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Full text of "Géographie de l'Ethiopie: ce que j'ai entendu, faisant suite à ce que j'ai vu"

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in 2009 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/geograpliiedeletOOabba 



GÉOGRAPHIE 



DE 



L'É T H I O P I E 



GÉOGRAPHIE 



DE 



L'ÉTH I O PI E: 

CE QUE J'AI ENTENDU, 
FAISANT SUITE A CE QUE J'AI VU. 



PAR 



ANTOINE DJABBADIE 

MEMBRE DE L'INSTITUT (ACADÉMIE DES SClENCESj ET DU BUREAU DES LONGITUDES 



PREMIER VOLUME 



PARIS: 



GUSTAVE MESNIL, EDITEUR 

i8i, BOULEVARD SAINT GERMAIN, i8i 

i8go 

TOUS DROITS RESERVES 



377 
/17, 



PRÉFACE 



Lorsqu'un explorateur s'aventure dans une contrée inconnue^ son 
premier devoir est d'en esquisser la carte, car tout lecteur veut d'abord 
savoir les distances et les directions relatives des lieux visités, des rivières 
traversées, des montagnes atteintes ou reconnues, enfin des traits princi- 
paux dont l'ensemble forme la physionomie du pays. Des latitudes et 
longitudes provisoires suffiront en premier lieu : le géographe ne s'en 
inquiétera que plus tard car elles ne sont pas le but d'une carte mais plu- 
tôt les instruments qui servent à la faire. 

Les détails sur les habitants, leurs langues et mœurs, etc. qu'on a 
notés en passant sont même moins intéressants que la carte, car celle-ci 
est comme une prise de possession qui consacre les travaux du voyageur 
et lui assure à jamais l'honneur, et parfois les récompenses, mérités par 
ses travaux. 

La meilleure carte d'un pays nouveau se fait au moyen d'un réseau 
de triangles appuyé sur une base mesurée directement ou déduite de la 
différence entre deux lieux connus par des observations astronomiques 
et liés par des azimuts. Les collines et autres signaux naturels suffisent 
pour une ébauche. On contrôle ce réseau en y intercalant d'autres bases, 
et les détails de tout le travail sont d'autant plus exacts qu'on a me- 
suré plus de triangles secondaires dans l'intérieur du réseau principal. 
Ceux-ci peuvent être remplacés, faute de mieux, par les temps de par- 
cours corrigés selon la nature plus ou moins accidentée du chemin 
qu'on suppose alors en ligne droite. On y joindrait des levés à vue si 
l'on ne s'exposait ainsi à l'accusation d^ écrire le pays, aussi dangereuse 



1705S29 



(2) Préface. 

chez les sauvages que dans les contrées civilisées, car le vulgaire se per- 
suade que c'est le préliminaire certain d'une invasion à venir. 

La plupart des explorateurs se bornent à observer la latitude, et par- 
fois la longitude, de chaque lieu où ils séjournent, mais ils réitèrent 
rarement ces déterminations indépendantes de manière à diriger le géo- 
graphe, par la comparaison de leurs dilTérences, dans le choix à faire 
entre des résultats discordants. Pour bien faire on devrait publier en 
outre les observations elles-mêmes avec la mention des circonstances qui 
les accompagnaient. Cela ne se fait pas toujours. 

Les voyageurs dépourvus d'instruction mais désireux d'enregistrer 
un vestige de leurs routes pensent faire beaucoup en observant à la 
boussole des tours d'horizon ou même de simples directions. Ces mé- 
thodes ont seulement l'avantage de valoir mieux que rien, car elles sup- 
posent la déclinaison de l'aiguille aimantée connue, ce qui arrive rare- 
ment. Le géographe est alors forcé d'employer une déclinaison moyenne 
trouvée par d'autres observateurs dans les régions voisines et de sup- 
poser qu'aucune attraction locale ne vicie les indications de la boussole. 
Or l'Afrique, où le zèle des explorateurs s'exerce surtout en ce moment, 
est plein de minerais de fer ou de terrains volcaniques anciens qui écar- 
tent souvent l'aiguille aimantée de sa position normale, et rien de bon 
ne résulte de ces travaux. En général, ces suites de directions à la bous- 
sole sont remplies de contradictions qui font le désespoir des géographes. 
On peut citer à cet égard les relevés magnétiques notés dans les pages 
348 à 302 de ma «Géodésie d'Ethiopie». Je les communiquai en 1839 
à d'Avezac, mais ce géographe éminent essaya inutilement d'en tirer 
parti. Cependant j'ai publié tout ce travail pour montrer combien ma 
méthode d'alors était mauvaise et surtout pour indiquer par un long 
exemple ce qu'il ne faut pas faire. De simples différences d'angles me- 
surés au théodolite, même sans les orienter au soleil, auraient mieux valu 
que CCS directions à la boussole quelque soin que j'aie mis à les prendre. 

Même dans leurs formes les moins ébauchées les méthodes précitées 
font défaut lorsqu'il s'agit de contrées que le voyageur n'a pas pu visiter, 
et qu'il a tâché d'étudier par les dires d'autrui. C'est là pourtant le but 
du présent ouvrage, car les géographes veulent avoir au moins quelques 
données sur les pays inconnus. 



Joiirnîes de route. (3) 

Ce genre de recherches est hérissé de plusieurs inconvénients: 
si le relateur n'est pas un pilote accoutumé à lire la boussole, comme 
dans mes renseignements sur les pays Somali à la page 18. les directions 
sont si vagues qu'il est presque superflu de les noter; elles sont d'ail- 
leurs bien rarement données et l'on n'a d'autres ressources que les dis- 
tances. J'ai essayé plus d'une fois, mais toujours en vain, de combiner 
ces distances en triangles pour avoir au moins des positions grossières. 
Le grand obstacle de ces recherches c'est l'unité incertaine qu'on est 
forcé d'employer faute de mieux. Au lieu des temps de marche donnés 
en heures et dixièmes d'heure, car cinq minutes en plus ou en moins 
sont toujours négligeables, on est réduit à relater seulement le nombre 
des journées de route. Or la valeur de ces journées peut varier du simple 
au double et même davantage selon le nombre des voyageurs, la nature 
de leurs charges et les accidents qui font presser ou retarder leur marche. 
Les alternances de âaga et de qualla, ou terres hautes et basses, si fré- 
quentes en Ethiopie et trop rarement indiquées, jettent en outre de l'in- 
certitude sur la valeur moyenne d'une journée. Même en terrain rela- 
tivement plat on voit par exemple aux pages 3^0 et 391 de la Géodésie 
d'Ethiopie qu'avec une escorte de mille hommes j'ai mis 2o'i heures 
à me rendre de Talla k Bonga en 5 ipurnées, et 22*5 heures de Botiga 
à Talla en 4 journées avec une escorte d'environ 1500 hommes. L'aug- 
mentation de la caravane devait accroître le nombre des journées de 
route et c'est précisément le contraire qui est arrivé. Quelques jours 
auparavant deux messagers envoyés de Garuqqe à Bonga pour préparer 
notre expédition en sont revenus le soir du sixième jour après avoir 
fait ainsi des journées d'environ 45 kilomètres, en tenant compte des 
détours. Ces i35 kilomètres parcourus par notre caravane en 6 jour- 
nées du 1 o au 1 9 Décembre 1 843 ne donnent au contraire qu'une marche 
moyenne de 22*5 '^™ par jour. On voit donc combien peut varier une 
distance énoncée en journées de route. Néanmoins elles sont données 
ici avec les noms des diverses stations, parce que ceux-ci ajoutent de 
la précision aux renseignements et appellent sur ces lieux l'attention 
des explorateurs à venir. Les étapes de la grande caravane, qui va de 
Muçaivw a à Saqa au moins une fois par an, sont énumérées plus loin 
sous le n° 97. quoique nos propres voyages aient plus tard établi toute 



(4) Préface. 

la route d'une manière plus rigoureuse, mais il était intéressant de montrer 
jusqu'à quel point un indigène intelligent peut évaluer les distances en 
choisissant ses termes de comparaison. Il est vrai que ces estimations 
étaient facilitées par la petitesse des étapes que restreignait forcément 
le grand nombre des marchands. 

Faute de mieux pour avoir des directions approchées, on peut user 
d'une particularité de la religion musulmane qui depuis le commence- 
ment du siècle actuel s'est fort propagée dans toute l'Afrique orientale. 
Il est prescrit à tous ses sectaires de ne faire leur prière que le visage 
tourné vers la Mecque. Cette direction est appelée Qlblah et comme 
elle varie selon la latitude et la différence de longitude, j'en ai fait cal- 
culer une table qui comprend toute l'Afrique et s'étend même à l'Est 
de la Mecque. Les azimuts , donnés en degrés et dixièmes de degrés, 
sont comptés à partir du Nord, en allant vers l'Est, le Sud et l'Ouest, de 
o à 359 degrés. Ainsi ^o'o" indiquent l'Est, 225° désignent le Sud- 
ouest, etc. Pour l'usage des explorateurs à venir qui, ne pouvant pas 
pénétrer dans des contrées inconnues, seront réduits à en recueillir des 
renseignements, on donne ici la partie de cette table dont on pourra 
faire usage au Sud àe /î7)wia kakka ou des Arusi comme aussi à l'Ouest 
de Geia. On dira par exemple à un relateur musulman : « Quand tu 
pries dans BorodJa, quels sont les pays voisins directement devant et 
derrière toi; quels sont les pays à ta droite et à ta gauche?» Si les 
réponses à ces questions étaient véridiques, on pourrait les employer 
à esquisser une carte où l'on aurait les directions relatives des petits 
états indépendants qui abondent, dit-on, au Sud de KuUo. En combi- 
nant plus tard ces directions avec des journées de route on aurait ainsi les 
premiers éléments d'une carte. L'usage de cette table suppose que l'on 
connaît la latitude et la longitude du lieu : on devra les obtenir d'abord 
de proche en proche en combinant les azimuts avec des journées de route 
estimées par comparaison comme au n° 97 ci-dessous. Pareil au pigeon 
voyageur, l'Africain le plus ignare connaît bien la direction d'une route 
à prendre. Cette remarque a été faite par nous en Ethiopie et par M. de 
Brazza au Congo. C'est par des directions ou azimuts que d'Avezac, 
en prenant pour base la côte maritime, a esquissé en 1842 et d'après nos 
indications une carte des pays Somali entièrement inconnus jusqu'alors. 



Directions. 
Pour trouver l'azimut de Qïblah. 



i. Degrés de 
° latitude 






Degrés de longitu 


de à l'ouest de la U 


ecque 







1 


2 


3 


4 


5 é 


7 


8 


9 10 


O'O 


1-8 


3'é 


5-4 


7'i 


8'9 io'6 


12'3 


14*0 


157 17-3 


-9 


O'O 


i'9 


37 


55 


7-3 


9'i io'9 


12'7 


i4'4 


i6'i 17-8 


-8 


O'O 


1.9 


3'8 


57 


7*5 


9-4 11.2 


i3'o 


i4'8 


i6'é i8'3 


-7 


O'O 


2'0 


3-9 


5-8 


77 


9-6 ii's 


i3'4 


152 


i7'o i8'8 


-6 


o-o 


2'0 


4'o 


6'o 


8'o 


lO'O 1 1 '9 


i3'8 


157 


i7'5 19-3 


-5 


O'O 


2'1 


4'2 


6-3 


8-3 


io'3 i2'3 


i4'3 


i6-2 


i8'i 199 


-4 


o*o 


2'2 


4-3 


6-5 


8'é 


io'7 12-8 


14-8 


i6-8 


i8-8 2o'é 


-3 


O'O 


2-3 


4-5 


67 


8'9 


1 l'I l3'2 


15-3 


17-4 


i9'4 2i'3 


—2 


O'O 


2-4 


47 


7'o 


9-3 


11-5 i3-7 


159 


i8'o 


20'1 22'1 


— 1 


O'O 


2-5 


4'9 


7-3 


97 


i2'o i4'3 


ié'5 


i8-7 


20'8 22-9 





o"o 


2'6 


5-1 


7'6 


lo'l 


i2'5 i4'9 


17'2 


19-5 


2i'7 23-8 


1 


O'O 


27 


5-4 


8'o 


lo'é 


i3'i 15'é 


i8'o 


20'3 


22'5 24-5 


2 


O'O 


2'9 


57 


8'4 


1 l'i 


i3'7 ié'3 


i8'8 


2 1-2 


23'5 25'8 


3 


O'O 


3'o 


5-9 


8'8 


ll'é 


14-4 i7'i 


197 


22'2 


24*6 26-9 


4 


O'O 


3'2 


63 


9-3 


1 2'2 


15-1 17-9 


20'7 


23'3 


25-8 28-2 


5 


o"o 


3-3 


é'6 


97 


12-8 


15-8 i8'8 


21'7 


24-4 


270 29-5 


6 


o*o 


3-5 


7'o 


io'3 


i3'é 


lé'8 19.9 


22'9 


257 


28-4 3i'o 


7 


O'O 


3'8 


7-5 


1 1.0 


H"5 


i7'9 2i'i 


24-2 


27'2 


3o'o 32'7 


8 


o*o 


4-1 


8-1 


ii'9 


15-6 


19-1 22'5 


25-8 


28'9 


3i'8 34'5 


9 


O'O 


4'4 


87 


12'8 


ié'8 


20-6 24-2 


27-6 


3o-8 


33'7 36'5 


10 


O'O 


47 


95 


i3'9 


i8'i 


22'2 26'0 


29'6 


32'9 


35-9 38'7 


1 1 


O'O 


5-2 


io'4 


152 


197 


24'0 28'! 


3i'9 


35-3 


38'4 4i'2 


12 


0.0 


5-6 


1 l'2 


i6'5 


21'5 


26'! 3o'4 


34'3 


37-9 


41*1 44'o 


i3 


O'O 


é.3 


12'4 


i8'3 


23'7 


28-7 33'2 


3 7 '3 


4o'9 


44'2 470 


14 


00 


7'i 


i4'o 


20'5 


26-5 


3i'8 36.5 


40-7 


44'4 


47'^ 50-5 


15 


O'O 


8'2 


lé'l 


23-3 


29-8 


35-5 4o'5 


447 


48-4 


51-5 54"3 


16 


O'O 


97 


i8'8 


27'0 


34'! 


40'! 45'2 


49'4 


52-9 


55-9 58-5 


17 


O'O 


ii'8 


22'6 


3i'9 


39'é 


45'8 5o'8 


54-8 


581 


6o'8 63'i 


18 


O'O 


15-0 


28-2 


38'6 


46'7 


52-8 57'4 


éi'i 


é3'9 


éé'3 68'i 


19 


O'O 


20'é 


36-9 


48-2 


56'o 


éi'4 65'3 


68'2 


7°'4 


72'2 73'é 


20 


O'O 


32'3 


515 


6i'8 


é7'8 


717 74-3 


76'! 


77-5 


78-5 79-3 


21 


O'O 


63-1 


75-5 


79"9 


82-1 


83-3 84'! 


84e 


84-9 


85-2 85'3 



(b) Préface. 

Beaucoup de nos renseignements sont dus à de petites caravanes for- 
mées par des marchands Orovio dits afcala. Trop peu nombreux pour 
camper en plein air comme les grandes caravanes, ces pionniers du 
commerce portent de faibles pacotilles, logent chez des correspondants 
et s'exposent souvent à des dangers réels en ouvrant de nouveaux dé- 
bouchés oîi ils réalisent des gains énormes. Comme tous les marchands 
indigènes, les afcala n'aiment pas à indiquer les chemins qu'ils suivent, 
car tout questionneur leur semble un concurrent futur qu'il vaut mieux 
ne pas instruire et qu'on devrait habilement dérouter. Après quelques 
essais infructueux, je ne tardai pas à apprendre qu'il fallait m'adresser 
aux afcala novices qui n'étaient encore que domestiques de caravane. 

Les relateurs qui inspiraient le plus de confiance étaient les esclaves 
volés depuis peu, les guerriers qui vont au loin pour chasser le buffle 
ou l'éléphant afin de se faire une belle position sociale, et les messagers 
de roitelet à roitelet qu'on pourrait appeler des ambassadeurs africains-. 
Ces trois catégories d'informateurs n'avaient aucun intérêt à cacher 
leurs routes et les messagers abondaient auprès de Abba Bagibo, car ce 
seigneur des Limmu aimait à faire grandir sa renommée par des relations 
lointaines. Ces envoyés de pays voisins, retenus longtemps à la cour 
selon la coutume africaine, étaient bien aises d'entretenir le seul homme 
blanc qu'on y eût jamais vu. 

Excepté dans les cas rares où de longs rapports avaient établi une 
confiance réciproque, nos interrogatoires n'étaient jamais systématiques. 
Beaucoup de temps était d'abord perdu à parler de la pluie, et de l'herbe 
qui s'ensuit, avant d'aborder des notices sur les contrées voisines et au 
lieu de questionner, je visais toujours à attendre les détails de voyage 
par un récit spontané, parce qu'il est plus aisément véridique. Après 
avoir perdu les informations de quelques indigènes par l'effroi que leur 
inspirait mon empressement à mettre par écrit ce qu'ils disaient, je pris 
le parti de conserver dans ma mémoire toute conversation importante et 
de ne la transcrire qu'après le départ du narrateur. Quelquefois j'oubliais 
ainsi des noms propres et quand je ne réussissais pas à les retrouver, 
il a bien fallu les laisser en blanc, ainsi qu'on le verra parfois ci-dessous. 

Lorsqu'on veut séjourner dans une contrée où l'on apparaît sans an- 
técédents connus, il est bon d'assumer une profession en harmonie avec 



Interprètes. (y) 

les idées locales et cela sous peine de passer pour un espion politique, 
ce qui est dangereux en tout pays. Ne pouvant être ni guerrier, ni cul- 
tivateur, ni marchand, je me donnais dans l'Ethiopie chrétienne pour 
un »zaz?zArr, c'est-à-dire professeur ou savant, et j'en fréquentais les écoles. 
Elles sont publiques et gratuites, mais non obligatoires, car ces Africains 
comprennent, mieux que certains Etats d'Europe, les droits supérieurs 
de la liberté. Plusieurs dabtara chrétiens, clercs ou gens d'étude, mais 
qui n'ont pas atteint le savoir des mamhlr s'occupent de médecine, ex- 
pliquent les songes et prédisent l'avenir avec plus ou moins de succès. 
Leur profession est celle des qallîca Oromo qui, passant pour médecins 
et devins, sont consultés non seulement par les indigènes mais même par 
les marchands étrangers, chrétiens ou musulmans. Grâce à la couleur 
insolite de ma peau qui faisait tache sur toute la population, celle-ci me 
regardait comme un qallîca d'une qualité hors ligne et comme, au con- 
traire des habitudes oromo, je répondais aux questions sans prendre des 
paiements en myrrhe, café ou sel, les clients affluaient chez moi; je les 
faisais causer et je n'eus jamais besoin d'aller en quête de renseignements. 
11 va sans dire que je n'employais pas d'interprète pour les recueillir. 
Les truchements sont la plaie vivante des explorateurs. Après en avoir 
été plus d'une fois la victime au début de mes voyages, j'ai adopté la 
maxime qu'il vaut mieux parler par signes que par l'intermédiaire d'un 
drogman. Celui qu'on ramasse à la frontière est ordinairement un homme 
de mauvais aloi qui se fait payer par les deux parties et les trompe toutes 
deux. Même un interprète honnête mais médiocre ne comprend pas tou- 
jours le sens exact de ce qu'on lui dit, se figure un sens ditïérent ou, 
s'il a des doutes, il préfère souvent ne pas les éclaircir de peur de montrer 
son insuffisance et de perdre ainsi ses fonctions de drogman, ordinaire- 
ment trop bien pavées. Le moins mauvais interprète est un enfant de 
lo à 12 ans qui traduit mot à mot sans savoir où l'on veut en venir. 
A cet âge on a rarement des projets de commerce ou d'autres entreprises 
et, comme l'on est à peine sorti de cet état d'esprit qui a servi à apprendre 
la langue maternelle, on y rentre plus facilement pour comprendre le 
langage imparfait d'un étranger. Cet enfant l'instruit d'ailleurs dans 
l'idiome local en corrigeant, pour se faire comprendre des indigènes, 
les phrases mal énoncées, mais dont lui seul a deviné le sens. Un drog- 



(gN Préface. 

man parfait est bien rare. Il doit être au moins aussi intelligent que 
les deux interlocuteurs et ne pas ajouter, sous forme d'explication, son 
propre commentaire sur un sujet qu'il ne connaît guère. S'il peut les 
amener à parler phrase par phrase, ce qui est préférable mais difficile, 
il reste au drogman à choisir, selon le cas, entre la traduction littérale 
et la couleur du discours. Par exemple, quand un Oriental répond « Dieu 
sait», l'interprète traduira correctement en disant «je ne sais pas». En- 
fin il remplira son rôle au mieux, quand il résumera en quelques mots 
précis les longues explications d'une phrase entortillée. Heureux le voya- 
geur pourvu d'un pareil drogman! 



L'orthographe correcte de noms de lieux n'est pas la moindre diffi- 
culté du travail que je soumets aux géographes. D'abord il n'est pas 
généralement facile de bien entendre les mots d'une langue étrangère : 
comme dans toute recherche, l'oreille a besoin d'apprentissage et doit 
s'y perfectionner peu à peu. Même quand elle a pris l'habitude de bien 
percevoir les sons indigènes on hésite souvent entre des prononciations 
différentes selon le narrateur qui les préfère : il faut alors suivre l'usage 
de la majorité, ce qui est parfois difficile. Ainsi j'ai entendu dire Tamca 
et Tamta pour le nom d'une rivière du Gojjavi, Walagga et Walagga 
pour celui d'une contrée. Des Tlgray qui savaient lire ont même écrit 
pour moi tantôt Gîdl zabo et tantôt Iglr zabo. Les indigènes du Kaffa 
prononcent ainsi le nom de leur patrie, mais leurs voisins Oronio disent 
Kafa. Chaque fois qu'il est arrivé de constater ces variations, nous 
avons préféré le mot indigène. Ainsi nous écrirons Oromo au lieu de 
Galla, Tlgray au lieu du Tigre des Amara, ou du terme Kabasa employé 
par les tribus du qualla qui se disent elles-mêmes Tigre. Cette manière 
de conserver à chaque peuple le nom qu'il s'attribue est au moins per- 
mise quand il s'agit de contrées peu connues. Il en est autrement quand 
un long usage a consacré des appellations ethniques selon la diversité 
des langues. Ainsi un Deutsch restera pour nous un Allemand en France, 
un German au nord de la Manche, un Tedesco en Italie et un Narnsa 
chez les Orientaux. 

Les savants ont fait tant de découvertes inespérées et même naguères 



Orthographe. (9) 

improbables qu'il est permis de pressentir le jour où quelques signes 
écrits permettront de reproduire à volonté toutes les nuances de la pa- 
role humaine avec l'aide du phonographe. En attendant ce progrès, tout 
ce qu'on peut faire pour reproduire les sons africains, c'est de suivre 
un système de transcription sans s'en écarter, de rendre par des carac- 
tères latins les sons voisins des nôtres et d'employer les lettres redon- 
dantes de notre alphabet pour quelques sons étrangers à la langue fran- 
çaise : enfin des caractères légèrement modifiés permettront d'indiquer 
les autres sons inusités chez nous. Les voyageurs qui apprendront à 
les prononcer sauront par exemple que la lettre /de Dambaîa a le même 
son que dans Tamïa, et les géographes useront de ces noms bizarres 
comme les mathématiciens emploient leurs signes d'algèbre qu'on lit 
tant de fois sans jamais songer à les prononcer. 

Comme l'alphabet ou pour mieux dire le syllabaire éthiopien est plus 
complet que le nôtre et qu'il nous a servi dans nos premiers rapports 
avec les indigènes, nous en avons pris les 37 consonnes comme base 
de notre système, en usant des mêmes lettres latines pour les sons arabes 
bien qu'ils soient souvent voisins sans être précisément identiques. Ainsi 
le q éthiopien est assez différent du q arabe et l'oreille la moins exercée 
les distinguera aisément. 

Il aurait été plus logique d'inventer des caractères pour indiquer quel- 
ques sons nouveaux, mais une pareille pratique exige une autorité qui nous 
fait défaut. Ainsi l'on aurait besoin d'une lettre spéciale pour le b éthio- 
pien qui est un son intermédiaire entre b et v. Les voyageurs ont écrit, 
également bien ou mal, Gugiibe et Gtiguve. Les Amara ont aussi le (5 fran- 
çais: ils s'en servent rarement et nous regrettons de ne l'avoir pas distingué. 

11 était naturel de s'interdire notre usage européen de changer la pro- 
nonciation d'une lettre selon sa position : le c devenant ainsi inutile, car 
chez nous il se prononce tantôt comme k et tantôt comme s, nous l'af- 
fectons au son anglais de ch dans le mot « charity » que nous transcrire- 
rions par cariti. Cet emploi du c est emprunté à l'italien qui s'en sert 
mais seulement devant les voyelles e et i. Nous exprimons par T), â le 
d cérébral, employé dans les idiomes Oromo, 'Afar, Saho, etc., tout en 
regrettant de n'en avoir pas séparé le r cérébral et peut-être le / de la 
même catégorie qui paraissent exister dans ces mêmes langues. Notre 



( 1 o) Préface. 

g est toujours dur : ge se prononce comme le mot français «gué». La 
langue Giiz (dite éthiopienne) et l'idiome //i/'/'cz;'' ont trois aspirations : 
//, ^ et Pi. La première est selon Fresnel un h anglais, la seconde étant 
le son émis par les rares Français qui aspirent encore leurs h. Quant 
à H, fi, c'est un son que je distingue sans pouvoir le bien prononcer; 
il me semble un Ij très-adouci. 

Nous avons assigné auy le son AnJ anglais, parce qu'il est en Ethiopie 
beaucoup plus fréquent que notre / qui représente le J français. Les 
Atnara du Bagemdir disent Gojjarn; les habitants de cette dernière pro- 
vince prononcent Gojjam, mais tous affirment que ley anglais est un son 
simple et nullement composé d'un ^ et d'un y, comme beaucoup de Fran- 
çais le croient. Il est aussi à remarquer que les Arabes et les Anglais, en 
désaccord sur tant d'autres points, sont unanimes à affirmer que le son 
J ne peut se décomposer de cette façon. Il en est de même pour notre c. 

A l'instar des Espagnols nous écrirons n pour rendre le ^«français; 
p est un/) très-dur employé dans toute l'Ethiopie où l'on a aussi notre/). 
Q, très claqué par les Amara, devient presque un k chez les Oromo. Les 
Tlgray ont un son / qui manque dans les autres idiomes éthiopiens; 
c'est une sorte de / grasseyé. Notre s est toujours dur, même entre deux 
voyelles. Nous rendons par T, île i emphatique des Sémites. Le v fran- 
çais ne s'emploie que chez les Agaiv. 

On appelle zv une lettre anglaise bien qu'elle soit employée au com- 
mencement de 200 noms de lieux dans le nord de la France où «Wa- 
zemmes», près Lille se prononce avec le même son initial que «Oise- 
mont » près Amiens. De même le mot ivazo, écrit dans notre système, 
se prononce comme le mot « oiseau » où une habitude bizarre rend w 
par 0, et a par /. Un système d'orthographe, toujours suivi comme nous 
nous sommes prescrit de le faire, empêche au moins des singularités de 
ce genre. fFest une demi-consonne : on l'écrit après un ti pour indiquer 
un prolongement de cette voyelle et il faut alors l'oreille fine d'un Oriental 
pour le percevoir. D'autres fois il devient quiescent, c'est-à-dire il dispa- 
raît sur les lèvres. Ainsi les Amara prononcent Sarae pour le Sarazve 
des Tlgray. Les Anglais disent aussi Wiilîc pour le nom de lieu qu'ils 
écrivent « Woolwich ». 

X est une lettre superflue dans l'alphabet français, car elle représente 



Orthographe. ( l i ) 

ks ou gz comme dans les mots « exciter, exemple ». Elle était donc dispo- 
nible et nous l'employons pour exprimer le son du ch français, sh anglais 
ou sch allemand. Comme notre alphabet est un héritage des Latins qui 
n'avaient pas dans leur idiome ce son si général dans tant de langues, 
il n'a pas en Europe de caractère spécial pour le représenter. On a eu 
l'idée déplorable de le rendre par une combinaison de consonnes dont 
chacune perd alors sa valeur ordinaire. Outre cette objection, il y a la 
difficulté de distinguer, avec sh, entre des mots tels que axa et asha qui 
ne sauraient être confondus dans notre système où toute lettre écrite 
doit être prononcée. Un autre inconvénient de ces combinaisons de lettres 
c'est qu'elles portent à supprimer les redoublements, si utiles pour bien 
peindre les sons. Ainsi les Allemands qui expriment le j anglais par 
dsch devraient écrire adschdscha pour notre ajja; mais comme il paraît 
monstrueux de mettre huit consonnes de suite, ils préfèrent supprimer 
le redoublement de ce qui, au fond, est une consonne simple. La valeur 
du ch français est attribuée à x par les Catalans et l'a été par les Por- 
tugais qui en nous initiant à la connaissance de l'Ethiopie écrivaient 
« Abexim » pour un nom ethnique devenu « Abyssins » dans notre langue. 
Nous regrettons de n'avoir pas employé pour le ch français un tu ou m 
retourné ce qui aurait rappelé les caractères usités en arabe, hébreu, 
copte, russe et même en éthiopien, car on a peut-être raison de lui as- 
signer la 8* consonne de son syllabaire; mais nous avons songé trop 
tard à ces rapprochements. 

Pareil à iv, y est aussi une demi-consonne : après un i cette lettre 
sert à l'allonger. Nous désignons par ^ le son intermédiaire à / et j qu'on 
écrit vulgairement is. Ce caractère a le même inconvénient que nos /;, 
et que notre ^' affecté au jota espagnol, car les modifications de ces 
trois lettres au lieu d'être en dessus, sont au contraire en bas et attirent 
moins l'attention du lecteur. En effet, si l'on cache avec une règle la 
moitié supérieure d'une ligne d'impression, on la lira bien moins facile- 
ment que si Ton voit seulement l'autre moitié d'en haut. Cette expérience 
montre que l'œil du lecteur néglige plus souvent la partie inférieure des 
lettres. La Société de géographie de Londres n'a donc pas été bien ins- 
pirée en modifiant certaines lettres par des points placés en dessous; ils 
auraient mieux rempli leur but s'ils avaient été au dessus. Tout en blâmant 



(i2) Préface. 

l'usage des points diacritiques, nous avons prolongé ces trois caractères 
vers le bas afin de ne pas introduire dans notre alphabet systématique des 
caractères trop éloignés de ces lettres latines dont on a l'habitude. 

Les autres consonnes non mentionnées ici se prononcent comme en 
français. Il nous reste à en citer deux que les Européens ont peine à 
reconnaître comme consonnes bien que tous les Sémites s'accordent à 
le faire. Nous voulons parler du ' ayn et du hsmzah. Celui-ci représente 
le son faible du 'ayn, comme le z du français est la douce du son j. Le 
hamzah peut être défini comme cet effort dans la gorge qui précède Va 
du commandement militaire portez armes. Ce hamzah joue un grand rôle 
dans les idiomes sémitiques et le caractère éthiopien qui l'indique passe 
à tort, chez les Européens, pour une simple voyelle. Nous l'exprimons 
par un trait d'union excepté au commencement des mots où ce hamzah 
existe ordinairement, comme dans Abbay (nom de rivière). Quand il est 
nettement prononcé, bien des voyageurs l'ont pris pour une aspiration, 
car il la remplace dans les mots « la hache » selon la prononciation ac- 
tuelle des Parisiens. On a donc entendu dans la bouche d'un Oromo 
Habaya au lieu de Abaya, et dans le Bulletin de notre société de géo- 
graphie à la page lO du volume XII (1839) Jomard en a conclu à l'exis- 
tence de deux rivières différentes tandis qu'il n'y en a qu'une. 

Quand deux voyelles se suivent sans hamzah, les Ethiopiens en indi- 
quent l'absence par l'intercalation d'un 7V si la voyelle suivante est 
ou îi, et d'un j' quand il s'agit d'un /. Ainsi ils écrivent Xîzva et pronon- 
cent presque Xta; Daer s'écrit Dayer, et les Amara transcrivent Sarawe 
tout en disant Sarae. Il est même difficile de poser des règles précises 
sur cet emploi de iv plutôt que du r, car on écrit Giyorgïs et Ghvorgis 
mais en prononçant Giorgis. Les Arabes indiquent le hamzah par un tout 
petit 'ayn. Nous désignons ce dernier par une virgule renversée. 

Notre /est encore une lettre spéciale et ressem.ble au // des Basques. En 
Ethiopie il permute souvent avec/; c'est pourquoi nous l'avons rapporté 
au /. Une oreille inattentive le confond avec c, ce dernier son étant re- 
présenté vulgairement en France par ich, mais nous rejetons systémati- 
quement tout ramassis de lettres pour rendre des sons simples comme c et /. 

On rend ici par ç le çad des Arabes et leur r grasseyé par^.-^ exprime 
le ng du participe des Anglais, 6 leur th dur, et à leur th doux. 



Voyelles. (i3) 

Les Ethiopiens n'écrivent que sept voyelles et nous n'avons pas cherché 
à en distinguer davantage. C'est d'ailleurs ce qu'on fait en Europe où 
l'on se fie à l'usage pour reproduire les nuances, plus nombreuses qu'on 
ne le suppose. Le Prince L. L. Bonaparte a reconnu 18 voyelles chez 
les Français bien qu'ils n'en écrivent que cinq. On comprend en effet 
que notre a trois sons différents dans les mots botte, bo7t, beau, car ce 
dernier mot équivaut à un (^ suivi d'un long, et qu'en toute rigueur 
ces trois voyelles sont autant de nuances distinctes du son 0. L'espagnol 
et le grec moderne n'ont chacun que 5 voyelles : l'idiome irlandais en 
possède 22 et l'anglais en a 2 1 nuances bien distinctes. Il serait facile 
mais prématuré d'en indiquer plusieurs dans les diverses langues de 
l'Ethiopie. Ce travail n'a pas été fait : il exigerait une étude spéciale dans 
Gondaroix se parle d'ailleurs, à ce qu'on dit, l'idiome amarînna le plus pur. 

La première voyelle éthiopienne est un a très-bref. Les Orientalistes 
la traduisent par a en réservant â pour le son allongé de cette voyelle. 
Considérant toutefois que l'a long ressemble davantage à notre manière 
habituelle de dénommer la première lettre de l'alphabet, nous l'exprimons 
par un simple a, en réservant au besoin â pour la voyelle du mot anglais 
«paw» (patte). L'a bref se rapproche beaucoup de Vu dans le mot «do- 
minum » selon la prononciation usitée dans nos collèges. Beaucoup de 
voyageurs le rendent par e quoiqu'il diffère de Y e muet français. Nos 
ancêtres, plus exacts à ce qu'il semble, lui attribuaient le son d'un a, 
ainsi qu'on le voit dans les mots tirés de l'arabe, comme « alcool, amiral » . 
Nous suivons l'exemple de Ludolf en rendant l'a bref par a. 

Considérant que Vu français, rare dans la plupart des langues étran- 
gères, est en outre peu répandu en Ethiopie, nous lui consacrons Vu 
allemand en réservant à la deuxième voyelle éthiopienne un u simple 
avec sa valeur familière aux Italiens, leur u consonne étant représenté 
ici par iv. En arabe Vu nous semble avoir un son intermédiaire entre 
et u et représenter Vij suédois. Cela expliquerait comment on a écrit 
Muhammed et Mohammed, mais nous laissons à de plus habiles la dé- 
cision de cette question. On rencontre aussi la même nuance eu Ethiopie. 

Les troisième et quatrième voyelles éthiopiennes i et a long, ne de- 
mandent pas d'explication. Il n'en est pas de même pour la cinquième 
que nous rendons par e. Elle peut se prononcer comme un é fermé. 



( 1 4) Préface. 

mais les indigènes la prononcent aussi /ou lé. La même personne énon- 
cera cette voyelle de ces trois façons dans le cours de la même conver- 
sation et pour le même nom propre. J'ai souvent été embarrassé de sa- 
voir si un mot nouveau pour moi devait s'écrire par la 5" ou par la V 
voyelle quand, la première fois, j'entendais un i. Peut-être la voyelle i 
du 5® ordre est-elle plus longue que Vi du 3®. En songeant à ces incer- 
titudes on se rappelle les arguments pour et contre la vraie prononcia- 
tion de 1'-/) grec. Dans tout l'Archipel on en fait aujourd'hui un i : au- 
rait-il été jadis variable comme Ye éthiopien? 

La d^ voyelle joue trois rôles dans l'alphabet indigène. On la pro- 
nonce souvent, mais elle sert aussi à désigner une consonne non pourvue 
de voyelle comme dans le mot viarta où le r est de la 6^ forme. Quand 
cette é*^ voyelle est énoncée, elle rappelle 1'/ bref des Anglais dans le 
mot «infinité» (infini). Des indigènes m'ont écv\X pïn pour le «pin» 
(épingle) anglais. 11 nous semble qu'aucune consonne ne peut être bien 
définie sans être suivie d'un / très-bref. De fait, si l'on prononce viarta 
lentement, on entendra marl'ta. Les Tlgray accentuent davantage un / 
final; ils écrivent ' adî (pays, village) et prononcent ' addi avec un i bien 
net au lieu d'un /. Cette voyelle si ténue disparaît devant une autre voyelle 
ou un y. Ainsi les Tlgray écrivent '^ Ad yabo tout en prononçant 'Adiabo, 
nom de province. L'écriture éthiopienne n'a pas de signes diacritiques : 
bien que notre apostrophe existe de fait dans la langue parlée, et quoi- 
que certains temps du passif awar/i/wa ne se distinguent que par un re- 
doublement de la consonne, il n'y a aucun signe dans l'écriture indigène 
pour montrer que cette consonne doit être «gardée», comme disent 
les Arnara. Dans leur idiome, ji'(5â/(7/ signifie «il mange »; j'^a//a/ veut 
dire «il est mangé». Nous transcrivons, à la méthode française, ce re- 
doublement parce qu'il change notablement la prononciation du mot. 

La 7^ et dernière voyelle est un bref qu'on prononce quelquefois 
îio en le faisant précéder d'un 11 très-bref. 

Cependant les Ethiopiens ne désignent pas ce changement par une 
lettre spéciale, bien qu'ils en aient pour hul, qui, ktil et gui, ces quatre 
lettres pouvant s'affecter des diverses voyelles à l'exception de la deuxième 
et de la septième. Dans nos transcriptions cet u se prononce très-rapide- 
ment : ainsi rua a le son du « roi » français. 



Gramîiiaire interyiationale. (15) 

Lorsqu'on parle d'un pays étranger, on est souvent amené à juxtaposer 
les termes de deux idiomes différents. Dans ce cas il ne semble pas per- 
mis d'appliquer à une langue très-différente les règles de la grammaire 
française. C'est pourquoi nos supprimons l'apostrophe devant les mots 
éthiopiens commençant par une voyelle. Nous ignorons en outre si cette 
voyelle est précédée ou non d'un hamzah qui en sa qualité de consonne 
ne saurait admettre l'adjonction d'une apostrophe. Les Arnara n'ont pas 
cette consonne si ténue, mais elle est très-accentuée en Tigrar, en Oromo 
et dans d'autres langues éthiopiennes. Or l'usage de l'apostrophe im- 
plique l'absence d'un haynzah puisqu'on ne saurait employer cette apos- 
trophe devant une consonne. Le même raisonnement s'applique à un '^ayn 
initial, cette dernière consonne étant au hamzah comme / est à d. Nous 
écrivons donc le ' A/ar, le Abbay et non V'Afar, \ Abbay. 

L'abus du pluriel en s est un autre exemple d'ingérence intempestive 
de la grammaire française dans les termes, ethniques ou non, de l'Ethio- 
pie. En cela plusieurs narrateurs anglais sont plus sages que nous : bien 
que leur article soit dépourvu d'un pluriel, ils disent «the Oromo goes» 
ou «go» (le Oromo va ou les Oromo vont) en laissant au verbe la tâche 
d'indiquer s'il s'agit d'un singulier ou d'un pluriel. Ils ne s'inquiètent 
même pas des cas où ce verbe, trop émondé par l'usage, n'indique pas 
le nombre. Par exemple la phrase «the Oromo cannot» peut se traduire 
«les Oromo ne peuvent» ou «le Oromo ne peut». On ne voit pas qu'il 
résulte un grand inconvénient de ces locutions; elles s'éclairent par le 
sens général de la phrase. D'ailleurs la langue française, plus précise et 
plus claire que l'idiome anglais, distingue toujours les pluriels de ses 
verbes, et par l'écriture et par l'article précédent. 

Cette manie d'un j pour indiquer le pluriel entraîne un autre incon- 
vénient quand la langue étrangère ne forme pas un pluriel par l'addition 
d'un s. Ainsi un auteur français qui parle des coutumes municipales 
en Angleterre écrira «les aldermen» et non «les aldermens» ou «les al- 
dermans». On devrait donc en agir de même pour les termes ethniques 
de la langue arabe où le pluriel diffère notablement du singulier et écrire 
correctement «le Targi, les Touareg». La forme «les Touaregs» est une 
redondance et laisse supposer que le lecteur n'est pas suffisamment averti 
du nombre par le pluriel «les». Les étrangers paraissent avoir d'abord 



( 1 6) Préface. 

connu la nation ^ Afar par une de ses tribus qui se nomme Dankala. 
Selon la grammaire des Arabes, ceux-ci en ont formé le terme Daiikali, 
et Daiiakil au pluriel. Des voyageurs français ont écrit «les Dankalis» 
au pluriel, d'autres ont préféré «les Danakils» ; des Italiens en ont fait 
« i Danakili » selon le génie de leur langue. On ne voit pas ce qu'on 
gagne à ces formes plurielles surajoutées : c'est comme si un Anglais 
écrivait « the chevauxes» pour « les chevaux » ou si un Allemand chan- 
geait l'expression en «die chevauxen», ce qui scandaliserait à bon 
droit. 

L'inutile addition d'un j pour le pluriel d'un mot étranger a encore 
un autre inconvénient quand ce mot se termine au singulier par un s 
dans l'idiome indigène. Si par exemple on mentionne «les Kurcas-», le 
lecteur croit qu'il faut dire au singulier «le Kurca-», tandis qu'il faut en 
réalité «le Kurcas-». 

Il est important de prévenir que la plupart de nos synonymies de sons 
ne sont qu'approchées, et que des distinctions plus fines restent à faire 
ultérieurement. Plusieurs prononciations transcrites ici peuvent être vi- 
cieuses. Quand elles n'étaient pas nettes j'ai dû confondre ou mal en- 
tendre les trois aspirations éthiopiennes, h, Jj, â, prendre le / pour c et 
vïce-versâ, ou identifier le x arabe avec celui de l'Ethiopie tandis que 
M. Paulitschke les distingue, sans doute avec raison. 

A ceux qui croiraient que nous avons mis trop de minuties dans les 
transcriptions des noms il est facile de répondre que lorsqu'on donne 
des renseignements il faut le faire avec tout le soin possible, car les droits 
de la vérité sont suprêmes. Des mots mal écrits peuvent égarer ceux qui 
étudient les migrations anciennes des peuples par la recherche des noms 
qu'ils ont laissés à leurs successeurs. En lisant sur les colonnes du mo- 
nument de Karnak les lieux de l'Ethiopie qu'on y a mentionnés en hiéro- 
glyphes, Mariette a tâché de les identifier avec des points connus de 
l'Ethiopie, mais des transcriptions exactes ont manqué à ce savant et 
ses synonymies sont restées au moins incertaines. 

Pour faire mieux ressortir l'importance d'une orthographe il convient 
de citer quelques noms de lieux. Nous les puisons dans des relations im- 
primées où par conséquent on peut admettre que les auteurs ont fait 
attention à leur manière d'écrire les noms propres. 



Préface. 



in) 



Riippell (Reise in Abyssinien. Frankfurt, i838). 

Selon l'auteur. Selon nous. 

Adowa, Adaua 'Adwa 

Ategerat 'Addï graht 

Belleqas Balagaz 



Selon l'auteur. Selon nous. 

Saglu denghel Sahla dlngîl 

Takazze Takaze 

Teqela Haimanot Takla haymanot 



Massaua Muçaww a 

Les gens de Muçaww^a disent 'Adawa pour 'Adwa. 
Lefebvre {Voyage en Abyssinie. Paris, sans date [vers 1840]. 



Adasse IJaddas 

Agamoa Agam waha 

Amacène -^ tfamasen 
Bâheur Batjr 



Hoye ncgousse 

Ikendatche 

Messoah 



Waynîgus 
Vaqandac 
Muçaww' a 



Ferret et Galinier (Voyage en Abyssinie, Paris 1847). 

Dixah Digsa 

Messawah Muçaww'a 

Moukoullou ImakuUu 

Tatjoura, Tadjoura Tujurrah 

Zarail Zar- ay 

M. Mansfield Parkyns (Life in Abyssinia. 1^ édition. London, 1868). 



Adauah 


''Adwa 


Add' Igrat 


'Addî Graht 


Adde Casti 


'Addï Qasti 


Arkiko 


tfarqiqo 


Aylo 


Ifayhi 



Addy Abo 


'Add Yabo 


Mareb 


Marab 


Adoua 


'Adwa 


Massàwa 


Muçaww'a 


Howzayn 


Hawzen 


Moncullou 


ImakuUu 


Kiaquor 


QayîUkor 


Oubi 


Wîbe 



Lejean (Voyage en Abyssinie. Paris (1870 f). 



Dagossa 


Tagusa 


Ohha 


Wiha 


Ermetchoho 


Armaïoho 


Vo'in 


Wayn 


Massaoua 


Mîiçaww'a 


Woehnè 


Wîhni 


Monkoullo 


ImakuUu 


Zegbha 


Zîgba 
b 



(l8) Préface. 

R. P. Dimothéos (Deux ans ... en Abyssinie; Jérusalem, 1871). 



Selon l'auteur. Selon nous. 

Armadjouho Armatoho 

Caber-Mariam Dabra Maryam 

Deinbia Dambya 

Djembelghé Tambilge 



Selon l'auteur. 

Tephdéra 

Thegri 

Theklé-em-Anot 

Vagchem-Govazi 



Selon nous. 
Dabtara 

Tigray 

Takla hayvianoi 

Wasxîm Gobaze 



Dokka-Méret Daqquaktdana?nîhratVos,uQTa,0\is,avai Wagara 

Ghelbi -Tabor Dabra Tabor Vohni WtJmï 

Magdala Magdala Volgaïte, Vodelou Walqayi, Wad/a 

Myn-CuUy Imakullu Vondeghet Wandïge 

M. Raflfray (Abyssinie. Paris 1876). 

Massaouah Muçaww'a 

M'kouUou Imakullu 



M. G. Rohlfs (Meine Mission 

Adua 'Adwa 

Alamayo ' Alani ayahu 

Amdra Gedell Amora gadal 



Arkiko 

Dega (île) 

Godo felassi 

Korata 

Lamalmon 

Lidschemi 

Magdala 



Lfarqiqo 

Daga 

IÇudafalasi 

Quarata 

Lamahno 

Lïjomi 

Maqdala 



nach Abessinien. 

Massaua 

Narge 

Nebreïd 

Okule-Kusay 

Saurta 

Suakin 

Takase 

Tanatscherkos 

Tscheklamensot 

Tschetscheho 



Leipzig, i883). 

Muçaww a 

Narga 

Nabrid (Nabîir-idJ 

Akaîa Guzay 

'Asaworta (ao) 

Sawah'n 

Takaze 

'Tana Qirqos 

Taqla majizo 
^ If *' I» 

Tatoho et Tîtlho. 



L. Gatta (BoUetino délia Società geografica italiana : giugno 1885). 

M ' Cullu Imakullu 

Vaggoro Wagara 



Vollini 



Wlhni 



Quelques-unes des orthographes précitées sont tellement étranges 
qu'elles ne peuvent indiquer les sons des indigènes, même en tenant 
compte de la nationalité des voyageurs qui les ont écrites. Mal rensei- 



Préface. ( 1 9) 

gnés en premier lieu, ceux-ci ont continué à employer des transcriptions 
vicieuses qu'ils n'ont pas corrigées soit parce que des séjours trop brefs 
ne leur ont pas permis d'achever l'éducation de leur oreille, soit parce 
que dans un pays où il reste encore tant à apprendre ils ont porté toute leur 
attention sur des sujets qui leur semblaient plus importants. En publiant, 
ici, à titre d'exemples, quelques fautes dont il serait facile d'agrandir la 
liste, nous voulons surtout signaler à nos successeurs un sujet d'étude trop 
négligé jusqu'ici et nous n'oublions pas que dans nos premières notices 
sur l'Ethiopie nous avons commis nous-mêmes des fautes du même genre. 

Lefebvre méconnaît l'aspiration initiale dans Hamasen et TJaddas bien 
qu'il l'écrive dans HaviHamo et qu'il ait pris la précaution de transcrire 
quelques noms de lieux en caractères éthiopiens où il rend la (6'^) voyelle? 
par é dans Sémiène ctTché. Son Omokoullou que moi-même j'ai employé 
d'abord, est presque la traduction arabe de Imakullu. Ce nom signifie 
«mère de tout» et peut avoir été inventé par les habitants de Muçaww'a, 
îlot aride, tandis que l'eau, toujours Qxista.nte à /mehil/u, permet d'y faire 
croître tout ce qu'on veut. Les Italiens, derniers venus sur cette côte, ont 
pris la leçon de M. Parkyns en adoptant MoncuUu, avec un n médian venu 
on ne sait d'où. Grâce à leurs rapports officiels, cette orthographe nou- 
velle menace de prendre racine, car les géographes seront portés à croire 
que les Italiens à l'oreille si musicale et si fine doivent avoir saisi au mieux 
un nom qu'ils entendent journellement. On s'étonne de voir qu'ils n'ont 
tenu aucun compte de l'orthographe Umkulîu employée par S. Em. le Car- 
dinal Massaja. C'est la traduction arabe du nom, car tmivi (mère) corres- 
pond au Im éthiopien, kiillu (tout) étant commun aux langues arabe et tigre. 

Les Arabes, qui ont aussi une ouïe des plus délicates, admettent que 
tout mot, terminé pour les Européens par une voyelle, est suivi, soit par 
un hamzah soit par la plus légère des aspirations. Les orientalistes ayant 
transcrit cet h final, on s'est mis à l'adopter bien qu'on ne l'entende 
guère et dans ces derniers temps on s'est plu à l'ajouter au mot Mu- 
çawiv'a en l'écrivant «Massouah», car sauf les Anglais à qui j'avais 
donné, en 1839, ce nom dans son écriture arabe, personne n'y a dis- 
cerné le 'ayn final. En i832 notre société de géographie a publié 18 va- 
riantes de ce nom, et il en existe encore d'autres dans les relations de 

voyageurs. Mucaww a est le participe du verbe çaiv'a qui signifie «ter- 
fa* 



(2o) Préface. 

rifia, dessécha» et ce dernier sens convient fort à l'aridité séculaire de 
cet îlot. Comme tous les participes arabes se forment en mettant mu (ou 
mo) devant la racine, c'est par erreur qu'on a écrit «ma . . .». Les gens 
de l'île Dahlak disent Mhva, les Éthiopiens du haut plateau écrivent 
Mltiva ou Mi^iva^ mais les indigènes donnent à cette île le nom de Ba?ye 
que les ' Afar prononcent Bab'e avec un th anglais dur, ce qui fait soup- 
çonner que l'antique éthiopien a pu représenter primitivement un 6 
grec dont il a la forme bien qu'on le confonde aujourd'hui avec ^. 

On peut dire qu'en général l'Européen novice méconnaît l'existence 
du 'ayn et du havizah ou hiatus, qu'il prend ce dernier pour une aspira- 
tion, car on a écrit Dedhesa pour 'Duï-esa, et que beaucoup d'aspirations 
échappent à son oreille. 

Comme si tout ce luxe de nomenclatures africaines ne suffisait pas 
pour nous dérouter, des géographes italiens ont imaginé dernièrement 
de transcrire dans l'orthographe vulgaire de leur patrie des noms de 
lieux en Afrique, et pour mettre en pratique cette idée nouvelle ils ont 
préféré des orthographes allemandes affectées de l'inversion habituelle 
des lettres fortes et faibles et ainsi forcément sujettes à caution. Comme 
on objectait à ces novateurs que cette pratique ne rendrait jamais tels 
sons qui manquent dans les langues de l'Europe et qu'un Français devrait 
alors écrire, par exemple, Ouachintonne pour Washington, on a répondu 
que l'orthographe des lieux bien connus ne doit pas être changée; mais 
ces exceptions sont purement arbitraires dans bien des cas où il est dif- 
ficile de savoir si la notoriété est déjà acquise. Si, par malheur, cette 
doctrine nouvelle prenait racine en géographie, elle aurait le grave in- 
convénient d'exiger du lecteur la connaissance de l'orthographe vulgaire 
dans la langue maternelle du voyageur qu'on suppose, sans trop le sa- 
voir, avoir employé les habitudes de son enfance. Enfin cette doctrine 
échoue totalement dans son but quand le narrateur anglais ou allemand 
a mal entendu un nom, par exemple quand il écrit Achmet pour Af^niad. 
Comment faire d'ailleurs quand un auteur mêle, sans le dire, les or- 
thographes vulgaires de deux langues différentes? Ainsi dans notre 
page (17) Howzayn doit se prononcer à l'anglaise, mais dans Adour 
et Moncullou Vo7i est une orthographe française. 

A toute cette débauche de nomenclatures quelques voyageurs ont 



Préface. (21) 

ajoute une pratique peu rationnelle et ont augmenté encore la confusion 
en donnant des noms européens aux lieux qu'ils visitent. Cette manie 
peut s'excuser seulement lorsqu'un pionnier trop pressé et servi par un 
drogman ignare n'a pas le temps d'apprendre le nom indigène d'un lieu 
et de choisir parmi ceux qui lui sont donnés par des langues différentes 
et voisines. Cet explorateur s'il a bien mesuré les trois coordonnées du 
lieu peut à bon droit lui attribuer, mais seulement à titre provisoire, le 
nom d'un ami ou d'un supérieur qu'il veut flatter. Il peut même rejeter 
les désignations locales si elles sont toutes ou trop longues ou trop dif- 
ficiles à prononcer; mais cela n'arrive guère sur le continent africain 
où les noms indigènes sont ordinairement courts et sonores. Les Anglais 
ont une inaptitude remarquable à varier les termes qu'ils adoptent : ils 
ont déjà enregistré 3o lieux différents épars sur la surface du globe en 
les affublant du beau nom de Victoria. En Afrique où il reste encore 
tant à faire pour la géographie, l'utilité d'un nom de lieu consiste surtout 
à préciser au guide l'objet qu'on veut voir et étudier : il est donc pré- 
férable de le désigner par un de ses noms indigènes. 

Si l'on applique ces idées au plus grand des lacs africains mentionné 
depuis plus de mille ans par un auteur Arabe, redit par ses successeurs' 
et vu par Speke en 1850^ on constatera que l'expression «lac Victoria 
Nyanza» signifie «lac Victoria lac» ce qui est une redondance inutile 
et que les voisins de cette mer intérieure l'appellent Kerewé d'après une 
de ses îles, absolument comme le lac Tana ou Z^atia situé plus au nord. 
Selon le génie des langues Bantu on dit u Kertivé, cet ti préfixe servant 
à désigner un lieu, comme pour les pays voisins u Saga, u Nyoro, mais 
cet u est inutile dans nos langues d'Europe. 



Je dois une explication sur les nombreuses redites à propos des rivières 
Gibe, Gojab et Uma. C'est parce que je comprenais dans l'ensemble de 
ces rivières le haut cours du Fleuve Blanc. 

La recherche de ses sources était l'un des buts principaux de mon 
voyage en Ethiopie et devait en tout cas m'amener à étudier un large 
bassin alors presqu'inconnu aux géographes. En quittant l'Europe je 

I. Geographical magazine, 1876, p. 25. 



(2 2) Préface. 

n'avais ti'autre donnée que l'affirmation laconique de Bruce qui mer. la 
source de ce fleuve en Kaffa. Je comptais donc établir mon quartier 
général à Bonga et rayonner autour, mais il est rarement donné à l'homme 
d'atteindre le terme de son ambition. La plupart succombent sous le 
poids des obstacles et je ne devais pas échapper au lot du plus grand 
nombre. A mon entrée dans Inarya à travers un mogga ou erme, c'est- 
à-dire un district naturellement fertile mais dépourvu de cultures et 
d'habitants afin d'éloigner les voisins et leurs incursions possibles, je 
dus franchir un ruisseau défendu par une estacade continue, des portes 
fortifiées et des gardiens armés. Ceux-ci avaient le devoir impérieux de 
repousser tout voyageur suspect et surtout de ne laisser sortir personne 
sans la permission verbale affirmée au nom du roi par l'un du petit nombre 
de gens connus pour remplir le rôle de passe-ports vivants. 

Conquis par la tribu des Limmu au commencement du siècle actuel, 
Inarya était soumis au despotisme le plus complet qu'on puisse imaginer, 
car il n'avait pas encore assez duré pour être adouci, comme celui des 
Turcs, par les mœurs et les précédents. Un de mes compagnons Amara 
disait avec raison : « Nous sommes entrés dans une souricière. » Ce gou- 
vernement du bon plaisir a du moins un avantage : si l'on parvient à capter 
la faveur du despote, on ne rencontre aucun obstacle dans son royaume. 

Il en est tout autrement en Kaffa. Son roi n'a qu'un pouvoir limité 
par la vieille coutume : tout le pays a conservé plusieurs traditions de 
l'ancien empire éthiopien et cet amour de l'isolement, si cher aux Afri- 
cains du centre. Un étranger, surtout s'il est blanc, est trop précieux 
pour ne pas être gardé toujours. On connaît le sort de Covilham cet en- 
voyé portvigais auprès du « Prêtre Jean » : il ne put jamais regagner sa 
patrie : il fallut même l'invasion musulmane de Grah et l'arrivée de Chri- 
stophe de Gama avec sa troupe héroïque pour amener l'Ethiopie du nord 
à des idées nouvelles. Rien de pareil n'avait eu Xxç^wqxv Kaffa : une armée 
Oromo avait bien forcé sa frontière défendue par treize barrières succes- 
sives, mais la sanglante bataille livrée sur la rivière Ginc avait mis fin à 
cette invasion. Depuis cette grande défaite, les Oromo avaient toujours 
respecté Kaffa. Le seigneur des Limmu me dit que si je traversais seul 
le Gojab, je ne sortirais jamais de cette étrange contrée et mes rensei- 
gnements, sans aucune exception, confirmèrent cette écœurante nouvelle. 



Préface. (2 3) 

II fallut donc me résigner à étudier par les récits d'autrui ces contrées 
qu'il m'était interdit d'examiner en personne. 

Pour choisir l'affluent principal de chaque rivière je me guidais alors 
par la masse des eaux parce qu'elle est ordinairement liée à l'étendue 
du bassin. Quelques personnes ont d'autres opinions à cet égard : en 
tout cas, cette question de l'affluent principal est assez importante pour 
qu'on s'y arrête. D'une manière générale elle peut s'énoncer de la façon 
suivante: «Quand en remontant un cours d'eau on arrive à une bifur- 
cation, lequel des deux bras doit-on reconnaître théoriquement pour la 
rivière dominante?» Diverses personnes qui se contentaient d'un seul 
caractère ont successivement préféré ceux qui suivent : i*' Les époques 
des crues, la première en date devant l'emporter. 2" La longueur réelle 
du cours mesurée dans le lit même à travers tous les méandres. 3" La 
distance en ligne droite de la source à l'embouchure de l'affluent. 4° La 
grandeur relative des crues. 5° Le plus de concordance entre la direction 
moyenne d'un bras et celle du fleuve dans son cours inférieur. 6" L'al- 
titude absolue de la source. 7" La concordance des crues d'un affluent 
avec celles du cours inférieur. %^ La couleur et les autres caractères phy- 
siques des eaux. 9° La largeur du lit. 10° Le caractère géologique des 
terrains traversés, ii" La superficie relative des bassins des affluents, 
le plus grand devant être préféré. 1 2° La plus grande rapidité de cou- 
rant. M. von Kloden à qui je communiquai ces diverses opinions en 
l'année 1857, ''^^ '^ publiées à la page 372 de son «Handbuch der phy- 
sischen Géographie, Berlin 1859». 

Les auteurs des traités sur la géographie physique ne se sont pas tous 
occupés de cette question. Parmi ceux qui l'ont examinée il est bon de 
citer quelques opinions. M. Ansted nous dit' : « C'est plutôt par accident 
que par intention que l'un des affluents portant le nom de la rivière en 
aval sera regardé comme le principal. C'est plutôt une curiosité puérile 
qu'un objet d'intérêt scientifique de regarder la source nominale de l'un 
des petits cours d'eau qui parmi dix mille autres s'unissent pour former 
le Nil . . . Dans les montagnes de l'Abyssinie .... il y a des sources à 
peine moins importantes que les grands lacs qu'on a atteints dernière- 
ment. » Plus loin cet auteur dit à la page 179 que «les lacs Victoria 

I. Physical geography. London 1867, p. 151. 



(24) Préface. 

Nyanza et Albert Nyanza doivent être regardés comme les sources (head 
waters) du Nil»; mais il n'ajoute pas pourquoi. 

Dans le premier de ses deux grands ouvrages M. Elysée Reclus a traité 
la question d'une manière plus complète; il nous dit' : «La principale 
difficulté que rencontrent les géographes systématiques est celle de dé- 
terminer dans chaque bassin la branche principale qui doit être consi- 
dérée comme le fleuve par excellence, et dont tous les autres cours d'eau 
ne sont que des affluents. Dans un certain nombre de cas, on peut, il 
est vrai, reconnaître sans peine à quelle artère du bassin fluvial appar- 
tient incontestablement la prééminence; mais le plus souvent il est mal- 
aisé, ou même impossible, de se prononcer avec certitude sur cette 
question. Est-ce la Seine ou l'Yonne? est-ce l'Adour ou le Gave de Pau, 
le Rhin ou l'Aar, l'inn ou le Danube, le Mississippi ou le Missouri, le 
Maranon oul'Apurimac (Ucayali) qui doivent imposer leur nom à l'artère 
principale portant à la mer l'eau mêlée des deux fleuves rivaux? S'agit-il 
principalement de considérer la longueur du cours? Alors la Saône et 
le Rhône lui-même ne sont que des affluents du Doubs, dont le déve- 
loppement total, du Mont-Rizoux au golfe du Lion, dépasse celui du 
Rhône de 150 kilomètres. De même le Mississippi est dans ce cas le 
tributaire du Missouri, qui off"re en longueur 2600 kilomètres de plus, 
c'est-à-dire un développement égal à trois fois le cours de la Seine. Pour 
déterminer lequel d'entre les affluents supérieurs est le cours d'eau prin- 
cipal vaut-il mieux comparer l'abondance de l'apport liquide? S'il en 
est ainsi, l'Yonne^ l'Aar, l'Inn sont des fleuves alimentés respectivement 
par la Seine, le Rhin, et le Danube. La direction générale plus ou moins 
rectiligne et l'unité géologique plus ou moins grande de la vallée de 
chaque affluent sont-ils les signes principaux qui doivent servir à déter- 
miner le véritable fleuve? Alors le Rhône et la Seine ne sont plus que 
des cours d'eau secondaires relativement à la Saône et à l'Yonne, et 
l'Yonne elle-même doit céder son rang à la Cure. 

Le savant qui s'occupe du travail ingrat de rechercher la maîtresse 

branche d'un fleuve a donc à tenir compte des éléments le plus divers: 

masse des eaux, longueur développée du cours, direction générale de la 

vallée, nature géologique du sol; mais quel que soit le résultat de ses 

I. La Terre. 1868, page 366. 



Pré/ace. (25) 

investigations, il doit finir par se courber devant la toute-puissante tra- 
dition. C'est elle, et non la science, qui a nommé les fleuves; c'est elle 
qui. par suite de mille circonstances tenant à la mythologie, à l'histoire 
des conquêtes ou de la colonisation, à l'agriculture, à la navigation, ou 
bien encore à des phénomènes naturels, s'est décidée d'une manière 
arbitraire en apparence à donner à tel ou tel cours d'eau la prééminence 
sur les autres rivières du même bassin. 11 est trop tard désormais pour 
changer la nomenclature hydrographique. 

D'ailleurs ce changement serait à peu près inutile, car la nature vivante 
ne s'accommode point de ces classifications rigoureuses dans lesquelles 
les pédants voudraient l'enfermer. C'est par abstraction pure qu'on arrive 
à considérer un fleuve comme un être isolé. Il n'est en réalité que l'en- 
semble des rivières et des ruisseaux accourus de toutes les extrémités 
du bassin; il réunit les millions de filets d'eau échappés aux glaces ou 
sortis des veines de la pierre; il se compose des gouttelettes innombrables 
qui suintent de la terre saturée de pluie ou couverte de neige. Le fleuve 
se renouvelle sans cesse, et tous les affluents ont leur part à cette œuvre 
de transformation. C'est donc la région d'écoulement tout entière, et 
non telle ou telle eau tributaire qui doit être regardée comme le véri- 
table fleuve. Ce sont le Missouri, l'Ohio, et la rivière Rouge, non moins 
que le Mississippi, qui jettent dans le golfe du Mexique une longue pres- 
qu'île de boue incessamment grandissante; le Tapajoz, le Rio-Negro, le 
Madeira roulent comme leSolimoès dans le vaste estuaire des Amazones; 
et pour parler comme les marins de la baie de Biscaye, ce sont les «deux 
mers» de Garonne et de Dordogne qui, par leurs eaux réunies, cons- 
tituent la «mer» de Gironde.» 

Longtemps avant les deux auteurs précités, M. Alfred Maury, membre 
de l'Institut, m'avait adressé, à ma prière, la lettre suivante où il résu- 
mait l'opinion qu'il venait d'exprimer dans notre Société de géographie: 

«Paris, le 26 Juillet 1852. Pour distinguer les fleuves principaux de 
leurs affluents, l'observation me paraît s'être fondée le plus souvent sur 
la nature des rivières elles-mêmes, des vallées que leur lit parcourt et 
de leur constitution hydrographique. Quand on compare deux cours 
d'eau un peu avant leur confluent, on s'aperçoit fort souvent qu'elles 
appartiennent à des vallées offrant une constitution géologique, et sur- 



(2 (y) Pré/ace. 

tout une physionomie topograpiiique différente. Au confluent, les deux 
vallées tombent, pour ainsi dire, l'une dans l'autre, et, après que leur 
réunion s'est opérée, la vallée qui persiste offre la physionomie de l'une 
ou l'autre des deux vallées primitives. On peut donc dire que c'est celle 
dont la physionomie se continue, dont la constitution géologique per- 
siste, qui est la vallée principale. L'autre en est, en quelque sorte, l'affluent. 
Ce qui arrive pour les vallées, se passe à bien plus forte raison pour 
les rivières. Car celles-ci réfléchissent par la couleur de leurs eaux, la 
rapidité de leurs cours, la nature de leurs rives, toute leur constitution 
hydrographique en un mot, le caractère de la vallée qu'elles suivent. 
Cette observation a frappé de bonne heure les riverains, et ils ont tout 
naturellement donné le nom d'affluents à la rivière dont la vallée, le 
caractère hydrographique se perdaient au contact d'un autre. Cette ob- 
servation de géographie physique n'est pas la seule du reste que l'on 
doive à la science populaire. M. Antoine Passy a fort bien montré, dans 
sa Géologie du département de la Seine -inférieure, que certains />fl;^J 
de notre patrie devaient leur origine à des constitutions géologiques 
spéciales. C'est un fait dont je me suis assuré, également et sur une plus 
grande échelle que celle qui nous est offerte parle travail de M. h. Passy. 
Bon nombre de pagi de la Gaule, origine de ce qu'on a appelé ensuite 
pays, représentaient des bassins géologiques ou physiques très-distincts. 
Mais j'en reviens à la question des affluents. Selon moi, c'est le fait 
que je viens de signaler qui a fait imposer à tel cours d'eau le nom de 
rivière principale, à tel autre celui d'affluent, et non toujours l'impor- 
tance relative de leurs eaux et la largeur de leur lit. Prenez par exemple 
l'Indus et le Sctledje : il n'y avait pas plus de raison, si l'on ne s'était 
guidé que sur ces derniers caractères, pour regarder l'une ou l'autre 
de ces rivières comme la principale. Le Setledje est même plus abondant 
en eaux que l'Indus. Mais c'est qu'après leur confluent, le caractère de 
la vallée, comme aussi celui des eaux, montre que c'est l'Indus qui se 
continue, et pas le Setledje. 11 n'y a rien de plus frappant, en faveur de 
cette observation, que le confluent de l'Arve et du Rhône; au sortir du 
Léman, le Rhône n'a guère un volume d'eau supérieur à l'Arve, et ceux 
qui ne se fussent guidés que sur ce caractère hydrographique, auraient 
été certainement embarrassés; mais l'Arve, avec son eau sale, contenant 



Préface. (27) 

un sédiment crayeux, est promptement absorbé dans les eaux d'un bleu 
foncé du Rhône. Ce sont les eaux du Rhône qui dominent; l'Arve a 
disparu, comme aussi la vallée plate, qu'il parcourt au voisinage de son 
confluent, finit devant la vallée infiniment plus accidentée du Rhône. 
La couleur des eaux est donc aussi un guide, mais cette couleur n'est 
elle-même qu'un caractère dépendant de la nature du lit, du terrain que 
parcourt le fleuve. Je ne vous rappellerai pas non plus l'exemple de la 
Seine et de la Marne qui est à nos portes : ici l'œil pourra saisir de prime 
abord avec moins de facilité la diff"érence des caractères géologiques et 
orographiques, mais la couleur aidera l'œil; le vert de la Seine absorbe 
le bleu de la Marne, et, comme en histoire naturelle, quand le caractère 
principal fait défaut, le caractère secondaire acquiert alors une impor- 
tance plus grande. Je pourrai encore vous citer bien des confluents où 
l'affluent est tout aussi important que la rivière principale, et où la 
distinction est évidemment fondée sur le principe que je viens de si- 
gnaler. Quand l'Allier se jette dans la Loire, quand l'Arnon se jette dans 
le Cher, ce sont des rivières d'égale force, ou à peu près, mais l'œil re- 
connaît tout de suite, aux bords comme à la nature des eaux, que c'est 
la Loire et le Cher qui persistent. Ce caractère fait souvent défaut, et 
cette circonstance vient encore en faveur de l'observation que je présente ; 
car alors il est à remarquer que les habitants, embarrassés pour distinguer 
l'affluent du cours d'eau principal, donnent un nom nouveau au cours 
d'eau qui résulte de la réunion des deux rivières primitives : c'est ce qui 
arrive pour la Gironde, et c'est ce qu'on voit constamment dans l'Amérique 
du Sud où de vastes fleuves, quelquefois jusqu'à trois à la fuis, con- 
fondent leurs eaux pendant un cours très-prolongé. Le fleuve, qu'on 
pourrait appeler résiilia?it, a toujours un nom différent des rivières cc?)i- 
posantes. Ainsi le Rio-Madeira ne reçoit son nom qu'après le confluent 
du Béni, du Mamore et de l'Ubaï, et de quelques autres encore. Le Pa- 
rana, dans la haute partie de son cours est dans le même cas. Cela arrive 
surtout lorsque les fleuves ont déjà un volume d'eau très-considérable, 
car leurs eaux sont alors généralement sales; elles off"rent à peu près la 
même couleur, les rives sont plates et éloignées, les vallées ne se des- 
sinent plus. C'est ce qui se passe précisément pour la Gironde et pour 
la .Maine qui est formée par le confluent de la Mayenne, de la Sarthe 



(2 8) Prrface. 

et du Loir. Il en est de même au voisinage de la source, lorsque les 
petits cours d'eau qui doivent donner naissance à la rivière ont encore 
une importance si minime qu'il est malaisé de distinguer leurs vallées 
et leur caractère spécial. Alors la rivière ne prend son nom qu'après que 
le confluent des ruisseaux qui lui donnent naissance s'est opéré. C'est 
ce qu'on voit pour la Dordogne, non loin de sa source, dans le dépar- 
tement du Puy de Dôme : les deux ruisseaux primitifs sont la Dore et 
la Dogne. La rivière prend à la fois leurs deux noms parce qu'il n'a pas 
été possible de distinguer lequel des deux était alors le cours d'eau prin- 
cipal. 11 en est de même pour l'Ariège qui a deux bras initiaux appelés 
jadis tous deux Ariège et que l'on distingue maintenant par les noms 
d'Ariège et d'Oriège qui ne sont que deux mêmes formes de VAurigera 
des Latins. Mais plus loin, quand la rivière torrentielle a pris son ca- 
ractère essentiel, sa physionomie à elle, alors il n'y a plus de doute, et 
après que l'Ariège a reçu la rivière de Dessos, bien que celle-ci ait un vo- 
lume d'eau aussi considérable, c'est l'Ariège qui garde le nom. C'est 
qu'alors il est facile de voir, à la nature des eaux et à celle de la vallée, 
que c'est l'Ariège qui a imposé sa loi. 

Je terminerai ces réflexions déjà un peu trop longues par une der- 
nière remarque; c'est que ces observations sont tellement populaires 
qu'on les entend faire à tout instant chez les mariniers des rivières. 
Quand la Garonne reçoit le Tarn, elle n'est guère plus considérable que 
cette rivière, mais on voit à la nature des eaux et du terrain qui forme 
le lit, que .c'est la Garonne qui persiste. Parfois cependant quand le 
Tarn grossit, à la suite des pluies abondantes qui sont tombées dans 
les Cévennes, les eaux de cette rivière donnent à la Garonne la couleur 
rouge qui est caractéristique du Tarn. Les mariniers disent alors sou- 
vent à Bordeaux : «Aujourd'hui ce n'est pas la Garonne qui coule, c'est 
le Tarn. » Ainsi vous voyez. Monsieur, qu'il n'yapas besoin d'être membre 
de la Société de Géographie pour faire des observations de ce genre, et 
je ne doute pas que vous ne trouvassiez, près des mariniers, beaucoup 
plus de faits que je n'en puis moi-même vous fournir. » 

La géographie étant une science naturelle, M. Maury procède comme 
dans ces sciences où les classements se font non d'après une seule con- 
sidération mais d'après l'ensemble des caractères. On trouve dans le 



Préface. (29) 

système botanique de Linné la première façon d'envisager un classement, 
mais la seconde manière, inaugurée par Jussieu, a été préférée par tous 
les savants. Au lieu d'attribuer à un accident la qualification d'affluent, 
ou, plus clairement, à la tradition, qui pourrait être taxée de caprice, 
M. Maury justitie cette tradition en motivant l'opinion des riverains par 
les raisons qui l'ont fait naître. En effet ceux-ci sont mieux placés que 
personne pour bien décider la question. 

Il n'y a pas d'hésitation pour appliquer leur décision aux hauts affluents 
du Nil. Un musulman qui avait séjourné à I^artinvm nous disait : On n'y 
boit pas l'eau du (fleuve) Blanc parce qu'elle est moins saine, mais bien 
l'eau du Nil qui est bleue. En effet les riverains, à IÇartuzvtn et dans ses 
environs, donnent le nom de Bafjr al abyad (Fleuve Blanc) au grand 
affluent occidental et réservent l'appellation de Ba})r al azraq (Fleuve 
Bleu), ou simplement Nil, à l'affluent oriental. 

On remarque néanmoins que M. E. Reclus, après avoir affirmé si nette- 
ment et à si bon droit l'autorité souveraine de la tradition, la met de côté 
sans façon quand il dit aux pages 52, 53 de sa magistrale géographie' : 

«L'affluent du grand lac qui a certainement le plus de droits à être 
tenu pour la rivière maîtresse du bassin (du Nil), du moins par la masse 
liquide, est Tangoure, Kagera ou rivière de Kitangoulé qui s'épanche 
dans la partie occidentale de la mer intérieure, à peu près au milieu du 
littoral. Ses premiers explorateurs lui ont donné le nom deNild'Alexandra. 
Cette rivière est à 100 kilomètres au sud de l'équateur et à près de 3900, 
en ligne droite, de la .Méditerranée.» Ailleurs M. E. Reclus dit: «Le 
Nyanza (lac) par excellence ou lac d'Ou-Kerewé . . . d'où s'épanche le 
grand Nil. » Il ajoute à sa page 74 : « L'impétueux Bahr el-Azraq (Fleuve 
Bleu) participe à la nature des torrents; à peine les grandes averses sont- 
elles tombées sur les plateaux d'Ethiopie que déjà les vagues d'inon- 
dation roulent dans le lit fluvial : alors le débit du fleuve Bleu dépasse 
celui du fleuve Blanc, et c'est en arguant de cette imposante masse d'eau 
que des voyageurs ont pu longtemps, à l'exemple de Bruce, revendiquer 
le premier rang pour le Nil oriental. Mais depuis les découvertes de Speke, 
de Grant et de Baker, il est devenu impossible de voir en ce fleuve plus 

. I. Vol. X. Bassin du Nil. Paris 1885. 



(3o) Préface. 

qu'un simple affluent du Bahr el-Abiad; sa portée moyenne est moins 
considérable et les barques ne peuvent y naviguer en temps de maigre. 
C'est le Nil Blanc qui maintient le courant jusqu'à la mer, mais c'est le 
Nil Bleu qui porte l'inondation nourricière : sans le premier fleuve, il 
n'y aurait point d'Egypte; sans le second, ce pays n'aurait point sa mer- 
veilleuse fertilité. » 

De nos jours les Européens ont ajoute une huitième appellation aux 
sept noms' employés dans les diverses langues riveraines et ont nommé 
ce grand cours d'eau le «Nil blanc». Cette nouveauté, qui m'avait séduit 
d'abord, a deux inconvénients : outre qu'elle viole la tradition séculaire, 
plus puissante encore que nos géographes, elle permet de supprimer 
l'adjectif ainsi qu'on ne s'en est pas fait faute en disant «Nil » tout court 
pour le grand affluent occidental. De même on est alors autorisé à ne 
pas énoncer la qualification de « bleu » pour le grand cours d'eau orien- 
tal et à l'appeler aussi «Nil ». C'est ce qui est arrivé à M. Reclus. Si l'on 
ne veut pas donner ce nom à l'affluent oriental, il paraît plus convenable 
de le borner au fleuve en aval de l^artmvm. 

Sans le dire expressément on semble avoir donné la prééminence au 
Fleuve Blanc à cause de sa plus grande longueur et parce que ses trois 
lacs intercalés lui assurent probablement un débit moyen plus grand. 
L'opinion contraire des riverains indigènes paraît venir de ce fait surtout 
que le Nil doit toute son importance à ses crues et que celles du Fleuve Bleu 
sont notablement supérieures à l'inondation du grand affluent occidental. 

C'est ce qu'on voit parles mesures suivantes effectuées près lyartuzvm. 
Les premières sont dues à Linant, ingénieur français; l'année n'est pas 
indiquée, mais la vitesse moyenne du courant est employée après l'avoir 
déduite de la plus grande vitesse à la surface. 

l" Mars 4 : Eaux maigres ^ 

par seconde 

Fleuve Blanc, en amont de l'îlot 297' 20 mètres cubes 

Fleuve Bleu, en amont de l'île Tutï .... 158-53 

différence iSS'éy 

1. Kivira, Meri, Karre, kir, yer, Bahr al jabal, Bafyr al abyad. 

2. Bulletin de la Société de Géographie pour 1852, page 436 où l'on donne les 
profils et les vitesses. 



Préface. (3i) 

2" Juillet 26 : Inondation 

Fleuve Blanc, à la mOme station éo43"7 

Fleuve Rleu, station du 4 mars 6247'3i 

différence 2o3'éi 

Nil à Alifun 12009-4 mètres cubes 

Somme des jaugeages en amont 12 29 10 

La différence de 282 mètres cubes entre ces deux derniers nombres 
montre à quel écart on s'expose dans ces mesures. Il aurait été moindre 
si des sondages plus rapprochés avaient permis de mieux déterminer le 
profil du courant. Selon Linant, la crue du Fleuve Blanc commence en- 
viron 20 jours plus tard que celle du Fleuve Bleu. Dans l'année où il 
a opéré, le débit du Nil pendant sa crue était 26 fois plus fort que celui 
de ses eaux basses. Dans la saison sèche le Fleuve Blanc roulait presque 
deux fois autant d'eau que le Fleuve Bleu. Le contraire avait lieu pen- 
dant l'inondation, le fleuve oriental donnant alors plus d'eau dans la 
proportion de 3l à 3o, ce qui explique l'opinion des riverains indigènes. 

Quelques années plus tard Peel, capitaine dans la marine anglaise, 
obtint un résultat analogue. On était en l'an 1861 vers la fin d'octobre 
quand le Nil avait sensiblement baissé. "Voici les débits en mètres cubes 
par seconde mesurés aux mêmes lieux' : 

Le 24 : Fleuve Bleu 27468 

Le 25 : Fleuve Blanc i4o8'9 

Nil en aval du confluent 449é'7 

Xa différence entre ce dernier nombre et la somme des deux précé- 
dents s'élève à 341 mètres cubes et provient en partie de ce que Peel 
paraît avoir employé les vitesses superficielles au lieu des vitesses 
moyennes. De cette façon le bras oriental du Nil aurait presque deux 
fois autant d'eau que l'autre. 

11 est à désirer que ces travaux soient refaits aux époques choisies 
par Linant, mais en publiant de nombreux sondages et en établissant 
la vitesse des eaux par plusieurs mesures des vitesses moyennes déter- 
minées directement au moyen d'un instrument spécial et entre deux 
rives accores. 

,1. Bulletin de la Société de géographie pour 1853, p. 325. 



(32) Préface. 

On n'a pas encore étudié les affluents secondaires. Schuver est le seul 
qui ait pénétré chez les Leqa de l'occident et qui ait visité le Lakku des 
Oromo, mais sa mort au cours de son exploration a privé les géographes 
de détails précieux sur des contrées trop négligées avant lui. Nous igno- 
rons même le nom donné au 'Diâ-esa à son embouchure dans le Abbay. 
De Malzac a jaugé les trois principaux affluents du Fleuve Blanc, mais 
ses mesures ont été publiées ' dans une planche avec des exagérations 
évidentes : Il n'a d'ailleurs pas mesuré le courant principal en amont 
et en aval. M. E. Reclus nous donne ^ le résultat obtenu par Pruysse- 
naere en juin 1862 pour le Sobat qui roulait alors 1200 mètres cubes 
d'eau. Cette rivière, formée par le Baro, le Baqo probablement, et leurs 
sous-affluents, a des eaux blanches qui, masquant les eaux pures du baljr 
al jaàal, impriment à tout le courant en aval cette couleur qui lui donne 
son nom. Quelques explorateurs en ont fait la maîtresse branche du 
Fleuve Blanc. 

La vie des Égyptiens et des Nubiens dépend en effet des moissons 
abondantes causées par ces crues. A cette raison si humanitaire et par 
conséquent si capitale il s'en joint une autre du même ordre : l'eau de 
la rivière orientale est bleue, c'est-à-dire pure tandis que celle de l'af- 
fluent occidental est blanche et réputée malsaine. Le lac No et ses ma- 
récages doivent la corrompre; on évite donc de la boire dans Iferfuzvm. 

Quoi qu'il en soit, il est intéressant de chercher à éclaircir le vrai 
cours de la rivière [/ma que j'étais forcé d'étudier par ouï-dire. Mes 
premières informations dans Inarya la signalèrent comme le récipient 
des deux Gîbe et l'on ne tarda pas à ajouter que ce cours d'eau reçoit 
dans l'ouest lointain les eaux du Walagga lesquelles ne vont pas au 
T)îâ-esa. Pour expliquer les redites nombreuses qui vont suivre, il est 
bon d'ajouter quelques remarques sur la manière de recueillir des idées 
sur les contrées inconnues. 

Quand je revenais de hiarya en mars 1844 le chef indigène de ma 
caravane adressait à tous les passants les mêmes questions : «Telles tri- 
bus sont-elles en paix ou en guerre? Tel chef est-il en bonne santé? 



1. Bulletin de la Société de géographie, 1862, volume 3. 

2. Volume X, p. 72. 



Préface. (33) 

Les fièvres ont-elles commencé en tels qualla'i ■» Comme je faisais ob- 
server à mon guide qu'il avait eu plus d'une fois déjà les mêmes réponses 
à ces mêmes questions il me dit qu'il ne connaissait aucun de ces pas- 
sants, qu'ils pouvaient être des émissaires chargés de répandre défausses 
nouvelles afin d'attirer la caravane pour la piller comme cela était arrivé 
plus d'une fois, qu'on pouvait donner des réponses agréables afin de 
dissimuler son ignorance des faits réels et que plusieurs devaient avoir 
parlé par ouï-dire en oubliant de le mentionner. Enfin mon guide ajouta 
qu'une vérité ne s'établit sûrement que par un faisceau de témoignages 
bien concordants. Ce chef de caravane me confirma ainsi dans la voie 
à suivre pour mes propres informations. 

Dans mon premier voyage à Inarja je n'avais que la seule indication 
de Bruce sur l'origine du Fleuve Blanc en Kafa. A ma seconde arrivée 
dans Saqa je savais en outre que d'Arnaud, parvenu au terme de sa 
mémorable navigation, avait annoncé l'existence du Sobat et en outre 
que l'affluent principal du fleuve venait de l'est, un peu en amont de 
son île Jeanker. ' Il est à-remarquer qu'il n'apprit pas l'existence du lac 
Kerewé. Parmi les voyageurs qui ont suivi plus tard la même route au- 
cun ne nous a renseignés sur le marché Berri signalé par d'Arnaud ni 
sur les plateaux de la rive droite, ni même sur les volumes relatifs des 
affluents, ces hardis explorateurs paraissant n'avoir songé qu'à atteindre 
le grand lac Kerewé. 

Douze renseignements font couler la rivière Uma vers l'est, c'est- 
à-dire apparemment jusqu'à l'océan indien; nous les désignons par les 
numéros et les pages qui vont suivre dans le présent volume : 
Numéros 1 1 1, 187, 205, 222, 223, 268, 405, 424, 425, 429, 430 
^Pages 71, 116, i3o, 14e, 14e. 176. 232, 251, 252, 254, 257, 374 

Le dire de la page 71 est très vague. Le n" 187 est ambigu, car le 
terme wabi paraît être générique et désigner, chez les Somali, tous les 
grands cours d'eau. Le dire du n° 205 est absurde et le n° 222, qui 
pèche dans le même sens, montre l'ignorance du relateur. L'assertion 
du numéro suivant a été contredite aussitôt. Celle de la page 17e peut 
s'entendre dans le sens que le nom de Gojab ne persiste pas en aval de 



I. Bulletin de la Société de géographie, 1843, tome 19, p. 445. 

ç 



(34) Préface. 

sa jonction avec le Omo. Les n^* 424 et 425 sont au contraire fort nets : 
la source du Jtib serait en Kaffa, mais les Oromo Siajami et les Konso 
ne sont mentionnés que là; de plus, les régions traversées par le bas 
/ub ne sont pas nommées. Les deux numéros suivants ne font que 
réitérer l'opinion du P. Léon. Je m'empressai de publier la lettre de ce 
missionnaire tout en lui écrivant pour avoir les détails des journées de 
route, les noms de leurs nuitées, et ceux des rivières traversées en ajou- 
tant si elles coulaient alors vers la droite ou vers la gauche, les daga 
ou qiiaUa franchis, enfin tous les éléments nécessaires pour établir nette- 
ment les sinuosités annoncées. J'ignore si ma lettre sera parvenue aux 
mains du P. Léon qui est mort en août 1879. Sa dernière lettre de 1862 
(p. 429) ne dit plus rien sur la rivière dont j'avais découvert le haut 
cours, mais dont le sort est resté si mystérieux. 

L'affirmation de notre page 374 est la plus grave. Elle a été écrite 
il y a près de trois siècles et l'on peut présumer que le P. A. Fernandez, 
voulant précisément atteindre l'océan indien, a dû se bien renseigner 
sur sa route; mais ici encore les noms des contrées traversées par la 
rivière Zebee (Gîbe) ne sont pas donnés. L'opinion de ce Jésuite Por- 
tugais est corroborée au n" 405 par celle de Dibar, homme grave et 
grand amateur de traditions. Toutefois, s'il n'a pas dit où va le Gîbe, 
c'est peut-être parce qu'il n'avait pas visité le Obo, nom que les Gudru 
donnent à la région comprise entre le Gîbe de Legamara et le Gojab. 
D'après l'usage des Kafacco (habitants de Kaffa), Obo est compris dans le 
Dafnoi, contrée qui nous semble limitée par les rivières Gojab, Dîâ-esa, 
Abbay oxjama en s'étendant jusque près le Hararge. Les historiens de 
l'Ethiopie l'appellent grand Damot pour la distinguer du Damot situé 
entre le Gojjani et le Meta près le lac Tana. 

Malgré sa grande érudition, M. E. Reclus semble avoir ignoré l'exis- 
tence du travail important de M. Ph. Gilbert sur la question qui nous 
préoccupe. Ce savant, professeur de mécanique rationnelle à l'Université 
de Louvain, et géographe à ses heures, a montré il y a 24 ans, l'invrai- 
semblance d'une identité entre \t Jub et le Uma.^ Ses arguments peuvent 
se résumer ainsi qu'il suit : 

I. Revue d'économie chrétienne, tome VI, p. 789 et suivv. Paris 1864. 



Préface. (35) 

1° Le grand Nyanza a une trop vaste surface d'évaporation, sous le 
soleil équatorial, pour que les maigres rivières connues qui l'alimentent 
suffisent à nourrir le Baljr al abyad. 

2° Une chaîne importante, accusée par les saillies du Kenia, du Kili- 
manjaro, etc., court parallèlement à la côte, depuis le parallèle de Kaffa 
et jusqu'en Unyaviuezi : elle doit barrer la route aux rivières de Kaffa, 
Inarya, etc. vers la mer et les rejeter plutôt dans le bassin du Fleuve 
Blanc. 

3° La différence d'altitude entre la source du Gîhe dans Inarya 
(232e mètres') et le niveau du grand lac (looé à 12^3 2) correspond 
bien à la distance qui les sépare. 

4° he fub est une rivière trop peu importante et d'un débit trop va- 
riable pour être alimenté par un réseau aussi riche, aussi multiplié que 
celui dont le Uma serait le bras principal. 

On verra ci-dessous à la page 261 que dans la même année 1864 le 
P. Léon des Avanchers avait pressenti ce dernier argument et que pour 
y répondre il supposait à l'embouchure dn Jub un delta dont nos cartes 
n'offrent point de traces, mais il insinuait l'imperfection de l'hydrp- 
graphie dans ces parages peu fréquentés de son temps. 

Dans tout l'ouest du grand Datnoi c'est au Abbay, regardé comme le 
vrai Nil, que 1 opinion commune, à la seule exception de Di'bar, envoie 
la rivière dite successivement Gïbe, Gugsa, Borora, Omo et U^na. Les 
affirmations dans ce sens sont reproduites plus bas aux lieux sui- 
vants : 

Numéros I05, 118, 125, 127. 129, 175. 193, 19e, 199, 200, 202, 207, 

Pages 65, 78, 82, 83, 84,105,118,120,122,126,130,134, 

Numéros 208, 210, 218, 220, 223, 239, 289, 402, 405, 429. 

Pages 135, 135, 141, 143, 146, 157, 185, 23o, 232, 254. 

De ces 22 renseignements la plupart affirment une croyance qui ne 
se borne pas aux Limmu Inarya comme le P. Léon le pensait (p. 254). 
Le n° 127 vient d'un musulman instruit qui avait étudié au Caire; pour 
lui le Kaffa, le Walagga et le pays Suwro ou Makan sont dans le bassin 



1. Géodésie d'Ethiopie, p. 129. 

2. E. Reclus : Bassin du Nil, p. 54. 



(36) Préface. 

du Fleuve Blanc. Il y a du vague dans la jonction citée à la page i3o, 
mais elle est réitérée sous une autre forme au n** 207; de plus, le n° 208 
est explicite quand il envoie les eaux du Omo d'abord au Ahbay et enfin 
au pays des blancs, c'est-à-dire en Egypte. Le n" 2 23 affirme que la 
rivière Omo ou Uma va au Sannar et reçoit en route les eaux du Wa- 
lagga. Or le souverain de l'ancienne principauté de Sannar, restée lé- 
gendaire dans le grand Damot, a régné jadis jusqu'à l'ouest du Ijartuwm 
actuel, aussi bien qu'à Sannar mèvn.Q. Le n° 23^ est aussi fort net : c'est 
le second indigène qui mentionne le Fleuve Blanc, cette fois-ci en em- 
ployant son nom arabe. 

Le témoignage qui m'a inspiré le plus de confiance est celui de Dan- 
gero donné plus bas à la page 121. Cet homme fort éveillé avait passé 
de longues années en Kaffa et devait bien connaître l'opinion de ce 
pays sur le cours de la rivière U7na. Comme un motif particulier l'en- 
gageait à mériter mon estime, je profitai de l'occasion en lui disant que 
je voyageais pour connaître la vérité et que Dieu qui est la vérité su- 
prême punit, même en ce monde, les menteurs qui causent tant de dis- 
putes et de guerres suscitées par Satan. .l'ajoutai qu'en demandant des 
notions exactes sur le cours du Gojab je voulais seulement connaître la 
vérité quelle qu'elle fût et rendre ainsi hommage à Dieu qui, pour des 
motifs inabordables à notre petitesse, a fait bien tout ce qu'il a créé. 

Dangero me répondit que le Gojab, car il ne mentionna jamais le 
Uma, va finalement dans le grand qualla au couchant des Suwro (Ma- 
kanj. Je lui dis qu'il répétait seulement les assertions des Oronio dans 
Inarya, gens naturellement peu instruits sur des contrées si loin d'eux, 
et je l'engageai à consulter les anciens de Sadara où nous étions cam- 
pés alors. Datigcro douta de sa propre opinion, convint qu'elle pouvait 
être erronée et crut faire œuvre méritoire en allant aux informations, 
mais le lendemain il revint me dire que les anciens interrogés par lui 
n'avaient fait que confirmer ses dires de la veille. Comme il avait con- 
sulté trois personnes, notre n" 499 pourrait être tenu pour quadruple, 
si en pareille matière on ne devait peser les témoignages avant de les 
compter. 

Je quittai donc l'Ethiopie avec l'idée que le Uma se déverse dans le 
Fleuve Blanc, mais sans savoir où sa jonction s'effectue. Je la supposais 



Préface. ("Sj) 

tantôt avec le Sobat, tantôt dans la position où l'on a trouvé plus tard 
la rivière Asua. Pour éclaircir cette question notre société de géographie 
promit, à ma demande, des médailles aux voyageurs qui jaugeraient les 
affluents du haut Fleuve Blanc et aussi ce fleuve lui-même en amont et 
en aval du point de jonction, avec la condition de donner en outre tous 
les détails de ces mesures. Personne n'a répondu à cette invitation et 
aujourd'hui il est peu probable qu'aucun voyageur puisse de longtemps 
avoir droit à ces médailles vu l'insécurité actuelle de I^artuwm et de ses 
environs. 

Comme si ce n'était pas assez de deux directions opposées qu'on attri- 
bue à la rivière Uma, M. le D"" Traversi a mis en avant une troisième 
solution du problème (page 386). Il a enlevé à ce puissant cours d'eau 
le rôle de fleuve en l'envoyant au Abbala oîi il s'épanouirait en lac. Vu 
le peu de profondeur de ce lac puisqu'on le navigue partout à la gaff"e, 
cette solution n'est pas improbable de prime abord. On pourrait objecter 
queWa/id&po (pages 192, 201 et 205), cette esclave rouge née dans l'île 
de Ga^amôa, aurait dit tout naturellement que dans son enfance elle 
avait bu l'eau de cet [''//la qu'elle a traversé plus tard en amont. Mais 
on répliquera que cette raison n'a que la mince valeur d'un argument 
négatif: on ajoutera que Waudapo était si peu géographe que parmi les 
îles mentionnées par elle dans ce lac elle ne pouvait en nommer, outre 
la sienne, que deux par ouï-dire. 

Le renseignement de M. Traversi étant encore isolé, on est porté à 
lui préférer celui de M. Borelli. C'est avec intention qu'en décembre 
1884 je ne lui fis aucune remarque sur le cours du bas Uma : je voulais 
provoquer l'opinion indépendante de cet explorateur qui, prenant une 
précaution trop rare chez les voyageurs, était venu me consulter sur les 
pays Oroîiio que j'avais visités. M. Borelli envoie aussi la rivière à un 
bas fond où il se dissipe en un lac si peu comble qu'on peut le traverser 
à gué sur un sol herbu. Ce bas fond nommé Xambara serait expressé- 
ment distinct du lac Abbala. 

Couronnée de succès malgré sa grande hardiesse, la belle exploration 
de M. le Comte Teleki a suggéré une troisième solution pour le problème 
du bas Uma : on en a conclu encore qu'il se termine en un lac sans 
issue dit Basso Narok dans un de ces idiomes qui pullulent en Afrique. 



(38) Préface. 

Cette solution est fondée sur l'hypothèse que notre Uma serait identique 
avec les rivières appelées Bass et Nianam dans la carte provisoire dé 
M. Teleki. Les objections à cette solution du problème sont brièvement 
données dans la dernière page du présent volume : on peut en atténuer 
une en supposant que barùigo est un nom générique donné à deux lacs 
différents, mais avant d'entamer une discussion à cet égard il est juste 
et nécessaire d'attendre la publication de tous les documents recueillis 
par les deux voyageurs dont les découvertes se sont rapprochées sans 
pouvoir se contrôler en se réunissant. M. Borelli a le mérite d'avoir 
mesuré une suite de triangles géodésiques entre Aniotto oxjîren. Il en 
résultera probablement la latitude du M"^ Bor chez les Yamma dont on 
aura alors la longitude en employant nos relèvements pris de FalleW.^ 
De son côté M. Teleki a le mérite non moins grand d'avoir jalonné sa 
route par des observations astronomiques indépendantes, grâce au zèle 
de son compagnon M. de Hohnel. Pour bien résoudre la question qui 
nous occupe, les géographes voudraient avoir non seulement tous les 
résultats mais encore toutes les observations originales faites près le 
Basso narok et celles de MM. Stanley, Linant, Mackay, etc. qui éta- 
blissent au nord et au nord-est les contours du grand lac Karawe en 
attendant que ses dimensions exactes soient données par un réseau de 
triangles qui embrassera tous ses rivages. 

On remarquera que le Xambara de M. Borelli a été nommé par Aco 
à la page 121 ci-dessous, mais sans dire que c'est un lac. Le P. Léon 
le mentionne dans notre page 260 en le prenant pour un plateau : en- 
fin il en a parlé encore à notre page 262 en indiquant le grand cours 
d'eau qui va vers le Sud. Cette dernière indication est élucidée par M. 
Borelli qui identifie ce cours d'eau avec la rivière Uma. Espérons qu'un 
explorateur hardi aille étudier à fond la rive septentrionale du grand 
lac Karawe^ fouiller toutes ses criques, observer quelques bonnes lati- 
tudes et longitudes, et mesurer, faute de mieux, par la vitesse du son 
une distance entre deux îlots voisins. Cette base provisoire permettra 
de prendre à ses deux extrémités des tours d'horizon qui donneront les 
azimuts vrais et les altitudes au-dessus du lac de toutes les sommités 

I. Géodésie d'Ethiopie, pages 228, 229. 



Préface. (39) 

éloignées. Ce travail contrôlera plus tard la triangulation à effectuer sur 
tout le pourtour du Karazve. 

On remarquera que pas une de mes informations n'indique l'exis- 
tence de ce grand lac. Cela se comprend quand on pense au nombre 
de principautés indépendantes et de langues diverses qui séparent Ina- 
rya des pays Dokko\ ces obstacles physiques et intellectuels suffisent 
pour expliquer le manque de relations entre ces deux contrées. 

Il y a longtemps que les Anglais se sont repentis d'avoir accueilli avec 
incrédulité les affirmations de Bruce; on admet aujourd'hui qu'il a dit 
beaucoup de vérités sur l'Ethiopie. J'acceptais son opinion que le Fleuve 
Blanc prend naissance en Kaffa et, comme Dangero (page 123), Je l'ap- 
pelais Gojab, ce qui mettait d'accord Bruce et d'Arnaud. J'annonçai 
donc en 1847 dans un journal anglais' que la source de ce fleuve est 
celle de la rivière Uma. L'opinion de Dibar (page 232), recueillie en 
1846 mais non corroborée par une direction attribuée au Gïbe, ne me 
semblait pas digne de créance, car elle était contraire à tout ce que 
j'avais appris dans Inarya et ailleurs; d'ailleurs je ne connaissais alors 
ni les affirmations de Fernandez ni celles du P. Léon. Il est pénible 
d'avoir à constater qu'après un laps de 42 ans la question est encore 
indécise. 



En décrivant des pays peu connus on est amené à employer comme 
termes de relation des expressions locales parce qu'elles évitent de 
longues périphrases. Parmi ces termes nous empruntons à la langue 
dominante des Amara ceux de daga et qualîa. Le daga est un terrain 
ayant plus de 2400 mètres d'altitude, c'est-à-dire de hauteur au dessus 
de la mer; les Oromo l'appellent badda. Il désigne quelquefois une terre 
fort élevée par rapport au qiialla voisin, car ces deux termes sont corré- 
latifs. Le qtialla, gamojji des Oromo, est un sol dont l'altitude ne dé- 
passe pas 1800 mètres. Entre ces deux limites, sujettes d'ailleurs à des 
variations locales, le pays est appelé ivajmadaga, c'est-à-dire daga où la 
vigne prospère. Le vrai daga est caractérisé par les cultures de l'orge 

I. Athenseum, pages 1056 ... 8 et 1080. 



(j.o) Préface. 

et de la fève, parfois même par celle du froment. Cette dernière céréale 
abonde sur les waynadaga, appelés saka par les Oromo : on y trouve 
aussi le îef (poa abyssimcaj, l'épeautre, les autres céréales éthiopiennes, 
et même le sorgo qui se plaît d'ailleurs en qualla, mais le qualla parfait 
est indiqué par ses cultures de coton, cette plante ne venant bien que 
dans l'atmosphère chaude des basses terres. En Gojjam on distingue 
encore le toqe dont l'altitude dépasse 3500 mètres. 

Qella est un terme oromo qui désigne une porte en forme de herse 
et suspendue par des gonds horizontaux. On s'en sert pour achever la 
clôture, nommée niasara, qui renferme les diverses huttes d'un homme 
puissant. Dans un sens absolu le qella d'un pays est la porte de la clô- 
ture continue qui entoure tout ce pays. Les A?nara appellent nagarit les 
timbales qu'on porte à cheval et qui, dans les tournées officielles, précè- 
dent le gouverneur d'un district considérable. Comme il était important 
de savoir jusqu'où s'étend la race nègre dans le sud de l'Ethiopie, je 
m'enquérais souvent du teint des hommes dans les pays lointains. Le 
terme tayyim signifie alors une couleur de café au lait sombre, à peu près 
également éloigné du rouge et du noir. Un homme îayyhn ne passe 
jamais pour un nègre. 

«Erme», écrit parfois Herm ou Herne, est un vieux mot français dé- 
signant une terre abandonnée et sans maître. Je traduis par erme le bar- 
raha des Amara, dit mogga par les Oromo. Ils entretiennent leurs mogga 
entre deux tribus voisines, ordinairement ennemies, afin de rendre les 
invasions moins soudaines et de faciliter le rassemblement des guerriers 
pour la défense du pays. Après une prise d'armes le parti vainqueur 
augmente l'étendue de Terme chez l'ennemi et la diminue de son propre 
côté jusqu'à ce qu'un revers de fortune vienne renverser ses huttes et 
dévaster ses nouveaux champs. Le site d'un mogga est ainsi exposé à des 
oscillations périodiques. Le wldma est au contraire un terrain qui, de 
mémoire d'homme, a toujours été abandonné. 

Dans les renseignements géographiques suivants j'ai conservé les con- 
tradictions des diverses informations et même les réflexions qu'elles 
m'inspiraient alors. Ces commentaires sont donnés ici entre parenthè- 
ses rondes. Les parenthèses carrées comprennent les notes faites depuis 
mon retour en France. Le présent volume contient tout ce qui, dans 



Préface. (4 1 ) 

mes manuscrits de voyage, était écrit dans une division spéciale con- 
sacrée aux renseignements géographiques. Nos numéros 434 . . . 438, 
écrits ailleurs, ont été ajoutés à la fin. L'appendice contient d'abord 
cinq articles notés hors de leur place habituelle. Nous publions ensuite 
deux extraits, non de Tellez qui a abrégé le récit d'Almeida, mais de ce 
dernier auteur avec les naïvetés de son siècle. Le manuscrit d'Almeida, 
conservé à Londres dans le «British Muséum», mérite d'être publié en 
entier^ car cet auteur a vécu longtemps en Ethiopie et devait l'avoir 
étudiée à fond. W. D. Cooley, géographe anglais bien connu, eut la com- 
plaisance de copier pour moi dans la langue portugaise les deux pas- 
sages sur la source du Abbay et sur le voyage aventureux d'Antonio 
Fernandez. Ces récits sont faciles à comprendre, mais par précaution 
M. da Silva Prado, voyageur brésilien, a bien voulu se charger de les 
faire passer en français. Enfin les retards subis par la présente publi- 
cation m'ont permis d'emprunter à MM. Traversi, Borelli et Teleki 
leurs récits inattendus. Enlevant à la rivière Uma son orgueil de fleuve, 
ils l'envoient finir sans gloire dans un bas-fond, que, chose bizarre, on 
n'est pas d'accord à identifier. 

Il ne faut pas s'étonner de ces divergences : l'histoire du progrès des 
sciences raconte des incidents du même genre. Il est rare qu'une dé- 
couverte soit admise d'emblée. La critique s'en empare et parfois dé- 
molit des théories qui séduisaient au premier abord. La vérité fait son 
profit de ces discussions et, si l'on ne parvient pas à s'entendre, elles 
enfantent des travailleurs imprévus. Ceux-ci observent avec plus de soin 
en évitant les fautes de leurs devanciers et quand ils sont parvenus à 
démontrer la vérité en parcourant pas à pas et sans lacune le terrain 
■contesté, celui qui s'est trop empressé à susciter la question en premier 
lieu se console du moins en citant le proverbe arabe : 

Paris, septembre 1889. 

ANTOINE D'ABBADIE. 




RENSEIGNEMENTS INDIGENES. 



I. Waratta. 



1840 : Janvier 15; en mer. A bord du bâtiment arabe qui nous a 
menés de Suivays (Suez) à Jîddah était un esclave qui se disait 
Ijabaxi. Il avait de 15 à 17 ans, n'était pas plus noir qu'un Arabe 
et conversait avec moi en Oromo. Selon ses dires, il est né en Wa- 
ratta, et a été amené à Gondar par Jïmjna et Giidrii en laissant 
Inarya à sa droite. La langue de Waratta ditfère de l'idiome Oromo, 
mais il l'a presque oubliée et sait seulement que «lait» se dit marta, 
«pain» wi^a, en prononçant très-légèrement le :{, et «âne» hage. 

Dans Waratta il y a de la neige, de la glace, et beaucoup de mon- 
•îagnes, les unes noires, les autres à cimes blanches. Le pays a beau- 
coup de chevaux, des mulets et des ânes, mais ces derniers en petit 
nombre; les vaches abondent. Il s'y trouve des hommes rouges (de 
race blanche?) et beaucoup de café qu'on mange avec du beurre, 
comme le buna qalu des Oromo. On cultive le froment, l'épeautre, 
et le misînga (andropogon sorghum) qu'on mange beaucoup. Cette 
contrée a une rivière grande comme le Nil. 

Cet esclave ne connaît pas le lac qui selon Amoxi (Oromo de Ina- 
rya) devrait s'y trouver. Il dit qu'il v a un mois de route de Waratta 
à Jimma ; il ne connaît pas Kaff'a. Dans son pays natal il se nommait 
Sauna : Ma:[o était sa mère; elle avait deux hlles : Allô et Hadu. 



2 Bîja. 

Les contrées voisines de Waratta sont : Sidama, près; Dawro 
[Kullo?] et Qoîa, la plus lointaine. Cet esclave n'a pas vu de neige 
sur les montagnes, mais quand il neige en hiver, il y en a souvent 
jusqu'aux genoux. (Cela indique une grande élévation du plateau.) 

2. Bïja. 

Xadli, natif de Sawakin et Nayb ou chef des gens de son pays 
qui se trouvent à Jîddah, m'a donné les renseignements suivants sur 
les environs de sa patrie : 

La langue des Bixari, nommée Bija, est parlée : i^' par ce peuple 
même dont le fover de puissance se trouve au mont 'Elba; 2" par 
les Béni A'amai', tribu du côté du Sud et confinant aux tjabab qui 
n'occupent que la plage de la mer Rouge; néanmoins le dialecte 
des Béni A'amar se rapproche de celui du Tïgray; 3" par les Ifadan- 
âowa; 4° par les Malhitkena qui se trouvent à dix journées de Sa- 
wakin en passant par le pays des IJadanâowa ; 5" par les Sogulab 
qui sont au S. E. des précédents ; 6° par les Ijalanga dont le dialecte 
est bien mêlé de l'idiome Tîgray. Toutes ces tribus ont beaucoup 
de chameaux. C'est au Sud seulement du Bandar [Sawakin sans 
doute) qu'on trouve des chevaux, et surtout des vaches. On chasse 
aussi beaucoup l'onagre appelé hîjnara dans la langue Bija. On dit 
que cet animal rumine (peut-être parce qu'on mange sa chair, les 
préceptes musulmans prohibant celle des non ruminants). 

Sawakin exporte environ 500 esclaves par an. Les mâles viennent 
surtout des pavs nègres, les filles principalement du Ijabaxah (Ethio- 
pie). Un beau nègre vaut 40 talari. La movenne serait 25, ce qui 
donne 12500 talari pour valeur annuelle des têtes exportées. Avant 
Mohammad 'Ali le droit était l'ys talaro; aujourd'hui c'est 2 talari 
pour chaque esclave exporté. A Jîddah le droit d'entrée est encore 
50 qarx. Il vient annuellement à Jîddah environ 400 esclaves Ffa- 
baxi. Les eunuques sont tous des nègres; il n'en vient pas à Sa- 
wakin. 

Xadli a été deux ou trois fois en Darfur. Si, partant de l'oasis 
de Selimeh on marche 1-5 jour au N.W., on trouve un lieu nommé 
«ruines de Selimeh-' où il v a un temple ou palais avec sculptures 



Ifabab. 3 

et figures. Sur la route, dans le désert, il suffit de creuser deux mètres 
pour avoir de l'eau douce. — Basalan est le nom d'une rivière qui 
se jette dans le Fleuve Bleu près Dandar. — A Lagyeh, au delà de 
l'oasis de Selimeh on évite de faire le moindre bruit de peur que les 
mauvais Génies ne déchaînent les tempêtes de sable. Jusqu'à une demi- 
journée de cet endroit on enlève même les sonnettes des chameaux. 

Le baljr Fartit est au N. du Bagenni : les esclaves de ce pavs liment 
leurs dents. Cette rivière est (grande?) comme le Fleuve Blanc. Le 
Waiva est un pays au delà de Fai'tit par rapport à Darfur. Ses ha- 
bitants tuent les hommes avec des espèces de harpons, les font cuire 
et les mangent. Les seins des femmes sont les meilleurs morceaux. 
Les esclaves Wajpa meurent le plus souvent par manque de chair 
humaine. Xadli s'est assuré de leur goût affreux en feignant d'être 
de leur avis. — Les esclaves Namùam viennent du Fartit; ils ne sont 
pas blancs, mais ont la couleur des Ethiopiens. Entre Btirgu et Fizan 
il y a aussi des gens verts comme eux; (les Arabes rendent par alfdar 
[vert] le mot taym des Amara, c'est-à-dire la couleur de café au lait). 
Ces gens sont connus sous le nom de Korau. 

Le pays de Gax comprend les tjadandowa , les Ifalanga, les 
Malhitkena et les Sogila (sic). Hors la saison des pluies ces tribus 
n'ont pas d'eaux courantes. 

3. IJabab. 

Jiddah. 1840 : Janvier 3o. Selon un pilote, les Ifabab n'occupent 
la côte que depuis Mucaunp'a jusqu'aux Béni 'Amer àAqiq. 

4. Sâivdarat. 

Sawdarat est le nom d'une montagne entre les Halangn et l'E- 
thiopie. Le mont Algaden se trouve comme le précédent sur l'extrême 
frontière, mais compris aussi dans le Tîgraj'. Les villages de Barj'a 
et de Baden sont près du Walqayt, ainsi que Sidama et Wagayda : 
les gens-là ont une langue distincte du Bïja, du Tîgrînna, et du Xan- 
qîllînna. Ils sont de couleur très-foncée sans être tout-à-fait noirs. 
Guniz est le nom d'une montagne chez les Xanqîlla. [Le terme 
Xanqîlla s'applique à tous les nègres. | 

1* 



5- Waîpe. 

Après Tïgali vient le Fartit à l'ouest. Les Wawa sont à l'ouest 
du Darftir tirant vers le sud et habitent le Fartit. On porte du Fartit 
des peaux de crocodile dont on couvre les gaines des couteaux dans 
le Darfur. Ces peaux viennent du Bahr Fartit. Rezeqat est le nom 
des tribus entre le Darfur et le Fartit : ces tribus sont d'origine 
arabe et ont des troupeaux étonnants pour le nombre. On v monte à 
dos de vaches. La bête baisse sa corne pour qu'on v pose le pied et 
relève ensuite la tête comme un chameau. 

6. Lieux de Gura'ï. 

Un natif de Qaj-iHkor dans le Ifamasen m'a donné la liste sui- 
vante de lieux près de son village natal : i. Qayîfikor, 3"^ village pour 
la grandeur. 2. Sasafî. 3. Waqart. 4. 'Ir'îp^ii'î. 5. Daqqa Nazzu. 
6. Daqqïmahari. 7. Dangal. 8. Korbayra. 9. /gala Giira'i. [Tous 
les noms donnés par ce matelot ont été écrits par mon secrétaire 
éthiopien.] 

Dans cette liste des villages du Ifamasen le i^'" pour la grandeur 
est Korbayra, puis vient îgala Gura'ï. May fio^a est le nom du 
ruisseau que j'ai traversé avant d'arriver à Gura'ï, puis je suis parvenu 
au joli village de 'Addï 2^a^ar, ensuite vient 'Addî Nîfas, en allant 
vers Gura'ï. {Daq qui commence deux noms de lieux ci-joints veut 
dire enfants, ce seraient donc des noms patronymiques. ) 

7. Route de Gura'ï à Muçaww'a. 

J'ai ensuite demandé à mon informateur, qui est matelot à notre 
bord, quel est le chemin pour aller de chez lui àMuçawjp'a; le voici : 
1. Se'atu. 2. 'Addï Rasul. 3. Gala'ïta. 4. Damas. 5. Imbatlîuquan. 
6. Yanïgus. 7. ïntï/fafïr. 8. Tagodale. 9. Tafita/îa. 

Partant de Gura'ï on va passer la nuit à QayïUkor. Le 2*^ jour on 
part au 'Acr (vers 3'^ du soir) et on couche à Se'atu, lieu sans eau : 
le 3^ jour on se lève de très-bonne heure et l'on dîne à 'Addï Rasul, 
lieu où il v a des torrents et, en hiver, un campement des Saho. On 
couche au lieu suivant. Le 4*^ jour on dîne à Damas où il v a un 



Saho; 'Afar. 5 

ruisseau du même nom. On est forcé de marcher dans cette rivière 
jusqu'à mi-corps à travers un défilé très-resserré entre deux mon- 
tagnes; on couche au lieu suivant que J'ai mentionné dans ma liste de 
lieux appartenant au Naj-b. En hiver il s'y trouve un campement 
des Saho. Le 5^' Jour on va dîner à Yéinîgus : on couche au lieu sui- 
vant, où il n'y a pas d'eau : on est forcé de la transporter de Yanïgus. 
Le 6^ Jour on dîne à Tagodale si l'on va à Dî/fono, mais à Tafitafia 
si l'on se rend à Miiçaïinv'a : on arrive en ce dernier lieu au 'Açr. 
Trubala est le nom d'un port sur la mer rouge qui appartient aux 
Bixari. Ils habitent d'ailleurs tout le mont 'Elba et ses environs. 

8. Tribus Saho. 

'Asawirta '. nom de la principale. Toro'a : elle se subdivise en 
deux. Bigida, nom de la 3*^ tribu principale. Sarah et Wamoxe sont 
des Saho Toro'a. Les autres sont : 'Asalesan, Bet Fïqroto, Lelix, 
'Asa/fare. (Ces noms ont été écrits par l'Ethiopien.) 

Le chemin appelé Islam passe près de Bure et est bon pour des 
canons. Les tribus qui l'occupent sont fort adonnées au vol et rendent 
le passage impraticable. (C'était probablement le chemin qui liait 
AduUs avec Aksum.) 11 y a aussi quatre autres chemins à travers les 
Saho. Le chemin de Islam embranche à celui de Bure. 

g. Iféibab. 
Les Atîkli, les Atamaryam et les IJabab sont trois tribus sœurs. 

10. 'Afar. 

Les Dankala ne comprennent plus que 200 lances. C'est aujour- 
d'hui la tribu de Ifîrto qui a obtenu l'ascendant dans tout le sud du 
Samhar. Les Saho se font comprendre chez les Ijïrto. 

Muçau'jv'a. 1840 : Mars 2. L'héritier des anciens rois Danakil 
conserve encore les insignes rovaux qui sont de couleur jaune et les 
porte au jour de la grande fête Çîyd). 

II. Iles dans la Mer Rouge. 

Dans l'île Ifarréit il v a 5 ou 6 maisons avec un beau puits en pierre. 



é ffas. 

Dans Tilc Duljul il y a deux villages et des puits aussi : ces puits, me 
dit mon capitaine, sont très-beaux et bâtis par les mêmes Farsi qui 
rirent les citernes de Dahlak. Les habitants de ces villages vivent de 
la pêche des perles. 

12. 

1840. Le 1 2 Mars j'ai vu à Miiçawxp'^a un vieillard qui y demeure 
depuis trois ans et qui est de la tribu des IJalanga. Il m'a donné les 
noms suivants des tribus comprises dans le pays des Gax. 1. Xaykab. 
2. Mararat. 3. Sogilat. 4. Man'a. 5. Tarifât. 6. tjafara. 7. Elyt. 
8. Bitama. 9. al Qadey. 10. Fadarat. 11. Barya. 12. Sogada. i3. 
Ifîmra)!. 14. Xïlfri. 15. Jahaynah. lé. G'oz près du Nil. 17. Ijama- 
.V(?w, la plus grande tribu de toutes. 18. Ijaàanàoa{^\wÛQ,ViXs villages). 
19. Xaraff. 20. Ijartayga. 21. IJalanga. Les tribus 3, 19 et 20 vont 
avec les IJaâandoa. 

13. Langues. 

Selon cet homme, qui se nomme 'AU ïbn fjîmîd, la langue parlée 
par les Ijabab se nomme Ij'asa dont l'adjectif est If'asi. Le If'asi 
est parlé aussi par les Marya, les Gadayn, les Barya et les Mans'a, 
outre les Atïmaryam et les Atïkles. Les autres tribus mentionnées 
au n'- 1 2 parlent la langue Bixari. 11 connaît les Malhitkena et les 
Beni'Amar qui parlent la même langue. (Bien qu'elle soit voisine du 
Saho, Zar-ay n'a pas pu comprendre cet homme.) 

14. Na-tab. 

Une des confédérations puissantes dans le pays de Gax est celle 
dont le gouvernement appartient à la tribu errante de Naqtab que j'ai 
aussi entendu nommer Na-tap (avec un hamzah médian). Les Bidal 
appartiennent à cette confédération. 

15. Fjas. 

Ijas est le nom du pays des Beni'Amar. Il y a 7 journées du pays 
de Gax à Sannar, et deux routes. Celle d'en haut passe par les IJïm- 
ran, Sogoda, Jahaynah, Xîl^ïry, Kurdufan, Jtjïdarf,. Ras al Jïl, 



Bîlen. 7 

Ayak (?), Bahrad, Gazirat, Sannar. La route d'en bas va par G^oz, 
Xandy, Sajîl, Dar al Xagiah, Wada Eysa, Dingila,J'al, les Gïbax 
errants et d'autres tribus fort petites. 

Damur est près de Sduiiar. laqa est dans le pavs de Gax. Le 
Marab arrose les semailles des IJalanga et des Ifadandoa et meurt 
dans Tïlfar à une journée de Sawakin. 

De 'Aqiq chez les Bahdiorr sur la mer Rouge on va en 15 jours à 
Na-tab; de Na-tab à IJulangd en 6 jours; de Ifalanga à Suivakm 
en 15 jours; de tfalanga à Mucawiu a en 15 jours; de Ifalanga à 
Dainbulas en 8 journées. 

16. Blemmyes? 

Les Bïlem ou Bïlen, gens de couleur non nègres placés entre les 
Ifabab et Ga.v, parlent une langue complètement distincte de celles 
qui les entourent. (Ne seraient-ce pas les Blemmyes?) Xyra et Selheyt 
[Sanljet?] sont deux noms de lieux par là. De Miiçajpip'a il y a 6 jour- 
nées jusqu'aux Bïlem gens chrétiens, et qui ne parlent pas le Tigre 
[HasiJ, mais une autre langue. Les Sanhciyt, Mammen, Mulazana, 
Xahqy, Daxii parlent la langue des Bïlem et jusqu'à Dtimbalas : 
plusieurs parlent aussi le I:)asi. 

Le chemin de Mucajvw a aux Ifalanga est sans montagnes; il en 
est de même de là à Saivakin. 

17. Tribus nègres, 

Barya, Bazen, Tïrbidda, Xilko, Bixkul, et les trois Lagodok sont 
des noms de tribus nègres par là. En général dans le pays de Gax 
tous les nègres sont appelés Barya. 

18. Gax. 

Selon 'Ali Ijîmïd une grande partie du pays de Gax a été prise 
par les Turcs. On peut v voyager en sûreté, ainsi que chez les 
tribus voisines. Il ne connaît ni Inarea ni Sidama (qui doivent 
être dans le qualla au N. du Wulqayt, du moins d'après Xadli et 
M. Lin.-5lNt; l'un tirait ses renseignements de 5=î/27iar et l'autre de 
Sajj'akin). 



8 Walqayt. 

ig. Saho. 

Pour les Saho, sans entrer maintenant dans le détail de toutes leurs 
traditions, il est néanmoins remarquable que leurs généalogies ne 
donnent que 12 à i3 générations ce qui, à 33 ans par génération, ne 
les ferait remonter qu'à 400 ans. Alors l'époque de leur commence- 
ment précéderait de 100 ans les conquêtes de Grafi. Voici une de 
ces généalogies : Notre guide Nîsro est fils de ffammado , fils de 
Xum 'Abdallah, fils de Xitm Sulejnnan, fils de 'AU, fils de îmar, 
fils de 'Abdallah, fils de AUjando, fils de Hanaballa, fils de Telukta, 
fils de Lelix, fils de Xaylf Sale, ce qui donne 1 2 générations jusqu'à 
ce dernier qui était l'un des premiers à quitter les daga d'Ethiopie. 
^anadigle est le nom de toute la terre au S. de Wi'a. 

'Asalfare et 'Asalcxan (ou 'Asalesan) sont fils de Masï'ïnda : Da 
Fîqayra est fils de Gaytole. Ankala et Dankala sont deux frères et 
chefs de deux tribus 'y4/kr qu'on confond en général. G'aso elT)asamo 
sont des noms de tribus Taltal /'AfarJ ; Dankala, IJirto, Balîssoa, 
Dîmhoeta sont des Taltal. 

Le mont Fadum est la tête de tout le pavs Saho. Lorsqu'on craint 
le manque de pluie on v égorge une vache dont la chair est mangée 
par les vautours. 

20. Doba. 

Agula'ï, Dolo, Afgol, Hangug, la ville de A.xangi sont près des 
Doba, peuplade Oromo. 

21. Plaine de sel. 

Selon le domestique de Bïlata Tasfay il y a 8 journées de chemin 
de Tîrkc à Arljo, c'est-à-dire à la plaine du sel (laquelle est beaucoup 
plus près de la mer que ne l'indique la carte de Sait). 

22. Walqayt. 

Selon le Dabtara Dassïta, le Walqayt est malsain en Miyazya et 
Gïnbot (mars et avril). La province de Tagade est pleine de Falaxa : 
celles de Jannifankara et Armaïoho ont beaucoup de Qïmant. Dans 
le Walqayt est la ville de Dobayna qui fournit 2000 cavaliers et est 



Marab. 9 

beaucoup plus grande que Wdwa. Zdmtilat est le nom d'une autre ville 
par là. On parle Tîgrînfia dans cette province et dans tout le Tagade. 

Les provinces par là sont : Walqayt, Tagade, Armaîoho, Janni- 
fankara, 'Addî Agaw et . . . Elles sont principalement des qiialla. 
Il V a beaucoup de cours d'eau. Le Makazo qui coule dans le Anga- 
rab est la frontière du côté des Turcs. Selon Bf.thi.ehem, Waldibba 
est un très-petit territoire non compris dans aucune des provinces 
voisines. Le village du même nom près du couvent est plus grand 
que 'Adn'iX. 

Le plus court chemin du ^\'alqaj^t au Tagade est à travers le pavs 
des Xanqïlla. Les marchands ne s'v aventurent pas au nombre de 
moins de 3oo, s'ils n'ont pas dix fusiliers. Comme il v a longtemps 
qu'on n'a fait la chasse à ces noirs ils sont devenus fort turbulents 
et très-voleurs. 

Les gens du Walqayt ne connaissent pas le nom Atbara, mais 
disent toujours Takkaze. Les Turcs v font beaucoup d'incursions, 
mais ne poursuivent jamais sur le daga. Namïr et deux autres chefs 
arabes, rebelles à M oh am m ad 'Ali, sont réfugiés dans le Walqayt. 

?3. Giidrii. 

M. ScHiMPER a un domestique qui parle Oromo ; le Giidru où il 
aurait appris cette langue est un pays de haute plaine couvert de bois 
et de prairies. Il v a trois religions : la Oromo, la chrétienne et la 
musulmane. 

24. Marab. 

1840 : Avril 20. Selon mon domestique Gabra Tadewos, \q. Ma- 
rab coule à Gundat et par QiiaJjayn : 'Add Yabo, qui est un qiialla 
à . . . . journées de 'Adypa, est séparé des Xanqïlla (nègres) par une 
large forêt où se livrent de fréquents combats, et où l'on prenait autre- 
fois beaucoup d'esclaves. 

25. S a ho. 

Pour ce qui est des premiers ancêtres des Saho, Gamfale ne laissa 
pas de postérité. Les descendants des ScJjele sont à Zidla et Hey- 



1 o \4far. 

dalla; leurs chèvres sont blanches. Cette sous-tribu est très-faible. 
Xqy/f Sile entanta Lelix et MasVïnda, deux sous-tribus qui égorgent 
ensemble au Mont Fadum, lorsqu'on a lieu de craindre le manque 
de pluie. Aydo et Gofto sont deux frères ancêtres des Taltal. Angage 
le Saho eut pour père Sînnara qui forme aujourd'hui une très-petite 
tribu. 

26. Pays 'Afar. 

1840 : Juin 14. J'ai vu à Muçëijpjp'a un homme de Ifanfalah qui 
parle arabe. Il me dit que le nom de sa souveraine est Elj-a et qu'elle 
est la seule femme qui gouverne chez ces tribus. L'île qui contient 
les ruines se nomme IJan4o '. l'autre est Mambale, ou un nom fort 
approchant. Cet homme ne connaissait pas le nom de Taltal que les 
Chrétiens du haut pays appliquent à sa tribu ['AfarJ, ainsi qu'aux 
autres voisines. Il put causer avec mon Saho et me dit avoir été à 
Tiijurrah dont la langue diffère peu de la sienne. 

Noms de tribus et de leurs chefs, en 1840. 

1" Taltal ('Afar) : 1. BaVisoa. 2. Duna. 3. Halaj^ta. 4. Sammrti. 
5. Bubatta. 6. JJîrto. 7. Ankala. 8. Dti)ualjoj^ta. 9. Dankala. Ces 
neuf tribus obéissent à Billal Ifammado. 

2" Saho : 1. Har'afaJ^e, sous Kade Suleyman. 2, 3. 'Dasamo et 
'Abdallat Harrak, s. Alpnad. 4. Illeyxc. 5. Gadafur. 6. G'aso, s. 
Mohammad 'Ali. 7. tjazzo, s. As \Ali. 8. Dabrimela. 9. 'Asaivîrta, 
s. Suleyman. 10. Bigidda. 11. 'Ali Saho, s. N'asïrku?ide. 12. Ida 
Mowse, s. Sale. i3. Ida Sarah, s. 'Abdallah. 14. Andajîlo, s. Abra- 
him; ces trois dernières tribus sont issues de trois frères, hls de To- 
ro'a. MasVïnda eut quatre hls. 15. 'Asalesan, s. Ituban. 16. 'Asa- 
l^are, s. Abrahim. 17. Urtisabusa. 18. Dabastabusa. 19. Imarabusa. 

20. Lelix, s. Suleyman. 21. Ida 'Diaw. 22. Tiiarptabusa. 23. '£)o-e- 
<ifA- Z^:/^ Fr^e. 24. Fokorota 'are, s 25. /^^ 'Eyxe. Les n«^ 19, 

21, 22, 23 et 25 sont tils de Lelix qui était frère de Masî'inda. Im- 
barakabusa demeure chez les To> c'a. 26. 'Abdallat Harrak. Les 
n'^'^ 4, 5, 8, 10, 17, 18 sont sans chefs. Da ou 7,rf^ Daranket, 'Asa 
Daranket, Lfîmmad Barya, Abba Ibo, Lfamadabusa, Ida Morvse, 



Harar. 1 1 

Sarafi, Garadudig, Xmn Hunici Dig, l'alakabusa, Donare, W'a- 
yabto sont des Turu'a. Salcli est le chef des Toro'a : ils n'ont pas de 
sous-chets. 

Gadamsïga, gouverné en 1840 par Jabara, est la tribu qui occu- 
pait DïJfono [tjarqiqo] et Muçaipw'a avant leur conquête par les 
Turcs. Leur parc de vaches se nomme Axkeii-dig qui a Ifimiiitid pour 
chef. 

Les tjtibab donnent le nom de Bowza aux 'Afar. 

27. Route de Burbïréih à Harar. 

\"'^ journée à Bulahar près la mer et à l'ouest. — z"" Hanjera 
mont sur lequel on monte un peu : T^uy, Kora et Lurki sont près. 
— S"-' Laïual; ruisseau et troupeaux. — 4"^^ Her; arbres et ruisseau 
au milieu des tribus. — 5^ Midïr; lit de torrent, eau pendant les 
pluies. — 6*^ Al aile ; herbes et troupeaux. — 7^ Jigjiga; eau et mai- 
sons de la tribu Bartere. — S'-' B'adi; village et champs cultivés sur 
les monts. La direction générale est droit au sud. 

Au delà de Harar sont les pays Sayiniljïli : Barsiik, Ibskiil, Uga- 
den, Hau'c, Hamar et Barawa. 

Un autre Soniali m"a donné les noms des stations e]ui suivent : 
1^''^ journée : de Barberah à Knlenly, arbres. 2^' à Bulahar. 3"^ à 
T)udbennan. 4^^ à Is'arab, eau et troupeaux. ^"^ à Hanxer. d'^ à 
Faàigal. 7"^ à dire. 8"^ à Is'arag le petit; éléphants, girafes et buffîes. 
9"-' à Kalaka. lo'^ à Qabo; de là ',2 journée à Bab ad (porte blanche) 
où l'on paie au péage avant d'entrer dans la ville de Harar. Le chef 
du Hararge se nomme 'Abdi et demeure à Qptta. 

28. 

Au fond du golfe qui est immédiatement au S. de Suipays (Suez) 
sur la côte égyptienne près Suways est une petite source dont la 
tête est pleine de joncs bons à faire des nattes. L'eau est chaude mais 
peu, puisqu'on la dit froide en été. La haute marée couvre toute la 
source dans laquelle un homme debout s'enfonce jusqu'au col. Elle 
se nomme Giiba)-bah. 



1 2 Harar. 

29. Confluent du Xonkara. 

Mon frère, étant le lé avril 1839 dans un village dont il n'a pas 
pu savoir le nom sur la rive droite du Ahhay et à 3ooo mètres esti- 
més de l'embouchure de Xonkara, fit des observations du soleil sans 
indiquer quel bord il a observé. 

J'obtiens pour latitude 1 1*^ 50' 10" par un bord ou 11" 18' 15" par 
l'autre : il faut v ajouter 1968'"' ou environ 1' 4'' pour avoir la lati- 
tude de cette embouchure, qui était relevée par 54" du N. vers l'E. 
Je suppose la déclinaison 6" o. J'ai calculé sans prendre une dimi- 
nution de déclinaison du © à cause de la longitude qui m'est in- 
connue. 



M'& du Xiwa 
Dura COroyno) 




On relevait du camp les Meta par 125°, les m"^ du Xhva par 4", 
le Baranta par 205°. 

30. Harar. 

Barbïrah. 1840 : Novembre 22/ Ali xarmarka me dit <\uq Harar 
est une grande ville toute ronde entourée de murs et de tribus Oromo. 
Située entre deux rivières, elle est beaucoup plus grande que Mo/fa : 
on la compare au Caire. 11 n'y a pas d'ouvriers, mais dans les nom- 
breux marchés on vend de tout jusqu'à l'hydromel. On n'y perçoit 
pas de droits sur les caravanes. La majorité des maisons est en pierre. 
Les habitants ont une langue à eux mais il y en a fort peu qui ne 
parlent pas les langues des peuples voisins. Il y a un chemin très- 
praticable de Harar à Lama : on doit alors traverser d'abord des 
Oromo, puis des Somali, puis des SawaJjîli. La route est toujours 



habitée; elle abonde en viande et en lait. Harar est gouverné par 
un chef absolu. La ville a cinq portes. 

1840 : Novembre 23. Ifajji 'abdallah, natif de Harar et que Je 
viens de voir me dit que la ville a cinq portes mais pas de château. 
Le gouverneur actuel est l'émir ^^z/^^Ar qui tient en prison son oncle 
l'ancien gouverneur appelé 'Abdan'aljman. Celui-ci prenait aussi le 
titre d'émir. Harar est le nom de la ville : le nom Hararge com- 
prend aussi quelques villages voisins. Les Somali et les Oromo ap- 
pellent Havav Ad'ar, avec un 'ayji très-léger. La langue de ce pavs 
n'est ni oromo ni somali ni arabe. Lin exprès va de là en 5 jours 
au Xiwa. Les négociants éthiopiens v exportent d'énormes quantités 
de café. Selon un Majartaj^n dont le frère est allé dans le Xhva, 
il y a de là à Harar 14 Jours au plus (en caravane sans doute). 

31. Rivière Wah'i. 

Selon 14/i xarmarka il y a toute sûreté à Harar. Il offre lui-même 
d'aller de là en é à 7 Jours au point où le Wabi est navigable. 11 faut 
ensuite 6 à 7 Jours pour aller jusqu'à Lama sur l'océan où 'Ali est 
bien connu et d'où en cette saison nous irions à Zanzibar. Selon le 
même il faut par un bon vent é à 7 Jours de Tiijurrah au cap Ijafun 
et autant encore Jusqu'à Lama, ce qui établit la position de ce dernier 
lieu qui est un port de mer. 

32. Somali païens. 

Selon Ifajji Mahiniid il vient ici annuellement environ 10 esclaves 
d'une tribu éloignée qui parle somali, mais n'est pas musulmane. Il 
en a oublié le nom. 

33. Curage. 

• 

Selon l'esclave Curage du IJajji Mafjmud toutes les eaux de son 
pays vont au Kambat', il connaît deux rivières, le Ko7ikay et le 
Weâya. L'arc est inconnu chez les Curage, mais c'est l'arme des 
Buda (sorciers). Les Fuga, issus du mauvais génie, sont armés d'une 
lance. 



1 A Ugaden. 

34. Ugaden. 

Un lieu que J'ai souvent entendu nommer aux Soniali est Us^aden. 
Aujourd'hui un homme venu de là me dit que c'est un lieu très-fertile 
arrosé par une rivière nommée Wabi qui y est large de 10 brasses et 
profond de 20 brasses en quelques endroits. Il est formé par 7 ruis- 
seaux tributaires dont les sources, dit-il, viennent du Nil. (C'est assez 
dire qu'elles sont loin.j D'ici à Ugaden il y a 12 Journées non dans 
la direction de Harar, mais marchant droit au sud magnétique : 
allant avec la même vitesse on arriverait en 8 jours d'ici à Harar. 
A Ugaden le Wabi est navigué par des pirogues et contient des cro- 
codiles. Le pays somali s'étend encore au delà. 

Un Somali qui demeure à Ijodaydah, homme doux, point van- 
tard et dont le visage inspire de la confiance, m'a donné les renseigne- 
ments suivants : De Barbïrah à Ugaden il v a 5 à é Jours allant le 
plus vite possible à dos de chameau et sans passer par Harar. Après 
les montagnes voisines de Barbïrah il n'y a plus qu'un désert privé 
d'eau, infesté de lions, etc. et qu'il faut traverser. Ugaden est un Wadi 
ou vallée arrosée par le Wabi qui dans la saison sèche, a f2o mètre 
d'eau. Lors des crues il y a de 5 à 6 brasses. Le plus fort de la crue 
aura lieu en 3 mois d'ici, c'est-à-dire en mars, saison des pluies. Les 
crocodiles abondent alors : dans la saison sèche ils se cachent dans 
la vase. Les Somali habitent la rive gauche, les Oromo la rive droite 
du]\'abi : ceux-ci ne craignent pas les crocodiles et connaissent cha- 
cun d'entr'euxpar son nom. Ugaden s'étend Jusqu'à l'embouchure du 
Wabi : deux journées de chemin le séparent de Harar par rapport 
auquel la situation est S. E. à peu près. On navigue le Wabi ax te 
des radeaux sur lesquels les chameaux traversent, car les marchands 
musulmans vont sur la rive méridionale commercer chez les Oromo 
qui les reçoivent bien. Ugaden abonde en mvrrhe, encens et gomme. 
Il s'y trouve beaucoup de beau froment. 

35. Hamar. 

J'ai vu dans la mosquée de Barbïrah deux hommes dont l'un 
avait un taqj-ah [calotte] avec des bandes de toile cousues autour de 



Harar. 1 5 

manière à former un bord saillant : il v en avait 5 ou 6 doubles, et tout 
le haut du front était découvert. Le type de son visage m'est inconnu. 
L'autre homme vêtu comme un Soinaîi me dit qyx baladka ce qui 
indique qu'il parle une langue alliée à l'éthiopien : il me dit que son 
pays situé bien au au-delà de Harar se nomme Haniar, mais comme 
il écrivait (en caractères arabes) dans la mosquée et qu'il avait peur 
de m'y voir entrer, il ne voulut pas continuer la conversation. 

36. Poison. 

Wabay est le nom de l'arbuste qui donne le poison des flèches 
somali. Il s'élève à un mètre de terre. Le poison se nomme vabqyo, 
fait tomber les cheveux et tue infailliblement non seulement l'homme 
mais aussi les bœufs et les chameaux quand il est entré en contact 
avec le sang. Le seul remède connu s'applique aux plaies peu pro- 
fondes et consiste à couper promptement toute la chair environ- 
nante. 

37. Ugaden. 

1840 : Décembre 15. Un Somali qui a été à Smuays et parle 
arabe me dit que de Harar à Ugaden il v a un jour. De Harar à 
sa maison dans Ugaden 5 à é jours allant doucement : de là 9 jours 
à Hamar. De ce dernier lieu à Lama il v a une journée. Le Wabi est 
aujourd'hui dans un état moyen et sera haut en été. Il coule au Sud 
de Harar dont il est séparé par une montagne. On peut aller en 
é heures de Harar au Wabi. 

38. Harar. 

Harar est entouré par un ruisseau qui n'a pas plus de o'""i d'eau. 
On ménage cette eau pour l'arrosage des plantations de café. On 
m'assure que cette eau ne coule pas dans un fossé artificiel. 

39. Girafes; beurre. 

Les Somali connaissent bien la girafe qu'ils nomment geri et le 
zèbre qu'ils appellent/éîraji'. Une seule peau de girafe fournit jusqu'à 
treize boucliers. Ils nomment le crocodile nibïri. 



1 é \Aqiq. 

Pour faire le beurre ils laissent reposer le lait toute la nuit puis 
l'agitent dans une outre. Le beurre de vache se fait ainsi en deux 
heures, celui de chèvre exige six heures; la confection du beurre fondu 
demande peu de frais chez les Somali q^\ sont bien moins adroits que 
les Ijahah. Les Somali insufflent le vagin de la vache avant de la 
traire, surtout quand le lait commence à diminuer. 

40. Hamar. 

tjarti et Ugaddu étaient frères utérins : ils émigrèrent de l'Ara- 
bie. Les autres frères de Ifarti sont Marreljaji et Daiod. La tribu 
de Marreijan est à une journée de Ugaden : deux journées plus loin 
est Hann; deux journées au-delà est Abag'al qui parle une langue 
dialecte du SamaJjili. De là on arrive en cinq jours à tjamar. En 
gros M. Arrali qui me donne ces détails dit que Hamar est à 
40 journées de Btirbirah. Les Sonali disent que les étoiles Sahal 
et Mariq ont une mauvaise influence. Kabalalla était le père de 
Ugaden. Rahannnn {an nasal) est le nom d'une peuplade près 
Hamar. 

41. 

Selon le fjajji Miihammad, Dabagarsi est la limite de la tribu de 
mon Abban. Une deuxième tribu commence à Abba Gnba. Selon 
'Ali xarmarka, Garad'Aden est le nom d'un chef Somali puissant 
craint à Harar et qui demeure tout près de cette ville. Abubakr est 
le nom du chef de Harar. 

42. 'Aqiq. 

Selon le Sojiiali 'Ali Fahyat, l'île de 'Aqiq a une belle citerne 
faite jadis par les Perses. A une journée vers l'intérieur sont les 
ruines d'une grande et ancienne ville habitée aujourd'hui par des 
bêtes sauvages. Il v a une quarantaine de maisons à 'Aqiq qui paient 
les impôts à Saxvakin. A 9 journées dans l'intérieur est Barka pavs 
riche en miel et beurre et gouverné par le sultan Deglel (ou un nom 
analogue). On y parle Bixaii et l'usage des combats singuliers à l'é- 
pée est fort commun. Le pavs est tres-sûr. 



Harar. 1 7 

43. Environs de Harar. 

1840 : Décembre 24. D'après ^Ali Xarmarka et ^Aden, le tpadi 
avec cours d'eau qui n'est séparé de Harar que par une montagne 
n'est pas le Wabi, mais seulement un de ses affluents. Son nom est 
Fafan. Décembre 26. Stlon' Aden, Harar est situé entre deux ruis- 
seaux, le Erar ou Harar et le Harar Wagay. Ces deux ruisseaux 
se jettent dans le Fafan. Harar est ainsi dans le bassin du Wabi. En 
y allant: on traverse deux ruisseaux qui se Jettent dans la mer près 
de ZïVah(?) Le premier est le Dardan'alla et le second le Ifanjera. 
Décembre 27. Le Ifanjera et le Dardawalla se jettent séparément 
dans la mer, d'après "Aden. 'Ali prononce Daradan>alla, mais ne sait 
pas le point précis où il se jette dans la mer. 'Aden, de son propre 
mouvement, dit que le pays élevé de Harar est un pavs de partage 
entre la mer et le bassin du Wabi. A une journée en deçà de Harar 
est Gonâuâa, montagne élevée où il pleut presque toujours. En allant 
de Harar au Xiwa on traverse les Alo et les Nolo, tribus Oromo. 
Les autres tribus Oromo sont les Aniya, tout près, et les Balbul qui 
sont près Ugaden de l'autre côté du Wabi. 

Les Soniali appellent Boifran le pays Amara. Ils n'ont pas de 
mots pour dire qnalla et daga. A Harar on doit prendre un abban 
[protecteur]. Celui de 'Adeji est allé 7 fois au Xhi^a et une fois à 
Muçajpip'a en passant par les 'Afar. Il y a une route de commerce 
entre les Harar et les Gurage sans passer par le pavs chrétien, mais 
'Aden ne connaît pas les détails de cette route. 

Le Fafan est large de 10 brasses et profond d'une dans la saison 
sèche, c'est-à-dire maintenant. 

44. Puits de Dollo. 

Barbîrah. 1840 : Décembre 3o. Selon MoJjavimad Arrali, la cara- 
vane de Ugaden, de 200 chameaux, partira dans trois jours allant 
directement d'ici, S.S.E. ou à peu près. Après Diibara il n'y a plus 
d'eau pendant 7 jours de route jusqu'aux fameux puits au nombre 
de 7, appelés collectivement Dollo (?) et bâtis en pierre et chaux par 
des conquérants d'autrefois. M. Arrali y est descendu par le moyen 



1 8 Soviali. 

d'une corde. La profondeur est de 40 brasses. Au fond il y a un 
demi-mètre de très-bonne eau. 

45. Pays Somali. 

De Barbîrah au vieux château 3 journées. De là, et par le désert 
de Dollo, é j. — De Hamar à Abîg'al 10 J. — De Abîg'al à Hawi 
5 j. — De Hau'i à Marrehaji 2 j. — De Harar à Karanle 6 j. 
d'âne. — De Galade à Mudug 3 j. — De Marergur au Wabi 5 j. 
— Des Majarten à T>udub 2 journées sans eau. — De Dollo au 
Wétbi 2 j. — De B'ad près la mer à Marergiir 8 j. à travers les Ma- 
jarten. — De Marergiir à Mudug 4 à 5 j. — De là à B'ad 4 j, — 
Du ras IJafun à Mudug 15 J. — De Galadi à Wader 3 j. — De 
Dollo au Wûbi 3 j. — De Galadi à Z)o//o 3 j. — De Dollo à Tug 

3 j. — De Tug au IV'ti^/ 3 j. — De Galadi au Tl'^^f 9 j. — De Dollo 
à Dolbahante 3 j. à cheval. — De l'embouchure du Fafan à Karanle 

4 à 5 ). — -De Tug à Harar 10 j. d'âne, c'est-à-dire moins que de 
chameau. — De Tug au Wabi 3 petites j. — De Hamar à Ot^rfa 
3 j. par terre. — De Bandar G'asïm à Bur'Anot 15 j. de caravane. 
■ — De Bur 'ÂJîot à Dollo 12 j. — De Bur 'ÂJiot à Mudug 7 j. — 
De Bur'Anot à IFéi^a Mïgur 5 j. — De Durduri à Nugal 7 j. — 
De Lasgorey 7 j. — De Bosaso à Nugal 1 1 j. — De Xabelle à i?tî- 
hann'in 4 j. — De Z.o^j' à Barajinx \o J. De Mïlmîl à Harar 435 j. 

Vus Aq Harar, Ugaden et Karanle sont au S. E. Rahativpin est sur 
la droite du VFéïZ'f. /«zz est à l'ouest de Karanle. Rahannnn est entre 
deux rivières IFdf^f. Vu de Barbïrah, Dollo est par l'azimut S.S.W. 
De Z)o//o au Wabi on va sur le S.W. — En allant de l'ouest à l'E. 
on a Harar^ Tug, Dollo, Galati, Dolbahante, Majarten. Hawi est à 
côté de Majarten. — Marergur est au S, E. ou à l'E. S. E. de Bar- 
bïrah; Dollo est au S. — - Hamar est au S. et près Dowara. — De 
Barbïrah, Galati est au S.S. E. — M^rerg-z/r est entre Galadi (sic) 
et Dollo. — Imi est sur la rive gauche du Wabi. — Bur 'Anot est 
une montagne. — Loq, capitale de Rahampin, est sur le Ganana. 
— Ludub à l'E. et Mïlmïl à l'ouest sont les frontières de Ugaden qui 
a 15 journées de large. [J'ai écrit presque toujours Dollo en com- 
mençant non par un i)mais par un T). Les détails ci-dessus ne sont 



Awsa. 1 9 

qu'un extrait, fait à Barbîrah, des renseignements plus étendus qu'on 
trouvera dans l'appendice n" i. 

46. Awsa. 

Aipsa n'a pas un chef unique. Chaque quartier a le sien. De Arvsa 
aux Oromo, dits Azabo, il v a 3 journées de piéton pressé. De Bar- 
birah à Aivsa 3 journées. De Atvsa au Wallo 3 jours. Le Xaylf 
Aljmad qui me donne ces détails ajoute qu'il est allé en 7 jours d'ici 
au Xhpa à pied. Dullu est le nom d'une station entre Tujurrah et 

Aïvsa. 

47. Havar. 

Le grand-père du présent sultan de Harar est un des Oromo de 
la tribu Ala qui prit cette ville. Aujourd'hui elle a perdu beaucoup 
de sa splendeur ancienne. Elle est en guerre avec les Ala et la race 
de Gratî est entièrement détruite. 

Dernièrement les gens de Harar ont querellé, en caravane, avec 
les 'Afar. Il s'ensuit qu'ils ne viendront plus en Yfat par la route d'ici 
au Xïwa. Ils ont leur ancien chemin à travers la tribu Oromo des Arusi. 

Un grand nombre de commerçants du Gurage sont des Oromo 
qui se disent du 7T^r^^,mais leur langue n'a rien de commun ni avec 
l'idiome Oromo ni avec l'Ethiopien. 

48. Wabi. 

Un pêcheur arabe de Maskat m'a dit ce qui suit. J'ai fait naufrage 
au N. de Magaduxo. Les Somali accoururent, pillèrent notre barque, 
s'emparèrent de nos esclaves et nous emmenèrent en haut sur les 
montagnes, où ils nous mirent en hberté. Nous arrivâmes en deux 
jours à Magaduxo, et comme j'ai fait le chemin à pied je puis bien 
affirmer qu'il n'v a là aucune rivière qui se jette dans la mer. 

49. ^Asal. 

'Asal est le nom du pays de sel près Tugurri (Tujurrah). 'Ali 
de Raliayta y perdit 5 esclaves par l'effet du vent chaud qui pique 
le visage du vovageur. Les pluies les plus violentes n'entament pas 
assez le sel pour qu'on ne puisse y passer en tout temps. 



2o Attira. 

Ambado est le nom d'une source jaillissante près la mer de l'autre 
côté du golfe, chez les 'Eysa. 

50. RaJjqyta. 

Rahayta est un village de pasteurs à six heures de la mer. Il y a 

deux ports; par le vent du N. celui de Ambo, et par le 'azyab [vent 

de la partie du S.] celui de Gabala qui est entre deux rochers à pic. 

Rahayta est au N. du cap Sejan. Quand on v va de Tugurri avec 

le 'azyab on jette l'ancre chaque nuit. Au retour par le vent du N. 

on tient toujours la mer. 

51. Aniya. 

Tiiguriù. 1841 : mars 24. Un homme de Harar dont les ren- 
seignements sont d'ailleurs un peu embrouillés m'a dit qu'à trois 
journées de cette ville est une ville qu'il nomme Anij'a où il y a 
encore 55 canons et 3 portes, beaucoup de maisons et de trésors. 
Elle est aujourd'hui complètement déserte et on la croit habitée par 
les génies. Elle fut bâtie par les Turcs. Il assura qu'il était allé avec 
un savant de Harar pour piller les trésors et que le savant tomba 
mort à ses côtés. Le même me dit que B'ad est à '/a journée de 
Garad sur la côte, et que le Wabi de Ugaden se jette dans le Faf 
qui se jette dans la mer au S. de Barawa. (Ce serait donc le Jub.) 

Cet homme ne connaît pas le Jiib, mais l'Arabe garnis affirme 
connaître les noms de tous les ports sauf celui qui est à l'embouchure 
du Jub. Ce serait donc là le Wabi Ganana des Somali, mais Ijamis 
dit que le Wabi septentrional coule parallèlement à la côte et à l'E. 
de la chaîne de hauteurs dite Hayarab. — Selon l'homme de Hétrar 
il y a 3 journées de Dollo à Marergur et 5 du puits Harar à Mîl- 
mîl, en traversant un désert. 

52. Gubbata. 

Tugurri. 1841 : Avril 5. Selon le qadi, il y a 15 jours d'ici à 
Awsa et de là 15 jours au Wallo quand les chameaux sont chargés. 
Le Wallo est un pays froid. 

L'entrée du Gubbah al Ifarab est formée par deux rochers assez 
près pour qu'on puisse lancer une pierre de l'un à l'autre. On ne peut 
franchir la passe qu'à haute marée, car autrement on s'engage dans 



htarva. 21 

un remous qui a tait périr plusieurs barques et entr'autres celle du 
père de Kamal dont deux hommes seulement s'échappèrent. Il v a 
beaucoup d'iles dans le golfe. Une seule très-élevéc a des arbres. Dans 
tout ce golfe il n'y a de l'eau qu'à 'Ad'ayle, source très-amère où il 
croît des palmiers propres à faire des nattes. L'ingestion de cette eau 
produit un violent flux de ventre et six hommes, Kamal compris, 
qui en burent tombèrent de faiblesse. Le remous abonde toujours 
en poisson. Les gens de l'intérieur appellent Gubbata le Giibbah al 
h'Éirab. Le qadi me dit que la plaine de sel est contre un côté de ce 
golfe. 

Aivsa n'a pas un seul village dans ses champs, qui sont embrassés 
par les Ûema aux S. E. et W. Au N. sont les Mudaytu. Toutes ces 
tribus pillent les cultivateurs quand ils le peuvent. 

53. Inarya. 

Ijodaydâh. 1841 : Mai 16. Selon un Oromo, esclave du bord et 
natif de hiatya, le pays (biya) de Limmu contient les villages 
(ganda) suivants: 1. Sapa. 2. Garuqqe. 3. Saqa. 4. Walesii. 5. Uga. 
é. Darr-u. 7. Kocaiv. 8. Geiia. 9. 'T>u-iijujo. 1 o. 'Du-iijuma. 1 i.Kolba. 
12. Tîmiïqe. i3. Tora. 14. Kiisa-e. 15. Lagasombo. 16. Géra. 

Le n° 4 de cette liste appartient à 'Sonna. Le n" 1 1 est indépendant. 
Saqa est le principal bourg : c'est là que vont les principaux mar- 
chands. Le roi Abba Baggibo est fils de Abba Gom-ol (écrit ici Go- 
moâ i et change souvent de résidence, mais sa plus belle et grande 
maison est dans Garuqqe. Géra est dans Waratta dont le roi est 
Abba Rago. Guma obéit à Abba Jilta dont le fils aîné est Abba Reyno 
et le cadet Abba Jobar. Les collines de Limmu sont couvertes d'arbres 
à café. 

54- 

Tïgri est le nom d'un pavs tout près de Ankobar et je crois au 
S.E. 11 est dans un qualla entre les Amara et les Oromo. 

55. tjîzban. 
Ifodaydah. Juin. Selon 'Abdallah, mon domestique, le nom que 
se donnent les Xarkiyah est Ifizban. Cette tribu demeure près du 



2 2 Ifîzhan. 

pays de JoJ 2i environ lo journées de San a. Ceux des frontières 
sont musulmans; les autres sont infidèles. On prise beaucoup ces 
esclaves. Une fille se paiera jusqu'à 180 th. parce qu'elle est toujours 
gaba^ah. Les esclaves mâles sont aussi estimés. Ils ont l'habitude de 
rester debout sur une jambe devant leur maître. Leur langue est dif- 
férente de l'arabe, par ex. : eau froide se dit sât; eau chaude, sâ?it; 
mangeaille, Ijanti; bois à brûler, xari; feu, Jjamar; viens, Ijatêr; va, 
bahàn. Le porte bouclier s'appelle, à San'a, ipulam. 

L'arbuste de la myrrhe a une demi hauteur d'homme : ses feuilles sont 
grandes comme un talaro. On pique les branches de grand matin et 
vers 10 ou 11 heures on va cueillir le suc concrète au dehors. Si l'ar- 
buste est dans un lieu sec il donnera deux livres (ratl) par .... ; s'il 
est près de l'eau il donnera jusqu'à 7 ou 8 rotl, mais de qualité in- 
férieure. Un peu de mvrrhe sur les vêtements chasse le mauvais œil. 

Le Jof ne produit pas du café, mais bien du riz, des dattes, de 
l'encens. San a n'a ni riz ni dattes, mais des bananes, du café, de la 
myrrhe : il est honteux là, comme en Ethiopie, de vendre du lait. 
Comme chez les Oromo, il n'est permis qu'aux gens affligés de croi- 
ser leurs bras : mettre les deux mains ensemble derrière le dos est le 
fait d'un fou. 

On connaît à San a la neige (gamam), la grêle (bîrd) et la glace 
(^alj). Quelques montagnes ont une calotte de neige pendant six mois. 
Le Jof n'a que de petites collines. Le nas'a (petite ceinture sur la 
peau) se nomme tïkki près San'a. La fiancée l'enlève elle-même la 
première nuit de ses noces. 

56. Aipsa. 

Selon un homme de 'Edd, Aivsa est composé de huit jvadi, cha- 
cun arrosé par une branche du Awax : ces 8 branches se réunissent 
ensuite pour former un grand lac où il y a des hippopotames et des 
crocodiles. Il n'y a point de lac natron. De 'Edd à Ajpsa il y a 7 jour- 
nées. Cet homme se nomme Musa : il est venu acheter des marchan- 
dises avec l'argent donné pour prix de 'Edd. 

Selon 'Ali, natif de Ifanfalah, il y a une journée de chez lui au 
commencement de la plaine de sel nomxnéQT>agad. Elle est attenante 



Adulis. 2 3 

à un lac salé où il v a des marsouins : il diminue de trois coudées 
durant la saison sèche et croît de nouveau en hiver; il est très-pro- 
fond et poissonneux. 2*^ Jour à Talfcnta gros village 'Afar d'où le 
nom de Talfen, lequel ne désigne pas une langue à part. 3"^ jour à 
Ifisooù réside le dardar (chef ' Afar); il gouverne la moitié de la 
ville. L'autre moitié est chrétienne et obéit à Gabra Gitro. De Ijîso 
à 'Addï Graht il y a 3 jours. Les \Afar regardent le nom de Taltal 
donné par les chrétiens et celui de Boza {Buda ou sorciers) donné 
par les JJ^lmb comme des injures sanglantes. Les Saho ne se disent 
psm'Aféii- : mais les 'Afar les nomment Saho. Les 'Asajinrta se disent 
*Asabado, c'est-à-dire : (hommes) de la terre rouge. 

57. Adulis. 

Selon 'Ali, Ansley Bay se nomme dans sa langue mer de DaJfano 
ou de l'éléphant à cause de l'excellente fontaine qui est tout-à-fait au 
fond de la baie et qui est en hiver très-fréquentée par les éléphants. 
Selon lui les Arabes nomment la baie Giibbah Qafîr a cause des fré- 
quentes sautes de vent qui ont fait périr plus d'une barque et qui ont 
lieu surtout dans la saison des vents du N. L'ancienne grande ville 
(Adulis?), dont il ne sait pas le nom était autour de cette fontaine 
et on y voit encore des ruines de maisons tandis qu'il n'y en a pas 
une seule entre Afta et Zulla qui ne serait selon lui qu'un faubourg 
ou un cimetière. Selon 'Ali, la tradition attribue la ruine de Adulis 
aux FJerto, qui commencèrent à piller, puis les Saho Balaw, qui 
occupaient MucmPip'a, vinrent avec les Turcs, sans doute par jalousie 
commerciale, et achevèrent de ruiner la ville. Elle ne souffrit ni par 
un torrent ni par un tremblement de terre (ceci donnerait une date 
fort moderne à la destruction de Adulis et les annales éthiopiennes 
devraient en parler). Aujourd'hui il v a un village un peu éloigné de 
la fontaine Dii/fano de peur des éléphants, mais qui s'y abreuve : il 
se nomme Adguwb et un peu plus haut est le village de GïVa. Les 
'Afar emploient le nom de fjéirqiqaiu, mais ils nomment Muçau'w'a 
Ba^'e. Alli, mentionné par Sait, est inconnu. '.4// Manda et 'Ali 
Gubatta (Bubayto) sont des noms propres. De même Arala n'est 
pas un nom de tribu. 



2 4 - Vagaâ. 

A '/4 de journée de tjanfalah il y a de l'eau excellente. Tout près 
de là est une plaine aujourd'hui déserte et nommée Ifedalu où selon 
la tradition les Furs (Perses) avaient des blés, des bananes et de belles 
plantations de toute espèce. Dans les montagnes, mais en vue de la 
mer et près Ijanfalah est Adg\i où il y avait jadis une belle ville des 
Furs : mais en partant ils ont caché l'eau, car on n'a jamais pu la 
retrouver (serait-ce le AOaYacj? de l'inscription de Adiilis?). Gam- 
mela (va[A!3jAa?) au S. de 'Edd était aussi une ville des Furs. Gabala 
(^ai^aXa?) entre Raljay ta et la mer était encore une ville des Furs. 'Ali 
m'a nommé Hartegah, comme l'une des tribus des Bïja (Bîxari). 
Asab se nommait jadis Saba : c'est de mémoire d'homme que le nom 
a été changé. Selon la tradition, les Furs y avaient une grande ville. 
Entre ce lieu et Rahayta est Medgebâa nommé Gubbah par les Arabes 
et tout près au S. est le Alalî, ruisseau d'eau douce qui a plus de 
deux mètres de profondeur et coule toute l'année. 11 s'abîme devant 
un bois qui le sépare de la mer. 

58. Plaine de Sel. 

D'après 'Ali, le lac de T>agaâ aurait plus de deux milles de lar- 
geur. Il est fréquenté par des marsouins et des oiseaux aquatiques. 
A son rivage occidental, près le Mont de soufre on voit les restes de 
l'ancien port avec ses fragments de poutres, etc. Lors des vents du S., 
les vagues sont très-grosses. Bien sûr ce lac est plus bas que la mer, 
car on descend beaucoup pour y arriver. Ses eaux sont fort lourdes 
et il n'y a pas un buisson dans ses environs. On n'y trouve pas de sel 
rouge. Un talaro vaut 70 à 90 amole [sels taillés pour les marchés]. 

5g. Adulis. 

'Abdallah fils de Ijammado, homme plein de sens et de politesse 
que j'ai vu à IJanfulah, m'a donné les renseignements suivants : 

«L'ancienne grande ville du golfe que nous appelons Gubbah {Adu- 
lis?) était sur les bords de la mer à '/2 journée de Zulla sur le site 
occupé aujourd'hui par Gombucle : le nom ancien est Ilfadu (ou un 
nom très-ressemblant à celui-là); on voit encore les fers qui servaient 
à attacher les bâtiments au débarcadaire, car on n'y employait pas de 



Adulis. 2 5 

chaloupes comme nous et les chameaux venaient avec leurs charges 
tout-à-fait contre les bâtiments, dont les matelots enlevaient ainsi les 
marchandises sans peine. Au S.-E. de Gombulle est la fontaine de 
Da'tfano : plus près de nous encore est Mak' anale premier village qui 
soit pur 'Afar , car GombirJe est mêlé de Saho et de 'Afar. C'est 
à Mak'anale que les Saho viennent acheter aux 'Afar les débris île 
poussier) des amole ou sels qu'on coupe à TDagaâ. Sur le rivage orien- 
tale du golfe il n'y a pas de village sauf quelques-uns pendant un mois 
ou deux dans la saison des herbes. Tout le pays entre Mak'anale et 
Harena se nomme Bure : c'est par là que les 'Afar effectuèrent leur 
première immigration (avant Hadal Mahej^^). Il n'y a pas dans les 
montagnes un autre lieu nommé Bure. Le nom 'Afar de l'eau de 
Awsa (la rivière ou le lac") est Wi'ajyto. A '/^ journée de 'Edd est la 
perte d'une belle rivière [dont le nom m'a échappé]. De Gombuole 
(Adulis) au pays haut il y a trois routes (dont j'ai oublié les noms, 
car ^Abdallah me donnait tous ces renseignements la nuit). 

Les Nabtab sont une fameuse tribu du pays de Gax. 

Le nom local de Dahlak est Dahlak (confirmé). 

A côté du lac de T)agaâ est un roc à caverne où durant les vagues 
du 'azyab l'eau se jette en haut en poussière comme des narines d'un 
marsouin. Près de là est une montagne qui fume toujours. De Ifan- 
falah à tTîntalo, sans bagages, six journées de route. 

Le Madir (de Sait) est Mïdir. Son Daroro est Sahel : Ifanfalah 
est proprement le nom de la pointe sud de terre qui en forme la baie. 
Je -n'ai pas ouï parler du Yasso ni du Ajiazo et ne connais pas de 
grande rivière entre 'Edd et An'sa. La distance de ces deux Heux est 
six jours sans charge ou quinze jours avec chameaux chargés.» 

60. Waratta. 

Muçaww'a. 1841 : Juillet 17. L'esclave de Yusiif Sayaq, natif du 
Waratta et qui a résidé dans le pavs Sîdama, m'a dit ce qui suit : 
« Gomara est le nom que donnent les habitants au pays : les Oromo 
le nomment Kaffa et les chrétiens d'Ethiopie Sidama. Il est près de 
Guma. 11 y a deux rivières principales dans le pays de Kaffa : le Go- 
dom (Gojab?) très-grand et qui en définitif mêle ses eaux au Abbay. 



2 6 Dahlak. 

2'^ le Uma très-petit dans la saison sèche et qu'on passe dans la saison 
des pluies sur un radeau d'outrés. (Les lieux principaux sont énu- 
mérés dans la liste des noms de lieux après les îles 'Afar.) La mer 
qui baigne Gofa est d'eaux amèrcs; on ne la boit pas : elle porte des 
bateaux petits, vilains, et qui amènent du cuivre et des perles de verre 
des pays inconnus. Cette mer n'a pas de bâtiments à mâts et nos gens 
(blancs) n'y sont jamais venus. 11 faut un gros mois pour traverser 
cette mer. 

Les montagnes de Kajf'a n'ont pas de neiges éternelles : le pays 
est dans le bassin du Abbay (toutes les grandes rivières sont des Abbajy : 
ainsi on ne peut pas bien compter sur ce renseignement. De même 
les 'Afar disent que le A)i'ax vient du Abbdj-). 

6i. Dahlak. 

Il y a encore aujourd'hui 25 villages dans Dahlak. La langue est 
presque celle du Tîgray. On y appelle l'île ^Addina, c'est-à-dire 
«notre pays». 

62. Walajr:^a. 

Muçawiua. 1841 : Juillet 18. D'après l'esclave du n*' 60, Walay:{a, 
Quta, ^ambara, Gowpa et Dokko sont du pays de Waratta dont le 
roi est Halal. Quanta obéit au roi Gobe. Gotppa est sur le lac. (Ceci 
contredit en partie la liste des lieux dans Gomara; mais je n'ai pu 
vérifier la chose.) Selon le même, Waratta est au S. E. de Kaffa; 
Limmii est au S.W. [?1. Waratta est arrosé par le Uma dont les eaux 
vont il ne sait où; mais j'ai cru comprendre, d'après lui, que cette 
rivière revient sur elle-même comme le Abbay autour de Gojjam. 
Waratta ne produit ni dagiisa [Eleiisine Tocusso], ni maïs, mais on 
y sème l'épeautre. 

63. Darfiir. 

Miiçaww'a. 1841 : Juillet 26. Il m'est bien difficile de prononcer 
sur la valeur des renseignements qui suivent. Je les ai reçus aujour- 
d'hui du Xaylf Idris dont le père est Fallatah, qui est né au Maroc, 
a été élevé dans le Darfur, a vécu dans le pays de Gax dont il parle 
la langue et reste aujourd'hui ici faisant la médecine et écrivant au 
besoin des charmes. Je crois d'après les variations de ses nombres que 



Darfur. 2 7 

les distances qu'il donne sont pour la plupart imaginaires : cependant 
il entend par une heure de chemin (m'a-t-il dit de son propre mouve- 
ment) la distance d'ici à Ifarqyqaiu, ce qui est assez exact. 

Des chameaux chargés qui ne s'arrêteraient pas iraient en 15 jours 
(240 milles environ) de al Obeyd dans le Kordofan à Kobe qui est, 
dans le Darfur, la ville des caravanes, mais bien inférieure en gran- 
deur à la ville où réside le roi et qui se nomme : 1. Tandalti; cette 
capitale est à l'E. de 2. Kobe, à la distance de 2-25 journées. — 3. 
De Kobe à Kabkabyah, i3 j. — 4. De là à Abu Ajujura, 8 j. — 5. De 
là à Dajo 3 ). — 6. De là à Bargid, 2 j. — 7. De Dcijo à Gïmr, 3 j. 
et une heure. — 8. De là à Masalat, 4 j. — 9. De là à Ta'asa, ville 
fortifiée, 1*5 j. — 10. De là à Béni Alba, 2 heures et en suivant : 
1 1. A Salwa, grande ville, 4 j. — 12. A Turra, 1-5 j. — i3. A Jabal 
Marra, 4 j. — 14. A Rotoke, 2 j. — 15. A Kusu, 3 j. — lé. A Beui 
Raxid, 2 j. — 17. A Kababix, 4 j. — 18. A Funaro, 7 j. — 19. A 
Tambal Muren, 3 j. — 20. A Kotko, 5 j. — 21. A Dajo, i"5 j. — 
22. A Béni Raxid, 3 j. — 23. A Rodima, 2 j. — 24. A Afjrnad Titi, 
5 j. — 25. A Abu Omog, 2 j. — 26. A Rokajar, 2 j. — 27. A Ro- 
banda, 4 j. - — 28. A GuVa, 6 j. — 29. A Paâa, 6 j. — 3o. A Banda 
Wada, 8 j. — 3i. A Rokajer, 2-3 j. — 32. A S'eyd, 2 j. — 33. A 
Banda Wada, 6 j. — 34. A Banda Junguru, 6 j. — 35. A Banda 
Paâa, 2 j. — 36. A Banda Ruwdu, 4 j. — 37. A GiiVa, é j. — 
38. A Namnam, pays d'anthropophages, 8 j. — 39. A Kueykom, 
10 j. — 40. De Namnam à Turba, 4 j. — 41. A Mararit, 3-3 j. — 
42. A Saga, 4 j. — 43. A Baya, 9 j. — 44. De Dajo Bet FJasen 
à la ville de Kunjari, 11 j. — 45. A la ville de Walad 'Aly, 8 j. — 
46. A Soba, grande ville et ancienne capitale du Daij'ur, 7-3 j. — 
^-j.AAbu al Gasim, 4-5 j. — 48. A Saloji (n nasaf), 6 j. — 49. A Terab, 
8 j. — 50. A Mararit, 2 j. — 51. A Béni Jamah, 4 j. — 52. A Xaylf 
Zarug, 3-3 j. — 53. A Olgos, 2-5 j. — 54. A Dar Taina, 16 j. — 
55. A Saladii, 9 j. — 56. A Hajji Wadi, 4 ]. ou é en allant lente- 
ment. — 57. A Kisanurayn, 2 j. — 58. A Tambal Surayn, 7 j. — 
59. A Haz ad Dyn, 8 j. — 60. A Xaylf Maljmud, 4 j. — 61. A 
Afjmad îbn Daud, 7 j. — 62. A S'eyd Nokili, 4 j. Cette ville a sept 
mosquées. — 63. A son frère Daud, 8 j. — 64. A Abakir, 9 j. — 



2 8 Darfur. 

65. A Salel], 4 j. — 66. A Warandidum, 4-5 j. — 67. A Abba Foreh, 

3 j. — 68. A Abba al Maljdi, 4 j. — 69. A Abba Base, ville du 
neveu du roi, 6 j. ■ — 70. A la ville de Abakîr, fils du roi, 9*5 j. — 
71. A Musa, 2 heures. — 72. De Abakîr à la ville de Yambusa, mère 
du roi, 3 j. — 73. A Roipbase, 11 j. — 74. A Ammat Saljan, i3 j. 

— 75. A Tama, 9 J. allant vite. — 76. A R'iah, 20 j. — 77. A Orot, 
15 j. — 78. A Béni Saf'e, allant vite, 8 J. — 79. A Sokkowr, 8 j. 

— 80. A Ruwdu, i3 j. — 81. A R'iah al Da^an, 26 j. — Sans aller 
très-vite. — 82. A Gîmrdumo , 7 j. - — 83. A Xajrlf Sa'at, 4 j. — 
84. A Madadiimo, 3 j. — 85. A Nur ad Dyn, 13). — 86. A Oren- 
diihim , 19 j.— 87. A Bulbul, grand wadi coulant avec bruit, 8 j. 

— 88. A Golol, 9 j. — 89. A Rotoke eau chaude sortant à gros bouil- 
lons, 3 j. Ce mot signifie «lavage», parce qu'on va s'y laver comme 
remède. — 90. A Bas-udu, i3 j. — 91. A Kotkudomo, 4 J. — 92. A 
Olgos, 11 j. — 93. A Dar Jamiis, i3"5 j. — 94. A Amaras, 15 j. 

— 95. A Bayadero, 4 j. — 96. A Daledumo, ville du trésorier du 
roi, 4 j. — 97. A la ville de Idris, 9 j. — 98. A Sabun (nom de roi), 
11 j. — 99. A Abrijrx, 7 j. — 100. A Jawamiah, 3 j. — 101. A la 
ville de 'AbdarraljmaJi, fils du roi, 9 j. — 1 02. A Yatoy, 4 j. ^ 1 o3. A 
Dubayn, i j. — 104. A Kïradum, ville de ceux qui fabriquent la 
boisson fermentéc, 4 heures. — 105. AFagirun, 4 h. — 106. A Util, 

4 h. — 107. A Korokua, 6 j. — 108. A Juraga, 4 J. — 109. A Ta- 
beldikoa , 2 h. — 110. A Marga Kuagele, 7 h. — 111. A Sona 
Kuagele, 4 j. et 1 heure. — 112. A Batal Kuagele, 3 j. — 1 13. A 
Kera Kuagele, 3*5 j. — 1 14. A Riah Kuagele, 7 j. — 1 15. A Bornu 
Kuagele, ville des gens du Bornu, 4*3 h. — 116. A Tas'a Kuagele, 
4 h. — 117. A Argel Kuagele, i'5 h. — 118. A Base Kuagele, 
3 h. — 119. A Base Udu, 5 h. — 120. A la ville de 'Ali, fils de 
Yaqiib, 8 h. — 121. A Jungur, 4 j. — 122. A Fagi Wada, 3-5 j. 

— 12 3. A tjajji al Bedaxi'yvi, 7'3 j. — 1 24. A Fagi Foka, i-3 h. — 
125. A Mararit, 7*3 j. — 126. A Zaru Kuagele, 2'3 j. — 127. A 
Maya Kuagele, 4 j. — 128. A Kayii Kuagele, 2-5 j. — 129. A 
Juryagele, 1*2 h. — i3o. A Karné, 4 j. — i3i. A Umagele, 3. j. 

— i32. A Dalyagele, 8 j. — i33. A Soba Kuagele, 6 h. — 134. A 
Gildïg, 5 j. — 135. A Turu, ville où l'on enterre les rois du Darfur, 



Wah'. 2 9 

6 )'. — i3é. A Kidukurian (n nasal), 3 j. — ilj. A Fogoâîâo, 3-5 j. 
— i38. A Motînoa Kiiang Mïdil, 8 j. [Mîdil veut dire wadi ou 
vallon arrosé par un cours d'eau.) — 139. A Abdian (n nasal). Mï- 
dil , 8 h. — 140. A Fogoâîdo, 4 j. — 141. A Miiru Mîdil, juadi 
plein de lions, 3 j. — 142. A Dabe, 4*5 j. 

Rivières du Darfur. 

Les rivières de Bulbiil et de Golol sont d'abord séparées par une 
montagne : elles se joignent ensuite et vont dans le Bornii. L'eau de 
Rotoke passe par Saga et puis entre dans Dar Frîtit. La rivière de 
Tiiroro va à Jabal Mara, puis Amaras, puis Kabkabya, enfin à 
Faz (!!!), car toutes les eaux de notre pays s'en vont dans cette grande 
mer qui mène à Stambul. Chez nous les petits ruisseaux vont se re- 
poser dans les grands, ceux-ci dans de plus grands et à la fin tout s'en 
va dans la mer (le lac) Tad. L'eau de cette mer s'en va à la grande 
mer de Stambul par une rivière qui la décharge du côté du N.W., 

mais j'ai oublié le nom de cette rivière : elle ne s'appelle pas Yen 

Toutes les eaux du Darfur s'en vont du côté de l'O. Il v a bien quel- 
ques rivières qui coulent vers l'E., mais elles finissent toutes par re- 
brousser chemin. Le pavs de Darfur est agréablement frais et non 
pas comme ici où le climat n'est que du feu. [En s'en allant, Idris 
ajouta que les lieux nommés ci-dessus forment la moitié seulement 
du Darfur. Il promit ensuite de compléter cette liste, mais s'y refusa 
le lendemain, ce qui joint à ses idées sur Fez (Maroc) et Stambul 
(Constantinople) me l'ont rendu suspect.] 

64. Wabi. 

Selon le Somali 'Ali Fahya, «il faut douze heures de route de 
Magaduxo à Hamaraivayn qui est derrière la petite île et vers l'in- 
térieur du côté du N.W. ou plutôt du N. Cette ville somali est fort 
grande. Le mot Ganana veut dire « queue » et s'applique au Wabi qui 
se jetant dans l'autre forme comme sa queue. Le Wabi principal se 
nomme Wabigi Wciyna ou le grand Wabi. 

Karanle est plus grand que Moha et plein de moustiques : toutes 



3o Bîlen. 

ses maisons sont des huttes en paille. Imi est plus grand o^o-Karanle; 
immédiatement au S. de Imi est un pays tout de hautes montagnes 
peuplées de mauvaises gens qui tuèrent mon cousin. Au N. de Imï 
il n'y a pas de montagnes. Karanle est au S.W. de Imi. Cette ville 
est OromOf mais il y demeure beaucoup de Majarten et de War- 
sangeli. Les environs sont un chaud Tîhamah (qiialla) et étaient jadis 
déserts. D'après le conseil d'un XayJf ils sont tous cultivés aujour- 
d'hui. Imi a un gouverneur Oromo qui se dit musulman. Karanle se 
gouverne comme Barbïrah et l'on doit y prendre un abban. 

Le Wabi porte radeau à hni (on n'y connaît pas de barques), mais 
près Imi il n'est guéable dans aucune saison. Outre l'hippopotame on 
y trouve le crocodile. La marée se fait sentir à Imi et à Karanle (ceci 
fut dit de son propre mouvement). Ces deux villes sont toutes deux 
sur la rive gauche du Wabi; personne n'oserait fixer sa demeure sur 
l'autre rive. Il n'y a pas de montagnes sur la rive gauche du Wabi : 
sur la rive droite elles sont très-hautes (il les comparait aux montagnes 
d'Ethiopie vues d'ici) et peuplées d'anthropophages. «J'ai oui dire-», 
ajoute-il, «qu'il faut sept journées de chameaux (120 milles environ) 
de Imi à la mer». 

Nojpbîr est le nom de la montagne noire et élevée qui forme le 
cap Ifafiin. De ce cap à Hajpi il y a 6 à 8 journées dans un désert 
selon le train que l'on mène. Imi est un nom de tribu. Karanle est 
celui d'un arbre dont le bois est odoriférant et qu'on brûle à cet effet 
chez les Somali. Cet arbre abonde aux environs de la ville. 

65. Barya, Bîlen, etc. 

'Aylat. 1841 : Août i3. Le Labka, torrent qui coule toujours (?) 
pendant la saison des pluies et se jette dans la mer, est la limite du 
territoire du Nayb du côté du N. Jusque-là il n'y a point de Ifabab; 
ce sont tous des Balaw. Tout près du Labka sont les Atïkles, puis 
les Ifabab, puis les Hadandoa qui s'étendent jusqu'à la mer, puis 
vient 'Aqiq. La langue de 'Aqiq n'est pas IJababi : un Somali et un 
Balaw m'ont dit qu'elle n'est pas celle de Sawakin. — Les Bîlen, 
les Bidel, les Na-tab et les Barya ont autant de langues différentes. 
Les Na-tab parlent deux langues. Les Bîlem sont chrétiens. La tribu 



hiarya. 3 1 

Malhitkena est la plus voisine du pays Ifababi du côté de l'ouest; 
le pays de Gax n'a pas de sécurité. 

66. Daga du Nord. 

Août lé. Le plateau éthiopien au N. de Giir'a s'appelle d'abord 
Ifamaseji, puis Dîmbij^n , puis Mansah , tous trois pays chrétiens 
(kostan) : plus au N. sont les Ifabab, selon la prononciation de 
Musa, Saho Toro'a. 

67. Sawakin. 

Les Béni 'Amar ont une langue différente de celle de Sau'akin selon 
Aly Fahya le Warsangeli. 

68. Wallo. 

Selon Abba Gabra MARYAM, chez les Oromo du ^V^tî//o un étran- 
ger qui reçoit l'hospitalité use aussi de la femme de l'hôte pendant 
tout le temps qu'il y reste. Hors de ce cas on tue néanmoins la femme 
surprise en adultère. 

6g. Barka. 

Barka est un pays sur la frontière du pays de Gax. 11 en vient à 
Bat'e (Muçan'w'a) des cornes d'hippopotame qui se vendent en 
moyenne à un talaro chacune. 

,^ 70. Inarya. 

Quant à la région appelée Inarya, selon Isma'il de Darita, elle 
n'est ni qualla ni daga. Seulement les villages de Safa et de Sadaîa 
sont des qualla. Les principales guerres de hiarya sont avec Nonno. 
Des pays Oromo séparent Limmu de Kaffa. Dans ce pays coule le 
Gojab grande rivière qui, selon Isma'il, ne paraît pas aller au Abbay. 
Les gens de Waratta disent qu'on leur porte le sel en poudre dans 
des bâtiments qui vont sur une mer salée partant de la ville Walamo 
(Lama ou Lamu?). Les gens de Waratta portent des balles de plomb 
autour du col. 11 dit ne pas connaître Sobice bien qu'il nomme sans 
hésiter un srand nombre de noms de lieux dans Limmu. 



3 2 Somali. 

71. Langues Ethiopiennes. 

Selon le moine Gabra MARYAM on compte : 1" Amarïnna. 
2° Dambîiîa. 3° Qiiarana ou Alafana. 4° Agaypïna. 5° Waytîna. 
é" Qîmatitïna. 7° Konfalîfla parlé dans le pays Konfal près Qiiara 
et ^/éi/a. 8° Falaxtna. 9° Gafatîna. 10° Jt^r/mTfna. 11° langue des 
nègres près le Abbay : ils appellent le feu <cbanja». A cette liste il 
faut ajouter 12° la langue sacrée. i3° Tîgrînùa. \^°V&uX.rQ Agaii^iiïa. 
15° ^a/zo. 16'' 'Afar. 17° Oromo. iS^' Gurage. 19" nègres Barya. 
20° Bïdel. 21" Bîlem. 22" /fa^f. 23° Kaffa. 24" Jïnjaro. 

Les Gînjar sont des Arabes entre l'Ethiopie et le Nil : plusieurs 
parlent la langue des nègres : le moine ne sait pas s'ils ont une langue 
à eux : ils appellent l'eau al ma (ce qui est arabe. J'ai entendu dire 
que les Gîmjar étaient émigrés d'Egypte : seraient-ce les nobles exilés 
de Psanimeticus?). 

72. 

^Aylat. Selon Fokak, Mansalj est indépendent de l'Ethiopie chré- 
tienne : Ifamasen et Dimbizan dépendent du dagasmat Wibe. 

73. Pays Somali. 

Miiçau'jp'a. 1841 : Septembre 6. Selon 'Ali Fahya, Behan est 
le nom d'une source chaude près la source froide (à chameaux) 
nommée Gaha et à 6'^ de Siara (en pays Somali). Gaha est un rvadi 
(vallon arrosé). On fait bien cuire de la viande dans la source de 
Behan et en y enfonçant une lance il en sortit des bulles d'air. L'eau 
coule au milieu des déimas (arbre? roseau? Jonc'). De Siara à Gaha 
on va au S. et très-peu à l'O. Nowbïl près Bulïmok est une source 
chaude. Nowbïr est une grande montagne dont la source sort; Buli- 
mok veut dire '. «où l'on n'entre pas». 

Il y a beauconp d'îles à l'embouchure du Wabi mais point de vil- 
lage ayant un marché. Oqda est le nom d'un des villages de Lamu. 
Le pays est malsain et les éléphants v abondent. Le Wabi, avant 
d'entrer en Ugaden passe par Obo, gens Jadis chrétiens (kostan) et 
qui parlent somali. 



Ifazzo. 33 

74. Barka. 

Ta)-:nkaba. 1841 : Septembre 23. Selon Roblc, Barka a des chré- 
tiens en petit nombre sur la frontière; ils furent pillés dernièrement 
Y>a.r\Vîbe. Le reste est un peu musulman et beaucoup païen. A Labka, 
sur le torrent ou la rivière, sont les Atîmarj'am. Les Atïkles occupent 
les alentours de la saline et sont païens comme la plupart des If abab 
qui en sont voisins. Roble connaît parmi les tribus hasi seulement 
les Ifadandoa parce qu'ils enlevèrent dernièrement 150 tèles de bé- 
tail aux Iféibab. Les If adandoa ont de beaux chevaux (ce qui suppose 
de vastes pâturages). Un Ifaàandoa c[ui vint vendre son beurre à 
Miiçaww'a refusa 150 talari de son cheval ce qui est une somme 
énorme. [Les Ifadandoa sont Bïja et non Ijasi.\ 

75. Tihamah. 

Le Tihaviéih arabe a ses torrents éphémères comme le Sainhar car 
selon la nouvelle arrivée dernièiement à Bat'e les Arabes avaient 
recueilli leurs dattes et les séchaient par terre non loin de Liihaj'j'ah 
quand un torrent a tout emporté. 

76. Barka. 

Selon Gabra MARY A M qui a demeuré un an k'Aylat, les élé- 
phants qu'on y voit en hiver (janvier, février, etc.) se retirent en été 
à Barka, pavs où on les chasse ainsi que les rhinocéros. (Ceci ten- 
drait à indiquer que les niveaux de ces deux pays ne diffèrent pas 
beaucoup. Si Barka était un daga, on n'v trouverait pas de rhino- 
-céros; mais d'un autre côté l'époque des saisons paraît n'être pas la 

même qu'à 'Aylat.) 

77. Kossa. 

Le village du Limmii de Watii, esclave de M. Degoutyx, vice-consul 
français, est ATo^^a; Tuf a était son abba gaiida. 

78. Ifazzo. 

Roble assure que la tribu des Ifazzo ne mange que de la viande 
et du lait : ces gens sont tous rouges 1 quoique par le fait ils demeurent 



34 Barka. 

dans le Sainhar. Ceci tend à confirmer l'opinion que c'est le soleil 
joint à une nourriture végétale qui noircit la peau à la Ionique.) 

7g. 'Ansaba. 

Zald. 1841 : Octobre 20. Selon un vieillard du ffavnisoi que j'ai 
vu à Qaj-ifîkor, le pays près de chez lui où l'on chasse le rhinocéros 
se nomniQ' Ansaba. Les gens du SéDiiliar ne m'ont jamais parlé que 
de Barka que le vieillard affirme ne pas connaître. 

80. Pays d'esclaves. 

Selon Johar, esclave oromo du Nayb, on tire des esclaves des 
pays suivants non nègres, mais cju'il appelle à tort tous Oromo : 
1. Liinmii. — 2. Jîmma. — 3. Nonno. — 4. Amurii. ■ — 5. Horro. 
■ — é. Gambo. — 7. Jîdda. — 8. luloma. — 9. Talleha. ■ — • 10. Leqa. 

— 11. Qaqa. — 12. Liban. — i 3. Badi. — 14. Kaffa. — i 5. Sïbu. 

— 16. Gudrii. — 17. Waratta. — 18. Kiita. — 19. Tambaro. — 
20. Boxa. — 21. Janjïro. — 22. Marako. — 23. Sïdama. — 24. Zur- 
ij^iia. — 25. Dawaro. — 26. Curage. — 27. Azabo. — 28. Raya. 

— 29. Hararge. — 3o. Wallo. — 3i. Wari Haymano. — 32. Guma 
qui a un roi toujours en guerre avec celui de Limmu. - 33. Ancarro. 

— 34. Dokko. — 35. Gara. 

Jïdda est sur la rive gauche du Abbay vis-à-vis les Agaw, et est 
borné au N. par les nègres : au S. et confinant au Abbay est Horro, 
et, en suivant, Amiiru. De Baso à ïnarya il y a comme de DiPiono 
â'Adjpa et un homme seul peut faire la route en huit jours. Il foule 
successivement Ainuru, Horro, Gambo, Jïmma et Nonno, ou 
Gambo, Leqa et Nonno, car il y a deux routes, A ïnarya qui est un 
waynadaga il fait un peu plus chaud qu'à 'Ad)pa. Les gens Sïdama 
qui ont un reste de chrétienté portent en guise de matab une lanière 
de toile de Snrat (maraipde) attaché autour du col. 

81. Barka. 

'Aylat. 1841 : Octobre 2 3. Selon Ldris, il faut trois jours pour 
aller d'ici à Barka, en passant par le Dïmbijan. On passait autrefois 
par les Lfabab, mais les extortions de ces tribus firent que le Naj'b 



Bîlem. 35 

a changé la route. A Bavka on est musulman et on parle Ijadarîhe. 
Les Ijabah parlent Tîgve [I)asi] comme les Balatp : il en est de même 
dans Asgida, contrée qui était chrétienne et a été convertie à la foi 
musulmane il y a aujourd'hui dix ans. — Octobre 27. Les autres 
langues parlées par les peuplades voisines sont : 3. la langue Barya. 
4. celle des Malhitkena et îjaâandoa. 5. la langue des Bïlem, peu- 
plade non loin d'ici et qui n'est ni musulmane ni chrétienne. 

82, Gïsïsa. 

'Aylut. 1841 : Octobre 3i. Aujourd'hui est parti pour Dïlfono (ou 
Dîfiono) Faraj, esclave de la famille du Nayb 'Odmau. On le dit 
xanqîlla (nègre), mais bien qu'il soit noir, il n'a aucun trait nègre, 
sinon les lèvres plus épaisses que les Oromo et autres Ethiopiens. Il 
ressemble par le visage et le teint aux gens de Waratta que j'ai vus. 
Il a été pris très-jeune et a passé par Gondar. Son pavs est au delà 
du Abbay qu'il nomme Aya, mot qui veut- dire eau. J'ai dû lui par- 
ler par interprète et en tïgre, car il ne connaît aucune de mes langues 
éthiopiennes. Il m'a dit que son pavs se nomme Gïsïsa gouverné 
alors par le nommé Wazani. Les pavs voisins qu'il connaît sont : 
1. Daliiia. 2. Wcihanza. 3. Uboqza. 4. Wahaqa. 5. Défila, é. Daban-{a. 
7. Mansa. Ces gens appellent leur langue Hîga baga, c'est-à-dire, 
si je ne me trompe, «langue de l'homme ou des hommes ». L'esclave 
m'a dit très-positivement que les ennemis de ses compatriotes sont 
les Amara et les Oromo, ce qui est assez contradictoire, car les Amafa 
selon Abba Gabra MARYAM ne traversent jamais le Abbay, sauf une 
seule fois où les^;«i/r;/, qui sontOro?;20, les repoussèrent avec perte. 
En outre, il n'v a pas de tribu Oromo sur la rive droite du Abbay et 
je ne crois pas- qu'ils traversent souvent ce tîeuve. En somme, je 
pense que cet homme vient de la rive droite du Abbay. J'ai écrit un 
échantillon de sa langue. 

\Aylat. Selon Idris, il faut trois jours pour aller d'ici aux Bîlem 
qui vivent dans un pays composé de basses montagnes. Ils ont beau- 
coup de bœufs et vaches, des chèvres aussi, mais point de chameaux. 
Des Bîlem à MansaJj il va 1-5 jour. Ces jours sont des journées de 
mules. Les Atïmaij'avi vivent près du Labka à 2-5 journées d'ici. 



36 Satihcyt. 

En hiver, ils se rapprochent d'un jour. Les Atïkles vivent dans 'Aii- 
saba. La langue tjadarïbe de Barka se rapproche du Saho. Ils 
disent Dahanc sini pour taybin (salutation arabe). Ils se disent issus 
du fjadramot (ce qui est une preuve de l'origine arabe des Saho, et 
par conséquent des 'Afar). Mon informateur disait : ces Ijadarïbe 
de Barka parlent le prolongement de la langue Saho. 

83. Sanheyt et ses environs. 

1841 : Novembre 1. Musa Mol]ammad Xangab qui parle un peu 
d'arabe m'a donné beaucoup de notions sur Barka et les Bïlem. Ces 
derniers sont chrétiens, mais n'ont rien de commun avec les chrétiens 
du haut pays qu'ils tuent quand ils les rencontrent. Ils ne portent pas 
matab, et ont des prêtres. Ceux-ci possèdent des livres qu'on garde 
dans la maison de MARIE à laquelle on offre tous les ans, vers l'époque 
de la Toussaint, tout le lait des vaches rassemblé dans un vase énorme 
porté par deux hommes. Ce vase est déposé dans la maison de MA- 
RIE; puis tous les troupeaux font trois fois le tour de l'église. Ces 
gens révèrent la croix et mangent volontiers la chaire musulmane. 
Toutes leurs relations sont avec Miiçan'jp'a. On leur envoie de là 
des toges et du drap rouge ainsi que des tapis qu'ils achètent en 
échange de bœufs et gardent chez eux comme valeurs, car ils n'en 
font pas usage. (Il faut donc que les Bïlem soient devenus chrétiens 
avant Gran dont l'invasion aura probablement fait perdre leurs rela- 
tions avec les chrétiens du daga, ou qu'ils aient reçu la foi chrétienne 
de l'Egvpte ce qui n'est pas probable. Je déduis ceci de l'absence du 
viatab et de l'indifférence pour la chair égorgée par les musulmans. 
— Dans quelle langue ont-ils leurs livres? — «Dans la leur», me dit 
Musa; elle est, sinon absolument identique, au moins très-voisine de 
la langue lyimtïga). Leur pavs est nommé Sanheyt par les gens d'ici. 
Leur beurre est tout-à-fait semblable à celui des Saho pour la qualité : 
ils sont très-hospitahers, et toute la terre de Sanheyt est plus petite que 
celle de Barka. Ils n'épousent qu'une femme et ont des Jeûnes. Leur 
pays abonde en éléphants, mais les girafes et rhinocéros, si abondants 
dans Barka, y sont fort rares. Presque toutes leurs eaux vont dans 
\&'Ansaba qui est le nom de la partie inférieure du cours du Marab. 



Barka. 3 7 

Barka a beaucoup de ruisseaux qui tous se jettent dans le Dumb'a, 
rîvière qui coule comme d'ici à Ziilla au milieu de palmiers à nattes. 
Dans la saison des pluies le Damb'a coule jusqu'à Badur ( 'Aqiq). 
Comme la position des frontières septentrionales de l'Ethiopie ne 
repose que sur des conjectures, les routes exprimées en journées ne 
donneraient pas la position de Barka. Voici au moins les pavs qui 
le ceignent : i. à l'O. Barya, pays de nègres. — 2. en marchant au 
S.E. Dambalas. — 3. Calama, qui confine plus au S. avec le Sarajue. 
— 4. IJamasen. — 5. Dîmbijan. — 6. Bet Mîmïn. — 7. S^nhcyt, 
c'est-à-dire, en suivant vers l'O., les villages suivants du S.^nheyt : 
^alale, Jufa, Karan, Magareh, Bet Gabrii, Dakke Kafana, Jan- 
gareyn, Harawya, Dabra Salah, mont fort, Dïgïla enfin qui con- 
fine à Barya. Barka obéit à Digéilal. 

Barya contient entre autres villages : al Gadayn, Hax bure, Kar- 
koda, Arnadda. Il faut cinq journées pour aller de.' Aylat à Barya. 

Quant aux noms de lieux dans Barka, voici la liste donnée par 
Musa : Asm'at Manaduk; Karayay; Dabana Z^awra; Ibn Wagar; 
Xagalgal, plaine sans pierres ni arbres, plein d'herbe et ayant de 
l'eau: Dabadab qui confine au Dambalas; Kalam; Tamarad, où il 
y a beaucoup de gros arbres; Gargar près le Ifamasen; Magawda ; 
Garantit; Barbaru, avant une eau courante; Kax, ayant un ruis- 
seau. 'Axïra près les montagnes et sans eau courante; Mamit, sans 
ruisseau; Baggu, vallée et ruisseau qui coule par Magawda et va 
ensuite à Manaduk. Le ruisseau Siihit se jette dans le Damb'a seule- 
ment pendant la saison des pluies. 

Les routes pour aller de Barka chez les Bïle)n sont : i. Tanka- 
lahas qui va de Barka à Magareh dans le Sanheyt. 2. l'autre route 
va de Baggu à ^aladi Incanaq, pavs de pâturages. 

Suite des noms de lieux dans Barka : 1. Seti. 2. Ingarsa. 3. Irua- 
lateg avec un ruisseau qui va au Damb'a. 4. Wasaka, ruisseau af- 
fluent du même. 5. Tahaiu, sans ruisseau. 6. Takalet, sans ruisseau. 
7. Ho\iyt sur le Damb'a. 8. Sabai-. 9. Xelab (ici nous descendons 
dans Barka inférieur). 10. Dabar Salah, avec ruisseau, est un pays 
entre Barka et Asfaday et a 800 lances. 11. Rahea, avec ruisseau. 
Nous revenons dans le haut Barka '. 1 z.Maskafalahit. 1 3. Surbiirtuq. 



38 Barka. 

14. Galddinit où l'on reste trois mois à faire paître. Ce lieu est tout 
près des chrétiens de Bet Nunian. 

En entrant dans le Sânheyt, le Marab prend le nom àQ.'Ansaba 
et traverse tout le Sanheyt qui contient les lieux suivants : 1. Ka- 
ranna. 2. Uiia (la première lettre est plus près d'un ii que d'un 11). 
3. Tantarua. 4. Gabejdabu. 5. Bab Jangareyn. 6. Marajan. j.'Ad 
Maadey. 8. Saladarïb. 9. Farljeyn. 10, Qp'onnï. 1 1. QatialJfeylay. 
li. Habi Mantal. i3. Gïjijda. \/^.Kiixpraba. i^.Hadaduq. 16. Kum- 
fu. ij. Xaxaroma. \%. Digi. i^. Haxala. 20. Jinv/a. zi.Magdare}] . 

(Comme les noms propres peuvent donner les relations antiques 
d'un peuple avec un autre, car chaque famille a ses noms d'affection, 
j'ai pris ceux des chefs des villages ci-dessus; les chiffres suivants se 
rapportent aux mêmes lieux que je viens de mentionner.) 1. Halîin. 
2. Teipodoros iils de Mahmiid. 3. Akte. 4. Asfaday. 5. Idris fils de 
IJasen. é. Iziiwz fils de Beyt. 7. Bîmanet fils de Tas/alun. 8. Dïrar. 
9. Xeka fils de Giyorgis. 10. Masmar fils de ^ïrit (dz et non ts). 
1 1 . XeJfar fils de Negasi. 1 2. Samaratpeh Hadar MAR YAM. 1 l.Anas- 
raddi. 14. Kuwraba est plein de tabac qu'on y cultive et n"a pas 
de chef. 15. Hakin fils de Mediyii. lé. Zamat. 1 7. Jahad '. ce village 
est petit et n'a que 40 lances, mais ils sont de fameux guerriers et 
tout le monde les craint. 18. Ajaj Turaj. 19. Adîg fils de Fidei. 
20. Niir ad dyn, fils de Amsas. 21. Dafil fils de Fidel. Il faut ajouter 
22. Bet Gabarit gouverné par Z^amara fils de Abit. Ce lieu est près 
de Maga'are}]. 2 3. Karan sous Mandîr fils de Idris. 24. Z^alali tout 
près de Barka sous Ara'adinn. 25. le même régit aussi Darak. 

Barka est plein de troupeaux, surtout de chamelles : les eaux y 
abondent ainsi que les girafes, rhinocéros et je crois aussi l'hippo- 
potame, car la langue tîgre a un nom pour cet animal. Le pays n'a 
pas de villages fixes, on change de place avec les troupeaux : en con- 
séquence. Musa dans la liste suivante ne m'a pas donné les noms des 
villages, mais ceux des chefs de chaque campement. Digalal L^ouxtrne 
toui Barka. Zamat c\\x\ lui est subordonné commande à 19 chefs de 
camps, savoir : i.'^Adarey, 200 lances. 2.' Ali Bakit, fils du n° 1, a 
150 hommes armés de lances. 3. îkud frère du précédent et riche en 
chamelles, 100 1. 4. Kasîir fils du n' é, 250 1. 5. Idris dai- fils du 



Barka. 39 

n 6., 100 1. 6. Muya Xangab, 70 i.; en devenant vieux, celui-ci a 
perdu l'autorité de persuasion que ses fils lui ont enlevée (ce qui ne 
dit pas beaucoup en faveur de la pureté des mœurs patriarchales). 
7. camp de Zamat lui même, 3oo I. 8, 9. ses deux fils, 3oo I. 10. Bayd 
fils de Ikiid, 3o 1. 11. îkjid fils de Ijammad, éo 1. 1 2. Ikud Kalax en 
3 camps 100, 50 et 50 1. 16. IJammeda fils de ïkitd, 150 1. ij.'Omar 
fils de 'Ali Bakit, 4 camps et 400 1. 18. Hainmad, 2 camps, 200 1. 
19. Ikiid fils àc^Omar, 160 I. Tous ces 19 chefs sont issus d'un 
même père. Le dernier a en outre 50 chevaux et 1000 chameaux. 
Les chevaux et les cavaliers sont entièrement couverts de cottes de 
mail et par conséquent très-redoutés. 

Suivent les noms d'autres camps : 2 1. Asala a 5 villages à 3oo lances 
chacun; il y a aussi 3o chevaux. Asala n'a pas de frères et ne craint 
au monde que Dif^alal. Il fait des incursions chez les Barya. 22. Gii- 
Vat Knkiiy a 700 lances, point de chevaux, mais beaucoup, beaucoup 
de chameaux. 23. Bet Bijal, 500 1. et un seul campement. 24. Was 
régit : 'Aly Mantalib fils de Mansur, 200 1. Adara, son frère, a 
150 lances. 26. Muljammad fils de Abrahim, 170 1, 27. Aray fils de 
Ibrahim, 150 1. 28. Antitaray, nom de lieu, 250 1. sous. ... (Ceci 
donne un total de 6660 lances selon Musa Xangab). 

\Ayltit. 1841 : Novembre 2. La moitié de Barka est plus grande 
que tout le Hamasen : Barya est plus grand que Ifamasen '. ses 
habitants ne sont pas nègres (xanqilla), mais ont un langage à part. 
Le Ifamasen est plus grand que tout le Sanheyt qui ne peut fournir 
que 1500 lances, mais ce sont des fameux guerriers qui ne se rendent 
jamais et tous leurs voisins les craignent. De 'Aylat à Wara dans le 
Dîmbijan, 2 journées. Le 3^^ jour on arrive chez les Bile77i. Du pays 
de Gax à Gondar 3 journées, ni*a-t-on dit. Mansalj se compose de 
deux petits pays dont le site est très-élevé et où il fait froid, savoir : 
Bet Xa^an au S. et Bet Ebrehe, nommé aussi Gulab, à une journée 
plus au N. Ce dernier village obéit à Tedros fils de Idris (son homo- 
nvme est en Sanheyt). Haxal fils de Samra gouverne Xal/an. De 
Mansah à Dunbijan, ou à Bet Mimïn, les distances sont égales sa- 
voir : une journée. 

Sanheyt, Bet Mïmin et Dîmbijan envoient leurs eaux au 'Ansaba. 



Ao Barka. 

Les eaux de Mansal] vont au WaqajTU qui se jette dans la mer. Par 
rapport à 'Aylat, Barya est en deçà du Marab [?]. Le Damb'a qui 
reçoit toutes les eaux du qualla de Barka se dirige entre Sanheyt et 
Barya. Le Sanheyt est plus élevé que Mut'at, mais pas beaucoup. 
Cependant Halhal est fort élevé. Je ne connais pas le Lidda. Les 
Atîkles vivent sur le 'Ansaba. (Les gens d'ici appellent parfois '^/z- 
saba toutes les contrées qui forment le bassin de cette rivière.) 

Faisant le tour de Barka par les frontières, il y a de Dîmbijan à 
^alale, i journée : de ^alale à Dabra Salah il faut toujours marcher 
tant que le soleil est sur l'horizon. De Dabra Salah au Dambalas 
lo journées. Je ne connais pas les noms des villages du Dambalas. 
De al Gadeyn (Barya) à Dambalas, 3 journées. De al Gadeyti à 
Calama, 8 jours. De Dambalas au Hamasen, 2 j. De Calama au 
Dîmbijati, 2 j., d'autres disent 1-5. Du Hamasen à Bet Mïmïn, 1 j. 
Calama est un pays chrétien (kostan), plus grand que Bet Mïmîn 
qui est aussi plus petit que Dîmbijan. Sarayve est plus grand que le 
Hamasen. Les eaux du Dîmbijan vont au Sanheyt. Dîgîlal, sur les 
frontières de Barya et Sanheyt, est un camp nomade, et n'y reste 
pas toute l'année. De Bet Mîmîn à al Gadeyn, 4 jours. De al Gadeyn 
à Dabra Salah, 3 j. Sanheyt est au N. (xam) du Dîmbijan. Les 
villages de la frontière du Hamasen vers Barka sont : A.'Addî Zaga. 
B. Hadazaga. C.'Adai- 'addî. D. Sahar qui contient sept villages; 
puis viennent A'a/za et D'axîm dans le Dîmbijan. 'Addî Baro (mar- 
qué dans la carte de Berghaus) est dans Calama. Nous ne connaissons 
pas de peuple qui se nomme Bidal. C'est le nom d'un Xaylf qui a 
résidé dans Barka et est aujourd'hui remonté sur le daga. Les Bidal 
doivent être les Ifadarîbe de Barka. 

84. Aylat et ses environs. 

lAylat. 1841 : Novembre 3. Selon Idris, «il y a la même distance 
dt' Aylat -A Dîlfono que toute la longueur du Dîmbijan. Il faut 1 -5 jour 
pour aller d'ici à Bet Xalfan (Mansah). Un jour de plus mène à Bet 
Ebrehe. Candag que j'ai visité est à la fois en Dîmbijan et en San- 
heyt. D'ici à Balua (dans le Dîmbijan) on monte : de là au Sanheyt 
tout est plenier, Candag est à l'E. de Bet Maman. Pendant notre 



'Aylal. 41 

hiver, Bel Ebrehe et Atîmaryam font paître dans la plaine de X'eb 

qui est sans pierres ni arbres et d'où l'on voit la mer. Xaffan fait 

paître dans celle de Gadgad sous le mont Gïrgïr, et on y sème 

aussi. Dîmbijan paît alors dans Dagre qui est au-dessus de 'Asus. Bet 

Ebrehe sème dans les districts : Haluli, Gamru, Sanabbad, Asqak, 

Taifheytat, et d'autres encore. 

Bet XaJ/an sème dans Ifamljam, Mïrara, KorîJ], Naivrah, Ba- 

gasa, Nalay, Ix'aba, Qaraca, Iniat Naf'e, Zîngïrba, Balua, Ho- 

:{iyt, Garad Kantebay, Garad Samiin'i, Garad Hamïs, Garad 

Haxal, Garad Haraba, Duwr, Darotay, Abitaq, Alg'ata, et Ka- 

wakîl. 

Route de 'Aylat à Sanheyt. 

1. D'ici à Kiisrat. 2. Tomfia. 3. Ga'aba. 4. Dubbiir X'eyr, sur le 
daga. 5. Hatawt, ibid. é. Ma'aldi, en bas; qiialla. 7. Magasas 
(daga). 8. Darotay. 9. Atikar. 10. Balmva. 1 1. Elabar'ed. 12. Tan- 
dag. i3. Adadug, bourg du Sanheyt régi par le fils de Madin. Le 
haut pays est partout bien arrosé. 

Route de 'Aylat à Bet XaJfan. 

1. A Girgir. 2. à Eyl'aro. 3. Alg'ata. 4. Zangura. 5. à Hamham 
qui est dans Xaf/an. 

Pour aller à Galab ou Bet Ebrehe (MaJisafj) : 1. à M^î^^. 2. Géi(i- 
g-^tf. 3. Laba. 4. D'abat. 5. Dabandagge. 6.Xile'o-ii. 7. Galab. 

De !4;^/a? à Karxum. 

Deux routes : 1° o. 'Aylat; 1. Salamona. 2. Wiyna. 3. Gararah- 
-4. Kazeyii, village dans Karxum. 2° o. 'Aylat; 1. Gai' a. 2. Kalal. 
3. Dîrfo. 4. Balaza, dans Karxum.. 

De Mj'/â:^ au Hamasen il y a deux routes : 1° o. 'Aylat; 1. GaJid'a. 
2. M'adat. 3. Afaj^ ^fz. 4. yl^;nara (Hamasen). 2° o. 'Aylat; 1. G<37z- 
rf'a. 2. Nabarat. 3. Earazïbba. 4. Z/'j^f/? dans Sahar (Hamasen). 
Ces journées sont censées faites par des gens chargés : autrement on 
ne mettrait que 2-5 jours au lieu de 4. 

Les guerriers deBajibebru portent une lance, un sabre et un bâton. 
Ils combattent tous à pied». 



Barka. 



85. Hamasen. 

'Aylat. 1841 : Novembre 4. Musa Xangab n'a pas compris ma 
question et me donne maintenant ainsi qu'il suit les noms des villages 
du Hamasen sur la frontière de Barka, en allant du S. au N. : Ha- 
zaga. 2. ^ada zaga, le plus grand de ces villages et le plus guerrier, 
fournit 3oo lances. 3. Balazanay. 4. Xaha. 5. D'axim. 6. Bet Maman. 

Distances près Barka. 

Prenant Bet Maman pour centre : de là à Calama, passant par 
Hamaseti, 3 journées : à Dambalas passant par Barka, 3 j. — De 
Bet Maman à al Gadeyn sur le daga des Barya et passant par le 
qualla de Barka, 3 j. — De Bet Maman à Hax Bure je ne sais pas, 
car il est très-loin. De Bet Maman à Dabra Salah, passant par In- 
cînak, l'S j. De Bet Maman à Jangareyji, 1-5 j. De Bet Maman 
à Bet Gabrn, i j. T>q, Bet Maman à Mag'areh, 1*5 j. De Bet Maman 
à ^alale, 3 heures. De l'autre côté de al Gadeyn à Calama, 6 j. De 
al Gadeyn à Dambalas, 3 j. De al Gadeyn à Dabra Salah, 3 j. De 
al Gadeyn à Jangareyn, 3'5 j. De Dabra Salïh à Dambalas, 8 j. 
De Dabra Saltlj à Barya, 2 j. Arnadda et al Gadeyn sont tout près 
l'un de l'autre. De Adar ada à Addî Zaga, 0-5. De Adar ada à Ca- 
lama, 12 heures de bonne marche. De Adar ada à Dambalas, 2-5 j. 
De Adar ada à al Gadeyn, 5 j. De Adar ada à Arnadda, 2 j. De 
Adar ada à Dabra Salîlj, 2 j. De Adar ada à Jangareyn, 2 j. De 
^^<sr ada à 5e^ Gabru ou à Mag'areh, 1-5 j. .4<^«/- aâfa est près de 
'AK/âif, c'est-à-dire de ce côté du Hamasen. 

Invasions de l'Egypte. 

On distingue le Sanheyt du Bet Tan^qey bien qu'ils soient tous 
deux occupés par des Bîlem. (Les villages du Sanheyt et de Bet 
Tawqey sont détaillés dans mon recueil des noms de lieux. 11 est 
naturel que je ne réponde pas de l'orthographe de ces noms puis- 
qu'ils me sont donnés par des natifs de Aylat étrangers au pays). En 
juillet 1841 Aljmad Baxa fit une incursion dans Barka. On fuit à 
son approche, mais les gens de Mary a noir se levèrent et prirent 



Barka. 43 

aux Turcs 3o chevaux et 150 fusils ou pistolets dont plusieurs sont 
aujourd'hui à Dïlfono. Les Ifadandiia aussi firent éprouver de grandes 
pertes au Baxa. Il est évident que MuJ-jammad 'Ali veut s'étendre 
par ici. Le ternie de cette expédition est à 5 journées de 'Aylat. Elle 
était partie du pays de Gax. 

Saline naturelle. 

1841 : Novembre 7. De \Aylat à la saline maritime il y a de 20 à 
22 heures de chameau (ou 40 à 44 miles, car je ne crois pas qu'on 
aille plus vite). On part d'ici à minuit environ. On mange une fois 
en route pour arriver à la saline au minuit suivant. On y dort 3 à 4 
heures; on se lève pour ramasser le sel qu'on sèche : à midi l'on part 
et l'on arrive à 'Aylat vers midi du jour suivant ou plus souvent vers 
3 à 4'' de l'après midi. Le sel est disposé sur la terre sous deux à douze 
décimètres d'eau de mer. Là où il n'y a que très-peu d'eau le sel est 
beaucoup moins blanc. 

86. Barka. 

Aylat. 1841 : Novembre 7. Selon Musa Xangab, les IJadaribe 
de Barka sont les mêmes que ceux de Sajvakin : leur langue est la 
même, [c'est-à-dire le Bîja] et leur nom de tribu est Xatab. Lors de 
l'invasion des Turcs ils montent dans le Dambalas. Les Barya ne sont 
pas nègres et parlent une langue différente de celle des Bîlem et de 
celle des Natab. Les Bïlem ne travaillent ni le samedi ni le dimanche 
et ne laissent même pas leurs veaux têter ces jours-là. Ceux du San- 
heyt contractent des mariages avec les gens du Dïmbijan et plusieurs 
d'entr'eux parlent la langue du Tïgray, ce qui n'arrive pas à ceux de 
Bet Tawqey qui parfois ne parlent même pas tigre. Les gens du 
Hamasen et du Dïmbijan ne portent pas tous le matab (cordon de 
chrétienté^ mais seulement les gens riches. 

Idée de Barka. 

L'esquisse ci-après a été faite par Musa Xangab, au crayon et sur 
une échelle deux fois plus grande. Comme Je lui objectais que si 
Bet Maman est à 3 jours de al Gadeyn, ce dernier n'est pas à 6 j. 
du Calama, il répondit obstinément que le papier n'est pas le terrain 



/LA 'Anseèa. 

et ne voulut jamais comprendre que les proportions pouvaient exister. 
Du reste, il convint qu'il n'y a que six Journées de Dabra SalaJj au 

O Mary a noir 
Barya Q Mary a rouge 

, ^ , O Gaheylabo 

o al iyadeyii 

o oHalhal 

Dabra Salah 

ojangarayn 

o Bel Tawqey 

r Barka, terre des Natab o2^aiaie 

fS MansaJ) 

^ oBet Maman 

Vs 

« Dlmbiian 



w 

«^ 



Hamas en 
Calama 



Damhalas. Tous les pays qui entourent Barka sont beaucoup plus 

élevés : Barka est un qualla et comprend seulement le bassin du 

DamVa. 

Sanheyt. 

Les pays qui entourent Sanheyt sont : i. Dïmbijan. 2, MaiisaJj. 
3. Bajibabru. 4. Bet Taii>qey. 5. Halhal. 6. Gabeylabo. 7. Dabra 
Salah. 8. Barka. 9. Bet Maman. 

'Ansaba. 

'Aylat. 1841 : Novembre 10. D'une longue discussion avec Musa 

Xangab WrésxAle: i^que le Ansaba est totalement distinct duMarab: 

seulement les gens de Hamasen qui descendent au Dïmbijan et au 

Sanheyt appellent le cours d'eau Marab. Mais les gens de ces pays 

là n'ont d'autre nom que Ansaba. Pendant la saison des pluies le 

A?isaba atteint la mer à Aqiq. Dans la saison sèche il se perd avant 

d'y arriver. 

Bassin du Marab. 

Quant au Damb'a, il réunit toutes les eaux de Barka et celles des 
monts de Barya dont la pente regarde l'orient : il se réunit ensuite 



N'a f ah. 45 

au Marab qui vient du pays de Gax et leurs eaux réunies vont vers 
Sawakin et finissent je ne sais où. 

Natab, etc. 

Béni 'Amar est le nom de la tribu des gens qui gouvernent Barka. 
Leurs Balaw (leurs grands, leurs patriciens) se nomment Xatab (j'ai 
entendu parfois iVa-^a/j) et leurs pasteurs ou domestiques se nomment 
IJadarïbe. L'un des chefs du haut Barka nommé Was avait con- 
tracté des alliances par ses fils, avec Bet Maman, Dambalas et Baiya. 
Il eut une querelle avec un autre, chef comme lui de 5 camps, et appela 
ses alliés; Bet Maman envova 20 fusiliers, Dambalas en expédia 
120 et Baiya contribua 200 cavaliers. Le chef rival ne les attendit 
pas, mais s'enfuit dans Barka inférieur. Barka est la mère patrie des 
Nayb de Dil/ono et leurs ancêtres étaient Natab. Les Natab, même 
enfants, ne vont Jamais à pied et usent de chevaux ou de chameaux. 

Les noms du n° 17 ci-dessus sont tous de Barya. Musa affirme à 
plusieurs reprises que les Barya ne sont pas Xanqïlla (nègres) et 
même qu'il n'y a pas de nègres dans ces parages. Il est certain que 
Bakita jeune esclave Barya qui est à mes côtés n'est pas une né- 
gresse, mais sa peau est fort noire, moins cependant que tel Balaw 
au nez aquilin. 

Les saisons et température de Barka sont les mêmes que dans la 
plaine de Miit'at : on peut donc provisoirement les regarder comme 
ayant tous deux la même hauteur. Lorsqu'on vient de Sawakin à 
Barka, on suit le Marab ( 'Ansabaj jusqu'à l'embouchure du Damb'a 
dont on remonte ensuite les rives jusqu'à Barka. 

Barya. 

'Aylat. 1841 : Novembre 11. (Bakita est Tîgray et non fille des 
Barya.) Ceux-ci ont le sommeil dur, dorment entre 3 feux, se disent 
bien musulmans, mais mangent de tout ce que Dieu a créé. (J'en 
conclurais presque que ce sont les xanqïlla des Ethiopiens du daga). 

tjabab. 
Il y a 12 à 15 ans que les tjabab ont abjuré la religion chrétienne. 



^é ffshab. 

Ils sont ainsi devenus pires qu'auparavant, car buvant le lait des 
chamelles, ils nous les volent, me dit Musa Xangab, bien qu'il soit 
musulman. D'ailleurs ils font et vendent des esclaves ce qui leur était 
défendu auparavant. Leur principal se nomme Kantebay Hedad et 
le Nayb vient de lui donner le cheval dont Zar-ay lui avait fait pré- 
sent. Les IJabab possèdent le terrain aux environs de Mîrsa Muba- 
raq, bien que les IJaâandoa y viennent pour piller, et ne restent sur 
les rivages de la mer qu'en été. Les Atîmaryam sont près le Labka 
et les Atïkles sur le 'Ansaba. Ils sont bien moins nombreux que les 
Ijabab. Le Nayb vient de mettre aux fers plusieurs Ijabab venus à 
Imakidlu pour y vendre leur beurre qu'il leur a enlevé, car il s'arroge 
la souveraineté sur ce pays. Un chef IJababi vient d'acheter pour 
40 vaches, ou environ éoo fr., un cheval du Dongola enlevé par 
Marya aux Turcs. 

Barka inférieur est tout près de Badiir ('Agiq) et à 3 jours de 
Barka supérieur si l'on descend, 5 ou 6 journées si l'on remonte. 
Le Amide, torrent de Baiya, s'unit au Damb'a lequel a très-peu 
d'eau dans la saison sèche et ressemble au misérable ruisseau de 
May Wuoy, puisqu'il ne s'unit pas alors au Marab (Ansaba). 

(Puisque les Romains connaissaient les Blemmyes qu'on peut 
presque identifier avec les Bïlem, je croirais que le Ansaba est le 
Astusaspes bien plutôt que le Mogven ou le Marab.) 

Add hasiy, Add 'Omar et Add Amar sont près de Agiq à une, 
ou tout au plus deux journées de la mer. Les Masabbat, sous-tribu 
des Habab, paissent aussi à la même distance de Badur au lieu dit 
Abhareyn. Les Add Maryam restent en été à Af'abad et en hiver 
descendent à X'îb. G'adam garsa est un village des Adkantebay. 
Naud est l'ancêtre commun de ces trois tribus. Son fils Fokak donna 
naissance aux Ijabab. Les noms de ses autres fils Tîkles et Maryam 
se sont conservés. En allant à la saline nous payons tribut à ces der- 
niers. Les Atïkles sont à environ trois journées N. E. du Sanheyt 
sur le Ansaba qui n'a là de l'eau en été que lorsqu'on a creusé à 
environ une coudée de profondeur. Cependant il y a encore de l'eau 
à ^abab, lieu désert où les Atïkles, Atï Maryam, Hadanâoa, Ijabab 
et parfois les Bïlem s'établissent de temps en temps pour détrousser 



Barka. 



47 



les malheureux voyageurs. Le Wnsaba coule entre 'Ad Brîhan, et 
Bajibebro d'un côté et Axïbo et Habiib de l'autre. Ce dernier est le 
plus éloigné de /^abab. 

Z^ahah 



Hahuh 



Axiho 



Bajibabro 



'Adhr'thaii 



Je ne sais rien, dit .V///.vc7 Xangab, de la contrée qui sépare les deux 
Barka; on la dit déserte. 

Hakin gouverne la partie du Sanheyt la plus voisine de nous. Il 
a douze houlettes de vaches ou 1800 têtes. Lui et Tcdroa se partagent 
le commandement de tous les Bilevi. 



87. Ancona. 

DîJfono. 1841 : Novembre 26. Un Oromo du Wallo qui m'a donné 
près de 100 mots nouveaux dans sa langue, m'a dit ne pas connaître 
le Ancona, que la plus grande rivière de son pays se nomme Borqena 
et va se Jeter dans le Awas. 11 m'a désigné une autre grande rivière 
duU''(s//()dontle nom, qui m'a échappé, ne ressemble en rien ixAjicoîia. 

88. Inscription. 

Mnhamniad lils de SalaJi, de Dï})Ono, m'a dit que tout près ïdaga 
Sïliis, non loin de Addï Makadah, près le m' TaJinïla il y a une an- 
cienne porte en pierre avec une longue inscription qui lui a paru 

bilingue. 

89. Barka. 

Aylat. 1841 : Novembre 3o. Musa Xangab me dit avoir questionné 
un homme de Dïlfono qui a fait par terre le vovage de Sawakin à 
Barka inférieur et de là à Barka supérieur. Quant aux cours d'eau, 
selon lui, le Damb'a se joint au Ansaba et va jusqu'à tout près de 
San'akm. De l'autre côté le Hawaxayt, gros torrent de Barka in- 
férieur, se Jette dans le Marab qui va à Dongola, 



4 8 Gax. 

go. Dêiga du Tîgray. 

Les gens de \Aylat et de DïJfono appellent Kabasa le daga éthio- 
pien, y compris Hamasen, Karxum et Dïmbijan. Quant à MansJjfj 
et Sanheyt, ils les désignent toujours nominativement. 

91. Tambaro. 
D'après Johar, le Tambaro est en deçà de Waratta et on y parle 

une langue à part. 

92. Nègres? 

A Dïlfono comme à Miit'at on tient que les Barya ne sont pas 
des xanqïlla (nègres): chez les Barya, «eau» se dit mba. 

93. Langue Ijasi : Marab. 

1841 : Décembre 25. Un homme qui se dit de la tribu Bïja de al 
Gadeyn me dit que la langue appelée par ceux qui la parlent tïgre 
est nommée Ifasi par les Arabes et par les Bïja. 

DïJfono. 1842 : Janvier 1, Cet homme m'a dit que sa langue est 
le Ijasi et qu'il ne sait pas très-bien le Bïja. Sa route la plus directe 
de chez lui à Ba^e (Muçaw)p'a) était par le Sanheyt, mais on lui 
a dit qu'il y avait plus de sûreté par les Ijabab et il a suivi cette 
route qui est bien plus longue, 

Gax. 

Près de lui était un homme à turban qui me dit se nommer Mo- 
Ijammad al Amin, natif de Dongola. Il était venu par le pays de 
Gax Jusqu'à Dïl/ono et compte partir pour le pèlerinage de la Mecque. 
Selon lui, le Marab se Jette dans le Gax ou plutôt la partie inférieure 
du cours du Marab se nomme Gax. La contrée dite Gax doit sa 
fertilité à cette rivière qui inonde pendant quatre mois un immense 
pavs plat. Le Gax se joint au Atbara en amont de Goz Rajab. Là 
dessus ayant demandé si une légère barque flottant sur le Marab ou 
Gax atteindrait le Atbara on me dit que non à cause des grands 
arbres qui abondent là. (J'en ai conclu, car Je n'ai pas pu en poser 
la question, que la Jonction a lieu seulement pendant l'inondation.) 



Fa Zoglo. 49 

Sur l'interpellation de Moljammad, neveu du Nayb, on répondit que 
le Marab a près de 2 mètres d'eau (il s'agit sans doute de sa pro- 
fondeur). 

Ma demande sur le Marab excita une vive discussion entre cet 
homme et un fils de al Gadeyn, qui prétendait que le Marab va 
près de Sawakin, et cette erreur chez un homme du pays explique 
parfaitement les idées erronées émises à 'Aylat ci-dessus. L'homme 
de Doiigola affirma qu'il connaît le 'Ansaba parfaitement bien^ qu'il 
atteint Tokar au sud de Sajpakin et qu'il mêle ses eaux aux eaux 
salées (mer Rouge). Le pays de Tokar (sic) et au-dessus s'appelle 
Baraka (sans doute le Barka inférieur des gens de 'Aylat). 

94. Fa Zoglo. 

Cette homme du Dongola me dit avoir voyagé dans le Fa Zoglo, 
le Fa Dassi et plusieurs autres noms que j'ai oubliés, car il faisait 
nuit. Selon lui, Fa veut dire « montagne » et il y a 99 (beaucoup de) 
montagnes voisines dont les noms commencent par Fa, car il n'y 
a d'important dans ce pays que les montagnes puisqu'ils contiennent 
beaucoup d'or. Ce pays est habité par des nègres, et les Oromo 
plus au sud le nomment Gubba : l'Ethiopie chrétienne lui donne 
un autre nom qu'il ne sait plus. Le pays Oromo le plus voisin se 
nomme Rebix (ou un nom ressemblant) et fournit des chevaux plus 
estimés que ceux de Dongola parce qu'ils courent autant et suppor- 
tent mieux la fatigue. La ville de Moijammad Ali est sur le Nil et 
très-peuplée. 

L'ancienne et énorme ville entre le Atbara et le Nil, dont il est 
tout près, se nomme Suba : il y a beaucoup d'images sur pierre. 
(S'agit-il de Meroé ou de Napata?) Les Gimjar ne parlent qu'arabe 
et éthiopien. May Bala est la principale rivière du Hamascn; le Na- 
faheyt n'a pas un cours continu. 

95. Azabo. 

Adipa. 1842 : Janvier. Selon le Bandaras Gomedin, Gugitf est 
le nom de la plus grande rivière chez les Oromo dits Azabo. On y 
trouve Zabiil, ville ancienne jadis habitée par les empereurs et dont 

4 



50 Tnarva ou IJjnmu. 

les diverses parties ont conservé leurs noms en amarïnha, comme 
Ahun het, etc. à GoJidar. Makare pays musulman. Wofïla, chrétien, 
et Lat, chrétien, continent au lac Haxa?igi qui n'a ni crocodiles ni 
hippopotames. 

Selon Gadalu, (mon serviteur Agmp) : ce lac couvre le site d'une 
ville du temps jadis qui fut engloutie. Il confine aux Oromo. On dit 
aussi Ifétxangi. Il n'y a qu'un seul lac Ijaxangi et non deux (comme 
le prétend la carte de MM. Combes et TAAnsiER). 

96. îtiarya ou Limmii. 

'Adwa. 1842 : Mars 27. Selon Tatamqe, mon nouveau domestique 
Tîgray, tort éveillé et qui a séjourné en Inaiya, la rivière "Did-esa 
sépare Limmu de Giima et se jette dans le Gïbe. Vu de Baso, Limnm 
est au S. S. W. Vu de Limmii, Kaffa est au N. W. et est par consé- 
quent plus près du Gojjani que Limmu [!!]. Jînjïro est à côté de 
Kaffa, mais plus à l'ouest vu de Limmu c'est-à-dire un peu au S. de 
Kaffa. Vu de Limmu, Waratta est droit à l'ouest, après avoir passé 
Jimma. Au S. de Limmu est Agabjay, pays Oromo d'où l'on tire 
des ânes pour les vendre à Limmu. En allant à Limmu, Leqa reste 
à droite quand on entre dans Nonuo. Dans Limmu la rivière Gïbe 
CQule à tteur de terre vers le sud-ouest à peu près et va Dieu sait où, 
en passant par Dambi qui est un marché et non une rivière mais 
dans Limmu. En allant à Limmu, Sibu reste à droite et Talliha reste à 
gauche de Lagamara en allant. Tallalaki est visible de Saqa, ville des 
caravanes, du côté de l'Ouest. Ce lac a englouti une ville ancienne et 
tous ses habitants, sauf une femme. Les Agalo sont des Oi'omo voisins 
et ennemis de Inarya. Damio est un pays près Leqa en route pour 
Limmu.' Après Lagamara on traverse le Gïbe qui coule alors vers 
l'est, revient sur lui-même et coule vers l'ouest quand on l'a traversé 
une deuxième fois pour aller au marché de Dambi. La rivière Bokaq 
coule près le masara de Abba Jobar d'où l'on descend pour couper 
l'herbe sur ses rives. Il se réunit au 1)ïd-esa, et près le masara (mai- 
son clôturée) de Abba Jobar sa course est du S. vers le N. Le T)id- 
esa coule vers l'Ouest. Sirro (Suwro) qui a une langue à part, est 
près Kaffa fces données sont mal orientées). 



Harar. 5 1 

97. Route de la grande caravane éthiopienne. 

Pour connaître la distance entre Baso et Iiiarya j'ai décomposé 
la route dans le plus grand nombre de stations possibles ce qui se 
tait en comptant les stations de caravanes d'après Tatamqe, car elles 
vont plus lentement qu'un messager isolé. 

1° De Muçajvn'' a à 'Adwa: 

0. Mï^'tva, Muçau'w'a des Arabes, Ba:i'e des indigènes. 

1. îmakidlu. 

2. Waynîgus. 

3. Ma-axetia, ruisseau. 

4. Af Araza ; Mîdîmar des chrétiens. Ici on laisse les chameaux 
pour prendre des bœufs. 

5. Bamba. 

6. Adaraso. 

7. Qayifikor. En descendant on v donne un talaro pour l'église; 
en remontant on lui donne la valeur d'un dum'x-talaro d'encens. 

8. Gur'a. 

9. Zalamt Iman. 

10. Xaha. 

1 1 . Kudafalase. 

12. Addî AHiie. 
i3. Addî Ruala. 

14. Guîndat. 

15. Marab, rivière. 
- 16. Mafj^ab allabo. 

17. Da'ïro TaJ/le. 

18. Adiim, après une longue marche. 

2° Deuxième route entre Miiçan'w'éi et Adji'a. 

0. Adwa. 

1. Rabbi ar-aj'annï; péage. 

2. Wahabit; p. 

3. May Maman, en Igala; p. 



52 Muçaww'a. 

4. Nugot; p. 

5. Balasa; p. 
é. j^arana; p. 

7. /g'i'r Zabo; p. 

8. ? sans péage. 

9. Agamatïn; p. 

10. Irret; p. 

1 1. Ma'arda. 

12. Ifalay; p. 

1 3. Xumfayto où l'on quitte les bœufs pour prendre des chameaux. 

14. La'îlajr Tabo. 

15. Taljtay Tabo. 
lé. Abarariga. 

18. 4///27e. 

19. Hamfiamo. On y passe la journée pour repartir de nuit avec 
une provision d'eau. 

20. W['(î. 

21. Taratîr; plaine sans eau. / 

22. Dilfono, dit IJarqiqaw par les étrangers. 

2 3. Muçan>)i^'a, dit 5tïf'e ou 5ti!;^'t; par les indigènes Tigre. 

3'' De 'Adwa à Gondar, par la route d'en bas, la grande caravane ne 
passant pas par la voie plus courte, mais plus pénible, du Simefi: 

0. Adim. "^'""-^ 

1. Majy Dalaîta 2*0 tout près. 

2. May Abaqat ir6 à côté de Aksum. 

3. ^a'ida Qalqy 7-6 

4. Tambuif 8-5 

5. Balas 7*6 péage. 
é. Afo^ Taman 11*6 p. 

7. Dambaguîna 11 -6 p. 

8. May Timqat 8-5 p. 

9. Takkaze 3*6 grande rivière. 

10. McT^ 14j^;2z" 8'5 p. forte montée; la distance horizontale 

est petite. 



'Adwa. 



53 



milles 

1 1 . Mqy Tabrî 1 1 '6 

12. May Laljtn 8*5 
i3. *Add Arqay 7-5 

14. Inzo, rivière 7*6 

15. Zarema, nwière 11 '6 

16. Dagusit 3*5 

17. Dibibafjr 3-5 

\%.Wiilkîffit ro 

19. Dabarîq 47 

20. TYrrt M^(S;zz 1 1'6 

21. Cambîlge 1 fé 

22. Anjîba meda j'6 

23. ^rg-î/ 7-6 

24. Kokoc 7 '6 

25. Gondar o-8 

total 187-4 



plaine; descente au Af(«(:fafcî, ruisseau. 

montées et descentes. 

p. forte montée et descente à la rivière 

Ansiya. 

montée et descente pour traverser ce gué. 

id. 
ruisseau. 

p. forte montée; distance horizontale 
estimée. 

très forte montée : distance horizontale 
moindre que de Adwa à Framona. 
p. distance approximative. On arrive 
sur le daga. 
p. plaine. 

montée et descente, 
plaine avec petites descentes, 
plaine. 

P- 
milles 



0. Gondar 

1. Tadda 

2. Waynarab 

3. Yfag 



4" De Gondar à Baso (Gojjam) : 

milles 

7-6 
3*4 



11-6 ici le nagadras (douanier) de Darita 
compte les marchands. 

4. Darita 7*6 p. 

5. Mantogora 0.9 lieu de rassemblement. 

6. Wurata 7-6 après avoir traversé la rivière Rd-». 

7. Gumara 7*6 rivière et p. 

8. Inqoqqo bar 3*5 montée et p. 

9. Tïqiir ypaha 7 '6 rivière et descente. 
Abbay (pont) petite montée et p. 



54 



Baso. 





millcr. 




lo. Tul 


7-6 




1 1 . Agata 


3-5 


forte montée; p. (Agïtta?) 


12. Goxoge 


7-é 


P- 


i3. Qplo gâbya 


7-é 


montée. 


14. Amadamid 


7-6 


de distance horizontale; montée et des- 
cente fortes. ! 


15. Arag 


7-6 




lé. Gouianztir 


11-6 


plaine boisée. 


17. Dambata 


7-6 


P- 


18. Madaca 


3.5 




19. Amuata 


11-6 




20. Camoga 


3-4 


montées et descentes (dit Comoga par T.). 


22. Btî.SO 


3-5 


P- 


total 


150-0 


milles 



2. 
3. 

4. 

5- 

é. 

7- 
8. 

9- 
10. 

1 1, 
12, 

i3 

14 
15 



5° De Baso à Saqa. 

milles 

Yagorar, lieu de réunion près i:i(.750 

Abbay, rivière (après une forte descente) 1 i.é 

Aradan'ro, montée 7 '6 

Asandabo (après une montée) 5 '6 

Maroiua (plaine sur le daga de Giidrii) 7*6 

Giidrii (nom du district non donné) 7*6 

Tubbe 3-5 

Jïmma (dans un crmc) 7 '6 

Tum-e 3-5 

Lagamara (toujours en Jïmma) 7*6 
Gf^e ; rivière coulant vers l'E. La rive gauche se nomme 

Jajpe gamina; la rive droite s'appelle Jajve ayatisa 3'5 

Lofe 7'6 
Guadab, rivière allant vers l'E. 

Leqa (montées et descentes) j-6 

Gole 3-5 

, Tadali 1 r6 



Baso. 55 

milles 

lé. (nom oublié) 7-6 

17. Gababe; puis vient un erme 3-5 

18. Mogada 76 

19. Kara Tabbi (dans Inarya) 1 ré 

20. Masara Abba Jobar 1 ré 

21. ^jç/dZ (séjour des marchands) i ré 

total 149*5 

Je demandai ensuite quelle était la longueur de chaque journée en 
prenant pour points de comparaisons des distances aux environs 
de 'Adwa sur la route de Dïgsa qui nous était connue. Tdtamqe a 
nommé seulement trois distances, savoir : A. De 'Adwa à May Qa- 
nï-i ou Kokma. B. De 'Adwa à Rabbi ar-ayannï. C. De 'Adwa 
aux vignes de Mansal] , ce que je crois être la station mentionnée 
comme fin de ma 131*" journée de route (Géodésie d'Ethiopie, 
page 3é7). Or de May Qanï-i à 'Adwa je suis venu en yi heures 
et la distance — 1 2 milles. J'ai supposé la marche uniforme partout, 
ce qui s'écarte peu de la vérité, car les montées et descentes ne sont 
pas grandes pour l'Ethiopie. J'ai eu donc une movenne de 2-25 milles 
à l'heure et ^ - 12; 5 - 8'i et C =- 4-1 1 milles, nombres que j'écris 
à côté dans les tableaux ci-dessus. Je ne crois pas qu'il soit possible 
de faire mieux en Ethiopie lorsqu'on interroge un indigène. 

Cependant en prenant la position de Guandar [Gondar] d'après 
M. RuppELL et celle de \Adiua d'après mes propres observations, on 
aurait, en suivant les sinuosités de la route sur la carte du voyageur 
allemand, 135 milles seulement au lieu de 195 que donne Tatamqe. 
Il est plus que probable que ce dernier aura exagéré les distances 
parce que les caravanes marchant avec des charges pesantes qui se 
dérangent souvent en route, on s'y fatigue beaucoup. Si l'on réduisait 
les routes dans la proportion de 195 à 135, on aurait loé milles pour 
la distance horizontale parcourue de Gudndar à Baso et la môme 
distance de ce dernier lieu à Saqa; mais il est difficile de prouver 
que l'exagération suit la même proportion partout. 

D'après mon tour d'horizon n" 58, la distance de Aksiim à 'Adwa 
est égale à ii-3 milles dans le plan horizontal : j'ai parcouru cette 



jé Walqayi. 

distance en 5-1 heures faisant aller ma mule, à ce qu'il me semble, 
plus vite qu'à l'ordinaire ce qui au taux de 2-35, coefficient adopté 
ci-dessus, ferait 2 milles ou 0-7 mille de trop, différence insignifiante 
(1/17 de la distance totale), si l'on considère la simplicité de la me- 
sure. Comme à l'ordinaire, la distance est encore un peu exagérée 
ainsi qu'il arrive presque "toujours dans l'estime des routes soit par 
terre soit par mer. Dans cette course j'aurais dû adopter 2*1 3 milles 
à l'heure, car il fallait environ o'^*2 de May Xuni au point d'où j'ob- 
servai l'azimut et peut-être un peu davantage. 

[J'ai laissé la note précédente telle qu'elle a été écrite en 1842, pour 
montrer à quel degré d'erreur on s'expose en se fiant à des résultats 
non contrôlés et à une carte fautive. Celle-ci ne peut être reprochée 
à M. Rûpprl; en effet, l'astronome allemand qui a calculé l'occulta- 
tion observée à Incatkab paraît avoir changé la minute notée par 
cet éminent voyageur. En la rétablissant, Gondar et 'Adipa se rap- 
prochent, tout en s'accordant avec les triangles qui m'ont servi ulté- 
rieurement à lier ensemble ces deux localités. 

En 1842 je n'avais pas encore établi le réseau de ceux qui ont 
fourni plus tard les vraies positions relatives de 'Adwa et de May 
Qanî-i; je ne pouvais les déduire que du temps de parcours et j'ai 
pris celui de la 238^^ journée de route. Pour avoir les trois distances 
^, jB et C en milles géographiques il fallait en outre établir le taux 
de marche, supposé uniforme, et j'ai employé à cette fin la seule 
distance que j'eusse encore obtenue alors, celle de \Advua à Aksum. 
h Cette route est en deux plaines dénudées et n'a qu'un 
escarpement de 200 mètres environ pour monter sur 
le plateau de cette dernière ville. Le chemin se com- 
pose de plusieurs sentiers tracés par les foules qui se 
rendent aux nombreux marchés et dont quelques-uns 
s'écartent notablement du trajet direct, ce qui explique, 
au moins en partie, les écarts des huit routes citées ci- 
contre. La première colonne indique le numéro de la 
journée de marche; la seconde donne, en heures et 
dixièmes, le temps employé; la moyenne est 4-5 heures. Comme la 
distance en ligne droite est 11 '05 milles, le taux de marche déduit 



? 


4-4 


p 


3.4 


46,7 


49 


75 


4-8 


256 


51 


259 


4 '4 


262 


4-6 


254 


47 



185-4 


+ 59'i 


123.1 


+ 0-8 


z-j-o 


+ 1-9 



Xingeti. 57 

de cette moyenne est 2-5 milles par heure. Ce taux serait moindre 
dans une région plus accidentée : il s'applique d'ailleurs à une troupe 
de dix voyageurs au plus, tous peu chargés. Une caravane de 200 
hommes et bêtes doit cheminer plus lentement. 

Les renseignements de Tatamqe donnent ce que j'ai pu obtenir 
de moins vague sur les distances en me bornant aux dires des indi- 
gènes. Dans la liste ci-dessus des bivouacs de la grande caravane, 
j'ai corrigé d'après ma carte les distances A, B, C. Il reste à voir de 
combien les distances totales s'écartent de la réalité : 

distance réelle distance estimée différence 

'Adjya à Goiidar 126*3 milles 

Gondar Q. Dambaîa 122-3 > 

Dambaîa à Baso 28-9 » 

Baso à. Saqa 1257 » i49'5 +23-8 

Comme on devait s'y attendre, l'estime est le plus souvent exagérée. 
Le grand excès de chemin parcouru entre 'Adwa et Gondar s'ex- 
plique par le fait que la route est détournée de la ligne droite jusqu'à 
\Add Arqay pour éviter le terrain fort tourmenté qui sépare, dans 
le haut de leurs cours, les six rivières qu'on traverse à gué sur la rive 
gauche du Takkaze. En outre, j'ignore quels obstacles dans le Z^ïmbîla 
poussent vers l'ouest le chemin suivi jusqu'à Dambaguîna. Ces deux 
causes amènent un écart de 59 milles. 

Le plus grand ensuite est entre Baso et Saqa. 11 s'explique en 
partie par le besoin de diminuer les dangers d'un grand erme en s'é- 
cartant vers l'ouest pour atteindre à Giyo un lieu habité. L'écart de 
cette route est de 14 milles seulement, car le trajet du masara Abba 
Jobar, estime 11 -6 milles par une erreur évidente, n'en atteint pas 
deux selon mon temps de parcours noté,] 

98. Xingeti. 

'Adiva. 1842 : Avril 29. Selon un pèlerin parti de son pays qu'il 
nomme al IJaiv : « je suis allé de chez moi à Fas (Fez) et puis à 
Tanger d'où j'ai pris la mer pour aller par l'Egypte à la Mecque. 
Aujourd'hui je m'en retourne par terre après 4 ans d'absence. Mon 



58 'Afar. 

pays est sablonneux, a beaucoup de puits et point de rivières, de 
l'orge dont mangent les nombreux chevaux, et du froment. Les 
chevaux boivent le lait des chamelles qui abondent. La plus grande 
ville est Walata : de là à Tafilat, 40 journées; de ce dernier lieu à 
Fas, 10 journées ou en tout 50 journées sans grandes montagnes. 
De Walata à Tenboktu, 20 journées; de Walata à Tuwat, 40 ).; de là 
à Tunis, 40 journées. Il y a 4 ans, on se battait à Tenboktu pour le 
gouvernement et les Tiuparag semblaient devoir l'emporter sur l'autre 
parti.» Cet homme me dit qu'il s'en retournerait chez lui par Sannar, 
Kordofan, Darfur, Bornu, Hajpsa et Tenboktu, mais il n'a pas par- 
couru cette route. Jusqu'au Darfur il ira par caravanes : au delà il ira 
tout seul, car les marchands sont plus exposés, dit-il, que de simples 
pauvres pèlerins. 11 me donna les noms de lieux suivants dans son 
pays: «-Tixit; al N'ama; Xîngeti, nom de district; Wada; Atar\ 
Tijîgja; Raxid; Xaft; Tugba; Mahayrît; Taranni.» 

«Les gens du Xîngeti me dirent qu'au N. de leur pays est Baqna; 
à l'ouest est Tefilat; au N. est Sabejrt, ainsi que tfalyaqla, Xasatidi 
et puis le Nil.» (Ce qui me persuade que ces trois derniers lieux sont 
au S., car il m'indique le sud en disant al ja «le nord».) 

99. 

'Adwa. 1842 ; Mai 6. Mol] amm ad Ibrahim de Darita qui assure 
avoir été huit fois à Limniii, me dit hier qu'on traverse le T)ibe deux 
fois avant d'aller au marché de Dambi, que cette rivière coule ensuite 
vers l'E. et sépare le pays chrétien de Xîwa du pays Oromo, ce que 
j'ai peine à croire, bien qu'il me l'ait répété trois fois. Il me dit de 
son propre mouvement ensuite qu'on va du Limmu au Xïwa en 
douze jours, qu'on porte ainsi du civet à vendre, mais que cette route 
est pleine de voleurs et très -peu sûre. [La suite de mon ouvrage 
montre que ce n° 99 est un tissu d'erreurs.] 

100. Langues près Sannar. 

Selon le pèlerin AJjmad dont la tribu se nomme J'adin, les langues 
parlées dans les environs du Sannar sont les suivantes : 1. Denka. 
— 2. Fa Zoglo. — 3. Xiluk. — 4. Janga. — 5. Nuba. — é. Gumis 



Inarya. 59 

dans Fa Zo^lo. - 7. Barta à côté du précédent. — 8. Hamaj qu'il 
dit n'être pas Oromo. — 9. Tas^alaipi. — 10. Arabe surtout. 

5elon AJjniHd, du S.~inmjr à Sibu il y a sept journées de mulet, 
car la distance est plus grande que d'ici ('Adiua) à Muçavprp'a. De 
Sibu au Fleuve Blanc il y a trois journées. Le Yabiis a sa source dans 
Dileb, pavs de tribus arabes. Le Maleb a sa source chez les Iba, de 
race Oromo, puis se jette dans le Nil et non dans le Abyad (Fleuve 
Blanc), car c'est ainsi qu'on nomme ces deux rivières. Personne au 
Sannar ne sait où cette dernière prend sa source. 

Xakuryah est le nom de la grande île comprise entre le Atbara 
et le Nil. Dans cette île se trouvent deux grandes villes antiques, en 
ruines aujourd'hui. La plus grande se nomme Suba. La plus petite, 
à deux journées de la première, s'appelle Marawi [Meroér]. 

De l'embouchure du Gax (Méirab) dans le Atbara (Takkaze) il 
y a 5 journées jusqu'à Goz R.^jab. De Goz Rajéib à Baharaz, 8 jour- 
nées; de Goz à Xandi, 12 journées. Le Tuma se jette dans le Fleuve 

Blanc. 

De Fa Zoglo à Sanja, 3 journées. De Sanja à Akalu, 3 journées; 
de Akalu à Fa Sig, à côté du Fleuve Blanc, 5 journées. 

Les noms des tribus Oromo que connaît le héijji AJjmad J'adini 
sont : Liban, Horro, Jîmma, Lagamara, Sibu, Calliha, Danno, 
Garjeda, Doranni, Jïdda. Les Xïnaxa sont au nord et à gauche 

de Tum-e. 

Dobanah (le plus puissant), Baasa, Zakobas, Fades, Qiialquus, 
Sahales sont des tribus Barya. Les tribus du Bct Kum sont Bay- 
gada, Dade, Ketfe, Kiklada, Moleraga, Megaezbe, Gana, Sele, 
Hamta, Xalada, Elmsi, Lekîste. Le Lidda se jette dans le Marab 
par une pente très-rapide (voir l'histoire de Yasu le grand).» 

ICI. Hauteur du plateau de Inarya- 
Ci-joints sont les noms de vingt arbres qui croissent sur le plateau 
de /^za/X'T, d'après les renseignements de Tatamqe. Ils forment un en- 
semble de végétation tout à fait pareil à celui qu'on voit aux environs 
de 'Adiya et bien qu'il faille admettre quelque chose pour une latitude 
plus méridionale, M. Schlmpek croit pouvoir hxcr d'après cette liste 



6o 



Waèi: 



la hauteur du plateau de ïnarya à tout au plus 6500 pieds, ou moins 
de 2200 mètres. Il faut ajouter à ces arbres le cafeyer qui abonde et 
le birbîrsa, grand arbre que Tatamqe compare au tïd. Il y a en outre 
le sïmbo, arbre qu'on ne voit pas dans l'Ethiopie du nord. 

Noms d'arbres 
en Tigrïhna. en Amarînna. en Oromo. 



TambiiJf. 


Misanna. 


Makanisa. 


'Afat. 


Atat. 


Kombalca 


Kumal. 


îxxe. 


Kiialati. 


AjpHey. 


Wanza. 


Wadesa. 


AwVe. 


Wayra. 


Ejersa. 


Siinkya. 


Lonkuata. 


Diikono. 


CatVa. 


Gïrar. 


Lafto. 


Andel. 


Gamaro. 


Aragama. 


Qiiantafttife. 


Qantaftaffa. 


Ara gain a. 


Kerowafi. 


9 


9 


9 


Koxaxîlla. 


Kosorro. 


Sagla. 


Xola. 


Oda. 


Kodo. 


Bamba. 


Harbu. 


Agatn. 


Agam. 


Agatnsa. 


Tasos. 


Kïtkîtta. 


9 


9 


Gratina. 


Ebica. 


Balas. 


Balas. 


Ltigo. 


GuVey. 


Guïlqua. 


(Ricin). 


Giinaguna. 


Insat. 


Qofo. 


Angiile. 


Imbiiay. 


Hiddi. 



[Ma liste de positions géodésiques donne, au n" 1, 1965 mètres 
pour l'altitude de Adipa, et au n° 61 3, 1887 mètres pour celle de 
Saqa. La différence n'atteint pas 80 mètres; j'ai pu donc savoir l'alti- 
tude approchée de Inaiya longtemps avant d'avoir visité ce pays.] 

102. Zawaya. 

Selon le messager du roi de Xhva, le lac Zawaya est au milieu 



Gonga. 6 1 

du pays des Gurage et contient dans son milieu un ginb (construc- 
tion en pierre) où Graîi n'est pas entré et qui renferme, dit-on, une 
foule de trésors. Un Anglais a voulu y entrer, mais on lui en a refusé 

la permission. 

103. Agaw. 

Les noms des tribus Arva ou Agaw occidentaux sont : Zigmn, 
Tara, Matakal, Banja, Dangïla qui comprend les Kuakuiraf Akako 
et Askuma. 

L'esclave Janjîro ou Ijaxal de M. Degoutin, vice-consul de France 
à Muçajpw'a, s'appelait Du-mate dans son village de Daja. Son père 
se nomme Orbene, sa mère Safïre, son frère Bakkame. Le roi s'ap- 
pelle Amano. 

104. Gonga, dits Xïnaxa. 

Ibsa, affranchi Oromo devenu marchand dans Gondar, me dit ce 
qui suit : 

«Addo Ibsa, c'est-à-dire Addo fils de Ibsa, gouverne le pays Si- 
71ÏC0. Waxt et Zaykub sont ses conquêtes. Son patrimoine était le 
district de Liiqma. Son grand père se nommait Godatia. La langue 
du pays se nomme Goiigo et se rapproche de la langue Sîdama. On 
y pratique la circoncision dans l'enfance. Les tribus des Gonga sont : 
1. Waskato, mot qui signifie «aîné». — 2. Jarabru, ou puiné. — 
3. Kîtiso, ou cadet. — 4. Sïdo ou «émigré» fils de Gobit et né en 
pays étranger. — 5. Ma-afo ou fils naturel. — 6. Dabbino (dam- 
farajoc) ou juges. — 7. Arnay, dont le rang n'est pas établi vu son 
ancienneté. — 8. Les Asïs qui dans les jugements sont assimilés aux 
aînés, mais leur rang est bien inférieur, car ils sont fils d'une femme 
ou enfant féminine. [Cette expression ne se laisse pas comprendre.] 
Le père des pères de toutes ces tribus est Allano dont le fils fut 
Abbo Jangab». 

«Leur pays est un qualla : ils payaient tribut aux Oromo, mais le 
roi actuel s'est rendu indépendant et le proverbe 78 s'applique à ces 
conquérants qui vont de bas en haut, contre l'ordre de la nature, 
disent les Oromo avec assez de raison.» 

«Les plantes qu'on trouve dans le pays Sînîco sont : 1. Warka. 
z. Bamba. 3. îocxe. 4. Kîrkïrra (Ansya du Tigray). 5. Ankua, très- 



62 Kaffa. 

gros. 6. coton en abondance. 7. Girar (mimosa). 8. Again. 9. înkiiay 
(prunier). 10. Homar (tamarin) près le Abbay surtout, peu nom- 
breux ailleurs. 1 1. Sarkin. 12. Aiibaco sur la montée qui sépare les 
Sînîco des Oromo. i3. Maïs. 14. Maxïlla (sorgo) blanc. 15. Tef 
blanc, lé. Dagiisa, dont la variété blanche ressemble au Dokn des 
Arabes. 17. très-peu d'orge, 18. Niig. 19. Sïmsïm. 20. citrouilles 
énormes. 21. calebasses. On n'y cultive ni froment, ni fèves, ni lin.» 

105. Kaffa et pays voisins. 

Gondar. 1842 : Novembre. Mon nouveau domestique est vieux. 
11 se dit natif de Jïmma Badi (autre que Jïmma Abba Jîfara) et 
porte le sobriquet de Abba Gudda. Il me donne les renseignements 
suivants : 

«Le pays nommé Waratta par les Oromo est appelé Dawro par 
les indigènes : Dajvriia signifie «habitant du Waratta». Dans ce 
pays se trouve un lac grand comme la moitié du lac Tana : on le 
nomme Coxa. Tout à côté est le mont Boka sur lequel on va égor- 
ger des victimes, comme les Saho sur leur mont Faâum. Waratta 
est un vaste pays et divisé en trois royaumes, qui combattent sou- 
vent entr'eux et puis font la paix pour aller se battre contre Kaffa. 
Me^o obéit au roi Abba Etero. — 2. Kullu obéit à Halalo. — 
3. Goba est sous le roi Abuna. Le lac Coxa est dans Me^o qui est 
un pays chrétien. Goba est principalement peuplé de païens : Kullu 
aussi est païen, 

La source du Guajab est dans Gamru', il va dans Goba et se réunit 
au Uma. Cette dernière rivière va au Nil, Le Gibe qui a trois sources, 
dont deux dans Inarjya, va au Guajab. Le Uma va dans le pays de 
Mallo, qui est sur sa rive droite : Les Dokko sont sur la rive gauche. 
Les Dokko ne sont pas nègres, mais de couleur mêlée, absolument 
comme dans l'Ethiopie du nord. La langue Dokko se rapproche de 
celle de Waratta. 

Tout Waratta est un qualla et produit beaucoup de coton. Kaffa 
est un daga : le qïrhaha y est si abondant qu'on s'en sert pour les 
haies et les maisons. Il n'y a pas de montagnes dans Kaffa. Les gens 
de Waratta désignent Kaffa sous le nom de Gomara. 



Kaffa. 63 

La principale ville de Kaffa est Boga. C'est la plus grande ville 
d'Ethiopie. Les maisons de Boga sont en qîrhaha et couvertes avec 
son écorce qui est forte large et mince; elle prend une belle couleur 
par la fumée. Tout Kaffa est très-grand, comme deux fois le Bage- 
mïdîr; il faut un mois pour le traverser. Gf^i est le nom de la rivière 
de Boga. Le Gf^/ est très-grand, comme le Guajab auquel il se réunit 
plus loin. On y noie les condamnés à mort. Les Stdama appellent 
le Giiajab Godofo. Gofa, dans le Waratta, est tout près des Dokko 
et loin du lac Coxa. Les eaux de ce lac sont douces, mais on n'en 
boit pas parce qu'elles sont sacrées. On y sacrifie un enfant tous les 
ans. On porte l'enfant bien coiffé et orné de kuïl, on le porte dans 
l'eau jusqu'à la ceinture puis on le plonge et il meurt. Si l'on puisait 
de l'eau de ce lac, l'esprit de l'enfant sacrifié tuerait le sacrilège. 

Il y avait dans Inaiya un joli village appelé fallalaki. Notre Sei- 
gneur y entrant un jour demanda de l'eau et on la lui refusa. Seule- 
ment une vieille femme lui donna du lait et Dieu lui dit d'aller dans 
la nuit du jeudi sur la montagne voisine avec ses enfants et ses trou- 
peaux. Au point du jour le village fut remplacé par un lac qui existe 
encore. (Cette histoire de la merde Sodome est racontée par les Agan» 
au sujet du lac Ijaxîngi et par les Vl/>r pour leur lac d'eau salée.) 
Il fait froid à Kaffa, froid comme en Simen et personne ne sort le 
matin de bonne heure à cause du froid. Il y a dans le pays de hautes 
collines, mais point de montagnes. Le peuple est vêtu de cuir comme 
jadis dans l'Ethiopie du nord; les gens riches seulement portent des 
vêtements de coton qui sont si communs dans le Waratta. (Il taut 
qu'il existe de bien hautes terres du côté de Kaffa, car dans le Fo- 
gara comme à Gondar le vent du sud est beaucoup plus froid que 
celui du nord.) 

Au-delà de Kullu qui appartient à Waratta est Dokko qui touche 
à Kullu et à Goba. Malo est un autre pays qui touche Dokko et 
Goba. Les gens de Malo et de Dokko sont tayyïm (couleur de café 
au lait sombre). Les Jajo sont à côté des Malo : ils sont tout-à-fait 
blancs et amara (chrétiens). Ils sont une race différente dispersée dans 
le pays Malo. Leur pays est au loin du côté de la mer. Ils sont habillés 
de toges comme tous les Ethiopiens. Les Jajo sont rouges comme les 



64 Kaffa. 

Arabes et non rouges comme les Européens. La rivière principale des 
Malo se nomme Gî\i, mais ne paraît pas être la môme que celle de 
Boga. De Boga au pays Malo il y a dix à douze jours de route, La 
langue Malo est distincte des langues voisines et du Dokko. Malo est 
un qualla très-chaùd, et produit du coton en abondance ainsi que du 
niaxîlla. Le Gîii du Malo est plus grand que celui de Boga, et va 
dans le pays Suwro qui est peuplé de nègres. Il n'y a pas de pays 
appelé Walenso. Les Walamo sont des nègres. Le Giiajab se joint 
au Uma dans le Malo. 

De Liminu au Guajab, 3 journées. Du Guajab à Boga 1*5 jour- 
née. De Bogahla. frontière du Dawaro, 8 journées; même distance 
de Boga à Wîxay où demeure le roi Abetero aujourd'hui remplacé 
par son frère Sadîq. De Wîxay à Goba, 4 journées. De là à Malo 
3 journées. De là au pays Dokko, 2 journées. 

Les Dokko sont gros comme des hippopotames (comparaison per- 
mise chez des hommes grêles, comme la plupart des Ethiopiens). 
Selon A. G. ils sont très-musclés et ressemblent en tout aux Sawaîjïli 
(ces derniers sont les plus beaux nègres que j'aie vus). 

Les Tambaro sont voisins de Jîmma Badi avec lesquels ils sont 
souvent en guerre. Leurs cheveux sont si longs qu'ils peuvent s'as- 
seoir dessus. Leur pays est plein de chevaux. Leur teint est noir, mais 
il y a des gens tayyïm chez eux. 

Le mont Boka est immédiatement à l'E. du lac Coxa. 

Le roi de Boxa alla voir celui des Sîdama (Kaffa) qui lui donna 
un bœuf gras, mais au lieu de remercîments il reçut la réponse sui- 
vante : «Tu me prends pour un imbécile en me donnant une bête 
qui n'a pas les dents d'en haut.» On remplaça le bœuf par un beau 
cheval et le roi de Boxa fut content. 

însat, froment, orge, et fèves seulement, voilà les récoltes des 
Gamro qui sont nègres. Ils ont beaucoup d'épeautre et leur pays est 
froid comme le Simen. Les mêmes récoltes prédominent en Kaffa. 

Guida est le nom d'un district très- froid où. le roi des Sîdama 
exile ses condamnés. Si un exilé est pardonné, il mange pendant un 
an aux frais du roi comme compensation d'une sentence présumée 
injuste puisqu'on pardonne. 



Kaffa. 65 

Kaffa paie des contributions (principalement de bœufs aux cornes 
gigantesques) à Ahha Jïfara, chef de Jîmma, et Waratta paie des 
contributions de toiles à Ahha Baggibo, roi de Inarya. 

Le lac de Coxa est allongé de l'est à l'ouest : ses rives sont des 
collines escarpées. Il n'y entre aucune rivière un peu considérable, 
et il n'en sort aucune. 

Lorsqu'un musulman prie dans Boga, il a la face tournée vers 
Limmu : s'il prie en pays Dokko, il a Biiha, pays Waratta, au N.W. 
[Il faudrait dire N.E.] 

Le Uma coule au-delà du pays Smpro, laissant Wïxay à gauche 
et Kiillu à droite. Ahha Giidda s'obstine à dire que le Uma coule de 
l'est à l'ouest et ajoute : « Le Guajab et toutes les rivières du monde 
coulent vers l'ouest comme le soleil. » 

Parmi les lieux mentionnés dans l'histoire de Gran, Wambarya 
a été reconnu par Ahha Gudda comme appartenant au Dawro. 

Les Gamro ne sont pas nègres purs, mais mêlés de noirs et de 
rouges (ce qui confirme la règle qu'il n'y a pas de nègres purs dans 
les pays froids. Gamro doit être froid, puisque le Guajab y prend 
sa source). 

Il y a dans Kaffa des sanctuaires nommés Les femmes 

seules y mangent des œufs. On sait que les Oromo n'en mangent 
point. Les Sîdama ont, comme les Oromo, des nobles qui ne man- 
gent ni graine de lin ni muscle biceps : d'ailleurs on n'y mange jamais 
du poumon. Il y a des dabtara (clercs d'église) dans Kaffa. 

Le Giidrii est borné à l'est par le Gudra, rivière qui le sépare du 
Liban; au N. par le Abbay qui le sépare du Gojjam; à l'ouest par 
- le Toman qui le sépare du Horro et dont la partie inférieure se 
nomme Agul. Dans le Toman est une île très-grande, en longueur 
surtout, où l'on ne peut entrer qu'en bateau et où l'on se réfugie en 
cas de guerre. Près de cette île et au sud le Toman s'élargit en une 
vaste fondrière. Du côté du S. le Gudrii est borné par les districts 
de .... et de ... . 

Le Horro qui touche aussi le Abbay en aval du Gudrii est séparé 
du Amuru par un ruisseau sans conséquence, mais surtout par un 
erme rendu inabordable par de nombreux fossés entremêlés d'arbres 



66 Kaffa. 

abattus où l'on ne peut passer qu'en se courbant et sans charge. La 
grande route de Amuru au Horro passe par un défilé étroit où il y 
a un péage. 

Les Amuru qui confinent au Abbay en aval du Horru sont sépa- 
rés du pays de Sînîco (Xinaxa?) ou des Gonga par le Fînîa, rivière 
qui coule à gros bouillons dans le Abbay. Abba Gudda ne connaît 
pas la rivière Roma, ni le Maleg. 

Le Totnan est en aval de l'embouchure du Dannaba qui lui-même 
est en aval du Burqa Abbo dont la source est, comme celles du 
Abbajr et du Takkaze, à gros bouillons. Le Dannaba était jadis la 
limite du Gudru, mais ce dernier pays, à force de guerres, a élargi 
ses frontières. Le Gudra coule presque partout dans un qualla et 
en conséquence ni reçoit aucun tributaire important. 

Sibu touche à Horro, à Gambo, et à Amuru. Ses habitants sont 
pour la plupart nègres noirs. Jadis un d'entr'eux tua un musulman 
et fut ensuite atteint d'une paralysie aux jambes d'où l'on décida qu'il 
ne fallait jamais tuer un musulman. Il y a quelques années des mar- 
chands éthiopiens mi-chrétiens, mi-musulmans, révoltés contre les 
droits énormes de Gudru, résolurent d'aller à ïnarya par Horro et 
Sibu. A leur entrée dans ce dernier pays, on leur dit de désigner les 
amara, c'est-à-dire les chrétiens, qui pourraient être chez eux, afin de 
les tuer. Comme les marchands effrayés dirent qu'il n'y en avait pas, 
on fit égorger un bœuf par un musulman et tout le monde dut s'asseoir 
au festin. Les amara trouvèrent moyen de fourrer dans leurs cein- 
tures chaque morceau de viande qu'ils coupaient comme s'ils allaient 
le manger. [Manger de la chair musulmane équivaut à une apostasie.] 
Ces marchands parvinrent à Inarya, mais il est bien résolu depuis 
qu'aucun marchand ne mettra les pieds dans Sibu. Pour aller du 
Gojjani à hiarya par Sibu, route qui est plus longue que par Gudru, 
on devrait en traversant le Abbajr entrer dans Horro, mais le précipice 
Jatpi qui borne le Horro du côté du Abbay, est tellement escarpé 
qu'une bête à quatre pattes ne peut pas y passer. Ainsi on va d'a- 
bord en Amuru, puis en Horro. Les gens de Sibu sont Oromo 
xanqîlla, c'est-à-dire Oromo nègres, bien que le pays soit un daga. 
Ils sont très-braves. Du côté du N. Sibu est borné par Jîdda qui est 



Zawaya. 6 7 

probablement le pays Oromo le plus septentrional. Abba Giidda ne 
connaît pas Rebix. 

Les amole de Iiidarta entrés en Gudru sont fendus selon leur lon- 
gueur dans les deux sens de manière à former quatre longs et minces 
amole. S'ils sont assez larges, on donne deux coups (de scie.^) et on 
en fait six amole. Ces sels minces vont ainsi jusqu'à Kaffa, mais il 
vient des amole entiers jusqu'à Kaffa par une autre route et ceux-là 
pénètrent jusqu au Waratta. (Ce long trajet du sel prouve à mon avis 
qu'il n'y a pas, comme M. Degoutin me l'a dit, un centre de com- 
merce important au S.W. de Kaffa, car alors on devrait apporter le 

sel de la mer.) 

106. Lac Zawaj^a. 

D'après l'histoire de Gran, et selon le xayl/ Sa'id MiiJjammad al 
Baçrawi, à qui j'ai prêté ce manuscrit arabe, il y a 50 Dajazmac 
en Dann-o et chacun gouverne plusieurs balad (pays). 11 y a trois îles 
dans le lac Zawaj et on y navigue trois jours de suite. Ces îles sont 
éloignées entr'elles. Chaque île a trois églises. Sans y entrer, Graii dit: 
quittons ce pays et allons à Hadiya. Xïngit a la mer à l'ouest et ses 
ports sont Andar, Andirir, Injil, al Batija, Bjdiir et Aniyal. Du 
côté de l'E. est Tawat : au S. est Sasandi, pays de noirs païens et 
le fleuve Nil. Du côté du N. sont Ijîyl, marécage salé, et en arrière 
de cela la mer salée. Les noms de ses baldan (villes? districts.") sont: 
Tïxit, Walat, Araipan, BujbeJjah, Tinbukt, Idar, Basïknu, Arxan, 
al Baruk, Xakki, mont Fadra, Om al Al^ar, Grirbaynimvt, Qad- 
dani, Tinjpakkir, Ixmîym, al N'ima, al IJawd (th doux anglais), 
al Rîgaybah, Ifla, Tîjînt, Tajaqja, Aftiit, Tïzqart, Xïmamah, Ajan, 
-Makan:^ Akïrtay, Bunaamah, Wadi al Ganam, 'Ujpaynat Savraq, 
Karta, 'Alla, Bagnah, Walanba-, Danqa, Nyamna, Sasandi. Voilà 
les principaux", il y a d'ailleurs beaucoup de villages. De Tawat à 
Afîdar 4 mois de route. De Sasandi à Jil 4 mois du S. au N. 

Yajîbe. 1843 : Avril 24. SaHd Moljammad m'a donné les nou- 
velles suivantes d'après un marchand de Yfat. Le lac Zayvaya est 
long comme de Liifjayyah à Mo/fa et contient trois îles dont une 
plus petite que les autres. Dawaro, qui est différent du Waratta, est 
un vaste pays qui s'étend du Kaffa au Hararge. Il est tributaire de 

5" 



68 Gurage. 

Kaffa ou du Harar selon le voisinage, mais le centre est indépendant. 
Le chef actuel du Harar a enlevé bien des pays au Dtiwaro. La re- 
ligion de ce pays est païenne, chrétienne et musulmane. Les musul- 
mans sont les plus nombreux. Wayzaro, si souvent mentionné dans 
l'histoire de Gran, est une ville à marché journalier et plus grand 
que Gondar. 11 est sur la frontière des Gurage. Cet homme nomme, 
comme du temps de Gran, Damot tout le haut plateau Sïdama et 
Oromo. (Damot dans la presqu'île du Abbay est aussi un plateau 
élevé et, en Ylmorma, damoca signifie «froid».) On vend beaucoup 
d'ivoire àa.nsWayzaro. Du temps de Gran, Dawaro avait cinquante 
daj-azmac [généraux], ce qui suppose un très-grand pays : c'était 
d'ailleurs le pays le plus riche du Ntgiis (roi des rois éthiopiens) et 
son grand commerce peut expliquer la puissance et les splendeurs 
antiques, car aujourd'hui en Ethiopie il y a peu de commerce et point 
de richesses. Waratta serait au N.W. de Kaffa. Hadiya et Bali existent 
encore sous leurs anciens noms. (Il suivrait de tout ceci que les Oromo 
auraient forcé un passage à travers le Dawaro pour venir dans Bali.) 

107. Gurage. 

Je donne les renseignements suivants pour ce qu'ils valent, car je 

n'ai vu qu'une seule fois le xayJ^ de Argubba qui me les a fournis. 

Comme je lui demandais les rivières du Gurage, il me donna les 

20 noms suivants : Gox va au Jaw. Halak se joint au Guajab. Sut 

et Hadiya vont au Maybar. Bagos va au pays Somali. Ququs se 

joint au Hawas. Hadîs va au Qiis. Feq au pays Gurage; Fïl au 

Gol; Qjus au Hanïs, Ayn au Jama; Marbo et Hauts auWalaka, qui 

se joint au Borka. Les autres rivières du pays Gurage sont le Jor, 

le Callaka, le Jarx, et le Arus. Le Gol se rend au lac Zarvaj. Il me 

dit en outre que le Wabi va au Jama et que ce dernier se joint au 

Nil (d'où l'on voit qu'il ne faut pas prendre ses renseignements à la 

lettre). 

108. Gonga. 

D'après un Oromo de Amuru que j'ai vu dans Asandabo, au N. 
de Amuru est Sînîco (Xtnaxa ou Gonga) gouverné par Ado Ibsa. 
Au N. encore est Hebantu (ou nom analogue), pays Oromo; puis 



Gonga. 69 

viennent les nègres Bagya. Cet homme ne connaît pas le nom de Fa 
Zoglo ou Fa Dassi. 

Un autre me dit qu'il est très-sûr d'après le témoignage oculaire 
d'un Orowo que le 'Dïd-esa se Joint au Abbay avant d'arriver à Sannar. 
Ceci me fut confirme par un autre et il m'est résulté de ce qu'il m'a 
dit que le T>ïcl-esa coule à l'ouest du Amiirii dans un qualla et sépare 
le qualla de Hebantu, pays Oromo, des nègres Bagya qui doivent 
être du Fa Zoglo. Mais ni l'un ni l'autre de ces Oromo ne connaît 
ni Rebix ni Gubba. Le T)iâ-esa doit probablement avoir un autre 
nom dans le bas pays. Dans le haut, il abonde en crocodiles et en 
hippopotames, mais les crocodiles n'attaquent pas l'homme au pas- 
sage. 

Selon une négresse de Sînîco, le Mogor, grosse rivière qui se jette 
dans \e Abbay, sé^axo, Hebantu de Talliha Sînïco. Jldda est un daga. 
Elle ne connaît pas le T)îd-esa ni le nom de Yabus. 

109. Curage. 
Un Curage dont les manières m'inspirent confiance, mais malheu- 
reusement sorti de chez lui fort jeune, m'a dit ce qui suit : «le pays 

Curage est un daga sans montagnes. Les habitants s'appellent 

Les Curage se battent avec Kaffa qui est leur voisin, et achètent 
leurs toges aux Janjîro qui sont près d'eux. Leur pays est plus petit 
que Hadiya qui est leur voisin, et musulman, et dont la langue est 
différente de celle des Curage. Les Hadiya disent _;ïra pour «feu» 
(ce qui rappelle le gîra des Saho) et sab pour «homme» (ce qui 
rappelle le sab-i du Tîgray). Cette langue est du reste voisine de 

'celle des Curage». 

iio. Yamma. 

Qobbo. 1843 : Juin i3. Musa, natif de Jîmma et dont la maison 
est sur la frontière des Janjîro, me dit ce qui suit : De chez moi au 
Cïbe il y a une heure ou deux. De chez moi à Bor, ville capitale des 
Janjîro, un peu plus de 6 heures. Bor, sur une montagne, est le 
séjour ordinaire du roi. Son palais a tous ses piliers en ter et une 
source d'eau dans l'enceinte fournit à tous ses besoins. Il ne dort que 
le jour et ne porte jamais d'armes, mais bien un sceptre de ter, de 



^Q Yamma. 

sorte qu'on pourrait dire le roi de fer. Après Bor vient Axkatana 
qui est aussi une belle ville, puis Xororoa. Le roi réside aussi parfois 
dans ces deux villes. Tout le pays Janjïro est un daga, mais moins 
élevé que celui de Kaffa : il est compris entre deux rivières, le Gîbe 
qui se Joint au Giiajab et le Omo qui est un vaste et large fîeuve et 
se rend à la mer. Le Giiajah se joint au Omo à angles droits selon 
Musa et avant que le Omo ne longe la frontière Janjïro. Les berges 
du Omo sont un qualla où l'on sème le coton. Il en est de même du 
Gîbe. (Le Omo, selon toutes les apparences, est identique avec le Uma 
des gens du Waratta ou Datpro.) Les habitants du Janjïro ne se 
coupent pas les cheveux avant de se marier. A cette époque, ils se 
font enlever le testicule gauche, opération qui, selon eux, rend l'homme 
courageux. Cette opération est rarement mortelle. (On peut remar- 
quer à cet égard que les peuples sémitiques ont toujours pris plaisir 
à porter le fer sur les parties sexuelles. Juifs et musulmans pratiquent 
la circoncision qui est aussi usitée chez les Janjïro. Les gens â.\\\Asïyr 
en Arabie s'enlèvent toute la peau du pubis et des parties viriles.) Les 
Jafijïro n'ont de hari ou esclavage légal que pour les jeunes filles. 
Tous les esclaves mâles de ce pays sont le résultat de vols. Les gens 
de ce pays regardent comme très-honteux de cohabiter avec la femme 
d'un autre, opinion fort singulière en Ethiopie. Ils se disent chrétiens, 
mais n'ont ni prêtres ni églises. Le pays est plus petit que Kaffa. Il 
est aujourd'hui en paix avec ses ennemis naturels, les Jîmma et les 
Tambaro qui ne sont pas nègres. Le Omo a sa source dans le Walamo, 
pavs dont la langue est à part et dont le roi Tigre est indépendant 
de Kaffa. Ses habitants sont chrétiens et recherchent les matab (cor- 
don de soie bleue porté en Ethiopie comme signe de chrétienté), 
de même que les gens de Kaffa. La source du Giiajab est dans Géra, 
pavs Oromo. (La similitude de ce nom avec le Jub qui doit être la 
partie inférieure du Omo me ferait croire que les gens du Kaffa 
émigrèrent de l'Inde et portèrent le nom avec eux. Je ne comprends 
pas bien la situation relative des trois rivières Oino, Gïbe, et Giiajab.) 
Il y a beaucoup de warke (ïnsat ou sorte de bananier) chez les Jan- 
jïro et leur pavs est bien boisé. 

Yamma est le nom national de Janjïro. Ce dernier nom leur est 



Walagga. 7 1 

donné par les gens de Kaffa et par les Oromo. Ils se disent origi- 
nairement du Gojjam et observent strictement le samedi et le dimanche 
comme dans ce dernier pays. Le jeune homme qui est né avec un 
seul testicule ne souffre aucune opération. Les Yamma ôtent les 
entrailles de la bete qu'ils ont égorgée, avant la mort complète. Ils 
honorent la croix, mais n'ont ni prêtres ni livres. Ils sont plus rouges 

que les gens de Kaffa. 

III. Walagga. 

Bakko est un qualla au-delà (à l'ouest) du IDîd-esa qu'on m'a en- 
core assuré se réunir au Abbay. Les Oromo du Gudru vont y chasser 
l'éléphant et les chasseurs sont sujets à contracter un typhus de la 
plus mauvaise espèce. Au-delà de Giima est Walagga; au-delà en- 
core est Sayo, pays Oromo, puis Snwro, pays de nègres. Walagga 
n'a pas de roi et est plein d'or et de café. 

« Pour aller [de Inarya] dans Guma, on traverse le T^îd-esa, autre- 
fois sur une barque, mais le nègre qui la conduisait est mort et per- 
sonne n'a pu apprendre à la conduire. Il y a beaucoup de crocodiles 
et d'hippopotames dans lo.'Dîâ-esa, mais ils ne font mal à personne. » 
Il y eut à cet égard une discussion entre Moljammad Jamil et un 
autre qui a été à Sannar et il m'en est résulté qu'on ignore où sont 
les sources du Fleuve Blanc et que le T>îd-esa se réunit au Abbay 
sous le nom de Yabus. (Il est vrai que c'est moi qui nommai le 
Yabus.) Moljammad Jamil soutenait que le Gîbe coule vers l'Est : 
il envoyait même le Guajab au "Dïd-esa, ce qui prouve le peu de va- 
leur des renseignements de gens qui n'accordent d'importance qu'aux 
questions commerciales. 

112. Sur le Limmu et l'Habahia de M. Jomard. 
Donguro. 1843 : Juin 27. Etant en Gudru, je vis plusieurs gens 
du Horro et je les questionnai sur l'existence de Sobice, Dambi etc. 
Je suis, à part moi, parfaitement convaincu que le Oromo qui a donné 
ces renseignements à M. Jomard est de Limmu près Horro. En eftet, 
1° les riverains Oromo nomment le Fleuve Bleu Abbay a, avec un 
hamzah ou hiatus initial, et M. Jomard a une fois écrit Abaya, 
sans h; 2" Dambi a été bien reconnu par mes gens; 3" le Horro se 



-, 2 Limmu. 

divise en gamojji et badda (qualla et daga); 4° le pays voisin du 
côté opposé au Abbaya est Sibu, pays de Oromo nègres, dits xan- 
qïlla. Il est vrai que je n'ai pas reconnu Sobice, mot qui fait sourire les 
Oromo en général, parce que sobice signifie <.< menteur » : mais comme 
l'a observé un Oromo, ce sera le nom d'un tout petit endroit. Main- 
tenant que mes idées sont fixées sur le manque de peuplades Oromo 
au sud de Inarya, je ne puis admettre l'existence d'un grand fleuve 
Habbqya de ce côté-là. Il est certain que M. Jomard fait couler son 
fleuve vers le S., tandis que le Abbaya près Limmu et Sibii coule 
au N., mais il ne faut pas accorder trop de confiance aux renseigne- 
ments d'un enfant, puisque Tatamqe, jeune homme de 20 ans, très- 
intelligent et venu depuis un an seulement de Inarya, faisait couler 
vers l'ouest le Gïbe de Leqa. M. Jamil , vieux routier du commerce 
de Inarya, en faisait autant en discutant, sans être questionné par 
moi, avec Abd al Jabar. Abba Gudda, patriarche des voyageurs de 
Inarya, m'a positivement dit la même absurdité dans Gondar. Au- 
jourd'hui, à une journée du Gïbe, il me dit le contraire. Moi aussi, 
d'après les renseignements très-concordants des Somali et des Arabes, 
j'ai fait couler le Wabi au sud de Magaduxo, ce qui est nettement 
contredit par cet admirable monument géographique, l'histoire du 
Imam Afjmad. C'est que des natifs d'Afrique qui n'ont pas servi 
comme pilotes sur la mer accordent fort peu d'importance aux azi- 
muts ou directions vraies, et moi-même, malgré des questions réitérées 
auprès de Oromo intelligents, je n'ai pu apprendre que tout dernière- 
ment à Dannaba comment s'appellent en oromo les quatre points 
cardinaux. Maintenant qu'on m'objecte que l'informateur deM. Jomard 
n'a pas nommé Horro, c'est ce qui m'étonne, mais il n'a même pas 
nommé son clan et il est ainsi probable qu'il ne connaissait que sa 
tribu Limmu. Il est remarquable que ce jeune homme était circoncis 
et il en était de même de l'esclave du Horro qui resta 15 jours chez 
moi à Yajîbe. Cependant il est positif que les Oromo ne pratiquent 
la circoncision qu'au commencement de la 4"= année de leur gada. 
Moi-même, au Abbay ou Abbaya, je vis plus de cent jeunes na- 
geurs qui n'étaient pas circoncis. [Voir Bulletin, Soc. de géog., 1839, 
p. 5 • • • 21.] 



Walagga. 7 3 

113. Walagga. 

Moljauimdd Jamil, qui est chef de notre caravane, me dit que 
les Arabes du Saniiar viennent par le Fa Zoglo jusqu'en Walagga 
pour leur commerce, ce que je crois à peine, car alors qu'est-ce qui 
les empêcherait d'aller à biarya ? Ceci m'a été confirmé par Hasan 
Habib qui ajouta qu'ils n'achètent que l'or pour des perles et ne vont 
jamais jusqu'à Limmii{J). 

(Dans mes renseignements imprimés il y a trois ans, j'ai dit qu'il 
y a des alliances entre Sibu et Fa Zoglo, pays voisins. Depuis, dans 
mon premier volume, j'ai écrit, d'après un homme du Sannar, que 
Sibii est dans Giibba, pays qui m'avait été nommé par Moljammad al 
Amyn. Hamad, qui a séjourné en Amuru, dit connaître Gubba sans 
savoir au juste où est ce pays. Je sais d'ailleurs que Sibu est un nom 
de tribu : Gubba ne serait-il pas le nom de la terre, comme Inarya 
l'est du pays aujourd'hui habité par la tribu de Limmu? Il est très- 
singulier que tous les noms de terre du Damot sont terminés en a, 
comme Walagga, Guma, ïnarya, ce qui a un air Agaw, ou en o, 
comme Gombo, Gobbo, Agalo, etc., qui paraissent être Sïdarna. Rien 
ne prouve que ces noms n'aient été dans l'origine des noms de tribu, 
car les Sïdarna et les Awajua ont des tribus. Les Oromo de leur côté 
ne connaissent que les noms de tribus et disent toujours Limmu au 
lieu de ïnarya. Ce dernier nom a été conservé par les marchands 
d'Ethiopie et il serait tout naturel que le nom de Gubba fût dans le 
même cas. Quand une conquête est, comme celle des Oromo, une 
affaire d'extermination, les noms ne passent pas d'un peuple à l'autre 
et les anciens noms sont conservés par les peuples limitrophes. Cette 
différence de noms est le plus grand obstacle à l'unité des renseigne- 
ments sur les pavs inconnus.) 

114. Sur la source du Fleuve Blanc. 

(En Gudru on me dit que le T)i3-esa va se joindre au Abbay. Le 
marchand Mohammad Aman, questionné par Moljammad Jamil, 
répéta la même chose, mais ne put dire quel nom porte le "Did-esa 
dans le bas pays. Cherchons cela : J'ai déjà écrit que le Yabus a sa 



•7A Fleuve Bla7ic. 

source chez les pasteurs Dileb et que le Maleb vient des Oromo Iba, 
probablement à\x Hebantu. D'ailleurs il est dit que les eaux du Tiimat 
sont rouges dans le Fa Zoglo. Il en est de même des eaux de toutes 
les rivières du Gojjam et des parties N.W. du grand Damot où existe 
le terrain rouge dont l'élévation est toujours plus grande que celle du 
terrain blanc ou gris du Tïgray. Or les eaux du Fleuve Blanc sont 
blanches, me dit Moljaminad 'Aly, mon domestique, qui a séjourné 
dans le Kordofan. D'ailleurs, selon Ignace Palmer, le Ba}]r al gazai 
ne prend le nom de Fleuve Blanc que dans le Banda '. près Denka 
il reçoit une autre rivière avant d'aller chez les Xiluk. Or, selon le 
même Pat.mer, dans Runga, en aval de Banda, la rivière a si peu 
d'eau qu'hommes et bêtes peuvent la passer à gué. Maintenant on 
me dit de tous côtés que le T)ïâ-esa qui est à une '/o Journée de Saqa 
est large, très large. Les uns disent comme de GoJidar à Qiiïsqiiam ou 
1-5 mille : d'autres disent comme le Abbay à Bahrdar ou 250 mètres 
environ. Dans tous les cas ses eaux ont plus de quatre mètres ou 
deux hauteurs d'homme de profondeur, me dit-on, et au bac de Giima 
il n'est Jamais question de gué; on passe dans une pirogue. Là, selon 
Madhin, les eaux ressemblent à du petit lait, tant elles sont blanches. 
Or le 1>ïd-csa, cette puissante rivière, coule dans le sens général du 
Nil, c'est-à-dire du sud au nord, tandis que le Baljr al ga:{al vient 
de l'ouest. Lorsqu'on cherche la source d'une rivière et qu'on est 
embarrassé entre plusieurs affluents, on se détermine pour celui qui 
a le plus grand volume d'eau ou, à lit égal, pour celui qui a la direction 
générale de la rivière dans le bas pays. Maintenant le l^ïà-esa réunit 
ces deux conditions : ne serait-il donc pas le vrai Nil?) 

(Le 'Dïd-esa a sa source dans Géra sur le haut plateau et a là un 
cours si rapide qu'il entraîne souvent des buffles pendant qu'ils le 
traversent. Plus bas il reçoit le Àjuetu qui a sa source dans Jïmma 
Qaqa '. plus bas encore et sur la rive gauche le Mullii qui. a sa source 
dans Giima sur les frontières àuWalagga. L'observation d'eau bouil- 
lante n° 68 du ruisseau Ulmay [Géodésie d'Ethiopie, page 1 26] donne 
1600 mètres environ pour hauteur de ce point, et comme ce ruisseau 
va au IJîd-esa, on peut admettre qu'à la latitude de Inarya le T)ïâ-esa 
a cette altitude à peu près. Ceci donnerait 1-5 millimètre de pente 



I A m une. 75 

par mètre en prenant pour extrêmes les parallèles de 8° et 32", et cela 
est suffisant sans être une grande pente, ce qui s'accorde avec le cours 
lent du Ba])r al Abyad, si le 1)ïd-esa en est la branche principale. 
M. Degoutin me disait que les gens de Sannar vont commercer dans 
un pays lointain à l'ouest de Kaffa. Ils viennent en effet auWalagga, 
me dit-on, qui a cette position; mais, cela étant, ils doivent franchir 
le Œ)tâ-esa et savoir par suite qu'il se rend au Fleuve Blanc. Il reste 
à connaître les noms des pays qu'arrose le ^ïâ-esa entre Giima et 
son embouchure dans l'un ou l'autre fleuve. Près de Saqa le 'Dîd-esa 
partage Inarya et Giima, puis Jimma Hïnne et Bim-o, ensuite Sibu 
et Gambo, tous pavs Oromo. Plus bas personne ne peut me rien dire 
de précis, mais Bakko est sur la rive gauche vis-à-vis la partie sep- 
tentrionale de Sibu, selon les chasseurs d'éléphants du Gudric.) 

115. Limmii et riverains du T)ïd-esa. 

Saqa. 1843 : Juillet 3i. Un musulman qui a grandi en Amuru dit 
ce qui suit : «Au-delà de Amuru sont Hebantu, Jîdda, Ygo, Lam- 
mati et Limmu : ce dernier est riverain du T>îd-esa. Près de Limmu 
sont les nègres Naga que les Oromo ne tuent pas, parce qu'ils sont 
leurs contribuables. Des gens du Sannar dernièrement venus au Wa- 
lagga qui est Gubba, firent leu,Fs affaires et s'en retournèrent. Les 
Xînaxa et Sînïco ont des langues différentes. Les Limmu de la rive 
droite du T>ïd-esa, ceux du Horro et ceux de înarya sont tous de 
la seule et même tribu, 

(Ceci n'apprend rien sur l'embouchure du 1)id-esa. Mais il en 
résulte que M. Jomard avait tort et raison de dire que le Limmu de 
Warc est différent de celui de Inarya, car il diffère par le pays et 
non par la tribu. Ceci expHque aussi très bien comment TVare n'a 
pas nommé Horro, puisque sa tribu Limmu n'a pas de parenté di- 
recte avec Horro. 

Le plus fort argument que j'aie pour l'identité du Fleuve Blanc et 
du 'Dïd-esa est le témoignage du IjajjiAljmad qui me dit que du Sibu 
au Fleuve Blanc il y a trois Journées. Or, selon Abba Gudda, de 
Sibu au 'Dïd-esa il y a deux journées. Si le dit }]ajji a raison, il n'y 
a plus de doute", mais comment se fier à un seul témoignage r Le 



yé Limmu. 

musulman du 3i juillet ne connaît ni Denka ni les Xiluk, de sorte 
que l'identification des lieux est impossible. Les nègres Naga ne sont 
d'ailleurs pas nommés sur la carte. Ce qui est en faveur de mon hy- 
pothèse est le témoignage de Bruce qui dit (vol. 3) que le Abyad a 
sa source sous le 5"^ parallèle dans les environs de Kaffa. Ceci ne 
peut s'appliquer qu'au 'Dïâ-esa. Mais ce qui milite contre tout ceci 
est ma longitude estimée de înarya. Supposant Gurem sous 10° 18' 
et la longitude 36" 55' de Bruce bonne pour la source du Abbay, 
Gurem aurait une position beaucoup plus à l'est, et Tiillu Amara 
serait par 36'^ 53' et 9" 15' environ. D'après le relèvement pris du 
M* Gîmbara, la longitude de Saqa serait 36° zo' environ. Le 'Dîd-esa 
est à une journée vers l'ouest, ainsi de 36" à 3i", longitude des Detika, 
il est tout-à-fait improbable qu'une même rivière coule de Guma 
aux Dcnka. Le 'Dîd-esa doit être le Tiimat, et comme le rouge est 
plus fort que le blanc, la terre rouge de Amuru etc. aura prévalu dans 
le Fa Zoglo sur la terre blanche de Guma et de Inarya). [Saqa est 

par 34" 37'.] 

116. 'Dïd-esa. 

Saqa. 1843 : Août 3. Hier est venu me voir le nommé Faki, ori- 
ginaire de Dar Sale et qui, passant par Darfur, Kordofan et San- 
nar, entra par le pays Awa en Macakal et Gojjam où il passa deux 
ans. Il séjourna ensuite six ans dans le Gudru et enfin 16 ans dans 
Inarya. Il me dit ce qui suit : « pour aller du Darfur au Dar Sale, 
on foule successivement Dar Tama, Dar Balala et Dar Borgu. 
Les langues de ces derniers pays sont différentes, mais je les ai ou- 
bliées. Je n'ai pas visité les Xiluk. Le Bahr al Abyad vient des mon- 
tagnes du Kordofan. Où va le Dïd-esa? lui dis-je. — « C'est lui, c'est 
le Bahr al Abyad. Il v a quelques années un Xiluk partit de son pays 
et vint ici pour construire une pirogue afin de traverser le 'Diâ-esa. 
Il me dit que cette rivière est le Baljr al Abyad. La pirogue fut em- 
portée par les eaux et le Xiluk est mort depuis. » 

(Si tout ceci est vrai, on peut expliquer ces deux réponses par 
l'existence de deux branches : 1" le T)ïâ-esa ; 2" le Bafjr al gazai. On 
peut dire que la position du Fleuve Blanc près les Danka est donnée 
d'après Caillaud qui reçut ses renseignements d'un autre, qu'on 



Tuâ- 



11 



exagère toujours les distances en marchant et qu'on peut très-bien 
s'être mépris sur la direction. D'ailleurs, selon la carte d'ARRowsMiTH, 
Caillaud aurait traversé le Tumat trois fois, en Fa Zoglo, dans l'es- 
pace de dix-neuf milles ou une journée de route, chose peu probable 
si cette rivière présentait le même formidable obstacle que le 'Dïd-esa. 
Selon le même Faki : àcWalagga on part pour Gnbba, pays nègre 
voisin dans lequel on chemine quatre jours. Deux jours de plus mènent 
chez les Arabes. Est-ce les Baggara? 

Moh^mmad 'Ali me dit que les marchands vont chez les Baggara 
qui sont répandus à droite et à gauche du Fleuve Blanc, mais qu'ils 
craignent d'aller chez les Xiliik, nègres établis sur le fleuve même. 

Je hasarderai ici une conjecture : Le 'Dîâ-esa prend sa source selon 
les uns dans le Walagga et selon les autres dans le Géra. Le fait est 
que personne ne le sait au juste et que dans tous les cas sa source 
n'est pas loin des frontières du Kaffa. Or c'est aussi sur les fron- 
tières deKaffa chez les Gamro (c'est-à-dire Gamrajp) que les sources 
du Guajab doivent se trouver. Traduisez ceci en arabe et vous aurez 
exactement _^1 Jus^ pour dire : daga des Gamra, car on rend en 
Ethiopie le g par le q arabe; ne serait-ce pas là l'origine des mon- 
tagnes de la Lune? 

Bruce mentionne les Giibba (vol. 3, page é3o environ) comme 
étant à côté des Go7iga ou Sinïco. Le Giibba des marchands de 
Sannar n'est sûrement pas là.) 

117. Source du T)ïâ-esa. 

Saqa. 1843 : Août 4. Selon Abba Gudda : «de Saqa à Gombota, 
ville des marchands dans Guma, il y a 1 -5 journée. De là à Garabaxo 
(OU nom analogue) une journée. De là au Walagga ^/o journée. De 
Gombota à l'embouchure du Mullu dans le TDïd-esa 3 heures de route. 
De Gombota à la source du T)id-esa 4 journées. 11 y a des nègres 
entre Walagga et Kaffa. Bakko est au-delà de Walagga. 

118. Uma. 

Août 4. Un homme de ce pays-ci venu aujourd'hui m'a dit : «la 
rivière Borora vient de Agabja et se joint au Gnajab qui dès lors 



y 8 U7na. 

prend le nom de Uma. Ce dernier cours d'eau tourne, dit-on, autour 
de Kaffa et Walagga et va au Abbay. Kaffa est un daga tout à côté 
du qualla de Kullu. Ce dernier pays n'aime pas les amole [sel roche 
taillé en briquaillon], mais bien le sel en poussière qui lui vient du 
côté de la mer; mais il ne vient pas d'autres marchandises par cette 
voie. Il y a beaucoup de sécurité dans Kaffa, très-peu dans Kullu, 
encore moins dans le pays Janjïro dont le roi émascule les jeunes 
garçons qu'il affectionne afin de se les attacher. En se supposant dans 
Danta, il m'indiqua de la main la situation des pays voisins, mais je 
crois que Janjïro est mal placé. Gobo, Gofa, Kuca, Kullo et Walamo 
parlent une môme langue. Walamo est la même chose que Jîrgo (le 
Zîrgo de Abba Gudda). Tous les autres pays écrits ci-dessous parlent 
des langues différentes sauf Arusi, Agabja et Jimma qui sont Oromo. 
Hadiya parle une langue différente des Gurage et presque la même 
que celle de Saqa. Tous ces peuples sont tayyîni (c'est-à-dire point 
nègres). Les Dokko sont nègres et très-grands, dit-il; (d'où l'on voit 
qu'il est difficile d'éclaircir la question sur les nains de ce pays). « Je 
ne connais pas les Jajo, ni les Baro. Wïxa est une ville dans Kullu. 
Les gens de ce pays n'ont ni livres ni prêtres, mais Kaffa en a beau- 
coup. Il n'y a point d'hyènes dans Kaffa et les bêtes des marchands 
y pâturent sans gardien, nuit et jour pendant des mois entiers». 



Arusi 


Janjïro 


Gobo 




Tambaro 


Goja 


Kamhata 


Danta 


Kuca 


Hadiya 




Walavio 


Agabja 


Kullu 




Kajfa 
Jimma Qaqa 





119. Jammo. 

Saqa. 1843 : Août 8. Aujourd'hui sont venus me voir deux nègres 
parlant une langue nouvelle : ils me dirent que leur pays se nomme 



FoUa. 79 

Jammo et est à côté du Walagga dont les gens vont acheter de 
l'ivoire chez eux. Leur pays est un qualla : ils ne connaissent ni 
Gubba ni les Baggara ni les Xiliik. Quarante mots de leur langue 
se trouvent dans mon premier volume. Ils ont le front très-développé, 
l'angle facial grajid et je les appelle nègres parce qu'ils ont le nez 
à os très-déprimé, à bout par conséquent relevé, les lèvres épaisses 
et la peau d'un beau noir. Mais à vrai dire ils sont d'après l'ensemble 
de la tête une race de transition entre l'éthiopien et le nègre. Ils 
aiment beaucoup la musique. 

I20. 

Ganeci est roi de Gofa; Amado règne sur Walamo et se dit d'ori- 
gine Tïgray, c'est-à-dire issu d'une colonie Tïgray. Qabe est roi 
de Gobo. Le père et prédécesseur de Amado était Ogato. 

121. Etymologie? 

(Le Journal Asiatique, décembre 1841, dit [p. 590, examen de 
A. Pictet] que le changement du rf en / est bien connu, comme bal- 
neum du mot sanscrit bâd. Appliquons ceci au ''Dïâ-esa et cherchons 
à l'écrire comme un Romain : nous aurons en supprimant Va ter- 
minal, ou article Agaw, liles. Ne pourrait-on pas en déduire « Nilus » ? 
Comment s'appelait le Nil chez les Coptes et anciens Egyptiens? 
D'ailleurs n se permute en / [ib., p. 597]; il resterait donc Niles qui 

est assez près de Nilus.) 

122. Folla. 

Le messager du roi de Folla venu me prier de guérir sa femme, 
. et à qui j'ai refusé par des motifs politiques, m'a dit ce qui suit : «Le 
roi de Folla s'appelle Dalle Abba Jilla : il est Oronio. Le pays est 
un qualla dans le bassin du 'Dïâ-esa et sans rivières considérables. 
Jïmma Badi le sépare du 'Dïâ-esa. Yadi, pays soumis à Abba Jïfara, 
le borne vers l'est, et îjiarya vers le nord. 

Selon le même, la source du 'Dïâ-esa est dans Kaffa ou, comme 
il s'exprime, dans Bonga dans le pays de Abba Kiiramo, Oromo que 
Abba Gudda dit être sujet du roi de Kaffa. En sortant de lu, le Tiiâ- 
esa entre dans Walagga et puis divise Gomma et Guma, Guma et 



8o FoUa. 

Inarya etc. Géra, dont le roi est Abba Ragu, est séparé âcWalagga 
par un daga. Géra et Kaffa sont limitrophes, ainsi que Kaffa et 
Walagga. Jïmma Badi est un qualla. Avec des ânes on irait en trois 
Jours de Folla h Kaffa; un messager irait en deux jours. D'ici kFolla, 
nom de terre et non de tribu, il faut un jour et demi en marchant 
seul vers le S.W. ou S. S.W. Le précipice ou promontoir du daga 
visible de Saqa est dans Yadi. Le miel de Folla est mauvais, mais 
on lui porte celui de Géra, et de l'ivoire de Jïmma Badi. Il y a 
beaucoup de Sïdama dans Folla, mais point de Sîdama chrétiens. 
C'est là qu'on fait des eunuques, car les rois de Inarya et de Jïmma 
ont défendu cette barbarie chez eux. Le pays de Folla est rempli de 
bois et de fondrières, ce qui a permis à ses habitants de repousser 
l'invasion de Abba Bagibo; c'est ainsi qu'ils ont conservé leur indé- 
pendance, ils sont complètement entourés par Abba Jîfara, roi de 
Jïmma Qaqa, etc., et par Abba Bagibo qui gouverne Inarya. Selon 
le même, la source du Giiajab est dans Walamo (ce qui me semble 
difficile). 

Il y a une source thermale dans Géra selon Robe, mère de Abba 
Malki. 

L'homme ci-dessus cité me dit : «D'ici à Folla z jours; de Folla 
au pays de Abba Kuramo 5 journées. Ce pays est limitrophe du 
Gamro qui a un roi à part dont j'ignore le nom. Le Folla produit 
du coton qui ne croît pas dans Inatya. On ne peut pas aller de 
Jïmma Qaqa à Géra sans fouler Gomma. La tribu du roi de Folla 
est Badi. » (Il s'ensuit que si la source du 'Dïd-esa n'est pas dans 
Gamro, il est tout à côté et a pu bien être dans Gamro jadis, car 
les Oromo ont déplacé bien des tribus Sïdama.) 

123. Walagga. 

Saqa. 1843 : Août i3. Un charmant vieillard qui sort de chez moi 
me dit : « J'ai visité le Walagga et ai vu là les Arabes qui viennent du 
marché de Massalamiyah. Je ne connais pas Samiar ni tout ce bas 
pays. De Massalamiyah au marché de Giibba on va en quinze jours. 
Gubba est le nom d'un marché. Gamaro (qu'il prononça aussi Ga- 
miiro) est A?^n?,Walagga dont Cala Xono (ou nom analogue) est le 



'Dîà-esa. 8 1 

roi. Il vient d'épouser une fille de Ahba Bagibo. Je ne connais ni la 
source ni l'embouchure du TDïd-esa. Qui s'enquiert d'une pareille 
niaiserie : — (Il est très-remarquable que ces Arabes n'aient pas parlé 
de Saniiar, ce qui fait présumer que leur route ne passe pas là.) 
Bakko est un qualla qui touche à Gamro, daga peuplé de Oromo. 
Je reste aujourd'hui dans Giidrii près Qobbo. Walagga est un vaste 
pays. On met six jours à le traverser. » 

124. T>îâ-esa. 

15 août. Tamrii, marchand Tïgray, qui par bonté prend plaisir 
à aider mes recherches, est venu me dire : -< J'ai découvert un mar- 
chand Sïdama natif de Géra qui fait le commerce entre sa patrie et 
Saqa et qui m'a dit : «le "Diâ-esa prend sa source dans Moca (ou 
Mojà), pays compris entre le Géra, le Walagga (Gamroj et le Kaffa : 
il est au pouvoir des Oromo, mais appartient au roi de Kaffa. Les 
environs de la source sont une épaisse forêt abondant en éléphants 
et buffles (ceci confirme le récit du messager de Folla) : je ne sais 
comment s'appelle le chef du Moca. » Le vieux Faki vint me voir 
en même temps et me dit : J'ai connu le Fleuve Blanc dans le Kor- 
dofan, et d'après plusieurs renseignements j'ai la conviction que le 
T>ïd-esa et lui ne font qu'un. Les Xiliik viennent habituellement au 
marché de Gubba. 

Selon le même Sïdama, la source du Guajab est dans înarya (le 

3*^ de ce nom) au-delà de Moca, et de manière à ce que le fleuve 

tourne autour de Kaffa qu'il sépare du Moca. (Mais je n'ai pu avoir 

le compte des distances. J'estime moi que la source du 'J)îd-esa est 

~par 6^3o' et 35° 50' environ : celle du Guajab est peut-être par 5".) 

125. Fleuve Blanc. 

Saqa. 1843 : Août 18. Faki est venu me voir et m'a paru être de 
race nègre. En effet même, l'intelligent Gobaze qui m'a donné 400 mots 
de la langue Guînza semblait, comme tous les nègres que j'ai vu en 
Ethiopie, comprendre plus lentement que les Ethiopiens et émettre ses 
idées une à une. Les nègres paraissent avoir ça et là dans leur âme 
des vides qui font trébucher leurs pensées. C'est ainsi que Faki m'a 



82 Mas on go. 

parlé aujourd'hui. Cependant, comme au milieu de sa confusion, il 
peut avoir dit quelques vérités, je vais transcrire ses renseignements : 
«Le Fleuve Blanc coule neuf journées entre Darfur et Dur tama. 
Le 1*^'' est un daga, le a'-' est un qualla. Il va ensuite chez les Xiluk. 
Le 'Dîd-esa ne va pas au Abbay, mais bien au Giiajab, en faisant un 
grand détour. Il coule en haut par Tiim-e et Jïmma, Dabo, Walagga 
et jS^/f/ro (!!?).» 

Gubba est le marché d'un pays arabe situé au milieu des nègres. 
Ils paient des contributions à ces Arabes qui les portent à Samiar. 
De Walagga à Gubba il y a 8 journées à travers les nègres. De Wa- 
lagga à Sannar on se rend sans traverser le 'Dîd-esa (ce qui est im- 
possible si ce dernier va au Giiajab). Les Xiluk sont des brigands 
auxquels on ne peut se fier. 

La principale rivière de Dar Sale se nomme Mali et va vers l'ouest 
environ, je ne sais où. Dar Sale produit de l'orge, du froment et, 
dans les jpadi (qualla?), du riz et du Dolfun. Le roi ne mange pas 
de ce dernier, mais bien du riz. Bagarmi est voisin et sait la langue 
de Dar Sale. Je connais Runga, mais ne connais pas Banda, Bah- 
radda, Baggara. 

126. Masongo. 

Saqa. 1843 : Août 20. Le musulman du 3i juillet me dit que les 
nègres au N. de Amuru se nomment Masongo (nom que j'ai entendu 
chez d'autres et qui fait penser aux Madingo sur la côte ouest de 
l'Afrique). 

127. 

Saqa. 1843 : Août lé. Moljammad Nur, qui a étudié au Caire, 
qui a visité Santiar, et dont le père était habitant de Lofe, m'a dit : 
«Je suis allé au Walagga dans l'espoir d'aller au Caire par I)artum 
avec les marchands arabes qui viennent acheter de l'or là pour le 
vendre au Sannar, mais ces marchands sont de mauvais gueux, 
n'aiment pas à éventer le secret de leur commerce et ma vie n'aurait 
pas été en sûreté chez eux. Le T)îd-esa va se joindre au Bahr al Abyad 
qui vient de l'ouest (il confirma ceci en faisant une figure avec son 
doigt sur le sable). Cette rivière a plus d'eau que le Abbay qui est 



Baro. 83 

le vrai Nil, mais, si l'on mettait leurs eaux séparément dans les 
plateaux d'une balance, on verrait le Ahhay l'emporter, car ses eaux 
sont plus lourdes, plus saines et donnent plus de force : c'est pour- 
quoi les habitants de parfum boivent tous du Abbay et jamais du 
Bahr al Abyad.-» — En allant, dis-je, de Sunnar au Walagga, tra- 
verse-t-on le T)îd-esa? — «Les Arabes de par ici le traversent, ceux 
de par là ne le traversent pas», dit-il. Cependant, peu après il se 
contredit et ajouta : « Le T)îd-esa, on en fait grand bruit ici, mais 
c'est peu de chose : le Guajab est bien plus grand; il tourne autour 
de Kaffa et Walagga et vient se jeter dans le T>ià-esa{^.V^. Le bas- 
sin du Abbay est peu de chose, savoir Gojjam, bet Amara et Gudrii : 
mais le Bahr al Abyad a pour bassin tout Kaffa, Walagga, le pavs 
Sinuro, et sur sa gauche un immense pavs nègre. » {Abba Bagibo 
lui-même m'avait déjà dit que le Giiajab tourne autour de Kaffa, 

ce qui est absurde.) 

128. Giiajab. 

Saqa. 1843 : Août 16. Askari, le messager du roi de Kaffa, me 
dit hier : «Je ne sais où est la source du T)îd-esa. Celle du Guajab est 
au-delà de Kaffa dans le pavs que nous Sïdama appelons fnarj'a, 
mais que les Oromo nomment Damota. 

La principale rivière du pays Jammo se nomme Baro.» 

129. Baro. 

Saqa. 1843: Août 26. Le T)ïd-esa est définitivement détrôné. Au- 
jourd'hui 14//, natif de Adwa, est venu me consulter sur une dvs- 
senterie chronique. II est depuis longues années marié dans Lofe, 
-parle bien amarinna et a vovagé en Walagga. Voici en somme ce 
qu'il m'a dit : « On traverse le Abbay à gué pour aller de Dibdabi 
à Amurii. On traverse à gué le T)ïd-esa devant Giima, mais on a peur 
de ses crocodiles. Dans Walagga on traverse le Baro, rivière énorme 
auprès de laquelle le T>îd-esa n'est rien, et qui porte un pont de 
lianes. En été seulement on peut traverser le Baro à gué et on a de 
l'eau le plus souvent jusqu'au col, toujours au-dessus des mamelles. 
Le Baro vient du Mojà où il a sa source près des Gamaro. Le Bakko, 
belle rivière, se joint au Baro, et le Bïrbïr est une autre rivière par 



g 4 Dîâ-esa. 

là. Sur les rives du Baro en bas sont les nègres Yambo habitant une 
vaste plaine très-fertile, mais dépourvue de bois qui est cher dans ce 
pays. Les Yambo ne portent qu'un pagne, mais leur roi se vêtit 
d'étoffes de soie. Les nègres Masogo sont au-delà du T)îâ-esa, à la 
hauteur de Sibu, et vivent sans roi, en vrais sauvages. J'ai entendu 
nommer les Baggara, mais ils sont très-loin. Je n'ai pas entendu 
parler des Xiluk. Le Baro et le T>iâ-esa se joignent en définitif, mais 
fort loin. Les Gïmjar (Arabes), qui viennent dans Sibu, traversent 
le "Did-esa et portent de l'or et des xakat (petites marchandises). Je 
ne sais ce qu'ils rapportent du Sibu, mais ce sont probablement des 
esclaves. Les fils de Nonno, principalement Sal-e et Alga, se sont 
établis dans le Walagga, au-delà du Baro, en déplaçant les Sîdama 
qui avaient auparavatit déplacé les Amara. » 

130. 'Dîâ-esa. 

Saqa. 1843 : Août 26. Selon le musulman du 3i juillet : du Agul 
chez son oncle dans Horro une journée; de là à la frontière de Jîdda 
une forte journée; de là à Limmu 3^' journée; de là à Ygo 4^^; de là 
au 'Dîd-esa 5"^ journée. Ces journées sont d'un seul homme avec un 
âne, mais allant bien, et cette route me paraît aller vers le S.W., car 
il dit : de là à Walagga c'est tout près. 

(Des renseignements ci-dessus il ne s'ensuit pas que le "Did-esa ne 
va pas au Fleuve Blanc, et le Baro a toujours ses sources dans Jabal 
al Gamr ou Qamr.) Les Oromo vont chercher des dépouilles hon- 
teuses chez les nègres du Bakko qui se battent bien, et si leurs en- 
trailles sortent par une blessure au bas-ventre, ils les ramassent, les 
jettent sur leurs épaules, dit-on, et continuent à se battre. Ber est 
une rivière qui traverse Sayo et s'en va au Baro. 

Selon Abdillah qui vient de Saf-a : il y a une forte journée de 
piéton de Saqa à Saf-a qui est à 3 ou 4 railles en deçà du T)îd-esa. 
Cette rivière est bien plus grande que le Gïbe. Ses rives sont une 
plaine. (J'estime donc à 3o milles au moins la distance de Saqa au 
T>id-esa.) Les Oromo qui vont chercher des victoires dans Bakko 
ne traversent pas le Baro sans égorger une chèvre. 



Moja. 



131. Moja. 

Tamru se donne beaucoup de mouvement pour me procurer des 
nouvelles géographiques, et me dit ce qui suit : « Inarya où le Guajah 
prend sa source est bien plus grand que celui où j'écris. Un musul- 
man qui avait perdu à peu près toutes ses marchandises suivait la 
caravane pour rentrer dans le Gojjam sa patrie. On le repoussa, 
parce qu'il faisait nombre et augmentait ainsi les droits en pure perte. 
Il partit et se rendit par Sibu dans le Walagga, d'où le roi Calli 
Xono l'envoya avec quatre guides au Kaffa en traversant le Moja. 
C'est ainsi qu'il visita la source du T)iâ-esa qui est là un ruisseau 
misérablement petit. Aux environs de la source il fut retenu par les 
éléphants, après trois jours de voyage dans un pays non habité. Le 
Inarya du Guajab est habité par les Sîdama. 

Les marchands du Sannar ont à traverser un mauvais pays de 

xanqîlla pour aller au Walagga, où ils entrent avec leurs chameaux 

(ce qui montre qu'il v a là des pentes douces et non des daga à lèvres 

en précipice, comme aux abords du Gojjam). Cependant, par crainte 

des nègres, chaque marchand ne peut amener qu'un seul chameau, 

sous prétexte qu'il n'y a pas d'effets, et il ne porte que des objets de 

peu de valeur. » 

132. 'Dîâ-esa. 

Saqa. On dit ici généralement que le TUâ-esa va au Fleuve Blanc 
et non au Abbay; mais un marchand de Limmu qui a résidé long- 
temps en Gudrii m'a dit qu'il va au Abbay près du pays Sînîco. (Ce 
serait alors le Tumat.) 

133. Gamro. 

Selon Abba Gudda, il y aurait près de Walamo, au delà de Goba, 
un Gamru à langue distincte qu'il ne faut pas confondre avec les 

Gamru près Walagga dont Abba Gudda au reste ne connaît pas 
l'existence. C'est ainsi qu'il y a deux Wallo, l'un près des Afar dont 
les autres sont parents avec les Borana, l'autre dans le Amara près 

Wari Haymano. 



86 Kaffa. 

134. Lïrnmu de M. Jomard. 

On peut remarquer pour identifier le Lîmmii de Ware Kil-o avec 
celui de Horro qu'il y a à côté 1° le Abbaya; 2° Sibii, pays nègre 
ou du moins dit tel; 3° Ebantu pour Hebantu, quoique mal placé; 
4° Harro pour Horro sur le badda (daga), c'est-à-dire plaine éle- 
vée; 5° Ulmay, rivière reconnue dernièrement par un Oromo comme 
existant là; 6° du côté du Sud Mogga, c'est-à-dire « erme » qui sépare 
de Amuru. Le reste de cette carte de M. Jomard est très-embrouillé. 

135. Route de Inarya. 

Selon un marchand de Lïmmii, si un messager pressé allait d'ici 
à Qobbo par la route que j'ai suivie, le i"^'' jour il dormirait au Ulmay; 
2'^ chez Xorro; 3"^ au laga Arnara; 4"^ à Qpbbo. En laissant la source 
du Wïrgesa à sa droite, il est venu de Qpbbo ici pendant l'été en trois 
jours et demi, car c'est la route la plus courte; mais l'état de guerre 
empêche de la suivre aujourd'hui. [Ces journées sont de vingt milles.] 

136. Kaffa. 

Saqa. 1843 : Septembre 2. Deux habitants de Bonga amenés par 
Tamrii et qui font le commerce dans Gomma m'ont dit : Moja, sous 
Abba Kuramo, est peuplé de chrétiens Sïdama et de Oromo. Le 
T>îd-esa, appelé Oxko par les Sïdama, y prend sa source, de même 
que le Geceno (ou nom ressemblantj qui est plus loin et est sans 
doute le Baro. Le roi de Kaffa est le suzerain de dix rois dont : 
1° Suipro (nègres); 2° Nao; 3° Biddina; 4° Gimira; 5° Maipo; 
é° Kiillu, ce que je contredis, et on répondit que j'avais raison; 
7° Inarya, où est la source du Guajab, a un roi à part soumis à 
Bonga et est à six journées de Atarkada, qui est sur la frontière de 
Géra, avec la ville de Gukba (visitée par Abba Giidda). Ces six jour- 
nées sont à travers un bois épais. Le roi de Kaffa ne confisque pas 
les enfants nés chez lui, pas même ceux des émigrés, et les procès y 
durent jusqu'à deux ans comme dans l'Ethiopie du Nord. Sa race est 
originairement des frontières du Xïwa. De Bonga à Moja il y a 
trois journées. 



Kaffa. 87 

Saqa. 1843 : Septembre 3. Ces gens sont revenus et m'ont dit : « Le 
Mena, puissante rivière plus grande que le Guadah (sic), sépare le 
daga de Kaffa du qiialla des Swuru. Du Giiadab au Mena il y a 
é à 7 journées, ce qui donne la largeur de Kaffa. Au-delà des Siiruro, 
nègres en guerre avec Kaffa, est le daga habité par les Eco, peuple 
de couleur mêlée, mais non nègre. Les Saro parlent Sidama. Les 
Gimira et les Boso {Boxam des vieilles cartes) ont des langues dis- 
tinctes du Sidama. Les Canno, près des Gimira et de Kaffa, parlent 
Sidama et Gimira. Nous ne connaissons pas le Baro. Pour aller d'ici 
à Moca (ou Moja), le meilleur chemin, c'est-à-dire le plus direct est 
par Géra. Il y a beaucoup d'églises di^n^ Kaffa, mais toutes en bois. 
Il n'y a pas de construction en pierres. Le nom du roi de Kaffa est 
Ogo, mais on ne le nomme que par celui qu'il a pris en montant sur 
le trône qu'il occupe depuis deux ans. Ce nom est Gaesîro (ou nom 
analogue). Il n'a pas vingt ans et sort de chez lui rarement. Il y avait 
quatre prêtres dans Kaffa : deux sont morts. Un venu de Kullu, et 
savant dans les livres s'est trouvé ne pas prédire juste l'avenir : ainsi 
on ne l'aimait pas et il s'en est retourné. Il ne reste donc qu'un seul 
prêtre et il ne porte d'autre nom que prêtre. Je ne connais pas les 
Pokomo. Les Eco sont idolâtres et près d'eux sont les nègres Ma- 
sogo. Ces Masogo existent aussi près le T)ïd-esa. » 

(Il me semble du fait de la séparation des Eco de Kaffa que la 
race Sidama ou Agarp est devenue nègre dans le qiialla ou bien 
qu'elle n'a pas pu y demeurer, et ce fait est remarquable comme in- 
diquant l'aversion des peuples rouges pour le qualla ou l'impossi- 
bilité qu'ils éprouvent à s'y maintenir.) 

137. Frontières de Kaffa. 

Selon le messager du roi de Kaffa, ce pays est borné par : 1" Sako, 
que les deux marchands ci-dessus disent être une rivière qui ne va 
pas au Guajab; 2° Saro, parlant Sidama; 3° Moca, que d'autres 
prononcent Moja; 4° Oromo (il ne dit pas Galla) ; 5° Kullu; 6" Gobo ; 
7° Suwro. Walamo ne confine pas à Kaffa. Un musulman mort der- 
nièrement a laissé une belle collection de livres dans Kaffa. Le Mena 
s'en va au Uma. Difdif (ou nom analogue) borne Kaffa du côté de 



88 Baro. 

Moca qui paie tribut à Kaffa : înarya ou Damota parle Sîdama. 
Majpo, Nao et Biddina (ou nom analogue) sont des pays près Kaffa. 

138. Baro. 

Abba Gudda, questionné sur le Baro, n'en sait rien sinon par le 
gérera ou chanson de chasse des gens du Giidrii qui vont jusque là 
pour tuer des éléphants, en payant des droits sur toute la route ab- 
solument comme les marchands. Baro nama barecisa, Gabba nama 
gabbisa, c'est-à-dire : «le Baro rend un homme beau, le Gabba rend 
un homme gras», mots qui se rapportent à l'usage de beurrer sa tête 
quand on a tué un homme, un buffle ou un éléphant. Gabba est, 
dit-il, un district du Walagga. 

139. Baro. 

Saqa. 1843 : Septembre 6. Faki vient me prier de lui coudre ou 
brocher un qoran. Je le fis causer sans le questionner, ce qui est tou- 
jours le bon moyen avec un Africain. Il me dit : «Voilà 24 ans que 
je suis parti du Sannar. De mon pays Dar Salah j'entrai dans Dar 
Borgu, puis successivement dans Balala, Dar tama, Dar Fur, Kor- 
dofan et Sannar, d'où je partis sans remonter le Nil pour me rendre 
dans le Agajpmidïr. » — Est-ce vrai qu'il y ait une rivière entre Dar 
Fur et Dar tama? — « Oui : le Bafjr al gazai. » — Va-t-il dans le 
Baljr al Abyad? — «Non», dit-il, après quelque hésitation. (J'en 
conclurais qu'il n'y va que pendant les pluies?) «Le Abyad, voyez- 
vous, vient des Xiluk, et avant les Xihik, de Bakko, et avant, de 
Jïmma Dabbo, et avant, de Bun-o, et avant, de Guma, et avant, d'un 
pays nommé Moca. » — Le T)iâ-esa vient aussi de Moca. — « Mais 
le 'Dîd-esa et le Abyad sont une seule et même rivière. Le batelier 
au passage du T^îâ-esa était natif de Bakko. Les Jambo (sic) sont 
à côté de Bakko. » (Comme le Baro est plus grand que le 'Dïâ-esa, 
c'est lui le vrai Nilus des Anciens et des Arabes, et le 'Dïâ-esa sans 
doute se joint à lui.) Gabba est un district de Walagga et distinct de 
Gubba qui est un peu au-dessus des Xiluk. 

140. Baro; Walamo. 
Saqa. 1843 : Septembre 7. Seyd Musa, natif de Guma, qui a 



Baro. 89 

demeuré 14 ans dans înarya et a tait deux voyages à Miicéiwn>'a, 
me dit : «J'ai visité le Walagga. Le T>îâ-esa va par le pays Sïnïco 
dans le Abbay, et a sa source dans Moca, pavs Sîdama, soumis à 
Kaffa. Le Bao (Baro) est une grande rivière dont je ne connais pas 
le cours au juste et qui a sa source dans Moca. Le Walagga a une 
foule de subdivisions. Le Bao va définitivement au Abbay. Gumaro 
est un nom de terre et est habité par les Oromo. (Je dirais que c'était 
dans le principe un nom de tribu; puis il v a des Gamaro vers Kullu.) 
Le Gîbc s'en va au Borara qui va Dieu sait où. » 

Les gens de Walamo se disent descendus de colons Tigray, bien 
que leur langue ressemble à celle àt Kaffa. Tamrii, rr^ra;^ lui-même, 
dit que les Walamo sont vifs, agiles, de petite taille, et ressemblent 
en effet aux gens du Tïgray. Ils portent des culottes collantes. Des 
marchands Walamo venus à Saqa disaient que le premier royaume 
fondé en Ethiopie était celui de Xhva et non celui de Aksiim. Mï- 
nylïk, repartit Tamrii, gouverna Aksiim et son frère consanguin issu 
aussi deSalomon fonda le rovaume àe.Zage dont le siège était e.nXïwa. 

Les marchands Tambaro QtWaratta viennent aussi acheter à Saqa. 
Le pays Janjîro n'y envoie au contraire aucun marchand. 

140. Abbay et Baro. 

Goxii, marchand Amara, traversa le Abbay à gué devant Amiirn. 
C'était la saison des xola (commencement de mois d'avril) et l'on 
avait de l'eau jusqu'aux mamelles. Selon '.4//, dans la plus forte 
sécheresse le Baro ou Bao, enWalagga, monte jusqu'aux mamelles 
(ce qui donne plus d'eau au Baro, puisque le Walagga est plus loin 
de Sannar que ne l'est Amtiru). 

141. Kullu. 

Un Oromo qui a passé un an en Kullu me dit : Je ne connais pas 
le Mena. Le Omo va de Kullu en Gobo. Les Dokko sont des gens 
de grande taille. Les nègres près Kullu, dont j'ai oublié le nom, 
viennent y vendre de Tivoire. Le Kullu reçoit par le Kambat, qui a 
une langue à part, du sel en poussière, très-blanc, et du cuivre rouge. 
(Sans doute, ceci vient de l'océan indien.) Je ne connais pas les 



Qo Walagga. 

Somali ni aucun peuple à cheveux teints en rouge. Danta parle la 
mcme langue que Kulhi et Walamo : je ne sais où va le Otno. 

142. Gojab. 

Saqa. 1843 : Septembre 12. Selon les messagers du roi de Jimma, 
c'est le Giiajab qui sépare le Jîmma dnWaratta. 

143. Walagga. 

Selon Seyd Musa, les pays suivants sont dans Walagga : 1" Gii- 
maro; 2° Yakkama ou Malakka; 3° Baw; 4° Hurrumo; 5° Afîllo, 
qui a un roi en correspondance avec Abba Bagibo; é° Gumbi; 
7° Gabba, pays de 7a//i JTo/zo, propriétaire très -riche, gendre de 
Abba Bagibo, et demeurant à Kiira dans Gcce; 8° Sayo; 9° Gobo; 

10° Sekaco. 

144. Sinuro. 

La plupart des Smvro sont nègres (xanqîlla), mais pas tous; il 
existe là des gens de couleur mêlée. 

145. /l/z7/o. 

5^7^^. 1843 : Septembre i3. Un vieillard venu hier soir me dit que 
les Sayo, Afîllo et Masongo, ces derniers nègres, se suivent le long 
du Baro en descendant. 11 faut une semaine pour aller de I?iarya à 
Afîllo, mais c'est en suivant les hauteurs et non en ligne droite, car 
le chemin est dangereux. 

146. Gojab. 

Septembre 14. Dans la saison sèche, si l'on traverse le Guajab au 
gué entre Jîmma et Kiillii, on a de l'eau jusqu'aux mamelles. En 
hiver on le traverse en se halant le long d'une corde, car son cours 
est si rapide qu'il entraîne les nageurs fort loin. 

147. Maipo. 

Selon Abba Giidda, les Mawo, Boso (Boxa des Portugais), Baro 
et Gaddo parlent une même langue dialecte du Sîdama. 

148. Fleuve Blanc. 
Selon Seyd Musa, le T)îd-esa ne va pas au Baro. (Ce serait donc 



Clllimo. 91 

le Tiimat, formant la branche occidentale du Abbay ou Fleuve Bleu. 
Le Baro serait la branche orientale du Fleuve Blanc. Chose étrange! 
On a donné le nom de Fleuve Blanc au Bahr al gazai et de Fleuve 
Bleu au Abbay, tandis que le Baro et le 'Dïd-esa ont la direction 
générale du Nil et devraient ainsi être comptés comme les principaux 
dans cette grande question du fleuve le plus célèbre qui arrose une 
terre habitée.) 

149. Nègres Kamo. 

Saqa. 1843 : Septembre 18. Un esclave nègre parlant une langue 
distincte des Yambo et Giiînza me dit que son pays qui est un qiialla 
se nomme Kamo, qu'il est loin des Yambo et près des Masongo. 

150. Lac Cosa. 

Coxa ou Cosa, selon le messager du roi de Jïmma, est un lac dans 
un daga. En marchant du matin au soir, on peut en faire le tour. Il 
n'v entre aucune rivière. Personne ne boit ses eaux et l'on y fait des 
sacrihces humains. 

151. M. Jomard. 

Go.ro a reconnu Dangab et Wambar comme petits districts de 
son pays, celui des Jawi du Gojjam, qui sont sur la rive droite du 
Abbay, vis-à-vis Horro. Du fait de la circoncision du Ware de M. Jo- 
mard, j'en conclurai que son père était l'un des nombreux réfugiés 
Amara du Gojjam qui ont émigré en Horro, Gudru et Amuru. 

152. Clllimo. 

Galati Gabayca, amara devenu musulman et envové par Abba 
Bagibo au roi de Afïllo, sait plus que personne sur le vrai cours du 
Baro etc. 

Dans Calliha est le m^ Cîllimo où la grêle séjourne longtemps 
comme sur le Buahit. (Il faut donc que cette montagne soit très- 
haute, et qu'elle ait plus de 3ooo mètres au-dessus de la mer.) — 
|J'ai mesuré plus tard le m' Cîllimo : il a 3i 23 mètres d'altitude.] 

153. Route de Inarya à Afïllo, etc. 
Aujourd'hui est venu Dawd, natif de Limmii : il revient d'une 



Q 2 Afillo. 

expédition commerciale vers Afïllo. Il me donna ainsi qu'il suit sa 
route en 1 1 journées ou plutôt lo'/o? car de Gamado Ofa dans Sayo 

jusqu'à Afïllo dans Damoca il y a un jour et 

0. Saqa. 

demi : 

1. Sapa. 

^ , Le n° 3 est la limite de Giima. 4 et 5 sont 

2. Gombota. , , ,. • , 

_ ,, , des noms de districts. 8 est un erme. g est le 

3. (qella.) . ^ 

c; nom de l'hote. De chez lui à Afïllo il y a demi- 

4. Tora. . , J y 
^ , , journée de route. 

5. Gabba. 

^ ^ Dans cette route on laissa à gauche la source 

6. Giimara. . , 

^. , du T)ïd-esa et à droite celle du Baro qu il dit 

7. Bidru. , - , ' 

„ ^ être dans une torêt sans habitants entre Gamaro 

8. Bure. ^ , ^ 

-^ , ^/- et Moca. Comme les Oromo tourmentaient 

9. Gamado Ofa. 

^ . ,, beaucoup les marchands, il fut une lois question 

10. Afïllo. 

de les éviter en traversant la forêt jusqu à la 

source (hiindc, c'est-à-dire «racine») du Baro. De la source du 
'Dïd-esa à celle du Baro il y a environ 4 journées ou 3 s'il n'y avait 
une forêt épaisse et inhabitée. Tous ces pays sont Oromo. Afïllo, 
qui est dans Damota (et par conséquent près la source du Giiajab), 
est mi-daga rm-qiialla. Du bord du daga on a un panorama magni- 
fique des qualla de Bakko etc. La route ci-dessus allait près la jonction 
du Bïrbïr et du Baro. Selon Dawd et sauf les environs du T)ïâ-esa, 
toute la route de Saqa à Afïllo est un daga continuel. 

Celle qui mène de Saqa aux Alga est ci-contre. Entre Gumaro et 
Alga est le gué du Baro : si c'est en été, on a de l'eau jusqu'aux 

^ reins. Le Baro, dit-il, de son propre mouvement, est 

4. Tora. , ., • 

,^ la plus grande rivière que j'aie vue : le Abbay n'est 

, ^ , , rien en comparaison. Les Alsa habitent un riche qualla 

6. Gabbara. ^ '^ . _ 

^ et les nègres du Bakko sont leurs voisins. Moca est un 

7. Gumaro. _ 

_ .. pays froid, très-froid, et a des montagnes où la grêle 

reste fort longtemps, comme en Sïmen. 11 est bien 
peuplé de Sïdama, car la langue Oromo y est peu connue. De Saqa 
aux Alga, il y a huit journées. 

Pour se rendre d'ici à la source du 'Dïd-esa dans Moca, la route 
la plus sûre est par Tum-e, pays de Xono, d'où l'on va en suivant 
le daga jusqu'à la source, Terme étant peu de chose de ce côté-là. 



Aflllo. 93 

Gallego (ou nom analogue) Abba Sïnkïlli (et non Abba Kuranno) 
est roi de Moca et vient de s'allier avec le roi de Kaffa. Si ce 
dernier le voulait, le plus sûr serait de partir de son pays pour 
atteindre la source du 'Dïd-esa, car il n'y a pas d'erme entre Kaffa 
et Moca. 

Entre Gamado et Afîllo on a un long daga à traverser. Tous les 
noms ci-dessus sont des noms de pays sauf Xoiio, nom de soresa 
(riche propiétaire). (De tout ceci il faut conclure que Ali m'avait 
bien informé. Les marchands d'ici vont à Afîllo et Alga. Les mar- 
chands de Sannar qui viennent au Sayo et chez les Alga ne tra- 
versent pas le Baro; mais cet homme hésita en disant ceci.) Il ne 
connaît ni Denka ni les Xiluk ni les Baggara, mais bien les Qïltïm 
(ou nom analogue) qui sont nègres. 

Le Ganja est un affluent de la rive droite du Baro. Alga et Afîllo 
sont sujets au busa (fièvre des pays bas), ce qui indique une élévation 
au-dessous de celle de Saqa. 

154. De Saqa à Walamo. 
Saqa. 1843 : Septembre 26. Burce, frère de l'ambassadeur de 
Limmu à Kullo, qu'il a souvent visité et dont il parle la langue, m'a 

donné la route ci-jointe de Saqa à Woxo, capitale ,, 

' ■' o. c>aqa. 

desWalamo qui sappQÏleniWalaj^ta. N'^ 2 est le qella ^ . 

de Kullo; 3 est le fleuve; Godo est la capitale de ,. 

Kullo; 5 est dans Kullo; 6 est dans Gaba; Kindo \ r ■ h 

est tnWalamo : le n" 10 est un pays Oromo. Entre „ , 

' '^ ■ 4. LrOao. 

Disa et Kindo on traverse le Omo qui coule vers la Uxavti 

~ droite. Burce connaît un peuple qui teint ses cheveux . 

en rouge (Somali?j, mais il les appelle Urbaraga Kindo 

et leur langue paraît tenir au Gurage, car «ta main > g Woxo 

se dit înjax; na veut dire « viens » et allacale signifie Guh'-ulla 

«Dieu», mot qui tend à montrer qu'ils sont musul- lj,,.„ „• 

' T^ ' 10. liai u^i. 

mans. Les Oromo Harusi vont jusque tout près de 

Argiibba (ce qui est confirmé par les renseignements pris près Bar- 

bïrah etc.). 

Sur ma demande des noms des pays qu'arrose le Omo, Burce 



QA Wa/ûmo. 

me dit : Garo, Tambaro, Kullo, Malo, Tufte, Gofo, Gobo; mais 
s'embrouilla dans l'ordre. Ce qu'il dit avec suite, c'est que Golda, 
pays de nègres, est le nec plus ultra de ce qu'il sait sur les peuples 
côtoyés par le Omo. Au-dessus des Golda sont les Dokko ou Doko, 
tout à fait noirs qui vivent de lait et de sorgo, ne mangent pas de 
chair et occupent un parfait qualla. « Les Doko sont-ils longs ou 
courts?» — «Ils sont trapus; tenez», dit-il, en se tournant vers /l/jZ^a 
Gudda, « voilà l'image frappant d'un Doko. » (Or, Abba Gudda a une 
taille de i'53 mètre.) 

Walamo n'est pas Waratta ou Dawro, mais parle la même langue 

que Gofa,Kuca, Gamu, Gobo, Malo, Zala QXJïrgo, 

0. Woxo. i ^ L 
^. ce dernier étant en Walamo même qui est un dasa 

1. Disa. ., . . , * 

froid. De Woxo à Bonga il y a six purnées de route 

2. Wïxa. 

dénommées ci-contre. 

3. Alla. , . ^ , 

^ „, Kambata dont Dagoye est le roi, Tajnbaro sous 

A. Gure Waca. 

le roi Dannabo, Danta ei Doga qui sont sans roi, 

, ^ parlent tous une seule et même langue (elle semble 

6. Bo7iga. 

Garage). 

Tufte a une langue à part. Uba a un roi. Les nègres Haruro, à 
langue distincte, sont près Walamo. [Une esclave Haruro, qui m'a 
donné un vocabulaire de son idiome, est rouge et nullement né- 
gresse.] 

Ayant tenté d'esquisser une carte, ce qu'il ne sait faire, Burce mit 
les Janjiro et puis les Garo sur la rive gauche du Omo, et sur l'autre 
rive : Kullo, Tufte et les Tambaro, en ajoutant que le Omo les sé- 
pare des Garo; puis Datita et Kambata en dehors des Tambaro; 
Walamo; Kuca; Gofa; Malo; enfin Gobo et Bonga sur une même 
plaine (bakke). De cette façon je suis pleinement embrouillé. 

155. Gîbe. 

Selon Golu qui demeure dans Meti (Jîmma Badi), Amuo est le 
roi des Janjiro et Garo (Boxa) est sous le roi Dukam. Le pays 
Janjîro est longé par le Gîbe de Badi : c'est le troisième Gîbe de 
ces régions. La source du Omo est dans Mutte Doma (Jîmma Badi). 
C'est dans Agabja même que le Gîbe se réunit au Borara. Moca 



Baro. 9 5 

a trois versants : i'^ du T)ïâ-esa; 2° du Baro; 3^ du Naso qui va 

au Gnajab. 

156. Folla. 

Selon le messager du roi de Folla, la principale rivière de ce pays 
est le Malakat qui va au Gîbe. 

157. Sacrifices humains. 

Selon un autre, il y a trois lacs Coxa dans Waratta. On n'y noie 
pas les enfants; mais les nègres Hariiro près de là ont des sacrifices 
humains. Les vaches des Dokko ont la plupart de grandes cornes. 

158. Géra. 

Selon des marchands de Géra, ce pays est borné ^piw Jïmma, Kaffa, 
Guma et Gomma et ne touche pas au Moca. Quatre rivières de Géra, 
dont les noms m'échappent, se Joignent au THd-esa. 

159. Source du Bare. 

Saqa. 1843 : Septembre 3o. Dawd revenu aujourd'hui ajouta ce 
qui suit : « Arrivé à Giimaro, je me séparai de mes camarades et les 
laissai continuer leur route à Afîllo. On avait délibéré de passer près 
la source du Baro dans un bois et cette source ou racine (biirqa, 
hunde) est à une journée de notre station de Gumaro d'où je me 
rendis en une forte journée jusqu'au Moca. 

Gabba est le pays de Xono, fils de Calli, patriarche qui a au moins 
20 fils tous guerriers. Quant à ses femmes et filles, elles sont trop 
nombreuses pour être comptées. Sayo est à côté de Bun-o, nom de 
terre occupée par les Tum-e. Je mentirais si je vous disais où est la 
source du T>îd-esa; je n'en sais rien.» 

160. Me^o. 

Selon Abba Giidda, dont les paroles parfois précieuses sont tou- 
jours un peu confuses, le pavs de Me:{0 compris dans le Wéiratta se 
bat contre Gobo, Kiillo et Tambaro. (Dans ces régions, au lieu de 
demander quel est le pavs qui confine avec un autre, il vaut beau- 
coup mieux dire : quel est le pays qui se bat contre luir) 



q6 Gaco. 

i6i. Dar Tama. 

Saqa. 1843 : Octobre 5. Faki m'a dit aujourd'hui : «Dar Balala 
se bat avec Dur Tama qui se bat avec Dar Borgii. Dar Salah se 
bat avec Dar Borgu. Ces quatre pavs parlent quatre langues diffé- 
rentes. Au sud de Dar lama je ne sais quel pays il v a. » 

162. Fleuve Blanc. 

Saqa. 1843 : Octobre 6. Il en est du Baro comme de toutes les 
réputations de ce monde : l'une renverse l'autre. Aujourd'hui Dawd 
m'a dit : « Dans la route ci-dessus, en partant de Cora, on traverse 
la rivière Gabba qui est la limite de la terre de Gabba de ce côté-ci, 
c'est-à-dire à l'E. Le Gabba a sa source dans un bois près Géra 
(Moca?) et s'en va au Baro. » (Une fois il envoya le Ganji au Baro : 
une autre fois il l'envoya au Bîrbîr.) 

Le Bîrbîr est la limite de Afîllo vers l'E. et on ne peut le traverser 
qu'en bateau. Le Bîrbîr est « plus grand que le Baro » et s'en va 
chez les Arabes. Le Bîrbîr est une très-grande rivière comme le Ab- 
bajr. La source du Ganji est dans Kaffa, Je crois. (Le fait est que 
pour cette immense question de la source du Fleuve Blanc on ne 
peut rien affirmer sans avoir examiné tous les affluents.) Bakko est 
le qualla à côté de Afîllo. Le Baro s'en va chez les Yambo. » 

163. Gaco. 

Ayta Noro, né en Gojjam et que je connais depuis longtemps, me 
dit : « Dans ma Jeunesse je suis allé à Gaco qui est à l'est de Afîllo 
dont il est séparé par une grande rivière (Bîrbîr). L'ernie de Baqo 
(sic) s'étend au nord de Afîllo et de Gaco et est aussi long que d'ici 
au Gîbe de Lagamara. On traverse Baqo en 4 jours. C'est un pays 
à nîdad (typhus) et les bêtes mêmes n'y vivent pas longtemps. Les 
Oromo et les Yambo s'y livrent des combats continuels. Nous al- 
lâmes d'ici à Gaco en 1 5 jours et retournâmes de là à Lofe (pays de 
Dilbo) en 3 semaines. Gaco est un pays Oromo à daga et qualla et 
produit du café que nous y achetâmes. On v est si peu en sûreté que 
notre gofta (protecteur local), homme très-brave, appuvait ses deux 



Agahja. 07 

lances sur ses genoux quand il s'asseyait pour fumer et nous n'osions 
quitter ses côtés. Les marchands arabes viennent à Gaco et à AJîllo, 
mais à chameau avec très-peu d'elîets de petit volume. A cette époque 
là les Yambo échangeaient les anneaux en or de leur nez pour des 
anneaux de cuivre jaune. Ils n'avaient pas encore appris à porter de 
l'ivoire sur le marché oromo, ce qu'ils font aujourd'hui. Giibba est un 
marché au milieu des nègres et au N. de Gaco qui me semble au N. 
du couchant par rapport à Saqa. 

Le Baro est une rivière plus petite que le Abbay, mais a un grand 
nom, parce qu'il coule comme un torrent, roule de grosses pierres 
et tue beaucoup de monde quand les eaux sont hautes. En été, on 
y a de l'eau jusqu'au genou seulement. Sayo est à côté de Bun-o. 
Hitrrumo est par là aussi, mais il v a longues années que je n'ai 
visité ce pays et j'en ai oublié les détails. » 

164. Agabja. 

Selon un homme qui vint en même temps que Nuro, « il v a un 
grand nombre de chrétiens dans Nojuio. Golo confine à Inarya, à 
Botor et à Agabja. Doranni est au N. de Golo qu'il touche. L'an 
dernier nous étions allés commercer au-delà de Agabja et contre Do- 
ranni : c'était vers Pâques (23 avril 1843), mais A'aAVz/, venu Jusque 
dans Xaka avec les soldats du Xîipa, vainquit le pays et emmena 
comme principal butin 7 fois 7 mille et 700 bêtes de vaches : quant 
aux chèvres et moutons, on ne s'amuse pas à les compter. Ce guer- 
rier atteignit ainsi les confins de Tuloma et l'on dit qu'il reviendra. 
Nous dûmes donc nous en retourner. » [Xaklii est le nom oromo de 
Sahla Sillase, marîdazmac (ou_, en fait, roi) de Xîwai] 

Un autre venu en même temps me donna l'itinéraire suivant qui 
place tout le Walagga plus au N. que je ne l'avais cru. Ulmay n'est 
pas le pays près le qella ou barrière fortifiée de Inarya; mais bien 
un autre endroit : o. maison de Dilbo; 1. Ulmay, marché; 2. T^id- 
esa; 3. dans Bun-o; 4. ibid.; 5. Gabba, qui est le pays Cali Xono. 

165. Kaffa. 

Waldii, de 'Adxua, m'a donné l'itinéraire ci-dessous d'ici à Bonsra : 



98 Kaffa. 

o. Scjqa; 1. Saf-a; 2. (qella); 3. Jîren; 4. Abha Biilgii; 5. cjeZ/a 
de Jïmma; 6. Giiajab; 7. qella; 8. Bonga, vers midi. Le 3'^ jour 
on traverse le ruisseau du t7(?//tz de Limmu et ensuite le ^t'^«. Le 
4*^ jour on dort chez Abba Biilgu qui donne un daggo (juge-passe- 
port ou témoin) pour aller en Kaffa. Le 5*^ jour on dort au qella 
ou limite du pays de Abba Jîfara, puis on entre dans Terme : à midi 
on traverse le Guajab, rivière plus grande que le Abbay, et où dans 
la saison sèche on a de l'eau jusqu'au nombril. Cette rivière est très- 
rapide. Le soir du 6^ jour on dort au premier qella de Kaffa. Le 
7*^ jour on arrive au deuxième qella où l'on reçoit des prêtres qui 
le gardent un daggo pour le troisième qella. Là on prend enfin 
un autre daggo pour Bonga. 

Cette capitale ressemble beaucoup à Dabra tabor, c'est-à-dire : la 
maison du roi est sur une petite élévation près d'une belle prairie 
et d'un tout petit ruisseau. Bonga est plus petit que Maljdara MA- 
RYAM Qt plus grand que 'Adjpa, rive gauche. On peut donc l'estimer 
à 800 maisons ou 3éoo âmes, mais comme toutes les maisons sont 
entourées de haies de ïnsat, il est difficile de former une estimation 
exacte. L'endroit est très-sain, froid comme à Dabra Tabor, n'a ni 
souris ni hyènes ni bêtes féroces, mais seulement des puces qui sont 
gênantes (et qui comme en Arabie et Stmen prouvent que c'est un 
daga). La presque totalité des indigènes se nourrit de ùisai : s'ils 
voient manger du tef (Poa abyssinica) à un étranger, ils l'appellent 
pain de cendre. Chez eux le grain ne sert que pour la bière. Du reste 
le froment et l'orge noire, tous deux à grains très-gros, abondent dans 
Kaffa. Il n'y a pas de maisons en pierre. Tout est construit en qïr- 
haha et, comme en Agaw mîdr, ce genre de construction admet 
beaucoup de hauteur et d'élégance. On peut suspendre jusqu'à éo bou- 
cliers sur le pilier central d'une maison. 

Un piéton léger allant jour et nuit atteint en deux jours les fron- 
tières de ce beau royaume (ce que j'estime à 80 milles si cette asser- 
tion est vraie). Au-delà de Kaffa est un autre Kaffa dont on ne 
connaît que le nom. 

Il y a aussi un autre Inarya, grand et beau royaume où les mar- 
chands n'ont pas encore pénétré. (Ceci tend à faire croire que le 



Birhîr. 99 

plateau s'étend beaucoup vers l'intérieur de l'Afrique.) Les Suwro 
ne sont pas nègres, mais de couleur mêlée. 

166. 

Selon Ahha Gudda, les Gamro qu'il connaît sont nègres. Les gens 
de Kaffa aiment beaucoup les étrangers et c'est par un excès de cette 
prédilection qu'ils ne leur permettent pas de sortir de chez eux. Le 
prêtre qui est là a vainement essayé d'excommunier le monde si on 
ne le laissait pas sortir du pays. On ne connaît Inarya que par les 
messagers de son roi qui est tributaire de Kaffa. Dans cet ïnaiya 
est la source du Guajab et probablement aussi du Bîrbîr. 

167. Bîrbîr. 

Saqa. 1 843 : Octobre 1 o. Selon Dawd : « Avant de traverser le Baro, 
on lui donne un peu de myrrhe et l'on sacrifie une chèvre pour son 
qollo (Dieu ou Génie particulier). Au Bîrbîr on se contente d'un peu 
de myrrhe, ce qui ferait croire qu'on regarde le Baro comme le prin- 
cipal; cependant il me répète que le Bîrbîr est le plus grand. Il 
s'éleva une discussion entre Daipd et un autre et il en résulta que le 
Ganji est un affluent de la rive gauche du Baro, que ce dernier va 
au Bîrbîr, que les Sayo sont au-delà de Afîllo, qu'on ne sait où est 
la source du Bîrbîr, que les Gimira sont limitrophes de Moca, que 
leur langue se rapproche de celle de Kaffa, et enfin que Moca et 
Gimira sont indépendants, mais paient tribut à Kaffa. 

Moca est un pavs très-froid : il est peuplé de chrétiens. On adore 

MARYAM dans les églises et la femme du roi se nomme Ma- 

-^ryam. Les Gimira sont chrétiens. Andaraci, Boa, Qidaîa et Ogo- 

rakka sont les principaux bourgs de Moca. Le roi demeure dans 

Ogorakka. » 

Le roi de Moca, dont Dawd se loue beaucoup du reste, ne voulut 
permettre ni à lui ni à ses compagnons de se rendre dans Gimira 
pour v commercer en disant : « nous avons de quoi boire, manger et 
nous vêtir et n'avons pas besoin d'autres choses. » La plupart des mar- 
chands allèrent alors à Afîllo. De Afîllo à Kaffa il y a, dit-on, 8 jour- 
nées de marche. Les Gimira confinent à Moca. On ne traverse pas 



loo Walagga. 

de rivière entre Giimaro et le Bïrbir au bac de Afîllo, selon ce qu'a 

ouï dire Daxpd. 

i68. Walagga. 

Saqa. 1843 : Octobre 1 2. Noro m'a donné hier les renseignements 
suivants, les derniers probablement que j'aurai sur X^Walagga : << Afîllo 
est droit au couchant de Saqa. Saqa est plus près du \Diâ-esa que 
Gombota qui est sur un terrain plus élevé que celui-ci. En sortant 
de Guma, on entre dans Gubba Kiire, pays de Cali Xono. De là au 
nord (sud), il y a deux journées, puis cinq journées d'un bois des 
plus épais pour se rendre daiis Kaffa. Cette forêt est si empêtrée 
qu'on ne peut la traverser qu'à cheval, car il faut souvent sauter des 
arbres renversés. Au nord de Gubba est Cora qui est un daga et 
confine à Hiirrumo, petit pays touchant Gubba Kure du côté de 
l'ouest. Hurrumo est une plaine- qualla sans une seule colline et il 
y fait très-chaud. En sortant de Hurrumo, on traverse le Gaba qui 
a sa source dans le pays de Cali Xono, puis on entre dans Gaba, 
pays accidenté comme ïnarya et à peu près à la même hauteur. En 
sortant de là, on traverse le Baro pour entrer dans Gaco, pays way- 
Jiadaga et chaud comme Saqa. En sortant de là, on traverse le Bîr- 
bîr pour se rendre dans Afîllo. » Noro estime à 1 5 Journées d'âne 
bu 225 milles la distance d'ici à Gaco (ce qui nous ramène beau- 
coup à l'ouest et rend très-probable l'identité du Bïrbîr et du Fleuve 
Blanc.) 

L'erme de Bokko ou Baqo confine à Gaco et à Gaba; il est large 
et long de quatre journées et les nègres Yambo tuent les gens qui 
vont y chasser des éléphants. Son climat est fatal aux bêtes de somme 
et aux Éthiopiens non nègres. Dans tout le Walagga, dès qu'on a 
passé le pays de Cali Xotio, on se trouve absolument comme dans 
Inarya il y a 3o ans, c'est-à-dire que les gens du pays prennent fort 
peu de droits aux marchands, mais au contraire les tuent pour la 
moindre bagatelle. Noro et son camarade n'osaient se séparer de leur 
gofta (protecteur), quelque part qu'il allât et d'un autre côté il se 
contentait de leur demander à chacun un seul collier des perles rouges 
les plus communes. Gaco produit beaucoup de café et, à ce qu'on 
dit, Afîllo aussi. 



Tamharo. 1 o i 

Il n'y a pas de café dans Jîmma (probablement parce qu'il est 
beaucoup plus élevé que înaryd). Il y en a au contraire beaucoup 
dans Kaffa (ce qui fait voir évidemment que la partie du pays qui 
produit le café est bien moins élevée que Jîmma. Sans doute, Kaffa 
s'abaisse graduellement de Inarya à \Valamo).Walagga produit beau- 
coup de café, beaucoup plus que Limmu (ce qui fait voir évidem- 
ment que sa hauteur ne dépasse pas celle de Saqa). Le café de Kaffa 
est le meilleur que l'on connaisse par ici.» 

169. Biin-o. 

Selon Abba Gudda, Biinno ou Biin-o n'est séparé de Guma que 
par un tout petit bois bien touffu. En allant de Lofe à Guma, on n'est 
pas obligé de traverser Bun-o, mais Terme est long d'une journée, 
et en cette saison les herbes étant hautes, on craint les bêtes féroces 
la nuit et les gens de Bun-o le jour; d'ailleurs Bun-o a juré de ne 
pas laisser passer de marchands sur cet erme. 

170. Tambaro et peuplades voisines. 

Saqa. 1843 : Octobre 14. Au dire de Burce, les Tambaro sont 
païens (oromo) ; leur pays est mêlé de daga et de qualla. Ils ont du 
coton chez eux et portent la toge. Leurs chevaux sont nombreux. Le 
roi se nomme Dannabo. Leur pays est bien plus petit que le pays 
voisin de Tu/te. 

Danta et Donga sont de petits pays. Dan'ro et Kullo sont syno- 
nymes. Wîxay est dans Kullo. Kaffa et Kullo sont chacun bien plus 
grands que n'importe quel pays oromo. Un peu plus tard il me dit 
-que Dajpro et Waratta ne sont pas synonymes. Le Omo coule entre 
Kullo et Tambaro. 

Kullo est enlrcWalajno et Suipro. Ce dernier a des daga et des 
qualla, mais ses habitants sont nègres. Gobo est entre Suwro et Kullo : 
Makka est entre Gobo et Suwro. Suwro contine à Kaffa; Golda 
confine à Suwro et ses habitants sont nègres. Malo confine à Golda 
et ses habitants sont de couleur mêlée. 

On met huit mois à traverser les Oromo dits Hariisi et on porte 
de là un sel différent de celui de Walamo et de l'Ethiopie du nord. 



1 o 2 Tambaro. 

Malo est principalement daga et confine aussi à Gofa et à Zala. 
Hannika confine aussi à Malo et est de couleur mêlée. Qida confine 
à Gamii. Les Smpro et les Dokko se touchent. Gobo et Dokko se 
touchent. Kida et Walamo se touchent. Gamu confine à Zala. 

Le Z7ma ou Omo arrose Wia/amo, Qwfa et Dokko. Il a sa source 
dans Jïmma et reçoit le Giiajab sur sa rive droite et le Gîbe sur sa 
rive gauche. 

Kambata touche à Donga qui a les Tambaro pour frontière. Kam- 
bata touche aussi à Danta. Danta et DoJiga se touchent. 

Saqa. 1843 : Octobre 15. Selon Burce : Yîngîra est le nom donné 
par les Walayta aux Janjîro. Walayta est le nom national desWalamo. 

Kawko est le sani (race) du roi de Kullo; Walayta, Malla, Zu- 
tumo, Bubiila et Cata sont les noms d'autres Safii du Kullo. Le 
sani principal des Walamo se nomme Tïgre. Zamina et Gâta sont 
d'autres saiii de ce pays-là. 

Saqa. 1843 : Octobre lé. Selon Burce, Walamo se bat contre 
Kullo, Qiita, Gamu, Borodda, Guji, Harusi, Kambata, Dojiga, 
Tufte et Tambaro. La rivière Omo est entre Kullo et Tambaro. 

Kullo se bat contre Jïmma, Bonga, Gobo, Malo, Gofa, Qiita, 
Walamo, Tambaro, Tufte et Garo ou Boxa, dans cet ordre-ci (en 
faisant le tour du pays). 

Kambata se bat contre Tufte, Donga, Harusi, et même contre 
les Or omo qui viennent furtivement chez eux en guet-apens. 

Qiiîa se bat contre Gofa, Gamu, Borodda, Kullo, Walamo. 

Borodda se bat contre Walamo Guji, Qiiîa, Gamu. 

Gamu se bat contre Zala, Uba, Quta, Borodda et Gamu délie . . 
[illisible], Alfa, Tela, Walamo. 

Harusi se bat contre Walamo, Guji, Kambata, Makmasa, Urba- 
raga, Tufte, Hadiya. 

Guji se bat contre Harusi, Walamo, Borodda et . . . [sic] 

Tufte se bat contre Jïmma, Tambaro, Janjîro, Xaka, Kambata, 
Walamo, Boxa, Mazmasa, Kullo, Haru.si, Urbaraga et Donga. 
Tufte est sans roi. 

Garo, qui porte le nom national de Boxa, se bal contre Jïmma, 
Kullo, Tambaro, Tufte; un erme des Oromo le sépare desYamma. 



Tamharo. lo3 

Son roi est Dukam et sa langue est Sidama (idiome de Kaffa). En 
outre Garo se bat avec la langue (injurie) contre les Walamo qui sont 
à 5 ou 6 milles de sa frontière. Garo est sujet nominal des Tambaro. 

Urbaraga se bat contre Hariisi, Kambata, Tiifte et . . . [sic] 

Uba se bat contre Gofa, Zala, Ara/a, Qida, le tout par ouï-dire. 

Malo se bat contre Ktillo, Gofa, Gobo, Wanna Malo, Lic^e Malo, 
Arada. 

Le Gibe de Inarya se réunit à celui de Qaqa. Le Borora vient de 
Agabja et se réunit au Omo au-delà de tous les pavs connus de Burce. 
Le Gîbe de Lagamara se rend au Borora. 

Le pays Dokko est très- vaste et obéit à cinq rois dirterents. La taille 
des Dokko (selon le frère de Burce) est une taille movenne comme 
celle des Oromo. Tous deux ne connaissent personne qui teigne ses 
cheveux en rouge. 

Il v a deux lacs Coxa (de même qu'il v a deux Ijaxéingi). Le petit 
Coxa est tout près de Alla. Le grand Coxa (écrit ailleurs Toxa) est 
dans le district de Yora à 5 ou 6 milles du petit Coxa. On peut faire 
le tour du grand Coxa une fois dans un jour et celui du petit 20 fois. 
Le roi de Kiillu sacrifie sur le M^ Boka au Génie du grand Coxa. 

Les Koxa sont rouges (non nègres) : les Danta sont rouges et très- 
beaux. Les Tiifte sont rouges et de belles formes. De lufte aux 
Yamvia il y a une journée en traversant le Omo. 

Confusion des renseignements. 

(Ce qui a surtout trompé M. Jomard, c'est la direction dans la- 
quelle Ware faisait couler le Abbaya. Or Ware n'était qu'un enfant. 
Burce, qui est un homme fait et qui est si intelligent qu'il me com- 
prend à demi-mot, me dit et me répéta que Botiga est à l'ouest, par 
rapport à Saqa et Woxo droit au sud. Cependant il est notoire que 
Bonga est au sud. En général, la direction par rapport aux points 
cardinaux est ce que les Éthiopiens semblent avoir le plus de peine 

à comprendre.) 

171. 

Abba Gudda me dit : «Mon pays Jimma Badi est sur les deux 
rives du Gîbe. Je ne sais où est la source du Omo, mais en allant 



1 04 Kaffa. 

de chez nous à Limmu, on traverse une rivière qui coule rapidement, 
a de grosses pierres, une eau claire en été, et dont je ne sais le nom; 
c'est peut-être le Omo. Le Gîhe de Badi, comme celui de înarya et 
celui de Lagamara, est une rivière coulant au milieu de la boue, 
presque sans courant et toujours remplie de vase rouge même en été. 
Le T)îd-esa, comme cet Omo, est au contraire clair en été tellement 
qu'il ressemble à du kuïlk (antimoine pour les yeux; c'est là ce que 
les Arabes appellent azraq ou bleu). » 

172. 
Saqa. 1843 : Octobre 20. Biirce, qui est musulman et se préoc- 
cupe par conséquent de la direction de la Mecque, me dit : « Si je 
prie dans Saqa, j'ai Nonno devant moi (ce qui est vrai). Si je prie 
dans Woxo, j'ai Garo (Boxa) devant moi et plus loin Jimma. Si je 
prie dans Godo (Kullo), j'ai Garo devant moi. » — Il n'y a point de 
rivière entre Garo et les Yamma (ce qui infirme Antonio Fernandez). 

173- K<^ffa. 

Saqa. 1843 : Octobre 21. Selon Waldu, on recherche surtout dans 
Bonga : 1° du drap rouge, n'importe de quelle qualité; 2° des talari 
pour les orfèvres; 3° des fusils dont pas un n'est encore entré dans 
ce pays-là. Kaffa exporte surtout de l'ivoire, du civet, et du coriandre. 
Les verroteries très-fines et les hindi (toiles noires de l'Inde) s'y ven- 
dent, mais ces derniers faiblement. 

Un Sîdama vint en course pressée jusqu'à Bonga en 14 jours dont 
un seulement de repos et toujours dans le royaume de Kaffa. Selon 
le fils d'un homme de Darita mort dans ce pays, de Bonga au point 
extrême qu'il connaissait il y a aussi loin que de Bonga au Xîre (ou 
3oo milles environ) et dans la direction de l'ouest. Tout ce vaste pays 
parle sîdama. Du grand înarya à Bonga, il y a 1 2 journées pressées 
ou 24 d'âne (ce qui fait environ 36 o milles). W^ildu voulait aller à 
Inarya pour acheter du coriandre qui s'y vend à un amole (pièce 
de sel) pour une outre, mais le prêtre qui s'était engagé à l'y envoyer 
craignit ensuite qu'on ne le fit esclave à son arrivée. Aucun marchand 
étranger n'est encore allé dans cet Inarya. [Cette étendue du Kaffa 
semble bien exagérée.] 



Bîrhlr. 1 o 5 

Dans Bonga, il ne paraît pas y avoir de saison des pluies bien 
marquée. 11 y pleut en toute saison. Il n'y a pas d'or en Kaffa; il 
vient de Walagga seulement. Kaffa est très-sain, sans sorciers et, ce 
qui est extraordinaire, sans hyènes ni betcs féroces. Plusieurs per- 
sonnes m'affirment cela. 

174. Biirqena. 

Saqa. 1843 : Octobre 21. Selon Moljammad Amin, natif du Wallo : 
« Je ne connais pas le Ankona. Le Burqena, notre principale rivière, 
est un affluent de la rive gauche du Ati^as. De chez nous à Ankobar 
il y a 8 jours de marche; du Yajju 8 )'.; au lac fjayq 10 j.; je ne 
connais pas le Haxangi. » 

Selon Noro, Bajvo (ao) est le vrai nom du pays de Cali Xono. 

175. Bîrbîr, Baro. 

Saqa. 1843 : Octobre 22. Mon voisin Kero me dit : «J'ai traversé 
le Bîrbîr pour aller dans Sayo qui est au nord de Afîllo et en fait 
la frontière. On traverse le Bîrbîr sur un rude pont en pierre qui est 
presque toujours couvert d'eau. 11 y a beaucoup de crocodiles. Le 
Baro est plus grand que le Bîrbîr. Le T>îd-esa, le Baro et le Bîrbîr 
se joignent. (J'en conclus que le Baro est le principal affluent et que 
Inarya est dans le bassin du Fleuve Blanc.)» 

« Afîllo est un pays de Sîdama chrétiens. Son roi est allié avec 
Abba Bagibo. Kaffa est plus grand que tous les pays occupés par 
les Oromo, en y ajoutant encore le Gojjam.» 

176. Kiillo. 

Selon Biirce, entre Kiillo tlWalamo on a de l'eau ^ j^Qf^^ 

jusqu'au col en été, lorsqu'on traverse le Omo et en ^ (Xorro.) 

hiver on le traverse sur des outres. Les bateaux ou ^ Ulma. 

pirogues y sont inconnus; Kullo est trois tois plus t^ T)îà-esa. 

grand que Walamo. ^. Cara. 

Un chrétien du Gojjam m'a donné l'itinéraire ci- ^ Cora. 

contre qui se compose de journées d'environ 20 milles (^ Bawo, 
chacune. Cara est un marché en Biin-o et se tient le 
lundi. Baiyo est oromo. 11 traversa le 'Dîd-esa à l'embouchure du 



1 oé 



Kullo. 



0. Nonno. 

1. Dora?ini. 

2. Liban. 

3. LibéiJi. 
^.Walisu. 
é. Soddo. 

7. 7y;-;g-/. 

8. A'^^vT. 



Ulmay. Gabba est le nom de loin, Ban>o (ao), le nom de près du 
pays gouverné par Cali Xono. Qiira est le nom du village où il 
demeure. De là à Bonga il y a cinq Journées presqu'entièrement à 
travers un erme. 

Un autre chrétien du Gojjam partit de chez lui en Nonno pour 
vendre dans Xaka, mais arrivé le septième Jour à Tïrgi, il apprit 
qu'un général de Sahla Sîllase étant venu en un Jour 
par un chemin de sept journées ordinaires, avait enlevé 
49,700 vaches etc. à Xalfa. Ci-contre est sa route (il 
ne donne que des noms de tribus). 

La petite caravane dut donc s'en retourner sans rien 
vendre. Walisu est un clan de Liban, mais a un bokko 
(gouvernement) à part. Tout près de la station n° 4 
est un village, dont il a oublié le nom, habité par des 
chrétiens Aniara. Ils ont une église, des prêtres, et vou- 
lurent acheter du sora (coton teint) pour l'église ainsi que de l'en- 
cens. De XaJ^a on se rend, dit- on, en un seul Jour au marché de 
Anabse en Gojjam. Tïrgi est de la famille Amara ou Giirage et 
parle une sorte de gafatïnha aussi bien que le oronio. Soddo parle 
aussi une langue mêlée qui paraît tenir au sïdama. De Saqa à Nonno 
on peut compter une journée. Ce chrétien ne connaît pas la rivière 
Rom a. 

177. Walagga. 

Kero, hls de Yasin, tils de 'Ali, fils de Moljammad, fils de SaleJj, 
fils de Kaliji, fils de Idris, de race étrangère, mais né dans Limmu, 

m'a dit ce qui suit : « 11 faut seize 
Journées d'ânes chargés ou dix jour- 
nées de piéton pour aller de Saqa 
à Afïllo. » 

Saqa. 1843 : Octobre 23. Anuxn- 
gïro est tout près du T)ïâ-esa qu'on 
traverse ensuite. Il est au-delà de Safa 
ou Sap-a. Sidan est dans Btin-o. 
C'est aussi le nom de deux rivières, 
le grand Sidan et le petit Sidan qui 



G, Saqa. 9. Walagga. 

1. Aiî^angiro. \o. Saj^o. 

1 1 . Halo. 

12. Tabalu. 
i3. Yamaloga. 

14. Garjidda. 

15. Walal. 



2. Sidan. 

3. Tara. 

4. Imboro. 

5. fora. 

6. Doratini 



7. Biin-o {z^.) lé. Afïllo. 

8. Wabeko. 



Walagga. 107 

vont tous deux au TXd-esa. Un peu avant d'entrer dans 7 ara, on 
traverse le l^ara qui se joint au Ttid-esa. De Sidan à Tara la jour- 
née est forte. Entre Tara et Imboro on traverse le Dabana qui s'en 
va au 'Dîâ-esa. îmboro est un daga. Entre ce lieu et 7br<^ on tra- 
verse le Kiimbabe, affluent du Gaba. Entre lora et Doranni on tra- 
verse le Sese, autre affluent du Gaba. Il n'v a pas ensuite de rivière 
notable jusqu'au Bîrbïr. Walagga est une station dans le pays ou 
district de Gato. Entre Gato et Sayo on traverse le Bîrbïr. Entre 
Halo et Tabalu on traverse le Tabalii qui va au Bîrbïr. Il n'v a pas 
ensuite de rivière importante jusqu'au Baro qui est à une journée 
environ à l'ouest de Afîllo. Les nègres qui sont à l'ouest de Afîllo se 
nomment Kamo et Gabatu c[ui ont des langues différentes. 

Les Yambo sont au-delà du Baro en passant par Bakko. C'est en 
traversant les Yambo que les marchands arabes de SaJinar viennent 
à Afîllo, mais Kero ne les a pas vus. Les Gimira et les Kida sont 
des nègres près Moïa. 

Kero et son frère me montrèrent le N.W. ou le W. N.W. comme 
direction de Afîllo. Puis ils me montrèrent le S. pour Kullo^ mirent 
Bonga plus à droite, c'est-à-dire au S. S.W., et dirent que Moca est 
à l'ouest, tout en me montrant le S.W. Afîllo est donc près de 
Gojjam ? leur dis-je. Réponse : « On peut aller de Afîllo au Gojjam 
en sept journées. » — D'ici à Afîllo, ou d'ici à Baso, lequel est plus 
loin ? — « Afîllo, sans doute, car d'ici là on va en dix journées pres- 
sées, tandis que d'ici à Baso il suffit de sept petites journées, vu qu'un 
homme leste et pressé peut y aller en trois journées.» 

Selon Kero, la source du Baro est dans un bois inhabité. Le nom 

^de la terre est Bota (ou Botta?) et l'on s'y rend en quatre journées 

en partant de chez Cali Xono, ou, ce qui est la même , . ^ , 

^ ' ^ o. Kura Gaba. 

chose, de Kura. ^ 

' _ 1. Seremi. 

Le premier jour on traverse Denta et l'on dort „ 

^ ' 2. Gumaro. 

à Serem/. Le chemin est infesté d'aventuriers oro;»o ^,. , • 

3. lobino. 
et très-dangereux. Il n'v a pas de montagnes près 

la source qui est dans un bois plein d'éléphants et 

de buffles. C'est dans la même forêt, mais à une grande distance, 

qu'est la source du T)îâ-esa. Le T>îd-esa se joint au Baro au nord 



io8 Walagga. 

de Baqo (ce qui confirme le renseignement ci-dessus que le Fleuve 
Blanc n'est pas loin de Sibu et donne raison à Fakï). Les eaux du 
Baro sont noires (c'est-à-dire transparentes) et coulent tranquillement. 

Les eaux du Bïrbîr sont rouges et très-agitées à cause des grosses 
pierres qui s'y trouvent. La source du Bïrbîr est dans Haro Dorbace, 
pays de Oromo païens. Le grand et le petit M^ Jîrgo sont auprès de 
la source du Bïrbîr. Ces deux montagnes sont boisées, mais n'ont 
pas de neige. Le Ganji divise Yakkame des Sal-e et se joint au Baro. 

De la source du Baro on traverse Terme de Gesa, on passe ensuite par 
Seka et l'on arrive àBoiigaen une journée. Les autres affluents du Baro 
sont le grand Sor, le petit Sor, le Doggi, le Uta, grande rivière qui va 
au Gaba. Il y a aussi le grand et le petit Kumbabe. Kero a entendu 
parler des Baggara, mais ne connaît ni Donga ni Denka ni les Xiliik. 

(Il est évident que le Baro de Noro est le Bïrbîr de Kero. Selon 
celui-ci on ne traverse pas le Baro en allant d'ici à Afïllo, parce qu'il 
vous accompagne obliquement à gauche. Qui a raison? 

11 est à remarquer que dans tout le Walagga le nom de rivière est 
aussi le nom du pays. Chaque rivière a son Dieu et c'était la super- 
stition de Rome et d'Egypte, Les traditions d'Ethiopie mettent Aksum 
et Gondar sur un lac. Un moderne en a fait de même pour les py- 
ramides.) 

0. Saqa. Saqa. 1843 : Octobre 25. Selon Kero que j'inter- 

1. Aiyariffîro rogeai exprès : «La rivière qu'on traverse en allant 
2 Tara ^'^'•^ ^ Afïllo est le Bïrbîr et nullement le Baro. 

3. Boro. ^^ ^^ traverse le Baro qu'en allant à Yakkama 
. Uf^^ acheter du café ou du coriandre. » (Ce qui con- 
*; Oura Gaba ^mi^ le renseignement de Ali du n° 129.) 

Kero revenu une seconde fois m'a donné l'iti- 

0. Qz/ra Gaba. néraire ci-joint de Saqa à Qiira Gaba. Les deux 

1. biin-o. premières journées sont fortes. Le troisième jour on 

2. Dara. Jqj.^ ^^ Boro au-dessous d'un bois, dit-il. Uta est 
à. Jn go. ypg rivière dans Cora. 

4. Ciayo. j^g second itinéraire est de Qiira Gaba à la source 

5. lamaloga. j^ Bïrbîr près le M' Jîrgo. On va ensuite à Sayo 
et l'on retombe dans la route ci-dessus pour aller à Afïllo. 



Walapm. i o 



*i>i> 



« Je ne connais, dit Kero, ni Denka ni Donga ni Runga, mais je 
connais les Xiluk par ouï-dire : ils viennent en deux journées de route 
au marché de Afîllo. De Afïllo au marclié de Gubba j'ai ouï dire 
qu'il y a quatre journées. » 

Il ajouta : « Le Baro, en sortant du bois dit Bota, s'en va tout de 

suite chez les nègres dont je connais les Koino, Sinifo (2*-' de ce nom). 

Gabatii et Agiidi. » [Dq ceci il résulte qu'il y a dix-huit journées de 

Saqa aux Xiluk.) 

178. Abbay. 

Selon des marchands, au gué entre Wamet et Dambata les ânes 
traversent le AbbayXons chargés. (C'est donc moins d'un mètre d'eau.) 

179. Walagga. 

Saqa. 1843 : Octobre 29. Kero revenu aujourd'hui m'a dit en ré- 
ponse à mes questions : « De la source du Bïrbïr à celle du Baro il 
y a 3 journées; de la source du Baro à celle du 
T>ïd-esa, 2 journées, toujours dans la même forêt; o. Qiira Gaba. 
de la source du Baro au qella de Kaffa, une jour- 1. Denta. 
née; de la source du Baro à Bo?iga, six journées; 2. Giimaro. 
dans la route ci-contre quand on traverse le Kiim- 3. Kuya. 
babe, elle coule vers la gauche; cette route de Kura 4. Yakkama. 
aux Yakkama se compose de fortes journées. 

Entre Gumaro et Kuya [sic] , on traverse le Baro dont les eaux, 
en été même, sont trop fortes pour qu'on puisse aller à gué. Elles 
«avalent» l'homme à pied. Entre Koj'a [sic] et Yakkama on tra- 
verse le Ganji affluent du Baro qui est une forte rivière, mais moins 
•forte que le Bïrbïr. La quatrième journée on entre à Yakkama avant 
midi. La source du Gabba est dans la forêt de Sa-i entre Gabba et 
Guma et il traverse ensuite Hawa. Bure est un lieu plein de dag- 
gala [sorte de forte graminée, presque roseau] et très-fiévreux, près 
du Bïrbïr. Moca est un pays haut, froid et plein de qïrhaha [sorte 
de bambou]. Le roi, dont j'ai oublié le nom, demeure à Ogorakka. 
Je n'ai pas été chez les Xiluk, mais un chrétien du Gojjam nommé 
Dana y est allé pour acheter de l'ivoire et faire le commerce. Il y est 
resté, mais il n'est pas mort, car on l'a bien reçu. Il était parti de 



1 1 o Hadiya. 

chez les Sayo. T'ai ouï dire que du pays Xiliik à Afïllo il v a six 
Journées et, en été, quatre journées. Dans cette route on ne traverse 
pas le Baro. Le Cabalii va entre deux montagnes blanches au Bïr- 
bïr qu'il joint dans Baqo. Les rivières Uta, Doggi, Sese, le grand 
Sor, le petit Sor et, en haut, le grand et le petit Kumbabe vont au 
Gaba qui se joint au Bîrbir. Nous avons ouï dire que le Bïrbïr se 
joint au Baro, mais, comme la jonction n'a pas lieu dans le pays 
Oromo, nous n'avons pu nous en assurer. 

Le 'Did-esa va aux pays suivants : Atina, Dabo Gato, Dabo Loko, 
Leqa, Sibu, Qelem, puis chez les Arabes, et enfin au pays nommé 
Sanfiar. Il reçoit entr'autres le Bokak, le Wama, le Dabana etc. Le 
Ganji a sa source dans Moca près les Gimira. Kero me montre le 
N.W. pour Afïllo et l'ouest pour Bonga. Non, non! dit-il quand je 
demandai si le 'Dïâ-esa et le Bïrbïr se joignent : le Baro et le T>ïd- 
esa ont leurs sources dans le même bois. Ce dernier vient ici : Le 
Baro se jette aussitôt dans le qualla et s'en va dans l'ouest. Près de 
sa source sur le daga il y a de l'eau jusqu'aux genoux. » 

i8o. Hadij-a etc. 

Saqa. 1843 : Octobre 3o. Selon Biirce : «Les Walaiiio appellent 
les Harusi Harsi et les Guji Gïrgeda. Les Kullo appellent les Gobo 
Kiianta et les Malo Malua. Les Tambaro, qui n'ont pas d'autre 
nom, appellent les Tuf te Hadiya, car ils sont de la même race que 
les Hadiya tout entiers musulmans et résidant près Xaka, et que 
le 1'^ Hadiya qu'on nomme Hadiya Wambe pour le distinguer : ce 
dernier est musulman aussi. Le principal Hadiya se nomme Ha- 
diya Abso et ses marchands ne vont ni à îtiarya ni à Kullo. Inamor, 
Abso, Agabja, Waliso, Hammaya sont des noms de pays vers Ha- 
diya Abso. » 

«Gaciro est un mont dans Walauio sur lequel le roi fait des sacri- 
fices. Woxo est un daga froid et l'on ne peut s'y asseoir dehors, à 
moins qu'il n'y ait du soleil. On y voit le koso, l'orge, le qïrhaha. 
Woxo est sur un mont élevé : la foudre y tombe souvent et tue. Il 
n'y a pas de neiges perpétuelles dans le pays. Le baqela [fève] n'y 
est pas connu. Le ipanza et le warka (sycomore) n'y croissent pas. » 



KîlUo. 1 1 1 

« Les Danta ne se battent pas contre les Tuf te ou Marako, parce 
qu'ils sont comme esclaves des Tufte. » 

« Le lac Abbala est en plein qualla. Il est long comme d'ici à Qobbo 
(8o milles environ), et ne reçoit aucune rivière. Il faut très-bien aller 
pour en faire le tour en 4 Journées. Les Aruro ou Haruro vivent, 
dit-on, dans les îles du lac Abbala, mais on n'a aucun commerce 
avec eux. Le Omo coule entre les Tambaro et les Garo ou Boxa. » 

« Auprès de Danna, demeure du roi de Kiillo, croissent : IcKoso; 
le Hankoko; le Gosa (Doqa [Dokua?] des Amara). Le grand lac 
Coxa reste à gauche quand on va de Woxo à Kullo, le petit lac Coxa 
restant à droite. Les environs du petit Coxa sont habités. Le pour- 
tour du grand Coxa ne l'est pas, car c'est une forêt continue. Le 
petit Coxa est plus grand que le Tallalaqi. Le grand Coxa est en- 
touré de citronniers qui abondent dans Kullo. » 

«Priant dans Woxo, dit le musulman Burce, j'ai le Omo devant 
moi et Garo au-delà du Omo. Derrière moi (c'est-à-dire vers le S.), 
J'ai Kuca. Priant dans Gado, village de Kullo, J'ai Garo au N. (ou 
Jïmma, dit-il une autre fois), et au S. j'ai Gofa. » 

Deiro.vo à Inarya. 

« Dans la route ci-Jointe, que j'ai faite parce qu'elle 
est plus courte que celle qui passe par Kullo, Bo- 
loso est dans Walamo. Entre ce lieu et Tufte on 
traverse le Sauna, affluent du Omo, qui au passage 
coulait vers ma gauche (ce qui met U'o.vo sur la 
rive gauche du Omo). Les stations 5, é et 7 sont 
dans Jïmma. Habaloso, Odoro et Fauta sont des 
lieux dans Tufte, nowwxié Marako par lesWalayta. 
Vue d'ici la direction de Tufte est vers Gara Taii 



0. 11 o.vo. 

1. Boloso. 

2. Tufte. 

3. Dauta. 

4. Omo. — 

5. Bulbullo. 
é. Huile. 

7. Manna. 



r , ,, . , „ 1 ' 8. Inarya. 

[dont 1 azniiut est i35°-7j. 

Commerce de Kullo. 

« Les marchandises recherchées dans Kullo sont 1. les talari i peu\ 
2. les drahïm, timo magarse, baftae, tarawata (cylindres), iimo 
dima, madda guraca [diverses sortes de verroteries], 3. le drap xiti ou 



l 1 2 



KuUo. 



coton imprimé fpour le roi seulement), enfin de l'or qu'on recherche 
beaucoup. Kullo et Walamo n'ont de commerce qu'avec Jîmma et 
Inarya et nullement avec les peuples au sud, ni avec Xîwa, pas 
même avec Hadiyu. Les Kidlo ne recueillent pas le civet. Ils vendent: 
i*' de l'ivoire; 2" des esclaves; 3" des mulets qui sont meilleurs que 
ceux de Kaffa; 4° des toiles de coton dont les meilleures viennent 
de Gobo. Ce dernier pays a aussi de l'ivoire et aime beaucoup les 
grosses perles de verre rouge ou noir. Walamo a des peaux de lions. 
Le Waratta reçoit des Dokko du sel en poudre qui vient sans doute 
de l'océan. Il est moins estimé que le sel en roche des ^Afar et est 
tout noir. (Ce qui indique peut-être un long séjour dans la circulation, 
car les amole des trésors de Abba Bagibo sont aussi tout noirs. La 
crainte de voir tomber le sel en déliquescence pendant les pluies le 
fait placer au haut de la hutte où il imbibe la fumée.) 

Taynbaro est entre Garo et Tufte et ne touche pas Kambata. 

Selon les directions indiquées \)ViV Burce, Kullo serait par 194'' de 
la boussole et Bonga par 222'. 

181. 

Saqa. 1843 : Octobre 3o. Selon Kero, pour aller de Saqa à Bota 
en ligne droite, cinq Jours suffisent, mais la grande forêt est si em- 
pêtrée qu'elle ne laisse passer personne, de sorte qu'on est obligé 

^ de tourner par Cora et Qura. Je le menai dehors 

0. Saqa. 

pour avoir la direction de Bota d'après son senti- 

1 . Sapa. 

^ , ment et il me montra l'ouest magnétique : comme 

2. Gombota. 

, , , , Biirce, il mit Bon^a par 222" magnétiques. Selon 

3. Atarkada. ^ ' ^ ^ ^ 

,,, , . Kero : «le café de Yakkama est grêle (hâve) et 

4. (torêt). . ^ . 

celui de Gaco est dans le même cas. Le meilleur 

5. Bota. 

café de Walagga est celui de Cali Xono (nom 

d'homme), mais dans tout le Walagga il y a moins de café que dans 
Inarya. Dans le Walagga on aime les perles calle et le cuivre rouge. 
Les toiles noires n'y vont pas. 

En ligne droite d'ici à Afîllo, il n'y aurait que sept journées : le 
chemin tourne beaucoup afin d'éviter le sang (dîna) qui existe entre 
les tribus voisines et qui empêche de passer. 



Afillo. 1 1 3 

Les nègres entre Afïllo et les Xîluk sont les Agudi, Gabatu et 
Qpmo : ils parlent trois langues distinctes et habitent des quklla. 

De Yakkama à Sayo il y a trois journées à travers Gaco. Les 
marchands de Saiinar vont principalement dans 5<^o où ils portent 
des perles calle et des bagues d'argent. 

Les Donga sont plus près de Afïllo que les Xïluk. Ils sont de 
couleur mêlée et non pas des nègres. 

Les chevaux de Saj^o sont les meilleurs que l'on connaisse. (Ceci 
me fait présumer que le Saj^o des Oromo est le Rebix des gens du 
Sannar.) Je n'ai pas entendu nommer Rebix. Dans Saj-o un cheval 
très-fin s'échange contre douze vaches au plus. Le prix d'une vache 
est de 5 à 7 amole. Abba Bagibo (^roi de Limmii) envoie des gens 
à Saj'o avec des sels qu'ils troquent contre des vaches et ces dernières 
contre des chevaux. Les plus belles mules viennent aussi de Sayo : 
leur taille est plus grande que celle des mules du Bagemdîr. 

Le typhus (biisa) abonde dans tous ces pavs-là quand la terre est 
humide et qu'il ne pleut plus. Même en été, si l'on va dans la boue ou 
qu'on séjourne près de l'eau, on s'y expose. Dans la saison sèche, s'il 
vient à pleuvoir, l'odeur de la terre s'élève, on la sent et l'on est atteint 
du typhus. La meilleure saison pour voyager est pendant les pluies. 

De Afillo au Giidru, j'ai ouï dire qu'il v a dix fortes journées. De 
Sayo à Afillo il y a trois journées. De Saqa à Bonga trois journées. 
(^Abba Bagibo envoya deux messagers de Saqa à Bonga avec ordre 
d'être de retour le soir du sixième jour.) 

En allant de Bota à Bonga, on traverse le Gojab qui est là misé- 
rablement petit, et sa source est sur le même daga que celle du Baro. 
- De Sayo à Bota quatre journées. Toute la forêt de Bota est de 
qirhaha gigantesques qui mugissent en s'entrechoquant quand le vent 
les trouble. Les Oromo appellent ce bambou lemana. II n'v a pas 
d'autres arbres à Bota. La source est pure, abondante, et sort de la 
terre sans bruit. Il est très-facile d'aller d'ici à Bota, mais pour être 
sûre, la route tourne et exige dix bonnes journées : de plus, les Oromo 
obligent de s'arrêter en route. D'ici à Sayo il n'v a point de Sïdama. 
Sayo est borana [de race Oromo noble] pur et tout son pavs est un 
qualla. » 

8 



1 1 4 Atarkada. 

(Il n'y a point de qïrhaha autour de la source du Abbay : faut-il 
en conclure que celle du Baro est plus élevée? Goxu dit : « Il n'y en 
a pas au Abbqy, parce que ce n'est pas un daga. Savoir la hauteur 
où ce bambou prospère. ») 

Une autre fois Kero dit : «Bota est droit sous le soleil, ce qui 

ferait environ W. io° S., et mettrait, à 5 journées de 19 milles en 

ligne droite, la source par la latitude de 7° 50' et 1° 28' de longitude 

ouest de Saqa. » 

182. 

Selon Burce, «les Dokko sont au S. de Gobo. Abba Gudda, selon 
lui, est évidemment un homme originaire du pays Dokko-». [Abba 
Gudda est un homme trapu, fort noir et tirant vers les nègres, mais 
dans aucun pays du monde on n'osera l'appeler un nain.) 

Atarkada est à deux journées de Bota et dans une forêt continuelle. 
Sa hauteur doit différer peu de celle de Bota. En effet, selon Abba 
Gudda, Atarkada est une prairie de 12 à 15 milles d'étendue, plate, 
en plein daga, et entourée sur trois côtés par une forêt vierge. Les 
troupeaux du roi de Guma paissent dans Atarkada avec les éléphants 
et les buffles; les pasteurs n'y amènent point de femmes. Abba Gudda 
partit le matin de Gombota et passa la nuit en deçà de Atarkada 
qu'il atteignit en deux ou trois heures de plus. 

Les arbres de la forêt de Atarkada sont les suivants (je ne sais 
s'ils suffiront à un botaniste pour fixer la hauteur de ce Heu) : 



Amarînna 


Oromo 


Qararo. 


Qararo. 


Ahoma [Akïma?]. 


Omo. 


Qaîoîia. 


Ambambesa 


Sanaf Wayra. 


Gagama. 


? 


Sole. 


Qïrhaha. 


Lemajia. 


(Fougère en arbre.) 


Sesino. 


Bîrbîrra. 




Gatama. 


Buto. 


? 


Bîrbîrsa. 



Bottga. 1 1 5 

De Atarkada à Kaffa il v a deux journées, le soir du premier jour 
on dort à Giikba. Avant l'avènement de Abba Jîfara, les marchands 
de Kaffa venaient à Guma par cette route-là. Aujourd'hui le com- 
merce a abandonné Giima et même ftiaiya. Le Tïd (Juniperus pro- 
cera) ne croît pas à Atarkada, et Abba Gudda ne se rappelle pas 
d'y avoir vu le Koso. Interrogé un autre jour, il dit que de Giikba à 
Bonga il y a deux journées au plus. (Ceci mettrait Atarkada par 7" 

et 1" 8' ouest de Saqa.) 

183. Gojab. 

Saqa. 1843 : Novembre 2. Selon un homme de Jîmma, la source 

du Gojab est dans Maho, pavs du Kaffa, et à trois journées de Saqa. 

Ceci s'accorde avec ce que dit Kero que le Gojab est très-petit au 

gué entre Bota et Bonga. 

184. 

Selon Abba Gudda et d'autres, les a/cala (marchands oromo) vont 
en 3 jours d'ici à Lofe. La 4^" Journée ils dorment à Burqa Abba, la 
5« à Asandabo, la 6^' à Baso. (Ceci donne environ 20 milles par jour- 
née, ce qu'on peut donc adopter comme mesure des journées de 

Kero.) 

185. 

Saqa. 1843 : Novembre 3. Kero dit en réponse à mes questions : 
«De Bota à Bonga deux journées. De la source du Gojab à Bota une 
journée. De Saqa à Sayo en ligne droite trois journées. De Afillo à 
Bota en ligne droite cinq journées. Bonga est à l'ouest de Bota, le- 
quel est au N.W. de Bonga. Je ne connais pas les Barta (Bertat de 
M. Caiixaud). Les marchands arabes viennent à Saj^o (qui est donc 
-probablement le même que Rebix).» — Novembre 14. Kero répète 
que Bota, où est la source du Gojab, est à deux journées de Bonga. 

186. De Saqa au Xïwa. 
Un homme venu avec Kero me donna l'itinéraire ci-contre d'ici à 
Ankobar. Comme Agalo et Lîmmu sont en guerre, on est obligé de 
taire un détour. Qajelo et Gabara sont dans Badi. Abbalti est un 
erme qui sépare Agabja des Janjïro. Avant d'entrer dans "Dagale 
(Agabja), on traverse le Borora, qui est la limite de Agabja et un 



1 i é Xîwa. 

très-grave obstacle pendant les pluies. Avant d'entrer dans Ammaya, 
on traverse le Walga. Ces deux rivières donnent le typhus. Si l'on veut, 

au lieu d'entrer dans Ammaya, on 

0. Saqa. 9. liiloma. , ,^ , , , ^. 

^^ entre dans AaA'/lf:^^ pays chrétien qui 

1. Sapa. 10. Hawas. r- , 

se bat contre i iiloma. Cet nomme 

2. Manna. 11. Andod. . . , ^^ , , t^ 7 r 

ne sait rien des rai axa de Xakka. 
l. Jîren. 12. Rogge. .,.,,• -. 

^ „ La langue de Aa/iA'a tient au 5îaa;;2a, 

4. Qajelo. i3. Golba. . ,, , 

mais cet homme ne 1 entend pas, 

5. Gabara. ia. Baqqe. ,. ,., , ., 

bien qu il parle sidama. 11 ne con- 

6. Abbalti. 15. Qîleipan. , , ^ , 
^^ — > ^ , , naît pas le lac Zawaya et me parla 

7. \Dagale. 16. Angolala. ' . , ! 

— ^ beaucoup des Anglais qu il vit au 

8. A7n7nara. 17. Ankobar. , , r 

AfM^a. 11 attend la récolte du care 

(dans un mois d'ici) pour se mettre en route. Haipas est un erme. 
La station n" 15 est peuplée de chrétiens. 

187. Langues. 

Saqa. 1843 : Novembre 14. Un Fiikara [sorte de marabout], natif 
de Harar et qui demeure ici depuis onze ans, me dit : De Harar à 
Ankobar il y a 9 journées en passant par les Ad'aîi. Je connais sept 
à huit langues de ce côté-là dont : 1" celle de Xakka; 2° langue des 
Curage; 3" de Damot; 4° de Damu; 5° de binamor; 6^ àe Hadiya; 
7° de l'autre Hadiya; 8° . . . . La rivière que les Sîdama appellent 
Gojab est la même que nous appelons Wabi. Il y a, je croîs, trois 
mois de route de Harar au Wabi. 

Novembre 19. L>e même Fukara me donne la liste suivante des 
pays parlant des langues différentes : i" Damu; 2° Damot; 3"^ Ma- 
quarquar; 4" Aymallal', 5° Xaha; 6° Innamor; 7° Tufte, païen; 
8° Xaxugo, païen; 9^ HadiyaWanbe, musulman; 10" Hadiya Wa- 
rero, musulman; 1 1° Manzi, musulman; les n°^ 10 et 1 1 parlent la 
même langue; i2° Aîlicu, musulman; il" Urbaraga est musulman et 
parle la langue de Hadiya; 14° Abxo, musulman. Les six premiers 
numéros sont compris sous le nom générique de Gurage et sont chré- 
tiens ayant des églises. 

188. Yamma. 

Les gardiens que me donna Abba Bagibo me dirent : « Le Gïbe de 



Femma. 1 1 7 

ïnarya se Joint à celui de Lofe, puis au Borara, contre le pays 

Janjîro, et enfin au Omo qui reçoit le Gïbe de Jïmma sur sa rive 

droite. 

Les Yamma sont dans la fourche du Omo et du Gibe de Z,o/e. Il 

n'y a pas positivement de rivière entre les 5oA-a et les Yamnia. Le 

Gfèe de Jïmma prend sa source dans une prairie qui est une fondrière 

totalement impraticable à l'homme. De cette même fondrière sort 

aussi le Boni qui se jette dans le Gojab. Le Gojab a sa source dans 

Handode. » 

189. Moca. 

Selon un Limmii, il y a quatre journées à travers ïnarya pour 
aller de Bonga au Moca (ce qui confirme le premier renseignement 
de Kero qu'il y a six journées de Bonga à Buta). 

igo. Suwro. 

Selon le messager du roi de Kaffa, les Suwro sont droit à l'ouest 

de Kaffa, et les Arabes (: ) viennent ensuite. Il y a un grand lac chez 

les Suwro. 

igi. Ca^a. 

Selon Ismayl que j'ai vu à Jïren, les gens de Xakka sont pasteurs, 

et en guerre avec tous les Oromo. Ils ne peuvent aller aux marchés 

de Liban. (La fameuse lettre sera donc toujours un mystère, car les 

messagers du roi de Kullu me confirmèrent ce que dit Abba Jîfara, 

c'est-à-dire que les prêtres chrétiens de ce pays ne savent ni lire ni 

écrire, mais se disent prêtres, parce qu'ils peuvent supputer le jour de 

Pâques.) 

192. Gukba. 

Bonga. 1843 : Décembre 3. Selon un chef de Jïmma venu avec 

^ , , la noce : « Il y a de Bonga à Gukba sept journées 

0. Gukba. . 

de route, plus ou moms selon la marche.» Selon 

1. Wao. 

^ Abba Rufo, on va en trois jours de Gukba à Atar- 

2. Gexe. 

, , , , kada. La source du 1>ïâ-esa est dans Wabaro, mais 

3. Atarkada. 

il ne sait à quel pavs rapporter la forêt où est cette 

source; il ajoute : «Je suis allé de Bonga à Gukba, mais j'étais jeune 
et j'ai oublié la route, » 



1 1 8 Dokko. 

193. Dokko. 

Le messager du roi de Gobo (Konta) me dit : « La race (safîij du 
roi principal des Dokko s'appelle Goxena et le nom du roi actuel est 
Obico. Les Dokko se partagent en sept royaumes principaux : i*^ Bas- 
keta (nom qui rappelle le nom exotique des Basques ou Eskualdun); 
2° Gara; 3° Quia; 4° Bita; 5" Dapa ou Dafa; 6° ^olo ou Tolo; 
7" Dimea, pays dans lequel coule le Uma. » Je lui dis les noms des 
esclaves Saji'aJjli recueillis à Zanzibar, et il continua ainsi : « Motio- 
muzi est le même pays de nègres que nous appelons Ara; je connais 
Bamba, Maloa ou Malwa, Zala, Uba, Gopa; j'ai ouï dire que les 
nègres Magindo sont au-delà des Dokko; les Mehiaru sont au-delà 
de Ara, je ne sais où; j'ai ouï non-ixwQv Maiinana; Mesagara est un 
autre nom de Gara et est au-delà de Ara; les Hannika sont des 
nègres ; Makiia et Malo sont deux noms du même pays. » 

«Le Uma va au Aba/ia (Abbay?), et en entrant chez les Dokko, 
près de chez nous, il coule vers l'ouest. Le roi de Gobo est Kabe; il 
est jeune et règne depuis six ans : les habitants sont de couleur mêlée 
et selon leur tradition ils sont venus de Inarya (Livimu). La canne 
à sucre v croît et le café y abonde. Une partie du pays produit le 
coton, l'autre est saka (ivayna daga). On y porte beaucoup d'ivoire 
que les Dokko viennent échanger contre des perles de verre. Dokko 
est le nom national des Dokko. Les noms Golda et Smuro s'appliquent 
au même pays.» Interrogé une deuxième fois, il dit : «Le Uma, en 
entrant chez les Dokko, se dirige vers le couchant du soleil. » 

« Les hommes rouges sont rares chez les Dokko, mais il en existe. » 
(Ceci prouve l'origine rouge des nègres.) Cet homme se nomme Ar- 
sabo, lils de Areuo, fils de Nibbo. Il ne connaît pas le père de Nïbbo : 
son sani se nomme Gurabbo. Jadis la population actuelle de Gobo 
vint par Gofa, puis Malo, puis au lieu où ils sont aujourd'hui. Konta 
n'est pas, disent-ils, un nom d'homme. Tout le Gobo est chrétien : 
quand ils égorgent, ils disent : besma wo men kodu (basma Ab wa 
wald wa Manjas Qiddus). Cependant le roi est païen, car sa race 
est païenne et il faut être de cette race pour régner. Ils portent le 
matab et donneraient une terre à un prêtre. 



Kaffa. 



194. Suwro. 

Un forgeron de Bonga me dit avoir fait la guerre ou plutôt la 
razzia chez les Sinvro, et qu'il y a neuf routes pour atteindre ce 
pays : 1» par Wota; 2" par Goba; 3" par Sasa; 4" par Goti; 5" par 
Daqi; 6° par Nao; 7° par Koxo; 8" parWq;^<sr/; 9° par .... 

195. Kaffa et ses environs. 

Yïgga. 1843 : Décembre 11. Deux musulmans, dont l'un fut af- 
franchi en Argobba me dirent moyennant un charme que j'écrivis : il 
y a 14 journées de Boiiga à l'extrémité du royaume vers l'ouest. (Je 
crois qu'il faut dire S.W. ou environ). Les pays voisins et (en droit 
du moins) tributaires de Kaffa me furent nommés dans cet ordre : 
1° Kidlo; 2" Gobo; y Suwro; 4° Gimira, près Gobo; 5° Bello; 
é" Na-o; 'j'^ Koxo; 8° Xakka (sans doute le 5'e/fa ci-dessus); 9° Wota; 
10° Xejpo; 1 1" Kabo; 12" Xakko; i3° Benexo; 14° Xaro; 15° Ixa- 
jw; ié° Yayiio; 17" Obo; 18° Giima; 19° Géra; 20° Jimma.» 

« Dans Xakka se trouve la source mirifique de Goppa qui tue ou 
du moins mutile le?, f al axa et èz/(iii [sorciers] qui s'y baignent. Chez 
les Dokko est une espèce d'éléphant nain qu'on redoute beaucoup. 
Les Dokko vivent dans des fossés protégés du soleil par des das » 
(auvent ouvert à toutes les brises). 

« Dans Ka\in, au-delà des Dokko, il y a des chevaux sauvages. » 
(Si les Dokko eussent été des nains, ces gens en auraient certainement 
parlé; ces Dokko sont de vrais troglodytes.) 

Sur ma demande des pays qu'il connaissait, l'autre musulman dit : 
1° Sad; 2° Od; 3° Wor; 4" Gadda; 5° Ommi; 6° Walfa; 7° Wox; 
S'' Bajiji; 9° Dokko; 10" Aruxo (Ariisi?) ; 11° Dolla (Dollo? des 
Somali); 12" Kuïa; i3° Marako (Tuf te); 14° Yîrgo; 15" Addia 
(Hadiya); 16" Kallab ; 17" Qplla; 18" Yaïa; 19" Gada; 2o« Qaco; 
2i°Kaka; zz^Dulla; zl^Yiimbasa; 2/^°Aqaca; i^'^Cara; 26"Xara; 
270 Godda; 28° Xaradda; 29"^ Kuqîma; 3o° Biibba; 3i" Mera. 

Mais il veut des districts dans Kaffa, dit l'autre, et l'on me nomma : 
i°Deta; 2°Yeya; 2>°Goppa; ^"Gada; ^"Kïxtaha; 6^Buta; 7" Tanna; 
8° 5i7^; 90 VVb^a. 



120 Gojab. 

« Les Dokko ne touchent pas à Kaffa, mais en sont séparés par le 
Uma à leur N. ou N.W,, et le Gobo est entre le Uma et Kaffa. 

Les Na-o qui sont Jtègres (sanqïlla) sont entre les Siijpro et Seka. 

Tappo, Guma et Baro sont des noms de rivières. Le Uma va au 
Abbajr. » 

(Les renseignements de ces deux musulmans me furent donnés 
dans Baqa au moment où je partais, au milieu d'une grande confu- 
sion, de sorte qu'il me fut impossible de fixer la position de tous ces 
lieux. Je les inscris pour comparer avec les noms nègres et non pour 

autre chose.) 

196. Gojab. 

Selon Ali, domestique du Nagad ras de Bo7iga, on n'entend ja- 
mais plus parler d'un homme qui a traversé la rivière Wota. Selon 
lui et d'autres il y a des Arabes musulmans au-delà des Suipro, c'est-à- 
dire à l'ouest. (Serait-ce là le pays mentionné par M. Degoutin comme 
étant loin à l'ouest de Kaffa et fréquenté par les marchands de San- 
nar? Tous ceux qui prétendaient parler du cours du Uma me disaient 
qu'il se réunit au Abbay en tournant autour de Kaffa, comme le 
Abbay autour du Gojjam. Serait-ce possible? Ce qui est certain c'est 
qu'il est à la fois au N. et au S. de Bonga, si l'on prend le Gojab 
comme cours d'eau principal, parce qu'il est le plus long. Mais quand 
je demandais s'il coule entre Kaffa et les Smvro, on me disait que 
non sans pouvoir cependant me dire ce qui sépare ces deux con- 
trées, ni si c'est un erme ou une rivière. Les gens de Gobo m'ont 
positivement dit que vu de leurs limites le Uma coule vers l'ouest. 
La question ne sera éclaircie qu'en sachant si le Baro reçoit un grand 
affluent de rive gauche.) [Je croyais alors que le Baro se joint au 

Fleuve Blanc] 

197. Gamu. 

Selon Burce, Tcla, Dîlle et Xoïora sont des lieux dans Gamu. 

198. 

Sabaqa. 1843 : Décembre 14. Aco, domestique du messager de 
Gobo, vint me mendier un pain. Il me semble avoir été plus loin que 
personne dans l'intérieur de l'Afrique : il me dit avoir été envoyé 



Kaffa. 1 2 i 

précédemment en mission et avoir ainsi fait trois mois de route à 
l'ouest de Goho. (Il ne faut pas plus prendre à la lettre ces trois lunes 
que les quatre mois du Ware de M. Jomard.) 

Selon lui : «Gobo se bat contre i*^ Sinuro; z'' Kullo; 4° Sidama. 
Un erme sépare les Suwro de Kaffa. Les rivières Daxpo et Uqo sé- 
parent Gobo des Dokko : le Uqo a deux sources, l'une dans Sakko, 
l'autre chez les Masotigo, nègres qui ne sont pas des hommes», dit 
ce Gobo. <■< Les Sinpro et Musongo sont séparés par la rivière Obe. 
Les noms d'autres rivières qu'il me cita sont : 1" Tuqqa, la plus 
grande qu'il ait vue; 2° Giime; 1° Wosa, chez les Siiiuro; 4° Kus- 
saro, coulant entre les Dokko et Kuca ; ^" Wombacoso ; 6° Dono ; 
70 Sigo; 8" Hirgimo.» Les pays qu'il me cita sont : 1° Xambari; 
2° Borda; 3° Dito; 4° Koyro et ensuite les Dokko; 5" Dollo xidi; 
6° Aro (Ara?); 7° Aruxo (Arusi?); 8° Magano. Les lieux 4 et 5 
sont limitrophes. Les résidences du roi de Gobo sont Posi et Toggi. 

igg. Gojab et Kaffa. 

Sabaqa. 1843 : Décembre 14. Abba Bora, chrétien dont les an- 
cêtres venaient de l'Ethiopie du nord était domicilié dans Kaffa et 
accompagna plusieurs fois son roi à la guerre. Enhn las du pays, il 
s'échappa la nuit avec sa lance, son boucher, sa femme et ses enfants 
et brisa sept qella pour se fixer dans Sabaqa. 

Cet homme, petit lils de prêtre, pratique, d'après l'usage de ses 
aïeux, non le Jeûne des Éthiopiens, mais l'abstinence les mercredis 
et vendredis. Selon lui : <. On va d'ici à Buta en trois Jours, la pre- 
mière étant très-forte, mais moins que d'ici à Jîren 

' ^ . o- Sabaqa. 

- (c'est-à-dire 9 ou 10'' ou 3o milles environ). Gesa qui 

est à côté de Buta a 40 Abba ganda (villages) et est - 

gouverné par Abba Korro. Au S. de Gesa est Ferme t t> f 
de Gidisa; à l'E. est celui de Tappa; au N. celui de 
Yagaia; au N.W. celui de Deba. Près de là sont Gîmbarasa, Buta- 
rasa, Gawatarasa et Gajabarasa à une Journée de distance entr'eux. 
Wota est un nom de terre qui produit la majeure partie du miel du 
roi de Kaffa. Ses habitants sont païens ou Kaffa Minjo, comme le 
roi de Kaffa et reconnaissent un seul Dieu. » 



1 2 2 Kaffa. 

« Le roi de Kaffa peut mettre sur pied dix mille cavaliers choisis. 
Ses ennemis sont : i" Gobo; 2° Kullo; 3° Jïmma ou Badi; 4° Géra; 
5" Seka; 6" Obo; 7° Suwro. Ces derniers n'ont jamais fait la paix 
avec Kaffa; les autres sont aujourd'hui en paix.» 

«Les Sinpro sont à une forte journée de cavalier de Bonga, et 
séparés de Kaffa par un erme : ils sont tous nègres, pasteurs, et ne 
cultivent pas de blé. Leur pays est principalement qualla. Ils portent 
un gïldîm (serviette attachée autour des reins) de peau privée de son 
poil et bien beurrée; une deuxième peau leur sert de toge. Ils as- 
semblent jusqu'à dix mille vaches à la fois et tirent des présages de 
la direction de la flamme de leurs feux de garde. Ils sont maigres, 
élancés, légers à la course, portent cinq petites lances à la main et 
n'ont pas de chevaux. Ils se battent contre Gobo, Kaffa, Gimira, 
Seka, Obo et vivent sous des tentes de peaux. Si les Sinfro demandent 
quelque chose à Kaffa, c'est du grain. » 

« La plus grande longueur de Kaffa est de Terme de Kullo à Saro 
près de Wotay au-delà de Seka, et on peut la parcourir en douze 

^ , , journées. Quant à la largeur de Gojab à Go- 

0. Curcura, marche. ,,,... 

lab, elle est de six journées selon 1 itméraire 

1. Bakia. ^ ' ' 

„ , ci-contre, lequel va à très-peu près N. et S. 

2. Buka. 

^ ,. Les deux premières ournées sont fortes. Le 

3. Sadimaga. • , , 

Gojab coule vers l'ouest à partir des Dokko, 

4. Xonga. , ,. ,, 

_, passe derrière les Smpro, c est-à-dire à 1 ouest 

5. Bonga. .... 

des Suwro, et reçoit plus bas les eaux du 

6. Gojab. '. . . . .... ,. 

Walagga. Je mentirais si je disais la distance 

du Gojab marchant vers l'E. jusqu'à Terme des Sini'ro, c'est-à-dire 
la largeur du pays des Smvro. Je ne sais pas le nom que porte le 
Gojab vers sa réunion avec le Baro, mais on doit l'appeler Gojab, 
ce me semble, et je ne sais dans quel pays cette jonction s'effectue. 
Les pays sur sa rive gauche sont en suivant : 1° Jîrgo; 2° Kuîa; 
30 Gofa; 4° Bamba Malo ; 5» Waiia Malo; 6° Lu\eMalo; 7» Dolla 
Malo; 8° Waxkaiita ; 9° Markallio, pays plein de pierres et de ser- 
pents et où par conséquent on ne peut voyager sans un charme exprès. 
On y vend une belle dent d'éléphant pour un tour de reins (70 perles) 
de grains de verre rouge transparent. Tout Ti voire de Gobbo vient de là.» 



Kaffa. 123 

« Le roi de Kaffa a douze généraux et quatre commandants de 
réserve qu'il fait marcher pour soutenir le combat. II a aussi un offi- 
cier avec quarante chevaux pour garder la frontière de Jimma, un 
autre pour celle de Kidlo, et un autre pour celle de Gobo.» 

(Le Gojab tourne donc autour de Kaffa, comme le Abbay autour 
de Gojjam, ce qui confirme Abba Gudda, Burce, etc. Comme les 
habitants actuels du Kaffa et du Dawro viennent tous de l'Ethiopie 
du nord, selon leurs traditions, il est tout naturel qu'ils nomment 
toujours Abbay la rivière principale et disent le Gojab va au Abbay 
et non : le Abbay va au Gojab. A l'appui de ceci on peut dire que 
les Oromo, qu'une grande rivière arrête partout, se sont étendus vers 
les Sawahïl au sud-est et non p-dr Kaffa vers le sud, que IcWalamo 
est une terre haute, ce qui semble indiquer une ligne de faîte de ce 
côté-là, que la voix publique en Kaffa et Dawro envoie le Uma au 
Abbay et que celle de Sannar fait venir le Fleuve Blanc d'un lieu 
lointain dans l'ouest.) 

Sabaqa. 1843 : Décembre 15. Mon informateur se nomme Déin- 
gero : Abba Bora est son surnom. Il est né en Kiillo. « Obo est un 
qualla plaine, sans collines. Ses habitants sont Oromo et ont les 
usages de Nonno (dont ils sont probablement fils). Leurs bracelets 
placés au-dessus du coude sont alternativement des anneaux d'ivoire 
et des grains de verre. » 

« II y a deux et peut-être trois journées de la source du Gojab à 
celle du Baro et le pays de Gâtai a est situé entre les deux. Babbo 
et Talla sont près de là. Je n'ai pas vu la source même du Gojab, 
mais je l'ai traversé sur un pont suspendu peu au-dessous. La source 
■donne naissance à deux rivières : l'une est le Gojab, l'autre, dont 
j'ignore le nom, descend chez les Gimira. La position des pays voi- 
sins est ainsi par rapport à la source du Gojab : 




Kaffa 

Wota 



1 2 4 Kaffa. 

«Le montlFojc s'élève à côté de la source : il est partie en rochers 
nus, partie en bois. La source est entre Seka et Wota (et non Wotajr, 
comme ci -dessus, lej^ étant le cas oromo) et le nom de la terre de 
la source même est Dira. Le roi de Seka demeure dans Wareta. 
Seka est plein de lait et est comme Nonno pour la langue et les 
usages. Il n'y a pas de giyo (royauté solide) par là. Wota parle un 
sïdama corrompu. [En oromo, on appelle Sîdama le kafacco ou 
idiome de Kaffa.] 11 y a trois ou quatre journées de Terme des 
Suîino au grand Gojab, ce que je sais par ouï-dire, et j'y ai vu le 
Gojab de loin en allant à la guerre. » 

«Obo se bat contre Calla, Yakka (Yakkama?), Babbo, Seka, 
Suwro, Giidru (Oromo). Saro est à l'ouest de Obo et est oromo. 
(Les Gudrii en ce lieu contirment la tradition que me donna Xumi 
Mata sur une partie de sa tribu établie au-delà de Kaffa.)» 

«Les Maxanga (Masongo) font la guerre de concert (babsa) 
avec les Gimira dont ils parlent la langue et se battent contre 
Obo, Smpro, et Saro; les Maxatiga ont un roi à part et ne sont 
pas nègres en général, mais ont des nègres dans leur race. Ils 
donnent au roi de Kaffa des contributions en miel, vaches et es- 
claves. » 

«Markallio parle la langue des Dokko et est séparé des Smvro 
par le Gojab. Ciircura est dans Gobo vis-à-vis les Dokko dont le 
Gojab les sépare. Koyxo est près de Gobo et des Suwro. Jîrgo est 
seulement un autre nom de Walamo. Au-dessus de Walamo, sur la 
rive gauche du Gojab, sont en suivant : Masmasa, Tufte, Tambaro. 
Germa, soumis à Kullo, boit les eaux du Gojab. Dotigo (Donga) est 
entre Garo, Masmasa et Tambaro. » 

«Le Gojab coule entre Garo et Kullo. Les Garo appellent Kiis- 
saro le Gîbe de Jîmma. Sauf XeWoîalla, il n'y a pas d'eau entre les 
Janjîro et Garo. » 

« On dit indifféremment Gimira ou Gainaro ou Gamru. Il n'y a 
positivement qu'une seule langue Gimira. De Bojiga à la source du 
Gojab il y a deux journées de cavalier ou trois de piéton. Aux en- 
virons de la source il y a beaucoup de îndod et de qîrhaha. La 
source du Baro est une (caffe) prairie arrosée [ou fondrière]. » 



Kaffa. 125 

«Sur la rive droite du Gojah en descendant sont : l'^Gesa; 2'^Bosa; 
3° Baddigawa; 4"^ Qïdiysa; 5*^ Deba. 

Sur la rive gauche : i*^ Yagaca, près Seka; puis 2" Obo; 3° Géra; 
4° Gabba; 5° \Fa/u7; é« TFdtra; 7° Giikba; 8° Gora. Une autre fois 
Dangero dit en suivant : Katikati; Gesa; Buta; Daïalla; Tappa, 
séparé par le Gojab de Yagaca. Une autre fois il dit : 1° Qïâisa; 
2° Deba; 3° Waha. Kepeno est à côté de Donga et a un roi à part. 
Il y a deux, et peut-être trois journées de Dira à Buta, toujours dans 
la forêt inhabitée. » 

«Bello est près des Na-o. Les filles Na-o viennent comme esclaves 
à Bo7iga, mais les esclaves Na-o mâles sont très-rares. On n'y voit 
presque jamais des esclaves Survro. Ce dernier pays achète du mî- 
singa [andropogon sorghiim, céréale] à Kaffa. » 

[Dans toute la haute Ethiopie c'est le jeûne et non l'abstinence 
qu'on pratique chaque semaine. J'avais dit à Dangero que ses aïeux 
ne pouvaient pas avoir inventé l'abstinence du vendredi, qu'ils de- 
vaient être de ma foi et probablement de ma race. Rien ne grandit 
tant dans sa propre estime un Éthiopien que de montrer qu'il descend 
d'un homme blanc. Dangeio me prenait en outre pour un prêtre et 
me jura un dévouement sans bornes. J'en profitai pour demander un 
supplément d'instructions, lui dis qu'il pouvait bien s'être trompé en 
faisant couler le Gojab vers l'ouest au sud des Smvro et le priai de 
consulter les anciens sur ce point; ils confirmèrent son opinion à cet 
égard.] 

Sabaqa. 1843 : Décembre 15, soir. Abba Bora est allé exprès de 
ma part demander des renseignements et me donne ainsi les noms 
-des pays sur la rive gauche du Gojab que les Sîdama appellent Go- 
dafo. «Le Gojab est si peu de chose entre Yagaca et Gexa que ces 
deux districts n'ont qu'un seul et même Abba ganda [sorte de maire]. 
Sur la rive droite les districts sont, en suivant : Cada, Gukba, Obo, 
Gaca, Gesa et Bosa; sur la rive gauche, Daga et Yagaca, toujours 
d'amont en aval. » 

«La source du ''Dîd-esa est à Yïkka ou Yikka, près Nafîra et 
Dîbba, et sur les confins de Daralla. » 

« Il y a une rivière nommée Baqo qui a sa source dans Dir Mawo. 



1 2 é Baro. 

La source est à gros bouillons et ses eaux sont noires (pures) : un 
homme tremble s'il entre dans ces bouillons, tant ils sont forts. Du 
moment où le Gojab se joint au Baqo, on l'appelle Baro (mer). Le 
Baqo laisse Calla, Gacara et Yakka d'un côté (rive gauche sans 
doute). D'ici à la source du Gojab, en suivant les ermes, il y a sept 
fortes journées sans le moindre guet-apens, mais on est exposé aux 
éléphants et aux buffles. » 

« Les tribus, mêlées de gens rouges, noirs et tayyïm, se nomment 
Seivo, Bello, Saro, Sako, Iseno, Kabo, Na-o, Maxango, Woto, et 
parlent gimira. Ces neuf pays ou tribus sont tous soumis à Bonga. 
Les SiniTO seuls sont des nègres purs. La vérité de ces renseignements, 
dit Abba Bora, m'a été confirmée par trois personnes. (Le roi de 
Kaffa me donna un esclave Sen>o qui est plutôt rouge que tayyïm^ » 

200. 

Garuqqe. 1843 : Décembre 21. Haro, noûï ànWalagga et mes- 
sager du roi des Afïllo, me dit : « Il y a cinq journées d'ici chez moi 
et de là au Baro une journée. » 

j^Q « Il y a une journée entre la source du 

_, Baro et celle du 'Dîâ-esa. La source du 

0. baqa. 

^^„T Baro est dans Bota. La source du Gabba 

1. Did-esa. 

.. , est dans Bora. » 

2. Koba. 

■7 ^ jj ^r. •\ «La. source du Baqo est dans Dajinaba. 

3. Gadda (Doranni). ^ 

r^ /-n-ii \ Le Baqo se réunit au Gojab chez les Gi- 

4. Qaro (Billo). -^ •' 

Tj, , mira et le fleuve reçoit ensuite le Baro chez 

5. Walagga. 

/ T> ^ les Yambo ou Jammo. Le Baro est plus 

6. Baro. ^ 

grand que le Baqo. » 

« Les Sïdama appellent le Baro Bota. La source du Baqo est dans 
Kaffa. La source du Ganji est dans Moca. Les Masongo, qui sont 
nègres, n'atteignent pas le Gojab dont ils sont séparés par les Gi- 
mira. » 

« De chez nous à Boga (Bonga) il y a huit journées et toutes les 
rivières y mentionnées coulent vers la droite quand on les traverse. 
En allant de chez nous à Afïllo, le Bïrbïr coule vers la gauche quand 
on le traverse. » 



Ba7-o. 



'1 



No 2. 



No 3. 

0. Walagga. 

1 . Gaîo. 

2. Bîrhîr. 

3. Galan. 

4. 4/r//o. 



0. Walagga. 
Gabba, R. 

1. Qaro. 
^or, R. 

2. //z^ 
lFz7f, R. 
Ginnaro, R. 
Kojinor, R. 



r«&6f, R. 

3. Gacera. 

4. Bota. 
Manja, R. 

5. 5or, R. 

6. Gojab, R, 

7. Songa. 

8. 5o^a. 



«J'ai vu le i5ai^o chez les Yambo, mais ne sais où est sa source. Les 
nègres que je connais et qui parlent tous des langues différentes sont les 
suivants : 1 ° Xiluk; 2 ^Komo; 3° Yam- 
bo ; ^^Agiito (?) ; ^^Masongo ; 6"° Ga- 
batu; j" Bo7îga, nè- 
gres noirs; 8° T)on- 
ga {Runga de Pal- 
mer). Quand on va de 
chez nous à Afîllo, 
le Bïrbîr coule vers 
la gauche. Afîllo est 
de religion oromo et parle sïdama. 
Nous craignons beaucoup les Arabes : 

celui qui va se battre contr'eux ne revient jamais. Je ne sais comment 
les Gimira appellent le grand Gojab à leur couchant. Le Boj- sépare 
Kaffa de Seka et va au Ganji. Le 
Manja va au Gajiji. Si l'on part de 
Limmn, le meilleur chemin pour al- 
ler à Bota est par Géra. Gacera est 
un erme. » 

« La route ci-contre n" 4 est pour 
aller àeWalagga aux Yambo. Le n° 3 
est une fontaine nommée Gomma. 
Les rivières 5 et é se jettent dans le 

Baro. Lakku est le bourg principal des Yambo et est dans une île 
entourée d'eau de tous côtés; on n'y entre qu'en pirogue.» Interrogé 
-une deuxième fois, Haro donna la 
5*^ route ci-contre laquelle fut mieux 
écrite que l'autre. D'ailleurs Lakku 
est une île du Baqo , assez grande 
puisqu'on y cultive le blé. Si l'on 
allait très- vite, et avec un seul cama- 
rade, on arriverait en six journées à 
Lakku. » 

« Les rivières du Walagga (district de Haro) sont le Golol et le 





> 


lo 4. 




0. 


Walagga. 


5- 


Bonga, R. 


1. 


Gabba., R. 


é. 


Siria, R. 


2. 


Bure, R. 


7- 


Mi-i, foret. 


3. 


Gomma. 


8. 


Naca. 




Baro, R. 


9- 


Baqo. 


4. 


Daca. 


10. 


Lakku. 





N' 


' 5- 




0. 


Walagga. 


é. 


Bonga, R. 


1. 


Gabba, R. 


7- 


Siri, R. 


2. 


Bure, R. 


8. 


Mi-i, R. 


3. 


Haya. 


9- 


Kotada, R. 


4- 


Gomma. 


10. 


Baqo, R. 


5- 


Baro, R. 







1 2 8 J^aro. 

Bamhi qui se réunissent, et la rivière-somme va au Bîrbïr. Le Bonga 
et le Siria sont des affluents de rive gauche [?] du Baro. » 

«Aftllo se bat contre Saj^o et Komo : son roi parle oromo et 
sïdama : son pavs est un plein daga, à forêts, comme Kaffa. » 

«Walagga se bat contre Bun-o, Dabo, Jati, fils de Nojino, et 
Komo. » 

« Dans la route n" 5, si on la fait en été, on traverse le Baro à pied 
avec de l'eau jusqu'au nombril. La source du Bîrbïr est dans le pays 
de Dobace. Les sources du Gojab et du Baqo sont tout près Tune 
de l'autre. (Cette dernière rivière est peut-être l'autre rivière de Abba 
Bora.) » 

«Je connais les nègres Barta par ouï-dire, mais ils sont loin de 
nous. J'ai ouï nommer Danka. Boku Dibil est le bourg principal 
des Yaqa ou Yaqama. » 

« Les Yambo se battent contre les Masongo, Oromo, Sayo, Kamo, 
et à l'ouest du fleuve Baqo, contre les nègres Ajîba. A l'ouest de ces 
derniers sont les Arabes. » 

Les renseignements ci -dessus me furent donnés par Haro, père 
de Jilca et fils de Umme, fils de Lokii, fils de Batte, fils de Rere, 
fils de Doyo, fils de Abbaye, fils de Umba, fils de Agalo, fils de Ida, 
fils de Babo, fils de (^Haro a oublié le reste) . . . ., fils de Titm-e. 

Garuqqe. 1843 : Décembre 22. Selon Haro : «D'ici à Bota cinq 
journées en ligne droite et peut-être quatre. La direction est W. y^S.W. 
Celle de ma maison est N.W. Lakkii est droit à l'ouest, vu de chez 
moi (Walagga). D'ici âWaîagga, en passant par Giima, il y a quatre 
journées. » 

« Le Baqo est plus grand que le Baro, mais le Dieu de ce dernier 
est bien plus puissant. » 

«Le pays Yambo est large de dix journées et contient : 1" Gosii; 
2° Gelu; Z^ Abuku; 4" Kartame; 5° Cita dima. (Ce dernier signifie 
«paille rouge», en oromo : les n°^ i à 4 sont-ils des noms de pays?) 
Dans la 5^ route, Gabba est une rivière qui coule vers la droite au pas- 
sage et se joint au Bîrbïr. Entre le Gabba et le Bure est le Hofa 
qui va au Gabba. En amont, le Hofa s'appelle Giimaro. Le Mi-i 
coule dans une forêt et se joint au Siri ou Siria. » 



Lakku. 1 2 9 

« La Jonction du Baro et du Baqo s'cflectue dans le pays Yainbo, 
et de là à Lakkii, en amont, il y a cinq journées. Le Kotada est un 
ruisseau qui va au Baqo. De Lakku à la jonction du Gojab et du 
Baqo il y a trois journées environ (j'avais écrit d'abord cinq, puis 
trois). De celle du Bïrbîr et du Baro à ma maison quatre journées. » 

« En allant de Saqa chez moi, Kura, pays de Calli Xono, reste à 

gauche. Bao est au-delà de Kura. Dans la route n° i, entre Gadda et 

Qaro, on traverse le Gabba deux fois, No 7. 

... , ... ^'° 6. ^ 

car il y tait un détour. La première fois o. Saqa. 

M 1.1- 11-. r • o- Walassra. _r^-•^ 

il coule a droite et la deuxième rois a °^ i. Did-esa. 

, T ^ . -, 1- Dapo. 

gauche. La route n" 6 est a peu près la ^^ 2. lara. 

2. Bîrbïr. 
même que le n° 3. La route n° 7 mène ' 3. Qambabe. 

de oa^^cî chez nous sans traverser autre 4. Geada. 

• •- 11- 1 rT^.-o 4- Millo. -,. , 

rivière notable sinon le Z)i^-ei'a. » 5. Walagga. 

«Les huit grandes rivières que je connais sont : 1° Siri; 2" Hoffa; 
3° M-f; 4° 5rtro; 5» Bonga; 6" i^cZcyo; 7" i?z/re; 8" Gabba. Suyo 
est le nom d'un grand erme près Saj'o; on le nomme aussi Baqo. » 

Abba Bora ne connaît ni les Baro ni les Jajo comme nom de 
peuple; Jïrgo et Walayta sont svnonvmes. 

201. Baqo. 

Selon un esclave Gimira, le Baqo s'en va chez les Xiiro (Suwro), 
et les gens du pays l'appellent Wox. 

202. Lakku. 

Garuqqc. 1843 : Décembre 23. Selon Haro, «en allant de chez 
"moi à Lakku, le Bure coule à droite; vu de chez moi, Lakku est 
un peu au sud du couchant; en allant à Bonga, le qella de Kaffa 
est sur le Bor; en allant de chez moi à Afîllo, je traverse le Golol 
avant de coucher à Gaco, et au gué il coule de gauche à droite; de 
Boku Dibil à Bota (source du Baro) il y a deux journées». 

Garuqqe. 1843 : Décembre 24. Haro Abba Jilca, qui est parti 
aujourd'hui, me dit : «Après la réunion du Baro et du Baqo, le 
fleuve s'appelle Baqo (ce qui prouve qu'on regarde le Baqo comme 
le principal, malgré le préjugé de la prépondérance du Dieu du Bai'o). 

9 



i3o Gojab. 

La source àxxBaro est un caffe («prairie inondée», ce qui confirme 

Biirce). C'est par des Oromo qui l'ont vue que Je parle de la jonction 

du Gojab et du Baqo. Les Yambo et Masongo parlent la même 

langue. » 

203. Source du Gojab. 

Selon mon esclave Gimira Acîne, il est allé de Bonga à la source 
du Gojab en trois journées : en retournant il était chargé de miel et 

^ , ^ . , passa quatre journées en route. «Je ne con- 

0. Source du Gojab. . 

^,. . .^ nais pas le nom de la terre où le Gojab sourd, 

1. H ICI gif. 

parce que tout le monde l'appelle Godafe 

2. Waxaco. . . , . . 

^ ^ apo (œil, c'est-à-dire source du Gojab). Il 

3. Deçà Baxo. , , . ^ 

^ est dans Xekki et obéit à Kaffa. L'erme de 

4. Bonga. . , , . 

Gallo est à une journée de là; j'ai atteint en 

deux journées (partant de Bonga) une autre partie de cet erme. Je 
portais alors les bougies du roi. Deux collines boisées jusqu'à la cime 
sont auprès de la source; on les appelle J5oxf et Doxi. Les environs 
sont bien habités. Le qîrhaha y abonde et surtout le însat. (Le însat 
croît au col de Tiimama par 217e mètres d'altitude. La source du 
Gojab ne doit guère être plus élevée.)» 

204. Unia. 

Selon Burce, «Walamo a deux rivières : 1" le Woxo qui va au 
Uma; 2° le Dimi (Deme?) qui va au lac Abbole». (Walamo contient 
donc une ligne de partage entre le Uma et la mer, ce qui explique 
le manque total de communications entre Kaffa et l'océan Indien.) 
« Dans le Gobo, on ne peut en aucune saison passer le Uma à gué. » 

205. 

Décembre 25. Selon Abba Bagibo, roi des Limmii, le Gojab dans 
le bas de son cours coule vers l'est, vers Argobba^.W). (Je crois bien 
me rappeler lui avoir entendu dire il y a deux mois qu'il tourne autour 
du Walagga et revient sur lui-même.) 

206. Yambo. 
Ganiqqc. 1 843 : Décembre 26. Un esclave Yambo de Abba Bagibo, 



Yamho. 



i3i 



âgé d'environ 3o ans et sorti de chez lui depuis peu, me donna ainsi 
qu'il suit les noms de lieux du pays des nègres Yamho : 





Ibago. 




Romia. 


65. 


Kuaro. 




Adago. 




Pampa. 




Aiïaro. 




Guanno. 




Dano. 




Itïel. 


35- 


Koro. 




Idola. 




Dîay. 




Penmaii. 




Aburi. 




Gadjj'ag. 


100. 


Pi. 


5- 


Itwani. 




Ager. 




Nallano. 




Malo il mouillé) 




Penmaw. 




Dag. 


70. 


Obbnnire. 




Reo. 




îllea. 




Gua^. 




Upik. 




Bmvl. 




Immedo. 


40. 


Peu. 




Ma-â. 




Qoro. 




Poal. 




Yao \th doux). 




Ni'iino. 


105, 


. Vdago. 


lo. 


Itag. 




Dupa. 




Kuere. 




Jur. 




Piikum. 




Burï. 


75- 


Ley. 




Gâm. 




Qpc. 




Diiniel. 




Gawa. 




Tiédi. 




Egîelo. 


45- 


Tio. 




Akmra. 




Dïcar. 




Pafari. 




Giïr. 




Maya, 


1 10. 


. Qiiir. 


15- 


Ibagyeyc 


i. 


Purra. 




Kiian. 




Gaga. 




Poqadi. 




Liieda. 


80, 


. Oto. 




Lero. 




Inwag. 




Kîeno. 




Payo. 




Puanno. 




Liée. 


5°- 


Ugud. 




Aguay. 




Dugî. 




Pinqîew. 




Ûit. 




Aqana. 


115 


. Gir. 


20. 


Inon. 




Tialo. 




Gueno. 




Ta. 




Ni g ara. 




Leap. 


85 


. Dîen. 




Abi. 




îmmar. 




Laq. 




Dîag. 




Rutug. 




Qidi. 


55- 


Yir. 




Nag. 




Tog. 




Iwaro. 




Reo. 




Upïrr. 


120, 


. Fter. 


25- 


Igira. 




Beno. 




Akuag. 




Aiualo. 




Imajp. 




Gunno. 


90 


. Agîal. 




Bol. 




Pagwag. 




Gac. 




Hiedo. 




Ullam. 




Ekuac. 


éo. 


Pieu. 




Dïuak. 




Apiyaw. 




Riy. 




Daq. 




Hidïâ. 


125, 


. Ray. 


3o. 


. Jobi. 




Kuan. 




Akoga. 




Irogug. 




Kul. 




Apano. 


95 


. Pem. 




Bat. 




Mur. 




Kuog. 




Lum. 




Liledo. 
9* 



l32 



Yambo. 





Un^ag. 




Poq. 




Kiya. 




Ananwal. 


i3o, 


. Tuai 


165. 


Am. 


200. 


Nara. 


235. 


Acadvara. 




Kot. 




Fantano. 




Wada. 




Axan. 




Duay. 




Pan. 




Nuara. 




Liyali. 




Qîag. 




Lui. 




Nîwa. 




Puri[2\y: 




Nil go. 




Advega. 




Namara. 




Tu a Pi. 


135. 


. Wat. 


170. 


. Ubag. 


205. 


. Qinnara. 


240, 


■ Ajaga. 




Atea. 




Binno. 




Tifowa. 




Nvvaoi. 




fo. 




Lahpe. 




Laq. 




Aboîamo. 




Upal 




Atudu. 




Akoya. 




Udug. 




Biiaga. 




Akmvrii. 




Ataba. 




Doni. 


140, 


. Giielo. 


175- 


. Udïuaq. 


210. 


Tîq. 


245- 


. Ajïtato. 




Ûen. 




Ullaro. 




Pilo. 




Abotyi. 




Adega. 




Alel. 




Toq. 




Au-oi. 




Atâ. 




Abogo. 




Puri. 




Dî-â. 




DejiJio. 




Lirro. 




Tu ara. 




Pendaii'ar 


H5- 


Bdo. 


180. 


Lero (i 12 


?) 215. 


Gâp. 


250. 


l'iya. 




Cul. 




Ubiin>ro. 




Ûelo. 




Malli. 




Maddi. 




Tîel. 




Diir. 




Ahvaro. 




Ekiieri. 




Aïar. 




Taxp. 




Tanq. 




Odiak. 




Oluaq. 




Mua. 




Udo. 


150. 


Ha-oro. 


185. 


. Gur. 


220. 


Udago. 


255- 


Ubul. 




Adïa. 




fo. 




Otipa7î. 




Ucïrro. 




Utxueg. 




Dut. 




Bada. 




Puk. 




Nïbi. 




Remog. 




Apiopag. 




Udwela. 




Abat. 




Tarnîm. 




Inajag. 




Uredo. 


155- 


Bur. 


190, 


. Lelieg. 


225, 


. Denkag. 


260, 


. Weri. 




Abunno. 




Tug. 




Qali. 




Nag-^to. 




Yal. 




Allumo. 




Amiyii. 




Atikaro. 




Gadwag. 




To. 




--> 

Togwa. 




Let. 




Qiido. 




Lag. 




Ullaro. 




Ahit. 


léo. 


Aramo. 


195- 


Okweg. 


23o. 


Udîyaro. 


265. 


for. 




Alaro. 




Apikag. 




Abuto. 




Uqaq. 




Kodo. 




Wat. 




Aipa-malo. 




fiyn. 




Pedo. 




Bagâ. 




Ubedo. 




Ajaq. 



Yamho. i33 



Unu. 


Nallo. 


285. 


Agoy. 




Nam. 


Araono. 


Leri. 




Lirro. 




Odnro. 


Jiirri. 


Otal. 




A^iibel. 


295- 


. Weari. 


Idîer. 


280. Buaro. 




Tiin>r. 




Guano. 


Y al. 


Agatkora. 




Qeno. 




Lay. 


Urat. 


Dîbbelo. 


290. 


Qîaq. 




Tedilitorec, 


Oliiejp. 


Dïkiiy. 




Mmv. 




Uno. 


Uiu. 


Allea. 




Obaji'. 


3oo. 


Lot. 



275- 

Cette liste assez inutile pour la géographie a été recueillie pour 
comparer les noms de lieux nègres avec ceux de la racQ Agéi%p et pour 
montrer quels sons prédominent dans la langue des Jammo ouYavimo. 
Plusieurs de ces sons sont fort étranges et neufs à mon oreille : les 
sont le tli fort des A'nglais; le désigne leur th doux. Dï est un d 
mouillé, c'est-à-dire suivi d'un i très bref; / est presque un t mouillé, 
c'est-à-dire suivi d'un i très-bref; a est le son alongé comme dans le 
mot anglais paip (patte), ^est le u français. Le trait d'union exprime 
un hamzah très senti : q diffère du q éthiopien en ce qu'il exprime 
un q mi-claqué mi-mouillé; p est plus doux et plus claqué que le ^ 
éthiopien. 

Cet homme est natif de Ibago et peut s'y rendre d'ici, dit- il, en 
trois Journées. Poal est dans Bun-o et se bat avec Ibago. Selon lui, 

le T)îâ-esa se joint au Baro dans le district (ou pavs) 

1- 1 T^ • • T^ , 1^ °' Garuqqe. 

dit Pefiman : le Baro se ]omt au Baqo dans Muma. 

Il s'étonna beaucoup quand je lui parlai d'une île ha- . 

2. Poqiadi. 
bitée du Baqo. Elle s'appelle selon lui, Avviri, et est 

, r, /^ . , ^' Ibago. 

à une journée de Ibago. (Ce ne serait donc pas le 

- Lakku de Haro.) Des lieux mentionnés par celui-ci, le nègre ne con- 
naît que la R. Bonga. Il ne connaît ni Barta ni les Xiluk, et les 
Masongo par ouï-dire seulement. 

Les autres rivières du pays Yambo sont : 



Piilo. 


Ato. 


Nîmon. 


Atidi. 


Akana. 


Timdîag. 


Buba. 


M an. 


Agiila. 


Aqiibruk. 


Nîqumqer. 


Agol. 


Lolla. 


Agaq. 


Waw. 


Golo. 


5. Ujabo. 


10. Uganne. 


15. Kiimmo. 


20. Abeddi. 



i34 




Boba. 


Tono. 


Igat. 


Opello. 


Apikag. 


3o. Tudo. 


Koy. 


Duiî. 


25. Aja. 


Qado. 


Patuwr. 


Malo. 


Laga. 


Dî-oto. 



Uma. 

35. Tainini. Kal. 

Palo (/mouille). Ueno. 

A-ay. Wat. 

Ftino. /^^.Komo. 

War. 
40. Uiâ. 

Delaloye. 

Selon cette homme on appelle chez lui le T)îâ-esa : Ato, et le 
Bïrbîr : Ahparo. Interrogé deux fois il dit : la jonction du T)îâ-esa 
et du Baro est dans Peîîm an. Une autre fois il dit : «Dans Pokiadi» 
puis : «le Baqo s'appelle Agula(?) Aqana est une plaine près le 
Bïrbîr-». Il dit indifféremment Upejio ou Ufeno pour le Baro. [Ce 
luxe de prétendus noms propres inspire la méfiance : voyez la note 

du n° 125 ci-dessus. j 

207. Gojab. 

Garuqqe. 1843 : Décembre 27. Selon Kasim Abba Magal, l'un 
des interprètes officiels de Lùnmii, «le Gojéib tourne autour de Kaffa 
et reçoit les eaux de Walagga. Vu de Bonga, sa source est un peu 
au nord du couchant, entre Giikba, Seka et Kaffa. » 

208. Uma. 

Jïren. 1844 : Janvier 2. Abba Harbu, natif de Waratta (Kiillo), 
fut envoyé par son roi (comme esclave, je crois) au Kaffa d'où il 
s'échappa, préférant Abba Jîfara chez qui il est. Selon lui : «le 
Gojab a sa source dans Seka et se joint au Omo. Dans la fourche de 
sa jonction est Boxa ou Garo : sur la rive droite est Kiillo; sur la 
rive gauche est Tambaro. » 

Le Omo est bien plus grand que le Gojab : — «Où est sa source?» 

— «Mais c'est la source du Gîbe de Jîmma.y> — «Et le Kusaro?» 

— «Kusaro Omo et Gibe sont tout un. (J'en conclus que le nom 
de Omo est appliqué à la jonction des deux rivières). Puis la rivière 
Omo sépare Kidlo sur sa rive droite de Walamo sur sa rive gauche, 
puis laisse Kuca à droite, sépare Gobo à droite de Malo à gauche, 
laisse les Suwro à droite et tourne. Puis il y a un pays de nègres 
sous le roi Cali Xono qui s'appelle, je crois, Walagga : là est une 



Xhva. i35 

rivière nommée Baqo à laquelle se joint le Omo : ensuite il va au 
Abbqya et enfin dans le pays des blancs. » 

«Le Dieu (Kollo) du Omo est terriblement puissant. Aussi les rois 
de Kiillo, Gobo etc. lui font des sacrifices en disant : «Je suis le roi 
des hommes, tu es le roi des eaux, soyons donc camarades (soda), 
restons en paix»; ensuite ils égorgent la bête et la jettent dans les 
eaux. Les gens plus pauvres font des offrandes de myrrhe à ce ter- 
rible Dieu. On fait aussi des offrandes à ses crocodiles. Le roi de 
Kaffa ne touche pas le Omo et par conséquent ne lui fait pas des 
sacrifices. De Jîren à la jonction du Gîbe et du Gojab il y a deux 
journées ou une forte journée et demie. La source du Omo (Kiisaro) 
est près Mate Doma près Calla. 

209. De Jîmma au Xupa. 

La route ci-contre m'a été donnée par un domestique de caravane. 

Tout près du oavs gouverné par ^„ . 

^ . . o. Jiren. 8. Ammaya. 

Abba Dima est la rivière Biilbul. ,,, -^. _ ., 

1. Abba Dima. 9. Liban. 
Les n°^ 1, 2 et 3 sont dans Jïmma. ^ 

2. Doggoso. 10. — > 
Après le n° 4 on traverse le Gïbe. ^ ^" ,- , 

^ ^ 1). Dacasa. \\. Xiiho. 

N° 5 est un erme. Lamme Orso est „ „, , 

^. Botar. 12. luloma. 

le softa (chef chez qui on s'arrête) , ,—rr^ ^ /-•,•. x 

^ ^ ^ ^ -" 5. Adalle. i3. fibid.) 

Q.u.n° 6. Ammaya tslwn QïtaQ. Bey, . , ,. , j i 

•^ -^6. Agabja. 14. Andode. 
soumis à Guandal, est le gofta du ... , ,. 
. "- '^ 7. ul (marche), 
n'^ 9. Gadakallo est celui du n° 10, 

tout près duquel est la rivière Walga. Xuho est un erme. Gololle est 

le gofta du n^ 12. Andode obéit à Sahla Sillase [chef du Xï}pa\ 

210. Gojab. 

Kïftan. 1844 : Janvier 7. Un vieillard du Kaffa, que je fis venir à 
Jïreti, dit en réponse à mes questions : « Le Gojab a sa source dans 
Seka au milieu d'un bois de ïndod, sépare ensuite Kaffa et Jîmma, 
Kiillo et Walamo, Gobo et . . . ., puis va vers le couchant chez les 
Suwro. Je ne sais quel est le pays au-delà des Suwro, ni où le Gojab 
va ensuite, mais ai ouï dire qu'il va au Abbaya [AbbayJ. 



i3é Xakka. 

211. Partage des eaux en Kaffa. 

Garuqqe. 1844 : Janvier 12. Dira qui donne naissance au Gojab 
coulant vers l'est et à une autre rivière coulant vers l'ouest n'est pas 
le seul point de partage du Kaffa. Acïne en mentionne un autre qu'il 
a lui-même vu et qui se nomme Addia. Dans Addia est un gros 
arbre appelé sîgio (nom d'espèce) en sïdama et de cet arbre sortent 
trois sources qui donnent naissance à trois rivières : 1° le Guma qui 
va chez les Sinvro; 2° le Bitino qui va à Sadimaga; 3"^ le Addia 
qui sépare Gobo de Kiillo. Le Bitino entre dans Gobo. Addia est à 
une forte Journée de Bonga et à quatre journées de Dira. 

212. Xakka. 

Bon^a, esclave, gardien du blé à Kîftan et natif de Xakka, me 
dit ce qui suit : «Xakka est un peuple de pasteurs sans roi et sa 
reine prétendue n'est autre qu'une qalu ou devineresse. Le pays est 
sans livres (Bon^a n'était qu'un enfant quand il sortit de chez lui). 
Hadiya Wanbe est musulman, mais il n'y a que très peu de livres 
(il me paraît que c'est un islamisme retombé en enfance, absolument 
comme le christianisme du Waratta et du Kaffa). Les Xakka ne 
sont pas Amara, mais Oromo (termes que j'ai compris dans leurs 
sens religieux où ils sont appliqués souvent par opposition au chris- 
tianisme et à l'islamisme. 

213. Gimira. 

Dans la liste ci-dessous de lieux gimira donnée par Acïne 3 ex- 
prime le th doux anglais comme dans le mot those (ceux-là) : g est 
le son final du participe présent anglais; n = « nasal; m est un m 
nasal. J'ajoute m ou n à une consonne pour la nasaliser. 



Bexïg. 


Kiibm. 


15- 


, Xakn. 


Noxotn. 


Maynya-. 


Soy. 




Zan\. 


Woxkan 


Dax. 


10. Bat. 




Padn. 


Bor. 


Xîd. 


Sesïg. 




Apag. 


25. Nabx. 


5. Baxîg. 


Koy. 




Kîatn. 


Ax. 


Z,îad. 


Gollîx. 


20, 


. Udn. 


Ib. 


Gobm. 


Muxm. 




Kox. 


Xem. 



Gimira. 



137 



Ovitn. 


Dairhgam. 


3o. Balham. 


65. Xekal. 


Gay. 


Aytnm. 


Gayàïs. 


Gabîs. 


Sab. 


Uius. 


Mo 11 a g. 


Witezag. 


35. Gancis. 


70. Xacïmbag. 


Kaxt. 


Sostetag. 


Koliz. 


Ixba:[ag. 


Gatabax. 


Genczag. 


Biz. 


Ixta:[ag. 


40. L^ar. 


75. Gidnbag. 


Xana\. 


Genzng. 


Bayn. 


Genatbag. 


Kax. 


Bearazag (c bref), 


Bîadti. 


Kuxtnïsag. 


45. Gîasgubm. 


80, Buxezag. 


Mag. 


Gïrbacag. 


Alîz. 


Qpmtûbag. 


Dudnam. 


Qpynganazag. 


Ycm. 


Xebag. 


50. Eradan. 


85. Boylezag. 


Oxnum Yan 


iîg. Gciywo:iîga. 


Kakctn. 


Jungavo^îga. 


Xoytîz. 


Gakag. 


Gii'ù. 


Qepezag. 


- 55. Gontïz. 


90. Genezag. 


Siz. 


Qepe\ezag. 


Kaxamgâ. 


Axvag. 


Garîz. 


Qebzng. 


Kaxkemba. 


^ig^g- 


éo. Bor. 


95. Wabag. 


Gozar. 


Wahezag. 


Toman. 


Koynganag. 


Gorîx. 


Koynabag. 



An'banazag. 
100. Kaxkïmba. 
Kujanag. 
Zan:{ (2^). 
Bakn. 
\Vo:[îg. 
105. Botn. 
Xobcah. 
Kiix. 

Gazh. 

Gayag. 
1 10. Koynganaban. 

Barezag. 

Dannezag. 

Kosaniag. 

Ulhvezag. 
115. Ullabag. 

Dapacag. 

Baktiuxag. 

Koytitatag. 

Aykiizag. 

120. le et g. 

fiitîntetag {ehrd). 

Yiin2tin:ié{g. 

Maopezdîg. 

Maxtag. 
125. Maxnanzag. 

Nasan. 

Dodbïodn. 

Mîacadn. 

Gatîn. 
i3o. Maxïh. 

Paytn. 

Ginnazkam. 

Didnasag. 



i38 



Gimira. 



Qidag. 
135. Inan^ag. 

Inanmag. 

Kuyabag. 

Kuyag. 

Kecezag. 
140. Gîemhecag. 

Mîatezag. 

Gontetag, 

Utaram. 

Koyngenag. 
145. Utiamag. 

Uiian^ag. 

Orag. 

Takan. 

Giiepm. 
150. KoTin. 

Meckag. 

Woheljn. 

XetitJi. 

Tufh. 
155. Gixtetan. 

lycag. 

Xakan. 

Tamin. 

Xalbokn. 
léo. Kiistag. 

Biiiyji. 
Les tribus que connaît Acine sont : x°Ixano; 2°Yayno; l^Kabo; 
4° Garizi; 5° Meri; é« Kiibmi; 7*^ Betîzi; 8° Qpyn; 9° Wabung. 

[Comme j'étais devenu frère de noces du roi de Kaffa, il me devait 
un cadeau et me donna l'esclave Gimira dit Xad chez lui, mais ap- 
pelé Acïne par les Kafacco ou gens de Kaffa. Les Gimira des Oromo 
se donnent le nom national de Xe et sont appelés Sejpo ou A'ej/^o 
par les Kafacco qui confondent les sons s et .y si distincts en Europe. 



Biixwa:^£ig. 

Garitn. 

Dedzitag. 
165. Bexitag. 

Wac. 

Buxag. 

Gaciapm. 

Muyi. 
170. Kossi. 

Dimîs. 

Ut ah. 

Dimistetah. 

Buzn. 
175. Mur H. 

Kal. 

Gancîz. 

Kextag. 

Gatabax. 
180. Goxkî:{ag. 

Dambaz. 

Sobnkucug. 

Gîanabag. 

Nîam^. 
185. Maxîn. 

Orhn. 

Sokh. 

Batnam. 



Yij^g' 
190. Maxtotn. 

Zîagnjadh. 

Ga^ith. 

Siz. 

Sizgapm. 
195. Bos. 

Iraxketn. 

Dos. 

Sein. 

Mur. 
200. Odzkam. 

Ityadndagat. 

Z,os. 

Gatin. 

Mur m. 
205. Idxug. 

Kafayzîg. 

Bqfedn. 

Mayzafn. 

Maxtazakn. 
210. Kupgupm. 

Doknijag. 

Jamx. 

Arkîngag. 

Miazag. 
215. Xatngobm. 



Gojah. 139 

Les esclaves Gimira étant fort estimés restent tous en Kaffa et durant 
mon séjour en Ethiopie il ne s'en est pas présenté un seul sur les 
marchés dt Miicaww' a , àe'^Adiva, Gondar, Baso, ni même de Saqa. 

Acîne était rouge, c'est-à-dire non nègre. Il parlait xe et kafacco, 
mais comme Je savais à peine quelques phrases de ce dernier idiome 
et que Abba Gudda m'avait abandonné au moment où je partais pour 
Kaffa, je n'avais plus que des interprètes d'occasion dont je me dé- 
fiais. Je remis donc à plus tard les renseignements topographiques 
détaillés que je comptais demander à Acïne, mais il apprenait les 
langues avec une très-grande lenteur et il commençait à peine à s'ex- 
primer en aviarïnna quand il est mort subitement à Muçmi^w'éi.]^ 

{Koj^ signifie peut-être «maison», comme en kamo et en //am- 
îîga. Dans ces noms de lieux Gimira on met l'accent à une grande 
distance de la fin du mot, absolument comme en anglais. Au n° 201 
de cette liste de noms propres, par exemple, l'accent tonique du mot 
est sur a, c'est-à-dire sur la voyelle antépénultième du mot.) 

Arbres de la source du Gojab. 
Kafacco Oromo Atnarlhria 

Sigio. ? ? 

Ingamo. Handode. Indod. 

Omo. Omo. Ahoma. 

Ororo. Loko. ' 

Bîbbîro. Aksera. Abarbarra. 

Hino. Gumari. Doktna. 

Gao. Siunayo. i 

Ce dernier est employé en Kaffa pour faire les hampes des lances 
ou javelots. 

(Tels sont, selon Acïne, les arbres qui croissent à la source du 
Gojab. Selon Ali, il y a là un très-gros ùidod (Pircunia abyssinica), 
ce qui prouve que cet arbre est à la hauteur où il se plaît et qui me 
semble être celle de Gondar, car le ïndod y abonde. Or Goxo, mon 
domestique, qui a visité Géra, le met à la hauteur de Gondar, et 
l'exemple de Tatamqe, qui mettait par sentiment Adxua plus haut 
que Saqa, montre que les Éthiopiens jugent assez bien là-dessus. Je 



1 4 o Konfal. 

suis donc tenté de mettre les sources du Gojah et du Baro à la hau- 
teur de Gondar dont l'altitude est 2270 mètres. 

Le Addia de Acîne est évidemment le Adio de la page 94, car Aco 
le met à l'est de Bonga. En effet, on dit Maxajiga et MaxaJigo, cet 
o final, pour âîji-'^ me semblant être l'article défini. 

214. 

Selon Aco, Gobo est au S. S.W. de Bojiga, ce qui confirme mon 
relèvement fait de ce dernier lieu. Étant dans Turhira, on a Malo 
au S. S, E., les Dokko au S. et les Magena et Ara à l'ouest S.W. 

Selon Aco, « les Nao sont des nègres en général, mais ont beaucoup 
de gens rouges. Dans leur idiome, geja = «bière»; woka ^ «bois 
(impératif de boire) » ; xex =- « achète » ; garminja = « pontife » ; kao 
= «il n'y a pas»; xoy = «eau»; qïdz = «lait»; zong = «bois (d'un 
arbre) » ; kax = « vache » ; para = « cheval » ; ket== « maison ». (La plu- 
part de ces mots sentent le xe; les Kafacco disent que la deuxième 
langue gimira est parlée par les Na-o.) 

215. Konfal. 

Selon le marchand Miibammad Aman, les gens nommés Konfal 
dans le Acafar, et Figen dans le Qiiara, habitent un '/o qualla près 
les Giiînza, le Qiiara, et le Acafar. Ils sont chrétiens tion nègres et 
l'on a dernièrement défendu de les vendre comme esclaves. Leurs 
noms de nombre sont : 1 Hadi; 2 Lohot; 3 Solot; 4 Atar; 5 Asîm; 
é Dîsîm; 7 Desab; 8 Dïsim Ç:); 9 Tazan; 10 Arîs. (Ceci rattache 
le konfal au tîgrïnna ou peut-être au amarinna.) Le pays est petit. 
Balas est leur principale rivière et Bakuîsa leur principal bourg. 

216. Koyxo. 

Selon Aco, Koyxo est un royaume indépendant et situé à côté de 
Gobo dont il parle la langue. Tariho est à côté du Guma. La rivière 
Abawo passe par Ako et a sa source dans Yirgo. Bello, Uqo R., 
Yako, Trungo, Waxaro, Koyjo, Hinirato, Huiimaso sont des noms 
de lieux dans l'île de Kaffa au S. E. 



Gojab. 



141 



217. Agalo. 

Kocmpo (ao). 1844 : Février 4. Le messager de Agalo dit : Mon 
pays est petit et à '/, journée de Saqa. De Saqa à Botur, en traver- 
sant Agalo, il faut une journée et demie. 

218. Gojab. 

Selon le Abba qella de Lîmmu, du côté de Jîmma : «Je suis natif 
de Jîmma Badi, j'ai visité Kaffa, Kiillo, Géra et Walagga. Le Gojab 
sépare Kullo et Walamo, Qobo et Malo, puis va à Masmaca, et en- 
suite, je ne sais où, dans une grande mer qu'on appelle Abbaya. 
Étant à chasser des éléphants, j'ai visité 
la source duGojab dans Maho daggala; 
Ganjes est le nom de la terre. De cette 
source à Géra il y a une journée et 
demie ; ou deux et demie à Bonga. Cette 
source est entre Guma, Gukba et Géra; 
il ne s'appelle pas Dira (dit -il en ré- 
ponse à ma question). L'eau sourd d'un 
gros ïndod et forme une prairie inon- 
dée (caffe). Ci -contre sont les autres 
arbres que j'y ai vus. Le n'' 4 sert à enivrer les poissons pour les 
prendre. Le n'^ é est un jonc dont la tige est quadrilatère. Le n° 7 
sert à faire les parasols. Le n" 8 est un arbuste. » 



Oromo 

1. Keto. 

2. Baa. 

3. Gumari. 

4. Aksera. 

5. Lemana. 

6. Kiuii. 

7. Daladii. 

8. Botta. 



Aviarlnha 

} 

Balia. 
Doqma. 
Abarbarra. 
Qîrhaha. 

Qetama. 



2ig. Kusaro. 

Selon Abba Sarbii, il y a une très-forte journée (3o milles.") de 
Jïren à la jonction du Kusaro (Gïbe) et du Gojab. Les Boxa (Garo) 



sont sur la rive gauche du Gïbe. 



220. Kaffa. Turïurra. 

Garuqqe. 1844 : Janvier 14. Selon Aco, domestique du messager 
de Gobo, il faut sept journées très -fortes de Boiiga au Uma près 
Turïurra. 

Kuya est la résidence principale du roi de Gobo. Walci est un 



142 Kaffa. 

marché p 

chands étrangers. Le roi de Goho a une 



marché près duquel demeurent les mar- 



0. Bonqa. 4. Walci. ^ 

autre résidence (viasara) dans Arsra. 11 

1. Wadifa. 5. Arga. a • - a 1^ c 

, ,^ , „ va deux lournees de Kiiya aux buwro 

2. Gadda. 6. Makallo. ^ , ' , -^ . , 

^, „ qui sont séparés par le Gora qui coule 

3. Kiira. 7. i urturra. ... - 

en plein qualla, mais a sa source à Taggo 

dans Gobo. Uko est une source où boivent les vaches. 

Les Suwro ont des gens rouges parmi eux, mais en très -petit 
nombre. Les gens de Gobo les appellent Golda : leur nom national 

est Mace. Ils vont tous nus, se couchent sans natte ni 

No 2. 

cuir, n'ont pas de blé et mêlent le sang de leurs bêtes 

0. Kiiya. 

avec la cendre pour le manger. Ils ont un roi, et les 

1. Uko. . ^ . ^. ,., ' 

^ Nao, tribu Gimira, sont si amis avec eux qu ils les pré- 
Gora. . . 

„ viennent de l'arrivée de Sïdama. Une grande portion 

2. Sunno. 

des Nao sont nègres. 

Aco, qui parle gimira, affirme qu'il n'y a qu'une langue gimira, 
ne connaît pas la langue ki:[o et nie qu'il y ait une langue golda 
différente de celle des Sini'ro. 

Il n'v a pas de qïrhaha chez les Dokko qui font 

0. Kuya. ^ . 

^ , , leurs maisons en rotins et leur pavs est principale- 

1. Gadda. 

^ , ment qualla. 

2. Biiko. 

, _ ,. La rivière Banja sépare Gobo de Kiillo. Les 

3. oadimaga. 

_, ^^ Mawo sont des Sïdama. Les sept rovaumes au- 

4. Boye Kaso. 

„ delà de Kaffa sont une fable. On ne peut pas aller 

5. Bonga. ... - r r 

tout droit en cinq jours de lïirhirra à Bonga. La 

route ci -contre de Kiiya à Bonga est assujettie à passer par Sa- 
dimaga. 

Janvier 15, Selon Aco qui est trop verbeux pour être toujours 
clair : Le Giima s'appelle Meri dans le haut de son cours. La rivière 
Dolilo va au Meri. Les affluents du Giima sont : i^Koce; 2°0mmi; 
3° Dommi; 4° Qoti; 5° Kecibo. La rivière Kammi va au Kecibo. La 
rivière Sarado va au Kajac qui va au Giima. Le ATo/ï va au Hîrgimo 
dans Kiiîa. La rivière Hîrgimo est plus grande que le Giima. Le 
A'^aco sépare Goèo de Kullo. La rivière Banja est dans lFo;ca dans 



Kaffa. 143 

Sako est une grande plaine près les Xcn'o. La rivière Oxko coule 
dans înarya et va par Seka et Sako chez les Maxango (gens rouges 
parlant une langue à part), et puis dans le grand Uma. 

Wagemata et Daralla sont Moca. Jîgga ou Yîgga est à côté de 
Daralla (confirmé par Abba Bord). 

La source du Hïrgimo est dans Kuca : on ne le traverse que sur 
des outres. Mesi est le nom du lieu de jonction du Guma et du Uma. 

La source du Meri est dans Qoti à ■/2 journée de Bonga. C'est 
dans Hinbaro que le roi de Kaffa prend son warqe (sorte de cou- 
ronne). Hinnidugio est dans Cara en Kaffa. Gora est chez les 
Smvro. Hîxa est dans Kaffa sur la frontière de Go^o. A'^ra<irfa est 
une vaste plaine dans Kaffa. Bukoca, en Kaffa, est sur la frontière 
de Gobo. Bocaci est le nom d'une source thermale dans Kaffa. Dixo 
est dans Yeya ou Yey, n^ lé ci -dessous. Kallixo est dans Mer a. 
Awinao est dans IFo^^i près les Gimira. Xami, lieu plein de citrons, 

est dans Kaffa. 

Noms de lieux dans Gobo. 

Naâaci. Giri. Gixi Xambati. 

Diidîho. Giirac ckito. Woxi. 

Badbado. Koxi. is.Kiiyi. 

Naïegari. 10. Orobi. Walacïmallo. 

^. Harxiohe. Ammuxi. x-j.Waxaro. 

Hari. Mîtïraqi. 

Malla, Kakdlli, Wallani, Posi, Qiidawadi sont des lieux dans 
Qiiîa. Eitia, Qiko, Xanda, Bero sont des lieux en Kiillo. 

Quant aux cours d'eau en Kaffa, la rivière Naxa va au Xannna 
' qui se joint au Kexo qui va chez les Siupro. La rivière Baréta va 
au Satti qui va au Gici qui se joint au Guma. La rivière Kakelle se 
joint au Barta qui coule dans la rivière Satti. La rivière Kamberiha 
va au Bïxbcy qui va au Bïrore qui va au Keca Kappero qui va au 
Woxi. Cette dernière rivière va dans le pays des Smvro. Le Ufa se 
joint à elle; Xinatina est le nom d'une source. 

Qeqihe qello est le qella de Gobo. La rivière Kakelle passe par 
Tonga. 



144 



Kaffa. 









Lieux dans Kaffa 








fatti. 






Kari (marché). 




Hinirato. 




Keddi. 




35- 


. Yari. 




Yiitimo. 




Kutiti. 






Andaraci. 




Xanimo. 




WâxL 






Kaxmari\marché\. 


70, 


. Maxato. 


5. 


. Dassi (dans Lamma) 




Yaiia (près 39). 




Gmemito. 




Oqacaci. 






Gaj^a (cafeyère^ 


1. 


Wora (qella). 




Baxi. 




40. 


, Qeha. 




Gudda. 




Allui. 






OUI 




Aqaca. 




Tici. 






Go m. 


75 


. Mereca. 


lo 


. Xoddi. 
Tambo. 






Duîi. 
Qopîri. 




Tara (oxyton). 
Tara (paroxyton) 




On f près 1 


es Smpro). 


45. 


. DU (marché). 




Waîa. 




Wangari. 


, ibid. 




Ta:{i. 




Gaekaxa. 




Yagece. 






Bobi (près 48). 


80 


. Kamba (marché). 


15 


. Matapo ( 
Yey. 


'qella). 




Wiititi. 
Gallîbiiti. 




Kara. 
Yassa. 




Deîi (marché). 


50 


• Qaji^ 




Kassa. 




Xari. 






Kaxi. 




Bira. 




Qaj (marché). 




Gopi. 


85. Wodipa. 


20 


. Xappi (marché). 




Dimbiri. 




Gombera. 




Kaj^ (marché). 




fadi. 




Doxa. 




Kiilluxi. 




55 


. Iniiiipaho. 




Booc. 




Xomari. 






Himmasso. 




Xama. 




Xaraddi. 






Hinbaro. 


90 


. Gobiy (lavoir). 


25 


. Qeri. 






Aginnitto. 




Xogaca (marché), 




Aqaci (p: 


rès Gobo). 




Maïo. 




Dibaca (id.). 




Yassi (près 28). 


éo 


. Boxo. 




Kiiqima (id.). 




Kassi. 






Dijano. 




Yumbasa (id.). 




Dibaci. 






Diiggo. 


95 


■ Tagga. 


3o 


. Xogaci. 






Argeppo. 




Kaxîmara (marchéi. 




Wuralli (marché). 




Matto. 




Baha. 




Doxi (id 


■)■ 


65 


. Mawo. 




Olla. 




Makîri ( 


id.). 




Qo-ijo. 




Medda. 





Uma. 


H5 


loo. Oxa. 


Xawena. 


Xawena R. 


Yara. 


105. Naxa. 


109. Eppegeta. 


Waria? 


Kopira (ambo). 




Qeïa? 


Koxa id. 





(Le ambo est une source saline très-recherchée pour abreuver le 
bétail.) Dans la liste de ces 109 nonis de lieux les n»* 1 à 54 sont 
évidemment à un cas oblique qui me paraît signifier à, car Aco m'a 
cité aussi Wuralla au cas droit ou indéfini. Il en est de même des 
lieux de Gobo, à l'exception des n"^' 2, 3, 8, lé et 17. 

221, Tiifte. 

Garuqqe. 1844 : Janvier 24. Un homme qui parle tuf te (j'étais 
trop malade pour écrire sa langue) me dit que les Tambaro qui se 
donnent ce nom sont de la même race que les Tuf te, mais parlent 
une langue à part, et appellent les Tufte «.Hadiya». 

222. Uma. 

Kocaipo. 1844 : Janvier 26. Abdarruf, natif de Maycakal et do- 
micilié depuis longtemps en Lîmmii, me dit : « Dans ma jeunesse j'ai 
hiverné en Kullo. Le Omo coule vers l'ouest et va chez les Suwro 
en sortant de Gobo. Les Sujj'ro fendent leur lèvre inférieure si bien 
qu'ils peuvent passer leur langue par cette fente. » 

'/4/f ci-dessus cité au n" 19e, me dit : « Le Uma va chez les Dokko. 
Il est faux qu'il passe au-delà des Smpro. Je ne connais pas le Baqo. 
Le Wasa qui traverse les Sun^ro est si gros qu'on ne peut le traverser 
à gué même en été. Au-delà des Suwro sont des musulmans qui se 
battent avec le sabre romain et portent des cottes de mail. Nous savons 
cela par les Suwro mais n'avons pu apprendre le nom de ce pavs.» 
(Aujourd'hui ',4// me parle avec un air préoccupé.) 

«Je ne sais où va le Omo après les Dokko mais ne crois pas qu'il 
aille chez les Suivro : qui s'enquiert de ces choses-là? J'ai vu la source 
du Gojab qui est une sorte de prairie inondée (caffe) sortant du pied 
d'un monstrueux arbre de indod. Il n'v a pas des montagnes là, mais 
seulement une colline. Le pays est habité et appartient à Kaffa, non 
à Seka. La source du Wasa est à une journée de Bo7iga dans le 



1^6 Uma. 

jardin à.nAskavi Iso. On ne peut traverser cette rivière à gué ni en été 
ni en hiver. J'ai vu des Sinpro rouges et téiyyïm. Tous les Maxango 
que j'ai vus sont nègres purs et noirs. Leur pavs est un daga, froid 
et bien boisé. Une fois par an on fait à la source du Gojab un grand 
sacrifice de blé, bêtes, hydromel, etc.» (toujours le Dieu du fleuve!). 
L'homme de Harar me dit, quand je demandais le sort du Omo 
à Ahha Morke qui n'en sait rien : « Le Omo est notre Wabi ou Wabi 
qui est à 14 journées de Harar. r Et les collines de Walamo? et le 
bassin du Abbole? lui dis-je. — « Je ne les connais pas, mais de Harar 
ici il n'v a pas de montagnes ni même de ligne de collines. » — « Et 
les Oromo de Imi?y — «Je ne connais ni votre Karanlc ni votre 
Imi. Que Dieu nous amène un homme de Abxo qui nous éclairera! » 
Koyoa (ou nom analogue) est le nom de la source du Gojab et est 
à deux petites journées de Bonga en passant par les Mawo. 

223. Uma. 

Kocau'O. 1844 : Janvier 29. Les messagers de Kaffa sont partis 
aujourd'hui. Hier je les accostai sur la pelouse et Isa me dit : <;Non 
non : le Gojab Omo s'en va chez les Haritsi. » Isa est un musulman 
fort intelligent et j'étais affligé de sa réponse si précise. Après une 
pause : Askari Isa, dis-je, est-ce que par hasard les Hariisi sont à 
côté des Dokko? — « Saba», dit Isa en se tournant vers son cama- 
rade, «sais-tu la réponse à cette question : Où va le Omo?» — «Oui», 
dit Saba, « il sépare KiiHo et Walamo, Gobo et Dokko, tient les Suwro 
sur sa rive droite, reçoit le Wox ou Wasa (Baqo) puis se réunit à 
une mer blanche (Bari aditi), et enfin se rend au Spjinar. Il reçoit 
en route les eaux du Walagga. Les Maxa?igo sont si bien nègres 
qu'en Kaffa nous n'avons pas d'autre mot pour désigner un nègre. 
Leur pays est partie qualla, partie forêt en daga, et entre Obo et 
Suwro. Ils habitent entr'autres la terre de Bamba.» 

224. Walagga. 

Abba Qawe, unique fusilier de Abba Bagibo roi de Limmc, né en 
Gojjam et élevé dans le Gudrii où il fut le camarade d'enfance de Xiimi 
Maïa, passa deux ans en Yaqama et v recueillit 24000 kurorima 



Walagga. H 7 

(coriandre?) qui croissent à l'état sauvage dans le bois de Siri. «la- 

qama est un qualla comme Kocawo. Le Baro y coule droit vers le W. 

et les peuples limitrophes sont les Yambo un peu ^ 

au N. et les Maxango plus au Sud. » 

^ ^ ., , „ o, Kocawo, R. 

Dans la route ci-contre qu il me donna, -:; L,om- 

, 1. Gombota. 

bota , Gabaracu et Sata sont des das,a et dans 

...„,. 2. Gabaracu. 
Guma. Entre 5«f^ et Gaè^a (maison de Lali 

Aowo) on traverse la rivière Si7-i. Entre Gaoba —-^ 

' . A. Gabba. 

et Loko, qui est dans Gumaro , on traverse le -— * 

, 1 • j 5- -f-0'''"o. 
Bofor qui n'a pas de gué pendant la saison des 

^ ^ ^ . 6. Bure. 

pluies. 5z;re est dans Gz/nzâiro. La nuitée n° 7 est 

dans une forêt qui sépare Gz^m-aro à&Gacara. Ce 

^ . , . 8. Gacara. 

dernier est un das(a, puis vient Tépaisse toret qui — *• . . 

'^ 1 ' ui- 9- ^ora Dirqi. 

contient IcBaro. Son gué est un banc place obli- „ , , 

. ,, 10. Boddoso. 
quementaucourant.etenétéonadel eaujusqu a 

l'aine. En amont et en aval de ce banc-gue i eau 

est très-profonde et en passant on est obligé de soutenir les ânes, car 

le courant est rapide. Le n" 9 est un ambo (source saline) dans Yaqama 

pavs habité par les fils de Nonno. Les n^M o et 11 sont dans Yaqama : le 

n° 1 1 est le principal bourg. Boku, fils de Dibil, fils de Giinno est le 

gofta principal des Yaqama :\\ fait la guerre auxla»2/'o qui lui paient 

tribut. Sauf le n» 8, les n"^ 5 et suivants sont tous des qiialla. » Abba 

Qawe dit ne pas connaître le Ganji. Moca est droit à l'Est de Yaqama. 
Dans la 2^-^ route de 7 journées entre Saqa et Sayo, Tiim-e est un 

qualla. Le n" 3 est une épaisse forêt sur le daga : ^ 

les éléphants v abondent ce qui exige le secours 

^ ■ , , o. Saqa. 

~ d'un "uide; mais les hons et panthères n v sont pas 

" 1 . r 

à craindre. Duqac est un dâga et abonde en mules. ' " 

. . , 7, T 2. liim-e. 

Les trois stations suivantes sont des qualla. Le ^ ^ , „. . 

, , , , 3. Caka biri. 

Bîrbir coule vers l'ouest. Ufannc est le marche de 

, , 4. Duqac. 

Savo. Il v est honteux de vendre le beurre autre- ^ 

5. Gaco. 
ment qu'épuré. Les vaches v abondent et 1 on re- . „. ,„ ^ 
^ ^ ■ . 6. Birbir, K. 

cherche : 1° les amolc comme appoint seulement; 

, • 7- Ujanne. 

2° les perles polvédriques bleu de ciel; 3' le cuivre 

jaune et plus encore le cuivre rouge. Abba Qan'C y vit trois Arabes 



1^8 7)iB.-esa. 

du Sannar et croit qu'ils n'y vinrent pas à chameaux. Cette route 
de 7 journées serait parcourue en quatre par un exprès, ou en trois 
selon Abba lYungo, si les Oromu n'arrêtaient pas les voyageurs. 
Selon Abba Qaype, de Saqa à Qpbbo (Giidrii) ou de Saqa à Ufanne 
la distance est la même. L'erme de Baqo touche à Yaqama et à Saj'o. 
Walagga est un nom de province et non de pays particulier. Il ne 
sait où est Afîllo. 

La 3" route ci -contre fut faite par Abba Qawe en compagnie de 
Xumi Maîa pour chasser les buffles sur les rives du Baro, où ils en 
tuèrent plusieurs. 

Bure est le 2'^ de ce nom en Walagga. Siri est une épaisse forêt 

où Ton chemine quatre Journées. Gomma est une 
No 3. 

descente des plus raides qui mène à Ta^reux juûI- 

/a où coule le Zîaro. Les chasseurs Oro;no dorment 

dans des huttes à côté du fleuve et n'y séjournent 

2. — 5. Sir'i. ,. ■ ^,11 ' - 

"^ que dix jours ou tout au plus douze parce qu après 

é. Gomma. j^i • 1 ; /.. 1 n .^ • j •.. 1 

ce délai le busa (tvphusj atteindrait hommes et 

'■ ■ bêtes. Encore meurt -il beaucoup des uns et des 

autres avant les douze Journées. 

225. Moca. 

Daud revenu me voir après 3 mois d'absence me dit : «Le Moca 
où Je vais retourner aujourd'hui a pour voisins : 1. Gacara qui le 
sépare de Kaffa; 2. Sal-e (probablement Yaqamd)\ 3. Gumaro; 
4. un erme qui le sépare de Obo. Moca parle sïdama , et le fils de 
son roi est emprisonné dans Kaffa. » 

226, 'Dïd-esa. 

Abdallah, revenu de Guma, me dit v avoir vu un Sibu qui y a 
vendu de l'or et qui lui dit avoir vu de ses yeux la jonction du l^îd- 
esa avec le Abbaj^. A la Jonction même il v a un grand marché. Ce 
Sibu vint de son pays à Guma par Gaco sans fouler Bun-o. 

Selon l'esclave de Abdallah : «Dans mon pays on me nommait 
Kamise. Eau -^ fere; pain = pempel ; bouillie de farine = Doqa; 
tef ganse; maxalla (sorgo) =jele; dagusa ^ mut; lait ^ mera ; 



"Diâ-esa. 149 

main - lapas; toge tobo; œil - arc; dent =yeka. Mon pays est 
Qiipiro. La rivière Bonga nous sépare de 5/^//, IFa Kontale est le 
nom de mon maître chez moi. Nous nous battons contre /<2 Bongis, 
nègres comme nous, mais qui mangent les serpents et même toute 
espèce d'aliments. Aga Sao Wako, maître de quatre parcs, m'em- 
plovait à garder ses vaches d'où un Oromo me vola. Nous traversons 
souvent le Abbay sur des radeaux. Les Barta sont nos ennemis. Nous 
sacrifions aux génies des collines et aux crocodiles. Je connais par 
ouï dire /a Bongis, fa Piro eifa Kodo, mais non fa dasi ou fa zoklo. » 
Cette femme qui a presque oublié sa langue, a le front beau, la peau 
bien noire, le nez déprimé à la racine, l'angle facial grand et les yeux 
encore plus étirés que chez les Agaiv. 

Leqa. 1844 : Mars 5. (Maintenant que J'ai quitté les pays où l'on 
peut espérer de recueillir des renseignements sur les ténèbres de 
l'Afrique centrale, il est bon d'enregistrer une remarque empirique, 
il est vrai, mais qui si elle est générale, comme Je le crois dans la 
partie de l'Afrique au N. de l'Equateur, peut servir à fournir des 
conjectures sur les portions que l'on ne connaît pas. Je veux parler 
de la tendance des plaines à s'étendre vers l'ouest, tandis que les mon- 
tagnes ont leurs précipices vers l'est. En effet, le plateau de Akala 
Guzaj" est brusquement terminé du côté du Saiiihar et s'abaisse plus 
doucement vers Z^aui-a. Il en est de même du plateau de Adwa qui 
s'élève brusquement vers Nugot, mais la configuration de ses plaines 
paraîtrait avoir été bouleversée postérieurement par les montagnes 
de son svstèrae qui semble rester à part. La terrasse de Aksinn s'élève 
brusquement du côté de Addï Abiin et s'abaisse doucement jusqu'à 
la fente du Takkdzc. On remarque le même sens dans le plateau du 
Wagara, bordé par un précipice au Lamahno vers l'est et s'abais- 
sant lentement vers Gondar où les pentes quoique fortes le sont bien 
moins que celles du Bîrra Wasaya. Sauf près la pointe de Gorgora 
le lac Tana a toutes ses eaux plus profondes vers l'est. Le Bagemîdîr 
s'abaisse doucement vers le lac et brusquement vers le Takkaze. Même 
phénomène dans le plateau du Xîn'a qui s'élève en précipices vers 
les Afar et de l'autre côté s'étend large et légèrement incliné vers le 
Abbay. Mais la presqu'île du Gujjam est le plus frappant exemple. 



150 Gonga. 

La haute chaîne de Coqe se rapproche beaucoup des limites orien- 
tales de la presqu'île que dessinent encore les rocs de Yakandac. Cette 
tendance des pentes rejette la grande masse des eaux vers le bassin 
du Nil qui est méditerranée dans toute l'Ethiopie. Même règle se re- 
trouve en Damot par rapport au Fleuve Blanc, car le Baro et leBirbir 
coulent vers l'ouest comme le Giiang et le Da7idar. L'île de Kaffa 
a ses faîtes dans Addia, dans Dira (source du Baqo) et dans Ganjes 
où est celle du Gojab. Kullo a des daga, tandis que tout le terrain 
des Sujyro et Maxango s'abaisse graduellement jusqu'au fleuve.) 

227. Abbay. 

Un Guînzii intelligent me dit dans Horro que ses compatriotes 
nomment le Abbay, Abu. 

228. Gojab. 

Acîne, interroge par moi dans la langue kafacco , me dit : «La 
source du Gojab est dans un désert (gado). » (On peut remarquer à 
cet égard que les interprètes ne valent rien pour avoir des renseigne- 
ments.) 

229. 

Selon les Horro, Dora, pays désert (jpîdma), est à leur couchant, 
et au-delà sont les nègres Agiiti. 

Amiiru se bat contre Gojjam, Horro, Jïdda et Sinico ou Gonga. 
Le Angar va au T)îd-esa. Dora est un nndma ou pavs inhabité et 
non un erme ou désert de bataille. Les Ainiiru ne connaissent pas/cz 
zoglo. Les nègres près Dora sont, selon eux, les Fesi (ou nom ana- 
logue). Le Joja sépare Amiirii des Sinico. Il n'y a pas de Livnnu 
dans le qualla de Horro et celui qui est à l'ouest de Jidda est tils 
de Mafa par conséquent le même que le Limmii de Inarya. 

230. Gonga. 

Dar-u. 1844 : Avril 4. Un musulman qui habite Amuru, me dit: 
« D'ici aux Sinico ou Xïnaxa une journée. La frontière est Agamna, 
pays Amuru que l'on atteint par la descente dite Qarqa Gango. Le 
pays Sinico est une plaine qualla. Les goitres y sont fréquents et 



Limmu. I 5 i 

l'on y trouve de belles maisons à caves (midïr bet) faites jadis. Ado 
Ibsa, le roi, a 3o fusiliers amara. Son principal marché est Loqma 
aussi grand que celui de Baso. Les voisins de Sinico sont : Amiiru, 
Jidda, Calliha et Limmu. Ce dernier confine au Abbaya, de sorte 
que les Sinico sont entourés par les Oromo. Bonka est une de leurs 
rivières. On achète surtout l'or et les esclaves à Loqma et de là on va 
à Bure (Agaiv mîdîr). La beauté physique est commune chez les 
Sinico qui sont plus ou moins chrétiens et parlent une langue très- 
voisine de celle de Kaffa. » 

231. Limmu. 

Dar-u. 1844 : Avril 5. Musa, musulman de Maycakal, domicilié 
en Amuru, me dit : ■iXînaxa et Sinico sont un; ils sont bornés par 
Aniuru, Jîdda, le Abbay et Limmu. Je ne connais pas le père de 
Limmu, mais un de leurs marchés se nomme Dambi. J'v connais 
Sobi, mais 'non Sobice. Limmu s'étend du Abbay aux Sibu. 11 n'v a 
pas de Limmu en Horro. Limmu est un daga bas. Au-delà sont les 
nègres Naga, mot qui signifie «en sûreté», car les Limmu ne les 
attaquent jamais; mais dans les années de famine ils se réfugient chez 
les Limmu qui les vendent alors. Vis-à-vis des Limmu sont les nègres 
du Agaw mïdîr. D'ici à Loqinan il y a une journée; de là aux Naga, 
une journée. ;> 

Avril é. Revenu aujourd'hui pour un charme, Musa m'a dit : «A 
la jonction du T)îâ-esa et du Abbay sont les nègres Naga dont le 
nom national m'est inconnu. Je n'ai pas entendu parler des Turcs et 
ne connais pas le nom du T)îd-esa chez les nègres. Je ne connais 
pas le Yabus que vous me dites venir de ILcbantu, mais bien le 
Walmal (Ouelmal de M. Jomard) qui vient de Hebantu, traverse 
Limmu, et se joint au Abbay. Dambi est un nom de lieu en Liw.mu. 
Je ne sais si c'est une rivière ou un marché, mais c'est là que demeure 
la race des Warabuse. Elle est descendue de forgerons, mais ne tra- 
vaille pas le fer aujourd'hui, et est remarquable par sa beauté phv- 
sique et son habileté dans la magie à tel point que pour un petit 
cadeau un Warabusc tuera un homme sans le voir. Cette race parle 
oromo, n'a pas de langue à part et ne descend pas des Borana. Elle 



1 5 2 Gurage. 

habite des maisons en pierre (gînb) faites par leurs ancêtres, car aujour- 
d'hui aucun d'eux ne sait en construire. 'LQsWarnbuse viennent sou- 
vent en Amiirii pour y vendre de l'or. 

Calliha est un pays très-petit et très-brave enclavé entre Hebantu, 
Limmu, Wasti et Jldda. Les Sibu s'étendent jusqu'au ^Diâ-esa dont 
les rives leur donnent beaucoup d'or. Qabdo est un marché sur la 
frontière de Limmu et de Sibu. 

Luqma et Wasti sont les villes (katama) de Ado Ibsa. Son pays 
est un qualla à surface ondulée et est arrosé par le Bonka et le Dub- 
buq, grosses rivières qui vont au Abbay, et séparent Luqma de Wasti. 
Qarqa Gongo, forte descente, sépare Amuru des Sînîco et confine à 
Terme de Kacallo. La principale passe d'ici à Luqma est hula Sala. 
Le Bonka et le Dubbuq viennent de Jîdda. 

La rivière Libéiiio sépare Amuru de Jîdda. La rivière Augar sé- 
pare Hono de Amuru et plus loin Horro de Jîdda. Le Maye (que 
nous avons traversé?) est un affluent de rive droite du Ajigar. Les 
Hebafitu confinent aux nègres. 

Dora est un jpîdma (lieu inhabité) de la rive droite du Abbay et se 
divise en Cakma qui est un daga, et Sese. Ce dernier est un si funeste 
qualla qu'aucun cheval ne peut y vivre et les hommes dans certaines 
saisons sont sûrs d'y avoir la fièvre maligne. On va chasser les éléphants 
et buffles dans Dora et l'on y est fort exposé aux attaques des nègres. 

i^Voilà donc bien tiré au clair le Limmu de M. Jomard. Son Ware 
a fort bien pu passer de main en main jusqu'à Jîmma Rare ou même 
à Inarya et revenir par le Gudru sans se rendre compte du détour.) 

232. Gurage. 

Dambata. 1844 : Avril 20. Deux jeunes gens, qui viennent de re- 
cevoir la prêtrise à Gondar bien qu'ils ne sachent pas l'alphabet, me 
dirent hier : «Pour aller chez nous, on traverse d'abord Kutay (Li- 
ban) puis Gîndîbarat puis Bet Birate puis Janbola puis Gai i la, nom 
de notre pays. Nous nous appelons Kîstani (chrétiens) et sommes 
en guerre constante avec les Oromo Wale. Notre chef Walda Madhin 
porte le titre de Abagaz. Notre principale rivière est le Walga qui 
va vers les Javjîro. Nous avons aussi le lac Waiiï qui contient une 



Ginjar. i 5 3 

île : on l'atteint dans une pirogue poussée par des pagavcs. Cette île 
contient les églises de Tirqos et de Giyorgis. Nous connaissons de 
nom Hadiya, pays musulman où est Abuxe. Les Giirage parlent 
notre langue, mais sont séparés de nous par les Oromo. Nous ne con- 
naissons pas même de nom le pavs de Xakka. Du Abbay chez nous 
il n'y a pas de grande rivière et nous ne savons pas en combien de 
jours on peut aller du Abbay chez nous. Nous ne connaissons ni 
Damii m Monkorkuar ni Abso.y> (Selon les gens du Liban, ce Galila 
est en Kiircac : de Kiircac à Jïmbola; de là à Kollo; de Kollo à 
Kutay et de Kutay à Liban (Gojjam). Abba Walda MARY A M qui 
demeure près Yayvïx, a passé 7 années en Kiircac.) 

233. Gonga. 

Selon une esclave Xînaxa «Gotika est une rivière qui coule dans le 

Ditbbuk.ie conn-dislc Uchnay et le Dambi. \Ln gonga :bito~ ^< beurre»; 

haco = « eau » . 

234. Max an go. 

Selon Acîne, «les Gimira appellent les Kafacco Goinmay, les 

Siiipro 'Dahm, les Mawo Ec; les Maxango sont connus sous ce 

même nom aux Gimira et aux Kafacco. Les Gimira se donnent le 

nom de Xe : Daipr est leur nom pour le Bawro. Goba leur est connu 

sous ce même nom. 

235. Gînjar. 

Baguïna. 1844 : Juillet 1 1. Dawit jvalda ÎZGl, c'est-à-dire David, 
fils de Dieu, chef .4jr/^ me dit : «D'ici au Abawi (Abbay), 2';.. jour- 
nées (probablement par la route la plus courte). 

«En ce point-là, le Abbay a les Oromo Telle sur sa rive gauche. 
Nous ne connaissons pas les Limmii. De chez moi au 

pays de Zîgïldii, chef Gînjar ou Gînjar, il v a deux ' » ' ' ' 

, , ~-,^. -, I , , M • !• Azana. 

journées pressées. ZigildiiniQ donne des contributions 

^ ■ ,, • , j ^ ^ .' . 1 2. Inabari. 

et je 1 aide dans ses guerres partout, excepte contre les 

Fa Zaklo (sic) qui se sont soumis aux Turcs. Les Gïn- ■ ' ^ 

jar sont fils d'Arabes et de nègres et sont noirs. Les Konfal sont mes 

sujets et me donnent l'impôt de miel : ils ne donnent pas d'autres 

contributions. Ils occupent 400 feux environ, ne sont pas chrétiens. 



1 54 Gonga. 

ne connaissent pas MARIE, mais célèbrent Abbo (saint Éthiopien). 
Depuis que j'ai atteint l'âge de puberté (c'est-à-dire il y a quinze ou 
vingt ans) une mouche grosse comme une abeille a paru dans notre 
pays : elle tue vaches, chevaux et chiens, et nous empêche de chasser 
le buffle à cheval. Les chiens poussent des cris plaintifs quand ils en 
sont mordus. Nons donnerions volontiers tous les esclaves d'une cam- 
pagne pour son remède. Ce seraient environ loo nègres. Nons ven- 
dons nos esclaves, mais nous sommes chrétiens. Il y a des Xînaxa 
ou Gonga en deçà du Abbay et ils sont soumis au gouverneur des 
Awaipa. Le mot «Agawi » n'existe ni en atvga ni en amarïhna. » 

236. Xïjiaxa. 

Bagiima. 1844 : Juillet 20. Une femme qui a été établie à Waxti, 

me dit aujourd'hui : « D'ici à Waxti, 4 journées sans traverser aucune 

rivière sauf le Abajpi que les Gonga ou Xînaxa appellent Abbaya. 

Le fleuve est aussi encaissé là qu'à Wamet. Addo 

° ' Ibsa a le titre de Donja, c'est-à-dire «maître». Je n'ai 

1. Zobînt. ' \ 1 r^ . • 1 TT- 7 

pas vovage chez les Gonga et ne connais pas le \\ a.1- 

^ ' mal , ni même les nègres Baga. Il n'v a pas de con- 

1. Mabïl. . ,• • / - 1 \ \" ^ r-' • 1- 

structions en pierre (ginb) chez les Gonga, mais bien 

Abbay. , j- t • "^ 

-^ chez les Linimu, dit-on. La montagne a quatre pointes 

4. Waxti. ..,,,,.. j 1. j 1X7 .- 

^ visible d ICI est au-delà de vVaxti.» 

237. Gonga. 

Gondar. 1 844 : Août 1 3. Selon ïbsa (du n'^ 1 04) ci-jointe est la route 
de Gondar à Luqvaa, en pays Gonga, terre héréditaire de Addo ïbsa, 
car Waxti est une conquête. A Gînija bet on a le choix de deux routes. 

Si l'on va à Waxti on traverse 

o, Gondar. é. Njabara. .» 1 j i ^ . • 1 -7- 

■^ _ d abordle4j''oetpuislezz;z^z;z2 

i.Janda. 1. Gîmjabet ('L].'). , 1 . ^ r^ 

' •' \ I ■■ I J avant de coucher a Azatia. Ces 

2. Dalgi. S. Bure (''. '].). , . ., . • , , 

^ V - ^ y deux rivières se reunissent dans 

3. Qiiïnzïla. Fatam, R. , „ j • • j 

' le qualla avant de se joindre au 

'^' ^ ■J' Abbay. A\a.nlàe.ha.nc\\\Y\t Ab- 

^. Zugda. \o. Luqma. , - r z. 

^ -' bay après innabara on traverse 

le Minîîr, petite rivière qui sèche en été. De Waxti -àSombo en Jîdda, 



CaRa. 1 5 5 

une journée. De Waxti à Tiîrre en Talliha, une journée. Avant d'ar- 
river à 'Dïrrc on traverse le Alaltu qui reçoit le Warabcsa plus grand 
que lui et qui a sa source dans Sobe (TalUha). Le Alaltu va au 
Abbay. 

Le Mos:ar qui se jette dans le Abbay en aval de l'embouchure du 
Alaltu est plus grand que ce dernier, car il n'ortre pas de gué pendant 
les pluies. Le Mogar a sa source en Limmu, et sépare Talliha sur 
sa rive droite, de Hebantu sur sa rive gauche. Du côté de Tulliha, 
contre la rivière est Terme de Didim. 

Dora est sur la rive droite du Abbay. En allant du Abbay au Wa- 
lagga on traverse successivement les Gonga, Talliha, Hebantu, 
Limmu et le désert de Andaq qui a quatre journées de large. 

238. Calia. 

Gondar. 1 844 : Décembre 29. Walda Gabrï-el, domestique du Abun, 
m'a dit : ^<Je suis Gurage et ma patrie se nomme Mohar : elle est 
gouvernée par Abîgaz Injo, tils de Abbe ; de chez nous à Innamur il 
y a deux semaines de route. Caha est en route, gouverné par une 
femme. Le pays de Ajja est à côté de Mohar et est gouverné par la 
reine de Caha qui se nomme Wogeta, et est une jeune femme. Elle 
égorge des vaches tous les jours. La langue de Caha diffère de celle 
de Mohar, car dans cette dernière « pourquoi » se dit matinî et en 
Caha on dit ara maro. Caha est un '/o daga. Angîcaha est le haut 
Caha et est à côté de Aganna. La langue de Aymallal n'est qu'un 
dialecte de celle de Mohar. Damu parle la même langue que Mohar 
dont il est éloigné, de deux ou trois journées. Xaxago, et non Xaxugo, 
est une nation redoutée, demeure Join de nous et parle une langue 
à part. Damot est à côté de Mohar et parle une langue différente que 
je ne comprends pas du tout. Je demeurais dans Yagax, et Makuar- 
kuar, où est l'église de S^ Gabrï-el, est tout à côté et parle la même 
langue. Ces deux lieux sont gouvernés par le même roi que Mohar. 
Bagaz est la rivière de Mohar. Hareba est le cours d'eau de Yagax. 
Sarrnadia est la rivière de Makuarkuar, et se joint au Tadia dans 
Tagua. » 

«Yabakana est le nom du marché (tous les mardisj dans Hadiya 



1 56 Gojab. 

ou Adiya ou Adi. Wawan est aussi un marché (tous les dimanches) 
dans Adiya. Adiya est séparé du Mohar par le ITareba. Azmac 
Mîrqan est le roi de Adiya. Son fils a épousé la fille du roi de Yâgax 
et se nomme Gale. Le Hareba se joint au Tadia. Cette dernière 
rivière se rend ensuite en Abxo. Yamfo est le roi de Abxo et son fils 
est Qalato. » 

«Les ennemis de Mohar sont Adiya, Calia et les Oromo fils de 
Jîdda, les Gogot qui parlent un dialecte de notre langue, les Abbato, 
et les i^feca; ces deux derniers sont Oromo. Ganjola est le second 
roi de Adiya. La langue de Adiya est à part. .4z/;zac Bâte, fils du 
défunt roi Mirât, gouverne Makuarkuar. Dinat, cousin de Bâte, 
partage le pouvoir avec lui. Azmac Mirât 2,o\xvQvnç. Cabo. Niupagaja, 
pavs chrétien à côté de Adiya, obéit k Azmac Zaruipsi. Azmac Qalbo 
gouverne Gaxumadi. Wariru, vaincu par MoJiar, est aujourd'hui 
désert; Sïlte est dans le même cas. Ces deux pays étaient musulmans; 
les habitants qui ont survécu sont allés en exil. Calia attaqua Ur- 
baraga et lui enleva 2400 vaches. Urbaraga parle une langue dif- 
férente de Calia, est musulman et je ne connais pas le nom de son 
roi. » 

«Manz est à plus de 15 jours de Mohar et parle une langue à part. 
Allicii a une langue à part et est loin de chez nous. Abxo parle la 
même langue que nous. Wambadya est loin de Abxo et parle une 
langue à part. Le Tadia se joint à la rivière de Abxo , laquelle se 
nomme Saroa : elle se rend ensuite dans Wambadya qui est un pays 
de marchands (peut-être mon Hadiya Wambe ci-dessus). Kambat est 
un pays mêlé de chrétiens et de musulmans et a une langue à part. 
Inar, Masmas (chrétien) sont des pavs à part. Ces trois derniers pays 
comme tous ceux nommés ici sont appelés Giirage. La rivière Bagaz 
se joint au Saroa dans Abxo. Yaqaraqar est un pays tout près (4 heures 
environ) de chez nous; Yagiwo Batte est son roi. Watqat Wabe, 
marchand, gouverne Ajnnallal, et est à ' ^ chauve.» 

23g. Gojab. 

Ibxa, qui n'a visité que le Amurii, Jidda et les Gonga, me dit: 
«Au-delà du 'Dïâ-esa est une grande rivicre nommée Bahr alAbyad 



Gurage. l 5 7 

par les Arabes et que les Ovomo appellent Gojah dans le haut de son 

cours. » 

«En juin 1844 Zayvdc Tadcos était le gouverneur du pavs près 

\QsAgaiu habité par des Xmaxa, c'est-à-dire des Gonga, et sur la 

rive droite du Abbqy.-» 

240. Gurage. 

Selon Waldéi lYASUS, Gurage de Gogot: « mon pavs se bat contre 
CaRa et le craint peu : mais il souffre beaucoup de Sïlte, pavs musul- 
man, qui vend les Jeunes chrétiens qu'il prend. Oddo, Bidarra, Xale, 
Awari sont les rivières de Gogot. Dans Boze est la rivière qui sépare 
Gogot de Sïlte. Le Bidarra se jette dans le Zavtba Baddiya. Cïga- 
raddia, Tallaviur, Lobreda sont des rivières dans les trois Maska. 
Le pavs de Bamuja a beaucoup de rivières. Le Lobreda se rend au 
Marqu qui parle une langue à part (probablement tiifte, dit luarako ).>■> 

« Ainmaj'a est un pays oromo à côté des Oromo dits Wambadj''a. 
J'ai entendu nommer le Borora qui coule dans le pavs des Oromo. 
De Marako à Xïwa 5 journées. «Pain» se dit Wasa (dans la langue 
de quel pavs?).» 

Ce Gurage et son camarade disent que Cafia n'est ni chrétien ni 
musulman et n'a pas de livres. Ils connaissent des Falaxa comme 
ouvriers en fer, mais affirment qu'ils ne chôment pas le samedi. 

241. Source du Gojab. 

Gondar. 1845 : Janvier 12. Selon Acïne, «en allant de Bonga vers 
la source du Gojab il v a deux journées de route. On traverse les 
qella ou barrières suivantes : 1" Xaribaco; 2" Arabusi; 3° Gî^i, 
grande barrière; 4° Garant; 5° Ko si. Ayant passé la s*' porte on dort 
à Owx; 6° Kîtaji , porte gardée des esclaves Sinpro qui sont très- 
sévères; 70 '^Dîmbïri; 8" Qaqi; 9" Hîngi; 10° Wa^; 1 1" Gomire Si- 
ginot. Sigino est un fameux Génie local; Gomire est le nom du pays. 
Acïne connaît bien jusque-là parce que le roi de Kaffa l'envoya à 
Sigino pour voir comment les poules mangent (sorte de présage sans 
doute). Au-delà il n'v a qu'une barrière, celle de Kosi. La source, 
qu'il ne vit qu'une fois et d'une manière hâtive, est entre le pays de 
Seka et celui de Kaffa. C'est un erme plein d'éléphants et de buffles; 



158 Kaffa. 

le bois V abonde. Cependant des maisons de Maipo (race Gimira) 
ne sont pas loin. Le pays est plus froid que Gondar, mais moins que 
le Sîmen. On peut donc v aller par Seka sans fouler la terre de Kaffa. 

242. Kaffa. 

Yajïbe. 1 845 : Avril 20. Selon A mba, mon nouveavi serviteur Orovio, 

demi-chrétien et natif de ïiiarya , ci-contre est une route pour aller 

à Qeco, source d'eau chaude dans Qanqati. Ko- 

cawo est le masara du roi de Limmu. On'an est 

1. Kocajpo. ,, . , ■ , . , ^ ,,, , 

un masara (hutte soignée) du roi de Gomma. 1 al- 

2. Owan. . ' , • , ^ ^ , 

La est un masara du roi de Géra. Gara est dans 

3. Talla. ^ „ , . .. ^iir 

Géra. Qeco est a environ '/, journée de la frontière 

dans l'erine. Son eau est très-chaude et guérit plu- 
sieurs maladies; mais on v est bien isole. 
^ De Qeco à la source du Gojab il v a deux jour- 

nées. Il y a un fameux Génie à la source et il pousse des gémissements 
comme un homme : les Oromo qui vont chasser le buffle lui font 
des sacrifices. La source, qui est très-maigre, sort du pied d'un arbre.» 
— Quel arbre? «Un bosoqa.» 

Questionné par Amba en ma présence, Acïne dit : «Je suis allé de 
Bon^a à la source en trois jours, mais un homme non chargé irait 
en deux et un messager en un. La distance est comme de Baso à 
Dambaîa. Le Wox est une rivière plus petite que le Gojab , n'a pas 
de crocodiles là où je l'ai vu, se rend chez les Sinvro et a sa source 
à Goppi chez le Askari Iso, à une journée S. ou SS.W. de Bonga. 

Selon Amba , les Jirgo, qui ont une langue à part, vivent entre 
Garo (Boxa) et les Jajijaro { Yamma). Garo est petit, plein de mon- 
tagnes, en guerre avec les Oromo et tient les marchés de nuit : de 
jour il y a sang. 

Kiillo vient de faire la paix avec Jîmma Qaqa. Kiillo est, comme 
le Gojjam, plein de révoltés et de voleurs de grand chemin; ses ha- 
bitants sont faux et rusés. Le nom de Warata est identique avec Kiillo 
et ne s'applique ni à Gobo ni à Walamo. 

Selon Acîne, le roi (tato) des Gimira proprement dits se nomme 
Man't. Il est tributaire et pour ainsi dire sujet du roi de Kaffa. Les 



Vmnhn. 159 

Gimira touchent aux Siiwro ou Xuwro , mais non à Goho dont ils 
sont séparés par Kaffa. Il y a chez les Gimira des terrains à orge 
[ce qui implique un daga]. » 

Selon Amba, «Moca et Seka sont deux noms d'un même pavs. 
Les Sîdama appellent Angar la terre de Limmii, mot qui rappelle 
le Yangara des Janjaro. Il ne vient jamais des esclaves Jirgo à îna- 
rya et les marchands ne vont jamais chez les Jirgo. Ces derniers 
ont le même type physique que les Oromo et parlent la même langue 
que les Tiifte. Les Make?ia parlent la même langue que les Dokko. 
Géra est borné par Jimma Qaqa, Gomma, Guma et par Qanqati. 
De la frontière de Gcra on entre dans Kaffa en un jour en été, et 
en deux en hiver à cause des fondrières. » 

243. Cafia. 

Anafo. Mai 19. Selon Oxc , «j'ai été dans Xakka. De Anafo 
jusque chez Guandal dans Liban il y a trois jours de route; de là un 
jour jusqu'à la demeure de la reine. La langue du pavs est principale- 
ment sîdama, mais est mêlée de la langue de Hadijya Wanbe, pavs 
musulman qui est à côté. Xakka n'est ni amara (chrétien) ni musul- 
man et j'ignore s'il a des livres. » 

244. Yambo. 

Une femme au teint noir, au nez très-légèrement déprimé, au front 
large, et à l'angle facial ouvert, me dit : « Je suis depuis l'âge de sept 
à huit ans esclave de Xtnni Mata : mon père est l'un des plus riches 
parmi les nègres Yambo; on lui fait des offrandes en s' agenouillant 
de loin et en s'approchant sur les genoux. Notre habillement consiste 
en peaux. Je fus enlevée avec quatre de nos vaches, lesquelles ont de 
très-grandes cornes. Dans l'idiome j'an/^o, laq signifie «dent»; tajiga 
= «vache»; biir -- «cendre» (ce qui rappelle le bure = «poussière» 
des Afar). Nous avons des Sinico (Sîdama) qui nous paient tribut 
(gabbaro) et sont des hommes rouges. Nous craignons beaucoup les 
Oromo et quand le cri d'alarme est donné nous coupons nos pon- 
ceaux; nous vivons au-delà du Baro dans la vaste plaine de Baqqo, 
nous connaissons les Ajîba, appelés Ogres (bidgu), par les Oromo: 



léo Lakku. 

ils ont plusieurs veux et percent leur lèvre inférieure pour y passer un 
morceau de bois. Les Yambo se cassent toutes les dents de devant de 
la mâchoire inférieure et se tatouent vers dix à douze ans.>^ (J'en con- 
clus à l'identité des Yambo et des Denka de M. d'Arnaud.) 

245. Lakku. 

Anafo. 1845 : Mai 3i. Selon Baj-an, neveu de Sore : «Il v a six 
ans, j'allai chasser l'éléphant dans Baqo et descendis jusqu'à la rivière 
Baqo (galana Baqo); je passais les nuits dans les huttes de Lakku 
(godo Lakku) qui est une terre côtoyée par le fleuve et en avant et 
en arrière (une île).» «N'y a-t-il qu'une seule île là?» — «On m'a 
bien dit que Lakku est divisé en deux ou trois par la rivière, mais je 
ne l'ai pas vu moi-même. Je connais vos Thutui , mais ignore les 
Benduryal, Ajîba, etc. Je connais les Xir qui sont Sinico, mais très- 
nègres et qui parlent une langue différente des Yambo. » — « Seraient- 
ce des Suwro?y — « Oui, car ils parlent de leur seigneur un roi rouge 
qui vit sur le daga : ils sont de très-haute taille. Ci- 

jointe est ma route dont j'ai oublié le reste. Du ^ar^^ 

\.. Haronaca. , ^\ ^ r^ j • ' - f 

(escarpement) deGo;;2;/2a on se rend aisément a Ina- 

2. Wakkale. ■ . ■ jm • ^, * ' ,. 1 

lya en 7 jours. Aujourd hui cette route n est plus 

3. Koo Koro. .• ^ 1 1 j /^ j 1 

pratiquée parles chasseurs du Gudru, parce que les 

^' ' ■ Yambo en ont tué plusieurs. Les Xir vont entière- 

^" ' ' ment nus. Je ne connais ni les Heliabs ni les Bliorr 

6. Gomma. . , ,• 

ni aucun des noms que vous me dites être connus 

7. Bure. . j . j» . • ^ <.* • •- 

' aux environs. Je ne sais pas d ou vient cette rivière 

du Baqo; quand on la traverse pour entrer dans 

Q. Basoivare. r 11 '^' j i' • >- • 

~ Lakku on a en ete de 1 eau jusqu a mi- corps; en 

hiver c'est à la hauteur d'homme au moins. En fai- 
sant cette traversée on choisit les lieux où il n'y a pas de crocodiles, 
car on les redoute beaucoup. 

Lakku est une île du Baqo; Koo Koro est dans la forêt de Mi-i. 
Le Baro est une puissante rivière. La sixième nuitée est au bas de 
la montée; la septième est sur le daga. Wîï est une forêt, et Gabba 
une rivière. 



Limmu. i é i 

246. Gurage. 

A propos des peuples que par anachronisme Dibar disait être venus 
s'établir parmi les Oromo, il nomma Aklil, Mas^ar, Hen7iar, Ha- 
diya, Kiita et la rivière Wabe, limite des Oromo et des Sïdama, 
dit-il : Les Xaklii, nation très-redoutée, sont à l'Est de Tiiloma, sont 
rouges et habitent le déiga. Ras Giigsa traversa le qiialla pour les 
attaquer et y renonça. (Il s'agit du Xnua dont le chef Sahla Sîllase 
est appelé Xaklu par les Oromo.) 

247. Limmu. 

Anafo. 1845 : Juin 2. Selon un homme de Limmu venu aujour- 
d'hui : «D'ici chez moi il y a trois fortes Journées. En route j'ai 
traversé le Angtir qui est encore guéable. J'ai porté ici deux mulets 
chargés de dents d'éléphants, car nous ne connaissons pas les mar- 
chands de nos voisins, les nègres Naga. Nos Wara Buse ne sont que 
des tumtu [forgerons] et sont des gabbaro [contribuables] Oromo. 
Leurs maisons sont construites en pierre et bois. Je connais la rivière 
Wulmal, mais ne connais pas le Dambi. Nous sommes fils de Akako, 
fils de Mata. Le Atigar se joint au T>ïâ-esa. Le Yadus est une forte 
rivière des Sîbu au-delà du Did-esa et se rend séparément au Abbay 
(ce serait donc le Tumat). Le volume des eaux du Yadus n'est pas 
plus grand que celles du T>îâ-esa; nous n'atteignons pas le Yadus et 
nous ignorons quels noms portent ces deux rivières dans le bas pays. 
Andak est un désert attenant à Horro. Dora est au-delà du Abbay 
(sur la rive droite). Ces deux déserts sont pleins de grand gibier, » 

Juin 4. Walubi, fils de Gori, fils de Samo, fils de Ùe?io, fils de 
Bajo, fils de Kullo, fils de Doyo, fils de Guto, fils de Dukku, fils de 
Gudru, etc. qui m'a donné le renseignement ci-dessus, ajouta : «D'ici 
(Anafo), chez nous, il y a trois fortes journées ou une semaine avec 
les séjours forcés en route. De chez nous au IDïâ-esa la distance est 
comme d'ici au Abbaya. Le "Dîâ-esa nous sépare de Sîbu et se joint 
au Abbaya dans le désert de Andak; il n'y a pas un marché à la 
jonction de ces deux rivières. Sîbu habite les deux rives du T>îd-esa, 
car les Sîbu près Leqa sont fils du même Sîbu que ceux de la rive 



1^2 Ga7nlla. 

gauche du T)ïd-esa. Ceux-ci sont séparés par la rivière Dabiis des 
nègres Mqyo, pasteurs qui font des expéditions guerrières à cheval 
et battent généralement les Oromo. Ces Mayo qui parlent la même 
langue que les Yambo se battent aussi contre les Leqa (2'^ de la même 
famille) sur la rive gauche du 'Dîâ-esa. Ils attaquent encore les Sayo 
près du pays desquels est la source du Dabus qui se rend au Abbaya 
séparément du T)îâ-esa, comme le Agul séparément du Fînca. Les 
Sïbu recueillent l'or dans des écuelles par lavage et le fondent dans 
un tout petit pot. Il y a de l'or dans toutes les autres rivières par ici, 
mais nous ne savons pas l'extraire; nous sommes tils de Limmu qui 
eut dix fils dont neuf s'établirent à ïnarya; le dixième se fixa près 
du Abbaya qui coule le long de notre pays; notre pays est tout daga. 
Pour y aller d'ici nous traversons deux qualla : celui du Agul et 
celui du Ajigar lequel se joint au 'Dîâ-esa. Le désert de Andak s'é- 
tend entre le bas 'Dîâ-esa et le bas Dabus. Nous ne connaissons Fa 
dasi que par ouï-dire et il n'y a pas de marché sur les rives du Dîâ- 
esa. La petite rivière Waja se joint au Ajigar et le Kîle (ou nom 
analogue) qui coule chez nous, va aussi au Dîâ-esa.» 

« Les nègres Nagaya occupent un vaste qualla près de nous et 
n'ont pas d'ennemis. Leurs chefs parlent ylmorma [oromo]. Dans 
leur langue «eau» se dit haya; «vache» = tanga; Addo ïbsa gou- 
verne les qualla de Amuru et de Jîdda.» 

Qpbbo. 1845 : Juillet 4. Selon Kiste, fils de Dokke Dabalo, «les 
gens de Xaka sont très-braves et portent à la main cinq ou six petites 
lances qu'ils jettent les unes après les autres; leur pays est plein de 
chevaux. La langue est Sïdama tirant vers le Gurage.» Kiste ne vit 
les Xaka que dans Terme de Wanbe, où il tua deux buffies; l'un des 
Hadiya tire son nom de cet erme qui fait sa frontière et qui est un 
qualla; il est traversé par le Wabi qui se Joint au Gïbe. 

248. Nègres Gamîla. 

Ganu. 1845 : Juillet 8. Un vieil esclave de Gimire Arar me dit : 
«Je suis nègre Gamîla', cette peuplade vit le long du Dabus que nous 
appelons Dale. Les Sibu, nos ennemis, me prirent, il y a dix ans : 
nous nous battons aussi contre les Mao ; notre langue ditïère de celle 



Kaffa. ié3 

de Fa Zoklo et du Barta. Je connais les Danka et les Niier par ouï- 
dire; nous n'avons pas de boucliers et les Sînïco nous portent des 
toges. Je ne connais ni les Turcs, ni Fadasi; nous appelons les Barta 
Miigo; les Oromo Bagari et les Mao Fadiro; nous n'avons qu'un 
seul mot pour dire «Dieu» et «ciel», et adorons le crocodile, mais 
n'adorons pas les vaches et même n'avons pas de vaches de choix 
(ii'aréijo des Oromo). On ne trait pas les vaches chez nous : on les 
tette en se plaçant sous les vaches. Notre roi se nomme Ammi Mi- 
cera.^ Ce nègre ne savait pas compter au-delà de cinq et prétendait 
qu'on ne compte pas au-delà dans sa langue. «Je suis fils de Fakotii 
(nom de père ou de clan .'), dit-il : nous avons des vaches aux grandes 

cornes. » 

24g. Source du Gojab. 

Selon le abba qella (garde-barrièrej de Limmu (côté de Afatà) 
la source du Gojab est dans Ganjesa et à une Journée seulement de 
la frontière de Giima. 

250. Frontières du Kaffa. 

Wota, Amara [chrétien] de Limmu, m'adonne l'itinéraire ci-contre 
qu'il a fait. Il ignore le nom de la grande forêt qu'il traversa avec 
les guides qu'on pava à un amole par homme : les 
sentiers sont étroits et tortueux et l'on enjambe à °* ^^bo. 
chaque instant des arbres morts; dans cette forêt on ^- ^ora. 
traverse une grande rivière qui va au Walagga. ^- ^^^bba. 

Gabo est un qella de Bu-no. La troisième nuitée est ^- ^""^^^''O. 
chez Cali Xono : Gumaro est le fils de Hamdin; la 4- Dibbo. 
forêt continue après qu'on a traversé la rivière Dibbo. 5- Gesa. 

On traverse ensuite le Gojab qui n'a que deux dé- ^- Bukka. 
cimètres d'eau; il ignore le lieu de sa source. La rivière 7- 2 Bonga. 
qu'on traverse dans la forêt se nomme Dibbo, dit 
Wota à plusieurs reprises. Cette forêt qui a beaucoup de qïrhaha et 
de bîrbïrsa est tellement empêtrée qu'il faut des chevaux pour les 
effets, les ânes n'avant pas les Jambes assez longues pour traverser 
les troncs d'arbres tombés. 

La caravane, quoique petite et marchant sur une ligne ( selon l'usage 



164 Abbala, 

universel en Ethiopie), dut cependant prendre trois guides, l'un en 
tête, l'autre au milieu, et le troisième à la queue de la file. On était 
souvent obligé de se frayer un chemin à coups de hache. Le Gojab 
marque la lisière de cette grande forêt. Les environs de Gumaro sont 
de vastes plaines d'herbe que Wota compare à la plaine de Fogara. 
Près de là, dans Gacara, il y a beaucoup de lions. La grande forêt 
n'a que des éléphants et des buffles. 

251. Gojab, Baro. 

Un autre Amara présent dit de son propre mouvement : «La 
source du Gojab est dans la grande forêt qui forme la frontière dé- 
serte des Gimira, de Kaffa, de Guma, de Gacara et des Maxango. 
L'eau sort en bouillonnant d'un trou rond et s'épanche au pied d'une 
montagne dont la cime est bifide ou Jumelle. J'ignore le nom du lieu, 
car je ne l'ai pas visité.» 

^ Dans la route ci-contre de Saga à la maison 

0. Saqa. 

-.^ de Cali Xono on traverse le T)îd-esa avant d'en- 

1. Kocao. 

trer dans Yata qui est un masara du roi de Ginna. 

2. Yata. . ^ 

, ^. Ensuite on traverse la rivière Gabba en sortant 

3. Jigsa. 

- . de la forêt et l'on passe la nuit dans Terme de 

4. Maro. 

^, , Jigsa. Maro est le nom d'une rivière dans Gabba. 

5. Yakama. 

, , ^ ,. ,. Avant d'entrer dans Yakama qui appartient à Cali 

y, Lali Xono. 

Xojio, on traverse le Baro ; la maison de Cali Xono 

est à demi Journée plus loin. En ligne droite la distance de cette mai- 
son à Saqa n'est pas plus grande que de Saqa à Laga Amara ou 
tout au plus au M"^ Amara, de même que les huit Journées dans la 
grande forêt ne feraient pas en pays de plaine plus de quatre Jour- 
nées. 

252. Lac Abbala. 

Saqa. Selon Burce : «Le lac Abbala, près Walamo, a quatre Jour- 
nées de tour, et est long comme d'ici à Guma. Les nègres Haruro 
habitent ses îles. On parle de la mer salée à l'Est de Walamo, mais 
à huit mois de distance, dit-on.» (C'est évidemment la mer des 
Indes.) 



T>iâ-esa. 165 

253. Frontière de Kaffa. 

Saqa. 1845 : Août 1. D'après Nonno : «Je suis allé avec Daiid au 

Moca, nom donné par les Oromo à Seka. Le pays est un jpayna- 

daga ou à peu près à la hauteur de Inarya; le maïs y ^ 

1 . , , • ^ " o. Guma ou 

croit, mais non le coton. Andaraki et Ous,oraki sont ^ 

, . r ■ Bu-no. 

les masara du roi : Le premier est le plus près de 

Guma. Seka se bat contre les Yambo et les Maxonso 

2. iîao. 
(que les Arabes appellent Dilebi et qu'on reconnaît à 

ce que, dans leur jeunesse, us retranchent deux dents ^ 

, . . ^ . 4. Gumaro. 

de devant à leur mâchoire inférieure). Seka est plus ^ 

, . ^ „ p 5- Gacara. 

chrétien que Kaffa. De la frontière de Guma en allant , , . ^ , 

, - , . 6. (toret). 

par la toret on se rendrait en trois jours à Seka. Je 

, . , ' 7. Moca. 

n ai pas vu la source du Gojab. Le Ganji qui coule 

en sens contraire sourd au même endroit que le Gojab.» 

254. ^Dïâ-esa. 

Saqa. 1845. Margo Abba Kotal me dit : «Je suis de Guma et con- 
nais bien les sources du Gabba et du TUâ-esa pour les avoir visitées 

à la chasse. La source du T)ïâ-esa est au M^ Ha- _ 

0. Saqa. 
dare dans le lieu dit Timba. Ce mont est rempli ^ 

1. 1 allô gujina. 
d'anfractuosités qui ont chacune son cours d'eau. _ 

2. Satamma. 
La réunion de tous ces petits ruisseaux se nomme , . , , 

3. Atarkada. 
T)îâ-esa, rivière qui sépare Gomma et Géra 

de Guma. Gomma lui envoie le Hîddu en amont et le Dogaja en 

aval.» 

« La route de Kokomo (masara dans Atarkada) est ^^ , 

^ . . o. Kokomo. 

ci-contre. Bore est dans Giikba. Le quatrième jour on ^. 

1. Lirgoca. 
dort dans Gukba, pavs qui a un qualla sur les bords ,^, '^ 

" . . . 2. \ka/zo. 

du Gojab, est très -fertile et était jadis bien habité : , ,, 

•^ ' 3. Bore. 

mais c'était la route de Guma à Kaffa et les gens de ^ , , 

-^ 4. Gukba. 
Gukba arrêtaient tous les messasers. Beddo, prédé- ^ . , 

^ . 5. Gojab. 

cesseur du défunt roi de Kaffa, se fâcha en consé- , „ ' 

. o. Bonga. 
quence et réduisit Gukba à l'état de parfait désert; au- 
jourd'hui il n'y a pas une âme. C'est ce même Beddo qui partit de 



i6é Taviharo. 

Seka déguisé en femme, parvint au Kiillo et s'empara du trône de 

Kaffa.-» 

255. Falaxa? 

Saqa. 1845. Selon Obse : «Abbala est un lac et a une grande terre 
au milieu habitée par les Hariiro qui ont un roi, ne sont pas nègres 
et ne vont chez personne. Cependant les Walayta vont chez eux en 
pirogues pour acheter des esclaves que le roi vend à raison d'un 
hindi par tête.» D'où viennent ces esclaves? C'est ce que Obse ne sait. 

D'après lui le nommé Aipjano qui vit entre Tiifte et Kambat, 
ne mange ni la chair musulmane, ni celle des Amara. Il va en Kullo 
pour chasser des zar (mauvais esprits) et est allé Jusqu'en Jïmma. 
Il attache ses longs cheveux par derrière en deux touffes et a de la 
barbe moins fournie que la mienne, mais allant jusqu'aux yeux. Il est 
plus rouge que ïndryas (qui est un tayyîm clair) et plus haut que 
moi. Il a beaucoup de livres d'une espèce particulière. 

Selon Muljammad aman qui alla pour moi à Géra, l'homme au 
caractère inconnu vint à Jîren il y a quatre ans, ne mangeait ni chair 
de musulman, ni chair de chrétien, et avait une outre pleine de livres 
écrits sur parchemin en rouge et noir. 11 est, je crois, de Kambat et 
l'écriture innomée ressemble beaucoup à la sienne. Il disait coloq, 
coloq en montrant le ciel, comme si c'était un nom de Dieu, ne por- 
tait pas de coiffure, n'attachait pas ses cheveux par derrière et mettait 
sa toge par derrière, les deux coins étant sur les épaules comme chez 
les Arabes du Sannar. 11 ne mangeait de la viande qu'après l'avoir 

égorgée lui-même. 

256. Tambaro. 

Yshaq, fils deZ?f/a/qui demeure près Danibi dans Lïmmu, me dit : 
» Il y a dans Kambat et Tambaro une race appelée Awljano qui n'est 
ni Amara, ni musulmane et qui n'a pas de livres.» Comme j'expri- 
mais des doutes à cet égard, Yshaq appela Liiggo, son esclave Wa- 
layta qui dit : « Les Aypljano ont des livres, mais écrits sur de grandes 
feuilles blanches. » Comme Liiggo parlait en daipro que j'entends 
peu, je perdis beaucoup de détails. 

Ces Awlja7io vivent sur la frontière entre les Tambaro et les Tufte 
(ce qui confirme le récit de Obse). 



Kamhai. i é 7 

Selon le même Yshaq : «Le roi actuel du Walamo est Ajnado, le 
sixième depuis Hatib, premier émigré Tîgray. Les noms des prédé- 
cesseurs de Amado sont ci-dessous : 1. Amado; 2. Ogato; 3. Saii; 
4. Tiib; 5 ; 6. Hayta. 

Chez les Tambaro, dits Cambar par les Kafacco, il y a une race 
de musulmans appelée Jawaro qui n'ont pas de qoran et savent à 
peine prier. J'ai vu, dit Yshaq, enWalamo un musulman du Hararge 
de très-haute taille (Soinali sans doute) portant turban et très-rigide : 
il ne voulut pas m'accepter pour musulman parce que je bois de la 
bière. Tout Urbaraga est musulman, et faute de papier on y écrit 
le qoran sur du parchemin. A l'Est des Ariisi est un pays Sîdama 
dont Yshaq a oublié le nom. Le roi de Walamo est chrétien et a des 
livres, portés par Hatib ou Hayta, qu'on regarde comme fort pré- 
cieux et que le roi ne montre à personne. 

257. Kambat. 

D'après Kij'Htu, femme volée au Kambat par les Oromo, dits 
Hariisi, « il existe dans ma patrie des Falaxa qui mangent des deux 
viandes; les prêtres chrétiens y sont nombreux et il y existe aussi des 
musulmans. Le roi de Kambat se nomme Dagoye et ne confisque 
pas d'esclaves. » Le père de cette esclave est musulman : sa mère est 
Amara. «Les Amara ont des livres et tout le Kambat chôme les 
vendredis, samedis et dimanches. Dagoye, roi de Kambat, gouverne 
mille trois villages.» Divisant le Kambat en districts, elle me nomma 
Masafe qui fait frontière any^Harusi, Kaïa près Walamo; Garo près 
Amonmana, district de Ttifte, dit aussi Marako et même Hadiya; 
Habora près le Mosu, district de Ttifte, et Tazan près Urbaraga. Elle 
connaît par ouï-dire le pavs de Indagaua qui parle comme le Gojjam 
(Curage sans doute) et Ennara qui a une langue à part. Les noms 
de nombres des Urbaraga sont les mêmes que ceux des Amaray>. 

« Les Kojitoma sont une race vivant en Kambat, mangeant des 
deux viandes et avant des paroles écrites au long en encre rouge et 
noir alternativement sur des feuilles de couleur de feu qui viennent 
de Xakka et ne sont pas un tissu de fils.» Je lui montrai du parche- 
min de Gondar, et elle dit : « cela ressemble beaucoup au xamata 



i68 



Dokho. 



des Kontoma, mais le leur est plus rouge. » (On sait que le parche- 
min rougit en vieillissant.) 

Selon Kirritu : « Dagoye garde près de lui un blanc (Européen 
sans doute) qui est son grand favori.» (C'est peut-être le grec Mar- 
korios, Jadis maître de Gabra lYASUS, serviteur du Abun et qui 
parti du Xupa vers Harar passait pour avoir été tué par les Oromo.) 

Selon la même, Kambat, Tambaro, Donga et Danta parlent tous 

la même langue. 

258. Dokko. 

Selon Amace, messager envoyé par le roi de Kiillo pour faire 
alliance avec Abba Bagibo : « J'ai été plusieurs fois envoyé en mis- 
sion chez les Dokko dont je parle la langue. J'ai vu de mes yeux et 
foulé la plupart des cinquante -deux royaumes indépendants qui 
suivent : 

Hajuiiqa. 
20. Xerelc. 
Dengamo. 
Malo. 
Mannana. 
Ankua. 
25. Lepia. 
Ledia. 
Goza. 
Andiiroa. 
Darara. 
3o. Dita. 
Zaâa. 
Hala. 
Xocora. 
Tela. 
35. Borodda. 
Gamo Dokko. 

« Tous se nomment Dokko et parlent la même langue. C'est dans 
Malea qu'on tue le osua (que je crois pouvoir identifier avec l'uni- 
corne). Mannana, (dont les esclaves se vendent à Zanzibar) est chré- 



Dolla. 

Wîxkantca. 

Bamba Maloa. 

Lu^e Maloa. 
5. Doyie Dokko. 

Dato. 

Dakke. 

Maxa. 

Mal a. 
10. Malea. 

Uba. 

Gopa. 

Marta. 

Otolloa. 
15. Dumbca. 

Bayn'a 

Zala. 

Bal ta. 



40 



Sul-a. 

Zagatti. 

Diirzia. 

Kiiayra. 

Tmlla. 

Zaysia. 

Qiica. 

Basketa. 
45. Kant'ara. 

Quia. 

^olo. 

Dimea. 

Markalla. 
50. Golda 

Bac a. 

G al aie a. 



Dokko. 169 

tien, et le nom de sa race (sani) est Angote (Angot?) comme le 
nom de la race des rois de Wéilamo est Tïgray. Le roi de Dita 
s'appelle Nako et c'est le plus terrible des potentats Dokko à tel 
point qu'il ne choisit ni le lieu ni la saison pour se précipiter à ren- 
contre de ses ennemis. Golda est la seule portion des Dokko qui soit 
en deçà du Uma, c'est-à-dire sur sa rive droite.» 

«Je n'ai pas visité Galazea, mais il est bien connu par ouï-dire. Son 
roi laboure la terre avec des buffles (ce qu'on regarde en Ethiopie 
comme impossible) : c'est lui qui commande aux sauterelles et les 
envoie de temps en temps ravager les contrées lointaines. Chez lui un 
petit morceau de pain suffit pour rassasier une assemblée. Le beurre 
se multiplie de la même manière. Les Dokko de Galazea franchissent 
de grandes distances en un instant et ont des remèdes sûrs contre tous 
les guerriers et toutes les maladies. Le roi des Galazea commande 
à tous les sorciers.» 

(C'est ici le lieu de parler d'une fable ou tradition répandue dans 
toute l'Ethiopie sur l'existence d'un pays où tous les mâles sont des 
chiens et les femelles des femmes qui gardent la maison, font le pam 
et traient les vaches tandis que leurs époux, les chiens, passent nuits 
et jours dehors à garder les vaches. En Gojjam on place ce pays au- 
delà des pays Oromo : chez ceux-ci au-delà des Sidama. Amace, qui 
est du Kidlo, connaît ce conte qui rappelle les cynocéphales d'Héro- 
dote et les place bien au-delà de Galazea, mais n'a pas l'air d'en 
affirmer l'existence tandis qu'il paraît croire aux fables de Galazea. 
Comme Je le questionnai sur l'existence des nains, il dit qu'ils existent 
mais fort au-delà des Dokko. Sauf les Mannana, il ne connaît pas les 
" autres noms tirés de Zanzibar et rappelés ci-dessus au n° 193, p. 118.) 

«Je ne connais pas, dit Amace, de lac dans tout le pays Dokko: 
ses rivières se rendent au Uma et sont plus petites que les affluents 
de rive droite. Sur la rive gauche vis-à-vis les Suwro est le royaume 
Dokko de Baca.y 

«De Kiillo à Dolla il y a sept journées; de Dolla à Basketa trois 
journées. La grande montagne dite Buri inalla est chez les Basketa.» 

Amace a vu la peau de girafte qu'il nomme Serete qatina (Jïrata 
qaîïn des Amara). 



1 7 o Sayo. 

(J'ai écrit les noms des pays tels que Amace les prononçait, mais 
je dois faire observer qu'en répétant les noms où le a final est pré- 
cédé d'une voyelle, l'interprète Obse omettait cet a et disait Maie 
et Dumbe au lieu de Malea et Dumbea comme si cet a final était 

un article.) 

259. Source du Gojab. 

Selon mon esclave Acme, qui varie beaucoup dans ses réponses: 
«J'ai vu la source du Gojab il y a cinq ans en allant à une expédition 
contre les Smuro (r) : le lieu est la propriété de Gesirasa et est à 
l'a Journée de Bonga, c'est à dire, comme de Saqa chez Xo}'ro. Il 
n'y a pas de huttes à la source même qui est dans une plaine bien 
boisée et sans montagnes.» Il nomma le lieu successivement Unno, 
Baca, Wos et Habina (ce qui montre qu'il ignore son vrai nom). «Ce 
n'est pas un erme», dit-il à plusieurs reprises. 

260. Sayo. 

Saqa. 1845 : Août 20. D'après Xornh marchand chrétien : «de 
Saqa à Sayo il y a comme de Saqa à Qpbbo ou quatre journées; 
de Saqa à Afïllo comme de Saqa à Baso. Afîllo, qui est Sîdama, 
est limitrophe de Moca et fait la guerre aux nègres Maxongo. Tous 
deux sont sur la rive gauche du Baro qui les protège contre les Oromo 
et coule dans un qualla absolument conime le Abbay près Baso. 
Les habitations des Sîdama et des Oromo sont sur le afaf (bord) du 
daga » . 

«Il ne va à Sayo que des marchands arabes isolés et rarement. 
Les caravanes régulières d'Arabes vont à Afîllo en grand nombre 
avec un nagad ras et un miyajya (chef et sous-chef de caravane). 
Ces Arabes sont d'un noir de jais et leur route jusque chez eux est 
beaucoup moins embarrassante que la route d'ici à Baso. Yaqama 
est sur la rive droite du Baro vis-à-vis Afïllo. La partie de la grande 
forêt près Guma, quoiqu'en plein daga dit-on, a le typhus en tout 
temps et les chasseurs du Gudru ont renoncé à y aller parce que 
tous leurs chevaux y meurent, même en hiver.» (Ce dernier ren- 
seignement est confirmé par Seyd Arbuk.) 



Résumé. î 7 ^ 

261. Suwro. 

Selon Seyd Arbiik : «la route la plus directe à la source du Gojab 
est en partant de Géra et cheminant deux journées. Il n'y a pas de 
typhus de ce côté là non plus que dans Qanqatti (ce qui est con- 
firmé par d'autres). La source du isaso est dans Géra même». Seyd 
l'appelle le petit Gojab. 

«Un natif de Gondar partit de Giima il y a six ans avec une cara- 
vane de trente marchands, entra dans Gabba, puis dans Cora et afin 
d'éviter les péages s'adressa aux Swpro pour entrer dans Kaffa. Les 
Smuro ouvrirent leur qella, le refermèrent sur les marchands et les 
massacrèrent tous sauf un enfant qui se cacha et parvint jusqu'en 
Kaffa où il est aujourd'hui.» 

262. Moca. 

Saqa. 1845 : Août 22. Le frère de Gïmbero Tuf a que j'ai vaine- 
ment cherché à voir parce qu'il a passé huit ans en Moca me dit: 
«La source du Ganji est loin de celle du Gojab et est dans Moca 
même, dans un Heu désert plein de qïrhaha. Son eau est si froide 
qu'il faut la chauffer avant de la boire. Le Ganji se joint au Baro 
derrière les Alga (à l'ouest sans doute).» 

«De Moca à Afîllo on traverse : i« les Oromo Sal-e séparés de 
Moca par je ne sais quoi; 2° Sayo, 3" Alga (ceci a été dit en hési- 
tant). Je n'ai pas vu la source du Gojab, mais j'ai ouï dire que c'est 
un erme entre Moca et Kaffa. Les Smpro sont en paix avec Moca 
et lui portent de l'ivoire. A l'ouest de Moca est le désert de Baqo 
- que j'ai vu et qui était tellement couvert de hurri (qobarr) que je ne 
pus v rien distinguer. J'ai passé près de la source du Baro lieu tou- 
jours plein de tvphus. Moca est au contraire fort sain, mais il y pleut 
pour ainsi dire continuellement.» 

263. Résumé. 

. Saga. 1845 : Août 22. (En rassemblant mes renseignements sur 
la source du Gojab je trouve : T' Le marchand Sîdama qui la met 
dans Inarya; 2° Askari Eyso qui la place dans Inarya que les Oromo 



1 1 2 Dokko. 



r- 

appellent Damota; 3° Le Jïmma dans Maho pays de Kaffa à 3 Jours 
de Bonga; 4° Le chrétien du Kiillo qui fait couler une autre rivière 
de là chez les Gimira. Le mont Wox est à côté; c'est un rocher à 
demi nu. Le lieu est entre Seka et Wota et se nomme Diva. Il s'y 
trouve beavicoup de îndod et de qtrhaha; 5° Acï?ie qui le met dans 
Seka près deux monts Boxi et Doxi. 11 s'y trouve des Koco (ïnsat) 
et des qirhaha; 6° Kasîm qui le met entre Gukba Seka et Kaffa 
(erme par conséquent); 7° Un vieux Sîdama qui la dit dans Seka au 
milieu d'un bois de ïndod; 8° Ali qui la met dans une prairie ar- 
rosée au pied d'un gros îndod dans un pays habité appartenant à 
Kaffa et près d'une colline; 9° AcÎ7ie qui la place dans un désert; 

1 o'^ Abba .... qui la met dans un désert au lieu dit Ganjes, à '/a jour- 
née de Géra entre Guma, Gukba et Géra. L'eau sourd d'un gros 
ïndod et forme une prairie arrosée : il y croît des dokma, baha, 
abirbara, qîrhaha et qetama; ii° Amba qui met cette source à 

2 journées de Qeco. On y sacrifie, ce qui confirme Ali; 12° Acîne 
qui la place entre Seka et Kaffa; i3° Un Amara qui la dit entre 
Kaffa Guma et Gacara, près d'une montagne jumelle; 14"^' Seyd 
Arbuk qui la situe dans un désert près Géra; 15° Le frère de Gîmbero 
qui la met dans un erme entre Moca et Kaffa; 16° Le abba qella 
qui la dit dans Ganjesa à une journée de la frontière de Guma. La 
plupart des renseignements s'accordent pour un erme, mais il se peut 
qu'il y ait plusieurs petites rivières dont chacune prétende à l'hon- 
neur d'être la vraie source.) 

264. Dokko. 

Selon Amace : « de Koyra on se rend à Bnsa, de là à Donne, pays 
désert et plein de chevaux sauvages. Don7ie est près de Borodda: 
Xocorra confine à Walamo. La tribu de Sekuse fils de Nurobsen 
habite Oblia, parle la langue de Urbaraga, est musulmane et a de 
nombreux chameaux. Amace ignore Puluncq et ne sait quel est le pays 
à l'Est des Dokko. Son échantillon de numération dokko est la même 
que le dajvaro sauf « un » = patto et « deux » = lacu. Dans Malea 
on parle de la grande mer salée. Les Dokko ont beaucoup de grains 
et s'habillent de peaux seulement. Leur roi se vêtit de peaux de hon. 



Gîbe. 173 

265. Liban. 

Selon fbsa, de Gimire à Gondal Waqo (Hammaya, Liban) il 
y a une journée et demie comme de Garni à Barakat. (Garni, lieu 
de Gimire Arar est à 3 milles du M^ Amara par l'azimut = 97"-) 
Qara lieu inhabité, plein de qïrhaha, donne naissance au Mioftii qui 
paraît être l'un des affluents du Fleuve Blanc, car il se dirige vers 
Terme de Wanbe. Qara est entre Tiiloma et Liban. De Qara au 
Abbay, il v a trois journées, ou la distance du Abbay au M^ Aviara. 
Du M^ Amara à la source du Mioftii il y a probablement 3 journées. 

266. Gîbe. 

Saqa. 1845 : Août 28. D'après Seyd que j'ai questionné exprès : « le 
Gîbe de Inarya se joint à celui de Lofe près l'erme de Hammaya 
à environ trois journées d'ici en ligne droite. La source du Gîbe de 
înarya est droit au sud de Saqa à une journée et demie, dans la 
forêt de Babya qui contient aussi la source du Aivetii, affluent du 
'Dîd-esa. De Jîren à la réunion du Omo et du Gojab il y a trois jour- 
nées et demie. A cette jonction le Omo a beaucoup plus d'eau que 
le Gojab, mais le Dieu de ce dernier est plus puissant. D'ici à la jonc- 
tion du Borora et du double Gîbe il y a deux journées en ligne droite 
selon la direction du M^ Wace (par l'azimut = 67°). Le Borora se joint 
au Walga (qu'il dit Warga) avant de se réunir au Gîbe. Le Gîbe de 
Badi ou Kiisaro sépare dans un erme iQsJatijaro de Botor et se joint 

au Omo. J'ai traversé le Omo, entre les Ya}n}na et les 

o. Jîreyi. 
Tiifte, en hiver et sur des outres. Les rives sont un ^ . , 

- ^ . , 1. Biilbul. 

qualla comme Qanqati. En été, dit-on, on le traverse 

2. Gabbara. 
à sué parce que le lit du fleuve y est très-large. « ^ 

^ ^ ^ ^ ^3. Botor. 

Seyd a fait la route ci-contre et est revenu exacte- . 

. , A. A^abja. 

ment par le même chemin. Le Kassa, qu on traverse 

,5. Lubiite. 
entre les n°* 1 et 2, se joint au Kusaro. «Entre 

. . ... 6. Tuloma. 

Gabbara et la maison de Balja où je passai la troi- 
sième nuitée, est la rivière Botor qui est assez importante pour qu'on 
ne puisse la passer en hiver. Elle va au Borora et on la traverse 
peu avant d'arriver chez Balja. Le Borora qu'on traverse ensuite, 



74 



Sïbu. 



coule dans un qualla pareil à Qanqati. Dans Agabja notre hute fut 
le nommé Teqe.» 

«Lubute est un erme à côté de [pareil à] celui de Kartamora et 
forme un qualla des plus dangereux infesté par les Sïdama (sic) de 
Waliso. En conséquence on ne le traverse que de nuit. Fargo Abdo 
fut notre hôte dans Tuloma, et de là à Jîmma Rare j'ai ouï dire 
qu'il y a quatre journées dans un pays très-difficile.» 

Saqa. 1845 : Août 27. (En construisant l'esquisse d'après ces ren- 
seignements on est amené à conclure que le Omo l'emporte sur le 
Gojab soit par le volume de ses eaux soit même par le long parcours 
de ses affluents en amont de sa réunion avec le Gojab. Si ce raisonne- 
ment est juste, on aura à choisir pour la source définitive du fleuve 
Blanc entre i*^ le Kiisaro; 2" le Walga; 3° le Borora; 4° le Gîbe 
de Inarj'-a; 5" celui de Lofe. Or le parcours minime du Kusaro le 
met hors de question, La source du Walga nous est inconnue, mais 
comme la chaîne du M' Amara se rapproche du sud en s'étendant 
vers l'est, on peut présumer que les hauteurs qui séparent le bassin 
du Walga de celui du Awax etc. ne vont pas aussi près du nord 
que l'est le mont Amara; par conséquent ce bassin serait petit. Le 
Mioftii est très-probablement un affluent du Borora et la distance 
de sa source aux Yamma est certainement moindre que celle (mesu- 
rant dans le lit du courant) des Yamma à la source de l'un ou de 

l'autre Gîbe). 

267. Sibu. 

0. Saqa. Le nommé Hoseyn, Oromo qui me fut 

1 . Nomio. amené à ma demande par Sej^d Arbiik, me dit: 

2. Jîmma Hînne. «Je suis allé d'ici en quatorze jours jusqu'à 
— > Wamay, R. Alaltu, lieu du principal marché de Sibu. Le 

3. 1)îd-esa, R. nom de l'autre marché de Sibu est Wando. 

4. Dapo, R. Le nom du marché de Leqa est Gulliso. Je ne 

5. Dabana, R. connais aucun de vos noms de Fadasi etc. 

6. Haru. Les nègres que je connais et que je crois parler 

10. tjaru. des langues différentes (tous près Sibu) sont : 

1 1. Bîrbîr. 1. Komo; 2. Mao; 3, Qoyro; 4. Famé; 5. Wa- 

12. Sibu. l'^fii (le n^ot Wara signifiant «gens de» est 



Moca. 175 

peut-être oro772o); 6. Dagiija; 7. Gabatu. En partant d'ici, la 
troisième nuitée est près du T>ïd-esa qu'on vient de traverser. Les 
deux nuitées suivantes sont auprès de rivières affluentes du 'Dïd- 
esa. Haru est un grand pavs Oromo dans lequel on chemine cinq 
jours de suite [?]. Kellem est le nom de Terme entre les Sibu et les 
Yambo (Mayo sans doute). Bïrbîr est Terme entre les Sibu et les 
Yambo. En entrant dans Sibu mon gofta fut Sambo Dinsa, puis 
Baro, puis Gadayii le quatorzième jour. Je connais Andak par ouï- 
dire et crois être sûr que le 'Dîd-esa, le Dabus et le Abbaya ne 
font qu'un. La première nuitée de ma route (Nojino) est un qualla 
près du Wamay. Les nègres ne viennent aux marchés de Sibu que 
parfois pour y être vendus. Les Sibu craignent ces nègres. Je ne con- 
nais pas le Sibu qui contient la source du Gïbe de Lofe». 

« La route ci-contre est celle que je iis en allant d'ici „ 

^ ' o. Saqa. 

à Abso ou Abxo pays musulman qui parle une langue 

, , 1. ^Ofino. 

à part dont je ne connais rien parce que la plupart 

des habitants parlent oromo. La deuxième nuitée est _ ,,... 

^ ^3. Mijira. 

Halelu, nom de Terme de Botor et de Doranni où s'ef- _ , , 

' 4. Dadale. 

fectue la jonction des deux Gïbe qui prend alors le 

' . 5- Mitina. 

nom de Borora. De là à Lo/l^ il n'v a qu'une journée , r 7 . 

. . ' o- Lubute. 

et une de plus (probablement) jusqu'au mont Amara. „, , 

'^ ^^ - ' 1 y_ luloma. 

Le \Fa/^a se joint au Borora au Afa^a Karma, roc . . , 
que j'ai vu : là le Borora est plus grand que le Walga 
et la réunion des deux rivières se nomme Borora. Mata Korma est 
à quatre journées de Jïren et à deux journées en amont de la jonction 
du Gïbe (Kusaro) '. à partir de cette dernière jonction la rivière se 
nomme Omo (Uma des Daxparo). Le Borora a deux sources, Tune 
le Gïbe de Inarya, Tautre le Gïbe de Lofe. Lubute est un erme 
qualla tellement dangereux qu'on ne le traverse que de nuit. Abba 
Labab est le roi de Abso. La source du Walga est probablement 
dans Xakka, mais je ne puis rien affirmer à ce sujet. » 

268. Moca, dit aussi Scka ou Damota. 

Gembero Tufte, Limmu plus intelligent que le commun de ses 
compatriotes, me dit : ^^J'ai visité deux ou trois fois Seka, pays que 



1 yé ■ Wahwio. 

les Oromo appellent Moca et Damota. J'ignore si on l'a Jamais 
nommé Inara. C'est un daga froid où il pleut presque toujours. Le 
Ganji, qui a sa source dans la grande forêt hors des confins de Seka, 
partage ce pays en deux et se joint au Baro, rivière qui sépare là les 
Alga des Dalle. Je n'ai pas visité la source du Gojab, mais je puis af- 
firmer par ouï-dire qu'elle est dans la forêt entre Seka, Kaffa et Géra. 

Le lieu de la source du Baro n'a pas de typhus puisque c'est un 
daga. Le Baro n'est pas unique là, car il se dédouble en quatre 
affluents : le Bâta, le Dîbbo, le Cotti et le Etia. 

De ces quatre le Bota me paraît le plus gros : il reçoit le Dîbbo 
et le Cotti; plus bas le Ena s'y joint au lieu nommé Cagîsa. Le Baro 
est la plus grande des rivières et on ne le traverse qu'en tremblant. 
Je suis sûr qu'il ne se joint pas au Gojab. Le Ena longe la frontière 
de Seka avant de se joindre au Baro. 

Les voisins du Seka du côté de l'ouest sont les nègres Sakko ou 
Saqo qui parlent une langue différente des Maxongo et des Suwro. 
On aime beaucoup l'argent (métal) dans Seka. L'ivoire y abonde et 
les chats civets aussi, mais les habitants ne savent pas recueillir le 
civet. Les envoyés Saqo parlent dans Seka par trucheman. La langue 
de Seka est un dialecte du Sîdania et non une langue à part. Il n'y 
a pas de marchands dans Seka, mais il est faux que le roi les ait ren- 
voyés il y a deux ans. Les Gimira sont les voisins de Seka du côté 

du sud. 

26g. Walaino. 

Obse, le Lïmmu le plus véridique que je connaisse, me donna la 
route ci-contre pour aller de Woxo en Walamo jusqu'à Bonga. 11 

y a aussi une seconde route qui est plus longue 

0. Woxo. ,, . , ^ 

d une lournee. La première nuitée est au 

1. Balle. _ V . \ . ,,. . . e - 

neuve qui est moins loin d ici que de Saqa a 

2. Maraka. ^^ \., ^^.-j 

Kocao. Godzo, et non Godo , résidence du 

3. Alla. 

roi de Kullo, est à environ un mille Est de 

Maraka. De Godzo à la jonction du Omo et 

5. Addiya ou Mara. , ^ . , ., • , j • * 1 

, ^ du Goiab, il y a une lournee et demie. A la 

6. Bonga. . . , ' . . , ^ 

jonction de ces deux rivières le Umo est 

plus grand que le Gojab. 



Woxo. 177 

270. Jonction des Gïbe. 
Waiide, de Dïbdabi, domicilié depuis huit ans dans Lofe, me dit : 
«Les deux Gîbe se réunissent dans Terme de Nonno. De là à Bara- 
kat il y a une journée. La source du Gïbe de Lofe est, Je crois, à deux 
journées de Barakat. » 

271, Woxo. 

Voici deux autres itinéraires qui malheureusement ne me paraissent 
pas encore suffisants pour établir la vraie position de WoxOy etc. 
1. 2. 

0. Woxo. o. Saqa. 

1. Borkoxe. 1. Sapa. 

2. Halla. 2. Manna. 

3. Wîxa. 3. Dado. 

4. ^//a. 4. Bakki ballo. 

5. Dulla. 5. O^a. 

6. Addiya. é. IFfA^a. 

7. Bonga. 7. Qi7e. 

8. ATf/z^o. 

9. lV7).ro. 

(Je ferai remarquer que Woxo si^-nifie en dmi^aro « sentinelle » ou 
guet ce qui s'accorde à merveille avec sa position sur le sommet d'une 
haute montagne. Ce sommet qui est le point de partage entre le Fleuve 
Blanc et le lac Abbala n'est qu'à une forte journée du Uma. Par con- 
séquent ce versant n'envoie que de petits affluents au fleuve. Il en est 
absolument de même pour la province Amara à l'Est du Gojjam 
dont les montagnes, qui forment une sorte de chaîne N. et S., se rap- 
prochent beaucoup du Abbajr à l'Est. Si, par une théorie permise en 
l'absence de faits positifs, on pousse l'analogie plus loin on dira qu'en 
tournant autour du Gojjam le Abbajr ne reçoit du côté du S. qu'un 
seul affluent de rive gauche, le Giidar, les autres tributaires de ce 
côté étant fort minimes tandis que les affluents de rive droite sont et 
nombreux et importants par leur volume. On peut donc se hasarder 
à affirmer que le pays Dokko n'envoie pas de fortes rivières au Fleuve 
Blanc ce qui est conforme aux renseignements de Amace. Il est même 
probable que dans le sud de la presqu'île de Kajfa il n'v a pas deux 



178 



Woxo. 



versants d'E. et de W. parce qu'il n'ya pas de chaîne centrale qu'on 
puisse comparer au Coqe.) 

272. Longueur d'une journée de route. 

Pour avoir une mesure des Journées de mon informateur Kusa, 
j'ai écrit d'après lui la route d'ici à Bonga : il la divise en six jour- 
nées ou plutôt en cinq journées et un tiers. 

Dans la 2^ route ci-dessous Saqa elWalaiiso sont dans Inarya : 
Folla est un petit royaume indépendant. 

Fauta est une plaine dans Tufte : Miitula est dans Tambaro : Ga- 
dalla est dans Walamo. 





Route 1. Route 2. 


Route 3. 




Route 4. 


0. 


Saqa. 0. Saqa. 


0. Woxo. 




0. Woxo. 


1. 


Sapa. 1. Walanso. 


1. Omo, R. 




I. Omo. 


2. 


Kîftan. 2. Folla. 


2. Wariima 




2. Waruma. 


3. 


Sakka. 3. Yadi. 


3. Maraka. 




3. Maraka. 


4- 


Qanqati. 4. Biilbitllo. 


4. Seda. 




4. 5'e^^. 


5- 


Baqa. 5. Fanta. 


5. Bi^ate. 




5. 4//a. 


6. 


Bonga. 6. Mutiila. 


6. Tamakesa. 


é. Afq>^e. 




7. Gadalla. 


7. /l<3?rff;^^. 




7. falla. 




8. Woxo. 


8. Afera. 

9. Bonga. 




8. Manna. 

9. Garuqqe. 

lO. ^'(^(^a. 




Route '5. 


Route 6. 




Route 7. 




0. Walta. 0. 


\F^/^a. 


0. 


^//a. 




1. Umma, R. 1. 


Fortî. 


1. 


O^a, 




2. Gadda. 2. 


Me/-a. 


2. 


V^fra. 




3. Xadimaga. 3. 


Godzo. 




Manca, R. 




Gîtïma, R. 




3. 


Jf^a. 




Giima, R. 




4. 


Halla. 




4. Andaraca. 






Uma, R. 




'/a Bonga. 




5- 

é. 


Urko. 
^ange. 



7. Demba. 

8. Xa/e. 



Alaba. 



179 



Selon Kiisa, la route 7 va droit au sud. Vu de Saqa, Woxo est 
à très peu près au sud. Vu de Bonga il est au N. E. [Il faudrait dire 
S. E.] La jonction du Omo et du Gojah est à r5 Journée au N. E. 
de Godzo. Dans la quatrième route Moye est dans Jïmina et obéit à 
Abba Gom-ol. 

Dans la route n° 5 Walïa est la résidence du roi de Gobo : de Walta 
à Woxo il y a trois Journées de route, mais je n'ai pas les détails. 

Dans la route n° 7 les cinq lieux d'abord nommés sont dans Kullo : 
les quatre derniers sont dans Gofa. Z^ange tire son nom de deux pics 
Jumeaux qui l'avoisinent. Demba est une belle plaine ce que son nom 

signifie d'ailleurs. 

273. Walga. 

Selon Seyd, le Walga coule dans un grand creux et très rapide- 
ment : il est plus difficile à passer que le Borora bien que ce dernier 
ait plus d'eau. On traverse le Walga pour aller de Hammaya à 
Agabja (d'où le Mioftu serait un de ses affluents). 

274. Alaba. 

Selon Kusa : «Le pays dit Alaba est entre Kavibata et les Hariisi 
et parle la langue de Urbaraga (ce nom de Alaba rappelle le Alava 
des Basques d'Espagne de même que le pavs de Basketa chez les Doqo 
rappelle le nom étranger des Eskiialdiiii). » 

275. Essai de carte. 

Obse, qui eut l'air de comprendre une carte, me plaça ainsi que 
suit les situations de Kullo, Garo, Yamma, etc. 



Kidlo 




% Garo 

o [ 

Yamma 



11 semble que Kullo s'étende sur la rive gauche du Gojab. 



i8o WaÏÏa. 

276. Position de Walïa. 

1845 : Septembre 2. Comme j'objectais à Obse que les distances 
données par Kusa sont improbables il me dit : « En effet de Walîa à 
Bonga il faut cinq journées et de Walta à Woxo aussi cinq journées. 
Walîa est à très-peu près au Sud de Bonga et Woxo est à Bonga 
comme Agalo à Saqa [ou à peu près à l'Est]. » 

277. Position de Bonga et de Walfa. 

Je suis forcé de conclure de là que la différence de longitude entre 
Saqa et Bonga que j'ai faite 35' est trop forte. [Elle est de Sy' selon 
ma reconnaissance géodésique non encore calculée alors.] 

Selon Obse la mesure de toutes ces routes est cinq journées de 
Saqa à Bonga en supposant qu'il n'y ait pas en Kaffa des qella 
qui empêchent les marchands à ânes chargés d'entrer le 5'= jour. 
(Cette augmentation ne suffit pas, avec la différence de 3$', pour 
mettre Walïa au sud de Bonga.) Il faut deux journées seulement, selon 
Obse, deWalta à Godzo, car les guerriers de chacun de ces lieux par- 
tent de chez eux le matin, se battent et reviennent coucher chez eux 
le soir du même jour. 

278. Walta. 



Selon Obse voici 


trois routes qui d( 


ïvraient bien établir Walta. 


0. Jïren. 


0. Walta. 


0. Walta. 


1. Gonfa. 


1. Oda. 


1. Umma. 


2. Alla. 


2. Wîxa. 


2. Baqa. 


3. Toca. 


3. Jîsa. 


3. Xadimaga. 


4. Maraka. 


4. Bor Koxe. 


— ^ Giana, rivière. 




5. Woxo. 


4. Andaraca. 



5. Bonga. 
Il dit que, vu de Bonga, Maraka est droit au devant de Alla. Ce- 
pendant il passe par Alla en allant de Jïren à Maraka ce qui est une 
contradiction. Dans toutes ces routes les qella de Kullo sont sur le 
Fleuve Blanc lui-même. On ditW/xa ou Uxa. 



Xînaxa. 1 8 i 

279. Xînaxa. 

Selon îbsa : « Les Xînaxa habitent les deux rives du Abbay à la 
hauteur de Lïmmn et en aval. Les filles esclaves Xînaxa que J'ai vues 
ont le nez droit, les cheveux longs, le teint rouge comme un tison, 
et tout les éloigne des nègres, avec lesquels les Xîjiaxa s'allient sou- 
vent dit-on» — alors comment leur teint ne noircit-il pas? — «Je 
ne sais : tous ceux que j'ai vus étaient rouges. Leur langue diffère de 
celles des Gonga et des Guînza. (Il est curieux qu'une esclave Yambo 
m'ait dit que les Xînaxa, gens rouges et tributaires des Yambo, font 
des toiles pour eux. En Kullo ou Kaffa le mot Xînaxa ou Sînîco 
est un terme de mépris et signifie à peu près Wayto, c'est-à-dire : 
mangeurs de viandes impures.) 

La route N" 7 de la page 178 va droit au sud, selon Kusa. 

280. Pays des nains. 

1 845 : Septembre 8. Selon Ainace : « Turtura est dans Koyxa ) vis-à- 
vis sur la rive gauche est Waxkanta. En aval de Waxkanta QslKoyxa 
[Doqo et non Daipro). En aval est Markallia et Baca se trouve en 
aval; puis vient Ma\e Malea pays non Doqo où les vaches abondent 
tant qu'on dit qu'elles poussent comme l'herbe. Les gens de Ma:[e 
Malea tiennent à la main plusieurs lances et usent de l'arc. Ils n'ont 
que deux coudées de hauteur. — En as-tu vu un? dis-Je à Amace. — 
Non, Je vous dis les nouvelles que J'en ai entendues. (Les nains sont 
donc comme le pays des chiens : on les renvoie de contrée en contrée.) 
De Woxo aux Hariiro il n'y a qu'une Journée. Leur langue est dif- 
férente, et ils sont tajyîm. T)qWoxo àBasketa sept Journées (je crois, 
dit-il) : de Basketa à Walïa deux journées : à Turîurra deux Jour- 
nées. » 

(Je dirai en outre à propos de ces nains que J'ai eu toujours peur 
de parler d'un fait extraordinaire. Si je l'ai vu moi-même sans autres 
témoins, qui me croira? Si j'en parle d'après le bruit publique seule- 
ment on me stigmatise de crédulité. Quant aux nains je n'y croirai 
que lorsque J'en aurai mis un dans une outre pour l'emmener à Paris. 
A beau mentir qui vient de loin. — Si ces nains existaient, M. d'Ar- 



1 8 2 Ovio. 

nauld devrait en avoir entendu parler : mais il est vrai qu'en général 
il semble avoir recueilli peu de renseignements hors de sa route.) 

281. Les deux Gïbe. 

Selon Scyd Warj il y a cinq journées d'ici à la jonction des deux 
Gïbe. Il croit que le Borora est une rivière à part et qu'il vient de 
Hammajra. 

Wande qui demeure dans Lofe me dit : « Il y a deux journées 
d'ici à la maison de Dïlbo et deux tout au plus d'ici à la jonction 
des deux Gïbe laquelle est à une petite journée de Dîlbo. En allant 
d'ici (Saqa) chez nous, nous longeons le Gïbe; il est traversé deux 
fois dans notre route, sur des petits ponceaux (rïkïca). » 

282. Konfal. 

Selon ïbsa les Konfal vivent dans un pays à typhus et ont des 

églises, mais point de prêtres. En conséquence Dajac Barya défendit 

d'en faire des esclaves. Toute leur liturgie consiste dans le mot qïdiis 

qîdiis qu'ils crient à la porte de leur église. Ils sont très légers à la 

course. 

283. Affluents du Omo. 

1843 : Septembre 12. Hora AbbaWaj, cité au n° 188, me dit : «Je 
suis comme vous très-désireux de connaître les pays éloignés et ayant 
été souvent en mission chez Abba Jîfara j'ai acquis des notions sur les 
pays à l'ouest de Jîmma. J'ai vu la jonction du Omo et du Gojab '. ils 
se réunissent à angles droits et le Omo l'emporte et par la masse de 
ses eaux et par leur vitesse. Les affluents de rive gauche du Omo 
que je connais sont : i ° le Xiwa plus grand que le Borora et coulant 
entre Tufte et Walamo. La source de celte rivière est dans Dadale 
pays oromo (près Hammajra je crois) et à deux journées d'ici (chose 
impossible). Le Xiij'a coule à peu près parallèlement au Wals;a et 
fait la frontière Est de Hadiya, borné à l'ouest par le Walga. — 
2° le Dambal qui coule entre Hadiya et les Oromo Hariisi. — 3" le 
Xukiro. — 4*^ le Lemman. — 5" \eEbisa Jamma qui sépare Kambat 
de Wdlamo. — 6° le Sivini entre Jïmma et les Janjïro, le grand 
théâtre des batailles de ces deux nations étant auprès du gué du 



Gibe. l83 

Sivini (c'est un affluent de rive droite sans doute). Près l'embouchure 
du X'nva on ne peut pas le traverser à gué bien qu'il soit plus petit 
que le Boiora." Moi : «Tu viens de me dire le contraire : dis donc 
la pure vérité. » Hora : « Le Xupa a un lit resserré et est plus difficile 
à passer, mais la masse des eaux du Borora est plus grande. La rivière 
Masigodo sépare Walamo des Tambaro. De l'embouchure ànWalga 
à sa source dans le pavs de Go>idùil Waqo (Hammaya) il va dix jour- 
nées. (C'est donc probablement le Mioftu qui va de Hammaya à 
Danta selon Hora.) 

284. Sources àviT>ïà-esa et du Gabba. 

Septembre 1 2. Seyd Arbuk, revenu du Gîima, me dit : «J'ai cherché 
en vain selon votre désir un renseignement positif sur la source du 
Gojab. Celle du Dïdesa est dans Terme entre Giima et Géra. La 
source du Gabba qui est une eau dormante (un lac), est à un mille 
environ de là. Ces deux lieux sont pleins de qïrhaha et à deux Jour- 
nées de Gombota. 

Dans la route ci-contre jusqu'à Baho pays de Cali Xono la 3*^ sta- 
tion est le qella de Giima. Le pays de Cali Xono se nomme ordi- 
nairement Gabba et a les rivières Kahîm tînna et o. Saqa. 
KaJjîm giida [grand et petit Kahim] tous deux af- 1. Sapa. 
fîuents du Dïdesa. Babbe est un nom de terre entre 2. Gombota. 
le grand et le petit Kahïm. 3. Karabîco. 

Guma a quatre rivières affluents du ''Di'i^-e^a. 1° Le 4. Tora. 
Atarkada c^uQ ]e, crois ài'SévQnl du Mullii. 2° \^Q Fin- — > Gabba. 
carva qui passe par Gombota et sur les bords duquel 5. Matu. 
se tient le marché de Dambi. Les deux autres rivières 6. Baho. 
se réunissent, mais j'ai oublié leurs noms. 

285. Sources du Gibe. 
Le Gibe de Inarya a trois sources : 1° la plus orientale nommée 
Indïris. 2" la plus éloignée d'ici nommée le Yatu qui a sa source 
dans Terme de Babya. 3" le Gibe qui a sa source dans Kosa, c'est- 
à-dire près le M^ Kosa. La source du Indïris est dans Gêna. D'ici à 
la source du Yatu il y a une forte journée. 



i84 



Waôi. 



286. Affluents du Oino et bassin duWdbi. 
1845 '.Septembre i3. /for^, revenu pour me mendier de la myrrhe, 
me dit : «Voici'comment je comprends les affluents du Omo», et il 
prit un haton pour tracer sur la terre l'esquisse ci-jointe : 




[Les noms de districts sont en capitales.] 

Il y a une Journée de l'embouchure du Walga à celle du Xi^pa, 
autant de là au Dambal et i'5 journée de l'embouchure du Dambal 
à celle du Xakuri. h.Q. Xakalii sépare lVa/^?7zo des Tambaro et se joint 
au Bakîxa qui sépare TVk/tî ni de Tiifte. Le Godesa sépare Kambat 
àe.Walamo, ne se Joint pas au Omo et coule dans une direction con- 
traire. Le Mioftii, rivière du pays de GondalWaqo, s'en va par hi^ia- 
mor au pays de Abba, et se perd par là. Je crois que le Wabe de 
Wanbe se joint au Walga. Les Arusi viennent en contact avec les 
Jatijîro dans Dadale, nom de terre entre le Dambal et le Xakuri 
{Xukiro d'hier).» 

287. Réflexions sur le numéro précédent. 

[Abba ou Abbao est le nom de l'ancêtre des Oromo appelé d'ailleurs 
Sapera. Ce pays est à l'Est de Inarya. Hora a très-positivement dit 
et hier et aujourd'hui que le Mioftu qu'il envoie d'ailleurs à Danta, 
n'est pas un affluent du Omo, Uma ou Fleuve Blanc. Il a varié dans 



Kamhata. 1 8 5 

les noms des rivières ç.n\xç.\Valamo et Tuf te, Walamo et Tambaro et 
Walamo et Kambat : de plus, en établissant la carte il faisait du Sibini 
un affluent de rive gauche, ce qui s'explique et par son manque d'habi- 
tude à tracer une carte et par son assertion qu'il n'a pas vu et parle 
par ouï-dire. Mais il est très-positif quand il affirme que le Mioftii 
va à l'Est et non au Omo ou Uma. Le Godesa est dans le même 
cas : ainsi l'on voit évidemment ici le partage des bassins du Nil d'un 
côté et probablement de l'autre côté c'est le bassin du Wtjbi des So- 
mali. Outre l'assertion de Hora, le voisinage du bassin océanique 
ferait présumer que tous ces affluents de rive gauche sont plus petits 
que le Borora dont le bassin est très -contourné et par suite fort 

grand.) 

288. Tuf te : Arusi. 

Selon Hora : les Tufte sont borana (sorte de nobles chez les 
Oromo) quoique parlant une langue à part. Les Arusi oa Hariisi 
sont de très-grande taille (origine Somali?) et ne connaissent pas l'ins- 
titution du gada fce qui confirme Salt\ Il est d'ailleurs naturel que 
Maqo Bîli fils de Raya ne fût ni entendu ni cru par les fils d'un frère 
de Raya chez un peuple qui est plus patriarchal que tous les autres 

Ethiopiens. 

289. Cours du Gojab. 

Abba Nanyo, proche parent du roi de Kaffa, m'a fait voir que 

dans tous les pays quand les hommes de haut rang se mêlent de 

prendre des informations ils en rendent compte avec plus de clarté 

que les gens de classe inférieure. Il me dit de son propre mouvement 

tout le cours du Gojab, son long détour autour des Suwro et sa 

jonction avec le Abbay. Au-delà des Arusi à leur Est il place les 

Jarjado qui ont une langue à part. La mère du roi Amada est du 

pays Tufte. 

290. Walamo et Kambata. 

Allama et sa femme Xirtiale donnèrent le jour à Daddo dans le 
lieu nommé Oyeta en Kambata. Axdaro, Asnote, Adallo sont ses 
frères. Wabani est sœur de Daddo, et le roi de Kambata (Dagoye) 
l'a prise en mariage. Daddo se maria avec un Tambaro et fut faite pri- 
sonnière par un Dojiga qui la vendit en W^^lamo. Elle dit : « La rivière 



i86 Ka?7ibata. 

Wera sépare \Valamo de Do?iga.» C'est, je crois, le Giidaro qui coule 
entre Donga tiWalamo. he.Wera sépare Kambata de Walamo. Je ne 
connais aucun des noms de rivières ci-dessus [au N° 286] depuis le 
Xhi'û jusqu'à Walamo. LtWcra va au Omo. J'ai traversé le Wera en 
hiver sur des outres et ne sais dans quel sens il coule, La plupart du 
Kambata est un daga. Du côté deWalamo il y a un qualla. Il en 
est de même du côté des Ariisi. Gergeda, pays parlant j^/nzor7;2a, se 
bat contre Kambata. Hallaba ou Alaba se bat contre Kambata et 
Gergeda. Ce dernier mot est le nom Kambata des Arusi. Au-delà 
des Arusi sont des Sîdama qui viennent vendre du café dans Kam- 
bata. Ces Sîdama portent aussi des perles de verre blanches et du 
cuivre rouge. Au retour ils emmènent des esclaves, des toiles et des 
ânes. Ce ne sont pas des Sîdama qui viennent, mais des gens de 
Gergeda qui vont et viennent de Kambata aux Sîdama. Ces perles 
sont attachées au col, car on n'en met pas sur le vêtement des femmes 
qui est en cuir. Les hommes portent des toges et des ivalii [pagnes]. 
Les Tambaro portent la culotte large qu'ils nomment sînafelo \sa- 
nafil des Amara\. Les marchands de Gergeda achètent des peaux 
en Kambata. Dans ce dernier pays le commerce des vaches et de 
l'argent est défendu. Le Roi seul porte un bracelet d'argent et ses 
parents seuls en achètent, mais craignent de le porter. Le roi Dagqye 
vient de mourir tout jeune et son fils Dilbata, dit luoin (Roi.) Dil- 
bata, lui a succédé. 11 s'assied sur un sofa de bois orné d'étain et cou- 
vert avec des toiles. Il porte un jîfara [toge bigarrée]. Il n'y a pas 
de sièges à trois pieds en Kambata mais bien des bancs en bois. Il 
n'y a pas une seule rivière un peu considérable en Kambata. Le roi 
se dit chrétien mais ne mange que la viande qu'il a égorgée lui-même. 
Les prêtres portent le turban et vivent des aumônes royales. Aupa- 
ravant il n'y avait qu'un seul prêtre. Il y a 15 ans environ il en vint 
plusieurs et aujourd'hui le pays est plein de prêtres. Le roi leur a 
donné des femmes : à l'un d'eux il a donné sa propre fille. Ces prêtres 
sont étrangers je ne sais de quel pays, mais ils ont une langue à part. 
Les jours de grandes fêtes on sacrifie sur les hauts lieux en implorant 
Abba qui est le seul Dieu. On invoque Maryam et Kîstos (J. C). En 
Donga et Tambaro on invoque Hawzîlla. Donga et Tambaro 



Gojab. 187 

changent si souvent de roi qu'à vrai dire ils n'en ont point. Pendant le 
jeûne les Kambata laissent le xpasa ou pain de însat et ne mangent que 
l'orge et des choux. Les Kontama sont les ouvriers et font les mai- 
sons qui sont en qîrhaha et très-grandes. Je ne les ai pas vus de près, 
mais je sais qu'ils ne mangent pas la chair des chrétiens. Ils n'ont pas 
de langue à part. Les Kambata portent un chapeau de peau de chèvre 
(gomfiita), mais mal fait. Les Kontama en portent aussi. Les Kam- 
bata s'habillent mieux pour sortir (ce qui est le contraire de Kaffa). 
On ne laboure la terre que dans les qualla. Il n'y a pas d'éghses. Les 
Kambata ont bière et hvdromel, mais point de tinkîsa (canne à sucre) 
car les Tambaro en envoient en cadeau à leurs parents en Kambata. 
Les Tambaro ont plus de qualla que de daga. Ce dernier est une 
forêt continuelle. Les Tambaro mangent autant de blé que de însat. 
Ils traversent le Omo pour aUer au marché de Kiillo et tuent des 
Kiillo en s'en retournant : mais les Kullo ne leur ferment pas les 
marchés parce qu'ils portent de beaux objets de commerce. Dajita 
et Donga sont séparés par une forêt et parlent tous deux la langue 
de Kambata. Ce dernier, ainsi que Tambaro n'a d'autre sel que du 
sel en poudre qui vient du côté des Arusi. On voit rarement un amole 
[sel en bâtonnet] en Kambata, et alors il vient de Abxo. Les Arusi 
portent de l'ivoire en grande quantité jusqu'en Kambata qui va le 
vendre en Walamo. Il v a des lions et des panthères en Kambata. 
De Abxo on se rend en Urbaraga, de là en Tu/te, de là en Kambata. 
Nos maisons sont détachées comme chez les Sïdama. 11 n'y a pas 
d'arcs. On se bat avec lance et boucher et l'on a le poignard. On 
beurre sa tête après avoir tué et l'on coupe les parties viriles. On 
" égorge un bœuf comme traité de paix. Le pays est plein de chevaux 
et de belles mules. Gergeda achète des mules et des chevaux, ces 
derniers seulement par permission expresse du roi. On fait du fro- 
mage. Les vaches sont de tout poil. On chasse le buffle. Une forêt 
sépare Kambata de Tambaro. Les Tuftc y viennent souvent et en 

ont fait un erme. 

291. L')na et Gojab. 

Addoso (ou nom analogue) venu du Kullo avec Amace et parlant 
bien oromo me dit : «A la jonction du Omo et du Gojab ce dernier 



i88 Bîvhïr. 

est plus petit, car il est moins large et on le traverse en hiver avec de 
l'eau jusqu'aux mamelles : tandis que le Omo n'est guéable qu'en 
été après qu'on a récolté les grains. La rivière qui sépare Walamo et 
Kambata et dont j'ignore le nom tourne autour â&Walamo et de 
Kuca (ce que Je ne crois pas) et se joint au Uma; je ne l'ai pas vue». 

292. Gîbe. 

Outre le La'gamaray le Gîbe de Lofe reçoit encore sur sa rive 
gauche le Alanga qui s'est précédemment accru du Wadesa : sur sa rive 
droite il prend le Dokono qui a sa source au M* Gîmbera, et le ... . 
Le Gîbe de Inarya reçoit le Tîrgi dans Nonno, rivière profonde, 
et le Gaqama dans Dmi^iso. Les eaux de Hammaya (Liba7i) se 
joignent à celles du Tuîoma et ne vont pas au Borora. Ceci m'a été 
confirmé par plusieurs personnes. Selon le fils de AbbaWare le Gîbe 
Itiarya a plus d'eau que celui de Lofe ce que Goxo niait, mais 
Goxo n'a pas comme l'autre vu la jonction de ces deux rivières. 

Selon Wota la source du Gîbe de Lofe est dans Terme entre Sîbii 

et Gambo et à une journée tout au plus de Barakat : ce que Curqiia 

disait aussi. 

293. Borora. 

D'après le fils de Abba Ware la source du Borora est celle du Gîbe 
de Inarya ce que m'ont dit plusieurs autres. Goxo me disait : Je 
n'ose affirmer cela, mais le fait est que Je l'ignore. 

294. Bîrbîr. 

Revenu dnWalagga, Haro me dit : « Le Gabba se joint au Bîrbîr 
qui se joint au Baro qui se joint au Baqo. Pour aller de chez moi à 
Afîllo je traverse d'abord le Bîrbîr puis Sayo puis vient Afîllo. 

bois J de Umo 

\ 

C^ y'\ fe Sayo 
Ce dernier se bat contre Sayo et contre les Kamo nègres qui parlent 




Siiwro. 1 8 9 

une langue différente des Yanibo. Les Saqo Maxango et Yambo 
parlent la même langue. C'est dans le qiiiilla au milieu du bois de 
Umo que le Bïrbïr se joint au Baro. A la jonction ce dernier est plus 
grand. Les marchands arabes qui viennent à Afïllo et qui y sont 
aujourd'hui traversent le Baqo et les Ajïba : ils portent du fer et de 
l'or mais point de verroteries. Je ne connais ni les Thuthui ni aucun 
de vos noms voisins [de la carte d'Arnaud]. 

295. Mioftii. 

Rufo Sîbii de Lïnimu me dit : «A la jonction des deux Gîbe celui 
de înarya est le plus grand. Le Mioftu se joint au Borora dont la 
source est dans Tuloma; le typhus sévit à la jonction des deux Gîbe.» 

296. Jerjedo. 

Selon Abba Natiyo les Jergedo [sic] parlent une langue à part, 
et les Anziro (ou nom analogue) vivent chez eux le long de l'eau. Il 
ne sait quelle est cette eau. 11 regarde comme fables les pays des 

chiens et des nains. 

297. Nayo. 

Selon le nègre de Saleh qui n'a de nègre que le teint et les che- 
veux : «Je suis Nayo, dit Nao par les gens de Kaffa, et suis né dans 
Gayita. Mon pays se bat contre Gobo, Koyxo et contre les Sinvro. 
Je connais la rivière Gonox (Wox àQsXe?) qui se rend au ^Vây et 
celle-ci se jette dans le Xarbm (sans doute le Fleuve Blanc). Je ne 
connais pas votre Beny mais bien Bara, nom d'un marché dans 
Guarkata pays qui parle une langue à part. Le roi des Suwro se 
■ nomme Mïiaka : Je n'entends pas le sinvro. Ce roi s'habille de peaux. 
Bota est un pays parlant siixpro, mais qui se bat contre les Siupro. — 
Ma langue diffère du doqo. Le roi des Nayo est Xita Giiza : c'est 
un jeune homme et son pays paie tribut au Kaffa. » 

298. Suivra. 

Amace et son camarade me dirent : « Les Gobo vinrent jadis de 
Jimma. Les Omate [gens du Kidlo] vinrent de Dambya : leurs 
parents s'établirent dans Botor et dans le pays occupé aujourd'hui 



1 Q o Bask 



9< 

par Bu-no et Nonno. Les Goho et Doqo sont de la même race et 
leurs langues sont assez voisines pour qu'on se comprenne. Quand 
nous étions en paix avec Goho, ce pays nous appelait pour faire la 
guerre contre les Suwro qui sont des gens de grande taille, mais pas 
des géants. Leur pays est un pur qualla et consiste en vastes plaines 
sans collines. Il n'y a pas de chevaux et les guerriers Suwro portent 
jusqu'à six lances à la fois. On les craint beaucoup. Nous ne connais- 
sons pas Berry. Il y a des Suwro rouges, mais en très petit nombre. 

299. Baîa. 

Vis-à-vis des Suwro sur la rive gauche du fleuve sont les Baîa 
peuple rouge habitant un daga et ayant la barbe longue parfois Jus- 
qu'à deux palmes (chose inouie en Ethiopie). Les Bâta parlent une 
langue à part et sont tous trapus mais pas nains. Amace en a vu en 
esclavage dans Gobo. Baîa est à 7 à 8 journées de Gobo. 

300. Doqo. 

L'échantillon écrit ailleurs montre que la langue doqo tient de 
près au dawro ce que la tradition confirme en disant que les Doqo 
et Gobo sont de la même race. La grande majorité des Doqo est noire, 
mais il y a des Doqo tayyîm et même des Doqo rouges. Les Doqo 
et Gobo ne pratiquent pas la circoncision comme les Dajpro. Du 
reste tous ces peuples sont oromo plutôt que chrétiens. Entr' autres 
Mawiana fait des sacrifices à la foudre et chôme les dimanches. 

301. Basques? 

Le pays nommé Basketa par les Dawro et Bask par ses habitants 
est à quatre journées de Turîurra et [supposant la route libre] à sept 
journées (une semaine dit Amace) de Woxo. Dans la belle saison un 
cavalier peut se rendre en deux journées de Turîurra à Bask. Pen- 
dant les pluies il faudrait quatre journées. 

302. Walga et Borora. 

Dans la route ci-contre on laisse la jonction des deux Gibe à droite 
en traversant le Gïbe de Lofe. Ce dernier est plus grand que celui de 



Atarkada. 1 9 1 

tnarya, et tourne beaucoup de sorte qu'on le traverse trois fois en 

allant de Saqa à Jîmma par Dmuiso. Le Borora est une petite 

rivière dans Botor et se joint au Gïbe qui est là plus gros que le 

Borora. Je connais très-bien, dit cet informateur Isa Abba Magal, 

je connais très-bien le Walga car mon pays est Botor. Le Walga 

est plus grand que le Borora et a sa source o. Saqa. 

dans Giidata ou Cabo à une journée de 1. Nonno (Namo). 

chez Gondal Waqo. Le lieu de la source 2. Gibe. 

est occupé par des Oromo. Xaka parle 3. Maîo (Nonno). 

une langue qu'on dit voisine du janjïro. 4. Gorbo (Nonno).. 

Dadale sur la rive gauche du Walga parle 5. Sigo (Liban). 

la même langue que Xaka. Ces deux pays 6. Yanfa (Hammaya) 

sont sans roi et n'ont que des qallica [de- 7. GondalWaqo. 

vins]. Ils sont très-braves et Dadale vient 8. Babbo. 

de battre le Liban. Le WaZ?e a sa source 9. Dokonii. 

dans ^^50 et ne se rend pas au Omo. Le 10. Nîsso. 

Mioftu se joint au Walga. 11. Qpbbo (Gudrii). 

303. Hariiro. 

Ce petit peuple ne fait pas de bougies, et ne connaît pas l'usage 

de châtrer les jeunes taureaux : chez lui il n'y a pas de devins, pas de 

prières, pas de civet et point de cette graine nommée/e^o (semen abs- 

cylli)psLr les Amara». 

304. Walga. 

Selon Isa : «Le M^ Bîdo (relevé par moi de Saqa) était jadis à 
Nonno mais est aujourd'hui occupé par les Liban. Ce mont est sur 
la rive gauche du. Kullïtti (ou nom analogue) qui se joint d^xiWalga 
à une petite journée de la jonction de celui-ci avec le Borora. Le 
Kullïtti qui a sa source dans Cabo est plus petit que le Walga. La 
source duWalga est au plus à deux journées de la maison de Gondal 
Waqo et dans un pays plein de ïnsat.» 

305. Atarkada. 

Le nommé Saleh Mata venu pendant mon ophthalmie me dit : 
« De Gomboîa à Atarkada il v a deux journées. De là cinq journées à 



iû2 Ga^^amba. 

travers la forêt puis une journée à travers le daggala (herbes longues 
et coriaces) Jusqu'à la source du Gojab sous un immense ïiidod dans 
un erme près Kaffa et près les Maivo (tribu Gimira). Boddo Kar- 
bati, chrétien Sîdama demeurant à Atarkada, est le guide employé 
ordinairement dans cette route laquelle mène de Giima à Bonga. 
On trouve aussi à Atarkada un guide musulman. J'ignore où est la 
source du Ganji. A partir de Atarkada le pays est désert et l'on est 
obligé de porter ses provisions avec soi.» 

306. Ga:[amba. 

Selon Wandapo fille esclave : « L'île où je suis née se nomme 
Ga:[amba, mais les Walamo l'appellent Haruro. Elle est large de 
un mille environ et située au milieu du lac Abba que les Walamo 
nomment Abbala. Ce lac est fort grand et je passai trois jours à le 
traverser quand mon oncle maternel me vola pour me vendre en 
Walamo. Ga:[amba est un qiialla. 11 achète du blé à Ocollo et à 
Donne. Dans la langue de ces pays le maxîlla (sorgo) se dit dorco. 

Les Ocollo sont tayyîm et leurs filles se rasent la tête de place 
en place. Celles de Ga^amba au contraire rassemblent leurs cheveux 
en touffes distinctes. Les Ocollo portent les cheveux longs et donnent 
le nom de Bagade au lac Abba. 

Les nations riveraines du lac sont : Koyra, Oxe, Gnmure, Maze, 
Ger a, Donne, Ocollo, Gamo , Zayse, Ganta, Biissa, Garduri, 
Gore, Arkalso, Sibale, et Kixxa. Arkalso est près Donne et Ocollo. 

Koyra, Gumiire, Maze, Oxe, Sibale et Kîxxa parlent la même 
langue que Ga^amba ou Haruro. Arkalso, Ocollo et Donne parlent 
une même langue différente du Ga^amba. Garduri et Zayse ont 
une troisième langue. Nous appelons notre idiome axa Ga^amba. 
Notre île a des choux, des calebasses, et très-peu d'herbe. Les riches 
seulement ont des vaches en petit nombre et emploient tout le beurre 
pour leurs têtes, de sorte que lorsqu'ils s'asseyent au soleil, la terre en 
est humectée. Les femmes ne mettent point de beurre. Le roi actuel^ 
nommé Aynaso, est jeune et de teint noir. Il y a d'ailleurs des Haruro 
tayyîm et rouges (\Vdndapo est du plus beau rouge qu'on puisse 
voir en Ethiopie). Les Haruro n'ont point de hari (esclavage légal) 



Gojab. 193 

et n'attachent pas les criminels à des troncs d'arbres comme chez 
les Oromo. Ils se disent chrétiens ou amara, n'ont pas de prêtres et 
adorent le soleil, mais non la lune. (Il paraît que ce lac Abba ou 
Abbala, quoique au moins aussi grand que le lac Tana, n'est pas 
profond, car en Jalonnant une suite de hauts fonds on a pu atteindre 
l'île à gué.) 

Dans les bois qui ceignent le lac croît une sorte de grosse noix 
nommée ^z7A"o; elle est bonne à manger. Les insulaires tissent des 
toiles qu'ils échangent contre du blé : ils fabriquent aussi des brace- 
lets en cuivre et c'est ainsi qu'ils se procurent de quoi manger. Us 
vont en radeau chasser l'hippopotame et mangent sa chair, mais ne 
touchent ni à celle des poissons ni à celle des crocodiles. On craint 
ces derniers, car lorsqu'on va nager le soir, on jette des pierres pour 
les chasser. Les parents choisissent et donnent les inize à leurs en- 
fants, mais pas avant l'époque du mariage. 

Quelques Hariiro allèrent en Walamo à gué en jalonnant leur 
route là où il n'y avait que peu d'eau, une coudée au plus. Les guer- 
riers Walqy:{a étant survenus, les Ga:[amba les laissèrent entrer, 
allèrent d'abord arracher les piquets et firent ensuite main basse sur 
les envahisseurs dont pas un ne s'échappa. Les longues barres des 
Ga\amba atteignent partout le fond sur le lac Abbala où l'on ignore 
l'usage des rames.» Cette esclave n'a pas entendu parler du pays des 
chiens qui devrait être dans ses environs, mais elle parle d'un pays 
de cannibales situé fort loin. 

307. Gojab. 

Kotaco, frère de Katima, me dit : «L'une de mes trois maisons 
est dans Geseraso où est la source du Gojab. Cette source est sous 
un gros ïndod et les habitants des maisons voisines y puisent leur 
eau. Ces maisons appartiennent aux Mati'o (et non Nao) qui parlent 
le même dialecte sïdama que Seka. De Gombota à Atarkada, il y 
a deux journées; de Atarkada à Jema (ou nom analogue), une jour- 
née; de là à Manalla (ou nom analogue), une journée; de là à Ge- 
seraso, une journée. Des marchands avec ânes chargés seraient plus 
longtemps en route. Dans ces environs on est exposé aux gaddu (guets- 

13 



1 QA Makan 



94 

à-pens) de Géra et de Obo. La source est en dedans du qella de Kaffa, 
mais tout près; de là à Bonga il y a deux journées de cavalier.» 

308. Ocollo. 

Suivant un marchand à&Walamo venu avec Obse, la langue parlée 
en Ocollo est différente de celle des Dokko qui ne l'entendent pas, 

309. Makan (Suivro). 

Nalle, femme Smvro esclave, me dit ce qui suit : «Mes com- 
patriotes vinrent jadis de Bonga. Les qallu (devins) Smvro n'ont 
pas de livres et parlent quand le Dieu descend sur eux. Les Gala 
sont tous chrétiens. Les Bayti le sont rarement, mais presque tous 
musulmans. Les Gala se vêtissent de toiles à raies rouges et blanches; 
ils portent des Hvres en sautoir et les font porter à leurs esclaves. 
Je n'ai pas vu un Gala prier. Le roi Suwro donne des talari aux 
Gala. Tout le commerce des Makan est avec les Gala. Tout le pays 
des Siiwro est très-grand, plus que d'ici à Bonga. Ils ont des che- 
vaux, mais en petit nombre, ont beaucoup de coriandre et de café, 
mais en mendient à Kaffa qui leur en envoie pour faire la paix. 
Je fus capturée par le Abba qella (garde-barrière) de Kaffa. Les 
Suwro n'ont pas de qella et ont plusieurs femmes Sïdama qu'on 
leur a données jadis pour faire la paix.>> 

Le Paco, que Nalle dit être le Gojab, est plus grand que son affluent 
le Xiirm. Olkii est sur la rive droite du Xurni et le Paco contient 
une île nommée Xigido qu'on atteint par un pont. Le grand-père 
de Nalle est de Xigido. On traverse ce pont même en hiver. Xigido 
est dans le Xorm [sicj. La jonction du Xorm et du Paco, qu'elle dit 
être le Gojab, est près du mont Bok, fameux kualle [Génie local], 
très-grand. C'est près de Baca et de Kaxa que la jonction a lieu. 
« J'ai vu le Paco à dix journées de Olkii, toujours dans le pays Suwro. 
L'eau du Paco ne fait pas de bruit en coulant comme le Xorm, mais 
reste tranquille et profonde. Le Paco est plein d'hippopotames et on 
le traverse dans une pirogue qu'on pousse avec une gaffe armée de 
fer. Sur la rive gauche du Paco sont les Baci qui me vendirent, pour 



Makan. 195 

un talaro. une baguette d'étain dont je me fis faire des bracelets. J'eus 
peur de la grandeur de l'eau et ne vis pas les Bac'i. Cette route que 
je fis est un peu à l'Est du Sud : Dunkure est le nom d'une île du 
Paco. Sa langue diffère de celle des Sun'ro contre lesquels Dunkure 
se bat. Duukiire est à l'Est des Smi'ro à côté du Paco et parle la 
même langue que son voisin Gobo. A l'ouest de Olku sont Ixîg, 
Ariba et, plus loin, Boqol, puis par là Bara (Berrv de d'Arnaud?) 
Les Bayti sont près des Mala qui sont noirs et petits. Les Gala ne 
mangent que l'épeautre. Les Mala parlent la même langue que les 
Smvro. Les Boqol, Kaxa, Mala, Bayti e/ Suwro parlent la même 
langue. Les Mala sont tous petits. J'en ai vu, dit Nulle, avec les 
cheveux blancs, grands comme votre serviteur (qui a un mètre cin- 
quante-deux centimètres). Les Mala sont noirs avec très-peu de tay- 
yîm. Les Bayti sont noirs ainsi que les Boqol et Kaxa. Les Gala 
sont très-musclés, ont la barbe fournie et sont rouges comme vous.» 
«De Olku à Bonga il y a sept journées : de 

Olku à Turturra trois journées ; de Olku au bac 
, „ .,.,_..,.. , 1. Yerta. 

du Paco vis-a-vis les Bayti dix journées toujours 

dans le pays Suwro qui est une plaine. Ce chemin 

. . , 3. Mera. 

va droit au sud, le soleil étant sur nos épaules le 

1-1 lA 1 4- ^Votu. 

matm et le soir pendant notre route. Dans les 

. 5. Inorit. 

chaleurs du )our personne ne vovage. Les )Our- 

, ,. ' é. Taqac Koni. 

nées sont tres-petites et toute la distance est comme 
. „ , „ . . , ... 7. Kulusit. 

de baqa a Bonga ou cinq lournees ordinaires» 

,XT // -A- ( u- , j- • 4 D 8. Madîr. 
( Nalle indiqua fort bien la direction de Bonga 

4; . 9. Dîrguta. 

et Turturra). ^ ^ 

. 10. Xabac Koni. 

« De Olku au marche de Bara, qui est grand, il 

y a deux journées. En terminant la première on arrive tout près du 
qella des Ixîg droit à l'ouest de Olku. Les Sinvro font ce marché 
sans parler. Ils échangent là des bètes contre des céréales quand les 
sauterelles ont tout mangé. Ces grains sont le tef blanc, le dagusa, 
le froment en grande abondance, et le sorgo. Gabana est le roi des 
Ixîg. Gongul, bac du Paco, est tout près de Xabac Koni.» 

«Le Olku et le Xigido s'unissent au Xorm. J'afhrme que le Paco 
ne va pas à l'ouest. Les Suwro s'enterrent la tête vers l'ouest, dit- 

13* 



l()( 



Makan. 



elle, puis elle ajoute que le Paco va à l'ouest. De Gongid à Ixîg il 
y a douze Journées.» 

(Selon ces renseignements le point le plus sud de la courbe du 
Fleuve Blanc serait moins élevé en latitude que le tiec plus ultra de 
M. d'Arnaud. Ceci résulte et de la direction de Gongul indiquée par 
Nalle et de la croyance où elle est pour aller de Gongul à Ixîg on 
doit passer par Olku. D'ailleurs la direction de Bonga qu'elle indique 
très-bien et celle de Turturra montrent qu'elle a le sentiment des 
points cardinaux. Ce qui milite contre cette position de Gongul, c'est 
le renseignement positif de M. d'Arnaud que le Nil vient de l'Est et 
le fait que Nallc n'a parcouru la route qu'une seule fois. En tenant la 
courbe un peu fermée et prenant une distance égale de Saqa à. Bonga, 
on a le bac par environ 4" 36' de latitude et au SSO. de Olku. Pour 
le mettre au Sud il faudrait donner à la courbe un rayon un peu plus 
petit en cet endroit et c'est, Je crois, le meilleur parti.) 

«Bembu signifie «roi» en suwro; le nôtre se nomme Gïsi Orma 
(nom qu'on ne prononce pas selon le préjugé kaniitique) : Korohas 
est un autre roi Suwro, et à notre sud est le roi Ilkonoxo, toujours 
chez les Suipro.» 

«Xabal, Kukït, et Ixig sont nos voisins. Les Gala sont à l'Ouest 
des Bayti et portent aux Sutpro toutes leurs marchandises. Les Mala 
et Kaxa sont noirs et petits. Les Baca sont rouges.» 

«J'ai entendu parler d'un pays de chevaux sauvages', Je ne connais 
pas le rhinocéros et n'ai pas entendu parler d'un pays des chiens.» 

«Près de chez moi le Xorm coule vers le SO.» 

« Les Gala sont sur la rive droite et, à ce qu'on m'a dit, à dix jour- 
nées de Olku : Au-delà de Kaxa sont les Ocïnn.» 



sorgo 


zanga 


pluie 


iro 


însat en pain 


dote 


sel 


hamxu 


mange 


hamda 


jupon de cuir 


baci 


assieds-toi 


ibe 


sébile 


gongula 


vache 


miya 


feu 


ta ma 


însat 


udu 


eau 


liaca 


chèvre 


tongos 


viande 


atug 



Makayi. loy 

Selon le petit vocabulaire ci-dessus qui contient tout ce que Nalle 
sait de la langue îxîg, celle-ci tient de près au daxvro. C'est ce que 
je fis remarquer à y aile en disant : « Ces îxïg sont parents des Goho > . 
«Par alliance seulement, dit-elle, car Goho envoie contracter des ma- 
riages avec îxîg et comme les Makan (nom indigène des Suwro) 
sont entre les deux pays, les envoyés suivent les frontières désertes 
des Sinvro en tournant autour de notre pavs, ne marchant d'ailleurs 
qu'à rimproviste et toujours la nuit. Cette route dérobée exige huit 
journées. Les îxîg sont rouges et ont des qella (habitude kamitique) 
tandis que les Smvvo n'en ont pas. Le pavs des îxîg est plein de 
froment et d'épeautre (ce qui indique un plateau élevé).» 

(D'ailleurs les îxîg ne seraient pas rouges s'ils habitaient un 
qualla. Les renseignements de M. d'Arnaud viennent à l'appui de 
ceci : il indique une chaîne de montagnes à l'Est du M^ Bellcnia, et 
le bord d'un plateau éthiopien doit paraître une chaîne de hauteurs 
quand on le voit du fond d'un qualla. D'ailleurs selon d'Arnaud les 
hommes rouges abondent au marché de Berry (Barri) et enfin mon 
Bar a est bien à quatorze journées à l'Est du M^ Bellenia, selon la 
proportion de cinq journées de Saqa à Bonga. Que si l'on m'op- 
pose la ditïérence entre Bara et Barry, je renverrai aux noms de 
lieux recueillis dans mon premier voyage, où, à cause du cas oblique 
(oromo) au n'' 220, cinquante sept noms de lieux sont terminés en 
i au lieu de a. Mais cette explication suppose que le drogman de 
M. d'Arnaud parlait oromo, ou un idiome ayant la même forme 
grammaticale, 

11 est constant, d'après les assertion réitérées de Nalle, qu'il y a 
une différence de religion entre les Suwro et les Gala; mais Nalle 
s'est contredite en se disant tantôt chrétienne et tantôt musulmane. 
A priori, et parce que les Éthiopiens chrétiens ont de beaucoup pré- 
cédé les musulmans, je dirais que les Suwro sont ou ont été chrétiens, 
parce que leur couleur noire fait présumer qu'ils appartiennent à une 
race antique repoussée dans le qualla par des conquérants qui s'em- 
parèrent des daga. Le christianisme des Éthiopiens méridionaux se 
borne à la connaissance du dimanche et aux paroles qu'on dit en 
égorgeant. Nalle ignore même ce reste de christianisme : ainsi je la 



iq8 Suwro. 

crois oromo, ou quelque chose de moins. Tout ce qu'elle a pu me 
dire, c'est que les Suwro urinent debout et elle a ouï dire que les 
Gala urinent assis. Cette dernière pratique est musulmane. D'ailleurs 
les musulmans de Bonga disent qu'à l'Est des Siin'ro il y a des musul- 
mans, et M. Degoutin, agent consulaire de France à Mucawvv'a, m'a 
donné un renseignement analogue, La barbe fournie et le teint clair, 
presque blanc, tendent à faire rapporter à la race arabe cette nation 
que les Sinpro nomment Gala. On remarquera que selon un Gobo 
les Suwro se nomment Mate, et selon un Daypru, Ma^e Malea est 
à côté de Baca. Ce Malea serait le Mala de Nalle où les gens, par- 
lant la même langue que les Suwro, sont remarquables par leur très- 
petite taille de 1-52 mètre. L'idiome oromo, qui me servait avec iVa//e, 
n'a pas de mot pour dire «nain». 

310. Détails sur les Suwro. 

Du reste les Suwro, que les Sîdama représentent comme des sau- 
vages, savent au contraire labourer la terre, tuent les éléphants avec 
des flèches empoisonnées, font des oreillers non seulement en bois 
mais en fer et en cuivre, luxe inconnu aux hauts Éthiopiens, échangent 
leur café coriandre et ivoire contre des métaux, des chevaux en petit 
nombre et des talari, font des toiles, achètent le coton teint en rouge 
et en noir, fabriquent leurs aiguilles et retirent de dessous les pierres 
un sel qu'on épure dans le pays par ébullition et cristallisation. Ce 
sel est employé comme assaisonnement et je n'ose pour cette raison 
l'identifier avec le salpêtre. Nalle trouve le sel ordinaire fade. Les 
Makati reçoivent des Bayti des amole ou bâtonnets de sel en roche, 
de couleur rouge, et qu'on emploie uniquement comme médicament. 
Nalle se moquait de la pauvreté des Sîdama qui n'ont presque pas 
de sel, dit-elle, et en emploient de tout petits fragments comme 
monnaie, ce que je sais d'ailleurs. D'un autre côté les Suwro ne re- 
çoivent le drap qu'en petite quantité et seulement par les Sidama 
(ou Gimira sans doute). 

Les Maka7i ou Sinpro ne mangent point de chèvres et peu de chair 
de mouton. Ces répugnances, communes aux Janjîro, s'étendent aux 
poules; les Suipro en nourrissent pour les vendre aux Sîdama qui 



Sutvro. 1 ^9 

les aiment beaucoup. Le piment abonde chez les Makan, mais le poivre 
noir est rare. En revanche les Suuno cueillent chez eux un poivre 
plus gros que celui des Indes et plus tort. Les Bayti qui leur portent 
du poivre noir disent que c'est aussi le fruit d'un arbre. 

La chair de l'hippopotame est regardée comme immonde et les 
Suwro ont comme les hauts Ethiopiens leurs Wayio qui mangent 
cette chair et habitent un quartier séparé. La circoncision est prati- 
quée dans l'enfance et l'on regarde le lion comme qallit (Génie). On 
ne tue ni la lézardine ni le hanneton, mais ils ne sont pas qallii, non 
plus que le crocodile. Il n'v a ni sorcier ni hvène chez les Siiwro qui 
n'ont pas de noms pour ces êtres néfastes. En revanche ils font peur 
aux enfants des ogres qui mangent les gens, et demeurent fort loin. 
L'arc-en-ciel est le chemin que suivent les devins pour se mettre en 
communication avec Dieu. Les esclaves abondent, mais il v a aussi 
des domestiques gagés qu'on paie en blé. Le pain en feuille des Éthio- 
piens du Nord est connu des Makan bien qu'il n'existe pas chez les 
Janjîro, Sïdama, etc. Les mules ont des colliers sonnants en pla- 
quettes de laiton et les vaches portent de grandes cloches. On connaît 
l'usage de la balance et du turban. Les Siijyio ont des citrons, font 
des parapluies en paille, des chapeaux de peaux de ^iiareza \^Co- 
lobiis i^uci'cza, R. sorte de singe | comme les Siiia)ncJ, enlèvent la 
luette aux enfants, recherchent les perles de verre, n'aiment pas le 
msat et n'en mangent que dans les années de lamine, n'ont pas de 
mot à part pour dire «nègre », portent des turbans de toile noire, ont 
le ver solitaire, regardent comme impurs les ouvriers en fer, portent 
un gros bracelet d'ivoire au coude, ont des vaches à grandes cornes, 
"guérissent la teigne par un médicament rouge, fabriquent des ciseaux, 
portent le jupon de cuir et la toge de coton, boivent le calé, ont un 
peu de fèves, ce qui indique des da^a, reconnaissent un seul Dieu 
tout-puissant ainsi que des Dieux inférieurs, ont des eunuques, adorent 
un petit serpent noir, portent le pagne, achètent du zinc, de l'étain 
et des talari aux Gala, confisquent comme esclaves les enfants des 
criminels, nomment le dimanche Xanbata (ce qui indique qu'ils sont 
chrétiens), mettent du vert sur la tête en voyant la nouvelle lune, 
tuent les oiseaux avec la fronde, ont le jeu abyssin du gabata, et 



2 00 Wa/amo. 

mettent un liteau rouge dans leurs toges. Ces détails montrent que 
les Sun'i'o sont loin de la demi civilisation des Guînza. 

311. Gongiil. 

Selon Nalle, le marché de Gongul sur les rives du Paco est un 
qiialla parfait, fréquenté par les éléphants et plein d'épines. 

312. Gojab. 

Bakare Leqa, homme du Guma venu avec les envoyés Sîdama 
me donna l'itinéraire ci-contre de Gombota à la source du Gojab qui 

est par rapport à hiarya au-delà de deux qella et 

o. Gombota. . j ,,. r . • 1 ■ . 

en deçà du 3'-. La source est unique et le roi de 

Kaffa y fait des sacrifices, sous le gros îndod. 

3. Gese. t^, . rr -, 1 .1 , • , 

D après Hora qui m a donne le n*^ 262 ci-dessus : 

4. Manalla. • , , - , 1 w , 

« Le palais du roi des Janjiro, dont le nom m échappe, 

5. Geseraso. ■ . , , r i ^ r^ 1 ^ • , 

est situe dans la fourche entre le (Jmo et le Gojab. 

Ce dernier coule dans une plaine ouverte tandis que le Omo est fort 
encaissé et coule avec une grande vitesse. A l'œil et de loin le Gojab 
paraît plus grand, mais je n'ai vu les deux rivières que de loin. » 

Un marchand de Kullo venu me donner une toge de la part de 
son roi me dit : « Le Omo a plus d'eau que le Gojab près de Gozo. 
En été on traverse ce dernier à gué. On ne peut jamais traverser le 
Omo qu'à la nage et un couteau à la main, car les crocodiles sont 
nombreux et dangereux.» 

313. Langues près Walamo. 

Comme je demandais à ce marchand quelles sont près de Walamo 
les langues qui diffèrent du dawro, il me nomma celles de : 1. Sol-a 
(ou nom analogue) — 2. Balta — 3. Zayse — 4. Otollo — 5. Bas- 
keta, différente du Dokko — 6. Ara — 7. Dokko — 8. Gezzo pavs 
à deux journées de Walamo. Dans Gezzo les maris ne passent pas la 
nuit avec leurs femmes; celles-ci sortent de la maison par une petite 
ouverture à part. Les maris se lavent après la cohabitation. Les ac- 
couchées sont regardées comme impures pendant dix Journées et 
restent reléguées dans une hutte à part qu'on brûle ensuite. (Ce seraient 



Lac Abba. 20 1 

donc comme des juifs.) Enfin les Jerjeda, qui sont au-delà des Oromo 

Ariisi et parlent une langue à part, ont des cheveux rouges, \ ce qui 

paraît indiquer des Somalt). Maiinana et Gamii sont le même pays. 

«Je ne connais pas les Monoemnni^i. Le Osoa a 4 cornes à bout 

blanc et base rouge : mais je ne l'ai pas vu bien qu'on en ait tué un 

en Walamo. Amado le roi est musulman. Il v a en Kiillo un grand 

nombre de personnes de la race Tîgray, mais le roi est Kawko et 

non Tïgray. » 

314. Lac Abba. 

Au dire de M'cind^po : l'île de G^^dniba est loin du Walaiiiu et ce 
qui confirme ce dire c'est que les habitants de l'île ne parlent jamais 
desircî/j)"t7 mais seulement de Ganiu, terre basse qui sépare Urf/\i?»o 
du lac Abba. Les Hariiro ne vénèrent ni le crocodile ni la lézardine 
quoique cette dernière soit un Génie pour beaucoup d'Éthiopiens. 
Le lac Abba ou Abbala contient d'ailleurs plusieurs autres îles dont 
3 ou 4 sont habitées : Wandapo n"a pu m'en citer que deux : Lagana 
si grande que les habitants v cultivent le coton, et Hagïlle dont elle 
n'a pu me donner aucune notice. Il n'y a pas de reste d'église an- 
cienne dans Gêi^éimba (on en voit plusieurs en pays Oromo). 

315. Omo et Gojctb. 

1845 : décembre 15. Kusa, venu avec les gens de Kiillo, me dit 
de leur part que le Omo est plus grand que le Gojab. D'ailleurs, dit 
Kusa, j'ai mes veux et je puis affirmer que le Omo est deux fois plus 
grand que le Gojab, qu'il est plus large et plus profond. On ne le 
traverse d'ailleurs jamais à gué. (Donc le Gojab est détrôné.) 

1845 : décembre 22. D'après Amace : de Gaza à la réunion du 
Gojab et du Omo il v a trois journées ou deux fortes journées. Le 
lieu de la réunion se nomme Puxeria. Le Omo est là bien plus grand 
que le Gojab. Ce dernier est guéable avant de l'eau jusqu'à mi-corps. 
Le Omo au contraire n'est guéable en aucune saison. Sur mon ob- 
jection que le Uma est guéable à la passe qu'on prend ordinairement 
en allant de Gozo à Woxo, on me répondit qu'on n'v passe à gué que 
pendant deux mois de l'année et ayant de l'eau jusqu'aux mammelles. 
D'ailleurs, dit Amace, le Omo en recevant les eaux du Gojab les 



2 02 Langues J/vt'rsis. 

pousse à droite et forme un remous, tant son courant est plus rapide 
et tant ses eaux sont plus abondantes. Le Dieu du Omo, ajoute-t-il, 
est plus puissant que celui du Gojab. 

316. Langues. 

Les pays, dit Amace, qui parlent la langue Dannua sont : 1 . Kiillo. 

— 2, Walûmo. — 3. Kiiia. — 4. Gofa. — 5. Mallo (non compris 
Ma:{e Maloa) — 6. Gamu. — 7. Zala. — 8. Hanniqa. — 9. Dînga- 
7noa. — 10. Xelela. — 1 1. Mannatia. — 12. Hala. — i3. Tela. — 
14. Xocoda. — 15. Borodda. — 16. Zada. — 17. Dïia. — 18. Dur- 
zia. — 19. Siil-a. — 20 . . . j'y penserai, dit Amace. 

317. Walga et Borora. 

Selon Seyd Warj : j'ai traversé le Borora pour aller à Dadale en 
Agabja au-dessous de sa jonction (c'est-à-dire en aval) avec le Walga. 
J'allais ensuite au Walga pour abreuver les bêtes. Le Walga est plus 
petit que le Borora, mais le Walga ayant un cours plus rapide est 
plus difficile à passer pendant les pluies. 

Taipakîl contredit Seyd et ajoute : «Je suis allé de I.ofe pour 
vendre des esclaves au marché de Bïdo prés le village de Gada dans 
la fourche entre le Borora et le Walga. Ce dernier est plus grand 
que le Borora et nous allions v puiser notre eau. » 

Selon ha Abba Magal : « Le Walga est plus petit que le Borora 
(il avait dit exactement le contraire 40 jours auparavant) et a sa source 
dans Cabo : le Kiilîti a sa source aussi dans Cabo et se joint au 
Borora en aval du Walga.» 

318. Langues diverses. 

Je demandai à Amace quelles langues étaient parlées dans les en- 
virons de la langue Dokko et il me dit les suivantes : 1 . Dokko. — 
2. Ara. — 3. Ma:[e. — 4. Marta. — 5. Otollo. — é. Haruro. — 
7. Bayo. — 8. Uba et Gezzo. — 9. Baca. — 10. Zayse. — 1 1. Zar- 
giilla. — 12. Dombya. — i3. Balta. — 14. Wusamoa. — 15. Koyra. 

— Kiisa. 



Walagga. 2o3 

319. Walga et Bo) ora. 

'Ali Miiz [gros marchand de Darita] me dit ce qui suit : «Le Borora 
est plus grand que le Wal^a. La source du Gîbe de Lofe est dans la 
terre de Gambo et sa distance à la maison de Dïlbo est moindre que 
de Saqa à la source du Gïbe de Inarya, mais pas beaucoup moindre. 
Comme je lui parlais des M^* Balballa et Sagal manne, monts que 
du reste \Ali Miiz paraissait ne pas connaître beaucoup, il me dit : 
La source du Gïbe est sur le revers méridional de ces montagnes 
et sur le bord de Terme de Sibii. •> 

320. Walagga; 2e Kaffa. 

Selon Norah [chrétien Gojjame qui m'inspirait de la confiance] : 
«Le Ttiâ-esa passe entre Jïmma Hïnne et Sibii : un peu au-dessus il 
reçoit le Wama dont le Urgesa est un affluent. Le Leqa occidental 
est voisin de Afîllo dont il est séparé par une profonde rivière (le 
Bîrbïr) — (je ne crois pas ceci). Walagga confine à Jïmma Hînne 
du côté de l'ouest. Tout le Walagga est un pays très-peu sûr. On y 
tue tout étranger qui montre un objet de quelque valeur, même une 
toge blanche. Le meurtrier n'a ensuite qu'à parcourir une petite dis- 
tance pour entrer dans un pays différent où il est à l'abri des pour- 
suites. Cet état d'insécurité est la principale raison qui empêche les 
marchands du Sannar de pénétrer jusc^u'à Inarya. A l'ouest des 
Snipro est un deuxième Kaffa (sans doute les Ixig de Nalle) qui n'a 
de commerce qu'avec les Arabes. Un marchand de Gondar tenta d'y 
~ pénétrer, mais dès qu'il fut entré dans le qella on massacra toute la 
caravane sauf un enfant que le roi de Kaffa Sidama racheta pour 
deux pièces de drap rouge. Cette caravane avait passé par Saqa pays 
qui n'acheta rien aux marchands et ne leur vendit rien. Sayo ou Sibu 
est le Rebix des gens du Sannar. Avant de pénétrer dans Sayo ces 
marchands passent Jerjeda pays Oromo mais non fils de Sibu. Les 
nègres tuent souvent les Arabes en route, ce qui explique le peu de 
développement du commerce de ce côté là.» 



2 oA Basket a. 



321. Amara chez les Oromo. 

«Le Ras Fasil ayant pénétré jusqu'au M^ Amara y fit le tas de 
pierres qu'on y voit encore. Tullu son Jît nmrari (général d'avant- 
garde) ne s'arrêta qu'au lac Culalaki dans Inarya et fut enveloppé 
par les Oromo à son retour. Un grand nombre de ses soldats resta 
auprès du Lagamara, et s'y établit, ainsi que dans Jîmma Huine. 
Les deux Jîmma ont conservé de ce mélange une grande supériorité 
sur leurs voisins et se battent, comme le Gojjam, en revenant à la 
charge à plusieurs reprises, tandis que les autres Oromo se battent 
comme des voleurs et s'enfuient au premier choc. Il y a deux ans 
on avait dit que les Limmu avaient battu Jîmma Hïnne, mais ils 
n'eurent affaire qu'au qiialla de ce pays guerrier.» 

322. Sîdama. 

«Avant la conquête des Oromo, le Gudru était peuplé de Sîdama 
qui tenaient marché avec le Gojjam dans le qualla de Mîju où l'on 
voit encore les pierres rangées sur lesquelles on posait les marchan- 
dises. Comme les querelles étaient fréquentes entre les deux peuples 
on convint de part et d'autre de ne porter que des rotins au lieu de 
lances. Au bout d'un temps indéterminé les Sîdama cachant les fers 
de leurs lances sous des peaux se rendirent au marché et tuèrent la 
plupart des Amara qui devinrent alors dina [ennemis mortels] pour 
eux. Le secours du Gojjam manqua ainsi aux Sîdama quand les 
Oromo se montrèrent en venant du côté de l'Est par le pays dit 
aujourd'hui Liban. Les Sîdama dès lors se retirèrent vers Inarya. 
J'ignore si les Gonga sont un reste de ces Sîdama. y> Sur ma demande, 
Norah convint que les Oromo de înarya et des royaumes voisins 
sont largement mélangés de Sîdama pauvres qui aimèrent mieux se 
soumettre aux vainqueurs que de s'expatrier. 

323. Basketa. 

Kusa me raconte ce qui suit : «Je sais que les Basketa parlent 
une langue différente des Dokko et que la langue de Otollo n'est 
qu'un dialecte Dokko ou Daxvrua. J'ai entendu parler les gens de 



Omo et Gojab. 205 

Ara, de Gezzo et de Zayse et leurs langues s'éloignent de tout ce que 
je connais. Les CaraKiica qui vivent entre Gobo et les Suwro, parlent 
un idiome entièrement à part. J'ai vu des Baca rouges, mais il y en 
a aussi qui sont tayrïm. Leur barbe est longue de plus d'un palme. 
Je n'ai pas ouï parler du pays d'hommes très-petits, ni d'un pays 
Sîdama ou Dawnui à l'ouest des Sinvro.y 

324- 

D'après Wandupo, les Ga-{ainba ou Haritro et toutes les peu- 
plades voisines pratiquent la circoncision. Les frères utérins et par 
suite les frères germains n'épousent pas la femme d'un frère défunt : 
mais les frères consanguins pratiquent cet usage (juif). Le testin mor- 
tuaire est connu comme partout en Ethiopie. Quand un fils a ac- 
compli ce devoir pieux, chez les Ga:[amba, il croit s'être approprié 
l'âme de son père laquelle fera corps ensuite avec ses descendants. 
(Ce n'est donc pas pour les prières des convives qu'on fait ce festm 
et il se pourrait que cette dernière idée ait été introduite en ?:thiopie 
par le christianisme.) 

325. Borora, rivière. 
Gabbo, cité plus haut au n^ i8é, me dit ce qui suit : «Le Borora a 
plus d'eau que le Walga mais pas beaucoup plus. Je ne connais pas 
le Kulîti. Abso, que j'ai visité, envoie un affluent à la rive gauche du 
Borora, mais cette rivière affluente étant très-petite j'en ignore le nom. 
Je ne sais quels sont les affluents de rive gauche en aval. La langue 
de Xaka est différente du Janjïro. Sahla Sillase, que les Oromo 
nomment Xaklu, a soumis à peu près tout le Tidoma. La source du 
Wabe est dans Abxo, mais je ne l'ai pas vue.» 

326. 0)110 et Gojab. 
Selon Abba Dulla : « Je suis allé il y a longues années chercher 
dans Kiillo la femme de mon roi. Le Omo est beaucoup plus grand 
que le Gojab, est profond et a un cours uni. Le Gojab a des eaux 
tumultueuses et est peu profond.» 



2oé 



Omo et Gojab. 



327. Les deux Gïhe. 

Isa Abba Magal m'a donné les routes ci-contre: 

o. Jïreii. puis il ajouta : --Dogoso est o. Saqa. 

t. Dogoso. un palais du roi ^/'/'(^Ji/ara. i. Miirkuz. 

2. Dïki. Tora est une tribu à part. — Dimtii, R. 

3. Tora. Dans Botor on dort chez 2. Boka. 

4. Botor. Boko, puis on traverse les Gïbe Inarya. 
Gïbe réunis. Gïbe réunis que d'autres 3. Xunqi. 

5. Mîgira. nomment Borora. Mîgira Gïbe réunis. 

6. Morka. Qslde\a.tnhu Nonfw. Morka ^.Mîgira. 

7. Yanfa [Fallej. et Yaiifa sont fils de Hani- 5. Nanno. 

maya.y> 6. Walga, R. 

«Le Gïbe de I-o/e est plus grand que celui de 7. Walïso. 
o. Tora. Inarya là où il se joint à ce 8. Tiiloma. 

\. Dadale. dernier près du M^MeiO dans <). Abso. 

2. Xaka. la terre de Halelii.» 

3, 4, 5, é ... . « Voici enfin un itinéraire de lora à Abso. La 
7. Abso. 3*^ nuitée est sur la frontière entre Xaka et Abso.» 

328. IKï/ira et Kulïti. 

« Le Kulïti se joint au \V'''<:T/i,'-cT iqui lui est un peu inférieur en vo- 
lume d'eaux) en amont de la jonction du Walga et du Borora. Le 
Kulïti ainsi que le Walga coulent à l'Ouest du M^ Bïddo. A l'Est de 
cette montagne il n'v a pas de rivière un peu considérable.» 

329. Omo et Gojab. 

Selon Burïe : « à la jonction du Gojab et du Omo ce dernier est le 
plus grand et coule plus lentement. Le Sauna, petit affluent du Ujiia, 
sépare Danta de Walamo. Il n'y a pas de rivière entre Kambat et 
Walamo. Il n'y a pas d'affluents un peu notables du Borora en aval 
de sa Jonction avec le Walga. (Ceci contredit Hora, mais ce dernier 
questionné une deuxième fois ne donna pas du tout les mêmes ren- 
seignements que la première.) 



Walis 



207 



330. Borora et Walga. 

D'après Sej^d Arbiik : « Le Borora est plus grand que le Walga. 
Le Gîbe de Loft est, je crois, plus grand que celui de Ijiarya.» 

331. Sources du Gïbc de Inarya. 

Hora Abba Waj affirme que le Gïbe de Inarya se forme de quatre 
affiuents tous dans la forêt de Babya : 1 ° le Bore (ou nom analogue) 
le plus à l'Est; 2° le Gîbe, le plus court des quatre; 3° le Fintîrre 
plus long que les deux précédents, 4" le Dïggc (ou nom analogue), 
le plus à l'ouest, ce dernier étant à peu près aussi long que le Fintîrre. 



332. Bexîg. 

Acîne, Gimira Xe, me dit par interprète qu'il o. Bexîg. 

faut 6*5 Journées pour aller de Bexîg (lieu où 1. Xackag. 

demeure le roi des A'e) jusqu'à la source du Gq/âè 2. Wa^i, marché, 

(dans Geseraso). 3. Opa Kec kato. 

Le nom de Qpre où l'on passe la 4'^ nuit 4. Qpre, R. 

signifie «sorcier». 5e.vr^ est selon Acîne au sud 5. Yite, marché, 

de Bonga et à 4 journées en été ou 7 en hiver. 6. Gomar. 

'/a Geseraso. 

333. Borora et Walga. 

D'après Taivakil : « Le Borora est plus petit que le Walga, mais 
les deux Gîbe réunis, que je ne sache pas s'appeler Borora, ont plus 
d'eau que le Walga. y> 

334. Walïso. 

Isa me dit que : «Vu de Saqa, Botor est à l'Est. Agabja vient 
ensuite, puis Dadale, puis Walïso, pays Ylmorma fils de Maïa. Da- 
dale est borné de chaque côté par des wïd^na (déserts complets qui 
l'ont toujours été) et non par des rivières. Le Dokono coule au 
milieu de Dadale : c'est une rivière de peu de volume et qui se joint 
au Borora.» 



2o8 Makan. 

335. Mensonges? 

Revenu chez moi, Hora n'a pu répéter les noms des affluents 
nommés au n" 286 et qu'il avait peut-être inventés comme prix de 
ma myrrhe. Il affirme ce qui suit ; 

« Abxo se bat contre ïnnamur QlXaka. Agabja, nom de terre jadis 
occupée par les Nomio, l'est aujourd'hui par les Hammaya fils de 
Liban. De Migira à Abxo, il y a 4 journées : de Tora à Abxo é jour- 
nées (probablement en passant par Migira).-» 

Selon Geldefa que le roi Abba Bagibo avait appelé comme con- 
naissant la source du Gïbe, cette rivière a 5 petits affluents : le Dobbi, 
le Kabayiaipa, le Fîntîrre, le Bïddo et le Bora ; ou plutôt, Dobbi est 
le nom du rocher qui dans la terre de Bïddo donne naissance au 
Gîbe. Du qella à Dobbi il y a 2 heures en ligne droite, mais beau- 
coup plus à cause des détours qu'on fait dans la forêt. 

336. Makan. 

1 84e : janvier 1 3. Au dire de Nulle, femme Makan de teint tayyïm, 
que je faisais causer tout en écrivant des mots de son idiome : «Les 
Bayti et les Gala parlent la même langue. Je ne connais pas de peuple 
qui se nomme Baca. Tous les esclaves qu'on possède chez les Smuro 
viennent des Sidama. Les gens qui mangent la chair crue chez les 
Makan (ou Suwro) sont en très-petit nombre et ceux-là seuls ont le 
ver solitaire. Ils usent pour cette maladie d'un remède végétal inconnu 
chez les Oromo. » 

« Chez nous on boit le café dans des coupes en poterie très-petites. 
Cependant les Gala et même les Ixig nous portent quelquefois des 
tasses à café en porcelaine. On se rase la tête quand on a perdu un 
proche parent. On mange principalement le maxîlla (sorgo) soit en 
pain soit en bouillie et avec du lait. » 

« Les Xabal parlent makan et sont au S. E. de Olku. Ktikit, pays 
Makan aussi, est un peu au N, de la route de Olku à Bara. Biakorda 
un peu au N. de Kiikït parle une langue à part que je crois être le 
sîdama. Gongiil est au S. O. de Olku. Turïurra est à 4 journées de 
femme ou 3 journées d'homme en partant de Olku dont il est séparé 



Usages Makan. 209 

par un erme et une grande rivière. Il faut se faire accompagner dans 
cet erme, car il est dangereux.» 

« Les vaches Suji'ru sont petites, aux grandes cornes, et cependant 
elles ont plus de lait que celles des Oromo. Les Makan sont musul- 
mans ou chrétiens, mais ces derniers sont plus nombreux. Les ven- 
dredis, samedis et dimanches on ne laboure pas. Les vendredis et 
dimanches on jeûne jusqu'au coucher du soleil. Le vendredi on ne 
vend pas, on n'a pas de conférences, on ne se fâche pas contre les 
domestiques. On ne se lave le corps que les jours de travail. On ne 
mange ni poule ni chèvre chez les SuTPro. On y invoque MARIE.» 

« Les Boqol parlent makaji : ils sont au-delà des Txîg et au sud. 
Cïnn (non Icïrm) Mala et Qaxa parlent makan. Les Bayti et Gala 
parlent une même langue.» 

«Chez les Makafi les esclaves sont habillés comme les maîtres. 
On a une grande fête à la nouvelle Lune. C'est lorsqu'on se marie 
seulement qu'on choisit les mize et au nombre de 4. — On coupe 
la luette chez les enfants [ce qui prouve que sa croissance exagérée 
sévit là comme dans l'Ethiopie du Nord]. — On porte des citrons 
de chez les Suwro jusqu'en Kaffa. Les miroirs nous viennent de 
Qaxa, Kîrîm, Mala, Bayti, etc. Les Kîrîm sont sur la rive gauche 
du Paco et parlent makan.-» 

«Kîrîm et Malafs.J sont magala c'est-à-dire tajyyîm. Ils sont pour 
la plupart petits, bien qu'il y ait parfois là des gens de taille élevée, 
mais ils n'atteignent jamais celle de 1*75 mètre et ils ont des cheveux 
blancs sans grandir. Cependant ils sont vigoureux et se battent bien. 
Les Bajyti sont rouges et de taille ordinaire. Ils ont barbe et mous- 
"taches ainsi que les Gala. Leur accoutrement consiste en un turban, 
une lance, un bouclier large d'une coudée et un long poignard comme 
les Oromo et les Sîdama.» 

337. Usages Makan. 
« Les Makan n'ont pas de poignard et n'émasculent pas un en- 
nemi mort. Ils ne connaissent la lèpre que par les esclaves ou réfu- 
giés Sîdama. Ils n'ont pas d'ânes. — Les tasses à café en porcelaine 
sont si rares que lorsque les femmes du roi vont faire des visites, elles 

14 



2 1 o Gïbe. 

portent chacune sa tasse attachée au bras droit. Nous laissons aux 
enfants une touffe de cheveux longue et étroite partant du front jus- 
qu'à la nuque; nous regardons cette touffe comme une sauvegarde 
contre le mauvais œil. Les filles n'ont pas de droits dans la succession 
de leurs pères à moins qu'elles n'aient un enfant mâle. Ceux qui ne 
mangent pas de viande crue ou qui en mangent très-peu n'ont pas 
le ver solitaire. — Les ombres des Suwro morts viennent la nuit, 
font le café, égorgent des bêtes et parlent dans la maison. — Il y a 
beaucoup de chats domestiques, mais pas d'ânes.» 

338. Source du Gojah. 

Ahba Morqe, interprète en chef pour la langue sîdania ou ka- 
facco, m'a donné un renseignement qui met d'accord toutes les con- 
tradictions sur le lieu de la source du Gojab. Ce lieu était Jadis dans 
Kaffa jusqu'à ce que le roi Beddo en eut fait un erme lorsqu'il dé- 
truisit complètement Gukba. Après un long intervalle, le roi actuel 
étendit son qella au N. de cette source afin d'y faire de temps en 
temps des sacrifices. 

339. Tributaires des deux Gîbe. 

\. Amara. i. Ebica. Isa AbbaMagal,déya. cité, 

2. Waddesa. 2. Qolati. a été reconnu pour un men- 

3. Tarsaa. "h. Laga Lola. teur. Cependant les menteurs 

4. Wandinag. 4. Baddesa. disent parfois la vérité et à 
^. Bokojiu, ^. Agamsa. défaut d'autre informateur Je 

dans Un. 6. Tîrgi. transcris d'après lui les af- 

é. Godi. 7. Dimtu. fiuents des deux Gfèc. On voit 

S. BaltoWaddesa. ici que celui de Leqa a six 

9. Alaltu. affluents et que celui de tna- 

1 o. 2'^ Alaltii. rya en a 14 sans compter les 

1 1 . Baco. tributaires qui coulent dans 

12. ■2'^ Baco. înaiya même. (Je crois qu'il 
i3. Laga Biina. faudrait ajouter le Alanga 
14. Golu. aux tributaires du Gîbe de 

Leqa.) 



Ixîg. 211 

340. Busiinkullo, rivière. 

Selon un messager, venu de Walamo et de Tiifte après un séjour 
de trois ans : <.<.Tufte est Oromo borana (O)'omo pur ou noble) quoi- 
que ne parlant pas oromo. Tufte est traversé par le Busiinkullo 
rivière fort grosse mais moins que le Onio auquel elle se joint. Une 
chanson ^/worwa, populaire en Jïmma, dit que le Busunkullo a 
des eaux noires (pures).» 

341. Sanna. 

Burîe dit que l'embouchure du Sauna dans le Uma est à une demi- 
journée en aval de la jonction du Gojab. 

342. Gué du Gojnb ; Dokko. 

Selon Obse : « La largeur du Gojab au gué de Kullo est d'un très- 
fort jet de pierre. En janvier 184e, l'eau n'y atteignait pas le genou.» 
Les Tufte se battent quelquefois contre les Walay:ia en traversant 
Terme qui sépare les Tambaro de Kullo. 

«Les Dokko portent de belles toiles au marché de Turïurra, mais 
ne laissent pas entrer chez eux les marchands de Kullo.» 

343. Ixïg? 
Deuxième interprète Limmu pour la langue kafacco, Kasïm abba 
Magal dit que le pavs froid à l'Ouest des Gimira est Kaba (et non 
Kaffa) et parle une langue voisine du dawro. Il paie tribut à Kaffa. 
Selon Acïne, il se nomme Gaba^ est plein d'orge et d'épeautre et 
d'hommes rouges ; ses habitants parlent ?iao et xe. D'après Kasïm, 
les Gala ont un roi, sont musulmans et trafiquent avec les Suwro 
qui sont Amara [chrétiens]. Il y a dix journées de Turïurra aux Gala, 
selon le messager de Gobo. La moitié des Ma^e Malea est de grande 
taille et l'autre moitié haute de i-3 mètre même après avoir atteint 
un âge avancé. 

344. Somali? 

Le messager de Tufte me parla du pays musuknan de Nurobsen 
à l'Est des Oromo Arusi et d'un peuple par là qu'on dit teindre leurs 

H* 



2 1 2 Gimira. 

cheveux en rouge (Somali). A l'Est des Ariisi, fils de Garnïmia frère 
de Raya, est un pays de Sïdama dont cet homme ignore le nom 
national. Les Garjcda près les Arusi sont des Ylmorma (Oromo). 

345. Gimira. 

Nad ou /ic-i'/ze le Xe dit : «Nos 4 langues Gimira sont : 1. des 
Kaba; 2. celle des Nao\ 3. l'idiome des A'e parlée aussi par les Ixetio, 
Mawo, Bello, Goto et Yayno; 4. la langue de Xara parlée aussi 
par les Mera , Xaka , et Bannïxa. Xara est seul indépendant de 
Bonga, et obéit au roi Koyno ab qui gouverne aussi Xaka. Les 
IVo^o parlent sïdama et ne sont point Gimira. Seka ou A'eA'^ qui 
est indépendant parle un dialecte sïdama : dans sa langue harra 
signifie «parle». Bîrbesïs est le ïraxo [Ras ou chef] des Mawa, 
Ecegiic Gayro celui des Bello, et Bux celui des Goto. Les autres 
Gimira tributaires de Kaffa sont gouvernés par des rois. (C'est là 
sans doute l'origine du dicton qu'il y a un pays de sept rois au-delà 
de Kaffa.) Voici leurs noms pour 1845 : 



1. Ojol 


Roi 


des Nao. 


2. Mawt 


» 


» Xe. 


3. Kays 


» 


» Ixeno. 


4. Saleh Muz 


» 


» Yayno. 


5. Kabo 


» 


» Bannïxa. 


é. Zil 


» 


» Mera. 


7. Maxnïg 


» 


» Kaba.» 



Nad fait les Kaba (ïxïg des Makanj tributaires de Kaffa et cela 
s'accorde avec la nouvelle que le fils du marchand de Gondar, tué 
en allant à Kaba, fut réclamé par le roi de Bojiga pays où il vit en- 
core. Bogeg est le beau-père du roi Maxnïg. De Bannïxa à Xara 

il y a deux journées. 

346. Walagga. 

D'après Abdi Garbi : « Mon pays est celui des Atina. Anna fils de 
Bu-no, fils de Tum-e, fils de Kiira, fils de Maïa, fils de Raya. Mon 
pays est à trois jours de Gariiqqe, à deux jours de Sayo et à une jour- 



Gala. 2 1 3 

née de Xorro Galat. Sayo est à deux journées du pays des Turcs 
(Fa Zoglo?) A travers les Yambo qui ne molestent pas les marchands; 
mais le typhus tue les hommes et les ânes, et le gandi {^al:[alya de 
Bruce) tue les chevaux. En allant de Anna à Sayo on foule d'abord 
la terre occupée par la tribu de Darimu, hls de Dalle et d'une es- 
clave, puis Haro, gens Oromo qui se battent contre les Yambo. Le 
T)ïâ-esa coule entre Jïmma Hinne et Bu-no. Jîmma Hînne fait 
aujourd'hui la guerre contre Leqa. Les Haro vont acheter des filles 
esclaves au marché de Bïlo dans Leqa (près le Gïbe) et les revendent 
aux Yambo à 400 sels par tête. Le Wama sépare Leqa de Jîmma 
Hînne. Il n'y a pas de rivière entre ce dernier pays et Sibu.-» 

347. Gala. 

Selon le messager de Gobo les Gala sont à dix journées de Tur- 
turra. 

348. Source du Gîbe de Leqa. 

184e : février 11. îrge fils de Jaba, fils de Di7isa, fils de Anno, 
fils de Bara, fils de Gîro, fils de Gom-e, fils de Dîddu, fils de Baâ-o, 
fils de Guto, fils de Tibbe, fils de Horro me dit : «De Barakat à la 
source du Gîbe de Leqa il y a une petite journée; de cette source à 
Sagal marme une bien forte journée. J'ai vu la source : elle est dans 
un erme et près de Sibu, plus loin de Jîmma. Risa Qito est le gofta 
(seigneur) dans Haratu près Sagal marme dans Gambo. Les fils de 
Fasîl vivent dans Gannate. Cette source du Gîbe est un étang de 
500 pas de large, profond dans un endroit, ayant très-peu d'eau dans 
l'autre et s'accroissant ou diminuant selon les saisons. Ses rives 
forment une prairie sèche (goda) et il n'y a ni rocher ni marais ni 
colline dans les environs.» 

349. Mann a. 

Seyd Warj me dit : «Manna est le nom d'un district dans Jîmma 
Qaqa; là est situé le palais de Kîftan». (Noter cela en déduisant la 
position de Woxo de sa distance à Saqa.) 



2 14 



Ara. 



350. Konta. 

Kabe est le roi de Konta (Gobo probable^ient) et son frère aîné 
Ogo est exilé dans Kiillo. Toggo, frère de Kabe, règne dans Kqyxa. 

351. Omo et Gujab. 

Au dire de O&se : « Le Uma est tellement large qu'on le franchirait 
à peine avec la pierre lancée par une fronde : en été on a de l'eau 
jusqu'aux seins et le trajet est si long qu'on sue en traversant. Le 
Omo est fort large ; on le traverse à gué à Puxeria. Ses eaux coulent 
plus lentement que celles du Gojéib et sont bien plus abondantes car 
le Omo reçoit toutes les eaux d'un vaste pays. Celles du Gojab sont 
si rapides au confluent qu'elles repoussent vers la rive gauche le 
courant du Omo. » 

352. Tiiloma. 

Une esclave venue en dot de Kiillo me dit : «Je suis Baco (en Tii- 
loma) qui a le même marché que Soddo. Les gens de Xhva me 
prirent et me vendirent à Absala pays à côté de Xaka. De là on 
m'envoya par Urbaraga en Kambat d'où je m'échappai pour Wa- 
lamo où je fus heureuse. Mon père se nomme Oborra Tiike Wada 
Hefo. 

353. Hînnamiir. 

Des marchands venus de Xïwa me dirent qu'il y a aujourd'hui 
(avril 1) une guerre des plus vives entre Xaka et Hînnamur (par 
conséquent ces deux pays sont voisins). 

354. Ara. 

Selon des Omate [indigènes de Kullo], il y a 4 journées de Gozo 
(Kullo) à Ara et deux journées de Woxo (Walamo) à Ara. 

355. Source du Gîbe de Leqa. 

Lofe 184e : avril 23. Selon Gullo abba Kanfe : la Gïbe de Lofe 
est la mère : celle de Inarya est la fille ; à la jonction, cette der- 
nière est la plus petite. La source de la Gïbe de Lofe est dans la 



Argobba. 2 i 5 

montagne Jarre à deux journées du M^ Kunc. De ce mont à Bara- 
kat, il y a une demi journée. Le M^ Jarre est un désert infesté par 
les Sihu et sur le territoire de Gudaya Jïmma. Cette source est une 
prairie marécageuse (caffej près le W Jarre (qui est je crois la longue 
montagne relevée au tour d'horizon 225, 9 [voyez Géodésie d'Ethio- 
pie, page 218, n" looj. La montagne à deux pointes serait alors le 
M' Egu en Sibii, mais je n'affirme pas tout cela). 

356. Mt Bïdo. 

En Lofe on appelle Jibate un mont que je crois avoir relevé de 
Saqa sous le nom de Bïdo. 

357. 

Jibril venu avec nous en Lofe me donna cet itinéraire qu'il a 
suivi de Jîren à Argobba. 

0. Jiren. 9. Andode chez Xaqéito. 

1. Chez Gabbara abba Gole. 10. Rogge. 

2. Abbalti, désert. 11. Golba. 

3. Agabja. 12. Qîlen'an. 

4. Hammaya, chez Bi?ine Ode. i3. Baqqe. 

5. Wtî/f^o chez Gada Jimale. 14. Angolala. 

6. Soddo, désert. 15. Caka. 

7. Gonan chez Qalate Giito. lé. Argobba. 

8. Hawas, chez Ji/o Rammo. 

Entre Gabbara et Abbalti on traverse le Borora qui est beaucoup 
plus grand que le Walga; on traverse ce dernier entre Abbalti et 
Agabja. Entre Hawas et Andode, et plus près de ce dernier, on 
traverse le Hawas qui est là misérablement petit. Andode et les 
stations suivantes sont sous la dépendance du roi de JÇTw'ft. 

358. IV-^/^cT. 

Se;'rf \Ki?/y me dit que le Walga se voit de chez Yanfa et non de 
chez Morka; il coule par conséquent à l'Est du M* Jibate et non à 
l'Ouest. Le M^ Bïdo, origine des Nonno, est au-delà c'est-à-dire à 
l'Est du M' Jibate. 



2 1 6 Gîie de Inarya. 



359. Source du Gîhe de Leqa. 

Adami, 184e : mai 5. Selon A^z/rz^ y4i»ia Ali : «Je suis natif de 
Lofe et j'ai passé ma vie à aller et à venir dans tout le pays situé 
le long du Abbay depuis les Gonga jusqu'au Tuloma. En suppo- 
sant qu'un piéton parti d'ici (Adami) pût suivre les ermes il arri- 
verait aisément en un jour jusqu'à la source du Gïbe au pied du 
M^ Jarre dans un erme entre Sibii et Gobbo, ce dernier pays étant 
plus près de nous que Gambo. La source est dans le pays de Gudaya 
Jïmma.» 

« Ce Gîbe est plus gros que le Alajiga rivière qui vient de Talliha. 
A sa jonction avec le Gibe de hiarya ce dernier a moins d'eau et 
un cours plus rapide. Les eaux du Gîbe de Lofe (nom de terre) sont 
plus abondantes et beaucoup plus lentes. Sa source n'est pas à une 
demi-journée de Gambo.» 

^<La route ci-contre que j'ai faite donne la distance de chez Gondal 
[Incînni] jusqu'au Xui^a en la continuant par l'itinéraire de JîbriL 

(Sauf le dernier nom tous les autres sont 

0. Gondal Waqo. . , ,, , 

ceux des braves que 1 on prend pour patrons, 

1. Bagaga, beau-ïrère . , ^ 

car dans le pays Uromo on connaît rarement 
du précédent. , , , \ 7^ ,, ,-, rrn 

le nom de la terre). «Dubbe Unne tl Hinâe 

2. Dubbe Oiine. , , r v r't. , , . • . , 

sont des cnets de labo pays chrétien qui a des 

3. Hînde. , .. . , ., , , 

églises et des matab ; il parle une langue à 
A. Gudata Hadado. " , ^ , nt 

part ( Gurage sans doute.) Les n'^* 4 et 5 sont 

5. Galato Gute. , ^ , ^ , , , , , 

dans liiloma Soddo, et le n*' 5 est au marche 

6. Aïpas ou Andodc. ,,>,,, . ■. , 

de boddo. Awas et Andode sont tout près 

l'un de l'autre, sont Oromo et font partie du Xïipa depuis quelque 
temps. Le Tuloma est actuellement tout entier gouverné par des 
mïsïlene (lieutenants) du roi de Xîipa. Si l'on partait de chez Yanfa 
[Falle] on atteindrait également Tuloma en quatre journées.» 

«Le Walga coule à l'Est du M^ Jîbate, est très-rapide et n'a d'im- 
portance qu'en hiver. En été il y a à peine un décimètre d'eau, et 
cette rivière est toujours plus petite que le Gîbe.-» 



Glbe de Kaka. 2 1 7 

360. Affluents du Gihe de Inarya. 
La liste des affluents des Gïbe donnée ci-dessus au n*^ 339 n'est 
pas exacte. Les voici d'après Seyd Arbtik, qui compte lé affluents 
assez gros pour arrêter ou gêner du moins notablement un piéton 
dans le fort des pluies étésiennes : 

Gîbe Yatu. 

rive droite. rive gauche. 

1. Gîbe Getia. 1. foqossa. 

2. Indiris (pont). 2. Bambani. 

3. "Dîbbe. 3. Waddesa. 

4. Guâaca. 4. Tirgi. 

5. Akukku. 5- Fïdo. 

6. Guâaca (2^). 6. Qplati. 

7. Bîlbïla. 7. Gorff. 

8. Z)»/a Z)z//a. 8. i?a/^o. 

Le Gîbe Yatu est le courant principal et a sa source dans Babya. 
Le 2'^ Guâaca se nomme aussi Alaltu et reçoit le Bore. Après sa 
jonction avec le Gîbe la rivière réunie se nomme Baco. Le Bîlbïla 
et le Dula Dula coulent dans Doranni. 11 manque encore, selon 
Ahmado, deux des quatre affluents qu'il a traversés dans Doraivii. 

Sur la rive gauche le Mayye est un affluent notable du foqossa. 
Le Bambani se nomme Qaqa dans le bas de son cours. Le Lola se 
joint au Fîdo. Le Agamsa est très-petit et le Dimtu est le petit dé- 
versoir d'un ambo (source gazeuse). Le Godi coule dans Lofe et le 
'Balto dans Bîlo. 

361. Gîbe de Kaka. 

Selon le même 5<rrti? : «Le Abbono se joint au Gi'èe de Kaka : 
11 V a dans le Gîbe de ATaAra un ambo (source saline) à huit trous 
qui bouillonne à travers les eaux courantes du Gîbe. 11 se nomme 
Bulbul. Bulbul est aussi le nom d'un ruisseau à part qui se joint à 
ce même Gïbe. De Jîren à l'embouchure de ce Gïbe (qui se nomme 
aussi Kusaro) il y a 4-3 journées c'est-à-dire un peu plus de 4 jour- 
nées. Ce désert est un lieu limitrophe de Botor, Agabja, Tufte et 



2 1 8 Gîbe de Leqa. 

des Yamma owJanjîro. Au-dessus du confluent le Borora se nomme 
Tamsa. Le Gïbe de Kaka est plus grand que celui de Limmu. 

Kata est une rivière dans Gabba et a un cours très-rapide. Au gué 
de Agabja le Borora a 70 mètres de large, o-s"'' de profond et un 
cours lent.» 

Une lettre de mon frère m'apprend que le lé mai 1846, au gué 
entre Lofe et Garjeda le Gïbe a un lit étroit et profondément creusé 
(comme je l'ai observé près Barakat), et que sa largeur est de 27 bons 
pas (ce que j'estime à 18*9 ou 19 mètres). Pendant la moitié de la 
traversée l'eau avait 0-84"^ (hauteur de l'aine) et le cours était lent 
(ce que j'estime à deux nœuds. Le produit de ces 3 chiffres est 3o 
en prenant o*8 pour la profondeur moyenne). 

Au gué de Doranni mon frère en traversant les deux Gîbe réunis 
vers le 7 décembre, presque au plus fort de la saison sèche, estima la 
largeur de la rivière à 50 mètres, la hauteur de ses eaux à 0-7"^ et leur 
vitesse à 3 nœuds. Le produit serait 1 05. Ma donnée pour la vitesse est 
le fait que l'eau montait en jaillissant près des jambes des voyageurs 
qui en arrêtaient le cours. Ceci peut même faire supposer 4 milles à 
l'heure. 

362. Affluents du Gïbe de Leqa. 

D'après Nuro abba Kuli voici les noms des 15 principaux af- 
fluents du Gïbe de Leqa. 

rive droite rive gauche 

1. Jarti. 6. Waddesa. 1. Amara. 

2. Haraîigama. 7. Badas. 2. Sama. 

3. Tïmbako. 8. Dokonii. 3. Alaitga. 

4. Darole. 9. Godi. 4. Fato. 

5. Agamsa. 10. Ebïca. 5. Wandinaq. 

Le Bïrbïr est un affluent du Jarti. Les 3 premiers tributaires de 
rive gauche sont dans Leqa. Les autres sont dans Lofe. 

363. Notes. 

Le laga. (cours d'eau) Amara reçoit une autre rivière du même 
nom ainsi que le Sangota. Le Sama sépare Jïmma de Talliha. Le 



W(!f?ia. 219 

Fato qui coule dans Danno est plus grand encore que le Alanga 
comparé par quelques-uns au Gîbe lui-même. 

364. Affluents du Gïbe de Inarya. 

Aux affluents de rive droite du Gîbe de Limmii il faut ajouter: 
i<^ le Golu qui a sa source au M' Adaro dit Golu dans mes azimuts 
[Géodésie d'Ethiopie p. 189 a 4, etc.]; 2° le Biina qui est un torrent; 
3" le Baco qui est une forte rivière et qui descend aussi du M^ Adaro. 
Aujourd'hui 28 mai le Gîbe de Inarya est si plein qu'il a emporté 
un homme entre Saqa et Tînnîqe. Le Gaqama , tributaire de rive 
droite, coule dans T)uiso et est sans importance. 

Au dire de A7nana, messager de înarya, le Gîbe de ce pays est 
plus grand que le Gîbe de Leqa. 

365. Makan. 
Je crois avoir ouï dire que les Maxango se cassent les dents de 
devant et J'en aurais conclu qu'ils sont la même race que les Yambo 
ci-dessus décrits : mais Nad, qui a vu des Maxango, affirme qu'ils 
ne pratiquent pas cette difformité, mais que les Siiipro le font et 
trouent aussi leur lèvre inférieure, à peu d'exceptions près, ajouta-t- 
il quand je lui citais ensuite Nalle la Xiixi^ro. 

366. ^1^50. 

Abso ou Abxo qui contient les sources du Wabe est nommé Ha- 
diya par ses habitants. Le second Hadiya est un autre nom de 

Tuf te. 

367. Wama. 

D'après Wace, le Urgesa a sa source dans Nonno et se rend au 
Wama qui a sa source dans le daga de Leqa. Le Wama, affluent du 
T)îâ-esa, dessèche en été et a un cours si rapide en hiver qu'on ne 
peut le traverser que sur un pont suspendu. Leqa est un pays très- 
long et vaste. 

368. Xaka. 

Selon Nabiira : «Xaka est traversé par le Walga, est bien boisé et 
a des parcs pour la chasse des éléphants [■]. Ce pays a beaucoup de 
chevaux; ses vaches sont très-petites et à petites cornes.» 



2 20 Waraâ. 

369. Warab. 

«Cokolle est au-delà de Tîrgi. Galate Giite abba Ajpas est le 
lieutenant ou vice-roi du Tuloma. Ce dernier pays confine au Warab 
vaste plaine herbue sans pierre ni bois et qui a plus de dix milles de 
large. Inhabitée et dangereuse, elle confine au Aipas qui est là gros 
comme le Gîbe et à courant imperceptible.» 

370. Walga. 

Selon une lettre de mon frère : le Walga [sic] a sa source dans 
un lac du bas Liban et est beaucoup plus petit que les Gîbe réunis, 
mais a un cours plus rapide. 

D'après Seyd : « Le Walga est beaucoup plus petit que le Borora 
et en hiver il n'a de l'eau que Jusqu'au genou. Le Kiilîti est encore 
plus petit et est un affluent de rive droite du Walga. Le Wabe vient 
entre Xaka et Abso et se Joint au Borora à 8 ou 10 milles en aval 
de la Jonction du Walga et du Borora.-» Seyd affirma ceci malgré 
mes dénégations. «Aklit et Mohar sont voisins de Xaka qui est un 
pays chrétien, mais parle une langue différente de celle de Cabo. Ce 
dernier pays est plein de bois tandis que Tuloma n'a pas une bûche 
et tous les marchands Oromo s'en retournent du Tuloma quand ils 
ont fini le bois qu'ils ont porté avec eux. Baco, Moro (Liban) et 
Tuloma sont limitrophes du désert de Warab. Du côté de l'Est je 
ne connais pas ses riverains.» 

371. Source du Gîbe. 

Selon Knrii : « On part de Qitu (Qîto) pour le marché de Sîbu 
et l'on revient le même Jour. En allant, on laisse la source du Gîbe 
à droite et à peu de distance. De cette source à Qitu il y a certaine- 
ment moins loin que de Qitu à Adami.» 

372. Gué de Gamballa. 

Seyd me dit : « Le confluent du Ibsa et du Gîbe de Leqa est en 
amont du gué de Gamballa. En aval de ce gué est le Kîmso, ruis- 
seau qui sépare Sayo de Garjeda.» 



Calo. 



373. Affluents du Borora. 

«Le Warabesa a sa source au W^ Jïbate, est une forte rivière et 
se jette dans le Giigsa, après avoir séparé NoJino Agabja de Waltso. 
Le Tïrtîra est un affluent de rive droite du Walga. Dans la fourche 
entre le Walga et le Gugsa est le marché de Boror ou Borora. Le 
Walga est là sans comparaison plus petit que les Gtbe réunis. En 
aval du Walga il n'y a pas d'affluent notable jusqu'au Wabe qui a 
sa source en Abso et sépare ensuite Xaka de Dadale.» 

374. Tu/te. 

«Je ne connais pas les rivières de Tu/te. J'ai seulement vu ce pays 
de loin. C'est un daga plein de vaches, chevaux et ânes, et l'on n'y 
ensemence pas de céréales, mais les Tufte en échangent contre du 
beurre. En été le Omo est guéable devant Tufte.» 

375. Affluents du Borora. 

«Parmi les affluents de rive droite du Borora je connais en Cora 
1° le Egan, forte rivière, 2° le Waddesa (3'^ de ce nom), 3° le Tînfa 
et le Hîdda frontière de Botor et de Badi. Les Jîmma essuyèrent 
jadis une sanglante défaite sur le Hïdda. Le M^ Utubo est dans le 
désert entre .lïmma et Botor.» 

376, Cabo. 

« Dans Cabo, et moyennant un cadeau du voyageur, Siife Gudata 
fait proclamer que la mort de celui-ci sera regardée comme une cause 
de guerre avec les pays voisins et qu'on comptera son sang comme 
celui de Cabo. Dans ce pays on ne peut jamais changer le abban 
[protecteur] qu'on a une fois pris.» 

377. Source du Gibe. 
Selon Nuru : «De la colline noire dans le qualla de Jîmma (re- 
levée de Qîto) jusqu'à la source du Gîbe il y a loin comme de Adami 
aux monts Lammi seulement.» — Ceci est confirmé par Salban, qui 
nomme cette colline Goromti. 



2 2 2 Gimira. 

378. 

Le qallîca (devin) Honia est un menteur dit-on, soyez donc pré- 
venus. D'après lui « Cabo et Xaka sont tous deux chrétiens et de race 
Gurage; ils parlent la même langue que Abso. Ce dernier confine 
à Urbaraga. Au-delà sont les Ariisi qui ont le gada (constitution 
des Oromo), puis le pays de Jamjamtu (ou nom analogue) et celui 
de Nurobsen qui teint ses cheveux en rouge. (Serait-ce Ugaden des 
Somali?) 

379. Source du Gibe de Lofe. 

Adami, 1846 : juillet 17. Selon Salban : «La source du Gîbe est 
à 3 heures de route de Leqa et dans un caffe ou prairie inondée. 
Du M* Arîya au T)îd-esa, toujours dans Leqa, il y a 5 journées. Le 
désert de Fugugi sépare Jimma de Sibii, pays avec lequel ses voisins 
n'ont pas fait la paix de mémoire d'homme, sous prétexte que Sïbu 
n'a pas de foi.» 

380. Rivière Kafare. 

D'après Xad : «Je suis allé acheter avec mon frère près de la rivière 
Kafare qui est rouge comme du sang, fort grosse et coule lentement. 
Au-delà est un pays d'hommes tous rouges dits tantôt Okollo, tantôt 
Geli et qui se nourrissent de ïnsat. (Sans doute les Gala des Makan.) 
Bambit est un pays qualla à côté des Smvro et peuplé de nègres qui 
parlent maca. Il y a une eau salée près le Kafare. Entre le Kafare 
et le Hqyn, frontière des Smpro, il y a 3 rivières : le Unac, le Nam:{ 
et le Ganc. Le Nam:{ est tout près d'une saline naturelle traversée 
par un ruisseau si salé qu'on ne peut en boire : mais le roi de Kaffa 
a défendu d'extraire ce sel pour le vendre. 

381. Rivières des Gimira. 

Le ruisseau Xax va au Wayn qui va au Gacab qui va au Doma 
rivière aux eaux rouges et qui se rend chez les Maxango. Plus tard 
il se joint, dit-on, au Kafare (et peut-être au Baro). Le Yanb va au 
Kaxa qui va au Bajyn qui va au Xanac qui va au U^ar qui va au 
Bocar. Le Bocar est un lac d'eau douce dont on peut faire le tour 



Bask. 2 2 3 

en quatre Journées. Ses rives sont bien habitées par les Xe qui en 
occupent tout le pourtour, mais par superstition on ne boit pas de 
ses eaux. Le Bayn (qui va au Kaxi) a les eaux noires : toutes les 
autres rivières sont rouges sauf le Yanb dont les eaux sont blan- 
châtres.» 

382. Abso. 

Une vieille de Abso me dit : « Mon pays a plus de chrétiens que 
de musulmans : il y a aussi des Falaxa qui ont des livres à part. 
Wanbe, Abso et Hadiya sont trois pays voisins. Je connais Alaba 
(mais non Urbaraga), Hïnnamor, Xaxiigo, Aynnalal, Manqiiar- 
quar, Mohar, Damot et . . . qui tous parlent la même langue. Il y 
a un qualla chez nous. Notre Wabe se rend au Boi'ora.» Ce dernier 
renseignement fut confirmé par Abba Xiikote après qu'il eût bien 
réfléchi pour établir le sens du courant qu'il traversa l'an dernier. 

383. Hiéroglyphes. 

Selon Ahmado, les Bîlen écrivent en une sorte d'hiéroglyphes sur 
les sabres et les peaux et ont des livres différents de ceux des chrétiens 
Amara. (Peut-être trouverait-on là l'explication de la croix à anse au- 
jourd'hui perdue, mais qui existe dans les vieux manuscrits éthiopiens. 
M. Degoutvn m'a parlé vaguement d'une écriture en hiéroglvphes, 
quelque part au N. de Itnakullu.) 

384. Mont Mori. 

Selon le nègre esclave de Curqua, la source du Gîbe est au N. de 
la colline Mori dite par erreur Goromti dans ma carte provisoire. 

385. Bask. 

Au dire de Goxo : « La langue de Kuca est différente du dokko et 
du daturo : les Omate n'entendent pas un mot de la langue de Kuca. 
Les Bask ont aussi une langue à part et dans leur pays se trouve un 
très-grand lac (ce qui explique l'absence d'affluents de rive gauche 
du Fleuve Blanc de ce côté-là).» 



224 



Sayo. 



386. Tarv. 

D'après Abba Tullu : « Taw est le nom primitif de la terre de Lofe 
c'est-à-dire du pays borné par le Gïbe de Leqa et les M^* Kunc et 
Sadani. 

Le Wabe a sa source dans Abso à 4 journées de son embouchure 
dans Tuf te où on l'appelle Busonkullo. Cette rivière sépare Cabo 
de Xaka. Le Walga sépare Mara de Cabo. Jïle est le nom d'un 
pays Sîdama entre Soddo et Baco. 

Egan est le nom de la longue montagne (dite par moi successive- 
ment Adaro (nom faux), Golu, nom de la tribu voisine, et Negera, 
probablement pour Migira, nom de terre sur la rive gauche du 
Giigsa). Bola est le nom d'une longue et plate montagne à l'Est de 
Sigo. (Je l'ai peut-être relevée dans mon tour d'horizon 234 sous les 
n»^ 19 à 24.) 

L'adoption en suçant la mamelle est usitée en Kambat.» 

387. Abso, Wabe, Xaka. 

Selon un homme de Abso : « Le Danse est un affluent du Wahabe 
(c'est ainsi qu'il prononce). Les langues de Abso et de Cabo sont de 
la famille Gurage et très-voisines. Le pays Giirage est loin à l'Est. 
La langue de Hadiya ainsi que le pays même de Hadiya sont dif- 
férents de ceux de Abso. Sauf Xaxugo, Je connais tous les pays 
nommés (dans mon tableau des langues) et je connais en outre Gogot. 
Hadiya a des qualla et des daga. Je connais la rivière Marako; 
elle se dirige vers le sud. Abso est musulman sans aucun oromo : 
Cabo a beaucoup de chrétiens, mais encore plus de gens oromo. Je 
n'entends pas un mot de la langue de Xaka.» 

388. Sayo. 

Voici deux routes fournies par Abba Tullu et qui donneront à peu 
près la position de Gaco '. 

0. Barakat. o. Gombota. 

1. Dîgga. 1. Kabarîco. 



Afîllo. 225 

2. Hînne. 2. Baqale. 

3. Agata. 3. ii^o. 

4. Tiim-e. 4. Matii. 

5. Dabaso. 5. Qaro. 
é. Tadagara. 6. Gaco. 

7. Gaco. 7. Saj^o. 

8. Saj'o. 

La 2"^ nuitée est dans h qualla de Jimma Hinne. Agata près Tiini-e 
est sur le tf^^-a de Jîmnia Hînne. Le 2"^ Jour au matin on traverse 
le Wama près sa source. On traverse le T)îâ-esa à mi-chemin entre 
/4g-a^a et Tum-e. Entre ce dernier lieu et Dabaso on traverse le Z)a- 
^a7za affluent du Baro. De Tadagara à Gaco il v a une demi-jour- 
née. De Gaco à Sayo, très-forte journée. 

Dans le 2*^ itinéraire les deux premières journées sont dans la forêt. 
Y^nlrt Baqale et Bao est le Sanna qui coule vers la gauche; les 2^, 3*^ et 
4^^ stations sont des qualla. Entre Matu et Qaro est le Rîsa qui coule 
vers la droite. Qaro est un parfait qualla. Gaco est un daga. Sayo est 
au N. de Gaco dont le Birbïr le sépare ; il coule là dans un qualla 
pierreux. Saj'-o est à 1800 ou 1900 mètres de hauteur. A 2' 2 journées 
N. de Saj^o est le marché de Goji fréquenté par les Arabes. Cette 
dernière route est à travers le qualla. 

389. Afîllo. 

On voit par la première de ces deux routes qu'il v a 2 petites jour- 
nées ou une très-forte journée de Gaco à Saj^o en allant vers le N. 

0. Gaco. o. Gaco. 

1. Bïrbîr, R. 1. Qaro; q. 

2. Sayo. 2. Hurrumu ; w. 

3. (forêt). 3. Bao (centre); w. 
V2 Afûlo. 4. ^//e; d. 

5. Warqe; d. 

6. Baro, R. q. 

La lettre q indique un qualla ou pays dont l'altitude n'atteint pas 
1800 mètres, xi' indique un waynadaga ou terrain qui a de 1800 à 



2 2é Moca et Yaqama. 

2 200 mètres, d indique un daga ou pays plus élevé que 2200 mètres. 
Du Baro à Yaqama qui est un waynadaga il y a '/^ journée. Les 
habitants de Afïllo sont tous tayj'-ùn et depuis une dixaine d'années 
il ne vient plus d'esclaves de là. 

390. De Gombota à Yaqama. 
En allant de Gombota à Yaqama on traverse entre T)adale et Bao 
le Wîrgesa (ou Urgesa), grand affluent du Bîrbîr. 

0. Gombota; w. Le Bîrbîr esi plus petit que le i^aro mais est 

1. Kabarîco; d. beaucoup plus rapide et par conséquent plus dif- 

2. Yabakale; d. ficile à traverser. Sayo donne à manger si bien 

3. Kiira; w. et à si bon marché que la plupart de jeunes mar- 

4. 'Dadale; w. chands qui y vont y restent. Abba Tulhi y alla 

5. Bao; q. avec trois camarades et s'en revint tout seul de 

6. Warqe; d. peur de représailles de la part d'un mari dont 

7. Baro, R.; q. il avait fréquenté la femme. Afïllo est Sîdama 
'2 Yaqama. et parle une langue très- différente de celle de 
Kaffa. Son roi aime beaucoup les étrangers et les retient par force 
à moins qu'ils n'aient été envoyés avec recommandation par un chef 
influent de Sayo. Afïllo se bat contre ses voisins les nègres qu'on y 
appelle Maxango. Le pays abonde en serpents, aussi les marchands 
abandonnent aux naturels le soin de recueillir le coriandre qui y croît 
sauvage. Les Arabes ne viennent ni à Afïllo ni à Sayo. 

391. Afïllo et Moca. 

De Gaco à Afïllo il y a 3' 2 journées. De Yaqama à Afïllo 5 jour- 
nées selon mon ouï-dire, dit Abba Tullu : de Bao à Yaqama la 
route va au S. — De Yaqama à Moca, il y a deux journées à travers 
la forêt. De Moca à Kaffa (Geseraso), 3 journées. De Yaqama à 
Kaffa, 5 journées. 

392. Moca et Yaqama. 

Moca parle une langue sîdama différente de celles de Kaffa et de 
Afïllo. Moca ne produit que des mules, de l'ivoire, et des chevaux 
de charge qu'on y achète au prix de 9 à 12 amole chacun. Le pavs 



Wande. 227 

est un n'aynadaga. Il est traversé par le Ganji qui va au Baro et 

est borné au S. par le qui va aussi au Baro. Ce dernier, 

égal en volume au Ga7iji, a un cours plus long et a sa source plus 
au S. (C'est peut-être la rivière dont me parla Abba Bora à Sedera.) 
Le daga de Yaqama est borné à l'ouest par le M* Giima qui fait 
passage par une descente longue et abrupte à la vaste plaine de Baqo. 

393, Abso; source du Wabe. 

Il y a beaucoup de commerce dans Abso dont la plupart des habi- 
tants parlent oromo aussi bien que giirage. Les marchands de Lofe 
après avoir vendu leurs esclaves au marché de Soddo (Tuloma) vont 
souvent acheter du cuivre dans Abso, qui est à une journée de Soddo. 
En route on laisse à droite la source du Wabe. Abso est un daga 
élevé, froid, et plat. 

394. Kurcas ou Tabo. 

Selon une esclave de Yatifa (dans Falle) : «Née dans Walîso, Je 
connais bien l^abo dont la langue diffère de celle de Abso. Je n'entends 
pas un mot de la langue de Xaka. Dans Tabo, à 4 journées d'ici, ou 
une journée après qu'on a atteint la frontière de Tabo, est le lac 
Watiî large de 4 milles environ. On y navigue dans des pirogues tra- 
vaillées à la hache et menées avec des pagaies. Au milieu est une 
île qui contient l'église de Tïrqos. Je connais aussi la terre de Galila 
qui est dans Tabo. (Ceci confirme le n" 232 ci-dessus. Ici Wale doit 
être Walïso.) — Les gens de Tabo appellent leur pays Kurcasï (dit 
Kurcas par tradition dans le Gojjam). Ils appellent Abso : Munkor (?) 
et connaissent Xaka sous ce même nom de Xaka. Le lac de Wajzt 
est tout petit et n'a peut-être pas deux milles de large. II y a beau- 
coup de richesses dans ses églises. » 

395- Wa?ibe. 

Selon un vieillard : « Je suis de Wanbe, qiialla près Abso que nous 

nommons Hadiya. Je n'entends rien au tambaro (bien que les noms 

de nombre soient presque les mêmes). Kambat est loin de nous. 

Nous nous battons contre Urbaraga qui est musulman comme 

1 5* 



2 2 8 Tafia. 

nous, contre Hïnnamor , et Jadis contre Tuf te que nous nommons 
Kontoma. Il y a chez nous des Oromo, mais nul Amara.-» 

396. Tafia. 

Selon Kaxo : «Je suis natif de Xakka que les gens du pays nom- 
ment TaTia. D'ici (tncïnni) à Xakka il y a deux journées, en traver- 
sant le Kiilîtî, le Walga, le Rebii et enfin le Wabe. Je suis bien sûr 
qu'on traverse le Kulîtî avant le Walga et non après (réponse). Le 
M' Bîdo est à environ trois milles du Walga et sur sa rive gauche. 

397. Wabe. 

Le Wabe sépare Tufte de TJadale et reçoit sur sa rive gauche le 
Najaca rivière qui traverse l'ufte : J'ai franchi le Borora devant 
Botor; ses eaux sont beaucoup plus volumineuses que celles du 
Wabe, mais ce dernier a un cours tellement plus rapide qu'à sa jonc- 
tion avec le Borora il repousse les eaux de ce dernier vers la rive 
droite. Néanmoins le Borora, malgré son cours lent, a beaucoup plus 
d'eau. La source du Wabe est dans Manzï. 

398. Tabo. 

Xakka est à la hauteur dcFalle 1 2500 mètres] à ce qu'il me semble. 
Son terrain est tout rouge et le koso y croît. Le daga de Tabo est 
plus élevé que celui de Xakka. Je ne sais rien de vos Somali aux che- 
veux rouges. » \^Kaxo est l'esclave le plus intelligent que j'aie vu.] 

399. Affluents. 
D'après Moa Yanfa : « Le Darge est un affluent de rive droite du 
Walga et le Kulîtî un affluent de rive gauche.» Selon Kaxo, le Lu- 
bute, affluent du Wabe, a sa source près Abso. 

400. Pays près Tafia. 
Kaxo me dit : « Ajinar sépare Tufte de Xakka : Urbaraga se bat 
contre Xakka. — Je n'ai pas ouï parler de Damii — Mazarazya est 
originaire de Mohar et parle sa laUjO-ue — Manzï est un terrain froid 
et plein de qîrhaha. Les gens de TaFia appellent Abso : Yakan Ha- 
diya. Mankuarkar est près Abso, mais parle la langue de lafia.» 



Tabo. 229 

Je ne connais pas la jonction du Kusaro et du Borom, mais j'ai 
vu l'embouchure du Wabe. Elle est à une forte journée de celle du 
Walga à travers un terrain empêtré de toutes sortes d'obstacles. 

Yafiiana est le principal marché de TaPia : il a lieu tous les same- 
dis. Tous les jeudis Abso tient son marché à Yabakana. Tous les 
dimanches a lieu le marché de Urbaraga, j'ignore dans quel lieu. 

Wanbe tenait jadis son marché tous les mardis à Tumuga, mais 
depuis que Wanbe s'est soumis à Tafia, ce marché n'a plus lieu. 

401. l'abo. 

<iKurcasi (Tabo) est de la tribu TaRa de Namajar. Il est séparé 
de Tafia par Walîso et ne regarde Tafia ni comme ami ni comme 
ennemi. » 

«Le sel en poussière soit blanc soit noir vient de Abso en Tafia. 
Gadabaiio est un pays oromo entre Abso et luloma. Les Oromo 
disent Urage; les TaRa disent Giirage.-» 

«De Ma7izî (source du Wabe) à Tafia il y a deux Journées de route.» 

« Les TaRa ne vont pas à la guerre sans deux lances et plusieurs 
en ont trois. Leur bouclier est mince, long et étroit. Jadis ils avaient 
des poignards : aujourd'hui ils y ont renoncé. Ils excitent leurs che- 
vaux avec les jambes et les rênes; ils n'ont ni fouets ni infanterie. 
Les chevaux blancs, les vaches blanches ou pommelées de noir abon- 
dent dans TaRa. Tous ont le bonnet en peau de chevreau : les jeunes 
gens seulement portent ce bonnet dans l'intérieur du pays. » 

«Wariro est le daga relevé de Falle sous le nom de Tabo [par 
loS^ 20' et 1 15'' 36' d'azimut vrai]. Les Gurage Intezer sont loin à 
l'Est de Abso : Saffar est aussi à l'Est et Gadîro est au-delà de /;z- 
namor. Je ne connais ni les Somali ni les Gerjeda. » 

«Neuf pays alliés font la guerre ensemble et parlent la même langue, 
savoir : 1. Makuarkuar. 2. Mohîr. 3. AwRya. 4. Ajja. 5. TaRa. 
é. Geta. 7. Ennar. 8. Magar. 9. înnamor.-» 

« TaRa a peu de vaches aux grandes cornes, et peu de chiens, mais 
beaucoup de chats. On égorge souvent le veau pour se réserver tout 
le lait de la vache. On beurre les toges même neuves. Les vaches 
ne sont ni grandes ni petites. Le sel est la monnaie courante. » 



2 3o Baqo. 

Les Masfiin exercent la profession de devin, portent des cheveux 
longs, ont des livres roulés écrits dans une langue particulière et sont 
en inimitié constante avec les prêtres : ils ne mangent d'ailleurs que 
ce qu'ils ont égorgé de leur main. » Ces deux derniers renseignements 
tendent à les identifier avec les Kontoma cités ci-dessus au n° 257. 

402. Baqo. 

L'itinéraire que voici m'a été donné par le fils de Dibar : 

0. Tute Kiixane en Leqa. 11. Gomma (descente). 

1. Xorro Galat > Leqa. 12. Baro, R. 

2. Sidan Goyat » Dîgga. i3. Daca. Bonga, R. 

3. Buli Baco » Hînne. 14. Sîr, R. 

4. Bona Loge » Anna. 15. Kokor, R. 

5. Qpto Jîjo » Anna. lé. Kota Wakalle. 
— Gabba, R. 17. Qîlînto. 

6. ? 18. Godo Mttmîta. 

7. Afa » Ilii. 19. M^ Lofe. 

8. Ambeîle Tula » Gumaro. 20. 5eri. 

9. Z7^a. 21. Nenïa. 
10, Bure. 

Le Baro est (selon lui) beaucoup plus grand que le Baqo. Mîtmita 
est un lieu bien habité de nègres Yambo sur la rive gauche du Baqo 
(Fleuve Blanc) à l'ouest et près du M^ Lofe et à 5 ou é milles en 
amont de l'île de Laqu qui est moins peuplé que Mîtmîta. On dit 
Godo Laqu ou huttes de Laqu, car il n'y a là que de misérables 
huttes. 

«Les nègres de Laqu sont Yambo : l'île est grande mais j'ignore si 
elle est multiple. En amont des Yambo et le long du fleuve sont les 
nègres Masongo. Les Ajïba sont en amont sur la rive gauche. Les 
nègres que j'ai connus dans mon expédition de chasse (où je ne tuai 
qu'une giraffe sur la rive gauche du fleuve) sont : 1. Fokso. 2. Fa- 
koxo. 3. Mao, Gaipa, et Kukulu près la rivière Bonga ainsi que les 
Kamo. Aftllo, pays Sîdama, est aussi près le Bonga, et près les 
Komo. Le Bïrbîr se joint au Abbay (ce qu'un autre frère nia). » 

«La 11° couchée ci-contre est en deçà et près de la descente de 



MasRin. 2 3 i 

Gomma. On traverse le Fleuve Blanc avant d'entrer à Mîtmîta.» (Ces 
18 journées me semblent courtes.) 

Dibar, le vieux Gudru, me raconta ce qui suit : « De Laqii à la 
résidence de Mahil (ou nom analogue) roi des Yambo il y a six Jour- 
nées de route vers le Sud. De là, toujours vers le Sud, une semaine 
jusqu'à Giiracu, daga dont les eaux ne vont pas au Baqo. Quand 
les Oromo fils de Maïa et de Tuloma étaient encore ensemble, ils 
traversèrent le Walagga, puis le pays Yambo, et parvinrent à la terre 
de Guracii. Les principaux d'entr'eux (bofîco) égorgèrent le Buta 
et s'en revinrent, mais toute la plèbe Ylmorma resta là et leurs descen- 
dants habitent encore le pays et font le commerce avec Mïsr (le 
Caire). [Seraient-ce là les Gala des Suwro?\ Des bords du Baqo Je 
vis le pavs de Guracii comme une ligne lointaine à l'horizon. Ce 
pays parle oromo et yambo, car il se bat contre les Yambo. Beau- 
coup de gens de Guracii vont au pavs de Abba en passant par 
Tu/te. 

Les lieux connus par les chasseurs parmi les Yambo sont : Mît- 
mïta, Beri, Yabalo, Gobîca, Beri , Qallas. Fakiddo, Aba7igusi, 
Gamili, Gabatu, Bongis, Toggos et Qpyro sont des noms de tribus 
nègres. Nos guides parlaient oromo et nous donnâmes un lamd 
(manteau de guerre) rouge au chef des Yambo.-» 

403. Masfiin. 

Asandabo 1846 : novembre 28. Nuru fils de Muzii fils de Sido 
fils de Nasre fils de Abde m'a promis avec Kaxo des renseignements 
sur l'écriture des Masfiin. 

404. 

Selon le fils de Dibar : «Je traversai le 'Dïâ-esa près son confluent 
avec le Abbay que Je traversai tout de suite après en aval. Le pays 
est un désert plein d'éléphants et nommé Afidak. Je ne connais pas 
Fadasi, même de nom. Ordinairement les Gudru vont à Dora (sur 
la rive droite du Abbay) en passant par Lïmmu. Manbar (ou nom 
analogue) est un lieu peuplé par les chrétiens et près Dora, y 



232 



Yamho. 



405. Gïbe. 
Selon Dibar : « Le Dabus se jette dans le Abbay en aval du T)ïâ- 
esa. Le Baro se joint au Baqo qui se réunit au Abbay. Le Gîbe s'en 
va ailleurs et ne mêle pas ses eaux au Baqo. » 

406. Yambo. 

Selon un esclave qui se dit Yambo : « En Oromo on m'appelle 
Yaifîbo; dans ma langue on me nomme Bor (Bhorr de d'Arnaud). 
Mon pays est voisin des Bojiga qui ont une langue à part : les Nuer 
(Nouérres de d'Arnaud) ont une langue à part.» 

407. Afillo; Gïbe. 

Le nommé Mangastu me dit : «J'ai visité Afïllo dont le roi se 
nomme Gîmbi, aime beaucoup les marchands, les renvoie avec peine, 
est de haute taille, et marche si vite qu'aucun de ses compatriotes ne 
peut le suivre. » 

Selon mon affranchi André : «Voici les affluents du Gïbe de Limmu 
que je connais. 

1. Qplati. Les n°* 1, 2, 4, 5, 8, 9 et 12 ne sont pas guéables. 

2. Ebîca. Le n° 1 est dans Ilii, le n*^ 2 dans Alga et le n° 3 

3. Waddesa. est au N. de Gatïra. Le Taji est entre Mole et Gac. 

4. Taji. Les n°* 5 et 9 viennent du M* Koijo. Le n" 6 vient 

5. Tïrgi. du Mt Bïlida ; le Bambani est très-petit. Les n°s 8, 

6. Walqeso. 10, 11 et 12 sont respectivement en ''Diiiso, Alge, 

7. Bambani. Dar-ii et Golu. 

? 8. Go<i/. Le Tïrgi, guéable en été seulement, a alors de 

9. Murkiiz. l'eau jusqu'à mi-corps. Dimtu n'est qu'un ambo 

1 o. y4/g"e. (source saline). Balto Waddesa est une prairie sur 

11. Afzïo. la rive gauche. hç.Waddesa, et le Bambani vont 

12. Alaltu. au Taji.y> 

i3. 5aco. Wkce m'assure que, sauf le Lagamara et le 

Wandinag, tous les affluents de rive gauche du Gïbe de Lcij'a sont 
guéables en hiver à moins d'une pluie subite et abondante. Le Ja7'ti 
et le Dokonii sur la rive gauche sont guéables en hiver sauf tout près 



Tambaro. 2 33 

du Gîbe. Le Godi coule dans T>uiso; il en est de même du Qacama. 
Le Gosu s'unit au Ebîca, et le Soyuma va directement au Gf^e. 

408. Tambaro. 

Bujure tille de Mandida et de sa mère Santo vivait dans son pays 
dit Tambaro. Un homme de Hadiya (Tuf te) vint à l'improviste, 
tua Mandida et emmena Bujure en 7"z(/if<? où elle resta un an, puis 
elle fut vendue à un autre Hadiya. qui la revendit en Jîmma Kaka 
d'où elle fut revendue à son maître actuel. Voici les nouvelles don- 
nées par cette fille qui est fort intelligente : 

«Lemoso et Xaxogoso parlent tufte et se battent contre Kam- 
bata. Mota est au-delà des Aruse et parle une langue à part. Au-delà 
sont des gens muets. J'ai entendu parler du pavs des chiens. Araba 
est derrière Xaxogoso. 

« La rivière Satitia sépare Kambat des Tambaro, tourne ensuite 
et sépare Walamo des Tambaro avant de se jeter dans le Umo : La 
rivière Gomma se rend au Sanna sur la route de Walamo. Le Qate 
coule au milieu des Tambaro et se rend au Sajnia. Le Hawzulla, 
rivière-Dieu qu'on implore en entrant dans l'eau et tenant une pierre 
sur la tête, va directement au Umo. Tambaro et Hadiya (Tufte) 
sont séparés par une plaine niie, déserte, et sans rivière. 

« Dagoye roi de Kambat vient de mourir après un règne de trois 
ans et son fils Dîlbato lui a succédé. Sibato est le roi des Tambaro. 

« Les montagnes chez les Tambaro sont le M^ Tora, le M^ Boa et 
le M^ Wallaca. » 

« Les rivières Xakau et Boson sont dans Tufte. Boson est le plus 
grand des deux, mais Je ne l'ai pas vu. Sarori et Busoti sont aussi 
d'autres rivières. Je vins par Mïrore, district de Tufte, et traversai 
ensuite le Umo sur des outres dans le fort de la saison sèche. 

« Le Busonkullo est en Tambaro et se Joint au Abbaya qui passant 
par Kambat et derrière Walamo se rend au Umo. Le Umo est plus 
grand que le Abbaya : et celui-ci est différent du Abbala, car il coule 
dans Walamo. Womi Woxuta est le nom de la montagne «énorme» 
àsLnsWalamo. Le fils de Amado, roi de Walamo, se nomme Damote. » 

«Donga, Danta, Kambata et Tambaro parlent la même langue. 



2 3^ Mans a}/. 

Donga obéit au roi des Tambaro. Dajita a un roi à part, et se bat 
contre Tambaro, Kambata, et Donga. Il n'y a pas longtemps qu'il 
était en paix avec les Tambaro, car il avait le même Dieu, mais au- 
jourd'hui il s'est brouillé et a pris le Dieu Hajvzulla (rivière). » 

La plus grande singularité des Tambaro, outre leur habitude de 
manger sans honte la chair d'hippopotame, est leur semaine de dix 
Jours. Bujitre traduisit le mot «semaine» par torduma (lo) et me 
dit : Il y a trois semaines dans un mois. (Ensuite elle dénomma chacun 
des dix Jours. Il n'y a rien de neuf dans le monde, pas même les dé- 
cades de 1793.) 

« Il y a beaucoup de musulmans dans Tambaro : ils vivent à part. 
Il n'y a d'autres chrétiens que quelques Kambat réfugiés. La plupart 
des indigènes sont oromo. » 

La bizarre tradition du pays des chiens existe chez les Tambaro : 
mais on dit que ce pays est au N. et dans une contrée nommée Goj- 
jam ce qui prouve que la contrée canine est aussi introuvable que 
l'île féerique de Daq Astifanos située loin à l'ouest des Ajpawa. Au- 
delà du Kambat est, dit-on, le pays des nains. 

«Il y a de Walamo à Tu/te comme du Umo au Kambat, c'est-à- 
dire une Journée de route. Le roi des Tambaro se nomrae Hagullo ; 
il n'est pas changé tous les ans. » 

Selon un vieillard domestique du dajac Goxo : les Giimza (ou 
nom analogue) sont divisés en tribus. Les Xmaxa sont établis sur la 
rive gauche du Abbay près Jîdda, sont tous rouges, ont des daga 
et des qualla et vivent de maxilla, maïs et viande. 

409. De DoHono à MansaJj. 

«Voici, selon Idris fils du Nayb 'Odman, l'itinéraire de Ifarqi- 

0. DoRono. qaw à HamUam dans Mansalj où sa mère est née. 

1. Mut'at. C'est un pays aussi élevé que Dïgsa, chrétien, mais 

2. Xabah. n'a qu'une seule petite éghse et pas un prêtre; il vient 

3. Gîrgïr. parfois des prêtres du IJamasen pour donner des 

4. Dangura. remèdes. La langue est le ijasi. De là à Dîmbijan 

5. HamRam. vers l'ouest il y a une Journée de route; de là au Ifa- 
masen une journée et de Mansaf) à Sanheyt (Bïlen) 2 Journées, dit- 



Harar. 235 

on. Les Bogos (Bilen) ont une langue qui diffère de toutes les lan- 
gues voisines. 

«Les Ifabab sont très-nombreux; ils ont 3 rois : celui de 'Addî 

MARYAM, celui de 'Addî Takies et C'est en 1807 environ 

que les Ifabab sont devenus musulmans : aujourd'hui il n'y reste 
pas un seul chrétien. Muhammad Ali a étendu ses frontières Jusqu'au 
pays Bilen. -> 

410. Xïnaxa. 

Les quatre Giinza qui, en 1847, à Dabariq me donnèrent les 
noms de nombre et quelques mots de leur langue me dirent que les 
Xinaxa sont leurs sujets (contribuables), qu'ils sont rouges comme 
des Turcs et enfin qu'ils parlent une langue à part. 

411. Fadasi. 

Selon Hajji 'Ali, jeune marchand du Sannar : « De Fadasi au 
pays oromo le plus voisin il y a 2 journées; je crois que ce pays se 
nomme Walagga, et j'affirme ne pas connaître le commerce qu'on 
fait avec un pays à l'ouest de Kaffa. » 

412. Fazoglo. 

Selon un vieil Arabe qui ne voulut pas me voir une seconde fois : 
«Le Tumat {s.) est la rivière de Fazoglo. J"ai vécu 4 ans en Guba pays 
peuplé principalement par des gens d'origine arabe, mais parlant une 
langue à part et différente de celle de Fazoglo dont la langue se 
nomme Gtmiis [Giimîs ?]. De Fazoglo à Guba une forte journée de 
marche. De Guba aux Oromo Leqa ou Xibu (Sibu) : ' , journée. 
Dn y va pour acheter des esclaves, de l'or, des vaches et des chevaux. 
Le 'Dîd-esa m'est inconnu. Le Yabus, différent du Tumat, ne s'y 
joint pas, mais va à part au Nil.» Cet homme s'embrouille visible- 
ment en parlant des rivières. 

413. Harar. 

D'après le alaqa Kidana MARYAM, chrétien instruit et du Goj- 
jam : «Je suis allé au Caire la première fois par Alyu amba, Ha- 
rar, Sahïl, Mol/a et la mer rouge. Nous mîmes 26 jours de Alyu 



2 36 Harar. 

amba à Harar, et notre caravane comprenait lyabo, dits nagad ras 
(chefs de marchands) ici et avant chacun sous lui environ 500 mar- 
chands armés. La tête et la queue de la caravane se composaient de 
gens armés seulement, tous les bagages étant au centre. Les Oromo 
rendent fort dangereuse cette route qui est presque tout entière en 
qualla. » 

«Harar a 2500 maisons, la plupart en branchages, mais il y a aussi 
quelques maisons en pierre. Le territoire autour de la ville n'est pas 
plus grand que du Magaî près Tadda Jusqu'à Walaka près Gondar. 
Les ruisseaux abondent dans ce petit territoire et vont se perdre dans 
les sables du côté de l'Est chez les Habaraipal. Tout est planté en 
café et en }pars qui sert à teindre la peau en jaune et est très recherché 
dans tout le Sud de l'Arabie. J'achetai ii Harar du jpars pour 50 ^ et 
le vendis 120 ^ à Mol/a. Même les Oromo Yto cultivent un peu de 
café. Harar possède environ cent pièces d'artillerie toutes de très- 
petit calibre et beaucoup de fusiliers. Le chef, qui porte le titre de 
amir (émir), ne commande que dans la ville; les cultures subur- 
baines sont abandonnées chaque soir de peur des Oromo qui du reste 
ne cherchent que les hommes et ne détruisent pas les plantations. 
Ces Oromo font souvent la paix qu'ils respectent parfois deux et 
trois ans de suite. 

«A 15 journées au Sud de Harar est une contrée dont j'ai oublié 
le nom et où tous les hommes ont une queue longue d'une palme 
[20 centimètres] couverte de poil et située immédiatement au-dessus 
de l'anus. Les femmes de ce pays sont belles et sans queue. Cette 
peuplade est ou tayyîm ou noire et possède beaucoup de vaches et 
moutons, mais peu de chameaux. Un désert sans eau la sépare de 
Harar. J'ai vu une quinzaine de ces gens et suis bien sûr que la 
queue est naturelle, mais je ne l'ai pas touchée de mes mains. De 
Harar à Sahïl (Barbïrah ?) ou à Aftal que fréquentent de pré- 
férence les gens de Harar, il y a 15 journées de route.» 

Aymallal, pays Giirage, est près du M^ Zïquala, dit-il une fois, 
et une autre fois qu'elle est au S. ou S. E. de Warab. 

Selon Ibsa, les Xînaxa sont sur la rive gauche du Abbay en aval 
de Hebantii et en amont de Giibba, marché en pays nègre. Les Kon- 



Barya. ïli-j 

fal deKumbiil continent aux Agéiji' et parlent une langue moins pure. 
Les Konfal purs habitent Ihiax et surtout Bafa. 

Morka, esclave du père Cesare me dit : «Je suis du Hunumu 
pays qui se bat contre //// et Nonno. Bïlo est un clan qui s'est séparé 
de Hiimunu dont il est tils : il v a 3 ans que cela est arrivé (c'est- 
à-dire en 1845 environ). Le Gabba coule entre les Hurrwnu QtWn- 
lagga. La rivière Sese coule dans Walagga et se joint au Gabba. 
Walagga et Darimu se touchent : Sayyo et Darimii se touchent 
n'étant séparés que par un erme. Le Bïrbïr divise Sayyo en deux, 
dit-on. » 

« Ci-jointe est ma route depuis ma captivité : elle se compose de 
10 petites journées : 

é. Darimu. 9. Jïmma. 

7. Dapo. 10. Gudrii. 

8. Leqa. 

Je ne connais pas Afillo, ni la distance de chez moi à Sayyo. » 



0. Hurrumii. 


3. Walagga. 


1. Ilu. 


4. Saci. 


2. Doranni. 


5. ? 



414. Banni. 

Selon le .xarif 'Abd al 'aziz qu'on dit âgé de plusieurs centaines 
d'années, voici la route de Bargo au Banni (r?) 

1. Bargo. Il affirme et de son propre mouvement que le 

2. Darfiir. Bahr al gazai est un lit de rivière sans eau et 

3. Balala. pleine de squelettes de poissons et de crocodiles 

4. Kadokii. (comme si la source de la rivière avait tari tout 

5. Fizzal. à coup). Il met la source du Baljr al abyad 
é. Bahr al gazai. dans le sud des Xiliik, mais ne sait pas le nom 

7. Afnii. du pays, dit-il. Tofo, qui porte un autre nom 

8. Barnii. de guerre, a succédé en Bartiii à son père Xaj^/f 

al Kdnami. 



415. Barya. 

Selon l'esclave Bidal du dajac Wibe, ce guerrier ne toucha pas 
aux Bixa, Algaden et Mogoreb, mais ravagea les Xîlko, Arnadda, 
Baden et May Da'îro. Cette femme est du clan Ogo de la tribu 



2 38 Doh'a. 

des Xahandoa qui habitent un daga gouverné par Wad Musa et 
se battent contre les Baiya Arnadda. 

416. 

Renseignements donnés par Gabra Tadeos, natifj de 'Adwa en 
Tïgray. Cet homme intelligent m'a fréquenté pendant des années 
et semblait digne de confiance. 

« Les Dob'a n'ont pas de langue à eux : ils parlent tîgray; quelques- 
uns parlent l'idiome (oromo) de leurs voisins les Azabo. Leur pays 
est tout daga et plus froid que le Sîmen : on y meurt souvent de 
froid, c'est-à-dire de grêle ou de glace qui restent plusieurs jours sur 
la terre : est-ce la neige? je ne puis l'affirmer. Avec les oreilles des 
éléphants qui abondent chez eux, les Dob'a font des chaussures qui 
durent bien plus que les sandales du Tïgray. On ne connaît pas les 
Dob'a par leur visage, mais bien à leur manière de parler, leur 
dialecte étant un peu différent : par exemple ils appellent le pain 
gogo, au pluriel gowago : au lieu de culottes ils portent un sac 
ouvert aux deux bouts, vêtement toujours usité en Tïgray jusqu'au 
temps du ras Walda Sîllase. Ils portent aussi le jpalle, sorte de 
culotte très-large avec un pagne qui lui est cousu par le haut et ne 
tombe pas tout à fait aussi bas que la culotte. Des gens du Tïgray 
portent encore le yvalle. Par dessus, les Dob'a mettent le kiimale 
qui est identique avec la toge du Tïgray qu'on vend à Adwa pour 
un talaro. Les grands du Dob'a ajoutent seulement le pagne. Ils 
tressent leurs cheveux et ajoutent parfois un grand turban, le matin 
quand il fait froid. En deux jours un piéton leste peut traverser tout 
le pays Dub'a. Leurs frontières ont beaucoup de montées et de 
descentes : le milieu seulement est un daga. Iiidarta, Wojarat, 
Dob'a et Lasta sont sur une ligne. Les Oromo Azabo occupent tout 
un côté de leurs frontières. Buara, ville grande comme 'Adwa, entre 
le Lasta et les Dob'a est restée indépendante jusqu'à ce que le wag- 
xum Wasan s'en empara. Prenant pour base dans tout ce qui va 
suivre qu'il y a trois journées de 'Adjpa à Dïgsa, il y en a quatre de 
'Adwa à Buara. i^"" jour de Adwa à Sïgli ou à May Qanatal, 
ruisseau arrosant des citronniers et du maïs. Son eau se joint au 



Mldîbay tablr. 239 

Wave qui se joint au ^Asam de 'Adwa lequel se jette dans le Qab' a : 
ce dernier se joint au Takkaze. 2^ jour à 'Addî Tanben, ou plutôt 
Tatiben 'abry 'addi, ville aussi grande que MadHaiie' alani de 
'Adwa. Cet endroit est plein de musulmans. RubawoJfsa est le nom 
d'un très-grand monastère comparable au Waldïbba et qui contient 
84 églises : il faut deux jours pour les parcourir. : c'est comme du 
Caire à Suez. Riibavpolfsa est à gauche en allant de Adwa à Addî 
Tanben; il faut le traverser pour aller de ce dernier lieu dans ïn- 
darta. Le monastère est dans le qualla arrosé par le Rubawo^'sa qui 
est plus grand que le Farafira et se rend directement au Takkaze. 
3"^ jour à Addî x\gajp pavs du dajac Ramha, et village. 4^ jour à 
Buara. 

« Midibay tabîr joint à Addî Golbo, forme un district à un naga- 
rit. Les hommes v labourent, c'est-à-dire deux hommes s'attellent à 
la charrue [car la mouche dite 'uziiro tue toutes les bêtes de trait]. 
Un bon piéton y va de Adipa en deux jours et demi. Le 1'^'' jour on 
atteint Barakua après avoir passé Rîbasowit. Barakua est un dis- 
trict comme Abba Garima et un village gros comme May Gogua. 
2"^ jour : De Barakua à KuhiferJfa, village et district. 3'^ jour : à midi 
on arrive à Mîdîbay tabîr qui est une montagne avec église et village. 
Tout ce chemin jusque là est dans le qualla. Rîbasowit a une rivière 
du même nom, qui se joint au Marab. De Mîdîbay à Qiialj'ayn il 
V a une journée; ce dernier est un district gros comme le Walqayt 
et a un nagarit. 'Adaro est un village grand comme Madliane'alani 
[Adwa] et à 2 jours de Adiva. Le i'^'" jour on va de Adwa à Aqab 
Sîre. Ce chemin est un daga jusqu'à Samama qui est à '/j journée 
au-delà de Aqab Sîre : ce dernier village a perdu beaucoup de son 
importance. Il est sur la frontière du Xîre qui s'étend de là au N.W. 
et au Takkaze. Adaro est la ville de Add'Yabo. Quafj 'ayn est un 
qualla avec quelques montagnes. De Aqab Sîre à Gîrarix un jour 
et ' 2 de route : de Gîrarix, dit-on, au pays nègre il y a 4 jours de 
chemin. 

Sow'ate Ijanse est un bourg de nègres large, dit-on, comme de 
Adwa à Aksum. Dajac Haylu y mit le feu; il fut des semaines 
à brûler. 



240 



Zarema; Kualema. 



1^'' jour : De 'Adn>a à Gobedra en passant par Aksum dans le 
Tîgray. C'est un erme, un lieu de halte des marchands de sel. 2^ jour 
de Gobedra à 'Aqab Sîre. 3*^ jour à 'Addï Gïdad, péage comme à 
Aksum et à Aqab Sïre : ce péage n'a qu'une 15*^ de gojjo (huttes de 
branchages). Le 4"^ jour on va au péage de May Taman (serpent) 
et on dort à May Xibînni petit hameau. 5^= jour : péage à Damba- 
guma, endroit où l'on se sépare, les uns pour le Walqayt, les autres 
pour Gondar. On dort à Addi Anday, petit hameau. 6^ jour au 
Takkaze. y'^ jour à Gî'na, dans le pays du monastère de Waldîbba : 
Gïna est au pouvoir des nègres. C'est un qualla bien que le Takkaze 
y soit encaissé autant qu'à Tilaîiqafîe : Gïna est le nom d'une rivière 
plus grande que le Fîrafïra et qui coule toujours comme un torrent. 
8'-' jour à Masîre (pays nègre), rivière grande comme le Gïna et 
coulant de même. On dort à May Si'e. 9^ jour à May Dïraho où 
l'on mange. Ces deux dernières rivières sont aussi grandes et aussi 
rapides que les précédentes sauf May Si'e. Entre ces deux dernières 
rivières est May Abba Naza. On dort au Zarema qui a sa source à 
Dîbbabahr. C'est la plus grande de ces rivières : elle reçoit le An- 
sya, le ruisseau de Addï Arkay, May Dïraho et Imba Abrïham : 
lo*^ jour à îmba Abrïham, petite rivière où l'on tient un marché tous 
les jeudis. On dort au Kualema, grande rivière qui ne le cède au Za- 
rema, ni en grandeur ni en vitesse : elle va probablement au Tak- 
kaze. 1 1 '^ jour : on passe DïnderïJfua, grande rivière qui se jette dans 
le Kualema. On s'arrête à May I/ïmur où il y a marché le jeudi. 
On dort à Bartut, lieu désert et ruisseau. Le 12^^ jour on grimpe une 
grande montée et on arrive a Addï Qabay ville grande comme Advpa. 
Elle est située sur un daga très-accidenté et c'est le premier lieu du 
Walqayt : son marché a lieu le samedi. 13*^ jour : Xïrïla, district et 
marché le lundi. On donne le même nom à la rivière qui coule pro- 
bablement dans le Zarema : il y a 4 branches à cette rivière; la dis- 
tance à Addï Qabay est de ',2 journée. 14'^ jour : 6 heures jusqu'à 
Idaga sïlus sur le daga et ayant plusieurs villages; de là il y a 1 '/o jour- 
née jusqu'à Qabta nom auquel on ajoute celui de Idaga hamus à 
cause du jour de son marché. Tout ceci est daga. Kulita est un lieu 
de marché le samedi, à ''2 journée de Idaga sïlus. A droite et à 



Sarawe. 24 1 

rextrcme frontière du Walqayt est Durkiitta, ville plus petite que 
'Adii'ci. Au-delà est 'Aqab Wat'qi dans le Walqaj^t. Au-dessous de 
Durkiitta est le pays nègre : les nègres qui labourent pour les gens 
du délira entrent dans cette dernière ville, car ceux-ci n'osent affronter 
les chaleurs du qutilla. Toutes les journées de marche mentionnées 
dans ce vovage du Walqayt sont des journées de marchands munis 
d'ânes chargés : à ce taux on irait en cinq Jours de 'Adjua à Dïgsa. 
De 'Adnm au Hamasen : 1'-"'" jour : de ' Adiva à Imba Krïstos, petit 
village mais lieu de refuge pour le voyageur. On traverse les ruisseaux 
de Xahcigni, May ' Alïktï et tout d'abord Gïna, ruisseau au-delà du 
mont Saloda. 2'^ jour : on traverse le Marab et on reste à Gundat 
après avoir presque toujours marché dans le qiialla. 

Xef; marljay est une réunion de puits profonds comme à Aden. 
On v trouve toujours de l'eau. Au-dessus il se trouve du sable blanc 
où coule le torrent en hiver (c'est donc probablement comme à Imba 
Ra'ïndï). Le village tout près se nomme ' Addï i^otayo, formé de 
maisons écartées. On arrive à ' Addî Fjiiala, grand comme Madluuie 
'alam ÇAdiPa). On dort à Tïmc'i, village grand comme le précé- 
dent. Depuis 'Addï Jjotayo on est entré dans le Sarawe. l" jour : 
'Addï ' Atvhay est un petit village où l'on mange. On traverse 'Addï 
Qïsmii, village pas bien petit. On dort à Igîr MaJfal qui est grand 
comme ' Adn>a et est sur un ruisseau plus grand que le 'Asam. 4*^ jour : 
AddïMangiiïntï, village comme Madljanc 'alam. 5"^ Jour : 'AddîBaro 
où l'on arrive à midi : il y a là un ruisseau comme le jour précédent : 
on lui attribue 4000 cavaliers; de là on presse le pas toute la nuit du 
vendredi pour arriver le samedi à y^adzega, ville comme 'Addï Baro, 
~mais ayant plus de cavalerie; elle est plus grande que 'Adipa. 

A droite de cette route : de Gundat à Ma ado (un jour), petit vil- 
lage. De là V 2 Jour à Kiidafalase : de là on passe par Dïbarua, grande 
ville que G. Tadeos compare au Caire, mais qui n"a qu'un quart de 
ses maisons, éparses aujourd'hui; elles sont aussi nombreuses qu'à 
'Adwa. Ensuite on traverse le Marab qui est plus grand là que le 
'Asam à ' Adiva. On dort à Xîkat, ville grande comme ' Adwa. Les 
chrétiens et les musulmans y occupent des quartiers séparés : son 

église est dédiée à Takla haymanot; celle de Dïbarua est à S' Michel. 

16 



242 Tllokot ; H'intah. 

Dans Dïbarita est une source où l'on s'approvisionne; de là à Gui' a 
il V a une journée de chemin. 

De 'Adwa à 'Addî Graht : \" jour à MasJjal, petit village et ruisseau 
qui se jette dans le 'Uiiguïa. z'^ jour : par Antîto, Mamen dans la 
plaine, ' Addï Robra, Maaya grand village et ruisseau tributaire du 
'Un^iiîa : on dort enfin a Margahya, village au pied de la montée. 
De là il y a un peu plus de '/o journée à ' Addï Graht. De là à H'în- 
talo il y a 3 journées d'âne, mesure de ces routes. De ' Adwa a Hïn- 
talo un exprès va en trois jours, i'^'" jour : on monte à mulet pour 
dormir à May Qînîtal, petit village et large ruisseau qui se jette dans 
le War'e lequel se joint au 'Asam. 2"" jour : on passe Ab'aro, montée 
de la route et on dort à Qalqal gaba, petit village, 'h^ journée de mu- 
let : on passe Atï^le rïginn, grande plaine sur le daga : puis T>éibn, 
ruisseau entouré de prairies et de villages : puis Tilokot, gros village, 
plus grand que Madhane 'alam et un ruisseau plus grand que le 
' Asam. Ce ruisseau coule à bouillons autour de l'Eglise, il y a beau- 
coup de raisins, citrons et grenades : on entre enfin à Hïntalo. 

Le nom de tjaramat s'applique à un daga. Ida Zïyon est le .nom 
de la montagne où KaJjsay se laissa prendre. Dîmb'ahd est aussi 
le nom d'une montagne qui se Joint à la précédente. Magab est le 
nom d'un district. Gadgada est un ruisseau qui se joint au Gaba', 
un autre du môme nom se réunit au War'e; tous deux coulent dans 
le pavs nommé Gadgada. 

C'est tout près du IJaramat que les deux Gadgada unissent leurs 
eaux aux autres, et à peu près à une égale distance de leurs sources. 
Le War c et le Gaba s'unissent d'abord; puis le 'Asam, uni au May^ 
Taman et au Firfïra et à tous les eaux du Zana, se joint aux ruis- 
seaux War'e gaba tout près du Takkaze. Magab et Gïralta sont le 
même pays. Le May Taman ici mentionné est celui qui sur la carte 
de Riippell coule entre Bellas et Debabgena : ce ruisseau s'unit au 
'Asam non loin du Takkaze. Bêlas est le nom d'un village et d'un 
ruisseau lequel se jette dans le Gïmalu, ruisseau qui plus loin s'ap- 
pelle Firafïra. 

May Tut est le nom d'un hameau à gauche en allant de Akuïsiim 
au Takkaze : May Barazyu est le nom d'un monastère et d'un village. 



Waldîbha. 243 

Tambul) et Aqéib Sire som un; Giind est une section de cette der- 
nière ville du côté de Aksiiîu ; Tumbu}; et Sdîal/iltil/a sont les deux 
autres sections. 

En allant au W^ilqaj^t toute la contrée depuis le Takkaze jusqu'au 
Zarema est la petite province de \Valdïbba. Le couvent lui-même 
reste à gauche de la route mais hors de la vue. 

De 'AddîYabo à 'Addï Yao, ville des nègres, il y a six jours : cette 
dernière ville est plus grande que le Caire. 

De Biiara pour aller au Lasta : i^'"jour jusqu'à Zenare, rivière 
grande comme le Zarema. On passe plusieurs villages mais à cause 
du peu d'eau on aime mieux s'arrêter à cette rivière qui coule dans 
une fissure énorme comme celle du Takkazë. a'-' jour à Xolfota, ville 
grande comme ' Adwa. 3^^ jour à Wayla après avoir passé le village 
de Masqal. Tout ce chemin est plein de montées et de descentes : 
seulement il v a près de XoJfOta, et après ce lieu, la petite plaine de 
WalaJf. Wayla a un monastère à S^ George et est plus petit que 'Adwa. 
Il y a beaucoup de bois dans les environs. Waj^Ia est aussi le nom 
de la rivière : il v a de là 1' _, jour au Sïmen. 4'' jour à Qïddiis Ym- 
raha, monastère daga. Le daga a toujours continué depuis XoJfota : 
de Xo/fota au Tanben c'est un qualla. 5^' jour : é heures, dit-on, 
jusqu'à Lalibala. Les 4 jours de Biiara a Ymraha sont des journées 
d'ânes chargés. De Xoh'ota à gauche est Qiddiis Markorj^os, monas- 
tère et bourg épars, bien plus grand que 'Adwa. Un piéton pressé 
va en 1' 2 jour de Xol^vla à la frontière du Sïmen et de là en 6 heures 
à May Tahlo. Un âne fait cette route en 4 jours. Près de là est Tïna- 
fara, qui était en i833 le siège du dajac W'ïbe. 

417. 

Recueillis vers la fin de 1848, les renseignements qui suivent ne 
sont pas accompagnés du nom de leur auteur. Les chiffres semblent 
indiquer des journées de route, mais dans ce cas on se demande si 
elles étaient faites à pied, à cheval, ou en caravane. 

0. Ankobar. 

1. Asagîrt. 

2. Rito, dernier pavs chrétien. 



2^4 Gtirage. 

3. Plaine de Arar où demeuraient les rois Zav-a Ya-îqob et Lîbna 
Dîngïl. Aujourd'hui elle est habitée par les Oromo. 

4. Aymallal : chrétiens Giirage; église dédiée à Qîrqos. 

En sortant de Ankobar on traverse la rivière Ayrarra qui se joint 
au Qa.bbabia. Les gens de Ankobar lavent leur linge au Ayrarra, 
et le Grec Dîmetros y a fait un moulin. 

On traverse le Qabbaî?ia près Asagii't qui est sur le bord du daga 
après une longue montée dans la fente où le Qabbalna coule. Cette 
rivière va à Mïnjar et reçoit le Kasam, grande rivière qui se joint au 
Aivax. On traverse le Kasam entre Asagîrt et Bito, plus près de ce 
dernier lieu. Après le Kasam on traverse le Garmamma, rivière en 
pays oromo et qui se joint au Kasam. Il y a une journée de route 
de Bito à Mïnjar en laissant Fatagar à droite et Bulga à gauche. 
Fatagar est chrétien et professe les trois naissances de N. S. J. C. 
Mïnjar est une plaine sans eau. Ses bœufs ne boivent que tous les 
trois jours, car il n'y a pas d'autre eau que celle du Kasam. Dans ce 
pays on garde le tef (Poa abyssinica) en meules pendant toute une 
année. Les Oromo inquiètent beaucoup Mï7ijar. 

En allant de Bito à Ay mail al on franchit la rivière Garmamma, 
puis, et après une longue route, on traverse le A%pax. Avant d'at- 
teindre cette rivière on parcourt le pays oromo des Soddo. Après 
avoir quitté le Awax on monte un peu et l'on arrive sur le daga de 
Aymallal, pavs sans vignes, pourvu de prêtres et qui vit de însat. 

Tafia a 3o églises. C'est un waynadaga et un Tp^ys gurage, ainsi 
que Arramba. Ces deux contrées sont au sud de Aymallal. 

Le lac Zuay est à l'est de Aymallal qui a Meîla à son occident. 
Au sud il V a des Oromo et au-delà sont des chrétiens qui font de la 
mousseline et ont un roi. 

Le pays des chiens est chez les Niiba, au-delà de Go?idar. [Ce 
dernier dire fait présumer que mon informateur était un Gurage.] 

418. Bïja. 

1848 : octobre. Samharay, matelot Bïlen que je fis embarquer 
avec moi pour l'interroger à mon aise, me donna les renseignements 
qui suivent : 



Blja. 24.5 

«Nous appelons ta sac Tigre la langue des Iféibab. Nous nom- 
mons BîdawM'yet ceux qui ne parlent pas arabe, c'est-à-dire les Se- 
golab, Melhetkena, Gar'eb, y Hanncir, Kalihi, Ab axkua, Mah- 
uiuda, cï Marar, Sa))iiir ar, Idd mêla, Artega,y Hadandoa, Sawra, 
Kaleko, Amaranâua et Abrimanâua, tous confinant aux tjabab. 
Les al Atman labourent la terre aux environs de Tokar; près de là 
sont les Xaraf. Les a Marar xoni souvent à Sawakin. Il y a aussi 
al 'Eray, Agdanâua, Wahasarandiia; ce dernier est Béni 'Amar. 
Les y Aiuada sont Hadandoa : les bet Ma'ala, ffabab d'origine, 
parlent deux langues. Il y a aussi les Gultanondua. Les Nasandua 
et les bet Bïjal parlent tigre aussi bien que bija. Les Man'a, Ax- 
bîrre, Koknyya, Salandoa, Towas, al Bakitandoa, y Hasal et A'^- 
bodina sont des Bija. Les Hafara, Sawdara, al Gaden sont des 
IJalanga, aussi bien que les Ogod qui vivent le long de la rivière 
Atbara. Les Safil, Hamran, Xakuri et Damafïa sont des Arabes. 
Quant aux Barya, J'y connais y Li, Sogada, Maguarae, Salalla- 
goda, Xabela, Bixa et Arnadda. Les Marya sont près Jababru et 
Sanheyt; ils parlent tigre. Tokar est Bija, ainsi que y Alman et 
Badiir. Ce dernier est le petit port que les Arabes nomment 'Aqiq. 
Daga est le chef-lieu des Béni 'Amar. E Jal est venu de Sannar. 
Guanan, près Ayaye, est un pays de chrétiens soumis au Tigray. 
Betama est Barya, est situé sur une montagne et a des relations 
avec les Halanga. » 

(Outre sa langue maternelle, Samharay parlait tigre, arabe et 
bija. Je publie ses dires comme des pierres d'attente pour une liste 
complète des tribus Ijasi ou Tigre, Bija et Barya.) 

41g. Gurage. 
Dans une lettre amarinna écrite en Juin 1875, Minylik roi du 
Xïwd dit avoir battu les Gurage jusqu'aux frontières de Ciha [TaCia] 
et s'être emparé des cinq districts à Jiagarit : Qapena, Walane, Ga- 
dabano, Afso [AbsoJ et Mo^ir [MoharJ. Il ajoute qu'il a soumis dans 
Meta les quatre pays à nagarit : Maru, Walio, Ammayya et Ambo, 
ainsi que Agabja dans Soddo, enfin qu'à Intoto en deçà du Awax il 
a battu les Oromo de Bacii. 



2a6 Baxllo; Aqa 7varq. 

Cette lettre était adressée à Arnoux. D'autres écrits, aussi en ama- 
rînna, que ce voyageur français m'a montrés contiennent les noms 
de la rivière Béixïlo, de Daunt et Dalanta, districts, et de Maqdéila, 
mont-fort où Teodros vaincu par les Anglais, mit tin à ses jours. 

Près Tano est une mine de houille dite kiiïhli. 

La rivière An'adi a sa source à Giddrax au N. O. et se joint au 
Aji^ax. Le Jama de Ai\i)iiba et le Jama de Giigiif ■sonl des affluents 
du Aipadi. 

Ambabo et Tagorri (Tujurrah) sont près de la mer. 

Asakule est le nom de la plaine où les Asa Ymtira [' Afar] ont 
tué les voyageurs français Berenger et Dissard. 

La terre de Gal-ila fait partie de Wabno près la rivière Hajlo. 

420. Aqa n'Avq. 

Je dois les renseignements ci-après à Taivalda madhhi né à Aqa 

warq en WAlqayt et autorité principale de mon dictionnaire ama- 

rînna. 

1. 2. 

0. Gondar. o. Aqa n>arq. 

1. Walya. 1. Masaquala. 

2. Tîrqïn. 2. ' Add'Agaw. 

3. Dabra Iiawarya. 3. . . . . 

4. Aqa warq. 4. Dabarîq. 

Dans la route 1 la première journée est longue : on la termine à 
Walya, marché principal du Armaîoho. La 4"-' journée de route est 
de dix heures seulement, mais à travers un erme. Dabra Sina est 
entre Terme et Aqa xparq qui est un amba ou mont-fort. De Tîrqïn 
au n° 3 il n'y a que six heures de chemin; enfin il suffit de quatre 
heures de plus pour atteindre Aqa warq. Si l'on consacre une journée 
de plus à ce voyage, on couche le deuxième jour à Fïïona; de la à 
Tîrqïn il n'y a que six heures de route. 

Comme les positions relatives de Gondar et de Dabarîq sont con- 
nues, le second itinéraire ci-dessus permet de placer Aqa varq en 
faisant toutefois des hvpothèses pour les différences de niveau à cause 
du mélange de qualla et de daga. Six heures de route suffisent pour 



Bor. 2 /j. y 

aller de Aqa warq à Masaqala qui est aussi en Walqayt et au tond 
de la descente. De là au n° 2 qui est un grand marché il n'y a que 
trois heures de route. Le troisième jour on s'arrête au fond de la 
montée, et le 4^ jour on atteint Dabarïq après trois heures de route 
au plus. 

Six heures de chemin séparent Aqa warq de 'Addï R^mmat; ces 
deux villages sont sur le daga. 

Tïrqïii est plus près de Waljra que ne l'est Maguiiia. 

421. 

Les renseignements qui suivent sont extraits des communications 
publiées par le Bulletin de la Société de Géographie [B. S. G.] dont 
nous reproduisons les dates : 

[B. S. G. 1842; p. 377.] M. d'Arnaud écrit : «Sur le Fleuve Blanc 
nous avons atteint le 4" 42' de latitude N. — Nous n'avons rencontré 
de montagnes que dans le pays des Behrs. Là, le lit du Heuve étant 
devenu très-large et couvert de pierres et d'ilôts, nous n'avons pas 
pu aller au-delà avec les eaux de la saison; mais dans les hautes eaux 
le fleuve serait encore navigable, au dire des naturels, au moins une 
cinquantaine de milles, point où se réuniraient différentes branches, 
dont la plus considérable vient de l'est. — Nous avons trouvé chez 
le roi des Behrs des conteries et un mclayé de Surate, articles im- 
portés, je le présume, par la mer Rouge, et qui vraisemblablement 
sont arrivés là par l'Abyssinie, la caravane N'naréa [sic] et le marché 
Berry où, d'après les naturels, viennent des hommes de couleur 
cuivre, qui ne peuvent être que Gallas ou chrétiens de Sidâma, 
d'après M. Blondeel van Cuelebroek, consul -général de Belgique, 
qui vient d'arriver de ces pays au Sennâr. » 

[B. S. G. 1843: p. 95.] .<Dans les hautes eaux le fleuve serait en- 
core navigable au moins une trentaine de lieues, c'est-à-dire là où 
se réunissent différentes branches dont la plus considérable vient de 
l'Est et passe au bas d'un grand pays nommé Berry, à quinze jour- 
nées plus à l'Est de la montagne Bellénia. C'est du marché de Berry 
que viennent des hommes rouges et qu'ont été apportés les vête- 
ments du roi des Barry. Je présume que ce sont des Sydamiens 



2a8 Fleuve Blanc. 

qui ont reçu ces vêtements par les caravanes d'Enarea {^ic) et de 

Fadassi. » 

422. 

[B. S. G. 1850, p. 293.] M. Lafargue, voyageur français, dans sa 
note sur les affluents du Fleuve Blanc, dit entr'autres ce qui suit : 

« A une demi-Journée en aval du lac No, au 9"^ degré de latitude à 
peu près, j'ai reconnu un cours d'eau considérable qui vient du sud, 
à peu près parallèlement au F^leuve Blanc. A cinq jours de route en 
remontant, ce cours d'eau se terminait en marais à perte de vue. 

Au 4^ degré [sur le Fleuve Blanc] on a offert de nous conduire au 
marché de Berry, voyage de quatre jours pour l'aller et le retour. 
On nous dit que nous y retrouverions des gens rouges à longs che- 
veux : ceux qui nous donnaient ces renseignements étaient des nègres 
à cheveux laineux. » 

423- 

[B. S. G. 1852, p. 341.J Selcm une lettre de M. Rollet, « Bellenia 
est une ville située près du Fleuve Blanc par 4" 3o' de latitude nord, 
au sud des montagnes des Berrs. Nigello, l'un des chefs indigènes 
qui prenait les barques des voyageurs européens pour des maisons 
que l'inodation aurait détachées des rives du fleuve, Nigello a accom- 
pagné MM. Lafargue et Rollet jusqu'à Khartoum; là il a pris les 
chevaux pour des zèbres et les chameaux pour des girafes. » 

M, M. Lafargue et Rollet ont noué des relations avec les Berrs, 
les Lokès, les Mekedos et les Duguars. Les trois premières peuplades 
se trouvent depuis trois jusqu'à huit journées de route à l'est de 
Bellenia. La dernière tribu qui est très considérable, habite les bords 
du fleuve au sud de Lokaya; ensuite viennent les Pouloudj, près 
des cataractes situées à huit journées au sud de l'île de Djanfar. Au 
delà de ces cataractes, le fleuve fait d'abord un coude au sud-est; 
puis, arrivé entre 3° et 2" 3o' de latitude nord, il se dirige à l'est- 
nord-est vers les montagnes des Gallas d'où viennent deux rivières 
qui se mêlent à lui entre le 6*-' et 7^ degré de latitude nord. Le fleuve 
tait ainsi une presqu'île, large de 25 journées de marche, ou 1 50 lieues, 
et située par environ 5'^ de latitude. Les Lokès et les Berrs rencon- 
trent le fleuve, soit qu'ils se dirigent au sud-est de leur pays, soit 



Fleuve Blanc. 249 

qu'ils aillent vers le nord-est^ côté par lequel ils sont souvent en guerre 
avec leurs voisins les Gallas. Au dire des Berrs, le Nil recevrait en- 
core, vers le 3<^ degré de latitude nord, un autre affluent qui paraît 
venir de l'est. Les Blidos vivent entre cet affluent et la rive gauche 
du fleuve. Ils sont en rapport avec des marchands blancs qui portent 
la barbe et qui ont des cheveux longs et lisses. Ces marchands vien- 
nent chaque année de l'ouest [est ?] pour acheter chez les Blidos de 
rivoire que ceux-ci vont chercher jusque chez les Barri. Ces mar- 
chands se disent issus de gens blancs comme nous, ayant des armes 
à feu, et qui les ont abandonnés dans un pays entouré de montagnes, 
à deux mois de là. Outre leur lance et leur bouclier, ils portent des 
sabres d'Allemagne à deux tranchants : leurs maisons sont bâties en 
briques cuites, et ils connaissent l'écriture. Les marchandises qu'ils 
portent chez les Barri consistent principalement en porcelaines ou 
coquillages dits Cauri, et en bracelets de laiton, dont nos voyageurs 
européens ont vu plusieurs échantillons. Les Barri se rendent chez 
les Blidos en 2 5 journées de marche, dans la direction du sud-est. 
Le pavs qu'ils traversent est accidenté et coupé par des canaux abou- 
tissant au fleuve qu'ils passent à la nage. Les Barri portent de l'ivoire 
chez les Blidos qui font parvenir cette denrée aux marchands blancs. 
Ceux-ci les vendent à des trafiquants rouges qui communiquent di- 
rectement avec les comptoirs situés sur l'océan Indien. Le vieux 
Laoutur, oncle de Nigello et frère de Lagou, roi des Berrs, raconte 
que ces marchands blancs venaient chaque année, du temps de son 
père, acheter de l'ivoire chez les Barri qui mirent fin à ces relations 
en égorgeant toute la caravane pendant son sommeil. Lors de l'ar- 
rivée des premiers Turcs et des Européens chez les Barri, ces peuples 
crurent naïvement que les nouveaux-venus étaient les membres de la 
caravane ressuscitée qui venaient tirer vengeance de ce massacre com- 
mis depuis plus de 80 ans .... 

«[Les marchands blancs, commerçants qui se rendent chez les 
peuples voisins, ne seraient -ils pas ces mêmes trafiquants nommés 
Gala par les Mace, Makan ou Sun'vo? La description faite par ces 
derniers m'avait induit à rapporter à la race arabe ces Gala qu'il ne 
faut pas confondre avec les Galla ou Oromo. Cette identification, si 



250 Kaffa. 

elle était établie, relierait les renseignements géographiques donnés 
par les Smvro avec ceux que les Barri nous ont fournis.] » 

424. 

[B. S. G. 1858, p. 36 1.] Dans une lettre datée de Zanzibar 8 mai 
1857 (1858 ?) et que j'ai reçue à la tin du mois dernier (Juillet), le 
R. P. Léon des Avanchers, missionnaire capucin, me mande ce qui suit: 

« Lors de mon dernier voyage sur la côte, ayant recueilli des ren- 
seignements très-précieux, je vous écris afin que vous puissiez les 
confronter avec ceux que vous avez recueillis à Inarya. Je vous dirai 
d'abord que je suis ici comme délégué de Ms"" Massaja, pour ouvrir 
une voie de communication entre Kaffa et la côte. Cette voie existe. 
De Brawa on va en 12 Jours à Louk-Ganané et en 12 autres jours 
de Ganané à Kaffa. Près de Louk sont les Boren Galla. A 5 jours 
de Ganané, sur le chemin de Kaffa, sont les Sidama : une de ces 
tribus a des livres et une langue écrite en caractères différents de 
l'arabe et de l'éthiopien. Je suppose que ces tribus sont chrétiennes. 
De là on va chez les Koocha, chez les Woromai, que je crois être le 
pavs de Walamo, et de là à Kaffa. Au sud de Kaffa sont les Siajami 
Galla. Ils occupent le haut des diverses branches du Jub, dont les 
trois principales sont le Dawaro, le Jub, et le Wabi. Au sud des Sia- 
jani, à 1 2 jours de Kaffa, sont les Amara et les Konso. Ces deux tri- 
bus sont presque blanches : elles ont des villes et des villages, cul- 
tivent la terre et ont des livres écrits. Elles doivent habiter entre le 
2^ et le 3° degré de latitude nord. Les musulmans ne peuvent entrer 
dans ce pavs. Je crois également que ces peuples sont les débris de 
l'ancienne église éthiopienne. Diverses autres tribus de couleur rouge, 
tributaires des Amara, habitent plus près de l'équateur. A 5 jours 
des Amara est un grand lac d'où sort un des affluents du Nil, pro- 
bablement le Saubat .... 

Les capitaines Burton et Speke viennent d'arriver sur le grand lac 
africain. Ils disent qu'ils seront de retour ici à Zanzibar dans le mois 
de septembre. 

Je ne partirai pour les Boren Galla que dans 7 à 8 mois .... Je 
pense dans 5 ou 6 mois avoir un livre en langue sidama. » 



Kaffa. 251 

«[Le missionnaire qui a écrit cette lettre est l'un des plus intelligents 
qui aient encore visité l'Afrique orientale. Dans toute TÉthiopic, le 
mot Amara,A\ovci de tribu d'abord, puis d'un district situé à l'est du 
Gojjam, est aussi appliqué aux chrétiens relativement très-civilisés, 
c'est-à-dire qui ont des livres, des églises, et des prêtres. C'est en ce 
sens qu'on l'applique aussi au Gurage, et en opposition aux Sïdama 
nom par lequel les Galla ou Oromo désignent les chrétiens sans 
prêtres, c'est-à-dire les habitants de Kaffa, Kullo, Gobo, les Gonga 
ou Sïnîco, etc. Il est à remarquer que le R. P. Léon donne le nom 
de Dawaro à une rivière. On a vu plus haut aux n"*3i3, 323 que ce 
mot est employé comme nom de la langue de Kullo et de W.-tlatiio 
tandis que les anciennes annales éthiopiennes entendent par Dau'aro 
une vaste région et que les traditions du Dainbj^a comprennent par 
là un habitant d'une contrée au sud du Xîii^a. Les synonymies sont 
le fléau de la géographie par ouï-dire; mais il est remarquable que 
le zélé disciple de S' François ait recueilli à Zanzibar plusieurs noms 
connus dans les environs de Inarj^a.] » 

[B. S. G. mars 185g, pp. 153 .... 170. Dans une lettre du 10 dé- 
cembre 1858, le P. Léon des Avanchers contirme sa lettre précédente 
et ajoute plusieurs détails ainsi que 73 distances évaluées en jour- 
nées de route, mais en bloc, sans noms de lieux intermédiaires et de 
cette façon : «De Brawa à Berbera 1 mois et ' 2I «^^e Brawa à Ganané 
12 jours; de Ganané à Katfa 20 jours. Jusqu'en 1884 rien n'est venu 
appuyer ni infirmer ces renseignements. Ils signalent un lac Boo, le 
même que le lac Abbola [Abbala ?] marqué dans le bassin du Fleuve 
Blanc; enfin ils disent expressément que le fleuve Jub prend sa source 
"^en Kaffa. Les Amara du sud, ou Amahara, et les Konso sont men- 
tionnés, croyons-nous, pour la première fois par le P. Léon. D'après 
lui le lac Boo serait par environ 1° de latitude nord. Serait-ce le lac 
du n" 385 ci-dessus?] 

425- 

fB. S. G. i8éi, p. 332.] Le P. Léon des Avanchers termine ainsi 
sa lettre écrite en Kafa le 12 octobre iSéo : «Le Saubat est formé 
par deux rivières : l'affluent oriental est le Barro [sic] dont la source 
est dans le lac El-Bôo situé à 3 ou 4 journées sud d'ici, visible du 



2 52 Kaffa. 

haut des montagnes de Gobo. Le Barro est le vrai Nil blanc de Pto- 
lémée : il est visible des montagnes de Kafa et doit être navigable 
pour de grands bateaux. Le lac El-Bôo est le M/z ^alus orientaHs. 
Vous avez donc raison de soutenir que c'est le Nil Blanc. Seulement 
le Gojab ne se jette point dans le Barro, mais réuni aux 3 Gibés il 
forme le fleuve Jub. Toutes mes découvertes faites à Zanzibar sont 
parfaitement vraies : seulement l'écriture indigène est une fable; on 
a voulu parler des livres abyssins » 

426. Saubat. 

[B. S. G. 1861, vol. 2; p. 55.] Voici l'extrait d'une lettre de Mf^'Mas- 
saja, aujourd'hui Cardinal, mais alors vicaire apostolique des Galla 
ou Oromo; elle est datée Kafa, 12 octobre i8éo : 

. . . Aussi avons-nous pensé vous faire connaître la possibiHté d'ou- 
vrir des relations commerciales entre les fertiles pays de Kafa et 
l'Egypte par la voie du fleuve Saubat ou Baro qui, dans notre pen- 
sée, est le vrai Nil Blanc. Cette possibilité nous paraît être une pro- 
babilité, car le fleuve, qui est visible du haut des montagnes de Kafa, 
à la distance d'une journée, soit par le volume de ses eaux, soit par 
son cours paisible (ses eaux sont dormantes) à travers la plaine, pa- 
raît pouvoir être remonté par de grands bateaux, et je ne pense pas 
que son cours soit obstrué par des cataractes . . . Voici des rensei- 
gnements qui pourraient aider : 

1. Toujours tenir le bras gauche du Saubat qui paraît être formé 
par deux affluents dont le gauche, en remontant vers l'équateur, est 
le Baro des Galla. Ses eaux sont les plus profondes recevant de 
nombreux affluents qui viennent des pays Filawi, Mucha, Kafa, et 
Gobo. Le Baro paraît sortir d'un lac situé à 3 ou 4 journées au sud 
de Kafa. 

2. Le lieu où conflue le bras droit du Saubat avec le Baro forme 
une île habitée par les Galla. Les montagnes à l'Est sont celles de 
Filawi, pays sidama, race chrétienne, éthiopienne. Les montagnes 
au sud sont celles de Mucha, pays également sidama, séparé du 
précédent par une vallée habitée par les Alga Galla qui occupent 
aussi l'île du Saubat. La vallée est arrosée par le Berber qui reçoit 



Saubat. 253 

les eaux du Gabba, Wallaga, etc., et se jette dans le Baro. Les bords 
de deux affluents du Saubat au sud de l'île du confluent sont habités 
par les nègres. Si nos données sont certaines, des barques de Khar- 
toum ou des Denka, arrivant tous les ans à ce point, y apportent 
des verroteries et des toiles blanches. 

3. Au sud du confluent le Baro reçoit trois affluents de Kafa et 
le fleuve baigne les pieds des montagnes de Gimira province de Kafa, 
dont les noms indigènes sont Na-ho, Kuicho, Chero \Xcwo, c'est- 
à-dire Xe?\, Siheno, Kabo, Yavno. Les riverains sont les Surro 
[Makan] qui sont indépendants de Kafa, mais vivent en paix avec 
lui. 

4. Après avoir dépassé Kafa le fleuve décline un peu à l'est et 
baigne le pied des montagnes de Gobo et Kuicha. Les habitants de 
ce dernier pays font souvent des expéditions à l'ouest et se battent 
contre un peuple portant des turbans, des épées longues et des fusils, 
qui doivent être les Denka qui, dit-on, viennent jusque chez les Gobo. 
Au centre du plateau sud de Gobo, et visible du haut des montagnes, 
est un lac d'où sort le Baro .... 

427. Saubat. 

[B. S. G. i8éi, p. 57.] Le P. Léon des Avanchers m'écrivait le 
14 octobre 1860 : ... «Le Saubat est le vrai Nil Blanc de Ptolémée 
et dont la source est située dans un lac ou marais visible du haut des 
montagnes de Gobo, fait que j'avais reconnu étant à Zanzibar .... 
Le rovaume de Kafa est un débris de l'empire d'Ethiopie dont la 
plus grande partie de la population se dit Amhara [chrétienne], sque- 
lette de gouvernement avec des usages les plus excentriques : c'est 
en petit l'empire chinois de l'Afrique centrale. L'intelligence de ce 
peuple consiste à mentir et à tromper, et les politiques de Kafa don- 
neraient du fil à retordre même à Palmerston. Je suis à préparer un 
mémoire sur ces pays très-curieux et ces usages de l'ancien monde...» 

428. Baro. 

[B. S. G. 1862, p. 38o.] Extrait d'une lettre de M""" Massaja : «, . . 
Aujourd'hui ce n'est plus un mvstère que la rivière Baro touche les 



2 54 J^^^- 

Galla de Gabha, pays dont j'ai un prctrc fort intelligent, et en outre 
que le Fleuve Blanc arrive presqu'aux frontières de Kaffa. Pendant 
que j'étais là j'ai pu avoir quelques nouvelles des prêtres établis chez 
les Barri, ainsi que des expéditions de Khartoum. J'avais même eu 
l'idée de proposer à cette fin des pourparlers avec Kaffa, mais de 
pareils projets sont suspects pour le moment. Le moindre pas qu'on 
ferait de ce côté aurait pour effet de s'emparer de tout le commerce, 
et je crois qu'il serait très-facile d'ouvrir une route vers le sud jusqu'à 
l'océan Indien sur le fleuve Gojab qui entoure Kafîa et KuUo du 
côté de l'est, et qui tournant ensuite au sud à partir de Gobo, se jette 
dans la mer des Indes. J'ai cru découvrir que le Kafta empêche l'ou- 
verture du commerce de ce côté parce qu'il craint les attaques de 
tribus armées de fusils. Les hauteurs de Kullo qui se prolongent vers 
le sud ont, du côté de l'ouest, les sources du Fleuve Blanc dans un 
lac semblable au Tana et, du côté de l'est, le cours du Gojab sur 
lequel arrivent des barques arabes à petite distance .... » 

429. 

[B. S. G. 1862, p. 38 1.] Extrait d'une lettre du P. Léon des Avan- 
chers en date du 12 juin i8éi : «Géra (pays Ylmorma près Kaffa) . . . 
Maintenant pour en venir aux découvertes locales, j'excuse une erreur 
bien pardonnable que j'ai remarquée dans quelques-unes de vos lettres. 
Vous crovez que le Gojab est identique avec le Fleuve Blanc ou Sau- 
bat. Vous avez puisé ce renseignement dans Limmu Inarya oh j'ai 
entendu dire la même chose. Le Gojab est identique avec le fleuve 
Jub qui se jette, sous l'équateur, dans l'océan Indien, et reçoit au- 
dessous de Kambat ou Kambata le Gibe de Lagamara. Le lit du 
Fleuve Blanc est séparé de celui du Gojab par une chaîne de mon- 
tagnes d'un degré de largeur. Toutes les eaux de Kaffa au sud de 
Bonga se dirigent dans les Baro ou Saubat : les eaux au nord de 
Bonga se jettent dans le Gojab. Le Baro a sa source dans un lac 
situé à 4 journées au sud de Bonga; ce lac est visible du haut des 
dernières montagnes que vous avez remarquées du côté du sud, et 
en partie occupées par les nègres Sinvro. Ce lac doit être le lac el 
Bôô dont j'entendis parler à Zanzibar. Il est appelé ici Bario et il 



Waratia. 255 

doit être le Nili palus orientalis de Ptolémée. J'avais demandé au 
roi de Kaffa la permission d'aller le visiter : il me le promit (le pays 
est désert entre la frontière sud de Kaffa et le lac), mais les musul- 
mans ont dû persuader au roi que je cherchais une route pour v faire 
passer des soldats et prendre son pays; cependant je reviendrai à la 
charge. 

Quant à la langue écrite dont j'ai entendu parler, je n'ai encore 
rien pu découvrir de certain. Chez les Waratta (ainsi sont appelés 
tous les peuples qui habitent entre les divers tributaires du Gojab et 
qui ont une langue différente de celles des Sidama et des Ylmorma) 
il existe des traces d'une ancienne civilisation, et peut-être chez quel- 
ques-uns trouvera-t-on les traces d'une ancienne écriture. Les Wa- 
ratta paraissent être un peuple émigré de la côte et chassé par les 
Ylmorma (?) — Les Janjiro et les Sidama ont une langue commune 
et disent avoir eu une origine commune. La côte de Zanzibar est 
appelée Janji et encore Sidi; les Ylmorma auraient refoulé ces peu- 
ples dans l'intérieur. Dans le périple de la mer Rouge, traduit en 
anglais, vous trouverez une note au bas de l'ouvrage disant qu'il 
existe dans la bibliothèque rovale de Paris un ouvrage en langue zingi 
et l'histoire de ce peuple. Si cela est vrai, la langue écrite en question 
doit être la langue de Zingi. 

Les noms de ces pays sont en grande partie différents de ceux qui 
m'ont été donnés à la côte. Cependant j'ai pu reconnaître la vérité 
de la carte qui m'a été tracée par le sayk de Brawa, parfaitement 
identique, sauf quelques corrections, avec celle que je suis à même 
de tracer ici, et qui a la plus grande analogie avec celle du C'^ Harris 
pour le sud du pavs Ylmorma. Il existe du côté du sud un peuple 
barbare appelé Sinbirra par les Kafaco; ce sont sans doute les pyg- 
mées du C"-' Harris. 

Dans cette lettre je ne puis vous donner les nombreux renseigne- 
ments que j'ai sur les Afillo à l'ouest des Wallaga, race Sidama 
Amara et non Falnsa; le roi nous a fait demander des prêtres. Les 
Kambat sont également Sidama Amara, ainsi que Walamo, Garo. Je 
prépare un mémoire et une carte sur toute cette matière. 

M"'" Massaja est en Kaffa; depuis deux ans sa santé est bien chan- 



2 5é Koffa. 

celante. Il a écrit un grand ouvrage religieux en langue ylmorma et 
un autre en sidama. 

P. S. Ce 24 octobre i8éi, MS"" Massaja a été déporté de Kaffa. 
Les Kafaco avaient résolu de rétablir l'ancien état de choses, c'est- 
à-dire de forcer nos prêtres à prendre femmes . . . Les rois Ylmorma 
ont pris notre défense, et le Kaffa a déjà pensé à faire la paix avec 
nous. Abba Bagibo est mort et est resté notre ami jusqu'à son dernier 
soupir. Depuis son retour de Kaffa M^'" Massaja se porte beaucoup 
mieux. Les rois Ylmorma ont montré bien plus d'affection pour nous 
que les soi -disants Amara de Kaffa qui sont en tout inférieurs aux 
Ylmorma. » 

«[Page 384. Pendant les 12 journées que j'ai passées en Kaffa l'at- 
mosphère était envahie par le qobar, météore encore mal expliqué, 
qui obscurcit l'air et qui abonde en Ethiopie par un temps chaud et 
sec. Le qobar efface du paysage les sommités lointaines et je remar- 
quai à Bonga qu'il abondait vers le sud. C'est ce qui m'empêcha de 
relever et même de voir les montagnes dont parle notre intelhgent 
missionnaire. 

Les Ylmorma ou Oromo sont ce peuple guerrier qui, venu de 
l'Ethiopie orientale, a conquis une portion de ces pays. Tous les 
ennemis des Ylmorma leur donnent le nom de Galla. A leur tour ils 
appellent Sidama tous les peuples non nègres qui les ont précédés 
en Ethiopie et qui conservent encore un faible reste de christianisme. 
Les Éthiopiens vraiment chrétiens sont appelés Amara par les Yl- 
morma et même par les Sidama. Ce dernier mot est employé sou- 
vent pour désigner les habitants de Kaffa et l'on est porté à entendre 
Sidama dans ce sens quand le P. Léon parle des Janjiro. Mais ceux- 
ci ont, ainsi que mes vocabulaires en font foi, un idiome bien distinct 
des langues du Kamba ou Kambata, du Gazamba, du Waratta et du 
Kaffa. Leliso, mon interprète Yamma (Janjiro), ne pouvait comprendre 
les indigènes de tous ces pays qu'en usant de l'idiome ylmorma comme 
langue commune. » Note d'A. d'Abbadie.] 



Grand Damot. 257 



430. 

\B. S. G. i86é, V. 1 2 ; p. i63.J Le P. Léon des Avanchers m'écrivait 
de Géra le i'^'' mai 1864' : 

Je réponds ici aux diverses questions que vous m'adressez dans vos 
précédentes lettres. La rivière ou fleuve Jub, qui se jette dans l'Océan 
Indien sur la côte de Zanzibar (Zanj-bar) sous l'équateur, près la 
petite ville de Jiib, est appelée Wabi par les Somali (juabi est le nom 
donné à tous les grands courants d'eau). Ce fleuve dans son cours 
supérieur est formé par les rivières suivantes : Le Gïbe; trois cours 
d'eau portent ce nom : l'un prend sa source sur une montagne de 
Jinima rare, située entre G ainbo, Lagamara, Sibu et Nontiu; son 
cours est sud-est; près du pays de Cora il reçoit le second Gibc. 
Celui-ci arrose la région connue sous le nom de hinarya ou Itiarya, 
qui comprend maintenant le royaume de Limmu, les pays libres de 
Nonno, Agalo et Cora. Dans le pays de Agabja le Gîbe reçoit un 
grand courant d'eau qui lui apporte toutes les eaux du Liban, du Ga- 
rage ou vallée du Korcax, et de Cabo; ce courant d'eau est appelé 
Borora. Ici le Gîbe reçoit également le troisième Gîbe qui arrose le 
royaume de Jïmma kaka ; ces quatre grandes rivières forment alors 
un fleuve magnifique qui contourne le petit royaume de Zinjîro et le 
sépare des divers pays Giirage ou Hararge qui sont Masmas, Xa- 
xego, ïnnamiir. Le rovaume de Zf7yï/-o, appelé encore Zaïijîro , est 
un pavs montagneux et très-élevé, où cette tribu barbare vit avec ses 
lois et ses traditions qui n'ont rien de commun avec celles des Oromo 
et des Amara; ils sacrifient aux démons des victimes humaines; les 
mâles se privent d'un testicule et se coupent les mamelles; les 
femmes mangent = le lait, les hommes le petit lait; les volailles, les 

1. Nous devons ici faire remarquer la profonde diffe'rencc qui existe entre 
les indications données dans cette lettre et celles qu'avait fournies le père 
Léon des Avanchers dans un travail précédemment publié au Bulletin de la 
Société de Géographie (voir t. XVII, 4e série, 1859). — Rédaction. 

Cette lettre a mis deux ans pour venir de Géra à Paris. 

2. Les Saho disent aussi mander, et non buire quand il s'agit de lait. 



258 Kaffa. 

moutons et les chèvres ne sont mangés que par les tanneurs. Les 
vrais Zinjiro mangent seulement la viande de vache; selon eux, le 
soleil est leur père et la lune est leur mère. Le Gîhe après avoir con- 
tourné ce royaume reçoit le Kiisaro dont la source est située dans le 
rovaume de Jïmma et qui divise Jïmma et Zuijîro du royaume Sidama 
Garo-Boxa. 

Garo, appelé encore Boxa, est un petit pays de montagnes où se 
remarquent des rochers perpendiculaires habités par la race Sidama 
Tîgro-Boxa. Leurs ancêtres sont, disent-ils, Amara, et proviennent 
du Tîgre-Aksinn, mélangés avec la race primitive Boxa; leur langue 
est identique à celle des Kafacco. Jusqu'à présent ce petit royaume 
conserve les Jeûnes et traditions de l'Eglise d'Ethiopie. Ce pavs est 
situé au confluent du Gîbe et du Gojab. 

Le Gojab des Oromo, ou Godafa des Kafacco, est un grand courant 
d'eau dont la source est située à Geca, montagne qui sépare le royaume 
de Kaffa de celui de Miicca ou Seka, et des pays Galla (Oromo) de 
Ilhi-Gabba. La montagne est couverte de qïrhaha et le plateau 
marécageux semble indiquer la présence d'un lac souterrain. Cette 
montagne donne naissance, du côté du nord, à trois grands courants 
d'eau dont l'un porte le nom de Baro, qui sépare le pays de Mucca 
des Oromo; le deuxième traverse le pays de Illu; le troisième traverse 
la région de Mucca. Ces trois grands courants se réunissent et portant 
le nom de Baro, vont se Jeter dans le fleuve appelé encore Baro, 
chez les sanqîlla (nègres) Yambo et Masango Ce fleuve Baro, qui 
vient du côté du sud et qui, au confluent de ces deux Baro forme, 
dit-on, un grand lac, doit être le Sobat des Européens. 

Le Gojab traverse la province de Kaffa, appelée înnaro (où règne 
l'ancienne famille royale de Inarya-Damot, qui après avoir été expulsée 
par les Oromo du royaume actuel de Limmii, après avoir résidé ici 
à Géra, a fini par se réfugier dans Kaffa, où elle existe avec les hon- 
neurs de la royauté sans pouvoir effectif). Le Gojab sert de frontière 
aux royaumes de Kaffa et de Géra, et reçoit le Naso qui lui porte 
toutes les eaux du royaume de Géra. Le Gojab dans son cours in- 
férieur sert de frontière aux rovaumes de Jïmma et de Kullo, ensuite 
sépare Garo de Kullo et se Jette enfin dans le triple Glbe, Ici le Gibe 



Kaffa. 259 

perd son nom et est appelé, par les KuUo , Omo ou Uma. Il con- 
tourne le pays Dawro, appelé Kiillo par les Oromo, habité par la 
race Omate, sépare les Tuf te, les ^ambaro, les Walamo et Irgo de 
Kullo et prend ensuite une direction sud-ouest. Près àcKonta ou Gobo sa 
direction est ouest-sud-ouest, puis de nouveau sud-ouest en décrivant 
un S; il sépare le pays deGo^o ou Konta des pavs Kuca,Gofa, Malo, 
Dokko. Arrivé à ce point, il reçoit les eaux de Kullo et de Kaffa qui lui 
sont apportées par les courants d'eau nommés Sokora, Hadi, Aboita. 

Rivières du Kaffa .* le Barta dont la source est située sur la mon- 
tagne de Xara se Jette dans le Xata dont la source est dans la pro- 
vince liuiaro. 

Le Xata se jette dans le Gexa à Bonga, et traverse la vallée de 
Bonga; le Gexa se jette dans le Gunnn à Aiidaraxa ; le Gunnn se jette 
dans le Xoka qui traverse le pavs sud de Kaffa et divise le pavs de 
Xata des Sinuro, xajiqîlla aux grandes oreilles qui suspendent jusqu'à 
trois ou quatre livres de verroteries dans le trou perforé aux oreilles; 
celles-ci deviennent ainsi comparables aux oreilles des éléphants. 

Le Xoka traverse Gobo ou Konta, le sépare de Kuixa ou Kuixo 
et se jette dans la rivière Uma ou Omo. 

La rivière Hadi ou Hadiya a sa source dans la province Hadi du 
royaume de Kaffa, frontière ouest, et se jette dans le Omo en face de 
Garo, en traversant le pays de Kullo. 

La rivière Boito, Aboito, Aboita a sa source en Kaffa, sépare Kullo 
de Gobo et se jette dans le Omo. Les Sidama de Kaffa donnent le 
nom de Dawaro aux pavs des Kullo, Gobo, Konta, Kuixa, Golda, 
Maro Malo [sic], situés sur les rives ouest du fleuve Omo. 

Les pays situés à l'est, ^ambaro. Tu/te, Kambat, Walamo, Irgo, 
Boreya, Koxa, Kuxa, Gofa, Anika, Otollo, Gamo, Dokko, sont 
appelés Warata. La langue des Dan'aro et des Warata est identique 
et ils s'appellent eux-mêmes du nom commun de Dawaro. 

Les pays de ^ambaro. Tu/te, Kambat, Dokko ont des langues à 
part. La race Daji'aro ou Warata se divise en deux grandes familles: 
1" les Omate ou Omati; 2° les Kawko ou Wa-uko. Le pays de Kullo 
forme un royaume de trois journées d'étendue; Gobo comprend trois 
royaumes : Konta, Kuixa, Maro ou [sic] Malo. 

17* 



aéo Warata. 

Les Golda forment, dit-on, quatre royaumes et s'étendent jusqu'au 
lac Baro (Al Boo). 

Je pense que les Kullo sont les Omati des Somali de Barawa. Les 
Gobo et les Kiiixo sont les Amhara et les Amharakoke des mêmes. 
hQsGobo se disent de race ^m/zaro. LesGolda doivent être les Darimu 
des mêmes qui habitent sur les bords du lac ^/5oo; les i^wz'xa doivent 
être les Konso. Le Gïbe est appelé, par les Somali, Abulu (le père de 
tous). Le Gojab est appelé Buxatie, de Boxa-Garo. La réunion de 
toutes ces eaux qui portent ici le nom de Umo, est appelée, par les 
Somali, Daipa ou Wabi des Datvaro (fleuve des Dawaro). 

Ce fleuve tourne au sud de Gobo, du côté de l'est, en décrivant de 
grands Z, et va du côté du sud en traversant le pays Dajparo. Au sud 
des pays Warata est un grand désert, plateau aride couvert de brous- 
sailles, appelé par les Gobo et les Warata du nom de Xambara ou 
Xambaro; sur les bords du fleuve sont le pays de Areya, et divers 
autres petits pays, habités par une race trapue dont les deux sexes 
vont complètement nus. Le pays de Xambara est le lieu de chasse 
des Warata; ils disent qu'il faut au moins deux semaines pour tra- 
verser ce plateau, peuplé d'éléphants, de buffles, de girafes. 11 est 
habité par quelques familles d'une race malfaisante, anthropophage, 
sur laquelle on raconte un grand nombre de fables. J'ai entendu parler 
de chasseurs qui étaient aflés jusqu'à un point où l'on voit le pavs 
des Arabo (Somali), qui se vêtissent de chemises, portent des turbans 
et font les prosternations [prières musulmanes]. 

Le Umo reçoit près du pays de Gamo une grande rivière dont la 
source est, dit-on, dans IcGurage, et qui traverse les pavs des Xaxego, 
des Masmas , et sépare les Kambat des Galla Arusi. Ce fleuve est 
appelé Wabi des Sidama par les Somali. Au confluent de ces deux 
fleuves est le pays Gamo, appelé Bahr Gamo par les anciennes cartes. 

Ces deux fleuves, après leur jonction, forment, dit-on, un grand lac 
que l'on dit visible à&Wallamo [sic] ; les îles du lac sont habitées : de 
là le nom de Bahr-Gamo (mer fondue ou eau répandue). Plus au sud 
le pays contourne une montagne habitée par une race ennemie des 
Warata : ce doit être le pays de Ganane des Somali, appelé encore 
Liik. On dit que, lors de la crue des eaux, les habitants, pour se rendre 



Uvia. 261 

le fleuve favorable, lui jettent en tribut une jeune fille qui porte le 
nom d'épouse du fleuve. 

Au-delà sont les pays appelés par les Warata du nom de Araho, 
c'est-à-dire les Somali de BAvan'a, Marka, Magadoso; de ce pays 
il vient chez les Worata [sic] quelque peu de verroteries. 

Je pense que le Umo, vu l'abondance de ses eaux, ne doit point 
se jeter dans l'Océan Indien par une seule embouchure, mais bien 
former un delta comme tous les grands fleuves. Étant sur la côte de 
Zanzibar, j'entendis parler de communications intérieures entre le 
fleuve Ozi, qui se jette dans l'Océan près de Mombaz [sic] et le fleuve 
Jub. Cette partie de la côte orientale de l'Afrique est très peu visitée, 
nos marins n'en connaissent qu'imparfaitement les côtes; il serait à 
désirer que le ministère de la marine fît lever minutieusement cette 
partie du littoral et surtout l'embouchure du fleuve Jub. Les Arabes, 
dans les siècles passés, fondèrent sur cette partie du littoral un grand 
nombre de petits royaumes et de villes dont on voit les ruines. Cette 
partie de la côte relève maintenant du sultan de Zanzibar. 

Les Anglais qui visitent tous les coins et recoins de toutes les mers, 
ont occupé dans les temps passés l'île de Mombas, où il existe une 
magnifique forteresse, œuvre des Portugais, maintenant entre les mains 
des Arabes. Ils ont dressé de belles cartes de toutes ces côtes. La France 
qui a une colonie à deux pas de là, l'île de Bourbon, serait naturelle- 
ment portée à exploiter cette partie du monde. Le seul Français qui 
ait visité imparfaitement cette côte, c'est le capitaine Guillain. 

Les productions des pays Warata et Dawaro sont le café qui s'y 
trouve à l'état sauvage et en abondance; le coriandre, le coton, les 
dents d'éléphants, les peaux. L'ouverture du fleuve Dann-iro au com- 
merce serait le principe de la civilisation de cette partie du monde. 

Le fleuve Umo n'est point guéable en janvier et février à l'époque 
où ses eaux sont les plus basses. Les Warata le traversent seulement 
sur des outres enflées; ils ne connaissent point l'usage des bateaux. 
Le cours ànUmo est, dit-on, très-paisible, ses eaux semblent dormir; 
les marchands prétendent que sa largeur est double de celle du 
Nil. Le xayl; 'Abd an Nuwr, de Barawa, me disait : « Si je pouvais 
avoir un bateau en fer et deux canons, je me rendrais maître de la 



2 02 Pvgmées. 

rivière.» Les bateaux ou barques arabes remontent, dit-on, jusqu'à 
Ganane. 

Dans le désert A.QXambaro il y a un grand courant d'eau qui coule 
du côté du sud. 

La présence de pvgmées est un fait certain. Les Areya qui habitent 
en face des Dokko, au sud du fleuve, sont, dit -on, très-trapus; plus 
au sud est un peuple appelé Cmcalle (ce qui veut dire « quelle mer- 
veille!») que l'on dit être de la stature des enfants de dix à douze 
ans. Sur la foi de nombreux rapports, je crois à l'existence des pvg- 
mées de l'Afrique; à Zanzibar, on leur donne le nom de Wa-Barikimo 
(peuple de deux pieds). Je pense que cette race de nains doit être 
située sous l'équateur; on les place ici au sud du lac Baro et les 
Somali les mettent au sud du lac Al Boo. Ici, dans le royaume de 
Géra, il existe beaucoup de ces nains, êtres difformes, trapus, à grosse 
tête, ayant tout au plus quatre pieds de haut. Dans le désert de Xam- 
bdra, on trouve en abondance le sel natron; il vient chez les Dawaro 
par la voie de Ganio; on le mange à la place de sel et on le donne 
aux animaux domestiques. On l'exporte jusqu'à Jïmma kakka. 

AGofa, on trouve de petites pierres noires très-brillantes (les cristaux 
dont j'entendis parler par les Somali). Le roi seul peut les posséder; 
une seule de ces pierres est vendue jusqu'au prix de cinq esclaves; 
elles se trouvent mélangées avec le fer, et après les grandes pluies; 
les indigènes disent qu'elles sont produites par le diable, à la suite 
des grands sacrifices qui lui sont faits. D'après ce que l'on raconte, 
cet esprit infernal est vraiment adoré par le pays de Gofa. 

Les pays Warata ou Daivaro produisent en abondance le maïs, le 
dagusa, le tef, le froment. Les animaux domestiques sont très-nom- 
breux; le pays est plat et très-chaud. 

Les Kambat ou Kambato ont une langue à part, sont de couleur 
très-rouge, portent tous la barbe longue; très-guerriers, ils habitent 
de hautes montagnes, sont en luttes continuelles avec les Galla Arusi 
et sont de race Amara. Le roi des Kambat se dit descendant de la race 
Israël des anciens jiïgiis d'Ethiopie. Ils conservent les jeûnes et les 
traditions de l'Église d'Ethiopie. Il y a chez eux un grand nombre de 
vieilles églises, quelques-unes creusées dans le roc, où l'on conserve 



Walagga. 2 63 

des tabot [pierres d'autelj et des livres sacrés. Les Walamo et Irgo 
se disent venus du Tigre et sont également Amara. Plus au nord 
sont divers pays du Giirage, où l'on dit qu'il existe des tribus entières 
de amara, ayant des charlatans Abyssins pour prêtres. Le jour où 
notre mission pourra pénétrer jusque là, Je pense que nous trouverons 
de plus grandes espérances de réussite que chez les Oromo qui, bien 
qu'ils ne soient pas hostiles au christianisme, sont retenus par de 
fortes entraves dans la barbarie. L'islamisme qui a pénétré dans tous 
ces royaumes, a créé partout contre nous un grand esprit d'inditïérence. 
Tous ces pays non Oromo sont appelés Sîdama, comme terme de 
mépris, par les Galla. La race sîdama aime naturellement toutes les 
traditions du Gojjam. 

Au nord du pays de Géra est d'abord le royaume de Guma, de 
trois Journées d'étendue. Il est séparé des royaumes de Géra par la 
rivière TDid-esa, qui a sa source à la montagne Seka. Cette rivière 
coule entre les royaumes Guma et Géra, Gomma , Limmii, traverse 
le pays Bu-no et reçoit toutes les eaux du pays de Sibu, Jîmma- 
Hin-e , sépare le Walagga du pays Limmu-Sob, et se Jette dans le 
Abbaj', à deux Journées ouest des Waxatï. On me fit remarquer une 
montagne, et Je crois que le T>îâ-esa, appelé à Limmu-Sob Dabesa, 
et encore Warabesa, est le Tumat des cartes européennes. Une autre 
grande rivière passe à Aliltupante [Aliltugante :] et se Jette plus bas 
dans le Abbay. Le pavs de Walagga est très -riche en or, que l'on 
trouve partout. Ce pays est plat; à l'ouest du Walagga sont les Afillo 
ou Filawi, qui sont de race sîdama et amara, et qui ont une langue 
commune avec celle de Kaffa. Un de nos prêtres indigènes que 
•Ms^'Massaja envova en exploration, me dit que les indigènes n'avaient 
plus aucunes traditions chrétiennes. Les pays parlant une langue com- 
mune avec celle de Kaffa, sont : Kaffa, Garo,Gabo, Waxati, Mucca, 
Afîllo. Les Zanjîro n'ont rien de commun avec aucune des tribus 
environnantes. Le Warata se rapporte au Tigre. 

Vous exprimez le désir que Je m'occupe d'un dictionnaire. J'ai 
traduit tnylmorna l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, 
plus de deux mille pages. Voilà quatre ans que J'y travaille; Dieu 
merci, J'ai fini. Lorsque la divine Providence voudra me ramener en 



2 04 Kiillo. 

Europe, je pourrai le faire imprimer; dans le cas contraire, je vous 
en enverrai un abrégé, avec prière de me faire imprimer, ainsi que le 
dictionnaire qui est en partie fait. Je vous envoie, ci-jointe, l'esquisse 
de la carte que vous me demandez. 

[Cette esquisse, publiée par la Société de Géographie avec des 
changements et additions dont on n'indique pas l'origine, n'est pas 
reproduite ici. On y voit que parmi les rivières du Gojjam le Zin- 
gini manque : le Bïr et le Gudar ne sont pas nommés. A l'ouest de 
la rivière Fa:[am est : Gamu, nègres. Sur la rive gauche du Abbay 
les Wasa sont au nord de Waxatti, au sud de Mavil qui est sur la 
rive droite et au S. E. de Xali. Fadasi est près d'une rivière sans 
nom mais qui doit être le Tumat. Cette rivière est à un degré à l'ouest 
du Jabasa, bas cours du 'Dîâ-esa. Un grand plateau [Bartaf] est 
à l'ouest de Fadasi dont il est séparé par un désert. En allant au 
sud on voit Bako, Afîllo, Amara Gare, ce dernier sur la rive droite 
du Bïrbîr, rivière allant vers l'ouest chez les Mazango [Maxaîigo] 
qui sont au nord des Yambo. Sur la portion haute du Bîrbîr, laquelle 
se dirige vers le nord, on voit en allant vers le sud Hurrumu, Gabba, 
Nono et enfin Illu sur la rive gauche, Cora étant sur la rive droite 
au sud de Boîio [Bii-tioJ et Dapo. Au nord de Dapo est Ganti, puis 
Guliso en Wallagga. Ce dernier est ainsi au nord de Giima que 
j'avais cru être à l'est de Walagga. Alilt Ga?iti [Qanti r] est écrit le 
long de la rivière Tumat. Au nord de Géra est la vallée de Gomma 
puis on voit en allant vers l'ouest et successivement : Seka dans une 
vallée, un erme, Gaca, Seko et Miicca sur le bord du plateau. Au 
sud de Seka on voit, sur la rive droite du Gojab : Innaro, Gimira 
(lo tribus), Suipro, et Golda ou Maro dont les 4 royaumes vont 
jusqu'au lac Baro source de la rivière Baro. La rivière Gexa coule 
du nord au sud et se Jette dans le Uma en laissant à droite Kuixa; 
Gobo et Konta sont sur sa rive gauche. Des monts, d'un calcaire 
rouge-blanc, séparent le bassin du Gexa de celui du Hadiya, c]ui se 
joint au fleuve Uma, un peu en aval du Gojab. La rive gauche du 
Gojab est un erme jusqu'à Garo ou Boxa qui au N. E. est séparé des 
Zinjîro par le Kosaro [mon Kusaro\ Plus au nord un Gîbe coulant 
vers le N. E. sépare Kakka, au sud, de Badi au nord. Outre Bonga, 



Kaffa. 265 

Siisa est le seul lieu marqué dans Kaja : des hauteurs de calcaire 
rouge séparent Susa du Gexa qui a sa source dans ïnnaro. 

Sur la rive gauche du Omo ou Umo, son affluent Borora naît en 
Korcaz [Kurcas] et a plus bas Hagebajia [Agabja ?] sur sa rive 
droite, Cabo étant sur le bord opposé. Xaxego sur un grand plateau 
et Masvias (Gurage), Tiifte, Tambaro, Wallayxa, Irgo, Kiica, 
Anika, Uwba, Bonja [Busia?/ elGamo viennent ensuite en allant 
vers le sud. Malo et Dokko plus bas en latitude sont dans l'angle 
du fleuve. Sur sa rive droite on \o\X. Araya et Xambaro, ce dernier 
par 2° de latitude nord. Le P. Léon n'a pas toujours suivi le même 
système de transcription ce qui introduit parfois des doutes sur le 
vrai sens de ses combinaisons de lettres. Malgré sa répugnance à faire 
une esquisse qu'il déclarait encore incertaine et incomplète, il a cédé 
à mes instances par la raison qu'une carte même fausse a l'avantage 
de fixer quelques idées et de provoquer des recherches ultérieures. 
En tout cas elle satisfait bien plus que ne le font tant de renseigne- 
ments donnés ci-dessus d'après les indigènes. Le P. Léon est mort 
en Géra : je regrette de n'avoir pu lui faire lire ici le remercîment 
que je lui devais. A. d'A.]. 

431- 

La dernière lettre du P. Léon des Avanchers datée du Rovaume 
de Géra, 20 Avril i86é, contient ce qui suit : 

. . Je ne suis pas encore devenu Galla, je suis toujours Gaulois d'esprit 
et de corps. L'an passé vers cette époque je vous ai écrit; ma lettre 
vous est-elle parvenue? Le retour de notre courrier à la côte a eu lieu, 
et je n'ai point reçu de vos nouvelles, ce qui m'a mis en peine . . . 
Ma dernière lettre contenait des nouvelles géographiques sur les pays 
Kiillo ou Dawaro, dits encore Dawro. Si vous ne les avez pas reçues, 
j'y reviendrai plus tard. Le pays de Kidlo , à l'ouest du Omo, qui 
est par conséquent limitrophe de Kafa, occupant le bas pays, formait 
anciennement un royaume très-fort. Il y a environ cent ans, ce pays, 
jadis tributaire de Kafa, se révolta et forma un gouvernement à part. 
11 y a 8 ans, le pays se révolta encore, refusa d'obéir à son roi, et aujour- 



206 Sldama. 

d'hui la moitié du pays a passé armes et bagages sous le roi de Kafa. 
Le roi Kullo se dit originaire du Tigre- Aksum. Les langages du Tigre 
et de Kullo offrent une grande identité d'accent et de paroles. Le 
pays de Kafa, habité primitivement par la race appelée aujourd'hui 
Kafico, situé au sud de Géra et de Jimma, est un pays fort élevé 
jouissant d'une température très -fraîche. Les habitants du pays de 
Kafa forment trois races principales : 

1° LesWatta, qui sont comme les parias de ces régions. Les traits 
de leur visage sont ceux des nègres. Cette race se nourrit de toutes 
sortes d'animaux immondes et même morts; je pense que c'est la 
race primitive de ces pays. Les Watta sont tous esclaves du roi ou 
des grands, mais ils ont le privilège de n'être point vendus. Leur 
service consiste seulement à garder les portes du royaume. Ils sont 
en outre les exécuteurs des hautes œuvres. La nourriture favorite des 
Watta ou Wanni consiste en singes, sangliers, porcs sauvages, élé- 
phants, toutes les viandes enfin regardées par les Amara comme im- 
mondes. C'est pourquoi le Watta passe pour une créature immonde. 
Son habitation est dans les lieux retirés. 11 ne marche jamais dans 
les grands chemins, et s'il rencontre des personnes de distinction, il 
se cache. Il n'entre dans aucune maison, pas même dans celle de son 
maître. Tout grain ensemencé ou coupé par lui est regardé comme 
immonde, et personne ne mange ce qu'il a touché; entrer dans sa 
maison, c'est devenir immonde. A cause de ces préjugés, le Watta 
vit tranquille et jouit d'une grande liberté. Son servage consiste à être 
bûcheron et à porter du bois pour le foyer de son seigneur. 

2" Les Kafico forment la seconde race du pays de Kafa. Kafico 
est un terme de mépris pour les Sidama comme le mot Oromo 
dans les pays des rois Galla. Un Oromo ou un Kafico veut dire un 
païen, un barbare. Les Kafico sont donc les anciens habitants du 
pays de Kafa, situé à une journée sud de Bonga, au-delà de la chaîne 
de montagnes dans le voisinage des nègres Suwro. Les Kafico ont 
les traits moins laids et moins grossiers que les Watta. Le propre de 
leur caste est de ne point manger des légumes; quelques-uns ne 
mangent point de poules, d'autres s'abstiennent de mouton, d'autres 
enfin ne touchent pas à la viande de chèvre. Ils adorent le Deoc, 



Giniira. 267 

esprit incarné dans le chef de leur race. Le langage des Kafïco est 
ditierent de celui des Sîdama. Les Kafïco et les Zinjïro sont frères. 

3° Sous le nom de Sîdama on comprend un grand nombre de races 
étrangères qui sont venues s'établir dans Kafa il v a environ trois cents 
ans. Les trois grandes races Sîdama de Kafa sont : 1^ les Worrata 
ou Dawro, originaires du Tîgre; z^ les Damot venant du Gojjam, 
ou mieux venant de l'ancien rovaume de Inatya; 3° les Amara, qdi 
se subdivisent en diverses familles toutes originaires de l'Abvssinie. 
Ces trois races sont très-reconnaissables. Les Sîdama ont les traits 
assez réguliers et de couleur rouge, de grands yeux, un long nez, de 
grandes oreilles ressemblant beaucoup aux momies d'Egypte et aux 
Coptes. La religion des Sîdama est un mélange de christianisme et 
d'idolâtrie. La race Sîdama habitait anciennement tous les pays occu- 
pés aujourd'hui par les Galla ou Oromo, qui l'ont subjuguée et qui 
sont mélangés avec elle. On la retrouve sans mélange dans les pays 
de Korcax, de Tabo, dans les royaumes de Garo ou Boxa, de Kafa, 
de Mucca ou Seko, deAJÎlo, de Amara-Gare, chez lesWaxati. Tous 
ces pays parlent une langue commune. Ainsi les Afîlo ou Filayvi du 
Walaga, les Waxati et les Wasa du bord du Nil (où je suis entré 
chez les Galla) sont des Sîdama. Je vous dirai que le chef des Waxati, 
chez lequel je suis resté plus d'un mois, porte le matab et se dit 
chrétien; les indigènes se disent tous amara. A cette époque-là, ne 
connaissant ni la langue galla ni la sîdama, je ne sus point tirer parti 
de ces traditions. 

Le pays de Kafa est situé sur une haute chaîne de montagnes cou- 
rant du nord au sud, entrecoupée de collines et de vallées de peu 
~de profondeur. Cette chaîne va en se prolongeant au sud de Kafa, 
et y forme les royaumes de Gobo et de Konta, pays moins élevés 
que Kafa. La pente ouest de cette chaîne est occupée par les Sinuro, 
nègres aux grandes oreilles qui habitent les bords du fleuve Baro 
que je crois être le Soba. Au nord-ouest de Kafa sur la même chaîne 
de montagnes est le pays de Gimira composé des six pays : Nao, 
Kiiixo, Xe%vo, Ixeno, Kabo, Yayno, ayant tous une langue à part. 
Au nord des Gimira, sur la même chaîne de montagnes, est le pays 
élevé appelé Mocca par les Sidama, Seko par Géra et Giima et que 



2 68 Baro. 

les indigènes appellent iVfza'fcz. Les Galla lui donnent le nom de Seko, 
parce qu'il produit seulement l'orge. Les indigènes sont de race sidama 
et leur langue est la même que celle de Kafa. Là la chaîne de mon- 
tagnes a, dit-on, de très-hauts pics. Le pays de Miicca est gouverné 
par un roi anciennement tributaire de Kafa, mais aujourd'hui in- 
dépendant. La chaîne de montagnes est coupée ici par une grande 
vallée où coule le Gaba, grande rivière qui a sa source, dit-on, sur 
la même montagne d'où sort le Gojab, dans le pays de Gexa, pro- 
vince la plus septentrionale de Kafa et frontière de Miicca. Cette 
rivière traverse le désert de Xoro qui sépare Kafa de Géra et de 
Guma. Ce désert a, dit-on, quatre journées de longueur depuis Géra 
jusqu'au pays Oromo des Illu-Gaba, sur une journée de largeur. 
Ce désert est couvert de bois de bambous et de marais. La rivière 
qui le traverse, est supérieure, dit -on, au Gojab; elle est appelée 
Baro par les Galla de Géra et de Gwna, et Gaba Alantii par ceux de 
Illu-Gaba. Cette rivière sépare les Sidama de Mocca de ceux de Afilo, 
et se jette dans une rivière appelée également Baro par les Sidama. 
Le confluent de ces deux Baro forme un vrai lac appelé Bliaer[t] 
par les indigènes. Ce confluent est habité par les nègres Maxango 
où viennent de temps en temps des barques du Sannar. Les Galla 
des environs sont Illu-Alga. A l'extrémité ouest et nord sont les 
Sidama- Afîlo ou Filawi, Amara-Gare, Leka-Kallain. Ce dernier 
pays est situé sur l'extrémité du plateau et sur les bords des ravins 
qui conduisent au Abbay ou Fleuve Bleu. Les grands du pays sont 
tous de la race sidama amara. Leka-Kallam est un grand marché du 
Wallaga où les Arabes Zùijar du Saïuiar se rendent en traversant 
le Abbay à deux journées en aval des Waxati, au confluent du T>îâ- 
esa avec le Abbay, Le plateau ouest au (sic) 1)ïd-esa et compris 
entre les fleuves ///u-Ga^iZ ou Baro, on Alantu-Gaba, eile'Dîd-esa, 
est appelé Wallaga. Ce nom est sidama et veut dire : « Les habitants 
du bord du fleuve. » C'est l'ancien nom du pays que les Oromo n'ont 
point changé. 

[Cette lettre commence en langue oromo, par les formules de sa- 
lutation qui m'étaient si familières pendant mon triste séjour en Ina- 
rya. Les Kafacco appellent leur pays Kaffa, les Oromo disent Kafa. 



Gurage. 269 

Je ne puis admettre cette identité, ni dans l'accent ni dans les mots 
que le P. Léon attribue aux langues Daruro et Tigre; car si ce dernier 
idiome est sémitique, l'autre me paraît appartenir évidemment à une 
famille différente. 

Les Wata existent aussi en Inaiya et leur coutume de manger des 
chairs réputées immondes permet de les identifier avec les Wayto, 
qui vivent autour du lac Tii7za. Dans ces derniers lieux, ils n'ont aucune 
ressemblance avec les nègres. 

L'assertion que le langage des Sidama diffère de celui des Kafucco, 
est nouvelle pour moi. Mes vocabulaires montrent que les Kafacco, 
les Dawro et les Yamma, dits Zinjîro ou Janjïro par les Oromo, 
parlent trois idiomes bien distincts. 

Dans mon opinion, les noms de Korcax et de fabo sont appliqués 
par des voisins différents au même pays qui est Gurage, situé im- 
médiatement au sud du Xïwa et où l'on parle une langue voisine de 
l'idiome amarïnna. La langue des Waxati diffère au moins un peu 
de celle de Kaffa. 

La phrase qui s'applique aux Gimira étant peu claire, je crois bon 
d'expliquer que les Xejpo et les Na-o ont deux langues entièrement 
distinctes. Le courageux apôtre du Géra aura donc voulu dire que 
chacune des six peuplades Gimira a un idiome différent. 

Les Galla appellent l'orge garbu; c'est dans l'idiome kafacco que 
seko signifie «orge». La culture de l'orge ne réussit en Ethiopie que 
par une altitude d'au moins 3 000 mètres. 

Le mot désert, employé plus loin par l'auteur de la lettre, ne doit 
pas être pris dans l'acception ordinaire de ce mot, car la terre est 
fertile, mais inhabitée. On la conserve ainsi pour servir de frontière 
et de champ de bataille aux pays limitrophes. C'est ce qu'on appelait 
jadis en France herne ou erme. Toute l'Ethiopie est sousdivisée par 
ces terres abandonnées. A. d'A.] 

432. 

Les extraits précédents des lettres du P. Léon étaient déjà impri- 
més quand nous avons retrouvé la suivante qui mérite aussi d'être 
publiée : 



270 Gonga. 

1859. Septembre 14 .... Je suis arrivé ici à Lagamara en suivant 
une voie toute nouvelle. Je passai d'abord le Abbay à Bahrdar à sa 
sortie du lac ^ana et, traversant le Meîa je le passais une deuxième 
fois à une demi -journée en aval de sa source à Gutta Abbay. De là 
Je traversai le Agannnïdïr. Je descendis au Bure. A mon arrivée là 
le gouverneur de la province m'empêcha d'aller à Baso et me fit 
prendre une autre route S.W. Descendant dans cette direction j'at- 
teignis Goniar [Guyar?] au sud du Agawmîdïr. De là je descendis 
hMavil, pays habité par les Galla dans le bas Damoî : enfin je traver- 
sai pour la troisième fois le Abbay près d'une petite rivière nommée 
Gile. J'avais au S.W. le pays de Gamii, au S. du Agawmîdîr, à l'Est 
[ouest?] les Amuru (Oromo). Je passai le Abbay à gué ayant de l'eau 
jusqu'à la ceinture; sa largeur était de 80 mètres environ. De là allant, 
et montant, vers le sud je parvins chez les Wasa (Oromo), puis chez 
les Waxatti où je fus sur le point d'être massacré. Ensuite montant 
sur un haut plateau j'atteignis Jïdda (Oromo) où je courus le même 
péril. Je restai un mois dans ce pavs n'ayant personne qui voulût 
me conduire plus loin. Le pays de Jïdda a un petit roi qui gouverne 
depuis le Abbay jusqu'à Limmu Jïdda et, à l'ouest, jusque chez les 
Horro. A une journée de Limmu est la grande rivière Tiïâ-esa, et 
à 5 jours à l'ouest [sud ?] le pays des Walagga (Oromo) riche en or. 
Au sud de Limmu est le pays de Sibu, et au sud de celui-ci est Guma. 

Më'' Massaja m'avant envoyé un guide, je me dirigeai ensuite vers 
l'est. Je descendis le plateau de Jïdda et trouvai une grande vallée 
où coule la rivière Angar qui se jette dans le Dabesa [Dabus ( Ya- 
bus?\ et je parvins chez les Horro à Barbarsafada, puis à Germât 
pavs situé au sommet d'une haute montagne où croissent des oli- 
viers. De là continuant le plateau je vins chez un roitelet des Horro 
nommé Abba dïnqe qui égorge ses sujets pour consulter le mora 
[péritoine] et, d'après le conseil des qallu [devins], mange un peu de 
chair humaine. Je fus obligé de rester trois jours chez ce monstre, et 
mes hommes avaient grande peur d'être offerts en sacrifice. De là je 
vins à Gambo (Jïmma) et traversant la montagne de Tïbbe et Nonnu 
[clans de Jïmma] je suis arrivé à Lagamara le 21 Juin. Sur les fron- 
tières de Tïbbe j'entendais les paysans se dire : «voilà le blanc qui 



Karan. 271 

a tué les hommes de notre pavs», mais grâce à un grand chef qui 
m'accompagnait, rien ne m'est arrivé. [Il s'agit de Galanc, guerrier 
tué par l'Anglais Plowden.] J'ai été à même de composer une carte 
des pays que j'ai traversés. Dans 8 Jours je partirai pour Kaffa, par 
Limmu Ijiarya, et je rejoindrai M^"" Massaja qui est pour le moment 
à Géra ... Je vous écrirai de Limmii. 

[Cette lettre de Limmu et la suivante, écrite de Kaffa, ne me sont 
pas arrivées. On remarquera que, depuis Fernandez en iéi3, le P. 
Léon est le premier Européen qui ait traversé le pays des Goiiga, 
nom indigène des Waxattî ou Sïnîco.\ 

433. 

Les renseignements qui suivent sont extraits des lettres de Mst" Tau- 
rin Cahagne, Evéque d'Adramyte et Vicaire Apostolique des Oromo 
chez lesquels il a résidé pendant près de vingt années. 

L 

Karan 1867 : juillet 24 ... . Pour aller de Imakiillu à Karan par 
la route la plus longue mais la plus commode, on se dirige vers le 
nord, dans le Samhar, presque parallèlement à la mer et aux mon- 
tagnes; puis arrivé au torrent dit Avn on prend une direction S.W. 
par le territoire des Habab pour se diriger ensuite vers le sud à tra- 
vers les Bajiik et les Bïlen, car on a dépassé Karan. Notre voyage 
a duré é jours. Nous avons trouvé ici une tribu à moitié désorganisée, 
divisée en 8 ou 9 villages dont le principal est Karan qui peut bien 
avoir 200 cabanes. La tribu se dit chrétienne : elle ne l'est que par 
tradition comme l'étaient encore il v a 3o ans la plupart des tribus 
qui nous entourent et qui ont été englobées par l'Islamisme. Il ne 
reste plus sous le nom chrétien dans les montagnes que les Bajiik, 
les Mansa et plus au N. les Barya. II n'y a point de baptême parmi 
eux mais quelques usages mi-chrétiens, mi-juifs, comme dans la haute 
Ethiopie, et des fragments de prières fort belles. ... La saison est 
fraîche, avec des pluies intermittentes qui ont changé en prairie la 
plaine aride que nous avons trouvée, il y a deux mois, autour de ^^- 
ran. Ce lieu est adossé à une montagne appelée Daban qui court à 
peu près est et ouest. La plaine en face semble être large de 4 kilo- 



272 B/len. 

mètres, mais vers l'ouest elle s'élargit au double, formant un excel- 
lent pâturage : des montagnes délimitent cette sorte d'ovale. A Karan 
même il tombe peu d'eau, tandis que le fond de la plaine est inondé, 
ce qu'il faut peut-être attribuer à la montagne qui nous ferme au midi. 
Karan est très salubre .... Depuis les pluies la température est de 
26 à 27° à midi : à notre arrivée ici elle allait à 32 et 33° mais les 
nuits étaient excellentes, ce qui fait une grande différence avec le cli- 
mat du littoral de la mer rouge. Le M. Salamba est à une journée 
de marche d'ici ; le Dambalas vient d'y faire une razzia considérable. 
Ici on en craint une des Mary a .... Haxala est au N. E. de Karan. 
IJadad , un des chefs Bïlen , voulait saccager les Mary a :[alim 
(Marya noirs); son village se nomme IJahuh .... 

IL 

'Adan 1867 : octobre 27 ... . Bogos est le vrai nom de la tribu qui 
occupe les villages de Karan, Tantarud, Hona, Daggi, Znfan, Ha- 
xala, Habimantal, Adzamat et Adcbre : leur langue est dite Bïlen. 
A côté d'eux vers le nord, dans la partie occidentale de la plaine de 
'^Ayn Saba est la tribu dite des Bïlen, musulmane depuis une vingtaine 
d'années. Elle se dit sœur des Bogos, mais d'après M. Munzinger 
ce ne serait là qu'une fraternité d'aUiances comme avec les Ifalljal 
qui occupent les montagnes plus au N. W. Ces Bïlen ne seraient pas 
Agaip comme les Bogos, mais se rattacheraient plutôt aux Bajuk, 
aux Mansa etc. La langue Bïlen n'est guère entendue que par ces 
Bïlen musulmans et par les Bogos. Ces derniers s'en servaient dans 
le conseil nocturne tenu entre les chefs des neuf villages sous l'arbre 
de la vallée de Haxala .... L'expédition italienne voulait habiter 
Tatal sur les flancs du M^ Tadamba à une journée de Karan et hors 
du territoire Bogos .... 



III. 

Ambabo 1868 : janvier 28 ... . .lusqu'ici j'ai écrit Tadjoura comme 
les cartes françaises; je crois qu'il faut Tnjiirrah. Les Ad'^ali ou gens 
de langue ^Afar disent Togorri. L'homme du roi écrit Xawa pour 
le nom de son pays, mais avec un wa très bref; ce n'est guère qu'une 
demi-svUabe .... 



*Afar. 273 

IV. 

[B. S. G. 1869, p. 3i i.j lÀce près Dahra-Bïrhan 24 mai 1868. 

Nous sommes arrivés, depuis le 1 1 de ce mois, à la résidence royale 
de Lice, après un voyage de quarante jours. C'est, en miniature, la 
période du voyage des Hébreux au désert : Plaise à Dieu que ce soit 
pour nous l'entrée véritable dans la Terre Promise! M»'' Massaja est 
arrivé harassé du vovage, pouvant à peine se tenir sur son mulet, in- 
capable d'autre part de marcher à pied, à cause de sa grande faiblesse. 
Dieu merci, ces derniers jours de repos l'ont remis. Nous avions passé 
au vrai désert trente-quatre jours depuis le 1'-''' février, date de notre 
départ ào. Amhaho, jusqu'au 5 mars, jour de notre entrée à Tano, 
première ville du territoire roval. Vous ne connaissez que par ouï- 
dire le chemin que nous avons parcouru. On peut l'appeler désert à 
cause du petit nombre de ses habitants; mais ce mot ne doit point 
rappeler l'idée du désert de Sahara et de ses plaines de sable. Si l'on 
met de côté le territoire qui s'étend de l'entrée du port intérieur de 
Tujurrah ou Togorri, jusqu'au delà du lac de sel ou lac Asala, c'est 
une série de grandes plaines couvertes d'herbes, de niveaux très- 
difïérents, réunies par des gorges, divisées par des chaînes volcaniques 
généralement peu élevées, si l'on en excepte les environs du mont 
Azalu et l'extrémité de la chaîne de montagnes des Itii-Galla. Il est 
vrai que partout, même dans la plaine vantée de Mullu, l'herbe était 
sèche ce qui, de loin, donnait à ces plaines une certaine conformité 
avec les plaines de sable, et que l'eau était extrêmement rare. Nous 
avons dû, parfois, marcher trois jours sans la trouver, et encore quelle 
feau! On ne pouvait pas toujours l'aborder sans péril. II est vrai de 
dire que la sécheresse était excessive; les mois de novembre et de 
décembre n'avaient rien donné. La saison normale de février-mars 
n'avait point encore commencé, bien qu'on fût à la fin de l'hiver. 
L'année précédente avait également été très-sèche, à la grande déso- 
lation de la population Ad'al ou "^Afara et de ses voisins les Issa. 
Aussi la famine était -elle au désert, tant par suite de la sécheresse 
que par suite de la guerre entre Ad'al et Issa, guerre soulevée par 

le roi de Aji^sa pour occuper les ports Ad'al de la côte, Ambabo, 

18 



2 74 'Afar. 

Tujiirrah, Rahayta, et qui venait à peine de se terminer. Il s'ensuivait 
que les tribus '^Afara étaient massées autour du petit nombre de puits 
qui gardaient un peu d'eau, et que la population désordonnée des 
Issa ou Somali avait dû elle-même venir sur la frontière du pays 
"^Aféira, afin de trouver de l'eau qu'elle n'avait plus dans son terri- 
toire moins accidenté. Nous avons dû à cette situation plus de sécu- 
rité et plus de périls. Comme nous formions la première caravane 
depuis la cessation des hostilités, qu'il y avait là l'envoyé du roi de 
Xupa, les effets du roi, nos propres effets et nos personnes, nous 
avions pris une escorte tirée de la première tribu de îa côte. Nous 
devons dire, à la louange de ces hommes et de ceux que la nécessité 
fit adjoindre plus tard, qu'ils se sont conduits avec loyauté pendant 
tout le vovage. A part quelques campements à la côte et la rencontre 
fortuite au-delà du lac salé d'une caravane de 500 chameaux qui 
venait de Ajps a pour chercher du sel, nous avons été douze jours dans 
une solitude presque complète, ne voyant que des campements déserts, 
et deux ou trois fois quelques familles isolées. Au douzième jour 
vers le terrain de Gobad, nous avons trouvé un détachement àeAd'al, 
qui nous mettait à l'abri d'une attaque de la tribu DahaJiat, dont le 
jeune chef était avec nous àQ'[)\.\\s Ambabo. Il fallait faire pointe sur un 
territoire litigieux actuellement aux mains des Issa. Nous adjoignîmes à 
notre escorte un homme influent des Dabanat. Dans ces conditions, 
nous pénétrions chez les Issa en contournant quelque peu leurs cam- 
pements. Aux eaux de Killalu , les Issa s'attroupèrent dans l'espoir 
du pillage. L'énergie de nos chefs conjura le péril, et l'on put gagner, 
par une plus forte marche, un puits sur territoire authentiquement 
Ad' al qui nous mettait à l'abri d'une attaque, soit par notre escorte, 
soit par la présence d'un bon nombre d'hommes de la tribu Ad' al 
des Ay-Somali. Bien que nous ayons passé à peu de distance des 
monts Afaraba et Assabotu , dont les hauteurs sont occupées par 
les Itu-Galla, et dont les vallées débouchent, pour le premier, sur 
la plaine de Mullu et celles du second sur la vaste plaine de Halay- 
Dagi, nous n'avons point rencontré de maraudeurs. Le danger s'est 
présenté au passage du Ajpax. Là se trouvait la tribu Ad' al des 
Sida Habitra, qui avait question de sang avec le gouvernement du 



Haivax. 275 

roi de Xuva et quelque peu avec la tribu Ad' al de Tos^orri. Sans 
l'ordre exprès du roi, un xiim de la qiialla musulmane de Argobba 
(Xïwa), à la tête des gens de son district, apparentés la plupart avec 
la tribu de Togorri, était tombé sur les Sida Habiira. Repoussé une 
première fois, il était revenu une seconde fois et avait tué vingt 
hommes de la tribu. En perspective de cette difficulté, nous avions 
pris un chef et dix hommes de la tribu Ad' al des Yannillii Dabanat. 
Dans la vallée du A^pax, nous rencontrâmes quelques campements 
des Sida Habura. On nous laissa traverser le fleuve; par parenthèse, 
je fus quelque peu désenchanté. A l'endroit de notre passage, rien 
de cette végétation grandiose que nous avions rencontrée dans des 
lieux moins célèbres, par exemple en allant chez les Bogos, sur les 
bords du torrent de Aj^n Saba , des mimosas, et sur les rives, im- 
médiatement, une lisière de beaux tamarix. Le fleuve lui-même, vu 
la saison sèche, coulait humblement entre des bords de terre végétale, 
sur une largeur de 20 à 25 mètres. 11 paraît que dans des endroits il 
y a des flaques d'eau où barbottent des hippopotames et des éléphants 
que nous n'avons point aperçus, mais dont nous avons vu les traces. 
A vrai dire, cette vallée du An'ax , dite Waytu, d'au moins 14 kilo- 
mètres entre les hauteurs Bîlen à l'est et les collines àcAddole à 
l'ouest, serait d'une richesse incalculable s'il y avait un tant soit peu 
de culture. Notre passage s'était effectué en moins d'une heure, par 
i'"io ou i"^2o dans la plus grande profondeur. A peine campés, 
nous vîmes arriver le vieux chef des Sida Habura, déclarant que 
sa tribu ne nous permettait point d'aller plus loin, et que si l'on ne 
voulait point livrer l'envové du roi, frère de ceux qui avaient tué 
leurs parents, il fallait retourner en arrière ou combattre. Il se plaignit 
de la tribu de Togorri qui introduisait des étrangers. Notre quahté 
d'hommes venant appelés par le roi, nous impliquait encore dans le 
différend. Vous savez combien la loi du talion et les questions qui 
en découlent sont graves en tous ces pays. Il fut répondu que nous 
ne retournerions point en arrière. Nos hommes déclarèrent qu'ils 
s'ouvriraient un passage la lance à la main; que, du reste, il était 
plus utile aux Sida Habura de profiter du passage de l'envoyé du 
roi, pour obtenir le rachat du sang. On parlementa et l'on croyait 

18* 



27e Licê. 

l'affaire arrangée. Cependant, toute la nuit, notre escorte fut sous les 
armes. Le matin on partit en rangs serrés, au milieu des bouquets 
d'arbres. Un parti des Sida Hahura parut : trois de nos chefs par- 
lementèrent avec eux. Nous marchions quand nous les vîmes revenir. 
Les Sida Hahura arrivaient armés pour nous attaquer au nombre 
d'une quarantaine. Notre escorte comptait plus de lances. On fit 
aussitôt les préparatifs du combat. Nos hommes roulèrent leur toile 
autour des reins, jetèrent de côté les sandales et se placèrent en ligne. 
Tout s'arrêta là; les Sida Hahura reculèrent. Je crois que si nous 
avions été inférieurs en nombre, ou nous n'aurions point passé, ou 
nous étions très-exposés. Dans l'état, nous étions plus nombreux, de 
plus, nous avions des hommes importants des quatre tribus : Togorri- 
Dahanat, Hablixay Somali, Yamullu, Dahanat; il était insensé 
aux Sida Hahura d'assumer à la fois la responsabilité d'une attaque 
et du côté du roi de Xîipa et du côté de quatre tribus qui occupent 
le chemin de la caravane. Deux jours après, nous étions sur le terri- 
toire royal hTano; nous y avons trouvé l'hospitalité royale. Le roi 
Mînylïk nous a envoyé des mulets pour remplacer nos bêtes fati- 
guées. Après trois jours de repos, nous avions franchi rapidement la 
province de Argohha, la province chrétienne qui est en qualla, aux 
pieds de la chaîne des monts de Ankobar. C'est un pays magnifique, 
accidenté, cultivé, boisé. Nous avons abordé le plateau derrière le 
mont Immaharat, à deux lieues peut-être de Ankohar et, entrés sur 
le plateau, nous avons suivi la direction ouest vers Dabra Bîrhan. 
C'est à une heure au nord des ruines de cette ville brûlée par les 
Galla que Mînylïk a établi sa résidence dite Lice. Nous y sommes 
entrés le 1 1, à trois heures un quart, au milieu d'une grande affluence. 
Le roi Mîuylîk a fait à Monseigneur un accueil très -bienveillant. 
Actuellement nous nous reposons, logés et nourris aux frais du roi, 
en attendant qu'une résolution se prenne. Monseigneur ne refuse pas 
d'être utile à la population chrétienne de Xîipa, mais nous sommes 
pressés de nous installer en pays Galla, soit en dedans, soit en dehors 
du domaine de roi. J'ai profité des premiers jours pour mettre en 
ordre mes notes de voyage. Je ne leur donne point grande impor- 
tance. Cependant, j'ai pris le mieux possible les directions à la bous- 



Xhva. 277 

sole, fait des tours d'horizon coordonnés, noté exactement les heures 
de marche, établi une moyenne relative de la marche du chameau. 
Si j'étais le premier sur cette route, mes indications auraient quelque 
valeur. Je n'ai pas connu le voyage des Anglais, mais celui de Rochet 
d'Héricourt a beaucoup d'inexactitudes 

V. 

[B. S. G. 1870, v. 1^; p. 38i.] Lice, 1 2 septembre iSéS. ... Je vous 
ai envoyé une lettre de notre troisième journée de route, à la station 
de Biirsan. Vous aurez sans doute appris que, partis de Ambabo le 
\." février, nous étions le 5 mars à Tano, première bourgade du 
Xîipa, après un voyage, pénible sans doute et très-onéreux, mais qu'il 
faut regarder comme une bénédiction de Dieu, car la paix venant 
d'être conclue entre les Ad'^ali et les Issa, nous n'avons eu sur la 
route que deux menaces armées. La caravane qui nous a suivis, partie 
le 10 mai, n'est arrivée que le i*^"" ou 2 septembre, après des fatigues 
sans nombre et la perte de i3 hommes dans une rencontre avec les 
Issa (Somali), Le 1 1 mars, après avoir traversé le qualla et parcouru 
à peu près 3o kilomètres sur le plateau, nous arrivions à Lice, rési- 
dence rovale située environ une heure et quart au nord de Dabra 
Bïrhan, où il n'v a que des pans de murs . . . 

.le suis sur le point de partir pour le pavs Galla de Fînfïniiï, tribu 
des Gulalle, à peu près au centre de la grande famille des Borana. 
Yx ai fait déjà un vovage d'exploration dans la première quinzaine 
de juillet. Le vovage est de 4 jours en marchant 7 heures par jour, 
au pas d'un mulet paisible. La première journée se fait vers le sud 
ef vers le mont Magazaz de la province de Kanibafit. Les trois autres 
vont dans la direction ouest, un peu inclinée au sud. On marche 
presque toujours sur le territoire de la grande tribu Boraiia des 
Abej^cu qui va de Dabra Bïrhan jusqu'aux montagnes de Fînjïnni, 
on côtoie la qualla, restée chrétienne. Ce sont de beaux et riches pays, 
par de grandes plaines presque toutes en prairies. Le deuxième jour, 
déboisés, peuplés, légèrement accidentés. Pour aller de Lice à Fîn- 
finnï, on descend toujours. Fîtifinnî qsX. abrité de trois côtés par des 
chaînes de montagnes. Il y a des bois magnifiques, du foin en abon- 



2 y 8 Azimuts correspondants. 

dance, des eaux courantes, des eaux thermales. J'ai choisi l'emplace- 
ment d'une ancienne église détruite par Grah, et dont l'enceinte de 
vieux arbres existe encore presque tout entière. Cette contrée est en- 
core remplie du souvenir des ravages de Grah. 

Je vous envoie quelques relèvements faits à la boussole. Vu de 
chez Ato Rohi, le mont Harrar, dénué d'arbres mais vert, paraît tout 
crevassé et à cônes multipliés. La plaine de Hada est tout accidentée 
de cônes qui font un chapelet de Harrar à Zîqiiala. On dit que le 
sommet de ce dernier mont est un cratère plein d'eau. 

Jusqu'ici nous sommes campés plutôt qu'établis à Fînfînnï. L'é- 
glise ruinée que nous avons choisie était à trois nefs, et mesurait dans 
œuvre 9™'4o est ouest sur 8""8o nord-sud. Elle était construite en 
belles pierres de taille qui formaient un revêtement à l'intérieur et à 
l'extérieur. Le mur ainsi bâti mesure i ' 35 [d'épaisseur]; le milieu 
est en terre battue. L'édifice a dû être voûté. Actuellement, on n'y 
voit qu'un tertre informe couvert d'arbres et de buissons que j'ai en 
partie abattus. 

Je vous envoie c|uelques observations faites au théodolite. 

[Ces observations ont été faites par la méthode des azimuts cor- 
respondants que j'ai proposée d'après le procédé des hauteurs corres- 
pondantes si connu pour bien donner l'heure en voyage. En prenant 
des azimuts correspondants, on oriente son tour d'horizon avec une 
grande précision, on détermine sa latitude, et l'on se ménage des 
points de contrôle qui permettent le plus souvent au calculateur de 
découvrir promptement et môme de corriger les erreurs de lecture 
ou de transcription. C'est pour parer à ces dernières que j'ai recom- 
mandé au P. Taurin d'employer au moins deux hypsomètres, l'un 
divisé en grades, et l'autre en mètres d'altitude approchée. 

J'ai eu le bonheur d'enseigner ces méthodes d'observation à deux 
voyageurs. Le premier fut Lesaint, qui, pour en entretenir l'habi- 
tude, m'envoya d'Egypte deux bonnes séries d'azimuts correspon- 
dants prises dans des lieux bien connus, et qui, pour cette raison, 
n'étaient pas destinées à la nublication. 

Le P. Taurin a été mon second élè-ve. J'ai mis à sa disposition deux 
petits instruments, l'un gradué en degrés, minutes et demi-minutes, 



F'wflnnï. 279 

l'autre divisée en dix-millimicmes du quadrant. Après quelques se- 
maines d'exercice, le P. Taurin préféra la division décimale par les 
mêmes raisons qui ont été si bien exposées l'andernicr par M. Perrier, 
capitaine d'état-major, et qui se résument par cette courte phrase : 
«pour tout homme pratique, la division décimale donne à la fois 
plus d'agrément et de rapidité tant dans l'observation que dans le 
calcul». 

M. Radau, qui a calculé et discuté tant d'observations de voyageurs, 
a bien voulu réduire celles du P. Taurin. S'il reste encore dans ses 
tours d'horizon trois ou quatre fois plus d'incertitude que la méthode 
employée ne le comporte, cela tient surtout aux demi-sauvages qui 
entouraient le missionnaire, et qui sont venus heurter un instrument 
si mystérieux et si nouveau pour eux. Pour mieux résumer son tra- 
vail, M. Radau a construit une esquisse des lieux d'après les tours 
d'horizon observés. On se rappellera qu'un grade ou centième de 
quadrant est égal à 54 minutes sexagésimales et que l'azimut vrai 
se compte du nord par l'est, le sud, et l'ouest, depuis o jusqu'à 
400 grades. 

Bien qu'on trouve dans l'Ethiopie du nord plusieurs monuments 
antiques, aucun de ceux qu'on a examinés jusqu'ici n'a offert des 
traces de l'appareil singulier décrit par le P. Taurin dans les ruines 
qu'il relève sous le nom de Maryam Gifti. Un peuple assez avancé 
jadis pour débiter et tailler les pierres, mais qui s'en servait pour 
construire une sorte de pisé, devait être doué d'une civilisation dif- 
férente de la nôtre. 

L'église ruinée près Dildila est attribuée par la tradition au roi 
Zar-a Yaîqob. C'est le monument le plus méridional qu'on ait en- 
core trouvé dans cette partie de l'Afrique. A. d'A.] 

Note de M. Radau sur les azimuts pris à Fînfïnnî : 

« Les observations du P. Taurin se composent de quelques tours 
d'horizon relevés à la boussole et d'une série d'azimuts correspon- 
dants pris au théodolite, à la station de Fînfïnnî, au mois de dé- 
cembre 1868, Fînfïnnî (clan des Borana, tribu des Gulalle) doit se 
trouver à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Lice, car on y 
arrive de Lice en quatre journées, ayant marché le premier jour droit 



28( 



Gulalle. 



vers le sud, dans la direction du mont Magazaz, et les trois jours sui- 
vants dans la direction de l'ouest. La station des azimuts correspon- 
dants était un pilier de pierre, près d'un arbre, à quelques mètres du 
torrent de BulbiiUe et à 447 mètres à l'est de la maison de Abba Obbo. 



Chaîne 

des Gïmbac 

2600 "' 



Contrefnrl; Éf^lise souterraine 



^^, «K B R E N A °^^.ZT' ^'^" 1 
^ *• Ville ruinée "^^^Finfmni 

AP HotoUi ■ - j;- , W 

-3000"' -- ■-;. -^Ambabas- 




9-0' 



çj- ^-^^M' Harrar 

M"" d'Ato Ro'bi 
HADA 



M< fbas) 



8°40'_ 



-l'f- 



■9yéii 



M' Ziquala 
2 y 00" 



-5.V. 



05. 



M' Q,rg,T ■ \ 
)°id'.26oo"'_ ' 



(1) Rnpc, marché d'esclaves des Hajji 
St. 'iigmfie Sladoii 



ESQUISSE 

faite d'après les observations 
du P. TAURIN, Capucin 



R. Radai!. 



_ô°3o: 



500,000 

Kilomètres 



o 2 4 6 8 I o 1 2 1 4 1 6 1 8 2n 



Conforme à l'esquisse publiée en 1870, celle-ci exige quelques remarques : 1° Le 
nom Ambabas devrait s'écrire Amba (bas) ou probablement Mont- fort (peu élevé), 
amba étant le mot usité par les Amara pour désigner une sommité escarpée de 
tous les côtés. 20 Au lieu de Hajji (pèlerins) en parlant de Roge, l'auteur a écrit 
plus tard Hiirji. Le mot Tosini, dénommé et visité plus tard, se laisse placer entre 
les Hada ou Hadaa et le Mt Zïquala. 30 Le ruisseau Bulbule a été nommé plus 
tard Bulbida. Les relèvements si importants pris du Mt Ziquala ayant été perdus 
en route, il n'a pas été possible de placer le Mt Sire. 

Ayant cassé l'aiguille des secondes de sa montre, le P. Taurin n'a 
pu donner que l'heure approchée de ses observations. 11 a été néan- 



Finfumi. 2 8 1 

moins possible d'orienter les tours d'horizon de Fînfïnnï , et d'en 
déduire non seulement les azimuts vrais des signaux, mais encore la 
latitude de la station. Les résultats obtenus sont assez dignes de con- 
fiance, bien que la discussion des observations ait relevé un certain 
nombre d'erreurs de lecture qu'il a fallu corriger; les azimuts vrais 
et les angles d'élévation que nous avons déduits des observations de 
Fïnfînnî doivent être exacts à un dixième de degré près. Les mêmes 
observations ont donné 7*48 grades (é°44') pour la déclinaison oc- 
cidentale de l'aiguille aimantée, par onze relèvements très concor- 
dants; cette valeur nous a servi à orienter les tours d'horizon levés 
à la boussole. Deux de ces derniers ont été obtenus à Fïiifinnî, un 
à l'endroit où sera bâtie l'église de Maryam Gifti, un autre à 4 kilo- 
mètres au sud du mont Hanar; le cinquième, à mi-chemin, entre 
le mont Harrar et Fitifinnï. Ces relèvements combinés avec les dis- 
tances estimées, nous ont permis de construire un certain nombre de 
points que nous avons marqués sur le croquis ci-contre. Dans plusieurs 
cas, il nous a fallu augmenter les distances estimées. Avec les dis- 
tances adoptées et les angles d'élévation, nous avons calculé les dif- 
férences de niveau qui, ajoutées à l'altitude de Fïnfînnî {2 1 73 mètres), 
nous ont donné les altitudes approchées des points relevés de cette 
station. 

La latitude de Fïnfînnî, calculée par les azimuts et apozénits du 
soleil, est de g-'^a (Lefebvre donne 9°8' pour le «village» de Finfinni 
qui n'a pas existé ailleurs que chez lui). La longitude ne doit pas dif- 
férer beaucoup de 37 degrés. L'altitude est égale à 2173 mètres; c'est 
la movenne des deux nombres 2151 et 2195, qui résultent des lec- 
tures de deux thermomètres hvpsométriques observés le 7 mars 1869. 
Le premier a donné 93-"4 pour le point d'ébuUition de l'eau, le se- 
cond, 1970 mètres pour l'altitude approchée, l'air étant à 23-"8. Une 
autre observation, faite à Lice le 19 avril i8é8, a donné 87-"oo et 
33oo mètres, l'air étant à 2 3-"o; les altitudes conclues seraient : 431 3 
mètres et 3663 mètres. La dernière est la plus probable. En prenant 
89-*'o au lieu de 87-°o, on aurait d'ailleurs 3627 mètres pour l'altitude 
de Lice. 

La réunion des azimuts de Fïnfînnî donne le tour d'horizon qui 



282 



Tour d^ horizon. 



suit. Les angles sont exprimés en degrés décimaux (centièmes du 
quadrant). 

Azimut vrai. Élévation Dist. estimée. 

1. Mont i/âirrdrr, tribu des (&'-^des) (grades) 
Hada i32-8i 1-96 20 kilom. 

1 ''« Mont Harrar, tribu 

des Hada 133-58 ... 

2. Pic en avant deZîqiiaîa 

i8é-2i 



chaîne basse des Galan 

3. Mont Zîquala (Liban) 

4. Mont Qirqos premier 
versant considérable du 
Gurage ... 



i9'i5 



225-56 
239-42 



0-22 
°-57 

0'23 

1-87 



i3ài4kilom. 
1 '2 journées 



2 journées 
é à 7 kilom. 



193 

2-93 
3-16 



i6ài8 kilom. 
é à 7 kilom. 

m 

447- 



2-36 4 kilom. 



4'25 



Altitude, 
(mètres) 

2800 



23oO 
2700 



2600 
2620 



2640 
2900 

3ooo 
2 190 



2-85 7 à 8 kilom. 2500 



5. Mont Furi, buisson . . 

6. Mont Furi, autre buis- 
son 243-23 

7. Mont Hoîoîa, tribu de 
Antotto a) 284-50 

8. Mont Hoïota b) . . . . 289-52 

9. Maison de Abba Obbo 305-32 
10. Butte contrefort de la 

chaîne de Gîmbacu cou- 
rant S. E 350-54 

w.Bîrbïrsa, ancienne é- 
glise, notre future Mar- 

yamGifti 358-43 

12. Butte de la chaîne des 
Gîmbacu, au-dessus de 

Dildila 393-78 

Notes. — Pour la construction, nous avons adopté les distances 
suivantes : n° 2 Pic, 20 kilom.; n° 3 Ziquala, 45 kilom.; n" 4 chaîne 
du Gurage, 60 kilom.; n° 5 Furi, 15 kilom.; n"* 7 et 8 mont Ho- 
coca, 16 kilom.; n° 12 chaîne des Gîmbacu, 8 kilomètres. 

Dans le croquis, les stations d'observation sont marquées St. Voici 
encore quelques observations de température faites à Fïnfînnî. 



2320 



2600 



Fififinnî. 2 83 

16 décembre 1868, 2'" _, s., 2i"2 Temps couvert 

21 » » 10'' m., i9"o Nuages vent E. assez fort 

21 » » midi 2o"o 

21 » » 3'' s., i9°o Nuages 

23 » » S*" 7, i4"o Temps serein 

23 » » 3'' 21 "6 

2 3 » » 4'' 2o°5 Temps serein 

24 janvier 1869, 9^ m., 2i°2 Vent S. par bouffées 
24 » » 10'' m., 2 3"4 

7 mars » 1 1'' m., 2 3'^^'8 Vent S. E. assez fort.» 

VI. 

1870, juillet 2 .... La maison de Aman est chez les Abecu sur 
les confins des pavs Amara et Gai la, au bord du daga et près le 
qualla où coule la rivière fata. Pour moi, je suis habituellement à 
Bîrbîrsa-Fînfùmî . . . Comme vous l'avez supposé, il n'y a point 
de village nommé Fînfînnî. C'est le nom général du territoire de la 
tribu des Gulallc, venu, soit d'un chef autrefois puissant, soit par 
onomatopée de la fontaine thermale qui sort à gros bouillons à 20 m. 
au sud de notre maison. Toutefois de vrais villages existent dans cette 
tribu et dans les tribus voisines. Lefèvre a pu donner le nom de Fîn- 
finnï à un village dit GiiUlle qui existe dans le delta formé par le 
Kabbana et le Bulbiila qui reçoit la source thermale et sur les bords 
duquel j'ai fait ma première observation. Un autre village est sur le 
mogga [ernie] des Meta; il s'appelle Mande et est encore plus con- 
sidérable, 

- La distance de Dabra bîrhan à Angolala est de 2^2 o'" de marche 
ordinaire, dans la direction ouest. De Dabra bîrhan à Lice i^ direc- 
tion nord, un peu ouest. De Lice à Ankobar il y a une distance un 

peu moindre; direction est un peu inclinée vers le sud La grande 

tribu des Meta est à une journée à l'ouest de Bîrbîrsa. En partant 
de ce dernier lieu et marchant vers l'ouest d'hiver, on rencontre à 2^ 
[de distance] le mont Wotoîa [sic] dit tntotto, confins des Meta. On 
rencontre le Olota sur lequel habitent les Olota, le Bargay chez les 
Meta Robi, torrents venant de Intotta Meta et affluents de rive gauche 



284 ^^^ Zïqnala. 

du Hawax. Les Baïu habitent au confluent du Bargajy et du Hawax. 
Les deux rives supérieures du Hajvax sont occupées par les Meïa. 
Cette rivière prend sa source, non dans un lac, mais dans la mon- 
tagne dite Warqajy à 15 ou lé lieues de nous peut-être vers l'ouest. 
Ses affluents dérive droite sont par ordre le KaraJisa, le Gallhva, 
le Kallina, le Hodda-kaa. Tous les quatre descendent des monts 
Dajidi qui se trouvent entre les Meïa, les Sidama-Cabo (débris de 
Sidama) et Jîmma Abba Jîfar. Sur ces monts Dandi se trouve un 
lac, comme à Zîquala (cratère rempli d'eau). 

Les Soddo habitent sur les frontières du Gurage au sud-ouest par 
rapport à nous. 

Walabu, patrie vraie ou chimérique des Oromo, renferme, selon 
eux, les tribus mères et les initiateurs de la religion du serpent. U^^;- 
labii est situé au-delà du grand lac dit Malka Dubbisa, et quelques 
pèlerins s'y rendent encore pour prendre lejUiima, sorte de sacer- 
doce. 

VII. 

Lice, 1871 : octobre 20 .... Je vous ai écrit de Annowari, nou- 
velle ville royale, ou plutôt amba [mont-fort].' 

Jilogob près Lice, 1872 : juin 21 . . . . Avez-vous reçu l'observa- 
tion que j'ai faite à la boussole sur le sommet du Zîquala le 2 1 sep- 
tembre 1870? Je regretterais que ma lettre se fût perdue en route ;- 
je crois cette observation intéressante. Si vous l'avez reçue il m'est 
facile, en répondant à quelques-unes de vos questions, de vous indi- 
quer ce que les Oromo entendent par le chemin deWolabu. Le jille 
[pèlerin] qui part de Fînfînnî arrive sur le Hawax ayant Zîquala à 
sa gauche et passe ce fleuve (une journée et quelque chose), se dirige 
vers le M' Sire, montagne basse du vrai Gurage chrétien où règne 
actuellement Oda Leliso , vassal du roi de Xîypa (2'-' journée). Ce 
M' Sire est visé dans mon observation au théodolite (Bîrbïrsa) (ob- 
servation importante parce que les points nommés sont exacts : on 

1. Cette lettre et deux autres ne me sont pas parvenues. A. d'A. 

2. Ce tour d'horizon ne m'est pas parvenu. Le M' Sire n'est pas dénommé 
dans les tours d'horizon faits au théodolite où la sommité placée par 8048' 
dans notre esquisse est appelée «M' sans nom»; est-ce le W Sire? A. d'A- 



Zaïvay. 285 

doit rectilier sur ces derniùrcs tout ce qui peut leur être contraire 
dans les observations antérieures, où mon ignorance de la langue et 
mon inexpérience dans le mode d'interrogation m'ont fait commettre 
d'assez graves fautes. C'est ainsi que le nom de Qirqos se rapporte 
au pays des Soddo. Bien qu'en général on dise le Giirage, ce n'est 
pas le vrai Gurage, celui-ci étant marqué par le M' Sire). De chez 
Oda Leliso on se dirige par le pays des Jille (vaste qiialla, 2 jours) 
vers la pointe N. W. du lac Zaypay dans lequel se trouvent les cinq 
montagnes dites xanan [les cinq] Damba - — à l'œil on n'en distingue 
que deux (nombreuses traditions-populations chrétiennes fugitives, 
trésors, livres, tabot [pierres d'autel] venant sur des radeaux trafiquer 
au rivage). Je ne désespère pas de m'aventurer un jour sur un de ces 
radeaux. Le pèlerin a donc le Za}î>ay à sa gauche, les monts des Wa- 
jitu, mogga [erme et champ de bataille] des Haddiya à sa droite, 
puis également à sa droite, dans le lointain, l'extrémité d'un lac qui 
peut bien être le malka [gué] Diibbisa des Oromo. Vous pouvez 
juger à présent de la direction du pavs traditionnel de Walabu et 
encore mieux si vous avez mon observation de Zîqiiala corroborée 
par celle de Bïrbîrsa. 

Quant aux généalogies je vous dirai que je m'en suis occupé, sans 
jamais rencontrer aucun point de contact avec les Oromo de l'ouest, 
ni fils de Raya, ni Sapera. Le seul qui paraisse un peu commun 
c'est Tulama fils de Adami : toutefois j'essayerai de nouveau. 

Je n'ai pu encore me procurer des échantillons de la langue de 
Argobba. Dans ce que j'ai entendu jusqu'ici du dialacte de la qualla 
musulmane je n'ai vu qu'un amarîhna dénaturé, mais rien d'origi- 
nal . . . 

Vin. 

Lice, 1873 : juin i3 le suppose que vous avez reçu une lettre 

assez longue, datée octobre 1870, qui contient, avec des observations 
à la boussole, des détails intéressants sur Zîqiiala et ses environs. 
J'y donnais également des distances assez justes pour une carte pro- 
visoire. J'ajoute aujourd'hui quelques détails et quelques rectifications : 

hV-Tosini, \\sé de Zïquala sous le nom de Barru, par 39 grades; 



2 86 Ruisseaux de Fïnfhmi. 

distance 3'' ' 2- Sa distance à Maryam Gifti est de lo'' par 178 grades. 
Le chemin pour y aller est suivant cette direction assez régulièrement. 
En descendant de notre colline au bout d'un quart d'heure on tra- 
verse le Kiillo, rivière dont le cours général est N. N. W. Sa source 
est dans les montagnes nord. Auprès du hora, source d'eau chaude, 
il se réunit avec le Kaniale qui vient du N. N. E. Tous deux réunis, 
passant par l'eau chaude, deviennent le Bulbula que l'on côtoie du- 
rant ''2 heure jusqu'à son confluent avec une rivière dite Kabana. 
Traversé au point de jonction, le Kabatia descend vers le M' Fiiri 
au S. S. W. puis se jette dans le grand Akaki après avoir reçu le petit 
Akaki et tous les cours d'eau qui descendent de Antotto (Hoïoïa). 
Sa direction est régulière par une grande plaine nue entremêlée de 
quelques cultures. Elle est un mogga entre les Gulalle et les Galan 
lequel s'élève doucement, puis s'abaisse vers le Akaki dont la vallée 
se creuse profondement. On rencontre cet Akaki après trois heures 
et demie de marche totale. Cette grande rivière recueille toutes les 
eaux de la plaine des Abccu. Celles de Harar et des Galaii lui 
viennent du N. E. et celles des Akka et des Gulalle des directions 
S. E. et N. W. Puis le Akaki s'incline vers le sud et va se jeter dans 
le Havvax ou Avpax. 

Sortis de la vallée du Akaki riche en cavernes de troglodytes à 
plusieurs étages, en partie habitées encore, nous prîmes la direction 
du M' Tosini. Le terrain monte jusqu'à la chaîne peu élevée du Da- 
lota qui sépare les Galan des Hadaha et court du N. E. au S. W. 
On rencontre cette chaîne à 5^^ de marche totale. La plaine est nue 
mais bien cultivée et sans cours d'eau. Descendus dans la plaine basse 
des Hadaha riche en grains, vers 7^ de marche nous traversons le 
torrent de Dadesa, le seul qui ne sèche pas en été; il descend du 
M' Harrar, se dirige vers le sud et passe à l'extrémité de la plaine 
entre les dernières croupes du Barru -Tosini et celles du Dalota. 
Après une courte descente nous suivîmes une montée très-douce jus- 
qu'au pied du Tosini et entrâmes dans ses gorges; sur la droite est 
un cratère de volcan dit Kalica. Nous reposâmes au pied du Tosini 
sur un de ses contreforts où nous avons une petite maison. Son mon- 
ticule est dit Badda gababe. 



M' Tosnii. 287 

Observations à la boussole faites sur la cime du M' Tosini, dont 

les flancs sont percés de cavernes de troglodytes : 

Grades 

1. Point dans la chaîne du Magazaz dit b précédemment 58*0 

2. M' Zïqiiala, point a, à 3 heures et demie de distance . 2l>^-o 

3. W Han-ar, à 5 heures i8-o 

4. Bïrbïrsa, Maryam Gifti, à 10 heures 378-0 

5. M' Egdn 359*0 

6. Aîitotto, a, à 10 heures 351-0 

Le M' Magazaz est éloigné de deux journées et demie. En se di- 
rigeant vers cette sommité l'œil suit à peu près les crêtes de la série 
de montagnes dites M' Barrii parallèles au Dalota. Sur la gauche 
on a le pays des Hadaha Jusqu'à Harrar. A droite, vers l'orient est 
la contrée dite Lume qui est séparée des Hadaa [sic] par les 
M*^ Barru. 

Ce pays de Lumc contient trois tribus qui ont leurs similaires vers 
le nord, savoir : Giilalle, Akka, Gombacu dit du An>ax. A droite 
vers le sud les Liban qui vont jusqu'au Zïquala. En descendant de 
Tosini (serpolet), sur les contreforts vers l'Est-est-sud et à '/o lieue 
on rencontre sur la droite une éminence que surmonte l'église de 
S^ Michel. Sur la gauche est un cratère éteint, couvert d'herbe et dit 
Kaliïa. A une heure dans la même direction, cratère profond dont 
les lèvres font peu de saillie sur la plaine. Couches de laves, de sco- 
ries, de craie. Dans le fond est une grande mare d'eau d'un vert très- 
prononcé. Je suis descendu dans ce gouffre très-escarpé. L'eau est 
verte, même en petite quantité, très-pesante, visqueuse ou mucilagi- 
neuse, acide et à goût sulfureux. On ne saurait la boire qu'en petite 
quantité. Les troupeaux même ne peuvent la boire que dans la saison 
des pluies. 

Vous me parlez du chemin de Walabii pays d'origine des Oromo. 
Pour y aller on passe entre le lac Zohay et le pays de Haddiya. 
On rencontre en route des nègres tout nus. Abba Miida, grand- 
prétre du serpent, qui domine religieusement sur Walabii ou Bora- 
jia, est un homme à grande barbe; autour de lui tout le monde parle 
Oromo. 



2 88 M^ Zlquala. 

La généalogie ci-après est celle de Gannow ahba Martu, homme 

important dans Akka du Aijmx. Gannoxp est un homme de éo ans 

Cuquala. g. Ariya. dont le hls Cuquala est déjà père de 

1. Ganno. lo. Salba. famille. 

2. Gatcvie. 1 1. Abbado. Tulama a eu de sa femme principale 

3. Falti. 12. Yakka. Komiii les fils suivants : 

4. Sasso. i3. Tulama. Hadaha, Miillo, Yakka, Wajitii, 

5. Ajare. 14. Borena. Abecu et Yaya, tous pères de tribus. 

6. Z)/rfo. 15. VVk/aZ^z/. De sa seconde femme Dace, Tulama 

7. Wakkole. lé. Adami. a eu Galani, Gombacu et Soddo. Il a 

8. Hanno. adopté les fils de sa sœur, savoir: Meta, 
Arusi, Karayu et peut-être Jille et Bacu, tous pères de tribus. 

Les Meta, dits aussi Tulama, sont d'une origine très-douteuse. 
Toutes les tribus Oromo du ATh-'^z descendent de Tulama, et 
paient tribut au Xht-'a sauf les ^rz/^z et les Karayu. 



IX. 

Lzc6% 1875, novembre 29 ... . Nous sommes partis le 21 sep- 
tembre 1870 de la maison ào. Ato Robi au pied du W Harrar et de son 
versant S. E. De gros nuages chargent l'horizon. Notre route forme 
une diagonale entre le M^ Harrar, la chaîne dite Dalota qui en est 
la continuation chez les Galan, et la chaîne Barru-Tosifii, limite 
des Hadaha et des territoires de Lume et des Liban. Liime est oc- 
cupé par des Gombacu, des Gulalle, des Yakka jusqu'au Aa^ax, les- 
quels avec nos Gulalle, nos voisins les Yakka, les Gombacu et les 
Mullu du nord forment les Torban obo [les sept Obo], tribus sœurs. 
Chaînes parallèles qui circonscrivent les plateaux des Hadaha. Direc- 
tion vers les contreforts qui descendent du Tosiîii. Belles cultures : 
blé, orge, tef, sorgo vulgaire, girar en fleurs. A l'extrémité des contre- 
torts du Tosiiïi la plaine s'abaisse encore. Nous mettons 2 heures et 
'2 pour arriver au pied du Zîquala qui s'élève subitement de la 
plaine comme un immense cône tronqué, allongé toutefois dans le 
sens de l'est à l'ouest. Nous trouvons dans la plaine toute la végé- 
tation de la qnalla. La durée totale du voyage esi 6 heures et 2 1 mi- 
nutes. Ascension par une pente assez abrupte mais boisée et pendant 



AP Zïqnala. 289 

1-25 heure. Arrivée au mad bet ou boulangerie des moines; bon ac- 
cueil. Nous y passons la nuit. 

Le lendemain 22 nous gravissons jusqu'au sommet en un quart 
d'heure. Nous sommes dans la brume. Ce sommet est un immense 
cratère dont le fond est rempli d'eau. Ses parois sont revêtues de 
verdure et d'arbres, surtout dans la partie S. E. qui est le point a de 
mes observations. Ce lieu est vénéré comme séjour de Abba Gabra 
Manfas Qiddus (dit Abbo), et pour ses miracles. Les Galla ont en- 
core plus de vénération pour lui que les Amara. Les pointes les plus 
élevées sont vers l'est et l'ouest. L'échancrure est vers le midi et sur- 
tout vers le nord. L'église actuelle est récente. Avec quelques habi- 
tations isolées de moines elle est à l'entrée du cratère vers le nord. 
Édifice en bois couvert en paille, elle a dans l'intérieur un édiculc 
quarré formant sanctuaire et contenant un campanule de 60 centi- 
mètres quarrés surmonté d'un dôme et qui sert d'autel. 

Descendus dans le cratère, nous v vîmes les objets de dévotion du 
pays : 1" Trois arbres sur le même pied, d'égale grosseur, d'égale 
hauteur — cvprès dit «la Trinité». 2'' Arbre près duquel Abbo a 
dompté les lions, tout chargé d'anneaux, de bracelets de fer et de 
cuivre, etc., dons des Galla; la terre même en est jonchée. 3° Sur le 
côté opposé est un cube énorme de pierre où Abbo récitait ses prières; 
elle est toute enduite de beurre par les Galla. 4" Fontaine où les 
femmes Galla viennent boire pour trouver la fécondité; elle est toute 
enduite de beurre. 

Nous sommes sortis du cratère vers sa pointe est. On y voit des 
restes d'anciens fossés et murailles qui témoignent que là étaient la 
ville et le monastère de Abbo avant l'invasion de Grafï. Nous sommes 
toujours dans la brume. Ce côté extérieur de la montagne est taillé 
à pic ; le côté intérieur renferme des cavernes habitées par des ermites. 
L'emplacement supposé de l'ancienne ville est couvert d'un bois très- 
pittoresque. Dans l'intérieur des fossés de la ville un emplacement 
isolé par des fossés, auquel on parvenait par un pont très-étroit, mé- 
rite l'attention; je n'ai pu y pénétrer à cause des broussailles. Je gagne 
une pointe très-nue qui, vue de Fùifînnî, doit être le point a de mes 
observations, et je m'assieds sur une pierre en attendant quelque 

19 



2QO ^<^<" Zmvay. 

éclaircie. J'y ai passé une partie de la journée saisissant tantôt un 
point, tantôt un autre suivant que les nuages se déchiraient; toutefois 
ce qui a été observé est exact. 

Relèvements à la boussole (en grades ou centièmes de l'angle droit). 

1. M* Tosinî: 39*0, à 3 heures de distance. 

La culée de ce mont est à peu près à 2'^ et ■ 2I ^'^ saillie observée 
est à 3'\ Plus vers l'est il existe une chaîne plus basse, sans point re- 
marquable, du territoire des Liban. C'est entre ces deux groupes de 
montagnes d'une part et Zîquala de l'autre que s'élève une foule de 
mamelons et de cônes volcaniques qui n'existent que de ce côté. Sur 
la ligne du Tosinî et au-delà se développe la chaîne du Barru. 

2. M* isolé, territoire des Karayu, mogga [erme et champ de ba- 
taille] des Ariisi : 107-5, à 2 Journées. 

3. W Bokkan, extrémité du territoire des Gombacu AtLinne'.G/^-^, 
à 2 Journées. 

4. M^ Furi, confins des Galan, Batii et Meta Abebe : 388-2, à 9'^ 
et >/2. 

5. Pointe dans la chaîne des Galan, dite Dalota : o-o, à 6'\ C'est 
à peu près la direction de Maryani Gifti qui est complètement dans 
la brume à 7 ou 8'- plus loin. 

6. Zohajr [Zarvay], lac avec deux îles visibles et fort élevées : un 
bout 196-0; autre bout 222-0. Les deux îles, rapprochées du rivage 
nord, sont par 207-0 et 208-0. 




Au delà du lac on aperçoit une chaîne qui est peut-être le M^ Dam- 
bal. Tous les sommets sont dans la brume entre 207-0 et 218-0. Au 
delà vers l'ouest commence un autre lac plus lointain qui se cache 
derrière les montagnes dites des Wajitu ou des Haddiya, en deçà 
desquelles se trouve le territoire des Marako, peuple pasteur, d'une 



Gurage. 2ûi 

langue particulière. Quoiqu'il n'apparaisse que deux îles montagneuses 
[dans le lac Zan'oy], il y en a cinq dites Xanandamba, refuge d'une 
petite population chrétienne qui communique par barques avec le 
continent et sur laquelle courent toutes sortes d'histoires. Vers l'ex- 
trémité, ou par 196-0 grades, est le chemin de Walabu. Ma distance 
aux bords du lac Zohay est de 2 journées [à travers] une plaine 
d'herbes occupée par les Jille. 

7. W- Harrar 25-5 pour le plus haut point, sa distance étant éva- 
luée à 7*5 heures. 

8. Chaîne des HaddiyaWajitu : 251-0. Peu caractérisée et distante 
de 2-5 journées. 

9. M^ Antotto ou Hoïoïa, a : 375-8; b : 377-0. Distant de i3 à 
14 heures. Ce mont est aux confins des Gulalle, des Meta Abehe et 
des Hadaha Bargay. Le M' Egdii est sur la prolongation. 

10. Chaîne des Maïa, a : 334-0; b : 364-0, distante de 3 journées 
et plus, 

11. Montagnes basses chez les Baïu : contins des Mata et des 
Galan : 349-0. Distance = 6 heures. 

12. Chaîne des Soddo, souvent appelée Gurage, dite Oditii : 285-5 ; 
autre sommité 288*5, ^ 1-5 journée de distance. 

i3. Chaîne très-éloignée derrière les Soddo, à plus de 3 journées 
270-0. 

14. W du Gurage, partie dite Wato, gouvernée par Oda Leliso : 
23i-o, à une journée. 

Bîrbîrsa (Maryam Gifti) et les montagnes des Gombacu, des Ma- 
tiabacu et des Yakka restent obstinément dans la brume. 

15. Le lendemain, à la descente, la chaîne du Magazes [sic] se 
découvre : 55.5, à 3 journées. Cette chaîne délimite en partie le Xnva 
du côté S, E, 

A partir de l'extrémité = 196-0 du lac Zohay commencent les 

territoires des Arusi, qui s'étendent sur la rive droite du Axvax sur 

une largeur de près de deux journées et sur une profondeur de 8 jours, 

dit-on. Ils sèment peu et ont des mines abondantes de sel. Vers l'est 

ils continent au territoire dit Gercez, mélange de Galla et de Afar, 

puis on trouve les Itu (Oromo) et entin les Souiali. 

19' 



2Q2 M^ Tosini. 

Actuellement de Zîquala vers les Ainsi le terrain est en grande 
partie inondé par le Awax et ses affluents. Cette rivière se rapproche 
Aq Zîquala à 2'' environ, puis s'en éloigne dans le territoire des Jille 
vers la direction de Zohay, passe dans toutes ces plaines inondées 
qui s'étendent vers le Arusi, et descend de manière à laisser sur la rive 
droite la montagne àts Karayu ; actuellement il n'est point guéable. 

J'ai passé la nuit dans la cabane d'un moine. Le phénomène, assez 
fréquent, dit-on, de feux courant sur le lac n'a pas eu lieu cette nuit, 
ni rien des merveilles que l'on raconte. Abbo, après une vie fabuleuse 
de 561 ans, serait mort à Mîdîra kîbre sur les frontières du Giirage 
et de là les Anges l'auraient porté à Jérusalem. Sa mort serait de 
1 20 ans antérieure à l'invasion de Grah. Quoi qu'il en soit de la réalité 
des faits, on ne saurait nier la vénération excessive dont ce person- 
nage est entouré dans le Xîwa, le Gojjam, et le Gurage soit du côté 
des Amara soit du côté des Galla. Un fait pareil a toujours à sa base 
une cause extraordinaire que l'ignorance, l'intérêt, et les autres pas- 
sions travestissent ensuite à leur gré. 

1^'' annexe. Observations faites sur le Tosini le 9 janvier 1873. 

Ce mont, ainsi nommé parce que le serpolet, dit tosin par les 
Oromo, V croît en abondance, est la portion la plus élevée de la 
chaîne des Barrii et la plus sud-ouest. J'ai gravi ses flancs escarpés, au 
risque de tomber, pour visiter une caverne dont on disait merveille. 
Dans l'état actuel, c'est une ruine ; des blocs énormes se détachent de la 
voûte. [On y voit un] reste de jambage de porte en bois. 

1. M' Zîquala a : 239-0 à la distance de 3''. 

2. Chaîne du Magazez [sic] cité plus haut, point /' : 58-0, distance 
précédente rapprochée de 3 heures. 

3. M^ Harrar ; 18 -o à 6 heures. 

4. Maryam Gifti ou Bîrbîrsa : 378*0, à 22 heures. 

5. Antotto, point a comme plus haut : 351*0 à 12 heures. 

6. M' Egdu, ressaut d'un contrefort du M* Antotto derrière les col- 
lines de Gammo qui limitent le territoire des Gulalle. Le M' Egdu 
est territoire Meta (lamo Meta) : 359*0, à i3 heures. 

Les flancs inférieurs du M' Tosini, sur le versant S. E., sont percés 
de nombreuses cavernes, les unes en ruines, les autres liabitées par 



M^ Hadd-0. 293 

les Liban. [La pierre est une] sorte d'agrégat de matières calcaires 
volcaniques. 

[On a vu dans la page 281 qu'a Fïnfïnni\i\ déclinaison de l'aiguille 
aimantée était, en 1868, de 7-48 grades vers l'ouest. En 1875 le re- 
lèvement du M' Hotoia pris du M' Ziquala donne 12-5 grades pour 
cette déclinaison ouest. Cette différence de 5 grades doit provenir en 
partie du changement annuel de la déclinaison, mais surtout de l'at- 
traction locale si fréquente dans les terrains volcaniques. Mes obser- 
vations à la boussole donnent de très-grandes variations locales pour 
cette déclinaison depuis 21" Est à Wulqïffit jusqu'à 52-"9 Ouest au 
M' Wiigîr. L'incertitude d'un relèvement à la boussole peut donc être 
de 74°. Ces exemples font voir combien il est dangereux, au moins 
en Ethiopie, de se her à des relèvements pris avec une boussole, sur- 
tout pour les signaux lointains. A. d'A. | 

Notes du mois de mars, même année. — Au-dessous du IVP Tosihi, 
vers les M'" Barru, les dirt'érents contreforts sont dits Badda Gababe. 
Sur ma droite vers le midi, est une église de Mika-el bâtie par Ato 
Biilo, Galla baptisé; la contrée est infidèle. De là la colline contourne 
puis se dirige parallèlement au M' Barru jusqu'au cratère de Hadd-o. 
Devant moi est une vallée moitié cultivée, moitié boisée. Sur un mon- 
ticule est la maison de Ato Biilo brûlée autrefois dans ses luttes avec 
Bazzabih. Sur ma gauche vers le S. W. est un cratère dit Kaliia, 
groupe de collines séparé par un vallon du M' Barru. Ce dernier 
cratère dépend de Badda Gababe, situé ' ^ de lieue au S. W., est 
peu élevé, concave, et a une profondeur de 70 à 80 mètres tapissée 
d'herbes et sans eau sinon dans la saison des pluies. 

Le cratère de Hadd-o a des bords de scories et de laves peu élevés 
au-dessus de la plaine; il est au débouché de la plaine, à 1'' de 
Badda Gababe vers l'orient. Sa profondeur jusqu'à l'eau est d'en- 
viron 120 mètres. Ce cratère est un peu ovale, taillé à pic, et son 
fond est rempli d'eau qui d'en haut paraît très-verte. Je suis descendu 
jusqu'au bord de l'eau qui doit avoir une centaine de mètres en tous 
sens. L'eau est encore très -verte. J'en fais puiser une corne à boire à 
une certaine distance du bord à cause de l'eau douce qui sourd en 
cet endroit. L'eau est verte et très-pesante. Sa saveur légèrement salée 



2 QA Wa/abîi. 

rappelle celle d'une eau sulfureuse. Elle est gluante comme l'eau de 
potasse froide, et telle que ni les troupeaux ni les hommes ne peu- 
vent la boire dans la saison sèche. On y amène les troupeaux seule- 
ment dans la saison des pluies quand l'eau douce sourd de toutes 
parts et qu'une crevasse y amène l'eau de la plaine. L'ardeur du so- 
leil qui échauffe l'eau dans cette chaudière, nous força à ne pas y sé- 
journer longtemps. Il y a quelques beaux warka [sycomores] sur les 
pentes exposées au midi. Je crois avoir pris là la fièvre qui m'est re- 
venue par intermittences pendant six semaines. Je suis sorti du cratère 
par une crevasse que les eaux de la plaine ont formée. Dans les plaines 
accidentées qui s'étendent devant nous jusqu'au M'^ Bokkan (est) il 
y a des eaux minérales en grand nombre que l'on fait boire aux bes- 
tiaux; ce sont des lacs plutôt que des sources. 

Deuxième annexe : chemin de Walabu. 

L'itinéraire de Walabu est double à l'origine. L'un entre le lac Zohay 
et les Arusi, l'autre à la pointe := 222-0; je vais donner celui-ci. Le 
voyage, à ce qu'on dit, dure trois mois pour l'aller et le retour. Cela 
n'est en rien une base de calcul; une première partie du voyage peut 
seule être appréciée. De Fînfînnï jusqu'au Aypax : 1 journée. Du 
Awax jusque chez Odo Leliso (Giirage Waîo) : 1 journée. De chez 
Odo Leliso à la frontière des Haddiya : 1 journée. De la frontière 
des Haddiya Wajitu jusqu'au Make : 1 journée. Le Make est une 
grande rivière qui descend du Gurage, qui ne s'unit point au Awax, 
qui ne tombe pas dans le lac Zohay, mais qui s'en va dans la direc- 
tion de Gardafui. Du Make à laga [rivière] Danbul, autre cours d'eau 
ayant la même direction : 1 journée. Ces journées sont la plupart 
mila gutu (de fortes journées). A partir du Danbal il n'y a pas de 
distances appréciables. On arrive au malka Dubbisa ou lac Dubbisa 
à partir duquel, disent les Galla, cesse toute influence de la race Si- 
dama (Amara). On rencontre des races nègres qui vont nues, logent 
sur des arbres, et vivent de lait et de miel. Les gens qui entreprennent 
ce pèlerinage sont dits Jila. On les compare aux chrétiens [Gurage] 
qui vont à Gondar prendre le Sacerdoce des mains du Abiui. Quand 
ces gens arrivent sur les frontières de Walabu, Abba muda (le père de 
l'onction), chef religieux de la race Galla, vient les recevoir aumogga; 



Source du Awax. 205 

on ne les introduit pas dans le pays. Devant la cabane deux serpents 
gardent la porte ... [La suite de cette lettre se rapporte aux cou- 
tumes des Oroino; puis vient le paragraphe suivant :J 

Selon 7^ufa Gane, l'un des chefs de la tribu des Hadaha Bargay 
qui habite au pied du M' Egdu : 

Le territoire au delà du Fini et de Intotto [sic] est occupé par les 
Batu vers le sud, puis en remontant vers le N. W. par les Meta et 
les Hadaha Bargay. Les Meta sont divisés en trois sections. Sur les 
flancs occidentaux du Furi et du Intotto sont les Meta Ababe. Mar- 
chant vers l'ouest, on rencontre le torrent de Olota sur lequel habitent 
les Meta Olota. Au delà se trouve le Bargay sur lequel sont, vers 
l'ouest-nord, les Meta Robi et les Hadaha Bargay. (C'est chez les 
Meta Robi sur les bords du Bargay qu'ont été assassinés, le 6 jan- 
vier 1872, nos envoyés Joseph et Abba Hummar qui étaient chargés 
par moi de se rendre auprès de M»"" Coccino à Gobbo au-delà de 
Lagamara.) Ces deux torrents descendent du versant occidental de 
Intotto ou Hotoïa et vont se Jeter dans le Axuax. Au confluent du 
Bargay et du A^i^ax , vers le sud, habitent les Batu. Les deux rives 
du Awax supérieur sont occupées par les Mata. La rivière Aivax 
prend sa source en pays Mata et descend de la montagne dite Workay 
à une Journée de cheval, et quelque chose, d'ici ou 20 lieues et un 
peu plus. Les affluents de rive droite sont par ordre : le Karansa, 
le Gallajpa, le Kallina, le Hodda kaa. Tous les quatre descendent 
de la chaîne de montagnes dite Dandi qui se trouve entre les Mata, 
les Sidama Cabo et Jîmma Abba Jîfar. Sur ces monts Dandi est un 
lac, comme à Zîqiiala, sur le haut de la montagne. Tuf a Gaîie assure 
qu'il n'v a aucun lac qui soit proprement la source du Atpax. 

Les Sidama Cabo sont un peuple chrétien réfugié sur ses mon- 
tagnes, interdisant son pays aux étrangers, en lutte avec les Galla 
Maïa, et en lutte avec les gens de Xah'a [? Jalia] vers le sud dont le 
chef Omar Baesa, d'ancienne race chrétienne mais musulman fana- 
tique, cherche à mahometiser tout le pays. Il est allié avec le roi mu- 
sulman de Jïmma Abba Jïfar. Cette année il a été frappé parl'expédi- 
tion royale du mois de juin 1875, mais n'a pas fait sa soumission. Ce 
roi de Xalfa est arrêté dans son prosélytisme par la race chrétienne 



2q6 Marabet. 

de Gomaro, la plus vaillante dont j'aie encore entendu parler, qui 
abreuve ses chevaux de sang. Actuellement, pendant que le roi se 
dirige de nouveau vers Magdala, le dajac Gannani a passé le Awax 
pour s'établir au Giirage, dominer les Gai la et réunir les différents 
tronçons de races chrétiennes .... 

Pour revenir à mes Sidama Cabo , eux aussi sur leurs montagnes 
ont un lac avec une île où ils déposent, dans les grands périls, leurs 
femmes, enfants et richesses . . . 

Après avoir mis le séquestre sur nos effets, Abu bîkr nous les a 
enfin envoyés, par la voie de Awsa et Dawe, à Warra Ilu, cité mili- 
taire du roi sur la frontière des Wallo. J'ai dû y aller en personne 
pour prendre des paquets expédiés d'Europe depuis deux ans et j'ai 
vu ainsi des pays nouveaux pour moi. L'ancienne frontière N. W. du 
royaume se compose des immenses qualla de Marabet : deux vallées 
d'érosion parallèles, l'une, la plus large où coule le Adabav formé sur- 
tout du Taîa et du Bariisa qui passent, le premier au-dessous, le se- 
cond au-dessus de Angolala — la plus étroite où coule le Wancit. 
Direction du courant à ce passage : du N. E. vers le S.W. Ces deux 
vallées demandent une marche de lo heures à pied ou à mulet; nous 
traversons rapidement à cause des fièvres régnantes. Au sortir de là 
on trouve une plaine d'herbes, inhabitée sinon en quelques endroits, 
Wallojre, ancien mogga, direction nord, voyage de lo ou 1 1 heures 
jusqu'à Warra Un dont les environs commencent de nouveau à être 
cultivés. A notre retour, bien qu'une partie des hommes soit déjà ré- 
unie à Warra Un, la plaine, sur un parcours de lo heures, n'est qu'un 
convoi d'hommes, de femmes, de botes de somme. Dans la vallée du 
WancitW y a un même mouvement de gens qui se rendent à l'expédition. 
... Depuis 7 ou 8 ans nous vivons dans l'isolement .... L'une 
de nos maisons est sur les bords du Akaki dans les cavernes mul- 
tiples et à triple étage qui semblent avoir servi de lieux de dépôt et 
de greniers aux anciens rois; on trouve beaucoup d'habitations pa- 
reilles sur les rives du Akaki et de ses affluents. Notre troisième mai- 
son sera sur les bords du Kataba. 

[Comme corollaire de ces observations prises du point a du M' Zî- 
quala nous ajoutons les directions suivantes en prévenant que l'azi- 



Distance estimée 

20 kilom. 

15 » 

un jour et ' 2 



2 lournees 



ou 10 kilom. 



AP Zîquala. 297 

mut vrai 189-15 de cette sommité mesuré de Fïnfînnï se rapporte à 
ce même point a. Les angles de la boussole sont en grades, le nord 
magnétique étant o, l'est 100, le sud 200, et l'ouest 3oo.] 
Observations à la boussole laites dans Fïnfinnî. 

i'^'"'^ Station : près ma maison. 

Boiiiisolc 

1. IVP Héirr^r, vert et sans arbres .... i59'5 

2. Pic; tin de la plaine 193-0 

3. M' Zîquala, patrie de Abbo, a. M' isolé 195-5 

4. id. autre sommité, b i97"5 

5. Chaîne des Giirage, au delà du Hawax 
et des Soddo 216-0 

6. Chaîne; sommité 229-0 

7. id. plus haute, sommet 235-0 

8. M^ Fini (à ses pieds est Metta, plaine) 247-0 

9. Chaîne de Antotto 277-5 

10. Mont bas en deçà de 9 280-0 

11. Antotto, chaîne haute, a 291-5 lé à 18 kilom. 

12. id. b 297-0 

i3. Mont en deçà de 11; ville ruinée de 

Zéir-a Ya'ïqob 300-5 

14. M' Fi^dii, dôme au delà de la chaîne . 317-5 

15. Chaîne N.W. occupée par les G/în/'rfc;/,c7 360-5 | 

>. . , , , , q a 10 kilom. 

16. id. b 391-0 j " 

17. id. c 0-5 

La direction de cette chaîne est N.W. à S. E.; sa longueur depuis a 
jusque vers le torrent Akaki, où la hauteur-tombe assez brusquement, 
est 15 à 18 kilomètres. 

18. MaRYAM Gifti, église jadis; bouquet 

d'arbres 371-0 3 kilom. environ 

19. Contrefort avancé de la chaîne 15 . . . 47-0 3 kilom. 

2"^'= Station : MARYAM Gifti; bouquet d'arbres. .Uiillet 17. 

1. M' Harrar 144-0 

2. Mont en avant de Zîquala 191-0 

3. M' Zîquala, a 193-5 



298 ^"^f^ Zlquala. 

Boussole Distance estimée 

4. M' Zïquahi, b, sommet dans la brume i95'o 

5. M' Ftiri 233-0 

é. Antotto, b 295-0 

7. Chaîne N. W. de Fînfînnï, b 3o'5 

8. Contrefort avancé : église souterraine, 
dit-on loéo 

9. i*^"" point d'obs lyi'S 

Les lointains comme le Giirage sont dans la brume. 

3^ Station : à 15 ou 16 kilomètres environ de la première. Juillet 18. 
Flanc N. W. du M* Harrar. A 1-5 k. en avant du point d'obs. passé 
le Akaki, grand torrent et affluent du Aipax : il descend des monts 
des Abaj'cu, selon une ligne perpendiculaire à notre marche. 

1. Roge , ville des Hurji, marché d'es- 
claves sur flanc N. W. du M' Harrar . 1 lo-o 

2. M' Harrar ii9'5 6 kilom. 

3. M' Zïqiiala, dans une plaine basse, a . 205-5 

4. id. b . 207-5 

5. Chaîne du Giirage, b 245-5 

é. id. c 253-0 

7. Mont bas chez les Soddo , le long du 

An'ax, avant les Giiragc . ....... 257-0 1 Journée 

8. Mont des Mc^a, flanc W. des Gnrage, 

au delà du Ajpax 279-0 

9. Mont derrière lequel est la plaine des 

Meta 292-0 

10. Chaîne de Antotto, b 320-5 

11. Mont avant la ville antique de Zar-a 
Ya'tqob 327-0 

12. Mary'AM Gifti. . . . 361-0 

i3. Chaîne de Fînfînnï, b 364-0 

4*^ Station : maison de Ato Robi, à 3 où 4 kilom. du M' Harrar. 

1 . Ce mont est tout crevassé et à plus, cônes 1 2-0 

2. W- Zîquala, a 226-0 

3. id. b 227-5 



Kaaala. 299 

Côté opposé à Roge sur le M' Harrar, ancienne ville de Zar-a 
Yaïqob. Devant soi est la plaine des Hada tout accidentée de cônes 
qui font un chapelet de HéirrAt' à Zîquala, Le sommet de ce der- 
nier mont est un cratère plein d'eau où Abbo, saint fantastic|ue, de- 
meurait souvent. 

X. 

Kasala, 1880 : janvier 5 . . . . Nous partîmes donc, M^"^ malgré 
ses 71 ans, le P. Louis de Gonzague et moi. Nous étions prisonniers. 
La saison des pluies allait commencer. On nous fit passer à Warra 
Un chez les Wallo; de là nous traversâmes les Wallo dans la direction 
de Aniara SaJiînt, tout le pays de Sahînt, de manière à laisser sur 
notre droite le montfort de Tadbaba MARYAM. Le 17 juillet nous 
traversâmes le Baxïlo en un lieu dit Certakai à peu de distance de 
sa jonction avec le Nil. Entrés de là dans le Bagemdïr, nous le tra- 
versâmes à peu près dans toute sa longueur — par le Miija, Asie 
etc. Nous vîmes l'ancien marché de Guradit, l'église de Anfargc, la 
vallée du Caffa avec Bctlïhem sur le versant opposé à notre route et 
remontâmes les pentes du Giina, sur le flanc sud-ouest. L'hiver nous 
prit sérieusement aux environs du Giitia en un lieu dit Bera Mas- 
qala Krîstos : de là nous longeâmes le Giina qui restait à notre 
droite. Monseigneur faillit mourir à deux stations de là au lieu dit 
Adara. Nous avions aperçu la portion méridionale du lac Tana avec 
ses îles. Nous parvînmes à Dabra Tabor le 5 août Nous atten- 
dîmes le guide promis — on nous dit alors que nous étions dirigés 
par la voie de Matamma. Notre route passait par Zange , la plaine 
de Amora gadal, Kamkam, Yfag et Farqa bar. Ayant tourné le lac 
et évité Gondar, nous parvînmes à Arabya et Fanja où résidait le 
Ras Ar-aya, oncle de l'empereur. Nous protestâmes. Ras Ar-aya 
tout en nous témoignant sa svmpathie déclara que l'ordre de l'empe- 
reur serait exécuté, que nous serions conduits à la frontière égyp- 
tienne en toute sûreté et que c'était à Dieu de nous garder des fièvres. 
Remis au gouverneur de Tîlga, nous traversâmes la province et des- 
cendîmes sous forte escorte à Wîhni dernière ville abyssine et com- 
mencement de la qualla, notre escorte devant nous défendre de 



3oo Harar. 

l'attaque d'un révolté dit Gasa.so qui occupait tout le pavs de Xago. 
— Chemin atïreux dans les grandes herbes; chaleur étouffante. Nous 
parvînmes à Matanivia (Gallabat), avec nos ii jeunes gens exilés 
comme nous. — De Matamma ici ce n'a été qu'un chemin de souf- 
frances : deux de nos Jeunes gens sont morts à Gadaraf; les autres 
étaient entre la vie et la mort. Fortement éprouvés nous-mêmes, c'est 
à peine si nous avons à présent recouvré quelques forces; arrivés à 
Matamma vers le 21 octobre, nous n'avons gagné Kasala que le 
24. décembre. 

XI. 

Harar, 1881 : août 2 . . . . Quant à la distance de Harar à Bar- 
bïrah ou à ZayV a, il v a peu de différence. Peut-être Barbîrah est-il 
le plus près. Dès les temps les plus reculés il a dû partager avec ZayV a 
et Bujplaijar le commerce de l'intérieur comme le témoignent les 
ruines d'anciennes cités qui se trouvent sur la route directe. A mi- 
chemin de Harar à Barbîrah on voit une mosquée assez remar- 
quable et des restes de maisons en maçonnerie. ... Ici on appelle 
Sahïl [rivage] toute la côte depuis Tujurrah jusqu'à Siyarah. Les 
indigènes donnent à ZayV a le nom de Aftali. 

Comme vous le dites, Harar est distincte de toute la population 
qui l'environne. La ville a son dialecte qui ressemble à celui du Gii- 
ra^;e, à part certains termes arabes. Le reste du pays jusqu'aux Isa 
et autres Somali, jusqu'aux Aniya, Itu et 'Afar, est la population 
particulière de Adare. (Adare, en Oromo , veut dire «hauteur 
movenne», ce qui convient parfaitement à ce territoire.) Ces Oromo 
se donnent volontiers à eux-mêmes le nom de Galla. Les Harare 
les appellent ^r^aftz (les chercheurs, ou ceux qui vivent d'expédients). 
Une chose curieuse c'est que les Oromo d'ici donnent à la race So- 
mali toute entière le nom de Sidama, terme par lequel ils désignent 
aussi toutes les races anciennes qu'ils ont trouvées en possession du 
sol à l'époque de l'invasion, Amara , Giirage, gens de Kaffa, Si- 
dama Cabo, etc. 

XII. 

Adan, 1882 : janvier 18 ... . Harar désigne la ville proprement 
dite, entourée de murailles et peuplée par une race sémi- éthiopienne. 



Zavra. 3oi 

J'emploie ce lerine, car on v rencontre une émigration arabe et 
spécialement quelques descendants vrais ou supposés du prophète. 
Adare , qui en effet, dans la langue des Meïa, signifie «hauteur 
moyenne», est vraiment la banlieue de Harar peuplée par des Oromo 
déclassés (dits Galla, Argata , ou Argieta). Elle environne la ville 
sur une profondeur de 5 à é kilomètres. Sa limite sud-ouest est don- 
née par la rivière dite Amaresa qui se jette dans le Maj^a lequel porte 
ses eaux au Gobele chez les Ala. Ce Gobele va au Ramis chez les 
Aniya, toujours au sud. Ce Ramis est un affluent du Waheb ouWa- 
habi cjui s'en va chez les Ariisi d'où il revient sur Ogaden fSomali) 
pour aller ensuite dans une direction peu connue. 

Au loin, Adare désigne largement la ville et sa banlieue. Du temps 
des Émirs la culture du café et du qat (Lit des Amara), appelé jimma 
en Oromo, était réservée à Adare, c'est-à-dire cà la banheue selon un 
accord avec les Abba bokit [présidents du parlement Oromo\ Aftali 
est le nom donné par les ha et les Harare à Zayl'a. 

XIII. 

ZayV a , 1882 : mars 3i . . . . Vous m'avez demandé la valeur du 
mot Aftali qui désigne Zayl' a dans la langue de Adare [Harar]. Je 
vous répondrai par ce texte de Godigno : « urbs Zeyla, Awalite olim 
dicta» (lib. 1, cap. 3). . . . C'est de Harar, appelé Ara par Godigno, 
qu'est parti Afjiiiad le gaucher, dit Graii, en jetant à bas l'ancienne 
dynastie des émirs tributaires du Roi des rois. C'est de là qu'il s'est 
élancé sur les royaumes de Fatagar, Xuva, Amhara , etc. C'est de 
là qu'est parti Niir qui, en 1559, a tué en bataille Galawdeos dont 
il apporta la tête à la veuve de Graii. C'est probablement dans cette 
occasion qu'il emmena prisonniers les quelques Portugais ethiopisés 
auxquels on attribue la construction de la mosquée notre voisine dont 
les minarets attestent en effet une main européenne. (En juillet 1881 
le plus vénérable des minarets s'est écroulé à la grande douleur des 
habitants.) 

En parcourant Alvarez, le plus précieux document qui existe sur 
l'empire éthiopien, à la veille de sa ruine, je regrette que l'auteur, 
si exact et si véridique (quoi que l'on ait dit) sur cette époque notable, 



3o2 Hommes à queues. 

ait trop négligé la topographie. ... Ce serait précieux pour recons- 
truire Tcmpire éthiopien dans sa partie monumentale et donner de 
l'intérêt à l'invasion oromo qui a justement occupé les vraies pro- 
vinces impériales ou, comme on le disait en ce temps, le cœur de 
l'empire. Je réédifie péniblement l'œuvre des anciens temps en re- 
passant dans mon souvenir les rivières, montagnes, plaines que j'ai 
vues, sans compter quelques belles ruines d'églises. 

XIV. 

Zàiyl'a, 1882 : avril 5 Les tribus Oromo désorganisées comme 

dans la banlieue de Harar se nomment eux-mêmes Ga//a, ce qui n'ar- 
rive jamais là où ils ont conservé le sentiment de leur grandeur na- 
tive. Les Oromo qui, dans le territoire putatif de Harar, ont con- 
servé les traditions, s'appellent eux-mêmes Oromo, ou Barantu, du 
chef particulier des races de ce côté-ci. Ce Barantu fut le père de 
Karayu et de Kallo. De ce Kallo descendent les Aniya, les Ala, 
etc. Actuellement on donne surtout le nom de Barantu aux Oromo 
qui vivent pastoralement et dans les vieux us. 

A mesure qu'on s'éloigne de Harar leur langue s'épure. Dans 
mon voyage d'octobre 1881 je les redressais souvent et ils convenaient 
que j'avais la vraie langue de leurs ancêtres, dénaturée plus ou moins 
par le commerce avec Harar et les Arabes. A part quelques expres- 
sions, c'est le même dialecte que chez les grandes familles Daci et 
Obo que, suivant mes petites vues, j'estime aînées comme je l'expo- 
serai plus tard, s'il plaît à Dieu. 

XV. 

Zayl'a, 1882 : mai 4 . . • . Quant aux hommes à queue, on dit qu'il 
y en a, mais je ne pense pas que personne en ait jamais vu. Je crois 
qu'il y a des tribus Somali simplement intidèles, mais je n'ai aucun 
renseignement assuré là-dessus. . . . 

XVI. 

Harar, 1882, août 8 .... Il y a ici des Galla, des Amara de la 
vieille roche, des gens d'Ennor (c'est presque un nom irlandais), de 
Gcta sur les confins de TaFia, de l\-ifia même, des Gomaro, etc. . . . 



AJa. 3o3 

Hier nous sommes allés près de 15 kilomètres sur la route dite 
de Bubasa, qui va vers le sud, entre les Ala et les Habile sur un 
torrent dit Herer qui vient de la plaine Herer chez les Noie. Ce 
sont un petit lac et une plaine à l'cst-cst-sud relativement à Harar. 
Nous fîmes halte sur un joli petit tertre de la rive droite. La plaine 
est le commencement de celle de Orgobba ou Argobba (migration 
du Xhpa). Elle était déserte, car le pays est musulman et nous étions 
aux trois quarts du Ramadan. Kntin un naturel s'approcha de nous : 
nous étions dans ses herbes et j'appris à ma grande surprise que nous 
étions non en pays Galla mais bien Somali. Il y a donc au milieu 
des Babile et des Ala une migration Somali, dite Kallii et pleine- 
ment musulmane, comme Orgobba sa voisine. Ces Kallu auraient 
été établis dans le pays, par le chef de Harar, dans les anciens 
temps. Ils comptent 3o ancêtres successifs, ce qui fait remonter haut 
leur origine. Longtemps maltraités par les Galla, ils en ont adopté 
la langue pour l'extérieur; à l'intérieur ils parlent Somali. Ils con- 
servent des relations avec leur pays d'origine, bien que la haine des 
Babile pour les Somali rende les communications difficiles. Ceux-ci 
appellent Arele les deux tribus Somali connues sous le nom de Geri 
et de Doyo. D'après eux le nombre de musulmans y est peu con- 
sidérable. Arele est un des surnoms de Awsa. Cette émigration de 
Somali occupe les deux bords de la rivière et le commencement de 
la plaine de Orgobba, où l'on parle une langue plus rapprochée de 
l'idiome amarîfîna que n'est celle de Harar. 

XVII. 

Harar, 1882 : novembre é . . . . Harar est une ville moderne 
bâtie par Nur pour protéger les populations. Je crois avoir trouvé 
la ville des temps anciens, ou le camp royal. C'est une enceinte bas- 
tionnée, d'un appareil irréprochable, au lieu dit Biyo Kamona, do- 
minant une plaine admirable et largement arrosée. . . . J'espère re- 
connaître un ancien amba [mont fort] décrit par Alvarez, puis le 
marché primitif d'Adel frontière des Geri, puis une ancienne église, 
je crois, au lieu dit Gubaya, à une journée et demie d'ici. . . . 



3 ©4 ^^f- Sacconi. 

XVIII. 

Harar, i883 : avril 22 ... . J'avais espéré envoyer d'ici des mes- 
sagers au Xïwa par la voie des Itu et du Casem, mais notre politique 
est tellement soupçonneuse qu'on me l'a formellement interdit. Nos 
envoyés ont dû prendre le chemin de Zay'la. Partis de Tokoxa ils 
ont eu un grand embarras à Arawa près de Waruf sur les confins 
des 'Afar et des 'Eysa, ceux-ci s'étant emparés de leurs chameaux. . . . 

XIX. 

Harar, i883 : août 26 .... En juillet dernier M. Sacconi se mit 
en route dans un intérêt commercial et quelque peu géographique 
vers Ogadcn, l'Eldorado du pays Somali. Il en a passé la frontière, 
mais après avoir dépassé la vallée de Sulid, à peu près à une journée 

du Wabi, il a été assassiné au lieu très-habité dit Kurnagot Quant 

à vos questions sur les compHcations du gouvernement Oromo, c'est 
une étude très-curieuse et même étrange. Je ne suis encore qu'à l'a, 
b, c de la chose; mais comme j'ai de bonnes relations avec les ré- 
gions du Gara MuUata, pavs sacré et centre social de cette race, j'es- 
père pénétrer plus amplement dans la science administrative et so- 
ciale du Abbd muda, de Wolabu [sic], etc. pourvu qu'ils ne cherchent 
pas à m'assassiner comme ils ont été tentés de le faire la première 
fois que j'ai pénétré dans leur pavs, jusqu'ici inexploré par la race 
blanche, au lieu dit Goro Lafto, sur les bords du Mojo, sur les limites 
des Nunnu et des Kako (Ala, anciennes frontières de l'empire éthio- 
pien). Aucune carte ne donne bien la position de Bali, toutes ayant 
été faites sur des on dit. Le vrai Bali est en somme entre les deux 
Wabi : son territoire, occupé tout entier par les Ariisi, a pour con- 
fronts les Itu, les Aiiia, Ogaden, les Jille au N., à l'Est des Fuga et 
en partie d'autres Oromo. 

XX. 

Héirtiy, i883 : décembre 3 . . . . Les deux lacs visités par M. Stecker 
vous étaient signalés par ma lettre de 1870 dans les observations à 
la boussole du haut du M' Zïquala, sous les noms àtZinvay et Laga 



M. Sacconi. 3o5 

Dambal. Les cinq îles du premier sont appelées, par les Galla, Xa- 
nanamba ou Xanandamba. Ces îles sont les seuls points de l'em- 
pire éthiopien qui paraissent n'avoir pas été violés par Grafi. Ce con- 
quérant voulut tenter l'entreprise vers 1530 avant la conquête du 
pays de Adea (Hadij'ti), mais ses troupes se mutinèrent et refusèrent 
de construire des radeaux. Ce lac n'est point, je pense, chez les Ha- 
diya, mais à l'extrémité de la plaine des Jila, touchant au territoire 
des Wajitii (Orovw) dont le nom me paraît emprunté au rovaume 
de Waj , célèbre dans les annales de l'Ethiopie. L'autre , dont la 
presque totalité m'était cachée par une chaîne de montagnes (vers le 
S. W.) est appelé par les Oromo qui se rendent auprès de Abba Muda, 
Malka ou Laga Dubbisa; il marque la sixième station des Jila à 
partir de Fînfînnî. Les Jila le laissent à droite : ils ont laissé à 
gauche le Laga Dambal. 

Je ne puis vous dire que peu de chose sur le voyage du pauvre 
M. Sacconi. Il partit le 8 Juillet allant vers la tribu des Babbile 
(oromo) dans la direction générale du S. E. Après 3'^ de marche il 
a traversé la rivière de Herrcr, coulant de gauche à droite vers le 
sud, au gué dit Fiinaii Dallati, limite des Ala et des Babbile; après 
trois nouvelles heures de marche sur les territoires des Babbile, il 
campa au marché oromo dit Goro-Ribii. 

9 juillet. On marcha 3 heures dans le même territoire; station non 
indiquée. 

10 Juillet. Après 3 heures de marche lente on campa ù l'extrémité 
du territoire cultivé, toujours chez les Babbile. On était arrivé à la 
limite réelle de la domination égv'ptienne. 

Le lendemain M. Sacconi entra sur le territoire des Warra Eban, 
à population mixte, et y fit un assez long séjour. La direction semble 
être presque Est. Une marche de nuit conduisit la petite caravane sur 
la limite des Warra Eban et du pays de Karanlle [sic] dans la direc- 
tion des Rer Hersi (Somalij. Il y a quelques détails supplémentaires 
sur cette station d'après trois lettres ou billets de M. Sacconi. La pre- 
mière est datée de Bombha, au pied de la colline de Tuli, dans la 
tribu des Haruiuya. Le pays est desséché et stérile. M. Sacconi pro- 
fita de son long séjour pour faire une pointe vers la rivière Herrer, 

20 



3o6 Dej-nier voyage de Sacconi. 

plus au nord. D'après lui la distance est de lo heures de marche. 
Sur cette route on n'a trouvé qu'une belle source; le pays est mon- 
tueux et stérile. Le deuxième billet (25 juillet) donne 1400 mètres 
pour l'altitude de Bombha. 

La troisième lettre est datée du 27, vallée de Dakatoh, à un quart 
d'heure du pays de Ogadeti. Départ à minuit pour camper dans la 
solitude chez les Rer Hersi. Dans la matinée on arriva au campe- 
ment des Somali. Après v avoir passé deux nuits, on se remit en 
marche. Pendant la route on puisa de l'eau dans un puits profond 
de 6 à 7 mètres au lieu dit Harar; le soir on campa dans une en- 
ceinte abandonnée. Partant de là on ht halte, après 3 heures de 
marche, au puits dit Tifttomi, puis on marcha jusqu'au soir pour 
camper encore dans une enceinte abandonnée. 

A l'aurore on se remit en marche et l'on commença à rencontrer 
des gens. On campa dans une enceinte abandonnée : ce devait être 
le 3 du mois d'août et un vendredi. Le lendemain M. Sacconi arri- 
vait au pays des Sab-tarika [chez un?J homme de prières au lieu 
dit Malka dagay madu (lieu de la pierre noire). On y trouva les 
premières cultures, du sorgo et des gommiers. Le pays était mon- 
tagneux, mais l'eau était profonde, car on ne pouvait se servir des 
puits qu'avec l'aide de sept hommes qui se passaient le vase de l'un 
à l'autre. 

On arrivait à la fin du Ramadan [jeûne diurne des musulmans]. 
Après quatre jours de repos, M. Sacconi écrivit un billet, sans im- 
portance, le 9 août au moment de partir. 11 parvint ce jour là dans 
la vallée de Siiliil. Le pays est verdoyant et l'on voit des eaux cou- 
rantes au pied de hautes montagnes boisées. On y remarque le bîr- 
bïrsa (pinus abyssinica) et le gatira (juniperus procera) des Oromo. 
Après une halte au lieu dit Hamar, on marcha jusqu'au soir, puis 
on campa dans une enceinte abandonnée peu éloignée de la vallée. 

Le 1 o août on traversa les montagnes pour éviter la tribu des Ho- 
gaz koxim. Vers midi on revint dans la vallée du Siilul qui est un af- 
fluent du Wabi. Après une halte on quitta encore la direction du Sulul 
pour entrer dans une plaine stérile et n'ayant que quelques arbres 
desséchés car elle manquait de pluie depuis trois ans. Vers 8 heures 



Fa fan. Soy 

du soir on arriva chez les Rer Hainadin au lieu dit Koi'a nagot, 
appelé Kora iiadden en oromo. C'est là que M. Sacconi a été assas- 
siné avec trois de ses domestiques le 12 août dans la matinée. 

Ce récit est fort défectueux, mais c'est tout ce que nous avons pu 
recueillir. Rn somme, M. Sacconi ne s'était pas éloigné de Harar à 
plus de 5 ou é Journées de marche. Il se trouvait près la frontière 
des Anniya, Oromo qui bornent, sur une petite partie, le nord du 
Ogaden. Il a parcouru à peu près, mais en sens inverse, la route 
suivie par les fils de Barantn pour occuper le territoire qu'ils tiennent 
actuellement. Dirigé par Baranto, ce flot Oromo, trouvant obstruée 
la voie du pays des Ariisi actuels, fit un détour et passa par le pays 
de Nogob ou Nokob où ils sont signalés du temps de Nur vers 1555 
à 1559. Cette contrée de Nokob ou Nogob est un district de Ogadeji 
et situé entre le Wabi et le torrent de Ahorta. Ce dernier descend du 
pays des Warra Eban au sud des A7inij^éi. De là, descendant le Wabi 
et pourchassant les Somali, ce flot d'envahisseurs arriva sur la terre 
et le torrent de Fa/an. Ce Fafaii est un grand affluent du Wabi et 
prend sa source sur le versant oriental du mont-fort dit Giindudo 
chez les Jarso actuels. 

Sur la terre de Fafan existe encore le tiillu [mont] Baranto où 
Bara?iton ijarza kale [Baranto a égorgé le ijarza]. Cette cérémonie 
est l'équivalent du butta chez les tribus Tulama. [Le butta est le sa- 
crifice solennel qui inaugure tous les huit ans le nouveau gouverne- 
ment chez les Oromo.] Baranto occupa Dakar chez les Barsub 
actuels, qui sont des Somali, et Gidda vers les Geri et Bartu. 

Les Amara n'avaient pas encore disparu de la contrée puisque les 
anciens dires de Harar signalent vers 1550 ou 1551 une expédition 
conduit par Fanil qui aurait saccagé Harar et brûlé sa mosquée à 
l'exception d'un minaret que nous avons vu et qui ne s'est écroulé 
que la première année de notre séjour ici, en 1881, pendant la saison 
des pluies et à la grande douleur des Harare. Ils signalent une se- 
conde expédition en 1559 conduite par Hamalmal qui remporta une 
victoire éclatante vers Sidi Hakim, sur le territoire actuel des Noie. 
Je suppose que les Amara tenaient encore à cette époque dans le 
petit Dawarro chez les Ala actuels où les conditions de défense sont 



3o8 '^t>bd Muda. 

admirables. Aussi les Égyptiens n'ont-ils pas encore osé y pénétrer 
bien que cette contrée leur paie une sorte de tribut. 

Les dernières années de Nur furent affligées par ces envahisse- 
ments successifs. En fait, Graii et lui n'avaient travaillé qu'à ouvrir 
l'Ethiopie aux Oromo. Pourquoi l'Église éthiopienne n'a-t-elle pas su 
s'attacher cette grande race comme le clergé français s'est assimilé 
nos ancêtres normands? Prévoyant une ruine imminente à la suite de 
ces invasions, Nur rassembla toute la population musulmane sur la 
colline actuelle de Harar. 11 mourut en 1568. 

Les fils de Baranto me semblent irès-distincts dans la grande fa- 
mille oromo, non seulement parce qu'ils sont venus plus tard, mais 
surtout par le respect profond qu'ils professent pour le Abba Muda\ 
ce qui est une exception dans les grandes tribus Tiilama et Daci. 
Avant l'arrivée des Égyptiens il partait des tribus Baranto trois ou 
quatre mille têtes de bétail sous la conduite de ceux qui, ayant terminé 
leur période active dans le gouvernement oromo, devenaient Luba, 
et qui pour ce pèlerinage s'appelaient Lemo. Cette haute idée du 
Muda est indiquée par la chanson [non reproduite ici]; elle finit ainsi: 
«la tribu qui ne connaît pas Muda, mon ami, est xi'ato [mangeur 
d'hippopotames], est tumtu [forgeron], mon ami, est animal, est bête, 
mon ami». . . . 

XXI. 

Zayïii, 1844, mars 23 ... . L'enquête sur la mort de M. Sacconi 
a paru dans V Exploratore de Milan, avec un petit supplément. Je 
suis porté à croire qu'il est plus exact que tout autre. La station où 
le voyageur mourut se nomme Kora nagot chez les Rer Hamadin. 
J'ajoutais qu'en oromo cela voulait dire Kora nadâen : le traducteur 
italien a cru que le pays était Oromo et l'a écrit en toutes lettres, ce 
que Je regrette. 

Quant au dire de l'homme de Harar dont vous me parlez, voici, 
je crois, ce qui s'approche de la vérité. Le nom Aniya est donné à 
certaines localités, par exemple, à un petit district chez les Itu, à deux 
journées du Awax, pays de Dadi Boru. Mais sa signification la plus 

I. Voir la hn de la page 294. 



Lac Zaïvay. 3oq 

générale désigne une grande tribu et par là môme une grande pro- 
vince qui touche les Ariisi par la frontière sud-ouest. Les deux pays 
sont séparés par le Wabi. Cette grande tribu, plus pastorale qu'agri- 
cole, occupe une partie du Daiuaro dont il est question dans l'his- 
toire de Graîi et que j'appelle le petit Dawaro pour le distinguer de 
la grande province du môme nom sur les deux rives inférieures du 
Aji^ax, Dawaro et Jatur. Le reste du petit Dawaro est occupé du 
côté de Harar par la grande famille des Ala. 

Comme je vous l'ai dit, les Aniya sont plus pasteurs que labou- 
reurs, ce qui leur a valu de garder une certaine indépendance. . . . 
Chez eux vers les frontières de Ogaden il ne paraît pas y avoir des 
monuments du passé. Ceux-ci se trouvent plus particulièrement dans 
la portion qui touche à la fois les Ala, les Itii et les Arusi. C'est cette 
portion qui, suivant moi, a été le dernier boulevard de la défense 
chrétienne alors que Graiî triomphant avait soumis la Haute Ethiopie. 
A n'en pas douter, la ligne qui conduit de Harar aux Arusi parles 
gorges du gara [M ] Miillata, le fleuve Mojo, le Dannaba, la plaine 
de Wareris, la foire de Gidufa et celle de Gesara (dans la direction 
W. S. W.) conserve de nombreux vestiges du passé sur lesquels les 
Oroiuo n'aiment pas à s'expliquer. J'ai entendu à cet égard Jes choses 
les plus contradictoires. C'est le bruit commun qu'on trouve fréquem- 
ment des objets d'or dans ces contrées. Ce qui me paraît avéré, c'est 
qu'à Guliifa, marché d'esclaves au-delà de la plaine àcWareris, il 
y a d'immenses ruines. Ce lieu est à environ trois bonnes journées 
de Harar et votre homme, marchand d'esclaves, devait en savoir 
quelque chose; mais il faut retirer de son récit les canons et tout le 
bagage militaire. . . .' 

Puisque nous parlons des Arusi , je dois vous dire qu'en décembre 
le roi de Xîwa, sur l'ordre du Aie Yohaiinïs, s'est mis en route pour 
explorer les îles mystérieuses du Zaway. Ces îles dépendaient jadis 
du royaume de Waj et ont échappé aux ravages de Gran, ainsi que 
son histoire le témoigne. Ate Yohamiîs espère y trouver des trésors 
et des documents relatifs à l'ancien empire. Il y a sept ou huit ans 
on en avait extrait quelques livres qu'on a fait disparaître parce qu'ils 
I. Voyez page 30 ci-dessus. 



3io Abba Muda. 

témoignaient en faveur de la foi catholique, ce qui n'est pas éton- 
nant car depuis le 15*^ siècle la cour impériale était inclinée vers la 
vraie foi. 

Du Zajpay le roi a pénétré chez les Ariisi et en a gagné les hau- 
teurs, plus découvertes que les plaines basses; on y a combattu rude- 
ment des deux côtés. Le roi a ravagé pendant près de six semaines, 
puis il est rentré dans son pays à la Nabuchodonosor en poussant 
devant lui des bandes de femmes et d'enfants et des troupeaux im- 
menses. Au dire du roi, c'est le plus beau pays qu'il ait jamais vu et 
à vrai dire il en a vu beaucoup. Au tîmqat [grande fcte] abyssin il 
devait rejoindre son suzerain dans la plaine dite Boro meda chez 
les Wallo. 

Abba Muda ou Mude est un nom de dignité et signifie « père de 
l'onction»; en effet, le verbe miuie indique une onction particulière 
qui se fait en mettant du beurre sur la tête du pèlerin. Abba Muda, 
dont le nom particulier était, il y a quelques années, Boru Guyo, est 
le chef de l'initiation. Les Oromo qui connaissent les usages arnara 
le comparent au Abun [patriarche de l'Ethiopie] et les pèlerins, dits 
Jila ou Lemo (suivant les pays), aux Abyssins qui vont recevoir l'ini- 
tiation sacerdotale à Gondar. Dans l'initiation oromo le Abba Muda 
remet trois objets sacrés à conserver : 1" La myrrhe (Kumbi). 2" Le 
Sirma, fruit d'un arbre appelé également Sirma et qui est commun 
dans le pays Amor ou Anno)-. C'est le nom que les Oromo Barantu 
donnent au pays d'origine. Je ne me rappelle pas le nom du troisième 
objet. 

Je vous ai déjà dit que le Abba Muda marchait précédé de serpents 
dits Buti. J'en ai vu un individu dans la vallée de Herrer près de 
Harar et à son sud-est. Ce serpent est long d'un mètre environ : sa 
tête est petite, triangulaire, et plate; son corps est d'un volume égal, 
à partir du cou, jusqu'à l'extrémité qui se termine comme un saucis- 
son. Il est noirâtre, tacheté de jaune-roux, et dangereux; son souffle 
môme est redouté par les Oromo. On donne également le nom de 
Buti à un reptile de la famille des lézards et qui séjourne dans les 
flaques d'eau. Il a le corps d'un lézard long de 50 centimètres : sa 
queue a un mètre et le tout est proportionné. Je ne le crois pas fort 



Barantu. 3 i i 

dangereux. J'en ai vu un entre les mains des Égyptiens et un autre 
dans une flaque sur le versant est du M' Hakim. 

La première partie An récit de l'expédition de Gran, dont j'ai en- 
tendu la lecture et sur laquelle j'ai pris des notes, est unique. Après 
l'histoire de la conquête du Haut Tîs;ray, elle finit à la poursuite de 
l'empereur Daud sur les frontières du Gojjam. On n'y voit pas en- 
core le massacre de tous les princes de la famille impériale sur les 
hauteurs du M' Gïxen qui avait été attaqué inutilement. Selon le dire 
du Kabîre [marabout] Jjajji Aman, la seconde partie de l'histoire a 
été composée mais a péri dans un incendie. Je n'ai trouvé que des 
additions tronquées sans grande suite et qui cependant m'ont donné 
quelques lumières sur l'établissement des Barantu et sur les anciens 
territoires abyssins et somali. Barantu, plutôt que Oromo , est le 
nom que se donnent les tribus nos voisines qui ont gardé les tradi- 
tions paternelles. Ceux qui se sont adonnés à la culture de la terre 
et embrassé l'islamisme s'appellent Kottu, Koson en langue de Abba 
Muda, d'où afan [bouche] Kottu pour désigner l'idiome oromo. 
Ceux qui viennent travailler à la ville comme journaliers sont nommés 
argeta (èp^atsç?) d'où afan argeta pour désigner le mode de parler 
des Égyptiens .... 

XXII. 

Zayl'a, 1884, décembre 8 . . . . Les Mana forment une grande 
fraction de la tribu des A^o/e , . . .Vous faites bien de publier vos 
notes des années passées; j'y ai trouvé moi-même d'utiles renseigne- 
ments. C'est ainsi qu'ayant libéré un petit esclave appelé chez lui 
-Cako, et que j'ai nommé Yohannîs, j'ai su que ses parents habitent 
près de la rivière Bîrbïr. J'ignorais l'existence de ce cours d'eau. En 
parcourant vos pages, j'ai vu un itinéraire de Limmu à Afîllo où ce 
Bïrbîr était mentionné. En interrogeant mon affranchi j'appris que 
de son pays on voyait dans le lointain les montagnes de AfîlloNoXé 
près d'un troupeau, il avait été vendu à un Ilu près le masara de 
Abba Basa, puis ayant passé le Bïrbîr il était venu à Bure, Bidru, 
Gumara, avait traversé le Gabba pour arriver à Cora, qella de Jïm- 
ma Abba Jtfar .... 



3i2 Ruines. 

XXIII. 

Harar, 1885, mars 8 . . . . Fraction des Noie, les Mana Oromo 
occupent les vallées entre le daga des Mafia Abbu et le qiialla des 
'Eysa . . . 

Les ruines dont vous me parlez, je parle de visu, ne sont point 
sur territoire Aiiniya mais bien sur terre Ala, section Diramo, sur la 
route des Anniya et à environ 40 kilomètres de Harar, dans la di- 
rection sud un peu infléchie vers l'est. La frontière des Anniya est à 
7 ou 8 kilomètres au-delà et commence à îja Midaga , torrent et 
plaine. Les environs sont boisés d'arbres peu élevés. Il n'y a aucune 
culture, ainsi que chez les Anniya Malkattu que des broussailles re- 
couvrent également. La localité s'appelle Bio Woraba. Dans ce pavs 
le terme Bio indique toujours des ruines, comme Bio Kamona sur 
le versant occidental de la chaîne du M^ Hakim (Fadix), Bio Ibra- 
him Fisah sur la rive gauche du Gobele près de sa source, 340 kilo- 
mètres ouest de Harar chez les Abaddo Ala où ces ruines sont magni- 
fiques. On signale aussi Bio Amhara chez les Noie, Bio Midagdu 
dans la vallée du Mite chez les Mana à environ 35 kilomètres au N.W. 
de Harar. Bio Warab a plus de réputation que de réalité : il est situé 
dans une plaine assez vaste, presque déboisée, c'est-à-dire sans brous- 
sailles. La ville ou le campement militaire commandait la vallée de 
la rivière de Herrer qui sépare maintenant les Babbile des Ala et 
des An7tiya et qui, suivant moi, séparait jadis les Amara du petit 
Dayparo des territoires Somali. Ce campement se compose de trois 
enceintes, non pas concentriques, mais s'appuyant l'une sur l'autre. 
Il faut se rappeler qu'en cet endroit le Herrer coule à peu près du 
nord au sud. Il y a donc vers le haut de la vallée une première en- 
ceinte quarrée : elle s'appuie sur la plus grande enceinte qui est ovale 
dans le sens du nord au sud, ou à peu près. Son grand axe est de 
plus d'un kilomètre. A l'abside du côté sud vient s'accoler une autre 
enceinte irrégulière mieux conservée que les autres. L'enceinte quarrée 
ne renferme pas de vestiges notables de constructions en pierre. 

Les ruines sont : 1" dans la grande enceinte ovale où se trouve une 
maison dite du roi fmoti), puis 4 ou 5 autres édifices quarrés ou ronds. 



Ruines. 3 1 3 

2^ Dans l'enceinte régulière du sud [sont les restes d'une] maison en 
quarré long et trois édifices ronds, le tout sans caractère. L'appareil 
est petit, un peu grossier et s'élève de 50 centimètres à peine au-dessus 
de terre. Les trois enceintes sont en petit appareil grossier et n'ont 
rien du grandiose de Bio Kamona et surtout du Bio Ibrahim Fisah. 
C'est le kab commun si fréquent dans toute l'Ethiopie qui s'élevait 
généralement à 1-5 mètre et était surmonté d'une palissade. Les fouil- 
les opérées dans ces ruines n'ont donné que des médailles arabes, les 
unes d'argent, les autres de cuivre; j'en parlerai plus bas. 

Suivant la tradition, à la mort de Gra?l ou peu de temps après, 
Bio Woraba était occupé par un chef musulman arabe, Noura. 11 
prétendait succéder à Grau et marcha sur Harar, mais arrivé à Afar 
Daba, à 7 ou 8 kilomètres, il apprit que Nur avait saisi le pouvoir. 
Cette nouvelle le dépita tellement qu'il en creva. 11 fut enterré à l'ouest 
de la ville où son tombeau est sans honneur. Si cet événement est 
vrai, je suppose qu'il serait arrivé après l'année 1549 4'-i^^"'-^ l'Émir 
Xu)- eût battu et tué l'empereur Ate Galajpdeos et vengé ainsi la mort 
de Graii. Ce n'est qu'à ce moment qu'il s'arrogea vraiment le pou- 
voir. Selon les dires des anciens, Nur, effrayé dans sa vieillesse pour 
l'avenir de son pays devant l'invasion des Baranto, torça les gens à 
abandonner tous les kona ou bourgs musulmans pour se grouper sur 
la colline de Harar. Voilà le commencement de la ruine de Woraba. 

Suivant moi, Bio Woraba était en premier lieu un campement 
Ainara et le boulevard du petit Daiparo tombé entre les mains des 
Avàho -Somali par suite de la conquête du ^QÛl Dajparo et delà 
grande province de Bali, puis occupé par ces derniers pendant une 
quarantaine d'années jusqu'à ce que les Baranto eussent tout mis en 
pâturages et en bois. 

Quand je visitai Bio Ibrahim on m'avertit que les anciens coloiii 
Kottu (Koson) avaient été chassés par les Galla. J'en ai retrouvé des 
familles dans les bois de Bio Woraba. Un de ces gens, dit Badaso, 
employait l'idiome oromo, mais son type rappelle celui des Giirage. 
Ces familles sont toutes adonnées à la sorcellerie. 

Des médailles citées ci-dessus celle d'argent porte le nom du Sultan 
Selim : une autre est indéchiffrable; deux autres sont de l'Emir Nur. 



314. De Ankobar à Rshaytah. 

P. S. Je nie rappelle maintenant que les ruines dites Annia sont 
plus à l'ouest, sur le territoire de 'Ali Hiirsa et au lieu dit Guliifa. 
Dans ces ruines très-considérahles il y a d'immenses bassins d'eau 
faits de main d'homme. Ces ruines sont à une journée àuWabi à une 
distance de 80 à 85 kilomètres dans la direction du sud-ouest. C'est 
là un débris de la domination amara et sans aucun doute Daivaro 
le petit. 

434. Itinéraire de Ankobar à Raljaytah. 

[Les trois itinéraires ci-dessous m'ont été communiqués en oc- 
tobre 1839 comme ayant été suivis par M. Dufey, voyageur français. 
Bien qu'il y ait de l'incertitude sur l'orthographe employée comme 
sur la déclinaison de la boussole, j'ai reproduit cette route parce qu'elle 
est la plus détaillée que j'aie encore vue sur un chemin suivi depuis 
par bien d'autres. On y trouve au moins des noms de lieux et de 
leurs distances. Le signe » veut dire que la direction n'a pas changé.] 

Ankobar', août 6 

Abbo, église; descendu 

Masabit; eau 

Inkuajy bar 

Tafara amba à D. 

Adarnasiir, village 

Alyo amba, village et marché 

Jamdii, R; gué 

Dînke et Dînki, R. 

Jumbaro Jama, R. 

Gonxo; août 7 

Galamiina 

id. eau 
Gaxa mul, R. 
Xa7ino, camp 'Afar, le 8 

Ici est la frontière S. E. du Xiwa. 
R. frontière 05 



Heures 


Direction 







1 


E. S. E. 


o*5 


» 


1 


S.E. 


ï 


S. 


1 


» 


0-5 


» 


0-5 


E.N.E. 


1 


» 


1 


» 


075 


» 


1 


S.E. 


0-5 


» 


075 


» 


075 


» 



1175 



De Ankobar à Raf]aytah. 




315 




Heures 


Direction 


Report 


1175 




Korkoy, R; camp 


15 


E. 


Awari, torrent; deux lits à sec 


2-5 


» 


Afeli, campement des caravanes; le 9 


2 


» 


Abalidara 


1-5 


» 


Kelese 


075 


» 


Eau de Kelese 


"■5 


» 


MaJpniida, camp 'A far; le 10; repos 


1 


» 


Dans Ganniri, plaine 


3-5 


» 


Hawax, R., le 12 


25 


N.E. 


Dans Belen, plaine, le i3 


275 


E. 


DsiUsAsabatu, plaine, laissantZtz.VtîZ'o^ à 2'^ au sud 


5 


E.N. E. 


Dans Wardadal, plaine 


4-5 


E. 


Tixa, camp Afdir, le 14; séjour 


3-25 


» 


Badudal, eau 


0-5 


» 


Diki, plaine 


i'5 


E.N. E. 


Miiki, plaine 


1 


E. 


Nankaka, eau 


075 


E.N.E. 


Dankaka, plaine 


0-5 


E. 


Bordoda, le 1 7 


175 


» 


Maslii, plaine 


3 


» 


Sirge, eau bouillante 


2 


N.N. E. 


Salol, plaine et coteau, le 18 


1 


N. 


Kombi, camp Afar 


075 


E. 


id. eau 


0-5 


» 


Garabnal sur la G. 


0-5 


» 


Garabnal et Ore 


1 


N.E. 


Bidar, camp nomade, le 19; séjour 


1 


E. 


Dans Meta, plaine 


1-5 


N.E. 


Darar, plaine, le 22 


1 


» 


id. eau 


1 


» 


id. camp nomade 


o'5 


» 


Metita, désert 


4-5 


N.N.E 



67-25 



3 lé De Ankobar à Rajjaytah. 

Report 
Kardoti, torrent 
Xayto 

Adctrkoma, eau de pluie 
Baro, mare, le 2 3 
Obono, mare 
Garawa, eau 
Moso, camp nomade 
Kandera, camp '^Afar, le 24 
Magal, eau 

Géra, camp nomade 

Sadi, R. 

^/■d^a^ camp nomade, le 25 

id. dans le désert 
Eau de pluie 0*5 

Agayo, camp nomade, août 25; halte de 9 jours 0.5 
Hiiways, camp nomade, sept. 5 
/i/a Gnrumiin, camp nomade 
Zaden maljmudin, le 7 
Eau de pluie 
4;^ samale 
Ali bct 
Aviadun, plaine 

id. eau 
Camp d'une caravane, le 8 
Tourné autour d'une crevasse 
Repris la route 
Morgoluf, colline, le 9 
Dabaylika 
Biiskaya, colline 

id. eau, le 1 o 

119-25 



Heures 


Direction 


67-25 




0-5 


N.N.E. 


1 


N.E. 


0-5 


» 


075 


» 


1 


N. 


0-5 


» 


0-5 


» 


075 


N.E. 


1 


» 


1-5 


N.N.E. 


1 


» 


075 


» 


1-5 


N. 


2 


E. 


8 


E.N.E. 



2 


N.W. 


1 


E.N.E 


4 


» 


2-5 


N.N.E 


1-5 


» 


1 


» 


25 


» 


1 


» 


15 


» 


15 


W. 


1-25 


E. S. E 


2 


E. N. E 


3 


» 


3 


» 


2 


» 



De Aukf)bnr à Rtiijaytah. 



317 



Report 
Biiskaya, plaine 
Gobât, colline 
Goba, plaine, le 1 1 
Gobada, grand torrent à sec 

id. 
Dada, plaine 
Sikatyu, lit de torrent 
Ramodli, le i 2 
Ay, eau de pluie 
id. camp de caravane, le i3 
id. eau 

Entré en [Sia] Togorri 
Gorges de Gorri 

id. 
Gorri, lit de R., le 14 

id. et gorges 

Gagade, plaine 
Sur M^ Zayta, le 1 5 
Zayta, rochers et eau 
Montagne; on voit la mer 

Le lac de sel est à G; la baie est à D. 
Descendus, en lacet, à Dadda, eau 
Marmariso, eau après descente, le lé 
DaJ'ari, eau, après montées et descentes 
Le lac salé est au W. N. W. , ainsi que le 
M^ Modayto. A l'E. N. E. sont la mon- 
tagne Zao et Tujiirrah; la baie de Zayl'a 
gît E. S. E. 
A Raysa, gorge 
Eau de pluie, le 1 7 
Wali lisan, en montant 
Kabtima 



Heures 




Direction 


119-25 






1 




E.N.E. 


1 




» 


f5 




» 


1 




» 


3 




N.E. 


2 

1 




» 
» 


0-5 




» 


3 




E. N. E. 


o'5 




» 


1 




» 


0-5 




N.E. 


4 




E.N.E. 


1 




N.E. 


2 




E.N.E. 


2 




N.E. 


3 




E.N.E. 


3 




» 


175 




E. 


i'5 




» 


3-25 


E.N 


f.E. 


2 


», 


, E. etW. 


3-5 


» » 


» » 



3 


E.etW. 


0-5 


E. 


1-5 


E. S. E, 


15 


E. N. E. 



16875 



3i8 



Tiijitrrtih, ReJjaytah. 



Report 
Galalifc, deux rochers faisant porte 
Sagallu ; la mer le 18 
Diillii, puits d'eau douce 

id. 
Ambabo, eau et village 
Tujurrah, après huit bonnes sources, le 19 
Abba Bobe, montagne 
Ribta, eau et gorges 
Badodabba, le 25 sept. 
Dabbol, dans des gorges 
Gadobba, dans des gorges, eau 
Garbanaba, eau 
Adolsi, source 
Rore, le 26 
Adaela, puits 
Baduita 

Goli, source, le 27 sept. 
Hokolita 
Gosase, gorges 
Gosale, montagne, le 28 
Goro, grande plaine 
Ma}-so, port : M^ Walaya, le 29 

Le port de Raljaytah est sur un îlot nommé 
Marso, à 1'^ 5 E, S. E. de Rahaytah, qui 
est à une portée de fusil de la mer. 

De Marso nous mîmes 5'^ à aller jusqu'à 
MoJfa, par mer. 

Total de Ankobar à Marso : 

Notes sur la route ci-dessus : 

A Xanno on commence à descendre le talus gigantesque qui sépare le 
A'?V(3 de la plaine brûlante àç.%Afar. AfelÎQSt un parc dans une clairière. 

A notre bac le Hawax coule du N. au S. puis tourne vers l'est à 
mille pas en aval : ses eaux teintes d'ai^gile Jaune roulaient en bouil- 



Heures 


Direction 


16875 




15 


E.N.E. 


1-5 


» 


3 


» 


1 


» 


2 


» 


2-5 


» 


2-25 


N.W. 


2 


» 


1-25 


» 


3 


E. 


2 


E. N. E. 


1-25 


N. 


075 


» 


3-25 


» 


1 


» 


3-5 


N.E. 


4*5 


» 


2 


» 


575 


N. 


1 


N.E. 


7 


N. 


1-5 


E. S. E. 



222*25 



Pays 'Afar. 319 

lonnant. Leur largeur était de éo à 80 pieds [25 mètres]. On traversa 
cette rivière sur des radeaux triangulaires dont les côtés avaient un 
peu plus de deux mètres; chacun était soutenu par six outres. Les 
hêtes passèrent sans peines sauf les ânes qui se firent prier. Le Ha- 
ji'iix coule dans une vaste plaine fréquentée par les éléphants; il pleu- 
vait beaucoup depuis qu'on avait quitté le Xuim. A Badiidal , o\i 
l'on arriva à la nuit tombante, la pluie commença dès 4'' du matin et 
dura Jusq'au lendemain à midi. 

A partir de Bidar les 'Aftir portaient lances et carquois. Les ani- 
maux avaient de l'herbe jusqu'au ventre. A Zaden on rencontra une 
caravane de 500 chameaux allant chercher du sel à Tujurrah en 
échange de beurre et de vaches. A Dabaylika on rencontra le 10 sep- 
tembre des hommes venus en quatre jours de Tiijurrah. Le 15 on 
soutfrit du manque d'eau pendant toute la nuit; depuis Togorri il n'y 
avait plus d'herbe pour les bêtes. 

Sagallu abondait en arbres et en verdure, et les flots baignaient 
les pieds des gommiers. Il y avait alors des barques nombreuses par- 
tant de RaJjaytah où Dufev alla en conséquence. A Ambabo on laissa 
les bêtes parce qu'il v avait là de l'herbe. Dans ces pays brûlés les 
pluies sont locales et partielles. 

Lcfarazlah est un poids de 500 talari et son poids d'ivoire se 
vend de 25 à 3o talari; un chameau porte de 10 à \^ farazlah. 

Rahayt.^Ji a une cinquantaine de huttes : Dardar est le titre des 
chefs suprêmes, sortes de rois. 

435. Itinéraire de Gondar à Ankobar. 

Gondar 

Islamge et Angarab, R. 

Magaï, R. Pont à trois arches 

Tadda 

Mmzïro 

Arîba 

Guiuara, R. 

7 75 



Heures 


Direction 


O'O 




0-5 


S. s. E. 


2-5 


» 


1 


S. 


2 


» 


1 


s. s. E. 


075 


» 



320 



De Gondar à Ankobar 





Heures 


Direction 


Report 


775 




Goraba 


0-5 


S. s. E. 


hnfraz 


2 


» 


Amba MARYAM et Tarrada [?] 


0-5 


» 


Laissé le Dambya et entré en Bagemdïr. 






Do7igari 


075 


S. s. E. 


Tisba 


2 


» 


Yfag 


2-5 


E. S. E. 


id. marché; Sîllase, église 


°-5 


» 


Maya Daragar 


0-5 


» 


Rîb. R. Pont de trois arches 


3 


» 


Maya Arkobarka, à '2 heure du lac 


2 


» 


Ambo Maya 


2 


E. 


Amora gadal et son rocher 


i'5 


» 


Depuis Yfag on chemine dans la plaine de Fogava 






qui s'étend vers le N.W. jusqu'au lac Tana. 






Grimpé le M' Tïqiir 


3 


E. S. E. 


Maya Tîqur 


0-5 


» 


Dabra Tawr 


i 


» 


May Jari meda 


1-25 


» 


May Madsi 


2 


» 


Amiis 


0-5 


» 


W- Giina; Guna à D 


1 


» 


Source du Rïb, R. 


1 


» 


Monté à Didim 


2 


» 


May Damot 


2 


» 


Damot MARYAM 


1 


» 


Lasta à l'Est; Sïmen au N. N.W. 






Zuramba, bassin 


175 


S.E. 


Zali, marché 


0-5 


» 


Maxallama Abbo 


15 


» 


Afaroaiinat à l'Est. Wadla à l'E.S. E. Maxma 






Abbo à l'E.N.E. 







44'5o 



De Gondar à Ankohar. 

Report 
Gahïnt, à D. 
Amba xati balalïx 
Onaro, église de Madhane'cilam 
Minvadiil 
Kolala Giorgis 
Madakus, marché 
Descendu la pente 

id. sur Sadakuat 
Gcta, après descente 

Cette rivière sépare le Wadla du R^gemdïr. 
Monté à Zmiga farîx 
Wadla MARY A M 
Madagyo Giorgis 
Xina à D. 
Plaine du Wadla 
May Andaytac 
Malajr MARYAM 
Yanaja Mika-el 
Maya Anxiki 
Konna Abbo 
Xana 

W Gtxan au S. S. E. 
Descendu sur la rive du Geta 

Fin ànWadla; commencement du Dalanta. 
Monté à Araola 
Monté à Dalanta 
A Mansîmo amba, plaine 
Sommet de la montée 
Descendu en tournant 
Descendu à Gax meda 
Descendu encore 
Baxïlo R., à l'ouest du M^ Gïxen 



Heures 
44-50 

o'5 

0-5 

0-5 

0-5 

05 

1 

2 

0-5 

3 
1 
1 
i 
1 
2 
1 
2 
1 
1 
1-5 

2-5 



32 1 

Direction 

S. E. 
E. 



N. 
E. 

S. S. E. 

» 
E. S. E. 

» 

S. s. E. 

» 
E. S. E. 
E. 



E. S. E. 



1-5 


» 


15 


» 


3 


E. 


0-5 


S. E. 


2 


S. W. 


1 


S. 


1 


S. W. 


0-5 


s. s. E, 



lo-25 



322 



De Gondar à Ankobar. 





Heures 


Direction 


Report 


80-25 




Pour traverser la rivière 


0-5 


S. w. 


Montée 


1 


s. 


Monté Jusqu'à Badadi 


1*5 


s. w. 


Redescendu sur le Baxïlo 


2-5 


s. s. E. 


Province de Kaskas 






Kaskas 


0-5 


S. S. E. 


Kambiia 


1-5 


» 


Islam a 


0-5 


S. 


Bana 


1-5 


» 


Kondi à G. 


o'5 


S. s. E. 


^owa 


1 


S. 


Quitté le Baxïlo que nous longions depuis 






Kaskas. 






Matalo 


2"5 


s. 


Sommet plaine 


0-5 


s. E. 


Dans la plaine de Matalo 


3-25 


» 


Tahiiïladare 


1-5 


» 


Le Xhpa est au SW; lac Hayq ù l'E. N. E. 






à 5 heures de distance. 






Sïnde 


1 


S. s. E. 


Tel amba 


1 


» 


Agof a.\x S. S. E. 


1 


S. w. 


Dans Tuvada, plaine Timmda Daodo; May 


1 


s. 


Arkana, Asarya Gui 






Gorakalo [Warra Kalo?] 


1 


\N. 


Vallée de Goradu za kerada 


15 


N.N.W. 


Aata, province 


1 


W. 


Monté le M^ Aata amba 


1-5 


W. 


Descente sur le Kerada 


1-5 


s. s. E. 


Ici finit le Aata et le Wallo commence. 






Sommet de la montagne 


2 


S. 


Camp de Gudmax 


1 


» 



1 12-50 



De Gondar à Ankobar. 




323 








Heures 


Direction 


Report 






1 12-50 




Kereta et Askori [R. R.?] 






2 


S. 


Du sommet, vue de Lagambo, 


vallée 




2 


» 


Descendu à Z^akone 






1 


» 


Maya ambo et trois puits salés 






05 


» 


Vallée de Lagambo 










Daramba 






l 


s. s. E. 


A travers les monts Kacama 






2-5 


S. W. 


Descendu sur Kacama et Laga 


bora, R. 


R. 


0-5 


S. 


Do?igi Makana Sïllase 






0-5 


» 


Za Samka, R. au sud 










M a)- a Sïllase 






0-5 


» 


Kabilo 






0-5 


» 


Anxurrii 






15 


» 


Nadadi, et Xad^di, R. 






l 


» 


Gombaro Mateos 






05 


» 


Katar i i\ z^ k G. 










Toomoli 






0-5 


s. s. E. 


Dikit 






°75 


S. 


fîkokobar [ bar?] 






075 


» 


Giimilo 






025 


s. E. 


Descente à Ambo 






o'5 


N. E. 


Descendu la montagne 






1 


E. 


Descendu vers le Waat qui sépare le Wa 


'lia du 






Xïwa 






2 


S. E. 


Monté le Daer amba 






1 


E. 


Sommet du M^ Daer 






2 


S. E. 


Descendu en tournant sur le Waat 




275 


» 


Monté en tournant à Aiina MARYAM 


à une 






portée de fusil et au S. E. de 


Daer 




25 


» 


Province de Anna à l'est 






1-5 




Xay maya 






0-5 


» 


Amora gadal 






o*5 


» 



i^S" 



324 



De Gondar à Ankobar. 



Report 
Gadamho et R.; Manz à D. en arrière 
Affane 
Kulladara 
Igiim rvanz, R. 
Igiim 

Waka Giorgis 
Waka wajiz, R. 
Kiirmin 
Asa amba 
Descendu à Gazât 
Descendu à Morforo wilia, R. 
Monté à Qinra g ad al 
Monté à Talla dangya 
Donxn 
Tabat xpïha 
Salayx 
Amba Giorgis 

Tagulat au S. W. ; Dabra bîrhan au S. 
Ambar g ad a m 
Tabasi 

Tamex, Geongaro, gadal batta 
Adîsge 
Adîsge, R. 
Umbaro et id., R. 
Taako 

Mahal amba est au W. S. W. 
Cime du Kondi à G. 
Mux 

Abba Miiti 
Lagaj'da et id., R. 
Gunagiinat et id., R. 
Bollo Warqe 



Heures 


Direction 


143-00 




o'S 


S. 


1-5 


s.s.w. 




» 


1-5 


» 


o'5 


» 




» 


o*5 


» 




» 


1-5 


» 




s. E. 




S. s. E. 




S.S.W. 




» 




s. 




» 


o'5 


» 


0-5 


» 


0-5 


» 


0-5 


» 


1 


s.s.w. 


1 


s. 


0-25 


E. 


0-25 


S. 


075 


» 


1-25 


» 


0-25 


s. w. 


0-5 


» 


1 


» 


0-5 


» 


1-5 


W.N.W. 



168-25 



De Tlloa à Gondar. 



Report 
Kullo harat 
Dabra bîrhan 
Paris wïha 
Route de Ankobar 
Angolala 
Qîddus Giorgis 
Togi 
Milki 

M* Mutar, sommet 
Mutar et id. R. 
Dankuro wilia 
Talana 

Amanu-el ; eaux minérales 
Abba Takle, sanctuaire 
Maya Medak, torrent 
Sommet de la montagne 
May Arrara 
Ankobar 



Heures 
168-25 

o'5 
0-5 
0-5 
0-5 
1 

075 
075 
1-5 
2 

0-5 

0-5 

0-5 

175 

0-25 

025 

0-5 

075 

075 



325 

Direction 

W.N.W. 



E. S. E. 

E. 

E. S. E. 

» 
S. 
E. S. E. 

» 
E. N. E. 
W. 





Total 


1 82*00 




De Tïlga 


à Gondar. 


Heures 


Direction 


Camp de Dajac Kanfu 

filga 






1 


E. S. E. 


Maya Aoga 




1 


T> 


Mirsaba 




1 


» 


Maya Wanja 
Ganao 




075 
175 


E. 

N. E. 


Amanu-el, église 




0-25 


» 


Madeleine, église; ravin 




o'5 


» 


Gabikora. R. 




075 


N. E. 


Saqalt 
Dïrma, R. 




075 
075 


» 

N.N.E. 



8-50 



326 



Tribus ^A/ar. 



Report 
Darmaratîti 
MARYAM, église 
Aytiokora, R. 
Domata, R. 
Xînta, R. 

Azazo à 1^ au Sud. 
Angarab; Islavi bet, Gondar 



leures 


Direction 


8-50 




0-25 


N.N. E. 


0-25 


» 


1 


» 


1 


» 


025 





N. N. E. 



Total 12-25 

Dans ces itinéraires, l'orthographe est souvent douteuse. Dufey em- 
ploie pour les eaux courantes le terme may ou maya qui sont de l'i- 
diome tîgray, au lieu de nnha, n>anz qui sont amarinna. En trans- 
crivant ces routes nous désignons « droite » par D. et « gauche » par G. 
Nos guillemets isolés indiquent la répétition du mot immédiatement 
au-dessus : ainsi Saqalt » doit se lire Saqalt N. E. 



435. Principales tribus Afar. 

Ile Kamaran. 1841. Juin 29. Ali le Dankala, patron de ma barque, 
m'a donné la liste suivante des tribus Afar. Au moins dans le com- 
mencement, ces noms sont dans l'ordre d'importance de ces tribus, 
c'est-à-dire selon leur force numérique. 



Ijadarîm. 


Datgalah. 


25 


Atgala. 


Modayto. 


Miihto. 




Bakahilcmah 


DaJjïincla. 


1 5 Okiimal. 




Giirarto. 


Bubayto. 


Ronnaba. 




Diilumo. 


Bedal. 


Girijitiio. 




Sabinvrah. 


Nagarto. 


Aiikala. 


3o 


Adola. 


IJadu. 


Ifaysanialc. 




A s al ah. 


Waddo. 


20 Ayvlito. 




Wi'ayta. 


Dankala. 


Mïsgide. 




Bit-aytii. 


Ganïnto. 


Anabo. 




Nasarsarrah. 


Bosali. 


Dammcla. 


35 


Gnn'âaiv. 


Arkab. 


Baraya. 




An' a. 



Giidel. 

Am'asa. 

Maatidita. 
40 Eyyita. 

Maanto. 

Riibleharak. 

Masumelah. 

Ebirto. 
45 Iskukiimedi. 

Seka. 

Uema. 

Dabane. 

Ifarallah. 
50 Abu-onah. 

Ad'ali. 

'Eysa. 

Badoytamelah. 

Dainoboj'ta. 
55 \Duliivï. 

Gîdimto. 

Hasobah. 

'Able. 

Salatin. 



Tribus 'Afar. 

60 Muhalle. 

' Alikraddi. 

Il'ïta. 

Ab'ali. 

Gusagusah. 
65 Ga'aso. 

Amole. 

Far dan. 

Mcjyabbi. 

Hirto. 
70 Alayta. 

tjalayta. 

Dunah. 

Af'ara. 

Baraheyto. 
75 Dabrimelah. 

Kuwhpale. 

Ragayto. 

'Asamominto. 

Indiig 'îli. 
80 Liddo. 

Biikurre. 

AVa. 



327 



90 



Af'asiisa. 
Ayant e-i. 
Dar'adu. 
'Asabakri. 
Doda. 
Tiesamo. 
Matannah. 
Bidarto. 
Sa ani. 
Gatagala. 
Urerto. 
Asbi. 

Wanbarta. 
Ijedaro. 
IJelulto. 
Wayrar. 
Almîso. 
100 Lakijena. 
'Imarto. 
Kiilaya. 
Desa. 



9-" 



Ali ajoute qu'il v a d'autres tribus moins importantes, que dans 
les neuf noms donnés plus bas avec les I/azzo il n'y en a que trois qui 
désignent des tribus réelles, que Samoti, cité par Sait comme tribu, 
est au contraire le nom d'un village occupé par les Ifalayta [71] et 
qu'en citant Arata, cet auteur a peut-être voulu dire Arabta qui est, 
non une tribu, mais un clan ou sous-division des. V/orfifïj^/o. !^// ignore 
les noms de deux tribus Afar qui demeurent avec les Azabo; ceux- 
ci sont des Oromo. Les tribus n"'' 2, 5i et 34 sont frères, et fils de 
Hadal Maheys. Le n° 38 a été appelle Am 'asa [tête rouge] à cause 
de la couleur de ses cheveux : cet ancêtre était le père de Biibayto. 

Les FJazzo semblent n'être compris ni parmi les Saho ni parmi 



328 Tribus Sa ho. 

les 'Afiir. Ces derniers sont appelés Taltal par les Tïgray et l'un de 
ceux-ci, écrivant ce qu'il croyait savoir des tribus Taltal, me fit la 
liste suivante : Hazzo (sic), Ida Dedes, Fïxo, ^Ayba, 'Addî Faruna, 
Dabra Mêla, BaVïsiia, Amole. 

Ddga est un mot Afar : il signifie « haut » et aussi le daga des 
Amara. Les Afar donnent au SawJjar le nom de gubbi buâa c'est-à- 
dire «pays d'en bas». 

Ali affirme qu'il a oublié les noms de trois tribus, que le pied de 
chevreau suspendu, selon Sait, pour rappeler un événement n'est pas 
un usage Afar et que le n*^ 43 ci-dessus est la plus petite de toutes 
leurs tribus. Hadal Maheys , SambalaJf 'Ili et un troisième frère, 
issus on ne sait d'où, partirent de Raliayta et chassèrent les Furs 
[Persans?]. Les LakJjena demeurent à Ifiso et sont rarement comptés 
parmi les tribus Afar parce qu'ils sont devenus, pour la plupart, chré- 
tiens. 

Les Anabo (n" 22) sont d'origine Kafïr [infidèles.'' chrétiens.'']. Sur 
le daga les Bubayto s'appellent BaVisua. Les Ad'ola vivent en haut 
et non près du site de l'ancienne ville que vous appelez Adulis. [A 
Tujurrah on m'assura que les Saho sont aussi des Afar.] 

Un autre relateur énumère, en outre, probablement comme tribus 
Afar : La'asa, Dat, Aramixo, Mahaxosa, Kulhahe, et ajoute que 
les Dahimela habitent le lieu nommé Dok'a. 

436. Tribus Saho. 
Les Saho vivent sur les pentes orientales du plateau éthiopien 
entre les parallèles de Zulla et de Imakiillu. Leurs dîg ou camps 
sont nomades et suivent la condition des herbes. Comme le mot 
saho pour désigner une tribu est 'are qui a souvent un sens mal 
défini et que diverses autorités ont donné des listes plus ou moins 
complètes, j'ai rangé selon l'alphabet les noms qui semblent désigner 
autant de tribus différentes : 

Aba'ebo 5 Anamo 'Asalîdda 

'Abdalla-t-arak 'Asa darankat 10 'Asaorta 

Abde'a 'Asa kare Bagîdda 

'Ali Saho 'Asa lesan Baradota 







Tribus Sa ho. 




3: 


Dabastabusa 


25 


Garadiidi 




Miyadoliti 


Dadarankat 




Gurgura 




Miisot 'are 


15 Daliaiia 




Gers' a ta 




'Omarabitsa 


Donare 




Ifamadabitsa 


40 


Riisubusa 


D'iot abusa 




Ifasabat 




Sar'a 


Egala 


3o 


Ifoinniad barj-a 




Talakabusa 


Embarak 




Idda 




Toro'a 


20 Eyxedi 




Inda Ejlo 




Uriisabiisa 


Fogetit 




Kum 'are 


45 


Xiim 'Abdallah 


Fogorot 'are 




Lelîx 




Xiim Ifammadi 


Foka-t-arak 


35 


Lïdda 




Zîla 'are 


Gamîdda 




M'etalakedi 




Sanadîgle. 



'Asalesan et 'Asakare sont fils de Maso'înda qui était frère de 
Lelïx et fils de Asaor. Toro^a, IJazzo , Mansa}] et Marj^dt étaient 
frères. Cette dernière tribu était, en 1842, réputée païenne et MansaJ] 
chrétienne. Les deux autres frères sont musulmans. Selon un autre 
relateur, les Ifazzo parlent un dialecte distinct plus rapproché du 
Saho que de l'idiome ' Afar, et qui met au féminin presque tous les 
noms qui sont masculins en Saho. Les IJazzo ne connaissent pas 
l'usage du blé, ne vivent que de viande et de lait et sont tous rouges 
au point qu'ils attribuent à l'adultère la naissance d'un IJazzo noir. 
Le M^ Mangéibo est leur siège principal. Leurs 5 clans sont : 'Abd- 
allah gétba, Una ixma, Uiia 'Ali, Una Aljmad et Ifakaba. Un autre 
relateur nomme ainsi les six clans des Ifazzo : 'Asa 'Ali, Ona ' Omarto, 
Ona Ahmadinto, Ab Sïlemanto, Ibrahim gambalto, A/dira. 

Les G'aso ont aussi 5 clans : IJasan, Suleyman, Yiisef ou Yujîs, 
Xion 'Abdallah, 'Asaj' .viiiial. Ils ne sont pas Saho. G'aso el^Desaino 
sont fils de ^Maxixo. 

Les clans (sous-tribus) des 1)esamo sont : 'Abdalla-t-arak, .Maxa- 
xumeda, Naf'e arak, Muse-t-arak et San'afe. 

Les Ami] are Saho, tous musulmans et vivant sur le daga, ne 
parlent que le tïgray et comprennent les numéros 3, 5, 33 et 47 ci- 
dessus. 

On compte aussi parmi les Saho les six petites tribus suivantes: 



33o Tribus Saho. 

Subakum, Gadafur, Salmiim , lleyxe, Jfîlato, Nohoy-t-'are et on 
regarde toutes les six comme kultena (sorciers). 

Un Lelîx, à qui je demandais le nombre total de combattants Saho, 
en attribuait 2200 à sa propre tribu, 1200 au n° j, 1100 au n° 8, 
1000 au n"^ 1 1 et autant au n*^ 37. En y ajoutant 500 pour chacune 
des tribus 22, 27, 32 et 41, on arrive au total de qooo lances, ce qui 
implique une population de 5 0,000 âmes. Ce nombre me paraît 
exagéré; mais on aime à savoir, faute de mieux, les idées d'un in- 
digène sur le dénombrement de sa petite nation dont il est porté 
naturellement à grandir l'importance. D'ailleurs, cette liste paraît 
comprendre les tribus les plus importantes, bien que les 'Asaorta 
soient omis. Le n^ 12 y est ajouté au n" 32 pour parfaire 500 lances 
et mon relatcur Saho a compté en outre les Ainhare Saho qu'il 
évalue aussi à 500. J'ai appris, à ce propos, qu'il existe aussi deux 
petites tribus sœurs, à savoir les Miyadoliti et les Sarîm 'are, qui 
vivent avec le n" 8 et qui peuvent fournir chacune 50 lances. Il est 
à remarc]uer que dans une conversation antérieure ce même Lelïx 
n'avait évalué sa tribu qu'à 1500 lances au lieu de 2200. Par contre, 
son dénombrement de lances omet une tribu qui me semble im- 
portante, celle qui porte le nom de Toro'a, fils de Gadîxabusa; 
ses clans sont Miixe et Sar'ah. Idda et les quatre autres terminés 
en îdda étaient 5 frères consanguins d'origine incertaine et pro- 
bablement issus d'esclaves. On attribue la même origine aux n°* 4, 
12 et 26. Les San'adîgle ont possédé IJarqiqo et le Na-ib en est 
issu. Les troupeaux de ce bourg forment Axkardîg , camp et non 
tribu. Axun'maç.sl une tribu des If abab et non des Saho. Gadamsïga 
est bien une tribu, mais très mélangée aujourd'hui. 

Selon les gens de Muçannv'a c'est en l'année 1650 que les Turcs, 
s'étant emparés de leur île, achetèrent le territoire des Sanadîgle 
moyennant une rente perpétuelle de 12.000 talari. Sur les limites 
du terrain vendu on plaça des pierres -bornes qui se voient encore 
près Qatra. Cette annuité était payée encore en 1842, peu d'années 
après elle a été abolie, sans compensation à ce qu'on dit. 



Vallées du Saml^ar. 33 1 

437. Vallées du SamJjar. 

Voici, d'après le Lelîx précité, les noms des vallées qui relient 
le plateau du Biir au Samljar ou qiialla qui longe la mer rouge: 
1. Smi'ro dont le bas se nomme Kiimoyle : elle débouche à 'Addï 
qayïH et à Zulla. 2. Safa ^arab, allant de 'Addi qayïlï à Hamfiamo. 
3. Ifaddas qui a deux vallées à sa tête : A) celle qui mène à H'alay 
par trois passages dits Xumftij'to , Bakatia et Obolo. B) SulîH qui 
aboutit à Dîgsa. 4. Sayk arali qui réunit 'Add angafum et Af ïllile. 
5. Seafj, partant de 'Addt fïnii'e dans Sayk arah pour aboutir près 
Hanifiamo à Arabto où il v a un beau ruisseau. 6. 'Ali gîde (vallée 
de 'Ali) qui passe par 'Asa aivli et débouche d'une part à Akriir 
dans Sunadïgle, près 'Addi finn'e et, en bas, à Arabto. 7. Uamas 
par où l'on va deQayifikor à ImakiiUii ; on y distingue quatre chemins: 
a) 'Addïraso, préféré par les caravanes; b) Barat qui mène à Xéiyff 
hammado et au M^ Bizen; c) Dongal, au N.W. de Barat; dj Gind'a. 
Ces quatre chemins se réunissent à Ambatogam. 8. Ifattir'ale qui 
va du M' Bizen (dit Mijan par les Saho) à 'Aylat. 9. Gîrsa au N.W. 
et presque parallèle au précédent. 10. Adagena , entre Hamaseti 
et 'Aylat. ii. ^^isr/'(:z, entre Lnba dorho en Hainascn et '.4j''/àï/. 
12. Gadaraf, au S. E. de Sinuro : cette vallée mène à Kitmoyle. 
i3. Salimi gaVale qui joint Kaskasi en haut à Gombuôle en bas 
(dit Mambotle par mon Lelix); Margiilo est le nom de cette vallée 
dans sa partie supérieure. 14. Gurguro, Gai aie, entre Kaskasi et 
Gombiidle. 15. lFi/'e»2a, entre Gombuôle et Kaskasi : ce dernier est 
un village de A'z/;n^Zi77za, fils de Giizay. lé. Giibne, entre 7"o I/o 71 d a 
^tKuinoyle. ij. Ardoblo, haute sous-xallée de Kumoy le. 18. G'esam, 
5"-' sous-vallée partant de Kuinoyle. 19. Ananiti qui part aussi de 
cette vallée. 20. ^a-z"/-, entre Eyd'ale et 'Addï qayifi. 

Ifaji 'Omar, natif de ZzJ/a et que je vis dans Gondar, me dit que 
l'antique route du commerce de Adulis allait deGundagundc à T)afale 
où l'on trouve encore près de la mer des inscriptions en langue in- 
connue : que cette route passe par Matigabo, Ragali, La' si gîde, 
Subîha, Rasinado, Ras atakum, Al iiajax, Jafar tayer, Rasi damana, 
Rasi deyli, Fulalia 'Abdallah, Sabaneyn, Nïgus bilal, Dïgîsmati 



332 



Tribus Ta/îa. 



afarxi, Adohabba xum suleyman, et qu'elle aboutit à San'afe, où 
l'on voit dans le roc une empreinte de pied, ainsi que le soleil et la 
lune sculptés par les gens qui fondèrent Aksum. [Quelle que soit la 
valeur de ce renseignement il faudrait bien étudier le site attribué à 
Adulis par les indigènes ainsi que ses environs, au lieu de le mettre 
près Zulla , selon une hypothèse encore mal étavée. En août 1847 
je passai par Gubne afin de la vérifier, mais cette route n'est pas 
facile, au moins dans son état actuel; elle est d'ailleurs trop au nord 
pour bien aboutir aux environs de Gombuôle.\ 

438. Tribus TaTia. 

D'après Kaxo, cité au numéro 398 ci-dessus, voici les noms des 
24 tribus TaFia qui donnent à tour de rôle un chef à cette république 
Curage. Ce président ne règne qu'un an. 



1. Morahid. 

2. Waramnaz. 

3. Iftanbas. 

4. Numaqa. 

5. Dangaz. 
é. Yéunoya. 

7. Qiiaya. 

8. Yatroge. 



9. Ninnazar. 
1 o. Wanata. 

1 1. Yabataraq. 

12. Yéidabc. 
i3. Aganna. 

14. Yagubbat. 

15. Zatiupa. 
lé. Yngata. 



1 7. hitabiir. 

18. GadartiPiadan. 

19. Yatïret Sab. 

20. Matangar mafia. 

2 1. Yamoxat. 

22 Dabat yadaiîgaz. 
2 3. Dabatyadeba. 
24. Yaliad. 



APPENDICE. 

I. Pays Somali. 

[B. S. G. 1842, p. 89.] Pour aller de Barbïrah à Ugaden on atteint: 
le i'^'" jour, Kiilam. 2"-' jour : Maiifaseye, puits de bonne eau. 1>'^ jour : 
pied de la montagne à Qdl'a ou Xaj^l/, vieux château dilapidé où l'on 
prend des ânes pour grimper. 4"^ jour : Waram, puits sur la montagne 
qui est un plateau. Ensuite il v a 5 journées de route dans un désert 
jusqu'à TDollo où il v a 7 puits et parfois un village pendant un mois 
ou deux que les herbes durent. Voici les noms de ces puits et leurs 
profondeurs : 1. Wéihiml, 40 brasses. — 2. Ubïtali, 20 b. — 3. Y'nb, 
25 b. — 4. Wafïdiir, 23 b. — 5. Tagaben, i5 b. — é., 7. Tej'cn 
et Urhe sont les noms des deux autres puits de T)ollo qui sont tous 
construits en pierres et chaux par les gens d'autrefois, conquérants 
du nord qui venaient d'Arabie poussant les Galla devant eux. De 
T)ollo à Marergur, 3 jours à pied ou 2 à cheval. Entre ces deux lieux 
est le M' Bor. Abtu-alle, Giiluipeyn , Raqo et Durgabo sont les 
4 puits du M' Bor. Il y en a encore 4 autres : Allale, Biye guduwd, 
Gel kusaran (lieu de dispute des chameaux), et . . . 
, Voici les étapes des journées de route d'ici à Ugaden selon Ijasan 
le Majurten : o. Barbïvah , appelé bandar xayJ/ dans le rabmani, 
sorte de portulan arabe. 1. Geri; 2, Bulahar, sur la mer; 3. Sali; 
4. T)uwi, défilé montant; 5. Tramai, daga; 6. Harar, fameux puits 
qui abreuve tous les troupeaux dans le rayon d'une journée; 7. Aror, 
rocher avec arbres et herbe; 8. Bann , herbes sans arbres ni eau; 
9. Ijawt, taillis épais au fond d'une vallée de sable blanc : hawt 
veut dire «taillis » ; 10. Gelakor, ainsi nommé parce que le fumier des 
chameaux y fait naître une herbe magnifique : c'est là que commence 



334 -^^'"^ Somali. 

Ugaden; 1 1. Malmil. Ijaivt appartient à Eyal 'Ahdullah. [Je n'ai pas 

appris pourqui cette route se détourne jusqu'à Bulahar.\ 

Miarwalal est la tribu gouvernée [en 1841] par Ma^mud Ug'as. 
Miqabul est sa tribu sœur; toutes deux sont Ugaderi. T>ollo et Bur 
sont Miarwalal. Les puits de Mïqabid sont Galadi, Loâob, Ifîfar- 
dan (Heu . . .) et Eygalo. 

Les tribus de MarreJjan sont 'Es, Reresman et Unniddi. Gul'e 
est le chef de 'Es et gouverne MarreJjan. Xekas est la 4"^ tribu de 
Marrehan. 

Ifajpi est à deux Journées de Marreljan. De IJawi à Abîg'al il y 
a 5 journées (de marche à pied). De là à Ifamar : 10 journées à tra- 
vers les Galla Eâmale, gens féroces. Ifamar est sur les bords de la mer. 

Tiig est entre Galadi et Harar, puis au sud, et sur le Wabi, est 
Kar aille , ville plus grande que Barbîrah. Les Galla, toujours en- 
nemis, sont sur la rive opposée du Wabi. Saljan'e et Kîdîr sont les 
tribus de Karanle, qui est Somali. Les Galla voisins se nomment 
AVa. De Karanle à Harar on va, avec des ânes à cause des mon- 
tagnes, en é jours, ou 4 à pied, ou 3 à cheval à travers les Galla 
IJeban, Aniyu [Aniya?], Babîle, jusqu'à Orgobbo, tribu musul- 
mane. 

Raljannnn (an nasal) est un district de cultivateurs et a 20 villages; 
il est arrosé seulement par les crues du Wabi, dont il occupe la rive 
droite. La langue de ce district est le Somali; on s'habille bien dans 
ce pays là. 

En allant de l'ouest à l'est on trouve Harar, Tug, TJollo, Galaii, 
DolbaJjante, Majarten. IJawi est à côté de Majarten. Le puits de 
Majarten est à Mudiig d'où l'on peut aller à Galati en 3 journées. 

Après Waran, puits de Habargahajis, dont Dey rie est le chef, vient 
Habaryiinis. De Waran à T)ollo il y a 5 journées sans eau à travers 
le pays de Haiv. La distance de Marergiir au Wabi est aussi de 
5 jours. Karanle est situé à 4* 5 journées de la jonction du Fafan et 
du Wabi. Il fait bien froid dans Ifawi, car il y a là des montagnes; 
leurs vallées sont cultivées en céréales. 

Les puits de Marergiir sont : 1. T>uhul ; 2. Gelnïsor; 3. Dïlley; 
4. Bahïlo; 5. Aller; 6. Gidays; 7. Godan labay ; 8. Eydan mugga; 



Pays Somali. 335 

9. T)osamareb (mauvaise eau); 10. Turduya; 11. Idule; 12. Ba- 
hado; i3. Gerïsalay; il y a encore 3 autres puits. Tous sont dans le 
pays de Maj'rehan dont Marergur est le grand puits. A ces puits il 
faut joindre 14. Karadde; i5. Dïbbera; lé. IJelmo; 17. TinaJjo; 
18. \Adado et 19. Abda-allah. Les n°^ 5, 12, 16 et 18 sont de grands 
puits et conviennent aux chameaux. 'Adado est bon pour les chevaux 
et a 10 brasses. Ces grands puits seuls sont près du puits de Ma- 
rergur qui est, comme Bahado, à une journée de Tinaho. Les autres 
puits sont distants de 6 heures au plus de celui de Marergur qui a 
i5 brasses de profondeur. Baliado en a 20 et Tinaho 19. Gelnîsor 
(dit plus tard Gelcysor) a 8 brasses et Waô, près Idole, ncn a que 5. 
Aller et Dïbbera sont au milieu de montagnes peu élevées. 

De Majarten à T)iidiib il y a deux journées sans eau. 

On va de Barbîrah à Harar en huit journées : 1. à Geri; 2. Zaley, 
puits; 3. T>amadarre ; 4. Harar, puits àç. Eyyal Abdallah; 5. Jfj^- 
yf^a, puits de Barthïlc; 6. Bïrzii; 7. Babili, pays Galla; 8. Harar. 
Quand il n'v a pas de querelle en route, on arrive en un jour de Jfo-- 
jïga à Garad Adaii. De Jïgjîga à Harar il n'y a pas d'eau. 

Le IFâîZn' est loin de Marergur. De T)ollo au \Fa&/ il y a deux 
journées. Marergur vu d'ici est au S. E. ou E. S. E, et T)ollo est au 
sud. Marergur est séparé du Wabi par de hautes montagnes. Cette 
rivière coule à fleur de terre dans Ugaden. Il y a sept Wabi, dont un 
vient d'un lac d'eau douce. Ce dernier est appelé Wabi ganana et 
est très-grand. De Marergur à Nahiba il y a une journée à cheval. 
Ba'ad est un lieu tout près de la mer : de là à Marergur il y a 
8 journées à travers les Majarten, pays qui a beaucoup de puits. 
De Marergur aux puits de Mudug il y a 4 ou 5 journées. De là à 
Ba'at [Ba'ad?] 4 journées. De ras IJafun ou ras Felag à Mudug 
1 3 jours. 

Quand on va de Marergur au Wabi, les deux premières journées 
sont en plaine et sans eau. Dans les montagnes les tribus sont : à 
gauche Hau'adle, à droite Abarsaleban, fils de Ugaden; Hawadle 
est de Ifau'i. Les montagnes forment une chaîne jusqu'à Ifamar. 
Elles n'ont pas de nom collectif, sinon «monts du Wabi». On va de 
Marergur au M' Lalmis où il y a un ruisseau nommé Durdur al 



336 Pays Somali. 

jahal, ou eau de Lahnis; cette eau ne va pas au Wahi. Du Lalmis 
on voit le Wahï entouré d'arbres. Ce pays est plein d'éléphants qui 
viennent boire de nuit; le Jour ils restent dans les forêts. 

Galadi est sous la tribu Habar'eli. Gdannna, Faka- esmaha, 
Salebaji Talarer et Isma'il gumadle sont les cla7is (fal^aydah) de 
Habareli. 

La tribu Miyrypalal gouverne IDollo et s'étend jusqu'au Wahi. Ses 
clans ou sous-tribus sont Eyyal 'Abdulle et Eyyal Warfa sous le chef 
MaJjmud Niir Warfa. 

J'ai pris une charge dans Galadi [sic]. Après avoir passé deux nuits 
sans eau, je suis parvenu la 3*^ nuit au puits Wader : les puits IVâ/w'a/, 
Ubïtali, Wa'afïdu, Yob, Teyyîn, Tagabeyn, Ttire sont des puits près 
Wader éloignés l'un de l'autre de deux heures au plus. De Ubïtali on 
se rend au Wabi en 3 journées avec des chameaux chargés. Il y a 7 
puits dans T)ollo qui est à 3 journées de Galadi, et à trois jour- 
nées de Titg qui est un lieu cultivé sous Eyyal 'Abdulle. Tiig a peu 
de chameaux, mais beaucoup de vaches : de là a.uWabi il y a 3 jour- 
nées; de Galadi au Wabi il y en a 9. 

Imi est un ville Galla près Karanle, à une distance de 6 heures, 
et a de 4 à 5 000 âmes. Plus loin sont les Galla Al'a. Karanle est 
sur la rive droite du Wabi qui fait beaucoup de détours en cet en- 
droit. Imi est à l'ouest de Karanle. 

Je suis allé à cheval de Dolbahante à Tiollo en 3 journées; il en 
faudrait 4 à pied, toujours à travers un pays désert. Il me semble que 
de l'embouchure du Fa/an dans le Wabi jusqu k Karanle il y a 4 ou 
5 journées. 

J'ai cheminé de Tug k Harar pendant 10 journées avec des ânes; 
ils marchent moins vite que les chameaux. De Tug au Wabi il y a 
3 petites journées; un messager exprès ferait ce chemin en 24 heures. 
Oqda est le nom du Heu à l'embouchure du Wabi dans la mer. 

Je connais le Doara par ouï -dire; il arrose IJann. Je suis allé de 
Ifamar par mer en 25 heures jusqu'à Lama avec des vents variables 
de la partie du nord et des vents de terre. De Ifamar à Oqda il y a 
3 journées par terre. Ifamar est une ville grande comme Mo/fa, et 
est situé sur la mer dans une crique comme Darbïrah. Il v a là beau- 



Pays Somali. 33 7 

coup de puits et l'on porte l'eau en ville sur des ânes, comme à 
Molfa. 

De Karanle (sic) à la mer je n'ai pas navigué sur le Wabi. Ha- 
wadle, Murujade, Abîgal sont les tribus en allant de Karanle à Ifa- 
mar; Xaballe est aussi près du Wabi. Rahamvin est entre dQMxWabi: 
dans la saison sèche on y porte l'eau de deux journées de distance. 
Le Wabi ne se divise pas près la mer, A Rahampin on sème pendant 
la saison des pluies vers la mi-octohre : le grain v reste en terre 5 mois, 
comme dans Hawi; à Harar il y reste 9 mois. La source du Wabi est 
chez les Galla, je ne sais où, mais on la dit près du IJabax [Abyssiniej. 

De T>ollo au Wabi il y a 2 journées en allant vers le S. W. Vu de 
Barbîrah, T)ollo gît par le S. S. W.—Ifamar est entre le Wabi et le 
Doara, plus près de ce dernier. Vu de Barbîrah, Tug est plus à droite 
[à l'ouest] que T^ollo : Galadi est au S. S. E. Marergur gît entre les 
directions de 'Dollo et de Galadi. Tug s'étend le long du Wabi. 

Imi est sur la rive gauche du Wabi et est habité par les Babille et 
les Borani qui ont beaucoup de café et de tabac : ces denrées vont 
à Harar. 

Les DolbaJjante habitent Miig'al [Niig'al?], nom de région. Biir 
Da'alo et Bur'Atiot sont de grandes montagnes là, chacune ayant son 
ruisseau plein de crocodiles. On y trouve le berda (grenade). Ces 
ruisseaux se perdent en terre. De Biir 'Anot à Bandar Gasim il y a 
8 journées à pied, ou 1 5 en caravane à travers un pays bien arrosé. 

Miidug est le nom de pays [occupé par la tribu] Majarten. De 
Bur 'Anot à T)ollo il y a 12 journées à travers un pays sans eau pen- 
dant deux ou trois jours de suite. De T^ollo à Bur Anot on va vers 
l'ouest. Davvale, Buhotle et Taivali sont les trois puits [en route?] 
avec peu d'eau et à 6 journées ou 3 à cheval. Entre ces puits on ne 
trouve pas d'eau. Ce pavs désert [erme] est entre deux tribus [ces in- 
dications ne sont pas assez claires]. Wada mîgur est une source très- 
abondante à 24 heures de Taïuali. Nug'al, chez les Dolbafjante, est 
une source fameuse et abondante entre deux montagnes : il y a beau- 
coup de chevaux. Le ruisseau de Nug'al se perd dans la terre; si l'on 
creuse, on trouve de l'eau partout. 

De Wada mîgur à Bur Anot il y a 5 journées; de Bur Aiiot à 



538 Pays So7nah'. 

Miidug 7 journées, et 8 à g journées de Karam à Niig'al. De Nug'al 
soit à Diirduri, soit à Lasgorey il y a 7 journées. On en emploie 1 1 
pour aller de Bosaso à Nug'al. Bur'an [sur cette dernière route?] 
est un fameux puits sous les Adraljmin et à mi-chemin; il n'y a pas 
d'autre eau sur cette route. 

Xaballe a 3o villages de cultivateurs appartenant aux clans Kiitile 
et Badbader : Btir'ado et Gowlab sont les plus gros de ces villages. 
Le nom de Xaballe est [dû aux?] Adon, race d'esclaves. De là à Ra- 
hamvin il y a 4 journées, et tout le pays est cultivé et plein de vil- 
lages depuis Xaballe jusqu'à Ifamar. Xaballe est formé par Kunlc 
et Badbaden, deux sous-tribus. Ijawi n'a pas de chef. 

Kefaraguddi est le chef de Rahanwin et demeure à Loq qui est 
une grande ville. La porte de sa maison est baignée par le Wabi. 
Ifamar est plus grand que Loq et le Wabi ganana va là. 

Wardejyn est le nom de la vallée habitée par les Galla près la 
source du Ganana. Tous ces Galla sont de formes magnifiques et 
toutes leurs vaches sont blanches. Leur peau est d'un beau rouge; ils 
portent chemises et turbans. Leur nom est aussi Wardejyn et ils de- 
meurent près la mer [il y a contradiction ici]. Loq est musulman, mais 
tout le reste du Ganana est Galla. De Loq à Barawa il y a dix 
journées. 

Je connais par ouï-dire l'existence d'un grand lac dans l'intérieur 
de notre terre. Ugaden a 1 5 journées de long depuis Ludiib à l'ouest 
jusqu'à Mïlmil à l'est; sa largeur est aussi de i5 journées. Galadi et 
T)ollo sont dans Ugaden. De Mïlmil à Harar il y a 4 à 5 journées 
de route. 

[Les renseignements ci -dessus m'ont été donnés en Janvier 1841 
par Muljammad Arrali 'lime S'ayd Ali, fils de Udiiwa, fils de /.<>- 
ma'il, fils de Yiisiif, fils de MuJjammad, fils de Aljmad, fils de Abd 
ar Raljmiji, fils de Ibrahim, fils de Jîbrayl . . ., fils de Majarten. 
Ce Somali était ainsi loin de se rappeler les noms de ses vingt-cinq 
ascendants comme font, dit-on, les Arabes. Le terme que je traduis 
ici par « puits» est Ijîsi, toujours employé par M. Arrali, mais il n'en 
faut pas conclure, avec les puristes Arabes, que ce mot désigne un 
puits peu profond creusé dans le sable. 1 



Les Somali. 33< 



2. Les Somali. 



Autant que j'ai pu savoir, ce peuple se donne ce nom. Les Arabes 
disent Çomali, et Çonial au pluriel. On a remarqué en d'autres occa- 
sions que pour exprimer un mot étranger on emploie un son moins 
usité. C'est ainsi que des Ethiopiens, élevés à Rome, disaient tou- 
Jour propaganda pour désigner un collège célèbre, bien qu'ils aient 
notre p européen dans leur propre langue. C'est pour mieux distin- 
guer le terme étranger que les Arabes, dédaignant leur lettre s, disent 
et écrivent Çomali au lieu de Somali. Je préfère ce dernier parce 
qu'il est moins compliqué et surtout parce que divers témoins So- 
mali, dont un qui écrivait l'arabe, m'ont assuré que le son ç n'existe 
pas dans leur langue. Les Anglais écrivent Somauli en intercalant un u 
pour indiquer que Va a le même son très-ouvert que dans leur mot 
paw (patte). Nous renonçons à distinguer de pareilles nuances de 
voyelles; tous les parleurs indigènes ne rendent même pas cet a dans 
le mot Somali. Jadis les Arabes écrivaient Çowmali.] 

Barbïrah. 1840 : Décembre. Voici les principales divisions des 
■ Somali. Ils se disent tous issus des deux grands ancêtres : TDarod et 
Dïr. Les fils de 'Darod sont : 1. tjarti; 2. Ugadeii; 3. Bartale; 
4. Geri; 5. Isbeyhan; 6. Marreljan; 7. Abaskul. 

Ifarti, fils de T>arod, fut le père des 5 tribus suivantes et ses descen- 
dants habitent La.sg-or(y^,Ga/z, Durduri, 'Elayo, Gaip, Bosaso, B'ad, 
Bur'e, Butyalo, 'Durbo, Mur'ayo, Gersah, Gesïle, Ifabo et Allole. 
Les cinq Ifarti sont : 1. Warsangeli ; 2. Majarten; 3. lyulbahante; 
4. Morusa; 5. Ogesalame. Les n°^ 1 et 2 étaient frères utérins. 

Majarten eut quatre fils : 1. Awah; 2. Wabaneyah; 3. Mor'asah ; 
4. Warsangeli. Awah eut pour fils : 1. 'Utman MaJjmud; 2. Abd 
ar Raljmin; 3.Worwaksame; ^. Salelj Jïbra-il; S.Amalle; 6. Arab; 
7. 'Abd Kerim Noies; 8. Baljgaren; ^.BaJjlelkase; lo.'Umar Malj- 
niud; 11. 'Eysa Maljmiid. 

Wabanayah eut les fils suivants : 1. Warlabe; 2. Muljammad 'Asa. 
— Mor'asah fut le père de Goxixe. 'Arab est compté parmi les fils 
de Majarten parce qu'il épousa une de ses filles. Il était Arabe de 
naissance et était venu de Maljri près du cap Fartak. 



340 Les Somali. 

Warsangeli eut pour fils : i.Y'aqiib; 2. Rikhay; l.Waj-labbi; 
4. Thenle; 5. 'Abdallah; 6. Ugesalaba. Tous les garad ou chefs su- 
prêmes des Warsangeli doivent être du clan Y'aqub et avoir pour 
mère une fille de Ugesalaba. 

Ysa-ak [sic] eut pour père Dïr selon les uns et Madd suivant d'au- 
tres. Ses fils sont: 1. IJabaraival; 2. Ifabarga}]ajis; 3. Ifabartaj'ale; 
4. 'Eysa. Les trois premiers sont frères germains. 

Ifabarawal eut pour fils : x.Eyal Yunis; 2. Eyal AJjmad; 3. Eyal 
Gîdid; 4. 'Abdallah s\id; 5. Esa Mmvsa; 6. Orgas; j. B'agobo; 
8. Eyal 'Abdallah; 9. Jibril (sic) Abokr ; 10. Mïka-il; 11. Yasïf 
[Yiiwsuf?] ; 12. Ugadyati; i3. Baliabar Ugar. 

Les fils de IJabargaljajis sont : 1. tjabar Abokr; 2. Ifabaryonïs; 
3. Mus'ara; 4. Isma'il 'Arah; 5. 5'a<i Muwsa. 

IJabar taj'ale eut pour descendants : 1. Mf/;; 2. Yesïf; 3. 5a??2- 
6î<r; 4. Idïrohmiîi; 5. '/l^â:?z Mîduwbah; é. Rerdiid frère [utérin?] 
du n° 2. 

Les fils de 'Eysa sont ; i. Qoraju ; 2. Wiirdiq; 3. Mammasan. 
Wurdiq était le père de Gadabursi. 

Outre les fils de T)arod et de Z)/";- il y a une troisième classe de. 
Somali. Son origine est incertaine et elle comprend les Mîdg'an, dits 
i^^mf par les Arabes, ainsi que les Yibj' que les Arabes nomment 
Dmpxan. Personne ne prend femme dans ces deux tribus sauf les for- 
gerons. Ceux-ci sont venus d'Arabie et, peur cette raison (me dit-on) 
ils ont encouru une sorte d'excommunication de la part de toutes les 
races ci-dessus nommées, lesquelles s'appellent tribus par excellence. 
Les forgerons, nommés thomal, forment une caste à part. 

Gadabursi et 'Eysa demeurent du côté ào, Zayt a. Les Majarten 
ont un sultan (Soltajiki) qui doit être du clan 'UQtna?! MaJjmud et 
d'une fille de Dïr. Ugaden n'avait autrefois qu'un seul garad, mais 
il s'est tellement accru qu'il en a deux aujourd'hui. Le sultan actuel 
des Majarten est un enfant au berceau : ses frères consanguins sont 
nombreux, mais ne peuvent régner. Ce sultan perçoit le revenu des 
douanes et le partage avec ceux qui le suivent. 

Bartale eut plusieurs fils : celui dont les descendants fournissent le 
garad est 'Ambar; le garad actuel se nomme tjïrsi. 



Les Somalt. 3^1 

^Ali et Samatar étaient frères; ce dernier donne le garad au clan 
de leur père Gcri. 

Selon Ifasan : Barbïrah appartenait jadis aux Galla chrétiens. Ils 
avaient construit un aqueduc de bonne maçonnerie depuis la source 
de Dubara; on voit encore des vestiges de ce travail, et sa chaux est 
bien blanche. A cette époque-là notre ville était sur la langue de terre 
au point où elle prend naissance à l'ouest des tombeaux. De nos jours, 
en y creusant, on trouve parfois des bracelets, et surtout des monnaies 
en grande quantité. Elles doivent être en cuivre ou en fer, car elles 
sont entièrement rongées par la rouille. Barbïrah appartenait aux 
Majarten : ils v possédaient quatre maisons en pierre pour leurs 
quatre clans ou sous-tribus 'Ubmaji MaJjmud, Bahgaran, Goxiyxe 
et . . . Puis les Jfabarajual, méprisés jusqu'alors, se lignèrent avec les 
Arabes de Çiir qui vinrent en force dans leurs bateaux et chassèrent 
les Majarten dont ils brisèrent à coups de lances les maisons de pierre. 

Le château à trois journées de Barbïrah mentionné dans la page 332 
est un grand lieu de pèlerinage pour des femmes stériles et des gens 
ou chameaux malades. Si une femme adultère ouvre la porte de ce 
xayJf, elle meurt indubitablement. 

Bïrre était un grand chef chrétien qui gouvernait jadis Barbïrah: 
les IJabarawal le citent encore quand ils vantent Barbïrah. [Bïrre 
étant un nom commun chez les Amara, on se demande, en admet- 
tant la vérité de cette tradition, si le nïgiis ou souverain de la Haute- 
Ethiopie n'a pas étendu jadis son empire jusqu'à la côte somali.] 

IJiidaydah, 1841 : Mai 27 et 3o. 1. Ifasan. 7. Ifaj. 
IJasan qui n'a pas pu me donner 2. 'Abdallah. 8. Samatar. 
plus de 8 noms dans sa généalogie 3. 'Ilo. Bahrgaren. 

ci-contre, m'a dit ce qui suit : 4. Salïh. Majarten. 

Ugaden eut trois fils : 1. ' Abdille; 5. Idris. IJarti. 

2. Ysa-ak; 3. AwlUfan. 'Abdille eut 6. 'Ubman. Darod. 

pour fils : 1. Samatar qui fournit le i{gas aujourd'hui; z.Warfa, 
chez qui on prenait le ugas autrefois; 3. Ugaskoxi; 4. Ugasgulad; 
5. T)ewad. Ysa-ak eut pour fils Deso et 'Egar. Dans Ugaden on 
dit ugas pour garad ou chef de tribu. En ce moment le ugas de 
Samatar se nomme Nur; il est aveugle et reste avec sa tribu près 



3a 2 Les Somali. 

Harar. C'est aussi dans ces environs que demeure 'Adan le garad 
de Isbeyijan : il séjourne au N. ou au N.W. de la ville et celle-ci le 
craint beaucoup. Ffabarayval n'a qu'un seul garad; on le prend 
dans le clan de 'Abdallah. Harar est un mot somali : c'est le nom 
du seul puits des 'Abdallah; ils sont forcés de compter beaucoup 
sur la pluie, et pour garder l'eau ils creusent de grands trous. 

Aror, mot qui veut dire «fort», occupe une terre forte et peu 
perméable; elle conserve bien l'eau de pluie. 

'Eysa n'a pas de chevaux et vit très -détaché des autres Somali. 
Ses fils s'habillent généralement avec un pagne et une. petite toge, ce 
que les autre Somali ne font pas. Qiirajii réside à l'est et met de la 
chaux dans ses cheveux. Les autres clans de 'Eysa ne viennent pas 
en contact avec les Somali de l'est. Ils ont la coutume 'Afardo. mettre 
sur le haut de leurs têtes du suif dans un roseau. Au lieu de planter 
dans leur chevelure une plume d'autruche quand ils ont tué, les 'Eysa 
mettent le xîmbîl des 'Afar, c'est-à-dire de la soie rouge attachée 
autour du front. Wardiq confine aux 'Afar. Les 'Eysa sont si per- 
fides qu'ils tueront un homme qui a mangé chez eux. Néanmoins ils 
ne violent jamais leur parole quand prenant une pierre ils l'ont jetée 
ensuite en disant nkiit kas. Les autres Somali n'ont pas de serment 
inviolable. 

Le Xay^- mentionné à la page 332 en allant à Ugaden se nomme 
Aipbarlfale; on s'y rend de 3 et 4 journées a la ronde. 11 n'y a pas 
d'autre Xaylf chez les Somali. 'Abdallah, fils de Ifabaraïual, eut 
pour fils Ahmad et Samatar. Ce dernier fut père de Heldîd, IJanten 
et Eg'al. Xaylf don et Buiin sont les fils de Aljmad. On prend le 
garad dans Bînin. 

De tout temps Ifabarabokr a donné son garad à Ifabargahajis. 
Il y a environ quatre ans que IJabaryonîs, devenant nombreux, s'est 
donné un garad à part. 

11 y a 5 journées de route depuis Mïlmil jusqu'à la ville de Harar 
en passant par Abaskul qui est à 3 jours de Harar. De cette ville 
au puits dit Harar il y a 4 journées. Le seul puits de Bartale se 
nomme Jîgjîg. Delà à i/aratr il n'y a que 2 jours de route. Le premier 
jour on dort au "W Karan. Le M' Gonduâa n'est pas sur cette route. 



T.es Somali. 



3^3 



Voici les demeures de quelques clans 



Lieu. 
'Alolo 
Mur ayo 
Gashn 

GarsoouGéii-sah 
Habo 
Gasale 
"Dnrbo 
Bandar Jfor 



Occupé par 
Sajpakroii, rils de Aii^ah et omis ci-dessus. 
Fatfjah, fils de 'Ufjman Mafjiniid. 
'Aréîb, BaJjvi^^aren et Gïxixe. 
Mimosa, sultan fils de 'UHman Maljmud. 
Gasagujple, fils de Ajpah. 
Mabmud, sultan, fils de 'Ubman Maljmud. 
Féii'i, » » » » 

MaJjmud Yusuf et Far ah Hîrsi, frère et fils du 
même 'UOman. 

Gandalo 'Ali Suleyban, fils de Awah. Ce clan ayant tué 

Yusuf .... le sultan, des Majarten brûla tout le 
village, rasa le château ou plutôt la maison de 
pierre, et'^1// Suleyban est aujourd'hui le domes- 
tique des autres clans ou sous-tribus. 

Bur'î 'UOman MaJjmud [par lequel de ses fils?]. 

B'ad Gîxixah. 

Qaw • Wabîne. 

'Elayo Dubes, fils omis de Warsangeli. 

Durduri RiJ/ayat, » » » » 

G'an Yaqub, » » » » 

Lasgoray Ugeysalaba et Yaqub, chacun occupant un quar- 

tier, avec un vide entre. 

Gor'ad NuJj 'Umar, fils de Yaqub. 

Aramadi Farah Ifîrsi a détruit ce village il y ii trois mois. 

Mayd Muxpsa 'Ara, fils de Habargaljajis. 

Ifes Udoraljmin le IJabartaj'ale. 

'Ungor Rerdud, fils (oublié) de Ysa-ak par une autre 

mère. 

Karam Yusuf \c Ifabartafale. 

'Ayn Traô 'Adan Mîduwbah, fils (oublié) de Ifabartafale. 

Syarali Mïka-il, fils de Ifabarawal. 

Nul), fils de Ifabartafale, vit sur les hauteurs entre 'Ayn Traô 

et Karam. 



34.4 L''^ Somali. 

[La notice suivante sur les Somali m'a été envoyée en 1885 par 
son auteur qui est un négociant français établi à Aden. Né à Besançon 
et ayant fait ses études au lycée de Lyon, M. Bardey a visité deux 
fois Harar où il a séjourné en tout pendant plus d'une année. De- 
puis il a visité Barbîrah à plusieurs reprises. Ses renseignements ne 
concordent pas toujours avec les miens du n° 2 qui précède ici, 
mais on s'en étonnera moins en considérant que les uns et les autres 
ont été recueillis oralement et que lorsqu'il s'agit de remonter dans le 
passé, la mémoire des indigènes est sujette à des oublis et même à 
des confusions. Un cas de ce genre se retrouve chez les Oromo; ceux 
de l'est^ plus rapprochés de leur lieu d'origine, ont des généalogies 
différentes de celles qu'on trouve en Obo et ne savent rien de ce Sa- 
pera que les Boraiia de Gudru reconnaissent tous pour le premier 
patriarche desYlmonna ou Oromo. En m'envoyant la notice qui suit, 
M. Bardey ajoute qu'il ne tient pas à son orthographe, reproduite ici, 
qu'elle est certainement défectueuse puisqu'il emploie seulement les 
caractères français, chacun pour sa valeur commune, ce qui ne donne 
souvent qu'une ressemblance imparfaite des sons somali : enfin, que 
ne connaissant pas toujours l'étymologie des mots composés il doit 
faire encore des fautes en les transcrivant.] 

3. Traditions et divisions des Somalis, par M. Alf. Bardey. 

Les Somalis rattachent leurs divisions à leurs traditions et chaque 
tribu sait faire remonter sa généalogie jusqu'à sa source. De même 
que les Gallas des environs de Harar, ils croient, comme les Arabes 
et les Juifs, que le premier homme fut Abonna Adëm et la première 
femme oumanah Aouah (Eve) faite d'une des côtes d'Adëm.' 

Adëm et Aouah eurent un grand nombre d'enfants, toujours deux 
par deux, un de chaque sexe. Une seule fois naquirent ensemble 
deux enfants mâles : l'un Abil qui était noir et méchant, l'autre Kâbil 
qui était blanc et bon. Au contraire de la version hébraïque ce fut 
Abil qui tua son frère par jalousie.^ 

1. Les Arabes prétendent que le tombeau d'Adam est à Mecca, et celui 
d'Aouah à Djedda. 

2. Un tombeau situé sur le tianc de Cham-Cham, montagne la plus élevés 



Les Somali. 345 

Les Somalis connaissent aussi la légende de Noë, sauvé du déluge 
dans une grande barque couverte, contenant sa famille, des graines 
de toutes les plantes et un couple des animaux de toutes les espèces. 

Certains cheiks,Wodads ou Fakis prétendent qu'avant Noë la mer 
Rouge et le golfe qui séparent l'Arabie de l'Afrique n'existaient pas.' 
Ils croient qu'il y a eu plusieurs déluges et que c'est à la suite de l'un 
d'eux que des hommes parurent pour la première fois dans le Somal. 

Leurs traditions disent, en effet, qu'avant les habitants actuels du 
DankaH et du Somal ces pays étaient occupés par des Gallas, des 
Kafîrs, Kofirs ou Kofris et des Pharsis- qui étaient eux-mêmes la 
postérité de deux hommes venus de El-Akâf^ situé entre l'Hadra- 
maut et le golfe Persique. 

Ces deux hommes, échappés par des moyens miraculeux à une 
inondation générale qui couvrit tout leur pays et engloutit ses habi- 
tants, se réfugièrent sur les montagnes de Thaïzz (situées à éo milles 
Est environ de Moka) d'où ils descendirent à mesure que les eaux 
baissaient. Décidés à ne pas rentrer chez eux ils gagnèrent la côte 
d'Afrique et débarquèrent d'abord dans une île nommée encore au- 
jourd'hui Haïss,4 puis sur la côte même au lieu dit Ankor, 390 milles 
Est de Berberah. 

L'un d'eux qui avait sa femme s'établit définitivement dans le pays, 

de la presqu'île d'Aden, est désigné par les Arabes et les Somalis comme étant 
le tombeau de Kâbil. 

1. Cependant les grandes plaines maritimes qui s'avancent jusqu'à 80 kilo- 
mètres dans l'intérieur du Somal en face de Zeilah et jusqu'au Djebel -Yaffai 
(Japhet) sur la terre d'Arabie en face de La Hadj , semblent indiquer d'une 
façon irrécusable que la mer au contraire couvrait ces plaines et qu'elle s'est 
retirée graduellement. Mais on peut admettre que ce phénomène ne s'est pro- 
duit qu'après un cataclysme qui aurait séparé les deux terres. 

2. Ces trois noms sont à peu près synonymes de païens ou hommes im- 
purs. Galla signifie nu, sans vêtement; en arabe ATa/)- (dont nous avons fait 
Cajre dans le sud de l'Afrique) veut dire païen et dans Pliarsi il faut recon- 
naître le mot hébraïque de Phariissi dont nous avons fait Pharisien (homme 
hypocrite). 

3. Le nom de FA-Akàf existe encore. 

4. Cette appellation n'est sans doute qu'une corruption de Taïzz. Ce nom 
de Haïss fut probablement donné à l'île en souvenir de la montagne d 'Arabie 
entourée d'eau. 



34.6 Les Sotnali. 

alors entièrement désert, et y forma le rère Dourh qui signifie « sorti 
de la mer». L'autre continua ses pérégrinations en suivant la côte 
qu'il remonta vers le Nord. Il ne s'arrêta qu'à Arkiko où il trouva 
des habitants. Il prit une femme du pays et en eut une nombreuse 
postérité qui émigra bien plus tard à la suite de discussions avec les 
descendants des premiers occupants. 

Elle vint rejoindre à Ankor les enfants de l'homme de El-Akaf, 
compagnon de leur aïeul, avec lesquels elle s'assimila complètement 
pour ne former qu'un seul peuple divisé en une foule de tribus. 

Dans le pays appelé aujourd'hui Dankali, la tribu dominante s'ap- 
pelait Engalla puis Dankalo et enfin Dankali. Ensuite vinrent d'Asie, 
avec des civilisations différentes, d'autres immigrations repoussant 
dans l'intérieur les Gallas et Kafirs,' jusqu'à à la rive droite du Nil. 

Dans le Somal les plus connues sont : i" Celle de Cheik Içâk dé- 
barquant à Mehet presque en face de Haïss. 

2° De Makador Habr-Halfàn, venu du Golfe Persique, débarqué 
près de Zeilah. C'est l'ancêtre des Gadi-Boursis. 

3° De Madoba (le noir), venu aussi d'Arabie par Bab-el-Mandeb. 
Il eut pour fils Ellaïeh, père d'Issa, ancêtre de la grande tribu des 
Issas. 

Une autre immigration envahit le pays Dankali refoulant plus à 
l'Est les Issas, les Gadi-Boursis et les Habr-Aouals. Elle comprenait 
tant d'hommes qu'ils furent nommés Afars ou A'fr (poussière). Ils 
ont été désignés aussi sous le nom d'Adels du nom de leur chef 
Oda-Ali, c'est-à-dire Oda, fils d'Ali, qui par corruption devient Odals 
et Adals. 

Aujourd'hui, bien qu'une grande partie des tribus de l'intérieur 
semblent être la postérité des Adels les Somalis séparent complète- 
ment leur pays du Dankali ou plutôt du pays des Afars. 

Ils divisent les habitants du Somal en deux classes bien distinctes : 
Les Ischaqs ou Somalis purs parlant tous la même langue (^l'Adal- 

I. Sans vouloir rien en déduire nous croyons utile de faire remarquer 
l'assonance de El-Akàf, Kafirs et Kaffa, ancien peuple Galla, aujourd'hui placé 
à égale distance de la rive droite du Nil, des premiers grands lacs et de 
l'Abyssinie. De même pour la conformité du nom d'Engalla et Changallas. 



Les Somali. 3^7 

Somalicd) et les Aouïas mélange de Sahouclis, de Gallas et de So- 
malis parlant le langage Aouïa qui comprend beaucoup de mots so- 
malis corrompus. Les Ischaqs disent des Aouïas : «Lorsqu'ils veulent 
parler notre langue, nous les comprenons, mais ils nous font rire. » 

Les Ischaqs se divisent eux-mêmes en deux grandes classes : 
1° Dèrh corruption de Dourh «sorti de la mer» pour désigner les 
tribus venus par mer : et 2° Darôd pour désigner les autres, soit 
qu'elles descendent des tribus Dèrhes, soit qu'elles soient venues par 
terre. 

Sont Dèrhes : 

Les tribus de la descendance du cheik Içâk, les Gadi-Boursis, les 
Issas, les Boursouks, les War-Alis, fils de Oda-Ali, mélangées à des 
Gallas, et sept tribus, postérité directe des premiers habitants Gallas 
du Somal, enfants des deux hommes de El-Akàf. Ces tribus sont : 
les Ghibraïls, les Tourehs, les Tagalouahs, les Magadlehs, les 
Gaïlas, les Gourgouras et les Idourhs. 

Sont Darôds, les tribus Arties comprenant les War-sungh-Alis, les 
Medjourtines, les Dolbohantes; les Guerrys, comprenant les Babelis, 
les Djarsos et les Guerrys -Guerrys; l'Ogaden-Içak et l'Ogaden- 
Abdullah; les Barteris et les Abbascoulas, peuplades Gallas, musul- 
manes depuis longtemps, assimilées maintenant aux Somalis bien 
qu'elles parlent galla (oromo). 

Toutes ces tribus ou Kabilehs se subdivisent à l'infini, mais il est 
assez facile de suivre leurs ramifications, chacune d'elles ajoutant tou- 
jours à son nom propre celui de la tribu d'où elle est sortie. 

Les plus anciennes tribus, supposées créatrices de toutes les autres, 
jsont Habr (mères, souches), le mot ha ou her a la même significa- 
tion. Les tribus de formation récente font précéder leurs noms du 
mot ayals qui signifie «enfants de», «postérité de» ou de yvar ou 
ouar qui veut dire «nouveaux». 

En commençant par les Derhs nous allons essayer de donner le 
classement des tribus du « Somal proprement dit » ; 

Nous avons dit que lorsque le Cheik Içak vint d'Arabie, il trouva 
à Mehet les sept hommes, familles ou tribus, postérité du rère Dourh 
dont les descendants existent encore. 



3a8 Les Somali. 

Les Ghibraïls sont restés en petite quantité à Mehet ' sur la mon- 
tagne du littoral qui se trouve en face de l'île marquée Meyet dans 
les cartes, mais désignée par les Arabes sous le nom de Rabesch 
(fiente d'oiseau) et de Rabschi ou Bourti par les Somalis.- 

Des Tourehs et des Tagalouahs, le petit nombre qui reste est 
mélangé aux Habr-Aouals. Ils se font encore reconnaître par fa- 
milles, très-fiers de leur antique origine. Ils n'ont plus de territoires, 
mais leurs troupeaux paissent sur ceux de la tribu à laquelle ils sont 
assimilés. 

Les Magadlehs ont également presque entièrement disparu, les 
survivants sont chez les Dolbohantes. 

Les Gaïlahs assimilés aux Habr Gadjis sont entre Mehet et les 
War-sungh-Alis. 

Des Gourgourahs, une petite partie s'est mêlée aux Dolbohantes, 
l'autre s'est- retirée dans les montagnes du côte des Guerrys. Ces 
derniers Gourgourahs sont pasteurs et cultivateurs à la fois. 

Les Idourhs (probablement les descendants directs du rère Dourh) 
habitent chez les Issas. 

La postérité du Cheik Içak a formé quatre grandes tribus : i° Habr- 
Aoual Içak; 2° Habr-Gadjis; 3° Habr-Tadjalleh; 4°Habr-Younis. 

Quoique toutes portent le nom de « mère » ou « souche » (Habr) 
nous ne croyons pas qu'il faille en déduire qu'elles ont été formées 
ensemble. Nous pensons au contraire que la première fut Habr 
Aoual, autant à cause de sa signification arabe (Ber-aoual «la mère 
d'avant») que parce que c'est la seule tribu dont parlent les anciens 
géographes grecs et romains qui la placent un peu plus au nord du 
territoire qu'elle occupe actuellement. Il nous semble qu'on ne peut 

1. Les flancs de la montagne de Mehet et une vallée placée à sa gauche 
nommée Ouaâdi fournissent des bois de construction très-droits de la grosseur 
du bras. Ils servent à établir les toitures en terrasses des maisons arabes de 
tout le littoral du golfe, soit du Somal, soit de V Arabie. 

Les femmes y remplissent des sacs d'une herbe (indigo) avec laquelle les 
Arabes teignent leurs étoffes en bleu. Cette herbe est vendue sur la côte ara- 
bique. 

2. Cette île est, en effet, couverte d'une sorte de guano que les Somalis 
recueillent et vont vendre à Makalla en Hadramaut. Les Arabes fument avec 
cet engrais les plants de tabac. 



Les Somalï. 349 

alléguer que ces géographes n'ayant entendu parler que de la côte, 
pouvaient ignorer que les Habr Gadjis et les Habr-Tadjallehs exis- 
tassent dans l'intérieur, car ces derniers disent avoir eu, dès leur for- 
mation, des ports, ce qui à notre avis fait tomber d'elle-même l'hy- 
pothèse de leur formation contemporaine à celle des Habr Aouals. 

Un exemple frappant de ces divisions successives est celui des 
Habr-Younis qui, malgré r«Habr» qui précède leur dénomination 
spéciale de Younis et le nom patronymique Içàk qui suit, ont été for- 
més d'Habr-Geradjis par Ismail-Asche-Saïd-Aber-Geradjis Içàk 
d'Habr Aouals par Ghibril-Abokor, Issa-Moussa, Habr-Aouals mé- 
langés à des Gadi-Boursis par les Ghibril-Gadiboursis et Aden-Gadi 
Boursis. 

Pour en revenir à la tradition, le Cheik Içak aurait eu d'une femme 
éthiopienne (habeschïa) Habr-Tadjalley trois fils : Moussa Içak, 
Tadjalleh Içak, et Sambour Içak. 

Les Moussas se divisent en trois : Mohamed -Abokor-Moussa, 
Moussa-Abokor-Moussa, et Samaneh-Abokor Moussa. 

Les Mohamed -Abokors sont de beaucoup les plus forts. Leurs 
villes sur la mer sont Kerem et Andareck. Ils sont marins et four- 
nissent presque exclusivement les chauffeurs noirs des bateaux à va- 
peur allant dans l'Extrême-Orient. 

Ils se divisent eux-mêmes en trois : Noë-Mohamed, Yssif-Moha- 
med, et Aden-Mohamed. Ces derniers ajoutent à leur nom celui de 
Madoba (noir), à cause de la couleur très-foncée de leur teint. 

Les Yssif-Mohamed forment encore : les Ibrahim-Yssif,' les Has- 
san -Yssif, les Abder Rahman Yssif. 

Les Moussa -Abokor-Moussas et les Samaneh Abokor Moussas 
sont dans l'intérieur des Habr-Tadjalleh; ils sont pasteurs et ne for- 
ment qu'une famille très-unie et très-fière. 

Les Moussas occupent plus spécialement le terrain entre Ankor 

I. La tribu d'Ibrahim divisée encore en deux, Saël et Robieh, fait conti- 
nuellement (pour des meurtres de familles qui ont opéré d'abord sa division) 
une guerre que l'anéantissement de l'une des deux tribus peut seul éteindre. 
De toute cette descendance des Noë-Mohamed, la tribu de Robieh, guerrière 
et pillarde, seule vit entre la mer et les montagnes, les autres occupent seule- 
ment le littoral. 



350 Les Soînalï. 

(la ville de l'encens) et l'île Haïss. Les Samanehs étaient autrefois 
une grande tribu indépendante, forte et puissante. Les chants sonialis 
vantent la valeur des guerriers Somanehs. Aujourd'hui, ce qui n'est 
pas assimilé aux Moussas -Abokor est dispersé chez les Noë-Moha- 
med, les Habr-Tadjalleh et chez les Habr-Garadjis. 

Les Sambour-Habr-Tadjalleh-Içaks devinrent une tribu dégénérée 
et sans importance. Ils furent maudits parce que l'un d'eux vola le 
livre de Cheik-Içak dans son tombeau' et alla le vendre à Ouaad 
dans l'oasis de La Hadj, à 28 milles au nord d'Aden, où l'on prétend 
qu'il se trouve encore dans la tombe d'Abdul-Omar, un des anciens 
Shérifs de l'Arabie méridionale. 

Les Sambours sont un objet de mépris pour les autres Somalis 
qui les injurient en disant : «Voleurs qui avez vendu le livre de notre 
père». Depuis cette époque les Somalis considèrent comme une chose 
infamante de vendre les vieux objets de famille; même dans la plus 
profonde misère, ils se souviennent du livre d'Içak. 

Les Tadjalleh-Habr-Tadjalleh-Içaks ont pénétré dans l'intérieur. 
Ils sont la souche d'une grande partie des tribus d'au-delà des Habr- 
Aouals. Ces derniers sont à l'Ouest des Habr-Tadjallehs; la limite 
des deux territoires sur la mer est Zeiyareh, ville importante autre- 
fois qui n'existe pour ainsi dire plus. Ils se divisent en Issas-Moussa- 
Habr-Aouals et Saad-Moussa-Habr-Aouals. 

Les premiers se partagent encore en : Mohamed-Issas, Aden-Issas, 
et Abokor-Issas. Les Mohameds habitent les bords de mer, voisins 
des Mohameds-Noë. 

Les Adens, très-peu nombreux, sont également sur le rivage. 

Les Abokors, beaucoup plus dans l'intérieur, sont voisins desHabr- 
Younis dont une tribu des Abokors, (Younis) Ghibril-Abokor, a co- 
opéré à la formation. Toutes ces tribus se divisent encore à l'infini. 

Les Habr-Garadjis ou Habr-Gadjis occupent les montagnes au 
sud des Habr-Aouals et des Habr-Tadjalleys, sur une bande étroite 
qui décrit une courbe jusqu'à la côte. La limite Est de leur territoire, 
sur le bord de la mer, est entre Wakderia chez les War-sungh-Alis, 
et un village Ascho, situé tout près mais qui est Hahr-Garadji, tandis 

I. Sur le mont Mchet où il existe encore. 



Les Soynali. 3 5 1 

que la limite ouest est à quelques milles de l'Ue Haïss du côté du mont 
Mehet, Ils se divisent en : Arab-Garadjis, Saad-Garadjis, et Daod- 
Garadjis. 

LesGadi-Boursis, qui eurent pour aïeul Makador Habr-Halfan, oc- 
cupent un assez large territoire entre les Habr-Aouals, les Issas au 
Nord, à l'Est et à l'Ouest, et les Habr-Younis, les Barteris et les 
Guerrys au Sud. Le nom patronymique des Gadi-Boursis est Gadi 
ou Gado; Boursi signifie montagnard, de hour «montagne». Les 
territoires Gadi-Boursis viennent presque jusqu'au bord de la mer, 
mais la côte même est toute Issa ou Habr-Aoual. 

Les Issas, enfants d'Issa, fils d'Ellaïed, fils de Madoba (le noir), se 
divisent en : Dollouls,Wardicks, et Ebgals. Ils occupent un vaste ter- 
ritoire entre le Dankali. ou pays des Afars et les Gadi-Boursis. Ils 
sont limités au Nord par le golfe d'Aden et au Sud par les mon- 
tagnes des Guerrys et des Nollehs-Gallas. 

Sauf dans les environs d'Ansa' où la chaîne des Gadi-Boursis tra- 
verse leur territoire, le pays d'Issa, quoique parsemé de petits mas- 
sifs isolés est assez plat. Les War-Dicks occupent plus spécialement 
le centre. 

Les Boursouks ou Barsoubs, divisés en Seyâns Boursouks et Ber- 
Djehs-Boursouks, occupent le massif montagneux qui sépare les 
Gadi-Boursis, les Habr-Aouals et les Younis de l'Ogaden. Ils disent 
être venus directement d'Arabie, mais nous n'avons pu connaître le 
nom de leur aïeul. Boursouks signifie, comme Boursis, «habitants des 
montagnes » . 

Les War-AHs, ou nouveaux-Alis, sont des Gallas purs chez qui 
l'Islamisme fut apporté par les Oda-Alis ou Afars et Adels; de là leur 
nom rère-Alis ou Nouveaux-Alis. La source de leur religion est seule 
cause de leur assimilation aux tribus Dèrhes. Ils occupent le versant 
Sud des montagnes des Boursouks, touchent à l'Ogaden, et se di- 
visent en Itous-War-Alis et Dulata- War-AHs. Les Itous sont au cou- 
chant. 

Des War-Alis, la religion musulmane se répandit chez les War- 
sungh-Ali (nouveaux hommes d'AH), tribu Darôd. Comme nous 

I. Se prononce Ennessa [AnnhaJ. 



3c 2 Les Somali. 

l'avons dit, les tribus Darôd sont celles qui ne sont pas venues direc- 
tement par la mer, ou dont la date d'immigration ou de formation 
ne peut être fixée. 

Elles se divisent en cinq agglomérations principales : i. Arti; 
2. Guerry; 3. Ogaden; 4, Bartireh; 5. Abbascoulas. Les tribus Arties 
sont les Medjourtines, les War-sungh-Alis et les Dolbohantes. 

Les Medjourtines paraissent avoir la même origine que les Berbers 
qui occupent le pays situé entre l'Abyssinie et le Nil. Toute la côte 
Nord entre Berberah et Gardafui portait autrefois le nom de Barbaria 
que certaines cartes anglaises lui ont conservé. Les anciens géogra- 
phes, parlant de cette partie de la région aromatifère, disaient « cette 
autre Barbarie». Nous avons découvert, dans l'histoire des Berbères 
de Slane, que les quatre premières familles ou tribus formées des 
Oullahs sont : Medjer, Ourtine, Meklat et Zeilah. Slane ajoute que 
la tribu de Meklat doit être considérée plus spécialement comme 
Himyarite. Nous n'avons pu trouver trace des Meklatas dans le 
Somal.' 

Les Medjourtines occupent une bande de territoire d'un degré et 
demi de largeur environ, suivant la mer depuis Gardafui jusqu'à 
Ras-Ukyte, situé par 7° 35' de Latitude Nord.- Les Medjourtines 
ont une civilisation plus avancée que celle des autres Somalis. Leurs 
maisons sont mieux construites; ils portent souvent des vêtements 
de soie comme les Arabes au lieu du tohe Somali de coton écru. Ils 
emploient quelquefois les armes à feu, tandis qu'elles sont presqu'in- 
connues dans le restant du Somal. Le berceau des tribus Himyarites 
et des Berbères étant également l'Arabie méridionale et occiden- 
tale, il s'en suit que Berbères ou Somalis sont d'une souche iden- 
tique et qu'ils ne diffèrent que par des détails de civilisation. 

Les Medjourtines se divisent en : Ali -Soliman -Medjourtines et 
Mahmoud -Soliman -Medjourtines. Ces derniers sont Omar -Mah- 
moud, Osman-Mahmoud, ou Issa-Mahmoud. 

1. Une grande tribu Meklat el Assonad existe entre les Marah (à l'Est du 
pays d'Hadramaut) et El Akaf. 

2. On peut supposer que les Medjourtines sont les anciennes tribus Berbères 
de Zeilah et Berberah repoussées de leur ancien territoire à la place qu'ils 
occupent aujourd'hui par les immigrations successives venues par le détroit. 



Les Soviali. 353 

Leurs chefs sont nommés sultans comme dans l'Arabie et chez 
les Berbères et non Ogâs comme chez les autres Somalis. Ils en ont 
trois : Le plus puissant, Nour-Osman commande les Osmans-Mah- 
moud, navigateurs et pasteurs dont le territoire occupe tout le nord 
des Medjourtines. Ce territoire est traversé de l'Est à l'Ouest par de 
hautes montagnes. Entre elles et la mer, ainsi qu'au Sud, s'étendent 
de grandes plaines qui se continuent chez les Issas- Mahmoud et les 
Omars-Mahmoud au Sud des Osmans. Les Issas et les Omars sont 
pasteurs et, dans leur pays plat, élèvent des troupeaux de bœufs, 
chèvres, moutons, chameaux et chevaux. Les principales villes Me- 
djourtines du littoral nord sont : Aloula, Bouëh, Bender-Merayah, 
Yebour, Bender-Khor, Bender-Ghasem, Bender-Zïadeh, etc. 

Les War-sungh-Alis (nouveaux hommes d'Ali) sont la postérité 
des War-Alis et Alis d'Ogaden, eux-mêmes fils des Adels ou Odas- 
Alis. Leur limite Est sur le littoral est Ellaveh ou Aleyah des Me- 
djourtines. Celle de l'Ouest est Wakderia. La principale ville sur la 
mer est Kaou. Leur territoire occupe une bande de la largeur de la 
rive qu'ils possèdent sur le golfe; cette bande est parallèle à la limite 
Est des tribus de Cheik-Içak. Elle a la même direction que les mon- 
tagnes qui la séparent en deux dans le sens de la longueur. Au sud 
sont les Dolbohantes et à l'extrémité Ouest les Alis-Içak jusqu'aux 
War-Alis. De chaque côté des montagnes sont des plaines. Celles 
du versant Sud s'étendent jusqu'à la mer des Indes. 

Les War-sungh-Alis, sous l'autorité d'un seul Ogâs (Ali Mah- 
moud), se divisent en War-Labé et Doubess. Les premiers sont 
armés seulement de lances; les autres emploient exclusivement l'arc 
avec lequel ils lancent des flèches empoisonnées d'Ouabaïe. Sauf 
dans quelques villages sédentaires du littoral, ils sont pasteurs et 
nomades. Ils ont moins de chevaux que les Medjourtines. 

Les Dolbohantes occupent un immense terrain plat confinant à 
l'Ouest à rOgaden; au Sud, aux Aouïas; à l'Est aux Medjourtines; 
au Nord aux War-sungh-Alis. 

Des M/a6i5 (rivières, torrents) • le Faralo, le Dokter, etc., descendent 
du Ganlibah, du Guerbadir, du Guoliss, du Golgoten, hautes mon- 

I. «Do» signifie aussi «rivière». 

23 



3^4 -^^^ SoviaU. 

tagnes (2000 à 3ooo mètres) des War-Alis, des Alis et Warsungh- 
Alis. Ces wabis changent presque tous de noms lorsqu'ils entrent 
sur le territoire Dolbohante. Ils vont se jeter dans le wabi Dob-Ouénah 
ou Do-Ouénah qui signifie «grand après» pour le distinguer du Wabi- 
Ouénah ou Grand -Wabi, formé de quatre ou cinq rivières qui prennent 
leurs sources dans les montagnes des environs de Harar. Le Do- 
Ouénah ne va pas jusqu'à la mer des Indes; il se perd avant dans les 
sables. 

Les Dolbohantes sont formés de grandes familles indépendantes 
ayant chacune leur chef respectif. 

Les principales sont : Arassama, Aïack, Barckatt, Barar-Sama, 
Gaïatt, Mohamed Gérod, et les Abdallahs. Ces derniers sont divisés en 
deux : Yaya-Abdallah et Aberoua-Abdallah. Les Aberouas forment 
la tribu la plus puissante. Les Aïatts sont les moins nombreux et les 
plus faibles. Tous sont pasteurs. Ce sont les Dolbohantes qui élèvent 
la plus grande quantité de chevaux. 

Les Guerrys sont montagnards. Ils occupent tout le massif à l'Est 
des Gallas, à la hauteur de l'ancien royaume musulman de Harar. 
Ils se divisent en : Guerrys -Guerrys, Djarsos-Guerrys et Babelis- 
Guerrys. Quoiqu'ils emploient le langage somali, leurs coutumes 
sont plutôt celles des Gallas que celles des Somalis. Beaucoup sont 
pasteurs et des villages sédentaires de maisons de roseaux, rondes, 
vastes, à toits pointus, servent d'abris aux habitants et aux bestiaux. 

Les Djarsos se divisent en : Abdallah -Djarsos, Farah-Djarsos, 
Ouguédo-Djarsos; et les Guerrys -Guerrys en : Yabaroh Guerrys- 
Guerrys, et Ba-Abeïanh Guerrys Guerrys. 

L'Ogaden est la partie la plus vaste du Somal. Elle commence 
sur le versant Sud des montagnes des Alis placés entre les War-Alis 
et les Warsungh-Alis où elle peut être nommée Ogaden supérieure. 
Elle va ensuite en s'abaissant en grandes plaines vers la mer. Comme 
chez les Dolbohantes, ses habitants sont des pasteurs nomades ne 
vivant que de lait et de viande. Ils élèvent des autruches en assez grande 
quantité et ils en échangent les plumes contre les cotonnades qu'y 
portent les marchands et caravanes somalis. 

Une grande ligne de trafic, chemin des caravanes, part de Berberah 



Les Soniali. 355 

et Boulaar, traverse l'Ogaden du Nord au Sud pour aller aboutir à 
Braoua et Magadoxo (Magdichou) dans le pays des Aouïas. Le Wabi- 
Ouénah igrand wabi) est à peu près la limite Ouest de l'Ogaden 
qu'il sépare des Aroussis-Gallas. 

Le Tuk-Fafan [tuk signifie rivière très encaissée qui coule tou- 
jours) se jette dans le Wabi qui lui-même va se perdre dans un lac 
au dessous de Braoua sans atteindre la mer des Indes. Dans sa partie 
supérieure le Wabi est large et profond. Il est souvent à sec dans sa 
partie inférieure. La perte de ses eaux est due à l'évaporation ou l'in- 
filtration. 

L'Ogaden comprend deux grandes divisions : l'Ogaden-Içak au 
Nord et au Levant, comprenant la partie élevée qu'occupent les Alis, 
les Afouehs et les Arounhs; et l'Ogaden-Abdallah qui se divise en : 

Amaden au centre, Malinyours à l'ouest, Marehans, touchant aux 
Dolbohantes; Ogas-Hercy, Ogas-Samatar, Ogas-Koscheïn, Ogas- 
Gouleitt, Ogas-Nourh, Ogas-Elmy,' Magânhs ou Ba-awodlés, Te- 
massehs, Guelmiss, Aden Rère, Aoulïanhs, Habr-Ali, Ibrahim. 

Il est assez facile de placer toutes ces tribus. Les caravaniers disent 
qu'elles sont traversées dans l'ordre suivant par les caravanes partant 
de Boulaar : Habr-Aoual, Habr-Younis, Habr-Garadjis, ces trois 
tribus étant Cheik Içak. Les suivantes sont toutes Ogaden : Abbas- 
coulas, AH-Içak, Ogas-Elmy, Ogas-Hercy, Ogas-Koscheïn, Amaden, 
Ogas-Nourh, Temassehs, Aden-Rère, Guelmiss, Aoulïanhs, et enfin 
les Abgals du territoire des Aouïas où elle aboutit à Magdichou et 
Braoua. 

Les habitants de l'Ogaden sont certainement la postérité de Cheik- 
Içak, autant par le nom d'Içak que portent les tribus de l'Ogaden 
supérieure que par les Abd'allahs postérité d'Arab-Geradjis-Içak. 
C'est du reste de tradition chez eux. Seuls, les Alis sont venus de 
l'Ouest par les montagnes. L'Ogaden n'a pas de grand chef unique : 
quantité de petits ogas ou chefs de tribus s'y font une guerre per- 
pétuelle. 

Les Barteris ou Bartirehs occupent un territoire montagneux au 

I. Tous ces ogas sont morts depuis plusieurs siècles, les tribus conservent 
leurs noms comme souches de leur formation. 

2X* 



35e ^^^ Fabo. 

Nord-Est de Harar entre le Boursouk, les Guerrys et les Gadi-Boursis. 
Ils cultivent un peu de dourah. Ils étaient autrefois commandés par 
un ogas mort il y a un an, il n'a pas eu de successeur. Ce pays était 
considéré comme annexé à la Colonie égyptienne de Harar et payait 
tribut. 11 compte deux grandes divisions : 1. Ba-Bersouks-Barteris, 
et 2. Ba-Cheik Aschet Barteris. 

Les Abbascoulas possèdent un territoire analogue à celui des Bar- 
teris et à l'Est de ceux-ci. Les cinq divisions de cette tribu sont : 
Djouma, Saïd, Bareh, Guedi, et Goulett. 

Voilà les divisions des Somalis-Ischaqs qui occupent tout le Nord 
du pays que les cartes désignent sous le nom de Somal. 

Une ligne partant de Râs-Ukyle, par 7" 3$ de latitude Nord, allant 
jusqu'au Ouabi-Ouénah, limite du Galla, au 5° latitude Nord, peut 
être considérée comme limite Sud des Ischaqs. Au sud de cette ligne 
le pays est occupé par les Aouïas. 

Les Somalis disent que leur nom leur fut donné par les Arabes 
musulmans quelques années après Mohammed. Le Somal ne com- 
prenait d'abord que les tribus du Nord-Ouest, c'est-à-dire les Issas 
et Gadi-Boursis. Le nom s'étendit, à mesure de la conversion du 
pavs à l'islamisme, aux tribus de Cheik Içak, puis enfin et depuis peu 
auxWarsoungh-Alis, Dolbohantes et Medjourtines. C'est à tort selon 
nous qu'on l'applique aux tribus Aouïas, car rien n'empêcherait alors 
d'étendre cette limite indéfiniment. 

Les Somalis ignorent l'étymologie de leur nom. Nous soumettrons 
plus tard une hypothèse neuve qui voit dans Som-Ali le pays d'Ali 
ou la postérité d'Ali. 

4. 'Ad Yabo. 

Un croquis informe, qu'il a paru prématuré de reproduire ici, donne 
selon un relateur tïgray, une liste des noms de lieux de cette pro- 
vince. Elle est bornée par la R. Marab du côté de l'est. Sa limite à 
l'ouest est donnée par la rivière appelée Malaw afaras en amont, 
Sîbta plus en aval dans Terme, et enfin Zïgiiar, toujours dans Terme, 
près de sa jonction avec le Takkaze , dans Dayplual. Il y a peu de 
noms de lieux au centre; ils sont nombreux près des deux rivières. 



Source du Abbay. ^57 

Madabaytabîr est en amont près du Marab, qu'on suppose couler 
du sud vers le nord. Près de là sont Samania à l'ouest, Tolful, Bor- 
kuaho, 'Addî Ifahiiîra, 'Addï xum ToJflu, ' Addî Qalba, Gaza kari, 
'Addï Amficira, Daraso masahal , 'Ad Q_ay, Danosa, Rïljbayta, 
'Addï fja^in, Rohdabre, Udahcl, 'Addî a/a mamhïr, Imba ^oa. 

Près du bas Marab le district Santa dabo comprend Z^^f/-, Sïgalii, 
Kurkiira, 'Addï Bo/^ray, Wïxan nabra, Ba'ad, Kasona , Soljey, 
giial [tillej Sohey, 'Addï bfïray, Kumkum, en allant de l'ouest vers 
le Marab. 

Dans le centre de la province sont 'Addï da'aro, 'Addï BaliaJ/hi, 
'Addï 1,-ahasu, 'Addï gualgual, 'Addï ïnbasa, Godafo. 

La province Asgïde est sur la rive gauche du MaUiU a/aras. 
Sur sa rive droite et allant d'amont en aval on trouve Imba iedii, 
'Addï alaqRasi, 'Addï JjoJjob, Gaza xum 'Abd abr rabbi, Guagubbo, 
'Addï jyagno, 'Addï nabïr-ïd, ' Addi hankiiïl, 'Addï 'alk'a, 'Addï 
dakami, Gubbata, 'Addï na:[a, May xïru, Gaza 'addî bayk, 'Addî 
bar'aday, ' Andelo , Maqhïda, 'Addï qalb'a. Ces 14 derniers sont 
massés près Gaza xum 'Abd ar rabbi et à son nord. 

En aval se trouvent, toujours près du Sïbta, Gudullo , Dcbba, 
'Addî qe, 'Addi guatam , Zagîr, 'Abiy ïgrï, ^a'ada mïdrî, 'Addi 
fiïdîrom. Enfin Mîdîr falasi près du Sïbta, et Inda MARYAM, plus 
loin de cette rivière, sont sur la frontière de Terme qui s'étend jusqu'au 
Takkaze. 

5. Tribus Bïja. 

Un matelot bïlcn , à qui je demandais quels tribus ou sous-tribus 
" il connaissait, me donna en octobre 1848 la liste suivante : 

Parmi les bïdawwiet, c'est-à-dire ceux qui ne savent pas la langue 
arabe : 1. Segulab. z. MeUjétkena. 3. Gareb. 4. Y Hannar. s-Kalila. 
6. Sajpra. 7. Ab Axkua. 8. Maljmuda. 9. A Marar. 10. Samar ar. 
li. Ida mala. 12. Artega. Ces 12 sont sur les confins des IJabab. 
Les A Marar vont souvent à Sawakin. i3. Al Atman qui laboure 
la terre à Tokar. 14. A'âr^/près Tokar. 15. Al 'Eray. 16. Agdandua. 
17. Kdleko. 18. Abrimandua. 19. Amaxandua. 20. Waliasarandua 



3r8 Tribus Blja. 

qui sont des Bîni 'Amar. 21. F Awada qui sont des Ijaâandua. 
22. Bet Ma'ala d'origine FJabab et parlant les deux langues tïgre et 
bïja. 23. Y AJIagda, Arabes. 24. Gultamandua. 25. Nasaiidua. 
26. Nasandua et 27. Bet Bîjal, tïgre et ^z/a. 28. Man'a, 29. yljrZ'i'rre, 
3o. Kôkiiyya, 3i. Salanâua, 32. Towas, 33. ^/ Bakitatidua, 34. F 
Ifasal et 35. Xabâina, tous iJf/a. 

36. Les Og"o5 sont des IJalanga et restent près la rivière Atbara. 
37. Les ^0/27 sont des Arabes, ainsi que 38. les IJamran et les Xakiiri. 
39. Les £" Jâ:/ sont venus de Sannar. 40. Les Agiimian restent 
près Ayajre, pays à coton [peu élevé par conséquent : ils sont sur 
la frontière des chrétiens et obéissent à Wîbe, prince du Sîmen\ 
41. T)amana, Arabes. 42. Y Li, 43. Sogada, 44. Betama, 45. Ma- 
guarae, 46. Salallagoda , ^j. Xabela, 48. Bixa et 49. Arnadda, 
tous Barya. 50. ^/ Gaden, 51. Sajpdara, 52. IJafara; ces trois 
derniers sont IJaldnga. 53. Mariya près Jabebru et Sayiljeyt, parlant 
ffgre. 54. Badur \^Aqiq probablement] parle /zgre et ^{/a, ainsi que 
55. YAlman. I Daga est le chef lieu des i^f/zf 'Amar; Tokar est /?{)'tz. 

[Les i^f;a_, qui se donnent ce nom, sont lec Bïxari des Arabes. 
Mon relateur bïlen parlait avec moi l'idiome tïgre où l'accent to- 
nique est très senti. Dans Salallagoda cet accent était sur la deuxième 
syllabe. Andua qui paraît être une terminaison de la langue bïja, 
m'a paru souvent devoir être andua; son accent est sur la première 
syllabe.] 

Les deux numéros suivants sont traduits du portugais et extraits du 
manuscrit qui existe au British Muséum sous le n" 9861 des M. S. S. 
additionnels. Il est intitulé : «Histoire de la haute Ethiopie ou Abassie 
empire de l'Abexim, dont le roi est vulgairement appelé Prêtre Jean» 
par Manoel de Almeida, de la compagnie de Jésus, natif de Vizeu. 



6, Source de la rivière Abbay. 

La chose la plus remarquable qu'on trouve dans cet Empire c'est 
la source du Nil nommé par les Abyssins Abâuj. Ce n'est pas qu'à 
cette source on trouve des choses plus dignes d'être remarquées que 



Source du Abbay. 359 

dans les autres sources; mais c'est à cause du grand désir qu'on avait 
autrefois de connaître l'endroit où elle était. Je ne reproduirai pas 
ce que les historiens, les poètes et beaucoup d'autres auteurs ont dit 
et imaginé au sujet de cette source et de la crue du Nil, car ce qu'on 
trouve dans les livres est toujours mieux connu en Europe qu'en 
Ethiopie et pour plus que j'en dise on dira toujours là-bas qu'on en 
sait bien plus encore. Ayant vu de mes yeux, je dirai simplement et 
en vérité ce qui en est; ceux qui le liront se mettront peut-être à rire 
du grand nombre de récits qu'on a inventés sur une chose si petite. 

Au milieu du royaume de Gojam à peu près sous douze degrés 
du Nord de la Ligne il y a un pays qu'on nomme Sacahala et qui 
est peuplé par des Agaus (Agaos?) païens pour la plupart et les 
autres n'ayant que le nom de chrétiens. C'est un pays montagneux 
comme la plus grande partie de l'Ethiopie, bien qu'il le soit un peu 
moins. Les montagnes de ce pays-ci dépasseraient à peine les pre- 
miers plans des monts des pays voisins. 

Au milieu des montagnes dont je parle ou plutôt de ces collines 
de Sacala il y a un espace de terrain uni un peu inégal, et au centre 
de cette plaine qui mesure un tiers de lieue il y a un petit lac qui a 
le diamètre, à peu près, d'un jet de pierre. Ce lac est tout plein 
d'herbes et d'arbustes dont les racines sont si enchevêtrées que pen- 
dant l'été on peut marcher dessus et atteindre deux sources qui jail- 
lissent du sol et qui sont éloignées l'une de l'autre à peu près d'un 
jet de pierre. On y voit l'eau claire et limpide. Les gens qui de- 
meurent là disent qu'on ne peut pas atteindre le fond de ces sources 
et quelques-uns en firent l'essai en introduisant des lances jusqu'à 
une longueur de 20 palmes sans toucher le fond. 

L'eau s'écoule de ce lac sous la terre, mais par les herbes on peut 
savoir le cours que prend son fil et il va d'abord vers l'Orient jusqu'à 
la portée d'un fusil : ensuite il tourne vers le Nord. L'eau devient 
visible sur terre à peu près à une demi-lieue de la source et elle forme 
une rivière pas très grande, mais bientôt il s'y en joint d'autres qui 
en y débouchant perdent leur nom et le Nil commence à être un 
fleuve. Après 1 5 lieues, en comptant les détours, il reçoit une rivière 
importante et plus grande que le Nil lui-même et qu'on nomme 



36 o Cours de la rivûre Abbay. 

Gemâ. Un peu plus bas le fleuve s'incline vers l'Orient et reçoit deux 
autres rivières le Kelty et le Branty, et avec ceux-ci et d'autres de 
moindre importance il coule à travers de vastes prairies où il se 
trouble et s'embourbe au contact de la terre noire. C'est alors qu'il 
perd le cristal de ses eaux claires et mérite le nom de fleuve trouble 
que lui donne le Prophète qui écrivait de lui, là bas près de son 

embouchure (Jereme H, 18) quid tibi vis m via jEgypti ut bibas 

aquam tiirbidam. En cet état il entre dans le grand lac qu'à cause 
de sa grandeur on appelle mer dans le pays et de Dambea parcequ'il 
est auprès de ce royaume. Nous en parlerons plus loin. 

Le Nil interrompt ce lac par un bout et il en sort ayant pendant 
l'été un débit d'eau à peu près égal à celui de son entrée; mais en 
hiver il en sort beaucoup plus augmenté, car aucun autre cours d'eau 
grand ou petit ne sort du dit lac qui en reçoit beaucoup ce qui le 
fait croître pendant l'hiver. Il s'écoule par cette bouche ou par ce 
déversoir du Nil Jusqu'à ce qu'il reprenne son état ordinaire. Pendant 
l'été quand l'eau est tranquille, on distingue le courant du fleuve qui 
traverse [ce lac] en charriant des herbes et des bois légers qu'on voit 
se mouvoir pendant que l'eau qui se trouve sur d'autres points du 
lac est immobile comme si elle était à terre sur la rive du fleuve. La 
longueur de cette traversée sera de six à sept lieues [de éooo à 6500"^']. 
Le courant du Nil sort du lac presque droit vers le Sud-Est et dans 
cette direction il court le long des royaumes de Begameder, Amarâ, 
Olecâ, les laissant au Levant. Il tourne ensuite vers le sud, laisse au 
Sud-Est le royaume de Xaoa et s'inclinant bientôt vers le N. O. et 
vers le nord il laisse au Sud-Sud-est et à l'ouest Ganz, Gâtâtes et 
Bizamo et va dans les terres des Gongas et des Cafres et plus loin 
traversant les terres de Faxcallô, il pénètre chez les Ballons ou Funchos 
qui semblent être la Nubie; et il chemine vers l'Egypte. 

Ces retours du Nil se représentent bien dans la figure d'un ser- 
pent pas très-lové, mais avec les détours qu'on voit dans cette pein- 
ture. 

[Dans ce croquis du livre d'Almeida le mot du haut est sans doute 
Nubia. Ballous doit être le Gînjar d'aujourd'hui. Dambya est mal 
placé et je ne devine pas ce que peut être le nom écrit au-dessus. Le 



Régions près le Abbay. 36 i 

lac Tana ou ^ana est mal oriente. Je ne me rappelle pas Daber; 
Dara est bien à sa place. Amara est écrit comme de nos jours. Ganz 
et Bizanio, notés par Ludolf, ne m'ont pas été mentionnés dans le 
pays; ils semblent correspondre aux régions occupées par les tribus 
Amuni, Horro, Gudru et, peut-être, le Liban. Les Ga/a^ n'existent 
plus que sur la rive droite du Abbay; comme jadis, les Gonga occupent 
ses deux rives. Faxcalo de l'esquisse pourrait être notre Fa Zoglo. 
Nebesse d'Almeida est Annabse. Je n'identifie pas taraQ), Ligenegur, 
ni Cerca, et encore moins Leste. Collela est notre Kuallala.] 



7. Voyage à hiarya. 

Comment le père Antonio Fernandez partit pour Gojam et de là 

pour Xarea avee l'ambassadeur ; de ce qui leur arriva jusqu'à ce 

qu'ils y parvinssent. (Liv. VII, chap. rj.) 

Au commencement de Mars de iéi3 le Père Antonio Fernandez 
partit de Dambea pour Gojam, où se trouvaient le vice Roy Cellaxos' 
et l'ambassadeur Fecuregzy- qui était parti en avant pour rejoindre 
sa femme et ses enfants qui y demeuraient et pour régler des affaires 
domestiques. Le Père arriva à notre résidence de Collela où se trou- 
vait le Père Francisco Antonio de Angelis ; il v séjourna quelques 
jours, sachant que le Vice Roi était parti pour une guerre. Aussitôt 
qu'il apprit son retour il alla à sa rencontre à Ombramâ, avant en 
sa compagnie dix Pères dont quatre voulaient le suivre jusqu'à l'Inde 
et six l'accompagner jusqu'à Narea d'où ils comptaient retourner. Le 
Vice Roi les reçut avec de grandes marques d'affection et les retint 
dans son camp jusqu'à l'arrivée de quelques Gallas et de quelques 
"Xates qu'il envoya chercher pour leur servir de guides jusqu'à 
Narea, sur le chemin qui traverse une région peuplée, pour la grande 
part, par ces deux nations. Quand ces guides furent arrivés il leur 
donna quelques bons cadeaux et leur en promit de meilleurs quand 
ils lui apporteraient la nouvelle de l'heureuse fin du voyage en lui 
annonçant que le Père et l'Ambassadeur étaient arrivés sains et saufs 

1. Sï-Ila Kru<^tos (portrait du Christ). 

2. Fîqura Ag:;i (aimé de Dieu). 



302 Discours de partance. 

à Narea; alors en prenant à part le Père il lui tint un discours plein 
de zèle et de bon esprit tel que l'aurait tenu un supérieur de la Com- 
pagnie en prenant congé d'un de ses sujets. 11 mit sous ses yeux l'im- 
portance de la tâche, les difficultés que le Démon ne manquerait pas 
de soulever pour la contrarier. Il l'exhorta à les vaincre toutes par 
le courage et la fermeté de son esprit, car il voyait la grande gloire 
qui en résulterait à Dieu et le grand profit qui en adviendrait aux 
âmes soumises à cet Empire. 11 lui conseilla de mettre toute con- 
fiance en Dieu au milieu des travaux et des dangers, car le Seigneur 
qui s'était sacrifié pour eux, ne refuserait pas son assistance à une 
œuvre qui était toute à Lui. Il lui recommanda de mettre fin à l'affaire 
le plus brièvement possible pour que ce qu'ils désiraient se réalisât 
pendant la vie de l'Empereur, car si la mort de celui-ci avait lieu 
avant, la peine et le travail du voyage seraient vains et perdus. En 
dernier lieu pour que l'exhortation ne se bornât pas à des paroles il 
voulut y joindre l'exemple et, en larmes, il se jetta aux pieds du Père, 
voulant baiser les pieds qui, pour l'amour de Dieu, allaient parcourir 
tant de chemins âpres et longs ; mais le Père qui était ému et édifié 
de tant d'humilité de la part d'un si grand prince, s'empressa de le 
relever. Il demanda alors au Père, si Dieu menait celui-ci à Rome 
un jour, de baiser pour lui les pieds de Sa Sainteté et de lui apporter 
un fil de ses vêtements qu'il regarderait toujours comme une grande 
relique, comme un trésor d'une valeur inestimable. Ceci dit il fit à 
l'Ambassadeur la même exhortation et prenant congé de lui et du 
Père en les embrassant affectueusement, il leur témoigna les regrets 
qu'il éprouverait de leur absence et l'envie qu'il leur portait, car, si 
la distance le lui permettait, il n'aurait de toute sa vie une jouissance 
si grande comme celle de visiter les Lieux Saints de Rome, en baisant 
le pied du Vicaire de Jésus-Christ sur la terre et en voyant la cour du 
roi de Portugal et celles des autres Rois et Princes de l'Europe. 

Le Père et l'Ambassadeur partirent de Ombramâ vers le milieu 
d'Avril; ils avaient une escorte de quarante hommes armés de ron- 
daches et de zagaies. En cheminant vers le couchant, après deux ou 
trois jours de marche au travers des terres appartenant aux Gongas 
ils arrivèrent à Sinasse/"A7;zax<:iJ^ peuplade principale des dits Go«g^a5 



Xînaxa et Gonga. 363 

qui leur refusèrent l'escorte que, de la part du Roi, ils leur deman- 
daient pour tout le reste de la route jusqu'au Nil. Les Gongas parais- 
saient disposés à leur faire violence et même à les tuer et ceci en 
vengeance de la mort que le Roi avait fait donner quelque temps au- 
paravant à un des hommes de la tribu qui était un grand scélérat. 
L'Ambassadeur leur fit des suppliques, mais voyant qu'elles n'étaient 
point écoutées il résolut de faire donner avis au Roi pour que celui-ci 
leur envoyât quelques compagnies de soldats capables de les protéger 
dans le danger où ils se trouvaient. Mais personne ne voulait partir 
de crainte des périls du voyage. Alors un des dix Portugais de la suite 
de l'Ambassadeur partit en toute hâte et alla donner avis au Roi de 
ce qui se passait. Le Roi en fut très-fâché et envoya deux ou trois 
capitaines avec leurs hommes pour servir de gardes au Père et à 
l'Ambassadeur et pour châtier les Gongas. Ceux-ci sachant que le 
Roi était averti et craignant le châtiment prirent la bonne résolution 
de donner la garde qui leur était demandée. Escortés par cette garde 
le Père et ceux de sa suite arrivèrent en trois jours à l'endroit où ils 
devaient passer le Nil. Cet endroit s'appelle Mine. Ce passage se trouve 
dans la courbe que le fleuve fait vers le Nord presque en face des 
terres d'Egypte et à Est-Ouest de sa source. Le fleuve se trouvait en 
ce moment fort enflé et rapide. 

Cependant, n'ayant pas d'autres moyens ils passèrent le fleuve sur 
un radeau fait de morceaux de bois mal liés auquel étaient attachées 
des calebasses qui l'aidaient à flotter. Des jeunes gens nageaient en 
avant en guidant le radeau et d'autres, à l'arrière, le poussaient. 
Comme sur le radeau il n'y avait pas de place pour beaucoup d'effets, 
la chose se faisait lentement. Dans ces allées et venues on perdit beau- 
coup de temps et on mit une journée entière à faire le passage. Le 
lendemain un homme partit avec un message pour le Roi et l'ordre 
d'aller à la rencontre du Portugais qui était allé trouver le Roi et qui 
devait être en chemin avec beaucoup de gens de guerre. Le Père lui 
faisait dire de rebrousser chemin puisqu'il ne pourrait plus l'atteindre. 
Après le passage ils marchèrent droit vers le Sud jusqu'à Narea et 
sur ce chemin qui est, à peu près, long de 50 lieues, les dangers ne 
leur manquèrent pas, mais Dieu, dans sa bonté, a bien voulu les en 



304 Xates et Païens. 

préserver. Le premier danger est survenu dans la première journée, 
à peine à trois lieues du fleuve; un des domestiques de l'Ambassa- 
deur, se trouvant un peu en arrière, prit deux apas^ à un Gonga de 
ceux qui, dans ces parages, sont soumis aux Gallas. Aux cris du 
Gonga plusieurs des siens accoururent armés et comme la chose eut 
lieu dans un endroit où les Gallas avaient l'habitude de réclamer un 
péage des voyageurs, les Gallas se présentèrent aussi pour venger l'in- 
jure faite au Gonga et pour demander le droit de douane. La lutte 
était imminente au grand danger de tout le monde, mais le Père calma 
les esprits par sa douceur et par sa prudence; il donna aux Gallas 
quelques pièces de peu de valeur et fit payer au Gonga ses apas. Le 
troisième jour ils firent la rencontre d'une caravane venant de Narea. 
Ils demandèrent des nouvelles sur l'état du chemin et les gens leur 
dirent qu'étant si peu nombreux ils étaient sans doute destinés à 
mourir, car des bandits Xates et Cafres^ étaient réunis en grande force 
sur plusieurs des points qu'ils devaient traverser. Entendant ces nou- 
velles, quelques marchands qui venaient en la compagnie du Père 
prirent la résolution de retourner en arrière. Le Père encouragea les 
autres et un Narea de la caravane leur promit, moyennant un paye- 
ment, de les guider par des chemins de traverse où ils ne courraient 
pas le risque de rencontrer des bandits. On lui promit une bonne 
récompense, on alla en avant et au bout de peu de jours on arriva 
au pays des Xates. Les gens de cette nation que le Père et l'Ambassa- 
deur avaient pour guides, une fois au milieu des leurs, commencèrent 
à faire de grandes exigences en voulant se faire payer plus que leurs 
services et eux-mêmes ne valaient; une querelle s'en suivit entre eux 
et ceux de l'Ambassadeur qui d'abord voulurent les tuer, mais qui 
n'accomplirent pas ce dessein, car on parvint aux abords d'une cor- 
dillère escarpée et on avisa un grand nombre de Xates qui les atten- 
daient dans les gorges du chemin pour les détrousser. Ils se mirent 
alors en bon ordre de marche divisant les rondeliers en deux petites 
escouades, une en avant et l'autre en arrière et gardant au milieu le 

1. {^Apa est un terme usité par les Portugais dans l'Inde. Selon les vieux 
écrivains il désigne une grande galette de farine de maïs et d'huile de coco.] 

2. [Infidèles, païens.] 



Xates et Ca/res. 36$ 

reste du monde. Les bandits, ayant vu leur bon ordre et leur déter- 
mination craignirent de les attaquer et en s'éloignant leur laissèrent 
le chemin libre. 

Le lendemain, en pénétrant toujours dans ce pays de Cafres, ils 
arrivèrent aux bords frais d'un petit fleuve appelé Anquer ' et se croyant 
en sûreté ils résolurent d'y faire la sieste et laissèrent les mules paître 
en liberté; ces bêtes furent bientôt dispersées dans les environs. Les 
Cafres qui les guettaient, voyant les voyageurs plongés dans un repos 
insouciant, les entourèrent et les cernèrent de tous côtés en les atta- 
quant au son de leurs petites trompettes; un des Cafres apercevant 
deux mules séparées des autres voulut les diriger vers le bois. Les 
gens de l'Ambassadeur accoururent et pendant qu'on se mettait en 
ordre de combat, d'autres s'étaient déjà élancés à la poursuite du voleur 
qui s'enfuit en abandonnant les mules; on les reprit ainsi. Après une 
lutte contre les Cafres qu'on poursuivit bientôt, voyant faiblir les 
agresseurs il leur fut dit qu'ils feraient bien de laisser les courriers 
de l'Empereur passer en paix. Les Cafres, qui ne voulaient plus com- 
battre, se montrèrent plus doux en disant qu'ils n'avaient pas reconnu 
nos gens qu'ils avaient pris d'abord pour des Gallas et que cette erreur 
avait été le motif de leur attaque; on pouvait donc passer en leur 
donnant seulement quelque chose. Ils se montrèrent contents avec 
des pierres de sel en petit nombre et deux turbans. En ce moment il 
commença à pleuvoir fortement ce qui força les Cafres à regagner 
leurs cabanes; les voyageurs profitèrent alors de l'occasion pour hâter 
leur marche avant que les Cafres eussent le temps d'aller chercher 
des renforts dans une peuplade plus grande qui existait près de ce 
lieu [fol. 202, b\ Le même jour le Narea qu'ils avaient pour les guider 
par des chemins de traverse les fit changer de route et les mena au 
travers d'un bois épais dont le passage était pénible. Là en descendant 
par une pente longue et abrupte il les amena jusqu'à une forte rivière 
appelée Maleg dont ils atteignirent le bord après de grandes peines 
et quand il faisait déjà noir. On se mit à chercher le gué qui devait 
leur permettre de traverser le fleuve le lendemain. Comme on ne 
trouvait pas cet endroit, on ne manqua pas de commencer à soup- 
I. [An^ar.J 



366 Arrivée eti Inarya. 

conner le guide et on disait que celui-ci avait déjà servi un grand 
seigneur qu'il trahit plus tard en le faisant tomber avec ses gens entre 
les mains de l'ennemi qui les acheva sur place. Pour cette raison, 
quelques-uns commençaient à injurier le guide tandis que d'autres 
voulaient déjà lui faire un mauvais parti. Mais le Père Antonio Fer- 
nandez, voyant que sans le guide tous périraient au lieu où ils se 
trouvaient, fit venir cet homme, l'encouragea avec de bonnes paroles 
en lui disant que c'était bien naturel que le gué ne put être retrouvé 
par une nuit noire, mais qu'on le retrouverait bien le lendemain à la 
lumière du jour. Il le réconforta en lui faisant donner un bon souper 
tout en recommandant qu'on le surveillât d'une façon vigilante mais 
dissimulée pour l'empêcher de prendre la fuite pendant la nuit. Dans 
cette inquiétude ils passèrent la nuit, mais à l'aurore Dieu voulut 
qu'on trouvât le gué et une fois qu'on l'eut passé en même temps 
que le danger des voleurs laissés en-deça du fleuve, le guide se mit 
à la recherche de la grande route, la trouva très-facilement et tout le 
monde la prit avec joie. Une fois arrivés à une petite rivière ils y 
passèrent la nuit bien tranquillement et en parfaite sûreté, car ils 
étaient déjà loin des Cafres. Le lendemain ils entrèrent dans le pays 
de Narea et ils eurent à gravir la montagne élevée qui est appelée 
Gauca [Ganca?]. Cette montagne est toute peuplée; le principal chef 
de ce royaume y habite, car elle se trouve sur la frontière où il guerroie 
avec beaucoup d'ennemis. Le chef d'alors était natif de l'Abyssinie; 
il reçut le Père et l'Ambassadeur avec beaucoup d'honneur et avec 
des marques de joie, car ils lui étaient recommandés par le Vice Roy 
Cella Kristos qui lui envoyait en même temps un bon cadeau. 

Du Royaume de Narea; de ce qu'y arriva au Père Antonio Fer- 
nandez et à V Ambassadeur Fecurazgi. Ckap, i4- 

Le royaume de Narea est, comme je l'ai déjà dit, le plus au Sud 
de tout cet Empire; du moins, en venant de Maçuâ droit vers le Sud, 
il n'y a pas d'autre qui se trouve à une hauteur moindre ou qui soit 
plus voisin de la Ligne Equinoxiale. Il y a de Maçuâ à Narea à peu 
près 200 lieues d'un chemin qui dans sa plus grande partie s'incline 
vers le S. O., jusqu'à Mine, endroit du Gojam où l'on traverse le Nil 



ïnarya. 36 7 

une deuxième fois pour aller à Niirea, et alors on chemine droit au 
S. Ainsi le milieu de Dambiâ se trouve à i3 degrés et demi vers le 
N. et Mine à peu près vers le douzième et Narea sous le huitième. 
Ce royaume n'est pas aussi grand que quelques-uns l'ont figuré. Il 
paraît qu'on a inclus dans ce royaume les terres des Cafres qui l'en- 
vironnent et qui s'étendent jusqu'à la côte de Melinde lequel est au 
S. O. et les terres qui touchent à Angola qui est au couchant. Grâce 
à ses rapports avec cette Cafrerie Nareâ se pourvoit abondamment 
d'or qu'ils échangent avec les Cafres contre des vêtements, des vaches, 
du sel et d'autres marchandises. Mais ce qui est appelé proprement 
Narea, ce qui obéit à son Roi, n'est que l'étendue de 3o ou 40 lieues 
de terre; on y trouve de l'or, mais la plus grande quantité lui vient du 
dehors. Les naturels de Narea sont les meilleurs de toute l'Ethiopie, 
de l'aveu de tous les Abexins; ils sont beaux, pas très-noirs, les traits 
du visage n'ont rien du Cafre; leurs lèvres sont fines et leurs nez 
affilés. Ils sont hommes de parole et, en effet, dans leurs rapports 
on ne trouve ni la duphcité ni l'hypocrisie ordinaires chez les Amaras. 
La terre est très-fertile en denrées alimentaires et nourrit toute sorte 
de bétail, des mules et des chevaux. L'or est livré au poids comme 
on le fait dans toute l'Ethiopie. De petits morceaux de fer ont aussi 
cours comme monnaie; ils sont assez légers, plats, mesurant deux 
doigts en largeur et trois en longueur. 

Les gens de ce pays étaient tous païens du temps de l'Empereur 
Malac sagad; il y a quelques soixante ans, ils reçurent le baptême 
et on leur enseigna la Foi qu'avait toute l'Ethiopie, c'est-à-dire une 
Foi pleine des erreurs d'Eutychès et de Dioscore. Jusqu'à présent 
aucun Père de notre compagnie n'a eu l'occasion d'y pénétrer et 
d'enseigner la vérité à ce peuple, à cause des chemins difficiles et du 
mauvais vouloir de l'Empereur. A présent, au mois d'Août de i632, 
temps où j'écris cette histoire. Emana Christos^ va être Roi ou Xumo 
du pays. Emana Christos est un très-bon garçon (maçabo) catholique 
que je connais beaucoup. Il est fils de Benerô dont nous parlerons 
bientôt; celui-ci vivait en exil chez les Amaras; il s'était marié avec 
une fille du Ras Cellaxos; les ennemis de son père avaient tué celui-ci 

1. Imana Krtstos (vérité du Christ). 



368 Séjour en Liarya. 

après l'avoir trahi et proclamé Xiimo un autre individu lequel, à son 
tour, a été récemment tué par les partisans de Benerô qui ont fait 
venir le jeune Emana Christos pour lui conférer la royauté ou la 
Xiwiete. Je me sers de cette dernière expression car, bien que la suc- 
cession se fasse de père en fils et qu'en ce sens d'hérédité le seigneur 
de Nareâ soit roi, il n'est pas moins vrai qu'après la sujétion du 
royaume à l'Empereur on ne l'appelle plus Roi mais Xiimo, ce qui 
équivaut à «gouverneur», les Gallas ayant envahi l'Empire et en ayant 
pris la plus grande partie, car ils se rendirent maîtres des terres entre 
Gojam et Narea. Cependant ils n'ont jamais pu subjuguer les Nareas 
avec qui ils ont toujours de grandes guerres. Les Nareas continuent 
à se défendre sans recevoir aucune aide de la part de l'Empereur. 
Ils lui payent un tribut en vertu de leur fidélité naturelle, car s'ils 
voulaient s'en exempter, il serait presque impossible à l'Empereur 
d'aller les contraindre au beau milieu des Gallas, et n'oublions pas 
qu'outre les Gallas ils ont d'autres rebelles dans les royaumes voisins 
du centre du gouvernement. 

De Gauca le Père et l'Ambassadeur se dirigèrent vers la cour de 
Benerô; ainsi était nommé le Roi ou Xumo. Ils y parvinrent au bout 
de 6 jours. Les premiers jours ils traversèrent des terres dépeuplées, 
car les Gallas y avaient fait des incursions quelques jours avant; les 
derniers jours ils parcoururent des pays bien cultivés et peuplés. Le 
roi Benerô reçut avec bienveillance le Père et l'Ambassadeur bien 
qu'il ne les honorât en réalité autant qu'il l'aurait voulu. Un moine, 
son maître, en était la cause. Il redoutait la venue du Père dans le 
pays, car celui-ci pourrait y rester et introduire notre sainte foi. En 
outre il pourrait le priver de son office de maître et de Vicaire Général 
de l'Abbema dans le pays et lui faire perdre des revenus qui n'étaient 
pas petits. Le Père eut avis de la chose et ne tarda pas à rendre visite 
au moine pour le détromper et lui demander son intercession pour 
être sans de longs délais congédié par Benerô. Il lui fit cadeau d'une 
toile de coton des Indes, ce qui le calma. 

Benerô prétendit aussi pénétrer le dessein de ce voyage du Père 
et de l'Ambassadeur aux Indes, et craignait qu'il n'eut pour but d'a- 
mener des renforts de Portugais. Après avoir pris conseil des grands 



Changement de route. 369 

de sa cour il résolut de ne pas accorder au Père la faculté de suivre 
le chemin qu'il voulait prendre par un pays nommé Cafâ, qui est au S. 
de Narea, car le Père croyait que ce chemin devait le conduire plus 
directement à la côte de Mélinde. Benerô et les siens craignaient l'ou- 
verture de cette voie, car les Portugais pourraient la prendre pour se 
rendre les maîtres de son royaume. Après plusieurs propositions il 
dit franchement au Père qu'il n'existait pas de chemin de ce côté-là 
et qu'il ferait bien de ne pas se fatiguer à le trouver, car il ne lui per- 
mettrait pas de poursuivre dans cette direction. Le Père voyant cela 
répondit qu'à cause de son grand désir de parfaire son voyage il s'en 
irait par Bâly bien que ce chemin fut très-détourné. Bâly est un 
royaume qui auparavant faisait partie de l'Empire, mais qui se trouve 
aujourd'hui au pouvoir des Gallas et des Maures; il touche au 
Royaume d'Adel et reste à l'Orient de Narea. C'était donc presque 
refaire le chemin déjà parcouru, et avec un grand détour aller jusqu'à 
la mer, près au cap Darfui [Gardafui?] entre cette pointe etMagadaxo. 
Il y avait beaucoup de difficultés et de dangers, et il paraît que pour 
cela Dieu voulut qu'ils ne pussent aller au-delà de Cambate comme 
je le raconterai plus loin. 

Benerô consentit facilement au départ au Père par Bâly sachant 
que l'ouverture de cette route ne lui porterait aucun dommage, car 
elle serait trop détournée de son royaume. Il donna au Père 50 cru- 
zados ' d'or pour les dépenses de la route et lui fit des excuses de 
ce qu'il lui donnait si peu de chose; c'était le moment où il devait 
envoyer à l'Empereur le tribut ordinaire de l'année, c'est-à-dire mille 
onces qui montent à 10.000 cruzados et il était épuisé par d'autres 
dépenses. 11 ordonna à un capitaine de fournir une bonne garde au 
Père au travers de ses terres. Le parcours se ferait par le royaume 
de Gingerô et comme à cette époque il se trouvait à la cour un Am- 
bassadeur du Roi de ce Pavs, il le congédia promptement et le pria 
de prendre en sa compagnie et sous sa garde le Père et l'Ambassa- 
deur, ce qui fut accepté de bon gré. 

I. [Ancienne monnaie du Portugal. Le cruzado d'aujourd'hui vaut 2^-94'.] 

24 



37« 



Boxa. 



Du chemin que firent le Père Antonio Fernandez et l'Ambassadeur 
de Narea jusqu'à Cambate. Chap. i5. 

Partant de Narea le Père Antonio Fernandez et l'Ambassadeur 
marchèrent [f° 264] toujours vers l'Orient. Le premier Jour ils ar- 
rivèrent à l'endroit où se trouvait le capitaine qui devait leur faire 
donner une garde. Il les reçut très-bien au commencement croyant 
avoir quelque cadeau de haut prix mais comme celui qu'on lui offrit 
ne contenta pas sa cupidité il les fit attendre et au bout de 8 jours il 
leur donna seulement 80 soldats pour les accompagner jusqu'aux 
frontières de Narea. En cette compagnie ils firent quatre longues 
journées de route à travers des terres désertées à cause des Gallas 
qui y faisaient des fréquentes déprédations car la campagne est rase. 
Il s'y trouve beaucoup de chevaux qui sont loin d'être bons, mais 
qui sont très-forts. Le quatrième jour les Nareas s'en allèrent ce qui 
inquiéta beaucoup le Père et ses compagnons; ils hâtèrent leur marche 
envoyant toujours quelques hommes en avant comme éclaireurs afin 
que s'ils rencontraient ou voyaient de loin quelques Gallas ils pussent 
donner l'alarme à temps pour se réfugier dans les bois et s'y cacher. 
Dans l'après-midi ils commencèrent à descendre une haute montagne 
d'où l'on voyait de larges prairies appelées Baterât appartenant à la 
province de Boxa mais où les Gallas font paître ordinairement leurs 
vaches. 

L'Ambassadeur du Gingiro leur conseilla de se cacher dans les 
bois jusqu'au soir et avant la fin de la descente pour traverser la 
plaine sans être aperçus; c'est ce qu'ils firent. A quatre heures du 
soir ils entrèrent dans la plaine, Dieu les favorisant par une pluie 
douce et un brouillard très-épais et froid qui probablement obligea 
les Gallas à se réfugier dans leurs cabanes et qui cacha à leurs yeux 
les voyageurs. Cependant il leur en coûta de grandes peines quand 
la nuit devint bien noire, quand ils eurent à marcher en tâtonnant 
par le froid et la pluie qui les transperçaient et dans des bois si touffus 
que le Père fut obligé d'aller à pied car sur sa mule il ne pouvait 
pas se garer des nombreuses épines qu'il rencontrait. Vers minuit ils 
s'arrêtèrent près de quelques grands arbres pour avoir un peu de repos 



Fleuve Zebee. 3 7 l 

et pour se réchauffer auprès d'un feu car ils étaient morts de froid. 
Le souper se composa de grains d'orge grillés et même ce repas fut 
parcimonieux car lorsqu'on traverse un désert en Ethiopie on ne 
trouve pas d'autres provisions qui puissent être portées par des voya- 
geurs sans bagages. 

Pour ne pas être aperçus des Gallas ils éteignirent le feu avant le 
jour et se mirent en route. Vers midi ils arrivèrent auprès de quelques 
Jambosiers. 11 y a beaucoup de ces arbres en Ethiopie le long des 
cours d'eau mais comparés à ceux de l'Inde ils sont ce que les olives, 
si communes en Ethiopie, le sont elles-mêmes par rapport aux olives 
de l'Europe. Le fruit n'a que l'écorce et le noyau mais, pressés par 
la faim, les gens de l'Ambassadeur et quelques-uns du Père ne pou- 
vaient s'éloigner des Jambosiers. Ceux qui connaissaient le pays 
criaient qu'il fallait se hâter car on était encore au milieu des Gallas, 
mais la faim. les rendait sourds et il n'y avait pas moyen de les ob- 
liger à faire un pas. Voyant cela le Père- se détourna et entra dans 
le bois pour les tirer de là et les faire marcher mais il tomba dans 
un précipice dont Dieu le délivra. Il reprit à grand'peine la route où 
tout le monde se trouvait réuni. On remarqua alors l'absence d'un 
des Portugais ce qui consterna tout le monde. Plusieurs retournèrent 
[f" 264 b] à sa recherche et Dieu voulut qu'au bout d'un long temps 
on l'entendit crier du milieu des bois pour avoir perdu son chemin 
et alors on pût le ramener à la route. Dans cette même soirée on 
descendit une montagne très-raide et difficile et on arriva aux bords 
du fleuve Zebee. Ce fleuve a un volume d'eau plus considérable que 
celui du Nil et en cet endroit il est resserré entre les montagnes et 
il se précipite avec tant de furie entre des blocs et des rochers que 
le fracas en était assez affreux. Mais ce qui leur fit le plus de peur 
ce fut le pont sur lequel ils devaient passer : c'était un tronc si long 
qu'il allait d'une rive à l'autre en traversant la rivière dans toute sa 
longueur qui n'était pas petite. Regarder en dessous c'était voir l'enfer 
et ce bois vibrait sous les pieds comme une gaule verte. C'était ce- 
pendant à qui passerait le premier car la rive en deçà appartenait 
aux Gallas et l'autre où l'on croyait pouvoir être en sûreté appar- 
tenait au royaume de Gingero. Et la peur des Gallas était si grande 

24* 



3 "7 2 Audience du roi. 

qu'elle triomphait de celle que le pont inspirait. Mais le Père Anto- 
nio Fernandez n'osa pas passer avant de faire couper un des nom- 
breux arbres de la rive et de l'accoupler au premier ce qui rendit le 
pont plus sûr et plus facile à traverser. Une fois sur l'autre rive ils 
n'eurent plus peur des Gallas. Ils avaient cependant un autre grand 
travail : il n'y avait pas moven de faire passer les mules sur le pont, 
et les rives étaient toutes des roches escarpées. Il fallut les laisser de 
l'autre côté sous la garde de deux hommes qui s'il venait des Gallas 
pourraient se sauver par le pont. Le lendemain grâce à Dieu, deux 
indigènes survinrent et moyennant un bon paiement, comme ils con- 
naissaient les passages, ils amenèrent les mules à un endroit où elles 
traversèrent quoique avec beaucoup de peines. En partant du fleuve 
ils vinrent coucher dans une peuplade d'où un émissaire fut envoyé 
au Roi pour l'avertir de leur venue et lui demander l'autorisation 
d'arriver jusqu'à sa Cour. Le Roi se trouvant, en ce moment là, fort 
occupé avec ses sortilèges : ils durent attendre 8 jours au bout des- 
quels ils partirent pour arriver le même jour à l'endroit où il se trou- 
vait. Ils le trouvèrent selon sa coutume, perché sur une espèce de 
terrasse ou observatoire haut d'environ 25 palmes [5 mètres] et relié 
en arrière au sol par une pente. Tous les grands du pays étaient debout 
en bas; le Roi seulement se trouvait en haut, assis sur un tapis et 
vêtu d'une étoffe blanche de coton de l'Inde. Il était noir comme 
du jais bien que ses traits ne fussent pas ceux d'un Cafre; il avait les 
yeux grands, le nez effilé et les lèvres fines. Il descendit jusqu'au bas 
pour recevoir la lettre de l'Empereur qu'on lui apportait, demanda 
les nouvelles de sa santé et remonta sur son perchoir. Bien qu'il ne 
soit pas vassal de l'Empereur il lui porte un grand respect. Il causa 
pendant quelque temps avec le Père et l'Ambassadeur au moven 
d'un interprète; celui-ci toutes les fois que le Roi lui disait quelque 
chose baisait les extrémités des doigts de ses deux mains, se proster- 
nait et embrassait la terre [f° 265] et alors seulement il allait vers le 
Père qui se trouvait un peu de côté et lui communiquait les paroles 
royales. Il répétait ce cérémonial chaque fois qu'il s'approchait du 
Roi. Ce colloque dura assez longtemps et enfin le Roi donna congé 
au Père en l'invitant à aller se reposer. Il lui déclara qu'il ferait avec 



Camhate. SyS 

beaucoup de plaisir ce que l'Empereur lui recommandait, c'est-à-dire 
qu'il traiterait très-bien le Père et l'Ambassadeur et qu'il leur don- 
nerait une bonne garde. 

Le lendemain le Père présenta au Roi quelques draps noirs de 
l'Inde ce qui lui fit beaucoup de plaisir car c'est une marchandise très- 
rare dans le pays. En outre il rendit visite aussi au Père du Roi et 
lui fit quelques cadeaux ce qui l'enchanta parce qu'il n'avait pas été 
Roi lui-même. Avant le départ celui-ci envoya au Père une esclave 
fille d'un des seigneurs du pays; le Père s'excusa en disant qu'il n'a- 
vait pas la coutume de prendre des femmes avec lui; on lui envoya 
alors un esclave et une mule et comme il apprit qu'elle n'était pas 
très-bonne il lui envoya en route une autre mule très-belle ainsi que 
des gens pour aider les voyageurs à traverser la rivière Zebee. 

Le Père et l'Ambassadeur partirent et dans la première journée 
ils arrivèrent aux bords de la rivière. Pour la traverser ils trouvèrent 
ou pour mieux dire ils firent un pont encore moins sûr que le pre- 
mier. Ils tuèrent une vache et de sa peau ils firent une grande outre 
qu'ils remplirent de nippes et d'air en y soufflant. On noua les ex- 
trémités auxquelles on attacha deux longs morceaux de bois. Six 
hommes s'y suspendirent, trois de chaque côté, à condition de se 
tenir immobiles et d'être de poids égal car si au contraire le poids 
était inégal ou si quelqu'un venait à se détacher tous sombreraient. 
Comme le courant était très-impétueux le danger a été grand. Cette 
espèce de radeau ou de balance était guidée à l'avant par un bon na- 
geur qui tenait d'une main l'extrémité d'un des bois et poussée à 
l'arrière par deux autres nageurs. De cette façon ils traversèrent la 
rivière en attérissant sur l'autre rive fort en aval par rapport à leur 
point de départ car ils ne pouvaient pas lutter contre le courant. Ils 
perdirent un jour à traverser la rivière car ils étaient très-nombreux 
et le radeau dût faire beaucoup d'allées et de venues. Enfin ils se 
trouvaient dans des terres de Cambate. Cependant comme il y a 
quelques choses fort nouvelles et étranges au sujet du royaume de 
Gingerô, rapportées par des personnes dignes de confiance, qui y ont 
séjourné et qui les ont vues de leurs yeux, je vais les décrire au cha- 
pitre suivant. 



374 Gingerô. 

Du Royaume de Gingerô et des mœurs barbares des gens qui 
Vhabiteut. Chap. i6. 

Le fleuve Zebee dont nous avons déjà parlé contourne presque 
entièrement ce royaume et en forme une sorte de péninsule. Son 
cours prend alors la direction [f° 265 b] S. E. S. ou S. O, (Sueste sul 
ou Sudueste) et débouche à Melinde, à Braba (Barati'a) ou à quelque 
endroit de la côte. C'est un petit royaume dont les natifs ont le teint 
mais non les traits des Cafres. Ils sont païens, très adonnés aux sor- 
tilèges et leurs mœurs ne peuvent être plus barbares et plus étranges 
qu'elles ne le sont. 

Gingerô veut dire singe et sous plusieurs rapports ils sont de vrais 
singes; par exemple si quelqu'un est blessé à la guerre ses parents 
ou à leur défaut, ses compagnons le tuent sans pitié aucune malgré 
ses supplications. D'après eux ils font cela pour qu'on ne dise pas 
qu'ils meurent entre les mains de l'ennemi qu'ils tiennent pour un 
grand déshonneur; les singes en agissent ainsi car si l'un d'eux est 
blessé par lui-même ou par d'autres ils dilacèrent leur plaie jusqu'à 
arracher les entrailles et tomber morts. Leur Roi a aussi l'air d'un 
singe sur le perchoir ou la terrasse où il siège et d'où il parle et rend 
la justice. Et ils ont une coutume intéressante c'est bien celle-ci : si 
le Roi ne parvient pas à sortir de chez lui avant le lever du soleil, il 
ne sort plus de la journée, ne monte pas au perchoir, ni reçoit per- 
sonne pour des affaires. On donne de cette coutume une raison plai- 
sante car ils disent que le monde ne comporte pas deux soleils égaux 
et si le roi n'a pas sur le soleil la préséance dans l'apparition il vaut 
mieux qu'il ne se montre pas car jamais il ne saurait être le second. 

A la mort du Roi on l'enveloppe dans de riches étoffes, on tue une 
vache et on recouvre le cadavre royal de la peau fraîchement dé- 
pouillée. On procède aussitôt entre les fils ou parents les plus proches 
du défunt au choix de celui qui semble le plus capable de lui suc- 
céder. Tous évitent et fuient l'honneur qu'on veut leur faire, ils se 
réfugient dans les bois et s'y cachent tant qu'ils le peuvent. Les Élec- 
teurs sont de très-grands sorciers et après avoir désigné celui qu'ils 
veulent faire Roi ils vont le chercher et des bandes d'oiseaux se ras- 



Obsèqties du roi. 375 

semblent et s'abattent sur l'endroit où il se trouve. C'est surtout un 
oiseau de proie, une espèce d'aigle appelé Yhêr qui s'élève très-haut 
dans le ciel et qui en descend rapidement en poussant des cris aigus 
sur la place où se trouve le futur Roi. On l'y trouve entouré de lions, 
de tigres, de serpents et de léopards que les sorciers rassemblent par 
leurs sortilèges. Le Roi élu aussitôt qu'il voit tout ce monde qui le 
cherche lutte tant qu'il peut pour les empêcher de se saisir de sa per- 
sonne, 11 blesse, il tue et ceux qui le cherchent supportent tout jus- 
qu'à ce que on le saisisse. On l'amène ainsi comme par force, alors 
ce n'est que vaincu et terrassé qu'il accepte le souci du pouvoir et 
l'honneur qu'on veut lui faire. Rare exemple du mépris pour tout ce 
que le monde aime et désire, si tout cela n'était une simple fiction 
et barbarie! Ceux qui ramènent le Roi ont toujours en chemin une 
bataille. Selon une coutume immémoriale il y a dans le royaume une 
famille qui a le droit d'essaver de prendre le Roi de force des mains 
de ses électeurs, [f° 266] pour le mettre elle-même sur le trône. Avec 
tous ses amis et alliés les gens de cette famille choisissent un endroit 
approprié où ils livrent un combat aux Électeurs et à ceux de leur 
partie. Les vainqueurs ramènent le Roi, le couronnent et divisent 
entre eux les faveurs du souverain et les postes les plus honorables 
de la Cour et du Rovaume. 

Le Roi une fois amené de la sorte à la Cour, on l'introduit dans 
une tente où il attend jusqu'au septième jour de la mort de l'ancien 
souverain : on lui apporte une sorte de ver de terre qu'on dit sorti 
des narines du défunt; ce ver est enveloppé dans un morceau de soie 
et le nouveau roi doit le tuer en lui écrasant la tête entre les dents. 
Cela fait, le cadavre royal est mené au tombeau; on le traîne par terre 
et le prie de vouloir bien bénir les terres et les champs au travers 
desquels on le conduit. Une fois arrivé à l'endroit qui sert de tom- 
beau aux Rois de ce pays et qui est une forêt ou un bois solitaire, 
on creuse la fosse, on le jette dedans, et sans la clore on le laisse ex- 
posé aux pluies et aux injures du temps. Le jour de l'enterrement on 
tue près du tombeau beaucoup de vaches de façon que le sang coule 
vers la fosse. Le profit est tout pour les sacrificateurs qui mangent 
la viande des victimes. 



370 Palais du roi. 

Ceux qui accompagnent le cadavre sont en petit nombre; presque 
tout le monde reste auprès du nouveau Roi; aussitôt après le sacri- 
fice du ver dont nous avons parlé on proclame le souverain au mi- 
lieu des acclamations. La fête se termine, comme finissent d'ailleurs 
la plupart des fêtes du monde, par la mort et les pleurs de la plupart 
des notables du Royaume. Le Roi fait appeler tous les favoris du 
vieux Roi et leur dit puisqu'ils aimaient tant le mort au point de ne 
pas le quitter de son vivant, c'est juste qu'ils aillent l'accompagner 
mort. De cette façon il les fait tous tuer, se choisit de nouveaux fa- 
voris et les revêtit des charges et des emplois devenus vacants. Sur 
ces entrefaites on brûle les maisons du vieux roi avec tout leur mo- 
bilier et tous les effets. Aucun objet riche et précieux qu'il soit n'é- 
chappe aux flammes. A la mort d'un particulier on brûle non seule- 
ment ses maisons mais encore tous les arbres et les plantes qui l'en- 
vironnent pour que le défunt qui était habitué à ce site ne revienne 
pas s'y promener et s'y divertir. On bâtit ime maison pour le nou- 
veau Roi et comme je l'ai dit d'abord la construction en est très- 
facile, car elle coûte peu. Cette maison est ronde et a de 25 à 3o palmes 
de diamètre [5-5 à é-5 mètres]; les murs sont faits de pierres ou de 
troncs fendus et mal joints dont les bouts sont joints à une pièce 
d'appui comme les rayons d'une roue à l'essieu. Les autres extré- 
mités des pièces qui forment le toit reposent sur le mur. Pour le 
tronc central dont nous avons parlé on choisit un arbre qui soit très- 
droit mais pas très-gros et avant de l'abattre on égorge près de ce 
tronc le premier homme qu'on rencontre appartenant à une certaine 
famille qui existe dans le pays, qui est exempte d'autres impôts, et 
dont nous parlerons tout à l'heure. 

La maison finie^ le Roi en prend possession avec beaucoup de cé- 
rémonies, mais avant qu'il n'y entre on tue un autre homme de la 
même famille si la maison a une seule porte, deux si elle a deux 
portes, et on asperge leurs seuils et leurs linteaux avec le sang des 
victimes. 

C'est un tribut bien cruel que la pauvre famille paye pour la liberté 
et l'exemption des impôts mais ceux-ci sont tellement écrasants qu'on 
peut se demander lequel de ces deux maux est le pire. En effet toutes 



Guragué. 377 

les fois que le roi veut acheter aux marchands qui visitent le pavs 
quelques effets étrangers movennant 10 ou 12 esclaves, il ne fait 
qu'ordonner à ses gens d'entrer chez les habitants du pays leur prendre 
leurs fils ou leurs filles et les livrer aux marchands. De même s'il veut 
être agréable à quelqu'un de la maison de l'Empereur, à un autre 
Roi ou à un seigneur de ses voisins en leur faisant cadeau de quelques 
esclaves il fait arrêter les enfants les plus beaux, de n'importe quel 
vassal, même des meilleures familles dont nous avons constaté le pri- 
vilège. Et personne ne se plaint : tels sont la soumission et le res- 
pect de tous pour le Roi que personne ne murmure car on punit de 
mort certaine tous ceux qui se plaignent. 

Il y a plusieurs autres coutumes quand le nouveau Roi inaugure 
son règne. Le roi ordonne de chercher dans tout le rovaume avec 
la plus grande diligence tous les hommes ou femmes atteints de la 
lèpre ou de la teigne et l'hôpital qu'il leur réserve est l'autre rive du 
fleuve Zebee où on les égorge tous pour que leur maladie n'atteigne 
pas d'autres gens. 

Comment le Père Antonio Fernandez sortant du Royaume Gin- 
gerô, arrive au Royaume de Cambate. Chap. ij. 

En partant du fleuve Zebee vers l'Est, le Père arriva à Jangarâ en- 
droit du Rovaume de Cambate gouverné par Hamelmal qui, à cette 
époque reconnaissait encore l'Empereur comme suzerain. A gauche 
on trouve des Gurâgués qui d'ordinaire n'obéissent pas à l'Empe- 
reur. Le père resta pendant deux jours à Jangarâ car on lui disait 
d'attendre pour avoir en chemin la compagnie de quelques gens qui 
venaient là pour une foire; mais ceci n'était que de l'invention et de 
la tromperie, afin de prévenir et rassembler les voisins pour attaquer 
et voler les voyageurs. Dès qu'ils se mirent en marche il arriva donc 
que sept hommes à cheval vinrent à leur rencontre pour les attaquer 
mais, avant appris en chemin qu'il s'agissait des gens de l'Empereur 
ils ne leur firent aucun mal. Un peu plus en avant les Gurâgués païens, 
cinq à cheval et beaucoup d'archers à pied [f° 267] formant une troupe, 
attaquèrent les gens qui accompagnaient le Père et qui n'étaient pas 
plus de dix-sept hommes d'armes. Dans la lutte qui s'ensuivit les 



378 Hamelmal. 

Guraguês avaient l'avantage du nombre, mais comme les assaillis 
luttaient pour leurs vies plus d'une fois ils firent plier les assaillants. 
Un jeune homme parent de l'Ambassadeur voyant quelques Gura- 
guês s'avancer vers le Père voulut avertir ses gens pour les faire voler 
au secours et se mit à découvert par mégarde, il fut alors blessé par 
une flèche empoisonnée dont il mourut au bout de quelques jours 
au grand regret de tous ceux qui le connaissaient et l'aimaient à cause 
de ses bonnes qualités. Un domestique du blessé parut vouloir venger 
la mort de son maître et il se disposait à lancer son javelot, mais 
comme on se trouvait sur une terre étrangère on craignait que s'il 
y avait mort d'homme les ennemis se réuniraient en si grand nombre 
qu'il ne leur serait plus possible d'échapper. Ils se bornèrent donc à 
se défendre si bien que les ennemis voyant qu'ils ne pouvaient venir 
à bout de les dépouiller résolurent de se mettre bien avec eux et firent 
la paix. 

Des contrariétés et des travaux que le Père Antottio Fernatidez et 
r Ambassadeur Fecur Ezgi endurèrent dans le royaume de Cam- 

bate. Chap. i8. 

Après cette rencontre le Père, l'Ambassadeur et leur suite arrivèrent 
à l'endroit où habitait Hamelmal qui était alors le gouverneur du 
royaume de Cambate et qui les reçut d'abord très-bien à cause des 
lettres de l'Empereur qu'ils lui donnèrent. Mais un émissaire du même 
Empereur qui pour lors se trouvait dans le pays où il était venu per- 
cevoir le tribu que Hamelmal avait coutume de payer, soit qu'il ait 
été averti par les grands de la Cour ennemis de la Foi de Rome, 
soit que le Démon l'ait conseillé de faire tout le mal possible au Père 
et à l'Ambassadeur, voulut alors persuader Hamelmal d'empêcher 
leur voyage. Il lui dit de ne permettre en aucun cas que ce Portugais 
et sa suite poursuivissent leur chemin parce qu'ils n'avaient pas d'autre 
but que d'aller chercher des guerriers Portugais pour s'emparer de 
l'Empire de l'Ethiopie en obligeant les habitants à changer leur Foi 
et troquer celle de leurs ancêtres contre la Foi de Rome. Il ne se 
borna pas à persuader Hamelmal de toutes ces choses; il s'efforça 
d'en convaincre tous les gens du pays et des environs, les Gallas, les 



Manquer. "b-ji^ 

Maures, et les Chrétiens. Il leur inspirait de grandes craintes et leur 
rappelait que quand le Maure Graîl avait déjà conquis presque toute 
l'Ethiopie il suffit de quelques Portugais pour le chasser car ils étaient 
très-braves et ils combattaient avec des mousquets et des bombardes 
qui semaient l'épouvante et tuaient de loin, 

Hamelmal s'émut des raisons de Manquer et fit d'abord interroger 
à fond et séparément le Père et les hommes de sa suite [267 b]; il 
voulait trouver quelque indice de mensonge ou de fausseté dans ce 
qu'ils disaient mais leurs réponses étant uniformes il n'y avait par où 
les prendre et il les aurait sans doute permis de continuer leur voyage 
si Manquer par ses sollicitations répétées et véhémentes ne l'eût ob- 
ligé à envoyer un émissaire à l'Empereur s'enquérir si c'était sa vo- 
lonté ou non de faire passer ces hommes. Persuadé à cet effet, Ha- 
melmal envoya donc un homme, Manquer un autre et le Père de sa 
part leur Joignit deux portugais chargés de communiquer à l'Empe- 
reur les résultats de leur vovage. Après leur départ, Manquer voulut 
confisquer et tenir en ses mains tous les effets de l'Ambassadeur et 
du Père mais il ne pût le faire car ils les déposèrent aux mains de 
Hamelmal. Au bout de trois mois quand la réponse de l'Empereur 
était attendue chaque jour, les trois hommes qui avaient été envoyés 
à la Cour revinrent en disant qu'ils n'étaient pas allés plus loin qu'à 
trois jours de marche, à un endroit où ils furent faits prisonniers et 
détenus pendant tout ce temps. On envoya d'autres messagers et il 
fallut patienter, et en attendant la réponse, souffrir la mauvaise vo- 
lonté et les insolences de Manquer et de ses gens qui ne désiraient 
et ne cherchaient qu'à se brouiller avec ceux de l'Ambassadeur pour 
trouver l'occasion de les persécuter. Les choses arrivèrent à ce point : 
Un homme de la suite de l'Ambassadeur fut un jour fort injurié par 
un domestique de Manquer qui s'acharna sur lui malgré les prières 
qu'il faisait pour qu'on le laissât tranquille, A bout de patience, se 
voyant non-seulement injurié mais battu et meurtri, il se révolta et 
si bien qu'il étendit mort son agresseur. A cette occasion on demanda 
à Hamelmal un juge qui décida que celui qui avait tué devait mou- 
rir. Cependant l'Ambassadeur interjeta appel à la cour en alléguant 
que vu sa qualité d'Ambassadeur l'Empereur seul pouvait prononcer 



38 o Départ pour Alabd. 

la sentence suprême contre lui ou contre ses gens. L'appel fut admis 
ce qui contraria beaucoup Manquer qui fut encore plus irrité quand, 
peu de jours après, le prisonnier brisa ses liens et parvint à s'échapper 
de prison en le laissant tout en colère. 

Sur ces entrefaites les envoyés arrivèrent à la cour de l'Empereur 
avec le message de Hanielmai et les nouvelles du Père et l'Ambas- 
sadeur. L'Empereur exprima un ressentiment extraordinaire et il 
aurait fait punir rudement Manquer et Hamelmal si Cambate n'avait 
été si loin et au milieu de tant de pays Gallas. Le fait de Hamelmal 
de lui payer encore un tribut venait plutôt de l'ancienneté du vassa- 
lage et du bon naturel du dit Hamelmal que de l'existence dans l'Em- 
pire de forces capables de lui imposer ces obligations s'il voulait s'y 
soustraire. Aussi Cambate ne paie-t-elle plus aujourd'hui aucun tribut 
et l'Empereur n'y nomme aucun Gouverneur; le pays est aujourd'hui 
gouverné et possédé par divers chefs Gallas et Maures. L'Empereur 
fit donc ce qu'il put. Il envoya par un courrier nommé Baharo, fort 
connu dans ces régions, des lettres à Hamelmal où l'Empereur lui 
mandait de prendre sur ses revenus pour donner au Père et à l'Am- 
bassadeur Fecur égzi tout ce dont ils auraient besoin pour continuer 
leur voyage. Il lui recommandait fortement de leur donner des lettres 
et de leur accorder tout son crédit auprès des Rois et des Seigneurs 
voisins afin qu'ils leur donnassent tous libre et franc passage à tra- 
vers leurs territoires [f" 268], A ces fins il envoya en même temps à 
Hamelmal de riches tuniques il en fit de même pour un Maure nommé 
Alicô qui gouvernait dans le voisinage un pays nommé Alabâ parce 
que cette contrée était la première que le Père et l'Ambassadeur de- 
vaient traverser en quittant la Seigneurie de Hamelmal. Avec ces dé- 
pêches si favorables aux desseins du Père et de l'Ambassadeur le 
courrier Baharo arriva à Cambate en juin 1614. Renseigné sur la 
volonté de l'Empereur, Hamelmal ne fit plus de difficultés et accorda 
tout ce qu'on lui demanda et qui semblait nécessaire pour le voyage. 
Entre autres choses il donna sept chevaux pour l'Ambassadeur croyant 
qu'ils seraient les meilleurs cadeaux pour être offerts aux maîtres et 
seigneurs des terres qu'on devait traverser. Le Père et l'Ambassadeur 
résolurent donc de poursuivre leur chemin sans se montrer ni las ni 



AlalA. 38 1 

découragés par les peines endurées ni par des retards énormes qui 
leur avaient pris jusqu'alors plus de 14 mois. Cependant quelques 
gens de l'Ambassadeur rebroussèrent chemin dans la crainte de fa- 
tigues et de dangers à venir qu'ils croyaient devoir être plus grands 
que tous ceux qu'ils avaient supportés jusqu'alors. 

En effet, on avait passé par des pays assujettis à l'Empereur; do- 
rénavant la route se ferait à travers de terres étrangères et de peuples 
dont on n'avait jamais eu connaissance. 

Chap. iq. Comment le Père et V Ambassadeur furent faits prisoti- 

îiiers par le Maure Alicô au pays d'Alabd et durent s'en retour7ier 

par le même chemin par oii ils étaieiit venus. 

Partis de chez Hamelmal ils arrivèrent à Alabâ pavs du Maure 
Alicô. Manquer y était arrivé le premier venu à temps pour y semer, 
selon son habitude, la discorde. Le Maure se montra dès le premier 
abord soucieux et froid, bien qu'il reçut la lettre de l'Empereur et 
les tuniques que Baharo lui présenta de sa part. A cause de cela il 
temporisa pendant un peu et promît de fournir un guide pour le 
voyage et fit donner à nos gens des vivres [?]' pour deux jours. 

Le troisième jour arriva Manquer qui s'était enfui de chez Hamel- 
mal qui le tenait sous garde et qui avait promis de ne pas le relâcher 
au moins jusqu'à ce qu'il sût que le Père avait dépassé Alabâ. 

L'effet de la venue et des conseils de ce Satan fut qu'AIico fit ar- 
rêter le courrier Baharo et ensuite le Père et l'Ambassadeur, chacun 
dans une maison différente, on confisqua tous leurs effets les mules 
qu'ils montaient, les chevaux que Hamelmal leur avait donnés et l'or 
"qu'ils avaient pour les frais de leur si long voyage. Ce fut un bon- 
heur et une grande faveur de Dieu que les lettres de l'Empereur que 
le Père portait n'aient pas été découvertes; ces lettres échappèrent toutes 
le Père les ayant empaquetées sous son aisselle. Comme elles étaient 
écrites en Amahara, Manquer en les lisant prouverait [f" 268] aussitôt 
à l'évidence ce qu'il affirmait tant par des soupçons, c'est-à-dire que 
par ce vovage et cette ambassade on prétendait faire venir des Por- 
tugais en Ethiopie et le Maure connaissant cela n'épargnerait pas 

I. feridas. 



382 Emprùotmeinent. 

leur vie, chose que Manquer lui conseillait beaucoup et à laquelle 
cependant il ne se décidait pas, un peu par respect et par crainte 
de l'Empereur. Enfin Dieu voulut que la première fois qu'on a fouillé 
et palpé le Père, les lettres ne fussent pas trouvées. A la première oc- 
casion qu'il se trouva seul il demanda un peu de feu feignant qu'il 
le voulait pour fumer (prendre du tabac) chose que le Père ne fit 
jamais de sa vie mais qui est très-commune chez les Maures d'E- 
thiopie qui passent toute la journée (à sucer) la pipe à la bouche. Il 
jeta les lettres sur les braises, les réduisit en cendres pour qu'elles ne 
fussent pas la cause d'un tel malheur. 

Leur emprisonnement dura dix jours pendant lesquels on tint 
plusieurs conseils au sujet de leur vie ou de leur mort. L'avis de 
Manquer fut toujours pour la mort et il pressait fortement Alicô de 
ne pas nous laisser la vie. Mais plusieurs des principaux Maures du 
Pays persuadèrent d'abord AHcô, de relâcher le courrier Baharô, en 
lui disant que c'était une grande (honte?) sans raison et une barbarie 
de maltraiter un domestique de l'Empereur, qui avait été le porteur 
des lettres et de tuniques données en cadeau et qui n'avait commis 
aucun crime. Baharô une fois en liberté joignit ses efforts à ceux d'un 
seigneur de la maison de Hamelmal qui se trouvait là et ils tâchèrent 
de persuader Alicô, s'il ne voulait pas les laisser poursuivre leur route, 
de les renvoyer au moins à Dambea d'où ils étaient venus. Ce con- 
seil parut bon à plusieurs des principaux Maures et, tous étant du 
même avis ils obtinrent d'AHcô qu'il fît ainsi. Mais il ne voulut qu'ils 
retournassent par les terres de Hamelmal craignant que celui-ci ne 
leur permît de prendre quelque autre route ou bien qu'à cause du 
mal qu'il leur avait fait il ne se tournât contre lui et ne lui fît la guerre. 

Manquer fut très-mécontent de cette résolution voyant qu'il ne 
pouvait réaliser ses desseins maudits et se satisfaire dans le saf% du 
Père et de l'Ambassadeur la haine qu'il leur portait; il trouva un 
stratagème et une invention diaboHques pour les tourmenter. Il s'en 
fut trouver Alicô et lui dit qu'il devait garder chez lui trois Portugais 
parmi les domestiques et les compagnons du Père parce qu'ils pou- 
vaient lui être très-utiles dans les guerres qu'il avait contre ses voi- 
sins. En les ramenant ensuite auprès de l'Empereur il espérait ob- 



Départ pour G oj'am. 383 

tenir ainsi le pardon des maux qu'il avait fait subir au Père et à l'Am- 
bassadeur. Alicô se réjouit beaucoup du parti qu'il avait suggéré. Il 
leur permît ou plutôt il les obligea tous les deux, avec la majeure 
partie de leur suite, de retourner au lieu d'où ils étaient venus, bien 
qu'il ne voulut pas les laisser retourner par le même chemin, car il 
craignait que de concert avec Hamelmal ils ne se vengeassent sur ses 
terres et sur ses gens des affronts qu'il avait faits aux envoyés de 
l'Empereur leur maître. 11 retint auprès de lui les trois Portugais. Le 
Père regretta cela comme si on lui avait arraché le cœur, mais voyant 
qu'il ne pouvait faire autrement il se mit en chemin après avoir pris 
congé d'eux avec des larmes sans hn. Dieu les conduisit et les pré- 
serva miraculeusement comme je le raconterai bientôt. Très peu nom- 
breux et sans aucune arme ils mirent dix jours, sans compter quelques 
autres jours de repos, à faire la route jusqu'à Zarmât qui est une 
montagne âpre du Xaoa, toujours par les terres des Gallas et au mi- 
lieu d'elles. De Zarmât ils firent aussitôt une journée en avant jus- 
qu'à une aviba [mont-fort] peuplée de chrétiens sujets de l'Empereur. 
De là ils écrivirent des lettres faisant savoir à son Altesse et au Ras 
Sella Christos son frère tous les événements de leur voyage. Ils s'of- 
fraient tous ensemble pour le tenter une autre fois et le mener à bout 
par un autre chemin. Mais on crût qu'ils avaient déjà assez fait et 
non-seulement parce qu'ils étaient très-fatigués mais parce qu'on ne 
trouvait pas d'autre route moins dangereuse que celle qu'ils avaient 
faite. Il leur vint l'ordre de rentrer à la Cour. Comme on était déjà 
à la fin de l'hiver, deux mois après être arrivés à cet endroit ils se 
mirent en route pour Gojam. Au bout de i3 jours ils passèrent le 
Mil près Nebesse et en cinq ou six autres jours ils parvinrent à Col- 
lela où le Père Francisco Antonio de Angehs avait alors commencé 
un établissement comme il sera dit plus loin. De là ils se rendirent 
à Serca, campement du Ras Sella Christos et ensuite à celui de l'Em- 
pereur", ils furent bien reçus de ces Seigneurs qui les remercièrent 
des travaux qu'ils avaient endurés pour le service de Dieu. Mais il 
n'est pas juste que nous passions sous silence les dangers dont Dieu 
délivra le Père Antonio Fernandes dans cette route; je parlerai briè- 
vement de quelques uns. 



384 Amtimâ. 

Le jour même que le Père quitta Alabâ plusieurs maures se con- 
certèrent pour le surprendre en route et le tuer avec ses compagnons 
en s'emparant de leurs pauvres dépouilles. Dieu voulut qu'une pluie 
grosse et continue survint ce qui les retint car ils croyaient que le 
Père et ses compagnons ne marcheraient pas par une tourmente pa- 
reille. Mais ceux-ci comme inspirés par Dieu, puisqu'ils ignoraient 
les desseins des voleurs, voyant que s'ils s'arrêtaient où ils n'auraient 
pas le temps de gagner un lieu habité pour y dormir, préférèrent 
affronter la pluie plutôt que de coucher en rase campagne, ce que 
Dieu ordonna ainsi pour les faire échapper, comme ils échappèrent, 
des mains des brigands. 

Ils s'aperçurent bientôt que dans la peuplade où ils arrivèrent, ils 
ne pouvaient pas dormir à l'abri d'une trahison. Mais Dieu les se- 
courut de cette façon : il permit qu'ils y rencontrassent un Galla au- 
quel Baharô, le courrier de l'Empereur, demanda s'il connaissait un 
autre Galla, homme important et son grand ami, nommé Amumâ. 
Ce Galla répondit qu'il était son domestique et que son maître était 
là tout près. On lui promit une bonne récompense s'il allait l'appeler 
en toute hâte et que si Amumâ venait on lui donnerait un cheval. 
Le Galla vola, Amumâ vint dans la même heure et à son arrivée 
toute crainte de danger disparût, car il était un homme grand et puis- 
sant et, dès qu'il prit sous sa garde et sa protection le Père et l'Am- 
bassadeur, les Maures du pays n'osèrent plus leur faire violence. 

Ce Galla les conduisit au bout de deux journées de marche jus- 
qu'à l'endroit où il demeurait et où il les renconforta avec beaucoup 
de lait et une vache (qu'on égorgea). Ensuite il les conduisit encore 
à trois journées en avant au bout desquelles il leur fallût s'arrêter et 
se reposer pendant huit jours. Ensuite, comme ils voulaient pour- 
suivre leur chemin ils coururent d'autres dangers assez grands à cause 
de quelques Gallas qui, étant des ennemis d'un autre Galla nommé 
Auguedem et ayant entendu dire que c'était lui au lieu d'Amumâ qui 
les conduisait sous sa garde, venaient à leur rencontre pour les tuer. 
Une fois détrompés ils abandonnèrent leur dessein. Le second danger 
fut celui d'être tous tués par un grand troupeau de vaches qui les 
poursuivant dans les champs où ils passaient, étaient bien près de 



Mort de Manquer. 385 

les fouler et de les tuer tous. Le troisième danger fut encore celui 
de plusieurs Gallas qui étaient campés dans de vastes plaines où ils 
faisaient certaines fêtes à leurs pagodes. Us insistèrent beaucoup au- 
près d'Amumâ pour qu'il leur livrât ces chrétiens pour être offerts 
en sacrifice. 

Dieu les délivra de tout cela en les sauvant et plus tard il a sauvé 
les trois Portugais qui étaient restés aux mains d'Alicô. Ils s'enfuirent 
auprès de Hamelmal, auquel ils furent très-utiles dans différents com- 
bats qu'il eut à soutenir contre les Gallas. L'Empereur et Ras Sela 
Christos firent de grands efforts pour les délivrer de l'esclavage : ils 
écrivirent au Maure Alicô et à Hamelmal en insistant beaucoup pour 
qu'ils leur fussent renvoyés. Pendant ce temps c'est-à-dire, pendant 
plus d'un an que ces Portugais furent détenus, un d'entr'eux mourut 
de maladie. Les deux autres furent délivrés, et l'Empereur leur fit 
plusieurs grâces pour les bons services qu'ils avaient rendus pendant 
le cours de cette expédition. Quelqu'un voudra savoir ce qu'il advint 
de Manquer l'auteur et la cause de tant de malheurs. Je réponds que 
la justice Divine ne manqua pas de le punir en cette vie comme il le 
méritait. Il avait tant de protections à la Cour, que malgré tout ce 
qu'il avait fait, il osa y venir et y nier tous ses actes. Néanmoins Ras 
Cella [sic] Christos le fît arrêter et comme tout ce qu'il niait avec 
tant d'effronterie fût prouvé très-aisément, il allait être exécuté, mais 
Dieu a voulu pour exercer la douceur et la patience du Père Anto- 
nio Fernandez et pour notre exemple qu'il se trouvât dans le camp 
en ce moment là. Il s'en fut demander à l'Empereur la vie de son 
ennemi et cette supplique fut faite si bien et de si grand cœur que 
l'Empereur ne pût s'empêcher de l'exaucer. Cependant bien qu'il 
ait pu échapper à l'arrêt de mort, il ne put fuir la justice divine. Exilé 
sur une montagne il s'échappa des mains de ceux qui le menaient 
prisonnier et se réfugia chez des Gallas et en moins de trois mois il 
amena plusieurs hordes de ces gens pour infester les terres de l'Em- 
pereur. Mais les habitants du pays s'armèrent et les Gallas furent mis 
en fuite avec lui qui les guidait; mais il fit une chute dans cette fuite, 
se cassa une jambe, ne put donc aller plus loin et resta étendu là 
jusqu'à ce qu'il mourût trois jours après. Toutefois certains disent 

25 



386 M. le D^ Traversi. 

que les Gallas voyant sa Jambe cassée le tuèrent pour lui éviter la 
souffrance ou, pour mieux dire, afin de ne point faire tarder les peines 
du feu éternel que cette âme infernale avait tant méritées. 

8. M. le D^^ Traversi. 

1889. Avril. Sauf la préface, que nous allons terminer, tout ce 
qui précède était imprimé en 1884, quand nous avons interrompu 
le présent ouvrage pour faire une reconnaissance magnétique en 
Orient. Le 26 Janvier 1885 en remontant à bord du vapeur égyptien 
qui devait nous conduire à Sawakin nous y trouvâmes M. le Comte 
Auguste Buturlin, jeune Russe à peine âgé de 2 1 ans. Il était de ces 
hommes rares qui commandent la sympathie à première vue, et l'his- 
toire de sa trop courte vie aurait donné de l'enthousiasme à tous ceux 
qui possèdent encore l'ardeur généreuse de la jeunesse. Aspirant au 
grade d'officier dans l'armée russe il se présenta aux examens et tut 
classé à la tête de tous ses concurrents, mais trop d'étude avait ébranlé 
sa santé et il dut renoncer à la carrière qu'il aimait. Parlant la plu- 
part des langues européennes et s'exprimant avec facilité en arabe, il 
entreprit ensuite un voyage en Ethiopie où l'on espérait que la cha- 
leur du climat allégerait son mal. A cet effet il s'adjoignit MM. Rossi 
et le D"" Traversi. Après un court séjour dans Mucaww'a, M. Biitiir- 
lin retourna au Caire et de là en Italie où il est mort à Florence le 
19 août 1888, dans la fleur de son âge. Ne pouvant payer de sa per- 
sonne comme il l'aurait voulu, il continua à faire les frais du voyage 
de M. Traversi qui ayant eu la chance d'échapper aux défiances du 
feu roi Yo}ja7inîs poussa jusqu'au Xitpa et atteignit Jîmma Kakka. 

Avant la belle exploration de M. Borelli, la seule enquête, à notre 
connaissance, sur le sort du Uma est due à M. Traversi. Voici un ex- 
trait de sa longue lettre publiée à Rome vers la fin de l'an dernier :' 
«Ce qui est certain, ce que j'ai vu, c'est que sur la rive gauche du 
Uma la plaine s'étend à perte de vue tandis qu'à droite le terrain 
est montueux et très accidenté et la série de chaînes de montagnes 
qui s'avancent presque à angles droits sur le Uma ne finit pas avec 

I. BoUeiino délia Società geogralica italiana, 1888, pages 921, 922. 



M. le Z>'" Traversi. 387 

le pays de KullOy mais se continue au sud aussi loin que l'œil voit; 
et le Uma borne (hordeggia questi monti) ces montagnes droit au 
midi comme une flèche. Si ce fait n'encourage pas l'hypothèse que 
le Jiiba des Somali peut être le Uma, il donne bien à penser. 

A ce propos je me crois le devoir de rapporter les informations 
reçues d'un vieil esclave Walamo. Celui-ci dit connaître le M^ Belosa 
et par les indices qu'il m'a fournis Je pus m'assurer qu'il n'était pas 
un de ces relateurs si nombreux venus pour me prendre quelque 
chose. Parlant du Uma, il m'assura et jura que ce fleuve, parvenu 
au pays de Borodda, tourne brusquement à l'est. Borodda confine- 
rait à Malo qui de son côté serait près Cuècia [sic]. Le Uma va à 
l'est, dit-il, pour aller se jeter dans le lac Abbà-là [sic] qui selon lui 
serait dans le pays de Aruria [Hariiro] sous les Walamo. Le lieu de 
ce lac, selon l'esclave, s'accorde avec les informations recueillies par 
moi à Urbaraga de la bouche d'un xaylf qui me dit avoir vu le Abbà- 
là de la cime du M' Ambariccio de Kambata. Ce lac serait ainsi beau- 
coup plus au sud-ouest que celui qui est signalé sur la carte de Cecchi. 

Quand Je demandai ensuite à l'esclave s'il avait jamais entendu 
parler du M' Woxo, il me dit avec la plus grande admiration qu'il 
s'appelait Woso et non Woxo, que c'était la plus haute montagne 
connue et il cherchait de mille façons à m'en faire comprendre la 
hauteur démesurée. 11 ajouta qu'elle se trouvait dans le pays Anica 
[Hanika] sous Gàmo, mais sans savoir dire autre chose.» 

Au même moment M. Hénon m'apprenait dans Paris que, s'il y 
avait une montagne de 5000 mètres là où j'avais mis celle que Je 
prenais ^oiwWoxo ou Woso, il aurait dû la voir de la frontière de 
Walamo o\xWalay:[a qu'il avait atteinte. Je lui répondis que mon 
relèvement pris de Falle^ se bornait à des azimuts et apozénits ré- 
itérés tandis que la distance (i32 milles) n'avait pour données qu'une 
triangulation grossière par des journées de route, sujettes à l'incer- 
titude. J'ajoutai que la montagne observée pouvait être plus rappro- 
chée de Falle et par conséquent bien moins haute. Elle sera iden- 
tifiée par nos successeurs. On déciderait cette question et en même 

I. Géodésie d'Ethiopie, pages 196, 229, 439 sous le n° 805 et au n° 250 des 
profils de montagnes. 

25* 



388 Voyage de 31. Jules Borelli. 

temps la vraie longitude du lac Ahha ou Ahhala en observant du 
W- Amharico un tour d'horizon le matin pendant la saison des pluies. 

g. Voyage de M. Jules Borelli. 

Arrivés au Caire en décembre de l'année 1884, nous y fîmes la 
connaissance de M. Jules Borelli, voyageur français, qui se proposait 
de visiter l'Ethiopie et, sans rien dire de la rivière Uma, nous l'en- 
gageâmes à visiter le Kullo qui n'avait encore été vu par aucun Eu- 
ropéen. 

Après avoir franchi deux fois le pays 'Afar, toujours pénible à 
traverser, ce vaillant explorateur est revenu en Egypte vers la fin de 
1888. Son heureux retour fut annoncé à notre Société de Géographie 
dans sa séance du 2 1 décembre. Dans celle du 18 janvier dernier elle 
publiait à la page 36 de son Compte -rendu l'extrait suivant d'une 
lettre que je reçus de M. Borelli avec une carte provisoire : 

«Le Caire, 8 janvier. — J'ai l'honneur de vous remettre ci-incluse 
une carte donnant d'une façon peu exacte, mais approximative, les 
quelques pays que j'ai pu visiter, et ceux sur lesquels j'ai pu me pro- 
curer des renseignements. Cette carte m'a coûté beaucoup de peine, 
de soins, de temps et d'argent. J'ai fait venir de plusieurs côtés, de 
presque tous les pays ou royaumes du Sud, où je n'ai pu pénétrer, 
des gens qui, pour une cause ou pour une autre, avaient voyagé; 
c'est sur leurs récits, concordant tous à quelques rares exceptions 
près, que j'ai tracé la carte que je vous envoie. Quant à moi, le point 
le plus sud, où je sois parvenu, est vers é" 3o', peut-être é" 20', un 
peu avant le confluent de la petite rivière «Bouka» avec l'Omo. » 

«Assurément ce que je fais, détruit (si l'on veut me croire) l'idée 
que l'on avait du cours de l'Omo dans TE. pour former la Juba. 
Mais si je ne me trompe, votre opinion personnelle n'était-elle point 
à peu près celle que j'ai ? Jamais je n'ai eu l'honneur de vous en en- 
tendre parler, mais je me rappelle une phrase qui se trouve dans le 
bel ouvrage d'Elisée Reclus, où ce dernier affirme, je ne sais pour- 
quoi, que l'Omo est la Juba, et, après cette assertion, il ajoute : «Ce 
n'est point le Nil comme le crut d'Abbadie. »' 
I. [Bassin du Nil, p. 298.] 



Voyage de M. Jules Borelîi. 389 

«Je n'affirme point que ce soit le Nil, mais il est certain que le 
fleuve prend une direction O., là où on lui croyait une direction E., 
puis il prend au sud, et, par deux degrés environ, forme le grand 
lac Schambara. J'ai bien de petits détails sur toutes ces choses, mais 
les insérer dans une lettre est impossible. » 

<i Les gens de qui je tiens ces détails, etc., gens qui ne se con- 
naissent souvent pas du tout, disent tous la même chose. Pour 
obtenir ces résultats, j'ai travaillé huit mois, et dépensé environ 
20 000 francs en cadeaux, surtout en morceaux d'or. Cet or que 
recherchent tant les rois de ces pays, cet insigne de la royauté, m'a 
tout procuré auprès de ces rois, sauf la permission de pénétrer chez 
eux par crainte des Amharas. » 

«Où les renseignements deviennent moins précis, c'est après le 
lac Schambara. Les plus nombreux disent qu'une rivière en sort, 
allant vers le S.-O. Quelques-uns prétendent que le lac n'a point 
d'écoulement visible, que le soleil et la terre absorbent l'eau, d'autres 
enfin hésitent, mais ceux-là assurément n'ont point contourné le lac.» 

Dans sa conférence faite au Caire en décembre dernier M. Borelli 
est un peu plus affirmatif, en supposant toutefois que ses paroles 
aient été bien notées. Nous en extrayons ce qui concerne la grande 
rivière qui coule entre Kullo et Walamo : 

« Permettez-moi, messieurs, de fixer à ce point du bref récit de 
mon itinéraire mes observations sur r«Omo». 

« Ce cours d'eau prend sa source au pays de Limou-Ennarva, dans 
la forêt Babbia, à la jonction des monts Léman (Bambou) qui ter- 
minent au sud la chaîne des monts du Botor et des monts du Limou- 
Ennarya qui séparent la vallée du Ghibié de celle de la «Didesa». 
11 prend le nom de Ghibié à son origine (Ghibié-Ennarya). Il coule, 
sur un trajet de soixante-dix kilomètres environ, vers le nord; puis 
il fait une courbe brusque qui le rejette vers le sud-sud-est. Au 
sommet de sa courbe, il reçoit un affluent : la rivière «Ghibié Nonno>^ 
ou «Lagamara», ainsi nommée pour la distinguer du «Ghibié-En- 
narya» qui n'est autre que l'Omo. Ce nom «Omo» n'est d'ailleurs 
donné au Ghibié-Ennarya qu'après [sic] sa traversée dans le pays du 



3qo Voyage de I\I. Jules Borelli. 

Zini^cro où il reçoit une autre rivière, la «Walgha»; il continue en- 
suite son cours dans la direction du sud-sud-ouest. 

A 5° 3o' [de latitude] le Ghibié (Omo) se jette dans l'ouest, ser- 
vant d'extrême limite aux pays de Koullo, Contab et Koscha. Par 
33"^ environ de longitude est de Paris, il change brusquement encore 
de direction et coule vers le sud. Enfin par 2° nord, r«Omo» forme 
un lac, qui a plus d'un degré de superficie. 

Les principaux affluents de l'Omo sont : rive gauche, l'Amal Ka- 
tama, la Gemouna, la Demeh, la Dao, la Mazé, l'Erghiné, l'Ous- 
soumé, et enfin une autre Erghiné qui, dit-on, a une source com- 
mune avec la première; rive droite, le Ghibié de Djima — que j'ai 
déjà cité et qui forme une chute imposante de quarante-cinq mètres 
de hauteur et cent cinquante de largeur, appelée Kokoby — la rivière 
Dannaba, la Godjeb, la Bauka, la Mantza, la Zighéna, la Dintcha et 
la Charma. 

L'Omo, avant d'arriver au lac Schambara, a une largeur de plus 
de cinq cents mètres, mais il est peu profond; son lit est encombré 
de bancs nombreux. 

Le lac Schambara n'a guère plus de profondeur que l'Omo. Il est 
guéable presque dans toute son étendue. Le fond est formé par des 
herbes fines et drues. Ses bords sont couverts de roseaux et d'herbes 
aquatiques. Les animaux de toute espèce sont innombrables dans les 
plaines qui l'entourent. Les indigènes donnent à ces plaines le nom 
de «Yaya ». 

Si l'on considère 1" que le Schambara se trouve tout au plus à 2° 
dans le nord-est du Nyanza, et que sur les bords du Nyanza, de ce 
même côté, se trouve une contrée appelée «Ougé-Yava» par les 
indigènes; 2" si l'on considère que le point extrême reconnu du fleuve 
Juba par Van-Dicken se trouve par 3" nord, et qu'aucun affluent 
considérable n'a été signalé par les vovageurs; 3'^ si l'on considère 
aussi que les indigènes racontent qu'un cours d'eau s'échappe du 
lac Schambara dans sa partie sud-est; 4^^ si l'on considère enfin la 
conformation des terres, qui semble s'opposer à ce que l'Omo re- 
monte de 2'' au nord et fasse 7^ dans l'ouest, parcours nécessaire 
cependant pour rejoindre le Juba, — on est induit à penser, sinon 



Jila. 391 

à conclure d'une façon positive, que l'Omo se jette dans le lac 
Nyanza, après avoir traversé le Scharabara. 

L'Omo n'est donc pas le Juba. 

Et alors, messieurs, en se conformant aux traditions géographiques, 
on doit donner au cours d'eau principal, qui se déverse dans le 
Nyanza, le droit d'être considéré comme le Nil; l'Omo n'est qu'une 
désignation locale de votre grand fleuve, — l'Omo, c'est le Nil! 

Quelques indigènes (ils sont d'ailleurs peu nombreux) disent que 
le lac Schambara n'a point d'écoulement; mais leur assertion n'a 
d'autre fondement que des ouï-dires; ils ne parlent pas de visu. Il 
est improbable, en effet, que l'évaporation et l'absorption suffisent 
à compenser le débit de l'Omo. 

Les eaux du lac Schambara sont douces. » 

10, Jila. 

Dans l'année 1888 M"'' Taurin Cahagne ht un court voyage en 
France et nous dit alors que les Jila ou pèlerins Oromo qui se 
rendent au pays du Abha que la tradition désigne comme la patrie 
primitive de leur race, traversent le Walamo, ensuite un pays de 
nègres, et enfin la rivière Uma, le (bia Abba) pays du Abba étant 
sur sa rive droite. [Ce renseignement ne se laisse bien comprendre 
que depuis la connaissance du cours de cette rivière vers le sud.J 
Quant à son sort ultérieur, Ms'' Cahagne a entendu autant de té- 
moignages qui l'envoient vers l'Océan Indien que de ceux qui le font 
couler finalement vers le Abbay. 

II. Voyage de M. le Comte Teleki. 

Au moment de mettre sous presse nous apprenons les premiers 
détails publiés sur cette belle exploration. Elle s'est terminée auBasso 
Narok ou «lac noir» qu'on s'est hâté de confondre avec le Xambara 
de M. Borelli, mais les données que nous possédons ne permettent 
pas d'identifier ces deux lacs. Au contraire, leurs dissemblances sont 
nombreuses : le Xambara occupe une faible dépression dans une 
vaste plaine et sa forme arrondie convient bien à l'épanouissement 
d'une rivière qui n'a plus de pente, mais dont le limon doit salir les 



3q2 Voyage de M. le Comte Tel eh'. 

eaux, tandis que le Narok a des eaux pures, quatre affluents à em- 
bouchures étroites et un entourage de collines qui lui font supposer 
des eaux profondes. Au nord, l'extrémité de ce lac atteindrait le pays 
de Gofa et il n'est guère admissible que les indigènes n'en aient rien 
dit à M. Borelli. Au bout opposé du Narok la difficulté est encore 
plus manifeste : le lac Baringo est à cent milles plus au sud et, plus 
loin encore, on voit une colline par o" lo' de latitude, c'est-à-dire 
dans les eaux du grand Nyanza, ce qui ne se peut. Toutes ces con- 
tradictions disparaissent au contraire si l'on adopte la longitude 
34'^ 40' que l'esquisse de M. Teleki donne à ce Narok qu'il a dé- 
couvert. Le lac Baringo reste alors à l'est du Nyanza, comme on l'a 
placé depuis plus de dix ans. Plus heureux que M. Borelli, son émule 
hongrois a pu voir par lui-même les pays qu'il décrit et obtenir par 
des observations astronomiques ces positions absolues si chères aux 
géographes. Nous attendons avec une vive impatience le narré de 
son beau voyage. 



Erratum. A la page loé, après 2 nuitées dans Liban il y en eut deux 
dans IVulïsu, ce qui fait 8 en tout. 



'IN DU PREMIER VOT.UMK. 



RÉPERTOIRE 



Comme partout dans cet ouvrage, les noms propres écrits en 
caractères italiques doivent être prononcés selon l'orthographe con- 
ventionnelle indiquée dans la préface : ainsi u représente r« ou » fran- 
çais; etc. 

En rangeant les mots de ce répertoire nous mettons d'abord 
la lettre ordinaire et ensuite la lettre modifiée. \'oici notre alphabet: 

il, a, h, c, d, a, e, f, g, g, g, h. /?, /?, i, î,J, /, k, If, /, m, n, tï, 
o, p, p, q, q, r, s, t, t, t, u, il, v, w, .v, y, Z, ^. 

Lorsqu'un même nom a été écrit avec des orthographes diffé- 
rentes dans le cours de ce volume, on ne reproduit ici que la plus 
probable : elle est ordinairement la dernière en date. Les chiffres in- 
diquent les pages. 



Aata 322. 
A-ay 134. 

Ab Axkiia 245, 357. 
Ab Sïlemanto 329. 
Abaddo Al a 3 12. 
Aba 'ebo 328. 
Abag'al 16. 
Abagaz 152. 
Abaha 118. 
Abakïr 27, 28. 
Ab'ali 327. 
Abalidara 315. 
Abangusi 23 1. 
Abarariga 52. 



Abarbarra 139, 141. 
Ab'aro 242. 
Abarsaleban 335. 
Abaskul 339, 342. 
Abassie 358. 
Abat i32. 
Abawi 153, 154. 
Abavpo 140. 
Abaya 71. 
Abba 184. i8é, 192, 

193, 201, 23i, 388. 

389, 391. 
Abba al mahdi 2 3. 
— Bagibn{6), 2 1 ,65, 



80, 81, 83, 90, 91, 
105, 1 1 2, 1 13, lié, 
i3o, 14e, ié8, 208, 
256. 
Abba Base 28. 

— Bobe 3 18, 

— Bokii 3oi . 

— Bora 121, 123, 
1 25, 1 26, 1 28, 1 29, 
143, 227. 

— Bulgii 98. 

— Dasa 3 1 1 . 

— Dima 13$. 

— Dïtiqe 270. 

25** 



394 



Abba . . . ' Abdi. 



Ahha Dulla 205. 

— Etero 62. 

— For eh 28. 

— G.Manfas Qïddus 
289. 

— GabraMARYAM 
3i, 35. 

— Ganda 33, 121, 
125. 

— Garima 239. 

— Gom-ol 21, 179. 

— Cuba lé. 

— Gudda 62, 65 . . . 

85, 86, 88, 90, 94, 
95, 99, loi, io3, 
1 14, 1 15, 123, 139. 

— Harbu 134. 

— Hummar 295. 

— Ibo 10. 

— JîfaradK,, 79, 80, 
98, 115, 117, 134, 
182, 2oé. 

— Jilîa 2 1 . 

— Jobar 21, 50, 55, 

57- 

— Korro 121. 

— Kuramo 79, 80, 
86. 

— Kuranno 93. 

— Labab 175. 

— Malki 80. 

— Morqe 146, 2 10. 

— Muda 287, 294, 
304, 305, 3o8, 3i o, 
3ii. 

— Muti 324. 

— 'Nanyo 185, 189. 



Abba Obbo 280, 282. 

— Qawe 146. .. 148. 

— Qella 141 , i63, 
172, 194. 

— Rago 21, 80. 

— Remo 21. 

— Rufo 117. 

— Sarbu 141. 

— Sînkîlli 93. 

— Takle 325. 

— Trungo 148. 

— Tullu 224. 226. 

153. 

— iya7-e 188. 

— Xukote 2 2 3. 
Abbadie d' 388. 
Abbado 288. 
Abbala{Zj), 164,166, 

177, 192, 193, 201, 
233,251,387,388. 

Abban 16, 17, 3o. 

Abbao 184. 

Abbascoulas 347. 

Abbato 156. 

Abbay (12, 15, 34 . . . 
36,4o,i),i 2,25,26, 
3i, 32, 34, 35, 53, 
54, 62, 65, 66, 68, 
69,71... 74,76,78, 
82,83, 85, 89,91, 
92, 96 . . . 98, 109, 

1 14, 1 18, 120, 123, 

135, 148 .. . 155, 
157,161, 170,173, 

177, 181, 185, 216, 

23o . . . 232, 234, 

236, 263, 264, 268, 



270, 357 . . . 36i, 

391. 
Abbay a (aa) 71, 72, 

86, io3, 135, 141, 

151, 154, 161, 162, 

175. 233. 
Abbaye 128. 
Abbc 155. 
Abbema 368. 
Abbo 154, 289, 292, 

297, 299,314, 320. 
Abbo Jangab 61. 
Abbola 251. 
Abbole i3o, 146. 
Abbono 217. 
'Abd al 'aziz 237. 
Jabar 72. 

— an Ninvr 261. 

— ar Raljmin 338, 
339. 

— Kerim Noies 339. 

— AllalîS, 10, i3, 21. 
24, 25, 148, 340. .. 
342. 

'Abdallah-Djarso 350 

— Gaba 329. 

— s'ad 340. 
Abdallahs 354, 355. 
'Abdallat harrak 10. 
'Abdalla-î-arak 326, 

329. 
'AbdarraJjman 13,28 
'Abdarriif 145. 
Abde 23i. 
Abdea 328. 
Abder Rahman Yssif 

349. 
'Abdi 1 1. 



Abdi 



'Add. 



Abdi Garhi 212 

Ahdian 29. 

'Abdillah 84. 

'Abdille 341. 

Abdul 'Omar 350. 

Abecu 2S3, 286, 288. 

Abeddi i33. 

AberoLia 354. 

Abetero 64. 

Abexim 358. 

Abexins 367. 

Abeycii 277. 

Abgals 355. 

Abhareyn 46. 

Abi i3i. 

Abïgal 337. 

Abig'al i3, 334. 

Abïgaz Injo 155. 

Abil 344. 

Abîrbara 172. 

^èzY 38. 

Abitaq 41. 

'Abijr igri 357. 

'^è/e 327. 

Abogo i32. 

Aboita 259. 

Abokor 350. 

Abotamo i32. 

Abotyi i32. 

Abrahim 10, 39. 

^6/-f méï7z<îi/a 245,3 5 7 

Abriyx 28. 

Absala 214. 

^^50 1 10, 153, 175, 
191, 205, 206, 2 19 
. .. 224, 221 ... 229. 

245- 
AbU-allt' 333. 



^è;^ 150. 

— Ajuwra 27. 

— «/ Gasîm 27. 

— -Si«At i3, 16, 296. 

— Omog 27. 

Onah 327. 

Abukii 128. 
Abulii 260. 

^èz^;z 155, 168, 294, 

3io. 
^Z?z<« èt?^ 50, 
Abiina 62. 
Abiimio i32. 
Aburi i3i. 
Abuto i32. 
Abuxe 153. 
^^.ro 1 16, 146, 156, 

175, 187, 205. 208, 

2 19. 
^èj^rffcif 135», 59, 75, 

76,82,83, 88,156, 

237. 
Abvssinie(3,23), 247, 

267, 337,346,352, 

366. 
Abvssins 263, 3 10, 

3ii, 358. 
Acadvara i32. 
Acafar 140. 
^ci'7Zt^i3o,i36,i38.. . 

140,150, 153,157- 

158. 1 70, 1 72, 207, 

211, 212. 
Aco (38), 120, 140 .. . 

142. 145. 
'.la- 4. 5. 
'^<i '<^/e 21. 
\Ad Bïrhan 47. 



395 

'Ad katitebay 46. 
Mtf Ma'adey 38. 
'^ti Qczx 357. 
Adabay 296. 
Adado 335. 
Adadiig 41. 
Adaela 3 18. 
Adage Jia 33 1. 
Adago i3i. 
Ad'al 273 . . . 275. 
Adal 346. 
Ad'ali 1 16, 272, 277. 

327. 
Ad al le 135. 
4rf^r//o 185. 
Adals 346. 
Adami 216, 220... 

222, 285, 288. 
'.-l(i^;2 272, 3oo. 342. 

— Miduwbali 340, 
343. 

^<:f'cZ/- i3. 
^£/i3r arfa 42. 
/l^e/- 'ai/dfi' 40. 
Addra 39, 299, 
^^d/"d!60 51. 
Adaj'e 3oo. 3oi. 
'^Adarey 38. 
Adarkovia 3 16. 
Adarnasiir 314. 
.4<iaro 219. 224. 
14rfâ!ro 239. 
*/4^rf ^^éïji-' 246. 

— /l;H<sr 46. 

— Angafum 33 1. 

— Hasry 46. 

— .V/^/^r/l;\^ 46. 

— '^ Omar 46. 



396 

'Add Yabo (17), 9, 

239, 243. 356. 
'Addî Abun 149. 

— a/a mamhîr 357. 

— Agaw 9, 239. 

— ^Aâiie 51. 

— Alaqliasi 357. 

— '^Alk'^a 357. 

— AmRara 357. 

— '^Ajiday 240. 

— '^rA-ty^ 53, 57,240. 

— !4)^/;éi;^ 241. 

— BafiaJflu 357. 

— Baraday 357. 

— 5aro 40, 241. 

— BViray 357. 

— Bolfray 357. 

— Daaro 357. 

— Dakami 357. 

— Farima 328. 

— Fînne 33 1. 

— Gîdad 240. 

— Golbo 239. 

— GraFit (17), 2 3, 
242. 

— Gualgual 357. 

— Gnatam 357. 

— Hankuïl 357. 

— /fa:^f« 357. 

— Hîdïrom 357. 

— IJohob 357. 

— Huala 51, 241. 

— Inbasa 357. 

— Ijahasu 357. 

— I^otayo 241. 

— Makadah 47. 

— Manguïnti 241. 

— iW^i^F/l.V/ 235. 



'yl</</ . . . "^A/ar. 

'^Addî Nabur-îd 357. 

— iVa;^^ 357. 

— iVi/cz5 4. 

— Qabay 240. 

— Qalb'a 357. 

— Qd^^f (17). 

— Qpyîii 33 1. 

— Qe 357. 

— Qïsmu 241. 

— Rammat 247. 

— Rasul 4. 

— Robra 242. 

— Ta kl es 235. 

— Tanben 239. 

— Wagno 357. 

— A'z^m ToJflu 357. 

— Fao 243. 

— Zaga 40. 42. 

— Z,a\tir 4. 
'^AddiîiH 26. 
Addïroso 33 1. 
Addiyai 19,136.140, 

150, 156, 17e. ..8. 
^rf^o 61,68,15 1,1 5 2, 

154, 162. 
.4i/^o habba 332. 
Addole 275. 
Addoso 187. 
.4^t'a 305. 
Adebre 272. 
Adega i32. 
Adel 3o3, 369, 346, 

351, 353. 
Adëni 344. 
Aden 17, 241. 344. 

345, 350, 351. 
Aden - gadi Boursis 

349. 



Aden-Issas 350. 

Aden-Mohamed 349. 

Aden Rère 355. 

Adg'a 24. 

Adgmvb 2 3. 

^<^/ 156. 

^<ifa i32, 

yldffg- 38. 

^<ifo 140. 

Adîsge 324. 

.4/o/a 326, 328. 

Adolsi 3 18. 

^rfo;z 338. 

Adour (24). 

Adrafjmin 338. 

Adraniyte 271. 

Adulis 5, 23 ... 25, 
328, 33i. 332. 

Advega i32. 

Adîi'a {16 ... 18), 9, 
34, 49. ..53, 55... 
60. 83. 97, 98, 139, 
149, 238 . . . 243. 

Adyo 94. 

Adzaniéit 272. 

^/y4rd;j:a 51. 

— /////e 52, 33 1. 

Afa 2 3o. 

Af'abab 46. 

'4/^r (9, 15). 5, 8, 
10, 11, 17. 19, 23, 
25, 26, 32, 36, 58, 
63, 85, 1 12, 149, 
159, 246, 272 .. . 
274, 291, 3oo,3o4, 
314 . . . 3i6. 3i8, 
3 19. 326. ..329, 342, 
346. 351, 386, 8. 



Afar Daba 3i3. 
Af'ara 327. 
'Afara 273, 274. 
Afaraba 274, 
Afaro annat 3 20. 
Af'asusa 327. 
Afata i63. 
4/ca/a (6), 115. 
A/dira 329. 
4/e/z 315, 3i8. 
Affane 324. 
4/g-o/ 8. 
Afillo 90... 93, 95 . .. 

97. 99. 100. 105... 

1 10, 1 12, 1 13. 1 15, 

12e ... 1 29, 148. 

170. 171. 188. 189. 

203.225. ..227,230, 

232, 237, 255,263, 
264,267, 268,311. 

Aflagda 358. 

Afnii 237. 

Afouehs 355. 

Afso 245. 

Afta 2 3. 

Aftal 2 36. 

Aftali 3oo, 3oi. 

4//z^/ 67. 

^g'a Sao 149. 

%cï^/cï5o,77,78.94. 
97. io3, 1 10, 1 15, 
135, 173. 174, 17g. 
202, 207, 208, 215, 
217, 218,245, 257 
265. 

Agal'a 33 1. 

Agalo 50, 73. 115. 
1 28. 141, 180, 257. 



A/ar . . . Akuag. 

Agam 60, 62. 

— Wîha (17). 

Agamatîn 52. 

Agamiia 150. 

Agamsa 60, 210.217, 
218. 

Agénina 155, 332. 

Agaos 359. 

Agaq i33. 

AgHta 54. 

Agata 225. 

Agatkora i33. 

.li,M;;' (17'), 32, 34, 
50, 61, 63, 73, 79, 
87, i33, 149, 157, 
237, 272. 

Agau'i 154. 

Agaw mïdir 88, 98, 

151. 270. 
Agayo 3 16. 
Agdanâua 245, 357. 
Ager i3i. 
.4^rcz/ i3i. 
Agïtta 54. 
Aghuatto 144. 

^g^o/32 2. 

^^0/, .^g-oj- i33. 
Aguay i3i. 
Aguauém 358. 
Agiidi 109, 1 13. 
.4^z// 65, 84, 162. 
Agiila i33, 134. 
Agiilaî 8. 
Agiiti 127, 150. 
Ahmad (20), 10, 19, 

2?' 58, 59' 72. 75' 
3oi, 338, 342. 
— Baxa 42. 



397 

Aljnitid J'adini 59. 
— T/>f 27. 
Afjmtido zx-j, 2 23. 
Ahoma 1 14, 139. 
Ahorta 307. 
Aïack, Aïatts 354. 
i4/a 134. 
AJaga i32. 
^i/^7 77i/a;' 38. 
4/rt'z 67. 
.^7a.7 i32. 
A j tire 288, 
vl;f/ja 128, 159, 160, 
189, 23o. 

J./>I 229. 

i^i/> (11); 155- 

AJiiato i32. 

Akakl 280, 286, 296 
... 298. 

Akako 61, 161. 

Akald Guzay (i3), 
149. 

Akalu 59. 

Akafia i33. 

Akîma? 1 14. 

£lA-A-a 286 .. . 288. 

.4A-//7 161. 

^A'/z7 220. 

..4Ao 140. 

Akoga i3i. 

Akoya i32. 

Akriir 33 1. 

.4Avvera 139, 141. 

.4A-5z;;;z 5, 52, 55, 56, 
89, 108, 149, 239, 
240, 243, 332. 

Akte 38. 

Akuag i3i. 



398 



Akulsuni 



Aniara. 



Akuîswn 242. 
Akukku 217. 
Akinpa i3i. 
Akinvru i32. 
Ala 19, 3oi . . . 305, 

307, 309, 3i 2. 
Al'a 327, 334. 
Alaba 179, i8é, 223, 

38o, 38i, 384. 
Alafa 32. 
Alalî 24. 
Al aile 1 1. 
^/a/fz^ 155, 174, 210, 

2 1 7, 232. 

>l/éî?7z ayahii (18). 

.4/rt«^ai88,2io, 2 16, 
218, 219. 

Almitu-Gaba 268. 

Alaro i32. 

Ala j^ ta 327. 

^/<;/ i32. 

Aleyah 353. 

^//dî 102. 

yl/^^ 84, 92, 93, 171, 
1 76, 232, 252. 

Algaden 3, 237. 

Alg'ata 41. 

^/g^e 232. 

Alhando 8. 

14//8, 1 3, 17, 19, 22 ... 
24,28,39. 83, 9, 93, 
1 06, 1 08, 1 20, 1 39, 
145, 172, 235, 326 
. . . 328, 33i, 341, 
346,351,353,356. 

— Bakit 38 39. 

— Bct 3 16. 

- — Fahyti 29, 3 1, 32. 



'Ali Fahyat 16. 

— Gide 33 1. 

— Gubatta 2 3. 

— ffïmid 6, 7. 

— Hursa 314. 

— Içak 355. 

— Mahmoud 353. 

— Manda 2 3. 

— Mantalib 39. 

— Muz 2o3. 

— Saho 10, 328. 

— Soliman Medjour- 
tine 352. 

— Suleybaii 343. 

— Xannarka 1 2 , 1 3, 
16, 17. 

Alicô 38o . . . 383, 

385. 
Alïkraddi 39. 
Aliltugante r 2 63, 2 64. 
Mis 351 .. . 355. 
Alîz 137. 
M//^ 67. 
Alla 94, io3, 176 .. . 

178, 180. 
Allale 333. 
Allama 185. 
Allano 61. 
^//e 225. 
^//ea i33. 
Allemand (8). 
^//er 334, 335. 
^//f 2 3. 

Allicu 116, 156. 
4//0 1. 
.4//o/e 339. 
Alliii 144. 
Alluma i32. 



Alnitin 245, 358. 

Almeida (40,41), 358, 
36o, 36i. 

Almïso 327. 

/I/o 17. 

14/0/0 343. 

Aloiila 353. 

Alvarez 3oi, 3o3. 

Ahpaio i32, 4. 

Alyo amba 235, 314. 

^m i32. 

Amace 168 ... 1 70, 
172,177,181, 187, 
189, 190, 201, 202. 

Amada 185. 

Amadamid 54. 

Amaden 355. 

Apîado 79, 167, 201, 
233. 

Amadiin 3 16. 

Amahara 251, 38 1. 

Amal katama 390. 

A mal le 339. 

^»2<;77z 283, 3i 1. 

.4m<^»a 2 19. 

ylmtî/zo 61. 

Amanu-el 32 5. 

Amara{S, 10^15, 22, 
39, 40), 3, 17, 21, 
35, 63, 66, 84, 85, 
89, 91, 106, 1 1 1, 
136,151, 159, i63, 
4, 6, 7, 9,172. ..5, 
177,186, 191,193, 
204,2 10, 211,218, 
223,228,250, 251, 
256. ..8, 262, 263, 
266. 267,280,283, 



Aviara . . . Atikardig. 



399 



289, 292, 294, 3oo 
. . . 3o2, 307, 3 10, 
312,313,328,341, 
3éo, 3éi, 367. 
A.mara Gare 264, 
267, 268. 

— Sahînt 299. 

r Amara7idua 245. 

Amai'as: 28, 29. 

Amaresa 3oi. 

Amarïniïa 32, 50. 60, 
83, 1 14, 139, 140, 
141,154,245, 24e, 
269, 285,303, 32e. 

Am'asa 327. 

Amaxajiâiia 357. 

Ajnazones (25). 

Amba 158, 159, 172; 
id. montfort 280, 
284, 3o3, 383. 

Amba Giorgis 324. 

— MARYAM Izo. 

— xati balalïx 3 2 1 . 
Arnbabas 280. 
Ambabo 24e, 272 .. . 

274, 277. 3 18; 9. 
Ambado 20. 
Ambaffibcsa 1 14. 
A7nbar 324, 340. 
Ambariccio 387. 
Ambarico 388. 
Ambatogam 33 1. 
Ambelle Tu la 2 3o. 
Ambo 20, 245, 323. 
Ambo Maya 3 20. 
Amfjara 253, 260, 

3oi, 3i2. 389. 
Amharakoke 260. 



Amiiare Saho 329. 

33o. 
Amharo 260. 
Ami de 46. 
Amiyu i32. 
Ammat SaJjaji 28. 
Ammayya lié. 135, 

157' 245- 

Amtni Micera i63. 

Ammuxi 143. 

/4?72;zo 94. 

Amole 327, 328. 

Amonmana 167. 

Amor 3 10. 

y477zor^ gadal (18), 
299, 320, 323. 

>l7;2o.\"i 1. 

^;;25^.ç 38. 

Amuata 54. 

Amumâ 384. 5, 

.477n/rz; 34, 35, 65, 66, 
68, 69, 73, 75, 76, 
82, 83, 86, 89, 9 1, 
150 .. . 152, 156, 
162, 270, 36i. 

Amus 320. 

'^72'c7 326. 

/47zaèo 326, 328. 
Anafo 159 .. . 161. 

^77(^7720 328. 

Ananiti 33 1. 
Anaiimal i32. 
v47'7i7ro i3i. 
Ajiasraddi 38. 
/l77azo 25. 
Aiibaco 62. 

.(477C<37-70 34. 
/l7ZC077a 47. 



Andajilo 10. 
Andak 155, 161, 162, 

175, 23l. 
y477(^iS7' 67. 

Afidaraca 99, 144. 

178, 180. 
Andaraki 165. 
Andaraxa 259. 
Andareck 349. 
Andel 60. 
'Andelo 357. 
Andîrir 67. 
Andod 1 16. 

^72rfO(icM35,215,2 16. 

4w<Î7/(.7 358. 
Andiiroa 168, 
Aiifarge 299. 
^;zg"ai^e 10. 
^;2g'éï7- 150, 152, 159, 

161, 162, 270,365. 
Angarab 9, 319,326. 
Angelis 36 1, 383. 
Angïcaha 155. 
Angola 367, 
Angolala 116, 215, 

283, 296, 325. 
Angot, Angote 169. 
Ajigiile 60. 
Anika 259, 265. 
Aniya 17, 20, 3oo . . . 

3o2,3o4,3o8, 309, 

334. 
Aniyal 67. 
Atiiyii 334. 
Aiijîba meda 53. 
Ankala 8, 10, 326. 
Ankar 41. 
Ankardtg 33o. 



AnkobBi- 21, lo^^i 15. 
1 16,243. 244, 27e, 
283, 314. . . 325. 

Anixona 105. 

Ankor 345, 6, 9. 

Ankiia éi, 168. 

Ajma 110, 212, 2 i3, 

23o, 323. 

Annahse loé, 36 1. 
Annar 228. 
Annia 314. 
Aiinïsa 351. 
Anniya 5o-j, 3i 2. 
yl/nzo 21 3. 
Annoyvari 284. 
An-oi i32. 
Anquer 365. 
^;z.ya 351. 
'Ansaba 34, 36, 38... 

40, 45 . . .47, 49. 
Ansya 53, 61, 240. 
Ansley bay 2 3. 
Ansted (23). 
Ajititaray 61, 240. 
Antîïo 242. 
^;2^o«o(38),28o,282, 

286, 287,291, 292, 

297, 8. 
Anxurru 323. 
yl;zz/ro 189. 
Aouias347,353, 355, 

6. 
Aoulianhs 355. 
Apag i36. 
Apano i3i. 
Apikag i32, 4. 
Apiopag i32. 
Apiya»^ i3i. 



Ankohar . . . Arnay. 

Aqa jj'arq 246, 7. 
Aqab Sïre 239, 240,3. 
— 7i>arqï 241. 
/l^^ca 1 19, 144. 
Aqana i3i. 
Aqana 134. 
v4^/^ 3, 7, 16, 3o, 37, 

44, 46, 245, 358. 
Aqubruk i33. 
^/•a 118, 121, 140, 

200, 202, 5, 214, 

3oi. 
Araadum 38. 
'/4ra^ 339, 343. 
ArabGaradjis 351, 5. 
Araba 233. 
Arabie 16, 70, 98, 

333, 340, 345, 347 

...353. 
Arabo 260, 1, 3i3. 
Arabta 327. 
Arabto 33 1. 
Arabusi 157. 
Arabya 299. 
Arada 10 3. 
Aradan'ro 54. 
Aradno i33. 
Ara/a io3. 
^'■«^ 54. 
Aragama 60. 
Avala 2 3. 
Aramadi 343. 
Aramba 246. 
^TiiHîfA'o 328. 
Aramo i32. 
Araola 32 1. 
yîrâîr 244. 
Arassama 354. 



/Ira?^ 3i6, 327. 
/lr(77J^a 304. 
.^rawa/z 67. 
'Aray 39. 
y4ré?j'a 265. 
/Iz-aj^^ 299. 
Ardoblo 33 1. 
Arele 3o3. 
^re«o 1 18. 
Areya 260, 262. 
^r^a 142. 
Argata 3oo, 3oi . 
Argeî 28. 
Argeppo 144. 
^/•^fefa 3oi. 

^r^^r/" 53. 

Argobba 119, i3o, 

215, 275, 6, 285, 

3o3. 
Argubba 68, 93. 
/l;7;o 8. 
Ariba 195. 
Arïba 319. 
Ariège (28). 
ylrf^ 140. 
Ariya 288. 
Arkab 326. 
Arkalso 192. 
Arkiko 346. 
Armatoho (17, 18), 

8, 9, 246. 
^r;noz 3 10, 
.4r;z^ii?rfii37,42, 237, 

245, 358. 
Arnaud d\ (33, 39), 

160, 181, 2, 189, 

195 .. . 197, 232. 

/lr;ur>^ 61. 



Arnoux 246. 

Aro 121. 

Aror 333, 342. 

Arounhs 355. 

Aroussi 355. 

Arrali lé, 17, 338. 

Arramba 244. 

Arrowsmith 77. 

Arsabo 1 18. 

Artega 245, 357. 

Arties 347, 352. 

Aruro 111. 

Arus 68. 

>lrî^5f (4), 19,78,119, 
121, 167, 184 . . . 
187,2 12, 222, 260, 
2, 288, 290 ... 292, 
294, 3oi, 4, 307, 
309, 3i o. 

Aruxo 119, 121. 

Arve (26). 

Arxan 67. 

Arya 222. 

As 'Ali 10. 

Asa 'Ali 329. 

^5a amba 324. 

Vl^a a;^/î 33 1. 

!/l5a Darankéit 1 o, 
328. 

i45'aj^j72tïra 246. 

Asab 24. 

'Asab'ado 2 3. 

'Asabakri 327 [86. 

'Asabatu 315. 

>l5iig"rrf 243, 4 

Asakale 246. 

M.yi7A:are 328, 9. 

!45a^âfre 5, 8^ 10. 



Arnoux . . . Awah. 

Asiil 19. 
^.vct/cz 39, 273. 
Asalnh 326 [3i . 
'Asalesan 5, 8, 10, 

328, 329. 
'Asalîdda 328. 
145d!;;z 239, 241, 2. 
M.vci;H()»n'/z^o32 7 1 78. 
Aséindabo 54,68, 1 1 5, 

23l. 

Asandaro 3 16. 
'Asaor 329. 
^Isaor^a (18), 5, 10, 

23, 328, 33o. 
Asarya Gui 322. 
'Asay xîmal 329. 
Asbi 327 [94. 
Ascho 350. 
Asfudqy 37, 38. 
Asgida 35. 
Asgïde 357. 
^5f;n 140. 
/l5f.s 61. 
14.?/r 70. 
Askari 33. — £^50 

171. 
— Zîtz 146, 158. 
Askori 32 3. 
Askuma 61. 
yl5>n<7rc7 41. 
.45;;f 47/ Mtinadiik 37. 
^5?;zofc' 185. 
Asqak 4 1 . 
Assabotu 274. 
^i'/C 299. 
Astusaspes 46. 

^5Z/c7 (37). 

Asus 4 1 . 



401 

Atâ i32 [143. 
Ataba i32 [209. 
Atakum 33 1. 
^far i32 [i83. 
Atarkada 86, 112, 

114,115, 117, 165, 

i83, 191... 193, 

200. 
At'at 60. 
Atbara 9, 48, 49. 59, 

245, 358. 
Ate Galawdeos l>\i. 

— YoJjajinîs 309. 
Atea i32 [i36. 
Atgala 326 [25. 
^/riW^/?r.4M5, 6, 

33, 35, 41, 46. 
AHdi i33 [16. 
Atikaro i32 [262. 
Atïkle rîgum 5, 242. 
Aiïkles6, 3o, 33, 36. 

40, 46. 
Ahnan 245, 357. 
.4/0 134. 
/I/o i33 [6. 
y4/o JBz^/o 293. 

— Robi 278. 280. 
288, 298. 

Atudu i32 [173. 
^/z^/ i32 [264. 
Ad-ibd i33 [287. 
Auguedem 384. 
Avezac d' (2, 4). 
Awa 61, 76. 
Awada 245, 358. 
Aipadi 246. 
^w'cîg^ 137 [92. 
Awah 339, 343. 



4-02 

Awalite 3oi. 

An^alo i3i [121. 

AiPa-vialo i32 [232. 

Aj-pangïro loé, 108 

Aipari 157, 315. 

Avpas 47, 105, 2 16, 
220. 

AM^awa 73, 154. 234. 

Awax 22, 26, 174, 
244. ..246, 274, 5, 
280, 286 .. . 288, 
291 ... 296. 298, 
3o8, 309. 

Awbémuzag 137 [99. 

Aiybarlfale 342. 

Aipetu 74, 98, 173. 

Ajpga 154. 

Awfiej'- 60. 

Aiutiya 229. 

^;ri 153. 

^;i^/«ao 143. 

Awiri i33. 

Awl'e 60. 

AwliJfaii 341. 

Awlito 326 [20. 

Awljaiio 166. 

Awsa 19 ... 22. 25. 
273, 274. 296, 3o3. 

.4.V i36 [26. 

.4aVI7/ i32 [23e. 

^jfa«gf 8. 
Axbîrre 245, 358. 
Axdaro 185. 
Axïbo 47. 
.(4jrî> 33 1. 
^.rfra 37. 
Axkardig 1 1 . 
Axkatana 70. 



Awaliie . . . Badi. 
Axiiwina 33o. 

4r 317. 

— Samale 3 16. 

— Somali 274. 

4r^ 35. 
4r^ïA' 7. 

Ayame-i 327 [84. 
.4raj^t^ 245, 358. 
Mj'Z?a 328. 
Aydo 10. 

Aykazag i5j 1 1 19- 
Aykïngag i38 |2i3 
'4r^^^3o,32...35,37 

39. ..45. 47, 48.49 
Aymalléil 116, 155 

156. 223, 236. 244 
Ayn 68, 271. 

— 5aZ?cz 272. 275. 

— Traô 343. 

^J^/2â.!>0 192. 

Aynokora 326. 

4ro 154- 
.<4^rcT/r<i 244. 
Ayta No 10 96. 
Aytnm ilj [66. 
.4ziïèo 19,34,49.238, 

327. 
Azalii 273. 
^Zti«tT 153, 4. 
Azazo 326. 
Azraq 104. 

Ba-Abeianh . . . 354. 
Ba-Awodlés 355. 
Bersouks . . 356. 

— -Cheik Ascliet . . . 
356. 



Baa 141. 

Baad, Baat 335. 

Baasa 59. 

Bdati 357. 

i?aZj arf 11. 

5^/? Jangarcyn 38. 

5aè^e i83. 

Babbia 387. 

Babbo 123, 124, 191. 

Bab el mandeb 346. 

Babelis 347, 354. 

Babille 3o3, 5, 3i 2, 

334, 7. 
Baba 128. 
Babya 173, i83, 184, 

207, 2 1 7. 
Bercez 168 . ..170,181. 

194 .. . 196, 198, 

202, 205, 208. 
Baco 210, 214, 217, 

219, 220, 2 24, 232. 

Baçran'i 67. 

Biicu 245, 280, 288. 

B\id 18, 120, 339, 

343. 
Bada i32 [222. 
Budadi 32 2. 
Badas 218. 
Badaso 3i3. 
Badbadcii 338. 
Badbadcr 338. 
Badbado 143. 
Badda gababc 286, 

293. 
Baddesa 210. 
Baddigawa 125. 
Baden 3, 237. 
Z?arf/ 80, 93, 94, 104, 



1 15, 122,1 yS, 22 1, 
264. 

Badi 34. 

B'adi 1 1 . 

Bado-o 2 i3. 

Badodabba 3 18. 

Badoytamelah 327 
[53. 

Badudal 3i5, 319. 
Baduita 3 18. 
Badiir 37, 46, 245, 

358. 
/?(S/lz 237. 
. 5a^a i32 [198. 
Baga 154. 
Bagade 192. 
Baga g a 216. 
Bagari i63. 
Baganni 82. 
Bagasa 4 1 . 
/^a^^z 155, é. 
Bagemdîr (lo), 63, 
1 13, 149,299, 320, 

321. 

Bagermi 3. 
Baggara -j-j, 79, 82, 
84, 93. 1 08. 
, Baggu 5j. 
Bagibo (6). 
Bagïdda 328. 
Bagnah 67. 
B'agobo 340. 
Bagos 68. 
Bagiiîjia 153. 4 
Bagya 69. 
-/?a/m 141, 144 [97 1, 

1 72. 
Béihabar Ugar 340. 



Bah ado 335. 
Bahaïaz 59. 
Baharo 38o . . . 382. 

384. 
Bahdinvr 7. 
Babgaraii 341. 
Baljgaren 339. 
Bahlo 334. 
BaJjlelkase 339. 
5a/zo i83. 
^«/;r(i7). 
Bahr Gamo 260. 
Bahrad 7. 
Bahradda 82. 
Bahrdar 74^ 270. 
BaJjrgaren 341, 3. 
Bajibabru^i,^^. 47. 
5^0 161. 
Bajuk 271, 2. 
Bakalulemahlz(i[26. 
Bakana 33 1. 
Bakare Leqa 200. 
Baker (29). 
Bakia 122. 
Bakita 45. 
BcikitanduLi2^^.5^S. 
Bakîxa 184. 
Bakkame 61. 
Bakki ballo i-j-j. 
Bakko 71, 75, 77,81 
. . . 84, 88, 92. 96. 
107. 
/?aA-7z 137 [io3. 
Bakniixag i5y \i 17. 
Bako 264. 
Bakuîsa 140. 
5^/t7/(7 88, 237. 
Balagaz (17). 



403 

Bal as 52, 60, 140. 

Balaza 41. 

Balaip 3o, 35. 45. 

Balasa 52. 

Balazanay 42. 

Balballa 2o3. 

Balbul 17. 

Balfîam 137 [3o. 

5c7/f 68, 304, 3i3. 

BaVisua 8, 10. 328. 

i?a//a 173. 

^^//e 176. 

Ballous 36o. 

/?a/^a 168, 200, 2. 

/îa//o 210, 217, 232. 

Bal lia 40, 41. 

Bâly 369. 

Bamba 51, 60, 61, 

1 18, 146. 
— Maloa 122, 168. 
Bambani 217, 232. 
Bambi 128. 
Bambii 222. 
Bamuja 157. 
Baiia 32 2. 
Banda 74. 
Banda 27 [3o6 j, 82. 
Banja 61, 142. 
Batiji 119. 
Bann 333. 
Bannixa 212. 
7^^089,1 29. 165, 225, 

226. 
/nJi/a 120. 1 78, 180. 
Baqale 225. 
Baqcla 1 10. 
Baqna 58. 
Baqo 96, 100, 108. 
26* 



404 



Baqqe 



Batnavi. 



110, 125 . . . i3o, 
i33 . . . i35, 145, 
14e, 148, 150, léo. 
171, 188, 189, 227, 
23o . . . 232. 

Baqqe 116, 215. 
Baqqo 159. 
Bara 21 3. 
Bara 189, 195, 197. 

208. 
Baradota 328. 
Baraheyto 327 [74. 
Baraka 49. 
Barakat ij5, 7. 188, 

2 13, 2 15, 2 18, 224. 
Barakua 239. 
Baranta 12. 
Baranto 307, 3o8, 

3i3. 
Barantu 3 02, 3i 1. 
Barar-Sama 354. 
Barat 33 1. 
Barawa 11, 18, 20, 

260, 261, 374. 
Baraya 326 [24. 
Barbaria 352. 
Barbarsafada 270. 
Barbaru 5j. 
Barbîrah 1 1, 12, 14, 

lé . . . 19, 3o, 93, 

236, 3oo, 333, 335 

. . . 337, 339, 341, 

344. 
Barckatt 354. 
Bardey 344. 
Bar eh 35 e. 
Baréta 143. 
Bareiag 137 [111. 



Bargay 283, 284, 

295- 

Bargïd 27 [é. 

Bar go 237. 

Bargu 3. 

Bariisa 296. 

Baringo (38), 390. 

Bario 254. 

Barka lé, 3i, 33 . . . 
40, 42 . . . 49. 

Bar nu 237. 

i^.îro (32), 83,84,8e 
...93, 95 ... 97, 
99, 100, 105, 107 
... 1 10, 1 13, 114, 
120, 122 . . . 1 24, 
126 .. . i3o, i33, 
134, 140, 147, 148. 
150,159,160, 164, 

188, 189,222,225, 

226, 227, 23o, 232, 
252 .. . 254, 258, 
260, 262, 264, 267, 

268, 3i6. 
Baro 78, 129. 
Bar rail a (40). 
Barri 249, 250, 254. 
Barri 197. 
Barro 251, 2. 
Barrit 285, 7, 90.2,3. 
— losini 286, 288. 
Barry 247. 
Barsiib 5oj, 351. 
Barsuk 1 1 . 
Barta 143, 259. 
Barta 59, 115, 128, 

i33, 149, i63, 264 . 



7^(3rL'î/e339,34o,342. 

Bartere 1 1 . 

Barteris 347,35 1 , 5,6. 

Barthïle 335. 

Bartireh 352, 5. 

Bar tu 307. 

Bar tut 240. 

Bariik 67. 

Barya 3,6, 7, 3o, 32, 
35. 37, 39, 40, 42 
...46,48, 59, 182, 
237,245,271,358. 

Barya Arnadda2'h2). 

Basalan 3. 

/ia^e 28 [69, 1 18, 9J. 

Basîknu 67. 

Bask 190, 2 2 3. 

Basketa 118, 168. 
169, 179, 181, 190. 
200, 204. 

Baso 34, 50, 51, 53 

•••55,57'i<^7'ii5' 

139, 151, 158, 170, 

270. 
Baso ivare 160. 
Basques 118, 179, 

190. 
Bass (38). 
Bas-udu 28 [90. 
Basso narok (37), 389. 

390. 
Batal 28 [112. 
Bat i3i [127], 6 [loj. 
Bat'e 3i, 33, 52. 
Batte 128. 
Bâter ât 5jo. 
BatJja 67. 
Batnam i38, 188. 



Baïa 



Bllem. 



Ilala 190. 

Bahi 284, 290, 291, 

295- 
Bad^'c 2 3. 
Bauka 388. 
Ban> 90. 
Bawo 105, 6. 
Baxa 43. 
i?ax/ 144 [7. 
Baxïg i36. 
Baxîlo 2^6, 299. 32 1, 

322. 

Baya 27 [43. 
Bayadero 28 [95. 
Bayaii 160. 
Bayd 39. 
Baygada 59. 
Bayii i37,[42j222,3. 
Bayo 202. 
Bayti 194 ... 19e, 
198, 199. 208. 209. 
Bayyva 168. 
Sa;{'e (20), 48, 51, 

52. 

Bazen 7. 
Bazzabih 293. 
Bearazag 137 I78. 
5c'^éï/ 326 [5. 
Bedan'wi 28. 
Beddo 165, 2 10. 
Bcgamdïr 36o. 
Behan 32. 
Behrs 247, 
Balas 242. 
Belen 315. 
Bellenia 197, 247. 8. 
Belloi 19,1 25.6, 140, 
212. 



J5e/o i32 [145. 
Belosa 387. 
Bembu 196. 
Benduiyal 160. 
Benerô 367 . . . 369. 
JSe;zf i4/èa 27 [10. 
i?e;z/ '^nzâT 2, 3, é, 
3i, 45, 245. 

— Jamah 27 [51. 

— .Ya/e 28 [78. 

— Raxid 2 7 [1 é, 22]. 
5e;20 i3i [57. 

5er 84. 

— aoual 348. 

— Djehs 351. 
Bera 299. 
Berber 252. 
Berberah 251. 345, 

352, 4. 
Berbères 352, 3. 
Berenger 24e. 
Berghaus 40. 
Beri 23o, 1. 
Bero 143. 
Berri (33), 189, 190, 

195» 7' 247' 8. 
Berrs 248, 9. 
Bertat 115. 
.Bef /4mart7 83. 

— Bijéil 39. 

— ■'^{/â/ 245, 358. 

— Birate 152. 

— Ebrehe 39 . . .41. 

— Fîqroto 5. 

— Gabarit 38. 

— Gabrii 37, 42. 

— ATzn?? 59. 

— Ma'ala 245. 358. 



405 

Bet Maman Ij, 39, 
40, 42 . . .45. 

— Numa)i 38. 

— Tan>qey^2 ...44. 

— Aa^-^;2 39...41. 
Betama 245, 358. 
Bethlchem 9. 
i3c^/rz/ i38. 
Betlihem 2C)C). 
Bexîg i3é, [1, 207. 
Bexitag i38 [165. 

i?cr 135. 

i?ej^? 38. 
Bhaer? 268. 
Bhorr léo, 232. 
Bîadn 137 [44. 
Biakorda 208. 
Bi-aytii I26 [33. 
Bidal é, 3o, 32. 40, 

237. 
Bidar 315, 319. 
Bidarra 157. 
Bidarto 327 [90. 
Bîdawwiat 245.357. 
Biddina 86, 8. 
/?r.i^o 206, 8. 

ZJr<io 191, 202. 215, 
228. 

Bidrii 92, 3i 1. 
Bigidda 5, 10. 
/?//a 2, 3, 24, 33, 43, 

48.244,45.357,8. 
Bïlal léé. 
Bïlata Tasfa)' 8. 
Bïlbïla 217. 
Bïlem 7, 3o, 32, 35 

. . . 37, 39. 42. 43, 

46, 47. 



.o6 



Bi/e7i 



Bore. 



Bïlen 7, 3o, 2 2 3, 234, 
235,244,271,272, 
275, 357, 8. 

Bîlida 2 32. 

Billal 10. 

Bîllo 126. 

Bïlo 2i3, 217, 237. 

Bîmaiiet 38. 

Bîni 'Amar 358. 

Bînin 342. 

Binne Ode 215. 

Binno i32 [171. 

Z>fo 3 12. 

Bîr 264. 

i?zra 144 [84. 

Bîrbesîs 212. 

Bu'birSi, 92,96,99, 
100, 1 05, 107 .. . 
i 10, 126 ... 1 29, 
134,147,150, 174, 

5, 188, 9, 2o3, 2 18, 

225, 6, 23o, 237, 

3ii. 
Bïrbïrra 114. 
Bïrbi)sa6o,i 14,163, 

282 . . . 285, 287, 

291, 292, 3o6. 
Bïrhan ( Dabra) 273, 

6, 7, 283, 324, 
325. 

Bïrore 143. 
Bîr) a 149. 
Birre 34 1 . 
Bïzzu 335. 
i?z7^ 118. 

527 tT 119. 

Bitama 6. 
Bitiiio i3é. 



-Czïo 243, 4. 

jBzxtT 237, 245, 358. 

Bîxari 2, 5, 6, 16, 24, 

358. 
Bîxbay 143. 
Bîxkul 7. 

Zî/j'e guduwd 333. 
i?zj^(? Kamona 3o3. 
5fz 137 [39. 
Bizamo 36 o, 1. 
Biiate 178. 
Bizen 33 1. 
Bjdiir 67. 
Blemmves 7. 46. 
Blidos 249. 
Blondeel 247. 
i?oa 99, 233. 
/?o&a 134 [21. 
7?o^i 144 [47. 
Bocaci 143. 
Bocar 222. 
Boddo Karbati 192. 
Boddoso 147. 
Bofedn i38 [207. 
Bogeg 212. 
Bogos 235, 272, 5. 
Boito 259. 
BoA" 194. 

/?oA*a 62,64,1 o3, 206. 
Bokak 50, 110. 
Bokkan 290, 294. 
Bokko 100, 106. 
Bokonii 2 10. 
Boku 1 28, 1 29. 147, 

206. 
5o/ i3i [122. 
J?o/« 224. 
Bollo 324. 



Boloso 111. 

Bombha 305, 6. 

5o;2a Z.og"e 2 3o. 

Bonga, Boga (3, 22) 
63 . . . 65, 79. 86, 
94, 97, 98, 102 ... 
1 10, 1 12, 1 13, 115, 
1 17, 1 19, 1 20, 1 22, 
124 .. . i3o, i33, 
4, 6, 140 . . . 146, 
149, 157, 8, i63, 
5, 170, 172, 176... 
180, 192, 194 . . . 
198, 207, 2 1 2, 23o, 

232, 254, 256, 9, 

264, 6. 
Bongis 23 1. 
Bonja 265. 
Bonka 151, 2. 
5o?zo 264. 
BoUyCi i36. 
Boo is/ 251, 2,4. 260, 

262. 
Booc 144 [88. 
Boqol 195, 209. 
iîor (33) 69, 70, 127, 

i29,i36[24],7[6o, 

232, 247, 333. 
Bor Koxe 180. 
Bora 126, 208. 
BonzfiaS^, 1 13, 151, 

185, 277. 9, 287, 

344. 
Bor uni 337. 
Borara; voirBorora. 
Borda 121. 
Bordoda 315. 
J5orc' 165. 207, 2 17. 



BorelH . . . Bure. 



407 



Borelli (37... 38, 41) 

386, 388, 390. 
Boren 250. 
Borena 280, 8 
Borcya 259. 
Borka 68. 
Borkoxe x'j'j. 
BorkiiaJjo 357. 
Bornu 28 [1 15J, 29, 

58. 
Doro 108, 3 10. 
Borodda (4), 102, 

168, 1 72, 202. 
Boror 221. 
Bar or a (3$), 77, 89, 

94'ii5,7'57'7^-- 
5, 179, 182. ..185, 

188 ... 191, 202, 3, 

205 . . . 207, 215, 

218, 220, 1, 223, 
228, 9, 257, 265. 

Borqeiia 47. 
Boni 117, 3 10. 
Bos i38, 1 195. 
Bosa 125. 
Bosali 326 [11. 
Bosaso 18, 338, 9 
Boso 87, 90. 
■ Boso II 2 33. 
Bosoqa 158. 
Bota 107, 9, 112... 

115, 126 .. . 129, 

176, 189. 
Botar 135. 
Botiï 137 [105. 
Botor^-j, 141, 7, 173. 

5, 189, 191, 206, 

7, 2 1 7, 2 1, 28, 389. 



Botta 107, 141. 

Bouka 388. 

Bourbon 261. 

Boûeh 353. 

Boulaar 355. 

Boursi 351. 

BoursoLik 347, 351. 
356. 

Bouiti 348. 

Bowran 17. 

Bowza 11, 2 3. 

Boxa 34, 64, 90, 94, 
102, 4, 111, 117, 
134, 141, 158, 258, 
260, 267, 370. 

Boxani 87. 

Boxi i3o, 172. 

Boxo 144 [60]. 

Boj'c Kaso 142. 

Boylezag 137 [85. 

Boze 157. 

Braba 374. 

Branty 36 o. 

Braoua 355. 

Brawa 250, 1, 5. 

British Muséum 358. 

Bruce (22, 39), 76, 7. 
2 i3. 

Biiaga i32 1 139. 

Biiahit 91. 

Buara 238, 9, 243. 

Biiaro i33 |28o]. 

Biiax 237. 

L'z//n7 65, i33. 

Biibasa 3o3. 

Bubatta 10. 

Bubayto 2 3. 326 I4] 
. .. 328. 



Bubba 1 19. 
Bubula 102. 
Buda i3. 23, 1 19. 
Buhotle 337. 
Buiyn i38 [161. 
BiijbcJjah 67. 
Biijure 2 33, 4. 
/îz^A'a 122, 142. 
Bukka i63. 
Biikoca 143. 
Biikune 327 | 81 |. 
Bulahar 1 i,3oo,333, 

334. 
5»/^n/ 28 I87I. 29. 

135, 173, 217. 
Biilbiila 111, 178, 

280, 283, 6. 
Biilga 244. 
yj^z/i'-zi 159. 
iJiJf 2?aco 2 3o. 
Biilîiiiok 32. 
Buiiu 210, 219. 
BiiJL aainah 67. 
7)'//-//ci 75,88,95, 97, 

loi, 5, 6, 8, 1 28, 

i33, 148, i63, 5, 

190, 212,3, 263,4. 
/)*//;■ 18, l32 [155]- 

33i, 4, 337, 338. 
Burado 338. 
Biivan 338. 
/>;//• M/a)/ 18, 337. 
Bi(ice<)5,^, loi ... 5, 

110... 112, 114, 

120, 3, i3o, 164, 

206, 211. 
Jiiire 5. 25, 92, 109, 

127 .. .1 29, 147, 8, 



408 

151, 4' i^o> 23o, 

270, 3i 1. 
Bur'e 339. 
i^z/n" i3i [43. 
Buri inalla 169. 
Bur'i 343. 
Biirqa Abbo 66, 115. 
Biirqetia 105. 
Bursan 277. 
Burton 250. 
i?W5a 172. 
Busa(Jîèvre)^'h,\ i3, 

148. 
Biisia 265. 
Biiskaya 3 16, 7. 
Busonkiillo2 1 1,224, 

233. 
Bussa 192. 
Butai 19, 21, 25, 23i. 
^Mfa 117. 
Butarasa 121. 
i)Z^/i 3io. 
iJz^^o 1 14. 
Butyalo 339. 
Biapl i3i [io3. 
5z/A' 212. 
Buxéig i38 j 167. 
Btixane 260. 
BuxezéLg 137 [80. 
i?î<XM'<:Z^ée^l38 [162. 
i?î/z« i38, [174. 

Cabalu 110. 

C<^6o 156, 191, 202, 

220 . . . 222, 224. 

257, 265. 
Ca<^a 125. 
Cafâ 369. 



Bure . . . Cwr. 

Caflfa 299. 
Cafre345, 360,4, 365 

. . . 367, 374. 
Cagîsa 176. 
Cafia 117, 155... 7, 

159- 
Cahagne (mS'" Tau- 
rin) 271, 278 .. . 

280, 391. 
Caillaud 76, 77, 115. 
Cairei 2, 82,231, 235, 

239, 241, 243, 386, 

387. 
Caka 215. 
Caka Si ri 147. 
Cakma 152. 
Cako 3 1 1 . 
Calalaki 50, 63, 111, 

204. 
Calaina 37, 40, 42 . . . 

44. 
Cali Xono 80, 5, 97, 

loo, 105 .. . 1 07, 

1 12, i 29, 134. 147, 

i63, 4, i83 
Calla 1 24, 126, 135. 
CalUka 68. 
Calli 95. 
Cambar 167. 
Cambate 369, 370, 3, 

7, 8, 38o. 
Camoga 54. 
Candag 40. 
Canna 87. 
Cai'a 34, 105, 119, 

143, 205. 
Casem 304. 
Ca/a 102. 



Cauri 249. 

Cella Christos 366, 

385. 
Cellaxos 36 1, 7. 
Cerca 36 1. 
Cerccz 291. 
Certakal 299. 
Cesare 237. 
Chamcham 344. 
Changallas 346. 
Charma 388. 
Chero 253. 
Cigaraddia 157. 
07za 245. 
Cillîmo 91. 
Cîncalle 262. 
Cirgoca 165. 
0>;72 209. 
Cî7a 128. 
Coccino 295. 
Cokolle 220. 
Collela 36 1, 383. 
Colobus 199. 
Çomali 339. 
Combes 50. 
Constantinople 29. 
Contab 388. 
Coptes 79, 267. 
Cora 96, 100, 5, 8, 

112, i63, 5, 171, 

221, 257, 264, 3i 1 . 
Cosa 91. 
Cotti 176. 
CoA"^ 62... 65, 9 1,95, 

io3, 111. 
Ciil i32 [146. 
Ciiquala 288. 
Cuv 341. 



Ciircujra . . . Damha'ta. 



409 



Curcurva 122. 124. 
Cure (24). 
Curqua 188, 2 2 3. 

Da Fiqaj'id 8. 
Dabadab Sy. 
Dabagarsi 16. 
Dahan 271. 
Dabana 1 07, 1 10, 

174. 225. 
Dabana Z,an'ra 37. 
Dabanat 274. é. 
Dabandagge 41. 
Dabane 327 [48. 
Daban:[a 35. 
Dabar Salah Zj. 
Dabarîqs^, 25s-2^6, 

247. 
Dabaso 225. 
Dabastab usa 10.329. 
D'abat 41. 
Dabatyadangaz'h'hz. 

— yadeba 332. 
Dabaylika 3 16. 9. 
Dabbino éi. 
i)ciZ7/7o/ 3 18. 

Z)tï^(2 29 [142. 

Daber 36 1. 
Dabcsa 2 63, 270. 
Da^o 82, 128. 
Dabo Gaio 110. 

— LoA^o 110. 
Dabrï 242. 
Dabrimela 10, 327. 
DabraBîrhan .'voyez 

Bïrhan. 
Dabtara (18). 
1)^^2^5162,75.232,70 



/^tîCrt 127. 2 3o. 
Dacasa 135. 
Dacc 288. 
Dac/ 3o2. 3o8. 
Dada 317. 
'^Dadale 175, 182,4. 

191, 202, 6.7,221, 

6, 8. 
Dadaraiikat 329. 
/JcT^^o 185. 
/)jcYe 59. 
Dadcsa 286. 
D<^(i/ iîorz/ 3o8. 
Z)ci<Yo 177. 
/3ac'7- (12), 32 3. 
/)c7/iz 118. 
Z)a/a/e 33 1. 
Dafari 317. 
Da// 38. 
i)a^ i3i [38. 
7Xr^^a(i8), 125, 245. 
Diîi^a (3i, 4, 9) 358. 
'Dagaâ 22, 4. 5. 
Dagalc 115, 6. 
Dagaj' madii 3 06. 
Daggala 109, 192. 
Daggi 272. 
Dagoye 94, 167, 8, 

185, 6, 233. 
Dagre 4 1 . 
Dagiija 175. 
Dagiisa 26, 62, 195, 

262. 
Dagusil 53. 
Dahana 329. 
Dahane sini 36. 
Dahimela 326 [3], 8. 
Dalilak {20), 6, 25, 6. 



Dahlia 35. 
Daialla 125. 
Dairhgam ilj [64. 
Da'iro 'J'al/lc 51. 
£)a/c7 61. 
Dajazmac 67, 8. 
y:)a/o 27 l5- 
Dal/ano 23, 5. 
Dakar 307. 
Dakatoh 3o6. 
/)c7A-A-e 168. 
Dakke kafana 5j. 
Daladii 141. 
Dalanta 246, 32 1. 
£)c7/t' 162. 
Dalcdumo 28 [96. 
Z)iî/ifz 154. 
Dalle 79, 176, 21 3. 
Dalota 2 86... 8, 290. 
Dalyagele 28 [ i32. 
Damadarre 335. 
Dainaijoj-ta 10. 
'Z)dm.7/ 333. 
Damana 245. 
'Damana 358. 
Dafuar 7. 
T)a)nas 4, 33 1. 
Damba 285. 
Dainb'a 5j, 40, 44. .. 

47- 
Danibagunia 52, 7, 

240. 
Dambal 290, 305. 
Dambal 182, 4. 
Dambalas 7. 37, 40, 

42 ...5, 272. 
Dambaia (^9), 54, 7, 

109, 152, 8. 
26** 



4 1 o 

Dambaz i38 [181. 
Damhea36o,i,7,382. 
Dambi 71, léi. 
Dambi 50, 8, 71,151 

. . .3, ié6, i83. 
Dambïna 32. 
Dainbya (18), 189. 

251, 320, 36o. 
Dammela 326 [23. 
Damoca 92. 
DamoJjoyta 327 [54. 
Damot (34, 5, 6 ),é8, 

73, 4, 116, 150, 5, 

223, 257, 267. 270, 
320. 

Damota 83, 8, 92, 

172, 5, é. 
Dainotc 2 33. 
Damti 116, 153, 5, 

228. 
Daîîa 109. 
Danakil (16), 5. 
Danbal 294. 
Dandar 3, 150. 
Daiidi 284, 295. 
Dangab 91. 
Dangal 4. 
Dangaz 332. 
Dangei'O (36, 9 j, 1 2 3, 

125. 
Dangila éi. 
Dangura 234. 
Dajika 76, 128, i 63. 
Dankaka 31$. 
Dankéila^, S, 10, 326 

[9- 
Dankali 345, é, 351. 
Dankalo 346. 



Dambaz . . . Datid. 

Dankuro 325. 

Danm 153. 

Danna 111. 

Dannaba 1 26, 3oo. 

DamiabaG6, 72,309. 

Dannabo 94, 101. 

Danno 50, 9. 219. 

Dano i3i [98. 

Demos a 357. 

Danqa 67. 

Danse 224. 

Danta 78, 90, 4, 1 01 
...3,111.168,183, 
4, 7, 206, 233, 4. 

Danube (24). 

Dao 390. 

Daod-Garadji.s35 1 . 

Z)apa 118. 

Dapacag ilj [116. 

Dapo 1 29, 1 74, 237, 
264. 

i)a^ i3i [61. 

7)^^ 4. 

Dtî^ Astifanos 234. 

i)<;7^f 119. 

Daqqa Nazzo 4. 

Daqqa Mâljari 4. 

Daqqiia (18). 

Z)ar ^/ Xaglah 7. 

— Balala 76, 96. 

— Borgit 76, 88, 96. 

— Frïtit 29. 

— i^^/^ 2 ... 4, 26 ... 
9, 58, 76. 82, 8, 
237. 

— Javius 28 [93. 

— ^^/a/2 88. 96. 

— 5a/e 76, 82. 



y^a/- Tama 27, 76, 

82, 8, 96. 
Dara 108. 
Dara 36 1. 
Daradii 327 [85. 
Darak 38. 
Daralla 125, 143. 
Daramba 32 3. 
Darar 315. 
Darara 168. 
Darasomasahalli^'] . 
Dardar 2 3, 319. 
Dardawalla 17. 
Darfui 369. 
Darge 228. 
Darimu 2i^, 237,60. 
Darita5i,S^, 8, 104, 

2o3. 

Darmaratîn 326. 
Darmezag 137 [11 2. 
'Darod 16, 339, 340, 

1, 7, 351, 2. 
Darods 397. 
Darole 2 1 8. 
Daroro 25. 
Darotay 4 1 . 
yj^r-z/ 21, 150, 151, 

232. 

T>asamo 8, 10. 
Dassi 144 [5. 
Dassîta 8. 
Da^ 328. 
Datgalah 326 [i3. 

y)<j?o 168. 
y)a^o 121. 

Daud 27 [43, 91,2, 
5, 6, 9, 1 00, 148, 
165, 3i 1. 



Dmmt 



Dilhy. 



411 



Daunt 246. 

Dawa 260. 

Daivale 337. 

Dawaro 34, 64, 7, 8, 
172» 5» 7' 250, 1, 
9, 260... 2, 5, 307, 
9, 312...4. 

Dawe 29e. 

Dawit 153. 

Dawlual 356. 

Daypo 121. 

Z)az/r 153. 

Da}pro2,(32, 5, 7, 70, 
94, 101, 123, 153, 
166, 181, 190, 7, 8, 
200, 211, 223, 259, 
265, 7, 9. 

Dan'rua 62, 202, 4, 

205- 
Z)a-v i3é [3. 
D'axini 40, 42. 
Daxii 7. 

Z)t'/'tT 12 1, 5. 

Dehabgena 242, 
Debba 357. 
Z)eca i?L(AO i3o. 
Dedzitdg i38 [164. 
Z)e//^ 35. 
Z)eé^/t'/ lé. 
Degoutin 33, 61, 7, 

75, 1 20, 198, 223. 

Delaloye 134. 
Demba 178, 9. 
Deme i3o. 
Demeh 390. 
Dengamo 168. 
Denka 58, 74. 6, 93, 

108, 9. léo, 253. 



Denkag i32 [225. 

Denno i32 [144. 

Denta 107, 9, 165. 

/)eoc 266. 

Derh 347, 351. 

/)e5i;7 327 [io3. 

Desab 140. 

T)esamo 327 [8. 

i)e50 341. 

Z)e/^a 1 19. 

Z)eff 144 [17. 

IDejvad 341. 

Dey rie 334. 

Z)/"-*^ i32 [248. 

Z)r,af i3i [86. 

Z)/"!^ i3i [99. 

Tjiau'tabusa 10. 

Dibaca 144 [29, 92]. 

Dibar{5^, 5, 9), léi, 
23o, 1, 2. 

Dibarua 241, 2. 

Dïbba 125. 

Dïbbabahr $3, 240. 

Dïbbe 217. 

Di-^èe/o 1 33 [282. 

Dibbera 335. 

Dïbbo i63, 176. 

Dïbdabi 83, 177. 

^Dr/^e 58. 

Z)/è// 147. 

Dîcar i3i 1 109. 

Dîddu 2 i3. 

'Dïd-esa (20, 32, 4), 
50,69,71,3.. 80... 
93, 5, 7, 100,4... 
7, 1 09, 110, 117, 
125, 6, 9, i33, 4, 
148, 9, 150 ... 2. 6, 



161, 2,4, 5, 173... 

5, i83, 2o3, 2 13,9. 

222, 5, 23i, 2, 5, 

263, 4, 8, 270. 
Didesa 389. 
Didim 3 20. 
Dîdïm 155. 
Didnasag 137 [i33. 
/)/^o 288. 

Z)rc'n i3i [85. 

DifdifSj. 

Digga 224, 23o 

nigge 207. 

Z)r^f 38. 

Dîgila 37. 

Dîgîlal 37, 8, 9, 40. 

Dïgîsmati afdirxi'i'hi 

332. 
Dîgsa ( 17 ), 55, 234, 

8, 241, 33i. 
Dilïono 34, 5. 
i)i/ 144 [45- 
Z)i/r i32 [217. ' 
Dijano 144 [61. 
Z)/A-/ 315. 
Dïki 206. 
Z)f/n7 323. 
DïJfono 5, 1 1, 35, 40, 

3, 5, 7' 8, 52. 
Dïkiiy i33 [233. 
Dilbata 186. 
Dïlbato 2 33. 
Dilbof^d,-], 182, 2o3. 
Dildila 279. 280, 2. 
Z)//c/? 59, 74. 
Dîlebi 165. 
Z)z7/e 120. 

z)r//cT 334. 



Dlmh' ahil . . . Douo. 



Dunb'alul 242. 
Dîmbijan 3i, 4, 7, 9, 
40, 1, 3, 4, 8, 234. 
Dimbiri 144 [53. 
Tiïmbïri 157. 
Dînibiziin 32. 
Dimea 1 18, 168. 
Dïvietros 244. 
Dïmhoeta 8. 
/)/;;;/ i3o. 
Dimis i38 [171. 
Dimistctan i38 [173. 
Dimtii 206, 210, 7, 

232. 

Dinat 15e. 
Dînderïipua 240. 
Dingauioa 202. 
Dingila 7. 
Dînqe 314. 
Dintcha 390. 
Dinsa 2 13. 
Dioscore 367. 
D'iotabiisa 329. 
Dï-nto 134. 

Z)rr 339, 340. 
Z)ir Mau'o 125. 
/)//\7 1 24,5, 136,141, 

150, 172. 
Diramo 3 1 2. 
Z)rrczr 38. 
Z)fre 336. 
Dîrfo 41. 
Dîrgiita 195. 
Dïnna 325. 
/)z>re 155. 

/)/6YT 9-5, 4. 

Dïsïtn 140. 
Dissard 246. 



Z)/Y.z 168, 9. 

Z)z7iZ 202. 

Z)z7o 121. 

Dhi'ak i3i I92. 

Z)r.vo 143. 

Djanfar 248. 

Djarso 347, 354. 

Djima 388. 

DjoLima 356. 

/)o 353, 4. 

Doara 336, 7. 

Dob-Ouénah 354. 

/)o/''^ 8, 238. 

Dobacc 128. 

Dobanah 59. 

Dobayna 8. 

Dobbi 208. 

7)o^c7 327 [87. 

Dodbîodn 137 [127. 

/)o^^a 94. 

Dogaja 165. 

Dogat 154. 

Doggi 108, 110. 

Dogoso 135, 206. 

Dolionn 234. 

Z)oA-'a 328. 

Dokke Dabalo 162. 

Dokko (39), 26, 34, 
62 ... 5, 78, 89,94, 
5, 102, 3, 112, 4, 

8, 9, 1 20 ... 2, 4, 
140, 2, 5, 6, 159, 
168, 9, 1 72, 7, 181, 

9, 1 9c, 4, 200, 2, 4, 

211, 223, 259, 262, 
265. 

Dokina 139, 172. 
Dokn 62. 



Doknijtig i38 [211. 
Dokono 188, 207. 
Dokonu 191, 2 i8j32. 
Dokter 353. 
Dokiia 111. 
Dolfun 82. 
Dolbahante 18, 333, 

4, 336, 7, 9. 
Dolbohante 347, 8, 

352 . .6. 
Dolilo 142. 
Dolla 119, 168, 9. 
Z)o//a iVAï/o 122. 
T)nll() 1 7, 8, 20, 1 19, 

333.. .8. 
Dollo xidi 121. 
Dolloul 35 1. 
Dolo 8. 
Doma 222. 
Domata 326. 
Dombya 202. 
Dommi 142. 
i)o7z 342. 
Donare 11, 329. 
Donga loi, 2, 8, 9, 

ii3, 124, 5, 168, 

i85 . . . 7, 233, 4. 
T)onga 127. 
Dongal 33 1. 
Donsari 3 20. 
Dongi 32 3. 
Dongo 124. 
Dongola 46 ... 9. 
Donguro 7 1. 
/)orzf i32 [244. 
Don} a 154. 
Donne 172. 192. 
Dono î 2 1 . 



Don X II . . . Ellaïeh. 



413 



Donxu 324. 
Doqa 111, 148. 
Doqma 141. 
Dora 150, 2, 5. 161, 

23l. 

Dovéïiini 59. 97, 1 06, 

7, 126, 175, 217, 

8, 237. 
Dorco 192. 
Dordogne (28). 
Dos i38 [197. 
'Dosumareb 335. 
Doubess 353. 
Doubs ( 24^ 
Dourh 346 . . 8. 
Dowara 18. 
Doxa 144. 

Doxi i3o, 144 [32], 

1 72. 
Doyo 128, léi, 3o3. 
Doy:{e Dokko 168. 
Diiay i32 [i32. 
Dubara 17, 341. 
Dubayn 28 [io3. 
Diibbe Onne 21e. 
Dubbisa 284, 5, 294, 

305. 
Dubbuk 152, 3. 
'-Dubbur X'eyr 41 . 
Dnbes 343. 
iJuâbcnnan 1 1 . 
Diidiho 143. 
Dndn^m 137 [48. 
^z/cf;^/7 18, 335. 
Dutev 314, 9, 326. 
Duggo 144 [62. 
D^/g'i i3 1 1 1 14. 
Duguars 248. 



Z)z///a/ 6. 
T)z//n// 334. 
/)z7// 134. 
Diikani 94, io3. 
Diikkii 161. 
Diikono éo. 
Z)z//a /)zJ<.z 217. 
Dulata - war - Alis 

351. 
Dulla 1 19. 176, 7. 
T)z///ci ié8. 
Dullu 19. 
Z)z7//z/ 3 18. 
T^uliim 327 [55. 
Duliimo 32e [28. 
Du-inate 61. 
Dumbe 170. 
Diimbea ié8, 170. 
Diina 10. 
Dunah 327 [72. 
Diuikure 195. ' 
Dupa i3i [42. 
Diiqac 147. 
Dura 12. 
T)urbo 339, 343. 
Durdiir 335. é. 
Durduri 18, 338, 9, 

343. 
Durgabo 333. 
Durkutta 241. 
Durzia 168, 202. 
D//? i32 [1 37. 
Z)z//7 144 [43. 
IDu-ujujo 2 1 . 
T>u-uju)na 2 1. 
'Z)z/;j'/ 333. 
/Jn;;'/ioi88,i9i,2 19, 

232, 3. 



Dunn' 41. 
DuH'xan 340. 
Dn'iiel i3i [44. 
/>z/j^ 1 1 . 

Ebantu 86. 
Ebgal 351. 
Ebîca éo, 2 10, 8,2 3 2, 

233. 
Ebirto 52 j [44. 
Ebisa Jamma 182. 
£'c 153. 

Ecegue Gayro 212. 
£"6-0 87. 

'irtf(i 22, 4, 5. 

Eg'al 342. 
Egala 329. 
Egan 2 2 1, 4. 
' Egar 341. 
iTifrfz^ 280, 7, 291, 2, 

295, 7- 

Egïelo i3i [i3. 

-É'g'Zf 215. 

Egypte 32,6, 42, 57, 
108,252,267, 278, 
36o, 3, 386. 

Ejersa 60. 

Ekuac 121 [28. 

Ekueri i32 [148. 

Elabar 'ed 41. 

El-Akaf 345 ... 7, 
352. 

El-Boo 251, 2,60,62. 

'Elaj'o 339, 343. 

'J^/^tT 2, 5. 

Eleusinc 26. 

Ellaïed 35 1. 

Ellaïeh 34e, 353. 



414 



Ehnsi . . . Felag. 



Ehnsi 59. 

Elya 10. 

Elyt é. 

Emana Christos 367, 

368. 
Emharak 329. 
Ena 176. 
Enarea 248. 
Engalla 346. 
Ennar 229. 
E}i?iara 167. 
Ennessa 351. 
Ejinor 3o3. 
Eppegeta 145 [209. 
Eradan 137 [50. 
j^r^ïr 17. 
'Eray 245, 357. 
Erghiné 390. 
Erme (40). 
'iT^- 334. 

£"^^1 M un' s a 340. 
Eskualdun 179. 
iffficz 143. 
Eutychès 367. 
Eve 344. 
Eynl 'Abdallali 334, 

340. 

— Aljmad 340. 

— Gîdid 340. 

— Yunis 340. 
Eyd'ala 33 1. 
Eydan miigga 334. 
Eygalo 334. 
Eyl'aro 41. 

'Eysa 20, 304, 3i 2, 
327 [52], 340, 2. 

— MaJjmud 339. 
Eyxedi 329. 



'Eyxedik ida Eî/fe 

1 o. 

Eyyal 'Abdallahll^, 
33é. 

— ly^r/a 336. 
Eyyita 327 [40. 

/^(^ Bongis 149. 

— /)(i5f 49, 69, 149, 
162, 3, 174, 23i, 
5, 264. 

— Kodo 149. 

— P/ro 149. 

— '^zï 59- 

— Zaklo 153. 

— Zog^/o 49, 58, 9, 
69, 73,4,6, 7, 150, 

2 i3, 235, 36i. 

- — Zoklo 149, i63. 
Fadarat 6. 
Fadassi 248. 
Fades 59. 
Fadigal 1 1 . 
Fadîro i63. 
Fa dix 3 t 2. 
Fadra 67. 
Fadiiin 8, 10, 62. 
i^3/ 20. 

Fafan 1 7, 8,307,334, 
336. 

lVhrft7 28 [122, 4]. 
Fagiriin 28 [105. 
Faka es ni ah a 336. 
Fakij6, 7,81.88,96, 

108. 
Fakiddo 2 3 1 . 
Fakis 345. 



Fakotu i63. 
Fakoxo 23 o. 
FalaxaS, 1 16,9, 157, 

166, 7, 223, 255. 

Falaxîna 32. 
Fallatah 26. 
Falle {!>%). 206. 216, 

227. ..9, 387. 
FaW 288. 
Famé 174. 
Fanil 307. 
Fanja 299. 
Fanta 1 1 1, 178. 
Fantano i32 1 166. 
Farah Djarso 354. 
Far ah Ifïrsi 343. 
Faraj 35. 
Faralo 353. 
Farazïbba 41. 
Far dan 52 j [67. 
Fargo Abdo 174. 
Farijeyn 38. 
Far g a bar 299. 
Far si 6. 
Fartak 339. 
Fartit 3, 4. 
i^i5 57, 8. 

i^:Ziz7 204, 2 13. 

Fatagar 244, 3oi. 
Fatani 154. 
Fat!] a h 343. 
Fcî^o 218, 9. 
Faxcallô 36o, 1. 
/vzz 29. 
Fa:{ain 264. 
F'ecur egzi 36 1 , 6, 

378, 38o. 
Felag 335. 



Feq . . . G'adsvi i^srsn. 



415 



Feq 68. 

Fernandez (34.9,4 1 ). 
104, 271. 36i, é, 
370, 2, 7, 8, 383. 5. 

Fcsi 150. 

Fez 29. 57. 

Fidei 38. 

Ffdel 38. 

F/c/o 217. 

Fi^efi 140. 

F// é. 

F/7 68. 

Filciwi 252. 263, 7. 8. 

Fînca 66, 162. 

Fvicaira i83. 

Fvifïnnï 277 ... 284, 

6, 9, 293. 4. 7. 298, 

305. 
Fïntïrre 207. 8. 
Fïqiira Agzi 36 1. 
Fïrafïra 239, 240, 

242. 
Fïtona 246. 
i^zA-o 328. 
Fizan 3. 
Fïzzal 237. 
Fleuve Blanc (21, 9, 

33 ...7, 9), 3, 59, 

7 1, 3... 7, 8 1. 2, 4. 

5,90, 1,6, 100.5,8, 

i 20. 3, 150, 1 73, 7. 

180, 4,9, 196, 223. 
23o, 1, 247 ... 9, 

251, 4- 
Fleuve Bleu (29 . . . 

3i),3, 71,91, 268. 
Fogara6^, 164,320. 
Fogetit 329. 



Fogodîdo 29 137. 
Fogorot'are ic 329. 
Fokak 32. 46. 
Foka-t-arok 329. 
Fokso 2 3o. 
Folla 79. 80, 1, 95, 

178. 
Framona 53. 
Fter i3i ■120. 
F^/;zo 134 [38. 
Fuga i3, 304. 
Fugiigi 222. 
Fiikara 1 16. 
Fulaha 'Abdallah'h'h i 
Fiinan Dallati 305. 
Fiinaro 27 [18. 
Funchos 36o. 
/^z/r/ 280, 2, 6. 290, 

5.7.8. 
/^^//r.v 24. 328. 

Ga'abd 41. 
Gaaso 327 [65. 
Gaawina 336. 
Gaba 93, 1 00, 7. 8, 

1 1 o, 2 1 1 . 242. 268. 
Gababe 55. 
Gabala 24. 
Giibâléi 20. 
Gabana 195. 
Gabara 116. 
Gabaracii 147. 
Gabdiu? Gabatu? 

107, 9, 1 13, 127, 

175, 23l. 
Gabba 88, 90, 2, 3, 5, 

6,7, 106.. .1 10,25... 

9, 147, 160,3.. . 5, 



171. 183,8,211, 8, 
23o, 7, 242,253,4, 
264, 8, 3 1 1. 

Gabba-Aldiitu 268. 

Gabbara 92, 173. 

Gabbara 2 1 5. 

Gabbo 205. 

Gabeylabo 38, 44. 

Gabikora 325. 

Gabïs 137 1^67. 

G<:7Z7o i63, 263. 

Gabra Giiro 23. 

G^^réî/r/l5Z75i68. 

— .V7^i?r.4M32, 3. 

— Tadeos 9, 2 38, 
241. 

Gabrï-el 155. 
Gac 232. 
Gtîc i3i [59. 
G(.7c<^ 1 25, 264. 
Gacab 222. 
Gacara 12, 3, 6, 7, 

147,8, 164,5,172. 
Gaciapm i38 168. 
Gaciro 110. 
Gaco 96, 7, 100, 7, 

112,3, 127.9, 147, 

8, 224 ... 6. 
Gada 1 1 9. 202. 

— Jîmale 215. 
Gadabano 229, 245. 
Gadabursi 340. 
Gadafur 10, 33o. 
Gadakallo 135. 
Gadal batta 324. 
Gadalla 178 
Gadalu 50. 
G'adam garsa 46. 



4i6 

Gadainbo 324. 
Gadamsïga 11, 33o. 
Gadaraf 3oo. 
Gadaraf 33 1. 
GadaraHadan 332. 
Gadayn 6, 2>-j. 
Gadayii 175. 
Gadda 1 19, 142, 178. 
Gadda 126, 1 29. 
Gaddo 90. 
Gadcn^o, 2 ...4, 8,9, 

245, 358. 
Gadgad 41. 
Gadgada 242. 
Ga^f 351. 
Gadi-Boursi 34e, 7, 

9, 351, é. 
Gadfi'o 229. 
Gadixabusa 33o. 
GatVo 111, 351. 
Gadobba 3 18. 
Gadu^agiii |68],i32 

[158. 
Gaekaxa 144 I79. 
Gaesïro 87. 
Gafat 36 o, 1. 
Gafatïna 3 2, loé. 
Gdf^a 1 3 1 [111. 
Gagade 317. 
Gagama 1 14. 
Ga/za 32. 
Gahïut 32 1. 
Gaïatt 354. 
Gaïlah 347, 8. 
Gajabarasa 121. 
GaA-ag' 137 [88. 
Ga/cT 194.. . 9, 208,9, 

211, 3. 22, 3i, 49. 



Gaâamho 



Gù 



Gala 41. 

Galab 39, 41. 

Galade 18, 334, 336 
. . . 338. 

Gala'ïta 4. 

Gai aie 33 1. 

Galalife 3 18. 

Galamuna 314. 

Galan 1 27, 280, 2, 6, 
8, 290, 1. 

Galanc 271. 

Galani 288. 

Galate Giite abba 
An' as 220. 

Galati 18, 334. 

Galati Gabayca 91. 

Galato Giite 2 16. 

Galawdeos 3oi. 

Galazea 168, 9. 

Galdamit 38. 

Gtî/e 156. 

Galila 152, 3, 227. 

Gal-ila 246. 

Gj//a (8), 87, 249, 
25 1, 2, 4, 6, 8, 260, 
2, 3, 5 . .. 270, 6, 
7. 283, 9, 291 ... 4, 
6, 3oo ... 3, 5, 3 1 3, 
333. ..8, 341, 345 
. . . 347, c'/t. 

Giî//ci .4ra 336. 

— - E dm aie 334. 

— IJeban 334. 

— A/a/d 295. 
Gallabat 3oo. 
Gallan'a 295. 
Gallego 93. 
Gallibuti 144. 



Gallium 284. 
Gallo i3o. 
Gâ??? i3i [107. 
Gama (22 ). 
Gamado 92. 3. 
Gamaro 60, 80. 3, 9, 

92, 124. 
Gamballa 220. 
Gambo 34, 66, 75, 

188, 2o3. 2i3, 6, 

257, 270. 
Gamfale 9. ■ 
Gamîdda 329. 
Gamïla 162. 
Gamili 23 1. 
Gamînna 212. 
Gammela 24. 
Gamvio 292. 
Gamo 168, 192, 259. 

260, 2, 5, 387. 
Gamojji (39). 
Gamr 84. 

Gamra, Gaviraw 77. 
Gamrii, Gainro 41 , 

62, 4, 5, 77, 80, 1, 

5' 99' ^24. 
Gamii 94, 102, 120, 

201, 2, 264, 270. 
Gamiiro 80. 
Ga;z 339. 
G'a;2 343. 
Ga7/c7 59. 

Ganana 18, 29. 338. 
Ganané2 5o,i, 260, 2. 
Ganao 325. 
Gaiic 222. 
Ganca 366. 
Gancis 137 [35. 



Gauciz . . . Geceno. 



417 



Gancîz i38 [177 

Gand a 41. 

Gandalo 343. 

Ganeci 79. 

Ganmto 32e [10. 

Ganja 93. 

Ganjes 141. 150,172. 

Ganjesa i63, 172. 

Ganji 96, 9, 108, 9, 
110, 12e, 7, 147, 
165, 171, é, 192, 
227. 

Ganjola 15e. 

Ganlibah 353. 

Gannate 21 3. 

Gamiow 288. 

Ganta 192. 

Ganti 264. 

Garni 162, 173. 

Gtî7zz 3éo, 1. 

Gaii^a 36o. 1. 

Gao 139. 

Gti/? i32 [215. 

Gaqama 188. 219. 

G^ra 1 18, 158. 

— Mullata 304. 

— Tct/? 111. 
Garabaxo 77. 
Garabnal 315. 
Gar'ad 20. 
Garad'Adati 16, 335. 

— Hamîs 41. 

— Haraba 4 1 . 

— Haxal 4 1 . 

— Kantebay 41. 

— Sammvi 41. 
Garadudi 329. 
Garadiidig 1 1 . 



Gararah 41. 

Garawa 3ié. 

Garantit 3j. 

Gara:{i 157. 

Garbajiaba 3 18. 

Gardafui 294, 352, 
369. 

Garduri 192. 

Gar-eb 245, 357. 

Gargar 37. 

Gargara 329. 

Garitn i38 |ié3. 

Ganz 137 [58. 

Garizi i38 [4". 

Garjedas<), 21 2,2 18, 
220. 

Garjîdda 106. 

Garmamma 244. 

Gannani 29e. 

Garo 94, 102 . . .4, 
111, 2, 124, 134, 
141,158, 167, 179, 
255,8,9, 263.4. 7- 

Garonne (25, 28 ). 

Garso 343. 

Ga}'iiqqe{2), 21, 126, 
8 . . . i3o, 3 , 4, 
i36, 141, 5, 178, 
21 2 

Gasagini'le 343. 

Gasale 343. 

Gasaso 3 00. 

Gasim 27 [47. 

G'asim 18, 337, 343. 

G'aso 8, 10, 329. 

Gtî^tî 102. 

Gatabax i5j [38], 8 

[179- 



Gatagala 327 [92. 
Gatama 1 14. 
Gatane 288. 
Ga?/;z 137 [129], 8 

[203. 
Gatira 3oé. 
Gatîra 2 32. 
Gauca 366, 8. 
Gaj^» 339. 
Garua 23o, 
Gaiva i3i [76. 
Gawari 315. 
Gawatarasa 121, 
GaA-3, 6, 7, 25, 6, 3i, 

9, 43, 5, 8, 59. 
Gajc »2e^i7 32 1. 
GrtA'^ wz^/ 314. 
Géixumadi 156. 
Gt7j- 137 [3i. 
Gaya 144 [39. 
Grtj^^^ 137 [109. 
Gaydîs lij [32. 
Gayita 189. 
Gaytole 8. 
Gaywo\îga 137 [86. 
Gaz-a 357. 
— 'acf^z" Bayk 357. 
Gazai 74, 6, 88, 91, 

237. 
Gazât 324. 
Gazirat 7. 
Gt7z« 137 [108. 
Ga:[amba (37J, 192, 

193, 201, 5, 256. 
Ga:iith i38 [192. 
GectT 258. 
Gec(2 90. 
Geceno 86. 
27 



41 8 

Gedda 129. 

Gel kusaraii 333. 

Gelakor 333. 

Geldefa 208. 

Geleysor 335. 

Geli 222. 

Gelnisor 334. 5. 

Ge/zi 128. 

Gemâ 36o. 

Gembero Tuf te 175. 

Gemouna 390. 

Ge/za 2 1, i83. 

Genathag 137 [77. 

Genetag iZ-] [73. 

Ge?ina 124. 

Genzag 137 I76. 

Géodésie d'Ethiopie 
(2, 3). 

Geongaro 324. 

George (S^j 243. 

Ge/'tz (4), 21, 70. 4, 
7.80, 1,6,7, 95' 6, 
1 19. 121, 2, 5, 7, 
139, 141, 158, 9, 
165, 6, 171, 2, 6. 
i83, 194, 254. 7, 

8, 262, 3, 5 ... 9, 
271, 3i6. 

Ger-a 192. 
Gergeda i8é, 7. 
Gerf 3o3, 7, 333, 5, 

9, 341. 
Gerîsalay 335. 
Gerjeda 229. 
Germât 270. 
Gersah 339. 
Gers'ata 329. 
Ge^a 108,1 2 1, 5,1 63. 



Gedda . . . Gînjar. 

G'esam 33 1. 
Gesara 309. 
Ge^e 200. 
Geseraso 193, 200, 

207, 226. 
Gesîle 339. 
Gésir usa 170. 

Gef*^! 229, 3o2. 321. 

Gextî 125, 259, 264. 

265, 8. 
Gexe 1 1 7. 
Gezzo 200, 2, 5. 
Ghasem 353. 
Ghibié 387, 8. 
Ghibraïl 347, 8. 
Ghibril 349, 350. 
Gianabag i38 [i83. 
Gîasgubm 137 [45. 
Gîbax 7. 
Gîbe (21, 32, 4, 5, 9\ 

50, 4, 62, 9, 70 . . . 

2, 84, 9, 94 ... 6, 
102 ... 4, 116, 7, 
124, 134, 5, 141, 
162, 173 .. . 5, 7, 
182 .. .4, 8 ... 191, 
2 o3 , 6 ... 8;, 2 10, 
3, 4, 6 . . . 224, 232, 

3, 252,3,254,7,8, 
260, 4, 389, 390. 

Gici 143. 
Gidarax 246. 
Gidays 334. 
Gidda 307. 
Gîdimto 327 [56. 
Giâisa 121. 
Gidnbag i5j [75, 
Gîembecagi^S [140. 



Gffr i3i [46. 

Gf'fz (10). 

Gïjiyla 38. 

Gr/'ti 2 3. 

Gilbert (34). 

Gildïg 28 [134. 

Gf/e- 2 70. 

Gîmalu 242. 

Gîmbacu 280. 2. 297. 

Gîmbara 76. 

Gîmbarasa 121. 

Gîmbera 188. 

Gîmbero 172. 

— 7"z(/a 171. 

Gîmbi 232. 

GimiraS6, 7, 99,107, 
1 10, 9. 1 22 ... 4, 
6, 7, 9, i3o. 6 . . . 
140, 2, 3, 153, 8, 9, 
164, 172, 6, 192, 
8, 2 1 1, 2, 222, 253, 
264, 7, 9. 

Gimira Xe 207. 

Gimire 162, 173. 

Gimja bet 154. 

Gïmjar 32, 49, 84. 

Gr»zr 27 [7. 

Gïmrdumo 28 [82. 

Gin a 240, 1. 

Gzwèof 8. 

Gr^zc (22). 

Gïnda 64. 
Gînd'a 33 1. 
Gîndîbarat 152. 
Ginemito 144 [71. 
Gingerô 369, 370, 1, 

3, 4' 7- 
Gînjar 32, 153, 36o. 



Gir . . . Gomara. 



419 



Gir i3i 1115. 
Gir al ta 242. 
Girar 60, 2, 288. 
Gïrarix 239. 
Gïrbacag i5j [81. 
Gîrgeda 110. 
Gïrgîr 41. 234. 
Girijinto 326 [17. 
G//'/ 143. 
Gfro 21 3. 
Gironde (27). 
Gîrsa 33 1. 
Gz5f Orwa 196. 
Gîsîsa 35, 
Gîtîma 178. 
Gïxan 3i 1. 32 1. 
G/.vi Xambati 143. 
Gïxixah 343. 
GiA"7xe 343. 
Gixtetan i38 [155. 

G/ro 57- 

Giyorgis (12). 38, 

153. 
Gr:{/ 63, 4, 157. 
Goèa 62 . . .4 85,1 19, 

317. 
Gubeid 274. 
Gobada 317. 
Gobât 3 1 7. 
Gobaze 81. 
Gobbo 73, 122, 216, 

295- 
Go/^e 26. 
Gobedra 240. 
Gobele 3oi. 3i 2. 
Gobica 23 1. 
GoZj/ï 61. 
Gobiy 144 [90. 



Gobni i36 I7. 

Gobo 78, 9, 87, 9. 9c 
4, 5, loi. . . 3, 110 
2, 4, 8, 9, 1 20. . .4 
1 3o. 4 . . .6, 140. . 
6, 153, 8, 9. 179 
189, 190, 5, 7, 8 
205, 2 1 1, 3,4, 25 î . 
2 . . .4, 9, 260,4, 7. 

Godtifa 258. 

Godafe apo i3o. 

Godafo 125, 357. 

Godan labtiy 334. 

Godana 61. 

Godda 119. 

Godesa 184, 5. 

Godiz 10,7, 8,232,3. 

Godigno 3oi. 

God)eb 388. 

Godo 93, 1 04. 

Go<io La^z/ 23o. 

— Mïtmîta 2 3o. 

Go(3o 176. 

Godofo 63, 

Godom 25. 

Godzo 176, 8 . . . 180. 

Gq/iz 26, 63, 78, 9, 
94, 102, 3, 111,8, 
122,1 79, 202, 259, 
262, 392. 

Go/o 94. 

Gofto 10. 

Go^of 156, 7, 224. 

Gojab {21, 2, 33,4, 6, 
9), 25, 3i, 90, 3, 
113,5. ..7, 120... 
i3o, 4 . . . 6, 9 . . . 
141, 5, 6, 150, 6 



...8, 163...5, 170, 
1, 3,4, 6, 9, 182, 3, 
5, 7, 192 ...4, 200 
...2, 205. ..7, 210, 
1,214.252,4,5,8, 
260, 4, 8, 390. 

Gojam 359, 36 1, 6,8, 
383. 

Goji 225. 

Gojjam (8,10,34,40). 
26. 50, 3,65,6. 71, 
4, 6. 83. 85. 91, 6, 
1 05 ... 7, 1 09, 1 20, 
3, 146, 9. 1 50. 3, 8, 
167, 9, 177, 204. 
227, 234, 5. 251, 
263.4, 7' 292,31 1. 

Gojjame 2o3. 

Gol 68. 

Golba 116, 215. 

Golda 94, loi, 118, 
142, 168, 9, 259, 
260, 4. 

Gole 54. 

Golfe Persique 346. 

Golgoten 353. 

Go// 3 18. 

Go/// 144 I42. 

Gollîx i36 [i3. 

Golo 97, i33. 

G0I0I2S [88], 9, 127, 
129. 

Golollc 135. 

Go/i/ 94, 2 10, 9, 224, 

232. 

Gumèinzar 54. 
Gomar 207. 
Gomara 25, 6, 62. 
27* 



420 



Gomaro . . . Gubbaia. 



Gomaro 296, 3o2. 
Gombacu 2S-j,S, 2^0, 

291. 
GombaroMateos 32 3 
Gombera 144 [86. 
Gombo 73. 
Gombotajj, 92, 100, 

112, 4, 147, i83, 

191, 3, 200, 224, é. 
Gombuôle 24, 5, 33 1 , 

332. 
Gorn-e 2 1 3, 
Gomedin 49. 
Gomire 157. 
Gomma 79, 80, 6, 95, 

127, 148, 158 ,. . 

160, 5, 23o, 1, 3, 

203, 4. 

Gommay 153. 

Gomoâ 21. 

Gonan 2 15. 

Go;zrfâ!/i35,i59, 173, 
i83, 4, 191, 2 lé. 

Gondar (i3), 1, 35, 
9^ 50. 2,3, 5... 7, 
éi, 2, 3, 8, 72, 4, 
108, 139, 140, 9, 
152,4' 5, 7'8, 167, 

171, 2o3,212,23é, 

240, 4, 6, 294, 9, 
3io, 9. , .326, 33i. 

Gonâuâa 17, 342. 

Gonfa 180. 

Gonga6i,6,S,<^,j'j, 
150, 3,4. ..7, 181, 
204,216,251,270, 
1, 36o, 2 ... 4. 

Gongo 61. 



Gojigul 195, 6, 200, 

208. 
Goniar 270. 
Gonka 153. 
Gonox 189. 
Gontetag i38 [142. 
Gow^fz 137 [55. 
Gonxo 314. 
Gojjrt 1 18, 168. 
Goj»f 144 [52. 
Goppa 1 19. 
Goppi 158. 
Gora 125, 142, 3. 
Goraba 32o. 
Gor'ad 343. 
Goradu za kerada 

322. 

Gorakalo 322. 
Gorbo 191. 
Gore 192. 
Gorgora 149. 
Gorf 161. 
Gorfx 137 [63. 
Goro 304, 5, 3 18. 
Goromti 221, 3. 
Gorri 317. 
Go^a 111. 

Gosale, Gosase iiS. 
Gosu 128, 233. 
Go/f 119. 
Go/o 212. 
Goulctt 356. 
Gourgoura 347, 8. 
Gowlab 338. 
Goippa 26. 
Gox 68. 
Goxena 118. 
Goxfjre 339, 341. 



Goxkî\ag i38 [180. 
Go.Yo 89,9 1,1 14,139, 

188, 223, 234. 
Goxoge 54. 
Goz 59. 
G'oz 6, 7. 
Goz r<;7/â!^ 48, 59. 
Goza 168 I27. 
Gozar i5j [61. 
Gozo 200, 1, 2 14. 
GranZ, 19, 36, 61,5, 

7,8,278,289,292, 

3oi, 5, 8, 9, 3i 1, 3, 

379. 
Graïua 60. 
GrirbqyniiDPt 67. 
Guadal 54, 87. 
Guag i3i [39]. 
Guagubbo 357. 
Guajab 62, 3 ... 5, 8, 

70, 1, 7, 80 . . . 3, 

5... 7, 90, 2, 5, 8, 

9, 102. 
Gual Sofjey 357. 
Guanan 245. 
Giiang 150. 
Guano i33 [296. 
Giianno i3i [66, i33. 
Guarkata 189. 
Gubaya 3o3. 
Gubaybah 1 1 . 
Gubba 49, 69, 73, 5, 

7, 9, 80.. .2, 8, 97, 
_ 100, 9, 235, 6. 
Gubbah 24. 

— a/ ffarab 20, 1. 

— Qafïr 2 3. 
Gubbata 20, 1, 357. 



Gubbt 



. Gulo. 



42 1 



Gîibbi buâa 328. 
Gnbne 33 1. 2. 
Gudaca 217. 
Gudar 177, 264. 
Giidaro 186. 
Gudata 191, 216. 
Giidaya 215, 6. 
Gudda 144 [73. 
Giiâel 327 [37. 
Gudmax 322. 
Giidra 65, 6. 
Giidru (34), 1 . 9, 34 
54, 65... 7, 71. 3 
5,6.81. 3.5,8, 91 
1 13. 124, 14e, 8 
152, 160, 1, 170 
191, 204, 23i. 7 
344, 36 1. 
Gudullo 357. 
Guedi 356. 
Guelmiss 355. 
Guelo i32 [140. 
Giieiio i3i [84. 
Giiepui i38 [149. 
Guerbadir 353. 
Guerry 347, 8, 351, 

352, 4- 
Giigsa{ls), 161.221, 

224. 
Giigiibe (9). 
Giigiif ^(). 246. 
Gzn'd 137 [54. 
Guîl zabo (8). 
Guillain 261. 
Guïlqua 60. 
Guîndat 51. 
GnÎJiza 81, 91. 140, 
150,81,200,34,35. 



G?(/z 102, 1 10. 
Gukba 86, 115, 7. 

1 25. 1 34, 141. 165. 

172, 2 10. 
GiiVa 27 [28. 37. 
Gulallc 277, 9. 280. 

3, 6 ... 8. 291, 2. 
Gid'at kukuy 39. 
Gî^/'e 334. 
Gul'ey 60. 
Giilgulla 93. 
Giiliso 264. 
Gulliso 1 74. 
Gz///o czè/^tî Ka7ife 

2 14. 

Gidtamandua 358. 

Giiltanondua 245. 

Gulufa 309. 314. 

Gulutveyn 333. 

Guma 21,5, 34, 50, 
7 1, 3 ... 7. 9, 83, 8, 
92. 5, 100, 1, 9, 
1 14, 5, 9, 120. 8, 
i36, 140 ... 3, 7, 
8, 159, i63, 4, 5, 
1 70. .. 2. 8, 180, 3, 
192, 200, 227, 263, 

4, 7, 8, 270. 
Ginnara 53, 3i 1 . 9. 
Ginnara 92. 
Gwnari 139, 141. 
Gumaro 89, 90, 2. 5, 

100, 7, 9, 127, 8, 
147, 8, i63 . . . 5, 

23o. 

Gumazktim 137 [1 32. 
Giimbi 90. 
Giime 121. 



Giimilo 32 3. 

Giimïs 58, 235. 

Gnmiire 192. 

Giuia 299, 320. 

Giniaguna 60. 

Gunagunat 324. 

Giind 243. 

Gimdtigiindc 33 1 . 

Gundat 9. 241. 

Gu7idudo 307. 

Guniz 3. 

Giinno i3i [58. 

Giinno 147. 

Giinus 235. 

Guoliss 353. 

Gz/?- i32 [185. 

Gura'î^, 3 1. 51. 242. 

Gtirabbu 118. 

Gurac ekito 143. 

Guracu 23 1. 

Giiradit 299. 

Gnrage i3. 7, 9, 32. 
4, 61, 8. 9, 78, 93, 
4, 106, 116, 152, 
3, 5. ..7, 161, 2. 7, 
2 16, 222, 4,7,9, 
236, 244, 5, 251, 
7,-260, 3,5, 9, 280, 
2, 4, 5, 291, 2, 4, 
6 ... 8, 3oo. 3i3. 
332. 
Gurague 377, 8. 
Giiréirto 326 [27. 
Gzzre 1 1 , 94. 
Giirem 76. 
Gurgiiro 33 1. 
Giisagiisah 327 [64. 
Gzi^) 161, 2 i3. 



422 

Gutta Abbay 270. 
Gîiwdan' 32é [35. 
Ginpm 259. 
Giiyar 270. 
Giizay 33 1 . 

tjabab 2,3, 5 ... 7, 
11, 16. 23, 3o, 1, 
3 ... 5, 45, 6, 8, 
235,45,330,57,58. 

Habahia 71. 

Habaloso 111. 

Ifabarabokr 340, 2. 

tjabaravpal 236, 340 
. . . 343. 

IJabareli 336. 

Ifabargahajis 334, 
340. 2. 

Ijabaryojiîs 334, 
340, 2. 

Ifabax 337. 

IJabaxah 2. 

tjabaxi 1, 2. 

Habaya (12), 72. 

Habeschïa 349. 

//a/)/ Mtintall>%,2'] 2 . 

Habina 170. 

Hablixay somali 
276. 

Habo 339, 343. 

Habora 167. 

Habr 347, 8, 9. 

— Ali 355. 

Aoual 346 ... 9, 

550, 351, 5. 

— Gadjis 348 ... 350. 
Garadji349,5o, 

355- 



Gîitta . . . IJamar. 

Habr Ali Tadjalleh 
348 . . . 350. 

— — Younis 348 . . . 

351, 5- 
Ijabiib 47. 272. 
Hada 278, 280. 2, 

299. 
Hadaa 280, 7. 
Hadad 272. 
Hadaduq 38. 
Hadaha 286 ... 8, 

//ti! if éï / M<a /z e 7'.^' 2 5 . 

327. 8. 
IJaâanâoa z, 3, 6. 7, 

33, 5. 43, 6. 245, 

358. 
Ifadare 165. 
tfadarîbe 35, 6. 40. 

43, 5- 

IJadarîm 326 [1. 

Hadazaga 40. 

JFfaddas{i'j, 1 9), 33 1 . 

Hadiya 67 ... 9, 78, 
102, 1 1 o. 2, 6. 9, 
136,153,5,6,9,61, 
2, 7, 182, 4, 219, 
223, 4, 7, 233, 259. 
264, 285, 7, 290. 1, 
294, 305. 

Hadiya Abso 110. 

— Wajitii 291, 4. 

— Wanbe 110, 116, 
i36, 156. 

Hadd-o 293. 
Hadi 140, 259. 
//a^r^ 68. 
Hadj 345, 350. 



Hadramaut 36, 345, 

8, 352. 
Ffadu 1, 326 [7. 
Hajara 6, 245, 358. 
Haflo 246. 
tjafun i3, i8, 3o, 

335. 
Hagebajia 265. 
Hagïlle 201. 
Hagullo 234. 
Haïss 345, 6, 350. 1. 
//^/)' 34 1 . 
Hajji i3, 6, 27, 8, 

235, 280, 33i. 
Hakaba 329. 
FJakiym 3 1 1 , 2 . 
Haki?i 38, 47. 
i/a/a 168, 202. 
//a/éïA- 68. 
Halal 26. 
Halalo 62. 
IJalangd 2, 3, 6, 7, 

26, 245, 358. 
Haldy 52. 33 1. 

i)^g/ 274. 

Halayta 10, 327 [71. 
Halelii 175, 206. 
IJalljal 40, 4, 272. 
Halla 177, 8. 
Hallaba 186. 
Haliili 4 1 . 
IJalyaqU 58. 
Lfamad 73. 
JFfamadabiisai 0,329 
Hamaj 59. 
Hamalmal 5oj. 
Ijamar 11, 14. . . 16, 

8, 3o6, 334 ... 8. 



tjamarawayni . . . Ifazzo. 



423 



Ijamarawayn 29. 
H amasen ( 1 7, 9), 3 1 , 

2, 4, 7. 9. ..44, 8. 

9, 234, 241 . 33 1 . 
Ifamaxen 6. 
Hamdin i63. 
Hamelmal 377 .. . 

383, 5. 
Hamfiam 41, 234. 
tTamfiamo 52, 33 1. 
tjammad 39. 
Ifammado 8, 24,33 1 . 
Hammaya 110, 173, 

9, 182, 3, 8. 191, 

2oé, 8, 215. 
IJammeda 39. 
tfamran 245, 358. 
Hamta 59. 
Hamzah (1 1, 4). 
Haîiaballa 8. 
Hando 10. 
Handode 1 1 7, 139. 
Ijanfalah 10,22.4.5. 
Hangiig 8. 
Hanîs 68. 
}Ja7ijeréi 11. 17. 
Hankoko 111. 
Hamiar 245, 357. 
-Hamiiqa 102, 118, 

168, 202, 387. 
HatîJio 288. 
Ifanten 342. 
H'anxer 1 1 . 
H a-or o i32 [150. 
Har'afa/;e 10. 
Ifarallah 327 [49. 
ffaramat 242. 
Harangama 218. 



Harar 1 1 ... 20, 51, 
68. 116, 146. 168. 
235, 6. 286, 3oo... 
4, 6 ... 3 1 o, 2,3, 
333,4 • •• 7,8, 342, 

//arar IFéi^iîj' 17. 
IJarar^ale 33 1. 
Harare 3oo, 1 , 7, 
Hararge (34), 1 1, 3, 

34, 67, 167, 257. 
Haratu 2 i3. 
Harawya 37. 
Harbu 60. 
Hareba 155, 6. 
[Jarena 25. 
//a/"f 143. 
Haro 108, 126... 9, 

i33, 188, 2i3. 
Har07iaca 160. 
IJarqiqo (17, 8), 11, 

23, 7, 52, 234,330. 
Hairar 278, 280 . . . 

2, 6 ... 8, 291 . 2, 
7... 9. 

IJarrat 5. 
Harris 255. 
iïarro 86. 
Harsi 110. 
Hartega 6, 24. 
IJarti 16, 339, 341. 
//arz^ 174, 5. 
Haruro 94, 5, 111, 
164, 6, 181, 191 ... 

3, 201, 2, 5, 387. 
Hariisi 93, loi ... 3, 

110,46,67,79, 85. 
Harxiohe 143. 



Hasabéit 324. 
//a-vd-/ 245, 358. 
IJAsan 38, 73, 329, 

333, 341, 9. 
Hasobah 327 I57. 
Hatau't 4 1 . 
Hatib 167. 
//â!W'' 57, 334. 
Hawa 109. 
Havadlc 335, 7. 
Hawarya 246. 
Hawas6%. 116. 215. 
Hawax 275, 284. 6, 

297, 315, 8, 9. 
Haipaxayt 47. 
Hdivd 67. 
IJau'î 11, 16, 8. 3o, 

334.. .8. 
Haipsa 58. 
Harpt 333, 4. 
Hmviiya 305. 
Hawzen (17, 20 K 
HawzïUa 186. 
Haipzulla 233, 4. 
//lïA- ^//re 37, 42. 
H axai 39. 
H axai a 38, 272. 
Haxangi 50, 105. 
Haya 127. 
Hayarab 20. 
^^y^" (17), 239. 
IJayq 105, 32 2. 
FJaysamale 326. 
Hayta 167. 
//a; rf^ ^0'" 27 [59. 
Hazaga 42. 
Ijazzo 10, 33,327 . . . 

329. 



424 



Hebatttu . . . Idtde. 



Hehantu(>%, 9, 74, 5, 
86, 151, 2, 5, 236. 
Ijedalu 24. 
Jjedaro 327 [96. 
Heldïd 342. 
Heliabs 160. 
Ifelmo 335. 
Ijelulto 327 I97. 
Hennar 161. 
Henon 387. 

Herrer 3o3, 5, 3 10. 

3l2. 

IJerto 2 3. 

//"e^ 343. 
Hey dalla 9, 10. 
Hicigif i3o. 
Hîdda 221. 
Hiddi 60. 
Hïddii 165. 
Hidîâ i3i [93. 
Hiedo 1 3 1 1 9 1 . 
If if arda n 334. 
//fg-cï ^d^'-a 35. 
tjîlato 33o. 
Ifïmmad 10, 11. 
Himmasso 144 [56. 
tjïmran 6. 
Ijimyarite 352, 8. 
Hinbaro 143, 4 [57. 
H in de 216. 
//r;z^f 157. 
Hinimaso 140. 
Hmirato 140, 4 [67. 
Hiîijiamor 2 14, 223, 

228. 
Hinne 225, 23o. 
Himiidugio 143. 



//z;zo 139. 
Hïntalo 25, 242. 
Hirgimo 121, 142, 3. 
Hîrsi 340. 
i/fr^o 5, 8, 10,3 2 7 [69. 
Hîxa 143. 
Jfizbati 21,2. 
Ifodaydah 14, 21, 

341. 
Hodda-kaa 284,295. 
Hoffa 128, 9. 
Hogaz koxim 3o6. 
Hokolita 3 18. 
Homar 62. 
tjommadbarya 329. 
Hona 272. 
Hôhnel de (38). 
Honia 222. 
Hora 147, 182 ... 6, 

200, 6 ... 8. 
Hora (source) 286. 
Horro 34, 59, 65, 6, 

71, 2, 5, 84, 6, 91, 

150... 2, 161, 2 i3, 

270, 36i. 
Hosayti 174. 
Hoïoîa 280,2,6,291, 

293, 5. 
Hoyn 222. 
Ho^iyt 37, 41. 
Hula sala 152. 
Huile 111. 
Hurji 280, 298. 
Hurrumo 90, 7, 100. 
Hurrumu 225, 237, 

264. 
Huways 3 16. 



7/7 i36 [27. 

//'tî 59- 

Ibago i3i [1], 3. 

Ibag}^eya i3i [15. 

/è« Wagar 37. 

Ibrahiym 39, 3 12, 

313,338,349,355. 
//7ia 61, 154, 156, 

173, 181, 2, 220, 

236. 
Ibskul 1 1. 
/c^^ 137 [120. 
Içak 347. . . 350, 3, 

355, 6. 
Icîrm 209. 
/dfa 128. 
/rfrf Daranket 10. 

— Dedes 328. 

— Diajr lo. 

— 'Eyxe 10. 

— A/df/a 357. 

— Me/a 245. 
- Mo;i^5t? 10. 

— Sarafj 10. 

— ^ro;z 242. 
Idaga Hamus 240. 

— .yf/w^ 47, 240. 
/(iar 67. 

/ûf^a 329, 33o. 
/i/fer i33 [272. 
Idïroljmi}i 340. 
/<io/a i3i [67. 
/^o/e 335. 
Idourhs 347, 8. 
Aifrf.ç 26, 8 [9], 9, 

34, 5, 8 . ..40, 106, 

234. 341. 
/tfz//é,' 335. 



Idxii^ i38 [205. 
IJïso 23, 328. 
Ifla 67. 
Iftanbas 332. 
[gala 51. 

— Gura'î 4. 
Igat 134. 

/^fr Ma If ni 241. 

— z<3&o (8), 52. 
/g-fra i3i [25. 
Igiim 324. 

^u Midaga 3 12. 

/Arwrf 38, 9. 
//iï/o loé. 7. 

îleyxe 10, 33 o. 

Ilfadii 24. 

//'i7a 327 [62. 

Ilkonoxo 196. 

///ea i3i 1^7. 

//o 341. 

//w 127, 210, 23o, 2, 

7, 258, 264,8,311. 
ïmakullu (17 . . .19), 

46, 51, 223, 271, 

328, 33i. 
Imana Krîstos 367. 
Imar 8. 
Imarabusa 10. 
ïmarto 327 [101. 
/maf Naf^e 4 1 . 
Imaw i3i [26. 
/7?z6a Abrîham 240. 

— Dorho 33 1. 

— Krîstos 241. 

— Ra'mdi 241. 

— Tefiî/ 357. 

— ^Oc7 357. 



Hxug . . . Irogug. 

fmbarakabusa 10. 

îmbatriuquan 4. 

Imboro 106, 7. 

Imbiiay 60. 

Imfraz 3 20. 

/m/ 18. 3o, 146, 336. 
337. 

Iminabéirat 276. 

îmmar i3i [22. 

Immedo i3i [8. 

Inabari 153. 

Inajag i32 [224. 

Inanmag i38 [i36. 

Inan^ag i38 fi35. 

/;zâr 156. 

Inara 176. 

Inarya (22. 3 2, 3. .. 
5, 6, 9I. 1, 7, 21, 
3i, 4, 5°» 1' 5- 9' 
60, 2, 3, 5, 6, 71 
... 6. 79 ... 81, 3, 
5, 6, 8. ..91,7... 
loi, 3 ... 5, 1 10 

. . • 112, 5> 7' ^' 
143, 150, 2, 8 . . . 
160, 2, 5,171,3... 
5, 8, i83, 4, 8, 9, 
191, 200, 3, 4, 6, 
7, 210, 4, 6, 7, 9, 
250, 1, 7,8,267... 
9, 36i, 6 ... 8. 

Intdtkab 56. 

Inciiiak 42. 

hicînni 216, 228. 

//Z(ia £)7o 329. 

/ni^M^/^r^M357. 

Indagana 167. 

Indarta 67, 238, 9. 



425 
Inde 70. 104, 164, 
254- 554- 5< 36i, 
4, 37 1 ... 3. 
ïndïris i83. 217. 
Indod 124, 135, 9, 
141, 5, 172, 192. 
3, 200. 
In dry as 166. 
Indug'ili 327 [79. 
Indus (26). 
îngamo 139. 
Ingarsa 37. 
//y7/ 67. 
Inkiiéiy 62. 
— Z'.-îr 3 14. 
Innabara 154. 
Imiamor 1 16, 155, 
184, 208, 229,257. 
Innaro 258, 9, 264, 

265. 
Intîiwaho 144 [55. 
/no;z i3i [20. 
Inorit 195. 
hiqoqqo bar 53. 
/;z5cîf 60, 4, 70. 98. 
i3o, 172, 187, 191, 
196, 9, 222, 244. 
Intabur 332. 
Intîh'afir 4. 
Intoto 245, 283, 295. 
Intotta Meta 2 83. 
Inipag i3i [17. 
//zzo 53. 

Iraxketn i38 [19e. 
//•g-e 21 3. 
/rg^o 259, 263, 5. 
Ir'ï^ru'i 4. 
Irogug i3i [126. 
27** 



426 

/rre/ 52. 

îrualateg 37. 

Isa 14e, 191, 202, 6, 

207, 2 1 o, 3oo, 1. 
Is'arab 1 1 . 
Is'arag 1 1 . 
Jsbej''}]a}i 339, 342. 
Ischaq 34e, 7, 356. 
Isetio 126. 
hkukumedi 327 [45. 
Islam 5. 
Islam bet 3 26. 
Islam a 32 2. 
Islam g e 319. 
Isma'il 3i, 117, 336. 

340, 9. 
/55a 273, 4, 7, 346 

. ..9,350, 1... 3, é. 
/i?a^ i3i [10. 
/ffeZ i3i [3. 
Itou 351. 
Itu 273, 4, 291, 3oo, 

304, 8, 9. 
Ituban 10. 
Itwani i3i [5. 
Ityadjidagat 1 3 8 

[201. 
Iiparo i3i [24. 
Ix'aba 41. 
Ixano 119, i38. 
Ixba'{ag 137 [72. 
Ixeno 212, 267. 
Zx-r^ 195 ... 7, 2o3, 

8, 9, 2 1 1, 2. 
Ixmîj'vi 67. 
Ixta\ag 137 I74. 
/rxe 60, 1. 
lycag i38 [156. 



//Tf/ . . . Jlmhola. 
Izuwz 38. 

Ja^a 2 i3. 

Jababru 245, 358. 

Jabara 1 1 . 

Jabasa 264. 

J'aditi 58. 

Jafar tayer 33 1. 

Jahad 38. 

Jahaynah 6. 

Jajo 63, 78, 129. 

Jiî/ 245, 358. 

J'fl/ 7. 

Jama (34), 68. 

Jama 246. 

Jambo 88. 

Jambasiers 371. 

Jamdii 314. 

Jamil 72. 

Jamjamtu 222. 

Jammo 78, 9. 83, 
126, i33. 

Jamx i38 [2 10. 

Ja» 128. 

Janbola 152. 

Janda 154. 

Jj«g-<3 58. 

Jaiigara 377. 

Jétngareyn 37,42,4. 

Jangavo:[îga 137 j 8 7 . 

Ja;z/f 255. 

Janjïro52, 34,50.61, 
9,70,8.89,94,102, 
1 15,7, 124, 152, 8, 
9, 1 73, 182,4, 191, 
8 . . . 200, 5, 218, 
255, 6, 269. 

Jannifankaia 8, 9. 



Jarabru 61. 

Jarjado 185, 9. 

Jarre 215, 6. 

Jarso 307. 

Jar/f 218, 232. 

Jarjc 68, 

Jatur 309. 

J^w^ 68. 

JaTPamiah 28 [100. 

Jawaro 167. 

J(ïM^/ 54, 66, 91, 160. 

Jeanker (33). 

Jema 193. 

Jergedo 189. 

Jerjeda 201, 3. 

Jérusalem 292. 

Jîbate 215, 6, 221. . 

Jïbrajd 338. 

Jîbril 215, 6, 340. 

Jïdda 34, 59, 66, 9, 
75, 84, 150 .. . 2, 
4,6,162, 234,270, 
344. 

Jiddah 1 ... 3. 

Jr^g-a 143. 

Jîgjiga 11, 335. 

Jigsa 164. 

Jf/ 67. 

Jf/î^ 294, 3o5, 10, 91 . 

7//fc7 128. 

Jf/c 224. 

J///c' 285, 8, 291, 2, 

304. 
7///0 280. 
7//0 Rammo 215. 
Jilogob 284. 
Jïmbola 153. 



flinma 



Kal. 



427 



JiiiiDiai^^), 1, 34, 50, 

4, 9, 65, 9, 70, 8, 
80, 2, 90, 1 . 5,8, 

loi, 2, 4. 111, 2, 

5, 7, 9, 122 . . .4, 

134, 5, 141, 166, 
172,9,182,9, 191, 
204, 2 1 1, 3,8, 22 1 . 
2, 237, 258, 266, 
270, 390. 
Jîmma abba Jïfara 
ou Jîfar 62, 284, 
295, 3i 1. 

— Badi 62, 4, 79, 80, 
94, io3, 141. 

— Dabbo 88. 

— Hîn-e 75 , 174, 
2o3, 4, 2 13, 225, 

2é3. 

— Kakka 74, 8, 80, 
158,159,213,233, 
257, 386. 

Jhnma Rare 1^2, 74, 

257- 

Jîrata qaiîn 169. 

Jîreîi (38), 98, 1 16, 
7, 121,134,5, 141, 
lé6, 173, 5, 180, 

206, 215, 7. 
Jirgo 78. 94, 1 08, 22, 
4j 9' 158, 9- 

yr^a 178, 180. 

Jobi i3i j 3o. 
Jo/ 2 2 . 
Johar 34, 48. 
Jq/ti 150. 

Jomard 7 1,2,5, 86,91, 
io3, 121, 151, 2. 



Jor 68. 
Joseph 295. 
Jub (34, 5 ), 20, 70, 
250. ..2, 4, 7, 261. 
Juba 387, 8, 390, 1. 
Jufa 37. 

Jumbaro Jaina 314. 
Jung II r 28 [121. 
Juniperns 115. 
Jz»- i3i 1 106. 
Jiiraga 28 1 108. 
Jitni i33 [271. 
Jiuyagelc 28 [129. 
Juwfa 38. 

Kaba 211, 2 . 
Kababix 27 [17. 
Kabalalla 16. 
Kabbana 2 83, 6. 
Kabduaipa 208. 
Kabarîco 224, 6. 
Kabasa (8), 48. 
Kabe 118, 214. 
Kâbil 344, 5. 
Kabileh 347. 
Kabilo 32 3. 
Kabîrc 3 1 1 . 
Kabkabya 27, 9. 
/vtï/jo 1 19, 126, i38, 

2 1 2, 253, 267. 
Kabtima 317. 
Kacallo 152. 
Kacama 32 3. 
ATatie 10. 
Kadoku 237. 
/^c7/c7 251 ... 3, 265 

. . . 268. 
Kafacco (34 j, 124, 



i38 . . . 140, 150, 
3, 5, 6, 8, 210, 1, 
255, 6, 8, 259, 66, 
269. 

Kafare 222. 

Kafayzîg i38 [206. 

Kaffa (8, 22, 3, 33 
... 6, 9) 1, 25, 6, 
3i, 2, 4, 50, 62, 
3. ..71, 5. ..81, 5 
. . . 9, 93, 95 . . . 
101, 3.. . 5, 9, 112, 

5, 7, 9 . . . i3o, 4, 
5,6, 8, 9, 140 ... 6, 

8, 150, 1, 157. . . 

9, i63 ... 6, 171, 

2, 6, 7, 180, 1, 5, 
7, 9, 192, 4, 200. 

3, 9 ... 2 1 2, 222, 

6, 235, 250 ... 2, 
4 ... 6, 8, 9. 263, 
5, 8, 9, 271, 3oo, 
346. 

Kaffa Guma 172. 

Minjo 121. 
— Sîdama 2o3. 
Kafir 345, 6. 
i^^/rr 328. 
Kahîm i83. 
Kahsay 242. 
Kajac 142. 
Kakka (4), 34, io3, 

1 19, 217, 8, 264. 
Kakalli 143. 
Kakelle 143. 
Kakeùi 137 [52. 
Kakù 304. 
/^a/ 134, 8 [176. 



428 



Kalaka . . . Kellem. 



Kalaka 1 1 . 

Kalal 4 1 . 

Kalam iSy. 

Kaleko 245, 357. 

Kalifi loé. 

Kalila 245, 357. 

Kaliïa 286, 7, 2^3. 

Kallab 119. 

Kallina 284, 295. 

Kallixo 143. 

Ar<3//o 3 02, 

Kallu 3o3. 

Kamal 2 1 . 

Kamale 28e. 

Kamaran 3 26. 

Kamba 144 [80], 25e. 

Kambafit 277. 

Kambat 12, 89, 102, 
15e, léé...8, 182, 
4, 5, 2oé, 214, 24, 
7, 233, 4, 254, 5, 
9, 260, 2. 

Kambata-]^, 94,102, 
3, 112, 179, 184 
...8, 233, 4, 254, 
6, 387. 

Kambato 262. 

Kamberiha 143. 

Kambua 32 2. 

Ijamis 20. 

Kamise 148. 

Kamkam 299. 

Kammi 142. 

Kamo 91, 107, 128, 
139, 188, 23o. 

Kamona 3i 2, 3. 

Ifamtîga 36, 139. 

Kdnami 237. 



Kundera 3 16. 
Kanfa 325, 
ATdîwf Kiiagele 28 

[128. 
Kankati 125. 
Kanî'ara 168. 
Kantebay Hedad ^6. 
Kaou 353. 
Â^ara 144 [81. 
— /aèèi 55. 
Karabîco i83. 
Karadde 335. 
Karam 338, 343. 
Karan 37, 8, 271, 2, 

342. 
Karanle 18, 29, 3o, 

146, 334, 6, 7. 
Karanle 305. 
Karanna 38. 
Karansa 284, 295. 
Karawe (21, 33, 8, 

39). 
Karayay 37. 
Karayu 288, 290, 2, 

3o2. 
Kardoti 3 16. 
^arf 144 [34. 
Karkoda 5j. 
Karnak (16). 
Karne 28 [i3o. 
Karta 67. 
Kartame 128. 
Ifartiopm (29, 3o, 2, 

6, 7), 82, 3. 
Kavxum 41, 8. 
/fa5, I^'asa 6. 
Kasala 299, 3oo. 
Kastim 244. 



^a,s/, /5'cT5z 6, 7, 32, 
3, 5, 48, 234, 245. 
Kasîm 134, 172, 211. 
Kaskas 32 2. 
Kaskasi 33 1. 
Kasona 357. 
Kassa 144 [83], 173. 
Kassi 144 [28. 
/^^.^a 167. 
AT^^rt 218. 
Kataba 296. 
Katari 323. 
Katinia 193. 
Kajpakîl 41. 
Kawko 102,201,259. 
ATiïx 37, 137 [43. 
Kaxa 194... é, 222. 
Kaxal 61. 
Kaxamga 137 [57. 
Ijaxangi 50, 63, io3. 
/C^a:/ 144, 2 2 3. 
Kaxîmara 144 [96. 
Kaxkemba 137 [59. 
Kaxkîmba 137 [100. 
Kaxmari 144 [37. 
Kaxo 228, 23 1, 2. 
A'ajr^ 137 [36. 
/C<2j^ 144 [21. 
Kays 212. 
Kazeyn 41. 
Ka:{in 1 1 9. 
i^eca Kappero 143. 
Kecerzaag i38 [139. 
Kecibo 142. 
Keddi 144 [2. 
Kefaraguddi 338. 
Kelese 315. 
Kellem 175. 



Kelty . . . Kota. 



429 



Kelty 3 60. 
Kenia (35). 
Kepetio 125. 
Kera 28 [113. 
Kerada 32 2. 
Kerem 349. 
Kereta 323. 
Kero 105 ... 1 10, 2, 

4. 5^ 7- 
Keron'ah éo. 

ATeZ/e 59. 

^e^o 141. 

/C^ATo 143. 

Kextag i38 [178. 

Khartoum 248, 253, 

254- 
Khor 353. 
Kîatn i36 [19. 
Kidana MARYAM 

235. 
Ijidarf 6. 
Kîdîr 334. 
Kîeno i3i [49. 
Kîftan 93, i35, i3é, 

178, 2l3. 
Kiklada 59. 
X'i'/e 162. 
Kilimanjaro (35). 
^Killahi 274. 
Kîmso 220. 
Kïndo 93, 177. 
Kîradum 28 [104. 
Kîrîm 209. 
Kîrkîrra éi. 
Kirritu 167, 8. 
Kisanurayn 27 [57. 
Kîstani 152. 
Aï^^e 162. 



i^r.çf05 186, 
^z7a/ 157. 
Kîtiso 61. 
Kîtkîtta 60. 
Kîxtaha 119. 
XTx.va 192. 
^?ycz i32 [199. 
i^r:^o 142. 
Klôden (23). 
^o6e 27. 
Kocao 141 , 5 ... 7, 

158, 164, 176. 
Kocajp 2 1 . 
T^oce 142. 
A'oco 172. 
Koôiz 137 [37. 
/^o<io 60, i32 [162. 
Kofi r s 345. 
i^o/in i38 [150. 
Kokma 55. 
Kokoby 390. 
Kokoc 53. 
Kokomo 165. 
Kokor 2 3o. 
Kokuyya 245, 358. 
Kolala 32 1. 
Kolba 2 1 . 
^o//o 135. 153. 
Kombalca 60. 
Kombi 315. 
Komo 109. 127, 8, 

134, 174. 23o. 
Kondi 32 2, 4. 
Konfal 1)2, 140, 153, 

182, 236. 7. 
Konkqy i3. 
Konna Abbo 32 1. 
Konnor 127. 



Kotmu 288. 

Konso (34), 250, 1, 

260. 
Konta 118, 214, 259, 

264, 7. 
KontomaiSj, 8, 187, 

228, 23o. 
/voo Koro 160. 
Koocha 250. 
Kopira 145 [106. 
i^or 343. 
X'ora 1 1. 

Koranadden Zoj, 8. 
— nagot 307, 8. 
Kora?i 3. 
Korbayra 4. 
Korcax; voyez ^z^r- 

Kordofan 27, 58, 74, 

é, 81, 8. 
Korîh 41. 
Korjo 2 32. 
Korkoy 315. 
^oro i3i [35. 
Korobas 196. 
Korokua 28 [107. 
ATo^a i83. 

Kosan:{tig 137 [1 13. 
Kosaro 264. 
Koscha 390. 
/^05f 157. 

^"050 110, 1, 5, 228. 
Koson 3i 1, 3. 
Kosorro 60. 
Kossa 33. 
Kossi i38 [170. 
/Co? i32 [i3i. 
A.'o^7 Wakallc 2 3o. 



43o 



Koiaco . . . Ktisaio. 



Kotaco 193. 
Kotada 127, 9. 
Kotko 27 [20. 
Kotkodomo 28 [91. 
Kottii 3ii, 3. 
KouUo 388. 
Kox i36 [21. 
Koxa io3, 145 1 107], 

259- 

Koxaxîlla 60. 

Ko xi 143. 

^0x0 1 19. 

Koy 134, i36 [12], 

139. 
Kqya 109. 
ATqx/'o 140. 
Kqynabag lij [98. 
Koyiiganabmi 1 3 7 

[1 10. 
Kqynganag 1 38 [97. 
^q;/'«^e«âf^i38| 144 
Kqyno ab 212. 
Koyntatag 1 3 7 [ 1 1 8 . 
Koyoa 146. 
Kqyra 172, 192,202. 
Kqyro 121. 
.K'qj^jra 181, 214. 
X'q;^.roi24, 140, 189. 
Kuakiiîra éi. 
Kualati éo. 
Kualema 240. 
Kuallala 36 1. 
^î/«n i3i [62. 
Kuanta 26, 110. 
Kuaro i3i [65. 
Kiiayra 168. 
ÂTi/èm i36 [8], 8. 
Kiica 78, 94, 111, 21, 



134, 143, 188, 223, 
259. 265. 

Kudafalase ( 1 8j, 5 1 , 

241. 
Kuere i3i I74. 
Kiieykom 27 [39. 
Kuicha 253. 
/^;n7 63. 
Kuïlk 1 04. 
Kitixa 259. 260, 4, 

267. 
Kiijanag i^j [101. 
Kiikît 196, 208. 
Kiikulu 23o. 
/sTz// i3i [3i. 
Kiilam 333. 
Kulaya 327 1 1 o 2 . 
Kulenly 1 1 . 
Kidhahe 328. 
Kiilita 240. 
Kulîti 191, 202, 5, 6, 

220, 2 28. 
Kulladara 324. 
Kîillo (4), 2, 78, 93 

... 5, loi. . . 7, 110 

... 1 1 2, 119, 121 

. . .4, 134.. .6, 141 
...3, 145, 6, 150, 
8, 161, 6;, 8, 9, 1 72, 

6, 9 . . .181, 7, 9 
... 1 81, 7, 9, 200 
...2,5,211,4,251, 
4, 8, 9. 260, 5, 6, 
286, 387... 390. 

Kiillo barat 325. 
A:«//z/ 62, 3, 5,78,86, 

7, 9, 90, io3, 1 17. 
Kiilliixi 144 [22. 



Kultena 33o. 
Kuluferh'a 239. 
Kuliigit 195. 
Kiilukurian 29 [i36. 
Kumal 60. 
Kinnare 329. 
Kiimbabe 107...1 10. 
Kiimbi 3 10. 
Kiimbul 237. 
Kiimfii 38. 
Kumktim 357. 
Kiimmo i33. 
Kiimoyle 33 1. 
Kiinc 215, 224. 
ATz/»/ 141. 
Kunjari 27 [44. 
ATz/w/e 338. 
Kuog i3i [44. 
Kupgup m 1 3 8 [210. 
Kuqima 144 [93. 
Kiiqima 119. 
Kiira 90, 107, 9, 129, 

21 2, 226. 
A!'wra G^^a 107. 
Kiircac 153. 
Kiircas (i6j, 227, 9, 

257' 265, 9. 
Kuidufan 6. 
Kurkiiba 3 16. 
Kiirkura 357. 
Kiirmin 324. 
Kurnagot 304. 
-^î<5^ 178. ..181, 201, 

202, 4. 
Kusa-e 2 1 . 
Kusaro 121, 4, 134, 

5, 141, 173 .. . 5, 

184, 2 17,29,58,64. 



Kusrat 



Limvm. 



43: 



Kusrat 4 1 . 
Kiistag i38 [160. 
Kusu 27 [15. 
Kiiia 34, 102, 107, 

1 19, 1 22, 142, 161, 

202. 
Kiitay 152, 3. 
Kutiti 144 [3. 
Kuwiwale 327 [^76. 
Kuwraba 38. 
/Cz^.v 137 [107. 
Kuxa 259. 
Kuxînisag 137 [79. 
Kiiya 109, 141. 2. 
Kuyabag i38 [i38. 
Kuyag i38 [137. 
i^z{>^f 143. 

La as a 328. 

Z,a^a 41. 

Labka 3o, 33, 35, 46. 

Lafargue 248. 

Za/ifo éo. 

Z,a^ i32 [194. 

Laga 134. 

Laga Boy a 32 3. 

Lagamara (34), 50. 
4, 9, 86, 96, io3. 
4, 164, 188, 204, 
218. 232, 254, 7, 
270, 295, 389. 

Lagambo 32 3. 

Lagana 201 . 

Lagasombo 2 1. 

Lagayda 324. 

Lagodok 7. 

Lagou 249. 

Lagyefi 3. 



La'îlay l'àibo 52. 
Lak}]ena'i2']\ ioo|, 8. 
Lalibala 243. 
Lalmis 33$, 6. 
Lalwe i32 [172. 
Lama 12, 3, 15, 3i, 

336. 
Lamal 1 1 . 
Lamalmo (18 ), 149. 
Lamnia 144. 
Lammati 75. 
Lamine 0)so 135. 
Lammi 221. 
Lamii 3i, 2. 
Laoutur 349. 
Lag i3i [54J, 2 [207. 
Laqqu (32), 127. ..9, 

i33, 160, 23o, 1. 
Lasgoray iS, 338, 9, 

343. 
L'a5z ^/"^e 33 1. 
Lasta 238, 243, 32o. 
La^ 50. 
Lty i33 [297. 
Lea^ i3i [53. 
Ledia 168. 
Lefèvre 281, 3. 
Leka-kallam 268. 
Lekïste 59. 
Lelieg i32 [190. 
Leliso 256. 
Le/zA- 5, 8, 10, 329. .. 

33i. 
Léman 389. 
Lemana 1 13, 4, 141. 
Lemmaii 182, 4. 
Lemo 3o8, 3 10. 
Lemoso 233. 



Léon des Avanchers 
(34. 5, 8,9), 250, 1, 
3, 4, 6, 7, 265, 9. 
271. 

Lepia 168. 

Le^a (32). 34, 50, 4, 
72, 110, 149, 161, 

2, 174, 2o3, 210, 

3, 4, 6, 8, 9, 220, 
2, 4, 23o, 2, 7. 

Lerz i33 [278. 

Lero i3i [2 12J, 2. 

Lesaint 278. 

Le5?e 36 1. 

Let i32 [263. 

^ej' i3i [75. 

Li 245, 358. 

Liban 34,59,65, 106, 
117,135, 152,3,9, 
173, 188,191, 204, 
8, 220, 257, 282,7, 
8, 290, 3, 36i. 

Libano 152. 

Lïbna Dïngil 244. 

Lice 273, 6, 7, 9, 280. 
1. 3. ..5, 8. 

Lîdda 40, 59, 329. 

Liddo 327 [80. 

Lfec i3i [18. 

Ligenegur 36 1 . 

Lijomi (18 ). 

Lz7e5 79. 

Limmuii - Ennarya 
387. 

Limmin 22,35.6 ), 2 i, 
6, 3i, 3, 4, 50, 8, 
64,5,71,2,3,5,6. 
84,5>9i,5,8, loi, 



432 

104, 6. 1 13, 7, 8 
127, i3o, 4, 145 

6, 150--5, 158, 9 
161 .. . 3, 175, 6 
181,9, 204, 211,8 
9, 23i, 2, 257, 8 
263, 270, 1, 3ii. 

Limmu Inarya{l>^), 
254, 271, 389. 

— Jïdda 270. 

— Sob 263. 
Linant (3o. 1, 8), 7. 
Lirro i32 [179], 3 

[180J, i33 [286. 
Liyali i32 [237. 
Lobreda 157. 
Lodob 334. 
/.q/'e 54, 82, 3, 96, 

...5, 7, 182, 4, 8, 
190, 202, 3, 6, 7, 
2 14 ... 8, 22? , 4, 

7, 23o. 

Lohot 140. 
Loire (27). 
Lokaya 248. 
Lokès 248. 
LoA^o 1 10, 139, 147. 
Lokii 128. 
Lola 210, 7. 
Lolla i33. 
Londres (41). 
Lonkuaia 60. 
Loq 18, 338. 
Loqma, Loqma?i 151. 
Lof i33 [200. 
Louis de Gonzague 
299. 



Lùmfiu . . . Magindo. 

Louk 250. 
Louvain (34). 
Luba 3o8. 
Liibute 173 ... 175, 

228. 
Ludolf 36 1. 
Liidub 18, 338. 
Lûeda i3i [48. 
Lûedo i3i [128. 
Luggo i6é. 
Lugo 60. 

Lubayj'Ah 33, 67. 
Z-z/Zr 260. 
Lw/ i32 [168. 
Lwm i3i [96. 
Liime 287, 8, 290. 
Liiqma 61, 152, 4. 
Lurk'x 1 1. 
Lz/;^e Malo io3, 122, 

ié8. 

Ma-a i3i [72. 
Ma ado 241. 
Ma-afo 61. 
Ma'aldi 4 1 . 
Maandita 327 [39. 
Ma'ajîto 327 [41. 
Ma arda 52. 
Ma-axena 5 1 . 
Âfa'^j^a 242, 
Mabîl 154. 
Maca 222. 
Maçabo 367. 
Macakal 76. 
Mace 142, 249. 
Mackay (38). 
Maçua 366. 
Macwezag iZ-j [123. 



Madabajr tabîr 239, 

357- 
Madaca 53, 4. 
Madadumo 28 [84. 
Madagyo 3 2 1 . 
Madakus 32 1. 
M'adat 4 1 . 
Madd 340. 
Maddi i32 [147. 
Madeira (17). 
Madeleine 325, 
MadHanealam 239, 

241, 2, 32 1. 

Madfnn 74. 
Madm 41. 
Madingo 82. 
Madir 25. 
Madïr 195. 
Madoba i^6, 9, 351. 
Af(2o^ 137. 

MagaareJj 37, 8,42. 
Magab 242. 
Magadoxo 355, 369. 
Magadleh 347, 8. 
Magadoso 261. 
Magadiixoi^,2<),-j2. 
Magal 3 16. 
Magânhs 355. 
Magano 121. 
Magar 161, 229. 
Magasas 41. 
Magaï 236, 319. 
Magaipda 37. 
Magazaz 277, 280,7, 

291, 2. 
Magdichou 355. 
Magetia 140. 
Magindo 118. 



Magitarae . . . Msqdala. 



433 



Ma^itarae 245, 358. 
Mina:iiina 247. 
MagimielaJi 327 [43. 
Mahal amba 324. 
Mahaxosa 328. 
Mahayrît 58. 
MahdaraMARYAM 

98. 
.A^a/;^/ 28 [68. 
Mahil 23 1. 
Mahmini^di^aj, 38, 

334, 6, 343, 352. 
Mahmuda 245, 315, 

357- 
A/rt/îo 115, 172. 

— daggtila 141. 

Afafjri 339. 

MalT^ab allabo 51. 

Maine (27). 

Majarten i3, 18, 3o, 

333 . . .5, 7 . . .341, 

343. 
A/iT/'i 142. 
M-àkixAovHabr-Hal- 

fdn 34e, 351. 
Makalla 348. 
Makallo 142. 
Mnkan (35, 6), 194, 

... 9, 208, 9, 212, 

9, 222, 249. 253. 
Mak' anale 25. 
Méikanisa éo. 
Makani Akïrtéty 67. 
Makare 50. 
Makazo 9. 
Mixke 294. 
Makena 159. 
Makîri 144 [33. 



Makka 101. 
Makinasa 102. 
Makua 48. 
Makuarkitar 155, 6, 

229. 
A/a/a 168. 195, é, 8, 

209. 
Malac sagad 367. 
Malakat 95. 
Malakka 90. 
Malaw a/aras 357. 
Malay 32 1. 
Malazaiia 7. 
i^/a/c 168, 170, 172, 

198. 
Maleb 59, 74. 
Ma/t\^ 66, 365. 
Malhitkcna 2, 3, 6, 

31, 5- 
A/j// 82. 
Malinyour 355. 
Malla 102, 143. 
Afrt//f i32 [251]. 
Malmil 334. 
Afiî/o 62 . . .4, 94, 

loi .. .3, 110, 118, 

i3i [ioi]i 4, 140, 

1, 168, 202, 259, 

265, 387. 
Malxa 280. 
Malzac (32). 
Mambale 10. 
Mambotle 33 1. 
Mamen 242. 
Mamhîr (7). 
Mumit 37. 
Mtii)i})ièistin 340. 
Mammen 7. 



AAî;1 i33. 

Mana 3i 1. 

Mana Abbii, Mana 

Oromo 3i 2. 
Mana 6, 245, 358. 
Manabacii 291. 
Manadiik 5j. 
Manalla 193, 200. 
Manbar 23 1. 
Manca 178. 
Mande 283. 
Ma?idida 2 33. 
Mandîr 38. 
Mangabo 329, 33 1. 
Mangastu 232. 
MatTJa 127. 
Manfaseye 333. 
Mankiiarkuar 116, 

153, 223, 8, 153. 
Manna 111, 6, 177, 

8, 21 3. 
Mannafia 1 18, 168, 

9, 190, 201, 2. 
Manquer 379... 382, 

385. 
Mansa 35, 271, 2. 
Mans' a é. 
Maiisaljlii, 2, 5,9,40, 

1,4,8,55,234,329. 
Mansîmo 32 1. 
Mansur 39. 
Mantogora 53. 
Mantza 390. 
A/^//; 156, 324. 
MaJizï 116, 228, 9. 
A/aoi62, 3, 174, 23o. 
Magdala (18), 246, 

296. 



434 



MaÇhîda 



Maxaxumeda. 



Maqhîda 357. 
Maqo Bîli 185. 
Mara 224. 
Mara 29, 176. 
Marab (17), 7,9, 36, 

8, 40, 4... 9, 51, 9, 

239, 241, 356, 7. 
Marabet 296. 
Marah 352. 
Marajan 38. 
Maraka 176, 8, 180. 
Marako 34, 111, 19, 

157,167,224,290. 
Maranon (24). 
Marar 245, 357. 
Mararat 6. 
Mararit 27 [41, 50], 

28 [125. 
Marawi 59. 
Marbo 68. 
Marehan 355. 
Af(Srerg-z^r 18, 2 0,333 

• • . 5, 7- 

Marga 28 [110. 

Margahya 242. 
Margo abba Kotal 

165. 
Margiilo 33 1. 
iVf^i^/£'36,i54,2 09. 
Mariq 16. 
Mariya 358. 
Marka 261. 
Markalla 168. 
Markallia 122, 124. 

181. 
Markorios 168. 
Mannariso 317. 
Maro 259, 264, 



Maro 164. 
Maroc 26, 9. 
Maroipa 54. 
Marqu 157. 
Marra 27 [i3. 
Marrefjan 16, 18, 

334, 5, 9. 
Marso 3 18. 
Marta 168, 202. 
Marii 245. 
Marya 6, 44, 6, 245, 

272. 
— noir 42, 4, 272. 
M^i^FAM 99, 186, 

279 . . . 282, 6, 7, 

290 ... 2, 7, 8, 326. 
Maryat 329. 
Méisabbat 46. 
Masabit 314. 
Masafe 167. 
Masalat 27 [8. 
Masaqala 246, 7. 
Masara (40). 
Masfjal 242. 
Masiiin 2 3o, 1. 
Masigodo i83. 
Masî'înda 10. 
Masîre 240. 
Maska 157. 
Maskafalahit 3j. 
Maskat 19. 
Mas lu 315. 
M as mac a 141. 
Masniar 38. 
Mastnas 2^j, 260, 5. 
M asm as 156. 
Masmasa 124. 
Maso'înda 329. 



MasongoSz, 4, 7, 90, 
1, 121, 4^ 6 ... 8, 
i3o, 3, 23o, 258. 

Masqal 243. 

Massaja 250, 2, 3, 5, 
6, 263, 270, 1, 3. 

Masalamiyah 80. 

M^?(^ 291. 

Maïa; voyez Mefa. 

M^^cî Korma 175. 

Matakal 61. 

Matalo 32 2. 

Matamma 299, 3oo. 

Matangar mafia 332. 

Matannah 327 [89. 

Matapo 144 [15. 

Mafe 198. 

Afa^e Doma 135. 

Mcîfo 144 [59], 191. 

Matto 144 [64. 

Afafz/ i83, 225. 

Maures369, 379,380, 
382, 4. 

Maury (25). 

Mavil 264, 270. 

Afaw^ i33 [291. 

Ma%po 86, 8, 90, 142, 

4 [54]' 6' 153, 8. 

192, 3, 212. 
Majut 158, 212. 
Maxd! 168. 
Maxallama 3 20. 
Maxango 1 24, 6, 140, 

3, 6, 7, 1 50, 3, 164, 

5, 1 70, 6, 219, 222, 

6, 264, 8. 
Maxato 144 [70. 
Maxaxumeda 329. 



Maxîlla 62, 4 , 192, 

208, 234. 
Maxîh 137 fi3o], 8 

[185- 
Maxiiia 3 20. 
Maxixo 329. 
Maxiianzag l'h'j j 1 25 
Maxnïg 212. 
Maxtag i5j [124. 
A/<^A-?aztîAvzi38 I209. 
Maxtotn i38 [190. 
yVftîj^ Abaqat 52. 

— aèèa NiiZt? 240. 

— ''Alîktï 241. 

— ^;zt/ty^/izc 32 1. 

— Arkana 32 2. 

— ^/rara 325. 

— 'Aynî 52. 

— Bala 49. 

— Barazyu 242. 

— Da'îro 237. 

— Dalaïta 52. 

— Damot 320. 

— Dîraho 240. 

— Gogiia 239. 

— Ifîmur 240. 

— /fi^z 41. 

— Ho:[a 4. 

— Jarf mcda 3 20. 

— La}] m 53. 

— Madsi 320. 

— Maman 5 1 . 

— Qîtiîtal 2 38, 242. 

— Qt7«r-r55, 6. 

— 5i'e 240. 

— 7 abri 53. 

— Tahln 243. 

— 7d;nâ;2 52, 240, 2. 



Max/lia . . . Meyet. 

May Timqat 52. 

— 7«/ 242. 

— Wuoy 242. 

— Xîbïnnî 240. 

— AÏ/-ZZ 357. 

— A'îz/n 56. 
A/ty'-cz 3oi. 
Mtij'cï cTzn^o 323. 

— Anxiki 32 1. 

— ^og'ti 325. 

— Arkobarka 3 20. 

— Daragar 32 o. 

— kuagele 28 [127. 

— Medak 325. 

— Sillase 32 3. 

— Tîqiir 320. 

— lVa;z;a 325. 
Mayabbi 327 [68. 
May bar 68. 
Maycakdl 145. 151. 
.\%^^ 343. 

.V/of'e 152. 
iV/a^;y^a i36 [2. 
iWaro i3i [78, 162, 

175- 
iVfa;9'e 217. 
Mayzafn i38 (208. 
Mazajigo 264. 
^Vf<azâ!rajy^a 228. 
Afaze 192. 
Mazé 390. 
i\/a:5:e 202. 

— Malea 181, 198, 
21 1. 

— Maloa 202. 
Mazmasa 102. 
Ma:^o 1. 
Mecca 344. 



Meckag i38 [151. 
Mecque (4), 48, 57, 

104. 
Medda 144 [99. 
Medgebda 24. 
Mediyn 38. 
Medger 352. 
Medjourtine347.35 2, 

3. 6. 
Megaezbe 59. 
Me/2e^346 . ..8. 350, 

351. 
Mehiaw 118. 
Mekedos 248. 
Meklat 352. 
Melhétkena245, 357. 
Melinde 367, 9. 374. 
Mena 87. 9. 
Mera 1 19. 143. 178, 

195, 212. 
Merayah 353. 
Mereca 144 [75. 
Meri i38, 142. 3. 
Meroé 49, 59. 
Mesagara 118. 
iVfe.sf 143. 
Meso 206. 
A/efa 12. 280, 3. 8. 

290.. . 2. 5. 8,315. 
i^fe/'tz (34). 156. 245, 

270, 283,4, 8> 298, 

3oi. 
M'etalakedi 329. 
.iVfe// 94, 
Metita 315. 
Metta 297. 
Meîta 244. 
Merc'^ 348. 
28* 



436 

Me:{o 62, 95. 
Mïacadn iSy [128. 
Miarwalal 334. 
Mîatezag i38 [141. 
Miazag i38 [214. 
Michel (S*) 241, 287. 
Midagdu 3 12. 
Mîdg'an 340. 
Mîdil 29 [i38. 
Mîdîynar 51. 
Mîdïr 11, 25. 
— falasi 357. 
Mïdîra kîbre 292. 
Migira 20e, 8, 224. 
A/f-z 127 ... 9, léo. 
Mijan 33 1. 
Mijira 175. 
^i/î/ 204. 
Mika-el 293. 
Mîka-il 340, 3. 
i\^z7A:/ 325. 
Aff/?77r/ 18, 20, 338, 

342. 
Mine 363, 6, 7. 
Mïnjar 244. 
Mînïïr 154. 
A/z";y/-/z'/f 8 9 , 2 4 5 , 2 7 6 . 
Mînzïro 319. 
Mioftii 1 73, 4, 9, i83 

...5, 9, 191. 
Mîqabul 334. 
Mîrara 4 1 . 
Mirât 156. 
Mîrore 2 33. 
Mîrqan 156. 
Mîrsa Mubaraq 46. 
Mirsaba 325. 
Misaniia éo. 



Mejj-o . . . Mudug. 

Mïsgide 326 [21. 

Mïsmga 125. 

A/i^sr 23 1. 

Missouri (24, 5). 

MiïadoUti 33o. 

Af z7e 3 1 2 . 

Mîtina 175. 

Mîîïraqi 143. 

Mîtmîta 2 3o, 1. 

Afz7o 2 32. 

Mîtwa (20). 

Miyadoliti 329. 

iV/z^^ajy^a 8. 

Miyrwalal 336. 

Mïppa 5 1 . 

Moa yanfa 228. 

Mocca 8 1, 7. .. 9, 92 
. . . 6 , 9 , 1 07. 9, 
110, 7, 126, 143, 
7, 8, 159, 165, 170 
... 2, 5,6, 226,58, 
263, 4, 7, 8. 

Modayto 21,317, ^^ 

W. 7- 
Mogada 55. 

Mogar 155. 

Mo^iT^ (40). 

Mo g or 69. 

Mogoreb 237. 

Mogren 46. 

Moljammad (i3), 10, 
17, 47. ..9, 58, 71, 
3,4, 7,82, 105, 6, 
349, 350, 4, 6. 

Mohar 155, 6, 220, 
3, 8, 9, 245. 

^^o> 81, 3, 5... 7. 

Afo/o 304, 9. 



Moka 345. 

Molfa 1 2, 29,67, 235, 

6, 3i8, 336. 7. 
Molfir 245. 
Mo/e 129, 2 32. 
Moleraga 59. 
Mollag 137 [34. 
Mombas, Mombaz 

261. 
Moncullu (19). 
Mojioentjpugi 201. 
Monomuzi 118. 
Morahid 332. 
Mor'asah 339. 
Morforo ipîha 324. 
Morgolufiid. 
Mori 2 2 3. 

AforA'a 2 06, 2 1 5 . 2 3 7 . 
Moro 220. 
Mor'usa 339. 
Mo.<^o 3 16. 
Mosii 167. 
Mo?a 2 33. 
Motïnoa 29 [i38. 
Moussa 349, 350. 
Moye 178, 9. 
Afw<a i32 [219. 
Miiaka 189. 
Muçaijnp' a (3, 1 7, 8), 

17, 23,5,6,31. ..3, 

6, 48, 51, 2, 9, 61, 

89, 139, 198, 33o, 

386. 
Mucha 252. 
Mw^a 3 08. 
Mude 3 10. 
Mudug 18, 334, 5, 7, 

338. 



Miiga . . . Nebesse. 



437 



Mu g a ié3. 
Miig'al 337. 
Muhalle 327 |6o. 
Muljammad 16, 39, 

43, 140, 166, 235, 

338, 9. 
Muljfo 32e 1 14. 
Ahija 299. 
Afz/A-/ 315. 
Mullata 309. 
Mulluji^, 7,183,273, 

4, 288. 
Miana i33. 
Mimkor 227. 
Munzinger 272. 
Afwr i3i [32J, i38 

Mur'ayo 339, 343. 
Murkuz 206, 232. 
Murrh i38 [204. 
Murn i38 [175. 
Muni 29 [141. 
Murujade 337. 
Afi^5(3 22, 8 [51]. 3i, 
é. . .9, 43. ..7, 69, 

70» 151- 
Mus' ara 340. 
Muse-t-arak 329. 
Musot'are 329. 
Mutar 325. 
Mut'at 40, 5, 8, 234. 
Mutte Doma 94. 
Mutula 178. 
Muwadul 32 1. 
Mujpsa 343. 
Mz/x 324. 
Muxe 33 o. 
Muxm i36 [14. 



A/z^f i38 [169. 
Muzu 23 1. 

Nabarat 41. 
iV^Z^rf^ ( 1 8). 
Nabtab 25. 
Nabura 2 19. 
Nabx i3é [25. 
A^aca 127. 
A^a^i i38, 2 1 2, 9, 222. 
Naâace 143. 
Nadadi 32 3. 
Nafaheyt 49. 
N^/e 28 [78. 
Nafe arak 329. 
Nafira 125. 
iV^^ i3i [87. 
Naga 75, 6, 151, 161. 
Nagad 120. 
Nagarit (40). 
Nagarto 326 [6. 
Nagasi 38. 
Nag-ato 1 3 2 j 2 6 1 . 
Nagaya 162. 
Nahiba 335. 
Na-ho 253. 
Na-ib 25, 30,4,5,45, 

6, 9, 234, 33o. 
Najaca 228. 
Najax 33 1. 
A^aA'7z i3é [15. 
NaA'o 169. 
Nalay 4 1 . 
Nallano i3i [69. 
Nulle 194 ... 8, 200, 

3, 8, 219. 
Na//o i33 [277. 
iVam i33 [293. 



Nama 58. 

Namajar 229. 

Namaqa 332. 

Namara i32 [204. 

Namazar 332. 

Namîr 9. 

Namnam 3, 27 |38. 

Namo 191. 

Namsa (8). 

Nam:[ 222. 

Nankaka 315. 

Nanno 20e. 

Mïo? iVa-o? 86, 88, 
119, 1 20, 5, 6, 140, 
2, 189, 193, 211,2, 
267, 9. 

Napata 49. 

Naqtab 6. 

Nara i32 |2oo. 

Narea 36i. . . 370. 

Narga (18). 

Narok 390. 

Nasan i5j [126. 

Nasanâua 245, 358. 

A^<a.s'â;r6'd[r;"<:i/2326[ 24. 

N'asîrkunde 10. 

A^a^o 95, 171, 258. 

Nasre 2 3 1 . 

Nasur 38. 

Na-tab 6, 7, 3o, 43 

...45- 
Naîegari 143. 
Natngobm i38 [215. 
Naud 46. 
Nawrali 41. 
iVa.va 143, 5 [105. 
Nayo 189. 
Nebesse 36i, 383. 



438 



Ne géra . . . Okollo. 



Negera 224. 

Nenïa 2 3o. 

Mam:^ i38 (184. 

Nianam (38). 

Nîbbo 118. 

ISïbi i32 [153. 

Nîgara 1 3 1 [21. 

Nigello 248, 9. 

Nïgus 68, 262. 33 1. 

Nil (3o, 5), 1, é, 14. 
32.49, 58^9, 62, 7, 
8, 74, 9, 83, 8, 91, 
150, 185, 19e, 235, 
249, 250, 2, 3, 5, 
261, 7, 299, 34e, 
352, 8. . .360, 3, é, 
371,383, 8,9, 391. 

N'îma 67. 

Nïmo7i i33. 

Nîqumqer i33. 

M,?ro 8. 

Nîsso 191. 

Nh^a i32 [2o3. 

Njabara 154. 

N'narea 247, 

iVo (32), 248. 

Noé 345, 9, 350. 

Nogob 307. 

Nohqy-t' are 33o. 

Nokob 307. 

A^o/e 3o3, 307, 3i 1, 

3l2. 

Nolleh 351. 

A^o/o 17. 

Nonno 21, 3i, 4, 50, 
84, 97, 104, 6, 123, 
4,8, 165, 174,5,7, 
188, 190, 1, 206,8, 



215, 9, 221, 237, 

257, 270. 
Nono 264. 
Norah 170, 2o3, 4. 
A^oro 100, 5, 8. 
NoLierre 232. 
Noura 3i3. 
Nur 3i3, 353. 
Nowbïl 32. 
Nowbir 3o, 2. 
Noxotn i36 [22. 
Nuara i32 [202. 
Nuba 58, 244. 
Nubia, Nubie 36o. 
xVz/er i63, 232. 
M^jg- 62. 

;vz^^\?/ 18, 337, 8. 

Nugo i32 [ 134. 
Nugot 52, 149. 
A'm^ 340, 3. 
Nîiitio i3i I73. 
Nunnii 304. 
Mo- 28, 38, 3oi, 3. 

7, 8, 3i3, 341. 
Nuro 97, 2 18. 
Nurobsen 172, 211, 

222. 
M/rî/2i6,22o,i,23i. 
Nmvagaja 156. 
Njpaôi i32 [241. 
Nyam7ia 67. 
Nyanza (21 , 4, 35), 

390 ... 2. 
Nyoro (21). 

Obaip i33 [292. 
Obbjpiire i3i I70. 
Oèe 121. 



Obeyd 27. 
Obico 1 18. 
Oblia 172. 
0^0(34 ), 32,1 19, 1 22 

...5, 146, 8, 194, 

288, 3o2, 344. 
Obolo 33 1. 
Obono 3 16. 
Oborra Tuke 2 14. 
0Z?6-t? 166, 170, 6, 9, 

180 , 194, 211,4. 
Ocîrm 196. 
Ocollo 192, 4. 
OcY 119. 
0<ifi7 60, 1 77, 8, 180, 

346, 7, 351, 3. 
Oda Leliso 284, 5, 

291, 4. 
Odals 346. 
Odas 353. 
Oddo 157. 
Odiak i32 [149. 
O dit II 291. 
Ocfo Leliso 294. 
Odoro 111, i33 [294. 
Odzkam i38 [200. 
Ogaden 3oi, 4, 6, 7, 

9, 347, 351 ...5. 
Ogâs 353^ 5, 6. 

^^ê'^^o 79' 167- 
Ogesalame 339. 
0^0 87, 214, 237. 
Ogo<3 245, 358. 
Ogorokka 99, 109. 
Ogres 159. 
Ohio (25). 
Ojol 212. 
Okollo 222. 



Okumsl . . . Poa. 



439 



Okiimal 326 [15. 

Okweg i32 1 195. 

Olecâ 3éo. 

O/^^o.- 27, [53], 8 [92. 

Olku 194 ... é, 208. 

Olla, oui 144 [41. 

Olota 283, 295. 

Oluaq i32 [184. 

Olûejp i33 [275. 

Om al Akyar 67. 

'Omar 39, 295, 352, 
353. 

' Omarabusa 329. 

Omate 189,2 14, 223, 
259, 260. 

Ombramâ 36 1, 2. 

Ommi 119, 142. 

Omn i38 [186. 

Omo (34, 5, 6), 70, 
89, 90 , 3, 4 , 101 
...5, 111,4, 7,134 
5,9, 145. é, 173.. 
6, 8. 9, 182,4.. 
8, 191, 200. . . 202 
205, 2oé, 211,4 
22 1, 259, 265, 388 
. .. 391. 

Omog 27 [25. 

Oniokoullou (19). 

Ona Afjmadititol)2^. 

— ''Omarto 329. 

Onaro 32 1. 

Ongoraki 165. 

Oui 144 [12. 

Opa kec kato 207. 

Opello 134. 

Oqacaci 144 [6. 

Oi^<i^ 18, 32, 336. 



Orag i38 [147. 

Orbene 61. 

Ort' 315. 

Orendiilum 28 |86. 

Orgas 340. 

Orgobba 3o3, 334. 

OrzYn 137 [29. 

Or obi 143. 

Oromo (6 ... 10, 15, 
22, 34, 6, 7, 9,40) 
et ailleurs dans 158 
pages de ce livre. 

Ororo 139. 

Oroi» 28 [77. 

Osman 352, 3. 

Osoa 201. 

0?a/ i33 [279. 

Oto i3i [80. 

Otollo 168, 200, 2, 4, 

259- 
Otjyan i32 [221. 

Ouaad 350. 

Ouaâdi 348. 

Ouahaïe 353. 

Ouabi 356. 

Ouelmal 151. 

Ougé-yaya 390. 

Ougedo Djarso 354. 

Oullah 352. 

Ourtine 352. 

Oussoumé 390. 

Owa?i 158. 

Oji^x 157. 

O.va 145 [100. 

Oxe 159, 192. 

Oxko 86, 143. 

Oxnam yarsîg ilj 

[51. 



Oj^eta 185. 
Ozi 261. 

Paco 194 ... 6, 200, 

209. 
Pada 27 I29, 35. 
Padti i36 [17. 
Pagwag i3i I27. 
Palmer 74, 127. 
Paie 134. 
Paù i32 [167. 
Pampa i3i [2. 
Parana ( 27). 
Paris wïha 325. 
Païari i3i [14. 
Patmvr 134 [26. 
Âzj-o i3i [81. 
Paytn 137 [i3i. 
Perfo i32 [i63. 
Peel (3i). 
Pem i3i [95. 
Peu i3i [40. 
Pendawar i32 [249. 
Peiiman i3i [4], 3, 4. 
Penmayu i3i. 
Perrier 279. 
Persans 328. 
Persique (golfe) 346. 
Pharisien, Pharsi 

345- 
Pz i3i [100. 
Pîen i3i [60. 
Pîlko 193. 
Pi/o i32 [211. 
Pinqiew i3i [19. 
Pirciinia 139. 
Plowden 271. 
Poa 244. 



44< 



Poal . . . Qoi-ajii. 



Poal i3i 19], 3. 
Pokiadi 134. 
Pokomo 87. 
Poq i32 [164. 
Poqacii i3i [lé. 
Poqiadi i33. 
Posi 121. 
Po^z 143. 
Pouloudj 248. 
Prado (da Silva (40^ 
Psammeticus? 32. 
Ptolémée 252, 3, 5. 
Puanno i3i 1 1 13. 
Puk i32 [257. 
Piikiim i3i [4. 
Pulo i33 [1. 
Puhincq 172. 
P//rf i32 [2 i3, 238. 
Purra i3i [47. 
Puxeria 201, 214. 
Pygmées 262. 

Qab'a 239, 
Qabbahia 244. 
Qabdo 152. 
Q^/7e 79. 
Qa^o 1 1. 
Qabta 240. 
Qacama 2 33. 
Qaco 1 19. 
Qaddani 6j. 
Qéidey 6. 
Qado 134 [32. 
Qtze 177. 

Q'î/' H4 [19- 
Qajelo 115, 6. 

Qa/7 144 [50. 

Qéi/'a 333. 



Qalate Giito 215. 
dalato 156. 
Qalbo 156. 
Qa/i i32 [226. 
Qallas 23 1. 
Qallîca (7). 
Qalqaî gaba 242. 
Qambabe 129. 
Qai)ir 84. 
Qajiallfeylaj' 38. 
Qanqati 158, 9, 171, 

3, 4, 8. 
Qantaftaffa 60, 
Qapena 245. 
Qapiro 148, 9. 
Q^r^jz 157. 
Qara 173. 
(^^araca 41. 
Qararo 1 14. 
Qaro 126, 7, 9, 225. 
Qarqa GaJigoiso, 2. 
Qéi^e 233. 
Qaîotia 1 14. 
Qatra 33o. 
Q^ir 343. 
Q(3x^ 209. 
QayïRkor ( 1 7 ), 4 . 34 , 

51, 304, 33i. 
Qebzag 137 I93. 
Qeco 158 [172. 
Qe/za 144 [40. 
Qelem 110. 
Qe//a (40). 
Qeno i33 [289. 
Qepezag 137 [89. 
Qepe\ezag 137 [91. 
Qeqihe qello 143. 
Q,er/ 144 [25. 



Qe^a 145 [io3. 
Qetama 141, 172. 
Qz'ag^ i32 [i33. 
Qfat/ i33 [290. 

Qr^/dïx (4, 5). 

Qirféi^^ i38 [134]. 

Qi delta 99. 

Qîddiis Giorgis'bz'^. 

— Marqoryos 243. 

— Ymîrîha 243. 
Q/i/ i3i [23. 
Qîâisa 125. 
Qz^A'o 143. 
Qïlewafi lié, 215. 
Qïlmto 2 3o. 
Qîlttm 93. 
Qïmatit 8, 32. 
Oinnara i32 [205. 
Qîrhaha 62, 3, 98, 

1 09, 1 10, 3, 4, 1 24, 
i3o, 141 , 2 , ié3, 
171 ... 3, i83 , 7, 
228. 258. 

Qirqos 244, 280, 2, 
285. 

Qi'fo 220, 1. 

Qobbo 69, 81, é, 111, 
148, 162, 170, 191. 

Qpc 1 3 1 [12. 

Qp-ijo 144 [66. 

Qplati 210, 7, 232. 

Qo//a 119. 

Qplo gabya 54. 

Qpmo 1 13. 

Qpmtabag lij [82. 

Qo-'onn'î 38. 

Qopiri 144 [44. 

Qoraju 340. 



Qore 



Rotoke. 



Qore 207. 
Qojo i3i [104J. 
Qofa 2. 
Qofi 142. 3. 
Qoio éo. 
Qo/o Jijt) 23o. 
Qo//c7 1 1 . 
Qoj^n i38. 
Qoynganazag 137 

,83. 
Qqyro 174, 23 1. 
Qiialfayn 9, 239. 
Qz/é7//a (3. 33, 4, 6, 

9, 40). 
Qiialquiis 59. 
Qiiantaftafc éo 
Qiiara 32, 140. 
Qiiaraia (18). 
Qiiaya 33 2. 
Q//crt 168. 
Qiiâawadi 143. 
Qiido i32 [159. 
Qiiînzîla 154. 
QzV/r i3i [110. 
Qiiira gadal 324. 
Qiiïsquam 74. 
Qz//a 118, 168. 
Qz/c7z/.v 68. 
Qiira 106, 112. 
Qi/ra g.-jhci 108, 9. 
Qiirajii 342. 
Qz/.v 68. 
Qz/.'^a 26, 102, 3. 143. 

Vovez .' Kuca et 

Kilt a. 

Rabbi ar-ttyaiinî 5 1 , 
55- 



Rabesch 348. 
Radau 279, 280. 
Ragali 33 1. 
Ragayto 327 [77. 
Rahanypin 16,8,334, 

RaJtaytah 19, 20, 4, 

314 ... 9, 328 
Rahca 37. 
Rahmani 333. 
Ramadan 3o3, 6. 
Rttmha 239. 
RaiJii 340. 
Ramis 3oi. 
Ramodli 3i 7. 
/^(Scjo 333. 
/?a.ç a/ y// 6. 
/?a5z damana 33 1. 

— ^<y^/z 33 1. 
Rasinadd 33 1. 
Raxid 27 [16, 22. 
i?a;^ 1 3 1 [125. 
Raya 34, 185. 212. 

285. 
Ray sa 317. 
Rebix 49, 67, 9. 1 13. 

5, 2o3. 
/?eèz< 228. 
Reclus (24, 9, 32, 4, 

5). 388. 
Rcmog i3t [188. 
i?eo i3i [56, 102. 
/?er Hamadin 307, 

3o8. 

— Hcrsi 305, 6. 

— Z)î/tf 34c, 3. 
i?ere 128. 
Rère Ali 358. 



441 

Reresman 334. 
Rezcgat 4. 
Rhin (24). 
Rhône (24, 6. 7), 
/^'m/z2 8[76,8i,i 14). 
— «/ /)a/;éï// 28 [81. 

y?fè 53, 320. 

Rïbasowit 239. 
/??77/tï 3 18. 
Rîgayhah 67. 
Rïhbayta 357. 
RiJfayat 343. 
Rikhay 340. 
T^f.sa 225. 
i?/5a QzVo 2 i3. 
i?y^ i3i [29. 
i?o'/éï/z 28 [76. 8i, 

114. 
Robanda 27 [27. 
Robe 80. 
i?o6/c' 33. 
Robleh 349. 
Rochct 272, 7. 
Rodima 27 [23. 
Rogge 1 16, 2 1 5, 280. 

298, 9. 
Rohdabre 357. 
Rokajar 27 [26. 3i. 
Rollet 248. 
Roma 66, 106. 
Rome 108, 339, 362, 

378, 386. 
Ronna i3i [33. 
Ronnaba 326 [16. 
/?o/-e 3 18. 
Rossi 386. 
/?o?oA-t'2 7[i4],8[89]. 

29. 

28** 



442 

Rouge [mer] 2, 5, 7, 
49' 247, 255, 345. 

Ron'base 28 [73. 

Rubajpo/fsa 239. 

Rubleharak 327 [42. 

Rnfo Sîbii 189. 

RiDiga 74, 82, 109. 
1 27. 

Ruppell 55, 6. 242. 

Riisabusa 329. 

Riitiig i3i [118. 

Rmpdii 27 [36 1, 28 



Saad 350, i. 
Sa ani 327 [91. 
Sa'at 28 [83. 
Sab 137 33. 
5c?/'a 24, 146. 
Sabanej''n 33 1. 
Sabaqa 1 20. 1, 3, 5. 
Sab ai' 37. 
Sabeyt 58. 
Sab-taiika 3o6. 
Sablai 28 I98. 
Sabuwrah 326 J29. 
SacahalajS'actî/a 359. 
Sacconi 304 ... 8. 
S'acz 237. 
S'arf 1 19. 

5"a<a? Muu'sa 340. 
Sadakuat 32 i. 
Sadani 224. 
Sadara (36), 227 
Sa d aï a 3 1 . 
^Ç^^f 3 16. 

Sadimaga 122, i36, 
142. 



Rouge . . . SfJinbu)'. 

Sadiq 64. 
Saël 349. 

Saf-a 3 1 , 84,98, 1 06. 
6'iï/d! '^réiZ» 33 1. 
Saffar 229. 
■ÇiT/ÏÏ 7, 246, 358. 
Safirc 61. 
^^jO^^T (21), 29. 
5'i3^a 27 [42. 
Sagal manne 2o3, 

2 i3. 
Sagallu 3i 8, 9. 
Sagla 60. 
Sahal i6. 
Sahales 59. 
SaJjan 28 [74. 
Sahar 40, 1. 
Sahara 273. 
SaJjajpe 334. 
Sailli 25, 235, 6, 3oo. 
Sahïnt 299. 
Sahla Sïllasc<)'], 1 oé, 

135, 161, 205. 
Sah()[(^), 4 . . . 6. 8 . . . 

10, 23, 5, 32, 6, 62, 

9, 257, 327... 33o. 

— Balan> 2 3. 

— Toro'a 5, 3i. 
SahoiJeli 347. 
^a-z 109. 
5'éi'z"(.i' 67, 356. 

— M.' al Bacrawid'j . 
Saka (40). 

Sakka 178. 
Sakko 121, 1 76. 
Sa/io 87, 126. 143. 
Saladarïb 38. 
Saladu 27 [55. 



Salai] 37, 40, 2, 4, 7. 
Salalfîlalfa 243. 
5'éï/(^//éig"0(^(.7 245,35 8. 
Salaviba 272. 
Salamona 41. 
Salandua 245, 358. 
Salatin 32 j [59. 
Salayx 324. 
Sa/Z^a 288. 
Salbau 221, 2. 
.Ça/e/? 8, 10,1,28(65], 

106. 189. 
54î/-e 84, 1 08, 147, 8, 

191, 212, 339. 
SalebaiiTalarerHé. 
Sali 333. 
^fj/zV? 341. 
^j//// 42. 

Saliini gal'ala 33 1. 
Sabniim 33o. 
Saloda 241. 
5^7/0/ 315. 
Salomon 89 
Salon 27 J48. 
Sait 8, 23. 5,185.327, 

328. 
Salwa 27 1 1 1. 
Sama 218. 
Saniama 239. 
Samaneh 349. 350. 
Sama)ai' 245, 357. 
Samarau'eh 38. 
Samarna 357. 
Saniatar 34 i, 2. 
Sanibalalf 'Ili 328. 
Sanibo Dinsa 175. 
Sambour 349. 350. 
Sambur 340. 



Sainljar . . . Seti. 



^43 



Samijar 5, 33. 4, 149, 
271, 328, 33i . 

Samharay 244, 5. 

Samo 161. 

Samoti 327. 

Samra 39. 

Samuwli 10. 

San 167. 

San'a 22. 

Sùtnabbad 41. 

San adîglc 329, 33o. 

Sanaf ivayra 114. 

Sanafc 329, 33 2. 

Sangota 218. 

SanJjeyt 7, 36 . . . 44, 
46 ... 8, 234, 245. 
358. 

^rf/lz 102, 118, 169. 

5fl7î> 59. 

Sanna 1, 111, 206, 
21 1, 225, 233. 

San}iar{56), 6, 7, 58 
9,69,71.3,5... 7 
80 ... 3, 5, 8,9, 93 
107, 1 lo, 3, 1 20, 3 
146, 8, 166, 2o3 
235,245,268,358 

Sanqîlla 120, 258. 

Sdinte dabo 357. 

Saîîto 2 33. 

Sapaz 1,92. 106, 1 1 2, 
6, 177, 8, i83. 

S^pcfa 184, 5, 344 

Saqa (3, 33 ), 21, 50, 

i,S, 7,^o- 74- --S, 
80. . . 93, 5 . . . 106, 
8. . . 1 10, 2 . . .1 16, 
126, 9, 139, 141, 7, 



8, 158, 164 .. . 6, 
1 70, 1 . 3 ... 1 80, 2, 
3, 191,5 ... 7. 2o3, 
6, 7, 2i3, 5, 9. 

Stiqult 325. 6. 
^a^o 176, 189. 
Sar'a 329. 
Sarado 142. 
..S'tîr'iz/ï 5,11, 33o. 
S.^rati'c (10, 1 2). 37, 

40, 241. 
Sdi'ïni 'are 33 o. 
Sàirkin 62. 
Sarniadia 155. 
^tï/o 87, 1 22. 4, 6. 
Savoa 156. 
Sarori 2 33. 
5'tZ5a 119. 
Sasafi 4. 
Sasandi 67. 
Sasso 288. 
^a/a 147. 
Satamma 165. 
^a^/f 143. 
Saubat 250. . .4. 
Séin'a}]li 11, 2, 6, 64. 

118, 123. 

Sawakin (18), 2 , 7. 
16. 3o, 1, 43, 5, 7, 

9, 245, 357, 386. 
Sawakroji 343. 
Sawdéira 245, 358. 
Sawra 245, 357. 
^iSj/'A' c7/7ï/z 33 1. 
•^^JT*^' 71, 84. 90, 2, 

3, 5. 7' 9' 105 •• ■ 
8, 110, 3, 5, 1 28 
9,147, 8, 162, 170, 



1, 188, 2o3. 212 3, 
220, 4 ... 6, 237. 

Schainbara 389 . . . 
39 1 . 

Schimper 9. 59. 

Schuvcr (32). 

Seab 33 1. 

Se' a tu 4. 

Seda 178. 

Segolab 245, 357. 

Sel) e le 9. 

Seine (24, 7). 

Sejan 20. 

Seka 108, 119, 120, 
2 ... 5, 7, 134, 5, 
143, 5, 157 .. . 9, 
165, 6, 172, 5. 6, 
193, 2 1 2,258, 263, 
4, 327 I46, 

Sekaco 90. 

^e/i'o 264, 7. .9. 

Sekuse 172. 

Sela Christos 383, 5. 

5'e/e 59. 

Selheyt 7. 

Selim 3i3. 

Selimeh 2, 3. 

5em i38 [198. 

Semiènc (19). — 

Sennâr 247. 

Serca 383. 

Seremi 107. 

Serete qalina 169. 

5c',sc? 107, iio, 152, 
237. 

Sesïg i36 [11. 

Sesino 1 14. 

5e// 37. 



444 



Sejvo 



Somali. 



Sewo 126, i38. 
Seyân Boursouk 35 1 . 
Seyd 171, 3, 9, 202, 
2 1 7, 220. 

— Arbiik lyo, 1, 2,4, 
i83, 207, 217. 

Seyd Musa 88, 90. 

— Wèiij 182, 202, 1 3, 
215. 

S^eyd 27 [32. 

S'eyd Nokili 27 [52. 

Siajanil (34), 250. 

Sibale 192. 

Sibato 2 33. 

Sibini 184, 5. 

Sibta 356, 7. 

5"/^;; 34. 50, 9, 66, 
72, 3, 5, 84 . . . 6, 
108, 110, 148, 9, 
151, 2, 161,2,174, 
5, 188, 2o3, 2 i3, 5, 
6, 220, 2,235,257, 
263, 270. 

Sida Habilla 274 .. . 
276. 

Sidama 2,3, 7, io3, 
247, 250, 2, 5,6, 8 
. . . 260, 6. ..8, 284, 
294, 3oo. 

Sidama Afïllo 268. 

— Amara 255, 268. 
— Cabo 284, 295, 6, 

3oo. 
Sidama 25,34,61,63 
...5,8,73,80, 1,3 
. . . 90, 2, 104 ... 6, 
1 13, 6, 12 1. 4. . .8, 
i36, 142, 8, 159, 



161, 2, 7, 9. . .174, 
6, 186, 7, 192. ..4, 
8 . . . 200, 4, 5, 8 . . . 
210, 2, 224, 6, 3o, 
251, 263, 6, 7, 9. 

Sidan 106, 7. 

— Goyat 2 3o. 

6'/tf/ 255, 307. 

^/tfo 2 3 1 . 

5i'£/o 61. 

Sïgalii 357. 

Sigino 157 

Sigio i36, 9. 

%// 2 38. 

5/^0 121, 191 , 224. 

Siheno 253. 

Sî-ïla. Krïstos 36 1. 

Sikatyu 317. 

5'i'/e 10. 

Sîllasc 320. 

.Ç/ïrc' 156, 7. 

Sîmbo 60. 

Sïmen 52, 63, 4, 92, 
8, 158, 238, 243, 
320, 358. 

Sïmsi})! 62. 

5///a 246. 

Sinasse 362. 

Sinbirra 255. 

Sînde 32 2. 

Sïnïco 61, 2, 6, 8, 9, 
75, 7, 85, 9, 109, 
150 ... 2, 9, 160, 
3, 181, 251. 271 . 

iSzV 2 3o. 

^/a'c 280, 4, 5. 

Sirge 315. 

S/;/ 127,8, 9, 147, 8. 



Sir m a 3 10. 

Sirmara 1 o. 

Sîrro 50. 

Sivini 182, 3. 

SiyarahliZ, 3oo,343. 

5fz 137 [58], 8 [193. 

Sizgapm i38 [194. 

Slanc 352. 

Sobaz-j [46],28[i33], 
267. 

Sobat (33, 7), 258. 

Sobe 155. 

.Soi»/ 151. 

Sobicc 31,71,2,151. 

Sobnkiicug 1 38 [182. 

Soddo 1 06, 2 14 ... 6, 
224,7, 244,5,280, 
284, 5, 8, 291, 7, 
298. 

Sodome 63. 

Sogada 6, 245, 358. 

Sogilat 3, 6. 

Sogulab 2. 

5o/7C>' 357. 

Sokkotin- 28 [79. 

SuA'n i38 [187. 

Sokora 259. 

Sol-a 200. 

^o/e 1 14. 

50/0? 140. 

Soltauki 340. 

Somal 345 . .,. 8, 352, 
4, 6. 

5'o;wcï//(33),i 1. . . 20, 
9, 30,2,68,72. 90, 
3, 119, 167, 185, 
201, 211, 2, 222, 
8, 9, 257, 260 . . .2, 



Snmalis . . . Tulltiniur. 



445 



274, 7. 291,300. . 

7, 3i 1, 2, 333 . . 

355,387. 
Somalis344. . .8,350, 

2... 4, 6. 
Sonianehs 350 
Somauli 339. 
Sombo 154 
Sona 28 I 1 1 1 
S()}if;a 127. 
Sur 108, 110, 127. 
Sora io6. 
S'ore léo. 
Sustctiig 137 1 7 1 . 
Sow\ite hanse 239. 
^oj^ i36 [9. 
Soyuma 2 33. 
Speke (21. 29), 250 
Stambnl 29. 
Stanley (^38). 
Steckcr 304. 
Siiba 49, 59. 
Subakiim 33o. 
Subïha 33 1. 
S'/z/'e Giidata 221. 
Sul-a ié8, 202. 
S'zf/cï^ 37. 

Suleyman 10, 329. 
.S'»/f/2 33 1. 
^i^/z// 304, 6. 
Siimayo 139. 
Sunkya éo. 
Su rat 34. 
Surate 247. 
Surbiirtitq 5j. 
Surro 253. 
^z/itz 265. 
5»^ 68. 



Siiu'éiys [Suez] 1,11, 

15- 

S'/niTO ( 35,6),5o, 64, 
5, 71, 83, é. 7, 90, 
9 101,2,117... 
1 22, 4 ... 6, 9, 134 
, . .6, 142. . . 6. 150, 
3, 7, 8...iéo,9... 
171, é, 185, 9, 190, 
4 . . . 200, 3.5,8... 
211, 9, 222, 23l, 
249, 250,4,9, 264. 
é, 7, 33 1 . 

i'/rj^o 129. 

Svdamiens 247. 

Ta i3i [116. 
Taako 324. 
Tuasa 27 [9. 
Tabalu 106, 7. 
Tabasi 324 
Tabat wîha 324. 
Tabeldikoa 28 [109. 
Tdèo 52. 
T'dZ'o 216, 227 .. 9, 

267, 9. 
Tabor (18 ), 98, 299. 
7'cTif 29. 
Tadagara 225. 
Tadéili 54. 
tadamba 272. 
Tddbabti 299. 
Tadda 53, 2 36, 319. 
Tadia 155, 6. 
7'cJif/ 144 [54. 
Tadjallch 349, 350. 
TadjoLira 272. 
TaJ'ara amba 314. 



7;-?//^? 58- 
Tagabcyii 336. 
Tel g il de 8, 9. 
l'tngtilann 59. 
TagaloLUih 347. 8. 
fti^i,'-^ 142. 4 I95. 
Tagodiile 4, 5. 
Tngorri 246. 
fagita 155. 
Tagulat 324. 
Tagiisa (17). 
7ti/2tr 228, 9, 244, 5. 
295, 3o2. 332, 345. 
Taham 37. 
Tahtalid 45. 
Tufiuïla 47. 
Tariinlêiddre 32 2. 
Taïzz 345. 

7^éî>i(;'c' 67. 

7a// 2 32. 

Tdkalet 37. 

TaA-cï/z i38 [148. 

Tdkkazc (17,8). 9, 
52, 7, 9, 66. 149, 
239, 240, 2, 3,356, 

357 

Takltihaymanot{\ 7, 

18), 241. 
Talakabusa 1 1, 329. 
Talana 325. 
Tdlfentd 2 3. 
•raA-.-i/i i38 [148. 
TcilfeiUa 23. 
7a//c7 (3), 12 3, 158. 

178. 
Tdf//c7 dangya 324. 
Tallulaqi^Ojd'hA 1 1. 
TalUmur 157. 



446 



Talliha . . Tisali. 



Talliha'h^, 50, 9, 91, 

151, 2, 5, 216, 8. 
Talliha Sînïco 69. 
Talli Xono 90. 
Tallo Giifina 165. 
TdltalS, 10,23,328. 
Tama 287 [54], 28 

J75. 
lamakesa 178. 
Tamarad 3j. 
Tambal Miiren 2 7 

Tambaro 34,48, 64, 
70,8,89,94.5, loi 
... 3, 110... 2, 1 24, 
134, 145, léé . . . 8, 
178, 9, i83 . . . 7, 
211, 227, 233, 4, 
265. 

Tambïlge (i8j, 53. 

Tambo 144 [11. 

Tambulf^2, 60, 243. 

Tamex 324. 

Tamin i38 [158. 

Tamisier 50. 

Tammi 134. 

Tamru 81, 5, 6, 9. 

Tainsa 2 18. 

Tamta (8, 9). 

Ttî/za (18, 34), 62, 
149,193, 254,269, 
299, 320, 36 1 . 

Tawakîl 202, 7. 

Tanbcn 243. 

— 'a^/j^ '(;7<if(ir 239. 

Tandag 41. 

Tandalti 27. 

Tanger 57. 



Tangourc (29). 

Tankalahas 37. 

Tanna 119. 

7df7zo 246, 273, 6, 7. 

Tanq i32 [253. 

Tau ta rua 38, 272. 

Tappa 120, 1, 5. 

y'atytz 7. 

Taqac Koni 1 95. 

Taqla manzo (18 j. 

Yard 36 1. 

7 ara 61, 106 . . . 8, 

129, 144 [76, 7. 
'Tarakaba 33. 
Taranni 58. 
Taratîr 52. 
7'<3r/ 343. 
'Tarifât 6. 
l'ariho 140. 
Tarn (28). 
Tariiïm i32 1 1 89. 
l'arrada 320. 
Tarsaa 210. 
Tas' a 28 [116. 
Tasfaliim 38. 
7 as os 60. 
7a?a 283, 296. 
7cTftï/ 272. 
Tatamqe 50, 1, 5, 7, 

9, 60, 72, 139. 
faioho ( 18). 
7a/// 144 [i. 
Taurin; voyez Ca- 

hagne. 
Ta;;' i32 [218. 
7rf;/^ 224. 
Tawakîl 202, 7. 
Tan'aldtimadlnn2a^(> 



Tawali 5^j. 
Taii>at 67. 
Tawhcytat 41 
l'awr 320. 
Taybin 36. 
Tayyîui (40). 
Tazan 167. 
Tazan 140. 
7a;j'f 144 J46. 
ledros 39, 47. 
Tedïiitoreci'i'h | 298. 
7"e/(4o),62,98, 195. 

244, 262, 288. 
7e//7a/ 58. 
7c'/ amba 322. 
7t'/c? 102, 120, 168, 

202 
Teleki(37,8,4i 1,391, 

392. 
Tellez (41). 
7e/z//t/a 8. 
Tcniasseh 355. 
Tenboklu 58. 
Teodoros 38, 246. 
Tc^je 174. 
Terab 27 [49. 
Tejyîn 333, 6. 
Thaïzz 345. 
Thoile 340. 
Thutui 160, 1 89. 
77a/o i3i [52. 
77a i32 [250. 
Tïbbe 2 i3, 270. 
7ïc/ 144 I9. 
TTdf 60, 115. 
7Yt't/i i3i [108. 
7Te/ i32 [182. 
Tîs;ali 4. 



T/s^ray . . . Tuf te. 



447 



Ti^ray (8 . . . lo, 14. 
5, 8), 2, 3. 19, 26. 
43. 5, 8, 50, 6t, 9, 
74,9,81,9. 167,9, 
201, 238, 240, 5. 
3 1 1, 326, 8, 9, 356. 

7T-re(8),7,35,8,43. 
8, 52, 70, 1 02, 245, 
263, 6, 7. 9, 358. 

Tïij^rc - ^1 /.•>;<»? 258, 
266. 

Tîgri 2 1. 

Tîgrïnna 3,9,32,60, 
140. 

Tïgro-Boxa 258. 

Tïhamah 3o, 3. 

77/ fo;;^ 58. 

Tïjïnt 67. 

Tïlfar 7. 

Tïklcs 46. 

Tikokobar 32 3. 

Tilaiïqane 240. 

TU g a 299, 325 

Tîlokot 242. 

Timba 165. 

Tïmbako 218. 

Timdiag i33. 

Tïvic'i 24:. 
-Tin af ara 243. 

l'inaho 335. 

Tinbukt 67. 

Tïnfa 221. 

l'ïiikïsd 187. 

Tînnïqc 21, 219. 

Tintomi 3o6. 

Timi'akkir 67. 

77o i3i [45. 

"Tïi^ i32 [210. 



Tiqiir 32 o. 

— IV ah a 53. 
TTréî ;;'tT;?z 53. 
Tïrbidda 7. 

7'i'ri,'-/ 106, 188, 210, 

7, 220. 232. 

7V/A-C' 8. 
Tîrqîn 246, 7. 
Tîrqos 153. 227. 
Tîrtïra 221. 
Tisba 320. 
Tzïf 27 [24. 
Tiïowa i32 [206. 
7"/a"c7 315. 
rf.v// 58, 67. 
Ty^rt i32 [250. 
77j^;z i32 267. 
Tïzqart 67. 
7b i32 [137. 
Tb 1 32 [193. 
Tobino 107. 
7oca 180. 
7"o/b 237. 
Tb^ i3i [119- 
Toggi 121. 
Toggo 214. 
Toggos 2 3 1 . 
7b^i 325. 

Togorri 272 , 3, 5, 
317, 319. 

— 'Dabaiiat 276. 
Togwd i32 [228. 
Tokar ^<). 245, 357, 

358. 
To/fonda 33 1 . 
Tokoxa 304. 
To^'u/ 357. 
To/o 118. 



Toman ilj [62. 
Toman 65, 6. 

Tomfia 41. 
Tonga 143. 
Tb;20 134. 
Toomoli 32 3. 
7o<7 1 3 2 [212. 
7b^e (10, 40), 150, 

178. 
Toqossa 217. 
Tbr i32 (265. 
7br<7 233. 
7b;"a 21,92, 1 06, 7, 

i83, 206, 8. 
Torban obo 288. 
Toro'a 5. 10,1 1, 329. 

33o. 
losifï 292. 
Tosihi 280. 5 ... 8, 

290, 2. 3. 
Touareg (^15). 
Toureh 347, 8. 
Toxpas 245, 358. 
Tbxa io3. 
Traversi(37,4 1 ), 386 

387. 
Trubala 5. 
Triingo 140. 
Tiiafi i32 239. 
7"z/(S/ i32 [i3o. 
Tiiara i32 [214. 
■7"i/^7 167. 
Tubbe 54. 
77^(^0 134. 
7z(/a 33. 
— Ga;7c' 295. 
1 lifte 94, 1 o 1 ... 3, 1 1 o 

... 2, 116, 9, 124, 



44« 



Tu^ . . . ' Umar. 



145, 157'9' 166,7, 
173,8, 9, 182,4,5, 
7,211,7,9,221,4, 

8, 23i, 3, 4, 259, 
265. 

Tllg 18, 334, é, 7. 

Tm^ 1 3 2 1 1 9 1 ■ 
Tugba 58. 
Tugurri 19, 20. 
Tujiin'ah{\ -]) .\ o aI) , 

9, 246, 273, 4, 3oo, 
317 ... 9, 328. 

Tuk-Fafan 355. 

Tul 54. 

Tiilama 285, 8, 307, 
3o8. 

7"z//f 305. 

Tul lu 204. 

— Amara 76. 

Tiiloma 34, 97, 1 16, 
135, léi, 173. . .5, 
1 88, 9, 205, 6, 2 14, 
6, 220, 7, 9. 23 1 . 

Tum i38 [ 154. 

Tu m a 59. 

Tumama i3o. 

Tumat'j^,6,j,8s,^ i . 
161, 235, 263, 4. 

Tum-c 54, 9, 82, 92, 
5,128,147, 2 1 2.25. 

Tumuga 229. 

Tunis 58. 

Tuqqa 121. 

Turha 27 [40. 

Turcs (2), 7, 9, 11, 
20, 3, 43, é, 151, 
3, i63, 2 13, 235, 
249, 33o. 



l\irduya 335. 

Turoro 29. 

Turra 27 | 1 2. 

Turturra 122,4, 140 
... 2, 1 81, 190,5, 6, 
208, 211, 2 i3. 

Tz/rz/ 28 [135. 

71//e Kuxane 2 3o. 

Tutmtctagil'/ [121. 

Turpada 322 

Tu^pavéïg 58. 

TuîPat 58. 

Tî/w^r i33 [288. 

f/èiî 94, 102,3, 118, 

168, 202. 
Ubag i32 j 1 70. 
Ubedo i32 (2 33. 
f7/^z7c7// 333, 6. 
Uboqza 35. 
f//)z// i32 [255. 
Ubunn'o i32 [181. 
Ucîrro i32 [256. 
Udago 1 3 2 [220. 
Udahel 357. 
Udiuaq i32 [175. 
Udiyayo i32 [2 3o. 
^/^;z i3é |2o. 
Z7tfo i32 [254. 
Udorahmin 343. 
t/^zf 28 [119- 
Udug i32 [243. 
f/^2/;/^éï 338. 
Udwela i32 [258. 
Uclmay 153. 
Z7c7o i32 I 2 16. 
Uema 21, 327 [47. 
ZTe/z i32 [141. 



6^c?;z() 134, 161. 

Z7/^ 143. 

Ufanne 147, 8. 

Ufeno 134. 

f/^a 2 1 . 

Ugaden 11, 14 ... 8, 
20, 32, 222, 333 
... 5, 339 . . 342. 

Ugadyan 340. 

Uganne i33. 

Ugcisguitid 341. 

Ugaskoxi 341. 

Ugesalaba 340, 3 

Z7g-«<if i3i [50. 

Z7fa 134 [40. 

^z7 i3i [51. 

Ujabo i33. 

t//iO 142. 

Ukyle 35e. 

Ukyte 352. 

Ullabag 137 1 1 15. 

Ullam i3i [123. 

Ullaro i32 [176,229. 

Ullwezag 137 [114- 

Ulma 105. 

Ulniajj/^^SSj^'j, 1 06. 

c/?7Za ou f/?72<) (2 1,33 

... 9, 41), 26, 62, 4, 
5, 70, 7, 8, 87, 1 02, 
118, 1 20, 3, 1 3o, 
4, 141, 3, 5, 6. 169, 
175, 7. ..9, 184,5. 
7, 8, 9, 201 , 6, 2 1 1 , 
4, 233, 4, 259. 260, 
1, 4, 5, 386 .. . 8, 
39 1 . 

Umagele 28 [i3i. 

' Umar Mabmiidlilx) 



Umba . . . Wshabit. 



449 



Umba 128. 
Umbaro 324. 
Umma 178, 180. 
Umme 128. 
U7ia 38. 

Una [clans] 329. 
Uiiac 222. 
Unamag i38 [145. 
Unan^ag i38 [146. 
' Lhigor 343. 
' Unguîya 242. 
Unno 170. 
f/no i33 [299. 
Z7?2î^ i33 [269. 
Unyamuezi (35). 
Z7^^/ i32 [i38. 
Upeno 134. 
Z7j7/A' i3i [71, 
Upîrr i3i [88. 

Uqaq i32 [26e. 

f/^o 121, 140. 

Urage 229. 

£/ra^ i33 [274. 

Urbaraga 93, 102, 
3, lié. 156, 167, 
172, 9, 187, 214, 
222, 3, .7. . . 9, 387. 

Uredo i32 [259. 

Urerto 327 [93. 

Urgesa 2o3, 219, 26. 

f/r/ze 333. 

f/r/ro 178. 

Unniddi 334. 

Urusabiisa 10, 329. 

f/^a 92, 108, 1 10. 

Uta 108. 

f/?(Si?2 i38 [172. 



Utaram i38 [143. 
6^?z^ 28 [106. 
Utubo 221. 
f/jfwi' 137 [68. 
Utweg i32 [152. 
'Ud-maii 339. 340, 1, 

343. 
Uw i33 [276. 
Uwag i32 [129. 
"^Uivaynat 67. 
Uwba 265. 
f/A\i 180. 
Uxayti 93. 
Z7j{â!r 137 [40], 222. 
f/;^;//^ 137 [68. 

Van Decken 390. 
F^iàg'O i3i [105. 
Verroteries 111, 
Victoria (21). 
Vizeu 358. 

Wa-Barikhno 262. 
Wa Kontale 149 
Wa'afîâu 336. 
Waat 32 3. 
Wabag 137. 
Wabanayah 339. 
Wabang i38' [95. 
Ty^èfl/lf 185. 
VVcîèaro 117. 
Wabay 15. 
lFaZ?(? 161, 184, 191. 

205, 220, 1, 3, 4, 

7... 9. 
Wabeko 106. 
IFcr/jf 146, 162, 250, 

355. 



Wabi (33), i3... 15, 
17... 20, 9, 3o, 2. 
60, 8, 72, 1 16, 146, 
184. 5, 219, 257, 
260, 304, 6, 7, 9, 
314, 334 ... 8. 

Wabi Ganana 20, 
335, 338. 

Wabi-Ouénah 354,5. 

Wabigi xpayna 29. 

Wabïne 343. 

Wabno 246. 

TVac i38 [166. 

Wace 173, 219, 232. 

lVk<i Musa 2 38. 

Vy^d 335 [19. 

Wada 7,27[3o.3j,58. 
i32 [201. 

— 'Eysa 7. 
WadaMîgun'i^ll']. 
Waddesado, 1 88,2 10, 

7, 8, 221, 232. 

Waddo 326 [8. 
IF^^er 18, 336. 
Wadi 14, 7, 22, 27 
[56j,_8, 9, 32, 82. 

— al Ganam 67. 
Waf^f/a 142. 
Wadla (18), 320, i. 
lFa/f(iz<r 333. 
Wagara (18), 149. 
Wagayda 3. 
IFa^eînafcZ 143. 
IVa^A'z'/n (18). 
Waha 125. 
Wa^cz^e 224. 
Wahabi 3oi. 
Wahabit 51. 



45° 

Wahanza 35. 
Wahaqa 35. 
WaJiasardiJiâiia 245, 

357. 

Waheb 3oi. 

Wahezag 137 [96. 

\Fa/zo 165. 

W^j 305, 9. 

IVo/a 162. 

Wajitu 285, 8, 290, 
305. 

Waka ipanz 324. 

— Giorgis 324. 

Wakderia 350, 3. 

Wakkale léo. 

Wakkole 288. 

Wéilabu 284, 5, 7, 8, 
291, 4. 

Walacïmallo 143. 

Wi37<«(i '^/f 27. 

Wa/ag'^a 126 ... 3o, 
4, 141, é, 8, 155, 
188. 

Walagga (8, 32, 5, 
6), 71, 3,4, 5,7... 
85, 8. ..90, 7, 100, 
1, 5... 9, 112, 122, 
14e, 7, i63, 2o3, 
212, 23i,5, 7,253, 
5,263,4. 7,8, 270. 

Walalf 243. 

Walaka 68, 2 36. 

Walal 106. 

W<3/«»zo 3 1,64, 70, 8, 
9,80, 5, 7. . . 90,3, 
4, loi ... 3, 5, 1 10 
. . .12, 1 23^ 4, i3o, 
4. 5, 141, 6, 158, 



Wahanza . . . Wandîge. 

164, 7, 9, 172, 6, 

8, 182 ... 188. 192 
... 4, 200 ... 2, 6, 
211,4, ^^-^^ 4^250, 
1. 5, 9, 260. 3. 387, 

9, 391. 
Walanba 67. 
Walane 245. 
TVa/i3;?.so 178. 
IFa/a^ 67. 
Walata 58. 
Walaya 3 18. 
Walayta o\iWalay:{a 

26, 102, 111, 129, 
166, 193, 201,21 1, 
387. 

Walci 141, 2. 

Walda Gabri-e! i^s- 

— lYASUS 157. 

— Madâm 152. 

— Sîllase 2 38. 
Waldïbba 9,239.240, 

243. 
IFisMz^ 97, 104. 
VVk/e 152, 227. 
Walenso 64. 
\Fâ!/e5z< 2 1 . 
IVa/^a 116, 135,152, 

173. ..5, 9, 182 ... 

4, 190, 1, 202, 3,5 

...7,215,6,9,220, 

1, 4, 8, 9. 
Walgha 390. 
Wali lis an 317. 
Walio 245. 
lViT//.<;o ou IFéi/f^o 

1 06, 1 1 o, 206, 7, 

215, 221, 7, 9. 



\Vk//^c^ 2 33. 
Wallamo 260. 
Wallani 143. 
Wallayxa 265. 
VVk//o 19, 20, 3i, 4, 

47' 85. io5> 296, 

9, 3io, 322, 3. 
Wallqye 296. 
Walmal 151, 4. 
Wa/^^j^f (18), 3, 7... 

9, 56, 239, 240, 1, 

3, 6, 7. 
Walqeso 2 32. 
Walîa 119. 
Wa/fa 178... 181. 
Walubi 161. 
^Fa/w^a/ 333, 6. 
Walya 246, 7. 
Wama 1 ic, 2o3, 2 13, 

9. 225. 
Wamay 174, 5. 
Wambadya 156, 7. 
Wambarya 65. 
Wambe 110, 156. 
Wamet 109, 1 54. 
TVkmoxe 5. 
IVa/za Afa/o 122. 
IFk/zafrt 332. 
Wafibar 91. 
\Vk/zZ)ài/-/a 327 195. 
Wanbe 1 16, i36, 159, 

162, 173, 184, 223, 

7» 9- 
Wajicit 296. 

Wandapo (37), 192, 

201, 5. 

Wande ijj, 182. 

Wandîge (18). 



Wandifiag 210, 8, 

232. 

Wando 174. 
Wan£[éi7-i 144 [i3. 
Wantia Malo io3. 
Waiini 266. 
W^jiî 152, 227. 
Wanza éo, 1 10. 
Wao 1 17. 
\F(S^â:rf 4. 
Waqayru 40. 
War 134. 
War 347, 351, 353, 

354. 
War-sungh-Ali 347, 

8, 350, 2, 3. 
Wara 39, 125. 
IFkrâ! 174. 
Warab 220, 236, 3 12. 
Waraèe^c/ 155, 221, 

2é3. 

Warabto 1 1 . 

Warabiise 151, 152. 

IVkrcï/]'/ 174. 

Warain 333. 

Waramnaz 332. 

\F<3réï/z 334. 

WavÉïJidulum 28 [éé. 

IVkr^^^ii 1, 2, 21, 5,6, 
31,4,5,48,50,62, 
3, 5' 7» 8, 70, 89, 
90, 4, 5, 101, 1 \2, 
134, 6, 255, 6, 9, 
260 ... 3. 

Wardadal 315. 

\Vkr^ej^?z 338. 

Wardicks 351. 

Wardiq 342. 



Wandinag . . . Weri. 

Ware 75, 91, io3, 

121, 152. 
War'e 239, 242. 
Ware Kil-o 86. 
Wareris 309. 
Warero 116. 
Wareta 1 24. 
lVâ/;/a 341. 
War g a 173. 
Waria 145 [102. 
Wkriro 229. 
TFkz-frw 156. 
IFdîrA'a 61, 110, 294. 
IVtïrA'e 70. 
IFkr/éï^c' 339. 340. 
Warqay 284. 
Warqe 225, 6. 
IFâirr^ï ^/7iz;/ 3o5, 7. 

— Haymaiio 34, 85. 

— //z^ 296, 9. 

— Kalo 32 2. 
\Vkr5â!«g'e// 3 0,1,339 

340, 3. 
Warsoungh-Ali 354, 

356. 
Waruf "ho^. 
War lima 178. 
Was 45. 

— reg"/7 39. 
Wasa 264, 7, 270. 
Wasa 145, 6. 
IVk^aAa 37. 
Wasaii 2 38. 
IFd^Aa^o 61. 
IVa^/i 152. 

Wat i32 [135], t34 

[44- 
Wt^t i32 [197. 



451 

Wata 269. 
IVu/^a 144 [78. 
Waïo 291. 
Wnïqac Wabe 156. 
IFiïf^a 266. 
TF^?zz 33. 
IKt-î/Â'o 259. 
Waru i33. 
Wawn 3, 4. 
Waïuan 156. 
TVk.vaco i3o, 
IFtîx^ro 140, 3. 
IFcTA'^^^i" 154, 5, 263, 

4, 7. . . 271. 
Wâxi 144 [4. 
Waxkanta 122, 181. 
IFa-r^ 6 1 . 
TFey^ 189. 
Wayla 243. 
Wayn 222. 
Wayn (17). 
Waynadaga (39, 40). 
Waynarab 53. 
IVcy'/zf^i/^ (17). 
Wayra 60. 
Wayrar 327 [98. 
TV^^zTza 32. 
Wayto 181, 199, 269. 
Waytu 275. 
Wayzaro 68. 

^V'a^ 157- 
Wazajii 35. 
Wazemnies (10). 
Wa^z 207. 
Weari i33 [295. 
Weâya i3. 
\Fer^ 186. 
TFerz i32 [260. 
29* 



452 



Wi'a . . . Xale. 



Wi'a 8, 52. 
Wiayta 3 26 [32. 
Wi'ayto 25. 
Wïbe{\']), 32, 3,237, 

243, 358. 
Wîdma (40). 
Wîha (17). 
Wîhnî (18), 299. 
Wîrgesa 86, 22e. 
IFi? 160. 

Witezag 137 [69. 
Wfz 127. 
Wîxa 78, 94, 177. 8, 

180. 
Wïxan nabra 357. 
Wïxay 64, 5, 101. 
TTfx/fanfca 168. 
Wiyna 41. 
Wodad 345. 
Woûfi^a 144. 
Wofïla 50. 
Wogeta 155. 
WoheJjn i38 [152. 
Wojarat 2 38. 
Wolabu 304: voyez 

Walabu. 
Wombacoso 121. 
Womi Woxiita (M^) 

233. 
Wbr 1 19. 
Wora 144 [72. 
Woraba 3 12, 3. 
Worata 261. 
Worqajr [ivarqay?] 

295 
Woromai 250. 
Worrata 267- 
Worwaksame 339. 



VFb5 170. 

VFo^a 121. 

TVb^o 387. 

IFofa 1 19,1 20, 1, 3, 4, 

143, 163, 4, 172, 

188. 
lVofrt//a 124. 
Wotay 122, 4. 
IFofo 12e, 212. 
lyofo^rt 2 83. 
^Fb/z/ 195. 
^Fo.v 1 19, 1 24, 9, 146, 

158, 172, 189. 

WoA'a 142. 

Woxi 143. 
W).vA'ia!« i36 [23. 
Woxo 93, 4, io3, 4, 

110, 1, i3o, 1 76. .. 

181, 190,201, 2 13, 

4,387. 
Woyari 1 1 9. 
Wo^^ig" 137 [104. 
Wil'ema 33 1. 
Wugïr 293. 
Widkîffit 53, 293. 
Wiilmal 161. 
Wiiralla 144 [3 1], 5. 
Wurata 53. 
Wiirdiq 340. 
Wiî/5a;720fl 202. 
Wutiîi 144 [^48. 

Xabac Koni 195. 
Xabah 234. 
Xabal 196. 
Xabal 208. 
Xabal le 337, 8. 
Xabâina 358. 



Xabela 245, 358. 
Xabelle 18. 
Xaboâina 245. 
Xacïmbag 137 [72. 
Xackag 207. 
Xaco 142. 
Xadimaga 178, 180. 
Xadli 2, 3, 7. 
Xa/ 154. 
Xâ/f 58. 
Xagalgal 37. 
Xago 3oo. 
XaJja 40, 2, 51, lié. 
Xahagjii 241. 
Xahandoa 2 38, 
A'a/zty 7. 
Xaka 97, 102, 6, 1 1 o, 

162, 191, 205, 6,8, 

2 1 2, 4, 9, 220 .. . 

2, 4, 7. 
Xalfa 106, 295. 
Xakalii 184. 
Xakan 2 33. 
Xakan i38 [157- 
Xaffan 39, 41. 
Xakka 1 1 6, 7, 9, 1 36, 

153. 9, 167, 175, 

228. 
Xakki 67. 

Xaklu 97, 161, 205. 
Xako 212. 
Xakuri 184. 
Xakuri 245, 358. 
Xakuryah 59. 
Xalada 59. 
Xalbokn 1 38 [159. 
X^/e 178. 
A'â/e 157. 



Xali . . . Xonkara. 



453 



Xali 264. 
Xama 144 I89. 
Xambara{lj,S 1.39 1 . 
Xambara 260, 2. 
Xambciri 121. 
Xambaro 260, 2. 5. 
Xaïui 143. 
Xammo 144 [69. 
Xana 32 1. 
A'fjw^c 222. 
Xajianamba 305. 
Xanandamba 291, 

305. 
A'aH^;^ iSy [41. 
Xatibata 199. 
Xanda 143.