir harmonieuse? Lue moitié des 

mots de cetteMau(;iH^, est terminée 'par des voyelles, 

^ et dé ces voyelles , \c nuiet est la seule qui s'élide avec 



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DE PROSODIE FJlliNÇAlSE. ^ agi 

la voyelle du mot suivant. On prononce bien sans 
yicine :Ji lie aimable ; mais les autres voyelles amènent 
des rencontres de sons désagréables dans la pronon- 
ciation , qui rompent sa continuité et déconcertent son 
barnionie , comme on» le "voit dans : l^amitit^ aban^ 
donnée « . Nous sentons si bien les mauvais effets de cette 
collision, que les rèj^les de notre versification la dé- 
fendent rigoureusement. Mais que de perles, qpo d'in- 
convéniens, on résultent pour la poésie ! Souvent le 
poète n'a d'autre ressource" dans ce cas, que de faire 
'disparaître le mot qui corrompt l'Iiarmenie de sa 
phrase, et il arrive de là qu'il est quelquefois obligé de 
sacrifier l'énergie du sens aux lois euphoniques de la 
versificption. Lp latin , au contraire , évitait aisément 
cette cpUisionà l'atde de ses inversions, et tous les 
mots, outre ravantog^-qti'ils avaient de pouvoir entrer 
dans la construction d'une phrase poétique, avaient 
encore celui de présenter au poète, par leuis diverses 
combinaisons, la facilité de former, et de compléter 
les mesures qui devaient entrer dans son rythme. Qui 
ne voit que, sous ce rapport, les anciens trouvaient 
darïs leur langue une fécondité qui n'eiiste pas dans 
la nôtre? Rien n'est plus difficile en Ifançais, il faut 
l'avouer, que de conserver au sen? tt a l'harmonie 
leuVs droits resfioctifs , tant on trouve d'opposition 
entre leurs intérêts, en?^ écrivant (jans cette langue î 

Chez lies anciens , la langue poétique tirait efl^core 
des avantages inapprc'ciable%|Wir l'énergie et le mou- 
Sément du style, de l'emploi des-motscomposés, des di- 
minutifs, et surtout du système deselli|Meâ qui souvent 



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aga n5uvkau tjiaitê : 

eiprini^îent itar un seul terme, des idées composées. 
Chez nous , ces ressources sont faibles-, à la place des 
mots composes, nous etiiyAoyons h périphrase; nos 
diminutifs n'ont point und expression absolument re- 
lative, et nos ellipses trop rares, ne prericrent quelque 
li/irdiesse qu'en faisant vfolenceàu^ génie méthodique 
et régulier de (a langue. Témoin ce. vers de Racine: ^ 

, Je t'aimais inconstant , qu ëussc-jc fait fidîle ! 

Ajoute/, à cela le défaut de terminaisons et d'în^ 
flexions pleines et caractéristiques qui^jondaienl dans 
les langues /mcienncs, et auxquelles nous suppléons 
par l'immense cortège de nos artic|es et de nos verbes 
auxiliaires qui surctiargenfnos constructions, énervent 

Iestyle,e4 déconcertent son harmonie. ^ 

Cependant, il' faut bien (jue la Jangnc française, 
malgré ces inq)erfeclions, et cclteappan^nte inaptitude 

pour les compositions poétiques, ait en elll^-mémo 
d'autres principes (pû\^ontVc balancent ces obstacles,-* 
puisqu'elle s'est élevée^ au premier rang -des langue» 
modernes , principalement par l'ascendant incontesta- 
ble do saq)oésie , /et par les productions imrnorttdles 
qui attestent à t^Ous les esprits la puissance de ses 
moyens sOus ce /beau raport. IVlle est eu eHet notre 
honorable position, que no.is n'avons pbis besoin de 
discuter si la langue lVancai>e e^t p(>cli(|ue on non. En 
conveiiant qu'elle l'est moins(|no les langu.-sancienUes, 
nous tenons dans nos mains la preuve (piMIe suffit à 
tou;j les genres de poésie, et «pie dans tons, elle peut 
atteindre à la perfection. Elle a celle de la force et de 



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^ DE PROSODIE FftANÇAISlÇ. agS 

la dignité, dans Corneille ; celle de la douceur et de 
la mélodie y Adiiis ^Racine y celle des grâces légères, de 
la délicatesse et d'ua colons enchanteur dans les poé- 
sies fugitives de J^oltaire ; tandis que sous la plume 
du même poète, elle montré sur la scène tonte l'im-r 
pétuosité des mouvemcns tendres et passionnés; dans 
Boileau j elle étale une correction , une élégance et 
urne pu ii^eté parfaites; dans Lafotitaine^ tous les charmes 
d'une naïveté admirable; ,dans Rousseau y toute la 
/pompe et toute la hardiesse d'une langue aussi riche 
qu'harmonieuse; et dans Delille y son inépuisable fé< 
condité dans la, description de tous les objets de la 
nature. . 

Que l'on donne à la poésie française l'attitude qu'elle 
avait dans les langues anciennes, qu^on la soumette 
aux lois harnionicuses d'un rythme régulier, et elle 
n'aura plus rien à envier à ses modèles : c'est le dernier 
pas qui lui reste à faire pour arriver à la perfection, et 
à cet égard encore , la langue française est singulière- 
ment disposée pOur l'iipitdtion , sinon complète , du 
moins partielle, de la versification des anciens. Don- 
nons queUpjes développemens à cette importante 
vérité. 

Je crois avoir démontré que la langue franciiise a sa 
prosodie. Si elle a sa prosodie , elle est en élat de four- 
nir les^mêmes mesures que les langues anciennes. L* 
àeule différence que j'y vois, c'est que tels nombres y 
sont plus rares, ^t tels nombres plus femiliers. Aussi, 
comme nous le verrons bientôt, n'e^t-elle pas indiffé' 
rente à toutes les formes des vers; et c'est en cela que 



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3q4 nouveau traita 

ritiiitation de la versification ancienne doit être réglée 
comme nous l'avons dil^, parun discérneni cntjndicieux. 

Mesures franç(iises de deux fiyllahe.'î. 

1** La langne française abonde en pyrriqncs, soit 
qne Ton considtn; cette mesure coniinc formée d'un 
mot de deux syllabes brèves ',ilejà , /^gêr, âmi ; soit 
' qu'on la considèr^comme fermée de deux monosyl- 
labes :Jé me; soit enfiM cpi'ellc fasse i2aitie d'un ^lot 
composé (le plil^ieurs syllabes; comme dnus fui;ilif. 
~^ Le 'pyrriciue,, formé de deux demi-temps, ne peut )a- 
niais être employé poui-uu iiond)re poctirpic ré^^nlier; 
il <loit tôujours'érre joint à une lon{i;ue , ou à d'autres . 
l)r(wes, et alî-rs il l'orme de» mesures pleines, Connue 
ou le verra ci api es»- 

a° Le spondée j dit^on, ost rare dans notre lanf»ue; 
je SUIS bien loin de le penser ainsi : nous avoïis beau- 
coup de mots composés de deux syllabes louj^iios ; 
comme : teintât, ^rcindcàrsy bienfaits, tombeau x,viv:\ 
mais combien d'autres forniés cle plusieurs syllabes , 
renfern>e4it des spondées, conmie, incônstanùj et coni- 
bien il est iaeile d'en faire résulter de la eond)inaisou 
de dâix mots ! Alors le spondée devient très comnum 
en français; et comme ce noud)re est décisif pom* 
l'expression des mouveiuenls lents, il importe de bien 
étudier dHus la prosodie les hiols qui peuvent donner 

lieu à cette mesurç. 

5* \:iamhc formé d'une brève et d'une longue, est 

nu des pieds dont la langue Irauçaise fournit le plus 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. /Jl)0 

d'exemples*, elle est pleine de mois de deux syllahes 
qiti ont celte mesure; comma. désérl , jamais y hélâs, 
pesants, môméns y étaient y les héros , elc. , ajoutez 
encore ipi'il ^e trouve dans, une iiifinité de mots de 
plusieurs syllabes; comme dans souhaite y abîme j 
génie y et qu'on peut le (aire résulter frécpioinment 
de laréunion de deux mots, commeyV viens Je crains y 
il est: Ce vers de Boiloau est prescpie tout en iambes : 
soupire y étend les bras, ferme Vœil et s'endort. 

\° Le trochée est é"alemcnt très connnmi ; soit dan^ 
les mots de deux syllabes; commç bônlé y santé ; soit 
dans ceux qui en ont plusieurs, coiiane entreprise y 
intrépide y soit cn(in dans la réunion de deu\ mots, 
comme mes amis. 



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Mesures de trois syllabes. 



30 5' Le dactyle est regardé ^généralement comme im 
nombre [»eu frécpient dans notre lanf;ue. Il faut bien 
peu connaître le génie et la prosodi^' de la langue fran- 
çaise jx)ur le penser ainsi. L'émnnér^alion de nos niots 
formés de trois syllabes , doiit la uremière est longue , 
et les deitx autres bièvês, serait imm'^nse*, ojri peut en 
voir des exerù|)K'S dans les mots suivans \ fermeté y 
âprétéy consolé , entretien , èm^àhi y implorer*) inspi- 
rér y cûnspîiér y cônjàtér ^ éni^à^éry immolé y et dan» 
une foule de verbes à rinfitiilif, et au participe mas- 
culin , i\\\\ , quoicpic formés de trois brève», reçoivent 
l'accent tonicpie à la première syllabe, et peuvent être 
cn»ployes comme dactyles dans la poésie; et si Poil 



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«296 ^OUVF.AU TRAITr. 

ajoiîte i cette niâso /de dactyles , ceux qni se trouvée 
dans les mots cmu posés de plusieurs syllal». s, vonuiie 
assassiner , ahànJônnè , ènyèrèli', et ccnx <|no l'An 
pont Tornier de ii coni1»iniir.on do pliisitMiis mois ,. 
comme duns cenx|ci : qu'aï je clU ? ommê runivey\^: 
on verra-qne lo dactylo est un nombre très conmni^, 
d.ins la lanj^ne fn» u;;»ïs«^ , ot que so prétendue riti 1 1(; n^ 
. viofit <pie de ce (ju'on n'a [)oint ass(v. étudié sa p: osot- 
,dic, et (ïc 6C qn'in n'a fait encoîe aucun u.^ajici <^e soi ^ 

ressources. \ 

G** Vanàpesto qui est le contraire du dact}le , en ce\ 
qne la lôupue est à la s'ûte doS deux brèscs, n'. ptouic 
' parles mêmes cf)|ilradiclions, on le renconhv.Vciïa'jUe^ ^ 
pas dans nos mots de trois syllabes, connue dans rri>u- 

ot il résulte lacilcmont de la (o-nîVi- 

lu trois nu)ls, corun)cMlans cet Ihiuis^ 

tiche ibrmc de deux anapestes : /e wowf^nt où jtï 

parte, ^ic.\ et dans ce vers qui en est entièrement 

composé: I ^ 

Je le pêiyl» , fùij;ïlîve-iîiii)frnncc. 

• 7" Le molosse formé de trois longues est rare dans 
nos mots de trois syllabes, tels cpic : entendant ,• ni;\is 
ncri^nVst plus facile que de l'obtenir de la réuiiion iles . 

' mot», comme dani^ce/exenq)les':|jp<£/aw.? ces -ronds 
tômbiàux^ — traçât à pus tarifs , ^ ils sont en- 

sève lis. \ .a 

8 ' Le trihrach4>, de trois brèves , se rencontre dans 
heancoirp de nos mots de trois sylld>es-, vèrîte, tu ei^t 
un exenq^le. On le trouve encore fré<piemfneut>lans 
les hiots formes de cpmlje syllabes , comme dans ini^^ 



taient y nnîi'êrs ; 
naison de deux o 



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DE PROSODIE FKANÇATSE. *97 

pieté j 0.1' QA\^\ï\ dai)s la réuiiiorr de plusieurs mots, 
coixMim : Je me fépens. 

9" L'ampjuCora^he d'une longue entre tlçux brè- 
ves est d'aul;uit pins commun dans |e fiançais , que la 
pcnnlllènie do nos finàlos fémininf^s est toujours longue 
en poésie; comme dans sâjëssê. IndépeudanHucnt de 
C(là, nous avons d(S nU)ts de trois Syllabes, dont la 
priMillième ost ossçuliclloment longue On prose comme 
on pot'sie, conmK^ à ù îm é j écrase /suprême. L'am- 
pliibiîi'clio abonde aussi dans les mots formés de qna- 
tie et ciiïcj syllabes: tufnùltucux ,. étrangement ^ cèm' 
' rhêiuénicnt , ainsi cpie dans la réunion de plusieurs 
nio'ts : mais le zéphir Jé^er , et V ôtiâé fugitive , 

^ 3 0° L'amphintacre ^ d'une brève entre deux Ion- 
gurs,'se trouNO également dans beaucoup de nos 
ru(\ls de trois syllabes, tels {[\xk\ intérêt ^ éntro^ùi^ért y- 
aiusi <pi(^ dans de:^ mots de (juâtre syllabes et plus^- 
.comme biënfésànce , contenance , impréi^ûH j intré- 
pide y et eiidn , dans plusieurs mots combinés , comme 
fdli connaître à mon Jils y vXq. '^ • 

11** Le bacche y d'une brève et cle deux longue» ^ 
comme dans cependant s'avançaient ^ se rencontre 
encore dans d'au rt*cs mots plus composé», coiûuie 
récompense ; ou Ui forme aussi facilement de plu- 
sicius mots réunis", comme dans ceux-ci: ni fhôr^ 
reûrdès cômbçits, • . 

o a* /v 'antibacche , de deux longue» et^rune brève, 
existe dans les mois, tempêté , ênppiré , cônsplhéf, 
et seudilablos ; dans le mot plus* composé i/i- 






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pièces. Il n'y a |K>i«t cte pièces composées ae peiiia- 
mètres iéul». Elenriye de ce vers/. 

J GSm^ mal»:.] per.lô n ] \riR, ] ïuriilii 1 »5rë m5] i S-s . 



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cdnJiêquènty efe^ enfin dans la corribinyson des çiots , 
Corrinic les suivans \'te^^ conseils ôdieùf. 

1 elle est donc la langue trançais^e, juie^^par sa pro- 
sodie, elle pcnt suffire a tons les npnd>^es' éniployés 
daris le mécanisme poétique des aneiy'is. J'avoue ce- 
pendant que les traités de prosodie, tels qu'ds exis- 
tent jusqu'à ce mome4it. sont bien iinparfajts et bien 
insuffisans dans. leur rap|)Oit avec la poé^iie; et la rai- 
son en est toute simple. Janiais les mammainêns qui 
k s'en sont occupés n'ont dii i-^é leurs vifes vers çct$j. .: 

1 application qui u'aMut aiicurtc jexi^rtmce^ Ils se îfont ; 

contentés de iK)Si;r des règles géal^ales de prosodie 

; pour la |)rose, et ils ont laissé (laps le silence aj ne, 

foule de principes propres à lavoF^er Içtiombre poé- 

; tiqjiek à le ^teriuiner. Nous àvojis dit ailleurs que 

c'était à la pcnW^^» fj^er b proso(liè (^1^^ langiît. 

C'estVpnc ail X poète) à établir les lois^ui manquentj 

ou à- ^nodiiie/cclles qui existent. Que de syllabes 

cbaneeraient alors de valeur! Et combien d'autres, 

Vî\«5nes ©t indétern\inces jusqu à-ge j^çur, .(Jont il laii- 

drait préciser la quantité! Je n'en ciCeraî que quçl- 

que$ excn^pics. • ' 

-fl/abbé d'Olivet, a[)rès avoir nm 'éii nombre des 

syllabes brèves' les pénultièmes de modèle y folèley 

pares^ / caresse y tranquille, , facile y etc. , ajoute: 

« Mais cela n'enq)èclK' pas qn^e, dans léchant et daiïs 

« laidédl^mialion soultiiue , on n'allpiige cpielqiife- 

c< lois ces linales: » et la raison qu'il eii donne est : 

v que la langui» a coirtulle les principes de 1 harmo- 

(( nic;» en voulant (pie la pcnullième soit fQrtifiée, si 



\ 






La plupart àes hymnes de l'ëglisd 90ht des îambt- 
ques dimètres ^ pu de quatre pieds. 



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( ^ 






/' * V.' 



;X)E PROSODIi: t'îlANÇAISE. 

/■ ' ''■"■'■ u '' ' * ■ ^ 

H \ii dernière est mnc^Ùc, parce (|ue roreille ayant he- 
vc( soin \\\m soutien , et (jye ne Ki Ifouvant pas dans 
" c( la dernicKC syllabe, elle le prend dans la pénuitiènie.» 
% Par la memc^raison , il doit donc être permis d'allon^ 
- " gôr aussi dans les vers, quand le nombre iVxii^e , la pé- 
nuUièine des mots siiivans,IVit-.elle, décidée brève 
dans le langage familier; aildacc'j menace ^ fatale ^ 
tiyale ^ organe , prqlù\ie^ , vaste , faste y éclate^ 
jfîàttCy ténèbres y célèbres, veine , pep}e , regrette y 
sèçrke , lettre , pémirêj func'ste j céleste ', sublirrie , 
oictinie , justicù^, pmpièe , habite , sùbitt , idole, 
immolé ^^coûronr^e y environne , homme ', nommé , 
parfume J aUume .^ '<^hiite y exécute ,\aimable , ad-- : 
' "Miirable^j risible, exigible , clc. La musique vocale 
les niX)lo^iiie , tJlL rorèille u'én e*J point oftensécf la 
poésie ponn/U dônd les prolonger aussi^ biea ; cn- 
txîndu c^pendant^ qu'elle: n^altérât point la modifica' 
^ tion du sôrîr l^ar e^xemplë, i^a de fatale et (^(^rgane 
sera fermé, (pibtcJu^U soit long-, dailiome,.ro (\g cou- 
ronne ci d'idole se prolongera sans approcher du son 
de l'o grave de tràne,:^t6nie tipôïe : ce qu'il est bien 
important d'ofcscner. On peut op^^osér à ce système le 
peu de y ^ me dit son do VeVà^Vi, et de l'i/. Mais 
ces mêmes sons , aus^i grêles dausMe latin \ ne laissent , 
pas de s'y prolonger;* et eu effet , le volume du sort 
n'en déc'uie pas la durées Ailleurs , que de mots dé 
trois syllabes, décidées brève» dains les prosodies, 
prendraient la première longue, comme dans,c^/^ 
^brêr, abdiquer, rappeler y, àtlâquérll e^t certain 
en effet que l'accent tonique doit tomber sur une de 



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■BmiPiipp^^ 



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de$ vers alcaïques (j« m premicic cap^^i.^, *^ «.«.v— 
un iambe dimètre hypetcaiàlèctiqiie , c'^st- à-dire de 



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NOU^^AU TTlAITi: 



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>cè$ trois syllabes; mais comme il ne peut afiTecter qne^. 
la première ( \Çjez de IViccént tonique dessUlahes, 
pag. 190) , ri s'ensuit que dans la formation dts nom- 
bres, celte' syllabe pourrait être considérée cotnme 
lonj»ue; et delà quelle foule àe daçtyics viendraient 
au secôiir^du. poète j/flans la conqmsit on de ses vers 
régliliers! LjT* déclan]alibn et le chant sont encore 
d'accord avec cotte observation Ve'- en f,cnéral ^il est 
vrai de dire qiie si ces deux sources dtvprosodie poé- 
tique ctaienlr;consuIlées , nbn-seiîlenicnt les syllabes 
qui précè< lent Ve muet final seraient longues; mais 

/toute finale pleiiié aurait le droit de l'être, au moins 
dans le repos. "^ ' 

Enfin,ro valeur (Ji^S artipb^s et d'une infinité (?e m^)- 

' nosyllahes qui- send)lent douteux, serait décidée |)ar 
la.m^mevoie. 1^ exenqilo, la pj'osodie , par une de ses 
lol% fonda meniales, veut qtie 1'^ ouvert de mes^ ces , 



les, se pro!oi»{»c ,' s'il, est suivi d'une l?rèv(î , comme 
dans, mes amis y bw d'un monosyllabe \o\\y^'. mes 
yeux. Mais elle permet qii'on l'abrège avant les mots 
dont la j)rem*ère est lonj^uc î lés enfers , mes ènfans. 
Et tel est en effet le génie de notre lanj^ne, qne, 
dans un nombre (juel (ju'il soit, Poreille et la voix ne 
demandent cpi'un point d'appui; et cela est si vrai, que, 
de trois syllabes dont chacune serait longue, la voix 
choisira celle dôrtt la lenteur favorise le plus l'expres- 
sion', et glissera sur les deux autres. 

Ces observations peuvent faire conqirendre com- 
ment une infinité de syllabes seraient susceptibles de 
changer \ te valeur,, pour favoriser l'expression et le 





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spondées. Comme dans le suivant. 

Cris dô ] nâbërïs ] bâë(]f . 






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DE PROSODIE FRANÇAISE. 001 

nombre. Avautage inestimable de noire langne, si 
nons sa\ipns en profiler. T^es Grecs se donnaient la 
nicine ficenco, il l'on en a fait des iignres de mots, 
souîr le nom de systole et Aq diastole j mais les choses 
de sontimeiil n'oiit pas besoiiV-d'autoritë. 

Concluons qne la prosodie française, telle qu'elle 
existe dans nos Irartqs , est loin de suffire, (]n*int a vSes 
applications, à un mécanisme régulier de poésie; et il 
fan! a\Ouor (ju'nn travail (jui Pëlèverait à ce degré d'uti- 
lité, serait une bien haute entreprise. C^^stà un gr^nd 
poète qu*il appartiendrait do présenter cet ouvrage, 
dans une cdmpositioh savanle on les nombres seraient 
régulièrement obseï vés. Alors , les règles s'établiraient,^ 
<5n par le fait de l'application de ses motSj ou par ana- 
logie, et la* prosodie poétique serait fixée. 

_ • . , ...■■• 

,'■"•■' . ■ , , ■ ' « 

. ^ ■' y ers français formés, des mesures précédentes^ 

Mais ypïcls seraient les rythmes qui , d'après le génie 
de la langue cl ses dispositions poéti(|ues, pourraient 
s'appli(pier à la versilication riançaise? * Voilà ce qui 
nous reste à cxaujiner, et ce qui constitue la troisièmeV 
condition de l'imitation , dont nouS; avons |iarlë. 



•A 



y^ers ide douze syilaOes, 



(i)Une question se présente d'abord. Conserverait- 

: . ''v' ' " ■■■'■ - • . -^ 

( i) .Te préviens que ci^tte raéthocie est extraite d'un article 
de PEn(yrlopddie, par Marmonlcl. Il aurait été diflirile 
d*en présenter une meilleure, je n*ai fait que lui dontaer 
une disposition et des de'veloppemenft qui in*ODt paru nëcet- ^ 
saires à soi* intelligcuce. 



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. « chutes uniformes produite^par larc^péùtioridesdac-^ 



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ISOUVEAU TRAlTi: 



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à nos graifds vers, 'A\i^Q\és .Alexandrins ^ les douze 
syllabes dont ils se composent , et le. repos qui les 
coiipe à rémisliche? Je pense que l'une et l'autre de 
Cfes formes devraieift absolument être maintenues : 
lapremière, parce que nos oreilles, ramiliarisëcs avec 
l'etefïduc rythmique de ces vers^répùt^neraient à les 
voir se prolonger dans un plus «^rand espace , de quel- 
ques nombres qu'ils fussent soutenus"; et la seconde, 
parce qu'elle jette dans riosAers une" cadcpce qui, loiu' 
de nuire a leur harmonie, y% ajoute irn nouveau 
charmé. 11 suit de te que ni le rythme du vers hexa- 
7wè/r^ latin, ni celui du Vers pcntainiètre , ni celui dé 
; Viambe^ué petivent convehir à nos j^rands vers (voyez 
ces formules, ci -dessus). / ; 

^ Mais il est une formule ancienne qui se concilie 
"^parfaitement a^ec celle deniotre vers héroïque , tant 
po^r le. nombre des syllabes, que pour sa cou- 
pute. Cette fornude est celle de Vasclépiadc ; il est 
même vtraisemblablc que ce 'vers a primitivement 
servide modèle à notre yers alexandrin, tant il exister 
de rapports entr'tux ; connue on/peut le remarquer 
daus les. doux vers sûivans : 

• .' • » . . ., n 

Mœccna» aUvi» cili^p regilms. 

« ' ' , . . . "^ ■ 

Le prertùer 4,1»! fui roi fui um soldat hourrux. 

. ^Bii, à rexceptitoîrde la mesure , setrouve le niéme 
iionibrc de syllabes et la même coupure après les six 
premières. - 

Mais quoique le* nombre des syllabes fut déterminé 
dans le HthjLue de l'abclépiade , c'était moins sous ce 






te 



c'esL\en eelH (|ue nous renipliroiiîi la secondé condition 



II. 



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V 



' ^ DE PROSODIE FRANÇAISE. 3o5 

rapport que SOUS celui de la valeur prosodique de ces 

■ mcmes syllabes , ^que les anciens formaient cette es- 
pèce xle vers. Ils le considéraient , ainsi que nous l'a- 
vons dit^ comme divisé en quatre pieds, de -quatre 
temps chacun , et une césure longue, après le premier 
hémistiche, savoir ; un spondée, un dactyle, la cé- 
sure longue' tit deux dactylies. Mais il faut remarquer 
que le repos, dont là césure était suivie , équivalait 
pour eux li deux temps , de sorte qu'à "proprement 
parler, l'asclépiade étaitformé decinq pieds complets. 
Ce rythme était inviiriable dans leur poésie , et ilsoe 
l'employaient guère que dans de petits poèmes lyri- 
ques. Cette forme constante de l'asclépiade, et son 
.application semhlerajent 'devoir nous en interdin^ 
l'imitation, surtout pour nô^re vers héroïque destiné 
à l'épopée et a la tragédie, c'est-à-dirç aux deux popmes 
(pli ont Je pluJi d'ét/ndue, et qui exigent le plus de va 
riété dans le style. D ailleurs, si ii|?us considérons la 
forme métriciuè de l'asclépiade j nous le voyons cncôrt; ^ 

. opposé an caractère de notre langue qui est d'appuyer i 
sui' les pénultièmes ou sur les dernières syllabci» de» 

^ mots, tandis' (pie presque touÀ les pieds de ce vers se 
soutiennent sur la première et glissept sur les fleux 
autrtîs. Aussi, n'est-ce pas rasclépiade pur que nous 

' devrions afl'ecter dans l'imitation de Celte formule , et 
dans son application à notre vers héroïque. Mous avons 
dit , en posant les règles d'une saine imitation, qu'elle* 
devrait être généreuse et pleine de liberté; appliquons 
donc ici ce principe , et voyons comment le rythme de 

\ l ascljîpiade peut être employé dans nos grands v^rs. 



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et dé ces Voyelles , IV muet est Ici seule qui s'élide ayee ^ 



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3o4 . NOUVJwtU TRAITÉ 



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Si f^nvoqve les lois de la mirsique, je vois que l'on 
peut très bien, sans altérer la; mesure du chant, en 
îarier les notes ,^t par ce moyen , l^^endre prttf)re à. 
divers mou.Vemens-, pourquoi ne seiail-il pas permis 
défaire sur l0 rythnile de Tasclépiade le même essai ?]Nos 
poètes conduits par un sentiment exquis de la caderiçe 

^ et de l'harmonie, ont frécjnomment rcîihsé ces diverses 
formes dçrasclépiadc. f^oïtaireyl^afontaine y Racine 
et Boileauen sont pleins; et il ne reste plus qu'à faire 
par principe et avec riiéthode, ce «ni a été fait mille 
fois sans réftexion peut être, et avec troppeu de suite. 

\y^ Voici le rythme de l'asclépiade pur :^ 



- -, - VJKJ, - 



yj \j , - yj o 



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Il est évident que ce rythme serait difficile et trop 

monotone dans la continuité, à cause de Tin variabilité 

des dactylejs qui le composent; mais' on peut ,' sans 

.changer la mesure de ses nombres, les renq)hicer par 

des équivalions (i). . / ^ 

D^'àhord y pnv l'a nopcs te j deux brèves et une lon- 
gue et on aufa ; ^ * . 
r A, ■- ^ . ; • ■ - " ■ 

(i) TiC» conditions de* lUjuivnlcns , sont rrllos-ri. Ib ftuil 
que Ic!» mesure» que l'on substitue à d'autri-s, n*iiiiis;t'nl le» .^, 
méineit temps, avec le mémt; nombre de lignes. Supposons , ' 
jpar, exemple, 7e dactyle , — w u, qui vaut denj^ temps re- 
présénlc», le premier,, par la longue , et le iiecond , par les . 
deux brèves; il est évident que ceite mesuie ne peut avoir 
'pour équivalent, ni le spondée , -r - , qui vaut à là vénK? 
tleux temp^^ mais sous doux fignt^ seulement ; ni le double 



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iiÛ!iiitifs,èt surtout 3u système desell4>8€aj^m8oa?€nt 



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> DE PROSODIE FRANÇAISE. ^ > 3ô5 

Et en second lieu, par V amphibrache y une loar 
gue entre deux brèves , ce qui donnera : ^ 



--, ô- Kf,-, O-U, W-U 



s 



Comme dans ces vers : , 

Au ieîn ] tûmûUù ]eûx ] de la gûpr ] rô cÏT^ 
' g Ils sÔQt ] ênsëvë j II» ] s^* Ia ma ] ssë pëi»âiJte 

Pourquoi ] 4ëaiâiidéz ] vôu» ] quÔ ma bon ] che raconte. 

On voit déjà quelle variété de combinaisons peut 
fournir ia\transformalion des dactyles. en d'autres me- 
sures équivalente? : on va voir maiiilenant comment 
cçs combinaisons peuvent se multiplier encore; sans 
altérer en aucime manière le rythme de Fasclépiade. 

Supposons que , dans le premier hémistiche , le dac- 
tyle ou l'éfjuivalenè prennent Jâ place dû spondée , et 
le spondée la place da? dactyle. On aura; 



. / 




Ou bien, tu cquivalcm 



\j 



». - » 



<|ic. 



Supposons encore (e second hémistiche composé 
d'un double pyrrîquc (oV quatre brèves) , et d'un 

. ■ ^ \ - /■ ■ ' - ■ ' 

ffj-rriifue, f^^s^^,qyi\ à un ligne d€ trop. QuçU ieront 

donc les équivalenn naturel» du dtclylè 7 Vanapesie, c»cr- 

^, et VamfftîibrathcKj'Kj, qui Ont toui kfAdeux et la 

môme valeur, et le même nombre de «ignet. Vkt la méma 

raison , Piambc , ^ - , ne pourra a voir pour équivalent qua 

le trochée, - u i' on remarquera que nous né parlons ici 

que des ëquivaleo*, et Mon dw transmuUtioiu des nombrdi» 



II. 






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aUeinure a m pt;in;yi.iuii. «-iti 



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3l6 NOUVEAU TRAITÎ: . * 

spondée; ou d'un .spoi^dce et d'un double pyrrique ; 
quelle. immense latitude pour le poète qui , sans sorlir 
de son rythme, peut faire entrer dans ses vers toutes 
les variétés prosodiques de la langue! 

IVJais ce n'est pas tout : on sait que le repos de Tas- 
olépiade est moitié rem|»li et moitié vide |>ar la syllabe 
longue qui suspend Jhéniisticlie-, or, ce repos peut- 
être tout en silence, et ilTest généralement dans notre 
façon de réciter. Alors le premier hémistiche se saisit 
de la sixième^syllabe , et devient parla susceptible des 
mêmes nomhjce^-^uele secopd. Dans cette supposition, 
chaque héçnistiche pe&t donc être divisé de deux ma- 
nières, savoir: 

En deux et en quatre, 

' '- - ,' O O o o, --,«-» v' ^ «J .. '^ 

u o o u , - - , v;.u wX» , - - 

Comme dans CCS vers, ^ 

' ^^nfîn ] je mô 1I61Ô ] l>e ] \ I.1 joir iitipoi ùit.r. 
' C6 que la iiùil J Jôs têiiis ] cnftriuc duh» «c» voile». 



* « ; 



Et en trois et trois, .. / 

O U - , U vi -, ii U -, O w - . 

Connue dans ces vers , 

l mÔmlnt ] «»û jfi P*»' j ^ " ^*''* *'*^)'' I '"^" "^^ "'^** 
ait ]cidttp6 J»6 lëcoûr J Im; «'h "««"iiIλ | lÔiiùoûi. 
MS» le »B ] |.lm \^^x ] ri l'Ôntlfi J \\x^i<\\ c. 

1 

Cf« deux divisions ont enciu e l'avanUge de pouvoir 
te combiner ensemble j ce qui |)eut multiplier à Tintioi 



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V DE PROSODIE FRANÇAISE. 5<^ 

les formules dw vers. Kh lisant nos poète», on trouva 
h chaîne psPhènnMix empk>i qu'ili^nt fait rin ryllimé 
derasciépiaiie; maïs rarement ils l'ont (^endn 1{^Ol^s<3Ut 
lemenf à une suite de Vers, m^ifejii^fne k iin^eVf tout 
entier. Son\ent on y trouve un hénnstiche d'un nombre 
parlait ; tandis que rbémisticlie'suivant |e rompt fît dé- ' 
côncerle le mouvement par une autre uiesure :«oiïvont, 
' on y lit des mesures alternatives inégales j cQnunp dans 
ce vers rpie je prends au hasar4 î / 

1 F5is cÔnnâî,] irc-â mon fîU ]^lëé !»ëi5» ] ilë sa rice. 

/^ Où l'on voit qiie le pieil du premier hémistiche^ 

faîs vdnnàitreyQi celui du second ; fe //m^v , spnt tl^ 

clnci tem|>s , taudis que les autres so.nt dan^j le rythme 

asclépiade,\'est-à--dir'fi d^ quatre te»Jp*v^<^"* P^"''" 

■ rions nrosodier ici des tirades entières dtijios poètes 

' les plus célèbres, daiis lesquelles nous trouvc^ous la 
même irrégularité de nombre , «lèfaut^ravttiqui roiiJ|fc 
riiari.nouie de leurs savantes ccWnposibou*, force tt des 
violations oôntiuuclles de prosodie, et bloftio lesoroillci 

ilélicales. 

Kous lie termiuerons pas ccile partie: cki HOlff» 4i|r 
cusAÎon MM- V' iiMCanisniedenos^ramls vers^stttitfcMIHP 
part tlchobserxwtioiis lims et judiciottses d« Mv M^tf 
monit'l, stir les nombreuses sonrc(Mnlé fmj»«iHjii4iil 
de %»riété qui prnvent aider le pot te clmit U WQÙOr 
tion tle ses nu hUre». a Jl } h^ dit-il , méiiie daiisi« UhV 
{^n^e familier, <te petits ref»os «w iilenoes : put r*pOi 
sont plu»,mar(|ués dans la déclamation poétique, otals 
Occupent, des leunw sensibles da^s la niensfe liu vtn. 






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3o8 NOUVEAU TRAITi 

Si donc k poète savait en jipprécierla valeur, conime 
fait le musicien, il [Pourrait ,V>ant ce;^ silence., n'em- 
ployer qu'un pied de'trois temps? un içmbej par ex- 
pie, au lieu 4'"" anapeste } ou un chorée^^ à la place 
du àactyle. r , ' > '* 

Oui, je vien» dani 8oii temple adorer l'ëternpl , 
Je viôns , selon l'usage antique et solennel 

« Dans ces versj dn voit mie le second commence par 
unianibe; mais aux trois temps de ce pied , se joint un 
temps de silence qui remplit la mesure. Observez au 
contraire que, si dans le premier vcrs^, on met un si- 
lence après ouiy comme cela se peut; oi^iy je rîenSj 
l'oreille ne sent pas le nombre de l'anapeste : le temps 
de la virgule est de trop. Il n'en est pas de même dans 
i'exémple suivant : 

Oui , c'est Ag.imemnon , c'est ton roi qui l'cvellle. 

où U première mesure a besoin du silence qui , de 
TiamlK: fait l'anapeste; ct'8*|>elits repos semés dans no« 
verR, y foraient ce qu'ils (ont eh musique , où ils rem- 
plissent au ^nS de l'harmonie, des domi-n'H^sures ou des 
qunrtft do mesures. Tout cela, ajoutct il , demande une 
oreille eiercéo et attentive. Mais mon dessein n'est 
pas de proilvf r qu'on puisse faire di's vers harnlonieui 
lans peine. J'ofto dire 9c.ulei\^nt (pu*., pour qui saura 
manier la lan|;uo, la liberté du choix , entre les com-^ 
binaisons innonibinbh^ (pie je propose, rend nos v^rs 
mesurés, au moins aussi faciles que l'étaient ceux des 

Idlins. » 

Enfm, nous remarquerons que le vers héroïque peut 



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DE PROSODIB >ilANÇAISK. SOQ 

être réduit à la mesure de riambe tri mètre j ou de sou 
équivalent:, le 7rorA^^: Mai» l'emploi, de ce rythme 
est peu fréquent dans nos poètes. 

'J'en excepte quelques vers, où , -pour rendre une 
imagepl U5frappante,ilsse permettent deromprelemou- 
vement d'un liéniisticbeà Fautre, co^lme dans ce ver»: 

- u 

fis uÔu« ôm ] appelés [ crûêb ] uiâtiH , ] jaloux. 

Mais ces cas sont rares , et nç peuvent être justifié» 
que par les plus grand» motifs , car le passage d'une 
mesure à une, autre, dan^ un mouvem^ donné, ne^ 
peut jamais se faire qu'aux. dé[fens de l'oreille.' 

Ces mouveméns rompus peuvent être employé» en- 
core dans les peintures vives et dahs leà mofnen» pa»- 
sionnés ; on s'en sert aussi quelquefois dan»' les image» 
lentes; mais alors le spondée se mêle à l'iambe. Ainsi, 
ce vers de Boileau est mesuré en iambique : 

Trâçâl ] u pât ] tardifs J ûii pë ] uïblë ] sillon. 

Et la preuve, dit Marmontel^ que Boileau mesurait 
ce ver» en iambique, et lion pa» en aftclé|vade; c'eit- 
qu'il ne s'aperçut point en le cpni|K)»«Dt de lu caco- 
phonie traçât à pQS tar, que lui reprochait un poète. 
C'est ainsi qu'en mutilant le ver», et en •Itérant le 
nombre, un critique mal intentionné ou îgnoriDt r«od 
dur à l'oreille ce qui ne l'e»t pa». -^ 



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Vtn de dix syllabe». 



La poésie ancienne ne préaentie point de m^qc 



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5o8 NOUVEAU TRAITji 

|Si donc le pp.èle savait en apprécier la valeur, comme 
fait le musicien, il pourrait, avant ce silence, n'em- 
ployer qu'un pied de trois temps; un iambe^ par ex* 
plft, au lieu 6! im anapeste ; ou un chorée y à la place 

\i\i dactyle.^ 

Oiii, j* vieil» dani «on tfmplc adorer l'ëtcrneKy \ 
Je viëna , selon l'usage antique et solennel ^-^ 

<( Dans ces vers, on voit que le second commence par ' 
un iambe; mais aux trois tenips de ce pied , se joint un 
temps de silence qui remplit la mesure. Observez au 
contraire (|uc, si dans le premier^ vers, on met un si- ' 
lence api-ès oui^ comme cela se j>eut; oûiy je viens y 
l'orcillé ne sent p.'is le nombre de l'anapeste : le temps 
de la virj^ule est de'trop. Il n'co^esl pa* de meine dans 

l'exemple suivant : . 

'■ • \ . _ 

>^ oui, c'est Agamrftinou, c'est ton roi quj i'i'veille. , 

. ' • . , •(■».''.' 

OÙ la première mesure a besoin du silence qui, de 
^'iamb*^ fait l'anapeste: ces petits repos semés dans nos 
verft, y feraient ce qu'ils (b\il ep nmsiqne , où jl» rem- 
plissent an {;ré de l'harmonie, des demi- mesures ou de» . 
quarts de mesures. Tout oela, ajoutcH il , de^iandc une 
oreille exercée et attentive. Mais' mon dessein n'est 
pas de prouver qu'on puisse faire des vers harmonieux 
laoA peine. J'ose dire seulement «pie, pour qui saura 
manier la lan|(ue , la liberté du choix , entre (es corn- 
biuaittoni innombrables ipiu je propose, rend nos vers 
nieaurës, au moini aussi faciles que l'étaient ceux des 

latins. » 

EDlin^nous remarquerons que lo vers héroïque peut 



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DE P1V080DIE FRAN'ÇAlSlv. 



a 



309 

être réduit à la niesiire de V iamhe trimètre , ou de soii 
équivalent, Je trochée. Maiî^ l'emploi, de ce rythme 
est peu fréfpieut dans nos poètes. 

J'en excepte quolqÛes vers, ou, pour rendre une 
imagephisfrappante,ilsse permettent de'romprelemou- 
vement d'un hémistiche à l'autre, comme dans ce vers: 

fis uuus ont ] appelé» [ ciûêla ] ù'iôiiit, ] jaloux. 

Maîi ces <tô^s sont rares , et ne peuvent être justifiés 
quç-par les plus grands motifs , car le passage d'unç 
mesure à une autre, dans un mouvement donné, ne 
peut jamais se faire qu'aux dépens de l'oreille. 
. Ges mouvcmens rompus peuvent être employé» en- 
core dans les peintures vives et dans les momens pas- 
sionnés; on s'en sert aussi quehiuefois dans les images 
lentes -, mais alors le spondée se mêle à l'iambe. Ainsi, 
ce vers de Boileau est mesqré en iambique : 

Traçai ] a pus ] lûrtlifs ] un p»; ] irfblë ] iiUôn. 

Ht la preuve, dit Marmontely queBoileali mesurait 
ce vers en iambique, et noiiii|p6 en asclépiade*, c'est 
cpi'LTne s'aperçut point en le coni|>08ant de la caco- 
phâiie traçât à pas tar, que lùî reprochait un po^. 
C'est ainsi qu'en mutifent le ver», et en aitéraot le 
nombre , un critique mal intentionné ou ignoraqt rend 
dur à l'oreille ce qui ne l'est pa». 



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Vern de dix êyllal^ê. 
Litt poéftio ancienne ne présente point de nioaèlft 



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(( nieyen voulant (l'ic la pénulticme soit fortifiée, si 



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4 * 



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5j^o NouvF.Ay traité 

pour i nos vén de dix syllabes, diiNmoins qi^ant à la, 
tneëitrc. Les Latine avaitiut bieu lé yeCs âlcdique de 
la seconde espèce cj ni était composé de ceïJOmbre de 
.Siilllabeàj ruais la formule dt^ie vers qf^ consistait en 
^palrti pieds, savoir delix (làctjjies et deux trochées 
(.royei cette for nnde), ne peut être proposée pOin- 
pbjet d'imitation. Il est vr^iistinblabl^ liiaiinionis cj'ne 
cette espèce de vers à-donnéMiaissarice à ceux «fe dix 
.tyHal>es que l'on trouve dans la poé.<io <lc loiis1(;s peu- 
. pics môflernc». Les Allemands en ont fait leur vers dac- 
lyliqne, qui consiste tn trois dactyles ol une longue. 
"Les Italiens l'okit conservé tel qî^TiU J'ont reçu des 
Pfovençsnix, fondateui'S de leui* poésie, c'|est-à-dirc 
saas repos délefniiué. 
' , , Le verfe de tlix syllabes est divisé chez noîis en deux 

. bé«ji^ticlies,0Om posé chacun, de dfux piods(»ti mesures. 
Lés quatre preii»ières syHa1>cs forment le pieniier hé- 

■ ni'islich^ après lequel est le repos , et les six autres 
forment le second. ^^ 

:?. Nefwïic noiil occuperons pafs des mesures du se- 
\BOud hémistiche ; ce sont les mêmes que celles du vers 
de ilouie syllabes, et elles sont susceptibles des mêmes 
Târiaiions, C'est surtout le premier, hémistiche que 
Fon doit travailler avec soin, par la raison qu'il est 
court, et que oc n'est que par un nombre' sensible et 
régulier qu'il peut être agréable à l'oreille. 

Cet hémistiche se construit suivant -la manière dont 

, on frappe les dent premières, sylfal>es. Si l'on frappe 

^ sur la première, ce qui arrive toutes l<^s ftùsque le^on 

ésit plein , alors cette syllabe formte }}nic mej»iife longue 



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1 



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en eflet qu^ l'accent tonique doit tomber sur odç 



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DK PROSODIE rilANÇALSt.' 



I ail 



tronquce,etlepiedsuiyant est un dactyle ou un eqm- 
valent, d'où la division àe l'héraistiche en un et en ti ois. 
Si l'on frappe sur la seconde, ce qui arrive lorsque la 
preinrèrfrsylUe- est muette et brève , alprs la mesure 
trodf|uéc est un iambe, la suivante, un spondée, et 
l'hértiisliche est divisé e^ deux et en trois. Voici les 
formules (jui répondant à ces deux cas : ^ 



- , - U k). . 

- , U O -. . 

u -, - -*■ . 



Pnnlêmpsch&rl/doux matin <lel'«nnée, 
CônuÔlë nous de l'cûnui Je» hiver». 
Belle GSusBÏn reçois mon ienilre hommage , 
Këçoî» mes vers j au iliéâtrc applaudis. 



Nous avons dit que la po^e ancienne ne nous offrait 
pas de modèle de cette eftce,de vers-, les formules 
que nous proposons fie pei|rent donc être fondées que 
sur les meilleures lois d'Urmonie; efe,.pour les déter- 
miner, nous avons pris pour base la récitation la plus 
cadencée, ainsi que le rythme k i»lus généralement 
employé par nos meilleurs poètes. Que l'on récite avec 
une exacte prosodie , les vers qui n'ont pas b mesure 
que nous indiquons, et on verra que l'oreille n'en est 
point salisfaile. On fait souvçnt débuter le vers par 
d'eux iambes-, alors, il manqiieuntempsà l'hémistiche,' 
et le vers rTest pas nombreux. Le mieux est donc de 
partir ou par unclonguc isolée, suivie d'urj dactyle ou 
ei'uii éqnlvident, oU bien par un -iambe suivi de deux 
longues. l.a bonté do ce rythhie est ainsi motivée par 
M, Marm^yntf^l. « L'avanta<ge dit vers de dix syllal^es 
-; sur ctilui de douac , dit-il, esi non -seulement dan« l'V 
né^alité des deux hémîêticheS qui le sayve de la mo- 
notonie-, mais dans une conliuuité plu* immédiate 



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. changer vW valeur,; pour favoriser l'expression et 1^ 



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Sià ^ Nouveau TRAITÉ 

dans \t passage d'un v^s à un aiitre. L'on va m'en- 
tèndre. Quand les ve^s débutent par une mesure pleine, 
l'intervalle de deux vers est une mesure vide et com- 
plète; au lieii que si le vers corn menpe par la làoitié 
OU les trois quads de la mesure , le. silence c|Ui-précô^e 
.fï^en est que le supplément. Par exemple, si le second, 
vers. débute par un ianibe, l'in'terv;4k n'est que d'un 
temps qui se joint aux trois teri|i^ de riambe. Voilà 
pourquoi^ dans les vers de dix s^abes, on peut en- 
jamber de l'un k l'autre, en ne plaçant le repos du sens 
qu'à l'hémistiche du second-, ce qui serait vicieiixdans 
le» v^rs de douze', dont rintcrValle est plus marqué. » 

., ■ ■ ' • ■ '. ■■ ' ^ " :■ '■"■-. '■. '^" ' •■ 

P^ers de neuf syllabes, 

* -ï I ' ■ * ' . 

r. '■ • . . ■ . . " ■ -1 ■ • _ - 

Gè vers est celui de dix, dont on retranche la syllabe 
tronquée ; ou s'en sert pour ^es petits poèmes destinés 
k être chantés. Son défaut le plus essentiel est dans la 
trop grande disproportion des hémistiches dont le se- 
cond est double du prefnier. Voici sa formule : 

'- KJ\)f pour le premier bémi«tiché. - o u, - y u, pour le àecond. 

OU bien , eu employant des équivaletis du dactyle: 






^ 



Cepci)d«nt le rylhmo anapeste est celui qui doftne 
le plu» d'harmonie à celte sorte de vers, qtii doit être 
ffappë sur la tro|sième syllabe. En voicî qui, à deux 
mesures près^jjetevent être cités comme modèles : 



•sè 



saires à âoir intelligence. 



'% 






'>.; 






'i^ 






DE PROSODIE FKANÇAISE 

Je tëpêrcU, ],fûeïlïve 1 ëspërânc*^ • *• ? - 
Llnfïdéle ] a TÔaipû ] loûs nÔs nœuds. ^ . . 



3i3 



Pour calmer ] s'il »e peut ] iiiâ lôuSrânce. • < 
Oûbliôui ] que je fîu] irÔp heureux . . . . 



R j thme parfait . ' 
11 y a un trnips de trop «« 
,- prero ier et au 3** pied. 
U niarti|uè iin temps au 

premier pied."^ 
Nombre' régulier. • 



1 

I 

( 



s-. 



^^ers 4e huit syllabes. 



.;-."^:: 



jPprmi nos yers lyriques, c'est celui qui réunit le plus 
delorce,^ pompe et de grâce; on l'emploie souvent 
dan^ l'ode, et tel est son prestige, que, sans aucun 
nombre, il a le don d'imposer à l'oreille et de pâraUfe^ 
nombreux. Cette illuâîbn pourrait faire cro\re que . 
nous avons atteint la perfection du rythme qui lui 
convient. En voici les sources. Elle vient de/ce qu*en 
>^récitant on altèréla prosodie poui-lqi donijer le nombre 
qu'il n'a pas , et qu'on flatte l'oreille aux dépens de la 
langue-, et en second lieu, de ce que les poètes qui Pont 
employé dans l'ode, n'ont rien négligéjpour le rendre 
pompeux , sonore , éclatant. Ils en ont fait des stances^ 
ils y ont ménagé des repos, ils en ont entrelacé les 
rimes de différentes manières, ils l'ont revêtu de toute 
la beauté des images, de tout l'éclat des paroles ^t^lout 
cela est sans doute un grand effort de l'art; mais suf- 
fit-il? Non sans doute, parce que le nombre ne Vy 
trouve pas généralement. Que l'on essaye, pour s'en 
convaincre , de mellre en -musique la plus belle odede 
Rousseau ou de Lebrun y et on verra qu'il n'y a pis 
deux strophes qui, ^ans violer la prosodie > puissent 
suivre un niouvement donné. , ' ? 

La formule àes vers anaoréontiques ancâene doit ioi 

r,JiJMjj]Il»>»Wiirail,l,uiini..JJiJUJUJ»ni»,ll»«»«iWBIi«pB^w^i™ , , lllipipHMpHJJll iiiiijll>il.oiVpil«jmnumiUJJP-JLli]]|illMmjj(^]lP]ilBiil«^™|B^^ 









). 






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II. 

mi^mmimimmmmHÊmmmmmm 



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dans le ^thiue de l'asclépiade, c'était 



moins sous ce 



s 






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".s 



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V 






NOUVEAU TRATTK 

servir de modèle. lU ëbyent on îaml)iqu<»s ou tro» 
thaTqucs. Les poètes oui W choix de ces deux xuouvé- 
œenft. Ainsi , ia formule «%s vers de Imit^syllabes sera 
de quatre pied"» i^lrois temJKjcliacun *, savoir : 

" Eniambeff r . CJ^^-, u^-, u -, w -. 

-Et en troc|iéçii. . . ,« . - i/p^^ , - O , - v^. 

,■ t ■ ' ' 

Comme dans ces vers : 



. "VJ 



F6rtû ] ne flont ] IS niâin ] couronne 
Los fôr J ftiitis lëfc ] plÛ*. ï ] nôvï« 
DÛ fiiû\ ] ëciâl ] qiii l'en ] vïtôni/e • 
Sëiôbs ] nôuB ton ] jôai» e ] hlôuïs. 



/ 



\ J'observerai cependant que le renversement du 
rythme doit être ménage avec goût : alors A peut sm- 
gulièremenl ajouter .^ l'expression^ du sentimoot oij/de 
l'image, an lieu que s'il arrive à tout prd)pbs , iidccon- 
oerte et fatigue l'oreille. 

Voici uneMrophe dont le nombre est complètement 
irrëfiulier. - 

Pourquoi] pISintï ] v6 PM f lÔmële 
86ti|;ër ] dncôre ||& vos ] malheur» l . 

■■ ' - Qufind, pôurj appaï ] »ër vô« J iloulcûr» 

Tout cUêr ] xUe h .voû» ] marquer ] 6Ôn zére? 

Il^^a un tenips de trop «ians plainti; ot un temf» 
de moins dans le piecï suivant. Le second vers est défec- 
tueux par le wi^oai\éi^énc6re. Le troisième est d un 
rythme exaol;; et le quatrième e&t sans nombre et pro- 

•aïque.: ^ 

Le vers de huit syllAbes peut se mesurer aussi à 
•quatre teatps; iUors, il est -oomposé de trois pieds, dont 






> 1 



i asclppiade peut citrc employé dans nos granas \xrs. 



' ■/ 



■' -r^ ''U 



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-H.. . ;< 



Di: PROSODIE iRANÇAiSE. 



5i5 ' 



le premier est im spondée, et les deux Bulres des dac- 
tyles on éqùivaleos du dactyle. En vpiôi la formule avec 
ses variations : , 



\ 



i. 



^-■ 



1°. . . • A • • » • •,--,- u c», - UO 
Ou par les equivalen». J ^ _ vi , ^ - u , u - U 



-v/V»,r--^»rOO 



EquiT«lem. . . . . J ^. ^, _ ., ^ - o 

5° . . . . • •' • . . . -M ^, - ^ v> " 
EquiValeiw "iu-u,Vi-M,-- 



Onvoit, par les combinaisons dont Ces formulés ^ 
sont susceptibles , que ce ne sqrait pas mettre le» poètes 
à l'étroi^ue de leur en proposer l'usage ;'il est certain 
en-effeVqiie, lorsqu'on voudra faire des vers d'un 

^nombre régulier, et non pas se livrer, comme on le 
fait ordinairement, i l'aventure^ dans rarrapgempnl 
des mots , sans compter autre chose que le nombre Aes 
syllabes, la multiplicilé des cfombinaisôns quç présen*- 
tent les formules régulières, jointe aux ressources de 
laiangue*, peutsingulièrementa^planir les dîflBcuUés dé 
ce mécanisme. Mais, je ne cesserai de le dire, iVÉï^l 
avant tout , bien se persuader que la langue lï^nçiiiè 
a sa prosodie, et que son -étude est autant de rîgucOr 
pour le BÔète, que celle des r^î^ndes, des blancW/ 

• des croches et des doubles craches l'est pour te roUSï- 
cien; que la connaissance des couleurs et de leurâ 
combinaisons l'est pour le peintre. \y 



J 



i. 



i 



v>^; 



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S. 



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^'^^âvVv>;;t;feîÉ;r.';;:'^ 



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5l6 ' NOUVEAU TRAiTÉ , 

"■,..■ f > , _ ■ 

■Ver» de éept syllabes. 

,*■:,■ - " ,-'■*' 

IJe la-mestire initiale du, vers ianibiqiifi de huit syl- 
labes, retranchez la brève qui en coniplète le nombre, 
et vous aurez le vers de sept syllabes le pins régulier ^ 
et le plus conforme au vers anacréoritîcjné det^ anciens 
qui lui sert de modèle. ( Voy. le vefs trochaïque ). 
* La seule diflerence qnî existe entre ces deu\ vers, 
est qne, dans riambiqne lalin , la syllabe détâchée se 
trouvait à la fiiWu vers , et qn^ nous l'avons placée au 
tsommencement. Voici les deux formules : 



Vcri latin . . » vNSi. 
Vers fraii^iit. « < « 






La raison qui a déterminé PoreillQ à ce déplacement 
"--est sensible, di^ M. MarmonteL « Nous ayons un vei-s 
k finale muette; les Grecs et les Latins n'qii avaient 
pas. Si donc la syllabe isolée était à la fin du vers 
français, la muette superflue du vers féminin formerait 
avec elle un nombre absolu , — v* , d'un mouvement 
opposé 'à celui de Tiambe , yj — ;jc'est ce que roreille 
semble avoir voulu éviter, ffîest vrai qu'on a le choix 
de ces deux mQuvemens ; mais ils ne sont pas compa- 
tibles: aussi, ne \ oit-on jamais dans le vers anacréon- 
tique ancien , le. trochée , — w , i la plSfce de I iambe , 
etsiAnacréon rmploie quelquefois le premier de ces 
nombres , c'est sans mélange du second, ainsi que Ta 
remarqué Barnès , dahs l'ode sohante-unième. » 
Le vers de sept syllabes peut ne construire encore 






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. -V 






DE PROSODIE FRANÇAISE. 5l7 

en trochées; mais là voy^le muette qui, dans potre 
langue , fait le plus souvent la brève lie ce>|e mesure, 
a le son si faible qu'à peine elle est sensible après une 
syllabe sonore ; delà vient que notre vers Irochaïque 
serait trop sautillant. Le caractère de notre langue se 
prête miéui'au nombre iambe , et ce nombre est pour 
nos petits vers, ce que l'anapeste est pour nos vers de 
dix et de douze syllabes. 

M. Marmontel démontre par d^autres raisons , IV 
vantage du rythme iambe Sur le rythme trochaîque^ 
« Outre que- celui-ci, dit-il, est plqs léger, sans être 
plus^ rapide , il laisse plus d'interVâlle vide danà le pas* 
sage d'un vers à l'autre, ce qui en retarde le mouve* 
ment. Que votre «vers ei| effet §pit trochaïque à finale 
t^ette, " 



-, W-, M -, w- 



' i 



Tous les nombres en sont complets , et le silence qui 
«^uit est une rae|ure absolument vide. Qu'il soit iam- 
bique féminin , îfvec la première isolée : 



-. *-, 



O -, U - o, 



Alors , la finale brève allant se joindre à la longue 
initiale du vers suivant , forme avec, elle un iambé 
plein. Ce nombre roule sans interruption d'un Ters à 
l'autre, et l'oreille ne sent point de vide dans Tin ter*" 
valle des deux vers. Qu'il soit iambique masculin : 



ï"' H< 



-, O-, w-,o 



• i. 



^n 't''f}, 



Un nombre absolu le détermine. Mais l'interyallo 
qui le suit , ne laisse pas d'être réduit à un seul ténpê 




x^ 



\ 



m 



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'h 






• *.'•■..'<■■, 



i -Vf 









m. 



':s 




a 



5l8 NOUVEAU TRAITÉ 

de silence par la syllabe initiale du second vers , qui 
.étantlongue en vauVdeux. Aiuslle vide qui les sépare 
ert d'un- tiers de mesure , à moins que riiûtiale du se- 
OOrid ^ers ne soit une h^ve , ce qu'il faut évitef le plus 
quSI fst possible ^ par la raison que cette syllabe frap- 
pée doit pouvoir "^soutenir la voix. C'e^t donc une pro- 
priété des vers de sept syllabes, comme de ceux de dix, 
de se lier ruul l'autre, par des syllabes d'attente, en 
quelque sorte, au lieu que ceUx de huit et de:douze , 
tfeflt séparés par un vide absolu. » ^ 

iU serait difficile, je l'avoue, de^trouver dans nos 
poètes lyriques quelque application de ces principes. 
Leurs odes se ressentent, sous le rapport du nombre , 
de l^èspèoe de désordre de leurs iniî^ges ; ou plutôt il 
n'y a point de nombre dû tout. Qu'on essaye par eiem- 
ple.d'en trouver dans cette strophe? 

V • Le* <îî5ux To«miï*ënt 1& tSrre 

^^ . ■ • ■ • ' . 

A rëvôrër leur 5ulêur 

Tout ce que leur glôhé'ço»crr«, ^ 

Cëlëbre un Dië» ciêiUeUr 
> aiië| sublime çâiitïquc 

Que cô rôncêrt niufjnttiquc .'' 

Pë tr>û» Të« i'ëlcftiKs o6ri)il \ 

, Quelle {^tandii^ î<innïe ! 

Quelle iri%iiM' liai niÔiiïe • v 

Bëcûitënt de 1< ûia éccôi-d* ! 

Il n'v a tiu'une.cbose à dire contre ce chaos de mc- 
sures inégales, dont IjMnnghificctico des imaj^es cl du 
style ne peut couNrir riticuhéroucc -, c'est que tous les 
aiit ont et doivent avoir leur expression propre. Colle 
de la iHJÎnture , est la couleur ; celle de la musique , est 



7 



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rfE^^ 



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im PllOSODli: FRANVATSE. 3^9 

Irson -: celie rie la ilarvse, le mouvement du corps , et 
celle de la poésie est la parole mesurée. 

; . . ', . ■ • ^ ■ >• - " ■ ' 

Dca i'ers de six , de cinq , de quatre et de trois syllabes, 

' • • • - '■''■■ 

Les i'ers de six syllabes ne sont antre chose qu'un • 
hémi>tKlie de celui Jt; douze : iU sont donc sujets aux 
m<'uH s luis «*t aux mêmus conibinaisons. Opc^nden^ 
4os pliis lùtrmonioux sont ceux (jui sont composés d a»- 
napestt?s. Gi'S petits vers iic sont guère employés que 
pourdcHHier aux^slrophes d'une ode.une chule vive et 
frappante^ ou Vju'cntrcaieUs avec d'autres d'une me- 
sare difFcrcnte, principalemonl dans le genre lyrique, 
«[ans l»^s coulis et dans les fables. 

Les i'ers de cinq syllabes ont uhe mesure particu- 
lière. On en trouve le modèle dans les vers qui ter- 
unnei»t les strophes des vers alcaïques ^ ^i des yen 
hendëcas) llabes (\6y, pe» vers); et dontvéiof la for*- 
mule : — oo, *— - — ; el en adnietlani les combinaî- 
sous de^ mesures é<jui\ «lentes, on aura : ' "'' 



Ou bien * 






\i})'. 



■ II. 



Cepeudanl , il est mieux que daiNi c« p^lit verâ, ou 
appuie sur la finale du prciïiier nombre; €iUu(doi(>fOii* 
voir soiûeijir la voix ; -voila pourquoi IVoa|>?Me ei l^t 
spondée y sont plus convefiai^leaifWt pUçfêîmêle dlM^, 
tvie. Quelquefois auMn riaoïbe peut déiMiter à b pdbfsr < 



/• 



•. 



■ ■■t. 



tm~««mM 



mimmmmim^Kmi 



-%f. ;!,] 



/ 



/ 






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5aO NOUVEAU» TRAITÉ 

du, spondée; mais alor*, le tenip» qui manque à la 
mesure de l'iambe est pris dans Tintei^vaUe d'un vers à 
l'autre; en sorte que deux vers, dont le second com- 
mence paruniambe, sont séparés par un tenips.de 
sUence; au lieu que si l^sècond début© pai; un spon- 
dée, ils ^e succèdent imniédiatement. 1 

Leauers de quatre syllabes ont pour mesure ré- 
gulière, ou-deûx sponiWs , ou deux ïambes, ou deux 
trochées , selon le mouvement donné. Il, faut y éviter 
l'alliance de l'ianibe et du trocliée, ce sont des nombres 
incompatibles. Voici les formules de ce vers : 



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Enfin , les i^ers de troif syllabes , sont , ou un dac- 
tyle, ou un anapeste, ou un amphibraclie; biejj en- 
tendu que la.dernièrc syllabe doit être au rflfeins dou- 
teuse, car elle doili toujours servir d'appui à la yoh. 

Au reste, la théorie du mètre dans les petits vers, 
outre les raisons {générales qui en prouvent la néc^^- 
sité pour toute espèce de poésie,. me semblé extrême- 
ment importante sous d'autres rapports : premièrement, 
sousle rapport du mélange de ces petits vers dans les 
sUnces dont ils font partie; et en second lieu, soU» 
celui de leur application au chant et à la musique. 

On sait qu'une sUnce est composée tantôt de vers 
de mesure égale, comme de sept, de huit,de douze sylla- 
bes, et tantôt d'un mélange de vers inégaux. Mais est-îl 
'vrai que ce mélange soit arbitraire? Non sans doyte; 



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DE PROSODIE FRANÇAl^^SE, Ssl 

si on étudie le niëcanismc de nos vers, cl si l'on prend 
soin d'en observer les nombres , on sentira facilement 
la raison de la prédilection ou de la répugnance de 
l'oreille pour tel ou/tel mélange de vers;, on sentii*a. 
que, si , par eTicmpïe , le vers de six entre si naturel- 
lement dans une stance composée dé vers de douise y 
et celui de qiiatre, dans une stance formée de vers de 
dix , c'est que ces petits vers étant des hémistiches des 
grands , le mouvement est soutenu et le passage in- 
sensible^ Ainsi , par l'efTot de l'observatibn d^ nom- 
bres, ce qui u'estsque sentiment, deviendra, règle j et 
l'analogie , soit réelle , soit équivalente, des mesures , 
déterminera l'ordre, des stances: Qu'à la place d'un 
vers de six , on mette/CTîKvers anacréontique ou de 
sept syllabes ^ alors il est évident cjue le caractère <ie 
l'expression changera avecllf nombre j la période qi^ii 
d'abord avait pris la marche du dacljle et ^ spoiidëè, 
ok de l'anapeste , la quittera pdtnr prendre celle .de 
l'iambe ou du trochée ; le mouvement ne sera plus 
le même , et l'oreille en sera Q0*ansée. Sijris doute , \V 
est des cas où les mouveniens ron^pus produisent de ■ 
beaux efl'ets d'harmonie et deviennelit n^éma néeea- 
saircs ; mais ces exceptions, fondées sur Papalogiè de / 
l'expression avec le septiriient et les images., ne dé- 
truiseiit point la règle : il faut même avouer qu'elles 
Cxigèut de la |Nirt du poète , un soin el dn go&t infi- 
Mi^', car l'art n'est jamais si difficile f que lorsque la 
règirrabandonne^ et que le seul ÎDStinct le conduit^ 
D'ailleurs , je ne pense pas que oe mélange des. vers 
dans Içs stances soit incompatible. avec la variété 4tt 



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j^aa ~ NOUVEAU TRAITE 

'ioiouveraens. Od a vu enîomj^en de nombre* pouvait 
ie^rierle iwetre, et de quelles combinaisons il était 
•u^ptible ; mille modulations peuvent do^ic résulter 
4«Wle diversité dé mouvemens et de mesures , et le 
jèètecjui saura iTMnier avec le plus davantage le 
nombre , sera celui-^ui répandra le plus d'harmonie 
daiiii ses vers et le plus d'analogie avec l'expression. 



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CONCLUSION. 



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.•Fai terminé une des questions les plus importantes 
de notre littéraiui^Dâris nn^s observations sur le phy- 
tique 4e k lanj^ue, j'ai psï;;nie faire illusion ; aussi je 
jHHS bien loin de les donner pour certaines: mais 
|une clioM que ]« pniô assurer, c'est que quiconque 
voudra les vérifier en retirera un avantage inappré- 
^àivlek celdi de perfectionner son oreille et de décou- 
vrir fiéut-étre la vérité , en recherchant mes erreurs.^ 
Je ne pense pas que l'on rae conteste la nécessité du 
nombre régulier en poésie , premier poin^d'oè je ^is 
^rti. L'embarVas commence dans les applications de 
ce principe à la kii^ue française, et au moment surtoi»t 
od il s'agit dfe le snbstitu^ k des formes de poésie qui 
ont pour eDes le temps , l'habitude et l'approbation 
des pipa beaux génies, qui n'en ont pas employé 
d'autres : mais ces* raisons, que j'a^i diafcutées autant 
qu'il a été en mot , ne m'ont point arrêté. J'ai «Dru 
qu'il ne serait pbint inutile de rassembler quelques 
idées éparses sur un sujet qui intéresse de si près la 
[ <t^ littérature française , et , parmi ses branches , la plus 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. \5si3 

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belle et la plus riche. D'ailleurs qe sujet s^est présenté 
naturellement dans le plan de ma prosodie , et a'il 
réanit plus d'extension que les autres questions qui s'y, . 
rattachent aussi naturellement, c'est qu'il m'i^ pavii, 
digne d'ui\e' attention particuUèrerj'ai lu di^i^» i^n 

journal dont les jugemens littéraires jouissent 4'uii<^ 
feveur méritée, cette phrase: que les Français 9ont 
décidés à ne rien changer au mécanisme de leurs 
pers, ( Journal dos Débals. ) • . . ^ 

Jfe ne crois point à c^te assertion : je suis con-/ 
vaincu , au contraire , que les Français sont très dispo* 
ses à embrasser tous les genres de perfection qui peur 
vent accroître leur gloire et étendre leur oélét\nM 
dans la carrièse des beaux-arts, il ^prait fallv dire , co 
me semble , que toute autre tbrnie de veDsi^catjioo 
que celle adoptée était physiquement inconip9tibj<i^Y«>c 
la langue française , et alors c'était s^i^fer l'honneur 
du caractère français , pour qui rien de ce qi^i ^l^ t^eaii 
et vrai n'est impossible ^ s'il y a rédleroent quelque 
possibilité d'exécution. Or, dans le fait dont il s'a^ji^l, 
je crois avoir prouvé qu'il y a non-MpUment pfM>sibiT 
lité d'exécution , mais qu'elle peut conduire encore 
à up meilleur ordre de versification. Cen -étfiit assez, 
j« pense, pour ne pas désespérer du ^ie firii^çaif| et 
pour ne point le présenter comme olcidément sta- 
lionnaire dans un genre qui est suscepM|)le ,cl'^ |^r- 
fectionné. On l^-encore , dans le même {oarnf| « ^ 
la persification est un art de conuention et un plaisir 
d'habitude y et ^u'à cet égard , If n^U^W^^ ^4f#J 
système pour chaque nation est celui qu'elle a 



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3a4 . NOUVEAU TRAITÉ 

^é^t inU en pratique. Je ne sais si je me trompe; 

Jttàisil aie semble que cette doctrine sur le plus beau 
délibsarts n'est pas juste. Oui sans doute, layersificalion 
ë^ devenue chez noua uri art de cônyention , et c'est 
cti cela que nous n1ous ressentons encore de l'influence 
d«s siècles à'ignorance et de barbarie qui nous ont 
précèdes: mais, en principe, devrait- il en être ainsi, et 
peùt-oh raisonnablement appeler /^ ^^x// ^ le meilleur 
système de versification ^ celui dont le même écrivain 
nous trace le tableau , ert nous représentant l'état 
actuel de l'art des vers en France? Les pers français , 
ajoùte-^t-il , n^on^ aucun rythme^: leur forme n^est 
déterminée que par le nombte des syllabes . sans 
aucun égard à leur i>aleur y leur harmonie né con- 
siste qye dans la rime ; V accent tonique n^y entre 
pour riénj, ou j s'il y est répandu y ce n'est qu'au 
hasard, etc. En vérité , n'est-ce pas là montrer que 
l'art des vers en France, y est le plus pitoyable des 
art5?Quoiqu'ilne^oit pas.encore au point de perfec- 
tion où il pçut arriver , je ne le crois pas descendu si 
basî il |ufBt de lire nos grands portes pour s'en conr 

vaincre. - ^ 

Non, l'art des vers, pas plus que celui de la mu- 
sique , ne peut être fondé sur des lois (|e convention. 
11 en est une , éternelle, constante , universelle et indé- 
pendante de tous les goûts arbitraires et de fantaisie , 
qui 'doit lui servir de base. Cealt ce principe dliarmonic 
qui vit dans le cœur de tous lerliomnries , qui étend son 
empire sur toutes les créations de l'esprit humain, et 
dont le nombre , en poésie , est une des plus naturelles 



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liotonie; mais 



dans uû« contiuiûtd plus iininédiaie 



DE PliQSOPlE FRANÇAISE. 5*i5 • 

craanations. Je suis loin de contester le plaisir d'Jia- 
bitude qui peut attacher aux forniejs actuelles de notre 
versiQcatiou y mais d'où vient ce plaisir, sinon de Tap*. 
plication, quoique unparfaite , de ce principe. d'har- 
monie dont je parle? Plus il se montre dans nos vers, 
et plus notre plaisiî est grand. Qui n'en éprouve jMi» 
les douces impressions , en lisant les vers de Racine ou 
de Delille .^Hé bien ! qu'on perfectionne de plus en 
plus, les lois de notre versification , que l'^on restitue 
à l'art des vers ses formes antiques , et- notre plaisir 
^ s'accroîtra encore : il efiacera bientôt , par de nou- 
velles habitudes y l'empire des anciennes; il <en créera 
de bien plus puissantes ^ et c'est alors que l'on sen- 
tira vivement cette vérité y que le meilleur, le seul 
système de persification est j non pas celui qu'on à 
imaginé et ifiis en pratique y mais celui qui est \& plus 
d'accord avec les lois éternelles d'harmonie, d'ord^ et 
dé mesure , devant lesquelles tout ce qui est de Con- 
vention ne peut subsister. 



»»»»%> %<»>^%0[i>»^^ . W»'>»0^»«»«*«<»>%m'»»^«»*%<^»»^»'*^*»»^' 



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CHAPITRE IV. 



U£S REGLES DE LA PR02>0DIE FRANÇAISE. 

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L'existence de la prosoidie française^ sous \a double 
rapport do M accent et de la quanfité } l'utilité de son 
étude y pour obtenir une bonne prouooc^iatioii ; Ji^^urr 



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iBésures prés ^-j^jiHi vent être cités comme modèles : 



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5ir€ NOUVEAU traité 

reuse îpfluence de rappfication de ses lois, dans les 
cbttiposilions poétiques et oraloiresj et enfin rexamch 

^ d*i la question , si elle peut concourir à l'établissement 
di'un rythme régulier dans notre poésie*, tcb ont été 
jusqu'à présent les objets dont nous nous sommes oc- 
cupés : mais ces considéra tionsrdi verses sont encore 

• loin de suffire au -développement complet des notions 
qui appartiennent a la prosodie de notre langue. A son 
Utilité démontrée , il nous resté d'ajouter la série de 
ses règles ; et c'est ce que nous allons traiter dans ce 
dernier chapitre. Nous exposerons d'abord quelques 
principes sur les propriétés prospmqnes de nos sons, 
et sur la manière dont nous dçvpns concevoir l'emplpi 
des longues et des brèves dans notre langue; et nous 
terminerons par les règles de détail sur la "quantité de 
nos syllabes dont nous présenterons le tableau par 
ordre alphabétique. 

Il y a deux choses h considérer dans les élémenscon- 
stitlUifs de la parole.; le son et la durée du son. Le 
son peut être plein ou aigu, plus ou moins, selon la 

' forme du passage que la bouche présente à l'air au 
moment de démission de la voix .. et il peut avoir plus 
ou moins de durée. Selon \^ temps que l'on met à le 

prononcer. 

Tous les sonsnesbiTit pas également susceptibles des 
mêmes modifications-, mais, à l'exception de Ve muet 
qui reste toujours bref, ils lé sont tous de plus ou de 
moins de durée ; c'est-à-dire qu'ils sont tous du do' 
maiue de la projiodle et soumis à se^ lois. 
•• ' Va aigu peut être bref et long : il est bref dans 



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Lia tormulé des vers anaoreon tiques ancaeiii aw ror 



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DE PRpSODli: FRANÇAISE. 037 

ma , ta, sà^ il aima ; et il est long dan* mât , fâche 
(entreprise), sabre, qu'il aimdt. 

Va grave , est brrf dans ta, adverbe , et il est grave 
et long dans /â« ( ialigué ). 

Vé aigu, ou fermé, est bref dtLtia témérité, et il 
est long dans // cm<? , /(ê^ > />^A7*^. 

Vê grave ou nioyen , est bref dans net , prolêi , et 
grave long dans /J/v/^/^ ^ «^cnê^5. / 

LV complètement or/^^r/ peut avoir aussi les deux 
mcsure^fTPêsT^ref, ou du gioins douteux , dans guer- 
rier, terroir, et il est long àam fête , ancêtres, 

Vi est bref dans soupirer, et il est long dafis il sou- 
pire. Ce son n'est point susceptible d'une modification 

grave. 

\Jô aigu est bref dans emparer , et long dians e^a- 

pôre. 

Vo gratte est bref dans orbe , et il est grave et long 

danslesi^ôrds, les forts. * - 

Vu est bref dans bûcher, et long dans brider. Ce 
s6n, ainsi que les suivans , ne varient point dans leurs 
modifications. 

Ou est bref dans oubli '; et long dans ifoute. 

Eu est bref dans yVwn^ ( d'âge) , et long dansy^tin* 

( abstinence J. ! , 

Les sons composes ont les mômes ^rppriétei . 
prosodiques, comme on peut le voir dans le #Oli 
ai qui est gravé et bref dans «û/m/oj/^ et graye «t 

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long dans satisfaits; ainsi que dans le aù^uu, qm est 
grave dans tous les cas ; mais dont la vfteur prosodique 
n'est pas toujours la même: audace , autre. Cett^ dis- 



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5l8 iKOUVEAU JTIIAITÉ 

tinctioD des sons purement graves , et de$ sons graves 
et longs en même téni{i«, est-généralement méconnue. 
On se persuade que dès qu'un son est grave, il est 
décidé long^ c'est une erreur dont le^ conséquences 
•ont très nuisibles à une bonne prononciation. 

Quant à la manière dont nous devons concevoir les 
longues et les brèves dans notre langue; il faut savoir 
^u'il n^existe pas pour les syllabes une durée absolue 

- et indépendante de leurs rapports mutuels. C'est rela- 
tivement les unes aux autres, que les longues et les 
brèves sont telles ; c'est-à-dire, qu'une longue n'est 

,. loi^ieqùe par rapport à la brève^et qu'une brève n'est 
brève, que par rapport à la longl^e. Il y a aussi des 
douteuses, et dé deux sortes. Il y en a qui le sont, 
parce que l'u^ge paraît n'avoir pas encore bien décidé 
commeut il faut les prononcer. Il y en a d^aii Ires qui , 
d'après. Puisage, doivent être tantôt brèves , tantôt lon- 
gues; mais de manière^ que, ni ïem* brièveté, ni Içur 
longueur ,, ne sont arbitraires, et qu'elles dépendent 
entièremebt du lieu où la syllabe est placée. 

ccUne chose encore qu'il no fant pas oublier , dit 
labbé XOliçet ^ c'est qu'on mesure les syllabes, non 
pus relativement à la lenteur ou à la vitesse accidentelle 
de la prononciation ; mais relativenieiit aux propor- 
tions qui les rendent ou longues ou brèves. Ainsi, ces 
deux roériecins de Molière j ajoute-t-il, dont l'un qui 
allonge excessivement ses mots, et l'autre (jui bre- 
douille, ae laissent pas d'obserVer la quantité; car, 
quoique lé bredouillenr ait plus vile prononcé une 
longue que son camarade une brève ; tous les deux ne 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. 5»^ . 

aissent pas de faire éxaçleaijent brèves, odles qui sont 
brèves, et longu<^s , celles qui sont longues ; avec celte^ 
différence seulement qu'il faut à l'un sept orf huit 
fois ptus de temps qu'à l'autre, pour articuler. » • 

Je remarquerai cependant que l'observation de» rè* 
glès de la prosodie doit toujours être dans un rapport 
convenable avec la situafion de celui qui parle. On sent 
que cô serait avoir une prétention ridicule, que; de 
vouloir faire sentir dans la conversation, et dans Pu- ' 
sage ordinaire de la vie , les proportions prosodiques 
des n^ots ,^avec une exactitude qui laisserait entrevoir 
de l'affectation et^e la contrainte. Le peintre qui peint 
en miniature n'emploie pas moins que. celui qui peint 
à fresque des lignes et des traits *, mais tous les deoiiL' 
observent les proportions: Ainsi doivent être réglées 
les dimensions prosodiques dans la parole. Faibles, 
quoique toujours sensibles et distinctes , dans la CQii* 
versàtion , elles (Hrennent dans la lecture soutemoMiu 
dans le débit oratoire , plus de consistance et de dé- 
velçppement; les rapports des longues et des brèves . 
s'établissent plus en grand. Les sons, devant parvenir/ 
à une plus grande distance , fontxalors^ l'oreille l'effet 
que produit aux yeux une peinture dessinée à grands 
traits : ils s'adoucissent à travers les intervalles , et ils * 
arrivent à l'auditeur avec le charme des justes proppjTT 
tibns. £n un mot, le goût, les convenances ,1a fità»- 
tion, doivent déterminer la latitude prosodique que 
l'on do^ donner aux sons; l'essentiel, après cek>r4it 
de (ixer leurs rapports mutuels j c'est-à-dire de régler 
le temps qui convient à la brève, sur celui que Ipii 



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55o ^ NOUVEAU TRAITÉ 

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êëttOé k h langue ; de manière que la brève la moins 
brève n'ait jamais que Is/valeur de la moilië du temps 
èonsacrè à la longue. 

Ces premières noti^s posées, fious allons passer aux 
règles de détail qui traitent de la quantité de nos sy 1- 
labes. La métho(W que nous empruntons de Tabbé 
UO&W/> en les/élàssant par ordre alphabétique, nous 
a paru la plus favorable k l'étude de cette partie im- 
portanle de notre prononciation. Si nous différons quel- 
quefois de ce grammairien , quant à ses décisions sur 
nos longues et nos brèves , ou si nous donnons à notre 
traité une extension qui ne se trouve pas dans le sien *, 
c^est avec plaisir néanmoins que nous reconnaissons / 
. tout be que nous lui devons dans cette partie dontil a 
fM»Bë la vërittible doctrine. Ce célèbre académicien a laissé 
peu de chose k faire à ceux qui marchent sur ses traces ^ 
et ce n'e^ plus un mente de foire une prosodie fran- 
çsfise, depuis qu'il a donné son traité qui sera toujours 
le modèle d'une excellente niéthode, et la source à la-* 
quelle il faut remolnler , pour puiser des idées sames et 
justes sur l'état dejnotre langue , quant à sa prosodiç. 
Voici l'ordre que nous suivrons dhns cette ^ernière 
partie de notre ouvrage. Nous la diviserons en trois 
sections. Dans 1^ deux premières , nous traiterons des 
syllabes qui peuvent être ramenées à des principes 
^^ généraux , c'est-à-dire de celles qui sont fondamenta- 
lement et sans exception, longues ou brèves, quel que ^ 
soit leson dont elles sont formées ; et dans la troisième, 
nous poserons , par ordre alphabétique^ les règles desv 
syllabes qui varient dans leur quantité et qui souffrait 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. 55l 

des eiceptions suivant les divers mots auxquels elles 

s'appliquent. . * 1 

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SECTION PBIEMIÈRE. : 

. ' " " .' — — ^ ^'^ ' 

Des syllabes qui sont fondamentalement longues y 
à quelque son qu'elles appartiennent, 

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^ PREMIERE RÈGLE. * 

- ' '. ' ■ " ' ' 

V Des soha nasals, 

\ . . .'•:,■ ■ ■ ^y 

I ■■■ ■ . *" ' 

Tous les sons nasaU, soit au commencement s^îl 
au milieu des mots, qui sont suivis d'une consonne 
autre que la leur propre , c'est-à-dire qui n'est jai m ni 
«y et qui est l'initiale d'une autre syllabe, rendit 
invai'iablement longue la syllabe: où ik se trouvénl; : 
àm-bition y dân-se ^ tëm'ple , în-jraction ^ om-Pre , 
hàm-biej abOn^dân-ce j pàtiën^ce , distUP^p^r^ en^ 
frein-dre^yrenôncer ydéfûn-te , etc. Cette propriété 
prosodique des sons nasals résulte de leqr position 
devant une consonne qui , en coupant absolument le 
retentissenient qui leur est propre, rendrait leur 
émission imparfaite* et fautive , si on ne les prolon- 
geait pas. , « 

Quant aux sons nasals qui terminent les mots avec 
une consonne finale, voyez, dans la troisième iiectipO) 
les syllabes â/}^ et ^7z/* • i, 



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Des nyllahea qui portent V accent circonflexe, 

, Toutes les syllabes qui portent l'accent circonflexe, 
quelle que soit leur position dans les mots , sont inva- 
riablement hopgues: ^cr^ (piquant), acr^/^\, âge y 
âpre yàpreté ^ bâtir, pàmer)pâtè (farine délayée), 
pâle , relàclter, emplâtre , nous aimâmes, quilfùt, 
arrêter , empêcher, paraître , île , abyme-, hôte , 
brûler, etc. Tous ces mots et une infinité d'autres 
s'ëcrivaijent autrefois avec un s après la voyelle longue , 
ou bien , avec cette voyelle redoublée , comme dans 
o^/ip j isle, aage , controole. Les réformes intro- 
duites dans notre orthographe ont baniifces caractères 
auiiliaires , longrtemps maintenus , soit pour' indi- 
quer la pfdhonctatioti des syllabes qui en étaient for- 
mées , soit pour raison d'élymologie , et on leur a 
substitué l'accent circonflexe qui est ^eveitu , par ce 
moyen , un véritable signe prosodique dont la seule 
présence suffit pour fnontrer la videur des syllabes qui 
en sont afiectéës. Mais on méconnaît trop , en géné- 
ral , cette dernière attribution de l'accent circonflexe. 
Combien de grammaiiicns n'en disent autre chose , 
sinon que c^t accent est employé par une raison éty*- 
mologique , et qui se taisent sur sa propriété prosodi- 
que , sur celle qu'il importe surtout de connaître ! et 
delà viennent ces fautes si fréquentes de prosodie que 
l'on fait dans l'emploi des syllabes qui portent l'accent 



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PE PROSODIE FRANC A ISE. 533 

circonflcxç , fautes dlat^tant plus graves, qu'on a sous les 
yexix le signe de leur valeur qui ne laisse lieu i aucune 
hésitation et'^qui dispense de toute ëHide. Je laisse aux 
grammairiens le soin d'indiquer quels sont les mots de 
notre langue qui doivent porter l'accent circooflcAie : 
il nous suffît ici d'avoir expose la conséquence de son 
éiiste;ice relativem^t a la prononciation des l^yllftbes 
qui en sont afiectées. * 



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[V RÈGLE. 



Des finales en ée y enieycnoue, ue, ftc. 

Toutes les Cmales ainsi terminées , de méaie que 
celles en aie et pie j sont constaniment longues*: Peu- 
sèe j athée , il crée , envîe , folie > il lie , boûê y il 
loue y yatfoûe , cohûe , émue , il iûe , futaie y Haie y 
vraie y proie y joie , il se noie y qu^il çôie y ele. J'ai 
souvent. insisté, dans le cours dé Cet ouvrage , sur la 
nécessité de prosodier régulièrement cet 40rtes.de fi*^ 
unies et surtout les premières, Les inconvënieimqui 
résultent d'une fausse prononciàtiomtous ce rapport , 
intéressent le sens même des idées. Il est des eat-fp 
effet , et ils sont très fréquens , où l'on ne^ Mturail A 
qnor s'en tenir dans une lecture pubKquie, iî <» ne 
faisait |ks sentir la valeur des finales en éè^ytoàlb^^m 
oue et en ue : c'est le seul moyen que oousay<niidf 
les distingi^r des finales masculines en é^tni^m W«^ 
en £^javec lcs^]uelles une Cl^ise prononâation de les c6ll« 
fond que trop souvent. J'ai optendu prononcer, 4^^" 



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55^ NOUVEAU TRAITA 

Pie j comble à Venvi ', et je me souT^eui» que cette pro- 
npnCM»Uon vicieuse jetait dans la phrase urt tel désor- 
%S# qiie le sey en était totaletneot altéré. Ailleurs , 
on d^fiatu^ à tel point la loi des participes , que Fécri- 
vain k plufei^ct ne peu t échapper aux soupçons d'une 
ignorance qui n'existe souvent qu^ dans la mauvaise 
prq^ncitition du lecteur. Au reste, la règle de pro- 
sodie que nous re/îommandons ici \ est dictée paT la 
' nature /nême des syllabes dont il s'agit. La voix , pour 
passer à (a finale faible qui les termine, est forcée de 
chercher un appui sur la pénultième qui est formée 
d'un sou plein : c'est cet appui qui constitue la loi de 
prosodie dont nous parlons; son prolongement est en 
raison. dé la ftiblessçet de la^rapidité du son qui suit, 
6| c'est ainsi que l'on a fait tm princijie de quantité de 
ce qui est un0. conséquence jaëcessairc des sons à émet- 
tre. Il n'est pas besoin de dire que cette loi disparaît 
lofsqw le dernier tf cesse d'être muet, comme dans 
chW, et qu'alors >4a^éuultièine devient en général 

brève. ^ "^ 

Quant aux syllabe» en aie et en oie , le génie actuel 
de la prononciation fraj^ise ne permet pas (lu'ou 
Y fasae sentit Ve muet , c^me , sans doute , pn le fiu- 
iait^autrefois ; mais on a conservé le principe da leur 
proio<lîe dont l'observation est d'auUnt plus indis^ 
panèable , qu'il s'agit de' distinguer ces finales de celles 
un di et en oi , qMi sont brèves. Voici de^ exemples dos 
finale» longues doui nous t'raitons ici. 

' \m \ùÊqmnf Kmt nuhImi» |wrU||èi«Mt I«ttr proie. U Ai. 



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1 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. 

Mon coeur , toi-même enfin , de sa glbiit éblouie 
ÀTanl qu'il me trahit^ vous m'aTet tous ^bîe. 

Sci((u«ar , je le Jbis biea , vot^a âme f^évtMûê ^ 
Répand suivines diacours un venin qui la tiîe. 

^'épouse une troyenac , oui ', m ada m e , et j'aTdu^ 
Que je TOUS ai promis la foi que je lui voûei 



535 



1 c 



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^Jà. 



lâ. 



Nota. Qvelquefoi» Im^^tum vnée, iâtéué, He, mt et 010 forment idef 
sylûbrs au milieu des mots} elles sont toujours longues dans ce cas* Dit«M 
Je oontinûe/ai , je continuerais ^ j'avoGerai, j*kToûeraiirie illarai, je tiSétài, 
dévoûemant , ingéDâemeoc , ép«rdi^aricttt , reniement , atetmôienMM» 0n* 
L'orthographe moderne fiiit disparaître IV muet dam la plupart de ces 
mots et semblables ; mais alors elle surmonte l^s sons qui en éui^int af- , 
feclés , de l'accent ciiconfleie: dénûment, j'atoûrai , etofj cequiclMae 
ces motp dans la catégorie de ceux qui tont «ompris dant U ràglf jpU* 
oédente. * ,, 

I 



(V adouî. 



Des pluriels^ 



Tous les.pluriel», tant articles , que noms» pron^inf 
et verbes, qui sont ternânës jiar un son .plein, sont 
fondamenlalement longs. On cpMP^itri^mjien p^U l« 
langue' française si on ne sentait pas k nëcoiMtë de 
celte l<^i. Combien de n^ots sont idea^îquef 4f n» '««r 
singulier et Jeu r pluriel , comme )e» mol», (ffffif^ Jjf *»i^ 
choix , secours , cas , heureux j eifi.f et «loilf».^ Ifif 
porte d'ënoDcer le iion^r« , pour TmMIii^P^?*^ 4«? 
idée» ! Combien d'autre» opt dans b proiiaii<%|fi9| jf 
même terminaison : comme, il parlait et iUpQrhkntf 
il voit et iU poimt, et qu'il &iii oapçudMil W^^ J%- 
tingucr parfaitcoiieui pour la clarU du •«»lil#JM!p||| 
die seule vient au secours du leoUur dwit <W m^\ ^ 



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556 . NOUVEAU TRAITÉ 

g^ ne l'obserVe pas, il pècHe gravement contré un des 
premiers principes d'une bonne et juste^ prononciation. 
Ce» fànte» sonl bien pins intolérables encore, lorsqu'il 
ft'figit des pluriels qui sont caractérisés tels par leur 
orthographe: comme, les tombeaux , les forçats j les 
pleurs j les airs , les courtisans , les arts y les détails, 
les malheurs , les bienfaits , les miens ^ nous disons, 
les actions, etc. Tous ces pluriels et semblables, de- 
mandent une prosodie marquée dans leur finale. On 
ne saurait croira* cortibien de sens faux , combien d'é- 
quivoques, il résulte de l'inobservation du principe 
qui le^ fait toujoin:* longs. C'est bien assez que nous . 
ayons de» plurielsâ finale féminine , qui ne sont point 
susce^bles d'être prosodies-, cortime : les hommes y 
les màltrek, les tempêtes, les avantages, stms (|u'il 
^soit permis de dénaturer ceux qui peuvent et qui doi- 
vent recevoirla valeur prosodique qui leur appartient. 
Et il ne suffit pas pour cela de s'en reposer sur le sens 
des mots accessoires qui déterminent bnr pKuiel : ou- 
tre Vincorreçtiort qui naîtrait de la violation du piljj;^ 
cipe qui constitue longs tous les pluriels, le lecteur se 
priverait du moyen le plus propre à donner ducliarnio 
A son débit. Cest la prosodie en effet des pluriels <jui , 
lorsqu'elle est bien soignée , jette le plus de méloilie et 
de folrce daSs la diction. Leur fréquence donne lieu à 
des dévcloppemcni successifs, de sons accentués, qui 
romf»ent.U monotonie du débit, et facilitent singuliè- 
1-ement Véiprfessîon des scntimcns. Un lecteur habile 
peut en faire re'sultor pour l'oreille et le cœur des 
jouiéiarioes qu'il faudra toujours désesporor <Io trouver 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. * 537 

dans n^3rononciatYon de ceux qai méconnaîssent ce 
premier principe d'harmonie et d'expression aratoire. 
Voici un morceau dans lequel on peut voir quel ca- 
ractère de force prend le discours , par Pefiet de la 
prosodie des pluriels. , 

Songe, ftorige, Céphîse à cette nuit cruelle , 

Qui fut pour tout uu peuple une nuit éternelle. i 

Figure-toi Pyrrhus les yeux ëtincelâDt 

Entrant à la lueur de nôa paliis brûliot, 

Sur tous mes frères morts se faisant an pas«ag« 

Et , de sang tout couvert , dctiauSàut le carnage. 

Songe aux cris des vainqueurs , songe aux ciîs dis moariot 

Dans la flamme étoufl'ës , sous le fer «xpiiins. Aag. 

Et si l'on ajoute à la prosodie des pluriels, celle des 
autres syllabes qui sont (fgalement longues , on remar- 
quo/a facilement do quel effet peut étro pour l'eipres* 
sion des scniimens, l'eiacte observation des lois de la 
quantité dans la prononciation soutenue. 

V* IIJÈOLE. 



xn 



Des mola terminés par un S, ou par un caracietê 

équipaient, 

«i uutcs les fumles des mots au singulier ou indëoli- 
nables, qnl sont terminées pr un s, olu par '«• carac- 
tôreséquivalèni x etr, qui ne se prononcent point, sont 
longues , cç^me dans : un palais j un héros, fracM^ 
embarras, tu diras j tu aimas, tu as, pUns, sâriê^ 
auprès, un succès, deux, creux, la folx, un 
choix , je i^ois , je dois , toutefois s je dUp t^J^f 
i^ avais , je prononçais , te secours, un discoure, a$^ 



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dont le nombre , en poésie , esl une ces pius naiureiit:* 



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5gg ■ NOUVEAU TRAITÉ 

aêz'l nèX, uictorieûx ,:heureûx , mais, jamais, wûs, 
plus, pensez, etc. Remarquez néai)...oi.is .,uo l'm- 
s«UDce tombe plus particulièrement sur les tinalos , 
grave» et ouvertes, et qu'elle est bien moins sensible 
sur les sons aigus. Cependant le principe est incontes, 
taille à l'égard de tous, surtout d:ins ses applications 
ay a^bit oratoire. J'observerai encore que , quoique 
■ la plupart de ces mois, longs au singulier, le soient 
% plus forte raison au pluriel, leur prosodie dans-ces 
deu, cas, doit être difierenlCT Ainsi , je prosodierai 
bien davantage les colx,, que la voix-, les succès, 
nue le succès; lés- secours ' ?«^ ^ secoiirsi les corps, 
que le corps ,.elc. ; un lecteur habile saisira facilepient 
cet mian«es, et il en sentira sans peine les raiSoos. 

Remarque siu les monosyllabes, lés, mes, tés, ses, 
mus,i>ous,rws, ihs, etc. Ces mots sont fondamcn- 
talenîent longs par la règle posée ; cependant leur 
quantité ne reste pas' toiiJQurs la même , et voicMans 
quel cas ils deviennent brefs; c'est lorsqu'ils s^ trou- 
vent suivis dans le discours d'un mot dont la prom^rc 
«syllabe est longue, comme /& Cîeux , les êkfans,mëi 
intérêts . vos conseils , ces ïnstans , vous même ) i'ôi 
plaintes, nos nœuds ;\\s ne conservent régulièremenl 
. leur prosodie naturelle qqe lorsqu'ils sorit'placés de- 
vant une syllabe brève ; comme dans: lès amis, mê. 
pârens, les hîvçrs , ces meilleurs ; j'ai déjà dit ui 
mot de cette observation fuisée dans le génie dç-notr 
Un"ue , et fai cm devoir la rappeler ici , tant ses appb 
' cations pourraient être fécondes pour la çonstruchoi 
d'un rythme poéti.}«e régnlier! Cest ce principe q. 



mk.m.mmum 



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iniçn- 

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z ) vos 

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es de- 

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ïit un 

i appU- 
•uctîon 
Ipe fjui 



DE PROSODIE FRANÇAISE. 559 

rend si parfaiteincul iiîûlricjue ce vers de Racine d«^ns 
j^ijialie. 

\ Quelquefois, il VOÛ& plaint, souvent mf me îl voù» vante. [Rythme 

- . anapeste.) 

-- yi* RÈGLE. 

Des finales en ;jse , aise, èse, viisc, ïmi», ose , oîse, ousc 

I et use. 

t " 

Toute voyelle pénultième, suivie d'un z^ ou d'un 
5 qui»a le son du x\, est longue, pourvu que la der- 
nière syllabe soit niuelte. 

Ase. — Basé y case y phase j phrase, gâzc , iljdse, 
il embrase , rase y vase, etc. Observez que la plupart 
^de ces mots communiquent leur prosodie à leurs déri- 
vés. On dit : baser j caser/ càseux j phrâser^ gàs^er , 
gàzeùx y gazelle j gaze lier ^ gazette j gâzier, gazon > 
^^âzonnery gazouiller ^ jâser , jâserie^ joueur ^ em-' 
brâzer y brasier, raser ^ rasoir", ràsement ; vâsèUx , 
. i^âsière , etc. J. ■ ■ ' . 

Aise.' — ' Bien-aîse y baise, blaîse, chaise, nicaîsCy 
fadaise y fraise , niaise, etc. L^ prosodie change de- 
vant un son masculin, comme aisé , baiser, fraisier , 
niaiser. ■ \ . 

Ese. '■^ Diocèse y seize , thèse , il pèse. Ménie loi 
(jue ci-4essus; diocèzain , seizième , peser, 

Eu$e,'^IIeureùsè , (victorieuse, veriueiisë,4!reitsey 
creïtser y creuset. 

Ise. — Brise y frise, guise , mise , permise, prd^ 
mise y il méprisa ; cerise , surprise y bêtise , il i^ise ; 
ainsi que dans les verbes au pluriel, i7r lisent, quik 



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34o NOUVEAU TRAITÉ - 

rfw^;2<> etc. j et dans les verbes en wéT, à IHnfinitif : 
vîseAy priser , mépriser, briser y friser^ griser, remi- 
ser y^arbariser y attiser. 

0^ et k\\^^. -—Cause ^ causer y causeur y clause; ^ 
dosé y doser; alose ; il ose y oser y pause y paûser y 
pose y poser y posément y rose y roseau , rosée y rosier y 
rosière 9 roseraie, "' ■ 

Oi^e. — Ardoise y il dégolse y framboise y noise y 
tolsèy pauolse y eXc, et dans le* dérivés: ardolsier y 
dégohery framboisier y pavoiser y toîsery toison y toi- 

seur, etc. - . 

Quse. «r— Blouse y . blouser; douze y épouse y ven- 
touse y que je couse; 'A rexception de blouser y tous* 
ces mots et semblables perdent leur longueur quand la 
finale est masculine. j 

Use. *— H abuse y II accuse y excuse y il refuse y il 
amuse y muse ^ il muse y il use y ruse. 

Nota. C« derniçTS mou seulement ont la propriété de conserver leur 
prcModie devant un «on, niascuUn : rû&ë , mû»ei , viser. 

VU* RÈGLK. 

Des finales en are et arre , aire , ère , ije , oire, oie , . 
oure tf^ ourre, eure c^ eurre, ure. 

^ Toutes ces finales sont longues dans l iw pénul- 
tiè^ii^sans exception. Plusieurs même transportent 
aux dérivés des mots qui çn sont formés, leur proso- 
die, comme on va le voir dans les détails suivans, 

Are. — uépâre, barbare yfarifâm y phare y Icare y 
il se pare, il prépare ,je m'égare, il compare y rare, 






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DE PROSODIE FHAUÇAISE. 34i 

tartàre , tare ^ etc. Dérivés longs. — - Rareté , raré- 
fier^ rarement y rârèscence, 

Arre. — ^rret^ arrhes ^ amarre ^ barre , bécarre y 
bizarre y bagarre j came, il s^ carre ^ catarrhe ^ il narre, 
, la sàrre, etc. •*— Dérivés longs àrrher, amàrretybârrery 
barreau, bjârriêre, barricade, carré , carreau , carre* 
four, çàrreUige yçàrrèler , carrément, carrier, carrière, 
càrrillôn, carriole, carrure, écârrir, catàrrheux, nàr^ f 
rer , narrateur , narration. L'a est encore lorig dans 
d'antres mots devant deux r/ comme dads : embarras, 
enïbàrrasser , carrosse, carrousel, charretée, char' 
rette, charron, chdfrue , charroi , bigarrure , bigàr» 
reau, garrot, gàrroter, larron, marron, marronnier, 
parrain , parricide , etc. 

Aire et ère. — Chaire , précaire ,■ complaire , 
faire ; père , sincère , chimère , amêre , mystère j et 
au prétérit des verbes : ils aimèrent, ils consert^èrent , 
ils parlèrent , ils tombèrent, i 

^ioTA. L'a1>})« d'Olivet fait tlouteui Jeu «ubstiintifii en ère, .comm* 
père , «le. Non» pensons que l'usage actuel est contraire à celte opinioa. 

Ire. — Empire , délire, lire , suffire , il admire, 
il attire, et au prétérit des verbes : Ils dirent , ils em- 
pirent , ils admirent , etc, ; ' 

Nota. Ces mots, et semblables, perdent leur «|uaulit^, «t deviennent 
i>r( ik^^uand la terminaison est masculine : dtSIïrer , soupirer. 

Ore et*aure. — Aurore, encore , pécore, maure, , 
Laûre , éclôre , épapôre, <, 



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342 



ÎCOUVEAU TRAITA 



Kotâ. Lo dan» le» veilic» cp ore devient bref devanl la teinoinawon 
masculine : décorer, cvapôiçi. 

Qf^e:^- ClôrreM àdins tous ses temp^. Je clôrrai, 
je clôrrais y j^ abhorre y ahhôrret, horreur , etc. 

Oîrc. — Boire y gloire^ y i^ictoîrù y moire y noire y 
Loire , croire p etcLsi terminaison masculine cliaup;e 
la prosodie de ces mots. 
^ Ôurfeet ourre. — Brat^oùre y il entoure ; bourre y 
bourrer y il fourre y courre y et dans les temps des 
verbes où le r redouble : J^encofirrai y je pourrai y il 
pourrait i\oy. la s>iy*be oz/w dons la troisième 
sectipn.) 



Eure. ^ Heure y majeure y 



demeure y etc. Ce-> 




pendant on dit : Une heure ^ritière y et dans une 

Mûre y la majeure partie , ci c'est une fdle ma- 

7V?i(r^; (toy. plus bas la remarque de la syllabe are.) 

Eurrc. — Beurre y et dans ses dérivés : Beurré y 

beurrier, beîmery leurre y leurrer. 

lire. * — uépeniàre y armure y augure y conctïire y 
exclure {iXam tous l«urs temps) , cure y il endïire y 
mûre •, pure , sûre > toiture y torture y uerdûrc , etc. 

Nota. Quelque* moU 6cnltnui:l mnimuniqucnl à leur dciivé«l«;ui pro- 
sodie, oonimo: nmre, mannjciit , nifuir, mûrier; bûrr, sûreinenl. surruH^ 
dure, dûrf ment , dûrei*^/ 'j| 

YIIPRÈGLK. 

Des finales en ahre , en adre et en ufle. 

loutes les finales en abiv y en adre et en ajle , 
sont longues , même dans la terminaison masculme : 



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DE PROSODIE FRAWVAISE. 
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Sabre y mbrer; délabre , délabré }, cadre y encadré }, 
rafle , rafler. Il n'y a qu'une exception ik)uï: les finale» 
en adre : c'est le mot ladre ([ui cîit bref , ainsi que ses 

'dérivés. '3 

IX* Règle. 

Finales en acié. ^ . . 

• ' M'.- - . ■ 
Selon l'abbé irOlivet , les substantifs terminés on 

ac/e ont cette sylUbe douteuse : nous pensons que 

c'est contre l'usage actuel. On dit : Miracle , obstacle j 

"oracle y comme dans les verbes : // racle , débâcle y et 

leurs àf^risé^.^ débâcler y débâclage j débâclemerït , 

râclcur^râcloir. 

X* RÈGLE. 

Finales en aisse. ^ 

• Ces sortes de finales sont généralement longues. // 
s'abaisse , caisse j il encaisse, il s'affaisse]; il laisse^ 
qu'/V paraisse , q\iils cpnnaîsseni , etc. 

ISoTA. On ilit aiihHi : «baïssement , abaîssrr , £aï»»iev , rncausfr, ■•'•i- 

y. - . '• . ■ ., . . 

yaibtier , lalobcr , vie. .- »..•*■ . , ' '^ 

Ne confoiitlcz [lab la proiiodie du verbe laiise , avcc celle du flulM" 
taiitif : une laibse. Ce dernier es( bref. . .< - • 

XP RÈGLE." ^ ' ^ 

Finales cmnà , en and, ew cr(|,<?/* oïd, e/i ourd, rt,par 
addillwi , de celles en art» e/i ert , e^éint, en ort, tft 
/vi ourL 

11 n'y a point d'exception pour ces finales: cites sont 
toujours longues. .v 



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344 NOUVEAtr TRAITÉ 

Ard. ^r- Brancard j brocard ^ dard y étendqrd , 
regard y égard , hagard y lard, y papelàrcT y jca- 
nàrd y goguenard y pétard y placard y tard y etc. 
Ob8ei*vez que tous ces mots ont une prosodie bien 
plus sensible dans leur pluriel , et qu'ils ne la cpmmu- 
niqtient pas à leurs dérivés. \ 

j^ud,'--'Chçiûdyet dans tous ses dérivés: Chaûdeauy 
chaudement y chaudière y chaudron y. chaudronnier y . 
chauffage y chauffer , chaûffoir y chaûffure y etc.-, 
*— badaud y badaûder y badaûdériej -^pbtaùd, rus- 
taud y pateaùger, rustaàdement ,• *— maraud y ma^ 
raûder maraudeur; — courtaud y courtaùder y etc. 
(Voy. la syllabe au dans la troisième section. ) 
' Erd. — Je perds y tu perds y il perd, 
■tt Ord. ^ Bord y abord y accord , discôrd y lôrd^je 
mords y il mord , remords , le nord , je tords , il 
tord y etc, 

Nota. Le» àiriréê-de ces mou ne suivent pas la prosodie de leur bini- 
ple devant une syllabe masculine (Voycl la syllabe ar «lans la seconde 
section.) 

0\x\\\.-— Lourd y ^oûrd y sourd. Ces mots ne con- 
servent pas leur prosodie dans leurs dérivés, devant un 

'son masculin. 

.... ' ' "^ 

Finales en ave , ttvre,èvre, oivre , eu vie et ouvre. 

toujours longues. Entrât^e y gnwe y il bave , // est 
brave y càife y conclà^ie , râi^e , il nâpre , cadavre , 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. ' 545 

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hài^re ^ orfèvre ^ liéure j marweûçre y oeuvre, il oàyre , 
le Louvre , il couvre , powre, elc. Tous ce»^^ itioU et 
semblables deviennent brefs devant «ne terminaison 
masculine : gravier, entraver ^ braver, poivrer, etc. 

Remarque. Quand èrap^ précède son substantif, 
irest bref, X/w brave homme j mais il reprend sa va- 
leur, s'il ne vient qu'après : Un homme brave» 

Explication de ce principe^ Quand on youdraéin- 
dier d'où vient cette différence dans la prononciation 
d'un même mot, il ne sera pas difficile de voir que cela 
dépend des principes établis au sujet de IV muet, et des 
opérations de la voix à' l'occasion de ce son, Si la fi- 
nale est muette , comme dans c^est un homme brave , 
après laquelle l'oreille n'attend plus rien -, alors la voix 
a^>esoin d'un soutien, et , ne le trouvant pas (jisim la 
finale , elle le preijd dans la pénultième: mA|s dans 
bette autre, phrase : CV^/ i/« brave soldat j où se 
trouve le substantif de brave , ce substantif est dedtinë 
à soutenir la voix , parce qu'il n'est pas permis de 
mettre le moindre intervalle entre brave ti soldat. 
11 n'csj: pcut-êtreYpint de principe qui ait plus d'éten- 
due et plus d'application que celui-là dans notre pro- 
sodie. Nous en avons déjà fait la remarque. Souvent, 
une syllabe douteuse ^. qu'on fait brève dan* le cours 
de la phrase , devient longue à la fin. Quelquefois 
même , dans le discours ordinaire, aussi bien que dans 
la déclamation , une lon^uedevient brève par la trans- 
position du mot. Combien d'observations il faudrait 
pour déterminer quand et où la position chaoge la 
quantité! Le ^oùt seul, éclairé prr de bons principes ^ 



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546^ NOUVKAU TRAITÉ 

peut les suppléer. Nous saisirons toutes les ocr^sions^^^^ 
les présenter. -. 

Finales en ègé , oigc ^ / c/i. ig<^ 

Chaque langue offre des biiarreiîes dans sa pronon- 
ciation •, et c'en est use ici que les syllabes en ège et en 
ige , soient constamment longues , tandis que les finales 
■ en âge, en o^e, sont presque toujours bi:èvcs. ( «wy . 
ces finales dans la troisième section ).-^ Il i|.e faut rien 
moins que l'autorité des plus célèbreii, grammairiens, 
pour Elire prévaloir ces décisions. Car les raisons gram- 
maticales nianciuent pour les justifier. 

Ege et eigè.— 1/ allège, ils allègent, collège, 
cortège, neige, il neige, sacrilège, siège, etc. Li 
pénultième devient brève devant un son masculin. 

Ige. — Cette finale n'est point douteuse , comme 

le croit l'abbé d'Olivet. L'usage actuel la fait longue.// 

s'afflige, ils ajfllgeni, il fige , jiommme lîge , tige, 

vestige, etc. Mèinc reslrictiojï^que dans les précv 

, dentés. \ 

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linqU's en nli't'. ' 

. Toujours longues : Cïdrc , hydre, où IV a le son 

Je VL , ■ -, 



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DE PROSODIE IfRA^ÇAISI:; 



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XV* RÈGLE. 

Des finales erj olrc r/ autre, ^/z oiidre , ^// oilr* 

et en outre. 

Toujours longues. 
* Otre. • — Commje tlans : apôtre , le nôtre , le i^ôtrc» 

Nota. Ces deux derniers mots devienmmt brefs quand ils snn^ suivis d^unf 
noni.()n dit : je suii» \o.irc «ervileui «i , jf tiui> 1« vôtre, ( vr»y. ci-dessus , ( 
la fc^llabe aff . ) '. ' 

■ ' ■ N, 

V Autre. • — Comme dans : autre , autrefois , autre» 
ment , il se vautre ; le son au devient ilouleux quand 
il est suivi d'une syllabe masculine, [f^oyes^ au àd^m 
la troisième section. ) 

Oudte.' — Conime dans : absoudre, coudre y foudre , 
moindre , poudre , résoudre , etc. ; et suivi d'une ter- 
minaison masculine , /j^iïJrÉ/^ moulu, foudroyer y je 
causais, 

Oitre. — Comme dans cloître ^ croître , et dans les 
YeTi)os écrits suivant l'orthographe ancienne , où oi a 
le son iïcYè ^raso y connoître , paroître. 

Outre. • — Comme dans coûtre , outre, poutre , etc. 
Celte syllabe est brève devant Un m^%Gi]X\n,pbùtrèlle, 
outrer , outrance. . 

Ouvre. Tro(iife , vontroûperà , oùt^re. 



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548 NOUVEAU TRAlTi^: 

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XVI" RÈGLE. 

Des finale» en q\\\ et en oute. 

Prononcez toujours longues ces finales. Oût pour 
août, un bout, il bout , le coût, le goût , le moût. 
^ Joute, absoute y il écoute, croûte ,Poûte, toute , 
douté , route, il coûte, je goûte s il dégoûte. (Voyez j 
outte, dans la 3* section ) , // ajoute, etc. 

Nota. Le. v«rb«» coûter , goater , joûler , voûlei , dégoûter, et leur» dé- 
rive'» conter vent «leur protodic. . 

XVll* RÈGLIÏ. 
Finales en uc\\e\, etc. 

Toujours longues. Bûche, crîiche , embûche , on 
débuche , riUhe , etc., mais bref devant une syllabe 
imi^\\ne. Bûcher, débucher. 

SECONOI^ âlXTION. 

» — » 

Des syllabes constanun}' ni brèves . 

r* Rè(;li:. 

Des wnsonnes redoubhrs itul rendent ion jours brèves 
les yoyelles qni les prccèdent. 

Lojedoublenicnt des consonnes b , c , d , f, g , h 
p.iit ^, après une voyelle (iuelcon(|uc, rend toujours 
cette voyelle brève , à moins (piVlle ne porte l'accent 
circonllexn, abbé, accuser, àddUion , àfabiiité , 
âs^rave^, aller, appas, attirer, elc. (Voyez ci-dos- 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. 549 

SUS , et dans là section suivante , les règles diverses qûî 
résultent du redoublement des autres consonnes). 

^ II* RÈGLE. , 

Des a au commencement et a ta fin des mots. 

Ils sont brefs, i*', lorsqu'ils forment seuls une syl- 
labe au commencement des mots, sans accent circon- 
flexe, comme dams : à-bandon ^ à-journer j â'/nas^ 
sery tic, et a**, à la fin des mots, dans les prétérits et 
les futurs : il tomba, il aima , il aimera ; dans Par- 
ticlc /df; dans les pronoms ma , ta, sa ; dans les ad- 
verbes çà,laj déjà, delàj oui-dà ; dans, les sub- 
stantifs et autres mots pris des langues étrangères , 
sophâ , opéra, agenda. Djins les noms propres, 
Cinnâ Attila, Canada, Sp4) etc.; dans la préposi- 
tion à: il esta Paris, èt'ejifi^ quand il vient du verbe 
avoir, il a. . | 

Nota. Quoique tniu cet a «oient br|?fi, ils Ae ItilMcut pas d'avoir d«s 
niodifici(lioiii gmiiiniulicaltit qu'il riit irhportant d'obi «rYcr. Al i« prononça 
aigu et trèf Lrt't' dan» la pr^|K)iîition à l daut l'article la , et daoi le* pro- 
noms , ma , ta ,- aa , il l'est moins dai^s les verbes ,if a, il ai'ma , il eon-^ 
serva , et enfin il se prononce ouveri dans les adverbes là, déjà , ça et 
dans 1rs subsianlifs et noms propres l Sopha, Opéra ^ Cinna , «te. 

Remarque. Uahbc d'01ivet fait une exceptioiià la 
règle des a brefs, en diéant que Va, première lettre 
de l'alpliabc^ est long. Cette observation ne me paraît 
[)as juste , èar Va considéré dans son caractère de son 
élémentait-c^ , n'est ni long ni bref exclusiVehient ; il 
n'a et ne {^cut avoii* que les modifications qui appar* 
tiennea^ aux gramlos Voyelles*, et, si nous avioqa un 
ulpliKf)et bien onton^u , c'est avec ces modificatioiir 



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««■«.«^^.j-kVki IV *^H à. iklâ* \ f lit.* 



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35o NOUVEAU TRAITÉ 

qu'il devrait être eiweigné. H nQ fiàllait donc point poser 
en principe Kjue Va, première lettre ch V alphabet , 
est long : il eût été mieux , ce me semble , de ne point 
en parler du tout dans un traité de prosodie, cette ap- 
plication n'est point convenable ; car, comme nous 
l'avons dit, et c'est d'après l'abbé d'Olivet lui-même , 
la valeur des sons ne peut se déduire que de leur posi- 
tion d^ns une syllabe, et- de lAirs rapports mutuels. 
Mais telle est la force do l'autorité qu'imprime a ^scs 
méprises mêmes, un homme justement célèbre, qu'( lies 
sont répétéesfans examen par tous ceux qui marchent 
^ sur ses traces. U n'y a point de prosoaie dans laciuelle 
, ne selrouv^ consigné enietc le principe dont il s'agit. 
Je crois eh avoir démontré la fausseté, et je Técarte 
de cette série do règles de prosodie. (Voyez la détini- 

tion de la prosodie, page 187.) 

k m» iiÈCLi:.. 

f ■ 
Peu HYllabiH fonnéea de l'a, Invctriablement hrves. 

Abetabs. — Toujours brefs, suivis d'un son mas- 
cuHn ou la (in des niols. y^b-cès, âbs - tincnfe , 

Achàb, : * . ^ / . 

Ac. — Même i^lc. ^c-ieur, ta- bac , s<w y (ne- 

trac; en général t<)uU5 syllabe dont la dernière voyelle 

est suivie d'une consonne finale qui ïiest ni une s , m 

\\\\ z , est brève dans tous \^i sous. 

Ad. — ^d'ju^er , âd-i^rsaire , Ba^ dàd, 

Ade. Finale toujours brève. - uiu- bàde, cas-code, 

casso-nâde, bn-gâde, sa-làde , pa-mde , U per- 

stiâih , il ê'ëifàde , etc. 






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KniJvfiAtr rnAiff: 



DE PKOSOBIE FRANÇAISE. 55 1 

Afo et aplic. »— Sans exception. u4^ràffe y ca-^rafe , 
epi-iàphe/ cic. ; 

• Afre. — Id. Ba-Iafre y sàfre. 

Aj^e. ^- Toutes ies finales en a^, à rexception de 
celles »|u^portent l'accent circonflexe, sont très brèves; 
at^an-tàge y ba-gàge , une cage , a-dàge , gage , il 
gage y mà^c , sâ^e y ta-pàge , i^eurvâge yil en-gàge , 
il ra-i^ûge ^ elc. 

A ^HC. --Toujours h\i\{,Bâgue y dàguey ilé-làgue. 

Ai. — Relaie j»énérale. Toutes les fois que celte 
voyelle composée so prononce comme un ^ fermé, 
elle est brève. J\u , je sais y jUii-nHii y j^aime-raï y 
ai-nie y aï-maùle y vie. 

. Aigne. — Brel sans exception ; Il se baï-gne y cha- 
taî'gne j il daUgne y il sQÎ-gne ^ etc. 

Ail.—" Ilè^lc applicabhWi lous. les sons: quand un 
ni6l' finit par un / mouillé, la syllabe est toujours 
brève. ^U , erenkiil , per-meil y a-i^rïlyfe'nouîly 
faU'tauil , etc. 

Aillet y. aillir. • — Même loi. J\iaîllet , paîllet y jaîh 
lir y assaillir ^ <;tc. ( Voy. dans la 3* section la finale 
. aille). * • 

Ab — Au Commencement et h la fin des mots, 
toujours hviiï.^lcorany àl'chimiej ani-mâl, un bàij 
un bo'Càl y un géné-ràl. "^ . 

Am , an , aim , ain. — • 'J'ous les roots terminé» par 
une d(^es voyelle* nasales, sans consoune après ellesi 
sont bref» :,^4bra-hàm , ro-mun, courti-sàn , faifn , 
essaim , païn , bain, hu*main , etc. (Voy. la sôc- 






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i)i: l'iuwoijii: inANVAisr.. 



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NOUVEAU TfiuUTÉ 



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tiôb suivante ^ur les voydlès nasales finales qui sont 
«uivics d'une consonne). ^ „ . 

j^p. ^ Jnitial et final des motft , toujours bref : 
ép'titudej, iin cap , ha'nâpydrâp, • 
' Ar.*^ Bref paiement : àr-tifice , càr-tè , Cé-sâr , 
câTypàriàVm^iàr.i^ génlérâl, toute^yllabe qui 
finit par r, et qui est suivie d'une syllabe comniençant 
^r toute autre consonne^ est brève dans tous les sons. 
Ifâr-he > hàr-que , bér-ceau , mêuMner , in-fir-Jhe , 

ôr^re j oursin, ûr-gènt , etc. » 

Arde,arque.— Même principe : fcargrwe^ monarywe^ 

//«"e//*an?wtfy"etc.; hardes , moutarde , il tardé', 

^Ugàfde, etc. 

Aspe, arque. -Règle générale. Un ^ prononce , 
précédé d'une voyelle , et suivi d'une au tre contonne , 
rend la syllabe toujours hvè\ê:Jâs:pe, masque , 
aspire, burm-quéj funés-te , pis-te , rî^^que y pôs-te, 
brûs-^ue, injàs-te , etc. C'est la mériie règle cjuela 

précédente. 

\ Artfe..-Mémè principe que pour la syllabe ar. 

Oâr-ire ,mâr-tre yMontmâr-tre. ; 

Ax et axe. — ^Toujours brefs. u4'jàx , thorax , 

ïàxeL parallaxe, 

^aL.— On sait que V/ grec se divise en deux *^ 
dans^^, et que par conséquent on a deux syllabes à 
y faire entendre , comme A^m^ ayant , que l'on pro- 
nonce ai- la/i/, ou é4ant, La p'nullième, n'importe, 
^ qiie la dernière soit féminine on masculine , est tou- 
jours brève : ainsi, dans il paye, it bégaye , on d^t : 
il pài'ie, il bégâiie ; coiumc dans nou^ payons. 



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^■^Z -^ . 



1 DE PROSODiE FRANÇAISE^ 353 

nous bégayons y cjne Von \ivoi\oiïCQ pâi-iorts y begài" 
ions y etc. Cette règle est générale , et elle s'applique 
à tous les sons. 

' IV Règle. . / 

lies syllabes formées de Vu, toujours brèves, ' 

.' «■ ,. '* ' ■ 

On sait que IV a quatre motlificatioriâ principales; 
IV très ouvert , IV moyen , IV fermé et IV muet. 

Parmi ces e ^ il n'y a que IV muet qui soit invariable- 
ment bref, et il l'esl tellomonl qu'il est presque nul, 
excepté dans Ws nionosyllabas. . ^ 

L'é? fermé fisl généralement aussi, « l'exception àe& 
fmales en (?^ : au commencement et âft niîlieu des 
Uiots, il l'est sans rpslrictibn. "' 

La prosodie <le IV moyen vane sifiguliérement; il 
faut l'étudier, quant aux syllabes qu'il rend brevet y 
dans les principe» wuivans. \i\ 

.■ Enfin l'^tiès ouvert n'est jamais bref; et nous re* 
uiarquerons ici qu'à l'exception du mot éire,v^ovk% n'en 
avons aucun qui comu)ence |>ar un ^de cette nature ^ 
non plus qiie par* un^ muet. "^ 

Èb^èble? et èbro.—- ToujoursJfc»ref5, ^/rfôé^^ hiéhte-, 
funèbre j célèbre , ténèbres j été» • 

Èc et èce —Egalement; w/i iéCj açéc, mece^^èc^, 
h^èsce (légume). ♦ 

Eele , èct , ècte, ède.'~-Brei& sans rtstrictioii , siéelép 
suspect y secte y tiède ^ il cède , il possède, eto. Virv/^ 

Éé. — Deux é fermés de suite, toujours brefs: c^^ 



agréé ; 



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II. 






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NOl^XTBAU TRAITÉ 

URiA-rPrpnoncez touJQur» comme dans: on?/;;, chefj . 

^le — Bref sans exception : règle, seigle. 

È«i3e, ègre. - Brefs : bègue ycollêgue , il allègue, 
n^ré, intègre . -^ 

Èa,^tVoyei ai/.) 
' ÈîlJ^i^ Cette finale est toujours brève : bouteille, 
co^bi^jPermme , merçéille ^ sommeille, treille , 

pèUle.v ■..■■„ . ^^ ^ 

V &lir*în^*-^A la fin des mots : dessein, sein, peine, 

i^lmejpUineySèine, reine. 

Èl^ ^ Sans exception au singulier : autel, Babel, 

tmél, ifwrièl, éternel ^Gic. a.- 

Èm 4in,i la fin d'un mot, toujours brefs -, item, 

kymén j examen : et quand les consonnes metn, re- 

aoubUdi )firmm , dilemme , ennemi , ennui , solen- 

' 1^1 yfulil vienne, eU:.. 

èctre , èpte , èptre. — Tous brefs : spectre , inepte , 

UesÊcépkf, sceptre. 

i iBç|»e , ccqnc. — San» aOcent circonUexe, toujours 
bwfc: bibliothèque , il se rébèque, il dissèque, la 
Micqm^ , grecque. 



j;^/-4- TlHlies les fois que le r ue sonne |>oint dans 
cette fiLale , et que Ve se prononce fermé, il est bref: 
hergéri danger, verger i'\\ l'^^t aussi aux iùfiuilif» des 
verbesf, s'ils sojit suivis d'une consonne; aimer la 
pwmJnade j pstree que dans ce cas^ 1'* se prononce 

fermé. ■■■ ■■■•■''^';'' -■'■■■■ ■ • ■■'■ ' .-■ ■ ' :y. 

Èfbe, èft5«, èrWiènJhe, èrcle, èrde ,irdre, èrtre. 



•V 



e est bref dans toutes ces iïu^&fyMrbe , con^y 



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DE PROSODIE FRANÇAISE; 355 

mérce, traverse ^ il cherche y cercle y qu'iljpérde^pêr* 
dre^ tertre. ^ . 

Es ge \ èrgue , èrle , èrne , èrme , èrpc. -^ Brefi sans 
eiception .asperge, exergue ^ perle , capéme, épidér^ 

me , serpe ; eÏQ. •. ; " ^ 

* ■ ■ j, ■ , ■ ■ ■ 

Es.— -f^oimarit la syllabe initiale d'un rifiot dotn-* 

posé, toujpnra bref: esplanade , espion ; il Peât auisi 

ail milieu* des mois : inceste ,j grotêsqtHf y ràodéèh , 

terrestre ; et dans le substantif ; èst^ nord est* 

Et. — ' Tous les mots qtii ne pf>rteiit point l'acdent 
circonfleiLe, sur Lt finale ^/^ sont bre's, bidét j, ôodétj 
follet y (plét y etc. , ainsi que dans la conjonction //. 

Enf, eiiil, eul. — ^Brefs sans exception an singulier': 
neuf y veuf H fauteuil y deuil, écûeily ji^itlk^ seuil , 
seul y tilUul y etc. i. 

Eur. — Au sini^ulier également : la p'eù^, labeur ^ 
le cùeûry vainqueur , humeur, honneur, malheur p, ^9^^ 

Ex. *— Toujours bref, soit au conimencement» au 
milieu , ou à la fin des mots, quand le » #e nrc^'opoe 
comme ks, ou gs : excès, exemple, AUxanare, séxê, 
perplexe. 



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Des èyllabea eni , conêtamment hrMH^ 






Ibe , ible et ibre« ^ êcribe y crible , bïbkx «t 'isimk 
tous les adjectilk en iblê > qui éotit «p 
bre, horrible, terrible, inpulcjMês^péniUêi 
fibre y libre, calibre , eto/ ,|^: ». j n ?, J -^--.n.v 

L - ■ ■ • ■ .-■ .'■■"•'' T'^^iX 







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55Ç NOUVEAU Tl\AITlV 

ïc êtïce.^-'^lambicyichneumon^pdrc'épïcj tîc y 
Euridïoe , bénéfice , il épîce ,^amnce , calice, etc. 

kle , icte, .ifle , ide. — Toujours brefs : article , hé- 
slalea; il dicte, il sijle 'y acide y homicide , peffide, 
il décide, g| 

le.— Bref sans exceyûon ^ prié , supplié: mais bieu 
plus bref encore, quand zV est diphtlionguc, comme 
dan», pied y amitié , mlontiers , miel', fier, pitié , 

Dïeù y etc. 

If. — Finale toujours brève j canif y datif y rétif, un 

if y actif, etc. 

' Igre^ igue.— Brefs éq^^Umeni: ti^rre y. figue , fat i- 

' gU0' 

II.— Toujours bref , soit cjue cetleJinale soit moud- 
léo ou non : cil y aPrilybabUyfUy le Nil y pU, etc. 
l'âge çiril y il parle y etc. 

Illc._ Syllabe mouillée, hvève: fille , il babille, 
grille, millet y ranille/il pille, clc. 

Ile. -Hormis les mois qui ont raccent circonllexc 
»ur Vi, cette voyelle est brève dans tonlos les iinales 
en lie: huile, stile y tuile , il pile , une unie pile. 

Ini et in.— Terminant un ujol, toujours brefs : 
Sélim, badin, divin, fin , et quand lys, consonnes m 
et n redoublent : immense , immoler , innot^er y in^ 

nocence, etc. 

Ion. — Vq^c/ l« s\llabe r)(ï. > 

J|»tè et iq0e.— riâialrs brèves : Egypte , barrique, 

tragique , boutique y il trafique , etc. 

Ir; — Xermiuawon de beaucoup de mois, toujoui-s 






'^^■^Mt^^tài. 



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DE PROSODIE FINANÇA ISK. ' 357 

brève : desîr , i^^enïr , pdlîr ^ avertir y etc., et ^jnand 
le r reclouble , irrévocable , îf résolu ^ irréligion, t 

Is. — FormanTOtte syllabe au commencement et 
au milieu des mots, bref égalcmeat : histoire , Aw- 
trion y_ disque y fiscal y registre, 

\\ et Ixe. ' — Quand le x se prdnonce^eomme ks y 
Vi est hre£: mixte, sixte, rixe y fixe y cic: 

yV RÈGLE. ' ^ 

. [ . . " ' . ' ^ . ' 

Des syllabes en o^ toujoius brèves, , 

■.*•■•■ ■ ■ * ' ■ 

0. — Tous les' nïots qui ont un o aigu pour syllabe 
initiale, se prononcent MJ^nr cette voyelle: obéir/, 
obus y odeur, odieux y hôtel, opérer, dt^ale,eic,^ 

Ob , oc , ol , op , or , ps.^~lls le sont également (ïah$ 
toutes ces syllabes quand elles se prononcent aiguës). 
accident, broc , sôc ; côq , obtenir, obstacle y Jacob ^ 
Job ;ô(factif,dol, viol; opter; optique, sirop, ôf ^ôrbitey ^ 
ordinaire y un cor, le for; oscillation y ôstentaivon, tic. 

Nota. Lrt finale» en OJ reutieni dan» la cinquième rigle Je b pr»- 
mi^l^• »eclion. * 



i . 



Obla et obro,— Toujours brefs: ndblêiï^nobh j 
sobre, octobre, opprobre, elc,„ ; .. . 

Ooe , ode, ocre. — I^oce, socle , ôcro, , vsv 

Œ, œu, oeil, œuf. - Sons comppttës, ^ujourt br0&| 
quand ils sont suivis d'une syllabe masculine « ou 
(jiiand ils forment un monosyllabe atf singulier ; ay<7a-. 
ménique, (kdipey œil yOBilladé y^œillet, un iufy un 
bœuf . . 



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558 NOUVEAU TRAITl^ 

Ogue, ogre. — Syllabes lirève» : dogue ^ drôgtie y 

ôgrCi 

ÔJi et ion, --7- Ces terminaisons nasales, sont inva- 
riablement brèves : raison, maison, saison, occasion y 
bastion , caution y nation y passion y ration y i^er* 
sien, etc. 

Quand Jes consonnes m et n redonhlèht après Voy 
cette voyelle est Ion jours brève : raisonnable y mai- 
sonnette y assaisonner , bastlônner y cautionner y pas- 
sionné y consonne ^ il étonne , somme y homme y pom- 
me ï comme y dommage y eVc. 

Qpo^ opte ^ oi]}m,-- Il galope ^ ii ôptCy il trôgiie. 

Ofbe, 01 ce, orde, ordre, orge,_orine\ Orne, etc. — 

Finales toujours brèves : l'orbe , de la terré y divorce y 

fdive, carde ^ mordre, de l'orge y morgue ,im orme y 

il Hme^ et en général dans tontes les syllabes qui 

finiasent \m r, et <iui sont suivies de toute autre con- 

âoinue. 

Ot. — Quand celle finale ne porte pas d'accent cir- 
conO&te, elle eat toujours brève : dévot j pa^ôt y rq^ , 

bat , s6t j eic. 

Ou.— MonosyllRbc et inîtial des mots, toujours 
bref, devant une syllRl>e masculine: ta mort où la vie, 
oubli y oûèst ; oùs , Ouragan y ourdir , outil , oiîtrer y 
ouvrir y etc. ; il l'est aussi 'à la fin des mots : b<imboû y 
côiàcçù ,fi)ûjjftoû. 

Oi.-JM^oncé comme oJks, bref égalflfrnent, dxide 

âmgànej Rdxelane. 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. Sfig 

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^ >,: . '' vil'' -Règle. ■ .^': 

V . . ' ■ - . . -^ . 

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' Des syllabes ïïrèpes en \\, 

II. — Formant la isyllabe iniHaie d'un mot, tou|Ourft 
bref : unanime j uniforme y union. Il Pest aussi à la fin 
des mots , au singulier, f^enu^ promu, perdu j etc. 

Lbe, uble, et ubre. — Finales brève». ÏÏjA^^ chûr 
subie , lugubre. 

tic et ucei— Du stuc y du musc y saint Luc y puce, 
aumûce y astuce. • 

Lde, uf, ufle. — Latitude j ràde^ inquiétude , le 
tuf y mûjle y etc. 

Oi. — Diphtbongue, bref. Câir , fuir j lui j nûitf^i^f 

Uni et un.— A la fin des mots, au singulier* bréft. 
Parfâm y commun, importun , An. , . ■ ' 

Unie et une. — Finales brèves. Il fj/imef ,^ il M par- 
fume y coutwne , une , tommiine , il impôfttthe^ il 
S accoutume, . ^ ., 

\ ' Lpe et uque.— Ménio r^le. Dàpe, mOquê , Jl 

édûquè. 

Us. • — Au commeneament et au milieu des moti, 
loujourt bref. Ustensile y i^iionTpétûêt^, débùê- 
quer y Auguste , bàitei ( Voje» la syllabe aepm ). 



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NOUVEAU TRAITA 



IIP Section. 



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O^* àjllabes qui orient dans leur quantité^ et qui 
^Ql^rerjt des exceptions ., suii^ant les divers mots 
auxquels elles s'appliquent. 



f/fr- 



Syllabes formées de F A. 

Alje. — Long dans ces n)ots : arcWe ^ crabe j^s- ^ 
|/t)/â^. —Toujours bret dans les wtres*niots; syl- ^ 

'i- làbe, ... 

^ -^bl«, v~ Long dans la, plupart des jiibstantif^^ 

fâbJp y diable , râble j sâbk, dt-dans ces verbes : if 
accâbfe, ie m'ensâbk /U hâbfe,-^^ 
Iç» 4i«cll^s '.^^^^^^^^ coupable, raisonnable , et 

dans Wdeux substatilife , table jetable ^nous pensons 
que c'est à tort que l'alibc d'Ôlil^et le l'ait bref dajns ces 

Ace. — Scnlcnicnt dans gtàcCy é,^p<7(*e , on lace , ^ 
défâccjf ênireliicel — Hrei dans toui les snbstanOfb et . 
iwJifictifs : face j 'gfike , audace} préface / t^râcê, etc. . 

Aobe. — Dans iàchis , tâchemeiit , lâcher^ lâ- 
cheté ; tâche ( cntrtîprisc J, tâcher y gâche , ^âchr y 
relâche y relâcher , relâchement ; je mâche , mâcher; 
il se fâche , fâcher .fâcheux,, fâcherie ; il rabâche, 
rabâcheur / rahâeher^^f^v^f^iir^ tons bs autres 
mot», tant subslairtif» que verbes: bâche , bâcher; H 
cache y ctUhcrs tache ( sonilbirc ) , tâcher ( sondier ) ; 



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m.t^tfiim> ktr. THAITIi! 



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DE it^OSODIE FRANC AISi:. _ 36l 

il attàcfw , attacher y hache y hacher ; U arrache j 
arràcJier y qu* il sàùhe y sachet ; i^àche , etc. 

Acre. • — Long diins acre ( piquant ) ; aâcre (oiseau). 
— Bief dans les autres mots : acv^ ( riiesure de letre) , 
le sacre ( d'un roi ) , il consacre y diacre y fiacre y po- 
làcre y nacre y eic: , » 

Afre et affre. —Lonj^s dans offre ( frayeur eitréine), 
les affres de la mort; et dans haffre y bâffrery iâf- 
freur, ►— Brefs dans tous les autres mots: balafre^, un 
CâfrCy sàfre (minéral), etc. ^ 

Aguô. — Long dans eea de|iic roots : je gagne, 
gagner. '-- E^s tous lés autres mots, cette finale 
est hrè\Q:bagne^câgne^ compagne y Ckarlemàgney 
Espagne y Bretagne y montagne y gIc. ^^ 

) Ah ! aïe !^a! — Interjections généralement lon- 
gues: mais soumises néanmoins, quant aux degrés de. 
leur valeur, aux sèntimens de joie, de douleur ou do 
. surprise qu'elle^^xpriment. 

/Ai. T- ï^rc^nani le son de IV moseoHi'aUoage un 
peu devant une syllabe féminine: j'aime, et se pro- 
nonce tout-à-fait long quand le. Mil est ouvert, y^ 
traîne, ( Voyez la •syllabe aine ). *— Il est dottteui h la 
iiu des mots au singulier, f^rai, easai, remblai / bo" 
Jaij ctc, , j^t bref dans les mots où il est suivi d'uiio 
syllabe masculine: mâiêon, iâiion, riUêon , à tmkm 
qu'il ne porte raccfnt cirGOTi^ie,6oninie dans mai$M^ 

Aigre. — Long dans màign, selon I'usag0 OQtuiA« 
• — Bref «Uns les autres nhoU i otgiiÊ , pmatgfè y el 
nriéme dans nèaigre, selen l'ablié d'OUv«l#pvl^* ^ -Hn^' 

Aille. •— L^g dans les subatantih ; eâiile (uiseatf), 



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/3fiîj NOIIVKiLU TRAITÉ 

canaille y mai//^ :, muraille , paille, taille y rocaille , 
semàille, etc.; et dans le» verbes à rimpéralif et au 
subjonctif :^w^7â//Zp, qu'il fàill^yqu^l détaille , 
qu'il émâille, qu'il taille, elc. — Bref dans les 
•ubslantlfs : médaille , bataille , et dans lindicutîf 
des verbes : il détaille, jl émàille , il travaille , il 
bâille ([Vour il donne ). 

Aillé, ailler, aiUis, aillon. . -Longs dans débraillé, 
radier y raillerie, railleur, bailler {ox\\v\r la bônclie), 
bâillement, bâillon, tailler, taillis , noiis taillons , 
rimailler, rimaillons, un pén ai lion, hâi lions. — hvc£ 
dam médâiller , médaillon ; déMiller , nous détail-:' 
lon$i bâiller , nous bâillons ; trai>àiller , nous ira- 
pâillom; batailler, nous bataillons; émâiller,nous 
émanions^ 

/iin(^.,^J}mshâitie, chaîne, gaine, il trâine ; 
et dans leurs dérivés, même devant une syllabe mas- 
culine : haineux, enchaîner, gâinier , entraîner, 
plaine, aâine^ vaine, etc." — Douteux dans les autres 
moiM \ fontaine , capitaine , labbé d'Olivet les fait 
bref» à tort. 

Airit.— V*»yc» le» syllabes anc , and , etc. 
Air. ►— On opnnatt la règl<i (|ui fuit longs tous les 
fJurielijOt qqi doit faire prononcer aire , chair». -- 
Ca» mot», au ftiofliiner, sont doutcui ; air,cliair, 
" éclair , pair, tifi- v 

Ait I ftitè. -^ ÏHn» ilplaU , il parait, il connaît, il 

, haU , U paU y il w repaît , faite ( sommet ). — bref 

dën» laU, aitrait , parfaU, il fait , il était , il at^aïl^ 








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"^ Dlv i»RÔSODIE FRANÇAISE* 365 

// aimait , faite {du \ erhe Uro)^ parfaïfe , il al- 

laite y etc. ■ • \ 

^lIo, allô. — Longs dans hàle ^ hâler , hâlage y 
pâle, pâleur , un mâle, râle j râler. — Bref» dans 
tous les autres mois : halle y une malle y morale, 
cale , calebasse , dédale , finale y Omphàle, la gâle^ 
Aumàle/annalesy il empale ^ il est sale , saleté j 
Tantale, il auàle , il Uétâle y scandale y etc. 

Auié, amme. — i Longs dans âme y infâme y Jlâmme, 
il enflamme y et dansions les prétërit» en âmes : nous 
aimâmes y nous troui^âmes, etc., et gënëmlement 
dans tous Us mots où Ta jforte Pacbcnt circonfleie.- 
— Brefs daiis les a utr^ finales : dâméy làmeyjg^mme, 
ëpigrâmme , rame y trame ; ainsi qije dans les dërivës 
àe flamme el d'infâme y où le son la e§l suivi d'une 
syllabe niasculiiie : enflammer y injàmie y infàmarU y - 
diflf&mer, diffamant y diffâmationi 

Ane, anine et anne. — Longs ilansles inoti| suivans : 
âne y crâne , dâmnable y damnation y damné, je con- 
damne , condamner, condamnable, condamnation; 
de la mânne.. - Brefs partout ailleurs: basànê /car 
bàne, canne ^ il se fàne^, diaphane, organe ,^ il 
tanne y etc. - 

Ane , and , ang, amp , atit. — Lêi terminiitona na- 
sales, suivies des consonnes c yd ,g,p et Ij sous quel- 
que son que ce toit , §6 trouvent en trèa grtrtd fiombrv 
dans notre langue. On peirt ramener leur prosodie il 
ce principe gênerai : tout mot, iiini ^inin4, Jpm 
substantivement on adverbialement , eat biref dana^ aa 
finale -, tandis <iue les adjectifs et les Ti^rbea ont celle 



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564 NOUVEAU TRAlfï^: 

même finale loilgiu'. L'abbé d'OUvet en donne un 
exerMple, sons la syllabe a/î/^ qui nous auloriseà |iOscr. 
ce principe; il cilo. le mol cofnptant: employé comme 
gérondif, dit-il, il esl, long.'/e me suistroTtipé en^ 
comptant de l'argent; et il est bref cjn^md on l'em- 
/ ploie comme inbstantif, ou comme adverbe : il a dfl 
comptant j j'aime à payer comptant. 

Ainsi, prononcez lon^s les mots suivans : grand y ^ 
il est franc , il est puissant ^ il est aimant, un re- 
proche accablant y commandant une armée , con- 
quérant un wyaume , fabricant une calomnie , in-^ 
trii'ànt sans cesse . un enfant méchîint, mandiânt à 
la porte j etc. ; et brefs les mot» banc , JJànc , un 
franc j brigand ,. gland , gànd , étàrvg^y rang , sang, 
camp j champ y aimant {y\\\\wx\\\) , dmàrft , autant , 
un calmant^ le chant, un command(iftt , un con- 
quérant, le couchant , un fabricant , un instant, ïm^ 
intrigant , un penchant , etc. 

A pe. — Long don» râpe , râper , râpé, • — Brtf dans 

Itts antres moU : agapes, le pape , la nappe , une 

trappe, il atêtàpe. 

Aipio, uc(|iiei». — Don» Pâques, Jâiques. • — Brel 

dont barâq)u' , il braque , il attaque , etc. 

Ali, arri, — l^n^ «Ion» Marri, hlquâm, Hourvâri, 

Pâtis (nom fabuleux). - Bref dons tous \vh antres 

nioU : Atari, Marie, Pàriè ( nom do vilk) , un 

pàrijeiQ, 

Asie.— Long dans les si|l>sUntiCi .basse , bassesse ^ 

casse , classe , échâs^e , passe , nasse , ttisse , savan- 

tâsse, châsse (de saint), masse '(i\\\ jeu}-, xlans 1rs 



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' DE )nu\souiii FiiANçÀisK. 565 

•.adjectifs fennnins : basse , grasse y lâssê ; (lansjes ver- 
Ijes , j* amasse _, enchâsse y casse j il passe j campasse , 
fasse jCl dans leurs oouiposés; enlîn dans la preiuiére 
el la seconde pcKboniU^du sin{^ûlicr, et à In Iroisfôme 
du piuriiii, toi minées en asse ^ as^es y asseni ; »{\ »ub* 
ÎOiicù^: que J'aimasse y cjue tu aiffiâsses ^ qiéHlam- 
massent. 

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Tous ces mots cou^orvcnt leur fjuantitc , lors même 
qu'au li^'u dô la tf^rmuiaisotjfeuiinine , ils on cousoi*- 
Vent imo masculine: r//âA\s7.ç^^;<'75.ç/'/'^ casser yPnchâsser, 
etc. •- lirérdaus tous les autres substaulifii, châsse, 
chasser ( au rcnani); masse ((rhômnios), elc, , dans 
lu premièi'crt't la 'seconde personne du pluriel de l'im- 
parfait du sujjjonctir: que nous aimassions , quçvoua 
aimassiez. • 

A t. — Louf^ dans ces 8ul)sfaatirs : bât y porter, le 
bât , mai , appât , dè^^ât , vX dans les troisième» per- 
.souncN du singulier de Pimparfait du subjunctif: qu*il. 
aimât , qu 'il trouvât , qu* il parlât , etc. — » Brçf dans 
tous l<\s auties substantifs prononcés aveo Ta aigu : 
combat , ai'ocàt , état, mât y de l*or F^àt, écheC'Ct* 
mât y achat, ap/x/rât, attentât, contrât, éclat , odo- 
rat , sénat, so'ldât, 4tc.; dans liis adjectifs ly^/df^yaZ^ 
ingr/tt , et à la Iroislèruc; porson?ie du prëieiil de I in- 
dicatif :/7 *f /;ri/, // ro//i/>ri/. 

A t*; , atr's.' — Iahi^ ilaiis , hâte, pîite , il gâte, inâte ^ 
il démâte , il tâte^atc.^ et il» us le» •equiides pcrsoiiiiet 
<le riudicatif toriiiiiiées anales: p^u§aimâkiSp f/àtêê' 
parlâtes, . . 



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NOUVEAU TRAITÉ ' 

|i«TA. Lat pr«l»im m6u cob^rrrent leur quantité dans t<Hi^ le. c*. : 



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iliref dans tou* les autre» c»h: qu'il bâtie, qu'il corn-- 
imei une ddtfe, une agate ,uhe jatte , natte y il 

tjtiêyla.râte. ,, 

4 Aire , attrc. — Toujonis longs : marâtre .albâtre, 
^ l£,%ce\^ié, quatre /battre elsQS.(\én\és. 

Auet,eau.-Çe&oii identique çiuatit à sa modification, 
doit être étudia dans sa quanlilé. Nous allons le consi- 
dérer dans, ses différentes positions. A^ 
Obaervez d'abord qu'il est grave dans tous les cas, 
i^u,— .Article, toujours bi'ef: au temple^ au Sei- 
gneur, r . '"■:■, 

Foroiaiitiine^yllabe au commencement et au milieu 
!deft nioU, long quand U es^ suivi d'un son féminin : 
aûtf^ j restaure , restaûrerçt ; aube , faute , gauche , 
il saute, ^j30Îi/& /etc. — Douteux , quand il est suivi 
d'ui^ son masculin ; audace y aubade , autel, aucun , 
épauler, tarauder , restaurer y eXc, C'est le sentiment 
ie l'abbé rfOli^et : néanmoins l'usage actuel paraît 
avoir fixé la prosodie du son au devant un son mascu- 
lin, en lé fcii«int loujoiirs long. 

Quand aw final est suivi d'im d, d'un t ou 4'"n x, 
^toujours long: chaàdy haut), un saut y faut . taux, etc. 

Eau*^ Monosyllabe toujours long : de Vcâu, beau j 
0© dernier mut conserve sa prosodie devant un sor 
masciiiin Vhéâutoup, beauté. --i:iy^ï^^'\\ est final, 
% douteux : tpmlfead , coteau y bourreau > carreau 
^h^ùUytn^Hibh^l^A^ïifkPaiU, 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. 



Des syllcibej jhrméesMe Vb, 



567 



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Eau. — ^ Voyez au, 

Eche. — Toujours long dans ^ mots oh Ye $• ptor« 
nonce très oui ert, comme àsàtif^féclie y lèche , g^fiê- 
che , pèche ( de pt)isson , fruit ) ^revèche^ il empêcha, 
U dépêche y prêche y etc.;— Bref, c^uand tV fe {ircoQuce 
moyen , coin uie daiis ; calèche ^ Jléchè ^ flammèche ^ 
ùrecfie^ sèche ^ brèche j on pèche (pour faire un pé- 
ché^, etc. 

o Eflfe. — tbnjy dans greffe, — Bref dam grèjj^er. 
) Efle. — ld\ dans né/te. — Id. dans //t^,j v, 

Ègne, èigne. A;^ D^ns régne, duègne isAon l'uls^gje 
aclnel. -Bref, dans pèigney il enseigne ^ quitcèi^ii4j 
qu'il enfreigne j çuUl feigne j etc. , * 

Eint.*— Voyez la syllabe a/i/. ,! ( 

Eitre. — - B^m rèitre : c'est le seul mot uium ier? 
miné. 

£le. — Long dans les mots où Vé est ouvert : poSle j 
frêle, pêle-mêle j il mêle, il se fêle, il mèle^U 
bêjle. -r- Br<«f, quand Ve se prononce xùoyi^inMlèSB^^ 
zèle, il gèle y et <&us tous les mots où 1'^ esî mtn 
d'undouUe//. j » ^""^ 



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. Ëme.«-^ Dans presque tous lés mpts : baptàm^f ^'ifj^ 
dême, blasphème^ carême, m§me ,. suprême » tfiémek 
-*• Excepte dans ije sènwj il «iTiTi^ifii)!^ 4'Olîv0t k; 
fait douteux dans crèms mais dan» i^UM^f|pi^ 

Ene. — Long avec Ve cLivert içhi^^^^éMsm 



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NOUVEAU TKAITÉ 

gêne /alêne, fiêne, rêne y arène , péne^ ^ Dou- 
lilît^mfesnomspropresiiDM^ <?^e. mais bref dan^ 
MàntxeB: phénomme , il se promène, il mène , etc. 
ilIliV S0 prononce peu ouvert. ^ / 

>^rElit.-^yoyei la syllabe a/2^ - % 

*Epe, èpre.>-- Dans tous les mots : guêpe y crêper ' 
i^resj étc: — Excepté le ^eûl mot : lèprç. \^ 

.fin — Long quand il se ]5fononce avec un ^oi^ert: 
fêr^enfêr, mêr, i^êr, hiver, et a l'infinitif des verbes 
quand le r final se lie avec la voyelle initiale du mot 
suivant : célébrer avec vous, — Bref, quand Ve se pro- 
nonce moyen :L^ci/ër, Jupiter, éthêr,^ cher y 

clerc y etc. ' 

Ert. — Voyèat la onzième règle de la première sec- 

. lion* . ' . ■■■"'■ \\''' , .,f ' ..'^ ■ ■" « ," 

Err. — Très ouvert et long dans terre, guerre, 
tonnerre, il prie \ perruque , ferrer , térrein , nous 
terrons. — Douteux dans guerner, terroir, terrible , 
atterre , ' derrière ; fimrière ; IV estr moins ouvert e| 
bref dans : terreur, ërreut, errant, erroné, errata, 
où lesdenxr se font entendre plus fort. 

Y;^^e,^\jx^xï^ i\^ii^,abêsse, ^professe, confesse , 

presse , compresse, expresse , cesse , lêase , on s'em- 
presse, ilpf^sse. ^- Bref dans tous les autres mots : 
caftasse, paresse, tendresse, allégresse, la messe, 
, promesse, ânésse, altesse, princesse, détresse, etc. 
i Ele.^I.ongdan» ^»^,:p/^. honnête, et dans les 
kulrës triols dont orf^ retranché \^. — Bref dans les 
autres mois : poète , houlette , vl^ êtes. Ce dernier 
long ou bref au ^ rendes poètes. 



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nots: 

lèsse X 

te. 

ns les , 

IIS les 

eriner 



Êtf e. •^ Long cbbs toù» lot mots qui porlwit Ato* 
cent circonBexc, et qui se prondàceiit avéo-àn ^ <Ai- 
vert : ^rej^j^^^^^^^^ Bref «jhnieièi oh 

JVesl moyen : Upénitpe, dUanjiét/wy&mmM^^HQ. 
V Eu. --. Ce WMi co^njvosë fornie uneiyllabf Jiu 00^ 
tnencefoeiH de quelque* ittétej «fana ce èw^li^ést^im^ 
jours bief : Europe ,Eurot as , Euripide , eÉ^Omme y 
Euménides , Eucharistie^ heiir«(ux, ^ ^ 

Il Test aussi à la fin des mote au singulier, eomme 

^^f^--oir,^J^^^^^ 

, ^/feP^îe^coprs des m9ts:<^^^ 
jeuci meuble meiU>ler^^ufre,^^^^ 

iralitç, peuple, pfûplier J^reu^ , pléu^t . une 

deuxièmement, feutre, jeûner, Si^ûm^mtèmi*. 

giàrieiiàétnentjUc: ^'^•*^^'**^l^'■'^'^^p■^'%;w ' 

tous les wli^ mbt^ ; 5^&j, 1^ ^ 

- Eunèi^i^oug tfau^ >fei^?f abitJrfenèeî}^^^ 
Jeûneur. — Bi ef daBt>iW|yl%)|p^^ 

rm attendre : iiqrnvem dans nnê'àé^èfitéÊi^àm 
fiUe majeûte. (Vdyez la*to^ i4^)«#^|)i||^î^^ 

" ■■ ■' ' '*e*# ' -1.» ^•^"•«c '"".♦''^ 

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:,^\mU\ #.Wei|4fft«Wl'^*f« :M parla. Mftehfwv en- 

^^4^tQUB4e»'W>nf« dece» clerniers verbes— Dob- 
.i*l^»rd»*vilw •uto«8imOt.*/«'«, brepey il acheté ; 
.,**iteb'itf.«!loh. Pabbé-d'OHvet, dan#fwW flfe compli- 



»Mi«ioi)-, ■•''!!";;?'!- '^^' =^''" ■ ' ' -^ ' 'i ' . 

J^*îg^s^i»:^«>Wg'^'ààas.*%r/ï/'ô64»> , il s'afflige , se- 
l'Ii^'PiiS^è i6Wèl;'1felllië d'01iv«l lescroU doulèax.^ 

*''^> InTe;">--^X6ng'dw^^ abîme, dîme, et dans les pré- 

tériU^éfi"» : f»ofM dîmes, nou^, i^imes/.rtou^p- 

*i^;àc:^'Brefd8i(iViou»les autre» tnpts^: ««« /i^^^j 

•1^œtS«li6 eVdan. tous lea «djeclife et verbes 

'^%, qu'il ^rtît, qu'il dit. - Bref partout ailleurs 
m^u\ défit, ci-gft' "" '»» ^ "^ (»«<ent de l'iii 

,; ,1 J^e,^iK)ftg dào» hdnUe^ gîte» ^Ûa^et dansle» se 
"■fi^ldtai JHOTPHPW de» verU» an préléril , pous fites 
'ifl^«/*ï«f«ji !«««>«»*«• "^ Bref dans tou» le» auln 



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lïmey 

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illeurs : 
ie l'in- 

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blesse- 

fiim) 
\ auires 






BE PROSODIE FRANÇAISE. S^l 

mots : hermîteysîte, maudite^ petite , eX au présent 
de l'indicatif : vous dites j etc. i v ' n-\ . x 

Itre.^ Long dans épîtrej régître ; U enrégîire. 
— • Bref dans les autres mots : mitreypHre, Un Htny 
sel d& niirej et' même dans registre j qaand 6a Vééit 
et fju'ori Je prononce avec le s» - ) ^ ^ / j 

Iv6.— Lonj; dans les adjectife féuiinins, dont le ihis- 
culin est en if^ ^i^e,f 041 twe,lascît^e.~ Breî d^tÀ^ 
tous les autres jnots : la riue^ il dérive ^ lessive , en- , 
diue . etc. v^ , ; 

Ivre. — Long dans vivres, suhstafitîf. •-^ Bref dans 
les autres mots : il livre , un lîi^re y i^iyre^ ivre. 



Mv 



Des hyllahea en O. 



Al 







gne y et dans la rogne ( rha^adie). . . ^ r;^^ tf # 
Oî. — DîphthôÀgue toujours loo^e quàn^Étci! 

Mr. 



O. ~ Quelques mots seulement se prononcent av6^ 
un couvert et long au cômmencèrtient. Tels sont: d^/i 
ôsér, osier, ôter, hôte, ^ Cette voyelle est aigué W 
brèye partout ailleurs. ( Voy. les syllabes fornte^^^ 

- Obe ettwfo;-^ Lonès dmi globe, lobe ^ je ^^Im^ 
Brefs dans tous les autres mots : il dérobe j une rë^^f 
ôdeyépôdêi épisode, antipode j mode. ^ ^ , v ' f 
Oge. — . Longdauè £to^ { de Ve^iise). — Bref dl^ 
autres mots : // loge, une lôge^ il's^àrrôge, lai 
éloge y horloge , ildérôge^ etc. .' ' ^ # u ,-/î 

.Ogne. - Lo«g.daus> nôfe/iw. -^ Brerpa»fe#î^:p::;;' 
l'eues : besogne y je c^ne, charrÔgne , trii^ ^ jùi^^ ^ 



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rîiOVVEAU TRAITÉ 

jî^ ^.^PoMtcux, aàns cti être suivi: foi > 
A t^ ymd, emploi, eic. ; - 

^ ^^|jto,^Fiml. -^ Douteux. AÎoin > /o»/»/ ,«^^^»'». 

^^ 1^ pçmi y pourpoint y il enjoint, etc. 

(Vçiyc» la relaie desl s3fiW>e8 en «wf). 

jKl^rm^^^ poujvoir, dévi- 

^, nôfr, espoir y terroir y etc. . 

: yNjQit.*-rLopg dans^ */ croi7 (du verbe croître). — 

"Bref dans ilcroilt{do croire) , /7 boit, H doit, le doigt, 

ml^toït, endroit. , ^ ^ 

Oite, rrrJLpng dans boîte (ustensile m couvercle ) , 

boîtier, — Bref dans il boite , moite , etc. 

Oie. — Long d?ns drôle, geôlç , môle , rôle, con- 

ir6le, il enjôle , H'enrôle , il i^ôle ( pour il dérobe). 

-^ Rref dau» ious 1^ autres z^^.oboLe , symbole, 

^lï^e et one.—Longsdans aumône, atome, axiome, 
fà^fême, dôme, vône, matrone, trône, prône,Hima- 
xo^.— lircFs dausJîomc?. gnome, Pétrone , poly^ 
^^,^t dans tous les moU ou k p» et le n redou- 

Osso, ^ long dans grpsse, fOssC) endosse, il aé- 
sôs:^f„ erigrôsse ; et même avec la terminaison mascu- 
liue vJQSsé, endosser, grosseur, etc. — Bref ^dans 
tous les autres moU. bosse, crosse, rosse , Ecossç , 

carrôssCp \ • * 

Ole..-PaMS hôte, côte, maUôté, j'aie ;mèmt 

t avant ï« syllabe inasculine dinnl» ces trois dernief s mots: 

. cô$^^ maltôlier, oler^ dans hôtesse , Pent^cÔte.^hrei 



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AmhUtel, hôielhne; n déie ^ déê^e , ilmbâtel 
aîosi que dans tous les inots M^Xb t redonMe. ' -^ ^ ' i 
Ouce; — Long dans c/ofi^é 6t sès^^Vës; douceur^ 
doucereux , doûcemmt -r Bref dans laâ autres mots ; 
il se courrouce,^ . , ■;.; ,. ^^v;,^,J^ ', auw,: ' . .;'■ 
Ouclie. ^— Long dans loucha , hûcher , doûcié, 
— Bref dans bouche, il. boucha , wwitAe^ soûchever^ 
une moûclie ^il se mouché; une toupkf, if tçiuçh^^ 
w«^ couche j il se couche , accouchement, faroâ*< 
che i etc. ' * v » 

Ôude. • — Long dans soîule (plante), il suide ^ 
souder.-^ Bref 9ill<iMfs : i^ A<i44<jf(B , /^ coâ^^^ ctCi 

Ouille.— Long dans dépoûiflej dépoûilitr,ifqî^j 
fouiller j houille j hoûillière ^ poûille j poûillm^^ 
poûiller , rouille , roîiillerj rouillu;re, souille^ soûil-- 
1er J souillure, — Bref dans */ biçirboiiille ^ il bre^ 
douille y il el^atoiiille , qUHl bouille, gargoûi^k j,^ U 
grouille , Use mouille j quenoiiille^ patrouille ^'ùic. 
Oui l ouïe,, — Longs dans. 40»/ où saoul . soûler, 
mott/^ J foule, il foule J if roul^, il é?nt>â/!?. •— Breft 
dan^ boule y une poule, il coule ; et avec la terroioiii- 
son masculine des verbes moulu j foulé j écnm^'^ 
rouler.^ ' '* ^ '"'' ^^^»^^ .-.^\^ ^=^ J..U ï . .iX,^ ; , 

" Gui'c. — Dbùteiii dans Sm^ow/fe;, ils com^à^'i^ 

Ourre. 7- Long dans £oâm^ tiôûmf^ ^M^ÉI ^^ § 
il fbdrrê, toîttte yfbiirtage , foi$rt0g€Hymlk^i 
dans ces mots, Si fa syllube qoi^Stfit itt^ IjiifOt^ 
coumer, btiÛ^wùl^^^^Sitiàtfa ti«^^«ii7«%A 
rasquei àoûmfêi^;Jçihnke^fiArrii^ 
nourriture J pourrir jtio. ". ''^^^«^^<^îf4*lM^^^^ 






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lO^ssei •— ILpng d^m pousse j pousser j il tousse^ 
Umsmy n?Ô«*^- — Br^t <l?n^ tous lop autres molle 
h^msé^ mousse y rousseur: /^ , 

. Outtc. — Ne confondez pas la prononciation des 
xxïo\^ goûtle , il dégoutte , avec il <^oûie\ il dégoûte; 
lea^ prosodie varie comme leur si{U?iticatic>n , et il 
importe de la faire sentir. ( Yoy . le tableau des homo- 

nymes, p. aasi). 

V . Dea syllabes fonnées de VU. 

Uge. — Donteux ihmjuge , refuge , etc; mais bref 
quand la dernière syllate est masculine : y wgier, reflâ^ 
gier. ' \ ■ \ ' ;■■■'■••; 

Ijle. — Long dans tout le verbe : brûler j il brûle. 
^ Bref dans tous les autres cas : ferûle j bascule , il 

recule, 

tJroes. — Loîig , sans exception , dans les verbes au 
'prétérit ^èfim: nous fûfnes ^ nous reçûmes y nous 
aperçûmes jcic, — bref dansr le %rbe fumerj tu 

, Ur.V- Long dans cfwr,mwr( parvenu en maturité), 
sf^r ( certain ). ^ Bref dans m^r ( muraille) , pur y /?w- 
f«(^.^ir ( préposition ). 

Usse.— Long 4ins le» verbes au subjonctif: que je 
nçû$ae, quejfi vécusse j que je fusse y qu'ils accou- 
nw^/i/. — Bref dans tous les s^l^stantifs ( voyei uce 
^dWsia«' »«ction)^ qt dan» quel^ues.nQpa» propres : 
la Prusse y un Masse. », .^.vv * 



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DE PROSODIE FRANÇAISE. JrjS 

Ut. — Long âamffit ( tonneau ) , Bffùt , et ses dé- 
rivés -, et dans tons les vérités au subjonctif r qu'il bût, 
qu'il fût y qu'il vécût. — Bref dans tous les autres 
cas : un bût y çLèbût y et dans les verfccs à l'ijndicatif ; 
il fût y il vécût 3 ^\À? , 

Xie, y^Xei. ~\jon^ ài^m flûte y flûter y Jlûie^ 

et dans les verbes , vous reçûtè^j yous aperçûtes^ vohs 

fûtes , vous dûtesy etc.— Bref partout ailleurs : A/wfey 

bluter , blûteàu , il bute , buter, et dans tous les 

mots où le /redouble. 



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'ms motièris coOTiiNtiEs ïuiw CE mîrt^ 



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IWTRODrCTION. ........,•.,, . . . W^ 

De la prononciation des voyelles et des consonnes Jt^ ' ♦ 
nales 'des mois français, dans leUr. rapport avec ^^ 
' les voyelles et les consonnes MtSaleâ des mots *itf« * 



vans 



• • • • •• •■• • • • f •'•''f 



Principes généraux . . . , ..•.%' |r 

Chap. !•% Qe Vempioi des voyelles finales rfwiiii *^^,: 
d'autres voj-elUs* . • • , 



• • 



•' • • t> #'>' • 



Mir''» , J 



«1 



Z)cj voyelles «fui se prononcent devant éPàuirtê^ '^^ 
vojrelles. *_•....,.',, .' V V •' ^V^rt:.V '''^ 
Z>«?j voTtf^eir ^ui s'élident devant d'Outrée i^^jM^^^ l8 
Desvorelles nasales. • . . , < , . . , ; .' . . m 
De la manière de lier lès voyelles nàsaietl 'i\ '\^\ ' ^ 
Des voyelles\na$ales 4fut né sOtifrent pot de ftotew^ v 

et de celles tfuUl/aut lier* 'w^'w*^^' • " • '; ^ v;v^'»\* ^*^ét 
Chaf. II • De Vemploi des voj'eUesfinales devant U$> ' 



',i)s. k 



consonnes initiaies des mots suivanti . . . ' s%\ 
Chap. m* Du Vemploi des consonnes finales de¥aiU ■•^' 

Chaf. W. OePentploi des consonnes finales detàsU 



des vffyellesé ........... , , ^ . |§ 

Chaf. ^DiribNiviL. />fi mots français ^ui ont nu **. 
h /K>ur initiale, et de la manière d'employer avté cf •'"^ 
caractère , les vojrelles ou ks^^onsotmes fitmlm ^'^^^^^ 
' mots ^ui les précédent, , . . . '^ % / . / / j i ' tfg 



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t^^ure en vers , figurée sUt^.ant les principes de la lau-^ 



gue écrite et delà langue parlée 172 

ChA'* !•'. ^ langue française a^t^elle en tlle-mcme 
les principes d'une prosodie régulière et suffisant' 

ment caractérisée ? . i85 

I. Que doit 'On entendre par la prosodie d'une langue 
^^{m^l tn^'est, l'objet ? . ..-.. 4 ...... ^ i88 

Xi*De-Vaccentprpsodi(fUt; des syllabes^ • .♦ < < • - *90 
III. Ùe^^li^^qji^antilé» ■, , , , . . .^, r ,. »»;.^ . . \, , aoa 
HistôirAdp l(\.fqrmatLo(i de la langue française j sous 

/e rapport^, 4^ S(^ prQ^odii(:^, ,. ^ ^ . , \^. .. . 2U)4 

Ç0AfLj|.I^ i5e (a prosodie cpnfi((t^rtfe ^dc^ns, ses rapports 
,, ayèclaj)rpi\onciationJrar\çaisi^, , . . . . , . . 

I, De Ijj^ p^'çsodie ^dans sef rapports^ ityvc ufw prqnon^ 
g^iatiqn ^granunaticqlement régulière. • . .* . ». 
lL.^^^jl0^^o4^V3 dq^ns^^s rsppQrts avecla juste ex- 
js pression des idéjes*^ ......,./.. ....... , 

pl. Dji^k^ pfqs^di^ dar^s sç^ rt^pporls aveQMne prq- 
' ^.nonciation harmonieuse, , • r. ••Vè . 

...V" •«,*. • - »»/. " 

^pAP. ^IJ. Pff^ prosodie C^nsfd il i:^e dans set rap^ 
ports ,^Y/^çiçs^çàqiP^MajK^xiiS^imii^ et poétiques. , 

f^/>ei rapports de la prosodie fiyeç les cp/npoeitions 
oratatfeff^.n'f - . '.., ...\ . ,,,>,'* .' . ., ^. ■_. * • 

Jjjf pes rapporh de lu prqsf^ie ayec;^s çorftpQsitions 

4^Ksâiiax (^USSTION. La prosqdip t^sirteUit êotmiement 
étrtujugèi;t^à h pftt'sie , mùn^ dans V4tat atiuel de m V. 

.: son tMcanisnw^ et pei{t-on se pqsser de. la cvnuaiS' 
san<if}U st^t.loii, dans la carrière des camposi^ 
tionx^ /Hwi^y^es ?»•••..••. 1 ••• » a4 1 

Siconpil, Qt/^^TIOM. La poésie française peut^eUe 

^^fl0 soumise à un rythme, régulier , et tes formes aç^' 



4^ 

228 
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■ DES MATIERES. 



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tuelles suffisent-elles à sa perfection ?.. . . . , .. 355 
Proposition d'unnouvçaH mécanisme de yersijicqtion J 
française , fondt^Wr les lois d'un rythme régulier y 



ei sur les 



CONCHSION. ' 



dispositions prosoditfues ^ h^^njgiw^ . • 276 



1 • • •• 

1» ' i^y. \ 






-Îm-.*.i. ,1 ,?"-,1.,.^., ^^a 



Chap. IV. />e5 r<ig:/^^ de]la prosqdie /r^^iç^i^e.^^ , , J^ 
I^- Section. Des syllabes (gui son0(i4i^ni^^tafe^^^^^ 

longues, à ifuel^ue son (ju*elks a^paj^ienneni . . ^ 55i 
!!• Skction. Des ^flahés ifui s^if^ constammni • 

111- Section. Des sjllabes t^ui varient iàans}eur ifitan' 



\. 



tité , et (fui soujftt^nt des exceptions suivant léé di^ 

vers mots auxtfùels elles s'appliquent, l . . . , . , Ijfio 



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