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Full text of "Examen critique des dictionnaires de la langue françoise... [microforme]"

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liXAMELVClUtlQlJi; 



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;Di: lA LANGUE FH VNCOISÎ:: , 



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RECHKRCHES OR AMMATIC \I FS FT MTTK R \ Ili^i, 
SUR I.'ORTHOCRAPHE, i'aCCEP TIOλ , IV DKPINITMif 
JLT L'FTYMOI.Or.tK DFS MOTS. ^ 

:^ . PAR CIFARLES NODIi: R\ 

nj III, loin É (.AIRE DU ROI A I.'ARSENaI. 



ntUXIÉME ÉDITION 



/ 




PARIS, J 

DELANGLE FRÈRES, ' 

éditeurs-libraires; 
rt'b du battoir-sai^t-andrl-des-ar^(;s, v'^ xix .♦ 



M.T>CCC. XKIX 



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PRÉFACE. 



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I. Quoiqu'il «soit fivs - prniUlc ol tr<"'S-(Mi 
iiuvciix (le |)ail(;r <le soi, je ne puis (*\pli(|iitM 
sans cela rori^;ine de re volume. Je [>rie donc le 
lecteur de me pardonner (|uel({ues détails iiis» 
j)ides , (jui jetlei-onf t^ulelois ,un, peu de jour siii 
I.n composition et l'objell de nu»j» ouvr;ijj«'. 

II. Mes premières étiT«les ont clé consaenM's ,i 
rinves.li{îation et ;i l'analyse pl)ilosoj>hi((nc des I nf 
fues. J'aVois rêvé de tiès-i)Onne heunMlcs plans de 

' peilèctionntMnenl dans )a ^lainniaiic et d'unité 
dans le lan{;a{;e , dont je laisois rléiivei- tout na^u 
rellement une jjrandc amélioration (i:ins la six ittr. 

la p/ii\ perpétuelle (\v Vn\A)é de Saini-Piei r(\ cl I,i 
conlraterinté universelle des jxMiples. Il ne lalloil 
pour acconijdir cette iito|)ie d'cnlani «priin .ilpli,i 
l)c'l (juej'avois (-ait^ une {ji aniniaire (juej'a\ ois lailc. 
et iiiie lanijuccpicje laisois. j'avoisjetc les idées Ion 
dament a les de ma nrel Inule il.m.s un li\ lë itnpt i(ne * 



^ 



\a' t)ic(i'i/i/iati f 'it'\ ()/iniit.tl'ii>ci^ //,///! M/w s , (M'iil ;i iiix,, 
liml ans, [u-iblic :'i viiijjl-t rrns. 



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(|iic la toiniiiksio^i d'Instruction puhlifjue vonoit 
(Ir rctètii d'un suHîa(;e tW lalant, v\ je poursuivois 
li.irdinienl mon immense carrière, parce qu'il n'y 
a point d'obstacles aux entreprises d'un homme 
de di\-hu'it ans, et point dé limite à ses &i(>ult(^s. 
Cp'n'ést guère (pui tiente ans ({u'on sait que l'art 
CSC lon^ , la vie courte , et V apprentissage dif- 
ficile*, I - • 

Un mandat d'arrêt, qui a pesé sur moi pendant 
quatre ans, et qui de huit est le squl que j'ai^' 
trouvé moyen de ne pas laissai^ mettre a exécu- 
lion , servit merveilleusement le système d'illu- 
sions que je m'étois fait. La^misère est rêveuse et 
la solitude créatrice. J'étois loin des matériaux 
dé mon grand travail ; mais la pensée m'en pour- 
suivoit dans les bois, dans les ravins, dans les 
fondrières, et j'ai failli c-ent fois être saisi par un 
gendarme h l'instant oiV je cherchois h saisir une 
•étymologie. Quand le sommeil invincible, sur- 
tout à cet âge , m'avpit surpris dans un sillon 
voilé d'épis, ou sous quelqiics broussailles touf- 
fues ;, il m'est arrivé cent fois, de me réveiller, 
comme Archimède, sur la solution^d'un problème, 
lexicologicjue, en criant . Je lai trouyée! et de 



IllIM'OCHATL. Jfjhor 

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PREFACK. ' 7 

courir les bieds nus dans la campaj^nc avec une 
1 , folle joie ; mais je n'avois pas laissé mes pan- 

lôuffles au bain. Je n'en avois point. 

Il est vrai de dire après cela que mon malheur, 
ou ce qu'on appelle ainsi dans l'opinion du vul- 
gaire, car les années dont je parle sont au nom- 
bre des plus douces de ma vie, nç fut pas long- 
temj)s absolu. Une singulière facilité de caractère, 
un esprit de tolérance universelle, qui étoit l'efiet 
de mon organisation ou le fruit de mon expérience, 
uçie bienveillance familière et amicale dont mes 
pàtivres persécuteurs n'éloient pas exceptés / et 
qui les a quelquefois attendris sur les maux qu'ils 
m'avoient faits , la bizarrerie romanesque enfin 
de cette vie nomade et vagabonde que mon carac- 
' tère connu ne rendoit inquiétante pour personùc. 
tout cela me donnoit beaucoup de protecteurs, 
au moiiis parmi les bûcherons et les mendiants , 
mes commensaux ordinaires, car il n'éloil pas plii*^ 
(juest ion de moi à la Commission de la liberté indi- 
viduelle qu'à r Institut. Mon sort intéressa Les ec- 
■ ' clésiastiques du pays, protecteurs nés de toutes le> 
infortunes; et quand on apprit quejesâvois un peu 
de latin , et (|ue je citois aussi juste dans la Biblr 
que les Concordances ^ ce (ut à qui pourroit m'hc-' 
berger au presbytèje. Pouriois-jeoiddier jauiair; 






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^ PRÉFACK. 

\o.S|,;|)onf(^s , hons rurtVs tl'A/hois , de Grozon , de 
Sainr-Cyr, rl'Aumoiif, <\r Colonne, de Pupilien , 
(le Toulouse, de Vilk*r^s-les-Bois, de La FeiK^'?... 
J'ai eu iaÎFn, et vous m\tvez donnf^ h man^rer ; j'ai 
eu soif, et vous m'avez donné à hoire, selon les 
pn^-epies de votre divin Maître. Qu'il dai(;ne vous 
rendre ce que vous; avez fîrit pour moi, dans la 
<lis|)ensalion de ses Licnla^ls étt^nels ! 

Mais vous aviez peu.de livres, s'il m'en sou- 
vient. Qnoi(|^).an chrétien, et même faeilement 
dévot, quan(l mes cjiagrir^ ordinaires é'toient aj^- 
{^ravés par quelques cl,ia{;rins de plus , je n'aimois 
bienposilivement de l?i fhéolo^rie i^iw 1rs saintes. 
Ecritures (pre je savois déjh^par ca:itr, Y fmitation 
^ fi(' Jcsus-Christ iiue yc Y^orlois toujourssurmoi, et 
quelques ouvrages des saints ^JV tes , trop cliers 
"U tr(q) rares pour se trouver dans la' hihli-ellié- 
(IJied'un curé de village. Quant ii la ÎJturçie et 
au J)roit Canon , je n'y eutend(»is pas un mot, 
et j'aurois donné la Mi^sa Latinn de Flaccus Illy- 
ruUis, (pii n'e'-jjt pas maintenant le moindre oine- 
. meril de ma hil^liotlièque , pour un volunu' dépa- 
i-eillé de l^ahelais. , 

l H liasarri assez siuf^ulier iaisoit que- clincuu 
dr mes J)()ns cui,>és possé(1oil \m Dictionnaire (h- 
notre langue, diilereiit de celui i^yxv poss('doit st»u 



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PRÉI ACK 



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voisin; (M rrifc ciriMnistaïKM' nous'' fLippoii sur- 
loul à la siiilc du sniiioii de la Irlc j)alr<)iialc , 
cpiand une ("xprcssion inalsonnanK' a\()il en K- 
malheur de clioquer le niirisitic délicat de cet- 
tain de nos audifeurs du clKîl'-lieu. Cliaeun s'en 
rék'roit. alors a son Dictionnaire; i'amili'et , ((ui à 
Restant , (jui à Wailly, (jni à rihinicnse 'rrévoux , 
qui au vieux Fureti«'^rc, leséiudits \\ Nicod, les 
liahiles à l'Académie; et le scandale devenoil 
(Trand , au bout de six dîners rlonnés et reçus , 
quand la question débattue entre i\c\i\ personn.es 
étoit sortie irrésolue de l'épreuve de six solu- 
tions. i> • 

Troj) jeune et trop peu instruit pour nie iiièlci 
de ces débats, j'en lirais cependant tout lepaiti 
. qu<' j<' pouvois en tirex; je lisois attentiveinent 
ces Dictiotinaires (pie je rcfjardois alors coiiniie 
les arcliives autlienli(pies d.e'la lan|;ne ; je les 
compaiy>is entre eux ; je nie rendojs compte, la 
plume à la main, de leurs définitions étranjjes, 

de leurs (''frnn(;es contradirfions , de leurs omis- 

«... * 

sions inexplicables, de leuis fausses cl ridic 

variantes d'ortbojTinpJie , ci je m'étonnois de j 

en plus (pie les titres littéraiies d'une nation (pii 

, n est pas médiocrement ainb'i lieuse dans ses jtn'- 

tentions de toute espèce, eussent él(' plus ne|;bl;<"> 




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10 PREFACE. 

/" (jiif ct^iix do Tarf^ot Ouprid mou mandat d'à ri-èi 
lut levé, mon volume étôit'Fait , et le voioi avec 
très-peii de cliaiifjemenls et, d'additions. 
/»ill. Je n'avois toutefois pas écrit cet ouvraf^e 
j)our le public, c'est-à-dire pour les oisifi» qui' 
lisent tout , ^iiè'me ce qui peut être utile. On %c 
rap])elle (jue j'avois de grandes vues, et à vingt 
ans un livre n'est qu'une étude ; mais les années 
se «sont écoulées après les années ; la vie a couru , 
et il me reste à peine le t/»mps de me servir de 
mes études pour faire un livre. Il est vrai de dire 
(pie j ai eu quehjue temps le droit d'espérer que 
CCS études sérieusès^^ déjeune /ige ne seroient pas 
entièrement perdues poiu- lé reste de ma vi(». 
Tout proscrit que j'étois ( ([u'on nu^ pardonne 
repiphase de ce terme ohlifjé , je J'ai entendu' rem- 
ployer a moins), j'avois vu rriiiversité impé- 
riale nu' cherclier rleiix (x)is dans \v\\\ pour un 
emploi de professeur, au moment où je sortois à 
peine du rang des écoliers ; ]>cu dî* temps apiès , 
le gouvernejnent de T.arniole , pla^:é alors sous 

^ l'autorité sage et pater^ielle de M^ le comte Ber- 
irand, m appeloit de çiiu] oi*nts lieubs pour admi- 
nistrer une des meill(nir!\s lMl)liotliè([ues de 
1 Kurope ; nia vfeétoit devenue tout cecpi'elle pou- 
Nnif (î(\(Miii , celle (\\\ littérAleur assidu (juic^n'a " 



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PRIÉ 'ACE 



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J)e«oin que d'indépeiiSance pour se livrer jiveo 
ft-uit au perFeclionnemeni de ses eonnoissaiices 
acquises , et pour travailler a l'aoïjuisilion de eon- 
noissaoces nouvelles. Je parcourois librenieru de 
la pensée cetfe lon^jue et Hicile c arrière où divs 
sueeès sans éclat mais non pas sans utilité dévoient 
racheter txius les malheurs de ma jeunesse; je n'ani- 
bilionnoiSplus^J'aulre avenir pour moi, quand les 
événements de 18U rendirent la ÎMance au pou- 
voir légitime qu'elle avoit si amèrement et si jus- 
tement regretté. Je n'apprendrai pas h ceu\ qui 
ont étudié notre histoire chez nous que le triom- 
,phe de la légitimité ne lut pas celui de toutes les 
légitimités. On ouhiia promptenient dans le noni- 
bre la légitimité de quelques services ohseurs, la 
légitimité de quelques talentsjilus ôhscursencore, . 
qui évitèrent d'afficher leurs litres dans ïe salon ou . 
qui dédaignèrent de les inscrire sur la liste offi- 

çieusederantichaml)Fe.Aunioment(>ùsenil)loient 
éclore en ma laveur des ressources inépuisaJ)les/ 
je m'aperçus qu'il ne me rostoit 'plus ([ue celle 
du travail, et qu'il me falloit , selon l'expression 
de mon poète favori , 

Quitter \v loa^r espc^x et les vastes peiiveos. 



i^-lt*qTïeTi 




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VWVA'^CkX^ 



vois loridO nia fjloirc qucdcs riiafériaux storiJos et 
comI'u.s, (iisjccti nwnihni poctœ MaiiUenaiif tou^ 
lolois (|u'('j4airtî par ràf^t cf par l'expérience je 
ju|re mes entreprises avec plus de rectitude, je ne 
re|;rcne que le temps qu'elles ni'oiit coûté. LVpu- 
l)lic et la postérité n'y perdront ri(\n. 

I\ -A prèscetle ennuyeuse explicktion que jene 
pouvois cependant refuser à mes amis^ ils seront 
probablement mes seuls lecteurs; et pour qui 
écrit-on d'.ailleurs?),jen'aiplusbesoindedirequ'il 
ne fout pas chercher de méthode dans un livre en- 
trepris sans dessein et bâti au hh^ard de pièces 
s,i?is harmonie, dont on ne })eut tlrer^qn'une in- 
duction bieu positive : c'est que tous nos diction- 
naires sont Fort mauvais, et que celuijcfne t'ait pas 
exception à la rèfjle. On me demandera selon toute 
appa|ence^)our({uoi j'inq)rime un ouvrafjedoni je 
porte îin tel jujjement, et je serai aussi naï( dans 
m(m apologie c{ue je l'ai été dans mon abnéuntion. 
Tonl inrornie (jue soil ce volume, toutesdisjKTrates* 
que soient les //o/a/c^ l'ujjacesdont il est composj', 
je ne saui-ols pousser le dédain, (afil m'inspire M 
p;irl.ij;e dans ma pcTisec avec n/es antres 
t de le lézarder <>)n"ijne entièrenienl 



(in 11 



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ecrils, au poin 



inniile.Ci. mille j,. r.nois louJ-;i-tait oublié, j' 



11 



q)pris(juel(pie cliose en 



le rel 



isani, et j ai la \ .tnih 



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PRKFACK 



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<1p rroire qno jo no suis pas le srui liommr ((iir air 
<|iirl([iic chose à apprendre <'n li-xieolo^jir, c'est-à- 
Hire dans une seienee (|ul n'est.pasfinie, «pii ne le 
sera jamais, et sur laquelle il y aura mafi/'re à dis- 
euter , tant qn'on fera des livres avee des para/jrn- • 
plies, des para^^raphès avee des phrases, ef des , 
phrases avec des mots. Si la eenfième narhV' (Ur" 
mes recherches peut tourner à Tavantafje.de cette 
cuj'?tHlse étude, et prêter une loihle illustra'iion h 
des travaux plus solides, les personnes (pi\ me 
font rhonîienr de me lire n'auront perdu leur 
temps qii' à un centième près. Elles ne s'en tirent 
pas toujours h si hon marché avec les ouvraf^es 
nouveaux. , / 

y. Une ohjectioiV de plus de valeur contic 
cette puhlicalion, c'est la forme ii demi facétieuse 
h demi hostile ,|^le ces dissftrtalions'decfuelqiîes 
ligne»! , où je n'ai pas toujours eu le loisir d'être 
poli. Cette méthodq d'analyse, ou f^oguenardc 
ou acerhe, me paroît. fort contraire aux bien- 
séances de la critique, et nul écrivain , dans ' 
tPnte sa carrière littéraire , ne^est montré plus 
éloigné que moi de cv, ^rénixi d'inconvenance oui 



réputé à mon caractère, et qu^s'àTcommod 
très-mal d'ailleurs à ralli^wî sérieuse d 



e mon es- 



prit ; mais j'ai déjà dït-que ces notés n'avoient, été 



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U , PRÉFACE. 

d'ahorrl écrites que pouf mes propres ëturles , et 
je n'ai pas voulu , en les mettant au jour, enlever 
h ce travail le seul mérite qu'il puisse avoir, celui 
de r indépendance et de la naïveté. Je ne vois pas 
,|K)urquoi je craindrois de dire hautement ce que 
j'ai pensé eiPj)a.rticulier, si je l'ai pensé d'ailleurs 
sans préventions et «ans malveillance. Cur non 
palam si decenter? Je respecte tous les taîents, 
toutes les bonnes études, toutes les entreprises 
utiles, et je place au premier rang des plus hoûo- 
rables ouvriers de^la littérature les fi^rammai riens, 
les lexicographes, les dictionnaristes . Si leurs dic- 
liomiaires sont mauvais , ce n'est presque jamais 
Jour foute. C'est d'aborcj celle de la langue, qui 
n'e5t pas bien faite ; celle de l'alphabet, qui csî 
détest^We; celle de Torthoffraphe, qui est uae des 
plus mauvaises et des plus arbitraire.^ de l'Eu- 
rope. C'est ensuitt^ celle de la routine^ qui est une 
loi en France. Cek peut-être enfin celle des in- " 
stitutions littéraires préposées à la conservation 
de la lanf^uc, cf qtii ont fait de cette routine un 
foinl monopole. 

VT. Si (fuelqu'un s'obstinoil cepcndatit î» cher- 

tions de personnes 



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îccept] 



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pondroispar un fait ^nguliér. Depuis lej^ur où 



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V. V 



j'ëcrivois ce qui précède et\t ont ce «jui slnv.a, j'ai 
donné quelques soins et ra^n nom à un /)*V//o«- 
«fli>^ f/^ la Innpruefrançoàç, v%é.cu\é; comme 
tous nos DicfioniMires, sous iVnfluençc d'un sy.^- 
•èrne érabli, et parconséqueiit dans un espiif 
difti^étralement opposé à nfes tWorics. Ainsi on 
y trouve le DictionnaJutwJes \iomenclaUnesL, 
que je ref^arde comme un ouvra(ro\^à parf du Die- \ ; 
tiônnairb de la lajigue , et que je>\^ a.Hois pas 
admis, si j'en avois été le maîfre,. quoic/u'ij soii 
})Our cette fois la meilleure partie du livir. Ainsi 
on y trouve vràisem1,lal)lem«ntnomfîre de défi- ' ' 
nitions que je critique, exprimées dar^s cef.te prr- . ' 
tendue ort%rapiie de Voltaire que foU.les ^, anir . 
,mairiens^repp,,ssent ; et cela ne pouvA^it pas èf , r 
autrement, ce Dictionnaire devant être l'c^xpres-- 
sion choisie, mais ,iîdèle des J3ictJonnaire"anîé- 
rieucs , mise à l'usage de l'époque. 11 y aura doue 
lieu à renvoyer nombre de mes traits contre mon 
bouclier, et je les recevrai sans rancune. Je.d^ 

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Ici 



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\i même courtoisie aux tenant 



armes m'a donifés dans cette jout 



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afjrt aujourd'liui erftre les |)eu|)le.\lo t 

Ir-Ak ^ 1,. 1 1 ' . . . «A 



ont autre 



intérêt que de la modeste i^loriple *de quel 
^loctes et patients enré^jistreurs de mots, coud 



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PRÉFACE 



nés à se copier .Vtour de rôle depuis le oornjneiice- 
ment d^me langue jusqu'hsa fin; et la polémique 
des Dictionnaires ne f-eia plus le même bruit qu'au 
temps de Ménage et de Furetière. Ce.s4 le cas de 
dire plus que jamais , et dai^s une acV'eption plus 
littérale^: Sunt. verhact i^oces j prœtçreaqiic 
nihil. \ } ^ 



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^'^AMEJN' CRITIOÙIC 



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DE LA LANGLl^I r'a\(;OISE, 



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\ : ■ ■ ■ -' ■ - A.' : ^ 

; A. Substantif. : T - *" 

• d absolution: ' k-- 

t^'' Affirmation en lo^jîxjue^. '^ 
3^^ Expression alvrégJe du. mot alto ol. niusinnr 
4» E2,pi>essioh abréfrde du ,no( «c.vy>/^,:, dan. r„: 
, sage du commerce. * - 

• 5» Ex|)^es^ion^aJ)régée du nujCa/fesM'. 

Acceptions omis(-s. ' .^^'' ^ ' 

Fi,.ures.far„ili,-.i.,.,.: ,.,. „,, (iu,.,'. une (./.n,,'. ,|„ ' 
ne savoir m a-ni 6. * ' « 

<lan,s u„ sens ou le „.,„ >,/»„ulon, ,„.os,nu. oMii.. 
rcraent passé au sens ,n.o,nl , ne .suffit.j'.lus. ■ ». 

• .^ABAQUE. 0„,re les acceptions ,ecu,*ijïies ,V„ '• .: 
M; Bo.s.e, ce n,ol p,*.n,|- encore les ac.er,.l',.s 
suivaiifes : . . i 

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I ' Une plandu; dont les anciens se servoieni pour 

compter ;. " 
2" Une fable de jeu antique ; 
> Un lutHft. 

ABBE. De cette racine abba ou appa qui si- 
gnifie phrc; il en est de même de ;?«;7e, de papa, 
. etr. On dit le saint' Are; on a^)j)elle mon père 
. un ecclésiastique, un moine. Le premier gou- 
vernement a été Timago de la famille , cl le pre- 
■ nnt^i gouvernement, ce fut la théocratie. 

L'.inaiogie s'est perdue dans les choses : elle 
. reste daJis les mots. - 

ABDAL^S. s. m. pi. académie. — Ou singu- 
lier , suivant le nqjïJ^p^^ 

^om générique, gattêl. — Nom vague. ^, 

^ Moine persan, boiste. — Les religieux du Le-- 

v^nt se qualifient abd'allah, ou serviteurs de 

Dieu; mais on ne dit pas un abd'allah comme 

on dit un capucin. 

La Perse est un pays et non pas une religion. 
Que diroit-on d'un dictionnaire de l'Académie 
d'ispahan où des mots serviteur de Dieu seroient 
explfqyés par ceux - ci : moine français ? Muls, 
xpand l'Académfe d'ispahan fcra un dictionnaire, 
elle aura probablement le bon esprit de n'y pas 
parler de nos moines. > 

.ABOYER.^eV/' à : voilh pourquoi on dit d'un- 

' > i . . .. ■ 



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^^ï'i'M. qu'il «^^/,. ou qu'il In^e. à la luno'; ,]'„„ 
sot , qu ,1 ^^,7/^,^ l^^^ ^^ ^^.^ ^^^ cornoilios • 
. beer^M le mol propre, mais bayer ^^^^ est snl,- 
sMfué. n ailler, hiarc^ç^i nu aufro verhe. On n 
écrit : abayer, écouter botiche béante. 

ABRA-CADABRA. Mot de magie. ACADÉMn:. 
— Y a-l-il donc des mots de magie ? 

i^/o? aM^z/e/ o/z attribue la vertu de guérir la 

f^^r^f^ on le portant écrit autour du cou. yvuLXY. 
-^Si la postérité conclut de là qu'il y avoir quoi- 
qu'un en France, a ly fin du xviii» siècle, qui 
attribuât une. pireiHe propriété à un amulette, 
c est qu'elle sera trompée par un solécisnxe. 

Il f^lloit dire : mot auque> on a attribué la 
vertu deguérir les maladies, ses lettres étni.r 
disposées suivant un certain (>rdre : . 

' "^ ' ' "... " 

A B R A (;• AJ) A B R A 
» A n R A (, A D A B R 

A B R A C A D A n 
■^ A B R A r A D A 
A B R A (7 A D 

A n n A c A "^ 

A R R A C 

\ B R A ' ' , 

A li R . - 

pu plutôt, il n'en f^ijjoit rien dire, car ce "mot 
n'est pas François. 

l , . 

ABRAXAS. s. m. jMot magique et my^ic- 
rieux. wALLLv. - Ce n'est point un sukstanfif\ 
masculin ; c'est nn nom -propre. Ce n'étoit point 

2. 



*«• 



■\ 



<• 



^^) ABR 

un mot magique; il n'agissoit ou ne jiassoir pour 
iigir magiquement qu'à la manière du Jeliovah des 
Hébreux. C'est le nom d'une divinité qui prési- 
doit aux trois cent soixantc-cinrp jours de l'an- 
née et qui^voit une vertu pour chacun. On ne 
sait ce ((u'elle faisoit le bissexte. 

' ABRÉVIATIONS. Il est essentiel d'indiquer 
les lettres abréviatives aux étrangers, dans un 
Dictionnaire l)ien fait, puisque notre langue en 
admet un jiombre considérable. J'ai essayé d'en 
déterminer certaines a»x lettres typiques de cha- 
que division; mais j'ai du en omettre bien da- 
vantage. Il faudroit remarquer avant tout que les 

prénoms sont susceptibles d'être ainsi désignés par 
leur initiale, ce qui est d'ailleurs commun h toutes 
les langues; mais ce qui doit tous les jours devenir 
plus rare, la multiplicité de ces initiales équivo- 
ques engendrant une confusion inexplicable et 
dangereuse. Le renouveHement de la société telle 
qu'elle est, ou même celui du Carendrier cano- 
nique y pourvoira nécessairement tôt ou tard. 

ABRUTISSEUR . Se dit des Turcs, boiste. -^ 
IHnlloit dire : On ne l'a dit qu'une fois, et onj'a 
dit des Turcs ; mais, s'il peut se lire , on le dira 
de tout ce qui abrutit, et il deviendra adjectif. On 
peut parier contre-: c'est un néologisme barbare, 

AB3INTHE. ç./. Genre imposé par analogie 



• V 



^ 



#^' 



il- 



^ 



ï 



• s 



ACA 






aux mois de la lanf;ue qui oui la mr/nc rl(^siuonc 
Ktyniolof;i((upinent il seroit masculin, romme eu 
. latin. Malhorhe a dit : ' 

Tout le fiel et tout Wihvuthr... 

et l'Acadt^mie , qui ne connoîf j>as <e fjente du 
mot absinthe, ne lui ronnoît pas non j)lus ceUc 
aeception. Rcstaut et M. Catineau (^crixent mal 
nbsynthe. « 

r 

ACADEMIE.. Co"rt de Gt^heliu le (ait (It^riv^ 
de l'oriental Cadm ou Qadm dont on a lail, Cad 
mus et qui si(rnifie l'orient. C'est une Irès-plaisaiiic 
idt^c. 

Mais pourquoi une société de ^jens de lettres 
François, qui ne s'occupent pas àw ijrec , a-t-clh^ 
tiré son nom des jardins à\icadêmus? autant 
vaudroit l'avoir emprunté de l'orienlal Cadm m\ 
Oadm. 



'1- 



rt 



ACCESSIT. : 

'compense donnée 



de collège, emprunté du latin 
un écolier qui a le plus ap- 



proché du prix. GAi%k 

y accessit d'Académie qui ne se d 



M. (iallel 



oul)l 



ic 



jours a fies écoliers. 



oiine pas fou 



\ 



ACCORTEMENT. Adverhe excell 



^ loif eiirorc a. merveille dans \ 



enl ({ni sié- 
e {;('nre simple ci 



nail, s'il vcsie un jrrenre siriipic et naïf a noi 



d 



rc aiii- 



>itieiisc littéiatnre 



M.T .l»oii<hr ficmitciurni ^.iiii 



il ^ '^•11 ,l<(|IHl |r-l 



( (IKM I II 



/t. 



<r 



•■>•> 



ACC 



«»,' 



Volla.rc. 11 nos, ,,„i,„ ,,.„„,,,, ,,. ,,^,^^^^r;._ 
qu. .n,iu,„e „„e ,lfs,.o.i,i„„ ^,.„Me .h, rarar- 
U-n-, i..,n,l,s qu'«ccor„«, a rappor. à une circon- 
slance (It'lciminéc. 

* . • . ' " ,j 

AC€Ot)TrMANCK.I.„a.,,o.lit\..>h,V,.. 
^o«r. d. l,t,.rat,.rr , ,. XII, ,,. ,<;,. Zor.,//;, 
e/««< </« f,;„.v 1rs sens le /,lus docUe à /•acoon,,,. 
mance, .., fr ,,/„, ..A.W. ù la nouveauté. Dans 
ce,œ acception , ce mot n'a point do svnonime 
saUsfaisantj. 

. ) ■ , . " 

ACEPIIALK. Le,, Dictionnaires ontonhli, ,„,e 
^oce^.t.on ,1e ce mo, tou.„,.ec. On appelle ace- 
Phah un ver, qui commence par une.brève 

ACKRIÎK. Les vie.îx ,;lossaires définisson, ,rès- 

^''f'^"^ ^ un/ruu cru, qui n'a,, as mûri. 
-Les derniers, en renden't fidccpar .es mots 

d.fhcdede comprendre ce que cVs, qu'un milieu 
emre .ro,s choses don, l'une n'a auLn .apnor, 
avec les deux autres ^ ' ^ 

• ACOySTIQUK. qvu, le „u.„de sai, que ce ' 
motv,eu, du„réc«c.av,,',.ou,er;n,ai-d-ou 
nen.^co„,e., si Ce u'.s.'aussi dV...-,.? Le pa,o,s 
«co„,..,,es, donc beaucoup plus conforme a Viv^ 



OV 



î 






J 



<1 



\ 









•H 



molofçie qu« le. vocable fraiu ors. Il y •• «laiis 
'notre* lanfjue'iiiille exemples de st'iiil»lal)les hizar- 
reries. C'est le peiiplç (|ui, sans s'»mi douter, parle 
la langue savante;, parce (|ue, plus fidèle aux tra- 
ditions, il: ne reçoit que forl lard les niodificaiions 
du langage. 

ACROUPTONS. Sur la croupe. noisTK. — 11 
faudroit i^(;rire à croupetons , avec la, particule 
préposée , si ce mot pouvoit êlnvlraucois. Il est 
patbis , et ({uiconcjue l'écrira , 1 t^c i ira comme 1)om 
lui «femMe. 



ACYROLOGIK. Manière de parler impit»pre : 
spcrare pour timcre do lorc ni duns Virgile. ./ rv- 
pcrc que vous vous portez l)i»Mi , puui , je pense 
ou il paroit, etc. Omis. ^ 

ADAGE. Proyerbe , maxime , si y le plaisant . 
W'AiiLY. — Pas toujours. 

ADAM. Joseplie dit qu'il signifie. rouge, et il 
en conclut que la terre dont Adam lut tiré étoit 



ronce 



Gel, 



i n est pas encore bien clair ; mais 



yidatKi est un des premiers vocahles de l'enfance , 
et convenoit tort bien au noju de l'Iionime que ce 
mot a dt^signé jusqu'ici dans (*in(| ou six langues 
du Levant. ". , / 



/ 



R. 



ADJECTIF 
rammaire et 



. C'fist une chose extraordinaire e*^î 
en logique rpi un adjectif fteviennt^ 



■\, 



V4 y ADO , , 

r.iflnhuf d'un nuire, comrne le Perjidc génércuj 
tV HéracUus. 

Il faut nécessairement alors que l'esprit fiisse 
iiu substantif d'un rie ces deux attributs ; et , si le 
cboix n'en est pas déterminé par une circonstance 
très-sensible, il résulte de leur assemblajje .un 
va^Tue (jui nuit à l'effet. ^. 

Oane peut décider jusqu'à quel poitit la poésie 
pourroit parvenir à fiiire une beauté de cette bar- 
«iiesse ; mais, dans Hèracliiis, elle ne me présente 
ff^u'un défaut. 

ADORER, ad'os. '— C'est le premieir signe 
d'adoration ; on a ensuite mis la main sur le 
cœur, et puis on s'est prosterné; puis oh s'est 
coucbé sur la terre. L'adoration a d'abord été 
restreinte à Dieu , aux êtres surnaturels , aux ab-' 
straclions ; voilà un mot fort éloigné dî» son ély- 
mologie. Ce que les borames ont le plus raffiné 
c'est ra])aissemenl. 



>-~l 



I 



ADRAGÀNT. s. m. ADRAGANTE. adj. f. 
Barbarismes. 11 faut dire tragacanthe. 

AÉROPHOBE. Qui craint l'eau, koiste. — 
Voilii une singulière définition. Tous les poissons 
sont nécessairement aérophobes , mais on sait s'ils 
craignent l'eau. ' 

AFFRE. Mot d'un usage éhergiqye^ regretté 
par Voltaire , et dont est fait l'adjectif affrcu?^. On 



^-^ 






j» 



ii;:. 



fi 

ne sait à quel propos M. Boislr l»- «loiiiu' pom- 
persécution j avec, ou d'après \ii critique de F A- 
cadémie *. • 

AGA. interj. de surprise. BoistE. — IVindicn- 
lion. C'est Timpératif aiiti([ue du vieux verl)e 
agarder ou regarder; et un caractère de l'impé- 
ratif est, comme on sait, de perdre la terminaison 
de Finfinitif. 

AGATE. Du grec ày^ocrf]^ , tiré lui- menu* 
_ iVâxavOcçy un arbre ou une fleur épineuse, ])arce 
que la plupart des agates paroissent contenir des 
plantes de cette espèce. 

Le.- savant Périon fait venir de ce mot le nom 
de V églantier, qu'on prononcoit de son temps 
aglantier on agantier. Cette particularité orllio- 
graphique équivaut à une démonstration. 

Il n'est personne qui n'aperçoive dans le même 
mot l'étyraologie du nom de Y acacia. 



AGE. s. m. 
-Malherbe: 



Féminin dans <:e passage de 



Qup d'hommes fortunés en leur d^c ptrmi» rc 
Trompés de l'inconstance à nos ans routiunirrc... 

■ AGRICULTEI:R. v. m. Néoldgu/ue vt bar- 
bare , culteurn étant pas français ,• dites aiirivolc. 

A. * -^ 

• • " «OISIK. 



L auteur des Remarques morales, pJulosophiques, et i^iu 
maticalrs, sur le Dictionnaire de r Académie . Paris , iii-S" < 
vrage d'ailleurs très-intrressimi t'iOiès-bicn tait -M 



III- 

nl - 



) 



^-^<» AGI; 

— Agricole trest jani.'.is qu*atJjectiî. La raison 
fie M. Boiste pour rejeler ce mot est très-mau- 
vaise. C'est que te composant cuUeur nest pas 
Iranrois. Dans Législateur, latciir n'est pas fran- 
cois , et législateur est bon. Et puis cole n'est pas 
pins francois cjue cuhcur. 

^^CAy^T^ JV'a d'usage çu'au pluriel, académie. 
-- H est employé al^sin^julier d'une mariièpe très- 
lieureuse, ce me semble, dans le vers suivant • 

. '. . t . ' . 

. Quand l'rt^j^f d'un pirate am'ta k-iir voyag«». 

AHALER, ADHALER. Deux néologlsmes 
assez utiles, dont le premier paroît d'une compo- 
sjiion plus pittoresque et plus beureuse. 

AHAN.^//r/- (lahan, pbrase de- définition ,. 
Ihct. (le /'./fv/<^r'////V; inusitée suivant son criti- 
(jne. Elle est dans t:os(;ir. , 

Ain ;.R 1 . Interdit , stupéfait , maladroit ; ce ' 
<1 ne j'apprends iutoule la France qui n'a jamais vu 
«emoj que dan«> les dictionnaires, ?,t jjui ne Tv a 
jKis plus remarqué, que cinquante autres barba- 
rismes; c'est du'^)atois de Paris ou de sa banlieue. 

!^\. pronqncéV.. A quoi conduisent de préten- 
dues améliorations d'ortbo^rapbe dans une langue 
qui n'est pas renouvelée simultanément? à tout 
confondre. 



f 

4.: 



t 

f, 



1^ 






'4 
f 



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V 



A 1 G 



^ 



'J7 



J ai ocril ailli'uis; Le //io/ j'aiinrKus, o/.7//0"7y/- 
phié selon La ridicule ntctliOilt; de / (dtuuc nous 
a fait perdra -une valeur de prosodie et une 
nuance de pronon'eiation- 
. Dans ce vers (Je Corneille : 



4 






f 






4 



Le prilu c pour eî»s.iy de yéiiérosilt'. 






Scudëry reprenait la rime léonine iYessay v\ de 
générosité. 

L Aea(lénii<î déclara qu'il n'y avait pas niêinc 
de consonnance, ef l'Académie eut raison. Il n'y 
avoit cependant de diflérence, entre ces deux opi-' 
nion-s, que de la prononciation de Scudéjv à celle 
de Chapelain. 

AIGAIL. On dit en poésie V ^ï^yd des prés, des^ 
fleurs. Il est peu usité, gattel. -v- Si \n\\\ nsile 
qu'on ne l'avoit jamais vu que dans Jacrpics An 
Fouilloux/avatJtsde îe"v<)irlà. / 

L'orthofrraplie égnil est rp(:^s-niau\ aise , parer 
qu'elle ne rappelle aucuneuïenf rélvniolefr,\. , 
qni est le patois aiguë, (ait du latin r/y//^?. . 

AIL. Le pluriel étoit autrefois /////.r. 

M. Boiste donne du.r , vt M. (iatlel aus ; ,l,,iis 
Tnsage le plus commun c'est aih ; et dans le |,<,i, 
usage ce n'est rien de t<njt:cel/j. On 



ment de Y ail; vice mot- 



ne se n 



[^ 



• ^^n, <lit |;énéial« 
•1 u rai ise jamais. 



AlMAmEMENT. Ce cl 



1 



larmant adverhe a di 



y 



^ • 



é 



^-^« AI M 

iK'Ues autonfés: saini François de Sales, Bour- 



rtes, 
faut 



<kiloue, madame de Sévigné ; il en a^e plus fo 
encore, l'utililé, l'analogie, riiarmonie: il i 
espérer que loul cela le recommandera un jour à 
TAcadémie. 

AIMANT, adj. Cjest un vieux mot renouvelé 
et qui a bien son mérite. 11 a l'autorité de Masca- 
ron et de madame de Genlis, ce qui me le fait 
«roire très -propre à l'ascétisme et a Tamour. 
Comme ce sont deux passions qui ne s'épuiseront 
pas de1ong-temps dans le formulaire des prédica- 
teurs et dans le cœur des dames, on peut croire 
qu'il vivra. 

AIMOSCOPIE. Inspection du sang, boiste. 

Comme l'orthographe étymologique d'après les 
Grecs est très-irrégulière , j'admettrois celle-ci , à 
condition que l'on écriroit aimqptjsie , aimor- 
ragie , aimorrhoïdes. Je dirai cent fois qu'il n'y a 
point d'ortho(îraphe^assable sans harmoniç; mais 
«■'est une chose extraordinaire que le nombre de 
mots tirés du grec qui ont été introduits dans 
notre langue par des gens qui ne savoient pas le < 
grec. ■' « 

ALCHIMIE. Remarquez que ce mot est le 
même que chimie , a\cc l'article al des Arabes, 
qui n'y paroît qu'une rêdpnd.-ince inutile. On a 
«ependant conservé l'un et l'autre pour deux'ac- 



/ 



y 



» 



I 



/^ 



^ • 



^' 



y 



. "''il 



I 



ceptions très-diffiérentes, car l'un repnW'in,. unr 
science et l'autre une folie, mais qui ont été prés- 
fpie identiques à une époque on les folies do 
l'homme se mêloient dans toutes ks sciences. 

ALCORAN. Dans tous If*s mots qui viennent 
de l'arabe, cette syllabe ^/ est un article mal à 
propos incorporé au substantif, et qui fait ,sur 
Tarticle françoîs une sapeffétatiôn ridicule et vi- 
déuse, cela est généralement connu : mais faut-il 
imiter certains parleurs délicats qui ^ffë'ctent de 
supprimer maintenant ^cette syllabe oiseuse ; etr 
doi^on rélé/jnor l'ancien nom de Yalcoran au 
nombre des mots passés de mode ? oui, si l'on 
étend ce principe aux mots alembic, algèbre, al- 
manach^ et à leurs co-dé?rivés, autrement ce sera 
là une réforme inutjle comme toutes le.^ réformés 
partielles. ** 

ALDIN , e. Lettre italique, trévoux. On- 

appelle aldines les lettres italiques , parce qu'elles 
furent introduites par les savants yllde&, impri- 
meurs de ^^e et de Venise. • 

' Aldines so dit aussi adjectivement de leurs' 
précieuses éditions dont M. Renouard a donn<' 
une curieuse histoire. 

ALFANGE. 

» N 

De nos honteux soldatt les alf anges errante:» ' 
A genoux ont jeté leurs armes impuissantes. 
voi.TàiRK. Orphelin de ta- Chine 



J 



■^^ 



-m-- 



V 



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-^ 



A 



^v 



\0 " ALG 

> Il est à remarquer que Voltaire, qui a souvent 
•essayé de créer des mots , y a rarement réussi. La 
langue ^oitjaite ; celui-ci ressembloit trop par 
le son et par le sehs h pltalanges^ qui est très- 
hien, et qui .étoit déjà 'consacré dans les classi- 
ques. Voltaire fut plus heureux pour hordes y 
qu'il hasarda dans le m^me ouvrage , et qu*on a - 
depuis employé jusqu'à l'abus ; mais ce dernier 
mot.n'avoit ^jbs d'anïjogue -e^act , et les mœurs 
' mêmes des Tartares nous avoient été si peu con- 
nues jus<^'alors , qu'il devenoit une nécessité de 
laïlaygue. Dans les vers cités, qui ne sont d'ail- 
leurs pas bons, les comédijens de provinc|î lisent 
Cl prononcent phalangtis. yilfyn^cs n'est pour 
eux qu'un£_ faute d'impression. C'est bien pis : 
^ c'est une fauté de préttntiou. " : ^ 

^^/^'^^^^^^^^-- Gazelle d\1rahic. Waim.y , 
BoisTE. — crest aussi un nom d'Arabie, c'est-à- 
dire gazeUe avec l'article. 

ALI.K, KTK. Da^Ks^q'uel cas ces deux mots 
peuvent-ils s'cmploier indifféremment ? 4 

Je suis allé fi Paris en telle nnnée', j'ai été 
a^ Paris en telle année , sont de tn\s-ijonnes locu- 
tions , parce que lorsfju'on est allé à Paris , oii y a 
♦ '><-', pour peu qu'on y rpstat. 

Mais est-il permis de dire indifféremment avec 

M. Girard : Je suis allé le voir, ou /ai été le 

^ voir.^ (}iw dis-je? faut-il s'emporter comme hii 



"3 



J 



I 
1' 



^ 



— i- ■ • 



^ «K 



^1 



1 



i 



contre les g&ns qui n'adoptent pas cette dçrrïièro 
locution,? Cette question ne peut se résoudre que 
par une courte analyse. > 

Le verbe eVôv^étermine un état j c'est même 
là sa fonction spéciale dans le langafxe. Une 
peut donc pas être suivi d'iin infinitif qui en de' 
termine un autre. Pour vous assurer de st^^pro- 
priété, ramenez la phrase à l'infinitif W^ ; cette 
règle est infaillible. " 

Etre à Paris est du très-bon françôis ; être le 
"voir est barbare : On dit /e sui^allé le voir. J'ai 
été chez lui. . \ > . ^ ^ 

La nuance de ces èxpSssious, dans le cas même 
où elles peuvent être indiflféremm^fnt employées 
sans faute grammaticale, c^t cependant très-im- 
portante à saisir, car c'e^ elle qui détermine ia 

physionomie déridée. Quelqu'un qui diroif :J'ai 
été à Pa^is en poste, ne diroit pas ce qu'il veut 
dire, s'il Vouloit faire entendre qu'H a pris b poste 
pour y a^Ier. La logique et la langue exigent re 
SUIS allé. Il en se^it de même , ^jans ceftains' 
cas, pour cette dernière locution. 

Les beaux parleurs et ]f^ écrivains maniérés 
enchérissent, ridiculementysur cette jietite diffî- ^ 
mhé, en ybstituant l'aoriste au prétérit. C'est 
très.malj^'exprime.r que de dire/ Nous j fumes ' ^ 
pour nous Y aÙdmésM il n'y afrlen de plus conj 
mun. Quant à cet aoriste mên^e^dans le sens de 
nousjr apons été.i)4>eut être fort bon en son lieu : ' 
le style a tant de secrets ! 



^ 




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J 



J 



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ALL 



ALLUMETTE. Petit brin de bois souffre par 
les deux bouts, gatte*.. — Il v a des allumettes 
raite3 de carton , de brins de clianvre7-4é^ chaume 
de fjraminées ; il y en a qui ne sont souffrées ' 
que par un IWm^, il y en a même qui ne sont pas 
souffî'ées, et qui sont beaucoup moiifs coïïimodes. 
11 ne faut pas d'ailleurs disputer pour si peii de , 
chose. ~^-y - 

^"^J ALPjj^. Montagnes cl Italie fort\cnnmmées. 
<;attel. r— On ne voit pas" comment une montagne 
jpeut être plus ou moins renomiîiée. Les Alpes 
sont d'ailleurs" des montagnes qui n'appartiennent 
pas plus a l'Italie qu'à la France ou a la Suisse, 
n appelle de ce noni de grandes montagnes pri- 
mitives qui coupât les continents : les Alpes ^ 
helvétiques, les ^/y:?e5 suédoises, etc., et dont le 
nom vicnt^robablement de la racine alb , parce 
([ue leui» sommet est couvert de neige ; enfin il 
ne falloit pas négliger l'adjectif alpin , qui est 
très-usilé par les voyageurs et par lesnaturalistés, 
et qui est digne de l'être par les poètes. 



■■*-* 



. ^AI^PHABET. Cette dénomination même esi 
impropVe dans notre langue, quoiqu'elle cJesigne 
bien les deux premiers éléinçnts de la collectian- 
de n<xs lettres , /mais parce qu'elle le fait par (fH. 
fausses appellations; elle convenoit aux Grecs qui 
nommoient alpha la première des voyelles , et 
bi'ta la preniière ties consonnes. Pourquoi ne pfjs 



K- 



/ 



àl ■ ■■■■ 



■c '^ 



s*eii tenir chez nous aux mots abécédaire et abécé , 
q[ai ont au moini une construction naturelle et 
intelligible à t6ut le monde ? v 

AMALGAMATION , AMALGAME. 5. / 
Terme de chimie; union d'un métal ou d'un 
demi^métal às^ec le inercure^ qattel. — 
i° v^ma/g^omatiOTX est un ba^arisme* 
2^ amalgame est un substantif masc'til in et non 

un substantif féminin. 
3*» amalgame n'est pas exclusivement un terme 

de chimie. 
4^** Tous les mélanges d*élément% étrangers ^ et 
non pas seulement celui d'un métal et du mer- 
curé , peuvent se qualifier d'amalgame. 
^^ Amalgame est utile et commun dans une 
jfbule d'emplois figurés. 

AMBUBAGE. 5. m. boisée. -^ Ecrivez ambu- 
baies ^ et tijoulev. plurieL 

Flûte des Syriens, boiste. — Joueurs de flûte 
qui ven6ient,de Syrie. 

AmbubaÏBruQi collecta, pharnuuMpolœ. 

De Toriental awui' oua^u^^'une flûte, nasale 
ambub. Ce mot n'est d'alUeurs^nullement Fran- 
çois. --" 

AME. lé ne sais qtiel étymologiste a avancé 
ridée, plus ingénieuse que solide, qujl y avoit 



> 



ici vkUe ohoée ^*«iiie eontraction <k Ymmma des 
Latîiis , «avoir une wc mimolo^ dç V expira- 
tion, ban» la formation dç ce mol,. les lèpres, à 
peine entr'ouvertes pour laisser échapper un 
souffle , retombent closes et stfbs foinc Tune con- 
tre Vautre. Dans le ïnot vie, au contraîn*, elles 
se séparent doucement et semblent aspirer Tair : 
c est le mimologisme de la respiration. Eu anglois, 
le mot ic^ qui iest de même nature et de même 
touche, signifie être; et ce qn*il y a de singulier 
c'est que, dans le même verbe, am signifie jfe suis. 
Bit^ en esclavon , est le même q^e he ou Ai en 
anglois. 

AMI. Claveret, avec qui H était ami, avait 
été celui qiii avait fait courir cette pièce, vol- 

TiklKE. — -* . 

Cimme ce nom est une grande autorité , à 
foft juste titre , et que peu de personnes ont écrit 
plus purement cjue Tautèur de cette phrase , il 
n'est pas inutile dte dire aux jeunes gens et aux 
étrangers qu'elle est extrêmement mauvaise, et 
qu'on n'est pa» «ni avec quelqu'un. 

AMIANTEL s. m. Matière minérale dont on 
fait de la toiiè ifUiomhu^lé, oattbl. — B lie 
faut pas que nos neveux s^ persuadent , d'après 
cela , qu'il y avoit en France l'an de grâce 1800 
une maîiufiicture de toile Sonnante j, dont on iài- 
soit des linges qui Tésistoiefit^ IHneendie. M. Gat- 



AMP 35 

tel'To<dlbiit dire : dont an prétend çuil a. été fait 
de la é^lé incombustible. 

Il #«8t p^ceruÎQ que Fainiaiite soit absolu- 
mentinaltéra^e au feu; et il est moins ceruin 
encofte que ce soit un substantif masculin , car il 
est toujours feminin dans Tusage. 

dtMPHISBÊNE. 11 ne faut plus définir ce mot , 
serpent à deux têtes, comme le font les Diction- 
fiÉires. U n'y t point <le serpents k deux têtes. 
I^ss amphîsbènes tirent ce nom de ce que leur 
queue et leur t^te se confondent par la dimen- 
sion , et de ce qu'on leur a attribué la propriété 
fort douteuse de se diriger dans tous les sens. 

AMPHinUrON. M. Boiste écrit mal Am^ 
phitrion. Le mot de Sosie : 



iM^kkùM Amphitryon , 
Est r^jM;»A/(r^M où l'on (Une; 

a consacré ce mot dans le sens proverbial à' homme 
qui donne à manger. Il est devenu un subs&itif 
de la langue , oomme Harpagon , comme Tar- 
tufe. ) 



-• V 



ANACHRO^iSME. Faute qui consiste.:., à 
placer un fait dans un siècle où il n'étoit pas 
encore arrivé, gattsl. — Et si c'étoit dans un 
siècle postérieur à celui où ilest arrivé, comment 
nouiiiM5ràk-«ic«|iie filète ? 



/ 



36 . ANA 

AJT AGR AHUE. Pi&Sè" fnééukîon oU fan 
trûuve dam Je fû$m de çueiçu'un ; &n retournant 
les lettres de ee momj un sens bon o|i mauvais, 
G ATTSi.. — Et ti ç*éti|||; dâiit un mot qui ne fClt pts 
le nom de quelqu'un , comment appeUeroît-on. 
cette petite production 7 . ;t.f^ ^. 

Quant âu sens bon o nuuyais , il psrolt eflfec- 

tÎTement indispensable qu'il soit Fun des deux. 

■^ '■ . • . 

ANAGNOSTE. Esclave ^pU Usait pendant 
les repas, boutb* — Le mot tout grec dont il est 
ici question ne signifie que lecteiMr* ' 

Rabdiais se félicite d*aydir été lu devant Fran- 
çois I*^ pir un eiraeUent oitagno^e. ' 

ANEbDOTE. Grande déviation de sens. 
Anecdote vient du grec càfht^etoÇf non publié » et 
on entend par anecdotes les nouvielles les plus ré- 
pandues. 11 a bien &llu fiure i/i^ie pour Tan- 
cienne acception i et surtout il filût bien re-^. ,^^;^ 
commander ce mot aux lexicographes qui le ^|^f 
dédaignent.. " ^^^ f ? 

ANERDE. Ce livre est plein d'dneries, âc$^^^, 
DÉMIS , GATTKL. — On a déjk dit que cette pbralë ^ 
étoit singulière dans un Dictionnaire. i^i «^ 

Quelle dnerie dans ce médecin, dans ceê 
avocat! oattxl. — Toutôi les véritéii ne sont j^ii^- 
bonnes k dire. 

I ' , < ■ 'mm 

ANGULAIRE. Qui a un on 






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37 




rATTfl)|fpi^On ne connoU point de figure au 
inondiez qâ n*ait qu*TO angle. ' . 

AltGtJSTlé. H^ne se dit que et un chemin. 
: •^— n ne se dit pa$. 

ïflER. • 

i ■ ■ ■ 

Un i6ii«r aoB «oi|>tn i Ja maio» «le. 









lémie avoit oublié ce mot ; il e&t utile , et 
ine remploie assez bien. 

I^I^IMAL. Pentron dire animal de somme au 
^^^^f^0l^ àt héie de somme ^ comme Fa fait La Fon- 
0ktt Je ne le crois pas. Voilk une de ces délica- 
^ ||p*i^ de synonymie qui constituent Tesprit d'une 
^^^|mgue; et comment les reconnoltre dans une 
^ pPl^fe'nngue morte, puisqu'elles échappent quelquefois 
^l^^p ; aux contemporains eux-mêmes ? 

^'^^' AKSfOSCEïi, Les curés annoncent les f^tes^ 
les comédiens leurs pièces , les ministres protes- 
tants], etc. oàttSl. — M. Gattel ne faisoit pas des 
épigrammes en définition comme Furçtière et 
Richelet. Cette phrase d'exemple est un exemple 
d'inconvenance. c 

. ANTENNES, s. f. pi. Cornes ( boiste ) çue 
quelques insectes portent sur la tête. GkTTEi.. — 
Ë^> i 'I** Quand on dit qu'un insecte a perdu une an- 

î# ^ leiiii«>^ce mot est singulier. 



:^^^ 



m' 



J 



i/ . 



38 ' "" ANT . ; 

9« De* amteiMê se sont pa» dea cornes. 

3* Ce ne sont pas quelques inseetêa, maîr tous 

les insectes qui portent des antennes, 
4^ Les insectes ne portent pas les antennes sur la 

tète , mais k la tète. On ne porte sur. la tête que 

des corps étrangers. 

Une antenne est un filet creux , mobile , arti- 
culé , qui accompagne la tète des insectes , et qui 
a été considéré par les uns comme Forgane de 
TouTe, par les autres commç un %ti|^lément du 
tact. 

Al^THERA. Terme de phariritmie. Le jaune 

qui est au nuUeu de la rose» oâttel , waillt ,. 

BoisTB. — 

4® Antfiera est nn mot latin. 

S^ Anthère, qui est le véritable mot , n*est point 
un terme de pharmacie . 

3<» Les anthères sont jaunes dahs la rose ; mais 
dans beaucoup de j^mtes elles sont d*ane au- 
tre couleiy^pB^ ne fidloit pas donner lieu de 
croire que U ros«^seale àvoit des anthères. 

ANTOLOGIE. a^aut,.&attbl, boistb. — 
On écrit anthologie ft^ respect ponr F Académie, 
et surtout pour Forthographe. 

ANTHROPOPHAGE. U ne btut qu'une simple 
éducation primaire pour parler correctement une 
langue de première origine. Pour parier eonec- 



/ 



; 



^tcmfflitmie kui|ça€ composée, ou de seconde créa- 
tio&y il fiiut une sorte d*dradition qui ne se ren- 
contre pfts même chex toutes /es penonnes qui 
font profession d'écrire. U résulte alors souvent du 
fiins emploi d*no motoisiiel) mais don^raccéption 
originelle se refuse à Fanalyse , qnand elle n*est 
pas dévoilée par la connoissance d'une lang;uc 
antérieure , les désordres/les plus bizarres, et Us 

"équivoques les plus ridicules d'applications. Un 
auteur, écrivoit .dernièrement que les , lapins 
étoîent anthropophages^ parce qu'il entendoit 
par oitthropophmgêdïeg animmix qui se man- 
gent evtreeux. Un/histmen , aujourdlnii a^ezj 
célèbre, nuis dont/F esprit de parrti n'a pa^négligé 
le mcoèft, p«rle ir plnsîevrs reprises, et avec une 
mérvetUeuse cotmance, des deujç monarques de 
Sparte. U n*est /question dans leê journaux que de 
ecmbtUs polémiques» Les artificiers de nos fêtes 
composent desy^ux ^ydrauiiçues, et trouvent 
des imprimeurs qui les affichent. Elnfin on vient 
d'inventer /ii«e manière de lUko^aphier sûr car- 
ton^ et on feroit un volnme d'exemples du même 
gesre. Dans un siècle oà Fon n'est pas économe 
de mesures répressives, n'aurprt^n pas pu charger 
une censure spéciale dé prévenir ce scandale lit- 
téraire , si honteiix pour un âgé de lumière et de 
pctœctionnement?Xies livres et les Belles-lettres 
réclament leur Garitidès comme les enseignes. 

AOKlSTfl. Il n'est personne qui ne connoissc 



J 



\ 



^ 



^ AOU 

cette délicatesse de notre langue, de Je substitner 
au simple passé, quand il 8*agild*un temps con* 
èret , d'une époque dont il ne reste -rien. Je m'y 
arrête seulement pour remarquer que Voltaire a 
mal à propos critiqué ces deux Tels deja scène m 
(lu quatriàne acte du Ojtf ; 

Noui fwrtùme$ ônq centt; mais, ptr un prompt renfbrt , 
lifouM nous vùnei trois mille cd amviBt an port. 

V aoriste y est fort bien , car il s'ag;it de la veille. 
Au reste ^ il est bon de remarquer que cette 
utile nu^ince étoit à peine déterminée du temps 
de tk>meille, et que nous Favons long-temps né- 
gligée , comme les Latins, 

Ofnous dkes^hUy matin qutmd il deut monter 
à cheval j fiistes vous à son dùner^ proissait, 
vol. rV, chap. XLui. ^ ' * 

Certes J damoiselle, tant vous puis^je dire que 
hujr matin entrasmes nous premiers ez foretz. 

PERCEFOKEST y Vol. I , chap. XU^ 

Je laissay huy^ matin en ce temple deu:g: glai- 
i*es. Ibid. , vol. U, penult« cbâp. 

Pleust à Dieu gue présentement je /eusse de- 
dans la orgue des bons et beats phnss Concilipetes 
lesquels ce matin nous rencontratmes^! yÀSTAGn.^ 
liv. IV, chap. xix^ * 

Ce mati^ peut toutdbb se considérer comme 
un temps achevé. ■■■■/ »« 

' -, ■ • ^ - . . 

AOUST. Et de là, oûf, mpt commun dans 



T 



APE 4i 

L41 Font4àJaie, qui désigne Tépoque où Ton récolte 
ies^rainâ. 

Vollaire Youloit qu'on dît Auguste^ et Auguste 
vaudroit mieux , surtout si Juillet se disoit Jules. ^ 
Ce qui Tàodroit mieux encore ce seroit de réfor-^ 
mer, si on le pouvoit , les noms barbares et incon- 
venants de ce ridicule calendrier;, mais ce qui vaut 
le mieux dans la théorie n'est pas toujours exé- 
eutable dans la pratique. 

Il dut donc nous résigner k compter pour les 
septième, huitième; neuTième et dixième, les 
neuTième, dixième, onzième, et douzième mois 
de l'année; à célébrer la circoncision de Jésus- 
Christ le premier du mois de Janus , et la fôte de 
son auguste mère le yingt-cinq du mois de Mars. 
Quaht an jour de la Passion , il est consacré à 
Vénus. 

Dans la société , il n'y a que le temps qui soit . 
créateur : leahommes n'improvisent pas une idée ; 
*ils n'improviserqient pas une lettre/Auguste né 
' putparvenir à donner le droit de fcité à un mot; et 
un de nos rois de la premier^ race ne réussit pas 
mieux à foire accueillir quelques nouveaux carac- 
tères d'écriture à des barbares fort indifférents sur 
Talphabet qu'ils déchifiroient à peine. 

APEPSIE. ^.m.GATTBL.— Substantif féminin. 

^aiadiequiconsisteàne pointdigérer. gattel. 
— Le défout de cette phrase consiste à n'être pns 
Françoise. 



/ 



42 



APH 



APHTE. Tout mal qui naît dans la bouche. 
GATTEL. — Demande! k an dentiste ! 

API. Atttreims «^c; Cestlé nom d'ode pomme 
dont on ignore rétymologie. Ne seroit-ce pM 
tfmxjMÇy sans amertume? c'est la plus douce des 

pommes. -/^ 

M. Gattel ne s'occnpe pas de cela. HTdéfinit Xapi 

une sorte de pomme fort connue; cela est vrai. 

— ■»-.■ ' --' . ■" . 

APOCX^PË. Dans son excellent Dictionnaire la- 
tin^rançois (puission^nons atoir un Dictionnaire 
françois de ce mérke ! ) , M. Noël définit ïapo^ 

* cope une figure qui con^te k retrancher quelque 
cHose de la fin des laots. ]^€^, quand c'est du eom- 
mencemei.it, comme dans ClodovicuSj, Sont nooM 
avons fait Z^j^wciu; dans f^^hhosusyàiorA nous 
avons fiiit hosêu; dtmsjihula {Jiboala\ dont nous 
avons fnît boucle; dans gUs^ gUr^9, dont nous avoua 

' , fiïit loir^ comment appelle^t-on cotte figure, si ce 
n'est apocope ? Il est vrai de dire que ces derniers 
exemples »ont nHres; et, qnes'il y a une bisarrerie 
étrange a remarquer dans les caprices des langues, 
c'est là formation d'un mot dtû^wel disparoissent 
les lettres caractéristiques de Tét jmologie *, mais 
il &ut s'attendre k tout dans l'étude de lit piarole 
hnmaine : il n'y a pas une page de nos glossaires 
qui ne porte quelque tracede Tanatliéme ^ Babel. 

APPAT. D'iM^ eipastusj, comme amorce à' ad 



APO ^ j^ 

tx mqnms^ Ct$i une extensionspirituelle ^e celle 

de eea mou à rex|jik«ss^ des piégea des passions, 

et même de9 séductions lès plus innocentes de la 

heÊUté^jimorce éit vieilli en ce sens : ^ppas est 

resté; mais seulement au pluriel, ce que les Die- 

tISannaire» oaHient , caf ils en font un suJbstantiF 

particulier, et n'indiquî^t pas qu*il n'a point de 

sîngaliîup «t ne peut pas e^ avoir. Ce qu'il y » de 

plus remarquable dans r<;^r^graphe de ce pluriel 

c'est la suppression très»i(ndelnne du t étyinologi- 

^[ue. Gomei21e> qui étoit excellent grammairien, et 

•upérienr en ce point comme en tout point k tous 

les écriraiBs de son temps, a dit dans V Illusion 
conUçue: 

T«n ifQoroit WcUt, ratilité^ Vappa$, 
El k lilâiiioîf aoiii ne Wooimoittant pas. . 

Et ailleurs: 

le teox bien m'expoMr m plu* cruel trépas , 
Si eei rares fM^ésents n'ont on mortel appas. 

Maitcen'est pas seulemenCsiâTantmoi uneliberië 
pardonnalble, comn^e l'appelle le spirituel annota - 
teuT) M. François de Neufchâtean ; c ejït la liberté 
d'untempsoùccsdélicatessesde lalangue n*étoient 
pM <4>servées, où ces conditions n'étoient pas éta- 
Wîes^On ne diroit pas aujourd'hui un appas, m 
dansFaccepiion propre, ni dans l'acception figurée . 

. Aî«OSTaC«>HE. s. / Apostripha, œ. se 



"s 



u- 



ê' 



u ' APP 

trouve dans Asconiiis VemÊinui} apantophi^, es, 
dans Quintilien , L'un et Fatilre tout ftœmnis, et ce 
geiireest trèaH^j^mdipmueen ininçin^^ 
qui.iéc^t^ très-purementr^ a dit toutéfêîi dânâ^à 
joli F^byage : « Tapostroplie est un peu riol^t, ou 
^'imprécation unpeujbrte} » i) a d*atttatit j|)laa de 
tort qu'il écrivoit c^^passa^çe en prose^ "Àuda les 
classiques ont beau Jeji pour prendre leitir revan* 
che avec le Dictionnaire. 

ÀPPROCflA^T. il esr ajpîhrocbânt de huit 
heures, oattbi<.. — Je ne sab pas qo^elieare il 
est ; mais â^;;ft>cAimt Je est un solécistne. 

APPOmtÉ-CONTRAJUE. Terme de droit 
que La Foiktaine a transporté enem keureiiseinent 
clans le style de la &ble. Cette expression n*a rien. 
de distingué » mais ell<r.n'est pas essentielhMiMnt 
condamnable , ei Tabbé Des^nutnes^qni sl blâmé 
un Êtbuliste de son tcxiij^ p^^f l*avoir employée» 
de voit se rappeler peut*4trè; que celniiei n*en avoit 
point fait tksage sans Tautonté de son modèle. 



«-'■- H 



APPRENDRE. Verbe à s«bs ijéoproqpea. U 
signifie enseigner du être ensdjj^nè, RemarqiiOQS 
c-ependant qu!il n'a jamais la première de i^es àc-. 
ceptions sans gouverner nn datif :j^ loi ai ^ippris:!^ 
ou j*ai appris à /m. Dans le Cas contraire^ ikné^lé. 
passif. ' , -a- -r 

A bien examiner cette pbrase de d*Abt)mcf^^ : 






^ 



. ^_ 



^PP 45 

Il appm àt» tÎDges à danser, il est clair que les 
singes sont k FibUUf , et qile les maîtres a danser 
sont des singes. Cest le contraire de ce que d* A- 
blancourt reut dire. 



if 



*%^OXIMATION. Terme de mathémati- 

Çuesj opération par laquelle on approche de 

plus en plus de la valeur d'une quantité sans la 

^^^i'er exactement. QjiTTKL. -- 

^ -approximation n'est pas exclusivement un 

terme de jBiathématiques. 

2? l/approxùnoiiom joTet pàB une opération, 
c est on résolut. 

3» Uapproximation n'est pas Un résultat qui ap- 
proche de plus en plus , mais le plus possible 
car, s'il approolioit de plos en plus, il n'y auroit 
pas de raison pour qu'on ne trouvât à la fin la 
quantité exacte; Il fàudroit seulement que Tô- 
pération durât le temps nécessaire. 

APRÈS A FAIRE, etc. Occupé d'une chose. 
Cette locution est défendue par quelques écri- 
vains très^stimés. Vaugelas la regardoit comme 
un barbarisme, et je ne vois pas qu'elle soit consa- 
crée paf 1 usage d'un classique. 

ARAIGNE. La Fonuine a employé ce mot 
dana deax de ses fia>les , sans le foire passer dans 
1 usage. On ne l'a revu dès-lors que dans les pod- 
siea 4e BonneviUe. 



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i(5 -ARA 

Oh donne beaucoup d'étymo^Cfies différentes 
au mot araingée. 11 me «cmbî^'il ne fout pas 
chercher la véritable how du g|fec , dont la fable 
à' Arachrié est tirée. Or^cc mo|Tient évidemment 
d'ap«, raotion de èmre , etâe vew, je file, qui 
est aussi entré en constriictijp dans Athénée, un 
des noms grecsde Minerve 
' pn dit;?arcWi>Jc/6terjis.araîgnée8 d'un plan- 
cher, pour en Mer les toMes d'araignée, oattkl. 
-^ Je lie sais si c'est'pa/ eljtpse que les cham- 
brière^isent cela ; mi^ on feit très-bien d*6ter 
les arai^h^cJ elles-inè|aes quand on peut. 

ARANÉÏDES. F/àmille d'aptères. bOist». -=- 
Les araignées éUnéai une famille d*aptères. Les 
aranéïdes sont ui^ nouvelle classe du genre ani- 
mal , bien déteri^înée par M. Duméril , et par- 
faitement éublié par M. Walckenaer. y : 

ARGOT. AI70Ç , otiosé. U argot est la langue 
de ces fainéaiits de profession que Foîsiveté con- 
duit au criHie. 

Jargon est Ip même terme à peine modifié. 
Baragouin est fait de poew et^dVpyoç. 

On a 4it autrefois narquin , un mendiant ; nar- 
e/uois, \e langage des narquins. La lettr^ se 
rattajChe souvent^ux voyelles initiales ; et cette 
synAèse arrive surtout par son échange contre 
Tartiçle apostrophé avec lequel elle se .c^onfbnd 
ai^émefif : \ argot, nargot et narquois. Lès mcn- 



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* ARG - ,^7 

dianU, lès manoeuvres, les filles publiques , les 
filous,' les conspiratétirs et les sociétés secrètes, 
oift.des laifgue^ particulières qui sont jutant 
<l*a^go(5 ili^rents. lies comédiens en ont un qui 
^agne jusqu'à un certain point la bonne compa- 
gnie quand les act^^^s sont jolies. Je ne parle 
pas des alchimistes , des çabalistes , des mesmé- 
risteè y et même de certains sophistes, dont 
V argot passe de inode.' . v 
'. La lang^e des sciences est deyenue une espèce' 
à* argot moitié grec , .moitié latin , qui a un très- 
grand avantagé, celui d*étre, par ses étymologies, 
presque inaccessible à l& feule ; ' mais il faut 
prendre garde de Tintroduire dans la littératui-e 
pure et S|imple sôus peine de n'être plus entendu 
en France que des gènli qui sajent autre chose 
que le François. 

Au reste , il n^ a rien de plus douteux que ces 
étymologies si faciles à soutenir. Argot vient peut- 
être , comme alfana vient. d'e^Miw^d'uue origine 
^ bien plus éloignée, ^dezi'/ig^ano on zingaroj bohé- 
mien. Çest le langage que ces averUuriers ôrit 
eux-mêmes appelé le zergOj contraction de zin- 
gàro qui est tout-k--Kiit dans le goût de V argot. De 
.zér^o nous aurions î^ii gergon _, comme dans le 
livre de-Pechon de Ruby : La f^ie généreuse des 
mattois j gueux j bohérhiens etcagouXj conte- 
nant leur façon de vivre-, mbtilités etgergon, etc. 
Paris, i6aîi,TQ-8*». De Yk jargon, argot, et le reste 
Le Lihro Zergo a été imprimé à'^Venisr^ en 1 565, 



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AS ART "■ r ' 

^etit in-;8o , et quelques'autres (bis, ce qui n em- 
pêche pM qu'il soit fort race. 

ARTÏSAN. 

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^ Lectr«ctk«d«ridole, etc. > ^ : 

Ôndiiioit aiijoaril*Hui artiste j dans cet exeniplè^ 
malgré Tnutorité deLa*FonUine et de Bbiîeau ; 
et ce nom même se gagne quelqueft^» à meilleur 
marclié. . 

ASPIC;, plante. De spico^ «oùs âïons fait 
cLspi^ ou e^ic , qui est deTenu épi. Par exten- 
sion , nous avons donné ce norà a une ^plan te aro- 
matique dont les fleurs sont disposées en <^pi , et 
son nom primitif ne s'est pas modifié avec l'autre. 
Voilà donc deux mots parfttit^a^nt identiques, 
qui ne sont plus homonymes, et dont il est même 
assez difficile de trouver rorigîn^^ominune^ 

kSSKSSJN Poét.Jig. yeux.àssassins:wkii.\.r. 
— Cette expression est très -figurée, .mais elle 
n'eàt poétique que danis lé langage de Mascarille. 

ASSONAH. ZiVre ^ui contient les traditions 
de la religion musulmane, ytailly. .— Cest un 
livre de lois et non pas un livre.'de traditions. Ren- 
voyé d'ailleurs à la Bibliothèque orientale : la 



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^ ; . ' ^ ASS . _ ' ■ 4.) 

biblioèr^hie du Levant n'a rien à démêler av('<^ 
notre langue. v 

ASSOTER. On dit plus souvent. nssoù'v, wAih- 
LY. — L^ gens qui parlent bien nedisenr «i l',jn 
ni l'autre. ♦ ^ ^ ' 






. ASSURER. Dans IJ^ens de donner de la sa-. 



>. 



curité, on ne dit, plis cpjp rassurer, L'an<;cnn 



(* 



'/ 



^P^'^^iJ^" paroissoit très-logiquement fait 
Un oracle na'aMurè; niv -songe me travaille. 



r. 



\ .>.. 



CORJfRlM.lF,. 



N 



Il est probable qu'on a voulu éviter la confusion 
de sens dan^ l'emploi de ce mot trop riche en 
acceptions. ^ 

v^ ASTUCE. |/^tymologie de ce mot u\'sf jins 
imitilç à rhlsfoii«|k()rale, des lan^jucs. Il >mmi( 
ti'a77v^ ville, et s\'S^)ris d'abord f)our le l^'ïif^ajfj^ 

oli de leurs-fiâbitants. Voilà une expression (>iV 
gi^airement, synonyme àUirbanité e( (U> politrsf^e, 
iqui ne signifient souvent pas aufie cliyse. ^ 

M. Noël s'est trompé jJeut.- être en peusanf 
i\\iastu , latin, sfgnifioit Athènes par excellence. 
11 n'a jamais été employé qu'une fois à ma «on 
Tioissane*^ ,'et c'est dans V Eunuque de 1 éreiM •' un 
celui-ci a pu affecter un grécisme. 

4stu , adverbe», qui équivaut h notre adve 
astucieusement , si l'on veut permettre <ju.' iiohv 

4^ 



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1 ■ 



50 ATO 

adverbe asmoieuseinent soit François , coufirme 

son étymologie. 

v^itucc signifie aussi mauvaise finesse, waili^t. 
— Et qu'est-ce qucj^wtfwe^ M. le leweogFftphe? 

Ruscj artifice, waillt. — On en pdurroit con- 
clure qm'il y a de bonnes finesses, et cela n'est pas 
délicat. 

Le critique de l'Académie dit fort bien : Notre 
langue -se distingue de toutes les autres par de no-^ 
blés scrupules. 

' ATOURS. Du latin adomare^ comme orner et 
sa femille. On a dit tf abord aoumer ^ aorneir^ ^ ei% 
tous les deui^ te trouvent dans Rabelais ; i7 disoit 
qu'on se devoit porter vestir et aournW chacun se- 
lon sa condition; ailleurs, c'est, dit le\noine, pour 
aorner mon langage. Il est probable qu'atoi/rner 
s'est pri^ au même sens , car on en voit eucore le 
participe dans La Fontaine : 

Çe chioi-ci donc étant de la sorte atowrné , etc. 

Quant au joli mot S atours ], les dictionnaires 
ont peut - être tort de lui donner le nombre sin- 
gulier qtie je n'ai jamais vu dans les auteurs. 

Au reste il feut tirer du vers de La Fontaine la 
conséquence ç^natourncr ne signifie pas excUsi- \ 
\ement parer urie dame j qui est la définition reçue, 
puisque le fabuliste l'a fort bien dit d'un cbien. 

ATT ACHER. La différence 4e8-prononciations, 



ATT . ^51 

en multipliant les mots, a servi à rcnrichissemenr 
de la langue , ][>arcequ*ellc a multiplié les accep^,^ 
lions. Attacher ei attaquer ont été originairement 
la même ckose. 



lires 
sin- 

le la 
Isi- \ c 
kcue, 
tn. 

ions, 



ATTELABE. Çoléoptere aquatique j h tête de 
sauterelle^ corps d'araignée (linné). boiste.* — 

"Linné seroit fort étonné qu'on lui attribuât cette 
singulière définition; et, quant à cette description, 
je garantis qu'il n'y a pas decçléoptère au monde 
auquel elle puisse convenir. ^ 

Linné a donné ïe nom à^attelabus à des insectes 
auxquels Fabricius l'a conservé, et en outre à àiî- 

. férentes espèces de clérus, de trichodes, de spon- 
djlis, d'upis. 

Geoffroy l'a très-improprement appliqué aux 
histers. Les nouveaux entomologistes françois 
l'ont unanimement maintenu pour la ftimille que 
GeofFroiavoit composée d'une partie des attelabux 
de Linné, sous le nom de becmarcs. 

AUBOURS. Arbre dont les Jeuilles sont em- 
ployées contre V asthme, v^àillt. — Cette défini- 
tion n'est pas très-satisfaisante quand il s'agit de 
désigner une plante inconnue. Aubours est le 
nom patois du ftiux ébéuier des Alpes, espèce de 
cytise dont on est libre d'employer les feuilles 
cowtre l'asthme, au hasard de n'en pas guérir. 

AUCUNEMENT. Adverbe à sens extrêmes. 



/ 



4. 



AUR 



r,2 - 

Il signifie d'aucune manière, et il a aignifi* en 
quelque manière qui ne le vint pâs. 

11 s'est conservé pour le même tisagc dans le 
style de la pratique ; et c est peut-être a cette ifc- 
veur toujours funeste aux mou qui en sont bo- 
norés qu'il doit d'être exclus du beau Uûgâge. 

ÀURE. 

Jmn , fuit-l» TMiir; je ««i» q«'W» t'o bÉi iiw t . 

Il aiiDè^ donc cette A^re et jne quitte pour cOe. 

Let ^dK» <le ces lieux n'ont point (fantrei «mploift 
Que celui d'enMÎgner le nom ^Amn à no* boU. 
Dans tous les environs le nom SAun rétonoe. 

Les vieux commenuteurs de La Fontaine ex- 
pliquent ce mot p»ar vent frais d'été. Ctêt tinc 
expression utile et consacrée, mal' k^propo« dé- 
daignée par les Dictionnaires. 

AURILLAS. s: m. Se dit des che^^aux tpd ont 
de grandes oreilles, waillt. —En Languedoc et 
en patois. 

AIÎSSIÈRE. Grosse corde à trois tounns. 
WAILLT. — On ne voit pat ce que c'èat quun 
touron. Or, si touron étoit frtnçoU , il fiilloît le 
mettre à sa lettrine, et, s'il n'étoit pas françois, il 
né falloit pas le mettre 1^. 



A UT 



53 



AUTOMATISME. État des 6eW. waillt. - 

Cest trancher une grande question , mais c'est la 

trancher l)ien légèrement, et plus légèrement 

^, ^eut^étre qu'il n'est permis de le foire dans un 

Dictionnaire. 

AUTOMNE. Maintenant masculin ; ce qu'on 
a (Bit pour le conformer au genre dés trois autres 
saisons. Les chimistes ont suivi cette méthode 
pour les noms des terres , des méUux , des d^mi- 
méliiux. Cet esprit de régularité ne sauroit passer 
trop vite des sciences dans les langues' ; et aucune 
langtie n'approchera de la perfection tani qu'il ne 
s y sera |^as étendu k toutes les; applications dOn( 
il est siisceptihje. ' , ^ 

^ AVACHIR, S'. Se dit des étoffes^ du cuir. 
-WAiLLT. D'une branche qui penche. fioisTz. Des 
femmes qui deviennent trop grasses, joiste et 
WAILLT. — Cela n'est pas élégant en parlant des 
étoffes et d^ cuir; et, en parlant des dames, cela 
n est pas galant. 

AVANTAGEUX. On prend communément 
aujourd hui ce mot pour vain , confiant , présomp- 
tueux, et les Dictionnaires le consacrent en ce 
sens, où il n'est certainement pas François. C'est 
une extension de province, qui a pu être accueillie 
i>ar un^ gazettq , mais qui ne mérite pas de l'étFr v 
par une académie. 



.* 



'U 



AVA 



A 



/ 



A V AN T-COtUH . 7lfaiai/ie Af cAtf i^o/. w AiLLi , 
— It ftiUott dire du cheral OQ dos cheTaux. Mala- 
die de cheval est Une expression figurée. Une 
forte maladie , une fihvre , un remède de cheval. 
> Ces délicatesses méri Cent d'autant plus d'égards 
dans nos Dictionnaires^ que les étrangers ne sau- 
roieùt les deviner. 

AVANT-SCENE. Chez les anciens j la partie 
du théd&e sur laquelle les acteurs paroissoient. 
oâttxl. — Chez les anciens et chexles modernes, 
Vavant-^^chnétêtVLU espace au-^le van t de la scène, 
c'est-^îre de Tespacé où les acteurs paroissent. 

A%fant-schne a une autre acception oubliée. 
On entend par ce mot la partie de Faction qui a 
dû précéder celle qui fait le sujet ^'un drame. 
L'exposition a pour objet le développement de 
Vavant'Schne. La bataille de I^arsale est V avant- 
scène de la Rfart de Pompée. 

AVEC. On a écrit avecque et même aveusque, 
ce qui démontre bien Fétymologie ab usque cum. 

Je ne remarque en passant cette ancienne et 
désagréable ort%>grapbe que pour rendre à Cor- 
neille cette justice , qu'il l'a réformée tant qu'il 
a pu dans ses tragédies , en les réimprimant;, 
exemple utile dont il est fâcheux que Molière et 
Là Fontaine n'aient pas daigné profiter. V . \ 

AVENTUREUX. // vieillit, boi&te. 



^ 



AVE 



— II rajeunit. 



55 



»»r qod» fcit» d'wTOi v«l«ir«ii 
PiMâ que nul autre âTcolureux, etc. 

Il en e.t de plualeur. mou comme de celui-ci. 
Chevreau bUmoiUuuivaleur^ujcd,n, lepremie. 
vers c.té, comme une exprewion hora d'usace 
et va,Uance a été reproché , il y a cent vingt an, 

ré^^^^ -r"°""I"' "'"'^""' « '■'""""•• dé 
I ëpiiaphe de^Turenne. 

.O.STE. _ L «..«rturfne û'ert pa, une pierre pré- 

,T„T; " '" """ '«"portion fortuite, et de là vient 
son nom. 

AVEUGLEMENT. Ce mot n'est pl„, syno- 
nyme de erfoù^. C^o«^ se prend au propre et 
"feugUment au ûguré. i opre , et 

AVOrR. 

^r"-U t .«« d .horf „ que wo, lui A„„ , 

.e.Îin'àmJ""' '"•'"' ''" ^"^"^ 1"' » -""-"* 
.-e.te ,n6me acception ; et où ? dans une comédie 

représentée; e, quand? au milieu de ce siècl" 

•■■n-de o„ )„ g,„,,iireté de George Dandin et de 



•.6 



AVR 



V.n.,.elle révoUc lesoreilles de Vauditeur le pW 
^ rlv 11 est remarquable que la licence des 
r":cl:;es«eso\iamaU allé .loin que le 

bon ton. 

AVRIL (pom^nd-). Proverbe .elon FAca- 
démie mais plutôt coutume de laquelle est ré 
tZ une expression qui est commune et non ps 
Iverblale. Un proverbe doit contemr une vé, Ué 
raorak ou une allusion historique. 

L critique de l'Académie prétend que cetu, 

locution tenoit à l'<iP°<I--^"PT"-'°"e siècle' 
qui aété en avriljusqa à la fin du -même s.ec e 
Cette explication peutêtrc vraie, mais elle nés 

pas exprimée avec 'justesse. I--f "'S 
à Pâques, qui est tantôt en mars. Untôlen avril. 

AYEUL ou AÏEUL. DWuto, diminutif d'«- 
.„., selon Ménage ; et mieux encore d acay.olu^ 
ou atarolus^ diminutif d'ata.us. Nous prenons 
d-ailleùrs ajeul en deux acceptions, ou il peut ,se 

.^ratucher à ces deux é.ymologies : dans la pre- 
mière , il représente a^us, et dans la seconde , 
ata^u. . avec toute l'extension qu'on peut lu. 
donner. C'est radicalement A'atta, mot de la 
langue puérile qui a produit le nomdepe.e daus 

■ une foule de langues. 



,♦ 



r.st 



♦- * 



\ 



B 



B. Première consonne. 

Je (lirai une fois pour toutes sur cette consonne, 
et je prie mon lecteur de faire lui-même à toutes 
les autres l'application de mon principe , que l'an- 
cien mode d'épellation, qui fait suivre de vovelles 
diverses leâ lettres consonnantes de la lan^jue, on 
qui les en précède au hasard, tient de près à la 
barbarie. Une consonne ne peut réellement se 
prononcer ^ans être soutenue par l'émission d'un 
son vocal; mais, comme cette addition est de pure 
nécessité, elle doit être aussi peu sensible qu'il 
est possible de le faire. La prononciation des con- 
sonnes ne doit donc être ap^û yée que sur Ye muef . 
Les petites écoles où cette innovation philosophi- 
que a été introduite jusqu'ici en ont recueilli le 
plus grand avantage; et il est facile de concevoir 
combien elle ôte de vague à la valeur des sifjnes 
que les créateurs de notre alphabet ont si iii^pro- 
prement dénommés. 

BABAU. Ce vieux mot veut dire fantôme. Il 
est de la langue puérile, r'esl à dire composé des 



58 , BAG 

premières articulations.de renfance. Si nous re- 
trouvions la langue primitive, nous n*y retrouve- 
rions guère de mots abstraits sur lesquels on ne 
pût faire la même remarque , parmi ceux qui ex- 
priment les superstitions de la société. Les erreurs 
de Tenfance sont devenues dans tous les payis 
celles du genre humain. 

BAGUE. Anneau d'or ou d'argent, gattel. — 
De platine y de vermeil, de bronze, d*acier, de 
plomb, de laiton. Jusqu*a Marins, les bagUes des' 
Romains furent en fer. " 

Oiiiljr a Quelque pierre ou diamant enchâssé. 
GATTEL. — Où le plus souveot îl n*y cu a point. 

Quelque pierre ou diamant, — Queltque perle, 
insecte, fleur, miniature, relique ,oheveux , etc. 
Et, s^il n*y avoit rien de tout cela, et que la bague 
fût un sceau, comme celle dont Jezabet marqua 
l'empreinte sur Tordre qu*elle envoyoit de tuer 
Naboth , ce n'en seroit pas ùioins une bague. 

BAGUENAUDE. Petit fruit enveloppé dans 
des gousses pleines de vent que les errants font 
craquer, etc. gattei.. -^ Silique large , enflée , 
semblable à une vessie, que tout le 'monde peut 
faire craquer comme les enfants. 

'Bagueûaude pafoU venir eti ce sens de bacca 
jfiu/ia^ une semence mise à nu» 

Baguenauder ne s'est pas dit pour Tactiop de 
faire éclater des siliques de baguenaudier, niais 
pour celle de s'o<icupèrà un jeu qui consiste à feir^ 



■^1** .- 



» . 



BAH r,c) 

et délire succe^ivement une espèce denœuidc 
Bagues de hr. Il fàudroit donc écrire en ce sens 
B^gtéenoiieretbaguenodier, 

BAH r Exclamation très-fréquente dans les co-^*' 
miques, très-dédaignée dans les lexiques. C'est 
ronomatopée d'une mîinologie vulgaire , le bruit 
que lait la bouche d'un homme éàahi. 

^<^l^> Graine oujruit de certains arbres, 
. En terme de maçon, ouverture qu'on laisse 
dans la muraille lorsqu'on bdtit, pour meure une 
porte ou une croisée. ' . ' 

^ En terme de marine, enfoncement de la mer 
dans la terré, beaucoup plus large dans le dedans 
que par Ventrée. ' 
Tromperie qu'on fait à quelqu'un pour se diver^ 
■ tir. GATTEi.. — Quatre accepUons qui appartien- 
nent si peu au même mot qu'il faut pour les rendre 
au moins trois orthographes diflférentes. Celle de 
la première est seule exacte. En terme de macon- 
uerie, et non pas en terme de maçon, ce mot 
a écrit bée et se prononce de même. C'est abusive- 
ment que tous les dictionnaires, sur la foi de T Aca- 
démie , ont fait du substantif /a bée le barbarisme 
lobée, par une syncope vicieuse de l'article. 

Dana la troisiàme acception, qui vient de notre 

ancien verbe bayer, ce mot s'écrit baye, orthogra- 

phecaractérislique que les Anglois lui ont laissée . 

mns la demièi;e, qui est probablement figurée 

du même verbe^ parce qu'un homme à qui on 



"A* 



a) . BAL 

donne des bayes est un homme sujet à s ébahir de^ 
peu de chose , il fout également l'énire comme je 
le fais , unt qu une orthographe sagement réfor- 
mée n'exigera pas que nous récrivions autrement . 
C'est l'écriture étymologique. 

En6n je remarque là-dessus que ce mot bàjra 
pour tromperie a donné le rerhebajrer, très-ignoré 
en ce sens-des lexicographes, et très-usité encore 
dans la phrase familière : Vous nous la bayez 
belle, dont il a plu à l'usage de faire honneur à . 
cet autre verbe bailler , qui n'est plus employé que 
dans la pratique. 

BALAI. v.Vi. Il est absurde d'écrire balai par 
un i j balayer pax un j grec , comme tous les 
lexicographes , et balejeur par un e , comme 
M. de Wailly. Notre orthographe est ridicule; il 
(ïiut au moins qu'elle soit uniforme. 

BANIANS. Idolâtres des Indes -Orientales j 
qui croient la métempsycose, gattel. — Litté- 
ralement : hommes dont la singulière organi^a- 
. tion concilie la plus stupide des erreurs, l'idolâ- 
irie, avec le plus beau système de psychologie 
connu, la métempsycose. Il n'y a point d'idolâtres, . 
et surtout parmi les gens qui croient la métemp- 
sycose; mais il y a chez toutes les nations des su- 
perstitions populaires. ^ ' ^ 

BANNI. Quiaencoii^u le bannissement. ys \il- 
C'est couvine si Ton disoit : pendu , qui a 



I Y. 



BAR ^j, 

encouru la peine capiule. Cela n'est pas toujours 
synonyme , témoin Henri Étiefane qui n'eut ja- 
mais plus froid que le jour où il étoit briiIé en ef 
figie à Paris. ^ 

Littéralement , un bqnni, c'est un homme qui 
subit la peine du banàissemént , qu'il l'ait encou- 
rue ou non. / " . \, - . ; . 

BARBACOLE. Lea Dictionnaires le donfteni 
pour/eM dé hasard. L'Académie devoit au moins 
se rappeler que La Fontaine ( liv. VIII , feb. xn ) 
l'a feit synonyme de pédant .V ^ 

' On vous devroit à soixante aas. 

Renvoyer chez les BorAacofc*. 

Cest un néologisme emprunté des Italiens, qui 
\ appellent aiiisi ces feux savants dont le mérite 
est presque tout entier dans une barbe touffue. 
( Barbant colit. ) 

BAKBARE. Phrase d'exemple : Les I^oquois 
parlent une langue fort barbare. gattXl. — Les 
Iroquois n'ont encore ni académie ni Diction- 
naire ; mais ils ont des orateurs, des poètes, et 
une langue qu on s'accorde à trouver forte et har- 
monieuse. La nôtre leur paroît fort barbare. 

BARRAULT. Les Dictionnaires françois sont 
par trop parisiens. Avant les nouvelles dériomi 
nations des poids et mesures ,^«rrflu/t indiquoif 
une gra^e mesure de liquides en Bourgogne , eu 




\ 



m 



BÀR 



FranM- Comté, en Tourfuiner la, douzième j 
ung baprauU d'ortemjr c&twert d'une vignette de 
grossesperies indicques. PafUagruelAî^ » IV, c- 1. 
Ceci prouve que les propriétaires de vignobles 
oijt grand tort de dire un barrai^ an singaliér ; mais 
ils ne seroient pas moins coupables de dire plus 
long-temps un barrauît, L*unité ^es noms qui 
garantit celle des valeurs est un des bienfaits dont 
le commerce est redevable aux sciences.* îl est 
vrai qu*Accro/itr« vient du grec ! Eh , mon Dieu ! 
d'où vient barrauît , s'il n'en vient pas ausài? 

BARTHÉLEMÏ. Nom d'homme, gattel.— 
Cette classé de mois grossiroit considérablement 
les Dictionnaires. 

BAR YTONEK. Quelques auteurs anciens écri- 
vent mal a propos baritoner^ et M. Boiste les suit. 
Ce mot, qu'il définit danser^ n*a jamais signifié que 
chanter d*u« ton grave, k moins qu'on n en trouve 
hors de Rabelais des exemples que f ai inu^le- 
ment cherchés. Voyez ce qui concerne Tenfence 
de Gargantua : et luy mesme se berssoit en dode- 
linant de la teste, monochordisant des doigtz et 
bary tonnant du eiil. 

BASSIN. Outre toutes les aecq>tioi>s connues 
dfi ce m^, U »ig**8» eaçore un ^prt^in Ifte^ble 
creui et aW^di , armé d'uft manche assez Jopg , 




[puiser de Tcau dans les seaux , et qui 



< 



/ 



TRÉ- 



BAS 6:^ 

est ordinairement de fer ou de cuivre batlu. Cette 
acceptiop n*est pas dans les Dictionnaires., pour 
une trèè-bonne raison , c'est qu'on ne se. sert pas 
de bassins a Paris , et que le Dictionnaire de l' A- 
cadémie est celui de Paris. 

B ASSISSIME . Très- profond ^tres- bas. 
voux , WAiLLT. — Barbarissime ! 

B ASTE , de Tiulien basta v il suffit) . 

Les Dictionnaires font de basterun verbe neutre 
impersonnel. Il ne s'agit pas de cette dénomina- 
tion , mais de la définition dans ce sens même. 
Nous n'avons jamais eu le verbe baster à&ns son 
infinitif. Baste n'est pas , comme on le dit, * un 
impératif; c'est une troisième personne du pré- 
sent de l'indicatif avec l'ellipse du pronom. Baste 
a signifié d'abord , comme en italien : il suffit , et 
par extension : nimpjorte , qui est tout autre 
cbose. Cest l'usage cbez nous. ^ 

BASTERNE. Le cbar de nos rois de la pre- 
mière race. 

ly^basteTnaj idiotisme îatin que M. Noé'l.foit 
dériver de Ç>a.çàjl^(ti. Il n*en auroit été fait qu'en 
construction hibride , puisqu'il y manque de son 
dernier élément. 

C'est de bos trinus , mot soldatesque ou de re- 
lation pour indiquer une voiture gauloise traînée^ 



r 



-V-i 



# . 



X 



y 



■ <i ■' . . ■ • - . ■ 

(U BAT 

,r trois bœufe. U est vrai que Boileau- a 5I1I : 



fi»^ 



pai 



Quatre IxEufs attelés d'un pas tranquille et lent 
Promenaient dans Paris le monarque indolent. 



Mais trois n A quune syllabe , fet un poète sa- 
crifie rarchéolocie à la mesure. 

BATTANT, te Wttawt (l'une cloche. 

Tous les Dictiomiairès disent haUant , hors 
celui (le Trévoux qui dit ^araiï. 

M!Boistedit5fltfli7. mais comme un simple 
terme de blason. 

- Le blason ôst une langue fort ancienne qui a 
puisé presque toutes ses expressions dfcns la lan- 
gue commune . On a dit ^^ata^/ j usqu a V Académie : 

le batailde la cloche dès frères Fredpns étoit 
d'une queue de regnard, dit Rabelais. , 

r^kTTOhOGlE/SuperJluité de paroles , répé- 
tition inutile de' la même chose, gattel. - 
Exemple : répétition inutile de la même chose. 

h' . • 

BÉAT. Terme de jeu, pour désigner un té- 
moin qui participe au bénéfice de la partie sans 
être exposé à laperte. l'académie , boiste. — On 
m'assure que ce mot, qui n'est pas de bonne coui- 
paguie , n'est pas même un mot de joueur. On du 
K)ujour8>(^a«M5 . qui ne seroit pa^ francois et qui 
MP mérite pas de l'être. â 



^i 



BE 

tout ( 
grec; 
*opia 

BE 

</UL S( 
'vrATTE 

aussi 1 
«jui Ju 
roit d( 
moins 
'•liicri. 

BEf 

d'une f 

K «A BEI. A 

' nvA\ 

ro.s. wa 
«It'frrm 

Ih"|)j)Oj)( 

<)!!♦' le / 
'lue . m 
Hn dn T 
jusies , ' 



-■r t 



% 



Jt>- 



« 



B E A 



(). 



BEAUCOUP. Les «Mymokiirisfes , «i.ii vrulmj 
Unn devoir à la Grèce, Ici dériver ce .noi d„ ' 
grer; c'est tout simplement du mauvais l^ti,, /.r//.." 
^o/>/rt, friande abondance. . , 

bec; Partir dure et ordinairement pointue , 
</UL sert à l'oiseau ii mander et à se déjendra ' ' 
(.ATTEL. - Les serres d'un oiseau de |.roir\r,ni 
.«ussi une partie dure et- ordinaircmenl ppinu.e 
</»! lui sert a manfjer et a se dél^Midre , et on p/,M,' 
'oitdéfinîrde la même manière, avec ni pins ni 
moins d'exactitude, les dents du .\]nU e) du 
cliien. 



l^EDOy. Homme i^roset'^ras. Tamhnuv drl>a\-' 
r^v. noiSTE. -, Il se prend aussi p,>ur i'rvp.vssin,, 
'i uue familiarité ami.ale. Frère Jean . mohhedon/ 

H>ABEI.A1S. 

• .'■4'- . ■ -, ■* - " ,,"'■- 

' BKFIEMOTIL I^hipinnmrame ou Ir rhnuuc- 

ros. noisTE.- C'est («e(|V,YL est I rrs-dilH.d. ,\r 

•l«''^''nnner. I.e Iwhenwth est un |;rand <,n..d,„- 

{"'d'' iHl>Ii(,j^e dont horhartMall a |..; ^,.,•ih• „„ 

lHppopola,n.e, et dcnl les ral.i.ins Ue lonl ,,„' 

/î'and |,œnl.Je suis porte ;, croiVe, r|';qn-s I.. ,- 

<ounite.de tonrl.e,, .p... ee^h^.h,;nntU n\-s( .uhv 

<|<H'lemamo,/M(,ni passej,n,n une ,.spr( r pr, 

'««'<'■ maiS(,uise rMrouvera nécessairement a I;, 

fi" dn monde., ou il doit servir au hancp.n d.-s 

justes, snivnnt les,l„rteurs lalmudistrs 



Il iifi 
(in 



A». 



* • 






*.f/ 



■s 



OG 



BKL 



BELETTE. PetUammal.... (fui fait la guerre 
aux pigeons, gàttel. — Malheur à qui, *ur la foi 
liu Dictionnaire , ne craindra pas la belette pour 
scjy poules ! \ 

BELINER , BISCOTTER , ÈRIGOLÉH. v. a. 

BOISTE. r 

Ces mots sont tirés d'un Dictionnaire univer- 
sel , et universel est le mot. 

Si ce DWticjnnaire est fait pour les savanU , rien 
de mieux que de tout dire ; mais il ne fout pat tout 
dire à tout le monde, surtout quand on annonce 
par son titre même qu'on a travaillé pour des 
enfonts, 

BESTION . LaFontaineet d'autres auteurs l'ont 
employé pour insecte, petit animal. On ne lui 
trouve pas cette acception dans les Dictionnaires. 

B1BLIUGUIA.NCIE. Art de restaurer les livres: 
mot composé du grec , sans égard pour l'analogie 
francoise, et auquel un savant helléniste qui a ré- 
dipé d'excellents articles dans le Journal de l'Em- 
/>ire(M. Boissonnade) a judicieusement proposé 
de substituer bikliatrique. 

Il est d'autant plus important d'attril>uer un 
nom fixe à cçit art utile et curieux , qu'il ne peut 
HLinquer d'augmenter de crédit tous le^ jours , à 
mesure que les productions de la typographie su- 
l)iron> les outrages du tojnps. L'imprimerie a 




[es: 

Iré- 

\m- 
)sé 



un 
tut 

Isu-, 
a 



BIK G7 

multiplia h l'infini les ouvra^^ps de Tespril , mais 
sur des matières beaucoup moins durables que 
celles c{ui nous ont transmis les chefe-d'œnvre des 
anciens. Il est presque impossible qu'un de nos 
livres se conserTe matériellement pendant des 
milliers d'années ; et, pour le grand nombre , m1 
n'y a pas de mal. 

BIENFAISANCE. On sait que ce mot est de 
l'abbé de Saint-Pierre, C'est dans le mémoire pour 
diminuer le nombre des procès j p. 37 • 

BIG AILLE. Nom générique des insectes vo- 
latiles. GATTEL, WAiLLT. — Lcs naturalistes ont à 
se féliciter de cette expression q^i a échappé a 
tous leurs lexicographes et à tous leurs méthodis- 
tes ; mais j'ai peur qu'elle ne «oit pas propre h tous 
les insectes volatiles, •si elle vient, comme je le 
pense, de bis - ailés , qui se sera corrompu dans 
quelque patois. On conçoit que les tétraptères ne 
seront;|)as classés sous ce mot d'argot, et c'est une 
petite imperfection, car il5> l'emportent de beau- 
coup en nombre sue Içs autres. 

BIGAMIE. . 
■1" Alariage avec deux personnes en même 

temps. ACADÉMIE. 

2" État de ceux qui ont épousé successivement 
deux Jemmes. gattel. 

Phrase d'exemple : Là bigarnie dans le pre- 

5. 



■v. 



68 ^ ^10 

mier sens est un crime; dans le second elle ne l'est 
pas. GATTEL. - Jl faudroit , elle n en est pas un , 
pour parler correctement j pour parler raisonna- 
blement , il ne foudroit rien de tout cela. 

Ces deux espèces de bigamie sont des crimes 
suivant les temps et suivant les lieux. La tétraga- 
m/e est permise en Turquie; la polygamie indéfi- 
nie étoit permise aux rois d'Orient, témoin le 
- sage Salomon : à l'inverse, la bigamie des secondes 
noces, qu'il faudroit appeler deutérogamie ou 
néogamie, a été défendue chez des peuplés scru- 
puleux. On promet à la langue françoise de deve- 
nir universelle : il ne faut pas restreindre la partie 
morale de ses définitions à ce qui est reçu dans/ 
la coutume d'un bailliage. . 

' «/ 
BIGOT. Pourquoi n'avons-nous jamais écrit 
bjgot, par égard pour l'éi^mologie angloise bj- 
god, ou l'étymologie allemande Içjr-gottl 

BILBOQUET. De Bambin, bimbeloterie, bim- 
beloquet ou bibloquet. Bilboquet est une faute 
d'impression consacrée par l'usage et qui ne tire 
pas du tout à conséquence. 

M. Gattel dit que c'est un morceau de bois 
creusé en rond par les deux bouts. Le mien, dont 
je me souviens très-bien, avoit une extrémité poin- 
tue. M. Gattel ajoute : avec une corde au milieu 
de laquelle ilj a une balle. Je lui garantis que 
la balle est au bout de la corde et non au milieu. 



Î'W 



[v 






Il ne fiiutffeis laisser d'équivoque à la posrériie 
sur (les matières de cette importance. 

N, B. Je remarque au reste, par manière d'ad- 
dition, que l'étymologie que j'ai avancée pourroit 
!>ienêJre feusse. Il y a dans les jeux de Rabelais 
un jeu de biUe-boc dont le nôtre est probablement 
renouvelé. On choisira. 

BILLARD. Jeu quise joue sur table à rebords, 
recouverte d'un tapis vert, y, Kn.1.^. - Presque 
foutes les tables de jeu sont des tables ii rebords, 
recouvertes d'un Upis vert. 

Secondement, il y a des tables de billard en 
marbre et sans tapis. 

On croit même qu'un billard\x tapis noir n en 
seroit pas moins un ^z7/arr/. 

' BIMACULE. Insecte, boiste. - U y a beau- 
coup d'irisectts bimaculés. Il n'y en a point qui 
s'nppelle ^/macii/egénériquement- et, si l'on vou- 
loit recueillir tous les barbarismes spécifiques des 
méihodistes de tout ^renre, le Dictionnaire ne 
finiroitpas. 
> <• 

, BIQUE. // nesedit tout au plus que dans quel- 
ques départements éloignes de la capitale. ga"t- 
TEL. — II .«?e dit dans le département de l'Aisne , 
qui est très-voisin de la capitale ; et vv vers : 

I-a Bique allaiir remplir sa trdiiianlr manitllr , 
ist d'un])0(.fedcChârra„-ri,i,.,,y.(L. {\ , ,. xv.^ ' 



«< 



'() 



BIS 



BISK . M t)in commun du vent du nord, dont Té- 
lymolofîie a embarrassé les savants. 

Le peuple, toujours énergique dans son expres- 
sion, le peuple, qui saisit si Facilement Taspect 
pittoresque des choses, et qui n'a besoin que de la 
DomeDclature a'une sensation pour les rendre 
toutes, n'auroit-il pas -étendu l'acception du mot 
bise, considéré comme nom de couleur, h un sen- 
timent très-analqgue, celui que fait naître un vent 
froid, triste, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, privé 
d'éclat et de couleur? Les cultivateurs et les ma^ 
telots ont donné des épitbètes fort semblables , et 
composées du moins d'après le même procédé, aux 
vents qu'ils appellent, noirs, gris ou blancs. Celui- 
ci est de la même famille , s'il n'est pas une ono- 
matopée. 

BLANCHE. Nom propre. 

Deux reines de ce nom, la mère de Saint-Louis 
et la veuve^de Philippe de Valois, lui ont donné 
une grande célébrité ; mais on tomberoit dans 
d'étranges erreurs, si on cherchoit h rapporter 
toujours à l'une ou à l'autre les faits et les monu- 
ments qui les rappellent. Le deuil des rois se 
portant en blanc, les reines s'appeloient blanches 
du jour où elles étoient veuves, et les chroniques 
latines ne laissent aucun doute sur ce point. On y 
trouve souvent une princesse^ dont le nom histo- 
rique est d'ailleurs bien connu, désignée sous le 
nom de, Reginaolha. 



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h, 

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BI.O 



71 



I 



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b 



BLONDlSSAffT. ( Poét. ) Les campagnes 
blondissantes, gattel. 

C^e/zi/. (Poét. ) Les Alpes chenues, gattel. 
— Cela Seroit très-vrai clans le Diction;iaire de 
Nicod , car cela étoit incontestable au temps de 
Baïf et de Du Bellay. Tout ce qu'on peut dire 
maintenant pour l'instrucUon des étrangers (jui 
nous font l'honneur djcrire des vers dans notn» 
langue c'est que ceF mots sont fort hons \x 
i.ijeunir. 

BOGARMITES. Hérétiques qui se conjient a 
la miséricorde de Dieu, boiste. — Ces abomina- 
l)les gens qui se confient à la miséricorde de Dieu 
ne s'appeloient point bogarmites , mais bogarnu- 
les , et plus communément hongomiles ,dcs mots 
l)ulgares bog et milui, Deum imptorare. 

On trouvera les griefe qui ont fait brûler ieui 
chef et proscrire leur secte, dans Baronius , sur 
l'an II i8. El il est focile de s'en assurer quand on 
a le courage de lire Baronius. 

BOHEMlb:N. Le sens propre de ce mot, c'est 
habitant de la Bohême , et les Dictionnaires l'ou- 
blient. \. 

/Le sens figure», c'est vagabond et voleur, sens in- 
^rieux et dénué de tout motif historique. 

Nous ne sommes pas plus réservés à l'égard df s 
Arabes, du nom desquels nous affublons les nsu- 



/ 



N 



tl 



70 



II 



BOIN 



ers, (|uoi(jut» les Arabes n'aier>t jamais fait lu 
sure. Ils volent plus franchement. 

Nous traitons encore plus mal les Julfe, quoi- 
<|ue tous les^aints personnages de X Ancien-Tcsta- 
//icwtaient été Juifs. Nous trouvons mauvais que les 
Komains aient traité de barbare tout ce qui n'é-;^* 
toit pas Romain : cela est absurde en effet ; mais 
nous ne sommes guère plus sages. 

Nous entendons par Bohémiens de certains 
aventuriers basanés, que l'opinion la plus com- 
mune a fait venir de la Basse-Kgyptc , et dont le 
nombre est singulièrement diminué depuis quel- 
que temps. C'étoient des charlatans fort laids , 
fort sales, fort superstitieux , fnpons par-dessus 
toutes choses, et qui ne difïî*rent presque en rien 
des ambiibaits d'Horace, dont ils étoient proba- 
blement descendus. Il n'-y a rien de nouveau sons 
le soleil , et c'est la chose la plus orthodoxe quoi» 
lise dans cet article : elle est tirée de Salomon. 

BON-CHRÉTIEN. C'est le nom d'une poire , 
et peut-être celui du jardinier qui l'a le premier 
cultivée. 

Cette étymologie ne conviendroit pas \\ un éty- 
mologiste de profession. Ménage auroit dérivé le 
mot, à sa manière, du lnùn pyrum changé en ki- 
ram' par aphistême , de celui-ci chatigé en criuni 
par métathèse, de criurn en chrislianuin par épi- 
thèse , et de christianuni en chrétien par méta- 
phrase. Les étymologisles de notre temps , qui 






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J 



Il 






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J 



cherchent toutes les origines diins Je cellique , iir 
soul guère plus raisonnables. 

llabtHais, qui a eu le bon esprit de se moijuer 
de tout,' s'est ^agejuent moqué des étyniolofjics 
ridicules qu'on commemoil à hasarder «lors, au 
chap. Mv du liv. IV à^ Pantagruel: Enfin de table. 
Homenaz nous donna grand nombre de i^ros\e\ 
et belles poires , disant : Tenez , amis, ces poires 
sont singulières , lesf/uelles ailleurs ne troui^e- 
rez..,. Frajement, dist Pantagruel, quand je 
seray en mon mesnaigeÇcc sera, si Dieu plaist. 
bien toust),fen affietay et enteray en mon jardin 
de Tourraine, sur la riv^e de Loire . et seront dictes 
poires de bon Christian ; car oncqiws ne veids 
«'hrislians meilleurs que sont ces bons Papimanes . 
Voilà une au|orité^irrérra{ral)le ci (jui dis|)(Misc 
de toute autre rochercâe. C'est même une des 
bonnes ét-vmoiiiÉiftsqute je conlioisse. 




VlH- 



BOQUILLON. Vieux mot qui sif^nifie bùch. 
ron, et qui a encore é^ agréablement emplc.vK 
par La Fontaine. On a dit aussi bosquillon , ((ni 
est tiré plus immédiatement de boscus. Ce der- 
nier mot fut d'abord traduit en Iranebis par bas , 
qui se lif dans le roman de la Rose, d'où boccage . 
boquet et bosquet^ 

Bouquet s est dit par une extension très-él 
gante pour une roulfe de fleurs fjroupées romm 
les arbres d'un bosquet; et ce qui prouve rautln'i 
tjcilé. de cette dérivation métaphorique, ces 



I 



\J 



7^ BbK 

(ju'on (lit encore communément un bouquet de 
bois pour un (rroiipe d'arbres isolés, comme il 
s'en voit quehjues-uns à la lisière des forêts. On 
né sait pourquoi cette dernière acception n'a pas 
été recueillie. ' 

BORBORYGME. On dit aussi ^o/^orr^me> qui' 
<;sl plus voisin de l'indicatif (iopëcoii^M ; uïais je 
prëférerois/>or^orr^me,ne fut-ce que pour évifer 
le fAcheux inconvénient de ce pauvre prote dont 
j'emprunte l'histoire à un de nos le^icopraphes , 
et qui, dans un ar'ticle de Mirabeau , consîfjné ati\ 
Journal Helvétique , imprima barbarisme pour 
horborisrne. Mirabeau rit beaucoup du barba- 
risme de sou prote, mais il eut é!é bon de le 
prévoir. ' 

M. Gattel a |;r.md lorf d'écrire Âôr^or/gmr, (jui 
<'Sf un vrai barbarisme. ; 

■A ' 

BORNE. Dans son acception fi^jur^ / ce mut 
ne se prend ordinairement qu'au pluriel. L'abbé 
Houteville fut blâmé pour avoir écrit : La multi- 
tude omit reculer la borne de ses conceptions. Ce 
reproche n'éfoit fondé que sur l'usage d'une épo- 
({ue. 11 ne se renouvelleroit plus. 

BOUGON. Donner le boucon ; il ne se dit qu'en 
parlant dii poison. 

Exécrable expression de l'argot des empoison- 
neurs. Il faut rendre a (i^s«lr ce qui Mpj)artient h 



i' 



Césai 
et pui 

BO 

ce m 
Quan 



il est 
noble, 
du st^ 
ouvra( 
dit sel 



FéïK 

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niaque 

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voient 

un pet 

leur pa 

ce mot 

plus gr 

peu de 

Les pei 

armées 

dispute 



BUU 



/ ;> 



César, à la Voisin ce qui appartient à la Voii^in . 
et purger le Dictionnaire. 

BOUE. M. Philippo|i de La Madeleine dit cjne 
ce mot n'est pas admis dans la poésie noble. 
Quand le jjrand Corneille a écrit dans Pompée 

Ces aroes que le ciel ne forma que de boue , 

il est probable qu'il croyoit écrire de la poésie 
noble. L. Racine, s* sévère sur les convenances 
du style élevé , qu'il a trouvé des taches dans les 
ouvrages de son père, n'a-t-il pas dit , et fort Meii 
dit selon mpi, dans le poème de- la Belii^iori ; 

I^ terre snr soo sein ne voit q\ie pQfentnls 
Qui partagent sa boue eu superbes états. 

FértÇ-lon lui a sans cloute fourni celte; expression 
dans cet admirable pas.sage ^u liv. iX de 7 elé- 
m«yue^ où ^1 semble avoir rléfié la difficulté avee 
une intention un peu aiTectée de la vain<*re. /A 
.Isolent ( les dieux ) le globe de la terre comnie 
un petit amas dé boue. Les mers immenses ne 
leur paroissetït que comme des gouttes d'eau dont 
ce morceau de boue est un peu détrempé. Les 
plus grands royaumes ne sont il leurs yeux iju un 
peu de sable qui couvre la surface de cette boue. 
Les peuples innombrables et les plus puissantes 
armées ne sont que comme des fourmis 'qui se 
disputent les unes aux autres un brin d'berbr sur 



7(i BOl 

ce monceau de boue. 11 est difficile de récusf i 

dans la poésie noble un mol ((ueFénelôn a ^il 

entrer quatre fois dans dix lignes de T^lé- 

niaque. 

BOU(tER. On dit familièrement , mais très- 
])ien : Je ne bouge , je nose , je ne sais. 

Ne laul-iLpas apprendre aux étrangers dans 
(piels cas la premit-re négative n'en exige pas une 
sec'onde ? ... 

BOUILLANT, BOUILIlQNS. Dubos a écrit : 
le feu bouillant de l'dge. t>feut-on dire , le feu ^^ 
bouillant ? / 

La Fontaine a dit : les bouillons de Vdge. Passe 
pour cela,. 

Ce mot bouillons, qui n/a point alors de singu- 
lier, est beau dans son en/ploi frguré. Mirabeau a 
dit : les bouillons du patriotisme, non sans exci- 
ter la dérision des jouryiaux de l'opposition, ce 
qui ne prouve rien. 

^BOUQUIN. Un lisfre relié en houe ou en ba- 
sane. — Je ne crois j(>as cela. 

Bou(]uin ne se disoit fen vieux langage que d'^un 
livre allemand. CVst donc du saxon ou du vieux 
allemand AooX . prononcé ^omAt , qui a passé dans. 
Tanglois et dans beaucoup de langues septentrio- 
nales, et qui signifioit gënéri^leiyent, un livre; 
nouien avons 'iri\\ bouquin, ^OMvwn mauvais livre. 

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" .\ ,' ^ BOTJ • ■'' ■ j-j 

comme rosse, de son homonyme, pour un mauvais 
rheval ; et cela n'est pas si vrai pour les 6oiu/utns 
que pour les rowe^. 

BOUSTROPHÉDON. Écriture qui va, alter- 
nativement de droite à gauche et de gauche à 

droite, sans discontinuer la ligne, wailly. (:<» 

dernier mot est de trop. Une (écriture ne peut 
aller sans discontinuer la ligne , pour peu que la 
phrase soit lon^jue. On entend par ligne d'écri- 
ture une suite de mots rangés, soit verticalemeul 
soit horizontalement, sur la hauteur ou sur la 
largeur du parchemin, de récorce,^e l'étoffe, ou 
du papier dont on se sert. 

Dans le ^oi/jfro/jAe'Jow^ on discontinuoit la ligut- 
en la reprenant à l'inverse, de lanianière don( 
les bœufs tracent leurs silfons , et c'est ce que ce 
mot signifie. 



BRAVE (^aré). Il est du stj le familier. A( aoi:- 
MiE. — Il est aussi du style poétique , au nipin^ 
chez Malherbe. 



\ 



Que sa façon est brui'e et sa mine asMirre 
Tantôt nos navires braises 
De la dépouille d'Alger 



Il faut songer que Je lexicographe n'a pas le 
droit de négliger une seule expressiorrdaus Mal 
herbe, sans tromper l'attente des élraiigers pi 



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■ff^'- 



1 



^' 



78 BR4 

sans décliner témérairement l'aulorité de Boileaii. 

Par ce sage écrivain la langue réparée * . 
. N'offrit plus rien de pUde à l'orei-lle. épurée. 

.j4rt Poétique. 

BRAVER. P^erhe actif, boiste. — Il est neutre 
dans ce vers de^Cocneille : 

C'esl peu pour lui de vaiincre; il veut eacor bravrr 



BRESSE. Terme généralement usité, en oppcH 
sition à celui de montagne, dans tdus les pays 
mi-parlis de montagnes et de plaines , comme le 
Bressan ou Brescian d'Italie, relativement aux 
montagnes des Grisons ; 'la^Bresse , province de 
France , relativement aux montagnes du Bugey ; 
la Bresse , canton de Franche-Comté, relative- 
nierit ïîux montagnes du Jura. 

Il est peut-être malheureux, et on ne "raruroif 
trop le répéter, qtJe le Dictionnaire de la langue 
francoise n'ait été jusqu'ici que le Dictionnaire de 
Paris. 

BRODEQUIN. Espèce de torture ou de ques- 
tion qui consiste a serrer fortement les jambes 
d'un accusé entre des planches et avec des coins. 
— Il faut croire , pour l'honneur de nos neveux , 
que cette définition cruellement impassible , que 
relte description effrqyable d'un supplice affreux 
infligé a un lumime simplement accusé, ne leur 



é 



I 






. BRÔ .y 

paroUroni pas du Dictionnaire des» hommes. Ils les 

eroiront tombées par hasard dans notre |exi(fue de 
la plume d'un des scribes du Pandœnwnium 

BRONZER. Les lexicographes n'entendent 
•parla que danner la couleur de bronze. Il peut 
- srgnifier aussi, en donner la consistance. Cham- • 
Fort a dit : Il arrive une époque de la vie où il 
faut que le cœur se brise ou se bronze. 

BHOUET. Espèce de bouillon au lait et au 
sucre. GATTEi.. - Ou bien dans lequel il n'y a ni 
sucre ni lait. ' 

Le brouetde V épousée, de, l'accouchée. Il hc se 
dit que dans ces deux phrases, gattel. ^-H se dit 
encore dans cette phras^e,/^ brouet noir des Spar- 
tiates, qui est aussi 'Françoise et aussi élégante que 
les autres; mais qui n'est pis plus une phrase que 
les autres ; car, dit M. Gattel, une phrase est unr 
réunion dg mots qui forment un sens complet. 

BRUIRE. Le tonnerre bruvoii , las Jlots 
bruyoient. wailly.. Tous , jusqu'aux insectes 
bruissoient sous l'herbe; BEKTixnwj, de saint- 
pierre. — Il est incontestablequ'ilv a là un bar>^ 
i).arisme; mai^-je le crois dans le Dictionnaire. C 

^KUISSEMENT. Ka Bruyère a érrit brouii 
soient. Une femme entend^elle le brouissen.en» 
d un carrosse qui s arrête à sf^portr . elle pr^^pare 



' ♦ 



%■ - , 

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80. \ BXIP 

sa complaisance pour quiconque est ^dedans , 

sans le connoître. • \ " , . ' *». 

Il me semble qu'on ne ddH pas nc^gligei ,.dans , 
un Dictionnaire bien fait, des variantes d'ortlio- 
. gràplie aussi importantes , quand elles sont ap- • 
puyées par de telles auiorités. 

. t . 

miVViESTF.. Insecte ailé à aiguillon, wailly. 
^ —Les ^M/^/e5?^> n ont point d'aiguillons. ^ 

Coléoptères voraces^dangeréux.BOisTE. — Cela, 
est vrai des cara^f?.SauxquelsGeofFroyavoitdonné " 
le nom de buprestes. Il est restreint depuis ^ 
long-temps a de superbes insectes dont Géoflroy . 
avoi't fait des richards , et qui ne sont ni vorace.s ni 
dangereux. L'étymologie est ici en contradiction 
avec r application du nom , ce qiil est mallieurçu- 
senient trop commun en bistoire naturelle. 

BTJUBELIN , CARBALIN, Cl RBALIN , 
SITRBALIN. Instrument de musiquç. hébreu. 
BOisTK. —Cet instrument , qui étoit probablement '. 
une espèce de crécelle , et dont le>rai,nom est 
crubelin , a été nommé xiOtuSaXcv par le-i Grecs. - 
" Ktoit-ce (-liez eux un terme de relatioii , ou une 
analogie d'onomatopée T . . . 

BU riN . //. fie prend pas de pluriel, ac aui^.mik. 
11 le prend dairs ces vers de Malherbe , qui est j| 

Ip proruier de nos classiques par ordre de date et 



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^^ BUT 81 

qu'est-ce que le vocabulaire d'une nation , si c<' 
n'est celui de ses classiques? ' . '' 

A ce coup iront en fumée 
. L^ vœUx que faisoienl nos mutins , 
. . ElJeur ame encore ennàmnriée , 

De massacres et de ^<//w...... 

BVTOKBEKIE. action . propos de huio,: 
VOLTAIRE. — Mot. très-mal composé, de butor, (jui 
ne finit pas par' un d. Mai§^ un mot éch.ippr ;, 
Taliandon du style épislolaiVe est-ii fiançois j).nrc 
que Voltaire l'a écrit? Voltaire lui-même ne se 
seroit jamais avisé de le croire. M. Boislc csi 
lombé trop sQuVent dans cette méprise. 



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C. Substantif. 

^°En terme d'antiquités, lettre de condamna- 
lion. 

2« Expression abrégée du mot canto , eu mu- 
sique. 

^^ Expression abrégée db mot compte , dans le 

commerce. ^ . 

4° Barré (c), il signifioit cent mille. 
5" Double , c'est le nom d'un papillon. 

Acceptions omises. 

CABINET. Les vers d'Oronte sont bons à 
mettre au cabinet. Cela peut être vrai, mais cela 
nest pas honnête, et cette acception n'est pas 
flécente. Toutefois elle est de Molière ; elle est 
dans le MisantJiropc ; elle est employée par Al- 
celte : donc e^le est Françoise! 

> 

Un excellent critique a soutenu dernièrement 
que le mot cabinet étoit pris^ans cet exemple en 
son accepuon Ja pins honnête. On ne peut guère 
adopter cette int^rpréuiion sans démentir la tra- 

..■"■■.' ' &. 



84 GAC 

(litioii pt le sens intime de cluique lecteur pris en 
particulier. Je la regarde comme un paradoxe de 
fort bon ton. ' ^ 

CACOUAC. Ce n'est pas , comme le pense 
M. Boiste, Voltaire qui a inventé le plaisant mot 
de cacoMoc pour désigner les philosophes; c'est 
un certain Moreau, historiographe txès-bien pen- 
sionné, très-prolixe et très-inconnu. Cacouac est 
uîi mot grec -qui signifie mauvais, avec une .ter- 
minaison iroquoise qui ne signifie rien. Les phi- 
losophes s'arrogèrent ce nom comme les gueux 
du Brabant; et, ce qu'il y a, de pis, ils prirent 
la dérision au mot. Ce n'est pas ce qu'ils on^foit 
de mieux. - 

CACOZÈLE. Zèle indiscret, boiste. — Il fou^ 
réellement un peu de cacozele pour recueillir de 
s'&mblables mots. 



CADELLE. Espèce de ténébrion qui attaque 
le blé. BOISTE. — Larve du trogosite bleu, qui 
n'est jpas un ténébrion. 

CADOCHE. Nom oublié d'un grade transcen- 
dant de la maçonnerie, dont il est souvent fait 
mention dans les écrits de quelques rêveurs mo- 
dernes. 

Il fout peut-être écrire kadoche, de l'hébreu 
kadosh ou kadashj qui signifie sacré. 



(:\G H:") 

Ce n'est pas qu'il y ait rien de sacré dans le 
grade du cadoche , non plus que dans la maçon- 
nerie en général; mais il y a du mystérieux, et, 
|mur le vulgaire, c'est presque toujours la même 
chose. 



y 







CAGOTS. Nomderasie. 

Ce sont des proscrits du Languetloc, du Béarri, 
des Navarres , et, sous le nom de cacous ou ca- 
gneuùr , d'une grande partie de la Basse-Bretagne. 
On ne connoU positivement ni leur origine, ni 
celle de leur nom. 

Je ne suis pas trop porté à ckercher des élymo- 
logies grecques aux mots qui paroissent ancien- 
nement naturalisés dans notre langue ; mais je 
conçois que, à une époque pius^iôisine, on ait sub- 
stitué au nom de caste de ces malheureux un nom 
grec qui consonnoit peut-être avec lui. Kxxè^ si- 
gnifie malus , iniproln^s, ignobilis. 

Quant h l'étymologie de cagot , pris dans l'ac- 
ception d'hypocrite, il ne Kiut pas la clierciicr 
ailleurs. Il est à remarquer que- les cagots s'appc- 
loient aussi chrétiens. Ce dernier nom ne pou vaut 
être injurieux pour désigner un Jévot outré, on 
se sera servi de l'autre, (juise prenoit depuis long-^ 
icmps e?' mauvaise part. 11 est probable e^^core 
que les misérables dont je pari»», restant fideies à 
la coEomunion catholique , les reformés en auront 
pris l'idée de confondre tous les partisans de l'E- 
i;lise romaine sous la jnciue dénomination ; Ton 



J^ 



86 CAÏ 

remarque du iiioius que l'usage ii'eii remonte pas 
au-delà de la réforme. Voyez Rabelais, qui se sert 
sou vcnl du mot de cagot, et qui l'acçompafifne pres- 
que toujours de celui de bete puante. La lèpre et 
la puanteur étoient deux des reproches que l'on 
fa i soit aux cagots. 

Nous avons eu la même libéralité à Tégard des 
Juifo, tant la société est invariable dans ses pré- 
ventions, et les prescripteurs délicats dans le 
choix de leurs prétextes. 

CAlÏ'EU. Squama j une écaille : on en a foit 
squalla, puis , chez nous , écaille j, écailleux. Un 
caïeu est une petite bulbe enveloppée d'écaillés. 
On en a fait aussi scille, squille, et même écha- 
lotte; car ce n'est point le nom de cette rs^cinc 
c{ui vient (XAscalon; c'est plutôt Ascalon qui 
vient du nom de la plante. L'Encyclopédie et la 
plupart des botanistes écrivent cayeux, qui se 
rapproche plus de l'étymologie, Y y grec n'étant 
. ordinairement chez nous qu'uije consonne douce 
dont le / mouillé est l'expression forte. Cette va- 
riante d'orthographe valoit au moins la peine 
d'être indiquée. ^ 

, On appelle cayes^ sur les côtes de l'Océan , des 
bancs de rocs feuilletés et imbriqués à peu près 
comme les écailles d'un poisson. Sur quoi je re- 
marque deux choses : la première, qu'il y a „un 
village de Picardie nOmmé Cayçux^ tout-à-fait au 
bord de la mer, et dont le nom vient de là ; la 




CAL 87 

seconde, que ni cajes ni imbriqués ne se trouvenr 
dans le Dictionnaire de l'Académie. 

CALAMITÉ. Calepin , remanjiiam que ce mot 
s'est pris d'abord pour les désastres auxquels esl 
exposée rhahitalion du peuple, comme Ih ^rêle 
et les orages qui brisent ses toits, le croit dérivé 
de calamus , le chaume. Je rapporte cette jolie 
étymologie , parce que personne ne l'a recueillie 
et qu'elle est à peu près perdue dans un Diction- 
naire qu'on ne lit plus. 

CALANDRE. Ce mot a deux acceptions dans 
lesquelles Ménage ne lui trouve point d'étymo- 
logie. Dans la première, il signifie une machine à 
lustrer les étoffies ou tabiser les taffetas. C'est évi- 
demment dexaX£ovT£^, jugum telœ. Dans' la se-- 
conde, il est pris pour un insecte qui ronge le 
blé. C'est probablement de xaXtvcJéa), qui signifie , 
je retourne, et figi^rément , ou par extension , 
je laboure. Alors le nom de cet insecte lui auroit 
été donné par ironie ou contre-vérité, ce qui n'est 
pas un procédé rare dans les langues. 11 y en a 
même un exemple très-analogue et très-curieux 
dans le nom vulgaire du taupe grillon, insecte 
également funeste à l'agriculture, et qu'on ap- 
pelle communément arate ou arote, (Varare, cul- 
tiver la terre. 

CAIXXXiRAPHIE. L'académie écrit clialco- 



m / CAL / 

(rrapliic. oA TEL. - Et l'Acadéiïiie a raison. Il 
n'est pas permis d'altérer l'brthograpbe étymolo- 
jjique d'un mot, tant qu'on u est point convenu 
d'un système philosophique d'écriture auquel 
ceùe considération elle-même seroit nécessaire- 
ment suhordonnée. J'excepte seulement toute fe- 
nâUe de mots formée nouvellement, ou a l'avenir^ 
d'une racine qu'il sera important de ne pas rendre 
équivoque dans la prononciation , comme celles 
qui seroient attribuées à des usages populaires , 
excessivement multipliés. 

CALEMBOURG. Mot nouveau qu'il foudroit 
bien se garder d'admettre dans la langue, si le 
mauvais genre d'esprit qu'il désigne pouvoit s'a- 
néantir avec lui, M. Boiste le fait dériver de car 
lamajo burlare. ♦ 

Ce que tout le monde ne sait pas, c'est qu'avant 
cette expression, le même jeu de paroles étoit 
déjk désigné par une autre : on l'appeloit mont- 
maurisme, du nom de Montmaur, dit Ménage, 
le seul lexicographe qui en ait feit mention. On 
avoit donné la même dénomination a la basse 
profession des parasites. Voilà un professeur de 
grec qui a consacré son nom à la postérité de deux 
manières bien honorables. 

Au reste-, Rabelais a foit justice il y a long- 

• temps de ces calembourgs figurés qu'on appelle 

rébus : Qui sont, dit-il, homonymies tant ineptes, 

^ tant fades ^ tant rusticques et barbares, que Von 



. /' 



\ 



CAL 8<) 

debvroit attacher une queue de regnard au col- 
let^ et faire un masque d'une bouze de vache à 
ung chacun d'iceulx qui en voujdroit doresna- 
uant user en France après là restitution des bon- 
nes lettres. Liy.î, chà^. ix. 

CALENDES. On sait l'origine du proverbe : 
renvoyer aux calendes grecques. Les Grecs n'a- 
voient point de calendes. C'est l'époque à laquelle 
Panurge remeltoit le paiement de ses dettes. Ce 
mot vient cependant du grec ; non, comme l'a'iiit 
M. Noël, du verbe xaXéw, voco , mais du verbe 
}(.<xkiyàé(ù , volvo, verso ^ qui s'y rapporte bien 
mieux par le sens et par le son. 

• 

CALEPIN. Dictionnaire de Qa\t\)'\i\ {vieux). 
BOisTE. — Oui, sans doute, il est vieux le Dic- 
tionnaire de Ca/e^i«-r'mais l'expression ne Test 
pas. Que fàit'd^leurs le Dictionnaire de Calepin 
dans le Dictionnaire de M. Boiste ? 



\ 



CALME. Voici un mot dont l'étymolofjie est 

inconnue, et je ne m'en étonne pas^ car la cliose 

; la plus précieuse du monde est tout jusiemoiit 

^ celle dont on s'occupe le moins. Ne viendroit-il 

, pas aussi de calamus, non dans son ncce})tioii 

qui signifie la plume des gens de lettres; car il n'y 

a rien de plus éloigné de l'idée de calme; mais dans 

le sens de chaume et de roseau , soit (ju'on ait i^\i 

d'abord égard dans la composition de ce mot à cet 



V 



90 



CAL 



K^ 



état de la mer qu'on appelle le^ca/me> et dans lequel 
elle ressemble à la surface d'un champ chargé de 
moissons ; soit qije l'esprit ait voulu consacrer le 
rapport de ce tranquille éUt de l'ame avec la so- 
litude et la tranquillitvé de la vie champêtre? Car- 
minare n'en seroit-il pas fait sur une autre touche 
pour l'idée d'adoucir etde cAarmer? Tous les philo- 
sophes, tous les poètes, semblent prêter des auto- 
rités à cette idée, et l'expérience de tous les siècles 
la justifie. J'aimerois mieux cette étymologie que 
loules celles de Court de Gébelin et de Ménage. 
On cherche entré les mots des rapports de 
consonoance : n'en trouve-t-on pas quelques-uns 
dans le cœur de l'homme ? 

CALOTTIN: £jrrfmvag^ant (populaire), boiste. 
— Il ne falloit pas oublier le régiment de la ca- 
lotte , au moins comme une institution qui n'est 
pas indiflférente à l'histoire. 

Il ne falloit pas définir calottin par le simple 
mot, extravagant, qui est une généralité vague. 
Un calottin étoit lin fou satirique et ingénieux. 

Il ne falloit pas dire que cette expression étpit 
_^urement populaire ; car le régiment de la ca- 
lotte avoit été de Vt bonne compagnie, et^ sop 
commandant étoit un M. deTorsac, exempt dés 
{^ardes-du-corps, très-aimé de Louis XIV. 

Presque tous les poètes du temps étoient ca/o<- 
ti/ij: Les nôtres, sont plus sérieui; ils ont changé 
de folie. . -. 



CAI 

BOISTE. 

tac|is p 
sons. 

CAIV 

sent qu 

GATTEL 

La g 

GATTEL 

CAN. 

pourég 

que ce E 

I ployé ui 

vers lie 

( 

Ce qui i 

/ quercon 

CÀNi^ 
pourquoi 
de cette c 
plus -ou n 
de leur aj 
■ Ta pensé. 

CANC 

TEL , BOIS' 



I 

- CAL , 9^ 

CALYGES. Insectes adhérents au bouclirr. 
•isTB. — Les calyges sont proprenKînt ciesl^us- 
tac(is parasites qu'on rencontre suT divers pois! 
sons. ' * 



BOISTB. 



CAMÉLÉOPARD. Plusieurs naturalistes pen- 
sent que cet animal est le même que la girafe. 
GATTEL Il n'y a pas un naturaliste qui en çlouie. 

La girafe, le plus grand des quadrupèdes. 
GATTiL. — C'est seulement le plus Èaut. 

CANAILLE. Il fout remarquer en passant 
pour égayer un peu l'aridité de ces observations 
que ce mot, le plus trivial de la langue, a été em- 
I ployé une fois dans la tragédie , acte V, scène ii 
vers 1 1 de la Médée de Corneille : 

Quoi ! vous continuez, ca,tailles infidèles ! 

Ce qui n'autorisera aucun lexicographe k l'indi- 
quer comme poétique. 

CANARD (chien). On dit aussi canicl^e ; ei 
pourquoi pas de canis plutôt que des liahitudos 
de cette espèce de chiens? Tous les chiens nageni 
plus ou moins, et le ^om des canards ne vient pas 
de leur aptitude à nager, comme un étymologisto 
la pensé. Cest une onomatopée. 

CANCAJY. Plainte bruyante, catiiveau, c; at- 
TEL, BOisTÈ. — C'est aussi un caquetage de so- 



92 CAN 

ciété S une médisance , une nouvelle sans f^^nde- 

, ; • ' / ■ .- r ■ '''■■ • .■ ' '• 

ment. . 

/Quelle est son éty moitié? est-ce r onomatopée 

tïu cri des canards , oii la <ameu$e dispute de 
Ramus sur la manière de prononcer qUamquam 
aui eu a donné l'idée ? 

X^ANDIDEMENÎ. Ce mot étoit uù néolo- 
gisme au temps de Vabbé Desfont^ine», quiJe 
condamne. LWe ne Fa pas acc^ïeilh depuis 
d*une manière bien marquée , ce qui n emï»êclie 
pas qu il ne soit^tile et susceptible d'être ^gréa-. 
' blement employé. Comme il. n'y a point de syno- 
nyme absolu, candide v^fi&l pas celui de naïf, 
d'ingéi^u , de !^iri€ère , ce qui sera également yrai 
pour l'advérb^. / 

C ANNIl^ALES. Nom de certains peuples d'A- 
mérique }fûi mangent de la chair humaine, gat- 

TBL. -^ ' ' ■ ■ / ; 

io Cannibales étoit ui^nom générique par lequel 
on entendoit les peuples nouvelïetoent décou- 
verts; maintenant il n est plus d'usage quau 

figuré. . / 

20 hes cannibales ne mangenf pas de la chair hu- 
maine comme les bètes de/soi?ime mangent du 
foin ; ils en mangent quelquefois pendant leurs 
guerres et ne mangent jamais que celle de 
leurs ennemis. 



3« Can 

part 

bte c 

. " ces p 

. aussi 

bien 

CAP] 
, faut app 
prend gi 
L'opii 
tion du I 
autrefois 
a reçu di 
cette acci 

CAR. 

Gomb< 

conjoiicti 

la trouve 

nant une, 

Béroalc 

plus de Ci 

parvenir^ 

h'eh est p 

mais Gow 

demie. 

CARIS' 
Patois, du 






'^ 



j, ' 



u 



CAP ' ' 93 

3" Cannibales a d* abord été pris en tort bonne 
part , coxùme on peut le voir dans Tadoiira- 
ble chapitre de Montaigne qui est consacré a, 
ces peuples ; mais nous en a^ons fait une inj ure 
, aussi bien que de sauvages j et cela est tp^^- 
bien vu% 

CAPENDU. Les étymblo^istes disent qu'il 
fiiut appeler cette poire couh!-pendu. On ne com- 
prend guère cette niutation de la syllabe initiale. 

L* opinion la plus probable est que la conforma- 
tion du fruit a déterminé son nom, qui s'est écrit 
autrefois cas-pendu. On sait quel sens le mot cas 
a reçu dans nos vieux auteurs, et qu'il vient dans 
cette acception du cai^zo des Italiens. 

CAR. Autrefois (juar^ de quare. 

Gomberville avoit juré une telle haine à cette 
conjonction, qu'il mettoit ses lecteurs au défi de 
la trouver dans ses ouvrages : ce seroit mainte- 
nant une vérification très-fâcheuse à faire. 

Béroalde de Verville, qui n'en faisoit guère 
plus de cas, commence par ce mot le Moyen de 
parvenir^ où il ne se retrouve plus ensuite ; il 
n'en est pas moins utile et difficile à remplacer ; 
mais Gomberville n'est une autorité qu'à l'Aca- 
démie. 



a 



i^ 



CARISTADE. y^Mmo/ic. académie, BOISTE. 
Patois du Midi. 



94 



CAR 



CARLIN'. L'étymologte à^ nom de cette.espèce 
(le chiens deviendrôit difficile k trouver , si on ne 
la fixoit maintenant. Ils ont été appelés ainsi par 
allusion au masque d'arlequin dont leur fece 
noire et plate semble avoir été le modèle ; et on 
se souvient que le rôle d'arlequin appartenoit, 
lors de leur apparition ,. au femeux Carlin Berti- 

nazzi. • • 

Quant ûu nom d'arlequin, qui s'est écrit halle- 
quin , c'est, suivant Court de Gébelin et l'auteur 
du Dictionnaire des Onomatopées , qui s'est ren- 
contré avec lui, d'i7 lecchino on al lecchino ^ le 
gourmand, qu'il a été ftiit en italien. Ménage 
prétendoit qu'il lui v.enoit de l'accueil que cet ac- 
teur avoit reçu dans la famille de M. de Harlay ; 
mais il est fort .intérieur h l'établissement des 
bouttons en France :' ce qui n'empêche point 
qu'Arlequin ait ridiculement équivoque sur son 
nom, en s'appelant Harlay-qnint , ou cinquième 
du nom. . . 

CARMES. Double quatre au tric-tmc. aca- 
démie, BoisTE. —Orthographe vicieuse. Jl fout 
écrire cames, de quatemi. 

CASTAGNETTES. On a écrit cascagnettes 

jusqu'à Molière. 

Quelle orthographe est la bonne, et pourquoi 
est-elle bonne? ou bien, en autres termes, quelle 
est la véritable étymologie? car l'étymologie doit 



décic 
thogif 

La 

valve! 
doute 
^i cas 

CE] 
guleq 
cun rai 
cédille 
U faut i 
devant 
s'il y a ] 

signe p< 
' qui rési 
gue. 

CEIX 

BOISTE. - 

les came; 

Dargenvi 
d'Adansc 
ïage, un 
quillage (j 
la langue 
nom latin 

CÉLÉB 

employé a 



V 



V 



CE D 



9! 



. t-? 



it 
in 

le 



le 
lit 



décider de l'orthographe, quand il u y a pas d'or- 
thoçraphe fixe. 

La forme des castagnettes^ semblable aux deux 
valves creuses de la châtaigne , ne laisse pas de 
doute sur cette origine. Ce mot vient de castanea, 

ei cascagnettes se disoit par corruption. 

• ■ i 

CEDILLE. Petite xnrgule^ etc. wailly. p'^ir- 
gule qui adoucit le c , etc. boiste. — Il n*y a au- 
cun rapport entre une virgule et une cédille. La 
cédille n'adoucit pas le c; elle le métamorphose. 
Il fout dire : Signe qui donne au c la valeur de 1'^, 
devant Va , \o ^ \u , et leurs nazales ; et<:onvenir, 
s'il y a lieu , qu'il est fort ridicule d'employer re 
signe pour donner à une lettre une fausse valeur 
qui réside dans un des autres élémonls de la lan- 
gue. 

CEDO-NULLI. Très-belle catTLe marbrée , etc. 
BOiSTE. — Le cedo-nulli n'est pas bivalve comme 
les cames ; c'eét un cône de Li^ué, un cornet de 
Dargenville , un rouleau ou limaçon operculé 
d'Adanson. C'est d'ailleurs un fort beau coquil- 
lage , un coquillagji^fort rare, mais c'est un co- 
quillage qui n'a que faire dans le Dictionnaire do 
la langue, et qui y figure étranglement avet! son 
nom latin. / 

. ^ ■ . ■ / ■• . ' 

CELERITE. On croit que ce mot n'a pas été 
employé avant le père Catrou, qUi s'en sert dans 



-^ 



•V 



96 . C^^ 

sa préface de V Histoire Romaine: il est mainte- 
nant généralement reçu ; mais il n a pu faire pas- 
ser le joli adjectif ce'/ère, si cher aux iiéologues. 

CENT- PIEDS. Serpent très -venimeux de 

Siam. WAILLT , GATTEL , BOISTE. - CcSt UUC SCO- 

Ippendre ; mais a quoi bon ? 

CEPENDANT. Néanmoins. Il est très- beau 
dans le sens emphatique de pendant , et je doute 
qu on puisse trouver mieux en poésie. 

Grand Henri, grand foudre de guerre 
Que , cependant que parmi nous 
Ta valeur étounoit la lerre. 
Les destins firent son époux..... 

MALHERBE. 



<^-. 



Cependant que leurs rois engagés parmi nous.... 
Cependant que Félix ordonne un sacrifice.. ... 

CORKEII'I.K. 

Cependant que mon front au Caucase pareil. 

LA FOHTAIK». 

\ . . . ^ . 

CÉTAGÉE. Se dit. di'.s grands poissons. 
WAiLLY. - Très-improprement. Un grand pois- 
son n'est pas un cikacée, mais les cétacées sont 
fc)il grands; ce sont des animaux plagiures, mam- 
mift'rcs, vivipares, sans écailles, qui diffèrent 
par conséquent beaucoup des poissons par leur 



' 



confoi 
leurs ] 

CH^ 

de qua 
qui le 
ég;alem 
synon^ 

Chai 
gobioh. 
d'appli( 
crabe, c 
cun rap 

Les n 
ils faire 
Est-il p( 
finition 
d'Histoi 
Langue 
la langu( 
qu'un b< 
V Index i 

CH^L 
mage dm 
On appel 
sons épar 
nient sux 
comme a 




y ■ 



^ 






CHA / W 

■■ ■ .■ / - " , . ' 

roiïformation > mais qui s'en rapprochent par 

leurs habitudes. ' ' 



CHABOT. Poisson, selon l'Académie; larve 
de quadrupède ovipare, selon son critique ,,chc7/, 
qui le poisson s'appelle têtard. Ces deux mots , 
également usités sans êtrç également exacts, sont 
synonymes dans leur étymologie. 

Chabot ^t le nom françois d'un poisson, d'un 
gobio h tête eqorme. L'Académie a tort toutefois 
d'appliquer la même définition h l'écrevissc, nu 
crabe, qui ne sont pas des poissons, qui n'ont au- 
cun rapport avec les poissons. 

Les noms de tous les animaux connus doivent- 
ils faire partie d*un Dictionnaire de la langue? 
Est-il possible d'attacher a tous ces mots ime dé- 
finition exACte sans faire entrer' le Dictionnairn 
d'Histoire Naturelle dans le Dictionnaire de la 
Langue ? Cette confusion n'est-elle pas funeste à 
la langue et peut-être à ia science?. Il me semi)le 
qu'un bon Dictionnaire de la langue doit être 
V Index raisonné des Classiques. 



^ 



CH.^^KT. Petit hdtim<mt ou ion fait Ir fro- 
mage dans les montagnes de G ru j ère. w AiT.rr.— 
On appelle généralem<^nt chalet do petites mai- 
sons éparses dans les montagnes , plu?> spéciale-, 
ment siy le Jura et 1«» Alpes, et à (îrruyèrc 
comme ailleurs, ni plus ni monas. 



/ 



W' 



r^ 






^ 



i»8 CHA 

CHANVHK. 5. m. La Fontaine Ta foil hhniuin 
sans nécessité pour la mesure ou la rime : 

U arriva qu'au temps où U cluêuvir mj semé , etc. 

Il Faut que les étrangers connoissenl celle 
exception , (i'aillem*8 fondée sur rétymologie. 
Cannabis est Féminité. 

CHAPE-CHUTE. Terme à acceptioT>s ex- 
ti'èmes : 

Messer loup attcndoil chape-chute k la porte. 

I.A FOWTAIWKi 

■ ^ ■ 

C'est-à-dire bonne fortune . 

Je lui ai prédit qu'il y troui^eroit quelque 
chape-chute, m"*' de sévigné. 
C'est-a-dire mauvaise fortune . 

CWkK^^ÇO^ Petit scarabée ovipare qui est 
un srand destructeur de nos blés, gattel. — U 
ne faut pas conclure de là qu'il y ail des scarabées 
vii^ipctr^s. / ^ 

CHARCUTIER. Ménage le feit venir de ckaii 

cuite. Ses véritables éléments sont carOj, chair, et 

cutis, peau, parce que les charcutiers n'étoient 

autorisés à vendre que la viande des animaux qui 

• ne s'écorchent point. 



inin 
nicn 
proi 
<le h 



le 

Ca 

<|UC 1 

suppc 

Q.., 

i\o la 
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ciens r 
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CHA 

bien dis 
Tcceptio 



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\^""'-^-:^'-.:^'._ 



■ I 



.gy'"' 



¥ 



CHA f)î) 

ClfAHMF.. Court de Géhclin le faif rômontcr 
il l'oriental Ifarm. Tout le inonrlc sait (|iril vient 
immédiatement de cannen , comme rnchantc- 
mvnt iV incantatio , d(^rivé de cantus ; ce qui 
prouve (jue les anciens altribuoient à la poésie 
de beaux privilèges qu'elle a perdus : 

Carmiiui vet cbelo possunt dedurerc iu/iani 



UC 



11 

es 



Tout s'altère en vieillissant. 

6'rt/7/lma^//^([ui dérive aussi de camion indi- 
<[uc l'idée d'adoucissement, d'amélioixition ([u'on 
suppose que les vers ont portée dans les mcr^rs. 

Quant à charmes pris pour attraits ^ il est lait 
de la première acception par une extension un 
peu hyperbolique, mais qui paroît toute natu- 
relle dans la bouche des amants. Un de nos an- 
ciens poètes a fait valoir cette équivoque d'homo- 
nymes dans un des plus singuliers vers qu'on ait 
jamais écrits : 

Je n'ai que des attraits ( t vous avez des charmes. 



let 
nt 
ui 



11 est probable que ce n'est pas avec cette j)oésie 
qu'on faisoit descendre la lune dii ciel. 

CHARTE , GH ART RE. 11 pacoît essentiel de 
bien distinguer ces deux orthographes ponr'deux 
acceptions trè^-distinctes. 



■^ 



. - ■- ■'.'■ 'S- 



r" 



%. 




100 

Charte, de charta, papier; un titre, une loi 
constilutionnelle. 

Chartre, de carcer, prison, ou de castrum, 
rhâteau-fort, un lieu de captivité. 

Le tabès des enfants s'appelle aussi chartre, 
» parce qu'il les retient prisonniers , ce qui est Tin- 
commodité la plus sensible de cet âge. 



tù 



CHARTON. Il est dans La Fontaine pour 
charretier : 

Le cKàrton n'avoit pas dessein 
De les, mener voir Tabarin. 



Il fout dire.s'il n'étoit pas françois de son temps 
ou s'il neTest plus. 

CHASSER. Poursuivre les animaux , le gibier. 
L'étymologic de ce mot n'est pas facile^|ih trouver 
quand on ne remonte pas à l'ancien usage de 
not/'e langue, où il s'est proTioncé sacher, qui vient 
clairement Ae sa^ittare, percer de flèclies. Il est 
donc évident que sacher, coaverti en chasser par 
une prononciation irrégulière j^qui est celle <le ïa 
Bourgogne en particulier , étoit lé seul mot pro- 
pre à ce sens, et que celui-ci n'a été consacré que 
par yn usage vicieux qui n'en est pas aujourd'hui 
moins irrévocable. > 

.* Quant hchdsse et à chasser j qui sont françois 
aussi^ et employés souvent dans le« arts et mé- 

'S, ils viennent du latin calx, comme chaux , 



rci 
trel 
Di< 
sci« 
vcal 
roi 
pasj 
lui- 
Foi 
JJ 
chai 
un 
siei 



^(^ 



h- 



■'i- 



f: ^ 



lier. 

iver 
do 

icnt 
est 
par 
IC la 

Ipro- 
qiie 
riuii 

icois 
mé- 

lUX , 



CHA 



lui 



mais dans l'atxjeptiuri inconnue ou plutôt ouhiit'c 
des lexico|;raplies, où ce mot signifioil la fin, la 
mar(;c , l'enveloppe ou le rebord ; nous en avons 
tiré le verbe chasser ^ pour donner de la marpe , 
qui est très-usité en typo(;rapbie , et qui doit par 
conséquent s'écrire chasser. 

CHAUSSE. De ca/ce(i5^ comme chaud de cah- 
dus , comme chaux de calx , comme cliauvc de 
calwus ; origine trop vulgaire pour valoir la peine 
d'être remarquée : mais n'est-il pas singulier que 
le pluriel anglois shoeSj homonyme de celui-ci , 
en soit presque synonyme? Il n'y a cependant 
aucun rapport entre leurs racines. Fiez-vous aprèy 
cela aux étymologies. 

CHAUVE-SOURIS. Ce mot impropre esi 
reçu, et le raisonnement ne prévaut guère con- 
tre l'usage. Il faut don^ le maintenir dans les 
Dictionnaires, en attendant que l'auforité dgs 
sciences naturelles, qui font tous les jours de nou- 
veaux progrès,, ait un peu prévalu sur celle de la 
routine,; mais il faut dire aux étrangers qu'iTn'est 
pas permis de lui faire subir une inversion sur 
lui-même,, et d'écrire souris-chauucj comme La 
Fontaine , dans sa mauvaise fable du Buisson. 

Il est encore moins permis d'ignorer que la 
chauve-souris est un quadrupède , et d'en faire 
un oiseau de nuit en définition , comme mes 
sieurs Wailly et Gattel. ^ 



r 



cT, 



-^ 



h. 






V r 



(T. 



CHAIjVKTÉ. État d'une tête chduve. Peu 
usité. Il est le seul qui exprime là, chose, wàillt. 
— Cela n'est heureusement pas. vrai. M. de 
Waiily lui-même a imprimé calvitie à sa lettrine , 
et cette jBxpression est au contraire la seule dont 
on puisse se servir. 

CHAUVIR. Dresser les oreilles. Cest proba- 
blement tout le contraire. Pour donner la défini- 
tion d'un vieux mot , il fout lire de vieux livres, 
ou l'oiï s'y trompe comme l'Académie. 

Pleine mangeoire d'awoirte laquelle quand les 
garsons d'estable cribloient, il leur chauvoit des 
aureillesj leur signifiant qu'il ne la mangeait 
que trop sans cribler. Bantagruel , livre V , cha- 
pitre VII. 

Régnier, traduisant dans la satire viii le De- 
mitto auriculas d'Horace, dit : Je chauvjr de 

l'oreille. 

Oudin traduit chauvir en iulien par chinare 
dimenando le orecchie^ et je crois qu'il a raison. 

CHAUX. "C'est le nom d'une terre, et c'est 
aussi dans ma province celui de la plupart' des 
montagnes secondaires; delà racine col ou cal, et 
extensivement calx et chaux ^ parce que la chaux 
est la base de ces montagnes. La propriété d!e(ïer- 
vescènce de la chaux a donné une acception nou- 
velle à la même racine , celle dans laquelle elle 
représente l'idée de c^a/ewr. «w 



l 



t 

cau3 
grar 
dain 



ÇH 

forme 
oublié 



[1 signi 
dit de 
Le subi 
ïocutio 



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■'*' • - ■/ 



./■•■•''■ 



, I. 



K 



En général nos montagnes onl deux noms radi- 
caux, jouhc pour les montagnes primitives ou 
granitiques , chaux pour les mpntagnes secon 
daires ou de chaux. Jouhe est attaché , dans les 
pays de montagnes primitives, à l'idée d'éléva- 
tion. Dans les Pyrénées, dans les Alpes, dans le 
Jura,. Joj qui passe pour une contraction de Jésus , 
est une exclamation admirative comme le lo dos 
anciens. Les. poules sont njouhe, elles ont perché. 

Chalet, c'est une maison sur la chaux. 

Je suis très -prévenu contre les étymologies 
hasardées sur des hases de fantaisie, comme la 
plupart de celles de Court de Géhelin ; ' mais 
celle-ci , qui est nouvelle, me paroît incpntes- 

irihU. i 



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CHER, adjectif. 11 prend ausgi q^f^lquefoi^s In ^• 
forme du suhstantif , ce. que les lexicographes ont 

ôuhlié : 

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Et de))uU quand , mon cher^ es-tu donc à Paris ? 
■otjRSAULT, Portrait du Peintre. 



, -. Eh de grâce , ma eA#*^e , '^ 

• Évitons ces objets affreux! - , 

^ COULAIVGU. 

, 

* -^ " " ■ • , 

l signifie alors mon ami, et se dit pa^JEllips<^ On 
dit de la même manière, mon bon, ma bonne. 
Le substantif est également sous-entendu dan§ ces 
locutions. - ' * . 




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CHEVALERIE. Croiroit-on que cefte expres- 
sion avoit cessé d'être Françoise du temps d'Henri 
Estienue ? On auroit k peine osé prononcer à la 
cour les noms d'eca^ de pavois^ de bouclier^ qui 
étoient surannés et de mauvais goût. C'est la poé- 
sie qui nous. les a conservés dans un temps où il 
. étoit permis k la langue poétique de braver les 
vaines timidités dés salons et les critiques igno- 
rantes des journaux. Gela ne lui arrivera plus. 

CHEVALIER. H est remarquable que la plu- 
part des noms qui désignentles castes nobles soient , 

empruntés du nom du cheyah comme si la gloire 
de soumettre cet animal soperbe avoit été le pre- 
mier titre k la prééminence que certains i^ommes 
ont acquise sur d'autres. H en est ainsi de c/ie- 
^alier^ qui vient du noni^ançois du cheval j/Û'e- 
curer ^ qui vient de 5on nom latin; de marquis _, 
tiré de son nom celtique mark; àc ^ïnaréchal ^ 
qui a la même origiue ; de connétable ou cornes 
stabulh et de beaucoup d'autres qy m'échappent. 
On est même convenu âe dire dans le monde , un 
joli cavalier ^ pour un hommo de bon ton et qui 
plaît aux femmes , comme il s'en rencontre quel- ° 
quefois jusque dans la roture. 

Je suis assez porté k croire , quoi qu'en disent 
les étymologistes , que baron est fait aussi de ma/- 
ou mark , par une mutation de touche extrême- 
ment'commùn^. 



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CHEVALINE {bêtt). Terme de pratique 



GATTEL. 

Tai , dit la bêle chetxdiru: , 
Un apostume sou5 le pied. 

I.A rOlITAISl. * 

Béte chevaline n*est pas un terme de pratiquo 
dans cet exemple; et il y est fort plaisant. Il est 
probable que ce n'est pas la Pratique qui l'a em- 
prunté de La Fontaine. 

CHÉVRE-PIED. // nest usité, quen parlant 
des Faunes, gattel. — U n'est plus usité depuis 
Desinarêt^, qui l'avoit pHs de Du BarUs. Notre 
langue n'admet presque point de mots composés, 
et, s'il nous en est resté quelques-uns, ce nesi 
pas en poésie. n 

^^l^^'^Y.K. Faire des chiens. Une se 4it que 
des chiennes: gattel. —On concevroit trÀ-dilH- 
cilement qu'il put se dire d'un autre animal. Ce 
seroit un phénomène tout neuf. 

Uadjeçtif ca/i//ie^ car y\ n'a point deihasculin , 
ne se dit que de la feim et des dents, selon les lexi- 
cographes.^ Il se dit aussi d'une espèce de gaie, se- 
lon les médecins. Montaigne a eu égard k ce'sy.«i. 
tème a'exception , quand il a écrit : inclination 
çhiennine, qui feit un barbariJme f^ original , 
mais fort étranger à nos dictionnaires , comme'tous. 



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106 GHI 

les barbarisQiès qu'un homme d'esprit peut hasar- 
der en plaisantant. Lés dictionnaires sont impas- 
sibles; et, comme ils n'ont pas le droit de se jouer 
de leurs lecteurs, il* n'ont pas le droit de con- 
sacrer les expressions qui ont été faites sans autre 
deaiein^ 



fi. 

CHIFFRE. Le chiffre vulgairement nommé 
arabe est devenu Je chiffre européen. Il n'est donc 
pas inutile d'en chercher la véritable origine. 
.Les Arabes l'écrivent de gauche a dfoite en Sens 
inverse de leur écriture , ce qui donneroit lieu de 
croire qu iln^êst pas d*orîgine arabe, quoîqlie l'al- 
phabet arabe con*îélme des éléments très-ana- 
logUes. Huet pensoit que ce chiffré étoit grec et 
qu'il avoît passé des Gréés aux Arabes. Cette filia- 
tion est contraire k la chronologie des sciences , 
qui passèrent presque toujours des peuples du Le- 
vant à ceux qui s'en écAïJtoient, suivant un ordre 
successi^non encore interrompu ; mais je ne crois 
pas, commenin très-savant critique dont je recon- 
nois d''<iilleurs l'exactitude* en toutes choses, qu'il 
ait fellu foire subir pour cela aux caractères grecs 
dc^viQlentes altérations (Journal de l'Empire 
du 17 juillet 1810). n suffit d^ les comparer au 
chiffre arabe pour en sentirl'identîté. Le chiffre i 
est pris du iotap),\ej^ et le '5 du zêta en difïerents 
aspects { Ç ) ,ic ï àeVomega couché ( m ) , le 4 au 
dekj^ (A,)';' le 6 et le 9 dtC sigmti (^ £>), le 7 du 



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ëvéne'men 



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CHI 107 

tau (t), le 8 de Y ou ( H) par abréviation, et le q 
de Vomicron ( o ). 

CHILIADE , CHILI ARQUE , etc. Les auteurs 
du nouveau système des poids et mesures ont ex- 
primé rëlément kilo de la mAiière dont je l'écris , 
c'est-à-dire par un caractère qui a l'avantage de 
donner une idée noa équivoque de la prononcia- 
tion , et ils l'ont fait contre l'usage invariable de 

notre langue , qui a toujours rendu le x g^'^^ P^^ 
la ridicule combinaison des lettres c h. Comme 
il fout do l'harmonie d'orthographe entre les mois 
analogues ) il est incontestable qu'on doit faire 
passer à la lettre k les mots qui font le sujet de 
"cette observation , et tous ceux qu'on s'avisera de 
composer a l'avenir du même élément. C'est au- 
tant de pris sur la barbarie. ■ .'^ 

CHLEÛMANCIE. C'est ainsi qu'il faudroit ap- 
peler l'art de ces charlatans dont parle un certain 
abbé Damascène , lequel ne Tétoit pas mal lui- 
même, et qui treaa voient dans la vocalisation du 
rire les signet diagnostiques des difTfëre]p.j3 carac- 
tères : Kijhij hi^ appartenoitaux mélancoliques; 
hc, hûj hcj aux colériques ;,Aa^ ha, ha, aux fleg- 
matique^ et ^ ^ hoj -ko j aux sanguin». 

ÇHOUAN>^ lîgaof appartient à d<B tro]^ grands 
événements ptourêtrenégligéparlef^Licographes. 




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108 CHO 

Les Chouans , encore en petit nombre , com- 
mencèrent leurs hostilités par de courtes excur- 
sions nocturnes , qui leur firent donner ce nom , 
chouan se disant dans nos provinces de Touest 
pour chat-huant. Il y a un rapprochement singu- 
lier a foire centre Tétymologie de leur nom.et celle 
du nom des Huguenots , qu'André Duchesne croit 
avoir été appelés ainsi parce qu'ils s' assembloienf 
de nuit^ans un certain lieu de Tours, où une 
vieille tradition foisoit errer Tame du roi Hugon ^ 
et des siens.^ .' 

Ainsi le même esprit a partout dirigé les hom- 
mes dans la composition des mots de ce genre. 
Heureux si ces appellations avoient été toujours 
aussi innocentes dans leurs résultats qu'elles sont 
capricieuses et ridicules ! ' 

CHOUQUET. Petit billoT^ etc. gattel; — Les 
gens deleltres qui consultent lesDictionnairçs, et 
les étudiants, qui sont obligés de les feuilleter, se 
passerpient fort bien de cette définition . Quant aux 
exécuteurs de la haute justice, ils s'en passent en- . 
core mieux depuis qu'on ne se sert plus de chou- 
guet .Ce mot, n'est pas dans les classiques» 

CHUINTER. Ferbe imîtatif pottA exprimer 
le cri de la chouette. De laie participe chuintant j 
reçu'^depuis long-temjts par les grammairiens ; le 
jj le ch'j sont des lettres chuintantes ^ parce qu'il ^ 
esteflfectivement impossible de les prononcer sans 









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faire entendre ce soufflemem caractéristique 
est propre à certains oiseaux âe nuit. Ce mot n'est 
pas moins essentiel que labial, que sifflant, que 
guttural, qui se disent en parlant d'autres sons , 
qui désignent d'autres consonnes. S'il est dès mots 
que le Dictionnaire doit absolument admettre, ce 
s^nt ceux sans contredit qui paroissent indispen- 
sables pour l'intelligence de l'alphabet. 

ÇIACA.LE. animal gui tient du loup et du 
renard, gattel, catineau , wailly, boiste. — 
C'est Ije nom italien de l'animal que nous avons 
nomm^ chacal. 

Les Hollandois écrivent Jackhal. 

Linné l'appelle mesomelas. Voilà dé quoi enri- 
chir nos lexiques \ mais nos lexiques ne sont pas 
des polyglottes. - 

CIBOULE. Sorte de petit oignon bon h man- 
ger en salade et en ragoût, gattel. — C'est-à- 
dire dans les salades et dans les rngouts, quand on 
<i'est bas de l'avis d'Horace , qui n'aimoit pas la 
\ib6ut\e ; mais le Provençal le plus intrépide n'a 
jamais mangé de ciboules en salade. 

Levocabullste, qui recueille tous les proverl)cs, 
mais qui ne se. connoît pas en Ciboules , a oublié 
\e^v6NeThe '.marchands d'oignons, eXc. 

CICENDÈLE ou CICINDELLE. Très-beau 






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1*1 CIC 

coléopthre à appendices rouges qui s'enflent. 

BOISTE. 

1" Geoffroy, Viller», Lalreillc, Duméril, Tiguy , 
Walckenaer , n'écrivent ni cicendèle, ni cicin- 
délie, mais cicindèle du latin moderne cicin- 

delà. 
"2^ Geoffroy est le seul de ces auteurs qui ait ap- 
pelé de ce nom la famille des Malachies à la- 
quelle convient la définition ; encore n est-èlle 
que secondaire dans le {^enre. 

.^'> On entend par appendice en étymologie un 
prolongement terminal et non un gonflement 
latéral comme celui des Malachies. Geoffroy a 
nommé ce gonflement cocarde, et les nouveaux 
méthodistes vésicule. 

4^ Les cicindeles de la nomenclature commune 
n ont aucun rapport avec les Malachies , et sur- 
tout elles n'ont point de vésicules. Ce sont des 
Buprestes de Geoffroy ou des Carabes de quel- 
ques autres nomenclatures anciennes, ce qui est 
fort indifférent K la langue. 

5" Cicendela fait de candor est l'ancien nom des 
Lampyris , et on lit effectivement cicendela 
dans Pline. . -, 

CIGLAMOR. L'étymologie exige cjclamor : 
littéralement, ce qui détermine un cercle o\xce qui 
lé sépare des choses extérieures ; coctensivement, 
une bordure de jardin,; en vieux françois, orle et 
orlet. Ourle et ourlet sont patois. 



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GICLE. \j,' A cadémie écrit cycle, gattel. — En- 
tendons-nous : rorthographe naturelle est siclc ^ 
s'il s'agit de peindre la prononciation ; l'ortlioara- 
phe étymologique seroit kucle , qui n'auroit point 
de rapport avec la prononciation. Entre deux or- 
thographes barbares , la plus fidèle est celle de 
TAcadémie, qui reproduit au moins un des*clG- 
ments de la première syllabe du mot. Je suis fort 
éloigné de désirer qu'on rapporte absolument no- 
tre orthographe à l'étymologie, mais l'étymolo- 
gie seranotreseul guide tant que nous n'aurons j)as 
une orthographe raisonnable.- Si Ton me répond 
à cela que nous n'aurons jamais d'orthograplie rai- 
sonnable, j'en conviendrai volontiers ; mais notre 
langue aura une héritière, et il est permis de son- 
ger à ses hoirs. L'orthographe italienne est beau- 
coup plus parfaite que l'orthographe latine. 

Je dis la même chose de tous les mots tirés du 
grec qui commencent par la même syllabe et que 
M. Gattel accompagne de la même observation. 

CIGALE. Je suppose qu'un étranger qui vient 
délire la première fable de I:?a Fontaine ('lierrlie 
ce que signifie cigale, et prenne pour cela le meil- 
leur de nos Dictionnaires. Il y verra que la cigale 
est un insecte hémiptere ; quant à liémiptere , il 
trouvera que c'est un genre d'insecte».^ et il n'en 
saura pas davantage. 11 faudroit mieux définir. 

Rabelais, qui n'y est pas obligé, traite plus libé- 
ralement son lecteur : Cxaudehillau.r sont arassrs 



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112 GIR ; . 

tripes de coiraux : coiraux sont bœufs engressez 
à la cresche etprez guimaux. Prez guimaux sont 
ceulx qui portent herbe deux fois Van. Uautorité 
n'est pas grave, mais Texemple a son mérite. 

^ CIRCONCIS. Juif ou Mahométan, gattel, — 
H^Iommè de telle religion que ce soit, que la nature, 
la superstition, ou un accident Quelconque, a mis 
dans le même cas , témoin Tristram Shandy. 

CITADIN. Nous n'avons point de mot opposé 
qui ne se prenne en mauvaise part. Paysan est 
injurieux, 'ï'i7/«^oi,î n'est pas poli. 

Les lexicologues n'ont rien à faire là ; mais que 
penser d'une langue sur laquelle on peut faire une 
pareille femarqu^, ou plutôt d'une civilisation 
qui a amené la langue à ce point? 

CITTA. m. Boiste donne ce mot pour appétit 
dcpra\^é. C'est la définition dé Pica^ qui est le seul 
mot reçu. Il a été trompé par la mauvaise écriture 
d'un cot>istc. 

CLAIRON. Mot très- mal fait de clerus, par 

Geoffroy. 

Beaucoléoptere ennemi des abeilles maçonnes. 
BOISTE. — Les abeilles m^ellifères, qui nous inté- 
ressent beaucoup plus, ont pour ennemis les tri- 
chodes, que M. Boiste a oubliés, et il n'y a vrai- 
ment pas grand mal. 



CL. 

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1. 



CLA i13 

Quant k Tabeillè maçonne, je ne lui connois 
d*ennemi parmi les insectes que la nécjdale hu- 
méràtèj ce qui a*est remarqué dans aucun Die- 
tionnairede la science, et cequ'ilseroitfbrt inutile 
de remarquer dans un Dictionnaire de la langue. 

CLASSIQUE* Les auteurs anciens générale- 
ment approuvés,, oattbl. — Les modernes ont 
leurs classiques, Milton, le Tasse ,"lîôwieille, Ra- 
cine, Boileau, Bernardin de Saint-Pierre, sont 
classiques; mai* il faujt se défier de cette qualifi-. 
cition quand on la donne aux vivants. « 

CLAUDE Substantif formé figurémént du nom 
d'nn liomme du peuple, et qui se prend en mau- 
vaise part. '^ 

On a dit que ce ihot devoitse prononcer comme 
s'il avoit un^pour initiale ; mais on n'a pas ob- 
servé qu'il est du très-bas langage , et que les gens 
qui parlent mal prononcent mal. Je crois que s'il 
étpit François, il feudroit le prononcer comme on 
l'écrit. : . 

Il est vrai que tout |e monde dit second ^ouv 
second, lues beaUx parleurs de province ont des 
segrets et non pas dés secrets. Ils n'ont pas celui 
de prononcer correctement. 

Il y a cinquante ans que madame Brun imprima 
dans let Dictionnaire Comtois qu'il falloit écrire 
poumon et prononcer ;?omo«. Cette règle n'a pas 
pa^sé les limites de la province. Jl faut se défier 

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des vQoàbuHstc» qul^ connoÎMcnt que lêuf ba^ 
lieue. - . V - ^ L. 

CtlNIQtJE. // se dit de celui qui reçoit ffic^^* 
téme au lit de la mort, <îattel, — Il peut» se dire . 
dn géhéral d'un pioribond^,' qu'il se fesse baptiser : 
^ ou non. 11 se dit surtout^ et cela étoit pfus impor- 
untà recueillir, îi'.une partie de là médecine, des 
leçons qui s'y rapportent, ^t du médecin qïii les 

J'ai peur ^ au point où ri.ous^cn sommes , que le 
Dictionnaire de la langue fran^ise^ depuis si 
long-temps attendu^ n« soit ua^fctionrfaire, clk- 

CLÎNQUANTER. Ce mot^' est pas dans Y J- 
caâéniie. ûA!^tel. ^ Quant h la cbose;, Vest une 
autre àffeire J maisile mot ne v^ut pis mieux que 
la chose; et le brillaùt particîpe^nTiant^, $i affec- 
tionné des néblogues, ne vaut guèi:einieu;K: . 
I 

XySJÙfOWl^^' Sorte d' insecte à plusieurs pieds. 
GATTEL. — On rfe confit encore aucun insecte 
qui n'ait qu'un pied. , , 

COCHLÉARiA. Sorte de planze médicinale 

qu'on appelle aussi herbe aux Cuillers, e£ qui 

porte ce dernier nom parce quesesfeui{leshnt la 

forme d'un cuillerùn. gattel. — Et à'x^ pensez^ 

vous que vienne Fautive ? 



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COGNÉE. Outil de fer adïïré t.\c. académie. 
— Celle de Couillatrix étoit de bois* Mercure lui 
en donna une d'argent et une d'or , comme tout 
Immonde sait; et nous avons là-dessu^ l'autorité 
de tia Fontainejet dé Rabelais. 

COLÉRÉ. 

Modère oM bouillons d'une ame tolérée: 
Us sont trop violents pour être de durée. 



CORITEU.LC. 



Charmante expression ^ souvent employée dans 
lés anciennes traductions dp l'Ecriture , qui 'en 
représentent le mieux la sublime uaïveté. «Les 
enfilpts de ma mère se sont colères contre moi. » 
L'autorité de la Bible et de Corneille n'ont pas en- 
ùore prévalu contré Tirritable sévérité des puris- 
tes, ce qui n*empécl\e pas ces vers dé Corneille 
de fort bien exprimer ce qu'ils veulent dire : une 
périplirase ne feroit presque pas mieiix . 

COLORÉ, COLORIÉ, il me paroît indispen- 
sable de conserver concurremment ces participes 
et leurs verbes , puisque l'usage leur a donné des 
acceptions très-distinctes et^^rès-nécessaires. Qn 
le sentira par leur application à un même sub- 
stantif. 11 y a quelque différence entre un visage 
coloré et un visage colorié; celui-ci est un masque. 

COLU^JfELLA.. u^xe intérieur d'une coquille. 

8. 



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MG^ COM 

GATTEL , ^AiLLT , B0I8TB. — En latin , très-kîen ; 

en François , c'est la cotumelle. ♦ 

CX)MBAT. L'Académie, dans ses Sentiments 
sur le Cidj'ç, i34y nepermetpasàComeillededire, 
gagner des combats^'. Je suis de l'avis de l'Acadé- 
mie. P. 1 48, elle écrit: les combats quun homme 
a faits. Je ne suis pas de l'avis de l'Académie. Il 
s'agit ici d'un petit livre de 192 pag; , rédigé sous 
les yeux de l'Académie tout entière , et qui est 
en ce genre un cbef-d'ocUvre auquel notre littérar 
ture ne peut rien opposer d'ailleurs. Que les lan- 
gues sont longues a se fixer , et leurs principes dif- 
ficiles à établir 1 / 

CXDMMISSIOI^, Nous ne nous servons plus ; 
^uère ^de ce mot dans son sens ^ actioti faite ou 
c5>r/|ii'5e. Il -est familier à Bayle, et Voltaire s'en . 
/sert d'après lui. Je ne lui vois pas d'équivalent. 

COMMUNIER. Voltaire l'emploie pour habi- 
tant copropriétaire de communes. Il est très-fré- 
quemment employé en droit pour coAizÂifaTit ou 
commensal. On dit ; un père et ses fils commu- 
niers; e^ delà, vivre dans la communion de quel- 
qu'un , acception que les lexicographes paroisselit , 
également ignorer. La langue du droit ne $iit pas 
règle en littéi'ature ; maïs il y a des cas, et celui- 
ci en est un, où son autorité s'étend jusque dans 
l'usage social , que les Dictionnaires ne font que 
constater. - " • 



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COMPLICE. 11 fiiut dire qu'il ne »e preud ja* 
mais qu*en mauvaise part^ màlgi'é rautorité de 
Racan dans ce vers kM. de Bellegarde : 

De ses pltu beftux desMips tu fui toujours mmpltcer 

k" 

CONFORTABLÏ:. Anglicisme très-inlelligible 
et très-nécessaire en François où il n'a pas d'équi- 
valent. Ce met exprime un certaiiyétat de comr 
modité et de bien-être qui approche du plaisir, ei 
auqueKtous les hommes aspirent Naturellement , 
sans que cette tendance puisse leur être imputée 
, à mollesse^et à relâchement de mœurs. Cest le but 
de Tépicurisme bien entendu, dans sa juste ac- 
, ception, c'est-k-dirë de la véritable sagesse. L'in- 
vention en appartenoit de droit à un peuple libre 
et heureux, qui est heureux , peut-être parcequ'il 
est libre. . 

; CONGÉNÈRE. Terme de botanique ; se dk 
des plantes du même genre, waillî . —Terme dé 
. méthode ; se dit des choses du méui^ ^enre. 

W'- CONNIFLE. Grand poisson à coquille , bon 
à manger. — Monsieur Boiste se trompe quand il 
croit.enrichir notre langue du mot connifle : mon- 
sieur dé Wailly le connoissoit déjà ; mais certai- 
nement ils 'se trompent l'un et l'autre quand ils 
définissent la connifle un poisspn à coquille. Je 
n'ai jamais mangé de connifle^ mais je sais qu'il 



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n*y à point d6'[>oi98oii % éoquille. Un Dictionnaire 
de la Un^ue doit contenir des définition» exactes, 
et pafr conséquent il ne doit .pas être, en arrière 
avec les sciences. . V. 

CONSÉQUENT. On ne sauroit trop répéter 
aux honnêtes gens qui s'obstinent k %e servir de 
conséquent^ dans le seAsde considérable, quiïls 
font un tort [considérable à la langue Françoise^ 
Cette acception Jbarbare, qui nous a pr<>bable- 
ment été fournie par le comiberce, çst très-accré* 
dîtée au barreau. Je suis porté à croire que Fori- 
gine de cette méprise àe mots rémonte à quelque 
écrivain qui s'est servi du terme dans un sens équi- 
voque , comme Tabbé de Houteville dans ce pas* 
sage de !a Religion prouvée par les faits : « Saint 
Paul étoit un génie conséquent et lumineux,^) 

Babelais me suggère un rapprbcheihent de sens 
qui est peut-être encore plus immédiat, et par 
conséquent plus propre à faire confusion. C'est 
dans Y É pitre dédicatoire à Odet de Chastillon. 
nHippocrates en plusieurs lieux . . . . Soranus 
Ephesien^ Oribasius , CLGalen^HaliAbbas, 
aultresàutkeurscotiiSé(iuent& pareillement. » etc. 
Cette autorité seroit toutefois iusjuâisante contre 
le bon usage , mAme dans le tas où conséquent 
signifieroit ici aùt^ clid^e que postérieur ou con^ 
séfcuiif , cbmme dai^$ cet autre. exemple tiré du 
même auteur : llnéù^feit <fuàtre jours consé- 
quents y eâ/ïcf'. Liv. V, çb^p. i. 




lAI: «-, 






CONSTER , CONSTANT. Barfenrismcs d 
droit. y " ■ ■ ■' '■'■ . ■■;■ \ - \ ' ■ V ■ /f 

(pT^TEMFTliLÉIlmeaiû, Il i^'a jamais ét*^ 
bon;, (|iïQi(|ue employé par Ma]herbe : 

:i, -, Toute ma peur est que Tabseace >' 

y^, ' Ne luMooUe quoique licencç ' . 

; t>etùutnerail1eutt ses appas, ■ - , - ^ 

V Et (j^ét^ comme elle est d'un sexe variable/ 
Siila.foi^ qu'en ijue voyant elle avoil agréable, 
Y N. '\ Ne Jkii^t cdnîemptihie en ne me voyant pas. 



U est évi^lent que TAcadéiÀle n'a reçu ce mot 
^u'en considération de Tautori té de Màhierbe. Il 
felloit donc le rapporter comme exception : c'est 
le seul titre qu'il puisse avoirk entreï* dans le Dic- 
tionnaire: Vaugelas pense très -judicieusement 
que Malherbe ne Ta préféré ici à celui de mépri- 
sable que parce qu'il eût riinéavec le dernier mor 
du vers précédent. Ces anomalies, déterminées 
par le goût , méritent d'être considérées dans les 
poètes; mais elles ne doivent pas fiiire loi dans les 
langues. Virgile a dit de même dans ses Ëglo- 
gués, probablement pour éviter une consonnance- 
léonine : 

Cum canibus timidi veftient ad fjociUa dantfie; 
f'i dans ses Géorgigues : 

AiU oculis rapli f'odtre cubilia lalpa;. / / 



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120 CON ' 

Un Dictionnaire bien hït de la langue latine doit 
nous apprendre %i dama ettalpa étoient devenus 
masculins de tonte nécessité , parce que yirgpile 
n'avoit pas voulu sacrifier Tharii^onie d*un vers k 
l'exactitude grammaticale. 

CONTINENCE. Capacité^ étendue, acadé- 
mie, wAiLLT. — Cette ^acception n*est plus ad- 
mise. Contenance a été avantageusement substi- 
tué à continence j pour éviter un homonyme ex-" 
trémement louche. La continence est une vertu 
qui consiste à se renfermer dans de certaines bor^ 
nés j en quoi Ton voit son rapport originaire avec 
le sens propr^r^ette expression ne se prend même 
que f elativé0ient aux plaisirs de Tamour, comme 
abstinence est plus purticulièremetit aOecté à (ie> 
lui de la bonne chère / mais d* une manière moins 
exclusive. 

COQ. Il y a des curiosités d'étymolpgie si pi- 
quantes, que je ne puis me défendre de l'idée 
qu elles amusent tout le monvde comme moi. 
' Le nom radical du lait , gala, qui s'est conservé 
en plusieurs langues pour désigner un brillant 
festin, parce que c'est le,premier aliment que nous 
ait donné la nature , est l'étyinologie certaine 
de notre nom latin. On nous appelle,^a//i ouïes 
blancs ^ parce que cette particularité nous distin- 
gue effectivement de nos plus proches voisins, les 
ultramontains , dont nous séparent les Alpes , et 



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COQ i2i 

ceux dont nous séparent les Pyrénées. Il à été aussi 
le nom grec de la belette ou rosèlet , dont la blan- 
che fourrure est souvent comparée au lait pour s» 
couleur, et qu'on appeloit yoàev. 

Cest de la peau de cet animal que Ton couvroit 
dans les temps anciens le calque des chefs des 
peuples^, qui fut en conséquence nomifté galc^. 
Par une extension naturelle , ce mot dési^pia tou- 
te espèce de casques, tout ce qui en àffcctoit la 
forme, la crête même des oiseaux, et c'est pour 
cela que le coq s'appelle fin latin ^//m5. • 
^ On trouve ici Torigine de notre èouleur et 
de notre insigne militaire; caj les armoiries des 
peupléls et des. fiimilles ont commencé par être 
parlantes. La révolution nous donna trois cou- 
leunr, et Napoléon up aigle ; et ni cet insigne , ni 
cçs couleurs, n'ont manqué de gloire , il faut en 
convenir. Mais rien ne se nationalise sans tra^ 
ditions. 

En françois le nom du coç est une onomatopée; 
ces deux racines ont engendré deux nombreuses 
-familles de mots, dont les mœurs du coq sont le^ 
type %uré , celles qui appartiennent aux idées d^ 
galanterie et dé coquetterie. On croiroit Tue T.a 
Fontaine a entrée ce rapprochement Lns sa 
charmante fable des ^Mjc 00^5; ^ ^ 

Son rival autour de la poule 
5*01 rerint faire le coquet : 
Je laisse à penier quel caquet; 
Car il. eût des femmes en foule. 



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COR ET A CHMS, A. Il y à ceriains gallicismes, 
surtout parmi nos lôcfutiops proverbiales, oirla 
moindre 4ftvjer?iioa devient, une fiiute de langue^ 
mêipe eti vers.. AJt|f| , l'on n*a pas le droit de dire 
par vaux m pair^ monts , comme Làj Fontaine^, 
vaux n^étilint francoï^ quo-dan^ çett&f ccej)tion et 
dans ce tour^ ')!?ar mônu'eipàryaux)m à cris et- 
à cor> comme Mai*rt/r %. ' « r :^ . . •■•' 

•^ ■ "".,■' .'■ ' ■ ■'■' ' .- ^y ■ ■ ,'\ '' ' >" 
-^ LÔwi eux CTÛdant que.ftisse en grôd cr^iil " 
v,_ M'ont «^peléjùjonsieUr» a crj^j et cor.' ; . 

CÔBLBÏLLARt).* C'^toit d'abord une voiture 
tressée en jonc qui meqkbit .k Çorbeil , et voilà 
son étymologie qu on chercherpit bientôt inutile*" 
ment. Cést maiiïteuant ua carrosse pour la suite 
des i^incès , bu une voiture pôVFtransporter les' 
mort^i4:appl'ocbement qui ressemble k une allu- 
sion philosophique, eti auquel le peiiple n'a pas 
pensé. '""■ '' '' , •^'. „ ,."..' ' „ 

Jje mot corèeV/te a la même origine. 

' COUCOU. On dit que cet <)fiseau pond dans le 
ntd des autres ; et de là , par une extensioti méta- 
phorique très-commune ^^ns les langues , on a 
appelé d'un nom très-analogue les débauchés qui 
souilloient le lit conjugal. Par une extension bien 
plus singulière , ce même nom est devenu celuûde 
l'époux qui avoit subi cet affront , et cette dernière 
acception a foit oublier la première. L'une n'existe 
plus dans les Dictionnaires, et l'autre en sera prô- 



•* 






yf 



^ COU ^ ^ ^25 

bablement retranchée, car nos mceurs deviennent 
tous les jours plu^ exactes, et nos oi^illes plus 

•« ' ^* f ''' "'' adinirable , mais: il ne Yaut pas 
Siffler Molière. . \ 

COUPLE, Féminin quand il s'agitdedius cho- 
ses, masculin quand il s'agit de deux personne,, : 
ce que je rappelle seulement pour observer que 
, cette distinction est un petit raffinement peu an- 
cien dans la langue. VoHUre a dit'de deux nou- 
veaux mariés, 

. libelle oo«^/e iaw égale : 

"ce qui ne serôit pas bon , mèm"é quand cela seroit 
rfàiilcois. ■ 4' 

VOICI un au.tre exemple que Yious fournit la 
savante et îngénieflse mademoiselle de Gournav 

Al m,: ^^ 1 - ,11.,. i J V 



et qui sera plus agréable k lire : 



Lys et sa jeune mère , aussi beaux que les dieux , 
, D^ deux c6tés divers ont perdu l'un des yetix. . ' 
E(4ange, aimable enfant,, cet œil Vif qui te teste- ". ' 
' Contre l'œU de U mère exclu àe& rais du jour ; , 
Et vous deux resterez ttw couple céleste; 
EUe sera Vénus, et toi , l'aveugle Amour. 
• < * ■ 

COURTILIERE. Larve du hanneton, boiste. 
— Je ne ^aif où. Dans l'usage commun , courti- 
/«ère€st le nom du laupe grillon, et quelquefois 
celui d*un certain carabe, carabus auratus , qui est 
très^ommun dans les terres cultivées, et que le * 
peuple WeUe pour cel^ Jardïnier on jardinière. 



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124 ^ COU ^ 'l^r 

Stirquoi remarquons en paMarit, comme une ain*' 
gularité étymologique bien pjropre à ikire «cntîr 
la difficulté de celle science tFop souvent conjec- 
turale, que les mots couHiueréeXjardinikre sont 
de feux homonymes évidemment-fe|ts de làlnême 
racine; hortus , Kbrtiçulus^ courtil, cotUrtilihm; 
hortus , orto , huerden, giardino^ jardin , jarai" 
nîère. Il n'y à rien de pli|| invraisemblable, et ce- 
pendant il n'y a rien de plus vrai. 



^ 



COUTUMIER ,. c. Les lexicographes recuéll- 
* lent cette locution femilière : il eal coutumi\er 
du feit. n talloit ajouter qu'elle ne se prend jias 
en bonne part. 

*• . . ^ . ■ f ■ • 

CÛAC. Particule interjective qui marque se u- 
daineté. waili-t. *— 5oii<ia wctdf ne se retroi|ve 
pas dans le Dictionnaire , et c'est tant pis , car il 
valoit bien crac. . ' j 

CRAMOISL En quelques provinces le peiitle 
dit kermoisij et c'est le peuple qui a conservé la 

, bonne prononciation. Cramoisi vient dé kemlhs. 

..'■-'■ \ ■. 

CRAPAUD. Il feut ajouter aux acce^^tionsi de 
ce mol celle dans laquelle il désigne une certijine 
pierre grossière qui se trouve quelquefois c< em- 
prise dans le bloc. du slatuaipe, et qui rend inc^fc 
ce qu'il aiait jusque-lk. H y a des crapauds taris 
ce marbre. , . ' 



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Tout* rEurope iavanté a rçienti de Tétrange 
^ décooTcrte d'un sculpteur, qui trouva dam son 
^ bloc on cr^aii^ vivant; à cette dernière cirbon- 
«taûce près, je suis fort porté k croire «Jue ce phë- 
lUMnène repose sur une équivoque , ,et il y a bien 
d'autres nliradw qu'on expHqueroft de la même 
manière. 

GKOASSER; De Cn,e«a,v.,qujdevroit foire 
croacer; orthographe de ResUut.^ 
■■ Ce mot a rapportwiu cri du corbeau. Celui de 
coasser, qui vient de coaxare^ convient mie^x à 
la grenouille : quant au coax ou koax de la gre- 
nouille, qui est un hideux néologisme de Rous- 
seau, il n'est pas plus François que le tatqtantàra 
a Ënnius n'étoit latin. 

CROCIDISME. Si un Dictionnaire explique 
jamais ce mot par càrphologie, fiommç^ celui de 
M. Boiste , et q^ue ce Dictionnaire s'en tienne là , 
le lecteur ne sera guère plus avance s'il ne sait pas 
le grec. 

Il est incertain d'ailleurs si l'on^oit écrire car- 
phologie, de x«p(poç, une pailjp, ce mot désignant 
une maladie convulsive dans laquelle on semble 
vouloir arracher de la paille ou des plantes; ou 
bien carpologie, parôeque le siège de cette con- 
vulsion est dans la main. Ce qu'il y a de certain , 
c'est que c'est beaucoup de trois noms pour une 
maladie dont il n'y a peut^tre pas trois exemples, 



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126 CRO 

et que celte abondance iiiutile se fait surtout sen- 
tir dans un Dictionnaire qui p est pai le Diction- 
naire de médecine. 

:;* . f', . . 

-^ CROISOIR. Instrumer^ avec lequel on fait di^ 
verses façons ^ etc. ck-rsi^u Peigne pour tracer 
les façons, etc. boiste. — |1 est peu important de 
savoir si le nom de cet ins^ument avec lequel oir 
fait des façons est masculin, comme dit M. Boiâte,^ 
çu féminin , comme dit M. Oattel. En françoîs il 
s'appelle mar<7Me>,et cn)woprn'est>pas françoîs. 

CROiSSA-NCE . Accroissement, augmentation 
en grandeur, boiste. -% Ba^tarisme populaire qui 
n'a-^miai? ^{^ pris font* accroissement dans un 
livre bien écrit. 

CROITRE . Ce mot est perdu dans le sens à' ac- 
croître; il est cepciïdant plus précis et va infini- 
ment mieux en vers. 

C'est infailliblement leur crortre le desir ^ 

'^ If&LHKRBB. 



M'ordonner du repos c'est croftre looes malheurs. . : . . 
Pour croître ta colère et pour hâter ina peine 

Nous en croissons la pompe , et le mépris des lois 
Nous lait suivie son>char au milieu de deux rois 

Mais la phis belle mort souille notre mémoire 
'Quand nous avons pu vivre et cro/Srre iiotre glôirei... 

Ce malheur toutefois sert à croùre sa |^ire. .. « 



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GYATIIE. ancienne mesure romaine qui con- 
teno^ autimt de vin t,u'„n en 'peut boire dun 
trait. pAiTEi. , .ottTÉ. - C'est «eldn la soif et le 
tempérament. Le cjrathe n'étoit que la douzième 
. parue dtf septier , et cda n'auroit contenté ni Her- 
nie, n, Alexandrt, ni Antoine, ni le vieux poète 
Enmus. Atipste buvoit deux cyathes d'un coup , 
et Athénée introduit dans les Deïpnosophistes nn 
homme qui en boit dix. Garçon^ apporte,, une 
tasse, etverséz.jr les cyathes de ceux qu'on aime- 
quatre pour les convii'es, tmispoùr l'amour et 
puis unpourla dernière victoire d'^ntigone. Ar- 
rêtez ; ./ en faut encore un pour le jeune Dêmé- 
tnus. DoTfnez^ un pour, Fénus, et c'est assez. 
Voilà qui est bien poir un ivrocné; mais les 
p*>etes en fiusoient presque autant au dire d'Ho- 
race. 

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Qui musas amat impart^ 

Temos 1er cyathos attonitM petet 
yate^. . 

Od. xrx, //*.,in. 

Ub amants du temps deMaitial buvoient autant 
de çyathes qu'il y avoit de lettres au nom de leur 
maîtresse et c'est pourmioi le lyrique veut qu'on 
boive neuf coups aux n/uf muses ; autrement les 
courtisans de Clio se serqjlent enivrés plus tard ' 
que ceux de Melpomène. Quant à ceux de Terp- 
sicliore , c'étoiçnf. des musiciens. 



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128 



CYC 



GYCLOPE. Le monde' enfant a jugé comme 
les enfants, sui: des apparences^ Un bon écnyer 
lui a paru un Centeure , un forgeron lai a paru un 
Cyclope, et voici comment. rf » < 

Les ouvriers <tuî sont obligés de trayaîller au- 
près d'un feu ardent ne pourroient sofutenir long- 
jtemps ni la vue ni la chaleur des brasiers éblouis- 
sants qu ils doivent attiser sans cesse. Pout s* en 
garantir autant qu'il est possible, ils s'babillei 
d' une simple chemiselonguéViet se masquent^ne 
espèce de cornet fiiit en c6i|ej dont réxtrémité 
atitérieure est fermée par un me ou un verrtfxir- 
çulaire un peu mat. A l'aidé de cette machme , ils 
tempèrent l'éclat et l'ardeur du feu, sans perdre la 
faculté de respirer i et sans beaucoup diminuet 
celle de voir. » . T V ♦ 

Les forgerons de Vulcain connurent sans doute 
ce moyen, ou tel autre qui luiétbit équivalent. La 
langue grecque , dont toutes les lexpressipus sont 
und image , dut en conséquence les appeler les 
hommes à V œil cercle j xûxXéç o\|^. * 

CYMBALE. Triangle de fer. bowte. -^11 n'y 
a, rien qui ressembleineins à un triangle qu'une 
cymbale : car la figure d'un triangle offre le plus 
simple , et la figure d'une c^m5fl/c le plus multi- 
ple des polygones. La cjjnbalè €At un instrument 
•arrondi et creux ; et, comme cet instrument ne 
produit d'effet que par son action contre un in- 



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p.'ii' trùan^tc de fc).. ( 
v«'i]l(; '(|ue le nonide eel 



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c y.ju.c: 



y.'^'jxfnj un vase, ou d 

H y a lien deComuui.neutKeune V 
un tn'aui^le de Jl>r 



<'s inessi«''uivi w;()î<Mlt.Y 
^lsM•lùlH'1ll êsli;. il d,: 
uH^feavijé, eioiril 



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t'-fft(Hfe/ie.s. XioisTi:. - 



pense^enéralenieut que e(vs;i|)nl 



plulol A. elre frotte de nii(d eî 



IC«'HM)llSIS((li|' 



♦ lies. La diFféreueedcl'aeiif 
d uiu' petife iniporlanre.. " 



e.vpou': ail\ iiKMi 



ail j)as.silir('s( p.i.s 'iri 



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«KHns; niais ([we veuf dire scssijioc 1(« ? 



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D. substantif. . , 

io expression abrégée du mot don ou dom , en 
p;irlant d'un seigneur espa^ol Ou d'un moi^ne 
de Saint-Benoît. 

2'> Expression abrégée du mot rf^mr, dans l'abré- 
viation N. D. , pour Notre-Dame. 

3« Signe de douceur, en caractères deVimsique. 

4° Signe du dessus, à côté ou sur l'onveloppr 
d'une partie' de chant. 

5« Denier dans les anciens comptes. 
V Acceptions omises. ^ 

DAME. Interjection. Cest le vieux motr/^m, 
damnation; Dieu me damne, sod danin. Mais 
l'usagé l'a restreint a des explosions moins vio- 
lentes. ' • , 

D A.rRES. Les auteurs élémentaires et les lc\l- ' 
cographes mettent ce mot sous la même rubri'qu.v 

'■■.'■ V^ "9* 



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V 



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(jur In préixjsilion tifjrrs. \\ iaiit i)icn se fjaidt'r «le 
les coiiIoikIim;. 

Caton parle apris (iésar (ians Sallnsfe; mais il' 
est loiri de parler iXnprcs lui, Lorii^c niihi iilui 
mens est , etc. 

Je conseille an premier écrivain ([ui voudra 
faire \\n Dictionnaire aprcs tmis ieu\ (|ue nous 
avons, ou une ji^rammaiie nprH nos dix mille 
j;rammairiens , de ne pas éciire de confiance 
d'<7/7/cs ses prédécesseurs. 

DÉBRIS. Il n'a jamais été employé qu'au plu- 
rié^^par nos bons auteurs , si ce n'est par .La Fon- 
taine tpii le^i)renoit alors dans Iç sens.,absolu de 
destruction, acception (pi'il a perdue. 11 ne seroit 
pas permis de dire le dt-bris de Carlha(i;e, nialf;ré 
l'exemple de M- Delille : 

Et res (ItHix <^VMuh dcbns se ronsoloi«Mil eiilr'riiv. ' ^ 

- Cham'fort raconte ([u'ir s'étoit trouvé dans 
une société aii ce vers occasionoit de vives con- 
testations, cfuand le vieux bailli rie R... entra , 
donnant la main à la comtesse de M... Vu Ali ! dit 
(juelc|u-un, le vers est bon. j» S'il ne l'est pas il 
faut le dire. Ce sont les grands talents qui fournis- 
sent les {Trandes autorités , et leurs fautes mêmes 
sont" utiles, parceque celles de la médiocrité sont 
au-dcssous*de la critique. , . • 



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{jardtT (le 



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nii/n alla 




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confiance 


.1 



{u'au plu- 
ir.La Fon- 
,absolu (le 
.1 ne se roi t 
je, nialfrré 



rilrtnix. ' 

luvé dans 
vives coii- 
L... entra , 
a Ali ! (lit 
Fest pas il 
ni lournis- 
tes mêmes 
ocrité sont 



DhCAMKHON. Ou^^m^c contenant les cv'v- 
nemrnts dr di.r jours, bolstk. ^ O^i dos récits qui 
ont é\é fhirs en dix jonrs , comme le Dàcanicrou 
de Boccace , qui a donné sons nom aux aulres. 

Dl^CKPTlF. Trompeur, séduisant. (Omis. ; * 

< le prisent Jf-Wy^^/ a 1)11 toute loin ton»'. 

/ <OllK||rir.i;E. ^ 

Décf'^tifncsl pas hon , mais il esl là , et ce pas- < 

safrc(^>/J^V/6Y't^fremarqual)leparleslyie,romm(' ' 
une frès-ffrande partie de cetlp tragédie si mépri- 
sée, et <pie Voltaire i^aroît à peine jivoir lije. Kllj^ 
oHre au moins cela de sin^ru lier qu'elle esl comme 
le pofu't de\Jépart entre le genre classi([ue et le 
genre romanticpie. Voici des vers où tout Sjui- 
kspeare semble passer dans Concilie : 

\ Os herbes ne sont pas d'une vertu connu u ne ; 
Moi-mèuie en les em-illaiif je fis |);ilir la lune^ 
Quand les cheveux flottants, le bras et le pied nu , 
J'en d«>pouillai jadis un cliniat inroiuui. 
' . - T • - . ' 

Poj)e y àuroit mis des guillemets. 

DÉCILLEIT, DESSILT.KH. I/étymologic d<- 
ce mot , toujours figuré, est très-sensible ; r'csi 
ouvrir, séparerle.s r//,s. Sou orthographe doit donc 
être uife et conforme à (eltf> racine ; c'ésl doncv/r' 
n/lrr (pi' il faut écrin*. 



^VMMM 



Mgk 



•-«/ 



DÉC( HIVREl R . Celui qui a fait une décou-- 
t/erte. Colomh futle décou^rcitr de i Amériques ^ 
WAiLLY. — Si cette phrase se trouve! dans^un livre 
bien écrit, il faiirlra remercier celui qui en sera le 
découvreur j et laisser le mot dans le Dict ionnaire ; 
mais, je ne sais ce qu'il y fait s'il n'est pas dans la 
langue. , 

DÉGUISER. 

Je n'examine j)oint :>i re respect déguise; 
Mais parlons une fois avec |rtus de francliise. 

• rOR5EILI.t.' 



■V 



r .. 



Ce verbe actif, dit un excellent criticjue dont 
j'ai souvent emprunté les judicieuses observations, 
devient ici verbe absolu ^ et est employé sans 
complément. -^C est une ellipse poétique qui enri- 
chit la langue en dépit des grammairiens. 

J'ai donné un grand nombre (rexcmj)lcs (\\\ 
même genre de licence , et j'avoue qu'ils me pa- 
roissent presque tous plus heureux que celui-ci. 

DENREE. Denaria , ce qu'on pouvoit avoir 
pour un denier. Dans l'enferd'Epistémon , Xerxcs 
vend une ^ewr^'e de moutarde à François Villon. 
Cette jolie étym'blogie est de te Puchat. 

DERAISON. Ce mot a pu échapper à la faci- 
lité souvent incorrecte de Chaulieu , à la plume 
rapide et insouciante de madame de Sévigné , et 



t^ 



ne décou-- 
Unériquei . 
s^un livrr"' 
en sera le 
lionnaire; 
as dans la 



.Lk. 



(juc donc 
ervatiôns, 
loyé sans 
> qui e riri- 
ons. 

'nij)les du 
ils nie |>a- 
e celui-ci. 

ivoit avoir 
n,'Xerxès 
)is Villon, 
t. 

à la feci- 

1 a plume 

éviçné , Bi 




DE H 



\y 



Gressel lui-même pe*it l'avoir transport*^, du style/ 
des conversations de provipce dans des vers d'ail- 
leurs aussi purs qu'éléganLSjjtans qu'il aitlttc^juis 
pour cela le droit de cité : c'est un barbarisme. 

Déraisonner est_im__;not heureux , parcequ'il 
exprimevivementledéfa.utdelofricjued'un homme 
qui laisonne mal , cormme cUkoncr , le défaut d'o- 
reilJe d'un chanteur qui sort du ton ; mais on ne 
dit pas plus déraison que déton.' L'o{)posé du ton 
c'est le faux ; ^l'opposé de la raison c'est la Folie , 
la sottise, l'absente du ju(;ement. ^"^^ 

DEROCHF^R. Se précipiter d'un roc. acadé- 
mie, BOisTE. — Patois. 

DÉSANIMÉ. Omis et inusité. Inanimé ^o^Wi 
de ce qui ne jouit pas d'existence réfléchie , de 
, sensibilité. Désanimé se diroit de ce qui l'a per- 
due. 



De sorte qu'à présent deux corps dèsanimcs 
Termineront l'exploit de tant de gens arm<'.s. 

^ . CORHKILLB. 

•■ ■ ■ 

DÉSAPOIN TEMENT , DÉSAPOINTER. 

Mots consacrés par Montaigne , par Amyot , et 
que les Anglois se sont bien gardés de perdre . 
comme nous. Il faut remarquer, au reste,, que^- 
tous ces anglicismes que la routine reproche à 
la néologie sont généralement d'excellents galH- 



-%' 



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lêmmumàt 



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J^ 



I3r, 



I) t s 



cismcs fojnlxvs vn dt^siiétude, et que s'en ressaisir 

r'e^l ureij<lre son ))ien où on le trouve. 

■ • • { 

DE$ERTE1V. Abandonner un lieu. — Ou 
bien , dans notre aneienne poésie, rendre un lieu 
désert Qii abandonnt;. 

" r Mar,s„(|iji met sa Iouan;;o i dc'.scrtrr la terre 
Par des meurtres épais . 

MALHERBE. . 

Quelle langue c'étoit alors que la nôtre ! (luelle 
puissanee d'expressions ! ([uelle richesse de méto- 
nymies ! ba louange , pour sa gloire; déserter, 
j)Our (lépcupliiT; épais ^ ])0\iv frér/uents ou /zom- 

/r^-z^r^ le .v/7C'3;v()^de»s Italiens ! 

*■" -■* * 

DESESPOIR. Nos anciens poètes Tont sou- 
vent employer ûu^ pluriel , etVoïlaire refjretfe 
({u'on n'ose [dus en faire de même. Il pen«e que 
1rs désespoirs est une expression aussi naturelle 
(jue les espéranees , ei il en donne ])our raison 
(ju'on peut désespérer de plusieurs choses , comme 
on peut e,n espérer plusieurs. C'est donner au mot 
désespoir une acception qu'il n'a jamais eue, ce 
,({ÏJi vient d'une petite conFusion d'idées facile h 
éclaircir. Nous attribuons deux sens au mot es- 
péranee: celui d'un sentijiient /général quiembel- 
bèlHt et vcharihe li Vie, et celui d'une attente 
, particulière qui, peut se multiplier à l'infiiii àhns 
la j)ensée , et par conséquent se plurâliscr dans 

^ ■ - ■ 



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^«•!P«^|flM»^-W<«IMfttV*''«M^^TW^. ■ 



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ressaisi 1 



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■ — Ou 
e un lieu 



j 



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DES i ^37 

l'expression. I.c mot désespoir n'a (raiiiie sens 
que celui (jui répond à la première de ces accp- 
rions, oest-h-aiie celui d'un senlJmenr a])soln ; 
le second n'est pas franrois. Corneille a doncî è.j 
tort de dire , selon moi : 



'!(1ue11e 
de méto- 
désertcr, 
ou noîtL- 



ont sou- 

re^jretfe 

Mw>e que 

la lu relie 

r raison 

, ciMunie 

r au mot 

eue , ce 

facile h 

mot es- 

iend)el- 

a trente 

ni dans 

cr dans 



» 'V 



ET par les dcscspons (l'une chaslc amilir.... 

• 

DESTRIER. Nous d(»vons à la romance, cl âuv 
autres poésies de f;oùt anticiue, la conservai i.»u 
de ce joli mot, (jui ne vient pas à dcxtcntafn . 
comme dit Ména|;e, mais à dr.rtrrd , yiii<v<iu\>u 
menoit le cheval de main de la droite, aucicii- 
nemenl dite la de.rtrc. Ce mot s'est conserve 
cil IVancois dans am/udrjrrr , lalinisnic ijrs- 
sirqjnli(M;emenl fifr„ré, puiscpi^il. si|r,nf,n dt-n.'r 
mains droites. On disoit h Tuvaro-l , po.u- rvcu 
ser la maiadresse d'une demoiselle , qu'elle 
éloit gauc/th'c : Elle a donc deux i),;,i„,s droites . 
dit-il'. / '^ < 

Je nai^vu traiter nulle paît cette iiitéirssanle 
question : (c QiwU molilk onl rleh^/iiiih- ri.oiun.e 
à l'emploi privilég^ii- de la main droite.' ., mnis il es^ 
cerlajn cpie toutes les lani;ues s'acroident t. •lési 
{;uer l'adresse , ou rimperfôclion qui v (Al ecue 
traire, ])ar des mots fijjurés de c<Mle pniïuii(kre ac- 
ception. On est allé plus loiu : lidee dr mallien, 
s'est mêlée soûvcnl à celle de franclu'rie . eoinuKs 
dans le sinislrr des Latins ; cl cela n'est pas si inal 
trouvé. 



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4 



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\M DET • 

. \MWO^¥A\. Mniràu ton. ^ 

DÉTONNER. Faire explosion. \ 

Il ivest phs permis de con(b.ndre ces deuxnioLs 
dans le niêhie paragraphe, comme l'a fait M. Bois- 
le. ils n'ont aucune espèce de rapport, et nul 
exemple ne peut faire mieux sentir la nécessité dé 
la lettre double , pour l'intelligence de la pronon- 
ciation et de Vétymologie. Détoner appartient à 
. ton ; mode ou degré d'élévation du son. Détonner 
appartient h tonnerre. ^ 

^ DÉTRIIVfENTS. 's. pi. En termes d'histoire 
naturelle, débris. Mont formé de détriments de 

' véi:^âti ^.T ■ w A 1 i.i.y . — On a peine a croire que des 
déhris de vejij:élaux puissent former un mont ; 
quant îi détriment , ce n'est poiiit uii terme d'iiis- 
toire naturelh/. Les débris H'animaux ou de végé- 

' tairx, qui ré5wiltent d'un grand froissement, se 
mnnment détrhus. I/action d'qipérer cç froisse- 
ment se désigne parle verbe détriter, qui est tiès- 
usité en parlaiit des végétaux qui donnent de 
l'huile , et.que presque tous les Dictionnaires ont 
omis/ ^ . 

Ee mot détriment n'est francois qu'au figuré . 
et n'a point de pluriel. 

DETTEUR. Ce mot de Rabelais est employé 
par La Fontaine : il est indispensable dans la lan- 
gue ; pourquoi n'y seroit-il pa^ admis? 



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eux nioks 
M. Bois- 
t , et nul 
cessité (lé 
t pronoii- 
)artient à 
Détonner 



i'histoirc 
nients de 
e que des 
n raont ; 
me d'iiis' 
I de vég(^- 
ment, se 
e froisse- 
i est tvès- 
tinent de 
laires ont 

u fi^;urt^ , 



employt^ 
«s la lan- 



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DEVOIR, verbe. ^^^ 

Je dois à ma inaîtressr aiis^i l)ifi) qu'a mon pci <• 

. •, : ' (•; ^ ■ . <;oRr(Eir.i,K. 



1.^!1 



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% Ti^ 



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L'4"Cad^^ie trouve cette expression troj) vn}jn(>. 
Voltaire dit que l'usa^je s'est déclaré depuis poiii 
Corneille , et il en apporte ce vers pour exemple 

Je dois à la nature eiiror plus (ju'à l'amour. 

■t 

II se trompe, eomm^ cela arrive toujours (juand 
on écrit vite sur une matière (pii intéresse peu. 
U'Académie a raison, (;ar ce (juil y a àv vui^uc 
dans le vers de Corneille , c'est le déf^mt de réginu' ; 
et dans le vers que. Voltaire rapporte , le verhe ^ - 
voir an a un. 

Cette liberté n'étoit, pas rare toutefois dans 
notre ancien lan^j.ige. Dehi^ez^^oiis toitsiours a 
(/uelcung ? d'il Panur(;e. Par iceUuy sv'ra co/ifi- 
niieUenient Dieu prié vous donner bonne , loueur 
et heureuse vie. 

^ Au reste , cet exemple se rapporte plut(')t à nuc 
acception spéciale où //ep'o/r se prend sans réfyime : 
c'est le cas du Je^rez^r, de riiomme qui n'est point 
au courant dé ses affaires. // doit , si^rnifie fort 
bien , il a des dettes, et cette manière convenue 
de pacJer n' excuse pas l'autre , dont au contraire 
elle augmente le louche. Le personnafrp ,1e Cor- 
neille n'est, grammaticalement parlant , «fu'un 

















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140 IHA 

aimnHCiix rt «n» fils de lamillc ti)rt embarrasse 
dans SCS c<)mpt<'.s : ce n'est pas ce*(iu'il^ a, vouln 
(lii'c - 



DIA IJ^Xyi 1>. Il est in(liqué4«'ï»'^ ((uelques Dic- 
tiotin^aires comme unsubstantil de pfenre douteux. 
J)anct , Richelet , le iSovkius, le fort féminin, et . 
la méthode fîrecqtie de Poi t-Royal , maseuli=n.: 
Iirclacé de l'édition de iGç):") , j). 17, '^î^, etc., en. 
((iioi clic est sui\ié presque universellement. . 11 , 
semble (lu'on au'uoil du se conl-orme4' au procédé 
d(^sT.ati'ns, qui lui ont donné le mên/e jjenre (pi en 
};rec : tuiii ijrsa ùict).îy-çç hahet tain jucunclitatcTn 
ut lalcnti's cliani niiinri'os coniplc.ra videatitr, 
dit Quintilicn , //z.vf/>. Orat^ïHih IX, cap. iv. . 

^■' >. * 

1)1AIM\K. \ oilîi un*parti<ipe charmant dont 
tout le monde connolt rusa^ro- Pourquoi ne pas 
admcftre le verbe . ([ui ne serï^jj^ pas moins utile 
et nu)ins a|ijreabU' ' 

l)l(;rA'ri''l h. U .\ été employé pour j^cc///t 
f^ii ilicte à un autre .par La Fontaine , Péliss(m . 
V(dtairc. Cela est très-bien dans les analo|;ies de 
la laufîuc, (>ii Ton dil cràateur: amateur , cJc. ; 
mais il n'y a point <le m()l qui ne soit a prétéici 
pour cvit<M' rc((uivo([uc. 

DlCriON . Les Dictionnaires onfonbliu < <* "i<>f 
dans une acception tres-commuuc et trcs-utilc 



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rioiJteux. 

tiinin, et . 

asculiTi.: 

etc. , nu 

meut. 11 , 

j)roc(''(l(^ 

iro qu'on 

nditatcîn 

udeatur, 

ip. \ V . . 

ant (jour 
)i up pas 
lins utile 



ur ^ct'iui 
V'iissou . 
lofpes de 
ui , eJc. ; 
prêté ICI 



lu ( (« mot 
t'S-ulile 






k 
•^ 
,* 



\. 



manière de dire ou de prononcer le diseours. Il \ 
a plus : c'est qu'il ne (le\roi( peul-èlre .nuir qiN 
relle-là,e76r;;//2o/i suffisant fn\s.-l)ic II .'i l*aiilr.\ 
/^ \.^ diction vôwi^huno'w donc d.ni.s i'eiionci iiioi. 
matérielle du discours , dans le rapport d,. la ysvn- 
nonciation avec la pensée; ce qui, cjL>nime on le 
voit , exifjc nne asiez loujrue |)érLplirasê. •' 

i;e7o67/f/o/7 , dnns le choix , dans' rTTivW d.-s 
mots. , • . 

■ Le SI) le, dans l'eHét j^en.'-ral /le VrlorutKy,, , 
dans la couleur commune d'un om ia/;e d'esprii. 
^ Ondiroit. la r//>^/o/nrun acteur, d' iii^'lccirm 
iVnommé ; Vçlociition d'un orateur ; le a7) le i\\m 
écrivain. ' ^ ' 

Ces d(ifriniti(»ns sont en (pjelqiu; sorte presci lies 
|>ar r-|ft\ ino-lojric : diction vient de diccn-, dire ; 
t'iocutionriii^ lofjui, parier, et s7)/r d„ ,,,,,,1 de 
rinstrument avec lequel on (VM-it. . , ." 

'rallia disoit adftiiraMcineiit.les \ ers: Ici avocai 
p;>rle l)icn ; le style est autre cliose. " 

M. Deldie réunissoil à un dej^iV' Tare trois qua- 
lités fort rares, la dirt[un,Y chfrulinn .et le s/) Ir . 

mCTlONXVlKKS^PKClU \ Je- parler;., 
souvenudans ces lu.fes de la necessile des /),,- 
tjonnaircs spcciau v , des nonu-nclatiires leclmi- 
<Iiies, et de Vimposs-ihilité (fe les réunir a vatilii-, 
};eusement au Dif^jio^iiMirc de la lan|;ue. Je veuv - 
en présçnt^M;^ un polit exemple (pii pinidra ce- 
pendant (pielque plm^- cl, cet exeiuj.lc. j." i,.- I.; 



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U'2 DlC - ' , 

ihiîrai point des sciences en généra) , mais d'une 
science en particulier, V Histoire Naturelle. Je ne 
\\c tiferai poinvde V Histoire Naturelle, prise en 
entier; mais de celle de ses parties qui est peut- 
être la moins riche en nomenclature, la Zoologie. 
Je ne le tirerai point des livres françois qui trai- 
tent de la Zoologie j à les considérer en masse; 
-mais de l'admirable et rapide analyse de M. Du- 
ftiéril; et, pour être encc^e plus exigu, je me bor- 
nerai a la lettre A, qui est bien Im^n d'être la plus 
riche. Il en résultera toutefois trejnte articles, 
qui sont à\peu près aux articles bm|is comme un 
est a trois mt|lle,.et que J'ofFie à nos lexicegraplies 
universels pour leur prochaine édition , saut a 
eux a se cojnp^ter dans la Tahle des Matières 
de 1^ Zoologie ahalytique : 



Abditolarves. 
Acanthophis. 
Acanthopomes. 
Adélobranches. 
Agathidie.'' 
Agénéiose. 
Akide. 
Akyrode. 
Alipèdes. 
Alloptères. 
Aniéiva. 
Amie. 
Anarnak. 
*:Anatifier. 

A ngusti pennes. 



Ani. 

Anomides. 

Anoures. 

Anthices. 

Anthophiles. 

Apale. 

A pal y très. 

Aphidie. 

Aphyostomes 

A plaides. 

Aploeères. 

Apterichte^ 

Argonautier. 

Argulé. 

Arpenteus»'. 



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11 



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lais d'une 
lie. Je ne 
, prise en 
est peut- 
Zoologie. 

qui trai- 
;n masse ; 
eM. Du- 
1^ me bor- 
tre la plus 
I articles , 
;omme un 
cegiap^ics 
n , saut à 

Matières 



les. 



* 



' DIE , ^A^ 

Sur quoi je <lois répéter qu'il est biei; loin 
(le mon intention de repi*oelicr sérieusement 
cette défectuosité à 6n lextcoj^iaplie ; et f[ue' si 
je vois quelque chose à reprendre dans son sys- • 
tème , c'est de s'être exposé h y tomber.** f'.n- ' 
core Une fois, tout cela appartient, h la lan^^ue 
des sciences et non à la lanf^ue franroisé. Il ne 
faut pas défendre, aux sciences , sous peirre de 
borner leur essor , de s'enrichir d'exuressionjî /^ 
tirées des langues anciennes, dont le mécahïsnie - 
fovoriëoit bierii plus que dans Ja nôtre les compo- 
sitions (]^mots ; mais il est inutile i'i même dan- 
fjereux de mêler cette inépuisable famille de mots 
techniques h ceux/dont nos Diclipnnairés se'com- 
pbsent; autrement il en .résultera que rien ne res- 
^'^^emblera moins h un Dictionnaire francois nu'mi 
Dictionnaire francois, et quele meilleur de lous " , 
paroltra écrit," sous la dictée de R-onsard , par V:ô- 
colier lijriousîn. ^ 

DIEU. Il faut un article, particulier; pour le 
pluri(d, ^jui a une acception différente. . ♦ 

Ars Dirux n'étoient dans la j^lymolo/^ie que 
<les êtres intermédiaires entie l* tonle-pnissanci' 
de la n^iture et le i^hnre humain ; ils v tenolchf 
seulement la plac<' dji' .nos anges, et voilii^pom- 
quoi la dévotion , telle cyie nous la counoissons ,. 
étoil peu familière aux anciens. La cause pre- 
mière n'étoit connue que des sages, et les causes- 
secondes ou- intermédîaiî'es n'tîtoient crues (pi(> 



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144 DIF 

<lii j)('U|)l<' ; ('0 qui, constitue une r{*lr|^;ion éi&iv- .. 
nemment pliilosojjhiqùe^ 

\ ■-'',_■ 

iDIPHTONGUl'^. F)ip]itoni;uc sifpiifie propre- . 
Iiienl deux. sons. (H est fine diphlon^nû dont les 
(••lénienls expriment l'res-mal'hî son; niais ee son 
est réelleineut «loul)le , • (|uoï({u'il n"en résulte 
([u'nii nionosv llgih e. (]e, ({ti'il v a de particulier* , 
e'esl (jue la lettre .r est elle-niènK^, une diphton- 
ij;îir^ dans [e S(Mis le plus exact de ce nipt. Quant 
aux sous eu ,(/u et o//;il est très-irlconv|^nant de lt*« ' , 
appeler diplitonf^ucs; ce sont des voyelles pui'es, ' ,, 
iÎDrt. ri-diruleinentfijjurées dans notre laii(jue. Li' 
coucou rs de /leux >oyelles ne [)eiit pas plus pro- 
«l^iire une vovelle i)roi)remcnt(lile , inie le^ coii- , 
cours de deux sul)stances une 'suljstance i#le èl • 
tdeuienlaîi'C. H seroit ])eut-être \\ prq[»os de se 
coiUeuler de les appeler digFanuncs , eu atteu- 
danl'cpie le temps et l'usage , deux puissances (jui 
iu(.)ditieul à la loiiffiie les institutions (M'ies al- - 
phahels , r«\n»placent dans le- notre ces sifpiès^ 
«'(pii\ ()([nes et harharrvs par <les sijfiuis propres cl 
pi('<is. ^ - '• .- 

\.n di/y/ifoni:;iif' cs\ eu<'ore rnaldéfiliie, dans cer- 
tains de nos Diclionua'ii'eSj une syU(d>c coniju^'^t'c 
de diffrrrnts vo//.v. ITlidloit dire, (le ih^iiv di//r~ 
rr;//s .s<>//\. Vi>t. moi, loi, s'ont des sv llahes coui- 
posées de'dif]lt*rent>sons, et pourtant ce nv sotii^ ^ 
pas i\vs diphtongues . puisqu'on v refoniioil tic^s 
scuis dillérents. 



• v*-'««*r- tt^ .*•■ ■ "' 



# 







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on éi&t"' 



propre- . 
dont les 
is ro son 
résullo 
tIcujicM"* , 
liphton- 
L Quant 
intrlelt»* 
s pures, „ 
i|jue. Li" 
lus pro- 
: le,- c'on- , 
? ilfle et- ■ 
3S (te se 
ti nUen- 
nees (pii 
ries al- - 
s sifpies 
oprcs el 

l;riis ecr- 

)es coiji- 
' vw so'ril^ 
(oil ti(j^s 



t^mvntmiUr. JUt If, 



^•, , «■. -^«M- . 



Cil 



l\' 




Lisez 



ï)IPN0S6rafôTE. s. m. BOISTE . ~ 

Déîpnosophistes^s,^\, V r* 

Lwre grec, etc. .jk>i8te;— - Et que fait là le litre 
cTun livre ^tecl Dèipnosophistes n'est pas plus 
François ^^^fi batrachorr^machie et cinquante 
mots de même espèce quon s'est ohstiné> re- 
cueillir. Lexicq^ çsf un mot grec , mais il a re ^ 
daps notre laoçùe une application oénéirSTï^ U 
/n'en est pas de même de deipnosophistes qui est le 
; titre exclusif d'un ouvrage d'Athénée; c'est faire 
entrer mal à propos la bibliographie dans Ife Die- 
» tionnaife. \ 

DIPTÈRE, adj. gattel. -^ Et substantif mas- 
culin. • 

fi se dit 4es insectes a deux ailes, gattel. - 
Sans étuis , avec un balancier à leur origine. Les 
coléoptères sont des insectes à deux ailes. 

dispensé; JSxs;epté de la règle ordinaire. 
— A ulorisé à quelque chiDser- , . 

■•.■"' ' 

\ Quoi! s'il aiinçU«iHeuri,serois-jc^.ç;,e,„«.e 

- -^»'"vi-e»«8Qnexefrple, nue' ardeur insensée?' ' 

cornkillk.. 

DISSIDENT. Qui n'est pas de la religion do- 
minante. WAiLLT.WUn ^m<<^/itest|)resque tou- 
jmirs de la religion dominante; mais ilest en ï)p. 
position avec quelques idées re^es en matière de ' 
discipline. Si c'est en matière de dogme, jl est 






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hérétique ; .Ui «t tout à fcii «tr.nger k cetterel.- 
«ion, il et infidèle i .'il re.t k toute. Je. religions, 
a e.l déisu i .'il re.t k tpute. le. "<>T«««»« »«» 
philMophe* lui donnent le nom A,^, et le 
vulgaire, le nom de p*»to*op*e- 

DIVtRS. 11 iie signifie p«» seulement d#<S- 
rem.Vi signifie encore ■varié, el le. poète. 1 ont 

employé bien heureusement dan. ce »«»?• Q"»"f 
M. Deiaie ou M. Le Brun en firfut u«»ge , M, Ué- 

ment l'admira comme trouvé, en cette acception, 
n n'avoit pa. lu La Fontaine, quHl a commenté. 

DIVORCE. Rupture de mariage j dissensions 
dans le mariage ou entre les amis.— Ajoute? : 
Dans les nations et parmi les citoyens. 

^ ■ 

Il» ont atttt long-temp» joui de^no» dfiVorcei, 

Voltaire approuve ce mot comme juste el èx- 
cellent- , 

DODELINER, Traiter mollement, wailit.— 
Cest le sens figuré ; le sens propre est : balan- 
cer la tête comme un enfant que l on berce, et il 
; été pris ainsi par Rabelais, ce qui est au reste 
de fijrt pett d'imporunce. Le Dictionnaire des 
■ grands écrivains n'est pas le même «p» celui du 
peuple. 



XV, 



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■le, ■• 



[Ste el 6X' 



DON il^ 

DONNÉES. Ce mot est reçu eh mathéma- 
tiques pour quantités connues. Quel inconvé- 
nient y auroit-il à en autoriser l'emploi dans des 
cas analogues, en métaphysique, en morale, et 
généralement dans Fusage (les sciences ? 

DONT. De u/i<^e ^ quoique les principaux élé- 
ments de cette racine aient disparu dans notre or^ 
.thographe actnelle. Babelais écrit : Je vous re- 
mets à la grande chronicque pantagrueline a 
congnoistre la généalogie etahtîcçuité d'ond nous 
est venu ùargantua. Liv. I, chap. i. Cet ar- 
chaïsme éclaircit très-bien la questioti. 

DOUTE. Son nncienne orthographe * étoit 
double , qui est évidemment fait de duhitatio 
et non de dubium j daiis lequel le t n'entre pas 
en construction .; atissi ce mot a-t-il été long- 
temps féminin. 

Nos '<fou<e« seront éclaircies 

Cest la doute que j'ai qu'un malheureux m'aille 

C'est la dottîe que j'ai que ce dernier effort 

liAI.HKRBE. 



Ces exemples ne sont pas exclusivement pro- 
pres à la langue poétique. Le même auteur écri- 
voit en prose : Je Vai tiré d'ici pour \& doute que 
fdUois que ses parties ne lui eussent tendu quel- 
que piéâe: 



<0. 

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DOIT 



DOUTEUX. On connoU son acception. La 
Fontaine lui en a donné une autre , qui revient 
à timide ou méfiant, (L, II , f. xïv. ) 



Il étoit douteux , inq»iiet. 



•% 



Ce n'est pas une règle ;, mai» c est une exception 
quUl fout recueillir. 

DRAMATIQUE. 5c dit d'un discours trhs- 
éhguent. boiste. - Dans lequel un mouvement 
dramatique est heureusement introduit ce qui 
est extrêmement rare. L'oraison funèbre de Marc 
Aurèle, dans Thomas, est placée dans un cadre 
fort dramatique -, mais un discours n est pas né- 
cessairement dramatique pour être fbrtéloquent . 
ces deux idées n'ont point de rapport. 

DRU. Fort , vigoureux , de ifvi , un chéne-i 
et de la même manier* , robuste, du latm robut. 
Belle chalne.de comparaisons commune, a tous 
les peuples, qui nous ramène a l'msutuuon des 
langues et à l'emploi primiuf des figures. 

DRYOPS. Ôoléoptefe aquatique. »oiste. — 
Coléoptère terrestre et silvain , comme son nom 
l'indique. > 

DUPE, s.f.-'i^ Fonuine l'a fi.it masculin 
p,, une licence qu'il est bon d«. "?»•»" «" 
étrangers, mais qui n'a pas eu d.mtUteurs. 



:^ 



i 



At' 



E 



^ 



E. substantif. 

1** Expression abrégée du mot Éminence. 
2** Expression abrégée du mot Excellence. 
3*» Expression abrégée du mot Est. 
Acceptions omises. ^ 

E muet final. Voltaire prétend qu'il se pro- 
nonce dans la déclamation et dans le chant comme 
la prétendue diphtongue eu , et que l'on dit gloir- 
eu et victoir - eu ^ comme glorieux et victo- 
rieux. Ce éph'il y a de vrai , c'est que \eu est le 
son fort de Te muet , qui n'est pas une voyelle 
bien caractérisée ; de sorte que, quand on est forcé 
de le soutenir, on est^exposé à. parvenir de degré 
en degré au dernier terme de la gradation vocale. 
Mais les déclamateiîrs et les chanteurs, qui se 
sont formés une bonne méthode de prononcia- 
tion, évitent très-bien cet inconvénieni , sur le- 



\ 



7, 



^^0 



ÉBÈ 



<juel Voltaire a eu tort de tromper les étrangers. 
La prononciation cbÀntée ne feroit d^aill^pp ici 
qu'une exception, car elle affectionne essentiel- 
lement les volf elles pleines et emphatiques. 11 ne 
«croit donc pas étonnant qu elle substituât quel- 
quefois au son terne et fugitif de Ve muet des 
sons plus fiiTorables k la mélopée. Si Voltaire 
a voit vécu de notre temps , rien n'auroit empêché 
qu il avançât que Ye muet se confond avec l'o dans 
le chant. Vo est une voyelle d*un degré plus grave 
fet plus ferme que Veu. 

ÉBÈNE. j./.— Voltaire Ta fiiit masculin. 

Je TU Martin Frèrtm, à la iDordre attaché , 
Consumer de les dents fout V^bèoit é>réché. 

-> S'il est vrai que l'Académie ait adopté Torlho- 
graphe de Voltaire , cUe ne peut guère i-cfuser ses 
liccrtces, qui son| généralement plus heureuses. 
Je ne suis pas éloigné de prévoir le cas où le per- 
fectionnement progressif de nos lumières exige- 
rait impérieiisement que le mot e^èwe prît le 
masculin , puisque Voltaire l'a trouvé bon. Il e&t 
vrai que les Latins appeloient rébènè ebenus, et 
c'est ce qui a trompé Voltaire , qui n'a pas remàïv 
que que presque tous le» noïos d'arbres de cette 
terminaison sont féminins, » 

■« * ■■ - - ■ - • - ■ 

ÉCÔtJTOlR. Nom reçu du cornet acoustique , 






m 



lAiHMillta 



/ 



• \ • ECU . .-«51 

omisptrle» Dictionnaires, mais consacré par un 
poète : \ \ 

* Déji pour Moourir «on oreille peu lûre , 
Orgop ver» kû tourne iod écoutoir. 

IUIULI.B.- 

ÉCUMER. De rage, — Et écumer la rage. 

4.U point qu'il ecumà sa rage. 

auLasaii. 

Mail i b fia les fio^ en écumant letu- rage — 

RACAK. 

Le pô qinnd hors de ses bornes 
Il ^ume sa fiireur « 

MATHA&O. 

Ce tour a été poétique : il est devenu populaire ; 
mais il est (rançois. «.^ 

EFFENDI. Homme de loi chez les Turcs.— 
Cest comme si on disoit que signor est le titre 
d'un avocat italien. Effendi est d'ailleurs un mot 
de relation qui ne doit pointj' avoir de place dans 
notre Dictionnaire^ Bon pour le Dictionnaire turc. 

ÉGAYER. Il est difficile de ne pas avoir beau- 
coup d'homonymes dans unç langue ; mais il fout 
y éviter scrupuleusement les homographes, sur- 
tout quand Tétymologie même l'exige. Ainsi Ton 
écrit quelquefois, mais très-mal , égayer du linge. 



* 



152 ÉGO / 

r'est-à-clir« imbiber ou tremper , au lieu d'ai- 
fruayer, qui vient à'm^ua, aigua, ou aiguë* 

ÉGOÏSME, Égoïste. Cc» deux mou ont 
étrangement changé d'acception depuis la con- 
fection de nos Dictionnaire». Végoîsme étoit alors 
U manie de parler exclusivement de soi. (Test un 
défaut ridicule et insupportable , mais qui n*a rien 
d'odieux. Maintenant Yégoisme est le vice d'un 
homme qui rapporte tout k lui-même, c'est-k-dire 
qui est capable de tout ce <jui peut nuire aux au- 
tres , s'il a quelque avantage à en tirer. Dans ce 
nouveau sens yV égoïste est un monstre. 

Comniçnt se fait-il que les anciens n'aient pas 
eu de mot pour rendre cette idée ainsi que nous 
la concevons? C'est le résultat des institutions. 
Liez le bonheur de l'individu à celurde l'espèce , 
et r^g^oÏ5me deviendra une- vertu. 



ÉLISÎON. Dans les vers latins Vélision se fait 
non-seulement sur les voyelles et diphthongites ^ 
mais encore sur la lettre M. gattel. — Vélision 
ne se fait sur la lettre m^ eh latin, que parceque 
la lettre m indique une voyelle , nasale à la vérité , 
mais qui ne s'en élidoit pas moins. Les Latins pro- 
nonçoienl tnoristron horrendon, etc. , et suppri- 
moient la voyelle en versification. L'héinistiche 
connu , le jour est loin encore , leur auroit paru 
le plus barbare dcïs hiatus. 



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ELZ 



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i5.^ 



ELZEVIER , ELZEVIR. //tVre imprimé par 
Elzevir. boiste — U felloit dire par les Elzeuirs, 
car ce livre, fùt-il d'Isaac, de Jean, de Daniel, 
a Abraham ou de Bonaventure, ou de tous ensem- 
ble, n'ei seroit pas moins jin Elzevir. Au x*este , 
les amateurs délivres disent également un La- 
vagma, un Etienne, nn Plantin , un Barbou, un 
Pidv>t, un Bodoniy et cette ellipse ne constitue 
pas Im substatitif. 

On dit aussi un variorum j pour un volume de 
cette collection, et non pas pour la collection 
même, comme définissent Restant et le Diction- 
naire de Trévoux. Dans ce dernier cas, le substan- 
tif est toujours pluriel. 

EMBRASEMENT. Gran^^iVice/ic^ie. ACADÉMIE. 
— ivcEsmz,' Grand embrasement, académie. 

ÉMERVEILLABLE. Qui excite l'admiration. 

Et d'an i&n«/vei7/a&/e change 

Comme ui| objet em«/v«i7/âÂ/e 

XALHCRBE. 

Omis. 



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ENGEIGNER : . 

Tel, conune dit Merlin, ctiida engeigner autrni , 
Qui •ouYent %'engeigne MÏ-méme 



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15i 



ENl 



rai regret que ce n«l loil trop vieux «uipwrd'bui , 
Il m'a toujours V" **'*"** inûrgie extrême. 

ta. yOVTAXlTK. 



D'ingenium ou à'ingannare. Ménage écrit en- 

U verbe sUngénier. f{miiàn rapportavec celui- 
ci, est un néologisme sans autorité , si ce n^st 
celle des lexicographes , qui Font mal k propos 
accueilli. . ^ 

^ ENIVRÉ. Cette eicprcasion c$t trqp usitée 
maintenant. On en a fi^it, paUieulièreiiwstit dans 
la métaphore, un abua qiie l'autprité des livres 
saints ne justifie pas. Je me souviens d'avoir en- 
tendu dire k La Harpe ces vers tirés d'un graftd 
poème sur la révolatio^ de France , qu'il a eu le 
bouheur de ne pas achever : v 

Tout ce pdkide etOvré du tin de m* ctilère 
*» Vaparier aux huttiainiuiiel«ng«»e-*trtBgàce, 

tJn langage iuouï créé pour tesiorfaiti, 
. Et le monde verra pe qu'il ne vit janiailt 

' ' Cétoit )k un langage inouï, et des vers comme 
le monde n'en avoit jamais entendu. 

ENLIZ.ÊR. Mot d'un usage heureusement rare, 
car il exprime un accident phénomène dont on 
cite peud'exemples. Il y a sur les côtes de l'Océan 



de certaines grèves mobiles qui, k la retraite 



i ^. _ 



ENR 



^ 



155 



des marées, présentent an voyageui- une appa> 
rence trompeuse de solidité. Si son pied s'engage 
dans le sable sur lequel il croyoit pouvoir s'ap- 
puyer, et qu'aucun secours immédiat ne le déli- 
vre, il est perdu k jamais. Tous ses efibrts^pour se 
défendre de la voracité de l'abyme ne font que hâ- 
ter sa perte. U descend irrésistiblement jusqu'à ce 
qu'il soit englouti. C'est ce qu'on appelle /e^lizer, 
du moins sur les, côtes du Mont-Saint-Michel , çh 
quelques événements de ce genre ont laissé de 
cruels souvenirs. Ce (enre de catastrophe n'est 
pas non plus inconnu on Ecosse , puisque SJ Wal- 
ter Scottf'en est servipour le dénouement de la 
Fiancée de Lamn^rrhoor; c'est ce qui mSiyoit 
porté à chercher l'étymologiedeL ce mot éulizer 
dans l'anglois leashi lien, attache^ ou dans leasing j 
mensonges , expressions qui seraient également 
propres à exprimer figurément cette horrible dé- 
ception de la nature, et la manière dont elle sai-^ 
sit s<^ victimes. U n'y auroit rien d'extraordinaire 
d'ailleurs k trouver des mots d'origine angl(|ise au 
Mont-Saint-Michel ; mais depuis, le boiirgijigaon 
lizeu^ glisspire, m'est revenu en mémoire ,1 et j'ai 
pensé que dupatois lizer, avec unelprépôsition très- 
bien appropriée au sens-, on avoitdù faire le verbe 
enlizery glisser ç^. Lj^zer n'est lui-même que glà-^ 
ser^ moins son initiale, reU'apchée par apocope. 

ENRAGER. P^effpe neutre, académie. — Oui, 
dans cette accepti^y^ejira^e, qut^t très figurée; 



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156 -^ ENT 

mai«nond.ns cell^ : je.ai.e»r««rf, ou .tteint de 

la rag«, qui n'est jamaU que p-ww- ; / 

ENTMTRÉNDÎIE. Peut-on l'empïo'fer mm 
régime, comme CorneiOe l'a «ùt iumCfnaî 



«te.» 



Si évA kl libert* qui wu» fiil <J'*<r^« 

* - • 

el dàii» Héraclius : x ^ ^ / 

' . ' • - , ■ '//■ 

El k«q»ie contre vou. H W>>il #i«r«f ~»**. •««' 

11 a usé de la méunc lûérié pour le irèfbé f?r<?- 
tt^ndre, cjui n^ la penwîtpw a-arwiUp, vers. 5o, 
se. 11. act. 1. de la^<sniîèrc de ces tr^eféaies : 

■ - ' ' ' : 

MaU connoiî PuIcMrie et cessait préundre, 

ÉPHOBJES. 5 m pi. »oi8Tjt. — . Lise» ^f^Aorê. 

'' 'jugtè. à Sparte, qui téLimoieiiiray^té 
rajafe. BOisTE.^Iise*, ^ contehoient. Onnp 
réprime pas une autorité légitime. 

ÉPICURIEN. On sait quelle acception est 
donnée à ce mot duns le commun usage ; ibais on 
ne sauroit excuser les gens d'esprit qui euperpé- 
tiientrerreur en remployant comme le vulgaire. 
Un épicurien, dans Tacccption ius^ du terme, 
seroit un vériuble sage, et non pas un homme 
abandonné a toutes les voluRtés. 

Le nom de, machiayéUsU -0 encore plus im^ 



,^ propre 
ment c 
donne] 

ÈPI 
-Cei 
logies 

Mal 
quoip 
des c0 
demes 
des am 
ni sain 
se coni 

ÉPI 

mier q 
coméd: 
^MC^p 
compo 
possîb] 
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seroit ^ 
cas du 




Un< 
ne &ut 
précis. 

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f ■ -Épi ^57 

^^ proprement i^liqué. Le fnâeAi<mi^/i>me propre- 
ment dit est H^plus sanglante des ironies. Il faut 
donner un aatf« nom a celui des tyrans. 

ÈPILEPSIE. Mal caduc / haut-maL bois:^e. 
— Cest expliquer un mot exact par deux batto- 
logies popidaires. % 

Mal de saint, mal Saint-Jean, boiste. — Pour^ 
quoi pas mal héroïque, mal d'IQEercule, maladie 
des cotnices? Singulier rapprochement des mo- 
' demeis qui ont appelé ce mal le mal de saint y et 
des anciens qui Font appelé le mal sacré. Il n*est 
ni saint nîsacrd, mais il est ettraordinaire, et cela 
se confond souvent. ^^ . 

ÉPISODIQUE^e petit Poinsinet est Ir pre- 
mier qui ait attaché cet attribut au titre d'une 
comédie. Une comédie ne peut pas être épisodi- 
yue^ puisqu'on entend par épisodiifue une petite 
composition intercalée dans une grajide. S'il étoit 
possible que le plan d'une comédie admit en lui^ 
une autre comédie de très-peu d'étendue, celle-ci 
séroit vraiment épisodigue; mais ce h'étoit pas re 
cas du Cercle. 

't^fOSÈ. Qui a (épousé un homme, boiste. ' — 
Un^religièuse étoit l'épouse de Jésus-Christ. Il 
ne Ësut pas dispt||ér sur les mots', mais il faut être 
précis. 

ÉQUANIMITÉ.. ÉTÎtons le néologisme su- 



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perfluT^m»» ne rebutons pa.celai qui noii» enri- 
chit Non. avons magnanimité, jnisdlammaé, et 
rakm^ langanimtté, car je le tronwd.» <!«.*«>"- 
vain» qui ont le privilège tf écrire hardiment 
comme ils «enunt, «.iii crainte d'être' soulignés 
par le» ioui^naux. Pourquoi ne pas admettre ce 
beau mot Xéq^animité.<i4 • été eknployé par 
Sully ? TÔut-à-feit semblable aux autre» four la 
construction , il représente une nuance de pensée 
très-belï» et très-importante , que «on» ne pou- 
vons exprimer san» de froide» périphra»é». 

ÉQUIDIQUE. Ters dé inembreà égaux dont le 
. sens contraste, earcmpfc: % 



El par,droit de conquête, rt p«r droilde ntittance. 
A%a Ugustr^ cakunt, vJdcima mgra legu/Uu 



tur. 



Le vers équidique est devenu tro]^ coimnun 
chez ûos poètes , mais il n'est pas nommé dans nos^ 
Dictionnaires. '^ 

ÉRATÉ. Fin, rusé, waillt. —On appelle dé- 
Iraté, un homme agile à la coi^e, et, figurément, 
un Jhomme difficile a attraper. 

jÉrat^ est un barbarisme . 4 

ERMAIIXl. Fabricant de fromage de Grufe- 
re 11 fout peut-être écrira armailli , comme on 
le prononce en Suisse, A' armentàrius . uri bon- 



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I 

ERR ^59 

vier. Dàiis !a chanson dix Rans^es-vaches , Ynr- 
maiili^*eBi pas le chef de la fromagerie, ou, pour 
mieux dire, de \sk fruitière _, qui est le mot .con- 
sacré, mais otiblié comme l!ant d^àutres. C*est le 
pâtre qui conduit les troupeaux-/ 

\he» armatWs des Golombette»- 
«e bon matin «e sont levés. • ^ fj/ 

ê M ' 

ERRATA. Un auteur, qui n*àvoit trouvé 
qu^nne foute dans son livre > étoit fërt^^embarrassé 
de savoir s'il devoit écrire erratum ou errata. Mé- , 
nage pri t rengagement d'en trouver une autre . 

Ménage c0ttpoit le noeud gordien ; M. Roiste le 
dénoue : il veut qu'on écrive erratum ptnir une 
seule foute. Je wé sais pas s'il «et'oit vrai , et Dieu 
me garde de le savoir , qu* Armide ou Renaud fut 
le meilleur opus de tou% nos opéra ; mais je sais 
que cela seroît barbare. Vous définissez vous- 
même errata^ Substantif masculin , sans ajouter ^ 
qu'il n'a point de singulier; il peut donc s'em- 
ployer dans ce nombre. 1 ^ 

ERRE. iD' e/rare. Ce substantif^ n'est presque 
jamais employé qu'au pluriel , et le plus souvent 
dans cette manièreude parler, que la plupart des 
^ Dictionnaires ne^ donnent pas : reprends ses 
er^s ; figure très-juste et ' très - heureuse pour 
exprimer Faction d'un/ homme qui cherche le 
point dWtil a comméii^cé à s'égarer , en repassant 



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460 ' "- E^^ 

dans le« lieux quUl a successivement parcourus 

depuis qu'il s'égare. 

ÉRUDIT. Éxpreission utile , agréable , long- 
temps repoJssée , mais enfin admise dans Tusage 
universel. On la doit k l'abbé de Pons. 

ÉRYTHROCÉPHALE. s, ^m. Insecte. TaÉ- 
voux — Il n'y a point d'insecte qui s'appelle . 
Rénériquement éfjthrocépkale . maîà on p^ut 
appeler ainsi tôuai ceux ^i ont la tAte rousse, 
/yprs ce substantif devicnt^djectif; cet adjec^ 
afcomposé en am<?neroit milfe autres, et il n y 
en a pas, un d'utile dans le Dictionnaire de la 

'langue. \ ' - 1 

/ ' - ' ' • 

ESÇaRBOT. Ce mot^ corrompu de scara^ 
bœus, reste dani^ la langue avec le sens vag u et 
«énéral d'insecte H étuis ; il en est de^méme de^ 
. scarahée. Ces emplois sont abusifs : il fout es ré- 
gulariser , les simplifier. Le mot scarabée, le mot 
escarbot. désignent un genre et non une espèce. 
L^ définition trop cxtensive de quelques Dictipn- 
naires, et trop exclusive de quelques autres, est 
donc à réformer. • - 

l^paroît qixeYesca^ot de Là Fontaine est le 
' cerf.volUt..Son trou est toutefois Wen petit pour 

un lapin. • • * j 

M. Bbistç rend esearbot par fouilleMbaerde , 
scarabée piUulairç, et scarabée onctueux. X>der- 



mer est 
nommé 



ESCA 

foncé. — 

lapidaire 

aux amp 

siècles ir 

beau diai 

hrilloit p 

Mes guiwr 

un diam<' 

comme c( 

pourri. V 

■ Pégu resf 

point que 

l'éclal dâi 

dire à Fui 

Kurelière 

-ESCAR 
n'y a poin 
cons, et 
aquafique 

ESPAR 

Foin est le 
V t;sparcett 

KSPÀT 

Lisez spati 




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jour 

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1er* 



ESC . '^ Kîl 

nier est tin méloé ou jyroscaraf>ée qu'on n'a j^in;iis 
nommé, escarbot. . - 



S. 



ESCARBOirCLE. Espèce de rubis d'un rou^c. 
foncé. — Je ne sais si celte définit ion convoient aux 
lapi/iaires*, mais elle ne prfroîtra pas suffisant^/ 
aux amateurs de la féerie et dii merveilleux de<> 
siècles intermédiaires. Une escarboucle éAo\i un 
beau diamant, lumineux comme Je solrij , et qui 
hrilloit pendant la nuir>u^ront des dragons ^l 
%Jes cuivres. Boyle rapporte que M. «Glayton avoir 
un diamant qui jctoit de nuit uhe lumière pale 
comme celle que donnent les lampyres, et le bois 
pourri. Vartoman dit bien plus ; il a vu le roi de 
Pégu resplendissant de pierres i4e ce-genre," \\ tel 
point que les yeux avoicnt peiiie à eu supporter 
l'éclat dans la nuit la plus obscure ; ( e qui (ait 
dire à Furetière : «Vartoman ment puanr^ment. » 
Furetière n'est pas poli. 

•ESCARGOT. Limaçon terrestre, boiste. — Il 
n'y a point de vers testacés qu'où noniuie lima- 
çons, et le limaçon, proprement iht n'est pas 
aquatique.. 

ESPARÇETTE. ^i/^èce de foin, boiste. - 
Foin est le nom générique de;^ graminées sèches ^ 

V esparcctte est ur]ie (espèce de sainfoin. 

♦ , f • 

ESPATUT^E. GATTEr. - Barbarisme du Midi 
Lisez spatule. 



V 



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(» >' 




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Q 



^^2 tSP 

ESPÈCE. Pour hitliquer un homme de ba,s 
t^uge, c'est un néologisme insolent et ridicule, 
Celte infâme acception a l'autorité de Duclos, et 
même celle de J.J. Rousseau, tant le génie a pris 
plaisir à s'avilir pour complaire a la vanité. 

ESPRIT. Ce mot a fourni des volumes. Il ne 
doit prendre que peu de lignes au lexicographe. 
Je m'arrête à une seule de ses acceptions. D'Alem- 
bert définit V esprit systématique, art de réduire 
les principes d'une science a un petit nombre : il se 
trompe ; c'est l'esprit de méthode dont il parle, e! 
l'esprit systématique ftiit souvent tout le contrair^ 

ESQUICHER. Esquwer le coup, académie. — 
Dans la seule langue où ce mot soit admis, dans 
celle du jeu , ce n est pas esquiver le coup , c'est 
s'y exposer , en se dégarnissant des cartes foibles , 
à être ce qu'on appelle gorgé, autre terme d'ar- 
got fort connu ^des oisifs de province, et -fort 
ignoré des Dictionnaires. 

« 

ESSUYER. 

* On craint qii'il lietsuytU les larmesjle sa mère. 

' . MTDROMAQUK. 



\ \ 



"Racme.pouvoit dire : 

Mais qu'il n'essaie un jour les larnies de »« mère. 



•"mmftmmmmm 



EST 163 

A^u rcbtC , ce prétendu «olécisme se trouve 
exact à l'analyse. 

ESTAMPER UN NÈGRE. Le marquer avec 
un fer chaud y etc. gattel. — Les Nègres ne 
sont pas les seuls animaux sujets à cette opé- 
ration ; elle se pratique aussi sur les chevaux. Il 
n'y a pas de mal, au reste, à laisser de pareils 
mots et de pareilles définitions dans les Diction- 
naires : la postérité s'en servira pour estamper 
d'une empreinte brûlante les tyrans et les bour- 
reaux. 

< 

ESTOMPER. Dessiner avec des couleurs en 
poudre. Estamper j suivant l'Encyclopédie es- 
tomher ou estouper^et suivant un usage commun 
estromber, ce n'est pas proprement dessiner avec 
des couleurs en poudre , c'est frotter le crayon 
qi/on a mis .sur son dessin avec de petits rouleaux 
de papier barbus parle bout , ou avec du chamois 
roulé sur un petit bâton^en forme de pinceau . Cet 
instrument s'appelle estompe y^y il n'est pas connu 
de l'Académie françoise , qui ne pensoit guère ii 
consulter l'Académie de peinture sur son Diction- 
naire. ' 

Gomme il arrive quelquefois qu'un frotte- 
ment accidentel étend les traits du crayon, il y 
a une iifùaiicVd'expression pour distinguer cette 
défectuosité de V estompe par procédé, Un dessin 
à X estompe ^%\ celui qui est sorti ainsi des mains 



ç? 



164 KST 

(le l'art isie. Un des«in estompé est celui dont le» 
trait» n ont été étendus et les hachurée confon- 
dues que par le hasard. 

"y ' - 
ESTRADE. Battre Vestrade, ta stradaj du 

latin strata, sub^Untif peu connu, qui se disoit 
pour pavé. On le lit dans Eutrope. Nous disons 
communément battre le pav^é. 

Quant ^estrade, de strada , pest du françois ^^ 
feit par un Italien ou par un Gascon , et qui n» 
vaut pas mieux, étymologiquement, ç[\i esquelette 

et espatule. 

ÉTAPE. Du latin stapia^ un étrier. E stapid 
Je^cen^ere. On a long- temps écrit e5fa;?e. 

On dit encore indifféremment , le vin de \ étape 
t)u le vin de Fe^n'er. 

On en a fait estafier, c'est-à-dire un homme 
qui court XestafeUe, qui va à^ étape en étape. Les 
Dictionnaires connoissent les extensions de ce 
terme et oublient sa première acception. 

ÉTAT {faire), /e fois beaucoup «i'état de 
monsieur votre frère. Je fois état qu'il y a plus 
de cent mille âmes à Lyon, gattél. ^ Dans la 
première de ces phrases d'exemple , Je fais état 
est un archaïsme qui ne parolt pas fort important 
k renouveler. Dans la seconde , c'est une locution 
barbare et inadmissible. 

ÉTERNEL. Qui n'a jamais eu de commen- 



^ 



ETO 165 

cernent et qui naura point de fin : en ce sens , 
il ne peut se dire que de Dieu, gattel. — Per- 
sonne ne doute qu'il ne se puisse dire du temps, 
témoin le suhstanûÇ éternité j qui est tout-à-fait 
orthodoxe. " ' • ^ 

ETOPEE^ Peinture des mœurs , des passions, 
du caractère. M. Boiste donne à ce mot le signe 
de première publication : cela est vrai ; mais cela 
n'est vrai qu'autant qu'il l'écrit ainsi. Il a mis plus 
haut éthopée; qui en est la juste orthographe. 

ETREClTl. Cette orthographe est un des mo- 
numents de la barbare prononciation que les Ita- 
liens introduisirent sous lés M^dicis. On pronon- 
coit alors étret, étrette : 

Et sans les portes étrcttes 

De leurs habitations ' 

Là FOITTAIHK. 

De là e'frç'cir pour étroicir, qui est l'orthographe 
naturelle du verbe. 

ÉTUDE, s. f. Étude, qui vient de studium , 
devoit être masculin. Il l'étoit encore du temps 
de Malherbe, qui a dit : 



Dont le vain étude s'applique, etc. 

c 

Depuis, il a suivi la marche naturelle de notre 
l;îngue, qui a modifié les genres d'une manière 



» . 



J 



t « 



/ ^66 EVE ^ 

plus systématique quoD ne le pense ordinaire- 
ment, en raison de la terminai^n des mots. Les 
mots de celte désinewee, qui viennent pres<(ue 
tous des substantife latins en udo, sont presque ' 
tous féminins, comme eux. Cette hypothèse, a 
laquelle je ne vois pas d'exception, pourroit au 
besoin être convertie en règle , et peut-être l'a- 
t-elle été sans que je le sache. 

EVE. Cestlenom ddla première femme , nom n^ 
qui signifie bonne ou agréable , dans les langues 
typiques de l'Orient , et qui étoit passé en ce sens 
dans le grec. Il est homonyme d'un impératif de la 
langue celtique , celui du verbe boire. Ce rappro- 
chement a suggéré à un savant Bas-Breton l'idée 
la plus ridicule qui soit jamais entrée dans la tête . 
d'un étymologiste de profession, et c'est beau- 
coup dire. 11 présume qu'Adam et Eve parloicnt 
sa langue dans le Paradis terrestre , et que le nom 
d'Adam fut formé du cri qu'il poussa en avalant 
la pomme, dont le peuple croit partout qu'il lui 
resta «n morceau à la gorge : a tam ! quel mor- 
ceau l comme celui à' Eve, de la réponse qu'elle 
lui fitj^t qui est ordinaire en pareil cas : ew. 
bois. On voit que les sciences les plus arides ont 
bien lebr côté plaisant. 

EXEMPLE. On demandës'il faut dire de ^e//5^5 
exemples d'écriture , les saintes Hymnes de l'E- 
glise? L'usage a consacré ces exceptions ; mais il 



J 



y a plusieur* sortes d'usages, celui cjui crée les 
langues, et celui qui les déuaturc. Uiie fx)is que le 
genre d*uo mot est établi , tout usage qui contre- 
vient à cette règle est vicieux ;.et il est ridicule de 
réformer un principe sur la foi d'un maître d'é- 
cole ou d'un sacristain qui ne saU p«s le Fran- 
çois. ' 

EXORABLE. Qui peut être fléchi, qui peui 
être appaisé. 

Ne désespérez |)oint! Les dieux plus pitoyables 
A nos justes clameurs se rendront cxorables..^.. 



Rendei-ia, cooune vous, à mes vœux exorablc 

Repousserons-nous un mot nécessaire, élégant, 
harmonieux ^ qui a été employé par Corneille et 
recommandé par Voltaire ? 

Que dira l'étranger qui , après ïvoir admiré une 
belle expression dans vos classiques , la cherchera 
inutilement dans vos Dictionnaires ? 

Omis. 



r> 



EXPIRE.. Racine dit très -incorrectement : h' 
hérosex^ire^ quoique e.r^/re puisse se dire figuré- 
meut d'une époque, d'Un délai , d'un terme, >ans 
aucun auxiliaire. 

Expirer nC's'enteiid ^u sens j^ropre quc'de Tac- 
lion de rendre le dernier soupir, et le particpe 
ne peut être François en ç,r sens. 



s- ^ 



t 



\M ■- • EXP. 

Ce parlicipe «st .levenu un subsunlif dans !«■ 

iarpon des marchands, qui est encore plus détesla- 

1,1c que celui des avocats. On écrit fort élégam- 
. ment dans ce style , X expiré pour le pio.s expire, 

et l'on ue se doute pas que ce barbarisme est une 
» figure, une ellipse. * ' ^ 

% '■' 

•EXPLICABLE. Voici un étrange mol. On dit 
fort correctement: Cela n est pas explicable et 
on né peut dire : Cela^st explicable, s il en fout 
croire les grammairiens. Qui nous expliquerale 
motif de cette règle étrange? Elle est hors d ana- 
logie avec tous les principes de la langue. 

EXPLORER . Ce mot est fort viçux , mais fort 
nécesseiré dans l'usage des sciences, où il com- 
mence a se multiplier. On ne peut se dispenser de 
lui donner place parmi tant d'autres, mots dont les 
sciences ont enrichi la lexicographie, 

EXPROPRIER. Ce mot et toute sa famille np- 

^ partiennent aujourd'hui au Dictionnaire de la lan- 

,;ue Françoise, puisqu'ils sont consignés dans le 

livre de ses lois. • j i 

La pureté du style est essentielle aussi dans le 
texte des lois, car sans pureté il n'y a point dr 
clarté ; et l'expression de la loi est vicieuse si elle 
n'est claire. Croyons que les jurisconsultes à yenn 
s'en tiendront aux expressions consacrées par les 
lois, au moins dans les cas prévu8^, et qu'on pourra 
enfin parler Irançois en jifetice. 



\ir 



EXT 



l(i«) 



"EXTERMINER. Ce mot contenant implicite- 
nie\ l'idée de chasser hors de toute limite, com- 
me ^ montre son étymologie , il semble qu'il ne 
doit tre employé qu'absolument, et qu'il est iii- 
conveantde lui foire gouverner la préposition de. 
Vohai™ a donc commis une battolof^ie daijs ce 
vers : 



f 



f^'rminez , grand Dieu , de la terre où nous somiues , etc. 

Ou not: sommes en est une autre. ïl est mal- 
heureux, lit Chamfort, que le mot hommes ne 
puisse jamis se trouver à la fin d'un vers, sans 
que cette pK-ase parasite ou nous sommes se pré- 
sente au bon de l'autre. Il vaudroit mieux ne ja- 
mais placer l» premier de ces mots n la rime. 

EXTRA-S:CULAIRÉ. Qui a vécu p tus d'un 
siècle. — Il ntfalloitpas recueillir ce baubarismo 
absurde de Lii^uet. Extra- séculaire si(^nificroit 
tant au plus iO/^5 r/w ^/èr/e^ et non pas,r/w? a 
vécu plus dm siècle , ce qu'oii rend roi f assez 
mal , mais be«'\icoup mieux , |>ar ultra-séculaire , 
que je me fjard' bien de recommander à personne. 

EXTRAV A ;ANTES. Constitutions des papes 
ajoutées au drot canon, et c'est pour celnqu on 
les appelle extn^agantes , on errantes en dehors 
mais ce mot ultiamontain n'est IVancois qu'en bi- 
bliographie canoiique. 



*^ 



V 



170 EXT 

EXTRAYEUR. Faiseur (t extraits de, Iwfs. 
— Cette mauvaise expression a l'autorité de M <le 
Palmy , très -habile extracteur ou abstfactef de 
livres, et qui sentendoit ibrt bien à«n tiif" la 
tjuinte-^ssence. Il auroit dû s'en tenir au- nkots 
de Rabelais. 



rx 



F. substantif. 
V Caractère de musique qui indique le/a* 
2» Nom de la plus basse des trois clefe. 
3'* Signe de force au-dessus ou au-dessous d'une 

des lignes de la portée. 
4o Doublé, en caractères majuscules, il indique 

une force beaucoup plus considérable. 
5" Doublé, en caractères ordinaires, mais unis ou 

identifiés {ff), il désigne les Pandectes. 
6° Il est aussi l'expression abrégée du mot frère, eu 

parlant d*un moine. 

Acceptions omises. 

Y SMA^V^. Fabuliste, wailly. — Rendre /^z- 
blier p&r fabuliste c'est détruire tout le cbarmc 
de cette délicieuse expression faite pour La Fon- 
taine , et qui n est applicable qu'à La Fontaine. 
Un fabuliste hit des fables ; Xefablieren produit, 
comme sans le savoir. Les fables des imitateurs de 



• U' 



'h 



^' 



«72 FAC 

La J^ontaine sont à ses ouvrages ce que le stras 
. est jaiix pierres précieuses. % ^ 

FACTURE. Les lexicographes qui définissent 
facture, façon défaire ne doivent pas se croire 

, incomplets' en définition, Cela feit deux battolo^ 
"■ fjie«i sur une, et il y a superfluité. 

FAINE. Hefagina, féminin àe faginus ^ tie 
qui appartient au hêtre. 

Il est doutetrx que les hommes aient jamais vécu 

de gland , et même qu'ils aient jamais pu en vivre. 

-On concevrait plus (acilement qu'ils se fussent 

nourris du frujt du hêtre, qui est beaucoup plus 

agréable et qui n'est pas moins commun. 

Les Grecs ont appelé le hêtre <^(iyoi, et $ayo) 
l'action de manger. Cette conformité de racines 
semble appuyer mon hypothèse. 

Si cette étymologie étoii vraie, elle remonte- 
roit certainement à la Xsnffae primitive. Je ne la 
donne pas pour bonne, jv-a\s elle vaut bien le 
/iexxoç, qui fit tant d'houneui aux Phrygiens avant 
d'éfre restitué aux chèvres. 

FAINGALE ou FRI^GALE. Mpt usité en 
différents lieux pour exprimer une idée qui n'a, je 
crois, point de signe reçu dans fa K-in^; ne. C'est 
ainsi qu'on appelle une feim subke^^el inopinée 
qui saisit plus particulièrement les enfants et les 
temmes, hors de l'heure accoutumée des rq)as^ ei 



k 



' ^■ 



FAI 17^ 

qui est quelquefbi» Suivie de défeillauce quand un 
ne trouve pas moyen d'y remédier à l'instant. 
L'étymologie de ce terme est assez difficile h 
trouver. Il fout peut - être la chercher dans celle 
vieille expression employée par BaïF, feuillet -2-4 
des Mimes et Enseigneihents. 

Tout l'été chante'la cigale : 
Et Thiver die eust la faim Taie. 

Vale est ici adverbe, et vient de valdc; ou adjectif, 
et vientde'va/e/15 ou de valida. M. Solvet, qui ne 
l'a point entendu, écrit la faim rdle, mais c'est 
contre l'autorité de l'excellente édition (|e i58i , 
qui a ^té faite sous les yeux de Baïf. 

La substitution Ju g au v, et la syncope des 
deux mots dans /ai/igta/ê /sont des particularités 
si communes en lexicologie qu'il seroit même 
superflu d'en rapporter des exemples. ^ 

FAIRE. Ce mot est à\{iic\\e ïiàé^mv- exacte- 
ment et complètement; mais c'est j>ortcr l'exact i- 
tude trop loin que de l'expliquer, comme M. Boiste, 
par près de quatre-vingts infinitif^. Une énoncia- 
tion très-simple, et par conséquent très-cjaire, en 
peut tenir lieu. Dites par exemple : 

Exécuter un ouvrage ou une action dont f es- 
pèce est déterminée par les mots complétifs . 

Dites mieux encore, ce qui n' st pas difficile 5 
mais surtout ne dites pas tant, car l'abondance 
des mots.nuît nécessairement à la clarté. 



»* 



•A 



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i74 FAL 

Que pensera Tétranger qui sera renvoyé, poUr 
une seule définition , à cent définitions incohé- 
rentes, et qui Ips recueillera toutes sans pouvoir 
les rapporter à une définition commtïn'e , qui est. 
précisément hkseule qu'il cherche? 




* 



/" 



FALBALA. On attribue à ce mot une singu- 
lière étymologie, qu'il fout recueillir pour éviter 
des tortures aux Ménages h venir. Un prince , 
étonné de l'assurance avec laquelle une mâr- 
Aîhande de modes se flattpit d'avoir dans son ma- 
gasin tout ce qui- peut sçrvir à la parure des 
femmes ^ s'avisa de lui demaudjer des falbalas , 
mariant au hasard les premières syllabes qui se, 
présentèrent a son esprit. On lui apporta sans 
hésiter cette espèce d'ornement qui en a conservé 
le nom. 



0>\ 



FALLACIEUX. Ce bel adjectif n'a pour lai 
que trois autorités,-celle8 de Corneille, de Bossuet 
et de Voltaire. Il n'a pas celle des anciens Diction- 
naires de l'Académie. 

Il se Ht déjà dans Marot : 

Je pense en tous et aujialiacieux 

Enfant Amour , qui par trop sottemenfiÈM' 

A .fnft mon cueur aimer ai hautement. . 



^__. FANFARES. Puisque les lexioogfraphcs citent 
f( ^rer pour se panadery d'après râuloisilé de 



/\ 






\ 



( 



FAN 



Rabelais, ils dévoient rapporter/aw/are5 ^oxxvfan- 
/aronnadesiqui est encore ^luscommun, et qui se 
Jitàans le vieux Dictionnaire de Nicod|^ Ae&tef 
•^ 4'un et l'aufre sont maintenant des antiquîté^ dé 
la langue, etne conviennent plus qu'à un diction- 
naire arch^ïtjuedont rutilité se feit sentir tous lès 
JQÛrs. 

. FANTÔCCINI, Jeu: thédtfâl exécuté pif des 
marionnettes. Boiste.— Lisez : marionnettes qui 
exécutent un jeu théâtral. ' , - ^ 

Fantocciniest un noni honorifique des marion- 
nettes. Il est préSqiie du temps on les baladin;» se 
sont nommés artistes. Il n'y a^ieri qui enricJiisse 
autant les langues que la vanité, et Brioché a la 

sienne. ' *^~^ 

s ■ • ■ ■■ .- 

FAQUIN. L'auteur du rare Dictionnaire éty^ 
md/o^i^ue ^ imprima à Genève en ië()6* , petit 
in-i2, dit que çé mot v^ent^dù çvec fcffjuinos, 
ce qui est^ venu d'une lentille, fort^petit et vil lé- 
gume; car fiiquin eit un homme de peu. Je ne 
connois pas le gvecfafmhos, mais je suis per- 
suadé qué'/a^u«/i vient du.latin/ojcw, du franr 
çoisfaix, de^ritalien/ôjcio. En Italien , facchino 
signifie ;;.orrç-/aix, et par extension un homme 
de peu, commfc. chez nous. '^^ . , _^. 

FASCICULE. Ce qu'on peut porter d'herbr 
sous un l>ras. Et beaucoup plu» ^ommunénienl 



& 



^<f\ 



f 



'H-i' '^ 



K 



^ 



/ 



,y , 



j,Tt; - ' F AS ■ ^- .. 

une éli^cubrairon scientifique de peu d'étendue , 
qui pa'roU périodiquement. ^%% \ 

* Quelques Dictionnaires donnent ce mot , dans 
sa preiriière iacception , pour un terme de niéde- 
ciiné. Ce seroit tout'a^i plus un terme d'herlDoriste. 

FASCINATION. ÛharSie qui fascine lef 
» yeux ; qui empécfw de voir lapré^lité. Cc^it 
.aussi l'action de certains animaux ^sur d'autres, 
Comme du' chien sur la perdrix , du ^ tigre 
sur sa proie ^ et du serp^t sur les piseaux , 
, si toutefois lès oiseaiix sont fascinés par les ser- 
pents, ce qui est possible. .' ^ J, 

' « . " '*V ' "^ . , ■ *^ ■; ■■ 

*■ * . ■ • 

FAUCHETyi. L'Académie écrit jQïMc/ieux^ qui 
est patois, et définit left^ufh^lixune espèce d'a- 
raifjnée. Cest un insecte qui a fort*peu de rapports ^ 
avec raraijrnée , et qu'on nomme/aueAeM/;à cauîrc 
de ses longues pattes et de son allure.^^ 

FF.MM^E. Dliomo, hojnina, \m'isfçmina , par^ 
4a substitut^ion de la sifflante. On ti'ouve encore 
/ô^^mma dan^ les manuscrits. 

Je. me' rencontre dans cette? observation avec 
Courtde Gébelin, et^. ne l'en consigne pas moins 
dans mes notes, parce que* cHle coïncidence 
me semble ajouter 'h la probabilité de l'hypo- 
thèse. ■ 



î'^- 



'¥■■ 



\\ 



FKRKIFICA riOIN. Changement enfer, tri^. 



-/ 



idue , 

%*; ^ 
, dans 
iiéde- 
►ristp. 



» scr- 

e d'a- 
pports 
cau5re 

* par, 
ncoie 

avec 
rioins 
lence 
lypo- 



ï'^' 



4- 



N 



\. 



^ M7 



coFps ne p|uf s<' 



- f:er 

VOUX , GATTEL , BCHSTE.. — '■ K'ul 

changer en fey. I>ans le cas contraire, il^î 
droit désespérer* de rien pour les.alchimisies. 

\ _ - ; ^ ; ^ ■ ■. . 

' FERTILE, ^n i^lé, en vin , çj^xpédients , en 
intentions. — Pris de mauvaise part, et avec' la 
préposition de^ 

On tient que ce plaisir est /êrr//e f/e ;3e/>/<',v. 

^ ■ ' .' MALHERBE. 

V ' ''V ■■.■■•'■ 

FERVEUR; Ardeur , zèle , sentiment vif et 

c^fectueux' avec lequel on se porte aux choses de 

piéïé, de charité .etc.— A l'amitié, h ramoiir , a 

tons les sentiments. 

Entre tous ces rivaux dont la jeuncy?>veur 



^dgre votre fille. 



CORIftILLE. 



L'AQti^^ie a d'écidé , dans ses Remarques sur 
le Çid , quej'crueurue pouvoit s'em,pli>yer que 
dans le langage de la dévotion. Cette définition 
consacrée a passé dans tonales Dictionnaires •/ 
mais l'usage, qui les consulte peu , a beaïPcoup 
étendu l'acception de ce mot éïégalit et utile; et 
c'est ce qu'il fiiut dire quand l'occasion s'en pré- 
sente, car les Dictionnaires so;U l'expression ei 
non la règle de riisa(îe. * 

FIXER. Pour regarde ry/j-emen^. Employé en 
ce sens par J. J. Rousseau , Diderot , Délille , Au- 



\ , 



^■ 



X 



» 



178 FLA 

quetil , Rivarol , Thiébault, madame de Genlis , et 
cent autres. M. de Chateaubriand le copdamne ; 
mais il en usé , et fait bien. 

Je ne cite point ici M. Delille pour les deux vers 
rapportés par M. Carpentier dans son excellent 
Gradus friincois : 

Ah ! quand pourra ton fils te presser sur son sein , 
Mes yeaxjixer tes yeux , bm main serrer U main!.... 

Ici le mai fixer peut être pris dans un sens 
tcès-correct , pour attacher tes yeux sur lesmiens ; 
et cette acception , qui Temporte de beàucoap en 
énergie sur Tautre, est cerUinemènt celle du 
poète. 

FLABELLÉ. Ce mot n'a été recueilli par au- 
cun lexicographe. Il est très- usité en botanique, 
et surtout en entomologie, pour indiquer des 
dentelures profondes et légères, qui donnent au 
limbe d'une pétale ou au profil d'une antenne l'ap- 
parence d'un panache. II n'a point d'équivalent. 

/FLATTER, v. actif. II a été subsUntif, et il est 
peut-^tre susceptible de l'être encore, comme la 
plupart des infinitifs. L'infinitif est le substantif 
du verbe. 



Les Muses hautaines et braves 
Tieanent \e flatter odieux. 

■ALaiABK. 



FLO ■* ^79 

On ne citeroit guère d'exemples à Tappui de 
cette expression. On en citeroit bien mpins en- 
core à l'appui de cette idée. 

FLORE, s: m. Traité des plantes cTun pajs. ' 
BOisTE. — Lisez :j./. Description des plantes d'un, 
pays. Et ajoutez au mot Faune : Description des 
animaux d'un pays : ou bien supprimez tous les 

deux, ce qui sera peut-être aussi plus conrenable. 

*- 

FLOV. adt^. gatteU — Il est aussi substantif 
et même adjectif. 

rieux. BOisTE. — Pas si vieuî/Du temps de 
Vatteau et de Boucher, qui l'orl effectivement 
renouvelé. On irouye/loup dans Villon, peindre 
d'une manière tendre, légère, etc. 

Dieu nous préserve de Dorât, des èaisers mus- 
qués, des amours rouges, et des peintres qui pei- 
gnentyZoM. 

FLUTISTE , et de i^ème harpiste^ violoniste ^ 
et le re^tfi. Voilà des néologismes bien introduite 
dans l'usage, et qu'il est difficile d'en chasser. 

Ne sont-ils pas aussi d'une invention très-na- 
turelle, et d'un emploi très-utile? 

On a dit autrefois joueur de flûte, de vio- 
lon , etc.; mais ces périphrases sont devenues 
bien triviales pour nos artistes, et on ne voit pas 
d'ailleurs la nécessité d'employer une périphrase 
dans le cas où le sens pe demande qu'un mot. 

M. 



^«0 FOR 

FORCÈNEMENT. s. m. Qui paroît feit assez, 
naturellement de /brcene. Il foudroit lui laisser 
une place parmi les archaïsmes du Dictionnaire, au 
moins enfeveurdesétrangers qui lisent Corneille. 

FORET. Instrument pour percer un tonneau f 
cheuillepàuren boucherie trou. — Deux accep- 
tions , dont l'une appartient exclusivement à 
M. Boiste, au lieu de cinq au moins qu'il auroit 
fallu i^ecueillir. 

i" Outil d'acier, dont les arqiiebusiers, les orfè- 
vres, les bijoutiers, les ouvriers en fer et en 
métal de toute espèce, se servent pour percer 
celui qu'ils mettent en œuvre. 
2° Tablette à cellules, où les imprimeurs renfer^ 
ment les biseaux, les têtières, bois de fond, et 
autres garnitures de formes, pour l'imposition. 
3° Ciseau de tondeur de draps , pour couper le 
superflu du poil qui se trouve sur les étoffes. 

FORFANTE. Pour hâbleur, charlatan, fourbe.' 
Mot d'argot, dérobé à l'italien, et qu'il faut lais- 
ser à l'italien et à l'argot. L'usage a mieux con- 
sacré forfanterie^ qui restera françois, en dépit 
de sa mauvaise origine, jusqu'à ce qu'il manque 
'de sujets d'application, ce qui n'arrivera pas de 

sitôt, surtout en littérature. 

♦ ■ . ■ 

FORJETER. ACADÉMIE, TRÉVOUX, RESTAUT , 
WAILLY. 



FOR 181 

FORGETER., GATTEL , boiste. Terme. (V ar- 
chitecture. — Dans le cas d'équivoque entre deux 
orthographes données , il faut recourir à l'ortho- 
graphe étymologique.. Forjeter, de foris jacere , 
e«»t la seule orthograplie adraissi])le. 

FORT DE, etc. Locution emphatique, qui a' 
passé .du néologisme du barreau au néologisme 
des brochures, des journaux, et delà tribune. No- 
tre temps est celui des discours forts de choses^ et 
il n'est personne entre nous qui n'ait eu le bonheur 
d'entendre quelque part des avocats y<;r^5 de la 
vérité de leurs mojerls, et des orateurs/brr^ de la 
y pureté de leur conscience. Ce style rf'est pas^on . 

FORTUNÉ. Bien traâté de la fortune ou du 
sort; et comme cela signifie riche, dans la logique 
du peuple, un homme forturfé signifie nécessai- 
rement un homme riche , d-ans sa grammaire. 
C'est un barbarisme très-commun dans la langue, 
et qui provient d'une e/reur très-commune dans 
la morale. 



FORTUNE (BONNE-). >^. ./• — Et non pas 
substantif avec L'attribut , dans le ras où ce mot 
^signifie, les bonnes - grâces d'une femme (défi- 
nition reçue ,^ et que je n'oserois retracer sans 
cela). Il en résulte qu'on ne peut jamais dire , 
comme nos petits-maîtres, avoir de honnes-fortu- 
nesy mais des bonnes-fortunes; parce que bonric\- 



A 



1*2 FOU 

fortunes ne fait en cette acception qu'un seul 
mot. De, même/ on ne diroit pas qu oii a eu de 
bonnes-grâces de madame telle ; mais on pourroit 
dire qu elle a accordé des Bonnes- grâces de bonne 
^vgrace, ce qui arrive presque toujours, et certai- 
nehient^n feroit beaucoup mieux de ne dire ni 
l'un ni l'autre, même quand cela seroit, ce qui 
n'arrive pas si souvent. Dans tous les cas, c*est là 
une nuance très-difficile à établir pour les impri- 
meurs délicats, qui suppriment les tirets, vulgai- 
rement nommés traits d*union^ et j'aurois essayé 
de le leur prouver par un exemple plus décent, si 
j'avois exclusivement écrit ad usum studiosœ ju- 
ventutis. 

FOUGERE. Plante qui sert à faire le verre, 
BoisTE. — Et vingt autres choses. Du pain en 
Auvergne, du vernis en Chine ; à chauffer les fours 
en Saxe j à laver le linge en quelques parties du 
nord de l'Angleterre, etc. 

Laissons ce fetras de propriétés aux naturalistes, 
aux économistes, et surtout aux monographes. 
Définissons les choses par des caractère sensibles 
et distim^tifs. 

FOURBE, s. f. Il felloit peut-être consei-verçe 
vieux me» , qui n'a pas tout-k-feit \p même sens quç 
fourberie. Fourberie iudiqiïe une action détermi- 
née; tt fourbe, un penchant ou vice habituel. 

Ménage prétend qu'on a dit ppurybu>-^e^ ad- 



^ 



FOU ' 183 

jcclif, le vjeux mot coz, qu'il fait dériver de eau- 
tus. Gautus n'a pas pu feire coz, et coz n'a jamais 
si^nï^é fourbe , comine on peut le voir par la ci- 
Ution même de Ménage, qui allègue un Philippe 
de Beauihanoir, dont voici les termes : Il advint 
au temps le bon roi Philippes que un dict à un 
autre par maltalent. Vous êtes coz , et de moy-mes- 
rae«. Coz tsi ici dans un aut,re sens qu'il est inu- 
tile d'expliquer. 

FOURCHETTE. Généralement , instrumenf 

enMforme de fourche. 

i" Instrument de métal ou de bois, qui sert à 
saisir les aliments. 

2" Partie inférieure de la vulve. i 

y Instrument qui sert à soutenir la langue des 
enfants quand on leur coupe le filet. 

4.° Portion conique élevée au milieu de la sole du 
cheval. ♦ 

5" Endroit où les deux petites noues de la couver- 
ture d'une lucarne se joignent K celle d'un 
comble. 

6" Pièce presque carrée, garnie <Je deux aiguilles 
qui servent aux cardeurs à percer le feuillet,' 

7* Pièce de charronage composée de deux mor- 
ceaux , et qui est enchâssée dans le train de de- 
vant. 

8° Autre pièce de charronage également com- 
posée de deux bois enchâssés dans les mor- 
taises faites k la face de dessous du lissoir de 



/4 



^84 FOU 

(lerant, et communément nommée entre-deux 
de fourchette. 

f)" Instrument de fburbisseur qui empêche que les 
dents de l'éUu ne marquent sur la lame de 
l'épée quand on la monte. 

W Partie de Thorloge qui, recevant la verge du 
pendule dans une fente située à sa partie in- 
fèrieure , recourbée à angle droit, lui transmet 
l'action de la roue de rencontre, et la foit 
mouvoir constamment dans un même plan 
vertical. 

iV Bâtons de bois taillés à dents, que Ton en- 
fonce autour des cloches de verre placées sur les 
couches pour les élever , afiii de donner de l'air 
aux plantes. 

12* Tringle de fer qui sert aux verriers à avancer 

ou reculer une barre de la grille. 
13" Fourche à deux pointes, sur laquelle on po- 

soit le mousquet pour tirer, 
U" Morceau de bois armé de deux branches de 

fer, et qu'on attaclie à la flèfche du carrosse. 
15" Bandes de peau cousues le long des doigts du 

gant. 

16° Partie de la manchette qui garnit l'ouverture 

de la manche d'une chemise d'homme. 
17° Le creux de l'estomac, etc. 

M. Qattel rapporte sept de ces acceptions, et 
M. Boiste deux. Il feut rapporter toutes les accep- 
tions connues, ous'en tenir à une acception géné-^ 



FOU 18.S 

raie, et laisser les autres aux dictionnaires spé- 
ciaux. On n'exige aucune méthode en particulier, 
mais on voudroit que les lexicographes en sui- 
vissent une. 

FOURMILION. Insecte qui se nourrit de four- 
mis, qktt^i^. Né%'ropthre qui creuse une fosse , 
etc. BoisTE. —Ce n'est pas l'insecte qui se nourrit 
de fourmis ; ce n'est pas le névroptère qui creuse 
une fosse; c'est la larve de l'insecte, du névroptère, 
et M. Gattel ne connoU pas bien cette dernière 
acception du mot larve, qui est cependant assez 
ancienne. Il en donne une définition vicieuse. 
Létat de larve est le premier que subisse un in- 
secte en sortant de l'œuf. 



FOURMIS. C'est ainsi que l'écrit La Fontaine 
dans une de ses fables : 

Quand sur l]^u se penchant ime/ourmis y toin!)o? 
Et plus loin : 

Ce fût un promontoire où \à fourmis arrive. 

Cette licence n'est pa^ une règl(^. 

FOURNÉE. Dictionnaire dit de I'Académie . 
édition de i8i i. — On n'ose pas transcrire ici la 
définition de ce mot, qu'il ne iàudra pas oublier 
dans le dictionnaire des cannibales. Les bour- 



186 FOY 

reaux ont cinquante exprewions plus décentes au 

service des lexicographes. 

FOYERS. Rentrer dans ses foyers, locution 
iiéologique qui remonte à La Motte-Houdard , et 
dont les orateurs de la révolution ont fait un ex- 
trême abus. 

Elle n'a pas cependant le sens ridicule que 
l'abbé Desfontâines lui attribue en la traduisant 
par ces mots : Rentrer dans sa cheminée. C'est là 
son acception propre, et non son acception figu- 
rée. Prise comme on le fait, elle ne s'emploie 
jamais qu'au pluriel. C'^st une métonymie dont 
Cicéron même avoit àoj^ l'exemple : Repetere 
focos. ^ - 

FRANC-MACON. Il y a des volumes sur l'éty- 
mologie du nom de cette célèbre société. Le pre- 
mier élément en est connu ; d'où vient le second? 
Tous les peuples ont attaché une prévention 
défavorable au nom des peuples qui les ont en- 
vahis , comme chez nous Goth et Sarrazin , et 
chez les Romains Gaulais et Barbare. Il n'est pas 
étonnant que les peuples de l'ancienne i&aule 
nient fait la même chose pour les Francs. 

Cette prévention s'est particulièrement attachée 

. h certains états qui sont plus propres aux 4?àstes 

proscrites ou aux nations ennemies, comme de 

tanneur chez les Japonois , de t.iilleur à la Chine, 

de charpentier pour les cagots de Languedoc, de 



N 



FRÉ ^B7 

cordier pour les cagOQS de Bretagne j de maçons 
pour les Francs, etc. Le peuple de Londres est 
fort persuadé qu'une grande partie de la pôpula- 
tion de France est composée de perruquiers et de 
maîtres à danser. ^ 

Les Francs ont pu conserver ce surnom d'état , 
par une cruelle ironie , comme les gueux des 
Pays-Bas et les sans-culottes de la révolution, et 
le retenir ensuite dans <ies sociétés secrètes qui se 
sont maintenues jusqu'à nous, institutions très- 
communes chez les peuples mêlés, 

Les affiliations de cette société aux templiers, 
et puis à quelques architectes d'Angleterre, peu- 
vent être fort vraies,9ans rien changer à mon hy- 
pothèse. Quant a ce qui concerne J do nhiram ct^ 
le temple de Jérusalem , c'est une assez mauvaise 
plaisanterie, y 

FRÈI.E. En quelques endroits, demoiselle, 
jeune fille, gattel, restaut, boiste. — Ce n'est 
ni dans Racine , ni dans Molière , ni même dans 
La Fontaine. J'aime à croire que ce n'est nulle 
part, sinon par exception. En tout cas, c'est une 
homonymie fort impertinente, car il faut cIkm- 
cher quelque temps pour y trouver un germa- 
niÀpie. 

FRÉQUENTER, 'v. n. Il fréquente dans, ou 
chez , etc. Barbarisme. 



188 FUI 

FUIR. L'Académie, dans ses Obser\>ations sur 
le Cid, ne veut pas que meurtrier soit de trois 
syllabes ; mais elle prétend que/Mir est de deux. 
Ce sont lès poètes qui font Tusage ; ce sont les 
grammairiens qui l'écrivent. 

FUNERAILLES. Obsèques et cérémonies qui^ 
se font aux enterrements. — Poétiquement, morts 
violentes. 

Je Tai vu tout sanglant au milieu des bataiUéi 
Se faire un beau rempart de taille JunéraiUes. 

CORNKILI.B. 



. L'Académie blâma cette expression dans ses 
Sentiments sur le Cid, et Corneille en fit le sacri- 
fice. On peut ne pas approuver Sa soumission. 

Un poète de notre temps , qu'il est déjà permis 
(le citer après les classiques , a di^ : 

Ef son orgueil révoit ]es funérailles -» 
De nos bataillons indomptés. 

BAOUR-LORMIAH. 



t 



\, 



■L 



G 



G. substantif. 
1° Lettre numérale qui valoit 4oo, et 4oooo avec 

la tilde ou le tiret (Ô). 
2« Signe du gros dans le commerce. 
3° Signe du g-ré-sol dans la musique. 

Acceptions omises. 

GABEGIE. Tromperie, fascination, etc. (// > 
a de la). Ce mot trivial est d'un u'sage si commun 
dans le peuple qu'il n'est presque pas permis de 
l'omettre dans les Dictionnaires, et qu'il est du 
moins curieux d'en chercher l'étymoiogie. Il est 
évident qu'il nous a été apporté par les Italiens du 
temps des Médicis, et que c'est ujie des compensa- 
tions de peu de valeur quen^« avons reçues d'eux 
en échange des innombraBles altérations que leur 
prononciation efféminée a fait subjr à notre belle 
langue. Gabgie ou gabbeegie est fait de gabbo et 
ilebugiaj ruse et mensonge. 



^ 




i90 GAI 

GAINE. Étui de couteau , scabellon , pétale 
en fourreau, boiste. — 

\o Étui de presque tous les instruments de métal 
qui sont susceptibles d*en avoir un ; on a même 
dit gaîne d'épée, et nous avons conservé .dé- 
gainer et rengainer. 

2"» Indépendamment de la gaine de scabellon , il 
y a encore en architecture la gaine de Te^me 
qui est aussi bien connue. La gaine d'ailleurs 
n'est qu'une partie du scabellon. 

3o Indépendamment des pétales en fourreau , les 
botanistes ont donné le nom de gaine ou de 
feuilles en gaine à certaines feuilles radicales 
qui entourent la tige. 

4° Les marins appellent gaine de flamme un four- 
reau de toile où le bâton de la flamme est passé. 

5" Ils appellent gaine de pavillon, une bande cou- 
sue dans toute la largeur du pavillon, et où pas- 
sent les rubans. 

6° Ils appellent ^af/îe de girouette , des bandes de 
toile par où l'on coud les girouettes au fut. 

7» Les potiers d'é ta in appellent gaine un trou 
carré qui traverse les empreintes ou calibres 
qui servent à tourner. 

8" Les anatomistes appellent gaine certaines tu- 
niques membraneuse* qui environnent quel- 
ques parties comme des gaines. 

>• C'est encore le nom de la silique du gaînier. 



GAL 



» 



\9\ 



GALA. Féte^ festin à la cour. — Ef ailleurs ; 
c'est du vieux verbe galer, se réjouir , et l'on se 
réjouit partout, au moins comme à là cour. Mal- 
gré son noble emploi , ce mot a cesséd'être noble. 

GALERIE. Il y a différentes étymologies de 
ce mot , parmi lesquelles les curieux peuvent 
choisir. Je ne Texamine que dans une acceptioin 
où il a été négligé par les Dictionnaires , et qui 
méritoit cependant d'être cohservée puisqu'elle 
se lit dans des classiques du premier ordre : c'esr 
la phrase proverbiale, faire ses galeries, em- 
ployée par La Fontaine dans la fable du Cigne 
et du Cuisinier. 

Des fosses da château faisant leurs galeries. 

Il me semble que cette expression , prise en ce 
sens , ne vient point de cet ornement de nos mai- 
sons et de nos spectacles qu'on appelle galeries, 
mais du vieux verbe ^a/er^ qui signifie se réjouir, 
et auquel elle se rapporte beaucoup mieux. Reste 
à savoir si galerie n*en dérive pas lui-même dans 
son sens le plus commun. , ^ , 

GARNISAIRE. Mot nouveau, mais consacré. 
Cest un homme' qu'on met en garnison chez les 
contribuable^ en retard. La profession n'est pas 
nouvelle comme le mot. On appeloit ces gens-Di 
Comestores , dans la basse latinité, et rjiangeurs , 



(• > 



■^ 



dans le pfus ancien usage de noire langue ; mais 
elle a beaucoup gagné en délicatesse depuis celle 

époque. 

M. Boisle écrit garniser^ qui est moins con- 
forme à l'esprit (Je notre orthographe!. _ 




GAtiÇ^. Bouillie de maïs , qui nouril pres- 
que toute la population de plusieurs départe- 
ments de France, et dont le nom indispensable 
est mal a propos négligé dans les Dictionnaires. 
M. Boisté l'a recueilli le premier; mais il n'a pas su , 
ou il a oublié de dire que le singulier étoit inusité. 

GELINOTE. Jeune poule, boiste. — C'est gc- 
line qu'il faut dire , ou plutôt qu'on disbit. 

Oiseau métis de perdrix rouge et de perdrix 
grise. BOISTE. — C'est une découverte en histoire 
naturelle, ou une erreur en définition. 

GÉNITURE. M. Boiste cite Marot. Géniture 
n'est pas si vieux ; il est dix fois dans La Fontaine , 
cl on s'en serviroit encore dans le burlesque, si 
l'on écrivoiC^encore du buriesque , ce qu'à Dieu 
ne plaise. . 

GENTIL, ç. adj. Païen, boiste. — Ce mot n'a 
pdînl de féminin en ce sens ; c'est abusivement 
qu'il a un singulier, et il est substantif.. 

GÉOTRUPE. C'est le nom d'une famille A\'- 
leutherates de Fabricius. Je n'introduis ici ce mot , 



m 



• 



GIG /193 

fort surabojidant dans un Dictionnaire de la lan- 
gue françoise , que parceque M. Boi^e Tavoit d'a- 
bord écrit glotrupe. Les fautes d'orthographe 
sont très-fâclieuses partout , mais elles sont pres- 
que irréparables en pareil cas. Voilà uçi nouveau 
mot qui doit son existence h la méprise d'un 
scribe ; il y en a peut-être mille dans la même 
hypothèse , et on feroit dfe l' étymologie une science 
ejtacte^ Ati reste , ce seroit une véritable richesse 
pour une langue que d'avoir des Dictionnaires spé- 
ciaux , des Dictionnaires techniques : mais je 
doute qu'on puisse les identifier avantageusement 
avec le Dictionnaire proprement dit. 

GIGANTOLOGIE. Traité des géants.— M. Bois- 
le accueille ce mot daris.son Dictionnaire , et-l'ap- 
puie de l'autorité de Paw. Paw n'a fiïjitt|ue s'en 
servir d'|{)rès Habicot qui l'inventa. Mais les mots 
de celté*espèce sont-ils réellement des mots Fran- 
çois ? On peut. écrire sur tous les objets qui frap- 
pent les yeux, et j si l'on en traite ex-professOj/ 
ou a le droit de faire précéder son livre d'un mot 
composé de deux substantifs grecs, comme celui- 
ci, parce que cette propriété de composition qu'a 
le grec sert admirablement la précision et la 
clarté. En résuTle-t-il qu?un Dictionnaire doive 
se charger de toutes lés combinaisons possibles 
de mots grecs ? 

GIGANTOMACHIE. Bécit du combat des 



r 



,i^ 



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i 



494 9OU 

géante €f d^s OUm^, par Homère et Scarr^. 

BOiikTB. — n Q*y « poipt dejpgaMtonmchie d^Ho- 

mère ; il y eq.a ub^ de S;çaiyoa » .ç| c eti comme 

a"i\ n'y en tToit pç^u U «q £iat <f aiUeurt pas 

mettre $c4irron fi près 4'Hoinère> quand il s^agit 

d'ai^torité^ 

GOULl^lT et GOUU)T. boiste. — Les langues 
> n'ont pa9 besoin de Synonymes absolus. Çest d'ail- 
leurs trop de deuil mpts pour une i^cception si tri> 
i^iale. Gùfilotïie^ jjmnais été employé par un bon 
écrivain ; il 6iut s*en tenir À gpulet^ qni s^ Fautorité 
de Régnier : ♦ 

- Uni banil défoncé, deux bouteillet sur eu ^ 
Qui ditoyent wo» goulet f Nous avons ttop vçacu. 

GrOURDE. Voici une étymologie bien sûre et 
bien surprenante. On appelle gourde une espèce 
de courge vide qui sert à renfermer les liquides. 

Ce mot vient de cucurhita par la «ftutation du 
c en ^ et Fapocope de la pénultième syllabe^ Qn 
sait que Vu se prononçoit ou : Gougo^/rtUi Du 
temps de Férion on disoit gougourde. Une nou- 
velle apocope a réduit ce mot à son expression 
actuelle. 

Courge West évidemment qu'une variante de 
prononciation. 

GOUVET. Nom oublié, mais universellement 
u^y 4(e»la petite sevpiç de» lôgAerons. 



ORA ^95 

O mot n*QSt pa» tî méprisable. On le Ht dans 

Rabelais, et c*est «rec Finstrument qu*il qualifie 

que les petits moinillons de Sépillé esgorgetoient 

its soldats de Picrochole. 

Tai cru longtemps q«e gouet ou gouvet étoit 
fait degobioj parce que cet outil a la^forme d'un 
hameçon, mais son analogie avec serpe ou ser- 
pette'j tirée de ierpens, me donne lieu de croire 
qu'il est formé d'anguis, par apocope de la pre- 
mière syllabe. 

Au reste, si ^iii'ef paroît encore loin d^angiiis^, 
on s'en rapprochera facilement par son patois, 
gouison, qui est usité en Bourgogne. 

GR ADUELLEMEN'f . Mot analogique , utile, 
indispensable peut-être , agréable à l'oreille^, con- 
forme à Tesprit de la langue , unÎTersellement 
usité, mais oublié par l'Académie. 

GRANDKUR. Sa candeur j son altesse^ sa 
hautesse, son excellente {abexceîso)^ métaphores 
fajmorifiques emprustées de la taille humaine. 
Voilà ufie singulière tradition de l'origine des su- 
prématies civiles. 

Tout cela est" fort bien dans les rappOHs so- 
ciaux de Fhomme, parce que cela est indispen- 
sable; mais dans les rapports de l'homme avec 
lui-4nèm0 et avec la morale naturelle , les titres 
pompeux dont s'affuble cette débile créature, 
otit bi«ii leur e6té ridicule. On parle d'un prélat 

. , 15. ' 



V 



196 GRA 

agonisant qui a'écrioit sur son lit de mort. : Omon 

Dieu ! ftyez pitié de ma grandeur! 

GRAVURE, ^rt de graver sur le métaH^ou 
sur le bois, gàttel. — Sur une matière dure ; et, 
de phis , production de Tart de graver. 

GRIBOUBI. Scarabée, gattbl. — Ce n'est 
pas un scarabée. 

Qui a lajigute d'un tres-peùt hanneton, gàt- 
tel. — Qui n'a point cette figure. 

Il ronge les racines les plus tendres, gattbl. 
— Il ne ronge point les racines. 7 

Le peuple appelle gribouri une espèce d*cii- 
molpe dont la larve dévoue les jeunes pousses de 
la vigne , et Geçfïrpy a étendu ce nom k la nom- 
breuse famille des cryptocéphales. 

* 

GRIME, SE GRIMER . Il y a peu d'étymologies 
moins connues que celle-ci, et dont cependant on 
soit allé si près : grime se dit d'un vieillard 
soucieux; grimaud , d'un écolier sournois et dé- 
plaisant ; grimer y du pain qui s'éraille et dont la 
croûte se lève ; se grimer j de l'action de se vieillir 
a dessein , de se faire des. rides. Grimace recon- 
nolt certainement la méniie ofijg^ne , puisqu'on se 
(ait des rides en grimaçant. Or, si Ton se rappelle 
que le mot latin rima signifie n^^ on ne doutera 
pas que tous ceux-k:i n*en soient laits par l'addi- 
tion du g paragogique , qui est assez commune 



G RU 197 

dans 1<^ langues, comn^ en grenouille de ra- 
nuncuia. Je serois .fort étonne que cela parût sus- 
ceptible de contestation. 

Ce n*est cependant pas l'opinion de Le Duchat, 
((ui toutefois fiiit venir grimàud de rima , mais 
de rima , italien , dans le sens de rime ou con- 
scmnance à la fin du vers. Ily a, dit-il, de l'appa- 
rence que griniaud est proprement un écolier 
déjà un peu avancé, qui commence à rimer, c'est- 
à-dire à ffùre des vers grecs et latins, tant bien 
que mal. A tout cela, réplique M. Jolianneau , 
qui n*admet pas cette hypothèse, et qui n'en met 
aucune autre à la place, il n*jr à quune chose à 
répondre, c'est qu'an ne rime pas en grec et en 
latin, et quon ne fait pas de u ers franco is dans 
les collèges. Mais cette réponse ne me paroi t pas 
.aussi victorieuse que M. Johanneau se l'imagine ; 
car rima et nmen*ontété formés que par extension 
der/St^tmuj^qui ne signifie pas ce que nous enten- 
dons par rime, mais la cadence, le mouvement et 
la mesure du vers , abstraction faite de la conson- 
nauce, Cette étymoiogie seroit donc admissible , 
si l'autre ne valoit pas incomparablement mieux. 

GRUAU. Faut-il dire du pain Je gruau ou du 
pain de griot? 

Cette question s^e divise naturellement ainsi : 
\^ Ces deux mots sont-ils francois? 
2** S'ils sont &ançois^ signifient- ils la même 

chose ? 





198 GRU 

y S'ils ne signifient pas la même cKosC) quel est 
celoi dont Tacception convenue oflre le plus 
de rapports avec Tobjet qu'il s'agit de repré^ 
seùter? 

Cette dernière difficulté résolue , nous aurous 
le m jt. ^ 

Sur le premier point de la question, jc\ ré- 
ponds : Ces deuic mot^ s<int françois , puisqu'ils 
se trouvent tous les deux dans les Dictionnaires y 
archives incomplètes, et, si on ose le dire, archi- 
vcA détestables de la langue, mais qui n'en sont 
pas moins, et fus etprincipium etfons, puisqu'ils 
sont l'expression plus ou moins exacte dtf^' usage. 

Sur le second , je réponds : Non , ils ne signi- 
fient pas la même cbose : Gruau signifie de l'orge 
ou de l'avoine mondés, et ^lot signifie une issue 
de hlé, qui , suivant toutes les définitions que j'ai 
pu recueillir, contient la partie la plus nour- 
ricière et la i^XxksJeculeuse du grain. 

Nous voilà bien près de la solution de notre 
troisième question. On va voir combien cette ma- 
nière mathématique de procéder en grammaire 
simplifie la réponse, 

Fait-on du paii) d'orge mondé ou d'avoine mon- 
dée, c'est-à-dire dont la base s'appelle gruau? 
Non. • 

Fait-on du pain d'une farine dont l'iS&ue s'ap- 
pelle griot? Oui, et c'est même de cette farine 
qu'on fait le pain dit de ^ruaii. 



La difficulté me paroît décidée. 

• Gtiiau ei griot étant £raiiçoiâ dans deux acccp- 
tionSy je n'hésiterois pas à i^ppeler pain de griot 
notre prétendu pain de gruau, quand ce ne se- 
roit que pour éviter une ambiguïté de sens qui 
trompe l'esprit. Les grammairiens qui ont prêté, 
sans le savoir, leur autorité à l'opinion contraire , 
l'ont si bien yiti qu'ils disent toujours gruau de 
froment. Cependant il y a déception dans le terme, / 
puisqu'on ne monde pas le froment. 

On peut nous opposer deux arguments assez 
spécieux : : 

1" Griot n'a jamais signifié autre chose que is- 
sues de blé j jfleurage , rémoulage, recoupures , 
en un mot, grossière farine de son. Pain de 
griot signifieroit àonc pain de son. 

Mais bran en anglois signifie son; brandy, eau- 
dc'^ie. Brandevin irignifierpit donc le son du 
vin, comme griot, le pain du son, et ce rappro- 
chement équivaut à une démonstration , car le 
brandevin est exactement au vin ce que le pain 
de griot est au pain conimun, c'est-à-dire l' ex- 
trait le plus pur que l'on serve sur la table des 
riches: Ceê deux mots nous ayant été donnés eti 
même temps, par le même peuple , leur parenté 
ne peut être révoquée en doute. 
2° Le mot griot est nouveau dans les Diction- 
naires, et les anciens lexicographl^s n'en par- 
lent point. 



/ 



N 



$»0 . GUE 

Mais le pain de gr^a^ e«t-il d*un u^age ancien 
dans les boulangeries? U est nouv^ comme le 
inot^io*. 

Et coinment un mot nouveai^ s introduit -il 
dans les Di(îtionnaires? 

P^rce qu*iLest consacré par un nouvel usage. 

Et comment un mot s accrédite-t-il dans Tu- 
sage? 

Par la nécessité d*éxprimer une nouvelle idée, 
"ou un nouveau produit. 

Or, voici deux choses qui aïont exactement con- 
temporaines , savoir ; un produit et un mot 

S*il y a analogie^ évidente entre le produit et 
le mot, il est incontestable que le mol », été feit 
ou employé pour le produit. 

Donc il faut dire pain de griot. 

GUEULE. Bouche des animaux, boiste. 

Il fàlloit dire des quadrupèdes \ car on ne dit pas 
la gueule du rossignol , la gueule du papillon , la 
gueule de l'huftre. 

11 feUoit même dire, de la plupart des quadru- 
pèdes ; car on ne dit pas la gueule du cheval. 

On le disoit encore du temps de Rabelais ; De 
cheual donné toujours reguàrdojt en la gueulle. 
Liv. I , chap. u, 

GUEUX , MISÉRABLE , etc. Au sens propre, 
ces adjectifs se disent d'un homme très-pauvre ; 
au sens figuré, d'un scélérat. Il parolt que cette 



\ 



^^ 






GUI ' , . 201 

extension est de la langue des riches et non pas 

de celle de Vhumanité. Chez les anciens^ res sacra 

' eratmiser. Chez nous, poiirmarquer qu'un homme 

est k fuir, on dit que c'est un malheureux. 

\ - ■ - , . 

GUILtAÙME. Nom d'homme, gattel. — 
Voyez BARTHÉLEMI. 

Un nom propre n'est bien placé dans le Dic- 
tionnaire , qu'autant qu'il présente à l'esprit 
l'idée d'une qualité qui a appartenu par excel- 
lence a l'individu qui le portoit. Cette sorte de 
consécration n'dst pas comi^une, surtout eu bien. 

GUILLOTINE. Instrument inyenté ou per- 
fectionné par Dictionnaire dit de 1' acadé- 
mie , i8ii î*--^Eh qu'importe par qui ! C'est déjà 
tro pique ru|sage ait flétri le nom d'un homme. 
peuiHH||lonnéte , en l'attachant k un instrument 
de mort, sans qu'on se charge encore de consa- 
crer cette hideuse étymologie dans un livre 
destiné à l'immortalité, au moîns par son épi- 
graphe. V 

Perfectionné Q^t un term^e d'une apathie atroce. 
On le croiroit de ce savant dont le bourreau di- 
sôit, le jour du supplice de Damiens : « Laissez 
passer Monsieur ', c'est un amateur. » 



GUIKIOT. Musicien, tambour nhgre. boiste. 
— Poète chez diflférentes peuplades. Il y a peut- 
être aujourd'hui un de ces ^Minotfqui chanteune 



kJ 



■si- 



202 GYR 

nouvelle Iliade, qui immortalise une autre his- 
toire, qui crée une nouvelle mythologie, en men- 
diant dans des huttes qui feront place à des palais! 
Peut-être ceguiriot vrai ou feux aura-t-il un jour 
un Maepherson qui le consacrera k l'enthou- 
siasme des jeune» gens ^ à Tadmifation des éru- 
dits , et à ridolâtrie des caillettes. Il ne feut pas 
répondre que nous n'aurons point alors des litté- 
rateurs ^irjof*^ comme nous avons eudesBard^; 
en attendant , il fout se contenter de Racine. 

GYRIN. s. m. Scarabées sauteurs i toumiqueU 
a^iiatiçues, nois's^E. — 

^*» On ne définit pas un singulier par un pl^uriel. 

2o Les gyriHsue sont pas des scarabées. 

3o Les gyrins ne sautent pas. 

4" H n'y a point de tourniquets terrestres. 



H» 



^ 



/ 



X, I 






H 



■■'*<• 



H. LeOre de talphabet. 

Cette lettre sera 71- elle indiquée dans votre 
Dictionnaire k venir comme une consonne? ce 
Vedt point une articulation. 

Se'ra-t-elle considérée comme vocale ? elle n'a 
É^ point de valeur propre. 

Dans ch^ elle est barbare : c>st un élément foi 1 
étranger à l'articulation qu elle représente. 

Dans ph, elle est barbare; et ph est un di- 
feramme ridiculement inventé pour exprimer une 
articulation déjà exprimée par un autre signe, de 
Talphabet. "^ 

On dit que ph est étymologique ; cela est faux : 
les mots dÀns lesquels on l'emploie nous sont ve- 
" nus par le latin du grec , et M lettre cp n'est pas un 
digramme« 



. \ 



204 H 

^ A la tête de. mois qui n'onl pas la première 
Voyelle .»p.rée, 1, prétendue lettre H est barbare: 
car .1 n y a nen de pis dans les langues qu'un si- 
gne sans valeur. ^ 

A la tête deimots dont la première voyelle est 
aspirée, elle ne marque qu'un esprit. L'esprit des 
Grecs n éto.t point un signe de leur alphabet. 

felle prend alors l'usage opposé k celui de l'a- 
postrophe ; mai» cet usage n'a rien de plus'im- 
portant que celui de l'apostrophe même. L'apo- 
strophe marque qu'il y a élision , et l'A ou esprit 
qu il n y en « poin^, '^ 

L'aspiration dans la langue ftinçoisdin'es. 
qu un hiatus. Ce n'est ni une vocale ni^ine con- 
sonnaûle. C'est autre chose dan. ceruines langue. 

ou elle devient presque gutturale; alors c'est une 
urticulation caractérisée. 

M. de Volney répondait en ,8io à cette pro- 
posa.on , que l'aspiration est radicale dans cer- 
•a.nes langues de l'Orient. Oui , l'aspiration con- 
sonaante ou articulée, mais alors elle rentre 
dans la classification générale des signes; autre- 
ment elle n est qu'une modification , et unemo- 
•l.fication ne sauroil être radicale. H a daigné se 
réunir depuis à mon opinion. J'ai cité ailleurs des 
exemples de l'aspiration qui s'arUcule : on en 
verra dans tou.es les langues, où elle fiiit tantôt 
place a la gutturale et tantôt à la sifflante , c'est-à- 
dire aux articulations des touches extrêmes. 



Puisque j*«n suis venu ù considérer cette ques- 
^,tion des aspirations qui ont pu passera l'état de 
consonnantes , je n'omettrai pas de dire que cewe 
prétendue aspiration H, aujourd'hui si muette, 
a été de ce nombre , et qu'il reste des traces de sa 
premièrevaleur dans le bas-breton, dans legallois, 
dans plusieurs langues du Nord, et même dans 
le dialecte ou la dialecte de Toscane , in bocca 
Toscana, Cétoit évidemment cette valeur qu'elle 
représentoit, dans les temps reculés du moyen 
âge, au-devant d'une foule de noms propres, 
comme Hilderic , Hilperic , Hildebert , Hilde- 
brand, Hlodoix, Hlotarius, où sa figure, devenue 
insignifiante, fut remplacée tantôt par le C, tantôt 
par le CH , équivalents du K et du X grecs. Cette 
longue confusion d'acceptions doit avoir princi- 
palement résulté de l'usurpation presque inexpli- 
cable qui fut faite de la lettre X pour exprimer 
l'abréviation qu*elle exprime encore chez nous, 
et que les Grecs rendoient, comme on sait, par 
une figure difltirepte , inusitée dans notre alpha- 
bet. 11 fut naturel de remédier au désordre qui 
pouvoit résulter dès lors dfe la double acception 
du X, en le remplaçant, à l'ordinaire, par une 
antre lettre de l'alphabet grec tombée en désué- 
tude, et le éhoix du scribe. inconnu à qui nous de- 
vons cette Qouvf»)le source de logomachies gram- 
maticales tomba sur VH ovkètq, qui rie feisoit 
plus qu*une lettre avec TE ou epsilon. C'est à 



l 



c/ 



206 * H . 

ce caprice que TH françois doit tant de singuliers 
privilèges qui ont fini , ainsi qtte nous Favons tu, 
par n^aboutinà rien, et qui ont cela de commun 
ayec quelques autres ()rivilégeà du iméme teidps. 
Si Ton pouvoit douter de cette généalogie graphie 
gué, il suffîroit pour Féclaïrcir de remonter jus- 
qu'au monogramme de J. C. qui fut composé sous 
Constantin de Tinitiale I^ et de la finale S , sépa- 
rées par le X ou chi grée, surmonté ^ntre *9e,% 
deux branches par une espèce de crosse ou de 
lîtuusj qui ressembloit assez d'ailleurs au P ou 
ro grec, pour figurer suffisamment îa seconde 
lettre du nom du Christ. C'étoit déjà Tesprît de 
ces premiers jours de dégénération. Au moment 
de rusnfpation de la figure X on chi j pour son 
acception actuelle, on remplaça le X par FH, dans 
le monogramme sacré comme partout ailleurs ; 
et la substitution barbare des lettres C H k cette 
lettre <|^tournée de . sa première signification ,, 
mais qui du moins en avoit acquis une autre , 
ne Fa pas plus chassée du saint chiflfre des chré- 
ttens que du nom populaire de Henri ^ qui a été 
écrit Xenseric, et que Fhistoire a conservé arèc 
cette orthographe ou avec ses analogues/ La post^ 
positkm de FH fut tellement immédiate que le 
monogramme de J. C. , encore usité dans FÉ- 
glise , conset ve jusqu^à la mperféuuion tradition- 
nelle de >celtti de Consuniin. Seulement^ à la 
place du iiiimê, le décorateur chrétien planta s«ir 
la barre de FH le signe vénéré de la croix. Le 



,. ^ H ; 207 

moDOgramàke de la Vierge , qui fait pendant à 
cdoi-ci $e compose d*un M et d*uH A, fort gra- 
cieusement ajusté* î il n est guère moins ancien , 
s*il n*est pas du même temps *. 



♦ A rûmant où je revois ces épreuves d'une pa^je écrite 
il y a bien des années, j'ai le chagrin de lire dans Ies,Joui-- 
naux de 1828, et, qui plus est, h Fanicle des séances de la 
chambre élective : 

V Que le inopogramine de J. C. est çn trois lettres j^jT^areeV. 
— Il y a des monogramihes de trois lettres et davantage, 
mais il n*y a certainement point de mertogrammes en let- 
tres séparées. 
2* Qu'il représeme la devise de la- société de Jésus. — Les 
hnonogrammes expriment des noms, ou des initiales de 
noms : il n'y a jamais eu de devisé en monogramme. 
3* Que ce monpgramme signifie JeJu^ Humilis Societas. — 
Constantin vivoit douze cents ans ayant saint Ignace ; 
la société de Jcsiia n'est pas humble , h Jésus fait Jesu au 
génitif. , ^ 

4* Que ce monogramme en troU lettres signifie, Jesus Homi- 
num Sahator. — Du temps de Constantin, époque où 
Pon n'avoit pas tont-à-faït oubhé le latin, «n dispit ch~, 
cote Servator. 
5' Que \a monogramme des lésQÎtes esf e^ quatre lettres : 
A. il. D. G. — Çef quatre lettres 4Qnt en effet les initiales 
de la devise des Jésuites. Elles n'en sont pas le mono- 
flamme. Cette question a terriblement B<rrté malheur 
à nos Mrra»t8. Ce n'est pas la fante des Giyes. 
les JésMKtfft., qni ont été accusés df fort vilains so- 
lécismea^ ne aeroient jamais tombé» dans; cemcr'U. Se crois 
qu'il y a moyen de combattre leur dan^rcreuse domination 
sans apprêter à irfre ani( balayeurs des dei:nicrs colIé<;es de 
l'Europe. 



>:- 



I 



*i08 



HAH 



.V* 



H AH A. Ouverture au mur âf un jardin, auec 
uri fossé en dehors. ^-^CtiX généralemçnHi* obsta- 
cle inattendu qui séparé le promeneur d' un jardin 
qu il a appèrçu de loin , et qui lui en interdit ren- 
trée. Le nom qu'on lui a donné est la mimoldgie 
exacte d'une exclamation d'étonnement. 

"' . . " . 

HALOTECHNIË ou HALUBGIE. Truite des 

sets. BOISTEy WAILLT. 

Halotechme , science ou métbode des sels. 

Halurgie, pratique' ou manipulation des selt* 
Ces mots ne sont point équivalents ; et si on 
les. a employés indistinctement dans quelques 
ouvrages, ce n*est point une autorité, c'est un 
abusi» ^ * . 

HALTÈRES, très-vieux mot qui a signée 
altematwe j et qui a fini par lui céder là place.' 
Comme il estoit en ces haltères j dit Trippault , 
c* est-à-dire danâ cette incertitude, dans cet em- 
barras. AUer a usurpé cette acception sur haU 
ter, qui signifie le contrepoids des' danseurs de 
cordes et le balancier des diptères , parce que ce 
dernier terme n'avojt point d'analogue , point de 
famille enirançois. Sa légitimité n'en est pas moins 
évidente. On dit encore ; il est en balance y il ne 
sait sur quel pied danser. 

HAMPE. Bois d'une haïteharde. waillt. — 





C'est, ans 


' Sv 


rement 1 




radicales 




-■ Aang 


% 


^ pire, et i 
— De ma 




^ la France 


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ciation lo 




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demie n'i 


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la langue 


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HAN 209 

C'esr aussi le bois d'une flèche. C>st particuliè- 
rement le nom d'une tige qui n'o que des feuilles 
radicales , et qui s'élève nue jusqu'à la corolle. ^ 

r • ■ '-% 

^v - # 

HANGAR. Il y a des provinces ou \\ sas-- 
^ pire, et d'autres ou h ne s'aspire pas. académie. 
— De manière qu'un voyageur qui feit le tour de 
la France doit s'informer partout de la prqjion- 
ciation lopale ; et, comme ;eHe ne varie pas seule- 
ment eu ce mot, il eh résulte qu'il y a autant dé 
langues françoises que de départements. L'Aca- 
démie n'étoit pas chargée de l'histoire des idio- 
lismes et des patois, mois de présenter l'état de 
la langue, selon les classiques et le bon usage. 

HAPPER. Se dit des pierçes qui produisent 
^ sur la bouche une sensation d'adhérence teiiarc. 
Acception oubliée et nécessaire. 

- " ■ '* 
HAQUET. Les Dictionnaires le donnenf.pour 
une sorte de charrette longue et sans ridell(\s. .11 
a signifié autrefois cheval, comme on peut le voir 
dans ces vers de Coquillard . 

Siw, sus, allez vous-en, JaqTiet, 
Et pansez le ^^e\i{ IJaffuet , ., 

Et faiteft-Iui bien sa litière. 
'^ . ^ ' - 

^On ne peut douter que ce mot vienne (ïeriuus. 
aussi bien que haquenêe , Jiaca / faca , et Ja- 
cana. 



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7 



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HAR 

Àî/aïui vient d>yuu4 Min» doule. 



f-. 



Cela est fort extraordinaire, mais cela est ires-vrai, 
et les épigrarames ne prouvent rien. 

HARO. On prétend quil vient de ah Raoul, 
opinion extravagante : c'est un mimologisme des 
deux voyelles les plus pleines de la langue. Aussi 
est-ce non-seulement une clameur de guerre, mais 
un cri d'équitation et de vénerie. 

HAUT. L'aspiration est vicieusement parago- 
gique dans un mot qui vient du latin altus. 

Nous l'avons négligée dans autel ^ traduit à' ai- 
tare, qui est fait à'altuSj parce que Vautfl. élàii 
consacré aux dieux hauts , superis. 

On appeloit am les autels des dieux inférieurs 
ou infernaux. ^ ■ 

HÉBÉTÉ. Quand M. de la Popelinière deman- 
doit à madeinôiselle Quinault comment elle lui 
conseilloit de se feire peindre à côté de sa femme 
peinte en Hébé , et qu elle l'engageoit a se faire 
peindre en hébété, mademoiselle Quinault déri- 
voit sans doute ce verbe du mot bete , comme la 
plupart des grammairiens, qui font abêtir ci hé- 
* 6éfcr synonymes. 

Il n'y a aucun rapport entre le verbe latin he~ 
besco et le substantif Jatin bestia , en traduction 





> 


' 


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, 








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♦ 




















































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HÉC Î>H 

Françoise , le rapport de ronsonnaiices a déter- 
miné celui dacccplious. Hebctatus , latin, ne si- 
gnifie littéralement (\yk affaibli , usé, onstuprfait , 
ce qui fiait souvent qu'un homme d'esprit ressem- 
ble à une béte^ mais ce qui ne jprouve pas qu'il en 
soit une. 



4' 



HÉCATOMBE. Sacrifice de cent bœufe. In 
de ces mots que nous employons à tout propos, 
sans acception de son étymologie et de son sens 
véritable. Cette extension^qui résulte le plus sou- 
vent d'une profonde ignorance, est pourtant une 
figure de rhétorique, une catachrèse. Je m'ima- 
gine c{u'il est arrivé h plus d'un poète et h plus, 
d'un orateur de faire des catachrèses sans le sa- 



voir. 



HENNIR , HENNISSEMENT. Prononcez 
hanir ^ hanissement. waillt. Hannir , hannis- 
sement. boiste. — L'usage commun n'est j)as 
daccord avec les Dictionnaires ; on prononce 
généralement liennir, et cette prononciation es» 
à - là - fois étymologique, euphonique et pitto- 
resque. ' ^ ' . 

^ ItERBORISTE. Darbor, arbonstc, qui éloit* 
souverainement ridicule , car on ne recueille pas 
des arbres ; et À'arBoriste, herboriste, qui est une 
violation intolérable de l'étymologie ; car herbe 
ne se dit pâs herbor. 




'.'l'i 



»HÈR 





HFRK Par quelle «iogularité avilissoM-nou» 
loccemion des mou que nou, empruntons aux 
.^ransers? Ross est devenu chez nou» le nom d un 
mauv is cheval ; et ce mot her qm signifie se,- 
.neur dans toutes les langues du Nord, n est yns 
dansla nôtre qu'en mauvaisepart. "/»'"«•§ °" 
V ioinl ordinairement un attribut désavanta^ux , 
comme lorsqu'on dit pauvre hère ; mais La Fon- 
taine n'a pas hésité à remployer tout seul dans le 
même sens : 

Vos pareils y sont misérables, 
Cancres , hères et jauvres diable» v 
. Dont la condition est de mourir de faim. 

3c fais cette remarque , parceque le. Dictionnaires 
ne laissent pas supposer qu'il puisse s<? prendre 
isolément. ^ ■ • 

HERECHERCHE. Insecte colcoptère. boiste. 
_ Je déclare , en ma qualité d'entomologiste, 
.nherecherche n'a jamais été le nom d'aucun in- 
secte coléoptère. C'est peut-être hétérvcere qu on 
a voulu dire , car hitèrocère n'.*t pas dans le Dic- 
tionnaire de.M. Roiste. Quant h ce dernier mot, 
il n'est pas Irançois, il est technique : la langue 
des sciences est universelle. 

HÉSirER. Ce mot est, dans les Dlcùotinai- 
res , au nombre de ceux dont la première syllabe 
n'est pas aspirée; d'après quelle autonté? 



y 



^ 



HKl) '21 i 

Corneille dit dans le Menteur : 

Ne hésiter jaibais et rouf;ir encor moias. 

Est-ce pour éviter le hiatus, comme dit Voltaire? 
singulière raison ! toutes les voyelles aspirées sont 
dans le même cas. Il est impossible de porter plus 
loin la distraction. 

HEUR. Ce mot n'est plas dans les Dictionnai- 
res, quoiqu'il se soit conservé dans cet emploi 
proverbial : // njr a ^u'iie^ç et m«aiheur en ce 
monde. ' 

Corneille en a fait un prand usage, qui n'est 
plus une autorité pour les lexicographes ; niais il 
se trouve encore dans La Bruyère et dans Vol- 
taire. > 

HEURE. Ow dit familièrement sur hs une 
%, heure, pour dire \crs une heure, aux en> irons 
d'une heure ; et, dans cette phrase^ an prononce 
les comme si la première syllabe de une ctoit 
aspirée, académie. — On dit familièrement , 
sans doute ; mais tous les usages vibieux.sont plus 
ou moins femiliers , et le Dictionnaire de l'Aca- 
démie ne doit pas être le dictionnaire du mauvais 
langage. 

F^ers une heure est bon François. 

^ux empirons d^une heure est une platitude 
qu'il faut effacer àe nos livres. 



a> 



2U HEU 

Comme si lapremière syllabe de une étoit €upirèe . 
— Écrive/, à! une; car si elle est aspirée quelque 
pari, ce que je ne crois pas, ce n'est certainement 
pas la. 

» 

HEUREUX, e. Qui est fai^orisé de la for- 
tune. wAiLLY. — Si fauorisé de la fortune signifie 
riche, cette définition n'est ni vraie ni morale. 

Si favorisé de la fortune signifie bien traité du 
sortj cette définition n'est pas morale ; mais elle 

est peut-être vraie. ' 

I ^ ■ 

HIBRIDE. On entend par hibride, non-seule- 
ment un mot composé de deux langues , mais une 
chose qui tient de deux natures , une espèce qui 
tient de deux espèces. 

Les nomenclatures scientifiques ont chargé la 
langue françoise de beaucoup de mots hibrides y 
c'est-à-dire de beaucoup de barbarismes ridicule- 
ment inutiles. 

Pour qu'un mot hibride fut excusable , il fau- 
droit que sa seconde partie eût manqué h la lan- 
gue qui a fourni la première, ou vice versa , ce 
qui n'arrive jamais. j 

HIÈBLE. Plante qui par ses feuilles, sa fleur 
et son fruit, ressemble au sureau, wailly. — On 
pouvoit ajouter : par une très-bonne raison que 
, voici ; c'est que c'est un sureau. 
•H faut d'ailleurs écrire ^è^/e. 



HIK 



'^2\'^ 



HIER MATIN , HIER AU SOIK. C'est ainsi 
qu'il fout s'exprimer à peine de mal parler. Hier 
soir, si commun dans nos prosateurs, et , qui pis 
est , dans nos poètes, n'est nj plus ni moins incor- 
rect qu'/iier au matin. J'avoue qlie cette règle est 
fort arbitraire, et qu'il seroit peut-être difficile 
d'en donner la raison logique ; mais ce n'est pas 
là un argument contre une règle en matière 
de langage, et la Grammaire reconnoît une loi 
devant laquelle tous les arguments s'évanouis- 
sent. : c'est le si volet usas d'Horace. 

HILARIEUX. J. B. Rousseau a dit : 



Noblesse d'ame, hilarieux génie , 

Et don d'esprit par-dessus l'or vanté, etc. 



ol 



Le sage M. Pougens ne pense pas que ce m 
soit de nature à être réintégré dans le langage 
moderne , et il a plusieurs fois raison. 

Hilarieux génie seroit mauvais et plat, dans 
le cas même où hilarieux seroit françois. 

Hiihdeux seroit mauvais et barbare dans le 
cas même où hilariosus seroit latin. 

Hilariùsus n'est pas latin ; c'est un barbarisme. 
Et puis Jj. B. Rousseau savoit-il le latin? ot. 
après tmil , J. B. Rousseau est-il classique? 

HILLOT. Pour valet. On le fait irès-maî dériver' 
d'ilote. Il vient du diminutif /î//b^^ par la substi- 



/ 



1 



2^6 HOD 

tution si commune d'une de ces initiales à l'autre. 
Hib et If illots se disent pour fils et enfants dans 
le patois de Béarn. Quant à l'extension de sens de 
ce mot hillot^ qui représente un vftlet dans cette 
acception , elle est commune à toutes les langues. 
Horace appelle son esclave puer, et le bon Daciei 
traduit élégamment : laquais. 

HODÉ. Très-vieux françois, encore aujour- 
d'hui patois de Picardie et de Champagne. Il 
signifie : lassé du chemin , fotigué du voyage. Par 
quelle étrange bizarrerie les Grecs ont-ils jeté 
leur èdéq^ voyage , leur ècJeûw , je chemine , dans 
la langue antique de nos provinces? En quelques 
parties de la Savoie, oder veut dire partir : je 
m'orfe^ je Bi'en vas. ' 

HOLLANDE. L'usage est pour toile à' Hol- 
lande, fromage à^ Hollande, les grammairiens. 
.— Cela est vrai; mais c'est l'usage des Jjlanchis- 
seuses et de l'office, qui ne devroit pa^ fiiire loi au 
salon. 



\ 



HOMME. Animal raisonnable, académie, 
BOisTE, etc. — •' 

Ce u'est pas quand il est ivre. 

Ce n'est pas quand il a la fièvre. 

Ce n'est pas quand il livre bataille pour une 
préséances 



HOM 217 

Ce n'est pas quand il égorge son semblable pîmr 
une abstraction religieuse ou politique . L 

Ce n est pas quand il trouble son pays pour un 
intérêt personnel» 

Ce n est pas quand il se coiffe de la doctrine 
d'un novateur, des rêves mystiques d'un illuminé, 
des promesses d'un charlatan. 

Ce n'est pas quand il use sa vie en chicanes , et 
sa fortune en frais de justice, à l'occasion d'un 
mur mitoyen. 

Ce n'est pas dans les académies de j^u ; ce n'est 
pas dans les académies d'escrime -, ce n'est quel- 
quefois pas dans les autres. 

Oft auroit très-bien défini Yhomme un animal 
raisonnant. 

Homme ne signifie plus guère mari ou époiia- 
que dans l'usage du bas^ peuple. 

Man^jfUrdïcore dans la bourgeoisie. 
Toux est du bon ton de province. , 
"ère, mèrcj frère, sœur, ne sont plus reccva- 
bles dans une conversation polie. 

Gendre et hru font mal au cœur. 

Et comment s' exprimer,' dira-t-on? monsieur, 
madame, voilà les termes. Répondrez-vous h cela 
que monsieur et madame indiquent des relations 
sociales et non pas des relations de parenté? 
Qu'importent les relations de parenté ? La so- 
ciété ne se raffine qu'aux dépens de la nature, et 
le beau langage qu'aux dépens du bon sens. 



X 




V 



218 



HOR 



<^ 



HORS. Je ne cite ce mot que comme un nouvel 
exemple de la substitution d'une aspiration à une 
sifflante ,.ou vice versd. On disoit également^ors : 
• Tout est perdu fors l'honneur. 

Même analogie entre/ouiret houer, enive fable 
et habler, etc. 

HOSPITALIER. Dacier est le premier qui ait 
transporté le mot Iwspitalier, dans notre langue, 
des personnes aux choses ; c'est dans sa traduction 
de w©s beaux vers d'Horace : 

' Quà pinus ingens , alboifue poputus 
Ùmbram hospitaleni consociare amaitt 
Rami$. 

Dans ce beau lieu oh de grands pins et de 
grands peupliers joignent amoureusement leur 
ombre hospitalière. « Je sais qu il y a des per- 
te sonnes trop délicates qui ont été choquées de 
« cette expression , mais je prendra^ la liberté de 
c< leur dire qu'elles ne paroissent pas avoir beau- 
ce coup étudié l'usage qu'on peut faire des figures , 
c( ni les bornes qu'on y doit. garder. Celle-ci est 
« très-belle et très-heureuse, et il n'y a rien de 
« plus ordinaire, surtout dans la poésie, que de 
« transporter ainsi les expressions de la personne 
t< h la chose , et de la chose à la personne. Les 
a exemples en sont infinis. » (Madame Oxcier , 
traduction de /'OdVssée , Remarques sur le 
//VrpXIV.) ^ 



a» 



i^^^ 



nos '2\9 

' 11 seroit a souhaiter que Je reste ^de la phrase 
de Dacier fût aussi heureux que ceUe expression. 
J*ai cru que le lecteur ne slhroit pas Taché de savoir 
que c'est à lui que nous en étions redevahles, et 
qu'elle lui avoit été reprochée. On a eu bien de 
la peine à foire entrer la poésie dans la langue 
Françoise. 

HOSTIE. 



De tous les combattants a-t-il fait des hosties ? 

a COR'IfKILLE. 

Hostie ctoil très-beau dans le sens de victime , 
mais son acception liturgique lui a foit perdre 
l'autre. Quand on joua le Se j anus de Cyrano , que 
Mirabeau appelle un cours d'athéisme avec privi- 
lège du'Foi , des chrétiens , plus zélés qu'intruits , 
inondèrent le théAtre , déterminés à trouMer par 
un grand éclat la représentaubn de cette pièce 
impie. Mais il y folloit un préèexte ; les vers les 
plus hardis passèrent cependant sans être remar- 
qués , et lé mécontentement des spectateurs rie 
se manifesta qu'à ces mots de la catasJrbplie, qu'on 
prit pour une provocation au plus àfFreux des sa- 
c^-iléges ;- 



Frappe ! yoilà Yhostic. 
HOTE. Substantif k sens extrêmes 



qui reçoit et l'homme qui est reçu 



np5 



fho 



mmr 



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ts» 



HUA 



H U AILLE. Omis. Ce mot vaut -il la peine 
d'être conservé , parce que Voilai fe a trouvé bon 
dédire: 

\» roi cornu d« la hwùUe noire 
Se déridait entouré de ses pairs. 

La Puceile, ch. V. 

Vient-il de huécj comme le pense M. Carpentier ? 
Je serois assez porté à le croire. Il me paroît équi- 
valent à cohue j qui signifieune assemblée où Ton 
hue ensemble. II est au reste bas et même burles- 
que , c est-à-dire d*un degré au-dessous de bas. 

HUILE, s. f. Quoique venu d'oleum qui est 
neutre, et cela parce que Télision de l'initiale et 
l'analogie de la cohsonnance ont peu à peu trompé 
l'oreille et modifié Tusage. Dans l'Est et dans le 
Midi ce mot est encore masculin ; et un de nos 
J)ons écrivains s'y est trompé daps les premières 
éditions de sa traduction d'HoraJe : 

Que l'Attrffl sur le feu rissoleyen pétillant , 
S'élève en pyramide , et soit servi brûlant. 

J'emprunte à Domergue cette citation qui nie 
paroît d'ailleurs inexacte, et dans laquelle je sup- 
pose un vers omis. 

HUMEUR. Ce mot n'est pas le moins singu- 
lier de notre lapgue; les Anglois nous l'ont pii« 



•♦ 



-J 



HUM 221 

dans le sens de gaieté, de caractère vif et plaisant , 
qu*il a eu chez nous jusqu'au temps de Corneille. 

C«t hoonne a de V humeur. / 

Suite du Menteur, acte m. 

Non-seulement nous avons perdu cette accep- 
tion, mais nous Tavons remplacée par une 'ac- 
ception toute contraire. 

Ce n'est pas tout : la valeui* qui est propre à ce 
mot , quan^d on le prend absolument, ne l'empê- 
che pas de prendre un adjectif qui ne la déter- 
mine pas mieux. Quoique humeur ne signifie en 
soi-même , dans ce sens, qu'une fâcheuse et mau- 
vaise disposition de l'esprit, on dit sa-us pléonasme, 
fâcheuse et maiiuaise humeur; et enfin, comme si 
cette valeur n'étoit point identique, mais amovi- 
ble et uniquement déterminée par l'attribut , oh 
la change tout-à-fait eh changeant celui-ci : une 
belle, une^ agréable humeur, ce qui signifie h 
l'analyse une belle, une agréable disposition cha- 
grine. 

Le passage cité de Corneille signifie absolu- 
ment, pour un étranger, le contraire de ce qu'il 
veut dire , à moins que cet étranger ne soit An- 
glois, ou qu'il ne coniioisse très-bien toutes les 
bizarreries de notre langue. 

Comment se retrouver dans ce singulier dés- 
ordre de sens, si les lexicographes ne prennent 
le'soin d'en bien déterminer les cas ? 



222 



HUR 



HURLER . Cest le cri du ïoup. Pourquoi n'ad- 
raettriez-VoUs pas hululer , qui rept*éseîile si bien le 
cri de la chouette , du hibou , des animaux. qui se 
plaig;nent ? Les Italiens ont urlare et ululare qui 
est tout-k-feit latin. Lisez la Philomèle , impro- 
prement attribuée à Ovide, et vous y verrez deux 
ou trois cents nlots consacrés au& chants des 
oiseaux et aux- cris des quadrupèdes et des repti- 
les. Il n^est pas bien nécessaire que nous ayons 
jamais^un poème comme la Philomèle , mais il 
n'y auroit pas d'inconvénient k ce que nous fus- 
sions assez riches pour le traduire. 

HÙYAU. Coucou. BOisTE. — Avec toute l'ex- 
tension doht ce mot est susceptible au figuré : 



Ci-git maître Jacques Tuyau 
Qui de trois femmes fut hujrau. 

HYDRACHNELS. araignées eiquatiques. bois-. 
TB. — - Les hjrdrachnes ou hydrachnés ne sont pfts 
des araignées. Ce sont des Eleuthérales que Fa- 
bricius k fort j-udicieusement détachés du genre 
dytique. ^ j- 



V 



1 



-^ 



I. Substantif. 
\ o Expression abrégée du mot Impériale. S. A. . î 
2" Lettre numérale qui vaut un. 

Acceptions omises. 

Figures familières : droit comme un / ; mettre 
les points sur les i. 

IDIOT. Idiot signifie chez noîis un sot, un 
imbécile, un homme privé de toute faculté. 
Chez les anciens , idiotes signifioit un solitaire , 
c'est-à-dire un homme qui fait de ses facultés Tu- 
sage le^ilus raisonnable, quand la société osi 

mauvaise. 

• *: ^ ■ , 

IDOLE. Corneille Ta fait masculin : 



Et Piaon ne sera qu' u/i idole sacré 

Qii'iU tiendront sur l'autel pour répondre à leur gré. 



V 



^■ 



2^ . . ILL 

La Fontaine de même, v^ -^ de la fiib. viii du 

1. IV: 

Jamais i^ole ^i/e/ ^u^7 fût 

M. Boiste lui donne ce^çenrfe dans le sens de sot; 
je ne lui connois pas cette acception. 

m 

ILLÉTRÉ. Un homme de peu d'instruction. 
L'abbé Desfontaines a dit illitéré dans ce ^éns ; 
mais ce dernier mot n'est pas françois. Il est ce- 
pendant reçu dans l'usage du barreau , pour une 
autre acception non moins essentielle que la pre- 
mière , c'esl-à-dire pour désigner un homme qui 
ne connoît pas les lettres. Ce néologisme paroU 
fort utile. 

ILLISIBLE. L'usage a décidé qu'il devoit se ' 
dire de ce que l'œil ne pouvoit point lire. Quant 
h inlisible, il se dit des choses que l'esprit ne peut 
pas supporter ; le premier a rapport h l'écriture ; 
le second au style : un manuscrit illisible, un 
livre inlisible; et les exemples ne manquent pas. 

IMPÉRATIF. Les Grecs et lès Latins nom- 
moient le verbe par la première personne. Cela 
devenoit impossible dans une langue comme la 
nôtre , où les personnes sont marqqées par le pro- 
nom , au lieu de l'être par une terminaison parti- 
culière. L'infinitif, qui est l'expression générale 




IMP 



1225 



(les verbes , y fut judicieusfemeiit substitué. Reste 
a savoir si , dans un Dictioiinaire vraiment philo- 
sophique , on ne Je remplaceroit pas par rimpéra- 
tif. L'impéraUfest évidemment la racine du verbe ; 
c'est le premier rapport de Thomine a Thomme, 
la demande ou le commandement. Aussi est-il 
souvent moûosyllabique dans toutes les langues 
connues : i, da, die, duc, fac,fèr, vas , viens, 
pr'ends, lis, sois. Cela se remarque encore plus 
généralement dans plusieurs langues orientales 
qui sont certainement plus primitives. Leibnitz 
avpit la même opinion en ce qui concerne la lan- 
gue allemande. L'extension de cette application 
n'a rien qui ne soit naturel. 



W-./ 



Imposer. Prescrire un impôt, et figuréme^K 
^ respect. Avec le pronom en , mentir t)u trom- 
per. Je ne fais cette remarque très-connue , et 
d'ailleurs non négligée par les lexicographes, que 
parce qu'elle Fest trop communément dans la con- 
versation et même dans la langue^écrite. Un édi- 
teur de La Fontaine lui a reproché ce vers excel- 
lent ; 



Letir apparcnre impose au vvilijaire idolâtre. 

Monsieur de La Harpe tombe lui-même dans cette 
faute : Elle en impose d'un coup d'œil a MusUl- 
pha, le chef des pirates. (Cours de Lit t. , t. Vf ) 

1S* 



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l. 



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fc!^:- 



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. . -Ta 



^ 



t>2(î l M P 

M. Dt'liHe rnfin la laisse échapper dans son 
toiichnnl élopo do madame Geoffrin : 

/^ 

Elle reiidoit l'essor à la limidifr; 
Kn iniposoit a la Irmérilé, etr. 

Ef ce n'est malheurensement pas le cas de dire : 

Que railleur à la langue, en dépit du purusme, 

Ose fair<' présent d'un heureux ^niétisme h 

11 n y a point tle solécisme plus essentiel à éviter 
que celui qui peut offrir l'app^ience d*une équi- 
vocrue. 

IMPUDEUR. Los Latiils n'avoient pas im;?zz- 
dor : nous n'avions pas besoin d'impudeur. Il est 
vrai que le rléfaut de pudeur se multiplie chez 
nous sous une foule d'aspects qui pouvept^cxigcr 
une foule de mots ; mais les mots ne nous man- 
quenrpas. Nous axo^^effronleric pour l'/m/jw- 

y Jej/r des femmes perdues; impudence .^onr celle 
des hommes déshonorés, et audace, pour celle 

"^ des scôléiats. /m/7î/^ei^r est un barbarisme. ;. 

4 ' 

' IN. Voyelle nasale. Il y. a une (grande confu- 
sion dans rorthographe de nos ''Voyelles, nasales. 
En se prend pour. «Tz^ et in pour en. On de^ 
mande.si la voyelle in est fran corse , et s'i\faut 
suivre la prononciation un peu raffinée de eerlains 
acteurs, qui disent in-pémeux , in-patient, et non 










-A 



s. 



V 

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r.. ' ikvr 



■wl-w" mi'i'<m'- 



is son 



(lire : 



i éviter 
e équi- 



y impu- 
r. Il est 
\e chez 
L exiger 
s man- 
V impit- 
ur celle 
ir celle 
e.:- 

confii- 
liasales. 
On de- 
s'i\faut - 
eerlains 
, et non 




1 A' A «>27 

ain-patwnt , \\\ ain-pétu('u.r.,Cvsl , «lii-on . siii 
une tradition dé Corneille, (jui étoit ]\urinan.l ; n 
le bon homme Le Maîtie-de-Claville , (jui eioii 
^o^mand aussi , se plaiul vi\ émeut , (juarnnte ans 
a])rès Corneille, du mauvais usa^^e de sou temps, 
qui commence à S4il)stituci- la prononciation ac- 
tuelle à l'ancijenne. Que/la honte pour notre siùcb;! 
i\\\A\ ; tous les jours j'entends dire aintioiho : 
ynXvoiho seroit trop bourgeois pour ees messieurs. 
Je^ne vois pa,s à cela un grand sujet de honte pour 
notre siècle ; mais notre manière d'exprimer le 
son par les lettres est si ridiculement vague , que ' 
les meilleurs esj)rits peuvent tomber tous les jours 
dans des incertitudes de ce gerfNi,j__^- 

INAMUSABLE. boiste. — Néologisme qui 
n'a (jue deux autorités , lesquelles me paroissent 
équivalentes à rien ; celle de Dorât et celh; de De- ; 
moustier. Leurs comédies ont pu trouver souvent 
e l^miUc^inamusable ; mais que n'étoient -elles 
aoiusantes ! 

^INCESTE, Ce mot n'a peut-être jamais été 
adjectif que dans ce vers de Voltaire : 

Inceste, parricide c\. pourtant vertueux. ' ^ 
- ^ . koXtY ^'OEdipe^ - 

Il feut apprendre, aux étramgers que les ^ééri- 
'^ains que nplre langue regarde comme ses princi- ' 

' . , ■ 15. ■ 



S. 



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2t>8 



INC 



pales au Lo lit es »mi uni souvenu \îuK^ les lois, et 
(lire dans (juel cas il l'ont tait ; autrement il résul- 
tera une confusion inextricable de l'opposition 
des définitions dans le Dictionnaire, et des accep- 
tions dans les classiques. 



^ 



%% 



INCONDUITE. Jusqu'il la fin du dernier siè- 
cle , ce mot n'avoit été employé par aucun bon 
éct'ivain. En 1^60 il passoit encore pour un bar- 
barisme. 11 a eu depuis l'autorité de trois romans 
et de (juatre Dictionnaires. 

La conduite d'un homme peut être bonne ou 
mauvaise ; et conduite pris absolument , ne signi- 
fiant qu'abusivement ce que nous entendons par 
bonne conduite, inconduite ne peut signifier le 
contraire. La modification en bien ou en mal est 
nécessairement dans l'adjectif, f^ 

INCONSTITUTIONN ALITÉ, boiste. — m 
pourquoi pas transsubstai\tiationnalité qui a l'a- 
vantage de foire à lui tout seul un vers de dix 
syllabes ? ^ 

Inconstitutionnalité est un mot. de circon- 
stance ; ce n'est pas un mot françois. 

Ne croiroit-on pas lire la plainte du Chiquanous 
i» qui on avoit morrambouze^ezangouzcquoque- 
rtLorguatasacbacgueyezinemaffressé l'œilj et (j-ui 
étoit en, outre esperruquancluzelubelouzerirelu 
dii lalon? 



I 







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INC 



'^J\ > 



w 



IINCONVEiNANT. Un de ces uiuis iju.' l'Ac.i- 
démie iraclmcl point, cl (juc loul le monde croil 
francols. Comme lious n'avons pas radjeetifco/f- 
yenant, y,ivo{iQ qu incorwenuL le vandroh mieux, 
et on pourroit l'appuyer au moins de l'aulorité 
de nos vieux écrivains : Je n'oscroyc^cscrirc , dit 
F'roissart, les horribles faicts et inconvenaljles 
ffiL ils faisoycnt aux dames. 

INCROYABLE, MERVKILLELSK. M. Bois- 
te ne donne que merveilleux, dans le sens de 
petit-maître. 11 a été beaucoup moins commun 
que ces deux mots vraiment liistori(jues , et que 
le lexicographe doit recueillir pour IVclaircisse- 
ment des mémoires du temps. On les employoii 
assez heureusement, en raison de l'ahiis inconce- 
vable que les gens à la mode faisoient de ces deux 
adjectifs prodigués sans nécessité, comme loutcs 
les locutions quadopJele beau monde. Si les Dic- 
tionnaires ne les conservent^)as , les. ingénieus<'s 
caricatures de Vernet 



F 



Aux Saumaises futurs préparent des tortures; 

et il faut savoir, définir un mot fruand les arts 
1 ont consacré. 

INEDIT. On disoit autrefois anecdote-, f[ui 
avoit le même sens , mais qui ne sif;iiifie plus 
dans l'usage que ces petits récits dont se cc>mn(js(î 





h 



«iWH«n<MinmpiT 



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jg. 



I- «. 






1 



230 li\F 

l'esprit de la plupart des gens du monde , et qui 
ne sont souvent rien moins (j^ix inédits. Inédit est 
tlonc deveHunéccssaire , sui4out pour la commo- 
dité des éditeuîf^, à qui je reproclierois [)lus volon- 
tiers l'abus de la chose que celui du. mol. 

INFELIGITE. Malheur^ disgrâce. Il est peu 
usité. oATTEL , EOisTE. — Cc u'est ui malheur ni 
disgrâce ; c'est une né^jation qiii n'a point d'ex- 
trêmes^ et voila pourquoi elle est très-peu usitée ; 
car il ii'y a personne qui se croie heureux ou 
iTialhcureux à demi. 



INFICIER. Nier j contredire. On étonnera 
beaucoup 4c lecteurs en leur apprenant que ce . 
verbe n'est pas François. 

INFIME. « Marmontel regrette que l'usage ait 
jf privé la langue Françoise de l' adjectif //////// 6% et' 
« propose, comme exemple de l'emploi ([u'on ^n 
<( pourroit Faire , la pnrase suivante : d'élever un 
(( lioninie dans un instant du rang infime au rang 
« suprême, ce n'est quun jeu pour la fortune . » 

POCGEA'S. 

On auroit pu trouver moyen de Faire beaucoup 
d'au't,res applications de ce mot dans les OLuv^rçs 
de Marniçyntel. é , 

INFUSOIRES. Oh ne peut se dipenser d'ad- 
metlrç ce mot dans le Dictionnaire , puisqu'il 



va 



mmrnmmmmmsmimÊ^mm 



^^f 



1 

i 

i 



et qui 
dit est 
:)mmo- 

volon- 



désigne inaiiitenaiU uue grande classi' d'animaux. 
11 faut de nouveaux mots pour de nouveaux êtres, 
pour de nouvelles idées; et les langues s'enri- 
chissent nécessairemeal avec les sciences. 



i.st peu 
leur ni 
: d'ex- 
Lisitée ; 
;ux ou 



onnera 
que ce . 



lage ait 
'/ne, et^ 
l'on ^n 
ver II 71 
u ranf^ 
Uine. » 
s. 

lUCOUp 

Euvrçs 



r d\Td- 
[isqu'il 



INGENUITE. C'est ce cjue Va «venargues dé- 
finit sincérité inij^cente ; et on demande à \ au- 
venargues ce que c'est qu'une sincérité qui n'est 
pas innocente. Il n'y a rieii de plus facile ijue de 
disputer sur les mots; mais c'est ce ([ui n'arrive- 
roit pas si l'on s'entendoit sur les définitions. 

On nomme ingéniulé, en argot de comédien , 
le rôle d'une jeuiie fille innocente et simple comme 
il y en a-cncore beaucoup dans les comédies. Les 
excellentes ingénuités sont fort rares au tliéàtre, 
et les véritables ingénues ne sont pas coiumiines 

dans le monde. 

* ■ • 

INHABILETÉ. M.>nsieur de La^ Ilaipe dil 
inhabilité : c'est un latinisme, ii la vérité; mais 
c'est un barbarisiYie en franc ois. , 

Ce mot est refcu au barreau. — C'est une raison 

(le plus pour cjue ce mot soit un barbarisme. 

£ ^ ■ ^.- 

INHONORÉ. O Dogeron , ta cendré inlio^io- 
rée repose dans quelque endroit peut-être in- 
connu de Saint - f)oniingue ou de la Tortue. 

RAYTVAL. — J 

' . Ffs \f\\\s ont ilispers»'- la «TiKlrr lïihonnref. 



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Il est certain que ce mot exprime une autre 
idée que déshonoré , celle d'une cendre injus- 
tement prwée d'honneurs; mais, s'il y avoit des 
mots pour toutes les nuances de la pensée , il n'y 
auroit plus de poésie ; toutes les langues seroieut 
réduites à un positif absolu et mathématique, qui 
interdiroit toutes ressourcés h l'imapination, tout 
développement à la pensée. Ce perfectionnement 
estsansdoute fortdesirable dansla langueusuelle , 
oii il est bon de tout dire exactement ; mais il tue- 
roit la langue poétique. La langue poétique par 
excellence est celle qui a le moins de mots contre 
une idée, et qui ne peut exprimer de nouvelles 
idées ou de nouvelles combinaisons d'idées que 
par des figure^ 

INIGISTE. /t'jMzfe. (vieux.) bopste. — Pas plus 
que l'institution , qui étoit assez pouvelle , rela- 
tivement h notre, langue, et qui n'a point envie 
<le -mourir. 

INIMITIE. ZTafVzejoup'erfe et durable , rHal- 
Oeillance , aversion, boiste. — La haine ouverte 
s'appelle aversion ; la haine durable s'appelle ran- 
cune. La malveillance est un effet de la rancune 
ou de l'aversion. L'inimitié est un sentiment près- 
que négatif, qui peut n'être ni ouvert^ et alors il 
s'appelle perfidie), ni durable (et alors il s'ap- 
pelle brouillerie ) , ni malveillant (et alors c'est 



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le juste mécontenteraëiit d'un hniiiine olletisc 
mais généreux). 

INSECTE. Petit animal dont le corpx t-st 
compose d' anneaux ou de segments. BoisTii. — 
Les crustacés ont le corps composé < d'anneaux 
ou de segments, et ne sont pas tous de petits ani- 
maux. H en est de même des aranéïdes ; et l'arai- 
gnée aviculaire n'est pas un petit animal. 

Les insectes sont des animaux invertébrés , sans 
vaisseaux , qui ont des membres, des nerfe, et le 
corps articulé- 

•_'/.■ 

INSEGTIER. On est convenu jjéwéralemeni 
de ce mot pour* désigner le meuble qui renferme 
une collection d'insectes. On le lit déjà dans la 
Flore des insectophi les de Jacques Brez, 1791 
Il est vcai qu insectophile ne se trouve pas plus 
dans lés Dictionnaires quinsectierj et qu'il n'est ,' 
pas bien sur qu'ils doivent s'y trooVirrJàjnet l'au-'. 
tré ; mais alors , et ne l'oublièfls pas , îLfapt ne;- . 
cessairement des Die tionnài res spéciaux , -e t , poit V 
leur éqmposition, il faut des^ jsociétés, !9/7er'fYi/('v , 
car on doute quJune sOiÇiélé particulière Saclieiou I . ■ 

Remarquons au reste Jen passant (iiiinsccto-- 
logie et însedtophi le sont msi^ cùnslmhSf cornnîr^ 
tous les mots coihposés , dont lest' éléments Sojif 
t;mpruntés de deux langues r^ est V/z/oma/^fV.. 
etparconséquent^c ost éritomôphilc qiiYlf^uùVir**..^ ' ': 



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INTENABLE. En parlant d'un poste, d'une 
. place, d^ilhe position, surtout dans l'usage dé la 
fjuerre. Mot très-utile , d'un emploi irès-fréqu^nt, 
et auquel il faut suppléer par une périphrase qui 
n'est pas plus correcte ou qui est moins expres- 
sive. Il vaut mieux le recevoir. 

INTERFOLIÉ. Se dit d'un livre où les feuil- 
lets d'impression ont été séparés à la reliure par 
cjes feuillets blancs, pour l'usagé des gens de let- 
tres, qui lisent la plume à la main. Les Anglois 
àh^nl interleavcd , qui est dans leur Dictionnaire. 

Les premiers typographes, qui étoient éminem- 
ment let:{rés7T&tj:jui imprimoient pour les savants, 
avoienl pourvu à ce besoin par differcnts arti- 
fices , soit en laissant en blanc un des côtés du 
feuillet , Gonime dans les Parodiœ morales d'Henri 

■ . Estienne; soit^n tirant les livres usuels sur très- 
,grand papierT^omme }es Institutiones Juséinianœ 

"dos Gaesbeck ; spiten interlignant outre mesure , 
^mmc .4^ns la^plupaïd des éditions princepSj et 
des livrés-anciens, a Fusage dès classes. \^ 

Ohiis; ® • ^^ - -: _ ; ; ' 



v> 



".N* 



INVAINCU.** Ce4iôt, dh Voltaire, n'a été 
employé qùe^par Corneille. 7> ~. ,- Ç^ 

E*3icép^té Saiht-Anaant: , ^ Ij 



(]çs fameuv, biberons à tau|>er Im^ahuas. 



La Fresn 

' ,^ Faii 

^ Ard 

Ronsard 

As» 
El t 
lie 

jCorneii 

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Cel 

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Cestcel^te 
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INV 235 

La Fresnaye Vauquelin, en parlaiii d'Achille : 

'^Fais-le brusfjtie el liautain, actif et convoileux , 
^^ Ardent, impitoyable, i/wai/icu, dépiteux. 

Ronsard : * 

Assemblez «ur mon corps la France et ritalic, 

El toutes ces cités qui subirent les coups 

iJe ma dextre iiwaincue, cl in'entenez dessous, elc. 

Corneille a dit ; . 



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Ton bras est invaincu:; mais non pas invincible..... 
Ce bonheur a suivi leur courage i//p'a/>/cM.... 

On e.çpère trouver cette belle expression datas 
les futurs Dictionnaires de notre langue. « Elle 
« si(;nifie autre chose qu indompté, dit judicieu^i^ 
<c ment Voltaire. Un pays est indompté, un guer^ 
i( rier est ini^ ai ne u. n 

Uy a une petite autorité qui prévaut parmi les 
puristes sur celle de Corneille et de Voltaire. 
C'estcel-l^ d'un Dictionnaire d' oithogr'ciphc ^ oùll 
est. dît i[\iinuaijiùu est un barbarisme ; mais Tau- 
torité d'un Dicti'onnnire n'est pas invincible. 

1 INVESTIGATiON. Ce ^of^u'étoit que de 

^lontaigne; il ne fiit recuçilllque par.Furctière, et 

con^ijyé que dans l'excellent Dictionnaire de Tré- ' 

vou»x. J.J. Rousseau priit;^ liberté de Texhumer 

de ce livrevajB*fclJb^Bàe.â et les granajadrpkns k la 





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236 



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suite le lui reprochèrent si amèrcmeiil , qu'il se 
crut obligé a exprimer sa juslificalion dans ces 
paroles mémorables et modestes. « Je puis répon- 
« dre, dit-il, que, quand j'ai hasardé le mol in- 
(( ^estigation, j'ai voulu rendre un service à la 
(«langue, en essayant d'y introduire un terme 
<c doux, harmonieux, dont le sens est déjà connu, 
« et qui n'a point de synonyme en François. » 
A parler sincèrement, investigation n'est pas 
. fort dowx, il n'est pas harmonieux ,^et, qui pis 
est, il n'est pas composé dans ses analogies fran- 
çoises; car, im^estiguer nous manquant, eiiAestige 
étant le seul mot de sa famille qui le rappellcf, il feu- 
droitdireini^ejf/^/a^io/j^poursefairecomp'reri;drë, 
jCOBrfme l'on dit prodigieux et prestigieux. Je ne 
ferois pas cette observation sur un mot populaire, 
pa rce que les caprices du langage populaire devien- 
nent essentiellement, et sans aucun motif rai- 
sonné, des usages et des lois; m;ii8 il seroit à souhai- 
ter que les gens de lettres et les savants fissent 
bien les mots, quand ils ont besoin d'en foire. 



La gentille alouette avec son lire lire 
Tire l'ire à l'ire, etc. 



; Cfi mot n'est pas un de ceux auxquels IV1 . Boiste 

la »ote de vieillesse, et on peut douter 

t qu'il ait été employé depuis Du Bar- 

vois pas toutefois qu'il ait été remplacé 




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vj?,: 



chez noi 

IVRA 

aboriuni 
le dévelc 
elle se ti 
du labot 
thograph 
perdre i 
comme e 
thongue 
combina: 
Ja mélop 
parfaitén 
tée qui r 
prononce 
ce coméc 
nachs , s 
voient pa 
vandalisi 
onhogra 

IZESC 

soixante 
tendoit g 
on ne sai 
^ens qui 
ne se son 
de Zoroa 
substanti 



'>#4')i 



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ÉMiilMlpi 



wmmmmmmi^mmgfj 



tmimmimm 



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IVR 



237 



chez nous , puisquç coléré n'*osl pM^fraiicois. 

IVRAIE, IVROIE. ACADÉMIE. — D'«/^ono;, 
aborium , parce que l'iVraze ou i\^roie empêclie 
le développement des céréales pgrifH lesquelles 
elle se trouve semé€, et fiait auortcr l'espérance 
du laboureur. L'étymologie a disparu dans Vor- 
tliographe italianisée de Voltaire, qui nous a fait 
perdre aussi la- vraie prononciation du mot , 
comme elle nous fera perdre partout la belle diph- 
thongue oi (àa) qui est une des plus heureuses 
combinaisons de sons que la langue ait prêtées h 
Ja mélopée et à la musique. Il y a plus : je suis 
parfaitement convaincu que c'est la poésie chan- 
tée qui nous l'a conservée jusqu'ici , et que nous 
prononcerions craire, victairc et glaire , comme 
ce comédien de province, fameux dans les alma- 
nachs , si les traditions de l'opéra-comique n'a- 
voient pas défendu notre prononciation contre le 
vandalisme des grammairiens h la suite, et des^ 
orthographiers patentés. 1 

IZESCHNE. s. m. Ouvrage de Zoroastre en 
soixante-douze chapitres. — boiste. On nie s'at- 
tendoit guère à voir Zoroastre en cette affaire , et 
on ne sauroit s'imaginer combien il y d'honnêtes 
;gens qui croient savoir un peu de François , çt qui 
ne se sont avisés de leur vie ([u fzeschnéj, ouvrage, 
de Zoroastre en soixapte-douze chapitres, fut un 
substantif masculin. . 



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Jadis ; i 

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. prover] 
Jariiac 
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de Loi 
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J. Substantif. 

Lettre numérale qui valoit cent. 

Acception omise. 

JADIS. Adverbe qui a été adjectif, et qui l'est' 
encore dans l'expression commune : au temps 
Jadis ; ce qye tous les Dictionnaires oublient. 

JARNACi. M. Boiste donne ce mot pour le nom 
d'une espèce de petit?poif;nard. On l'emploie aussi 

.proverbialement dans celte phrase : le coup de 
Jarnac, à laquelle le fameux duel de Jarnac n 

•probablement donné lieu , si ce n'est le meurtre 
de Louis de Bourbon, tué en 1 569 par Montes- 
quiou, sous les murs de la petite ville de Jarnac, 
et qui put passer en proverbe, comme le coup d'un 
assassin habile. "^ 



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LUO JE A 

JEAN. Nom (riiomme devenu substantif. 

Jean ! Que dire sur Jean ? c'est un terrible nom , 
Que jamais n'acrompagne une épithète honnête. 

DESHOUI.IÈRKS. 

Les Dictionnaues ont oulîTîé de nous in- 
struire de cette faculté péjorative du mot jean^ 
et de l'acception non moins commune qu'il re- 
<oit isolément. Tout le monde ".ait ce que c'est 
qu'un Jean; mais il est plus difficile de rentire 
raison de cette attribution de sens. Les Jeans les 
plus illustres de notre calendrier n'auroient paà, 
fifTuré dans celui de Bussy, si je me rappelle bien 
la lé(jende. Il est vrai que le peuple écrit commu- 
nément jea/i gou, pour gengou, le nom barbare- 
ment frfïncisé dîun certain ^'cw^a/^/iw^^ dont 
l'histoire est fort connue ; mais cette étymologie 
est si vulgaire qye j'en ai honte. Au reste, la 
question laisse abondante matière à conjectures, 
et il ne faudra pas aller loin pour trouver ailleurs 
un autre Jean qui fasse les honneurs de cette lo- 
cution. Ce né sera pas la peine, pour cette fois, de 
recourir au celtique. 

JECTIGATION. Tressaillement du pouLs^ in- 
diquant le mouvement du cerveau, boiste. — 
Cette définition peut être reçue ; mais, puisqu'on 
recueille des termes de médecine ,,il ne faut pas 
négliger les diverses acceptions qu'ils ont pu rece- 



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voir defl 
jonrd'lù 

Van 
pèce d'é 
ce qui n* 
pould. 

cadémie 
gent* Bo 
c[Di assi 
qui y rei 
jetops q 
cation d( 
de IMiÇ4 
90ientbe 
vreié. Oi 
distincti< 
la riches^ 
prit, si| 
Il semKl 
cette sul) 
ciétë,/né 
presque i 
trouv4?J 

Obàeri 
écrits qu 
sortl#^ 
dteiaen 

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JET . 241 

voir de» mattres de la science, fusdent-elles au- 
jonrd'liui en désuétude. 

Van Hellnont définit la jecdgation une es- 
pèce d*épilepsie, etSennert une simple jactation ; 
ce qui n*a aucun rapport avec le tressaillement du 
pouls. 

cadémie ^ue pour receuoir ses jetons d ar- 
gent. BOUTE. — académicien exact el labcmeux, 
qui assîstoit régulièrement à rAcadém^^et 
qui y recevoit par conséquent très-justement les 
jetons qui lui étoient atl^bués. Cette qualifi- 
cation dérisoire « dette définition insultante, §ont 
de l^fiiçon des académiciens masqués q^i mépri- 
s<c>ient beaucoup le travail, et beaucoup plus la pau- 
vreté. Où ne se glisseront pas la sotte vanité des 
distinctions sociales, la morgue impertinente de 

la ricbes^ y etlepersifflageindécenidu mauvais es- 
prit, si/ les académiciens n*eii sont pas exempts ? 

Il semble qi|e là v par exception, devrçit régner 

cette «dblime égalité qui , pour le reste de la s^ 

ciété,/né sera jamais qu'une chimère ; et on ^ 

presque mortifié , pour Thonneur de Fespèce, d'y 

tronv^i^ip^ ]l9iiunes tout aussi' petits qu'ailleurs. 

Observons seulement , en paésant , que tous les 
écrit» qui 0iit,^OtiQ]ré F Académie françoise sont 
sorti» 4à^^^^ jetorUen ; et que les aca- 
<lémicieiwi d|^jp|%|i|| et naissance auroient 




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242 • ' JON 

couvert cette société de ridlcule„, si les autres «c 

Tavoieitt coûvei'te de"%loire. " 

JONCHETS. Petits bâtons menus..,., amc f^; 
/e5<7ii^ij on /oue. — Il foUoit ajouter : > 

U Ou ils*»ont ordinairement d'os ou d'ivoire^ 
2° Que leur nom vient conséqu^mment d'o5ci7- 

iïim^ diminutif d'o5. ^^ J , 
3«.Oued'o5i?i7Zi/m:on a fait. UalUreïlpment oncjiet^ 

et lioH pa* 7 o/icAct. . - / ^* \' . ^. 
40 Que ce nom à'onchèt est lé seul François et le 
• seul usité , quoiquUl ne 5e trouve^ipas :d^ns le 

DicUonnaire. , «• 

JOUfe. Tout le monde'ne connoîVpas la bizarre 
et cependaut^ certaine étymologie /ie ce mot* Il 
vient de dieSj par diun^s, qui a dOnn4.^>ix Ita- 
liens giorno; €t, comme àlfana, il à beaucoup 
cbangé suç la route. f^ . / 

,§ Inutilité curieuse. X 



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les autres iic 



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K. Substantif. 

Lettre numérale qui a valu iÔo, et 25o,ooo avec 
la barre horizontale (K).* 
Acception omise. 

V, 
KILO. Élément dé noms numériques dans la 
nouvelle méthode. 

Pour se conformer à Fanciènne orthographe il 
auroit fellu écrire chilo ; mais cette innovation 
n.est condamnable que parce (fuselle est partielle. 
Pour se conformer à Tétymologie , il falloit écrire 
au moins kilio. Kilomètre ne représenteroit k un 
homme du dialecte Dorien que mes$ire de rdne,: 
et , puisque nous écrivons pour }es Grecs , il ne faut 
pas les tromper. Voyez OMILI ARQUE. 

KYRIE ELEISON, s, m. boiste. — On dit le 



« 



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\. 



2U KYR 

Kyrie eleXson, comme le Gloria patrie comme le 
Domine, saluum foc regem, satis que cette usur- 
pation elliptique de Tarticle transforme la citation 
en substantif. On dit ainsi , le Qu*il mourût du 
vieil Horace, le Quoùs^^ue tandem des Catili- 
naires, et ce ne sont point des substantifs. 

Tabourot , surnommé le seigneur des accords , 
s'égaie aux dépens d'un M. Gàulard qui eroyoit 
que les Grecs disoîent la messe en latin , parce 
qu il étoit arrivé au Kyrie ei^ïson. M. Gaula rd 
pourroit croire aujourd'hui à meilleur droit que 
les Latins la disent en françois , quand ils parlent 
grec. Il auroit l'autorité du Dictionnaire: 





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\ 



trij comme le 
De cette usur- 
me la citation 
il mourût du 
n des Catili- 
antifs. 

des accords , 
'd qui croyoit 
i latin y parce 
M. Gaula rd 
Bur droit que 
nd ils parlent 



X . » 



S 



L 



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m. 



Xàn. Substantif. ^ ^ 

1 ** Lettre numérale qui vau4 5o , et 5o,ooo avec 
la barre horizon taie ( L ) . 

2Pv Expriession abrégée du mot /«Vz-e^ dans le 
comnierce. , ' 

3/* Expression abrégée dû mot leurs, dans cette 
abréviation LL. AA. ou LL. MM. ( leurs altesses 
où leurs majestés), comme S. du mot son on sa, 
daris cette abréviation prise au singulier. 
)tions omises. 



EAPIS-LAZULI. Mot composé de deux lan- 
gues , et dont l'étymologie est peu connue. On 
sait ce que signifie lapis ; quant à lazuli pour la- 
zuri, il est du jf^ersan lazurd, qui signifie hleu- 
éclatant , dont nous avons fait aussi aziir, avec 
Taphérèse de Finîtiale, ou plutôt en confondant 
cette iaitialè avec rarticlc , tazur. 



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. LARIGOT,; Céto\t IfiVnôm d'une espèce de 

flûte. B6ire à tim langoà y^é,\Si}i ce, que le jpeur" 

pie aippellç encore siffler ^' Jfiûti^r > ùhalumer. 

Cette analogie triviale est in<Q,ijlté$tablc, malgi'é 

ia Rigaut_y ciocne de Rpuen , et le piîov«»rbe connu , 

boi^comme des sonnçut$» '■' ■■ 



/ • 



». 



LARMIER. Cest aussi ^ outre les définitions 
reçues, cette espèce de fenêtre ébrasée qu'on pra-r 
tique ^i; niveau des>pavés pour ^éclairer les caves 
et les cuisines soutei^raines. 

LARVES. Terme d antiquité. -^ Il faudï-oit 
^antiquités. Le mot tcql^nique seroit. ii'«rc^eo*- ' 
logie. C'est aussi un mot de mythologie, de poésie." , 

Filles de TAcbéron, PiMles, Laru^^ B'urié»..:.. 

COAKUJLLK. 

C'est aussi un mot d'histoire naturelle, et cette 
dernière extension est fort ingénieuse. 

LAS'-MOI. (On ne prononce pas le s. ) Excla- 
mation plaintive qui est propre à la Franche- 
Comté. Les Bourguignons disent hélas moi ! Les 
Italiens ont ohin%e, qUi est très-analogue , même 
pailJeso^jetLaMonnoyerertiarquefortbîen qu'il 
' n'y a presque aucw^ différence entre Yohimeou 
oïwé (Jés ICaliens ,;^t le yi;fl^ de l'empereur 
Claude, àdJi^ VjipocplçkjntQsi^^^ ' , 



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LE 



' 247 



e espèce de 
î.que le peur- 
^ chalumer. 
(ible, maîgi*é 
^ï>rbe connu , 



;9 définitions 
ée qu'on pra-T 
irer les caves 



-^ il fa u droit 
ïih d'archéo-' 

ri«, de poésie. , 

iriés..r.. 

NfBJLLK. 

relie, et cette 
îe, 

le 5. ) Excla- 
la Franclie- 
las moi ! Les 
logue , même 
fort bien qu'il 
,re Volume ou 
e l'empereur 



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Cette langue (Jnlxjrjective de la doulcu*' et de; 
la plainte est ciiïle sur laquelle léà Jiomnief sont? 
le plus universellement d'acèord : c'est'la pre^ " 
mière qu'ils aient apprise, i '. ■ 

■ ■:■ ■ ;■■ •■ ■ '. ■ 'i '" " ; , . « ■■:. . •■^••i • ■ '. :. 

LI5 , Là. De itous les mots ^.scns extrêmes, il 

n'y en a point cle plus remarquable que l'article. 
Jilf/; qui est article dans les langues orienUilos, et 
.;qyi;yj est aussi le upm Je Dieu, devie'nt celui dû^ 
, néant par sa métatbèse en id i mais du moiir\s la ^ 
tùératlièse le modificw n'en est pas de même 
clieï les Italiens et clie^. nous , où rarticle lui- 
méhie/mmor//^e attache aii nom propre qu'il 
précède^ tantôt Tijée d'une grande supériorité 
n^ioraJeet civile, tantôt celle du plus lionteux avi- 
lissement. Çkez nous, en particulier c'est l'ar- 
ticle qui constitue le nom des nobles, et qu(îlx{ue- 
iPois même la noblesse ; mais il a la propriété très- 
opposée de désigner'aussi ce qu4l y a de plus bas 
dansl'ordre social , c'est-k-dire lesllles publifiUes. 
La plupart des lexicographes ajoutent les comé- 
diertnes , ce qui est injurieux et déplacé ; car une 
con^dienne^n^ést pas une femme riiéprisable parce 
qu'elleestcomédienne ; et, quiplusest, les femmes 
du peuple , ce qui est infome ; car il n'y a rien de 
nécessairement ignominieux h être du peuple. 
Dans tous les pays du monde on croirpit que les 
langues sont foites pour une caste. i 

LÉPIDOPTÈRES. Imectes à quatre ailes J 

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248 



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BOisTE.— A quatre aile« colorées. Les névroptères 

elles hyménoptères sôni a^issi 4es insectes à quatre . 

ailes; mais leurs aites sontoiues et transparentes. 
. ■ * • ■ '' ' 

LETTRE. J. f. — Il est aussi masculin au plu- 
riel dans çQ sc^lécisme dé chancellerie -.lettres 
royaux^ 

Auguste ne put pas donner le droit^de cité h. 
mVl mot fort élégant. Ghilpéric ne put pas &ire re- 
cevoir quatre lettres fort utiles a nôtre abécédaire ^ 
mais les vieuxbarbarismes seplerpétuent tant qu on 
veut. 

LETTRES DOUBLES. Elles ont été suppri- 
mées par Piron , par Duclos , par Diimarsaîs, qui 
est surtout une grande autorité. Cette* réforme a 
««ne apparence de philosophie \ mais il n'y a point 
dé benne réformé particulière, et celle-là ne ser- 
viroitqu*k simplifier Forthographe sansTamélio- 
rer sensiblement. Encore y a-t^il des lettres dou- 
bles qui Croient nécessairement exception, comme 
celles de commotion _, d*erreiir^ êi immensité, qui 
sont caractéristiques et pittoresques. On ne ré- 
pétera jamais asses que notre orthographe est dé- 
testable ; mais il ne faut pas trop se laisser Prendre 
à r esprit de réforme en orthographe, dins un 
temps où chacun s'est piqué d'avoir la sienne, 
-jusqu'à Rétif. ' 

LEU. Loup (la fowtaiwe). BoisTE>-:--La Fon-* 
taipe 9 dit eu effet : 



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1 V 



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LIB 



249 



Et ée dicton picard à l'enlour fut écrit : 

. «• Biaux.chires leus., iréouutez mi^° 

-.* « Mère tenchent son fieu qui crie. ^ 

Leus ou. leups n'est pas plus françois que biaux 
chires; et La Fontaîue, qui ne foisoit pas un Dic- 
tionnaire, en convient naïvemejlit. 

Ce qui reste à ^voîr, c'e^t si un Dictionnaire 
des dialectes n*iroit pas bien à une nation à qui 
Ton promet tant à^Homères, 

LIBELLE. Ce mot a un peu varié depuis le 
latin, où il ne signifioit communément que peùit 
écrit; car le libellusfamosus de Suétone ne signi- 
fie proprement qu'w/ïc brochure qui a fait dà 
bruits Tous les petits écrits ne sont pas essen- 
tiellement méchants , et tous les écrits méchants 
ne sont pas éssentiellement/^etits. Je ne parle pas 
des méchants écrits y^ car chacun sait qu'il y en a 
de toute sorte. Ces mots , un gAw //^e/Ze ^ qu'on 
a souvent occasion d'employer , sont donc un so- 
lécisme étymologique , mais hien consacré par la 
lang|ue. Libelle s'est d'ailleurs conservé en droit 
dans sa première acception , et personne ne doute 
qu'il y mérite souvent toutes les deux. 

LIMAÇON. Insecte rampant. ^boiste. — Ver 

qui rampe, comme tous les vers. 

l ^ ■ 

lAjjnquill^. Cette double lettre, qu'on ap- 



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peUe improprement mou ^iée'j est une consonne 

, particulière cominé le.^/i , comnfé le ch j et d'au- 
tres encoreVQiibnd' M. Gattel essaie de la ré- 
présenter a Fitalienné , par le •tétta gramme glie, 
\ yi\ met une orthographe absurde à la place d'une 
orthographe ridîctiliB.^Ôu soti Dictionnaire est fait 
pour c)cs François y° et ^ors^'^ méthode est inu- 
tile ; ou il est }feit' pour les jétrangej^ qui àppren- 

, neiA -la langueiet alor*? elle ^tr dangereuse. Ja^ 
maïs un espa gnpi** ne verra softi n'ti'ldé- da^is la 
bizari'e aggrégation- des lettres •o'', et /i /jamais .vm 
' lecteur quelcbiaqU(i ne verra d'ansJe Jnot^^ie/ 
que ce qui y est , <î'èst^-diré un vocable incoi^nu , 
et qtii n*kppar(΀nt°k aucune langue. Ce seroit une 
idée heureuse et^mème sublimé dïie celle li*un 
Dictionnaire de. prononciation , s'il existoii une 
langue qui put peindre Pà|^dc8 signes "exprès tous 
les éléments dti^ langà^eT^ais si cela -e^l impos- 
sible dans l'état de nos alphabets; si Tonne peut 
Suppléer à cette défectuosité saris un abécédaire 

\ focticç^; si l'on ne j>eut doiinèi: d'utilité à cette in- , 
vention "qu'en obtenait pour elle, et une publi- 
cité immenae et tine approl?ation universelle, à 
"quoi sert-îl de s'en occuper jusqu'à nouvel ordre ? 
Je ne doute pas toutefois que les langues euro- 
t péennes ne finissent par se ranger, sinon sous un 

, Dictionnaire com*nun , au moins sous tin alpha- 
bet coàimun, Infiniment perfectionné. Il fout pour 
cela une grande puissance politique qui donne la 
m^e unité aux autres parties, du système social , 



.1- ,e 




LUC , 254 

de ce genre d'unifbrmilé devant résulter, par uhq 
. conaéqucnce nécessaire, la nécessité de simpli- 
fier tous les moyens de coitmiunication des hom- 
mes entre eux. Il fout pour cela une autre puis- 
sance^ encore, plus grande, plus absolue, plus 
assurée que la-|)remière , celle du temps. 



• LUCIFER. C'est le nom dé la planète de V^- 
lîus. Une apostrophe d'Isaïe à cet astre a fait croire 
que Jjuçifer étoit le nom d'un ange de ténèbres, 
ce qui seroit une. singulière ironie , car ZrMCf/èr 

' signifie, comme on sait, tout .autre chose. Il' faut 
restituer a chacun ce qui lui appartient, et laisser 
à une brillante étoile la qualification de porie^lu^ 
nuère , qui^ied très-mal à un damné. 

LUCUBRXtEUR; Un homme qui lucubre , 
qui s'occupe d'élucubration. Ce terme, un peu ha- 
sardé, a l'autorité de la poésfé :. je Ip lis au troi-^ 
sieme chant du poème de /c^ Corti^er^«^iow. 

LURON. Ge mot très-caractéristique , très-po- 
pul.iire , sans être trop trivial , et q^e notre Dé- 

, saugiers, toujours si correct, a souvent employé 
dans ses délicieuses chanson^ , né se trouve dans 

' aucun Dictionnaire. Il y a plus : on ne lui con^ 
nbît aucune analogie immédiate , et la lettrine 
iur^ qui exprime Une des racines les plus gracieuses 
et les plu^ fluides que puisse articulet" la voix hu- 
maine, est tout-à-feit inusitée chez nous comme 



\ 



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4Ê 



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J 






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N- 



252 • , • " LYC 

initiale. Je ne terois pas éloigné dé croire que 
luron est fait de ce mimologisine commun du clia|j||^ 
et de la datfse , de ce trala deri dera qui suppléé 
aux paroles et quelquefois à T» musique dans les 
\fêtesjoyeuses ârn peuple^^, et qui a fourni aux vieux 
chansonniers, entre aujtres gais i^frains, luron, " 
lurette, et lalure. Un luron ne demande qu» 
cliantér et à danser. Ma lurette est devenu dans 
ce sens un nom de femme. Dans le langti^^ gri- 
^vois , on appelle une fille de mœurs suspectes uàe 
lonladerirette , une /uro/ine. **Ménage nauroit 
pas n^anqué de tirer luron de Vitalien lurcone, 
un homme de plaisir , un voluptueux, un gour- 
mand. S'il n'avoitpas IVrigineque je lui attribue, 
je le çhercherois^lus volontiers dans leé lan|;ues 
du Nord. C'est à elle$ que nous devons son com- 
plém^Bt dans le'toot ^^e/ureau, littéralement un 
bon lureaù ou un bon luron. Nous avons conservé 
cette deriiière e^^ression en adoptant Tautre. 



LYCEE. Zdeu consacré à *r instruction, aca- 
DEMIE. Si quelque those prouve très -explicite- 
ment que les langues ont été données , eest l'im- 
possibilité ou nous sommes de les (aire servir à 
nos idées, k nos institutions, à nos découverteij , 
saiis demander au pasté, et qui plus est aux lan- 
gues qui > n'existent plus, des éléments de mots 
presque toujours fort étrangers a ce que nous 
avons l'intention de dire. Npus possédons deux 
temples voués au cul te .^e plus pur des Muses j 




V 



LYC 



253 



Tun est celui àeê Beaux-Arts, l'autre est celui de 
renseignettient. Avec l'aide des Latins, nous 
avons appelé le premier maison de loups ^-^t , les 
Qjrecs aidant , le nom du second peut signifier 
une tanière ou une peau de loup. En françois 
pur, cela Àe signifie rien du tout. Nous sommes 
bien de notre pays. . 

LYCX)PHRON. Ce motestdevenu un substantif 
de la langue, pour désigner l'auteur obscur qui 
enveloppei sa pensée de voiles impénétrables, par 
allusion a ce poète de l'école d'Alexandrie, qui 
parvint à faire sur CaJ^aTi^re une espèce d'épopée 
mystique , beaucoup moins claire que les ver& 
Sybillins. Je crois que les Dictionnaires ne peu- 
vent pins se refuser à l'admettre, car le temps ne 
paroit pas loin où cette personnalité deviendra 
presque jgénérique. 

LYMÉXILE. Espèce de cantharides . boiste. 

— Les auteurs françôi) disent lyméxilon, et non 
pas lyméxile. 

il n*y a aucun rapport enjre les lyméxilons et 
les cantharides, en telle méthode qu'on les prenne. 

/ LYSÀRDEouLlSARDE. Lézardgris. Bt)isTE. 

— Mauvais patois. ^ /* 



V 



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w ^p p ii M .B.i ^ iie i iii j 



if-W- 



lES' 




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-4^ 



1^ 



M 



M. Substantif. 
1» Expressioaabrégée du mot Majesté, 
Jio Expression abrégée du^piot Monsieur. \ 
3^ Avec la barre horizontale (^)? lettre ntimérrile 
qui vaut iin million, 
cception» omisess. 

MACEDOINE. Ce mot est du Dictiorinairo 
des jeux. Il est aussi du Dictionnaire de la cui- 
sine , et il commence h pas^r dans celui' de la lit- 
térature , au moyen d^une extension fort jutli- 
cieuie. Il s'est probablement employé d'abord en 
parlant d'un mets très-composé , par quelque al- 
lusion à cette variété incroyable de peuples au x-i 
qiiels Philippe et Alexandre firem subir les lois 
de la Macédpine, et dont on remarqua les vête- 
ments divers et confus dans les a rm*^ es de ce der- 



% 



w 




y 



^ • 



; ■ 



256 MA.G « ^ 

nier. Il n V a point d'expression plus heùrease- - 

ment figurée au siijet de certains livres. 

" * . ■ ■ ' 

MACULE. Ce mot n'est plus guère employé 
qu'e^astronomie. 11 ne s'est, pas pris dans son'sens 
figuré depuis Corneille ': 



A répott»Nj«ns macule une épouse impolUie; 



\y 



ce qui n empêche pas qaimpollu ne soit pas fran- 
çois, et que macule ne le soit guère. 

M A.FLÉ . Il n'est dans aucuù bol^ auteur , mais 
il est dans les Dictioniiaires. 

Quant à maflu^ qui n'est pas dans les Diction- 

naires , il est danS La Fontaine : ^ 

. ■» > ' 

Grasse , majlue et rebondie. 

Il est cruel d'avoir si souvent à choisir entre les 
Dictionnaires et les classiques. 

^AGS. Je n.e suis pas sur qu'il y ait encore des 
juges mages; mais jcsais qu'il feudroit écrire des 
juges majes : car le nom de ces juges vient de 
major, comme celui de maïeur, qui est commun 
dans la plupart de iios proyinces , et non pas de 
payoç/sage ou magicien; car il n'y a rien de 
commun entre les magiciens et les juges majes. 
Quant aux magiciens , il paroît presque sûr qu'il 
n'y eïi a plus. 



/* 



(^ 



V 



h' 



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^ 



M AH 



t257- 



MA.-HEIJTHÇ. M. BoisietliL (lue \q ma/ieûtrc 
^toit lin soldai royaliste au temps de la PJf^iiç. il 
y a lin livrç du temps de la Ligue qui est in- 
titulé : Diatomic .du mahinUrCj et du nianaiiti 
Mahcûtrc Veiioit, probdblertient de Vallemand 
mcistiM' , comme certains étymolof;isteji*Ton' 
pensé, et il ne signi6oit pas absolument un/?oJ-* 
(lat. ÇhvAwCA manant , on.<:onntàt son étymblèçie' 
qui n'est pas tout-a-i"ait aussi injuruMJse q^esoii. 
acception. Un des caractères de ijotre l.Ui^jue^et 
de^:elle de tous les peuples extrêmement policés, 
c'est d'avilir les idées par lesmofs.' ' ' * . "^ 



• *. 

■ V". 



MALIN. Le Féminin est maligne, (fue La Koit- 
taine a prononcé itialinc , pour la commt^ditU' de 
la rime, dans sa fable infUidéc : L'()LSl^lc^^r,d\-i■UY 
f<ulr et i 1 louette : 



^' ■ •% 



\ 






I ' 



'i% 



Elle ÎKoit' évitô la pcrfule machine , 
Lorsque, se rc-yconlrant sons la main ti»* l'ois«Mu 
Elle sent son oiifzle innline. ''" . ' 






Remarquez (ju'on ne dit pas la main de l'oi- 
seau, {[liante csl masculin, et qu'il n'est j^as 
permis de prononcer malini'., ce qui est toutefois 
très-commun dans nos provinces. /^ 

MAMMIFÈRE. Qui a des mamelles, bois te, 

- C<^ mot n'est^pas de ceuK qu'il faut exclusivc- 

luent reserver aux Dictionnaires s])eciaux, car h-s 



.f* 



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. ^ 



( . 






"^.^ 



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friiiiuici^ (livisiuiiîj <les sciertœs appartiennent à la 
lanj^ne en générai: M. Boistercsi oepenxlant le seul 
lexicographe, qui l'ait recueilli çt sa définition 
n'est qu uiv pléonasme qui n'apprend rien . 

Lès mam/m/èr(7J sont fie? animaux vertébrés, 

àl)oui;uon8 , à mamelles-, et vivipares. 

" ," - ' ; * " * ■'• 

" MAfRATRlî.. Femme, du pèrti des enfants d^un 
autre lit. ' , > 

Rabelais- n'hésite pas à nommer le mari de la 
mère o\x noi'erce , vitriee ou pavdtre, et leâ enfants 
eux-mêmes priuinQS , expressions qui , comme onv . 
voit, épargnent de longues périphrases. On est 
étonpé que le barreau , d'ailleurs si hardiment 
barbare dans Tadoplion de ses vodtibles faniiliers, 
n-p nous* ait pas conservé ceux-ci, qui soat du 
moins plus utiles que bien d'autres. . . 

]VrA:RTINISME. Secte , christianisme épuré. 

CATINEAU. . -;-■' • ; » , ■ ^ 

1- Commerce auec les âmes, les anges; et connois- 
. sance des mystères de la nature, boiste. — Je 
prie les lecteurs de nos Dictionnaires de ne rîeti 
*■ croire de tout cela. Lej martinistes n'ont aucun 
commerce avec les âmes; il est présumable qu'i^ - 
n'en ont guère plus a^ec len anges j et on deut^ 
qu'ils connaissent à fond les mystères de* la nji- 
tare': Leur système n'est point un christianisme , 
épuré; il n*a pas même, eu l'honneur de. foire 
secte, et si les lexicographes dévoient en parler , , 



/' 



•n. 



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, ' 



eut à la 
I le seul 
finition 



nts d'un 



ri de la 
enfants 
[nme on v 
On est 
rdÎHient 
niiliers, 
5oat du 



épure. 

onnoi.s- 
:. — Je 
ne rîeh 
t aucun 
le qu'lis 
n deut^ 
3* la nji- 
ianhme 
de . foire 
parler , 



I . 



MAS 



l>5y 



il fiiudroîl qu'ils se Domas«fmt a dire ce*qui est 
vrai : d'est que saint Martin étoit un fou, et qn'im 
martinistc seroît un cliarlq^tan ,^dans le cas oîi il 
y au rbit encore un marfmi5/r?. \ 

, MASSE. 

J« soM en mesne tenipa tout de flaaimc et tic glac< , 
Sans (m meames ditcours je refais et défais. 
O. niiftcrable esprit ! quel amour, quelle paix - 
D'un chaos si confus» débrouillera la masse. 

r -, DESPOTES. 

Malherbe critique la rime de glace et de niasse , 
pârcequ il y a une lonjru^ et une brève. Nous 
sommes 5i loin de notre prosodie antique qu'il 
ny.a peut-être personne qui puisse décider au- 
jourd'hui , sur le simple jugement de son oreille, 
laquelle est la longue ou la brève ; et nous nons 
flattons d'avoir perfectionné les instruments de 
notre langue poétique! Au reste, Malherbe décide 
ailleurs la question qu'^l ne lait que soulever ici. 
C'est dansées vers : - 

Mais qu'en leur ame trouve place < 

Rien d'aussi froid que Totre glace, \ 

CieU ne se peot nfitleniait. 

t 

Place n'a jamais été long. \ 

MÉGALANTHROPOGÉNÉSIE; Ge mbt,, qui ' 
ne finit pas, recueilli p>r M. Boiste, avec une 






^\* 



17, 



s- 



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■» 



2()() M K M 

note (J,élavoral)le( an prctiiiduAv taire des enfants 
dVspriî ), int'rite de l'être par tous les lexico^rra- 
|)lies. C'est la découverte du siècle qui a le plus 
profil!^,; jamais les enfants d'esprit n'ont é\é en 
aussi f;rand nombre. 

* - ' , 

MEME. Les versificateurs se mettent un peu 
frop h leur aise sur ce mol ; il n'est pas permis de 
confondre un adjectif avec un adverbe ; ^l si l'on 
autorise quelque licence d'orthograplie ulans la , 
poésie , c'est quand iî n'en peut pas résulter" d'é- 
quivoque. Approuvcfa-t-on La Fontaine , qui 
transforme l'adjectif en adverbe dans ce vers : 

Où du MU" des dieux mdmc on vit le Xante teint .' 

X • ■ 

et Corneille, <jui pluralise un singulier dans ceux' ^ 
qui suivent : 

Ici dispensez-moi du récit des blasphèmes 

Qu'ils ont vomi-Jous deux contre Jupiter mêmes l 

11 est important de décider jusqu'à quel point 
la poésie a le droit d'altérer le lafl^ja^je. , 

MÉNAGERIE. Il s'est dit autrefois pour l'éco- 
nomie ou le soin du ménage , idée qui n'a plus 
d'expression propre , et il est employé ainsi pai^ 
La Béotié. - 

Économie j mieux écrit œconomiej étoit un mot 
très-heureusement composé pour cet usage ; mais 
il a été d' abord restreint par métonymie à l'idée 



J 



des enfants 

lexico^jra- 

ni a le plus 

ont été en 



■nt un peu 
) permis (l?e 
t si l'on 
lie (dans la 
'SulferdV- 
taine , ^l^i 
L:e vers : 

lie teint? 

r dans ceux' 



mêmes ! 

([uel point 

pour l'éco- 
ui n'a plus 
é ainsi pai\ 

toit un mot 
isage ; mais 
nie à Vidée 



d'éparjjne, et puis appliqué par les grands penseurs 
de notre siècle à une science fort étrangère ^^ ce 
qu'on appelle ïêcononiic politicpie. Il faudra peut- 
être en revenir h incnai^erit^. 

Ménage a long - temps signifié chez nous la 
même chose ({\x économie , mais il a presque tou- 
jours eu les deux sei^s. On sait ce (jue Panurge ap- 
peloit vivre de m^'/îa^r». 

MÉRITER, rerhc actif. Corneille 1';, fair 



neutre. ^ 

Pliis ell<' est vo* 



oloiitaire, aI ptus »I1p nu'iiu-. 

MESSIE. Le ChtUt ptpinis. les uicTioAiVAints. 
— C'est une définition juive. Notre in('ssic.if,s\^\c 
Christ arrivé. . 

* ■ 

MÉTAPHR^STE. Qui traduit, littcralcment. 

CATTEL, CATINEAU, WAILLY. ^ 

Qui ne traduit pas littcraltmcnt. noisxE. — 
Qui traduit, et rien de plus. 

MEca-^ba-T-y:; sjgnifioit tout bonnement ititcr- 
prhte, et ou y ajoutoit bon ou mauvais, seloii 
l'occasion. Il faudroir user du même procédé en 
François pour inètnphrastc , si nictaphrastc iHoii 
François. 

. MErUXUIER. Comme Théophile ayoit dit. 

Le meut trict' que \a peiir hoiiricll*- i'jk rsMintnniI , 



^ 



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»^# 



. V 



2(ia M 1 E ^ 

l'Académie ne Irôm^. que cinq iyUabes dam. cet 

kémiçtichc au Cid : 

Qu'un miurtricK pèrisK. 

' Hemarquon^ en pas8ant\iuc nous ne rendons 
uas asse. de justice a Corneille, sous le rapport de 
nnielligence du nombre, et de 1 harmonie^ La 
prosodie de notre lanGue.,et la mesure d une ioule 
de mots analogues à celui-ci n étoient pas encore 
détcrniinés de son temps. Son tact exquis le pré- 
munit contre l'autorité même de ses juges. Il 
compu trois syllabes où Chapelain n'en comptoit 
que deux, et Racine a compté comme ^lui. Il 
cxistoit dernièrement^ Paris un journal dont les 
rédacteurs comptoient cdmmfî Chapelain. Chacun 

a son goût. 



MTK. . 

Si le roi m'atoit detiué 
^aris sa grand'vaie» 
Et qïi'il »e fallût rjuitlet 
L'amour do ma mie, etc. 

D'où vient ce mot ? Rabelais dit , dans le 
Voyage de Pantagruel à Tîle d'Ennasin : LUing 
appeiloit une aultre ma mie, étoile le appelait 
'ma crouste. Nous ne dohnons pas ce quolibef 
pour une étymologie. 

Dé manamie, cm a feit m'amie par contraction,: 



f 



ma 



daBft cet 



e rendons 
'apport de 
nonie. La 
'une foule 
pas encore 
aïs le pré- 
» juges. Il 
a comptoit 
îne lui. Il 
al dont les 
tn. Chacun 



t , dans le 

isin : L'jing 

le appeloit 

ce quolibet 



MIL 



. i 



'm\\ 



contraction 



coinme Yamif de la amie par efq>>»onie. Otfc ori- 
gine une fois perdue d^ vue, le pronom articu- 
laire a usurpé Tînitiale du nom, et mie est devenu 
un substantif féminin qui a conservé le sens pri- 
mitif. C*est précisément l'opération contraire à 
cclle)qui a eu lieu dans le mot oisir'Acvcnu loisir 
par l'usurpation de l'article. Ces mutations résul- 
tent de deux figures que nous avons déjà nom- 
mées ailleurs, la syncope et l'apocope, ce qu'il 
n'est pas mauvais de savoir , mais ci' qu'il est 
pi^esque indifférent d'ignorer. 

MÏLABRE. BOUTÉ.— -Il ftmt écrire my labre , ^ 
parceque ce nom vient de |utûXy] , une meule , et 
on rSrra bientôt |>ouTqnoi. 

Petit infecte des fleurs, bolste. — Les mjlu- 
hresàe Geoffroi ne sont pas des insectes des fleurs ; 
ce sont des insectes qui vivent dans le grain des 
plantes légumineuses, et qu'on ne trouve que trop 
souvent dans les pois et dans les lentilles ; c'est 
ce qui fait qu'on les a apj)elés mj labres ou uwii- ' 
niers. 

Les my labres des nouveaux nlélbodiste.s ne sont 
pas de petits insectes; ce sont des espèces rares.. 
en Europe, et généralement employées comme * 
épispastiques- Le my labre dç la chicnrcr est la 
cantharide de la Chine. 

La confusion des nomenclatures rend cette par- 
tie dej^^Dietio-Tinaires très-difftciVe. pre-ique aii- 



Â" 



>,;.; 



J 






tm 



L 



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V 



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) 



* o 



1>6^ Mil. 

tant ciuellc est inutiJe , et c'est beaucoup dire, 

f MILLK-PIKDS. Cloporte, boiste. — Non. 
Iule. BOISTE,— - Non. 
I Insectç d'Amérique, boistç. — Et des quatre 
autres parties dû monde. 

MIMIAMBE. Fers ïambique obscène. v.es- 
■ TAUT, GÀTTEL. —Littéralement, vers des mimes , 
et il est VVai qu on lit dans Ovide : 

Scrihere si/as est imitantes turpia mimos. 

Mais les vers de Laberius et de Publius Syrus ne 
sont point obscènes. L'arcliimime qui déclamoit 
' aux funérailles ne^se permettoit pas de vers ob- 
scènes. Platon pjcnoit plaisir aux mimiambe^^e 
Sophron de Syracuse ; et obscède est de trop dan^ 
la définition, qui â'est pas complette d^ailleurs. 

MIM OLOGÏSME , MIMOLOGîQUE. Cc^ deux 
mots sbnt nouvellement, mais très-utilement in- 
troduits dans la grammaire , pour exprirner la con- 
struction d'un mot formé d'après le cri humain. 
Huée, brouhaha, etc. , sont des mimologismcs 
ou des substiintifis mimologiques, en quoi ils dif- 
fèrent des onomatopées formées sur les bruits élé- 
mentaices et mécaniques, telles que /mc«9 et cli- 
quetis. ; 

MlNÉR ALOQISTE. Le^Dictionnaires donnent 



w 



mm 



-J|i-| -- mipi^H^ 



wmmm-mmvi) ijiij«hji«i.li 



MIR 



ucoup dire. 
— Non. 
, des quatre 



}scene. V.ES- 
; des mimes , 



»5. . 

ius Syrus ne 
ai déclaurioit 
i de vers ob- 
miamhei^e 
de lr.op dan^ 
Le d^ailleiirs. 

JE. Cc^ deux 
itilemenl in- 
rinierlacon- 

cri humain. 
ùmologismcs 

quoi ils dif- 
es bruits élé- 
fracas et cli- 



aires donnent 



\ 



265 



minéralLste et minéraloguc , mais non minera-^ 
loi^iste /> qui est seul François , au moins si; l'on ! 
en juge par analogie. On dit entomologiste , ich- 
tyqlogiste , ornithologiste , etc. Point do perfec- 
lilnlitë possible sans méthode. 

MIRACLK , (A). Une de ces expressions em- 
phatiques- qui ont un instant de vogue dans les 
cercles précieux de Paris , et qui, a l'inverse des 
mots utiles, tombent en décadence en se popula- 
risant. Us ne méritent d'ailleurs d'être consacrés 
par les Dictionnaires, qu'autant ([u'ils l'ont été 
par les classiques , comme celui-ci Ta été par La 
Fontaine : . 

Il sjiit notre langue à miracle. ^ 

Tout homme qui saura notre langue à miracle , 
ne^e servira pas de- cette locution à l'avenii^, quoi- 
que La Fontaine s'en soit servi par concession. 

MIR AUDER . Regarder auec attention ,Jixer., 
BoisTE. — /'Vxrr n'est pas dans Ije JDictjonnaire de 
M. Boiste -, il n'est dans auc'hn autre. avec celle 
acception , et le patois mirauder n'y devroit j)as 
être. C'est cependant a^ ce vieux verbe qu'est lait * 
le nom de Mirant : 

Mirant sur leur odeur ayant jyliilosopbé,' etc. 

MITE. Scarabée très-petit, bchste. — Le sca 
ràhée constitue un genre et non unVclasse 




( 



■«HMMPI 



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«MiMMIii 



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266 MOI 

La mite (Minuta), qui n'ejt pas coléoptère, n'a 
rien de commun avec les scarabées. 

Observation Irèa-inutilc s'il rt'fen résultoit unf 
conséquence très-importante :( il Faut de^ Difi- 
tiônnf-iires spéciaux.) 

■ ■ •■: ^ .■ ■'^- , . ^. 

MOI. Il a deux acceptions c^nme subajaMif, 
e1 twites deux ont écliappé aux lexicogrjiphes , 
M. Boiste excepté. 

Dans la première , il est l'expression figiirée d^; 
l'égoïsme : elle est coHisacréé par^Bagqal , Mf rmon- 
tel/et ^iral)eaD, r \ / / 

Da»s la seconde, il sygn|fie ce què^M. Boiste 
définit avec plus de concision que de plnicision, 
indiwiduajiité métaphysique. \^c moi des psycho- 
lop^istes est le sentiment perstsitant d'une ar cicnne 
existence danâ^^êtr^s qui ^nt changé de fornie. 
C'est une grai^de et inutile question de savoir si 
le moi d'une chenille passe dans son pa pillon , 
comme le moi d^KupKorbe avort païsé dans Py- 
thagoi-e. ' 



MOLLUSQUfâ. Ce mot manque à beaucoup 
de DicïionBaires, et il est mal défini dans les 

ifutres. ' ; * / . 

IVt^ Boiste, appelle les mollusques f/tf5 vers im- 
parfaits. M. CUvier, qui a établi la définition de 
la classe-, a ])lacé au contraire les mollusques à la 
tête des' animalix invertébrés, parcwjue leur or- 
ganisation ini>erne est plus compliquée que celle 



<5> 







léiÊmm 



•MIMMHiiMiii 



Sw^;'.^ !aiiP(. 



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éoptère, n'a 

■ ■,■•" / 

esultoit unf 
ut de^ Di^^ 




" à beaucoup 
fini (lous les 

des i'ers un- 
définition de 
Jlusques à la 
j<|ue leur or- 
léc que celle 



MOU ^ " .1^67 

des autres, et que cette coroplicalio^n détermine 
la priorité relative parmi les corps organisés. 

i^es moHuscjUes sont des animaux inverlélîrés , 
sans articulations, qui ont des vawseaux , des or- 
ganes pulmonaires, et des nerfs simples. 

MOUCHARD. Un biographe prétend que ce 
mot vient du nom propre d'un certain père de 
Moiichy, opiniâtre ennemi de la réforme, et qui 
en faisoit observer les sectateurs secrets par dos 
espions a ses gages. • 
^ Il étoit inutile de chercher là cette étymok^gir , 
qui se présentoit tout-naturellement dans ttiusca , 
qui avoit eu la mêfiie acception figurée chez les 
latins, corp-me on peut le voir plusieurs fois dans 
Plante et dans Pétrone. 

Mouche est d'ailleurs encore synonyme de mou- 
chard, tant dans ce sens particnlier que dans son 
usage jjToverbial, uue fine mouche , je voudrois 
être ît Louche : 

Les mouches de cour sont ekasséfs. 

' I.A FOHT^rHE. 

Mouche de cour, se lit déjà dans \ Éperon de , 
' Discipline (^ k\i\.ç^mo du Sàix, qui fit imprimer 
cet ouvrage à une-époque ou le. père de 'Mouchy 
étdit encore fort jeune. 

MURMURATEUa! Un mol qui vient , dii-on . 



7 



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268 MUT 

(le Port-Royal , et qui a Vs^^orité du père Bou- 
hours,paroît ^à l'abri de toute criticjue, Adims 
par Rich'elet, il a passé de là dans cette édition 
bâtarde de Moutardier, qui a éclipsé, comme*Tant 
d'autrc^s enfants clandestins, la gloire de ses 
aînés. Louis Racine a dit : 



** 



(]o p«?iiple dout un voile obicurcis&oil les yeux, 

Murmurateur volage, amateur de faux dieux. 

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• ••••■'■■, ■ 1 

Et leur historien rie leur déguise pas 

Qu'ils sont wurmurafeur*^ séditieux, ingrats. / 

Cependant il cSt vrai de dire que murniiiratoi' 
est de Tassez mauvais latin de Soint-Au^îustin ; 
tjué îHurmuratcur n'est pas kqn , et. que les vers 
de L. Racine sont d^t^eslables. 

MUTILATEUR. 

Je deinàndois qu'au sortir du berceau 
Chaque plante, chaque arbrisseau, 
* 1*11 1 à son gré déployer son feuillage; 
' , Que, bravant le croissant, l'échelle et le trcillaf;e, 

Cha<|m' brarichp en dépit des vieux (U'-coratouis» ' 

Kt des ciseaux mutilaUurs 
Pût rendre un libre essor à son luxe sauvage*, 
S^aivn' sa fantaisie et dépaisef ses sceurs. 

{)n ne rapporte ici ces vers qu'il Toccasiôn du • 
mol mutilatcur. Quant aiL reste, il vaudra mieux 
relire \è Philosophr Scythe. , 



J . ■ 



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, père Bou- 
Jue. Admis 
elle édition 
comme*^nl 
)ire de ses 



yeux, 
ieux. 




MYG 

MYCÉTOPHAGUES. C'est, rortliO(Trapl,e ae 
M. Boiste et celle de la plupart des eritomolojr'istfs 
françois. Il faut écrire et \iToi\owcGxmjcètoi>ha^c. 
par égard pourTanalogie/ On dit ictyophai^i-, , 
àcridophage , anthropophage , etc. Les mjcètn- 
phagesou mycctobies sont des insectes qui man^ 
cent les channpignons, qui vivent dans les cham- 
pignons. • 



rats. 



niirmuratof 
-Augustin j 
|ùe les vers 









' Ireillane , 
ratouii ' 



vagc , 



occasion du 
udra mieux. 



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N. Substantif. 
r Expression abrégée du mol nno^t y me , ou équi- 

valente d'un prénom inconnu. * . 

"2" Avec la barre horizontale, t|A la hl(leX?S),"9;o(H; 

ou plutÔt^0,0ÔQ. ' / 

Acceptions omises. • ,. 

N finale. On sait, l'anecdote académique à' la- . 
(|uelle a donn-é lien^ fhmeux quatrain deSaim- 
(ielaJs. . • 

Petit (lu!val,^oli cheval, " " 
Bon à mouler, bon à 4escei)drc, •' 

' Quoi<jiie moiili grand que Ii«ir«''phar, ^ 

' - Tu portM plus grand qu'AleMudre! , 

Mais il faut bien dét^rpûiier jusViù'À (fuel {>oint ' 
la voyelle nasale peut se lier par sa* finale avec 
la voyelle suivante ; et si Ton décide que cela est 




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. s.-ulemonl .loxc-plion , comme je le cro>^, .1 In"- 

■ ,.,>sullc dans ae si IVéquenies occasions. . * . 
. T^MJCORE.».m.i.o.sTv:.-Sul.sl»ntiffôminin; 

/»/o((c/n'.«COrfl!0n. BOISTE.— - , , . . 

lM,a n«u<orc .uest, pas une .m.mcl.e ; oest un^ 
/lem/prèredeGeoffroi. . ^ 

-2. La mo«c/,c 5cor,,.o« Kosl pas ^nne «««cor,. , - ^ 
r'o.st une imnorpc. "» ' . 

M. «oiste ajou.e .jue r^He n«ucor. est .m. n,- . 

■ ,e .e r^-u^ar/c . et 11 a raison quau, a la «a»cor.>, . 
mais la-mo«c/,« .cor;„o„ se.ôit tort embar.ass e. 
Tr reau, si le. mallieur V, foisoit tomber: bile 

4 n'esl pas rt'iKifarve. ' ' ', ■ 

N\MRi:..<.'"Originairementfén.iuln,5:omme ; 
/„a..>;p...'' 'leven.t masculin par esprit ,1 analogre, 
^1;!,, les autre* n.o.s traneois .le ceUe ,erm,ua,sou . 
/ oyez 1:TUDK. ' , 

• Malherbe a dit ■ . >■ ^ 

• • car 'aux floK .1^^ ,i.-„r ,,, nmnrr ,|ni-|r.-inW.-., ..- 
V Ce qu'il va cVemarquable, c'est -lue r.\ca,lé- 

-.n.ie aîprouvoit ce chanKcment de Renre ,,naud .1 
Lt «plestion du vaisseau des Arfionau.es, connue 
dlis cet autre vers de IVlalhçt-be : ^ 

Vm In tuix'ire «lui parloi». ^ ' „ 

M.'nàge qui'tiVtoit pas^de V Académie, et ces, 



, 3) 



IL 



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jrois* il tant 
lialus ([ui «'l'i 
ns'. . ' .^ 

ntif féminin." 
he; r>st U»^ 
ine nciucorc , 

rc est irn, in- - 
a la nancore\ 
t embarras.<iée . 
tomber. Ello 



minîn,pmme - 

)rit(V analogie, 
terminaison . 



ii*lr<Mnl)lf,„ ..- 

SI «jnc r.'VcafU'- 

penrV (^nand il 

)nantes, rmnnic 



/ 



adémie. cl r'csi 



^ 



un bien ^ând malbeur , car le Dîkionnaîre vau- 

. droit beaucoup mieux ;. trouve le .féminin plus 
poétique. Il devoit être eU èflfet plus poétique de ' 
son feiiips , puisque Malherbe l'avoit employé. Ce 
sont le? poètes qui font les mots poétiques: €e ne 
§ont pas les gi:animaipiens. ' 

ë,:. ,' " > *•. ^ -, •' \ •' /• 
NE. Il se prend ,d*une manière fort singulière 
a la stiite (îes comparatifs : Plus que vous ne pen- " 
\ez;,oit i\ est non-seulèmenXbattologique , mais 

' encore conj^adictoire. Comme les Italiens disenf 
aussi7?«« che vi ?e pensate, je crois que c^est un 
italianisme. Toutefois il faut remarquer que Vè 
n'est point^unnégatifdans la' phrase italienne, 
mais un pronom qui rêvieiiJ à notre mot en.. C'est ' 
dodc par .erreur que nous avons tourné ce mot jen 

.négation ; et la phrase françoisé ne signifie réel- 
lement que ceci 4 plus que vous e^ pensez ou que 
vous pensez de cela. 

NEGYDALE. Insecte nocturne. BoisTE.-^lN^m 
vagùie emprunté aux Grecs poi^r deux ou trois 
genres d'insectes qui ne sont point !|oçturnes,, 
mais qui devroient l'être, si l'argot des; métho- \ 
distes s'appuyoit sur l'étymolejgie. V 

NENNI. Particule né gatwe. — Et substantif 
masculin : . 

Un doux ueruù suivi d'un âoux sourire 
• V E»l' tant aimable, il vous le faut apprendrèr ^ " 

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8T4 NÉO 

NÉOîX)GlSMte. Se àii ttOû-sèuUment de Va- 
btrt d'ttti môi tioQteau , maîi de oe toot nouveau 

d^tiii moi nout^eati^, tuais ti'abusMisp» du terne, 
fl %tti àeè mèU nouveaux at|x»cîttice» , ou il 
fiiut borner leur essor, car tel mot nouveau est 
^Y^preswon d'une idée nouvelle dans Tusagc des 
sciences; e^U conniiunication d'une idfe nou- 
velle devient impossible si on lui refuse le signe. 
' Défende«-vous le néologisme aux poètes , passe 
encore : U bingue la plus pauvre /est touJMirs 
assez ricbe pour eux. Quant aux mot» renouvelés , 
ne les appelez plus des néohgismes^ ce sont des 
découvertes dans les antiquités de la kngue , ce 
qui n'empécbe pas qu'elles ne puissent être ex- 
ploitées par un sot. 

NI. iVÎ est une particule qu on pourroi^ ap- 
peler alternative, comme soitj parcç.que ces moU 
ont besoin 4'^ tre opposés avec euîic-<iéAes dans 
la même pbBàse , jpour y être employés «•rreete- 
ment. VoUairc a dHc ^ Ce vers serait foit be«m : 

. Je ne vous ai rtti /«• donné la couronne. - 

'<i II ^ tPès-francaîs ; ninai donné le gltcriiît. » 
Voltaire n'y pense pas : ni ntd donné le gâteroit 
ceruinementi mais ni nai donné n'est pas très- 
françois;ce n^est pas le verbe qui est altematit, 
c'est la particule. 



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NOM 

J« M X*u tti ravi ni MuU b couronné. 



275 



teiroit encore pla« beau, mais sortôut plus fran- 
çoit ; et ni ravi i|e gâteroît rien. 

Il faut beaucoup se déBer des observations de 
- Voltaire , en grammaire , parce qu'il écrit presque 
toujours sous Timpression d'un caprice^ et pres- 
que jamais sous celle d*un raisonnement : cela est 
infiniment plus joli , mais cela n'est pas si sur. 

NOMS PROPRES et LOCAUX. On a dit plai- 
samment qu'il y avoit cent mille mots firançois 
qui n'aroient pas de genre ; ce sont les noms de 
villes, qui sont cependant susceptibles de prendre 
de temps en temps Tàdjeclif. L'usage, qui vaut 
une règle académique , don^e con^^munément le 
féminin à ceux qui finissent par un e muet, et le 
masculin aux autres; mais Racine, plus puissant 
que r usage , a dit: 

Um Jémsdera nouTdl« , «le. 

Cest un Italianisme ; nous disons encore la Jéru- 
salem déiii^rée; et tous les tioms' de villes sont fé- 
minins en italien. Je voudrois bien savoir décidé- 
ment ce qu ils sont cbcs nous. ' 

G est une autrequestion asse^impoirtante que de 
savoir si Ton doit prononcer les noms propres et lo- 
4)aux comme ils sont prononcés-dans cbaque langue 
en particulier; attacher à des signesdoniiés de Vabé-» 



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276 NOM 

cédairè des valeurs qu'ils n ont pas chez nous, et ' 
confondre ainsi toutes les acceptions des lettres. 
Ajoutez à cela que certaines langues , Vallemande , 
Tangloise, Tespagnole en particulier, pour ne pas 
sortir de TËurope , ont des éléments qui nous man- 
quent. Faudroit-il les introduire dans notre langue "^ 
parlée? cettepréten tion me paroU extrêmement mal . 
entendue. ^ 

£n(!ore une considération. Il n*appartient 
qu'à riiomme qui possède plusieurs langues d'at- 
tribuer leurs valeurs propres aUx mots des lan^ 
gués étrangères que certaines circonstances font 
passer dans la nôtre ; et une langue appartient 
k toute la- nation qui la parle. Çest donc un abus 
singulier de l'érudition la plus commune que de 
tromper a tout moment son auditeur en défigurant 
les noms écrits. 

Il y auroit un moyen de remédier à ce désor- 
dre , mais ce moyen serort pire que le mal : ce se- 
roit de représenter cette espèce de mots dans notre 
écriture, par les signes qui nous en rendroient la 
perception plus exacte , dé peindre le son aux dé- 
pens de la lettre. 

Il y auroit un meilleur moyen toutefois, mais 
celui-là est impossible , cai^ personne n'en parle 
chez un peuple qui croit tout possible : ce seroit 
de réformer Fabécédaîrè, et de le rendre commun 
à FEurope. ^ 

Je regrette sincèrement , à la vérité , qu'on déna- 







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rité,quondéna- 



l*ON 277 

• turc si étrangement le nom des hommes célèbres; 
il me semble que c'est leur dérober quelque chose y- 
de leur juste portion de gloire que de ta rappor- 
ter k je ne Sais quel assortiment bizarre de sylla- 
"^'^ bes, qui «ne donne aucune idée de leur dénomina- 
tion véritable. 

Je regrette même que nous ayons si ridicule- 
ment francisé la plupart des noms anciens. Tite 
seroit barbare aujourd'hui en parlant de l'empe- 
reur TYfiij^ et Titus ne le seroit pas moins en par- 
lant de l'historien Tite-lÀve. D'où vient cette irré- 
gularité ? de l'usage, dira-t-on ; mais ce n'est pas 
de l'usage d'Amyot, de Montaigne, de Charron, 
dès bons écrivains de notre langue naissante. Il 
est curieux de remarquer que, chez tous les peuples, 
ce qui constitue l'usage, ce sont les mauvaises ha- 
bitudes et les mauvaises autorités. 

NONCHALOIR. Substantif, Pourquoi ce mot 
n'a-t-il jamais été recueilli ? Le défendra-t-on 
au genre de la poésie naïve, tlans lequel il 
figure SI bien ; ou, ce qui est plu* probable, re- 
garde -t-on la poésie ^aïve comme un genre 
perdu? Sommes-nous devenus trop solennels pour 
prendre plaisir encore à des tableaux qui- n'ont 
d'autre mérite que celui du naturH^t de la vérité? 
Je le crois, mais on ne devroit pas s'en apercevoir 
^ la lecture du Dictionnaire, qui n'est en lui- 
même qu'une collec^on passive de mots. Le ca- 



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378 NON 

ractère (Tune nation on d'nn «ècle pefoe dan* ton! • 

cfe qu*il» ptodnî»ent. ^ 

NON-SENS. Anglicisme fort ualté , et ^e les 
^ictionnairesonttrès-bien fiiit d'admettre, ne^t. 
%e que pour canictérUcr la moiUé de leurs défi^ 
nitions* 

NOUKRinmE. Ce mot , pris dans le ^cn» d*©- 
ducation, a*est pas vn synonyme supe^u. H a 
ét^ fort hcureuscmeniemployé par CorneiUe , par 
La Fonuine , par Voluirc , qui reconnolt qu U v^ 
beaucoup «ienx en Tcrs que celui qui Ta rem* 

placé. . 

Tous les liiou dugenrc deee dernier ne conviens 
nc*it nullement au style poétique ; il n*y a nen de 
plus contraire au nombre et k Vbârmonie que le 
dissyllabe languissant qui le termine. 

NUAGÉH. Qui appartient aux nuages j qui 
est d'une nature analogue à celle des nuages , 
gui habite les nuages, dîtïexcellent M, Pougens , 
dont i'ai connu trop Urd l'estimable ouvrage , 
c est-à-dire quand le mien étoit fait. 

Quels vers délicieux que ceux-ci , et que ce 
tableaji^cstcbarmantetvraf : * 

• • • , ' 

Ainsi qu*IrÛLUk?i««»«»'^ i 

, Bigarre la rrf»e légwrc , 

.' Alix rai* d» »«ï«»l <*W?®***"-^ 



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Broe dans tovl * 



ikriiecoiivieii-< 
il n*y a rien de 
irmonie cjuc le 

ne. 



NUG 



279 



•G^l^st malheureusement d^Amadis Jamyn ; et de 
quel droit Amadi Jamyn a-t^ilfs^t des, vers avant 
qu on pût savoir si /mo^r étoit&ançois? La ques- 
tion est décida y jil ne Test pas. 

NÛCIFRAGE. Qui "vit de noix, boiste. — 
Qui brise les noix. Le moulin ii noix est essentiel- 
lement nucifrage, et on ne diroit pas qu'il vit de 
iioîx, 

* itUOTTÉ. Za nudité Ju costume été d Fénus 
Mèetniurej aux Grâces feur voile enchanteur. 
toists. — Cela est infiniment délicat , mais il est 
douteux que cela vaille la peine d*étre écrit. Il 
est évident qu'avec une ceinture et un voile eur 
chanteur oti n*est pas tout4i-fiiit nn: On est seu^ 
lement vêtu fort légèrement. 



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O. Substantif. 

V Lettre numérale qpi valoit deux j et surmon- 
tée d'une barre ou tilde (Ô) ii,ooo. 

2* JJo du Giotto : expression proverbiale reçue 
parmi les peintres pour une figure parfaitement 
ronde, parce qu'on prétend que Giotto a voit 
tracé un cercle exact au courant du crayon. 
Acceptions omises. 

OBJET. La Fontaine l'emploie pour image, ^ 
V. 6 de la feb. ix du liv. VI ; 



L.. 



• » $es jambes de fuseaux 

Dont il voyoit Vobf.et se perdre dans les eaux. 



.*!- 



C'est un latinisme. 

Bans. Corneille , par une figure encore plus 
hardie, il est employé pour réminiscence : 

Et que leur chtt" objet entretenant ma flamme , etc. 




L.. 



Cf 



V 



282 ^®^ 

^ OBSÉQUIEUX. Nou» devons ce mot nouveau, 
qui est peut - être de trop pour exprimer une 
nuance fort rare des idées d^oblijjeance et de po- 
litesse, à J. J. Rousseau, suivi par Mannontel. 
M. de Las Cases nous offre maintenant obséi^uio- 
sité^etm hoiste obséquieusement. Ces Messieurs 
sont bien obséquieux. Taimérois cent fois mieux 
ob^équible, qui du moins seroît feit de quelque 
chose , et viendroit de quelque part. Règle géné^ 
^ raie : quand <^ emprunte un mot 4 une langue, 
il n'est pas permis de lui inventer desdérivés. Or, 
ahséquiositas^Xobsequiosiwmv^f^^^f»^^^ 
barbarismes. M feudfoit dîr# oMfiie et obsê^ 
nàemmene pour être conséiïWBt «re© 1 étynsolo- 
^e. Le mkux est de s'en tenir ^ oMquieux^^f^ 
de remplor»* rallient , parce ijull %^^^ ^^ir, 
ni commode , ni hàrmonîeux M Bé«e»ftîw>- 

OBSERVER. On ne trouvera dam* «Mjaa lw)ii 
écrivain ce verbe obseri^er avec V accepUon^que je 
biî trouvé Àaitttenant partout : Je vous ^biérve, 
pourjevousfeisremarquer.ÔnoAwrtMiinenbose, 

on tait ofoen/erune chose; mais on n'o^^erMe pas 
une chbsë.k quelqu'un -, règle que je ne ferois pas 
o^jçTver, si on foi^e/Voit un peu mieux. 

ODOfÔIES. Constructeurs des chemin* à 
Athènes, BOisTB. — Et prolwblement dwis louw 
VAttiquè, et dans toute la Grèce, et dans tout 
pays ûù Vp» parloit grec * c»ç U cM imiiossible 



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œiL 283 

d'exprimer ceti« idée autrement eu grec ; mais 
que ^t ce mot en françois 7 j aimerois , pour le 
moins y autant trouver dans le Diclionu<iire le 
nom de Flk d*Odea , ml lés chemins cheminent ; 
il est probablement plus oobtdu. 

' O&IL, Quelle bizarrerie que celle de ce mot à 
déclinaison lùbride qui devient étranger à lui> 
même I il son élymologie, et à ses. analogues, en 
passant au pluriel ! *. 

L* Académie etoit fort en peine de savoir com- 
ment Ton deyoit prononcer ^eii/r)p quatre yeux^ 
Cétoit une difficulté à trancher en abandonnant 
la phrase au peuple qui ne lit pas. les Diciio»^ 
naires, et qui prononce comme il veut. L'abbè 
Thouiierd*Olivety qutétoit un bon bourgeois de 
Franche-Comté, et qui avoitdes traditions du pays, 
décida qu'il falloit dire quatre-s-yeuçc , ce qui Fut 
généralement accueilli par la bonne compagnie, 
où cette petite locution est, comme on sait , très- 
commune ; mais 1* Académie oublia miH^s-jeux 
dans le Dictionnaire. On ne peut pas penser à 

tout. y 

OFFENSEUR (cOaifElLLEVsAIlIT-HÉÀL). BOISTS. 

Un de ces mots que VAcadémie en corps nHidmet 
point, et que tous les nombres de F Académie en 
particulier emploieroient fort bien en cas de be- 
s^n. n ftint le croire omis. 

Au reste, l'Académie, qui ne reçoit pas cette 



^1 



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2B^ OFF 

expression dans lé Z)ic<ioiinaire ^ Tapprouve so- 
lennellement dans les Sentîfnents sur le Cid, 

OFFICES , DEVOIRS. Rendre de bons offices, 
— Ce mot n*avoît jamais été empWy^ dans cette 
acception avant la traduction du traité de Officiis 
de Cicéron, par Dolet. Celui-ci s*étant avisé de 
rendre le titre' latin par un mot nouveau , Tusage 
consacra sa témérité. Dolet a donné le droit de 
cité à quelques autres expressions to\it aussi au- 
dacieuscment francisées , et tout aussi Eeivorable- 
ment accueillies y ce qui est d* autant plus singulier 
que cette impulsion partoit d'une proviuce éloi- 
gnée. 

OU Cette diphthongue, si commune dans nos ver- 
bes , se ptononçoitautrefbiscomme dans ce înotau- 
trefois qui vient de tomber de ma plume. Les Ita-. 
liens, qui inondèrent la cour sous le règne des Mé- 
dicis , et qui ne pouvoient en laire usage , y substi- 
tuèrent une voyelle qui n'en rappelle nullementla 
valeur. Depuis, Fusage toujours bizarre , et dans 
ce qu ilcondamne et dans ce qu il prescrit, a main- 
tenu en certainsirûots la prononciation première 
et Ta rejetéedèbeaucoupd* autres, sans rien changer 
h Torthographe. Voltaire , scandalisé de ce désor- 
dre , eu,treprit d'y remédier en substituant le di- 
gramme ai à la dipbthongue ai dans leis lieux où 
cette diphthongueest prononcée à Fitalienne j mais 
il n'a pas réfléchi que les éléments de ce digramme 



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n'ont pas plus de rapport avec le son dont il s'agit, 
que ceux de la dipWhongue oi. Le3 deux orthogra- 
phes ne sont donc^- un cercle vicietiîc dont il pa- 
rolt impossible de sortir. En attendant, je crois 
très -convenable de s'en tenir à la plus ancienne, 
putsquellç est au moins monumentale, et qu elle 
conserve une tradition précieuse de la pron^cia- 
tion et de Tétymologie. Il n'en est pas moins vrai 
qu'il n'y a rien déplus absurde que d'exprimer la 
valeurd'unevoyellesimpleparle concours de deux 
voyelles étrangères, et queues défectuosités mons- 
trueuses témoignent assez la jeunesse de nos lan- 
gues. 

A propos de cette conspiration italienne contre 
laplusbelledenos diphthongues, contre cette dou- 
ble^oyelle si pleine, sv«onore, si liarmonieust! ", 
qui>etentit encore si magnifiquement h nos oreil- 
les françoises, dans j^/oire et dans victoire; à\pro- 
pos, dis-je, de cette guerre de moià commencée 
parles infâmes mignons de Henri III, et fort étour- 
diment renouvelée par le^'hantre de Henri IV, il 
fout lire Henri Etienne dans ses excellents dialo- 
gues du langage françois italianizé^ et prendre/ 
part, en dépit de soi, a sa justeindignation contre 
lés niisérablesétrangersquî efFéminoient de son 
temps no1|^el idiome national. Non-seulement 
onprononçoit alors comme aujourd'hui, \' allés, 
je tyenès,\ef aisés, je Hisès'^ mais encon; harnès , 
endretj et courtes, que l'ancienne prononciation a 
reconqitis. Remarques: que ces mot» sont écrits 






J 



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s. 



286 , ' ONG 

a»ns Henri Etienne comme ici , que c'est ainsi que 
les a écrits depuis EhimarSab j^çtiqu^il ne feudroit 
pas les écrire autrement , s'il'ëtoit possible de re- 
r iiouVeler partiellement Fof tbographe de la langue , 
. pour T approcher j comme disfent les anciens gram- 
mairieifs , nu plus près de la prolation. Ces habiles 
gens ne seleroienit pas avisés de la maladroite or- 
thographe de Voltaire, qui ne remédie à rien. Il est 
vràî qu'il estçlus beau d'avoir foit Mérope, Zaïre, 
et surtout les contes et les poésies fugitives ; mais 
a quoi bon s occuper d€ grammaire? 

Jja pron<viciation de la djphthonguc ot n'est pas 
elle-même bien déterminée. II. parolt que celle 
qu'on jj|putTeprésenter par oa prévaut dans la dic- 
tion emphatique delà chaire, du barreau, et du 
théâtre. Elle passoit pour très-vicieuse à la fin du 
seizième siècle : il fialloit pronôncef ^/«ej roes, pour 
trois roû, selon Topinfon des^neilleurs gramniai- 
riens de l'époque-, c'est ainsi qu'écrit entt:e autres 
le Lfonnoes Taillemont, qui a fort bien exprimé 
la prononciatipn de son temps, dans son rare et 
précieux volume de la Tricarite. . ^ 

ONCmODYNIE, ONCmOMANTIE. boiste. 
— Faute d'impression qtii ne doit pas tirera con- 
' séquence dans IçS nouveaux lexiques, mais qu'il 
eM bon de signaler en passant. Ces mots som faits 
d'5»E(f>eç, somnium, et n« peuvent s'écrire qu'o- 
n<:Hrodyni« , on^çmantie, Erfear de^copist/; : 
elle esf corrigée dans la cioqùièm àdidon. 



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motopetp, ou la, donne, il fout one!n,gy„^ . J 

fi»- ^,*. :j' ^ ^ ^ "^ P^'*'^ emprun- 

ter que dan» un tras^écial. 

ON. U.e dw^gukrité» de notre \unmxe c'esi 
T- cexnotp«i«e prendreie fen.i„i„ (.X W 

Z^. ,.•* ""'"^^ "ï""'*!"^ trè«-cert.ioe«en, 
déviré dhomo, qui. est le mascnlift t*piq„e o„ 

^r cx.elle„.e. Ce q„i prouve clairement^u'il 

rO« d t ou I«„ du). DU temps de Rabelais on 
«crivoH les A««^ pour.leiAo^aL.. "" 

^ ONGLE. ^.- m. La Fontainel'a fa^ld^•peI.refe- 
»>WB, V. ladelafab. xv 4j, li/. VI: 

EUe aeat son ougle ma//gue. 

hberté. CU une faute , puisqu'à çeue excLi," 
près , ongU est par,o.it du genre masculin , co^m" 

b„f^- -K."' °" '" '""' dérivé. Cependant ilë 
bon dob,erTerqu'o«^/,„e^,eut être fait d-„„- 

^1' Tl^'TÎ '^'"" '<»'%''«* cas'd'un des élé- 
ments essénti^s de sa racine. H procède évide^- 
m«t d«^ , i g,t „„ substantif ftrainiu,. 
« ce qn, ^,rtte pin, «„gnlier/pe„t - être cVs 



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288 0N3^ ^ 

miungula, do»t je parte, ne sanroit être formé 
^Mnguis , un substandf de cette construction 
n ayant jamais fourni un diminutif dç la construc- 
tion àungula. Ce dernier mot est plutôt le di- 
minu^f à'uncus, i^n crochet, que les Latins ont 
souyent employé en composition , comme dans 
aduncus et oSuncus. On sent bien que la substi- 
tution du g n>»trqu euphonique. Si ongle ne vient 
pas d'unguif, et il ne peut pas en venir , ilrest donc 
étymologiquement ftaninin ; mais l'usage a pré- 
valu, et, en grattimairc, l'usage a toujours raison. 
w-^ On dit proverbialement : ^«avW^ur l'onze ^ 
-^^ad un^m. Quelques étymologistea) prétendent 
q\ie cette. figure signifie en développement, pos- 
séder wne chosie, et l'avoir présente, comme si 
elleétoit gravéJ sur l'o/i^/e; d' autres, qu'elleest 
empruntée d'yi mot usuel des marbriers , qui 
latent à Vow^fc la jointure des marbres rapportés, 
et ne la réputent parfaite qu'autant que \ ongle la 
traverse eij tous sens sans obstacle. 



( elle 



. ONZE. Pourquoi pas dix un, dix deux, etc.? 
cela seroîtplus exact, plus précis-, plus conforme 
h resjpj it (le la Iftigue. 

Ce qu'il y a (^admirable dans les caractères de 
iXH^iératioP- arabe c'est de représenter avec dix' 
• signes 'toutes lies cpmbinaisons possibles â^ nom- 
bres; nos mçts devroientoi'étre que i'expressiçn 
écrite du chiffre, sans quoi ils chargent ce beai^ 



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tre fDrmé 
istruction 
construc- 
tôt le di- 
!^àtins ont 
[Une dans 
La subsii- - 
te ne vient 
Fest donc 
ige a ^ré- 
irs raison. 

[• V ongle j 
)rétendent 
lent, pos- 
comme si 
qu'elle, est 
rîers , qui 
rapportés, 
; Y ongle la* 



leux, etc.? 
s conforme 

ractèrea de 
;r avec dix 
es d(^ nomr 
expression 
ïnt ce beau 



l ' OPI . ^ , ^^ 

système de signes vogues et superflus. Voyez les 
<1.^ pren^iers noms de nombre, ils sont mobile, 
et reprod^uctibles comme les %ures (julls rem, 
placent. Il n en est pas de même de ceux-ei , on-e 
douze, treize, quatorze, rf^unze, 'seize, dont la • 
valeur n^est jamais modifiée p.. leur position. 
iNous avons donc cbar^é la numéralion écrite de 
SIX s.pes surabondants ; nous sommes retombés 
par la dans le chaos des lanj^iaes barbares. Cest 
par la même raison qi,e j'insi^rois pî.ur que'ces 
expressions si heureuses de sopT^^ÏTte. à'ohiantr et 
de nouante, fussent c^n fin tout-h^fait subsfi.ûées 
aialraînanteallianeedenombresquony substi- 
tue. S.x-vingts, quinze-vi'ng.s, ne se disent plus 

inmrquoi conserver quatre-vin(jts,^ui n'est pas 
moins ridicule? ■ 

Jl ne ,s Vfiit cas ici d'atlenler à la laiijrue d,. H i- 
<meetdeFénclon ; il s'agit de donner à la la.,.,',,. 

"um,'n,,ue une pré-eision esseiuielle indisnensa 
l-l.- . el de faire prévaloir le l,o„ sens .o,,,,.. ,„„, 
tradition çolliique. ' 1 

OPISTOGRAPHK, OPiSTOr.R AI'lVlK /V,,/ 
<indos,,.cnt,,re.au dos,, „o,st,.: ^ K, ,1e ,„,.,„„. , 
'mpnm,^au c}r,s , impression a„.los. Les an.i,.,,^ 
n oerivoient, ordinaicemenl ,[,ie iUu, ,:,',„■ sur les 
/«/W/«. , sur le papy>us. CI,,.. „„„s, o,', la ma 
l'.TO_'|"i K-.:oil.récrilu.re esl propie à la ,:ee,.v„„ 
des ,le„x cûWs, û« faifusap- d„ ,.,J:« ,.on.,„e ,|„ 
n'cto. Nos imprimeurs soni ojnsto^rai>hes , ,.,.„v 
' . ' • 10* 



( 



^ 



% 



».J»»" 



de la Chine ue le sont pas. On imprime opistp- 
i^iXLphitfuemont à Manille , (quoique le papier y 
soit à-peu-près de môme nature èl de même con- 
sisunce qu'à la Chiné. Lea imprimeurs n'aiment 
pas les copies opisto graphiques, ou écrites au dos , 
surtout quand elles sont écrite^ en carjictères fort 
menus, parce qu'elles ne permettent pas la divi- 
sion du travail. •*• 

' OPPRteSEPl. iVe se dit qu en parlant de cer- 
taines affections corporelles, académie. — 11 s'est 
très-bieq dit a^ figuré : 

A ceu^ qui VoppressoicHt il ôlcra r»ud«oe.^.^,. 

Soit que d'mi oppressé , ' 

\«* droit i>ien recounu so't toujours favor^ble.i;;. 

Ne me préfère pM le l^raii qui moppresfe..... 

OR'Ï^EIL. Le peuple prononce à merveille ar- 
teilj^CAT ce mot est fait à' af^ticulus , elVusaçe qui 
a changé l'initiale estAout-à-fi»it barb^pe; mais il 
n'y a point d'objection contre l'usage. Arteil^ qui . 
est le mot propre , le mot bien construit, le mot 
étymologique, n'en est p^s mpirt^ un b^rbamm?. 

QSSlàNI$ME, ÔSSIANIQUE. Gw expres- 
sions ne sont pas françoise?» et^ le genre auquel 
. elïesse rapportent ne le serî^ jamais. 



y- 



où 29^ 

Le style primitif avoit d'autant mieux pris en 
- France cjuton y étoit plus loin des mœurs primi- 
tives. Il passa de mode comme toutes les beautés 
^ fausses ou déplacées. U premier langage de 
l'homme naturel est imposaqt, wajestuipux , cjuel- 
quefois sublime; Biais Vécaie qui voudra repren^ 
dre ce langage au milieu d'une société décrépite 
ne sera que ridicule. 

Homère même est déjà loin du style pnmitif. 
On lui â comparé les poètes hébrçux. C'est mettre 
une enfonce vigoureuse et de bonne augure au ni- 
veau d'une belle et forte adolescence. 

Toutefois, ce genre a paru quelque temps for- ' 
mer une école , >ct même une école nombi;euse. 
Cela n est pas étonnant : il n'y a rien de plus fa^ 
elle à imiter que ce qui s'écarte de toutes les idées 
d'une époque donnée. Ce qu'il y a de plus extraor- 
, dmaire peut-être dans le besoin de Textraordi- 
naire,, c'est que c'est, de tous les besoins de l'es- 
prit, celui qu'on a moins de feine à contenter. 

OÙ QUE. Quocunufue, en quelque lieu 
que: ^ 

Où que soit Rosidor. U le suivra de prc5 , # 

El je saurai cluin|,'er ses myrthes en cyprès. 

, . CORWEILI.r. 

Expression p^rj-nê^Ie, mais q^e sa vivncité 
♦^iliptique rendent digne d'être conservée 
Ma rot à dit admirablement : 7 



<Ky2 OUT 

L'œil <^t le ropur de ton» ceii\ qui la virjftt 

Où ^uVJle allât tous les jours la suivirent. < 

M. François de Neufchâteau a remarqué cette 
loculron clans Buffon etj. J. Rousseau. H semlile 
que c'étoient assez d'autorités pour la recomman-» 
der à l'Académie. 

^OUTARDE. Ce n'est* pas A'auis tarda, mais 
do la composition hibri^^tj du'vieux mot oue et du 
latin tarda, si toutefois Tadjeetif farJe n'a pas été 
Irancois. Quant h ce nom ai oue tarde ou lente, il 
n'aura rien de singulier pour les chasseurs qui sa- 
vent que \ outarde est très-facile fi tirer, parce 
(ju'elle a beaucoup de peine à reprendre son vol 
une fois qu'elle est posée. 

OUTRAGEUX. 



Quelque espoir ou/ragcux d'être mieux re<;u d'elle;.... 



V 



Cesse de me tenir ce discours outrageux 

L'aveu de l'Académie et la protection de Voltaire 
ont h peine donné un peu de crédit à ce mot, parc 
qu'il est trop près d'outrageant, qu'il en diifèr 
par une nuance trop légère, et que sa nécessité ne 
se fait guère sentir qu'en poésie, où il ne faut pas 
le dédaigner. 



rce 

c 



^ 



OVK 



^J.\ 



' OVK, <'. l'cnne du hotanuiue, ovale . uoiste. 
'i'cnne d'histoire naturollo ; ovonlr. 

Ovale stî dit de la fijjurc d'un (»;ui, sans é^rard \\ 
sa solidité; ovc, de cctU* fijjure prise dans toutes 
ses dimensions. 

Ovale est h ovè ce que circuiairc est a split-- 
rique. * 

Oviforme qui signîfieroit en construction la 
même chose qu'op'c^ est défini ainsi par AI. Hoiste 
substance de la consistance du olanc d'œuf. On 
ne conçoit pas le rapport pue M. Boiste a pu (!<•- 
couvrir entre cette subtance et cette Forme , ii 
moins qu'il n'ait voulu parler de la consistance 
du blanc d'ur œuf ciiit dur. 

OXYLELES. Genre de coléoptères. uoisTK. 
11 falloit écrire oj.^^c7c'.v^ et accorder l'honneur <lr 
la même mention» du moins pourètre consé([U(Mil , 
.. aux astrapées , aux calUcères , aux latrohics ; aux 
omalies, auxpinop/nles, aux Uic/nnes, aux tachy- 
pores ^ qui sont autant de subdivisions des stdpli > - 
litu, dans la méthode de Gravenlioist , d'ailleurs 
R)rtpcu connues des naturalistes eux-mêmes. 

OYEZ. M. Boiste rapporte ce mot comme 
vieux. Toutes les personnes de tousjes temps de 
tous les modesidu verbe ouïr, sont très-»vieillies, à 
l'exception de l'infinitif et du participe passif. 




s 



s 



J 



I 



p. Substantif. 
H? Lettre numérale qui^ignifioit looo, et barrée 

4<30,ooo. ^ 

SJ« Lettre musicale gu^i signifie Piano. 
3^ Lettre commerciale qui signifie Prote^ïé. 
-i" Expression abrégée du mot Père, en parlant 

d'un moine. ^ 

Açceptioni omises. 

PA.ITRE. On l'a pris en sens dift^érents . pour 
ràction de paître, proprement dite ; et pour celle 
de conduire les troupeaux qui ^/xfcyif . Cetteder- 
nière acception" n'est pa* firançoise, tnais elle est 
cohftjrme à Vexpreftsion antique et naïve des pre- 
mières langues , mi l'on relr<tuve cette identité , 
comm« dans le patois des habitants presque no- 



V. 



^ 



"29(1 PAL . . 

mades de nos grandes montagnes. On 'ne sauroit 
donc hlàmçr.M. Duval d'avoir dit : 

i:)am Sichem aux gras pâturagt^ 

Nous paissions de nombreux troupeaux. j 

^ C'est le terme propiT de la Bible, ^ ses nom- 
breux traducteursTout presque toujours conservé. 
Il y a quelques années qu'un jeune auteur très- 
obscur, ayant employé un passage de la Bible, co- 

r„pié sur l'exeellcnte traduction de Le Gros, où 
cette bardiesse se trouvoit, fut accusé de barba- 
rismc. Le barbarisme est de Le Gros, mais ij 
n'est pas si barbare. 

Delille, fidèle k ces belles traditions d'une làn- 
^;ue païve que nos puristes ont décolorée, n'en di- 
soit pas moins : ^ 

Précieuse faveur du Dieu puissaut de» ondes , 

Dont \\ paît les troujieaux dan» les grotte» profondes. 

Et le .sévère Domergue : ' 

Enfants, paissez vos bœufs, e\ sillonnez vos plaines. 

PALIMPSESTE. Tablette dont on pouuoit ef- 
facer l'écriture. BOiSTE. — Il ne f^lloit pour cela 
que suivre le précepte d'Horace : Stylum lyeftas. 
Cette expression est plus générale : on l'emploie 
aussi en parlant des manuscrits sur parchemin ou 
sur papier dont on a fait disparoUre Técriture , 



PAN ^)7 

|)our la remplacer par d'autres ouvrages , etcVsi 
à l'heureuse découverte de cet artifice, et du 
procédé qui foit revivre l'écriture ancienne, que 
nous devons laj)uLlication de beaucoup d'ex- 
cellents écrits que l'on croyoït perdus. 

PANIQUE ( TERREUR ). Frayeur subiîe et 
SQDS fondement, ainsi nommée, selon Pausanîns, 
parce qu'on la croit excitée par le dieu Ran. Cela 
est vrai dans le sens où Pan signifie tout. Vu 
homme frappé de terreu*;7a^/r/a6', est un lioninie 
qui a peur de tout, et Pausanias qui écrivoil eu 
grec nous prouve ici qu'une étymologie naturelle 
n'est pas chose si facile à trouver. 
* ' ■ - ■ 

PANORAMA. Mot nouveau, devenu néces- 
saire pour un art nouveau et une industrie nou- 
velle. 

Ilestreçu maintenant de dire, une vue pano- 
ramique. Il fàudroitdire, pour se conformer aux 
rj^gles de Fétymologie, une yuQ panoramatù/ur , 
s'il y avoit lieu à se servir de cette expression . 



^ • 



PAPA. Ce mot et beaucoup d'autres .sppar- 
tiennent à la série des premières articulations de 
l'enfance. Ils ne sont d'abord qu'une émission va- 
gue, incertaine, sans objet, qu'on nous accoutume 
peu à peu à faire l'expression d'une idée , d'abord 
bien vague et bien mal précisée elle-même. Il y 
a long-temps que les enfants pVononcent papa ei 



/ 



^\ 



V98 P/^P 

maman aVani «ravoir lié V ifléo de ces articulations 
« celle de dfeUX personnes détermitiées ; et ce n'est 
que bien lottg-tempô àptès qu'ils comttièncëttt à^e 
rendre Utt compte pas^aWetnettl cUir deê rapports 
de leurs parettls ttVfec eu*. Jie ne pense ^â» que i^er- 
sonne conteste cette hypothèse , ou plutôt cette 
démonstration; fet, comme ce qui est vrai pour une 
idée Fest nécessairement pour toUtes les autres, il 
est évident que l*intelli(jënce humaine va toujours 
du mot à l'idée et non pas de l'idée au mot. 

J'ailchonheur de pouvoir lire datifi Une lettre 
de M. de Bonald cet axiome spécieux , mais dont 
j'ose révoquer la vérité en doute : L'homhte a pen- 
sé sa parole auartt de parler ia penxée. 

Ce qu'il y a de certain , c'est que les animaux et, 
les enfants, qui n'en difl^rentguère en apparence, 
font usape de voix et d'articulations très-indépen- 
dantes de l'exercice de la pensée,;, et que, dans ce 
qui nous coneerne , ces articulations et ces voix 
sont devenues des signes d'idées, quoique tout le 
monde reConnoisse très-bien qu elles n'en repré- 
sentent point. 

PA.PIM\NE , PAPIMANIE. boiste. ~ Lelexi- 
cographe s'appuie de l'autorité de I> Fontaine 
pour ces deux mots plaisamment inventés, mais 
qu'il falloit rapportera Rabelais, leur créateur. 
Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est qu'ils n'aient 
pas rappelé à l'écrivain qui les recueilloit le nom 
du malheureux pays de Pap^figuière , qui a voit 



les m< 
ainsi < 
plus Y 
depai 
chanv 
conseï 
lecteu 
que qi 

PAl 



11 de 
reur pn 
avec Te 
lerniîni 

PAR 

c/uanu< 
et ([ui ( 

VOljirnî 

comme 
qui s'ei 
bonne i 
Il se dii 
paroisse 
habitant 



lulatiotiK 
L ce n'est 
cëttt « se 
rapports 
que |)er- 
L6t cette 
>oiir une 
lUtres, il 
toujours 
t. 

ne lettre 
lais dont 
te a pcH- 

imaux et, 
tparence, 
indépen- 
, dans ce 
ces vorx 
le tout le 
;n repré- 

- Lelexi- 
Fontaine 
lés, mais 
créateur. 
Is n'aient 
it le nom 
qui *n voit 



PAR 5X)9 

les mêmes droiui a élre rangé à saleltriue. C'est 
ainsi que le verbe pantagruéliser, qu'on lit uu peu 
plus haut, feit regretter l'oubli du nom comiqhe 
de pantagruélion, que leménj^auteiii a donné au 
chanvre,, et qui ne mériteroii pas moins d'être 
conservé dan*-les Dictionnaires, ne rappelât -il au 
lecteur que la meilleure monographie de boUni- 
que qui^ait jamais été écrite. 

PARALLAXE, s. f, Boilcau l'a cru ma-r-ali,, 

/ Qge rasln)Iabe en main un autn." aille cherchti 
Si !<• soleil est fixe ou tounu" sur son axe, 
Si Satunie à nos ^'ux \)k'\x\ h\w un parallaxe 

Il devoir ce])endant être préservé di- ctic ci- 
reurpar l'étymologie qui h été d'accord cette (ois 
avec l'esprit de notre langue, on les mots d(^ ,;,Mte 
terminaison sont ordinairement feminins. " 

PAROISSIEN. Autrefois parochicn,àv paro- 
chinnus , composé lui-même de T.xodc et d':[>::,-. 
et ([ui écpivvaut h cohabitant. Il se disoit relati 
venirnl aux habitants d'une j).iroisse entre eux . 
comme dans l'histoire du bûcheron de Ral,elais, 
qui s'en alla prèUissant par le pays, faisant 
bonne troigne parmi ses parochiens et voisins. 
Il se dit maintenant relativemenf au chef de la 
paroisse seulement, qui appelle ses paroissien.^ les 
habitants de h paroisse À laquelle il préside, et 



U' 



Q 



300 l^^R 

^ dont il est le curé, non pas (Je xùpioç, souverain , 
" maître alxsolu, mais du latin cura , parce qu'il en 
a le soin. Au reste, il y a quelque chose de tres- 
philosophique dans l'extension de cette racine, qui 
a- exprimé en même temps la pleine puissance et 
les pénibles soucis. Ces idées sont aussi voisines 
d^ns l'ordre moral que dans l'ordre alphabétique: 

PARTANT. C'est un terme de pratique , selon 
M. Boiste. Dans ce vers : 

Pliis d'amour , \iartant plus de joie, 

ce n'est pas un terme de pratique , ou je nie 
trompe rort. 

PARTIE. Les Dictionnaires ne manqueront 
pas de nous dire , parmi les ditïc^rentes acceptions 
de ce mot, qu'il est d'usage au barreau dans le 
sons d'ndvorsaire. On ajoutera au besoin- qu'il n'esl 
ni poéiique, ni élégant dans cet emploi, çt l'on 
aura une apparence de raison. Voici l'usage qu'en 
a l'ail CorneiUe : „ 



Il semble cpic de Dieu la maiu appesantie, 
Se faisant du tyran l'effroyable partie, 
Veuille avyjicer jwr là sou juste châtimcut. 



^'cntrcprenons pis de déterminer ce qui est 
propre/ou non à la poésie. Il n'y a rien que lo 
génie ne puisse élever à sa hauteur; 



'■^■ 



souverain , 
'ce qu'il eu 
)se de très- 
racine, qui 
uissauce et 
ssi voisines 
Dliabétique. 



U[UC , 



selon 



PAR 301 

PARVULISSIME. C'est un barbarisme de Vol- 
taire et de d'Alembert, en parlant d'une petite 
république. Parvus n'avoit pas un superlatif de 
cette racine. * 

Mais tous les mots qui écbappent à un homme 
de beaucoup d'esprit, dans une conversation très- 
libre ou dans une correspondance très-amicnle, 
,, qu'on peut fort bien considérer comme une siju- 
plc conversation, sont- ils nécessairement IVan- 
cois? ma foi non ! 



, ou je nu* 



manqueront 
s acceptions 
eau dans le 
in qu'il n'est 
ploi , çt Ton 
i'usa(;e qu'en 



c, 

ir ce qui est 
rien que io 



PAS, POINT. Ces mots sont ti^ôsrmal qualifiées 
adverbes ou particules négatives, et très-mal rap- 
portés au sens de non et de nulLtumnit. Ce sont 
de vrais substantife aduerbiformes , ([\\\ ne sont 
pas négatife par eux-mêmes, maig seulement par 
la comparaison qu'ils établissent, et qui, dans 
pas et point, sont relatiFs aux distances, comme 
(\iin% grain j goutte et mie, aux dimensions et aux 
poids, rt dans.7zo^e;à la duré^ des sons. Ces ([ua'- 
tre expressions , exclues du style soutenu,- se 
sont réfugiées dans le langage le plus familier ; 
mais il est impossible de contester leur identité 
d'applicatioil avçc les mots cités en tète de cet 
article. 

Il réstilte de cette observation très-commune , 
mais trop négligée, une question qui intéresse le 
technismc de la versification. Les prétendus ad- 
verbes pav et point, étant faits des substantifs lio- 



:ik 



^^ 



^ 






BAT 



monymes, peuvent- ils rimer avec eux, comme 
à,'à\\s> ces vers de Benserade? ' 

Chevaux ailés ne se reQçontreut pas * 

A point nommé comme chevaux de yas. ' 




Il me semble que cela p^e un peu les licences 
de la poésie. 

* ■ " 

PATEMMENT, D'une manjère publique „ cer- 
taine, patent ç. Burlesque, boiste. — Et pourquoi 
Lurlesque^ ce mot t?st fort usité au barreau, où, 
])aruii quHques archaïsmes et quelques néolo- 
};ismes burlesques j on emploie Fort à propos des 
expressions que nous avons fort mal à propos dé- 
daignées. Celle-ci est de ce nombre : elle est utile, 
exacte, parfoitement construite de l'adverbe îatin. 
Elle est excellente. 



PATIENCE. 



I 



On voit aller des patiences 
Plus loin (|ue la sienne n'alla. 

Bl.IT8eRAD£. 



Corneille a une foule de ces pluriels inusités. 
« Nous estimons, dit M. François de Neiifchà- 
(V leau, que son exemple autorise h les employer 
« quand l'occasion s en présente, sans avoir éf^àJ^ 
u au scrupule des pu/istcs modernes. )) 

On est- tombé depuis quelque temps dans un 
excès t(^u4^«-fait opposé à celui des écrivains méii- 



* 



*■ - 



r7^ 



I 



^ 



/ 



/\ 



comme 



culcux qui repoussoient obstinément ces"pi^ri^ls 

' si |)ropi:es k ajouter à jà pompe du discours. Les 

_ prosateurs df.cc temps-ci ont pUrilùd tous 1rs 

^. sub.4tantife tYop vulgai^'cs, dans IMnïentiun de leur 

•donner uïi air de nouveauté] Le goût seul peut 
^ marquer une juste limi.te entre la p.lrci^ahieuse 

timidité des prenii€ft-s;et la proûision indiscrùte 

des seconds. ^ ' . 



-> 



, PATIENCE. Plante. — Singulier exemple d'a- 
■ pocope.. Cette pL..ite s'appelle en latifi lapat/tum 
OH laputhium.Diins ce nom de lapâthiunL, Iran- 
cisé et prononcé lapasnon^ se^lon l'ûsafrc anticjue , 
•la première syllabe a fini par se cojifbiulrq avec 
1 article, et consèquemment par disparoître de, la 
construction. Lapathum^^noh Avldir.x^^ vi ce 
lui-ci de Ixr.xÇh), qui exprime action des lmr!)e.s 
émollientes. Dansle mot françciis, où il n'y a plus 
d'étymolo^ric reconuoissable/il se trouve au con- 
traire une analogie équivoque. 



^4 



PATOIS* Je ne deuian^le pas si ce mot tire sun 
origine a patria ou a pataviniuâe\lç^ demande 
si" le Dictionnaire^concordant des patois d'une 
langue ne seroit pas w^ des plus beaux monuments 
qu'on put élever à la lexicologie. Je connais tel de , 
ces singuliers idiomes ifui foui^niroil à l'explor^- 
teur^habile plus de curiosités et, de richesses (jue 
cinquante de nos glossaires. 



'\l 



ù 



',.:".';'«. 



\ 



r 



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■■«• . 



;i04 



PAY 



r- 



Pj^YKN. C'est une siiigiiHère chose que réfv- 
niol(){;le naturelle cl ]iistofi(jue des mots fxign- 
sriisinc q\ payyn., dont 1 éqîirv «lient fut infro/hiit 
pour la premi'cre'fois sousTliéo(lo,se-le-Jeune. Pà- 
ganuSj,iricolap(^f^. C'est dans lés villa{;es que l'in- 
struclion arrive le plus tafd, et les villages fiireiU 
les derniers iml>us des superstition^ /;^j^ertf?6'j^. 
C^uaud ujie croyahcc's'cst (^felïdrm, son tiom s'ap^, 
|)roprie à la n^ption entière, les Gentils. Quaiul^ellQ 
se retire devant la raison et fa vérité, on cn)itlui 
faire trop d'honneur en la laissant ;\u^pafisarv;. 

"^ PEDAXT. Ce mot dési^jne éfymolof;i(|ueuuint 
ilionnue qui est chargé de Téducat^n de la' jjHi- 
nessc. \oYe7- ce tpre Cfile belle acception est, de- 
venue-, et avec (pielle invincible puissaiicc l'usage 
d<\s laujnies modifie la valeur des mols^loïi 1 es- 
^ence des choses ! / '• 

PJODOTROPIlIh^. Ce mot adeux acceptions 
dans le I)i(;tionnaire(le Al. Boistê, et n'en a au- 
cune dans la langue. Françoise ii hupudlVil est Korr 
é|r;iuger. Si pourtant on veut i'enqdov.er dans l'un 
(-M l'autre sens, ce lie peiU être avec uni" orllio- 
{;raphe uniH)rme. Il faut écrire pt*dotrophi(' , dv 
rîocv, pour l'art des engVaiv, et p^'âotrophic on 
pai(i<')tn)phic. , de T.OLiàicv ^ poilr l'art d'allailer les 
enlants. Si l'on *doit des égards \\ rélynu)h)gie , 
c'est surtout (piand il s'agit de l'ofthographc des 
lH)monvmrs. - " • 



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V 



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ro/hiit 
e. Pa- 
ie l'in- 
fiireiU 

i s'ap^ 

oifrliu 

JtlS. 

OllUUlt 
a 4JHI-: 

'Si, (Ic- 
Il i'os- 



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PEJ 



M) 



a 



ScévVole (le Saînte-Maithç a fai-f un poôaie inti- 
tulé Pœdmropliia ; mais pftuiôt/.'op/iic, n'esl. pas 
pins M'anrois ([iic ial/ipéclic^et Jiu'i^^alfintliropo^é- 
Jiésiii Le- {ifrec est une lari^^ue f-brf coinhiode poul- 
ies l!iibricaVears<le mois composés; mais notre Dic- 
tionnaire lïésf pas obligé die se ch.lrf^er-Tjjhl toiic 
cela. 



» 



kw,-vu. ««)mîk — On 



% 



PEIliiiAiir ,-i'C. wmi*. — yjn nomme ainsi 
uae expression , el particulièrement une ferini- 
H'iison qui ravale le sens., -, ' ^ . ^' 

Il n'y a pas nn mot fraïicoîs «ous là lettrine /)r/ , 
VtsPXMÏCxSJÙt^ponrquoi péjoratif n-^ est jwint . Cela • 
vient' peut-être de la vieille erreur qu'il n'y a point 
de/j/'/o/Yi^z/'en franrois. 

Nous avons pris agx Italiens leur pcjonitif en 
acciô,vV nous remployons ii tout moment. Dans 
hrcn'achc y dans v1tt4(Lssc ou inllacc , la dernière 
~ syll.^be est pi'joni^^'. 

Il en est Je m^imwle nos' diminutifs en oftc , et 
*■ 'g^rune ioule d;«utres; ce(jui [)iouve (ju'il v a beau^^ 
N^ .co^|> (\c fx'joralijs tran(;()is, (pioicpie p(''j<>i'(ilij' \\o 
.„,le soit ]>as. 

PKLÎCAN. 0/,v<?rt// a(jii(itujU('(i\urv.tiicd.esoti 
estomac, ai^cc .son hcc , les aliincnts (ju'il a pris 
pour en nojùrir ses petits . cattu-, — Nousavonsvu 
desj^ensl^ien embarr;»>sés de s'e\pli(juerrommetit 
un oiseau pouvoit tirer (piebpie ebose de son es- ^ 
tomac aveb s.on bec. (Test d'un sac iTieml)raneux 
> 20* 



f 



\ 



ff 



mi PEN 

el extensible placé ail-<lessous de son bec, qu'il 
rejette le produit de sa pêche, et non pas les ali- 
ments qu'il a pris ; c.'iiiJl ne se nourrit pas plus en, 
déposant le poisson dans cette poche , qu'un chas- 
seur en mettant le gibier dans sa carnassière. 

PÉNÉTRER. ^ 

Seigneur, dans ton temple adorable 
Quel mortel est digne d'entrer? 
Qjii pourra , grand Dieu , pénétrer 
Ce sanctuaire impénétrable ? . 

J. B. ROUSSEAU . 

Je cite cet exemple comme une exception, et 
non pas comme une règle. Pénétrer àernanàc une 
pr'éposiliôu qui le suive quand il a pour régime un 
substantif de lieu. La grammaire exige ici, péné- 
trer dans, ce sanctuaire. 



PÉRENNITÉ. Un de ces mots qui sont éton- 
nés de n'être pas François. Il n'est pas synonyme 
d'éternité, (jui se dit relativement à Dieu et aU 
temps ; il se dit des objets naturels, des choses , 
des institutions. L'éternité est absolue , parce 
qu'elle est propre h des êtres inîmortels. La pé- 
rennité est relative, parce qu'elle est mesurée sur 
les calculs de l'homme , et sur la durée du monde. 
M. Boiste, qui admet pérennité dans son petit 
Supplément , définjt la pérennité, longue durée 
de fonction's. Pérennité signifie mieux que cela j 



PEU 



^^07 



il si(înific pprpf^tuité, continuitc* nt)n. inl.Mmm- 
inie , et il se dit d'autres choses que des lonclious 
En France, un ne pourroit rnppli(juci (ju'à la 
r(^yaulé et h la pairie, dans cette arrei)tioM spé- 
- ciale ; mais les autres ne manquent pas. Dieu 

nous délivre de la A^<?re/inûé des mauvaises rou- 
tines! 

PERFIDE. Corneille a dit dans UcrdcUus , 
perfide géiiércux , et je ne répondmis pas que 
cette alliancede mots n'eut pas été admiix^e. Jl n'y 
arependant rien de plus va^juei^et par conséquent 
de plus condamnable que Funion de deux aitii- 
buts ^tre lesquels l'esprit no peut déterminer 
• distinctement le sujet. Comme on dit encore //,/\ 
perfide, et un cruel , surtout dans les l)on<loi.s, 
on croiroit volontiers que c'est i:rnrrf'u.r qui est 
l'adjectif dans le premier exemple cité, aussi bien 
que dans celui-ci : " 

Ces cruels gèi^rcux n'y vetilent t.t)iiscHtii « 

Mais Corneillej^ond h cette ^ypotbèsed.m.s un 
autre passage qui ne présente aucune éqinvo(|iie : 

Et peii de généreux vont jusqu'à dcdai-ner, 
Après im sceptre acquis, la do^a■^^r dr rt-ner 

Brébeuf trouva cette expression si i)elle A\\ 
M.^rançois de Neufchateau , qu'il la répéta dans 
la Pharsale : 



' 20. 



I . • 



m PER 

Ces cruels géftèreux 
Font voir ce que la guerre a de plus rigoureux. 

Voltaire au contraire paroît tenté de la blâmer, 
et déclare qu'il ne s'en serviroit point. Là-dessus, 
M. François de Neufchâteau multiplie les exem- 
ples d'adjectife accouplés qui se lisent dans Ra- 
cine, dans Boileau, et dans Voltaire lui-même, 
et qui pourroientse multiplier encore, car on eu 
trouve partout. La solution de la question est dans 
un seul mot. il y a beaucoup de substantifs qui 
sont aussi adjeçtife. Ainsi Racine a Irès^bien dit: 

Othon, Sénécion, jeunes voluptueux , 

El de tous vos ^\di\s\n jiatteurs respectueux. 

Parce que l'on dit un flatteur, qu'on neditpas un 
respectueux j et qu'il n'y a par conséquent aucune 
équivoque possible sur le substantif. Boileau a 
très-bien dit : 



>*! + 



Sam sortir de leurs lits plus doux que leurs hermines , 
Ces pieux fainéofits faisoient chanter matines. 

Parce que l'on dit un fainéant, qu'on ne dit pas 
un\pieux^j et qu'il n'y a par conséquent aucune 
équivoque possible &ur le substantif. Voltaire a 
très-bien dit : 



. I^'amitié que le» rob , Çf^ illustres ingrats , 
Sont assez malheureux pour ne connoitre pas. 



PÉR M)9 

Parce que l'on dit un ingrat ,q{i on ne tiit pas un 
illustre , etqu'iln'y a parconséquentaiH^une <'(jui- 
vôque possible sur le substantif. Il est bien proba- 
l|l)le que Corneille même n'est tombé clans l'aHiance 
d'adjectife que Voltaire lui reprocbe, que parce 
qa'il étoit déjà d'usage de son temps de dire un 
perfide , et un cruel, et que cette habitude reçue 
ne laissoit que fort peu d'ambiguité .dans l'expres- 
sion ; mais je ne crois pas qu'il se seroit avisé 
d'accoler deux adjeçtife qui n'auroient été ni rtiri 
ni l'autre susceptibles de s'employer substantive- 
ment. Ainsi je doute qu'il se fut permis d'écrire : 
cçs,généreux sanguinaires ^ ou Boileau , ces piaux 
inactifâ, parce qu'on ne dit ni un généreux , ni 
un sanguinaire , ni uti pieux , ni un inactif. 
Voilà, suivant moi, toute la difficulté. 

PERIPETIE. Changement inopiné- d' une for- 
tune bonne ou inaus^aise en une toutç contraire. 
^^'^ Il se dit surtout du dernier événement d'une pièce 
de ihédtre y d'un poème épique, d'un roman. 
GATTELî — Il ne se dit-même jamais que dans ce 
sens; et, dans un Dictionnaire bien fait, le sens 
propre doit précéder le sens fi^çiiré. 

PERMESSE. La demeure des Muses, acadé- 
mie, RESTAUX, BOiSTE. — \jQ Pcmiesse Qsi une 
rivière qui arrose la demeure des Muses , et qui 
leur est consacrée ; mais une rivière ne peut se^ 



/< 



310 PUA 

(qualifier de clemeure que par rapj)ort aux iiyra- 
plies et surtout aux poissons. 
Un poète vivanba écrit : 

Dans les sentiers élroils. du raboteux Permesse. 

Celui-là en a fait une montajpie et ce sont les 
Dictionnaires qui l'ont trompé. Les lexicographes 
ne sauroient avoir trop d'égard pour les poètes 
qui ne connoissent pas la mytliologie. • 

' ■,' , t 

ij ' , • ' 

PHAETON. On a oublié parmi les significa- 
tions de ce mot, celle dans laquelle il est pris 
pour cocher % conducteur de voiture , d'une ma- 
nière très-noblement ironique : 

Le phaéton d'une voUm% à foin, etc. 

/ LA FOIfTAIIfK. ■ 

WîARMACIEN. Clystère est depuis long- 
temps passé de mode ; lavement, qui lui a succédé, 
n'étoit déjà plus honnête du temps da l'abbé de 
Saint-Cyran, qui le reprochoit au père Garasse. 
Le père Garasse répondit que par lavement, y 
nentendoit pas Atrc chose que gargarisme j et 
que ce n'étoit pas sa faute si les apothicaires 
avoient profané ce mot à un usage messéant. On 
ne dit j)lu8 que remède, qui est équivoquQ, mais 
qui est décent. Voilà de merveijleux amendeiaents 
au langage. 



^ 



PHl 



ti 



m 



jipotHicmre 11*681 pas plus toléi'able maiuieuuni 
que lauement et cl^stère : on dit pharmacipn, (|ui 
est grec comme apothicaire ; et c|ui sera rcmplaci' 
avant quelques années paf un autre mot grec à 
peu près équivalent , pour le plus grand bien du 
Dictionnaire et de la politesse frinçoise. 

PHILOSOPHE, PHILOSOPHIE. La postérité 
sera bien embarrassée sur la véritable .iccppt ion 
de ces deux mots, si toutefois il lui arrive de lire 
ce qu'on imprime chez nous depuis trente ans. 

Etymolegiquement , un philosophe, est Vanii de 
la sagesse, 

Jin définition , selon d'Ablancourt , c'est un 
homme maître de ses passions; selon Duniars.us, 
un apôtre de la vérité; selon Montaijriie , un sajji» 
qui se prépare à la mort; selon d'Alenibeii , un 
être raisonnable qui applique son inlellifri^nee aux 
objets qu'elle peut embrasser ; selon liuet , La 
Harpe, et quelques autres, celui qui étudie la sa- 
gesse ; selon Marmontel , Ponq)ignan , Thomas , 
celui qui la pratique et qui l'enseigne ; selon Hou- 
teville, qui n'entend ou du moins ne design^ ({u'iju , 
homme simplement judicieux , celui dont l'exaele 
raison rapporte chaque idée à des principes-clair.s; 
selon Pascal, dont la définition plus droite est tirée 
des principes de l'a philosoplvie ancienne, celui 
dont la vie eSït naturelle et i>ai^ible. Puissent les 
amis de la Sf^gesse à'eji tenir là. 



i 



312 



VHl 



PHISETER. Macrocephalus , ^omo« énorme 
nui donne l'ambre gris, restaut , boiste. — 11 
falloit écrire phjsether, x\e deux mots precs qui 
signifient à peu près soiijjlciir , nom é([uivalent de 
cet animal» 

Il n'est pas sur que le />//x'5c^<?r s'appelle exclu- 
sivement m lie roçcp h al us ; il est m o i n s 's u r qu' i 1 
donne l'ambre (jris j il est moins sur que ce pois- 
son énorme soit un poisson ^ car ce seroît certai- 
nement un cétacée y mais ce qui est parfiiitemeut 
sur, c'(||t que Panta^jruel tua un monstrueux phy- 
sether auprès de l'île (àrouche. 

PHLOGISTIQUE. Partie des corps suscepti- 
ble de s'enflammer, académie. — C'est le carbone, 
ou toute autre chose, et non pas le phlogistique. 

Feu primitif, élémentaire, boiste. — Qu'est-ce 
que du feu primitif? 

Matière inflammahle. boi"ste. — -Presque tous 
les substantife du Dictionnaire .sont dags le même 
cas. 

Calorique, boiste. — Le calorique n'a rien de 
CQpimun avec le phlogistique. Le pjilogïstique est 
un mot de système , un mot *de théorie qui n'est 
plus François, parce qu'il appartenoit à une théo- 
rie, à un système détruit. 

« PHLYCTEXES. Subst. masc. plur. boiste. — 
Il QM aussi singulier, et qui plus est féminin ,. an 
moins suivant l'analogie étymologique. 



PHY 313 

, Maladie cutanée, wailï.^ .—hsi phlrctcncu car 
pas une maladie cutanée /c'est le syinptôine d'une 
afRiCtion cutanée, une pellicule fine et transj)a- 
rente comme cellos qui s'élèvent sur les brnlures , 
et c'est aussi le nom de cette pellicule elle-même. 

PHYSICIEN. Tout le monde sait qu'en anglois 
médecin se dit phjsician. On sait moins (jéné- 
ralement que physicien a été François en cette ac- 
ception, comme dans ce passage de la force d<; 
Pathelin : 

Les /;/i^*ic/W/5 m'ont. tué, 

De ces brouiUts qu'ils m'ont faict boire; 
*■ . ■< 

Et toutefois il les faut croire; 

"^ Ils en ouvrent comme de cire. 

PHYSIOGNOMONIE. SH;ne , indication d.i 
naturel: Nous avons contr-acté ce mot, très-l>ien 
composé, mais sans le perdre, en celui de phy- 
sionomie ^ qui pouvoit être également Lien con- 
struit du^grec : loi, rèjjle, tirée des traits du vi- 
s.age^4j:e dernier nom convient h la pli^ SLononur 
considérée comme science. 11 est mal appliqué ;t 
la phjsionomie considérée comme aspect géné- 
ral de l'homme , le second élément de composi- 
tion n'ayant aucun rapport a ce sens particulier. 
Les Grecs disoient le physiqhe , qui ne Remploie 
plus en François que dans le mauvais langage des 
comédiens et du peuple. 

M. Boisten'apas rebuté le mot singulièrement 



X 



.V 



X 



iU PHY 

ridicule de physionotrace,, infliruiueai pour ré- 
duire et graver les dessins des portraits; mais, îon 
embarrassé de rétymoiogie , il l'a supposé formé 
de <pw«"iç, nature, 5vcç, âne, et du françois tra- 
cer; littéralemeftt , instrument propre à tracer 
la ressemblance des ânes : ceJa n'est pas si exclusif 
qu'on puisse attribuer cette intention à Tinven- 
teur. 

Maintenant un histrion , qui grimace quelques 
figures connues, s'intitule physionomane, ama- 
teur passionné des têtes d'âne. Phjsionomanic 
prendra-t-il place dans le Dictionnaire où cet art 
honteux s'appelleroit physiopécj s'il pouvoït de- 
venir le sujet d'un article dans rinvcntaire des ri- 
chesses de la langue ? c*est ce qué-je ne sais pas ; 
mais ce qu'il y a de certain, c'e^t. que la multi- 
tude des inventions renouvelées des Grecs, par des 
charlatans qui ne sont pas Girecs en tout point , a 
surchargé cette partie du vocabulaire usuel d'une 
foule de platitudes qui révoltent quicoïKjue a reçu 
les premiers éléments de l'éducation classique , el 
j'ai voulu en donner ihi exemple: 

PHYSIONOMIE. La génération des mot* i>o- 
pulaires ixiurnit d'excellentes autorités à l'étude 
de l'étymologie , car c'est le peuple qui a foit les 
labguest J'en suis bien fâché pour les Académies. 
Voici jjui mot qiji a subi d'étranges, l'^volu lions, 
dans les<[uelles je ne fais que suivre le vieux Trip- 
paull , qui écriv oit avant i58o. De (fWtcyWfACvta, 



N 



PIC 



31 ri 



f^^jffLcyv^ldat ; et ensuite , physionomie , phlonùc , 
phylolomie , phylononiic , phylosomie et phr- 
iosottonue. u Autrefois, dit notre autour, phly- 
« môuscphrymousnj phryjneusc, phrj Uelimeu$i' 
« çi phryllclinwuse.Eiy qui pis est, se trouvent au-^ 
« cuns qui estiment i^ieux parler en disante « phc- 
« loirwiie et phlebotomie. » Henri Estienrie a a- 
museaux dépens de ces pindarisvup ridicules , 
dans fifts Dialogues du laii^ui^e françois itulianizi'. 
Mais n'est-il pas curieux que la dernière classe de 
la société ait conservé les plus anciennes versions 
(îe ce mot tout ^rcc, et que ce soit précisément 
parmi celles qui étoient le plus naturellement 
tournées à l'air et à l'esprit de notre laufpic ? Le 
bas peuple dit encore /nmou.v.fe pour pliyslouf^- 
tiiic, expression et caractère du visa(;e. Il appelle 
frime une (jrimacè ^ une phjsionoruie trompeuse 
et affectée. J'oserois k peine hasarder celte ély- 
molojjie si Trip^)aulf n'en avoiJ pas conservé les 
intermédiaires, et je craindrois hien plus encoïc 
d'en llrer la conséquence naturelle , si ce niélier 
de lexicofrraphe, que je fais par aventure, ne m'en 
prescrivoit pas le devoir. De ces trois mots phy- 
sionomic , frimousse e\ frime , il n'y en a (pie deu\ 
de François, les deux derniers; l'autre.est {;rec. 

PICROCHQLE. C'est rortho(i;raphe de iM. bois- 
le, et c'est la beoine , contre raulorité de la plu 
liart des éditeurs de Rabelais , el de ceux de La 
PdttUine à la Éabie de la Laitière. Mais ce n'isi 



,-.- ,./ 1 



316 PIM 

pas un mot François, c'est un mot factice, qui n'est 
d'aucune langue , et qui ne doit trouver place dans 
aucun ordre alphabétique , si ce n'est dans V Index 
de Gargantua. ^ 

PIMÉLÏE. s. m. BOisTE.—Substanlif féminin. 
Espèce de téncbrion. boiste. — Analogue et non 
congénère. 

PINDARISER. Si cette expression pouvoit 
être Françoise , ce ne serqit pas dans le sens que 
lui donne lé peuple ; elle ne conviendroit qu'à ces 
petits illustres ^ 

Qui traduisant Séoèque en madrigaux. ' 

El rehaltant des sons toujours égaux , 
Fous de sang-froid s'écrioient : Je m'égare ; 
Pardon , messieurs , j'imite \vo\^ Pindare ; 
Et supplioient le lecteur morfondu 
De faire grâce à leur feu prétendu. 



r- 



Mais elle n'est bonne dans aucune acception , l'ad- 
^jccui- pindari(fue ne pouvant Faire un infinitiFcn 
iser^ malgré Une fort jolie épigramme de Ghénicr, 
et des exemples fort mal appliqués. 

PINEAU. 11 arrive souvent aux personnages 
de Rabelais d'avaler ^7iom6/e5 traits de ^nn pi- 
neau. Le plant qui produit ce vin, et qui e^ assez 
estimé , porte un raisin trèsrnoir, à grains petits 
et fort serrés , qui coràTposent une grappe conique 



PIP 317 

autour de laquelle ils sont disposés com-^o les 
écailles de la pomme de pin : c'est de cette Analo- 
gie que vient son nom. La même affinité sî» ic- 
trouve dans Vargot? où un certain vinse dit/;iM'\"v. 
à cause de la ressemblance de son raisin avec ia 
T^iVe^ nom patois du fruit à^ppelé si improprement 
pomme de pin. Le mol pi^e , qui seroit bien à 
préférer à Tautre , n'est point dans les Diction- 
naires. , 

PIPEAU, s. m. LES DICTIONNAIRES. Pris 

comme nom d'un instrument, ce mot s'emploie 
toujours au pluriel. V*^ 

Il prend au contraire le sin{;ulier.dans sa. se- 
conde acception , où M. Boiste le plural ise et le 
définit par ^/aaua:. » 

Le pipeau de la chasse n'est point un i^luau : 
^ c'est un petit bâton fendu par le bout v\ armé' 
d'une ftîuille dans laquelle on siffle pour coiilrc- 
. faire le /7i/7iemewt des oiseaux. 

PLàGIAULE. Flùtc des anciens , à^hout re- 
courbé. BOISTE. — Ce que l'on conclut.de l'opinion 
. de Servius sur ce vers de Yirf;ile, /En., lib. U , 



737 



Aut ihi curva choros indixit tibia Bacchi. 



Mais celte opinion est peut-être fondée sur 
une mauvaise étymologie , TrXâyio; ayant si^^nine 



\ 



ohlirj^ ci transucrsus , c\)^res^\ons qui pouvoionl 
so ra]^rter a la manière fîe jouer de^rinslrument 
tout aussi l)ien qu'a sa fonue, témoin notre flûte 
travcrsière, X\\n n'a pas le l)out recourbe. An reste, 
on est assez d'arcorfl pour identifier le pUigiau/e 
avec la photitii^c et la latine que M. Boiste oublie 
toutes deux. 



^ 



PLAINDRE. V. actif. — Et neutre. 

J'ai beau plaindre, cl beau soupirir 

Aimant mieux plaindre par cmitume 
Que >()us eous-oler par faison. 

PLAISANT, e. Le verbe plaire est très-loin 
de sou participe. Il n'y a rien de moins plaisaiil. 
qu'une belle tragédie ^pii plaît'à tout le monde ; 
et il n'y a rien qui plaise moins (rOnéralement <jue 
la plupart (le mys^ plaisants. C'est une déviatioif de 
sens fort siuf^îulière et (urt irréparable , mais qui 
ne remonte pas au-delà des plus beaux temps d»; 
notre littérature. Il n'y avoit pas encore d'équi- 
voque dans ces vers de. llacan si souvent cités : 

Ai^iTables déserls , séjour (te l'innoctnre. 
Où , lom dt« vaniW's de la jnagniliceurc , 
Couunence mon repos el fuiit mon tourment , 
Vallons, (lenves, rochers , />/a'*«//^f solitude, 
Si\()us fûtes ténu)in»de mou imiuiétude 
t-\e dé»oT*iais de mon conteirtement ! 



< 




^ 



%, ^\ ,,. .^^ 



PLEBE, V. Jlôdiiif à rusd(;e du peuple. 
Locutions plchées. m A.LrtEKBE. 
Omis.'* 

PLEGTHLM. Bdton pointu et crochu, pour 
toucher des instnuncnis à cordes, boi^e. - Celle 
forme étoil commuric et, non [)as exclusive, l.e 
plcctrutn étoit une espèce (Taicliel pour (oucIum 
les cordes, dont la fi{;ure varloit suivant Tiiist ru- 
inent, coinnie on peut le voir dans les planches 
de Pi(piorius et de MontCauoon. \ - 

PLKO>iASME. hcdondancr ; mots (iccuniu/rs 
qui ont le nicniv. sc/ts. Exemple ; voyons voir. 
noiSTE. — 

1» La redondance n'est pas \c pléo/uisme et lo de- 
finit intil, " 

2* Soyons vàirnQsl pas un p/éonasmc , c'est une 

répétition barbare. 

L'accumulation de mots inutiles pour un sent» 
connu a trois nuance;» : ' , 

La première est la répétition , <[Lii est une sii- 
perfluité d'expressions identicpu^S. 



Te l'ai vu, dis-jo \n , dv pios nroprr:^ \vn\ vu , „ 

Dans cetexeinple, elle est, comme on sait, unr 
fif^ré lrfcs-he«rcu80, 

La seconde est le pléonasme , (jui cM une snf»er- , 
Huité d'f^Xptièftsions é((uivAlontes. commi' d.Mïs. \r 



\ 






■>f 



> 



320 PLE / ^ 

clLours de.Tarcet : ce La paix et la concorde, sui- 
vies (lu calme cl à^ la traïuiuiUité. » /^ 

i.a troisitMiie est la redondance, qui ne diffère 

\Vx piéonaslnc (jne parce que les termes ne sont 

pas absolument svnonymes, et forment une (^ra- 

aalion h la vérité presc^ue iusensilde. Il y en a des 

(^xenq)les dans, tous les écrivains /^mor/^^a^^. 



PLETHHF.. Mcînrc ^nn 
1301STE. — Cent pieds carrés 




\dnze torses. 



IM.EURS. La Fontaine Va pris au singulier, 
dans Je vous prends saiis venl : ' 

P/eurenlaitlil, Jouleur csi folle. » 



Lt au V. T) (\c B:clphégor : 



rrinccs et rois et la lourbo menue . 

Jt.t,.ient inaiiil pleur, poussoieiil maint et maint eri. 

. U est aussi dans Bossuet et dans Voltaire: j^ 
/Vr//r.v, larmes. BOisTE. 
Larmes, (îonttes &' eau qui sortant de l'œil. 
«oisTE. ^ Les pleurs de la vii^nc ,1 les pleurs de 
TA-Airore ne sortent pas de l'œil. 

PLLHIF*L. 11 y en a- deux espèces pour les 
noms propres. Le numéricpe ; les Colins cl Italie. 
L'emphatique ; les Voltaire , les Rouâs^au. ^ 






im 



/ 



de, sui- » 

diffère 
ne sont 
ne (^ra- 
Mi a des 
es. 

' toh'cs. 



^(^ 



ulier , 



ht en. 



ire. 



[le l'œil. 
oleurs de 



pour les 
cl Italie- 

lU. 



POl 3i2i 

VÉIohîm hébreu est un |>luriel empliajicjuo . 
comme le nous de nos rois. 

POISON, s. m. — Et féminin. 



D'où s'est coulée en moi cette Idche poison ?. 

MALHERBE. 



Je rapporte cet exemple dans la seule inteulioii 
dfi prouver que la .langue du peuple,. si grossi('>ie 
et si défectueu.se, n a peut-être point d<3 lot-utiou 
<[ui n'ait eu .son autorité. C'est, là qu'il faut rp- 
<lieiclier tous les orcliaïsmes de la langue litté- 
raire. . • 

POISSON, ytnimal qui naît ci qui vit ûans 
l'eau; qui a des écqilles , des nageoires, gvttei,. 
— Une infinité de manimiliTés, de reptiles, de 
vers^ de mollusques, d'insectes, de'/.oophytes, nais 

sent et vivent àf^% l'eau. 

■ • "* - " ,. - 

Les tatous , les pangolins ^ les serpents , les Ic^ 
zards, ont des écailles: 

Les cétacés ont des nageoires. ' - . , _ 

l^es poissons sont des animaux vertébrés, sans 
poumons, qui respirent par des brancliios , cl ({ni 
vivant dans Teau. *' . ' 

POITKVIN. Les honunes et femmes resseiti- 
h lent aux Poicfeyins rouf^es , etc. i'aîvtagiuei, , 
liv. IV, eliap. i\. Voyez là-dessus la belle élymo- 



^. ' « 



ïf ... 



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* / "J 



322 pAl 

logie de Le Duchat. Pictavi , de Pictura est un 
nom latinisé sur le nom local, qui si^îfioit peirU 
pu tatoué, comme celui des Bretons. Poitei^in 
rouge est un proverbe à Tappuî de cette étymo- 
logie, et Jean de La Haye Ta b^cn vu dans ^e^ An- 
tiquités du Poitou. La manie de se pejndre est 
commune a tous les peuples priinitifii et a tous les 
peuples dégradés. Il y a quelques années que tou- 
tes les femmes du beau mondé , dans deux ou 
trois nations de Toccident , se masquoient le vi- 
sage de cétusç et de vermillon. La civilisation est 
un cercle vicieux. 

N 

POLE. L'Académieacouronné un poème où se 
trouvoit ce vers : — ^" 

El dp» p6les$\ach Jusqu'aux pâles brûlants. 

Il ne feudroit pas oublier de nous dire claire- 
ment ce que c est que pôle. 

POLYCHLEUE. On n'étonnera personne en 
parlant de l'argot des savants. Il y a peu de pro- 
fessions où l'on ait plus habilement perfectionné 
l'art de discourir sans être entendu. Je ne saurois 
désapprouver cependant la précaution qu'ont 
souvent pris quelques hommes d'une instruction 
élevée , de s'isoler d'oin cercle ennUyeuqt en par- 
lant entre eux un langage qui passe sa portée. Au 
seizième siècle, qui étoit l'âge de l'érudition, les 



POïl 323 

personnes lettrées étoient convenues d'un certain 
mot du guet qui leur faisoit reconnaître sur le 
cKanip , dans une société de composition hétéro- 
gène , les divers éléments auxquels ils avoient af- 
fidre. n suffisoit, pour cela , d'appeler un babillard 
^^yroglosse et un menteur pseudophile. Polj- 
chleue désignoit un méchant moqueur , et se 
trouve encore dans quelques vieux livres avec 
cette signification. Ce qui m*étonne , c'est 
qu'Henri Etienne dise de ce mot : Plusieurs, de 
ceux mesmement qui ont bonne cognoissance de 
la langue grecque, ne s' auiseroyent pas com- 
ment ce mot est forgé. Quant à moi. Je ne m'en 
seroispas auisé si je n'eusse sceu V application 
n n'y a cependant rien de plus facile, même pour 
ceux qui, comme moi, ont très-p^de connois- 
sance delà langue grecque. U est forgé de ttoXùç, 
qu'il est trop superflu de traduire, et de ;ç>eûy], ri- 
sée, moquerie, raillerie piquante; de sorte qu'il 
étoit difficile de mieux dire, et même de dire au- 
trement. , 

- f "..-■■■'" 

PORC-EPIC. Nous écrivions autrefois, épie de 
blé. j ^ 

Exemple de mol qui a changé d'ortographe 
propre, et qui la garde en construction. V 

PORTRA.IRE. Voltaire regrette ce vieux mot 
dont no^ ne pouvons. offrir l'équivalent qu'au 
moyen d'une périphrase. Qu'on ne crie pas au 



,/ 



324 ^^^ 

néologisme! c^est de .Varchaïsme quil s'agit, du 
reiiourellement des moU anciens qu'on a ravisk la 
laïuçue et qu^on n'a pas remplacés. Les auteurs de 
nos Dictionnaires ont émondé comme le ScyUie. 

POSSÉDER. Posséder est communément un 
^ verbe actif et qui demande un régime. 

Cela n'est pa» au barreau , où il marqïie VéUt 
d'une personne et on U devient confiéquemment 
jieutre. Ces beaux rêrs de Corneme sont dans ce 
dernier cas : * , 

Cependant y« possède i et leur droit ineertain 
Me Uiue •»«« !«" ••" '«" "'•"^ ''""' •* '™""- 

' TOUDING. ) / - : 

1. Une aggrèg»^-»^ de pierre, liées paç_^1in ct- 
"ment naturel, et ordinairement susceptibles de 

li ' 

2» Un mets anglois dans leciuel il entre des raisins 

de Corinthe qui y produisent une marbrure 

semblable à celle des poudings. 

Cette analogie estsi évidentequ'il lie feUoit pas 
chercher àla seconde de ces acceptions une éty- 
mologiéen l'air, comme l'ont fait tel et tel lexico- 
graphes. 

PRÉCÉDENT, A.U mo(newt o^ je metB cet ou- 
vrage au jour , le movprécédent estdevenu sub- 
stantif dans la langue ministérielle et parlemen- 



% 



PftÉ 325 

tnire pour exprimer , je crois , une chose feite q^i 
a acquis foi^ de jurisprudence. Les précédents 
de la chambre , etc. Je ne suis pas sur qu'on ne 
dise pas aussi, les antérieurs ^ les conséquents ^ etc. 
Il faut espérer que ce détestable argot n'entre^ 
pas dans le Dictionnaire. 11 ne restera de mots àès 
la révolution, dans la langue littéraire, que ceux 
que la révolution a trouvés tout faits , et les écri- 
vains classiques de l'époque, c'est-à-dire Mira- 
beau, etun petit nombre d'autres, n'en ont jamais 
inventé un seul. Quand les journaux monarchi- 
ques reprochoient à Mirabeau cette belle expres- 
sion : les bouillons du patriotisme ; ils lui repro- 
choient, sans le savoir, une locution de Corneille 
et de La Fonuine. 




i 



PRECEDER. Un de nos anciens poètes a dit: 



De^* nectar délicieux 
Qui pour l'excellence précède 
Celui même que Ganimède 
Verse dans la coupe des dieux. 

Ce n'est pas pour V excellence de ces vers que je 
les rapporte , mais pour faire remarquer le verbe 
précéder j avec l'acception de V emporter sur ou 
d'être meilleur^ faute qui se renouvelle souvent 
dans des écrits plus modernes. 

PRECIOSITE. Ce mot est propre à La Fon- 
taine ; il n'a jamais été emph>yé avant lui ni depuis.^ 



396 PRÉ 

Son aatprilé Vauroit consacré sans doute, si le ri- 
dicule qu'il exprimoit avoit survécu a Molière- 
Un travers échappe à Texpression cpii le carac- 
térise , ou en sorunt des usages , ou en s'y géné- 
ralisant de manière i se confondre avec les habi- 
tudes communes. Je ne sais dans quel cas est 
celui-ci. 

PRÉCIPITEK. Jeter dans un lieu profond. 
ACADÉMIE. — Et figurément, perdre , ruiner , ré- 
duire aux dernières extrémités. 

Ces Tiolenti transports U wnt précipiter. 

ooanuxxB. 

■v. 

Cette acception est tout-k-feit perdue , et i*a- 
jouterob qu'elle n'est guère regrettable, si ce 
mot très-utile et de construction très-françoise 
avoit la sanction de F usage. 

Précipiter est fait de prœ elcaput, ou plutôt 
occiput' ou ocçipitium , U tête la première. 

Domergue a donc très-judicîeusement observé 
que les vers célèbres de Le Brun , 

Et Montgolfier, quittant là terre, 
Se précipite dans les deux , 

étoient moins un exemple d'heureuse alliance de 
mots, qu une preuve de Tëtourderie ambitieuse du 
poète qui emploie les expressions sans connoitre 



)< 



PRÉ 327 

Icar étymologie et leur râleur. 11 ii*y a rien de 
mer?dÛeux k aroir Ja tète la. première quand on 
monte. 

PRÉDESTINÉ. Terme absolu. Chi est destiné 
an mal ou au bien ; inais on n*y est pas prédestiné. 
On ne saurait éuiter le malheur auquel ori est 
prédestiné. Phrase académique où il y a deux 
fautes : une de grammaire , que je viens de faire 
voir; une de logique , plus sensible encore. 

Prédestiner; destinS" de toute éternité au salut : 
définition de TAcadémie. Sa phrase &it donc à Vk- 
nalyse : On ne saurait éuiter le malheur auquel on 
e^t destiné au salut. Supprimons le complément au 
salut ; reste : on riè sauroit éditer le malheur 
auquel on est destiné. Et qui en doute , si le 
destin est inévitable? 



/ 



PRÉLASSER, (SE). 

L'ftae se pr^UusatU marchdit seul devant eux. 



LA rOHTAUlE. 



Il ne faut pas o(â>lier ce joli mot, mais il faut en 
.^ire remonter la création plus haut que La Fon- 
taine: 

Je vejrs Diogenes qui se prelassoit en magni- 
ficence at^ec une grande robbe de pourpre, hiv. II , 
ch. XXX de ParOagruel. 






O 



N 



328 PRE 

Rabelais Va feit neutre, Han» un autre exemple 
que j*ai cité nu mol PAROISSIEN. 

PREMIER, adj. 11 télé adverbe , même dans 
les classiques. 

Premier que d'avoir nul , ils trouvent le remède. 

PRESTIGIEUX. Omis. 

Ces lettres prestigieuses furent précisément 
V époque oU les hérésies littéraires.... obtinrent 
une sorte d'empire. 

Je nai voulu que faire voir en passarU que 
la philosophie du dix-huitième siècle a été sou- 
tient prestigieuse et séductrice dès sa première 
apparition. ^^ harpe. 

Ce mot est foil de prestif;e , comme prodii;ieux 
(le prodige, cl litigieux de litige , ^m\ viennent 
àcprestigium,prodigium,cditigium.OviTi AMvoil 

pas fait venigieux.mAxs vertigineux, de vertige 
L'tHymologie de l'attribut part toujours du gé- 
nitif, ce qui est très-philosophique. 

PRÉSUMÂBLE. Un de ces mots très-usités 
que tout le monde croit françois , eitcepté 1 Aca- 
démie. . 

PRÊTRE. np£<T€vTtiç, un vieillard, et de li. 
7rp«r€ûT£p«« , un prêtre, comme senex et senator. 



PRI 329 

yetare, faire défense, vient de vêtus, comme 
'fe/t>^ de yéiswv ; et, bien que ces ëtymologies 
soient nouvelles, elles sont incontestaldes. Dans 
l#primitive Église, on nadmettoit a la prêtrise 
que les vieillards , parce que l'âge de rexpérience 
est nécessairement celui de la modération. Pres- 
(jue tous les hérésiarques et tous les fanatiques 
étoient fort jeunes. Saint Jean , le frère, de Jésus- 
Christ, qui mourut centenaire, ne savoit plus 
qu'une des règles de la loi : Aimez-vous Les um 
les autres. 

PRIAM. On lit dans un Nouveau traiié de la 
prononciation, qu'il faut dire Prian et non Priam . 
J'ai peine h croire que cela passe en précepte; 
mais il paroU que Vopinion du grammajricn est 
fondée sur une vieille tradition. La Motte a écril : 



■a. 



Eh Lieu] nous allons voir si ce.iih de Priam 
TroiopaÉ^ibiîr"** a'"S' ^"^ l'Océan. 

PRIMEUR. Première saison de certains fruits. 
BOistE. - Et, au figulé, premières prodiiclioiis ,. 
prémices de certaines choses. 

^ V .... Aussi les gens que j'aime , 

De mes récits ont toujours la prinitui . 

, " , DKI.IM.E. 

PRINCAULT. Premier coup. ( MOwrArcNK. 
BOISTE. —Je ne connois pas princault : rrst \no 



y 



N 



*"-. 



•ftîl- 



330 * PRI 

bablemcnt primsaultque'M., Boiste a yooIu écrire , 
et ce mot en valoit la peine. 11 ne fidloit même pas 
oublier primsaultier, ne ftit-ce que pour procurer 
aux étrangers Tintelligence if une douzaine de 
passages de Montaigne. 

PRINCIPION. Petit prince j etc. On pouroit 
laisser ce mot au dictionnaire du burleéquè ^ ou 
bien il falloit recueillir tous les diminutif ironi>- 
qués de même construction : et pourquoi pas^r(>- 
citlon que ces excellents vers de Dufresny ont 
rendu presque proverbial? 



\J 



n achetoit sous main de petit» /yroci/toiu , 
Qu'il saToit ëerer, nourrir de procédures: 
n les empàtoit bien ^ et de ces nourritures 
Il en faisoit de bons et gros pro<^ du Mans. 

. Aeconcil. Normattde. 

m 

PROPICE. De prope , et mieux de propius , 
propitius. Mais pourquoi? Ce qui est proche n'est 
pas toujours favorable , ce qui est propice n est 
pas toujours proche. Il fout chercher ce rappro- 
chement dans une extension spéciale de sens dont 
Rabelais fournit peut-être le premier exemple en 
françois. De son temps propice ne signifioit qu»t 
proche j et c'est dans cette acception qu'il écrit , 
liv. IV, cha^,yni : Le vent est propice. Ici, le 
contact des idées est si parfoitement immédiat, 
que l'usurpation du sens s'explique d'elle même. 



PRO 



33i 



PROSATEUR. Il est assez extraordinaire qu on 
se soit cru oblî]^ de faire un mot pour exprimer 
roccRpatfon ou le talent d'un homme qui fait ce 
que M. Jourdain faisoit sans le savoir. Depuis que ^ 
la modecie parler envers est devenue si commune y 
prosateur est devenu un mot assez utile. Cest au 
moins une subdivision introduite dans Tinnom- 
bi^able espèce des auteurs. Nous avons l'obliga- 
tion de cette expression à Ménagé qui était pro- 
sateur et poète en quatre ou cinq langues; sans 
être de T Académie» qui , encore une fois, a perdu 
à cela un bien digne associé et surtout un excellent 
.Dictionnaire. Il Tauroit 6iit tout seul. 

,.■ -> 
VKOSEVGUE. Lieu destiné â la pnère chez les 

Juifs. BOïsTE, — Littéralement, pnére^chezles Juifs 

. comme partout ailleurs. Ce mot nest point hébreu , 

il est grec, et il faut V écrite proseuçue ou proseu- 

cher, comme FEncyclopédie, du grec T.ç»o<Tt\i)(ri. 

PROSpDIE. s,f. Les Dictionnaires oublient ce 
mot au pluriel dans une acception très-conaue 
des antiquaires. CTëtoient des chants en Thonneur 
des dieux, çi, selon Poil ux, d'Apollon et de Diane 
en particulier^ Dans l'acception ordinaire , pi;p- 
fodie n'est jamais que singulier. 



PUDEUR. 



D Tou* êparpie U pudeur 

De k» loi éoeaayra vout-mèoie. 



u> 






332 PUN. 

Belle et rare acception du mot pudeur y dont La 
Fontaine avoit pwAabbment donné Tcxcmple « 
La Bruyère qui s dn séH fort bien également dans 
l'éloge de M. de So^ecouri^^ ; 

) • , - 

PUNISSEUR. Corneille^et ftîplière ont dit : le 
foudre punisseur. Y oiVa upetrèsrbeureu^e ei^pres-: 

sion 

On ne peut trop répéter qu'un néologisme n'est 
heureux qu'auUiit qu'il offre une sensible analo- 
gie d'expression avec les idées amitogue^. Poui^ 
qu'un néologisme de construction tout-à-foit nou- 
velle fut l>on, il faudrait que l'^ée le fut aussi, 

PURISME. Cest un barbarisme de puriste. 
Remarques sur le^dict. de l Académie. 

— M. Boiste s'esi txonapé, en lui a,ttacbant dans 
son Dictionnaire ( 3' édition) , le signe qu'il attri- 
bue aux mots inconnus des lexicographes. L'Aca- 
démie a eu le tort de l'imprimer avant lui , si tou- 
tefois l'usage que de bons écrivains en dnt fiiit 
clepuisnel'a pgs justifiée. Voyez IMPOSER. 

PUY. Lieu élevé, montagne, {'vieux). epiSTE. 

— Ge mot est fort vieux sans doute, mars «il est 
encore fort intelligible, dans le Dauphiné, dans 
le Lyonuois, dans l'Auvergne. On ne s'est même 
pas cru obligé de désigner autrement jusqu'ici le 
/^»/r-en-Vélay et le Puj-de-Dôme. J'ai dit ail- 



# 



PYR 333 

leuFS que Chaux ayoit le même sens en Pranehcr 
Comtjéy el. Jçi^e da^s une partie des Alpes , 
comme Ballon dans les Vosges;- Rien de tout 
cela ne s6 txjuve dans le Dictionnaire qui a été 
fait au^pied de Montmartre, mais on y trouve 
Butte j qui est conséqueinment François et même 
classique. 

PYRAMIDE. On le fait venir de l'oriental //j- 

•; ranij monument. Il dérive plutôt du grec rOo, le 

feu. La flamme qui s'élève affecte cette fi^jure. 

Uvpaixlç est un mot grec, et il est naturel qu'un 

mot grec ait une racine grecque. 

PYRÉNÉES. Le nom des Pyréjjées a tout-à-fint 
l'air d'avoir été imposé par les Grecs. Vient-il, 
ainsi que pyramides, de la racine ttû^?, parce que 
ces montagnes affectent en général une forme py- 
ramidale- comme les flammes qui s'élèvent, on 
parce que c'étoit l'usage d'allumer des feux au- 
dessus des montagnes, dans certaines solennités, 
, ou parce quelles donnent naissance, plus qu'au- 
cune autre chaîne de montagnes du monde, a des 
sources chaudes qui jouissant d'une grande célé- 
brité, ou parce qu'une ancienne tradition rap- 
portç que les forêts immenses dont elles étôiçut 
couvertes furent dévorées par uil incendie,, sous le 
règne de Celtes , ancien souverain de nos régions, 
qui donna son nom à la langue celtique ? Lesan- 



c/ 



334 PYR 

tiquaires et les poètes, étymologîsiés fort sus- 
pects , prétendent que les Pyrénées s^appellent 
ainsi en mémoire d'une nymphe ou d'une prin- 
cesse Pyrène j qui eut f honneur d'être aimée 
d'Hercule, Je ne dis pas le contraire. 



<* 



r^ 



Q 



Q. Substantif. —- Lettre numérale qui Taloit 
5oo ; et tildée 5o,ooo. 

Acception omide. ' 

QUADRILLE. Trouve de danseurs ou jde mas- 
ques. Ce mol est féminin dans les Dictionnaires, 
et masculin dans r usage. 

QUARANTE. Quatre fois dix, boiste. — Ou 
dix fois quatre, pu deux fois vingt, ou toute divi- 
sion de quarante qu il est possible de faire par un 
nombre connu. Il felloit -dire : quatre dixaines, 
parce que Ton compte par dixaines. 

Membre de f Académie française; et sans ^ 
tun des quarante, boiste. — Il résulteroit cffe 
cette singulière réticence querlorsqu^on parle des- 



I 



V. 



% 




*». 



336 , . QUA 

guarante réunis , ce mol exige un s. Précisé- 
ment, comme \ci quatre ordres mendiants, les cinq 
parties du monde ,- les sept sages , et les- neuj 
mpses. 

' QUART. Il si{Tnifie la quatrième partie d'un 
tout. Il a signifié autrefois le quâtrie me, .^ris abso- 
lument et dans toutes ses acceptions : 

Un quart voleur survient qui les accorde net. 

„ LA FÔMTAINE. 

V 

QUARTON* Feuillets ajoutés à un livre, ou 
qu'on y introduit après coup paur en reniplacer 
d'autres. Il doit, s'écrire ainsi , et non çomnàe 1 e- 
crivent tous les Dictio^naires", n'étant pas formé 
de charta, papier," comme son homonyme carton/ 
mais de guartum ou guarta pars.U quatrième 
partie, parce qu'un guarton est en effet le guart . 
d'une feuille in-a°. H est vrai que Von dit, un 
guarton d^une demi-feuille , et que l'on foit queU 
quefois par économie des guartons d'un seul 
feuillet, mais ce mot ne s'emploie alors que par 
extension, ou çataclirèse. « 

Un livre cartonné est un livre felié en carton. 

,Un livre guartonné est un livre dans lequel on 
a introduit des guartons. , 

QUE. Les Dictionnaires ont omis une de ses . 
acceptions, qui est très-femilière à la poésie. C'est 



»i* 




écisé- 
scinq 
* neuf 



*¥ 



& d'un 
s abso- 



re , ou 
iplacer 
me l'é- 
i formé 
carton/ 
itrième 
e quart 
dit, un 
it quel- 
in seul 
que par 



QDE ; ^ . "337 

g, devant là particule si, où il devient élégamnient 
emphatique: 

Que si j'étois archevêque à Paris. 

- Voltaire. : • 

QUENOUILLE . J'omher en quenouille ; pas- 
ser aux finîmes { se dit du royaume de France. 
BoisTE. — Le royaume de France est justement 
un des royaunies dont cela ne se dit^as, et dont 
cela ne peut pas se dire tant que durera la 
loi salique , dont les dispositions sont, fondées , 
comme on sait, sur un passa{i;e de saint Ma- 
thieu et de saint hue. Lïlia non laborant, ne- 
que nent. '' 

QUIDAM. Mot purement Litin , qui signifie 
certain j et qui se prend souvent dans cette 
phrase triviale : un certain quidam. Cesf une 
batrologie ridicule que Voltaire a employée, tbu- 
tefbis ironiquement, dans un passage de la Pu- 
çelle. • ' . . , 



carton. 
quel on 



_\ 



e de ses. 
ne. C est 



■* 22*- 



^ 



J 



'i 




R 



R . Substantif. 

1° Réuérend j en parlant d'un moine. R. P. 

2** Lettre numérale valant 8o- 

3° \yeç la tilde, 8o,doo. 

4? Dans le commerce > Remisé j Reçu, etc. 

Acceptions omises. 

R finale , dans l'infinitif des verbes en cr. 

Faut-il prononcer aimer ou aime? L'usage du 
théâtre est d'employer le premier de ces modes de 
prononciation au-devant d'une voyelle, et le se- 
cond au-devant d'une consonne. Je le crois bon; 
mais est-il consacré par une décision académique , 
sceau nécessaire de la corirection ? 



RABBlN. y^u vocàt^ rabbi. boiste. — Cela 
peut être en hébreu ; cela n'est pas en latin ; je ne 



22 



i 



340 , l^AB 

crois pas que cela soit eH françois, où les cas ne 

se distinguent point par la désinence. 

RABLU. Bien fourni de ralle. boiste. —Je 
suis persuadé que ce seroit la une assez bonne dé- ; 
finition de rablu; mais je n'ai jamais entendu dire 
que râblé, qui n'est pas lui-même fort élégant. 

RABtlTlNAGE. 11 faudra nous faire grâce une 
autre fois, dans tous les Dictionnaires du monde, 
de ce subsuntif formé du nom deRabutin; car, 
avec la foculté d'çn faire autant sur tous les noms 
propres, les Dictionnaires n'en finiroient pas. 11 
a été employé par maJnme de Sévigné ; mais ce qui 
sied bien dans une letvre va très- mal dans un 

lexique. c ^ 

Ce n'est p.«s qu'un nrm propre ne puisse fournir 
un bon substaul^Vl^I^ usité, comme un César, un 
Amphitryon, un Harpagon, un Cartouche; mais 
il faut pour cela le sceau d'une grande autorité, 
cell^du peuple, qui n'a lu ni V Histoire amoureusfi 
des Gaules, ni les Heures de la Cour. 

RAGE. Les Dictionnaires devroient dire que 
ce mot n'a plus aujourd'hui de pluriel , malgré 
l'autorité de plusieurs poètes classiques, ^ celle 
de leurs éditeurs : 



Déployez toutes vos rages, 
Piiiices, vents , peuples , frimas 



BOILE.M . 



y 







HAl 



i/il 



« Quoique tous nos vieux poètes, dil Saint-Marc, 
« eussent employé ce pluriel , il n't'loit déjà plus 
« en usage quand notre poète composa son Ode 
« Je ne lui ferai pourtant pas un crime de s'en 
« être servi dans cet endroit , où ce pluriel me 
cf parolt bien plus éner^i(iue que le singulier. » 

Voltaire le regrette également dans sa note sur 
ce vers de Corneille : 

Le sang de Polyeucte a satisfait leurs rages. 

Ce qu on peut dire de mieux en faveur de ce 
pluriel, c'est qu'il étoit quelquefois commudo 
pour la mesure ou pour la rime, et c'est ici son , 
seul mérite. ^ . - 

RA.IN ( de forêt). Lisière. Catineaù , Gattkl. 
— Rameau (vieux), boiste. -r C'est se moquer 
du moude "que de conbndre l'orthographe de ces 
deux mots. Le premier vient de rcn_, is, et doit " 
tout au pluss'écrirerefVi^ s'il s'écrit encore. 

Le second vient à(ijamus, et on récrit ruLin , 
qufVid on l'écrit. 

RAMENTEVOIR (SE). A> lettre, n/u 
mente videre. — Molière a dit e\core dans le 
Dépit amoureux : ' \ ^ 

Ne lamc/iteyom rien , et réparons l'offenst- ^ 

Ce mot étoit heuieux, parce qu'il s'e\[)li([iioit 



i 



34ia RAM . 

mieux par son étymologie que les mota qui Vont 

remplacé. 

« 
R AMINAGROBIS. Homme gros^ riche et fier. 

Wailly. — Cest une des mauvaises étymologies 

de Le Duchat qui a don9é lieu à cette mauvaise 

définition. S • 

Raminagrobis est un personnage de RaJbelais , 
qui pouvoit être fier et même gros; cétoit un 
poète. Quant k riche, c'est une autre aflfiaire. Cest 
aussi un personnage de La Fontaine ; mais ce per- 
sonnage e^t un cbat.^ 

Il faut consulter les classiques. 

RANCOELfR. Ce n est pas haine, comme Ten- 
tend M. Boiste ; c'est l'expression très -utile et 
très-heureuse d'un dépit concentré , mais tendre , 
comme celui qu'inspirent à un amant les rebuts de 
sa maîtresse; a un homme sensible, l'ingratitude 
de ses amis. ) 

Excuse [>ar pitié ma jalouse rtuicceur. 



Il est fâcheux que nous ayons perdu ce mot sans 
le remplacer. J'en dis autant de marrissorij 

Qui m'a toujours paru d'une énergie extrême, \ ,, 

et qui n'est qû'imparfifiitement remplacé par le mol 
tout grec de mélancaJie^C est une usurpation de la 



langue médicale sur la langue poétique. M. Boisle 
écrit marisson, sans égard pour ranalogie de ce 
subsuntif avec le vieil adjectif /wom, qui nous es4 
toutefois resté. 

RANZ-DES-VACHES. Air insipide, célhbrc 
parmiles Suisses, boiste.— //wiy^i^eestunpeu fort. 

J'aurois écrit, chant délicieux, et délicieua: 
seroit un peu fort. , 

Taurois écrit comme un Suisse, et M. Boisle 
a -écrit comme un Parisien. 

Chacun a son goût; mais il ne fout pas mettre 
son goût en définition, 

RAPPELER ( SE ). — 11 est reconnu que ce 
verbe ne peut être séparé d'un substantif par la 
préposition de, foute cependant très-commune. 

On doute qu il en soit de même dans le cas où 
c est l'infinitif d'un verbe qui le suit. Je me rap- 
pelle ai^oir entendu parolt effectivement barbare. 

Le meilleur seroit peut-être d'employer en ce cas 
le verbe se soutenir, qui gouverne la préposition. 

RATOPOLIS. La Fontaine a ainsi appelé la 
capitale des rats; mais ce n est pas une raison 
pour jamais admettre ce mot dans le Diction- 
naire géographique , non plus qu'Éléphantide et 
Rhinocèrc. Il y a des esprits naïfe qui pourroient 
s'y tromper, témoin certain traducteur de quel- 
ques traités de Plularque, qui vivoit du temps 



344 RAV 

d*Àmyol. Trouvant dans le livre où Plutarque 
dispute quels animaux participent plus de pru- 
dence, les terrestres ou a^fuatiques , Tobsenatiou 
suivante : « L'ours, quand il se trouve dégoûté, 
« s'en va vers une fourmilière, et, s' asseyant 
« auprès, tire sa langue , qui est molle et a qii'el- 
. (( que humidité douce et gluante, et ne la retire 
« point jusqu'à ce qu'elle soit toute couverte de 
« fourmis, qui, étant par lui avalées , lui servent 
« de remède ; » mais ne comprenant point le mot 
fxvpuny.ioi, une fourmilière, cet habile helléniste 
s'avisa d'y lire un nom de pays, et de Éairc hon- 
neur de ce prodige de l'instinct animal aux otirs 
de Myrmécic. On feroit un gros (ivre bien amu- 
sant de ineptiis doctorum. 

RAVET. Hanneton des Antilles , naturalisé en 
France ; blatte, boiste. — Il n'y a rien de com- 
mun entre un hanneton et une blatte, mais le 
ravet des Antilles est une blatte. 



\ 



1 



RATTE. Ce mot est commun en province pour 
raf et pour souris. On ne Teinploie guère à Paris, 
ce qui feit qu'il n'est pas dans les Dictionnaires. 
Je ne vois pas la nécessité de l'y mettre, et je ne 
le remarcjue au contraire qiie pour l'indiquer dans 
une des fiables apocryphes de I^a Fontaine 

Quelques ra/( M , dil-on, rt'pamiii-vnt df> lâiiur». 



N 



\ 



KE 



SA^ 



Le vers n'est pas mauvais; mais la fable nt-st 
pas de U Fonuine, qui n a employé ce mot aans 
aucune autre occasion, et il n'en faut pas d'ftutre 

t 
preuve. 

RE. Particule duplicatiuc. — Peut-elle s'atta- 
cher à tous yes.verbes? alors il est inutile d'in- 
scrire dans le Dictionnaire avec la particule du- 
plicativc tous les verbes qui Tout reçue. C'est, une 

règle générale. . i t 

Ne peut- elle s'attacher quk ccrtaips verbes ^ 

il fiiut en dire la raison, ce qui me paroi t tres- 

V difficile dans tous les verbes dont le sens n'ex(flMt 

pas l'idée de duplication. 

REBELLER.' 

Je dou TOU5 iTcrUr «u *rrtil«ir fidel«- 
Qu'rti tt (avnir^ikja U *ilW »e rrix-lle 



«M un 



II 



Voila ué)vcrl>e c\rellent par le sens 
néolo^isnSres-heureux.par lanab^Ki*- Cniui.ui. 
neroit^n, l'auteur qui s'en serviroit maintenant 
pour éviter une périphrase louji.urs h:v>ide ou U 
foible équivalent ^ -^ 

RERERCER. Bercer de nous^eau , nmclttrau 
berxeuu. — Le Dictionn.iire qirMlai,;Hr ni.' < i'«^' 



r.krasion de ce npolt.»;»^"^'^ ires-h;<s.inli 



>i. 



in.li>' 







V 



<^ 



346 REC 

qui m'a paru assez poétique, me fait beaucoup 
trop d'honneur. La phrase d'exemple qu'on m'y 
attribue est exactement calquée sur ce beau pas- 
sa^e des P^o leurs de Schiller. « Les harmonies 
, « guerrières nous rebercent dans les songes.de 
« notre gloire... » Et c'est à cette citation qu'il 
auroit follu s'en tenir, si Schiller avoit écrit en 
François. Dans l'état des choses, c'est un de ces 
mots sans autorité , qu'on ne peut ni conseiller 
ni proscrire. Le talent les prend ou les laisse. 

RECLAME. Pipeaux, boiste. — Lq pipeau du 
chasseur ne s'appelle pas réclame. Il s'appelle re- 
claim j qui est de 'même construction, mais qui 
est beaucoup plus antique. 

Reclairij terme de coutume, est mal orthogra- 
. phiéfpar M. Boiste. Il faut écrire reclainiy comme 
pouq le précédent. 

■^, ■ _■ , - ' • 

RECONiSfOlTRE . verbe actif. — E^ neutre . 

Pourquoi n'avons-nous point de verbe qui ex- 
prime une des idées les plus importantes de la jno^ 
raie et delà société? Pourquoi ne ptiut-on pas dire 
auoir de la reconnaissance , ou être reconnais- 
mnt, à moins de recourir à un auxiliaire? 

Vois-je pas vos bontés à mon aide paroitie, 
Kl j)arlcr dans vos yeux un signe qui nu; dit, . 
Que c'est assez payer que de bien recontioftrc .' 

lALHERHE.- 



J 



/ 



a» 



REC 



Ul 



RECOUVRER. Le participe est recouvré , 
pour distinguer ce verbe de rccoamr qui fait 
recouvert, Cette nuance n est pas aussi ancienne 
que la langue. J'ai recouvert quelques li^es 
JofeulXj lesquels te seront par le présent pofftur 
rendus. Liv. IV, chap. ni , de Pantagruel, 

REDIVIVE. Qui renaît (vampire), (calmet.) 
BOisTK. — Le siècle prochain ne saura plus ce que 
c'étoient que les vampires. 

Redivive seroit un mot assez . heureux pour 
cerUins animaux qui ont une résurrection appa- 
rente , comme le tardigrade rotifere ; ou pour 
certains ouvrages auxquels les cirtionstances ren- 
dent une vie momentanée. 

REGARD. Le regard de quelqu'un, ce qui 
le re^ard^. Figure vive et hardie oubliée des lexi- 
cographes. ^ , 

Le jugement de Rome est peu pour mon regar^. 

CORRKILLI.. 

RÈGNE. Il a été pris une fois, pour ror^w/'^'' 
ou empire dans les classiques. Ce singulier lati- 
nisme est de J. B. Rousseau, en parlant «lu 



Turc 



Qui, paûible tyran de Ut Grèce abattue , ^ 

Partage à notre vue 
La plus bdle moitié du règne des'Césars • 



ii8 



REM 



REMARQUABLEMENT. Z)'uncmamère re- 
marquable. loisTE. — Et pourquoi d'une ma- 
nière remarquable , puisqu on peut dire remar- 
quablement? Cet adverbe est très-bon. 

- REPASSEUSE. Ce mot n'est, pas François, 
quoique fort généralement usité , de sorte qu'un 
homme qui se pique de bien parler , ne sait com- 
ment désigner l'ouvrière qui repasse son linge, ce 
qui 'est extrêmement embarrassant pour les gens 
de lettres qui ont des chemises . (■■ 

REPENTI, e. s. boiste. — Non ; c'est un par- 
ticipe. 

" Vieux , mais bon. voltaire. — Dans le sens 
de repenti, il n'est pas vieux , mais il est très-bon 
en effet. 

Dani le sens de repentant ^ il est vieux, mais 
il n'est pas bon , malgré l'autorité de Corneille. 
['n cœur repenti n'est pas meilleur qu'un héros 
expiré ; qest un solécisme. 

REPENTIES. 5. /. pi. ioisTE. — Non , c'est 
un adjectif; ou s'il s'esX pris substantivement , ce 
n'est que par ellipse. On disoit les filles repen- 
ties , et une courtisane célèbre, qu'on presftoii 
d'entrer parmi elles , répondoit fort plaisamment 
qu'elle n'étqjt ni l'une ni l'autre. 

REPIC ET CAPOT hrrte hoistf. — C^la dé- 
pend du genre de la partie. On- |>eut gagner après 



-J 



u 



RES 349 

un repic et capot j mais il vaut mieux l'éviier 
quand on peut. ~^ 

RESSENTIMENT. On dit ressentir ^owr sen- 
tir, et dans là même acception. 41 n'en est pas de 
jnêmé de sentiment et de ressentiment , malgré 
l'autorité de Racine, au verà 6 de la se. iv de 
Vacte II de Bérénice: 



Je demeure sans voix et saos ressentiment. 

Remarquez que l'acceptioa^ctuelle de ce mot 
ressentiment, qui est d'ailleurs très-beau, est in- 
finiment éloignée de son étymologie naturelle, et 
qu'il y a peu de substantif qui ail moins d'analo- 
gie avec son verbe. 

Delille nous a dit en parlant du chien : 

Cardant du bienfait seul le doux ressentiment, 
Il vient lécher ma main après le châtiment. 

r 

RÉUSSIR. V. n. On le^fait maintenant actiF 
dans certaines acceptions ; mal réussir un tableau, 
une cotnposition , un ouvrage. Un tableau qui a 
réussi est celui qui a plu au public et aux con- 
noisseuis ; un tableau qui est réussi est celui dont 
l'exécution a répondu à la pensée , a l'intention 
du peintre, remprunte ces exemples a la peint u re , 

parce que c'est ici en effet de l'argot de peinture; 
mais comme il n'est point de langue spéciale qui 



dV 



'•. ■» 



"\ 






350 RHO ^ 

ilenné plus de place dans le Dictionnaire des sa- 
lons , il y à lieu de craindre que ce solécisme ne 
gagne du terrain , et qu on ne dise avant peu, f*^uj- 
5ir un projet, réussir une entreprise. Les arts et 
les métiers ont sans doute besoin de recourir quel- 
quefois à ceruins mots de convention pour ex- 
primer des nuances aidées qui leur sont propres ; 
mais ce seroit une feute irrémédiable que d'en 
souffrir Vintroduction dans/la langue écrite *,: 

RHOMBUS. s. m. Comme tous les Diction- 
naires omettent le nom de cet instrument, ils me 
fournissent par la roccasion d'étaler une érudi- 
tion facile , mais dont l'objet avoit le mérite d'être 
fort à la mode en 1809 , quand j'écrivois cette note . 

Le rhomlfusdei anciens étoit précisément ce que 
nous avons appelé depuis le diable j c'est-à-dire 
cette espèce dç toupie de méul ou de bois qu'on 
feit pirouetter avec des lanières tressées;^ et les 
expressions d'Ovide, huitième Élégie , livre pre- 
mier des Amours, équivalent à une description 



* Je vois avec regret que mon ingénieux ami, M. Jal, ait 
pu se croire autorisé à employer ce mot dans ses spiri- 
tuelles Re^'ues des salions de peinture, bien qu'il en CQipouse 
k merveille l'irrégularité. Son style, si plein de verve, d'o- 
riginalilé et de ce feu d'imagination que les Italiens appel- 
lent brio, est d'ailleurs extrêmement correct, et on est 
étonné d'y trouver une pareille concession à la mauvaise 
grammaire de l'atelier. 



\~ 



\ 



RHO ' 351 

formelle. 11 en est aussi question dans la seconde 
idylle de Théocrite ; dans la vingt - unième élé- 
gie du liv. II de Properce ; et dans la trentième 
épigramme du liv. IX de Martial. Lucien dit quel- 
que part que le rhombus étoit d'airain. 

Je doute qu on ait jamais bien traduit ce vers 
fl' Horace : 



Citumque rétro sôit^e, sohe turbinem. 

Il signifie positivement : Faites rouler le diable 
dansXautre sens. J'abandonne cette belle inter- 
prétation aux commentateurs. 

Le poète Sicilien fait dire à une de ses bergères 
«Comme., au nom de Vénus, je tourne rapide- 
« ment le diable, faites, ô Dieux, que mon amant 
« puisse venir à ma porte avec la même vitesse! » 
On ne sait pas si cette formule de conjuration s'esf 
conservée parmi les joueuses. 

W paroît que le rhombus étoit un instrumeni 
de sortilège, et c'est peut-être pour cette raison 
qu'il a gardé le nom du diable, avec leqael il n'a 
d'ailleurs rien de commun. Il falloit autrefois une 
certaine initiation pbur oser y mettre la main; 
mais les sciences mystiques tombent furieusement 
en décadence 4|ns ce siècle. Au reste, les magi- 
ciennes de notre tnmps ont un genre d'habileté 
qui vaut bien tous les prestiges de Thessalie, et le 
diable n'y perd rien. 



^ 



-V 



352 



RHÔ 



y 



"^ 



A. 




RHONE ou RHOSNE. s. m. En latin Rbo- 
daniis. t/n des quatre principaux Jleuy es de la 
France , et dont le nom est purement gaulois. 
Le chevalier de jaucourt. — Son nom se lit dans 
des auteurs grecs , et ScErevelius le dérive a péùi, 
ob velocitatem motûs. Schrevelius oublie péBoç , 
undarurn strepitus ; pcâoç ^ nympha ^ ah eôdem, 
strepitu ^ et fjéOiùv ^ si analogue, et qui a le même 
sens. Ce n'est point la un mot purement gaulois,* 
c^r il est presque tout grec. 

RHOPÂTIQUE. Sorte de ver. waillt, boiste. 

— Ce n'est pas mon intention de corriger toutes 
les fautes: d'impression des Dictionnaires ,de la 
langue, j'aurois un peu trop à foire ;.mais quand 
une de ces foutes se propage , et qu'elle réunit déjà 
deux autorités, elle devient un barbarisme dans 
toutes les règles. Il fout donc lire ici , rhopaliçue j 
et non rhopatique ; sorte de vers et non de ver. 
Ç^st un vol que je faisàrhelminthçlogie, et une 
restitution que je fois à la littérature. 

Le vers rhopalique est un vers dont les mots 
vont en croissant d'une syllabe : 

Spes dcus ceternœ stationis conciliator. 

"- AUSONC. 

RIBAUD. IjUXurieu.T , impudique, académie. 

— Cela esfvrai dans l'acception générale, niais il 
fout une autre définition pour ceux qui liront noire 




^ 



RID , 353 

histoire et qui y verront les exploits des braves 
ribauds de Philippe-Auguste. 

Le roi àcs rlbaads ^vxt long-temps un des offi- 
ciers do la maison de nos rois. i 

RIDE. La peau de l'éléphant est ridée > acadé- 
mie. — La peau de l'éléphant n*est pas lidée. Le 
mot nûfé comprend l'idée d'enfoncements et de 
saillies alternatives, avec une espèce de parallé- 
lisme. Il faut peut-être recevoir des sciences le 
mot rugueux , qui déterniine bien l'état scabreux 
et irrégulier de la surface de certains corps. 

ROCAILLEUX. Qui croiroit que ce mot n'est 
pas admis par l' Académie ? il est cependant très- 
bon au propre et très-bon au figuré, en parlant 
de certains styles ; mais la lettre R a peut-être 
'été rédigée par Chapelain. , 

ROIDI^, ROTDEUR. Comme, grâce à l'ortlio- 
graphc de Voltaire , nous avons perdu la pronon- 
ciation traditionnelle de ([uelc[Ucs milliers de 
mots, le philosophe Domergue liii-mêniQ, ([ui ap- 
précioit cette orthographe h sa véritable valeur , 
n'est pas bien décidé sur la prononciation du mot 
qui fait l'objet de cet article. Il est lente de j)r()- 
noncer rede et de conserver rondeur. Alors , si 
vous voulez des innovations, écrivez rèdc on 
ronde, et rèdeur ou rondeur; je m'en soucie fort 
j>eu : écrivez même raideur, ([ui est encore autre 

25* , 



^t* 



X 



P 



L 






1%' 



%^. 



-,» 



^ 



r 



354 . . nos 

chose ; mais dites-nous à quoi nous (îevoqs nous 
en tenir pour conserver aussi pure que possible la 
belle langue que le siècle de Louis XIV nous a 
donnée, et jusqu'à quel point un grand homme, 
qui n'avoit pas d'ailleurs une idée saine et arrêtée 
en grammaire , doit devenir pour toute la posté- 
rité l'arbitre de la langue écrite et de la pronon- 
ciation ? 

ROSE. Balzac dit des roses ^ pour des choses 
très-agréables. C'est une figure naturelle et char- 
mante parce qu'elle est naturelle. 

Qn dit aussi un diamant^ pour une chose pré- 
cieuse de telle espèce qu'elle soit , et les lexico- 
. {îraphes l'oublient. 

ROUCOULEMENT. Il est impossible ^e se 
refuser à l'admission de ce mot essentiel, d'ail- 
leurs consacré par la prose éloquente et pure de 
Buffon et de Bernardin de Saint-Pierre. 

ROUE. Un de nos meilleurs lexicographes a 
pfcut- être eu quelcfug^ tort de salir de la nouvelle 
acception de ce mot une des pages de son livre ; 
mais il faut avouer que les hommes corrompus, 
qui se son t>i^pliqué cette dénomination infâme , 
()ntau moins fait preuve de jugement. 

RUBAN. Singulière extension. Ruban, rosetta, 
rosace, flamme, viennent de racines qui signifient 



/ 



w^mmmmm 



RUB 355 

rouge. Comme cette couleur est la plus t^.clatantc 
de toutes, elle avoit usurpé le droit de dénommer 
les autres. La tradition de cette étymologie s'est 
perdue; et on dit fort correctement un ruban ^/xs^ 
sauf à rire le soir de la cassette de XAv^are qui étoit 
d'un gris range, et sans se douter que cette der- 
nière expression vaut l'autre. C'est ainsi que les 
L.ngues sont faites. 

RUBANTE. Garni de rubans, académie, gat- 
TEL, CATiWEAu, WAiLLT. — Dc ruban, il falloit né- ' 
cessairement faire rubanné ; mais l'étymologie 
{rubens.tis) a prévalu peut-être par hazard 
sous la plume de l'écrivain et sous celle du lexi- 
cographe ; aucun intermédiaire n'ayailt pu justi- 
fier ce participe bâtard d'un verbe, qui n'existe 
pas, il faut a])solument y renoncer. 

Enrubaner et enrubané valent beaucoup 
i^iieux ; aussi ne sont-ils pas^^ des Dictionnaires : 
ils sont de Beaumarchais. 



LUBRIQUES^/ pi. 11 est aussi singulier 
poi\r indiquer la suWiptmn d'un article de ga- 
zette : sous la rubrique defyndres, mus la ru- 
briq^ie d'Amsterdam. 

On appelle eàcore rubriques les noms des gran- 
des fêtes dans les almanachs, parce qu'ils y sont 
indicjués en lettres rouges.; et il ne fauf pas dé- . 
daigner un mot parce (ju'il est du françois d'alma- 
nach ou de gazetle. ' * 

23. . 



%^ 



:m RUD 

Savoir toutçsjes rubriques, ^molière.) - C'esi 
un proverbe tir(r(ît-4Uwa{;ejiH[ flroit, cl que Von 
emploie en parlant (l*un avocat qui sait tous les 
passages imprimés en rouge dans les Institutes. 
On peut croire qu'il y a bien des avocats qui n'en 
savent pas t^nt. 

RUDIMENT. ( Au figuré ) éléments, pre- 
ffiiers principes ; ( au propre ) lii^re qui les con- 
tient. BoisTE. — Tout le contraire. / 

,* 

RURAL, e. 11 a été pris par La Fontaine au 
figuré, dans lé sens de rustique : 

EspriU ruraux sonl volontiers jaloux. 



♦ "... >, 



!■»•«!■ •! <>* ►<♦ 



» 



s 



s. Substantif. 
1« Expression abrégée du mol Saint. 
2» Expression abréfîée (lu mot 5o/o^ en musique. 
3» Expression abrégée du mol Sol, dans les 

comptes. j 

i"" Fil de fer crochu qui sert aux éperonniers à 

attacher la gourmette à l'œil du mors. 
5« Pièce recourbée a l'usage des cloutiers d'épin- 

fifles. \ ^ 

Acceptions omises. 

Figure familière , foire des s. 

SACRÉ. Une de ces expressions auxquelles 
l'usage a feit prendre deux acceptions extrêmes. 
Cette opération , que j'appelle la meta thèse de sens , 
paroît avoir eu beaucoup de part à la composition 
des langues. 



i'U'«!- »( <>* k* ■ 



•f f • ' 



r^'-v f . f 






wmimm^mmmgi^!mÊmvt!f<''''^^ii''^>^Wii!K!t!'^^'''nÊif'immm 



9mmmmmmmmamt'!>''mmmmi'f'mmiamKBmmm'9 



358 SAI 

Ce qui est vrai du mot cité en François , Test éga- 
lement de ses équivalents hébreu, arabe, grec et 
latin, kadasch j,doun j catoç et ôcyioç^ osius et 
sacer. 




SAIGNER. Du nez. ./fu^ez. Parle nez. 

Les Dictionnaires ont mal à^ propos négligé la 
dernière de ces acceptions , et confondu les deux 
autres. L'usage, plus puissant que les Diction- 
naires, leur attribue des usages très-disfincts. 

La première , qui n'est pas très-noble , n'est 
jamais que figurée. Elle signifie , manquer de 
courage, de résolution. 

La seconde se dit d'une blessure extérieure. 
La troisième d'unehémorrhagié,^et ce seroit mal 
parler que de s'exprimer autrement. 

SA^ilQUE (ioi). Sunt autemelecti de plu- 
ribus vin quatuor Wisogast^ Arhogast^ Solo- 
gast et Windogan^ etc. 

Voltaire dit que ce passage indiqué la suppo- 
sition , et que ces quXtre noms sont ceux de quatre 
cantons d'Allemagne. C'est comme s'il disoit qu'il 
est absurde d'introduire dans une tragédie des per- 
sonnagès qui s'appellent Vendôme et Nemours, 
parce qye ce sont des noms de lieux très-connus, 
et que ces noms ne peuven/s'attribuer à des boni- ' 
mes. Il est de l'essence 4/la noblesse d'identifier 
le nom local à l'indivi* 



^ 



L 



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mmmiKmmBfmmifi^ 



l 



s AL 359 

Quant à ropiiiion de Fostcl, i[iw le. nom de loi 
saliquc est corrompu dç celui de loi i^alUnucj je 
suis étonné qu'un aussi savant homme ail avancé 
une étymologic aussi misérable. 11 est vrai que du 
temps de Postel on connoissoit mieux les lanj^ues 
classiques que les langues autochtbnes ; et c'étoif 
dans la langue nationale ou dans celle des vain- 
queurs qu'il fidloit chercher cette origine. 



^\ 



SALUER. Dans le sens de compliinenter, ce 
mot n'a pas encore trois siècles. On nç dîsoit pas 
saluer, mais baiser les dames , parce qu'il étoit 
en effet d'usage de ne pas les aborder sans leur 
donner un baiser sur la bouche, H cette étrange 
lit^ce n'étoit pas circonscrite aux usages fami- 
liers d'une société intime j.ellQ étoit prescrite par 
l'éticjuette et les bienséances à l'égayd de toutes 
les femmes qui se renconiroient dans un salon où 
l'on, étoit présenté , sans en excepter celles qu'on 
voyoit pour la première (bis. Cette coutume ifous ^ 
étonneroit maintenant , si nous la lisions racontée 
dans une relation de l'Océanique. Du temps de 
Henri Etienne , vers i58o , elle étoit plus en 
vûgue que jamais; et siquelque homme y man- 
quoit par timidité ou par oubli, en négligeant 
envers une seule dame la politesse* requise , il 
étoit en tres-^rand danger j selon cet écrivain , 
d'être déclaré sot p ah arrêt de toutes les autres. 

SAlV-BENITO. Fétement marlunac , /)iune. 



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des victimes de l* inquisition. boistb.-^Lc san- 
benito étoit souvent y mais non pas essentiellement 
mortuaire. Il 1^1 loi t dire, vêtement d'expiation. 

SARCELLE. De guerguedula, oerce/Ze^ et par 
corruption sarcelle. Or, c'est le dernier que Tu- 
sag;e a consacré , et ce n'est pas le seul exemple 
de cette bizarrerie. 



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SATYRE. Voltaire comparoit Sterne à un de 
ces satyres d'une forme très-bizarre, mais qui con- 
tiennent des essences très-pirécieuses. Il entendoit 
par là une petite boîte ou une petite amphore char- 
gée de figures-étranges. 

Il n'éloit pas bien difficile d'appliquer à l'imita- 
teur de Rabelais , ce que dit Rabelais de lui-même , 
en comparant son livre aux s^pnes , Prol. du pre- 
mier livre : Silènes estojent jadis petites boites^ 
telles que ^voyons de présent es boutiques des apoy 
thicûireSj peinctes au-dessus uejigures joYeuse\ 
etfrii^^lçSj comme de harpjfes,^saf^Yres y^oysons 
brydez j lièyres comux , canes bastées ^ bouqs 
"volantSj cerfs lymonniers^ et aultres telles painc-' 
tures contrefaictes à plaisir _,■ pou^ exciter le 
monde à rire^ quel f eut Silène màistre du bon 
Bacchus ; mais au-dedans l\>n reserûoit les fines 
drogues^ comme baulme , ambre gris jUamomon, 
muscq y civette, pierreries , et oj^ltres choses pré- 
cieuses. ■ '. , " 



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Voluire a |m4« s^rts po«r ûi^in . et ni l'un 
al raatre ne »oiit dans le« Dictiowyaire». 



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SCALIÇÉRIEN , V0LTAIRIE5 M Boisii? 
Adopte ces expreicioi» poor «iéfti^er U critique 
de Scali^r, Técole d« Voluire, kar Mylc, eu , 
et il n'y a rien de mieux ; HLiis ComéUen, /Lut-^ 
men,ei vingt antres, sont dans le même ex» tx ont 
les mêmes droiu. Ccst ainsi que les luliens di- 
sent Dantesque, que noos dirions fort bien âu^sj 
Ce sont là des priTilé^ dont tontes les UntTne^ 
doivent jouir, avec une réserre que les Die lion - 
naires ne. peuvent pas fi;Ker , mais dont le iro«ii a 
le secret, u sefoit injuste et ridicule iiciim^mi^t 
qu'une lan^e est nécessairement arrêtée 1*^ )<• or 
où la dernière édition du Dictio/uuurr dt l Jça- 
démie est mise en i ente. Les lances crouv-c: 
tant (jn'eUes rivent. 



**: 



SCHAKAT. Bonnet de Houjuird , de fr^r-t 
rouge ou noir, loiiTt. — On q<. dit que t^'o 
et la coiiiei^r n'Y &it rien. 



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SCHOLIASTE. Ei nos |kas ico^Uatte , comm 
M. Boiste et vin^^ a<itfTs/«$co/<iM;^, aiJ|S4 on 
graphie, signifieroit propreaeiit Pantew d'i»»'^ 
chanson à bcnre. Ne* chamscmBiers peu^tm v^ 
raire appeler fcouastej coaua^ \m»^rfr,± o^;» < 



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362 SCI 

n*e«t pas »ûr qu'ils aieol jamais des schûliastcs 
comme lui. 

« Tous les anciens outrages n*ont-ils pas ité 
« fréc|uemment altérés^ar les copistes, » dit lau- 
teur de la Grammaire des gens du monde. 
« Ce qui le prouve, ce^sont les yariantes ^t ïes 
« scolies multipliées <ie leurs comineiitateuré. » 

«Sco/iej^ lisez, chansons à boire. 

SCIOMANCIE. 'Z?iVi/uifto/i par les ombres. 
lESTAUT. — Puisquon admet ce mçt, qui n'est 
effectivement pas à dédaigner, il est permis de 
T^PPÇic* icio/micAie^ littéralement combat des 
onïbres^ qui a été employé par Rabielais au titre 
de sa rarissime description des jeux fiiits à Rome 
I>our rheureuse naissancediB monseigneur d'Or- 
léans; Ljron, i549, »»-^S 3i pages. Bemier, qui 
n'avoit certainement pas vu le livré, dit qu'on y 
trouve décrite Tapparition de figures d'hommes 
voltigeants et comhatunts dans l'air, ce qui fit 
passer pour magicien l'ai^t^ur de ce spectacle; 
et r^itenrdù'joli Rabelais Je M. Desoér en con»- 
clùi fort iiatuçejlfement que si tel est l'objet de la 
*Sc/qi7i/ï<?/i^, (^u'il n'a non plt«s vue que Bernier;, 
il £iut enlever âu P. Kirckèr Fhonnèur de l'in- 
véâtion de la fantasmagorie. Mais; il n'est point 
àa>«li^, de ccs„hômnacs voltigèan^et de cette 

T^mppanûon dans IaA$<Momac^M Rabelais définit 
im-mime cscitç ex^jtéakipn^trpp hardiment :figu- 

; *!tP r •<*. iimutàertf et^ n^resefiiation de èoUA^ile, 



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SCO ^ 363 

. tant par eau que par terre; c*esî à-dire tout 
simplement une naumachie et la fausse attaque 
d'un fort. 

« 

SCORPIO|^> Insecte aptère, boiste. — Le scor- 
pion n'est pas un insecte ; c est une aranéïde ap- 
tère comme les aranéïdcs. . 

^ Aquatique, boiste. Le scorpion, aquatique 
n'est pas un scorpion; c'es|une nèpe. 

Fenimeux. çoiste, — La nèpe n'est pas veni- 
meuse, 

SCHOftSONÈRE/REsiAUT. Il fout écrira. cor- 
souere^ de l'italien scorza nerà, écotce noire. 
Vh est surabondant et barbare. / 

" SCULPTER. Tous les anfciJns lexicograplics 
ont dit sculper, de sculperp, latjn , dont il dérive, 
et le P. Catrou est le premief qui ait kasardé 
J^ulpteK^^ son Histoire rorkcAne, Son analo- 
gie avec ^pteurX^ faitpréfér^rj quoiqu'il soit. 
rare chez nèus de former les vertes du supin. 

SECTAIRE. ^^fle/?e4^7Me;^Me5ecf^. * 

SECTATEUR.>P«rma«/ qui soutient une doc- 
trine,^ Si ces deux mots avoieut le mfme sens, ' 
Il y en auroit un.dé trop. Il falloit dire qu'un ^ec- 
Jaire étqitje chef ou l'un des chefe d'une secte ; 
qu un^seèfatenriétmt l'homme qui servôit son opi- 
nion ou spn-ifaïti^ëlque de qes déux^oU lo ' 




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36i SEl 

demiçr étoit le seul qui pût te prendre en bonne 
parU- 

SEIGNEUR. L'éqiiiTalent de ce mot n'étoii pas 
u^ilé chex les ancieas de la manière doni noos 
remployons dans le dialo^e u^gKpie. On se ser^ 
voit communément dn nom propre, ee qui étoit 
plus noble et sortoat pi os naturel; mais cette &ère 
simplicité des temps passés mt conrenoit pins an 
raffinement ojatré des soeiétés modernes. Il est 
peut-être fâcheux toutefois que nos poètes n*àient 
pas eu U hardieèse de se*Tonformer en cette par- 
tie à la sérérité^dn costume. Les Anglotàn*ont pas 
été souTent pl^ téméraires, et Voltaire plaisante 
Shakspeare dui traite César de milord, quoique 
milord ne soii pas plus ridicule en Angleterre que 
seigneur cheà no)ii^ 

SEMBLER. Ce verbe est un dé ceux que nous 
appelons improprem^t impertoni^els. Il ne se 
prend jamais correctement au derant d*un sab- 
stantiF. ^ 



SemalfLoit «a rai 



On ne semble pas uM roi \ c 
risienne. 



SEMONCE Ce 



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sion , i 
en de! 
rieur, 
dériji 

▼erbe 
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SEN 365 

inriution à une cérémanie publique ; par exten- 
ftion, inTiuiion prcMante de tel genre qulelle $oiMf 
en dcrtiîer liea , réprimande dû supérieur à l'infii* 
rieur. Il est important de faire remarquer reito 
déiriation de sens , le substantif semonce et le 
Terhe semondre se trourant encore dans le* clas- 
siques arec leur seconde acception : 

Ses Wm mmx ^ b pciae 
De le «OKVMirv deu loM. 

Maintenant le sabataBtifne s'emploie que dans U 
dernière, et le Tcrbe ne s'emploie pas du tout. 

SENS DESStS DESSOUS. Cesi Tortho- 
graphe commune. Vaogelas écrit sans dessiu d< - 
tous , qni parott aossi natorellement composé , 
et Court de Gibelin, c'en desrus dessous , par 
ellipse de ce que dessus dessous, qui se lit dans 
Ptiilippe deCommines. La question est encore a dé- 
cider, du moins entre les detix premières, leçons. 



, SENSIBLE. Ce mot si^i&e au sens propre ce 
qni^toq^be sous les sens. Au ftguré, il est Tatiri- 
b4M d'an cflrur £»cile a émouvoir, et qui recuit 
»ii<»i nt ioates les t^pres^ioas toncbantes <)n a 
ete*du celle areeption affr-delà de ce qxie prnuet- 
tait r esprit de La Ua^pie . lemsMe .s*^i6e/«-ncort- 
t mt wà if ef pmsmommé , cbomae oa U roit dafts ces 









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366 SEN 

vers fameux du Catilina de Crébillon , où il pro- 
duit un effet si original : 

Il fit vrai qu'autrefois, plus jeune et plus sensible^ 
( Vous l'avez ignoré ce projet si terrible, 
Vous l'iguorez encor , ) je formai le dessein 
De vous plonger à tous un poignard dans le sein. 

SENTIMENT. Pour ressentiment j et vice 
versa. 

Qu'il ne reste entre vous ni haine ni colère. 
Sans aucun sentiment résous-toi de le voir. 

cuairsiLLX. 



SENTIR. Ce mot se dit généralement en par* 
lant de l'impression que les objets extérieurs font 
sur nos sens ; ei spécialement en parlant des sen- 
sations qui nous parviennent par l'organe deTo- 
dorat. En italien , c'est l'organe de l'ouie qui a 
usuq)é cette acception, et cela était naturel chez 
un peuple doué d'une organisation si musicale. 
Au reste , il est a remarquer que cette extension 
de sens n'est pas de toute antiquité. Henri Etienne, 
qui trouve fort bon sentire la musica, parce qu'il 
ne voit probablement dans sentire que la valeur 
morale du ihot, n'admet pas qu'on.puisse dire spt^- 
tire la messa, au lied à'udire. C'est une nuancé' 
dans la pensée. Beaucoup entendent sans sentir. 
Quelques-uns sentent où d'autres ne font qu'en- 
tendre. 



CV 



BWBWMIPBHipfllBpWHWWI 



mm^immm^mrm^fmmKmm. 



SÉP 



367 



SEPHALITE. Sectaire mahométap. qiii donne ^ 
à Dieu Informe humaine, —boiste. Il faut pren- 
dre garde à des rapprochements trop naturels, 
pour les éviter, et n'en pas alarmer les conscien- 
ces délicates. 

Comme il est évident d'ailleurs que le mot sc-^X. 
phalite est fait du grec jcecpaXyî , os ou caput, je 
présume qu'il y a ici une énorme faute d'ortlio- 
graphe, et que c'est à elle que nous devons ce 
barbarisme. 

SIDERATION^/o/tou mortification de quel- 
que partie'; gan^ne parfaite, gattel , cati- 
NEAU, RESTAUX, BOISTE. — La mort ou gangrène 
entière se nomme ssphacèle. La sidèration est dans 
Pline une maladie des plantes, et particulière- 
ment du figuier et de la vigne, attribuée h l'in- 
fluence de la canicule, et ce mot vient de sidéra. 
Par une extension aujourd'hui plus commune, er. 
qui paroît gétiéralenient adoptée par les physiolo- 
gistes, dont quelques-uns-écrivent trô*s-mal sjdê- 
ration, il désigne le dernier degré de la prostra- 
tion dans les maladies a!lynamiques. La médecine 
philosophique n'a pas eu d'égard à son étymologie, 
quand elle l'a adoptée , ce qui n^'est pas très-phi- 
losophique en soi-^mên^ ; mais il y a heureusement 
long-temps que les erreui^s des médecins se bor- 
nent là. . , 

SIECLE^. Ajoutez aux définitions connues 



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^mmmifmsm. 



màmmim^ummmmamm 



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368 SIG , 

celle-ci , qui est un peu mystique , mais qui a été 
universellement usitée : Tétat laïque ou mondain; 
et de là , séculier, qui est opposé à régulier, ac- 
ceptions qui se perdront un jour avec les" tradi- 
tions de l'histoire monastique. 

SIGMATISME. Je ne trouve pas.c^ mot dans 
les anciens Dictionnaires, quoiqu'il soit reçu dans 
^Mangue en deux acceptions que M. Boiste a de- 
^s recueillies d'après moi : ^ ^ 

Premièrement, pour marquer ïa difficulté de 
prononcer la lettre s, comme ïotacisme, lambda- 
cisme, etc. , relativement aux lettres que ces ex- 
pressions caractérisent. 

Secondement, pour désigner un emploi abusif 
de la même lettre , défaut souvent reproché à Eu- 
ripide, et dont on cite un exemple remarquable 
dans Kacine : 

Pour qui sont ces sergents qui sifflent sur vos têtes ? 

Le vers factice suivant est un des cliefe-d'œuvredu 
signiatisnie : 

Ciel , si ceci se sait, ses soins sont sans succès ! 

SIGNES MODIFICATIFS. Un bon Diction- 
naire ne doit pas négliger d'indiquer les signes 
modlficatifs ; surtout dans une langue où la mo- 
dification fait quelquefois la lettre. Notre e\ ^t 
notre é , sont deux voyelles ^rès-distinctes , et qui 
avoitnt des signes distincts dans les lexiques 



dre , ( 



'*-"«"^ 




SIG 



M) 



precs. Puisque ce désordre doit subsister clicz 
vous tant (jue votre lapgue subsistera, ne laissez 
pas ignorer' aux étrangers et à l'avenir le moyen 
de le débrouiller un peu. Faites-en de même pour 
la ponctuation (pii ne vous a jamais occupés , quoi- 
qu'exerçanl une inttuence'si caractérisée sur la 
valeur et la distribution du sens. Voyez enfin si 
ces signes sont complets, s'ils pourvoient a loutes 
les formes que la phrase est susceptible de pren- 
dre , et jusqu'à quel point onpeut les perîi'ction- 
ner encore. Vous n'êtes, du moins en ceittr^tienus 
par aucuns de ces respects qui vous ont maintenus 
juS({u'ici dans une routine si scrvile. Les signes 
niodiMcatife aj)partiennent au grossier matériel tle ' 
la langue , et n'onA pour eux aucune autorité con- 
sacrée. Mais alors ce soin ne vous paroîtra-t-il 
pas indigne de votre attention ? c'est une autre 
extrémité dans*#t{uelle vous tie tombez pas-anoins 
volontiers q]Lie dans la première ; et il en res-ulté 
que les éléments les plus précieux d'une langue 
sont ce qu'elle a de plus imparfait. Le style d'Ho- 
mère est su])lime , et l'alphabet giec est pies- 
qu'autant que le vôtre un objet de dérision [)()ur le 
})lus foible des écoliers. Jlomèie n'en a pas moins 
. écrit , répondez-vous , et c'est' répoudre fort bien : 
mais ii quoi servent donc vos livres? 

Le génien'a besoin nide définition^ ni de rèjyles ; 
il les trouveen lui-même, parce qu'elles n'ont 
été établies que d'apiès lui. 11 en laut polii l'in- 

*24 




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370 \, su: : . . 

çtcïiction des jeunes gens, pour celle des étran- 
gers, pour la conservation des principes sur les- 
quels les langues reposent. „ ^. • 



m 



SILIGINOSITÉ . Latinisme très-peu usité p<m^ 5, 
exprimer la qualité farineuse du blé. ^ * 

Quanta siligmosité, qu'on lit dans le Diction- 
naire de M. Boiste , nous devons ce biirbai;isme 
à la précipitation de son copiste, qui a oublié d^ , 
• méttjTp les points sur les i. l 

SILLON . Je doutfe que jiWoj^ ait jamais été emf- 

ployé^par métonymie pour le* épis /dont Je J«//o/i 

j est chargé, ailleurs que dans ces vers des^Perrault: 






Quand aux jours les plu» chauds on jojtii\ âias ^ champs 
Rouler soa& les zéphira les «i/fon» andoyanu; -i^c. 

' '. < . ' '' -*- * ■ ■ _ 

Mais les Dictionnaires ont oijîlié beaucoup d'aé- 
ceptionspropres ou figu rées de ce mot ; il se pi'erid : 
i» pour la ti*ace que (ait la charrue. 
2° Pour la terre qu elle rejette de part ^t d* autre 

|5n passant. 
3° Pour la façon même du labourage. 
-4« Pour rempreirite'd'un bâtiment sur les eaux. 
5° Pour les rides delà figure humaine. 
6* pour le trait que marque l'éclaiiv 
7* Pour l'ornière qu'ouvrent les roiie^ 
8V Pour les striés des coqliiUages. | /" 

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SIM 371 

9^* Pour une strie plus profonde (jue le» stries or- 
dinaires sur les étuis des insottes. "t3 

10» Pour une petite trace qui est formée sur les 
os encore mous, par le battement d«ï»^rtères. 
MV Pour une ligne ondoyante et transversale au 
palais des grands quadrupèdes. 

12* Pour un tcrre-plein*élcvé dans le milieu des 
fossés qiû se trouvent trop larges.* ' 

13' Pour un rempart de retranchement. 

ii° Pour chacune des élévations que forme le fil 
sur la bobine du rouet en passant par les dif- - 
férentes dents de Tépinglier, etc. , etc. 

SIMPLESSE. Mot charmant et nécessaire, au- 
quel nos meilleurs poètes du genre gracieux ont 
donné le droit de cité. 

Simplicité nsL pas la même acception au figuré , 
où il se prend maintenant pour grossièreté d'es- 
prit et de manières, tant les merveilleux progrès 
de la politesse ont influé sur la modification des 
mots. 



r^ 



SIRE. Voici un exemple curieux des muta- 
tions que le caprice de l'orthographe peut faire 
subir à un moi. Celui-ci viqnt certainement du 
grec xûûioç, Seigneur. La bizarrerie de notre écri- 
ture étymologique, qui subsitue lec au kappa, et 
\y sonnant i\, à Yûpiilon, c' est-a-dire une con- 
sonne sifflante a une gutturale, et une voyelle n 
une autre, en a totalemeniLdénaturé le son. On a 

^4* * 



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\ 



372 SOC 

'd*abord écrit ejre, puis sirû, par la substitution 
des lettres homophones > et peiit-ètre pour éviter 
Téquivoque, de cette expression avec le nom de 
CyruS) roi de Perse, qui s*écrivoit alors Cjre, h la 
manière antique. Cjrre se lit encore dans Rabe- 
lais, au chapitre du conseil d'état de Picrochole. 

Uorthographe nouvelle a effectivement rap- 
proché ce mot de ses analo£;jies, seigneur et sieur, 
et ce seroit un avantage, sf Ton pouvoit leur sup- 
poser une étymologie commyne ; mais tout le 
monde sait que seigneur est fait de senior, ^t que 
sieur en est la contraction. Ppui^ se convaincre de 
la vérité de cette dernière alléWtion , qui suppose 
en effet une contraction très-forte , il suffit de se 
rappeler que le mot seigneur se trouve écrit dans 
des papiers anciens, et même dans de vieilles 
éditions, sous cette forme abréviative| S^'', qui 
contient tous les éléments du mot contracté. 

50aABIL|rÉ. Amyot a écrit socialité. Le 
premier^ ces deux^ots est le seul qui paroisse 
revêtu de quelque sanction académique, et ceit 
réellement le plus usité ; mais le dernier seul a 
un analogue latin , quoique Tautre provienne/ de 
Tadjectif sociabiUs. Ces differences tiennent k la 
difference des mœurs et de^ institutions, et en nous 
rapprochant par les mœuts et par les institutions 
d*uh peuple ancien ou a un peuple voism , nous 
modifierons notre langue sans nous en apercevoir. 
11 faut seulement que cette institution princière 



/\ 



qui; 



) 



SOC 37^ 

lel solennelle, qui enregistre chez nous les progrès 
de rintelligence et àt la parole, n abaBdpnne ja- 
mais nos créations en cliemin. On ne saurait con-> 
cevoir k.quel point une nation qui se renouvelle 
marche vite dans les acquisitions de sapensëe , et 
dans celles de son langage. / , 

Pour en revenir aux mots qui ^us occupent , 
il est vrai qù*une couple de siècles^e/i çà', un des 
deux, et peut-être tous les deux auroient étéde trop. 
Aujourd'hui tous les debx sont très-utiles daps 
des Réceptions diverses (j[ui tirent leur originyâes 
dçux acceptions diverses du mot 5oc/^^<f. ^ 

On entend i^v sçciété Tensemble immense de 
la civilisation ^ et ptti^ la réunion circonscrite de 
(>ersonnes qui se conviennent. 

; L*idée de iocialité appartient a la première de 
ces définitions, et celle de sociabilité à la se- 
conde. 

'L'autieur du Contrat Social néUÀl pas un 
homme fort sociable. 



.\ 



SOCRATIQUE. Amour pur, boiste. — C'est 
la définition de Tamour platonique. Ce qu'on ap- 
plelle ambur socratique, n'est pas précisément la 
mêniech.o$e. 



SORORIANT. Quis*enflej^diTU\ilduseindes 
filles^ X^ictionnairede trévoux, waillt, boiste. — 
On pouvoit se dispenser de mett re celte définition 
i< l'usage des lycées. 



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Parlâhl deHi^au {spyt^ Jf^scriptif), idfsxH/^— 
J*BVQue que de f eau spitonànte ferôit àssea bien 
çn p4^îevJnais le stylé ijescrfpiif c'est; déjà <jue 

, trop riche comdijp cela-. ",, ' i 

SORTIR . Ce mot viciit peut-être 4e Tuâaije de» 
jeux de hasard, le lot, le nombre^orti*, c'e«t-k- 
dire^ marqué par le Sort, après qtfoi il s'est étendu 
à joutes les acceptions que iious lui vo^yons aujour- 
d'hui. > » 

Quanta sortir son plein et entier effet, c*€st un 

barbarisme de droit. i. 

SOT. Je ne considère pas ici ce mot dans son 
acception la plus général^, mais dans celle que 
les Dictionnaires ont oubliée : 

Iris m'éioit loexortàWc ' , , 

Lorsqtie son défiant époux 
/J' Mal à propos doini jaloux : 

ci dieux ! qu^ me fût favortbks ! , - 

La belle Iru me prît «ttmot, 
En dépit de son fâcheux maître , 
Et le pauvre homme fut un-tof 
Par la seule crainte dç Fétre. 

' Cetie épigramme estdeM. déFuretière, abbé de 

; Chalivoy , qui a Oï^is daiis soh Vocabulaire la cu- 

Hèuf6.étteusion desei^s qu'elle présente. M. Tabbé 

. Girard et m; l'abbé Roubàud n'ont pas été plus 
exacts dans liif nrs>^no7i^7^ Après ces messieu rs , 
nous ne pouvons qu^ glaner. ; 



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SOT ' ' "■■'■'; '-'JTS 

SOTADlQUE: Vers ïambi/f^e , irréguîter. 
aoisTE. — Un versïambique, irréguli^r, pçutètre 
5oWi^ue ^c€St-k-dire obscène ; mais nà vers 
nVst pas nécessairement obscèine, parce q^i'il est 
ïambiquc et irréWierv . : : ! / " 

IJ y a quelqu^f àiinéiBS que Jô maire d'une pcv 
lîie \îUe de province d^frpdit la représentation 
d'unie comédie noiïvelle , parce que Taffiche an- 
boncôit que cçtle pièce étpit écrite en vers Itères. 
Il est' (probable qû'onjouoit une comédie en vers 
sûtadiques, lorsque H sagp Ca ton se retira des 
fôies de Flore. ' , * ' -« . *. 

■;: ■ „;.' ■; . • .; • . ■/ :;, ■ ■;; ' • .• , 

SOURCIL, Pùils QU^dessusde lœil. boiste.— 
■• '■■' •' ■■';;■■ '/■ . '■ ■'' '•' . ■ ■■ '■ ^ » ' ' ■',' , ■ 
Puiateni'iU toiil 4*110 coup élever leurs sourcils 
Coinine on vit autrefois PhHé&um et Baucis. ) 







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Il ne s'agit pas \k dje poils au-dessus de Vœih 

■ ■ '♦ , 

SOUBCROUTE. Ce mot ne se trouvant jus- 
qu'ici que dans un seul Dictionnaire , il faut re- 
'marcKier que voici sa véritable orthographe. Il 
est mit de l'allemand sauer-kraut, chou acide ; et 
en prononçant choucroute j, comme le^uple, on 
ne fait que le transformer d'Une manière très- 
abusive, puisque l'élément dont l'on tire le mot 
t:hou est précisément celui qui ne le signifie pas. 
Nous sommés sujets à ces- méprises dans les 
niofs que nous prenons fies étrangers , comme 



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376 / SPÉ 

lorsque nous disous du bifteck de mociton , le 

Wauxhall de Ruggieri, un boulingrin vert, etc. 

SPÉCIMEW. En calligraphie , en' typographie, 
en bibliographie , en littérature , exemple ou 
échantillon d*nne écriture, d*un tirage, d'une 
fonte d^ caractère, d'iin livre, d*une comp08iti<l>ii; 
mot indispensable à recevoir comme ^ac sintile, 
comme fac-similaire , et reçu comme eux par 
rusage, avant de Tètre par les Dictionnaires. 

STAPHYLIN. Insecte hémiptère, i^oiste."^ — 
Pas du tout. Cest un insecte coléoptère qui a les 
ailes tout aussi longues qu*un autre dans la pro- 
portion de son corps , mais qui n*a que des demi- 
étuis. Cest tionc un hémiéljtrç ou brachélytre, 
et non pas un hémiptère* 

M. Boiste cdnnpH îelmot brachelytre , et le 
traduit par brévipenne, en François caurtè-plume. 
Plume ^e dit en effet pour aile^ par jcatachrèse ; 
mais ce ne soikt pas les ailes qiii aont^d(midiées 
dans les brachélytres i ce sont les éti^is. Préi^i- 
penne ne signifie que (frachy^tere ou t^émiptère. 



STATURE. Hauteur de la taille d'une per- 
sonne. BOISTE. — En comprenant sous le nom un 
pe4 générât de personne toutes les espèces fï^xn-^ 
maux et de plantes sans exception. / 

■ Stature a reçu en histoire naturelle une autre 
signi^cation non moins importante à recueillir. 



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ou 



STE / 377 

Ce mot y désigne rhabilude générale et non la 
grandeur relative du corps. 

, .. ■ tï - 

STEINBOCK. Bouquetin, misTAtJT . --- En aU 
lemand. Renvoyé au Dictionnaire d'Adelung. 

STÊINKEKQUE. Ajustement de femme. 
BOisTE. — En néerlandois. Renvoyé au Diction- 
naire d'Halma. • ^ 

Si le Dictionnaire devoit nécessairement ad- 
mettre tous les mois que Tanecdote du jour a 
imposés k la mode, le Dictionnaire ne finiroit pas, 
et Bx)isrobert, qui ne demandoit qu'à vivre jus- 
qu au G, le trouvoit assez long comme cela. 

STÉNIQUE. Qui resserre, fortifie, ^iste. — 
Puisque le DîctîOBnaîre donnoit deux définitions 
A ce mot, il falloit lui doni^r deux orthographes. 
Sténigue peut très-bren signifier gui resserre^ 
quoique je ne l'aie jamais vu employé en ceisens; 
mais ce qui fortifie doit s'appeler sthénique, et 
ces deux homonymes n'ont de rapj>ort que la con- 
sonnance. Il- n'y a rien de commun entre les ac- 
ceptions non plus qu'entre les racines. 

STYGÏENNE.(eau)t^d[/./. Terme de chimie. 
G^ATTEL , CA.T1JSÏEÀU . — EcHvez , stjgièn^ e. adj . , 
qui appartient au Styx. Vieux, i^iais fréquent 
dans les anciens poètes. Et ajoutez, si vous le 



^/T 




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" . '378 • StJB 

vojulet,^,!! cette dénnitfbn l^acception alchimique 
\^qui est infiDiment mollis coonufe: ^ 

' V' ' '"'• ■.'-■' . ' ■' .' " ■ ■ 

d*oiseîear.\$uibif«e bW pM plis inÉffoiè qoe jon 
y/ .verbe JM^/cr. ^ .'. 

- I^ttliieu GànMtt'dit bie^ ^ftofl le PédàiU/^é : 

u Ce i>iAli malle ^fpi^tuiloii |Mit liAOt; » ^ais oeU 

ne prouve rien pour rautfatéiiâcii^ll*!! clôèutipn* 

. En Boùrgof^n^ p en ait JuMotj p% sàbht seroit 

dans le Dictk>)iin^ire> sîie pi^tîo|iriairé avoit été 

- %it en BoiM^ogne* . .1. ':' ■\':y • " , , 



"<-^-. 



SUITE (Pfe). Adi^./L'un après Vnutnc, dç 
rahgj sàn^ discpntinuation:'- . , • 

SUITE (TOUT pE). AduAmsif^t, sam dé- 
lai. Définitions très-iustes que je rappelle ici pourla 
p1u$«rande commpdité des orateurs, des auteurs, 
des avocats , 4cs jouHialîstfes , et dès écnvâins pu- 
blics , qui auront la complaisance de me lire .d^ 
suife,ùvi que le hasard fera tombçr tout de suite sur 
cet article: De suite j,'àkn&Ve^ .sens de tout de suite ^ 
est HH" solécisme intolérable V dont on pour roi t 
fournir miUe exemples^ suite dans de gros livres 
" fort vantés, et que bien des gens répéteront tout 
de-suite après m*avoir lu, Unt est grande en litté- 
rature la puissance de l'exemple etMe Vhabitude ! 

SUIVANTE. Personnage qui a reihplacé dimis 
le drame moderne la nourrice des anciens', cofrirtie 



J 



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'ti|j|)i 



"• SUP 379 

le èonfidcot a rempliicé Véçuyer du drame espa- 
gnol. Est-ce bien Corneille qui a introduit cette 
innovation assez spirituelle, quoique mal appro- 
priée à nos moburs? 

On n a pas d'idée des difficultés qui durent as- 
saillir le poèt^i dramatique, quand il entreprit- 
d*assortir au système de notre littérature natio- 
nale toute la littérature des Grecs et des Latins; 
et le nom même des personnages de nos drames 

.indique assez que^ nous n osâmes pas, pendant 
long -temps, avoir une comédie françoise. Nos 
OrontésVnos Gérontes, iios Léandres, nosCléoBs, 
nos Damons, nos Valères, sont des habitants d'A- 
thènes ou de Rome. Un nom' de Paris auroit paru 
yn contre-sens sur un théâtre dé Parts. 11 fàUoit 
un prôdigfeux instinct de grandeur dans <*iB^peu- 

' ple^ pour qtfun pareil système d'imitation et de 
servitude ne l'empêchât pas d'être grand. . 



•**' 



SUPERBE, s.f. 



Abattre a&superbt avec sa liberté. 

COmXKXLI.K. 



^ 



^ 



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\ 



Ce niot étoit très-bon ; son homonymie avec 
l'adjectif» dû nécessairement en restreindre, et 
puis en foire perdre l'usage. L'adjectif lui-même 
n'est guère plus heuAux. Devenu un superlatif 
de beau ^ il ne signifie presque pas autre chose. 



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! • 



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380 . • , .SUF 

Quand un comédien de provjnce dit le fameux 

hémisifcbe d*CËdipe : 






V 



rétiis jèime eC fupCTb»; 



iLminj^ude avec les loges , par fàtuké ou par mo- 
destie. QÉtte bonne méprise n* est même pas sans .^ 

exemple a Paris. '^ 

* ■ . . • . t^ - 

SUPREMATIE. Pris pour supériorité, ce mot 
est un barbarisme très-accrédili, et qui proba- 
blement se conservera. Quand Piron fait dire à 
Arlequin DeucàUon : Ma suprématie aura soin 
de les. égaliser, il fait peut-être, avec intention , 
deux barbarisme^ pour un. La Harpe en con- 
clûoit, à sa manière, que Piron étoit un grand 
révoluttounaire ;. la conséquence auroit été. plus 
juste en parlant d'Arlequiil^ 

M.. Boiste &*étaie dé l'autorité de La Harpe* k 
Foccasiôn d'égaliser. Je doute que La Harpe se 
soil jamais servi de ce mot durement condaniné/ 
, par son. nraître Voltaire, si ce n'est en citation, 
eVdans l'occasion qui m'i fourni cet arlicle. » 

SUR. Sfir, dans le sj&ps d'acide, est une locu- 
tion picarde ou normandf qui s'est introduite 
dans l'usage de Paris, e| cop^équemment dans le 
PUctionnaire , aviec tnaint autrp bafbarîsme: On 

né la Ht dans aucun autiur considéré , si c*e n^est* 

. •' ' « . * '■ 

- ■* ■ . '-. ' .' 



4: 



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dans B 
quér pa 

Il est 
de JeajD 
pour bi 
boulevî 
vinces i 

SUS! 
ce mot 
dans au 
ble et'i 
, que mi 
rend to 

^ .Les 1 
utilités, 

' donc ti 
veaux ; 
soin ; a 
imprévi 
de la' p< 
cessairc 

SYtl 
—il fa 
avoir b; 
diflfiérei 

:^¥ 

une en 

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V 



lieux 






mo- * 
sans^ 

mot 
•oba- 
ire à 

soin 

y 

Lion^ 

con- 

[rand 

plus 

[Ye*k 
)e se , 
imné/ 
tion , 



iocu- 
duite 
ins le 
: On 
n^esl' 



SUS 



381 



dans Bufïbn qur ne la hâslirde pas s&ns Texpli- 
quér par son synonyme : des eaux sures où aigi^. 

Il est malheureusement vrai que le calembour 
de Jéannot qui va loger dans la me de l'Os^lle , 
pour habiter une rue sure, n*est plaisant qu'aux 
boulevards ^et k vingt lieues a la ronde. Les pro- 
vinces sont encore plus disgraciées qu on ne croit, 

SUSUBJEIE ou SUSURREMEJÎ^'Ï, Je trouve 
ce mot dans de bons écrivains, et je ne le voi? 
dans aucun Dictiopnaire. Il est cependant agréa- 
ble et -utile,, car il h'exgrime pas la mênie idée 
que murmure, et son harmonie pittoresque le 
rend tout laussi propre à la poésie.. . » 

.Les ricbesses çiont on charge une lan'gue, sans 
utilité, ne Épnt réepement que Tappauvrir. Soyons 
donc très-sévères sur Tadmission des mots nou- 
veaux ;^ais ne les recueillons pas avec moins de 
soin ; car il peut se trouver des hypothèses encoje 
imprévues, dans la série infinie des Combinaisons 
de ïa' pensée, où ces superfluitès deviendront né- 
cessaires. • 

SYtiPHE. s., m. Génie de l'air ; insecte, ^oiste. 
— ilfaut deux articles pour celiiî-ci,ëf"îr faut 
avoir bi«i soin de les placer sous deux lettrines 
diflfiérentes. , 1 . • / <* ^ 

^iphç, génie de Tair ,-est fait du, grec o«û/5(po^, 
une créature aérienne ,# un hioucneron ; et par 



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^382 j. .SYL :/ ^- "^ • 

côàs^quent il doit Vécrire comme il e$t écrit en 

tète jde <îet aPliôle, ' ' ' 

6<^^> insecte , c»t im sub^untif féminin , et 
on doit Vécriro silph^, parce ^'il vient du latin 
silpha qui vient du grec aiX^yj, petit animal qui 
ronge les étoflfiwiet le« livres. Qette définition ne 
convien^rok pins cependant au genre qui porte , 
ce nom. La silphçàes modernes ne ronge que les' 
cadavres. 



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T. Substantif. 

V Lettre n^mérale qui yaloit i6a. 

2* Avec la tUde 160,000. • 

3** Signe musical qui indique que la taille prend 
la place de la basse, çt qu'elle est écrite sur ta 
même portée, la basse gardant le Caçet. 

4° Autre signe musical pour Tom ou" Tutti. 

5" Caractère dû même genre, défiguré en croix 
dans nos partition^, mais qui indiquoît lé Trillo 
ou tremblement. . 

6° Expression abrégée de l'adverbe Très dans l'a- 
bréviation T. S. P. (très-Saint-Père ). 
'7° Expression abrégée du, mot Tournez^ dans la 
musique et an bas des lettres {"t. S. V. P. ). 
A^ceptioD^ omises. 

T. On sait combien il est fréquent que cette 
lettre prenne la valeur du S , quoiou il n'y ail pas 
d'éléments plus étrangers l'un ^l'autre dans la 



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-<p î^. 



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4 



■. I 



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384 '. T ^ ^ , 

langue. M. de Montforl ^.autour a propos^ de 
l'écrire alow avec u^e cédille, comme celle que 
nous plaçons sous le C , pour lui donner la même 
valeur. Pourquoi pe propose-t-il pas de le rem- 
placer par le S dans ce cas et d^en faire autant 
pour le C? A quoi tient cette timidité jointe a 
celte manie d'innovation? Innovez un ^ysl^me 
entier sur des ^ases philosophiques, ou n'entre- 
prenez rien. Les changemenis partiels ne perfec- 
tionnent jamais Vensemble. Les grandes pëJÈisées 
procèdent êft masse. , . ^ .. 

. T de liaison. L'harmonie à quel^efois exigé 
• l'introduction de cette lettre para*te dans la 
phrase, ou elle sauvç dumoin? des hiatus très- 
désagréables : Ira-«,il , a-t-il projet d'aller? 
. Il en est^sduvcnt de mênie de la lettre s après^ 
l'impératif: jVlène-^-y-moi. -^ . 

On à mal a propos coïidamné La Motte pour 

avoir dit : v - >. 



C'est la ▼érilé qui t'approtke; 
\ jEt puiMjue Mi candeqr te pWl , 

Souffre-«-en ee teûdre reprodie 
. Pardonnable à notre intérétt. 

La Motte savoit bien qu^cet impératif ne pre- 

noitpas la lettre s; elle étoit demandée ici par 

l'harmonie, et elle y est employée d'une manière 

très-conforme à l'esprit de la langue. Les vers de 

• La Motte n'en sont pas moins très-mauvais.. 



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TÂN 



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s 3H5 



- TANDIS. Préposition. Elit est toujours suwiè _ 
ffcque. — ^Pas'toiijours,^^"^^ dans les clossicjiics. 

C'est où le roi lé mène^ et tandis , il' mcqvoie 
Faire office envers vous de douleur et de joie.. 

-tORHEIlfcLL. A,. 

'' '' "î 

TAPIS. LVtymologJe de, ce mot reniorft'e an 
peu haut. Xénophorr l'emploie pour dési(jFie4^, QP — ' 
genre de tissu, qui étoit en usa^e chez les Pèivîes, ' ' 
et qui n'avoit point d'é<juivaient chez les-Grçc?^^, 
Il étoit donc persan comme sxitrdpe , que li^mêliie 
écri^vainp emprunté à la même langue» ■■j ' 

TARDER. Différer à faire quiplque ,c^iôse. 
— Ou l>ien rétarder, différer une chose. *' "' - "S 

. A des coeurs bien touchés tarder la jouissance , ' 
C'est infailliblement leur croître le désir. * 

' ' fi ^ 

• , . iCALH^RBE. 

' « • , ■ ' '^ >■ ,f 

' ■ ' » *■'■•• ^ " ' * ■ , ' ' ■ 

Ce mot et'taftt ^ autnesqiieje'ràpporte, d'après 
les classiques . fraaçois «de fa prq,piîèr* époque, 
seroient maintenant d'un piauvars usafre-: mais 
combien des extensions de valeur*, ries appro- 
priations d^idéés de V.^spèce de celle-cj , n'îiidi- 
quenl-elles ^i^ de scve et de Yiv>ficilé dans uri^ 
langue naissf^nte F 



n*^ 



«. 

% 



^^ 



- » 



TARDIGRADE, TARDIFÉKE. Insecte aqua- 
tique très-lent i ressuscite, boiste. ■ — Je crois ({u*il 
%ut lire tardigrade^ ro^Z/^rp; animal infuspirc ou 



«. 



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S8fi-- . , TAN > 

microscopique , et non pas ins.cU rpluYul et non 

!les»icalion dt's «ables qu il V^"* »«spenaant 
Texercicfe de sa vie, san» l'en priver tout-a-feu. ; . 

"tant Cet adverbe n'est pas indiqué' par le» > 

Diclionnaii*» dkn» une de Se» acception, cmi- 
' mune» , c'ésl-à-dire comjmrexpressipn d u^ie^va- 

lehrlndét/erminée.>Je vous donnerai «onf. 

TATARES. Ces» le nom le plus è^act de ce 
' peuple , et il est bon à conserver excîusivemeirt, - 
/ pour éviter Vlion^onymie. ♦ 

' TEMPÉTUEUX. L'académie qui a banni de 

son Dictionnaire, -dans Tédition de 176^/ cette 
belle expression, de Montaigne, Tavoit admise 
d^ns l'édition de 17 18, en remarquant qu il taut, 
écrire et prononcer tem;>e.tu^u^. - Précisém^t : 

comme il feut écrire cl prononcer teiripeste. M . Ue- 

!' Hllç a tranché la'qnestion : 

Et toi, terrible mer, séjour t«»wp/<«i«»J^. 
Déjà j'ai célébré U» champa majeAlueux. 

■.%'.■••; \ . ' ^ ■ \ 

TEMPLIER. J^oire commr- un tem^/iey pro- 
verbe 4ui ne vient point des mauvaises mœ\irs de 

, ' cet ordre , mais du grec T€V(îeûa), je mange , je dé- 
vore, et de TéveY),^ unglouton,nntemp/i«r.Lesgens 
cTui s'occupent d'étymologies savent très-bien que 

•■ .4. ~ ' 



.i 



i 




' f 



( 



\h'' 



u { 



.1 



... ; TEN- 387 

ic p est élyniologiqW entre le nu et la plupart des 
consonnes. Cette rencontre fournit dans le leinj)S 
matière à une mauvaise équivoque, 

El Toilà justement comme on t-crii n»ii!ioiru. j 

. TENDRE. Le tendre; avoir du tendre poui 
quelqu'up , barbarismes de précieuses. JS» "" bon 
écrivain s'est servi de ce mot, c'est par ironie , et 
cela ne suffit pas pour qu'il soit François. 

TÉNÉBRIO, TÉNÉBRION. Coléopten, sent 
très-mauvais, boiste. — 
1" On ne dit en fîrançois que féne7>now. ^^ 
i^"* Les ténébrions ne sentent pas 'mauvais. 
M. Boiste les confond avec les Blaps. 

/ ■ ■ 

» ■. * ■ " 

o ■ ■ _ 

TH. C'est ainsi que nous écrivons le son t dans 
la plupart des mots François dérivés du {;rec. On 
appelle cela écriture étymologique; maisTécriturr 
n'est étymologique qu'autant qu'elle roprésenfr 
un signe par un signe I et le grec est un si|;no 
simple, y est absurde de rer^dre un signe simple, 
par deux signes, surtout quand on a dans sa lan- 
gue une figure qui suffit a elle seule a l'expression 
de la consonnance dont il s'agit. 

Le B des grecs étoit, me dira-t-on ,„une ieif re' 
fortement aspirée, qui avbrfpètrt-êtremênié quel- 
que rajyportavec le th des Anglais ; je suis très 
porté a le croire; mais celte aspiration nous jiian- • 
que, et nos lettres th-ué la peignent aux Veux de 

.55. 



.\ 



-V 



^> » 



.i88 THE 

(personne. C'est une des mille inconséquences de 
notre orthojjraphe. 

THÉOLOGIE. Ce mot a une belle acception 
oubliée par les Dictionnaires. Il signifie aussi 
contemplation eri DieUy comme la théologie phy- 
nque de Derham, la théologie de l'eau dé Fabri- 
cius, la théologie des insectes de Lesser et Lyon-t 
net ; savants qui ont enseigné Dieu avec autant de 
puissance que les Scholastiques. \j 

Depuis quelque tenapson ne fait plus à^ théolo- 
gies; on fait àts^f^losophies , et ces philosophies 
sont très-bonnes el très-exactes; mais il s'en fi»ut 
de beaucoup qu'elles plaisent à l'imaginatÎQn au- • 
tant que les'sî^utres. Il n'y a pas de mal à laisser ^ 
quelques merveilles aux scienéés, même quand on 
a eu l'épouvantable bonheur d'arriver à penser que 
la création est une sorte d'opération chimique for- 
tuitement feite, et que ce grand ouvrage n'aboutit 
qu'à un ca/3Mf mortw^am éternel! 

TILDE. On appelle tilde ce trait horizontal , 
qui, placé au dessus des lettres numérales, en ren- 
doit la valeur mille fois plus grande. 

Xa tilde ^st aussi le même trait employé sur la 
lettre n qu'il modifie, en espagnol , et dont il fait 
une lettre nouvelle, celle que nous exprimons 
plus imparfaitement encore par la cQujpnction 
hibride de deux consonnes dans le digramme gn. 



I 



TIS 



389 



J 









TISSER. Les tisserands diseii Uiifrr, ou tixtni, 
ou tissir, et ils disent beaucoup mieux <jue le Dic- 
tionnaire. Le participe tissu est h peu près loivt ce 
que la langue a conservé de ce verbe , et cet infi- 
nitif n'a jamais pu en bofine syntaxe produi.re 
ce participe. 

TMESIS. Figure qui consiste h retrancher une 
partie d'un mot, quelque soit l'objet de cette ré- 
ticence. Comme son nom est employé par quel- 
ques écrivains que tout le monde lit, on ne peut 
se djspensel de lui accorder une place et une dé- 
finition dan^ les dictionnaires. 

Certains deyiqà dont* l'histoire a conservé \c 
nom, ayant été curieux de*conno}tFe par alectryo- 
mancie quel seroit le successeuF de l'empereur 
Valens, le coq qu'ils empïoyèrentàc^lte opération 
né mangea dè^grains que ceux qui couvroient les 
quatre lettres suivantes, 0. E. O. A. Cette expé- 
rience coûta cher aux Théodores, aux Th^odats ef 
aux Théodules "mais Théodose' n'en monta pas 
moins sur le trône. La discrète réserve du coq di- 
i//nafeiîr s'appelle fmeiw en grammaire. La plupart 
des facéties de Bièvre, l'histoire du per -sertisseur, 
de la contes-tation^, de layë-/are,et plus de la 
moitié de nos calembourgs reposent sur des tnw-^ 
sis. Il faut bien que tmesis soit François. 

J'OMBEAU. Monuinrnt sur les frontières de 



I 



M)0 ' '^^^^ 

rU^uJCinondes : porte de l éternité rgèole du juge- 

ment dernier. 

Est-ce dans Menot, dans Barlelte, dans le petit 
père André qu'on lit ces définitions? non vraiment, 
Vestdans le Dictionnaire, et je suis fâché de le 
dii-e, dans le meilleur de nos Dictionnaires. 

TÔMER. Miultiplier les tomes.' (MEfiCiEYi.) 
BOisTE. — Oii demandoit si Mercier étoit cité la 
comme exemple ou comme autorité. 

T(5îr(B0N ). Métaphore tirée de la musique 
et qui sera difficile a expliquer dans quelques 

On se fait quelque idée de Vatticistae, de l'ur- 
banité , de la politesse. On ne se fait pas une idée 

iuste du bon ton. , • r 

C'est que ces qualités tiennent U 1 esprit d une 
nation , et celle-ci au caprice d'une mode. 

Mais elles vivent dans les écrite de Térence , 
de Properce, de Ghaulieu, dé tous les classiques ; 
€t le bon ton n'a-t-il pas de monument ? 

Pardonnez moi : Dorât, Demouatier , miUe au- 
tres moins connus, mais presque aussi habiles à 
saisir parfaitement les nuances de la conversation 
quintessenciée des salons d'une certaine époque. 

Et si la postérité ne connoît ni Dorât, ni De- 
moustier , que pensera- t-elle du bon ton ? 

Elle en jugera par son opposé , car elle connoî- 
tra Molière. 

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, ' TON m . 391 

Le bon ton n'en a pas moins son mérite. C'est 
une charge de la politesse, comme la ^grossièreté 
est une caricature (le> franchise ; mais c'est une 
charge feite sans malice, et qui n'a pas pour but 
(le rendre ia politesse ridicule comme les bonnes 
geps le croiroient. , 

Dieu nous garde toutefois des livres de bon ton 
où il n'y a que cela. 

TONRELONTONTON. s. m. Chanson de 
Benserade. restaut.— Il est bon d'apprendre aux 
amateurs de ta langue françoîseque tonrelonton- 
ton est un substantif masculin, et que notre litté- 
rature le doit à Benserade qui est une grande au- 
torité; mais il ne felloit pas oublier mirliton qui 
est bien plus joli, et mirontonton ^\x\ est bien 

plus connu. — 

On ne sauroit trop recueillir de refrains du 
même genre dans les lieux où ils se chantent ; car, 
si ce n'est pas le moyen d'enrichir lies langues , 
' c'est au moins celui de grossir les Dictionnaires. 

... > ' 

TORDREvCe verbe'a un participe variable sur 
lequel les Dictionnaires ne sont pas d'accord. 
Tort se dit des membres : jambes tortes , bras 

T 

torts. 

ror5 se dit des ouvrage^ de Tari . un cscalu-r 

/orç, une colonne forje. 

Jorcitt se prend dans le cas d'une action connue 

déterminée : un arbre que le vrni a tordu. 



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392 TOU ■ 

'Eorta nVlt jnmais qu'attribut , et ne se pr^nd 
point dans Vacception précédente, c est-a-dire 
avec le verbe auxiliaire : utt arbre toitu. 

TOUFFEUR. Chalem accablante. — Patois 
franccomtois ; innovatio^dont V Acadériiie a pro- 
bablement obligation k U l'abbé d Ohvet. ; 

TOUaBÉ^ Ménage le fait venir de V allemand 
zorfr. GVstfout b<5nnementdu latin turbéi, ren- 
versement, parce ^ue ce n'est qu'en détournant la 
• terre qu'on découvre la tourbe, ^insi nommée par 
une extension naturelle. 

' M. Gattel peiis* que le mot fourbe, multitude, 
ne se prend plus au figuré que dans le style plai- 
sant. Je neVy ai jkmais vu ; mai^je l'ai vu souvent, 
en revanche , dansje stylejc plus élevé. ; 

TOURBILLONNER. 

L'aquilon siffle, et la feuille des boi».\ 
A flols bruyanlâ dana les airs tourbiUonne. 

KILLKVOTE. 

Vous, insectes sans nombre , ou volants^ ou saiis ailes , 
. Qui rampez dans les cliamps , peuplez les arbrisseaux , 
Tourhillomiez dans l'air ou jouez s^r les eaux..... 

DELILLft. 

■ Omis par l'Académie , et cependant très-bon 



TOU 

Patois. 

TOU' 

reusemi 
stantifis 
iniisilé. 
artifice 
néologi 
même c 
rées da 
dans le 
Rem 
l'usage 
ne se l 
mais te 
net usa 
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cisml. 

TRi» 

n'est p 
françoi 
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barism 
es,t fait 
barbar 



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TOU 



39:^ 



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/^ TOURMENTINE. Térébenthine, waillt. — 
Patois. 

TOUT , TOUS, Ce collectif a été employé heu- 
reusement par Bossuet au-devant de quelques sub- 
stantif dont il relevoit la valeur par un nombrr 
inusité. Cette inspiration est devenu^e depuis un 
artifice commun et facile sur l'eflbt du(iuel les 
néologues ne doivent plus compter. 11 en est de 
même de ces alliances de mots si justement admi- 
rées dans Racine, si ridiculement recherchées 
dans les poètes d'une école lonjr-teraps célèbre. 

Remarquons que ce collectif est identifié par 
l'usage à certains attributs. Le non omnis moriar 
ne se traduiroit plus .je ne mourrai pas entier, 
mais tout entier. Corneille lui-même a reconnu 
-^et usage en corrigeant des vers où il a substitué 
l^^econde locution a la première. C'est un çalji- 
cisml. 

TRAITOR. ( Fieux) frrt/tre. waillt-. - Ce 
n'est pas du françois. Ce n'est pas même du vieux 
françois. C'est du roman qui n'^stbÔn arien dans 
un Dictionnaire franrois. 

TRANSCENDENTALISMK. ^kant). — Bn- 
barisme, fait duJ^arbarisme transcendental, cjui 
es,t faitdu barbarisme transcendent , i\ut est fait di/ 
barbarisme^ra«5ce/îc^«c^. 



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394 TRÉ 

'Transcendanca et transcendant tont François, 
avec celte dernière orthographe. 

11 est très- remarquable qu'un Dictionnaire Fran- 
çois , donne de pareiis mot^ pgwr François , sur la 
foi d'un homme qui n'éloit pas François, qui ne 
savoir pas le François , et qui n'a jamais écrit en 
François. Quant a ses traducteurs, je ne dis pas 
cela. 

\ ' * 

TREDAMl Exclamation pour notre dame. 

WAiLLT. — Ou pour tridem , Dieu me damne trois 

Fois. Mais il Faut écrire ^rerfame avec une lettre 

de plus' et un^ accent de moins,. suivant l'usage 

des bons auteurs, fet surtout il ne fout pas le dire, 

car il est de très-mauvaise compagnie. 

TRÈS. Les Qçjfentaux ont exprimé le superla- 
liFpar la triple énonciation du sujet. Voilà l'oc- 
casion des trois kjrie, des tvoxssanctus, etc. 

Le superlatif est le troisième dégrève rattribui 
dans les.langues où l'attribut se modifie. 

Chez nous il se remplace par la préposition ad- 
verbiale très qui n'est que le trej 'des latins pro- 
. nonce h Ta Françoise. 

La particule très e^l donc line expression iden- 
tique » l'attribut, et qui indique seulement que 
la valeur de l'attribut est triple. 

Cette identité étoil Fort bien exprimée par le 
irait d'union que notre savant imprimeur^. Di- 



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' pastout- 
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395 



dot a supprimé peut-être un jeu légèrement. 
Cette heureuse étymologie du mol très n'est 
pastout-à-làit neuve, mais elle est si peu connue 
qu'elle paroUra neuve à bien du monde. 

TROU. Trou de ^hou, trou de.lentisque, dit 

Rabelais. 

Je n'ose pas avancer qtie les lexicographes aient 
eu tort de dédaigner cette expression ; mais dans 
le cas où ils la recueilleront à l'avenir, je les en- 
gage à ne pas suivre l'orthographe de certains pu- 
ristes qui disent tronc de chou, contre l'autorité 
de Rabelais et celle de l'étymologie. Trou en cette 
acception doit être feit de 9ûp<To;, thjrsus , et si 
truncus en est fait aussi, ce n'est pas sans dessein 
(lu on l'a traduit de deux manière» eu notre langue 
pour deux acceptions. 

TROX. s. m. pi. Scarabées ohlongs., ■ 
i. Un /rojc n'est pas au pluriel. 
':><'. Les /rox ne sont pas dçs scarabées, 
3". Les^roj: ne sont pas oblongs. 

TU, TOI, TUTOYKR. De tu, toi, ou a fhit 
tutoyer. L'orthographe qui écrit tutaferesl donc 
souveraineriient ridicule. Ces mots m, toi (four- 
nissent un exemple uouveau des extensions d'un 
mot'à deux sens extrêmes.lls ne s'emploient chez 
nous que dans le langa^^e de la (-amiliarité la plus 



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intinae, et dans celai d^ culte, ou d'une vénéra- 
lion qui en approche. (^- ,\' ^^ 



• Grarid Dieu , tes jiîgements «ont rempli» d'équilî- 
Grand Roi > cesse dç vaincre ou je cess^ d'écrire. 



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Il n'en étoit pas de même dans la plupart des^ 

langues^ aTiriennès- où la. syntaxe, conforme a la* 

nature, ne permeltoit pas d'attacher le pronom 

^pluriel aun seul individu. La politesse exci^ssive^, 

des sociétés nouvelles a inventée cette ridicule 

cacologieî Bientôt même o» est allé plus loin^ 

Cette formule est devenue trop comiAune, et il a 

fallu recourir à la troisième pferso|ine du singulier 

^p'our ^)arler\à une persl)nne^ présente. Ce solér 

cisme,' dont les Allemands font encore plus d'à- 

buS cpie,nous*, n'a pas tardé à passer dans* les 

classes inférieures , qui font d'autant plus de cas 

àvcbon ton qu'il leur est plus dififfçile d'y atteih- 

■ dre; et on ne doute pas que l'aduïfetion, toujours 

,iëconde en découvertes, ne trouve incessamment 

V.*- ■'-.,' ■ * ' I 

.tinmc^yen de remplacer cette absurdité paj- une 
aiUre , jusqu'à l'époque où celle-ci , avilie par 
l'usage populaire, aura'besoin elle-même» d'être 
remplacée. Voilà de quelle jnanière Jes langues 

* se corroniipent, -et comment les préteiyions des 
hommes d'un certain ordre ne* contribuent pas 
moins à leur déj;radàtian que l'ignorahce: gros-^ 
sièjie du bas peuple. 



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' Or a dit, fbVt judicieusement sans doute, que 
eette délicatesse de notre langue p^od^isoit quel- 
ques effets dont les anciens n'ont pas eu d'idée. Il 
est certain qu elle permet d'établir dans le d.Mo- 
pue une nuance de plus, et c'est un tri>s-grand 
avantage-Zmais, si cette nuance a servi à multi- 
plier les points de démarcation d'homme a homme , 
nous^l'avons peut-être payée un peu chtI^* 

Les poètes continuent h fu/aj^T, Dieu dans 
leurs vers, et les prédicants d>.ns leurs piWs ; 
mais on n^èn est pas venu encore a la recle/dif la 
troisième personne. On fait moins de Jacoij avec 
lui qu^afv^c les grands. -; 



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UN. Il est quelquefois emphatique. Un Vir- 
gile , un Tu renne , unVoluire. Je crois que les 
Dictionnaires ne Vont jamais remarqué dans cet 

emploi. ^ . . 

C'est encore un mot à acceptions exlrêmes. 



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(5n 8'étonne de voir qu'un homme tel qu'Olhon , 
Othon *donl les haut» fails.soutiennent le grand" nom , 
Daigne d'un Viniu» ie réduire à la fiUe. 



^ Kemarquons, a propos de ces vers, que cette 
^dernière hyperbater^e rédkire à la^ille, ne seroit. 
plus admissible en françois. ,^ , 

• URGENCE, "ù'argeo, lati^, qui est formé 
"dV^o et d'une rfcciiMî ur, dont! les dérivés sont 



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très-communs dans'loutes les langues , tt dont il 
faut bien eherclier l'acception dans une iangue.de 
première origine , puisqu'elle 1|^'a pas conservé 
chez nous.de valeur identique, comiile chez les 
Latins où elle est la base cVuro, ^on expression 
tvc^ritable et essentielle. M. le président de Brosses, 

l'homme le, plus judicieux comme le plus spirir 
tuel qui ait traité' avec autorité de cette science^ 
ardue, éci*it ce'qûi suit dans âon excellent livxe 
de Information méchanique des langues. 

(( La terminaison latine «y-Zre est appropriées^ 
(( désigner ùh désir vif et ardent de faire quelque ^ 
« chose, micfunVe /ejunrc/ par où .il semble ' 
« qu'elle 'ait été fondamentalement formé^ sur le . 
« mot urere, et sur le sigiïe radical ur, qui en tant 
(c de langues signifie le feu. Aiftsi k terraiûaison ; 
<c urire étoit;bien choisie poUr désigner un désir 
ruiant. » • • 

>/Voltaire qui .\ touché à ces quest^ns, jé^.le ré-' 
pète, pour toucher à tout, n'a pas craint^d'atta- ^ 
querle\présideht de Brosses s|r un terrain -où 
l'homme universel ne s'est jamais hasjfrdé ippu^ f 
nément, c'est^àAlire san^ écrire fne sottise. l! ir'c^t ^ 
pas inutile de le copier ici ; pour dc^ne^ aij leca ' 
teur une idée des ert^urs dan^esqu^lespiuveni . 
toml>er la mauvaise foi m^acfroite et la jactartoç 
étour*e : « Nous ne voyons pas que «^ette %r.mi- 
« naiLn en ire ,àii-\\ , soit aj^pmpriée à un désir 
.. vif et ardent dans ir&, exire, abire, 411ér, sp»tir. 



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URO ^ 401 

(c/s'cn allci' ; daiis 7wct/c .lier ; ^v™f«/.7/v?, sourdre, 

«/jaillir; co/i^^/Z/'c^ assaisoiiner;»)aid»|^/mr,. .>ccou- 

« cher; ^rwr/mVï?; gronder, grouïj^er, ^m^'ien mof 

- « qui exprimoit très-hieji le cri d^ln porc. . 

(%J[J faut avouer surtout cfu& cet ire n'est appro- 
« prié h aucun désir très-vif dans balbij^tire, hal- 
(( butierj singuliire ^ sanglotter; /7<?/YVe^^përir. 
.«'Personne n'a envie de balbutier ni do sah^jlof- 
^ « 1er, encore moins de^périr. Ce petit système est 
<f Fo4't ÇU' défaut /nouvelle raison pour-^e délief 
\^ « déS' systèmes. » - 

" '. Cela es^sa.Tis dqute f9rt agréablement tourné , 
ct^les-adôrateurs irrértécliis du maître concevront 
% vdi'ffiQi^^irient qu'on puisse lui répondre. Il nefyui 

■ -çepéudant qu'une lecture attentive pour recon* 
" - noitfe" que cette insii)ide ironie est ibndée fout. 
.entière ^ifr une prôpoisition fausse, et qu'il y au- 
. / ' " roit, daijs là manière dont cette q^uestion est posée, 
, *' Ta plus Insigne déception 5* s'il étoit possible <\\ 

voir autre chose que T-inattention jmp6»rtineiife 
', d'unjjige prévenu. En effet, M. de Brosses*, ([uv. 
'". ' Voltaireattaquc si injustemer^tdans ce passTuje, n'a 
,^ ^v. • point avancé que la terminaison en ire fiH appro- 
^ priée à un désir vif et ardent : c'e^ de la termi- 
naison en a/ïVe qu'il a parlé, et.il a attribué cela 
' à la valeur^ç la racine iiP^ qui est le nom du feu 
dans beaucoup de langues. Observe?: même que 
les seuls mots où cette dernière racine se retrouv»', : 



daîis la l)0ulade que je viens de lapporter, ne 



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402 URG ^ 

contredisent en rien ratterlion du savant aat^nr, 
^'5caf(inrç, sourdre, jaillir, se liant très-bien 'a 1 idée 

d'un désir brusque et impatient ; et partante , ac- 
coucher, k celle d'un besoin douloureux et d une 
) souffrance brûlante. 

Cette petite explication prouvern^u moins 
Won peut^ connoltre toutes les ressources du 
lan^gi^ans^en opn'noUre les origines, et quil 
n'est pas nécessaire , pour marier les expressions 
avec bàrmbnie et avec grâce , de les avoir étudiées 
dans leurs éléments. ]Çlle servira peut-être a pré- 
venir le lecteur inattentif contre des objections 
très-vaines que nous sommes disposés à admettre 
tropiacilement sur la parole d'un grand bomme. 
Un crand bomme peut s'entendre fort mal ep 
certaines spécialités. Le docteur Wallerius n ayoït 
pas pardonné a Napoléon de manier maladroite- 
ment les minéraux. * 



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V. Substantif r 

-!<» Lettre numérale romaine qui vaut 5. 
2» Partie de violons. 
3° Bnrrée(V), 3 liv.. ou un écu. 
4° Volti ou tournez.. . 
. 5° /^iWe ou Voyez. 
Acceptions omises. r 

V. Cette consonne, si douce et si favorable \\ 
rharmonie, manque dans une (jrnnde quantité 
d*alphabets, parce que sa iouelie est si léijcre, et 
sa V alleu r si fugitive, qu'elle se confond facilement 
avec les voyelles. C'est ^eut-être pour cela qu'elle 
est l'initiale de 'voyelle et de x'Ofxv et celle même 
de 'vie, qui paroît n'être qu'une onomatopée du 
souffle". Dans ma province^ et dans presque tout 
le midi , le peuple ne prononce pas oui , mais 
fouz^tantla mimolofîiedu Vest facile et naturelle. 
Il seroit fort surprenant toutefois que cette lettre 



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n'eût pas été connue îe» GÎec» , qui pouMO.enI ». 
loin U reeherche de l'euphonie. Il nous en reste 
d'ailleors des .races dans les moU o.. 1 adverbe Ev 
ehtroit enconslructiondevantune voyelle comme 
langiU. É^arisu, etc. ; et Xupsdon mmuscule 
, loutfà-fcit la forme que nou, avons ««mbuée au 
V C'est ee rapport, et celui en général de . plus 
foible des coLonnes avec les sons s.mplement 
. rocanx, qui « occaaioné la longue confus.on de 
■ 'U et du V dans notre typographie. 1 est ma.n^ 
,ena»t bien démontré «u reste que, si le V n a pas 
téTne consonne grecque absolument parlant .1 
a du muins existé dans l'usage de q-eV- ^ »- 
lectes. et dans celle d'Homère, a qui toutes les 
dTafecles de la Grèce étoient familières. J--^ 

que c'est Richard BenUey qu. a ^f ^^ j'' ™^'"^^ 
d'une foule .le ver, de l'Iliade et de l Odyssée en 
leur restituant seulement le d^gamma éohen. Je 
ne pense pas cepend«.t que le V ait appartenu a a 
d aLte Jroprf d'Homère, ou, comme 1 a va ne 
quelque part un savant, que toutes les d.alectes 
Tnt encore été confondues dans une seule langue 
l l'épôqueoù il écrivoit. Les dialectes, ou langues 
pjinciales, sont toujours antérieures h Ulangue 
elassique ou nationale, et n'atlenden pas, pour 
I TivUer, que celle-ci soit fixée. La langue d oc 
éîoit bien clnnue avant le triomphe de a langue 

d'où.-, et n'avoit rien de comnfon avec f^f^^^' 
lais a écrit à l'époque des premiers déve oppe- 
men.s de notre langue , et le patois de l écol.er 



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V ^5 

limousin n étoU guère plus inlelligiblc dès lors 
<(ue son jargon latinisé. Ce qui me paroît presu- 
maèle. c'est qu'Homère, voyageur par goût qu 
par nécessité, possédoit , comme ses poèmeé le 
font voir, toutes les dialectes de la Grèce , et qu'il 
n'avoit pas feit scrupule de se servir du digamma, 
tout inconnu qu'il fôt dans l'Ionie. Lorsque, après 
cela, on s'occupa de la transcription de ses œu- 
vres, soit sous le règne de Pisistrale, soit sous 
celui desH?tolémées, le copiste d'Athènes et celui 
d'Alexandrie négligèrent nécessairement une let- 
tre dont ils ne connoissoient pas la valeur, et qui 
ne se trouvoit nulle part dans les mots analogues 
de leur dialecte propre. Je citerai pour exemple 
le mot xlùç, dont les Latins ont fiiit cFnuLs. et 
où il est impossible , en étymologie , de ne pas 
reconnoltre le V latent. Il seroit possible toute- 
fois, et je suis porté à le croire , que le V n eut 
été restitué dans la dialecte d'Eolie qu'à nn(t 
époque très-postérieure. Le nom de digamma, 
que les Éoliens lui ont donné, indique évidem- 
ment une lettre secondaire , puisqu'il énonce 
l'emprunt d'une figure et d'un nom. Le digamma 
est en effet un ga^m^ a deux branches , qui a la 
forme de notre F, dont nous lui sommes rede- 
vables. Il est certain que l'alphabet latin, que nous 
^ avons si scrupuleusement adopté, ne i.lace si près 
l'un de Vautre le F, ou digamma, i^\ le G, ou, 
gamma simple, que par égard pour ((^Hr loutme 
d^Éolie. La tradition des Lai lus (M la nôtre, qui 



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K^j VAl 

ont sabstitué le son du $ à celui du digamma 
éolien, c est -à -dire une consonne forte à une 
consonne douce de la même totiche , ne prouvent 
rien contre Tidée que nous nous faisons de la va- 
leur qu'avoit ce signe chez les Grecs anciens ; 
et la tradition vivante des Grecs modernes, qui 
est conforme à notre hypothèse , répond plus 
qu'il ne faut k Tinduction quon pourroit en tirer. 
Il n'est pas probable d'ailleurs que les Eoliens se 
soient, cru obligés d'inventer une lettre pour ex- 
primer un son qui étoit déjà très-bien figuré dans 
leur alphal>et. Quant aux Latins , qui ont surabon- 
, d^mment chargé le leur du dtgamma et du O, 
renrésenté par ph, et aux François, qui ont sauté 
après eux . comme ^les moutons deDindenaut, 
c est un des dix mille exemples de Tétourderie 
qui a présidé à la composition de nos langues , et 
dont les Italiens seuls ont eu le bonheur de se 
préserver très-souvent. - v 

VAILLANCE. 

* ■•""■. 

Multa rpnascenturf'quœ jam ceciderc 

N'hésitez paç a rajeunir l'expression décrépite 
" qui servira votre pensée, tant qu'elle n*est pas en- 
core inintelligible et qu elle ne choque point l'har- 
monie. Qui croiroit que 'vaillance étoit vieux il y 
a cfçnt vingt ans , et qu'on le reprochoit à l'auteur 
de l'épitaphe de Turenne? 



95r 



¥ 



( 



J 



VAI 



407 



y^ 



VAINCRE. Le» Dictionnaires ne nous appren- 
nent pas que, dana^la plupart des temps de ce 
verbe , il y a des personnes inusitées. On a blâmé 
Thomas Corneille d'avoir dit, v. a se. iv de 
Tact. V ^Ariane. 

De ramôur aisément on ne vainc pas les charmes. 

VAIS (je m'en ); VAS (je m'en ). 
.Tous les deux se disent, comme l'atteste le 
mot connu du père Bouhours agonisant. 

Du temps de Vaugelas, la cour disoit, je vas, et 
la ville, Je vais. L'avis du peuple a prévalu sur ce- 
liii de la cour, ee qui arrive souvent en matière 
dégoût. 

On ne diroit plus, je vas, comme dans ces vers 
de La Fontaine : 

Mais plutôt qu'elle considère 
Que je me -vas désaltérant 
Dans le courant. 

Mais, je m'en vas se dit toujours, et Girard le 
t rouve même préférable,- à je m'en vais. Je partage 
là-dessus l'opinion du père Bouhours , qui étoit 
très-indîfférent sur le choix. ' , 

VENDÉMIAIRE. M. Domergue est fort em-' 
barrasse sur la prononciation de ce mot; mais il 
ditq«eM. Sicard pense qu'il fout prononceri;««- 



\ 



:. :i 



1 



Am ■ VEN 

tose ei vandémiaivc, et il se décideroit voloniiers 
À partager cette opinion , « parce c^ue nous faisons / 
« senti r un a dans les motii vent et vendange. » 

il n'y a point d'à pour Toreille dans les mots 
vent et vendange. Quant à ventôse et vendé^ 
miaire, on peut les prononcer comme on voudra ; 
cela ne feit de mal à personne. 



» 



VENIR. Voluire l'emploie très-fréquemment 
poHr aller: Mon thhme n est point non plus mon 
départ pour Paris ^ pour venir vous voir et vous 
entendre, p. 395, tom. LXIL de r édition de 
Beaumarchais. C'est un solécisme de Paris. 

VERBIAGE. Abondance de paroles inutiles , 
superflues, boiste. —Exemple, superflues. 

VERD. De Firidis. Par euphonie , nous avons 
dit verte au lieu de verde, et ce féminin nous a 
accoutumés au masculin vert, qui n'est plus en 
analogie , ni avec s€s sources , ni avec ses dérivés. 
U suit de là que verddtre, verdelet, verdet , ver- 
deur, verdie?, verdir; verdoyant, verdoyer, ver- 
dure, verdurier, et plusieurs autres mots de la 
même fiimille n'ont plus de radical en francoi?, et 
que leur étymologie a perdu son intermédiaire es- 
seniiel. A qui s'en pr^endrc? a l'usage -mais il est 
peut-être essentiel de marquer ces transitions 
anomales dans Tliistoiré des langues. 



sui 



nr 



VE^ 



409 



VERDÎER. Le savant auteur «les Rc.mMmtes 
sur le Dictionnaire de V Académie parl^ufi 
dangereux- reptile, nommé verdier et reproche 
implicitement à l'Académie de nen pas fane 

mention. 

1o ïiyy a point de reptile nommé verdier. 

2.> Le lézard veVd, dont il est probablement ques- 
tion ici , a pu être nommé, par le peuple, a^er- 
dier.verdetoyx verdereau ; mais ces usages lo- 
caux et circonscrits ne font pas autorité pour les 
Dictionnaires. / 

3o Ce qu'il y a de plus important a savoir dans 
tout cela , c'est que le lézard verd n'est pas dan- 

gereux. 

V^'RONÏQUE. C'est le nom francisé Aa linfi.- 

sur lebue' une des saintes femmes re.mcill.i la rr- 

ritalle image A^ Sauveur. ( wm «Vo», et, en lai... 

,1e la I-ércndc , l'érum ouveron icon ). On en a la.t 

la sainte Férorijque ou vériuible imaj^c; et puis 

une sainte/qui n'est connue sous auct.ne autre de- 

nominati/n. H en éloit de même de samtchp.!- -a- 
nie, qu'on avoil travestie en sainte Tipl.ame ou 1 .- 

phainne, et qui a été souvent donnée pour patroue 

dans les sièeles peu éclairés. On sait maintenant 
; ,,u'i'/7<>fean<« est un mot alDStr^it , «■' f cro'iK/n.- 
ne représente en franrois qu'un liui;^- ''^';'''' 

VKUTIS. CinquU-merhitui de''<tii)i<'^- - .''■' 









—wp^i—mimimmm- 



JI 



4^0 



VID 



ajoutez : dans les litanies. Il p*y ^ ^^^ Swedenborc; 
et saint Martin qui puissent répondre du reste. \ 

VIDE. Qui n*est rempli que d'air, — Cela ne 
seroit pas toujours applicable Hu récijpient de U 
machine pneumatique. , \ , 

VOICI VENIR. 

Voici venir ma sœur pour se plaindre de vous. 

courra.!^. 

Paarquoi nedit-i^ plus 'voici "venir, qui étoit 
très-bon au temps deComeille?parce que nous ne 
voyons pli^ dans ce moivoici qu*un adverbe ordi- 
naire , et que Tesprit de notre langue ne permet 
pas à un adverbe d'estetcer ce. régime. Au com- 
mencement d'une langue , l'esprit perçoit , par 
une tradition implicite, les parties constitutives 
-des mots. On déméloit encore dans celui dont je 
parle l'impératif i;o£ stiivi de l'adverbe ci; eti, 
comme il n'est pas rare qi^' un impératif entraîne 
un ipEnîtif après lui, cette expression n'avoit rien 
de choquant. *' 

VOIRE. Ce vieil adverbe s'est conservé en quel- 
ques provinces, en Franche-Comté, par iBxemple, 
où il est explétif, et modifie les formules qu? pa- 
roissent lropimpérieuses:Fais^'o«^(?^ va uoircj etc. 

Je ne fais pas. ceUe remarque pour attribuer à 



V 



un mot 
trouver 
duction 
roit uA 
exacte < 
tions pe 

von 

aCt. REJ 

actrf, ni 
viser, o 
pas imit 

VOY 
l'aide i 
Il falloi 
qui ser 
langue. 

En fi 
tion av< 
roit fac 

jE < 
dEnOm 

CONCOU 
SON pU 
CONTRE 

' On n 
prosod 
mcntle 
côte et 



u 



\ 



voi ^tr 

un mot vieilli une acception nouvelle qu'on peut 
trouver fort inutile, mais pour en tirer cette in^; 
duction que le Dictionnaire des provinces se- 
roit uA ouvrage ii^lispensable à la connoissance 
exacte dés antiquités de la lapgue et des accep- 
tions perdues. , • 

VOITURISER. v. n: trévoux, restaut. Ferbe 
act. RESTAUT , a* édition. Imiter Voiture, — Ni 
actrf, ni neutre, ni François. On ne dit plus Doitu- 
riser, on ne Ta peut-être jamais dit, ^i|^ne faut 
pas imiter Voiture; ^ / 

VOYELLE. LéUre qui peut se prononcer sans 
l'aide d'aucune autre lettre {-a^Cj i,o, u)* — 
Il falloit dire : Son siittple, homogène, inarticulé, 
qui sert à soutenir toutes les articulations d'une ^ 

langue. .' 

En François on pourroit exprimer celte défini- 
tion avec ses exemples dans une formule qu'il se- 
roit facile de Faire préférable à* celle-ci : 

jE cOINIprENds INijlsTiNçrEME.NT sOUs lA 
dÉnOmination de toyElle tout signe ou tout 
CONCOURS de signes qUi pKUt s'énonckk pai\ l^ 

SON pUr, sans l'action IMMEDIATE DE I.A LANGUE 
CONTRE LES dents , LES Li;VIlES>OU LE PAlAls. . 

/ On n'a compris dans celtr plirase ni les valeurs 
prosodiques des voyelles qui ch^ingênl si sensil)le- 
mcnt leur valeur dans pâte o\)mU('*,faite cl fifikr . 
côte et cotte, nuire e« mjt/'. ni Tin cftpijuinal <lr 

if 



I 






# 



J">- 




■w 



M2 VUL . 

Le Maître de Cla ville, adjonction qui auroit faci- 
lement porté leur nombre aux dix-huit ou dix-neuf 
voyelles que certains gramm^ipiens ont reconnues . 
dans la langue françoise. 

Mais qu'est-ce que cela auprès de l'innombra- 
ble mobilité des signes homophones? Un curieux 
a eu la patience de compter en françois quarante- 
trois manières de représenter la voyelle o , sans 
autre modification que de la brève à la longue , et 
du singulier au pluriel. 

*i . 

VULGARISER. #/îe7i</re vulgaire. Il n est 

dangereux de vulgariser les lumières et la vérité 

que chez un peuple corrompu, boiste. — Je suis 

tout-k-fait de cet avis ; mais il est fort dangereux, 

quand on écrit un Dictionnaire , de vulgariser en 

IVauce les mots qui pe sont pas françois, et 

(^lui-ci est ùe ce nombre, ou je me trompe fort. 



• oâ . 



V 




^0m 



/^ 



y 



V 



W 



m 



w. La langue françoise n admet point de dou- 
ble yr : prononcez v. (voltaire.) boiste. - Kl 

plus bas : . , 

, JVisk. Sorte de jeu : prononcez ouisk. 
^ Wiski. Sorte de voiture légère et élevée : pro- 

poncez ouiski. '^ r 

-^ Il faut être conséquent. c 

/Voltaire dit textueUemcnt que la lanj^nc fran- 
coise n'admet point de double tv. Il l^Hoif dire de 
,v ou de double ^, car un double ^^ vaudroit qua- 
tre V ou deux w. Ce qu'U pouvoit dire , c'est que 
le w ne vaut pas ou dansjiotre prononciation , et 
il falloit supposer les exceptions possd»les. 

Mais que penser d'un système d'oilbcrgrapb.> 

dans lequel on admet la figure de3 articulations 

qu'on n'a pas, et duquel on repousse la figure des 

articulais que l'on a? Que penser d'une l^inguc 

•que l'on enricbit fièrement d'nne lettre noirvelle, 



^" 



-v^- 



J 





wmmm 



T 



*v 



i 



-\ 



N. 



on lui annonçant au nom iniaillibïè de M. de 

Voltaire que. cette. Jett're* est inutile , car elle nç 

se prononce pas>7 Que penser d^ne nation très -^ 

littéraire qui ii refusé du pliw sav*mt de ses rois , 

des lettres empruntées aux Crées , et^popre^ à 

représenter étymologiquement upe foule de 

r nuances perdues de notre beau Jàhgagq/, et qui a 

^ I inscrit ce Jouble W $i barbare ttaps les monu- 

• ments dit* la littérature, pour exprimer Tinitiale 

équivoque de ces knots exIe/zZ/e/^^/ïv/^A- et wf\vA-i? 

Il est vrai que nous pe4{;nons par des ea'ractères 

menteurs, jusque l'absurdité, l'initiale dif nom 

de la chimie, de' la physiques de la philosophie j,^ 

de la théologit; ; mais il nous reste wisk -et wiskij 

. : tout seuls , «la vérité , sans^ en être moiiis dignes 

' de l'innovation qui les a consacrés. Un des vingt- 

^ cinq ël^^ent^ de la langue écrite leur appartient 

' par l'autorité des Dictionnaires. 

y^\SV\SV. Sorte de caisson pour} les chirurgiens 
de V ambulance. boist&. — Grécourt écrivoit ce 
mot Vàurst, Jamet ie jeune l'écrivoit f'^aurschty-^ 
et avant la nouvelle définition que lui attribue 
notre lexicographe, il n'avoit jamais signifié que 
" t train ^e chasse. "'Encore n'étoit-ce jïas en fran- 



\ 



r<us.. 



/ • 



4 



-I^Let 

(x: 

>Let 

•3° Piè< 

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plèe 

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X.l 
mais E 
accept 

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dixaii 

es, d 

xès ; e 




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X 



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« 



•K 



H 



■^* 



\.' Substantif. 
-1* Lettre numérale qui vaut 10,000, f^voc la ùtàe 

(X).' 
"2" Lettre abrévialive du nom de Christ. 
"3° Pièce de fer a l'usage du moulin , qui a un troii 
' carré pour recevoir là tète du petit fer : sur ceti et- 

pièce est posée la lifule de dessus.' ïUle a In 

forme d'un x. j* , 

Acceptions omises. ^ ' 

X. Nous traduisons par ch cette lettre grecque, 
mais nous en conservons la figure pour d'autres 
acceptions. ^ 

Nous la faisons sonner K, dans rxcàs; /, , dans 
dixaine ; S, dknà soixante : GZ , dans Ci'cmpf:; 
es , dans extrême ; de deux Ji^anieres dans Jicrr 
xès ; et point du tout 'àikn^dixnw. 

/ I - y . . ,w 



v/ 




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/ 
/ 



y 






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\ 



A 



j^ 



■ M6: ^'XEN ■ ■ ." /■ . ' 

j Qu'on donne après cela des règles de pronon- 
ciation infailîibles aux jeunes gens et aux ëtran- 
gers , ce qui se fait très-eommuhément chez nous" 
en six leçons^ comme pemonne n en doute. 

XENOMANE. Homme passionné des^ voyages. 

* Çest le^nom que donne Rabelais a c^ grand tra- 

i^er^eur des' voies périlleuses qui accompagne 

ï^tttagfuel chez les Lanternois , et q^elqucs com- 

• mcntateurs* ont pensé, qu il pouvoit désigner le 

" femeux voyage^rj^elon, Oenomanus^; mais Beloir 

\ publié ses premiers ouvrages que j^ostérieure- 

ent au quatrième livré de Rabelais. On peut 

croire toutefois que Beîon fut enchanté de Tana- 

(f^ve qui se tro'îivoit entre so» |iom national , 

^^nomam^y et le nom grec de soiTaVjEntureuse 

ie. Cetoit Tesprit du teltnps. 




' 'i 



manie. 



/ XILOGRAPHiE, XÏLOPHAGE, etc. boiste 

f De SûJtov, bois. Toud les mots qui reconnois- 

\^\\ le même gêtire de Composition doivent être 
écrits par un j grec , comme xylocope, xyloïde, 
xylologie^ qui se trouvent correctement ortho- 
graphiés dam le Dictionnaire, et ils ne pourroient 
l'être autrement à peine de violation ouverte de 
l'ctymologiei Xilo n'est pas grec. 



^ 





^ 



"J . Substantif . -^ v 

-fo Lettre numérale qui valoit i5o, et- avec 11 

tilde i5o)00o. 
S^Esipèce de fourche ,' d'usage dan» différents 

métiers. 
3<» Golfe du ZuydciTtée , célèbre en Hollande par 

un poème de Vandergoès. 

Acceptions omises. 

Y. ^est-il pas fort extraordinaire d'appeler i 
grec'un signe que les Grec^ç appelloient upsilon et 
qui n'a jamais eu chez eux îa valeur de l'i ? 

N'est-H pas très-ridicu le de conserver ce signe 
dans<»rabéÉédaire par respect pour rétymolo^e , 
et de violer cette étymologié' dans la prononcia- 
tion? , 



^ 



\ 



f ' 



. / 




418 Y 

Cette irrégaUnté poniroit se codiprendre , ti le 
son de V upsilon masiiuoit l^otre langue, comme 
à celle des Latins qui nous Vont trihsmise. 

Qui nous garantit d'ailleurs que les Latins re 
prononçoient pas V upsilon comme il doit Fétre , 
dans les mots oi^ ils VaToient consenré ? * 



X- 



r» * 



r. 



Z.Subi 

1» Lettre 
ao0)00< 

SoCaracti 

^ demie, 

d*ane < 

3*» Doubl 

- indiqu 

en Anj 

Àccep 



ZAMI 

— En pj 

Ce m< 
factice d 
retti. C^ 



\\ 



x^ 



Z. Substantif. 
4» Lettre numérale qui valoit aooo» et tildée, 

aooyooo- 
2«> Caractère médical qui a signifié une once et 
4 demie, une demi-oncie, et la huitième partie 

d'une once. . * 

3*» Doublée; autre signe de la même science qui a 
- indiqué cliez nous la myrrhe , et qui se prend 

en Angleterre pour le gingembre ou zinziber. 

Acceptions omises. 

ZAMBRELOUQUE. i?5;?èce de* ro^e.wAiLtt. 

— En patois vénitien. 

Ce mot n a d'analogue en italien que le nom 
factice de zamlerlucco , un des masques de BaP 
retti. C^t ingénieux critique pourroit bien Vavoir 

' 2T. 



T 






^Y U 



..r 



tiré de la langue angloite dont il a donne on fort 
bon Dictionnaire. Ckamhe/s shig y significroit 
au besoin un pédant paresseux , ou occupé k des ^ 
choses de peu de valeur, qui ne quitte pas la 
chambre. En France , les pi;oYinciaux appeUent 
chambr^loque une espèce de robe qu'on porte 
dans le négligé le plus sMret , et oe mot parott 
îovmé fAoTUs^ ehambre et de /o^iici, mauvais 
haillons. Au reste, chambreloque n'est pas fran- 
çois, et, en dépit du Dictionnaire, «om^refou^MB 
ne l'est guère plus. 

^- ZÉPHIR. n ne <écrit Zéphire que pour dési^ 
gner le nom propre d'un dieu. Voltaire a méprisé 
cette règle comme beaucoup d'autr^l. 



\ 



& 

gothi 
phab 
que ] 
denu 
puss^ 
liorat 
ceptil 
vains 

L'a 
cette 
noeud 
repré 
avec ] 
unis i 
la bar 






^ 



& 



\ 



&. Ce signe qui est «n reste des abréviations 
gotliiques parolt heureusement supprimé de l'al- 
phabet comme tant d'autres. Cest une obligation 
que nous avons aux excellents typographes mo- 
dernes , et c*étolit le seul senrice de ce genre qu'ils 
pussent rendre à notre langue. Les autres amé- 
liorations dont Torthôgraphe fîrançoise est sus- 
ceptible ont besoin de l'exemple des grands écri- 
vains et de la sanction de l'usage. 

L'auteur de \ Alphabet raisonné prétend que 
cette abréviation a été figurée à l'imiution d'un 
nœud de ruban, parce que la conjonction qu elle 
représente a pour objet de lier les idées les unes 
avec les autres. La figure de Ve et du t gothiques 
unis k leur base , et traversés à leur sojnmet par 
la barre qui partage ces deux lettres, luiauroit 



J 



J 



4â2 & 

épargné 1er frai» de cette conjecture , d^aillears 
ingénieuse. Un critique ti:ès-difficilen a pas craint 
de dire que c éloit la seule diose intéressante 
qu'il y eût dans le livre. Je roudrois bien qu'il en 
trouvât autant dans le mien, 



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