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Full text of "G�eographie de l'Afrique chr�etienne"

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Cl^yw.liAPTIIE 



A J U I Q l! 



CHRÉTIKI^NE 



Par, {AoNSF^iaH iivvt TOULOTTE 



Aï A ï-f « É T A :N 1 ES 



m 



'^ 



GEOGRAPHIE 



DE 



L'AFRIQUE CHRÉTIENNE 



GÉOGRAPHIE 



DE 



L'AFRIQUE 

CHRÉTIENNE 

Par Monseigneur T OU LOTTE 

Éoêque titulaire de Tagaste, Vicaire Apostolique du Sahara, 



m: AUH-É T A.IV lES 




MONTREUIL-SUR-MER 

IMPRIMERIE ITOTRB-DAME DES PRÉS 

1894 






Sa Grandeur 



Monseigneur Prosper-Auguste DUSSERRE 



Archevêque d'Alger 



Hommage respectueux 



467 



GÉOGRAPHIE 



DE 



L^ AFRIQUE CHRÉTIENNE 



MAVRÉTANIES 



La Maurétanîe fut la dernière partie de l'Afrique du 
Nord à subir le joug des Romains vainqueurs. En Tan 40 
de notre ère, Caligula en fit une province romaine. Jusque- 
là, les rois de Maurétanie furent les vassaux de TEmpire. 
L'occupation romaine fut pour la Maurétanie le point de 
départ d'une ère dite Maurétanienne qui fut usitée jusqu'à 
l'époque de l'invasion arabe. Il y eut tout d'abord deux 
provinces Maurétaniennes, celles de Césarée et de Tingis. 
Leurs limites étaient à peu près celles qui séparent actuel- 
lement l'Algérie du Maroc. Du côté de la Numidie, la 
limite partait de l'embouchure de l'Ampsaga, touchait au 



— 8 — 

• iku ^'v i^'îwt aboutir dans la région de Elgara et Mesad, 
:t^^ r^ct^rent î\ la Numidie. 

%K: i'.vtsion fut maintenue jusqu'au temps de Tex- 

wUivM .vîtn'P'"*^^ P^^ Tempereur Maximien contre les 

Uiiia^t^^ttliens, tribus kabyles, qui furent soumises 

>i*. l a si^paration de la Sititienne d'avec la (Césarienne 

..\ xCa'î ot^rtainement pas en 288, car une dédicace de 

vMc ,iuiuv% trouvée à Sitifis, porte que Flavius Pecuarius 

.^Hiî kV*v^t« ^*® i^ Maurétanie Césarienne à cette date. 

V»u>i savons que, dès le début, les gouverneurs des deux 
VauivUnios furent des procurateurs. Le texte signalé ci- 
vlvN^sus» montre que, avant la séparation de la Sitifienne, 
A> ^vuivorneur de la Césarienne avait déjà un titre plus 

l>u roste, ce sont les listes ('piscopalcs qui déterminent le 
uùoux rétendue des provinces et, sous ce rapport, la notice 
vlo iS*J est infiniment précieuse. 

A partir de Dioclétien, la Tingitanc est rattachée au 
\Uooi\^o d'Espagne. Elle ne semble pas, d'ailleurs, au point 
vit* vue ecclésiastique, avoir jamais eu de rapports ni avec 
t'arthage, ni avec Césarée. Nous devons dire, en toute 
«kiiioéritë, que nous ne connaissons aucun évèque de Tin- 
jjllane qui appartienne à l'époque romaine. 

A partir de la réorganisation Dioclétienne, les trois 
Maurétanies eurent chacune son Praeses, qui avait le titre 
do *'«*r perfectissimus. De même que les Procurateurs 
uvaient eu souvent, sinon toujours, les pouvoirs civil et 
militaire, de même les Praesides de la Césarienne eurent 
souvent le titre de Cornes ou de Dux et réunirent entre 
leurs mains les deux pouvoirs. Nous en voyons aussi qui 
administrent en même temps deux provinces Mauréta- 
niennes. 




— 9 — 

Il est vrai, nous trouvons, depuis Gordien jusqu'à 
Gallus, des légats propréteurs des deux Maurétanies, qui 
commandent les troupes, et au quatrième siècle, c'est le 
cornes Africœ et le duœ Mauretaniœ qui se partagent le 
pouvoir militaire. Nous avons signalé cet état de choses 
dans le volume consacré à la Byzacène. Les gouverneurs 
de Maurétanie eurent plus tard le titre de clarissimes et de 
spectables. Quand Justinien eut reconquis l'Afrique, la 
Sitifienne et la Césarienne redevinrent présidiales, mais la 
Tingitane fut rattachée forcément à la Césarienne. Le duc 
de Maurétanie eut le commandement militaire et le Praeses 
conserva l'administration civile. 

La Maurétanie sitifienne parait avoir été, à cette époque, 
appelée première Maurétanie, ou Maurétanie de Zabi, 
tandis que la Césarienne aurait été nommée la seconde 
Maurétanie. Celle-ci, du reste, est appelée par Victor de 
Vite ^ la Maurétanie majeure ou la Grande. 

Nous voyons le patrice Salomon gouverner toute l'A- 
frique avec le titre de Préfet du Prétoire d'Afrique ou de 
Lybie et de Maître de la milice. Plus tard encore, il y eut 
des exarques qui eurent le pouvoir suprême en Afrique au 
nom des Empereurs. 

Il convient d'observer que la Maurétanie n'eut jamais 
de troupes légionnaires. Elle fut toujours défendue par des 
corps auxiliaires. Il faut en excepter la période qui s'é- 
tend de 238 à 253, quand la troisième légion fut licenciée 
pour avoir proclamé Gordien empereur. Il semble que, 
pendant cette période, la vingt-deuxième légion eut ses 
quartiers en Maurétanie. Les monuments épigraphiques 
confirment ces diverses données. Ainsi des bornes mil- 

1 Pers. vand. 4. 6. 



— 10 — 

liaires, près d'Altava dans la Césarienne et d'Aras dans la 
Sitifienne, mentionnent T. Aelius Decerianus, Procurateur 
de Tempereur Marc Aurèle Antonin * . 

Le gouverneur P. Aelius Peregrinus a le titre de Praeses 
et de vir perfectissimus, comme le montre une inscription 
de Césarée ' : 

p. AELIO. FKRKGUI 

NO. PRAESIDI 
PROV. MAVRET 

CAES. PERFKC 
TISSIMO. VIRO 
A COGNITIONIB 
AVGgG. TIB. CL 

LICINIVS. EX 

pRAEF. COH. I 
FL. HISP. 

Ailleurs, il a simplement le titre de Procurateur. Après 
lui, vers Tan 227, nous trouvons le gouverneur L. Lici- 
nius Hierocles, avec le titre de Procurateur et de Praeses 
de la province ^ et jouissant du jus gladii^. C'est ce que 
nous lisons encore dans le texte suivant *' 



;) • 



gNEAE. SEIAE. HERENNIAE. SALLVSTIAE 
bARBIAE. ORBIANAE. SANCTISSIMAE. AVGVSTA^E 

CONIVGI. AVG. NOSTRI 

EQQ. SINGVLARES. DEVOTI 

nVMINI. MAIESTATIQVE. EIVS. CURANTE 

IICINIO. HIEROCLETE. PROC. AVG 

PRAESIDE. PROVINCIAE 



» Corpus. 10432 et 10461 
« Corpus. 9360. 



8 Ibid. 9354. 
4 Ibid. 9367. 
» Ibid. 9355. 



— 11 — 

On y voit que ce Procurateur commandait les troupes 
de la Province. 

Voici le nom d'un Procurateur de la Tingitane sur un 
monument de Tingis * : 

p. BESIO. P. F. QVIR. BETVINIANO 

C. MARIO. MEMMIO. SABINO 

PRAEF. COH. I. RAETORVM. TRIB. LEG.X. G. P. F. 

PRAEF. ALAE. DARDANORVxM. PROCVRATORI 

IMP. CAESARIS. NERVAE. TRAIANI. AVG. GERM. DACICI. 

MONETAE. PROC. PROVINC. BAETICAE. PROC XX. HERED. 

PROC. PRO 
LEG. PROVINC. MAVRETANIAE. TINGITANAE. DONIS. 

DONATO. AB 

IMP. TRAIANO. AUG. BELLO. DACICO. CORONA. MVRALI 

VALLARI HASTIS. PVR. VEXILLO ARGENT 

EXACTI EXERCITVS 

Dès le commencement du quatrième siècle, la Sitifienne 
a son Praeses particulier, comme il paraît dans cette ins- 
cription de Sitifis - : 

FELICISSIMO 
AC FORTISSIMO 

PRINCIPI DN 

FLAVIO CLAVDIO 

CONSTANTIO 

NOBILISSIMO CAES 

FLAVIVS AVGVSTIA 

NVS. V. P. P. P. MAVR. SI 

TIF. DEVOTVS NVMINI 

MAIESTATIQ. EIVS 

Un de; successeurs de Flavius Augustianus avait sous 
SOI autorité les deux Maurétanies Sitifienne et Césarienne, 
ainsi que nous le vovr /: dans une inscription de Saldae"^. 

' Coî: us. 9990 
- Ibi-l. 847j. 
•^ Corpus. S'JJ2. 



— 12 — 

FELICISSIMO. AC 

HAEATISSIMO PRIN 

CIPI D N FLAVIO 

IVLIO CONSTANTÎO NOIM 

LISSIMO. CAK.SAUI 

FLAVIVS lEKKNTIA 

NVS V. P. PKAKSKS PROV 

MAVR. CAE. ET. SITIFENSIS 

DEVOTVS. NVMINI 

MAIESTATIQVi: 

EIVS 

Plus d'une fois les Maurétanies Césarienne et Tingi- 
tane furent réunies dans la même main. Une dédicace de 
Gésarée est explicite à cet égard. KUe porte que Cn. Haius 
Bîadumenianus fut procurateur ntrarumque Mnuve- 
tanîarum Tingitanœ et Cœsariensis^. 

Une autre dédicace trouvée dans la même ville s'ex- 
prime comme il suit ' : 

Q. SALLUSTIO. MACriMANO. PROC. AVGGg 

VTRIVSQ. PROV. MAVreTANIAE. PRAESn3I. S\ (). V:V 

Q. SAllusSTK). MACriNIANOC.V. FILIOKÎVS 

COMMILITO niRARlSSÎMO ET 

Q. SALLVSTIO. MACR in lANO C.P. NEPOTI KI\ s 

OH INSIGNEM eoRX'M. KHGA. SE. H\^ 

MANITATEM ANVLLIVS GETA 

EX PRAEF alAE PARTHORVM 

La dédicace de Rusucurru est aussi intéressante et 
mérite également d'être reproduite '. 

T. FL. SKRENO a co 

GNITIONmus Aug. 

VTRVBIQVE. 1^ raesi 

» Corpus. 9366. 

2 Ibid. 9371. 

3 Ibid. 9002, 



— 13 — 

DI. Ol^TIMO. PAtrono 

iNCOMPARABili 

IVLII. SABINVS a mi 

LITIIS 

PONTIANVS ex de 

CVRIONi:. A djutor 

El\ STKATOR 

KIVS 

Il a été fait mention des comtes de Maurétanie à Tar- 
ticle do Rusguniae, ïanaramusa, Tipasa, etc. 

Voici la liste des Évêchés de la Maurétanie Césarienne 



ÉGLISES DE LA MAVRÉTANIE CÉSARIENNE. 



Césarée. 

Adsinnada. 

Ala Miliaria. 

Albula. 

Altava. 

Amaura. 

Ambia. 

Aquae. 

Aquae de Sira. 

Arena. 

Arsinnari, 

Auzia. 

Bacanaria. 

Balîana* 

Bapara. 



— 14 — 

Benepota. 

Bida. 

Bita. 

Caltadria. 

Capra. 

Caput Cella. 

Gartennae. 

Castellum. 

Gastellum Jabar. 

Castellum Medlanum. 

Gastellum Minus. 

Gastellum Ripae. 

Gastellum Tatroportus. 

Gastellum Tingis. 

Gastra Nova. 

Gastra de Sévère. 

Gatabum. 

Gatra. 

Gatula. - 

Gissi. 

Golumnata. 

Gorniculana. 

Dracones. 

Elephantarla. 

Fallaba. 

Fidoloma. 

Flenucleta. 

Floriana. 

Flumenzer. 

Fronta. 

Giru Mons. 

Gratianopolis. 




— 15 — 

Gunugus. 

Gypsaria. 

Icosium. 

Ida I. 

Ida II. 

lomnium. 

Ita. 

Junca. 

Lar. 

Majuca. 

Maliana. 

Mammilla. 

Manaccenser. 

Masuccaba. 

Maturba. 

Maura. 

Mauriana. 

Maxita. 

Media. 

Mina. 

Murustaga. 

Muteci. 

Nabala. 

Nasbinca. 

Nova I. 

Nova IL 

Novica. 

Numidia. 

Obori I. 

Obori IL 

Oppidum Novum. 

Oran. 



GEOGRAPHIE 



DE 



L'AFRIQUE CHRÉTIENNE 



MAVRÉTANIES 



La Maurétanîe fut la dernière partie de TAfrique du 
Nord à subir le joug des Romains vainqueurs. En Tan 40 
de notre ère, Caligula en fit une province romaine. Jusque- 
là, les rois de Maurétanie furent les vassaux de TEmpire. 
L'occupation romaine fut pour la Maurétanie le point de 
départ d'une ère dite Maurétanienne qui fut usitée jusqu'à 
l'époque de l'invasion arabe. Il y eut tout d'abord deux 
provinces Maurétaniennes, celles de Césarée et de Tingis. 
Leurs limites étaient à peu près celles qui séparent actuel- 
lement l'Algérie du Maroc. Du côté de la Numidie, la 
limite partait de l'embouchure de l'Ampsaga, touchait au 



— 18 — 

Aquae Albœ. 

Aras. 

Assava. 

Asuoremixta. 

Castellum. 

Cedamusa. 

Gel las. 

Clioba. 

Eminentiana. 

Equizeta. 

Ficus. 

Flumeii piscis. 

Gegi. 

Horrea. 

Horrea Aninici. 

lerafi. 

Igilgili. 

Lemellefa. 

Lemfocta. 

Lesvi. 

Macras. 

Macriana. 

Mariniana. 

Medianas Zabi. 

Molicunta. 

Monta. 

Mopta. 

Nova Liciana. 

on va. 

Partenia. 

Perdices. 

Privata. 



— 19 — 

Saldae. 

Satafis. 

Sertei. 

Socia. 

Surista. 

Tamagrista. 

Tamalluma. 

Tamascania. 

Thibuzabeta. 

Thucca. 

Tinista. 

Tupusuctu. 

Vamalla. 

Zabi. 

Zallata. 



ÉGLISES DE LA MAVRÉTANIE TINGITANE. 



Tingis. 
Fez. 
Maroc. 
Septa 



MAURÉTANIE 

CÉSARIENNE 



I. — CÉSARÉE. 

C'était la capitale de Juba, appelée d'abord Jol et qui 
reçut, plus tard, en Thonneur de César Auguste, le nom 
de Caesarea. Le même roi Juba, père de Ptolémée, lui 
donna ce nom, après ({u'il Teut rebâtie. Le géographe 
Ptolémée, réunissant les deux noms, appelle la ville Jol 
Caesarea, tandis que Scylax, distinguant la ville et le port, 
nomme Gésarée la ville de Jules. Un marbre de Césarée 
porte le nom de Jol ' sous la forme de l'ethnique : 

lOLITANA PRO 
SALV'l'i: FLORI 

sur d'autres monuments de la ville nous lisons les noms 
des rois Ptolémée et Juba -. Un milliaire nous donnera le 
nom même de Césarée '■' sous sa forme correcte : 

LMP. CAES. M. XV 

RELIO.ANTONI 

NO. PIO. FKLICI 

AVG. PONTIFIC 

MAXIMO. TRIB 

POTEST. COS. III 

P. P. A CAESAREA 

NIP. VI 

Les monuments étrangers otîrent plus souvent la forme 
Cœsaria et l'ethnique, même en Afrique, est constam- 
ment Cœsariensis ou parfois Cœsarensis, 

' Corpus. 9341. Cf. 9767. 
•■* Ibid. 9342 à 9351. 
3 Corpus. 10451. 



— 24 — 

Césarée obtint de l'empereur Claude le droit de colo- 
nie, comme Pline l'atteste et comme portent plusieurs 
inscriptions de Rome qui l'appellent colonia Claïutia 
Cœsarîa Mauretania *. Elle avait un port, ainsi que le 
dit Scylax, et devant le port se trouvait une île. 

Remarquable par le nombre de ses habitants et par sa 
vaste enceinte, elle était la métropole de toute la province 
Maure tanienne, qui lui devait son surnom. Nous ferons 
remarquer que les monuments épigraphiques disent cons- 
tamment Mauretania et non Mauritania. 

L'éclat que donnèrent à Césarée les triomphes de ses 
martyrs, à l'époque chrétienne, augmenta encore sa gloire. 
Elle était, en effet, la patrie du martyr Arcade, dont Ze- 
non, évèque de Vérone, originaire aussi probablement de 
Césarée, a fait l'éloge, et encore de Sévérien et Aquila, 
dont le martyre est consigné dans les Fastes de l'Église et 
dont les tombeaux se trouvaient là sans doute. 

Césarée vit également le combat et le triomphe de la 
vierge et martyre, Marcienne de Rusucurru, du porte-en- 
seigne Fabius, etc. 

Le triomphe de l'empereur Constantin sur Maxence dut 
avoir un profond retentissement à Césarée, car on y a 
trouvé un marbre sur lequel était représentée la bataille 
avec cette inscription - : 

PONS MVLVI 

EXPEDITIO 
IMPERATORIS 
CONSTANTIN! 

C'est dans l'église principale de Césarée, en présence 

» Corpus. 9400. — et VI. 3262. 
« Corpus. 9356. 



— 25 — 

d'un grand nombre d'Évêques, que saint Augustin eut, 
avec Émérite,la conférence dont nous avons encore le texte. 

Au livre de la Doctrine chrétienne ', le même saint Doc- 
teur rapporte que, se trouvant à Gésarée, il fit cesser une 
coutume barbare d'après laquelle les habitants partagés 
indistinctement en deux groupes se battaient frères contre 
frères à coups de pierre. La même coutume est pratiquée 
jusqu'aujourd'hui par les montagnards de la Kabylie. 

Écrivant à Deuterius de Gésarée, au sujet de Victorin, 
diacre manichéen de Malliana^, saint Augustin lui dit ce 
qu'il a à faire dans toute sa province contre les adeptes de 
Manès, et nous voyons par là que cet Évêque soit comme 
Primat ou doyen d'âge des évêques, soit comme métropo- 
litain, avait certaine autorité sur le clergé de toute laMau- 
rétanie. 

Des fouilles pratiquées à Gésarée sur l'ordre du cardinal 
Lavigerie ont mis au jour une area des premiers siècles, 
quand les chrétiens persécutés célébraient les saints mys- 
tères dans les cimetières. L'area se trouvait dans la né- 
cropole de Touest, sur la voie romaine qui conduisait à 
Cartennae, et à gauche de cette même voie. Gest ce que 
montre l'inscription suivante ^ : 

aream at sepvlchra cvltor verbi contvlit 

et cellam strvxit svis cvnctis svmptibvs 

ecclesiae sanctae hanc reliqvit memoriam 

salvete fratres pvro corde et simplici 

p:velpivs vos sato sancto spiritv 

kcci.esta fratrvm hvnc restitvit titvlvm m. a. i. 

severiani c. v 
ex. ing. asteri 



3 



4-24. 
Ep. 236. 
Oorpus 9585. 



I 



Tn^ o.'U.-ni.r rrn::.^a:.: 1' '::.a e: l'oméga et une co- 
loii.^»e i j. : ta: .r rv^-iA > :i: jr-tv^rr^ avec ce texte sur le 
marbrr. ^'.'r-^i ii; à:cu:_rr.; iiiii- iLLii»rfciiice considérable 
poîir lV:u ir iv- • >v:.:;.e:.Or::.-^:.îs iu cbristiauîsme en 
Afriq:ie. 

Frt- lie i:e::e i:i>o:l;.:!->n, ;:î> ;i lîre fat trouvée, non 
moin- iî::r»ortanîr. :.ia r!>- i rir . 

U»\'*K\ ^: • •iU" -KA ÎN A«: 
CViîîl î^: H <r !n : TA 

^\ NT a: • .^!: • AirT \n- i\ i ianaf. 

Ll lluGAlAî MMKÎ \ ;• i -ui- l*K: SHYTE 
K! **\l H\ \- [ ;.\ \! . \ \ î - } HATÎUB. FKCI 

I/aiv-a .1».- (:é^ tré- :iie<:iKiit :ro:i:«^ métrés «l»^ lougiieur et 
quinze m" îre- «î^ 1 ir jeur. Au oentiv ^/-levait un édioule, 
de deux inétre> •!•• o«'»té, ainsi qu'un autre }»lus petit : ils 
étaient voûtés et montés sur quatre murs à cintres ou- 
verts. C/e>t là queies deuxinsoription< ont été recueillies. 
Tout autour des é»iiiules, dans Tenceinte de Tarea et en 
dehors de l'enceiiiie. <ur une grande étendue, on rencon- 
trait des tombes noml»reuses. recouvertes dt^ larges briques 
et dépourvues d'épitaphes. Auprès des édicules, les tombes 
étaient tellement entassées que Ton en comptait jusqu'à si^ 
les unes sur les autres dans la profonder.r du sol. Ces par^ 
ticularités se remarquent également à Cartliage comme ^ 
Rome et sur beaucoup d'autres points en Afrique. Dan^ 
la nécropole occidentale de Césarét-, on a découvert, eP 
outre, beaucoup de sarcophages chrétiens des phis intéres- 
sants et des monuments de toutes sortes. 

A Test de la ville, sur l'oued en Ne^ara. ou des chré- 

» Ibi'i. n 958G. 



— 27 — 

tiens, il y avait une autre nécropole chrétienne. C'est de 
ce même côté qu'était Tamphithéâtre oii la vierge Mar- 
cienne soutint un glorieux conibat contre les païens et les 
juifs de Gésarée, le cinq des ides de janvier. 

Gésarée disparut à répo([Ue des invasions arabes. Cepen- 
dant les avantages de son port y groupèrent plus tard une 
population qui s'y maintint assez longtemps et elle con- 
serva le nom deCherchell qui parait une altération du nom 
antique. 

En 1830, quand l'Algérie fut occupée par la France, elle 
était complètement déserte, niais la ville s'est relevée de- 
puis et a repris une certaine vie. 

Le titre de Julia Gésarée a été accordé à l'Kvêque puis 
à l'archevêque d'Alger. Mais il faut avouer que le titre de 
Julia ne paraît pas avoir été jamais donné à la ville. 

FORTVNAT. Cet Évêque se rendit, en 314, par la voie de 
Tanger et de l'Espagne, au concile d'Arles, avec son diacre 
Deuterius et il y souscrivit aux canons qui y furent faits^ 

CLÉMENT. Il était Évèque lors de la rébellion de Firmus 
en Maurétanie, c'est-à-dire, en l'année 372 et suivantes. 
Symmaque dans une lettre à Titianus^', le loue de ce que, 
selon son devoir de bon citoyen, il défendit Gésarée, sa 
patrie, alors que le Trésor public réclamait aux grands de 
la ville l'argent déposé au fisc et enlevé par l'ennemi. Il 
paraît, en effet, avoir obtenu de Valentinien et de Gratien 
qu'on ne réclamât pas de l'argent d'une curie réduite à la 
misère et qu'on n'ajoutât pas, aux malheurs d'une ville si 

i Hartl. r, 267. 
•' Ep. 64, lib. r. 



— 28 — 

éprouvée, celui de laisser enlever ce qui restait après le 
pillage par Tavarice de ceux à qui on l'avait conservé. 

DEVTERIV8. Il assista à la conférence de Carthage, en 411, 
et il fut préposé à la garde des actes. Après la lecture de 
sa souscription, le donatiste Émérite s'avança et dit ^ : Je 
le reconnais. Il est souvent fait mention de ces deux 

I 

Évêques dans les ouvrages de saint Augustin. L'un et 
l'autre vivaient même encore en 418, lorsque saint Au- 
gustin parla à Césarée *. Le saint Docteur appelle Deute- 
rius Éveque Métropolitain, Il est probable qu'il n'entend 
pas cependant, par ce titre, désigner le Primat de la Mau- 
rétanie Césarienne, mais l'Évtque de la ville qui était la 
métropole de la province. Celle-ci avait le privilège de 
conserver les archives ecclésiastiques de la province. Nous 
avons vu un Évêque des Aquae de Byzacène appelé aussi 
métropolitain par Victor de Vite. Le môme terme se re- 
trouve sur les monuments de Carthage. 

Émérite, l'adversaire de Deuterius, est celui qui repré- 
senta les Donatistes dans la conférence. C'était un des sept 
Évêques que ceux-ci, comme déclare leur mandat, oppo- 
sèrent aux catholiques^. 

APOCORIVS. Il est le vingt et unième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui, appelés à Car- 
thage, en 484, par le roi Hunéric pour l'assemblée géné- 
rale des évêques, furent ensuite tous condamnés à l'exil. 

CRESCENT. C'est une inscription de Césarée qui nous fait 



' Cogn. I, 143. 
•^ Cf. Ep. 236. 
3 Cogn. I, 148. 



— 29 — 

îonnaître son nom, encore est-il bien incertain. Le texte^ 
lu reste, n'est point complet K 

CHESCEN 

SFILOFILVS 

EPISCOP 

vs 

Il est gravé sur un carreau hexagonal de marbre, dont la 
partie supérieure manque. 

Gésarée eut des évèques titulaires dont plusieurs sont 
3onnus. 

Charles Bourbon, 16 décembre 1652 ; 

Bonaventure Rousseau, 6 mai 1658 ; 

Alphonse de Aguago, 22 février 1672 ; 

A partir de 1656, il y aurait eu, non plus des Évèques,. 
mais des Archevêques de Césarée. Voici leurs noms : 

Gœlius Piccolomini, 16 octobre 1656 ; 

Frédéric Ubaldo, 6 juillet 1665; 

SavaMillino, 17 juin 1675; 

Jacques Cantelmo, 27 septembre 1683; 

Laurent Gasono, mars 1690 ; 

Georges Spinula, 1^' juin 1711 ; 

Prosper Marefusco, 3 février 1721 ; 

Jean-Claude Sommier, 29 janvier 1725; 

Michel-Ignace Cribello, 30 septembre 1739 ; 

Louis Valenti, 9 juillet 1764 ; 

Jean-Baptiste Pignatelli, 1^^ mars 1779 ; 

Antonin-Marie Trigna, 17 décembre 1819 ; 

Charles-Emmanuel Sardagna de Hohenstem, 21 fé- 
vrier 1839 ; 

l Egah. V, 1035. 



— :îO — 

Jean-Emmanuel TrisaiTi e Peralto, 27 avril 1840 ; 
Aristarque Azaria, méchitariste de Vienne, en 1849 ; 
Jacques Boj agi, méchitariste de Vienne, en 1855 ; 
Antoine Agliardi, 13 novembre 1884. 



II. — ADSIXXADA. 



C'est une ville inconnue des géographes. On sait seule- 
ment, par la notice, quelle se trouvait dans la Mauréta- 
nie Césarienne. Ruinart a rejeté la leçon ad sinvada qui 
est contraire au manuscrit unique de Laon. Du reste, les 
martyrologes hiéronymiens, ceux de Bède et autres, an- 
noncent, le trente et un juillet, des martyrs de Sinnada, 
cité d'Afrique ; ils veulent dire sans doute, des martyrs 
dont les reliques étaient vénérées dans cette ville. C'est ce 
que divers monuments, découverts tout récemment en 
plusieurs points de l'Afrique, nous attestent clairement. 
La forme du nom Ad Sinnada marque que la ville épisco- 
pale n'était, à l'origine, qu'une station, de même que Ca- 
thaquas, autre ville épiscopale de la Numidie. 

CAIVS. On lit son nom dans la notice. Il est le cent quin- 
zième de la Maurétanie césarienne que Hunéric convoqua 
à Carthage, en 484, avec les autres Évèques d'Afrique. 
La note probatus ajoutée à son nom, probablement vers 
l'an 490, nous apprend qu'il mourut pour la foi soit en 
route soit dans son exil. 

Nous répéterons, en commençant l'énumération des 



— 31 — 

villes épiscopales de cette province, que la notice fut dres- 
sée en 482, que l'assemblée de Garthage eut lieu en 484 
et que l'annotation de la notice se fit plus tard, et enfin 
que nous n'avons pour ce document (|u'uu seul ancien 
manuscrit, celui de la bibliothèque de la ville de Laon. 
Quant à la note probatus, nous la lisons dans Tépitaphe 
d'un Évèque de cette époque qui mourut à Tanaramusa 
en 495 et dont il est dit qu'il fut multis exiliis pro- 
hatus. 



m. — AL A MILJARIA. 



Cette ville se trouvait dans la Maurétanie césarienne et 
elle devait son nom militaire de Ala Miliaria à une aile 
de cavalerie. Les anciennes inscriptions font souvent men- 
tion de Tala miliaria ; on en a trouvé à Césarée, à saint 
Denis du Sig, à Marengo, au Yiel Arzeu, etc., toutes lo- 
calités de la Maurétanie césarienne. L'inscription d'Arles 
porte Ala ^niliaria in Maiiretania ccesariensi '. Le di- 
plôme de l'an 107 trouvé à Césarée nomme Vala I ner- 
viana Aupusta pia fldelîs Miliaria '. L'épitaphe du Viel 
Arzeu la nomme ala Brittonum veteranorum milia- 
ria^. Évidemment il y avait plusieurs ailes de cavalerie 
dans les Maure tanies et jusqu'ici aucun texte n'indique 
quelle ville a pris le nom de l'une d'elles. Il est pourtant 
permis de croire que l'ala miliaria avait son centre dans la 

1 Corpus. XII. 672. 

* Gagnât. Rev, Arch. xix. 394 

3 Corpus. VIII. 9764. 



— 32 — 

capitale de la province, la moderne Gherchell. L'inscrip- 
tion publiée par Gruter * a été trouvée dans le Norique et 
se trouve aujourd'hui à Vienne. Elle porte que Valerius 
Vrbanus et Licinius secundinus, appartenant à Tala miliaria 
de la Maurétanie césarienne, ont dédié une statue à Titus 
Varius Glemens. Les monuments de Césarée et du Sig font 
connaître deux officiers de Tala miliaria, un praefectDs 
equitum et un dupliciarius^. D'autres sont funéraires et ni 
les uns ni les autres n'ont pu jusqu'ici nous faire connaître 
le véritable emplacement de notre ville épiscopale. 

MEN8IV8 pour Messius, comme Mingin est pour Miggin. 
La notice des Provinces et des cités d'Afrique le men- 
tionne le trente-troisième parmi les Évèques de la Mauré- 
tanie césarienne qui, en 484, sur Tordre du roi Hunéric, se 
rendirent à Garthage avec leurs autres collègues et furent, 
à cause de leur profession de foi catholique, envoyés en 
exil. 



IV. — ALBVLA. 



Albula est le nom d'un Évêché de la Maurétanie césa- 
rienne que l'anonyme de Ravenne appelle Albulas et qu'il 
cite après Portus Divinus. L'Itinéraire d'Antonin met la 
station ad Albulas entre Rubrae et Dracones. Albula a été 
retrouvée tout récemment à Aïn Temouchent, grâce à un 
texte épigraphique que nous reproduisons ^ : 

i Page 482. 7. 

» Eph. V. 992. Cf. 996 et Corpus. 9389 et 9750. 

8 Rev. Arch. 1889. p. 424. 



— 33 — 

IMPP. DIOCLETIANO. ET. MAXIMIANO. AVGG. ET. 

CONSTANTIO. 
ET. MAXIMIANO. NOBILISSIM. CAESS. C. IVL. FORTVNATVS? 

CVR. 
AC. DISP. REIP. ALBVL. TEMPVLVxM. DEAE. MAVRAE. 

AD PRISTINVM 
STATVM. REFORMAVIT. DVMVIRATV. C. IVL. GAITATIS. IVN 

etc. etc. 
ANNO PROVINCIA. CC. LX. 

L'ère Maurétanienne commence en Tan 40 : il s'agit 
donc de Tan 300 de notre ère. 

D'après un autre texte ^ le culte d'Astarté ou de Junoit 
Céleste, la grande déesse de Carthage et de toute l'A- 
frique, Beœ Magnœ Virgini Cœlestz, était pratiqué jus- 
qu'à Albula de la Maurétanie, qui avait aussi, on vient d^ 
le voir, sa déesse particulière, Deœ Maurœ. 

Les inscriptions funéraires chrétiennes ne manquent pas*, 
à Albula. Gomme elles ont une physionomie particulière^ 
nous en citerons quelques-unes ^ : 

HIC EST 

ANTONIA 

EMERITA 

QVI VIXIT 
ANNIS PLVS 
MINVS LXET 
DISC IN PAC 
EDNI ANOP 
RVIN CCCCLII 

La formule hic est relative au corps de la défunte quK 
attend la résurrection et la formule discessît in pace- 
Domini qui se rapporte à l'âme, méritent assurément l'at- 

ï Corpus. 9796. 

2 Bull, des ant. Afric. 1882. p. 136. 



3 



— 34 — 

tention. L'ôpitaphe suivante renferme la formule DMS qui 
avait pris un sens chrétien ou du moins qui avait perdu 
sa signification païenne * : 

i)%rs 

NfENrORIAE 

AVRKLIA F 

LOHIDAQV 

AK VIXIT ANN 

IS XXXV ET 

DISCESSIT 

IN V\CE DN 

DIEVID.... 

ANP CCCCXXXVI 

Aïn Temouchent est le Ksar Ibn Senan des auteurs 
arabes. 

La ville romaine était bâtie sur le bord d'un escarpe- 
ment, au confluent de Toued Temouchent et de Toued Se- 
nan. Les ruines étaient considérables avant l'établissement 
du bourg moderne ; elles fournissent encore tous les jours 
des documents de toutes sortes, dont une bonne partie 
sont de l'époque chrétienne. J'y ai trouvé l'épitaphe d'un 
V soldat Batave. 

TACANVS. Appelé à Garthage, en 484, par le roi Hunéric, 
il s'y rendit avec les autres Évèques d'Afrique, puis fat 
exilé pour avoir combattu l'Arianisme. Dans la notice 
de 482 il figure le soixante-dix-neuvième parmi les Évêques 
de la Maurétanie césarienne. 

1 Bull. arch. 1887. p. 157. 



35 — 



V. — ALTAVA. 



Litinéraire d'Antonin place une Altava dans la Numi- 
die et non loin de la colonie de Theveste. Nous la retrou- 
vons à Heuchir AJtabia, mais nous ne savons si elle eut 
des Évêques. 

11 y eut en outre, d'après la notice de 482, une Altava 
dans laMaurétanie césarienne. C'est celle que Ptolémée ap- 
pelle Altao et l'anonyme de Ravenne Altaba. Elle a été re- 
trouvée à Hadjar er Roum, près du village de Lamoricière, 
<50Dame le prouvent diverses inscriptions * : 

IMP.iCAES M AV 

RELIO ANTON! 

NO PIO FELICI. 

AVG. P. MAX. TRIB 

POTESTATIS P. P 

COSIII PROCONS 

DIVI PII. SEVERI 

NEPOTI DIVI MA 

GNI. ANTONINI 

PII FILIO ORDO 

CIV ET POPVLARES 

ALT DEVOTI NVMI 

NI EIVS. 

Le nom entier de la cité, Altava et non Altaba, se lit sur 
un milliaire de la voie qui reliait la ville à Pomaria ^ : 

AB ALTAVA POMAR 

MI 

A. P CCV 

1 Ck)rpii8. 9834. 
« Eph. VIL 674. 



— 2G — 

Une couronne renfermant Talplia et l'oméga et une co- 
lombe portant le rameau sont gravées avec ce texte sur le 
marbre. C'est un document crunc importance considérable 
pour l'étude des conunenceinents du christianisme en 
Afrique. 

Près de cette inscription, une autre fut trouvée, non 
moins importante, laquelle porte' : 

IN MEMORIAM KollVM 

(^VOKVM CORPOKA IN AC 

CVIUTORK) HOC SIIPVLTA 

SVNT AI.t'IMI CARITATIS I\1JANAI<: 

i:t rogatak matri nk ioris inii:sinTE 

RI QVr HVNC I.OCVM CVNCriS 1 RATRII5. FIXI 

L'area de (^ésaré(i mesurait trente mètres de longueur et 
quinze mètres de lari^eur. Au centre s'élevait un édicule, 
de deux mètres d(^ côté, ainsi qu'un autre }>lus petit : ils 
étaient voûtés et montés sur quatre murs à cintres ou- 
verts. C'est là que les deux inscriptions ont été recueillies. 
Tout autour des édicules, dans l'enceinte de l'area et en 
dehors de l'enceinte, sur une grande étendue, on rencon- 
trait des toud)es nombreuses, recouvertes de larges briques 
et dépourvues d'épitaphes. Auprès des édicules, les tombes 
étaient tellement entassées que l'on en comptait jusqu'à six 
les unes sur les autres dans la profondeur du sol. Ces par- 
ticularités se remarquent également ;i Cartilage comme à 
Rome et sur beaucoup d'autres poiuts en Afrique. Dans 
la nécropole occidentale de Césarée, on a découvert, en 
outre, beaucoup de sarcophages chrétiens des plus intéres- 
sants et des monuments de toutes sortes. 

A l'est de In ville, sur l'oued en Xeçara, ou des chré- 

i IbiJ. n 958G. 




- 27 — 

tiens, il y avait une autre nécropole chrétienne. C'est de 
ce même côté qu'était ramphithéâtre où la vierge Mar- 
cienne soutint un glorieux combat contre les païens et les 
juifs de Césarée, le cinq des ides de janvier. 

Césarée disparut à répo({Ue des invasion:^ arn])es. Cepen- 
dant les avantages de son port y groupèrent plus tard une 
population qui s'y maintint assez longtemps et elle con- 
serva le nom deChercholî qui paraît une altération du nom 
antique. 

En 1830, quand l'Algérie fut occupée par la France, elle 
était complètement déserte, mais la ville s'est relevée de- 
puis et a repris une certaine vie. 

Le titre de Julia Césarée a été accordé à l'Évéque puis 
à l'archevêque d'Alger. Mais il faut avouer que le titre de 
Julia ne paraît pas avoir été jamais donné à la ville. 

FORTVNAT. Cet Évêque se rendit, en 314, par la voie de 
Tanger et de l'Espagne, au concile d'Arles, avec son diacre 
Deuterius et il y souscrivit aux canons qui y furent faits ^ 

CLEMENT. 11 était Kvèque lors de la rébellion de Firmus 
en Maurétanie, c'est-à-dire, en l'année 372 et suivantes. 
Symmaque dans une lettre à Titianus ', le loue de ce que, 
selon son devoir de bon citoyen, il défendit Césarée, sa 
patrie, alors que le Trésor public réclamait aux grands de 
la ville l'argent déposé au fisc et enlevé par l'ennemi. 11 
paraît, en effet, avoir obtenu de Yalentinien et de Gratien 
qu'on ne réclamât pas de l'argent d'une curie réduite à la 
misère et qu'on n'ajoutât pas, aux malheurs d'une ville si 

i Hard. I, 267. 
•-* Ep. 64, lib. I. 



— 38 — 

le nomme parmi ceux de la Césarienne. Ruinart fait re- 
marquer, à propos de saint Maxime, martyr sous Dèce, 
que quelques anciens exemplaires de ses actes portent que 
Maxime a subi le martyre dans la province d'Arabia ; mais 
d'autres écrivent Asia au lieu de Ambia. Une inscription 
des Aquae de Sira, ville épiscopale de la Césarienne, porte 
ce qui suit^ : 

numini 

AQVARVM 

SIRENS 

PORCIVS 

QVINTVS 

DECALEX 

PRAEPNVM 

AMB CIV V 

OQVS PCCIII 

Ce texte oflPre des variantes, mais on peut y voir la men- 
tion d'un Numerus ambîensîum ou bien Ambiensis ci- 
"Oîtatîs. 

FELIX. En 484, il se rendit à Carthage, sur Tordre du roi 
Hunéric, en même temps que ses collègues. Son nom 
figure le quarante-sixième parmi les Évêques de la Maure- 
tanie césarienne qui furent alors condamnés à l'exil pour 
avoir professé la foi catholique. 

» Corpus. 9745. 



— 39 — 



VIII. — AQVAE. 



Il y avait une ville du nom d'Aquae dans la Maurétanie 
césarienne, comme la notice le prouve. L'Itinéraire d'An- 
tonin place la station d'Aquae entre Sufasar et Caesarea, à 
seize milles de Sufasar et à vingt-cinq milles de Césarée^ 
On a pu, dès lors, et sans peine, la reconnaître à Hammam 
Righa, qui signifie les eaux bonnes. Ptolémée les appelait 
Eaux chaudes USara ©spua. Ce sont des eaux thermales, 
salines ou ferrugineuses, s'élevant à quarante et cinquante 
degrés de température, très fréquentées aujourd'hui encore 
xîomme au temps des Romains. 

Les ruines de la cité se voient sur un plateau, au pied 
du mont Zakkar. Au-dessus de la ville, au nord, on a re- 
trouvé les restes d'une basilique dont l'abside en saillie^ 
mesurait six mètres de largeur. La longueur de Tédifice 
était de vingt mètres environ et la largeur à peu près de 
quatorze mètres. Il y avait une autre basilique moins- 
considérable à l'intérieur de la ville. La nécropole chré- 
tienne a fourni plusieurs sarcophages remarquables. 

HELPIDIVS. Il est nommé dans la conférence de Carthage 
de l'année 411 où on lit qu'il ajouta : * J*ai pour compé- 
titeur Vèx>êque Réparât. Or, ce dernier qui était aussi 
présent dit : C'est lui-même , je le connais. Il en est 
encore fait mention plus loin parmi les Donatistes, lors- 
qu'il fit sa déclaration en disant • : j'ai donné mandat 
et j'ai soicscrit. 

> Cog. r. 135. 
» Ibid. 197. 



— 40 — 



1ANVIER. La notice Tinscrit le vingt-quatrième parmi les 
Évêques de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric 
-convoqua par un édit, à Carthage, en 484, avec les autres 
-Évêques d'Afrique, et qu'il condamna à Texil. 



IX. — AQVAE DE SIRA. 



La notice place cet Évêché dans la Maurétanie césa- 
rienne ; elle le nomme Aqui sira, tandis que les actes de la 
-conférence de 411 rappellent Adque sira. Personne, cepen- 
•<iant, n'en indique remplacement. L'anonyme de Ravenue 
seul nous apprend que la rivière de Sira se trouvait entre 
la Mina et la Tasaccora. Dès lors, il convenait de recher- 
<;her remplacement des Aquae de Sira sur l'oued el Ham- 
mam qui répond évidemment à la rivière de Sira. Or, sur 
cette rivière, il y a précisément des eaux thermales, dites 
aujourd'hui Hammam hel Hanefia. 

C'est à deux kilomètres de l'établissement thermal, sur la 
Tive droite de la rivière, que l'on a retrouvé la ville épis- 
•copale antique. C'est là qu'a été découverte l'inscriptioii 
de Tan 243 qui mentionne les Aquœ sirenses et que nous 
avons signalée à l'article d'Ambia. Plusieurs bornes mil- 
liaires des environs portent aussi le nom de la cité. Nous 
:ii'en citerons qu'une seule * : 

* Eph. V. 1162. 



— 41 — 

D. N 
IMP. CAES. M. IVL 

PHILIFPO. IN 

VICTO. PIO. FEL 

AVG. PONT. MAX 

TRIB. POTEST. 

P. P. AB. AQ. MP 

V 

La nécropole chrétienne a fourni plusieurs épitaphes 
intéressantes, dont nous donnerons la suivante * : 

AOMMA 

SALL\'STVCI 

VS MANNO 

VIXIT AN 

NIS LXXX 

AP DXXX ET OC 

TAA'A ET 

DE CE SIT 

Il nous reste à donner les noms des Évêques connus 
de la ville. 

HONORAT. Il suivait le parti de Donat et, en 411, assista 
à la conférence de Garthage où il répondit à l'appel- : J'ai 
donné mandat et j'ai souscrit, 

FELIX. Il est le soixante-sixième sur la liste des Évêques 
de la Maurétanie césarienne avec lesquels il quitta Gar- 
thage pour l'exil, en 484, lorsque le roi Hunéric bannit 
tous les Évêques catholiques. 

1 Corpus. 9746. 

2 Cogn. 1. 188. 



— 48 — 



X. — ARENA. 



Nous ne saurions affirmer que le nom de cette ville vient 
de Arena, le sable. La ville actuelle de Bou Saada peut 
avoir porté ce nom parce qu'un banc de sable vraiment 
remarquable couvre tout le front de Toasis. Nous ne pou- 
vons davantage affirmer que Arena est la même ville que 
Ptolémée appelle Arina et qu'il place dans la Maurétanie 
césarienne. La ville que El Bekri appelle Adena est celle 
qui est nommée aujourd'hui Zana et elle répond à Diana, 
ville épiscopale de la Numidie. 

Il y eut, d'autre part, une ville de la Maurétanie, nom- 
mée Aras, et nous l'attribuons à la Sitifienne. Une autre 
Aras appartient à la Byzacène. Nous avons distingué Aras 
de Hirena ou Ira et de Nara ; nous distinguerons égale- 
ment Arena de Aras. Nous ferons cependant observer que 
la terminaison Arenensis peut fort bien être due aux co- 
pistes qui auraient allongé la forme Arensis, de la mêma 
manière que nous trouvons Hirenensis et Irensis. 

CRESCENTIEN. Il assista, en 411, à la conférence de Car— 
thage où il répondit à l'appel ' : Je suis présent ; chez 
moi, il y a Vunité, c'est-à-dire, tous les habitants d'A- 
rena sont catholiques. 

Il est fort probable que c'est l'Évêque maximianiste de 
Nara, que Marcelli donne sous le titre de Murra et que 
plusieurs manuscrits appellent Grescentien d'Aras. Con- 

1 Cog. I, 128. 



— 43 — 

verti ou revenu au catholicisme, il se trouva en 411 sans 
compétiteur sur le siège épiscopal de Nara en Byzacène* 
En ce cas TÉvêché d'Arena n'aurait pas existé. 



XL — ARSINNARI. 



Ptolémée attribue la colonie d'Arsenaria à la Mauréta- 
nie césarienne. L'Itinéraire d'Antonin la place entre Quiza 
et Gartennae. Pline dit qu'Arsennaria était située à trois 
milles de la mer. Il la nomme ville de latins, c'est-à-dire 
colonie latine, comme il y en avait aussi en Espagne. La 
vérité est qu'Arsinnari, comme d'autres villes africaines, 
se composait de deux centres, l'un maritime pour le port, 
et Tautre situé dans l'intérieur des terres, ainsi que Pline 
le marque. Du reste, on peut vérifier le fait aujourd'hui. 
Car Arsinnari se voit à Sidi Bou Ras, près du cap Ma- 
graoua. D'autres auteurs ont fait mention d'Arsennaria 
et ce nom parait dans une inscription des environs de 
Côme, publiée par Gruter * : 

C. CALPVRNIVS. L. F. QVE 

FABATVS 

VI. VIR. iril. VIR. I. D. PR. M. 

PRAEF. PRAET. TRIB. MIL. LEG. XXI. RAPAC 

PRAEF. COH. VII. LVSITAN. ET 

NATION. GETVLIC. ARSEN. 

QVAE. SVNT. IN. NVMIDIA 

FLAM. DIVI. AVG. 
EX. PATRIMONIO. T. F. I. 

. 6. 



— 44 — 
Il semblerait que la vraie forme du nom est Arsennarl. 

PHILON. La notice de 482 le porte le quatre-vingt-quin- 
zième parmi les Évèques de la Maurétanie césarienne et 
prouve qu'il se rendit à Carthage, avec ses autres col- 
lègues, en 484, lorsque le roi Hunéric leur prescrivit à 
tous de s'y réunir. 

Le nom de Philon se lit sur un monument de Césarée', 
et celui de Crescens Filofilus est le nom d'un Évêque en- 
seveli dans cette même ville -. 



XII. — AVZIA. 



La ville d'Auza, autrement Auzia, est très ancienne, 
puisqu'on dit qu'elle fut fondée par Ithobal, roi de Tyr^. 
Tacite mentionne le Castellum Auzea^. On y adorait le 
dieu Auzius ^. Plus tard, elle eut le titre de municipe et 
de colonia septimia aurelia auziensium ^ : 

MACELLVM CVM PORTICIBVS 

ET PONDERIBVS OMNU^VSQVE OR 

NAMENTIS RESP COL SEPTIMIAE. AVR. AVZI 

ENSIVM SVMTIBVS. TVM. SVIS. QVM 

EX SPORTVLIS. DECVRIONVM. OPE 

RISQVE POPVLARIVM, etc. 

1 Corpus. 9508. 

2 Eph. V. 1035. 

3 Cf. Menaud, apud Joseph. Aut. Jud. 8. 13. 2. 

4 Ann. 4. 25. 

5 Corpus. 9014. 
« Ibid. 9062. 



— 45 — 

Auzia formait une confédération avec Equizetum et Rus- 
guniae, comme ont fait les quatre villes cirtésiennesenNu- 
midie. 

Ptolémée fait mention de Auzive. L'Itinéraire met Àuza 
entre Tatilti et Rapidi. Selon la notice de l'Empire, il y 
avait un Prœpositus limitis Audiensis. Dans une ins- 
cription le nom de la ville apparaît sous la. forme Audi ^ 
Ammien Marcellin nomme le municipium Addense, qu'il 
semble distinguer du CastellumAudiense, autrement Duo- 
diense ou Vodiense -. 

Auzia est la moderne ville d'Aumale que les indigènes 
appellent Sour er Rozlan. Les restes des monuments ro- 
mains y sont très nombreux. Il est fort probable que la 
Galaxia, que la table de Pentinger place entre Equizeta et 
Castra, doit être lue colonia Auzia. 

DONAT. Il est dit évêque de Buza, pour Auza, comme 
nous le croyons, et il est cité parmi les Donatistes qui as- 
sistèrent en 411, à la conférence de Carthage, dans laquelle 
à rappel de son nom il dit^ : J'ai donné mandât et j'ai 
souscrit. 



XIII. — BACANARIA. 

La notice place Bacanaria dans la Maure tanie césa- 
rienne; nous n'en savons pas davantage à son égard. 

^ Ibid. 9045. 
- S^. 5. 

3 c::off. 1. 208. 



— 46 — 

PALLADE. Son nom est le quarantième dans la liste des 
•Ëvëques de la Maurétanie césarienne qui, en 484, sur 
l'ordre du roi Hiinèric, vinrent à Carthage avec leurs autres 
collègues et de là furent exilés à cause de leur profession 
de foi catholique. 



XIV. — BALIANA. 

La notice nous apprend que Baliana se trouvait dans la 
grande Maurétanie. C'est probablement le Ballene Pra^i- 
dium que l'Itinéraire d'Antonin place entre Castra Nova 
et Mina, et qui répond à la bourgade actuelle de l'Hillil, où 
il y avait certainement un établissement romain. 

CAECILIVS. n figure le quatre-vingt-onzième parmi les 
Évèques de la Maurétanie césarienne qui, s'étant rendus à 
Carthage, en 484, pour l'assemblée générale des Évèques, 
furent exilés loin de leurs églises. 



XV. — BAPARA. 

Parmi les villes de la Maurétanie césarienne Ptolémée 
nonmie Yabar, sur la côte, entre Rusazus et Saldœ. D'autre 
part, diverses inscriptions d'Auzia, de Gësarée, de Regias, 
etc., mentionnent la tribu puissante des Bavares ou Babar 



— 47 — 

ri S laquelle comprenait plusieurs fractions importantes. 
Nous en avons déjà parlé à l'article de Babra, ville épisco- 
pale de la Numidie. C'était une tribu de Maures, qui a dû 
avoir un centre, une sorte de chef-lieu, qui fut une ville 
èpiscopale. Rien, en effet, n'est plus commun que Temploi 
du B pour le P et du V pour le B. La notice de 482 place 
Bapara dans la même province. Mais nous ignorons son 
emplacement. Seule Tinscription de Césarée dit que les 
Bapari habitaient au-delà d'un lac- : 

rOVI. OPTIMO. MAXIMO. 

CETERISQVE. DIS. 

IMMORTALIBVS 

GRATVM. REFERENS. 

QVOD. ERASIS. FVNDITVS. 

BABARIS. TRANSTAGNEN 

SIBVS. SECVNDA. PRAEDA. 

FACTA. SALVVS. ET. INCOLVMIS 

CVM. OMNIB. MILITIBVS. 

DD. NN. DIOCLETIANI. ET. 

MAXIMIANI. AVGG. 

REGRESSVS 

AVREL. LITVA. V. P. P. P. M. C. 

VOTVM. LIBENS. POSVI. 

Nous ne connaissons qu'un seul Évoque de Bapara. 

VINCEMALOS. Cet Évèque figure le quatre-vingt-dix-hui- 
tième parmi les Évèques de la Maure tanie césarienne que le 
roi Hunéric convoqua avec les autres à Carthage en 484 
et qu'il condamna à l'exil. 

Son nom, d'un fréquent usage chez les chrétiens de 
Carthage, parait emprunté à une expression de l'Apôtre, 
vincere in bono malum ^. 

1 Corpus. 9047. Eph. v. 1062. 

2 Corpus. 9. 324. 

3 Rom. 12. 



— 48 — 



XVI. — BENEPOTA. 



Benepota n'est connue que par la notice de 482 qui at- 
tribue cet Évêché à la Maurétanie césarienne. 

HONORIVS. Il figure le quarante-quatrième sur la liste des 
Évêques de la grande Maurétanie qui, après leur convoca- 
tion à Carthage, en 484, pour une assemblée générale des 
Évêques, furent envoyés en exil par le roi Hunéric. 



XVII. — BIDA. 



Ptolémée cite Bida parmi les colonies de la Maurétaiiie 
césarienne, où la notice de 482 place aussi cet Évêché. Elle 
donnait même son nom à une des huit limites dont le 
gouverneur s'appelait P7*œpositus lùniûis Bldensis sous 
les ordres du comte d'Afrique. Il y avait sous les ordres 
du duc de la Maurétanie un autre Praepositus limitis Bi- 
densis, autrement Vidensis. Il se pourrait que Vida soit 
distincte de Bida. L'Itinéraire d'Antonin met le Municipe 
de Bidil, autrement Bida, entre Tupusuctu et Tigisi, ce 
que fait aussi l'anonyme de Ravenne qui écrit Bidda. 
Quant à la table de Pentinger, elle nomme Syda Munici- 
pium entre Ruzai et Tigisi. En outre, Ptolémée annonce, 
non loin de Bida, une autre ville nommée Badel, autrement 



— 49 — 

Badea. Julius Honorius mentionne le Bida oppidum après- 
Tupusuctu. 

Comme la notice de TEmpire nomme l'un après l'autre 
le Castellum desBidenses, autrement Videnses, et celui des 
Badenses, on peut admettre, ainsi que nous Tavons dit ci- 
dessus, que Bida est distincte de Bada et de Vida. C'est 
une question très embrouillée. 

Quant à la ville èpiscopale de Bida, on croit générale- 
ment qu'elle est représentée par les ruines de Djemâ Sah- 
ridj, village situé à l'entrée de la Kabylie. Les données 
fournies par les routiers concordent assez bien avec ce 
point, où se voient les restes d'une ville antique, qui a dû 
être une station militaire destinée à contenir les tribus bel- 
liqueuses de la Kabylie. On y remarque une belle piscine 
qui a donné son nom au village actuel, une fontaine qui 
coule dans un magnifique bassin antique, des mosaïques, 
des fragments de statues, des monuments de toutes sortes. 

Ajoutons qu'un fragment d'inscription des environs 
d'Arzeu mentionnerait, selon M. Cagnat, un prœpositus 
Ifiniitis) B(idensis) ' . 

CAMPAHVS. La notice le compte le quatre-vingt-cinquième 
j>armi les Évêques de la Maurétanie césarienne qui, ayant 
reçu du roi Hunéric, en 484, l'ordre do venir à Carthage,. 
Furent envoyés en exil avec leurs autres collègues. 

^ Corpus. 9755. 



— 50 — 



XVIII. — BITA. 



La notice nous apprend que Bita était distincte de Bi- 
da, mais que toutes deux appartenaient à la Maurétanie 
césarienne. Bita est-elle cette ville de Vida dont nous 
avons parlé à Tarticle précédent ? Nous ne savons le dire. 

PANN0NIV8. On trouve son nom le quatre-vingt-troisième 
dans la liste des Évèques de la Maurétanie césarienne que, 
en 484, le roi Hunéric appela à Carthage en assemblée 
générale et qu'il bannit ensuite avec tous leurs autres 
collègues. 



XIX. — CALTADRIA. 



La notice place Caltadria dans la Maurétanie césarienne 
et on ne trouve nulle part ailleurs une trace quelconque 
de cette ville. 

VICTOR. La notice le cite le soixante-septième parmi les 
Évèques de la Maurétanie césarienne que le roi Huné- 
ric après les avoir convoqués en assemblée générale à Car- 
thage, en 484, condamna tous à l'exil avec les autres con-. 
fesseurs. La note probatics jointe à son nom indique que 
Victor mourut pour sa foi en exil. 



— 51 — 



XX. — GAPRA. 



La ville ou le bourg de Capra est attribué par la notice 
à la Maurétanie césarienne. Ammien Marcellin nous ap- 
prend ^ que le comte Théodose eut à lutter contre les tri- 
bus Kabyles des Caprarienses et des Abanni, qui habi- 
taient les montapines appelées Montes Caprarii. 

La table de Pentinger place une station dite Capraria 
entre Thagura et Thibilis de Numidie. Victor de Vite, de 
son côté, dit qu'il y avait, au-delà de Bicca et de Lares, 
une localité appelée Capra picta dans les états d'un roi 
Maure nommé Gapsour. Toutefois cette localité doit très 
probablement être cherchée au sud de TAurès. 

Au temps de Genséric quelques confesseurs relégués en 
ces lieux déserts, commencer ent y dit Victor-, par leurs 
prédications et par les relations qu'ils eurent avec 
les barbares y à les porter à la connaissance du Sei- 
gneur notre Dieu, et de la sorte ils gagnèrent à Notre- 
Seigneur Jésus-Christ une grande multitude de païens. 
Il parle aussi d'une députation qu'ils envoyèrent à l'É- 
vêque d'une cité romaine pour demander qu'on leur en- 
voyât un prêtre et des administrateurs, et il ajoute qu'ayant 
obtenu ce qu'ils demandaient, ils constituèrent en ce lieu 
une église. 

Pour Capra de Maurétanie il est bien plus probable 
qu'elle se trouvait dans la région qu'occupait l'usurpateur 



1 29. 37. 

2 1. 2. Pers. Vaud. 



— 52 — 

Firmus. Une épitaphe de Tupusuctu porte le nom de 
M. Ulpius Cahhîre{n)sis '. 

PRIMVS. La notice le nomme le cinquante- troisième par- 
mi les Évêques de la Maurétanie césarienne que le roi Hu- 
néric convoqua en assemblée générale, en 484, pour les 
condamner à l'exil avec leurs collègues des autres pro- 
vinces. 



XXI. — CAPVT CELLA. 



Dans l'Itinéraire d'Antonin, on lit le nom de Caput Cil- 
lanum, autrement Caput Cilanam, comme appartenant à 
la Maurétanie césarienne, où la notice place également Ca- 
put Cilla. La notice de TEmpire d'Occident mentionne le 
prœposîtus limitîs Caput Cellensis, C'est la forme que 
nous adopterons pour notre Évêché. 

L'Itinéraire, mettant Caput Cillanum sur la voie d'Au- 
zia à Césarée, entre Tirinadi et Sufasar, il faut la cher- 
cher probablement aux environs du village de Berroua- 
ghuïa. On y trouve, au reste, des ruines importantes. 

La notice de l'Empire, de son côté, nomme Caput Gella 
entre Auzia et Augusta qui peut être la même ville que 
Zucchabar, aujourd'hui Affreville, près Miliana. 

Ammien Marcellin décrivant la marche du comte Théo- 
dose, dit - qu'il vint de Césarée au Municipe de Zucchabar, 



1 Ann. de Const. 1888. p. 430. 

2 29. 5. 



— 53 — 

qui est sur le flanc du mont de Transcella. Évidemment 
Gella ou Cilla se trouvait dans cette région, mais nous 
ignorons si Caput Cella devait son nom à une montagne 
ou à une rivière ou à une autre particularité. Il y avait 
jadis à Rome un établissement appelé Caput Africae dans 
la rue qui porte encore le nom de Capo d'Africa. Un pro- 
montoire et une ville de la Byzacène s'appelaient Caput 
Vada. Le lieu où la rivière de Cirta prenait sa source se 
nommait Caput Ampsagae. Il y avait, d'après la table de 
Pentinger, un Caput Budelli, près de Cuiculum, en Nu- 
midie. Les ruines dites Heuchir Souik, dans la province 
d'Oran, près de ïagremaret, portaient autrefois, selon une 
borne milliaire ^ le nom de Kaput Vrbis. Dans la même 
région, aux Djedar, plusieurs monuments portent, gravé 
en gros caractères, le nom de Cilla. Enfin, plusieurs 
groupes de ruines de la région d' Auzia et de Médéa s'ap- 
pellent Chella ou Chellala et les ruines sur lesquelles s'é- 
lève le village de Damiette étaient connues sous le nom 
de Aïn Chellala. Ce point, du reste, peut représenter le Ca- 
put Cilla de l'Itinéraire. 

F0RTI8. Cet Évêque est le trente-huitième parmi ceux de 
la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric envoya en 
exil, en 484, avec les autres Évêques d'Afrique, après les 
avoir convoqués à Carthage. 

1 Eph. VII. 672. 



— 54 — 



XXII. — GARTENNAE. 



Gartennse, ou Cartennas, était une ville célèbre de la 
Maurétanie césarienne, que Pline appelle une colonie d'Au- 
guste, parce que la seconde légion y avait été transportée. 
Ce titre se lit, en effet, dans l'inscription suivante ^ : 

C FVLCIMO M F QVIR 

OPTATO FLAM AVG II VIR 

QQ PONTIF II VIR AVGVR 

AED QV ae STORI QVI 

INRVP ti ONE BAQVA 

TIVM COLONIAM TVI 

TVS EST tesTIMONIO 

DECRETI ORDINIS ET 

POPVLI CARTENNITANI 

ET INCOLAE PRIMO IPSl 

NECANTE VLLl 

AERE CONLATO 

Il y avait donc, à Cartennas, deux populations, comme 
il y avait deux centres. Aujourd'hui encore on distingue 
Tenès maritime et le vieux Tenès. Tenès ou Tenues est le 
nom que Cartennas a conservé. Cette particularité des deux 
groupements de populations urbaines, sans compter la po- 
pulation de banlieue, suffit à nous expliquer l'existence, 
en certaines villes africaines, de deux Évêques portant en 
même temps le même titre, à l'époque du schisme. L'Iti- 
néraire d'Antonin place Cartennas entre Arsinnari et Lar 
Castellum et il lui donne aussi le titre de colonie. Les 
autres anciens géographes nomment également cette ville, 

1 Corpus. 9663. 



— 55 — 

Nous savons, par les actes de son martyre, que le corps du 
porte-enseigne Fabius lut porté à Cartonnas ; mais nous 
ne croyons pas qu'on puisse attribuer à cette ville les mar- 
tyrs de Garteria, honorés à Carthage le quatre des nones 
de février, et pour lesquels saint Augustin a fait un dis- 
cours au jour de leur naissance K Du reste, Cartennas eut 
à vénérer d'autres saints, ainsi que le montre Tinscription 
suivante- : 

TA MARTVRAS CHRisti 

RATA ET SIMPLICIA in pa 
CE CONVENIentes 

Les martyrs qui s'assemblaient ainsi comme ceux de 
Abitina appartiennent sans doute k la persécution de Dio- 
clétien. 

Nous avons parlé, à l'article de Thaenas, ville épisco- 
pale de la Byzacène, de l'Évêque Peregrinus, que divers 
manuscrits attribueraient à Cartennas, en faisant de Maxime 
un médecin de cette dernière ville. Nous n'y reviendrons 
pas ici, mais nous donnerons Tépitaphe d'un médecin 
chrétien de Cartennas^. 

RONE MEMO 

RIAE. ROZOM 

M^X)ICI. VIXIT 

ANNIS. LXX. DIES 

XX. PRECESSIT 

NOS IN PAGE 

XVI KAL MAIAS 

PR CCCC XVIIl 

GAIA. VIRO Dul 

CISSIMO FECIT 

* Xndic. c. 9. 
« Corpus. Ô692. 
^ Corpus. 9693. 



— 56 — 

Le texte est en mosaïque et parait au-dessus de deux 
poissons. 

R06AT. C'est cet Évêque que saint Augustin, pour le dis- 
tinguer des autres du même nom, appelle parfois Rogat 
le Maure. Il était donatiste, et auteur d'une nouvelle secte 
qui prit de lui le nom de Rogatistes. 11 vivait déjà lorsque 
saint Augustin était encore jeune, c'est-à-dire, avant Tan- 
née 390, époque où celui-ci était dans sa trente-sixième 
année'. Il eut beaucoup à souffrir de la part des Dona- 
tistes, tout comme les Maximianistes de la part des Pri- 
mianistes, non pour le motif sacré de la foi, mais 
pour une animositè sacrilège y dit saint Augustin '-. 

VINCENT. Nous apprenons, par une lettre que lui écrivit 
saint Augustin, vers Tan 408, que cet Évèque succéda à 
Rogat "^ : J'aime aujourd'hui davantage le repos, lui 
dit-il, que lorsque votes m'avez connu jeune encore à 
CarthagCy durant la vie de Rogat auquel votes avez 
succédé. Quoiqu'il fut donatiste, saint Augustin avait ce- 
pendant quelque espoir de le voir rentrer dans Téglise ca- 
tholique ^, ce qu'il concluait de la lettre qu'il avait reçue 
de lui. Au reste, il n'assista pas à la conférence de Gar- 
thage. 

RVSTIQVE. Il était catholique et il siégea avec ses autres 
collègues en 418, dans la réunion de Césarée, lorsque saint 
Augustin provoqua le donatiste Émérite à une conférence 
dans la plus grande basilique de la ville. C'est ce qu'il rap- 

i Ep. 93.1. 

-' Cont. Ep. Parm. 1. 10. 16 et 13. 51. 

3 Ep. 93. 

* Cont. Ep. Farm. Ibid. 



— 57 — 

porte lui-même dans le livre qu'il a intitulé : de gestis 
-cum Emerito. 

VICTOR. Gennade le fait ' contemporain du roi Genséric 
«t ajoute qu'il lui présenta le livre composé par lui contre 
les Ariens. Il le dit aussi auteur d'autres ouvrages, à sa- 
voir : le livre de la Pénitence du Publicain ; le livre de 
la consolation à Basile sur la mort de son fils ; et en- 
fin d'un grand nombre d'homélies qui, réunies en vo- 
lume, sont, ajoute-t-il, conservées, à ma connais- 
sance, par les Frères qui s'occupent de leur propre 
salut, Victor florissait, je crois, après l'année 450, époque 
où Genséric se montrait plus doux envers les catholiques 
-et avait permis l'élection d'un Évèque de Garthage. On 
peut croire que le livre de Victor contre les Ariens par- 
Tint alors plus facilement dans les mains du roi. 

LVCIDVS. Il est le cinquantième parmi les Évêques de la 
Maurétanie césarienne énumérés dans la notice de 482 et 
-qui, appelés à Garthage avec les autres Évêques, en 484; 
par ordre du roi Hunéric, pour rendre raison de leur foi, 
furent ensuite envoyés en exil. 



XXIII . — CASTELLVM. 



La notice place Gastellum dans la Maurétanie césa- 
rienne et nous saurons que six autres villes épiscopales de 
la même province portaient aussi le nom de Gastellum 



i De vir. iU. 77. 



— 58 — 

avec un qualificatif qui les distinguait. Les anciens géo- 
graphes en signalent encore d'autres et enfin les monu- 
ments épigraphiques en ont fait connaître que les auteurs 
ecclésiastiques et profanes n'ont point nommés. Ainsi, il 
y avait un Kastellum, administré par des magistri, au 
temps de Septime Sévère, près de Zurich, entre Tipasa et 
Césarée^ Il y avait, de plus, un Castellum Tulei, près 
Dîar Mami et Tala Isli, entre Alger et Tizî-Ouzzou -. L'a- 
nonj'me de Ravenne place Castellum entre Tigisi et Aquae 
Calidœ, c'est-à-dire dans la Mitidja actuelle, et il le fixe 
entre Reperitana et Elephantaria. 

Notre Castellum, bien qu'il paraisse sans qualificatif, a 
pu être l'un de ces nombreux bourgs, car, plus d'une fois, 
les Évêques souscrivaient sans mentionner le titre entier 
de leur cité. 

Nombre de localités algériennes portent aujourd'hui le 
nom de Kala ou Koléa qui répond à celui de Castellum. 

SEVERIN. Il était de la secte des Donatistes et il assista, 
dans leurs rangs, à la conférence de Carthage, en 411. 
Il y répondit à l'appeK^ r Xat donné mandat et fai 
souscrit. 

Il avait, d'ailleurs, déjà fait connaître qu'il était de la 
Maurétanie, car Auxilius de Dracones déclarant qu'il aval 
l'unité chez lui et que cela était connu de tous ceux de h 
Maurétanie césarienne et en particulier de Séverin qui étal 
présent, ce dernier avait rendu témoignage qu'il n'y avai 
jamais eu de donatistes parmi les habitants de Dracones^ 



* Corpus. 9317. 

« Ibicl. 9005 et 9006. 
3 Cog. 1. 180. 

* Cog. 1. 135. 



— 59 — 

De là, nous voyons que Gastellum ne devait pas être éloi- 
gnée de Dracones et nous savons que celle-ci se trouvait 
entre Albulas et Regias. 

VOCONTIVS. Gennade parle, en ces termes, de cet évêque *: 
Vocontiics, évéque de Castellum, ville de Maurétanie, 
a écrit contre les ennemis, de l'Église, les Juifs, les 
Ariens et les autres hérétiques. Il a composé aussi un 
traité remarquable des sacrements. Cave a noté- que 
cet auteur florissait vers Tan 460, ce qui est tout à fait 
vraisemblable. Car, outre que Gennade termine son livre 
vers Tan 494, Vocontius paraît avoir pris occasion de ré- 
futer les Ariens de ce que Genséric avait introduit en 
Afrique le fléau de Tarianisme. 

PIERRE. Il est le soixante-quinzième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric 
convoqua en 484, en assemblée générale et qu'il condamna 
ensuite tous à Texil avec leurs autres collègues d'Afrique. 
Nous apprenons aussi, par la note probatics, ajoutée au 
nom de Pierre, qu'il mourût en exil pour la foi catholique. 



XXIV. — CASTELLVM lABAR. 



On sait, par la notice, que Castellum Jabar se trouvait 
dans la Maurétanie césarienne. Nous avons parlé à l'ar- 
ticle Bapara de la ville de Vabar que Ptolémée nomme 

* De vir. ill. 78. 

~ iDe script, eccl. ad an. 460. 



— 60 — 

entre Saldas et Rusazus. Vabar devait se trouver au port 
des Béni Ksila, sur Toued Mzala. 

MATTA8IV8. Il est le soixante-cinquième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric 
appela à Garthage en 484 et qu'il exila ensuite avec les 
autres Évèques qu'il y avait aussi convoqués. 



XXV. — GASTELLVM MEDIAN A. 



La notice place Castellum Mediana dans la Maurétanie 
césarienne. AmmienMarcellin cite * un Munimentum Me- 
dianum dans la région du Castellum Audiense et bien 
certainement dans la région d'Aumale et de la Medjana. 

VALEHTIH. Nous lisons son nom le quatre-vingt-sixième 
parmi les Évèques de la Maurétanie césarienne qui, con- 
formément à Tédit du roi Hunéric, se rendirent à Gar- 
thage, en 484, pour une assemblée générale, puis subirent 
tous la peine de l'exil. 

» 29. 5. 



— 61 



XXVI. — CASTELLVM MINVS. 



La notice nous apprend qu'il y avait, entre autres, dans 
ia Maurétanîe césarienne, un Gastellum Minus, dont le 
aom correspond au ternie Coléa qui désigne encore ac« 
buellement une petite cité peu éloignée d'Alger. 

HICETIV8. Il est le trente et unième parmi les Évêques de 
a Maurétanie césarienne qui se rendirent à Carthage pour 
/assemblée générale convoquée par le roi Hunéric et 
•'urent ensuite envoyés en exil avec tous leurs collègues 
l'Afrique. La notice de 482 a conservé leurs noms. 



XXVII. — CASTELLVM RIPAE. 



La notice de 482 nous fait aussi connaître ce nom. Il 
ndique que ce Castellum était bâti près d'une limite dé- 
terminée par une rivière, ou de toute autre manière. Nous 
connaissons, en effet, plus d'un cornes ripœ par les ins- 
criptions antiques ; il y avait une province qu'on appelait 
Norico-Ripensîs, Toute la région maritime du Maroc qiii 
sonfine à la Méditerranée porte encore le nom de Rif. 

Ptôlémée, du reste, annonce la ville de Ripa dans la 
Maurétanie césarienne et il la nomme entre Arena et Vic- 
toria. L'anonyme de Ravenne cite la ville de Ripas Nigras 
qu'il place entre Dracones et Altava et d'autre part il si- 



— 62 — 

gnale la rivière Nigrensis entre Tlsaris et le Ligar puis la 
Malva, ce qui correspond à la région de Dra cônes et d'Al- 
tava. 

CEREALI8. Il est le cent dix-neuvième des Évêques de la 
Maurétanie césarienne, cités par la notice avec tous les 
autres qui furent appelés à Garthage en 484 par le roi Hu- 
néric, puis furent condamnés à Texil à cause de leur pro- 
fession de foi catholique. Holstein a pensé que Géréalis est 
celui qui, selon Gennade, ou mieux, selon le continuateur 
qui a ajouté sept chapitres à l'ouvrage de Gennade *, a écrit 
contre Maximien, Évèque des Ariens. Son livre a triom- 
phé des siècles et a été publié dans la bibliothèque des 
Pères-, n y est dit Africain d'origine et Évèque de Castel- 
lum, d'autres lisent de Castula. 



XXVIII. — CASTELLVM TATROPORTVS. 



La notice indique que le Castellum Tatroportus appar- 
tient à la Maurétanie césarienne. Mais ce nom paraît in- 
connu des anciens, à moins qu'on ne veuille le voir dans 
Tune des localités dont il est fait mention dans l'Itinéraire 
d'Antonîn. Celui-ci place, en effet, dans la Maurétanie, 
Portus Caecilii, Portus Sigensis, Portus Divinus et Portas 
Magnus. 

Il est fort probable que Tatroportus n*est qu'une mau- 

1 De vîr. ill. 96. 
» Tom. VIII. p. 671. 



— 63 — 

vaise leçon pour Magno portus, d'autant plus que les lettres 
altérées peuvent être facilement lues de plusieurs manières 
dans les manuscrits. Or, il n'existe de la notice qu'un seul 
manuscrit, celui de Laon. Il est plus difficile d'expliquer 
l'interversion des termes Tatro portus pour Portus Mag- 
nus. On disait cependant aquae novae et novae aquae in- 
diflféremjnent. 

Les ruines de Portus Magnus se voient, chez les Bot- 
tioua, au Viel Arzew, à l'est de Saint-Leu. Elles sont 
étendues et quoique informes elles ont fourni des monu- 
ments intéressants. Elle était reliée à Quiza par une voie 
dont on a retrouvé les bornes milliaires ^ : 

IMP. CAES. M. 

IVLIO. PHILIPPO. 

INVICTO. PIO. FE 

LICI AVG. PONTl 

F. MAX. TRIB. PO 

TEST. P. P. A POR 

TV MAC. M. P. 

III 

La borne qui marquait le second mille porte en toutes 
lettres a portu magno -, Deux autres voies conduisaient 
à Tasaccora et à Albulas et une quatrième suivait la côte 
occidentale. Tous les anciens auteurs ont mentionné Por- 
tus Magnus et Pline dit que c'était une ville de citoyens 
romains. Elle avait ses duumvirs, ses édiles et ses fla- 
miues 3, des thermes et d'autres monuments importants, 
^^usieurs épitaphes chrétiennes y ont été découvertes. 
X^tolémée nomme, après Portus Magnus, entre Quiza et 

' ^Eph. V. 1158. 

* ^Eph. V. 1157. 1159. 

' dîorpus. 9773. 



— 64 — 

Arsinnari, une autre ville nommée Theon limen ou Deo- 
rum Porttis, que Ton croit avoir retrouvée à Aïn Tetin- 
gel. Il y avait là une ville intérieure avec un établissement 
maritime, un port assez vaste, à l'embouchure de l'oued 
Tetingel et une forteresse qui commandait le port. 

REPARAT. La notice le cite le quatre-vingt-quatorzième 
parmi les Évèques de la Maurétanie césarienne qui, en 484, 
se réunirent à Garthage avec leurs collègues des autres 
provinces pour rendre compte au roi Hunéric de leur foi 
et que celui-ci condamna tous à Texil après avoir donné 
leurs églises aux Ariens. 



XXIX. — CASTELLVM TINGIS. 



L'Itinéraire d'Antonin place le Gastellum Tingi entre le? 
muiiicipe de Tigavas et la ville de Vagal. Costaux ruiner 
d'El Asnam, la moderne Orléansville, qu'il a été retrouva 
et nous savons aujourd'hui que cette ville, inconnue dei 
auteurs ecclésiastiques, a eu des Évèques. Ammien Mar- 
cellin dit' que le comte Théodose passa à Tingi Gastel- 
lum au cours de son expédition contre Firmus. L'ano- 
nyme de Ravenne le nomme la cité de Tingis. Il y avait 
là, en effet, une cité importante qui a fourni beaucoup de 
monuments chrétiens. Les restes de sa basilique sont par- 
ticulièrement remarquables. Elle était à trois nefs, avait 



— 65 — 

L pavement en mosaïque et contenait le tombeau du 
it évêque Réparât. L'édifice à peu près rectangulaire 
3ure vingt-six mètres de longueur et près de seize 
très de largeur. La nef principale, parfaitement orientée, 
iermine en abside ; le chœur est exhaussé au-dessus du 
eau du sol de la basilique. Au centre de Thémicycle se 
ent les restes d'un caveau en maçonnerie, dans lequel il 
vait deux sarcophages vides. Il y avait, à Toccident, 
5 contre-abside contenant le tombeau de TévèqueRépa- 
. La même disposition a été observée dans la basilique du 
it évêque Alexandre à TipasadeMaurétanie. La contre- 
ide était fermée par un chancel appuyé sur deux cô- 
nes. La basilique avait une toiture en charpente ; deux 
tes latérales donnaient entrée dans Tédifice. Les mo- 
jues du pavement sont fort belles. Elles existaient éga- 
ient sous le sol de la contre-abside où devait se trouver 
mitivement un baptistère. C'est dans la partie occiden- 
î de la grande nef que se voit la mosaïque la plus inté- 
sante. Elle offre une inscription avec la date de la fon- 
ion de la basilique ' . 

PRO 

CCLXXX. ET. V. XII. KAL 

DEC. EIVS. BASILICAE 

.FVNDAMENTA POSITA 

SVNT. ET FAstigiuM A 

PROV. CCLXXX IN 

MENTE. HABEAS warinuM 

SERVVM DEI et IN 

DEO VIVAS 

L'an 285 de l'ère Maurétanienne correspond à l'an 324 
l'ère chrétienne et c'est la basilique la plus ancienne- 

' Corpus. 9708. 



5 



— 66 — 

ment datée qui existe. Son fondateur doit être Marinus 
dont le nom et le titre se lisent dans une autre inscription 
en mosaïque. Il y est appelé Marirvus Sacerdos\ qu'on 
pourrait traduire par Tévèque Marin. Deux autres mo- 
saïques offrent ces mots : Sancta ecclesia - : semper 

On vénérait dans la même basilique des reliques des 
saints apôtres Pierre et Paul. Memoria apostolorum 
Pétri et Pauli, dit un fragment de texte ^, et les fidèles 
de Tingis aimaient à avoir la sépulture auprès de ces 
reliques, apud sanctos apostolos Petrum et Paulum'\ 
Il y avait également des reliques d'un saint martyr dont 
le texte incomplet ne peut plus donner le nom, memoria 
sancti martyris '\ Les saintes martyres Getula et Se- 
cundilla sont également mentionnées ^. Plusieurs frag- 
ments portent les formules martyrium dixit, marti/^ 
rium passus est ou passa est. 

Sur la face d'une table de pierre trouvée à Tingis on ^ 
lu ces mots ^ : 

A RAM DEO 
SANCTO AETERNO 

C'est aussi dans cette ville qu'a été découvert le célèbr — 
lustre à dix lampes de la collection Basilewski qu'a publ^S 
M. Rohault de Fleury. 



> Corpus. 9708. 

2 Ibid. 

3 Ibifl. 

* Corpus. 9714. 

* Ibid. 9715 et 9716. 
« Ibid. 9717. ^ 

' Ibid. 

8 Ibid. 9704. 



— 67 — 

Un grand hypogée des environs de Tingis a fourni plu- 
eurs épitaphes chrétiennes intéressantes ^ 

FRECKSSIT NOS IN PACK 
BONE MEMORIAE FAVSTINA 
DIE IIII NONAS DECEMBRES 2 déc.464. 

PROV. AN. CCCCXX ET QVINTA 

Une autre épitaphe du même hypogée dit que le défunt 
ourut die IIII nouas novembres et sepultus est die 
onas novembres anno provinciae CCCCXX et nona ^. 

REPARAT. Cet Évoque n'a été connu que par son épitaphe 
i nous lisons qu'il fut élevé sur le siège de Gastellum 
ngis en 465 et mourut en 475. Les termes de l'épitaphe 
icée en mosaïque sur le tombeau et la place que celui-ci 
cupait dans la basilique, permettent de supposer que 
îparat fut honoré comme un saint confesseur. Voici 
ailleurs ce monument épigraphique-' : 

HIC REQVIES 

CIT SANCTAE MEMO 

RIAE PATER NOSTER 

REPARATVS E. P. S. QVI FE 

CIT IN SACERDOTIVM AN 

NOS VIIII MENXI ET PRE 

CESSIT NOS IN PACE 

DIE VNDECIMV. KAL 

AVG PROVNC CCCCXXX 

ET SEXTA 

L'expression fecit in sacerdotium permet aussi de 
ipposer que le prêtre Marin, Marini^ Sacerdos^ le fon- 

1 Corpus. 9713. 

2 Ibid. 

< Ibid. 9709. 



— 68 — 

dateur de la basilique, fut lui-même un Évêque deTingis. 
Nous ferons encore une remarque, c'est que beaucoup 
de villes africaines, aussi importantes que le Castellum 
Tingis et inconnues sur nos listes épiscopales, ont dû 
avoir à leur tête des Évêques. 



XXX. — CASTRA NOVA. 

Lltinèraire d'Antonin, aussi bien que la notice de 482, 
indique les Castra Nova dans la Maurétanie césarienne. II 
les place à dix-huit milles de Tasaccora et à vingt milles 
de Ballene Praesidium. De son côté, l'anonyme de Ravenne 
cite les Castra Nova entre Cadaum Castra et Tasaccora. 
Les positions de Ballene, de Tasaccora et de Cadaum étant 
connues, comme nous l'avons dit et le dirons plus bas, il 
en résulte que les Castra Nova se trouvaient près de Per- 
régaux, à deux kilomètres à l'est de cette ville. Le mur 
d'enceinte du poste militaire romain y est encore recon- 
naissable. Dans le cimetière voisin, on a retrouvé des 
inscriptions chrétiennes ^ : 

D M s 

IVLIVS IIDIR 

VIXIT ANNI 
S PLVS MINV 

S ET RECES 

SIT IN PAGE 
SV DIE XIII KAL 

MAIIAS CV 

I FRATRES O 

BITVM FECE 

RVNT 

« Bull, des ant. Afric. 1882, p. 139. 



— 69 — 
Li'épitaphe suivante n'est pas moins curieuse ^ . 

D M s 

IVLIA 

CRESCENSA 

VIXSIT ANNIS PLV 

S MINVS I.XV ET RE 

CESSIT IN PAGE 

DIE OCTABV KALEN 

DAS FEBRVARIA 

S CVI FILIOS 

ET NEPOTES 

OBITVM FECE 

RVNT IN PA 

CEM f 

Une borne milliaire, trouvée à huit kilomètres de Per- 
gaiix, au nord du barrage de Toued Fergoug, porte cette 
dication- : 

A k V 
C'est-à-dire : à cinq milles de Kastris Novis. 

VITAL. Il est le soixante-quatorzième parmi les Évêques 
e la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric convoqua 

Carthage, en 484, et qu'il exila tous avec les autres 
î vaques. 



XXXI. — CASTRA DE SEVERE. 

XI est certain, d'après la notice de 482, que le Castra 
^eriana était aussi situé dans la Maurétanie césarienne. 

^ull. des ant. Afric. 1882, p. 139. 
4^ull. d'Oran. T. XII. p. 402. 



— 70 — 

Malgré la grande distance qui le séparait de Leptis Magna, 
patrie de Tempereur Sévère, c'est de lui, sans doute, que 
la ville prit son nom. Car, avant de devenir Empereur, il 
avait été légat en Afrique ', et lorsqu'il disputait l'Empire 
à Niger, il y avait envoyé des légions pour retenir ces 
provinces dans le devoir ~. 

Du reste, une inscription, trouvée à Altava, montre que 
le Castra de Sévère n'était pas éloigné de cette dernière "^ : 

VïiO. S\L. KT. IN COL. KKO. MASYNAE. GENT. 

MAVR. i:t. homanor. cast.rvm. edific. a. mas 

GIVINI. PRKF. DE SAFAR. IIDUl. PROC. CAST 

RA. SKVERIAN. QVEM MASVNA ALTAVA POSVIT 

ET. MAXIM. PROC. ALT. PERFEC. PI*. CCCCLXVIÏII 

Idir, procurateur de Castra Severiana, fut transféré, 
en 509, à Altava par le roi indigène Masuna. Il était lui- 
même d'origine berbère, son nom l'indique assez et de nos 
jours il est encore en usage parmi les Kabyles. 

En outre, nous croyons que Castra Severiana est repré- 
sentée par les ruines de Sidi Ali ben Joub, situées sur la 
rive droite de la Mekerra, l'ancienne Tasaccora. On y voit 
un camp romain formant un rectangle de cent soixante- 
dix mètres sur dix-huit. VAla I Augusta Parthorum 
avait là ses campements. Plusieurs dédicaces trouvées près 
de là, à la source thermale de Sidi Ali, sont adressées à 
Sévère^ : 

LMP. CAESAR 
L. SEPTIMIO 

' Spart, in Sev. 2. 

2 Ibi'l. 8. 

2 Corpus. 98.35. 

^ Corpus. 9827. Cf. 9826 et 9829. 



— 71 — 

SEVKRO. PIO 

PKRTÏNACI 

AVG. ARAH. ADIA 

PARTH. MAXIM 

TRIB. POTKST 

VIIII. IMP. Xï. COS 

III. P.P. P roc 

EQ. ALAK.I. AVG 

PARTH 
ANTONINIAn AK 

Nous ne connaissons qu'un Évoque de Castra Severiana. 

FAVSTE. On le nomme le soixante-treizième parmi les 
Évèques de la Maurétanie césarienne que la notice de 482 
mentionne avec leurs autres collègues, et qui tous avaient 
reçu du roi Hunéric Tordre de se réunir à Carthage en 484. 
Ils furent ensuite condamnés à Texil. 



XXXII. — CATABVM. 



La notice indique Gatabum dans la Maurétanie césa- 
rienne. G*est le Gadaum Gastra que Tltinéraire d'Antonin 
place entre Mina et Vagal, à trente-sept kilomètres de 
Mina et à vingt-sept kilomètres de Vagal. Gadaum semble 
par conséquent répondre aux ruines de Djidioua, autre- 
ment Sainte-Aimée, où Ton exploite le bitume. Mais quelle 
est la vraie leçon, celle de l'Itinéraire ou de la notice? 
Nous l'ignorons. 

PAIERA II est le quatre-vingt-dix-septième parmi les 



— 72 — 

Evêques de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric 
exila, en 484, après les avoir convoqués avec les autres 
Évèques d'Afrique. 



XXXIII. — CATRA. 



Gatra est placée par la notice de 482 dans la Maurétanie 
césarienne. Son nom parait être une altération de Gastrum 
ou Gastra. Les villes portant ce nom étaient nombreuses 
dans la Maurétanie. On y voyait les Rapida Gastra, Tana- 
ramusa Gastra, Tigava Gastra, Gadaum Gastra, Gastra 
Puerorum. Gette dernière ville se trouvait sur le littoral 
entre Gilva et Portus Divinus. Gomme nous venons de le 
voir encore, à Tarticle de Gadaum ou Gatabum, les Évèques 
en souscrivant, simplifiaient leur titre et pouvaient se dire 
indifféremment Episcopus Catabitanics et Episcoptcs 
Castrensis. 

Du reste, il y eut encore sans doute plus d'une autre 
localité portant le nom de Gastrum ou Gastra. Citons-en 
une que les monuments épigraphiques nous font connaître 
avoir existé à Kherba près Ammi Moussa ^ : 

IN HIS PHAEDIIS M. AVRELI 

VSSTKFANVS V.P. CASTRVM SE 

NECTVTI VSQVE COMMODVM LABORIBVS 

SVIS FILIIS NEPOTIBVSQVE SVIS 

ABITVRIS PERFECIT COEPTA NONAS 

etc. 

» Corpus. 9725. 



— 73 — 

CANDIDIEN. Il est le cent sixième parmi les Ëvêques de 
la Maurétanie césarienne qui, en 484,. s'étant rendus à 
Garthage pour l'assemblée des Évèques catholiques, furent 
envoyés avec ceux-ci en exil par ordre du roi Hunéric. 
Quant à Candidien, la note prohatus, ajoutée à son nom, 
montre qu'il fut du nombre des bienheureux confesseurs 
qui moururent en exil pour la foi. 



XXXIV. — CATVLA. 



La notice attribue cet évêché à la Maurétanie césa- 
rienne. Mais on n'en trouve pas le nom dans les anciens 
auteurs. 

L'Itinéraire d'Antonin cite, il est vrai, une Cartili, entre 
Gartennas et Gaesarea ; mais, à moins qu'il y ait une 
erreur de copiste, Cartili et Gatula sont deux noms diffé- 
rents. Cependant pareille erreur est vraisemblable. 

Au reste, Gatula peut venir de Gatulus et nous savons 
que, sous Marc Aurèle, il y eut contre les Maures une expé- 
dition conduite par Q. Nonulus Gatulus, centurion de la 
troisième légion. G'est ce que nous apprend une inscrip- 
tion trouvée dans la région d'Aflou ^ D'autre part, 
Memmia, nièce de Gatulus et femme d'Alexandre Sévère, 
fut reléguée en Afrique ^ 



ï Eph. V. 1043 

2 Cf. Bull, des ant. afric. 1882, p. 48. 



— 74 — 

ARATOR. Il est le quarante-huitième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui, en 484, se réu- 
nirent à (^larthage et furent, à cause de leur profession de 
foi catholique, compris dans la condamnation générale 
des Kvêques qu'exila le roi Hunéric. 



XXXV. — CISSI. 



La ville de Gissi, autrement Gessi, est le municipe de 
Gissi que Tltinéraire d'Antonin met sur le littoral à douze 
milles de Rusucunu et à vingt-deux milles de Rusubbi- 
cari. 

Ptolémée est plus précis, car il place Gissi entre Tem- 
bouchure du Serbète et Addume. G'est le municipe de 
Gissi de Tanonyme de Ravenne. Ge serait aussi la ville des 
Béni Abdallah dont Marmol dit qu'elle s'appelait jadi^ 
Sisli et la ville des Béni Djeunad dont parle Edrisi. Gissi 
serait représentée aujourd'hui par les ruines qui avoisinent- 
le Mers el Djennad. Ge port est situé entre lisser qui doit 
être le Serbète de Ptolémée et le Sebaou qui avoisine Ru- 
sucurru. 11 y a là une petite anse, à l'abri des vents d'Est, 
qui servait de port à une ville dont les ruines sont éparses 
sur une vingtaine d'hectares. Sur le plateau de Settara se 
remarquent les restes d'une forteresse et d'une sorte de 
basilique. 

QVODVVLTDEVS. Get Évêque était de la secte des Dona- 
tistes. Il partit, en 411, pour la conférence de Garthage. 



— 75 — 

Mais lorsqu'on lut sa souscription, on ajouta qu'il était 
mort ' . Alors s'éleva une violente discussion entre les Catho- 
liques et les Donatistes, ces derniers disant qu'il était mort 
en chemin et les autres voulant savoir comment Quodvult- 
deus avait signé, s'il était mort en route, puisque c'était 
à Garthage que les Évêques avaient souscrit le mandat. 
Après une assez longue altercation, le donatiste Adéodat 
de Milève répondit ainsi à cette objection - : // ^/ a huit 
jours que le mandat est signé. Cet Evêque qui Va 
souscrit et sur le nom duquel on discute^ s' étant senti 
m^alade, s'en retournait chez lui, lorsqu'il a succombé 
en chemin. Mais cette réponse parut peu satisfaisante 
aux Catholiques. Ils voulaient savoir encore dans quel 
lieu il était mort, ce que les Donatistes ne disaient pas, et 
ils exigeaient des témoins qui l'eussent vu à Carthage. Les 
Donatistes ne satisfirent ni à Tune ni à l'autre de ces de- 
mandes. 

Les Évêques qui intervinrent dans cette discussion sont 
les donatistes Adéodat de Milève, Pétilien de Cirta, Émé- 
rite de Césarée et les Catholiques Alype de Tagaste, For- 
tunatien de Sicca, et Aurèle de Carthage. Le donatiste 
Émérite de Césarée émit l'avis qu'on pouvait avoir pris 
un Évêque pour un autre. Or, avant l'Évêque de Rusub- 
Mcari, on avait nommé Quodvultdeus de Nebbi parmi les 
Donatistes -^ 

REPARAT. Il est le cent septième pai^mi les Évêques de 
la Maurétanie césarienne qui, en 484, furent convoqués à 



' Coj. 1 207. 

- ïbi I. 

3 Ihid. 197. 



— 76 — 

rassemblée générale de Carthage, puis condamnés ensemble 
à l'exil par le roi Hunéric avec tous les autres Évêques 
que mentionne la notice de 482. 



XXXVI. — COLVMNATA. 



Golumnata, ville de la Maurétanie césarienne, est 
mentionnée dans la notice de TEmpire d'Occident, lors- 
qu'il est traité des cbefs placés sous le commandement de 
l'bonorable Duc et Préside de la Maurétanie césarienne. 
Le premier qui y figure est le Prœposittcs limîtis Colum- 
natensis. Ces limites ou frontières étaient également 
placées sous l'autorité du comte d'Afrique ^ . Dans la notice 
de 482, on trouve Golumpnata pour Golumnata, véritable 
forme du nom, telle qu'il apparaît sur une borne milliaire 
trouvée à vingt-deux kilomètres d'Aïn Teukria, qui re- 
présenterait la ville de Golumnata- : 

IMP. CAESAR 
L. SEPTIMIVS SEVKRVS 

PIVS FELIX 

AVG. PONTIFEX. MAXI 

PP TRIB POTESTATIS 

COS PROCOS ET 

M. AVR. SEV. ANTONINVS 

etc. 

A COLVMNATA M V 

XV 

^ Pancirol. Ed. Lugd., p. 165. 
2 Eph. VII. 661. 



— 11 — 

Aïn Teukria se voit sur la route de Teniet à Tiharet- 
Les ruines de la ville romaine sont assez étendues. 

On pourrait aussi bien, du reste, reconnaître Columnata 
dans la ville actuelle de Tiharet, car la borne milliaire citée 
ci-dessus et trouvée entre le bordj du Caïd des Béni Lint 
et Aïn Tessemsil, est à égale distance de Tiharet et de Aïn 
Teukria. 

Edrisi cite une ville appelée Cornata, entre Tiharet et 
Achir. 

MARTIAL La notice le mentionne le douzième parmi les 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui, s'étant rendus 
à Garthage en 484 pour la réunion de tous les Évêques 
convoqués par le roi Hunéric, furent ensuite avec leurs 
collègues envoyés en exil. 



XXXVII. — CORNICVLANA 



Nous apprenons, par la notice, que Corniculana était 
située dans la Maurétanie césarienne. Le Cornicularius 
auquel apparemment elle devait son nom, était le chef du 
greffe du gouvernement de la Maurétanie. Nous ignorons 
où se trouvait cette ville. 

SYRVS. Il figure le quatrième dans la liste des Évêques 
de la Maurétanie césarietine que, en 484, le roi Hunéric 
convoqua en assemblée générale à Garthage et qu'il en- 
voya ensuite en exil avec les autres Évêques. 



— 78 — 

Le nom de Syrus rappelle celui du Numerus Syrorum 
que portait autrefois la ville actuelle de Lalla Maghnia et 
qui était assez considérable pour avoir un Évùque. Sa 
Communauté chrétienne était nombreuse, comme on le 
voit par les inscriptions qui y ont été découvertes. 



XXX VIII. — DRACONES. 



Dracones, que les listes ecclésiastiques appellent Mur- 
cones, autrement Nurcones, est la ville dont parle Tltiné- 
raire d'Antonin lorsqu'il place la station ad Dracones 
entre Albulas et Regias, deux villes connues. Dracones, 
d'après ce document, se trouvait à vingt et un kilomètres 
de Albulas et à trente-six kilomètres de Regias. Dès lors, 
elle serait représentée par Hammam Bou Hadjar. 

AVXILIVS. Il assista, en 411, à la Conférence de Carthage 
où, après la lecture de sa souscription, il rendit témoij^inage 
de son église en ces termes^ : Nous possédons L* unité : 
Tous ceux de la Césarienne le savent. J'en prends à 
témoin Sévérin^ évêque de Castellum^ qui est ici. 
C'était un donatiste, qui dit alors : Il n'y en a jamais 
eu, c'est-à-dire de compétiteur. Saint Augustin écrivit la 
lettre deux cent cinquantième à TÉvêque Auxilius au sujet 
du comte Classicien et il lui rappelle le temps où tous 
deux étaient catéchumènes et amis. C'est peut-être TÉvèque 
de Dracones. 

' Cog. 1. 135. 



— 79 — 

MADDAN. La notice le cite le cent deuxième parmi les 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à la 
réunion de Garthage, en 484, et furent exilés avec leurs 
autres collègues par ordre du roi Hunéric. 



XXXIX. — ELEPHANT ARIA. 



Elephantaria, autrement Elefantaria, était dans la Mau- 
rétanie césarienne et distincte de la ville du même nom 
située dans la Proconsulaire. C'est ce qu'indique la notice. 
L'anonyme de Ravenne la cite entre Gastellum et Aquae 
Calidae, à moins qu'on ne doive lire Gastellum Elephan- 
taria, qui se serait dès lors trouvé entre Tigisis et les 
Aquae. De toute façon, c'est probablement dans la plaine 
de la Mitidja qu'il faut la chercher et peut-être à Blida. 
Pline dit ' que l'éléphant se rencontre en Afrique et en 
Maurétanie. Il se plaisait dans les forêts de cette dernière 
province et près du fleuve Amilo. Élien rapporte qu'il est 
en nombre aux pieds de l'Atlas. Au témoignage de Lucien, 
les éléphants abondaient dans la région de Gésarée. Les 
monnaies maurétaniennes antérieures aux Romains por- 
tent le symbole caractéristique de l'éléphant. Nous ne de- 
vons donc pas nous étonner de trouver une ville du nom 
ci' Elephantaria dans la Maurétanie. 

BASSINVS. On le trouve le quatre-vingt-seizième dans la 
liste des Évêques de la Maurétanie césarienne qui, convo- 

» Hist. nat. 8. 2. 



— 80 — 

qués à Carthage, en 484, par édit du roi Hunéric, pour 
rassemblée générale des Kvèques, furent ensuite tous 
condamnés à Texil. La note probatics ajoutée à son nom 
indique que Bassinus mourut loin de son siège pour la 
confession de la foi catholique. 



XI.. — KALLABA. 

Fallaba est passée sous silence par les anciens géo- 
graphes, mais la notice nous apprend qu'elle se trouvait 
dans la Maure tanie césarienne. Fallaba est peut-être une 
altération de Flavia, car nous savons que Flavia Marci, 
localité de Numidie, est devenue Falavi Marci. Or, il y 
avait en Maurétanie, plusieurs ailes et cohortes qui por- 
taient le nom de Flavia. L'inscription des environs d'A- 
flou, dont nous avons parlé à l'article de Gatula, mentionne 
une ala Flavia et le nom d'Aflou lui-même n'est pas sans 
affmité avec Flavius. 

Une autre inscription de Djelfa, qui a succédé à une 
ville romaine, semble contenir l'ethnique F(a)llabe(n;sis'. 

8AL0. Il figure le vingt-huitième parmi les Évêques de 
la Maurétanie césarienne qui, en 484, se rendirent à Car- 
thage où le roi Hunéric avait convoqué en assemblée gé- 
nérale les Évêques catholiques pour les envoyer tous en 
exil. Le nom de Salo se lit dans une épitaphe d'Aïn Mafra 
qui appartient à la Maurétanie sitifienne. 

» Corpus. 8804. 



— 81 — 



XLI. — FIDOLOMA 

Fidoloma est une ville tout à fait inconnue, mais il 
ressort de la notice qu'elle appartenait à la Maurétanie 
césarienne. On ne doit pas s'étonner de rencontrer si sou- 
vent, en Afrique, des noms étranges. L'Afrique fut, en 
effet, successivement lybienne, punique, romaine, vandale, 
et enfin sarrasine, et dans de telles révolutions les villes 
ont été en partie détruites, leurs noms ont été en partie 
changés ; enfin, Tignorance des écrivains, la négligence des 
copistes, s'ajoutant à tout cela, il en est résulté que beau- 
coup de noms sont parvenus jusqu'à nous si altérés que 
nous ne les retrouvons plus maintenant avec exactitude. 

ONESIME. n figure le dix-septième parmi les Évèquesde 
la Maurétanie césarienne qui se rendirent à Garthage, en 
484, pour s'y réunir aux autres Évêques catholiques d'après 
l'ordre du roi Hunéric et furent ensuite, avec leurs col- 
lègues, envoyés en exil. 



XLII. — FLENVCLETA. 

Quelle que fût la ville de Flenucleta, la notice nous ap- 

« ■ 

prend qu'elle se trouvait dans la Maurétanie césarienne. 
On n'en trouve ailleurs aucune trace. 

FELIX. Dans la notice il est le quatre-vingt-quatrième 
parmi lesÉvèques de la Maurétanie césarienne qui, s'étant 

6 



— 82 — 

rendus, en 484, à rassemblée générale de Carthage, su- 
birent, avec tous les autres Évoques d'Afrique, la peine 
de Texil, pour avoir réprouvé Thérésie arienne. Félix fut 
du nombre de ceux qui moururent loin de leur siège et ne 
rentrèrent pas dans leurs églises. L'auteur des annotations 
de la notice, qui écrivait probablement vers 490, dit, en 
efifet, que Félix fut probatuSy c'est-à-dire qu'il succomba 
en exil pour la foi catholique. 



XLIII. — FLORIANA. 

La notice fait de Floriana une ville de la Maurétanie 
césarienne et Ptolémée, d'autre part, cite Floruïa entre 
Oppidium et Aquae Calidae. Il y avait, en Maurétanie^ 
comme le prouve une épitaphe de Césarée S une centuria 
Flori, appartenant à la cohorte des Sycambres. 

RESTITVT. Il figure le trente-deuxième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui, s'étant rendus 
avec les autres Évêques à l'assemblée générale de Car- 
thage, en 484, furent tous envoyés en exil. 



XLIV. — FLVMENZER. 

La notice indique que Flumenzer était une ville de la 
Maurétanie césarienne. Il y a encore, dans cette province, 

1 Ck)rpu8. 9393. 



— sa- 
une rivière assez importante, qui porte le nom de Oued 
Djer. 

PAVL. Il figure le trentième parmi les Évoques de la 
Maurétanie césarienne que le roi Hunéric convoqua en 
assemblée générale à Carthage, en 484, et qu'il condamna 
ensuite à Texil avec tous les autres Évêques. 



XLV. — FRONTA. 



Que ce fût une ville ou un bourg, nous savons, par la 
notice, que Fronta faisait partie de la Maurétanie césa- 
rienne. 

D'après la notice de TEmpire, il y avait, entre les postes 
de Columnata, de Vida et de Mutici, et sous les ordres 
du duc de la Maurétanie, un prœpositus lîmitis For- 
tensis. Julius Honorius nomme les Fluminenses et les 
Feratenses qui peuvent représenter le peuple de Flu- 
menzer et celui de Fronta. Il existe encore un poste mili- 
taire appelé Frenda qui a certainement succédé à un éta- 
blissement antique. 

DONAT. Il figure le cinquante-huitième parmi les Évêques 
de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à l'assemblée 
générale des Évêques à Carthage, en 484, et furent con- 
damnés à l'exil avec leurs collègues par le roi Hunéric. 



— 84 



XLVI. — GIRV MONS. 



Son nom semble indiquer une citadelle construite sur 
une hauteur. La notice nous apprend qu'elle se trouvait 
dans la Maurétanie césarienne, mais on n'en trouve nulle 
trace dans les géographes. 

REPARAT. E figure le neuvième dans la liste des Évêques 
de la Maurétanie césarienne qui, en Tan 484, se rendirent 
à Carthage, où le roi Hunéric avait convoqué tous les 
Évêques d'Afrique, et de là, sur Tordre du même roi, 
furent envoyés en exil, à cause de leur profession de foi 
catholique. 



XL VII. — GRATIANOPÔLIS. 



Gratianopolis appartenait à la Maurétanie césarieni>^^ 
comme l'indique la notice. Elle paraît avoir reçu son no^^ 
de l'empereur Gratien, qui gouverna, en effet, l'Afrique ^ 
lui donna des lois. Nous ignorons comment elle se noi^' 
mait auparavant. Mais ce peut être un poste que cet Ei:^ ^' 
pereur prit soin de fortifier contre les incursions des Bît ^' 
bares, si ce n'est le père même de Gratien qui lui a don^^ 
son nom. Car Amnien Marcellin dit* du père de l'eir^^' 



» 30. 



— 85 — 

pereur Gratien qu'il commanda, en qualité de comte, les 
troupes d'Afrique. 

Les Turcs appelaient la ville d'Oran du nom de Goaran 
et il est certain que Oran a succédé à une cité antique. 

PVBLICIVS. Il assista, en 411, avec les Évêques catho- 
liques, à la Conférence de Carthage et après qu'on eût lu 
sa souscription, il dit ' : J'ai pour compétiteur Beute- 
riuSy seul sans peuple. Or Deuterius, qui était présent, 
s'en expliqua ainsi : Parce que vous avez renverse nos 
maisons et que vous m'avez persécuté. C'est ainsi, 
en effet, que les Donatistes avaient coutume de qualifier 
le zèle qui cherchait à ramener à la vérité catholique ceux 
qui avaient été égarés par l'hérésie. Mais, du reste, uqus 
ne voyons pas paraître ensuite Deuterius parmi les Dona- 
tistes. 

TALASIVS. La notice le uomme le quatre-vingt-unième 
parmi les Évêques de la Maurétanie césarienne qui se ren- 
dirent à la réunion convoquée à Carthage en 484 par le 
roi Hunéric et furent de là envoyés en exil à cause de 
leur profession de foi catholique. 



XLVm. — GVNVGVS. 

Gunugus était, comme Pline nous l'apprend^, une colo- 
nie d'Auguste, formée par la cohorte prétorienne. Elle 
était éloignée de douze milles de Gésarée et à la même 

1 Cog. 1. 135. 

2 Hist. n. 5. 3. 



— 86 — 

distance de Cartili, d'après Tltinéraire d'Antonin.Ptolémée 
la nomme Canuccis et la place entre Césarée et les Castra 
Germanorum. Il faut la chercher près du village de Gou- 
raya, à Sidi Brahim. Les ruines couvrent un plateau de 
deux hectares, lequel forme un promontoire et abrite deux 
petites anses. Là était Toppidum, la partie la mieux for- 
tifiée, celle qui subsistait encore au moyeu âge, que Ton 
appelait Beresk et qui servit de retraite aux pirates jusqu'à 
ce que les Eîspagnols eurent détruit la forteresse qui s'y 
élevait. La ville proprement dite s'étendait au pied de l'op- 
pidum, dans la petite plaine qui va depuis la mer jusqu'aux 
montagnes. 

Une dédicace, de Tépoque Gonstantinienne, contenait 
certainement le nom de la ville * : 

IMPERATORI caesari fl. val. (yonstantino invicto 

PIO B'ELICI AUG usto pontifici maximo germanico 

MAXIMO SARM atico maximo gotico maximo tribuni 

CIAE POTESTA tis - imp. - cos. procos. et Constantino et 

CONSTANTIO et Constanti nobiliss. Cœss. fecit arcum 

ORDO SP lendidissim. et populus Gunugitanorum 
INSTANTE AC dedic. iano v. p. p. p. m. c. 

Une épitaphe de Césarée porte l'othnique tout entier ^ ^ 

D M 

CAECILIAE. IVLIANAi:. MAXIMI 

FILIAE. GVNVGITANAE. VIXIT. ANNLS 

XV. iMENSnwS. IIII. H. S. E. S. T. T. I. 

Q. MEMiMIVS, EXORATVS. VX(JRI. OPTIMAE. FECIT 

Une autre épitaphe d'Auzia mentionne un décurion de 
Gunugus en ces termes-^ : 

* Eph. V. 1038. 
> Corpus. 9423. 
» Ibid. 9071. 



— 87 — 

D. M. S. 

BAB. lANV. 

DEC. GVN. 

CVP. FECIT. 

ET. DEÇA. 

VIX. AN. LU. 

Léon r Africain, en décrivant la ville de Beresk, dit que 
les habitants de la grande et de la petite Kabylie actuelle 
portent une croix noire sur la joue et deux autres sur la 
paume des mains depuis que les Goths ou Vandales avaient 
fait la conquête du pays. La dite croix servait à discer- 
ner ceux des habitants qui étaient chrétiens de ceux qui 
ne Tétaient pas. 

On vovait encore alors des édifices Romains à Beresk. 
C'est dans les ruines d'un monument byzantin que le texte 
suivant a été plus récemment découvert * : 

Caio Fulcinîo Fabio Maximo Optato, clarissimo 
vifo, quœstori, tribuno pie bis, prœtori, legato pro- 
vinciœ Bœticœ, patrono incomparabili, respublica 
Gunugitanorum. 

AVXILIVS. La notice le nomme le cent onzième parmi les 
Évèques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à 
Carthage en 484 pour l'assemblée des Évèques convoquée 
par le roi Hunéric et furent condamnés à l'exil, ainsi que 
leurs collègues, à cause de leur profession de foi catho- 
lique. 

L'annotation probatus jointe à son nom indique 
qu'Auxilius mourut pour la foi loin de son siège. 

i Acad. des Inscr. 10 fév. 1893. 



iU 



XLIX. — GYPSARIA. 

Gypsaria est, d'après Ptolémée, un port de la Mauré- 
tanie césarienne, au-delà de Siga. Elle est, sans doute, 
représentée par les ruines situées au nord de la petite 
baie de Honeïn. C'est le seul point de la côte où Ton voit 
des dépôts de gypse, circonstance qui a dû donner son 
nom à la localité. 

Il y avait aussi, selon la Table, une Gypsaria Tabema 
entre Sabrata et Gighti dans la Tripolitaine. 

GERMAIN. Il se rendit à Carthage, en Tan 411, pour 
assister, avec les Évoques catholiques, à la Conférence. 
Lorsque, à Tappel, il eût répondu qu'il était présent', le 
donatiste Fidentinus se présenta du côté opposé et dit : 
Je le connais. Mais on ne le voit point paraître ensuite 
parmi les Donatistes. 



L. — ICOSIVM. 

La ville dlcosium, que Vespasien gratifia du droi 
latin, était dans la Maurétanie césarienne. Solin en a ex 
posé ainsi Torigine fabuleuse- : Lorsque^ dit-il, Hercul 
passait par là, vingt de ses compagnons se sèparéren 
de lui, se fixèrent en ce lieu et le fortifièrent. Et, afin 

> Corpus. 1. 128. 
« Polyhist. 25. 



t 




— 89 — 

qu'aucun d'entre eux ne pût se vanter d'avoir donné 
seul son nom à leur iHlle, ils lui donnèrent celui du 
nombre de ses fondateurs. Mais vingt se dit en grec 
eïxoŒt, d'où est venu Icosium, 

L'Itinéraire d'Antonin la place à trente-deux milles de 
Casae Calventi et à quinze milles de Rusguniae ; il lui 
donne le titre de colonie. Ptolémée, de son côté, met Ico- 
sium entre Via et la rivière Savus. Mêla cite, après le 
monument dit de la chrétienne, les villes dlcosium et de 
Rusgunia et il place entre elles les rivières du Savus et du 
Nabor, c'est-à-dire THarrach et le Hamis. 

A son tour, l'anonyme de Ravenne nomme Icosium 
entre Rusguniae et Tipasa. 

Icosium est devenue la métropole du nord de l'Afrique, 
la moderne Alger. Outre l'autorité des géographes qui le 
montre, nous avons aussi celle d'un monument trouvé à 
Alger même ' : 

p. ISITTIO. M. F. QVIR. 
PLOCAMIAN. 

ORDO 

ICOSITANOR. 

M. SITTIVS. P. F. QVIR. 

CAECILIANVS 

PRO . FILIO 

PIENTISSIMO 

H. R. I. R. 

Un certain nombre de monuments chrétiens ont été re- 
cueillis à Alger depuis la conquête faite par la France en 
. 830. Les uns sont anciens et proviennent d'Icosium et 
le Rusgunise ; les autres sont plus récents et remontent au 

1 Corpus. 9259. 



— 90 — 

temps de la piraterie barbaresque. Beaucoup de chrétiens 
de tout pays ont subi à Alger les horreurs de Tesclavage 
et plusieurs y ont souffert un glorieux martyre, comme le 
bienheureux Sérapion, le Père Le Vacher, le Vénérable 
Géronimo, etc. 

Les prêtres de la Mission établis à Alger par saint Vin- 
cent de Paul, grâce à la duchesse d'Aiguillon, y avaient 
une paroisse pour les malheureux captifs et pour la mai- 
son consulaire de France en même temps que pour les 
négociants étrangers ; les religieux espagnols de la Ré- 
demption y avaient un hôpital et une chapelle. Le consul 
de France avait sa chapelle et chacun des bagnes possédait 
aussi la sienne. 

CRESCENT. Il était de la secte des Donatistes parmi les- 
quels il assista, en 411, à la Conférence de Garths^e. A 
l'appel de son nom, il dit ^ : J'ai donné mandat et j'ai 
souscrit, 

LAVRENT. Il assista à Garthage, en 419, comme délégué 
de sa province, au concile convoqué par Aurèle et y sous- 
crivit conformément à Tusage^. Saint Augustin, dans sa 
lettre au pape saint Gélestin, qui est la deux cent neu- 
vième, indique assez clairement que Laurent fut privé de 
l'usage de la mitre et de la crosse ; car, après avoir rap' 
pelé la peine à laquelle d'autres avaient été condamnés, i^ 
ajouta : Un troisième Evêque de cette province (1^ 
Césarienne), Laurent y pouvait s'écrier dans les mêm^^ 
termes : Ou Je dois siéger sur cette chaire pour h 



i Gog. l. 197. 
'^ Hard. 1. 1250. 



— 91 — 

uelle j'ai été ordonne, ou je ne dois plus être 
roéque, 

VICTOR. Il figure le icinquante-neuvième dans la liste des 
iVêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à 
1 réunion de Carthage en 484 par ordre du roi Hunéric 
t furent ensuite, à cause de leur profession de foi catho- 
[que, envoyés en exil avec tous leurs collègues d'Afrique. 

Après un long veuvage et lorsque Alger fut redevenue 
hrétienne et française, elle eut de nouveaux Évèques, 
avoir : Charles Eugène, nommé au siège dlcosium 
n 1833 et peu après transféré sur le siège épiscopal de 
larseille. Avant lui, des vicaires apostoliques sans carac- 
ère épiscopal avaient administré la chrétienté d'Alger. Nous 
onnaissons plusieurs de ces vicaires apostoliques. 

Le vacher, 1675-1683; 

Ives Lorance, 1694-1706 ; 

Lambert Duchesne, 1706-1735; 

Charles Poirier du Bourg, 1742-1745 ; 

Bossu, 1747-1757; 

Théodore Groizelle, 1758-1762; 

La Pie de Sévigny, 1763-1764 ; 

Pierre-François Viguier, 1776 ; 

Jean Alasia, 1793. 

Mais celui qui vint, en réalité, réoccuper le premier le 
ège épiscopal d'Alger fut 

ANTOINE Adolphe Dupuch, nommé en 1838 évèque 
Alger et de Julia Césarée, suflfragant d'Aix en Pro- 
rice. 

UVIS Antoine Pavt/, nommé en 1846. 

Un 1866, Alger devint un siège archiépiscopal, ayant 



— 92 — 

pour suffragants les Kvêchés de Constantine et d'Oran. Le 
premier titulaire fut 

CHARLES Martial Allemand LavigeriCy cardinal de la 
sainte Église romaine du titre de Sainte-Agnès hors les 
murs. 

PROSPER Auguste Dusserre, d'abord coadjuteur, le 27 fé- 
vrier 1880, avec le titre d'Archevêque de Damas, puis 
successeur du cardinal Lavigerie, 1-892. 



LI. — [DA. I. 



La notice semble reconnaître deux Ida et toutes deux 
dans la Maurétanie césarienne. Ammien Marcellin men- 
tionne ^ un municipium Addense, qu'il paraît distinguer 
du Castellum Audiense qui doit être l'antique Auzia. Entre 
Adda et Ida il n'y a pas de différence considérable. Ce 
municipe se trouvait certainement dans la région d* Auzia. 
Ida, d'autre part, est un nom berbère, qu'on trouve encore 
appliqué à plusieurs localités de la Maurétanie tingitane. 

Mais s'il était permis de lire Subitanus ou Felicianus 
Sidensis, au lieu de Idensis, nous devrions reconnaître 
l'une des deux Ida dans le Sida municipium que la tab^^ 
de Peutinger place entre Rusazus et Tigisis. Nous o^ 
avons parlé à l'article de Bida. 

I 29. 5. 



— 93 — 

SVBITANVS. Il figure le quatorzième parmi les Évêques 
de la Maure tanie césarienne qui se rendirent, en 484, à la 
réunion de Garthage, avec tous les autres Évêques d'A- 
frique. Convoqués par le roi Hunéric, ils furent ensuite 
condamnés à Texil. La note prohatus ajoutée à son nom 
indique que Subitanus mourut pour la foi loin de son 
siège. 



LU. — IDA. II. 



Nous n ajouterons rien, sur la seconde Ida, à ce que nous 
avons dit à l'article précédent. 

FELICIEN. Il est le seizième parmi les Évêques de la 
Maurétanie césarienne qui prirent part à la réunion de 
Garthage en 484 et furent ensuite exilés par le roi Hunéric 
avec tous les autres Évêques d'Afrique. 



LUI. — lOMNIVM. 

L'Itinéraire d'Antonin place le municipe de lomnium 

entre Rusucurru et Rusazus, à dix-huit milles de Rusu- 

curru et à trente-huit milles de Rusazus. La table de Peu- 

tinger la met à quarante-deux milles de Rusipisir et à 

^^ingt-huit milles de Rusucurru. . . 



— 94 — 

Ptolémée la met, comme la Table, entre Rusucurru et 
Rusupisir, tandis qne Tanonyme de Ravenne la cite entre 
Rusucurru et Rusazus. 

Malgré ces indications, on n'est pas encore complète- 
ment fixé sur la position d'Iomnium. Car, si Dellys re- 
présente Rusucurru, il faut reconnaître lomnium dans 
Tigzirt et ses grandes ruines. Si, au contraire, celle-ci 
représente Rusucurru, il faut chercher lomnium plus à 
l'est. 

Les ruines de Tigzirt sont situées sur le versant occi- 
dental du cap Tedellès, à vingt kilomètres de Dellys. A 
<3inq kilomètres plus loin, au bas du versant oriental du 
même cap, est le port d'El Khaled qui servait au commerce 
d'une ville voisine nommée aujourd'hui Taksebt et qui 
était importante. Elle formait l'acropole de Tigzirt. 

On remarque à Tigzirt une basilique et l'on en reconnait 
plusieurs à Taksebt, avec les restes de divers monuments. 

HONORAT. Il était de la secte des Donatistes avec lesquels 
il assista, en 411, à la Conférence de Carthage. A l'appel 
de son nom il dit ' : Taî donne mandat et j'ai souscrit. 
Il ne fit aucune mention d'un Évèque catholique. 



LIV. — ITA. 

D'après la notice de 482, Ita était distincte de l'une ^^ 
l'autre Ida et appartenait comme celles-ci à la Maurétanî ^ 
césarienne. Ita cependant est inconnue des anciens auteur^^ 

i Cog. 1. 208. 



— 95 — 

Au cas où ce nom serait altéré, comme il est arrivé pour 
d'autres villes d'Afrique, nous proposerions de lire Lucius 
Sicensis au lieu de Lucius Itensis. Cette variante n'étonnera 
point ceux qui se sont appliqués à la lecture des manus- 
crits. 

Or, Siga est connue et ses ruines portent aujourd'hui 
le nom de Takembrit ; elles sont situées sur la rive 
gauche de la Tafna qui est le fleuve Siga de Ptolémée. 
Tous les anciens auteurs font mention de Siga et son nom 
a été lu sur une borne milliaire ' : 

RESPS PP 
A SIGA M 

I 

Les ruines se trouvent à cinq kilomètres en amont de 
Tembouchure de la Tafna, sur un monticule qui domine 
la plaine. Colonie phénicienne, célébrée par Scylax et Stra-' 
bon, résidence royale de Syphax, roi numide dont on y 
retrouve les monnaies, colonie au temps de Ptolémée, mu- 
nicipe pour Tltinéraire et pour Tanonyme de Ravenne, 
elle est pour Pline une ville de la Maurétanie césa- 
Tienne,, autre fois une des villes royales des princes 
numides. Siga comprenait une ville intérieure, Takem- 
brit, et une ville maritime, Portus Sigensis, plus tard 
Archgoul et aujourd'hui Rachgoun, vis-à-vis Tîle du 
même nom, à l'embouchure de la Tafna. 

LVCIVS. H figure le cinquième dans la liste des Évèques 
de la Maurétanie césarienne qui, appelés par l'édit du roi 
Hunéric, en 484, se rendirent dans la métropole de l'A- 

^ Eph. VII. 678. 



— 96 — 



frique pour assister à la réunion de tous les Évèques et 
ensuite furent envoyés en exil avec leurs autres collègues. 



LV. — IVNGA. 



La notice de 482 annonce une Junca dans la Maurétanie 
césarienne, distincte de celle de la Byzacène. Cependant les 
géographes n'en parlent point, à moins peut-être que, chez 
eux, elle ne se dissimule aus^i sous un nom différent. 

GLORINVS. Il est le premier sur la liste des Évèques de 
la Maurétanie césarienne qui se rendirent à Garthage, en 
484, pour la réunion convoquée par le roi Hunéric et furent 
ensuite condamnés à Texil avec les autres Évèques men- 
tionnés par la notice à cause de leur attachement à la 
vérité catholique. 



LVl. — LAR. 



L'Itinéraire d'Antonin place Lar Gastellum sur le litto- 
ral de la Maurétanie césarienne entre Cartonnas et Cartili, 
à quatorze milles de Cartonnas et à quinze milles de Car- 
tili. L'anonyme de Ravenne le cite entre Cartennas et 
Gunugus. Il faut probablement chercher cette ville aux 



— 97 — 

ruines de Toued Damous, où Ton voit le bordj du même 
nom. Les indigènes des environs portent le nom collectif 
de Larat. 

RE8TITVT. Il était de la secte des Donatistes et il assista 
parmi eux, en 411, à la Conférence de Garthage où, à 
l'appel de son nom, il dit * : Tai donné mandat et j'ai 
souscrit. Il ne fut fait aucune mention d'un Kvêque ca- 
tholique qu'il aurait eu contre lui dans son église. 



LVII. — MAIVGA. 



Majuca est attribuée par la notice de 482 à la Maure- 
tanie césarienne, mais à cette date son siège épiscopal n'a- 
vait point de titulaire. 

Ammien Marcellin nous apprend ^ que Théodose ayant 
battu les Mazices vint au fundus Mazucanus et se rendit 
ensuite à Tipasa. Ce serait donc dans la région de Tipasa 
et de Césarée qu'il faudrait chercher Mazuca qui doit être 
la même localité que Majuca. 



1 Cog. 1. 208. 

2 29. 5. 



— 98 



LVIII. — MALIANA. 



Le nom de cette ville fut, à Torigine, Manliana, comme 
le rapporte Ptolémée, puis Malliana, comme dans Tltiné- 
raire d'Antonin, ensuite Maliana et Miliana, qui est restée 
jusqu'aujourd'hui l'appellation populaire. Elle était dans 
la Maurétanie césarienne et saint Augustin en fait men- 
tion dans une lettre adressée à Deuterius, métropolitain 
de Césarée K II lui fait connaître un certain Victorin, sous- 
diacre de Malliana, imbu des erreurs des Manichéens, et U 
l'exhorte à ne V admettre à la pénitence que s'il dé- 
nonce aux Èvêques ceux qu'il sait être Manichéens 
non seulement à Malliana, mais encore dans toute 
la province. 

La ville qui devait son nom à un personnage appelé 
Manlius est suspendue aux flancs du mont Zakkar. On y 
a retrouvé une dédicace au dieu Abaddir - dont saint Au- 
gustin parle dans sa lettre à Maxime de Madaure 3. 

VICTOR. Il assista, en 411, à la Conférence de Carthag^ 
où, après la lecture de sa souscription, il répondit luV- 
même^ : J'ai pour compétiteur Nestorius, désignaJ^^ 
ainsi TÉvêque donatiste. Celui-ci dit : Je le connai^^ 
Puis, à l'appel, parmi ceux de sa secte, il ajouta^ : J'i 
donné mandat et j'ai souscrit. 



1 Ep. 236. 

2 Eph. VII. 520. 

3 Ep. 16. 

* Cog. 1. 135. 
s Ibid. 208. 



— 99 — 

PAIERA. La notice le cite le huitième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui assistèrent à la 
réunion de Carthage, en 484, et furent exilés avec tous 
leurs collègues par le roi Hunéric. 



LIX. — MAMMILLA. 



Nous apprenons, par la notice, que Mammilla était une 
•ville de la Maurétanie césarienne. Mais aucun écrivain ne 
nous fait connaître quelle était sa situation. 

VICTOR. Il assista, en 411, à la Conférence de Carthage, 
mais un peu tard ; car, lorsqu'on fit la lecture de sa sous- 
cription, elle était ainsi formulée * : Moi, Restitut, 
évêque, à la demande de Victor , èvêque de Mam- 
milla, en présence du clarissime tribun et notaire 
Marcellin, j'ai signé, attestant qu'il m'a donné 
mandat pour l'exposé ci-dessus. Puis il ajouta : fai 
pour adversaire Sérénien, lequel se présenta et dit : 
Je le connais. Et lui-même répondit à son appel parmi 
les Donatistes - : J'ai donné mandat et j'ai souscrit. 

Il s'agit peut-être de Restitut de Muzuca dans la Pro- 
ousulaire et il faudrait lire Mazuca pour Majuca. 

PA8CHASE. Il figure le soixante-dix-huitième sur la liste 



Cog. 1. 135. 
Ibid. n. 208. 



— 100 — 



des Évêques de la Maurétanie césarienne qui, s'étant ren- 
dus à Carthage pour la réunion de 484, furent envoyés en 
exil avec leurs collègues par le roi Hunéric. 



LX. — MANAGCENSER. 

Manaccenser était dans la Maurétanie césarienne et il se 
peut que cette ville ait laissé son nom à la tribu actuelle 
des Manasser, qui habite la région de Césarëe. 

VICTOR. La notice le nomme le quatre-vingt-deuxième 
parmi les Évêques de la Maurétanie césarienne que le roi 
Hunéric, après l'assemblée de Carthage, en 484, condamna 
à Texil avec tous leurs collègues. L'annotation probatus 
ajoutée à son nom fait connaître que Victor mourut pour 
la foi loin de son siège. 



LXI. — MASVCGABA. 

Nous savons, par la notice de 482, que Masuccaba était 
une ville de la Maurétanie césarienne. C'est tout ce qu^ 
nous en pouvons dire. 

PA8SINATV8. La notice le porte le quarante-deuxième sU*^ 
la liste des Evêques de la Maurétanie césarienne qui s^ 



— 101 — 

rendirent à la réunion de Garthage en 484 et furent en- 
suite exilés par le roi Hunéric avec les autres Évêques 
convoqués par lui de toutes les parties de l'Afrique. La 
note probatus ajoutée à son nom indique que Passinatus 
mourut pour la foi catholique loin de son siège. 



LXII. — MATVRBA. 



Maturba est une ville inconnue. La notice nous indique 
seulement qu'elle se trouvait dans la Maurétanie césarienne. 
C'est dans la même province, à Tagremaret, que se trou- 
vait jadis la ville de Caput Urbs, comme le montre le 
milliaire suivant * : 

IMP CAES CIVLIO 

VERO MAXIMI 

NO PIO FELICI 

AVG PONTIFICI 

MAXIMO TRIBV 
NICIAE POTESTA 

TIS P P PROCOS 

A KAPVT VRBE 
M P VII 

Toutefois, la différence est grande entre Maturba et 
Kaput Urbe. 

LVCIV8. Il figure le quatre-vingt-dixième parmi les 
Evêques de la Maurétanie césarienne qui se réunirent à 

1 Eph. VII. 672. 



— 104 — 

une ville nommée Maxita dans la Maurétanie césarienne. 
Cette cité a-t-elle quelque rapport avec le peuple des 
Maxitains ? Nous l'ignorons, car les auteurs n'en disent 
rien davantage. 

FELIX. Il âguce le cent quatorzième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à la 
réunion de Carfhage en 484 et furent ensuite condamnés 
à Texil par le roi Hunéric avec leurs autres collègues. 
Félix mourut pour sa foi en exil, car la note probattcs a 
été ajoutée à son nom. 



LXVI. — MEDIA. 



La ville ou le bourg de Media faisait partie de la Mau- 
rétanie césarienne, comme l'indique la notice. 

La province offre encore une ville du même nom, Médéa, 
qui a certainement succédé à une cité antique. 

EMILE. Il figure le quarante-septième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à la 
réunion de Carthage en 484 et furent sur Tordre du roi 
Hunéric condamnés à Texil avec leurs autres collègues. 



105 



LXVII. — iMINA. 



Mina, autrement Minna, appartenait à la Maure tanie 
césarienne, comme le montre la notice de 482, laquelle 
est confirmée par Tltinéraire d'Antonin, où Ton voit que 
Mina se trouvait à seize milles de Ballene et à vingt-cinq 
milles de Cadaum. Elle est remplacée aujourd'hui par le 
bourg de Relizane, mais la rivière qui y coule a conservé 
le nom de Mina. La ville était située sur la rive droite de 
celle-ci, à la partie occidentale d'une colline qui domine 
des plaines fertiles. On n'y voit plus que des amas de dé- 
combres. 

CECILIVS. Il figure le quarante-neuvième parmi les Évê- 
ques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à Car- 
thage en 484 sur Tordre du roi Hunéric et furent ensuite 
exilés avec les autres Évoques convoqués par ce prince. 

8EC0NDIN. Il assista au Concile de Garthage que réunit 
Boniface en 525 et auquel il souscrivit le premier en ces 
termes, après les députés des provinces ^ : Secondîn, 
évêque du peuple de Mina, de la province de Mauré- 
tanie. 

» Hard. 2. 1081. 



— 106 — 



LXVIII. — MVRVSTAGA. 

Murustaga est un nom peu connu, dont ne parlent point 
les géographes. Nous savons seulement par la notice 
de 482 qu'elle appartenait à la Maurétanie césarienne. 

MARCIEN. Il figure le vingt-cinquième parmi lesÉvèques 
de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à la réunion 
de tous leurs collègues, h Carthage, en 484, et furent avec 
eux envoj'és en exil par Tordre du roi Hunéric. La note 
probatus ajoutée à son nom indique qu'il mourut pour 
la foi loin de son siège. 



LXIX. — MVTECI. 

Muteci appartenait à la Maurétanie césarienne, comme 
nous rapprend non seulement la notice des Églises d'A- 
frique que nous citons souvent, mais encore l'autre notice, . 
c'est-à-dire celle de TEmpire d'Occident, qui mentionne 
un prœpositus limitis Mutecitani suh dispositione vîri 
spectabîlis Ducis et Prœsidîs provinciœ Mauretaniœ 
cœsariensis, 

Muteci a été retrouvée à Aïn Aneb, à sept kilomètres 
de Tessemsil, dans la région de Téniet el Had. C'est ce 
que montre le texte suivant ^ : 

1 Bullet. corr. Afric. 1884. p. 459. 




— 107 — 

CASTELLVM 
MVTECI POSITViM 
EST AP CCCCXXXET 
GUI 

L'an 439 de l'ère maurétanienne répond à Tan 478 de 
l'ère chrétienne. La notice de l'Empire donne un dessin 
du même Castellum que ne mentionne pas la notice 
de 482, par où nous voyons encore que les Évêques pour 
leurs signatures usaient de la plus entière liberté. Du reste, 
la notice de l'Empire cite Muteci entre Auzia et Porta, 
que nous avons identifiées avec Aumale et Frenda. 

QVINTASE. Il figure le soixante-seizième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui, pour obéir à 
l'édit du roi Hunéric, se réunirent à Carthage en 484, 
avec les autres Évêques d'Afrique et que ce prince con- 
damna tous à l'exil, à cause de leur constance à conserver 
la foi catholique. 

Le calendrier de Carthage, au six des Ides d'octobre, 
et le martyrologe hiéronymien, à la même date, men- 
tionnent un saint Quintase. On trouve aussi ce nom avec 
ceux d'autres martyrs, dans une inscription de Numidie. 



LXX. — NABALA. 

On trouve, dans la notice de 482, Nabala attribuée à la 
Maurétanie césarienne parmi les villes dont les sièges 
épiscopaux n'étaient point occupés à cette époque. Ni 
auparavant, ni plus tard, on ne rencontre aucun Évêque 



— 108 — 

ayant porté ce titre. Pline, il est vrai, mentionne en Mau- 
rétanie la rivière de Nabar et la peuplade des Nabades, 
dont les noms peuvent être rapprochés de Nabala. D'autre 
part, une localité de la région de Tiharet porte encore le 
nom de Nouale et elle joua un certain rôle à Tépoque de 
la conquête musulmane. 



LXXI. — NASBINGA. 

La notice met Nasbinca dans la Maurétanie césarienne. 
C'est tout ce que nous en savons. 

lANVIER. Il est le trente- neuvième parmi les Évèquesde 
la Maurétanie césarienne qui se rendirent à l'assemblée 
de Garthage en 484 et que le roi Hunéric exila avec leurs 
autres collègues. La note prohatus ajoutée à son nom in- 
dique que Janvier mourut loin de son siège pour la foi 
catholique. 



LXXII. — NOVA. I. 

Il faut admettre deux villes du nom de Nova dans la 
Maurétanie césarienne, puisque la notice de 488 marque, 
la même année, deux Évêques catholiques de Nova. La 
notice y place, en outre, les Évêchés de Villa Nova, de 
Castra Nova et d'Oppidum Novum. Les géographes nous 



— 109 — 

font connaître, dans la Césarienne, Oppidum Novum et 
Castra Nova. L'Itinéraire mentionne, dans la Tingitane, 
une autre Oppidum Novum et une station dite Ad novas. 
Mais, du reste, nous sommes, non pas dans la Tingitane, 
mais dans la Césarienne. 

Les autres provinces avaient aussi leurs Nova3 nom- 
breuses. 

Ajoutons qu'une inscription trouvée entre Auzia et 
Rapidi mentionne des Turres Novas que l'Empereur 
Commode fit élever. M. Aurelîus Commodus Antoninus, 
securîtatî provincialîum suorum consulens, instituît 
et veteres refecît opéra militum suorum^. 

Il se trouva, en 451, au concile de Chalcédoine, avec 
Thomas de Valentiniana, Aurèle de Puppi, et Janvier de 
Macriana, un Évêque nommé Secondin de Nova -. 

VERECVNDV8. La notice le cite le dix-neuvième parmi les 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à 
Garthage, en 484, sur Tordre du roi Hunéric, adressé à 
tous les Évêques catholiques, et furent ensuite envoyés 
avec eux en exil. 



LXXIII. — NOVA. IL 

Cette ville, comme l'indique la notice, était aussi située 
dans la Maurétanie césarienne. Elle devait avoir une épi- 
thète qui la distinguait de la première. 

1 Eph. V. 952. 

2 I^bbe 4. 1027. Cf. mss. Bibl. nat. 1455. fol. 51. 



— 110 — 

MIGGIN. Il figure le quatre-vingt-treizième parmi les 
Évêques de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric 
convoqua à Carthage en 484 et qu'il exila ensuite avec 
tous leurs collègues d'Afrique. Une note indique que 
Miggin mourut pour la foi loin de son siège. 



LXXIV. — NOVICA. 

Aucun écrivain ne parle de cette ville. La notice seule 
indique qu'elle était située dans la Maurétanie césarienne. 
Il y a, entre Perrégaux et Mostaganem, une localité nom- 
mée Aïn Nouïssy. 

DON AT. Il est le septième sur la liste des Évêques de la 
Maurétanie césarienne qui se rendirent à l'assemblée gé- 
nérale de Carthage en 484 et furent condamnés à l'exil 
avec tous leurs collègues d'Afrique par le roi Hunéric. 
Donat fat du nombre de ceux qui moururent pour la foi 
en exil, comme le montre la note ajoutée à son nom. 



LXXV. — NVMIDIA. 

Nous savons, par la conférence de Carthage et par la 
notice, qu'il y avait, dans la Maurétanie césarienne, une 
ville appelée Numidia, autrement Numida. C'était très 
vraisemblablement une colonie de Numides qui désolèrent 



— 111 — 

souvent l'Afrique par leurs incursions. Du reste le royaume 
Numide s'étendit jadis bien loin dans la Maure tanie. Aussi 
les monuments épigraphiques signalent les Numides sur 
tous les points de l'Afrique du nord. A Elles, dans la pro- 
vince Proconsulaire, on voit paraître une gens Numida- 
rum^ : à Cellas, dans la même province, on trouve les 
Chellenses Numidœ "^ .• à Masculula, toujours dans la Pro- 
consulaire, il y avait un Conventus Numidarum'^. Je 
laisse la Numidie, qui était le centre du peuple Numide. 
Dans la Sitifienne, à Serteï, nous voyons paraître . un 
princeps gentis Numîdarum ^. La Table de Peutinger 
signale un groupe de Numides sur le littoral de cette pro- 
vince. D'après deux inscriptions de Guesria, sur les con- 
fins de la Sitifienne et de la Césarienne, dans la plaine de 
la Medjana, étaient les limites d'une tribu de Numides ^ • 

EX. INDVLGENTIA 

IMP. CAES. TRAIANI 

HADRTANI . AVG 

FINES . ADSIGNA 

TI . GENTI . NUMIDA 

RUM . PER . C . PETRO 

NIVM . CELEREM 

PROC . AVG . PROVINC 

MAVRETANIAE . CAESA 

RIENSIS 

Bans la même région, aux Oulad Agla, a été retrouvé 
^^ texte suivant, où il est fait mention d'un décurion prin- 
ceps de la même gens Numtdarum : 

' Tissot. Prov. d'Afr. 1. 458. 

» Ibid. 

3 Gagnât. Fasc. i. p. 135. 

i Corpus. 8826. 

» Ibid. 8813. Cf. 8814. 



— 112 — 

DEO . SANC . FRVG . AVG . SAC 

SEX VICTOR DEC PR GN 

MONITVS SACRA REIJGIONE 

TEMPLVM SIMVL CVM 

AREA . ET . ARAS . SN'MMA 

CVM . DILIGENTIA 

RESTITVIT SP . DD . 

CVR CORE SATVRNIM 

ET LVCIO AEMILIO 

DEF PUBLICO SS . HB 

AN PR CCVIII 

Ce monument qui date du milieu du troisième siècle 
est, du reste, très remarquable, en ce qu'il mentionne le 
rôle de Varea dont nous avons parlé à l'article de Césarée. 
Il nous montre aussi que la dite tribu Numide était de- 
puis longtemps installée dans cette région. 

Serteï est dans la même région que Guesria et Oulad 
Agla et le monument qu'on y a trouvé mentionne aussi un 
decurio princeps gentis Numidarum, La mention de la 
tribu Numide se trouve également au Guergour. H y avait 
donc en ces parages, une grande tribu se développant 
de Test à l'ouest sur plus de quarante kilomètres et qui 
avait assurément un centre, mais nous ne le connaissons 
pas encore. 

lANVIER. Il assista, parmi les Donatistes, à la Conférence 
de Garthage de 411. Il y répondit, à l'appel * : J'ai donné 
mandat et fax souscrit, mais je n'ai point de tradi- 
teurs chez moi. Alors Fortunatien de Sicca, un des sept 
mandataires des catholiques, dit : D'où êtes-votes? k quoi 
Janvier répondit : de Numidia, qui est en Maurétanie 
césarienne. A ces mots. Réparât, évêque de l'Église ca- 

I Cog. 1. 188. 



— 113 — 

tholique de Sufasar, répondit : C'est mon diocèse :fy ai 
un prêtre, il y a veillé avec vous. Numidia se trouvait 
donc à une certaine proximité de Sufasar, aujourd'hui 
Amoura, ville épiscopale dont nous parlerons plus loin. 
Cette circonstance ne contredit pas les données des textes 
épigraphiques que nous avons cités. 

VICTOR. Il est le cent dix-huitième sur la liste des Évo- 
ques de la Maurétanie césarienne qui, en 484, se rendirent 
à Garthage pour la réunion ordonnée par le roi Hunéric 
et furent condamnés à Texil, à cause de leur zèle pour la 
foi catholique. Victor mourut pour cette même foi en 
exil, comme le montre la note probatus ajoutée à son 
nom. 

Numidia eut, plus tard, des Évèques titulaires, dont les 
noms suivent : 

Alphonse Naselli, de Palerme, en 1728 ; 

Sévérin Marie Gastelli, 27 mars 1765; 

Etienne de Blanquet de Réouville, 28 janvier 1828. 



LXXVl. — OBORI. I. 



La notice montre qu'il y avait deux Obori dans la Mau- 
ritanie césarienne. L'une de ces villes avait un Évèque 
®n 482 et l'autre n'en avait pas, car elle est comptée parmi 
<^©lles dont le siège épiscopal était vacant. Sur ces sièges 
vacants, nous ferons une remarque et nous observerons 
^ue Majuca se rapproche de ïamazuca, Nabala de Tabla, 

8 



— 114 — 

Tubuna de Tabunia, Maura de Amaura, toutes villes de la 
Césarienne. Les deux Obori ont absolument le même 
nom dans la notice. 

PIERRE. Il est le soixante-douzième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui, en 484, se ren- 
dirent à Carthage pour l'assemblée convoquée par le roi 
Hunéric et préférèrent généreusement l'exil à l'hérésie 
Arienne. 



LXXVIl. — OBORI. II. 

La seconde Obori ne paraît pas être plus connue que la 
première et même en 482 elle était sans Évêque. Ptolémée 
signale une ville appelée Bunobora dans la Maurétanie 
césarienne, et El Bekri, auteur arabe du douzième siècle 
mentionne la ville de Boura, entre Tiharet et Auzia. D y a 
encore, au sud d* Auzia, plusieurs localités qui portent 
nom d'El Bouri. 



LXXVIII. — OPPIDVM NOVVM. 

L'Itinéraire d'Antonin place la Colonie d'Oppidum N 
vum entre le municipe de Tigavas et le Castra Tigava^ 
à deux milles de celui-ci et à trente-deux milles du mun 
cipe. D'après Pline, le titre de Colonie lui fut donné p 



— 115 — 

TEmpereur Claude qui y plaça des vétérans. Ptolémée 
nomme, dans la Maurétanie césarienne, Oppidoneum et 
Oppidium. Un fragment d'inscription de Carthage men- 
tionne avec d'autres les Oppidani'No{vani) ^ 

L'auteur El Bekri appelle Oppidum Novum du nom 
d'El Khadra, la verte. Aujourd'hui elle s'appelle encore 
Aïn el Khadra, car elle s'est relevée de ses ruines et nous 
l'appelons, en uotre langue, Duperré. 

L'inscription suivante aflarme cette identité - : 

C . VLPIO . c. F. 

QIR. MATERN. 

AEDIL. IIVIR . IIVIR. 

QQ. OMNIBVS 

HONORIBVS 

FVNCTO . PRINCI 

PI . LOCO . AERE 

CONLATO 

OPPIDON 

Les ruines de l'antique cité sont étendues sur une col- 
îxie et occupent un grand espace, au confluent du Ghélif 
>t; de l'oued Ebda. Des restes d'aqueduc, d'un pont sur le 
3 Jnélif, des quais, et une nécropole, sont ce qu'il y a encore 

plus remarquable. 



VENANT. Il est le soixante-quatrième parmi les Évêques 
^^ la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric après la 
fevinion de Carthage, en 484, condamna à l'exil avec leurs 
xxtres collègues. La note pro})atus jointe au nom de Ve- 
lant, indique qu'il mourut pour la foi loin de son siège. 

* Corpus. 10530. 

* Ibid. 9643. 



— 116 — 



LXXIX. — OR AN. 



Oran est le chef-lieu de la province du même nom qui 
comprend la moitié de l'ancienne Césarienne, c'est-à-dire 
la partie occidentale. Il est fort probable que Oran a suc- 
cédé à une ville antique, mais jusqu'ici on n'a pas pu dé- 
couvrir son nom. Les Espagnols ont occupé Oran jusqu'à 
la fin du dernier siècle et elle aurait eu des Évêques dé- 
pendants de l'archevêque de Tolède. Nous ne connaissons 
pas leur nom. 

Le siège épiscopal actuel a été établi le 25 juillet 1866 
et il a été occupé par les Évêques dont les noms suivent : 

JEAH Baptiste Irénée Callot, préconisé le 12 juillet 1867 
et mort le 1^^ novembre 1875 ; 

LOUIS Joseph Vigne, préconisé le 3 avril 1876 et trans- 
féré à Digne, en mars 1880 ; 

PIERRE Marie Etienne Ardin, préconisé le 27 février 1880 
et transféré à La Rochelle en mars 1884 ; 

HOEL Matthieu Victor Marie Gaussail,préconisé le 27 mars 
1884, et transféré à Perpignan, le 31 mars 1886. 

6ERAVD Soubrier, préconisé le 10 juin 1886. 



— 117 — 



LXXX. — PANATORIA. 

Panatoria, si ce nom est exact, est une ville peu connue 
et dont les géographes ne parlent point. Il est certain, ce- 
pendant, d'après la notice, qu'elle se trouvait dans la Mau- 
rètanie césarienne. Nous ne connaissons, en cette province, 
qu'une montagne dite de Pastorianay que fait connaître 
une inscription trouvée à Korn el Asnam, à huit kilomètres 
d' Auzia, vers le sud-ouest * . 

DONAT. La notice le cite le onzième parmi les Évêques 
de la Maurétanie césarienne qui, après la réunion de Car- 
thage, en 484, furent condamnés à l'exil par le roi Hunéric 
avec tous les autres Évêques de cette assemblée. 



LXXXI. — POMARIA. 

Pomaria, autrement Pamaria, était une ville inconnue, 
mais qui a été récemment retrouvée. C'est la ville actuelle 
-de Tlemcen, qui fut importante à l'époque romaine et de- 
vint au Moyen-Age, la capitale d'un royaume berbère cé- 
lèbre dont les souvenirs font encore l'admiration des visi- 
teurs. Elle devait son nom latin à de magnifiques vergers 
<jui n'ont rien perdu de leur ravissante beauté. L'antique 

' Corpus. 9180. 



— 118 — 



cité avait son centre à Agadir ; elle s'élevait sur un plateau 
que domine la montagne de Lalla Setti. 

A Tépoque de Sévère, la troupe qui gardait Pomaria 
s'appelait Ala exploratorum Pomariensium Severia- 
na, comme le montre le texte suivant ^ : 

DEO 

SANCTO 

AVLI SVAE 

FL CASSI 

ANVS PRAE 

FECT ALAE 

EXPLORA 

TORVM 

POMARI 

ENSIVM 

seveRIANAE 

Sous Gordien, cette troupe de cavalerie avait pris le nom 
de Ala exploratorum Pomariensium Gordiana^» 

Nous lisons le nom de Pomaria dans une épitaphe chré- 
tienne de Regias, ainsi conçue ^ : 

DEl SANCTI AETERNI IVSSV VA 

LENTIAE lANVARIAE APERTIAE PO 

MARIS DEFVNCTA ANI PM XL 

ET APERTIAE VALENTIAE FIL 

EIVS QVAE VIX ANI V APER 

TIVS SORICVS VXORI DO 

NATVS MATRI PIISSIME 

Les épitaphes chrétiennes de Pomaria contiennent gèn^ 
ralement la formule donum œtemalem fecit^ : 

» Corpus. 9906. 
♦ Corpus. 9907. 
» Eph. V. 1058. 
-* Corpus. 9923. 



— 119 — 

DMS 

IVLIVS lAD 

IR \ ICXIT ANI 

S LXX CVI FILI 

FECERVNT 

DOMVM ET 

ERNALEM AN 

PROVICIE dXCV a. 635. 

Presque toutes offrent également la formule DMS qui 
avait perdu sans doute pour les chrétiens sa significationi 
païenne. 

L0N6IN. Il figure le quarante-troisième sur la liste de& 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à 
Garthage en 484 quand le roi Hunéric convoqua tous les 
Évêques d'Afrique avec leurs autres collègues, ils préfé-^ 
rèrent courageusement l'exil à Thérésié arienne. Victor de 
Vite a célébré Longin de Pomaria ^ avec Eugène de Gar- 
thage et Vindémial de Gapsa. Il se signala, en effet, à Gar- 
thage, et c'est de lui que parlent Grégoire de Tours - et 
Frédégaire dans sa chronique ^. Le martyrologe d'Usuard 
annonce les trois Évêques comme martyrs le premier jour 
de février. 



LXXXII. — QVIZA. 

G'est cette ville que Pline nomme Quiza Xenitana, ville 
d'étrangers. Ptolémèe lui donne le titre de Golonie etTIti- 
fîéraire d'Antonin celui de municipe. Elle appartenait à la 

* Pers. Vaud. 2. 17. 

* Hist. Franc. 2. 

^ Migne Patrol. tom. 71. 



— 120 — 

Maure tanie césarienne et était située entre Portus Magnus 
et Arsinnari, non loin de la mer. Pline la nomme entre le 
fleuve royal, Mulucha, Chélif actuel et Arsinnari, tandis 
que Ptolémée la place entre le Chilemat, autre nom du 
Chélif et le Deorum Portus. L'Itinéraire la met à quarante 
milles de Portus Magnus et à la même distance d'Arsin- 
ntri.Pomponius Mêla l'appelle Quiza Castellum, tandis que 
Possidius la nomme Quida Colonia. Les ruines de Quiza 
se voient encore sur la rive droite du Chélif, entre le vil- 
lage appelé Pont du Chélif et la mer, à trois kilomètres et 
demi du village. Elles s'étendent au pied et sur les pentes 
d'un plateau escarpé, couronné jadis par une citadelle. 
Les restes de son port se trouvent à l'embouchure du Ché- 
lif, sur sa rive droite. Ce port était à sept kilomètres delà 
ville dont les ruines sont connues aujourd'hui sous le nom 
de El Benian. 

Le nom ancien parait dans l'inscription suivante ' : 

MEMORIAE 

C. IVLI EXTRI 

CATI . FILI . SVI 

DULCISSIMI ATQ 

INNOCENTISSIMI 

C. IVLIVS HONG 

RATVS PRINCEPS 

PATRIAE SVAE 

DISP . REIP . Q. 

ET CURATOR 

PATRONUS 

PROVINXIAE 

PRISCVS. Il assista, en 411, parmi les Catholiques, à la 
Conférence de Carthage où, après la lecture de sa sous- 

i Corpus. 9699. 



— 121 — 

cription, il ajouta ^ : Je n'ai point de donatiste. Celui 
qui y était avec quelques-uns de ses parents s'en est 
retourné avec eux. A cette déclaration, Honorât d'Aquas 
Sira, Évêque donatiste, répondit liVo^re Èvêque de Quiza 
a succombé dans la persécution ; nous avons là nos 
prêtres. Ce Priscus doit être celui dont parle saint Augus- 
tin dans sa deux cent neuvième lettre au pape Gélestin, 
lorsqu'il dit : Que Priscus, Èvêque de la province Cé- 
sarienne, crie : Ou bien le droit à la dignité de Pri- 
mat devait rrCêtre accordé comme aux autres, ou 
bien on ne devait pas me laisser la dignité épiscopale. 
D'où il ressort qu'on avait condamné Priscus à se voir re- 
poussé de la Primalie, alors même qu'elle lui aurait été 
due à cause de son ancienneté. Saint Augustin dit qu'il 
ne fait que rappeler des exemples récents. 

TIBERIEN. Il est cité le second sur la liste des Évêques 
de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric convoqua 
à la réunion générale de Carthage, en 484, et qu'il con- 
damna à l'exil avec tous les autres Évêques. 

VITALIEN. Il est connu par une inscription en mosaïque 
qui a dû appartenir à une basilique de Quiza. Elle porte 
ce qui suit^ : 

IN NOMINE DOMINI SALVATORIS 

SANCTO VITALIANO EPISCOPO 

ULPIANA CVM SUIS 

CHRISTO IVBENTE PERFECIT 

L'Évêque Vitalien est appelé saint et tout indique qu'il 

1 Cog. 1. 143. 

2 Corpus. 9703. 



— 122 — 



était honoré comme tel dans l'Église de Quiza ; mais nou» 
ignorons à quelle époque il a gouverné cette église. 



LXXXIII. — RAPIDI. 



La notice de 482 attribue Lapidi, altération de Rapidi, 
à la Maurétanie césarienne. On ne peut voir, en effet, dans 
cette variante, qu'une faute de copiste, qui ne peut s'é- 
claircir, quand le manuscrit est unique comme Test le 
manuscrit de Laon, que par les textes épigraphiques et 
par les données géographiques. 

Or ritinéraire d'Antonin place Rapidum ou Rapidi 
entre Auzia et Tirinadi, à seize milles d'Auzia et à vingt- 
cinq milles de Tirinadi. C'est, en effet, à Sour Djouab, 
entre Aumale et Médéa, que Rapidi a été retrouvée. Il y 
a là des ruines assez importantes qui couvrent une colline, 
allongée de l'est à l'ouest, et baignée au nord et au sud 
par deux petits affluents du haut Isser. C'était une station 
militaire, fondée par l'empereur Adrien, en 122, comme 
le montrent diverses inscriptions, découvertes en remettant 
au jour l'enceinte des murailles. L'une d'elles dit * : 

felicissimis et bEATISSIMIS . TEMPORIBVS . SVIS . 

imp.Caes. c. val. DIOCETIANVS . INVICTVS . PIVS . FEL. AVG. ET 

imp. Caes. m. aur. Val. m AXIMIANVS . INVICTVS . PIVS . 

FEL . AVG . ET . 
flavius val. ConstantIVS . ET . GALER . VAL . MAXIMIANVS 

NOBILISSIMI . CAESS. 

» Eph. V. 956. Cf. 954 et seq. 



— 123 — 

MVNICIPIVM . RAPIDENSE . ANTE . PLVRIMA . TEMPORA . 

REBELLIVM 
INCVRSIONE . CAPTViM . AC . DIRVTVM . AD . PRISTINVM . 

STATVM 

A . FVNDAMENTIS . RESTITVERVNT . CVRANTE 

VLPIO . APOLLONIO . V. E. P. P. M. C. NVMINI . MAIESTATIQ . 

EOR Devoto 

Un texte de Tan 167 nous apprend que les vétérans et 
les citoyens 

VETERANI ET PAGANI CONSISTENTES APVT RAPIDVM 

élevèrent à leurs frais le mur d'enceinte de la ville ^ 

Un milliairede TépoquedeDioclétien se termine comme 
suit*' : 

AB AVZIA RAPI 
DV M P 1 

Ce milliaire était en place. 

Nous devons ajouter que l'Itinéraire d'Antonin signale 
sur la même voie romaine un Rapida Castra placé à douze 
milles de Rusucurru, représenté sans doute par la ville 
actuelle de Dellys. Le Castra Rapida devait se trouver 
prèsBordj Menaïel (Haussonville). Il y eut donc deux villes, 
dont Tune eut le titre de municipe, qui furent à l'origine 
des établissements militaires et portèrent toutes deux le 
nom de Rapidum ou Rapidi, comme il y eut un municipe 
•de Tigavas et un camp du même nom. 

RE8TITUT. Il figure le soixante et unième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à la 

1 Eph. V. 955. 
a Ibid. 1150. 



— 124 — 

réunion de Carthage en 484 et furent ensuite exilés parle 
roi Hunéric avec leurs autres collègues. Restitut fut un 
de ceux qui moururent au loin pour leur foi et qui ne 
revirent pas leur église, comme l'indique la note probatus 
ajoutée à son nom. Il est dit Évêque de Lapidia, parla 
faute du copiste, très probablement, comme nous l'avons 
observé. 



LXXXIV. — REGIAS. 

L'Itinéraire d'Antonin indique la station Ad Regias 
entre Tasaccora et Ad Dracones, à vingt-cinq milles de 
Tasaccora et à vingt-quatre milles de Ad Dracones. Regias 
est par conséquent représentée par les ruines d'Arbal, 
comme le montrent, du reste, plusieurs fragments d'ins- 
criptions * dans lesquelles est mentionnée la respublica 
regiensis. 

Les ruines d'Arbal sont étendues sur un contrefort très 
bas de la chaîne du petit Atlas : elles dominent toute la 
plaine de la Mlita. On y a retrouvé les restes d'une basi- 
lique chrétienne partagée en trois nefs et des épitaphes 
chrétiennes, assez intéressantes^ : 

MEMORIE IVLIE VALE 

RIE QVI IN PAC 
E DOMINICA PRECESS 

IT QVI VICSIT ANN 
IS XV IVLIVS CATIVS 
MESA FECIT PR CCCLI 

1 Bull. arch. 1885. p. 338. Corpus. 9792. 

2 Bull, des ant. afric. 1884. p. 286. 



— 125 — 

La formule in pace dominica precessît est à re- 
marquer avec le mensam fecii. La suivante est aussi cu- 
rieuse ^ : 

D M s 

ANTONIO 
VICTORI M 
ARITO AMA 

NTISSIMO 

QVI VICXI 

T ANNIS 
LXXX MESA 

PERFECIt 
P CCCXLIII 

VICTOR. La notice le cite le cinquante et unième parmi 
les Évêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent 
à la réunion générale de Garthage en 484 et furent ensuite 
condamnés à l'exil qu'ils subirent avec tous les autres 
Évêques. 



LXXXV. — REPERI. 



L'anonyme de Ravenne seul signale une localité du nom 
de Repetiniana entre Tigisis et Castellum, c'est-à-dire dans 
la plaine de la Mitidja. Mais nous ne saurions affirmer que 
Repetiniana est la même ville que Reperi. 

CELIEN. Il figure le soixante-dixième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à 

1 Ibid. 1882. p. 56. 



— 126 — 

Carthage, en 484, pour assister à la réunion convoquée 
par le roi Hunéric et qui, sur Tordre de ce même roi, 
furent ensuite exilés avec les autres Évêques. 



LXXXVI. — RVSADVS. 

Rusadùs, autrement Rusazùs, était une ville de la Mau- 
rétanie césarienne. Située entre lomnium et Saldas, à trente- 
huit milles de lomnium et à trente-cinq de Saldas, elle 
est nommée colonie dans Pline et municipe dans Tltiné- 
raire d'Antonin et dans la table de Peutinger, mais celle- 
ci place Rusadùs à vingt-cinq milles de Saldas, à vingt- 
trois milles de Rusupisir et par suite à quarante-deux 
milles de lomnium. Ptolémée nomme Rusazus entre 
Rusubisir et Vabar. 

D'après toutes ces données, on est porté à croire que 
Rusadùs est représentée par les grandes ruines du village 
d'Azeffoun. L'oppidum était situé sur le point culminant. 
Deux forts dominaient Toued Sidi Joucef : un troisième 
fortin et une forteresse défendaient toutes les approches 
de la ville dont le port était près de l'embouchure de la 
rivière. 

Les environs sont habités par la tribu des Azzouza, 
dont le nom peut rappeler celui de la ville, si la vraie 
appellation de celle-ci était Rusazus. Dans une inscription 
mutilée que les ruines d'Azeflfoun ont fournie, on a lu 
les lettres Ries qui peuvent également appartenir à Rusa- 
dùs et à Rusupisir ^ . 

i Corpus. 8991 



— 127 — • 

ID0NIV8. La notice le nomme le soixante-neuvième 
parmi les Évêques de la Maurétanie césarienne qui se ren- 
dirent, sur la convocation du roi Hunéric, avec les autres 
Évêques, à la réunion de Carthage, en 484 et furent tous, 
à cause de leur profession de foi catholique, condamnés à 
prendre le chemin de l'exil. 



LXXXVII. — RVSGVNIA. 



L'Itinéraire d'Antonin mentionne la colonie de Rusgu- 
liae à quinze milles d'Icosium et à vingt-quatre milles de 
tusubbicari, ce qui nous conduit au cap Matifou où se 
''oient les restes de la ville antique et parmi ceux-ci les 
''estiges d'une basilique chrétienne. Est-ce la basilique 
lont il est parlé dans le texte suivant ^ : 

t SANCTO LIGNO CRVCIS CHRISTI SALVATORIS ADLATO 
ADQ. HIC SITO FLAVIVS NVVEL . EX PRAEPOSITIS . EQITV 

M ARMIGERORVM IVNIOR FILIVS SATVRNINI VIRI 

^ERFECTISSIMI EX COMITIBVS ET COLLCIAE HONESTISSIMA 

E FEMINAE PRIMEPOS ELVRI LACONIQ BASILICAM VOTO 

PROMISSAM ADQ OBLATAM CVM CONIVGE NONNI 

CA AC SVIS OMXIBVS DEDICAVIT 

Flavius Nubel peut fort bien être le père du fameux 
Firmus dont le tombeau se trouvait, comme nous le 
croyons, au col des Béni Aïcha, aujourd'hui Ménerville. 

Pline appelle Rusguniae une colonie d'Auguste. Ptolé- 

ï Corpus. 9255. 



— 128 — 

mée la nomme également entre la Rivière Savus, THar- 
rach et la ville de Rusicibar, qui doit être la même que 
Rusubbicari de Tltinèraire. Pline la nomme entre Icosium 
etRusuccuru. Rusguniae ne doit pas être différente delà 
Ruthisia de Pomponius Melo. 

Du reste, plusieurs dédicaces, provenant de Rusguni» 
portent le nom de la ville. L'une d'elles est incomplète* : 

QVxVESTORI . THIBVNo 

pLEHI . LKGATO. A[.FIDI . SABINI 

PROCOS . SICILIAK . PRAEToRK) 

LEGATO . VE . LEPIDI . PROCOS . ASIAE 

PATRONO . RVSGVNIENSES 

Une autre dédicace mentionne Licînius BonatuSy de- 
curio patrîœ Rusguniensiwn - et parle d'une area de 
Saturne. 

Dans une épitaphe chrétienne de Rusguniae nouslisonsl* 

t xMEM . FL. Zn^ERIS 

TRIBN . N . PRM. FEL. 

IVST . DEPOSITVS EST 

IN . PC. AGENS TRIBV 

NATV . RVSG . ANN . XII 

Rusguniae avait une population d'étrangers, comme le 
montre l'inscription suivante^ : 

L . TADIO . L . FIL . QVIR 

ROGATO 

DEC . AED . IIVIR . IIVIR 

QQ . RVSG . ET RVSG 

CONSISTENTES oB 

1 Corpus. 9247. 

2 Ibid. 9249. 

3 Ibid. 9248. 
* Ibid. 9250 



— 129 — 

MERITA QVOD FRV 

MENTVM INTVLERIT 

ET ANNONAM PAS 

SVs non SIT INCRFSCERE 

AERE CONLATO 

Cette ville servait sans doute de port à Auzia, car il y 
avait une sorte de Confédération établie entre les deux 
villes, selon Tinscription suivante, d' Auzia ^ : 

q. g ARGILIO. Q. F. Q. MARTIALI. EQ. R 

prAEF. COH. I. ASTVRVM. PR. BRITTA 

nlAE . TRIB . COHISP . PR . MAVR . CAE 

a MIL . PRAEP . COH. SING . ET . VEX 

e QQ . MAVROR . IN TERRITORIO 

aVZIENSI . PRAETENDENTIVM 

DEC . DVARVM . COLL . AVZIEN 

SIS . ET. RVSGVNIENSIS ET PAT 

PROV . OB INSIGNEM IN CI. 

VES AMOREM . ET SINGVLA 

REM . ERGA PATRIAM ADFEC 

TIONEM ET QVOD EIVS VIR 

TVTE AC VIGILANTIA . FA 

RAXEN . REBELLIS CVM SA 

TELLITIBVS SVIS FVERIT . 

CAPTVS ET INTERFECTVS 

ORDO COL . AVZIENSIS . 

INSIDIIS BAVARVM DE 

CEPTO P.P.F DD. VIII. KAL 

a PR . PR . CCXXI 26 mars 260 

L'ancienne colonie de Rusgunias formait un rectangle 
de huit cents mètres sur quatre cents. Ses monuments ont 
servi à bâtir la moderne Alger. L'édifice le mieux con- 
servé était la basilique appelée par les indigènes Kasba 
ed Dakious. Le nom actuel de Cap Matifou est une alté- 

i Corpus. 9041. 



— 130 — 

ration du berbère Ras Temendfoust. C'est en cet endroit 
que les débris de l'expédition de Charles-Quint se rem- 
barquèrent pour l'Espagne après la malheureuse attaque 
d'Alger. 

NVMERIEN. Il fut député, en 419, par les Evêques de sa 
province, comme légat, au Concile de Carthage compté 
comme le septième. Il y souscrivit le dernier K 

BONIFACE. Il figure le soixante-troisième parmi les 
Évoques de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric, 
qui les avait appelés à l'assemblée de Carthage en 484, 
condamna à l'exil avec tous leurs autres collègues. 



LXXXVIII. — RVSVBBIGARI. 

Cette ville devait son nom, comme les deux précédentes 
et comme plusieurs autres, à un promontoire. Dans la 
notice de 482 elle est appelée Rubicaria. C'est aussi le 
Castellum Subicarense dont parle Ammien Marcellin et 
qu'il semble placer dans la région des Isaflenses qui peuven"! 
être les Flissa actuels. Le corps du rebelle Firmus fut ap- 
porté dans Subicari au comte Théodose, et nous avons fait: 
remarquer à l'article de Rusgunias que le tombeau d 
Firmus se trouvait à Benian intâ Soumâ, au col des Benr 
Aïcha, aujourd'hui Ménerville-. 

1 Hard. 1. 1250. 

2 Corpus. 9011. 



— 131 — 

L'Itinéraire d' Antonin place Rusubbicari à vingt-quatre 
milles de Rusgunise et à douze milles de Gissi. La Table 
de Peutinger lui donne le nom de Rusubbicari Matidiae, 
qui est resté attaché jusqu'aujourd'hui à la fameuse 
plaine de la Mitidja et qui lui vient d'un membre de la 
famille Trajane ; elle la met à vingt-deux milles de Cissi. 

Ptolémée l'appelle Rusicibar et la nomme entre Rus- 
guniae et Modunga. De ces données nous concluons que 
Rusubbicari était une ville forte, assise sur un promon- 
toire maritime et dominant une plaine qui formait un 
domaine de l'une ou l'autre Matidia. Nous devons donc 
la reconnaître dans les ruines de Mers el Hadjedje. Ce 
port est fermé à Test par une élévation toute couverte de 
•ruines. Les restes de la ville occupent environ dix hec- 
•tares. On voit dans les eaux les restes d'une jetée. 

CONSTANCE. Il assista, en 411, avec les Donatistes, à la 
Conférence de Carthage, sans adversaire catholique, et à 
l'appel de son nom il dit^ : J'ai donné mandat et j'ai 
sotcscrit, 

PAVLIN. La notice le cite le soixante-dix-septième parmi 

lesÉvêquesde la Maurétanie césarienne qui se rendirent à 

la réunion de Carthage, en 484, et furent ensuite par 

-ordre du roi Hunéric exilés avec tous les autres Évèques. 

^ Cog. 1. 197. 



— 132 — 



LXXXIX. — RVSVBISIR. 

Ptolémée place Rusubisir entre lomnium et Rusazus, 
La Table de Peutinger écrit Rusipisir et met vingt-trois 
milles de Rusadus à Rusipisir et quarante-deux milles de 
Rusipisir à lomnium. L'anonyme de Ravenne la nomme 
Rusuvisir, tandis que la notice de 482 porte Rusubir, sans 
doute par contraction. Car, évidemment, il s'agit d'une 
même ville. On ne s'accorde pourtant pas sur sa position. 
Les uns la retrouvent à Tiza sur l'oued Mlata, d'autres à 
Azeflfoun où nous avons placé Rusazus, d'autres enfin à 
Taksebt, sur le prolongement du djebel Bizar, où nous 
mettrions plutôt lomnium. Ce qui est certain c'est que la 
ville se trouvait, comme les précédentes, sur un promon- 
toire qui lui avait donné son nom. 

FEUX. Il figure le vingt-deuxième sur la liste des Évê- 
ques de la Maurétanie césarienne qui, en 484, se rendi- 
rent à Carthage, où le 'roi Hunéric avait convoqué tous les 
Évèques d'Afrique, et furent ensuite exilés avec tous leurs 
autres collègues à cause de leur profession de foi catho- 
lique. 



XC. — RVSVCCVRV. 

Rusuccuru était une ville notable de la Maurétanie cé- 
sarienne, car Pline constate qu'elle fut honorée par Claude 
du droit de cité romaine. Dans l'Itinéraire d'Antonin elle 



— 133 — 

est appelée colonie et placée sur la côte même, entre les 
municipes de Cissi et de lomnium, à douze milles de 
Cissi, à dix-huit milles d'Iomnium et à douze milles de 
Rapida Castra. La Table de Peutinger lui donne le même 
titre, la met aussi à douze milles de Cissi, mais à vingt- 
huit milles de lomnium et à douze milles de Tigisis, ville 
située dans Tintérieurdes terres. Ptolémée mentionne Cissi, 
Addumi, Rusuccuru et lomnium, et Tanonyme de Ra- 
venne cite Rusguniae, Rusuccuru et lomnium. Avec tous 
ces éléments on n'est pas encore fixé sur la situation pré- 
cise de Rusuccuru. Les uns, en effet, la reconnaissent dans 
la ville actuelle de Dellys, tandis que les autres la voient 
dans les ruines de Tigzirt dont nous avons parlé à Tar- 
ticle de lomnium. C'est au milieu de ces ruines impor- 
tantes qu'a été trouvé le texte suivant qui donne à Ru- 
succuru le titre de municipe * : 

.GENIO. MVNICIPII. RVSVCCVRITANI. 

C. IVLIVS. RVSTICI. FIL. QVIR. FELIX. RVSVCCVRITANVS 

DECVRIO. AB. ORDINE. ALLECTVS. PRAEF. PRO IIVIRIS 

ATQVE. AB. ORDINE. ELECTUS. II. VIRV. ITEM. II. VIRV. QQ 

FLAMEN. AVGGg. AVGVR. PERPETVVS. DEPOSITA. AD SO 
LVM. DOMO. SVA. VETERI. TEMPLVM ET STATVAM SVA PECV 

NIA FECIT ET DEDICA vit 

Deux dédicaces découvertes, non loin de là, dans les 
ruines de Taksebt, mentionnent également Rusuccuru ^. 

L. ANNIO. MA 
XIMO. MODES 
TI FIL QVIRI 
NA RVSVCCV 
RITAN EQVI 

ï Corpus. 8995. 
2 Inédite. 



— 134 — 

TI KOMANO. AE 

DILIQ FLAMI 

MCIO du VxMVI 

RALIQ 

L. ANNI us MO 

DKSTVS I^ATRI 

PIISSIMO 

Dans une autre il est question encore sans doute de 
Rusuccuru et de son titre de colonie ' : 

C. DOMITIO FIL 

FRATRI OPTIMO 

DOMIT ia ROM A 

NA SOROR i:X VO 

LVNTA te Ir ATRIS 

SVI QV aest fl AM 

COLON m ANDA 

TVQVe dato SIBI 

LOCO dec VRIO 

NIBVS po SVIT 

DED icavi TQ 

Pourquoi le personnage dont il est question ci-dessu& 
prend-il soin de faire graver le titre d'habitant de Rusuc- 
curu s'il est dans sa patrie ? Si Tigzirt et Taksebt repré- 
sentent Rusuccuru, comment concilier les distances fournies 
par les géographes? Tigzirt est à vingt-huit kilomètres à. 
Test de Dellys et Taksebt à trente-cinq kilomètres. D'autr© 
part,Dellys a toujours été une ville importante. Les restée 
d'antiquité qu'on y a retrouvés suffiraient à le prouver ^"^ 
le magnifique sarcophage chrétien tout en marbre qui y ^ 
été trouvé montre qu'il y avait là de riches familles chré -* 
tiennes. Il a été transporté au musée d'Alger. 

Y avait-il une colonie de Rusuccuru et un municip 

1 Inédite. 



— 135 — 

du même nom? Cette ville comprenait-elle deux centres 
comme plusieurs autres cités du littoral maurétanien ? 
Taksebt était-elle la colonie, l'acropole, etTigzirtle centre 
maritime, le port de la colonie ? Ces diverses questions ne 
sont pas encore complètement résolues. 

On annonce en ce moment qu'une basilique de Tigzirt, 
découverte il y a quelques semaines, se compose de trois 
nefs divisées en onze travées, soutenues par de doubles 
colonnes. Dans Tabside, deux portes, encore en place, 
communiquent avec les sacristies. 

La basilique de Tigzirt était une des plus belles de la 
Mauritanie. Bâtie avec les matériaux des anciens temples, 
elle contenait plus de cent colonnes dépassant un mètre 
de diamètre. EniBn le sol était entièrement recouvert d'un 
dallage de mosaïque. Une grande partie de cette riche dé- 
coration a disparu; cependant, certains fragments bien 
conservés ont été retrouvés. Au milieu de motifs ornemen- 
taux des plus élégants, étaient intercalées une foule d'ins- 
criptions, de devises, de maximes morales et de scènes 
symboliques, comme le sacrifice d'Abraham ; deux sculp- 
tures : une martyre et Balaam frappant son ânesse. L'ar- 
chitecte chargé des fouilles pense que la basilique a pu 
être construite au v^ siècle, restaurée au vi^ et détruite 
par un incendie, probablement à l'époque de l'invasion 
arabe. 

Rusuccuru est la patrie de la glorieuse vierge sainte 
Marcienne, qui subit le martyre sous Dioclétien, à Césarée, 
métropole de la province. Elle est honorée le douze fé- 
vrier. 

FORTVNAT. Il se trouva, en 411, parmi les Évèques ca- 
tholiques à la Conférence de Carthage où, après la lecture 



— 136 — 

de sa souscription, il dit ^ : J'ai pour compétiteur Optât. 
Celui-ci ajouta : Je le connais , et appelé à son tour il 
dit '-' : J'ai donné 7nandat et J'ai souscrit. 

NI6ELLV8. Les Évèques de la Maure tanie césarienne le 
déléguèrent, en 419, au Concile de Carthage dans lequel il 
souscrivit le premier des légats de sa province ^. 

METTVH. Il figure le cinquante-quatrième sur la liste des 
Évèques de la Maurétanie césarienne qui, sur la convoca- 
tion du roi Hunéric, se rendirent, en 484, à la réunion de 
Carthage et de là partirent pour l'exil avec leurs autres 
collègues. 



XCI. — SAIA. 



Hardouin place Saïa dans la Proconsulaire. Nous croyons 
qu'elle appartient plutôt à la Maurétanie césarienne. 

DOHAT de Saïa assista, en 411, à la Conférence de Car- 
thage et répondit àTappel de son nom parmi les Évèques 
catholiques ^ : Je suis présent, et il ajouta au sujet de 
son église : Nous avons l'unité, 

DOHAT de Saïa, autrement de Saiaca, est mentionné dans, 
une lettre de Léon le Grand, écrite vers Tan 446 et adres— 

» Cog. 1. 135. 
'^ Ibid. 176. 
3 Hard. 1 . 1250. 
♦ Cog. 1. 128. 



— 137 — 

3ée à tous les Évêques de la Maurétanie césarienne. Voici 
comment s'exprime le pape Léon ^ : Nous voulons que 
Bonat de Sala ^^ converti avec son peuple de Vhérésie 
de Novatîen, comme nous rapprenons, continue à , 
présider au troupeau du Seigneur y mais à la condi- 
tion qu'il nous adresse sa profession de foi, dans 
laquelle il condam/nera les erreurs de Novatîen et 
confessera pleinement la vérité catholique. On trouve 
pour le nom de cet Évêque les variantes Salicina et Sa- 
taca. Le codex de la Bibliothèque du Mont Cassin l'appelle 
Donat de Novatiana ^ 



XCII. — SATAFI. 

La notice reconnaît en Afrique deux villes du nom de 
Satafl, en outre de Sitifis et de Sitipa. L'une des deux 
Satafi appartenait à la Maurétanie césarienne. Elle n'est 
pas autrement connue que par la notice de 482. 

CRESCENT. Il est le cent seizième sur la liste des Évêques 
de la Maurétanie césarienne qui, en 484, se rendirent à 
la réunion de Carthage et de là furent chassés en exil par 
le roi Hunéric avec leurs autres collègues. La note pro- 
i>atus jointe au nom de Crescent indique qu'il mourut 
jpour la foi catholique loin de son siège. 

» Ep. 12. edit. Ballerini. Tom. I. p. 657. 

2 Mss. Barberini n. XIV. 52. fol. 17. 

3 I. p. 287. 



— 138 — 



XCIII. — SEREDDELI. 

D'après la notice de 482, Sereddeli était une ville de la 
Maurétanie césarienne. Mais les géographes n'en disent 
rien. 

R06AT. Il est le quatre-vingt-douzième sur la liste des 
Évèques de la Maurétanie césarienne que Hunéric, après 
leur réunion à Garthage, en 484, exila avec les autres 
Évêques qu'il avait convoqués. 



XCIV. — SERTA. 



La ville de Serta se trouvait aussi, d'après la notice, 
dans la Maurétanie césarienne. Nous n'en savons rien de 
plus. 

SATVRNIN. Il est le cent dix-septième parmi les Évêques 
de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à rassemblée 
de Garthage, en 484, et furent ensuite exilés avec les 
autres Évêques convoqués par le roi Hunéric. La not^ 
probatics joinie au nom de Saturnin indique qu'il mourut 
en exil pour la confession de la foi catholique. 



— 139 — 



XGV. — SESTA. 



Sesta n'est connue que par la notice de 482. 

CRE8CENT. Il est le trente-sixième sur la liste des Évêques 
de la Maurétanie césarienne qui, convoqués par le roi 
Hunéric à la réunion de Garthage, en 484, furent condam- 
nés à la peine commune de l'exil. La note probattes jointe 
au nom de Crescent montre que lui aussi mourut pour sa 
foi en exil. 



XCVI. — SFASFERIA. 

Les géographes ne nous apprennent rien de Sfasferia. 
Seule, la notice la place dans la Maurétanie césarienne. 

RVFVS. Il est le cinquante-cinquième parmi les Évêques 
de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à la réunion 
convoquée à Garthage, en 484, par le roi Hunéric et furent 
exilés avec tous leurs autres collègues. 



— 140 



XCVII. — SICCESl. 



Sous ce nom, nous pourrions voir le municipe de Siga, 
dont nous avons déjà parlé à Tarticle de Ita. C'était une 
ville célèbre de la Maurétanie césarienne, située vis-à-vis 
de Malaga d'Espagne et qui fut la résidence royale de 
Sj^phax. Il n'est pas croyable, en effet, que, au temps où 
Hunéric sévissait contre les catholiques et où l'Afrique 
comptait un si grand nombre d'Évêques, une ville de pre- 
mier rang n'eût pas d'Évèché. Au contraire, il n'est pas 
étonnant de trouver dans les manuscrits Siccesitanus au 
lieu de Sigensis. 

L'Itinéraire d'Antonin met le municipe de Siga entre 
Portus Gaecilii et Portus Sigensis ; il mentionne, en outre, 
Antisiga entré Portus Gaecilii et ad Fratres. Il y avait 
donc trois localités portant le nom de Siga et très voisines 
l'une de l'autre. Le municipe de Siga est représenté par 
les ruines de Takembrit, situées sur la rive droite de la 
Tafna et à cinq kilomètres de l'embouchure de cette rivière 
où était le port de Siga. 

Ptolémée nomme la colonie de la ville de Siga et le 
fleuve de Siga, qui est la moderne Tafna. Scylax écrit la 
ville de Sigon. Pline la nomme Siga Oppidum ainsi que 
Solin, tandis que Pomponius Mêla l'appelle urbs parva. 
Le port de Siga porte aujourd'hui le nom de Rachgoun, 
jadis Archgol, qui peut être une altération de Ras Sigon. 

MARTIN. Cet évêque assista, dans les rangs des Dona- 
tistes, à la Conférence de Garthage de 41 1 . Il y répondit à 



— 141 — 

rappel ' : J'ai donné mandat et j'ai souscrit y mais sans 
faire aucune mention d'un Évêque catholique. 

EMPTACIV8. La notice le mentionne le quatre- vingtième 
sur la liste des Évêques de la Maurétanie césarienne qui, 
convoqués à Garthage par le roi Hunéric, furent, après 
cette réunion, exilés avec leurs autres collègues. 

Il y aurait eu des Évêques titulaires de Siga : 

Daniel- Jean- Antoine de Gebsattek, 6 mai 1748 ; 

Augustin Baines, 29 janvier 1823. 



XGVIII. — SITA. 

La notice de 482 attribue Sita à la Maurétanie césa- 
Tienne. Or, l'anonyme de Ravenne qui a reproduit les 
géographes plus anciens dont les données sur cette partie 
de l'Afrique sont perdues, mentionne la colonie de Sita 
après ad Rubras. Ce nom, du reste, peut être confondu 
avec Siga et Ita, et encore atec Sira. Nous avons parlé 
ci-dessus de Ita, des Aquae de Sira et des diverses Siga. 

La ville actuelle de Lalla Maghnia s'appelait jadis Nu- 
merus Syrorum et la rivière qui y passe porte encore le 
nom de Oued Bou Sir. 

SATVRNE. Cet évêque était de la secte des Donatistes et 
assista dans leurs rangs à la Conférence deCarthage en 411. 
Il n'eut pas d'opposant catholique et à l'appel il répon- 
dit ^ : J'ai donné mandat et j'ai soicscrit. 

» Cog. 1. 197. 
2 Ibid.'198. 



— 142 — 

REPARAT. La notice Tinscrit le cent douzième parmi les 
Évèques qui, s'étant assemblés à Garthage en 484, furent 
exilés par ordre du roi Hunéric. 



XCIX. — SVBBAR. 

C'est une ville inconnue que seule la notice de 482 
nous a fait connaître. 

DONAT. La notice le mentionne le vingt-troisième parmi 
les Évèques de la Maurétanie césarienne exilés avec leurs 
autres collègues par le roi Hunéric après rassemblée de 
Garthage en 484. 



C. _ SVCARDA. 

Sucarda n'est pas connue des géographes, mais la no- 
tice de 482 l'attribue à la Maurétanie césarienne. 

POMPEIEN. Cet Évêque se rendit à Garthage en 411 pour 
assister à la Conférence parmi les catholiques ; mais sur- 
pris par une maladie il ne sortit pas de la maison où il 
avait pris sa demeure. C'est pourquoi, après la lecture de 
sa souscription, Alype de Thagaste l'excusa en disant * : 

» Cogn. 1. 135. 



— 143 — 

Il est à Carthage, mais il est Tnalade, Son compéti- 
teur Donat était aussi à Carthage, mais lui non plus, ne 
put, pour raison de santé, assister à la Conférence. A 
rappel de son nom, le donatiste Marinien d'Oea répondit 
pour lui ' : Il est ici en ville , mais il est m^alade. 

'8VBDATIVS. Il est porté le treizième parmi les Évêques 
de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à l'assem- 
blée de Carthage convoquée par le roi Hunéric en 484 et 
qui par son ordre furent ensuite exilés avec leurs autres 
collègues. 



CI. — SVFAR. I. 

La notice de 482 mentionne deux Évêques de Sufar 
dans la Maurétanie césarienne. Sufar était-il vraiment le 
nom de leur siège ? Ne faudrait-il pas y voir une erreur 
de copiste et lire Safar ? Une inscription d'Altava nous 
fait, en effet, connaître une ville de ce nom, importante 
au commencement du sixième siècle, puisqu'elle était ad- 
ministrée par un préfet. Voici le texte que nous avons 
donné déjà plus haut ' : 

PRO. SAL. ET. INCOL. REG. MASVNAE. GENT. 
MAVR. ET. ROMANOR. CASTRVM. EDIFIC. A. MAS 

GIVINI. PRAEF. DE SAFAR. IIDER. PROa CAST 
RA. SEVERIAN. QVEM. MASVNA. ALTAVA. POSVIT 
ET. MAXIM. PROC. ALT. PERFECT. PP. CCCCLXVIIII 

' Cogn. 1. 210. 
2 Corpus. 9835. 



— 144 — 

Une autre inscription d'Altava fait également mention 
de Safar. On peut donc conclure de ces textes que Safar 
était dans la région d'Altava. La notice de l'empereur 
Léon le Sage met dans la Maurétanie césarienne une ville 
nommée Suffar qui aurait eu encore des Évèques à la fin 
du neuvième siècle. 

VICTOR. Il est le troisième sur la liste des Évêques de la 
Maurétanie césarienne qui furent exilés par le roi Huné- 
ric avec les autres Évêques de l'Afrique en 484, après 
rassemblée de Carthage. 



cil. — SVFAR. II. 

Nous ne connaissons pas la seconde Sufar plus que la 
première, mais la notice nous montre qu'elle appartenait 
aussi à la Maurétanie césarienne. 

ROMAIN. Cet Évêque est porté le quatre-vingt-septième 
sur la liste des Évèques de la Maurétanie césarienne et il 
est appelé, comme Victor, Évêque de Sufar, sans quali- 
ficatif. Il faut donc admettre qu'il y avait, dans cette pro- 
vince, deux Sufar. Sans doute, ainsi que nous l'avons dit 

plus haut, il peut y avoir erreur dans la notice, il peut 

■» 

aussi y avoif erreur dans le nom. Pour une raison que 
nous ignorons, il peut y avoir eu en même temps deux 
Évêques dans la même ville. Antérieurement, il avait été 
décrété, au sujet des Évêques donatistes qui se repenti- 
raient, que, s'ils revenaient à l'unité catholique, les 



— 145 — 

diocèses où les deux partis avaient existé simulta- 
nément seraient divisés en parties égales^ c'est-à- 
dire qu'une des localités qui les composaient^ appar- 
tiendrait à l'un des deux Èvêques et une partie à 
l'autre^ et cela dans les conditions que le plus ancien 
dans l'èpiscopat ferait le partage et que le choix se- 
rait laissé au plus jeune ^ C'est pourquoi saint Augus- 
tin, parlant de la conversion des Donatistes, écrivait à 
Boniface ^ : Qu'ils viennent à la véritable Église du 
Christ, c'est-à-dire, à notre mère, l'Église catholi- 
que, qu'ils y soient clercs, qu'ils y soient Evêques pour 
son utilité, après avoir été ses adversaires avec hos- 
tilité. Ce temps des divisions, du reste, était passé. Ajou- 
tons que l'un ou l'autre Évèque a pu être appelé de Su- 
far, par contraction, pour Sufasar, dont nous allons parler. 



cm. _ SVFASAR. 



D'après l'Itinéraire d'Antonin, Sufasar était située à dix- 
neuf milles de Malliana et à quinze milles de Velisci, à 
seize milles d'Aquae et à la même distance de Caput cella. 
Il a été, dès lors, facile de reconnaître Sufasar dans les 
raines d'Amoura, qui dominent la vallée du Chélif. Les 
ruines sont importantes ; elles s'étendent sur un plateau 
appuyé contre des collines. On y remarquait une forte- 

1 Cod. eccl. afric. can. 118. 
« Ep. 185. n. 46. 

10 



— 146 — 

resse byzantine de quatre cents pas sur trois cents, un 
aqueduc qui amenait dans la ville les eaux d'Aïn Tolba 
et une nécropole située au sud de la ville. Des villas 
étaient disséminées aux environs, sur les deux rives du 
Chélif. 

L'anonyme de Ravenne mentionne Safasa qui peut fort 
bien être une erreur de copiste pour Sufasar. 

REPARAT. Il assista, dans les rangs des catholiques, à la 
Conférence de Garthage de 411. Après la lecture de sa 
souscription, il rendit de son église ce témoignage ' : Elle 
n'a point d'opposant, celui qui y était n'y est plus. 
Le diacre donatiste Habetdeum en donna cette explica- 
tion : il vient de mourir, ^nodo recessit. Le diocèse de 
Réparât s'étendait sans doute au loin, car lorsque Tévêque 
donatiste de Numidia se vanta ensuite de n'avoir point 
chez lui de traditeurs, Réparât ajouta ' : C'est mon dio- 
cèse, fai là un prêtre ; il y veille comrae vous. Nous 
ferons remarquer que, à cette époque, les diocèses qui 
n'avaient point d'Évêque catholique, appartenaient à ceux 
qui y envoyaient leurs prêtres. 



CIV. — SVMMVLA. 

La notice de 482 indique que Summula était une ville 
de la Maurétanie césarienne. Nous ne voyons pas cette 
ville mentionnée par les anciens géographes. 

» Cogn. 1. 135. 
2 Cog. 1 . 208. 



— 147 — 

QVODVVLTDEVS. La notice le porte le cent quatrième sur 
la liste des Évêques de la Maurétanie césarienne qui se 
rendirent à Carthage pour l'assemblée de 484 et furent 
ensuite exilés par ordre du roi Hunéric avec leurs autres 
collègues. L'annotation probatus jointe au nom de Quod- 
vultdeus nous apprend qu'il mourut pour la foi loin de 
son siège. 



CV. — TABADCARA. 

Nous savons aussi, par la notice de 482, que Tabadcara 
était une ville de la Maurétanie césarienne. Mais les géo- 
graphes ne nous en disent rien. Seul, Tanonyme de Ra- 
venne mentionne la ville de Tababac entre Auzia et 
Sitifis. 

CRISPIN. La notice le nomme le cent troisième parmi 
les Évèques de la Maurétanie césarienne que le roi Huné- 
ric exila avec leurs autres collègues, après la réunion de 
Carthage, en 484. 



GVI. — TABLA. 

Tabla appartenait à la Maurétanie césarienne, comme 
nous l'apprenons de la notice. D y avait une ville fron- 
tière nommée Tablata, et citée par la notice de l'Empire 



— 148 — 

entre Golumnata et Gâput cella. A son nom est ajoutée l'i- 
mage d'un castellum. C'est probablement le même que la 
cité épiscopale de Tabla. 

QVODVVLTDEVS. Il figure le soixantième sur la liste des^ 
Évèques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent en 
484 à la réunion de Garthage et que le roi Hunéric fit en- 
suite exiler. La note probatus jointe à son nom indique 
que Quodvultdeus mourut pour la foi loin de son siège. 



CVII. — TABORENTA. 

La notice de 482 indique que Taborenta était dans la 
Maurétanie césarienne, mais les géographes n'en parlent 
pas. Elle a pu laisser son nom au Tafrent qui est au-delà 
de Saïda dans la province d'Oran. 

VICTOR. Il figure le dix-huitième sur la liste des Évêques 
de la Maurétanie césarienne qui se rendirent en 484 à la 
réunion de Garthage et furent ensuite envoyés en exil par 
l'ordre du roi Hunéric avec les autres Évèques d'Afrique. 



GVIII. — TABVNIA. 

La notice nous apprend que Tabunia appartenait à la 
Maurétanie césarienne. Il y avait une Tubunae dans la 
Numidie, à l'est des Salinae Tubunenses, ou bassin du 



— 149 — 

Hodna. En outre, la Maurétanie césarienne avait aussi une 
ville épiscopale de Tubuna. Celle-ci devait se trouver aussi 
-dans le voisinage du même Chott, sur sa rive occidentale 
qui touchait à la Maurétanie césarienne. Nous ignorons 
s'il y a quelque rapport entre Tabunia et Tubuna et si ces 
deux noms sont exacts, puisque nous n'avons pour les 
contrôler qu'un seul manuscrit. 

QVINTVS. D figure le cent neuvième parmi lesÉvêquesde 
la Maurétanie césarienne qui, sur la convocation du roi 
Hunéric, se rendirent à la réunion de Carthage en 484 et 
furent ensuite exilés avec les autres Évèques par ordre de 
ce prince. La note joroôa^î^ ajoutée à son nom indique 
que Quintus mourut pour la foi loin de son siège. 



GIX. — TADAMATA. 



C'est encore un nom berbère, comme tant d'autres, se- 
lon que l'indiquent la lettre initiale et la finale du mot. 
La notice de 482 montre, d'autre part, qu'elle était dans 
la Maurétanie césarienne. Elle est probablement repré- 
sentée par Tadmit, ancien poste romain, dont l'impor- 
tance est toujours considérable. La tradition locale a 
conservé des souvenirs de la conquête arabe sur les ro- 
mains de cette région avancée et voisine de Laghouat. 

DAVID. Il figure le cent cinquième sur la liste des Évè- 
ques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à Car- 



— 150 — 

thage pour la réunion de 484 et furent ensuite exilés par 
ordre du roi Hunéric. 



ex. — TAMADA. 



La Maurétanie Tingitane avait une rivière appelée Ta- 
muda ; mais il est certain que la notice de 482 attribue 
Tamada à la Césarienne. Les géographes ne paraissent 
pas avoir parlé de cette ville. 

ROMAIN. Il figure le centième sur la liste des Évèques 
de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à la réunion 
de Garthage en 484 et furent ensuite exilés par le roi 
Hunéric avec tous leurs autres collègues. A son nom est 
jointe la note probatus, par laquelle nous apprenons que 
Romain mourut pour la foi en exil. 



CXI. — TAMAZVCA. 



Nous avons parlé de Majuca, qui doit être distinguée 
de Tamazuca. Nous avons également mentionné avec Am- 
mien Marcellin ^, le fundus Mazucanus qui se trouvait 



i 29. 5. 



— 151 — 

entre Auzia et Gésarée. Une inscription, de Tépoque de 
Septime Sévère, trouvée dans les ruines de Grimidi, au- 
delà d' Auzia, est peut-être relative aux habitants de Ta- 
mazuca, (Tamazu) censibus K Notons encore le Praesidium 
Tamaricetum qui, selon l'Itinéraire d'Antonin, devait se 
trouver au Fondouk actuel, dans la plaine de la Mitidja. 

LVCIVS. Il figure le dernier, c'est-à-dire le cent ving- 
tième sur la liste des Évêques de la Maurétanie césarienne 
qui, sur la convocation du roi Hunéric, se rendirent en 484 
à la réunion de Carthage et furent ensuite avec les autres 
Évêques condamnés à Texil. 



GXII. — TANARAMVSA. 



Comme l'indique la notice, Tauaramusa, autrement 
Ternamusa, était une ville de la Maurétanie césarienne. 
L'Itinéraire d'Antonin place le Tanaramusa Castra à seize 
milles de Praesidium Tamaricetum et à seize milles de 
Velisci. Il a donc été possible de la reconnaître dans les 
ruines d'El Hadjeb, près de Mouzaïa. On distingue* aujour- 
d'hui Mouzaïa-ville et Mouzaïa-les-Mines. Peut-être aussi 
jadis, y avait-il deux Tanaramusa, comme il y avait deux 
Tigava et deux Rapida à peu de distance. Nous observe- 
rons encore que Mouzaïa représente la seconde moitié du 
nom ancien. Nous avons dit, à l'article de Ceramusa de 

» Rev. Afric. 1888. p. 246. 



— 152 — 

Numidie, et nous remarquerons, à Tarticle de Cedamosa 
de la Sitiâenne, qu'il y a dans le terme Musa une signifi- 
cation identique pour ces trois localités, probablement 
celui de mines. Quant au nom de notre ville, il a été bien 
altéré dans les monuments ecclésiastiques, évidemment 
par la faute des copistes. Mais une inscription, découverte 
à Berrouaguïa, le fixe comme il suit ' : 

IMPERATORI 

CAESARI. L. SEP 

TIMIO SEVERO 

PIO PERTINA 

CI AVGVSTO 

ARABICO ADI 

ABENICO PAR 

THICO MAXI 

MO PATRI PA 

TRIAE T. AELI 

VS ZABIDVS 

TANARAMVSANVS P 

DEDIt. 

Les ruines d'El Hadjeb, au fond de la plaine de la Mi- 
tidja, sont importantes. Tanaramusa avait une enceinte de 
murs qui fut renouvelée sous Tempereur Constance, ainsi 
que le montre l'inscription suivante "- : 

sal VIS. D. D. N. N. 

qui nuNC FLORENT CONSTANTIO 

aug. nostRO HOC II CONSTANTIO 

Caes nostro CVNCTA COMITVM 

executus ÏVSSA NOVA MOENIA 

num INE IVVANTE REFICIT 

ordo cuM POPVLO LOCO 

re IP CVNCTO 

» Corpus. 9235. 
« Ibid. 9282. 



— 153 — 

Mais ce sont les monuments chrétiens d'El Hâdjeb qui 
sont surtout remarquables pour nous. On y a, en effet, 
découvert une basilique de vingt mètres de longueur sur 
dix mètres de largeur. Elle est partagée en trois nefs for- 
mées par une double colonnade et terminée par une ab- 
side. C'est au milieu de celle-ci que se trouvaient les tom- 
beaux de deux Évèques dont nous parlerons plus bas. La 
basilique porte encore le nom de Kenisa ou église. 

Sur une poterie très curieuse de Tanaràmusa on voyait 
le dessin de plusieurs guerriers avec ce texte ^ : 

ORATIONIBVS SANTORVM PE 
RDVCET DOMINVS 

Cette invocation se rapporte aux saints dont les reli- 
ques étaient vénérées à Tanaràmusa. 

Nous signalerons aussi une lampe thuribule en bronze 
et une colombe également en bronze, destinée peut-être à 
conserver la sainte Eucharistie. 

Les mines de Mouzaïa sont à douze kilomètres d'El 
Hadjeb. Il y a là des traces de christianisme et des grottes 
appelées grottes des chrétiens. 

8ARMEHTIVS. Il était donatiste et il assista, en 411, avec 
ceux de sa secte, à la Conférence de Carthage où, à Tappel 
de son nom, il dit^ : J*ai donné mandat et j'ai sous- 
crit. Et il ajouta : Que l'on écrive dans les actes que 
je rCai point de compétiteur dans mes populations. 
Cet Évèque, avant Baluze, était dit de Cernamusa, autre- 
ment Cerramusa. Cet auteur, avec grande raison, a cor- 
rigé ce mot. Car, Ceramusa qui se trouvait en Numidie 

i Corpus. 9285. 
2 Cog. 1. 180. 



— 154 — 

comptait un Évoque catholique qui était sans compé- 
titeur * . 

DONAT. La notice Tinscrit le trente-septième parmi les 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent à 
la réunion de Carthage en 484 et de là furent envoyés en 
exil sur Tordre du roi Hunéric. 

Est-ce Tépitaphe de cet Évèque qui a été retrouvée dans 
la basilique de Tanaramusa? Le nom manque, mais la 
date peut se rapporter à lui, si Ton observe que la notice 
fut dressée en 482, que les Évêques qui y sont mention- 
nés furent exilés en 484 et que les annotations furent 
faites à la même notice vers l'an 490, alors que TÉvêque 
exilé par Hunéric n'avait pas encore rendu son âme à 
Dieu. 

Mais il peut s'agir aussi d'un Évêque appartenant à un 
autre siège et qui aurait été exilé à Tanaramusa. Voici, 
du reste, Tépitaphe en question - : 



muLTIS EXILIIS 

PROBATVS KT FIDKI 

CATHOLICAE ADSER 

TOR DIGNVS INVENTVS 

IMPLEVIT IN EPISCOPATV 

AN. XVIII. M. II. D. XII ET OCCI 

SVS EST IN BELLO MAVRO 

RVM ET SEPVLTVS EST DIE 

VI ID. MAIAS P CCCCLVI a. 495. 

Plusieurs fois nous avons parlé du terme probatt^ 
ajouté au nom de plusieurs Évêques de la notice de 48^* 
Ici nous en avons une explication claire et indiscutable* 

i Cog. 1. 133 et 134. 
- Corpus. 9286. 



— 155 — 

Notre texte éclaire vivement les assertions de Victor de 
Vite et de plus il nous fait connaître une guerre que les 
Vandales soutinrent contre les Maures en 495. 

Une autre épitaphe, trouvée dans la même basilique, 
est beaucoup plus mutilée. On y lit ^ : 



— ODI 

— SCIT 

— TACIIS KPS 
ON 



On peut lire Emptacius episcopus. 



GXm. — TASAGCVRA. 

Tasaccura est attribuée par la notice à la Maurétanie 
césarienne. 

L'Itinéraire d'Antonin Vy place également, mais avec 
une légère variante, car il la nomme Tasacora. Il la met 
à vingt-cinq milles de Regias et à dix-huit milles de Castra 
Nova. L'anonyme de Ravenne, d'autre part, cite Tasacora 
entre Castra Nova et Dracones et de plus il nous apprend 
que la rivière de Tasacora coulait entre la Sira et Tlssaris. 
Dès lors, il ne peut être douteux que Tasacora ne soit re- 
présentée par la ville actuelle de Saint-Denis du Sig et que 
le Sig ne représente la rivière de Tasacora. Et en vérité, 
les ruines de la cité antique se voient à un kilomètre de 
Saint-Denys, sur la rive gauche de la rivière. Une inscrip- 

' Corpus. 9>87. 



— 156 — 

tion qu'on y a trouvée nous semble confirmer pleinement 
toutes ces données ^ : 

NVMIM tasacCOrae 
GENIO . FLVMI 
NIS 

La partie haute de la rivière est désignée sous le nom 
d'Oued Mekerra qui rappelle l'ancienne appellation, la- 
quelle serait bien Tasacora, autrement Tasaccora, et non 
Tasaccura, comme porte, la notice de 482. 

Sa nécropole a fourni des épitaphes chrétiennes. Eu 
voici un spécimen ~ : 

MEMORIAK IV 

LIAE PVLLAE QV 

I NOS PRE c ES 

SIT IN PAGE DOM 

VIXIT ANNI PMXV 

ET DISC....IDVS AV 

GVST ANN PRO CCCCXI a. 450 

POEQVARIVS pour Pecuarius. Il figure le cent huitième 
sur la liste des Évêques de la Maurétanie césarienne qui 
se rendirent en 484 à la réunion générale de Garthage et 
de là furent envoyés en exil avec tous leurs autres col- 
lègues. La note probatus jointe à son nom indique que 
Poequarius mourut pour la foi loin de son siège. 

1 Corpus. 9749. 

2 Ibid. 



— 157 — 



CXIV. — TATILTI. 

Nous avons ici un exemple frappant des variantes consi- 
dérables que les manuscrits offrent pour certains noms de 
villes épiscopales africaines. La notice de 482 qui attribue 
ce siège à la Maurétanie césarienne le nomme Tifilti, 
tandis que l'Itinéraire d'Antonin l'appelle Tatilti. Il la 
place à dix-huit milles d'Aras et à quarante-quatre milles 
d*Auzia. Que l'Itinéraire ait écrit correctement le nom de 
Tatilti, c'est ce que prouvent plusieurs bornes milliaires 
de la route. L'une d'elles porte ce qui suit ' : 



CVrANTK SAl 

LVSTIO Vie 

TORE PROCVR 

eIVS AB A ras 

TATILTI M p. 

VI 



La restitution de la dernière partie du texte est cer- 
taine, car la borne était en place et elle est complétée par 
les bornes voisines. De la sorte, nous pouvons retrouver 
les restes de la ville de Tatilti sur la rive gauche de l'Oued 
Tarfa, près de Souk el Khemis. On y remarque une basi- 
lique de vingt-six mètres de longueur sur quinze mètres 
de largeur divisée en trois nefs par deux rangs de colonnes 
et terminée en abside. Elle est remplie de sépultures. Plu- 
sieurs inscriptions de Souk el Khemis montrent que Ta- 
tilti eut le titre de Colonie-. 

i Corpus, 10438. 
« Eph. V. n. 1299. 



— 158 



DOMAT. Il figure le quinzième sur la liste des Évêques 
de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric, après la 
réunion de Garthage, en 484, condamna à l'exil avec leurs 
autres collègues. 



CXV. — TIGAMI BENA. 

Nous avons fait remarquer plus haut qu'il y avait deux 
villes appelées Tigava, autrement Tigaba. Elles portaient 
le nom de Tigava Municipium et de Tigava Castra. Il sera 
question du municipe ci-après. Le Castra Tigava se trou- 
vait au Pont du Chélif, entre Oppidum Novum et Mal- 
liana. C'est peut-être de cette localité qu'il s'agit puisque 
la notice mentionne un Évêque de Tigava et un autre de 
Tigamibena. Les actes du Concile de Carthage de 407 
portent Thigabena et Thigabensia en parlant de Primosus 
de Tigava. 

MAXENCE. La notice de 482 le cite le trente-quatrième 
parmi les Évêques de la Maurétanie césarienne, qui, sur la 
convocation du roi Hunéric, se rendirent à la réunion gé- 
nérale de Carthage en 484 et furent ensuite exilés avec 
leurs autres collègues. La note probatus ajoutée à son 
nom indique que Maxence mourut pour la foi loin de son 
siège. 



— 159 — 



ex VI. — TIGAVA. 



Tigava de Pline était une ville de la Maurétanie césa- 
rienne. 

L'Itinéraire d'Antonin en fait un municipe situé entre 
Castellum Tingitii et Oppidum Novum, à vingt-deux 
milles du Castellum et à trente-deux milles d'Oppidum. Il 
place Tigava Castra à deux milles d'Oppidum Novum et 
à seize milles de Malliana. Les ruines du municipe de 
Tigava portent aujourd'hui le nom de Kherbe, qui est 
l'équivalent de Henchir et de Beiiian et signifie ruine. 
Elles s'étendent sur les deux rives du Chélif, mais prin- 
cipalement sur la rive gauche. Plusieurs milliaires re- 
trouvés au ti'oisième et au quatrième mille à partir de 
Kherbe dans la direction d'Oppidum Novum confirtoent 
cette identification. Sur l'un d'eux qui a porté successive- 
ment plusieurs inscriptions, nous lisons * : 

DOMI 

NONI 

MP CAES 

C IVLIO VE 

HO MAXIM 

INO PIO F 

ELICE AV 

G PONT M 

AX TRIB 

POT P P 

A TIGAVI 

III 

> Inédit. 



— 160 — 

Plusieurs de ces milliaires sont de Tépoque chrétienne 
et portent en tête le monogramme du Christ, ce qui, du 
reste, n'est pas rare en Maurétanie et en Numidie. 

Les restes de la basilique chrétienne de Tigava sont des 
colonnes avec leurs chapiteaux et une mosaïque qui doit 
provenir du baptistère. On y lit * : 

TV MODO FRVMENTI 

DOMITO VIRTVTE 

REBELLI 

RESFMCIS AC REPARAS 

DVMIS CONTECTA 

LAVACRA 

Frumence peut être le nom d'un Évêque de Tigava, qui 
aurait fait restaurer le baptistère détruit après une in- 
cursion des Barbares. 

Sur une grande dalle, nous lisons l'invocation sui- 
vante- : 

HIC PAX f AETERNA MORETVR 

Un grand dolium trouvé avec quantité d'autres offre sur 
le bord de son orifice des caractères tracés à la pointe. 
Les premiers mots sont : ora pro qui fecit. 

De récentes découvertes ont permis d'attribuer à Tigava 
un illustre martyr, saint Typasius le vétéran. 

PRIM08V8. Il gouvernait l'église de Tigava lorsque fut 
tenu à Carthage, en 407, le onzième Concile de ceux d'Au- 
rèle, appelé aussi le huitième d'Afrique. On y rechercha, 
en effet, Primosus, comme le montre le quatre-vingt- 

1 Corpus. 10946. 
» Corpus. 10947. 



— 161 — 

dix-septième canon du recueil, et on y dit que les Évêques 
de la Maurétanie césarienne témoignèrent qu'ils avaient 
chargé les notables de Tigava de lui remettre leurs 
lettres de convocation, où ils le sommaient, confor- 
mément aux instructions de leurs principes ou no- 
tables, de se trouver présent au Concile plénier, et 
qu'il ne s'y trouva pas '. Ce même Primosus n'assista pas 
non plus à la Conférence de Carthage, soit qu'il eût voulu 
encore une fois éviter d'être jugé, soit qu'il ne fût plus de 
ce monde. 

PALLADE. Il fut du nombre des Évêques qui se rendirent 
à Césarée, en 418, pour y assister à la discussion que 
saint Augustin devait avoir avec le donatiste Émérite '. Il 
se rendit avec les autres à la salle de réunion, comme ea 
témoigne saint Augustin, et il assista à cette conférence- 

CRESCENT. Il figure le soixante-huitième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne qui, après la réunion 
de Carthage, en 484, furent condamnés à l'exil par le roi 
Hunéric avec tous leurs collègues. 



CXVII. — TIGISI. 

L'Itinéraire d'Antonin place Tigisi entre Rusuccuru et 
le munîcipe de Bidil ; il la met à douze milles de Rusuc- 
curu et à vingt-sept milles de Bidil. D'autre part, la table 

1 Hard. 1. 922. 

• De gest. cum Km. 1. 

11 



— 162 — 

de Peutinger la place à trente- deux milles de Syda, tandis 
que Tanonyme de Ravenne la nomme entre Bidda et Re- 
petiniana. C'est donc au village actuel de Taourga qu'il 
faut reconnaître ïigisi. On y voit les ruines d'une cité, 
d'une citadelle située sur la hauteur d' Afir, des bas-reliefs, 
des colonnes, des tombeaux, une fontaine, etc. Tigisi de 
Maurétanie est moins connue que son homonyme de Nu- 
midie; mais, plus heureuse que celle-ci, elle subsiste 
encore. 

SOLEMNIVS. Il se rendit en 411 à la Conférence de Car- 
thage, mais un peu plus tard que les autres, à moins qu'on 
n'aime mieux dire qu'il fut empêché pour une autre cause 
de souscrire en personne. Il est certain que son nom fut 
produit avec une formule différente des autres et dans les 
termes suivants : 

Moi * Restituty évêque (de Rapidi ou de Rapida Castra, 
voisin de Tigisi), en présence du clarissime tribun et 
notaire Marcellin, j'ai donné mandat pour ce qui 
est ci-dessus et fai souscrit à Carthage pour mon 
collègue Solemnius, évêque de Tigisi. Ce même Res- 
titut de Rapidi avait déjà souscrit pour l'Évèque de Mam- 
milla, de la même province '. Solemnius semble ensuite 
avoir ajouté : Pascase est mon adversaire. Ce dernier 
«e présentant, dit : Je le connais. Puis, à l'appel parmi 
•ceux de sa secte, il dit '^ : J'ai donné mandat et fai 
souscrit. Mais il est appelé évêque de Dusi, qui, en vé- 
rité, ne peut être qu'une erreur de copiste, suffisantej au 
reste, pour expliquer plusieurs autres erreurs du même 
genre que nous avons signalées. 

» Cog. 1. 135. 

^ Ibid. 

-' U) d. 197. 



— 163 — 

PAS8ITANVS. La notice le cite le vingt-septième sur la 
liste des Kvêques de la Maure tanie césarienne qui, s'étant 
rendus, en 484, à la réunion de Garthage, furent envoyés en 
-exil par ordre du roi Hunéric. 



CXVIII. — TIMICI. 

La ville que Pline nomme avant Tigara et Ptolémée 
avant Pomaria, c'est-à-dire, Timici, se trouvait dans la 
Maurétanie césarienne.. Elle est attribuée à la même Pro- 
vince par la notice de 482, mais on ne sait rien à son 
sujet et ce serait téméraire de l'identifier avec Timsionin, 
-d'après simple apparence de ressemblance dans les noms. 

VICTOR. Il appartient à l'année 411, où il prit part, dans 
les rangs des Évêques catholiques, à la Conférence de 
Garthage. Après la lecture de sa souscription, il dit * : 
J'ai Optât pour compétiteur. Celui-ci s'avançant alors 
dit : C'est bien lui. Puis, appelé parmi les Donatistes, 
il ajouta ' : J'ai donné mandat et j'ai souscrit. 

HONORAT. La notice le cite le sixième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric 
réunit à Carthage en 484 et qu'il fit tous exiler avec les 
autres Évêques convoqués. 

» Cog. 1.135. 
i Ibid. 197. 



— 164 — 



CXIX. — TINGARIA. 



Tingaria n'est pas connue, à moins qu'on n'y voie le 
Castellum ïingitii dont nous avons parlé plus haut. Elle 
appartenait certainement à laMaurétanie césarienne, mais 
en 482, elle n'avait point d'Évèque, car la notice nous 
apprend que cet Kvèché était vacant. 



CXX. — TIPASA. 



La Maurétanie césarienne eut, comme la Numidie, une 
Tipasa déjà dotée du droit latin, au temps de Pline. Ni 
l'une ni l'autre, du reste, n'avait de qualificatif pour la 
distinguer. L'Itinéraire d'Antonin place Tipasa de Mauré- 
tanie entre Gésarée et Gasae Calventii et il lui donne le titre 
de colonie. Ptolémée la nomme entre Gésarée et Via. Am- 
mien Marcellin parle de cette ville et nous savons, en effet, 
par les actes de sainte Salsa, illustre vierge et martyre de 
Tipasa, que le rebelle Firmus tenta de s'emparer de cette 
ville. Elle est mentionnée par Julius Honorius et par l'a- 
nonvme de Ravenne. 

Saint Optât expose en ces termes les excès nombreux 
et atroces commis à Tipasa par les Donatistes contre les 
catholiques sous l'empire de Julien l'Apostat ^ : Rappel- 

1 De schism. 2. 18. 



— 165 — 

lerai-je Tipasa, ville de la Maurètanie césarienne ? 
Urbain de Forma et Félix d'Idicra, deux torches en- 
flammées de haine y y accoururent de la Numidie pour 
bouleverser les esprits qui y étaient dans le calmée et 
dans la paix. Grâce au concours et à la faveur de 
quelques magistrats et à la présence du Prœses Athe- 
nias et de ses étendards, le peuple catholique fut vio- 
lemment dispersé et massacré; on l'expulsa de ses 
dem,eures ; onm,altraita des hommes; on entraîna 
les matrones de force^ on m,assacra des enfants, on 
fit avorter des mères. 

Les habitants de Tipasa n'eurent pas moins à souffrir 
sous le roi Hunéric. Quand ils se virent imposer unÉvêque 
Arien, la majeure partie passa en Espagne ; mais ceux 
qu'on arrêta dans leur fuite ayant repoussé avec un cou- 
rage intrépide et généreux les flatteries comme les me- 
naces des Ariens, virent tomber sur eux la colère du roi, 
lequel, selon Victor de Vite *, envoya un compte dans sa 
fureur j avec ordre de leur couper la main droite et 
la langue jusqu' à la racine devant tout le peuple de 
la province réuni au m^ilieu du forum.. Cela fut fait, 
mais par la grâce de l'Esprit Saint , ils parlèrent et 
parlent encore commue ils parlaient auparavant. Si 
on refuse de le croire, on peut se rendre, m,ême main- 
tenant, à Constantinople et Von y trouvera le sous- 
diacre Réparât, l'un d'eux, qui s'exprime correcte- 
ment, sans aucune peine. Pour ce motif il est en grand 
honneur au palais de l'empereur Zenon et la reine, 
en particulier, le traite avec une singulière véné- 
Tation, 

1 Peps. Vaud. 5. 6. 



— 166 — 

Tipasa a conservé son ancien nom, car on la nomme 
Tefased en berbère ; un village a été élevé sur ses ruines. 
Son nom se lit sur ses monuments ^ : 

M. COCCKIO 

ROMAND EQ R 

V. V. OB INSIG 

NEM ERGA REMP 

AMOREM ET DE 

FENSIONEM 

QVAM PATRI 

AE AC CIVIIÎVS 

S\ IS EXHIBKT 

DECC. COL. TIP 

EX. DEC. OR 

DINIS. P. D. 

La pierre ornée de ce texte se voit au Fort de TEau près 
Alger, où elle a été portée. Un monument de Gordoqe porte 
Tinscription suivante - : 

A|»0 

FL. HYGINO. V. C. COMITl 
ET PRAESIDI. P. M. C. 

OB MERITA IVSTITIAE 

EIVS TABVLAM PATRO 

NATVS POST DECVRSAM 

ADMINISTRATIONEM 

ORDO. TIPASENSIVM 

OPTVLIT 

Tipasa, ville maritime, possédait et possède encore un 
petit port. On peut suivre le périmètre de son enceinte et 
distinguer plusieurs de ses monuments qui attestent une 
ville importante. Ses édifices religieux méritent d'être si- 

1 Corpus. 9290. 

2 Corpus. 2. 2110. 



— 167 — 

gnalés. Le promontoire de Touest, qui porte le nom de Ras 
el Kenicia ou de l'Église, offre les restes d'une grande ba- 
silique ornée de mosaïques. Dans le baptistère, nous li- 
sons ce qui suit ^ : 

SI QVIS. VT. VIVAT. 

QVAERIT. ADDIS 

CERE. SEMPER. 

HIC. LAVETVR. 

AQVA. ET. VIDEAT 

CAELEST ia régna 

La basilique du cimetière de Test est mieux conservée. 
C'est celle qui possédait le tombeau de sainte Salsa. Sur 
la tombe en mosaïque nous lisons - : 



MVNERA QVAE CERNIS QVO 

SANCTA ALTARIA FVLGENT 

his sumptus lABORQ. INEST CVRA 

que PotENTI. CREDITVM 

sibique gauDET PERFICERE MVNVS 

MArtyr HIC EST SALSA DVLCIOR 

NECTARE SEMPER. QVAE MERVIT 

CAELO SEMPER HABITARE BEATA 

RECIPROCVM SANCTO gauDENS 

MVNVS IMPERTIRE POTENTIO MERI 

TVMQ. EIVS CELORVM REGNO PRObabiT 



Potentius vint en Afrique en 446 comme légat du Saint- 
Siège. 

Dans la nécropole de Touest comme dans celle de Test 
et dans les deux basiliques dont nous venons de parler on 



» Eph. V. 1304. 
» Inédit. 



— 168 — 

a trouvé des monuments de toute sorte, des sarcophages, 
des épitaphes, etc. 

La nécropole de Touest a, de plus, une basilique très 
remarquable que nous appellerons la basilique de l'évèque 
Alexandre. L*autel se trouve à Topposé de Tabside, comme 
dans la basilique de Castellum Tingitii. Le sol est tout 
couvert de mosaïques. Sous les mosaïques se trouvent de 
nombreuses sépultures. 

Une inscription en mosaïque nous fait connaître ce qu'é- 
taient quelques-unes des dites sépultures. Elle porte ce qui 
suit : 

Hic ubi tam claris laudantur mœnia tectis 

Culmina quod nitent sanctaque altaria cernis 

Non opus est procerum set tanti gloria facti 

Alexandri rectoris ovat per sœcula nomen 

Ou jus honorificos fama ostendente labores 

^ ustos in pulchram sedem gaudent locasse priores 

Quos diuturna quies fallebat posse videri 

Nu ne luce prœfulgent subnixi altare decoro 

CoUectamque suam gaudent florere coronam 

Animo quod sollers implevit custos honestus 

Undiq. visendi studio christiana aetas circumfusa venit 

Liminaque sancta pedibus contingere lœta 

Omnis sacra canens sacramento manus porrigere gaudens 

Le texte offre une importance capitale pour Tétude de 
l'antique discipline de l'Église, particulièrement en Afrique. 
Mais quels sont ces anciens Justes ? 

Ce sont peut-être les premiers Évêques de Tipasa. Leurs 
tombeaux placés sous l'autel étaient l'objet de nombreux 
pèlerinages. Les pèlerins y assistaient aux saints mystères 
et se pressaient en foule pour recevoir entre leurs mains le 
corps sacré du Sauveur. 

Nous citerons une autre épitaphe remarquable, située 
dans une nef de la basilique. 



— 169 — 

HIC lACET REGIA MKRITIS ET GRATIA MORViM 

NOBILIS ET AT AVIS CLARISSIMA FEMINA MAGNIS 

HEV MEMORANDA BONIS ASTANÎA DIGNISSIMA CAELO 

CONCORS BLANDA DECENS RflGVMEN FIDELE SVORVM 

HAEC BONA FAMILIIS MATER PIA SEDVLA CONIVX 

HIC CORPVS POSVIT SEDEM DICAVIT IN ASTRIS 

Un autre texte accompagnait Tépitaphe de la patricienne 
Astania. Nous v lisons : 

CLAVSVLA IVSTITIAE EST 

MARTVRIVM VOTIS OPTARE 

HABES ET ALIAM SIMILEM AE 

LEMOSINAM VIRIBVS FACERE 

Il serait trop long d'énumérer tous les autres monu- 
ments chrétiens de Tipasa. Voici la liste des Évêques con- 
nus de cette ville. 

REPARAT. Il figure le quatre-vingt-dix-neuvième sur la 
liste des Évêques de la Maurétanie césarienne que le roi 
Hunéric après la réunion de Carthage en 484 fit exiler avec 
tous leurs autres collègues. La note probatus ajoutée à 
son nom nous apprend que Réparât mourut pour la foi 
loin de son siège. 

La découverte de la basilique des Jîisti priores dont 
nous avons parlé nous a appris le nom d'un autre Évèque 
de Tipasa, plus ancien probablement que le précédent. C'est 
rÉvèque 

ALEXANDRE dont Tépitaphe en mosaïque occupe le centre 
de la grande nef, en avant de l'abside. On peut y lire : 

Alexander episcopus legibus ipsis et altaribus natus 
^tatibus honoribusque in œclesia catholica functus 
Castitatis custos karitati pacique dicatus 



— 170 — 

Cujus doctrina floret innumera plebs Tipasensis 
Pauperum amator œlemosinœ deditus ornais 
Cui nunquam defuere unde opus cœleste fecisset 
Hujus anima réfrigérât corpus hic in |>ace quiescit 
Resurrectionem expectans futuram de mortuis primam 
Consors ut fiât sanctis in possessione regni cœlestis 

Nous avons rapporté plus haut la dédicace du recteur 
Alexandre, le pieux Évêque, en l'honneur de ses prédéces- 
seurs, les jv^ti priores de Tipasa. 

Une autre mosaïque, celle de Tautel, donne à Alexandre 
le titre de saint. Elle est malheureusement presque tout 
entière mutilée. 



Concilium fidei 8acrari(um karitatis spei fortitudo) 
Clarusamor pat(ria3 ineo eluxit cui) nomen 
Sanctu(8 A) lexand( er episcopus qui nos pr8B)ce88it 
Futu(ram resurrection)em e(xi)ectans a Deo multa d)onatus 
etc. 



C était assurément un pontife remarquable, apôtre zélé 
de son peuple et qui a dû exécuter les grands travaux, dont 
il est question dans les textes qui précèdent, au temps du 
triomphe de la foi et de la paix de TÉglise en Afrique. 

Tipasa, ville importante, eut, à n'en pas douter, une 
longue série de pasteurs. Nous ne connaissons cependant 
que les saints Évèques Réparât et Alexandre. 

Plus tard, cette ville eut des Évèques titulaires qui 
sont : 

François Serrano, 22 septembre 1745 ; 

Jérôme de saint Joseph, 15 mai 1752 ; 

Joseph Joachim Justinien Mascarenhas Castello Branco, 
20 décembre 1773; 

Joachim de Souza Larayva, 20 août 1804 ; 



— 171 — 

Joseph Angelius Fazius a Pianella, 18 avril 1836; 

Joseph Bravi, i^^ août 1849 ; 

Louis EUoy, 6 août 1863 ; 

François Lichtensteiger, 13 mai 1881. 



CXXI. — TVBIA. 

Nous ne savons absolument rien de Tubia et nous pour- 
rions attribuer cette ville à toute autre province qu'à la 
Césarienne. 

FEUX. Il se rendit, en 411, à Carthage, pour la Confé- 
rence où, après la lecture de sa souscription, il ajouta en 
parlant de son Église ' : Elle est tout entière catholique. 



CXXII. — TVBVNA. 

Outre Tubunae de Numidie, après Tabunia et Tubia, 
nous devons accorder aussi à la Maurétanie césarienne TÉ- 
vèché de Tubuna. Il ne saurait, du reste, être douteux 
que ces Évèchés ne se soient trouvés dans le bassin du 
Hodna, qui représente les anciennes salinœ Tubunenses 
et qui confinait aux trois provinces de Numidie et des 

» Cog. 1. 133. 



— 172 — 

Maurétanies césarienne et sitifienne. La notice de 482 
compte notre Tubuna parmi les sièges qui n'avaient point 
d'Évêques quand le roi Hunéric voulut enjoindre à tous 
ceux d'Afrique de se rendre à Carthage. Nous n'avons, 
comme pour tant d'autres villes d'Afrique, les noms d'au- 
cun des Évêques de Tubuna avant ou après cette date. 



CXXIII. — TVRRIS. 



Il y eut dans les diverses provinces africaines plusieurs 
villes connues sous le nom de Turris ou Turres avec ou 
sans qualificatif. La Maure tanie césarienne avait les siennes, 
comme nous le voyons par une inscription découverte 
entre Medéa et Auzia ' . 



IMP CAESAR M AVREL COMMODVS 
ANTONINVS AVG P GERMANICVS SARMATICVS BRITTANICVS 
MAXIM VS SECVRITATI PROVINCIALIVM SVORVM 

CONSVLENS 
TuRRES NOYAS INSTITVIT ET VETERE8 REFECIT oPERa 

MILITVM suORVM 
CL PERPETVO PROC SVC) 



Il est probable qu'une population plus ou moins grou- 
pée et nombreuse vivait à l'abri de ces tours et que celles- 
ci ont pu donner leur nom à la localité. 

» Eph. V. 952. 



— 173 — 

PASCHA8E. Il était parmi les Donatistes qui assistèrent, 
en 411, à la Conférence de Carthage. Il souscrivit après 
rÉvèque d'Icosium et il est permis de Tattribuer à la Cé- 
sarienne. 



CXXIV. — TVSCAMIA. 

La notice attribue Tuscamia à la Maurétanie césarienne, 
mais elle est jusqu'ici restée inconnue. 

MAXIME. Il figure le cent dixième sur la liste desÉvêques 
de la Maurétanie césarienne qui se rendirent en 484 à la 
réunion de Carthage et furent ensuite exilés avec les autres 
Évèques par ordre du roi Hunéric. 



GXXV. — VAGAL. 

La ville de Vagal est placée, dans l'Itinéraire d'Anto- 
nin, entre Gadaum Castra et Castellum Tingitii, c'est-à- 
dire dans la Maurétanie césarienne où la notice de 482 la 
place également. Vagal étant à dix-huit milles du Castel- 
lum Tingitii, actuellement Orléansville, et à la même dis- 
tance de Gadaum, on a pu la fixer aux ruines voisines de 
Sidi ben Thiour, sur la rive gauche du Chélif. Il nous 
semble que Ptolémée la cite sous le nom altéré par les co- 



— 174 — 

pistes de Vagaï. Le vrai nom parait dans une épitaphe de 
Cartennas ' : 

D. M. 

CL. VAGA 

LITANVS. VI 

XIT. ANNO 

MI66IN. Il assista, en 411, parmi les Donatistes, à la 
Conférence de Carthage et h Tappel de son nom il répon- 
dit "^ : J'ai donné mandat et j'ai souscrit, sans rien ajou- 
ter d'un Évêque catholique. 

CLAVDE. Il figure le vingt-sixième parmi les Évèques de 
la Maurétanie césarienne qui se rendirent en 484 à la réu- 
nion de Carthage et furent ensuite par Tordre du roi Hu- 
néric condamnés à Texil avec leurs autres collègues. 



CXXVI. — VANNIDA. 

La notice de 482 nous apprend que Vannida était dans 
la Maurétanie césarienne. Mais nous ne la connaissons 
pas. L'anonyme de Ravenne signale la ville de Bambinide 
dans la région de Sufasar et les noms, dans ce compila- 
teur, sont souvent altérés. 

R06ATIEN. La notice le cite le cinquante-deuxième par- 
mi les Évèques de la Maurétanie césarienne que le roi Hu- 

» Corpus. 9673. 
2 Cog. 1 . 2 J8. 



175 — 



néric, après la réunion de Carthage, en 484, fit exiler avec 
les autres Évèques d'Afrique. La note probatus ajoutée à 
son nom indique que Rogatien mourut pour la foi loin de 
son église. 



CXXVII. — VARDIMISSA. 

Vardimissa, autrement Bartimisia, faisait partie de la 
Maurétanie césarienne, selon la notice de 482, mais elle 
n'est point mentionnée par les géographes à moins qu'on 
ne la veuille voir dans l'île et le port de Bartas que Scylax 
met sur le littoral de la Maurétanie césarienne(BapTa(7 wj^jot.) 

VICTOR. Il se rendit, en 411, à la Conférence de Carthage 
où, après la lecture de sa souscription, il dit en parlant de 
son église ' : Elle est catholique. Son témoignage fut con- 
firmé par Habetdeum, diacre de Primien, qui dit : Noits 
n'y avons personne. 

BVRCO. La notice le nomme le quarante-cinquième parmi 
les Évèques de la Maurétanie césarienne qui se rendirent 
«en 484 à la Conférence de Carthage et furent par Tordre 
du roi Hunéric condamnés à Texil avec les autres Évèques. 
iia note probatus ajoutée à son nom indique que Burco 
mourut loin de son siège pour la foi catholique. 

» Cog. !. 135. 



— 176 — 



CXXVIII. — VILLA NOVA. 

Excepté Ptoléinée qui place un Villacome dans les en- 
virons d'Altava, nous n'avons aucun géographe qui nous 
renseigne sur la position d'une villa quelconque de la 
Maurétanie césarienne. D'autres localités ont porté, nous 
le savons, le qualificatif de Nova. Quant à Villa Nova, la 
notice de 482 l'attribue à la Maurétanie césarienne. 

VALEN8 est le quarante et unième sur la liste des Évêques 
de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric convoqua 
à Garthage en 484 et fit ensuite exiler comme tous les 
autres. 



CXXIX. — VISSALSA. 

Vissalsa doit être, selon la notice de 482, placée dans 
la Maurétanie césarienne. D'après les géographes, il y avait 
une station dite ad Salsum Flumen, l'oued Melah des 
indigènes, dans la même province. Mais existe-t-il un rap- 
port entre la station et l'Évêché de Vissalsa ? 

8ATVRNIN. La notice le cite le cent treizième parmi les 
Évoques delà Maurétanie césarienne qui, convoqués par le 
roi Hunéric à l'assemblée de Garthage en 484, furent ban- 
nis avec leurs autres collègues. L'annotation j^'^obatus 
ajoutée à son nom indique que Saturnin succomba en 
exil pour sa foi. 



— 177 



CXXX. — VONCARIA. 

Le nom de Voncaria, autrement Boncaria, est inconnu 
dans les anciens auteurs ; mais la notice nous apprend que 
cette ville se trouvait dans la Maurétanie césarienne. Elle 
devait n'être pas éloignée de Voncariana et peut-être ces 
deux villes sont-elles représentées aujourd'hui par Boghar 
et Boghari. 

FELIX. Il est cité parmi les Évêques donatistes qui, en 411, 

prirent part à la Conférence de Carthage. A l'appel de son 

nom il dit : * : J'ai donné mandat et j'ai souscrit. Il 

ne parait pas qu'il y ait eu alors à Voncaria un Évêque 

catholique. 

* 

DONAT. Nous lisons son nom le soixante-deuxième sur 

la liste des Évêques de la Maurétanie césarienne qui, en 484, 

se réunirent à Carthage en assemblée générale et de là 

furent exilés par le roi Hunéric à cause de leur profession 

de foi catholique. 



GXXXI. — VONCARIANA. 

Nous avons parlé de Voncariana à l'article précédent, 
La notice de 482 l'attribue également à la Maurétanie cé- 
sarienne. Ammien Marcellin dit que le comte Théodose 

i Cog. 1. 208.1 

12 



— 178 — 

avant d'attaquer le rebelle Firmus alla de Sitifis à la sta- 
tion de Panchariana passer la revue des troupes et puis 
revint à Sitifis *. Ceci peut fort bien s'appliquer à Boghari, 
située dans une grande plaine, au pied de Boghar, qui est 
encore un poste militaire d'une très grande importance. 

VICTOR. Il figure le cent unième parmi les Évèques de la 
Maurétanie césarienne que le roi Hunéric, après les avoir 
appelés à l'assemblée de Carthage de 484, envoya en exil 
avec tous leurs collègues. 



GXXXII. — VVLTVRIA. 

L'Itinéraire maritime d'Antonin signale une Insula Vul- 
turia sur le littoral de la Proconsulaire au nord ; mais la 
notice de 482 attribue Vulturia à la Maurétanie césarienne 
et nous ne connaissons dans cette province que le cap 
Falco, voisin d'Oran, dont la signification se rapproche 
de celle de notre ville épîscopale. 

REPARAT. Il figure le quatre-vingt-neuvième dans la liste 
des Évèques de la Maurétanie césarienne qui par ordre du 
roi Hunéric se réunirent à Carthage en 484 et furent en- 
voyés en exil avec tous les autres Évèques d'Afrique pour 
avoir professé la foi catholique. 

I 29. 5. 



— 179 



CXXXIII. — VBABA. 

Ubada, autrement Ubaba, ne saurait être confondue 
,avec le Castellum d'Ubaza, situé dans la Byzacène ; car la 
notice de 482 l'attribue à la Maurétanie césarienne. 

IN6ENVV8. La notice le met le soixante-et-onzième sur la 
liste des Évèques de la Maurétanie césarienne qui se ren- 
dirent à Carthage en 484 pour assister à la réunion con- 
voquée par le roi Hunéric et furent ensuite par Tordre de 
ce prince envoyés en exil avec tous les autres Évèques. 



CXXXIV. — VSINAZA. 

La notice attribue Usinaza, autrement Usinada, à la 
Maurétanie césarienne et de fait elle a été retrouvée à Sa- 
neg, au sud de Boghar, d'après l'inscription suivante' : 

Imp. cœs. L. Septimius Severus pius pERTINAX AVG. ARABICVS 
Adiabenicus Parthicus maximus ponTIFEX. MAXIM VS. 

TRIBVNICI 

ae pot. xiii imp. xi. cos iii ET 

imp. Cœs. m. Aurelius Antoninus pius aVG. TRIB. POT. VII. 

COS. II. ET 
1. Septinius Geta 1. Septimi Severi pii peRTINACIS. AVG. ARABICI 
adiab. parth. maxim. pont. max. f. m. aVRELI. ANTONINI. 

PII. frater 

nobiliss. caesar burguM. VSINAZENSEM. PER 

proc. CONSTITVERVNT 

1 Corpus. 9228. 



V 



EVECHÏ 

DE LA 
CÉSfflUEP 




;flpvTCil.LA RnpiDI 





Di,LF4 



\ 



MAURITANIE 
SITIFIENNE 



I. — SITIFIS. 



Sitifis, la métropole de la province du même nom, était 
située entre Gemellae, Perdices, Satafis et Adsava, comme 
l'indique l'Itinéraire d'Antonin. Ptolémée lui donne le ^ 
titre de colonie. Et en effet, elle s'appelait colonia Ner^ 
viana Augusta Martîalis Veteranorum SitifensiumK 
Sur les milliaires de Tépoque de Caracalla nous lisons : 
respublîca Sitifensium Nervîanoricm Antoniniano- 

Ces divers titres marquent quelle fut son origine. Elle 
porte toujours le nom de Sétif et la quantité de monu- 
nents de toutes sortes que Ton y rencontre indiquent suf- 
îsamment sa splendeur passée. 

On vénérait à Sitifis le martvr saint Laurent 






IN HOC LOCO SANCTO DEPOSI 

TAE SVNT RELIQVIAE SANCTI 

LAVRENTI MARTIRIS DIE III NON 

AVG CONS HERCVLANI VC 

DIE DOxMN DEDICANTE LAVRENTIO 

VVS P. MOR DOM AN P CCCCXIII AMEN 3 août 452 

On y vénérait aussi les reliques de saint Etienne * : 

HIC MM SCOR 
STEFAN I ET 

< Corpus. 8473. 

2 Ibid. 

3 Ibid. 8630. 
* Ibid. 8632. 



— 186 — 

lAVKKNTI 
IVLIANI 

POS SVN 
XII Kf. APKL 

ABUKl ET 
SCI STKFANI 

De même, on y honorait les saints Juste et Decurius, 
qui paraissent être des martyrs de Sitifis ^ : 

MARTIRIHS SANCTIS PROMISSA COLONICVS INSONS 

SOLVIT VOTA SVA LAKTVS CVM CONIVGE GARA 

HIC SITVS VJST IVSTVS HIC ATQ DECVRIVS VNA 

QVI HENE CONFESSI VICERVNT ARMA MALIGNA 

PRAEMIA VICTORES CRISTI MERVERE CORONAM 

Ces martyrs sont attribués à T Afrique par le martyro- 
loge hiéronymien. 

Un autre texte montre Texistence d'un calendrier à 
Sitifis ^ : 

NATAL!*: 

DOMINI 

CRISTI 

VIII KAS 

lANVARIAS 

Les épitaphes chrétiennes sont nombreuses et attestent 
que Sitifis avait une colonie d'étrangers, appelés sur 
leur tombe Transmarini, 

Saint Augustin entretenait des relations fréquentes avec 
Sitifis. Il nous apprend que, de son temps, Sitifis fut 



» Corpus. 8631 
2 Ibid. 8628. 



— 187 — 

éprouvée par un terrible tremblement de terre et que par 
crainte de mort deux mille personnes furent alors bapti- 
sées ^ Il dit aussi ^ que Sitifls avait un monastère et une 
école épiscopale. 

SEVERE. Il est mentionné incidemment par saint Au- 
gustin dans sa lettre au prêtre Victorien. Cette lettre a été 
écrite en 409. Saint Augustin parlant des captifs enlevés 
par les Barbares y dit : Il y a peu d'années, les Bar- 
bares enlevèrent, dans la province de Sitifls, une reli- 
gieuse, la nièce de Vèvêque Sévère, et par un effet 
admirable de la miséricorde de Dieu, elle fut rendue 
avec grand respect à ses parents, 

NOVAT. Cet Évèque assista d'abord en 411 à la Confé- 
rence de Carthage. Après la lecture de sa souscription il 
répondit'^ : J'ai pour opposant Marcien, lequel s'avança 
et dit : Je reconnais mon persécuteur. C'est ainsi que 
les Donatistes avaient coutume de qualifier le zèle pour la 
vérité catholique. Ce même Marcien, appelé à son tour, 
répondit^ : J'ai donné mandat et fai souscrit. Un 
notaire de l'église donatiste de Sitifls assistait à la confé- 
rence^. On sait que Novat fut député en 419 par sa pro- 
vince au Concile de Carthage auquel il souscrivit^. Il 
vécut jusqu'en 440, comme le montre son épitaphe qui a 
été retrouvée et qui s'exprime dans les termes suivants '' : 



» Serm. 19. n. 6. 
-' Epist. 84. n. 1. 
•î Cogn. 1. 143. 
4 Ibid. 188. 
•• Cogn. 2. 58. 
« Hard. 1. 1249. 
' Corpus. 8634. 



— 186 — 

LAVRENTI 

IVLIANI 

P(JS SVN 

XII Kl. APHL 

ABORI ET 
SCI STEFAN! 

De même, on y honorait les saints Juste et Decurius, 
qui paraissent être des martyrs de Sitifls * : 

MARTIRIHS SANCTIS PROMISSA COLONICVS INSONS 

SOLVIT VOTA SVA LAETVS CVM CONIVGE CARA 

HIC SITVS EST IVSTVS HIC ATQ DECVRIVS VNA 

QVI BENE CONFESSI VICERVNT ARMA MALIGNA 

PRAEMIA VICTORES CRÏSTI MERVERE CORONAM 

Ces martyrs sont attribués à TAfrique par le martyro- 
loge hiéronymien. 

Un autre texte montre Texistence d'un calendrier à 
Sitifls ^ : 

NATALi: 

DOMIM 

CRISTI 

VIII KAS 

lANVARIAS 

Les épitaphes chrétiennes sont nombreuses et attestent 
que Sitifls avait une colonie d'étrangers, appelés sur 
leur tombe Transmarini, 

Saint Augustin entretenait des relations fréquentes avec 
Sitifls. Il nous apprend que, de son temps, Sitifis fut 



i Corpus. 8631. 
2 Ibid. 8628. 



— 187 — 

éprouvée par un terrible tremblement de terre et que par 
crainte de mort deux mille personnes furent alors bapti- 
sées K II dit aussi ' que Sitiûs avait un monastère et une 
école épiscopale. 

SEVERE. Il est mentionné incidemment par saint Au- 
gustin dans sa lettre au prêtre Victorien. Cette lettre a été 
écrite en 409. Saint Augustin parlant des captifs enlevés 
par les Barbares y dit : Il p a peu d années, les Bar- 
bares enlevèrent, dans la province de Sitifis, une relf- 
gieuse, la nièce de Vèvêque Sévère, et par un effet 
admirable de la miséricorde de Dieu, elle fut rendue 
avec grand respect à ses parents. 

NOVAT. Cet Évêque assista d'abord en 411 à la Confé- 
rence de Garthage. Après la lecture de sa souscription il 
répondit -^ : J'ai pour opposant Marcien, lequel s'avança 
et dit : Je reconnais mon persécuteur. C'est ainsi que 
les Donatistes avaient coutume de qualifier le zèle pour la 
vérité catholique. Ce même Marcien, appelé à son tour, 
répondit^ : J'ai donné ^nandat et fai souscrit. Un 
notaire de l'église donatiste de Sitiûs assistait à la confé- 
rence^. On sait que Novat fut député en 419 par sa pro- 
vince au Concile de Garthage auquel il souscrivit^. Il 
vécut jusqu'en 440, comme le montre son épitaphe qui a 
été retrouvée et qui s'exprime dans les termes suivants ^ : 



» Serm. 19. n. 6. 
-' Epist. 84. n. 1. 
•î Cogn. 1. 143. 
4 Ibid. 188. 
- Cogn. 2. 58. 
« Hard. 1. 1249. 
' Corpus. 8634. 



— 188 — 

HIC lACKT ANTIS 

TKS SCSQVK NOVA 

TVS TERDKNOS KT \'II 

SKDIS QVI MKRVIT ANNOS 

PHAKCKSSIT DIK X KAL S.'.PTH PU CCCCI 

Novat mourut donc le 23 août 440 après un épiscopat 
de 37 années. Saint Augustin, écrivant au comte Darius, 
en 428, faisait encore à cette époque mention de Novat et 
disait qu'il avait reçu ses lettres et c'est également de lui 
que parlait le saint Kvèque dans sa lettre au comte Boni- 
face '. Rappelant les actes de la Conférence de Carthage, 
il dit ; // cous sera peut-être possible de voitë en faire 
lire Vahrègè que je crois entre les mains d'Optat (de 
Vescera), mon frère et coècéque ; et s'il ne Va pas, 
il peut l'obtenir facilement de V Eglise de Sitifis. Bo- 
niface se trouvait alors à Tubunje, entre Sitifis et Ves- 
cera. Saint Augustin était allé l'y voir. 

LAVRENT. C'est celui qui fit la dédicace des reliques de 
saint Laurent dont nous avons parlé plus haut. Son titre 
de viro venerabili sacerdote ne peut convenir qu'à un 
Évêque. Il gouvernait donc l'Église de Sitifis en 452 et 
peut-être fut-il le successeur immédiat de Novat. 

DONAT. 11 est mentionné le second sur la liste des 
Évêques de la province sitifienne qui se rendirent k l'as- 
semblée de Carthage en 484 et furent ensuite envoyés en 
exil par le roi Hunéric avec leurs autres collègues. 

OPTAT. Il était contemporain de Boniface de Carthage 
et s'était rendu en cette ville l'an 525, au Concile célébré 

» Epist. 185. n. C. 



— 189 — 

par lui, avec Tintention d'y rester jusqu'à la fin ; mais le 
roi Hildéric lui en enleva la faculté en le chargeant d'une 
autre mission. Boniface en parle comme il suit dans sa 
lettre aux Évêques de la Proconsulaire ^ : Quant à Optât 
de SitifiSy notre frère et notre collègue dans Vèpis- 
copaty personne n'ignore qu'il s'est trouvée ici, quoique 
un ordre royal l'ait forcé à s'absenter. Nous a\)ons 
cependant confiance qu'il donnera son assentiment à 
nos décisions, quand il les connaîtra. 

Nous savons, par la notice de l'empereur Léon le Sage, 
que Sitifls avait encore un Évèque en 883. 



II. — ACVFIDA. 

La notice des Provinces et cités d'Afrique de l'an 482 
montre que la ville d'Acufida se trouvait dans la Maurè- 
tanie sitifienne. On n'en trouve, du reste, aucune trace 
dans les anciens géographes ; mais, à Tizi Kafrida, entre 
Saldas et Choba, il y avait anciennement un établissement 
militaire, appelé Centenarium aqua frigida, La con- 
traction Acuflda pour Aqua frigida ne doit pas paraître 
plus surprenante que celle de Kafrida pour Aqua frigida. 
La transcription grecque d'Aquae Regiae dans les monu- 
ments ecclésiastiques était Acu regensis. Quoi qu'il en 
soit, nous donnerons ici le texte épigraphique qui atteste 
l'existence du Centenarium à Kafrida et à Tala Aïzraren^. 

1 Hard. 2. 1075. 
« Eph. V. 932. 



— 190 — 

IMPP CAESS. C. AVHKL. \ AL. DIOCLETIANo 

HT. M. AVKKL. VAL. MAXIMIANO . IN 

VICTLS PUS FF AVGG KT CONSTAN tio 

ET MAXIMIANO NOBILISSI 

MIS CAF^AKIBVS T.AVREL. LITVA 

V P P P M.CAES . CENTKNARIUM 

AQVA FRIGIDA RESTITMT AT 

QVE AD MELIOREM FACIEM REFORMA 

vit salvis Dominis nostris multis annIS FELICITER 

A cette époque de Dioclétien, la Sitifienne n'était pas 
encore distincte de la Césarienne. 

lïSTE. Il figure le trente-cinquième dans la notice parmi 
les Évêques de la province sitifienne auxquels le roi 
Hunéric,en 484, avait donné Tordre, ainsi qu'à leurs autres 
collègues, de s'assembler à Garthage. On a ajouté, au nom 
de Juste, la note prohatus, ce qui veut dire, comme dans 
Tépitaphe d'un Évèque de Tanaramusa mort en 495, qu'il 
mourut en exil pour la foi catholique. 



m. — ALCALA. 

La ville d'Alcala, la forteresse, fut fondée, en 1008, par 
le chef de la dynastie arabe des Hammadites, dans la 
Maure tanie sitifienne. On y accueillit quantité de chrétiens 
berbères demeurés fidèles au Christ et qui accoururent 
même des montagnes de l'Aurès. Cette colonie chrétienne 
avait un Évêque et une église dédiée à la Vierge Marie '. 

1 Chron. <lu mont Cassin. Lib. 4. c. 50. 



— 191 — 

On voit encore les restes de cette cité, qui fut un moment 
comme la métropole du nord de l'Afrique, sur le Djebel 
Kiana. Le géographe arabe el Bekri Ta célébrée longue- 
ment et nous savons que les princes d'Alcala eurent des 
relations avec les Souverains Pontifes romains. 

En 1114, sous le roi El Aziz, Alcala avait un Évèque qui 
habitait près de son église, mais nous ignorons le nom de 
rÉvèque. 



IV. — AQVAE ALBAE. 

Il existe, dans la province sitifienne, plusieurs localités 
appelées aujourd'hui en arabe Aïn Beïda, nom qui répond 
à celui d'Aquae Albae et en berbère Aïn Melloul qui a la 
même signification. Mais nous ignorons si quelqu'une de 
ces localités répond aux Aquae Albae de la notice de 482. 

HONORIVS. Il est cité le cinquième parmi les Évèques de 
la Maurétajiie sitifienne qui, pour obéir à l'édit du roi 
Hunéric, se rendirent à Garthage et furent ensuite con- 
damnés à l'exil avec les autres Évèques qu'énumère la 
notice. 



V. — ARAS. 

L'Itinéraire d'Antonin place Aras entre Zabi et Tatilti, 
à trente milles de Zabi et à dix-huit milles de Tatilti. 
C'est au ksar Tarmount qu'on a retrouvé cette ville. Les 



— 192 — 

milliaires de la route romaine disent ' qu'ils furent placés 
sous l'empereur Alexandre Sévère par 

ai:livm decri 
anvm vi> proc 
svvm . ah aras 

M. \\ VI 

On remarquera que le nom d'Aras est à l'accusatif plu- 
riel comme ceux de Suas, d'Assuras et autres. 
Nous attribuons à cette ville l'évêque 

8EGVNDVS dont le nom est cité parmi ceux des Dona- 
tistes dans la Conférence de Carthage en 411. Lorsqu'il fut 
appelé, il se présenta et dit - : J'ai donné mandat et fax 
souscrit ; je n'ai point de compétiteur dans mon 
peuple. 



VI. — ASSAVA. 

C'est le municipe ad Sava, autrement ad Savam ou ad 
Savum des anciens géographes. L'Itinéraire d'Antonin le 
met sur la voie de Sitifls à Saldas et le place entre Oliva 
et Sitifis à vingt-quatre milles de la métropole. La table 
de Peutinger annonce ad Sava entre Oliva et Tamanniuna, 
à vingt-cinq milles de cette dernière ville, sur la voie de 
Saldas à Praesidium. L'anonyme de Ravenne écrit Ausaba, 

1 Corpus. 10431 à 10438. 
•-^ Cog. 1. 208. 



— 193 — 

tandis que lés listes ecclésiastiques portent Assaba et 
Âssafa. 

C'est le Hammam Guergour, dont les ruines se voient 
sur la rive droite de Toued Bon Sellam qui est le Sava ou 
le Savus des anciens. Il se jette près Saldas dans Toued 
Sahel, le Nasava de Ptolémée. 

8EXTILIVS. Il assista, en 41 1, à la Conférence de Carthage 
et il répondit à l'appel de son nom * : Je suis présent. 
Mais Tévèque donatiste Marcien était aussi présent et il 
ajouta : Je le connais. Appelé à son tour il répondit'^ : 
J*a4 donné mandat et j'ai souscrit. 

ÏITAL. La notice Ténumère le vingt-quatrième dans la 
liste des Évèques de la Maurétanie sitifienne. Le roi Hu- 
néric, en 484, le convoqua à Carthage avec tous les 
Évêques d'Afrique qu'il envoya en exil à cause de leur 
profession de foi catholique. 



VII. — ASVORE MIXTA. 



Il est difficile de croire qu'il n'y a point d'erreur dans 
ce nom qui offre plusieurs variantes. Il pourrait être une 
corruption de Horrea Aninicia dont nous parlerons en son 
lieu. 



» Cog. 1. 128. 
» Ibid. 198. 



13 



— 194 — 

EMILE. Il figure le trente-sixième parmi les Évèques de 
la Maurétanie sitifienne qui, en 484, se réunirent avec 
leurs collègues à Carthage et de là furent envoyés en exil 
par le roi Hunéric. 



VIII. — CASTELLVM. 



La notice de 482 montre que la Maurétanie sitifienne 
avait son Castellum dont nous ignorons le qualificatif, s'il 
«n eut. 

Si nous consultons les géographes, nous trouvons chez 
eux un Castellum de Tamannuna, situé entre ad Sava et 
Lemellefa et distinct du municipe de Tamannuna. 

Un Castellum Dianense ou de Diana, distinct de la ville 
du même nom qui se trouvait en Numidie, a été découvert 
sur les ruines de Guellal, à dix-huit kilomètres au sud de 
Sitifis et à quatre kilomètres d'Aïn Melloul. L'inscription 
qui nous l'apprend et qui est datée de Tan 234 de la pro- 
vince maurétanienne porte* : 

IMP. CAES M 

AVRP:rJVS SEVERVS 

ALEXANDER INVICTVS, 

PIVS FEUX . AVG . MVROS. 

KASTELLI DIANESIS EX 

TRVXrr PER COLONOS EIVSDE 

M KASTELLI 

P CLXXXXV 

* Corpus. 8701. 



— 195 — 

Ce Castellum devait avoir plus d'importance que le 
Gastellum Victoriae situé près Igilgili, d'après Tinscription 
suivante ' : 

TERMINI . POSITI . INTER 

IGILGILITANOS . IN 
QVORVM . FINIBVS . KAS 

TELLVM . VICTORIAE 

POSITVM . EST . ET . ZIMIZ 

VT . SCIANT . ZIMIZES 

NON . PI.VS . IN VSVM 

SE . HABER . EX AVCTO 

RITATE . M . VETTI . LA 

TRONIS . PROC . AVG 

QVA . IN . CIRCVITV 

A MVRO . KAST . P 

D . PR . LXXXIX . TOR 

QVATO ET LIBONE COS a, 128. 

A Aïn Kastellou, près Tasserra et dans la région du 
Gastellum Tamannuna, il y avait autrefois une petite ville. 

A Bord Méris, il y avait aussi jadis un établissement 
qui portait le nom de Kas(teUum) Turrenst(ump. 

A laquelle de ces localités faut-il attribuer TÉvèché de 
Castellum ? nous ne pouvons le dire. 

FELIX. La notice de 482 le porte le douzième parmi les 
Évêques de la Maurétanie sitiflenne qui, en 484, après 
l'assemblée de Carthage furent exilés par le roi Hunéric 
avec tous leurs collègues d'Afrique. La note probatus 
ajoutée au nom de Félix indique qu'il mourut pour sa 
foi en exil. 

1 Corpus. 8369. 

2 Ibid. 8812. 



— 196 — 



IX. — CEDAMVSA. 



Les géographes n'ont rien dit, que nous sachions, de 
Gedamusa, mais la notice de 482 nous apprend qu'elle 
était située dans la Maurétanie sitiflenne. Cependant Pto- 
lémée mentionne lesCedamusi vers l'embouchure de l'Am- 
paga qui limitait la Maurétanie et la Numidie, et l'historien 
El Bekri dit que le pays de Ketama a des mines précieuses 
et riches de fer, de cuivre, etc. Or nous avons fait re- 
marquer, à l'article de Ceramusa et de Tanaramusa, que 
la terminaison de ces noms paraissait avoir quelque rap- 
port avec l'idée de mine. 

MONTAN. La notice le cite le vingt-neuvième parmi les 
Évêques de la province sitiflenne que le roi Hunéric, en 
484, convoqua en assemblée générale à Carthage et qu'il 
condamna à l'exil avec tous les Évêques catholiques. 



X. — GELLAS. 



Cette ville est placée, par l'Itinéraire d'Antonin, à vingt- 
huit milles de Perdices et à vingt-cinq milles de Macras. 
Cette distance conduit aux ruines de Kherlet Zerga où l'on 
a, du reste, découvert le texte suivant * : 

1 Corpus. 8777. 



— 197 — 

PRO SALVTE ET INCOLV 

MITATE . DOMINI . NOSTRI . IMP . CAES 

M . ANTONI . GORDIANI . INVICTI . PII . FE 

LICIS . AVG. TOTIVSQVE . DOMVS 

DIVIN AE . EIVS . M\ RVS . CONSTITV 

TVS A . SOLO . A . COLONIS . EIVS . CAS 

TELLI . CELLExNSIS . DICATISSI 

ME DEVOTI . NVMINI . EIVS 

FECERVNT . A . P . C LXXXXXIIII a. 243 

On peut remarquer que Cellas était un Gastellum et que 
ni ritinéraire ni la notice ne font mention de ce titre. 

Sur la montagne qui domine Cellas on a découvert cette 
:autre inscription ^ : 

SALVIS DDD NNN IMPERATORIBVS INVICTIS PRINCIPIBVS 

VALENTE GRATIANO ETVALENTINIANO PERPETVIS MAXIMIS 

VICTORIBVS AC TRIVMFATORIBVS SEMPER AVGVSTIS 

FLA VICTORIANVS VC PRIM ORDINIS COMES AFRICAE 

SEMPER VESTRO NVMINI DEVOTVS CASTRAM DEDICAVIT 

Ce texte tend à démontrer que Cellas était le limes 
•Gaput Cellensis de la notice de l'Empire. Il est pourtant 
plus probable que cette ville frontière appartenait à la 
<2ésarienne. 

CRE8CITVRVS. Il est le dix-septième des Évèques de la 
Maurétanie sitiflenne que la notice de 482 nomme avec 
ceux qui furent exilés par le roi Hunéric après leur con- 
vocation à rassemblée de Carthage en 484. L'annotation 
probatus jointe à son nom indique qu'il mourut loin de 
son siège. 

» Corpus. 10937. 



— 198 — 



XI. — CHOBA. 

• 

Le nom de cette ville est écrit fort différemment dans les 
anciens auteurs ; car ce que la notice de 482 appelle Covia, 
Ptolémée le nomme Ghobat et l'Itinéraire d'Antonin Goba 
municipium, tandis que nous lisons dans la table de Peu- 
tinger Choba et dans l'anonyme de Ravenne tantôt Ghova 
et tantôt Ghosa. Son vrai nom était Municipium ^Elium 
Choba, titre qu'elle tenait d'Hadrien ou d'Antonin le Pieux. 
C'est ce que nous trouvons dans une dédicace du règne de 
Septime Sévère * : 

IMP . CAES . L . SEPTIMIO . SEVERO . PIO 

PERTINACE . AVG . BALNEAE . MVNICIPVM 

MVNICIPII . AELII . CHOBAE .P.P. FACTAE 

DEDICANTIBVS . L . AIEDIO . iM . FIL . QVIR 

VICTORE . M . AEMILIO ... FIL . ARN . HONO 

RATO . Il . VIRIS . An pro CLVII 

Les ruines de Choba se voient, sur un petit promon- 
toire, comme le portent l'Itinéraire et la Table, entre Igilgili 
et Muslubio. Elles couvrent une étendue de seize hectares 
environ et sont connues sous le nom de Ziama. 

MAXIME. Il figure le troisième parmi les Évêques de la 
Maurétanie sitifienne qui avec les autres Évêques nommés 
par la notice furent, en 484, de Garthage où les avait ap- 
pelés le roi Hunéric, envoyés en exil. 

i Corpus. 8375. 



— 199 



XII. — EMINENTIANA^ 



Comme Tindique la notice de 482, c'était une ville de 
la Maurétanie sitîfienne, mais à son sujet nous n'avons- 
aucun renseignement. 

VICTOR. La notice le cite le quatorzième parmi les 
Évèques de la Maurétanie sitifienne que le roi Hunéric 
convoqua, en 484, à l'assemblée générale de Carthage et 
envoya aussitôt en exil avec tous les autres. 



XIII. — EQVIZETA. 



La table de Peutinger place Equezito sur la voie de 
Sitifis à Castra, entre Tamascani et Galaxia, à dix milles 
de Tamascani. 

La notice de 482 la nomme Equizota, mais c'est assu- 
rément pour Equizeta, comme nous le lisons dans une 
inscription trouvée à Elguerria, localité distante de quinze 
milles d'Equizeta '. 

Imp. caes . c . au 

RELIVS valerius dio 

cleti ANVS • PIVS F 

aug. et m. aurelius 

vale R MAXIM1ANV8 

» Corpus. 10430. 



— 200 — 

PIVS FELIX AVG ET FLA 

VIVS VALERIVS CONS 

TANTIVS ET GALERI 

VS VALERIVS MAXIM! 

ANVS NOBILISSIMI 

CAESARES. A MVN 

CIP . EQVIZ . M P 

XV 

Cette borne milliaire donne à Equizeta le titre de mu- 
nicipe, mais elle eut plus tard le titre de colonie, ainsi que 
le démontre une autre inscription d'Auzia * : 

P . AEL . P . F . Q . PRIMIANO 

EQ . R . TRIB . COH . IIII . SYN 

GB . A . MIL . PRIMOP . TRIB 

COH . un . viG . EX . dec . a 

THRAC . PRP . VEX . EQQ 

MAVROR . DEFENSO 

RI . PROV . SVAE . DEC . III 

COLLL . AVZ . ET . RVSG. 

ET . EQVIZ . P . AELI 

VS . PRIMVS . DEC . COL . 

AVZ . PRIVS . MORTE 

PRAEVENTUS . QVAM 

DED . PAT. PIISSIMO 

AÉL . AVDIF . FIL . PAT 

D . D XIII . KAL . 

MAR P CCXVI . 16 feb. 255. 

Ainsi Equizeta formait une confédération avec Auzia et 
Rusguniae, villes de la Césarienne, à la manière des colo- 
nies cirtéennes en Numidie. 

Son nom veut dire étable, car zêta est la même chose 
que Diaeta, et elle ne dut être à l'origine autre chose 
qu'une hôtellerie. Son emplacement n'a pu être jusqu'ici 

» Corpus. 9045. 



— 201 — 

déterminé, malgré les données fournies par la Table et 
par la borne milliaire reproduite ci-dessus. 

VICTOR. Il était donatiste ; son nom se trouve dans la 
Conférence de Carthage de Tannée 411 où il répondit à 
l'appel * : J'ai donné mandat et fai soiùscrit. 

PACATVS. La notice le cite le onzième parmi les Évèques 
<ie la Maurétanie sitifienne qui en Tannée 484 se rendirent 
à Carthage pour Tassemblée générale convoquée par le roi 
Hunéric et qui à cause de leur profession de foi catholique 
furent tous envoyés en exil. 



XIV. — FIGVS. 



La table de Peutinger met la station ad Ficum sur la 
voie de Choba à Cuicul et la place entre ad Basilicam et le 
municipe de Mopti, à quinze milles de ad Basilicam et à 
vingt-sept milles de Mopti. D'après TItinéraire d'Antonin, 
«lie était à quinze milles de ad Basilicam et à trente- trois 
milles d'Igilgili. Malgré ces indications si précises, on 
n'est pas parvenu à retrouver Ficus. 

FELIX. Il se rendit à Carthage en 411 pour assister à la 
Conférence parmi les catholiques et, quoique arrivé un peu 
lard et après que les autres avaient souscrit le mandat, il 

> Cog. 1. 201. 



— 202 — 

y fut néanmoins présent et à la fin de la première séance 
il se présenta et dit ' : Je donne mandat et j'approuve, 

AVVS. Il figure le vingt-deuxième sur la liste des Évèqaes 
de la Maurétanie sitifienne que le roi Hunéric convoqua 
en 484 en assemblée générale et qu'il exila avec tous les 
autres Évèques de l'Afrique. 



XV. — FLVMENPISCIS. 



Nous avons parlé du Sava et du Nasava de Ptolémée,à 
l'article de Assava. Le flumenpiscis devait se trouver à 
proximité de Lemellefa et de Zaba, comme nous le verrons 
ci-dessous. Or, dans cette région il n'y a qu'une rivière 
remarquable et c'est l'oued Ksob ou des roseaux. L'auteur 
arabe Edrisi dit que cette rivière, qu'il appelle riDière de 
Msila, a beaucoup d'eau et qu'il s'y trouve un petit 
poisson excellent, à raies rouges, qu'on ne rencontre 
nulle part ailleurs. Il est de la longueur d'un empan. 
On en pêche parfois des quantités considérables pour 
les expédier à la Calaa des Béni Hammad. C'est j)ro- 
bablement sur cette rivière que se trouvait la ville épis- 
copale dont nous traitons. L'oued Ksob se jette dans le 
Hodna et les villes de Lemellefa et de Zabi sont situées 
dans son bassii^. 

i Cog. 1. 215. 



— 203 — 

lAHVIER. Il fut un des chefs de la secte donatiste, au 
temps des empereurs Constance et Julien, c'est-à-dire 
▼ers Tan 360. Saint Optât de Milève, s'adressant aux Do- 
natistes, en parle dans ces termes ^ : N'étaîent-ils pas 
des vôtres Félix de Zàba et Janvier de Flumenpiscis 
et les autres qui se ruèrent comme des furieux sur 
le castellum Lemellefa et y trouvant la basilique fer- 
mée par crainte de leurs attaques, ils ordonnèrent 
à ceux qui les accompagnaient de m^onter sur le faîte, 
d'enlever la toiture, de lancer des tuiles et le reste ? 
Or saint Optât dit que ces faits se passèrent avant la 
m^ort de l'impie et sacrilège Empereur, 

RESTITVT. Il était aussi de la secte des Donatistes parmi 
lesquels il assista, en 41 1 , à la Conférence de Carthage où 
à l'appel de son nom il dit ' : J'ai donné mandat et j'ai 
souscrit. Il devait avoir un adversaire catholique, mais 
son nom manque dans les manuscrits ■•. 

VICTOR. La notice le nomme le vingt-cinquième parmi 
les Évèques de la Maurétanie sitifienne qui, en 484, se 
rendirent à Carthage pour obéir à Tédit par lequel le roi 
Hunéric avait ordonné à tous les Évêques de l'Afrique de 
comparaître devant lui. Ils furent condamnés à l'exil à 
cause de leur profession de foi catholique. 

' De schism. 2. 18. 
•^ Cog. 1. 206. 
» Ibid. 133. 



— 204 — 



XVI. — GKGI. 



Gegi, que les géographes ne mentionnent pas, était une 
ville de la Maurétanie sitifienne, sur laquelle nous n'avons 
encore aucune indication. 

QVADRAT. Il se rendit à Carthage en 411 pour la Confé- 
rence où, à l'appel de son nom parmi les catholiques, il 
répondit * : Je suis présent. Et il ajouta au sujet de son 
église : Elle n'a jamais eu (VÈn^êque, c'est-à-dh'e à la 
tète des Donatistes. 

CONSTANCE. La notice de 482 le nomme le treizième 
parmi les Évêques de la Maurétanie sitifienne que le roi 
Hunéric après l'assemblée de Carthage en 484 envoya en 
exil avec tous les autres Évèques d'Afrique. 



XVII. — HORREA. 



Outre Horrea Aninicia, la Maurétanie sitifienne avait 
encore les Muslubio Horrea que la table de Peutinger place 
entre Saldas et Choba à vingt-huit milles de Choba et à 
vingt-six milles de Saldas, sur le littoral. L'Itinéraire d'An- 
tonin fait de même, mais en plusieurs manuscrits le mot 

» Cog. 1. 128. 



— 205 — 

horrea a disparu, tandis que l'anonyme de Ravenne fait 
de Choba, Horrea et Muslubium trois localités distinctes. 
Mais ces variantes sont Tœuvre des copistes peu instruits 
de la géographie africaine. L'épigraphie nous révèle aussi 
l'existence d'une autre Horrea à Aïn Zada. Cette localité 
se trouve sur la route de Sitifis à Saldas, à dix-huit milles 
deSitifls et à la même distance de Lesbi, selon les indica- 
tions de l'Itinéraire d'Antonin. Une dédicace trouvée à Aïn 
Zada s'exprime en ces termes ^ : 



PHO SAL\TE 

IMP CAESARIS 

P HEL PEKTINA 

CIS TRIBVNICIE PO 

TESTATIS eus . II . P . P. a. 192. 

COLONI DOMINI . N 

CAPVT SALTVS . HOR 

REOR . PARDALARI . HA 

NC ARAiM POSVERVNT 

ET . D. D. 



Une seconde dédicace est encore plus intéressante. La 
voici- : 



Imp. CAES . M . AV 
reliO . SEVERO AN 
to NINO . PiO . FEL] 

AVG. D. N. PART. BRIT 

MAX . COS . IIII . CO 

LONI . CAPVT . SAL 

TVS . HORREORVM 

ET . KALEFACELENSES 
PARDALARIENSES 

1 Corpus. 8425. 

2 Ibid. 8426. 



— 206 — 

A RAM PKO SALV 

TK . EIVS CONSA 

r:KA\ ERVNT KT NO 

MEN CASTEELO 
QVEM . CONSTITVE 
RVNT AVRELIANE 

nse ANTONINIA 
nense POSVERVNT 

ET D. l). 
AN. P. CL XXIIII a. 211. 

Le Caput saltus horreorum avec les Kalefacelenses 
et les Pardalarienses formaient un domaine impérial, 
qui eut son castellum auquel fut donné le nom de Cas- 
tellum Aurelianense Antoninianense. On ne s'étonnera 
donc pas de voir ces agglomérations importantes avoir des 
Évêques et de voir ceux-ci désignés par le nom simple de 
Horrea en laissant de côté les autres appellations multiples 
de leur siège. Mais à quelle Horrea attribuer Tévèque 
Victor dont nous allons parler ? Est-ce à Horrea des Par- 
dalarienses ou à Horrea de Muslubium ? Puisque llti- 
néraire appelle les Horrea d'Aïn Zada sans qualificatif, 
<;*est à celle-ci que nous donnerons la préférence. 

VICTOR. Il est le septième des Évêques de la Maurétanie 
sitifienne qui, en 484, se rendirent à Carthage sur Tordre du 
roi Hunéric et furent après cette réunion envoyés en exil 
avec les autres Évêques. 



— 207 — 



XVIII. — HORREA ANINICL 



Nonnius dit que les latins écrivaient quelquefois Horrea 
pour Horreum. Nous avons va ci-dessus Castra écrit et 
gravé pour Castrum. Quant à Horrea Aninici il faut sans 
doute rapporter son nom à un personnage appelé Anicius. 
L'Itinéraire d'Antonin mentionne dans la Tripolitaine une 
Casas villam Aniciorum et une Megradi villam Anicio- 
rum. Mais il est évident que cette région n'était point fa- 
vorable à l'exportation des grains et que ce n'est point là 
qu'il faut chercher THorrea dont Cresconius fut Évêque 
en 411. Nous la chercherons donc dans la Sitifienne. Il 
existe dans cette province une montagne qui porte encore 
le nom de Djebel Anini, et c'est au pied de cette monta- 
gne que se voient les ruines d'un établissement qui fut 
jadis considérable et qu'on appelle jusqu'aujourd'hui Aïn 
Roua. Le nom peut fort bien être une altération de l'an- 
tique appellation, 

CRESCONIVS. Il était de la secte des Donatisteset assista 
avec eux en 411 à la Conférence de Carthage. Il répondit à 
l'appel en disant ^ : J'ai donné mandat et j'ai souscrit. 

» Cog. 1. 198. 



— 208 — 



XIX. — lERAFl. 



La notice de 482 inscrit Jerafi dans la Maorétanie siti- 
fienne. C'est une ville inconnue. 

VICTOR. La notice le mentionne le neuvième parmi les 
Évoques de la Maurétanie sitifienne qui en 484 furent 
avec tous leurs collègues envoyés en exil par le roi Hunéric. 



XX. — IGILGILl. 



La colonie dlgilgili n'est pas une ville inconnue. Pline 
la met entre Saldas et Tucca et dit qu'elle donnait son nom 
au littoral voisin. Ptolémée la nomme entre l'Audus et le 
Gulus. L'Itinéraire et la Table déterminent la position d'I- 
gilgili et lui attribuent le titre de colonie. Âmmien Mar- 
cellin et l'anonyme de Bavenne la mentionnent également. 
C'est, du reste, la ville actuelle de Djidjelli, dont le nom 
s'est conservé jusqu'à nos jours et qui n'a rien perdu de 
son importance, car c'est encore une cité très commer- 
çante. Nous avons vu, à l'article de Castellum, quelle était 
la forme exacte de son nom. Il nous reste à énumérer les 
Évèques connus d'Igilgili. 

VRBICOSVS. Il assista, en 411, à la Conférence de Car- 
thage où, après avoir répandu à l'appel de son nom qu'il 



— 209 — 

était présent, il rendit de son église cet éclatant témoi- 
gnage ' : Elle est tout entière catholique, depuis les 
temps les plus anciens, • 

DOMITIEN. Il figure le quatrième sur la liste desÉvêques 
de la Maurétanie sitifienne qui, convoqués par un édit du 
roi Hunéric en 484, se réunirent à Carthage en une assem- 
blée générale et furent envoyés en €xil à cause de leur pro- 
fession de foi catholique avec leurs autres collègues. 



XXI. — le:mellefa. 



La notice de 482 attribue à la Maurétanie sitifienne la 
ville de Lemellefa. Or saint Optât de Milève signale dans 
la même région le Castellum Lemella que Ton croit, avec 
juste raison, être cette même ville. Elle doit son illustra- 
tion à deux martyrs que les Donatistes massacrèrent dans 
sa basilique et que célèbre le martyrologe de l'Église ro- 
maine le neuf février. Pendant que les diacres catho- 
liques, dit saint Optât-, défendaient l'autel, plusieurs 
furent blessés à coups de tuiles ; deux furent tués : 
Prime, fils de Janvier, et Donat, fils de Ninus. Ce fait 
semble s'être passé sous le règne de Julien l'Apostat, dont 
les excitations et la faveur avaient rendu leur courage aux 
Donatistes. Saint Optât l'attribue, du reste, au même temps. 



i Cog. 1. 121. 

2 De schism. 2. 18. 



14 



— 210 — 

La table de Peutinger cite le Gastellum Lemelli, autre- 
ment Lemelli PraBsidium, et le fixe à six milles de Taman- 
nuna et à cent milles de Praesidium. L'anonyme de Ra- 
venne, d'autre part, nomme Lecmelli entre Bambinide et 
Balasadais. 

Lemellefa a été retrouvée, conformément à toutes ces 
indications, à Kherbet Zembia, non loin de Zaba. C'est ce 
qu'atteste l'inscription suivante ' : 

NVMIN 

A\^GVSTOR 

COLONI 

LE M EL 

LE FENS 

D'après un autre document épigraphique la ville avait 
le titre de municipe au temps des deux Philippe - : 

Felicissimis temporibics dd, nn, imp. cœs. M, Juli 
Philippi invicti pii felicîs et imp. cœs. M. Juli Phi- 
lippi invicti pii felicis augg. et Marciœ Otacilice Se- 
verœ aug. aqua fontis quœ multo tempore deperiebat 
et cives inopia aquœ laborabant instantia M. Aurelii 
Athonis Marcelli ve. proc. augg. rarissimi prœsidis 
n. patroni municipii innovato opère aquœ ducttcs 
abundans in fonte est perducta. 

Les ruines de Kherbet Zembia se voient sur la rive gauche 
de l'oued Ksob, au quartier de Bel Imour, à treize kilo- 
mètres sud-est de Bordj Bou Aréridj. Une localité' des 
environs porte encore le nom d'Aïn Lemella. 

PRIMOSVS. Il vivait vers l'an 362, époque où les Dona- 
tistes se ruèrent sur la ville et sur la basilique même de 

1 Corpus 8808. 

2 Ibid. 8809. 



— 211 — 

cet Évèque. Saint Optât s'adressant aux Donatistes leur 
dit* : Primosv^y éoêque catholique de ce lieu, s'en est 
plaint lui-même à votre concile de Thèveste et voies 
n'avez pas écouté ses plaintes. 

lACQVES. Il figure le seizième sur la liste des Évoques de 
la Maurétanie sitifienne qui se rendirent à Carthage eii 484 
afin d'assister à rassemblée convoquée par le roi Hunéric 
•et furent ensuite condamnés à Texil avec leurs autres col- 
lègues. 



XXII. — LEMFOCTA. 

Lemfocta était une ville de la Maurétanie sitifienne. Ce 
-que nous savons, non seulement parla notice de 482, mais 
^ussi par Ammien Marcellin, qui fait mention ^ de la ville 
de Lamfocta entre les peuplades des Tyndenses et des Mas- 
sinissenses. 

VINDEMIVS. La notice le cite le vingt et unième parmi 
les Évèques de la Maurétanie sitifienne que le roi Hunéric 
après la réunion de Carthage envoya en exil avec tous leurs 
autres collègues. 

» De schisrrî. 2. 18. 
2 29. 5. 



— 212 — 



XXIII. — LESVI. 



On trouve Lesvi, autrement Lesbi, et Sava Lesbi dans 
ritiijéraire d'Antonin entre Horrea et ïupusuctu, à dix- 
huit milles d'Horrea et à vingt-cinq milles de Tupusuctu. 
Évidemment la ville se trouvait sur la Sava qui est Toued 
Bau Sellam, mais on ne Ta pas encore pu retrouver. 

ROMAIN. Il était de la secte des Donatistes avec lesquels 
il assista, en 411, à la Conférence de Carthage où à Tappel 
de son nom il dit ^ : J'ai donné mandat et j'ai souscrit 
L'Église de Lesvi ne paraît pas avoir eu alors d'Évêque 
catholique. 

VADIVS. Il figure le dixième sur la liste des Évèques de 
la Maurétanie sitifienne «lui se rendirent à Carthage en 484 
et qui après la réunion générale des Évèques furent exilés 
par le roi Hunéric avec tous leurs autres collègues. 



XXIV. — MAGRAS. 

La ville de Macras est attribuée à la Maurétanie sitifienne 
parla notice, qui s'accorde en cela avec l'Itinéraire d'Anton '^ 
nin qui place Macri à vingt-cinq milles de Gellas et à vingt — 
cinq milles de Zabi. Macras se trouvait sur l'oued Magr^ 

i Cog. 1. 198. 



— 213 — 

près du Djebel Magra, dans la plaine de Bou Megueur, 
par où on peut voir que son nom est resté connu jusqu'à 
nos jours. Elle a subsisté, en effet, fort longtemps et tous 
les auteurs arabes la mentionnent avec éloge. 

Bekri dit que Macra est une grande ville, entourée de 
vergers, de ruisseaux et de champs cultivés. 

Elle était distincte de Magri, ville que la table de Peu- 
tinger place entre Rustici et Gadiaufala en Numidie. Vic- 
tor de Tonnone rapporte, à Tannée 479, que le roiHunéric 
relégua un grand nombre de catholiques àTubunnis, Ma- 
oris, Nippis et autres endroits du désert. 

MAXIME. Il assista, en 411, parmi les Donatistes à la Con- 
férence de Carthage où à Tappel de son nom il dit * : J'ai 
donné mandat et j'ai soioscrit, sans faire mention d'un 
compétiteur catholique. 

ÉMÈRITE. Il figure le dix-huitième sur la liste des Évèques 
de la Maurétanie sitifienne qui se rendirent à la réunion 
de Carthage en 484 et furent de là exilés avec leurs col- 
lègues par le roi Hunéric. Émérite mourut pour sa foi en 
exil, comme l'indique la note probatus ajoutée à son nom. 

Depuis, Macras a eu des Évèques titulaires : 

Matthieu Petit Didier ; 

Michel-Remi Laszev^ski, 2 octobre 1730 ; 

Pierre Glaus, juiUet 1820 ; 

Hermann de Vicari, 24 février 1882 ; 

Joseph-Dominique Sanchez, 30 janvier 1843 ; 

Jean Healy, 27 juin 1884. 

1 Cog. 1. 206. 



— 214 — 



XXV. — MA CRI AN A. 



La notice de 482 nous indique aussi qu'il y avait une 
Macriana dans la Maurétanie sitifienne. Du reste, les géo- 
graphes n'en parlent point ; mais une borne milliaire, trou- 
vée à dix-huit kilomètres de Sitifis sur la voie de Cirta^ 
mentionne peut-être Macriana * : 

QVINTO DECIO TRAIANO 

INVICTO PIO FELICI AVG 

PM TRIB POT PP CO 

PROCOS RP M MU. 

CONSTITVIT.... 

MP II 

D*autre part, un monument voisin de Assava porte ce 
qui suit - : 

D M 

TIT\'S STATILIV 

S MARINVS PR 

AEFECTVS GM VIXIT 

ANIS LXXI STATiLIVSSE 

VERVSSI ENEMET 

VEROMNA EIVS CONj- 

BM EIVS ERVINIS ASCIA 

DEDICATVxM 

On peut lire dans l'un de ces textes Res publica Macria- 
nensium et dans l'autre prœfectus gentis Macrianen- 

» Corpus 10360. 10359. 8470. 
« Ibid. 8414. 



— 215 — 

siSy mais aussi on peut y voir le nom de quelque ville 
dont l'initiale est semblable. 

DEVTERIVS. Il parait avoir vécu avant Tannée 380, car il 
est cité par le donatiste Tychonius qui, à cette époque, se 
faisait remarquer parmi ceux de sa secte * . Deuterius était, 
en effet, lui-même donatiste, mais plus large que les 
autres. 

Voici ce qu'écrit de lui saint Augustin, d'après le té- 
moignage de Tychonius - : // dit aussi que Deuterius, 
Evêque de Macriana, de votre communion^ a reçu 
dans son église tout le peuple des traditeurs et qu'il 
a fait cette union avec les traditeurs conformément 
aux décrets du Concile tenu par vos deux cent 
soixante-dix Èvêques et qu'après cela Donat a com- 
muniqué avec ce Deuterius, non seulement avec ce 
Deuterius, mais avec tous les Èvêques des Maures. 
Ces dernières paroles désignent Macriana de Maurétanie 
dont nous parlons ici et qui obéissait au collègue des 
Èvêques Maures. 

FEUX. Il se trouva aussi, en 411, à la Conférence de Car- 
thage, à laquelle Silvain, autre Évêque de Macriana en 
Byzacène, assistait, et il est nommé parmi les vingt Èvê- 
ques qui n'avaient point encore souscrit au mandat, parce 
qu'ils étaient arrivés trop tard à Garthage. Il était catho- 
lique, mais sans doute il avait abandonné depuis peu le 
3amp des Donatistes et, comme d'ordinaire, il conservait 
léanmoins le titre et les honneurs de l'épiscopat. Félix 



^ Genn. de vir. ill. 18. 
2 Epist. 93. ad Vinc. 



— 216 — 

s'étant avancé au milieu de la salle dit ' : Je donne man- 
dat et j'approuve, 

RE3TITÏT. Il figure le vingt-troisième sur la liste des 
Évêques de la Maurétanie sitiflenne qui se rendirent à la 
réunion de Cartbage en 484 et furent ensuite exilés avec 
leurs collègues par le roi Hunéric. La notice de 482 in- 
dique que Restitut mourut pour la foi en exil. 



XXVI. — MARINIANA. 

La table de Peutinger mentionne une ville appelée Ad 
oculum Marinum entre Sitifis et Zarai, à quarante milles 
de Sitifis, à vingt-cinq milles de Vaccis et à dix-huit milles 
de Gapsum Juliani. Jusqu'ici il a été impossible de déter- 
miner l'emplacement de cette ville qui devait être impor- 
tante puisque vers elle se dirigeaient plusieurs voies ro- 
maines. 

D'autre part, on a trouvé, dans la même région, aux 
ruines importantes d'Ain Melloul, la mention d'une colonie 
dont les initiales sont les mêmes. Voici le texte * : 

IMP. CAES. M. AVK. COMxMO 
1)0 ANTONINO AVG. PIO FELI 
CI. SARMATICO GERMANT 
CO MAXIMO BRITTANICO 
PONTlftCI MAX. TRIB. PO 
TEST XV IMP VIII COS VI 

i Cog. 1. 215. 
2 Corpus. 8702. 



— 217 — 

PP INDVLGENTISSIMO 

PRINCI PRINCIPI DIVI 

M. ANTONINI. PII. FIL. DIVI 

PII NEPOTI DIVI HADRIA 

NI. PRONEPOTI. DIVI TRAIANI 

PARTHICI ABNEPOTI DIVI 

NERVAE ADNEPOTI FE... 

NVM SPLEND COLON MAR PROCV 

AVG COLONI DOMINI N 

POSVERVNT 

La notice de 482 écrit Maronana, autrement Marovana, 
qui peut être différente de Oculus Marinus. 

INVENTINVS, autrement Juventinus. La notice le porte le 
vingt-sixième sur la liste des Évèques de la Maurétanie 
sitiflenne qui, en 484, d'après Tordre du roi Hunéric, se 
rendirent à Car th âge et furent ensuite exilés avec tous les 
autres Évêques à cause de leur attachement à la vérité ca- 
tholique. 



XXVII. — MEDIANAS ZABI. 

Les géographes ne disent pas quelle ville fut Mediana 
Zabi ou Zabuniorum. Mais, de la Conférence de Carthage, 
on peut conclure, avec une certitude presque complète, 
qu'elle était située dans la Maurétanie sitiflenne et assez 
rapprochée de Sitifis. De son nom ou plutôt de son qualifi- 
catif on peut aussi conclure qu'elle était dans la région de 
Zaba ou Zabi dont nous parlerons en son lieu. Enfin nous 
pouvons tirer de son nom qu'elle se trouvait dans la vaste 



— 218 — 

plaine connue jusqu'aujourd'hui sous le nom de plaine de 
la Medjana. Là se voit le Bordj Medjana, le même peut- 
être que le Munimentum nomine Medianum où le comte 
ïhéodose infligea une défaite aux tribus berbères '. 

DONAT. Il était de la secte des Donatistes parmi lesquels 
il assista, en 411, à la Conférence de Carthage et à Tappel 
de son nom comme Évèque de Medianas Zabuniorum il 
dit ' : J'ai donné mandat et fai souscrit. 

Mais un Évêque catholique, nommé Victor, probable- 
ment celui de Vardimissa,villedela Césarienne,voisine de 
Medianas, révoquant en doute sa juridiction repartit: Qu'il 
prouve qu'il a, eu accès dans une seule des maisons du 
lieu qu'il nomme. Puis Novat de Sitifis ajouta : Que l'on 
écrive que Medianas Zabuniorum a un prêtre. C'est 
lui qui a, en ce moment mêmey la basilique et la di- 
rection du peuple; il a V unité. Il n'y a là aucun do- 
natiste. J'ai ordonné ce prêtre sur le tombeau de l'E- 
vêque catholique et, si Dieu le veut, on y ordonnera 
un Évêque ; mais, quant à un È vêque donatiste, il n'y 
en a pas là. Notre Donat de Medianas est probablement 
celui de ïamascanina ou de Aras, villes voisines de Me- 
dianas. 

' Am. Marc. 29. 5. 45. 
•^ Cog. 1. 203. 



— 219 — 



XXVIII. — MOLICVNTA. 



La notice de 482 nous apprend que Molicunza se ti:ou- 
vait dans la Maurétanie sitifienne. Ammien Marcellin dit * 
que le comte Théodose s'empara de la cité de Conta où 
Firmus avait enfermé ses captifs parce que c'était une 
ville forte, "^nunimentum abstrusum et celsum. Il serait 
donc permis de la voir dans les ruines importantes de Mla- 
kou, chez les Béni Mellikeuch, sur les flancs méridionaux 
du Jurjura. 

ROMAIN. Il figure le vingt-septième parmi les Évèques de 
la Maurétanie sitifienne convoqués à Carthage en 484 par 
le roi Hunéric et qui furent après cette réunion envoyés 
en exil avec leurs autres collègues. 



XXIX. — MONTE. 



Monte, de Mons, comme Laribus vient de Lares, se trou- 
vait, selon la table de Peutinger, entre Guicul et Sitifis, 
à treize milles de Cuicul et à douze milles de Sitifis. Nous 
l'attribuons à la Sitifienne, bien que la notice de 482 nomme 
TEvèque de Monte parmi ceux de la Numidie, de même 
que nous avons vu des Évèques de Thabraca, ville située 

» 29. 5. 



— 220 — 

en Numidie, comptés parmi ceux de la Proconsulaire. Monte 
a été retrouvée à Ksar ou Ghiren, sur un haut plateau. 
Ses ruines portent aussi le nom de Kasbaït. Le castrum 
forme un parallélogramme de quarante-cinq mètres sur 
quarante. Les restes de plusieurs édifices sont remar- 
quables. Dans une inscription de Lambaesis ' il est ques- 
tion des Mazicûm regionis Montensis et une ville épis- 
copale de la Maurétanie césarienne portait le nom de Giru 
Montis. 

DONATIEN. Il assista, en 411, parmi les catholiques, à la 
Conférence de Carthage où, à Tappel de son nom, il répon- 
dit ^ qu'il était présent. Il avait un adversaire donatiste, 
mais celui-ci ne put venir pour raison de santé, ce que 
Pétilien, mandataire des Donatistes, fit connaître aussitôt 
en disant : Il est ^nalafle, sans toutefois donner son nom. 

VALENTIEN. La notice le cite le vingt-cinquième parmi 
les Évêques de Numidie qui furent condamnés à Texil avec 
les autres Évèques par le roi Hunéric après leur réunion 
à Carthage en 484. On lit, à côté de son nom, une note, 
probatus, qui marque que cet Évêque mourut pour sa foi 
loin de son siège. 

• Corpus. 2786. 
*-'Cog. 1. 121. 



— 221 — 



XXX. — MOPTA. 



Mopta, Mopti, Mocta, Mozota, Oppina, car ces diverses 
'ariantes se rencontrent dans les manuscrits, était une ville 
Le la Maurétanie sitifienne, que la table de Peutinger qua- 
ifie du titre de Municipe et qu'elle place sur la voie de 
^hoba à Cuicul, à vingt-sept milles de Ad Ficum et à 
►nze milles de Cuicul. D'après ces données, on peut lavoir 
lansles ruines d'El ouarcha, situées sur Toued Kharrouba, 
lu pied occidental du djebel Halfa, à trois kilomètres en 
imont du confluent de l'oued Kharrouba avec l'oued el 
Kebir. Dans les actes de la Conférence de Garthage Mopta 
îst aussi appelée Municipe. Il est vrai que les villes qui 
portaient le titre de municipes n'étaient pas toujours des 
ailles de citoyens romains ; mais cette appellation est re- 
gardée avec raison, néanmoins, comme celle de villes im- 
portantes. Elle n'était point d'ailleurs si commune en 
Afrique et on la réservait à celles qui étaient les plus dis- 
tinguées. 

LEON. Il assista, en 411, parmi les Évêques catholiques, 
k la Conférence de Carthage où il déclara avoir pour com- 
pétiteur le donatiste Félix, lequel s'avançant alors dit * : 
Te le connais. Puis, à l'appel de son nom, il répondit - : 
J'ai donné mandat et j'ai souscrit. Léon de Mopta 
avait été custos chartarum au concile de 411. Il gouver- 
nait encore son église en 419, année où il fut chargé avec 



' Cog 1. 143. 
2 îbid. 180. 



— 222 — 

Novat de Sitifis de représenter la province sitifienne au 
concile de Carthage qui fut le dix-huitième de ceux 
d'Aurèle'. 

VILLATICV8. La notice le porte le trente-troisième parmi 
les Évèques de la Maurétanie sitifienne qui se rendirent en 
484 à la réunion de Carthage et qui, condamnés ensuite 
par le roi Hunéric avec tous leurs autres collègues, durent 
partir pour Texil. 



XXXI. — NOVA LIGIANA. 



Nous savons, par la notice de 482, que Nova Liciana 
était située dans la Maurétanie sitifienne. Aux ruines dites 
Kharbet Madjouba, situées à cinq kilomètres de Monte, on 
a retrouvé diverses inscriptions incomplètes dans les- 
quelles on peut lire^ : 

GENIO N.... 

CIVES NOV... 

GENIoNOVAR... 

DEO LAVDES SVPER AQVAS ANO... 

On y a découvert aussi plusieurs monuments chrétiens 
parmi lesquels l'épitaphe suivante ^ : 



1 Hard. 1. 1249. 
« Corpus. 10907. 
3 IbiJ. 10927. cf. 10028 



— 223 — 

MENSA 

HAEC EST AETERNA 

DOMVS ET PEUPËTVA 

FELICITAS 

DE OMNIBVS MEÏS 

HOC SOLVM MEVM 

APER FIDELÏS 

IN PACE VIXIT ANIS LXV 

DEP EIVS V KL SEP AP CCCXXI 21 août 3G0. 

La ville que l'anonyme de Ravenne appelle Balicin et 
a'il cite parmi celles de la Sitifienne peut être fort bien 
ne altération de Noba Licinia et nous aurions là le vrai 
om de cette ville. Nous ferons observer que le nom des 
icinii paraît fréquemment dans Tépigraphie de Kharbet 
[adjouba. 

Nous ferons encore remarquer que le célèbre Évêque de 
[aurétanie qui correspondit avec saint Cyprien de Gar- 
lage pour la question du baptême est appelé par saint Au- 
ustin dans un manuscrit du Vatican * Jubaïen de Novati- 
ina, nom qui se rapproche beaucoup de Novaliciana. 

REDVX. Il est le dix-neuvième sur la liste desÉvêques de 
L province sitifienne qui se rendirent à Carthage en 484 
our rassemblée générale de Tépiscopat et furent condam- 
és à Texil avec tous leurs collègues après qu'on leur eût 
nlevé leurs églises pour les donner aux Ariens que le roi 
lunéric favorisait passionnément. 

• Ms. n. 506. foL 24. 



224 — 



XXXII. — OLIVA. 



L'Itinéraire d'Antonin place Ad olivam à trente milles 
de Saldas et à vingt-cinq milles de Ad sava. D'après la 
table de Peutinger, Ad olivam se trouvait à trente milles 
de Ruzaï. Malgré ces indications, Oliva n'est pas encore 
retrouvée. Elle devait son nom, sans doute, à ses oliviers. 

LVCE. Cet Évoque se rendit à Carthage, en 411, pour la 
Conférence, mais il arriva un peu tard. Il est cité parmi 
les derniers de ceux qui n'avaient pas encore souscrit au 
mandat. A l'appel il se présenta et dit ' : Je donne man- 
dat et f approuve, sans dire s'il avait un compétiteur 
donatiste. 



XXXIII. — PARTENIA. 



La ville de Partenia, autrement Parthenia, est attribuée 
à la Maurétanie sitiflenne par la notice de 482. Peut-être 
devait-elle son nom à quelque personnage appelé Parthe- 
nius. Saint Augustin parle quelque part d'un Évêque ap- 
pelé Parthenius -, La table de Peutinger indique une sta- 
tion nommée ad Portum, située à trente-cinq milles de 
Sitifls, à la frontière de la Numidie. Ce nom pouvait lui 

- Cog. 1. 215. 
2 Epist. 22. n. 9. 



— 225 — 

venir de la lex portus qu'on exécutait à la limite des 
provinces. 

R06AT. Il figure le trente-deuxième sur la liste des 
Évêques que la province sitiflenne envoya en 484 à la 
réunion de Carthage et qui subirent le même sort que les 
autres ; car le roi Hunéric les condamna tous à Texil. 



XXXIV. — PERDICES. 



Le nom de la ville de Perdices semble lui être venu des 
oiseaux du même nom. Martial vante, parmi les oiseaux 
d'Afrique, une espèce de perdrix de Numidie^ qmy existent 
encore. Elles avaient le plumage tacheté et l'emportaient 
sur les perdrix ordinaires. Au reste, plusieurs localités de 
la Maurétanie et de la Numidie portent jusqu'aujourd'hui 
le même nom Hadjela, qui veut dire perdrix dans la 
langue arabe. 

La situation de cette ville est indiquée dans l'Itinéraire 
d'Antonin entre Zaraï et Sitifis, à vingt-cinq milles de 
Sitifis et à douze milles de .Zaraï. Néanmoins elle n'a pu 
être jusqu'ici retrouvée d'une manière certaine. Quelques- 
uns la voient dans les grandes ruines de Fraïm. 

8ILV/UN. HoMein croit que ce fut lui qui remplit avec 
Lucien les fonctions de député de la province sitiflenne au 

» Lib. 3 Epig. 58. 

15 



— 226 — 

concile de Garthage de Tan 403 '. Mais il assista certaine- 
ment, en 411, parmi les catholiques, à la Conférence de 
Garthage où, après qu'il eut répondu à l'appel de son nom 
qu'il était présent*, son adversaire Rogat s'avança et dit : 
Je le connais. Puis, à l'appel de son propre nom, celui-ci 
répondit 3 : J'ai donné mandat et fai souscrit. 

VICTORIN. La notice le nomme le trente-neuvième parmi 
les Évèques de la province sitifienne qui se rendirent à la 
réunion de Garthage en 484 et furent ensuite exilés par 
ordre du roi Hunéric. 



XXXV. — PRIVATA. 

On appelait du nom de ratio privata les domaines par- 
ticuliers des Empereurs. Il y en eut assurément dans la 
Maurétanie sitifienne où la notice de 482 place l'Évêché 
de Privata, car un texte retrouvé dans les ruines de Faguès, 
situées dans le bassin du Hodna, au lieu dit Satar, non 
loin de la Medjana, porte ce qui suit*. 

LIMES AGRORVM AGAR 

GILIO GODDEO DEC 

F. P. SECVNDVM . IVS 

SIONEM . V . P . IVCVN 

1)1 . PEREGRINI . P . N . 

INTER TERRITORI 

VM AVRELIESE ET P 

RIVATA RATIONE 

• Hard. 1. 914. 
^ Cog. 1. 121. 
•" Ibid.187. 
^ Corpus. 881 1 



— 227 — 

On ne saurait avoir de doute ; il s'agit ici d'un territoire 
portant le nom de privata ratio et voisin d'un autre ap- 
pelé Aureliense. 

• 

ADEODAT. Il figure le trente et unième sur la liste des 
Évèques qui se rendirent à la réunion de Garthage en 484 
sur Tordre du roi Hunéric et furent ensuite exilés avec les 
autres Évèques. 



XXXVI. — SALDAE. 

Saldae, que mentionne Ptolémée, était, au témoignage 
de Pline, une colonie d'Auguste. La table de Peutinger 
l'appelle Saldas au cas direct et l'Itinéraire d'Antonin 
Saldis. C'est ce qui arrivait pour d'autres villes, ainsi que 
nous l'avons remarqué. Saldae est représentée par la ville 
actuelle de Bougie, la Begaït des Berbères. Les monuments 
épigraphiques qu'on y a retrouvés confirment sur ce point 
les données des auteurs. 

On lit dans une dédicace * : 

DIVAE . SABI 

NAE . AVG . 

OOL . COL . 

IVL . SALD . 

D . D . P . P . P . 

«t dans une autre on lit à la fin '^ : 

1 Corpus. 8929. 

- Ann. Const. 1888. p. 426. 



— 228 — 

COL . COL . 

IVL . AVG . 8ALD . 

LEGIONIS VII 

IMMVNIS 

D'après une inscription très curieuse de Lambaesis, la 
troisième légion aurait, en 152, prêté son concours à Saldae 
pour la construction de Taqueduc dont on voit encore les 
restes et qui va du djebel Toudja à Saldae. Il y est fait 
mention de la Salditana cîvîtas splendidissima, des 
Salditanîs et du ductum Saldense, puis deSaldas et de 
Saldis^. 

Au douzième siècle Saldae portait déjà le nom de Be- 
gaït, autrement Bougie, et elle avait des archevêques. En 
1315, un homme illustre par sa science et pai* sa vertu, 
Raymond Lulle y souffrit le martyre. 11 est honoré comme 
un saint en Espagne le trois juillet et ses détracteurs se 
sont tus après la justification faite depuis longtemps de ses- 
écrits et de sa vie. 

Bougie fut prise par Charles-Quint en 1509 et plusieurs 
inscriptions rappellent l'occupation espagnole. L'une d'elles 
célèbre une éclatante victoire remportée le jour de l'Epi- 
phanie de l'an 1549. 

L'emplacement de l'église actuelle de Bougie serait 
celui de l'antique basilique de Saldae. 

PA8CHA8E. Il est le quarante et unième sur la liste des^ 
Évêques de la Maurétanie sitiflenne qui, appelés à Car- 
thage, en 484, par le roi Hunéric, furent ensuite exilés 
avec tous les autres qui s'y étaient réunis. 

8ERVANDV8. Il fut constitué Évêque de Bougie par le pape 

» Corpus. 2728. 



— 229 — 

•Grégoire VII, en 1076, comme le marque une lettre de 
<5e pape adressée au clergé et au peuple de Buzece dans 
la Maurétanie sîtifienne. Bougie était alors très fré- 
•quentée par les marchands italiens et le souverain Ham- 
madite de la Sitifienne entretenait des relations amicales 
^vec la Cour de Rome. 

Bougie aurait eu des Évêques pendant le cours de la 
-domination espagnole, mais nous ignorons leurs noms. 
Elle a eu plus tard des Évêques titulaires : 

François Ferez, février 1687 ; 

François N..., 1719 ; 

Jérôme Szeptiychi, 20 juillet 1739 ; 

Ignace Urzyanowski, 14 juin 1762 ; 

Bernard Panet, juin 1806 ; 

Antoine Ribeiro, 27 septembre 1824 ; 

Daniel Gonnor, avril 1834. 



XXXVII. — SATAFIS. 



L'Itinéraire d'Antonin montre qu'il existait, dans la 
Maurétanie sitifienne, une Satafis distincte de celle de la 
Césarienne et qu'elle se trouvait à seize milles de Sitifis 
^t à la même distance de ad Basilicam sur la voie qui 
conduisait à Igilgili. Elle est représentée par les ruines 
<i'Aïn Kebira, comme le prouve l'inscription suivante * : 

» Corpus. 8389. 



— 230 — 

GENIO MV 

NICIPII . SA 

TAFENSIS . 

EX TESTA 

MENTO 

C . STATVLE 

NI MARTiA 

LIS FL . P . P 

C STATVLENI 

VS VITALIS HF 

RES 

L. MIL . N . 

CONSTITV 

TI DDC 

On y a aussi recueilli des épitaphes chrétiennes inté- 
ressantes. 

Ainsi, celle d'un prêtre ^ : 

mem ORÏ a DEPOS 

ITIOMS PRESBIT 

ERI SECVRI POSITA 

C FRATRES PACALE 

ET FLORA VICSÏT A 

NOS LVI ANO P . CGC 

XXIÏÏÏ DEPOSITIO B 

ASSI FRATRES VI ID 

VS OCTOBRES 

Les fratres mentionnés dans cette épitaphe doivent ètre^^ 
des religieux et Satafis, dès lors, aurait possédé en 364 luu-- 
couvent de religieux. Les incorrections du texte ne per- 
mettent pas d'être absolument précis à cet égard. 

L'épitaphe suivante n'est pas moins remarquable - : 



^ Ann. const. 1888. p. 422. 
' Ibid. p. 42L 



— 231 — 

MENSA AEMILI 

AE VALENTINAE BENE MER 

ITA DEC ^ LANDIOS 

APOSO MARITO SVO 

FABENTE DEO SINE DOL 

ORE FILIORVM DISCESSIT VICX 

AN LX AP CCCIII a. 343. 

AN . P . CCCIII 
D M . S . 

Nous connaissons deux Évêques de Satafis. 

ADÉODAT. Il siégea parmi les évêques catholiques à la 
Conférence de Carthage, en 411. Quand il eut répondu à 
l'appel qu'il était présent', Tévèque donatiste Urbain qui 
était son compétiteur, se leva et dit : Je le connais. Et 
lui-même répondit à son appel - : J'ai donné mandat et 
j'ai soiescrit. Il n'est pas absolument certain que ces deux 
Évêques appartiennent à la ville de la Sitifienne plutôt 
qu'à Satafis de la Césarienne. 

FESTVS. La notice Ténumère le sixième parmi les Évê- 
ques de la province sitifienne que le roi Hunéric envoya 
en exil avec leurs collègues qu'il avait appelés de tous les 
points de l'Afrique à la réunion de Cartbage, en 484. 



» Cog. I. 128. 
•^ Ibid. 187. 



232 — 



XXXVIII. — SERTEI. 



Sertei n'est pas mentionnée par les géographes, mais la 
notice de 482 la place dans la Maurétanie sitifienne où, 
en effet, elle a été retrouvée dans les ruines de Kherbet 
Guidra. Celles-ci sont situées sur un plateau élevé, au 
confluent de deux rivières dont une porte encore le nom 
d'oued Chertioua, altération du nom primitif Sertei. La 
ville formait un triangle défendu de deux côtés par les 
deux rivières et du troisième côté par un rempart. Il est 
question de ce mur dans Tinscription suivante ^ : 

IMP . CAES . M . AVR . 8H 

VERVS . ALEXANDER 

PIVS FELIX AVG . MVROS 

PAGANICENSES SERTE 

ITANIS PER POPVL . SVOS FE 

CIT . CVR . SAL . SEMP . VICTORE 

PROC . SVO INSTANTIBVS HEL 

VIO CRESCENTE DEC .... 

TE . CL . CAPITONE . PR .... 

La basilique de Sertei a été mise au jour. Elle devait 
être fort belle. On remarque dans son enceinte plusieurs 
tombes en mosaïque. En voici un spécimen* : 

HIC RKQVIESCIT 
EMERITA HONE 

STA FEMINA 
QVI VIXIT ANIS 

1 Corpus. 8828. 

2 Bull. arch. 1887. p. 187. 



— 233 — 

LXXV RECESSIT 
IN PAGE DIEV KL 
AGVSTA. AN 
P CCCCXX VIII a. 468. 

La basilique, du reste, est située hors des murs, comme 
celles de Carthage, de Theveste, de Tipasa, et elle est en- 
tourée d'une vaste nécropole où se trouvent de nombreux 
sarcophages. 

FELIX. Il se rendit à Carthage en 411 pour assister à la 
Conférence parmi les Évèques catholiques. Cependant une 
maladie le contraignit de rester dans sa demeure. C'est 
pourquoi, quand Alype de Thagaste eut excusé les autres 
Évêques, il ajouta ' : Quant à Félix de Sertei, il souffre 
des pieds. Mais son compétiteur, le donatiste Maximien, 
était présent et il répondit à Tappel " : J'ai donné man- 
dat et j'ai souscrit, 

VICTORIN. La notice le mentionne le vingt-huitième par- 
mi les Évêques de la Maurétanie sitifienne que le roi Hu- 
néric après les avoir réunis à Carthage en 484 envoya en 
exil avec tous leurs autres collègues. L'annotation pro- 
6<2^t^ jointe au nom de Victorin indique qu'il mourut pour 
la foi catholique loin de son siège. 



' Cog. 1. 215. 
2 Ibid. 180. 



— 234 



XXXIX. — SOGIA. 



La notice indique qu il y avait en 482 dans la Maaréta- 
nie sitifienne une ville nommée Socia. Mais nous ne savons 
rien d'elle. 

SATVRNIVS. Il figure le quinzième parmi les Évêques de 
la Maurétanie sitifienne qui,s'étant rendus à l'assemblée de 
Carthage en 484, furent exilés par ordre du roi Hunéric 
avec leurs autres collègues. La note prohatus ajoutée à 
son nom prouve qu'il mourut pour la foi en exil. 



XL. — SVRISTA. 



C'est encore une ville inconnue, qui pourrait être la^ 
même que Tinista dont nous parlerons en son lieu. 

AVFIDIV8. Il figure le trente-huitième parmi les Évêques 
de la province sitifienne que le roi Hunéric exila avec leurs 
autres collègues après l'assemblée de Carthage en 484. 



— 235 — 



XLI. — TAMAGRISTA. 



Tamagrista, autrement Thamagrista, était une ville de 
la Maurétanie sitifienne. C'est ce qu'indique la notice 
de 482 et peut-être n'est-elle autre que la Thamarita que 
Ptolémée nomme dans la même région après Tubuna, au- 
delà du mont Gara. 

Du reste, on voit, entre Sitifis et Aïn Roua, une mon- 
tagne environnée de ruines romaines et appelée Djebel 
Magris. 

PRIMVLV8. Il assista, en 411, parmi les Évêques catho- 
liques, à la Conférence de Carthage où, après sa réponse à 
l'appel de son nom qu'il était présent ^, son compétiteur le 
donatiste Saturnin s'avança et dit : Je le connais. Puis à 
l'appel parmi ses collègues il ajouta- : J'ai donné man- 
dat et fai souscrit. 

CLEMENT. Il figure le trentième sur la liste des Évêques 
de la Maurétanie sitifienne qui se rendirent en 484 à la 
réunion de Carthage et furent ensuite condamnés à l'exil 
par le roi Hunéric avec leurs autres collègues. 

» Cog. 1. 128. 
» Ibid. 197. 



— 236 — 



XLII. — TAMALLVMA. 



LaMaurétanie césarienne avait, comme la Byzacène,une 
Tamalluma, qui semble être appelée dans la table de Peu- 
tinger Municipium Tamannuna. La Table place ce muni- 
cipe entre Sitifis et Tamascani, à dix milles de cette der- 
nière ville, à vingt-cinq milles de ad Sava et à six milles de 
Lemellefa. Outre le municipe il y avait un castellum de 
Tamannuna, qui devait être distinct, bien qu'il soit cité en 
même temps que le municipe. Nous en avons déjà parlé à 
l'article de Castellum. 

Le limes Thamalloma de la notice des Dignités de l'Em- 
pire se trouvait entre Tupusuctus et Baleretum. Il est pro- 
bablement le même que le municipe de Tamannuna. Toutes 
ces données portent à croire queTamalluma est représentée 
par Bordj Bou Aréridj, position qui a eu jadis comme au- 
jourd'hui une grande importance militaire. 

GREGOIRE de Tamamalla assista, en 411, avec lesEvêques 
catholiques, à la Conférence de Carthage où, à l'appel de 
son nom, il répondit' qu'il était présent. Il avait pour 
compétiteur le donatiste Luce de Tamalla, qui ajouta : Je 
le connais. Puis, à l'appel de son nom, ce dernier répon- 
dit- : Tai donné mandat et f ai souscrit. 

RVFIN. Il ouvre la liste des Kveques de la province siti- 
fienne que le roi Hunéric après la réunion de Carthage 



' Cog. 1. 128. 
2 ïbid. 208. 



— 237 



9 

en 484 exila avec les autres Evèques. On peut donc ad- 
mettre que Rufin était alors le primat de sa province. 



XLIII. — TAMASGANIA. 



La notice de 482 place Tamascania, autrement Tamas- 
canina, dans la Maurétanie sitifienne. De son côté, la table 
de Peutinger annonce le municipe de Tamascani à dix 
milles de Tamannuna et à la même distance d'Equizeta. 
Elle se trouvait par conséquent dans la vaste plaine de la 
Medjana où Ton rencontre de nombreux groupes de ruines 
romaines. 

DONAT. Il était de la secte du même nom et il prit part 
avec ses collègues à la Conférence de Carthage en 411. A 
Fappel de son nom il dit * : J'ai donné mandat et j'ai 
sotcscrity sans ajouter s'il avait contre lui un Évêque ca- 
tholique. 

HONORAT. La notice le mentionne le trente-quatrième par- 
mi les Évèques de la Maurétanie sitifienne que le roi Hu- 
néric réunit à Carthage en 484 et condamna à Texil avec le 
reste de leurs collègues. La note probattes ajoutée à son 
nom indique que Honorât mourut pour la foi loin de son 
siège. 

1 Cog. 1. 198. 



238 — 



XLIV. — THIBVZABETA. 



Nous avons attribué l'Évêque donatiste Martinien de 
Thibuzabeta à Tubyza de la Proconsulaire, ville qui est elle- 
même incertaine. Nous avons vu, ailleurs, que Guzabeta 
est une ville de Numidie. Il se peut fort bien que Thibuza- 
beta appartienne à la Sitifienne. En effet, une inscription 
découverte depuis peu à Aïn Melloul, dont nous avons plu- 
sieurs fois déjà parlé, semble mentionner un castellum de 
ce nom. Voici le texte ^ : 

INDVLGENTIA. NOVI. SAECVLI. IMP. CAES 

M. ANTON. GORDIANI. in VICTI. PII 

FELICIS. AVG. RESTlTVtori o RBIS 

KAST. THIB. QVOD ante hac ANGVS 

TO. SPATIO. CINCTVm jam CONTI 

NEBATVR. NVNC REPAraTIS. AC FOTis 

VIRIBVS. FIDVCIA. PaciS opTaNTe 

FACIEM. MAIGRIS. LOCI. prOLatum 

EST. FALTONIO RESTITutiano 

V. E. PRAESIDE. CVRANTe aure 

LIO. FELICE. PROC. AVG 

Mais, du reste, nous ignorons si Thibuzabeta doit être 
mise dans la Sitifienne et si le Castellum en question re- 
présente réellement cette ville. 

MARTINIEN. Il assista, en 411, parmi les Donatistes à la 
Conférence de Carthage et il répondit à Tappel - : J'ai don- 
né mandat et j'ai souscrit. Il était sans doute seul 
maître dans son diocèse et sans compétiteur catholique. 

1 Bull. i»Oran. xiii. p. 23^ 
« Cog. i. 187. 



239 — 



XLV. — THVCCA. 



H y avait une Thugga ou Tucca dans la Proconsulaire, 
une autre dans la Byzacène, une autre dans la Numidie. 
Il y en avait une aussi dans la Sitifienne, car la notice 
<le 482 attribue à cette province un Évêque de Tucca. La 
table de Peutinger, d'autre part, met une ville de Tucca 
entre Igilgili et Cuîcul, à soixante milles de celle-ci, et dit 
que cette Tucca est fines Africœ et Mauretaniœ à la 
limite de l'Afrique propre et de la Maurétanie. Pline, après 
avoir parlé dlgilgili, en décrivant le littoral, ajoute que la 
ville de Tucca est assise sur la mer et sur le fleuve Am- 
saga où commence la Numidie. Ainsi, d'après ces deux 
auteurs, il se trouvait à la frontière de la Numidie et de 
la Maurétanie sitifienne deux villes distinctes portant 
Tune et l'autre le nom de Tucca. Il est évident que l'une 
de ces deux villes représente la cité épiscopale de la no- 
tice de 482. 

VZVLV8 de Thucca est nommé le trente-septième parmi 
les Évèques de la Maurétanie sitifienne que le roi Hunéric 
convoqua à Garthage en 484 et exila ensuite avec tous 
les autres Évèques d'Afrique. 



— 240 — 



XLVl. — TIMSTA. 

ïinista est peut-être la même ville que Surista dont 
nous avons parlé plus haut. Un fragment d'inscription, 
trouvé à Kherbet Madjouba, autrement Béni Fonda, non 
loin de Monte, porte ce qui suit * : 

VS. CRESCENS. FIL 
EQR TINISTE 

L'Évèque donatiste de Tinis ta souscrivit en 411 avecles 
Évèques de Serteï et de Mopti, qui appartiennent à la Si- 
tifienne. Son nom, Colonicus, se retrouve dans une ins- 
cription que nous avons rapportée à rarticle de Sitifis. 

C0L0NICV8. Il était de la secte des Donatistes avec les- 
quels il assista, en 411, à la Conférence de Garthage où à 
rappel de son nom il dit - : Tai donné mandat et fai 
souscrit ; je n'ai point chez moi de traditeurs. 



XL VIL — TVPVSVGTV. 

Le nom de cette ville offre de nombreuses variantes^ 
même dans les monuments épigraphiques retrouvés au 
milieu de ses ruines. Car dans un texte de Tépoque de Né- 
ron nous lisons ce qui suit ^ : 

» Corpus. 8668. 

2 Cog. 1. 180. 

3 Corpus. 8837. 



— 241 — 

NERONE CLAVDIO. CAESARE 
AVG. GERM ANICO. L. ANTISTIO. VETERE. COS. 

K AVGVSTI8 

Q. IVLIVS. Q. F. QVI. SECVNDVS. LEGATVS. PRO 

PRAETORE. HOSPITIVM. FECIT. CVM 

DECVRIONIBVS. ET. COLONIS. COLONIA 

IVLIA. AVG. LEGIONIS. VII. TVPVSVCTV. SIBI 

LIBERIS. POSTERÏSQVE. SVTS. EOSQVE. PA 

TROCINÏO. SVO. TVENDOS. RECEPIT. 

AGENTIBUS. I.EGATIS 

Q. CAECILIO. Q. F. PALATIN A FIRMANO 

iM. POMPONIO. M. F. QVIR. VINDICE 

Une autre inscription de Tépoque Dioclétienne porte * : 

dd. nn. diocletianu S ET MAXIMIANVS SENIORES AVG ET 

dd. nn. Constantius et Maximianus inVICTI IMPERATORES ET 

Severus et Maximianus nobiliSSIMI CAESARES 

quo tempore d. n. maximIANVS INVICTVS SENIOR AVG 

FELICITER 

comprimens turbas quinquegeNTANEORVM EX 

TVBVSVCTITANA 

regione copiis juvaRETVR HORREA IN TVBVSVCTITANA 

civitate fieri PRAECEPERVNT ANNO PRO CCLXV 

Pline avait dit que Tubusuptu était une ville de Tinté- 
rieur. Lltinéraire d'Antonin la place entre Lesvi et Saldas. 
Juste Lipse et Cellarius croient que c'est la ville que Ta- 
cite appelle Thubuscum'^. Selon Ammien Marcellin^, elle 
touchait au mont Ferrât qui est notre Djurdjura. D'autres 
auteurs la mentionnent également, et sur des amphores de 
Rome on lit : 

Ex prov(incia) Maur(etania) CcXîs(ariensi) Tubus(uctu). 

Enfin la notice de l'Empire dit qu'il y avait un poste 

' Corpus. 88:56. 

2 Ann. 4. 24 — Géogr. 4. 37. 

3 29. 25. 

16 



— 242 — 

frontière à Tubusubdu. Il devait servir à tenir en respect 
les populations Kabj'les. Ce que les auteurs ne disent pas, 
les inscriptions nous le font connaître. Tubusuctu était une 
colonie d'Auguste pour la septième légion. 

Ses ruines se voient à Tiklat, la citadelle, et elles s'é- 
tendent sur un mamelon dominant de plus de quatre- vingt 
mètres l'oued Sahel. On y remarque le mur d'enceinte et 
des débris de toutes sortes qui couvrent une superficie de 
vingt-cinq à trente hectares. D'après l'auteur arabe Edrisi 
la ville subsistait encore au douzième siècle. 

FLORENTIN. 11 était donatiste et assista en 411 parmi ceux 
de sa secte à la Conférence de Carthage où à l'appel de soti 
nom il dit ^ : J'ai donné mandat et j'ai sotiscrity sans 
rien ajouter au sujet d'un Évèque catholique. 

MAXIME. Il figure le huitième sur la liste des Évèqu^s 
de la Maurétanie sitifienne qui se rendirent en 484 à 1* 
réunion de Carthage et furent ensuite exilés par Hunéri ^' 



XL VIII. — VAMALLA. 



Vamalla est mise par la notice de 482 dans la Maurél 
nie sitifienne. Comme Vamalla peut être prise pour 
malla ou même Tamalla, on peut revoir ce que no 
avons dit du municipe et du castellum de Tamallum 
autrement ïamannuna. A Bir Haddada, au sud de Sitifi 

» Cog. 1. 187. 



— 243 — 

au milieu de ruines importantes, on a trouvé un texte épi- 
graphique qui se termine par les abréviations suivantes * : 

K. B. DDSP 

que Ton peut interpréter Kastellani Bamallenses, 

FLAVIEN. Il figure le dernier, c'est-à-dire le quarante- 
deuxième sur la liste des Évêques de la Maurétanie siti- 
fienne qui se rendirent en 484 à la réunion de Carthage et 
furent par ordre du roi Hunéric exilés avec tous leurs 
autres collègues. 



XLIX. — ZABI. 



La vMle de Zabi, autrement Zaba, attribuée par la no- 
tice de 482 à la Maurétanie sitifienne, est placée par Tlti- 
néraire d'Antonin à vingt-cinq milles de Macri et à trente 
milles d'Aras. Ethicus la nomme entre Macri et Tupu- 
suctu. C'est là que résidait l'officier chargé du poste fron- 
tière de Zaba sous les ordres du comte d'Afrique. D'après 
Procope -, toute cette région portait le nom de Zab et avait 
Sitifis comme métropole. C'est à Bechilga, non loin de 
Msila, que se voient les ruines de Zabi. Une inscription 
qu'on y a trouvée ne laisse pas de doute à cet égard. On 
ylit-'î: 

» Corpus. 8710. 
» Bell. Vaud. 2. 
3 Corpus. 8805 



— 244 — 

t EDIFICATA EST A FVNDAMENTIS HVIC Cl 

Vltas nOVA IVSTINIANA ZABI SVB TEM 

POribus DOMNI NOSTRI PIISSIMI ET INVICTIS 

Le Zab de Numidie est le prolongement méridional ^ 
celui de la Sitifienne. 

FEUX. Saint Optât parle de cet Évêque comme d'un d^^ 
chefs du donatisme qui, sous le règne de Julien l'Apostat, 
persécutèrent violemment les catholiques. N'étaient-ils 
pas des vôtres, dit-iP, Félix de Zaha et Janvier de 
Flumenpiscis avec les autres qui se précipitèrent 
sur le Castellum de Lemella, et le reste ? Ces événe- 
ments appartiennent à Tannée 362 ou à la suivante. * 

P088E880R. Cet Évêque figure le quarantième sur la liste 
des Évêques de la Maurétanie sitifienne qui se rendirent à 
la réunion de Carthage et furent ensuite exilés par ordre 
du roi Hunéric en 484 avec leurs autres collègues. 



L. — ZALLATA. 

Zallata, selon la notice de 482, appartient à la Sitifienne, 
mais c'est du reste une ville inconnue. 

ARGENTIV8. Il est le vingtième parmi les Évêques de la 
Maurétanie sitifienne qui se rendirent en 484 à l'assemblée 
de Carthage et furent ensuite avec leurs autres collègues 
envoyés en exil par le roi Hunéric. 

- De schism. 2. 18. 



.A 



/O 



MAURETANIE 

TINGITANE 



I. — TINGIS 



Tingis, la moderne Tanger, a, dans lltinéraire d'Anto- 
nin, le titre de colonie. Pline l'appelle, en effet, colonia 
Julia traducta Tingis, et une inscription le confirme en 
appelant Tingis colonia victriœ Julia traducta^. D'a- 
près un autre texte, cette ville dépendait de TEspagne et la 
province Tingitane était dite^ provincia nova hispania 
ulterior Tingitana, 

Nous ignorons si Tingis a eu des Évêques à l'époque 
romaine, mais elle fut alors illustrée par le martyre des 
saints Marcel et Cassien. 

Sous la domination Portugaise, les Évèques de Tanger 
dépendaient de Tarchevèché de Lisbonne et la cathédrale 
était dédiée à l'Immaculée Conception. 

GOHSALVE, de l'Ordre des Mineurs, fut, en 1557, trans- 
féré du siège épiscopal de Tanger à celui de Visca en Por- 
tugaP. 

FRANÇOIS de Goresma, successeur du précédent. 
Tingis, siège archiépiscopal, a reçu comme titulaire 
Etienne Melchisedechian, le 11 juillet 1892. 

1 Bull, des aut. Afric. 1884. p. 66. 

2 Eph. VII. 807. 

'^ Godard. Descr. du Maroc. 2. 494. 



y 



— 248 — 



II. — FEZIA. 



La ville de Fez, qui est Tune des trois capitales de TEin- 
pire du Maroc, a eu un Évêque au temps du pape Gré- 
goire IX, savoir 

A6NELLVS, de TOrdre des Frères Mineurs, qui fut envoyé 
au Maroc, vers Tan 1280, avec le titre d'Évêque de Fez* 
et qui fut plus tard transféré à Maroc même. Les Francis- 
cains l'honorent comme un saint confesseur le 13 sep- 
tembre. 



III. — MAROC. 



La ville de Maroc, capitale de l'État de ce nom, fut fon- 
dée au onzième siècle par le prince berbère Joucef ben 
Tachfin. Sous le règne d'El Mamoun, un de ses succes- 
seurs, il y eut à Maroc un corps de soldats chrétiens qui 
y vivaient avec leurs familles. Us formaient une colonie 
assez importante et Rome leur donna des Évêques. La ville 
de Maroc fut illustrée par le martyre de Jean de Prado, 
franciscain espagnol, qui est honoré le neuf des calendes de 
juin. C'est aussi à Maroc que souffrirent les Franciscains 
Bérard, Pierre, Accursius, Adjutus et Othon, honorés le 

» Wadding. Ann. 2. 351. 



— 249 — 

6 janvier. Leurs reliques furent déposées en 1221 dans 
'église Sainte-Marie près de Maroc et y opérèrent de nom- 
breux prodiges. 

En 1232, les Mineurs Léon, Dominique, Hugues, Jean 
et Éloi, souffrirent à Maroc un glorieux martyre. Ils sont 
honorés par les Franciscains le 16 septembre. 

L'Évèché de Maroc cessa d'exister quand la dynastie 
mérinide tomba sous les coups des chérifs qui régnent 
encore aujourd'hui. 

DOMINIQVE, Évèque de Maroc, de l'Ordre des Frères Prê- 
cheurs, fut martyrisé à Maroc même, en 1233. Le pape 
Honorius III lui a écrit une lettre en 1225. 

A6NELLVS, des Frères Mineurs, comme aussi ses succes- 
seurs, fut, comme nous avons dit, transféré du siège de 
Pez à celui de Maroc. 

LVPV8. Il relevait de la métropole de Se ville, en Es- 
pagne ' . 

BLANCVS. Il occupa le siège de Maroc de 1261 à 1289 ^ 

RODERICVS. Nous savons seulement de lui qu'il fut le suc- 
cesseur du précédent ^. 

ALPHONSE. Il était Évêque de Maroc vers l'an 1300^. 

ANGE. Il est fait mention de lui vers l'an 1400 •. 

» Wadd. 3. 150. 

2 5. 209. 

s Ibid. 

4 Ibid. 223. 

* 8. 274. 



— 250 — 
DIDACE de Xérès est signalé par Wadding en 1405*. 

OMER d'Orléans était Évêque de Maroc en 1413 ; il M 
transféré à Ceuta en 1421 '. 

PIERRE occupa le siège de Maroc de 1421 à 1429. Il fat 
déposé parce qu'il ne résidait pas habituellement à Maroc. 
Après lui, Martin de Gardenas remplit les fonctions de 
Vicaire apostolique •'. 

Les deux Évêques suivants ont peut-être encore résidé 
à Maroc : 

Barthélémy de Cindad Rodrigo, de 1433 à 1449 ; 

Alphonse Pernas, en 1449. 

A ces Évêques résidants succédèrent des Évêques ti- 
tulaires : 

Silvius Valère Maccioni, 17 septembre 1668 ; 

Pierre Miezovoski, 6 juin 1678 ; 

Jean Skarbek, 11 janvier 1696 ; 

Jean-François Kurdwanowski, 22 mai 1713; 

Jean Fedder, septembre 1779 ; 

Charles Aulock, 13 mars 1828 ; 

Marie-Nicolas-Sylvestre Guillon, 17 décembre 1832; 

Juste d'Urbino, 11 septembre 1855 ; 

Felicissime Goccino, 3 mai 1859; 

Louis de Gonzague, 15 mars 1881. 

De nos jours, il y a un Préfet apostolique de Maroc, qui 
réside à Tanger. 

' 8. 274. 
■^ Ibid. 356. 
3 Ibid. 10. 215. 



— 251 



IV. — SEPTA. 



Septa, aujourd'hui Ceuta, est la ville que l'Itinéraire 
d'Antonin appelle ad septem fratres. Procope nous ap- 
prend que Tempereur Justinien y fit élever une basilique 
en Thonneur de la Mère de Dieu. Sous la domination es- 
pagnole qui dure encore, la cathédrale de Ceuta fut dédiée 
à TAssomption de la Vierge. Au quinzième siècle, cette 
même église était connue sous le vocable de Notre-Dame 
d'Afrique. En 1221, Ceuta eut ses martyrs, Daniel et ses 
compagnons Franciscains qui sont honorés le 13 octobre. 

Quand Ceuta fut occupée par les Portugais en 1415, la 
mosquée principale devint une cathédrale et les Évèques 
de cette ville furent dépendants de l'archevêché de Lis- 
bonne. Au dix-septième siècle, sous les Espagnols, les 
Évèques de Ceuta dépendaient de l'archevêque de Séville. 
Nous ignorons les noms de ces Évèques. 

LAVRENT, de l'Ordre des Mineurs, était Évêque de Septa 
en 1267. 

OMER d'Orléans, d'abord Évêque deMaroc, fut transféré à 
Ceuta en 1421, quand cette dernière ville fut déclarée Pri- 
matiale d'Afrique. Peu après Septa redevint un simple 
évêché, suffragant d'Evora. 

En 1570, le pape Pie Y réunit les Églises de Tingis et 
de Septa en un seul diocèse K 

1 Wadding. 19. 76. 



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ÉVÊCHÉS 




DELA 




g ^.A^oc , TINCfITANE 





APPENDICE 



APPENDICE 



I. 



ÉVÊQUES 

dont le nom se trouve dans les documents ecclésiastiques 

sans indication de siège. 



iEMiLiANus. conc. de Carth. 416. 
Afwganus. id. 

Agoar. Mauret. Caesar. Epist. S. Léon. 87. 
Antonianus. Numid. Ep. S. Cyp. 52. 70. 
Antonius. conc. Carth. 416. 419. 
AsuTicus. del. Sitif. conc. de Carth. 408. 

conc. de Milev. 416. 
Baudius. conc. de Sard. 347. 
BiZACENus? conc. de Carth. 416. 
C.?i}CiLTANus. conc. de Sard. 347. 

CiELESTINUS. id. 

Candtdus. conc. de Carth. 416. 
Captto. conc. de Sard. 347. 



Caldonius. Ep. s. Cypr. 39. 41. etc. 
CELTiaus. conc. de Garth. 419. 
Capio? conc. de Telia. 418. 
Clarus. conc. de Garth. 408. 
Glementianus. Ep. S. Gypr. 53. 
GoLDiEus. conc. de Sard. 347. 

GONSORTIUS. id. 

GosMus. id. 

Cresgentius. conc. de Milev. 418. 

Gresgontus. id. 

Gresgonius al. id. 

Gresgentianus. Prim. deNumid. conc. de Garth. 397. 

Gyprianus. conc. de Sard. 347. 

Gyprianus. conc. de Garth. 416. 

Gyrinus. conc. de Tela. 418. 

David. Maurét. Gésar. Ep. S. Léon. 87, 

DroYMus. conc. de Garth. 416. 

Dynamius. conc. de Sard. 347. 

DoNATiANUs. conc. dc Garth. 416. 

DoNATus. Ep. S. Gypr. 54. 

DoNATus. deleg. Maur. Gaes. conc. de Garth. 408. 

DoNATus. conc. de Milev. 418. 

DoNATus al. id. 

DoNATDS. conc. de Tela. 418. 

DoNATus al. id. 

EvAGRiDS. conc. de Garth. 416. 

EcjTYCfflANUS. Epv S. Gypr. 70 et 80. 

P^AUSHNiANUS. conc. de Garth. 416. 

Paustinus. conc. de Milev. 418. 

Feligissimus. Ep. S. Gypr. 38 et seq. 

Félix. id. 53 et seq. 

Félix, conc. de Sard. 347. 



— 257 — 

Félix al.de Sard. 347. 

Feux, legatus Afrorum. conc. d'Aqiiilée. 381. 

FiDUS. Ep. S. Cypr. 59. 

FiDENHus. conc. de Sard. 347. 

Florus. Ep. S. Cypr. 53. 

FoRTUNATUS. id. 41 etseq. 

FoRTUNius. conc. de Tela. 418. 

Germanianus. conc. de Carth. 416. 

Germanus. id. 

GiGNANTius. conc. de Milev. 418. 

Herennianus. conc. de Sard. 347. 

Hesperiox. id. 

Hesperus. id. 

Honoratus. id. 

JuLiANus. conc. de Tela. 418. 

JusTus. conc. de Sard. 347. 

JuvENTjus. conc. de Carth. 416. 

JuvENTius al. ibid. 

Liber, conc. de Sard. 347. 

LiBERALis. Ep. S. Cypr. 45. 54. 70. 

Luaus. conc. de Carth. 416. 

LupiGiNus. Maur. Caes. Ep. S. Léon. 87. 

Magarius. conc. de Carth. 416. 

Magnus. Ep. S. Cypr. 76. 

Majorinus. conc. de Carlh. 416. 

Mamimus. conc. de Sard. 347. 

Margellus. conc. de Carth. 416. 

Margellinus. id. 

MvRiANUs. conc. de Sard. 347. 

Marinus. id. 

MvRTixus. conc. de Carth. 419. 

Maxlminus. don. colL 411. 1. 187. 

17 



— 258 — 

Maximus. Ep. S. Gypr. 55. GO. 

Ma-ximus. conc. de Cartli. UO. 

Maximus. conc. de Tela. 418. 

Maximus. Maur. Caes. Kp. S. Lcon. 87. 

Megasius. conc. de Sard. 347. 

Minervalis. id. 

Myzoxius. id, 

Nampulus. Kp. S. Cypr. 00. 70. 

Nessus. conc. do Sard. o'i7. 

NuMiDius. lejaLus ACronun. co.ic. d'Aquilée. 381. 

Optatus. Ep. S. Gypr. 53. 

Optatus. conc. de Garth. U9. 

OsPANTius. conc. de Sard. 347. 

Panthagathus. id. 

Papinianus. conc. de Tela. 418. 

Pasghasius. conc. de Sard. 347.. 

Pelagius. conc. de Carth. UG. 

Perseus. Ep. S. Gypr. 55. 

Plautius. deleg. de la Tripol. conc. de Carth. 403. 

PoNTiGANUs. conc. dc Milcv. 418. 

PoRPHYRius. conc. de Tela. 418. 

PORPHYRIUS al. id. 

PossiDONius. conc. de Mllev. 418. 

PaESIDIUS. id. 

PR.ES1D1US al. id. 

Pretextatus. conc. de Garth. 410. 

Processus, conc. de Milev. 418. 

Progulianus. conc. de Garth. 410. 

Progulus. Ep. S. Gypr. 00. 70. 

QuiNTiANUs. conc. de Tela. 418. 

QuiNTUs. Maur. Ga3s. Ep. S. Gypr. 53. 71. etc. 

Quodvultdeus. conc. de Garth. 416. 



— 259 — 

QuoDVULTDEus al. de Garth. 416. 

Restitutus. Maur. Caes. Ep. S. Léon. 78. 

RoGATiANUS. conc. de Sard. 347. 

RoGATUS. Ep. S. Cypr. 54. 

ROMA.NUS. conc. de Garth. 416. 

RuFiNiANUS. conc. de Milev. 418. 

RuFiNUs. conc. de Sard. 347. 

Rusncus. conc. de Garth. 416. 

Salustius. conc. de Sard. 347. 

Saturninus. Ep. S. Gypr. 54. 70. etc. 

Saturnixus. conc. de Garth. 416. 

Saturninus. conc. de Milev. 418. 

Segundus. id. 

Servus. id. 

Servilius. conc. de Garth. 416. 

Severianus. conc. de Sard. 347. 

Sevërianus. del. de la Sitif. conc. de Garth. 408. 

SiXTus. conc. de Garth. 416. 

Sperantius. conc. de Milev. 418. 

SuPERius. Ep. S. Gypr. 53. 

Terentius. conc. de Milev. 418. 

Tertullus. Ep. S. Gypr. 6. 37. etc. 

Tutus, conc. de Tela. 418. 

Valerius. conc. de Sard. 347. 

Vbnantius. conc. de Garth. 416. 

Venustianus. Byzac. conc. de Garth. 403. 

Victor, conc. de Sard. 347. 

Victor al. id. 



— 260 — 



IL 



Liste des Èvéchés de la Maurélanie césarienne qui 
sont portés sur la notice de 482, 



Glorinus de Junca. 
Teberien de Quidia. 
Victor de Sufar. 
Syrus de Corniculana. 
Luce d'ita. 
Honorât de Timici. 
Donat de Nobica. 
Paiera de Miliana. 
Réparât de Girumons. 
Avus d'AItaba. 
Donat de Panatoria. 
Martial de Columpnata. 
Subdatius de Sucarda. 
Subitanus dlda. 
Donat de TifiUi. 
Félicien dlda. 
Onésime de Fidoloma. 
Victor de Taborenta. 
Verecundus de Noba. 
Etienne de Zucabiar. 
Apocorius de Césarée. 
Félix de Rusubir. 



-. 261 — 

Donat de Subbar. 
Janvier d'Aqurc. 
Marcien de Murustaga. 
Claude de Vagul. 
Passitanus de Tigisi. 
Salo de Fallal)a. 
Donatien d'Usinada. 
Paul de Flumenzer. 
Nicetius de Castellum Minus, 
Reslut de Floriana. 
Mensius d*Ala Miliaria. 
Maxence de Tigamibena. 
Urbain d'Amaura. 
Grescent de Sesta. 
Donat de Ternamuna. 
Fortis de Caput Cilla. 
Janvier de Nasbinca. 
Pallade de Racanaria. 
Balens de Villa Noba. 
Passinatus de Masuccaba. 
Longin de Pamaria. 
Honorius de Benepota. 
Burco de Vardimissa. 
Félix d'Ambia. 
Emile de Media. 
Arator de Catula. 
Cecilius de Minna. 
Lucidus de Cartennae. 
Victor de Regias. 
Rogatien de Vannida. 
Primus de Capra. 
Metcun de Rusuccuru. 



— 262 — 

Rufus de Sfasferia. 

Eusèbe d'Obbi. 

Securus de Timidâna. 

Donat de Fronta. 

Victor dlcosium. 

Quodvultdeus de Tabla. 

Restutde Lapidia. 

Donat de Voncaria. 

Boniface de Rusguniae. 

Benan d'Oppidum Nobum. 

Mattasius de Castellum Jabar. 

Félix d'Aquisira. 

Victor de Galtadria. 

Crescent de Tigaba. 

Idonius de Rusadus. 

Gelien de Reperi. 

Ingenuus d'Ubaba. 

Pierre d'Obori 

Quintase de Muteci. 

Paulin de Rubicaria. 

Pascase de Mammilla. 

Tacanus d'Albula. 

Emptacius de Siccesi. 

Talasius de Gratinopolis. 

Victor de Manaccenser. 

Pannonius de Bita. 

Félix de Flenucleta. 

Campanus de Bida. 

Valentin de Castellum Médian um 

Romain de Sufar. 

Second de Mauriana. 

Réparât de Bulturia. 



— 263 — 

Luce de Maturba. 

Caecilius de Baliana. 

Rogatde Sereddeli. 

Mingin de Noba. 

Réparât de Gastellum Tatroportus. 

Filon d'Arsinnari. 

Vassinus d'Elfantana. 

Paiera de Gatabum. 

Vincemalos de Bapara. 

Réparât de Tipasa. 

Romain de Tamada. 

Victor de Voncariana. 

Maddan de Murcones. 

Crispin de Tabadcara. 

Quodvultdeus de Summula. 

David de Tadamata. 

Gandidien de Gatra. 

Réparât de Cissi. 

Pieqnarius de Tasaccura. 

Quintus de Tabunia. 

Maxime de Tuscamia. 

Auxilius de Gunagus. 

Réparât de Si ta. 

Saturnin de Vissalsa. 

Félix de Maxita. 

Gains d'Adsinnada. 

Grescent de Satafi. 

Saturnin de Serta. 

Victor de Numida. 

Géreal de Gastellum Ripae. 

Luce de Tamazuca. 

Majuca. 



— 264 — 



Nabala. 

ïubuna. 

Maura. 

Tingaria. 

Obori. 



— 265 — 



m. 



Liste des Evêchés de la Maurétanie sitifienne qui 
sont portés sur la notice de 482. 



Bufin de Tamâlluma. 
Donat de Sitifis. 
Maxime de Covia. 
Domitien d'Igilgi. 
Honorius d'Aquae Albae. 
Festus de Satafis. 
Victor d'Horra. 
Maxime de Thugusubdu. 
Victor dierafi. 
Vadius de Lesvi. 
Pacatus d'Equizota. 
Félix de Castellum. 
Constance de Gegi. 
Victor d'Eminentiana. 
Saturnins de Socia. 
Jacob de Lemelefa. 
Gresciturns de Cellas. 
Émérite de Macras. 
Redux de Nobaliciana. 
Argentins de Zallata. 
Vindemius de Lemfocta. 
Abns de Ficus. 

17. 



— 266 — 

Restât de Macriana. 
Vital d'Assafa. 
Victor de Flumenpiscis. 
Inventinus de Maronana. 
Romain de Molicunza. 
Victorin de Sertei. 
Montan de Gedamusa. 
Clément de Thamagrista. 
Adéodat de Privata. 
Rogat de Partenia. 
Villaticus de Mozoti. 
Honorât de Tamascania. 
Juste d'Acufida. 
Emile d'Asuoremixta. 
Uzulus de Thucca. 
Aufidlus de Surista. 
Victorin de Perdices. 
Possessor de Zaba. 
Pascase de Saldae. 
Flavien de Vamalla. 



— 267 — 



IV. 



Noms des Evéques de la Césarienne. 



Apocorius, de Gésarée, en 482. 
Arator, de Catula, en 482. 
Avus, d'Altava, en 482. 
AuxiLius, de Gunugus, en 482. 
Auxiuus, de Dracones, en 411. 
Bassinus, d'Elephantaria, en 482. 
BoNiFACE, de Rusguniae, en 482. 
BuRGO, de Vardimissa, en 482. 
Cécile, de Baliana, en 482. 
CÉcaLE, de Mina, en 482. 
Caius, d'Adsinnada, en 482. 
Campanus, de Bida, en 482. 
GANDmiEN, de Catra, en 482. 
Céréal, de Castellum Ripae, en 482. 
Claude, de Vagal, en 482. 
Clément, de Césarée, en 372. 
Constance, de Rusubbicari, en 411. 
Crescent, de Césarée. 
Crescent, dlcosium, en 411. 
Crescent, de Satafi, en 482. 
Crescent, de Sesta, en 482. 
Crescent, de Tigavae, en 482. 
Crescentien, de Arena, en 411. 



— 268 — 

Crispin, de Tabaicara, en 483. 
David, de Tadamata, en 482. 
Dedteeuus, de Césarée, en 411. 
Deuterids, de Gratianopolis, en 411. 
Donatien, d'Usinaza, en 482. 
DoNAT, de Boncaria, en 482. 
DoNAT, de Auzia, en 411. 
DoNAT, de Fronta, en 482. 
DoNAT, de Novica, en 482. 
DoNAT, de Panatoria, en 482. 
DoNAT, de Saia, en 411 et 446. 
DoNAT, de Subbar, en 482. 
DoNAT, de Sucarda, en 411. 
DoNAT, de Tanaramusa, en 482. 
DoNAT, de Tatilti, en 482. 
Émérite, de Césarée, en 411. 
Emile, de Media, en 482. 
Emptagius, de Siccesi, en 482. 
Etienne, de Zucchabar, en 482. 
Fauste, de Castra Severiana, en 482. 
Féugien, de Ida, en 482. 
Félix, d'Ambia, en 482. 
Félix, d'AquaB Sira, en 482. 
Félix, de Boncaria, en 411. 
Félix, de Flenucleta, en 482. 
Félix, de Maxita, en 482. 
Félix, de Rusubir, en 482. 
Félix, de Tubia, en 411. 
Fidentius, de Gypsaria, en 411. 
Fortis, de Caput Cella, en 482. 
Fortunat, de Césarée, en 314. 
Fortunat, de Rusuccurru, en 4:1 1 



— 269 - 

Gelien, de Reperi, en 482. 
Germain, de Gypsaria, en 411. 
Germain, de Zucchabar, en 4|1. 
Glorinus, de Junca, en 482. 
Helpidtus, d'Aqua?, en 411. 
Honorât, d'Aquae Sira, en 411. 
Honorât, dlomnium, en 411. 
Honorât, de Timici, en 482. 
HoNORius, de Benepota, en 482. 
Janvier, d'Aquae, en 482. 
Janvier, deNasbinca, en 482. 
Janvier, de Niimida, en 411. 
Idonius, de Rusadus, en 482. 
Ingenuus, de Ubaba, en 482. 
Laurent, d'Ico.^iam, en 419. 
LoNGiN, de Pomaria, en 482.. 
Lucien, de Mauriana, en 337. 
Lucide, de Cartennae, en 482. 
LucE, d'Ita, en 482. 
LucE, de Maturba, en 482. 
Lt:ce, de Tamazaca, en 482. 
Maddan, de Dracones, en 482. 
Marcien, de Murustaga, en 482. 
Marin, de Gastellum Tingitii, en 324. 
Martiai., de Golumnata, en 482. 
Martin, de Siccesi, en 411. 
Mattasius, de Gastellum Jabar, en 482. 
Maxence, de Tigamibena, en 482. 
Maximien, de Zucchabar, en 41 1 . 
Maxime, de Tuscamia, en 482. 
Messius, d'Ala Miliaria, en 482. 
Mettun, de Rusuccurru, en 482. 



— 270 — 

MiGGiN, de Nova, en iS'l. 
MiGGix, de Vagal, en 411. 
Nkstorius, de Malliana, en 411. 
NiGETTus, de Gastellum minus, en 482. 
NiGELLus, de Rusuccurni, en 419. 
NrM'^RiEN, deRusgunia}, en 419. 
Onésime, de Fldoloma, en 482. 
Optât, de Rusuccurni, en 411. 
Optât, de Timici, en 411. 
Palladê, de Bacanaria, en 482. 
Pallade, de Tigavae, en 'il8. 
Panxonius, de Bita, en 482. 
Pascase, de Tigisi, en 411. 
Pascase, de Mammilla, en 482. 
Pascase, de Turris, en 411. 
PASsixATrs, de Masuccaba, en 482. 
Passitanus, de Tigisi, en 482. 
Patera, de Gatabum, en 482. 
Patera, de Malliana, en 482. 
Paulin, de Rusubbicari, en 482. 
Paul, de Flumenzer, en 482. 
Pierre, de Gastellum, en 482. 
Pierre, d'Obori, en 482. 
Philon, d'Arsinnar, en 482. 
PoEQUARius, de Tasaccura, en 482. 
Pompéien, de Sucarda, en 411. 
Primase, de Tigava^, en 407. 
Prime, de Gapra, en 482. 
Puisque, de Quiza, en 411. 
PuBLiGius, de Gratianopolis, en 411. 
Quintase, de Muteci, en 482. 
QuiNTus, de Tabunia, en 482. 



— 271 — 

QuoDVULTDEus, de Cissi, en 411. 

QuoDvuLTDEus, de Summula, en 482. 

QuoDvuLTDEus, de Tabia, en 482. 

Réparât, de Aquae, en 411. 

Réparât, de Castellum ïatroportus, en 482, 

Réparât, de Castellum Tingis, en 475. 

Réparât, de Cissi, en 482. 

REPARAT, de Gira mons, en 482. 

Réparât, de Si ta, en 482. 

REPARAT, de Sufasar, en 411. 

REPARAT, de Tipasa, en 482. 

REPARAT, de Vulturia, en 482. 

Restitut, de Floriana, en 482. 

Restitut, de La'', en 411. 

Restitut, de Rapidi, en 482. 

Rogatien, de Vannida, en 482. 

RoGAT, de Carteiinae, vers 400. 

RoGAT, de Sereddeli, en 482. 

Romain, de Sufar, en 482. 

Romain, de Tamada, en 482. 

RuF, de Sfasferia, en 482. 

Rustique, de Cartennae, en 418. 

Salo, de Faîlaba, en 482. 

Sarmentius, de Tanaramusa, en 411. 

Saturnin, de Serta, en 482. 

Saturnin, de Sita, en 411. 

Saturnin, de Vissalsa, en 482. 

Secondin, de Mina, en 525. 

Second, de Mauriana, en 482. 

Serénien, de Mammilla, en 41 i . 

Severin, de Castellum, en 411. 

Solemnius, de Tigisi, en 411. 



— 272 — 

SuBDATius, de Sucarda, en 482. 

SuBiTANus, d'Ida, en 482. 

Syrus, de Gorniculann, en 482. 

Taganus, d'Albulas, en 482. 

ÏHALASSius, de Gratianopolis, en 482. 

TiBÉRiEN, de Quiza, en 482. 

Urbain, d'Amaura, en 482. 

Valens, de Villa nova, en 482. 

Valextin, de Castelhiin Medianum, en 482, 

Vexant, d'Oppidum novum, en 482. 

Veregundus, de Nova, en 482. 

Victor, de Calladria, en 482. 

Victor, de Cartennjr, en 450. 

Victor, d'Icosium, en 482. 

Victor, de Malliana, en 411. 

Victor, de Mammilla, en 411. 

Victor, de Manacoenser, en 482. 

Victor, de Numida, en 482. 

Victor, de Regias, en 482. 

Victor, de Su far, en 482. 

Victor, de Taborenta, en 482. 

Victor, de Timici, en 411. 

Victor, de Vardimissa, en 411. 

Victor, de Voncariana, en 482. 

ViNCEMALOs, de Bapara, en 482. 

Vincent, de Cartennae, vers 410. 

ViTALiEN, de Quiza. 

Vital, de Castra nova, en 482. 

VocoNCE, de Gastellum, en 460. 



— 273 — 



V. 



V 

Noms des Evêques de la Sitifienne, 



Adéodat, de Privata, en 482. 
Adéodat, de Satafi, en 41 1 . 
Ae^hle, d'Asuoremixta, en 482. 
Argentius, de Zallata, en 482. 
AuFiDius, de Surista, en 482. 
Avus, de Ficus, en 482. 
Clément, de ïaraagrista, en 482. 
GoLONiGUS, de Tinista, en 411. 
Constance, de Gcgi, en 482. 
Cresgiturus, de Cellas, en 482. 
Cresgontus, d'Horrea Aniciî, en 411. 
Deuterius, de Macriana, en 380. 
DoMiTiEN, d'Jgilgili, en 482. 
Donatien, de Mons, en 411. 
DoNAT, de Medianae Zabi, en 411. 
DoNAT, de Sitifls, en 482. 
DoNAT, deTamascania, en 411. 
Émérite, de Macra, en 482. 
Félix, de Castellum, en 482. 
Félix, de Ficus, en 411/ 
Félix, de Macriana, en 411. 
Feux, de Mopla, en 411. 
Félix, de Sertei, en 411. 



— 274 — 

Félix, de Zabi, en 360. 
Fëstus, de Satafi, en 482. 
Flavien, de Vamalla.. en 482. 
Florentin, de Tubusuptu, en 411. 
Grégoire, de Tainalluma, en 411. 
Honorât, de Tarnascanina, en 482. 
HoNORius, d*Aqua3 Albue, en 482. 
Jacob, de Lamellcfa, en 482. 
Janvier, de Fluinenpiscis, en 360. 
Juste, d'Acufida, en 482. 
JcvENTiNus, de Maronana, en 482. 
Léon, de Mopta, en 111. 
Luge, d'Oliva, en 411. 
Luge, de Tamalluina, en 411. 
Mai\gien, d'Assava, en 411. 
Margien, de Sitifis, en 411. 
Maximien, de Sertei, en 411. 
Maxime, de Choba, en 482. 
Maxime, de Macra, en 411. 
Maxime, de Tubusuptu, en 482. 
Montan, de Cedamusa, en 482. 
NovAT, de Sitifi, en 440. 
Optât, de Sitifi, en 525. 
Pagatus, de Equizeta, en 482. 
Pasgase, de Saldiu, en 482. 
PossEssoR,de Zabi, en 482. 
Primase, de Lemellefa, en 362. 
Primulus, de Thamagrista, en 411. 
Quadrat, de Gegi, en 411. 
Redux, de Nova Licinia, en 482. 
Restitut, de Flumenpiscis, en 411. 
Restitut, de Macriniana, en 482. 



— 275 — 

RoGAT, de Parthenia, en 482. 
RoGAT, de Perdices, en 411. 
Romain, de Lcsvi, en 411. 
Romain, de Molicunta, en 482. 
Rqfix, de Tamalluma, en 482. 
Saturnin, de Socia, en 482. 
Saturnin, de Thamagrista, en 411 
Second, d'Aras, en 411. 
Servandus, de Saldiie, en 1076. 
Sévère, de Sitifls, en 409. 
Sextilius, d'Assava, en 411. 
SiLVAiN, de Perdices, en 41 1 . 
Vadius, de Lesvi, en 482. 
Valentinien, de Mons, en 482. 
Victor, d'Eminentiana, en 482. 
Victor, d'Equizeta, en 411. 
Victor, de Flumenpiscis, en 482. 
Victor, de Horrea, en 482. 
Victor, de Jerafi, en 482. 
Victorin, de Perdices, en 482. 
ViCTORiN, de Sertei, en 482. 
ViLLATicus, de Mopta, en 482. 
ViNDEMius, de Lemfocta, en 482. 
Vital, d'Assava, en 482. 
Vrbain, de Satafi, en 411. 
Vrbicosus, dlgilgili, en 411. 
VzuLus, de Thucca, en 482. 



— 27G ~ 



VI. 



Noms des Evêques de la Tlngilane. 



Agnellus, de Fez, en 1230. 
Agnellus, de Maroc, en 1233. 
Alphonse, de Maroc, en 1300. 
Alphonse, de Maroc, en 1449. 
Ange, de Maroc, en 1400. 
OxMER, de Maroc, en 1421. 
Omer, de Sep ta, en 1421. 
Barthélémy, de Maroc, en 1449. 
Blanc, de Maroc, en 1269. 
DiDAGE, de Maroc, en 1405. 
Dominique, de Maroc, en 1233. 
Loup, de Maroc. 
Pierre, de Maroc, en 1429. 
Rodrigue, de Maroc, 



FIN. 



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