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Full text of "Glossaire archéologique du Moyen Age et de la Renaissance"


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GLOSSAIRE 



ARCHÉOLOGIOUE 



DU MOYEN AGE ET DE LA RENAISSANCE 



GLOSSAIRE 



ARCHÉOLOGIOllE 



DU MOYEN AGE ET DE LA RENAISSANCE 



PAR 



VICTOR GAY 

ANCIEN ARCHITECTE DU GOU VERNEMr;NT 
ASSOCIÉ CORRESPONDANT DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE IHANCK 



TOME PREMIER 



A - GUY 




PARIS 

LIBRAIRIE DE LA SOCIÉTÉ BIBLIOGRAPHIQUE 

76, RUE DES SAINTS-PÈRES, 76 

1887 



ABRKVIATIONS 



A 

Abb Abbaye. 

Acq Ai.quisition . 

A/ Alius, autrcinenl. 

Ann Annales. 

Ap Apiul. 

Af'ostol Apostolka . 

App Appartenant. 

Aroli Arv.liives nationales. 

Art Ariicle. 

Ariill Artillerie. 

Aud Au dit. 

.^iit .Auteur. 

B 

H.itim Bâtiments. 

BibI Bibliothèque. 

BiHiry Bourgogne. 

I^'et Brelayne. 

Bull BiilleUn. 

c 

^^ap C;ipilaine, L\ipiliiliini . 

<-^art Cartons. 

t;ath.-dr Cathédrale. 

<-'iap . . Chapelle, chapitre. 

Chat Château. 

Chron Chronique. 

Cit Citation. 

Col Colonne . 

C'*" (killection. collégiale. 

'^•^niin Commeice, Commission. 

Cpte Compte. 

D 

D. Den Denier. 

l^ict Dictionnaire. 

Dud Dudit. 

E 

Ec Ecole. 

Edit Edition. 

Esc Escu. 

Est Esterlin. 

Et Etudes 

Exéc Exécution. 

Extr Extraits. 

F 

FabI Fabliaux. 

Flor Florin. 

Fr Franc. 

Franc Français. 

G 

Gloss Glossaire. 

H 

Hist Histoire. 

I 
'uv Inventaire. 

J 

Journ Journal. 

Judic Judiciaire. 



L 

I Livre. 

'-• P Livre paiisis. 

E- t Livre tournois. 

Eed Ledit. 

Loc LiKo. 

M 

M Marc, martyr. 

Mandem Mandemement. 

Meni Mémoires. 

Ms Manuscrit. 

N 

Nouv Nouvelle. 

o 

O Once. 

Ob Obole. 

Ordonn Ordonnances 

P 

1^ Parisis. 

Pat l'atentes. 

Pes Pesant. 

PI Planches. 

Poés Poésies. 

Pond. Poinieiis. 

Pr Preuves. 

Prov Proverbes. 

R 

Rec Recueil. 

Reg Registre. 

Reglem Règlement. 

Réiniss Remi.ssion. 

Kichel Richelieu. 

Rom Roman. 

Roy Royal. 

S 

s Siècle. 

Sect Section. 

Scd .SV(/;.v. 

Ser Série. 

Serm Sermon. 

Soc Soiiélé. 

St .Sterlin. 

Stat Stations, statuts. 

Str Strophe. 

Supplem Supplément. 

T 

T Tome. 

Testam Testament. 

Tlics Tlicsiiiiius. 

u 

Une Vncia, 

V 

V Vers. 

Vatic Vatican. 

Vo Vcibo. 

Vocab Vocabulaire. 

Vol Volume. 

Voy Voyage, voyez. 



GLOSSAIRE ARCHÉOLOGIQUE 



DU MOYEN AGE ET DE LA RENAISSANCE 



A. — Les lettres de l'alphabet employées comme 
initiales ou coiiiiiic devises ont servi trop souvent 
de thème aux fantaisies des artistes du nioven âye, 
et particulièrement des orlèvres, pour n'avoir pus 
leur))lace man|uée dans ce répertoire. En ce genre, 
peu d'objets sont parvenus jusiju'ù nous; mais il se 
trouve encore dans les collections publii|ues et pri- 
vées, linéiques pièces de sculpture en bois des écoles 
flamandes et allemandes de la Renaissance, qui peu- 
vent être considérées comme des cliefs-d'œuvre de 
délicatesse et de o-oùt. 




V. 1300. — Boucla d'or. Coll. \\^umc. — Angleterre. 

1392. — A broclie of gold fiil schene on wiche was 
first y-written cioiined A and aller : amor vincit omnia. 
(Chauccr. Caiit., T. 1. tBU.) 

1*94. — Una iingia doro facla in forma di iina A a la 
Paresiiia cum uno rubineto pifliolo da uiio lato, et tie 
l'allru uno (liamaLite picliolo cuni iina peiiiHa in forma di 
pero di sopi-a — pesa octavi 1 et caralL 'J. {lui), di 
Guurileroba Eilenxe, p. 23.) 

1499. — Une bannière di> tall'clas bliMi soini'i' aussi de, 
fleurs de liz ou millimi de laiiuellc; a ".! bandes de tadelas 
violet et l'autre de taffetas blauc, et a ou milieu uugraut A 
d'or. (Inv. d'Anne de Urelagne, 51.) 

'502. — La housse et le parsus du liarnoys estoit de 
drap d'or bien ricliement ouvré sur veloux cramoisv, le 
tout semé du cordelières d'or et de AA },'i'ii^x signifiians 
qu'elle avoit nom Aune. {Voij. d'Anne de t''oi.\ (i Venise. 
Hibl. de l'Ecole des ch., ISUl, p. lUO.) 

I56I- — Uue salliéi'cde lirorue euehassée. eu or laid a 
plusieurs AA csiuaillez de blauc et rie, j-ouu-i'. (/»('. du 
chat, de l'an, f ■ (i. ) 

A. — Entoure' d'un double lili't circulaire servait 
au XV» siècle de niaripu; de lal)ri([ui' au.\ arinnriei's 

ULOSS.VIKE. 



d'Abbeville. M. René de Relleval qui possédait 
en 1873 une épée à deux mains de l'époque de 
(Charles Vil en donne la description, (llncost. m'dil. 
franc, en liiG, p. 40.) 

ABC. — 1471. — Ung grant tableau ou ipiel sont 
oscriptz les ABC par lesquel.\ on peut escri|)re par tous 
les pays de Xrstauté (chrétienté) et sarrasiuaisme. (Inv. 
du chat. d'Angers, f» 4.) 

A B G DE Charlemagne- — L'extrême rareté des 
monuments carlovingiens ne permet pas de vérifier 
sur quels fondements repose la tradition dont le 
cliroiii([ucur Philippe Mouskos s'est fait l'écho au 




xill° siècle. Charlemagne a-t-il fait élever un nombre 
d'abbayes correspondant à celui des lettres de l'al- 
pbahel dont le portail de ehucuiip d'elles portait la 
niari|ne'.' Sans résoiidn^ celte question, on peut citer 
Ic^ reli(|uaire de t'.oii(|ues appelé l'A de (ibarlemaone, 
malgré les restaurations cpi'il a subies, et le tympan 

I 



AllC 



de l't'jjlise abhalialo do Cailoiiiii au spmnu'l du- 
quel le mot pax a été seulplé au xii'' siècle. 

Cui inciiiMstiM'ici Coni'lias, prima iiilcr iii'inastrriii pcr 
ip<iiilil(f.liarli'iiin^'nr) lii^xlala, liiliiiil liloiaiii al|ilialioti : A 
rii- aiiro cl aij;<'iiti> ilii ruliiniiii'iis l'I suis iiia^-iiis piivi- 
Ictriis (lilaiis. (C/i/OH. lie Conques. Liber miiabilis. liibl. 
llicliel.rec. Dont., n"' 113-1.) 

1270. I.cs aoina (les é;;lises) de vicstemens 

Kl lie rentes el ilc l)iaiis ilcms 

Piitii- avoir à Dieu ftiiereiloiis 

Kt saillies rolii|ues i misl 

Que partout pi>urkai;a et (]uist 

Kl tant si lîst-il par son j:ré 

Soiir les laitres île l'a bé ce 

Si (pi'el frcnit ile'easeiiiie ylise 

A une laitre par devise 

(Phil. Mouskes, v. 3C.8I.) 

ABARROS. — ISari-ois, foret de tiiiiiielior. 

1416. - l'Iusieiirs ferreiiiens que Ten il il lilijnclie euvre 
ouÀlil/. et lialiilleiiieus servaiis nécessaires et convenables 
ou nicstier de tonnelier couiine sont sics... aliarros et 
plusieurs autres pièces d'aulic lilanclie euvre. (Arch.JJ. 
le-. Ili'J, pièce 3\n.) 

ABATD. — lîois do ilrmoliliiui pour écliafau- 
daj,'cs. 

1510. — Aliains que l'on dict tablettes serv.ins aux 

liurs aliatiis île H den. le piel — alialus à talilets à 

21 ilin le piet (Cples (le Lille. — La Fons. — Gloss. m.i. 
Itibl. d'Amiens.) 

ABBATI. — .\rtieulé et se raballant, uoii poiiil 
sur un jeu d'\ comme uos lits de saugles moderues 
mais à la manière des lits de camp sur lesquels se 
posait une tenture et dont voici un spécimen du 




A, plan. B, élévation. CD, plan et profil du lit plié. 

xvit* siècle conservé au château de .lumilhac (Uor- 
dogne). 

1514. — N°3fil, iinggrant cbaslit abbati.— N°365, iinj: 
autre couebeitc non abbati à sangles. {Inv. de Charlolle 
d'Albrel. p. T'.i.l 

ABBEVILLE. — Otle ville, signalée au moyen 
âge pour des indusiries diverses, avait ac(|uis dès 
cette époque, dans l'art de travailler le fer, une cé- 
lélirité quelle a gardée jusqu'à la fin du dernier 
siècle. .\u XV', le poinçon de ses armuriers porte un 
A dans un cercle foriiii' d'une double lijïne (voy. A). 



Au siècle suivant .François I" y élaldil un ailillier 
pour la fourniture des arcs aux ai'cliersde sananle, 
et d'après II. (Irenier (15'' paquet, n" :2, p. .^!l(i), le 
17 janvier l.V.MJ le s' Lefehre, li'ésorier du luireau 
des finances d'Amiens, aciu'ta à Aldieville, par com- 
inission royale de Henri IV, ii(l(_lt) ari|uel)uses, 
ItIO mousquets luunis de leurs bandoulières, cliai'fjes 
de cuir et fourchettes, ainsi que 10(10 piiiues di; 
•guerre. 

.\l!lii:VIU.K (.VRMES D'. — I 657 — Ablievile est peuplée 
lie quantité Je bons artisans et gros mai'cbands; mais 
ceux qui travaillent aux armes à feu se sont acquis tant 
il'eslimc que leurs pièces passent pour les ineilleures de 
l'iiurope. (Villiers, Journ. d'un voijaije à f'aris, p. 2i ) 

ABBliVlLLE (ciiiE d'. — 1560.— Pour avoir mis dans 
ladite boile (d'i''crivain) G roUcaux de cire d'Alilimilli' au 
l'eur de 12 den. t. — Os. (!{" Cvte roil. de 0. UlinuUii, 

ri:;i.) 

I 570. — l'ne ilnnzaiue de j'iiiilleanx de cire riuigc d'Ab- 
heville — 1.". .s. {Cpte viiij. de Charles /.V, (" Kl.) 

AliUEVIl.l.E (KKIUURES Ij'. — 1560. —3 douzaines de 
r-nulliers de vellours vi'rd et vidlniirs rouj;c pii-qnés de soj'C 
perlée à deux arrièje poiniz pour servir aux levrettes de 
la cbauibre (du roi) et l'ournv cnyr, velliuirs cl soye, — 
27 1. Pour 3 douzaines de ferrures i'açnu d'Abbeville poar 
le.ïdits colliers, — 27 1 . (3° Cple roij. de 0. Blaitdin, 
I'' 121; \ .) 

ABÉE-ABBÉE. — Sapin. 

1298. — Don leinjjie qe est appelé abbée et de zapin. 
-[Voij. de.}riiriol>olo,Cl\U\, édit. Koux.) 

ABESTON. — Amiante. 

1330. Abestou est qui coloré 

est comme le fer... aluiiié 
s'il est, jamais ne peut estaiudrc, 
la ipiele piere moiill allaiiulre 
te doit au cucur quand es tompté 
de faire mal et exitc. 
(fiom. des- ^ pèlerinages, f' i2, impr. inslit.) 

ABLIÈRE. — rilcl à pécher les ablettes. 

1511. — luii saiq à pccijuicr poisson... ung aldière 
et -t filiez à reposer poisson. {Invent. cit. du Cange, 
\" Ableia.) 

ABLOS. — lilocs, piliers. 

1509. — A 2 sieurs d'aiz pour avoir syé les abloz et 
accoulouers des cbaires — 30 s. d. (Cptes du Chût, de 
Oaiiliiii. p. 39.'i.) 

ABLUTION. — Les anciens usa{):es de la lable sont 
décrits eu maints endroits de ce livi'e, ou y verra 
combii'U était général el IVéqiient l'usage des ablu- 
tions. Après la ijiiade (voy. ce mot) qui est eiicoi'e, 
dans nos provinces méridionales, le lavabo primitif 
des habitations rustiques, on trouve la fontaine qui a 
suffi en tous temps aux e.xigi'nces de la bourgeoisie, 
taudis que le lavoir répondait mieux aux liabiludes 
de la vie monastiijue ; mais les mœurs de l'existence 
féodale réclamaient plus de délicatesse. Pour le service 
de la lable, comme pour l'emploi du personnel 
d'officiers qui remplissait les châteaux, ou adopta le 
cérémonial de l'aiguiérc et du bassin tel qu'il s'ob- 
servait eiu'ore chez les princes au xvil" siècle et le! 
qu'il est resté réservé aux seuls évéques pendant 
leurs fonctions ecclésiastiques. 

Xlir s. Quand tu auras tes mains lavées 
et à la touaille essuiées 
et seras à la table assis 
et si peins ert devant loi mis.. . 
si te los que après soiii)er 
n'oublie tes mains à laver. 
(Casloiemenl d'un père a son pis. Fablimx. 
Darbazan, 2, p. 164.) 



ABSCONCE 



1288 — Li rois a fait l'iaue corner 

luit s'ea vont que iniiis miiis la\er 
li rois s'assist au plus haut dois. 

(Renart le nouvel, p. 139.) 

I3S0. — Quand le souper fut appareillé le roi lava et lit 
laver tous ses chevaliers, si s'assit à tahle. (Froissart, l. I, 
piirt. 1,0. a-2y.) 

1 39 1 . — Adonc demanda-l-jl l'eau pour laver, deiixécuyers 
saillirent avant... l'uupritle bassin d'ar;,'ent et un autre... 
la touaille. 11 se leva du siège et tendit les mains pour 
laver (W., 1. IV, ch. 23.) 

1445. — It. que nul n'ausera se mcstre à table sans laver 
li'S mains, sur la poyue de 3 dcn. iSlat. îles arbalélriers tic 
Ueaucaire . ) 

I 480. — Jladite dame d'Eu soufl'rlt que monsieur d'An- 
toing son père, à nue teste luy tint la serviette quand elle 
lava devant soupper, et s'agenouilla presque jusques à 
terre devant elle. {Aliéiwr de Poitiers, p. 190.) 

1589. — Quand tous ceux-cy furent entrez, on prit aus- 
sitôt à l'autel de la crédence un grand bassin d'argent doré 
avec une aiguière i[e même estofl'e et d'un des costés de la 
nef qui estoit sur la table on prit une serviette plyée à fort 
petits plis. Avec tout ceci les trois que je viens de dire 
(Henri 111 et ses deux mignons) se lavèrent tous les mains, 
puis ceux qui cstoient de cette siiitto aux quels on bailla 
d'autres serviettes et aussitôt chacun se vint seoir. .. iniis 
après le repas. .. après que chacun se fut rassasié de ces 
délicatesses, on connnencaà desservir ceux du bas bout, car 
en cette action là ils iscorchent l'anguille par la queue. El 
après qu'on eut tout oslé on apporta à ceux qui cstoient 
demeurés à table, d'autant que la plus part s'c.->toicnt 
levez, un grand bassin d'argent doré avec un vase de 
même <!Stulle et dedans de l'eau où avoit trempé de l'iris 
avec laquelle ils lavèrent leurs mains, ceux du liant bout 
séparément et ceux qui estoient au dessous eusembleinent, 
et toutes fois elles no dévoient pas trop sentir la viande 
ni la grosse car ils ne l'avoient pas touchée aius seule- 
ment de la fourchette. (L'isie des hermanlirudiles, éd. 
Col. IG-.'4. ' 

1644. — On void a Champigny-sur-Vède la sépulture 
des ducs de Moiitpeusicr dont le dernier fut Henry de liour- 
bon (pii mourut à Paris l'an 1608... Il fut servy durant 
huit jours avec autant d'appareil que s'il ciist encore vescii ; 
on luy dressoit sa table qu'un prélat benissoit. Onprésentoit 
les bassins à laver à la chaire de Son Excellence... onla- 
voit encore après le repas qui se finissoit par les gi àces. 
(Coulon, Les rivières de France, t. I, p. 341.) 

ABLUTION (coLi'E D'. _ Ouoiquos rubriques locales 
admettaient pour le sacrifice de la messe l'usage 
d'un vase spécial que l'acolyte devait présenter 
au célébrant pour y purifier ses doigts après la 
coniniuiiion. C'est peut-être de ce second calice 
qu'il est ici question. 

1669. — Item, une coupe d'argent doré gravée par 
dehors au pied et la coupe mouchetée par dedans, servant 
pour l'ablution des communicuis aux lestes solennelles — 
pesant un marc, bu don de «■= Ponce Follet, chanoine de 
l'EglIsi; de Reims, du 15 mars IGOO. {Inv. de Ve(jl. i\ . U. 
de Heims, 'farbé, p. TU.) 

ABREUVOIR. — Sorle de petit cornet eu forme de 
liotlc dont le revers est muni de deu.x pattes rocouf- 
bées au moyen desquelles on le fixait à la traverse 
de la cage des oiseaux de chant. — 1,'abreuvoir ou 
cornet, avec la mangeoire qui en est le cnniplémeul, 
ligurent parmi les objets que les travaux di' la drague 
parisienne ont depuis vingt années extrait le plus 
souvent du lit de la Seine. La colleclion des plombs 
bisluriés du musée de; Cluny en présente plusieurs 
variétés et la nôtre en renferme jiliis encore. C'est 
par l'étude comparative et très prolongée de ces 
petits débris que nous sommes parvenu à en déter- 
miner l'usage. — On s'en servait à Paris où ils 
étaient fabi'iqués dans les moulins du lleuve dés 



1393, ainsi que l'indique le Ménagier de Paris, et por- 
taient presque toujours l'écu des armes royales et 





Collection de l'aulcur. 
souvent des devises. Les plus anciens sont fondus 




en étain et les plus moilernes en pioiiib qui lui fut 
substitué dès le xvi" siècle. 

1698. — Art. 22. Il sera permis ausdits maîtres oyso- 
leurs de faire toutes sortes d'abreuvoirs d'oyseaulx soil de 
plomb ou autres (voy. Cornet el Mamjeoire). — (Stut. et re- 
(jle-.a. des mnitres oijseleurs.) 

ABROQUEMENT. — Brochure apparenle à la 
lisière des draps pour en distinguer la ((ualité. 

1325. — Se il n'ont trayme de la couleur du drap un 
abro(piement y sera tissu d'estrange couleur. {Cart. de PU. 
D'Alenc, p. 85(î. Arch. de la S. Infér.) 

1424. — Et se la traime fault et l'en y mette traymsde 
mendre valeur, l'en y sera tenu mettre abroqueiaent à 
travers. {Arcli. J.J. 173, pièce 151.) 

ABSCUNCE. On disait aussi Esconce {voi/. ce 
mot). — • A'om donné à une pi^lile lanlerne à main. 
L'étymologie latine indiqueiju'étant surtout destinée 







V. 1218.— Album de VilUird de Iloiinecourl, pi. 33, 

aux lectures ou aux offices de la nuil, elle ne pro- 
jetait la lumière iju'à la partie antérieure de son 
périmètre. 

XIII» s. — Si apnrt en eiier une cliandoile ardant i|uc elc 



ABSCONCE 



(luit avilir icpusc en l'alisronsc aiiisçois qiiecelc soiU-stintc 
au teiieiliilus. {Kegle de Citeaui, ms. Dijon, f>> H v".) 

V. I 225.— Ha'c siiiil iiislriimcnla cleiicis necessaria. . . 
abscoiisa et lali'iiia. (J. <li' Oaiiaiido.) 

1395. — A Ji'lian Aubcil yiiiagier iryvoirc piuir une 
absoiincc il'yvi'ire |iour uicllii- la iliandcllc i|u:\iiil la rnviic 
dil ses liouiês, — Ji s. |i. (f Cple loy. tl'Hi'uion Kaguicr, 
f» 60.) 

1488. — l'nuiii ariJiMitcum absconsuui sinr liKSlio cl 
do<lil Siigorus |)io|iosilus. (/lie. de S. Ounalieit de Dniijes.) 

1539. — El candclabrum ai(;eiilonm in ninduiii la- 
Icniule faclum sine o.slio, liabcus niauiibrium argenteuni, 
quoi! dcdil pivdiclus Sigeius, — pond. I m. l'i onc. 
15 sleil. {lliiU.} 

1573. — N° 90. 6 absconses d'airain à tenir les cbau- 
dellcsaux uialines. (Inv. de la Saiiite-Ctidlielle.) 

1626. — 2 absconi-cs l'une d'argi'iit ci l'autre d'j voir, 
celle d'argent pesant i marcs. (/nr.i/e.V. D. de Paris, f-7.) 

1648. — Sabsrancesdc cuivre servant à matines à mettre 
les bou-ies. (Un:!., f l.'i v".) 

ABSOLUTION DES MORTS. — l.fs archives dc>s 
sociélés savantes (carloii C dos corfcspunilants) reii- 
foniionl une note dont M. .\. r.liarnia accoiiipagm- 
(Hicl(|iirs roiiscinniMiicnts curieux sur un usa^'c nio- 
iiaslii|uc pi'U connu, qui consistait à placer sur le tom- 
beau ou sur la poitrine d'un frère mort la formule 
authentique de l'ahsoiuliou doul il avait été l'objet. 

I 1^2. — l'iaieat vubis niilii sigillum niiltere in quo 
magislri absolutio (Abailardi) litcris aperlis contjnealur ut 
sepulchro ejus suspendatur. {Lettres d'Iléloise à l'abbé de 
Clunij.) 

Mitto sicul niandastis magistri Pelri absolutioiiem in 
cbarta scripl;>m et sigillalam. {Lettre de l'abbé de Clunij à 
Ilétiiïse.) 

Suit le te.rle : Ego l'etrus rluiiiacensis abbas qui l'etruin 
Abaelardum in uiDuacbium Cluniarensom recepi, et corpus 
ejus furtim delaluni lleloissa; alibatissœ le nionialilius 
l'aracleli concessi, auctoritate omnipoteulis Dei et onuiiuni 
sanctoruni alisdlvo cuui pru oITu-io ab omnibus peccalis 
suis. (/'. Abaelardi... op. iii-l°, Paris, 1010, p. ^36.) 

V. 1070. —lexsliiluls de S- liciwil revus par Liinfranc 
disetit à proj}iis il'uii frère mort ; Alisoluliuiiein scriptam 
et a fratnbus lectam super pcctus ejus ponant (Laufranc 
Décréta, cli. '23. édil. d'Achery, 1018, p. *J3.) 

âCCINT. — Les bas côtés qui cutuurcul la nef ou 
le chœur d'une église. 

1 555. — Alentour d'icelle nef furent mis et allachiés sap- 
pius allenilroit des cyinajes ou enracliciucMis des vauss\n'es 
des carolles [roil. ce'mol). nu acciutz de lad. nef. {Obsèques 
de Jehanne de Castille. —Bull, de la Coin, de l'Iiist. de 
Belg., 1800, p. lit.) 

ACCORDS. — Gros grains (|ui relient les unes aux 

autres les dizaines d'un chapelet. 




XIV" s. — Jais espagnol. 

1531. — Unes palenoslres de jaspe tiillées à faces 
marcliées d'accordz d'or esniaillez de blanc noirel tanné, 
avec l'anneau de mesmes. {Inv. de Louise de Savoie, f" 12.) 

ÂCCOT. — Mouton, pièce di' bois posée hoiizon- 
talement pour suspendre une cloche et la relier ]iiir 
deux tourillons au belfi'oi qui la supporte. 

1562 — Aussi ont esté trouvées 2 cloches abattues du 
clocher de lad. église, ayant les accots rompus et une 
autre qui ne tient plus que d'une clurville [Itelat. duniUage 
de l'égl. d'Aubeterre.— UuU. de la Soc. arcliéol. de la Cha- 
rente, 'i" série, l. IV, p. 351.) 



ACCOTE-POT. V.n considérant le galbe et la cise- 
lure di' (piebpies pièces de dinaiulerie aiu'ienne, qui 
n'étaient ((ue d'humbles ustensiles de cuisine, ou esl 
fondé à croire qu'iui accote-|iol, c'esl-à-<lire un tré- 
pied ou un simple croissant, comme le déliiiissent 
C.olgrave et le Dictionnaire de Trévoux, alors qu'il 
prenait rang dans l'argenterie royale ou princiére, 
put échapper à la vulgarité des fornu'S qu'on lui 
coiuiail aujoui'd'hui. — J'igTiore s'il en existe dans 
ipiehpie collection et, en attendant mieux, je me 
contente de reproduii'c une pièce de brun/.<' très 
simple ipii me M'mble dali'r du \M" siècle. 




1561 . — N"03. l'iig accolepot d'argent. — N° Cf. Ung 
aullrc à 3ptftz, d'argent. {Inv. du cliûl. de Pau, f" 50.) 

161 I. — A lliicke pcece of iroii, niade somewliat a lialfe 
moiin, wercvvilh llic on sidc of tlie pol is supporled. 

(C.ntgiave.) 

ACCOUCHÉE (coupe d'. — Dans les miniatures 
où est reiiroduil le sujet de la Nativité, on trouve des 
vases de formes très variées. Je renvoie aux mots 
Coupe et Ecuelli', pour le type que senddent avoir 
consacré au wi" siècle les céramistes italiens. 

1488. — lue petite couppe d'argent pour baillera boire 
aux aioueliéi's. {Inv. de l'église Saint-Gervais.) 

ACCOUDIÉRE. — Accoudoir, |iarapet. 

V. 1540. — Il donna de l'esporon à son cheval et le fit 
sauter par dessus les accoudières dans la Loire. {Den 
Peners, nnuv. 57.) 

ACCOUSTREMENT. — Il faut supposer le rédac- 
teur de l'inventaire du duc de Lorraine assez peu 
familier avec les usages de la Turquie, ])0ur avoir 
confondu les costumes ([u'il décrit avec les accoutre- 
ments de (|uelque peu|ilade sauvage de r.\méri((iie 
ou de rAfri(|ue. Autant les experts d'alors sont mi- 
nutieux et l'ulèles pour les choses de leur pays et de 
leur époque, autant ils deviennent fantaisistes et 
inexacts dans l'aiipréciation des produits exoti(iues de 
l'Orient. 

1543. — Plusieurs accoustremeuz de Turquie, de diffé- 
rentes fai;ons, le tout fait de plumes de pcrroipietz et de 
paons. {Inv. du chût, de Nancy, I" 141.) 

ACHE (.KRT DE l'. — Charpenterie. 

V. 1590. — Kl pourla façon eneor etenriclussenient des 
ilictes galières, de leurs poupes et proues, tant pour l'art 
de l'achc qu'on appelle la eliarpente en Levant que pourla 
menuiserie (ItrantOnie, Capit. fr. Henri II.) 

ACHELETTE. — Clochette, et aussi : aisselelle, 
petite planche mince. 

1461. — Et après que les crieurs de Paris qui esioient 
ïl sounans chacun son achelelte en sa main. {Matlh. de 
Coucy. p. 731.) 

1581. — Pour avoir fait pour les esgards de Boire une 
douzaine et demie de acbelelles. (La Fons. Cples de Lille 
tjloss. mss. bibl. d'Amiens.) 

ACHELIER. — Pierre de taille posée en carreau 
et à plat, alternant dans la liaison d'un api)areil avec 
les lioutisses. 

1498. — Pour avoir taillé G2, bnutis que aclieliers, mis 
et enipbiicz au piet-droil des arclies du pont. {Cples d'Ab- 
beville. Ilibl. rtichet. mss. 1-2010, f 113.) 



ACIER 



■ SI I . — Le tailleur de p:r6s, rabuche,carieaulx,houtlz. 
et acliclers. (Cptes de Bélhune. — La Fons, (Jloss. mss. DM. 
d'Amiens.) 

ACHEMERESSE. — Femme d'atour, une coiffeuse 
de mariées. 

1*35. — Une couronne d'or servant à achesmer espou- 
sées. {Arch. de Douai, reg. aux teslam., f^VB v".) 

1467. — En la ville d'.4rras. . . Jchanne Lenglesse. . . at- 
toui'neresse et achemeresse ties dames de noces fout mise 
sur unsîchar... et menée par tous les carrefours de la 
ville. (Chron. de J. du Clercq, p. 277.) 

1635. — Achemmer une épousée, — l'atourner, la parer. 
(.Monet.) 

ACHENAU. — Ciienal, rigole, aquedue. Terme en- 
core usité dans quelques provinces du centre. 

1460 — Lad.aclienau qui est faicte et tenue en point 
pour recevoir les eaues. . . qui par chacun an décourent par 
led. aclienau à la mer. (Arch. J. J. pièce 190.) 

ACIER. — Variété du fer fort et dur qui doit à sa 
combinaison avec une très faible quantité de car- 
bone, une augmentation moyenne d'un deux-cen- 
tième de son poids, et les qualités de souplesse et 
de dureté que développe, aux dépens de sa sonorité, 
la modilication moléculaire de la trempe. 

L'histoire de la métallurgie au moyen âge n'est 
point faite, et il est impossible de déterminer quelles 
furent, à cette époque, les méthodes employées 
pour obtenir l'acier. Se servait-on pour cela du fer 
forgé, de la fonte ou directement du minerai'? L'em- 
ploi du premier mode semble plus probable en 
Europe, sinon en Espagne, oîi le traitement dij-cct 
du minerai a laissé son nom à la méthode dite cata- 
lane. L'.\sie au contraire, et l'Inde en particulier, 
paraissent avoir connu depuis longtemps l'acier 
fondu, dont l'emploi dans nos régions est assez mo- 
derne. 

On peut voir par le témoignage d'Olivier de La 
Marche, quel cas on faisait au W siècle de ce 
métal, et i(uels en étaient les principaux usages. 

1336. — Pro i carreauz calibis sive d'acier emplis pcr 
dicta perricria ^ 2 s. 6 d. — Item pro 15 Mb. ferri et 
fi carreaux calibis emplis — 6 s. 9d. t. (Cpte de Giraud 
Fraissens, P' 21 et 36 \°.) 

1405. — AC.uiU. Tirev(Tf,'e liouteillier pour2 flacons d'acier 
coiuers de cuir délivrez à Henry, varlet de pié de lait, dame 
(la reine) pour servir à [lorler le vin quant lad. dame va 
dehors — 32 s. (Argenterie de la reine, 3' Cpte de J.Leblanc, 
fW.).) 

1408. — A Michel Nynaut, tassetier, pour (J ceintures de 
cuir housse de deux costelz, chascuno garnie de boucle, 
mordant et de six fermeures d'acier burni. . . pour ceindre 
led. Sgr(le roi) à sa plaisance — au pris de H s. la pièce. 
(290 Cpterog. de Cit. Poupart, (° lljfiv".) 

1420- — N" 169. — Un grant luironer d'acier ouvré et 
doré par les hors àorbevoies a quatre escussons de France 
etde Bourbon. (Inv . des jogau.r de Charles VI.) 

» — n" 192. — Un petit escrinet d'acier carré ouvri'- 
très finement et est garny dedens de veliiyau inde et y pend 
la clef. (H.) 

» — I* 139 v°. — Une très belle serreure d'acier à orbe- 
voies et sont les cloz à vis et à fleurs rie lys et est en un 
cstuy de luir tanné et la clef dedans. (M.) 

1488. — Et trouve (|ue l'acier est plus noble chose, que 
l'or, l'argent et le |)lomh ne le fer pour ce que de l'acier 
couinie du plus noble niélail l'on l'ait les ajineures et les 
harnois.. . et se f(nit lesespées, les d.igucs et autres i^laives. 
(Olivier de La .Marche, p. 597.) 

1 488. — A Jehan iNoli.ciuistellier, deniouraiit à Tours, pour 
3 paires de cousleaulx einuiaucbcz d'assier, garni/ de gaigncs 
de cuir rouge pour servir à trancher à table devant led. 
Sgr. (le roi) —0 1. 7 s. d. t. (6" Cvle roij. de P. Bn- 
tonnel, f 198 v".) 



IS75. — Pour un ballon (voy. ce mot) d'acier fin. — 2dcn. 
p. — Pour un millier d'acier de barre — 22 d. p. (Péage 
de la Loire à Chumbon.) 

1618. — Pour ballon d'acier de 160 coches — 5den. 
(Péage de la Loire à .Utenne-lez-Cosne.) 

ACIER DE CARME. — 1676. — L'acier de Carme ou à la 
ra.se qu'on apporte encore d'Allemagne et de Hongrie est 
aussi très bon à faire des ciseaux à couper le fer à froid, 
à faire des burins, des cizelets, des faux, des outils à 
couper la pierre, la corne, le papier, le bois et autres choses. 
Ces deux sortes d'acier d'Allemagne celui qu'on prend pour 
les ressorts et les armes sont les meilleurs qu'on emploie 
en France. (Félibien, Princ. de l'archit., p. 195.) 

1723. — Le meilleur de tousse nomme acier de Carme 
du nom de la ville de Kerment en Allemagne où il se 
travaille. On l'appelle aussi acier o la double marque, et 
on ne l'emploie que pour les ouvrages les plus fins, comme 
rasoirs, lancettes et autres instruments de chirurgie, 
filières pour tireurs d'or, burins pour les graveurs. (Savary, 
Dict. du comm.) 

ACIER DE CATALOGNE. — 1471. — Une herbalaiste d'acier 
de Catheloigne; une autre petite herbalaiste deCatheloigne, 
garnie de petites tilloles. (Inv. du roi René à Angers, f<>'l6.) 

ACIER DE CHi.NE. — I I 53. — On y apporte (à Aden) de 
Chine des marchandises, telles que le fei^ les lames de 
sabre damasquinées, ete. (Géographie d'Edrisi, t. I, p. 51.) 

ACIER DE DAMAS. — 1595. — A Hiérosme Corcol, som- 
meiller d'armes de Sa M;ijesté, — pour avoir nectoyé et 
mis en couUeur six es|iées coutelalz d'acier de Damas — 
6 escus. (5' Cpte roy. de P. de Labruyére, f° 39.) 

» — Au même... pour avoir nettoyé ung coutelatz 
d'acier de Damas et une cye d'acier de Damas — 1 escu 
ff» lil v"). — 8 coustelatz d'acier de Damas, les gardes 
à la Turquie damasquinez et enrichis de turquoises et 
rubis, à 4 s. 1 den. pièce (f- 222). 

ACIER D'ESPAGNE. — 1468. — Et aussi pareillement vient 
dud. pays d'Espaigne grand nombre de fer, acier, cires, 
cuirs, etc. {Requête des ferm. Verger, Arch. cur. de ^'antes, 
t. m, col. 13.) 

1676. — L'on nous apporte encore d'Espagne un acier 
qu'on appelle acier de grain, autrement acier de Molle 
ou de .'ilontdragon; il est par grosses masses en forme de 
grands pains plats qui ont quelquefois 18 pouces et 
davantage de diamètre, et 2, 3, 4 ou 5 pouces d'épaisseur. 
Estant bien choisi et bien affiné, il est bon à faire des 
ciseaux pour couper le fer à froid et pour acérer des 
marteaux et d'autres outils qui doivent être durs. (Féli- 
bien, Princ. de l'archit., p. 190.) 

ACIER DE FKANCE. — 1723. — L'acier se fabrique aussi 
en quantité dans plusieurs provinces et villes de France, 
surtout à Vienne et à Rive en Dauphiné, à Clamecy, en 
Auvergne, à Saint-Disier on Champagne, à Nevers et à la 
Cbarité-siir-Loire, et aux environs de Dijon, Besançon et 
Vesou en ISourgogne. 

Le petit acier ou acier commun qu'on nomme autrement 
Soret, Clamecy et Limousin, ou du nom des autres villes 
ou provinces de France où il se fabrique, est le moindre 
de tous,... il se débite par carreaux ou billes, mais plus 
petites et plus plattes que celles de l'acier de Piémont. 
(Savary, Dict. du comm.) 

ACIER DE PARIS. — 1604. — Art. 9. La ccuiversion du 
fer et d'autres mines dont nous abondons en France, en 
fin acier que nous estions contraincts d'aller chercher en 
Piedmont, eu Allemagne et autres pays étrangers pour 
cinq ou six sols la livre, ne s'en estant jamais trouvé eu 
France que du fer fort qu'ils appellent par excellence petit 
acier de Brie mi de Saint-Disier. qui ne se vend que deux 
ou trois scds tout au plus, fort difl'érent de l'autre. On en 
neut voir l'estahlisscnieiit et les fourneaux et en admirer 
l'excellence aux faulhourgs Saint-Victor sur l'embouchure 
de la rivière des Gobelins. (LafTeinas. Rec. de l' .is.iemblée 
du Comm. Docum. inéd. Mel. série, 1, t. 4, p. 287.) 

ACIER DE PIÉMO.NT. — 1604. — Seroit comparu .Ichan 
Lemoyne, maislre de l'Esiiée couronnée,... asseurant que 
led. acier estoit trop subtil et ne pouvoit endurer, lors- 
qu'il estoit courbé, d'estre redressé, et quand il estoit 
rompu d'estre resondé comme faisoit celiiy de Piedmont, 
etipiil lenoitphis di' la qualilé de celui de Carinet. (Délib. 
du cons. du comm., ibid. , p. 279.) 

1676, — S'il se casse facilement par le bout qui est 
trempé,... c'est une marque certaine que l'acier est bon et 



r> 



ACIER 



propre a faire des outils pour couper du pain, de la chair, 
de la corne, du bois, du papi(>r ou aulies choses sciii- 
blahles. 

Il vient de Pirmont deux sortes d'acier, l'un artinriel cl 
l'autre naturel et de bonne mine. L'artificiel est fait avec 
de menues pièces de fer que l'on met avec du charbon de 
bois pilé, et fait exprès lit sur lit dans un prand creuset 
ou pot de fi'r capiible d'endurer le fi-u, avec un couvercle 
par dessus si bien lulù qu'il ne sorte aucune fumée. On 
met ce pot dans un founK'au qui ne sert qu'à cela. (Kéli- 
bien. l'rinv.dc l'archil., p. l'Jl.) 

ACIKK DE roiTor. 
V. I 190. — D'acer treuchanl cler l'eitcvin 
Par les costcz fiert llerleuin. 

{Chron. des ducs île A'or»i., t. Il, p. 3i.) 
V. 1225. Met la main à l'espée de l'acier poitevin. 

(Koul(|ue de Candie, p. Ul.) 
1260. — Acier poitevin, eu cbarrcte dnitiden. àdosde 
cheval, -2 den., seur asnc i den. (Reg. des métiers de Paris, 
Paris, p. 287.) 

XIV" siècle. In arc d'alborn bel per mczura 
E Ires cairels a la scnlura 
l.a us es resplendens d'aur fi 
E l'autre d'acier peitavi 
El lers er de pluui roilhal. 
(Pierre Vidal, liaynouard, Le.r. rom., t. 1.) 

AC.lEIt DE BIVES (Daipiii.né). — 1743. — Art. 1. Les 
maîtres cinileiiers de la ville dcTliicrsel des lieux circon- 
voisius, seront tenus de faire leurs lames île i|iiiii(ailleric 
d'acier de P.ives et d'autri- bonne iiualil.-. (/{cy/. poHr la 
loulell. lie Thiers.) 

AC.IKl! DE VERDIN. 

I 180. — liranc ot il en sa main d'un acier Verdunois. 
{Li romans d'Alexandre, p. 122, v. 3i.) 

ACIERS DIVEBS (prix). - 1601. —11 y a et se vend trois 
sortes d'acier en l-'rance : ceUiy de Piedmont qui est le 
plus cher et vaull ,'10 liv le ballot |la bille revenant à 
5 s.) ; celuy de Carmes 20 liv. le cent, revenant la bille 
à "i s. 6 den., et celuy de llon:,'rie, 15 liv., qui est environ 

la bille 2 s., lelleiuent i|ue faisant seule nt meilleur 

marché d'un solz sur livre que celuy de Piedmont, les 
talendiers, cousteliers et autres qui n'ont bcsoing que de 
celuy de Hongrie et de Carmes seraient grandement inté- 
ressés. {Delili. du conseil du comm. — Ilocuin. Incd. Mel. 
série 1, t. IV, p. C.O ) 

ACOMBLË. — llisposé en r( ailles eoniiiu' le plu- 

niili' lii''i'iililii|iie. 

1465. — Le chevalier avoit une couverture de brodure 
d'or sur or, en manière d'une couverture de tliieulles 
acombléc comme un comble d'ardoises, et dessus larmes, 
comme gouttes d'eane semées par tout lad. couverte. 
{Pas d'armes de Phil. de Valois. — Arch. des soc.sav , 
cart. descorre.-^p.) 

ACQUIT r.\R DISPENSE de prelve écrite. 

\. 1300. — Aura led. prevost (fermier de la foire de 
S. Ladre) ou ses commis pour luy ung signet dont il sera 
tenu baillié l'aiiprincle en cire aux homes qui le panroiit 
de ce qu il/, deveront; la quelle enipriucle il/, garderont 
durant la foire poin- nionstrer et eulz en aider si besoinf; en 
est. iOnlnn. des mrlirrs de Paris, ch. 13 ; Depping, p. 4-13.) 

ADARGUE. — Ile l'espiifînol Ai>.\Rr..v, terme eii- 
jiruiiti' à la iaiiLiue eastillaiu-, le l'raiiçais n'ayant 
aucun mot pourdélinir le bouclier liivulve en forme 
de cœur ilonl 011 s'est servi en France àré)ior|uc de 
Uuguesliii et (pion reiieonlre |ieiulaiit les xiv" el xv° 
siècles cil Italie, en .\ntrlelerre, en Espagne, el jusque 
sur les eûtes de la Mauritanie. L'usage des adar- 
gues (pie la ville de Fez excellail à falirirpier n'était 
point coiiipl(Jtement abandonné an (•oiniiieiiccni(^nt 
du dernier siècle, car le grand dielioiinaiiv publié à 
Madrid en donne celte descriplion : 

I 726 — ri C'est une sorte d'écu fait de cuirs redoublés 
collés et cousus les uns aux autres; sa forme ovale pré- 
sente quelquefois la figure d'un cfcur, à l'intérieur deux 
énarmcs {asas) occupent le milieu, l'une pour passer le 
bras gauche et l'autre la inaiii qui l'empoigne. Ancienne- 



ment les lanciers à cheval en usaient pour combattre 
les Maures, cl celte milice exislail il y a peu de temps 
encore à Oran, à Mellila et sur les côtes de Crenade. Au- 





V. IISO. — Martin Schœn, Bal. de S. Jacques. 

jiuird'hui on la retrouve dans la place de Ceuta, mais 
eu plus petit nombre qu'autrefois. 

L'adargue est encore employée dans les joules à la lance 
{canas} el dans les jeux de àlcancias' ; mais elle est plus 




XVI» s. Musée d'artillerie, 

légère, sa surface est couverte non plus de cuir, mais de 
bois mince pour soutenir le cboc des alcanclas cl les faire 
voler en éclats, n 

Trecentos Genelos eran 

De este rebalo la causa 

Que los rayes de la luna 

Descubrian las adargas. 

{Rom. amoroso, cil..ibid.) 

ADEVINAUS. — Singulier, éiiignialii|ue. 

V. 1300 Vestue ert d'un drap d'onircmer 
Moult merveilleus et moult divers 
Car il n'est blans ne noirs ne pers 
Ne vers ne j.iunes ne vermaus 
C'csloit uns drois adeviuaus 
K'a paines povoil nus savoir. 
(Rom. (Ir Clromndes, ms. Arscn., 3l-i2, f^Cô.) 

ADJUDICATION AU RABAIS. — Les trois textes 
suivants sufliroiil à eoiislaler l'usage ancien, sinon 
l'origine d'une procédure (pii s'est maintenue jus- 
ipi'à nous. 

1399. — Cuillauine de Longueil, vicomte d'Auge, au 
sergent delà sergenlerie de Pont l'Evesiiue, vous mandons 
que la laache de la niaçonneric qu'il est convenanl faire 
au pont au pain, dont mencion est faite au deviz, vous 
fâchiez crier .à rabais accoustumé par tous les lieux de 
vostrc sergenlerie ou l'on a accoustumé à faire iceulx 
cris. {Doc. cil. par Monteil, xivs. épitre7-2, note 1.) 

1400. — A Jacquet Bourée, charpcnlier, deniourant i 
Bélhisi, pour sa paine el salaire d'avoir fait... la charpen- 
lerie descoinblcs de lad. chapelle... par marché demouré à 
rabbais and. Jacquet comme dernier rabbaisseur. {Cpte 
du duc d'Orléans à Arpajon, ^7 \".) 

1 47 I . — C'est le devis de la coiiverlure de la tour neufve 
du chasteau de Saumur.... el est la besogne dessnsd. mis 
i prix à la somme de 200 1. t. cl est à bailler au rabais. 
{Cptes de René d'Anjou, Lecoy de La Marche, art. 223.) 

I. Boules de la forme et de la grosseur d'une orange, en lerre 
cuilc s(<iliéc au snlcil, remplies de cendres cl de fleurs. Elles 
servaieiil de [intjcclilcs. 



AFFICHE 



ADULTÈRE. — Si la Fraïu'c moilrnio ;i un pou 
perdu le souvenir de la pénalilé du moyen âge, il 
faut avouer que l'Agenais a eu pour l'oublier des 
raisons particulièrement bonnes. 

1275. — Art. .58. Si adultres o près en adulleri, o lo 
adulteris lot- es prnuts pur los hoiiips, o illi lo confesso 
en jutgemcnt, e cLinior n'es fâcha, que ambeiloi cona la 
vila nus, e que la fenna ane prujiieia, e que lire la fenna 
l'oinc per los collios. liatl ab nna corda o que doue cent 
sols d'aruns al'senhor e que sia en lor electio. (Coutumes 
de Fumel. — Arch. hist. delà Gironde, t. MI, y. .ÎO.) 

ADVERSINS, ANVERSINS. — Draps à double face 
cl sans enveis atleudu qu'ils n'étaient point laines, 
c'csl-à-dire tii-és au chardon sur la perche. On 
n'employait à leur fabrication que des laines de 
choi.\. Il s'en faisait de toutes couleurs, et leur 
largeur, qui n'était à Metz en ii55 que de 700 fdcts 
de chaîne, avait doublé à la fin du siècle suivant. 
(Voy. Dr.\p adversin.) 

IS8S. — Et quant aux draps non pignés appelés 
anversins, iceulx se feront de 1400 ou 1200 filelz. (Ordonn. 
de la draperie de Gondrecourt. — Arch. des Soc. sav. hist., 
1865, n» •a.) 

AFEDTRDRE. — Garniture rembourrée pour pré- 
server des chocs ou du contact des lourdes charges 
portées à dos d'hommes. (Voy. En'keutolre.) 

AFFICHE. — Ecriteau, pancarte, objet d'une publi- 
cation. 

1557. — A Jehan Bacheler, paintre, pour avoir écript de 
noir sur blancq fer aucuns édiclz attachez au paslis — fî s. 
(Arch. de Douai, Cptes de la ville, f 186.) 

1559. — A M» Jan Bachelier, paintre, pour avoir livré 
des foeulles de blancq fer et escript en paiuture à l'huille 
quelque ordonnance nouvellement l'aicte paresçhevins pour 
l'atacher ans 2 portes de la halle — 40 s. (Ibui, f" 17'J.) 

AFFICHE. Affiqie, affiqcet, affioi'etie. — Médail- 
lon insigne, agrafe de chape, enseigne de pèleri- 
nage, pièce pendante de ceinture ou de collier, 
ornement de tète porté par les deux sexes, enfin les 
menus objets d'orfèvrerie ou de joaillerie servant à 
relever la toilette des femmes. 

xui' s. S'aucuns parenz vous veut donner 
Joiel ncl devez refuser 
Bêle corroie ou biau coutel 
Aumosnière afiche ou auel. 
(Le chastiement des dames. — Fabl. Barbaz., 2, 191 . ) 



De la bone foire de Troics 
Volez vous guimples ou corroies, 
Toissus d'or,anniaus ou afiches'.' 
(Fabl., ibid., 



-41.) 



1295. — l'nani nuscaui cuui una aquila in .cujus alis 
et corpore et cauda sunt 4 balassi, etc . . . pond . cuni laqueo 
2 m. ô U[ic. t quar. — Unam nuscam sive cruciculani 
cum uno balasso in medio, 2 smaragdis, 2 zaffiris iii 
branchis, — poml. cum catenula 3 une. — Unam nuscam 
de opère fili cum uno vitro in medio coloris z.ifliris, etc... 
Unam nuscam de lapide quasi viridi cnm ijnagine tenente 
ensem cum catenula et guarnimenlo de argenlo, — pond. 
1 une. et 2 quar. (Tliesaur. sed. apostol., p. 74.) 

1389. — Une sainture d'or à 43 afichez, et la boucle 
el le mordant et est escript à chascun alichet « Inijaulté 
fiasse tout » — pes. 7 o. (Inv. des joijaux de la ducli. de 
Touraiiie, f» 2.) 

1392. — Comme. . . le suppliant fust allez au lii'u oi'il'en 
a accoustumé de vendre en la ville de St-Queutin par 
les festes de Pasques afiches et autres jouels ds plont. 
{Lett. de rem., cit. du Cange, v" AHeclura.) 

1416. — 1,'neafnchit d'or menuemeiit ouvrée à fueilles el 
rolcMii\ esirips ri ou milieu une maniéic de liaciii àfoiiluiue 
(nuil la pierreric)... el liaulres perles assises tant sur cha- 
piteaux connue sur petites tournelles. . et se met dcdens 



un estuy à 
Pans, f» 5.) 



charnières d'argent, (ô"" Invent, de \. D. de 







XV' s. — Or émaillé. Cuil. L. Carrand. 

1427. — Pour affiches et enseignes dud. lieu de Nostre 
Dame de H;il, pour distribuer aux gens de l'ostel de 
m. d. s. 20s. ^Laborde, /.es dHcs (/e Bourg., 1. 11, 4923.) 




XIII' s. S. Jean d'Amiens. Plomb de la Seine. Coll. de faut. 

1 448. — Une afficquette d'or à fachon d'un chief Saint- 
Jehan. (Cptes de Valenc. La Fons, Gloss. ms. Bibl. 
(tAmiens ) 

1459. — Soinlré... qui sur son. chief portoit un très 
bel chappel ou estoient 3 belles plumes eu façon d'ostrusse 
faictes de très riches broderies veruées de petits dyamans, 
rubis battais et autres pierreries naissans d'un 1res hei et riche 
al'ficquet oùestoitungtres gros dyamanteuvironm'' de 3 gros 
ballais et de 3 grosses perles (./. de Saintré, ch. 40, 
p. i18.) 

Id. — Et quand kd. bracelet fut ou bras de madame 
Aliéner mis, lors elle, du pendant de son collier, ung très 
bel et riche afliquct prinst. (Ibid., cli. 42, p. 125.) 

Id. — Une barecle d'une très fine escarlate que en ce 
temps là (de Charles V) ou portoit, où estoit uiig très bel et 
riche aficquet. (Ibid., ch. SI, p. 251.) 





Affiches politiques. Ep. de Charles YI, partis Bourguignon 
et Armagnac. 

V. 1480 Adieu présens, baguettes afficqnets, 

yue l'on doinioil aux dames pour eslraines. 
(.Marti:il de Pans, Itec. des poètes frani- . , t. Il, p. 2S0.) 

1611. — Any pretly toy Irinket. or trille of snialc value 



,8 



AFFICllK 



as a lillle l>rooclio, llowcr hiillon, aRlrl, (■to.,slnch nn tlie 
liai, lnîail lioud or elsi'wlicie ; and wnrii, csi)ceially bj a 
woiiian, for uniamciit (C.ol^'ravc.) 

1613 Au (loi;;! les iliaiiiaiits, au front les afiquels 
El aiiUros tels Tairas qui valenl ilavanla^e 
Que loul le revenu (lu bien de leur mesnage. 

{Disc. îiohc. sur la viode, p. 18.) 

1680. — Tous les petits orucniens qui servent à relever 

la beauté des il.iines, eoninie sont les eoliers, les braeelets 

et toutes les choses qui le^carilent la coiffure. (Iliilielet.) 

l'ii hijoii (Ml V(>fiiipil ([lie portail sur son cosUinic 
(If (x-r(''iiioiiic le tioycii delà (corporation des iiieniii- 
siiTS de Namur et qui est encore oonserv('' dans cette 
ville, affecte la forme d'un ferniail de chape el pend 
à un riciie collier d'oriï'vrerie. Dans cette corpora- 
liini i|ui e.xislait d('jà en lltSd il l'Iait appeK" affiche 
coinnie le |irouve l'inscriplion placi'e au revers. 
« Ji'iin Franroi.'i Miiron prcrol, Nicolas Donlonic 
virit.r mrc, Fon'liii Caiicl mir, ont fait racom- 
mndi'r l'afichc nii.r ilcpciis du métier, UiGI. i Celle 
pif'ce dont voici la li(,'nre date de la fin du xv s.; 
(die iïiU- reproduite par .M. l''('li.\ de Vigne : Mœurs 
ri usages des corporal. de la lieUj., \\\. 12. 




AFFICHE DE CHAI'E — 1449 — Pour \t aiguil- 
lettes de cuir de eliieii pour ata<liier les affiqucs aux 
chappes de l'église. {Cptfs de N. D. de St-Umer.) 

1474. — A Jacques Col pin, orfèvre, pour faire deux allli- 
quez de cappes où il y a à cliasiun alliquet le baptisement de 
N. S. — i2 1. — 10 s. (lloudov, Cples de Cambrai, 

p. ;;98.) 

I 502. — Une affiquc de chappe e$mfiill(ie, et a 3 cou- 
plez d'argent doré où est une Notre-Dame au milieu cl 
o an|,'els à 3 costez el les armes de 3 meslres et escripl au 
pié. 

//. Ung aultrc mors ou afliciue de chappe en brouderje 
garni de plu.vienrs perles et a en la devise au milieu « Em- 
manuel » et sert à la bonne cliappelle. 

/(. Vng autre monlant ou alliquet de cliappe d'argent 
doré où est une trinitc au milieu, et une aniioneiacion Notre- 
Dame et les armes de messirc Kstoud. 

/(. Ung aultrc afliquc d'argent doré où est o Jhesus » en 
escripl au milieu. 

/(. Ung aullrc pelil (|ui est par conpplcs, d'.argent doré 
esmaillé cl a Sainte Katerinc cl S. Jcli.in aulx i costez. 

//. Ung aidiri; affique d'argent doré où est en escripl : 
« donné )tar M': Pierre de lianille. » (/ni), de l'abb. de 
Fecauip, p. Hi7.) 

1531. — Ung affiqiict .servant à une cbappe en forme 
d'une M lequel est d'argent doré ayant au millieu Tymagc 
de Sl-Esticnne el au dessus de sa teste Dieu le perc te- 
nant une petite pomme el une croix dessus, couvert d'un 



chapiteau cl d'im eosté et d'autre '2 lyraiis, eli.iseun ayans 
ung chapiteau en forme de mac-oinicric — pesant I m. 3 n. 
— {Inv. delaialU. d'Au.ierre.) 




XIV" s. — Email denielliire ital. Cuil. de Vaut. 

1535. — 5 affiques d'argent doré, c'est assavoir : en l'une 
y a ung sépulcre aux armes deltambures, 2 aullresà fleurs 
de Ivs, une aultrc où il y a 2 formes de machoncric el une 
aultic à une annunciation à .i doubles — pes. ens. 
.■) m. 7 0. (Inv. de la calli. d'Amiens, p. 356.) 

1565. — A. Extacc Ardant, casuricr, 18 s. pour avoir 
refait les affiques de 4 capes de damas à fœulle d'or.(Cp(e 
de S. Vast d'Arras, T 51 vo.) 

AFFICHEURE. — 1,'ensenilde des pi(l'c('s rappor- 
l(''cs cl cldiK'es, le pins souvent en métal, i|ui ser- 
vaient à la décoration des selles. 

1415. — N"103, une selle . . . couverte d'cscarlate ver- 
meille etc.. et les affichcures de la selle et harnoiz dorez 
(le fin or. (Inr. du trousseau de Marie de bourgogne, 

p. (ils.) 

AFFIQUET. 

1771. — Porte aiguille, petit bois percé el proprement 
tourné qui sert à tenir les aiguilles a tricoter. Les femmes 
le mettonl à la ceinture ([uaud elles tricotent. (Dict. de 
Trévoux.) 

AFFRANCHISSEMENT (billets d'. 

1653. — On fait à sravuir à tous ceux qui vouldronles- 
i-rirc d'un quartier de Paris en un antre, ipie leurs lettres, 
billets ou mémoires seront fidèlement eldiligenmient perlés 
el rendus à leur adresse et qu'ils en auront | ronipteinenlres- 
ponse, pourvu q\ie lorsqu'ils eseriront, ils mcltentavec leurs 
lettres un liillel qui portera; « pnri pinjé », parce que l'on 
ne prendra point d'argent, lequel billet sera attaché à lad. 
lettre, ou mis autour de la lettre, ou passé dans la lettre, 
ou en toute autre niaïuère qu'ils trouveront à propos, de 
telle sorte, néanuioins, i|ue le commis le puisse voir el 
l'osier avsémenl. 

Chascnn estant adverly que nulle leslrc ny response ne 
sera portée, ([u'il n'y ave avec ici-lle un billet de port 
payé, dont la ilattc s'era' remplie ilu jour et du mois qu'il 
seja envoyé, à c|uoy il ne fauilra manquer si l'on veut que 
la lettre soit portée. 

l.c commis général qui sera au palais vendra de ces 
billets de ]iort payé à ceux qui en voudront avoir pour le 
prix d'un sou marqué et non plus, à peine de coucussidn ; 
(■t chascnn est adverly d'en acheter pour sa nécessité le 
nombre qu'il lui plaira afin (|ue, lorsqu'on vcnidra écrire, l'on 
ne mancpie pas pour si peu de i bose à faire ses affaires. 

L'acquisition se fait au palais, chez les b)urières deseon- 
vens, chez les portiers des collèges et communautés, et 
chez les geôliers des piisnns. Le prix de chacun d'eux 
est d'un sou lapé, el les solliciteurs sont avertis de donner 
quelque nombre de ces billets à leurs procureurs et à leurs 
clercs, afin i|uils les puissent informera tous momens de 
létal de leurz affaires, et les pères à leurs enfans qui sont 
au collège on en religion, et les bourgeois .à leurs artisans. 

Les commis commenceront à aller el porter les lettres 



A ['FUT 



9 



le 8 août 1653. On donne ce temps afin que chacun aye 
loisir d'accepter des billets. (Réglem, cit. Desmaze, Très. 
judic.) 

AFFUT. — Durant la période de cent cinquante 
années environ i[iii |n-éeéde l'usage des ]iièces d'ar- 
tillerie à tourillons adiiérents, et l'apparition de 
l'alTut à flasques, les tentatives faites pour l'encas- 
trement, le transport et le pointage rapportent à 
deux systèmes principaux toutes les inventions anté- 
rieures à l'idée simple de faire mouvoir un canon 
sur un axe rapproché de son centre de gi-avilé, et 
de tempérer, dans une mesure convenable, l'ellet ilu 
recul, sans recourir à l'emploi du heurtoir. 




V. 1380. — BibUoth. Ricliet. ms. fr. JO, 1^ 100. 

Les pièces de position et de rempart ont été pri- 
mitivement fixées sur de forts chantiers ou dans des 
encaissements de madriers et retenus par des cordes 
passées dans des anneaux, puis par des brides de 
fer, et un peu plus tard, on les trouve montées sur 
des chevalements fixes, ou sur roulettes, qui por- 
taient à Lille, d'après les documents de l'époque de 
Charles VI, le nom de travail. 




V. U50. — Ibid., 87, f» 138. 

L'artillerie de campagne était traînée sur des 
chariots à deux ou quatre roues et retenue par des 
bandages de fer au lit de ces chariots dans les- 
quels on entaillait à demi les pièces. Cette disposi- 
tion, fréquente au xv° siècle, se retrouve dans celles 
que Charles le Téméraire dut abandonner à Morat et 
à Granson. En voici deux exemples, d'après une 
petite serpentine italienne de la même époque. 

Le second système d'alt'ut consistait en un appareil 
de pointage ([ui isolait le canon et son enfustement, 
et permettait de le faire pivoter sur une sorte de 
charnière placée à l'avant de la flèche ou chevalet, 
comme un compas à ouverture réglée sur deux arcs 



jumeaux ou crémaillères à trous pour fixer la che- 
ville d'arrêt. (Voy. .Artillerie, Canon, Serpentine.) 




I ^37. — A l'érinet, le royer, Bonnin et autres royers ((ui 
ont vacqué à mectre en estât le chaiiot <le la bombarde; 
c'est assavoir : y avoir fait i aissiz, frôlées les i rocs, et 
d'avoir fait un celle au banquart dud. chariot, et un root 
en la liée aVLC quoy l'en charge la huiiibarde, 30 s. t. 

A Philippe Guenapain, marescbal, pour sa paiiie il'avoir 
ferri! les i aissiz dud. chariot du fcrrajje de la ville fors 
qu'il a limés les clos, et aussi pour avoir ferré le root de 
lad. bée, 7 s. 6 d. (Uoutiot. Dépenses faites à Trotjes pour 
le siège de Moniereau, p. 7.) 

l'tSS — Un gros veuglaire de fer à double chambre sur 
un alfeust de buis tournant. — Un autre de métail (même 
monture), ung gros veuglairc de fer de 4 pieds de long 
bien ferré et enfusté sur un chevalet de bois tournant, 
garny de ses i chambres de fer. (.\rch. de la Cùte-d'Or. 
Garnier, L'arlill. delà comm. de Dijon, p. "21, ±2.) 

1469- — Unz gros veuglaire de fera t chambres, bien 
enfeusté sur ung riffcustà pyvot. 

1471. — Payé 3 journées aux 2 charpentiers qui ont 
démontez et remontez sur leurs afllutz 2 gros vcuglaires, 
l'un parce qu'il esloit trop liaut et l'autre parce qu'il, a 
convenu changer le pyvot de bois sur le quel gist l'alîut 
parce qu'on ne pouvoit tirer led. veuglaire sur sond. pyvot 
pour ce qu'il estoit trop estroil. (Ihitl., p. 28.) 

1 47 1 . — La ferrure d'un pyvot de bois sur le quel se tire 
une serpentine de fer garny d'une platine, de liens et de 
chevilles de fer, pes. 63 1. 

P.ayé à J. de Gascogne, serrurier, la somme de 60 fr. 
8 den. pour avoir ferré une serpentine de fer, lyc icelle 
en son affût de bois, l'avoir garnie de son affût, mise sur 
un chevalet de bois à rouhes, en la quelle ferrure sont les 
pièces qui s'ensuivent, c'est assavoir : 

3 liens de fers des quels est lyce lad. serpentine en 
icellui affût, ung gros lycn de fer garny de plusieurs che- 
villes et crampons de fer duquel rst lyé led. affût einprès 
le gicte estant aud. affût île la cliambro do lad. serpentine. 
Ung gros coing de fer qui sert à fermer lad. chambre en 
sond. gicte, ung autre gros lyeu de fer du quel est lyé led. 
rhevalôt à rouhes, led. lycn garny d'un vis de heuf de fer 
sur le quel tourne lad. serpentine, euseiuble d'une grosse 
cheville de 1er traversaine qui ferme, led. lyen. — Item 
est encore garny icellui chevalet de i grosses chevilles 
de fer des quelles est fermé led. chevalet sur son aissis; 
est encor garni leil. chevalet au bout derrière d'une grande 
bande de fer ronde à q\ieue rl'aronde en la quelle jonhent 
2 grosses bandes de fer plates passant parmy led. affût 
de lad. serpentine, sur les (pielles bandes l'on fait jouher, 
hausser et baisser lad. serpentine, et sond. aft'ut. — Sont 
garnies les rouhes dud. chevalet de l frôles, 2 lieuses, 
2 fers d'aisis, et Icsd. bandes et frrrures garnies de leurs 
chevilles, crampons et menue ferenicntc — le tout pesant 
372 livres. (Ibid., p. 30.) 



10 



AFRIQUE 



AFRIQUE ii'Aii.K. II'. 

V. 1325. — D'uM vt'il pailL' il'Aiifrii)iie couvre son destiiei'. 



AGALLOCHE. 



{Foulque lie Candie, p. SU.) 
liiiis il'alipc^s. 



IS^S. — La (lixieriic (iiauf) une lireussn déodorant «jçiil- 
loclie. Vous ra|>|iolcz bois il'aloi'-s. (Kabclais, I. IV.cli. I.) 

AGATE. — Nciiir i,'rMi('Ti(HH' ilrs iiiiioiiiliral)los va- 
riùlos du quarlz ilmil lo crislal <\r riiilic (ni ipiarlz- 
hy.iliii ro|iri'seiile Ir lypr le [iliis pur. 

l/agalo a servi de loiit leiiips ù la [gravure des iii- 
lailles, des camées, à rorneiiieiil des |)iéees d'orfè- 
vrerie el à la confecliim des vases prérieux. Sa cou- 
leur, la disposition <le ses nuances el lis divers 
accidents de sa formation répondent à des niims 
spéciaux sous lcs(|uels se dislingniiit les esiièces 
principales dmil il est f.iil iiiriiliiiii il.iiis ce réper- 
toire. 

I.a coniiiline, d'un rouj;e orangé, est, connue la 
sardoine, d'une teinte plus jaune l'olorée par l'oxyde 
de fer. I.a calcédoine est d'un blanc laiteux légère- 
ment hleuàlre, et sou mélange par couches avec la 
sardoine ou l'onyx noir forme le sardonyx. Les 
teintes vertes dues à la présence ilu nickel portent les 
noms de prase cl de chrysoprase ; enfin celles dont 
les accidents de formation correspondent à certaines 
figures sont dites agates rubanées, panachées, 
ponctuées ou arborisées. Le niccolo qui se range 
parmi les agates est un sardonyx à fond noir avec 
cciuihe supérieure 1res mince de calcédoine. 

1416. — Une sallière d'agathe dont le couvorclc est 
d'or. . . assise sur 4 roés d'or, en manière d'un chariot et 
au bout du moyeu de chacune roé a une perle — 120 1. t. 
(/lie. ilii duc de Bernj.) 

1438. — Un vaissel en manière de couppe dessus d'iui 
av;athe, d'argent doré avec le pié doré et une i^iosse pierre 
lilanilie de crislal et y a deileus plusieurs reliques, et y 
faiiU une pierre et y a une petite claycnctle d'aryenl doré. 
(/»!■. deN. D. de i'aris,f2.) 

1455. — A. J. Lcssayeur. orfèvre de M. D. S. (le duc 
d'Orléans), pour avoir l'ait im signet d'or a la devise de 
M. D. S. ou quel est assis une agate el eseripl à l'enlour : 
XL cl ma voulenlé — t 1. t. cl pour la façon 13 s. (1" Cple 
de A. Oamijen Arclt. K. refj.,'i~\.) 

1561 . — Une agalhe où est enlevé In roy René de C.éeyle, 
el li piMis esmcrauldes alentour. {Iiiv. du cliùl. de 
l'iiK. r -1'' 1 

AGENOUILLOIR. — l'rie-llieu. 

1633. — Mgr a ordonne que sera mis dans la sacristie 
un a-renouilloir qui serve de confessioiial. (Visites de l'év. 
de Uezieis. — Arcli. des Soc. sav.) 

AGIAUX. — 1 530. — Je ne vcids oncques tant de sau- 
dcau\, tant de llaiiiheaux, do torches, de glimpes etd'agiaux. 
(l'aiHa<jniel, 1. V, eh, lu.) 

1690. — Agios. Terme populaire sous lequel on comprend 
tous les menus affiquets et parures affectées des femmes 
du comiium. {t)icl. de Fuietiéie.) 

AGIES. — l'igures, portraits. 

V. 1 248. — Ci pocsvostrovcrlesagies des douze apostrcs 
assis. (Villard de lionnccourt, pi. i.) 

V. 1310. 

Pour tlieu de Irep mirer leurs a^^ics nous {r.ariIons, 
Qui plus poiiignent cl pcrcenl que ne foiil lifJrl';ons. 

:Trxlam. de J. deMeung.. nis.Corsiui, f" IfiH.) 
AGIOSIMANDRE. Voy. SiM.VNnnE. 

1755. — C'est le nom d'un instrument de bois dont les 
chrétiens se servent au lieu de cloches. (Prévost, Manuel 
lexique. ) 



AGNEAU. — l'ariiii les luiirrures diuit l'eniplni lui, 
jus(|u'à la lin du \vi" siècle, he.iucoup plus IrécpienI 
qu'il ne l'est aiijiiui-d'liui, la laine n'occnpail assu- 
rément (|u'un rang très inférieur. On s'en pourra 
convaiudre eu consiillant au mot roi:imi HK le ta- 
bleau comparatif des piix anciens. Néanmoins, parmi 
les marchandises de provenances diverses dunl on 
faisait usage, les i|ualités de finesse et d'éclat ob- 
tenues avec les toisons noires de la l.ombardie 
avaient déjà fait di' ce proiluil,au XV siècle, un objet 
de luxe. Les phrases satyriques tirées des sermons 
d'Olivier Maillard iie fout que confirmer ce que nuiis 
apprend à ce sujet le texte plus pnsilif eiirnie des 
Compll'x, (iiii,dés le \IV siècle, en lniil de rri'i|iientes 
mentions. 

(blette fiuirriire d'agiieaii ne s'em|iliiy.iil pas seule- 
ment à doubler et à iiorder les vèlenienls, mais elle 
était assez soyeuse pour mouclieler rbermiiie dont 
elle rehaussait ainsi la valeur. 

1300. On mantiau n'ot pas penne vaire 
Mes moull vies de povre afaire 
U'agneaus noirs velus et pesans 
Bien avoit la robe vingt ans. 
(nom. de laroiC, édit. Fr. Michel, V, z\ô.) 

I45S. — Pour demi manteau aigneaulx blans crespés 
pour fourrer le lias d'une robe d'escarlale veruuulle à che- 
vaucher (pour le roi) au pris de 27 s. 6 d. le manteau. 

Pour un manteau el demi d'aigiieaulx blans soyeulx pour 
fourrer une robe à chevaiielier — 10 s, '^ don. (I" Cple 
roij. del>. Burdelot.f -i'J.) 

1496. — Pour la fa(;on d'une robe de camelol laïuié 
fourrée d'aigneaux crespés pour moud. Sgr. — 6 s. (i 
àcn.(l)ép. (le. la Comtesse d'Anijouléme, ms. liibl. Rictiel , 
SSIS, f» .'il v".) 

Ii>98. — A Jehan lîrodeaii, foiineiir, pour 8-1 frisons blanc 
a 7 s. 4 d. pièce el uu inauleau blanc soyeux. (Deuil 
d'Anne de Uielttijne. — Lebcr, t. XIX, p. 25-2.) 

1510. — Une aultrc robe d'éearlale fourrée d'agneaulx 
biens. (/«11. du Card. d'Awboise, p. t90.) 

1540. M'amie, courez vistemeut nie quérir ma robbc 
fourrée d'agneaux crespés. (Des Periers, noi(|i. ifi.) 

AGNK.UI MoiiT-NÉ. — 1295. — Duas iielles de agnis 
nonalis. (/ne. Ihes. sed. k/kw/o/., f' 1 13 v".) 

AGNKAU 1)'auai;on. — 1352. — Pour 03 peaux noires 
de lins aigncaux d'Arragon à fourrer les ch.ipeaux de nos 
Sgrs. des comptes et des trésoriers pour leur livrée de 
Toussaint — 38 1. (3<i Cpled'El. de I.n fontaine, f» 123 v.) 

AGNEAU d'aiikii.i..\C. — 1453. — 311 nianle.iiix d'Orillac 

— prisé cliascun manteau 10 s. iinr. des biens île J. Coeur, 
t- 70 r.) 

AGINKAtl DE CHASTF.I. iiE viiiK. — 1408. — t pennes 
d'aigneaux noirs de Cbaslcl-de-Vire au pris de 20 s. la 
penne. (-.".I" Cple roij.de Ch. Poupart, f' li'J v".) 

AGNEAU I)F. i.OMisAliDiE. — 1464. — 32 lines pcaulx 
aigneaulx noirs do l.ombardie à 7 s. 6d. l. chacune peau. 

— 10 peaulx aigneaulx noirs de l.omliardie and. pris. — 
Hug manteau et demi lins aij,Mieaulx noirs de Lombardie an 
pris de 3. esc. le manteau — 1. 3 s, 9 d. t. (3" C/i/e 
roy. de Cudl. de Vanje, f" .'>!).) 

1498. — Et vos niulieres flo/rie/cs, gallice nuini|uiil por- 
tabitis vestes vestras |ireliosas foderalas de pelliliiis de 
Lombardia. (01. Maillard, 3'- (/i/ii. </e l'arent, (' iJO.) 

Id. llabeant tunicas rubcas et alio colore coloratas, 
duplicatas veliito et foderalas de mnrllies el de peau de 
Lombardie (U\., in (est. S. Johann, f" 101 v°.) 

1530. —Peaux de Lombardie — Bouge furrerouuuenis. 
(I>alsgrave, p. 200.) 

ISS4. — Une robe de lafl'ctas noir... bordée allentour 
d'un borl de velours, fourrée [lar les paremens de penne 
noire de l.oinlianlie, el le reste de penne noire — 15 1. l. 
ilnr. d'Emard de iVico/ni/, f' 31.) 

1723. — 11 vient de Lombardie certaines peaux d'a- 
gneaux renommées par leur noir liiisaul que les foureiiis 
coupent, par petits mojxeaux dont ils tavellent el mou- 



AG.Ni;s-DEl 



H 



clii'lteiit Il'S founiiros il'heimiiics pour on l'aire paroitre 
d:ivantaf!e le bliinc. (Savai'v, Dict. (lu comm.) 

AGNKAU DE NAVABRE. — 1498. — l'iciidront un cenl 
de peaux de Navarre d'avortons noirs pris sous le fer. .. . 
et t'eront dud. cent de peaux fi manteaux de la marge, 
c'est ascavoir : chacun manteau de largeur de ."> pieds pour 
la basse-tire et parla seconde tire de o pieds et '1 doiijts 
et par l'eulrebas de 2 pieds et demi, de hauteur i pieds. 
(Siut. (les pelletiers de Xantes, HOl .) 

AGNE.\II UENICE. — ISIO — Pour 24- peaulx ai^ineaulx 
blancs frizons de Nice. .. employez à fourrer ung conver- 
loucr fait d'estamet blanc — t 1. 10 s. t. {Cpte du btiptéme 
de Renée de France, (' 15.) 

1536. — Ifi douzaines 9 peaulx de Nice noire, fort bonnes 

à fourrer une robbe de drap noir (poui' le nd) à 21 1. 15 s. 
t. la douz. (8" Cpte roij. de Nie. de Troijes, f" 27.) 

AGNEAU DE ROL'MANiE. — 1497. — Vestemveluti nigri, 
foderalam de romaines., et r|iiandam vestem pani grissi 
foderalam de pcnna alba. {Inv. de Bern. de Béurn, 
p. 115.) 

1511. — pour 28 noires bondes fourrures de liouménic 
pour moucheter le manteau de M. S. — lillor. (Uoudoy, 
Cptes de Cambrai, p. 250.) 

AGNEVILLOT. — Aiguillot, gond inséré diins les 
lioiiçles lie réliiiiibot el servant d'axe :iu gouvernail. 

1530. — Je oy l'agnevillot frémir. iPanlayruel, 1. IV, 
c. 18.) 

AGNDS-DEI. — Disque enipreint de l'image d'un 
agneau poile-étendaid, et fait à Rome des restes de 
la eire du eicrgc pascal et du saint olirème, pour 
èiro bénit par le pape, et dislribuc par lui au.v 
fidèles le premier dimanche in albis de sou ponti- 
ficat, puis lous les sept ans à la même épnqiu-. 




Agnus d'Urbain 17. V. 1380. Cuivre doré. Coll. Odiot. 

Depuis saint Grégoire le Grand. (|ui,au vr-' siècle, 
en compta parmi ses présents à ïliéodelinde, reine 
des Lombards, les agnus, sont demeurés en grande 
vénération parmi les fidèles. Celui de (;iiarlemagne 
est encore conservé dans le trésor d'.Ai.x-la-Gliapelle, 
et ils figurent au moyen âge pariui les objets de 
piété que les orfèvres exécutèrent avec le plus de 
recherche, d'élégance et de goût. 

Ces agniiis enchâssés servaient de reliquaires, on 
les suspendait aux chapelets el aux murs des habi- 
tations; les l'einmes les porlaieni sur elles pendant 
leur grossesse, et le don de ces images de cire que, 
depuis l'année 1572 il est interdit de dorer et de 
peindre, était considéré non point seulement comme 
un honneur, mais aussi comme une sauve-garde. 

1360. — K° lOfi. — Un Agnus-Dei enclouz d'un cscu d'or 
et dessus de brodcure. (Inv. de Jelmnne de Boulogne.) 

1361. - Cap. 80. — Aucho providero e ordinaro clie 
conciosia cosache ne' lavorii si me.ttcra alcuna cosa solto 
gli smalti c in altri luoglii certe altre cosc elle arienlo e 



acciô e provcduto in sul brève c dcliberato clic non s'in- 
tenda per gli Agnus-Dei ehe si fano pcro che senza non 
si possouo l'are, e non si vendono a peso. (.'>(«(. deyli orafi 
Sanesi. — Carteggio d'urtisti, t. I, p. (U.) 

1379. — N" 58i. — Ung Agnus-Dei garny d'or où est 
(^script l'évangille Saint Jehan, aux armes de la royiie 
Jelianucdc Bourbon. (/»r. de Charles V.) 

1393 — Pour 5 petits tableaux d'argent dorez appeliez 
Agnus-Dei, que les femmes porteiitquaiit elles sont grosses, 
cl l'en met en cliascun un pain beneisl à chanter — au pris 
(le 3 fr. pii^'ce. — 12 1. p. (I"' Ci>te d'IIémoii Baquier, 
f» 25). 













M.. 



V. 1380. — Aigentdoré,émaitlé et nacre. Coll. Benj. Fitlon. 

1482. — A Barbette Lamelin un cappelet de jaiet en- 
seigné de corail avec ung Anus-Deys el autres choses qui 
pendent aud. cappelet. {Àrch. de Douai, Beg. aux lestum., 
(oël.) 

I 483. — Ung Agnus-Dei garny d'or, où il y a des osse- 
ments de salncle Théodore, auquel Agnus-Dei a plusieurs 
pierres de dyamens el de rubiz, une nacle de perle ou 
meillcu avec uiize grosses perles el plusieurs petites pen- 
dantes el pendant à une chesne d'or el poisanl le tout — 
-l 0. — 6 gros. {Inv. de Charlotte de Savoie, p. i33.) 

1566. — Voire sont venus jusques aux parolesdel'évan- 
gile S. Jean, ans quelles ils porloienl telle révérence que 
les ayans escriles en du pirchemin ils les enchassoyenl 
richement pour estre pendues au col el là servir de pré- 
servatif contre les dangers ; et même, si j'ay bonne mémoire 
do celte philosophie, ils appeloyenl lels préservatifs ou 
semblables des Agnus-Dei. (liob. Estienne, Apol. pour 
Hérodote, ch. 32, p. 74.) 

1575. — Dans le lombeau de Marie, femme de l'empe- 
reur tjonorius, trouvé à lioine au mont Vatican en !54-i,y 
avoit une bague qu'on appelle aujourd'hui Agnus-Dei à 
l'enlour de la quelle esloit escril « Maria noslra florentis- 
sima. » (Belleforest, Cosmog. de Mmi'iler. t. H, I. 2, 
col. 550.) 

1585. — E anco, nella miniatura, ch'e specie dipitlur.i- 

particolare, la quale in picciole tavoletlc conimunemenle 

fi diletla overo in carte caprine ovcro siili Agnus-Dei e in 

eose simili... et a si sou scoperti Valent' uomiui ciune 

1 quel Ire d'una casa istessa. . . Baltista, Valerio et Leiio 

i l'iloni oltra una schicra immensa di tanli altri. (Garzoni, 

i la piaaamiiv., cap. xc, p. 673.) 

I 587. — 8 février. — Autour de son couelle(Marie-Stuart) 
portait une chaîne faite de pommes de senteur à la quelle 
pendait un Agnus-Dei. (l'rocès-verh. de l'exécut. de 
Marie Stuart.) 

1616. — Un Agnus-Dei enchâssé de chrislal a 2 costez 
et reconus partout d'argent, où est empreint un crucifix 
à un costé et à l'autre l'yinage Saint Laurens. llnvent. de 
l'égl. Saint-Valery .) 

1623. — Ung Aguus Dei de cristal de roche avec croix 
cliainettes et garniture d'or — prisé 21 1. (lloudov, 6'p/csde 
Cambrai, 299.) 

1635. — Anchasser un Agnus Dei an or antre des cris- 
taux. . . anchassure, chasse, châssis, rondeau, ovale d'cbène 
de corne, d'or, d'argent ou d'autre étofe, recevant dans 
son vuirte l'Agiius, la relique qu'on anchasse dedans, 
d'il. Monet, v» .Anchasser.) 

1690. - - Pain sacré est un morceau <lccire ou de pastc 
ou de terre sur laquelle on fait des cérémonies el bé- 



12 



ACNIS-DEI 



iicdicliiins, (lu'iiii eniliassc clans les A;;iuis-Dci, (ui (juViii 
j;arili' avec véiiéialioii. ^UlCt. de h'ureliere. v» l'aiii.) 

AGONIE.— V. 1360. Apinio, aitonization otatîoni- 
senn-nt sdiil uiircliosp, la fiuellr esl exnrilatii)ii pour faire 
les l'orps a;;iles rt fors et mesim'inenl pour les disposer 
à faiz liahillis el à faiz d'armes. (OiPsiiie, TabI . des expos ■ 
des fors nioir de polit-, <'•(!. IWJ.) 

AGOUBILLES. — lîiliclols, iiinnis usleiisilos, ob- 
jets iioitiilils (le peu île valeur. 

1475. — Après que j'eus prises mes aROubilles, papier, 
plume et enclire, me transportai ou lieu où le soir précé- 
dent avions assemblé. (Z,esëiiang.rfes (/uenowil/es, 6' jouniéf, 
p. 85.) 

Id. Avoient lavé leur rlieveulx et esloient prestes de 
trousser leurs i|uillcs et agoubilles. (Ibid-, cli. XVIIl, 
p. 0.-,.) 

AGRAFE el AGRAFE. — liraiulie de métal, (luel- 
(jueliiis iiiiHitée sur cuir, et traversaut l'épaissour 
des l'cuillels il'uM livre pour rapprocher les ais ou 
les cartons île la reliure. C'est à peu près le l'eriuoir 
moderne. 

1467-1493, — llng moult riilie livre en parclicmin 
couvert de satin eramoisy, cloué de clous d'arpent dorez 
csmailliés et armoics, cfcloz de a^rapes d'argent dorées 
et esmailliées. --(I.ibr. des ducs de liniinjcigne. — DMiolh. 
firololi/p.. p. il l.) 

AGRAPFE. ~ Fer do lauee courtoise pour la joule. 
Il élail taillé à |ians coupés eu losange légèrement 
obtuse cl sa pointe émousséc pour ménager l'armure 
de l'adversaire (voy. GnAPPE). 

1 41 I . — f. rondelles à j.nisler, une agrappe cl Ci roclicz. 
{Inv. de l'émrie du roij. 1'" 108 v°.) 

1449. — A.Iehan de lionnes, armeurier dud. Sgr. — pour 
5 agr.ippes pour Icd. Sgr. — 2 llor. 6 gros. (Lecoy de 
l.a Marclie, Cples et mém. du roi /ié«é,art. .598.) 

1484. ~ l.e duc d'Orléans fait acheter en la ville de 
Mclun « une douzaines de lances toutes prestes, garnies 
de riidielz, d'agrappes et de contre-rondelles. (Catal. de 
JouisanrauU, n» ()7i.) 

AGRAPFE. .VcnAPi'iN. — Ce ternjc, employé comme 
synoiiNnie il'agrale, de libule ou rie broche, esl 1res 
rare dans la langue du moyen âge, bien (|u'il puisse 
s'appli(|Uor à une foule d'ohjels dont on s'est uui- 
versellemenl servi depuis l'époque gallo-romaine 
jusqu'à nos jours. 

Dans le premier des deux lo.vles cités ici, il s'agit 
des eûtes du mors des chapes qui se cousaient sur 
l'étoffe; cl dans le second, le mot (igrappin qui 
remplace celui de morrfddV usité dans le même sens 
un siècle plus tôt, a e.xacteuienl la même significa- 
lion. 

IS09. — A Arniaml l.eniaistre. . . nrlèvre, pour avoir 
refait les agrappins d'argent des li cappes de ilrap d'or. 
{Cptes de .V. D. de Salnt-Omer.) 

1522. — Anllioinette de Dcurwille donne... -J agrappins 
de agiappes d'argent doré une agrapr- à nenz d'auioiu' 
ayante le tissu d'argent. {Anh. de Douai, icij. aux lest., 
r" 287.1 

AGUETE. — IVIilc barque. 

MU* s. Il portoit petites nacelcs, 

.1. petit pins larges que cclcs 

(Jnc l'on apale aguctes 

Ou en nostre langue bargelcs. 

(J. Priorat Liv. de Vegece. ms. Bibl. Riclul., 1601, 
t°35 v"".) 

AGDILLANEDF. — Ce nom, donné dès le xii' siècle 
à la léte des étrennes, et ((ui rappelle à cette époque 
le souvenir de pratiques superstitieuses de sorcelle- 
rie, se raltacho-t-il à la religion des druides, et 
doit-on penser que l'usage conservé aujourd'hui en 



.\nglelerre, à l'occasion des fêles do Noël, de consa- 
crer le gui à la décoration dos a|>parlemenls, esl un 
cuiprunl de la race saxonne aux anciens liretons de 
race cellii|ue? Sans raflirmer, on peut dire que 
l'aguillanenf se lie à de fort anliciues traditions, el 
(pie Wniuiiiahlo (|ui est, en Espagne, le panier rempli 
de boudins et autres [U'ovisions oU'ert en cadeau 
d'élreniu-s au jour de Noël, présente la plus grande 
analogie avec le doenineul de I ISdeité pardu Caiige. 
l.e conll(^ .lanherl, dans son Gloxsdire (In cciilir de 
la France, rapporte à ce sujet (|iu'l(|ues siropbes 
familières aux pi'ovinces méridionales à propos des- 
quelles il dit : « Dans la soirée du l!l décembre, des 
jeunes gens ou des enfants vont demander de porlo 
en porte leur éli'eniie Celle demande est accom- 
pagnée de l'oUVande d'un certain nondjre d'œufs, 
présent oniblémali(|no qui date des temps où l'année 
commençait àl'àques, et d'une longue chanson psal- 
modiée sur un air anti(iuo. Voici le eonunoncemcnt 
(le celle que l'on chante en Cuienne : j 

Arrivés sont arrivés 

Devant la porte d'un chevalier 

On d'un bar(ni ; 
Les guillonés, leur faut donner 

Aux compagnons. 

Dans la Gascogne el dans l'.Vgenais on chante : 

Le bon Dieu vous baille tant de bœufs 
Connue les poules aiu'unt d'œufs 

Cicntil seigneur; 
Ali ! dtnniez leur la guiUonéc 

.\ux rompagnoiis. 
1-0 bon Dieu vous baille tant de poulets 
Que les moissons ont de bouquets 

Gentil Seigneur, etc 

Le bon Dieu vous baille tanl de garçons 

(ju'il est de plis aux colillons, etc 

(lîatli'ery, Oiaiisuiis pvpui . — Gloss. cU. v" Cuillaiinè.) 
V. 1155. — Signnr et dames, luii est li premiers jors de 
l'an ipii est appelez au nuef. Se est jors, seulciU entendre 
li mauvais erestien selon le coustumes an pai(!ns à faire sor- 
ceries et charaies (n( ; charmes) et par les sorceries et par 
les charaies seulement aspreunent les chousesà venir, hui 
soicment soient entendre en mains gries faire et nietre lor 
créance en estrenes: et (lient que ne seroit bien cheanx 
ne riches en leu se il n'estoit estrenes. Hais nous devons 
laissier les cbouses qui apparlieunncnt à folie et à mes- 
créanre et faire ce (|ui aparticnt à vie perdnrable. tSer- 
tiuin de Maurice de Sullij. — Cit. 1'. Paris, les mss. de la 
UM. du roi, t. Il, p. 1U3.) 

1480. — Le dernier jourde décembre le suppliant avec les 

tiacbcliersdelaparroissc de la Petite lioissiere (i?a.v-/'()i7oi0 
etuiig niénestrier fui par les villaiges de lad. parroisse. . . 
pour pramlrc et recevoir les ainmisnes des tiunnes gens 
i|u'ilz ont accoustiuué donner pour l'enlretenement d'une 
lampe et de 16 lamperons, ainsi que de. couslume est de 
faire de tout temps la vigillc de l'an neuf, el s'appellent 
lesd. dons iifiuillaiinciil . Les quelles lampes et bimpc- 
rons sont pemlans en l'i'-glise dud. lieu de la petite lioissierc 
devant l'image du crncilix, ctout accouslunié eslre alumées, 
c'est assavoir : lad. lampe seule es jours des|(limenches et les 
festes annuelles, durant que on fait le divui service; et 
lesd. lamperons et lampe ensemide es festes annuelles. . . 
esloient lesd. dons, riUes et oreilles de pourceaux et 
autres pièces de char... vendues puhliequement après 
vespres au plus olîrantet dernier enchérisseur. (/IrcA. J. J. 
reg. 207, pièce i.) 

1499. — Est défendu ausd. sergens et aultres officiers 
(|u'ilz ne mcstivent. vendangent ne prennent aguiHanneuf 
qncstes ne exaclious sur le peuple sur pone de privation de 
leurs offices. (Couslume de l'oictou, ch. 7'J.) 

1547. — Au jour dit, bien résolus el délibérés d'aller à 
l'aguillanneuf s'ecciuipérenl honiictement de bous bàlons 
de pommier. (Noël, du Fail, l'rop. rusl., p. 67.) 

(1 Les sorciers de Keliers qui cherchoienl du trcBc à 
quatre fcmilles pour aller a l'aguillanenf... une fois s'avi- 
sèrent après boire. . qu'il ne falloit pour ce quitter la 



AIGUIEllE 



i3 



partie, ains le premier jonr de l'an, comme est l'ancienne 
coutume, aller à l'aguiUaneuf. {IbiJ., p. 200.) 

1690. — Pour annoncer une année nouvelle on fait en- 
core ce cri en Picardie ou on ajoute : l'ianta, plantez 
pour souhaiter une année abondante et fertile. . . A Dreux 
et autres lieux les cufans crient .dsia/afieu/' pour demander 
des estreines. {Dicl. de Fureliere.) 

AIGLE. — La symbolique chrctienne dos premiers 
siècles, faisant allusion au cinquième verset du 
psaume 102 : « ma jeunesse sera renouvelée comme 
celle de l'aigle, » et fondée sans doute sur la périodi- 
cité de ses mues, a fait de l'aigle un des emblèmes de 
la résurrection. Dansriconograpbie,ilest l'attribut de 
saint Jean l'évangéliste, qui, suivant la doctrine des 
pères, a contemplé, sans en être ébloui, le foyer de 
la lumière éternelle. A l'époque des croisades, des- 
cendu du faîte des étendards romains, ce signe d'in- 
trépidité et de victoire est venu marquer de son 
sceau les blasons de la cbcvalcric, et dans l'église 
il servait depuis longtemps à soutenir le livre des 
évangiles, lorsiju'il devint un motif généralement 
adopté pour la confection des lutrins. 

Ces monuments, en bronze pour la plupart, et dont 
quelques-uns étaient des objets d'art de premier 
ordre, sont presque tous détruits en France; mais 
ceux que la Belgique et l'Allemagne ont conservés, 
suffisent, à nous édifier sur leur importance. 




Brome du A'P s. Coll. Hiel de Londres. 

'7 ' ' ~ '*"'P''""l ev.ingelii tali modo fcrit (Foulques, abbé 
de Lohhes) ut cssent 4 cmicedia altririsr-rus e rc(,'ione in 
inoduni crucis posita, quœ ex a-re duclilia ad liliitu n ar- 
lilicis per loca scalprata et deaurata. postibus uiidii|ur secus 
dear;,'entati3, in seplentrionali parte, fusilem liabeliant 
aqud.am optime deauratam, qmc interdum alas slringebat, 
iiiterdurnalis expansi.scapacem evangeliorum codici locum 
pandebat, colloque, quasi pro libilo, arlificiose ail audien- 



dum retorto, et iterum reducto, immissis frafiantiam super- 
imposili lliuris emittebat. (Ànii. Bened.. lib. 47, t. 3, 
p. OOil.) 

1408. — Pierre Boucher, sacrixlain de Saint-Martin des 
Champs, commande à Itobin Loisel, tumUer et imagier, de- 
meurant en la rue de la Bretonnerie « un aigle de lecton 
d'environ 60U pesans... à 3 coulombez ou 3 pilliers joi- 
gnans ensemble u orné d'une pomme au milieu desd. 
pilliers et une autre soubz les pieds d'icelui aigle, et sera 
escript le nom dud. secrétaire oud. aigle et l'an de la 
Taçon d'icelui. i. [Arch. L. 873.) 

1416. — N° iy4. Une aigle d'argent doré couronné qui 
sert pour un leclrin, séant sur une roche où il a plusieurs 
pelis ymages, escureux et 2 arbrisseauix et par dessus a 
une escriptoire en laquelle a un cadran à un escuçon aux 
armes de feu Mgr. d'Estampes — pesant tout eîisemble 
7 m. 1 0. 5 est. {Invenl. du duc de llerry.) 

1469. — Le grand chandelier du cueur appelé l'Eigle 
garny des 4 euvangelistes et par le dessus est ung ymage 
de nions, sainct llilairo. (Inv. de l'Eglise Saint-Jlilaire, 
t. II, p. 157.) 

AIGLES A DEU.x TÉTES. — 1295. — Unum pluviale de 
examito rubeo brodatum ad aurum de opère ciprensi, cum 
rootis in quibus sunt grifones et aquilas cum duabus capi- 
tibus et due aves respicientes quemdam fiorem. (Thesaur. 
sedis apostol., f^ 97.) 

Il Dalmaticaiii rubeam de panne imperiali de Romania ad 
aquilas magnas cum duobus capitibus sine ornamentis. 
(/(/i(/.,P> lOi.) 

AIGRDN. — Herbages employés comme condi- 
ments et menus fruits par extension. 

1260. — Nus ne puet estre regraticrs à Paris, de fruit 
ou d'égrum (al : aigrun) c'est a savoir de aus de oiugnons, 
des eschatoingnes et de toute autre manière de tel égrun, 
s'il n'acbate lemestierdu roy. (Et. Boileau, tit. 10, p. 33.) 

1 395 . — Poreaux, oygnons, percil aulz et aultres herbages 
etégruns. (Arch. M. M. 31, fSHv".) 

1621. — Vendeurs d'aigrain comme pommes, poires, se- 
rises, naveaux et autres meniiz Iruicts (Pancarte du péage 
de Vivonne. — Arch. de la Vientie.) 

AIGUEBENESTIER. — Seau à eau bénite. On 
trouve plus souvent eaubcnilicr ou simplement bé- 
nitier. Voyez ces mois. 




.XI V» s.— Argenterie de Maubeuge. 

V. 1520. — Ung aiguebenestier de letton aultres fois 
dure avec son manche d'aspergés de inesmes. (Inv.de 
hrançdis /' de Luxembourg, p. 4.) 

AIGUIÈRE.— Du mot ancien aiguë, eau, que le fran- 
çais moderne a retenu dans aiguemarine et Aigues- 
Morles. C'est le vase non pas seulement de table, 
mais aussi de buffet et d'office, servant à mettre 
l'eau et quelquefois le vin. Il a participé au moyen 
âge à toutes les élégances et à tous les caprices de 
l'art, et s'il est facile de déterminer son nsagi', il 
devient impossible d'en préciser la forme. Il se cmi- 
fond presque à tniiles les époques avec le pot à eau, 



u 



AIGUlÈliE 



cl les sculfs iliiri'nMiccs que l'iiivoiitaire de Louis 
d'Anjou |U'niK'l lie coiislali'r , soni celles du 
pciids. Ouaul à la distiiuMioii ini'rlalilit KniTlière 
entre ces deux es|)èces de vases, elli' i"-l ici donnée 
sans aui'un eonlriMe. 




O Q 



Drome de l'ép. Carlovingknne, à Saint-I.aun'iil 
hors les murs. Home. 

Dans les textes du XIV-' an \\V siècle, les aiguières 
se retrouvent sous des formes iiiliiiinient variées, 
l'émail et la jeaillerie viennent y colorer les délica- 
tesses de la ciselure, l'art du modeleur et ilii ron- 
deur ont dû trouver là l'occasion de plus d'un ciiel- 
d'œuvre; mais si l'orrùvrerie, que sa matière con- 
danuiail à périr, a disparu, il en reste un intéressant 
souvenir dans les objets île dinandi'rie historiée qui, 
parvenus jusqu'à nous, ])ernietlent d'apprécier le 
génie fécond de nos vii'ux artistes, et vienm'Ul 
s'ajouter aux notions fournies |)ar une foule de petits 
objets de plomb et d'élain, tirés en ces derniers 
temps du lit de la Seine. Les uns étaient des 
jouets, les autres des modèles parmi lesquels on 
trouve un certain nombre de vases des xiv' et 
xv° siècles, de formes absolument inconnues. 





XV' s. — Plombs historiés. Coll. de l'auteur. 

D'après l'inventaire de Louis d'.\njou en 1360, le 
poids total de cinquante aijjuières d'arp:eut est de 
30 kil., et pour une le poids moyen de liO grammes. 
Le poiils moyen de trois grandes est de '1 liil. 180 gr., 
et celui de liuil petites, 5i5 grammes. 

Le poids moyen de mnif aiguières avec puis est de 
7G() grammes pour l'aiguière, et de 1 kil. 450 gr. 
pour le pot, soit dans le rapport de 53 à 100. 

Le poids des aiguières et des pots pris isolément 
dans l'inventaire est dans le rapport de 47 à 100. 



Lorsque l'aiguière est accompagnée d'une iinaile. 
elle est avec celle-ci dans le rapport de poids ib' 115 
à uni, le poids moyeu de neuf aiguières éliiiil île 
I kil. 200 gr., et celui de neuf i|ii.u'les de I Kil. 
8(i2 gr. 




Oiiiinuteiie du .Ml' s. Coll. .1. Créaii. 

1352. — Une aif;iiiçi-e il'ini lininiiie M'iint sur un ilemi 
crtci] à une teste il'evesque — [les. lu. o. {Cple d'El. 
de La fontaine, f" 87.) 

1353. lÎM lioiume euiiiiautellé sur un pié esinaiUé, garny 
lie |iii'.iierii' qui fait pot a eaue pes. 5 m. — 3 o. — 10 
est. ; 1111 auli'i'iiieiit devisé si'luii le eunleuii île ce pré- 
sent iuvi'Ntoiie : une ai^'iiière d'un liniiiiiie sur une bcsle 
jouaiil il'uue conieuiuse... (I). iy.\i\-i},Cjitesdi' l'argenterie, 

p. ;ii-J,) 

1355. — Une aiguière d'argent l'aide à guise iliine pic 
assise sur uii liaulpié d'ariçeut estant dedeiis sou iiil dorée 
et esinalliée — pes. 7 m.t) o. 

Une aiguière d'un lioiiimc assis sur u» ciii| doré et es- 
luiiillée — pes. (j m. 'i o. 

Une ajîiiièie d'un iiiarliiiet assis sur un liabre et sur un 
entahleinnit doré et csmaillé — pes. 8 m. 15 est. 

Une aij;uière irari,'enl en manière d'un Sanson fortin 
d'argent doré et esuiaillée — pes. U m. 3o. {Cple roij. 
de Gaucher de Vannes, (" 193.) 

1360. — N" "!•. — Un eoi| l'.iisaut nue aifjuière, du (|uel le 
corps et la i|ueue est de [leiies el, le col, les eles et la teste 
est d'ar^;ent esuiaiUié de jaune, de vert el d'azur, et dessus 
son doz a un renard qui vient le prendre par la eiesle, et 
ses piez sont sur un pié esmaillié d'azur a eiifaiis qui jouent 
à plusieurs ^ieux. 

N" 8(1. — Un lyon d'arpjent doré faisait aiguière, émantclé 
d'un uiaiitel esmaillié de vert par quartiers, et a une pe- 
tile couronne à pelles el à gréiies. El siet sur un pié fait en 
manière d'un perron esuiaillé d'azur, à bestes sauvages et 
arbrisseaux, et le burt du pié est à soiiages et nue orbe- 
voie, et poise 3m. 7 o. (Inv . de Louis d'Anjou.) 

1365. — lînuiu lennem eupreiiin ail |ioneudum aquam 
pond. Il lit). — taxât. 3 (lor. {Inr. de J. de Saffres. p. 3iâ.) 

1379. — N" 353. — Une aiguière d'or... à uiig biberon 
à 3 tuyanlx. — Hes. 1 m. i o. 5 est. 

N" 1175. — Une csguière cizcUée semée d'esiuaulx et a 
le biberiui d'une teste de biup. — Pes. 2 m. 6 o. 

K° 1 185. — Une aiguière taillée dorée à G carrés et à 
3 luyaulx on biberon, et est cizelléc à bendes et à abri- 
ceaiilx. — l'es. - ni. C o. 

N° 1493. — Une aiguière d'argent esmaillée de plusieurs 
figures, dont l'ance et le biberon sont de 2 serpens et est 
le couvercle couionné d'une couronuc. — l'es. 3 m. 2 o. 
d'argent. 

N" 1804. — Une vieille aiguière d'.argcnt doré en gnise 
de lyon. — Pes. 2 ni. 3o.(/)ir. deCliarles K.,ms.) 

1390. — Pour avoir rappareiUiée el mise a point une ai- 
guière à double biberon — 8 s. tj d. (1" Cpte roy. de 
Cil. l'oupnrl, I» 13U.) 

1396. — Pour la sale il luy faut acliatcr... baciiis, 
cliaun'ouers, un yauver pendant.' (iii manière de langage, 
p. 381.) 



AIGUILLE 



ir, 



V. I itOJ. — Une esguiere d'argent ilorêe nvecques 6 go- 
bellcz, aimové des armes Jlsjr. — Pes. entre 6 et 7 m. 
(Inv. d'Olii'ierde Clisson, p. 4.) 

» — Une esguiere de table dorée et esmaiUée à pa- 
pegaux... Pes. 2 m. ou environ. (W., p. I."..) 

1) — Une esgnière d'or en fesson d'une rose pes. i et 
demi m. (/(/., p. IX.) 

I /VOS. — V\ie aiguière d'or poinçonnée à ojseaux et à 3 bi- 
berons, et le piédessouliz à coulombes (colonnes) et à fe- 
nestres. {Inv. du duc il' Orléans, i° .1-7.) 

1^16. — N° ii78. Une grant aiguière d'argent doré a un 
biberon d'une teste de serpent, esmaillé par dehors à cs- 
maulx de petite et de maçonnerie, de plusieurs ymageset 
bcsteseslevées et dessus le couvercle un chaslcl où il a un 
homme jouant d'une nmsette. — Pes. tout'Jm. 6 o. ISest 
N" 37',l. — Une autre aiguière de cristal d'ancienne façon 
à un biberon d'une serpent et l'auce d'une serpent volage, 
garnie à l'environ de i'ueillages csmaillés de bleu — l'es. 
3 m. 6o. 5 est. — 23 1. t. (Inv. du duc dellernj.) 

1 467 . — Une dainme esmaillée de hlanc qui sert en ma- 
nière d'aiguière, tenant une petite bouteille esmaiUée d'azur 
et est atouruéc d'un atour à paillcctcs braiilans et sur le 
fronta ung rubis pes. 3 m. 1 o. 10 est. [Inv. de Charles le 
7'em.,n'23l9.) 

il — Une esguiere oii a dedens 6 gobeletz, 3 sal- 
lieres, 6 cuUcrs neslée.~ et en plusieurs lii^ux de lad. es- 
gnière a ung 1 et un G entrelachez d'une serviecte. — 
Pes. ens. 16 m. 5 o. (Ibid., n" 2022.) 

ISIO. — Une longue esguiere d'argent qui gecteson eaue 
p.ir laguculle d'ung serpent, et ung auti'o serpent servant 
d'ance. — Pes. 5m. 5 o. (Inv. du Card.d'Amboise.) 

1514. — N" 107. — Une esguiere toute esmaillée, chargée 
de ni, à l'ance ung serpens et uug homme dessus, et au 
biberon ung honnne sans teste tenant une feuille. — Pes. 
3 m. 5 12 0. {Invent, de Charlotle d'AlOrel.) 

fS6l. — 2 esguières d'argent, l'une dorée et l'autre es- 
maillée qui s'oeuvre a viz et se départ en 3 Hors. {Inv. 
du liiât. de Pau, l" 32 v".) 




Dinanderie du .Xll s. Musée de Peslli. 

I60S. — Aiguière est un vase d'oslain, argent ou or, nù 
on met l'eau qui sert pour verser dans le verre, on laver 
les mains, iju'on appelle autrement le pot à l'eau. (Nieot.) 

1690 — Vaisseau rond et quelquefois couvert, propre à 
servir de l'eau sur la table. Il faut que son corps soit cy- 
lindrique, car s'il est plus rcnllé en un endroit qu'en un 
autre, on l'appelle alors pot à l'eau. 

Les aiguières d'argent doivent être marquées et contre- 
marquées au corps, couvercle et collet du pied. A l'égard 



des2 coquilles de l'anse du bec, du su.ige ou doucine, du 
quarré, du pied, ils sont marqués seulement du poinçon du 
maître. {Pure.liere) 

AIGUlliKE D'ESPAGNE. — 1528. —2 pots d'argentdorez 
lais eu forme d'aighières à manche et brochou ouvrées à 
la mode d'Espagne. — Pes. 17 m. (J o. 10 est. {Inv. de 
llavestaind Gani.) 

AIGUIÈRE D'ITALIE. — Id. — Une aighière d'argent à 
couvercle et biberon ouvrée à la mode d'Italie pour servir 
de 2 sortes de vin. — l'es. 9 m. 2 o. {Ibid.) 

AIGUIÈRE DE TL-iiûiiE. — 1471. — 2esguières de cui- 
vre à ance, à la façon de Turquie. Ilnv. du roi René à An- 
:jers, 1» 23.) 

AIGUIÈRE. — Gouttière d'une huue d'épée. 

V. 1250. — t'ierabras trait l'iorance qui fut faite en 
aguière. (Fierabras, \. 1258.) 

AIGUILLE. — Si la iiei-fectioii d'un ouvrage im- 
plique celle des in.strumenls (|ui ont servi à l'exécu- 
ter, on peut supposer que la fabrication des aiguilles 
avait dès longtemps atteint un développement en 
rapport avec l'importance du travail des femmes 
appliqué avec tant de succès à l'art de la broderie. 

L'Orient apporte ici son tribut. Antioche, An- 
drinople, Damas, signalent leurs produits et dis- 
putent à l'Espagne et à l'ilalie une célébrité dont 
ces derniers paraissent être restés en posses- 
sion au xvt^ siècle. 

I 180. — Varias acus habeat(la mechine), parvas et sub- 
tiles ad opus anaglafarum, « tripliarye ». Minus subtiles 
ad opus plumale, parvurn subtiles ad consuendum opus 
vulgare, grossas ad byrrilricas poliendas, grossiores ad 
laqueos inducendos, grossissimas cum anioris illeccbris in- 
dulgeat. (Alex. iSeckam, De ulemilibus, édit. Th. Wright, 
p. 101.) ^ 

'295. — 9 acus de auro cuniGzalliris quarum G sunt. 
pond. I une. 3 quar. et dimid. — 2 acus cum 2 grossis 
perlis in quarum altéra est unus balassus parvus. —Pond. 
2quar. et dimid. et 1 den. {Thesaur. sedis apof^tol . , f° 71.) 

1298. — Les dames et damoiselles labourent moût no- 
blement de aguille sor drasde soie de tous colors à bcs- 
tes et à osiaus et à montes autres ymajes. {Voy. de Marco 
Polo . ) 

1590. — 12 mousics à faire reseul, 9 esguilles le tout 
de cuyvre, 6 autres mousles et 7 esguilles de fer blanc et 
3 eschevaux de ,soye blanche. {Inv. du 13 mars Fre- 
ville, Bibl. de l'Ec. des chartes, sér. 1, t. III, p. 171.) 

AIGUILLE D'AMIOCHE. — 1380. — Or a aguilles d'An- 
tioclift. (liust. Deschamps, ms., f. 50), col. 1.) 

AIGUILLE D'ANDRixopi.E. — V. 1534. — Qui si l'anno gli 
aghi di curire perfettissimi como damaschini. {Cose de 
Turchi, f» lUi v».) 

1567. — La cité (d'Andriuople) abonde en toutes sortes 
de marc handises. . . pareillement les fines esguilles dam.is- 
quinées. (.Nicolay, Peregnii. orient., I. 4, p. I5'J.) 

AIGUILLE DE COR30DE.— 1590. —Onfabriqueà Conloue 
les niiMlleurs guadamecies et les meilleures aiguilles d'Es- 
pagne, et ils s'y font en si gramie quanlité qu'on les ex- 
pédie danstont le royaume et même au dehors. (Ped. de 
Médina, Grandezas y cosas noiab. de Espana.) 

AIGUILLE COSTELÉE. — 1328. — PriMiez des aguil- 
les qui sont faicles pour enter les pennes d'oyseaulx, et 
sont pointues aux deux bouz et costelez. (Guill. Tardif en 
1 192 dit : tranchant comme une aiguille à peletier.) {Mo- 
dus et Haeio, f" 83 v°.) 

AIGUILLE DE DAMAS. — 1550. — Tirant de sa cuculle 
uoe petite esguiltu de Diunm. {Xuits de Straparole, t. Il, 
p. 62.) . 

AIGUILLE D'ESPAGNE. — 1560. — Pour demi cent d'es- 
guilles d'Espaigne — au lourde 45s. le cent. (3° Cple roy. 
de iJav. lilandin, t° 135 v°.) 

AU.ni.LE DE MILAN. 



1500. 



Pour estrènes à ce bon jour de l'an 
Vous envoyé ces dictons et adages 



i6 



AIGUIIJ.E 



Noloz les bien et vous serez que saiges 
MiciiU vous vaudront qu'nguilles de Milan. 
(J. Divry Les estrennes des filles de Paris.) 

IS85. — I niai'Slri (aguccliiaruoli) piu cxicllciili di-gli 
altri sonii i Lauzaiicsi, e iii>i i Milanosi... ma se m: faniio 
poche drile iierfilte, oiule awiene ilie quesli a;;uccliiaruiili 
son stiiuali usarti froili assai non le tcuiprando con c|ui'lla 
dlliceu7.aclie si richicde; oitraclie il |iiii ilellc volte viMidoiui 
le Milanesi por le Lanzanesi. ((larzoni, La phmu uiii- 
vrrsale, cap. 4G.) 

AIGUILLIER. — Ct' pclil objet, alisoliininit ilis- 
tiiiii (11' l'iliii à aitruilli's iiioileriio, ('tail au moyen 
à};e un jjraoieux accessoire do raccoulrenient des 
daiues; il se portail sur le côté, suspeniiu à la 
ceinture comme le davandier, les forceltes, le cou- 
teau et autres menues choses qui furent plus tard 
reni|)laei''es par la châtelaine. 

La forme de l'aiguillier était alors celle d'un 
losange, ainsi que le prouve une des citations sui- 
vantes (I50l)et le dessin (inhlié par M. Itarcel : une 





non pas les merciers. {CoHClui. des Orfèvres de Paris. Arcli. 
A.. 1U33-4.) 

1436. — N° •Ll. l'n massapan en i|uoy a un^; esgiiillier 
(l'argent, un nianclie de ooiilian ^arni iTar^'cnl, une petili^ 
chayni'llc d'or gai'nii' de menues perles. (Inv. </« ilidl. 
des Uaujc, cli. 3, p. 131.) 



XIV s. — Cuivre émaillé. D'après A. Darcel. 

erivcloppe résistante en bois, métal ou ivoire avec 
ciselures, inscriptions, émaux ou sujels, recouvrait 
plusieurs petits morceaux d'étolfe taillés aussi en 
losange, sur lesquels étaient piquées les aiguilles 
comme elles le sont sur les feuillets de nos ména- 
gères actuelles. Cette enveloppe, percée d'un trou 
dans sa partie supérieure, glissait librement le long 
de la tresse ou cliaine à laquelle étaient fixées les 
petites pièces d'étoffe. Cette disposition très simple 
permettait de prendre ou de replacer sans aucune 
gène les aiguilles qui se trouvaient, en laissant 
retomber l'enveloppe, assujellies et couvertes. 

(.luelcpiefois renveloppe de l'aiguillier était faite 
d'éliiHe eiiiicbic de broderies, de perles ou d'autres 
ornements. I,a forme carrée, moins agréable |)onr 
une pièce de suspension, parait néanmoins avoir éli' 
an xvi' siècle généralenn'ul préférée au losange. 

1300. liOrs trais une aguille d'argent. 
D'un aguiller inignot et gent. 
(Rom. de la rose, v. 92, cdit. Fr. Michel.) 

1391 . — l!n aguilier de drap de laine à couches de soye 
et à menues pierres indes. (Cil. Laborde, Gloss. etrepert.) 

xiv» s. — Demandent l'iniposirion de touz a^uilliers <le 
soie, d'or et d'argent, rcspondant lesd. orfèvres que se la 
ouverture de l'aguillier cstoit d'ur ou d'argent ou garni 
de pierrerie, que c'est orfèvrerie, et les font les orfèvres et 




ft 



V. lôoû. — IlibUûtk. Hichel. 



Fr. n» 25431 



1504. — La chapelle que donna feu pape Clément de 
Beaul'ort... de samit vermeil semé de losanges ou éguiUiers 
d'or. (Inv. de la Catli. de Sens.) 




V. 1380. — Ihid., n" '.), P> 13 V. 

1512. — Ad cinguhnn (geruiit iniilieres) cultellum, ab 
alla acuanuin ; viderentur niaresealli si haberenl forcipes. 
(Barelele, Serm. du l" Dim. de Carême. V' 25 v" ) 

1561. — Ung csguiller d'éhène garny d'or — ung autre 
est;iiiller d'argent esmaiUc de noir. — l!ng autre esguil- 
lier d'argent fait à jour, de lit tiré. (Inv. du chût, de 
Pau, f y.) 

. 1564. — l'ng aguillier de perles avec des boulons de 
perles et aultres menues perles... (Inv. du Puijmoh- 
nier, I" U.) 

» — 3 petits aguUers. 2 ayant des boutons d'argent an- 
lùurt et l'auHru roiivcrl de semence. (Ib., fo 2G1 V.) 

AIGDILLETIER. Esguili.etieh. — Synonyme d'ai- 
gnillicr on peut-étru un étui, une boite à renformer 
les aiguillettes. 

1566. — Vng esguilletier de cornaline enchâssé d'or 
et une petite cliayne d'or — 6 1. t. (Inv. du duc de Ne- 
vers, p. 27.) 

» — Ung esguilletier d'or laillé il'espargne esmaillé de 
noyr — Pes. 5 gr. 2 den. — Prisé U I. t. (Ibid., p. 31.) 

AIGUILLETTE. — L'extrémité métallique et 
poinUie il une niiiice lanière, d'une tresse OU d'un 
cordon ainsi ferré pour réunir, en les laçant ou en 
les nonanl, les différentes parties du costume ou 
quelques pièces do l'armure. Ce terme s'applique 
imlilléremment à tout ou partie de l'objet, dans le 
premier cas on donne à ce bout le nom do fcrret. 

L'usage de l'aiguillette dans le costume civil ne 
s'est généralisé que vers la (in du xiV siècle. Nous 
le voyons à cette éiioque servant à attacher les 
cotes, jaques, pourpuinls et les chausses, à lacer le 
devant des houppelandes, à (ixer des agrafes di; 
chape, à nouer des lentes. Au xvr siècle les aiguil- 
lettes deviennent un ornement pour la boussure des 



AIGUILLETTE 



17 



chevaux, et au xvil" on en l'ail îles franges et des 
panaclies sur rini|iériale des carrosses. 



■^isïïari 



XV* s. Cuivre doré. Foidlles de tu Setiie. 

Les maliéres employées à la confection des la- 
nières sont les cuirs mégissés de daim, de cordonan, 
de chevreau, d'agneau, de mouton et de chien, la 
soie et même le fil d'or. Pour les bouts ronds, carrés 
ou triangulaires, qui étaient simples, doubles et 
même triples, suivant que l'aiguillelle devait laeer 
ou nouer, ou se servait de cuivre, d'argent, d'or 
ciselé ou émaillé, et linéiques texies prouvent même 
qu'on y ajouta des perles et des pierreries. 

Au xill" siècle on trouve déjà l'aiguillette em- 
ployée à fixer certaines parties de l'armure, comme 
le camail de mailles, et dans les deux siècles sui- 
vants les spallières, les pièces des brassais et les 
petites targes de joule. 

Du xiV au XYll' siècle les aiguillettes non ferrées 
ont servi à maintenir une grande partie des livres 
recouverts de parchemin. 

L'aiguillette occupe en outre une place dans l'his- 
toire de la sorcellerie, et Anibi-oise l'aré, dont la 
science a comhallu lant de pri\jugés anciens, y 
croyait encore. 

1347. — GOagulettz de i:uprn. Si aj^uylleltcum pnnclis 
(le ciipio. — l'J"2 n^'iiylletlz serici cum iiuiictis aigi-iili. 
{Cptes roij. d'Edouard lit, p. aO et li.) 

1386. — Pour 6 douzaines d'aguillettos de dain d'Angle- 
gleterre feirées d'argent doré au prix de il s. p. la dou- 
zaine, pour argent et faenn, et 2 s. p. pour le cuir de 
cliascune douzaine. ICpte roij. de Guill. Unmel.fiO vo.) 

1398. — Fait et forgie loi liouxd'or des quelles .'lO sont 
luers, en façon de viz et les autres tous pleins... mis et 
atachiez en 5U courtes aiguillettes de ruban de soye noire 
chacun aux 2 boux, jjour mettre et atachiér aux assiettes 
des manches des pourpoins du roy. (10' Cpte roii. de 
Ch. l'oujiurt, {" IS.) 

1398. — (exposé)... que comme du temps de présent et 
depuis pou de temps eu ra, il soit accoustumé par pleu- 
sieurs de peuple de garnir chausses pour attaiher à aiguil- 
lettes ou lanières et les porte-on ccminiunéinent, ce que an- 
cicunemeut on ne soulnil pas l'aire, mais su\iflisoit l'aire 
chausses sens garniture pour ce que eu les atachoit à un 
nouet par devant... pourront faire et vendre chausses 
toutes garnieset autres eu la ville île l'aris. (Ordorm. des rois 
t. VIII, p. 302.) 

1 404. — Pour av-ir ferré aux 2 houx, d'argent doré G ai- 
guilletlez de ruban de soye de i eouleurs, font 12 boux et 
sont qnarrés, et aussi sont les hmix longs et quarrez, et 
poise chacun bout 2 est. d'argent ou environ... pour ser- 
vir à jneclre eu la poitrine des houppelandes et habis du 
roy. — 24 s. p. (23" Cpte roy. de CImrtes VI, p. 25.) 

I 405. —Avoir fait 2 bouts d'aiguillettes d'argent néellécs 
pour un jaque pour MdS. — t Cptes des ducs de Uounj. 
Laborde, n° 70. | 

1*19. — {l'rise deliouen par tes Amjttiis) Aucuns qui 
par avant avoient l'ait terrer leurs aiguillettes de pièces 
d'or pour les porter plus secrètement. (Monsirelet, p. iUl,) 

1445. — Cbaigea pourempriseune manchetle de dame 
faictede ileslié volet moult gentement brodée, etfitatacher 
ieelle emprise à son bras senesire à une aiguillette noire 
et bleue richement garnie de diamans, de i)i'rles et d'autres 
pierreries. (Oliv. de I.a Marrhe, p. m).) 

1446. — Par dessus iesi|uelles deux piè.i's d'avaut-hras 
il en a une autre (|ui rouvre le code et la ployeure du bras 
et partuï îles autres deux pièces aussi, lesquelles trois 



sont pareilles lant au braz droit que au senestre; et se 
ataehent avecques esguillctes. 

{Du eost. niitil. franc, édit. Belleval, p. 3.) 

1449. -- Pour 12 aiguillettes de cuir de chien férées 
pour atachiér les affiques aux chappes de l'église. (Cptes 
de iV. IJ. de Suint-Omer.) 

1471. — Ung petit livre en parchemin couvert de cuir 
noir fermant àesguillettes. (Mr. durai René f" 19 v°.) 

1487. — n° 2080. Ung petit livret couvert de satin vert, 
l'un des cnlez armoyé des armes du duc Jehan, a 2 esguil- 
lettes d'or et de soye grise et a chacun 2 fers d'argent 
doré . 

n" 2082. Encoire plus petit livret en latin cou- 
vert de satin noir à 4 esguillettes de soye noire sur chas- 
cun costé, {Lit)r. des ducs de Bourg. — Bibtiotli. prolotijp.) 

1490. ^ Art. i. Pour le chef d'œuvre d'éguilletries 
fera led. ouvrier une grosse et demie d'éguilletles dont il 
y aurademy grosse à armer et demy grosse à bardardes et 
demy grosse marchandes; lesquelles cguilllettes seront 
teintes en telle couleur qvie les maistres jurés aviseront, 
et seront toutes cloutées. 

Art. 9. Sur le f;iit de l'esguilletrie ne sera fait mille 
esguilettcs qu'elles ne soient taillées du long du cuir et 
touttes clouées et ne seront point mesiées lesd. csguilleltes 
de mouton avec celles de chcvrotin. (Stat. des liaudroijers 
d'Angers. PoiiT. .4rc/i. de ta mairie d'Angers.) 

1520. — 20 grosses il'esguillettes tant de soye que de 
cordon . . . pour servir à atacher les toilles d'or et d'argent 
desd. pavillons (Cp(es de ta Comm. des tentes, f. 19.) 

1534. — A Denis deRippailc, marchant niillanovs, 901. t. 
pour 8 douzaines de fers de cristal garniz d'or servant à 
ferrer esguilettcs que le roy a de luy acheptez. (Arcli. S. 
Cart.,<M\, liasse. 962, pièce 181.) 

1547. Pour 18 grosses esguillcttes défit d'or conte- 
nant chacvme demye aulne de long qui furent mises à 
la housse dud. grant cheval d'honneur. — Pois, li o et 
demye d'or à raison de 22 I. 10 s. le m. — 18 1. i s. G d. 
(Cptes des funérailtes de François I". [iibl. Richel. ms. 
1(J392, f. 291.) 

1549. — 12 s. pour une douzaine csguilleltes détresse 
de soie noire à inectre àunc robe de velours noir. (Cptes de 
.]fiirguerite de Xavarre, f" 01 v".) 

1556. — 2 douzaines d'égulhcttes de perles trois en- 
semble à chacune 2 perles. — !.■) pièces d'égulhcttes à 
2 perles chacune, esmaillées de noir. — 16 autres émalyéej 
de rouge. {Inv. de la rogne d'Escosse, p. 5.) 

I 566. — lliesguiUetles à pompons d'or sans esmail à font 
biuni, — 5i et demi de feis d'esguillete faictz en façon de 
trianger esmaillez de blancq. {Inv. de Marie Stuurl,p. 111.) 

1579. — 11 ne faut douter qu'il n'y ait des sorciers qu 
nouent l'aiguillette à l'heure des épousailles pour em- 
pêcher l'habitation des mariés, desquels ils se veulent 
venger meschamment pour semer discorde, qui est le vray 
méfier et office du diable. (A. Pake, Cliirurgie, 1. 18, c. 13.) 

1641 . — Et pour l'aiguilletericapresterontune douzaine 
de peaux de chèvres ou de mouton selon la saison et les 
passeront en galles, en redon, en saumate et en heibc 
aussi, le tout bien etileuementaccomodé comme estrequis. 

Et feront demie grosse d'aiguillettes bien tailliées et 
accommodées comme il faut.Scavoir douzaines ferrées à 
gouttières, limées et couronnées tant derrière que devant, 
6 douzaines à rond sans que la jainture paroisse aucune- 
ment etO douzaines ferrées tant à façon d'or que d'argent. 
iSlat. des Megissiers de Xantes, p. 181.) 

1 690. — On appelle aussi aiguillettes des toun"es de ru- 
bans ou de cordons ferrez qu'on met au bas des chausses ou 
aux impérialles de carrosse, seulement pour les orner. 

(Furetière.) 

.\lt'.i:iM,KTTES(PBlx.)— 1593. — Letton pour esguil- 
lcttes, la livre 18 s. — Esguillcttes de Padoue, la dou- 
zaine 6s. — de Oèncs, la donz. 35. — Esguilletles nmyen- 
nes la douz. 3 s. — de soie pure, la douz. 12 et lô s. 
— de cuir, la douz. 2 s. G den. — et les autres 1 s. 6 den, 
{Tarif du comlat Venaissin, p. 386.) 

AIGUILLETTES. — Cure-denls. 

1455. — Pour la lerreure de 2 la(z de soye en façon 
d'esgoilletti's à m^toycr dens. (1"'' Cpte de À. Damgcn, 
Arch. K. réij. 271 .) 

2 



IN 



AII.KS 



AILES. — Los courliiii-s nu li'iilurcs (|iii alirilonl ilii cdiiis cl li-s claviciili's. Kllc a, sauf de Iri's raies 



les côli's d'un aulcl. 




XV 



Le secret de l'hist. naturelle, tns. 
app. à M. C.h. Stein. 



1371 . — Pour Ii's mirves rlrs du ;.:riuit aultîl.qui sont de 
bleu s.imiu et liordoes des 3 lé> d'un diiip d'or el de soie 
et desous de vert sainiii — pour le 501e jiour koudrc, i 1. 
12 s. 

/(. Pour 120 aunes de ruliaii de soie qui fui mis esd. Mes 
7 1. 10 s. (Huudoy, Cptes de Cambrai, ]>. i6i.) 

AILERON. — Aucun document ancien ne nie per- 
iiicllaiil d'attciliuer ce nom à la parlie de rarmure 
en tbrme de cœur ou de demi-ceirle ipii est comme 
i'ap|)endice interne delà ciibilière,et que Viollel-lc- 
Duc ai>pclle (jiirdo-cubitii've et aussi (jurilc-hrtis, 
je me contente de rapporter ici la définition donnée 
par.M. lic'iié de liidleval {I'iiiinpli(',\>.t'.i) : « On iioiiiiiie 
«aileron la partie de la culdtière (|ui garantit la 
» saignée. Tantôt l'aileion enveloppe tout à t'ait la 
» saignée du bras, tantôt il n'en l'ecouvre que la 
«moitié antérieure. Ile très grande dimension |I(mi- 
» daiil toute la durée du wf siècle, il diminue lou- 
» jours jusqu'à l'époque de Louis Xlll. » 

AILETTE. — Ce terme, dont rem]doi est d'ori- 
gine ani;laise, a sur le mot ((/(';-o)i , qui nous appar- 
tient eu |U'opre, l'avantage d'une signilicalion plus 
précise; l'usage moderne on Krance l'a d'ailleurs 
avec raison délinilivement consacré. 

Kiitre les années liTl et 1318 on voit apparaître 
une nouvelle pièce de l'aiwiiure empruntée à l'Orient 
à la suite de la huitième croisade, et particulière- 




V. I3IJ0. BMiotli. Hicliet. iiis. jr. n" Ki:.. [•■ "i:!'J. 

nient mise en usage ilans les tournois, c'est l'ailette 
qui, posée sur les épaules et inclinée vers la télé, 
pouvait protéger rlans une Lertaine mesure le haut 



exceptions, la l'orme ipiailrangulaire et est toujours 
armoriée comme l'écii. (,>uel(|iies textes de la même 
épiM|ue la désignent encore sous le niim d'i'spiiiilicre 
àlDiirnoijer. Voy. ce mol. 

Les plus anciefis exemples d'ailelle à date cer- 
taine ipie j'aie à ciler soni la iiiiniiilure ci-jninle de 




l-JTi. Ilnd. Il- 342, /•.. 15(1. 

\ilï, le sceau d'ileelin de Svsoing de \'i~') tiré de 
la collection de l'Iandre aux ariliives, et le plus 
moderne celui d'Kudes jV, duc de llnnrgogne, à la 
date de 1318. A partir de celle époque et luèine 
auparavant, les ailettes sont icinplacées jiar des 
spallières ou i-oiidelles pareillement armoriées (pi'on 
retrouve jusiiu'aii milieu du xV siècle. 

Si incommode (|iie paraisse l'usage de ces ailettes 
retenues en nn seul piiinl de l'épaule par îles ai- 




V. l:tll(l. Iliid, iiis. iilleiii. n" M, /'■ 82 v". 

guilleltes,comm(^ le l'ait connaître le texte de I27S, 
on ne peut admettre ((ue celle partie du costume 
militai]-!', ipn» je consiiièr'e plutôt comme nu |iare- 
iiieiil et une pièce lioniii'ahle que comme nue dé- 
fense, fut attachée par une courroie entourant le 
cou et les épaules, attendu qu'au moindre choc ces 
pièces eussent perdu leur position res|ieclivr. Il 
fallait nécessairement qu(^ chacune d'idles fut isolé- 
ment fixée à l'épaule ([u'idle devait couvrir. Or je 
n'ai pu observer i|u'une fois clairement l'existence 
de cette courroie unique traversant le cou et les 
clavicules, dans la parlie la moins ancienne d'une bible 
bisloriale Hlilil. Itirlii'l.,\us. fr.,ir 152, f 171) ilonl la 
dale 111' peut être aiilérieiiri' à l.!70, et où (die 
maintient une [lièce armoi'iale l'iinde i|iii est plutôt 
une xiiiitticrc ou rspinillii'ii' ((n'unc ailetle \ny. ces 
mots. 

Dans les effigies lnmulaires,on trouve, durant celle 
période iW soixante-dix ans environ, les ailettes 



AIKAIN 



lU 



iiicliuri's ou vciiicjilos, pusôrs en avaiil lUi lmi arrière 
ilu |icrsoiiiiag(.', MOU do prulil, couiiir' l'oi'it exigé la 




é 

1325. Thih. de Pomoltiiiii. Egl. ilc Coiilommieix. 
Aulaure et Picliot. Mon. de S. et Marne. 




\IV s. D'iiprèx ValliT, Momiin. brasses. 

vérité (lu costume, mais toujours de 

préseutcr les armoiries à une exe<'ption p 

donne ici comme un rare exemple du re 



lace 


pour 


l'es c 


ne .le 


vers 


iuté- 


mil 


|i:irc 


i'MlK 


mil 70 



rieur de l'aili'He. 

1278. — 38 paiin aleUarmii cmii — \m< 
8 lien. — 8 ilmidciio lai|Ucoriiin seriiiuiiiii ail 
allelas — pro mia diioilcna K ilcn. 

— l'ro iiiiii [lare alotlanim 1,2 ulna lanl.'. 

— Plu 38 |iari|iiis 1!) iilne — pm iiliia i dcn. 

iCptesdu luurmide ^Vimlsor. Archifulwiia, I. XVIi, p. ;iU2 
à 310.) 



V. 1280. Au alct eiuimelde lie oclius in soniiirc. 

{Mort dWrlus, ms. Lincoln f" 80.) 




XIVc s. D'après Stottianl, pi. ."il. 



1313. — /(. Divers .ïaniementz des armes led. Picres 
ovek les aleltes garniz et frétiez de perles. (Invent, de P. 
Gnreslon, p. 203.) 

1322. — l poire de aloltes des armes le comité de. Herc- 
l'oril. [Inv. du Cte de Ilereford, p. 3i9.) 

AIMANT ARSENICAL. — Sulfure d'ar.senic, lo 
réalgar, eonl'oiidu autrefois avec l'orpiment et dont 
se servaient les peintres, les cliirnrgieiis et les ma- 
réchaux. 

1650. — Si vous voulez faire ce qu'on appelle ordinai- 
rement aymant arseniral meslez led. arsenic avec le 
soulplire en canon et l'antimoine crud, parties esgales, ou 
un peu moins d'antimoine, pour qu'il soit plus vermeil. 
(A. liarlet, l'Iujsiq. résot., sect. 3, ch. 2.) 

AIRAIN. — 1 345 . — A Mathieu Quesnel pour refaire et 
résauder une grande tlecque de fer de la grande tour de 
Belle-Mote (à Arras) li i|iielle estoit rompue en 2 pièces 
et le chevalier d'arain qui estoit deseure, par force de 
grant vent. . . 

A Colin Regnault pour refaire l'un des chevaliers d'arain 
de Belle-Mote qui estoit en 2 pièces, pour reclouer le 
heaume et l'espée tout de iioriif arain — is. (Cple des 
chat, des Ciei d'Artois, Arch. K.K. reg. 393, f" 105.) 

V. 1500. — Dubronzcà fairecloches qui est airain avec 
la troisième partie d'eslain et nu pour cent de marcassile 
d'argent. — Le métal pour faire artillerie est airain avec 
10 pour cent d'cstain, de quuy je me remets Imijours au 
jugement de très prudents fondenrs qui jettent et fondent 
les artilleries en l'arscnac de Venise. . . Le cuivre est airain 
infus avec geîamine. Le mélail d'argent avec la moitié 
d'airain. — On fait aussi une com|iosition d'estain avec 12 
pour cent de plomb pour faire plats etescuclles. (Kiora- 
vanti, il/iroir aes ar(s e( .sciences, trad. de 158i,l. I,p. l-W.) 

AIRAIN DES CH\UDRON.\iKRs. —V. 1200. — Toile cala- 
minam... cum carbouilius minutissime tritam, et in sin- 
gulis vascidis quam ad sexiam partem pone, et eam peuitus 
cupro... impie et caibiniilms operi... Cum vero cnprum 
omnino liqiicfactum fueril, toile ferrum gracile, longnm 
et ciirviim, Ijgiieoqiic iiianiihrio infixiim et iliiigeuter 
commove et raiamina cupro cummisceatur. . . et cum for- 
cipe vas iinum eicieiis sulcis lu terra fossis, totiim elfunde 

. . . Hier commixtio voealnr a-s unde caldaria, lebctes et 
pelves fimduntur, sed non potest deaurari i|iiando ante 
commixtiniiem cupriiin non fuit peuitus a plumhn piir- 
gatum. (ïheopliil. .Sc/icrf. divers, tirliuiii, I. 3, c. Ii5.) 

AlllAIN DE CHVi'RE. — 1556. — L'erain de Cypre est 
plus dur que le nostre, et est de deux gerres (genres), le 
naturel qui a di"^ macules d'or enlreluisantes rnmiiie j'ay 
veii. On réfère en avoir esté Ironvi' en l'isle d'Kspagne 
du nmiveau monde nue pièce du pois de t'tlO livres... 

Il est aussi aitHiciel et est appelé cuivre nu léton en 
latin clipnim, pour la proximité de la voix Cfipros. Le 
plus excellent en l livres d'érain contient une livre de 
plomb blanc que lions appelons estaiii, et le plunib blanc 
mesli- jnsqiies à la liuictième partie d'érain rend le cuivre 
excellent. Et si on met du fil d'urclial au lien de plomb 



20 



\lli\|\ 



lilanc, le cuivre sera plus vil. Si le plomb noir, pour cvilcr 
la (lespcusc, coiniucut on ;i de coustunic, est niesié à 
l'ciuiii au liru ili' pliiiiili lilaiic, l<' iiiivrc e>t tri'S vile. 

L'usa^'i* ilu l'iiivi'c l'sl aux niacliiiies à l'eu Cdiume aitil- 
leiic, eiiaudirres cl aulios matières senililaliles. (Canlaii, 
Subtiles iiirenl., 1. 0, f" IllO v» ) 

AIRAIN DE COIIIXTIIK. — IS97. —On appelle l'aireiii 
lie Coriiilhe, cesti' eaiifusiun (pii se fisi de Idules sortes de 
inélauN lurscgue les statues, ipii esluyent à grand niiinbri'. 
se liMidireut eu reinlirasenient de Ciirinllie. (J. Itndiii, 
Thi-'Urf (le lu »(/(., I. i, secl. IH. p. 3(il.) 

AIREAU. — (lliamic, ilaiis sa I'oitiic la plus siiii- 
,.le. 

1457. — Le suppliant prinl un;; ayreau Inurni de 

coustre et de souel. (.irc/i. JJ. 18'J, pièce 180.) 

1600 — Leur baillant (aux jeunes bo'ul's) un petit airean 
miCKulre, di)nt b's IVrez labourer sur terre légère. (1)1. de 
Serres, Tlirdire il'aijric , I. l, c. 9.) 

AISCETE. AlsSK. - Otilil de cliapuiseuf do sclii-s. 
lu'riiiiiu'llL' ù lar^j'c fer enniiiii' la houe des vigiic- 
roiis et eaiiibfée pour le liavail des courbes. 

1360. — Nus rbapuiseur ne pni-t ne ne doit melre 
enlour nule viez sèle, c'est à dire unie viez sèli' rapareiliéc 
ne à eoutel ne à aisse, c'est-à-dire à lianel. (Et. Xioileau, 
tit. T'.l, p. -.>l(;.) 

1635. — Knniiiela, liaehe de menuisier reccMuliée en 
dedans ù guise d'aiscele «limt il dide une pièce de buis 
posée de front ou couchée de plat. (Monet.) 

AISEMENS ii'o.sTEl.. — Meubles el uisleiisiles de 
iiiéaaj^e. 

1231 . — Aisemcns d'Iinstel c'est assavoir vaissel où ou 
met vin, et tout aisément d'iu- et d'argent seront prisé 
chacun an avec les autres nienbles. Illixl. de Meau.r , t. Il, 

p. m.) 

1390. — Telz en cui je avoie taille... lors que en .lisc- 
nicns d'osicl. (Ordonn. des r., t. VII, p. 363.) 

Aïs. .Vi.-iSEi.ES. — FeuiHol.s de boi.';, de iiii'i;il dii 
d'autres niatiùres résislaiiles, employés à la reliure 
des livres et iiuc plus tard a reniplaeéos le oarlou. 

1360. — N .Ï7. l'n ymage de Saint l'icrre... eu sa 
senestre (mainlient) un livre dont l'une des ays est de 
crist.d et est led. livre pour reliquaire. {!nv. de Louis 
d'Anjou.) 

1380. — No 2850. Unes très petites lieur.'ttes qui ont 
les axes d'or éniaillé de France et de Navarre et de l'An- 
nonciation, et sont en un petit cstuy de brodeure d'or. 
{Inv. de Charles V.) 

1401. — 2 livres l'un d'ouvangille et l'autre d'épitles 
coHvers d'asselles de fust, qui sont aotirnées d'argent ù 
il a plusieurs esnianlz el plusieurs pieres. {Inv. de 
l'Kijl. de Ciiiiibiai, p. 325.; 

1409. — Du 3 janvier — unes heures de N.D à l'usage 
de Pionie, toutes neufves, enluminées d'or, les deux cou- 
vescles d'icelles d'or massif, sans bois, sur uug des cou- 
vcscles N.D. droite el l'ange en manière de l'Anunciacion, 
eslevés et l'smailh's de blanc, de rouge et de pers, ung 
pot plain de lleurs de lis entre l'ange et N.D., aux piez 
et au dessus de .N.D ung auge tenant une couronne et au 
dessus de l'autre auge N. S. en nue, teiianlune piunnied'or et 
une croix dessus, en sa main senestre, esniaillé l'un et 
l'autre. En l'autre couvcscle, saint Loys de Marceille 
tenant uni- couronne et une mitre en sa teste, et saint 
Loys de France tenant unes heures et le sceptre royal en 
l'autre, coroiiné led. Saint Loys, et eslevez et e-maillé et 
dessus led. saincl Loys de France une main descendans 
d'une nue, donnant la bénédiction el au dessus des capi- 
taux de chacun des deux couvcscles, 3 anges eslevez d'or, 
sans esniail et au dos de la Heure dcsd. heures 2 anges 
entaillés sur or à plat, l'un tenant unes orgues, l'autre 
une vieille, fcrmans lesd. heures à 2 bras el 2 mains d or 
yssans de 2 nues, fernians lesd. mains icolles heures et 
mises lesd. heures en une boistc de satin vermeil et tout 
en ung estny de cuir doré. — el délivrées lesd. heurcspoiir 
porter, donner et présenter à madame Bonne, femme de 
M. S. d'.\rniignac, à l'esponser mademoiselle sa fille par 
M. S. le duc, (Dibliolh. Hichel. Cub. génealoij.) 



1467. — ^" 12fi'J. — Vng livre en parchemin couvert 
d'aisselles paiutiirées à manie de draperie d'or, intitulé au 
dehors : li\ie de Meliiziiie. - [lAbrauie des ducs de Hourg. 
ISihliulh. iirololijp.. ]>. ISli.) 

AISSIL. —Essieu. 

1344. — Tour i fer d'aissil pour led. Kar. — 12 dcn. 
(Cples d'ouvr. des comtes dWilois — Arcli.KK. rey. 3'.i3, 
r KM.) 

I 465. — Pour la ferrure dcsd. serpeiiliiies, 211 liandi'S de 
fer pour la ferrure des i roulies des 2 allais, I heusses 
8 fers (l'aissis et 201) de clous. — l>es. enscmlile Kiî 1/2 I. 

II. Du grant lien de fer pour lier l'aissis par le milieu, 
((iarniiT, L'arlill. de la conim. de Dijon, p. 22-23.) 

AJORFFE. — Terme jinrliifîais fraiieisé, à joindre 
;iu\ ilivi'is noms (lu'nii a donnés aux perles. 

1531 . — 117 Gros ajoill'es dictz barroqucs enfiliez en 
7 lilletz pcs. eus. 1 onc. 12 grains. 

12il onces de .iljod'ar perché et non eiifillé. Id, 13 Ironsses 
lie aljiirlTar gros et de lioiini" eaue dict coinmuiH'Mneiit pie- 
dreries, roiiteiiaiit Irsil. 1;{ trousses 112 cordons jics. ens. 
aiissy le nnmbre de 13 desil. grains de piedieries qui ne 
sont enlillez, le tout venant de l'ciiille puur l.i cliappe im- 
périale. (Inv. de Cliailes-Quint,f' TSIi à 788.) 

1600. — Les marguerilcs, unions ou perles... sont ap- 
pelées par les Aralies et les Perses i'h/h, par les Indiens 
moli, par les Jlalaiiars mulu, par les Portugais aliofar, 
el du port de la Perse julfiir. (liocce de lîool, Le parfait 
joaillier, I. 2, c. 30.) 

ALAMBIC. - 1365. — l'nuiii fornelliiiu pliimlienmad 
facieiMliiMi ;tqiiaiti ros;ii'e;im — taxât. 7 groçs. — Item 
quoddam iusiruiiientuin ad facieiiduni aqiiaiu ardenteni 
ieau-ile-vie) — 15 gross. {Inv. de J. de Sa/frei, \>. 350.) 

1454. — 2 alainbiz de voirre pour faire cuire et distiller 
eaiies et medeciiirs pnur sa peisniine (la reine malade) — 
40 s. t. {.{rijeiiterie de la reine, \" l'.jilr de J. Hmltelel, 
f" III.) 

AL6ARELLE. — l'ariui les prodiiils des fa'ieii- 
n'i'ii's ilaliriiiii's i{in peuplent si abondamment nos 
eolleelioiis iiiDiloriies, ipiel(|ues-uns avaient un iinm 
spécial et aneieii (jii'il importe de leur reslilinr. — 
L'alliarelle à panse eylindrii|ue est du nombre, et il 
faut espérer que ee mol prévaudra sur la désiifiia- 
lion trop va^'iie el souvent erronée de conicl île. 
pliiiniiiicic qui l'sl le terme actuel. Ou remarquera 
à ce propos que (iarzoïii iiiiiis révèle le nom d'un 
artiste peu cnunii et que sa spécialité avait cepeii- 
daiil rendu célèlire au seizioiiie siècle. Voy. Mai'.D.V- 
l.KON. 




A. Picolpassi /'(. i. li. Coll. de l'aul. 

1560. — Cestuv-cv (vov. la fig.) pninct ne se trouve 
qii'eniiny les maist'res" italiens, il ait autre nom (pie Alba- 
relle, ne qu'il se nomme aullrement dans les pharmacies. 
P.égulièreinent se facsonne d'une seule pièce et à des gran- 
deurs diverses. — (Picolpassi, L'art du potier, 15.) 



ALCAHAZAS 



21 



1560 — Ci sono anco fra loro ili molle fraudi etinganni 
non solamente ili apparcnza njilicolosu, corne (\uoi liusso- 
lolti i|iicgli alliarelli cl (|uell(; s,-at"lc l'Iic cori letlei'c rnai- 
uscoli' e gi'osse e allmlonn (allora mille uni;iienli o coii; 
fetlioiii ô aromatici pretiosi c, non ili mono son vacui 
(Iciili'o porlanilo lo Soprascrilto liilirnlnso tli fuori corne 
faniÈO i busGoli di maestro Grillo ila Conegliano. (Carznni, 
La piai-^a univ., eap. 81), p. Ii6i.) 

ALBASTOTE. — Niivin^ qui, suivant Jal (Glos. 
iiiuil.). faisait au seizième siècle partie de la ma- 
rine portugaise. 

1515-22. — Les vaisscaulx sonblilz sont gallèrcs bas- 
tariles... gondi'es, esquiffes, chattes ponr descliarjçer et 
cliar^er, caraciues, albaslottes, etc. (Ant. ilc Conllans, Les 
faitz-de la marine et navigaige.) 

ALBATRE. — Il n'y aurait pas lieu de noter, 
outre les deux espèces minérales qui portent les 
noms d'all)àtre gypseux et d'albâtre oriental, une 
distinction très connue qui range la première parmi 
les matières tendres et un peu vulgaires, si je n'en 
prenais occasion de signaler ici un fait curi(!ux dans 
l'iiisloire île la scniplure française an quatorziènn^ 
siècle. 




Entre les années 1360 et IMO, il a existé en un 
endroit que je ne suis point en mesure de préciser, 
mais ([ne je son|içoniu> an pied du Jura et dans les 
environs de Saiiil-Cdaude, des ateliers de sculptui-e 
en albâtre d'où sont sortis une prodigieuse (juantité 
(le retables d'autids bisloriés des scènes de la Pas- 
siou.ou d'épisodes relalifs à la vie des saints. (](!s 
ligures sont originairenu'ut peintes et rehaussées 
d'or, comme le prouvent les citations suivantes et les 
nombreux spécimens disséminés en Tranee dans les 
églises el les collections, l-enr din'nsion, à répoi|ue 
précilée, dans tout(!s les provinces, semble même un 
obstacle à la recberclu' de leurorigine; mais on doit 
les supposiM' faites dans un lieu nni(pie et voisin des 
carrières d'albâtre dont le iionilin^ est en Fraïu'e 
assez restreint. 

En quelque endroit ipi'on les (rouve, ou recou- 
nait les mêmes procédés d'arl, un piiui'rail presque 



dire la même main. Les mêmes sujels y sont repré- 
sentés d'inie manière identique, et qui rappelle par 
sa nnnu)loui(! les rites de la peinture hyzaiilinr. 

r.es types, (|ui semblent être la perpétuelle copie 
d'un nn)ilèle n]ii((He, s'écartent d'ailleurs nolalile- 
uu'iil du caradère des autres scul|)lures conlem- 
poraines, et de celles des églises (Ui particulier. 

l,es panneaux de ces retailles se composent de 
figures de bant-relief d'une silbonelte un peu sèche, 
aux traits proéminents, (aillés avec une hardiesse 
qui n'exclut pas un certain Uni dans l'exécution des 
(Iraperies. Les yeux sont saillants, les mains, très 
concaves, man(|uent d'épaisseur, les cheveux ne 
présentent pas ces lignes sinueuses qu'on trouve 
partout ailleurs à la même époque, enfin le type 
des tètes a une élrangeté qui donne à ces composi- 
tions une physionomie tout à fait spéciale. 

Faut-il reconnaiire là les produits d'un atelier 
monastique, que l'observation de la règle écartait 
du monde comme les caloyers du mont Alhos? .)e 
n'oserais l'affirmer, et me contente d'appeler l'at- 
tention sur une recherche digne de la sollicitude 
des archéologues. 

1368. — tlcnrii-o pictori, pi'o pictnra talicruai-uli ima- 
ginuia de alabaslro, oxcunlium in ihoro. (Houdoy, Cptes 
lie Caiiibrai, p. 161.) 

1394. — [nvcntoire de l'albasti-o trouvi'^ au cliasliel de 
bille. — vj ymages en manière de prolïtes dont les t 
sont d'albasti-e. — Un collVc de blanc bos aiuinel a 
2110 piijches ou environ de instniinens de fer, de plu- 
sieurs manières appartcnans au mestier de l'ouvrage dud. 
albastre. (Inv. (les gani. du cliasliel de Lille.) 

1415. — Volo quoil in capidla S. Stepliani Eboniui 

fiât tomba niea, habens iinaginem iiii-i.. . armatam in 
armis cuni umbra in le bemie prout vivons utor, — et 
quod dicta imago sil de alabastrosuprapotram mainioream. 
(l'est., Dom. le Scrop. — l'.yincr. Fœd.,l. IX, p ili.) 

1420. — N» 115. Une teste d'alebastre blanche en façon 
d'une sci-aine, assise sur une pièce de marbre noir bordé 
de laton doré, et semble estre un camabicu. (Invenlatre 
des jdij . de Chniies VI.) 

1436. — îi» 166. AiUc seu supra allare beati Martini 
umim reldule instorialum aiinum-iacionis béate Marie, 
nalivitatis Domini, lesurrortinnis llomiiii, asccnsionisejus- 
dem, assumptionis boate Marie, et in eapih' (/es co(cs /);hs 
élevés) beati Johannis Baptiste, et in alio capite ymaginem 
beati Johannis evangeliste, totuni solepno, quod retuule 
est operatum alabastri et auri fini cl quibusilani coloribus 
depictmn. (Inv. de l'Egl. S. Martin de Monlpesat. Quercg, 
p. 576.) 

1 47 1 . — Une ymaigc de Saint Nicbolas qui est d'albas- 
tre, qui tient en sa main une crosse de loton, ot y a dessus 
une toilette où sont pains Nre Uame et Saint Jehan. (Inv. 
du roi [ièné à Angers, C 5 v".) 

I 600. — On tire de très beau et très blanc alabastre 
dans Volterra, comme aussi dans Misnie, et Uourgognc, 
liroche Sainct-Clandeet plusieurs autres lieux de rEiiro|ie. 
(lioece de Boot, Le parf. joaillier,], i, c. i68.) 

1723. — Los controos de rKiiro]ie oi'i il se trouve lo plus 
d'albastre sont l'Allemagne près Cohlenlz, le Maconnois aux 
environs de C.luny, l'Italio vers Rome... Il s'en voit aussi 
dans quelques endroits de Lorraine qui n'est pas beaucoup 
estimé. (Savary, Dict. du comm.) 

ALCARAZAS. — Nom moderne et emprunté à la 
langue arabe pour désigner une espèce de vases 
([ni doivent à la porosité d(; leur argile et à la ra 
pide évaporalion de l'eau à leur surface, ' 
lités frigorifiques qu'on leur connaissait 
moyen âge. 

Je laisse aux documents cités le soin de 
l'origine et l'usage des alcarazas, ajonlan 
pnvérilier sur deux spécimens dont l'un donné ici, la 
parfaile exactitude du lénioignage de liranlijme. 



(]ua- 
il(''j;i au 

montrer 
(pie j'ai 



AI.CAllAZAS 



1309. — L'yaiic du fluin(li" Nil) psi île tel iialiup (|iic 
quant iinus hi pciidioii en pos àc liTir blans que l'en fet ou 
pais, nus itinlcsile nospavcilluus, l'vaue ili'venoit.ou iliaul 
du ji>nr, aussi froide coininr de l'ouleinne. (Jiiiuville, p. (U), 
édil. Fr. MIeliel I 




XVI- s. Biicaro, polychrome. Coll. de Vaut. 

IS98. — Dona Agnès Beatrix Paclieco, dame d'Iionneur 
de la reyne Eleonor, luy avollfai. I présent (à Framois Dau- 
phin) d'un petit vase dont on use en l'orln;;al, qiu est 
d'une lerre tannée si subtile et fine qu'on dirnit propre- 
ment que c'est une terre sigilée, et porte telle vertu que 
quelque eau froide que vous }• mettiez iledahs vous la ver- 
rez bouillir et faire de petits bouillons eonime si elle es- 
loil sur le feu, et si pourtant non perd sa froideur, mais 
l'entrelient et jamais l'eau ne lait mal à qui la boit, ipiel- 

quc chaud ipi'il aje on quelqi xerciee violant qu'il fasse. 

(I!rautônie,6'r (■apil.,1. i. eh. 53). 

1 690. — François Cauche ( I6:!l ) en son voyage de Mada- 
gascar fait mention d'un service de porcelaine et d'un 
bocal de terre qui avoicnt été pris proclie le tombeau de 
Mahomet, qui a cc'tte propriété que lorsi]n'ou jette de l'eau 
dedans ou qu'on l'expose au soleil elle la rafraîchit au 
lieu de l'eschaulfer. (Dicl. de Fuieliere, \" I^urcclaiiie.) 

1807. — U y a entre les ocres la terre deliucaros, très 
fameuse en Espagne, dont on fait des vases qui communi- 
quent une odeur et une saveur particulière :uix liquides 
que l'on y met rafraîchir. (Bosi. Oftserc. x«r /e .tncro Cnfiiio 
(le Cèiirs. p. ill". ) 

ALCHIMIE, AligLK.MlE. — I.c secret des Miaiiiim- 
lalions ehimiqucs est rosié si olisciir à l'époque qui 
nous ocrupe, que la recherche du ffrand-œnvre, 
c'csl-à-iliiT lie la Iransmutalion des métaux, a di'i 
j)rendre une pri'ande iilace dans li- domaine expéri- 
mental. 

('.eju-ndaul, en dehors de celle théorie idéale, qu'a 
toujours un peu décriée la ruine des opérateurs, on 
donnail alors aux vérilahles conquêtes de la science 
le nom ilaleliimie ou darquémie. Les vers cités ici 
du liomnn de ta Itosc en sont la preuve aussi l)ien 
que les dislinclions de Cenuiiii, qui rauife dans l'al- 
chiniie les produits artificiels ohleuus par des pro- 
cé<lés coumis. Mais le sens le plus ordinaire du 
ninl arrjiii'niir répond. iusi|u'an seiziènn' siècle, à 
un ohjeldoiil la conq)Osilioii reste iudélermiiU'e. 

1300, Alquemie est ars véritable, 
Qui sagement en ovreroit. 
Grans merveilles i troveroit; 
Car conniient il aut (aille) nés espièces 
Au mains les singulières pièces 
Qu'en sensibles euvres sunt mises, 
Sunt muables en tant de guises, 
Qu'il pueent lor compleccions, 
Par diverses digestions. 
Si changer cntr'eus que cis changes 
Les met souz espèces estranges, 
E Heur toit l'espèce première. 



No voit-l'cn comment de fogière 
Font cil et cendre cl voirre nestre, 
Qui lie voirrerie sunt mestrc. 
l'ar dépuracion legicre'? 
Si n'est pas li voirres fogière 
Ne fogière ne r'est pas voirre. 
([{om. delalluse, v. 17020, édit. Fr. Michel.) 

1329. — Uex viceeomitibus, et omnibus aliis liallivis, 
elr... Cum daluin sit nobis intelligi quod .loliannem le 

Rous et iiiagisler Willirliniis Ak |);iMiy sciinil t:illiiiii ar- 

"enti coiiliiere el liiijiis niodi mclalluMi anie lia-c li;inpora 
îeeeruut et adhue faciunt. — Kt r|ooil ipsi perarlem illam, 
nobis et regiio nostro, per faftionem hujus niodi metalli, 
mulluiii proib'sso polciunt. 

As-igu.iinus ililec liiiu nobis Thouiam Cary ad pra^diclos 
Johauuein el Willieluium uliicumque inventi fiierunt sive 
fuerint infra libertates sive extra ad nos sub salvo et sccuro 
coniliiclu. una cuiii instriimentis et aliis rébus quiluiscuui- 
qiie, ilietam artem conlingentibus secum inventis, ducen- 
liiim. 

Ita laincn quod, si gratis ad nos venire voluerint, tune 
eos salvo et lionesle ducat, et si gratis acceilere uoluerint 
tuiic eos capiat et ad nos ubiciiiiique rueriiiius ducal in forma 
supradicta. (Asxignalion d'Eiltiiuinl III. — Kvmer. Fœd., 
t. IV, p. 384.) 

1437. — Cap. K'i. E si mi do a iutendere clie questo co- 
lore (giallo chiamato giallorino) sia propria pielra nata in 
luogo di grandi arsun' di montagne, peri) li dico sia color 
artillciato ma non di arcliiinia. 

Cap. ôl) Verde e un colore il quale si chiaina verderamc. 
IVr se medesimo e verde assal ed e artiPiciato cou archi- 
mia. eioe di rame e; di acelo. 

Cap. 5',). Bianco (/« cériise) e un colore archiiniato di 
piombo, il quale si cliiaina bnicca. (Cen. Cennini, Trait, 
délia jiittura. Edit. Tambroni.) 

1530. — El de ces pilules d'arquin iiiréjuiniiion d'anti- 
moine] en avez nue à Orléans sur le clocher de l'ecclise de 
Saincte-Croix. {Paiitaiiniel,l. t!, cli.33.) 

1536. — A Nicolas (aochitl, luarcliant mercier, suivant la 
court, pour ung Ijonnel noir à i rcbras, de Hue laine façon 
de Paris, doublé de talfetas noir, garuy de fers d'.illzymie 
{bas argent) esmaillez de noir... -iO s. t. (8' Cpte roij. 
de Nie. de Troyes, t» 105.) 

1557. — Pour charbon... fourni i maiire Ilalhcrt Foul- 
lon pour faire des médailles et pierreries d'arqucmve pour 
le service de MDS. (le roi) —9 1. 18 s. {Cple roi/, de ,/. de 
Itoudeville, f" 7.) 

1616. — 3 quarterons d'espingles, 2 cueillères jaunes et 
iiiic d'aripiémie limitation d'argent). (AveiU. du baron de 
I'\citesle, p. l:!7.) 

1635 — Alchimie — art de souffler, et réduire ses 

moiens eu fumée et à néant. (Monel.) 

ALECTOIRE. 

V. 1100. Allecloire lenent abon 

Ki crcist el ventre del chiapun 
Trois anz coes pois est chiastrcz 
En son ventre trnvent la picre. 
Ke mut est précieuse e eliiere 
D'une fève a la grandeur 
Evie semble de la culur, 
altretel eume cislal. 

(Marbode, Lapidaire, §3.) 

1372. — Alectoire est une pierre que on trouve au ven- 
tre du coq ou de lageline,eta la couleur de cristal obscur, 
et n'est pas plus grande qu'une fève. — Ceste pierre, selon 
les enchanteurs, en bataille faict tant que celluy qui la 
porte n'est point vaincu, si comme dit le Lapidaire. De 
cesic pierre dit Dyascoridc que elle esmeiit la personne à 
luxure, et b.' rend gracieux et constant, el luy dmine victoire 
et di?eretion et beau parler, el recouseille les ennemis, et 
restraint la soif en la bouche. iLejirofiriél. deschoses, I. Ili. 
ch. 10.) 

ALEMELLE. Ai.m;mf.ij.e. — l.ame (|uelle qu'elle 
soil, et sans ipiele mot s'applique à aucune arme ou 
insiriinieni en particulier. 

Oiilre les di'veloppemenis que con))iiirle l'arlicle 
epec dans ce n'perloire, il y a lieu de citer à celte 



ALEXANDRIE 



'23 



plac-o iiiu^ Ifllrc de Théodoric riMiicrciaiil k' roi des 
Vandales d'un merveilleux envoi d'armes dont les 
lames damassées répondent exactement à la figure 
ei-joinle. Elle est copiée sur un objet que les terri- 
bles Nortlinians de la Frise abandonnèrent en 885 
au lit de la Seine, lors de leur invasion et du siège 
qu'ils firent de Paris. Une seconde pièce de même 
provenance, mais plus complète et accompagnée 
d'orfèvrerie, ne peut laisser aucun doute sur leur 
ori":ine coninuine. Vov. Epkk. 




V. 520. — r.egi Vanilalorum Tlirasaniund, Theodoricus 
rex... Spalhas nobis etiain arma ilcsecanles, vestra fra- 
ternitas destinavit, ferro quam auri prelio (iitiores, ut in- 
tuentium faoics fidcli puritatc rosliluant; quaruni niargi- 
nes in aoutiiin tali a^quaUtatc descciidunt ut non limiscom- 
positîe, scd ii^ucis iornacitius credautur eflTusa^. llarum 
média pulcliiis alvPÏs excavala quibusdam vidcutiir cris- 
pari posse vermiculis; uhi tanta varietatis umbra concludit 
ut intextum magis credas variis coloribus lucidum nietal- 
lum... Enses qui pulchritudine sui pateutur esse Vulcani, 
iiui tanta elegantia l'abrilia visus est excolere. ut quod ojus 
manibus foianabatui-, non opus mortalium sed crederetnr 
esse divinum. (Cassiodor. Var. ,\ib. 5. epist. 1.) 

1352. — Pour faire et forger la garnison toute hlauilie 
d'une espi'e dont l'alemelle estoit à fenestres. (Cp(e roij. 
d'Et. (le Lafoiilaine, (-' \ à 3.) 

1399. — Portant une grande haclie à son col, laquelle 
avait liien 3*2 posses d'aleuicllc. /(/ est de trcnchant. {Arch. 
J.J. ifij. 154, picce 532.) 

1420. — Cliarles niist tanlost la uiaiTi à son allumée fe- 
sant semblant de saluer nnstred. cousin et à l'ombre de 
son bras guigna des yeux et fit signe à ses gens pour venir 
férir sur noslred. cousin. {.Lelt. île Charles VI. Félihiini, 
Preuves de l'hisl. de Paris, t. V, p. 265.1 

1565 — Qui fera allumolles d'espéesà2 mains et mellra 
allumelles d'espé.^s cl dagues de pied et demy, pertuisane, 
jagaye, corsèques et autres basions servans à la deffence de 
l'homme et aullres petites allumelles au dessus il'uu pied, 
doibvent eslre fourrées (acierées) jusques à la pointe, et 
toutes aullres petites allumelles au dessoubz d'un pied 
doibvent clri^ de bonnes eslolfi' el bien trempées. (Stat. des 
couteliers, dnreurs et graveurs sur fer el acijer. — ^lct7i. 
reg. des liiniii.,l. Vil, 1" H V — scct. Judic, Y 12.) 

ALENAS. — Longue dague à lame effilée et trian- 
gulaire et aussi uiu' aruied'liasl terminée par un fer 
de la mémi' forme. Voiei un exemple de chacune 
d'elles. 

V. 1300. Alenacia. Aleiias, cullellus quadratus. {Com- 
ment., s. .1 .de Garlande. Ed. augl.) 

1305. Et Sacha par grant alaigne 
Un alenas d'une gayne. 
(Guill. Guiarl. Rnij. Lignages, 1, v. .1,519.) 



Se recombatoient à lances 

Esmoulues et acérées, 

Aalenaz et àespées. (Id. v. G734.) 

Et plantent alenaz es cliieres 

Eu plusieurs liens iusqucs es manches. 

(/(/., i:,v. 5269.) 




XIV' s. Coll. de Vaut.— W" s. Musée d'aridl. 

ALERON. — Double pièce armoriale quadrangu- 
laire attachée aux épaules et adoptée pendant soi- 
xante et dix ans environ par la chevalerie à qui elle 
servait surtout de parement dans les joutes et tour- 
nois. — Voy. Ailettes et E.*1'.\ilièke. 

1285. Armez estoit, par grant cointise, 
De riches armes à sa devise 
Détranchées et ferreteis 
D'argent, de guelles bareléis 
S'enavoit cuevrechiez et cote, 
Creste sur hiaunie assez mignote, 
Houce, escu et alerons, 
Autretex fu ses auquetons. 
(.1. Bretex, Les tournois de Cliauvencij, v. 3203.) 

ALERONS et .\llerons. — Parties saillantes pro- 
longées en manière de cornes ou d'ailes sur l'arcade 
de garrot des selles, pour protéger les jambes du 
cavalier. lA^lte disposition est particulièrement ac- 
centuée dans les selles de joute d'Allemagne pen- 
dant la seconde moitié du quatorzième siècle. — Le 
texte de I3il cité ici laisse supposer que cette sorte 
de hourd élait ([uelquefois mobile comme le sont 
aujourd'hui les fontes ou les saccoches. 

1341. — Pour madame de Guynes une paire d'alerons 
pains à la guise d'outremer — 60 s. p. {Cjite du conné- 
tabled'EuJ' 4 v».) 

1342. — Pour M. d. S. une selle de la taille d'.Alemaigne... 
le penel el les ailerons pains de fines couleurs ouvrez de 
fueiUes. (Ibid.) 

1400 — Pour une selle pour Mgr. le dauphin, les 
arçons devant et derrière bordez de laiton, poinçonnez et 
couvers de cordooan vermeil, à un siège et ailerons de 
inesnies, emplis de fin duvcl, garnies de tasses de Hongrie, 
d'eclriers de fin cuivre doré de lin or et d'un harnois fait 
à ladeviseduroy,— 24. 1. 1. (Cpte de l'écurie du roi, f''19.) 

ALLERON.— La partie d'un trumeau ou jambage 
contigu au vide d'une baie, et dont l'extrémité supé- 
rieure se profile en sailli(> pcuir porter une voussure 
ou un linteau. 

1 48 1 . — Ailerons portant voussure contenant 19 verghes 
et un cuurt de li iiiés quarrcz pour un bollevercq. (La Fons, 
Gloss. ms. Ilihiiotli. d'Aiiiiens.) 

ALEXANDRIE. V. i240. 

L'esgarde vers soleil levant... 
Par là li poile Alixandrin 
Vienenl, et si bon siglaton 
Li molequin et li mangon ; 
Li espervicr et li ostor; 
Et li bon ciievnl rorcor. 
Et li poivres et li commins. 
Et li encens Alixandrins, 
Li girolles, li garigax 
Les mecines contre toz max. 

{Parton. de Biais, ms.,f l'JO.) 



-21 



AI.EXANlUilK 



ALKXANDKIE (COUVERTUBB D'. 

1380. — N" 573 l'miin inatilaciiiin de Ijuinliao-, uiia 
iiilcilia i\r Alexaiidria. {Inv. du chat, de Cornillon ) 

ALKXAMtRIE (budis dV — Corindon roiigo-riiliis 
lie provcnanoi' oricnlalo par la voie (l'Ali-xaniirit', 
rt-sli-o lon};leni|)s l'nn dos plus vasii's ciiln'|)ôls des 
pioihiils d<" l'Asie. 

V 1370. Lf niliis vient îles parties d'Imle, di' I.yliie, et 
do rniirnielie et sont Ininvés en livajies des llcuves dn 
paradis vers Alozandiic. (Le ttipld. de MamleviUe, p. .'i.) 

AI.KX ANDHIK. (tvkfktas h".— Voy. ck\ niiil. 

ALEXANDRINE (coi r.Ellt. — Teinlnie n)ti(,'e à 
l'orseille. 

I4S3. — A tienne l'alessandiinj, ald)ila seladibianen. . . 
aiihi adatlatn la laldaia eon raci|ua, denlii)vi l'oiieello, e 
falla bollire. {Tnitt. antico dellu seld, p. :I7 ) 

ALGIER. 

harlielé. 



Arme d'iiasl. Javelol iMijiciiiié, à fer 



V. 1260. 



ALIGOS. 



Li reis Mer*)linsen fnl ninlt csfréed 
L'n allier tint ki d'or l'ut cnpenet. 

(Chanson île Uoland, st. 3:2.) 
De son algeir a la lianstc crollée. (St. 33.) 
...H lor lancent e lances e cspiez 
E wigres e darz e museras c agiez. 

(.St. I,W, V. Kl.) 

Vi'Ieniciil lie dessus. Iloiiee, vuy. All- 



CAI s et IIKIIICAUT. 

1 260. Sans allgos la ronbe estoit, 

Uns estival s caucics avoit. 

(Li hiiius descotineux, v. SOGH.) 

ALIZE. I57S- — Alizés sont les choses serrées comme 
le failliiii il II' pain broyé, aui|nel n'a esté donné lieu de 
se lever, l't loules choses i|ui sont si bien condensées i|u'il 
n'y n aucuns pores apparents, (l'alissv, Ejplic. des mois, 
p. 377, .'•ilit. I'. A. Cap.) 

ALLAN. " ITT."). (Iliirii ilr res|ièi'ei|iriiii iioiuine 
dogue. Les alaiis sont de trois sortes : ralaii jienlil 
qui tire sur le lévrier; l'alaii de boucherie dont les 
boucliers se servent pour conduire leurs bieuls, el 
l'alan vautre (|ui est une race de malins propr(^ à 
la chasse de l'ours et du saiiijlier. » — (Prévost, 
Maiuii'l-le.rit]uc.) 

1387. — Alans est une nature et manière de chiens, les 
uns sont que on appelle alans gentilz, les autres sont alans 
de boucherie, les autres que on appelle alans vantiez. 

Les allans genlilz diiivent estre failz el taillés droile- 
ment comme unj; lévrier de toutes choses, fors que de la 
teste qui doit estre jirosse et courte. (Gaston l'Iiœhus. — 
Bihhol. ma<., 514, P 35.) 

1478. — Pour avoir mené... de Tours jusqu'au port 
de Deusse une alande qui cstoitchaude à ung lévrier,! s. t. 
(Cple. roy., urdi. KK. reg. M, (•■ 37.) 

1500. — lue contrée dud.pays. la quelle de son nom 
il aiqicllc Molose; et en ce quajtier (l'Alhanie) naissent les 
bons chiens de chasse qu'on dit allans el en laliu iiwlossi 
qui sont comme dogues d'Anglelerrc. (ternaire de Belges, 
llluslr., I. 3, p. i V°, cdil. de l.'il3.) 

ALLÉES. - Les cotés d'un pilier contigus au vide 
d'une baie. .Syuonynie d'ailerons. (Voy. ce mol). Kt 
aussi, passages étroits ou galeries servant |)our la 
communication. 

1*73. — A maistre Anlhoine Colas, maçon de l'église, 
pour 2 jours à tailler pour les alécz d'un pillier d'emprès 
la chapelle lirojn. {Optes de la catkédr. de Troiieg, 
p. U.) 

1482. — Pour 5 journées.. .à commencer de plomber sur 
les hautes allées du coslé de la chapcllo Saint-Sébastien. 
{Ibid., p. 45.) 



ALLEMAGNE. — S'il laiil alliiliuer à des circnn- 
slaiices parbds l'iililes les évoliilions de la liiinle el 
les emprunis réi'ipr(>i|ues ((u'une iialion l'ail à une 
aulre du pioduil de ses industries, il est juste d'ail- 
metlre (|ue le plus souvent ces emprunts sont le 
signe ineouteslable d'une supériorité acquise. 

l/iiilluencc do la civilisation romaine dans la 
(iaule, celle do l'empire grec sur la Krance iiirlo- 
vingienne, celle de l'Orient à l'époque des croisades, 
et de l'Ilalie à la lieuaissauce, en sont la preuve 
certaine. C'est donc à ce double point de viii^ que 
doit ètri- jugée la valeur des imporlalions étran- 
gères, et qu'il l'aiil classer les documenls sur les- 
(piels re|iose, pour cliaipie |iays, le droit de ses ro- 
veudicaliiins légitimes. 

ALLEMAGNE (ahmks KTAHiiniEs). — V. 1300. — Iota 

espaza d'Alarnanha — I. den. (Tarif île Motilpellier, Tha- 
lamus, p. iili.) 

1386. — AGuill. Gallande, marchant de toilles, deniou- 
rant â Paris pour 3 aulnes de toilles de lieins... pour 
l'aire un patron à un petit pourpoint pour Mds. le due de 
Tliouraine, pour envoler en Allemaigne, pour faire et forger 
unes plates d'acier pour son corps. (7" Cpte lOij. de 
(kiill. lirunel, f» '25 y".) 

1471. — Ung crie d'AIcmaigne en ung esluy de cuir 
noir. {Inv. durai liéné à Angers, f" 17.) 

IS54. — Une longue dague, le manche d'ébène, de lu 
façon d'Almaigne. garnyc de son foui'reau — 15 s. t. 
{Inv. d'Ein. de .Mcolaij, i" '.17 v.) 

ALLK.MAGiNE (AZlIt). I3S5. — Anrh» oriliiiiarno che 
nullo del arte de dipcntori aidisca o ver présuma di met- 
lare ne' lavorii che facessc allro oro o arienlo e coloii 
che avesse promesso, si corne oro di meta per oro lino, e 
slagno per arienlo, azzuro de la .Magna (d'AlleMia^;na), per 
azurro oitramarino, hiadetto iivero iudico per azzuro, terra 
rossa minio per cinahro. (Slat. di piilori Sunesi, c. \i. 
— Carlegijin ined. d'iirtisli, t. 11, p. 7.) 

ALLEMAGNE (uhodf.hie). — 1294. — Una tobalea de 
opère theotonico in qua est in medio Aqnus Dei el in cir- 
cuiln diverse imagines et littere, et est ibi fronsale de 
pernis cnm 32 smaltis rolundis ad imagirfcs et cum 
01) aliis smaltis, et '.)5 cocculis deauralis. 

lleui. l'num dessale ad aujuni coin arbore vile cinn 
niaiilili de opère theotonico. {Invent. d'Anagni.) 

Ce dorsal ou devant d'autel conservé aujiiiird'liui 
dans le trésor de l'Kglise d'Aiiagui est une curieuse 
broderii^ sur toile Idauclie Irellissée el à fond d'or, 
de style alleniuiid. Il représente ,lésus-(jbrist sur 
l'arbre de vie, surmonté du pélican. De la croix s'é- 
chappe un double rinceau terminé par deux ang<'S. 
Vingt médaillons entourés d'iiiscriplioiis et conte- 
nant des prophètes et les témoins dr la ci iicilixioii 
occupent le cliami) du dorsal. — Eu haut el eu bas 
on a cousu un galon tissé en soio d'une suite d'é- 
cussons armoriés, de la lin du treizième siècle. — 
Cet objet dont les figures sont trop effacées pour 
être reprodiiiles ici a élé jiholograpliii'' à linme |)ar 
Simelli. 

I29S. — Uuum frixium laboratum super samilo rubeo 
ad imagines intégras do aurn lilalo, cum tobalea de Ale- 
ni.inia. {Tliesaur. sed. .l/io.sd)/., f" 91 V.) 

Unurn coperloriinn pio purilicalorio de opère Alanianie, 
laboratum ad heslias el pisces, profllatas de serico nigro. 

.Médium cnperlorium sine tobalea, de opère Alanianie, 
cum foraminibus el uuo Irixo a pede de serico rubeo ad 
auruin, cum limbria de serico diversorum coloniin. (Ibiil., 
f'.Kf.) 

ALLEMAGNE (CUAI'KLLKKIi;).— 1400. — Pour un hault 
chaïqiel de veluiau noir en Irippe. doublé tout un, en 
façon d'Alniaigne. .. pour y celluy Sgr (le roi) — 4 I. p. 

Pour une grant barelte ou aulmucc en façon d'Almaigne 



AL.MANACH 



25 



daublé tinit un en veluaiu en trippe — pour led. Sgr. — 
8 1. p. (8' Cpte roij. de Ch. Pouimrl, l" 179 v°.) 

1 404. — A Joli:in Auhert, cliapcllier et varlel de cliamlire 
du roy. . . pour un grant aulrnure de veluiau noir sur soyc 
en trippe, doublé tout un, en façon il'Allemaigne de nou- 
velle façon p(mr v celloi Sgr. (le roi) — (C;)ie.s- (/« ta cour 
de Clinrles Vl. — ms. Dihl- liichel., n» 6743, p. U.) 

Al.LKM.\('.NE (MEiBi.E.'i). — IS9I. — N« "273. Une petite 
table de sappin fiirt en façon d'AUeinaignc — 9 1. t. {Inv. 
deGuill. (le Monlmorencij) 

I 633. — liui; petit cabinet d'Allemagne, ilo bois violet ù 
une serrure fermant à clef, garny do son pied de bois de 
noyer avec Sais de bois de liaistre. {Iiw. de la Yve Phe- 
lipeaux.) 

ALLEMAGNE (orfèvrerie). — Los vases désignés 
dans les iLivonlairos : à façon d'AUemagne se dis- 
tinguent souvent par un ou plusieurs cercles fleu- 
ronnés formant couronne. 

1416. — A Corart Groslepour l'acliat de 2 flacons à la 
façon d'Alemaigne 8 s. [Cpte des menus plaisirs de la 
reine, n" 3. ) 

1453 — Une couppe d'argent dorée à 3 piez en façnn 
'ri'Almaigne, pes. 3 ni. I o. 7 gros, cbacun marc, 9 liv. 
{Vente des biens de J. Cœur, il2.) 

1457. — Unum vas de serpentina viride cum coopertorio 
suo, ita (|Uoil duo vasa potins sunt rpuim unum, factum ad 




XIV' s. Armortal de Zurich n" lUI. 

forniam cupparum de .\lmania, — val. 10 duc. (Inv. du 
Palais de Sainl-Marc. p. 2U8.) 

« l'nus biquerius magnus deauratus per tcdum excepte 
Castro et zona que sunt in coopertorio admodum Alnianie, 
cuni armis D. Cardirjalis intus in coopertorio — pond Ib. 
n, une. 1. -Val. .V2duc. {Ihid.. p. 217.) 

I 56 I . — .") ciuippes doubles d'argent doré, façon d'Ale- 
maigne. — L'n<; autre conppc d'argent doré, façon d'AI- 
magne, au couvercle de la quelle v a ung petit enllaut. 
(Inv. du Chût, de Pau, f" 09 v« et 71.) 

ALLE.MAG.NE (Tiieillis). — 1554. — Ung pourpoint, le 
corps de tredliz d'Allemagne et les mancbes de satin noir 
doublé de bmieassin et fustaine blanclie — 3U s. t. (Inv. 
d'Eni. de Nicolay. C 95 v".) 

Voy. au.x mois : A.mict — liot.rEiLi.E — Caiucnas — 

CnEUSEQLIN — COTEIIARDIE — IlAULiERT — SELLE — 

Tehre iii.anciie. 

ALLOIERE. — Du mot (iloi ou litre des monnaies 
esl veiui celui d'aloiere appli(|ué pi-oprenient à une 
bourse à renlernier de l'argent ; mais dans l'usage 
ce tenue se confond avec ceux d'aumonière, d'escar- 
celle cl même de gibecière. 

Le port de celte bourse suspendue à la ceinlure a 
beaucoup varié au moyen âge. Le cuir y fait sou- 
vent place aux élolTes de toute sorte associées aux 
garnitures de fer ou d'orfèvrerie ilu Ir.ivail le plus 
délicat el le plus riche. 

V. 1280. Voroie volontiers savoir 

Se je doy celle mam-e avoir. 
La dame dist i|u'elle est faite, 
Hors d'une aloiere l'a li'aite 
Que elle à sa çainture avoit. 

(Le clialelain de Coucij, v. 1027.) 



V. 1300' niche clieinturc et alloiere 

Que chascun appellent gibecière. 
(Le dit du chevalier, cit. du Gango, v" Alloveriuin.) 




V. 1200. D'après Forgeais, Plombs historiés. 

1316. — Pour -i alloiores brodées de veluiau a 40 s. pour 
pièce ; piun- 6 alloières brodées sus samit — 15 s. pour 
pièce. ICpte de Ceo/froi de Fleuri, p. 66.) 

1321 . — Un coutel et une aloyere de cuird'abaye. (Inv. 
de Gui de Kaours, — cit. du Gange, Ibid.} 

1456. — Le suppliant print la gibbecière ou allnyère 
de peut Jeban, en laquelle n'avoit poiid d'argent. (ArcU 
J.J., reg. 187, pièce 8.) 

, 1467. — Et sy avoit (le duc de linurgogne) une aloière 
et aultres bagues sur luy qui valloient, comme ^in disoit, 
une moult granrie finance, et disoient aulcuns ung million 
d'or, qui vaut dix cents mille florins ; ne scav qu'il en est. 
(Cliron. de J. du Clerc, p. 183.) 

ALLOISSIER. — Alisier, arbre de la famille des 
l'oMiacées et de l'espèce des Sorbiers. Son bois doux 
et à grain lin, mais moins résistant que le cormier, 
servait à des usages de tabletterie. 

1395. — Quoddam magnum scaninum cum dosserio et 
scabello de ncniore dicio d'Irlande, cum 2 treslellis 
de faclione seu operagio parisionsi et cum quadam, 
magna tabula de neniore dicto Alloissier longiludinis dicii, 
scamni, insimul taxotum et taxalos 100 s. t. (Invent, de 
l'Ev. de Langres.) 

1690. — Son bois est noir et recherché pour faire des 
fiffres. (ûic<. de Furetiere.) 

1723. — Son bois sert à monter les outils à fust des 
uîeouisiei's et à faire des dunilles ou fuseaux pour les 
roucis ou lanlornes dos moulins. (Savary, Z)ic(. duComm.) 

ALLUMETTES SOUFRÉES. — Fabrication rangée 
au quatorzième siècle parmi les travaux des fcuumcs. 

V. 1360. — Si fit d'une pierre et d'un fusil qu'il por toit avec 
soi un pou de feu à bûchettes ensonifrées, touchées à la 
mesche esprinse par le feu du fusil. (Boecace, Décam., 
3" journée, nouv. 1.) 

XIV' s. — Et n'est bon le soufre qu'a ces femmelettes 
qui botelli'ul les allumettes. (Traité d'alchimie, cit. Littré.) 

ALMANACH. arjienac. — Je signale sans l'ex- 
pliquer l'ingérence des médecins dans la confection 
des almaïutclis, leur eni|iiètemenl aussi ancien que 
bizarre sur les atlrihulions de nos facteurs et la 
singulière délinilion du mot admise par l'ii. .Mo- 
net. 

1431. — A maislre Jehan de Wisalia, maistre et mé- 
decin auquel Mgr. lo duc (l'iulippe le Bon) a donné de 
grâce espécial quant il lui a présenté le grant et le petit 
almanach de celle présente année — 6. 1 (Voc. cit. l'in- 
chard. .4;c/i. des arts, etc , t. Il, p. 30C.) 

1483. — Un armenac en parchemin. (Invent.de Char- 
lotte de Savoie, p. 431.) 

I 503 . — Le 5 mars la cour (de Paris) veuc la reqnesle 
lait défense à Jehan Boissier vendeur de livres, à peine 



26 



ALMANACH 



lie (insoii et (i';iiiiuiiilc arbilr;iii-e, ili' ne vendre HUClins 
nnncnatz fails |iar maislrc Giiilliiiiinc- Locnp c|i)i-leiir n'- 
genl (le la l'acullé «le méilecine, slnuii cm'il les ail préala- 
plcmenl sit;nés. {Doc. cit. Desmazcs, l'eiialilés aiic. \>. lOi 
1635. — faire des almanaclis, - liàlir des châteaux en 
Fs|iM;;tie, s'eiruper à île vjiiies l'aiilaisies et (riolesc|ues. 
d'il. Moiiel.) 

ALMERIA. — CclW ville de rAïulalousic a inaiii- 
lemi pcnilaiit loiilc la iiérioilo du iiioycii àjîc cl iiiènii- 
au ilelà la iv|Mitalinii (juc l'industrie des Maures lui 
avait aeipiise. Ses raliri<|ues de soieries et ses tein- 
tures sont restées |iarlii'ulii'Ti'iiii'nl eélèlircs. Voy. 
Soie. 

I 158. — Alineria élail une ville niusuliiianc à répo(|Ue 
lies iMni-aviiles (7.18 à IIKWi. Klle élait alors industrieuse et 
on )■ l'iimptait entre autres ><OII nuHiers à tisser la suie on 
l'on ra|jjn|uail des nianlcaux |irécieux, îles lirocarls, les 
éliill'es eouniies sous le niiiii de saclatoun (Siplaton, voy. 
ce mot), de i.s/u/iiiiii, de iiiurdjiini (enulcur de corail); des 
voiles ornés de lleurs, des vêlements riches et épais, le 
haiml. le iilliiihl (tabis), le mucaiijir et divers autres tissus 
de soie- 

.\vaiit répoi|ne actuelle Almeria était également re- 
nommée pour la fahricatinn des ustensiles en cuivre et en 
fer parlailenieiit travaillés. {Géo(j. d'Edrixi. t. il, p. iS.) 

I 185. — Li envoiast de l'an, quinze niiils de Suric 

Et vingt somiers cargiés de pailes ir.Vuiuarie. 
tCliaii.\uii d'Aiitiodie, ch. I, coupl. 13, édit. 1'. l'aris ) 
V. 1250. — Et remcst ou bliaut de porprc d'Anmarie. 

{Aije d'.Arigniin, v. 111.").) 
V. 1260. — Et maint escu perchié de l'envre d'Auniarie, 
{boon de Maïeiwe, v. 'Ji7.) . 

ALOËS. — Kiilre les espèces résineuses et odori- 
férantes, l'aloès, d'une couleur jaspée, luisante et 
Jikis ou moins brune, fut |ienilaiil plusieurs siècles 
l'ol)ji't d'une faveur particulière (|ui motiva son prix 
excessif dans li's entrepôts de l'Asie, el eu faisait un 
des produits les plus recliercliés de l'Orient. Ce l)ois 
l)récieux, souvent coujondu avec le suc de la 
plante arl)orescenlc de la famille des Liliacées qui 
conslilvie l'aloès commun, a été employé comme lo- 
ni(|ue et désopilant; mais 1 orfèvrerie en disputait 
chèrement l'usaffe à la médecine, aussi le voil-oii 
dans les inventaires ])rendre rang parmi les objets 
les plus esliniés. Voy. AGAI.LOr.llE. 

877. — (Jnelipies pèlerins y apportent du bois odorifé- 
rant appelé lioud el kamifiiiiii, i\u nom de Kamrouii où on 
trouve du bois d'aloès excellent... ils le donnent au 
prestredu temple afin i|u'il le brùlc pour encenser l'idole. 

II y a de ce bois ipii vaut jusi|n'.a 200 dinars le maii ; il 
est oriliuairement mari|ui' d'un cachet et cette mari|ue 
sert à le distinguer d'une autre espèce du mesme bois i|ui 
est de moindre valeur. Les marchands l'achètent ordinai- 
rement de ces preslres des idoles. (Abnzeid, Helnl. des 
Indes et de lu Chine, p. 110.) 

1295. — l'nam potentiam de ligne aines, guarnilain de 
argenio luin baculo de sandali (y/icvauc. sed. aposlol., 
p. I.^U.) 

1298. — En cil reigne ( Ciamba, ludo-Cliine) il ont 
Icigne aloé en grant abondance. ( Voy. de Marco Polo, 
ch. Ifi2, p. I8'J.) 

I3S5. — Il est (l'empereur de la Chine) surun rbarriot 
sur i roes sur leiiuel il y a une moult belle chambre faicte 
d'un bois i|ui vient de paradis terrestre, qu'on ajipelle 
LifjHum utiles, et est celte chambre bien odorante pour la 
cause du b"is. (Mandeville, f» K, 5.) 

1380. — l'ng petit baston de lignum allées, garny d'or, 
aux armes de la rovne Jelianne de Bourbon. (Inrent. de 
Charles Ww^iMl).' 

1416. — Une salliére de linon alloez, en façon de 
lozangc, g.arnied'or et de petites perles, et par dessus a un 
arbre de corail à petites branches et feu Iles doré en 
façon de cbesnc, où il a plusieurs glans de licorne, et en 
la tige duil. arbre a un petit ours d'or montant contre- 
mont l'arbre — 'J 1. t. {Invenl. du duc de Benij.) 



1420. — N' 7. Un hanap de linon allouez, el sont les 
bandes de la cuve diid. hae.ap el du couvercle esiuaillées 
des armes de M. S, de lierry, et est le siinage iluil. haiiap 
piiiuçonné à orbcMiyes sans pierrerie, et est le Iretelet 
iliiil. couvercle d'un saphir el de I) perles de compte 
beniltes ('.') envininné de 'i glaus et de 3 pouuuelles d'or, 
et le donna au roy MdS. de lierry en voyage de Lan- 
guedoc, et poise loul ensemble li m. I o. 

N" llô. lue paire de cousleaulx tons mangés de roui 
dont les manches snnt de liguuiu alloue;! à un escinon 
ileKrance... en inarf/e : lanll. {Inieiil. des joijaur de 
Charles VI.) 

1485. — Aloes lignum... est arbor suavissinii mloris. . , 
et est subtile apei'iuientnm npilationuni . . . stomachum 
iiirrigiil.'iluni calefacit el si abiuuinahilc fueril, poiiatur 
jiaruin ligui aloes integri in viuo per uocteni, niane \iiiiim 
exliibealiir. .Marli;ilis ejiis facil oris oilorem Imiiiiiu et 
ciinrorlat nerviis. (Cuba, harttis suiiitatis, c. I',).) 

1514. — lîiibillé les garnitures de 5 croix dclynon aloix 
et avoir l'au't des croix d'or par-dessus, — fait les 
garnitures d'une grande croix de lynon aloix à lettres 
escriptes à jour. [Argenterie du comte d'Anfiouléine, 
fo Itv»). 

1514. — N" 170. Une dizaine de palenoslres de lynoii 
aloys en façon d'olive. (Inv. de (Charlotte d'Alliret.) 

1730. — L'allies iluTuri|uiu est si bon qu'il y eu a qui 
s'y vend jusqu'à mille écus la livre, ce qui s'estime suivant 
qu'il a plus on moins de graisse, celui qui n'eu a point 
se vendanl à peine trois ecus el n'etanl propre qu'à la 
marqueterie ou à faire des chapelets tels qu'on eu voil 
beaucoup à Paris. (Savary, Supplém.) 

ALODRS. — l'aliers, idancliers d'éeliafauda}?es. 

1379. — Pour 1 (barrées de menu merricn pour faire 
les alours en la roe (rosace). 

Pour .52 cloies pour faire lesd. alours. 

1386. — Pour faire les allours jiour lever la maçon- 
nerie au long (hid. jubé et faire ung tourel à lever les 
jiierres amont. [Cjites de la calh. de Troijes, p. 20 et 
21.) 

1420. — l'iiur une voitnrede perches à faire les alours 
pour lever led. ouvrage (de l'échafaud). — 10 s. [Ibid.. 
p. (lis.) 

ALPHABET. — IS89. Avons accordé qu'il soit fait un 
alphabel comme de coiistume où il y aura cscripts les 




Cuivre gravé. Coll. de l'aut. 

nomsdesd. confraires par ABC. pour tenir cli.isciiu à leur 
rang la leste. (Stat. de la frairie de Mr. Saint Eloij, des 
maitrex celliers de Lymoges. — Ms.de l'abbé Legros, t. 111.) 

ALTOBAS. — Kornn'' des mots alto el has.'io. — Ve- 
liMiis ligure de fabricalioii italienne ainsi nommé 
|)arce qu'il présenlail des oruemenis en relief sur 
un loud ciselé. Ce nom s'appliquait aussi aux ve- 
lours fjaufrés de celle époque el qui nul un aspect 
analuijue au jM'écédent. 

1583. — Ung daiz de veloux cramoisi altobas, et 
de thoille d'argent à comparlimenl d'or et de soye vert, 
garny de (> pantes. 

Ung lit de veloux altobas et thoille d'argent à compar- 
timent d'or el de soye cramoisi, giirny de !• pantes el 
d'une couverte à l'italienne de mesme, '.) rideaux de damas 
cramoisi passemcnté d'ung passement large d'argent à 
jour, cl ung mescliant traversin mante rouge enveloppé de 
sangles, servant and. licl. (/»!'. du duc île Guise au cluit. 
de Joinnlli', p. 12.) 

ALUDE. — basane retournée et niéifissèe que les 
I lexicographes du treizième au quinzième siècle cou- 



AMBARDE 



27 



fondciil avec lo coi'ilouiiii ; depuis le dix-scpliéiiie, 
colorée en vert, on remploie à couvrir les livres 
d'école et les registres. 

1 260. — Bource d'aluc n'est preue el bourse dont le 
fueil no vct de chief on chief n'est mie bonne. {Reg. 
d'Et. ISoileuu, p. '20li.) 

1286. — .iliila — pellis que candida dicitm' vultiaiiter 
ciirdiniiiniii'i-. (Balb. (le Janua, Catholicim.j 

V. 1450 — .Aluta cordouan. {Vovnli. lul.-frtinc. de P. 
Roger, ms. Bilit. Ricli., Ui6.} 

1635. — Basane ooloree aiant l'aiivers velu et frisé, 
tourné an dehors dont on couvre les livres, — alude verdc, 
de la sorte que dessus (Pli. Monet.) 

1723. — Les basanes qu'on noumie aludes sont pour 
l'iu-dinaire teintes en verd et en violet, fort velues d'un 
ci)té. Elles sont appelées aludes à cause que dans les ap- 
prels qu'on leur donne ou y emiiloye de l'eau d'alun. — 
Cette sorte de basane qui est toute différente des autres 
ne s'emploie ordinairement qu'à faire des couvertures de 
livres et des porte-feuilles d'écolier. (Savary, Dict. du 
Comin.) 

ALUN. — On a donné ù l'alun et à plusieurs es- 
pèces minérales qui s'en rapprochent plus ou moins 
des noms ilivers sous lesquels il est souvent con- 
fondu et qu'il inipuile de préciser pour l'intelligence 
des anciens auteurs. L'ignorance de sa conqiosilion 
a maintenu jusqu'au siècle dernier certaines erreurs 
à noter comnu' tous les faits intéressant l'hisloire 
de la chimie. 

On distinguait (|uatre espèces qui sont, sans y 
comprendri! la soude des verriers : 

L'alun de roche, de. glace ou de gemme, roche 
minérale d'alun naturel qui est un sulfate d'alumine 
à hase de potasse, d'ammoniaque ou de soude, dont 
la Syrie et la ville de liocca en particulier gardè- 
rent longtemps le privilège de la fabrication. _ .\u 
quinzième siècle un commence à exploiter sous le 
nom d'alun de lioim' les mines de la Tolfa, el au 
dix-septième celles de l'.Mlemagne, de la Suède et de 
l'.Vngleterre. 

L'alun de pknne dit srissilc que le coninn/ntateur 
de Dioscoride app(dle froissable et capillaire; il a 
l'aspecl fibreux de l'amiante dont il se dislingue 
cepenilant par sa saveur styptique. On lui donnait 
au lenqis de Cotgrave le nom de poudre à gratter. 

Néanmoins la distinction de cotte espèce avec l'a- 
miante véritable, que la médecine avait un intérêt 
particulier à constater, n'était pas toujours faite 
puisque d'anciens docunienis disent que l'alun de 
plume s'employait aussi à la fabrication des mèches 
incombusiibles. 

L'alun d'écaillé, pic^ri'i' translucide en lames min- 
ces, tlilc spéculaii'c el miroir d'âne, n'est autre chose 
qu(! le talc. 

Enfin l'alun sucriii esl une solution d'alun de 
roche dans de l'eau de rose albuminée. 

1260. — Nus tainturiers ne puet ne doit mètre alun de 
bouquauz (conteiiaut du sulfate de fer en excès) ne fuel 
ne fuelle car ce sont fausses laintures. (Réq. d'Et. Dotleau. 
p. 136.) 

1280. — Aleun de pleume et aleuii de bouquer, soit 
porté eo cliarreste ou dedans bast,chascun cheval 11 den. 
Aleuu de terre ne doit riens. (Ordonn. des met. de Paris. 
Péage de .Montlliénj, p. 147.) 

1300. — Sur eaues grosses et troublées l'on doit user 
de aulx et est bon alun de jauie, car il les clarifie. (1>. de 
Crcscens, 1. 1, ch. 1.) 

1330. — In Tiirquia qua? Asia Minor vocatur eliam fui 
in ipiodani caslro posito super litlus maris in terra lirma, 
quod teuelur per umiiu iiobilem Januensem nomine An- 
aerolux Catlunn... Ibi ipse faeit alumen sine quo nullus 



pannus bene pidest tiiigi, et lit mirabili moilo... trabun- 
tur la]iides de siib terra non iiuicumque sed spéciales ad 
hoc quia pauci inveniuntur illius iiatara^ et coiiiiuntur si- 
cut lateres vel vasa terrea, et hue iu inaxima ifuantitate 
per pluies dies cum fortissimo igné. Postea ponuutur illi 
lapides in una magna area et super effuiiditur aqua, et 
hoc omni die bis vel ter, et hoc per uiium iiiensem con- 
tinue; ita quod illi lapides efliciuntur admodum ealcis. Pos- 
tea ponunlur in iiiaximis caldariis cum [a(|ua, et euni ma- 
ximis cocblearibus ferreis extraliitur illud quod fundum 
petit. Deinde de gypso sont preparata' ari'a; quadratîe el 
magna; et multœ et ibi fuiiditiir illa aqua de caldariis quae 
ibi paulatim congelatur ad moduiii crislalli, et illud est 
alumem electuin. (Voy. de Jourdain de Severac, p. 61-.) 

V. 1500. — L'aluin de plume est une certaine manière 
de pierre laquelle semble faicte d'estouppe, et a en soy si 
grande chaleur et siccité que faisant d'icelle une mesche 
à une lampe elle brusle toujours et jamais ne se consomme. 

... On lait de celte pierre beaucoup de choses pour rire, 
on la brise aucune fois menu avec les doigts pour la mettre 
sur les linceux du lict quand on veut que quelqu'un ou 
quelqu'une n'y puisse dormir. 

Les femmes se servent de ceste pierre pour se faire le 
visage vermeil, pour ce que frottant la |ieau du visage 
d'icelle, elle s'enllamme et la fait rouge. (Kioravanti, ,1/i- 
rnir aniv., I. 8, p. &\6, trail. île l.jHt.) 

1536. — Lapidis aluminis est alumen scissum... et est 
illud quod a vulgo de ptuinu vocatur {Luminare majus, 
part, 1, 1" 22.) 

1549. — Amianlus lapis, quein plumeum alumen vocant. 
(Porta, Magia natur., 1. 2, c. lO.) 

1600. — La pierre amianthe est tellement semblable à 
l'alun scliistos, qu'avec iceluy on la contrefaict, elle sou- 
tient comme l'or les injures du feu.. . 

L'on en trouve aussi dans l'Italie, mais il est tellement 
court et aisé à rompre qu'il est impossible de le filer. 
D'où vient qu'on le vend pour l'aluu scissile ou l'alun de 
plume, et sert seulement pour mesches perpétuelles. (B. 
dit Kool, Le parfait joaillier, I. 2, p. .l'JU.) 

1611. — Alun d'escaille. — A Kiiid of allun tliats made 
of the transparent stone called miroir d'asne. 

Alun de glace. — Koche allun. 

Alun déplume. — .\ hard and wbite allun full of streakes 
or flakes, we cal it stone allun or itchiug powder. 

Alun succrin. — An allun compounde of rose-water, 
whites of egges and roche allun; italian wouien use it 
luuch in tlieir cleansing or whitening imploynients. (Cot- 
grave.; 

1644. — Il y a en Bretagne, une autre colline chargée 
de taich et damianthe ou d'alun de plume — luisant 
comme un miroir quand le soleil darde ses rayons dessus. 
On croit que c'est la pierre asbe\tos des anciens. (Coulon, 
Les rivières de France, t. 1, p. 2I'J.) 

1730. — L'alun de plume se trouve dans les mines de 
l'alun commun qui sont dans l'isle de Milo, située ,'i l'entrée 
de l'archipel. Il y vient par gros pai[uets composés de lilids 
aussi (hdiésque la soye la plus fine... de même goût et de 
même caractère que l'alun de pierre. — Il ne faut pas 
confondre l'alun de plume avec la pierre incombustible... 
ou les ainianthes de Smirue, de Gènes et des Pirénées. — 
L'alun de plume est un véritable sel. (Savary, Supjdém.) 

ALVE. — Voy. .\unes et AuvES. 

AMATEUR Orfèvre et Ém.villeur.— On pourrait 
sans doute signaler le même fait à toutes les épo- 
ques, mais l'art de l'orfèvrerie et de l'émaillerie avait 
pris sous le règne de Charles VI un tel développe- 
ment qu'il semble bien naturel et cependant digue 
de remarque d'y voir appliqué' un artiste qui n'en 
faisait point sa profession. 

1417. — Lequel de fieiines ne fu oncques de mestier, 
mais esloit tant suhlif el imagiuatif que il faisoit... orfa- 
vrei'ie d'or et d'argent, esmaillerics et autres choses se 
comme ileustété luaislre. (.Irc/i. X/., rég. 1G9, pièce .VJB.) 

AMBARDE. — Couette, lit de plume faisant dans 
le coucher l'office de malelas. 

1368. — El l'abati desous lui, sus une amharde que on 
dit en françois une coule de matelas de soie, (Froissart, 
1. 1, pari. 2, e. 254.) 



28 



A.MlUiE 



AMBRE. — 1,'aiiiliii' lihinc cl };ris sont les espèces 
(lonl la nicilcciiic a lail un iisatjc si fn''(|ufinl cl si 
varie, iju'il sccail fasliilicux iréniiniérer les vcj'liis 
sans nombre d'une h-llc panacée. Orijriiiaii'c des côtes 
de h) liallii|ue, celle suhslaïu-e passe pour être la 
concrétion morbide d'une espèce de caclialol. 

1,'anilire jaune on succin, d'une nature et d'un 
aspect lorl dillÏMciils, considéré c(unnn' le pidilnil 

véfjélal d'nji ciinilèrc assez s blable à nos sapins 

ldiin<s cl l'ou^jes, esl celui ilont on s'est servi en 
tout temps comme de l'andji-e blanc pour la sculpture 
et la confection de nn'uus objets d'un certain pi'ix. 
I.a médecine lui attribuait aussi quebiues ([naiilés 
tbérapi'utii|ues. I.a distillation en a fait un vei-nis 
1res recliercbé en peinture dont les romans des 
douzième cl treizième siècles font de liéiinenles 
mentions. 

Kniin l'ambre noir. Ii' nniins estimé de Ions, se 
coid'ond avec le Jais el s'i'mployail aux mêmes usa^'es, 
sans préjudice <lu parti ([n'en lirait encore la ]}ar- 
l'unierie au seizième siècle. 

1067. — On voyait (dans le trésor du Calil'c Jlostanscr) 
qnantilé de tasses l'ailes d'ambre de Schaliai . . . 

ii.UtlU lij;ines il'ainlire dent chacune pesait 12 mann et 
plus. (È',r/r. (le Mtikiisi, El. (Jualreiiiere, 2 t>. :i7(l, 1 .) 

V. 1280. El s'en nionlerenl en la chamlire 

Où lîeiiier est, liien painte d'and)re 
{Liire îles 3 Maries, ms. fils Latuil. ii, f" il8 v».) 

1298. — Le vsle qu'est appelé .Masle esl on ant mer bien 
500 njdes vit midi, quaiil l'en se part rie Kesmiioonni. . 
si voz di qu'en cesie vsle naist l'ambre mont lin el bun el 
biele. (.Marco Polo, cli. IS',1, p. "2i9.) 

Quant l'en se part de eesle deus vies et ala eiiloi- 

.500 miles ver inrii ailone Ireuve l'eu l'de de Seolra... 
il lii iiaisl l'ambre en jjranl quantité. (Ibltl., ch. IHO, 
p. 230.) 

(A Mad,ij;ascar) ilz oui andire asez poree qu'eu 

cil nier a balène en granl abondance... el vos savés iiui' la 
baleine fait l'ambre, (/ftid., eli. 101, p. 23-2.) 

1302. — El loules ces choses esloienl lleurelées dr 
ambre el estoil l'ambre lié sur le crislal à bêles vignettes 
de bon or lin. (Jninville, -'GO.) 

1372 — .\Hirment lesd. exécuteurs que le roy noslre 
sire avoil eu une parure d'ambre blanc du prix de \i Ir. 
iV>n'. (Tesiain. de Jeanne d'Iivreu.r, p. 13.").) 

1379. — N° -2(US. Noslre Dauie gesant, les 3 roy^ de 
Coloigne et Joseph, el saint Anastliase, tous d'aiidire hlanc 
en petis ymages sans nulle garnison. 

N'iliTl. i:ii petit ymage qui a une petite couromiele 
d'or garinede pi'rlcs, de .Noslre Itiime, d'auihre jaune. 

>'" iS.jS. Une ponnnc d'ambre couverte d'or à lli'urs 
de liz el à osleanlx, non pesée pour ce qu'il ya pou d'ur. 
(Inv. de Charles V.) 

1389. — Un yniage d'ambre de Sainle .Marguerite, qui 
saull de dcdcns un serpent, assis sur un petit entablement 
d'argent doré. 

Une guesne garnie de 3 cousteaux à manches d'ambre, 
vii-obv. il'argcnl doré. (Inv. des joij. de la duch. de Tim- 
raiiie. (" 3 v°.) 

1399. — Un coidel à manche d'ambre, la virolle il'iu- 
esniailléc des armes de iMgr. le f)al|ihin. (Iiivi-nt. de 
Charles V, f U2 v".) 

V 1400. — Trnisaiméesplus lard (077), El-llakcneherclia 
querelle à EMIaeen an sujet d'une masse d'.nnbro que 
celui-i-i, étant encore sur le trojic, avait ri'çue d'un des pniU 
Maghrehnis, et donl il avait lad laiii' un laliouret [jour s'y 
appuyi-r, tintùt le coude, tantôt la lèle. (Ibn KItaldoun, 
llist. des nerheres, t. Il, p. 1.51.) 

1412. — Un granl tableau de boys qnarré garni de 
10 marcs d'or ou environ, ou (|uel par devant a une 
ymaige de Noslre Dame faite d'ambre cl de nnist, qui n 
ies mains et b- visaige de rouarl, tenant son idV.ml seui- 
blablcnient l'ail tout de rouarl, sur \\\\ iliaïup de luust 
semé des arjncs et devises de Mgr. (Cplesdu duc de Demi, 
V 1 1 v°.) 



1416. — N» 8,51. Vu yuiage de Noslre Dame, le visage et 
la main d'.imbre blaue, une pelile couronne d'or sur la 
li-sle, teuaiil sou enlani, d'ambre hlanc, — prisé 00 s. t. 
(/ne. (/i( duc de Itfrnj ) 

1491 . — A Jli.hel Thomas, nnireliant de Paris, 17 1. 10 
s. t. p)ur unes heures garnye d'ambre gris et nng mirinicr 
que led. S. a acbapiées de luv. {Cvlr des menus plaisirs 
du roi, S2.) ' 

'514. — Uuedi/aiue (le patenoslres d'ambre hl.inc non 
.■sliun-e parce que leil. orlevre a dit ne scavoir la valeur. 
(Inr.de Cliarliilte dWlbret, n° 17i.) 

1556. — Le jaunâtre (l'ambre) est tiré de la mer ger- 
manique de quov iiiustumii'rement sont faicts les dez à 
jouer, (l'.ardan, i>ubt. inrenl., 1 V, p. 13S v".) 

('.agates (jais) esl dit vulgaireinent auilire noir, on 
en l'ait des |ialenostres. Il esl splendiile elluysanl, ensorto 
que plusieurs le nombrenl entre les pierres" précieuses, il 
esl de e.iidiMir noir et allire la p.iille et le l'csln. Les via- 
leurs nous ou aiqiortoiil d'Espagne lios imagos, il bruslo, 
ol l'o esl ciimuiini à tout genre de bilumen. {Ibid., 1. V, 
p. l:17.) 

1557. A broyer l'auihre pour mettre en compagnie 
pour dminer odeur et en l'aire marques de patenoslres... — 
(Juaiid lu auras lesd. patenoslres entre les mains elles 
lo ri'iidront mervcilh'iise odeur, el esl pour personnes 
nolib'S el riches, car les toriaiil outre los accouslremons, 

■* prendront icollc odeur. {Secrels d'Ale.iis, pari. 2, 

L 2, p. 27 V.) . 1 . 

1558. — Une houlaille d'ambre garnie d'argent doré 
et sur le ferlelet les armes di' Ms. lo ihic Charles — pes. 
i m. 3 o., 12 esl. (Inv. de Philippe II, {" 21 v°.) 

1600. — Les petits vases qui Sont ite grandeur d'un 
poiiig, el qui sont lorl délicatement et artistenieiit tra- 
vaillés sont estimes 10 ou llj thalers; si ce n'est que 
l'arlilice singulier di> la gr.iveure surpasse heaucuu|i le pj-ix 
de la matière. Si l'anibro porle les figures de quelques 
choses, il est oslimé selon le plaisir du possesseur. On 
estime los fragmens île l'ambre tout aulrement, car les 
tiMguieiis du blanc so vouiloiil fl thalers, les nioslés du 
blanc ol ilu j.mno 2 Ihalors, .Mais les ninrs el impurs se 
vondoiil (leuii-lhalor seulement et quelques fois un quart, 
s'ils contiennent lioancoiip d'impur. Les fragmens nieslés 
valent eu première lien pour on tirer l'huile, car l'ambre 
blanc ne rend pas beaucoup d'huile... L'ambre sert aussi 
pour l'aire le veniix dont les peintres et les iinpriineurs 
se servent, (lioece île Bout, Parfait joaillier,]. 2,ch. ICI, 
p. i-2i\, édil. de lOil.) 

1600. — Lss carcans s'en portent, car l'ambre sort au 
goitre et autres maux ilu gosier... rauibre noir c'est le 
jaiet appelé gagalc, aussi est-il porté par le flot de la 
nier. (El. Bincl, .llerreilles de la mit., ch. 21.) 

1611 . — Ambre blanc. — Whiteamher; onckiinlo Ihereof, 
throwue hy llnaling sea on Ihe prnthian shiiro, whieh beiiig 
givou lo ilrinko iu wine unio a fasting woiich, will force 
lier lo |iisse, if she liave losl lier maiden-liead. 

Ambre crnd. — li.iw ambor; aniher as il growcs, or at 
il is bel'ore il be proparod polished and maire transparent 
by the fat ol' a sncking-pig. 

Ambre gris. — Aniber greece, or gray-ambor, the besl 
kiiido of aiiibor usod inport'iimos. 

Ambre noir — lilack amber, the worsl kind of aniber, 
iisiially mingled wilb alnès, lalelanum, storax and ^such 
aromalical simples, for pouiainler, chaînes, etc. 

Ambre de paleiiostres. — Bead aniber, the ordinary 
yollow amber. (Cotgrave.) 

•723. — 1,'anibre gris sert... aux confiseurs dans plu- 
siours sortes do coiifilures el dragées. 11 outre aussi dans 
la composition du chocolat. (Savary.) 

AMICT. — Ce linge est le premier vêtement dont 
se couvre lo prêtre avant de célébrer la messe. En b; 
posant sur sa lélc il dit : Impuni' Domine, riipili 
niro, etc., puis le rabat sur ses épaules où il reslo 
enlièrenienl caché par l'aube et la cliasuble. 

Inlroiliiit dans le coslunio ecclésias(i(|ue au bui- 
liènie siècle, l'amicl jiril la forme, inaintenue jusqu'au 
commencement du treizième, d'un cai'ré ioiii,' de 
loile line et sans tjarnilures apparentes; mais fort 
aniérieurement à celle époque el jusque vers 1 i50 
on eommciiça à le porler d'une fa(,oii ijiicl([iie jieu ilif- 



AMOHÇOIR 



29 



féronU'. Elle consistait dans l'adjonction d'un orfi'oi 
on parement historié de broderies, ial)allu sur le 
cou et formant un collet comnu! celui de l'aube, 
de la tuniijne et de la dalmatique, dont le très grand 
développement caractérise riconoi;rapliie du qua- 
toi'ziénie siècle. Jusqu'au dix-septiènn' on a admis 
l'usage d'orner l'amictde franges; mais depuis, une 
simple petite croi\ y a seule l'té maintenue |iour des 
raisons liturgiques. 

1289. — NoSl. 6 amilosparatos divcrsorum nrnamcn- 
tiinini, pannonini de cirico et de purpura, {lurent, de 
l'abhaije de Sili'acune.) 

1295. — L'nuui aniictum ad :iuruin fdatum de opiTC 
an{i;licano iroij. A.xgleterhe) cum média imagine salvatoris 
in nietlio et 6 ali;is circa cam. 

Unurii aniicluni de i|uiid;Mn lista panni benedicti 
rnuni uiniclum cuni IVixiii de Alamauia. 
Uruim aiuilluun i.ilinialuiii :iil iiunini traclitium, et 
perlas et flores de serieii diversorum cidoruni. 
(Thesaur. seilis apostoL, p. lit.) 

I29S. — DuD aiuicti veteres cpioruni unusde opère sa- 
racenis, et aliis de sameln viridi breudato cuni avibus in 
circulis. (/ne. de S. Paul de Londres, p. 318.) 

1380. — Kt est l'ainvt paré sur champ d'or à vmages. 
{/ne. de Charles V, w 1Ù46.) 

\itO\ . — l'ne aulie et auiict à parure de 6 aposlres à 
ca.scuru lés de faulie, et à l'amit a un crueefix. 

Item. \'n auiit >à parure d'une Véronicle et 1 vmages. 
{Inr. de l'éijl. de Cambrai, p. 310.) 

I4t6. — Une aube parée, de samit V(U'meil, brodé à 
}'iua;^'es de Mnvse prophète, et l'amit brodé de la passion 
de Jhs-Cri,l. Jnv . de N.-O. de Paris, f \l v».) 

AMICTONE. — In texte de la mémo date et du 
même pays dit : inimcUon et lUKjmeton, doux noms 
de l'amict particuliers à la (charcute. 

1562. — -3 Essuie-mains. G aubes et Gamictones. {Relal. 
du pillaqe de l'égl.d'Aubeterre. — Bull, de la Soc. archéol. 
de la Charente, 3° série, t. IV, p. 36U.) 

AMIDON. — Les coiffures pyramidales de l'époque 
il'lsabeau de Bavière sont restées célèbres. L'empois, 
la gomme cl la cire s'ajoutaient jiour les soutenir 
aux engins métalliciues. 

1416. — N° 58. A Ysalieau, l'ouvrière pour avoir de la 
llcur pour l'atourde la royne — 4 s. p., et pour un sachet 
de mégis à mettre la fleur — IGden. 

N" IGi. l'our une livre de gosmc pour servir à em- 
peser l'alour de lad. dame — 6 s. {Cpte des menus plai- 
sirs de ta reine.) 

AMIGADT. — (iousset, ouverture sur les côtés ou 
au niilieu de la partie supéri(^ur(! d'un corsage de 
robe, et aussi une pièce d'ajustement posée devant 
l'aisselle, ou autour de la partie du coi'ps qui l'en- 
veloppe. 

V. t260- Elle a sou dextre bras gelé 

Parmi l'amigaut de son col. 
(Ilnm. de VEscouflle, ms. arsen., 3319, f» 51) v».) 
Adoni; raison bouta sa main 
Par uu amigaut en son sai[i 
Kl nue lioete atainte eu a 
Dout unes letti-es hors sacha. 
de la vie hum., ms. fr. Dibl. Hiclt., 1138, 



1335. 



(Pélenn. 
f" 55 v°.) 



Et avoit trait une mamelle 
Par l'amigaut de sa gonelle. 

[ld.,ibid.,' ms. 8-28, f» 73.j 

1353. — Pour -t livres de cliaudelle de bougie à cirer 
les luauches, collez ('t aniigaux des garuemeus dessusd . 
G s. G d, pour livre. — i') s. {Cpte d'Eust. du Uruille, 
arch K 8, f )8t v . ) 

1386. — Pour la l'açou d'avoir reffait le pourfd de des- 
soub/. et avoir fait uns amigaux tous nucl's d'un sureol 
court de drap pers pour lad. dame — 16 s. p. (Cpte roij. 
de Cuill. Ilrunel, f' 115.) 



Pour les pourfdz de dessoubz, manches, toui's de bras et 
amigaux (de la reine) — H douzaines do lettices. {Ibid.) 

1398-9. — 8 chevreaux rez pour fourrer les amigaux oji 
goussez des robes d'iceulx eufans. .. a\ix luis i s. n. la 
pièce. {Cptedel'e.rtr. del'arg. de Ch.Poupart, tix.) 




V. 1 iOO. BihI. Ruhel. ms. fr. 30, f» 67. 

1484. — A l'entrée de Charles V111 à Parislc premier 
président était revêtu de son m.nnteau à landieaux sur les 
é[)aules et amigaux et nu cliappeau rond di- velours noir 
biodc d'or., (Godefroy, Uhs. sur l'hisl. de Ch. VIII, p. 433.) 

1489. — Armilla, aournement de bras comme man- 
ches ou autres esmigaux. (Catliol. parrunt.) 

AMITUM. — Étoffe de soie cuite, plus forte que 
le ceudal et moins que le saniit. 

V. i 189. — Ces ateliers fameux(dePalerme)où la soie est 
niée en Ijrins de diverses couleurs rpie l'on allie eusemble 
par plusieurs genres de tissage. Eu elTi't vous verrez sor- 
tir de là des étotfes à -1 et .à 3 lils laniita, dimita et trimita) 
qui exigent moins de frais el d'Habileté, aussi bien que 
des étoiîes à 6 fdz (lie.rcamita) dont le tissu plus épais de- 
mande plus (le matière (Hugo Falcandus,//i.v(.i'ici/. praef., 
t. Vil, col. 25G li.j 

V. i (90. Les osbers traient des forrieaus. 
Blans e rollez e geiiz e beaus, 
Vestent les sus les aucotons 
De cendaus fi-ais et d'amituns. 
(Cliron. des ducs de Xorniandie , t. Il, p. 235.) 

AMOLOIË. — Le modelé obtenu par la ciselure, 
auquel est souvent associé le travail du bui'iu pour 
exprimer les nervures des feuillages. 

1355. — Pour faire el forgier (pour le roi) une couronne 
d'or sur un hacinet à visière, seuiée d'esEuaulx de rouge 
clei" et d'esmaulx des ai'mes de France, et sont les florons 
de lad. couronne nervées et amoloieés. (tjpte roy. de G. 
de Vannes, t» --'Ol .) 

AMORÇOIR. — Petit pulviM-inde foi-mes diverses, 
|iarticulièrement lenticulaire cl évidé commi' nue 




XVi" s. — Amorçoir itulien en ynarijueterie. 
Coll. Rcssman. 

gourde, en Italie. Il était suspendu au côté droit de 
la ceinture des mousc|uetaires et anpieluisiers aux- 



30 



AMOIlÇOlft 



(|iifls ils servait à {,'aniir le liassiiu-l do leur ariiu'. 
(",os licrniers seuls |ioiiniciil ni outre une [^ranile 
pouiirii-re !ip|)elé rhdnji'oir i|u"il ne faut point con- 
fondre avec l'ainorçoir. 

1560 . — Pour une ainorsoye de corne de serf gravée à 
piTsiHinai(;es, (larnve di' cordon de soyc — ib s. (S" ('jite 
,lf David m,imlin.> 12 \°.) 

1619. — Coinnic il smifflcra aubacinct, estant cncor ou- 
vert il ayant tiré, adn i|iic s'il y esloit par liasanll, dc- 
nicnrc qucli|ne cslincclle, le piilvcrin nv saullc et |irirle 
ilononagc à liiy no'sine, a|>|>restaiit ce|M'nilant In piil- 
vérin pour gaigner du temps. (JaC(|Ucs île (Hjeyn, ,1/iimc- 
menl a'amxes, part. 1, 15.) 

C'est l'explication de la fi},'ure ei-joinle. 




révélé l'exisleiice de ces fra;;i 
ciennes coutumes. 



les léiM<iiiis de nos aii- 



AMPOULE. — liédoile aux pi'oportions d'un pelil 
vase aux saintes huiles, sa véritable foriite est len- 
liculaire ; sa pansi> aplatie, toujours munie d'un cid 
plus on moins étroit et \m\<^, i'e|iose souvent sur nu 
|ded 1res bas, (die si- ra}iproehe du flacon iloul la lu- 
liuhire du goulot est néanmoins plus courte el plus 
i-\liiidrii|ne et la capacité beaucoup plus f;raude. l.a 
dill'érence de ces deux objets s'e\plii|ue par ceili' lie 
leur emploi. 

l.a sainte ampouli' île lieiuis est trop célèbre poui' 
qu'il y ait lieu d'en refaire ici l'Iiisloire; mais d'au- 
tres moins connues se raltaeheul encore à des 
dates assez niémorabli's pour mériter i|uel(|ue at- 
tention. 

L'ampoule du nu)yen ;\}fe servait non seulenienl à 
contenir l'huile destinée à l'adminisli'ation des sa- 
crements, mais aussi quidque peu de celle des lam- 
pes allumées dans les lienx saints, aux tombeaux 
des apôti'es, des martyrs, et dans les sancinaires des 
pèlerina;res célèbres. Ces ndiques étaient (gardées 
avec respect par la piété des fidèles, telles étaient 
les soixante-neuf lioles rappelant ces souvenirs jiré- 
cieux qu'au sixième sièide le pape saint (iréj;oire 
adressait en présent à Théodelinde, reine des l.iuii- 
barils, et qui sont en partie conservées dans le trésor 
de Monza. 

Voici deux de ces curieux débris de l'arl byzantin 
joints à (|uelques pièces d'une dale plus récente, 
mais dont l'élude ne présente! pas moins d'inlérèl. 
Elles proviennent des fouilles de la Seine (|ni ont 












180. — Pliisiir rei la rei|iiiiTeia rn iln-il pf-leriiiaj;c. 
I.i prime. Il l>:u'uni, Il ilnc ml liir haiiiagc 
Cicns il'alii'us pais, <li niiilt ilivcrs lan^'uagc 
Pri'lal, moine reclus, el maint l'inpoiinago 
El ampules ra|)orlenl en signe del véiiige 
Mes de .lériisnlein en est lii croiz portée 
Et lie Ituchemadiir, Marie en plnni (îetéc 
De Sainl Janie la scale ipii en pluni est muée 
Or a Di'us saint Tliiiinas celc ampule donée 
Qui est par lui li' iiniml chérie el liounréc. 

{Vie lie Sailli Thomas le muiiyr, v. 3706.) 




V. I2U0. - Amjwulc de S. Thomas Decket 
Plombx hi.itnr. de l'iiut. 



ANCOUE 



31 



V. 1200. — Quod si volueris ampullas cuiii longo collo 
faeerc, sica^çe. Ciini sufllaveris caliduni vitniin (Hiasi vesicain 
niagnaiii, ohstiiK' foiameii fistula; poUico tiio, ne forte 
venins exeat, vibrans ipsam, fislulani cum vitro, quod 
ei appond(!t, ultra caput tuum, eo modo quasi velis eam 
projicero, et ntox extenso collo ejns in longum, clevata 
manu tua in altum, sine ipsam listnlain cnm vase inferuis 
dependere, ut collum non curvetnr, et sic separans cum 
huniiilo lif;nii miltc in fnrnum relVigerii. (Tlieopli. Shed. 
dwers. arlium. lib. 2, cap. XI.) 




capite et pede dciargcnto, lignum quod ignoramus. (Invent, 
de S. Berlin.) 



Revers : exilitas omnis offert |auferturl dolok excidit 

OMNIS. SANAT [us] BIBIT, C0.\IEDIT, MALIISI CUU MOItTE 
liECEOlT. 

1295. — 10 ampullas de argento hingas jn-o aqua rn- 
sacea ad diversa laboreria — pond. 10 ni. (Thesaur. sedis 
apostol., f 40 v».) 

1399. — i ampoulles d'argent dorées à une longue tige, 
cizelés à vignettes, et sont les fruitelez des couvescles de 
i lionceaux — pes. 3 m. 7 o. {bw. de Charles VI, (" 113 v°.) 

V. 1407. — Une petite boete ou a une fiole de verre 

euiUe (buile) de Sainte Katherine. (Inv.d'Ol. de CUixon, 
p. 17.) 

1416. — N" 121. Une ampoule ou fiole ronde de pierre 
sur couleur de pierre serpentine, garnie d'or, pendant à 
un tixn de soje — 30 1. t. 

N» 130. 2 grans ampoules ou fioles de voirre tainlcs sur 
rouleur de pierre ser|ientine, l'une en façon de poire et 

1 autre eu façon ae concorge, garnies d'argent doré, pen- 
dant cbac\ine à un lixn de soye — 15 1. Jliwenl. du duc 
de Bernj.) 





lip. de Chartes VI. llnd. 

1418. — Une anibolle couverte de palme, plaine d'vaue 
de llenve .lourdain. (Caumont, Voij. de .lUèrusiilein, 
p. 131!.) 

1460. — An sommet de ce pillier estoit assise une am- 
polle en manière d'une piiile d'csialn. (Percefori'st, t. 111, 
f- 116 V.) 

1465. — Una parva ani|inlla eristalliiia cum 3 circulis, 
capite et pede de argento deaurato et gemmis, de Sancto 
Oeorgio. 

lu una am|iulla cristallina tripartila. valde parva cmimi 




Id. 



Ampoule aux armes d'Isiibeait, de llaviére. 



1473. — A Gilles de Minaye, pour la faclion et dorure 
de 3 ampusles, la première escii|ile sniicluiii uleum, la 2» 
■'lanctum crisma, la 3° oleum infirmorum — 21 1. (Hondoy, 
Cptes de Cambrai, p. 200.) 

1485. — Eglise Saint Nicolas de Bari — la dessoubz 
est le corps dud. saint Nicolas, lequel rend lad. Iniylle, 
laquelle s'appelle manne, de la quelle on en donne à ces- 
cum pèlerin une ampoullctle, dont pour ma part je trou- 
vai la manière d'eii avoir trois. (Voij.de G. Lenguereiit. 
Ann. archéol.,1. XXII, p. 140.) 

A.MPOULE DE VERRE. — Voy. VerRE, 1156. 

ANCEAU. — Rénitier portatif à anse. 

I 704. — Un anceau d'argent de fignre ronde, de près 
de 12 pouces de haut, portant 9 et demy de diamètre; 2 fi- 
gures massives de testes d'anges servent d'orillons pour 
arrester l'anse qui a près de 17 pouces di^ haut, grosses à 
proportion, poussée en feuillage, avec une pomme au mi- 
lieu; il y a au bord de l'anneau un grenetis doré, aussi 
bien que les testes d'anges à l'enlour. D'un côté est repré- 
senté un saint Estienne, et do l'antre sont gravées les armes 
du chapitre; le bas porte 7 pouces de diamètre et est 
poussé en feuillages de bas-relief doré ; l'aspersoir est d'ar- 
gent et a prés de 14 pouces de liant sur près d'un et demy 
de diamètre à la poignée, qui est de figure ronde; le reste 
est poussé en feuillages, à l'exception de près de 4 pouces 
qui forment un quarrc pour tenir le crin. (/ne. de S. Pierre ' 
de Troijes, n» 8b.) 

ANCHE BATTANTE. — .J'eniprunlo pour la déliui- 
tiim lie ce mot le témoignage érudit de M. Gustave 
Chouquot qui donne dans son catalogue du Musé»- du 
Conservatoire, p. 65 et 76, l'explication suivante : 

« Les instruments à veni auxquels ou ada|)to une 
anche iiattantc à double languelle sont : les chalu- 
meaux, les bombardes, le liaulbois et ses dérivés, 
le cor anglais et le baryton, les muselles, b's cro- 
mornes ou tournebonts el les bassons. 

« Il yadcu.x espèces bien distincles d'instruments 
avec réserve d'air : les uns à anches ballantes se 
jouent avec les lèvres, les autres à anches baltanles 
ou à anches libres se jouent avec les doigts de la 
main et sont munis d'un clavier, souvent même de 
plusieurs claviers. I.a première branche de cette fa- 
mille d'instruments compreiul la cornemuse avec ses 
dérivés, tels que la musette, la sonrdeliue el la zam- 
pogne ; à la seconde branche appartient l'orgue qui 
coni|)le plusieurs variétés. » 

ANCOLIE. — liant de Notre-llann', VAiiiiilnjia de 
Linné. l'Iaule vivacc des nnintagncs, à feuilles 
redenlées, et disposées lî ;'i :i sur de longues cineues. 
Ses lleuis encaiinchonnées, bleues, blanches, jaunes 
ou rongi'àlres el irrégoliéres, sont eonqiosées de 
5 pétales plats et de 5 creux en forme de eornels 
saillants sous la corolle et enirenièlés alternative- 
ment. 



32 



ANCdLlI-: 



1376. A Itobin Anl'iny, orfèvre... pour un gobcli-t i-l 
2 pclili's pinlcs ilort'Z rl'ur>;iMU l'ii r:i(;(iii iraiiinlic, ii:l fr. 
7 cil. (L. Di'lisic, Maiidem. de Charles \\ ii" li;il.) 

1379. — N° 2y."). Un j,'obelel cl une aiguière il'orà fa- 
çon d"acolyc, garnie ilc pierrerie c'est assavoir, au gobe- 
let 5 snpbirs, 6 balaiz et 38 perles et en l'aiguicre 8 
saphirs, ',1 balai?, et -10 perles — pes. Il) ni. et denij 
(l'or. {Inv. lie Charles V-) 

N" i;07. lii (liajner d'argent doré dont le bassin et la 
patc sont en l'aiMiii île ruse, dont les bois sont esinnillés 
il arbreceani.x, l't a on fons duil . bassin un esniaild'nn Ile- 
part en un cbappeb't d'acolyes, pes. XI m. {Ibiil.) 

1467. — i bouteillcctes d'argent, pendant à cbcsnes, 
rsniaillii'z à 2 coslez d'ancolyes — pes. iMis. 2."> m. (Iiiv. 
lie Cil. /<■ Ti'inèraire, ii" S.'j'ti.) 

ANCYNET. — l'iiile, en iiiaiiiiTc de pclilc' anse, j 
opposée à l'ajjralV (prclle .scri à lixcr. — Voy. .\.N- \ 
NKIET. 

1 556. Aux Piclialtes, marchans de Ferrare, pour ."iO 
paires il'aiicynets et crochetz ponrniectrc à lad. couverture. 
{Uep. lie la iluchesse île Ferrare, f" 17 v.) 

— Appareillé l'oinlure de i|U<iy le roy doiteslre oini;s, les 
allées des ouvertures de ses robes doivent estic ib'laciés 
devant et derrière. {Office îles oriires, ms. liilil. Itichel., 
9!li. f° 18.) 

ANDIER. — (".hi'ii.'l il,' eiiisiiii', laiiilii'i-. --Viiy. 
te mol. 

V. 1260. — Sus un andier de l'er l'a maintenant posée 
(l'i'pi'-e). {Duon. lie Maience, v. tWlll.) 

127 I . — Un ciidier île fer. ( Tuiilieu de la Svarpr, ïaillar, 
p. 475.) 

Kn l'artre ot un petit andier 

il avoit un anelel, 

Que l'on osle sovent et met. 

(rabl. ms. de llerne, n" 3.-)i, f ll'.li.'l 

ANDODILLE. — l'clole de forme ()l)li)ii},nie enve- 
loppée (le toiles redoublées et de corde, comme l'ex- 
Irémilé des llèclies iiiceiidiaifes, dont ou s'est servi 
depuis le XIII' siècle el qu'pn rclroiive jusquà la fin 
du seizième en F^spaffne. — Ce projectile tirait sou 
noiu de sa resseiuhlance avec l'objet moins iiuisibb' 
dont la vieille lépulalion n'a rien à craindre des pro- 
grès de l'artillerie. 

V. 1500. — Esibelles liez enseiuhle gariiiz de ces feux 
(grégeois), qui s'appellent anrloiiilles, qui sont servans à 
cela (à briller les naviresi. (l'Iiil. de Oléves, Traité de la 
guerre p. 120, édit. de ir>.")8.) 

ANDRINOPLE. — 1534. — Qui si roneiano gli cor- 
dov.cm cil liilli II lololi (M-.ellentissimaineiile si lavnra di 
selle, briglie e d'allri foniimenli di eavallo megliu che 
allro.c. (belle cose de'tunhi, I" 116 v".) 

IS67. — La cité abonde en toutes sortes de marclian- 
discs et beaux ouvrages de selles, el autnts fournimcns de 
chevaux qui là se funt en toute beaiiLé et perfection ; pa- 
reillenieiil les fines csguilles dainasquiiiées el les beaux 
iiiarrnquins et cordoiians de toutes sortes de couleurs trc's 
vives. (Niiol.iy, /'éréf/r. orient., I. i, ji. IMI.) 

ANGËLIQDE. — Iiistrumenl à coi-iies |iiiici''es. le 
corps sonore est convexe comme celui du liilli et le 
cheviller double comme celui du lliéorbe dont il 
n'est qu'une variété. Voy. à ce mot la ligure. 

1690. — Instrument de mnsii|uc à cordes, qui est com- 
piisé du luth et du lliéorbe. (Fnretière.) 

ANGELOT. — Fromage recherché dès le coiiimen- 
ceiiiiiit du dix-septiéme siècle i^t dont mes citations 
exjiliqucnt suflisamnieut la nature el l'origine. 

1612. — Voulez-vous de cet angelot de France, il est 
encore tout frais. Il en est plus friand comme l'on dit, 
tnnlefois je ne l'ayme pas à cause qu'il est si gras, ce u'cst 
<|iic buerrc et cresiue. [The French schoole niuisler, p. 74 ) 

1694- — Sorte de petit fromage en cœur, fort gras et 



fort bim qu'on f.iit au pays de lîray i.\eufclialel el Gournay) 
eu Noniiandie. {Divl. de IWiad.) 

1723 — Celte espèce de fromages se dresse ordinaire- 
ineiit dans des eclisses qui sonl formées en C(Cur ou de 
ligure quarrée. (Savary.) 

ANGLETERRE. — Les coniples de l'argenterie, ou 
pour miiu.x dire, du trésor de la miuiarchie fran- 
çaise occupent dans ce glossaire, avec les autres 
documeuls anciens, une place assez large pour (|ue 
les ails el les rÈi-|ie>si>s ilc l'.Vnglelerre y trou- 
vent plus ([u'iiiie mention accidentelle. .Néanmoins, 
parmi les objets i(ue leur espèce ou leurs qua- 
lités désignaient à une faveur légitime, il convient 
de citer, après les piiiduils mélallii|ues de ses mines, 
ses laines, sou orfèvrerie, ses llacons, ses équipages 
de chasse et pai-ticulièremeut ses riches tiavaux 
d'aiguille aux(|uels l'adjonclion des perles d'Kcosse 
qu'on y employail, a laissé déliiiitiveiiiciil el partout 
le iiiiiii de linideries d'.Viiglelei ri' {op/is .[iiiiliriniiiiH), 




Av. 1153. — Chasuble de S. Heniard brodée de perles, 
à Ai.i-la-Cliapelli', d'après l'efiier. 

Dans les documeuls anglais le noiu de pays n'ayant 
point de raison de ligurer est toujours remplacé par 
la mention d'un nurrnije de fieriez. 

Le travail du bronze el de l'ivoire nous a fourni 
plus d'une occasion de citer l'industrie ou l'art an- 
glais qui dès \'l\)i et 1311! compte dans les regis- 
tres de la taille de Paris de nombreux représenlants. 
Voy. les mots .\.mic.t — IIiioueiiie — t'.oiisET — 
Ei'iM.i.E — Onu'.di. 

V. 1250. — Celle île ulTre des mines rl'.ir, d'argent, 
d'élain, mais la vigne n'y vient pas à cause de la rigueur du 
froid. Les habitants exporteiil les produits de leurs mines 
eu Kr;iiic'e, el reroiveiil du vin en échangi\ L'or et l'ai-gcnt 
i|iii SI' Iriiuvenl eu Krauce n'uni pus iraiilre lu-igiiie. 

On rloil aussi aux Anglais l'écarlate haute en couleur; 
ce drap esl fait avec la laine de leurs lirehis, laine qui est 
douce coinine de la soie; alin de ménager cette laine on 
étend sur ces brebis ini" couverture qui les défend \\i: la 
pluie, du soleil el de la poussière. (Ibn-Sayd. cit. p. Abonl- 
fe'la. GétKjr., p. tiCid.) 

1575. — Elle est abnndanle en minières d'or es tins de 
Cranford, d'argent en Ecosse, d'airain el de fer en beaii- 
ciiiip lie lieux, elle a de la terre soiilphrée, bilnmineiisc 
fort propre au feu. — Le charbon de pierre leur est en usage 
si coiiinuin que ceux qui mendient en demandent par 
aiiinosne aux passans. {Cosmog. de Munster). 2. col. 87 el 

n.) 

ANOLETEUI'.E. (lîiioiiKiiiK.) — 888. — Une chasuble ou 
esl représenté l'arbre de Jessé broilée de perles, el 9 luiii- 
ipies de velours rniige rramnisy brun avec grandes figures 
d'or nué venues d'Angleterre el faictes eu l'année 888, 
comme il paroist an bas de lad. chasuble. Les eslolles et 
fanons bordez de galons d'or: donnez parled. feu seigneur 
Cardinal de Condv. (Inv. de .\. I) de Paris en llilX, f' 8 v.) 

(Les mêmes) mie grande (■hasiilde et 2 grandes tuniques 
fort anciennes de velours rouge brun, chargé de plu- 
sieurs branches d'arbre el jK'rsonnages, le tout en brode- 
rie .l'or, enriehv de perles, rcprésenlaul l'arbre de Jessé. 
(//«</., f , .")2, lurent, de 1723.) 

1295.— Ununi frixium de opère anglicano. Cuni figuris 



ANGDN 



33 



ad aiirani ot fiinlii'iis fliversonini cnlorum l'X tobalea de 
Alainaiiia. (Tliesaur. xeil. apostoL, (" 91 v".) 

» Umiru fiixium anglicaiiiini .iiiliquiirn ciiiii liinbriis de 
serico l'ubeo et tobalea de Alaiiiania. (/i/. r"'.)"2.) 

« Unum repositoriiim de opère angliraiio ail auiiiEii ciim 
■1 iniaginibus et perlis et vitris. (/(/. 1» 05.) 

« Unum pluviale anglicanum cuni campo toto de auro 
niati) c'uin multis imaginibus sauctorum et liguris avium et 
bestiariim, eu m fnxis ad perlas et cum i bottonibus parvis 
(/(/. I" ',16.) 

« Tunicam et dalmaticim de panno saleruitano cum 
cervis et foliis aureis, ornata pcr totuiii frixio anglicano. 
(/(/. 1° 103.) 

1310. — Unam albani cum platys deauratis eirca fim- 
briam, cum parvis perlis divcrsi coloris stipatis. (Testam. 
anijiic.) 

1322. — Slepbano de AIrio esmaillyatori pro 5 capuciis 
briuidatis cum pellis de opère Anglie, pro regina... 2401. 
{(^ptes /T)//., Labordc, Cloxs., \° EsmaÙleur.) 

1328. — Une boueste de soie, de l'ouevre d'Angleterre 
où il a saindurcs 40 s. Une petite gibecière de l'ouvre 
d'Angleterre. — item une bourse de l'ouvre d'Angleterre 
où il a deux lyons à perles (iO s. p. (Inv. de Clémence de 
Ilonqrie.) 

1379. — N" 1037. Une cbappe à ymages sur champ 
d'or d'ouvraige d'.\ngloterre, l'orfroiz et la bordeurc à 
perles, a 4 gros boutons de perles. 

N" 1038. — Une antre cbappe à prélat brodée sur or à 
ymages de point d'Angleterre, rt le donna au roy maistre 
Nicole de Vaircs évescpie de Chalons. 

N" l!l4r). — Urig escrinet d'argent par dehors ouvré 
d'ouvrage d'.ingletcrre. (Inv. de Charles Y.) 

1385. — 2 paiure, nna stola, una fanona poadrata cnni 
auro et perlis et lapidibus pretiosis in auro cum spaulis 2 
etmaniculisde eadeni secta. {Monasl. anijlic.) 

1420. Une cbappe de brodeure d'or, façon d'Engleterre 
à plusieurs histoires do N. I>. et anges et autres ymages, 
estaus en laceures esci'iptes, gai-nie d'un oi'IVoi d'icelle 
façon, fait à aposlres, des quelles les manteavilx sont cou- 
vers de perles et leurs diadesmes (nimbes) ponrfdcz de 
perles, estaus en manière de tabernacles, faiz de 2 arbres 
dont les liges sont toutes couvertes de perles, et à lad. 
cliappe v a une bille desd. armes garnie de perles. (Inv. 
de fit. le Bon, n«40'J7.) 

1424. — Une cbappe à ymages sur champ d'or, d'ou- 
vrage d'Angleterre, l'orfrois et la broderie à perles, a 
4 gros boutons de perles. . . . prisé 80 1. p. llnv. des Cttii- 
pellex de Charles 17. f'4l.) 

ANC.LKTKURE. — Oiifévrkiue. — 1316. — La cou- 
roruie grant, d'Angleterre, d'or à oisellez de perles, prisée, 
13 I. ./lie. de Louis .V, p. 161). 

1363. — Un gobelet d'or plain, couveit qui est de la 
façon d'Angleterre — qui poise 6 m. 1 o. et demie. (/ni>. 
du duc de Xormaiidie, t" 5, n" 60.) 

1379. — Un grant cercle qui fut à la roync Jehan ne de 
liourbon le quel fut acheté de la comtesse de Penncbroc, 
garny de balaiz, saphirs, dyamans et troclies de perles — 
pes. 4 m., fi 0. {Invent, de Charles V, n" 12.) 

1380. — N° 0. Una cupa de opère Angli(! dcaurata, 
cum pede et copertorio coronato, apthato et esmalbato. 

N" 11. Una magna cuppa argenti deaurala, de opère 
Anglie, cum copertorio esmalbato et apthato. {Inv diiChâl. 
de Cornilloii, p. 203.) 

1389. — Une pinte d'argent à ance, du coing d'Augle- 
tcii-e, pes. 3 m. 6 o, prisé (au poido) le marc 6 fr. — 
(|ui valent 14 1. 17 s. 

— Un calice et la platiui^ pesant 7 o, 6 gr. prisés le 
marc 7 fr. dedans (compris) la façon et à fondre sans 
façon 6 fr. 4s. (Inv. de lUch. l'iaiue, p. 1 1.) 

1396. — A Perrin l'illot, tailleur et varict de chambre 
de M. S. le duc, 117 l'r. pour cause de 21- cors do cliace 
envoyés d'Angleterre. (Uihl. liichel. Cub. ijénéal.) 

1408. — Une sainture d'or, de la façon d'Anglelene eu 
la (|uelle a 20 çbuix, tous l'uvironnés de perles, dont es 
10 a en chacun un saphir que tiennent 2 testes d'esgics, 
et environ le saphir so[it 10 autres perles et es 10 autres 
rondeaulx a en chacun une perle. (Invenl. des duc et 
duch. d'Orléans.) 

GLOSS/IIHE 



2 gobelès d'argent vermeulz dorez en façon 
à couvcscle haché, à un fretelet esmaillé de 



141 I . 

d'Anghîterre à ce 

vert et une petite serpent dessus, et l'autre tout plain assis 
sur 3 lyons, à un petit fretelet sur le couvcscle émaillé 
d'azur — pes. ens. fi m. 3 o. 

Item. — 2 autres gobelès couvers, l'un en façon d'Angle- 
terre, d'argent vermeil doré goderonné à une lleur de liz 
ou fretelet, assis sur 4 bestelettcs à teste d'omme et 
l'antre gobelet véré hacliié par bandes, à un fretelet 
d'une terrasse et une petite aiglelte dorée dessus — pes. 
ens. m. 2 o. {lurent, du duc d'Orléans, f 14 v.) 

1453. — Une salière d'or garnie de pierreries, à per- 
sonnage d'une damoiselle, à la façon d'Angleterre. L'or 
prisié 300 esc. — la pierrerie vendue 310 esc. (Vente des 
biens de Jacques Cœur, f 15.) 

1561 . — 2 petits potz d'argent doré aux armes de ma- 
dame la duchesse, façon d'Angleterre. 

2 bassins d'argent cyselés et dorez d'un costé, façon 
d'Angleterre. {Inoent. du clidt. de Pau, f's 69 v° et 71 v°.) 

ANGON. — Parmi les résultats les plus positifs 
qu'aient acquis à l'histoire des temps mérovingiens 
les fouilles pratiquées dans les séfiullures, il faut 
placer la connaissance de Vaiiijon. Cette arnu' dont 
.\galhias au vi'^ siècle décrit niiiuilieusenient la 
forme et l'emploi compte aujourd'hui |>liisieurs va- 
riétés ((ui toutes, néanmoins, se rapportent au type 
défini par l'historien grec. 



âH 



i 



^~^i 



A, Musée de Wieshaden. — li, de Mafioi, c . - V, tom- 
beau de Sehen, ibid — (i, tombeau d'Iinrenueu. — 
I); ArrijiMne). Coll. Frcd. Moreau, (a .SI miH. pour 
mètre.)— E, 0, Détails ila même {à 25 cent, pour mètre.) 

I.'angon esl un javelot de fer de 80 ceiiliiin''lres ;\ 
l"'"20de longueur, il se termine par un dardqiiadran- 

3 



u 



ANGO.N 



guliiirc.ariiu'àsa l)as(Mlcdi'iix,t'l('xcc'|ilioiinclli'nu'iil 
(le (|ualn' L-rocln'ts à pdinlcs n-vi'i-si's scrvanl à Ir 
lixordans la parlii' allciiilc. Sa loiijjui' cl iiiiiu-e lini; 
cil s'élarjiissanl (loiiiu- iiaissaiicf à uiie lUmilli" pros- 
qiif toujours ouvi-rto daus sa lon^nicur dans la- 
(|Ufllo s"iulroduil uuc rourlc liauipc formant poi- 
gnt'i' à son oxliviuili- l'I alTorniii- par un ou plusieurs 
colliers. Celle douille est i|uelqu('l'uis formée par des 
bandes de fer isolées abontissaiil à la tijfe et que ces 
mêmes eolliers ont punr rll'el de resserrer ronire le 
liois de la hampe. 

De loules les armes niéroviiifiiennes eelle-ei est la 
plus rare, les eolleolions puMIipies ou |uivées n'en 
possèilent pas plus de quarante. Klle s'est presipie 
toujours reneiuilrée dans les sépultures les plus ri- 
ehes du territoire australien, et la Neustrie n'en 
eonqite (|u"un très |ietit nomlire;on peut doue rai- 
sonnalileuient supposer qu'elle était réservée à des 
eliels ou à des personnafjes de distiiu'liiui. 

Voici le texte d'Ajjatliias ériairci par les travaux 
de .M. Lindenselimitt et les récentes dérouvertes à 
.\rcj' de M. Fi'édéric Moreau à (|ui nous emprun- 
tons le spécimen assurément le mieux couservé qui 
existe. 

560- — Les aiii;ons sont des espèces (le javelots entre 
loiij;s et courts, l/esl une anne de jel et au besoin une 
arnif il'liasl, disposée ponr combattre soit pied à pied, 
soit à dislance. Sa tip;e de ter funni' presi|ue lnute sa 
longueur, et dans les lames de rccoiivrciiient s'cnjïaiîe le 
bois court dont rcxtrémité seule est visible cl sert de 
poignée. 

Le dard ipii termine ran(;oii est accoste de deux ciocs 
saillants léjièroniiMil recourbés en debors ronunc la pointe 
des liauipçons. AU nvimeul de laclion le soldat Franc lance 
son javelot, et s'il atleiiil le corps de son ennemi, sa 
pointe engagée dans les cbairs et retcmic par les crocliets 
lalcraiix devient d'une extraction si <lifticili' et si cruelle, 
que l'elTet ou les suites de la blessure sont toujours mor- 
tels. Si c'est le bouclier (pii est atteint par l'anjion, il y 
pénètre et maintenu par la rontrepoiiitc des crocs il l'em- 
barasse, l'entraine et llf couclie iiial;;ré les elVorls de 
l'ennemi pour se détça^er ou pour rompre de son épée la 
tige de fer qu'il ne peut entamer, ou la hampe de bois 
qu'il ne peut atleimlre. Le Franc s'élance aussitôt et ap- 
puyant du id'-d avec force sur le bout du javelot i|ui Iraine 
à ti'rre obllt;e sans rémission son ennemi à pencher son 
bouclier et à se découvrir. C'est alors que le frappant de 
sa hacbe à la tète ou lui traversant la gorge d'un second 
javelot, il le nii'l à mort. jAi,'atliias, liv. î, p. 10, édil. 
i'aris, IGCiO ) 

ANGUILLE. — Navire loup, étroit, eflilé et rapide, 
|)ridialilcnii'ut à rames comme le haleiiiier et dont la 
i|uille mesurait environ -ill pieds. On le trouve au 
\\\' siècle dans le port de rKeliise parmi les bâti- 
ments ([u'énumèrc la ('.hronii|ue de l'érinet iln Pin. et 
au XVI' dans les eaux de la Gironde. 

1510. — Une anguille de -tO pieds de long. (.4rc/i. île 
Gironile. — Xotaire Buiilemps, 51, I.) 
ISIS. — Une engnillc de tO pieds à environ dr (piille, 
avec un bon tilhac. Ibiil., 315, 1.) 

1515-1522. — Anguilles qui est une manière de vais- 
seaulx sonblilz qui vont de lilaye jusques à lîonrdeaulx et 
anlies lieux par la Gironde. (Ant. de C.onllans, Les faits 
llf la marine. ) 

ANILLE. — Cette ligure qui appartient encore au 
blason se eom|iose de" deux courbes adossées et 
séparées par den.x barres liorizontales. Kn matière 
de lormerie elle se range parmi les compiiealinns 
sans nombre des eniboneliures de mors dont on usa 
jus(|u'au wii' siècle poui- torturer les chevaux qu'as- 
sou|dissait diflieilement la main du cavalier. 



L'emploi di' Vanille, dont voici un exemple, so 
retrouve encore au milieu du xvi' siècle. 




1 570. — .)/o;s (i aiiillcs, ifujuex Laurent Ruzé. 

1397. — A Jehan de Lamarche, variât d'cscuric de Mgr. 
d'Orléans, nnc selle et un fraing à anille — -l I. 10 s. t. 
iCpte ilu duc lie Bernj, f 16 v».) 

ANIME. — Cuirasse composée de plastron et dos- 
siére à lames horizontales, comme l'armure défen- 
sive appelée éerevisse. L'anime, qui n'est qu'une 
variété du lialecret, se confond dans l'origine, c'est- 
à-dii-e à l'époque de Louis \ll, avec la brigandine 
dont elle a prescpie la souplesse, luais dont les laint^s 
plus longues restent toujours aiqiarentes. C.ette cui- 
rasse sans brassais, ni faudière des baiiiles gascoii- 
lU's et picardes de l'époi|ue de Henri 11, liuit par être 
portée sous Henri IV par les piipiiers et les gen- 
darmes. 

1548. — Yri commença à se montrer l'avant garde de 
l'infanterie de messieurs les cnfans de la ville, la quelle 
c-sloit de tO tant corcelets que animes avec nuirions, cspées 
et dagues, le tout mignonncment dorée. (Entrée d'Henri 11 
n Lijon, Cérnnon. fr., 1. 1, p. 830.) 

— Couvertz de corceletz ou anymc^ jiis(iurs à l'étendue 
des bras et des cuisses. 

— Les inauclies de la jubbc entez soubz la joiugture d 'S 
bras, de toille d'argent tissnes en l'orme d'anynie d'une 
claire et basante maille brodées ib; lin oi-. (Entrée (le 
Henri 11 à liouen, f"» 13 et 38.) 

1549. — Marchèrent les inqiriuo'iMS tous babillez de 
noir, ayans plumes blancbes cl équippez en gens de 
gucrn!.'.. portans animes , corselets, morions dorez et 
eiuicliis, cl les autres maillez. (Cerém.de Fraiice, 361.) 

\. 1 550 — Faut aussi à une galère 25 corseletz ou 
plutôt anunes avecqucs leurs morrions qui peuvent valoir, 
SI ce sont animes 8 esc. sols la pièce, (|ui sont pour 
lesd. animes 150 1. t. {Stohmonie, mx., f" 10 v", cit. Jal, 
i.lciss. liant.) 

1559. — l'A marclia le premier droit vers l'ennemi 
ariné d'une anime d'acier faite A escailles, reluisante au 
scdcil. (Amyot, Vies, Luciill.j 

1559. — Le cheval marin est une beste du Nil... de 
la peau l'on fait des escus, anismes et rondelles, aussi 
n'y ba il armes ni poinctures (|uellcs qu'elles soyeiit qui 
la puisse transpercer si prcniicremnnt elle s'est baignée 
iMatbée, Xotes s. Uioscoride. 1. i, cli. 21.) 

1606. — Espèce d'armure ayant les lames de travers 
bjugues cl larges qui font obéir les liarnois au mouvement 
et plicuicnt du corps. (Nicot.) 

ANIOGUINNE. - Fermail ipii, dans la langue 
liér.i|.lii|iii', iiesl iiu'une simple boucle avec ardillon. 

1396. ■- - N" 035. Le sire de Cramailles : d'argent à une 
croiz de gueules à 5 anrgnnncs d'or sur la croiz. 

N° O.'iS. M. S'uri'^n de Cramailles : seniblablemcnt à 
5 aniogninnes d'or sur la croiz, à un lambel d'azur. (.4r)/io- 
riiil, élit. Douel d'Arci|.| 

ANJOU (Tissis DE L' 1698. — Il y a à Angers de 
très belles élamines de laine sur soie rayées d'or, des 
camelots lins, des raz el autres serges, des droguets au 



ANNEAU 



35 



Luile et lies toiles à Château-Gonlier, qui se transportent i 
Saint-Màlo pour les pays étrangers, et à Cliolet des toiles 
pour le Poitou, Larochelle et Bordeaux. (Miroménil, Mém. 
s. l'Anjou. Marchegay, Arch. d'Anjou, t. 1, p. 15.) 

ANNAKH. — Etoffe orientale, drap de soie à des- 
sins d'or, brocai-t do l'espèce la plus riche. 

1356. — Khidlir (l'émir d'Aya-Solouk, ancien Eplièse) 
ne m'envoya qu'une pièce d'étoffe de soie dorée que l'on 
appelle annakh. 

— La princesse (de Fenicah) était couverte d'un manteau 
de l'étoffe appelée annakii et aussi annacidj, le quel était 
brodé de pierres précicnscs, 

{Voij. tVlbn Batoutah, t. II, p. 309 et 422.) 

ANNEAU. — Son usage remonte à la plus haute 
antiquité. On le trouve chez les Hébreux, chez les 
Egyptiens, en Grèce et en Italie dès l'origine de la 
monarchie romaine. Plus lard les premiers chrétiens 
s'en servirent, et dès le IV siècle il devint un signe 
de la consécration des évéïpies. C'est pour eux le 
sceaudela foi et de la pruleclion divine. Au W siècle, 
si ce n'est plus tôt, il se i)orte à divers doigts comme 
le prouvent ([uelques anciens monuments, et défmi- 
iivemonl à l'annulaire de la main droite ipii bénit. 




VI' s. — Anneiiii d'ur nielle, (j)ll. (le l'uul. 

L'anneau épiscopul esl d'or avec chaton en piern' 
et le plus souvent sans figure, en conformité d'uiu' 
prescription d'Innocent III. Au xi" siècle il devient un 
attribut des abbés réguliers. Plus tard celui des 
cardinau.x se distingue par l'apposition des armes 
ilu pape qui leur a conl'éri' celte dignité. 

Une des rubriqnes ilu Liber pontificalis E.ronii'n- 
sis donne la seule explicalion plausible de ces énor- 
mes anneau.v dont le diamètre excède celui du doigt 
le plus fort, en voici la formule : « Nunc seticndo clii- 
rolliccas miuiihii.'i imponal, et unnulum pontiftca- 
lem muijnum, nnarinn iiiio parvo strictiori anniilu 
ad tenendum fortiux, .•iuperimponat. » 

L'anneau papal dit du pécheur, marqué depuis le 
XIV' siècle de l'image de saint Pierre dans une 
barque et jetant ses lilcts, s'emploie à sceller les 
brefs apostoli([ues, et comme tous les sceaux per- 
sonnels il esl détruit à la mort de chaque pontife. 
Dès le VP siècle les évéques scellaient de leur 
anneau comme on l'avait fait dans ranti([uilé, sui- 
vant le témoignage de .Macrobe qui dit : « Velerex 
non ornatim sed ^itjnnndi raiisa annultim secum 
eircumferehanl. » 

Ce signe, devenu à l'époque féodale un des gages 
de l'investiture, avait dans la cérémonie des fian- 
çailles ou du mariage une origine beaucoup plus an- 
cienne. L'anneau de fer dont parle Pline était déjà 
transfoi-mé en anneau d'or dans les rites chrétiens 
du second siècle,- et depuis ses formes vai-iables ont 
admis tout ce que le goiit des orfèvres pouvait ima- 
giner pour les embeflir. Néannujins, parmi les bijoux 
consacrés de tout temps à la parure des femmes les 
alliances ont conservé une simplicité relative. Sur 
les bagues de loiilcs sorti's et de tous usages aux- 
quels s'ajoute celui des talismans fondé sur la vertu 
lies pierres précieuses, on rencontre des inscrip- 



tions dont il suffira de citer quelques exemples. 




V. 1 170. — Anneau cardinalice en cuivre duré, aux armes 
de Paul II app. à M. Ch. Stein. 

Celle de l^hildèric trouvée dans son tombeau por- 
tait son nom et son image. Sur celle de Louis le 
Pieux on lisait « Domine protège Hladoicum impera- 
torem. Sur celle de Saint-Louis : hors cet onel pon- 
cions troHCcr amour » ; et pour résumer en une 





et -xs a ^ jrant k xovt » rfuetibt^e 

XV" s. — Anneau d'or arec duirnauls cl rubis. 
Prov. dti ciiûl. d'EHham, Angleterre. 

seule les innombrables devises qu'a dictées l'amour, 
je citerai l'anneau nuptial se dédoublant en deux 
chaînons, trouvé en 1839 à Auzances près de Poi- 
tiers. L'intérieur du cercle porte en caractères du 
XV siècle mo cuer est ri'.iouis aussi doit-il aimair 
Dieux, » et l'extérieur « à mo gré je ne puis mieux 
aieii choisi » (ailleurs choisir). 

610. — Anuliis a spunso spousa^ datur,lil hoc niiiiiruin 
vel propter mutuiB fidci signum, vcl propter id magis ut 
eodeni pigiiore eorniu corda junganlur. L'ntle et quarto 
digito aiHilus idem iiis' ritui-, quod per euin vena quaodam, 
lit feitur, sanguinis ad cor usquc perveniat. (Isid. Hispal., 
De off. eccles. lib. -2, (» 117, éd. Paris, lô80.) 

1295. — Aiinulum anreum cum sapliyro magno et 
karolain circustu 7 lapiiliuu et 8 perlarum et octavns lapis 
cum capsa argeiUea abrupta ab annulo. (Invent, de S. Paul 
de Londres, p. 313.) 

V. 1300. Quant ele est richement peuc 
Et de bêle robe vestue, 
(Ju'elc a aumosnièrc cl coroie, 



3G 



A.NMiAU 



C.liapiaiis d'<>rrroi cl I.1/, de soie, 
Ki'i'iiiaiis d'Hi'itnnt et bmis cl biniis. 
Kl les vrigtîs et li's aiiiitiis 
.III. nu un en cliasciiiic- uiaiii. 
lie liliisme (les femmes, éd. Jubiiial, Jiiiiijleurs et Iidiiv. 
p. 7'J.( 

1378. — l,C};u domino Aliliali de Wathaiii uiuiiii aniiii- 
liiiii niiieiiin ^nissiiin (■uni iina sapliiro inlixa, et nonii- 
nilins li'iiini ropinm sculptis in podein annnlu. 
{Testiim.J. Fo.ilc. — Anitœol. Jourii. l. XV, p. 270.) 
1380. — N" 1U53. 3 annoaulx ponlUioaul.v c'est assa- 
\oir, nn^; nii il va uiij; cainaliien au inylicii, li perles, 2 sa- 
phirs, et y l'aull i csniera\ulcs; et nu sccniid a un canialiicn 



à une teste on mylien.et est nnvrc à jour, {jainy de nieniu' 
pierrcric.cl le tiers est d'un unis saphir Irouhle en\irniMié 
de petites lurcoises el de petits grcna/. 

{Itiv. (le Cliailes V.) 
1391 . — l'ait cl forRié un aiinel d'or pour le roy au 
i|uil il (J. r.onipere orfèvre) a mis el assis de la cioiz de 
liiules .1 lui h.idliée par leil. S^r. et prinse en ses petit/, 
taldiaiilx ou snnl les saintes relicpies ipi'il porte à sa pni- 
tniie, ou quel aiinel a lettres par dedeiis esmaiilées ipii 
dicnt « en cesl aiinel ii île la emi.r île llniles » pes. 5 est. 
d'or. (3' Cple roij. île Ch. Pnupnrl, !'• 85.) 





V. loUO. — Anneau iinijluis; — aittte à lions île icji. 
lie Charles Vl. Coll. l. C.arrand. 

l<t<>0. — l'ro uno sapliiro ligato in auio daln rêver, 
iloin. Oaidlnali Tareiilinu. 31 llnr. 

l'ro i|U<idani annulo cuin lapide saphiri de niandato S. 
h. N. i'apa>, einplo encenio unius ex doniinis Oardinali- 
hus, 18 flor. 

l:\ieli. i'alic. E. Muniz. — Les mis ù la cuur îles 
pupes, 1. I, 31 et G'2.) 

1447. — i anelli ponlificali cho l'iino non si peso... 
e lu ili rame e piètre false. {Cit. ihiil., p. \&J.) 

1447. — Dueati 5 di oro per la faltura di i anelle 
. . . per N. S. (papa) chol arme di S. Pietro e chu la navi- 
ce\\a.(Aicb. yatic.T.S.I>'ii\-. cit. ifci</., p. 168.) 

I45S. — Ducati d. e. 2.') per uno zafirio... el fjuale 
la Santila di N. S. dono, legliato in oro al Cardinale 
At;hoslensis nnovamente venuto in (dinrte. (lil., (° 33 v°, 
Ihiil., p. 172.) 

I4SS. — A Jehan Lessayeur, orfèvre de M. d. S. (le 
duc d'Orléans) pour'un anneau d'or esinaillt; à lernies, au 
ipiel est escript une cliançon... pour la l'acna 13 s. — 
y d. Il'' Cple il' A. Diimijens. — Arch. K. réij., 271.) 

1457. — Annliis pnutilicalis, in medin cnjus est zaf- 
lirus valde pulcher, sunt l ruhini cl 4 perle inajçne rolnndc, 
pnnd. une. 3 13 ipse aniudus ponlillicalis est valoris l(i(l 
dui'. 

Anulus niaiinus aureus pro ponliffice quando celehral 
divina, pro manu sinistra ad poncnduni super eirotliecas, 
cum zaffiro pulclierrinio in lahula pond. une. I 1/2 — 
est valoris UO duc. aur. 

Anulus aureus cum armis sculptis U. I). Cardinalis pro 
sij;illo. FM valoris 3 dur. auri. 

(Inrenl. ilu l'nlnit île S.-Maïc ù finme, p. 187 à 189.) 

1458. — Pro annulo piscaloris pnndcris 21 den. cl 
8 p-. {Airh. Valic. .)/, tU. — Mnniz p. 331.) 

1530. — Ung agneau d'or à pierre de licorne, ung 
autre ajineau d'or tout rond à forme de agneau espuusuir. 
{Arch. lie Douai, reg. aux lestam., r 170.) 

ANNEAU n'APi'Ei.. — 1487. — En la forme j,'reequc 
font (les moines de Ste-Catlierine du Sinai) tout le ser- 
vice. Ile cloches point n'ont, mais font un son avecqiies 
ane.iux de laton ou de arain... pour la convocation des 
Ireres aux heures canoniales (NicoïC le Hueii. —Le niand 
Voij. lie Hierusalem f- 74.) 



ANNEAU DE F.VUCONNF.RIE. — Voy. VeIIVEI.I.E. 

ANNE.VU D'oiiEll.i.ES. 1452. — Dons de Mj»r. le dau- 
phin, l'niir 2 aiieaiix d'or, lesipielz furent pendiiz el atta- 
l'Iiiez aux oreilles de Mitlon, le fol M;,-r. le. d.'iiiphin, 
'.I 1. {Cptes riiij., Laliin-de, Glossaire.) 

1530. — N" 27li. 2 hagues d'or à |iypes pour luectie 
aux oreilles, i;arnie chacune d'une pierre verde, large et 
quarrée a tout Je» pendans de pierre et d'or. (/ne. de 
Cliarles-Quint .) 

ANNEAU EN VEItUE. — Vliy. VElUinTlCIUi; ,\I.I,EM.\M)K. 

ANNELET. — Dimiiiutif il'annoau. 

1471 . — 1 aiinelelz de verre dont les deux .sont pers el 
les autres blancs. {Inv. ilu roi Itené à Angers, f' 22.) 

ANNELETS DE F.vrco.NNEKiE. — l'c'lits aiinoaiix a|i|M'- 
lés aussi Vvnrllex (voy. ce mol) fixés iV l'exlréiiiilé 
des j,'cls (1(^ l'oiseau cl reliés à la loiij,'i! an niiiyeii 
du loiirol. r.cs aiiiii'li'ts, qui dans rorij^ino n'élaienl, 
an l('in|is de rréijéric il, (l"2ill) i|ni' de sliiiples iiiall- 
ioiis de liauhei-t, m- lardèreiil pas à se couvrir d'uriK!- 
iiionls et i porUM' soit les ariiuiiries di' leur posscs- 
seiu', soit son nom. Cet usage, i)iii aeeiise les soins 
d'une jiropriélé jalouse, s'esl iiiainleiiu jiisi|u'aii 
.\viil= siècle, c'esl-à-dire jusqu'à la tleriiiùre péi-judc 
(le la faueonncfic. 

1240. — On doit avoir 2 anniaux on deux niaailles de 
hauliert et cisl auuiaii lil sont de fer ou il'arain, nous 
ni luettons force. Cil cliavnus (bous) des t;ès (|ui n'est pas 
perciez el doit pendre aval jusques vers les pies soit mis 
parmi l'ennel, el ce qui eiilrcra par l'ennel de celle coii- 
roie sera reploié el sera cousu avec le remanaiil. (La fau- 
innnerie île Frédéric II, trad. de 1300, ms. lidil. lUchcl., 
12100. (-' 100.) 



130(1. 



Figure jointe un texte. 



1478.— Pour fi douzaines d'anclctz de Icton dorez de 
fin or pour niectre es longes de ses nyseaulx — 60 s. t. 
(1° Cple rog., de P. Sgmart, f 27 v".)' 

AXNELET DE ROBE. — Porte, la liouclelle op|)0séc à 

l'agrafe. Voy. .V.nci.net. 

1455. — A Jlarliu Hersant, orfèvre... fait de .l gros 
2 den. d'argent, lil! anneletz, cl les avoir dorez, pour as- 
seoir sur une colle simple faite de. 3 aulnes et un tiers de 
damas noir pour mad. dame (.Madeleine de France âgée 
de 8 ans). (I" Cple riiy. ilej. Doilielel, (•■ 7S.) 

ANNELETS volants nu branlants — dont les textes 
cilés indiquent elairemcnt la disposition et l'usage, 
sont des anneaux et plus souvent des rosettes do 
métal à deux pièces ninnlées sur eliarnièro bat- 
tant l'une eonln^ l'autre lorsque le rlicval est en 
marelle. L'usagi^ d'en ciiiivrir les harnais a duré en- 
viron trois siècles, mais l'époque de son plus grand 
développement se place entre 1"!.")0 el I i.50. 

(les annelels, très mullipliés sur la courroie iln 
poiliail et sur les pièces lixes ou llotlanles de l'ava- 
loire, faisaient l'office de cliquettes et avaient sur les 
grelots l'avantage de fournir à la noblesse une occa- 
sion de faire moulre de ses armoiries. (Jn admellail 



ANTigCAILLE 



37 



ces accessoires bruyants pour égayer le cheval aii\ 
dépens ilcs oreilles du cavalier. 





Mil" 



et XIV° s. — 6 nniielets volants. Cuivre doré 
et (■maillé. Coll. de Vaut. 



Voici plusieurs exemples de ces ol)jels qui se sont 
en assez graml nombre conservés jns(|u'à nous, 
quebpies-uns se composent d'une seule pla([ue mou- 
vante dont l'attache supérieure est toujours rivée 
sur cuir. Voy. i'AILLETTe. 





V. 1225. — Alt. \i. Loi'iniarii quam plurimuni dili- 
guiitur a noliililjiis iiiilitibus l''iaiicie propter calcaiia ar- 
gentala et aurala, et propter pectnralia resonancia. {Dict. 
de J. de Garlande.) 

1385. — l'our une selle de cuurcier pour le roy à clie- 
vauclier sur les raus quant il ot jousté, garnie de harnoiz, 
c'est assavoir cuiUiere, poitrail, clievesse, resiies et estri- 
vières de .soie vermeille; le mors, les quarrefours et les 
estriers de fin cuivre taillé de telles de lion, tout le liar- 
nois semé de gros boulions de lin cuivre doré et argenté 
et d'annelès doubles, volans. lUO fr. [Cples de l'écurie du 
roi. f" 58 v°.) 




vrées et cousues d'or, gai-nies de grans tasses entières de 
cuir de Hongrie verdez, et le liarnois desd. selles de cuir 
de Hongrie couvert de cordouen noir et découppé par 
branches clouées de cloux dorez et d'ennelez volans blans 
et dorez — les quelles selles furent délivrées au roy — 
561. t. (/(/., f» 85 v°.) 

— Pour 10 harnais à selles, tant de coursier comme de 
ronciu faiz et garniz de cuir de Hongrie, couvert de cor- 
douen vermeil clnez de boulions dorez et ilécoppez à liran- 
chelesidoez depucettesct seuii''S d'euucb'Z doubles \olans. 
— 50 I. t. {Id.J- 56 v°.) 




1386. — Pour i selles de roucin bordées de larges 
burs de laton, les couvertures de cordouen vermeil ou- 



1420. — 7 selles et 7 harnoiz pour les chevaulx du 
corps de Mds. (le régent)... les 7 harnois fais de cuir de 
vache noir clouez de annelez rons et fusilles de laitton 
branlanspar dedens. (Cples de l'éc. du Dauphin, f° 87 v".) 

ANTIMOINE. — Si les textes anciens relatifs à la 
métallurgie sont souvent en désaccord avec la 
science moderne, ils conservent du moins leur in- 
térêt au point de vue d'une histoire qui n'est point 
faite, et rectifieront bien des erreurs communément 
admises, parmi lesquelles il faut noter, pour y reve- 
nir ailleurs, celle des miroirs d'acier. 

1560. — La minière de l'antimoine se trouve aux 
montaignes, tout ainsi que celle des autres métaux... 
et s'en trouve en divers lieux d'Italie si que d'Alomaigne. 
On l'apporte parmi drapeaux à Venise pour le service de 
ceux qui font les cloches à cause que meslée avec le métal 
elle rend le son plus baultain. 

Ceux qui fout les vases d'estain, la mettent en œuvre 
et de semblable font ceux qui s'amusent à faiie les mi- 
rouers tant d'acier que de voirre. (Biringuccio, Pijrolh. 
I. 2, fo 45 v» Edit. de 1572.) 

1575. Antimoine est un métal imparfait, commence- 
ment de plomb et d'argent. (Palissy, e.rplic. des mots, édit. 
A. Cap., 18U.) 

1597. — l,es empiriques abusent plus souvent de leur 
antimoine préparé en consistence de veire que d'en user 
selon leur intention à la guarison des maladies. Toutes 
fois son usage est grand pour faciliter la fonte des métaux 
aux quels il rend le son plus clair et plus pénétrant. Les 
potiers en usent aussi pour rendre leurs vaisseaux de terre 
jaunes et reluisants. (J. Bodin, (/ic«(re de la Nat. 1. 'J, 
scct. 10.) 

ANTIQUAILLE. — l'endant toute la durée du 
xvp siècle ce mol, pris comme synonyme d'anli(|ue, 
s'appliquait d'une manière générale aux débris ou 
aux imitations de l'art grec ou romain, et parti- 
culièrement à des médaillons peinis ou sculptés, à 
des figures de grotesques, et aux divers iiiolifs 
qu'avaient coutume d'emprunter à l'anliquilé les 
artistes de la renaissance française. 

Dans les comptes du château de Gaillon le nom de 
ferrailles est de même donné à des ouvrages neufs 
d(î ferronnerie. 

1507. — Marché fait à Michellet Loir tailleur île pierre 
lie tailles... de la pierre de Vernon cpii lui sera livrée, de 
niectrc cntour 9 antiquailles envoiiés par prégent (présent) 



38 



ANTIOUAII.LE 



iitii scioiil assisps sur la larrasso li;iiillc. (CptfS ihi iliiil. , 
lie Gaillon, p. -71.) 

IS50. Maison de pris hion paiiirlc A rantiqiiailli». 
Culiinct paré <1p mrdiiillcs 
Kl ciirieiisps anlii|iiailles. 

(Gilles Conozi'l. Blason de la maison.) 

1553. — Le loy Krançois (l"), leslaiiralPiir des lellrcs 
et père lie Imite vèrlii on l'eil jcller (îles sphinx) dcnx en 
fonte assez obscnrs, relirez île eenxdi' Heine, les ipiels on 
peut encore à presi ni voir à Fonlainebleau avec les anli- 
qnailles du roy. (lielon, Ubserv., 1. 2, eli. tt») 

1556. — Il s'y Iroiive (à Damas) plusieurs nionuinenls 
el reliques senlaiit son auliquaillo el entre autres chose le 
lieu où Noire Seigneur dit à saint Paul : Saul, Saul, pour- 
quoi ineperséentes-tu? (L. de Itarllieme. j4/'ri(/«e rfe Tem- 
poral. L IV, p. y.) 

V. 1560. — 1,'anliqnaille diète ainsi pour ce que l'on l'ha 
extraiel des antiques painctures corne des testes d'tnranlz 
qui ont di'S aesles et iilusieurs telles choses. (Kr. lioiii- 
vard, Amarliijenée, p. 118.) 

1573. — Je veux que tontes mes mi-il.iille< de enivre, 
marbre et aussy les monnoyesd'anliquaille d'iu- et (l'arj;ent 
et autre matière Siiient gardées en ma inaismi par indivis. 
(7e,v/ii»i. (/» Chancelier de Lhopilal, Brantôme, Gds Cap. 
I. i, cil. 75). 

1609. — El pins avanl, vous trouverez le palais des 
seigneurs Farnezcs (|ui est fait avec une archilecture ad- 
mirable et est plein de très belles aniiquailles. {Vinj. île 
Villamont. I. I, p. 143 y.) 

ANTIQUE. — llaiis le même sons (|u'anli(|iKiilli', 
l'I ediitijrmrmciil à racee|ilitiii moijorno. 

1506. — A Nieolas f.astille, nienuyssier, tailleur d'an- 
tique pour le pavillon du jardin. 20 I. 

An même pour lailler d'antique, etc. {Cptes ilii cliiil. 
de Gaillon, p. Hi el2l!).) 

1 523 . — 2 ehandelliers d'argent dorez, les pieds (.u\ i es 
à feulaige pesans ens. 8 m. 7 n. 

(En note.) Ces 2 ehandelliers ont par ordonnance ilc 
Madame estez fondus et renouveliez de faeon et faiz 
beaux et grans, goderonnez et aurés à l'antleque, par le 
niillien et le pied à fenillaige — pes. ens 24 m. I o, 5. est. 
(/lie. de Marijitertle irAulriche, f» 3.) 

1538. A inaistre Ronihault, tailleur d'antieqiie, en prêt 
sur certaine lenvre de hlanehe pierre pour la halle de 
Douay. GO 1. {Arcli. de Douai. Cptes de la ville, (" I II ) 

1539. — .\ niaistre Rombaiilt iteniclairc (A/. ; Hauue- 
leng) tailleur de anlique sureerlaiii marché... des repré- 
sentations d'auniiis piirielii'S île par decha, pour les poser 
à la devaulure de la halle. 12 1. ilbid. C l:j:) v°.) 

— Pour l'image et représentation de feu de très nohie 
honoré M.iximilien, posée au devant de la balle. \h I. 
(Ihid., f l.",3) 

1551. — Eu la chambre du roy — 2 cli.illys de lioys 
de noyer, taillés d'anticqnc... En la vieille cbamiire Mgr. 
ung chalilde noyer taillé à l'anticque. {Inr.d'Anl. de Bour- 
bon.) 

1636. — lue chasuble de drap d'or à l'anlicque avec 
l'escusson des Orgemonts (■\ liO'J) qui sert à M.M. qui as- 
sistent Mr. de Paris le jeudy absolut à l'autel et le jour du 
S. Sacrement à porter Notre Seigneur. Unv. de Notre- 
Dame de Porm, f IS.) 

ANTIVENT. — l.'abal-joui- ou mieux le conlrevenl 
d'un lioufteoir couvert en manière d'e.scouce, pour 
cabinet de travail. Ces platines, appelées aussi pa- 
lettes, se faisaient souvent en ivoire. Un exemple 
d'une autre snric est donné au mot Absconcc. Elles 
servaient pour la lecture ou l'étude, et l'aulivent en 
or poinçonné cité ici pouvait en outre y faire l'offiee 
de réllecleur. 

V. 1420. — Une platine à eslude, d'yvoire, couverte la 
platine cl le long du manched'or et l'cntivent de lad. 
platine il'or pniui,'onné à l'envirou de saintures d'espé- 
rance, nli^een son estui. (/ni', du duc d'Orléans , f" H.) 

ANVERS (Façon d'. — Voy. aux tables géogra- 
pLiqucs les détails donnés sur les produits de cette 
ville. 



1 599. — Un grand bassin d'argent doré gravé et cizellé 
r.iion (l'Anvers, i)es. 18 m. 103 ese. (/ne. de C.ahrielie 



d'Estiees, f' SU v».) 





V. I.''ill0. — Boucle et mordant en urijent doré. 
Orfèvrerie d'Anvers app. à M. lîoy. 

APOTHICAIRE, — .le ((jnslale ici raneienneté des 
prik-aulioiis prises pour la ilélivrance des matières 
lo\if|uc>s,'('t les connaissances exigées en lalin. 

1609. — Art. 3. Auparavant que lesd. compositions or- 
données pour chel'-irœuvre soient présentées and. préten- 
dant, il sera examiné par les médecins, an cas qu'il ne 
l'ayl desjà esté en le faisant recevoir servileur ou appreii- 
til'd'apolhiciiire, pour scavoir s'il seait du laliu anlaul qu'il 
est nécessaire pour bien liic et entendre leurs oidonnanees. 
Et où il serait trouvé n'avoir sullisante eognoissance de 
la langue, voulons que dès lors il soit renvoyé sans l'ad- 
mettre ny recevoir aud. chef-d'œuvre. (Reglem . des Apolli. 
de Sedan.) 

1621. — Art 13. Que aulcuns inaistre ne baillera su- 
blimé, arsenic et argent vif à iiersnnne, si ce n'est aux 
maisircs chyrurgieiis, orplieiivres et mareschaux que pre- 
mièrement lie leur ayeut l'aicl jurer sur les sainls évan- 
giles de N'ostre-Seigiieur qu'ils n'en veullent pfiiiit faire 
mal et coulx qui les prendront seront lenus escripre ou faire 
escripre sur le pappier journalier et leurs mains. 

Art. I."). Eseripriiul sur les po(s des compositions, les 
jours moys el ans qu'elles seront l'aides. {Slat. îles .4;jo(/(. 
de S. Junien .) 

APPEAU. - Terme d'bnrlofïorie dont la défiiiiliou 
emprmili^ son inlérèl aux cilalioiis relatives à l'his- 
loiri^ lie cet arl. 

l/aiipeau esl un linilire sans li;illniil et frappé par 
un marteau à la liillérence des doclies. Son emploi 
dans les carillons du nord de la France et de la 
lielfciiiue remonte au xiv^ siècle. 

1380. — A inaistre Jehan le eloechietcur pour gicler 
nue elokc et 2 appeaux pour M. S. pour mettre en sa 
maison à Sainl Martin à la pnsternc. — 8.i I. (1"' Cpte 
de II. Lippin. — Laborde, Les ducsde Duurij., t. I, p. L.) 

I 549. A maistre Nieolas Delecourt, fondeur de cloches 

deuieur.inl en lad. ville de Dmiay pour... avoir l'ait et 
fondu U appeaulx de métal pour servira l'orlogc du bef- 
froi d'icelle ville, pesaus les S appeaulx au nombre do 
2811 I , el pour uiig petit appeau qu'il a refondu pesant 
68 I. — la somme de 702 1. {Arch. de Douai. Cptes de la 
ville, 1° 2U.) 

1565. — Jehan lludeheil, fondeur île cloches à Lille, 
apromisde livrera la ville... ung arcord de 19 cloches 
pour servir aux appeaulx de la iiouvelie horeloge de lad. 
ville, de telle granihoir qui' les cloches des appeaulx de 
riiorèloge de la ville et cité de Tournay, des quelles 19 
cloches la septième et la qualorzième seront faites de 
demis tous et les autres en nombre de 17 plains tous, toutes 
accordées ensemble selon la musique. (Marclié pour U 
Carillon du bejfrui. — Houdoy, La halle échev. de Lille, 

1574. _ A Claude des Ponchaulx.pour son sallaire de 



.\()ir\MAMI,K 



39 



avoir Viicqué au gouvernement du registre de l'orloge et 
renouvelle les chansons des appeaulx, |iour chacun mois. 
{Ihid., Cples de la Ville, p. 67.) 

1771. — C'est une manière de. petite cloche (|Mi sert 
à sonner les quarts et les demi-heures. Appeau en ce sens 
n'est usité que parmi les gens de métier, les antres se 
servent ordinairement du mot timbre. (Dict. de Trévoux.) 

APPEAU DE CHASSE. — L'appeau des oiseleurs a 
beaucoup varié de forme, mais si l'ou excepte le pi- 
peau en usage au \iv° siècle, la plus ancienne dil- 
fère peu du type actuel. J'a.jouterai seulement à l'ex- 
plication fournie par Furetière, que la boile dont il 
parle était prescjne toujours un petit sac en peau 
servant de réservoir d'air. 





l/un dos appeaux ci-joints date des dernières 
années du xiii" siècle et porte l'inscriplion Ramiciis 
(servant à la ramée, c'est-à-dire à la pipée). 

1380. Couroucié es de tes oiseaux 

Qu'oir ne pues chanter en caige 
Mais hien pues l'aire les appeaulx 
Pour chanter en ton geolaige. 
{Chanson s. Hugues Aubriot pendant sa disgrâce. — 
Cit. Chron. de S. Denis, l. VI, p. 478, édtt. P. Paris.) 

V. 1500. — Ceux qui prennent les grives usent d'une 
autre tromperie, ils engluent cei-taincs menues verges et 
les accommodent sur un arhre sous le quel ils font une 
petite loge (ramée), couverle de branches et se tiennent 
là dedans avec un petit sifflet d'oiseleur avec le quel ils 
contrefont les grives (Fioravanli, Miroir. vnir.,i. I, p. 183, 
trad. de ISSl.) 

1690. — Appeau est un sifflet d'oiseleur avec lequel 
il attrape les oiseaux en contrefaisant le son de leur 
voix. Il se fait des appeaux pour (ouïe sorte d'animaux, 
les appeaux dont ou use pour appeler les oiseaux, les 
cerfs, les renards, etc., ne sont autre chose que des anches 
semblables à celles de l'orgue, qui ont ditférents effets 
suivant les petites boesles qui les enferment IFuretière.) 

APPOLITAINE. — Parmi les modes françaises em- 
prnnlécs àrilalie à l'époque de Ciiarles I.\ figurent 
les ciiausses napolitaines. La partie du vêtement 
dont il s'agit ici est une sorte de jarretière un pini 
bouffante placée au genou entre les chausses et la 
botte. 

1571 . — Quartier et ilemy de lafl'etas blanc gros grain 
pour faire appolilaines à deux chausses à bottes — au pris 
de 110 s. l'aulne. IDép. de l'entrée à Pans de Charles IX. 
— liihl. nich., lus. 11691, {<• 58 v°.) 

APPRENTISSAGE. -- Le régime et les condilions 
del'apprentissage ont peu varié, néanmoins le contrat 
suivani présente ce double intérêt d'en faire con- 
naître la forme précise et de constater l'établisse- 
ment d'nn orfèvre français à Sienne au conunence- 
nienl du XV siècle. 

1414. — Pateat omnibus evidenicr, i|uod |Mudens et 
in arteaurilicoruni probus vir magister liarlabuneiis Picri 
de Sancta Maria de Podio, provincie Frauchoruui, ad pre- 
sens connuorans et exerccns artem et ministerinm auri- 
ficorum in civitate Senarum,sua dicti magislri liartabunci, 
libéra et sponlanca vnluulale et ex eerla scientia... fuit 
confessus et recognoviljacobofiliomagistri Joauiiis Jacobi 
pictoris de Scnis presenti et Incanli se diclum Jacobuiu 
et opéras suas et personam ejus cum diclo liarlalomeo 
ad cxerccndum artem aurificorum, lam in civitate Sena- 



runi quam extra pro tempore et ad tcmpus duorum anno- 
rum proxime venturorum et hudic initiatorum, eidem ma- 
gislro liarlalomeo presenli et condnceuti se diclum Jacu- 
bum et opéras suas pro lempore prelibalo ad exercendaui 
arlem el ministerium aurificorum cum pactis inl'ra scrip- 
tis. 

(Juo tempore durante idem magisler liarlalomeus pro- 
misit dicto Jacobo presenti et stipulanti ipsum Jacobum 
in diclo et arte bene et diligenter ciiidire et persnnam 
ejus et tolam industriam ejus erga erudilionem ejusdem 
Jacobi liberaliterexihibere gratis ;dicluinque Jacobum tan- 
i|uamfilium in cunclis emergentibnserudirc et tractare — 
tanquam faciunt et facere consueverunt magislri boni et 
perfecli eorum discipulos, et incasuquo contingat ipsum 
magistrum Barthalomeum prcdicta ejus arte et ministerio 
exeVceiido diclum Jacobum ejus discipulum ducere extra 
civitatem prefilam, eidcm Jacobo de expensis, viclui suo 
uecessariis diligenter de suis propriis bonis et facultatibus 
providere, prout et sicut condecens erit et tempus exi- 
gerit. Et omnia et singula grata necessariaque ad arlem 
predictam eideni Jacobo exhibere et eumdcm Jacobum 
dicto durante tempore ah arte et minislcrio non repellere, 
sed euni tractare in cunclis cxigentiis tanquam faciunt et 
facere consueverunt boni patres erga bonos filios et per- 
feclus magisler erga discipulos suos, sub pena et ad penam 
centum (lorenorum auri. . . 

Pacta vero et convenliones que fnerunt inite et compo- 
sée inler duas partes, et dictis nominibus et quolibet 
dictorum nominum infrascripla suiil videlicet : 

In primis quod idem Jacolius teneatnr, et debeat per to- 
lum lempus predictum eidem magistro liarlalomeo in arte 
el ministerio antediclo bene el diligeuler servire et eum- 
dem magislrum Barlalomeum prosequi et eumdem verere 
et honorare lanquam faciunt el facere consueverunt veri 
boni discipuli erga bouum magislrum gralis et sine aliqiio 
salario et suis dicti Jacobi pro|uiis sumplibus et expensis 
in dicta civitate Senarum tantum. 

Hem quod idem magislcrr,arlalomeus lenealuretdebeal, 
casu quo contingat diclum Jacobum exlrahore pro dicta 
arte et ministerio exercendo extra civitatem Senarum, 
quod tune et eo casu advcnionle idem magisler Barlalo- 
meus tenealur et debeat sibi dicto Jacobo providere per 
tolum lempus predictum et extra civilalem Senarum de 
sumplibus et aliis uecessariis erga viclum dicli Jacobi 
)M'opriis sumplibus et expensis ipsius magislri Barlalomei, 
el diclus Jacobus teneatur et debeat dicto durante lempore 
eidein magistro Bartalomeo servire et personam ejus et 
opéras suas prestare ad servitia prclibala, lam in civitate 
Senarum quam extra in qualibct parle mundi ad nianda- 
luui dicli magislri Barlalomei. 

Item quod idem magister Bartalonieus teneatur et de- 
beat per tolum dietum 'lempus erga diclum Jacobum per- 
sonam suam libère exhibere erga diclnm minislerium el 
arlem suam et industriam fidcliter demonslrare et ipsum 
Jacobum fideliler erudire et euuidein docere in cunclis ad 
diclum ministerium et arlem exigcntiis tanquam facit et 
facere consnevit verus paler erga filiura, et perfeclus ma- 
gisler erga discipulos suos. 

Item quod predicla omnia etsingula sint et esse inlelli- 
ganlur inler eos composita et ordinata ad veram et puram 
fideni el omni suspitione carcaut. 

Acta fnerunt predicta Senis in domo Joannis Jacobi pa- 
Iris dicti Jacobi; presentibus Cola, Angeli magislri Cole et 
I.nriovico Marti siitore de Senis, testibus. [Docum. per la 
sloria delVarle Senese. — Milanesi, t. H, p. 65.) 

AQUAMANILE. — Un bassin el aussi une des va- 
riélés de l'aiguière, mais dans un sens plus restreint 
et, j'en conviens, un peu exceptionnel. .\ ce dernier 
litre il caractérise cette nondirensç familli' des di- 
nanderies aux formes capricieuses ou liizarres que 
la Flandre el l'Allemagne ont produites durant (du- 
sieurs siècles avec un égal succès. Elles sont assez 
connues pour qu'il n'y ait pas lieu d'entrer à leur 
sujet dansdelongs développemeiUs. Voy. .\u;UlEUi;. 

Ce qu'il importe de préciser à l'aide de documents 
anciens, c'est l'emploi liabituel de ces vases impro- 
prement appelés bouilloires. Or. l'extrait suivant de 
l'inventaire de Saint-Martin de Mayence prouve que 
la plupart de ces objets do cuivre ou de bronze res- 
pectés pur le temps appartenaient au mobilier des 



10 



AOnAMAMI.E 



('•jilisi's ol (|iif, s'il> ii'rlaii'iil |)(iiiil rinployrs conuiir 
les liassiiis t'iiiaillrs ilils i/i'inillioiis an service des 




XVo s. - Coll. Gawl. 



autel! 
dans 



ils li'Ouvaie 

l's sacristies 



rit tuiijdurs leur |p|act' uiar(|uée 
liimi- les alilulioiis. 




XIV s. 



L<' lai d'Aiislote. Cuil. Cliabrières-Arlos. 



787. — llic cliam ilitionibus ecclesie (Fontanellensis) 
ilimisil... calioein argenleuiii ileauratum uniim, urccos 
Alfxaiidriiins cum aquaniaiiililjiis duos. (Gesia nlib. Wi- 
ilunis Fonlunell.ap. Perlz. mon. germ. /lis/.. Il, p. i90.) 




V. 

nisi.. 



XV s. — Même Coll. 

I 156. — De misccnda vino aqua eis non credinius 
. vel ipsi pra; oculls noslrls, aquam infiindunt, vc) 



noliis aqiiamanili Iradita uaiii calici misceamus. {Epint. 
Gillieiii ep. plctar. up. Marleii., t. I, aiiei-d. col. 128.) 
1252- — KranI urcei diversarum l'nmiariini qnosniaiiilia 
vitCiit.l, en qudd aqua sacci'doluin luauiltus fuiuleretiu' c\ 
ois, argoiiti'i, c|ucdaiu haljcnles lorniau leciuuni, i|ucdani 
draconuui, aviuiii et ^'rlpliuuinu vel alinrui]! auiinaliuui 
quornuicuiU(|uc (/ne. tie l'Eijl. .S'. Martin île Maiieiice, 
p. 12.) 

AQUARELLE. — Ce mol apparlieiil à la laugue 
nioileriie et s'il |u'eud jdaee ici c'est faute d'un 
é(|uivaleiit ancien pour désiffmw un priicédé de 
peinture (|ue les miniaturistes italiens (iiil l'réi|uem- 
iiieiit mis en prati(|ui^, tandis (|ue, en Fi-ance, on 
triuive prescpie toujours les cnluiuinuies faites à la 
{,'nuache avec addition de céruse. 

I,'ai|uareile servant à i'<'liausser les dessins sur 
vélin se eouipusait en jurande partie do sucs d'her- 
hes ou teintures végétales associés ù rem]ploi de 
(|uel(|ues terres. Ce procédé servait même pour 
\'inipiession el c'est à ce mol (|n'cst renvoyée la 
production di' (lneiiineiils anciens. 



AQUILÉE. — Itans la lalinci 
feiisives de l'armure, l'art de 



al ion des pièces dé- 
transfornier par la 
forge une |dai|ue de fer ou d'acier en un tymlire de 
heaume ou di' l)acinel a toujours été considéré une 
des opérations les pins délicates et les pins dilli- 
eiles. S'il est vrai (jue la ville d'Aquilée ait justifié 
an treizième siècle la réputation ipie lui font les poètes 
du temps, il n'est pas moins certain ipi'elie la soule- 
uail eni-iire au siècle siiivaiil . Ou en pcul ildiiner puni' 





preuve le hacinel de cette provenance ipie possède 
l'arsenal de Venise, et (pii joint à la légèreté toutes 
les mariiues du l'cvécutiou la plus parfaite. 



AUnALETB 



41 



V. 1250. Premier lefiertQuinart sus rclmecl'Ai|iiilée. 

(Gaufreij, v. 38:i7.) 
Mais Garniers li donna scur l'iaume d'Atiuilée 
Orant cop et mcrveilleus de sa trancliant cspée. 
(Aije d'Avignon, v. 519.) 

ARABESQUE. — On donne souvent et à tort le 
nom d'arahescjues à l'ornementation île style arabe 
qui consiste en linéaments et méanilres plus ou 
moins enchevêtrés dont les renllements capricieux 
présentent quelque analogie avec l'état rudinientairc 
des plantes. Ce sont des inoristjiies ou moresques 
que les Vénitiens ont d'abord |U'ises à l'Orient et 
dont l'u^sage s'est répandu partout à ri''p(i(|ne de la 
itenaissancc. 

Les arabesques, malgré leur nom, ne sont qu'une 
rérainiscentc de l'antique dont les fouilles faites à 
Rome au commencement du xvi'' siècle ont contribué 
à développer le goût. Leurs motifs et leurs enroule- 
ments sont empruntés presque toujours au règne vé- 
gétal, à la différence des grotesques qui se distin- 
guent par des sujets de figures ou d'animaux |)lus ou 
moins réels. 

1611. — A small and cnrious flourisliing fteurtis. (Cot- 
grave.) 

1635. — Arabesques sont feuillages et (leurs. — Mo- 
resques sont des pinceaux et des cornets autour d'un ta- 
bleau, qui se fout d'or sur l'or couleur. — Les grotesques 
ont de plus des personnages. (P. Lebrun, Merv. dt' la 
peint., édit. angl., t. II, p. 783.) 

ARAINE. — Grande Irompelte de guerre à tige 
droite t^t du plus fort calibre, elle tire son nom du 
enivre on airain qui servait à la confectionner. 

1270. Ses araines fist liaut sonner 

Pour les Flamens àestourner. 

(Pli. Mouskes, ms., p. 58G.) 
V. 1300. 1 ot cornes et douçaines 

Et trompes et grosses araines. 
(Le rom. de Clèomades, ms., t GC v°.) 
1306. ... Lors oist tcntir araines 

Qu'en fait par les ifeux oz sonner 
Tabours croistre, corz bondonner, 
Flagiex piper et trompes braire. 

(Guill. Guiart, ms., f« 313 v°.) 

Le même nom a été aussi appliqué aux sonnettes 
ou plutôt aux grelots qu'on rencontre fréqueninienl 
dans les costumes de l'époque de Charles VI. 

1401. — Aux 2 costels du tixu de lad. escharpe (du 
roi) a gros boutons près l'un de l'autre assis sur rosettes, 
et entre les boutons grosses sonnettes nommées araines. 
(15' Cpte roij. de Ch. Poupart, f 146.) 

ARBALÈTE. — L'origine de l'arhalète remonte 
assez haut. Végece dans son Traité de l'art milUaire, 
dédié vers 385 à Valenlinien II, en parle non pas seu- 




liel's évidemment antérieurs au iv» siècle, signalés 
en IS3I par M. Aymard el appartenant au musée du 
Puy, jirésentcnt tous les caractères de l'arme [iri- 
niitive de ce nom. L'un est un ci|)pe trouvé à Soli- 
gnac-sur-Loire (voy. la figure) et l'autre un fragment 
de frise provenant d'une villa prés du Puy. 

Du v" au x= siècle l'usage de l'arbalète a dû être 
sinon abandonné du moins fort lestreiul. l'endaiit 
cette période, eu elïet, les témoignages historic|neset 
figurés font absolument défaut, mais on la retrouve 
dans un manuscrit latin de l'époque de Louis d'Ou- 





X° s. 



Bibliotli. [iichelieu, Ms. lui. n" 12802. 



lement comme d'un engin, mais comme d'une arme 
manuelle attribuée aux troupes légères, et dont il 
évite la description jiour ne iioiiil s'étcMidre au sujet 
d'une chose connue et |ieu nouvelle. Deux bas-re- 



Iremer. Quarante ans plus tard, en 988, le moine 
liiclier, parlant du siège de Laon, dit que les archers 
s'en servaient assez liabilemcnt pour tuer un oiseau 
au vol. .\u début du ,\ll' siècle les archers et les ar- 
balétriers concourent à la défense el aussi à l'attaiiue 
du château de (journay par Louis le (jros. 

Mais cette arme, rendue plus meurti'ière que l'arc 
par la justesse de son tir, prohibée pour ce motif 
entre chrétiens par un décret du second concile de 
Latranen 1 139, disparaît de nouveau jusqu'à l'époque 
de Philippe-Auguste. Ce prince suivant l'exemple de 
liichard (Jœur de Lion, et malgré l'interdit renouvelé 
par Innocent III, rétablit l'usage de l'arbalète en 
France, où elle sert comme arme de guerre jus- 
qu'au milieu du seizième siècle. 

V. 385. — Avecques eulx (les fonditeurs) estoient les 
tragulaires, qui de leurs arcz à main ou arbeiestri's adres- 
soient leurs sagetes. (Ad arcubalistas dirjereresagillas.) 

Les arcliiers etarbalestriersusans de viretous garrotz et 
sagettcs. .. s'efforcent de tollir et ouster lesd. murs à ceulx 
de dedans. (FI. Vegèce, De Vint inilU., 1. 2, cli. 15, et 
1. i, ch. 21, trad. de 1488.) 

947. — Liulovicus rex cum exercitu île Belglca ducis 
terrain ingreditur. Prinuim veni urbem Silleliiiii (Senhs) 
adit... ulruaique quampluri sauciaiitur. lielga; vero, 
quia ab urbanis nimium arcobalistisimpcti'bantur resistere 
ruiescunt. . . unde ei regio jussu ab ea urbe discedunt 
non solum ob arcobalistarumimpetum veruni etiam ob tur- 
rium firmamcntum. (Richer., liv. 11, cli. U2, édil. Guailet.) 

985. — (Prise de Verdun.) Etbic Lotharius euni 10,000 
pngnatorum Verdunnum petilt atque adversarins repen- 
linus aggressus est. Primo inipetu sagittarii contra liostes 
ordinati sunt, rnissaique sagitlse et arcolialista! cum aliis 
missilibus tam densœ in acre discurrebant ut a nubibus 
dilabi lerraque exsurgerc viderentur. (Ibid., liv. 3, ch. 104. 

1139. — Can. XXIX. De ballistariis et sagittariis — 
artem autem illam niortiferam et Deo odibilem ballistario- 
rum et sagittariorum adversus christianos et catliolicns 
exeiceri de cœlero sub anatbemate probibenuis. (2^ Conc. 
Laleran... Labbe, t. X, col. lUOlt.) 

1309. — Les frères le roy gaitoieiit les clias-cliastiaus 
en liant pour traireaus Sarrasins des arbalestres, de quar- 
riaus qui aloicntparmil'ost aux Sarrasins. (Joinville, p. tJO, 
édit. Fr. Michel.) 

B Au son du siblet saillirent bien de la galée 80 arbales- 
tners bien appareillés, les arbalestres montées el mistient 
maintenant les carriaus en coclic. (Id., p. 114.) 



a 



AiinAi.iVrK 



Si ri'tiKle (les ililTt-reiits types do colle arme esl 
rciulu»> facilt! à certains éffards par le très praiiil 
nonihre «le pièces c|iie possèdeiil pour la période du 
XV' au xvirsièelelescolleclioiis puliliijues et privées, 
il reste beaucoup d'iucertilude sur la uianiére dont 
il V a lieu, pour une classification raisoiiuée, d'in- 
terpréter les anciens textes. Leur lacduisiiu", le dé- 
faut d'une terminologie fixe appli(|uée à des «|ues- 
lions de niécaui(|u<', la diversité des expressions 
cinpiovées jiour un même objet, l'absence de détails 
caraclérislii|ues, sont autant de causes i|ui diminuent 
l'intérêt liislorii|ue d'nn grand nombre de documents. 
Malgré nos très longues et uiiiuilii'nses rechercbes, 
nous n'avons pu éclairer que partiellement une tech- 
nique aussi obscure. Qu'on veuille bien nous être 
iinlulgent pour la partie de cette là<'lie (|ne nous 
laissons à d'autres. 

DR L'Alllî.Al.liTE F.N OliXKItAL. 

La forme dans son ensemble reste à peu près la 
même, malgré les nond)reux changements que le 
temps et les nécessités de la guerre ont apportés à 
son mode de tension. Elle se compose toujours d'un 
arc de bois, de corne ou de métal, à l'extrémité d'un 
fût nommé arbrier (voy. Ane el.AunitiKii), on une rai- 
nure est pratiquée pour recevoir le projectile et dont 
la corde tendue vient s'arrêter sur r<'ncoche supé- 
rieure d'une noix en corne de cerf, en morse ou en 
métal, l ne autre encoche en dessous s'areboutc sur 
le bout recoudé d'une clef de détente traversée jiar 
un goujon de fer et maintenue par un ressort, l'ii 
second ressort eu arrière de la noix et au-dessus 
maintient le trait pour raeililer le tir sous toutes les 
inclinaisons. 

A celteilispositiou constitutive de l'arme mémes'en 
ajoutent d'autres particulières aux types qui vont 
être classés suivant leurs dilférenls systèmes de ban- 
dage, après la production de documents choisis sans 
distinction d'espèces. 

V. 1225. — Ait piirtam Sancli Laz.iri nianent arcliite- 
nentes qui laciunt balislas (gallice arbaleslre). (J. de Gar- 
lande, art. 18.) 

1365. — Uiiaiu balistani noivatani (Icsuper taxât. 3 fr. 
auri. — It. Aliani balistarn inagnam ilnjcio tax. '2 fr. auri 

— II. Aliani balistani lie iluolnis fiislilius, iieivalani ilcsiipnr 
lax. 1 llor. (//Il', lie J. de Sa/fres, \i. 310.) 

1385. — Pour une ensengne à fleur de lis puiii- les ar- 
balcslies ilc la ville ensegnier — lSs.(La Fous, Artill. de 
Lille, p. 7.) 

1418. — Une grosse arbaleste appelée l'oilie, paiiictc 
sur l'arc aux armes de Mgr. (le duc d'Orléans) et à loups 
el porcs-espics, el noix de cuivre. 

It. — Une autre petite arbalestrc paincte de vert et a 
escript au doux : Léaulé j:aiise tout. (Inv. de l'uiiill. du 
chût, de Bloh, p. 3li.) 

1421 . — 10 arlialestes appelées : Espérons dont l'iiiie a 
lyoiis falcles neuves par Guillaume Leioup comme l'en dicl 

— G artiali'stc's tant de bois blanc cpie d'airable que il'our- 
iiicau faiL'tes neuves par led. Loup. — Il Une grosse arba- 
leste d'acier de ii carreaux, signée à la l'roisellc. — 11. 
Une arbaleste d'acier de pajeil seing de 14 carreaulx les 
quelles 2 arbalesles l'en dit avoir été apportées du siège 
de Tours par feu Mr. des Vertus. (/6i(/.,p. 313.) 

1426. — N" 61. i grosses arbalesles de corne de revers 
grans. — N" G-2. Il bonnes arbalesles couvertes. — S» Gl. 
2 girolles. {Invent, du cliûl. des Baux.) 

1440. — 3 grosses arbalesles de bois d'if, 2 goindaux, 
ensemble 5UU de traits. — II. 3 arbalesles de bois d'il" 
garnies de 2 guindaulx et de 50J de tr.iits. — 11. 3 aiba- 
Iccles IfS 2 de bois, l'autre d'assier, garnies de 2 guin- 
daulx cl de 500 de trait. (Invenl. de l'artill. de Dijon. — 
J. Garnier, p. 12 à 15.) 



I 46 1 . — 2 petites arbalcslres portatives garnies ebacune 
il'UM baudrier — val. les 2 — fi esc. lEstini. n l'hôtel de 
lùuje, p. 283.) 

1465. — .Marclié fait... avec Tliomas Coiniier, faiseur 
d'arbalesles, deiiiouraut es balles d'.Viigiers, de fournir 
fi arbalesles d'acier, chascune de 18 carreaux, garnies d'ar- 
l)riers, de cordes cl prestes à tirer... pour le pris de 
18 esc. d'or. {Cptes du roi Réiié, Lecoy de Lamarciie, art. 
liOl.) 

1480. — A .lejian le Tondeux — pour nng saint à arba- 
leste gariiy de polions. cordes, el un laicas gariiy de 
nialras. (Cples de l'hàtd de Louis .\l par I'. Simarl. 
p. 395.) 

1488. — Pierre llauclier, arb ileslrirr liemourant à 
Paris, 1} I. 2 s. G d. pour une arbaleste d'aiier et une trousse 
de traiet en la quelle a 18 virelons Cl lad. arbaleste garnye 
d'un saincl et de polyoïis servans à la bander. (C/)(e.v de 
l'écurie du roi, r 111.) 

1490. — Kilt menés ou pillori uug appelé maislre Col- 
lenal qui esloil faiseur d'aibelestre d'assicz. (Jûuni. de 
J. .\uhrion de Met:-, p. 208.) 

1528. — A Hubert Dumesuil dit le Noniianl, maislre 
arbalestricr demeurant à Paris — pour 8 arbaleslres 
garnies el moulées de leurs liandaiges, et cliesneltes, pour 
en faire présent au roi d'Auglelcne — 20.') I. t. (Cples des 
menus plaisirs du roi, S" 22.) 

1602. — Une arbaleste encornée de naqiie de perles 
avec 1 llèi-lies. {Ini'eiit. du duc île Uiroii, f" 55 v".) 

AIlliALKTK A .MAIN. 

Le plus simple organe de tension, le plus ancien 
et celui ([ui donne la projection la plus faible, est la 
main, il correspond au type figuré depuis l'époque 
gallo-romaine jusqu'.iu xil" siècle, aussi l'arbalète 
est-( lie sans élrier, c'est-à-dire sans point d'appui 
apiiarent pour la traclion de la corde. 

il convient néanmoins de rattacher ù cette pre- 
mière es|)èce l'arme dite à un, et à deux pieds, 
d'abord parce que c'est la plus ancienne désignation 
un peu exacte qu'on reiuoutre dans les comptes et 
règlements de |-2.")0 à KîiO, et aussi parce que l'em- 
ploi des deux pieds ou d'un seul posés sur l'arc pour 
mettre sa corde en place, semble |)liis naturel que 
tout autre, il est donc au moins probabli' que c'est ù 
l'usage de l'arbalète « un pied el au besoin d'affer- 
mir son niaiulieu que l'étrier doit son origine. 

1258. — Art. 7. ll.Ordinamus quod quilibet marinarius 
navis qui lenealur facere servitium balisleni délierai duas 
ballislas duorum pedum et unam de strepo. (Ordim. p. 
la uavig. de l'AriKjon. — Pardessus, /îec. des lois marit. 
t. V, p. 312.) 

1300. — Duas magnas balislas de viscio, 18 balislas 
ad unum pedum. {Cpte royal d'Edouard l"', p. Ht.) 

1313. — Art. 51. — 8 arbalesles à un pié ou pris de 
100 s. — 52. II. 30 arbalesles de cor à 2 picz ou pris de 
OU I. — 53. 11. 2 arbalesles de fusl à 2 piez on pris de 40 s. 
— 51. II. Une .irbaleste d'acier dorée ou pris de 100 s. 
ilnveiil.de Muhaul d'Artois.) 

1346. — Premiernmcnl la espingalas e balestas de 
corn e balestas de dos pes e de .1. pe. (lièglem. de }fon- 
tuuban. l'avé, Etud. s. l'artill., t. IV, p. 8.) 

ARBALÈTlî A CROCHET OU CHOC. 

.\ cette méthode primitive succède l'emploi du 
croc ou crochet appelé aussi guinildS, (|ui, attaché à 
la ceinture, permet, en passant le pied dans l'étrier 
et par un mouvement des reins en arrière, d'agir 
plus puissamment sur l'arc à tendre. 

Le crochet, d'abord simple, puis à deux fourches 
pour maintenir l'équilibre et diminuer le frottement, 
employé au xiv siècle, se retrouve encore au xV à 
l'époque de Charles VII et de Charles VIII. Les sta- 
tuts des armuriers nous apprennent en elfet que 



ARBALETE 



c'osi lui (|iii ilistingucspécialoinpiit l'arljalAto sd-vaiit 
à fairi! l'ossai des ciiirassos ol ili's liriganiiiiios ili^ 
ilomi-épiTiive. 



1421. — Six semphnnies à tendre arbalpslns \ une 
riiMin. (Invenl. de l'artiH, ilc Rlois, p. 3li.) 




Ep. de Chiiiies Vf. Tapisserie app. à M. Aromltl. 

1347. — Doa'< balestas d'estrop e dns croxs. (rtéglem. 
d'Iluijues de Cardailliac. — Favé, Etudes s. l'artilL, t. IV, 
p. y.) 

\it\8. — L'iiR arbalesti-e d'if de Rduméiiie paincte à 
fleurs de lys et couronnes d'or à tendre au croc, dont 
l'une a le doux (dos) d'ourme ot l'autre a esté rompue 
et reliée de liens de fer. (Invent, de l'artill. de Blois, 
p. 312.) 

V. 1420. — 10 autres arbalestes de bois de Rouménie, 
à tendre à croc — 3 esc. la pièce. (Cptes d'artill. Ijilit. Hicli., 
iiis.fi-.,n" 1278, r- 02.) 

1451. — Seront tenus... de faire... lesd. arjiiuriers et 
brigaiitiiniers harnoys blancs et brigandincs d'espreuvcs 
d'arbnlestes à tilloles, ou demi-espreuve à tout le moins 
d'arhalete à croc ou dart, et sera l'ouvrage d'espreuve 
niannié de 2 marques et celui de la demi esprcuve d'une 
niari|ue.(S/ii(. îles armuriers de Paris. — liée, desordonn., 
t. XVI, p. (i7U.) 

ARB.\LÈTE A l'IED DE CHÈVRE. 

L'appareil ingénieux qu'on voit apparailre avec 
les premières années du XV siècle, prend d'aljord le 
nom un peu vague de (juindcis qu'il partage d'ail- 
leurs avec le croc ou crochet, puis spécialement ceux 
de pied de chienne et de pied de chèvre, auquel on 
substitue vers 1600 le terme de pied de biche. Il 
constitue dans le maniement de l'arbalète un pro- 
grès assez notable pour permettre aux troupes à 
cheval de s'en servir eu oH'ranl sur le corps même 
de l'arbrier un point d'appui suflisani pour gnimler 
l'are. 

Ce mécanisme se comjiose d'une longue fourchellc 
appeléi; syinplionie dont les branches contrc-coui- 
bées, reçoivent au départ de la contre-courbe deux 
tiges solidaires munies de crochets et tournant à la 
base sur axes rivés aux bras de la fourchette. Ces 
crochets saisissent la corde de l'arc, et eu faisant 
levier sur le manche articulé des fourches, celles-ci 
glissent sur deux tourillons fixés à rarl)rier do telle 
sorte que les crochets attirent la corde jusqu'au cran 
de la noix. — Le manche du pied de chèvre se replie 
ensuite sur la fourchette que retient dans cette posi- 
tion une rondelle avec crochet pour la suspendrf? 
facilement à la ceinture. 

Cet inslruuu'ul, si simple ot si parfait qu'il soit, ne 
convenait (|u'à des armes d'une faible tension et à 
des projectiles admis dans l'essai des armures de 
demi-épreuve, aussi avait-on songé dès le xiv siècle 
à recourir à des arbalètes plus puissantes et d'une 
plus longue portée. 




XV' s. 



- Arbalète à pied de chèvre. 
Musée d'artillerie. 



1428. — ^6 piez de chienne. (L. Bonaparte, Eludes s. 
farlill., t. 1, p. 366.) 

1430. — 7 piez de chienne de fer grans moyens et 
petiz. {Ibid., p. 369.) 

1435. — 6 piez de chièvres quegransrpie pelitz. (Ibid.. 
p. 371.) 

1466. — 19 piedz de chièvre — 23 baudriez d'arba- 
lpstres.(.-lr(i//. d'Ant. de Bourgogne. — Arch. des soc.sav.) 

1478. — Art. 19. Avons statué et ordonné que nulz 
ne pourra faire ii'JHrfas, crics poulietz et autres engins .a 
bender arbalestes que premièrement il n'ait fait chef 
d'œuvrc dud. ouvrage. (Stal. des serruriers d'Abbeville.) 

1530. — Une arbalestre de champs (chasse) avec le 
windre. [Armurerie du chût, de Xancij, f' 3S.) 

AltBALÉTE A MOUI'LE. 

A répû(ine de Charles VI, on fit à l'ai'balèle porta- 
tive rapplicalion. en petit et en le compliquant, du 
mécanisme qui servait à la constrnclion des machi- 
nes de guerre et en particulier de la grande arba- 
lète à tour. Cet appareil, dont les dimjuisions seules 
étaient alors nouvelles, a reçu, au gré des rédacteurs 
d'inventaires, les noms de tour, ç/irelles, tignolles, 
signolles, martinet, coiirsel, poitliotx, etc. 

Voici quelle en est la disposition : on ajustait au 
talon de l'arbrier une boite de fer portant sur ses 
joues deux poulies à chape fixe soudées A un petit 
treuil à manivelles. Deux ou quatre poulies à chape 
mobile et terminée par des crochets donnaient pas- 
sage aux cordes de la nioulle qui, rapprochées sous 
l'action du treuil à branches alternantes, venaient 
placer celle de l'arc sur l'arrêt de la noix. 

Ce bandage d'une grande puissance ne pouvait 
s'appliquer sans un point d'appui pris dans l'étrier 



H 



ARBALKTE 



pliicp an lias do l'arnio, aussi i-i'sla-l-il oxclusivciin'iil 
à l'iisago (les arliaU'-triiTs à |iii'<l. 




Arbalète à moufle Musée (l'aiiillrtie. 

1304. —Henri le serrurier — por 2 queviUes et por 
G virrules et por i crokès à un eniîien à tendre arba- 
lesles — (i s (Cples il'ouiT. aux rliâl. îles comtes d'Artois. 
-Arck.KK, rcg. 39:5, |-" 21.) 

1383. — 12 arbalestres nouvelles cslofTéez île baudréz 
et 3 arbalestres boins que un tejit à une viz. — It. 3 viz 
pour tendre les ars à tour, iliiieitt. des j'orteresses de 
r Artois.) 

1411. — Une arbaleste à tour j,'aruie de son arbrier 
sans estrief. {lurent. deVurlill. du Louvre.) 

1418. — 2 grosses arbalestes d'if à tendre à martinet 
que l'en dit avoir esté recouvrées, l'une de C.uillaume Le 
Loup, l'autre de Pierre Manririg. {Inveut, de l'artill. de 
Blois.) 

V. 1420. —Une grosse arbaleste de Rouménie à doublr 
tillullel2s. 

2 autres niendres dud. bois à tillole sangle 6 s. la 
pièce. {Cples d'arlill. llibl. Hicliel. ms. fr.. n» 1278, T 62.) 

1421. — 2 grosses arbalestes d'il' à tendre à martinet, 
— 2 gros marlinez neuls à i puuliiis. [Invenl. de l'artill. 
deBhiis, y. 3l3-"31i.) 

1458. — Albarcste liun de calibc quam de ligne in 
quibus sont 17 île ralibe et de ligno sunt 13 cum 12 gi- 
rcllis. {Invtnt. du cliûl. des Bau.v, p. 157.) 

1468. — Seri>nt leurs arbalètes de 18 rarrcanx ou 
environ, et banderont à l poulies ou i\ 2 s'ils sont bons 
banileux.. . et auront trousses enpannées et cirées, (/{èg/em. 
piiur les Francs-Arcliers.) 

1488. — Ils feront harnais blancs pour homme d'arme, 
de toute épreuve qui est à dire d'arbaliles à lilloles et à 
courscl, à tout le moins demie espreuve qui est àentcMidre 
<rarbalestcàcroc et trait d'arcbiers. (Ordonn., t. XX, p. 156. 
Stat. des armuriers et fourbisseurs d'Angers.) 

1489. — Les consuls paieront à la ville dedans une 
année, cbascun une arbaleste d'acier bonne et suflisanle, 
arniaygue jusqu'à 12 coups, garnie sufrisaiuLui'iit île .i poli- 



chonsct 18 traicts. {Slal. deMo'tssac.,Cit. Desmazc Très, 
judic, p. G7.) 

1522. — 2 arbalestes, l'une a un are polly l't l'autre 
garnjv d'un bandaige à 4 pollis prisées 36 s. p. {Invenl. 

de .1. Arhalesle.) 

.MlliALÈn-; A CriANEQUI.N. 

Le cric ou cranequiii, employé comme mécanisme 
(le li'Msinii, si on le compai't! au i)ieil do chèvre, a 
sui' lui i'avantaffe d une puissauce qui le lueltaitaux 
mains du cavalier avec toutes les ressources do 
l'arhalèle à lunulle. Le nom de crane(iuiu semldo 
originaire de l'Alleriiaf^ne où les ateliers île Niirem- 
herfr sont restés l(iii;;lenips célèbres, et c'est vrai- 
semiiialilenienl de lui que se servaient les erauequi- 
tiiers de la fjarde de Charles VII, et ceux dont il esl 
question dans les ol'lices des ducs de Bourgogne. 

l/C ci'ic, tel (|ue le uinnlrent encore toutes les 
colleclions d'aruu's, se cnnq)ose d'un petit tambour 
ou barillet renfermant un pifiiiou avec roue d'engre- 
nage pour inelire eu mouveuK'ut au moyen d'une 
manivelle la crémaillère dont les grilles vieniu^nt 
saisir et mettre en place la corde de l'arc. L'appareil 
mobile passé dans j'arbrier esl retenu aux liiniillons 
tpii le traversent par une forte boucle. 

L'oiigiue de ce systèmes de tension conserve en 
Allemagne pendant toute la durée du xvi° siècle, 
sem))le, d'a|)rès les documents écrits, à peu près 
contemporaine du pied de clièrrc, et a servi comme 
lui à la gueri-e et à la chasse. Dans les arbalètes à 
cranequin, l'arc et la boucle sont rattachés à l'arbrier 
par des liens de cordelettes dont l'élasticité .sert à 
tempérer la commotion produite par le lir. Ilans les 
autres l'arc y est mainleni) par une ganiilurc double 
de brides en fer. 

V. 1420. — ,50 creusequins pretz — 20 i. la pièce. 
{Fournit, d'arlill. Bibl. Richel. ms. fr ,n' 1278, f" 62.; 

1420. — Le (|uel Haquinet a clievaucbié, tendu grene- 
qiiins et arbalestes à croq. 

1422. — Bande ton creniicquin, qui est dire arbalestre 
à (lied. (.4r(7i. ./../., rég. 172, pièces ,55 et 33.) 

1440. — Le roy (l'empereur Fréiléiic 111) doinia des 
gratuités d'Allemaigne au duc (l'bilippe le Bon) comme 
baubergeons et crannequiiis faits en Nuremberg. (Oliv. de 
la Marche, p. 376.) 

1447. — Pour faire fourbir un arcbalestre et ung 
cranequin dud. Sgr... et pour fourreaux pourlesd. arcba- 
lestes et cranequin et pour une saintnreà praiulre icellui 
cranequin à l'arson. (Lecoy de la Marche, Cples du roi 
lléné 11°, 585.) 

1458. — lu dicta caméra sunt albaritste tam de calibe 
qii.ini de ligno... et 2 crix. {Inv. du cliâl. des Baux, 
p. 157.) 

1478. — Art. 1'.)... Nulz ne porra faire windas, cris 
puullietz et autres engins à bender arh.ilestes i|ue première- 
ment il n'ait l'ait cliief d'ieuvre dud. ouvrage. {Stat. des 
serruriers d'Abbeville.) 

ARFlAI.F.TE A .lALKT. 

Celle-ci esl une arme de chasse ou déplaisir; on 
la trouve au XV siècle entre les mains de Louis XI, 
au suivant dans celles de Catherine de Alédicis, et 
les dames continuent à s'en sei'vir dans le xvil''. A 
l'origine elU^ se bandail au |iied de chèvre et même 
à la moufle; mais, par suite de la diminution de la 
l'oi'ce et de la portée [de son an', la forme cinliée de 
l'avant de l'arbrier permit de tendre à la main la 
double corde à jiochelle où se |ilaçaient les projec- 
tiles, c'est-à-dire de petites balles de plomb ou |iliis 
souvent de terre glaise pressée au moule. 



AlillALKTi: 



1478. — AGuill. Dujai-din, tapissier dud. Sgr. (Louis XI), 
pour 1"2 arc> fi jali'.ls iiii il y avoit à chascun un l'or ou 
millieu —'28 1. 10 s. t. 

It. Pour 6 arbalestres il'acicr àjalpls, le poliez (poulies) 
à les beiider, cordes et autres choses à ce nécessaires — 
30 s. 

H. Pour 2 uioles à l'aire jali'ts 2-1 s. t. — et pour 4 milliers 
de jalets à tirer desd. arcs et arbalestres — 6 1. t. (Cples 
(le l'hôtel de Louis XI. — Douct d'Arcq, p. 359.) 



1480. — Pour avoir l'ait habiller les cordes et arba- 
lestres à jalet dnd. Sgr. et les guinilas — 30 s. t. (Ibid., 

p.3(;X.) 

I 599. — A Anselme mon arbalestre à jallet avec un 
moub^ à faire balles. {TesUim. de J. de Cliarmolue, p. 438.) 

IS99. — Pour l'expérience, |i! représente un homme 
avec une arbalestre à gelais, de la i(uell(! il peut tirer une 
lialb; à la f|uelle seroit attaclié un cordeau. (.los. Boilot, 
Artifices du feu, p. 38.) 




V. 1550. — Arbalète allemmidr à craiirijuii) et détiiils njij). à M. Récappé. 



1611. — Arhaleste à boulet : a atone-bow ; — arbalesl(^ 
à gelais; the same. (Colgrave.) 

ARUAMiTE A TOini. 

EMi|il()yi''c à lanciT des garrots cl (Idnclaincs dans 
ralla(|uo et la défcnso dos placos, oUc est trop sou- 
vent l'uiil'onduc avec les engins et niaeliines de 
guerre, pour qu'il soi! possible de déterminer avec 
précision en qnni consistait la diU'érence des noms 
i|u on lui a donnés, (les niacliiues fix<'S ou l'oulanles 



moulées sur alt'ùts ou sur clievalels, portant des 
ares (jui atteiguaieni parfois jusqu'à dix méires de 
longueur, ont été successiveiuent qualifiées de 
rihaudfiiiiiii, uvhalétc de passe, ilc passât, à mar- 
liiirt , Il hiiiilce pied, à itpitiniis, elc, el pendant loulo 
la durée du XV siècle ou les l'encoulre eoncurrem- 
mcut avec l'arlillene. 

1290 — Ils (les Sarrazins) frondilloient et lancoient et 
traioieut quarriaux d'arbalestres à tour. (Pierre ijarrazin, 
p. 208.) 



ir, 



Alil!AI-i:iK 



1309. — Trois fois lions p.lèiciit (les sarasins) le feu 
li soir, cl II- nous l.nirirriil (|iialri; loisft l'ar- 

„,, (I Mil.-. P. i;', rilil. Kl. Mich.'l ) 



(•ri'iîoois. c 
Lalcslro à I 




lô'.l'.!. — Arbiilelf a Inur, il'ii/n 



hoiiioi. 



1316. Quatre fers île clicval à ses mains cslancloil 
Cheval el chevalier lonl armez pourfaniloit 
... et tendoit à ses mains une arbalète à tour. 
{Oirart (le HussUIou, v. 215.) 

I36S. — Item. 3 halislas ail Iraheiulnni desu|ier equo 
reversas — laxat. 3 11. auri. — Item. 3 vetercs halislas 
eum uiio calcrio — taxai. 1 11. {Inr. (le J. (le ^affres, 
p 310.) 

1 382. — Arrivé sur les murs de TIcniL-en il ( Aliou-Yacoub 
eu li:iS) hra(|ua sur la ville une de ces arlialoles énoruies 
dont la portée est si extraordinaire et aux ipiellcs ou donne 
le nomde 6'os-eî-;inr(arc à raveron.l yui-li|ues ingénieurs 
el un grand nombre d'ouvriers furent eniplojés à eonstruTe 
cet engin dont les niatérianx faisaient la charge de onze 
mulets (Ihn KhaUloun, //is(. tien Derberex. t. IV, p. IKI.) 

1421. — lu lianlce-pié à tendre arhalestes el un to'ir 
àviz. — 2 grosses arbaleslcs d'if à tenilre a martinet — 
2 gros martintz neufs à ■! poulies, (/nr. derarlill. de lilois, 
p. 313 à 315.) 

I«i3l — La selle de ung haulce pié. (/iii/., |>. 317.) 

1465. — El avec ce, convient avoir ipour un siège).... 
virctons dnndaines et gros trait, el lonrs a tendre arba- 
Icsles. (LeJoucencel. ms. P' I il! v"«i/'/. lîicliel . fr.. 19-2.) 

1480. — l'onr avoir fait mesner de Tours jusipies à 
Orléans par eaue 80 arhalestres de passe el niig millier de 
Ircct. {Vpte (le l'hôtel (le Louis XI, p. Douel d'Arcq, 
p. 3'Jll.) 

1500. — 10 arrbalaistes de passe toutes garujes de 
cordes dont il y en a une des 10 ronipue et à toutes lesd. 
arrbalaistes il "n'y a i|ue 3 tours avee(|ucs certaines trousses 
•le traiils. (/ni', (lu chat, (le lioclieforl, p. 110.) 

1530. — Jectoit le darl, la barre, la pierre, la javeline, 
l'espieu, la halabarde, enfonçoit l'arc, handoil es reins les 
fortes arlial"stes de passe, \isoil à l'arquebouse à l'œil, 
affustoit le canon {Gargantua, l. I,ch. 23.) 

1547. _ 2 fortes aibalcstres<le passe avec leurs banda- 
ges el garrots dedans. (Noël du Kail, Piop. ruxl. p. -'81 édit. 
Guichard.) 

JtJMKLI.E. 

Au niili.u des engins do siège eoiiiiiie parmi les 
armes pnrlatives, il faut dislinyuei- la .juiiielK- qui 
(lès l'année I III prend place dans ee dernier [jruupe. 
Elle doit son nom à la double coulisse de son 
arbricr disposée pour lancer deux Iraits siniulta- 
nénient. 

1313. — Arl. 55. Item nue arbaleste sans imiz qui 
gicle 2 quarriaus — ou pris de 20 s. (iiiv. de Mahaut 
d'Arlois.) 

1383. — 3 arbaleslres d'if jumeaux. {Inv. des forteresses 
de l'Artcis.) 

141 I. — Un arc d'une jumelle faite eu père. (fnv. de 
l'arlill. du Louvre.) 

1418.— rnejumellcà croc, d'il de Uonménie, et une 
autre petite jumelle.'i/nr. de iartill. de Btuts. p. 312.) 

1421. — 13 arbalestes jumelles naguéres faicles neuves 
par Guillaume le Loup comme l'en dil. (Il)id., p. 313.) 



1468. — Ung eeiil de traits d'arbelesle, ensemble une 
arhele>le geinelle et un guindal. — II. Une vieille arbelesle 
genuMb', ensemble cnviion un cent de traits. {Iiweiit. de 
fartill de lu comin. de Dijon, édit Carnier p. 18, I',).) 

l'AUTIIJS Acr.F.ssomES. 

1248. — l'ro 21 eapitibus eornunm et lli lih. gl'ilinis 
ad faeiendum balistas — 2(1 1. Ils. [Cpte d\\lpl(. de 
Poitiers, p. 201.) 

1296. — l'oiM' 2.')!) verges d'yf pri'sles pour faire arba- 
lestes 18 1. 18 s. 2 d. t. — Pour lM>lrins cruz cl pour 
arbrcz pour arbalesles dont il i ot (j72 i|ui costérent 
108 I. I'.) s. d. — 1885 arbalestes que fêtes que achetées 
."ieS I. 8 s. 10 d. — El pour clés el pour étriers de fer 
pour arbali'stes — 3."i I. Ils. 10 il. — l'onr 123 liauce- 
(irlines, pour 13 tours el pour 112 apuiaus à arbalestes 

— W 1. 10 s, T> d. — Pour 40 cspingalcs granz el petites, 
que fêtes que aihetées — .VJ3 1. G d. — Et pour femele 
de chanvre pourferc cordes el arbalesles, pesant 12.Ï1 lib. 
qui coostcnl (il 1. lo s, 1 d. (Cpte de J. Arrode. eil. Jal, 
.-Irc/iéo/. iiarale. l. Il, p 321.) 

1310. — 11 s... De cmplione 12 bali^laruni, 12 ban- 
der, el 1000 quarell. pro inunilione caslri. — l'rcliumba- 
liste, 3 s. 8 d — prclium cujuslibel baiiilei'. 18 d. — et 
prelmm ciijuslibet eenteiie ipiarellorum, \i^ (]. [Allocation 
(fEdouiird II — Rymer, fied., t. 11, p. 211.) 

1345. — 10 liguis votalis cosl {arcs) pro balislis inde 
facieiulis, 10 liguis pro telar (/■!((,<) balistarum, 12 lib. ncr- 
voruui, 20 lib. visri. 20 lih. grossi lili, 10 paribus slirop 
(éi/iers) et clavis pro balislis pri'diclis, .1. nockcs pro telar., 
12 paribus liaimoum, nruiaeulurum el aiiUMloriim pro bau- 
dric (Inmdners) 12iJ clavis vocalis somerailcs pro lalar., 
1 lib. veniisb, 1 corio cqiiino, 100 coriiubus pro dictis 
balislis, .i lib. cere et cod. (/('.si/ie), RIO boces pro telar., 
3 pcciis balon., 2 patellis eneis pro visco calefaciendo. 

1 skvnonsile parvis clavis et takel {clous), (iparihuspassuum 
de cornu cervoniiu pni telar., ï pellibus voialis kiinde 
fbisskynes, ère pro braeles telar., peiganoMio pro balislis el 

2 cistis pro oflicio el opère balistanorum. — 20 I. 15 s. 
■i d. — ... Daluin 10 junii anno l'.l ad Iradiicenduni versus 
pailes l'rancie, proguerra vo'^is,. {Cpte du contrôleur royal 
d'Anglet. — Archœol. Jnurnal, t. XIX, p. 72.) 

1383. — En l.i tour après, un martinet el 2 baudréz — 
36 cb'Z d'arbalcslcs qui sont niisi'S en un mont pourceque 
li arbalestes sont pouiry — 27 bottes de poil de cheval 

— 12 liv. de lilc de Anvers pour faire cordes. {Inv. des 
forteresses de l'Artois.) 

1417. — 32 housses de cuir faiivc |"nir arlialestes. 
( riei/. de la Cloison d'Angers.) 

1417. — Faull avoir (pour l.i garde cl seiirlé de la ville) 
100 arbalestesgarnics de cordes, taulgrans coiniiic petites, 
qui pourront couler, l'une parmi l'autre un franc et demie 
la pièce. Pour ce 150'. — 2."i guiiulaiix qui poiirronl couster 
2.")f. — 15 baudriers à polie cpii pourront couster 15 f. — 
25 baudriers communs qui pourront couster 15 f. — 
10,000 (le bons traits communs le millier au pris de 10'. 
pour ce lOOf. — el ."lOOO de dondaiiies qui pourront 
couster 10'. le millier— piiir ce 2111) r. i.\r(;h. de ta Cdle 
d'Or, J. Garnier, L'arlill. de la comm. de Dijon, p. 8.) 

1431 . — Pour une ((noue {tonneau) à mettre les arba- 
lestes — 18 s. {Cple de ./. Abonnel.) 

1437. — Pour 8 cordes chables pour mettre es lourés 
pour les arbalestes — mené au siège ; 8 grosses arba- 
lestes d'acier garnies de toiirès — 8 chables pour leslourcs, 

3 liv. iil d'Envers et demi liv. cire. {Dépenses à Troijes 
pour le siège de Montereau, publ. par lîoiiliol ) 

1466. — 19 pieds de cbièvre, 23 baudriez d'arbalestres, 
l-W liv. de m d'Anvers pour faire corde d'arbalestres. (Arli/l 
d'Ant. de lioiirgogne. Arch. du Nord, parLeglay.) 

PIIOVEXAXCES. 

lîlsCAYE. — I 599. — Plus mes 2 grandes arbalestes de 
Biscaye. {Test, de Charmolue, p. +35.) 

Catalogne. — 1471. —Une petite herb.ilaistre de Ca- 
tliclogne garnie de peliles tillolles. (Inr. du roi René à 
Angers, f IG.) 

Gè.nf.s. — 1302. — 2 peliles arbalestes de Gênes. (Inv. 
de Haoul de Clennont ) 

Mei.k. — 1432. — De là je vins à une ville que l'en 
nomme Melich (Autriche) qui est sur la Dunoé (Danube).. 



AliliUK liK ClllK 



47 



et y fait-on les mcillcuresarbalestres du pays. (De la Bro- 
quière, Voij. d'outremer, ms. Bibl. Rich-, 'J087, f" 236.) 

Norvège. — I4<t3. — 10 arbalestes pctis de Norwciçhe 
furent pris lors ilud. (précédent) invenloire (Cptes des 
gnrii. du Chûlenu de l'Escluse. — Arcli. de Lille, cli. 
des Cptes de flundre, n° 3213.) 

r.OMANiE. — 1418. — 2 grans aibalestes à tendre au 
martinet, d'if de Kouménie. — Une arbaleste d'if de lîon- 
ménie pailleté à lleurs de lys et courrones d'ur à tendie 
au croc, dont l'une a le doux (dos) d'ourinc et l'autre a 
esté rompue et reliée de liens de fer. {Inv. de l'artill. de 
Blois, p. 312.) 

1421 . — Une arbalesle d'if de Roménye, lyée a 2 liens 
de fer, à ung esninil d'argent, semée de fleurs de lys en 
l'arbrier au dessoubz de la noix, et est l'arbrier niqueté. 
(Ibid.) 

1428. — 2 vieilles arbalestes de Homénie, l'une sans 
corde et l'autre hors de son arbrier, et une singnolle seule- 
ment. {Inv. de la Concienjerie .) 

1443. — 4 arbalestes de Rouménie qui estoiont cou- 
vertes de cuir... sont tous vermoulus. iCple de la ijarn. 
du chût, de l'Escluse.) 

ToiROCvnE. — 1553. — Tourouvre (Oc/ie) bourg, où se 
font les bonnes arbalestes. (La ijuide des cheiii. de Francs, 
p. 111.) 

Tl'Kui'lE. — 1430. — 6 arbriers grans pour arbalestres 
de Turquie, (fiiv. de la Bastille.) 

ARBALETIÉRE. — Meuiirière étroite et \oni;aL- 
pour piotégi'r le lir des arbalétriers. On disait aussi 
Arcliiérc cl Testière, voy. ces mots. 

1305. 1. à endroit seoit un molin... 

Itont les ais n'ierent pas entières 
Mais garnies d'arbalestieres. 
{Cuill.Guiurl. mss.Bibl. /}ic/ie/., 12538, fti. 
1428. — Pourveu, que lesveues d'icelle (vis) seront par 
petites Incarnes et arhalestieres par devers et au long du 
costé do lad. église. i.\rclt. de X. D. de St. Là.) 

ARBALÉTRIER. — Crilt- troupe, que la |-'raiice 
comptait eu si grand nombre parmi ses auxiliaires 
génois au désastre de Créey, se composait à toutes 
les épo(|ues de suudoyers ou de sergents à la solde 
du roi, des seigneurs ou des villes. Au déclin de leur 
existence militaire nous retrouvons encore Mouline 
à leur lèle en ['jt'ô. 

Leur costume au \lll« siècle les distingue à peine 
des autres corps de troupes à pied, et les cudon- 
nances relatives à leur armement ne leur atlribnenl 
en particulier ([ue le chapel de fer, le hauliergeon 
ou la cuirasse, vraisemblahlemcnt de cuir, le bo- 
quelou et l'épée. Les miniatures les représentent 
ainsi coiiïés de la cerveliére. — \u xiv<= siècle, ils 
portent encore le chapel de fer ou la cerveliére qui 
se confond avec le petit bacinet rattaché au caraail 
de mailles, une cuirasse ou corselet de fer léger, le 
hoqueton, l'épée et le conlcl de plates. 

Ia's changemeuls api)ortés à ce costume pendant 
le xv« siècle consisleul dans l'adoption de la salade, 
de la briganiliue et du jacque par-dessus l'armure. 
Celle-ci se complète par le grand pavois derrière 
leqiu'l riiomme s'abritait pour bander l'arbalète. 

1258. — .\rt. 7. Ordiiiamusquod quilibet inarinariusnavis 
qui toiicalur facerc scrvitium balistarii defl'erat 2 ballistas 
2 peduni et unam de strepo, et 3(10 tractus et capelluni 
ferreuni et perpunctum vel coriacas et enseni vel penatuni 
{piinarl). — Siniihter balistarii de aliis lignis teneaiitur 
eamdem anu ilurain iletTiTe ; alleri vero navigerii navium 
teneanlur delferre quilibet, loricam et capelliim ferreuni vel 
cofani maresam et scutum et duas lanceas et cnseni vel pe- 
natum. [Ordonn. de la nuiiig. d'Aragon. — Pardessus. 
Hec. de lots rnar., t. V, p. 3t2.) 

1320. — Ses arbalétriers doivent avoir 2 arbalètes à 
pieds, une à elricr, 30U flèches, un )iourpoint, une cui- 



rasse, un facet (ensis falcatus), un couteau, une visière, un 
chapel de fer et 2 crocs. (Ihid., p. 40J.) 

1340. — Tout matelot ou arbalestrier qui s'engagera 
sera tenu d'apporter ses armes qui doivent consister en 
bonnes cuirasses, gorgerets, cha|iel de fer, épée et couteau, 
2 bonnes arbalètes, un croc, et 200 de flèches ou viretoiis, 
(lliid., p. 354.) 

1341. — Statuimus et ordinanius quod in qualibet 
galea subtili navigaturain Komaniani vel Siriam vel ultra 
Siliciam vel abinde versus Jinuani, siiit et esse debeant 
coutinuo : (Jui balistrerii teneantur et debeant habere et 
secum portent in dicta galea balistras 2 de streva bonas et 
sufficientes pro slngulo.cum 2 bonis cordis ultra magistram; 
pro quolibet balistrerio coiratiam unam de média proba, 
cervelariam unam de média proba, collarium de ferro, 
spatam unam et gladium de latere. {Stat. de Gènes. — 
llnd.,i. IV, p. 4S8.) 

1351 . — Ordenons. . . Quant au fais des gens d'armes 
de pié... que l'arbalestrier qui aura bonne arbalestc et 
forte selon sa force, bon baudré et sera armé de plates, 
de crevellière, de gorgerette, d'espée de coustel et de har- 
nois de bras de fer et de cuir aura le jour 3 s. tourn. 
rie gaiges. {Héglem. du roi Jean — Bec. des ordonn., t. 4, 
p. 69.') 

1405. — Le comte de Saint Pid assembla de 4 à 500 
bassinets avec 50 Genevois arbalétriers. (Moiistrelet, 1. 1, 
ch.24.) 

1416. — Arbalestriers à pied armez de bonnes brigaii- 
dines, salades et arbalestes bien garnies de viretou. (juv. 
des Ursins. l'ie de Charles VI, p. 3-33.) 

1455. — Puis y est la duchiéde Guyenne qui est grand 
pais et bon... Les menus gens sont tous arbalestriers et 
portes (portent) sollés de bois ou de cuir à tout le poil par 
povrelé et sont gens joueurs de dez et de quartes. (Gilles 
le Bouvier, p. 701.) 

V. 1500. — A Gennes sont les arbalestriers. (Le dict 
des pays. Ed. Montaiglon, t. V, p. 109.) 

IS8I. — A Pierre Derraisse orfebre pour, par charge 
d'esclievins, avoir faict 2 caignons (grosses chaînes) d'ar- 
gent aveucq les armoiries de ia ville de Douay, l'un donné 
au folz saige des arbalestriers de la ville d'Arras et l'autre 
pour Jacque Dupère folz saige de ceste ville. (Arch. de 
Douai. — Cptes de la ville, C 190.) 

ARBALÉTRIER. — Faiseur d'arbalètes. Voy. Ou- 
tillage. 

ARBRE DE CIRE. — Les documents cités ici sont 
presque tous relatifs au cierge pascal dont l'usage 
et les cérémonies qui en accompagnent la bénédic- 
tion remontent au iv: siècle, aussi bien ipie l'hymme 
E.iultet jam angclica, attribuée à saint Aiiguslin. 

Dans les basiliques, coiume à Sainl-Laurent hors 
les murs, il reposait au pied de ranihnu dir révan- 
gile, quelquefois on le plaçait au milieu du chœur 
sur une colonne commémorative de celle des Israéli- 
tes au désert, comme à Saint-Jean de Latran, à la 
cathédrale de Capoue, el autrefois à l'église d'.Vn- 
gers. Dans l'origine, on gravait sur la cire de sa 
tige le nom et la date des fêles mobiles; plus tard 
on y fi.va une tablette portant les noms de ces 
mêmes fêles et ceux des dignitaires du chœur 
appelés chefciers (Cupicerii). Durand, évéque de 
Meude, n'observe néanmoins au \m<-' siècle dans les 
églises de Paris que le millésime de l'année. Knfin, 
les indications de tout genre s'y mnltiplieul telle- 
nienl, i|ne Lebrun Desmarettes copie en iii'JI , sur 
le tableau apposé au cierge pascal de l'église de lionen, 
plus de- ciu(|uanle dates ou reuseignemenis hislori- 
rii|ues relalifs à la Normanilie. 

Les comples de saint Amé de Douai prouvent 
i|ue le cierge pascal avait au xvi" siècle, dans cette 
région du moins, la forme d'une colonne avec cha|)i- 
teau, sou ftil tourné suppose un noyau en bois vrai- 
semblablemenl recouvert de cire comme raniiature 



IS 



MinitK hi: ciiiK 



rn for à rinloriour îles livanclios. (Vc'-lail ilonc un île 
ces oiivr.ijics très (•oiii|)li(|urs ilo façon, si l'on s'iii 
raiiiKirli' aiixlialiilmli'silcs ciriiM's considrri's à ('('tti' 
('■|ioiHic cl ilo|niis liiii^;l<'iii|is comme ilc 1res lialiilcs 
niDilcli-iirs. 

A l'arlidc EiiiHi'l on vcira (|iicls iiicciciiv sou- 
venirs pour rarriicolofjic s'allaclicul, piMiiiaiil rc|iip- 
(1110 carloviugionno, à la houciliclinn ilii licrgc pus- 
cal (voy. ce mot.) 

1383. — Pour un arluc de cire que l'jm;ij;o de Nolio- 
Diinic l'n lad. Cli:ipclle tient en sa main — i s. {Cfilf du 
collège de Beuuiais-Dnnnuiis, — Arch. II. ^785', I'' (>.) 

IS2G. — A .Sire Andrieu de lloncoiirt pour un nouvel 
arbre de tire pour iver au cocr Kl I. — .à Sire S.dmnn Dou- 
lilcrl.pour vellin et escripture ilu tableau que l'on iml ;i 
farbre de rhire l'.l s. — à Matlm-U Lenlant, huilier pour le 
laliernaele du saint sacrement, uug tableiiu de l'arbre de 
cliireKl s. 

1566. — A Matliias de llurpy escrivaiji, pour salaire 
d'avoir escripi et renouvelé le tableau estant allixé au cberjje 
béniol la veille de l'asques... et aussi en considération 
de sa povreté. til s. — A .lean Wajçon bourgeois de 
cesie ville, |iour avoir renouvelez pour les pasques coni- 
niuniaulx... le capitaux de l'arbre de ejre estant au 
niitlant miilicu) du cbœur — 21, 1. 

I 592. — ATitran, quincaillier, pour lonrner l'arbre, com- 
prius le cariaige. i:i. 1. — à 'l'oussanit Brassart paintrc pour 
aviur pain l'arbre de cire. 61. l'2. s. — à Foin'l pour avoir 
apoinitie/. les brançaiges dud. arbre, 48 1. 

1593. — A Tilbray Cbauven, pour avoir tourné l'arbre 
de cire, comprins le chariai^e 13, 1. — à Toussaint ISiassart 
painire |>our avoir painct le rhapiteau et brançaige île 
l'arbre di. cire. G I. 12 s. — à l'bilippc Fon(^t ciricr. pour 
aviur r^iiet le brançaige dud. arbre 1« 1. — à .lean Lescallier 
férouuicr pour avoir laict les pioucbes et ferrailles dud. 
arbre lli 1. — au tailleur des branriiiges 20 1. 

1594. — A certain paintrc pour avoir paint de vert di' 
capitean de l'arbre de cire et les brançaiges. {Cj'tes de 
1,1 fnhr. de Sl-.\iiié de Douai.) 

ARBRE DE JESSÉ. — Arl)rc oéiiéalooii|uc an pied 
(luqui'l la figure ilc Jossé enilornii domu^ naissance 
à une li},a" sur les rameaux de laiiuelle s'épaiiouil 
la succession des rois do Juda et portant à son 
soninuU la Sainte Vierge et reufaul .lésus. Ce sujet 
fréquent est rare en orfèvrerie. 

\ii9l.~ Vng arbre de coural blanc qui est Nostrc 
li.une, bi lignée de Jessé, et le pié de niarqueture. (Cple 
des iiienim plai.iirx du roi, 1* 10 v'.) 

1562. — L'arbre de Jessé estant de 7 pieds de hauteur, 
partie de enivre et d'argent doré, au haut du quel il 
y avoit une croix et un pigeon d'argent. (Ini>. de l'ubh. de 
la CoumiDie, p. 31 .) 

V. 1 620. — l'ne chasuble, 2 tunicques garrncs de 2 étoles. 
et 3 manipules à fond velours blanc chargé de ligures de 
l'arbre de Jessé; les manteau et arbres sont d'or. 
couchés à petit point, le reste dei vêlements à point de 
bouture en soie bien fine ;.. . ces ornemcns donnés par 
Louis c'' de Vendôme s'appelle : le petit arbre de Jessé. 
(Vestiaire de I^.P. ileCliarlres.) 

ARBRIER. - Le bois ou fût de I ailialôte porta- 
tive, et lalfùl des engins do place et de siège con- 
fondus loiigli'Mips sous le uièiue nom. 

Depuis ré|)0(|ue de l'Iiilippe-Augitsle jus(|u'au 
Xlir siècle, le support de l'arme de main n'a pas seii- 
sililiruenl changé de foiiue. Li's modilications les 
plu> luitahles se rapporlenl aux dill'érenls systèmes 
de tension qui sont : 

I" (jelui des arcs les plus lailile> par les deux 
mains, puis par un crocliel avec point d'appui an 
moyen de la pression des deux pieds ou d'un seul, 
posé alors ilaus un élrier terminal. 

2° Transpositiiiu du levier sur les goujons de 



l'arhrier autour desquels se meul le pieil di' elièvn' 
arlicnlé cl à lirancdies ilouliles. 

;]" L'adoption d'un appareil de monllle avec pmi- 
lies, cordages et mauiv(dles, dont !<■ lourdes grandes 
arhalèles n'esl i|u'nue variété. 

l" Le cric ou ci-anei|uin à piginin el engriMiages, 
opposé à la n'sistance des arcs les plus foris, el 
opérani dans li's ai'ines de main le maximum de 
lension. 

L'article^ plus élemlu consacré à l'ai'lialèle elle- 
même permettra d'abréger ce qui resie à dire sur 
l'une (le ses parties, .\vanl le \vr siècle on ne con- 
naît giu'M'e celle aruM' cpii' pa[- la nH'nliiin des 
invenlaii'cs. Ils son! à ce sujet foi'l sobres de détails 
et apprennent seulement i|u'on employail à l'aine les 
arlii'iei's di's bois de Inule sorte, lels ipie le bois blanc, 
celui de l'Iandre, l'érable, l'onm^au et l'if de Ito- 
uumie {lloumrlir}; ils élaieiil uervés ou recouverts 
de cuirs tannés, ou d'écorce mouchetée de bouleau 
(niqiictcs) et vernis, enrichis i|U(d(|nefois de pein- 
tures, de devises ou d'armoiries, d'inernslalions de 
juétal, d'os ou de nacre, et plus rarement rehaussés 
d'oi'fèvrerie ou d'émail. (Vest à chacun de ses délails 
i|ue cm'ri'spdndi'nl les cilalions snivanli's. 

1411. — ."il arbiiers vernicez tous neufs pourlesd.ar- 
b.destes. {Ineent. de l'arlill. du Louvre.) 

1421. — Un gros arbrier garny d'eslrier, de clef et de 
noiz, à joues de leton. (/ne. de l'arlill. de /J(on, p. 311.) 

— Une arbaleste semée de llcnrs de lys en l'arbrier au 
dessiuibz de la noix. (Ibid.) 

1430. — 3 grandes el grosses nib.dèlres à tendre à vis 
el à tour dont l'arbiier île l'une est perdu — Ci arbriers 
j;rans pour arbalestres de ïnri|nie. {Iiirenl. de la Haslille, 

p. ;!:!i.) 

1444. — 5(1 aubrieis de bon bois garniz de l'anlscs 
Cordes, de clefs, d'estricrs. (/1/t/(. de la Côle-d'Or, 11., 
lll'J3, r 122.) 

1514. — 3 arbriers garniz de 3 cranequinsde ners. — un 
vieulx arbrier où il n'y a que ung ostrier (/iic. /). l'éclievin 
de l'iiitier.s. — Arcli. île lu Vieuiie.) 

1529. — A lioberl du Mesnil 2()."i 1. pour li arbalestes 
garnu'S de leurs bandaigcs, les arbriers des quelles sont 
semées de bestes,oyseaidx et lleureltes entrées dedans, an 
nombre des quelles il en y a 2 dorées. {Cple des menus 
plaisirs du roi, t° 104.) 

ARC. — Aucun caraclère parliciilier ne distingue 
ses ililférentes sortes en Occident jusqu'au Mil'' siè- 
cle. La forme sinqdc d'une verge courbée s'y ren- 
cnnli'o concurremment avec celb^ de l'arc d'origine 
orienlale, retroussé et à double courbure. Les di- 
mensions seules varient de un im''lre à nn mèlr(; (^l 
demi. .Mais au xiv» siècle l'arc anglais, du typi! pri- 
milif, se signale par sa longueur qui alleint et dé- 
passe même la taille ih; l'homme, lainlis qu'en 
France l'arme de guerre, plus courte el plus cambrée, 
se rapproche de celle des Génois et des Vénitiens; 
néanmoins les traités do vénerie de 1328 et 
de I3SS admettent pour la chasse des ares qui 
nu'sureni près de deux mètres et dont le type existe 
encore aujourd'hui au .lapon. Au xvi' siècle ceux des 
l''r.in(;ais el des Anglais sont d'une mesure sensi- 
bliMuent égale, (^t l'usage de ces d(M-niers conqnirle 
celui du gant à la main ilroile i^l du linirrlel ou liru- 
rihe à la main gauche. 

L'are dit tliK/iiuis à conire-eoui-bes se compose 
quelijuerois de pièces de rapport encornées, entées 
et collées. Sa disposition et les détails de sa mon- 
ture sont restés dans toutes l'.Vsie jusqu'au temps 



ARC 



49 



inoilei'iics tels qu'ils élaient en Occiiient au xv" siè- 
cle. Ou y relrouve, eouimo daus l'exeuiph; ci-j()iut,la 
e.onle de cliauvre filée de soie teruiiuée |)ar deux lon- 
gues boucles en boyaux bridée sur cales. 

Ou euiployail à la coufecliou des arcs l'éraljlc, 
l'aubépine, le noiseliei', le fréue el surtout le bois 
d'if, le plus estimé de tous. 




V. 1070. 



Tapisserie ilc Unijcnr. 




Eji. de Chuiii's Yl. Tiijiisseiie upp. à M. Aiomld. 

I3SS. — A l'ieron de Ste Catherine, pour avoir peint 
;!6 escMclinnnès des armes de la ville sur les arcs — 10 s. 
S. il. (La Fons AvlM. de Lille, p. 7.) 

1367. — l'ajé à Clément, l'orfèvre, pour un poiiclion 
t,'ravé d'un aigle pour enseigner les arcs de la ville 4 s. 
y lien. {Miller, p.l'liisl. du Cambresis, t. XXXI, p. 2,ï6.) 

V. I<i00. - A .1. Malomprel demourant à Mons, pour 
18 douz. de cordes d'arcq à niaing. à 4 s. la douz. l'I s. 
— pour Ifi douz. de cordes d'Anjj;leterre à 5 s. la douz. 
•t 1. — l."> douz. do cordes accatées à Valleucliienni's a 
plusieurs artilleurs à i s. la douz 9. 1 — à .M° .lean 
l'artilleur, pour (i arcs à main à 10 s. la pièce (iO-s. 
à .1. liiainet, demourant à S. GliiUain pour 86 douz. de llec- 
quesque on lui avoit fait faire à f> s. 8 den. la donz. toutes 
cnfiericps, -JS 1. (! s. 1 den. ^Cpte du baillij de Haiiiaiit. 
Arcli. A'. A'., reg. 201.) 

1419. — A J. Melianlt dcuioujant à Arras pour 'JC arcs 
à main an pris de 10 s. lu pièce valent 60 fr. - - h lui 
pour (i'.l cordes pour lesd. arcs au pris de 2 fr. et demi le 
cent val. '.I fr. 6. 6. (La Fons, La Thierttche, 2^' livr. p. 5.). 

GLOSSAIKK. 



1443. — It. <|ue les ouvriers dud. niestier seront 
tenus de faire arcs de bon bois il'if... et qu'ils soient 
bien encornez .. it. pourront faire et vendre arcs île 
plusieurs pièces pourveu qu'elles soient assemblées et 
collées. iOrdiinn. du prévôt de Paris — Monteil, XV S. liist. 
7, note 58.) 



1328. — La première (cbosc) fut que la corde de sou 
arc fust de soyc verde ou autre pour trois causes : la pre- 
mière q>ie la" soye est si forte qu'elle dure pins sans 
rompre qu'elle ne fait de nulle aulro chose. L'autre cause 
est, quand bien assemblée, elle est si singlant qu'elle 
envoie une sayctte ou bougon pins loinj,'... arc de droicte 
mesure doit avoir de long entre la coche du bout d'en 
haut jusques à celle du bout d'en bas 22 poignées estroi- 
tement (2 mètres). (Modus el liiich, I" ."i2 v.) 

1341. — riOI) arcus albos et âOO garbas sagittarum. 
l'relii cujusiibetarcus 12 deu.el cujnslibet garbic aceraliB 
1i den. et non acerata' 12 don. — Pro quolibet arcu aibo 
12 deii. et quolibet arcu depiclo 18 den. (Mandent. d'Ed. 
III— ap. Rvnier t. V, p. 215 et 208.) 




XVI" s. — Arc turqiiiiis. 
Coll. de l'aiil. 



XV" s. — Musée Carrer a Venise. 
A, urc ilétendu; Wli, coupes. 



1448. — Pour estre allé de la ville de Bruxelles à 
l'Ecluse pour aller attendre la venue de 4'JOO quartiers de 
bois d'if que le roy de Portugal a uagaires envoyés en don 
à Mds. {C pie s des ducs de Bourgogne. Laborde, l'■l9'^|. 



ARC .\NGI..\IS. 



1383. 



z'I arcs pams 



la faclion 



d'Angleterre. {Inv. des forteresses de l'Artois j 

1388. — Aussi puet-on prendre les besles i trère aux 
arcz,à l'arbaleslre et à l'arc de main que l'on apelle anglais 
on lurquois... l'arc doit estre de if ou de boïx et doit 
avoir de long de l'une ousche (entaille) où la corde se met 
jusqm'S à l'autre 20 poignées (I^SO). et doit avoir entre 
la corde et l'are, qnaijd il est tendu tous les cinq dois et 
la pannu', large (20'.). La corde doit estre de soye, qnar 
on la puet fère plus gresie que d'autre chose et aussi elle 
est [ilus forte el dure plus que de chanvre ne de lit, et 
donne plus siglant et grand coup. 

... La llf'sche doit estre de la longueur de 8 poignées 
(72 ' .) de long, el de la bosse de l'ousche darrière jusque 
au barbel de la flescho. lit le fer doit avoir de large, an 
bout de barbians, 4 dois, et doit tailler de chescuue part 
et bien alîlé et agiie et doit avoir 5 dois de long. (Gaston 
Pliœbns, ch. 71 p. 256.) 

1401 . — A Jlichelet de Nogent, gaynnier, pour im esluy 
de cuir fauve pour mettre 2 arcs d'Angleterre que la royne 
d'Angleterre a donné à la royne — 10. s. p. 

A lui pour un autre esluy de cuir fauve garny de cour- 
royes et tout ce qu'il apiiarlient, |iour mettre les llèches 
desd. ars — 40 s. p. ('J- l^pte roi/. d'Iletnon liaguier . 
f' 10 V".) 

1480.- Moy qui suis archier, je souhaite 

Arcz d'Angleterre de bel if, 
La llèchc bien ferrée et droite, 
liien tirer cl IVaper au vif. 
(Les soiiltails des Iwnimcs. — /(ce. de poésies franr,, 
t. 111, p. 139 ) 

ARC TUIKJIIOIS OCCIDENTAL ET ORIE.NTAL. — 1332. — 
2 arculins saracenis rum :! sagitlis saraccnis. (/ne. de 
Hoger de Mortimer, p. 35'J.) 

t 



50 



A lie 



1360' — K' 'li'ssu/ le coiivusi'lr («II' la salière! a "" 
liiiiiimi' niuilié lioniiiii' i-t iiloiliù sn'p<-iit et ii l'sics. El tiriil 
ii'i'lui liuiiinii- lin an- ili' Tiiniiiii' l'I rii liait à la svipeiil. 
{Iiir. (le Louis ilWiijuii. 11° 11:1.) 

1433. — l.i' liait di'S Tiii'c/, l'iuiMiit' on purl savoir, 
ii'i'Sl piiiiil fort, ri, ciimliirn i|ii'il y ail ilc fins arcs, ils 
smil coiiitz ciiiiiiiu' on sci'l, l'I leur Irait est coiirl aussi 
cl di'lié, cl se Inmlc le fer tlcilens le liiiis, el ne poiirroil 
soiilTiir graiil cixip... nos arcliicis «i' pounoieiil liicii 
aidicr de leur Irait niais les leurs ne se peiirri>ieiil aidii'r 
du niish'c' pniir les cnllies (entailles) qui sont trop estroites 
el les cordes de leurs are/ sont trop j^rossi'S, ipii sont de 
nerfi!. Kl ne liri'iit poiiil leurs arcliiers si loiiig à lieaii- 
coiip presque ne font les nosires. (Uertr. de la llroiiuiére. 
Vuij. d' nuire -mer ms. Htbl. /Ii<7ie/., 'J0W7, (" iHt.) 

1553. — Les arcs des Aralies resscnilileiil niienx aux 
grecs qu'aux arcs liirqiiois; car les Turcs d'.Vsie porti'iil un 
petit arc liien troussé, lorl coiiilic et tenilii liiini roidc ; 
mais les arcs des Crèles eslaiis de deux siirles. ceux ciu'oii 
l'ail à Spliagie avec des cornes de lioiic-cslain, et ceux 
qu'on fait en Candie avec des cornes de lioiilles sont plus 
^'laiiils ipie les Ilirqiinis, aussi oiil-ils à lalie de [dus loii- 
r|iies el ^.'lusses lloilies tout ainsi (|iic ceux des Arabes 
qui les ont grands, aussi leur l'atit user de grandes llesclies 
an contraire des l'iircs qui les oui petites. El les arcs des 
Tarlares el Vall.iqin's siirpasseiil tons les susdit/, en lar- 
;;eiir et longueur, toutes l'ois sont faibles. 

Tous les susdits arcs n'ont que faire de hracieres ne de 
i:aiids comme oui les Auglois et ceux du llr)''sil el autres 
qui tireiil avec nu arc de bois. Les Tiii'cs, Crêtes, .\ralies, 
'l'aiiarcs, iisaiis des arcs colez n'ont point de gands en 
tiraiil de leur arc, niais au lieu se servent d'un petit 
anneau d'yvoire on de corne ou buis. Les plus suiiiplueux 
cr. poiti'ut d'or et d'argent sur les quel/, ils font 
plusieurs mai'r|uetories, a\ec des pierres liiysantes par 
dessus, qui tiuitcs fois n'est invention moderne aius très 
antique... tel anneau que le' lurcs ont accoiistuiné de 
porter au pouce quand il/ tirent de l'arc est lolalemcul 
semblable à la Inelte. (Itelon, Siiiguliirilés, 1. 2, cli. 8'J.) 

V. 1560. — Une dou/aine arcz liiriiuois fournis de 
llesclies (piuir rarmcmeiit d'une g.ilére) peuvent valoir 
iiiig esiu sol la picce(S(olomie.i)/.s. cit. }n\, Ghss. niiut., 
p. 160.) 

1576. — Uiig arc luri|uoy de cottes de lialleiiies, eu 

l'orme de croissant. {Inr. du chat, de A'oiiie.iij, ir -llW.) 

1598. — 3 arcs de corne eu façon de Turquie, un 

rouge et les autres noirs sans cordes, iliir. du chat, de 

Méntc, \<. 18.) 

ARC D'.MUî.M.KTli. — Les ilévi'ln|i|ii'iiiiMils de l'ar- 
licle Arbdlètc laisseiil |ieu de eluisc à ilii'e sur sa 
partit! priiieipalo; noaiiiiioiiis inieli|ues ilcluils coii- 
sjo-nés dans les Icxics suivants niL'iileiil (rèlrcsij,nia- 
Ics. 





de lii'iry, sur le doux de l'arc, el a cscript sur led. arc : 
l.e leiiiiK retidni, et A noix de cuivre (/lie. île l'iirtill. du 
chat, de lllois, p. ;1I2.) 

1431 . — l!iie arbaleste d'acier ivrée sur l'arc à petites 
branilies d'arbres. {Ibid, p. 313.) 

1430. — i graiis ars de corne, les arbriers séparés 
l'iiii de l'autre. — 11. demie douzaine de vielz arcs d'ar- 
balestre d'if avec les arbriez séparez l'un de l'aulre el 
sont de petite valeur {lue. de la Itaxlille, p. 33'2.) 

1455. — Ces gens (li'S Bavarois) sont bous arbalcstriers 
à cheval et à pié, et tirent d'arlialestres de corne ou de 
nerfs qui sont lionnes, seiircs et fortes, car ils lie rompent 
point; et li's arbalestres de bois et les arcs sont autres, 
ilz (ceux de loiiie) ne roiiipent cpiaïul elles sont gellées; 
et pour ce les font de corne... el plus fait froid, plus 
sont fortes (Cilles le Bouvier.) 

Mil'. ICMI'OINTIK. — Nom nt'iii'i'iil'"' '''' '"'■'' '''p'"' 
(|ii(lli's iju'cii soii'iU la l'orme et la place. Il s'af^il ici 
(le deux piliers avec eoiilreforts adossés, sup|iiiiiaiil 
cliaeuii les nervures d'un arc doiilileaii el les deux 
ares ilia};onaiix ou mes auijives, siiiv:iiil raiicieiiiie 
el seule véritable aceeplion du iiml. 

1400 — En l'aulre costé de lad. cliappelle. . . sont 
csli^ie/ 2 pilliers estr.iyez et 2 dosserez i|iii portent 3 arcs 
enipoinlie/, bouez à iiiig lez el à l'autre, .les (|uelles arcs 
suustieniicut les combles d'icelle église el iliappelle. 

II. A Jiicaiinin Malorrc, cliarpcntier. . . 3 |ictiz cintres 
de bois pour faire les 3 ars einpoinlicz qui portent le 
cusié de lad. cliappelle devers l'église, au pris de 8 s. par 
pièce. (Cple de la cliop. de .S. Pierre en Chastres.f. 53 
el 83. 

Alir. TIERCET. — SyiiuiiyiMc du précédeiil ; mais 
plus riooui-eusemenl applii|ué à l'are aif,ai dont les 
courbes ont pour centre un point pris sur la courbe 
((iii lui esl oppcisée, de façon à y inscrire 1111 lriaii^;!e 
é(|uilaléral, on dit aiijoiiiiriiiii licicclin. 

1600. — Nos François appidlent plus volontiers escu, 
l'arme delVcusivc qui se porte au bras gauche quand cet 
eseiiestoit carré par haultet pointu psr bas, en arc tiercel 
(Cl. Kauchet, O'i;/. el tiiiliee,p. 38.) 



XV' s. — 2 Arc.i d'arbalète eu bois. Coll. W . lîiggs. 

1411. — .'iSars viez de cor, à arlialcstcs, de petite va- 
leur, tant à hausse-pied comme .i pié. {lue. de l'urtill. 
du Loutre. 

">I8. — L'ue grosse arlialcslc aux ariiie* de .Mon..ieur 



AUr. V.VITIS 
1260. 



Are OL'ive. 



ARCELÉ. 



Trois portes en la vileavoil 
A lonrelles et ars vautis 
Si avilit . 1 . pont toiirneis. 

{Mess. Giiiivain, v. IT'.ii.i 

— Teiiuiné par des arcades, c'est la 



riiiMii' I iiiinue sons le nom di' ((nalrefeuilles. 

1360. — N" 033. Vu dragouer doré, tout plain, et a 
uil esiiiail d'une eroiz arcelée et sous chascun arccl a 
un oiscil, et ou quariefour par en haut de lad. croys a une 
rosette — et poise ru tout 9 m. ."> 0. 12 den. [Inv. de 

[.unis i^WlIjdU.) 

ARCELET. — l^ercie mélallii|ue servant à relever 
le dessus ou les côtés de la coill'ure des daines. 

\\V s. — .le les conseill 
donnez, vestemens, passe 

leures, vcilugalles et aulties inliuics dissolutions de parc 
mens (Lu ciiiiijdaiiirir de M le c... poés. fr. dr.s xv et 
xvr s., t. H.) 



le laisser ses pompes, désol- 
ions , arccdelz , descbiiiiic- 



ARCHAIS. 

1 170. 



•llui à niellre l'arc de l'areliei-. 



1,'aii'hez siMil priiuiers iessus 
Dnii a chcscun son arc tendu 
Conire el arcliaiz al lez pendu 
... Conire, emplir, arc encorder 
Cuir oriMil ceiiilz et aixhais. 
Iltom. de Itmi., I. Il, v. llG2f. et I28I2.) 

ARCHAL. - Les l'onlesde bronze liraiil sur laenii- 
leur de l'or et le cuivre jaune en particulier oui rei;u 
le nom t\' nuvicalqiie , d'où est venu archal. Dès 
le xio siècle on trouve ces niétau.x consacrés en 
Allema'Mic à loules sortes d'usleusile,s, à des vases, à 



Al'.ClllKKK 



51 



lies ui'iii'iiit'iils (l'église, et le livre (rKlieiiiH' liuileaii 
nous a|)|ii'eii(l iiii Mil" siècle coiiiiiienl rimliislrie pa- 
i-isieiuie s'en était ilisiriijué l'eiiiiiloi. (Vov. AlltAlX et 
Al IIICAI.UUE.) 

xir- s. — Hyram relist vaisselle de meinte baillie, poz 
et clianes et piclieis, et furent tuit «le archal. iLe liv. des 
/fois, '2.-)(;.) 

V. 1300. — Auricalcuni. Arcal. [Vocab. ms. DM. Ilkh. 
7G'Ji.) 

xv s. — Auricalcum. Arcal. ou escumc d'or. {Vocuh. 
(le Lil'e.) 

XV" s. — Auricalcum. Métal ressemblant .i arclial. 
{Voctth. ms.. Bibl.Rich.,l(il^.) 

ARCHEBANC. — Banc dont le siège est l'uinié par 
lin cuH're. 

1425. — Faire deis archiban ^isdites tors et portes 
ont seraz de iiécessitey, pour enfermer les cbonscs qui ap- 
|i;nlienilri)nt eisdit ina^erav. iArch. de Fribourn. /"" Coll. 
de lins. n"3il, l" ?9.) 

1426. — Art 23. Viif banc appelle archebant. {hif. du 
Chili, des Ituti.i-, rh. 1, p. 131.) 

ARCHEGAIE. — llemi-lance d'archer, javelot léger 
et aussi la lance des stradiols ferrée anxdenx bonis, 
voy. z.\i;.\VE. 

1370. — D'archeyaie qu'on gette et lance. (Eust. Dcs- 
rhainps, Dali., édil. Crapelet, p. l3i!.) 

1386. — Pour franges, cordeaux, boutons et Iiouppes 
de soie pour i arcigaies pour le roy. liO s. 1. {Cples de 
l'écurie du roy, (" 87 v".) 

1396. — .le, Onillerniu l.anbier, artilleur du roy 
N. S..., ronfi'sse avoir eu et recen... K nri'biguaies, 
7 sans fers et une ferrée. (IlibI . riicli. (Uib. des titres.) 

1409. — Kt portoit derrière luy (te roi) ung de ses 
pa^'es inie moult belle salade d'acier et une arcliegaye. 
(Monstrelct, I. I, cli. 63.) 

1411. — 2 grans fers d'archesgayez — un fer pou[' une 
arcliegaye. {Inv. de l'écurie du roi, (" lU v".) 

1414. — Le suppliant, d'une liarsegaye ou demi-lance 
frappa par la poitrine icelbii cavalier. [Arclt. J.J. 107, 
pièce 333.) 

IS75. — D'armes offensives ils (les nègres) ont des 
assagaies, ascavoir des dards très légers lesquels ils scaveiit 
darder et subtilement et de grande adresse et le fer des 
ijuels a deiiiy pied de long et plusieurs iietites pointes et 
comme crocbets i|ui sont fort dangereux à tirer de la 
liiair. (lielleforesl, Cosmojr., part. 2, col. 1918.) 

1600. — Les cstradiots. . . ont des manches et gants 
de maille et la zagaye et arcbizagaye au poing, longue de 
12 pieds. (Et. Hinet, Merv. de la iiat., cli. 17, ^2(5.) 

ARCHELET. — Bague, virole. 

IS73. — N" y4. 2 granscoruetz d'yvoire antiens ayans 
chacun 2 archelelz de cuivre doré. (Inr. de la Ste-Cha- 
pelle. } 

ARCHER. Avaiil C.iiarlrs Vil, l'an lin' porl,' le 
pelit liaeinet remplacé sous sou régne par la salade, 
le jacipie ou la brigaudiiie, le harnais de' jaiiijies, 
c'est-à-dire cuissots, genouillères, gi'èves et solerets 
pour les cavaliers, les gantelets, la longue dagne, el 
la longue épée à deux mains, enlin l'are avec sa 
trousse et celle des tlèches dont l'usage remonte au 
moins au xii'" siècle, (voy. Alir.iiAls et Coi liiK). F/éta- 
hlissemenl des francs-archers à cheval de 1 li8 à 
répo(|iie lie l'iaïK'ois !" ne modifie ce coslnme (|ne 
dans la mesure des progrès qu'apporte le xV siècle à 
la partie défensive de l'arnienient. 

1448. — 28 avril. Pour le plus aisé et au moins de 
cliaige par nos subjeclz, que en cbascune parroisse de nos- 
trcd . royaume, aura iiiig archer qui se tiendra continuel- 
lement en habillement suffisanl el armé de sallade, dague, 
C8pée,arc, trousse et jaques ou Iniques de brigandines, et 



seront appeliez les francs archers. {Lettre <le Charles VII, 
Isambert, /{ec. des anc. loisfranr. t. IX, p. 170.) 

1448. — Les archiers portent lianioys de jambes, sa- 
lades... gros Jacques doublés de giant foyson de toyiles 
ou brigandines, arc on poing et la trousse au consté; et n'y 
use l'en point si communément d'arbalcstres comme es 
autres lieux, excepté pour garder les places. 

It. Les archiers les (épées) portent longues, Iranclians 
comme rasouers, et sont à 2 mains, et ont dagues plus 
longues que les hommes d'armes ne les coustillcux et 
tranchent aussi comme rasouers; et portent arcs d'if et 
tlèches de i palmes ou i palmes et dcmy de long et plus 
et les fers à 2 tranchants en forme de barbeleurc. (Du 
cosl. milil. franc, édit. Belleval,p. i.) 

1469. — Coliiius Hocliede, sagitarius fiancus dicte pa- 
rocliie de Boulonera (Bouloire) : 

pour toutes choses qu'il pourroit demander ausd. pa- 
roissiens du jourdiiy à ung an révolu, tant pour brigan- 
dines, salade, gantelez, gorgeiy, arbaleste, trcct, aucton, 
propoint et aultres habillemens qui lui seraient néces- 
saires. (Marché avec la parr. de Sargé.) 

V. 1470. — It. a été ordonné que tous les francs ar- 
chiers que l'on mettra sus de nouvel, soient habillez de 
Jacques, salades, gantelets, espée, dague et voulge ou autre 
batton dont ils se sauront aidé, el ceux qui sont desjà en 
habillement de brigandines à comliliun que quant elles 
seront rompues et gâtées on les habillera de Jacques. (Or- 
donn. des francs archers. Cil. Daniel, Mil. franc., t. I, 
p. 217.) 

1474. DelTendons que plus ne soit laissé es mains ne en 
la possession desd. Francs-archers, eiilx estant en leurs 
maisons et en temps de paix : espées, voulges, picques, ar- 
balestres, traits, brigandines, hoquetons ny autres choses 
quelconques servant à leur habillement de guerre. (Ordonn. 
des rois, t. XVIII, p. 73.) 

1559. — El pour ce que à présent les arcs et arbalestres 
ne sont en usage ne deffense, avons ordonné et ordonnons 
que toUî les arbalestriers et archers seront doresnavant 
tenus porter harquebuscs au lieu des arcs et arbalestres. 
{Ordonn. de Charles I\, Félibien, Hisl. de Paris, t. V, 
p. 290.) 

1600. — Ces archersdu corps, pour ce que du temps de 
Charles VII ils avoient des hoquetons couverts de paillotes 
ou escaiUes d'argent doré, qu'on souloit appcller orfrais 
pour ce que les orfèvres les foisaient, pour les employer 
sur la broderie et les devises du roy, prirent le nom d'or- 
faverizez, comme les appelle Philippe rie Commines, à la 
dilTérence de ceux qui n'en avoienl point. Laquelle ma- 
gnificence fut suivie de nos roys successeurs dud. 
Charles VII, quiont changé les armes desd. archers en hal- 
lebardes pour ceux qui servent à la cour. 

Mais à la guerre ceux qui durant la paix ont des halle- 
bardes portent des lances et sont armés connue les archers 
d'ordonnance, et aucuns des quels depuis quarante ans 
portent des harquebuzes. (Cl. Faucliet, Orig. des dignités, 
p. 43.) 

1644. — Le blason de l'ordre (de l'Etoile) estolt une 
estoile pendue à un collier d'or avec cette devise « Mons- 
trant regibus astra riain » qui devint si commun qu'il est 
demeuré pour gage au chevalier du guet et à ses archers 
qui l'ont encore aujourd'hui sur leurs hoquetons. (Coulou, 
Hirieres lie France, l. I, p. 13.").) 

ARCHET. — Petit arc. 

1400. — It. En l'autre pignon de lad. cli,ip|iclle aune 
huisserie bouéeel couverte dun lintel revestu d'un archel. 
Et si a une reprinse pour asseoir ung ymage, el aux 
2costez a2e<eus arnioyez des armes de Mgr. le duc (dOr- 
léans). (Cjilede la cliap. de S. Pierre en Chaslres, \>. 53.) 

1560. ■ -.\ François Dujardiii, orfèvre dud. Sgr. (le roi) 
pour la façon cl argent d'un archet a ung gaban dud. Sgr. 
— 25 s. (3= Cpte roij. de D. fJlandin, (" 147 v".) 

1580. — Elles couvrent la leste de leurs nouriçons 
couchés dans le berceau, d'un archet d'osier, et un linge 
pardessus. (Anibr. Paré, XVII, 2S.) 

1 607 . — (Couvert et garny de damas l'archet du berceau 
et chamarré de clinquant avec des franges allcntour. (f^ple 
roi/, de P. Lerimr, f" 14 v".) 

ARCHIÈRE. — Soupirail, nn'iirli-ière el plus spé- 
cialiiiiiiil uni' pelile ouverture circulaire avec èhra'- 



5-2 



AIlCIIlKltK 



sèment qui servait en cas <le défense à lancer îles 
(irojectiles. 

13^6. — Ou mur qui se fait denniivelùscncslrc joingnaiit 
lie l;i sale sera faite une arcliien' qui dnnra jour et clartt' à 
la voile. . . 11. rn iii'Uui nuir inesiui^s, :issi's jirès île la Iniir 
.sera failf une autre arcliiere qui puisse ilunner cljrlé à la 
cave... It.eu cliascuH coslé ilu mur oud. ostaj^e ou milieu 
avéra une fenestre qui ne sera pas Irnp liaule, mais sera 
lar^te pour traire de lune el de travers d'uiic esprinjiale. — 
II. eu cliascun custé de fenestre aura une liiiehiere pour 
Iraire. d'une arbaleslre. (Trar. i/u clidt. de Deaufurt en 
Valli^e. Arch. A', rej. I Ul, n" 38.) 

1432. — A Odinet Troissols, chappuis, pour 3 journées 
de sou uieslier à faire les canonnières ou archieres de la 
barrière de l.i porte Guillaume, et faire l'eucliassement de 
bois pour csprnuver les venglaires — 5 gros. {Airh. de 
la CoU-<tÙr. liarnicr, AHiU. de l'ijon, p. 'J.) 

1644. — D'azur à un cliasleau ouvert d'argent, mas- 
souiié de sable, le feneslrage et les arcbieres de gueule. . . 
les archieres se prennent pour ces ouvertures fendues el 
rondes par le milieu, par oii les areliers aulreslois déco- 
choienl leurs d.iids el leurs flèches. (I.a C.nloinlMire, l.n 
science heroKiiir, \>. I9i.) 

ARCHITECTEOR. AnciIlTEf.TE. — Le ninyen ;i-i- a 
élevé ses nuiiuinieiils sous la conduite et par les 
mains de ses niaitres-d'ieuvre. Il a|ii)arleiiait au 
Wl' siècle de décorer les siens du litre plus |)oni|ieux 
d'architectes en empruntant à l'aiiliiiuili' iiii ternie 
loul au moins oublié. 

l'arnii les aiu-ieiis te.xles oii se rencontre ce néolo- 
gisme on remaniuera que le premier en date s'ap- 
plique à un Italien établi en France, au service de 
François \'' dés la première année de son règne, 
après lequel le mot architectenr ne larda pas à 
prendre sa désinence moderne. 

1530. — A Dominicque de Courtonnc architecte'' en 
don : la somme de 901) I. pour le recompenser de plu- 
sieurs ouvrages qu'il a laitz depuis l.î ans en ça, par 
l'ordonnance el le commandement du roy, en patrons 
enlevés de bois, tant de la ville el cliasleau de Tournay, 
Ardres, Chaïubort. Patrons de ponts à passer rivières, 
moulins a vcnl, a chevaulx et à gens elc...,(/lre/i. J, cart. 
9(;0, pièce 69.) 

1558. — l.'i juillet. M' Jehan de Lormc a aparu lettres 
du loy, par les quelles est commandé laisser jouir el 
exercer l'csUil d'archilecle el conducteur des basliiuenls el 
forteresses de ce pays, en absence de l'hillebert de Lonne 
son frère, auparavant pourveu dud. estai. (Rég. de la 
mairie. Verger, Arch. cur. de Nantes, t. 1, p. 33.) 

1559. — A >r Uegnoulx, aichileeteur et sculleur, 
i(î cscus d'or soleil, valant fjo I. pour avoir l'aict une 
ligure en pierre d'.Apremonl en forme de Justice, laquelle 
il a rendue saine el eulicre en la maison de lad. ville. 
(Girardol, Les arlistesde Bourges. Arch. de l'art, franc., 
•J' sér., t. I, p. i.îS.) 

ARCHITECTURE PRIVÉE. — l'our la période féo- 
dale il existe des comptes et des états d'objets plus 
ou moins précieux composant le trésor des églises 
ou le niobilierdcscbàteauxetdes habitations privées. 
Ces inventaires, dressés pour la conservation ou la 
transmission de richesses parliculiéres ou piilili(|iies, 
sont une mine abondante pour l'histoire de l'art et 
des industries de tout genre ; mais les œuvres con- 
slruiles ont nialbeureuseuient échappé à ces recher- 
ches niiiuitienses, et nos iiioiiuments anciens n'ont 
jamais éTé, si ce n'est à une époque relativement mo- 
derne, l'ohjel de ce qu'on appelle aujourd'hui une 
monographie. Exception faite pour quelques frag- 
ments des historiens de lîyzance, celte lacune reste 
à combler, el à défaut de traités spéciaux et contem- 
porains sur la matière, on eu est réduit à quelques 
débris de mémoires, comptes de travaux, marchés ou 



devis descriptifs qui seuls permettent de reconstruire 
la terminologie arcbileclurale de celle époque, el de 
snbstittier à des noms modernes, dont le choix est 
souvent fort arbitraire, ceux qu'a consacrés un long 
el ancien usage. 




Fin du XV' s. Maison a IVnicHi/. D'après A. Verilier. 

C'est dans ce but qu'est placé ici un curieux docu- 
ment du XV' siècle auquel la ligure d'une maison de 
celte éjioque pourra servir en i|ueli|Ue sorte de COBI- 
meulaire. 

1459. — A Picrot Merel, Masicn de Cambray cl Collarl 
Goden, carpciilicrs, pour le bos par eulx livré et œuvré 
de cai'penlrye en i'édifruatiou et esleigenienl de une 
nocfve niaisun qu'ilz onl faicte cl assize... à l'un des 
touques au marché au bled, rue du l'ont amant, purtans 
de longheur par dessoulz, ou lez dud. marchié 17 pies et 
sur lad. rue du l'on'. 12 pics de larglie ou environ. — Et 
lad. maison édiffiée à 3 estaigcs ouvrez à tringles et à sal- 
ives d'cstaus, d'estaige à autre de 9 à 10 p. en haulteur, el 
tous lesd. cslaigcs en paroirs, devantures et plaiicquiers, 
avoir estoffé d'esteaux, corniers, posleaux, avoyc, ligueulx, 
listeaux vollans. lisleleures, poullrcs el gistes ,el led. plan- 
çaige couvert d'aisselles jointes, feuilyés et croisyéscom il 
appartint selon le teneur de le devise — El le nomhlc au 
deseure du grenier où a 3 pies d'eueuviemeiit, fait à 
3 pignons leur (la oii) a i faulx rains, eslofé de panes, 
quevrions, wisiiies, sousquevrions, ventrières, gambcs de 
forsc, cassignols iiinuvans, souffesle, croisures el feste bien 
el sounUaininent, ol toul le bos de lad. oeuvre qui se dé- 
luonslrc ou mil par dedans et par dehors, avoir corroyé et 
plané. — Ensemble l'ail autant de huis, feneslres el clos de 
banuquiers, tant bas comme haut que ausd. cstaiges, 
pignons el f.iulx rains, a esté nécessaire; el les gatiUcs 
desd. huysseries el feneslres tournés el vuidiéz meismc 
lavesty sur les pareinens de di'hors, taillés à fachon 
d'anssedc panier, mis entre- buulv dopoultres audessoubz 
des sallyes. 

Avecq, avoir fait en icelle maison une montée de bos à 
vis desgaucbie, souspeudue et close de bancquiers, qui 
sert à monter eslaige en eslaigc. — Pour toul le quel 
ouvraigc de carpenterye faire bien el sounîsaiumenl, 
comme sur ce faire fut marchandé en tasqiie là piix fait) 
à cry et à rabais, ainsi que leur deinoura l'eriuc après 
candeiUe eslainte en halle pour la somme de 58li liv. 
luounaie de Flandres. 

Aussy, pour la seurelé et contrcpoin de led. oeuvre, 
avoir làillié el fait inoiiller par un hugier loules les gan- 
lilles des|liuysscries el feneslres d'iceile maison, lesquelles 
ganlilles'ils ne debvroul fors seulement vuider el louriier, 
faire arques de taille aux lestes des loyens à qiieulle |iar 
dehors. 

A Villanie Lcjosne, maiebien, pour avoir taillié de bon 
cspinchaige '2 longues pierres de griès de 6 pies ou en- 
viriju, de 12 a 15 paux de let, les arestes, chanflraiiit 
par deseur qui font sailliz aus 2 huysseries bas de lad. 
maison... icelle basse, avjir taillié de nette laille à 
nachelles, voucheaux, enibassemenls, fUlels el foelli sur 
2 sans pour les balées desd. huysseries. 



AliCON 



53 



Aud. Willame Lejosne, poui' avoir laillié de nette laiUe 
i liasses, i corbeaux et i chiinaises à fiUet, nachelles et 
voiiclieaiix pour l'estoHenient de "2 quejninées servant aus 
rnmlires première et secoTide lie lad. maison — iO I. 

A maislre Pierre Ovrard, corro5(u' pour... 3 bannières 
d'arain estotîées de buises comme il appartient, chacune 
de 7 pans de haut et 7 pans de larghe, pour mettre au 
bout (les verghes de fer ensuivant les heuses, pignons et 
comble de lad. noeuve maison. 

A .lacmart (^andirelin, l'èvre, |ionr poslies de ferraille 
qu'il a livreis. . . pour les 2 foeuillès de l'huysserie d'icelle 
maison pour l'uis coppé au lez sur le marclïié, pour clous 
à rosettes, pour ung hurloir et une serrure à clicrpiet. 
{Arcli. de Douai. Cplen de lu ville.) 

ARCHITECTllRK DE i.A Uenaiss.^nce. — .1,. niilc un 
nom l)iou niodeslc donné anx iinilalions do l'art an- 
li(|iio (lès los iircniiors il(''l)uts de la renaissance fran- 
çaiso. 

lii-SS. — It. Les i chaises de Dieu le Père et Dieu le 
Fils seront d'iir, d(^ plus grant façon ijue n'est pas le 
patron, comme miiroiinerie romaine, et eurichy de paiu- 
tnre comme pierres pr(;cieuses, et au tresdoulx des chaises, 



un drap d'or d'azur. {Marché avec Coppin Delf. — Méin. de 
la. soc. arch. de Touraine, t. XX, p. 37.) 

ARÇON, Aitçd.N.NiKnE. — Lt>s parties élcnées en 
ayani cl en arri(jre du siègt! de la selle et qui s'y 



ayani cl en arrière du siège de la selle et qui s y 
rallaclicnt par des arcs de soutien. La pi(^'ce de de- 
vant prend los noms de pommeau, chapelle, arcade 
de i/arrot, et celh^ qui lui est oppos(3e conserve tou- 
jours celui do troitssci/uiii. 

siècle, les arçons de- 





Fiii du XIII' X. — Ivoire de lu haute Italie. Coll. L.Carraud. 



V. I 160. 



V. 1225. 



D'ivoire furent li arclion 

Bordé de pierres environ. 

Par liens furent d'or adouh('' 

Et a flori'tes oiselé. 

(.\H<i et l'rophelias, ms. 7191, f ll-t.) 
La selle oi( elle seoit valoit tôt l'or morgant 
Un roy d'outremarin, (:|ui fn uez d'Alixant. 
Les arçons en esloicnt de fin or ruujoiant 
A pierres précieuses en orpiment séant. 
iFiiulque de Candie, p. 11)0.) 




V. 13H). —Bibliolh. Riche!. mK.jr.,n' 78i, fo M v" 



1339. — Pour Mons. (le connétalite d'En) une selle de 
coursier à parer. Les arçonnieres devant et derrière de 
pilleuilles d'argent férus eu tas, en manière de tuyaux, et 
sur les carrefours d(^sd. pilleuilles, chastons, et ou millieu 
desd. ar(;onnieres un dieu d'aminirs vestu de drap de soie. 



après le vif, les mains et la teste d'yvuire, et les ailles 
d'orfaverie, et tient un rouleau d'esuiail assis sur une ter- 
rasse de veluel, et de chascun costé du dieu d'amours a, 
l'un un bergier et l'autre nue bergiere, vestus de drap de 
soye, les testes et les mains d'yvuire, et sur lad. terrasse 
nKJutons d'yvuyre q((i paissent, et delèz la bergiere un 
chien d'yvuire, et la terrasse (^stincelée au mieux que on 
peut, après le vif, et garnie du surplus. (Cpte du conné- 
tuhle d'Eu, f" 3 v».) 

1341. — Pour Mgr. le connestable, une selle de palle- 
froy, de la taille d'Alemaigne, les arçous ouvrez tout à bout 
d'os, bien et netement, garnis de fueillelles faites au vif. 
Les ar(:onnieres devant et derrière d'or de Ohippre tissu, 
et sur le champ, bcsles d'yvoire de rende taille garniz de 
fueilletez d'or, férnz en tas, et d'oysiaus de brodeure. {Id., 
f" 4 V.) 

1385. — A Jehan de Troics, sellier, pour 2 selles pour 
le confesseur du roy et pour son compagnon. Les arçons 
devant et derrières honcés de cuir noir, ouvrez de fierons 
enlevez de pourtraictiire, et le champ féru d'un greuet. 

Au même. — Pour nue selle de palefroy (pour le roi), 
les arçons devant et derrières de perles et de tniaux, ar- 
moiée des armes du connestable de France, Les hors devant 
et derrières et les armes de fin cuivre de hanlte taille et 
de esmail, componnez etaruioiez desd. arnie»et tout dorer 
(le fin or. 

Pour une selle pour le corps du roy, les arçons en la 
(naiiierc d'une selle à jouster, close fermant à charnière, 
couverte de cordouan vermeil, ouvrée de pourtraiturc, 
cousue d'or et les arçons devant et derrière cloez de doux, 
de lal(ui et de feulletes volans. (Cpte de l'écurie du roi, 1^(10). 



u 



aucon 



1402. — liie si'Uc lie lia(|ucMii?r, coiivcile de (lra|i »erl 
il'EiiijIeloiTe il ohovauclier île r.islù, l'arçon ilr lail. selle 
couvert ilevaiil <le lor noir el l aille à liosleaiix d'oz blaiiir 
rii-hemeiit.. . laiinelle selle fu donnée {par le loi) à inad. 
de Oamaclics. ^Cpte. île l'écurie ilu roi, T 75.) 

1403. — {traduclion.} Arl. i. Que l'arçon île la selle qui 
se mettra en ouvrage neuf .«oit bien sec el soit bien fermé 
dan< les joinlure*, lesquelles seront bien emoUées de 
bonne colle entre les 2 joints et réunies avec bonnes 
riavetles de fer, et réuni qu'il soit et seebé, alors qu'il 
soit bien retouché du mieux que l'on pourra. 

.\rl. 3. Qu'il soit bien nervé dessus et dessous ainsi 
qu'il apriarlient, el dessous qu'il soit eonverl su? les ner- 
vures aliu que la sueur des clievanx lie détrempe pas les 
nervures et cela fait, avant que de se mettre en œuvre 
qu'il soit visité par les balles... 

Art. .1. (Jue tel arçon soit ttarni par dessus ou de cuir 
de vacbe ou de eonlouan on de mouton bien préparé et 
dessous qu'il soit doublé de toile vieille, caria neuve ne 
prendrait pas la colle ainsi qu'il fait besoin, et après, 
doublé de peau de nioutou snt'tisaininent... 

... Art. 1. Que l'arcon soit ^jariii de besans de fer cl 
soit dans iliaque liesan nu bon rloii de fer (Slat. des sel- 
liers lie l.iinofies.) 




I is:î. 



Ilihhiilh. Ilichel. ms. fr , n" l-J. f l'.l9. 



1455. — A Jclian [.essayeur, orfèvre de Mds... avoir 
baillé el livré le cuivre de la garniture de l'arçon de la 
selle iieufve de mad. la ilucliessc, el icellui taillé et es- 
maillé à la ilevise de lad. dame — I H) s. t. (1"' Cpte 
(l'hùlel du duc d'Orléuiis, pur A. Uumijen. f" f.) 



.Vllaclié à l'aiili' île lirn- 



ARCONNÉ KN DROGUE. 
elielti'S pnnr rnlir. 

1393. - l'inmez (le cygne) comme 'un poucin on une 
oé, escliaudez ou reffait; einbrocliiez, areonnez en quatre 
lieux, et rôtissiez a tout les pies el le bec tout entier cl 
la teste s.ins iilumer. (Le ménnijier, t. Il, p. 183.) 

ARCOT, .\U('.of. Voy. akciiai,. 

1635. — Lctun, cuivre faitis, cuivre blanc, enivre 
jaune, oriclialcum. — Le cuivre rouge mélangé avec la 
calamine devient jaiiiic, se cbange en arcou. (Monet.) 

1723. — .\rcot. Nom que les fondeurs donnent à une 
sorte de inétail qui n'est antre chose qu'une espèce de 
poliii. (Savary. i 

ARDOISE. — Si dans le voisiniiije îles earrières 
rrariloise evUe |iii"rri' a pu èiro fm|iloyéo à uni! ('|io- 
(|iio fnri aiieieiiiir, la iiiaiiièi'e dont on la iloliilail au 
Mil'' siècle Ile jum'iiioI pas île supposer iiu'ou la pré- 
férât à irautros seliislos il'uii lrans])()rt moins coû- 
teux. Les couvri'l lires île ce temps sont en ell'el 1res 
massives cl leur poids iliiiiinue ilireetemeMl eu raison 
(le leur àpfc eomnie leur résislaiiee. (jueliinis rensei- 
gnements font connaître îles lieux ilorigiiie, il'aulres 
fonslalent l'emploi de l'anloiso comme lablctle à 
écrire. 

1379. — N" i'IJI. II. i ardoises cncliassécs en 2 aiz 
d'argent; pes. a tout les ardoises im. I o. 5 est. {Vendues 
parCh. Vl, en 1117.| 

N'199fi. Une ardoyse en un estuy de cuivre. (Inrenl. 
de Charles V.j 

1409. — r.olin Lcroussel de fourlaville, carrieur de 
pierre anloize... confesse avoir receii la somme de 10 1. t. 
pour 10 milliers de pierre ardoise livrez au chastel de 
Chierebonrg. (Cptes rec. p.Monteil, ms. Arch. KK., rég. 
1339. pièce 16.) 



1 1530. - lliig estuy de cuyr boully on il y lî ardoises. 
ilnv. iluvhùt. deNancii^i" 37 v. ) 

1539. - Ahiicus - tablette pour compter comine un 
fait sur les ardoises. {Dicl. de Rob. K>lieuiie.) 

1553. — t'.liaslcauroux (baillaged'Kiubrnn) — de là vien- 
iicnl les ardoises. (La guide des cliem. de France, p. 174. 

1575. — Au dedans des carrières nù l'on lire l'ardoise 
au pays des Ardennes, il se trouve dedans l'eau, parmy les 
ardoises une grande quantité de marcassites qu.irrées iiatu- 
j relleiiient. (l'allissy. Des pierres, p. 28i, édit. A. Cap.) 

1616. — .l'ctois ces jours chez un orfèvre, au bout du 
pont neuf... l'orfèvi'e prit son ardoise et l'autre se mil à 
dicter ce qu'il voulnit... je bus. ilil.il, iiits armoiries. 
(.lir»(. du tiiiron de Fœnesle, p. i."):!.) 

AREIGNE. — (Irillafje eiunposé ilr lilii;;lrllrs île 
fer se réunissant à augle ilroil el iiiiiiili' sur eliàssis, 
pour proléfjer îles verrières. 

1386. — l'our lesjornées de i eiiduiseurs, pour enduire 
la sale duil. cluistel (de Poitiers) pour cause de ce que le 
premier enduit avoit esté dcspecié par les chalVau.'i qui 
birent faiz pour drécierics araignesde fer qui sont devant 
les fenestres croisées de lad. sale par devers les jardins 
— liU s. (Cptes des Itiitim. du duc de Berri/, (° il! v".) 

ARÉSE. 3 73. — Sapin, autrement dit ahies, pielle el 
arésc, sont ayiisi comme tout un arbre... arése esl bon, 
par espécial pour faire seaiilx à porter eaiie. (I'. de Crescens 
1.5, i-.-H.) 

AREST. Lauest. — Entre les années I2!l.">ei Killl 
quatre ilocumenis île source.s diver.ses nienlion- 
nent les panni de arest ou de larest. N'ayant pu 
ajoiiler que deux textes aux reelierelies publiées en 
\X'>'2 par Kraneisque .Michel, je me raiij,'!" aux iiinlils 
qui lui font eoiisiilérer ces riches draps de suie, d'ou- 
Iremer, eomme provenant d'une |ielile ville de Syrie 
voisine d'.Vutioehe, appelée Arrlli par les hislurieiis 
des croisades, el aujoiinriiiii llavem. 

.Malijré l'analogie des sujets et de la disposition du 
tissu avec quelques spécimens de provenance orien- 
tale que je pourrais reprudiiire ici, je n'ose le faire 
dans la crainte de compromettre l'étude des délicales 
et obscures qneslioiis d'origine ; il sulTira de remar- 
quer que, en l'2!Wi, le drap d'or de Venise était frappé 
à son enirée en Kraiiee d'iiu droil Iriple de celui 
d'Vresl. 

1295 e| suiv. — l'jlcilre pcmlulcs, débiles, qiiaruin 
iina de pauno de arest, parvi valoris. 

l'auni lie Arest. : — l'magiii pamii penduli consuti, iu 
qiiiirimi quolibet continciitur li panni de Arest parvi 
valoris... It. unus paiinus cujus campus est aurcus, et 
cum avibus rubeis super ramiinculos arborum, et pa- 
vonibus contextis iuter aves, datus pro aiiim.i iloniini 
Iliigonis de Vieniia aniio Dni 12116. — It. uniis paii- 
iiiis cujus campus est rubeus, cum leonibus et .icjuilibiis 
bica]>ilibus de aurifiln contextis in pliilctris rubeis, datus 
pro anima ilomiiii \V. de Valciicia mililis anno Dni su- 
pradicto. — 11. 2 panni quorum campus riibeus cum bis- 
toria passionis Uoniini, el sépulture ejusdein. de ilono 
diiiniiii Edwanli régis aiiiio lliii 1297. It. unus p.innus 
ciiju^ camjius purpureus cum 1 1 listis in loiigitudinc p.iiiiii 
ailmodiiui lri|ihorie contextis, cum mullis parvis leniiibii'; 
inlerpositis. — lleui unum frontale de Arest. (Iiw. de 
S. Paul de Londres, p. 320 et :î29.) 

I 296. — It . le drap d'or de Venise 6 deii, — II. I,e drap 
de l'arrest 2. deii. (Tarif de Paris, pulil. par D. D'Anq, 
Hev. arrhéol.. 1H52, p. 224.) 

1297. — Alios 7 pannes de Larest. — It. alios pannos 
de Larest, qui piuiunliir circa altare beati Renati et scmper 
ibi renianciil. (lurent, de la latli. d'.Angers, p. 518.) 

1316. — 12 naques et 3 draps de l.aret... sans pris, 
pour vendre. (Inv. de Louis X, p. ICI.) 

ARESTEUL. — La pointe ferrée au |iied de la 
1 r, ri par extension la poignée servant d'arn'd. 



MiliRNTIRIl 



r 180. Li fer il'amont commenre à rctnrnfr 
Kt l'arostuel enCDiitreinonl levor. 

(Garin le Lolier, t. I, p. 256.) 

I 180 Sft lance torna derrière 

Le fer et l'arestuel devant. 

{Erec et Enide.) 
Les arestuels des lances font en l'ais^ue ficher 
Porataindre le fons, mais ni pneent loucher. 
(GuitecUii (le Sussnigne.) 

.\rislol. La punta inferior de la U.insa (Dicc. cat. 

east. lat.) 

ABÊTE DE POISSON. —Ce terme ;ipi)liiiué à la 
lin'i' en nKtri(ueterie irune potonee ilésij;ne une suite 
(le pelits l'hevrons superposés. Lors(iu'il s'agit d'une 
élolle e'est le même dessin rendu jiar le façonné ou 
arnuire ilu fond du tissu auquel le lustre de la soie 
donne 4uel(|ue l'essenihlanee avec les ondes du nu)iré. 

1295. Repositorium de serico ad spinam piscis — 
i dorsalia quorum unus de bakiechino viridi et rubeo ad 
undas velut ad spinam piscis, ad diversan imai;incs, figuras 
et animalia — unum dorsale de panno rubeo, de opcrc 
Ciprensi, ad spinam piscis ad auruni — unam potentiani 
de ebore etebano, laboralamdc opère niuudo, cuni haculo 
ad spinam piscis, euarnitani de arj^entu in juucturis. (/ne. 
Sed. AposIoL, t" §5 v", 80 r, 91 et 149.) 

ARGANT. VRG.MS. — Houce, voy. iieuo.vlt. 

1309. —Je leur fis tailler (aux chevaliers) cotes argaus 
devert. (Joinville, p. Ul.edi/. Fr. Michel.) 

1408. — Le suppliant eut à sa part d'un desd. gros 
avecques l'argant ou housse que le deffunct avoit vestue. 
(Arch.JJ. re<j. 16-2, pièce 216.) 

ARGENT. — Distingué suivant les divers titres et 
les divers poinçons do villes que portaient les pièces 
manufacturées. 

ARGENT D'AYicNON. (voy. AVIGNON) — Dans l'inven- 
laire de Louis H d',\ujou il est uommé quinze fois, 
mais l'argent fin de cette ville n'y parait qu'une seule. 

1360. — N'iil. 2 pos d'argent dorez touz plains, do la 
façon d'Avignon, l'un plus grant que l'autre, et ont sur les 
rouvècles le saing d'Avignon en un petit escusson. Et 
poise l'un 5 m. 2 o. et l'antre 4 m. 2 o. 12 dcn. 

N° .'>47. 10 hennaps del'argent et île la façon d'Avignon, 
dorez dedenz, touz plains, sans esmail et sanzsizelure. Et 
poisent en tout 13 m. 4 o. 

N" (Î02. L"n très grant bacin d'argent blanc, tout plain 
sanz nul ouvrage, et est de l'argent fin d'Avignon, et poise 
44 m. 5 et demie. (Inv. de Louis d'Anjou.) 

ARGENT DE cnriiT. — La citation suivante est e.\- 
traile d'un chapitre eonlenant sept articles d'argen- 
terie payés par le trésorier de Provence de l'.ené 
d'Anjou. Si.\ sont qualifiés d'argent (in, c'est-à-dire 
au plus haut titre que comporte la fabrication des 
pièces, c'est l'argent de Paris. Le septième, dit ar- 
gent (le Court, s'évalue à 12 pour 100 de moins que 
ies autres, à cause de la différence du poinçon ou du 
titre, et ji' pense, sans l'affirmer toutefois, qu'il s'agit 
de l'argent d'Avignon si fréquiMument mentionné 
dans les inventaires. 

1^49. _ \i tasses d'argent de court, pes. au marc de 
Paris 93 m. 7 o. 12 den. qui vallent a, ftorius 10, gros 
:; par marc — 963 flor. — pour la façon et la doreure desd. 
lasses 86 llor. 

It. un bras d'argent fui, pesant au marc de Paris 11 m. 
3 o. 12 d. qui valent à 10 llor. 10 gros le marc 123 II. 
1 1 gros. {Cptes et mém. du roi René, art. 5G0.) 

AUr.EXT DE LIMOGES. — Probablement du Chalard 
où se trouvent encore des veines de plomb argcnti- 
fèi-e et des traces d'anciennes fouilles. 

1296.— Le marc d'argent 2 den. —le marg d'argent de 
Limoges 8 d. {Tarif pour Parix. — D. D'arcq.) 



ARGENT DE I.VON. — V. 1460.- Les minières d'argent 
simt environ Lvon sur le liauue où il y a ouvriers qui ne 
cessant à besoigner. délivre des passetems. Bihl . Richel . . 
VIS. 5838.) 

ARGENT MiER. — Comme on disait ormier — métal 
affiné, non allié, argentummcnim. 

I 180. .... Vest l'aubcrc doublier 

Dont li malle estsiéiée. plus hlaiice d'argent mier. 
(Rom. d'Ale-eandre p. 134, v. 32.) 
ARGENT DE PARIS. 1360. — N° 703. Une douzaine d'es- 
cuelles delà façon et de l'argent de Paris pes. 18 m. 6 o. 
12 d. {Inv. de Louis d'Anjou.) 

ARGENT PEL. — Paillon d'argent. 

1296. — It. que dessous les testes de chascuu clou ait 
(aux gantelets de plate) un rivet d'argent pel on d'nr pel. 
[Ordonii. des met. de Paris 371.) 

V. 1300. — J'ai chances de Bruges failices. 

Argent pel pour mètre en esdices 

(Le ditdu mercier. — Edit. Grapelet, 149.) 

ARGENT VERRE. —Cette locution, fré(|uenle au moyen 
âge et qui n'a )ioiut retrouvé d'équivalent dans la 
langue moderne, s'appliciuc à l'orfèvrerie partie 
blanche et partie dorée. Voy. Verhk. 

ARGENT VIF. — V. 1340. Aigento vivo puoi ragionare, 
che a uno barchile d'arieuto vivo, che pi'sa da ruololi 22 e 
mczzo di Oipri lordo, e di tara puote avère in somma da 
ruotoli 2 e occhie 5 di Cipri cioe : per gli 2 cuoj in che 
l'argento vivo e legato, da occhie 2 per cuoj monta 
occiiie 4. 

E per lo vaxello délia terra che s'appella liarchile in che 
egli e messo dentro legato l'argento né" dctli due cuoj da 
ruotoli 1. e occhie 7. — E per le stranibe di giunchi con 
che il dette vaxello e inaghalo fasciato, d'intorno da occlii 
6. (Pegolotti, Prat. délia mer'cat., P. 316.) 

Argemerie (façon d' — 1327. — Pour la façon de 6 
escuelles d'argeut pes. 12 m. 1 est. maille 30 s. — p*ir 
la façon d'un pot à aumosne pes. 9 m. 15 est. 60 s. — 
pour la façon de 3 pintes pes. 11 m. 4 o. et demie 7 s. 
pour marc 4 1. 6 d. 

It. un hanap a trepiet et un pot à yaue tout esmailliés 
pes. tout 9 m. 4 o. 71 1. 5d. — un hanan à couvescle doré 
ensiselé et un hanap à pié doré pes. l m. i n. fi est. à 
106 s. 8 d. le marc, 22 1. 13 s. 6 d. (Arch. KK. rég. 
1339.1 

Argenterie (nettoijage d' — I700. — Le devoir d'une 
servante de cuisine est de ... bien laver et nettoyer la 
vaisseUe d'argent avec de l'eau de son et de l'écurer, quand 
il en est besoin, avec de la cendre de foin, car la cendre 
de foin suffit pour l'éclaircir quand on s'en scait servir 
(Audigcr, Lu maison réglée, ch. 18, p. 81.) 

ARGENTIER. — Officier chargé des comptes de 
meubles, d'habillements et autres dépenses de l'hô- 
tel, c'est-à-dire de la personne du roi, de sa famille 
et de sa maison. Ses attributions, déjà fixées par les 
ordonnances de 1285 et 1296, deviennent entre les 
mains de Geolfroi de Fleuri en 1317 etdans celles de 
ses successeurs une charge régulièrement constituée 
avec contrôle des trésoriers autorisant les achats. 
Dés 1113 les dépenses des argentiers sont faites sur 
rôles signés de la main du roi et ils prêtent sernicMit 
devant la chambre des comptes. Au xv siècle cl plus 
lard ils |)rennent successivement les titres de con- 
seillers et de trésoriers généraux. Leur oflici' s'est 
maintenu au dernier siècle jus(|u'à la chute de la 
monarchie. 

1285. —Contiens achètera tous les dras et les pannes 
pour 11! roy et pour madame , et gardera les clés des 
aumaires oii li drap seront; et saura combien il haudra 
de drap au tailleur pour le roy et pour madame, et pren- 
dra le rémanant des dras; et sera au compte quant li 
tailleur compteront delà façon des robes. 

Li lailleires le loy apèlera avec lui, toutes fois que li 



5f> 



\i;(;r.\ïii:i; 



laillcra IfS robes le roy, llobcit «le l'aris, (|uaiit il y pmia 
esirr; cl peiira cil lioiicrl, liiuipr di; lOiislurii-r. lArc'i. J, 
n-g. 57, (^ 7 v».( 

1323. — C'est l'ordonnance île rargenlerie. — l'ic- 
lULéreiiieiit : l'icirodr Toiissac sera cliaii;ic de l'AiHPiiUîrie, 
sans que nui aulre i|u<' lui s'on onlii'ineclc, sauf ci' qu'il 
ne |inurra f.iirp riens, ne acliacler, que les trésoriers ne 
voient et saiilient ; et vcues les hesnnjçnes, et sieu le pris 
que elles cousleroul, par lesd. trésoriers, ilz délivreront et 
paiercuit ce qui sera acliaclc par led. l'icrre, et non autre- 
ment 

It. Il ne praiulra nul proflU en chose qu'il ail acliatlé 
ou aehatteù cansi' de son office, conie cpie il se soit aniunes 
Toisvanté d'avoir certains profliz pour chascunelivri\ Kt île 
tmiles ces choses a fiit scremiMit led. Pierre, etc.. {IlihI. 
Itich.ms. 8100, r \i'>.) 

I S78. — Au Ihésanrier des menus plaisirs de vos ma- 
jeslez la somme de 70 millions île liv. tourn., y compris 
liiutes l'ois ce qui rejtardc à l'argenterie de vosd. majesté/, 
el pour parties, tant pour les roynes et duchesses vos 
soem-s, que autres dames qu'il vous a pieu honorer de lad. 
argenterie, soit en draps d'or, d'ari;cnt, soyes, ba^'ues el 
joyaux, le tout durant le lenqis du présent estai. (Frou- 
inenleau, Le secret des fin. île France, p. i3.i 

AUGENTIER. ohfkviie. — 1393. 

En un ancl d'or tout inassis 
Fut mon sit:net mis el assis 
Et l'ent.iilla moult volentiers 
l'ns t'vs bons mcslres argentiers. 

(Froissarl, Poésies, nis., p. IGli.) 

ARGENTURE Di kk.ii. — Voy. 1" kr. 

ARGOULETS. — Troii|pc' ili- cavalci-ie lé.!,'<'ri' rrni- 
plissaiil [iiiiir la ^.'l'iiiiarmei'ir rolfict' iréelaii'i'iirs cl 
qui |irciiil |ilac(' dans riiisli)iri' iiiililaiic eiilrc les 
rèfiiies lie Charles VII cl de Henri II. Son ai'nii'iiiciil 
|)n'S(|iie scnililaliii' à celui des Kslcailinls el ses 
fonctions sonl cxiiliiiiic's elaireineiit par les aiilciiis 
aoeiciis dont il siiITum île ra|i|iiirler ici le léiinii|iiiaf;e. 

1548. — El pour la cavallerye, je la distin^îueray en 
deu;t parties, l'une de la ^-enilarmerye el l'autre des clie- 
vau-legcrs et harquebuziers à cheval nommez argoleti el 
par les Espagnols, carabins. (.Wém. pour l'artill. liM. 
Jlich. wis. 7ii;i, r :,i.) 

xvr s. — En ce temps là, à cliasque cnmpaignie de gen- 
darmes il y avoit ."lO harquebuziers à cheval qui servoient 
à faire les découvertes el escarmouches çà et là, et les 
appeloit-on aritoulcts. (Carloix, Méni., Vil, 17.) 

1602. — l.es ar(,'oulels ctoienl armez de même que les 
Eslradiots excepté la teste, où ils nielloient un caliassel 
qui ne le4 empeelioit poiil de coucher en joue. Leurs 
armes ollensives etoient l'epée au côté, la masse à l'arçon 
(j'auche el à droit une arquebuse de deux pieds et demi de 
loiiR ilans un fourreau de cuir bouilli. Par dessus leurs 
armes une soiibreveste comme celle des Estradiots, et 
comme eux une longue banderolle pour ;o rallier. (Moiil- 
gommcry Courhouson, /,« milice franc, p. 133.) 

ARIGOT. — Varii'lé des insli-iimenls à sifUct jiaiiiii 
lesiiiicis se range le flaf;eiilel Ii ine. Voy. H.\mr.iiT. 

1588 — Aulcnngs iiscnl en lieu «le fifre, dnil, flajol ol 
flullol nommé arigot, le quel, selon sa petitesse, a plus 
ou moings de Irouz, les mieulx faitz ont -i tiouz linvanl 
et 2 derrière, et leur son est fort éclaltiinl, et pourroil-on 
les appeler petites libies parce que premièrement on les 
faisoil de libies et jambes de grues. (Thoinot .\rbeau, 
Orchéosogr.,(^ 17 \".) 



ARMES ET ARMURES. 



1X° SIÈCLE. 



Ii'aprei les iii)iuiiieiils iconographiques fournis 
par l'évangile do Lothaire, la bible île Charles 
le Chauve et celle de Saint-Paul hors les murs, 
la partie défensive du coslunic militaire au ix° siècle 
se compose d'une cuirasse à la romaine ou d'une 
colle de fer Ireillissée avec épauliéres, avant-bras 
ol faudières métalliques à iniadrilles, lambre- 
quins ou écailles superposées. Le piaslruii esl quel- 



quelois suriiiiiiilé d'un eapuelion, d'un focal ou 
;;orgiére de iiièiiie élulle eeniée (riilie liorilure rigide 
redenlée pour pniléger les joues. La léle esl année 
lanlùl il'nii casque à einiier d'où pai'Ieiil (pialre ner- 
viiies s'aliaissaiil carrément sur le IhmiI inférieur, 
lanli'il d'une sorte de bacinel avec jugulaires un 

iireillipiis.ci iiecenx des bourguignoles. In bouclier 

de cuir, eii-enlaire, viinlé, à ferrures el iierviires 

ravoiinanles, esl iiiiiiii an eeiilre d'un iimho d'i 

flirte saillie el eiuuplèle ce eiisliiiiie qui rappelle 
celui des gardes préliiriennes. 




IX" s. — Ilible lie S. Pivil lior.i les mm v, m Home. 

I lie hache à mai'leau, une laiiee de deux nièlres 
enviiiMi et une épée à large lame doiil la longueur 
moyenne n'excède guère 80 eeutimèlres, formeni le 
eonliiigenl des armes ofl'eiisives qui varienl peu peii- 
ilaiit le einirs du siècle suivaiil. 

l'eiidaiil loule la période eai'Iovingieiiiie, la liiiii- 
que el rariiuire du buste resleiil eoiirles. Les jambes, 
couvertes de chausses collanles, ne sonl proli''gi''es 
que par le eroisemenl des lanières de cuir ou d'élolfe 
qu'on leur superpose. Les |iieils sonl chaussés de 
liroilei|iiins variant de bailleur el iloiil la forme rap- 
pelle celle des ehaiissiires palrii'ieiiues. 




W s. 



Ibiil. 



Celle description, admet l'armure de fer dans une 
proportion beaucoup moindre ((ne celle attribuée à 
Cliarlemagne el à son armée par le moine de Sainl- 
(ialj.à qui il faut d'ailleurs refuser, comme plus lard 
à Robert Wace, la valeur d'un .témoignage conlempo- 
raiii; elle nous parait néamiioiiis convenir à des chefs 



ARMES KT AP.MUI'.ES 



57 



ou ;"i lies troupes (réiilo plulôl (|ii';"i la niasse des 
piélons et des cavaliers (pii coriilialtiiient tète nue. 

885. — Alors parut Cliarles lui-même, cet homme, de 
fer, la teste couverte d'un casque de fer, les mains garnies 
de gantelets de fer. sa poitrine de fer et ses épaules de 
marbre defemlues par une cuirasse de fer, la main gaurlie 
armée d'une lance de fer qu'il soutenait élevée en l'air, 
car sa main droite il la tenait toujours étendue sur son 
invicible ep('e. L'extérieur des cuisses que les auires, pour 
avoir plus <le faculté à monter à cheval, dé^'arnissaient 
même de courroies, il l'avait entouré de lames de fer. Que 
dirni-je de ses bottines? Toute l'armée était ac<'0utuiui''e à 
h'S porter constamment de fer. Sur son bouclier ou ne 
voyait que du fer, son cheval avait la couleur et la fcuxe 
du fer. Toux ceux qui précédaient le monarque, to\is ceux 
qui marchaient à ses côtés, tous ceux qui le suivaient, 
tout le gros même de l'armée avaient des armures sem- 
blables. (Ac Moine île S. Gall, 1. 2, p. i")7. edit. Guiaot. i 

X° SIÈCLE. 

De la fin du i\' siècle au comnieneenieut du \i'', 
l'armure et les armes conservent le caractère de leur 
oriifine romaine, la tunique courte, les hautes 
chausses collantes et lacées continuent à donner à 
l'honinie de guerre l'aspect parliculier à la période 
carluvingienne. .V celte époque de transition (pii 
couiluit à la féodalité, on peut signaler, malgré la 
rnrelé des nionuinenls, h's niiMlificïilions suivantes : 



granile rondache jusqu'à l'avènement de Philippe- 
.\uguste. — L'épée reste forte et large, mais sa pointe 
est plus accusée. La lance allongée atteint environ 




X" s. Enillct (le In Itthlmlli. ilit Valirnii 





\' s. 



E.niHel île la bibliuih. ilo lu Minerre. Iliiine. 



Le casque à hase carrée, disparaît; une coifTure à 
tymhre sphérique renforcé di^ handes et d'une cein- 
ture de fer le rem[)lace, peu à peu elle s'allonge en 
cône, prend acciilentelienient la forme hasse d'un 
diadènu' dans les miniatures du manuscrit de Pru- 
dence, plus élevée dans l'Exullet de la hil)liolhè(|Uc 
lie la .Minerve, et aboutit, peu après l'an KXIO, au 
heaunw coniiiue à oreillons. — I.a casaipie treil- 
lissée à mailles ou à écailles couvre toujours h; torse, 
le haut des hras et des cuisses; mais la partie (|ui 
dépass<- l'eufonrchure est refendue pour l'usage de 
la cavalerie, et dès les premières années du x'^ siècle 
on rencontre la cotte de mailles à longues manches et 
à pans coupés. Le bouclier rond à iivilio continue à 
être porté, mais son diamètre est moins grand. Dans 
la seconde moitié de ce siècle apparaît le grand écu 
pointu à sonuTiet arrondi, (pii doit remplacer la 



trois mètres, son fer ampiilié et parfois accosté de 
deux ailerons présente la forme de l'épieu de guerres 
de l'époque féodale, l.e ]u'lit arc est employé concur- 
remment avec l'arbalète dont l'usage doit iiioujeula- 
némenl disparaître au siècle suivant. 

XI' SIÈCLE. 

Les quatre vingts années qui séparent l'avènemenl 
de Hugues Ijapet de la bataille d'Hastings (!IS7 à 
1006) sont pour l'histoire de l'équipement militaire 
une période assez obscure. C'est pour combler en 
partie celle lacune que sont données ici deux figures 
qui reproïkiisent le premier type du costume de la 
chevalerie aux débuts du xf siècle. C'est la transition 
entre l'armure carlovingienne et celle que présente 
en lUfill le sceau de (juillaume le Conquérant et, peu 
après sans doute, la tapisserie de Baveux. 

lOtiO à IIOll. — L'arnumient de cette périoile se 
distingue pas l'adoption de la broigne, du gaui- 
bais ou cott(! gamhoisée, du haubert di' mailles, 
du casque conique à nasal et du grand houcliei'à 
pointe. Chacune des partiesde ce costume étani l'ob- 
jet d'une étude spéciale, nous renvoyons à ses noms 
respectifs; il suffira d'eu imliquer ici les traits prin- 
cipaux. 

A l'exccplion du casipie qui est bas, sans nasal et 
lcruiin('' en pointe lleuronnée, le sceau de liuiliaunu! 
le Con((uéranl se rapporti' aux types do ce nouvel 
équipement : li^ roi d'Angleterre y est représente 
armé du hauberl ou chemise de mailles serrée à la 
taille et au buste, avec manches à mi-bras et dont la 
jupe atteint presque le genou. Les jambes sont 
munies de chausses étroites dont l'étal actuel de 
l'emiireintene permet pointile déterminerla matière, 
mais (|ui devait être la maille ou une étoffe Ireil- 
lisséo, si l'on s'en rapporte à la tapisserie île Baveux. 

Ce monument de la conquête de l'Angleterre four- 
nit les indications les plus précieuses sur les armes 
et les détails du costume militaire à la lin du xt" siècle 



ns 



AUMRS KT AinirUKS 



Los coinpiifriiniis ilu vainijiioiir iriI.TsIinps y porli'iil l'uii [iciil rrfranlrr l'iuiniic !c iirrliidi' cli'<; sin-nrs lu'-- 

(les luiiiiiues Icriiiiiii'os |)ar îles lnaics (|iii sriiibiciil ial(lii|iics. 

l'airi- corps avec ollcs ol (It'fi'iiilciit le corps, le liaiil 

(les liras cl lies cuisses sons un lissu ilc Cdrlc liiilc ou 

lie cuir ariiié d'iiii réseau île Miiiilli's eousui's oii iTun 

Ireillis. 

I,n fisure ili' liuillaunie iiiniilre iiièoie louli' la 




V. 1070. — Tiiiiisserif dt lldijeu.T. 



loiii,Mieur 
(le cette i 
lies bras 
liallu eu 
easi|Ue.T 
le liaiihei 
lissu. 



les jambe 
'spèce ; un 
Ml facilite 
irrière pi 
elle est la 
I plus léffc 



s euveloppées ilaiis dos cliaussos 
e ouverture carrée à la baulour 
le passajîo, et un capui'bou ra- 
•riiiet de couvrir la lèle sous- le 
broifjue ipii roniplaiera plus lard 
r el doiil la uiaillo ruriiie l'iuiii|iii' 




'/'ii/iiwc/ic ilr lliiijni.i . 

Le casque coiiii|ue, laiitél ilc inélal, (aulôt de cuir 
renforcé d'une coiuluie et |do bandes niéialliqiios, 
osl toujours muni d'un nasal. 

L'épée continue à s'allonger; elle niosuro jusiiu'à 
l"',20<=, ol sa lame est relailléeet aiguë. La longueur 
do la liaclie d'armes à un seul tranchant osl d'envi- 
ron l"i, r)!!'-, ol celle di' la lance do 2"', âfK. Le grand 
bouclier élroil terminé ou pointe par le bas se 
couvre d'oriiemeuls el de figures d'animaux que 




Tapisserie ili' llaijea.r. 

Il l'iiul eiiliii iKiler \.\ iiias^iie cl la masse d'arme: 
portées pal' (iuillaume ol un eavaliiT di' sa suilo. 



XII" SIÈCLE. 

Les modificalions qu'appniio le Mr siètle à l'équi- 
pement militaire consislonl ilans la subsliluliou plus 
fréquente du baubert àlcuiguos iiiaucbes à la bi'oiyne 



II^'IIKLIIM tl(l IKlIlIlllIilliMl^lK 7« lllilll«ll< .'^ Il III Wllfl^lll 

portée avec ou saiiscoinlure, ol dans l'ailoplioii des 
chausses do mailles posées sur les jambes et lacées 
derrière, ol aussi dans rallongement du bouclier 
diml la liliiili' e\lr('iiie allrinl I "> (il). 




l'tii lin Ml s. liihliiilh. lîirhel. mv. I,it. /|0 XSIG, f» 2 v°. 

On conlinue à porter on l'i-anco le casque à nasal 
à lyndjre plus ou moins aigu jusqu'au régne de l'Iii- 
lippo-.Vugusto (IISO); ni'anmoins poiiilaul les Ironie 
dei'iiioros années ilu siècle, il commence à se trans- 
former en cylindre, parliiuliéromonl élovi' on .\lsai-e. 




Xll' s. — ll'mi niiKléhiltre ili' S. Paul hnrs les murs, liniiie. 

et son lymbro arromli va s'aplalissaiil jusqu'à four- 
nir le type que complète dès ll!Ki l'addilion de la 



AlîMES ET ARMURES 



vi'iilaillo ou visagicre et qui oouslitue l'cspôec ilo 
lieauun' ft'rmi: parliculiùi'c au siècle suivaul. 

Durant cette période l'épée demeure large cl 
forte, les fers de lance perdent leurs appendices 
saillants. Le clavain sert de camail pour protéger le 
cou et les épaules, et parmi les armes nouvelles ou 
lemises en usage les auteurs dv ce temps citent la 
liarhe danoise bipi'niiis et la guisarmc. 

I 165. — Le roi Artui: 

Ses cauces de fer a calcies 
Belcs et bien ;iparillies; 
Hauliejl .lit l't Im'I vcstu 
Tel qui à tel roi disne fu. 
Calabi'im ot raiiite l'espée 
Qui bien fu loiii^'ue et bien fu léo; 
Km l'ile d'.lvalon l'ii l'iiite; 
Oui la tint nui' iiiult s'en liaite. 
Helm avoit en sou chef luisant, 
Et fu d'or li nasaus devant. 
Et d'nr li chereles environ. 
En som ot portrait un dragon. 
En i'eluie ot luaiiite piere clere. 
. . . Son esi'u a mis à son col. 
Ne semble pas coert ne fol. 
De l'escu fu, par grant maistrie. 
De Ma Dame Sainte Marie 
l'orlraite et faite li semblance, 
l'or lionor et por ramembrance. 
Lance avoit roide de saison, 
Acérés fu li fer en son, 
Alqucs est Ions et alques léî. 

{liom. (le Brut, l. Il, v. 9.M0.) 

I 170. Apareillir esculz et armes, 

Esmoldro haches é gisarmcs, 
Espécs et healmes forbir, 
Haberz roUer, espiez brunir, 
Saetes e dars aguiser. 
Flèches doler, liaintes drecier. 

illom. (le Rou, t. 1, v. -iriS.) 

Les solilah de Guillaume le Conquérant. 
La geut à pié fu bien armes, 
Cbescun porta are et espée; 
Sor lor testes orcnt chapels, 
A lor piez liez lor panels ; 
Alquanz unt bunes coiries 
Kil unt a lor ventre liés ; 
Plusors orent vi'stus gambais, 
Couires orent ceinz et archais. 
Chevaliers ont baubers e branz. 
Chances de fer, helmes luisanz, 
Eseuz es cols, as mains lor lances. 

(M., t. Il,v. I2S0."..) 
V. I 190. Funt faire escuz, lances, espées 
liaches danescbes acérées. 
Forbir e faire, e haumes d'acier 
li glaives Irenchanz à lancer, 
(;lavains, broines forsz é massices 
Bêles, reluisanz e Ireslices. 

iCIiron. (les ilucs de Xorm. t. I,p. !).").) 

XIII" SIÈCLE. 

II faut rapporter à l'inlluence des troisième et 
qualrième croisades et à la dernière moitié du long 
règne de l'Iiilippe-Augusto, les changements (|ui per- 
fectionnent rarmurc d'une façon assez noialile pour 
être considérés par les narrateurs de la bataille de 
Kouvines (l"2li) comme une nouveauté. A celte date 
en effel, la défense du corps est rendue complèle. 
Endossé sur le lioi|uetoii, le grand haubert à lon- 
gues manches avei' mitons joint aux chausses de 
maille enveloppe riiomnie tout entier, tandis que le 
heaume fermé à tymbre plat achève de le rendre 
impénétrable au.v <'Oups de lain'C et d'épée. 

Ce costume, qui assuniit par la soupli'sse de son 
tissu l'entière liherlé des membi-es, (lemeure dans 



son inlégrilé pendant tout le règne de saint Louis ; 
mais son insuflisance à garantir des chocs et de 
l'effet des armes contondantes explique les premières 




V. l"2-2fi — Guilliiiime loii(iue-('p('('. D'après Shaw. 

tentatives faites vers 1280, pour l'inlroduclion de 
pièces rigides successivement transformées et aug- 
mentées pendant toute la durée du XIV" siècle. 




XIII" s. — flroine don-. Cuil. de laiil. 

La cervelière, souventcnnfondne avec le pelil haci- 
nel, le chapeau de Monlauban, l'écu plus pilil cl à 



60 



Alt.MKS KT ARMIIIIKS 



soniiiiot rccliligiic, la liiiu'c, l'c'')»''!" |(his l(''(;i>ri', la 
iiiassi", laila};iit>, Icllraii, la pUiiiiér, lu fronde, Tarr, 
l'aihali'lc, II- |>i()iiois, la hache danoise el le fanssard 
c'oniplètenl pour relie époi|ue l'aniienient dont (|uel- 
(|ues parlies, connue le heaume el le hauherl. restent 
exclusivement alleclées à la chevalei'ii'. 

1310. Yen coiiosc la ri>stiinias dels Francès iinb^iiieiers, 
Un'ilh an (;ariiil/. los cursès rniaiiienl a iloblli-rs, 
K (le jos, en las l'ainbas, ni>ii an mas losraiii'i('r<i; 
K si'ls liai/, à las garras... 
iCliruii. ilex Alhig., vi\H. llayniuiard, |). is:!. 
V I33S. Atant II al (ii\ a|iiirli''es 

Armes nmlt liiclcs el moll chicres 

Qui l'ers estolenl cl lc;;iercs 

Les canees maiiilenaiil II laci'iil, 

A fors cnrtiies M atai-lieat; 

Uns es|>niirnns à nr li cliauciic 

L^ns (lamojsiaiis ilesoi' sa candie. 

,S'ot aiiqiietoii el rirlic cl Irois 

Ki tons estiiit licndés d'urrrois 

Puis vesli .1. Iiaiiherr Ircsiis 

Qui fu l'empereur .\lis 

Sons la ruirie vest la culc 

C'iiuslre la mer lisl une escote, 

Rainse kl lu la more Falas. 

.1. Iiiaumc ki avolt ihlers las 

l.i laclioiil ki fu Cliarleniaiune; 

Puis a diaiiit le sien liranc il'Emainui' 

Que niillour ne |Mioit aNoir. 

tituiii. lie la \'iolelle, v. IT'iT.) 
1360. ... C.liascuns tint hue ou pal 

Ou ^isarme ou |iicois d'acliier poilevinal 
Portent max el llaiaus lauilelllesel maint j;al 
... Or sachiés n'i a cel n'ait macime oullael. 
Ou j;isarme arherée, inolue ilo novel 
On ploinée à caaine ijuc on tient à noiel. 
1 1,(1 cimij. de Jéiusalem, v. 1757 et 1820.) 
1380. Sor Folatise fu la sele posi'e 

Et li trains mis, la testiere nouée ; 
Toute ert la crupe de fer acovett'e, 
llion ot armé le pis et l'esciuc'e. 

tKom.dMiscans. v. 2006.) 

1390. — Li turc et li nostre s'entrcferoicnt de mâches, 
de lances, d'espées, de liaces danoises, de faussars, de eou- 
tiaus el d'autres arnuues. (P. Sarrasin, p. 278.) 

I39B. — Que nulhs liom ni l'emna qui sia hahilans en 
Monsegur, ni en la honor, ni> sia tant arditz que pres- 
sa à uulh hum ni femna qui sia estatgans fora de la 
honor de Monségui- ses armaduras; soles assaber : gam- 
baisson ni perpuint ni gomion iciisaiiiie) ni gorgueira ni 
cofapunla fcoi//é piiiiiéc) ni capot do for, ni arxibalestcs ni 
arxs nianihals, ni mdhes autres annailures d'alcuna autra 
maneira, exceptai que cadauiis pusca prostar s'ospaza e son 
collet. (i'(a/. (le Monségur. Aicli. hisl. de la (!ir., t. V, 
p. 10.) 

1398. — I>o et lego... unani inlegram armaliirani de 
armaturis mois, videlicet nnnnn heaume a vissero, nieum 
bassignetum, mcuni ]iourpoinctum de cendallo, meum 
godberlum, nieaui gorgretaui, meas huculas, moum gaudi- 
chetum, meas truniulieres d'acier, meos cuissellos, mens 
chantunes, meuni n)agiuMU outollum, et nu'ani parvam 
enseni. {Test. d'Odon de Itoussilloii, Martene, Anecd , 
t. I, col. 1305.) 

V. 1300. A son chevèz avoit pendues 
Espécs, gnisarmos, inaçues 
Miséricordes et fauchons. 
Et hracheus et bouclers roons, 
Et une large navaroise 
Et une granl mâche turcoise, 
Et si avoit pendu cncor 
Une arhalesle fait de ror 
Et un cuevre plain de quarriaus. 
En travers parmi ses nuistiaus 
I ut une grant haco danoise. 
{Rom. de Cleomades, ms. Arsen. fr., n" 175, f» 12.) 

XIV SIÈCLE. 

Ce siècle tout entier est dans l'histoire du costume 
mililaire une épo(|uc de transilion pendant laquelle 



il clianjre de nalureet tend conlinncdleiuiMil à rc-udre 
la défense plus ellicace par la snl)sliluliou des pièces 
rigiiles au vèlemenl de mailles en lui conservant 
un certain dejtrè de smiplesse indispeusahle. liien des 
làlonnemenls onl préludé' à l'élude de ce diflicile 
prohlènu' dont la solulinn n'est vérilahlemenl ae- 
liuise ipu' MM'S II' Niilien ilii siéch' suivanl. 




1.370 



Gndefiiii il'Ari-iisbeifi. Cnlheil. de Co/oi/iic. 
l/iipies Uefni'r. 



Si lé^'ère (|ue scit la frarantie du hizarre adoti- 
hi'inent de l'ailelte, c'est par elle ijuc commence dès 
liTl la série des ])ièces de renfort. Vingt-cin(| années 
plus tard s'introduit l'usage des genouillères, des 
jamhières et des cuissols de fer et de cuir liouilli 
armés de handes mélalli((in'S. !.(> hauherl ou plnlnl 
le liauhergiHin de maille (|n'(in retrouve ,iusi|U au 
XV" siècle conlinne néannniins à protéger l'xclusive- 
menl les hras insi|ues vei's IIÎ.VI, épo(|ue à laipudle 
des ]iièces isolées, sans articulations o\ sans autre 
liaison entre elles t|ue la maille, viennent couvrir 
plus ou moins c(nnplèlenn'nl les jamhi's d'ahord puis 
les hras. l'endanl ce laps de temps la poilrine et le 
dos sont défendus par la forte cuiric du li(ii|nelon et 
la maille du jaseran ; mais ilès l'aniu'c KJ:!- appa- 
raissent les mammeliéres ou plasli'on rigide el la dos- 
sièrc du corselet d'aciei'. L'ailelle ahandonm'e fait 
place à des spallières rondes moins volumineuses el 
mieux ajustées; néanmoins le caïuail qui s'allache 
au hacinct ou à la harhule reste l'nniiiue défense du 
col et des épauh^s sans addition d'aucunes plates. Et 
dés l'époque de Louis le Hulin les gantelets et les 
solerels de fer (|ui sont avec les estivaux les seules 



MIMES ET AUMUHES 



(11 



pièces articulées, font parlic iiilégranlc do l'arnu'- 
nieiit. 

On porte encore sous le ii<'aunie de plus en plus 
conique la cervelière ou petit bacinel; mais l'addi- 
tion du niézail ou visagière donne, désles premières 
années du siècle, à cette coillure qu'il translornie, 
assez d'importance pour lui permettre de remplacer 
le heaume avec tous les avantages que conjporle sa 
plus grande légèreté. 




13-27. — J. tl'.\ubi;n\iiii. b'upres Stolliard. 



Dans la nomenclature des armes augmentée d'un 
certain nomlu-e deuoms nouveaux, une partie signale 
assurément l'introduction de pièces offensives ou dé- 
fensives inusitées jus<iu'alors. C'est parmi c<-s der- 
nières (pi'il faut citer le pavois des arjjalélriers, la 
grande taloclie, la targe et la targette, le maillet de 
1er, le marteau d'armes à picots, le bec de faucon, le 
planchon, l'épieu de guerre, 1(\ ronconc employé dans 
la marine ilalieniir pour couper les voiles, le jiade- 
laire, le couteau peiiuart on espois, la miséricorde, 
et erdin les gantelets à picots on à iiroclies. 

1309. — buel juiliiiiiiie. Hqiiiiienieiit ilu vicomte de 
Hnliail. — Il aura clieniise de; Cliailresol tiiaj,'U(;s île liiéniil 
fiarnis souriisaininent, et auia pour ses chaimbes (jamiies) 
stivelcz de plaie garnis de telcs et de fer ou d'acier... 
et de huurre de sajc et do cutoii à souflere (suffisants) et 
grèves de fer et d'acier garnis souflisauiment, el espérons... 
et iiuissoiis de fer et d'acier à pouUeus de meysuies, à 
brajjonnieres de maille de hauberl, garnis de lelles, de 
borre de saje et de cendaux ou de saniit et de maille de 
haubert à soulTere, et aura liouc|uetoii de cendiau.\ et de 
telles et de bourre de sayc et de coton; et aura plates, 



au cors, de for et de acier garnies de bras et de pans de 
maille de bauberl et de lell(;s et de cendiaux et de samit 
et de borre de saje et de colou à souffere à goceons 
(goussets) souffisans de madies de haubert. 



%./f,v|^.,^ 




1355. 



BibUolh. nickel, iiis. fr. n» 753, f-" 55 v. 



Et aura bacini à visière de fer et de acier garnis de co- 
lerete de telles et de cendiaux et de borre de saye et de 
coton, et de colerete de fer et d'acier souffesaiite, et le 
camail copé de mailles de haubert souffesante au bacin 
(bacinet). Et sera garnis le bacin de cervelière souffe- 
sante ; et aura gantelès de fer et d'acier, de plates garnis 
de telles et de cendiaux et de samit et de borre de sayc 
et de colon et de cuer (cuir) et de boucles à soulfcre. Et 
aura tunicle de cendal et aura cscu de fuusl et de cuers 
et de vers ('?) garnis souffesamment. 

Et aura cheval ensellé d'une selle souffesante à 2 es- 
triers et sera garnie de borrelez, couverte de maille de 
haubert et de cendal, el cslingoeres (rênes) de cuer et de 
mailles de haubert garnies souffesamment... et aura 
pour la selle et pour le cheval cengle et pooles à souf- 
fere garnies souffesamment... et sera le cheval couvert 
de couverture de helutiau (velours) et de telles et de cen- 
diimx et de fer et d'acier et de borre de saye et de coton... 
et aura le cheval chanfrain bon et souffesant... aura corde 
et courreye, fil et aguille et poeuçons à armer et las et 
boucles e't aguillettes (suit la ferrure du cheval). 

... Et aura led. homme une espée à pointe dou loue 
de ccste verge qui ci est à presant, à croez et à rondelle 
davant la main, à plom (pommeau) ront et aura 3 cous- 
tiaux à pointe à plom rons, de la longour à cestc merclie 
qui ci est en presant, l'alemele dou plom lonc par somct 
le haut, et aura corde et courreye et laz pour l'cspce 
et pour les coustiaux (Lobineau, Pr. de l'Iiist. de Bret., 
t. n, col. 1639.) 

1316. — Inventaire des armeures de Louia -V. — Quan- 
tité d'aiguillettes à armer — i bacincz roons — 4 ban- 
nières de couture, 2 cousues des armes le roy, 13 hatucs 
des mesmcs armes, 18 batuesdes armes de France et de 
Navarre — 1 barbière de haute cluucurc de Chambli — 
3 paires do braciorcs des armes de France, unes bra- 
cières des armes du roy les Heurs de lys d'or de Chypre 
broudées de pelles — uns bras d'acier, 1 de jazinan d'a- 
cier, 1 de iondes mailles do hauto-clououre, I de même 
d'acior plus fors — 1 camail d'acior — 2 chanfraius do- 
rez et un do cuir : — 5 chapiaus mous dont les 2 sont 
dorez, 2 de fer, couvers, 1 des armes de France, un tic 
drap, do France et de Navarre, 1 de veluyau des armes 
du roy_ les fleurs de lys d'or de t'.hypic broudées de pelles 

— lî paires di'jchauces de fer — 8 paires de chauçons et 
un cbauçon par dessus (en plus — 3 coleretles pizaines 
de jazeran d'acier — I colière hatue des armes le roy 

— 2 cors d'acier — 5 cotes batues des armes le roy four- 
rées — 4 de mosme, dofourrées — 1 cote gamboiséo de 
cendal blanc, 1 do velnya\i dos armes le roy, les lleurs de 
lys d'or do, Chypre broudées de pelles, I gamboisée à ar- 
boissiaux d'or, broudée à chardonereus — 15 coutiaux 
de comnnui, I à manche do fust et de for qui lu S. Louis, 
si connue l'on dit — I paire d'estamine à couvrir chevaux, 
unes couvorlurov d'eslaminos, I couvertures à cheval batues 
de Franco et do Navarre, I gamboiséo de même, I de gam- 
boison broudée dos armes le roy, 3 paires gamboisées des 
armes lo roy, et unes iniies jazoguenées, 18 p. batues 
et une non por, des armes le roy, I àv volveil les fleurs 
de lys d'or do Chypre, I de jazejan do fer, I de mailles 
riuiilos deuiy cloées — 1 crouppièrc garnie des armes 
do France — uns cuisseaux gamboisoz, I sans pouloins, 
des armes de Fiance — 3 escus pains des armes le roy et 
un d'acier, I de France cl de Navarre. I ynde à lettres 
d'or, une liouce d'escu de veluyau des armes du roy, les 
fleurs de lys d'or de Chypre broudées de pelles — i 
esjiéos garnies d'argent dont les 2 sont garnies do samil 



AiiMKs i;r AiiMi i;i> 



ul 11 •^ i ilr cuir, I gjriiif il'iir cl ilc 1:1111 , I à |iaici' g;iriiii- 
il'jipiil, le iiniiiiiifl il 11' liiiiiii; esmaillé, 8 de Toulnusc, 
n (le liray, I <lc Jehan d'Oigeiel, i île Vcizi, l.'i de eniii- 
iiinn — 4 paires d'esiienins garnis de soye, i p. ^uiiiies de 
cyif — lins csquivelans de cuir — 1 eslivaiis do plaies 
tîariiy de saniil - flanchièrcs de samit les armes le roy, 
les fleurs de lys d'nr de Chypre, llancliières dc> Irance cl 
di- Navarre, I de velveil les (leurs de lys d'or de Cliiprc - 
I Heur de lys d'argenl diirédeinanvèsepreuve, ànn'Urc sur 
le liaumc le roy — I gamboisoii de brodiire des armes de 
France — uns ^.'anlelez couvcrs de veUeil vermeil — 7 fers 
de glaives de Toulouse — 2 de coiiiinuti cl le hoii IVi de 
glaive de le roy — 3'^ hanles gorgières douldes de C.hauibli 

— ;t paires de gii^ves. li aulres paires il'arier — \ lianhcr- 
gou d'acier à maniele, 2 hauheigons de Lombardie — I liau- 
berl enlier de l.ombardic — .'> heaumes d'acier, ô aulres 
dont li uns esl dorez — '2 liouees des armes de France 
1 de drap simple des armes de France cl do Navarre, 
I de drap, des inciiies armes d'or de Chypre les fleurs, 
broudces de pelles — I jazcran d'acier — un vieil jupel 
des armes de France à fleurs broudées — quantilé de laz 
à armer — f- manches broudées, 2 miséricordes, I misé- 
ricorde de Versy — uns pans d'acier, I de jaziran il'acier; 

1 de roondes imiiUes de haute cloueure, I iracier plus lors 
lies mûmes mailles lU peniionceaux baUis des armes 
le roy, ôl batus de France et de Navarre — picières de 
France et de Navarre : picières de samit des armes le roy 
les fleurs de lys d'or de Chypre, 1 de velveil les fleurs de 
lys de nièiiie — 4 panes de plaies couvertes de samit ver- 
meil, les 2 neuves — 5 paires de ponloius d'acier — 2 
paires de rcsiie de 1er — 2 larges de France el de Navarre 

— I leslière garnie des armes de Fiance, 1 <le liante 
cloueure de maille ronde — une lunicle de velveil, les 
fleurs de lis d'or de Chypre; 2 des armes de France, 

2 balues îles mêmes armes, 2 de brodiire des inèines 
armes 1 de drap simple des armes de France et de 
Navarre, 1 de drap des mômes armes d'or de Chipre 
les fleurs broudées de pelles. {liilil. Ricliel., ms. fr., 7805.) 

1331. — Medielas cuin balislis, el alia medietas cum 
lanccis pennunis niunili sufficienter, el omnes île ilicto 
numéro cum propimclis, gorgeriis, bacignelis alherjona- 
lis, cirotccis ferreis, pliitisseu alberjonis maillie competen- 
libiis, eiise et eulello. (Equip. dès Ùriatironnah.. Ordonn. 
t. Vil, p. 727.) 

1332. — 2 cotes d'armes, une de velvet et l'autre de 
canieca — une paire de plates couvert d'un drap d'or — 
4 vieilles csppeies — 1 cote pour les joustes de velvet ovc 
farer) uuefrclte d'argent, ovc papillons des armes de Mor- 
tcmer — I couverture pour l'cscu de niesme la sieute — 
I baner de cendal de inesnie la scieule — I lierney 
pour les joustes de velvet vert — 1 viel baner des armes de 
Jlortcmer, balu, el un autre de cendal — 2 p. d'espaulers 
ovc bracers el vaunt-bracers — 10 cotes de drap de ga- 
leys cbekelté chescun od une rouge maunchc — 1 hacinet 
pour le tournoymenl— 1 p. dcskynehaiidz (ffrcrf.?) dorrez 
poudiez de molelz percez — 3 heaumes surorrez pour le 
lorniiyment — 1 autre heaume pour le tournoy — 3 p. 
de liras et painez — 2 p. d'espaulers — 3 p. de cuis- 
seux de ipiir boili — 2 p. do chausonZ — 1 p. de skine- 
bandz snrorrcz — 1 p. de plates couverlz de rouge samyl 

— corselz de fecr — 3 heaumes pour la guerre — 
I clia|icl de fecr — I p. de couvertures de fcer. [Kalendars 
oj Escheqtier, pièces compl., t. 111, p. 105.) 

ARMEMENT MAIIITIME EN 1311. 

A. navire de 20,000 eantliarcs. — B. de IB à 17,000. — 
C. de l.'j,C00. - l). de 13,000. — E. de à 7000. 

A Ciiralia: cum manicis, enpis et colleriis 22. — l'avexii 
cum aliis de gabliia 4.''>. — Fada- 26 - lilipro balestris, as- 
solif 200 — ronclioni pro incidere vcla (i — 11, 5 — A l'al- 
ferri 20 — Slropi pro faiialibus 210 — lîalestrie a turno 20 

— D 15 — K, «— B Baleslrœ a ziiella 2« — It, 20 - 
E, 12 li. lunii 10 — D, 8 - E, i— B zirellje 30 — 
I). 20 E, 22 — B Capsiœ (de ."i00)verelonorum a turno 10 

- C, 10 - D, 8 — E, 3 — B ('«apsi.c vcrelonorum a zi- 
rella 20 — C,3 — E, 5 — C cansia; verclouorum a tibia 
vcl gamba 13 — D, 12 — E, 8 — AB, Rampegolll cum 
suis calenis pro ballalore 2 — B lancea; longi-c 72 a 84 — 

C, 60 — D, 60 — E, 30 — 1! Dardari 300 — C, 210 — 

D, 216 — E. 96. {$lai. de Gènes. Pardessus, /}ec. ds lois 
marit. l. IV, p. 166 à 485.) 

1341. - Sint cl esse debeant in dictis galcis, in iina 
capsia... corratia; 160 inler quas sint 110 de média proha, 
collaria 160, cerveleria; 180, pavesci 170, ronclioni de 



IVno 12, balislia' boiuecl ■ iiflicieiiles euiii 2 coulis cl ma- 
gistra ultra, illie balistra' de iiuilnis supra esl meulio, 
croclii boni 20, fanalia 0, slropporuiu duoileuie 3, verel- 
loni boni non soldati millia 3, iiiarapichi sive jiissarma 6 
cum maiiico de ligne, carcasi boni 20, laiiciiu lungliie 
sive gravi 20, vcrrini boni duodeiuT 8. {Ihid,, cil. 28. 
p. 480.) 

1352. — l'ne pièce et aune et demie de ceiid.il vermeil 
des lors, en grainiie... pour faire coles à plaltes et 
garnir garde-bras, avant-bras, cuissos, grevetcs. heaumes 
bacilles et bernois de maille. (2" Cjite roy.d'Kt. de l.nfon- 
laiiie, ii 16, p. 112.) 

1355. — Pour faire el forgier, pour les liernois de 
guerre (du roi) 3750 cloz à plaies, 5 boucles, 5 mordans 
esiii.ulli'/. de France; une graiil bomle pour le dossier des 
plates, 2 graiis charnières sizcllécs,2 iiiaiiienières,2 grosses 
vervclles (i(( : 2 cliaeiiiies) pour icellos iiiaiiiellières el 250 
grosses boceles pour la poitrine des plaies, pesant toul 
parmi (ensemble) 10 m. 6 0. 15 est. d'argent. 

Pour la garnison d'une paire de bras cl avant-bras el 
de 2 paires de cnissoz [al : bernois de jambes.) C'est as- 
savoir : 11 paires de boucles et de mordans esniaillés de 
France; el pour 8 anneaux, 8 rosclles el 8 verveljcs, et 
pour 520 bosselles pour les |ioulaius, pi.-sanl loulcs ces 
choses parmi les rivez 3 m. 5 0. 7 est. d'argent. — Et 
pour garnir 2 paires de gantelcz c'est assavoir : un millier 
de clos, 224 grosses boceles, 2 10 plus peliles, 8 paires de 
boucleles cl de niordans esmailb'S de France — pesant 
loul 3 m. 7 0. 17 est. oh. d'argent. 

El pour 21 paires de boucles el 21 mordans pour les 
pourpoiiis. cl pour 373 pointes d'agiiilleltes et pour 32 
graiis à fermer les plates — toul pesant 3 m. 3 o. 15 est.; 
et pour faire el forgier 12 grandes boucles et 18 mordans 
pour les flanchièrcs, et pour 2 plus graiis boucles pour les 
eouverliires, pes. loul 2 m. 6 0. 12 est. ob. d'argent. 
{Cple raij. de Gaucher de y'uimes, t" 200 v".) 




6'"//. des plombs liistoiiés dr l'init. 



1364. — In liirre 14 ciirracias taies i|uales,8 baeiiielos 
sine inallia, I hassinelum et mailla, 4 lielmes, 1 capellum 
(le ferro, 6 gorgeiias sine fourniinento, 1 par manicarmii 
de iiiallia, 1 camalliuiii de liarbiila, 4 paria cuisselloi uni, 
2 balistas de lorrenn (toriio), 2 balislasde pede, iinum te- 
neriiim (aibrier) de halisla sine aiclui, 2 cassas de viri- 
loiiis sine ferro, I bandonerium, G nialcrassia... 6 rotelos 
(rochels) de ferro ad joustrandum. . 

Extra turrcm, 5 balistas sine corda, 11 pavesios ruptos, 
1 targam... 1 barillum ad forbiendum nialliam, 7 eolle- 
rios de ferro cum iina cathena et 2 ferris Iransversibns pro 
carceratis cuslodicndis. 

Supra capellam 2 paria brarhiorum de corio, 3 paria 
çrurilium, 2 paria tibilium de corio et 2 de ferro, 1 bra- 
chiale de corio, 7 serothecas de ferro, 3 pecias lamineas de 
ferro... que ninnia boiia el singula siinl disrupla vntera et 
aiiliipia. (/»/'. (/" donjon de Vnsliica. Arclt. f\ 13651, cote 
1108.) 

1364. — Ci eommeiuerent ces compagnons à niellre 
leurs armiiresà point el à fourbir leurs lances, leurs dagues, 
leurs haches, leurs plaies, ha.nbergeons, heaumes, bassinets, 
visières, epiies el toutes manières de harnois. (Froissarl, 
1. 1, pari. 2, ch. 188.) 



AIIMKS ET Ali.Mi;i!i;s 



03 



V. 1370. I>c maies dagues de Borclcaulx 
tl (l'espées de Clermoiil, 
De dondaines et de coustcaulx 
D'acier, qui à Milan se fuiit, 
De haclie à mailel qui coidbiil, 
De croqucpois de fer, de lance, 
D'ai'chegaye (|u'on jetle et lance. 
De l'aussars, espaijlius, guisarnies. . . 
Des maccs de Damas, de (liaux 
Des piques que les Flamens ont, 
Des liancepiez qui sont isneaulx. 
De plonmiées qui corps delTont, 
i)e Iji'oches, d'espiez... 
(Kust. Descliamps, p. 133, édil. Crapelet.) 
1383. Dardes, gavelots, lancesgayes 

Savoieiit gecter et faire playes, 
(jouffours et foudres pour gecter pierres 

{Le duc de IJreUujne, \i. 510.) 
1373. Une graiit taloche qui au costé 11 peut 
... Le bacinct ou cliief ou le camail se prent. 
... I . Ijon j^ippon ouvrÉ vesti et boutonna, 
.1. aubregou dessus vesti et endossa. 
Dessus ce liaubregon .1. granl jaque jiosa. 
Le noble capitains de cuer li présenta 
Et poitrine d'acier, mes il le refusa. 
Mes .1. escu ncrvé ce dit avoir voudra 
Et lance de moison ne plus ne demanda. 
... .V l'arçon de la selle li |iendoit li escu 
. . . Sur l'escu de son col oultre le transperça 

Et le haubert aussi et l'auqueton creva. 
. . . Très bien si: fi^t Bcrtran richement adouber 
A loi de chevalier qui doit en champ ciitrei', 
De plates et de grèves se lit bien atourner, 
Espée et couslel et glaive pour jouster 
Et riche baeinet li fist-on aporter 
('.ans à broches de fer qui sont à redoubler, 
... A son coutel de plates est eu l'eure venus 
. . . yue escu et liaubergon lui fu oultre persans 

Et l'auqueton ausi qui fu de bouguerans. 
... Leur cuissières estèrent très tous commum'- 

Imeiit. 
Par coi aler pcussent trop plus legièrement. 
. . . D'une hache à .11. mains donna mainte colée. 
. . . Tous nus sont sur les champs et touslor draps 

[estez. 
Armures, baciuès et juppons bien ouvrés. 
. . . Illc. englois o lui chascun ot baeinet, 

S'avoit chascun .1. jaque par dessus le lian- 

Ibert. 
. . . Que dedens la poitrine l'ala si assener 

Que haubert n'auqueton ne le pot ains tenser 
Ne le jaque volant que devant doi nommer. 
... A tant vint .1. héraut qui a en sa poitrine 
L'anseigne de Ifertran le connestable digne, 
Tuniclc de lin or ouvrée de soie fine 
... S'ot .1. bon jaque moult fort de bonne soie 

[empli. 
{Citron, métr. de DugescUn, Passim.) 

1395. — Défense de porter plommées, niartiaulx de 
ploiic, martiaulx d'estain, martiautx de fier à picot ne sans 
liicot,liastoiis que on nomme becs de faucon, glaives, haces, 
planchons, hapiettes, loipiès, niacbues, ars, sayettcs, cspées, 
bazelaires, daghcs, coutiaulx à croix de fier, à croix de bos, 
à croix d'os, à croix de corne, coustiaulx de plaies, 
dollekins, coutiaulx à coullelles, wans de fier à picots, 
talloces ne boui|uelers, ne coutiaulx que on nomme pen- 
nars ou espois, ne antre armeure de broque — sur bO s. 

1396. — De chascun aubert l don, et le hauberjon 
i den. — le heaume i den, et du camail 1 ilen. — cou- 
vertures d'armes à cheval 1 d. — de chascune pères de 
chauehes de fer '2 d. — armeure de cuir et de cinvre, 
l'en n'en doit riens. (Tarif de Dieppe. Kréville, l\lém. s. 
le eiimin. de Itouen, I. Il, p. "i-lH.) 

1398. — Défense de porter espée, fauchon, cromliet ne 
autre arm<'ure esmoulue, miséricorde. {Uans des mugis- 
Irali de Ldie. La Fous, Arlill. de Lille, p. ft.) 

.XVO SIÈCLE. 

Los (juuranio promièiTs années du \v« sièclo ser- 
vent à apporter à l'armuri' ili' [liâtes un |HMi incom- 
plète les pcrl'ectioniicMients ipie réclame la dé- 
fense intégrale du corps, l'endant ci' temps la maille 



diminue de plus en plus d'imporlam'c' et ne sert ])lus 
guère ((u'à protéger les aisselles et l'enronrelinre des 
jambes. Le camail est rem|dacé par le collelin ou la 
bavièro devenus le complément de la salade sub- 
sliluée au baeinet. Les é|iaules sont couvertes de 
spallièi'es articulées, les cubitières relient l'arrière- 
bras à l'avant-bras. Le corselet à pièces de recou- 
vrement (|ui permettent le jeu du plastron sur la 
pansiére se termine par la braconnière et les tas- 
selles rigides ou articulées pour la protection du bas- 
venlrc et des cuisses. Les genouillères garantisscnl 
les l'olules et rallaclienl les cuissots aux grèves; 
enfin les gantelets et les solerels lamés couvrent, 
sans gêner les mouvements, les extrémités du corps. 
— Vers liSO, la structure de l'armement absolument 
correcte arrive à un degré dejjerfection après lequcd 
l'élégance du costume militaire devient jusqu'à 
l'époque de Maximilieii un ])eii minulieuse. Néan- 
moins le procédé de la cannelure, qui caractérise les 
dernières années de ce siècle, augmente notablement 
la résistance des pièces et pernuH d'employer à leur 
conrection une étoile [dus légère. 




V. liGO. — Ane. musée de l'ierrefuinh. 

Les coid'uros do guerre dont l'origine remonte au 
XV" siècle sont la barbute modiliée, la salade, le bico- 
quet, l'armct etie cabasset. l'armi les armes figurent 
le pavois à potence ou clievalet, l'arbalète à craiu'- 
(|uin, la dague à rouelles, le vouge, le bra(]uemarl, 
la saquebiiule, la lialleliarde. le ciinelerre et une 
espèce )iariiciilién' de piijiii' appidi'e langue delHenl'. 

IW5. — Défense de porter aucunes plinnmées rondes, 
ijuarrées ne plates, de fier, d'est.iin, de coeuvrc, de letton 



m 



AliMKS KT AllMI liF.S 



ne cl'Mulrc mêlai qiielconqs, i aiises ou sans aiisos, ne 
basions qnc on nuninie vis de tor, où il soit aucun plunc, 
fier ne aiiliv Mi<!lal qni'li'oiiqs, sni" 20 I. île forfait. [Ilatl-i 
des maiji.strals. La Koiis, Arlill. île Lille, p. H.) 

li^ll. — l'ne aiincure do cuir <!.• Surie pour armer 
l'Iionnnc et le ilicval. {Iiiv. de l'écurie du roi, f 108 V.) 

1415. — Je devise à IMii-lipp Bcaucliainp ii' lialii-rioii 
qu'il soloil porter... et outre re l'espée qu'il porte des 
miens — A Thomas Beaucliamp mes lirigandicrsiMiuvertesde 
roujîn velvfl cliequeté noire cl blank. — A J(din l'ophaiii mes 
nouvelles hrigaiiiliers couvertes de rouge velvel (|ue drove 
me llst, mon liassinet que je porte et mou mcillour 
rhival. — A Dipraiil ma petite cote de maille, le pièce i\r 
plate c|ue moU'^K'ur le prime m'a donna apellé llresl/ilale, 
le panse qui luit numsic'ur mon père que Dieu assoile, 
mon housiell et mon eaperon île fere. {Tesl. dit duc 
«l'I'o/cA. Ilymer, /•></., t IX, p. :I0'J.) 

1417. — Dérense de porter pimchims à troques que on 
nomme eandeler.*, délier ne de uuHal. (La Fous, /oc. ci(.i 

1423. — I jake delTcnsc de Cliamblet rubeo cum ii Ic- 
gulis deauratis iO s. — uno pare de qwjsscliewes de 
niavle rotund" pro defensione crnrum S s. 4. d. — I lorica 
debili de inayle rotund' o s. 4d. — I lorica vetere de 
mayle roUiiid' (j s. 8d. — parvo paunee maxime debili 
de mavle rolund' 20 d. — parvo ventavle vetere de mayle 
rotund' iO d. — 1 ventajle vetere pro fM' (;,'alcaj de 
mayle rotund' 2 d. — I ventavie vetere ctvalde debili pro 
gali', de mayle rotund' ti d. (autre semblable). I bordoure 
de mavle rotund' jaggyde cmn latone pro gall' 6 d. — 
1 pare'de scliyiibaldes al' (alias) van plates |iro tibiis viro- 
rum 2 s. — I pare de qwyssclnves de plate de antiqua 
forma ',i s. -l d. — I peclorali alias brestplale in i |iar- 
libus cum i wynglies cum 3 bokcles et ô peiulcules cum 
10 barres de argento et deaurat' IB s. — uno pare de 
vambrace et rerebrace in i peciis :! s. i d. — palet closs' 
cum uno undierelle cum uno bono bordonriMie mayle 13 s. 
4 ,1. — 1 pare cirothecarum cum condolis <le lalone de 
antiqua forma 2 s. it';</ïs de l'ciécul. de 11. Duwel, 
Archwol. Jouni. t. XIX, p. 101.) 

V. 1425. — On trouva de seize cens à deux mille 
bons compagnons armes de hanbergeons, Jacques, salades 
on bacinets et gantelets et les aucuns garnis de liarnois 
de jambes cl de bonnes haches ou autres basions, sans les 
archers et arbalétriers de la ville. (J. Juvénal des Ursins, 
année lilt .) 

Le roy d'Angleterre descendit en France accompagné de 
quatre mille hommes d'armes, de quatre mille gros valets 
armés de eappclines bcrruyeres, haubergeous, grosses 
jaques et grandes haches, et de trente mille archcis qui 
avoicnl chacun haches, espées et dagues. {Id., année 
1115.) 

1430. — (Siège de Compicgne.) 108 arbalestes de bois 
dont 102 a 3' et li grandes à '.K — 2600 de traits couiniuus 
d'arbalètes à 10' le millier. — lOOO arcs i main à 12 s. 
la pièce. — l^e lances ferrées valant 233' ~ 1200 maillets 
de plomb 4 s. la pièce. — 200 pavais de bois à potence à 
8s. pièce. (I'' Cple de J. Abonnel. Cil- Gachard, Hajip. s. 
les arch. de Lille, p. 361.) 

1431. — 2 liaulz .le pièces à armer pcliz cnfans — 
item ung petit haoliergeoii doré et un pan de mailles — 
item un bernois de jambes tout complet où il y a boucles 
d'argent, pour enfaus. — item un pelil garde-bras et avant- 
braz et gantellez — item uug antre gantellet et avant- 
braz à la façon de Paris. {Inv. de l'artill. de Blois, 
p. 317.) 

1444. — Les Suisses eloient assez communément 
habillés de Jacques, de pans de haubergerie, de glaçons, 
et de chapeaux de fer à la l'alun d'Allemagne. (.Mattb. de 
Coussy, p. 6.) 

1446. — Les hommes d'armes du royaulmc de France, 
tant a pié comme à cheval, sont armez voulenticrs, quant 
ils font la guerre, de tout harnois blanc : c'est assavoir 
curasse close, avaut-braz, grant gardebraz, harnois de 
jambes, gautelez, salade à visière et une petite bavicrc 
<|ui ne couvre que le menton. 

Item, les aucuns portent difl'erance en harnois de braz, 
de teste et de jambes; premièrement la iliflerance du 
harnoys de teste, c'est assavoir de bicoques el de chap- 
peaulx de Montaulban. Et premièrement les bicoques sont 
de faczon agùe sur la teste, en telle forme et manière 
comme anciennement les bacinez à camail souloicnl estre, 
cl d'autre part vers les aurciUes viennent joindre aval, 



en telle fornie et faczon comme souloient faire les 
berruers. 

Item, et les cliappeaulx île Moiilbaiilban sont mus eu 
leste à une cresie ou ineilleu qui vait tout ilii long, de la 
lianlleiir de deux doiz, et tout autour y a un avaulal de -là 
.'i doiz de large en forme el manière d'un chapeau. 

Item, et la tierce armeure el la plus commune et la meil- 
leure à mon semblant est rarmeuic de teste qui se appelle 
salladcs, car elles ciuivrcnt tout la plus pari du coul 
derrière el toute la leiiiide, l'oreille el la |dus part de la 
joue, et davanl couvre le fronc jiisques an souiciz. Kn la 
quelle sallade y a une visière pi'lite, la quelle visière 
i|uaiil elle est abessée recouvre les yeulx, le nez et la 
bouche; ainsi ne reste à couvrir que le ineiilou et la gorge, 
et vient batre de lames jusqiies 4 ou .'idoiz sur la pièce ili; 
lad. cuirasse bien genlemciil et à poinct. 

Item, c|uant à avaiil-braz, il y en a de deu\ faczons. . . 
c'est assavoir : les nngs et les plus coniiins qui se foui à 
Milan, qui se tiennent de pièces ensemble depuis la join- 
ture di' la rii.iin jusi|ues à 4 ou à 6 doiz près de la jointure 
de l'espanle hault. . . 

Item, l'aulic faczon d'avant-braz sont lesquelx sont faiz 
de 3 pièces, c'est assavoir une |iièee i|ui couvre depuis la 
ployeure de l.i main jusqiies à 3 doiz près la ployeure du 
braz; elilepuis la ploveiiri' du braz y en a une autre (|iii 
vient jusques à hault de la joiiitnn^ de l'espauUe à 4 doiz 
près. Pardessus lesquelles 2 pièces y eu a nue autre qui 
couvre le code et la ployeure du braz et partie des autres 
2 pièces aussi, lesquelles 3 pièces sont pareilles tant au 
braz droit que au senestre, et se alachent avecqucs 
éguilleles. 

Item, quaiil au harnoys de jambes, l'une- des faczons 
esl clox davaiit et derrière par le bas, ainsi i|ue ou le faiet 
à Millan, et a grandes gardes an genouil, et un pou de 
mailles sur le cou du pié; et l'autre faczon du hanioys 
de jambes est tout pareil à l'aulre ey dessus déclairé, si 
non en tant que par la jambe bas s'en l'aiilt 3 doiz (|uc ne 
soit cioz , et ont les gardes plus petites endroit le 
gcnoil. 

Item, les archiers portent harnoys de jainlics, sallades 
coine dessus est dicl.gios jacqm'S doublés de granl foysoii 
de toylles, ou brigaudiiics, arc ou poing ei la trousse au 
couslé ; il n'y use l'eu point si communuemciit d'arba- 
lesles comme 6s autres lieux, excepté |KUir garder les 
places . 

Item, y use len encores d'une autre manière de gens 
armez seulement de hanbergeons, sallade, gantellez et 
liaruoys de jambe, les |quelx |iorlent voiibintiers en leur 
main nue faczon de dardres qui oui le ïer large, que len 
appelle langue de bœuf, et les appelle len les coustil- 
leux. 

Hem, quant à la faczon de dagues et d'espéez, tanl de 
homincs d'armes, de coustilleux et d'archiers, sont ainsi que 
après s'ensuivent : premièrement lesd. hommes d'armes 
les portent courtes et pesantes, et sont d'estoi' et de taille, 
et les dagues longues; ileni lesd. cousiilleux portent 
volunticrs fueilles de Calbcloigne un pou longuetcs et 
cstroiles et sont un bien pou roides, et dagues jiareilles; 
item les archiers les poriciil longues tranclians corne 
rasouers, el sont à 2 mains el ont dagues |>lus longues 
(|ue les hommes d'aniics ne les couslilleuN, et tranchent 
aussi comme rasouers; et portent arcs d'if et nèclies de 
4 palmes nu 4 palmes et deuiy de long et plus et les fers 
a 2 tranchants en foriiie de barbeleiue. (Traité anonijme 
du Cost. milit., Ilihl. Iltcliel., ms. 1907, f 02.) 

1449. — A .leliaii de Bonnes arincuricr dnd. Sgr. pour 
2 pièces pour mettre sur les espaujles de la cuiia-siiie noire 
de jouste dnd. Sgr. I lier. 3. gros. (Cptes el mém. du roi 
Itciié, art. 59H.) 

1449. — Pour vente d'une espéc iiui fut donnée à laci. 
église el fut vendue l.ï s. (i d. — et pour vente d]une 
hache d'armes qui fut donnée à lad. église, 12 s. fi d. 
{Cptes de t'egl. S. Sulpice de Fougères.) 

1454. — Que chasciin liomme d'arines ait 2 chevaulx 
pour sa personne, bons et souflisans pour iiouvoir besoi- 
guer dessus, et son conslilleur bien et souflisamment 
monté selon ce ipie à conslilleur appartient, de cheval sur 
quoy, il puisse faire smi devoir; et aussi (|ue l'omme 
d'arîne soit armé ainsi qu'il appartient el sou conslilleur 
soit armé de corset peliz, garde-bras peliz, ganteletz, 
salade et gnrgery, espée de passot et glaviot. . . les quels 
nobles prendroiit chascun mois 15 fr. 



ARMES ET ARMURES 



GT) 



Et ceux qui viendront à son commandement, en l'abil- 
lement qui s'en suit : c'est assavoir armez de corset 
garde-liras petit, avant-liras petit, gantelez petits, liarnois 
(le jambes, salades et gorifcry, targcte, espée de passot et 
de; glavint, cheval soulTisant... prendra de gages 7 IV. et demi 

Arcliier, bon et souffisant comme ceux d<! la grande 
ordonnance, arn.ez de brigandines, cappeline et gorgery 
et petiz liarnois de jambes 7 fr. et demi. (Ordonn. rou-, 
t. XIV, p. 351.) 

1458. — Défense de porter maques eslantelées, longs 
coutiaulz, breuguemars, bouges, gros bastons alTaitiés gar- 
nis ou non garnis de fer, de plonc ne d'autre métal, 
vouges, hallebardes, fouets garnis de ploncq, de fer ou 
d'autre métal, esteux de ploncq. (Bans des magistrats. — 
La Fous, Arlitl. de Lille, p. 15.) 

1461. — i arcs et 2 trousses 4 escus d'or — ■ 2 espioulz 
de chasse 2 esc. — 1 espioijl d'armes I esc — 2 boulges 
4 esc. — 3 brigandines 18 esc. — 3 sallades dont l'une 
estoit garnie d'aigreltes, valent les 3, 12 esc. — 2 espées 
2 esc. — 2 javelines et une langue de bœuf 1 esc. — 2 da- 
gues 2 esc [Estim. du mob. de' l'hôtel de Paye, p. 283.) 
1 46 1 . D'un jet de dard, d'une lance acérée 

D'un grand faussart, d'une grosse massue. 
D'une guiserme et d'une vieille espée, 
D'un braquemart, d'une hache esmolue. 
D'un grant pennart, et d'une bésaiguc. 
D'un fort espieu et d'une saqueboute. 

(Villon, Bail, contre les taverniers.) 

1467. — Et ordonna le roy (Louis XI) que toutes per- 
sonnes estants et résidants à Paris feraient des bannières. . . 
et que tous les subjels estants soubs icelles seroient armés 
de jaques, de brigandines, salades et liarnois blancs, voii- 
gles, haches et autres choses qui v appartiennent. (J. de 
Trnyes, 271.) 

1471 . — Es grandes armaircs de la garde-robe du roy: 
1 crencr|uin gariiy de cricq et un carcaz garny de viretous 
— I herbalaiste d'acier de Calhelnigne — 1 autre petite 
herhalaiste de Callieloigne garnie de petites tillolles — 

1 cricq d'Aleniaigne en ung estuy de cuir noir — 1 paire 
d'eslriers noirs à là faczon de morisque — 1 autre paire 
d'cstriers blancs à la genète — 2 paires de petits espérons, 
les ungs et les aultres noirs — 1 paire de vieux estriers 
de léton à. l'ensienne façon. — une grant serpe vouge- 
resse. (Inv. du roi Bené, f» 10.) 

1473. — Les hommes d'armes seront armez, habillez et 
montés ainsi qu'il est déclairé cy-après : c'est assavoir de 
curache complette, salade à havière, barbuce ou arniel, 
de gorgent, flancars et faites... ou braves d'acier. {Urdin. 
Ciirol. Buryund. ; Du Cange v" Fauda.) ' 

V. 1490. Led. Cnron armurier deniourant en sa sei- 
gneurie d'Arbi eu Donauges a vendu aud. Chartroise ung 
harrenoys blanc, garny de curasse, de grand garde-bratz, 
de arnnys de jambes, de garde-bratz droit, de beaulme, de 
cahasset, d'avant-liratz (fe gantclletz, de banyes (?) et de 
tontes autres piesses aud. harnoys necessaircs,"priur le prix 
et somme de 31 esc. d'or. (Arch. de la Gir. E. min. de 
Gemellier, 528- 1.) 

I49S. — Un fourreau d'épée pour Mgr, 10 den. — 

2 espées achetées à Turin 10 f. 10 s. — 1 liarnois de jambe 
27 f. 3 s. 9 d. — 1 paire d'élricrs et 1 mors pour le cheval 
de Mgr, 31s. t d. — I harnois de velours craïuolsy pour 
le grand cheval "f. 5 s. — pour plumes et plumet pour 
mettre es chaffrais du cheval de Mgr. 18 f. 2 s. d. — 
1 paire de souliers à armer où il y a 5 semelles et une de 
feutre iO s. (Optes de Louisde la TrémoiUe enllalie. Hev. 
des soc. sav., sér. 0, t. IV, p. ISO.) 

1499. — Une dague enmancbée de licorne, la poignée 
de cristalin nommée la dague Saint-Charlemagne — une 
espée eninanchée de fer, garnie en façon de clef nommée 
l'espée de l.ancelot du Lac, et dit-on qu'elle est fée. — 
17 autres (voy. Epée). — l'ne dague à rouelle cmboeslée 
en ung estuy de l'uir que le feu roy Loys faisoit toujours 
porter quant el luy —une hache à une inain qui fut an roy 
Saint-Loys, "autres (voy. Hache). — Ung fer de lance court 
à 3 querres tranchans — harnoys de la pucelle garny de 
garde-bras, d'une paire de mitons, et d'un ahillemerït de 
teste on il y a ung gorgeray de maille, le bort doré, le 
dedans garny de satin cramoisy, doublé de mcsme. — une 
brigandine de Tallebot couverte d.' velonx noir tout usé, 
et sa salade noire couverte d'un houlx île brndcrie fait sur 
veloux nnir tout usé — 2 autres (voy. Brigandine). — 
Environ 15 ou 11» sallades ou hassinels à la mode anlicqne. 



sans savoir ne déclairer à qui ilz ont servi — 5 ou 6 liabil- 
lemens de teste faiz de bois, les aucuns couvers à bandes 
de fer et de cuir, le tout de petite valleur el sans aucuns 
titres à qui ils ont esté. (Inv. des armes du chat. d'Am- 
Iwlse, p. 420.) 

XVI» ET WIL' SIÈCLES 

Le type de l'armure cannelée dite maximilienne 
peut èli-e considéré comme la dernière modification 
sérieuse apportée à la disposition de ses pièces. A 
partir du régne de Louis XII elle tend à satisfaire 
aux exigences du luxe plutôt qu'aux nécessités de la 
défense. Elle demande alors au génie des ar- 
tistes et aux souvenirs de l'antiquité tout ce qui peut 
rehausser l'éclat et le mérite d'une somptueuse or- 
nementation; mais à mesure que l'on avance dans le 
XVI' siècle, le jiort du harnais de guerre devient plus 
rare, et celte |iliase hrillaiite de son hisliiire va finir 
avec Henri IV et Louis XIII. 




Armure maximilienne. Coll. d'Ambra.\. Vienne. 

L'armel, la honrguignole, le niorion et le cahasset 
terminent pendant celle période la série des coiffures 
militaires. Et une nomenclalnre empruntée à Rahe- 
lais donne une idée assez exacte des armes à l'épo- 
que de François I''. Dès lors les pièces ne sont plus 
rares, et dans l'ahondance des textes il suffit de 
choisir ce qu'ils ofi"renl de particulièrement curieux. 

1508. — I arbalaistre garnie de bandaige — 1 halecret 
et 1 escrevisse — 7 pièces de h.iguyucs — 1 secrète et 
2 bonnets de maille — 3 hallebardes — 1 gorgerin — 
1 espieu — 2 escrevichcs. (Inv. de farchev. de Rouen, 
p. 520.) 

1510. —Je Jacques Merveilles, armeurier demouranl à 
Tours confesse avoir eu et reçeu : . . . pour les parties du 
liarnois de nions, de la Trémoille, cl premièrement pour 

5 



(Ui 



AHMES I:T AllMl'KES 



un Ij.nnois fomplrt de j;iii>ric la somme de 30 esc. — ilem 
pour la dorciiic diul. harnuis 10 esc. — pour les boucles 
cliiux et eliarnièros dorées dud liarnois, par ce 2 esc. pour 
•i auhnes de lilaneliel pour envelopper led. Iiaruois I '/s esc. 
— ilem pour le ilr.ip pour dmililcr les lassetles et gaiilclès, 
pour ce 17 s. G d. Soniine i" ese. vallent à iiioiinoie W I. 
.> s. [Chartrier de Tliuuais. — lifv. des soc. sav., sér. 5, 
1. VIII, p. 10-2.) 

1514. — (Krançois I" comte d'Atutouli'Ene) — une graiit 
liufle avcrques le granl jiardc-ljras 17 I. 10 s. — 1 grand 
visière et 1 grand baviere avecipics le fronteau 7 1. — 
I granile tassettc avec le granil casse! (sic) et la grande lanic 
couvrant toute la curasse 10 I. 10 s. — la grand pli ce de 
l'avant-bras 70 s. — le grand double pièce du gaiitellel 
avecqucs la rondelle t!0 s. — 1 espaulièrc ilnubli^ avecqucs 
la rondelle 70 s. — le tonnelet, le bacinct, le liarnnis de 
jambes garnis de lames, et dedans entour doux soûl?, 
voucée (?) avecqucs les sabols, I paire d'avant-brns de 
lames par dedans, I paire de ganlcUclz. Pour le tout 
1« liv. 

Un allccrcl devant et derrière avecqucs les tasscttes de 
lames bien longues "21 I. — I antre bacinel servant aud. 
allecrel de tonnelle en façon de anime 201. 6 s. — 1 brayes 
toutes clouses devant et derrière 17 1. 10 s — 1 espaulc 
de mnulon 105 s. — 1 main de fer 10.") s. — 10 rondelles 
de lames 49 I. — ."> autres rondelles UK) s. — '1 paires de 
gans garnis de doiz 40 s. — la visivire (voitui'i>| de toules 
lesd, pièces de Tours à Estampes, qu'elles lurent menées 
pour essajcr sur Mds. et pour retourner à Paris 20 1. 
(Cpleroij. du C" d'Aïujouléme, !" 133.) 

1525. — Jean par la grâce de Dieu ... voulons el 
ordonnons que les gens de commun de notre pays et 
duché ... soient garnis d'armes et habillement qui ensui- 
vent : ... savoir est, ceux qui sauront tirer de l'arc, qu'ils 
aycut arc, trousse, capeline, constille, hache on mail de 
plomb, et soient armés de forts Jacques, garnies de 
laiscbcs, cbaines ou mailles pour couvrir le bras; qu'ils 
soient armés de Jacques capelines, haches ou bouges 
(vouges), ayant panier de tremble ou autre bois plus con- 
venable qu'ils pourront trouver, et soient les paniers assez 
longs pour couvrir haut et bas. {Orduun. de Jean V, duc de 
Bretagne, cit. Encijclop. v, Arme.) 

1526. — Défense de porter espi'cs, tant d'estocq que 
de tail sans fourreau im .à demy foureau, banbregon, bu- 
nelte, garde-hras, bracelès, baston à manière de peu de 
soifC.') basions quarrés, croquepoix. {Ban des magistrats. 
La Fons, Arlill. de Lille, p. 4."i.) 

1 530. — Allecret, alumelle, arbalcsle.arc, armet, aubcr- 
gcon, aulbert, azzcgaye, badelaire, balistc, barde, bracque- 
mard,branc, bouclier, hrigandine, calige, cata|iu[te, cercle 
à feu, chanfrain, cimeterre, corselet, coulteau, dague, dard, 
dardclle, cspée, espérons, espieu, estoc, fonilCjfourchcfièrc, 
génitaire. gland, gousset, guorgerin, grev(\ hallebarde, 
hanicroche, bascbe, hnguine, javeline, javelot, lamine, 
lance, lance à feu. mailles, maudosiane, massui', niicraine, 
morion, parlhisaue, pavoys, jienard, picque, pistolet 
(dague de Pistoie), plastion," poignard, pot, raillon, rançons, 
salade, scorpion, soUcrez, verdun, virolet, vougc. (llube- 
lais. Prol. du I. 3, VI et Vil.) 

1531. — Jehan l.emaire Dcsqucvclles ... je donne ;\ 
la chapelle S. Cristolle une espée, à la chapelle N. D. 
ung harnas et unç corset ^d'armes), à la chapelle Sle 
Barbe une dague. {Arch. de Houai. reg. aux leslam., t" IGO. 
Exir. Dchaines.) 

1537. — L'homme d'armes sera armé de soulleretz, 
gresvcs entières, cuyssots, cuyrasse avec les tasscttes, 
gorgerin, armet avec sesbavieres, gantcllets, avant-bras, 
goussets et grans pièces. 

Les chevau-legers seront bien à cheval armez de hausse- 
col, de ballecret avec les tasscttes jusques au-dessous du 
genou, de gantelets, d'avant-hras cl de grandes espau- 
lettes, et d'une selade forte et bien couverte, .à veue coup- 
péc; leurs cazaques seront de la couleur de l'enseigne. Ils 
dnyvent porter l'épéc large au costé, la masse à l'arçon el 
la lance bien longue au poing. 

Les eslradiots comme les cbevaux-legcrs, sauf des bras; 
en lieu d'avant-bras et gautelez ils auront des manches cl 
des gants de maille, l'épée large au cosié, la masse à 
l'ari.on, cl une zagaye au poing longue de 10 ou 12 pieds, 
ferrée par chacon bout d'un fer bien aigu etlrenchanl, ou 
bien ils porteront aussi la lance comme les autres. Leur 
accouslremenl sur le harnois doit cstre assez court el 
sans manche, el de la couleur que dessus. . . 



Les arquebuzicrs aussi seront bien montez, et leur 
harnois sera pareil à celuy des eslradiots, réservé de la 
selade, cjir ceux-ci auront seiileiiieut un cabasset afin de 
viser mieux cl avoir la ti'ste plus di'livre, l'espée au l'oslé, 
la masse à l'arçon d'une part el l'hanpiebuze île l'autre, 
dedans un fourreau de cuir bouilly le ipiel tieiiiie l'eriue 
-ans hrausier. I.ad. harquebuse pourra e-lre de 2 pieds 
et demi de long ou de 3 au idus, cl qu'elle soit légère. 
iLangey, OLicipl. milit., p. 51.) 

1537. — Une haquebulte ayant 7 canons, gravée par 
dessus à la moresque et damasquinée, et en lail. graveiirc 
une salinande el un Vulean. [Arcli. de l'art franf., t. III, 
p. 31(1.) 

I540. — .Se incllra eu csipiipages tel que bons soul- 
ilards ont ai'CousIumé ; c'est d'acouslieniens pour la 
guerre, chausses, pourpoinct, collet et bonnet lionnestes, 
lion corselet, l'espée, la dague, la |iicqiie, harquebuse ou 
hallebarde, accouipaigné d'uiig cabasset ou mourriou. 
(Chanlereau, Miroir des armes, Bibl. Richei, ms. fr. 050, 
1" 5.) 

1549-51. — (Philippe d'.4utriclie.) Pour S arquebuses à 
Peter Pcch de Munich, 100 esc. d'or. — Pour certaines 
armures que doit l'aire inaistre Ituif, bourgois de Lancuelo, 
100 esc. d'or de 22 haços. A Coluiaii <irmurier d'Augs- 
hourg 2000 esc. d'or à compte sur 3000 qu'il doit recevoir 
pour une armure ipTil fait pour mon service. — ... 
à Francisco Noq\ieral de Milan, ariiuirier de l'empereur, 
IIGesc. à cpte sur lOUII qu'il doit recevoir pour l'or el le 
travail qu'il exécute en œuvre de taucliie {ataunia).. . 

— à maille Pedro Laccen, niailleur de Munich, 114 esc. 
pour certaines pièces de maille.... à Francisco Negrol, 
doreur de Sa Majesté, 372 esc. d'or pour armure et cer- 
taines garnisons île cheval. (Arch. de Simancas est, leg. 
I5G.'), fol. 33 — trad. p. Éd. de Beauuiont, Gai. des 
0. arts, ISG'J, p. 85.) 

1560. — Fia l'arme offensive, i bastoni, le scurri, le 
inazze ferrale, le spadc, i sloccbi, i verdughi, lescimilare, 
i pistolesi, i pugnali, le dagbe; l'arme d'asta come ala- 
harde, partigioni , corsesche, spedi , spnnioni, picchc, 
zagaglie, laucii' c simili. C.osi l'arme da tirar cou mano 
comesassi, balle, stromhe, ilardi di saelli', le baliste ilegl' 
antichi, gli scorpioni, accobalste, i fuslibali, i malleoli, le 
lonfee, i veretoni, i passadori, i squareiavolpe, i fuocbi 
iirliliciali, le trombe di fiioco, lingue di fuoco, palle di 
métallo, pignatelli di fuoco, soffioni di fuoco; cou quali 
vengonogli arcobugi i .schioppi, le colubrine, i passavolauli, 
le bombarde e finalmente le artigliarie. 

Fra le arme défensive adopra il scudo cou la imbraccia- 
tura, c cossinelli suoi, e il targone, la targa, la rolella 
e il brorchiero; ma particolarmeute , i fanti a pie sogliono 
adoperare il morione, il colatone, la sécréta, la goletta, e 
d'acciaio c di maglia, ilgiacco con le maniche e guanti di 
inaglia, il corsalclto, l 'anima, la coraccia coi bracciali c 
inauopole sue e i cosciali. 

11 caval-loggiero suole adoperare la celata, il corsalelto 
con la resta, gli spalazzetli, i ginocchietti e ollre a cio 
lutto quel che uel faute a pie recitalo habbiamo. — Ma 
l'huomu d'arme porta l'elmo e seco il suo spigo, e l'eimiero 
e la visiera, e la baviera e la buffa, c ]ioi il gorgiarino, la 
coraccia, l'iisborgo, la resta, gli spallazzi, i bracchiali, i 
guanti poi i scarselloui, i batticuli, i cosciali, gli arnesi, 
le schiniere, le scarpe, e poi le barde de' cavalli con tutti 
lor .armamenli. (Garzoni. Lapiima univ., dise. 82.) 

1562. — Feront lesd. maislres armuriers et heaul- 
miers toutes sortes de harnoys pour armer l'homme, 
comme corsclelz, corps de cuirasse, haussiers, tasscttes, 
brassarts, gantelelz, harnoys de jambe, haliillemens de 
teste, bourguynoine servaus à homme d'armes, bourgui- 
noles et morions scrvans à gens de pied, tant à l'cspreuve 
que à la legière, harnoys de jouste, et tonnelet servaus à 
courir en lice, anitre harnoys tonnelet servant pour com- 
battre en barrière. \Stat. des armuriers heaumiers de 
Paris. — Arch. reg. des bannières, t. VI, C 156 V.) 

1564. — Ung bouclier de Barselonne 35 s. — 1 chap- 
peau d'escajile 12 s. — 3 morrions, I bourguignole et 1 cour- 
sellet avec ses cuissots et brassarlz 28 I. —2 dagues 22 s. 

— I espée 40 s. — 1 espée d'armes 4 1. — 1 espée 
.ippellée estoc 45 s. — 1 coursellet avec sa bourgui- 
gnole 45 s. — une arquebule 3 1. — 1 bois de picque 5 s. 

— 1 mauvaise javeline 6 s. — I pistoullet à feu à 2 canons 
5 1. 5 s. —2 maillets garnis de manches 12 1. 8 s. 6 d. — 
I arbaleslc d'acier 30 3. — 1 sarboutanne 4 l{inv. du l'uij- 
molinier.) 



'ARMES ET ARMURES 



07 



1565. — Qui fera allunielles d'espées à 2 mains et 
melti-a allumelles d'espées et dagues de pied et demy, 
periuisarines, jagayc, corseques et autres basions servaiïs 
à la dclïence de l'Iiomme et aultres petites aliumelles au- 
dessus d'uu pied, doibvent estre fournies et bien trempées 
jusques à la pointe, et toutes aultres petites aliumelles au 
dessoubz d'un pied doibvent estre de bonnes eslofifcs et 
bien trempées. (Slat. des couteliers doreurs et graveurs 
... lie Paris — Arcli. reg. des bnnit., t. VU, f 1 1 v°.) 

1565. — Xux sommeliers d'armes du roy — 90 espées 
rabbattucs pour servir au tournoy fait par led. Sçr. à 
hayonne, el ee àcombattre sur les armes ISO 1. — WO pic- 
ques ferrées pour coniljaltre à la barrière ^UO 1. — 15U pic- 
ques pour combattre sur les bateau.\.!2i5 1. — 3U lances 
pour courir bors les lisses 45 1. — 68 espées rabba- 
tues à combattre sur les armes 136 1. — 10 grandes 
espées larges {même usage) 30 1. — 8 autres grandes 
espées larges avec les garnitures couvertes pour combattre 
a cbeval 4-« 1. — li lances avec leurs mornes de bois 
pour courre dans les batteaux 18 1. — I baston d'enseigne 
avec le fer doré pour le cappitaine des Suisses 60 s. — 
i lances pour le roy courant la bague 2ô 1. [Cpte de l'écu- 
rie du roi, f' 81,) 

1566. — Avant que aucun puisse parvenir îi estre 
jnaistre lourbisseur et garnisseur d'espées, dagues, lances, 
ballebardes, picques, javelines, voulges, espieux, massues, 
pertuysaiios, liaclies et autres basions maniables à la 
main, faudra qu'il soict apprenty en Paris soubz maistre 
dud. niestier par le temps et espace de cinq ans, sinon 
les enllans des maistres. (Stat. des fourbisseurs de Paris, 
toc. citai., 1" 117.) 

1568. — S. liemyFarant, marcbanl armurier, demeurant 
à Tours ... pour un iiarnois d'bommes d'armes complet, 
c'est assavoir : ung corps de curasse le quel sera i 
l'esprouve de la barqucbouze, à l'esprouve de la pistoUe. 
Ung babillenienl de teste à l'esprouve de la pistoUe, bras- 
sarlz et les 4 laines de...? à l'esprouve de la pistolle, et 
les gantelets, liaucecol fort gariiiz de doux el boucles 
dorées, l'arrèl doré — 45 esc. d'or sol. [Cit. Orandmaison 
Mém. de la Soc. archéot. de Touraine, t. XX, p. 338.) 

1570. — A iNicolas Arnoul, sellier du roy, pour une 
aruieure noire toute gravée à personnaiges, pour mettre 
et attaciier sur une grande selle de bataille 43 1. 7 s. 
[Cple de l'écurie du rut, V 62.) 

1571. — Cliarles Poille, marcbanl armurier, demeurant 
rue de la Ueauluicrie, confesse avoir vendu à messieurs 
les prcvost des inarchaiids et escbovins de la ville de 
Pans a ce prcsens, un haruoys d'homme d'armes complet 
gariiy de corps de cuirasse, tassettes, brassars, ganteletz, 
iiabilleiueiis de teste, 2 morions, l'ung commung et l'autre 
carré, une roudaclie, 3 armures de selles de cheval, et 
3 cliaulrains, le tout à bandes Jurées .... pour servir au 
capitaine des eiilans de Paris à l'entrée de roy... ceste 
veille laite inoyeniiaut la somme de 260 esc. soleil. (Devis 
et marche j). i entrée de Charles IX à Paris. — D. d'Arcq. 
Hev. arclieoL, 1S4S, p. 5i.^ 

1571. — Pour une arbaleste I den. par. — pour une 
pièce debaviere 2 d. p. — pour ung carner|uin 1 d. p. — 
pour ung arc 1 d. p. — pour une espée 1 d. p. — pour 
une dague 1 d. p. — pour ung fust de lance 1 d. p. — 
pour uiig autre lerreinent de guerre 1 d. p. (Péage de la 
Loue a Chumbon.) 

1580. — fournitures par Bourgeoijs de Moulin 
a un seigneur du lierry. 

1 arquebuse 7 1. 15 s. — 1 laurinn 3 esc. — 1 hallebarde 
30 s. — 4 mouUes pour des boullets à arquebuses à croc 
et des balles d'étuin .... 60 s, — 36 arquebuses à 6 I. 

17 s. l'une — fers de hallebarde 20 s. — 200 brasses de 
iiiéche à 2 s. la brasse — 20 s. la livre de poudre — 4 s. 
la livre de balles de plomb — ^5 corcelets gravés complets 
à 21 1. la pièce — 1 hallebarde de Sedan 12 1. -- 1 autre 
ai. — ^ 1 corcelet doré 24 1. — 100 bandoulières de loup 
marin à 3 1. 5 s. l'une — 17 deini-inousqiiets de Sedan a 

18 1. la pièce — 13 demi-mousquets à 12 1. 10 s. (Cit. 
(jirardot, Uull. du comité de la langue, 1852-3, t. I, p. 572.) 

1600. — KspieuX, halebardcs, lances, piques, espées, 
espadons, esiiées à 2 luaius, cimeterres, espées de combat, 
espées de service, inalclius et coutelas d'estoc et de fen- 
dant, d'escraniasse et horribles, de trempe de Damas cou- 
paut l'acier el les charrettes ferrées, dagues, poignards, li- 
icts, demy espées el dix mille fai;on3,de cuusteaux homicides, 
haches ci couperets braquciuarls. \Kené François, ch. l'J./ 



1602. — Les gens d'armes estoieul armés d'armes com- 
plètes et portoient des grèves et des genouillères dedans, 
ou au dessus de la botte. La cuirasse à l'épreuve du coup 
d'arquebuse, par devant et par derrière, et au lieu de 
lance une cscopette qui portoit 500 pas. Le pistolet à 
l'arçon chargé d'un carreau d'acier, l'estoc ou l'épée 
longue et roide sans tranchant. Leurs chevaux estoient 
armez de chanlfrain et d'escusson devant le poitral. Chaque 
gendarme avoit 2 bons chevaux de service avec un fort 
maillet. 

Les chevau-legers estoient armez d'armes complètes 
d'une cuirasse à l'épreuve. Le reste estoit à la légère, ils 
portoient le pistolet à l'arçon de la selle, sous la main do 
la bride, et de l'autre costé la salade ou habillement de 
teste. Chacun 2 chevaux, l'un de combat, l'autre pour le» 
gardes et corvées, et pour porter la malle. 

Les carabins avaient pour arme une cuirasse écbancrée 
à l'épaule droite afin de mieux coucher en joue, un gan- 
telet à coude pour la main de la bride, un cabasset en tète, 
et pour armes offensives une longue épée, une escopetle 
ou carabine longue de 3 pieds et demy, un pistolet i 
l'arçon et des cartouches à la reitre. (Jlontgommery, 
.MU. franc., part. 2, p. 187.) 

1602. — Ung harnois doré et esmaillé, eslevé en bosse 
à figures de personnaiges — ung aultre de conlleur d'eau 
(bleui) gravé à figures — ung harnois complet, doré à 
feuillage de laurier — ung autre h.arnois complet doré à 
trophés d'armes. (Inv. du duc de Biron, (» 15.) 

1610. — A Nicolas de Chalanton armurier du roy, pour 
un heaulme et une paire de ganteletz deux fois plus grands 
que le naturel, proprement polis... à estre portez en trophés 
aux obsèques (du roi) 80 I. 

A Michel Guyot, fondeur bossetier graveur doreur, ser- 
vant l'escurie, pour avoir doré d'or moulu à bain les 
susd. heaulme et ganteletz, 100 1. (Cvtcs de l'écurie du 
roi, f° 638.) 

1620. — Une paire d'armes à la rheistre complettes, 
l'une à l'espreuve à courir en lisse, l'autre simple. — 

2 armes de combat à la barrière, les devant, derrière, la 
salade, les haussecols, brassarts el gantelets. (Inv.de l'hôtel 
de Salins à Nancy.) 

PROVENANCES 
La Gaule romaine comptait sept grandes fabriques 
d'armes : Strasbourg, Màcon.Autun, Soissons, Reims, 
Amiens et Trêves. Au moyen âge et depuis, ces centres 
déplacés ou augmentés, s'ajoutent à la liste des pro- 
venances de toutes sortes rangées ici dans leur ordre 
alphabétique. 

Abdeville. Voy. ce mot. 

Andalus (Espagne). —V. 1250. — Les armes, armures 
el équipements militaires de toutes sortes, comme boucliers, 
épées, épieux, carquois, llèches, selles, mors, brides et 
autres harnachements des fabriques d'Andalus surpassent 
celles des autres contrées du monde. (Ibn-Saïd, Cit. 
Ch. Davillier, /îec/i. s. l'orfèvrerie en Esp.,p. 16.) 

Angleterre. — 1322. — 3 springaus cum apparatu, 

3 springaus sine apparatu, 14 balistis de cornu ad viz cum 
3 coslis de cornu sine talar", 7 balistis de ligne ad viz cum 
130 quarcllis quorum 70 pennate de pennis eneis et 
GO de pennis ligneis; 3 ingeniis pro balistis tendendis, 
18 balistis de ligno ad unum pedem cl 1 cosla de ligno 
sine talar', cum 140 quarcllis; 2 paribus de plaies,! quirre, 
2 paribus lameriorum, 3 galee pro juslis, 3 paribus bracers, 
1 pari de luiielt' ; 1 grate, 3 vaumplales ; 3 paribus de beses- 
cus; 8 sentis, 4 targetis ; 1 galea pro guerra, 2 capelli cum 
visur', 6 galiMS pro torniamentis, 5 capcllis de ferro, 
I capellus de nervis, 2 paribus de gaumbers; 12 lancis, 
7 hastis lanccarum, 6 pavilon' et leiif, 3 terris pro frenis 
ad torniamenlum, 2 arcubus saracenis cum 3 sagittis 
saracenis, 10 tabor' pro ripai', 1 niagno scaccario de auro 
depicln, 1 tablar' de muge, i macea de ferro, 1 panerio 
pleno de iliversis instrumentis pro confeccione balistarum, 
13 capilibus ferrcis pro hinceis; 1 coronali pro juslis, 

capilibus magnis pro sagittis, 2 rctiis pro feris capiendis, 

1 sperlh' de llibernia, 4 compcdibus cum boltis el 11 sine 
boltis, 1 grym (laqueus) 2 unctis ferri pro incendie do- 
moruin... Il sagittis cum magnis capilibus ferri, l cornu 
eiieo quod una cum quoilam fauchoneest. . . 2 coi nua bugle. 

Item respondct de 8 loricis, 1 corset de ferro, 1 pari de 
gussettis, 1 gorger duplex, 7 paribus de chaucouns, 



(JS 



AIIMKS ET AUMUIIKS 



r> coifos loricaiiiiii, 2 r:ipollis frii i ciiiii viser", l ^alca 
cnm giiii'lii'l, 1 i'a|irlliirii IrniMiiiL roliiiiiluin, I akrlnii 
ni(ierlii di' |iaiiiii> >\r lalï.ila taiictn riini I caiiiisla ilc 
(^liailios, Ti paiiliiis ilf i iMiificins |iio i'i|iiis ail arma 
iiim Ti parihils cnnpcrlnriiiniiii dr freit' ciiiii llaniirlicriis el 
piriMiis de <iirio. - parilms dr Ircppcs, Il parilms nmpcr- 
turiiiriiMi Irrri pro cipiis et 2 iiianlellis l'i'rri, I pari ciro- 
llii'i-ariim do plaie, "i liraccrs de plaie, 1 pari de gaiiiii- 
liris, l pari sotlar' de plaie, 1 cnlar" de lerro, 1 sculo, 
i laineis pro ;;\ierra, :l lanreis pr» juslis, I pari de lioles 
plnmelez ilc l'errii, i i;! nliis i uni lnniesio ar^ienteo. 

Il eorde pro spriiigall', 3 Irlar' pro lialistis el I viz, 
40 iiidenles. {Inv. (le lioijer île Mortimer, p. a.V.).) 

Blsr.AYE. — 1645. — l'rnvimia de Viscaya — Sobre todo 
iniiiimi'rables miiieros de liierro y azero... île que labra 
lodo neiiero de armas perleiieciciiles al uso mililar. 
(Meiiilez Silva, l'ublar. gen. île Espana,c. 1, p. 2;iri v".) 

ni.,VMOM (Vosiies). — 1599. — Je lui donne ma pelille pis- 
lolle de Itlamonl loule neuve aver le pniverin qui est 
d'éliène enrielii dn juj;enienl de i'Aris qui esl il yvoire, 
garnie de houppes fraudées d'or el rnrilon de snye noire. 

Je lui laisse mon pnilrinal de BlamonI bien encorné... 
Je laisse à M le comte de llreze .. ma hellc arquebuse de 
lllamont avec un l'ournimeul de coiue île citT, là où esl 
relevi'e la conversion île S. i*aiil, ;;arnie d'un l'oriUui et 
lionppes de soye. — A .M. Vernou, mon fil.<, ma vieille 
arquchousc de Blamont qui a un rouet à l'allemande, 
montée de bois roufre encornée, elle esl pendue en la 
nielle de mon lil. [Testam. de J. de Cliarmoliie, p. 132 el 
437.) 

Bordeaux. — 1351 . — Et a voient couiles e]iéesile Bonr- 
dcaiix roidcs et aigiies el êpieux, et dagues, el les aucuns 
liaches. 

1377. — La fut Eliot de Calais... consuivi d'un coup de 
glaive au lialerel, d'un large fer de llordeaux aussi tran- 
chant eL aflilé qu'un rasoir pourroil èlre. 

1382. — Gens d'armes le> commencèrent à pousser de 
leurs roides lances A longs fers et durs de Bordeaux qui 
leur passoienl ces cottes de maille tout outre el les pre- 
noient en chair. 

1386. — Bien savoienl que jouter les convcnoit puisque 
jusques À là eliiicnl venus, non de fers courbés, mais de 
pointes de glaives de fer de Bordeaux aigus, mnrdans et 
Iranchans... les quelles épées l'Moient forgées à liorileaux, 
dont le taillant etuitsi aprc el si dur que plus ne pouvoil. 
(Frois.sart, passim.) 

1383. — D'un espoit de Bordeaux qui moult cbier li 
cousta. (t'/iron. de Duguesclin, 1. 2i2.) 

Calic. — 1645. — Villa de Calig. .. Labrando mnclias 
armas corlantes y de fiiego. (Mendez Silva, loc. cit.,c 4B, 
p. 31t.) 

DiiRANCO. — 1645. — Labrando muchas guarniciones de 
espadas y varias cosas de hierro.que provce a Espana y sus 
Indias. (Ibid, c.9, p. 2:)8 v°.) 

Fi.AXDilE. — 1 540. — Gille de Jagbere, fianc armurier de 
Ganil, déclare que de tout temps qu'il Ht partie du nii'lier, 
il fut permis aux marécliaiix de vendre des armes telles 
que longues armes, rapières, hallebardes, floijj/eii, /ifle/fCii, 
vnlkenberken, janclinen de barge, pertuisanes, lunettes 
d'Espagne. [Doc. cit. F. de \igi\e, Mœurs et us. des corpor. 
de met., p. 53.) 

France. — V. 1 600. — Le roi seigneur a parié G chevaux 
barbes contre les quels, à ce que j'ai oui dire, il a de son 
coté parié 11 epées et tj dagues françaises avec leurs acces- 
soires tels que bandoulières, ceinturons, etc.. 3 des trains 
sont, ma foi, d un goût exquis cl tout à fait digne des 
poignées, ce sont des Irains élégants cl d'un travail 
fort ingénieux. (Shakspearc, llamlet, act. V, se. 2, édit. 
Charp.) 

GiiABfiOCRi. — I 158. — Dans la montagne de Cliar- 
gliouri (Arménie) on trouve une mine de fer empoisonné. 
Les couteaux cl les armes qu'on fabrique .ivec ce métal 
occasionnent des blessures mortelles. (Edrisi, Géogr., t. II, 
p. 319.) 

Inde. — 877. — Un Indien venait dans la place publique 
avec son kri, c'est ainsi qu'ils appellent un cangiar qui 
esl fait d'une manière particulière .. il demanda un can- 
giar fort aigu et tranchant avec le quel il commanda à 
son neveu de luy couper la teste. (Abuzeid, Relat. des 
Me.<> et de la Chine, p. «5 et 102.) 

9*3. — Dans l'Inde l'ivijire esl très recherché; on en 



fait des manches pour les poignards nommés liaiari el uu 
singulier liiirri, ainsi que des gardes il'epi'es recourbées 
qui dans le pays ont le nom de liiiiliil, au pluriel /,a- 
lalil. (Maçouili," /.es /iniiric.s d'or, t. III, p. il.) 

1620. - 2 panes d'armes veiians des Indes, de fer 
hlaiii-, esmaillécs de noir, garnies de ruban de soie cl 
iliirés'; scavoir le devant el derrière, les moignons, les 
targettes, riiabillcnient de leste el uu boiiqiielier. {Inv. de 
riiolel de Salinx.) 

Messine. — 849. — Messine, l'Emir Clihir à l'Emir Bi-n 
Fazarra.— Ha riccvuto la Uia carl.i... nella qiiale lui 
ilelto. . che bai bisoguo di ferro per larlo lavorare alto a 
poler servire alla génie nei rieiibatlimenli ; perciii la mia 
grandezza le ne lia spedilo una barca carica. .. al pré- 
sente sto facendo lavorare una quantita grande di .iniii e di 
allrezzi da provvederne .'.O.IHMI uoiiiiui. {Cod . diplmn. 
aiaho-sicil., t. I, part, t, p. r)7l.) 

l\lF.TZ. — 1597. — 3 arquebuses de Metz garnies de leur 
fourniment. [Inv. de la V" de tMcnlaij.) 

1641. — 12 hallebardes île Metz, ensemble 12 1. 
{Inv. du duc de O'ui.se à Jninville.) 

Mli.AN ET Paris. — V. 1400.— Il fisl (Charles V) pour- 
veance... de liauliergous el azarans (jaserans), ramails 
Inrgeiz à Millau, à granl foison apportés par deçà, par 
I alliiiité de inesser Hariialio, lors seigneur ilud. lieu. A 
Paris, faire toutes pièces de harnois, el de tout ce donna 
largement aux compaignoiis d'armes, aux riches gentils- 
hommes les choses billes et jolies. (Christ, de Pisau, Les 
faits du roij Charles ) 

1442. — Tulle l'armadure si mcllono di Lombardia, cioe 
di inaglia, non paga nulla, e di piastre comesse. (G. da 
L'zzano, l'rat. délia mercat.,p. 181.) 

1598. — M. de Strozze approuvoit fort les corselelz 
gravés de Milaii et ne Irouvoil point que nos armuriers 
parvinssent à la perfection non plus qu'aux murions; car 
ils ne les vuidoint pas si bien et leur l.iisoieiit la Crète 
trop haute. 

Mais après il crya tant qu'ils y vinrent, et trouva un 
doreur à Paris qui les dora aussy bien ou mieux d'or 
moulu que dans Milan, ce qui fut un'e grande espargne pour 
les soldats; car au comineucement il n'y avoit morion 
ainsy gravé d'or qui ne coul.ist ilud. Negrot M escus. Je 
le puis dire pour en avoir acheté plusieurs de luy à tel 
prix, ce qui estoit trop. Mais M. Mrozze mil ordre qu'on 
aclieleiuit dud. Négrot le morion blanc gravé à bon compte, 
puis on le donnoit à ce doreur de Paris et ne revenoil 
qu'a 8 ou il escus. 

Du depuis cela a si bien continué que plusieurs maistres 
s'en sont meslés à forger, dorer cl graver, que nous en 
avons veu une très grande quantité en France. Aussy, 
certes, faisoit-il très bon alors veoyr les compaignics 
francoises mieux qu'à présent qui ont quitté les morions. 
(Brantôme, /-es coi(ron)ie/s franc., ch. 6.) 

MoNDRAf.ON. — 1645. — Villa do Mondragon — Labrando 
linissimo azero, hierro y armas de loilas suerles. (Mendez 
Silva, loc. cit., c. 7, p. 238.) 

MiiRCiE. — V. 1250. — Murcie est très renommée pour ses 
colles de maille, ses cuirasses et toutes sortes d'armures 
lie 1er incrusté d'or. Elle est également célèbre par ses 
selles et harnachemenls richement montés en or, ainsi que 
pour foules sortes d'instruinents incrustés :lu même métal 
et qu'on donne en présent aux fiancées. Tous ces objets 
sont d'un travail si parfait el si bien fini qu'ils éblouissent 
les veux. On les exporte en Afriiiue et dans d'autres rontrées 
éloignées oii ils sont très recherchés. (Ibn-Said, cil. 
Ch. ItaviUier, Rech. s. l'orfèvrerie en lisp.,p. 16.) 

Orient. — Voy. Canna et Gomie. 

Pl.ASENClA. — 1675. — L.ibrando infinités mosquctes, 
arcabuzes y olras armas. iMendez Silva, loc. cit., c. 15, 
p. 23!) T".) 

Saint-Étienne. — 1575 — Saint Eslienne de Furan où 
l'on fait les armes cl basions à l'eu portez par tout le 
rovaume, à cause qu'on a la commodilé de l'eau pour en 
faire bonne la trempe, joint qu'il y ont les mines de 
charbon naturel et terrestre, les meilleures qui soyeul en 
France. (Belleforest, Cosmogr., t. I,p. 317.) 

Sr.YRAS. — 1567. —La royalle ville de Scyras en la 
quelle se fout anneures de Très excellente trempe. (Ni- 
colay, Péregn». orieiif.,!. 4-, P- 131.) 

Sedan. V. 1580. —Une hallebarde de Sedan 12 1. 



AU.MKT 



6!) 



une au(re 9. 1. — 17 dcmi-mousqni'ts de Sedan à IH I. 
la pièce. {But. du coin, delà langue, t. 1, p. 572.) 

ToLOSA. — 1645. — Labrando famosas hnjas de e.spailas 
y varias armas. (Mendez Silva, Pcûd. de Viicaia, loc. cit.. 
c. 12, p. 23!).) 

ARMÉE (PETITE. — Enli-e les mains d'un cnfanl 
(le huil ans, même du lils do Louis XIV, une petite 
armée, à laquelle les ressources de la niér,ani(|ue 
imprimaient le mouvement des manœuvres, doit ètn' 
considérée plutôt comme un jouet que comme h; fué- 
lude d'une éducation militaire. A ce titre il e.viste 
des précédents d'une date assez reculée pour me 
permettre de reproduire ici, avec tout l'intérêt ([u'cUe 
présente au point de vue du costume, une pièce du 
xiv» siècle de la curieuse série des plondis liisloriés 
de la Seine. 




XI V« s. 



Jouet d'enfant. Coll. des plombs hixluriés 
de Vaut. 



r669. — A l'ieire Ciiuturier, dit Montargis,305 liv. pnui 
son paiement des journées qu'il a emploiiées à j,'ardor e'. 
gouverner la machine de la petite armée de Mgr. le Dau- 
phin de Viennois (Louis de France né le 1" nov. IGBl) 
pendant les quatre derniers uiois de l'année, à raison de 
50 s. par jour. (Rey. du très. rorj. Bibl. Richel. ms. Col- 
bert,a° l'J, 1MB.) 

1 670. — 22 7bre. Au S' Gessey, pour employer au paye- 
ment de partie des petites figures de soldatz composant 
une armée de 20 escadrons de cavalerie et de 10 batail- 
lons d'infanterie de carte, que Sa Magesté a commandé 
estre faisle pour Mgr. le Dauphin... 0000 liv. 

— 26 Sbr». A Henry Jessey, pour employer au paiement 
des ouvriers i]ui travaillimt <à l'aire une petite armée 
pour Mgr. le Dauphin —liOllU liv. — 21 9lj™. Au sieur Jessey 
pour employer au paiejneul de la petite armée de Mgr. le 
Dauphin... 10,000 1. — 18 .vlro. Au sieur Jessey pour em- 
ployer au paiement des ouvriers qui travaillent à faire la 
petite armée de caites de Mgr. le Dau|)liin iOOO liv. — 
28 xbre. Au sieur Jessey pour employer au paiecnent de lad. 
armée de cartes., . 2000 liv. — Il février 1671. Au sieur 
Gissey pour parfait remboursement de 28,96:! 1. l-l s. à 
quoy monte la despense de la petite armée de Mgr. le 
Dauphin... 1163 I. Il s. (Cptes de la maison du roi, p. 182.) 

ARMEMENT d'une GALÉE. — 1 294. — Et est à savoir 
que ce sont les armeures qui faillenl.selonc mon dit pour 
chascune galée : 120 targcs bonnes et sonllisanz; 120 
bacinez, 120 cousteliers; 120 espaulières, it. 2000 de bons 
c|uarreaus de Jeunes d'un pié, 4000 d'autres quarreaus, 
1000 quarreaux de 2 piéz des bons de Jeunes et 60 plates 
et 60 gorgiéres de plates et 60 ganz de plates, d'une main 
et 60 arbelestcs c'est assavoir 10 d'un pié et 20 de 2 piez 
et 4- dozaines de longues lances et 2 dozaincs de rondes 
et 100 javeloz qui sont appelez galtcrihl, it. 1000 jioz de 
chauz vive. (.1/r/i. J, 387, n" 12.) 

ARMEMENT B'UNENKK.— 1340. — ACuill. Ilaidi.maitre 
de la nef le Saint Georges de Leuse : 20 plates de parve 
{é.preuvcj et de dcmi-parve. 10 bachinèa, 10 cscus, 10 pa- 



vois, 30 lances ferrées, 5 arbalcstes à un pied, 6 baudrés, 
3 casses de cur à pied, une casse de viietons, lOcoustiau.'i 
et un garcot tout prest et une casse de cuires. (lieau- 
rop.iiri'. Le clos des tjalées de Itouen, p. 25i.) 

ARMERIE. — l'ianle odoriférante, la bétoine sau- 
vage, l'œillet de poète. 

1470. — Et quant est des dons que Icd. vieillard se 
vantnit luy avoir doimé, rospotnlit (ju'il n'cstuit pas vi'ay 
et qu'en sa vie ne luy avoit donné qu'uni; armerie à Iti 
pompes qu'elle garda et mist en sa quenomlle pour la 
paour de luy. (Arrests d'amour, 33, p. 155 v", edit. 154i.) 

ARMET. — Vers le milieu du XV" siècle l'armet, 
substitué au bacinet, puis au bicoque!, présente le 
type le plus perfectionné de l'Iiabillemcnt de tète. 

C'est à cette époque un cas([uo assez léger dont 
les diverses parties forment une défense complète 
de la tête, du visage et du col. A son timbre sphé- 
rique s'attache sur pivots le mézail, c'est-à-dire la 
vue, la ventaille et le nasal qui, réunis ou isolés, se 
relèvent sur le tymbre ou s'abaissent pour abriter la 
face et retombent sur les deux coquilles maxillaires 
dont l'assemblasc forme la mentonnière. 




Ep. de Unis XI. — Armet d rondelle. Coll. \V. Riggs. 




Le même ouvert. Rondelle et porte-piumnil. 

llelle-ci, dans sa partie inférieure, fait jonction 
avec le gorgcrin dont les pièces antérieure et pos- 
térieure sont rattachées par des pitons ou des cro- 
chets un peu en arrière des clavicules. 



70 



ARMET 



Lo xvr siècle n'a tanl soit peu modifié ce lypc 
qu'en amplifiant les saillies du Ijnibrc ou du mczail, 
en réunissant en une seule les deux valves do la 
mentonnière, en faisant jouer sur les mêmes pivots 
toutes les pièces mobiles, et en confondant d'une 
manière définitive l'armet avec le heaiinie. 

XIV' s. Li ars (^l'aii) rcspUndit louz des splendissouis des 

jartnes, 
Des armez, des aubers, des lances, des jusarmes. 
Des escus et des laities, des espées d'acier. 

(Girart de fioiisfilhn, v. 3767.) 

V. 1420. — liaissans les veucs de leurs annolz vin- 
diont l'un sur l'autre. (/>. Florès de Grèce, f" 133.) 

Id. — De la teste (du serpent) il eu fit cent armel ou 
cabassct. (/</., f» lOti.) 

1444. — (En 1130) le seigneur de Cliarny au treizième 
coup qu'il courut contre Icd. nicssire l'Iiiiibcrl, lui leva 
la visière de son armet du fer de sa lance. (Monsticlct, 
1. -l,c. 81.) 

1449. — L'un desd. pages (de Charles VII)... purtoii 
un arnicl ou arnieret en sa teste, tout de fin or et riche- 
ment ouvré. (J. Ohartier, H, lfi5.) 

1465. — Lui fist oster les vervcUes qui tenoienl la vi- 
sière de son aruiel et la (isl atachicr à une ni(;ueilicle o 
de la cire... et pour ce qu'elle ne tenoit guùres l'autre (son 
adversaire) l'enipottoit. (Le Jouvence I, nis., f" 179.) 




Fin du XV' s.— Coll. W. Riggs. 

1497. — Pour ung armet do guerre aiant une grande 
visière persée et 2 havières d'avantapo dontriino sehaisse 
cl haulse, garnie de fine maille, pour la personne du roy 
31 I. t. (Cple de l'écurie du roi, f U V.) 




Même coUeclion, 

1509. — A Guillemin Charton, sommelier d'armeures 
dud. Sgr. (le roi) 16 1. 5 s. pour ung armet heaulme garni 
de 2 buffes, le quel a esté mis dans l'armeurerie dud. Sgr. 
pour lui servir à son plaisir. (Cpte de l'écurie du roi, f 67. j 

1520. — U. pour et affln que chascun puisse scavoir 
et congnoislrece que lesd. eriUopiencurs entendent quant 
et si souvent qu'ils parlent de harnoys de guerre avec 
pièce d'avantage, ils entendent en telle sorte que chacun 



vendra en armel sans porler autre halullemenl de teste, 
c'est assavoir heaulme ne ilemy-lieaulnie ne hassiuel. Kl 
quant au résidu des pièces d'avantagi\ ;iiusi i|u'd plaini à 
ung chascun (le poi-lcr. IQrdonn. du liunnni d'Ardres, 
C aS.) 




Armel (jraix et dure. Coll. Rcssman. 




Le même, ouvert. 



1543. — Ohxèques de l'amiral Chabot. — « Après un 
autre portant le heaumî ou armet. » {[leg. des ordonn., 
Félib.,t. V, p. 358.) 

1593. — Pour ung armet complet, c'est assavoir, la 
cuirasse, l'habillement de teste, les brassais, les ganteletz 
et tasseltes à culeltes avec les genouillères, le tout gravé à 
moresques elle fond à couleur d'eau (bleui) — pris fait à 
la somme du 311 escus. (Arqenlerie du mi, 11,208.) 

1650. ^ Ce que nos anciens appcllcrent heaume on 
' (11)2.) 



anciens 
l'ippeja sous François 1" armel. (Pasquicr, VIII, p. 

ARMILLE. — Objet de parure, formaillel, boucle 
d'oreilles et principalement bracelet. 

1360. Leur osleray de leurs oreilles 

Les biaux anueaulx et leurs anncilles. 
(Eusl. Deschamps, ms. Uibl. Hicliel., 840, p. 532.) 
V. 1360. — Ils portoicnl en leurs senesires bras ar- 

iiiilles et anniausd'or. (Bersuire, TiteLire. ms. 5' Genn., 

f' Il d.) 

1370. — Honorablement les s.alua. Au départir donna à 
un une armilln (alias fermcillet) de fin or de quatre 
livres pesant. (Citron, de St Denis, Lolhaire, ch. I.) 

ARMIOLE. — Broc à porter le vin. 

1381. - Et la gela (la dague) à lad. femme par tele 
manière que se iielle dague n'eust rencontré une ar- 
miole plaine de vin, tenant 3 quartes ou environ... 
{\rdi. ,1.1. rerj. 119, pièce UO.) 

ARMOIRIES. — Si l'archéologie peut être consi- 



ARMUKIEP. 



71 



dérée à bien des égards comme une science nou- 
velle, une de ses branches a pris, du moins dans 
l'histoire et dans les habitudes de la noblesse, les 
racines les plus profondes et les plus anciennes. 
C'est la science héraldique. 

Sans avoir à parler ici de ce que, depuis le xiv siè- 
cle jusqu'à nos jours, tant d'auteurs ont écrit sur 
cette matière, il faut regretter que ceux des xvr et 
XVII» siècles aient traité d'une manière trop héroïque 
les questions d'origine dont la solution réclamail 
une étude plus exacte des monuments primitifs. 
C'est à l'érudition moderne que restent donc confiés 
ces difficiles problèmes, et c'est pour y apporter 
quelque lumière que j'emprunte au témoignage si 
autorisé de M. Dcmay les observations suivantes : 

« D'après les sceaux, les blasons ont fait leur ap- 
parition dans le dernier tiers du xu" siècle la 

fleur de lys héraldique sous Philippe-Auguste. Quant 
au fleuron ornant la couronne et le sceptre de nos 
rois, on le rencontre aussi loin que l'on peut re- 
monter à l'aide des sceaux et des manuscrits à minia- 
tures, c'est-à-dire jusqu'à Charlemagne. La Vierge, 
antérieurement au xi* siècle, ne portant pas cet at- 
tribut, ne saurait l'avoir transmis à nos souverains. » 
^l)emay, Le cost. au moyen âge, p. 233.) 

i Les plus anciens sceaux équestres où apparais- 
sent les armoiries sont ceux de Philipiic d'Alsace 
dont l'écu porte le lion de Flandre dès 1170. — .\près 
lui, Bouchard de Montmorency montre en 1177 la 
croix cantonnéede l alérions. .\ la même date, Eudes 
de Ham arbore sur son écu les 3 croissants de sa 
famille. Puis viennent successivement les écus ar- 
moriés do Uobcrt de Béthune, avoué d'Arras, 1182; 
de Pierre de Courteuay, comte de Nevers, llHi; 
d'Etienne, comte du Perche, et de Philippe de Beau- 
mont, en 1 100; d'Ansel de Garlande, 1105. De Richard 
Cœur de lion, en 1195 et 1198, date do l'apparition 
des 3 léopards d'Angleterre. A partir de ce moment 
les types armoriés ne se comptent plus. » (Demay, 
Le cost. de guerre et d'apparat, p. 28.) 

I 165. — Couronnement du roi Arlur. 
Ja n'i veissés chevalier. . . 
Qui armes et Jras et ator 
N'eussent tôt d'une color. 
D'une color armes avoient 
Et d'une color se vestoient 

{Rom. de Brut. t. Il, v. 10783.) 

ARMOISIN. — Taffetas mince et non brillant, le 
seul que les femmes du peuple se permissent d(^ 
porter au xvi'= siècle. Le meilleur se fabriquait à 
Gènes, la qualité intermédiaire se tirait de Lyon, et 
la moindre d'Avignon. Il s'en faisait de toutes cou- 
leurs et de changeants. Les armoisins les plus cslimés 
étaient noirs à gros grain. Cette étofl'e se tissait 
depuis trois jus(|u'à six lils. 

I.e denii-armoisin était d'une qualilé inférieure, on 
eu trouve néanmoins de renforcé ; il atteignait à peine 
la moitié du prix du précédent. 

1541.— 9 aulnes taffetas noir armoisin, à gros Rrain, 
pour faire rolihc de nuit (pour le roi) au pris de lOt) s. 
l'aulne. (13° Cpte roij. de Nie. de Tniijcx, C 32 v°.) 

I5'>9. — 10 s. pour demie aulne lalVctus noir armoisy 
à 8 fdz |)our faire le corps à une vasquine. 

i 1. 10 s. pour une aulne taffetas vioUct armoisy pour 
faire saclietz à nicctre pouldre do senteurs. {Cpte dv 
Mdrijuerite de Navarre, l'"" b'-i et 56.) 

1 577. — En France, les femmes du peuple n'ont des 
robes (ju'en drap ou en armoisin, mais non en d'autre 



qualité de soierie. (Relut, des ambass. l'éniliens, t. Il, 
p. 5.")!).) 

1590. — Hanno per usanza(le donne pleljee Genovcsi) 
portar in capo un pezzo di panno di seta assai sotlile 
come ormesino o laffetano di colori diversi. (VeccUio, 
18.5.) 

1618. — Une chasuble de tabis violet... doublée de 
tafetas demi armesin renforcé, de mesme couleur, {lilv. de 
l'Eg. S. Louis des Français, p. S.'i.) 

1630. — Led. reliquiaire de S. Mathoille repose à une 
ijarde-iobe garnie de 'y pieees d'arnioi>in changeant, 
(Inu. de l'Egl. S. Anatole de Salins, p. 54i.) 

..\RMOI.SIN D'AVIGNON, GÈNES. — I 593. — Armoisin, taf- 
fetas noir de Gennes, grand drap i5 s. le pan. — Armoisin 
susditnioypn 18s. — et lestal'tctas susdicts de couleur 18 s. 
— Demy armoisin, par uioité 7 s. le pan, — taffetas armoy- 
sin d'Avignon, noir 15 s. {Tarif du comtal Venaissin, p. 384.) 

ARMOISIN DES INDES. — 1723. — On tire aussi des ar- 
moisins de toutes les couleurs des Indes orientales, parti- 
culièrement de Cassombazard. 

L'armoisin des Indes est uu taffetas.. . plus faible et de 
moindre qualité que les armoisins qui se font en Europe. 
Les couleurs surtout le cramoisi et le rouge en sont or- 
dinairement fausses, et ils ont peu de lustre et point du 
tout de brillant. Il y en a de deux espèces (jui sont des taf- 
fetas ou rayés ou à carreaux et les Damavars qui sont des 
taffetas à fleurs. Leurs longueurs sont depuis 7 aunes jus- 
qu'à 21 et leur largeur depuis 7 seizièmes jusqu'au sixièmes 
d'anne. (Savary.) 

ARMURERIE. — La profession d'armurier. 

1491. — Sachent tous qui ces présentes lectres verront 
et ourront que, cum le te.mps passé de 6 ans ou environ 
Estieune Daussonne, Ambroys de C.aron et Claudin Belbm, 
natifz du pays de Mylan en Lombardie, et Pierre de Soii- 
naye, natif île la duché de Savoyc, les quels se furent 
associés, accompagnés et adjustez entre eulx, l'un avec- 
que l'autre, de faire leur résideiisse personnelle à ouvrer 
et trafiquer du mestier de armurerie, et ce pour l'espace 
de 20 ans ou environ... par ces présentes se désassocieut et 
despartent. {Min. du not.Frapier,Arch. de la Gironde.) 

ARMURERIE d'amboise. 1498. — .55 pièces de bougran 
rouge contenant chascunc 2 aunes, pour faire 2 grans 
pareinens de muraille en une grande salle au cbasteau 
d'Amboise oii estoit l'armurerie dud. feu Sr. (Charles VIII). 
Les quels pareniens contiennent depuis le liaiilt jusques 
en terre -3 couvertures qui sont joignant lesd. pareniens 
pour 3 grandes tables, les quelles servent à déployer les 
pièces de lad. armurerie. 

2 grans cielz de la longueur desd. paremens qui 
couvrent icelles tables, ayans pentes de tous costez, et 
fi rideaulx qui servent à fermer les devant et costez desd. 
tables, à 30 s. chascune pièce. {Cpte de l'écurie du roi, 
f 45.) 

ARMURIER. — L'armurier du moyen âge se con- 
fond avec le fourbisseur. A la cour de Franco 
c'est un sommelier d'armes dont les fonctions sont 
souvent identiques à celles du brodeur. 

()iieli(ues noms peu connus, rapportés aux articles 
qui les concernent, mettent ici eu relief les repri'- 
sentanls d'une profession expliquée par ses statuts 
et dont les œuvres attestent qu'elle fut aussi un art. 

V. 1488. — Statuts des AnMiiniRRS 

FOCRBISSEURS D'AnGEIIS. 

1. — Quiconque vouidra estre armurier ou brigandinier, 
fourbisseur et garnisseur d'espécs et de harnois... l'aire le 
pourra. . . 

2. — It. les quels maistres desd. mesliers seront tenus 
besoingner et faire ouvrage de bonnes élotles, c'est assa- 
voir pour tant que louche les armuriers, ils feiout harnois 
blancs pour hommes d'armes, de toute épreuve qui est à 
dire d'arbalestes à lilloles et à courscl à tout le moins 
demie espreuve, qui est à entendre d'arbaleste à croc(| et 
traiit il'arcbicrs, et pour tant que touche les brigaridi- 
riiers, ils seront tenus paiTillemcnt faire brigandines, 
c'est assavoir les plus pesantes de 2li à 27 livres poix dé 
marc tout au plus, tenant espreuve d'arbaleste à lillolles 
et marquées de 2 marques, et les moindres do 18 à 



7-2 



AKMlItlEll 



20 livres, li'l poix que dessus et il'espreiivc il'ailialeslc 
à crocq el liaict «l'arcliicr, marquées J'iine marque. El se- 
ront ici'Ues bri^andiiies il'assicr,lrampécs partout et aussi 
toutes garnies de cuir entre les lames et la toille, c'est 
assavoir en cliaruiie rencontre de lames, el no pourront 
faire lesd. brij^andincs de moindre poix de lame... 

11. — It. et fauldra que lesd. lames soient limées tout 
à l'entour, à ce que les étoiles durent plus largement 

10. — Que les marelians et ouvriers desd. mestiers, 
tant faiseurs d'espées, haches, (;uys unies, voulues, dagues 
et autres hahillemens de guerre, seront tenus de faire tout 
ouvrage lion, loyal el marchant. 

11. — It. que tous fomljisscurs et garnisseurs d'espées, 
tant vieilles que neufves, seront tenus de faire fourreaux 
de cuirs de vache ou de veau, et les jointures de cuir de 
vachi-, la poignée d'icelles nouée de fouer (fouet), et se 
aucunes poignées sont faictes de cuir, icelles poignées 
seront garnies de fissellcs par dessouhz led. cuir. 

li. — Et pareillement les atellcs des fourreaux seront 
neufves et de bois de fouteau sec... 

18. — It. que nuls marchans ne maislres forains ne 
pourront tenir ouvrouers ne boutiques de harnois, bri- 
gandiiies, javelines, lances, pici|ues ne espées, ne choses 
deppendanlcs desd. mestiers en ceste ville s'ils ne sont 
maistres en cette ville. (0/ï/o?in. des rois, l. \X, p. 151) el 
suiv.) 

1352. lielhomel Tliurel, pour 2.) pièces de vclhiyaux 
vndes des fors, baillez à N. Waguicr armurier du rny et 
Lirodcur. (Cples d'El. de. Lufontaine, Leber, t. XIX, p. I M.) 

1*21. — Guill. le Loup et Pierre Manring. (Voy. Ai- 
haléte.) 

1447-50- Barbarin de Irez, de Milan. (Voy. Harnais.) 

1447. — Jean de lionnes el ,Iean Uinou. {Cples du roi 
flene, r.8()-l.) 

1448. — Jlcrmel du Perry, d'Aix. (Ibid., pièce 586.) 
1448. — Jehan de Galles, de Tours. {Ibid., p. 595.) 
1456. — Thomassin Baignouxarm. duroy. {Ibid., p. 50',).) 

1488. — Pierre Ilaucher, de Tours. 

1489. — Oillel Ledaing. (Voy. Ilatlecret.) 

I 508. — Louis Merveilles, arni. du roy. {Ibid.) 

ISIO. — Jacques Merveilles, de Tours. (Voy. Armes- 
Armures.) 

1528. — Bobcrt Dumesnil, dit le Normanl. (Voy. Arba- 
lète.) 

1549-51 — Plusieurs armuriers cités. (Voy. Armes- 
Ai mures.) . 

IS6I. — Boquelin Dehoux, fourbisseur damasquineur 
de Paris. (Voy. Damasquine.) 

IS73. — A M" Hans armurier faisant corps de cuirasse à 
l'épreuve, 100 1. t. pour gages. {Cptesde la cour deXavarre. 
Iler.dWquit., t. XI, p. 2L"j.) 

\ I580-— Bourgcoys de Moulins {\o\. Armes-.\rmures.) 

1591. — Michel Lcgendre arm. du roy. {\ity. Harnais.) 
Ilierosme f.orcol et Laurent llasle, de Tours (Voy. Espée.) 

AUMl'RIEliS de boiideai X.MII..\N, etc. — 1375. — <'.one- 
pude cause sie que l'.uitard de Junquyèrcs, armurerde lior- 
deu, Lambert Braque, d'Alemanic, arnmrer de cotes de 
fer, reconcgon c autreyan e en vertat confessan aver près 
c reccbut de la nian de Moss. de Foixs 100 florins d'aur 
d'Aragon, pcr los quans lo promelan e s'obligan aver por- 
tât à Morlaas 00 bacinelz ah capmalh e 00 cotes do fer o plus 
si plus poden, boos e suflicientz. (^1/c/t. des B.-I'yrénées, 
E.3U2, riio.) 

1490. — Sachent tous... que cum le temps passé de 
6 ans ou environ Estienne Daussonne, Ambroyc de Caron, 
Karoles cl Glaudin Bellon natifs du pays de Mylan en Lom- 
bardie el Pierre de Sonnay natif de la duché de .Savoye, 
les quels ce fussent associés, acompaignés et adjuslez entre 
eulx l'un avccqncs l'autre, de faire leur résidence person- 
nelle et continuelle à ouvrer et trafiiiuerdu mcsticr de ar- 
murerie, et ce pour l'espace de 2(1 ans ou environ etc... 
(Gaullieur, L'armurerie milan, à liordeau.v. Rev. d'Aquil., 
t. Ml, p. 26.) 

1573. — A Batiste de Millau, ilemeurant à Navarrcux, 
pour la garde cl l'entretien du harnois qu'avoil fait faire le 
feu roy Henry 20 1. 1. {Cples de la cour de Navarre, loc. cil.) 

AROLUS. — Variélc des panneaux ou filets à 



nappes pwir les petites chasses aux oise.liix cpie \r 
Hoi modus appelle le desduit des pauvres. 

V. 1300. — Il y aune maiiicre de rctz où ou preul plu- 
sieurs manières doyseaux, par espécial quand il a iiégé, et 
l'apiiello l'on anilu.s qui est de 2 retz, non pas iiionlt 
grandes mais fortes et espesses, et sont coiijoi'ictcs en 
teste, et sont fichées eu terre, et y a distancées parties 
Mioyciiues, et ont i cours hastons dont elles sont enle- 
vées en hault quand la corde est tirée, et ne se lléchis 
sent point vers terre, mais deineureiileslevées el très bien 
conjointes ensemble avec les retz par dessus en iiiaiiière de 
cioivertine lie maison, ('.este letz avec tons ces basions et 
ces cordes seront très bien couvert de feune, et a l'espace 
du inillieu aura do grain ou île viande ipie les ovseaux 
.■lymciil elqiie l'on pense qui soil agréable pour les faire 
venir. (Juaiid I oysellciir verra grand imilliludi' d'oyseanlx 

il entrera eu nue petit lisounelle close qui devra estrc 

près de là et tirera la corde soubdaincment, et l'attachera 
bien fort à ung pieu de la maison, el prendra les oyseaux. 
(P. (le Cnvscensl. 10, ch. 17.) 

ARQUEBUSE, II.vol'Ebuttk. — l.a plus ancienne 
ariiir à li'ii poiialive csl le .iroljiii^ un .■icopil !!.•<, es- 



; a 



l.. 



.VI 



s. — Arquebuses à croc; A, Gymnase île Moral (147;)) 
B, musée de Dresde. — Autre à croc mobile. Coll. 
de Vaut. 



copelle primilive, donl parle en I3'J7 un inventaire 
de l'artillerie de Bolog-ne. Klie n'est point différente 
de laeoulevrinc de pelil calibre donl on s'est servi 
pendant tout le* quinzième siècle où on la tirait sur 
une fourchclle fixée à l'arçon de la selle. Mais sous le 



ARQUEBUSE 



73 



nom de coulrvriiie ù main il faut ranger la haquc- 
butte ou arquelmso à croc, c'est-à-ilire à croclict; 
arme do rempart et d'assez fort calibre pour figurer 
souvent parmi les pièces d'artillerie. Le diamètre 
moyen du projectile était de 'l'ô millim., et le poids 
de l'arme, d'après un compte de 1531, de 17 kilogr. 

Fixée pour le tir sur une fourchette ou sur un 
chevalet, la ha(iuebutle à fût de bois, sans bassinet 
et sans serpentin, est pourvue d'un mécanisme dont 
un document de 1165 ne signale que la clef, mais 
dont l'emploi ne semble pas s'être généralisé; aussi 
est-ce à l'époque de l'avènemcntde François!" (1515) 
qu'il faut rapporter l'invention étrangère de l'arque- 
buse à bassinet et à serpentin qui, entre les mains 
des Espagnols, décida en 1521 du sort de la bataille 
de l'avie. 

Alors la mèche, d'abord indépendante, puis prise 
dans les mâchoires du serpentin, et la platine munie 
d'un ressort et d'une ilétenle, le bassinet et le cou- 
vre-bassin et constituent la disposition spéciale de 
l'arquebuse telle qu'elle a servi dans l'armée fran- 
çaise pendant tout le xvi" siècle. 

Néanmoins, dès 1517, en Allemagne, la platine à 
rouet remplaçait la mèche. Le mécanisme dont elle 
était pourvu im|uimait à une rondelle d'acier can- 
nelée une vive rotation avec frottement contre une 
pyrite dont les étincelles produisaient sur la poudre 
d'amorce l'ell'et des batteries à silex. C'est le système 
qui, après trois siècles, a fait place dans les temps 
modernes à l'emploi des fulminates pour les armes 
à percussion. 

1397. — Unum scolpum parvum a cavalito, et sine 
cavalito — 8 sclopos de ferro de quibus suiit il a manibus 
(Inv. de t'artill. de Bologne, p. 364.) 

1417. — Ducebut primani aciom ipse cum sexcenlis 
ciiuitibus levis armatura;, totidemque sclopetariis ac pari 
iiumei'o arciibusariis. (Comment. Fr. Carpezani.) 




V. IIBU, 



IScopitiis.l D'après l'aulus Saiiclinus. /;i6/io(/i. 
Riclu-l.ms. lut. 7239, r 79 V". 



1*75. — Aux conipaigiions caiionniers qui as,sairent 
plusieurs serpentines et liacquobusies sur la muraille de 
la ville IG s. — A Jdian Dclabarre, febvie pour avoir 
ferre les lumières île 2 baquebusches, remis une manche 
à une autre et ueltuyé la lumière de 25 autres 16 s. — 
Au uiÙHie, pour une, arquebuse de fer i 1. 10 s. — U7S. 
— 2 hacquebusscs de fer 40 s.— 14'J1.— A .Jebau Cuppre 
m'" fevrc à Maliucs pour 50 arquebuses 2001. (La Fons, 
Arlill. de Lille, p. 27.) 

''►78. — Paye à l'errenot Poinsart, maréchal, au prix 



de 3'. chaque 12 harquebuches, dont 6 à manches de fer 
et les autres à manches de bois. {Arch. de la C. d'Or. 
Garnier, AriUl. de Dijon, \\. 31.) 

ftSS. — 300 AIcmans qui avoient moult largement de 
coulevriiies et leur portoit-on beaucoup de haquebutes à 
cheval. (Commines, I. 8, eh 7.) 

1507 à 1518. — A 51° Haiis de l'arperutre, ouvrier 
de serpentines à Malines, 20 hacquebutes de cuivre (en 
ce uou compris les all'uts)... pour chacune 8 s. — A 
M' Jehan de Cuppre 20 bacquebuslcs qui doivent peser 
927 liv. a 4 I. 15 s. le cent... et pour les affûts 7 s. 
chaque... pour 6 grandes et longbi s hacquebustes de 
kcuivre pes. 3fiO liv et 6 affûts de bois KO 1. 16 s. — 
50 hacquebustes de fer à 4 I. la pièce. — In hacquebuste 
de métal pes. 40 liv. 10 s. — une autre de fur 60 s. {Extr. 
descples de Lille. La Fons, Arlill. de Lille.) 




lAsellus portans in sella très scopitos|. Ibid., I'°72 v. 



1521. — De eeste heure là furent inventées les arque- 
bouses qu'on tiroit sur une fourchette. (Du Bellay, 1. 1, 
p. 358.) 

1523. — 8 hacquebutes de fonte de bonne matière de 
mytaille, (In poids de chacune 30 liv., du calibre de celles 
du roy qui sont au château, à y délaisser deçà et delà du 
boute-feug, 2 écussons pour mettre les marques ou armes 
de la ville. (Garnier, L'arlill. de Dijon, p. 50.) 

1523. — Et pour 9000 payes d'Espaignolz, ycomprings 
les doubles payes et les payes et demye de ceulx qui 
portent les hacquebutes à crocetz, 27,000 esc. par chascun 
mois. IDevisp. l'arméedu duc de Bourbon. Rymer, t. Xlll, 
p. 795.) 

1524-5. — A Jean Maignan, fondeur, pour avoir faict 
26 arquebuzes poisant ("51 liv. 159 I. 11 s. — 25 arque- 
buzes à croc 157 1. 7 s. 9 d. — A J. Veron 62 manches 
de cœur de chêne pour les arquebuzes 7 1. 16 s. (Girardot, 
Les artistes de Bourges, Arch. de l'art fr., 2° série, t. I, 
p. 2.V2.) 

1527. — Les haquebuttes à crochets que portoyont les 
gens de cheval.... endommagèrent plus les Francoys que 
leur prouesse et vaillance. (J. liouchet, ch. 32.) 

1537. — Une haquebutle ayant 7 canons, gravée par 
dessus et damasquinre, et enlad. graveure une salmande 
et un Vulcan. (Cil. Arch. de l'art fr., t. III, p. 310.) 

1553. — Une quantité de chevaletz pour harquebuzes à 
crocq telz quelz. {Inv. du chùl. de Brest, p. 792 v°.) 

1567. — Les harquebuses à croc sont de plusieurs 
longueurs et calibres et aussi faut qu'ils servent pour 
plusieurs effets. Les communes que l'on fond ordinaire- 
ment pour le roy ont 3 pieds 1 poulce de long ou environ. 
La circonférence à l'endroit de la lumière est de 7 poulces 
2 lignes, sur le devant 5 poulces 2 lignes. La longueur 
depuis, la douille jusques au crochet 1 pied 7 poulces. 
L'embjuchure contient en diamètre 11 lignes, le boulet 
6 lignes. (Lalreille, Disc, sur l'arlill., nis.) 

V. 1580. — L'arqiu'busc avoit de longueur i palmes e' 
demie, mesure de Milan et lirait une balle pesant un lier, 
d'once. (S. Luc, Obser. milit., ms.) 

1588. — 7 arquebuses à croc de fonte, 3 des quelles 
ont leurs serpentines. (Inv. du l'r. de Condé, p. 150.) 

1599. — Une longue arquehouse riée (rayée) dedans 
qui a un louet à grand ressort, de la façon de Fornyol; elle 



74 



AHQUEBUSK 



a 3 marques sur le ranon... une arqiicboiise renforcée 
rioe cil dedans, qui a un rouet à l'allemaiidi' et 2 niedaillc^ 
décerne pou rencurnure.(rc.v(am. île Charuwhie, p. 130.) 

1620. — Il arquebuses à oroe, 7 inonlées sur bois 
noir aians environ 7 pieds de long de canon, dont 5 sont 
avec sorpenlins, 2 à rouetz, 2 autres plus courtes à serpen- 
tins, l'une de 5 pieds et l'autre île l. Une autre (pii se 
charge par derrier avec quartouclies, l'autre montée sur un 
linis blanc avec Hlets d'or, de la longueur de 5 pieds. 
{liir. lie l'hùlel île Salin.) 

1678. — J'ay veu chez un gcntllliomme de l'icar<lie 
proche Saint-Quentin une arquebuse qui se cbargeoit avec 
le vent et dont la baie perçoit de 30 pas une porte épaisse 
de 2 doigts. (Caya, Truite îles armes, p. 30.) 

.\RQl!EBl'SK de liREsciA. — 1585. — De Bresse on 
tire des outils de fer élabourez en plusieurs nianicres, des 
arquebuses et autres sortes d'armes très ingénieuses. 
(Fioravanli, Miroir i/nic., 1. l,c. 12.) 

ARyi-tm-^'^ ''<' CIIATILLON. — 1599. — Je laisse 
à M' de Sauvigny mon lits une ar(|uebouse longue, montée 
de noir avec uii grand ressort, et y a en son encornure 
un veneur qui nit iic un limier après nu cerf. Le canon 
est du bon maitrc de Oliatillon, l't un fourniment de 
corne. (Testam. deJ. de Cliarmolue, p. 130.) 

ARQUEIU'SE de iielgovbar. — 16*5. — Villa de 
llelgoybar. Labrando niurhos arcabuzes. (.Mendcz Silva, 
l'ohlaeion rjen. de Espana, c. 21, p. 211.) 

ARyiEliUSE de Licoi'ES, mii.an, pignehol. — 1598. 
— Nostre harqucbuscric, le temps passé u'esloil pas telle en 
armes comme elle a esté depuis, car ce n'éloit que petits 
meschans canons, tant mal montés qu'on appdoit à la 
Luquoise, en formi^ d'une espaule de mouton, et le llasque 
qu'on appeloit ainsy estoit de mesnies, voire pis comme 
de quelque cuir tiouilly ou de corne, bref une chose 
chétive. 

Dudcspuis en Piedmont ils s'accommodèrent des canons 
de Pignerol que l'on fit et forgea là un peu plus ren- 
forcés, mais fort longs cl menus, qui certes estoient bons 
pour ce temps. 

Dudespuis nous nous en sommes servis pour la chasse 
à cause de leurs bontés... La mesche de rhari|nehusc 
se portoit par le soldat toute entortillée en rondeur dans le 
bras, fors le bout de la mesclie i|ue l'on tcnoit en la 
main pour la iiictlre au Serpentin. Les janissaires turcs 
du grand seigneur n'en ont point encore oublié la cous- 
tume, qui portent encor ainsy leur mesche, qui pour 
cela ne se pouvoit si bien accommoder ni si propre- 
ment au serpentin comme nous la portons aujinird'liuy. 

Dudespuis, peu à peu, en Piedmont ils s'accommodèrent 
des canons de iMilan. (Brantôme, Couronnels fr., ch. 6.) 

ARQUEBUSE de METZ. — 1597.— 3 arquebuses de 
Metz garnies de leur fournimciil. (Inn. de la Vve de 
Nifolaij. — Monteil, xvi« s. Sliil. 60, note 381.) 

ARQUEBUSE de milan. — 1576. — Il y avoit mille 
harquebouziers choisis, marchant par sept, armés de mo- 
rions gravés et harquebuses de Milan. (Entrée du duc de 
Bernj à Bourges.) 

ARQUENET. — Plante de la faniilli! des Dorra- 
ginées diuit la racine donne une leinlurc d'un rouge 
violet. 

1393. — Sachiez que arquenet est espèce qui rent rouge 

couleur, et est aussi comme garingal Caringal qui 

est le plus vermeil-violet est le meilleur. (LeMénaijler,\.. Il, 
p. -j:10 cl 235.) 

ARRAS (Orkhois d'. — Indépendamment de ses ta- 
pisseries déjà célèbres, la ville d'.Vrras possédait au 
xiV siècle des fabriques d'orfrois, de galons, de 
tissus et de ceintures fort recherchés pour le cos- 
tume ou rameublement. On en faisait en laine dé- 
signée alors sous le nom de Cl d'.Arras, et principa- 
lement en soie de toute couleur et rehaussée d'or. 
Ces produits, exportés en Italie et particulièrement 
à Plaisance, servaient, comme la sarge, àborderdes 
rideaux de toile ou à faire des gouttières et orne- 
ments de lit. 

Un document de 1104 prouve claireiiieiil que du 



fil d'.Vrras pris pour restaurer les ti'ous et les avaries 
d'une tapisserie à ligures, no peut être que de la 
laine comme le lil de sajette, la soie, dans ces sortes 
d'iiuvrages, étant toujours désignée par son n(uu. 

1351. — l'n chapeau de bievre... fourrez de drap et 
orfroisicz autour de lion orfroy d'Arras, garny de brides ou 
las de sove noire et de 2 gros boutons d'or de Cliippre. 
[CjileiiEi. de La fontaine. — Du ('.ange, v» Capellus ) 

1352. — Pour 8 picrcs d'orfrois d'Arras à mettre et 
orfroisier le parement de cheval, davs et quarroaux 7 l. 
(3 Cpte id., ms., !■» 102 v°.) 

1355. — 2 chapeaux de hièvre doubles, fourrés de gris 
garnis chascun d'un graiit las de soye et de 2 gros bou- 
tons guippés d'or de Chippre, orfroisicz tout autour d'un 
bon orfroiz d'Arras. (Cpte roij. de Gaucher de Vannes, 
f210v°.) 

1390. — (Uturitur nunc Placentiœ) sarziis magnis et 
parvis a lectis et corlinis de tela circumcirca dicta lecta 
et etiain liandcriis ilc Aiassa. (J. de Mussis, Chrim. Pla- 
cent. — Muratori, lier. ital. script., t. XVI, c. 578.) 

isg'». — 11. Unuin tissutum de serico viridi sine bou- 
cula cum mordente et 17 clavis — 17 s. p. 

It. Aliud tyssutum de serico, operatum cum auro do 
opère dicto altrabato, cum boucula et mordente et 13 cla- 
vis argent! albi — 12 s. p. (Exécution du lest, de P. 
Forint, tns. Ilibl. Richel. 81)30, p. 7.) 

IWt. — Pour avoir rappareillé et mis à point un 
lappis a ymaiges, batu à or, de l'istoire de Galeran, où il 
a rcll'ait de lin fille d'Arras, des couleurs dud. tappis plu- 
seurs grans trous et dcscircurcs. (21° Cpte roij. de Ch. 
Pnupart, p. 22.) 

ARRÊT. — Espèce de piton façonné et rivé ser- 
vant à arrêter et surtout à eiiriciiir les courroies 
d'un harnais. 

1392. — Pour l'or d'un airesl semé de petites lellrcs. 
émaillé de plusieurs couleurs. (Laborde, Les ducs de 
BoKrff., 5530.) 

1400. — 10 selles, tant de coursier comme de roncin 
pour Mgr. le duc, d'Orléans, pour sa livrée qu'il a cous- 
tmne de prendre chascun an. . . . Les harnois desd. selles 
de cuir de Hongrie et couvert de drap et cloué d'escailles 
découppcz tout au long et par les carrefours d'arretz de 
laiton, et en chascun arrest une fucille de laiton pendant, 
de la façon d'une fucille d'ortie. (Cpte roij. de l'écurie, 
f 19.) 

ARRÊT DE LANCE. — Aiqdiiiaé priiiiilivemcnt 
à la rondelle qui surmonte le pied de la lance, ce 
terme désigna plus tard le crochet fixé à la cuirasse, 
généfalement appelé /'aMcre. Yoy. ce mot. 

1388. — AThomas Dubrueil, armeurier pour l'aschat 

de 3 fers de lansse 18 s. U d. les quelx il a mis en 
3 lansses avec les arrés. (Grandmaison, J/em. de la Soc. 
archéol. de Tours, t. XX, p. 215. Cptes de la ville.) 

1484. — Etienne Pannnije fait dorer : les soleils du 
viel harnois de jambe du duc d'Orléans et aussi l'arrcst de 
la vieille curasse à la mode d'Espagne pour l'entrée du roy 
a Paris. (Arch. Joursanvault, n° li"3.) 

1600. — Encores que les chevaliers n'eussent point 
(pour la lance) d'arrêts fermes, à cause que leurs haubers 
estoient de mailles, l'on n'cust sceu ou les clouer sur les 
mailles. (Fauchet, Orig. des armes, t" Vî.) 

ARROSOIR. — Les deux vases cités ici diffèrent de 
l'arrosoir usuel. Le premier est'analogue à la pièce 
siphoidc donnée par Villard de llonnccourt; le second 
est une chantepleure (voy. ce mol) nu arrosoir pncu- 
malique a<lopté par Valenliiie de Milan comme em- 
blème de son deuil. 

1489. — Gutturnium. Vas aquatilo piiforalum in infe- 
liori parte. Arrousuir pour arrouser Jardins. (Gloss. lat.- 
franc. ms. de Lever.) 

I5l<t. _ H» 110. Ung arrosouer à gcctcr caue rouze, à 



ARTILLERIE 



75 



ung clocher dessus et ung pend (?) dnssoubz, le tout cou- 
vert de fil , et V a plusieurs personnages de femmes, 
esmaillé de esma'il sur esmail, tout vermeil doré pes. i m. 
et demi. (Inu. de Cliarlolte d'Albret.) 

1556. — Entre les vaisseaux eestuy cy est aussi csmer- 
veillable qu'il est commun. Semblable en i;raudeui- et en 
forme à une amphore qui a le col gresle, le fond est percé 
par le bas comme un crible, une petite bouche par le 
haut. 11 se l'ait d'arîiiUe et peut être fait de toute autre ma- 
tière. La bouche d'en haut estant ouverte on la plonge 
dans l'eau et le remplit-on, puis on le sort et met-on le 
poulco devant pour retenir l'eau, jusqu'à ce qu'on soit venu 
au lieu du jardin qu'on veut arroser, puis y estant on 
l'arrouse. Quand ou veut cesser on met le poub'c pour 
retenir l'eau. (Cardan, cit. par Wecker, illerr., 1. 1^, 
p. 7U8.) 




1.557. — D'après rj. Pamâin. Denses héroïques. 



ARSENAL de venise. — 1480. — 11 y a (à Venise) une 
grant place qui dure environ une lieue de tour nommée 
l'Arcenat, en laquelle y a tout autour par dedans de 
grandes salles. Et une des plus merveilleuse chose qui soit 
en toute région du monde, près de ville et principallement 
pour la grant habondance et multituile d'artillerie et de 
tous liarnoys de guerre qui est esdictes salles. Et sont 
chascunes pièces mises par ordre tout le traict à part, les 
arcs et arbalestes d'autre. Les brigandines et barnoys, 
heaulmes, salades et espées toutes nues. Lances, javelines, 
picques, youlges et tous autres basions maniables qui peu- 
vent servir et estre nécessaires en guerre, chascun à part 
en si grant habondance que c'est une chose incrédible qui 
ne le verroit. (Le voit, de la Ste Cité de Jérusalem, 
S° b2J 

ARSENDJAN (Etoffes d'. — I3S6. — Arsendjan est 

du nombre des villes du prince de l'Irak. . . la plupart de 
ses habitants sont Arméniens. On y fabrique de belles 
étoffes qui sont appelées de son nom. iVoii. d'Ilm-Butoulak, 
t. Il, p. *)t.) 

ARSIN. — Incendie— 1379. — K° 1808, en ung noct 
plusieurs pièces de fretin demeurées d'un arsîn, pes. 14 m. 
4. {Inv. de Charles V-) 

ARTAULT. — AiTèloir. — 1449. — It à Pierre 
Uouchcr, serrurier... pour ung artault devant l'huis, scelé 
en plonc, et pour led. plonc et pour plâtre pour sceller les 
tauelis. {Cptes de l'Etjl. S. Sauveur de lilois, p. "20.) 

ARTEBOIS. — Enmarchement de lit formant gra- 
din en saillie sur les parois isolées du mur. Vov. 
Atibois. 

1589. — N'iiO. Ung pavillon à l'impériale, de toille de 
Hollande, garny d'ouvraigcs blanc et rouge, 3 grands ri- 
deaux, les soubassemens, 1 quenouilles garny de mcsmes 
ouvraiges, 3 artebois, la garniture du clu-vet de mesmo 
toille et mesme ouvrage. (Inv. de Catherine de Médicis.) 

ARTIFICE. — Pendant tout le moyen âge les pro- 
jecliles incendiaires ont figuré dans l'attaque et la 
dél'ensc des places. C'est i celte catégorie d'engins 



que se rattache le feu grégeois des auteurs byzan- 
tins et arabes, auquel est consacré un article spé- 
cial. 

I 594 — A Jehan Bocquet, artificier du roy en la ville 
d'Abbeville, la somme de IJIlO s. pour partie de la despence 
qu'il a fait en ceste ville durant ung mois qu'il a travaillé 
à faire cercles, grenades, pots et autres choses d'artifices 
pour s'en servir à rencontre des ennemis en cas de siège, 
et pourquoy a esté envoyé en cested. ville par M. de Hu- 
mieres lieutenant pour le roy en Picardie. 

... A Nicolas Everart, potier de terre, deniourant en 
ceste ville, la somme de ung escii 36 s. pour i douzaines 
de potz de terre nommez buireltes par luy livrez, pour 
6 potz à feu d'artifices faits par Jehan Bocquet maitrc fai- 
seur d'artifices de la ville d'Abbeville. 

A Jehan Fauvel, tonnelier à Doullens, pour avoir fait, 
livré, acoustré et arrondy .50 cercles de bois pour emploier 
à faire artifices par Jehan Bocquet maitre artificier de la 
ville d'Abbeville et qui sont au magazin de lad. ville, et 
30 s. pour un pot d'eau de vin (eau-de-vie) por luy livré 
aud. artificier à emploier ausd. artifices. (Cpfesrfe Doullens. 
Extr. par Dusevel.) 

ARTILLERIE. — Avant l'invenlion des armes à 
feu, ce ternie désigne tout l'outillage manuel ou 
roulant et aussi les engins et machines de toute 
sorte servant à la guerre. Cette diversité des noms 
et des choses m'oblige à renvoyer à ses places res- 
pectives l'étude de leur caractère spécial, comme 
aussi celle des armes nouvelles qui accompagne- 
ront l'emploi de l'artillerie proprement dite. 

.\ partir de 1326, la fabrication de la poudre sort 
du domaine mystérieux où la science du xill° siècle 
l'avait tenue cachée, pour entrer dans celui des ap- 
plications. Dès lors, une série de documents authen- 
tiques permet de suivre Icsprogrès d'un art nouveau 
dont Berthold Schwartz a passé longtemps pour 
l'inventeur, mais au moine allemand revient le 
mérite seul d'y avoir apporté, vers le milieu du 
XIV" siècle, un certain développement, c'est-à-dire 
l'usage de la grosse artillerie. 

Les plus anciennes bouches à feu paraissent avoir 
été exécutées en fer et en fonte de métal d'un petit 
calibre, ayant la forme allongée d'un tube primiti- 
vement percé par les deux bouts, puis muni à la cu- 
lasse d'une chambre mobile contenant la charge; 
mais les dangers résultant de leur imperfection ne 




U7G. — Pièce de l'artiU. de Charles le Téméraire 
à Granson. Arsenal de LaneuvUle, 

tardèrent point à faire substituer au coulage un ap- 
pareil de douves freltées qui en multipliant les en- 
veloppes diminuait les chances de rupture. 

Les premiers projectiles employés étaient de 
courts carreaux ou garrots empennés assez semblables 
à ceux que lançaient les grandes arbalètes à tour. 

j Après, vinrent les boulets de métal cl de pierre. 

I L'usage de ces derniers durait encore au xv" siècle. 

I Dès l'époque de Louis XI (1 161-83), l'artillerie prit 



76 



AIlTII.LEIllI': 



une iiiiportiincc qui, progressant pendant les règnes 
(le sessuecesseurs, periiiit:'i Henri II d'en réj^nlariser 
l'emploi en déteniiinaiit d'une iiKiniére préciiie dans 
les ordonnanees de 155:2 le nom, l'espèce et la di- 
mension (les pii'ces. 

1180. — Assinl el lancée, catapiilles setes harhelei, 
aiUillia laiet'ai, pi-Ile ii/., lalisic aibloi, fuslibiila inaiig- 
ge)ieus, funde leiiges, balcaies, siides peus fcrri, clave no- 
dose HKifM, riisles6(is(«/i.\, tones (i.vunj i';iicin siipiiMiles. . 
assiiil fl arides, vinie berfreijs, viles, oiales cleijes, ba- 
leare perers el cclcie machine. (Alex. Neckani, De iiteiisiU- 
bus, .■■dit. Th. Wrighl, p. lOl.) 

V. 1365. — Quavlani veio audiluin pcrlubaiil in lan- 
luin quod si subiki de nmlc. cl arle sufdrienti lieririt. iiec 
possel civilas lire exercitus suslincie. Niilliis lunllrus, 
fragnr possel lalibus ruinparari... Kl cxperinieiiluiii liiijus 
roi capimus ex hoc ludicro puirlli ipiod lit in nnillis 
niuiidi pailibus, sciliccl ul instruiiii'nlo t'arto adc|uaiitlla- 
leni polliiis burnani ex tinlcritia illius salis, i|ui salprlrif 
vocaliir, larn hoiilbilis soiuis nascitiir in niplura nioilicie 
ni, sillii el niodici peritanieni, ipiod forlis loiiiliiii seiilia- 
tur cxccderc lugilum el corusralioneni niaxiniani sui lu- 
niinis iubar excedil. (Roger liacon, Oniis ma/us, p. 474, 
cdit. I7:t3.) 

Sed tanicn salis pelra? luru vopo vir can ulriet (ana- 
gramme de : fiirt'onu /i«/eeri (ii(o) sulphuris, el sic facics 
loiiilriim cl coruscalioneiu si scias artilicium; vidcas taincn 
ulruni in cniginalc vel secundum verilalem. (A/., Théâtr. 
chim., 1. V, c. Il, p. 88I.J 

I30S. — Arlillcrie est le charroi 

(Jiii par duc, comte ou par roi. 
Ou par aucun seigneur de terre 
Est cliargié de quarriaus eu guerre, 
D'arbalesles, de dards, de lances, 
El de larges d'une semblance. 

(0. Guiarl, v. 11,245.) 

1326. — (n. s.) 11 février. Possint dicli douiini priores 
arliuni. cl vexillilcr jnslilic una cnui dicto ofliciu \i bouo- 
riiMi vivuruin, cisque liccal nomluarc, cligcrc el dcpularc 
unum vel duos uia^islros in olTiciales cl |iro oflicialibus ad 
faciciiduui cl licri lacicnduni pro ipso coninmui pilas seu 
palloclas l'errcas el canones de métallo, pro ipsis canonibus 
et paliitlis habendis et opcrandis per ipsos magislros el 
olTicialcs et alias pcrsonas in defcnsioue communis Flo- 
rentie et caslroium el lerrarum que pro ipso comnmni te- 
nenlur. {Arch. de Florence, reg. 23, De' riformagioni, p. 6.S.) 

1338. — Sachent tous que je Guillaume du Moulin de 
Bouloigne. ai eu el receu de Thomas Fouques, garde du 
clos des galées du ruy nostre ïirc à Kouen, un pot de 
fer à traire garros à feu,48garros ferrés el empanés, 
en 2 cassez, une livre de salpêtre et demie livre de 
souffre vif pour faire poudre pour traire lesd. garros ; 
desquelles choses je me tien à bien paie el les |>romets ei 
rendre au roy noslrc sire ou à son conmiandemcul toute 
fois que nicstier sera — donné à Leurre le 11" jour de 
juillet. iDibl. Rich. Cah. îles titres.) 

1339. — (n. s.) A Henri de Kaumechon pour avoir 
poudres et autres choses nécessaires aux canons qui cs- 
toient devant l'uj-Ouillaunie (Cuillem).(Cpte<iei^i!r//ié/cm!/ 
du Drach. — Du Gange, v° Bombarda.) 

1339. — Sachent tuit que nous, Hughes, sires de Car- 
dillac et de Itienle, chevaliers, avons eu el receu de 
nions' le Galois de la Haïmes, maistre des arbaleslriers, 
pour 10 canons, 5 de fer et 5 de métal, liquel sont tout 
lait dou commandement doud. maistre des arbaleslriers 
par nostre main et par nus gens, el qui sont en la garde 
et en la delfense de la ville de Cambrav, 25 I. 2 s. et 7 
d. t., liquel sont délivré aud. maistre et à la ville. Donné 
souz nostre saiel, à Ganibray le 8' jour d'octobre. (Doc. cit. 
Lacabane, De la poudre à canon, etc., p. 51.) 

1346. ^2 ingeuiis cum apparalu, 10 gunnis cum Iclar 
(aduts) unde 2 grossis, 5 parvis barellis cum salpêtre, 
sufphure vivo et alio pulverc pro diclis guniiis, 73 pellol, 
pluiubi grossis, 31 parvis pellol', 6 peciis plumbi, 2 man- 
dibus 8 martellis, 6 paribus lenellarum. 10 garbis asceris, 
.">00 libris ferri bispanici, 2 paribus sulfocaliuni, 2 bicorn et 
2 touyrnis. {Cpte du contrôleur roij. d'Angleterre. Ar- 
ch-Eol . Joum. , t. XIX, p. 75.) 

1383 — 2 cuqucz, virclons cnfércz et eiflpanez pour 



petites espringales 800 — larges pour ribaudequins fi — 
grans larges couvertes que on dist mautnanx 25 — En 
mi pelil lomielcl, IVrs pour canons el puur ars à cauquc 
,"i25 ^ 4 canons getans galez el garros — pluscurs garros 
pour lesd. canons boins el en y a pluseurs sans lers. — 
4 souinels pour les 4 canons — 2 paires de niaules énarmés 
de fer pour jeter gales de ploiic pmn caiiuns — unes eslen- 
nelles de fer pour pluyir pennes d'arrain peur garros — une 
espringale pelile et 2 liaudrez en la tour. — pluisenrs 
graiiz trait do garros, tant d'espringales, de ars à lour et 
de canons — grant ipianlilé de pclis pos de terre pour 
jeter caueh — un grant canon pour geler pierrcz et 
47 garros de pierre {sic) aveuc 201iv. ou environ de ponrre 
adiuetire avoue Icd. caiicm. — 2 coffres plains de Irait de 
caïuiiiN empanné - 3 coffres plains de Irail d'espringale 
empanné d'aramg — 2 canons do trait, et 2 pour jeter 
plonnnées — 4 fers de canons et les boule-fuz — 3 payel- 
les de fer pour canffer b'S canons — 100 galez de pierre 
pour les canons — 3 soufflez appartenans as canons — 
3 canons sans ponrre qui jetenl garros et gales de ploiic. 
— 7 canons eslofl'ez dont les l sont graus el les 3 sont 
jiorlatifs — 4 canons de kcuvre à jeter garros. — 1 canons 
de fer getans garros. — une boite qui tient 3 canons 
ensemble pour jeter plonc. (Inv. des forteresses de l'.ir- 
lois. — Arcli. de Lille, portef. A. 13.) 

1397. — Uiibr. 79. — Ciascunanave clie se partira d'An- 
chona piT andare fuora del goifo, se è da 6 meste in sii, 
dehia porlare 2 bumbarde overo schoppi e 2 piètre ovcro 
balloltc de ferro per le dolle bumbarde overo schoppi; 
m balcslre da scatVa e ÏOOO buoni vcrclloui, D. lancic, 
10 para de chorrazzc. 3 barche de pielra, 30 pavcsi. [Sta- 
tion marit. d'.lncciHe, Pardessus. Kec. des lois marit., t. V, 
p. 180.) 

1417. — S'ensuit l'artillerie pour la garde cl seurlé de 
la bonne ville de Dijon, eu oullrc de ce que les habitants 
particuliers en ont avise. 

l»Fanll avoir 25 quanons goslans pierres de 20 et de 
15, de 12, de 10 et de 8 livres le plus pelil, dont il y a ja 
111, ainsv en fanll eiicour 15 quanons (lui pourront cousler 
environ' 1(10', — 11. "'O quanons gestaiis pinmijécs dont il y 
en a 3, ainsi ou laiill acheter 17 qui pournnit cousler la 
pièce 2'. pour ce '.II'. — II. Kanll avoir matière à faire poudre 
à quanons ,->(K)0 livres qui pourront cousler an prix de 25 à 
30'. le centenvirou — 1250'. (Arcli. delà Cole-d'Ur. Gar- 
nier, L'artill. de Dijon, p. 9.) 

1465. — Est de nécessité avoir... 4 grans canons jec- 
tans de 4 à .'lOO liv. pesantz, le second jeclant environ 
300 liv. posant. — il. un antre jeclant environ 2001. —il. ung 
canon de cuyvre espécial jeclant lHO 1. pos. — it. 20 autres 
canons communs jcelans pierres. — it. autres polis canons 
jeclans plombées el pierres communes do 1011 à 120 I. — 
il. 2 autres grans canons elGplus petis. — il.oncore2 autres 
gros canons jeclans de 3 à 400 1. chacun el 4 petits. — it. 
25 canons à pierre jeclans de 2 a 3 el a 400 1. pes. et 
COautres petis, et doivent eslreelofl'ez do (louldro, de bois et 
do ce qu'il apparlicni. Kl tout en somme 248 canons qui 
diversomenl sont nommez. {Le Jouvcncel. f' 1 10, ms. 
Bibl. Hichel. f 192.) 

V. 1480. — ABTILLEHlE IT.^LIl;^.^E 

Poids du boulet. 

Bombarde 300 liv. pierre. 

Morlier ^O» à 300 I. id. 

Commune ou moyenne 50 1. id. 

Corlana (courtaul) 00 à 100 1. id. 

Passe volant 16 1. plomb avec dé de fer. 

Basilique 20 1. bronze ou fer. 

Ccrbalane 2 131. plomb. 

EspiiigarJc 10 à 15 I. pierre. 

.\rqucbuse 6 onces plomb. 

Escopetle i octavi (:iO à la liv. de 3i0 gr.) 

(Ciorg. Martini. — Cit. l. Bonaparte, Et. s. l'artill., p. 96 .) 



FEIinCRES D'AFFl'TS 



1 506. — Ferrure d'un petit faucon de cuivre pesan 
27 1. — serpentine de fer 115 I. — autre 217 I. — aulr 



it 
autre 



ASPERCEOII! 



1 1 



8 à yijoa 1. 


, 


7001) 


:ir. 


MOI) 


21 


3i00 


17 


2000 


II 


1200 


i 


800 


3 


31)0 


o 


3i 


» 



5200 I. 


8000 1. 


21 


■i-200 


0500 


17 


2500 


4400 


II 


1500 


2200 


i 


800 


13i0 


3 


500 


800 


2 



200 1. — autre grande 2t0 1. — petile colevrine de fer 
12 I. — serpenline de fer 144 1. — petit oannii de fondue 
92 1. — faucon 17i 1. — gros canon en fer 548. (Aich. 
lie la CdIe-il'Or. Garnier, L'artill. de Dijon, p. 38.) 

1507. — Y avoit (Louis XII au siège de Cènes) G gros 
canons serpentins niarqut's, i^ aux armes de France et de 
Milan, et 2 aux armes de Luxembourg que feu Louis Mgr. 
c" de Ligny fit fondie à Ast, i coulevrines bâtardes, 
9 moyennes, 8 faucons, 50 liacquebuttes à crochets sur 
chevalets bien aisées à manier, les quelles se portoicnl sur 
le col des pionniers jusi|Mcs au sommet des plus hautes 
montagnes. (.1. d'Anton, part. 6, ch. 2t.) 

V, I 540. — AdTILLEME FRANÇAISE 

Boulet. Pièce. CIicv.iiix. 



Grand hasiliipie 80 liv. 

Double fanon 42 

Canon serjjfnlin 21 

Grande coulevrine 15 

Coulfvrine bâlardo 7 

Coulevrine iiioyenne 2 

Faucon 1 

Fauconneau 1-i onces. 

Hacquebuttc à croc h 



1550- — ARTILLERIE FRANÇAISE 

Calibres rcgulicrs. Boulcl. Pièce. D" allcléc. Chevaux. 



Canon 33 I. 4o. 

Grande coulevrine.. i5 I. 2o. 

Coulevrine bâtarde. 7 1. 2o. 

— moyenne 2 I. » 

Faucon 1 I. 1 o. 

Fauconneau » 14 



(L. Bonaparte, D'après les ms. du temps, Inc. cil. IG3 et 
•-01. et Mém. s. Varlill. ms. DM. llickcl. 7113-110). 

1571 . — 2 longues couleuvrines surnommées mousches — 
2 autres couleuvrines surnommées pics — 2 courtes pièces 
surnommées crapaulx, de fonte. — i chariots et orgues de 
chacun 3 doubles harquebouses à crocs, de foule. — un 
autre chariot d'orgue ds 4 harquebouses à cros, de fonte. 
— un double mousquet de fonte sur roues, 12 faulconneaulx 
de fer forgés, montés sur roues, chacun de 3 pieds et demi, 
qui se chargent par chambres (Artill. de Charles III de 
Lorraine. Hev. des soc. sav., 1870, t. Il, p. 193.) 

I 572. — Qu'elles (les pièces) soient marquées des armes 
de ceux qui les font faire avec la marque du fondeur et 
la date de l'année. lOrdonn. de Charles IX. Dihl. Richel. 
fdsS. Oerm., n" 374-516, f7.) 

1 584 — Ordre pour la conduite et attirail du canon — 
Pour esquipper et gouverner l'artillerie dans la ville 
fault. . .loger les canoniers aux maisons les plus proches 
des pieses, qui y tiendront la grosse pouidre à canon en 
2 sacs de coutils tenant ung boisseau au plus chascnnget 
2 petits sacs de cuyr pour la pouidre d'amorche, tenant 
chacun 3 livres, dans un coffre de bois fermant à clef : et 
aussy les boulletz de plomb, chargeoirs, escouvillons, bou- 
let/, de fer, haiilces, leviers, boute-feux, corde à l'eu 

Doit avoir chacun canon 4 canoniers, à chaque grande con- 
leuvrine 4, à la bastarde et moyenne 3, à chascun faulcon 
et foulconneau 2... tous les quels doibvent avoir chacun 
un dégorgeoir, 2 touches et ung boute-feu. {Tlapp. s. 
Varlill . de Uovrqes. — Girardot, Arch. de fart tr.,h sér., 
t. 1, p. 2G8.) / , . 



I 598. — AUTILLERIE FRANÇMSE 

Calibre. Longueur. Poids. Boulet, Façon. 

Double canon.. CV,pouces 10àl2pieds 9.'il0.000l. 421. 50 esc. 

Canon G . 9 » 5à GOUO 33 40 . 

G''» coulevrine. 5 . 12il3 » 3 i 4000 )(i 30 » 

"aslardc 4 , U à 10 . 15 i 1000 1 ',', 30 « 

Moyenne 2'/t . .'i 7 • » î y, 

Fauconneau... a'/i » C .'i 7 j 10000 à 1200 18 » 



FLASQUES ET AFFUTS 

Longueur. Largeur. Épaisseur. Ferrure. 

Double canon 15 pieds. 24pouces. 8 pouces. 22escus. 

Canon 14 » 24 . 8 » 20 » 

Grande coulevrine.. 14àl5 18 » 8 « 20 » 

Bastarde 12 » 14 . 8 » 10 » 

Moyenne 10 » « 5 » 6 ji 

Fauconneau (î h 10 » 3 » 3 » 

Roues non ferrées la paire n° 1, 6 escus. — Celle de devant 
2 esc. — n» 2, 5 esc. — n" 3, 5 esc— n° i, 3 '/? esc. — 
n" 5, 3 '/, esc. — n" 6, 2 esc. (Jos. Boillot, Artifices du 

feu, ch. 48 à 55.) 

ARTISTES ORIENTAUX. — Je signale un des 
motifs les moins coiiiuis liii maintien de la tradition 
dans la pratique des industries de l'Orient. 

V. 1300. — Sur le territoire du Kouhislan les généraux 
d'Houlagou emportèrent la place de Toiin et massacrèrent 
toute la population à l'exception des artisans en 655 de 
l'Egire. (Itaschid-Kldin, Ilist. des Mongols, trad. Et. Qua- 
tremere, p. 181.) 

Note du trad. — J. Duplan Carpin atteste expressément 
que les Mongols, lorsqu'ils faisaient la conquête d'une ville 
ou d'une province, n'épargnaient que les artisans. Sur le 
témoignage de Shiltberger, Tamerlan était dans l'usage de 
conserver en vie les artisans que le sort des armes faisait 
tomber entre ses mains et de les envoyer dans sa capitale 
011 il les faisait travailler pour son propre compte. 

ARTS INDUSTRIELS. — (Quelques lignes placées 
entête du traité du moine Théophile donnent ces 
renseignements précieux, malgré leur hrièveté, 
sur la réputation que s'étaient acquise à la fin du 
xii» siècle les Arabes et plusieurs nations de l'Eu- 
rope dans la pratique des arts. 

V. 1200. — Illic invenies quicquid in electroruni ope- 
rositate seu nigelli varietate novit Tuseia (al : Rutigia'); 
quicquid ductili vel fusili seu interrasili opère distînguit 
Arabia, quicquid in vasorum diversitate seu gemmarumos- 
siumve sculptura, auro et argento, inelyta décorât Italia; 
quicquid in fenestrarum preciosa varietate diligit Francia; 
quicquid in auri, argenti, cupri et ferri, lignorum lapi- 
dumque subtilitate sollers laudat Germania. (Théophile, 
Préface.) 

ARTUSONNÉ. — Piqué de vers. 

1557. — 200 toysses de membreure et repartaige... le 
ti'ut de bon boys blanc et non artusonné et non ayani aul- 
euns aubour. tOevis de Pliilibert de Lorme. — Arch. de 
Chenonceaux.) 

161 I. — Artuson — artison — A Wood \vorme.(Cotgrave.) 

ASNE- — Voy. Andier. — 1564. — 2 ferts de gauffres, 
2 petits landiers de fert appelés asnes. (Inv. du Puumoli- 
Hier, f" 162.) " 

ASPECT. — 1602. — Avons trouvé les meubles qui 
s'ensuivent sur la baulte salle ayant son aspect sur la rue. 
{Inv. de Itenée Clergault.) 

ASPERGEOIR. — L'aspergeoir ou goupillon occupe 
dans le mobilier des églises une place bien modeste; 
il a pu toutefois échapper à la vulgarité des formes 
qu'on lui connaît aujourd'hui, et la rareté des objets 
anciens de ce genre expliquera l'inlérèl que peuvent 
avoir les figures ci-jointes. 

1328. — 2 esparjouers dorés à getter eauc rose pcs. 

2 m. 10 est. {Inv. de Clémence de Hongrie.) 

1360. — ■ Un benaitier... et a son aspergés quarrc a 

3 neux. {hui. de Louis d'Anjou, n" 30.) 



1. 1053, Rutini llavi iJ est Flandrenses (I>a|jias Vocal).). 



78 



ASPERGET 



1*20. — Un viel aspergi's d'argent armnyê nu liout il'S 
armes de Mds. — pes. Go. {Inv. ms. de Philippe le lion.) 





XV' et Xyi s. — Argenterie de Maubeuije. 

1488. — ..Vspei'soriuin argcnleum ahsqiie selis et lifno, 
seil argcntum diiiitaxat, — pond. 2 m. i i). 17 est. (Inv. de 
S. Donatien de Bruges.) 

ASPERGET. — Terme de pyroleclinie, fusée. 

V. 1430. — Mcsiez liiiit ensemble gomme arabuiiie, poix 
et mercure, camphre, arsenic, sel ammoniac, salpêtre, sal- 
nitre, soufre vif, eau-dc-vie et huile d'olive... et ce sera la 
medleure huile qu'on puisse trouver pour aspergés de feu. 
(Secret de l'artillerie, ms.) 

I 56 1 . - Pour f.iire aspergols pour soi rléfeudrc ou pour 
assaillir ses ennemis... j1 vous faull prendre un haton on 
un bout de pique de la longueur de 8 pieds [suit la manière 
de faire cette fusée composée de soufre et d'éloupes). ^iiore 
decanonnerie.) 

ASPIGH (CMr,Qr.\NTn'. — 1/liuile d'aspic employée 
comme dissolvant delà sandaraiiue (résine du Thni/a 
articulata de V Arabie) i'oniiail, avec l'addition du 
safran et de l'huile de lin, un vernis produisant par 
son application sur l'élain en feuilles minces, à peu 
près l'ell'et de la dorure. Ce climiuaal est reste long- 
temps usuel, surtout en .Vllcmaj^ne, à cause de son 
bas prix et de sa souplesse très sui)érieure à celle du 
clinquant moderne. 

1260. — Tit. 32. Li bateurs d'élain puet taindre son 
estaiu de toutes manières de couleurs. (/îej. d'Et. Boileau.) 

1506. — Pour avoir apporté denennes, d'or ctclicquant 
d'aspich à faire les trionllez à l'antrée de la rayne. ils. 
id. — Item en fd unir et aiguillez pour couttrc lesd. Irionf- 
fes. 5 d. (Reg. de la cath. de Tréguier. Arch. des C. du Nord.) 

ASSEMBLAGE .\ i eu df. rih;i-.iiK. — A queue d'aronde, 
(jiii a en illel la furme d'une hèclie. 

1401. ^ En la granl sale de l'ostel du séjour lùs-Cha- 
rcuton, du costé devers la rivière... avoir fait doubles sa- 
blières assises en 3 sens, lesquelles sont assemblées en- 
semble à tenon et à mortaise .i fer de besclieetaâchappes. 
(Optes de l'écurie du roi, f" 5i v°.) 

ASSEMILLÉ. — Essemillc. 

1386. — Pour avoir trait et assemilhé en la pearricre 
dulavour 113 quartiers de pierre... rendus conduiz et li- 
vrez en la place des frères cordelliers de Poitiers — au 
pris de 30 1. le cent. (Cple des bûtim. du duc de Derry, 
f 27 v°.) . 



ASSIETTE. — Les diverses acceptions de ce mot 
iincirii se rapportent ;\ une même élyiindojiie et dé- 
rivent toutes du verbe (i.txenir. Lorsque llraiitomc^ 
dit en parlant du ^'raiid i'i'ieui- : « Il esloil (à liiivall 
liirt adroit et de très bonne assiette et de l'orl Imhiiic 
grâce », cela s'entend de sa tenue. Le même liiriie 
a encore signilié l'ordre des places d'une cérémonie 
(111 d'un repas, llansles usages de la table du xiv" au 
wi" siècle il s'applique à un. service, .\insi, selon le 
Ménagicr de Paris (\M2), un dîner de 21 mets à 
.3 assiettes est un dînera 3 services composes chacun 
de 5 à X plais. Dans d'autres passages du même au- 
teur, ce mot désigne un seul des plais doiit se com- 
posait un service, il est alors synonyme d'écuelle, 
mais jamais à celle épiupie il n'est pi'is dans le sens 
plus moderne d'une pièce de vaisselle de lalile. C'est 
si'ulement en l.jl'i ipic je le rencontre pour la pre- 
niière fois. 




.Yl" s. — Assiette d'étaln. Coll. de l'aut. 

En orfèvrerie on entendait par assiette le champ 
des plaques ornées d'émaux, de joaillerie ou d'un 
travail quelconque, dont l'ensemble composait un 
collier, une couronne, une ceinture ou tout autre 
objet formé par la réunion de pièces qui pouvaient 
s'isoler les unes des autres. 

Kniin les doreurs ont donné et donnent encore ce 
nom à la couche de terre ferrugineuse très fine qui 
sert d'apprêt pour la dorure à l'eau. 

Ordre et ktiiji'f.ttf.. — 1377. — L'assiette fu àprimier 
l'évesquR de Paris, l'èvesipje de lîrusebec... (Christ, de 
Pisan, Charles V. part. 3, ch. SU.) 

1387. — I. ors vint ung niaislre d'ostel qui moult doul- 
cemeiit se agenoilla devant la pucelle et hiydisl : Ma da- 
moisellc, il est prest quand il vous plaira à hiver. Par foy, 
dist-elle, quant il plaira à iiii'S seigneurs qui cy sont. A 
quoy res]iondist Anlhoine : Damoiselle, nous sommes tous 
prelz quant il vous plaira. 

Et lors se prindrent par les mains, et fist Anthoine man- 
der le roy d'.Aussay et le fist seoir à table le premier, et 
puis après la pucelle et puis Uogiiault frère dud. Anlhoine; 
et après eulx s'assirent quatre des plus haull/: barons du 
pays, et après par la salle, s'assisl qui mieulx, chascun selon 
son degré. {Mélusine, p. 'i'.i-l.) 

1456. — Il (le duc d'Athènes) s'assist à table, luy et sa 
lille et deux autres ducs. Loys et Organor que moult es- 
loyent joncs ne se voldrcnt seoir à table, mais servirent 
les dames et pueelles ainsy comme en France estoit do 
coustumc. (Les sires deGavres, N. 1 v".) 

ISSI . — Le très cxcelhmt enterrement du très haull et 
très illustre prince Claude de Lorraine, duc de Guyse et 
d'AumalIc, pair de France... auquel soni déclarées toutes 
les cérémonies de la chambre d'honneur du transport du 
corps, de l'assiette de l'Eglise de l'ordre de l'olTrande et 
grand dueil, etc... (Em. du BouUay.J 



ASTROLABE 



79 



Service. — 1378. — Réception de l'empereur 
Charles_IV. Et combien que le roy est ordciié i assiettes 
de 40 paires de mes, toutes voies, pour la grévance de 
l'empereur qui trop lonj^uetuent oust sis à table, en list le 
roy osier une assiette. (C/ira« de S. Denis, t. VI, p. 385.) 

1393. — .\utre diner de 21 mets à 3 assiettes. (Le méiia- 
ijier. t. Il, p. 90.) 

IS30. — Outre le service de lad. dame, furent servis 
8 plats d'assiette à lad. table de marbre par 8 autres 
maistres d'hôtel du roy. (Entrée d'Etéonor d'Autriche. — 
Cérémon. franc., t. I,p. 505 ) 

1578. — Le jiot de vin creu de ce pays, en assiette 4 s. t. 
— en taverne bourgeoise 3 s. 8 d. t. {Taxe du baillage 
de Beau vais.) 

I 723. — Vendre du vin à l'assiette, c'est vendre du vin 
en détail avec permission de donner à manger à ceux à 
qui on le débite, de couvrir la table d'une nape et d'y ser- 
vir des assiettes; ce qui est différent de vendre du vin à 
pot, qui est bien aussi une vente de détail, mais où l'on no 
peut mettri' ni nape ni assiette ni donner i manger. 

Les marcbatids de vin vendent à l'assiette, les bourgeois 
à pot (Savary.) 

Vaisselle. — 1514. — N« 90. 6 assiectes rondes ar- 
moyez aux armes de mad. feue dame pes. 6 m. 7 o. 
7 gros. [Inv. de Churlulle d'.ilbret.) 




Xyi' s. Même coll. 

1599. —7 35 assiettes d'argent tout blanc pes. ens. 
3-2 m. "204 esc. 15 s. {Inv. de Gabrielle d'Eslrées.) 

1602. — Une assiette royalle accompagnée de 4 four- 
chettes et une cuillier d argent dorée estant dans ung estuy 
de cuir, le tout pes. 4 m. 5',2 o. — Une aultre assiette 
royalle blanche, dorée par les bords, pes. 1 m. 1 o. (Inv. 
du duc de Biron, f°32.) 

1653. — Les assiettes des conviés seront creuses aussi 
afin que l'on puisse se présenler du potage et s'en servir à 
soi-même ce que cbai-un en désirera manger sans prendre 
cuillerée à cuillerée dans le plat, à cause du dégoût que 
l'on peut avoir les uns des autres de la cuilliere qui au 
sortir de la bouche puisera dans le plat sans l'essuyer au- 
paravant. (Nie. Bonefons, Les délices delacamnanne, p. 250, 
édit. de 1673.) 

ASSIETTE A r..\DENA.s. — ^'écossai^e de table qui 
a remplacé la nef du moyen âge. Cette boîle se met- 
tait à table à la place des princes lorsqu'ils man- 
geaient à couvert. 

1 633 . — 3 assiettes à cadenat, vermeil doré, poinçon de 
Paris. {Cptes des ducs de Lorraine, cit. Laborde.) 

ASSIETTE d'orfkvke. — 1 379. — N° 39. Une couronne 
en laquelle a 14 assiectes dont il a en 4 assiettes 4 grans 
rubiz balaiz et en 3 autres assiectes 3 grosses esmerauldes 
et es 7 autres assiectes a en chacune 12 grosses perles, ung 
ruby balay et une esmeraulde, etc. {Inv. de Charles V.) 

V, 1407. — L'assiecte d'un mirouer de léton dore. {Inv. 
d'Olivier de Clisson, p. 8.) 

1*76. — Un collier de l'ordre de (l'hermine) A ma vie à 

8 assiettes dont il y a en chacune assiette 9 perles qui se 
montent en nombre 72 et en chacune assiette y a une 
chesnette d'or branlante et attachée au coul de petites er- 
mynes es quelles a en nombre 17 perles. {Cptc de P. Lan- 
doys. —Preuves de l'hist. de Bretagne, t. Il, col. 028.) 

ASSIETTE A DOUKII. — 1398.— Ea omnia tere valde 
subtiliter auper lapident durum bcnc politum et latum et 



cum alio lapide manuali simililer polito viz. cumaquaclara 
putei vel fonlis et fiât tempera seu enlor qui in gallico 
dicitur ussiete. (Alcherius, De color. 2'JI. tns. de J. Lebe- 
ijue, édit.'angl., t. 1, p. 261.) 

I 557. — A faire lettres de relief d'ur et d'argent. 

Pren une teste ou deux d'ail, nettoyé les gosses et les 
pile et en tire le plus de suc que tu puis, incorpore avec 
iceluy un petit d'ancre tant que tu le faces noir, ou bien 
un petit de safran en poudre sans encre, et avec led. suc 
escris tes lettres. . . laisse les puis sécher et quand lu vou- 
dras attacher l'or eschaulTc les avec l'aleine et attache l'or 
en fueilles le pressant légèrement avec du coton... Ainsi 
te demeurera ton ouvrage d'or et de relief. {Secrets d'Alexis, 
part. 2. 1. 5, p. 51 -vo.) 

Pour faire l'assiette pour dorer d'or brunij. 

Pren gip de la grousseur d'une noix, bol armenic la 
grosseur d'une fève et un tiers davantage, de sucre candy 
la grosseur d'une fève; étanipe chacun à part soy et met- 
tant l'un sur l'autre, y appliqueras en la fin un peu de ci- 
vette ou de miel. {Id., p. 66 v°.) 

Assiette pour mettre l'or sur drap de soije ou sus toile 
ou marbre. 

Premièrement tu feras le fond de cole du pardiemin sur 
le drap de soye afin que l'assiette ne perce, puis pren cé- 
ruse, bol armenic, verdet, de l'un autant que de l'autre, et 
les broyés ainsi tout secs sus le porphyre et puis les mets 
en une poellette plombée en faisant une pâte avec du ver- 
nis tellement liquide que tu la puisses prendre à ton aise 
au pinceau et ce à petit feu qu'il ne bouille. 

Toutefois, sur le marbre on ne met point de cole mais 
seulement le mordant. (H., p. 67 v".) 

ASTRAGALE. — Le jeu des osselets offre, sous 
le nom qu'il portait au xvu" siècle, des variantes 
qu'une explication contemporaine l'ait suffisamment 
connaître. 

1635. — Osselet, tel os du talon à jouer à guise de 
dés. 

Les astragales ne roulent que sur 4 côtés marqués de 
points, les dés sur 6 côtés. Le jet des astragales est de 
4 à la fois, le jet des dès de 3 à la fois. — Le 2 et le 5 
no sont pas marqués aux astragales... le jet de 4 faces 
différentes portent gain du jeu. (Ph. Monet.) 

ASTROLABE. — Comme le bâton de Jacob, l'as- 
trolabe servait depuis l'antiquité à prendre la hau- 
teur des astres, et il a donné son nom à un assem- 
blage de cercles, tel queceluides sphères armillaires. 

Lorsque Guillebertde Metz parle, en 1 107, des cu- 
riosités de Paris, il cite la maison dont Jacques 
Duchié avait fait son musée particulier, .\ujour- 
d'hui, le nom seul de nos collectionneurs remplirait 
un volume plus gros que celui qu'il nous a laissé. 
Plusieurs d'entre eux possèdent d'anciennes pièces 
du genre des astrolabes dont quelques-unes méri- 
tent d'être rangées parmi les objets d'art. 

1401 . — M° Pierre Lepoinfre pro depingcndo dict. zo- 
diacum admodum astrolab. et pro ri'iiingendo et gallicc 
revernissier 6 ymaginuni dicli hnreingii 10 s. (Houdoy, 
Cptes de Cambrai, p. 173.) 

1416. — Une bible en françois, escrite de lettre fran- 
çoise, très richement historiée au commencement... et 
dessus l'un des ais a un cadran d'argent doré et les 
12 signes à l'environ, et dessus l'autre ave a une astralabe 
avecques plusieurs esciiplures. {Inv. du duc de Bernj.) 

1420. — N" 40. 2 petiz eslalabres de cuivre qui sont 
de petite valeur. — «"93. Un astalabie de cuivre en un 
estuy de cuir. {Inv. de Charles VI.) 

V. 1530. — Une astrolabe en mode de sphère, faict à 
cercles, assise dedens une pièce de bois platlc quarrée, 
garnie par dedens à un coing de 5 rondeaulx plat et ung 
aultre coing d'un petit cercle plat, aiant du travers ung 
liltet semé de plusieurs nombres en cyfre, et en un autre 
coing y a 2 pétilles boilteletles rondes à couvercles, aiant 
en l'un esguilles servant à quadrans, en l'autre ung petit 
compas de mer ; et en la qnalriènie coing y a une autre 
semblable boicUilelli, aiant dedans icelle aussi aucunes 
esguilles servans à quadrans, cl dessus li-d. bois est une 
couverte ou platine de mesmc. L'argent sur lacpielle est 
gravé une longue escripture en langue espagnole com- 



80 



ASTROr.ARK 



mcnchaiit : Appnrlfman in et piimifro, olc, le tout de 
ciivrc cl.irr, ijiio so met di'diiis |;i cusluilc avecq h orlii;;o 
avant ilrclnirr. (/m;, ili- Charles-Qumt. .\rch. rnij. île Del- 
gu/ue rég. île l'awlience. 11:) lus, f" '.IS.) 

ATABALE. — liisIriimoiU de pciriission, liinltnlu. 

I S9S — !.(>.< alalialcs il(>s icilivs dfs Turcs et des Mores 
sont pi'iils chaudrons foncez par un bout. (I)inet, Les 
Mèroglijithiijues, I. 1, p. 51)5.) 




ir>:i6. — D'après Luscinius, Musurgia, p. -7, 

1690. — C'est une espace de Lanilinur dont se servent 
les Maures. Quand ou l'ait des entrées de lialcls composées 
(le .Maures on leur met en main des alaliales et des na- 
caircs. (Kurclière.) 

ATABI. — Riclic et l'urtc .■toiro tic solo, niai.s 
sans or, du genre des camelots. Le témoignage 
d'Edrisi ne laisse pas supposer qu'il entrât du eolon 
dans les atahi fahriqués à Almeria et à Ispalian; 
mais le texte d'Ibn-Djohaïr relatif à la fabrication 
de Ragdad, endétiMiniiianl l'élymologie du nom, l'ap- 
plique positivement à un tissu mélangé. 

I 158. — Almeria était une ville musulmane à L'époque 
des Moravides (75S à ll):)«). Kilo était industrieuse. On y 
comptait entre autres 800 métiers à tisser la soie on l'on 
fal)ri(]uail... dos voiles ornés de fleurs, des vêtements 
riches et épais, le hamd, le alhabi, le niucadjir et divers 
autres tissus de soie... 

II CNiste à Ispahan des métiers où l'on fabrique de 
riches étoffes de soie telles que l'itabi, l'ouchi et autres, 
et des tissus de eolon. ISeauconp de marcljnuds achètent 
ces étoffes pour les transporter ailleurs. ICéogriiphle 
d'Edrisi, t. 11, p. l:iel IliS.; 

Xti' s. — l'armi !cs quartiers de la ville (liagdad) il y 
en a un qui porte )e nom il'Oliihiiah, oh l'on fabrique les 
étoffes appelées olàbî qui se composent île soie et de 
coton de diverses couleurs. (Ibn Djubaïr. cit. [>ict. îles 
noms lie vêlements i-he:, les Arabes, p. I3C.) 

ATACHE. — Donnant à ce terme toute l'exten- 
sion qu'il comporte dans la langue moderne, on 




.Ï//0 s. — llronze français. Coll. de l'ani. 



pourrait dire qu'il s'applique à tout ce 

fixer un objet quelcon<)uc. Son usage _.. 

beaucoup plus restreint, et la plupart des textes où 



qui sert à 
ancien est 



il se rencontre ont Irait à la joaillerie. Néanmoins 
il faut aussi comprendre sous le nom d'attaclie les 
agrafes accouplées de manteaux ou d'autres vè- 
tenients, et tout ce qui n'est en ce genre ni une 
bonele ni unfermail. (Quelques l'xemples, empruntés 
à celle nombreuse catégorit^ d'objets, montreront 
ciirnliicn le moyen ige a su déveio|)pi>i' le goiU de ses 
ouvriers dans les spbères les plus modestes. 

xm» s. — Je te fer»! venir un ouvrier de contlaus 

A trenchicr les ataehes à qid tient tes mantiaus. 
(î^ouv. rec. île Fahliaux, Jubinal, t. II, p. 20.) 







XI Y' s. — Brome espagnol. Ihid. 

1316. i ataehes à mantiaus, 6 d. la pièce vallent 2 s. 
[Cpte roij. lie Genffrni de Plemi, p. 9.) 

1360. — N° Itj. Une atache de mcntel, d'or en i pièces, 
à une assiette de 3 pelles et (■ulre 2 un rubis d'Alixaudre, 
après une esmeraudclle. (Inv. de Jeanne de Boulogne.) 




XV' s. 



Argent niellé, Italie. Iliid. 



1372. — Une attache dr^ Il (;rosses perles, chascine par 
soy, de |:) saphirs et 2(i b.desteaux, — prisés lOl) f. d'or. 

It. Une aultre petite atache en la quelle a 33 Iroclies de 
perles, chascune de 3 perles, et entie les trocbes a un 




Ep. de Charles Vlll, argent. Ihid. 

petit rubis d'Alexandrie et esineraudes — prisé 1 1 f . d'or. 
(Testam. de Jeanne il'Evreur.) 

1398. — Une petite estarhe rl'ar(;enl dorée à l'ordre 
du roy — pes. 3 gros. {E.réc. du test, du Cte de Monl- 
pensier, p. 3.) 



ATlliOlS 



XI 



1408. - Une ataclie d'or pour un niantcl, on la quelle 
a luie violetes blanches où en cliascune (partie) a i perles 
et 2 violettes vermeilles, en cliascune un;; saphir et 1(1 lleurs 
(le hnurraches, en cliascune un;; balav. [liio. des duc et 
duchesse d'Orléans, f" 4.) 




fip. de Charles VIII, urgent emuillé. (Und.) 



1520.— \i,mt} attaches île cuyr de, vaclie, gras... 
cousues à l'entoiir des pavillons et" tantes pour tenir et 
atachcr les cordaiges d'iceulx à raison de (i den. pour 
cliascune. (Cplede la Comm. des tenter, f 17.) 




V. 1500. — Cuivre (jruvé. (Ilnd.) 

ATACHIER. — OuviIlt qui fail de pelils clous 
pour oi'iu'iiieiUs. 

1260. — Tit. 25 Quiconques veut estre atacliiers ;\ 
l'aris, c'est a savoir fésères de clos pour cloer liouclcs, 
inordans et membres seur corroie, estre le puet se il set 
le mcstior et il a de coi. (Reg. d'Et. Boileau.) 

ATELIER. — Nous donnons sous celte i'ubi'i(|ne la 
signature et le portrait du célèlire arcliitecle de 
C.liarles V, Raymond du Tciupli', d'après son sceau, et 
la description anllieiitii|ue de l'atelier d'un peintre 
italien de la seconde moitié du xvi" siècle. 





137-2. —Archir. Sce«M 581)2. 
■1383. — Ihid. H. RciT. 2785'. 



1355. — Cuni ipsi Jacolius et .lohaiiiies cssent... in ope- 
ratorin suo vulgariter as(c//(er vocato, oims suum facientes. 
(Arch. JJ., rej,'. U, pièce 38.) 

1381. — Lundi 1 1" jour d'octobre niaistre Raymond du 
Temple (juré du roy et de Nortre Dame de Paris)' vinst sur 
l'ateliei-; et tout ce qui esloit fait jusques alors, par lui ven 
etavisé. {Ciites du coll. de Beauvais Dormans . — Arch. II. 
reg. 2785', f' (j v".) 

1384. — Jlaneuvrcs es jornéos de Mds. pour porter le 
bois des ouvres des charpentiers du palais (de Poitiers) à 
l'ostel des frères meneurs, et pour neptoyer les liastcliers 
pour la venue de Mds. (Cnte des bàtim. du duc de Demi. 
Arch. KK. reg. 2.56, 1' 21.) 

GI.OSS.^lRE. 



1500. — Inventario di lutte le robe uioblli et immobili 
de la rede di Neroccio di lîartolomeio dipentore. 

lOmissisI uuo quadro di Nostra Donna posto sul taber- 
iiachulo chute teudncliie apichatc. 

(aise di buttiga — 2 porfidi da macinare, pesi grandi 
piaiii e uiio picholo quasi un mattone ^'lande. 

Uno toiido di ser|ieutino picholo, ha cl Pacia (Girolamo 
di maestro Giovanni del l'acchia piitore senese) sta in 
lioma. 

Uno paro di barde ingessate. — Uno peso di marmo car- 
rarese br. 3. — Uuo pezo di marmo carrarese di circa uin 
braccio. — Uno altro simile. — Uno peso di marmo carra- 
rese di circha br. '/o. — Uuo pezo di marmo da macinare 
di circa un br. — Una rota cor uua piletta. 3 pezzetti di 
porlido da macinare cou macinelle. 2 pezi di petra l'uiio 
br. 3 l'altro br, 1 '/o. e grossi I br. — Una tavoletta da ris- 
capata. — 2 cassette da colori. — Un altro scanello dadise- 
gnare. — Uno pezo di mordello di noce per la bascdi sancta 
Cateriua. 

7 leste di gesso di mezo rilievo, parte in londo et parte 
in quadro. — Una testa di papa l'io, di terra. — Una figura 
d'un br. di terra cotta. — Una sancta Clialcrina di terra 
colla seconda (da Sieua). 3 leste d'um bracio di rilievo. — 
Una test.i di tucto rilievo. — Vn san Bernadino, la testa di 
tucto rilievo di terra. — 2 pezi di pilo di iiiarmo aiitichi. — ■ 
Uno londo di marmo, entrovi uua lesta. — Un pezo di 
mariiio (|uadro, entrovi una testa. — Una testa di lucto ri- 
lievo antica. — un altra testa di bainbiuo di marmo anticlio. 

— Uno capitello di serpentine. — Un altra testa di lutto ri- 
lievo londa. — Un altra testa di tucto rilievo di naturale. — • 
Una testa di don Federigo (d'Aragona) di caria. — Uno lelaio 
da dipentori. — 2 predelle d'altare ingessate. — Una forma 
di gesso e 2 aquilc. — Uno quadro di braccia 1 \'., di pro- 
spettiva d'une casamento. — 8 modelli da dipentori di ligure. 

— 3 madone, nna di Donatello di gesso et 2 di Neroccio. 

— 43 pezi di forme di rolturo auliche di gesso atachalo a 
lo scriiitoio. — 3 gessi d'Apollo. — 3 teste et un pic di 
gesso. — 2 niani di cera et 2 torsi di cera. (Milauesi, 
Docum. per la storiu dell'arte Senese, t. III, p. 7.) 

ATELLE, ESTELLE. — Bois mince, refendu et non 
scié, copeaux ou débris employés par les fourbis- 
seurs d'épées à la confection des fourreau.v. 

I 290. — Que nus mestres (fourbisseurs) ne puisse meitro 
en œuvres astelles si elles ne sont faites à ses journées et 
en son ouvroir. (Ordonn.des métiers de Paris, p. 367.) 
I 295. Mettet au fu hastele de chêne 
Coupct de auune ou de frêne. 

(Gauth. de Biblesworth, p. 171.) 

1503. — Nitebantur facere rengias, eslellas et forellos 
ac caîtera opéra de corio et ligne necessaria pro ensibus. 
{Arresta Parlaiii . Puris., du Gange, v" jÇs(e//a.) 

1488. — Art. 12. Pareillement les atellcs des fourreaux 
(des o|jées) seront neufves et de bois de fouteau. {Stat. 
des armuriers fourbisseurs d'Angers. — Ordonn., l. XX, 
II. 1.5G.) 

1570. — Aussi feront lesd. maistres, les foureaux 
d'cspi'es lie cuir de veau ou de vache, garny de leurs 
clistcs ou lattes de bois de fouteau. — Lesd. aspirans 
seront tenus monter une épée à 2 mains... avec le foureau, 
de cuir do vache ou de veau pour le moins et d'asleles de 
fousteau. (Stat. des fourbisseurs de Nantes, p. 126-7.) 

1635. — Coteret. Faisceau d'étèles de moyen bois, en 
rond ou ih- faute et quartier. (Pli. Monel.) 

ATIBOIS. — Antibois. Les patins des lits étaient 
souvenlcacbés par une sorle d'oniniarcheinentàlrois 
cotés formant tjradin devant les parois isolées du 
mur où s'applii|uait le clievet. 1,'atibois recouvert 
d'étoffe se composait de (juatre tringles ou bâtons, 
pour former une sorte de châssis de tenture. Voy. 

AllTliliOIS. 

1541. — G aulnes de drap verl pour faire fourreaulx à 
8 quenouilles et 6 aliboys (pour le roi), 12 I. — Une aulne 
demy quart, damas vert pour couvrir 21 bastous servans 
aux susd. aliboys, !■ 1. 10 s. t. — Uiig tiers damas vert pour 
parachever à couvrir ce qui restoit .uix 24 basions servant 
aux alibois desd. 2 litz de camp, 36 s. 8 d. l. (Cpte 
roij. de Me. de Troijes, f 31, 34 et 'J2.) 

I 562 . — Une aulne et trois quartz de salin noir pour 

6 



s-j 



ATIIÎDIS 



couvrir les atihois du liol de salin noir faicl de broderie. 
{Inv. de Marie Stuarl, p. IJl.) 

1603. — L'nj; aiilro buis de lict aiissy feniiaiit à viz, les 
1 iiueiuuiillcs garnves de d.imaz Idaiic et viidel, |ia>se- 
menlée/. de |iasseiiienlz blaiie el violli l avec ;i atibois de 
iiicsme, 1 I. [Inv. de Louise de Lorraine, \>. 34.) 

ATIFET. — d'Ile coiffure sévère, porlée par lii 
veuve (le Henri 11 el les dames nobles de Paris jus- 
qu'à In fin du xvr siéele, reliaussail par deux pe- 
liles areades les eôlés du front el couvi'ail la clic- 
velure d'un voile relonihant sur les épaules. 

1590. — Le iiobili malrnne cli Pari^;! non si lasciaiio 
vcder il viso... la lor aeconeialura di lesla e cbiariiala l'ali- 
felto, il ipialc fa due arclii dalle parte del fronle, eoperlo 
(li un velello atlaccalo oon una punla supra i eapelli del 
fionle, e poi eade supra le spalle, e solio di esso velello 
si vcdono i eapelli ricci lien accouiinudali. (Vecellio, l. 11, 
p. -J:!S, édil. Didot.) 

ATODR. — Disposition, arrangement el par ex- 
tension, les prépai-alifs de (,'uerre, une parure, un 
ajustement de costunie ou de eoilVure, et dans le 
pays Messin el les Flandres, les ordonnances, les 
eoiiveiilions ou les statuts d'un métier. 

V. 1240. Moull biaus et de moull riche ator. 

{Piirloiwpex ms. DM. rticlwl.. I"J1.V2, f» Ii3 v.) 
1300. Les ariucs Iranchans relioudissenl 
En plusieurs liens au deslacier. 
Sur les riclies atours d'acier. 

((;. C.uiait, His. IhifJ., f" 125.) 
1330. Moult me seiublnil de grant atour 
Celle eili; eus el eulour. 
{Pèlerin, de la vie hum. tns. Valpiinon, (" 1 v°.) 
1480. ('.este lille cy deveroit 

S'abiller à mode nouvelle, 
l'orter inoytié drap, moylié loille, 
Moitié escarlale el velours 
Moylié bourgeoise et damoyscUc 
Moylié cbapperons el atours. 
(Coquillarl, Les nouv. droits, l. I, p. 83.1 




XV' s. 



Gravure sur bois d'un c«//'/e franco-italien 
Coll. L. Carrand. 



1480. — Atours loulrond à la façon de Portugal dont 
les bourrelets esloienl à la manière de franges el passoient 
par derrière ainsi que pattes de cliasiierous pour hommes. 
(01. de la Marche, Mêm., l. I, p. 43i.) 



S. d. — Pour l'avenir est orilonué cpicled. atour ou or- 
douuauee de la burletle sera iuviolableineut gardé. (Ori/oil. 
de Meti, t. 1, art. 18(i.) 

ATODR (TOILE d'. — Toile claire, linoh, el gaze 
de soie. 

1454. - Pour 7 i|u.'irticrs de liuompic baillés à niad. 
Maj;deleiue(de l'rauee) pour lui faiic des taoïpleltes, tourets 
et eollerelz. Au leur de l.j s. t. l'aulue. (1" Cpte riiij. de 
J. llociteti'l, I" 110.) 

1459. — Pour 2 pièces d'atour de soye eoulenant (eu- 
seuddej :t(j aurii's pour faire abilleuieiis de teste... jjour 
danser \iiu: niorcsi|ue le jour ilu mardi gras après soupi'r, 
devant le rov, il 1. 15 s. (1'" Cnle roij. de I'. Durdelot, 
{' 90.) 

ATOURNERESSE. — L'an ,1e la coiffure des 
Iciiiiiics élall i'\ci'ié par des personnes de leur se.xe 
appelées atourneresses. 

1467. — Eu la ville d'Arras. . . Jelianue Lougicsse... 
attouriieresse el aeheineresse des dûmes de noces, fui mise 
sur un;; char... el menée par tous les carrefours de la ville. 
{Cliron. de J. Ouclercq, p. 277.) 

ATTAQUE. — Le plus petit des cierges employés 
par le clergé el les fidèles dans la cérémonie des 
obsècjues, et pour se présenter à l'offrande. Son 
l)oi(ls était inférieur à 100 grammes. 

1 42 1 . — J'ordonne à mon service i flambeaux de 3 livres 
de chire la piècbe, et i estaveaux de 1 livres la pièchc 
pour mon luminaire aveuc 2 livres de menues caudelles 
(|ue l'on dit .ittaipies, pour aller à l'ollrande. {Te.itam. du 
cliev. de l.igmj.) 

1 42 1 . — 2 livres un quart d'alachc pour faire le service 
en temps d'yver, tant au prestre comme aux vicaires... 
5 cierges de eliascun une livre, 2 cierges pesant cbascun 
livre et demy. — 2 torchins pesanl ensemble i liv. demyc 
livre d'nrtariie. [l'.jtle de ta confrérie des joies. La Fous., 
Une cité picarde, p. 220.) 

1506. — Messieurs des Trois tours allèrent à rolTrande 
avec des grands chirons île 4 livres el demie .. Les petits 
clers des paroisses, les Jacopins et les frères mineurs avec 
des petites allacques. {Obsé(]ues de Pliilippe d^Aulriclie à 
Douai.) 

ATTLAS. — 1 723. — Satin de soye fabriqué aux Indes. 
11 y en a de jjleiLis, de rayez el à fleurs, dont les lleurs 
siuit ou d'or, ou seulement de soye. 11 y en a aussi de 
toutes sortes de couleurs, mais la plupart fausses, surtout les 
rouges et cramoisi... 

Knlre les différentes sortes d'AUlas, les plus considé- 
rables sont les Cotonis, les Caucanias, les Calquiers, les 
Cotonis Bouilles et les Bouilles Chasmay on Charmay. Les 
Aillas Cotonis sonl ainsi nonnnuz pareeque le fond est de 
coton et le reste; di; soye. Les Caucanias sont des salins 
rayez à chainetles. On appelle Queuikas ceux des Caucanias 
(|ui paraissent plus so'i'eux. Les Calquiei's sont des satins à 
la Turque ou Point d'Hongrie. Les Bouilles Cotonis et 
Bouilles Charmay sonl des étoiles de soye, eu façon de gros 
de Tours, couleur d'o'il de jierdrix. (Savary.) 

AUBE. — Dans les premiers sicdos de l'Église, 
les laïques comme le clergé porlaieiU l'aube, et dans 
ranli(|uité la robe de lin était d'un usage fréquent 
parmi les personnes de distinction. C'est sous ce 
costume que sont représentés les fidèles, les saints 
et les martyrs, dans les plus anciennes mosaïques. 
Les catécbumènes portaient l'aube avant de rece- 
voir le baptême, eu signe di' purification. 

Considérée connue une partie du costumi; litur- 
gique, elle est le second vêtement du prêtre, celui 
qu'il prend par-dessus l'amict. C'est une longue lu- 
nique à manches, qui, jusqu'à la lii} du XV" siècle, a 
reçu de larges orfrois brodés ou tissés en c'oulcurs, 
(ju'on nommait la parure. Celle-ci se coiii|iosait de 
deux pièces, une devant et l'autre derj'ière à l'exlré- 
mité inférieure, et deu.x autres à celle des manches. 



AUBOURC 



83 



Aux XI v: et xv° siècles, l'aube ilalieiine comportait 
encore une parure sur la poitrine et le haut des 
bras. C'est une particularité ilistiiutive des monu- 
ments de peinture et de sculpture de ce pays et du 




1350. — Dalle titmulaire gravée. 
Palais des beaux aiis. Paris. 

midi de la France. A la nii^nie époque, l'aube était 
souvent munie d'un collet dépassant le bord de la 
chasuble, tenant dans le costume ecclésiastiiiue la 
place de l'amict paré et rabattu sur le cou comme 
celui de saint Thomas Becket conservé à Sens. 

Guillaume Durand, auxiil" siècle, parle des aubes 
liturgiques à capuchon. 11 se pourrait que les collets 
apparents dans les peintures et sculptures de cette 
époque ne fussent que l'orfroi ou bordure de ce 
même capuchon rabattu. Quoi qu'il en soit, l'inven- 
taire de la cathédrale d'Amiens en 1419 ne laisse 
aucun doute sur l'existence des aubes à collets parés. 
Ces |)ièces étaient d'ailleurs quelquefois détachées, 
ainsi figurent-elles en 1380 dans l'inventaire de 
Charles V. Voy. Collier. 

I 299. — 5 alhas, quaruni parurœ sunt de nibeo samilo 
cum yiiiasinibiis, claNilms et rosis ex auiifragio beiic bru- 
(latis. II. Il albas cum amictis quarum parura; snnt de 
pannode Tnrkyqiiœ quasi aurum resplendent. It. 1 albajii 
optiinam cum aniite cujus parura; sunt de rubeo vcluto 
cum jmaj;iiiibus et arl)i)ribus de argculo deaurato; simili- 
ler cum lapidibus maiçuis in aigento posilis et eisdem 
artificiose impressis. II. unam albam cum amile, cum pa- 
rui'is de sorico cnnsutis cum ymaginibus auriCrigiatis benc 
brudalis. II. 1 albam cum aniite cuui paruris de .serico con- 
sutis, cum ymaginibus passionis Jesu Christi nobilissime 
brudatis. (/«('. ubbat. Pelerb.) 

1 303. — Alba qua; et camisum dicitur, crat ex tela sub- 
tili caiiicracensi cum l'imbiiis aute et post tibias, necnou 
ad mamiselpectus, quai fimliria! anlc cl post liliias sini,'ula 
ipsai'vun liabet in loiigiluditie palmos 3 cum djmidio. et 
lalitudine palmum unum,in quibus auro et serico acupicla;, 
ut vulgus dicitur ricamo, inlVascripla? hat)eulur liistoriic. 
In limbria ante tibias sunt in primo ordine liisloria» An- 
nunliationis, Visilalicmis, Nativilalis, ap|iaritiiinis augelo- 
rum ad pasloies, quando Magi veniunt Hierosolymam, 
quando loquunlur cum Herode, adorali'i Magorum rt cuui 
aiigebis ailniiinet illcis ut reveilanlur pcr aliaui viam. In 
secundo "nliue cjusdem fimbria; liabeulur consiiiuiu Uero- 
dis super occisioiie Imiocenlium, occisio subsequuta; obitus 
llerodis; circumcisio Domini; disputalio iiiler doctorcs et 
cum invenilur à Maire : ■ Fili, quiii fecisti tiobis .vie? » In 
fmibria vcro rétro tibias, consilium saccrdolum ut capc- 



rent Jesum; captura Christi et amputalio auricul*; (la- 
gellalio Christi, bajulatio ciucis; crucifixio, obitus in cruce 
et militis percussio; sepuitura et resurrectio. In secundo 
ordine descensus ad inferos; Noli me tangere ; valde mane 
uua sabbatorum; 3 ali* historiie résurrection is quando 
dicit Thomas « infer digilum tuum hic », et Ascensio in 
cœlum. Alba longa est usque ad pedes (^t iu pectore ado- 
rât limbria cum imagine Annunciationis {Monum. basil. 
Vatic.) 

1358. — No 12. Albam paratam antc et rétro in fim- 
briis et in pectore et in summitatibus pugnorum. Et in 
paralura fimbriarum ante sunt .5 ymagines intègre et rétro 
tolidem intègre. In pectore videlicel sunt 3, média est 
Cliristi et latérales angelnrum. El in quolibet pugno sunt 
3 medie ymagines. Et ciauduntur pugna cum cordello viridi 
cum acu argenteo qui est iu ejus summitale. In paralura 
ejus albe sunt 7 medie ymagines quarum média est Cliristi. 
Item in eadem allia est zona de serico lata in mcdio cum 
lloquis pendenlibus. 

N° 11. — De opère simili stole et manipuli est paralura 
que ponilur circa colluui in qua sunl 5 vinagiues medie, 
quarum média est Clnisti. (/ne. de l'abbe de S. Victor de 
.Marseille.) 

1401. — Une aube d'unes parures ouvrés de hommes 
sauvages, de brodure, parées de poignet et d'amies eslole 
et plianon, d'une sicute (Inv. de l'égl. de Cambrai, p. 330.) 

1416. — Ensuit iuventoire des aubes brodées lesquelles 
sont en nombre 31, des quelles sont 3 aux croissans, 3 aux 
coquilles, 3 aux feulles de chesne, 3 de fleurs de liz, 3 à 
arbres de lys qui sont de perles et 3 à chasteaux. 

Une aube parée de samit vermeil brodé à ymages de 
Moyse prophète, et l'amit brodé de la passion de .Ilis. 
Crist. {[nv. de N. D. de Paris, f" U v° et 15.) 

1419. — 3 albe parafe, de panno aureo cujus campus 
albus est, et 3 colaria similia paramenlo albarum prcdicta- 
rum. 

Una alba parata, unus amiclus non paratus pro persoua 
pontificis, paramenta ipsius albe inl'eriora ampla sunl et 
magna, pulehre operala cum ymaginibus beale Virginis 
Marie et in eorum i coruibussunt scuta cum una benda de 
azuro. Pugnaha dicte albe operala sunt cum pellis et rôtis, 
foiTata de sindone rubeo. Colare vero operatum est cuui 
rôtis plalis et in medio rotarum sunt dragones ligurati cum 
parvis floribus lilii. (Inv. de la catti. d'Amiens, p. 319 et 
3-21.) 

1472. — A Anlhoniu pour avoir fait de broudure de fin 
or es paremeus de lad. aube, et en chacun d'iceulx ung 
fusil, la pierre et les eslincelles. . . 72 s. {Cptes de N. D. 
de Saint-Omer.) 

AUBE. — Moulure ser\ant à encadrer les éhra- 
sements d'une baie ou le lu-ofil des marches d'un 

escalier. 

1468. — Et seront les aubes desd. fenestres et four- 
meries de bonne molure souffisant. .. It. et es boussieres 
de la monliie à visz seront rcvestucs les aubes de molure 
bien et souflisamment. (Devis de la cita]!. N. D. de Salva- 
tion à Comjnegne, p. 20 v".) 

AOBESPINE. — La matière d'un plat ou même d'une 
écuelle suiipose un arbre et non un arbuste comme 
l'épine blanche. Mais de même qu'on rencontre des 
coffrets en bois d'alizier, on a pu faire aussi des 
plats d'aubépine. 

1300. — Il a terme boys et blanc, et pour ce il est lion 
à faire plalz, escuelles cl cueillers. (P. de Cresceus, 
I. XI, p. 81.) 

ADBESTAIN. — Je ne crois pas avoir mal lu ce 
mot dont j'ignore le sens. 

1382. — 8 onces 8 est. d'argent doré mis et emploie 
au bacinet du roy en un huchol à mettre 3 plumes et un 
aubfstain d'argent doré esmaillé, 1 I. t. {Cptes de l'écurie 

du rnij. T' 8.) 

AUBODRC. — F/étymologie rattache ce mot à 
ohicr iiui est une espèce de viorne dont le bois trop 
tendre ne correspond pas aux usages primitifs de 
l'aubourc. (Quelques lexicographes cnlcmlent par 
aubier {opuliisj un arbre du genre des sorbiers qui 



81 



AUltOURC 



justifie mieux sa présence panni les ilocuinenls t-iios 
ici. 

r260. Sor.I. char toi de fer font l'estrtidart dréchicr. 
...de X picolifs fu fait, l'uiu' fu d'olivier, 
...la.sc|>ric (7"") fu d'aulinri', l'uislieinc d'alisier. 
(La conquête île Jérusalem, \. 7W3.) 
1538. — Opu/r/.v. l'ng arbre semblable à cornilicr, dit 
obier ou opier, (Itobert Estienne.) 

1561. — 100 d'ans, dils d'auliourf; et autres bois à faire 
li'sd. arcs, 10 .s. t. (l'éuge de la l.oire. — Méin. de la 
Soc. archéol. de iOrléanais, t. Mil, p. 231.) 

1635. — .\uliier, obier, opier. — Arbre retirant au cor- 
iioillicr, portant son fruit an grape. Opulus. (Monot.) 

1690. — .\ubier, espèce d'arbre dont le bois est fort 
dur, ipii ressemble au cornouillicr. (l'uretière.) 

ADCDBE. — l,'aiicul)i' fait partie «le l'appaieil di'S 
Ifiiii's, on le li-ouvc sans cesse mcnlionnc avec les 
pavillons cl Ircfs, hicii que chacun de ces abris ail 
eu sa forme parliculière. I.'aucuhe, le plus pelil de 
tous, avait <i'lle d une lente liasse, c'est-à-dire d'un 
|iarallèlograniiiie, faite, à deu.\ versanis avec entrée 
en avant. 

I 180. Devant le trèfle roy \Mie aucube ot tendue 

Qui estoit de porpre inde, lacié bien menue; 
L'entrée de devant fu f.iite à or batu. 
{Liromanx d'Alexandre, p. a73 v. 26.) 
V. 1250. Et près vit tendre maint rice pavillon. 

Et maint aucube et Millier maint paissun. 
{Oijier le Danois, v. 7i4G.) 
V. 1250. Mais de l'autre barnois n'en olil poini porté 
Tente ne pavillon, ni aucube ni tré. 

{Fierubras,\. 5115.) 
1300 Et si borne tendoient et pavillons et trèz 
Et loges et aucubes tôt contreval les prcz 
...Traucbent ces paveillons et ces aucubes lées. 
{Parise la duchesse, \: il -22 et '21)29.) 
1383. Loges très et aucubes et pavillons faitis. 

(Chron. rim. de Duguesclln, t. II, p. 2S5.) 

1600. — Et outre cela, coupans les cordages des trefs 

pavilbiii> et aucubes, les .Auslreziens enveloppez parniy es- 

loienl bien aisément occis de lances. (Cl. Faucbet, Anliq. 

giiul.. I. 5, c. I.) 

ADFERRANT. FEUUA.NT. — Cheval ç:i-h à robe 
tigrée, pommelée on mouchetée, (ie pelag^e, tenu 
en haute estime jusqu'au xvil» siècle, était particu- 
lièrcMienl requis pour le friand destrier ou cheval 
de bataille, et c'est lui qui liyure le plus souvent 
dans les anciens poèmes. I, 'importance donnée à la 
robe et à ses divers accidents locaux de couleur con- 
sidérés comme signes des qualités du cheval est un 
des caractères de l'hippologie au moyen âge. J'em- 
prunte à un auteur du milieu du xvi" siècle une de 
ces règles auxquelles l'expérience moderne a juste- 
ment substitué l'élude des races cl celle de la con- 
formation. 

V. 1250. Le blanc ferrant d'Espaigne Garins li amena. 
...Contre son frère va sur .l. grant hautferranU 
...a .11. mains le leva sur l'aufcrrant gascon. 
(Fierabras, v. 2;)l, 5Ô.J-2 et 5713.) 
V. 1260. Et le père de clievax a chacun .1. donne. 

Et furent tuit ferrant et parlieus pommelé. 
(I)oon de Maience, v. Il-Ull.) 
1305. Ferrant (Ferdinand) portent dui auferrant, 
Qui tous deux sont rie poil ferrant. 

(G. Guiart, v. 706G.) 
V. 1330. — Là eurent atlar]uié leur aufféran de pris. 
{Hugues Capet, v. 2356.) 
1370. — (En I2U). Si avoient trouvé occasion de luy 
gaber (le C" Ferrand de Flandres) par l'équivocation de son 
nom, pour ce que le nom est équivoque à homme et à che- 
val. Si avint d'aventure que 2 chevaux de la couleur qui tel 
nom met à cheval, le portoicnt en une litière, et pour ce I 



crioient par reproche que 2 ferrans emportent le tiers Fer- 
rant et ipin Ferrant estoit enferré. (Cliron. de S. Vents, 
t. IV, p. 197.) 

1 560. - - Ceneralmenle parlando secondo l'ispericnza 
non è pelo cosi eccellenle che posse csser totalmente per- 
fetlo se non ba qnalrlie segnn d'adiistionc, havemio negri 
almeno i luogbi da basso... il cavallo moscato bianco per 
lutlo il corpo suoi esserc molto iccellente. . . il cavallo 
bianco moscato negro sarà destro et leggicro, et il similc 
quanilo è moscato rofso, benche il nero sia nieglio. (Gar- 
zoni, La piaaa rniversale, dise. 81.) 

AUrriN. Ai FIN. — l'ièce d'échiquiei', le fou, el 
ri'li>|ihanl des jeux orientaux el chinois. 

I 180 lioy, lieno, chevalier, auflin, rocct cornu 
Furent fet de saphir et si ot or molu. 

[Hom. d'Ale.iandre, ms., part. 2.) 

V. i4<>0. Je n'avoyc pion ne chevalier 

Auflin ne rocq qui puissent ma querelle 
Si bien aidicr. 

(Oh. d'Orléans, Poésies, p. 119.) 

AUMETON. Ai'GMETON. — Synonymes d'amictone 
ou d'amict dans la Charente au xvi" siècle. 

1562. — Plus une aube et aumeton pour l'évcsquc 
quand il fait son entrée, avec pareinentz fort riches d'or 
et de soye de diverses couleurs, valant 25 I. — Plus 
S aubes et 2 augmetons garnis de parementz servans es 
jours de Toussaincts, de S. Bénigne, vallant 35 liv. (In- 
fiirmntioii sur S. Pierre d'Angouléme, ji. 532.) 

AUMOIRE. — Le bois d'Irlande, fort employé au 
xiv= siècle, se piètail au travail de la sculpture. Il 
est ])robable néanmoins que l'arnioire dont il est 
question ici devait être un nu'uble très simple. Sa 
description indique six guichets sur trois rangs su- 
perposés dans la forme de celui de la cathédrale de 
liayeux. Voy. .-Viimoike. 

1396. — A Simonnet Aufernet, huchier, pour unes 
auinoircs nenfves de bois d'Irlande de 7 pieds et demi de 
hault el lie. li piez de long, à 3 estages dedcns, anfonrées 
ainsi qu'il appartient... pour mettre dedcns les garnisons 
lie pelleterie pour le roy, 8 1. p. («° Cple roij. de Cli. Pou- 
part, f» 127 v°.) 

AUMONE (ciiUCllE A. — Les pauvres avaient leur 
part faite à la table des riches. Dans les comptes de 
l'argenterie royale, dans les étals de dépenses des 
grandes maisons, chez de simples particuliers même, 
on tiouve meiiliomiés toutes sortes de vases où se 
lecueillait la desserte et les aliments abandonnés en 
aumône aux pauvres. Cette pratiijne est restée con- 
stante dans les communautés. Monteil cite, d'après un 
document de 1 i iS, le gril, le cuvier et le seau de 
l'aumône. U'aulres ))reuves de cette coutume trou- 
veront leur place aux mots liAr.l.x, Eclei.i.e, I'lat, 

l'OT cl CORHEILLE. 

xiM» s. Une cruche seul estre prise 

Où l'aumosnc de vin est mise. 
lAddit. à Kutehcuf. édit. Jubinal, II, p. •i3',l.) 



AUMONIER. 



Vase à mettre raumône. 



1380. — N' 4-t9. In garda vecxella... una parva hele- 
muslnaria argenli alba. — N" 68S. Una helemosinaria 
argcnli aliquantulum deaurala in circumfercnciis. {Inv. 
du cluU. de Cornillon.) 

V. \i*07. — i;n aumônier de table en faczon de cube 
(cuvc) à 4 ymages dorez dehors et dcdenz. (Inv. d'Oliv. 
de Clissoii, p. 10.) 

AUMÔNIÈRE. — l.itléralemcnt, une bourse à 
mettre I argent de l'aumône, el par extension les 
sacs de toute forme où trouvaient place de menus 
objets de toute nature, des clefs, des bijoux, des ta- 
blettes à écrire et même des médicaments. 



AUMUSSE 



H5 



Cet objet, pendant tout le moyen âge, fait partie 
du costume et se portail à la ceinture. Dès l'époque 
de Charleniagne il nous est connu par les monu- 
ments. Le plus ancien ne diffère pas sensiblement 
du type adopté aux xiiret xiV siècles. Sa forme tra- 
pézoïdale à sommet arrondi est celle des aumônières 
sarrazinoises, imitation des produits orientaux, qui 
occupait à Paris un corps de métier. 




V. iS(K). — Aumôniére brodée en couleurs d or île Chypre. 
Coll. Al. Delahcrche. 

L'aumônière des croisades s'est consorvéejusqu'au 
xvi» siècle, mais avec l'addition d'une garniture mé- 
tallique souvent très riche. Pendant la même période, 
on rencontre le sac plissé à cordons de tirage (pii 
peut être confondu sous le même nom. 

V. |260» .... Les aumonieres 

Avoit tant riclies et tant cliicres 
D'or et (le gemmes biea ouvrées 
De boutons il'or enfrangelées. 

(miracles de S. Eloi, p. 31.) 



a la tii ti il m (il (ii a a y 




Ep. lie Cliarles VII. — Monture il'aumônière 
en argent iloré- Coll. île Vaut. 



1260. — Nus ne nulle. (des merciiTs) ik; punt fuini 
faire ne acheter aumosnieres sarrazinoisos où il ait niellù 
fil ne coton .iveques soie, pourcc que l'en ne doit pas 



mètre fd ne coton aveques soie, parce que c'est décevance i 
cens qui n'i si connaissent. (Heg. d'Et. Boileau, titre 75.) 

1290. — Nulles mestresses ne ouvrières doudit mcstier 
ne pueent ne ne doivent tistre fd avecques soye ne flourin 
avecques soye. 

It... Ne doivent faire euvre de soyes deffdées (plaies) 
dites aumosnieres et boursses sarrazinoises, pour ce que 
la soye n'est pas filée retorse et en est l'œuvre fausse et 
mauvêse. .. 

11... Que ne puet ne ne doit mettre bon or sus le cbief 
de soye (filoselle)... 

II... Ne pueent ne ne doyvent faire euvre de bonne 
soye liliéo ou retorsse où il ait or de Luques, fors que fui 
or, car l'euvre en est fausse. [Reglem. des faiseuses 
(l'aiimôn. sarrai., ch. 17.) 





.VP s. — Plombs liistor. Même coll. 

V. 1300. .l'ai les diverses aumosnieres 
Et de soie et de cordeau... 
Si en ai de plaine toile. 
{Le dit du Mercier, édit. Crapelet, p. 119.) 

AUMONIÈRE. — Buflef, coffre à provisions, ayant 
sans doule, comme la cruche citée ]ilns haut, l'au- 
iin)ne pour objet. 

1395. — It. Unum altuni buffetum dictum ausmôniére 
ubi frumenlum ponitur, taxalum 20 s. l. (Inv. de l'év. de 

Langres) 

AUMUCELLE. — La garniture d'un pommeau de 
selle en forme de capuchon d'aumussc. On adit plus 
tard dans le même sens : chape et enchapurc. 

1342. — Une selle de palefroy, de la t.nille d'Alle- 
magne... en l'arçon devant, une aumucelle de cuivre dorée 
el poinçonnée et la bordeure esmailléc de lettres qui 
dienl : beneper omnia. {Cpte tlu connétable d'Eu.) 

AUMUSSE. — Vêtement porté par les chanoines 
depuis le xill" siècle pendant l'office des heures ca- 
noniales, pour se préserver du froi<l, el qui dans le 
costume civil des deux sexes parait avoir eu le même 
objet, ("est une cape ou pèlerine plus ou moins 
longue terminée par un capuchon en laine, feutre 
ou foule antre étoffe b; plus souvent fourrée. 

L'aumussc des chanoines qu'a remplacée plus fard 
le caniail, se distinguo jusqu'au xvi" siècle par deux 
cornes saillantes en manière de coussins et deux 
longues pattes antérieures. Sa forme la plus exiguë 
est celle d'un bonnet ou d'une simple calotte telle 
qu'elle y figure dans le costume royal. Elle y soute- 
nait la couronne et couvrait la fête en la préservant 
de l'effet désagréable produit par le contact d'une 
matière dure.Voy. liAitETTE. 

1286. — Quicumque crat saccrdos, iii signum sacerdo- 
lii defereb.it almuoium. (Joh. de Janua, Catliolicon, V Fla- 
men.) 

1293. — Qund niillus saitor ai'i-ipiat de vestimentis ho- 
uiiiiuMi HKisfuInruiu iillra taxatiouos infrascriptas, videlicet 
(le liuoa cum <a|iuti() vel aliuussa cum pennis i sol., et 
sine poiuia 18 don. {Slalula Miissil. ms.) 

1379. — N'-t. Et est l'auniucc (de la couronne) de ve- 



xi; 



Al'MI'SSR 



luiau vermeil, sur laquelle est une croisée d'or estnailléo 
(II' France sans piiTieric. (/ni', de Charles V.) 

1404. — Chitypeauix de veluiau,de bierre el autres pour 
le roij. — A Jfliaii .\nl)iTl cha|ipclirrel varli-t de chambre 
ilii riiy Mils, pour une graiit aiilnune île veliiiau unir sur 
snye en Irippc double tout un, eu façon d'Alleniaigne cl de 
nouvelle façon... pour ycelluj' seigneur, 8 1. p. {Cptetde la 
cour de Charles \'l, p. il.) 




V. 1500. — D'après Waller. 



1408. -- Osla (le duc de liouriiogne) son auniuclie de 
velours qu'il avoil mise sur son chappron enfourmé, des- 
soubz le quel avoit une capelane. {Rtipp. de J. Petit. — 
D. d'Arcq, Ann. de la Soc. de l'hist. de Fr., t. Il, pail. i, 
p. 1 t.) 




1486. — Figure de la danse macabre, jointe au texte. 



1412. — 3 fines aumusses de layne noire, i I. 10 s. t. 
— 2 aumusses de veluyau (la façon), iO s. t.(Laborde, Les 
ducs de Bourg , iW>.) 



i486. 



1489. 



Le chanoine. 

Or est la mort plus que niny forte 
(^ue tout en niaiiiue; c'est sa gnisc, 
Ùlanc surpelis, et auinussc grise 
Me fanlt laissier. 
{La danse Macabre, ùdit Guijnt.) 

Caiendrum. Auniuce de quoy est envelnppéi 



la teste pour avoir chaud. (Ciithulicon pan'iiiii.) 




.Vr*' .V. — Coll. des plombs historiés de Vaut. 



I 608. — Celluy qui vonldra istre reeeu et passer maistre 
fera chef-il'ieuvre bien et diienient en la présence des 

1 gardes et anciens bacheliers de la comnianaulté en l'Iios- 
lel de l'un d'iceulx gardes. Et pour le quel chef d'ieuvre 
faire sera tenu livrer et mestre es niains ilesd. gardes 

2 livres de laynes dont luy en sera fait un bonnet autrement 
appelé anhnuce ou 2 bonnetz à usaige ilhoniine ap|ielé au- 
trement cremyolles, à la disposition desd. gardes, le quel 
lui sera baillé par lesd. gardes pour icelliiy fouUer et ap- 
pareiller bien et deuement. {Stat. des boimetiers aulmu- 
cierx niUonniers de Paris. Arch. Y, 13, t. IX, f° 17i.) 

AUNES, AL'VKS et aubes. — Pièces do bois arqui^cs 
sur lesquelles s'enfoureiienl et s'assenilileiil les ar- 
çons. Elles fornienl en avant el en ai'rière de la selle 
ou du bTil une saillii^ sur la(|uelle s'attaclienl les 
(farnitures. 

1260. — Tit. 78. Nus du mestier ne puet garnir sMc 
se ele n'est vendue avant qu'ele soit garnie, se ce ne sont. . . 
sèles fustines clouées seur les aunes derrière, de clous d'es- 
tain sanz nul clou doré . . 

Tit. 79. Quiconques veut estrc ehapuiscurs à Paris c'est 
à savoir fesiércs de arçons et d'aunes à sèles et de fuz à 
some estrc la puet franehement... 

Mus chapuisières ne puet mètre croissant de fust en ar- 
çon ne en haune en quelque liii que ce soit ni eu quelque 
arçon ne en quelque baune que ce soit... 

Nus chapuiseur ne pnct mètre arçons sur aunes que 
il ne soient pareil. .. 

Nus chapuiseur ne puet mètre sur aunes, se li 3 pertuis 
de l'arçon ne sont entier, se li arçor» n'est si petiz 
que il n'i ait mestier que de 2 pertuis. {[{ég. d'Et.Boileuu.) 

I 296. — Le millier de niesrcin françois à huche 10 den. ; 
le cent d'ais assier "2 d. le cent, d'auves à livres et a baz 
I d. ; le cent, d'arçons à selles 2 d. (Tarif pour Paris, 
édit. D. d'Arcq, p. 2-2G.) 

1393. — Art. 12. Que on ne puist attaquer penci à selle 
se il n'est touz de cuir dessoubs les aulnes. 

Art. l(i. Que nul ne puist atacer penel qu'il n'ait un 
poueh de bort tout autour des aulnes. {Slat. des selliers 
d'Amiens. — Urdnnn. roij., t. Vil, p. 5Gi.) 

V. 1450. — Une façon de hourt que on alaelie davant 
à l'arczon de la selle, tant haidt que bas en plusieurs 
lieux... et descend le long des aulnes de la selle davant 
en embrassant la poictnne du cheval. {Leroi René. — Dei'is 
d'un tournoi. — Edil. (Juatrebarhes, t. II, p. H.) 

I 548. — Tant qu'elle rua bas tappecoue, quoy qu'il se 
tint à l'aulhe du bas, de toutes ses forces. {Pantagruel, l.l, 
ch. l;).) 

1680. — Courbet. Les parties du fût du bit qui sont 
élevées et faites en manière d'arcades, posant sur d'autres 
parties qu'on appelle aubes. (Richclet.) 

AUNE. — Bois. 

V. 1300. — Amcilan autrement dict aulne. On en faict 
aussi très bons trenchoirs et duraldes et aussi escuelles 
et autres vaisseaidx qui ne fendent pas légèrement. (P. de 
Crescens, 1. 5, c. I.) 



AUTEL 



S7 



AUNE. Mesure de longueur. 

1370. — En cemeisnie an (1321) conçut leroy (Philippe 
le Loii;;) que partout le royaume n'auroit que une mesure et 
une aune. Mais la maladie le prist, si ne pot accomplir 
ce qu'il avoitconceu. (Chron. île S. Denis, t. V, p. iïl.) 

1606. — Mesure à mesurer draps... et autres telles 
marchandises, la quelle contient de long 3 pied.s 7 pouces 
et 8 lignes... c'est l'aulne commune dont chacun use fors 
les marchands de drap de soye qui ont l'aulne plus petite 
d'environ deniy-poulce. 

On appelle aussi aulne le baston estalonné. . . au quel 
avec petits clouds de laton à teste de daulpliin, (leur de 
lys ou estoile, toutes les. . . partitions do l'aulne sont mar- 
quées. (Nicot.) 

ADQUETON. — Étoffe de coton sans leinliiro et 
aussi une Innique collante rembourrée, de longueur 
varialde, couvrant le torse et le haut des cuisses, 
plus généralement nommée hoqueton. Voy. ce mot. 

1180. Sour unekurle pointe fourrée d'auquelou 
A fait li rois coucier le preu Eménidon, 
Menuement ouvrée de soie et de coton. 

(liom. d'Alexandre, p. 188, v. 25.) 
I 185. Tout seul en un batel, aine n'i ot aviron 

Bien chauchietet vestu d'un paile d'auqueton. 
{Chanson d'Anlioche, t. Il, p. 180.) 
V. 1200. Par desor une conte pourpoinle d'auqueton, 
S'assist li emperère. 

(Gui de Nanteuil, v, 664.) 

xiii" s. Dicus li envoia un coulon 

Assez plus blanc d'un auketon. 

(Vie de Jésus-Christ, t. 1, p. 497.) 

V. 1250. Li keute fu par devison 

Faite de soie et d'auketon 
D'un brun pale li kavecuel 
Et d'un blanc kainsil li liucuel. 
(Rom. de Blancandin, ms. 6987, f 257 v°.) 
V. 1350. Sor une coûte pointe ouvrée d'auqueton. 

Trouva séant la dame lès .1. feu de charbon. 
(Gautier d'Aupais, p. 25.) 
1482. — Les pourpoinct alqueton et chausses d'icelluy 
feu Mgr. de Sainct Flour. (Inv. d'Ant. de Leotoin.) 

1580. — Ung auqueton d'homme de vellours noir avec 
passe-mains à double poincte et botons. (Inv, de Magallone 
du Port.) 

AURICALQDE. — Dans l'état de la diimie au 
moyen âge, la composition des bronzes est restée 
une industrie de tâtonnements où chaque ouvrier 
constituait par des essais souvent infructueux son 
expérience propre. Le moine Théopliile, en indi- 
quant, sans dosage toutefois, la nature de l'airain 
des chaudronniers, fait connaître que le nom d'auri- 
calque s'appliquait à un métal à peu près débarrassé 
de plomb et contenant, outre le cuivre et l'étain, de 
la calamine en e.xcès. Xi pour cet auteur, ni pour 
d'autres il n'existe de différence appréciable entre 
l'auricalquc et le léton ou cuivre jaune. C'est donc 
la couleur du métal qui servait à le qualifier, et la 
pins appréciée était celle qui se rapprochait le plus 
de l'or. 

.\ propos de l'auricalque d'Espagne, il faut rappe- 
ler que la fabrique de Scville a maintenu sa répu- 
tation jusqu'à nos jours. 

V. 75. — Fit (œs) et ex alio lapiile queni Chalcitim 
vocant in Cypro, ubi prima fuit œris inventio ;mox, vilitas 
prsccipua, rcpcrto in aliis terris prœslantiore maximeque 
aurichalco quod pr;ecipuani bonitalem admirationemque 
diu obtinuit noc rcperilur lungo jam tempore cUcta tel- 
lure. (Pline, Hist. nat., I. 31, c. 1.) 

x« s. — Auricalcum — ma;stling. (Alfric's Vocab.) 

1053. — ' Auricalcum diciturquod simililudincm auri et 
jeris, babeat. yF.s enim grâce dicitur calco. (Papias, Vocab.) 

V. 1 200. — Conimixtio (cupri cum calamina) vncatur 
a'S, unde caldaria, lebctes et pelves funduntur, sed non 



potest dcaurari, quando anlc mixtionem cuprum non fuit 
penitus a plumbo purgalum. Deinde facturus auricalcum 
quod possit denurari sic incipe. [Vous fontle'i du euivre 
et après avoir jeté sur le pliiinh qui surnage le bain de 
la c ndre fine, vous enle"ez-la crasse de plomli mêlée à 
la cendre.] Deinde infunde super iiifusorium quod ad hoc 
aptaveris et sic probabis si bene purum est. Tene illud 
cum forcipe priusquam refrigeretur sed ila candens et 
percute grandi malleo super incudeni fortiter et si fran- 
gitur aut finditur denuo oportebit te illud liquefieri sicut 
prius, si vero sanum permanserit refrigi'rabis in aqua... 
hoc cuprum vocaturtorridum, ex hoc cuprii, quirquid facercr 
volueris duclili opère in imaginibus, bestiis et avibus, in 
thuribulis et diversis vasis, in linibis tahularum in iilis 
et catenis ad dcaurandum operari poteris. 

Ex hoc ciipro perficc auricalcum cum adjiM'lione cala- 
mina> eodem modo quo superius a}s caldariorum compo- 
suisti. (Théophile, 1. 3, c. 66 et 67.) Voy. .\IRA1N DES 
CHAUDRONNIERS. 

1281. — Item de soma ferri non laborati, pliimbi 
stagni, rami, terrae ymiœ de qua fit auricalchum. (Chiirt, 
cit. du Cange, y Auricalchum.) 

V. 1300. — Auricalco, aurum... malum sive aurum 
illud quod ponilur super sellas. (Comtnent. s. J. de Gar^ 
lande, ms. Bihl. Ma<ur.) 

1489. — Auricalcum — métail ressemblant à cuyvre. 
(Caiholicon parvum.) 

1597. — Quest-ce que l'aurichalque? — C'est l'airein 
du quel la couleur retire à l'or. Mais si nous cherchons 
autrement la propriété du mot, c'est une confusion d'or 
avec esgalles parties d'airein, sinon il faut que ce soit or 
impur et participant à l'airein (J. Bodin, Théâtre de la 
Nat., 1. 2, sect. 10.) 

AURICALQUE D'ESPAGNE. — V. 1200. — Fiunt et im.1- 
gines regum et equitum eodem opère in ferro (Matrice à 
estamper) ex quibus auricalco hispanico impressis ornan- 
tur pelves quibus aqua in manibus funditur. Eodem modo 
quo ornantur scyphi auro et argento cum suis limbis cjus- 
ilem metalli in quibus stant bcstiolae vel aves et flosculi 
qui tamen non llguntur sod stagno solidantur. (Théophile, 
1. 3, c. 7i.) 

AUTEL. — La forme des autels fixes se rapporte 
à deux types dont le plus ancien paraît avoir été la 
table commémorative de l'institution de l'Eucha- 
ristie, et le second la figure d'un tombeau. Saint 




Cippe romain transformé en autel, à Ispagnac (iosere). 
Comm. de .M. Germer-Durand. 

Jean, dans son Apocalypse, vit sous l'autel les âmes 
des martyrs, et au m" siècle le pape Félix I"'dit : 
Jlic constitiiit supra sepulcra mariijrum mmas ce- 



AllTEI. 



lebrare. Peu après, l'iisafro s'en (•(iiilirnic ;'i r('|Mi(|iic 
(le Constantin. 

Les plus anciens aiilrls, île peliles pi'ii|)(irlions el 
présentant (|tieli|ne anal();;ie avec Vain aiiticpie, 
reposaient sur le sdl et leur table, ilépoiirvne de 
eliamleliers jusi|n'au IX'' siècle, no recevait (l'autre 
ornement ipie les vases sacn-s. Le bois et la pierre 
furent enipUiyi's sinuiltaiiéiiient. A répoipie îles per- 
siH'utions la préférence fui ilonnée au liois, sui'tout 
en Afrique el en K(;yple; mais en 'idll un iléciet du 
concile (rKs|iaj,'ne |u-escrivit d'y sulistitmr la pierre. 




/', ..lrl,;,s- 

XI' s. — Alltel jtniiiitif. Tn-xoi- de Conques { Are ijroii). 

Au comnieiiciMnenl du iv' siècle ajiparaisscnt les 
autels eu mélaux précieux, et depuis on n'a cessé 



sacrée à lai|nelle smi usn^e doiinail une fixité rela- 
tive, de V allure (jcstutorium dont il est si souveni 
(piestion dans les invenlaires des trésors du moyen 
Age. 

r.e deniiiT, diiiil l'nri^ini' ri'iiKuile aussi aux pre- 
miers siècles et ipi'on relnuive elle/, les luiiiiu's de 
Saint-Denis à la suite de l'armée de Cliailemajine, 
est connu sous la forme d'un carré Ion};, de trente à 
soixante ceulinu'^lres, en |)ierre plus ou moins pré- 
cieuse, entouré de sculpture, d'orfèvrerie, de ffra- 
vnre ou d'émaux, confornuMueut aux types conservés 
dans quelques collections. Parmi les textes qui rap- 
pellent ces objets, on remarcpu-i'a certaines particu- 
larités curieuses relatives au mode d'améuadement 
des autels de voyafie et à la pronqilitude avec la- 
quelle on i)rocédait à leur iusiallalion. 

AlTF.I. FIXF:. — 1409. —Pour une clia|)olln (entière de 
veloux azur jiour la royiie... 2 laides d'autel qui seront, 
cliascunc de 2 12 aulnes de Inii^' et de 11 1 2 i|iiiirliers de 
lé largenu-'iil, el auiii en cliaseun il) i|uanés nu il aura en 
cliascun quarré une ysloire de la passion brodée bien et ri- 
clicnicnl de nues, esloiles d'or et royes de soleil. 

Un ciel qui aura 2 1/2 aulnes de lonj; et 2 aidnes de lé 
et sera semé ilc nues à estoillcs et royes de sonleil d'or et 
aux -tiiuignetz 4 évcngélistes et on nulien un jugement ilc 
.N. S. Les |ieiites doubles brodées par dedens de unes, 
royes de sonleil connue dessus et par dehors eoppaunées 
désarmes delà royne et d'nn aposlre ou nu autre saint... 
Un parement de nappe d'autel qui sera fait d'yinages et 
désarmes de la roync copponnées, par dessoubz frangé de 
franges. 

Kt seront tous les ymages desd. ystoires par les lisières 
brodez de perles de seinenee par le colel et autour des 
mauelies el autour des dyadesuies où il aura plus grosses 
perles telles qu'il plaira à la royue et qu'elle vouidra faire 
délivrer. {Devis d'une cliapelle iiour haheiiu de liavieie. 
Arcli. AVi, iS, f« 70.) 

1428. — Kn la cbapelle de lad. pointe (du palais) l'ut 
trouvé ung dressoir faisant autel à chauler uu'ssc der)piez 
de long on environ. (/)u'. de ta Conciergerie, Arch. P. 
Keg. 1189.) 

1454. — l'our 2 gous, 2 vertevelles et ung pié de fer 
mis à faire tenir une table de boys contre uug mur en la 
ebappelle de lad. dame (la reine) en l'église de .Notre-Dame 
près Chiuon, à servir d'autel pour cétclirer dessus, 12 s. 
U d. t. (l" Cpte roij. de J. Ilochetel, f 70). 




.\ll° s. — Autel porliilif émnillé, provenant de l\xhhiiije de Slavelot. 
Musée ruij. d'auliq. de Bruxelles, E, 71. 



(l'en enrichir les églises. I.'autel fixe on jiorlatif 
a été, dès le début du Vf siècle, l'objet d'une con- 
sécration spéciale; mais dans les documenls anciens 
il est souvent difficile de distinguer la pierre con- 



1508. — Art. 8. It. Nul tailleur ne debvra faire table 
d'autel eu pierre, que les maehonneries de taille de lad. 
table ne soicnl toutes il'une pièce, à scavoir voussures pa- 
niaux. chambranles, pilliers, culs de lampe el arcs-boulans; 
car c'est une matière pesante et ne se pourroit bonnement 



AUTRUCHE 



8!) 



et léalemenljoindre l'un contre l'aiillre de long; mais lesd. 
maclionneiies de taille se poui-niierit bien mettre l'un sur 
l'antre. {Sttit. des peintre.':, tailleurs il images, etc. Aug. 
Tliierry, Mon. de l'iiist. du tiers-état, t. IV, p. 3i3.) 




XV° s. — Autel en hois dans l'église de Tincques 
(Pas-de-Calais). 



1514. — En la chappelle dud. hostel fu trouvé ung au- 
tel à chanter en façon d'un buffet h 2 guichets formant à 
clef, de quatre piedz de long. Prisé 10 s. p. (Inv. île Guii 
Arbale!<le,f5.) 

1517. — A l'environ (du grant autel) y a i grandes 
coUunpnes de cuyvre et sur icelles i anges de 3 à 1 piedz 
de haulleur; led. aultel bien aorné et encourtiné de drap 
d'or et de sove. [Voy. de la reine de Sicile à Clairvaux. 

— Ann. archéol, t. III, p. 2"2C.) 

1562. — 6 grands piliers de cuivre doré estant aux cos- 
tés du grand autel, servant à attacher des barres de cuivre 
doré servant à tenir les courtines. . . Plus 2 grands pilliers 
d'estaing de la hauteur de 8 piedz, estant devant l'autel du 
crucifix pour tenir les courtines. (Inv. de l'abhage de la 
Cnuronne, p. 33.) 

1578. — A l'entour du grant aultel sont 4 perches de 
fer, .1 grandes custodes de sarge rouge et blanche, avec 
l'ornement dud. haultel de mesme sarge, en nombre de 
8 pièces. 

Plus est devant led. grand aultel ung grant chandelier 
de lothon à 10 membres à mectre cierges et 5 petitz plus 
hault, et uncINostre-Dame en hault. (Inv. de la Collégiale 
de Salins, p. 147.) 

1616. — Le grand autel est de marbre blanc, posé sur 
un tombeau de marbre... couvert led. autel d'une toile 
cirée, 3 nappes, une autre nappe et un tappys de cuir 
rouge. . . Nous archevèi|ue avons ordonné que la toile cirée 
qui est au dessus dud. autel sera de nouveau cirée dans 
troys jours. (Visite de l'égl. S. Trophime d'Arles. — 
rtev des soc, sav. 1867,2" sem., p. 484.) 

Autel portatif. — V. 720. — Altaria quoque conse- 
crata in quator angulorum locis et in medio reliquias con- 
tinens sanctorum, in moilum clypei, quoil secuni, dum iter 
agebat, vehere solitus crat. (Vita J. Wilframini. — Acta 
SS. ont. S. Bened., sœc. [Il, part. I, p. 359.) 

V. 1200. — Altareparvum de gagate, paratum argento. 
(hw. de la cath. de Rouen.) 

1295. — Unum altare viaticum de diaspro viridi et 
ruheo, guariiitum <le argento lahorato ad nigellum et l'olia 
cum zaffiris et ."> turchiscis. (Le chapitre en compte 10, 
G sont en jaspe et 4 en porphyre.! (Inv. Sed. aiiastol., 
f'82.) 

1340. — Nous avons donné et octroyé de grâce espé- 
ciale et de notre autorité royale à iiosd. conseillers qu'eu 
nostred. palais ils puissent faire chanter une messe sur un 
autel portatif sans qu'il soit attaché en pierre ne en 
piastre. (Ordonn. de Philippe VI. — Kélibien, llist. de 
Paris, t. III, p. 3Ut.) 

1393. -3 coffres dont l'un fait autier à chanter... item 
un niabro pour chanter. (I)iv. de Catherine de llourgogne. 

— I). Plancher, llist. de Ilourg., t. III, pièce 1(17.) 
1397. — .\ Piohin Garnier, collrier, pour un coffre ferré 

qui sert à faire autel jiour dire et célébrer dessus la messe 
de Mgr Loys de France, et pour mettre les aornemens de 
sa chapelle, 4 I. 10 s. p. ('t" CjUe riii/. il'Hémim lia- 
giiier, f»l34.) 



1420. — Un autel benoist d'une pierre goûtée de vert 
sur jaspre, et y a un reliquaire au bout de lad. pierre en- 
chassillé (l'argent doré à lettres de Damaz d'un costé et 
d'autre, et y a sur un des costez 3 petitz balaiz, 5 saphirs 
et 2 camahieux, et un estiiy de cuir armoié do France. 
(Inv. des joyaux, de Charles VI, art. 51.) 

1 420. — Ung autel portatif de 2 tables ployant à tout ung 
pavillon de satin noir et gris et le parement et devantier 
d'autel de pareil satin. (Inv. de Philippe le Bon.) 

1427. — Ung petit coffre de chappelle couvert de cuyr 
ou quel estoient les choses qui s'ensuivent... 2 petiz aiz 
couversde toille et 3 potences de fer à faire ung autel sur 
led. coffre. (Cpte de J. de Bocheclwuart, ^28.) 

1 438. — Un autel portatif de jaspre bordé d'argent doré, 
et aux 4 cornes y a reliques couvers de cristal, et est led. 
autel dedens un estuy de cuir fermant. 

It. Un autre autel portatif de porpbire bordé de cuivre 
doré sur lequel l'en chante au petit autel de bois. Et y 
fault un lyonnet qui fait l'un des piez. (Inv. de N. I). de 
Paris, f" 7.) 

1457. — Unum altare portatile cum lapide serpentino 
In medio, cum pulcherrima tarsia in circuitu ipsiusiapidis. 
(Inv. du Palais de S. Marc à Borne, p, 202.) 

1483. — N" 8. It. Altare portatile de jaspide in- 
chassato in nemore vocato plenot cum suo estuys seu co- 
pertura. (Inv. de la cliap. des ducs de Savoie, p. 50.) 

1502. — It. Ung petit autel portatif de marbe vert 
enchâssé en argent doré et 3 petites tourrelles d'argent 
autour pour pietz. (Inv. de l'abbaye de Fécainp, p. 405.) 

1550. — Ung autel portatif d'une pierre verte dont les 
bordures sont d'argent garnies de feuilles, et aux 4 coings 
senties 4 évangélistes. {Ibid,, p. 410.) 

AUTRUCHE. — La dépouille de ce grand échas- 
sier d'Afrique partageait, avec les gemmes, les qua- 
lités merveilleuses qui firent de ses plumes orne- 
mentales un talisman. Ses œufs furent aussi une 
matière fort recherchée que l'orfèvrerie convertissait 
en vases précieux ou en reli([uaires. Parmi les ohjots 
de ce genre conservés dans quelques églises il faut 
citer ceux du trésor de Saint-Servais à Maestricht et 
de la chapelle saxonne de (Juedlimbourg d'oii sont 
tirés les exemples ci-joints. 




Trésor de S. Servais à Maestricht. 



1363. — N° 383. 2 coupes d'oeufs d'otrice, conves- 
clées, assises sur piez d'argent esinailh^z et les couves- 
cles esmaillicz, poisent 6 m. 5 0. (Inv. du dur de .\or- 
mandie.) 

1380. — N° 1712. Une coupe sans couvescle qui fut 
d'oeuf d'ostruce et est le piée smaillé par dehors, pes. 2 m. 
(Inv. de Charles V.) 

1416. — N" 307. Une salière d'argent faite en ni.a- 
nière d'une autrusse, le ventre de laquelle est d'une co- 
quille de perle et siet sur une terrasse d'argent doré cs- 
niaillé de vert, 40 I. t. 

N" 3'.I8. Une couppe d'un œuf d'autrusse, garnie d'ar- 
gent doré, esmaillé, et sur le couvercle a un II et un C et 



iW 



AITItUCHE 



sur le fretplct une aigle vobnl 19 1. t. {lin', du duc de 
Iternj.) 

I *20- — N° 217' l "*' roMiipp iluiil le bassin csl d'ostruso 
par clinlaiis cizeit', pes. 3 m. ijnv. di- Chmlex 17.) 




A'V' s. — Reliquaire de Quedlimbourg. 



1556. — Toiilesfois pour canso de la rarilé aucuns atta- 
chent sus leurs heaumes les ailes et la queue de l'ciyseau 
maiiurodiatii (l'autruche) eu adjiiuslant ceste superstition 
que celuy qui en a sus sny n'est blessé ne vulnéré à la 
guerre. (Cardan., Subtiles invent., 1. Itl, p. 28i)\°.) 

1600. — Ex eisdem (pennis), in nnbilihus ItaliiP urbibus 
ac Bononia> potissimuni atque Venetiis (iunt ventilahra, 
qnibns nobiliores matrona; ipstivo temporc vcntulum sibi 
parant, (.ildrovande, Ornilol., 1. 0, c. i, p. 596.) 

ADVE. — Synonyme il'auno; ce mot paraît dans 
les citations suivantes s'appliquer non seulement à la 
bordure mais au.\ parties latérales, c'est-à-dire aux 
quartiers de la selle. Voy.ACNKS, S.iMUUE (1342), cl 
Selle d'alle.magne (1341). 

1339. — l'our une selle de palefroy, de la taille d'Ale- 
niai^ine... les arçons bordez d'os devant et derrière de 
fin or et les auves aussi garnies d'osteaux d'orfaverie 
dorez à (leur et garnie du surplus. 11! 1. p., et pour la 
houcc de cuir, 10 s. p. (Cptes du connétable d'Eu, (" i.) 

1370. — Fu féru Miehau de Harnies d'une lance parmi 
l'escu et le haubert et parmi la cuisse, et fu cousu aux 
auves de la selle cl au cheval \consutus fuit alveœ selle 
et equn\. [Chron. de S. Denis, t. IV, p. 179.) 

1385. — Lue selle de courcier faite a la guise d'Es- 
cosse... les arçonnières derrière et devant et les auves cou- 
vert tout de laton et ouvré d'cnleveure, délestes de lion et 
de cerfs volans. {Cptes de l'écurie du roi, fbS.) 

AUVE. — L'auvc du bat pour le bàl, c'est-à-dire 
la charge d'une bûle de somme. 

1581. — Qui porte frniclz à col ou à aulve doit un de- 
nier. (Travers et jiéiifje du marquisat de Xesle. — Beau- 
villé, /ter. (le iliic. ined. .i. la Picardie, l. Il, pièce iOO.) 

AUVERGNE (façon d'. — 11 existe encore en Au- 
vergne des débris de harnais qui présentent la 
plus grande analogie avec l'équipage brillant cl 
sonore des muletiers de la vieille Espagne. 

1591. — Deux bAs de irullet, façon d'Auvergne 2 esc. 
{Vente du s' de lleaujeu, — Arch. de Cher. Bull, des 
comités histor. Archéol., 1850, t, II, p. 219.) 



AUXERRE (nni'N n' — .Terre ferniginense onnime 
l'ocre riin};e et la pii'ri'e de Tliiviers dont on se sert 
encore ilans la décoration des faïences. 

1365. — II. 91ib. lapidis ruhei ad piclnranduni doinuni 
vel aliquid aliud, vocalus palliée brun Autissiodoro, 
taxai. I 12 gross. — 11. 2 niagnos lapides niarmoreos aii 
lerenduni, colores taxai, 2 gross. {Inv. de J. de Salj'res, 
p. 3 IX et X'il.) 

AVALEMENTS. — Parties creuses coiniiie canaux 
ou cannchires. 

1399. — Un petil coffret carré d'argent doré ouvré d'a- 
valeiueuset sont les fons de voirrc, fermant à clef. {Inv. 
de Charles 17.) 

1400. — Un petit vaissel de cristal parcié d'avalemcnls 
{Pièces relui, nu régne de Charles VI, U II, p. 285.) 

AVALOERE. — Pierre placée près des portes pour 
mouler à cheval ou en descendre. 

1328. — Led. évesque ou son majeur... pourront aussi 
donner congié de mettre pierres avaloeres au moins de 
donunage que l'on pourra. {Ordonn. des rois de /■';■., t XII, 
p. 5.) 

AVANT-BEC. — La partie saillante et aiguë posée 

en ai il d'uni; pile de pont |iour en augmenler la 

résistance; il est difficile de s'expliquiM l'abandon, 
par nos constructeurs modernes, d'une pi-aliqiu; aussi 
rationnelle. 

1488. — Devis du pont de Saint-Privé. — Première- 
ment dessus chacun avant-bec sera troussée une tournellc, 
chacune tournellc seront faictes semblables comme celles 
du pont d'Auron ; pavées sieigées gargoUées, par où l'eau 
s'en va sur chacun avant-bec. (Girardot, Les artistes de 
Iluunjes. — /l;r/i. de l'art franc ., 'i'' sér . , t. I, p. 242.) 

1531 . — Aussi sera tenu faire à chascunc vouste, clias- 
cnn son avant-bec (|ui auront chascun i pieds oultre la 
muraille dud. pont, (ilarché du pont de Craon s. l'Oudon. 
— fiev. des soc. sac, année 1870, 1"' sem.,p. 130.) 

AVANT-BRAS. — Pièce rigide qui dès la fin du 
Xlll" siècle s'api)liquc sur la maille du liaubei't et 
consiste en une sorte de gouttière légèrement co- 
nique en cuir bouilli, puis en acier, protégeant 
l'avant-bras. 




1320. — D'après Waller. 

Au XIV' siècle, cette partie de l'armure se com- 
plète par une seconde pièce intérieure à laqucdle elle 
se réunit à cbarnièn-s jusqu'à la hauteur du couile. 
L'auteur anonyme du Costume militaire fninraix 
en 1440 nous apprend (pi'on ap\tf\iûl avant-bras à 
la milanaise la totalité des \>u'.ccs qui, de l'épaule au 
gantelet, composaient l'ensembh; du brassard ju-o- 
pri'meiit dit. 

1352. —Une pièce et aune et demie de cendal vermeil 
des fors en graine pour faire cotes à plates et garnir garde- 
bras, avant-bras, cuissos, grevètes, heaumes, bacinès et 



AVIGNON 



!)l 



bernois de maille. (Cpfe d'Et. de Lafontaine. — l). d'Arcq, 
Cptex (le l'iirgenterie, p. U"2.) 

1389. — Une cntte d'armes garnie d'argent et les meil- 
leurs bassinet à camail, cotte de fer, liarnuys de jambe et 
avant-bras, 13 1. — Au grant tiirart et à Robin Lévrier 
cotte de fer, bassinet, avant-bras, Ui s. (Testament de 
R. Picqiie, p. 93.) 

1446. — It. Quant à l'avant-braz il y on a de deux 
faczons... C'est assavoir : lesungset les plus eomuns qui se 
font à Milan qui se tiennent de pièces ensemble depuis la 
jointure de la main jusques à 4 ou 6 doiz près de la join- 
ture de l'espaulle liault... oud. avant-bras senestre y a une 
garde d'un pié en ront façonnée presque eu la faczon d'un 
cueur, c'est assavoir la pointe couvrant le code et faicte en ar- 
reste, et l'autre partie contraire est ployée ou meilleu, la- 
quelle ployeure couvre le |ilct ilubraz. Et quant le bras est 
ployé lad. garde couvre depuis le gantellet ou à peu près 
jusques au bort du garde-braz. 

Item, et l'avant-braz du bras droit est pareillement fait 
de pièces et couvre au'isi bault le braz droit come le sénestre 
avant-braz fait le braz s(-nestre; mais la garde en est la 
moictié plus petite que l'autre, ne n'est pas faicte en cestc 
faczon du costé du coude come chascun scet, et oultre 
plus est depuis la ployeure du garde-braz contremont 
double, laquelle chose fut ordonnée pour le rencontre de 
la lance. 

Item, l'autre faczon d'avant-braz sont lesquelx sont faiz 
de 3 pièces, c'est assavoir une pièce qui couvre depuis la 
ployeure de la main jusques à 3 doiz près la ployeure du 
braz, et depuis la ployeure du braz y en a une autre qui 
vient jusques à hault de la joincture de l'espaulle à i doiz 
près. Par dessus les quelles 2 pièces y en a une autre qui 
couvre le code et la ployeure du braz et partie des autres 
2 pièces aussi, lesquelles 3 pièces sont pareilles tant au 
braz droit que au sénestre et se attachent avecques éguil- 
lettes. (Traité anoiu/me du cost. milit. franc., Edit. Bel- 
leval, p. 3.) 

V. I4S0. — En Brabant, Flandres et Haynault et en ces 
pays là vers les Almaignes... mettent unes bracières grosses 
de4 doiz d'espèz et remplies de couton sur quoy ils arment 
les avant-bras et les garde-bras de cuir bouilly. (Le roi 
René, D''ris d'un tournoi. Edit. Quatrebarbes, t. II, 
p. 13.) 

1458. — Après les armeront de garde-braz et de avant- 
braz qui de cuir boully seront tenans tous ensemble, qui 
dedens seront lassez et par dessus garniz au long de menus 
bastonnèz du plus fort boys. (Ant. de la Sale, Traité des 
tournois, Bibl. Richel. ms. fr. 1997, p. 25.) 

AVANT-PIÉ. — Le dessus de la chaussure, l'em- 
peigric. 

1342. — Fouchier le caucheteur ne vent point boines 
cauches, car elles sont mal causues, et les avaut-piés sont 
mal tailliet. (Le livre des métiers. Edit. Jlichelant, p. 28.) 

1456. Et meshousaulx sans avant-piedz. 

(Villon, Petit testant., XXIV, p. '26.) 

AVANT-TRAIN. — Je n'ai rencontré aucune mcn- 
lion jilus ancienne de l'usage des avant-trains 
adaptés à l'artillerie française. 

1599. — Et il'autant que la pesanteur des doubles ca- 
nons est fort grande on a accoustumé à mettre un train 
devant, c'est à savoir 2 petites roues basses, fortes et bien 
ferrées avec leur salote et commissures pour soutenir et 
entretenir le bout dud. flasque avec une grande cheville 
ou broche de fer qui traverse l'entrctoise de devant du 
bout de l'aftut. (Boillot, Modèles et artifices de feu, ch. 52.) 

AVANTAL, AVENTAiLLE. — La partie saillante au 
pied du timlire d'un cliapel de fer ou l'avance du 
nu'zail d'un bacincl. 

1378. — Lego Thome Paynel, nepoti meo... nnum ba- 
synetum largiorem cum le vyser et ai'«H<»i//'' ad eunidem. 
(Test, de J. de Foxie. —Archéol . journal, t. XV, p. 209.) 

1446. — Et tout autmu' (des cliappcauK de Montaul- 
ban) y a ung avautal dc^ 4 ou 5 doigts de large en forme 
et nnnière d'un chapeau. (Du cost. milit. franc , Edit. 
Belleval, p. 2.) 

AVE MARIA. — Si les innombrables édifices, té- 
moins vivants du culte préféré de nos pères, n'étaient 



là ponr prouver leur dévotion constante envers la 
sainte Vierge, on en retrouverait encore l'empreinte 
dans ces objets de toute sorte et d'un usage journa- 
lier oij le ciseau de dos vieu.\ artistes a gravé le 
nom de la Mère de Dieu. 

L'.lre Maria, au moyen âge, n'est pas seuleiuent 
une prière, mais encore une exclamation joyeuse qui 
avait pénétré dans la langue comnu? dans les mœurs. 
On la retrouve à chaque pas dans l'étude des souve- 
nirs que le temps a respectés ou dont la description 
seule est parvenue jnsi(u'à nous. En dehors des 
objets du culte où l'inscription du nom de Marie 
avait naturellement sa place, il est utile de signaler 
d'autres pièces, soit d'orfèvrerie, d'ameubleinent ou 
de costumes civils , parmi lesquelles sa présence 
n'est ni moins fréquente ni moins significative. 



1285. 



Avoi ! S.ainte Marie, avoi ! 
Dist li hiraus, merveilles voi. 



(J. Bretex, Les tournois de Chauvencij, v. 3815.) 




XV° s. — Coll. des plombs historiés de Vaut. 



1360. — Un godet d'Alemaigne couvert... et autour le 
bord du couvescle a escripte l'Ave Maria. (Inv. de Louis 
dWnjou, n« 381.) 

1380. — Un petit eamahieu, d'un enfant a ailles ac- 
crupy. as'sis en une verge d'or esmaillée à Ave Maria. 
(Inv. de Charles V, n» 696.) 

1446. — Lesquelz compaignons par dérision disdrent 
auxsupplians : Marie ! que ces gens là sontcrueulx. (Archiv. 
J.J., Rég. 178, pièce 118.) 

1450. — Avoy ! dist-il, m'amie, quel estât avoient elles 
à ceste feste... 

Ave Maria, fait el, je aimasse mieulx qu'elles fussent 
à leurs niesous. (Les quin<e joies de mariage, p. 12 et 37.) 

1475. — Marie! Marie! qui vault aultant à dire en 
paroUes de joyeuseté comme Voire, Voire. (Archiv. J.J. 
Rég. 195, pièce 1566.) 




XV' s. — Ceinture en argent doré, 
émaillée de i.\re-.)faria. Coll. de Vaut. 



AVEAUX. — .Vrbalétriers. Les pièces qui avalent 
(descendent) du faîtage d'une charpente et déter- 
minent son inclinaison. 

1577. — De la quelle dicte cherpente avons trouvé 
partie des sablières pourries, à raison de 20 |iieds de long 
de cliascun cousté, ensemble 2 tirans pourris par les 
bouts, 4 aveaux et 8 chevrons d'icelle aussi pourris. 

Et pour obviera de plusgransinconvéuiens cstuécessaire 
de pnnuptement retfaire lad. charpente aussi gastée et y 
mettre aultres tirans, aveanx el chevrons. Lesd. tirans de 
21 pieds de long et de 10 ponices de grosseur, lesd. aveaux 
de 30 pieds de long et de 8 à 9 poulcesde grosseur, lesd. 
chevrons de 30 pieds de long et de 6 poulces de grosseur. 
(Aroh. de S. llilaire de Poitiers, t. Il, p 260.) 



!ii 



A VI (-.NON 



AVIGNON (kaçon et ariiENT u'. — Les pièces 
«rar^riiilfrlr iiiari|iiri's au poinçon de celte ville. 
Voy. Alic.KNT. 

1352. — Pour faire et forger un j;rant bacin à barbier qui 
fu fait ilr i autres vicx, de l'arnenl il'Avi^nou qui iléchcireni 
i l'afliuer île I marc .'> onrcs et fu rruilu leil. bacin pesant 
10 m. et baillé à Houpart son barliier. Pour croissance 
d'argent 5 onces. {Cptes de l'argenterie, D. d'Arcq, p. Ii5.) 

1360. — N° i'-l. i pos il'arpent don^z tons plains, de 
la faruii d'Avii;non. .. it ont sur les couvesclcs le saing 
d'Avignon eu uu petit escnsson. 

N" Gtli. Vn très grand bacin d'argent blanc to\it plain 
et sans nul ouvrage, et est l'argent lin d'Avignon, (hn: de 
Louis d'AiijdU.) 

I 508. — La couppc d'nr d'Avignon et son couvercle, poi- 
saiit (i m. i gr 1,2. {hiv. de rtirclievêcité de Kouen, 5(tl.) 

AVOCAT. — l'eul-ètre pour nuca dont la jn-onon- 
ciation est presque identicine et qui sifruilicrail en 
lan(,'uedoeion une bordure de plumes il'oie. 

1539. — Pour le louage d'une robe de drap noir <lou- 
bléc par les parciuens de demie ostade et bordée à l'entour 
d'avocat, a\ec un pourpoint de velmirs noir, \i s. p. 
(Cples dp lu jirévôlé de Paris. — Sauvai, t. lll, p. liil.) 

AYMETERIE. — Métier des fabricants d'hameçons. 
Leurs statuts sont enniniuns aux ouvriers de lil de 
haubert, fils de cardes et Irélileurs. 

1416. — Nous avons receu Tumble supplication des 
maistres ouvriers et jurez du inestier de ajnieterie et fil 
de haubert de la ville et prévosté de Béleucourt... 

1° Que nul dud. niestler ne puisse aucun aprcudre à ou- 
vrer dud. niestier d'ajuieterie en tout led. bailliage et 
ressort, se cellui que il apprendra n'est filz de niaistre, sur 
paine de 10(1 s. d'amende. Mais les maistres d'aymeierie 
pourront faire appoinctier les ains (hameçons) par qui il 
leur plaira pourveu que il soit deuemement fait... 

■l" Nul n'aura que une forge et uu treffillier sur paine de 
IIKI s. d'amende... 

11" Chacun maistre dud. niestier pourront acheter fil à 
faire leurs ains quelque part que il leur plaira, soit à Rouen 
ou ailleurs. |)Ourveu qu'il soit bon et souffisant, elle pour- 
ront faire agrcslier (amincir) en leurs bostieulx ou ail- 
leurs. {Urdonn. des rois deFr.,l. X, p. 390.) 

AZULEJOS. — raïencc éniaillée à couverte blanche 
et primitivcnicnt à décors l)leHS ou couleur d'azur. 
Le nom d'azulcjos s'applique aux pièces de fabri- 
cation mauresque dont les types les plus anciens 
proviennent de l'Irak. Dès le XIV siècle la Mauri- 
tanie et l'Espaifue comptaient de nombreuses et cé- 
lèbres fabri(|ues d'azulcjos, parmi lesquelles Valence 
et Mala<;a rendaient à celle époque la France tribu- 
taire de leurs produits. Voy. Kaciiany cl Zelidi. 



1494. — Una parc di vetro azoglielata ili vetri. l/iii'. 
di giiiirdarolia Ësleiise, p. 20.) 

1604 — Aiulejos. — Sorte de pavé peint. (J. Pallct, 
Dii l ■ esiKiijiiol.) 

1627. — Azulejos. — Carreaux plombez et esiuaillez de 
plusieurs couleurs représentant conqiartimens et autres or- 
ucniens et ouvrage c^n pavé. (Ces. Oudiu, Tlirésor des 
trois laiiijiies.) 

AZILEJOS IPE SÉVILLE. — 1645. — Ciutad de 
Sevilla. — 'friana curiosos vedri.idos y açulcjciscii cin- 
ccMMita oficinas. (Mendez Silva, Pohhiriwi (jeu. de Esimiia. 
Andiiliiiid, c. 2, p. 85 v°.) 

AZZIMINI. — La descriplinu ([ne l'ail (larzoni de 
la dorure sur fer, cl qui est, suivant cet auteur, le 
procédé des taucliies et des azzimini de Damas, 
iudi(|ue très certainement une pratique contempo- 
raine usitée en Italie au xvi" siècle cl re{,'ar(lé(! 
alors comme secrète. En transcrivant son texte, assez 
technique d'ailleurs, on remarque que le mot azzi- 
mini s'ap|)lique plutôt à un genre spécial d'oriu'- 
menls r|u'à un mode particulier de dorure, il se rat- 
tache à la inéthock' d'incrustation cMiqilovée dans la 
daniasi|uiiie comuie à celle de la dorure du fer au 
mi'rcure sur assiette cuivreuse. 

Au chapitre des ferronniers les lignes citées ici 
sont précédées d'une recelte pour la gravure du ftir 
;'i l'eau-forte, et c'est à l'ensemble de ces procédés 
divers (lue se rapporte le mot azzimini. .le ne crois 
donc pas (h'voir le définir d'une façon plus nette (pi'il 
ne l'était au xvi'' siècle entre gens de métier. 

1560. — Cap. de' fabri. — Farci fogliami, dorarlo (fer- 
ro), farci i lavori di fanza, gli azzimini e gli arabeschi. 

Cap. de' liralon daoro... indaraliiri, etc. — Gli indo- 
ratnri e cosi gli inargeutatnri (qnelli che iiidorauo ferro 
altro métallo) scaldaln il ferro e ripolito, ben beue ailo- 
prauo un brunitnio de lapis ematis duro o d'acciaro teni- 
perato da calcar la pannella d'argenlo che sopra vi si 
mette, e usano di plu il mercurio da métier di sopra, il 
quai si coiu'c cou una panuella d'oro o d'argcnto per me- 
glio indorare o argeutare, e sopra quel oro battendo con 
un ciselletto; gli si ealcono su fogliami, arabeschi e cioe 
che all'indoratore piace; ma bisogna che col rasciatolo 
in alcuni luoghi, sotte gli roversci o profili l'oro o l'argeuto 
si radano destrameute, perche par piu bello e piu indus- 
trioso perche dimostra oro e argento insieme. 

Profilasi da pni con un pennello ccm la vernice d'ambro 
seccaudcda al calor d'iui forno e riardendola perche facci il 
profilo ncro e lustro, e e secreto grandissinio, e questo, e 
il modo cou che si fanno quel lavoretli sottili d'oro, ove 
sono arbori, figure e animaletti miuutissimi sopra pugnali 
e altre aruu^ che si chiamano lavori di tancia (taucia) c 
come si fanno gli azimini in Damasco. (Oarznni, îd jiia;:a 
universale. Disc. iB, p. 1 19.) 



B 



B. — 1328. — Un fermaillet en guise d'un B et y a 
un saint Jehan, prisié 8 1. par. (hiv. de la reine Clé- 
mence, p. 7.) 

V. 1407. — Dnc coupe d'or ouvrée à berceaux, à un li 
ou fons et un rubi o couvercle et perles, pes. 7 m. envi- 
ron, (/nr. d'OI. de Clisson, p. 18.) 

BA60DE. — Jeu de hasard qui figure avec le 
jeu de larles le (Inz parmi les passe-temps de 



t'.harles VIII, mais pour une somme dix fois moindre. 

1491. — And. Sgr. (le roi), 10 1. 10 s. t. pour jouer 
à la h.ibnuc. (Cpte des menus plaisirs du roi, f" 2.'j.) 

BABOUIN. — Désigne une figure grotesque comme 
on en rencontre si fréquemment dans rornemenla- 
tiiiM ilu XIV siècle. Voy. MOiNSTRE. 

BABOOINERIE. — 1361. — N" 17. Une coupe d'ar- 



liACLN 



93 



gcntendorrée et énemellée par dehors ove diverse liab- 
wynerie, pcs. 6 m. 10 s. lOden. (fidleD de l'Eclûquier.) 

1399. — Uncrusekynde terre blaiikhernoisez d'argent 
endorréz ove un covercle emljatcllé énaymelléz de- 
deinz ove une babouyneric, pois. 2 1. (Iitv. de Henri 1V-) 

BACHELIER en maçonnerie. — Le document cité 
ici porte une date ti'ès voisine de celle où le mot 
architecte fait son entrée dans la langue française. Le 
titre de bachelier en maçonnerie peut être considéré 
comme un terme de transition servant à distinguer 
de leurs inférieurs les maîtres dans l'art de bâtir. 

1520. — La court a enjoint à Jelian de Saint Bcnoist, 
sieur de Révillon, de faire abattre la saillye d'une maison 
à luy appartenant dedans ung moys, à peine de prison, et 
d'en certifier la court, et a esté ordonné que Nicolas 
Matou maistre bachelier en maçonnerie à présent prison- 
nier à la conciergerie du palais sera élargi à caucion dud. 
Révillon.. . {Bibl. liichel. ms. suppl. fr. 5097.) 

1600. — En niassonneric ou tout autre mestier de 
France où il y a niaistrise, l'on appelle baelieliers ceux 
(jui sont passez maistres en l'art; mais qui ne sont pas 
jurez et lesquels, pour amender le raport fait par les doc- 
teurs jurez, doivent estre deux fois autant. (Cl. Fauchet, 
Orig. des clievuliers, f 12 v°.) 

BACHIÈRE. — Bac, bachot, bateau à fond plat. 

1370. — Et y mettoient les gens dud. régent une ba- 
chière toutes les fois qu'ils vouloient passer, et quant ils 
en avoient fait, lad. bactiière estoit ostée du bout du pont. 
{Chron. de S. Denis, t. VI, p. 125.) 

BACHOUE. — Mannequin en osier de forme aplatie 
porté à dos d'homme ou accroché par paire au bat 
des bêtes de somme. Voy. Bajoé. 

■ 360. — Se il est ainsi trouvé que Icsd. .forains ou au- 
cun d'eulx aient en bachoe, en sac, en corbeille ou en 
charrette, autre pain mellé qui ne soit de la valeur de 
i deniers, etc.. (Ordonn. des rois, l. IV, p. 709.) 

1380. — Guillaume Champion, pour 2 paire bachoues 
neufves, 2 llossoies et corde pour lyer.. . pour porter pain 
en l'oflice de panneterie, 40 s. 

Guillaume Champion, baschoier, pour le retour d'un 
chevaux qui menoit les baschocs. (D. d'Arcq, Cptes de 
l'hôtel de rois rfe Fr., p. 61.) 

1606. — Biiclioue est une espècedeliotte,mai3 applatic 
des deux costez au lieu que la hotte est ventrue, et sert 
à tenir vin pour en estre l'osier fort serré et poissé et à 
porter la vendange, même quand elle est foulée à la vigne. 
(Nicot.) 

BACIN. — Comme l'aiguière, le bassin est le vase 
des ablutions par excellence. 11 est très fréquemment 
cité, d'abord en raison de la diversité de ses em- 
plois, puis parce que souvent il remplace l'aiguière 
pour une pratique plus singulière que commode 
adoptée dans le service de la table aussi bien 
que dans les rites de l'église. Nous voulons parler 
des (jémctlions ou bassins jumeau.x, de même 
grandeur et de même forme, n'ayant entre eux 
d'autre diirérencc que le petit goulot de fuite 
dont un seul des deux était muni pour verser l'eau 
dans l'autre. On les retrouve sans cesse dans les 
inventaires royaux ou princiers et aussi dans le 
mobilier des églises. Pendant plus de trois siècles 
leur forme est restée la même, leur décoration scnlc 
a varié. .\ défaut de pièces d'argenterie qui ont dis- 
paru, un certain nombre de celles qu'un doit aux 
éniailleurs de Limoges subsistent et font ]>arfaite- 
ment coniiaitre, à la richesse près, le type univer- 
sellcmeul adojité. 

L'abondance des textes et la multiplicité des 
usages comportent pour le classement quelques di- 
visions principales. 



B.ACLNS DIVERS. — V. 1200. — Haec commixtio 
(cupri cumcalamina) vocatur œs undc caldaria, lehetes et 
pelves funduntur, sed non potest deaurari quando, ante 
commixtionciu, cuprum non fuit penitus a plumbopurga- 
tum. (Théophile, 1. 2, c. 65.) 

1360. — N" 594. Un bacia plat, pour chaufouère , 
tout blanc fors le bort qui est doré et sizelé à sarpentelles 



^^^ 




A7" s. — Grand bassin à ombilic gravé. 

Rome, église de S. Barlhélemy-en-l'Ile. A. ombilic; 

B. bordure ; C. coupe ; D. oreille. 

et à fueillages, et poise en tout 9 m. 7 o. [Inv. de Louis 
d'Anjou.) 

1389. — 2 grans bacins dorez escripz sur les borz de 
lettres de grec, armoiéz des armes de Madame au fons, 
pes. 32 ni. 7 o. {Inv. du duc d'Orléans, (° G.) 

1393. — Pour faire eaue rose sans chappelle (alambic) 
etsansfeu, prenez 2 bacins de voirre. (Le Ménanier, t. Il, 
p. 252.) 

1404. — A Thierry Lalemant, chauderonnier pour un 
bacin plat à laver drappeaulx pour Mad. Katherine de France, 
20 s. — Un graut bacin de lailton à 2 ances pour bai- 
gnier Mgr de Pontieu (Charles Vil), 54 s. (2= Cpte rou. de 
J.Leblanc, r91.) 

1457. — Ununi bacille argenleum deauratum cimi llteris 
galicis videlicet : lanl que je seray, cum annis R. D. 
cardinalis, pond. Ib. :î, une. 9 1,2, val. 40 duc. 

Unum a!iud bacille argcnteuni, pro parte deauratum 
cum literis istis in circuilu ejus : Illumina oculos meos 
ne quando obdormiam, cum armis R. D. cardinalis — 
pond. lli. 4, une. 9, val. 43 duc. 

Uiium aliud bacille argenteum pro parle deauratum, ejus- 
dem facture et magnitudinis immédiate superioris cum 
super filiiis in circuitu ejus : « De cœlo prospexit Dominus 
literis istis hnminum » cum annis R. D. cardinalis, pond. 
Ib. i, une. 10, val. 45 duc. (Inv. du palais de S. .Marc 
à Rome, p. 215.) 

1530. — A Jelian Duvet, orfèvre demeurant à Dijon, 
205 I. t. pour un bassin ouvré d'or et d'argent à la mores- 
que, sur laton ... livré au roy. ((^pte des menus plaisirs 
f" 12.) 

1599. — Un bassin d'argent doré fait en ovallc, où est 
gravé la ville de Calais, pes. 13 m. 2 o. (Inv. de Gabrielle 
d'Eslrées, r37.) 

BACIN A AUMÔNE. — L'a des vases dans lesquels 



!)i 



l'.ACl.N 



la (Icssciio dos laljk's 


clail 


l'L'i'Ucillic 


pour V 


IC 


lli.s 


Iribiiéc aux 

MÔNE. 


pauvres. 


Voy. 


Aumône 


et Pot 


A 


AL- 




\lll' s. — Uassin île chapellf. EiniiiUene de Limocjes, 
Musée de Clunij n° 1533. 



1360. — Un très granil liaciii d'arpent blanc... et y a 
4 jirans anccs, dniit cliascun lient à i testes de lynn, et est 
il mettre l'aumosnc de la salle, et doit seoir sur un plé de 
1er, et poise 182 m. 5 o. {Iiiv. île Louis d'Aiijou, 62i). 

IIACINS ii'aitki.. — D'aprrs l'inviMilairc de 1419 
leur emploi semble avoir coiiiporlO jiliis de solcii- 




,V///. s. — [teeers d'un bassin imaillc. 
Coll. de l'aut. 

iiilé que celui des burelles en usage dans le niOnie 
letnps. 

1380. — N' lôlt. 2 liacins de chappcUc, d'aroent 
dorez ; en cliascun nne rose ou fonds, à un esmail de 
'i dames qui tiennent i faucons et semez sur les bords 
/l'esmanx à oyscaux de proyc., pcs. 10 1,2 m. (/mi. de 
Charles Y.) 

1419. — It.2 discos argentées maj^nos cum quibus in 
«nllempnitatibus nianus abluntur ail allare. (Iiiv. de la ca- 
thétl. d'Amiens, p. 284.) 



1423. — II. 2 plats bacliins il'ar;,'c'nt à laver; l'nu à 
liiiicliiTon. (/iii'. lie S. Allié de Douai.) 

1488. — 2 pelves art;cntee cum solilnis m iiKulin, sej- 
vicntes ad lavamlnm, ipiarum altéra lialict p.u'vnm eanalc 
seu pipam, ad usum cutiilianum niagni altaris. Siniul pond. 
8 m. 2 0. 

(Les mêmes eu l.V.tO.) — 2 patène argentée, in njcdio 
solibiis deamalis insignitc ipiilius nsus est colidie ad ma- 
gnum allare lavanilis iiianilius, ipiaruin altéra liabel par- 
\uni lanalem per quam ai|ua erfunditur in alleraiu palc- 
nam. {Eu note) : Coiillate auno 1578. {Iiiv. de S. Diinulien 
de lliuijes.) 

I 505 . — 2 plats d'argent don', que l'on l'ait servir cliaeun 
jciur à la grant messe, saus clioiipines. {luv. de l'alib. de 
Miirmiiuliers.) 

1511. — N" 27. 2 bassina^ argent! , partim deaurali , 
rum armis nevcrendissimi Dumini Oregcirii pape (Grégoire 
XII — 11(10-!)) in medio, rpiarum una liahet os Iconis, 
pond. IS m. li. 0. [luv. de la cntli. d'Aviijiiiiu .) 

V. 1520. - 2 pelves de argeuto rum armis domini 
fundaliu'is (v. liOll) iu medio cum swages deauratls unde 
una liabet pip.im - poiul. ilG une. {Inv.du coll. de Win- 
ihester, p. 23(j.) 




V. 1300. 



.\rijenlerie tic Miiuheurjr. 



1573. — N» 80. 2 bassins d'argent véré au fond des 
quelz sont les armes île France esniaiUées, en l'ung des 
qnelz y a ung pelit biberon à vuider l'eauc et servant à 
doMuer à laver au prcstre. {Inv. de la Sainte -Chaiielle .) 

li.VCl.N DE liAPTÈMK. — Le vase des autels em- 
ployé à la eérémoiiic du baptême, mais pour une 
aliltilioM d'eau iiaiTumée. 

1485. — llupli'uie à la cour de Ilnurgogne . — Los bas- 
sins d'argent dont restuy de dessoubs doit avoir un bibe- 
ron connue un aiguière, et y doibt avoir de l'eau de loses, 
cl de l'autre bassin l'on rouvre cestuy-là, et quand l'on 
baille à laver aux fonts on verse du bassin qui a le biberon 
en l'autre, et n'y ait pniut d'autres aiguières. (Aliénor de 
Poitiers, 217.) 

IS4S. — 2bassins d'argent doré, A soleils, à l'ung une 
Sènc èmaillée et à l'autre ung baplcsme. (luv. de N .-I). 
de Paris, f- 23 v".) 

BACI.N A HARRiF.n. — La forme ovale de ee vase 
u'esl point antérieure à la fin du .\vr siècle, .hisque- 
là il eu avait une autre qui lui était propre et qui 
u'a point élé déliiiic, malgré les frérpienles mevilions 
des inventaires du moyeu âge. C'est de cette forme 
(|u'il tirait son nom bien plus que de son usage, 
attendu qu'on trouve au bassin à barbier toutes 



IJACIN 



95 



sortes d'emplois, tels que la toilette des deux sexes, 
le bain, et même l'eulretieu des chiens. 

Sa cavité, munie d'un bord plat ou arrondi, était 
toujours une calotte spliérique avec ombilic légère- 
ment repoussé à l'intérieur pour lui servir de re- 
pos. Deux citations empruntées à des auteurs du 
XlV siècle ne laissent aucun doute à cet égard. C'est 
le principe du martelage des géniellions mais avec 
plus de profondeur. A la lin du xvii" siècle, cet usten- 
sile professionnel servant d'enseigne aux ])arl)iers 
devait, aux termes de leurs slatuls, être blanc, à la 
différence de celui des chirurgiens qui était jaune, 
c'est-à-dire fait de laiton exempt d'étaniage. Il exis- 
tait encore en Italie, il y a quarante ans, des bar- 
biers-saigneurs, et c'est la répressioii de cet abus 
que vise le règlement des corporations françaises de 
l'époque de Louis XIV. 

1363. — N" HG. Un bacin à barbier d'arjïcnt blanc 
et est semé de clos d'argent sur le bort et poise 10 m. 
6 1/2 0. (Iiw. du duc de Normandie .) 

1 372 . — La forme et la figure du ciel est rqnde et si est 
creuse par devers nous et ainsi comme bossue par dessus 
ainsi comme un bassin à barbier. (Le propriéiai'e des choses, 
1.8, ch.'2.) 

1379. — N" 1679. Ung bassin à barbier d'argent blanc 
à boillons sur le bort, pes. 10 m. 3 1,2 o. (Inv. de 
CUarles l'.) 

1380. — N°35. Unus pelvis argent! ad barbigandum, 
deuuratum in circumferentiis. 

N° 54. It. L'num pelvim pro barbitoiisore,pulcrum et bene 
operatum. {Inv. du citât, de Coritilloii, p. 20.) 

1387. — Pour 2 bacins à barbier tous neufs, l'un pour 
servir del'eaue aux bains de lad. danie(Jehaune do France) 
et l'autre à servir à laver le chief de la nourrice d'icelle 
dame. (l'J» Cpte roij. de Guill. Urunel, f» 111.) 

1393. — Prenez un bacin à barbier et liez d'un cueuvre- 
cliief tout étendu sur la gueule à guise de labour et puis 
mettez vos roses sur le cueuvrecliief, et dessus vos roses 
asséez le cul d'un autre bacin où il ait cendres chaudes et 
du cbarbon. (Le Ménagier, t. Il, \>. 252.) 

1402. — A Thierry Lalement, chauderonnicr pour un 
bassin à barbier pimr servir à donner à boire aux petilz 
cliicns de lad. dame (la reine d'Angleterre), 8 s. p. (.4r- 
genleiie de la reine, 10° Cpte d'Ilemon Haguier, f° 101 v°.) 

1409. — Pour un grand bassin à barbier de cuivre 
brun délivré à Mad. de Guyenne, pour servir quand elle 
lave son chief. (C/de loij. Rec. Fontanieu, 107, f"tl7v°.) 

1453. — Per uno bacino d'arieiito in forma de bar- 
biere... perle doglie di N. S. il quale peso Ib. 10, onc. 
8 1/2— duc. 131 bol. 61 d. c. (.4;x7i. Falic, T. 8, f 180.) 

1680. — Des bassins blancs pendus devant un logis 
marquent un barbier et des bassins jaunes un chirurgien. 
(Ricbelel, Uemarques, v" Enseigne.) 

1893. — Art. i. Sa Majesté. . . leur permet (aux bar- 
biers, jiaigneurs, étuvisles et perruquiers) de mettre à leurs 
enseignes îles bassins blancs pour marque de leur profession 
à la iliU'érence des maistres cbirurgicns qui les ont jaunes. 
(Sliil. des barbiers de Nantes et de Bordeaux, en 1611 .) 

llAi^.lN UE CHAISE. — Lorsque lîobert Etienne 
fait intervenir l'orfèvre dans la confection du bassin 
de retrait, je su|q)osc qu'il parle de l'anliquité et non 
du moyen âge qui ne l'occupait guère et où n'appa- 
rait (jue l'art du chaudronnier; mais on ne peut 
douter, d'après cet auteur, que l'argent ne fdt quel- 
quefois substitué au cuivre dans les châteaux des 
grands seigneurs français du xvi" siècle. 

1387. — A Clément de Messy, cliauderonnier, demeu- 
r;int à Paris, pour. . . 2 bacins de l:iilton pour niellre dcs- 
soiiliz bi cbaiere de retrait du roy, 32 s. p. iCple rot] . - 
Lalionle, Gloss., v" llticitt.) 

1 397 . — A Thierry Lalcmanl, cliauderonnier, poUr 3 ba- 
cins d'arain en façon de bacins à barbier, pour mettre cl 



servir ouretraitdu roy N. S. dessoubz la chayere nécessaire, 
36 s. p. (Ibid.) 

1404. — A Thierry Lalemant chauderonnicr. .. pour 
2 bacins de laiton doubles très fors. . . pour servir ou retrait 
dud. Sgr. (le duc d'Orléans), au pris de 16 s. p. la pièce. 
(23' Cpte rotj. de Charles V7, f 40 ) 

1404. — Au même... un bacin ferré autour pour la 
royne pour servir à la cbaiere nécessaire, 18 s. {Argenterie 
de la reiite,i' Cpte de J. Leblanc, (" 91.) 

1514. — N° 26. Un bassina mettre soubz la chaise 
persée, à 2 anses pes. 8 m. i o. 2 gros. {Inv. de 
Charlotte d'Albret.) 

1536. — Scaphium. — Vas in quo cxcrementa collige- 
bant et corporis ftecem. Scaphiis autem .argenteis antiqui 
utebanturut ethodieviriGalUarumpriiuarii. (Rob.Estienne, 
De VascuHs, p. 50.) 

E.VCIN A CRACIiEU. — 1591. — Ung petit bassin 
d'arçentà cracher, pes. 1 1/2 m. 12 esc. (3' Cpte rotj. de 
I>. de Labrutjere, P 136 v"). 

1597. — 2 petits bassins à cracher pes. 3 m. (Inv. 
de la veuve de Nicolatj.) 

1618. — Un petit bassin (d'argent) à cracher (Inv. 
du pnnce d'Orange, f" 26 v".) 

BACI.N A DRAGÉES. — I 5 1 4. — N»52, Ung bassin pour 
servir de drajoueràungpied liaiilt fermant à une viz. oud. 
bassin a C sagictaires, 3 lyons, sur le bourc (bort) des 
deniys enflans vollans, entre lesquelz enfîans y a ung grif- 
fon, le pied sizellé à gauldrons, pes. 5 m. 1 o 2 gros. 

N" 62. Ung autre bassin à servir dragée ou quel y a 
plusieurs bestes enlevées et sizellces mordant l'une l'autre, 
dorées, pes. 2 m. 6 o. 2 gros. 

N° 63. Ung autre bassin à servir dragée ou quel y a 
pusieurs personnages armez et en bataille, sizcllez et dorez 
pes. 2 m. 2 0. 2 gros. 

N" 69. Ung petit bassin à dragée, faict à pied gaul- 
dronné à l'entour du fond, doré par le dedans, le bourc 
sizellé et enlevé de plusieurs bestes et feuilles, pes. 1 m, 
7 0. 6 gros. (Itiv. de Charlotte d'Albret.) 

BACIN DE LAMPE. — Plateau légèrement concave 
placé sous une lampe d'église pour en recueillir les 
scories. 

1 347 . — It. 6 bachinos argenteos pendenie» in ecclesia, 
scilicet unum antc crucifixum, alium in medio cbori, 3 si- 
mul vinctos ante altare et sextum ante corpora sanclorum. 
(Inv. (le la caih. d'Amiens, p. 261.) 

1380. — N" 2151. Ung bassin il'argent avec sa chayne 
à mectre lampes. (Inv. de Charles V.) 

1431 . — Furent les trois bachins, servant au coer de- 
vant le grant autel, refondus et reforgics noefs, les quels 
pesoient 26 m. 2 o... à Willot, l'orfévro, 61 I. 16 s. — 
Pour 3 bachins de laiton dans les bachins d'argent pour 
recevoir les chires, 3'J s. (lloudov, Cptes de Cantbrai, 
p. 182.) 

1468. — Le bassin que Mgr. de Charlois (Charolais), 
à présent duc de liourgoigne, donna, d'iirgent garni de 
ses cheynes d'argent. (Inv. de l'éyt. S. Claude.) 

1538. — Devant le grant autel du cueur de l'église sont 
3 bassins d'argent gauderonnez en façon de rouze, esmaiUcz 
par dessoubz à fleurs de liz. — It. Dedans led. cueur sur 
l'angle est ung bassin d'argent esmaillé aux armes de Cliar- 
tier'évcsqne de Paris. — It. Devant le grand autel sont 
6 lampes d'argent. (Inv. de N.-D. de Paris, f 51 v°.) 

1565. — AGuillaumc de P.anssart, candrelier. .. 40 s. 
pour avoir faict 2 bacbins à lampes pendans devant le corps 
S. Vaast. iCptes de S. Wast d'Arras, Bibl . Hicliel . ms. 
85U, f«5l.) 

BACI.N A LAVER MAINS. — V. 1200. — Fiunt et ima- 
gines regum et equilum eodcin opère in fcrro (matrice a 
eslaniperi ex quibus, auricalco liispanioo iniprcssis, ornan- 
tur pelves quibus aqua in manibus riinditiir, eodein modo 
nuo ornantur scyphi auro et argenloruni suis limbis cjus- 
liem melalli, iiiquihusstaul bestiole vel aves et llosculi.qui 
tanieu nmi figuiitur, sed stagiio solidantur. (Tliéo|diiIe, 
1. 3. c. 74.) 



06 



liACIN 



V. 1250. Al.inl soiil liens viili'z venu 
...li uns aporle une tuaille 
Kl li nulles piist deus baoins 
Qui toz sont (t'iirfîi'nt Inins cl fins. 
Si emplit l'un île la l'onleine. 

iltum. du lienarl, 1. 111, p. 'M.) 

1360. — N° iô'i. Une paire de bassins d'or à laver, dont 
l'un est ij biberon el l'autre sanz biberon, dcsciuelz bacins 
les bors sont semés de fleurs de lis enlevées, et ou fons 
desd. baiins a un granl eompas, semé de fueillaiies en 
manière de panipes de rozcs, cl sont brsd. panipes semées 
de fleurs de liz ciilcvées. El ou inlllieu dud. compas a un 
esniail de nos armes fait en manière de rose, el poisc cel- 
lui à biberon iO m. lo. 12 d., ell'aulre sanz biberon poisc 
l'J m. i 0. 

Hacins à laver, tlorei et esmaillei et toui bituix. 

N" r>8i. i bacins louz dorez el esniaillez ou fons... 
en l'un esmuil a un chevalier à elieval qui lient son espce 
loule nue pour féiir un ours qui mort son cheval, et en 
l'aulre esinail a un chevalier à chev.il i|ui acole un lyon 
par la leste, cl puisent en tout 17 m. 7 o. 

N° ."i83. i bacins pareilz tous dorez, et en ehascun a 
un csTuail ou fons, où a 2 grifl'ons volanz, el poisent en 
tout 12 ni. 3 0. 18 d. 

K" r>8.">. 2 autres b.acins touz blans et pareilz, excepté 
que les bordures sont ilorées, et a en ehascun un esmail 
ou fons, et ou premier a un homme et une femme en séant 
qui se entrctendent les mains, et dessouz l'oinme a un 
blanc chien pendant. El en l'autre esmail, a une femme el 
un homme en une chambre, et tient la femme un chien 
en son geron et ronimo li tient la main à la teste, cl der- 
rière a un homme (|ui a une couronne en sa teste et une 
lance en sa main. El poisent en tout 13 m. 2 o. {Iiiv. de 
Louis d'Anjou.) 

1379. — N° 1526. Une paire de bacins à laver parfon- 
dcz el sont uéellés par dcdens à bestes et à oiseaul.\. Ou 
fons desd. bacins enlasseures, et ont lesd. bacins souages 
par dessus au dehors pour les tenir. Pcs. 8 m (/)ii». de 
Charles V.) 

1387. — A Jehan liazillc, chaudcronnier demeurant à 
P.uis. . . pour un liacin et une chauffette do cuyvre, cycel- 
lés partout, à laver main, avec un bassin à barbier pour 
servir en la chambre de Mailame la rojne en sa gésine, 
38 s. p. (l'.1' Cpte roij. de Guill. Urunel, f 108.) 

V. 1407. — t bacins i laver, 2 aux armes de Rnhan 
cl de Beaumanoir, pes. environ 20 m., et 2 hachiez ou 
fonz, pes. 12 m. environ. (Inv. d'OVu'ierde Clissoii.) 

1408. — Fait cl forgié un bacin d'argent véré laillié sur 
lies bors à fleurs, fucilles et cosses de genestes et branches 
de niay entrelacées, esmaillié ou fons à une tigre assise 
sur une terrasse, l'es. 4 m. 4 o. 5 est., pour servir à laver 
les mains en la chambre du roy. {2!J« Cpte roy. de Ch. Pou- 
jHirt, MG.) 

1420. — N» 111. 2 grands bacins d'argent dorez à laver 
mains, brodés à aigles, lynns et couronnes d'enicveure, en 
l'un des quels a ou milieu un parc et plusieurs arbres 
esmaillez el bestes el une grant aigle ou milieu dud. parc. 
— Et en l'autre baciu a un oslean à plusieurs esnunix au- 
tour, de lions et aigle», el ou milieu dud. osteau un cerf 
volant poinçonné, pes. ensi inhle 38 m. 3 o. (Inv. de 
Charles VI-) 

1420. — 11. un hacinà laver mains de l'ouvre de Damas. 
{Inv. du cliàl. de Vincouies, p. 457.) 

1474. — Le mailre d'hoslel s'agenouille devant le 
prince cl lève le bacin qu'il tient de la main sénestre el 
verse de l'eau de l'autre bacin sur le bord d'ycelui et ne 
fait créance et essai. El donne à laver de l'un des bacins 
et reçoit l'eaue eu l'autre bacin, et sans recouvrir lesd. 
bacins les rend au sommelier. (Oliv. de la Marche, 
Elat du due de liourg.,i3.) 

1514. — N" r>8. Un granl bassin à laver mains ayant 
ung granl armoyrie au millieu, ung rond alentour taille 
de feuilles d'cspargne, ung soleil demy enlevé sizellé et 
doré, et entour du bourg des croissans enlevez sizellez et 
dorez, des coquilles au dessus el le bout doré pes. 9 m. 
(//if. de Charlotte d'Albret.) 

IS99. — Un grand bassin de nacquc de perles à es- 
cailles de poisson borde d'argent doré, servant à laveries 
maini, 70 esc. (hw. deCabrielled'Estréet, (^29.) 



V. 1 600. — Parfumez sa tète crasseuse (du chaudronnier) 
d'eau de senteur el brûlez des bois odcuiféranls pour em- 
baumer rapparteuH'ut. . . que l'un se inèseulr avec un 
bassin d'eau de rose et parsemé île fleurs, i|u'uii autre 
liorle l'aiguière, un troisième un linge damassé et dites 
lui : Monseigneur veut-il si' rafraîchir les mains'.' (Sliaks- 
peare, La méchaiile mise à lu raison, Prologue, l 11, 
p. 3, édil. Charpentier.) 

1623. — (A lalln du repas.) Apporte ici pour laver les 
mains el mets le bassin sur la talili' à l'aiiijUiise, qu'un 
chacun puisse laver. {Le venjcr des ctdhiiiues réiri'iilifs, 
p. 70.) 

1664. — Nous fiismes diner chez monsieur de Mayeuce 
ipii lil laver monsieur le duc (de Chevreuse, compagnon de 
voyage de l'aiiteui) avec luy dans le mesnie bassin avant 
et apiès le repas. (Voij. de Moiiciiiujs, t. Il, p. 372.) 

li.M'il.N A l.AVKli l'iKli.-^. — Gruiiil vaso cyliiiilri(|iii' 
i\ fond plat dans la forme cl les dinieiisions irmi 
rafrwrhissoir. Voy. ce mot. 

1421. — N° 18. Un grant bassin à laver les picz du 
roy, à 2 ances, cnlailé à 8 escussons de l'raiicc el de ge- 
nestes, pes. 47 m. 2 o. (Inv. de (Charles VI. j 

1458. • A Eslienne Lambert, inarcli.inl de batterie 
d'eslain deinuurani à Tours, |iour iing grant bacin di' latoii 
pour servir aud. Sgr. (le roi) à laver ses piez, ."i.") s. t. 
(1" C/i(e niij. de I'. Ilurdelut, f 78 V.) 

1471. — A Pierre Fanchet, la somme de 30 s. t. pour 
le paiement d'un bassin de cuyvre pour haiçner les pies 
dud. Sgr. (le roi). (Cptes de Luuis.\l, ms. iJibl. Itichel. 
0759, r ICI V.) 




A'I's. — Grand bassin en cuivre jaune, 3pp. à M. E. Peyrc. 

B.VCIN A lAVKli TKTK. — Dc iiièmc forme i|uc le 
précodent mais plus ])elil, cl queliiuefois semblable 
au bassin à barbier. 

1301. — 2 baehins d'argent, parfons, à laver testes. 
(Les joyaux de lilanche de Perlhes.) 

1328. — 3 bacins d'argent à laver chief, pcs. 10 m., 
4 1. 8 s. p. le marc. [Inr. de la reine Clémence, 
p. 25.) 

1360. — Un bacin creus à laver leste, d'argent tout 
blanc, pes. 10 m. 2 0. (Inv. de Louis d'Anjou, n" 000.) 

1379. — N" 1082. — Ung bassin d'argent blanc i laver 
testes, à bouillons sur les bors, pes. 10 m., 4 o. {Inv. de 
Charles V.) 

1397. — II. Un bacin à barbier d'argent blanc pour 
laver lestes signé comme dessus (aux armes dc l,id. dame), 
pes. 14 m. 2 0. 5 est. (Inv. des joyaux d'Isabelle de 
France, f» 11 v°.) 

1587. — Un bacile da lavare la lesta, enn brocca d'ar- 
geiito sotlo il fuiido del qiiale v'e un S. Giov. Ballista cou 
leltera clie dicono : Vai.e.n'TANA. Pes. onze 90. 

Un bacile da lavar la lesta cou la brocca d'argento con 
una mascara alla brocca et l'arme l'ariiese nel nieggio del 
bacile. Pes. onze 92. (Inv. de lianuccio Furnese, p. 50.) 

RACi.N A OFFiiAXDE. — Suivant que les offrandes 
claienl faites direclement ou indircclemeiil, on se 
servait, et l'on se sert encore dans les églises du bas- 
sin ou du iriPiic. In bassin trillet de fer semble 



BACLNET 



97 



être un objet de celte dernière espèce; mais je ne 
saurais dire ce que les autres ont pu présenter de 
particulier. 11 faut noter cependant que c'est après 
avoir servi en dernier lieu à cet usage que la plu- 
part des géniellions abandonnés dans les sacristies 
ont pu trouver place dans les collections modernes. 
C'est la principale cause de leur détérioration. 

1360. — Le roy (Jehan) qui fu à S. Pol de Londres, 
pour offerande faicte au bacin, 10 esc. (D. d'Arq, Cptes 
de l'argenterie, p. 265.) 

1471. — Ung bachin trillii>t de fer, à recevoir offrandes. 
{Inv. (le N. D. de Lciis, p. '27.) 

1530. — Dond'avez-vous tant recouvert d'argent en si 
peu de temps ? \ quoy il me respondit qu'il avoit prins es 
bassins des pardons. (Pantagruel, 1. 2, ch. 17.) 

BACINET. — Petit bassin, suivant la définition 
é(yniologii|ue donnée par Nicot. En effet la- forme 
primitive de cet habillement de tète, telle qu'on la 
trouve dès le xil= siècle, est hémisphérique ; c'est 
une sorte de cervelière posée dessus ou dessous la 
coiffe de mailles et sous le heaume. En 1316 il est 
ainsi porté avecle heaume, et 'quand illigure dès 11309 
sous le bacinet à visière, c'est sous le nom de cer- 
velière, c'est-à-dire d'une pièce métallique garnie à 
l'intérieur de toile, de cendal, de bourre de soie ou 
de coton. En 1386 on retrouve cette garniture ou 
calotte appelée alors chaperon. 

Quelquefois cette coiffure intérieure présente 
à peu près la même forme que le grand bacinet qu'on 
lui superpose. Il couvre comme ce dernier la nuque 
et les oreilles; mais il en diffère toujours par l'ab- 
sence de mèzail. 

A la fin du XIII'' siècle, la tête de l'homme d'armes 
n'étant plus protégée par le capuchon de mailles, 
le bacinet un peu allongé sur la nuque fut lacé au 
caniail qui abritait le cou et les épaules. Son tymbre 
arrondi et sans visière permettait encore de le porter 
sous le heaume. En 1383, il caractérise l'habillement 
de tête des piétons. 

Le bacinet se modifie au xiV siècle, son lymbre 
s'allonge peu à peu et devient aigu; il défend mieux 
la tète par son prolongement sur la nuque, et sur le 
devant s'adapte une visière mobile. L'usage de cette 
coiffure, qui a duré environ cent quarante ans, com- 
mence vers 1300 pour finir à l'époque où elle est 
remplacée par la salade. Voy. AQUILÉE. 

Pendant la période de cette transformation, le ba- 
cinet fut porté alternativement avec le heaume et 
suivant les circonstances. Le heaume, plus lourd et 
plus facile à détacher de l'adoubement, n'était guère 
mis qu'au moment d'une action; le bacinet, plus 
léger, s'ajoutait au camail qui en formait comme un 
prolongement pour la défense du cou et des épaules. 
il était muni, dans la partie correspondant à la base 
du crâne et sur les côtés, d'une série de pitons ou 
mieux de tubes creux appelés vervelles et aussi 
vertecelles, fortement rivés à l'intérieur du tymbre 
et laissant entre eux un espace vide à peu prés 
égal à leur longueur. Le bord du camail où des trous 
étaient ménagés dans la maille s'appliquait sur le 
bord du bacinet. Dans la saillie des vervelles, entre 
lesquelles se posait une bande de cuir, on enfilait 
une tresse de soie, de cuir ou de toute autre matière, 
avec des houppes il nœuds pour en arrêter les ex- 
trémités de chaque côté des tempes. Le camail était 
lui-même retenu à la dossière du corselet par une 

GLOSSAIRE. 



patte bouclée, et au plastron par des aiguillettes. 
L'habillement de la tête devenait ainsi solidaire de 
celui du corps. 

La visière, ou mézail du bacinet, dont la forme a 
varié suivant les temps et les lieux, était générale- 
ment celle d'un cône aigu avec fentes étroites ho- 
rizontales pratiquées sur la saillie d'une nervure 
pour la vue et criblée de trous, quelquefois d'un 
seul côté, pour la respiration. Cette pièce, montée sur 
pivots et à charnières, s'abaissait ou se relevait sur 
le tymbre et se complétait quelquefois par une men- 
tonnière ou bavière dont l'adoption générale se 
rapporte seulement au milieu du xiv siècle. 




1317. — Cuivre gravé. D'après Waller. 

A la même époque on trouve des hommes d'armes 
coiffés d'un double bacinet. Celui de dessous, rappe- 
lant malgré ses côtés plus allongés la cervelière du 
siècle précédent, est surmonté du grand bacinet à 
mézail. Voici deux exemples de celle superposition. 




1355.— Diblioth. Richel., ms. fr. 1753, T' 15G v°, 

l'n nouveau changement s'opère vers 1380. Le 
tymbre est prolongé de façon à envelopper complè- 
tement la têle en prenant un point d'aïqiui sur les 
épaules et les clavicules. On abandonne la lormc 
conique aiguë du mézail, qui présentait trop de 
surface aux coups de taille, pour y substituer le 
gallie sphérique d'une pomme d'arrosoir. C'est la 
dernière modification de cet habillement de tête qui 
a toujours conservé sur le heaume l'avantage de la 
légèreté. Aussi prenait-on pour son étoffe, sa forge et 
sa trempe un soin particulier. 

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98 



liACl.NET 



Dès ré|)oquc où apparaît le liacinot à visière 
jusqu'en I3()!), on rencontre, prinripalenient en Alle- 
uiajine, une disposition parliculière qui a reçu le 
uiiMi lie Ixiciiiet à bii'teche. C'est une sorte de uasal 
allaclié ou fjgupillé au eaniail et venant s'aecrodier 
à UD pilon sur le devant du tynilire. 

(.luaiil au haeini'l de pareuieni, les conipies royaux 
fournissent les détails les plus précis sur sou orue- 
uieulalion. Après avoir noté riialiillenienl tle léte 
([ue portail en liî'iS l'iiilippe de Valois à la lialaille 
lie C.aslel.il snflira de produire les textes ridatit's au 
roté artistique de cette partie du coslunie inililaire. 

I I 90. Amont sur l'clme II a gnini cop donné, 
l'ieres et llois en a jus cruvonté. 
Desoui' le coUïc est 11 linins aresliis; 
Le l'oifTe tience iln blanc haubert safi'(i, 
Le liiaume fent, s'a le cercle copé. 
Le bacinct a par dessus outré. 

(lluun de Uurileaux, v. 19Û1.) 

1309. — L'escuyer ne doit .avoir nulles chausses de 
mailles ni braclilères ni coolTctles de mailles sur le baci- 
liel, et des autres choses se peut aimer comme un che- 
valier. (Jdinville, p. I8J, édil. de 1008.) 

1309. — 11. Aura baciné à visière, de fer et de acier, 
garni de cnlerete, garni de telles et de cendaux et de borre 
de saye el ilc coton... et sera garni le baciné de cerve- 
lière "soullisanle. {Combat du V'te de Holiant. — Lobineau. 
Pr. de fhisl. de lliet., t. II, col. 1039.) 

I3I6« L'iaumc s'a martelé, le baccinot fendit. 

[Girnrt de Hnussillnn, v. 1807.) 

I3S2. — Pour faire la garnison de 2 baeinez et d'une 
goritérete, c'est assavoir 7U vervellcs, '20 borètes tout d'nr 
el 2 courroies pour yceulx bacinez garnies d'or, et est 
l'une garnie de clous rons garnis de souages, et en eliascun 
clou une pentlière esmaillée el le mordant esLuadlédc ses 
armes (ilu dauphin), et en ycelle courroie a 13 pelles rivées 
sur feuilletés d'or, et l'une counoie est garnie de doux 
en manière de lozenges, d'arches et de fueilles et dedans 
le milieu de chascnn clo el aussi ou mordant a un esinail 
de ses armes et 20 grosses perles rivées, etc. (2' Cple d'Et. 
de Liifontaine. — D. d'Arci], Cpte.s de l'argenterie, p. 128.) 




1325. — Cuivre ijravé. D'après Waller. 



1352. — Pour faire et forgierla garnison d'un bacinet, 
c'est assavoir 35 vervelles, 12 bocètes pour le frunteau, 
tout d'or de touche, et une couronned'or pour mettre sur 
ycelluy bacinet dont les fleurons sont de fueilles d'cspine 
et le cercle dyappré de liz. Et pour faire et forgier la 
CKurrove à fermer ycelluy bacinet dont les doux sont de 
bousscàux et de eroiscttès esmailliés de France. Le tout 
pcs. 2 m. 6 0. 10 est. 

Pour faire el forgier 32 vervelles d'argent dorées pour 
nn bacinel à visière, pour faire la garnison de la courroye 
dud. bacinet dont les doux et les mordans sont esmailliés 
de France. (3« Cpte du même, nis., f 107). 

1355. — Pour faire et forgier (pour le roi) une cou- 
ronne d'or sur un bacinet à visière, semée d'esmaulx de 



rouge der et d'esmaulx des armes de France, el soi\t les 
lierons de lad. couronne nervées et amoUoiées, el pour 
32 vervelles pnur alaeliier au camail du bacinel el pour 
^'arnir la cotirrove dud. b:iciiiel dont les eliiz sont garni/, 
lie housseanx ci esmaillez de rouge cler d.'S armes de 
France, 22U 1. 10 s. {Cpte roij. de Giiuchcr de Vniiiieii, 
e 201.) 




V. 1301). — Cuivre gravé. D'après Walk'r. 



1370. — lialaille de Cassel e)i 1328. — Or vous dirons 
du roy qui s'armoilcn sa tente... avoit une tunique des 
armes de France et un bacinet couvert de cuir blanc. 
(Chroii. de S. Denis, t. V, p. 317.) 

1378. — Logo Thome Payiiel nepoti iiieo... iinum 
basynel largiorem cnm le vyser el aventaille ad euiiidem. 
{Test. deJ- de Fo.rle. — Archœol. Journal, l. XV, p. 20'.1.) 

1379. — N" 20. Une couronne à bassinet à 10 gros 
saphirs, pes. 2 m. (Inv. de Charles V.) 





1370. — liljnjie du Prince nuir. D'après Stothaid. 



1382. — A Guillaume deLyons, heaumier, pour 2 baci- 
lles à visière pour le roy, c'est assavoir l'un fait à couronne 
el l'autre sens couronne, faiz el trempez le mieulx que ou 
a peu, 23 1. p. (Cpte de l'écurie du roi, f° Il v°.) 

1383. l.e bacinel on chief nii le camail se prent. 

{Ctiron. rim. de Duguesclin. t. I, p. 2'J.) 
La visièic abat du hacin à argent 
... ils sont .M' V° a bacinès reons. 

{Ibid., t. 11. p. 116 et 2i9.) 
1385. — Or mis el emploie es garnisons de 3 bacinès 
cl i visières (pnur le roi cl Mgr de Valois), lesquelz sont 
lais, les fronliers d'or elles queues des camaux corners et 
les doux cuuvers d'or el les visières bordées et à fleurs 
de liz couronnées. Et sur 2 desd. bacinès avoir fait 2 grans 
cerfs volans d'or fin esmailliez de hlanc et à couronnes 
autour de la devise du rov, etc. {Cpte. de l'écurie du roi, 
f Oi.) 



CACONiNET 



99 



1386. — It. Un chaperon à mettre sous mon bacinet, de 
drap, de cendal ou de satin, cousu et garni de fil et de 
sole. 

II. Un bacinet et visière de fer ou de UHon... estoffé 
de ccrvelière de toile, de chanvre et de lin, de cendal, 
de coton ou de soje. . . et vertevelle de fer et d'acier. (Cost. 
fie comliut à nulraiice du chev. de Tournemine. — Lobi- 
neau, Pr. de ihist. de Bret., t. Il, col. 672.) 

1387. — II féristsur le bassinet qui fut moult dur et tort 
trempé et le compassist. (Mélusiiie, p. 95.) 

1389. — 4 cliapperons de bassinets, 4 s. — Un bassinet 
àcanuill doré garni de visière, ti s. — 7 autres bassinets à 
camail et visière, 144 s. (Iiiv. de Richard Picqiie, p. 30 
et 3().) 

1397. — Marchande à un nommé Berthelot Tlphaine, 
demourant en notre ville de Paris, de fourbir et lui faire 
2 Milrouers d'acier pour mettre sur le coppe (cimier) d'un 
bacinet. {Lettre de grâce, du Cange, v" Élirais.) 




V. 1 UlU. — Bacinet allemand. Coll. l. Carraud. 



I40S. — Le comte de Saint Pol assembla de 4 à 500 
bassinets avec 50 Genevois arbalétriers. (Monstrelet, 
1. I. ch. 24.) 

141 I • — Un bacinetà bavièregarny de camail et de vi- 
sière, à une couronne d'or autour, à la devise du roy et à 
thigres et à son mot qui dit : JA5I.\IS. — Ung autre bacinet 
à bavière garni de camail et d'une couronne d'or autour, 
2 visières, l'une de mesmes led. bacinet et l'autre toute 
blanche. 

— Une fieur de liz toute d'or ù mettre dessus la coppe 
d'un bacinet, poinçonnée, à une viz dessoubz et tuyau 
dessus à mettre plumes. 

— Un bacinet d'acier doré de fin or à une double (leur 
de Hz de cuivre dorée hachée, dessus led. bacinet, avec 
le camail qui est de jazeran. 

— Ung autre bacinet sans camail à une courroye d'ar- 
gent sur un tissu vert, tliiv. de l'écurie du roi, P» 109 
à 115.) 

1420. — N" i'oli. 3 bacbiuès à bavière devant, l'un 
des deux sont garnlz de petiz cainailz et l'autre est 
garni d'un tuyau d'argent dessus, pour mettre une plume 
d'oslruche, le quel se lace à une petite boucle, à ung 
court tissu garni d'argent blanc. (/»ii. de Philipiie le 
Bon.) 




1453. — Dihliolh. nickel., ms. fr. n" 'J9, f 350. 



1446. — Et preinièrcmont lesbiquoquès sont do laczon 
aguë sur la teste en telle forme et manière comme an- 
ciennement les bacincz à camail souloient estre, et d'au- 



tre part vers les aureilles viennent joindre aval, en telle 
forme et faczon comme souloient faire les berruers. {Oit 
Cost. milit. franc., ms. BihI. Richel. I9'J7, f»6-2v».) 

1458. — Ils arment le chief, c'est assavoir de ung très 
soutil et legier bacinet bien cler, à camail, sans visière 
lascbeut (lacent) à aiguillettes tenans à la brigantine tout 
autour. 

Et quant le bachinet est ainsi tout autour cramponné, 
alors ils mettent par dessus ung grant et large heaulme 
de tournoy. (Ant. de la Salle, Traité des tournois, p. 25, 
ms. Bibl. nickel. 1997.) 

BACI.NET A BRETÉCHE. — La bretèche s'entend 
ici d'une défense saillante, mobile, ayant son point 
d'appui sur le frontal du bacinet où elle s'attache en 
se relevant sur le visage pour protéger le nez. t^cttc 
disposition parait avoir élé i)lus fréquente en .Ulc- 
magne qu'en France. 




1349. — Bacinet et bretèche. Effigie de Gunter con 
Schwarsburg. D'après Heffner. 



1313. — Pour un bacinet à bretesche, unes grèves et 
pour uns poulains d'une pièce pour Mgr Robert. {Quitt. 
extr. des Cptes de l'Artois, parj. M. Richard.) 

6ACINIËRE. — Étui à mettre le bacinet, comme 
la iicauniièrc servait de custode pour le heaume. 

1351 . — Chapitre des gans et braiers pour le roij. — 

3 bassinières et 3 heaumières de cuir de vache délivrées 
par devers le roy quant 11 parti de Paris pour aller devant 
Saint Jehan d'Angelly, 40 s. pièce — 10 1. {Cpte rog. d'Et. 
de Lafontaine, i" II V.) 

1386. — A Pierre Dufou, coffrier, pour 4 bacinières de 
cuir à mettre bacinès, 4 1. t. (Cptes de l'écurie du roi 
P91v°.) 

1426. — N" 69. Ung bon bachinet garni d'estuif de cuir, 

4 autres assez bons bacinès à camail et à visière. {Inv. 
du chat, des Baux.) 

BACONNET. — Petite cape ou pèlerine d'enfant 
dont la taille peut se déduire du nombre de peaux 
employées à sa doublure, lorsqu'on saura qu'il eu 
fallait 150 pour un chaperon et 50 pour un cliapcau. 
Voici, d'après les documents du temps, la proportion 
des peaux relatives aux différentes parties du cos- 
tume. Voy. BATONNET et FOURRURES. 

Honce, 600 ventres; — manteau, 500; — surcot 
clos, surcot ouvert et garnache.iOO; — chaperon, 150; 
— baconnet, 100; — chapeau, 50; — aumusse, 24. 

1371. — pour 2 baconnès pour nostre très cher fils 
Charles, dalphin de Viennois, chascun 90 ventres de menu 

yair. it. Pour nostre très chère lille Marie de Krancc, un 

baconnet de 100 ventres et unes hracerolles de 60 ventres. 
(L. Delisle, Mandem. de Charles V, n° 805.) 

1374. (n. s.). A notre amé pelletier et varlet de 

chambre Nicolas de Soissons... pour notre très chère 
fille Isabeau (âgée de 8 mois')..- 2 baconnès tenant cha- 
cun 100 ventres. {Cptes de Charles V. — Fonlanicu, ms. 
Ilihl. Rich..i. XCIV.) 



li'O 



liACQUET 



BACQDET. — Dans le sons de1)ali'lcl, adopté par 
1 roissarl, ce mot est hors d'usage. Comme ol)jet 
d'orfèvrerie, c'est un terme rare à une époque où les 
baquets avaient non seulement les emplois qu'ils 
ont conservés, mais encore celui de baignoires de 
loules dimensions. Voy. iiAKEiAlcnis.soni. 

1379. — Vil gr.inil bncqiicl d'or, lei|vicl "st soasleiui 
(le i scraincs pesant i't m. 1 o. d'or. (Iitr. de Cluiilex V, 
a" 338.) 

1382. — Et y ciilrèicnl tous ceux que le bac(iuct pot 
porter et éloient neuf, (l'roissarl, 1. 2, di. 180.) 

1495. — l'iif gr.uit baivpict. servant à merire le vin 
froidlr, garny de 3 gramls souai^ies, 2 aux i bouctz cl 
une au nivlieu, di>nt on celui du liaull bouct a 2 crans 
lianct's faicles en laçon de (tros til torz. et au co.sli'; de 
cbacunc liance a, c'est assavoir, à l'une ung ^rant lioninu: 
sauvaige et à l'autre une fennne sauvaigc, i|ui tienniMit 
chacun un grant pavoys, esniaillcz semblalilernenl aux 
armes de France, et est porté led. liacquet sur 8 gian^; 
lyons ataiclicz aux souaiges du lianll. Le tout armoyé de 
fleurs de lis cl vermeil doré, poysant 116 m. d'argent. 
{Cptes (le Vretagtie, llihl. Riehel., ms. fr. 8310, p. 13.) 

BADELAIRE. — Badclaire et malchus sont des 
armes à lame courbe, cttoujours à un seul tranclianl. 
Le malchus avait à peu près 60 à 65 centimètres 
de longueur. 

Le badclaire était généralement plus long, bien 
qu'un document de 1 U5 le qualifie de ])etit couteau 
portatif, et que le le.\Ie d'une lettre de rémission de 
1398 le confonde avec le braquemarl. Il faut ajouter 
toutefois que c'est seuleTuent à partir du règne de 
Charles VII, que la cambrure de la lame parait net- 
tement s'accuser, et donner à cette arme le carac- 
tère oriental qu'elle a conservé jusqu'à la lin du 
seizième siècle. 




1483. — Bible impr. à Xuiemberg, ^ 190. 



1380. — Thevenia Martineau, coustelier, demeurant à 
Helcun, pour 2 bazelaires et 2 petiz cousteaux neufs, 
48 s. 

Pierre Villequin, constellicr, demeurant à Paris, pour 
2 bazelaires garnis d'argent cl de gueynes, 64 s. (Cples 
roy. — D. D'Arcq,p. 35 cl 38.) 

1382. — Par Hennequin Delaleue, sommelier des ar- 
memens du roy...' pour les manches à un bazclairc et 

Sctit coutel tout de madré acheté par lui pour led. Sgr, 
7 s. p. 

... Le roy, pour un bazelaire acheté par lui à lirizecol 
pour donner auconncslable. Cl s. p. — Pour 2 bazelaires 
achetés pour le roy et Mons. de Valois, 42 s. p. {Cptes 
de l-holel de Charles VI. BM. Riehel., ms. 1)740, 
p. 15.) 

1386. — A vagina traxit quemdam magnum basalar- 
duui seu cullelluui cuni quo percussil dictum cxponcnlein. 
(.■Irch. JJ. 133, pièce 52.) 

1390. — (Zavelier tira un granl panart ou badclaire. 
{Ibid., m, pièce 149.) 



1392. — Féri led. Casin à broijue dioinle) il'un li.ize- 
l.ilie |iarnii le costé. {Ibul., 141, pièce 192.) 

1398. — Lui donnèrent du poing sur le visage et du 
plat d'un bazelaire. {Ods jours de Troijes, Anh. \" 9185, 
f20.) 

1*00. — Dcdit de quodam culello sive bazellario4 vcl 
5 ictibu< supra capnt pricdicli Jaoobi, piano dieli rultelli 
sive bazellarii. (.l/c/l. J.J . 155, pièce 28H. ) 

1404. — Pour un grant couslel ap|iellé bazelaire, à 
niauehe de corne et à gaine noire, poineonné de la devise 
dud. Sgr (le roi), 37 s. p. (23' Cple de ViinjeiUerie de 
Charles VI. Bibl. Hicliel., ms. 6745, p. 34.) 

1423. — Un basillard garniz d'argent dorrez, les man- 
clics de lierril, 40 s. (Iiie. de Heurt V. \<. 220.) 




11:13. 



Chron. de S. Denis. Edit. A. Verard. 
t. I, p. 4 V". 



1485. — Ledit sieur Wiriat tiret son baselairc et Irapit 
led. (;oHin sur le bras. Uouni. de J. Aiibrioii .) 




XV1« s. — Ladelaire italien, poinçoimd. Coll. liessman. 



V. 1540. — A son côté (Mercure) pendoit un badclaire 
... sur l'alleniele était taillé l'histoire des fiers géans. 
(Gilles d'Aungny, /{ce. des poètes franc., t. III, p. 196.) 



BAGUETTE 



m 



1606. — Badelaire est une manière d'espée à un dos 
et un (lanchant large et courbant en croissant vers la 
pointe ainsi que le cimeterre des Turcs. (Nicot.) 

1644. — N° 7. CoiRTiAMBE. — Échiqueté d'argent et 
de sable à "2 badelaires ou cimeterres de gueule en bande, 
pommetez, croisez, virollez et clouez d'or, les pcudans de 
gueules en sautoir. (La Colombière, La science héroïque, 
p. 180.) 

BADIGEON. — Les badigconnfurs ont souvent, et 
avec raison, passé pour des vandales. Ils trouveront 
ici l'excuse, si c'en est une, d'un précédent ([ui date 
de l'époque de François I=^ 

1538. — Pour avoir blancliy en couleur de pierre et 
trassé par carreaulx la grand salle de dessoubz lad. chap- 
pelle du château dud. Compiègne. (Cpte de l'entrevue de 
la reine de Hongrie, ms. lOSal, f" l2.) 

BAGDAD (^CAMOCAS de. — Cette capitale de l'an- 
cienne Mésopotamie, restée pendant cinq siècles 
un des plus riches entrepôts du commerce de la 
Perse, du Turkestau et de l'Inde avec l'Europe, 
comptait au moyen âge de nombreuses et célèbres 
fabriques de soieries. On y tissait le camocas si re- 
cherché à cette époque, et le baudequin, dont le nom 
dérive de celui de Baldac sous lequel elle figure 
dans la géographie ancienne. Voy. baudequin. 

1356. — Le kemkha est une étoffe de soie fabriquée à 
Baçhdad, à Tibriz, à Seiçabour et dans la Chine. {Voy. 
d'ibn IhiliiuUdi, t. II, p. 311.) 

BAGUE. — Bagage, tout ce qui se charge et s'em- 
porte, soit sur des charriols, des sommiers, ou à la 
main, suivant la plus ancienne signification du mot 
qui a persisté jusqu'à la fin du xvi« siècle. Dès le xv% 
ce terme s'applique à de menus objets mobiliers, à 
des joyaux, quelquefois même à des anneaux; ce- 
pendant la bague dans le sens moderne portait au 
moyen âge le nom de verge. Voy. ce mot. 

La somme qui correspondait sans doute à la 
bague était de M livres. 

1355. — Marchans et vendeurs de magdelins paieront 
pour chacune bègue de hénaps de madré, dont le bègue 
fait 8U hanaps. (C/i. des Cples de Paris. — Du Gange 
v° Banna.) 

1467. — Tous les chemins estoient couverts de bagues 
comme malles, bouges, vaisselles, joyaux. (Chron. de 
J. Duclerai, p. 26a.) 

1515. — Son bonnet estoit de veloux noir au quel y 
avoit le grand diamant de la maison de Dunois qui est 
taillé en mirouer (table), au quel estoyent pendus 3 rubis 
balais à jour, qui est une bague de pris inestimable. [Cé- 
rémonial de France, p. 158.) 

1536. — Un collier garni de riches pierreries, où peu- 
doit une bague faite en rose remidic de diamans, 

... Un chapeau de perles au quel pendoient 3 grosses 
bagues de rubis. [Monslre du Mijst. des apôtres, p. 38 
et 43.) 

1549. — Le roy n'entend poiuct que les doreures, bor- 
dures, chesnes (d'orfèvrerie) et autres espèces de bagues 
soient couiprinses' en l'édict. (Comment, s. l'éilit ilu 
14 août. — Arclt. rég. des bannières, Y, 10, f» 86. ) 

1561. — Le mollet (lobe de l'oreille) où on pend vo- 
lontiers les bagues. (A. Paré, Chirurgie, l. 4,c. 10.) 

1588. — Une bague à pendre au col où il y a une 
grande esmeraude accoustrée de ligures autour l't d'autres 
besongnes esmaillées, lad. esmeraude taillée à facette. 
[Inv. du prince de Condé, p. 141.) 

1599. — Je laisse à M. de lîélange une bague dur, là 
où il y a un cruciliment pourtrait en si petites espaces que 
c'est un chef d'œuvre. Il est couvert d'émail. (Teslam. 
Je J. de Charmolue, p. 433.) 

1599. — Hugues à mettre au duigt, — Un grand dia- 



mant en cœur taillé en pensée, esmaillé de gris, une de- 
vise dedans, 600 esc. — Un cabochon de rubiz esmaillé 
de vert mis en griffe, 40 esc. — Une esmeraude gravée ou 
est la peinture du roy, 40 esc. — Uneonice où est taillée 
derrière la peinture du roy, 6 esc. — Une bague d'or faite 
à la turque garnie de 15 diamans et un cristal dessus où 
est la pointure du roy, 120 esc. — Un rubiz gravé où est 
la peinture du roy. garny de rubis et diamans, 100 esc. — 
Une bague d'or où il y"a une médaille d'acier gravée et 
le portrait du rov, 2 esc. (Inv. de Gabrielle d'Eslrées, 
f°25.) 

1606. — Bague. — C'est proprement un anneau ou 
autre joyau, où il y a pierre précieuse, une ou plusieurs. 
En pluriel, bagues se prend pour tous afiiquets d'or ou 
d'argent d'une femme, soient anneaux peudans, carcans, 
fermcillots, chaînes ou autres. (Nicot) 

1618. — Une bague d'or avecq une monstre d'heure ou 
hoiologe, estimée 3 1. (/ni), du prince d'Orange, i° 34 v«.) 

1635. — Bague. — Joiaus de femme qu'elle porte pandu 
es habits sur le devant à différance de pandant d'oreille, 
— monile. (Monet.) 

BAGUENADDIER. — Ce jeu d'enfant ne prend 
place dans les dictionnaires de la langue qu'au siècle 
dernier. Son origine est néanmoins plus ancienne et 
le soin que met l'encyclopédiste italien Cardan à en 
expliquer le mécanisme, semble une raison assez 
plausible de l'en regarder comme l'inventeur. 

1556. — Un instrument de passe-temps. — L'instru- 
ment composé de 7 anneaux est inutile et est tel. Une pail- 
lette de fer large d'un doigt, longue d'une paume, mince et 
déliée, en la cpielle sont 7 tious ronds, estroits et d'es- 
paces esgales, disposez selon la longueur de la paillette ou 
lamine. Ces trous reçoivent 7 vergettes menues presque 
de la hauteur d'une once, mobiles en bas, cirsunflexes en 
haut, afin qu'elles retiennent les anneaux enclos de la 
grandeur d'un doigt, et les vergettes sont contenues par 
l'anneau ensuivant soubz le fléchissement et curvalure. 
Pour ceste cause tous les anneaux, excepté le premier, 
sont engardez par le précédant, qui ne sautent librement 
hors de la verge antérieure. Tout est de fer, et mesme- 
ment la navette ou navicule est de fer,... elle est longue 
et large selon la grandeur de la paillette ou lamine sup- 
posée. 

Par cest instrument un jeu est inventé de subtilité ad- 
mirable. Le premier et le second anneau est mis dedans 
par l'espace vuide, puis la navicule est passée par les 
mesmes anneaux; après, le premier d'iceux est mis bas par 
l'espace vuide, après le quel le troisième anneau est tiré 
haut par le milieu vuide de la navicule, comme les deux 
premiers et la navicule est poussée à ce troisiesme; puis 
quand le premier est levé haut, ja 3 environnent la navi- 
cule, tu abaisseras donc les 2 premiers, en estant premier 
la navicule; ainsi elle demeurera enclose au seul troisiesme. 
Puis il faudra mettre le quatrième dessus, afin que toute 
ceste industrie soit contenue en trois préceptes : le pre- 
mier, que l'anneau qu'on doit attirer en haut ou abesser 
en ayt un seulement devant soy, au quel la navicule soit 
enclose. Le second précepte, que quand tu abaisses, que 
tu abaisses toujours ensemble les 2 premiers et que, tu en 
attires un; ou en abaissant un, que lu attires les 2 pre- 
miers. Le troisième précepte est, que quelque anneau soit 
attiré en haut ou abessé; il est donc nécessaire d'attirer eu 
haut tous ceux qui sont devant, et de rechef les abesser. 
Pourtant les 2 premiers anneaux ne sont empeschez d'au- 
cun autre, de peur qu'ilz n'entrecourent l'un sus l'autre, 
.l'appelle le premier anneau qui est libre en 64 tournées. 
Si la navicule est menée sans erreur, elle est enclose en 
tous les anneaux et contient toutes les verges encloses en 
31 autres, afin qu'elles sovent '.!."> depuis l'absolution jus- 
qu'au passoutre du premier ou dernier anneau, et que la 
navicule revienne autant détournées. Le cercle donc sera 
tout complet en lUO tournées. Cecy de soy est mutile, tou- 
lesfois on peut le transférer aux serrures arlilicieiises des 
coffres. (Hi.M-. Cardanus, De la subtdile, liv. U, f» 352 v", 
édit. de l.'iTH.) 

BAGUETTE. ■- niiiiiniilif de bague, ',ielil objet 
précieux, tel que joyau et autres bagatelles. 

1470.— Led. amoureux la debvoit fournir de soye et 
de plusieurs autres menues baguettes. (Arre'/s d'amour,!, 
p. 46 v».^ 



1(1-2 



luraiETTK 



Y. 1480. Adi«ii, présons, baxuiitti'S, umcquets 

Que l'un doiiii"il aux liâmes pour esliaiiics. 
(Marlial de Pans, liée, des /loeles fiuin-., t. Il, |i. iîiG.) 



XIV' s. — Coll. lies plomlis liittoiiés île l'iiul. 



IlAf.UETTE. 



Itoursc à sorriM- di- infinis ohji'ls. 



1490. — Arl. 5. It. Pour chef ircDuv{C dr liapucltes 
iKiuiini'c's gibncièrcs on fors, foraled. ouvrier 2 liaguoltes 
en fasson de croissant, planées, parfili'ls, l'une de cuir el 
l'autre de treillis; el seront lesd. liajïiielles doublées de 
enir. (.S'/«/. des bauilniyerx d'Anijeix, \i. :i;i8.) 

BAGUETTE DIÎ chasse. — I606. — La l.a-uetledes 
veneurs l'st une verpe... do la grosseur de deux nu trois 
poulccs par la poignije et de six à sept pieds de long (|ui 




Vi. i^itmjt 






Fin du XV' s. — Miiiiiihire du bréviaire Grimniii. Vetii.ie. 



leur sert à battre les chiens enchâssant quand ils faillent. 
Laquelle baguette ils ont us et coustumo ct'réuionieuse de 
porter verde et a tout son escorcc on esté, et en hyver 
escorcée et blanche. (Nicot.) 

liAGlETTE D'ÉOI.iSE. — 1754. - .•? baguettes 
d'ébeinc avec une pomme d'yvoire an bout, servant le 
vendreili saint pour l'adoration de la croix et au cliefecier 
dans le courant de l'année, et à un enfant do chœur pour 
accompagner les châsses lorsque l'on les porte en proces- 
sion. Uni: de N. D. de Pari», p. 201.) 

BAGUETTE DEiiÉRAUT. — Baguettcl)laiiche donnée 
en >igiic d'immunité à des messagers remplissant 
Jcs f(j.nclions de hérauts d'armes. V»y. bâton. 

gfl. — Posl hœc niisit iterum Gondobaldus duos lega- 
itos »ii (fiu'ntramnuni) regem, cum virgis coiisecratis, juxta 
.rjtjim ^ranc"rum, ut scilicet non eontingerentur ab ullo scd 
éxpqaitfi ^e«ai'ion« cum responso reverlerenlur. (Grégoire 
de fours, /fltt^ des Francs, I. 7, c. 3*.) 

BAGUET(I'£ «t'OÉRALE. — ISSS. — Baculum go- 
thiCfs eharatterjtnur insignitum. . . Tali ratione inscul- 



ptuin ut videatur quibus iusirunieulis. . . luuie solisvo et 
ca'teriirum sidiTum virlutcs et iulluentias. . . lîaculus 
itaque humaua lougitudine fonnatns est. riroi|ue latere 
hebdomadajiiui aiiiii pro qualibet hebdoinada gotliicas lit- 
toras 7, bahens (piibus anrei nunieri et l'eriie dominicales 
palria voce ae lignris ilistinguunlur. .. 




1505 — Fiijure joiiiU' au le.ite. 



Id. Vetuslagenlis consuetudiue barulis bis rurales occle- 
sias visilaiido in prolixis itineribus laici se sustentant 
atqiie pariler eouvenienles certis adductis ralionibus, 
veriores venturi auni judicant nualitates. (dlaus Magnus, 
lib. I, c. U.) 

BAGDETTIER. — Ouvrier fal)ri(|uant des liourses 
l'iaiilrcs (ilijcis travaillés en iiiégisserie. 

1586. — Les baguettiers ne feront écareelles, qu'elles ne 
soient enlièrenieut de marroquiu ou mouton sans anter 
d'autres peaux. (5(«/. des yaïUiers, buurciers, blaiicitiers 
et baijuelliers de llurdeaux, p. I.")t.) 

BAHMAdissus DU. — 943. — On y fabrique (dans 
le loyauMie du lialiama, Inde) des éloires d'une finesse 
et d'une délicatesse supérieures. (Maçoudi, Les prai- 
ries d'or, t. I, p. 385.) 

BAHUT. — ColTre de toutes grandeurs, générale- 
ment vortlé, couvert de cuir et destiné aux trans- 
ports. En architecture, hahut signifie l'assise homhée 
d'une l)ani|netle ou d'un parapet. 

L'application de ce mot à des ineiihles ancii-ns (>n 
forme d'armoires ou île hutrcts, est tout à l'ait mo- 
derne et impropre. 

1305. Itibauz nulc riens n'i refusent 

Ainz prennent partout comme ahurs 
Tentes et cofres et bahurs. 

(Guill. Guiart, ms., f« 263.) 

1386. — Pour une grant maie de cuir fauve, garnie de 
toille par derteiis, de courroies, et de bloques ainsi qu'il 
appartient a tout un grant liabu à mettre par dessus ycelle 
niale... pour luellre et porter le lit de mad. la royno, 
81. p. iClitc roij. de liuill. Ilniiiel, (<• ii v».) 

1388. — Pourl nialos de cuir fauve garnies de toille 
par dedens, de courroyes et de bahus |)our mettre et por- 
ter, c'est assavoir, en l'uue : la cliambie que l'en porte et 
tend devant en chemin pour M S. le duc de Thourraine, 
la seconde pour mettre et porter le matheras, la tierce 
pour mettre et porter les couvertures et la quarte la 
chambre do relais d'icelui seigneur, pour ce, 2.j1. 12 s. p. 
iCples roij., Laborde, Glossaire, V Maie.) 

1459. — Et si ordonna que le bien matin ses coursiers, 
ses bahus et la plus graut partie do ses gens s'en voyscnt. 
(J. deSainlré, ch. 82, p. 2t;5.) 

IS64. — Ung grand coffre de bahuz fait en garde- 
robe, 8 I. 10 s. (Inv. du l'uijmolinier, f" 238 v».) 

1575. — Beste à somme. ..qui porte bahuz. (Junius, 
Xomenclator, ch. 2.) 

1606. — • Bahu est un coffre couvert de cuir, à bandes 
de lames de fer, clouées à petits clouds. (Nicot.) 

1666. — Un bahu de la Chine dans lequel sont nombre 
de couessins. (Inv. du cliàt. de Fougères.) 



RMGNOIHE 



103 



BAHUTIER. — 1597. — Premièicment, que les ba- 
luit< seront liiits de bon bois, sans autre fente ni éclat, 
bien joints etsj;oui!i)nne7. avec bon lilde fer et avec 2 char- 
nières de l'er fort, forj;ées, et au dessus d'un bahut d'une 
aune il y en aura 3, et après sera couvert de bon cuir bien 
aprèlé, et après ferré de bon fer avec desgontures, partout 
bien cloué comme il appartient, et sera aussi engourgné 
et doublé de bonne toile neufve, le tout bien et duement 
fait, et ceux qui auront des pieds seront bien cuirés de 
bonne toile neufvi^ mouillée en colle forte. 

Aussi la malle sera faite de bon bois de fayant ou de 
cbesne.sans estre gâté, et le chesne sans aucun aubec, le 
tout bien joint et gongoiiné avec bon fil de fer et cuir, 
avec i bandes de toille neufve mouillée en colle forte, et la 
malle ,iura aussi 2 charnières de bon fer fort, couverte de 
bon cuii- bien aprèté, ferré de bon fer tout autour et cloué 
comme il appartient; doublée de bonne toille, le tout bien 
et duement l'ait. .. 

Aussi les malles et valizes de cuir seront faites de bon 
cuir de vache, de vea\i ou de mouton bien aprèté et bien 
courové, le tout bien cousu à 2 chefs, avec de bon ligiiou 
bien ëugemmé. lit les malles de mouton seront cousues de 
bon fillet noir doublé par lesenboucheures et doubicures, 
et pour les couvercles et les fonds, seront cousus à 2 chefs, 
le tout bien et rluement fait... 

Et quand aux valises de vache, de veau et de mouton, 
celles de vache et de veau feront cousues à 2 chefs el 
celles de mouton seront cousues et doublées par les 
assembleures des peaux, et pour la^rande couture et bor- 
dure seront cousues à 2 chefs, garnies de couroyon el de 
boucles, ainsi comme il appartient, le tout bien et due- 
ment fait. Et quant aux foureaujc d'arquebuzes pistolets 
et pistolles, seront faits de bon cuir cousu à deux, et la 
bource de bon cuir bien courové, le tout bien et duement 
fait. 

Quand aux paniers de clisse, seront garnis de 2 bonnes 
charnières de fer fort forgé, qui tiendront tout le travers 
du couvercle et couvert de bon cuir de veau avec le poil, 
ferrés de bon fer et clouez comme il appartient ; et les 
courroyes seront faites de bon cuir blanc passé en graisse, 
toutes doublées de même cuir et cousues ,i 2 chefs, bien 
agensé, garnies de bonnes boucles et de crochets, le tout 
bien et duement fait. (Statuts des bahutiers de Bor- 
deaux.) 

BAÏÇOUS. — Voy. lami-e orientale. 

1 356. — Arsendjan est du nombre des villes du prince de 
l'Irak ... la plupart de ses habitants sont Arméniens..., 
on y fabrique de belles étoffes qui sont appelées de son 
nom, il y a des mines de cuivre avec lequel on fabrique 
des vases ainsi que les ba'içous que nous avons décrits; ils 
ressemblent aux candélabres en usage chez nous |au 
Maroc). {Voij. d'ibii [liitoutah, t. Il, p. 29-1.) 

BAIE. — Bavolte, grosse flanelle en laine non 
ci'oisée et drapée d'un seul côté. 

1570. — Sy la pièce se trouve par lesd. esgardez plus 
courte que de 2U aulnes et plus estroicte que d'une aulne 
pour les baies et sarges, façon de Beauvais; et pour celles 
de la façon d'Orléans plus courte que de 20 aulnes et plus 
estroictes que de demie aulne demy quart... elles se- 
ront coupées en quatre. iStut. des saijeteiirs drapants. 
— A. Thierry, llht. du tiers état, t. 11, 788.) 

BAIGNERIE. — Le moyen âge a eu ses thermes 
coiiiiiie ses- éluves ((ui étaient des étahlissenienis 
(luhlics et sur lesquels de nombreux détails sont 
donnés à l'article li.viN. .V titre privé quelques sei- 
•jneurs en installèrent aussi dans leurs châteaux, 
(/étaient des haigneries dont l'aménagenienl com- 
portait un cerlain lu.ve. — Ce mot s'appliquait en- 
core aux tentures, et au linge en particulier. 

1360. Il semble à l'eschançonerie 
Que ce soit nue baingnerie 
Tant y a de vin respaudu. 
(E. Deschamps, ms. bilil. Bichel. 810, f" 377.) 
1446. — Fondé et mâchonné la nouvelle ujaison com- 
posée et ordonnée à chambres pour embas avoir haignerie, 
estuves, relraict emprèz icelles, estuves à barbier d'en- 
costé, au bout les fournois à mettre les pos à chauffer 
lesdictcs estuves; autres logiz encores embas en icclle 



maison à mettre les fournaisses à chauffer les eaiies pour 
baignier et estuver; faire vice (escalier) vaulte grande et 
parfonde servant pour le retrait des ckambres. En haut et 
au dessus d'icelles baigneres et estuves deux belles cham- 
bres à couchier.chascune ayant sa cheminée. (Cpte de tra- 
vaux au jiiihiis des ducs de bourgogne à Bruges, p 98.) 

1528. — Chambres des baynneries. — i grandes cuves 
baignoires. — 9 pièces de toille blance pourpointes aux 
devises de Mons' tant grande que petite. — Ung grand 
ciel de mesmes ouvraiges et gouttières avec les franges y 
pendant qui couvrent les i cuves; les quatre couvertures 
desdictes cuves qui sont de toille blance. — 7 gourdines 
qui tendent devant les cuves el 4 autres gourdines de toille 
blance qui tendent entre lesdicles cuves et au boutz des 
cuves. — Un grant ciel à la façon de Milan et l gourdines 
tenant audict chiel avec plu.sieurs petites pommettes dorées. 
— Une grosse pomme dorée qui tient ledicl ciel en hault 
et -i platz armoyés, une pièce de mesmes qui fait le dosse- 
relz, un cbalit de bois, ung grant lit neuf, ung travers, un 
matras et une paillasse. 

En la mesme chambre un giant labliau d'une femme nue 
sur toille. Ung autre fabliau d'un homme et d'une femme 
nue. — Ung dressoir, une cbayère à 3 pieds, 8 banqs par- 
rez et plombez servans dedens les 4 cuves. Devant l'huys 
desdictes baynnerie ung grant labliau de painture de Ve- 
nus et Actbéon. 

Les estuves. — 2 pièces toille blance pourpointée pa- 
reille à la chambre dessusdicte, une courtine de toille 
blance, un grand blanchet servant par terre aus dictes es- 
tuves et une pièce de toilles blancl de la mesme grandeur 
servant par dessus ledict blanchet. — 4 autres petit blan- 
chet et 4 pièce de toille blance servant sur lesdicls bains 
desdictes estuves. — 3 orillicz de duvet couvert de fus- 
tenne blance. — 2 bacz de plomb. — La chambre par oii 
l'on chauffe les bains : un charlict de bois, ung lict, travers 
et une couverture rouge, ung grant coffre de bois, 2 pui- 
settes d'arain à gecter l'eawe. {Inventaire de M' de Ra- 
veslain à Gand.) 

1558. — Ung pavillon de thoille blanche à baignier, 
aux armes de Bourgogne, bordé de brodure d'or et le des- 
soubz et dessus bordé de samit rouge. — Une grande hai- 
gnerie de toille blanche, assavoir ciel et dossiel et les 
gordines tenant ensamble. (Inv. de Philippe II, f° 74 v°.) 

1568. — Estuves haigneries. (Philibert de Lorme, 1. 1, 
chap. 8.) 

BAIGNOIRE. — La cuve à baigner, le linge de 
bain et aussi le pavillon avec baldaquin, dossier et 
rideaux qui enveloppaient la baignoire. 

Ce meuble, presque toujours fait en merrain, de 
douves cerclées, était du ressort de la tonnellerie. 
Les grandes cuves en métal sont rares, et le témoi- 
gnage de Robert Etienne au \\l' siècle fait supposer 
quel'AUemagne s'est livrée la première à cette fabri- 
cation. En France, on baignait les enfants dans des 




V. l-i€0. — Biblioth. liuhel. ms. fr. 873, f 217. 

chaudrons et dans des baquets. La reine Isabeau de 
Uaviére se baignait dans du bois. Charles le Témé- 
raire laisse, il esl vrai, dans le butin de (iranson sa 
baignoire d'argent, mais malgré le riche améiia- 
geinenl de certaines haigneries opulentes, comme 



lOi 



lîAIGNOIRE 



celle ilii sieur de Raveslaing: en l.'iiS. fvoy. baigne- 
BIE}, il faut arriver jus(|u'à l'épotiue de Marie de 
Médicis pourrcnôoiilrer ces disposilions comuiodes 
qui sont aussi un luxe mais d'uu caraclère beau- 
coup plus moderne. Voy. c.lve.' 




1!j5i, — h'aprèx Aldegrcvci'. 



V. 1380. — Fairo toniiraux cl autres vaisseaux de 
cerlaines |iièces... aiuniiics l'ois corjinu' sont les liaigiuiiri-s 
et autres vaisseaux par contrainte de cercles de cerlaines 
pougnics par liure îles osiers. (Eusl. Ueschamps, De 
Géométrie, p. 26"2.) 

1382. — La femme dud. Piclej qui bain^uuil un enTant 
en une paolle... laissa led. enfanl enla<l. poille. (Z.c((;e 
Je rémiss. — D. d'Arcq, Cptes de l'argenterie, p. 394.) 

1393. — Qui la veult saler (la venaison) en esté, la 
convient saler en cuvier ou baignoire. (Le Slénagier, t. II, 
p. 1-29.) 

1404. — Pour faire i csprcvicrs à mettre sur la cuve la 
royne, quant ellesc baigne. (I). d'Arcq, lue. cit., p. 37-1.) 

1416. — l'onr avoir fait désassemhler et rassejnbler, 
recingler et relier tout di' neuf i cuves à baigner pour 
lad. dame, comjïris \i: porlage, 13 s. (Cple d'hateuu de Ihi- 
viere, p. 633.) 

1536. — Une t inné de cuivre. — Quibus nuncqnoquc 
GermaDice mulieres eliam ntuntur ad abluendos, quibus- 
libet octonis diebus, infantulos suos. (Kob. Eslienne. De 
Vasculis, p. 15.) 

1575. — Bdlttille de Crunson (1476). — On Ireuva en 
son camp (de Cbarles le Téméraire) 8000 perches aigui'S, 
plusieurs vaisseaux d'or et d'argent richement esloffez el 
un bain d'argent. Lesipiels il avoit fait apporter avec soy 
pour plus ample magnificence. (Belleforest, Co^mog. de 
Munster, 1. Il, 1. 2, p. 489.) 

1607. — A Jehan Baudoyer, menuisier ordinaire de Sa 
Majesté, pour une baignoire pour la royne avec un petit 
siège bas et ung couvercle de bois cpii se brize, avec ung 
entonnoir et un tiiyan de bois pour mectre l'eau chaulde 
jusques au fonds, A) 1. (Cple roij. de P. Lerou.r, C 2i v.) 

1640. — Ustensiles de cuisine. — Le chaudron à re- 
iavcr ou baignoire. (Commèno, /aiiua aurea, p. 435.) 

1779. — Les personnes qui veulent prendre des bains 
chez eux, el qui n'ont point île baignoire en peuvent louer 
chez les cliaudronniers moyennant 20 sols par jour ou 
environ; ou. si l'on veut se contenter des baignoires de 
bois, on en peut louer chez les lonneliers à raison de 9 ou 
10 sol» par jour. (Hurtaut et Magnv, Dict. htst. de Paris, 
t. I,p. 513.) 

B.MtiNOlllE (DKAl'). — 1350. — 2 couvertures à cuve 
pour mad. Uanie, d'une escarlale rosée, et sont nom- 
mées baignoires. {Cpte d'Et. de Lafonlaine. — Du Cange, 
v" bagnaressus.) 

1369. — Pour 66 aulnes de toylle bourgeoise pour 
faire S baigneuers pour nous servir en nostre clianibrc, 
5 s. l'aune, valent 16 I. iO s. p. (L. Delisle, Mandem. de 
Charles Y, n» 539.) 

1392. — Pour 10 aulnes de toile de Reims fine... 
pour faire une paire de draps baignoires pour led. Mgr 
le Daulphin, au prix de 8 s. p. l'aulne. 

Pour 10 aulnes d'autre plus grosse toile pour faire une 
paire d'autres draps a couler l'eaue des bains dud. Sgr, au 



pris de 5 s. 4 den. p. l'anlne. ( l» Cpte roy. rie Ch. Pou~ 
part, f 52 v°.) 

V. 1400. — Une baignoire de toile, assavoir ciel et dos- 
sier {Inf. des tapiss. de la duch. de lloiirgoyne.) 

1420. — ICO aulnes de toille de lin pour faire 4 paires 
de baignoires cl 4 paiies de draps de pied. (Laborde, tes 
dais de Itiiurgogne, i\° VtO'i .) 

BAILLE. — Alezan, taché ou étoile de hhuic au 
frunl. 

1305. Kt destriers de pris hennissanz, 

lilancs, noirs, bruns, bais, baucens et bailles, 
(G. Guiart, t. Il, p. 106.) 
1340. — Cheval bay, baille en front. {Arcli. K. 43, 
pièce 14 bis.) 

1606. — fldillet, qui a une taclic ou estoille an front. 
(Nicol.) 

BAILLE. — Sorte d'auveiil à flexion liorizoïilale 
de hanl en lias, eoinine ceux des liontii|iies, onde lias 
en liant comme le ponl-levis. 

C'est aussi une clùlnrc en planches el. par exten- 
sion, l'espace découvert au-dessus de celle clôture, 
connne dans les fjaleries, et dans les châteaux l'espace 
(|ui séparai! la pien>ièrc enceinte de la seconde. Dans 
les places de guerre, la liaille est la palissade placée 
devant les portes et suppléant l'avant-mur, appelé 
aujourd'hui chemin couvert. Voy. balet. 

1220. Devant la tour tant qu'il veoil 
(Ju'en milieu do ce baie avoit 
tin pin si verd cnm en esté. 

(.Meraugis, ms. de Vienne, f° 24.) 
V. 1250- Dc.iu. paires de bailles est la porte rollie 
Ki sont toutes de fer, cascune bien taillie. 
{Fierabras, v. 4653.) 

1260. Dedcns la ville s'enfermèrent, 

El li nostre el baille remesèrcnt 
Entre la cité et uns pont. 

(Ph. Mouskes, m,?., p. 698.) 
r36l . — pour faire les fossés au markiet où on assistles 
bailles pour les joustes. {Cptes de Valenciennes, n° 14, 
p. 15.) 

1383. Et puis estoit la porte refermée et drécié 
El n'i ot c'un guichet ouvert à un(^ fie 
Et la baille tendue jvisques à la moitié. 
(Chron. rim. de Duguesclin, t. I, v. 3792). 

1467. — Ung nommé Chaudet Camus meurdrit sa 
fennne ... et la Ironva-t-on en une eslable, une baille de 
bois sur elle, attin que onc\iidasl qu'elle se feusl occiso. 
(Chron. de J. Duclercq, p. 247.) 

1470. — Pour fortifier de bailles les 3 [lortes de 
l'église ad cause des gens d'armes, convient laire es mu- 
railles 8 traux pour bouter les bailles, 15 s. (Houdoy, Cples 
lie Cambrai, 198.) 

1555, — _4f|in que l'ordre de marchier fust mienlx ob- 
servé el gardé, bailles furent mises et plantées depuis 
l'enclos des bailles de la court jusques à la jiorle ou entrée 
d'icclle église qui furent noircies. (Obsèques de .lehanne 
de Caslille. —IJall. delà comm. d'hisl. de Helgique, 1860, 
p. 428.) 

1575. — liaille. — Lieu descouvert à se promener et 
faire exercice. (Junius, Nomenclalor, ch. 53, y' Xislum.) 

BAILLOT. — Augetle. 

I 56 1 . — Piirce qu'aucune fois on n'a pas commodité d'a- 
voir fontaines ou ruisseaux, il est requis faire de petits 
baillots de bois., pour niellre leur eau. (Ilu l'ouilloux. 
Vénerie, f 10 v".) 

BAIN. — Les huins liturgiques, au temjisde l'ad- 
minislratioii du baptême par immersion et dont 
les rites .sont encore empreints au iv^ siècle des 
habitudes de la vie antique, n'auraient point leur 
place ici, si le moyen âge n'avait emprunté à l'Église 
le cérémonial qu'il adopta pour la réception des 



BAIN 



105 



ordres de chevalerie et en particulier de l'ordre du 
Bain. Les mêmes raisons symboliques ont présidé à 
cette purification préparatoire et à la pompe toute 
chrétienne dont ou l'environnait. 

Mais ces pratiques sont trop connues pour compor- 
ter des développements. Nous les réservons pour les 
habitudes de la vie journalière, où la simplicité un 
peu rude des mœurs de l'époque s'accommodait, sans 
trop blesser la décence, d'une liberté d'allures que 
réprouverait aujourd'hui la morale. Ce qui s'impose 
dans l'étude du moyen âge est de le présenter 
définitivement tel qu'il a été, et la vérité du ta- 
bleau de certaines coutumes perdrait, selon nous, 
à être couverte d'un voile qu'il ne portait point au- 
trefois. 

V. 370. — Jam balneator praecinctus expeclat, quod 
unctui, quod tersui opus est praestiturus. (S. Zenon, In- 
vit. ad /ont., VI.) 

817. — Art. 7. Ut balnearum usus iii arl)ilrio prioris 
consistât. (Conveiitus Aquisgranensis. — Lalïbe, Coll. 
concil., t. VU, col. 15U7.) 

I 190. Là est Lancclot arrivez, 
Et lorsqu'il i est venuz 
Quant il lu despoilliez et nuz. 
En une liante et bêle couche; 
La pucèle soef le couebe. 
Puis le baigne, puis le conroie. 

(Le chevalier de lu charette, p. 178.) 




V. 1300. — liibliolh. Itiiliel., f,h alleiiuiiid n» 3-2, f" 4(i v°. 

XIII" s. Sire, cil bain où vous baingniez 
Si est à chou sénéfiez 
Tout ensemcnt com l'enfechons 
Nés de péchies ist hors des fons 
Quant de baptesme est aportez 
. . . Baigner devez en honesté 
En courtoisie et en bonté. 

(L'ordeiie de chevalerie, \ . lITi.) 
V. 1380. — Qui s'estuve doit '2-Jeniors, qui se baigne 
doit 4 don. selon l'ancien leiups', et selon le nouvel, qui 
s'estuvera paiera l dm. pour rstnver sans baigner et nng 
denier pour le drap, se il le veut avoir et non plus, et 
pour estuver et baigner |jaiera 8 dcii. 

Et se deux personiies sont ensemble en nng baing. ils 
paieront M den. pour estuver et baigner et non plus. Pour 
chacun drap commun qui ne passera pas lé et deniy l'en 
paiera ung den.: pour chacun drap de 2 lez et de plus, 
pour moitié es lez l'en paiera 2 den. {(Irdoii. s. les mé- 
tier.i lie l'avis, ms. Ililil . Hidiet.,fds Sl-Gvrm. I(i99, f".)0.) 
1498. — Quando estis in sluphis, non veremini vos 
nudas poiiere coraiii aliis et vestras faeere dissointiones. 
(Oiiv. Maillard, Serm. du 3'dim. de Carême, f» 74.) 

1. C'est le t.iux fi.xc par les stiituts ilo 1-200. (Voy. Rue. d' Et Boi- 
kau, lit. 73.) 



Sed vos manelis exuti in termis et ostenditis verenda 
vestra aliis. (/((., 2« dim. de l'Aveiit, (° 64.) 

1635. — Bains. — Bain à double deus, ou plusieurs 
bains sous mi^me couvert, divisez de muraille, pour les 
hommes et fammes séparément. (Monet.) 

1640. — Où pourtant par bonnesleté les caiçons et 
brayes, brayers on devantaux de bain ont lieu. (Coni- 
nienes, Januaauvea, .'iSO.) 




156S. — Jobst Ammoii Panoplie, 



1691 . — Nous lavons la crasse dans les bains chauds, 
soit assis dans la cuve ou en montant eu haut aux bans 
à suer et nous nous frottons de la pierre de ponce ou 
d'une estamine. 

Nous quittons nos habits dans la garde-robe et nous 
prenons des caleçons. Nous mettons un bonnet sur notre 
tête et nos pieds dans le bassin. — La servante des bains 
sert de l'eau dans un seau qu'elle puisse dans l'auge où 
elle coule par des tuyaux. — Le maistre on valet des es- 
tuves scariiie la peau avec sa lancette et y applique des 
vantonses pour en tirerdu sang qui est entre chair et cuir, 
l'essuie avec une esponge. (Franqueville, .l/iroir de l'art, 
c. 74, p. 1117.) 

1779. — Ou trouve encore (à Paris) des bains paiiicu- 
liers sur la rivière où l'on est servi très commodéineut et 
avec la plus grande propreté moyennant 3 liv., vis-à-vis 
le palais de Bourbon. (Hurlant et Jlagnv, Dict. liisl. de 
Paris, l. I, p. 513.) 

B.\IN UEGÉSINE. — 1401. —A Jehan l'errant, tonnc- 
nellier, pour la gésine de la royne au mois d'octobre der- 
nier passé, c'estassavoir pour nue cuve àbaigiiierde bort 
d'illande, 36 s. p. Pour une antre cuve à baigiiier la nour- 
rice, 30 s. p. Pour une autre cuve à recevoir l'caue, à 
un couvercle dessus, OU s. p. Pour 2 seaux et une courge, 
8 s. p. Pour un geale- (jarre) et un tinel, 12 s. Pour un 
envier à lécivc,16s. p. et pour la ferreure desd. besongnes, 
4« s. p. — Pour tout 10 1. 16 s. {'.h Cple roij. d'Ilem. 
Itaijuier, S" 58 v°.) 

1518. — Ainssy que entray en la cuisine (àLatour du 
Pin en Daiiphiné)." pour scavoir se nostre disner csloit 
picsl, tronvay l'hntesse qui se b.iignoit dedans une cuve bai- 
gnoire engourdinée, et y avoil tout plaiu de honpiaus 
autour d'(!lle.Je fus tout esbahis, car on le véoit nue sans 
nul alfiilloir jusqiies au ventre, et avoit devant elle une petite 
table où elle sortissoit les plats pour ses liosles. 

Et nous fut dit que pendant la gésine d'une femme on les 
voit tous les jours baignant nue el les voisins viennent sou* 



lOli 



lîAl.N 



vent faire le banquet d'enipii'S led. ^'ézaiitc. JVn fus tout 
honteu7. et viiiilay souhil de lad. cuisine. (Jacques Lesaigc, 
Voij- lie terre sainte, ^ h, I.) 

BAl.N MÉIili'.INAL. — 1469. — A Cuillaume Bertran, 
poisllcr, deincurant à Anibnise,|inur une poisie d'airain te- 
nant enviiiin 2 seillces ot une cliaèie percée, pourserxir 
à eslnver led. Sj;r (le roi) par dessoubz, durant sa nial- 
ladie, Si s. (■) d. (Cpte roij. d'AlezaniIre, (" 37.) 

1533. — l'uur madame la prieure, plusieurs semences 
carmiiialives et fleurs <'amoniille pournieltre en son baing;. 
{Cpte lie I ahbesse île Jouurre.) 

1635. — Ciiriiet A vantouses... lioul de corue troué 
tout au long i|u'on applii|UO à ^juisc de vanlouse à ceux 
Huon panse ans bains, ans estuvos pour les vantouscr. 
(Monet.) 

li.M.N'S IIE l'OLZOLLES. 

V. 1280. Nomine fons tali fruilur qiio.l coinpclal cgris, 
Vel (|uia Pontificis cura rel'ecit npus. 
Arelieis prodesl, li>llit ;;einis niniie podajjre. 
Hune haliet ex|ierluni J'unlilicale t;i'nus. 
Et quia Prelalis recpiies noeet aliiue Parapsis, 
Torquenlur niaj;ni) sepe dolore peduni. 
Cum eoiistipalur cibus intereluditur intus, 
Inde dident ventres; ilia tensa crêpant. 
Taies erjjo libi, si vis linire diilores, 
Pontif'icis fontem, vade, reqnire celer. 
(Euslatius medicus, .I/x. ex. Iliblioth. Seiipol.) 

B.M.NS UE RAVENNE. — 829. — Refecit Victor (Epis- 
copus Ravonn. circa 5t(l| balueum juxta domum ecclesie 
herens parietibus mûri episcopii ubi residebat, quousi|ue 
hodie mirificelavatur, etpretiosissiuiis marmoriluisparietes 
junxit, et divcrsas figuras tessellis aureis variasquc eom- 
posuit, et tabulam descripsit litteris aureis tessellatis, in 
qua labnriose légère curaviinus, et ita hos hcxametros 
catalecticos versus in eadcm conscriptos invonimus ; 

Victor aposlolica tutus virtule sacerdos, 
Balriea parva priiis prisco velusla labore, 
Dcponens, uiiraMpie tamen nuvitate refecit, 
Pulclirior ut cultus, inajorque resurgat ab imo. 
Hoc quoque perpelun decrevit moie tenendum. 
Ut biduo gratis Clerus lavct ipsius urbis 
Tertia cui cessuni est feria sexta lavandi. 
(Agnellus, Yiln S. Victoris.) 

lî.Al.XS DE PORECTA V. 1345. — Cb. 3. Voici com- 
ment il faut prendre l'eau di; Puroelapour qu'elle ait toute 
son eflicacité. A partir du milieu de mai, en juin, juillet 
et aoiit, si la cbaleur n'est pas trop forte, mais corniue 
tempérée et uniforme, les malades se rendent à la ville 
de Porecta. 11 ne faut pas se uii^ttre immédiatement à 
boire, mais se reposer un jour pour s'babituer à l'air du 
pavs et se reposer des fatigues du voyage. Alors le malade; 
doit entrer dans le bassin de pierre et y rester avant de 
boire au moins une heure, jusqu'à ce que le bout de ses 
doigts se crispe. Ensuite, après s'être bien fi ictionné tout le 
corps, il doit, quand l'heure du repas est verme, manger 
légèrement, ("est le lendemain seulement et dès b; lever 
du soleil que, s'élant appniché di> rai|uednc de la source, 
on doit boire deux on Irois verres d'eau. On fera ensuite 
un exercice modéré, puis un boira deux ou trois verres de 
la même façon, ayant soin de marcher après avoir bu, 
mais avec lenteur et sans fatigue. 

On prend de l'exercice jusqu'à ce que l'eau que l'on a bue 
sorte, claire et limpide couitue celle ipie l'on puise à la 
source même. On peut niéiiie vérifier le fait eji les com- 
parant dans un vase de verre. C'est alors que, toute l'eau 
étant ainsi rendue, on entre dans le bassin et on y reste 
comme la veille. 

Ce bain ne fatigue nullement; an' contraire, il niilrit les 
humeurs diverses dans tout le corps et les dispose à être 
évacuées. Il ne faut pas faire us.age pour le bain de l'eau 
que les femmes réchauffent artificiellement dans des ton- 
neaux ou des baignoires de bois, car cette eau n'a plus les 
propriétés que nous venons de citer. 

.Après le bain on se repose sur un lit, enveloppé de cou- 
vertures afin de délasser un peu les membres, puis on 
retourne à l'aqueduc jusqu'à ce que l'on rende l'eau 
claire et limpide comme on l'a bue. Il faut éviter de boire 
de trop grandes quantilés d'eau et de la boire trop vite; 
car si on ne suivait pas cette méthode, la guérison n'au- 
rait pas lieu. En elTet, l'eau ne restant pas assez long. I 



temps dans le corps n'aurait |ias le temps de niftrir les 
humeurs pour les chasser ensuite. 

Ch. l. Lorsqu'on aura pris l'eau couune il est dit 
dans le |irécédent chapitre, que l'on est couché sur un lit, 
enveloppé de couvertures, il ne faut pas se laisser aller au 
siinmicil, cela sérail pernicieux. Ensuite, on fait un léger 
repas, un poulet ou des nnifs peu cuils. H faut bien rn.leher 
et 111' pas avaler trop vite, comme on pourrait s'y laisser 
eiilraîiier par la faim. Dans aucun cas, il ne faut manger 
plus de la moitié d'un poulet ; cepenilanl on peul tremper 
son |iain dans la .sauce, ce qui facilile la digestion; puis 
il faut boire un |ieu de vin pur sans mélange d'aucune 
eau, et seuleruent pendant le repas ; mais pas plus d'un 
demi-verre à la fois. Il vaut mieux, en eUcl, boire peu 
et souvent i|ue beaucoup à la fois. On ne doit pas dormir 
sitiU après le repas, mais rester dans la salle, causer avec 
les assistants, en évitant de se fatiguer le corps par aucun 
travail. 

Ou ne doit pas, le jour que l'un IkuI l'eau, faire 
d'autre repas; mais si, à l'heure du diuer, l'eslomne de- 
mande à manger, il faut prendre deux jaunes d'ieiifs frais, 
en rejetant le blanc et bnvairt un pende vin pur sans eau. 
Si le malade n'aime pas les œufs, il pourra manger un 
biscuit trempé dans du vin, puis la nuit étant venue, se 
coucher tout de suite et reposer. Le lendemain on ne boit 
pas d'eau ; mais ou attenil l'cIVel de l'agitation des hu- 
meurs causée par le traitement de la veille. Cependant' e 
jour où l'on se re|iose on peut faire un repas à la troisième 
heure du jour, et dans l'après-miili après la digestion 
laite, prendre un bain comme ci-dessus pendant une heure 
jusqu'à crispation du bout des doigts, puis dîner d'un lieu 
de poulet bouilli. 

Ce jour-là on ne boit pas, mais on prend deux bains 
comme il vient d'être dit. Le bain dispose les humeurs 
à sortir du corps et les mûrit. Le lendemain au lever du 
soIimI on boit à la source et l'on observe que l'eau soit 
claire et limpide comme on a déjà fait le premier jour de 
boisson. 

Ou fait ce traitement de la sorte pendant trois jours, 
ayant soin de mettre entre chaque jour de boisson, un jour 
d'intervalle pour se reposer, de façon à faire un jour de 
bain suivi d'un jour de boisson, en recommençant chaque 
fois et suivant les indications. 

(^h. .">. l.ors(|u'on a pris les eaux de Porecta et au 
sortir du bain il faut faire une promenade soit à cheval, 
soit à pied. 11 faut éviter rie se fatiguer, mais marcher à 
pas comptés et modéréuient. Au bout de trois heures on 
fait un repas, il ne faut pas attendre plus que ce délai, 
car cela ilébilite reslomar. Il faut aussi avoir soin de bien 
mâcher les aliments, eumiiie on l'a dit [iliis haut. On doit 
choisir un vin hlaiie pas trop sucré et ne pas y mélanger 
d eau. Si on ne pouvait se |irociirer (|ue du vin trop fort, 
il faudrait y mettre quelques bouchées de pain parce que 
cela enlève la vapeur du vin. Au bout de huit jours on 
peul reprendre le vin d'ordinaire. Il faut aussi pendant 
ces huit jours s'.ihstiuiir de dormir |ienilaiil le jour. .Si à 
midi la faim se fait sentir, on peut prendre deux jaunes 
d'œufs frais, rejetant le blanc, ou un biscuit leinlre et 
bien trempé. Il ne faut pas ilormir sitôt après le repas, 
afin de laisser les aliments descendre au fond de l'estomac, 
et même ne pas reposer avant qui' cet elTet ne soit pro- 
duit. Le repas doit être léger comme on l'a dit di'-jà; la 
boisson doit être du bouillon de poulet. Opendant après 
quinze jours, on peut manger un peu de bœuf bien bouilli. 
Le pain ipie l'on mange doit être trempé el ramolli au 
diner el au déjeuner dans du bouillon de poulet pour fa- 
ciliter la digeslioii. 

On doit ch.iqiie jour faire un peu d'exercice en ayant 
soin lie se tenir toujours en gaieté; il faut aussi se laver 
les mains avec du vin sans mélange d'ean et s'abstenir 
de toute autre nourriture ipie celle qui vient d'être citée. 
Ou poulet ou du bœuf bien cuits et bouillis, mais non des- 
séchés ou racornis. Surlont ne manger aucune espèce de 
fruits, pas de vinaigre , d'ail ni d'oignon, de fromages 
forts, de pâtisserie, de choux, de crudités, de légumes verts 
ni de figues sauvages. 

Les malades déjà débilités ne doivent suivre le régime 
ci-dessus que vingt on trente jours. Ils doivent se tenir 
chaudement vêtus, se garantissant, mais sans trop d'alfec- 
lation, du froid et du vent. Le traitement par les eaux de 
Porecta doit se recommencer tous les trois ans. Avec cette 
précaution on assure aux malades une vie longue et 
exempte d'infirmités. (Thura de Caslello, édit. Itonnejoy, 
p. 13.) •" 



I!.\LAI 



107 



BAINS DE BADE (Suisse). — 1415.— Au Cfiilre de cet 
établissement se trouve une place très vaste, entourée de 
magnifiques hôtelleries où vont loger une (luantité d'é- 
trangers. Chaque maison possède à l'iulérieur des bains 
particuliers à l"usage desquels ont droit les personnes qui 
viennent y loger. Le nombre de ces bains publics ou 
privés est d'une trentaine à peu près. 

Deux de ces réservoirs livrés au public sont couverts des 
deux côtés; ils servent de lavoir à la plèbe et aux petites 
gens. Dans ces banales piscines s'entassent pèle-mèle 
hommes et femmes, jeunes garoons et jeunes filles et tout 
le fretin des populations environnantes. Vne cloison inté- 
rieure, pacifique retranchement, sépare à la vérité les 
deux sexes... Je me suis souvent égayé à ce spectacle 
qui me rappelait les jeux floraux, admirant en moi-même 
la simplicité de ces bonnes gens qui ne détournaient pas 
les yeux de pareilles choses et n'y soupçonnent aucun 
mal. 

Les bains des maisons particulières sont plus propres et 
plus décents. Les deux sexesy sont également séparés par 
une cloison; mais cette séparation est criblée de petites 
fenêtres qui permettent aux baigneurs et baigneuses de 
prendre ensemble des rafraîchissements et de se causer. 

Au-dessus du réservoir général sont établis des prome- 
noirs qui permettent aux hommes d'aller regarder les 
dames et de plaisanter avec elles... Elles n'observent aucune 
précaution préliminaire, elles ne redoutent aucun danger 
et ne soupçonnent pas la moindre indécence dans cette 
naïve façon de prendre les eaux. 

Il y a même plusieurs de ces bains particuliers où le 
passage qui mène à l'eau est commun aux deux sexes. . . 
Le costume des hommes consiste en un simple caleçon, 
celui des femmes est un léger vêlement de liu ouvert 
sur le côté, sorte de peignoir transparent, i|ui ne voile 
nullement d'ailleurs ni le cou, ni la poitrine, ni les bras. 
Elles font souvent dans l'eau des repas en piquenique 
servis sur des tables flottantes, auxquels les hommes sont 
invités. Nous-mêmes avons été conviés à une de ces réu- 
nions originales dans la maison où nous étions logés. 
Bien que très vivement prié, je me contentai de fournir 
mon écot au festin sans consentir à y prendre part. Neva 
pas croire, mon ami, que mon refus vînt d'un excès de 
pudeur ou de sauvagerie, non certes; mais j'ignorais leur 
langue, et il me semblait ridicule, à moi Italien, de me 
mêler à ces sirènes, muet comme un poisson et sot comme 
si on m'eût coupé la langue. Je n'aurais eu d'autre res- 
source que de boire et d'entonner des sorbets pour tuer 
le temps. .. 

Deux de mes amis cependant se mirent gaillardement à 
l'eau à côté de ces aimables baigneuses, buvant et man- 
geant avec elles sans autre préoccupation, ils essayaient 
de prendre part à la conversation par interprètes. L'es- 
sentiel était qu'ils fissent du bruit avec leurs lèvres. Que te 
dirais-je de plus?... Mes deux compagnons étaient pour- 
tant couverts d'un peignoir de toile, ainsi r|ue les autres 
hommes admis au bain des dames. Pendant ce lenips-là 
j'observais la fête du haut de la galerie, admirant ces 
mœurs faciles, ces piquantes coutumes, cette douce liberté 
de vivre et le privilège absolu accordé à la curiosité du 
spectateur. 

On entre dans la salle des bains trois ou quatre fois 
par jour et l'on y passe la meilleure partie des heures à 
chanter, à boire, à danser en chœur, en se mettant à l'ean 
de temps en temps... 

La coutume de ces belles filles (allemandes) est de ré- 
clamer gaiement une récompense aux spectateurs qui pren- 
nent tant de plaisir à contempler leurs jeux; aussi ne 
manque-1-on pas de leur jeter, surtout aux mieux failes, 
quelques petites pièces d'argent qu'elles reçoivent dans 
leurs mains ou dans leur ronrt vêlemenL On leur jette 
aussi des couronnes de fleurs dont elles ornent triompha- 
lement leurs jolies têtes en nageant. 

... Si tu veux savoir dans tout cela la vertu de ces eaux, 
elle est variée et infinie; leur efficacité est admirable, 
presque divine, et surtout je ne connais pas dans l'univers 
entier de sources thermales dont les ablutions soient si favo- 
rables à la fécondité des femmes. 

... Tous ceux qui n'ont d'autre but que de passer leur vie 
dans les délices y viennent chercher l'accomplissement de 
leurs désirs. Beaucou[) donnent à leur voyage le prétexte 
d'infirmités corporelles, qui ne sont malados qu'en ima- 
gination. 

On voit d'innombrables beautés au corps superbe qui 
abordent à lîadc sans mari ni parents, n'ayant i|u'un la- 



quais, une ou deux servantes, ou simplement accompagnées 
de quelque vieille voisine plus facile à tromper qu'à ras- 
sasier. La plupart arrivent ornées de tout ce qu'elles pos- 
sèdent de drap d'or et d'argent et constellées de pierreries. 
Tu jurerais qu'elles sont venues plutôt pour célébrer des 
noces que pour prendre les eaux. 

(Pogge, Les bains de Bade au XV S., p. 21 à 28.) 

BAINS DE VITF.KBE. — V. 1450. — Que dire de ces 
bains de Viterbe qui étendent aux misères et aux maladies 
du corps humain le bénéfice de leurs merveilleuses et uni- 
verselles propriétés? Le pape Nii'olas V trouva cet établis- 
sement privé des abris les plus indispensables aux soins 
journaliers des malades, il releva les ruines et lit con- 
struire des habitations salubres de toute espèce. Ses soins 
et ses dépenses furent tels que non seulement les maisons 
présentèrent toutes les ressources qui manquaient précé- 
demment; mais les princes et les rois acquirent la certi- 
tude d'y rencontrer des édifices en tout point dignes 
d'eux et de leur rang. (Manetti, Vie de Nicolas V-) 

BAIN-MARIN. — C'est l'ancienne forme et sans 
iluulr l'explientiiin du terme bain-marie. 

1650. — On void par les figures le fourneau pour le 
réfrigératoire, le bain vaporeux, bain marin et bain sec. 
(A. hailcl, Physique résolutive, c. 2, p. H9.) 

BAIRAMI. — 1533. —Tous les ans (à Banghalla) on 
lève plus de 50 navires de draps de soye et coton qu'ifs 
appellent en leur langue Bairami, mamone, lizari, ciantari, 
doazar et sinabeffi, lesquels draps se distribuent par toute 
la Turquie, Svrie, Perse, Arabie heureuse et toute l'iude. 
(L. de Bartheme, L'Afrique de Temporal, t. IV, p. 170.) 

1567.— Sont ve.stues (les femmes turques allant aux 
bains) par dessus leurs robbes, d'une fine chemise de toile 
appelée par elles : Barami. (Nicolay, Pérégrin. orient., 
1. 2, p. 73.) 

IS7S. — Les marchands de Malabar y prennent (à 
Chaul) aussi des béatillas, comme ils disent, qui sont toiles 
très subtiles propres pour la coifl'ure des femmes. Et faut 
icv noter la différence des bairamé aux béatillas, car cellcs- 
cy sont bien toiles subtiles, mais non pas lissées. (Belle- 
forest, Cosmogr., part. 2, col. 1603.) 

1723. — fteranis. — Grosse toile toute de fil de coton 
qui vient des Indes orientales, particulièrement de Surate. 

Il y a des bérams blancs unis et d'autres rayez de cou- 
lem\ Les blancs sont de 9 aunes à la pièce sur sept huit 
de large, et les rayez sont d'onze aunes et demie de long 
sur trois quarts de large. (Savary.) 

BAIUL. — Vase portatif à anse. 

1260. Maserins font cil torneor. 
Justes, baiuls et escuèles. 

{Messire Gauvin, v. 1866.) 
1415. — Unam aqu.-e bajiilam pru ac|ua beneilicta, de 
argento. {Test. D. Le Scrup. Rymer, t. IX, p. 279.) 

BAJOÉ. — Depuis le XIV siècle on a dit : baehoue 

(voy. ce mot). Cette manne d'osier était (•(inimuiie 
aux lioulangei's et aux pâtissiers. 

1260. — Li talemelier. . pueent... porter leur pain en 
leurs corbeillons ou en leurs bajoeset porter leur estai ou 
burt'ez en tables, pourtant que li estans ne soient plus Ions 
que 5 pies. {Rég. d'Et. lioileau, tit. 1, p. 16.) 

BALAI. — Les verges ont servi, sous différentes 
formes, d'instrument de pénilence, non seulement 
dans les cloîtres, mais parmi les laïques. Les textes et 
les monuments se réunissent pour nous montrei' la 
discipline donnée avec un l)alai qui est resté le 
même en changeant d'emploi. 

Y 1200. Li évoques de Lundes tint el puing le balai. 
Regarda le cors saint et reguarda le ré. 

(Pénitence de Henri II, Vie de S. Tliom. lé mart. Ap- 
peiid., V. 1(16.) 

1340 —In capitulo natas pro sedibus, et natam ubi 
monachi ilisciplinantur, et les balois cum quibus monaclii 
ibidem verbcrantur, pro claustro, capiliil", iloniiitorio et ce- 
hirio nmndiiu\is. (lieg.llerlrand, de S.. Vartin des Champs. 
— Lebeuf, reim;)r., t. 11, p. 360.) 



108 



ii\i..\Nr,E 



BALANCE. — Tandis que la romaine, par l'ori^j'i- 
nalilé lie son galbe nu la délii-alesse de ses cise- 
lures, devient à certaines époques un véritable objet 
d'art, la balance à Iléau et à plateaux équivalents 
reste à peu près la niéuie dans tous les temps. 
Observée sur un sarcoplia^'e ehrélieu des premiers 
siècles, dans un tombeau de l'époque francpie ou 
dans les miniatures des manuscrits, elle a toujours 
le même aspect, et je ne saurais siffiialer parmi les 
exenqdes anciens de cet ustensile aucune marque 
apparente des perleclioiinements ipic le temps a di'l 
apporter à sa construction. 

1300. — Pro "2 niu^iils luilanclls de corio emplis ad 
lioïKleiaiiduni lapides pro ingcniis iii (ruena Scolla, ariiio 
prcsenli, 4 s. 6 d. (Cpte roij. irEilnunid I", p. 73.) 

1313. — y lie eliacun niarcliant d'es|iiocrie. . . ail bonnes 
balemces perciées entre le bras cl la langue, sans lîlre 
énarchiées. (fiec. îles oiiloiin. îles ruis, l. I, p. 512.) 

1369. — Une lialance de liosc, 50 écui-les de fii.st, 
50 lailloucrs de fnsl,... C lanternes, ii cliaiidiliers de liosc. 
{Acte, (le la vicomte île Rouen. — .Monleil.épil. 80, noleiT.) 

1420. — N" 123. It. Unes balances à baiin d'argent 
toutes plaines, dont les verges soiil de Ter. l'es, a loulcs 
les verges de fer et l'axez, 1 m. 3 o. 12 est. 

N° m. — It. Unes petites autres balances d'argent en 
un esluv de boys, pes. a toutes les verges de 1er i o. 
(Inv de'Charles VI.) 

I420. — îi° 285. Un liault encrier d'ibénus fait pour 
niellre unes balances Ifault). (Ibid.) 

1472. — Unes petites ballances avecqucs les pojs, en 
ung esluy plat long tout marqueté. (Inv. du roi Itene à 
.\ngers.) 

BALANDRAN. - Lonjr nuuilcau de pluie, sans 
nianclies, qu'un portait en voyage et dans les canqis. 
Ge surtout ou caban il'origine ancienne était parti- 
culi(!,'rement usité, SiOus ce nom iln iiidins, aux \\l' et 
xvii' siècles. 

1597. — Une peau ou peltcric de loup en façon d'ung 
balandran, longue une aulne et demy quartier. {Inv. de 
Philippe II, f 37 v».) 

1610. Et qu'il ait, sans espoir d'ùlre micuz à la court, 
A son long balandran changé son manteau court. 
(Régnier, 5«(. M, p. 248.) 

1635. — Espèce de manteau de forle étoffe à guise de 
gaban fandu ans costés, pour passer les bras et boutonné 
devant. — lialandran de campagne, de clievaucliée, balan- 
dran de camp, de guerre, balandran de galère, de volage 
par mer. (Monet.) 

1690. — Manteau de campagne qui est double depuis 
les épaules jusques sur le devant. On passe les bras entre 
les deux eslolli's par une ouverture qu'on y fait exprès. 

Dès l'an 1220, dans la règle de sanit Benoît, il est def- 
fendu aux religieux de porter des babils de laïques... qui 
sont appelés fca/cm//i(iiii c/ .supertoti. (t'urelière.) 

RALASTRI. — 1755. — Nom qu'on donne dans les 
écbelles du Levant a de lieaux draps d'or qu'on y porle de 
Venise où ils se fabriquent, (l'révosl, Manuel-le.rique.) 

BALBEC (TlSSf IiE — V. 1300. — Le khalife ôla deux 
habits de soie, l'un d'élofle d'Alexandrie, l'autre d'étoffe 
de Baalbek. {Les mille et une nuits, édit. Habicht, t. 111, 
p. 139.) 

I3S6. — Le gouverneur de Kocanlhinab (Conslantinc) 
m'envoya un ihrain (lichu que les Arabes d'Espagne et 
d'Afrique roulaient autour de leur léte) d'elolle de Baalhec. 
Ces éloiïes prennent le nom de la ville. (Voij. d'Ibn. 
Ihttoutah, t. 1, p. 18 et 180.) 

1395. — En l'année 798 le sultan (d'Egypte) se rendit 
à la prière qui lui fui adressée que l'armée se revêtirait de 
laine de couleur... Auparavant les soldats ne p(ulaient que 
la laine Manche et rien d'autre et les grands de l'Etal, 
nommément les gens de loi, portaient en été la baalbeki 
blanc (éloffe de colon) cl en hiver la laine blanche. (Ibn 
lyas, llist. d'Egijple, ms., p. 101.) 

BALEINE. — La pêche de ce cèlacé a fouiiii au 



uioveu âge d'autres ressources que celles dont dis- 
pose aujourd'hui le commerce. Pemlant plusieurs 
siècles sa chair a figuré sur la table des pauvres, et 
les riches admettaient sa laii.sjiu:' coimiu' uiu" luiurri- 
ture assez délicate. .Néannioins une dent de haleine, 
citée dans l'inventaire ilu duc de lieiry, l'ait supposer 
un peu de contusion dans les espèces, .le donne deux 
exenqdes rares de l'emploi de ses fanons en orfè- 
vrerie, et à l'article g.vnt on tnuivera ces mêmes 
fanons disposés en écailles comme le fer des gau- 
ti'lels ou gants à armer. 

1302 — Inventaire des cliuses appai tenant à clnipéle. 

— Une ymage d'yvoire à uii taheruacle de balène, prisié 
30 s. iinv. de llaoul de Clermont.) 

1351. — l'our faire et forgier la garnison d'argent 
d'une verge de hallaine dont Tes viroles sont esinaillées 
des artues du roy, di; madame la royne, de nions, le dau- 
phin cl de nos anli'cs seigni'ui's... pour Mittun s in fol 
(■In d.niphin). (Cpte roij. d'Et- de Laf(>ntaine,.\rch. K. ,reg. 
8, f" '.I V".) 

1416. — N° 1IG5. La dent d'une balaine. [Inv. du duc 
de 11,-rnj.) 

1573. - La chair n'est rien estimée, mais la langue, 
pour ce qu'elle est molle et délicieuse, la sallent : sembla- 
blemenl le lard, lequel ils distribuent en beaucoup de 
provinces, (|u'ou mange en caresine aux pois. Ils gardent 
la graisse pour brusier et frotter leurs bateaux, laquelle 
estant fondue ne se congèle jamais. 

Des lames ipii sortent de sa bouche on en fait des vcrlu- 
gades, busqués pour les femmes, manches de couteaux et 
plusieurs antres choses; et quant aux os, ceux du pays 
(Basque) en font des clostures aux jardins, et des ver- 
tèbres, des marches et selles à se seoir en leurs maisons. 
(A. l'are, Append. au liv. des monstres, édil. Jlalgaigne, 
t. III, p. 77!). I 

BALENIER. Ihnil li' nom prrsciilr avec celui 
de baleine des ra|iporls mal déliiiis, était aux XIV"-' et 
XV* siècles un petit navire léger, propre à la course, 
pour le service des découvertes dans une armée 
navale; on armait aussi le balenierpour la piraterie. 

1385. — Et avoient baleniers qui couroienl sur les 
lioiulcs des îles normandes. (Froissart, I. 2, c. 227.) 

1386. — El avoil très grand et 1res bel apparent de 
nav(-s, de boquebols, de barges, de ballcniers et de gal- 
lées. (/(/., 1. 3, c. 62.) 

1388. — Si menoient en leur année (les Anglais) vais- 
seaux que on appelle baleniers courseurs qui Ironlioient 
sur la mer et voloient devant pour trouver les adventures. 

... El avoient en leur armée vaisseaux qu'on dit ballc- 
niers, qu'escumenrs de mer par C(mlume ont volontiers, 
et qui appiochcul des terres plus près que les autres 
vaisseaux ne font. {Id., ch. 105 et 112.) 

BALESTE. — Timon de voiture ou de charrette. 

1309. — Pour le karcte rappareillier et mettre une ba- 
leste. {Arch. KK., reg. 304, f- 10.) 

1314. — Pour une alonge, nue balesle et une hougouvre 
mis and. kar. (Ihid., reg. .303, f» 101.) 

BALESTEAUX, I!.\.^tealx. — l'stensiles et ulijets 
de toute sorte servant au métier de bateleur, esca- 
moteur et faiseur de tours d'adresse. 

1381 . — Chevalier, joueur de hasteaux, le quel joua ile- 
\aril le roi de cousleaux et des faussilles. {Cples de l'hôtel. 

— D. d'Arcq, p. 185.) 

1398- - A un joueur de balesliaux, 27 s. Od. t. (Ilihl . 
Iliiliel.. euh. généalogique. ) 

1415. — Un esbalemcnl et jeu de balesliaux. {I.elt. de 
reiiiixs., du Cangc'.) 

BALET. — Une sorte de diminutif de la liailir. Il 
est plis comme elle dans le sens d'auvent, de galerie 
ou de balcon. C'est à peu près ce qu'on entend en 
France par une véranda et en Italie par une loggia. 



BALLOT 



iOO 



1289. — Inhibenms, ne ipsi per se, vel alium, seu 
alios, inecclesiis seu eanim cimetcriis, sive conliguis ipsis 
ecclesiis, sive lemotis ab eisdem, puLlica placita maxime 
laicalia, seu bauna et proclamatioiies ac adjornamenta 
fori laicalis inibi facianl; panes, carnes, volucres, pisces, 
et res quascumque veiidibiles in ecclesiis, cimetcriis et 
haletis carumdem venditioni non exponant. (Stnl. Eccles. 
Ntmnet, ap. Martene, Aiiecd., t. IV, p. 987.) 

1436. — Le suppliant trouva icelle femme toute nue en 
sa cliemise sur les valez ou galeries de son bôtel, à la lune 
au serin. (Lett. de rémiss., du Cange, v Baletuin.) 

1459. — Lequel sac portèrent tous deux ensemble sur le 
ballet de la maison qui est sur la rue. (/</., ibid.) 

1470. — It. Joignant celuy petit corps de maison (de 
la Ménistré)... aura un ballet ou gallerie qui ne passera 
point oultre les coings ou arretz desd. murs. (Ciites du roi 
René.— Lecoy de la iMarclie. art. "298.) 

1502. — Toutes les dames, damoiselleset bellesfiUes de 
Gênes sortirent en place, et l,i aux fenestres, aux galeries 
et aux balès de leurs maisons, et partout où à l'aise se pou- 
voient mettre le long de la grande rue à deux rangs s'em- 
placèrent. (J. d'Auton, t. Il, part, i, ch. 19.) 

1541 . — Art. 52. It. Que nul ne tienne haultvent oubal- 
letz sur les bouticques, ouvrouers ou autrement en lad. 
ville et faulxbourgs, sinon qu'ils soient mobiles et levez 
ou abatuz par cbacun soir dès l'heure de sept heures, et 
de largeur de 2 pieds et demy seulement. {Arch. de S. Hi- 
laire. Réglem de police de Poitiers, t. H, p. 211.) 

BALLE. — Les balles à jouer étaient de deux sortes, 
comme le prouve le texte suivant : 

1540. — It. Quia multse querelae vicinorum ad aures 
nostrasdevenerunt,de insolentiis, exclamationibus et ludis 
palmariis dictorum scolarium qui ludunt scophis seu pilis 
durissimis ... ordinamus quod nuUi... de cœtero ludant 
nisi pilis seu scophis mollibus. (Lobineau, Hist. de 
Paris, l. III, p. 419.) 

BALLON. — La figure ci-jointe donnée par Paradin 
montre que les ballons soufflés du XVI= siècle étaient 
faits d'une peau assez souple pour que ciiacune des 
pièces cousues qui les composaient put prendre par 
le gouflciuent la forme du tiers de la spiière. 




15Ô7, 



Cl. l'aradin. Devises hérouiues. 



1557. — B.\TTU JE REBONDIS. A [qui donnerai-je ce 
ballon pour devise'.' (Cl. Paradin, Devises héroïques, 
p. 3U6, édit. de ICU.) 

1557. — Prendras premièrement une siringue, telle 
qu'on use pour enfler les grosses balles à jouer. (Secrets 
d'Alexis, part. I, 1. I, p. C v«.) 

BALLON DE FER. — 1755. — Balon est une mesure 
pour le fer qui contient 16 tables de fer. Chaque table est 
d'un pied et demi, large de trois quarts de pied et épaisse 
d'un grain d'orge. (Prévost, Manuel-lexique.) 

BALLOT. — A propos d'une citation i|ui a pou 
d'importance, je crois devoir signaler l'origine pro- 
bable des sigles particuliers adoptés pour les luar- 
chandises et dont les libraires ont fait un si fréquent 
usage de I i70 à 1520. 

Ces marques, comme beaucoup de celles que pri- 
rent les graveurs, sont surmontées ou accostées de 
croix. En consultant les plus anciens types du genre, 
on est conduit à en clicrciier la raison dans la né- 
cessité pour les marcliands des pays latins, de dis- 



tinguer leurs achats dans les entrepôts de l'Orient et 
dans les échelles du Levant. Au xiV siècle comme de- 
puis, ces marques se posaient au pinceau et à l'encre. 




Fin du XV' .s. — Marque de Wolf, imprimeur à Paris. 




Id. — .Marque de Jehan Lambert, imprimeur à Paris. 



1398. — Pincellus setarum porc! sit oblusus, id est 
habeat setas curtas ut sint rigide seu dure viz., ut sunt 
pincelli ad signandum balas mercium super earum cane- 
vatiis cum incausto. (Alcherius, De Coloribus, ms. de J. 
Lebégue, édit. angl.,c.292, t. I,p. 2C9.) 




XV» s. — Vitrait de la cathédrale de Tournai. 

BALLOT D.vciER. — Pièce du poids do 77 livres 
(le calcul donne 38 k. 400 gr.). 

1601 . — Il y a et se vend 3 sortes d'acier en France, 
celuy de Piedmont qui est le plus cher vault 3 livres le 
ballot t'a bdle revenant à 5 s.|, celuy de Carmes 20 1. 
le cent, revenant la bille (de OsSiO»') à 2 s. B den., et 
celuy de Hongrie 15 I.,qui est environ la bille 2 s. {Dé- 
lib. du cons. du comm. —Docum. inéd. Mélanges sér. 1, 
t. IV, p. 60.) 



110 



i;\i.i.(»r.\iiT 



BALLOUART. — Clôturp de piorro, parapet. 

i486. — ôô s. t. à cause de );i vante de la rliar^jc do 
pierre de ma jjabarre delililies que je ay baillié aud. De- 
iafoiis pour fermer le liallouart du pont près le ponl-levis 
et la porte du pont. (Kicliemund, Docum. iiied. s. la 
t'.harente-l»fér.\ 

BALSAMAIRE. — Les balsamaires aiiliqties i\ 
pause ejliiitlriiiiie très aUoiij;éc sont îles objets fort 
connus. I,cs sépultures île l'Kgy|)te, de la (jrèce et 
(le l'Italie ont mis à découvert un nombre incalcu- 
lable de ces souvenirs pieux et cbarniants qui nous 
donnent une liante idée de l'art de la verrerie d'émail. 
.Mais il est plus difliiile de suivre les traces d'une in- 
dustrie restée llorissante au moyen âge sur les côtes 
(le la Syrie et dans les l'abri(|ues de Damas. Il serait 
intéressant, à côté des lampes de mosipiée, des bou- 
teilles à long col et de quelques verres à boire rap- 
portés à l'époque des croisades, de placer un des pe- 
tits vases, inconnus je crois, dont il est ici ijuestion. 

1330. — l'ropc Tliars;im, versus desertuui Syrie, est 
liorlus balsami. Eliam tune lemporis sndanus Babilonie 
assidue spceialilcr est prcseus in orto el ililigeiiter custo- 
dil...Si dum de kingcm|uis partiljus aliquoruin reguin 
vel priucipuni nuncii vel legali veniunl, ipsis unicuique 
dat parvum vitriulum, ad lioc specialiler facluin cum bal- 
samo exstillato... et ille balsamum est magni valoris, 
licct ita ni coctus et est quasi rubei coloris nigredine 
mixlum, sed balsamus crndus est nivei coloris qui natura- 
liter exstillal. (Ludolphus reclor, De Terra stincta, f" 16.) 



BALDSTRE. 



Balustrade. 



1633. — Tout du long dud. banc à prandre i pieds de 
large, à la charge que led. sieur fera faire à ses frais cl 
despans un L.dusire de la inesinr liauUeur dud. banc, pour 
séparer le ^:rand autel d'avec li'd. cœur, et pour servir à la 
communion. {Arcli. de l'église S. llilaire, t. Il, p. diS.) 

1676. — Balustre signifie aussi la balustrade qui en- 
vironne le lit des rois et des princes. (Fclibien, Oicl. 
d'arcliit.) 

BAM (1^;tokKES de. — l '53. — Bam, à une journée 
d'Ilormuz (l'erse), est grande, commerçante et riche ;... on y 
fabrique quantité de belles clolTes de coton, ce qui forme un 
objet considérable d'exportation ; des manteaux de poil de 
cbcvrc qui égalent en linesse ce qu'il est possible de voir 
de plus beau |il en est dont le prix monte à 50 dinars]. 
Enfin on y fait aussi des tissus d'une grande linesse pour 
turbans. Toutes ces étoffes sont d'un travail admirable et 
dune solidité telle qu'elles ne s'usent ni ne se détruisent 
qu'au bould'un très long laps de temps. Les rois s'enor- 
gueillissent de les porter, les considèrent comme très pré- 
cieuses et les font coiiserver avec soin dans leur trésor. 
((Jéogritpltie d'Edrisi, 1. 1, p. 423.) 

BAMBERGUE. — Les miniatures du ix" siècle re- 
présentent le soldat franc cbaussé de bauts colbur- 
iies ou de bas-de-cliausscs souvent lacés jusqu'à la 
bauteur du genou. Sont-ce bien là les bandjcrges ou 
jambières de cuir et peut-être aussi de fer dont par- 
lent la loi lies r>i|>naircs et le testament de .*>. Eve- 
rard, duc de l'rioul".' Je ne saurais l'aflirnier. 

842. — Brnniam unam, lielmum I et manicam I, ad 
ipsuin opus bembcrgas 2... Kruniain nnani cum halsberga 
et manicam unam, beinbergas 2. (Teslam. S. Everardi, ap. 
du Cangi'. v" Ilaimherga.) 

BAMODGUET. — Le musc le plus estimé. 

851. — Au delà des royaumes de (^asclibin et de Uit- 
rcnge il y en a plusieurs dont le nombre est inconnu, entre 
autres celuy de Mougel. . . on y trouve beaucoup de musc 
qui passe pour le plus exquis, (.liic. relation des Indes et 
de la Chine, p. 21.) 

1 447 . — Présents du Soudan de Babijlone à Charles VU, 
- lue jatte de fin gingembre vert, une jatte de noyaux 
d'amande, une jatte de poivre vert, des amandes et .50 
livres de nostre lin bamouguet. (Maltli. deCoucy, ch. 21.) 



BANC. - La foriiie piiiiiilive de ce ineulile parait 
avoir été celle d'un coll're |dus liant que nos sièges 
modernes et pouvant servir aussi de table. Dans un 
excellent article du Dictionnaire du mohilier (t. I, 
p. 3-2), VioUet-le-lluc invoque, pour le prouver, le 
témoignage de Grégoire de Tours. 

Le banc composé d'une seule planclic élevée sur 
des nmntants comme l'escabeau n'est guère en 
usage avant le XV siècle. Dès le xr on y adapti^ des 
pieds saillants servant d'accoudoirs, et peu après il 
se coiil'oiiil avec la stalle par l'adjiuiclion d'un ilos- 
sier, iiiieliiiiçriifs iiiéiin^ il'iin dais. 




V. 1170. —' UMioih. liichel. ms.. fds de Sorbonne 267. 



Dans les grandes salles des cbàteaux et des mai- 
sons bourgeoises on le couvrait de coussins ou de 
tentures mobiles ap])clées banquiers; mais au xv'° 
siècle la sculpture et le découpage du bois restaient 
presque toujours ajipareiits. 

591. — Et eral ante cos srammimi pane desuper plé- 
num cum diversis fcrculis. (Grégoire de Tours, llixt. des 
Francs, I. .').) 

1394. — 2 grans bans pour [iloier verges de arbalestres 
cl iing autre banc pour drechier lesd. verges, (/ne. des 
garnisons du chastel de Lille.) 

1395. — Quoddam magnum scannum fagi cum scabello 
longiludinis 20 pedum. {Inv. de l'éeéque de Laiigres.) 

1450. — II advise que la dame demeure soulette (à 
l'église) en son banc, qui dit ses heures, (ie.v quin<e joies 
de mariage, p. 66.) 

1471. — F° 9. Ung grant banc fait de nienuserie, à 
leclres, a marchepied. 

F° 10 v°. Ung grant banc à grant niarchepié, de pare- 
ment ; une grande table de la longueur dud. banc. 

F" 14. Ung banc à 5 sièges. {Inv. du mi Itené à An- 
gers.) 

1496. — Unggrant bancq appoielc, le passet cl un grant 
marihepiet eslanl devant le bancq. {Inv. de l'archiduc 
d'Autriche à Douai.) 

1514. — N° 450. Tout alentour garnye lad. salle de 
bancs neufz à doussier avec ung petit buflcil tenant .iiiscl. 
bancs. (Inv. de Charlotte d'Albret.) 

1517. — En icelle (librairie) a 48 bantz et en chacun 
banc 4 poulpilres fournys de livres de toultes sciences. 
(Voij. delà reine de Sicile à Clairraux. — ^4)!». archéo- 
log., t. III, p. 229.) 

1521. — En la tourelle de l'orloge ung bancq à tour- 
ner viretons. {Inv. de l'holel de la Walle à Cand.) 

1522, — Ung bancq d'Allemarcbe à appoyelle. Ung 
banc appuoir à passet. Ung grant banc lisoii à marchcpiet, 
d'Allemarcbe. Ung grant long banc de bore. lue table de 
blanc bois. Ung grant tison d'Allemarcbe. {Inv. de 
Charles-Quint à Lille.) 

1530. — Et alors qu'elle entra (à l'église) Panurge luy 



BANllAGE 



111 



donna tie l'eau béniste, bien courtoisement la saluant et 
i)iii.'lcqiie peu de temps après qu'elle eust dict ses menus 
suffrages, il se va joindre à elle en son banc. (PaiiUigniel, 
l.-l, ch. ti.) 

1550. Or donc plaisant banc de noyer, 

Banc qui fais les genoux ployer 

Et asseoir le corps haultement. 

Banc tourné si très proprement, 

Banc à dossier pour le repos 

Qui soustieus les raius et le dos, 

Banc plusluysant que blanc albastrc. 

Banc assis vis à vis de l'astre, 

Banc faict à petits niarmouzets, 

Banc du plus beau buis des foreslz, 

Qui donnes ung labeur nuysant 

Pour le faire bienreluysant; 

Tu es froté eu si grand peine, 

Que les gens en sont hors d'alaine. 

banc qui répares la salle. 

Qui n'es jamais crotté ni salle. 

Je désire qu'en froid hyver 

Près du feu te puisse trouver. 
(Gille Corrozet, Blason de la maison,) 
1597. — It, Ung banc à coucher, garny de matelas et 
traversins. {Iiw. de la Ft'« rfe Nicolatj.) 

1602. — It. Ung banc dousier, de bois de cliesne dans 
le quela2 coffres. (Inv. de René ClergauU.) 

1618. — 2 bancqz de campaigne avecq les barres de fer, 
2 liv. {Inv. du prince d'Orange, f° 78.) 

B.\.\C FORME. — Banc à dossier plein, surmoiilé 
il'un dais. Voy. forme. 

1471. — F" 6. Uug grant charlit de boys, corde... 
2 bans formes estant autour dud. charlit. 

F° 7. Ung bien petit banc forme. 

F° 10 v°. — Ung petit banc forme de i piez de long. 

F° 18. 6 bans formes qui sont autour de la chambre 
du paveillon. --Un hault banc forme qui sert quand on 
tientla leste de l'ordre du Croissant. (Inv. du roi René à 
Angers.) 

BA.XC A PERCHE. — Dont le dossier à jour se com- 
pose d'uiio ou plusieurs barres fixes reliées entre 
elles par des montants ou lialustres de manière à 
former frise. 




V. 1 KiO. — Les sires de Garres, f K^ V. 



1418. — 21 banc entre lesquels en y a 4 à dossiers 
et 2 vielz sans perche. — It. En la grant sale i bans à dos- 
sier et ung banc à perche, — H. Ung grant banc à perche 
et à marche. — 2 grans bancs à perche, — Kl à marche, 
et contiennent les bans dessus nommés 2 toises et demye 
chacun ou environ. [Inv. du duc de Bruhant.) 

1420. — Uug banc sans perche de 5 piez de long ou 
environ... un banc à perche et à marche de 6 piez envi- 
ron, ou retrait de lad. chambre. — 4 vielz bancs dont il y 
eu a :i à dossier et l'autre sans perche. — Un banc à perche 
àipercliettes.de !) piez ou environ. (Inv. du cluîl. de Vin- 
cennes, p. ir>7 et 160.) 

1428. — Eu la salle de la pointe dud. palais fut trouvé 
uug banc à perche et à marche de 12 piez de long on ru- 
vinin, entaillé devant i 4 personuaigcs, avecques une table 
et les tresteaulx entaillez comme led. banc. — It. Ung 
autre banc à perche entaillé devant à 3 bestos, de 10 piez 
ili: long Ou euviion. (Inv. de la Conciergerie.) 

1494. — A Malhurin Pruui'lle, menuisier dud. Sgr (le 
roij, pour ung banc de boys de 6 pieds d<: long et i piez et 
deiny de large, tout enchassillé devant et derrière et tendu 



à sangles par dessus. Et pour une perche faicie à petitz' 
barreanix carrez servant and. banc, pour l'aniesnagement 
il'rrellny chasteau, 7 liv. [Cpte des ornements du chat. 
d'Amhdise, f» 52 v°.) 

1514. — Ung banc de chesne à perche taillé à jour, de 
G piedz de long, une table de lad. longueur emboîtée par 
les 2 bouts, garnye de 2 tréteaulx, prisez ens. 28 s. p. 
ihiv. de Guy Arhalesle, f*> 4- v°.) 

1524. — En la salle basse dud. hostel, ung banc de 
boys de chesne à perche sans marche et un guychet au 
bout fermant à clef, de 6 piedz de long, 32 s. t. (Inv. du. 
trésorier Pot.) 

1554. — Ung banc à perche et sans marche de 6 piedz 
de long ou environ, taillé à petites coulombez tournées. 
{Inv. d'Emard de Sicolay,{o 42 v".) 

1588. —En la grande salle... fut trouvé un banc à 
perche et sans marche de 7 pieds de long ou environ, 
taillé par devant à coquilles, les pilliers tournez. (Inv. du 
Président iVico/ai/, Monteil, XV' s. hist. 9, note l'Jl.) 

BANC A RÈGLE — Banc double, surmonté dans 
son grand a.ve de deux piliers avec leuillures inté- 
rieures en éventail dans lesquelles jouait un cadre 
à trois côtés. Ce dossier, formé d'une barre mobile, 
prenait en oscillant sur les pivots de ses jambages 
l'inclinaison voulue pour qu'on s'appuyât indifférem- 
ment sur l'un ou l'autre des côtés du banc. On pou- 
vait ainsi faire un double emploi de ce meuble sans 
le changer de place. Cette disposition ingénieuse, 
particulièrement en usage aux xV et xvi" siècles, 
présente quelque analogie avec celle des bancs dou- 
bles de nos promenades publiques. 




V. 1460. —Biblioth.RicheL, mi. fr. 873, f" 217. 



1 47 1 . — Ung grant banc à reille, lequel a 2 marchepiez 
en manière de 2 degrés. It. Ung autre petit banc à 
reille. It. Ung autre vieil banc moyen sans reille. Ung 
grant banc à reille et à marchepiez double... Ung petit 
banc à reille qui ne torne point, iinv. du roi René à Anqers, 
{•>' 7 et 14.) 

1602. — Ung banc dousier en boy de noyer. — Ung banc 
sans reigle, — ung banc avec sa reigle. {Inv. de Renée 
Clergault, p. 2'J6.) 

BANC TOURIN. — Voy. tourin. 

BANC DE CANON. — Bois d'enfuslemenl pour encas- 
trer ou supporter les pièces d'artillerie. 

1382. — A Gillion Desghodaus, poiM- loyer de fer et es- 
tolfer bien et soulisamnient I bans de canons, y compris 
5 grandes quevilles de fer y servant. (Cptes comm. de 
Lille. — llenrard, Hist. de l'arlill. en Belgique, p. 175.) 

BANCART. — T,"ensemhle des pièces dont se 
compose le lit d'une charrette ou la caisse d'un 
tombereau. 

1381 . — Un chariot de fust garni de b.mcirt, de roues 
ctd'aiities choses. (D. d'Arcq, Gples de l'Iidtel, p. 181.) 

1398. — L'exposant nienoit <à Nostre Dame des Champs 
un bancart chargié de pierres. (/Ircft. JJ. 153, pièce 218.) 

1516. — Cest arbre est très bon à faire lymons de cha- 
riots il rhareteset banciiuars. (P. de Crescens, T. 64.) 

BANDAGE. — Instrument de tension (voy. GL'IN- 
UAS et ARBALÈTE). Appliqué aux armes à feu, c'est 



HANDAGE 



une clef il carrés servant à niniilcr le rond et 
dévisser les pièces. 

1599. — l'ii |iiilvi'in do corne avec les houppes de soyc 
iiiiMi' ri un baiul;ij;e à i Irons, qui est double... La pis- 
liillr {|ui' ji' porte, pour ce qu'elle est l)Ounc, avec son 
fcuirreau, larlouche et vendage. {Testam. lie J. de C.hnr- 
miilne, p. l!t;t-4.) 

BANDEAU. — I,a suppression du Imndcaii des 
conlirinés date de la lin dn xvi" siècle. I,e concile 
d'.Vix, en ir)S5, dit (|ne le front dn récipiendaire sera 
essuyé par le prèlre avec de l'élnupe ipii ensuite 
sera hrnlée. Celte coutume s'est maintenue depuis. 

1771 . - Banile (|ue l'on met sur le front à ceux qui 
reçoivent la (•onfiriuation. . . il doit être de lin;;e. Autre- 
fols, on devait le porter pendant sept joins. Dans la suite 
on se contenta de le porter trois; eiilin. le ((incilc de 
Chartres, en 1526, ordonna qu'on le ^-arderait nu moins 
pendant vinjft-quatrc hemes, au bout desquelles, apiès 
avoir (Mé le bandeau, on laveroit avec de l'eau et du sel le 
front de la personne <|ui aurait été confninéc et on brûle- 
rait le bandeau. [Uicl. ih Tiévour.) 

BANDIER. — Largo ceinture de femme. 

I<»80. On dit i|uc plus vous ne daignez 
Porter tissus ne gris ne vers; 
Mais seulement vous vous saignez 
De handiers de velours couvers... 
(C.oquillart, Droits iwuv., t. I, 69, liibl. Ehév.) 

BANDIÈRE. — nanuière, pavillon. 

V. 1520. — Si led. Sgr veult ()ue Icsd. nefs mettent 
les bateaulx en mer, niectra i bandiéres à pouppe et 
tirera un coup d'artillerie. (Ant. de Conllans, ies faits de 
la marine et navif/aiije.) 

XVll" s. — Une bandière de barateau où est peinte 
Ste Barbe, pour faire tirer toutes les galères. (,Vém. ins. s. 
les oijres il'utie ijalére, ri'.. Jal, Gloss. naut., p. 23."i.) 

BANDOULIÈRE. — Daudrier passé sur l'épaule 
gauche du mousquetaire, auquel sont suspernlues 
les charges, ce qui le dispensait de l'usage du four- 
niment ou poudrière des arquehusiers. 




Kin du XVI* s. —Bandoulière allemande. Coll. W. Riggs. 
15 3' — 100 bandoulières de loup marin à 3 1. 5 s. 



l'une. (Fournit, pur liourgeoijs de Moulins. — Arch den 
Si'c. sav.) 

V. 1600. — Connue il iliargera le mousquet de-; charges 
de sa baiidolière, laissant pour encor Iraincr la l'ourchette 
et leuantle mousquet eslevé île terre, s'il n'est tropfoible, 
(Itriefx enseignements touchant le maniement du mousnuel, 
Pl. il.) 




1619. — Bandoulière. D'après J. de Clicyn. 
Maniement d'armes, part. 2, pl 1 



1678. — La bandoulièi'C est un petit magasin portatif 
qui contient toutes les munitions dont un soldat peut 
avoM' besoin. 

La largeur ordinaire de son cuir est de 4 pouces et la 
longueur de 2 pieds, il n'y a pas de iKindoulière qui ne 
soit garnie d'une douzaine de petitz coflins ipie nous ap- 
pelons comnuniéinent charges, et d'une bniu-se fie peau do 
mouton. Les coffres servent à mettre la jioudie et la 
bourse à garder les baies. (Gaya, Traité (/es armes, p. 24. 

BANDOULIERS. — Voleurs armés qui infestaient 
les canipa!,nies et dont les bandes vagabondes occu- 
pèrent dans l'origine la région pyrénéenne. 

1605. — Tous ces quartiers furent grandement ravagé 
par les courses continuelles d'un grand nombie de ban- 
douliers et gens de fortune qui lenoyent incessamment a 
rampaigne. (Disc. s. l'antique fondation de Limoges, ap. 
Leymarie, Le Limousin histor. , t. 11, p. 2i.) 

BANETTE. — I,ucarne, œil-de-bœuf. 

\V .\. — Orbilas. — Bannele. (Catlwl. ms, Bihl. Ilictiel. 
tttt. 17881, cm.) 

1451 . — Ung piet et dcmy de voire pour une banettc. 
(La Fons, Gloss. ms. Bibl. d'Amiens.) 

BANNEL. — Espèce de tombereau dont les parois 
sont clissées. Voy. henkl. 

V. 1440. — Et furent (en I W8 les envoyés du papo 
Benoît Xlll)ramené3 au Louvre sur led. bannel. (Monstre- 
lel, 1. 1, ch. Ifi.) 

BANNERETTE. — (iironetlc taillée eu forme de 
bannière. 

1446. — A Jehan de Potter, painlrc, pour. . . avoir doré 
et peint 16 bennerettes (al : bannerettes) tant par dessus 
les faulx rains dud. nouvel bell'roy comme ailleurs en des- 
soubs, ctc...>58 I. 12 s. (Hondoy, La Italie éclievinale de 
Lille. Optes de la ville, p. 55.) 

1469. — Henricot Crosinet, pictori... pour 32 banne- 
rettes estoffées chascune de 2 ymages de N.D., lesquelles 



BA.NNIÈRE 



113 



on métaux torses de l'église, le jour du sacre, 10(5 s. 8d, 
(Hiiudoy, Cptes de Cambrai, 198.) 

1479. — P'jur le fnchon et estoffe (plomb) de la grande 
heuze du cloquier, qui poise 711. à 6 s. la 1. et pour 
12 bannerettes pour servir aux fcneslres dud. cloquier, à 
Il s. la pieclie. {Cples de la fabr. de S. Amé de. Douai.) 

1596. — A Gilles, plominier caudrelier, pour une ban- 
lU'rctte à mettre à l'uu îles piguiuis, de cuivre, par mar- 
ché : 5 1. (lloudoy, La Italie éclievinale, p. 09.) 

BANNEROLE. — Ecliarpe, volet plus ou moins 
long attaché autour dos casques de tournois ou flot- 
tant sur leurs tynilu'es. C'est aussi une des pièces 
servant à pavoiser les navires. 

1446. Le Seigneur de Ternaiit entra dans la lice... il 
ne portoit point de banncroUc de dévotion, laquelle chose 
je ne prise point. (Ulém. d'Olir. de la Marche, p. 410.) 

1491. — Pour 5 aulnes et demye, satio jaune pour 
l'aire i gransbannerolles, façon de serviettes, longues chas- 
cune de 5 aulnes et demye lez dud. satin de large, pour 
servir aud. Sgr (le roi) à lyer à l'entour de sa teste quand 
il court ses chevaulx à la genecte, au feur de 105 s. t. 
l'aulne. (9° Cpte roij. de P. Dricoimet, C 79 v'.) 

1494. — Payement de certains estendarts, bannières 
banncrolles et autre parement d'une nef ordonnée pour 
le port de la personne de Mgr d'Orléans... en l'armée 
envoyée au recouvrement du royaume de jSapples. {Lett. 
pat. du roij. Arch. K. 333.) 

BANNETTE. — 1609. — C'est un linge blanc que les 
mères ou nourrices attachent à leurs petits enfans, sur 
leurs accouslremens, et qui est d'environ un pied de long et 
demi de large depuis le menton jusques au nombril. (Nicot, 
2«édit.) 

BANNIERE. — La bannière armoriée en signe 
do droit féodal et porléo devant les seuls princes, 
seigneurs suzerains et cliovaliers bannerets, avait 
une forme quadrangulaire, (|ueU[uefois terminée par 
doux lanibels comme l'orillammo de saint Denis. 
Ces queues en nombre variable se rencontrent sur 
les monuments, du xi'^^ au MlP-' siècle. .\ cette dernière 




tim. — Daiiniére du comte de Poitiers. 
Arch. J. 317, n° 6-2. 

épo(|ue, le carré de l'enseigne s'allonge pour s'alta- 
clierà la hampe par le plus grand côté, puis revient 
au XV» siècle à la forme presque équilatérale. C'est 
celle des trompettes et de la bannière à émoucher 
qui présente le type prijnitif de l'évenlail. 

GLOSSAUIE. 



V. 1303. 



Bielles sont les banièrez, ne say qui les porta; 
On lez porte devant, ceseun après ala. 

{Hugues Capet, v" 3i67.) 




V. 1070. — Tapisserie de ISaijeu.r 

1352. — It. Se aucun desd. chevaliers se trouvoient en 
aucuns faits d'armes etleur sembloit (|ueà honneur peussent 
bannière lever, la bannière qu'ils lèveront doit estre d'ar- 
gent ou toute blance à un grant ray ardent ou millieu du 
Saint Esperit. (Stat. de l'ordre du S. Esprit, pi. 9.) 




I3ô'2. — Statuts de l'ordre du Saint-Esprtl. PI. 



1380. — 2 bannières de France pour esmouclier le roy 
quand il est à table, semées de Heurs de lys bordées de 
perles. (Inv. de Charles V, n° 1813.) 

Une grant pièce de drap de soye jaune ouvré d'un 
grant compas rontou mylieu, et est environné de plusieurs 
lettres de sarrazins, et a lambeaux en façon de bannières. 
(Id., n'SSSS.) 

1385. — Pour 12 bannières de cendal liercelin, c'est 
assavoir : 8 pour le roy et i pour mous, de Valois, faites à 
Heurs de lis de fin or, batue à huile et frangée de soie. 
Pour or, soie et façon, pour chacune 8 fr. {Cptes de l'écurie 
du roi, f° 62 v".) 

1386. — A Col.irl de Laon, paintre, pour 12 grans ban- 
nières de cendal liercelin, armoiez de France, de fin or, 
dont il en y a 9 où les fleurs de liz sont dorées de fin or 
brunies sur cendal et rapportées sur led. cendal liercelin 
et diapprées de fin or dessus Icsd. fleurs de liz environ, et 
sur le champ diapprées de fin or et frangées tout cntour. 
Pour chacune des grandes bannières 121. t. et pour cha- 
cune autre 10 I. t. 

Pour t) grans pennons desd. armes faiz à la manière 
dessnsdite, 60 1. t (Ibid., I" 87.) 

1399. — Vint présent Carnicr, de Kurnes, paintre de- 
meurant àCompiengno. .. recongnut avoir eu et receu de 
noble et puissant prince Mgr. le duc d'Orléans. . la sonune 
de 16 s. p., pour avoir paint une grande bannière d'arain 
pour mettre sur le beflroy de Creopy en Valoiz. (Beau- 
villéc, Doc. inéd. s. la Picardie, t. I." pièce 68.) 

8 



ll4 



BANMlilU': 



1401 . — Pour une baiiuicicàesuiouclicr, doriic fr.inj;éi', 
cl oidonuéc bien ol |)ii>|>ieuiciit ainsi qu'il apparlieiil, 
pour iiiad. de Ouiuuue, l 1. p. (i)' Cpte roij. d'iléinonlia- 
ijuier, V 58.) 

1406. — 11. La touvcrlure (de la tour) sera de lionnes 
el clercs ardoises, cl aura dessus i bons cl (tros poniuiaulx 
de plonc bien ouvrez cl dessus les bannières à armes 
bien cléres, si que oji les verra de loul le pays environ cl 
ainssi verra on lonl le p.iys environ. {Det is îles trav. du 
ihâl. de Beaufvrt en Vullé'e. .\rclt. K. re(j.. Il 11 n" 38.) 

Pro pinniandi) 2 poincllos qui sunt in suuimilate dieti 
(urris cxlra eocqjerUirain Jniiii. Le painlrc. Ail prcliujn 
facluni 'M lib. et pro i b.iiineriis de cupro posilis Mipra 
diclos poniellos, sub annis domini 30 s. el pro i barris 
fcrri (jui suslineiil 2 banncrias et i cruccs 28 s. [ibid-, Heg. 
des dépenses, (" 71.) 

1408. — A Denisol de liauj^is, eliasubliei, pour une 
li.iiiniérc courte de drap d'or sur champ vermeil frangée 
loul aulour des l couleurs du roy, c'csl assavoir : blanc, 
vermeil, noir el verl, rubannée et clouée de doux de la- 
ton dorci de Un or... pour servir à esvenler led. Sjjr 
(le roi)(iuanl il siet i table. (2U» Cpte loij. de Chuiiet: 
Poupurl, f 110 V.; 




1470 — Mmiulure de J. Foui/uet. 



1480. — Je, .illaiu Lannavan, painctre, demeurant à 
'faillebourg, congnois el confesse avoir eu et reccude Jehan 
Taillandier, receveur de Taillebourg... la somme de 30 s. t. 
à cause et pour raison de la l'aczon des écnssons et ba- 
iiières paings pour lever la l'oyre et marché de la ville 
de Taillebourg. (Heu. des Soc. sac, série 5, t. Vlll,p.6l.) 

1496. — It. Que nul ne besongnera en taffetas tainl en 
graine ou cramoisy blanc ou rouge pour la ville et cité de 
Lyon que ce qui sera d'or soit d'or lin et huyle assis tant 
eior que argent, clic résidu soit fait de fines conlleurs à 
gomme car il est très certain. — Et qui fera bannières 
pour villaiges sur tairetas, la pourra faire d'or party (ar- 
gent doré) et à huyle, pourvu toutes voyes que les mar- 
chans faisans faire leil. ouvraige le vueillent ainsi estrc 
fait, et semblablcmcnt d'estcndarset bannières de guerres 
soit fait de lin or ou d'argent à huyle. (Stat. des peintres, 
tailleurs d'images, verriers de Lyon. — Ordonn. des rois, 
t. XX, p. 56-2.) 

1508. — Arl. 1. II. Nulz peintres ne devront faire ne 
livrer nulles bannières d'église en couleurs faicte en 
destrempe, pour et à cause que lad. bannière cl ouvrage 
seroit frauduleuse et de petite durée, et n'estoit en d'au- 
cuns petits enrichissements comme petites fleurs de lys 
qui se fonl autour des bordures desd. bannières. tSlat. 
des peintres, tailleurs d'images, plombiers, etc., d'Abbe- 
ville. — A. Thierry, .Mon. du tiers état, t. IV, p. 313. j 

1530. — Pour G aulnes nu quart de lalTetas violel 
azuré de tiennes renforcé pour faire les bannières de 
6 trompettes qui ont servi à faire led cri et publication de 
paix, 10 1. 18 s. 9 d. t. qui est au prix de 35 s. l'aulne. 
— Aud. bailly pour -21 aulnes de franges d'or et de soie 
pour servir anxd. bannières, 110 s. 3 d. — A Jean Sourd, 
couturier, pour avoir taillé lesd. bannières el yavoircousu 
lesd. franges et a\oir livré i aulnes de rubans de soie 
pour attacher lesd. bannières auxd. trompettes, 31 s. t. — 
A Léon liachel, peintre, pour avoir peint el doré lesd 
bannières et à chacune d'icelles apposé 3 fleurs de li; 
d'or d'un côlé et de l'autre côté une salamandre semée d( 
feux, \i, I. {..(Cptes delapréoolé. — Sauvai, t. III, p. 611. 

1549. — Pour 2 grandes bannières et une plus petite, 
de bonne cslofl"o de cuyvrc, lesquelles sont percnées au 
jour, des armojrics de ils. (Robert de Croy) sur la grosse 



tiuir de la cour l'evcsipie, au castel en Cambrésis, 57 I. 
10 s. 

A M" Albin de Lcsclusc, paintre à Cambray, pour avoir 
doré lesd. bannières et armoiries cl aultres heuzes et 
c. luronnes |iour lad. tliour, 16 1. l'2 s. (Houdoy, Cptes de 
Cutnbrai, 2ÛÔ.) 

1558. — A Jehan lîacheler, peintre, pour avoir paintes 
:! bannieretles de lilanci| 1er pour servir à 3 cliaiiolz d'ad- 
uuinition du canq) du roi N. S., 6 s. {Arch. de Douai, 
Cptes de ta Ville, f 108.) 

1571. — Une bannière pour porter à la procession, 
brodée d'or cl de soye, où sont les ymages de Notre-Dame, 
St-Ocnys et St-Estienne, sur satin ciamoisy semé de Heu- 
riuis d'or et ung rondeau de perles cntour la teste desd. 
images, {hw. de .\. D. de l'aris, f 1.) 

1593. — Est defl'endu à toutz liostes et hostesses... 
d'aehepler aulcung gibbier ou chasse. . . que 10 heures du 
matin ne soient Irapées et la bannière que l'on met à la 
grande place ne sovl ouslée. {Tarif du Comtal Venaissin, 
p. 307.) 

1648. — Un bannière en laquelle est dépeint le voyage 
de Saincl Louis en la terre saincle, lad. bannière est toute 
de soye. {lue. de iV. 0. de Parts, f" 15 v°.) 

BANQUELETS. — Bai-retles niùlalliqufs agrafées 
VL'rticali'iiieiit cl à intervalles raiiprocliés sur la lar- 
giMii- (l'une ceiiiliire pour iiiainlenir la ligidilé du 
lissu. 




XlIP s. — D'après Wil 



1391. — Une sainlure d'argent sur un lissu de soye, 
à clos rons dorée, el entre deux a blans banquelès. (Arch. 
J.J. 111, pièce 2-28.) 

BANQUEROT. — Diminutif'Je bani|uier, lalioussc 
d'un siège avec ou sans dossier. 

1388. — Pour un granl banquier de drap d'or de veluux 
vermeil d'oullremcrgarny de toille d'Allemaigne el aulour 
de veloux azur, et pour un autre petit banqncrol de drap 
d'or garny connue dessus, 96 1. t. (1" Cpte roy. de 
A. Bouclier, f 100 v°.) 

1390. — Pour une pièce et demie de cendal vermeil 
des larges... pour garnir et estofTer pour dedens un ban- 
querol de drap d'or pour mettre sur la chaière du roy, 
7 1. 1 s. (1" Cpte roy. de Cli. Poupart, ^ 46.) 

BANQUET, iiAXCQUET. — Balance de comptoii' à 
l'usage des banquiers et des marchands. 

I 453. — 370 liv. de plomb en poiz pour peser, chascun 
cent prisé 3 I. 10s. — Ung bancquel à peser et les plateaux 
30 s. Ung autre pelil liauequet et les plateaulx d'arain 
30 s. {Vente des biens de J. Caur, 1" 91.) 

I!.\NQUET (repas). — Depuis le vlandier de Taille- 
veiil, mailre queux do Charles V, les documents re- 
latifs à l'art culinaire du moyen âge sont nombreux. 
Outre les pages toutes spéciales du Ménugkr de 
Paris, les chroniques conlienuent de fréquentes des- 
criptions des banquets et de leur service. C'est de 
l'une d'elles que j'extrais le te.vle d'un menu, pour 
permeltre au lecteur de comparer les habitudes du 



CAPTÊME 



115 



xv siècle à celles de la vie moderne, le renvoyant 
pour des expériences plus techniques aux mots ciiR- 

VEl.AS et SAL'SSE. 

1334. — Banquet de Jehan Dernier bourgeois hannerel 
de Valeiiciennes. 

A la sixiesme et dareiiiere table furent assis : Amoury 
de la Viiigue, Jehan de Canoube, Allarl du Cardin, Jelian 
de le Saueli, Jai|ues Goucliet, Jelian Polie, Jehan Party 
Jehan de Baissy, Jaques le Changeur et Pierre le Poivre. 

Le premier mets d'assise fut de grues et de venoison de 
cerfs; et les enlrenicts fuiunt de lanipruyes semées de 
cloux de girouflle et sausse appartenant à celuy entremets. 
Et avoit envoyé les lamproyes, ung qui s'appelloit Nicolas 
Muchel, bourgeois de Paris, poissonnier du roi Philippe 
de France, aud. Jehan IJernicr dont nous faisons mcncion. 

Le second mes d'assise fut de rost de paons, de cocqs- 
Lymoges (faisans), de perdris, de hairons, de butors et de 
connins, et sausses appartenants à tels mets; et les entre- 
mets furent de lus et de brochets fondis. 

Le tierch niés d'assise fut d'ung blanc niengier et d'ung 
vermeil, tout en une escuitlle, le blanc semé de chucre et 
de grains de pommes de grenade, et le \ermeil de chucre 
et d'amandes frittes en miel, et l'entremets fut de gellée 
de plusieurs poissons. 

Le qualriesme mets d'assise fut de locques (loches) frittes 
au vert aillet; et l'enlrcmets fut de pastés de siros et de 
pastés d'angcilles. 

Le cinquiesme mets d'assise fut de pricques en galentine; 
et l'entremets fut de friture de pippets garnis de crespes 
(begnets au fromage), et sur cel entremets paons eslévés 
et hayrons et cocqs-Lymoges. 

Le sisiesme mets d'assise fut de creviches; et l'entremets 
fut de hurres de senglers enthieres, et tritures qu'on dé- 
coppa par trenches pour mettre devant les seigneurs, et 
sausses appartenans à tels mets. 

Et après, figues et nepples de Saint-Lievin. Et tantôt 
après on servy de claré et du rond mestier (gaufres). Et 
furent les seigneurs servis de six sortes et manières de viu, 
que sire Jehan Bernier devant nommé avoit en sa maison, 
de pourvéance, c'est assavoir : Vin de Saiiit-Jangon, vin 
d'Aussoire,vin de Beaume et vin du Piin. Et le sixiesme et 
plus espécial fut vin de Branne. (Chronique de Vulen- 
ciennes, p. 6'i3.) 

B.VSOUET (CHAPEL DE. — 1467. — A la fin du 

mangier dud. banquet (en 11-53) veint une jeune fille de 
l'âge de douze ans laquelle, accompagnée noblement, 
niouta sur la table et meit un chappel de fleurs sur le 
chef du duc de Bourgoingne, qui estoit signiliance que le 
duc, après cestuy banquet, en devait faire ung. (Citron. 
de J. Duclercq.) 

BANQUIER. — La couverture, ou mieux, la housse 
d'un liane avec ou sans dossier, et exceplionncUe- 
mcnl le banc lui-même. L'usage des bani|uiers sou- 
vent très riciies explique la simplicité des sièges 
jusqu'à répo([ue de Louis XI, alors qu'ils n'étaient 
point à hautes formes et à dais comme des stalles 
d'église. 

1313. — Pour 2 chaaires et pour une damoiselle et 
pour i peires de banquiers. (Trac, aux chat, de l'Artois, 
arch. KK. 3'j:!, f 3'J.) 

1389. — Un banquier à oiseaux,! s. — Un petit banc 
avec le banquier de drap, un banc à dossier et un ban- 
quier de tappis. (//Il), de liicli. Picque, p. 27, 54, 55.) 

1399. — 12 banquiers de l'ouvraige d'Arraz, semés de 
petilz arbres vers et autres ouvraiges. Pariny cliascun 
3 aulnes carrées à l'aune de Paris, au pris de 3lj s. p. 
l'aune, valent 01 1. IC s. p. (7" Cple roij. d'Ilem. Ila- 
(juier, {■■ 223.) 

1411. — Un banquier pers à connins et à petilz 
chiennes, 20 s. t. 2 autres banquiers vcrmeulx à barres 
blanches l'un, et l'autre à barres noires, 12 s. t. Un autre 
banqniiir vermeil à roses ou à oiseaulx. {Cjile du bailli de 
Chartres. Uihl. Hicliel., ms. 8i:)74, p. 3 v.) 

1416. — iN" '.)2. Un grant bancquier eschacipieté do 
vert, bleu et ituige à plusieurs rayes d'or, doublé de toille 
bleue, contenant 9 aulnes et un quartier de long et une 
aulne et demie de lé, tCiKI. t. 

N" 1007. Un autre bancquier de vcluyau violet à lyons 
d'or boulé de vuUiyau rouge bien usé, lunant une aulne et 



demie de large et 4 aulnes et un quartier de long, 6 1, t. 
(Inu. du duc de Berrij.) 

1453. — 3 banchiers vers de la grant inoison dont 
l'un est à 1 personnages, l'autre à fueiUage et l'autre à 
feuillage et escripture. (Vente des biens de J. Cœur, 
f 3l.i.) 

1485. — Près de la chaire y aura place où l'on peut 
mettre un petit banc sans appuis, couvert d'un banquier et 
des quarreau.x de soye ou autres pour s'asseoir quand on 
vient voir l'accouchée. (Aliénor de Poitiers, p. 211.) 

1496. — It. Ung grand banchier tout de chesiic, 
ligure à oliphans, prisé 12 d. p. (Inv. de Simon Bonnet, 
év. de Sentis, p. 708.) 

1508. — Un banquier de tappisseric de verdure semé 
d'oiseaulx, (Inv. de l'archevêché de Itouen, 517.) 

BANSELLE. — Labanselle ou baucelle, plus pclite 
et plus étroite que le banc, ne comporte pas de dos- 
sier. 

V. 1240. Et el estoit sor un banchel 
De blanc ivoire qui ert bel 
Qui est assis devant le dois (dais). 
(Partonopex,ms. Richel. iai52, f° 150.) 
1599. — 6 banselles couvertes, asçavoir : 2 de velours 
vert, 2 autres de velours vert le fond d'argent, les 2 autres, 
l'une de velours vert le fondz de satin blanc et l'autre de 
velours incarnat le fondz de satin. L'une portant l'autre 
4 esc. pièce. (Inv. de Gabrielle d'Estrées.C' 48 v°.) 

1602. — Une table qui a esté autrefois fonsée, de bois 
de noyer estant avecq un banc sans reigle de bois de 
noyer. Ung banc selle de bois de chesne et une aise 
(planche) estant dessoubs la table. (Inv. de Renée Cler- 
gault.) 

1690. — Bancelle — Petit banc long et estroit comme 
celuy qu'on met aux tables des petits cabarets. (Furelière.) 

BANYES (■?) — V. 1 490 . — Ung harrenoys blanc garny 
de curasse, de grand garde bratz, de arnoys de jambes, 
de garde bratz droit, de heaulme, de cabasset, d'avant 
bratz, de gantelletz de banyes, etc.(Arc/i. de la Gironde, 
E, 528-1.) 

BAPTÊME. ^ L'administration du baptême donne 
lien, au point de vue du cérémonial et de ses rap- 
ports avec les usages de la vie civile, à des obser- 
vations de détail, qui, sans avoir ici le développement 
ou l'intérêt d'une histoire, méritent d'être notées. 

V. 1440. — 11 (le poursuivant en armes) doibt estre à 
genoux, à teste nue, et celui seigneur qui le doibt faire 
doibt tenir en sa main aucun vaissel d'argent, ou aullre 
chose, soit tasse, gobelet, godet de terre, estaiii, voirre 
ou aultre chose, einply de vin ou d'eaue. Et là, doibt faire 
proiiftlre et jurer à celui à qui il veult estre poursievant, 
de estre bon et léal en toutes choses, touchant l'office de 
poursievant d'armes, à tous gentils hommes et femmes et 
à ses maistres les nobles rois d'armes et liéraus, de les 
eusievir et de bien et diligemment obéir à eulx. Et comme 
il a ce promis led. seigneur lui gette le vin ou l'eaue sur 
la teste en ly baptisant et lui donnant le nom qu'il veult 
qu'il porte. Et puis lui met à la poitrine, au costé sé- 
neslre ses armes ou d'aultre noble qui les lui veult doner. 
Kt doibt estre le vaissel de quoy il est baptisé aud. pour- 
sievant. (J. Hérard, Traité du noble office d'armes. Bi- 
blioth. Richel., ms. fr. 3S7, f»25.) 

1453. — Quant l'on vint pour l'eau porter baptiser, 
aucuns des seigneurs entrèrent dans la chambre, et quant 
tout fut prest l'on bailla l'enfant (d'Yolande de France) 
bien emuiaillolé à .Mgr. de finnois, et dessus fut mis ung 
couvertoucr de veloux sur veloux cramoisy fourré de me- 
nuver et bourde d'ermines mouchelcez et le couvertoir 
avoit 5 aulnes de long; et au partir de la chambre priut 
mond. Sgr. de Montsoreau la queulie dud. rouvertoner et 
emprès la bailla à uiessgrs. de la Tenir et de Dampmartiii 
qui l'apportèrent à aller et retoiiruer de l'église, et devant 
aloicnt 3 chevaliers dont l'un portnit une couppe de sel, 
l'autre l'csguière et l'antre les bacins et servietes. 

It. Ung autre chevalier pnrioit un grant cierge blanc 
de cire vierge et ung autre chevalier portoit uiig aultre 
cierge et des bougies qui demourèrent à l'église, et le 
premier cierge fut retourné à l'ostcl. 



IIG 



liAPTÈMI': 



II. Il y fiil ;! ilmiziiines de lorolics ijne i;ciUiI/.liumines 
portùrciit i|ui furent aliinn'cs au iiartii' de l'oslel, mais il 
n'en entra à l'église que 8 pour la presse. 

11. L'on misl les fon> ou niili'^u de l'église et dessus 
uii}; pavillon granl et large de tafteliis blanc bordé d'or et 
frangé d'or. 

11. Endroit lesd. funs avuit une cliappelle tout tauduc de 
tappicerie dessus cl dessnubz et ei>urtini'S et bors et 
table, coiiverle la lalilc et les burs" de veloux; et sur lad. 
lahle reniant fui ili'^aliilléi> pour porter es fons, et là 
csloieiit Mfr, le cardinal d'.\vigni>u lé;cat cl qui tint l'enf- 
laut avec Mgr de Dunoys qui estoit pour le roy et ma- 
dame de la lluclic estoit commère. Et aussi furent tous 
trois à l'entrée de l'église, et pareillement après qu'il lut 
baptisié le portèrent sur l'autel et .Mgr. de Viviers milré 
et crosse li: baptisa, et y eut plusieurs cliappelaiiis reves- 
tuz de chappes... et ce lail, l'on retourna l'enflant et le 
rapporta mond. Sgr. de Itunoys. 

Lors demanda led. Mgr. de Mont.soreau à mad. dame 
qu'elle vnuloit que on fist dud. enfant, et elle lui fist 
responce que on le lui portast et ainsi l'ut fait. 

El après l'on saillyl en une salle et là but et mangea 
qui voulut vin et espices; et ainsi que l'on bevoit Mgr. le 
prince (Amédée de Savoie) vint d'uiie cbambre et mercia 
le roy cl Messgrs. de l'onneur qu'ilz lui avoieiit l'ait et 
après" monta à cbeval mond. Sgr. le jirince et alla mer- 
cier mond. Sgr. le légat en son logeis. (Cliarlrier de 
Thouars. ftev. des Soc. sav., 1873, l"sem. p. 181.) 



munément d'un mare u'argenl. (01. de lu Marelie, Etui ilii 
duc de liourgoijne, '.i9.) 

1534. — Ung couverloyer à baptiser les eull'ans, de 
veliiur blanc bourde d'ermyncs. — IJng pavillon de salin 
blanc à baptiser les enlfaus. 

s. d. — Vng couverloyer à baptiser les enifans, d(t 
\eloMr blanc bourili- irennyne qut; lad. C.laïuiiut; dil a\oir 
élé dclVaict par ordonnaiiec de l'i'ue madame, le premier 
jour de l'an 5^0, dont uu fui donné, i pourpoints à Moii- 
taigiiait et à Albert et une paire de manclieroiis à Cathiii 
lillc de cliambie de lad. dame princesse d'Oranges. (Ino. 
du duc de Lorraine à Nancy, f"' 16 et 7U v».) 

1544. — L'iie couverte île linomple où il y a des franges 
de lil d'argciil, cpii sert à porter baptiser les eiiHàns. — 
i servieltes do toille de soye frangées de fil, qui servent 
anssi auil. b.lptèml^.. l grandes servieltes de lynomplc 
servant à uiig bapléme, où il y a des franges etouvraiges 
de m d'or. {Id.,f' 15G-7.) 

1 57 1 . — Les bonneurs du b.iplèuie furent portés comme 
s'ensuit : Monsieur le duc de (mise portoil renlàiil, mon- 
sieur le marquis du Mayue 1» queue du lange de Uioilles 
d'argenl, veloutée de vert frisée, {liapt. du Cte de Cler- 
niont ei de Tonnerre. Docum. tnéd. Mél. \'° série, t. III, 
p. 606.) 

1606. — Dans la mesme (•liambrc y avoit '2 tables avec 
'i dais fort parez au dessus, et tapis de mesme. L'une pour 




V. 1.JI5. — liuptéme de Pliilippe d'Aulriike Hil'.U. Ù'upiés llans Burgmair 

(Der Weiss Kauig), pi. M9. 



histoire de MuximUten 



1467. — En cest an Hô6... m.idame Callicrine, femme 
du comte de Oliarolluis et lille du duc de liourbon, en la 
ville de Bruxelli'S aceoucba dune lille. .. et à porter icelluy 
enfant à fonts allait devant le lils du duc de Gueidres... 
lequel portoit un bacin ; après !uy allait Adolf de Clefves.. . 
lequel portoit une couppe d'or, et après alloit le comte 
d'Estampes lequel portoit un cierge bénit. (Chron. de 
J. Ductercq, p. 99.) 

I<>74. — Les officiers d'armes se créent et baptisent^ 
l'hostel du duc es grands jours et es bonnes festes... Le 
prince luy donne le nom qu'il luy plait, en le nommant le 
baptise de vin que ses béraiils luy ont apporté en une Uisse 
et puis donne la lasse au poursuyvant et la racbapte com- 



mettre les hoiiiicurs des cnfaiis el l'aulrc pour mettre ceux 
des compères. 

Et il faut entendre que les bonneurs des compères 
s'appellent le bassin, l'aiguière et la serviette. Ceux de 
reniant sont le cierge, le crcsmeau et la salière. (Bj/il. 
de Louis Xm. — Cérém. franc., t. II, p. 173.) 

1 606. — Pour le.t couches et baptêmes. — Un panier ou 
corbeille à mettre un enfant, couverte de llioille d'argent 
avec un passement d'argent à jour. — Lu petit matras 
couvert de tnyctte de tlioille. de'Holande servant à mettre 
à la corbeille que l'on porte l'enfant, (/ni', du chat, de 
Nancy.) 



BARBIER 



117 



1627. — Avons ordonné que le cuillicr d'argent qui 
sert à prendre de l'eau pour fère le baptême, sera l'aict plus 
grand une fois qu'il n'est maintenant... avons en outre 
ordonné que les ouvriers feront couvrir les fonts baptis- 
males d'un cuir rouge. (Visite de l'archev. d'Arles. Copie 
Jacqucmin. Arch. îles Soc. sav.) 

1627. — Nonobstant les deflences faictes et publiées 
dès le mois de déi-ombre 1619 de ne faire aucunes iles- 
pences superflues pour le baptême des petits enfans et de 
ne les faire accompagner aux temples de plus de six pec- 
sonues, néantmoius plusieurs, s'opiniastreant à leur rtom- 
mago, ne laissent d'y contrevenir... fait inliibitions et 
deffunce... à peine de 50 liv. d'amende. [Ordonn. ton- 
ilinnt le baptême. — Arch. de Sedan. Copie Nozntjifc/f/.) 

BAPTISOIR. — Couverture dans laquelle est pré- 
sente' l'enfant à baptiser. 

1588. — llng couvertnir qui fust employé pour le bap- 
tême de mademoyselle, de vellours viollet bordé d'her- 
mines et doublé de taffetas blanc de la longueur de cinq 
aulnes et ayant 2 largeurs de vellours. (hiv. du privée de 
Condé, p. 147.) 

1632. — Un baptisoir de 2 laisses de loille d'argent 
avec 2 pa.ssements d'argent alentour, 100 f. [Inv. du mar- 
quis de Rémoville,p: 3'33.) 

BARBACANE. — Petite bride métallique recoui-- 
))éc en fer à cheval et cousue sur le vêtement 
comme la porte moderne, pour donner prise au cro- 
ebet de l'aîrrafe. 

1388. — Pour avoir fait et forgée 84 barbacannes et 
108 croches ou crampons d'or pour ycelles barbacannes 
mettre et asseoir sur 2 pourpoins de broderie. (1" Cpte 
roij. d\\. Iloticher, !' \0Q\'°.) 

BARBACANE. — Auvent en forme de vasistas 
pour aliriter un poste d'observation ou île défense. 







xv< 



E.rtr. du Jouninl of Ike archienl. assoc. 



t. VI, p. snti 



1465. — L'eslendart du bnstart de Bourgogne estoit 
jaune à une grande barbacane bleue dedans, et son mot 
de lettres bleues pareillement, et ses archers avoient pal- 
loz rouges a tout la croix de Saint Acdrieu blanche et une 
harbacaneau milieu de la croix. {iVérn. de J. de Haijnin 
— Dociiin. inéd.Mel. sér. 1, t. 111, p. ,86.) 

BARBARIE (façon de. — IS38. — Une petite quaisse 
plaine de bonrsses, chausses, saintures, esgnilletles et 
autres ouvraiges faiclz à la façon de Barb'arve 112 1 
(/Icdi. J. '.Mi--', liasse !IGI, pièce 261. ) 

BARBARIN. — 1471 . — Ung mescbant couteau tout 
rouillé, à manche d'yvoire taillé à un personnage de bar- 
barin,qni aies mains cachées en son liabillemens. {Inv. 
du roi Hené à An(jers,(° "li.) 

BARBELURE- — 1446. — Et portent (les archers) 
arcs d'If et néclies de 4 palmes ou 4 palmes et demy et 



plus, et les fers à 2 tranchans en forme de barbeleure. 
{Traité anoniime du cnst. milit. franc, édit. Belleval, 
p. 4.) 

1635. — Fer barbelé de flèche, de dard, de trait : fer 
à ailerons recroquillez. (.Monet.) 

BARBETTE. — Guimpe, sorte de mentonnière at- 
tachée sur la tète, couvrant le col et encadrant le 
visage. Elle était très usitée aux xiv et xv siècles 
et faisait alors partie du costume de deuil des fem- 
mes. Les religieuses de quelques ordres ont main- 
tenu la barbette qui, un peu modiliée, prit au xvi 
siècle le nom de toiiret de nez. Voy. ce mot. 

1360. — Une autre ymage de Sainte Marte... et est 
atnurnéo à barbette. {Inv. de Louis d'Anjou, ni>44.) 

1408. — 7 mantelez crêpez et 2 trufl'es crespés avec- 
qui's les barbettes. (Inv. de la duchesse d'Orléans, f''42v°.) 

1485. — Pour le frère aine l'on (les dames) porte tel 
deuil que pour père et mère et tient-on chambre six se- 
maines; mais l'on ne couche pas. — Et, pour autres frères 
et sœurs, on ne porte que la barbette et le couvre-chef des- 
sus. (Aliéner de Poitiers, p. 2.57.) 

BARBIER. — L'outillage d'un barbier comportait, 
à l'époque qui nous occupe, un certain nombre de 
pièces qu'on range aujourd'hui volontiers parmi les 
objets d'art. Elles sont en ell'et assez intéressantes 
pour motiver ici une mention; on trouvera à leurs 
places respectives quelques détails accompagnés de 
dessins. Voy. BOITE. 

1295. — 4 tobaleas (serviettes) adradendum, cum fnra- 
minibus in medio, ad mittendum ad collum, cum auro et 
serico diversorumcolorum. (Tliesaur. sedis apostol.,ii'i.) 

1347. — Barbitonsori régis : 2 pectines eburnei, unum 
spéculum eburneum, unum yrevour cburn. unus pare for- 
cipum. Una cassa de corio. 1/2 uln. camoka pro uno lo- 
rulo. ICpte de la riarde-rnbe d'Edouard III. — Archieoloqia 
t. XX\I, p. 23.)' 




A. 1.559. Vitrail suisse au musée de Clunij. — B. W's. 
Trousse de chirurgien, cuir yraré, coll. de Vaut. — 
C. 1529. — Id. Chasseneuz, Qatal. gloriœ mundi, 1. XI. 

1380. — K" 221. Unus manlellus de tela operatus 
el broilatus pro barberando. (Inv. du chat, de Coniillon.) 

1436. — N° 78. 2 panni sive 2 ornamenta cotone .id 
tenenilum circumquaque collum et circumquaquc zonam, 
quando barba dicti domini cardinalis radebatur. {Inv. de 
l'é(jl. S. Martin de Mnntpésat.) 

1457. — Una tacea cum manico, argcnte.i deaurata 
ahintra, ad coiligeudum rasuram coronc, cum armis ipsius 
D. cardinalis in merlio. — Pond. une. 9., val. 7 duc. 
(Inv. du palais de S. Marc à Rome, p. 219.) 

1490. — A r.iiillaume f.assin, barbier, pour ung estuyi 
barbier d'argent doré garnyde G rasouers, le bout desqnelz 



118 



BAnniER 



est d".nr(jcnl (lor(5, 2 ciseaiilx dorez ot 2 pierres pour ail- 
ler Icsd. rasnucrs encliasscz en arpent (pour le roi), 43 1. t. 
{Cpte lies menus plaisirs, (<> t3.) 

V. ISOO. — Cet art se peut pratiquer avec peu de dcs- 
penoe caiil sf fait avec un bassin, 2 rasoirs, une lancette, 
une plnceMe, un peigne, 2 paires de ciseaux, deiuv-ilou- 
raine de eouvrechcfs et IVoloirs et un polil fourneau pour 
les esrliaufer, avec un peu de eharlion, lessive, et une pe- 
tite phiole d'eau de senteur pour en jeltcr un peu contre 
la farc quand ils ont lavé et essuyé les personnes afin 
qu'elles pavent (dus volontiers, (l'ioravanti, Miroir loii- 
versel. I. i. p. Ir.X, édit. de KM.) 

ISI4. — Uns; esluicl :\ barbier couvert tout de fil, nng 
S. Cosnie et S. Daniyen au milieu, où il y a 2 escussons 
armoyez, une iliesnc à laquelle pend led. estuict, les 
garnisons toutes dorées, trouvé aussi en une estuict de 
cuvr, pes. (i m. .1 1/2 o. Ilnv. île Charlolle d'Alhret, 
n'H.) 

1621. — Art. l. Led. cliyrur(:;ien ne pourra tenir 
ny avoir que une boutique pour sou art en ehyrurpie, uy 
ne faire luy ny ses serviteurs aulrune barbe ies jours de 
dimanches des 4 fesles annuelles, aux fesles de Notre- 
Dame et aultres bonnes festes comme Assention, le jour du 
S. Sacrement, la S. Jean Baptiste, S. ("osme, à peyne de 
10 livres, sauf s'il y avait urgente affaire et nécessité, ou 
quelque personnage de qualité. iSlat. des chirur. bar- 
bier» de S. Junien. — Levmarie, Le limousin histor., t. I, 
p. W.) 

BARBIÉRE. — Mentonnière. I.a cloueurc de Cham- 
hli in(li(iuf une pièce de mailles, et la suite de l'in- 
ventaire (le Louis X (voy. .^nMF.si prouve que la bai'- 
bière n'est point un caniail. Dans les préambules 
du duel judiciaire de P. de Tournemine, en 1380, la 
harbière est pareillement distincte du caniail et 
s'attacbe au bacinel sans doute comme la bavièrc. 



1332. — Il faudroit aussi avoir plusieurs barques con- 
verles dessus en manière d'une roite pendant, et les ap- 
polle ou barhotles et léans ne voit-on point les paliots et 
ji'S lionimes d'armes et ilz voient bien tout autour d'eulx. 
(Rfochart l.alleinand, Passar/e d'Outremer, mi. Ilibl. Hi- 
rbel. !)0S7, ritv».) 

1460. — leeulx pillarts cstoient sur la rivière de Dor- 
dopne dans une galippe barbolarde. {Arch. ,1,1. reg. 1112, 
pièce 71 .) 

BARBUTE(Ai\MES). — ,\uxiv'' siècle, le mol barbute 
introduit dans les idiomes de l'Occident désigne dans 
le costume religieux et militaire une sorte de capu- 
cliou sans queue couvrant la tèle, la nuque el les 
oreilles, f.'est à ce type général que correspond la 
l)arbute à armer qui n'est précisément ni la cerve- 
lière, ni le bacinel, ni la salade, mais qui participe 
de la forme de ces divers babilienienls de télé. 

(Quelques textes français dont il faut tenir compte 
prouvent que la barbute a été prise pour une men- 
tonnière ou bavière c'est-à-dire comme synonyme 
de barbière (voy. en mot); mais pour suppléei- au 
défaut de concordance des documents anciens, el au 
risque d'apporter après coup un ordre trop rigou- 
reux dans la classification des armes, il y a lieu de 
considérer ce sens comme exceptionnel. 

L'acception collectivedu mol était parliculièrement 
usitée en Italie, pour désigner l'iiomme d'armes. On 
disait cent barbutes, comme en j'raiice cent bacinets 
ou cent lances; néanmoins cette partie de l'armure, 
à en juger par les monuments, ne semble pas avoir 
élé dans l'origine plus spéciale à un pays qu'à un 
nuire. 




V. 1280. — ^fs. angl. D'après Hewill, I. I, p. 2."i7, 

1316. — Une barbière de haute cloueure, de Chambli. 
i//ir. des armures de Louis X.) 

1358. — y barbièrcs, s'en sont les 3 dejaserant. {Inr. 
de Guill. de llaivaut.) 

1386. — L'n camail de fer, d'acier on de léton garni de 
barbière de fer ou d'acier dessus, attaché aud. bacinet et 
camail ou à l'un d'eux. (Lobineau, llist. de Bretagne, t. Il, 
col. 672.) 

BARBILLONS. — Darbes ou arèles du fer ((ui em- 
pêchent la llècbe de sortir de la plaie. 

1393. — Quant vous voudrez traire, sien mettez (du 
poison) entre les barbillons et la douille du fer. (Le Ména- 
gier, t. II, p. 258.) 

S. d. — Lorsqu'ils l'eurent desvestu ils cognurcnt que le 
fer avoit barbilllon, pourquoy ilz ne le pouvoient aster 
sansgrant dommagede son corps. ( Trad. de Quinte-Curce, 
ap. Roquefort.) 

BARBOTTE. barbotarde. — Bateau couveii. 

S. d. — Se conseillèrent ensemble k'il feroient ce di 101 
barbotes, et seront toutes couvertes de cuirs biens el joins 
siércs el iront aussi bien desous aiguës comme dessus. 
[Hi'tor . belli sacri ms.) 




V. U70. — Barbutes françaises. Le livre des tournois 
du roi René d'Anjou. Biblioth. Richel., ms. 2692. 

La barbute militaire est au XIV siècle un casque 
légèrement conique, sans visière ni bavière, dont 
les parties postérieures et latérales descendent sur 
le cou et se ratlacbenl par des vervclles ou de toute 
autre manière au camail ou gorgerin de mailles. Ce 
type primitif se modifie un peu en Italie, dès le com- 
mencemenl du x\" siècle. Les côtés deviennent plus 
saillants pour la protection des joues. On rencontre 
des barbutes munies d'un nasal, se rapprocbant du 
casque grec des bopliles; d'autres présentent un 
léger revers île couvre-nuque et un tymbre plus bas 
et rond comme celui de la salade, mais sans jamais 
emprunter à celle-ci son assiette horizontale, dont 
la jonction avec la bavière fixée au plastron com- 
plélait la défense du visage. 

1352. — It. Se aucuns desd. compaignons dellordrc 
setrouvoient en aucun faits d'armes là où le nombre de 
leurs ennemis feussent 3110 barbues ou plus... eus povent 
deslier le neu en la manière susdicte. (Slut. de l'ordre du 
.S'. Esprit, f 17.) 

1364. — 8 bacinetos sine mallia, 1 bacinetiim et mai- 
lla, 4 helines, 1 capellum de ferro. . . I eamalliuin de bar- 
buta... 3 bacinos sine mallia. {Garn. du donjr i de Vos- 
tiila. — Arch. ]>. 136J', cote 1408. J 



BARCELONE 



119 



1397. — 6 cervcllerins de ferro vetercs. 6 bacinetos 
de ferro sine camario et sine vixieriis. Il barbutas de 
l'erro cum camario et sine vixieriis. 12 armaturas de ferro 
a capite sine camaro et sine vixieriis {Inr. de l'artiU. de 
Bologne.) 




W" 



V. 1400. — En lii^u de gorgerelte, bavière ou barhute, 
il aura seullement environ sou cnulung carcan. (J. Gerson, 
Supplie, au due de Brel.) 




XV' s. — Uarbute itnliemie. Même coll. 



1442. — Barliute fornite da testa, o d'armare, dell'una 6 
soldi. — Bacinetti o armatura di testa rozzi o digrossati, 
délia dozzinalir. I, soldi i. — Cervelliere o pianelle da 
testa, l'una 1 soldo. (Gahella di Siena. Gio. di Uzzano, 
Pratica délia mercatura, p. 76-7.) 

1450. — Il estolt paré de sa cotte d'armes et sa tète 
armée de salade et de barbute. (01. de la Marche, p. AU). 




XV" s. — Bnrbule italienne. Même coll. 



1469. — Il advint... f(ue l'enlreprennur avoit donné 
un si gratit cop d'espée aud. signi>ur de la Ferté qu'il 
avoit avallé la bannière de sa barbute tellement que d« 
cop il avait la phispart du visai>;e desrouvert. — Kl celui 



de dehors qui mieutx le fera, guignera une belle barbute de 
guerre estofTée d'or et de beau plumas très richement. 
(/(/., Tournoi, à Gand, édil. Prost, p. 85 et 91.) 

1606. — En ancien langage barbules eslcient hommes 
d'armes ainsi appelez pour l'habillement de teste à men- 
tonière qu'ils portoient. (Nicot.) 

BARBUTE (costume;. — Grand capuchon sans 
queue des moines de Subiaco. Ce mot change d'ac- 
ception à la fin du xv"^ siècle et s'applique dans le 
suivant à une sorte de cache-nez ou de masque ter- 
miné en pointe et couvrant quelquefois entièrement 
le visage. Telle fut la barbule imposée aux lépreux 
par mesure sanitaire. 

Vestimenta autem novitiorum sint sicut monachorum, 
cxcepto quod pro scapulari portent capucium magnum 
sine cauda quod nos vocamus barbutam. {Cmrem. Sublac. 
ap. du Gange.) 

1498. — 5 barbutles de semblable toille de crespe de 
lin. . . au prix de 40 s. t. chacune barbucte. — 3 aulnes 
de fine toille de Hollande... pour doubler lesd. barbules. 
{CpteK du deuil de Charles Vlll.) 

1530. — La barbute des pénitenciers... Ueffouroit les 
barbutos sans rien guaster. (Rabelais 1. 2. ch. 7 et I. 4 
ch. 3-i.) 

1545. Mais de gorgeretz n'useras 
Ne de barbute aucunement; 
Bien mettre autour du col pourras 
Ton mouchouer au parlement. 
(Superfluilés des dames de Paris. — Montaiglon, Rec. 
de poésies franc., t. VIII, p. 294.) 

t553. — I.a façon des villageoises Arabes et Egyptiennes 
est une masqueure la plus laide de toutes, car elles se 
mettent tant seulement quelque toile de colon noire ou 
d'autre couleur devant les yeux qui leur pend devant le 
visage, appointissant vers le menton comme la muselière 
d'une damoiselle appelée une barbute, et afin d'avoir vue 
au travers de ce linge elles font deux trous à l'endroit 
des deux yeux tellement qu'elles, estant ainsi accoustrées, 
ressemblent ceux qui se battent le vendredy saint à Rome 
ou en Avignon. (Belon, Observ. I. 2, ch. 35.) 

1559. — 16 pièces de crespe de lin pour servira faire 
couvrechefz, barbules et aultres choses nécessaires pour la 
royne d'Espaigne, à 6 1. t. la pièce. {Cpte roij. de Et. Jo- 
henne.) 

1568. — Et est ordonné pour les (lépreux) connoisire 
qu'ils ayent les vestements déchirés et la teste nue, et 
soient couverts d'une barbute. (A. Paré, 1. 22, c. 12.) 

1575. — Une aulne et demye de camelot undé vert 
pour faire une barbutte et ung capuchon pour le nain de 
Mds. à 55 s. l'aulne... Pour un tiers de velours pourfaire 
un cachcnez en façon de barbutte pour Ms., 45 s. t. (Cple 
roij. du duc d'Alençon par P. Jaupltre, f" 33.) 

1606. — Barbute est un habillement de teste fait en 
façon de domino manqué et non uiasi|ué qu'on porte |iar 
les champs l'hiver quand il fait grand froid, vent verglas- 
saut ou quand il neige. (NiOot.) 

161 I. — A riding-hood a nionlero or close-hood whe- 
rewith travellers préserve their face and heads from frost 
biting and weather-beating in wiuter. (Cotgrave.) 

BARC. — IS75. — Il se trouve des vaisseaux antiques 
d'une terre rouge qui est polie sans aucun esniail, et au- 
cuns appellent les vaisseaux de lad. terre, vaisseaux de 
barc. Je ne scay pour quelle cause ils les appellent ainsi 
(Palissy, Ces terres d'argile, p. 305.) 

1611. — A Kind of smooth red earth, whereof vessels 
were ninde iu nid lime. (Cotgrave.) 

BARCELONE. — 1*89. — Attendu que l'expérience 

des temps passes a démontré, aussi bien que celle du pré- 
sent, qu'il y a eu et qu'il y a encore à Barcelone des or- 
fèvres très habiles et d'un talent très fin; à tel point que 
non seulement dans lad. ville mais au dehors et même 
chez les rois, les grands seigneurs et d'aulres personnes, 
leurs ouvrages soûl renomméscomme très beaux, au grand 
honneur et répulaliou de lad. ville et au grand éclat et 
profit dud. art; il est statué, etc.. (Stat. des orfèvres de 



1:20 



HAlîCELONE 



Barcelone, Ch. Davillier, ftecli. sur Vorfèvr. en Esnaone, 
p. 99.) 

IS64. — Uns» bouclier de Barselonne, 35 s. {Inv. du 
Puijmotinier, f« 2:10.) 

BARCHOT. — V. 1520.— En Biscaye la plus part 
soEil iicl>. Cl jîraiis barclics ol petits barcliolz faiz à cara- 
vellps, imis à vnille «luairo oii (|iiarrie. (Ant. ili- Cmillans, 
Les faits de In mar. et iiavifj.) 

BARD. — Dallage de picrreM taillées en gros 
échanlillon, et qu'on bardait su ues oiviéres à bras 
après les avoir achevées à pied"d'œuvre. 

1616. — Toute laJ. esglisc, cour, presbytère et cha- 
pelles sont pavés de bards de pierre. (Visite de l'église 
S. Trophime d'Arles. — Rev. des Soc. sav., 1867, 2» sém.) 

BARDE. — L'histoire de la harde ou armvire dé- 
leuMvi- (lu cheval est étroitement lice à celle du 
cavalier. Son origine ne remonte néanmoins pas 
sensiblement au delà du xur siècle, c'est-à-dire à 
l'époque où l'homme d'armes, complèlenieni protégé 
par la maille, songea à envelopper sa monture d'un 
vêtement à la fois souple et résistant. 

Telles sont les bardes de mailles eiuployées jus- 
qu'au XV siècle, concurremment avec celles de cuir 
et de l'ortes étoiles oii s'appliquaient les devises et 
ligures héraldiques de la chevalerie. .\ cette der- 
nière époque apparaissent les bardes d'acier arti- 
culées auxquelles succède, sous les règnes de 
l'harles VIII et de Louis XII, l'appareil cartonné, 
rigide, un peu lourd et souvent orné de peintures 
(|ui caractérise celte période. 

La barde ou la paire de hordes se compose de 
deux pièces principales. L'une couvrant la tète, le 
cou et toute l'avant-main du cheval ; elle porte dans 
l'origine le nom de picière, c'est-à-dire pièce de poi- 
trine. La seconde, appelée culière, couvre la croupe 
el toute l'arrière-main. 

1358. — 2 paires de couvertures de chevaus, de fier de 
iiinille el une paire de couvertures de fier de platles. {Inw 
lie Guill. de llainaul.) 

1386. — .Statuito e ordiiiato e che larmaduro da ca- 
vallo di cuoio si facino e far si debbirio di coiamo di Ime, 
di vaccha, ili toro o di bufolo, conie di consiieludine 
nella città di Kircnze e nou di altrn cuoio overo d'allre 
bestie o d'alcun altra bcstia. E clie niuiio dipintnre o alcun 
allra persoua dell' arte predetla o niuuaUra peisona pnssa, 
ardisca u prcsumma lenere o far lonere uelle loro boltcghe 
armadure di cavallo l'acte conlia la Inrma predetla... ne 
esse riepingere o far dipignere, .. e l'arniadura s'inlenda; 
leslicra pcr se, naucliali per se, pecluiali per se. (Slal. 
deptlton Florent., rubr. 70. — Carteqgio iiied. d'artisti, 
t. Il, p. i(l.) 

I<>88. — A Jehan Ëourdichon, peintre dud. Sgr (le rni), 
la sonnnc dciiS I. l. pour avoir réparé cl rainendé 5 paires 
de bardes dud. Sgr les quelles estoienl toutes esclatées el 
une grande partie de la pci[ilure d'icelles perdue el arrachée 
et lesquelles il a redorées en plusieurs lieux el toutes re- 
vernyes el recouchées de lin azur el autres couleurs y 
nécessaires selon les figures d'icelles dont en y a — une 
paire des quelles le chanq)esldecrauioisisemé de' plumes,— 
une autre paire où est semé la cliaize périlleuse el le champ 
d'un drap cramoisi — nue autre paire où sont figurées 
plusieurs colombes blanches el dc.lans ung souleil el tout 
plain de rayons d'or sur un champ d'azur, — une autre paire 
où est figuré une figure à la façon duu croissant cl nug 
roleau parmy sur un champ d'or et lesd. figures d'azur,— 
el l'autre paire où est figuré une Irousse de Iraict Ivée 
d'un roleau et le champ d'or semé d'un cnlrelaceinent"dc 
ver cler. 

A lui la somme de 12 I. l. pour avoir reffait un borl de 
fin or burny à une autre paire de bardes dud. Sgr et 
semé le champ d'icelles de lettres Romaines el fait une 
dyapreiire sur azur. {Cpte de Venir ie du roi, f' 3S.) 



V. 1500. — Plusieurs bardes de chevaux, de cuyr et 
de cartes ou cartons. (Inv. de Frnnroi.<i I" de Lu.rcmhôurg , 
p. 6.J 

D.VRDE DE cni.NiÈnE. — Voy. CEnvic.\LE. 

BARE. — Civière, bayai'l, voy. ce mol. 

1536. — L'n paralytique sur son grabal, estant dedans 
ung bare peint eu vert, l'ail en fonni' de porphyre. (Monstre 
du tnijslère des apôtres, p. 23.) 

BABETTE. — Partie du costume civil des deux sexes 
et, dans ce cas, synonyme d'aumusse. La baretle se 
distingue du vêlement ecclésiastique par l'absence 
de pattes antérieures, et se réduit à une sorte de 
camail fouri'é muni d'un capuchon ou même simple- 
ment à un bonnet. Voy. al'MUSSE. 

1377. — Quant vint à l'approchier, l'empereur osla sa 
harelte elaussy le roy, el tourhiéreni l'un à l'autre. (Christ, 
de l'isan, part. 3, ch. S.ï.) 




l:m. — llilitioth. liichel.. ms. fr. i±2, (■■ 198 V. 



1390. — Pour la f.iuri'eure d'une barrette d'cscarlale ver- 
meille pour uiad. Vsabel de l'iance. . la quelle est 
fourrée dedeus el dehors de lélices, tenant la penne 2 dou- 
zaines 2 de lélices. (I" Cpte roij. de Ch. Poiipart. C 6G.) 

1400. — Pour ime granl baretle oa aulmuce en façon 
d'Almaigue double tout uu, de vehiiau eu Irippe pour led. 
Sgr (le roi), H 1. p. (8" Cpte du même, f 179 vM 




V. \:m.—Bibliotli. liichel., 



fr. ;jo, r« 30 V . 



1404. — Pour la façon d'une granl barrette faite de 
1 quartiers de veluiau noir... pour servir pour led. Sgr 



IIAKILLET 



121 



(Charles VI), 8 
h44.v°.) 
1412 



p. {Cpte roij. Bibl. Richel-, ms. 6743, 



. Une aulne de veluyau noir pour faire une 

barelle pour M. S. (Laborde, Les ducs de Bovrg., n° 216.) 




V. IM)0. 



Bihliotli. Hichel; ms. //■. (^11. f° 8 v°. 



1454. — Pour 3 quartiers de drap noir dont nn a fait 
le fond des 3 barettcs. (Ibid., n° 1670.) 

1459. — Puis se mist eu point d'un pourpoint de cra- 
moisi broche de fm or, de chausses d'escarlates brodées de 
très fines perles aux couleurs et devises de ma dame, une 
barecle d'une très fine escarlate. qu'en ce temps (sous 
Charles V)on porloit.où estoit ung très bel et riche aficquet. 
(./. deSaintré, eh. 81, p. 251.) 

BARGE. — Navire de moyenne grandeur, à voiles 
el à rames, avec pont couverl, servant à la marine 
de guerre et à la piraterie. 

876. — Nortmanni cum 100 circiter navibus magnls 
quas noslrates bargas vocant. (Hincmar, Ann. ap. Pertz, 
t. 1, p. 501.) 

1080. — Navem uriam magnamquam bargain vocant, 
ad opustranseuntiumhabebalecclesia Walciodorensis. (Mi- 
rirus, Diplom. helg., p. 205.) 

1246. — Item quelibet dictarum navium débet habere 
unam bargam coopertam de cantherio, furnitam de omni- 
bus et bargam onam de parascalino et gondolam unam. 
i Contrat d'affrètement de nefs fournies par Gènes à S. Louis. 
Ilihl. Iiicliel.,ms., rec. de pièces histor.) 

1386. — Quand il oiiit dire que bataille il y avoit sur 
mer de l'armée d'Angleterre et celle de Flandre, entra 
en une sienne barge qu'il avoit bonne et belle, et prit au- 
cuns sergens de l'Escluse et 20 arbalestriers, el nagea à 
force de rames jusques à la bataille. (Froissart, 1. 3, ch. 53.) 

XV s. — Barge, nef d'escuineur de mer. {Gloss. gall lat., 
ms. Bibl. Richel., 7684). 

BARIL. — Employé à la conservation des liquides, 
li> liaril a toujours eu à peu près la même l'orme. 
Ses dimensions seules oui varié comme sa matière 
souvent précieuse lorsqu'il s'agissait de pièces d'or- 
fèvrerie. Parmi les bois recherchés, le tamaris se 
place eu raison de ses propriétés médicinales. Le 
poissagc intérieur, encore fréquent à l'époque de 
Henri IV, visait la qualité des vins; quant au baril 
ou barillet des lépreux son usage était une prescrip- 
tion d'hygiène publique. 

I 260. — Nus barillier ne pucl ouvrer à Paris que de 
i manières de fust... c'est assavoir de lin cuerdc cliaisne 
sanz aube, de p(''rier d'alier et d'érable... Li barilliei 
pueent l'aire bans de fuz de tamarie et de brésil. (Et. 
Koileau, til. 16.) 

1319. — 2 baril/, de marbre liez de cercles d'argent 
doré, àcsmauxde France et de Navarre. (Inv. de Louis X, 
p. 279.) 

1380. — Jehan le tourneur, pour clouer et rasseoir 
2:) vieilles banilez de fer es barilz ilucl. office (échançon- 
nerie) et y mettre 5 bouches de fer, '.) courroies de cuir 



neufves, 8 goussez, 7 fons neufs et pour ressarcher et poisser 
lesd. barilz, 41. 7 s. p. — Colin de Chaumes pour 7 bandes 
de fer, renouer 3 bandes vieilles et pour cymenteri barilz... 
26 s. p. (1). D'arcq, Cptes de l'hôtel, p. '69 et 70.) 




Iip. de Louis XI. — Lépreux. Srulplure du rhiitre de 
Cadouin (Dordoiine). 



1391. — Pour avoir rappareillié el misa point un baril 
d'argent à mettre moustarde pour le roy, c'est assavoir 
refai't la bosse et fermant dud. baril. (3* Cpte roy. de 
Ch. Poupart, f 79.) 

1396. — Pour avoir fait 2 grans barriz d'argent blanc 
liez chascun de 4 bandes d'argent blanc en manière de scr- 
ceaulx, pendaus chascun à 2 anneaulx el fermans chascun 
à un estoupillon fait à viz et pend à une chaiene et signez 
cbascun en la pense à un escu hachié à 3 fleurs de liz — 
pes. 83 m. 6 0. 5 est. d'argent blanc au pris de 109 s. p. 
le marc, valent 456 I. 11 s. p... pour porter l'eaue de l'es- 
chançonnerie. (S' Cpte duméme, f 59 v".) 

1416. — N° 392. Un baril de bois tout à euvre de Damas 
ouvré d'argent doré dont les 2 fons sont d'yvoire à ymages 
enlevés, séant sur 5 angels d'yvoire chacun tenant un dou- 
blet, et y a une ceinture azurée clouée de doux de sem- 
blable euvre. Pesant tout ensemble 5 m. une once et demie, 
25 1. t. 

N"'900fci.«. Un barrit de pourfire de r.omme garni de 
cuivre, 4 1. 10 s. [Inv. du duc de Berrij.) 

1499. — Un grand baril d'or émaillé àgodrons (girones) 
plein de musc. Il a 2 anses et un bouchon . (Joyaux de Mar- 
guerite d'Autriche, cit. Davillier, Rech. s. l'orfèvr. en 
Espagne, p. 139.) 

1568. — Leur salive (des lépreux) est vénéneuse en son 
espèce ainsi que la bave du chien enragé est en la sienne. 
Pour ceste cause les magistrats leur enjoignent ne boire 
qu'en leur baril. (A. Paré, Chirurgie, 1. 22, c. 8.) 

1568. — Ce ladre Itiydit... qu'il scavoit contrefaire 
plusieurs maladies et qu'il n'en avoit jamais trouvé de plus 
grand revenu que de contrefaire le ladre ; alors fut condamné 
d'avoir le fouet par trois divers samedis .ayant son baril 
pendu au col devant sa poitrine et ses cliquettes derrière 
son dos. (W., 1. 19, c. 23.) 

BARILLET et barisel. — Diminutifs de baril. 

1315. — Un baudré de cerf ouvre de soie, 2 barisiaus 
du cyprès, iinv. de Ma haut d'Artois, f" 44.) 

V. 1400. — 2 barilletz d'or à mectre triade, — Bbaril- 
letz d'argent doré à mectre eaue rose, — ung harillct d'ar- 
gent blanc pour mectre eaue benoiste, — ung barillet de 
cristal garny d'argent doré. llnv. royal alphalièligue.) 

1416. — N" 241.4petis barillcz d'argent dorez à mectre 
eaue rose, pesant 2 m. 1 o. 5 est. (Inr. du duc de Berry.) 

1420. — N" 196. Un barillet de crislail lié de 4 bendes 
d'or et aux 2 fons dud. barillet 2 saphirs sur 2 osteaux per- 
ciez à jour esmaillez aulour de rouge cler, où est esrript 
autour de lettre blanche KAROl.rs Dr.i (;r.\ti\, et pend 
led. ]>aril .'i un tissu bleu ferré à daulphins d'or, et est l'es- 



m 



HAIUI IFT 



loupnil cliid. barillet d'un fol assis on nnc chaiorc pt un 
bonnnt on sa Icsio, une ppik dessus. Et a led. hanllct 
i picz dn t daulpliins |fault{. 

N' 054. Un polit barillet (rnr à mettre triarle, pemliint 
à une chaynclte, |ies. i o. 7 est. maille, armoJL' de l'rance. 
(hir. des jnyaulx de Charles 17.) 

BARLIÈRE. — Piùcp dp suspension, bélièrp. 

IS6S. — \ Johai; Evrard Corlier, la somme de... G 1. pour 
une iiiiuvcllo liarlièro (ju'il a l'ait pour la grosse rliiolic 
de 1 église. (Cpte de la Irésurerie de S. \Viis/ d'Arrat. 
f 53.) 

BARRACAN. harragan. — Ce tormo coiiipoi-to, sui- 
vaiil 1rs lriii|is l'I los lieux, dos accppliniis si iliversrs, 
ijiie le s(Mil rapport à olalilir pnire elles consislo 
non dans la nature, mais dans la disposition du tissu. 
J'en eonelus que presque toujours on a entendu par 
banacaii une éiolfe barrée ou rayée à ileux ou plu- 
sieurs tons. 

Uans l'origine e'étail uu liu drap de laine; aux 
XIV" cl XV» siècles on en lit des tapis niullicolores, 
velus, à courte et longue laine. IJès l'époque de 
Charles VIII, on trouve des barraeans de soie, files 
et frangés d'or. Au XVll' sièoio la soie est mélangée 
au poil de chèvre, on continue à en faire des tapis 
et aussi des manteaux d'un tissu rude et grossier. 
Plus tard enfin le harraean se range parmi les soie- 
ries non croisées à gros grain. 

1122. — Slatutum est oliam ut nulUis scarlatas aut 
barracanos vel precicisoshiirellos. . . sivcpictaquollliet]n<i(lo 
slamiiia habeal. (Slat. Cluniac, c. 18.) 

V. 1 140. — Putas ne cnjuspiam ibi lectuli npertorinm 
eatlinum aut discolnr barracaiiiis nporiobat'.' (S. lioruard, 
De vila et morib. relig., c. 9.) 

1398. — It. i tapiz veluz appelez bouguerans, l'un de 
Irèsgrant laine et l'autre de petite. {E.vécut. du tcslam. 
du (;"•</« Montpeiisler, riv°.) 

1494. — -titrans lappiz barragans, au feur de 20 esc. 
d'or couronné pièce, 110 liv. — l'our 1-2 harraj?ans fins 
contenant chascun i aulnes de long et une aulne ung tiers 
de large ou environ, au fcnr de 20 esc. d'or pièce, tiÙ 1. t. 
iCpte des ornem. dit chdt. d'Amhoi'ie, f" Il et 12.) 

1498. — It. l'ng bien granl lappiz velu dcTurc|uie pour 
servir en une grant salle. — L'ng autre grant tappiz non velu 
nommé barragan, ouvré de plusieurs couleurs, (/nr. d'Anne 
de Urelagne, :i.ï.) 

1499. — L'ng barragan de soyo qui fu donné au feu rny, 
que Dieu absolve, parMgrle cardinal de St. .Malo. {Id., li',).) 

1510. — Liig barragan turr|nin. — It. L'ng aullre barragan 
«ave à fil d'or et d'argent, {hiv. du cnrd. d'Amlmixe, 
p. 489.) 

1550. —Ung barragan de fil d'or et (le soyo pour niedre 
sur la table. 2 antres barragans de soie de plusieurs cou- 
leurs esqui'lz y a ouvraige par les 2 bouts. [Inv. du cluit. 
de Gaillon, p. 530.) 

1573. — (Les babitants de l'ilc de (l/Tbi) viri leguntur 
pallis qn.n boracanos vnlgo vii.-anl, ex illa lana iqiere 
sericeo limbriatis. (Aug. de Thon, llislor., 1. 21, p. 7t)5.) 

1583. — l'ng petit lappis desoycquiest nommé barra- 
gan. — 2 aultres tappis de table nommés barragan de 
coulleur nrrangéet vert.— It. Ung lappis de table et gar- 
niture de 2 chaises, qui sont de barragan d'or frangé. 
(Inv. du cliàt. deJoinville, (<" 9 et 12 v°.) 

ISB9. — S" 385. Ung lapis baragan de sove, blanc 
et rouge de i aulnes deux tiers de long. (Inv. de Culhe- 
rine de Médias.) 

I 599. _ Un petit tapiz de barangan de Turquie, d'une 
aulne cl demie de long, 6 esc. (/iiw. de GabrieUed'Estréen, 
1^ U v.) 

1599. X» 416. Un baragan de 2 aulnes et demye de 

long doré d'iir et rie soye de couleur, prisé ô fr. 

— N° 417. It. Un autre baragan façon de Tours, de 4 aul- 
nes de long sur une aulne et ung quartier île large, de 
sayelte de plusieurs couleurs, C fr. 



N 418. Un autre petit baragan de soye de 2 aulnes de 
long ol I! quartiers de large, 2 fr. {Iiiv. dePliil. lliirault.) 

1611. — llaragant. Dutcb grogeran or valentien grogo- 
ran. (Cotgrave.) 

1641 . — Ung tappis de table do bargan d'or frangé de 
soye verte et fr.uiges d'or à 4 pauds, prisé 60 1. (Inn. du 
clidl. de Juiunlle.j 

1664. — Quelques uns (soldats on paysans arabes) vont 
tout nuils, portant seulement un baracan ou une longue 
rouvertiu'e de laine conijuc du gros cainelol dont ils 
s'enveloppent le corps en forme d'écliarpo. (K. Roger, 
/.a Terre sainte, p. 237.) 

1674. — .l'ay dissous l'alcyouiuiu, le frotlant sur un 
morrcau de drap de barracan, parce(|ue la rudesse des 
filets dud. drap peut diviser proprement les moindres 
parties dont il est composé. (Boccone, liech. et obserr., 
p. 275.) 

1690 — linuraran — on disaitantrefois Barracan. — Gros 
camelot ou estolle tissne de poil rie chèvre, qui sert à faire 
ries manteaux rie pluie, (l'uretière.) 

1723. — Barracan, on comme on le nomme à Lyon Har- 
ragun. — Espèce d'élolVe à gros grain non croisée. (Savary.) 

BARRAL, HAURAU. —Mesure de vin de trente-trois 
lilres, encore en usage dans le comtnt d'.\vignon. 

Les vasps servant de mesures-étalons pour les 
liquides affectent presque toujours la forme cylin- 
drique qui est leur caractère spécial. Un eertain 
nomhre de ces objets de bronze, du Xlir siècle et 
des siècles suivants, accusent, malgré la rigidité de 
leur galbe, une élégance qu'ils doivent aux inscrip- 
tions et aux ornenienis qui les couvrent. Kntrc les 
mains des orfèvres de la renaissance le barrait mo- 
difié dans ses contours n'a rien perdu sans doute 
au point de vue de l'art. 

I 534. — Vaisselle vermeille dorée : — A Georges Vczeler, 
marchant orfèvre demourant à Envers... pour ung grant 
baraolt à 2 anses failles à l'anlirque, atachées au canon 
dud. barraull et tout le riemourantd'icelluy barrault cysclé 
de (leurs à l'anlicque, poisanl .13 m. Mo. et demye, — • et 
ung antre pareil barrault poisant .")2m. 2 o. (/Irc/i. ./., liasse 
'JI12, pièce IG7.) 

1560. — Le simmelier doit venir avec 3 bons chevaux 
chaigez de bons instrumens pour arrnuser Icgosicr, comme 
coutn-ts, barraux. barils, nacrons et bunteillos. (Eouillnnx, 
l'éiic/ic, f'34 V*'.) 

I 566. — 2 barraulx d'argent vermeil doré gainiz cha- 
cung par le pied de 4 petis lions et d'une chayne et rie. . . 
aux quels sont les armoyries de fou madame .Marie d'Albrct. 
L'un pesant 31 marcs 2 o. et l'aultre .'il m. 7 o. apprécié 
17 1. t. le marc, 1373 1. 2 s. G rien. t. — Ung barrault 
di' cristal garny d'or et quelques pyerrorios prisé Sfl I. t. 
(Inv. du due de Nevers. p. 18 et 25.) 

1567. — Prens un barrant ou mesure de vin vieux le 
meilleur que tu pourras trouver et semblable mesiu'e de 
vin nimveau. {Déclaration des abus des inédec. à la suite 
de l'ahssg, p. 417 ) 

1576. — 13 1.4 s. t. p,ayés à Anthoine Monilloir, porte- 
barreau eu l'échançonnorie du roy, dont S. M. lui a fait 
riim pour se rolirer, étant malade. (Cptes de la cour de 
Xavarre. Itev. d'Aquitaine, t. XI, p. 383.) 

1589. — .Nous avons vendu 6 sauuu'^es moins un bar- 
rau de vin du chapitre 7 llor. et demi la saumée pour 
payer la cotte du séminaire. (André, Extr. des ms. deségl. 
de Vnucluse. — liev. des Soc. sav., 187 1', 2" som., p. 110.) 

1593. — Sur l'ouvrage des broquiers. — Les grandes 
fines .'i faire lyssive ou à estuver 5 llor. — Le barrai zas- 
serol 2 flor. {tarif du Conitat Venais.tin, p. 390.) 

BARRAQUIN. —Vase de cuisine, de capacité infé- 
rieure à ci'lle du barrai. 

1316. — 3 chaurierons de Beaucaire. Un barraquiti. 
{Inv. de Louis X, p. 179.) 

1398. — Cuisine. — 2 barrnquins ri'airain bastars. II. 
2 barroquins moyens. {E.céc. du test, du C de Montpen- 
sier. C h.) 

1494. — .leban Bnutart, marcbanl peslier demourant à 



BAS 



153 



Tours... 6 barraquins d'arain tant grans que petiz. {Cple 
(les orn. du châl. d'Amboixe, f 10.) 

BARRES. — i.c jeu des barres au moyen âge pre- 
nait rang dans les fêles publiques ; parmi les 
preuves de snn ancienneté on trouve l'explication de 
son nom qu'il doit aux lices ou barrières servant 
d'enceinte aux joueurs. 

V. 1300. — Barri sunt genus ludi, gallice barres. 
{Gloses s. /. de Garlande, ji 53.) 

1*00. — En laquelle place devoit avoir unes barres dont 
led. Jacquot estoit roy pour le jour; et pour ce avoit lors 
assemblé plusieurs gens de plusieurs villes pour veoirlesd. 
barres. (Arcli. JJ-, reg. 155, pièce 155.) 

1424. — Comme le niercredy d'après Pasques commu- 
nians dernier passé, que les compaii^nons et gens de la 
ville de Warloy avnienl fait crier et savoir aux villes d'en- 
tour que au jeu des barres, qui se devoit faire et fist led. 
merci'edi, ilz donroient à la plus belle compagnie de une 
ville et parroisse un mouton à laine. {Arcli JJ., reg. 17:!, 
pièces fi-2-J et 655.) 

1428. — Acbascun d'eulx une paire de chausses pource 
que... ils avoient rompues les leurs en jouant aux barres. 
(Cple ei(.,5Ionlcil, xiv" s., ép. 19, note 20.) 

1497. — A Chariot de Kaisse et ses compagnons, pour 
avoir tendu et deslendu les pavillons au jeu de barres qui 
se fit devant moud. Sgr, 20 s. — A sire.ielian de la Barre, 
Jehan Honsset et antres leurs compaignons, joueurs de 
barres... tant à cause du coust des prix par eulx donnés 
comme autrement. 12 1. (néjouissance à Lille. — La Fons, 
Arcli. des Soc. sar., juin 185i.) 

1517. — Aux maire et clers de ceste ville d'Amiens la 
sommedeS 1. que mesd. Sgrsont ordonné leurestre paiiée 
pour aidier à sup|iorter les frais et mises qu'ilz ont faictz 
auxjoeux des barresqu'ils ont soustenus par ordonnance de 
mesd. Srs durant le temps que le roy et la royne estoient 
en cested. ville, 8 1. {Reg. aux Optes d'Amiens. — Duse- 
vel, Ibid., mars 1861.) 

BARRIAU. — Grille du heaume. 

1285. Escus overt, estriez perdus 

Barriaux froés, hiaumes brisiez. 
(.1. Bretex, Tournois de Chauvencii, v. 1010.) 

BARROL. — Comme barrai, voy. ce mol. 

1459. — It. pour mâchonner l'estaiemenl faull 10 muids 
de caulx et 20 barrolz de savelon qui puent valoir en tout 
10 lib. (Devis de N. D. de Noyon. LaFons. —Les artistes 
du \ord, p. 15.) 

BARRUIER. — Voy. berruier. 

BAS. — Jusqu'au XYi' siècle les bas étaient faits 
d'étoffes cousues dans la longueur de la jambe avec 
pièces rapportées au pied. On en porta même de 
cette sorte jusqu'à la lîn du xvil* siècle; aujourd'hui 
encore cet usage ancien s'est conservé chez les 
religieuses Carmélites. 

Tels sont les bas de saint Dizier en lin damassé 
que possède l'église de Délémont (Suisse) ; ceux de 
Frédéric nai'berousse en satin rouge brodé d'or, 
qui ligurent parmi les ornements impériaux do 
Vienne; celui de l'abbé Ingon en drap d'or pourpre 
de Tauris, publié dans la statistique de Paris, et 
celui du musée de Cluny en baudequin vert de 
Palerme. 

Ou employait à leur confection des tissus de fil, 
(le lin, de laine, do coton et des soieries précieuses, 
lîieii que le tricot à l'aiguille fût connu dans l'anti- 
quité cl usité dès le Ml' siècle pour les gants et en 
particulier ceux des évoques, puis pour des bonnets, 
on ne paraît parait pas l'avoir ajipliqué à la fabri- 
cation dos bas avant le règne do François ^^ 

.lusqu'en 1650, date de l'invention par un serru- 
rier normand de la machine à tricoter, qui trouva 



six ans plus tard sa première application française 
au château de .Madrid près Houlogne, cette industrie 
se bornait à un travail manuel. Les bas de soie d'An- 
gleterre, de Gènes, de Jlilan cl de Naples furent 
sans rivaux jusqu'à l'établissement en France de la 
fabrique de Dourdan vers l'année 1590. Néanmoins 
en 16i4 1es bas anglais n'avaient point cessé d'être 
en vogue. Pendant la minorité de Louis XIll les 
dames chaussaient les bas de soie. Cette 'hiode 
remontait à l'époque de Henri II, bien que ce prince 
n'en ait jamais porté, au dire d'Olivier de Serres 
dont le témoignage contemporain contredit posi- 
tivement l'affirmatinn de Mézeray Les bourgeois se 
contentaient alors do bas d'eslame et n'addplèrent 
ceux de coton que postérieurement à l'année 1690. 

1527. — Des bas, — Ugn de vellous noir, de vellous 
rouge, de satin cramoysin,2 de satin brouehé d'or, de taf- 
fetas rouge, jaulne, vert et blanc et ngn de velous gris et 
d'autres aussi. {Inv. de J. de Malliard, p. 504.) 

1530. — Les hommes estoient habillez à leur mode : 
chausses psur les bas d'estamet ou sargc drapée, d'cscar- 
latte, de migraine blanc ou noir. {Gargantua, I. 1, ch. 56.) 

1557. — Pour demye aulne de serge noire de Fleu- 
rence pour faire ung bas long pour servir à un hault de ve- 
loux noir pour led. Sgr (le roi), 75 s. (Cple roy. de Julian 
de Boudeville, f 8.) 

1564. — 3 douzaines de bas de chausses marqués, — 
6 autres paires de bas de chausses de toille blanche ouvrés 
de lil d'Anfert (Anvers) ung bas de cliausses de drap gris. 
(Inv. du PuijmoUnier, f°s 150 et 153.) 

1578. — A Pierre Sénat, marchand demeurant à Laro- 
chelle, 751. 18 s. pour 3 bas de soie achetés pour le ser- 
vice du roy. — i aunes de velours pour servir à, faire un 
bas de soie en broderie, pour le roy, la broderie d'argent. 
(Cptes de lacour de Navarre. Rev. d'Àquit., t. XI, p. 381-8.) 

1582. — Bas d'estames courts do toutes couleurs. Pour 
chacune douzaine 6 s. — Bas d'estames longs, la douz. 
10 s. (Tarif d'entrée à Calais.) 

1583. — Pour 6 bas de soye, scavoir 2 blancz, 2 gris et 
2 noirs, pour servir aud. Sgr (le roi), à SI esc. pièce, 54 escus. 
(Cple roij., f 390 v».) 

1591 . — 5 bas de soie escarlate, ung gris, un coulleur 
de pain bis, ung coulleur de chamois et 2 collombins, à 
10 escuz pièce. (S" Cple roy. de P. de Lahruyere, f" 53.) 

1593. — Bas de soye de Milan à rouler, 30 llorins. 
Bas de Nnples et de Gènes à routier, 20 flor. (Tarif du 
Comtat Venaissin, p. 381.) 

1 593. — La façon d'ung paire de bas, 5 s. ({bid., p. 383.) 

1593. — Pour 10 paires de bas de soie assavoir : 2 noirs, 

ung gris argenté, ung gris violan, ung de fucille morte, 

ung gris brun, ung coulleur de chair, ung de pain bis et 

ung incaruadin, à 12 escus paire, 120 esc. (Cple roy.) 

1595. — 2 paires de bas de soie savoir: un gris pour 
rouller et ung noir pour attacher, 22 esc. (.5" Cple 
roy. de P. de Labruyére, P 33.) 

1597. — Qu'on prenne exemple aux bas de soye qui 
vieniHMit tous les ans en Fratu-e, il se ti'oiivera plus de 
50,(i00 personnes qui en portent, plustot moitié davantage 
que moins. Quand ils ne cousteroient que i escus l'un 
portant l'autre et chacun on peut user i paires par an.. 

Autre exemple, en la ville de Dourdant qui depuis 
quelques années se sont accoustumez à faire bas de soye, 
bas d'estame et les font aujourd'hui aiissy bons et atissy 
beaux que ceux qui viennent d'Italie et Angleterre. (Laf- 
femas. Projet de règlement général, ap. Lelier, t. XIX, 
p. 531 et 537.) 

1600. — Semblable modestie se remarque du roy 
Henry second, n'ayant jamais voulu porter bas de soye 
encore que de son temps l'usage eu fut ja reçeu en 
France, (t)liv. de Serres, I. 5, ch. 15.) 

V. 1600. — Lance: Qu'a-t-elle besoin de dot la femme 
qui sait tricoter des bas à son mari. (Shakspeare, Les 
deux gentilshommes de Vérone, ad. III, se. 1.) 

1603. — Les commissaires... sont d'avis : 1° qu'il ne 



Il'l 



l!AS 



sera loisible à personne quelconque de faire aucun bas de 
soye, sinon de la plus fine sojc, sans y employer dos 
moyennes ni des muindres... 

:i" Que le grand bas de soye de couleur qui aurait 3 quarts 
et dcniyde longueur ou environ, servant à attacher, poise- 
roit 8'/2 ou 8 onces pour le moing, cl les noirs 10 onces 
ou 9'/2 onces pour le moing. 

3° Que ceulx de couleur, pour Tusage des liomnies, qui 
auront ^^ ou environ de longueur et exrédoront - ^ pour le 
moing puiseront G 'j, onces ou 6 onces du moing, et les noirs 
de mime longueur puiseront 8 onces on 7' j onces pour 
le moing. 

•i" Les bas de couleur de -^ ou environ, pouven qu'ils 
excèdent' io, poiseront 5' o onces pour le nioiug et les imirs 
de mesme longueur 7 onces ou G ','2 onces pour le nmiiig. 

'<' Les bas <ie couleur de ' i aulne de long mi riiviion 
poiseront de 4- onces A i ' j onces, les noirs de uicsine 
longueur 5 onces à ."> '/o onces. 

()• Ceulx de couleur de moindre longueur que '/•, aulne 
servant à l'usage des lemnics poiseront 3'/3 onces cl les 
noirs t onces pour le moing. 

7" Et pour ceulx des enfants, seront proportionne?, du 
poids à la longueur et selon ce qui est cy-dessus spécifié, 
tant pour lesd. poids que longueurs. 

8" Tons les quels bas de soye seront si bien brochés et 
uniment façonnés d'une mesme soye toute fine, qu'après 
avoir passé par le cizeau et qu'ils seront enfermez on n'y 
puisse cognoislre ni appercevoir aucun 111 coup|ié ni aullre 
ileffaut ou inesgalité de soye... Et pour les bas (['estaine 
tous ouvriers seront lenuz les lairc de mère-laine de 3 lllz 
pour le moing, d'un mesme fil et bouts depuis un fil 
jusques à l'aullre, tant pour la longueur que largeur, soit 
à l'usage des hommes et femmes on de petits enfans. 
(Ml/). (tuCovsei' du commerce. Docum. inml., métayiges, 
I" sér., t. IV, p. 18G.) 

1613. Ainsi qu'un qui voudroit en la salle d'un grand 
Avec un bas de drap tenir le premier rang. 
Ou bien qui oseroit avec un bas d'estame 
En quelque bal public carresser une dame; 
Car il faut maintenant, qui vent se faire voir 
Aux jambes aussi bien qu'ailleurs la soye avoir 
Et de large tafias la jartière parée 

A leur bas l'une et l'autre aime fort l'incarna 
La bourgeoise l'cstaine, et si la dame n'a 
Sur les jambes la soye, elle n'est pas parée. 
(Discours nouv. s. la mode, p. 8 et 17.) 

I63S. — La duché d'Estampes et le pays de Donrdan 
est reiiqdy d'un nombre infiny de personnes qui s'occu- 
pent jïurnelleinenl de mieux en mieux à travailler en bas 
de soye et d'estame, dont la plus grande partie surpassent 
ceux de Milan, de Gènes, d'Angleterre et autres lieux. 
{Soiir. réqlem. s. les marchandises. — td. Fournier, Variétés 
liislor. eiti't., t. 111, p. lil.) 

1644. — Ceux qui seront rn bas de soye n'.iuront pas 
il'autres bas i|iie d'.Vngl"(iMTC. {Les lois de lu ijalanterie 
franc., cit. Ijuicherat, llisl. du cosl., p. 19.ï.) 

I68S. — Mémoire des hardes et meubles appnrtenans 
au Sr Ch' Chauinont ambassadeur pourleroy au royaume 
de Siam, 10 paires de bas de toiUe. {lieg. des ordres du 
roi, Arch. de la marine.) 

1690. — Estame, lainetricoltéc avec des aiguilles, dont 
on fait des bas d'estame, des gands, des chemisettes, des 
bonnets, etc. 

On fait des bas de laine et de soye à l'aiguille, ce qu'on 
appelle tricoter, et des bas au mestier par une très belle 
machine que l'on a apportée depuis peu d'Angleterre. 
(Furetièrc.) 

I 723. — On appelle bas d'estame des bas qui se font 
avec du fil de laine très tord que l'on nomme lil d'estame 
ou m d'estain. Ces sortes de bas sont foit ras, n'ayant 
point été tirés avec le chardon... 

II seroit difficile de pouvoir précisément dire à qui l'on 
doit l'iovention du tricot ; cependant quelques-uns pré- 
tendent que ce soit aux Ecossais, fondez sur ce que les 
premiers ouvrages au tricot qui se sont vus en France ve- 
noient d'Ecosse... 

Il y aà Paris une communauté assez considérable d'ou- 
vriers de ce métier établis dans les fauxbourgs, dont les 
statuts sont du 1G aoiM 15^7. (Savary, Dict. du comm.) 

BASANE. — Le médiocre produit que donne la 
peau lie infiiiloii laiinép en a Innjnurs ro=trpint 



l'usage. i\'t'amiiuins dans l'application de la hasane 
à la cluiussurp on (lislinp:iiait la qnalilé de eortnines 
provenances parmi lesquelles ligurenl la Champagne, 
l'Auvergne, la Provence et l'Espagne. 

V. 1300. Li cuisins(du mouton) a moult grant mestier 
On la porte au méjoicier. 
Oui moult bien en set sou prcu traire 
Que il en fait gaines faire, 
Ganz et borses à deniers mètre. 

(Le ditdu bochiers. — Jubiual, Lett. an direct, de l'ar- 
tiste, 27.) 

1317. — .\rt. 1... que mils diid. mestier iie pociil 
vendre un soulcrs de bazane plus haut que 8 deu. tour- 
nois. — -. (^iic l'on ne puisse vendre un lioussiaiis de 
hasanue à homme plus haut que 2 sols I. ne cstivaus de 
hazane à femme ipi'à IG deii. t. au plus haut. — 4. 11. Eu 
solliers decoriloan on ne peut mettre joincliire de bazenne. 
{Stat. des cordonniers île Troi/es. Ordonn. des rois.l. XII, 
p. .l;!l.) 

1345. — Que en tous estivaux où il ar.i ciiissenx de 
vai|ue, que le basane soit d'Ks|>aigiie nu de Ciianqiaigne, 
car anitre basane est fanise oeuvre. (Slal. des cord. 
d'Amiens, llisl. du tiers état, t. I, p. 517.) 

1 350. — Nuls ouvriers et faiseurs de souliers de bazanne 
à Paris ou es fauxbourgs ou en autres villes de la prévosté, 
vicomte et ressort d'icellc, ne pourra mettre en œuvre 
ne faire souliers de peaux de mouton ou de brebis ou 
de chien tanné iie les vendre, mais tant seulement de 
bazanne d'Auvergne et de Provence bonne et fine. (Ordovii. 
du roi Jehan. liée, des ordonn.,l. II, p. 3GG.) 

XlVo s. — Art. 5, Que quiconques fera canchiers de ha- 
senne, il y mèche semelles ronges et les vende à par ans, 
ou aveques viese œuvre. (Stat. des cord. d'Abheville, 
confirmés en IJSlI. Ilist. du tiers état, t. IV, p. ii2.) 

1469. — Il appartient an voyer de faire cueillir de 
chacun bazannier qui vendent petits soldiez ih-vaiit les 
dégrez de la mercerie... 12 deniers. fFélibim. l'r. de 
l'hist. de Paris, t. IV, p. 310.) 



BASCHOLE. 



Auffp. 



1384. — Pour a bascholes... pour porter le mortier auz 
l'riiidemens des pilliers de la salle, G. s. [Cpte des hôtim. 
du duc de nerrij à Hiom, f 30.) 

BASDE. — Drap de laine, espèce de revèelie. 
flanelle commune fort usitée en Espagne oi'i elle 
portait le nom de Baetas. 

1453. — r> basdes ronges 7 1/2 escus la pièce, valent 
37 esc. {Vente des biens de Jacques Cœur, f 33G v".) 

BASILIC. — Pièce d'artillerie de très fort calibre 
et moins allongée que la enulevrine. 

Senfftenberg, commandant de l'artilleriedc Dantzig 
vers 1570, dans un volumineux manuscrit re- 
latif à cet art, divise en dix genres les bouches à 
feu liruiil des boulels pleins en fonte de fer. Le l)a- 
silic tirant ()(i livres n'occupe que le second rang; 
il est précédé d'un canon tirant ili livres. Ces di.x 
genres sont : canon, 9il. ; basilic, G6; chanleusi>,50; 
rossignol, i(i; quartana, ;î"2 ; coulevrine, "10; serpen- 
tine, 1"2 ; fauconneau , 9 ; quart de coulevrine, .j ; fau- 
conneau, 3; petit canon, I. Les six derniers sonl 
des pièces ;'i longue volée. 

1560. — Des anciens qui appelloient ces grands et 
esponvantables instrumcns liombarhes, et un long temps 
après furent nommez Basilics, d'autres les appelloient 
Passe-volants et les plus modernes les nomment Arque- 
bus. (Riringiiccio, Pyrotechnie, 1. 6, p. 102.) 

1616. — Là furent gagnées plusieurs choses remar- 
quables comme des basilics de divers calibres jusqu'à 
80 livres de balles. (D'Aubigné, Uist., I. 1, p. 24G.) 

1624. — Il y a 2 basiliques en chacun de ces chas- 
teaux (des Dardanelles) qui porte nnze cent livres de 
balles de pierre et faut cent septante cinq livres de poudre 
pour les charger. (Des Hayes, Voij. riv Levimt, p. 3S0.) 

1635. — Ilfisilisque. — Pièce d'artill.'rie du pins grand 



BASTEAUX 



125 



qualibie, porliint un pied de bouche, qu'où ue cliai'rie pas 
i'S cliauis à cause de sa pesanteur. (Monet.) 

BASQUE. — Corsage de robe serré à la taille, en 
forme de corset. 

1532. — Une basque de satin cramoisi rouge où souUoit 
avoir une broderie d'or traict qui a été hostee pour l'an- 
trée de Itouan. Plus 2 vertugulles de taffetas gris. Une 
autre vertugalle de toille dor incarnat. {Ihv. de la garde- 
robe de la reine, ^219.) 

BASSE-TAILLE. — Sculpture ou ciselure de bas- 
relief. 

1 542. — Chœur de N. D. de Chartres. — L'histoire de la 
fuytte de l'Egypte qui sera de basse taille et à demie 
bosse comme celui de la nativité 'Nostre Seigneur {Arcli. 
de l'art fraiiij., t. IV, p. :i83.) 

1560. — Ung tableau de veloux noir fermant en forme 
d'heures dans lequel y a ung Jhs résuscité et une Notre 
Dame de peinture et au dessus ii ymaiges de bastaille, l'une 
d'un Uieu sortant du tombeau et l'autre d'une figure de 
Pentliecoste. L'entour dud. tableau garny d'or. Estimé 
60 esc. 

It. Ung autre cotfre d'argent doré enrichy d'esniail de 
bastaille et de boutons d'émail de plicque, pesant 7 m. 
6 0., estimé 62 esc. (/ni', de François II, art. 66 et 89.) 

BASSET. — Escabeau, tabouret do forme basse 
comme le placet. Voy. ce mot. 

1330. — -2 couvertures de let, un bassoiet, un banc, 
une table, '2 fournies. (Tif. de Fontevrault. Arch. de Maine- 
el-Loire.) 





Efi. dc- Louis XI. — Basset avec revers de frise. 
Coll. Delannoy. 



1471. — Ung petit basset en forme d'escabeau sur le 
quel escript Berthelemy. — Ung petit basset à pié sur le 
quel a ung eschiquier pour jouer aux eschiecz. {Iiiv. du 
roi René à Angers, f» 2 et 5.) 

BASSINNA (ÉTOFFES DE. — 1153. — Bassinna, ville 

peu ^llll^ll^ raljle mais populeuse, distante d'une journée 
de Sous. On y travaille de riches étoffes aijisi que des 
voiles de femmes qui sont connus partout. Le nom de Bas- 
sinna est brodé en toutes lettres sur les lisières de Ices 
tissus. (Géogr. d'Edrisi, t. I, p. 'iSi.) 



BASSINET. — Capsule intérieure d'un linile-par- 
fums . 

1529. — 2 cassoUettes de cuivre, l'une grande et 
l'autre moyenne, ouvrées assavoir, la grande à fueillaiges 
moresques et la moyenne semée de fleurs de liz, garnie 
(le leurs bassinetz et dorées d'or bruni et d'or mat., 61 I. 
10 s. {Cple des menus plaisirs du roi, f» 47.) 

BASSINOIRE. — En usage dès le .W- siècle et peut- 
être avant, la bassinoire était une pièce de chau- 
dronnerie plus ornée que n'est le même objet dans 
la fabrication moderne. Quelques spécimens anciens 
se sont conservés; mais le travail de l'orfèvre appli- 
qué à cet ustensile n'est plus qu'un souvenir; il 
importe néanmoins d'en faire mention. 

1454. — Jaquin Leiong, maignan suivant la cour, pour 
une bacinouère d'arin à baoiner litz et une paelle d'arain à 
faire empoix pour le service de lad. dame (la reine), 62 s. 
6 den. (l" Cple de J. Bochelel, argenterie de la reine, 
f» 108.) 

1480. — Pour une bassinoelle pour bassiner le lit dud. 
Sgr (Louis XI), 30 s. t. (D. d'Arcq, Cples de l'hôtel, 
p. 387.) 

1501. — Deux pages tenant 2 torches portèrent... le 
linge avec les réchaufoners du lit, bassinoires et autres 
choses servans à lad. chambre, le tout d'argent. {Récep- 
tion à Blois de l'archiduch. d'Autrielie. Cérem. franc., 
t. II, p. 731.) 

1514. — Une bassinouère d'errain à queue de fer. Prisée 
6 s. p. (Inv. de Guy Arbaleste, f" 3.) 

1557. — Pour une bassinoire d'argent puisant 6 m. 5 o., 
132 I. 10 s. Pour le manche de lad. bassinoire tourné en 
bouys en façon de coulonne, 20 s. (Cpte roy.de .Iulian de 
Boudeville, i' 4.) 

1561. — N° 58. Une bassynouère d'argent. (Inv. du 
chat, de Pau.) 

1578. — Une bassinoire d'argent bien ouvré à la 
façon d'Espagne, pes. XI m. x est. Ilnv. de Philippe II, 
f" 103.) 

BÂST. — Ebatlement, aubade donnée aux mariés 
la première nuit de leurs noces. 

1424. — Comme led. Corbin de la parroisse de Ste- 
Croix de Bernay s'en alloit, enconlra un sien compère... 
ipii lui dit qu'il retourneroit avec lui et qu'ils iroient 
chanter le bast que on a accoustumé de chanter and. pais 
la première nuvt des nopces. (Lett. de Henri VI, très, des 
ch., reg. 172, pièce 621.) 



.\ppareil de soutien en 



BASTARD, BASTARDE. 

charpente, batardeau. 

1399. — Pour la réparation du bastard qui est rompu 
es fussez de la ville de Beaune. (Preuves de l'hist. de 
Bourg, f. 111,1'. 112 v».) 

I 633. — A esté ordonné... que l'on melira une bastarde 
neut've au lien de celle qui souslient la cloche appellée le 
tcrtial. (Visite de l'égl. de BéMrs. Arch. des Soc. sav.) 



Petit couteau auxiliaire de la 
nséré avec elle dans la mém<! 



BASTARDEAU. 

dague et souvciil 
gaine. 

1386. - Un petit coustel bastardeau. (Arch.JJ., rcg. 12'J, 
pièce o6.) 

1416. — Icellui prestre tira un coustel bastart qu'il 
avoit à sasainture {Ibid., reg. 109, p. Ul.) 

1456. — Icellui Jaquet lira le bastardeau de sa dague 
et vint contre le suppliant. (Ibid., reg. 183, p. 205.) 

BASTEAUX. — Tours de souplesse, travail de ha- 
lelrur el lout objet servant à l'exercice de ce métier. 

XMi s. Ge sai joer des basteax. 
Si sai joer des costeax 
Et de la corde et de la fonde. 
(Les 2 trouvères ribaui. — Noies de Hulebeuf, t. 1, 

|i. 3-10.) 

1354. — Jehan Dubois, ménestrel de bateaux qui joua 



1-JG 



BASTEAL'X 



(levant le roy eu voiiuiil de l'ubbayic de Chartup à llédin, 
lôs. |i. (Sauvai, (^ptes de la prévoie, t. III, p. 5U0.) 

1408. — Comme Péiinel Saiisoii, joueur de baleaus..., 
en sa comna^iiie sa fenime, oniraiis, ua ours, uu cheval 
et une clni'MC, à tiom|ics cl labours l'ust assemblé le 
peuple après diner pour le vcoir jouer de son nicsllcr cl 
de sesd. besles. (.lic/i. JJ., rej;. lOi, pièce 175.) 

1415. — liaiilc à un joueur de basteaux uoinmd Ma- 
lliieu Lesluvpur, qui avoitjoué devant lad. dame au l'Iessis 
l'ii|uel le I" jour de juillet, 1 esc. val. i% s. [Cplf d'ha- 
beau de Bavière, p. b37.i 

1462. — II. De chacun batelleur jouant de baleaulx, 
passant par devant led. prieuré doivent un;; tour de leur 
luestier. {Trépas du prieuré île la Madeleine au ponl 
de yaiites, I. III, p. ÏOi.) 

1497. — liateleur j.uioyt devant les lois, metloit plain sa 
bouche iraliîuillcs et faisoit semblant de les menger, ce 
ipic les fols crojcnt vcritablemenl, et par ccsluy seul 
enchanteur, joueur de bateaux ou autrement sont unités 
tous autres qui se meslcut de telles folies. (La nef des fols, 
f ilO.) 

BAT DE VAISSELLE. -Coiiiiiif les lils, la UmiIuiv 
rtos cliaiiilircs il la plnparl des objets moliiliers, la 
vaisselle prenait place dans les cliariuts de voya^je 
et le plus souvciil sur le dos des souiniicrs. Des biils 
à eoiii|)artiuieiits servaient à cet usage. Celui que 
nous dounoiis ici ligure en 1570 parmi les bagues 
dont le cuisinier du pape Pie V disposait pour les 
transports de l'argenterie. 




1570. — D'après Barlolomeo Scappi, pi. 17. 

1497. — Pour ung bast de vaisselle couvert de cuir 
rouge ou quel y a 7 estuiz garnis de scrreures et clefz, 
pour mettre tasses, llascons, esguières et autres vaisselles. 
Led. bast garny d'un harnois de cuir rouge, de sangles et 
de 6 escussons de léton doré aux armes de France assiz, 
c'est assavoir, i devant, i derrière et t aux "i costez, 
\ô liv. (Cple de iecune du roi, f" 17.) 

BATEAU DE PLAISANCE. —Les euibarcalions de 
plaisance compurlaicnt sous leurs abris un luxe 
qu'on trouve plus lard appliqué aux gondoles de 
Venise. 

1380. — N' 3.593. Une chambre de tartaire vert pour 
le balel du roy, contenant ciel, dossier, coullepoinle cl 
courtines closes doubles de tartaire. 

N" 37 IS. Ung lappiz sur champ vermeil ouvré à une 
tour, à dains et à bisches, pour nieclre sur le bateau du 
roy. 

N° 3864. La courtine d'un batcl qui est d'un costé à 
(leurs de lys de broderie et d'autre costé de samit semé de 
fleurs de lys et bordé d'escarlate. 

X' 3S6.Î. Le tri^f dud. balel qui est de toillc noire, 
{liiv. de Charles V.) 

1385. — A Colas de Uochereon, charpcnlier de grous- 
serie, pour avoir fait el accompli ung grant bateau que 
MdS. avoit ordcnéc auprès de son chastcl de Poitiers, 
180 I. 

A Arnol Athenon, ymagcr, pour avoir fait en la marsère 



du grant balel... 1 représentacions d'angcioz cl une grant 
leste de ccrl' pour la lence du balel, 21 1. {Cple des liai. 
du duc de Herrij à Poitiers, t- 38 v°.) 

BATEILLERESSE (PORTE. — Porle lorliliée avec 
(l'Ole el niacliicoulis. 

1360. — Un tabernacle fait en manière d'un chastcl à 
double murs cranelcz, el a en ycclui es premiers nuns, 
2 portes baleilleresses et 2 tournelles de cristal, (/iir. de 
Louis dWiijou, n°8.) 

BATEL. Ilaltaiit de cloclie. 

1360. De la cliic(|i[e qui list la niocion 
Fut le baleaulx destachiez. 
(K. Deschanips, l'oés. nis., 1" III.) 
1449. — II. Au ball'clcur de lad. église pour hallclor 
les clociiues... 2 s. (Sliil. des merciers d'Arras.) 

1530. — N"2;jl. Une petite cloche de pierre verde pra- 
sine, garnie d'(U- el le balel garny de petites turquoises 
ayant au bout niig oiselet el une mouche, pes. 2 o. (Iiiv. 
de Charles-Quiiil, f> 7'JO.) 

BATISCHE. — La vaisselle d't'tain (JlanI fabriquée 
en niélal couli' et non battu comme l'est celle de 
cuivre et d'argent, l'épitlièle de batisclie ne semble 
dcvoii' s'appliipier qu'à une ornementalion estampée 
ou poiiK.onnée après l'opéralioii de la foule. Ne pou- 
vant, par le dessin, rendre compte de celle dislinc- 
lion, je me conlenle de signaler une tasse à vin du 
XVP' siècle que je ])Ossède et dont les analogues doi- 
vent se rencontrer fréquemment. 

1433. — Un plat b;itisch. — 15 grandes escuyelles d'es- 
laing bastichcs, 12 autres plus petites ossi hastichcs. 

1451. — 2 grans plas bâtis et G autres petis de pi^titte 
ensengne. {ArcU. de Valencieiines. Oocuiii. cit. La Fons, 
L'intermédiaire, 1806, col. 325.) 

BATISTE. — La fine toile que l'on cuiinail el sur 
la(|uellc se brodaient, pour les chemises, des orne- 
ments en or et en couleurs. 

1536. — Pour la façon de 3 douzaines de chemises de 
toille de baptiste faictes à haulz colletz, ouvrées de fil 
d'or et de soye (pour le roi), à 7 1. t. pièce. [C/ite roy. de 
l\ic. de Trotjes, t- 8 v°.) 

BATON. — La crainte de multiplier les hypothèses 
rend fort difficile le classement des nombreux textes 
où cet objet est décrit sans désignation d'emploi. 
L'embarras devient parliculièremcnt sensible en 
face des taus, potences ou l)àlons de Saint-Anloine, 
dont la décoration peut dans certains cas luire con- 
fondre ces pièces avec les insignes réels de l'inves- 
titure et de la juridiction abbatiales. 

Au moyeu iigc comme dans les temps modernes, 
le bâton acte le compagnon de la marche et l'appui 
de la faiblesse; la potence a servi de canne, de 
crosse d'évêque et d'abbé, de bâton de chantre, et a 
fait en s'allongeanl l'office de béquille. Après avoir 
indiqué quelques variétés de la première espèce, 
nous suivrons dans l'ordre alphabétique celles que 
leur usage a consacrées sous des noms spéciaux. 

1288. Si virent loing venir trolanl 
Encontr'ens .1. vallel à pié 
i ... En sa main porte .i. bastoncel 

' De couleurs el d'or Irop bien paiiil. 

[ lAmadasei li/ome, v. 1G7G.) 

1380. — N" 1901. Ung petit baslonnet de ybeniis 
I garny d'argent à faire nu coupple à chiens. 

>'°'2077. Ung long haston i costes semé de fleurs de liz 
d'argent â nng lyoïi dessus. 

N" 2079. Ung petit baslon d'ivire blanc ouvré i petitz 
arbreeeanx. 

N''2I5I. 3 baslonez de cèdre garniz d'or esin.iillcz aux 
armes de la mère du roy. 



liATUiN' 



]"27 



N° 2455. 2 basions de cèdro garniz d'or à i pommeaux 
rons où en l'un a armes de Franco et en l'autre de Mgr 
ledaulphin. 

N" 2i56. Ung autre baston cscliiqueté et ung lyou dessus. 

N" 2457. 2 basions de bois ouvrez à lyons dessus. 




XV» s. — Bronze. Coll. de Vaut. 



N" 2901. IJng petit baston de lignum aloès garny d'or 
aux armes de la royne Jeliaane de Bourbon. {Inv. de 
Charles V.) 

1420. — Ung longuet baston tortillé, d'y voire à un ours 
dessus emmuzelé aune ehainsne pendant d'or, au bout de 
la quelle a une perle. (Inv. de Philippe le Bon.) 

1420. — N° 189. Un baston couvert de cuir, en façon 
de la corne d'une lycorne, garny au gros bout d'argent 
et un annelet. (Inv. des joyaux de Charles VI.) 

1455. — A Raoulin Delarue, marchant de Paris sui- 
vant la cour, 3'2 s. d. pour ung baston d'ivoire fait au 
tour, de environ un pie et demi de long, donné par lad. 
dame (la reine) à mademoiselle de Caucourt. {Argenterie 
de la reine, 1" Cpte de J. Bochetel, f» 105.) 

1467. — 4 bastons de verre fondu l'un plus grant qiie 
l'autre, llnv. de Charles le Téméraire, t. Il, p. 141.) 

1471 . — Ung bâton à porter à la main au bot du quel 
a une poniéte d'ambre. (Inv. du roi René o Angers, 
f 1 v".) 





XIII» et XV'' s. — Coll. de Vaut. 



Ung baston noir à porter en la main qui est fait et rou- 
vert de paste de bonnes senteurs, ouvré tout au long, et 
a une pomecle au bout du liault et à bas ung petit clou 
de fer. 

Ung baston de blanc boys à porter à la main ou quel a 
au bout une grosse paleno'slrc d'ambre. {Ilii.il., 1" •2-2.) 

Ung baston en la main couvert de plumes do paon, 
ferré au bout. [Ibid., t 25.) 



1614. — Un baston noir à pointe ayant au dessus un 
pommeau doré dans le quel est un cadrant et une escrip- 
toirc, le tout doré avec le bout de dessoub de mesme. 

Un autre baston de boisnoircy,à l'un des boutz duquel 
y a une pomme servant de moulin et à l'entuur un bas 
noir attaché avec doux blancs. {Inv. du C-' de Salin.) 

1626. — Un baston de bois de Brésil, garny d'yvoire 
par hault et de cuivre doré. {Inv. de S. D. de Paris, 
V 4.) 

I!.\TOX DWBBÉ, potence, t.\u. — On croit géné- 
ralement que la férule ou potence, qui est restée 
jusqu'au xi" siècle la forme la plus ordinaire du 
bâton pastoral, a servi plus tard à distinguer et à 
consacrer le pouvoir et les privilèges des abbés. 
Cette règle, si elle a existé eu Occident, esl au moins 
très fertile en e.\ceptious. Le tau est bien encore j)orté 
aujourd'hui devant le patriarche de Coustantinople, 
mais dès le V» siècle, dans l'église et hors de l'église, 
il a été affecté à des usages très divers. 







Bdtun de S. Servais, conservé dans Vétjlise de ce nom 
à Maestricht. D'après Fr. Bock. 

1317. — Baillé à mad. dame (la reine) le 17* jour de 
janvier 4 dyaspres blans que elle donna à St Antoigne 
de lèz Paris quant elle rendi le baston. {Cpte de Geoffroi 
de Fleury,p. 8.) 

1380. — N" 1781. Un baston appelé le baston au lyon, 
est fait en manière de potence, dont les "2 sont d'yvire 
blanc, les 2 d'ybène et les "2 autres de cyprès, et a au 
bout dud. baston une pointe d'argent couronnée et 
verre . 

N' lyOl. Un baston d'argent en manière de potence à 
2 testes de lyon, tout semé au lojig de brandies de clicsne 
et tout couvert d'argent. 

N" 3892 . Un baston tuers en manière de potence dont 
la poignée est d'un lyon couchant assis sur 4 oyseaulx 
eslranges. {Inv. de Charlex V.) 



128 



liATOM 



I4O3. — A Hairiieliti. paiiitrc dciuoiiiMiit à l'aris pour 
un Laslou ilc Sanit Antlioiiie qu'il a fait pnur la rojiie ft 
par son coiiinianiloineul. 6t s. p. (Aigeiiterte de la reine, 
1" Cpte de J. Leblanc, f 3i) v". l 

1422. — Uue potoiice il'aigL'nt, la (|uellc est garnie 
d'un haslon île bois par dedans, et est lad. poluncc pour 
soustenir un koniuie mal disposez. (Cpte de liegiuiull 
Doriac, p. iOO.) 

1538. — Un^ bastou de boys noir garnv d'ivyre ser- 
vant de croci" pour l'abbé di; S. Victur et autres à leurs 
réceptions. (Inv. de A'. IJ. de l^aris, f' Il v".) 

1545. — (Le même) un;; baston noir servant de croce 
pour l'abbé de S. Victor et autres religieux et religieuses 
(l'inv. de I.577 ajoute : ilu diocèse de Paris) à leurs ré- 
ceptions. {Ihid., fii.) 

BATON ^ARME). — Dans le sens très élendu do ce 
mot appliqué aux armes, il faut comprendre celles 
de jet et d'hast, aussi bien que les pièces d'artillerie 
et de niousquetcrie cnfustées. C'est encore un terme 
de pyrotechnie. 

1480. — Si leur furent présentés leurs basions, c'est 
assavoir les lances et les espées. (01. de la Marclic, Un 
tournoi à Gand, p. tiS.) 

1498. — Le roy avoit bonne artillerie sur la muraille 
de Pans, qui tira plusieurs coups jusques à noslre ost, 
qui est grand cliose, car il y a i lieues; mais je iroy bien 
que l'on avoit levé aux basions le nez bien liault. (Com- 
mynes, SIém., l, XI.) 

V. 1500. Voulges dars et picques 

Artillerie et tous basions de guerre. 
(J. Marot, Koy. de Gênes, v. l'I.) 

IS06. — It. S'il advient que l'undcsd. basions 
rompe, tant lances, épées, haches et courtes dagues, in- 
continent leur en sera présenté d'autres. (L'empt ime de 
cheialier sauvage, ap. la Colombière, Science héroiiiue 
p. I.IG.) 

1564. — Ung baston à i bouts, i s, G d. {Iiw. du 
l'iiijiniihnier, 1° '250.) 

V. 1570. — Il fut tué de la main d'un paysan qui luy 
tira une ari|uebusadc de derrière un buisson. Voyez quel 
malheur qu'un grand capitaine meure de la main d'un 
vilain avec son baston à feu! {Mém. de Montliic, t. I, 
p. 370. 




Ep. de Henri IV. Coll. W. lliggs. 



1614. — Un baston couvert de cuir noir d'où sortent 
3 pointes en façon de hallebardes. (Inv. de l'hôtel de 
Salin. 



V. 1670. — Les feux d'artilli^e cnnnnencèrent le soir, 
Jlr tr duc de l'oix allant des rues eut le gras de la jambe 
percé d'une fusée ou baston à l'eu. {Li'lt. de Pelisson, t. 1, 
p. .l-J.) 

lîATON BLA.NC. — Signe de commandement et de 
soumission, emblème de justice et de lu'otection, 
attribut distinctif des pestiférés. 

1400. — Jehan de Lyon à la lesle de rebelles llamans 
avilit un baston blanc à la main, comn;e un bâton de 
commandement, (Kroissart, II, p. C8.) 

1428. — Les assiégés de l'ont-Orson se rendirent 
sauve leur vie au comte de Warvicli et s'en allèrent le 
bâton blanc au poing. (Monslrelel, p. ,")"JI.) 

1450. — Ainsi renilirent celte |jlaci! d'im|iiirlance et 
s'en allèrent chacun un baston à leur p'ûng, laul le capi- 



taine ipie les 
Charles VU, p. 



mires gens d'armes. (Cluirtiei-, //(»(. de 

tm.) 

1465. Le roy si clievauchoit après 
Ainsi qvie ilil est habillé 
Ll le. cotmestable au plus près 
A tout ung b;islon blanc pelé. 
{Enlréede Charles VII àParis. Martial D'Auv. Vig., '• 1, 
p. 158.) 

1474. — Le duc a i laquais vallels. . . et doivent avoir 
Icsd. vallcts lie pied chasciin un blanc baslmi eu la main 
sans fer et fans glaive pour reculer le peuple qu'il u'ap- 
prnche du prince... il doit être reboulé par iceluy baston 
i|ui n'a point de pointe. (01. de la Marche, £/o( du duc de 
llourg., p. 29.) 

1 553. — Commande et enjoint à toutes personnes qui ont 
esté malades de peste et à tous ceux delà maison et famille 
où auront esté et seront malades lesd. personnes, qu'ils 
ayent à porîer en leur main en allant et venant... une 
verge blanche ou baston blanc. {Ordonn. des rois, t. Il, 
p. :)«::.) 

1616. .Vux cure, chapelain, médecin, baslonnicr, 
gardes et fossoyeur des pestiférés. (Cptes des pestif. Arch. 
de Douai, f' 13.) 

BATON l)K CIIANTIŒ. — L'nllrihul de In diguilé 
du j;rand chantre ou ih>s officiers préposés dans les 
cathédrales à la discipline du chonn-, ou même des 
simples choristes aux l'éles solennelles. Cet iiisi^rne, 
d'après les monuments existants, consislail en nu 
bâton de (|uatre à cinq pieds de longueur dont la 
moitié supérieure était plus ou moins ornée de tra- 
vail d'orfèvi'erie, et terminé par un poii'nieau plus 
riche à feuillages ou à sujets. 11 alléctaii aussi la 
forme d'une potence et peut eu certains cas s'assi- 
miler aux taus des .\i' et xi!' siècles dont quelques- 
uns sont parvenus jusqu'à nous. 

1343. — It. Baculus cantoris in 3 peciis argcnteis dcau- 
r.itiis i^t beue operatus cum manubrio esmailliato et porno 
de lapide camahu et ymaginibus de filiis Israël, (|ucm fecit 
esinailliari Hugo de liisoncin, eautor parisiensis, postea 
parisieiisis episcopus. (Iiiv. de A'. D. de l'aiis, f" 3.) 

1347. — It. '2 baculos de argcnto coopertos ad regen- 
dum choruni. (Inv. delà cathédrale d'Amiens, p. '260.) 

1386. — Le baston dou chantre, à 2 serpenliaux d'ar- 
gent dore/, à 2 escus des armes dnd. chantre, le baston 
argenté. (Inv. de S. Amé de Douai.) 

1438.^ Le baston du chantre de Paris en I pièces, 
bien ouvré et esinaillé, le pommcl et le baston d'argent 
doré. {Inv. de jV. D. de Paris, p. -12.) 

1460. — Nicasio de Nimaye et Egidio filio, pro baculis 
argeiUeis el deanralis ad tenendum chorum, pondérantes 
30m. 16 est., ilCl. 13s. 

Pro expense sua cundo apud Tornacum advidcndum ba- 
cula ecclesie Tornacensis, 22 s. — Pro depingendo in pa- 
piro formam baculorum apud Tornacum, 10 s. (Iloudov, 
Cptes "(le Cambrai, 193.) 

1469. — It. 3 basions et potences pour les choristes, 
couvcrs d'argent c'est assavoir, l'un arnmyé des armes 
Pierres le Watier, chantre et chanoine de chéens et es 



UATON 



129 



autres pour les demi-préLendes, ayant les manches de 
coeuvrc doré, et y a 2 évangélistes à chacune potence. 
(lue. de S. Amé de Douai.) 




13U'J. 



• Guill. de Cheneij, chantre de la cuHéijiule 
de Mortain. D'après Gaignières. 



1477. — 2 ymaiges en hois et ung lyon à niectre sur 
les basions des coristes et bedaulx le jour des Innucens, 
lesd. iniaiges dorez. (Inv. de la Collégiale de Salins, 

p. lin.) 

1488. — 11. -2 liaciili cantorie cum poniis rotundis de 
sargento (sic) et avibus superius deauratis, quibus utuntur 
domini canlores in uiagnis duplicis. (Inv. de S. Donalien 
à Bruges, p. 337.) 

1535. — l'n baston d'yvoire du quel Mr le préchantre 
se sert aux festes annuelles, ayant 10 virolles d'argent et 
le pommeau d'argent garny de ([uelques pierres de peu de 
valieur et une pomme de crystallain, auquel pommeau y a 
2 oyseaux d'argent dont les testes sont perdues. (Inv. de 
la calltéd. de Sens.) 

1538. — liC Jjaston de Mous, le chantre de l'église de 
Paris, lequel a esté l'aict de nouveau. Et y a ung iinaige de 
Nre Dame tenant son enfant en un chappitcau, et ou 
leste du chappileau est urje fleur de liz tenant à visz, le 
tout d'argent doré pesant XI marcs. 

(Le même en loi.").) — Le baston de Mons. le chantre 
fait de neuf et enrichy par dessus à la façon anticque, et 
est couvert d'argent dojé semé de fleurs de liz, pes. 
XI m. d'argent. {Inv. de X. D. de Paris, f" 11 et 23.) 

1539. — 2 baculi argentei, (]uibus utuntur domini can- 
lores in solennibiis festis; in uno illorum est imago sancte 
Trinitatis et adlinc 2 adorantium argentée deaurate;in 
allero vero imago V)rginis Marie siniililer et 2 adorantium 
argentée dcanrale, quos dédit dominus iNicholaus Bon- 
chonte eantor et canonicus hujus ecclesie A. D. 1338, et 
sunt capila eorunidem baculornm ponderis simul i m. 
G o.jipsi vero baculi cnin clavis ferreis inferius et ligno 
inlerius. Ponderis sunt 6 m. val. 10 m. (! o. (Inv. île 
S. Donatien a Hruijes, p. 337.) 

1541 . — 2 basions d'argent, ehascnn ayant sur le bout 
2 lyonchiaux tenant les arini'S de feu Ms. maistre Gilles 
Nettelet doyen. Pes. ensemble parmi le bos du dedens, 
20 m. 1 0. (Inv. de l'église de Cambrai, p. 364.) 

1573. — N° 57. Une belle fleur de lys d'argent doré 
à i fleurons sur la quelle y a une coroime aussi d'argent 
doré, laquelle fleur de lys sert aux festes solepmnelles et 
nioiennes à nn'ttre sur le baston du chantre, pour ce 
26 f. (Inv. de la Sle Chapelle, p. 2i.) 

GLOSSAIRE. 



1626. — Le baston cantoral d'argent doré ciselé pesant 
6 m. 3 0. avec l'effigie de la Vierge dans une niche cou- 
verte de tous eostés et un doublet de cristal au hault du 
baston, non compris le bas du baston qui est couvert de 
lames d'argent doré et semé de fleurs de lys. 

(Le même en 1723)... donné par Germain Baillard, grand 
chantre de l'église de Paris et depuis évêque de Luçoii 
l'année 1406, estimé 600 liv. (Inv. de N. D. de Paris, 
p. 7 et 74.) 





ÀSVXW\ 



XIII" s. — A. Lâton de chantre en orfèvrerie. 
B. 0. Détails du pommeau. D. Bague. Coll. de Vaut. 



1627. — 2 grands bourdons d'argent pour les chantres, 
d'hauteur cbascun d'une cane, tout remplis de petites 
fleurs de lys avec une image de Ste Magdelcinc au bout 
de chascun d'iceux. (Inv. de l'Egl. S. Maximin, p. 186.) 

1630. — 2 battons d'argent ijui sont portez ordinai- 
rement par les choristes aux solemnitez. Au dessus de 
l'un desquelz y ast l'image de S. Analhoille et à l'autre 
celle de S. Symphoriain. Le tout de la pesanteur d'environ 
12 niarqtz d'argent. (Inv. de l'égl . S. Anatole de Salins, 
p. ."4,5.) 

1653. — Le baston de monsieur le précentre, com- 
posé de plusieurs morceaux d'ivoire attachez les uns avec 

9 



lau 



liATO.N 



les aultrvs p:ir ilc |>etitz ccirles iI\ii'^imi1, li'd. haslnii liiii;; 
en tout (Ir pirs lit! 5 |iicils, au dessus du i|unl est un 
aullru li>ur d'argunt doré ligure, laine de i jioulci's ol 
dcniy. cliaij;!' de li pierre* de diverses couleurs et au 
dessus dud. tour est une piiuuue de cristal sur la i|uelle 
est portée une forme de croix dont le croisou est u» verre 
enchâssé par le milieu et les â boutz de cercles d'arceut 
doré lii,'uré de 9 pierres avec 8 chatons vuides. l.ed. croison 
porté par dessoubz par 3 animaux avec des ailes, le qua- 
trième estant oslé avec les testes des 3 autres, cl par 
dessus le croisou est un jiros chaton d'ar^tent dnn'' en 
ovale où est enchâssé un gros cristal. La ])oinle dud. 
baston n'est que de cuivre. 

... It. Une boiste d'argent haullc d'un pnulce et demy, 
de 3 poulces et deinj de liiauièlre. . . où est un petit bou- 
ton d'argent avec l'une des ailes du baliui de monsieur le 
préceutre. (Inv. tie lacuthéil. de Sens, p. itj et 113.) 

1669. — 2 jiros lialous d'arj^ent seivanl aux festes des 
grands dnnliles, sur chacun des i|ui'ls est une image de 
Notre Danii! d'argent couvert de Heurs île lys cl'arj,'{Mit doré, 
ces. les 2 ensemble Iti m. t o. \Kn note : (^es hâtons 
lurent vendus en lOSJ. Depuis on en fit faire 2 autres 
pesant 2'J m. A o.| (Ino. de A'. D. de Reims, p. 71.) 

1718. — 1 bâtons d'argent que >r3 les chanoines 
portent aux festes solemnelles quand ils sont choristes. — 
i autres bâtons d'argent dont les choristes se servent 
chaque fois qu'ils mettent les chapes. {Visite jtaslorule de 
l'égl. d'Arles. Anh. delà ville.) 

BATON DE (':i[ASSE. — A l'époque de Saliiove ces 
hâtons avaieiil la grosseur du pouce et deux pieds 
et demi de longueur. Voy. b.\guette de veneuk. 

I6S5. — Le maisire valet de chiens doit avoir ces bas- 
ions de chasse devant luy à cheval, et en donner 3 aux 
lieutenants de la vénerie pour en présenter 2 au grand 
veneur afin que le grand veneur eu donne un au roy. (Sal- 
nove, Vénerie roij., p. I3ci.) 

BATO.N D'ÉCOLTE. — 1483. — Quatre sages che- 
valiers ou escuyers sont nommés escoutes pour rapporter 
et dire ce que li>s comhallants à outranci' diront et feront. 
(Hardouin de la Jaille, Foniiuiuire des qaijes de bataille. 
Edit. de la Cilomliière, t. Il, p. SI). — 'lii. Que les t bas- 
Ions qu'il luy a ordonné de commander a laire pour les 
escoutes, estans de 7 grans pieds de hault et de 7 bonnes 
poulcées de tour, soyent dedens le champ devant la venue 
dud. seigneur appuyez contre la lice prés de lad. table. 
— Lesquelz e-coutes seront à un pas [irès l'un de l'autie, 
tenans leurs basions à deux mains tant haut qu'ils pour- 
ront par manière de barre, (td. Ed. t. Prost, p. 1-18 et 
1G1). 

BATO.N D'EGLISE. — Consacré à divers usages 
qu'expliquent les textes. 

1343. — Quedam virga nigra de qua discoperitur crux 
in die paraseeve. — It. Alius baculus scu virga de sica- 
moro quam dédit Nicholaus de Carnpis, et de istis duobus 
discoperitur sepiilcrum in matutinis Fasche. (Inv. de 
N. 0. de l'iiris, f«3.) 

1376. — In baston de ybentis... à 2 ser|ieiilelles 
d'argent sur le bout. {Inv. de la Ste Cliapelle.) 

1380. — Ung baston garny d'argent pour porter nue 
croix. {Inv. roij. alpliabéliiiue.) 

1439. — Pour 2 douzaines de petitz basions que MdS. 
lit prendre et achetter en la ville d'Aiz (la Chapelle) pour 
toucher aux reliques, 40 s. (Labordc, Les ducs de Bourn., 
nMSIÔ.) 

1531. — L'ng baston couvert d'argent ayant dessus un 
aigle d'argent doré et au dcssoubz de la pome, garnie de 
pierres de petite valeur, et au dcssoubz desd. pierres 4 cs- 
cussniis, pes. (j m. 2 o. compris le boys. [Inv. de la ca- 
tliéd. d'Aiij:erre.) 

1538. — basions couvertz d'.irgcnl scrvans à porter 
le ciel le jour du Sacrement, tous semez de fleurs de 
liz. 

II. Ung autre baston couvert d'argent à 8 peignez dont 
en y a i dorez servant à porter led. jour du St Sacrement. 
{Inv. de y. D. de l^arts, r 11.) 

1683. — Un baston couvert de lames d'argent cizelé. 



moitié doré et moitié blanc, servant à porterie SI Sacre- 
ment, pes. avec le bois 6 m. 5 o. (Id., f' 7 V.) 



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de Cluirk's VIII- —lldlun de pèlerin de Saint-Jacques 
en bois sculpU':. Uelnil''. Coll. de Vaut. 



liATU.N (,IEU DU. — 1424. — L'n jemine l'on nomme 
le jeu (lu baston, c'est assavoir l'un à lappcr on frapper cl 
rompre le haton de son conipaignon. (.lic/i. J,/.,reg. 173, 
pièce 35.) 

BATO.N DE LIT. — L'ancirnue eoulii Ir lialtre 

les lits et d'eu élirer les draps avec un hàlou était 
iiiolivée par l'exlréiiie largeur et par la lixilé de ces 
nieuhles. Elle persiste encore dans les aiiljirgfs du 
(luei'cy el de l'.Vvcyroii. 

1335. Celle au baston qui refaisoit 

Les lis el blans draps y metloit, 
lit sa compagne au gamboisoii 
Cliaiiloil une telle chaiiçon. 
{Pèlerinage de la vie hum., ms. Hichel. 823, f» 8S v».) 
1474. — Le fourrier duibt porter un baston le quel 
doit être vert en signiliancc du bois. Il doit le porter en 
manière comme s'il vouloit lousjours hurler à un Imyspour 



BATONNET 



131 



demander ouvorlurc... il doit battre le lit du prince de 
son baston. (01. de la Marche, Elut (lu duc de Bourg., 
31. 




benne, luy servant de masse, avec 2i fleurs de lys d'ar- 
gent. Led. bois garnis d'argent aux 2 boutz et .i i autres 
endroits dud. bâton. (Inv. de S. Amé de Douai. Arch. de 
Lille, citrt. des joijaux.) 



V. Ii75. - Bibliotli. Richel, ms. fr. 1141, f "207 v». 

BATON DE LIVRE. — Petit tuyau ou tige mobile 
posée en travers sur la tète de la gouttière d'un livre, 
en avant de la tranehefile, pour attacher les signets. 
Voy. PIPPE qui est le véritable nom. 

r467. — N° 1137. Ung autre petit livre de plusieurs 
croisons en franrois, cei parclicinin couvert de velours 
usé noir à cloans d'or et le bastou d'or à '2 perles et ung 
rubis. (Librairie des ducs de Bourrj . Bibliolh. prototyp . , 
p. 171.) 

BATON D'OFFICES. — Le bâton était le symbole 
de la charge des officiers de tous rangs, et pour ce 
motif les serviteurs de la cour de France le jetaient, 
en signe d'abandon, dans la fosse à la mort dos 
rois. 

1474. — Et prend le duc un baston qu'on appelle bas- 
ton de capitaine et est iceluy baston couvert de bleu, 
entortillé de blanche soye, qui sont les couleurs du prince. 
(01. de la Marche, p. 33.) 

1484. — Et doibt le grand maitre d'hoslel aller devant 
la viande du prince, le bâton levé en contreniont. (/(/., 
p. 18.) 

IS7I. — Après marchoient messieurs les mareschaux 
de Tavaune, de Cossey, les bastons roulleaux de maré- 
chal en main, couverts de velours bleue, en broderie de 
fleurs de lis d'ur, les cordons de soye bleue et fil d'or avec 
les houpes pareilles. [Baptême du'Cte de Clermonl, doc. 
iiuht. Mél, 1'» sér., t. III, p. 608.) 

1576. — A Balthazar Dehennin, orfebvre, pour avoir 
livre l'argent et l'achon d'un baston à niasse de M'' Pierre 
de Hornoy admis à Testât il'hiiissier de MM. le.s eschevins 
de ceste ville, pour se tenir convenablement au pied de 
l'auditoire de la halle. (.4rc/i. de Douai. Cntes de la ville, 
r 193 r.) 

1586. — A Jehan Chesneau, orfèvre de l.aroclielle, ."lO l.t. 
|iour garnir d'argent doré le bâton magistral du sieur 
d'Espalungiie, maître d'hôtel. (Cph-s de la cour de Na- 
varre, Bec. (l'Aquitaine, t. XII, p. -121.) 

1614. — Un baston de grand mareschal, de bois de 
hrézil, garny d'argent en f> lieux, asçavoir aux 2 bouta, 
à l'un des quels et au dessus sont les armoiries de .Son Al- 
tesse et départ et d'autre celles de feu moud. Seigneurie 
comte, et au boni bas un cliifl're des lettres capitales de 
son nom, enrichy de 18U pliures figurées en alérions, en 
croix de Hierusalem et en doubles X couronnés, ent'e- 
lassés, et au ilessus le chill'rc de l'an I."i83. Le tout d'or 
pur, et lesd. boutz ensemble les 4- pièces du milieu en 
l'orme d'agne.uix (anneaux) esmailh's de diverses ronleurs. 
Estant ce baston dans un estny garuy de drap verd cou- 
vert de cuir noir, fermant à la clef. (inr. ilii duc de Lor- 
raine à l'hôtel de Salin.) 

1699. — 2 bastons d'argent garny de fleurs de lis pour 
les huissiers. {Inr. de S. André de Bordeaux, p. 393.) 

1741. — Un bâton servant au batonier, de bois d'é- 




XV s. — Verije d'huissier. Coll. de Vaut. 

BATON A SEIGNEIl. — Insigne royal, la main de 
justice, voy. ce mot. 

1379. — Un baston à seigner qui a la teste d'un aigle 
de cassidoine assise sur un pomniel d'or émaillié et a au 
bout une virole d'or à la pointe d'argent. {Inv. de 
Charles V.) 

1422. — En l'une de ses mains (le roi) tenoit un ceplre 
et en l'autre main une verge comme celle qui fut envoyée 
du ciel, car au bout avoit en semblance une main qui 
seTgue ou beneil, et estoient lesd. couronne, ceptre et 
verge tout d'une matière en façon d'argent doré. (Ob- 
sèques de Charles VI, ap. Laborde, Gloss.) 

BATONNET. — Petite tige métallique mouvante, 
goupille. 

1380. — N° 4. It. Une autre grant couronne appelée la 
couronne à pierrerie carrée en la quelle a 6 fierons tous 
pareilz, dont en chaseiin floron a 5 balaiz, 3 esmeraudes, 
9 grosses perles et ung diamant. Ety a 6 bastonnetzou char- 
nières donten cbascun a 2 grosses perles et ung dyamant. 
(Inv. de Charles V.) 

1390. — A Hermant Ruissel , orfèvre et varlet de 
chambre du roy, pour avoir fait et forgié un petit bas- 
tonnet d'or fait en manière de tuiau tournant à vis pesant 
15 esterllns... pour mettre dessus une petite bannière de 
broderie île petites branches de genestes à jour, de vert 
cousues de rouge et en la quelle sont semées 71 petites 
cosses de genestes d'or fin... pour ycelle bannière asseoir 
sur le chaippel du roy. (1'' Cpte roij. de Ch. Poupart, 
1' 89 v\) 




XV s. — Bâtonnet tournant en cuivre don- et einuitlé. 
Coll. de Vaut. 

m 

BATONNET d'oiskaux. —Le bàlomiet des faucon- 
niers servait à caresser l'oiseau en lui évitant le 
contact de la main. On eu mettait aussi au bas des 
gels attachés à ses jambes. 

1360. — i batonnès de brézil .i faire giès à oiseaux. 
{Inv. de Jelioiine de Bouloijne, n' 97.) 

1393. — Au bout des longes doit avoir un petit bas- 
tonnet. (Le Ménagier, t. 11, p. 3.) 

. . . Pour un nouveau faucoa il faut gant neuf de cuir 



132 



BATONNET 



de cerf bien blaiio, laisse neuve de bon cnir, la iniclle doit 
ùlre altacliée au gaiil; coriIclcUc avec balmncl pour ca- 
resser l'uiseau car il f.iul le tounher souvent, non avec la 
main. (Cil. Viollet-le-Duc, Ont. ila mob., t. Il, p. Ul.) 

UATONNET, jeu. — Les pièces de ce jeu, celui 
tlesjdiiclicls iiioilcnies, élaienl assiiréiiiciil beaucoui) 
plus travaillées qu'elles ne le.soiit aujourd'hui, puis- 
que eu lo'JG on paye à un ivoirier trois suis pour 
chacune d'elles. 

1396. — A lleiu-j Desgrez , pingnior, pour il pelis 
hatouiieti'. d'ivoire pour la roync, à soy jouer, cliacuiie pièce 
3 s. p. valeul "2 s. p. 

A Ciuiot Gro>let, gaingnier, un cstuj- pour nieltre les 
cartes de la royiie, les |ietiz baslonnez d'ivoire et les rooUes 
de panhemin,"li s. p. (/trgeiirprie (le la reine, t™" Cpte 
tl'llémon liaguier, f»» lU V et llô.i 

B.^TONNET, VÊTEMENT. —Vêtement d'enfant bou- 
tonné devant et sur les côtés. Voy. baco.n.net, 

1316. — Pour uu bâtonnet tenant 110 ventres (de 
menu vair) et une auniucc de 8 ventres. (D. D'Arcq, Ci'tes 
de l'argenterie, p. il.) 

1391 . — 4 onces de boulons rons d'argent dorez, pour 
boutonner tout du long et par les costez uu b.istonnet 
d'escarlale vermeille pour madame Jebanue de France. 
(.4rt/i. A', a, f 83 V».) 

BÂTRAIE. — Masse d'ai-mes. 

I 320. — It. Je laisse à Philippe mon aisné fils. . . toutes 
mes armures de guerre, de tournoy et dejoustes, et tous 
mes couliaus, toutes mes épées et toute manière de ber- 
nois à armer, fers de lance, batraics, hyauues et chapiaus 
à visière. {Testam. de Charles de Fa(o is, ap. du Cange, 
v° Bastoria.) 

141 t. — Cum uiagno baculo grosso in capite et lungo 
vulgarilcr dicto bastoria. (Arcli. JJ. reg. 165, pièce 211.) 

BATTANT. — Cliquet ou cache-pouce servant à 
relever le couvercle à charnière d'un put. 

1467. — 2 potz d'argent doré plains à façon de poires, 
et sur le baUni a chascun 2 fraises. {Inv. de Charles le 
Téméraire, n" 3135.) 

BATTECDL. — Partie postérieure de la bracon- 
iiiéic composée, dans l'armure des XIV et XV siècles, 
antôt d'une seule pièce comme dans les exemples 
ci-joints, tantôt de lames articulées, à recouvre- 
ment. .\ la fin du XVI' siècle ce nom s'appliqua aux 
longs voiles rojetés en arrière qu'on porlait dans 
les communautés de femmes. 



*\ 




XIV et XV s. — Coll. W. r.iggs. 



IS06. — Tout plal<.'en alla par terre en manière que, 
au cheoir, les pièces de son batleeul lui renversèrent sur 
le dos, tellement qu'il eut le derrière tout découvert. 
(J. d'Anton. Aim. de Louis .Ml, p. 224.) 

1611. — Ilallecul. — A great linneu vaile, sucli as 
nuns weare. (Cotjrave.) 

BATTEDRE, batterie. — Les métaux frappés au 
marteau et réduits en feuilles très minces étaient 
employés de deux manières (voy. l'art, suivant). La 
première consistait à faire adhérer les lames au 
moyen d'un apprêt gommeux ou résineux, comme le 



uiiii'dant de la dorure au jjras. Ce procédé servait 
non seulement sur des matières rèsislantes, comjne 
la |iierre ou le bois, mais aussi sur des cuirs, sur des 
étoiles cl particulièrement sur le cendal et les soie- 
ries unies. Le musée de (Uuny possède sous le nu- 
méro ;W(i5 un spécimen précieux de ce genre de déco- 
lation d'origine orientale et paraissant remonter au 
xir siècle. Au xviii'', Savary nous apprend qu'il était 
encore usité en Perse pour l'imilatiou des brocarts. 

1260. — Nus du mestier ne puet balro argent que en 
cliascune baleure de! 25 onces d'argent n'ait 10 esterlins 
d'or. (Lt. Boileau, lit. 31.) 

1389. — Une crosse de queuivre dont le bastnn est 
couvert d'argent de feuille battue sur boys, cloué de 
queuivre et est lad. crosse de i pièces, la quelle peut 
valoir U 1. 12 s. (liH\ de H. Picque, li.) 

1402. — Les selles des 2 chevaux, l'une sera pour la 
guerre, armoyée de eoustuie, et l'autre pour le tournoy 
armoyc de bateure, . . et seront les bannières, c'est assavoir 
celle de la guerre de eouslure cl celle de tournoy do 
hatleurc. [Obsèques de Louis de Sancerre, ap. Laborde, 
Glossaire.) 

1449. — Pour .52 palmes de taffetas de Florence em- 
ploie/ escl. bannières (des trompettes), 4i llor. — Payé à 
ung paintre qui a fait lesd. bannières de balerie 53 llor. 
{Cples et méin. du roi Rétié. Lecoy de Lamarclie, art. 
475.) 

V. 1450. — On couvre led. liort d'une couverture 
armojée des armes du seigneur qui le porte et faictes 
de lialeiie. (Le roi René, Devis d'an tournoi , èdtl. 
(jualrebarbes, t. 11, p. 15.) 

1481. — 2iS 1. t. puui- peine et façon d'avoir battu de 
lin or au.t armes de France U aunes 2 tiers lalTelas de 
Flor.ince bleu dont ont esté laides i coectes d'armes 
pour-t liérauU qui ont accompagné le corps dud. feu sei- 
gneur. (Cjile des obsèques de Charles VII, p. 71.) 

1542. — Fait l'effigie de delTunct M. Pierre Poyet, 
2 el'ligies d'anges portans les armes de la ville,! douzaines 
d'eseussons à balerie auxd. armes. (Cet. Port, Les artistes 
peintres angevins, llev. des Soc. sav-, 1" sem., 1872, 
p. 377.) 

1559. — Leduc d'Albe vint saluer ('.M°'» lilisabetli) la 
ipiclle était ornée d'une robbe toute batue eu pierreries 
précieuses. {Cérémoniai frant;., t. 11, p. 17.) 

1643. — An devant du days esloit un cierge d'hon- 
neur, de haulteur d'environ 12 pied~, painl en noir avec 
des larmes de balteryes. i Pompe funèbre île Louis XIII, 
Cérém. de Nantes, ap. Verger, Arch. cur. de Xantes, t. 1, 
p. 21.) 

1723. — Parmi les étoffes unies de soye il y en a plu- 
sieurs qui sont peintes de diverses couleurs et même 
rehaussées d'or et d'argent, qu'ils (les Persans) appli<|uent 
avec des moules et de l'eau de giinnne qu'ils scavent si 
bien employer qu'on les prendroit pour de vrais brocards. 
(Savary.) 

1750. — liatture. lispèee de dorure dont l'assicle se fait 
.ivec du miel détrempé dans de l'eau de colle et du vi- 
naigre. Elle tient lieu de ce (|u'on appelle or-couleur 
dans les peintures à l'hxiile. (Prévost, Manuel /t'.<i(/ue.) 

BATTU A OR. — L'or, l'argent, l'étaiii et le cliii- 
([uant étirés à la libère, aplatis et enroulés sur des 
lils de soie ou de chanvre, servaient pour la broderie 
DU le tissage des éloffes et des tapis. C'est à ce der- 
nier emploi ()ue se rapporte cette seconde partie de 
mes citations. 

1360. — N° 65. .1 boursettes batues à or, les deux 
pendues ensamble, semées de pelles menues, en chascune 
bourse 3 boutons de pelles. 

N" 70. 2 espinglicrs bains à or, à un lyon de pelles 
d'une part et d'une aigle d'autre. 

N" 134. Une viez sainture de soie bastue [à or, à 
noiaulz d'argent esmailliez roons et quarrez, la boucle et 
le mordant esoiaillez en la façon d'une roose. (Inv. de 
Jeanne de Boulogne.) 

1401» — Une aulbe parée d'unes paruies balue à or, à 



BAIJDEQIJIN 



133 



cascnne fi yniages de brodure et 2 puignès de. h sieute. 
Uni', (leréfjl. de Cambrai, 330.) 

1404. — Pour avoir rappareillé et mis à point un lappis 
à yniaigos, batii à or, de l'istoire de Calernn... (i I. 
8 s. p. i2i" Cjite roij. de Cit. Poupart, p. i'2.) 

1435. — La chambre d'.\ncliin, la quelle pareillement 
estoit richement ornée et tendue de draps de haute-licc 
batu d'or et d'un moult riche lit de parement... 

Mond. Seigneur le duc lut aud. jour veslu moult riche- 
ment d'une robbc longue toute batue d'or et d'arj,'ont 
d'ouvrage d'orfèvrerie, la quelle robhe estoit longue jusques 
aux pieils et eut-on .à grand peine jugé de quelle cou- 
leur lad. robbe estoit pour la grande multitude d'or et 
d'argent de quoy elle estoit batue. {Journal de la paix 
(/'.In'as-, op. Van Drivai, Tapiss. d'Arras,p. 181.) 

IS4I . — 10 aulnes toille d'argent battu, rayé d'eu-, faite 
à cscaille sur soye noire, à 10 esc. sol. l'aulne, ii.j I. t. 
(13'' i:pte roij. de Nie. de Troijes, f" 27iv°.) 

IS88. — 4- pièces de tapisseryes de velours vert avec 
les ligures baptues de clinquant d'or. {Inv. du prince de 
Conilé, p. U3.) 

1690. — Ilatlu, se dit aussi des draps, des tapisseries 
où ]l y a beaucoup d'or meslé et qui sont battues d'or et 
d'argent. (Furetière.) 

1723. — Bntlu, se dit des draps et étoffes d'or et d'ar- 
gent où l'ouvrier a beaucoup employé de ces métaux, 
soit traits, soit filés sur soye. On le dit aussi des tapis- 
series qui sont relevées d'or et d'argent : Ce brocard est 
tout battu d'or. — Les tapisseries des Gobelins sont 
battues d'or et d'argent. (Savary.) 

BATTOIR. — Outil s(>rvanl à régler la trame d'un 
tissu. 

V. 1450. — Et estoient lesd. lames en faczon et ma- 
nière de nng meslier à tistre soye, et à l'ung des coins 
rtud. mestier estoit pf>ndu nng pennier moult bel et riche 
comme de pierre fine... plain et comblé de petites fusées 
et escheveaulx de soye de plusieurs couleurs et de petites 
forcettes et poinczons et batoirs ronds avec plusieurs 
manières d'oslilz qui à ce meslier sont nécessaires. [Le 
livre du cœur d'amour espris. (Euvres du roi René, 
t. III, p. 15(1.) 

BAUBER. — Pièce de l'armure, peut-être barbiére 
ou l)aviére. 

V. 1520. — It. est besning dans lad. nef 120 hallacretz 
garnis, 120 sallades et 120 baubers. 

... 50 arbalestres, 100 hallacretz ou brigandines garnis 
de salades et baubers. (Ant. de Conllans, Les faits de la 
marine et navigaifie.) 

BADCENT. — Cheval de couleur, portant des 
marques blanches à la tète ou aux lianes, mais plus 
particulièrement aux jamhes. On a dit dans un lan- 
gage plus moderne cheval balzan, et balzanes pour 
désigner les marques blanches des pieds. 11 y avait 
des baucents de toute couleur. 

I 180. Le costés a bauçons et fauve le crépon, 
La ccue paonacé faite pardevison; 
Si a teste de bouc et sa iex de lion 
Kt cl cors de cheval, s'a liucifal a nom. 
... Par les lianes esporonne le bauçaul pumelc. 
(Li rumans d'Alexandre, p. 11 et 87.) 
V. 1280. Ks destriers affichiés et Ions 
Et séoit sur un bauchant sor. 

{Le châtelain de Coucij, v. 1278.) 
1285. Maint bon destrier fort et bausent. 
Blanc et gris et noir et ferrant. 
(.1. liretcx. Les tournois de Chauvency, v. -iOS.) 

1304. Et destriers de pris hennissans 

Blancs, noirs, bruns, bais, haucens et bailles. 
(Guill. Guiart.) 
1316. — Un cheval noir mal taini, baucent de la teste. 
(Inr. de Louis X, p 182.) 

1328 — ^ Par Perron de Boussillon, cheval bay, bau- 
chant des quatre piez, de 80 1. t. {Etat des clievau.v 
perdus à la l/ataille de Cassel. Ghevalier, Choix de doc. 
inéd. s. le Dauj'liini-, t. Vil, p. 31 .) 



1339. — Henri de Claremanz, cheval morel, bauçant 
de 2 pies devant, 3."> I. — Jaques Dehorl, cheval brun bay, 
bauçant de 2 pies derrière, 30 1. iMonstre des gens d'armes 
de Penne, ms. Clairambault, vol. 229.) 

1382. — Chevaux achetés pour le roy en la foire du 
Lendit — un roncin bay, une estoille ou front, haussant 
de la teste, 50 frans. (Cple de l'écurie du roi, f° i v°.) 

BAUCE!VT-B.\uç.\N. — [.ongue bannière à deux 
pointes, arborée aux mâts des navires de guerre. 
Celle des templiers élait noire et blanche. 

I 198. — Vexillum bicolorum quod dicitur bauçant ipsos 
fies chevaliers du Temple) iu bello praecedit. (Jac. de 
Vilry, ap. Martene, Anccd., t. III, c.d. 276.) 

1 292. — Vindrent Normans ov 200 nefs bien eskipées de 
gens d'armes... banères déploies, de rouge sendal, chacune 
banère de 2 aunes de large et de 30 de lonc, lesqueles 
banères sount appelés bauçans, et la gent d'Angleterre 
les appellent stremares et cèles banères signefient mort 
sans remède et mortelle guerre en tous les lious où mari- 
niers soient. {Lett. des rois. Doc. inéd.) 

1294. — Un grant baucent vermeil qui sera au bous 
du mast en enseigne nuit et jour... Baucens baluz à or 
pour les 3 grans "nefs le roy et pour 2 galées. (Ap. du 
Cange.) 

BAUCHE.— Esseau, bardeau, couverture en bois. 
Voy. nAUGUE. 

... Quorumdam stabulorum parieles tegulis ligneis, quas 
hic appellant baucas, de scalis ilecidit in vicinum hortum. 
[Mirac. S. Theohaldi, acta SS. Junii, t. V, p. 602.) 

1332. — Refaire la bauche doud. moulin devers^ la 
roue, d'esselles noives bien tinglées et cousues. (Cpte 
d'Odart de Lagnij . Arch. KK., 3», f 135.) 

1465. — Pour la façon d'un puys par lui commancé à 
faire en bauche en la grant cuvsine des pauvres. {Cpte 
de S. Berlhomé. f 112v, Biblioth. de La Rochelle.) 

1496. — 5 milliers 3 quarterons de bauches pour bou- 
cher le coer de lad. esglise. (Boncourt, ap. Mannier, 
Commiinderies, p. .526.) 

BAUCHETTE. I66l. — Le cardinal (Mazarin) était 
adroit aux jeux de main, à faire des tours de carte et de 
billard, à joner à la bauchette où il passait des après dinées 
enlières. {ilém. de ilontglat. Coll. Petitot, 2« sér., t. LI, 
p. U7.) 

BADDEQUIN. — Du xil'= au xvi* siècle il est fré- 
quemmenl. question du baudcquin. C'est dans l'ori- 
gine un tissu tout soie fabriqué à Bagdad (voy. ce 
inot) d'où il tire son nom. 11 appartient au genre des 
draps ligures, damas et brocarts, à dessins formés 
dans le lissage de l'élolfe par un mélange de salin, de 
sergé, de taffetas et d'or 6u d'argent. Lorsque les su- 
jets y sont façonnés ton sur ton, c'est un damas, les 
draps multicolores se rangeraient dans la catégorie 
des lampas, et l'addition fréquente du broché ou es- 
pouliné d'or ou d'argent eu fait un brocart dont les 
espèces les plus riches portaient les noms de nac, 
nacliis et racamns. En 161 1 le mot anglais bodkiii 
désignait encore un travail d'or frisé. 

Au xin= siècle le baudeijuin est qualifié de drap 
d'outremer et sarrasinois. On en fabriquait alors 
à Bagdad, à Damas, à Chypre et à l'alorme. Au 
XIV» siècle il est rangé parmi les prmluits des manu- 
factures d'Italie, de France et d'Angleterre. Dès l;il5 
la matière de son tissu commence à s'allérer, on 
rencontre du baudequin demi-soie, et les premières 
contrefaçons anglaises sont antérieures à 1 1-23, la 
chaîne de soie est remplacée par du fil. En 1 187 je 
trouve des baudequins tout laine, et en I.'ilJS la laine 
associée à la soie. Cette même étoffe porte quelque- 
fois le nom iV impérial ou drap impérial, que je crois 



J3i 



liMnFQllN 



s'appliquer parliculiAreiiionl aux produits do la Porsp 
restés longtemps les types de la l'abricalion occidcii- 
lale. 

On lissait le baudequin sur les trois largeurs, de 
l'"-20, 90 ccnlim. et 60 centini. Celte dernière semble 
avoir élé la plus usuelle en Italie, car c'est à elle que 
se rapportent les rensei};nenients techniques con- 
tenus <lans le li-ait(' italien (le la soie en I loi!. Il nous 
apprend qnelacliaîne était uui'die de déchets de soie 
d'Espagne môlée à de la bourre de C.alahre, et que le 
tissu, très fort puisqu'il contenait trois brins par 
denl de rot, se composait de quarante portées de 
soi\anle-huit llls chacune, soit "27"2II lils pour la cliaine 
entière. Cette chaîne pesait le brnccio (110 ceiilim.) 
carré :!(! gramnu-s, la trann^ avec l'or 'Jll grammes, 
et l'éloffe toute tissée lil) grammes, ce (|ui coi'res- 
poml <'n linesse et en poids à un damas 4le très 
belle qualité. 

Le prix variait beaucdop suivant la largeur et la 
richesse du tissu. Enti-e les années 1370 et IlOS je 
trouve pour l'aune de baude(|uin sans or d'un 
mètre -20 centim. de lé, 10 livres, l'our des largeurs 
moindres, un prix moyen de i 1. 7 sols. Pour les 
brochés d'or, le plus cher est de 21 1. S sols l'aune. 
Le prix moyen des autres est de 13 I. 9 s., et en 
1370 un drap étroit de celte espèce est payé 7 1. 

2 s. l'aune. Enfin un compte à cette date mentionne 
du baudecpiin à 1 1. 17 s., mais il est peu probable 
qu'il s'agisse d'une étolfe de soie. 

La largeur des pièces en 1391 et 1 lOX est de 

3 aunes et demie, et en 1 192 la fabrique d'Amiens la 
règle à l aunes un (]uart. Ces longueurs étaient 
néanmoins variables, car en 1119 deux tisserands 
italiens fournissent des pièces de quatre aunes et 
demie, de cinq aunes et de cinq aunes neuf dixièmes. 
En I 123 une pièce de baude(|uin contrel'ait mesure 
cinq aunes un (]uart, et l'inventaire de Charles le 
Téméraire enregistre une petite pièce brochée 
d'or. 

A l'église le baudequin s'employait en parements 
d'autel et de lutrin, pales mortuaires, chapes, cha- 
subles, dalmatiques et parures d'aubes. Dans l'ameu- 
blement on en faisait des tentures de chambres, des 
dosserets, des carreaux, des couvertures de lit, de 
sièges, de chars et de livres. Dans le costume il 
est alTecté aux gonnes, petiçons, doublets, jaques, 
labarts et pourpoints. 

Afin de fixer le lecteur sur la nature e-t la richesse 
de ce tissu, je dois dire que sur cent exemples cités 
la proportion des baudcquins à or est de cinquante 
et celle des fonds d'or de trois seulement; dans cette 
première catégorie quatorze sont des damas à des- 
sins ton sur ton, vingt-sept des lampas multicolores. 
Les damas sans or figurent pour un cinquième. 
L'argent ne se rencontre que deux fois, et môle à 
l'or qu'une seule, .le note enfin parmi les exceptions, 
dans cette longue nomenclature où un classement 
iconographique facilitera la comparaison des textes 
avec les monuments, un moiré du xiii" siècle et une 
étoffe unie que sa bordure dorée a fait ranger parmi 
les baudcquins. 

Les conlcurs et nuances employées sont le blanc, 
le jaune, Tardant, le vermeil. Te rouge, le pourpre, 
le violet, l'azuré, l'inde, le bleu, le pers, le vert, le 
morré et le noir. 

I 197. — Sindoncs de sela qiiariim... alla de cataldal- 



tio, .ilia de biildi-kino, reliqua vcro est rolala. {Clwrln 
t!j>. V;:licllum,t. VII, p. li. ilh.) 

1341. — l'ro duiibas bauilequins aWiW , li I. {Cptes de 
la clieialerie du Cle de l'oilieis.j 

1247. — Dominusrex, veste dc.mrala de preciosissimo 
lialilekino. (.Malli. l'aris, aji. du Caiige. 

I2S4. — Pallas precio«as (puis Ipaldekiiios vncanl. 
[Ihul.) 

1295. — l'[ia allia cuni paiiiri-^ de ImiKlckiiiu veloii. 
i/hc. de S. Paul de Londres, p. ',i[K.) 

1298. — V.n lliiiidac (l!:ij,'dad) se laborenl de maintes 
l'aisiin lie dras dorés et de soie. Ce sonl Nassi et .Nac et 
Cremoisi et de diverses iiiainères, laliorés à lieste» et 
osiaus mont rirhcmenl. (Marc. Piil., oh. i5, p. 21.) 

V. 1325. — Oinatiis capellœ regiae non nisi de prc- 
ciosissimis lialilekinis, purpura et liyssn riintextus erat. 
(Fr. ('..iniiiiic. I'ra^,'eusis., //i.?(or. , »/). du Caiit-'e.) 

1347. — II. Vestimenta intégra allia ileaurala que vneaii- 
lur lidiideluii, i|ui' fuernnt Uni llemardi Kpi. (//ir. de lu 
cnih. d'Amiens, p. ".'70.) 

1364. — -'•"> pièces de liaudei|uins d'une siiyte et de, 
plusieurs soyes, des lors, en clianip aniant pour faire une 
chambre et carreaux pour Mons. it 1. la pièce. (L. Dclisie, 
Mandem. de Charles V, m° 82.) 

1385. — • En un jai|iie pour le roy a esté mis et ein- 
pliiié uu baudequin binctiié d'or fin. (Cptes de l'écurie du 
roi. f 79 V.) 

1389. — Vestus de gonnes de baudequin vert et ver- 
meil. (Froissarl, I. I, cli. I.) 

1395. — Pour 10 aulnes de cendal vermeil dont l'en a 
doublé 2 chasubles, l'une *de racainaz azur et l'autre de 
baudeiiuin asur broché d'or. (Argenterie de lareine, t'Cple 
d'Ilém. Itaguier, [" G.5.) 

1399. — 2 p'eces de drap de soye baudcquins à menus 
ouvrajïes au prix de tl! 1. l2 s. la pièce. (/'/., 7" Cpte du 
même, f 210.) 

1400. — Le riii Ricliard mort, il fut couché sur une 
litière sur un char couvert de baudequin luul noir. (Friiis- 
sart, I. .i, ch. 81.) 

1405. — :î pièces de baudequin dont on a fait un 
l.ibart pour M.d.S. ([.aborde, Les ducs de Bourg., n° 81!.) 

1467. — N° 2811. Une pièce de baudequin ouvré pour 
faire un drap de siège. — 2839. Un baudequin entier broché 
d'or. — 2Si2. Une pièce de baudequin vert à ouvrage sans 
or. — 2.(01. Une petite pièce de baudequin brocbié d'or, 
vert noir et blanc. — 2912. Une aulne de haudeiiuin bleu. 
{Inv. de Cliurles le Téméraire.) 

1467. N" IIGI. Unes petites heures en franchois 

couvertes de vermeille soye appelée baldequin. (Lilir. 
des ducs de llourg. liililiolli. protoUjp.) 

1469. — 6 courlibaulx de drap d'or de baudequin pour 
les enil'aus, lesquelx a donné Jlgr maistre Hubert l'oic- 
teviii, lliesaurier de céans. — 2 orilliers de baudequin. 
(Inv. de l'égl. .'>. Ililaire, p. 153.) 

1487. — N" 1989. Ung autre grant volume couvert de 
baldeqiiiu de soye vert. (Libr.des ducs de U., loc. cit.) 

1558. — Ung ciel et dossiel tenans ensemble de baude- 
ciii de soye, bordez de veloux bleu. (Inv. de Philippe II, 
f» 75.) 

1611. — Frisure. — The raised worke which is iipon 
clolh of gold or tissue; boikin woïkc. (Colgrave.) 



1295. — Capa facta de baudekino admodum templi cum 
mililihiis equitanlibus iufra cum avibus super luanus, (|uam 
dédit llenricus de Sandwyco eps. (Inv. de S. Paul de 
Londres, p. 3lfi.) 

It. Itaudekinus ruheus cum ymagine S. Pelri.de funcre 
Domiui Heiinii de Alemannia. — It. Baudekinus cum re- 
gilius et rcgiuis et aliis ymaginibus contineiitibus in hra- 
chiis parvuluui unum vel plures, pro anima P. de Montc- 
forti. (p. 32,5-0.) 

1421. — Una cappa simples de baudequo ruheo ad 
yuiagines et prcsepe Domini supe'r caudain, iiiiu oilrasiis 
iiureis lalis. — Alia simplex de baudequo yiolclo cum 
roiidelli's aurais ad ymagines regum tenentium capita 
serpentum. 



BAUDEQUIN 



135 



1424. — Unus pnnniis de baudequino nilioo ad yma- 
gincs rubnas de Apparilione cum loUilis do 2 uln. cum 
dimid. — Pannus de baudequino perccn ad yuiagines de 
Nativitate Doniiiii cuui lotulis de '2 \,"i uln. — Pannus 
de baudcquinu violelo ad ymagines aureas de Natiiilate de 
2 1/2 uln. — vii'idi ad figuras sacerdotuui sacrificantium 
cum diadematis aurcis... quondani ruboo ad yipiagines 
pueroi'um b.ijulantium. IIiiv. de la catliéd. d'Angers, 
p. 310.) 

1495. — Pallinm de baudoquin figuratuni eertis angelis 
eircuiudafuni lalTatam viridi coloris. {Inv. du Coll. S. 
Hennit et S. Germain de Montpellier, p. 78.) 



1295. — Capa niagistri Thomae Esservy de rubeo bau- 
dekino cum equis armatis. — Capa de rubeo baudekino 
(Mim rotcUis et Icopardis infra rotas. {Inv. de S. Puul de 
Londres, p. 315 ) 

Capa de baudokiiio indici coloris cum rotellis auralis 
ooutinentcs leopardus. — II. Capa Johannis de Sancta Maria 
facta de baudekino, cum gritfonibus et elephantis pur- 
purei coloris. — It. Capa facta de haudekinis purpureis 
cum aquilibus aureis exteusis cum lloribus. — II. 

2 capoe fa'toe de baudekino unius operis, varii coloris, cum 
besliis variis inlersertis. (p. 316.) 

It. Baudckinus purpureus cum magnis rotellis et leo- 
pardis, de l'unere Jobannis de Baillol. — It. 2 baudekini 
murreticum rôtis et isnlfonibus duplicibus, una data pro 
anima H. Dongoun. — It. Baudekinus rubei cauipi cum 
grifîonibus extra et leonibus alatis infra rotellas, pro 
anima Alianoroe reginae junioris. (p. 32.i-6.) 

1370. — Pour une pièce de baudequin d'oultremer de 
plusieurs soies en champ vermeil et euvres vers à 2 pa- 
pegaux en un compas... pour faire couvertures et chemises 
pour noslie beau livre appelle Gouvernement des princes, 
Boece, de consolacion et plusieurs autres, 20 fr. (L. De- 
lisle, Mundem. de Charles V, n» 715.) 

1387. — Pour 2 pièces de drap de soye baudequin, l'un 
à champ vermeil ouvré à signes blans "et autres oyseaulx 
sauvages pour faire couvertures pour les livres de la chap- 
pelle du roy, et l'autre sur champ azur ouvré à pelites 
plumes et oyseaulx et à bestes sauvages, et semé de lleu- 
rettes blanclies, pour couvrir les carreaulx de lad. chap- 
pelle. Au prix de 16 1. p. la pièce, 32 1. p. (19= Cpte rou. 
deGuill. Brunel,i"di.) 

1391 . — Pour une pièce de drap de soye baudequin à 
champ vermeil ouvré à lévriers bleus, à i'eulles et roses 
de plusieurs couleurs, contenant 3 aulnes et demie, 14 1. 
8 s. p. (3' Cpte roy. de Cli. Poupart, f 25 v".) 

V. 1400. — Une chambre de baudequin vermeil assa- 
voir ; ciel dossier et couverture de lit, ouvrée et parsemée 
de cygnes et fueilles de tréfiles. (Inv. des tapiss. de la 
diicli. de Bourgogne.) 

1408. — Une pièce de baudequin azuré ouvré à lyons 

3 couronnes, brochiés d'or et roses vermeilles de soye, 
3 aunes et demie, prisée 40 fr. ^ Ung baudequin ver- 
meil brochié d'or à lyons et espreviers et menus autres 
fuillages de soye, 3 a. 1/2, prisé .38 fr. — Ung baude- 
quin asuré brochié d'or à ung Ivon d'or sur un tronchon 
de branche fait d'or, de 3 a. 1/2, prisé 45 fr. — Ung baude- 
quin à champ pers et broché d'or, ouvré à gerfaulx, 2 te- 
nans ensemble et ung autre en ung soleil, 3 a. 1/2, prisé 
40 fr. — Uug baudequin pers brochié d'or à ung iyon et 
ung baston il'or de 3 a. 1/2, prisé 45 fr. (Inv. des ducs et 
duclt. d'Orléans, f 27.) 

1416. — Chapitre des damas en pièce. — Un drap de 
Damas (en surligne : c'est baudequin) azuré semé de so- 
leils, esloiles et cerfs d'or de Chypre.— Un baudequin de 
Chypre ouvré à oyseaniz d'or que donna aud. an (I3'jfi) le 
duc de Bretaigne. —Un baudequin de Luques vermeil et 
oyseaux d'or et conuins blaiis, acheté de la fabrique l'an 
l:i'Jfi. {Inr. de N. I). de Paris, C 16.) 

1*20.-4 qu.irreaux de baldequin brochié do pelis 
lyous d'oi-. (Inv. de Philippe le Bon.) 

1424.— Pannus de haudcquino rubeo ail rondellos 
cum leopardis et avibus. — II. Huheo cum leonibus et 
avibus aureis — rubeo ad serpentes seu grillones cres- 
tatos aurcos — cum rubeo ad leopardes aureos in ron- 
dellis — violelo ad dracones coronatos et aves — violeto ad 
leones aureos in circulis — in campo aureo scminato psi- 



taciis viridibus et quibnsdam figuris rubeis — viridi cum 
leopardis aureis in circulis in quorum circumferencia sunt 
folia viridia — viridi cum leonibus in p.irvis circulis — 
aibo ad grifTones aureos in parvis circulis — viridi de 
2 peciis cum serpcntibus dictis basilieis et avibus coloris 
panni — rubeo eum pavonibus eorouatis et aliis avibus 
— (|uondam rui eo eum leopardibus aur-eis in cii'culis et 
avibus — rubeo cum leonilius singulis in parvis curculis — 
rubei coloris cum leopardis gerniuLs eniceis in circulis — 
violeto semiuatus pillaribus, Icopardis, leonibus aureis de- 
super — viridi ad leones et dracliones argentées cum 
figuris arborum aureis — violeto ad drachones geminos 
aureos in circulos — rubeo ad dracones aureos et certa 
folia — cum barris diversarum colorum operatus avibus 
et bestiis aureo cum aqiiilis in perseo seu asureo et 
pluribus aliis liguris circulorum — viridi cum basilieis au- 
reis — rubeo ad dracones auii;os volantes — violeto ad 
rondellos cum leopardis geminis aureis in inedio — aureo 
ad psitacos viiides et alias aves per mediuui et alibi. 
(Inv. de la cathed. d'Angers, p. 310.) 

1438. — -Un baudequin de Lucques vermeil ouvré à 
oyseaulz d'eu' tenant une lettre de B et chiens blans, 
acheté de la fabrique l'an 1416. — 2 draps blans de Damas 
dit baudequin, brochez d'or de Chypre ouvrez à ciguës et 
roses d'or, et furent des obsèques de l'arcevesque de Be- 
sançon. (Inv. de N. D. de Paris, f" 45 et 48.) 

1504. — Une chappe de drap de soye ynde de baude- 
quin siMuée de plusieurs petites besles, batue à or. — Une 
chappe de baudequin, à fueilles vers semée d'oyseaux et 
chiens d'or, à marguerites ou rosettes blanches et perses 
(donnée en 1450). Une autre chappe de baudequin vert 
semée de llorettes et bestes vermeilles qui sert pour le 
chappelain de l'évesque des Innocens. (Inv. de la catliéd. 
de Sens.) 

PLANTES ET FEUILLAGES. 

1416. — Un baudequin vermeil semé d'arbrechaus vers 
et feuUes de chesne d'or, donné par mess. Girard de 
Montaigu, évesque de Paris. [Inv. de iY. D. de Paris, 
fo 16.) 

1420. — Unes heures N. D. historiées... couvertes d'un 
baudequin à ouvraige de feuillages vers sur champ noir. 
(Inv. de Philippe le Bon.) 

1424. — Pannus de baudequino rubeo cum pomis 
aurcis de pinu — viridi eum rosis aureis et albis in- 
termixlis — croceo cum foliis aureis — rubeo seminato 
foliis aureis.. pro pulpitro chori. Unv. de la cathéd. d'An- 
gers, p. 310.) 

1462. — 2 chappes de baudequin d'Angleterre sur 
champ vermeil semé de fueilles blanches et vertes. 
<lnv. du collège d'Autun, p. 304.) 

1530. — 3 pecise de aIbo baudkino empto cum lloribus 
auratis intextis in eisdein cum 2 curtinis... una secta 
perfecta de baudkin cum lloribus argenteis operatîs in 
le tissue. (Inv. de la catliéd. d'YorcU, p. 176-9.) 

FAÇONNÉS ET ORNEMENTS DIVERS. 

1295. —Duo dorsalia quorum unus est de baldechino 
viridi et rubeo ad undas velut ad spinani piscis, ad di- 
versas imagines figuras et animalia, et est circumdatuin 
de xamito viridi; aliud ad schachinuni de argeuto filato 
et seriro rubeo in quibus scachis sunt leones. (Thés. sed. 
apostol., f89 v°.) 

1370. — Pour 3 pièces de baudequins de Domas de 
plusieurs soies non pareulx, l'un chevronné en champ 
rouge, l'autre ardant et l'autre vert et rouge, pour couvrir 
peliçons pour nous... à 20 fr. la pièce, 60 fr. (L. De- 
lisle, Mandem. de Charles V, n" 736.) 

1405 — 4 baudequini pro feslivitatihus solemnibus 
quorum unus est operatus ymaginibus et margaritis. 
(Inv. de Clairvau.v, n" 105.) 

1409. — Ung ciel et dossier de soye palez de blanc et 
de 2 autres couleurs, nommez baudequin. la couverture 
du lit de inesme, doublé de ccndail vermeil a tout 
3 custodes palées de blanc et de vermeil. (Inv. de Guill. 
de Ihignau, p. 16.) 

1424. — Pannus de baudequino cum lozangiis armo- 
rum l'rancie et Anglie (Inv. de la calh. d'Angers, 
p. 310.) 

... De bandeq\iino rubeo ad moletas et liliis aureis in 



I3fi 



BAUnEQl"I>J 



mnlelis — ... piano ciim harris aurcis in flnihus. (/iiD. de 
la cttlliéit. d'Angeis, p. 310.) 

ESPÈCES ET MATIÈRES DIVERSES, FABRICATION, 
UESl'RES ET PRIX. 

1315. — 19 panni bamlckyni novi «Je serico pnro. — U. 
2 baudi'kvni de soiioo pnio."— II. 17 panni haiulejijni de 
scrifo mi'xto. — II. bandckyni île serico niixto. (Darl's 
llistonj nf Cnnierbunj r(i//i.," Appond., p. lU.) 

1319. — Cuililicl r-nruni dctiir unii'î pannns seiirens... 
cl si foilf panni scricpi delioiTint voliunus ni rccipi.inlur 
baldekini. (7>*((im,/'("/ci arcUiep. .l/i)fli/»i(., iiyi. du Cange.) 

1369. — N' (118. l'our 1 pirrcs de Ijaiidcciiiins d'or 
impériaux en cliainp vermeil et aznrez... pmir uflVir aus 
bras S. Thomas, aux .lacoliins à Paris et Ins 2 autres 
pièces en champ azuré lurent pour offrir à Ste Geneviève 
quant nous y l'eusnies au processions, valent à 3i l'r. la 
pièce, 1-28 fr. 

1370.— N" 715. Pour \ pièces de fins bandeqiiins em- 
périaux couvers d'or, les 2 en rlianip ronge et 2 en champ 
blanc, pour offrir à S. Germain et à l'oissy quant nostre 
très cbièrc et très amèc compaigne la royne et nostred. 
ainsnè fllz y furent en pèlerinage... à 'it fr. la pièce, 
128 fr. 

N" 730. It. une aulne de baudoquin clc phiseurs soies 
des larges, d'une aulne de lé... pour couvrir et faire une 
chemise pour le grant mcssel de nostre chai)elle, 10 fr. 
(L. Delisle, J/«H(/em. de Quirlen Y.) 

1370. — Pour une pièce de baudequin de soye, large, 
27 fr. — Une pièce de baudequin broché d'or lin pour 
donner au prévost de Paris, 75 fr. —7 12 aunes île bau- 
dequin large, lifr. — l'ne pièce de baudequin cstroit broché 
d'or fin à estoillcs, 25 fr. — C pièces de baudequins larges 
azurés et bleus à U fr. \\ pièce. (6'p(e de la comlexse de 
/?(!/•. Arch.de Lille, cari, des joyaii.r.) 

1371. — N" 779. Pour 2 pièces de baudequins de plu- 
sieurs soyes en champ arsuré et cuvres blanches... à 
17 fr. la pièce, 36 fr. 

N" 859. Pour i pièces de baudequins d'or en 2 draps 
cmpériaux en ch.nii|i blanc pour offrir à Xostre-Oanu^ de 
Paris le jour de la Chandeleur qui est huy, pour nostred. 
îilz (Charles) qui v fu en pèlerinage, à 32 Ir. la pièce, 
128 fr. 

1376. — N° 12GG. Pour 2 pièces de baudequins de 
4. soies... la pièce 27 fr., à faire 3 doublés. (L. Dclisle, 
Mundem. de Charles V.) 

1408. — Une pièce de baudequin azuré ouvré à lyons à 
couronnes, brochiés d'or et roses vermeilles de soye, 
Saunes et demie. Prisée 40 fr. 14 autres de rnèiiie lon- 
gueur cités plus haut.] (/«('. des ducs et duch. d'Or- 
léans, f 27.) 

1419. — Pro 3 pcciis baldachlni bruchati ad aurum 
finum qu.-c fuerunt brachia :)0 cum diniidio ad ratiouem 
llorenoruni 5 pro quolibet hrachio, quas pecias fecerunt 
Matheus Petrus de lîaucho et Pernardus Francise! . — 
Flor.auri civitatisFlorcnliae 152, solid. 10.— It. Pro2peciis 
baldacbini ad aurum de Colonia qui fuerunt brachia 9 pro 
fior. 3 quilibet brachium, emplis a Bernardo Magisiri 
Francisci... in totum llor. 27.— It.Pro 3 peciis baldachini 
.ad aurum de Colonia et fuerunt brachia 17 2 3 pro llor. 
3 quilibet brachium. .. llor. -17 . {Arch. Vutic. M., f" tili, 
iip. Miintz, Les arts à la cour des papes, t. I, p. 28.) 

1423. — "Une pèce de liaudekyn counterfait, le champ 
bloy, contenant 5 uln. 1 quarter." Prisé 28 s. 8 den. {Iiw. 
de Henri T, 229.) 

1423. 4 oriUicrs de bauilequiu sur fil, plains de 

plume. (Inv. du chat, de llruijéres.) 

1432. — La somme de 30 salusd'or... pour en achctter 
ung drap de baudequin ou impérial, afin d'employer 
icellui drap en paremcns et aornemeus d'autel. (Laborde, 
Les ducs (le Bourg., n° 971.) 

1453. — Del hroccoro di dctta sela spagnola puoi fare 
orsoio per cordoni e baldacchini (p. 21). — Togli capitoni 
calavrcsi e fannosi trarre e filare; di poi gli cuoci e ac- 
conciagli corne le altre trame per tignere, sappiendo chc 
poco altro s'usa mettere in delti baldacchini (p. 25). — 
Délie ordilure. Baldacchini, voile GS a cannoni -iO, fila 
3 per dente di tela e uno di ristagno (p. 71). — Baldac- 
chino vuole pesare il braccio di tela ordita, 21 den. Hal- 
daccliino di trama, tra oro e capitone, 3 oncie. A braccio 



vufll pesare il drappo (di tutio) 4 oncle. [Tratlato antico 
délia seta, p. 79.) 

1487. — N» 2150. Ung autre livret cn\ivcrt d'ungbal- 
dequiu de laine tout dessiré, à 2 cloans de lélon. ^Z,i()^. 
des ducs de Ilourg. Hihlioth. prololijp.) 

1492. — Draps d'or et baudequins de la longueur de 
4 aulnes et ung quartier. (Slat. des haulelissiers d'A- 
miens. I 

1538. — 2 tunicques de damas caphart vert figuré à 
petits oyscaulx d'or de Cipre la plus |iarl et de bauilequiu 
sur taffetas blanc d'or de masse, doublez de loille verl . — 
3 petites chappesde bodcquin de lalin' sursoie. {Inr. de 
.V. /;. de Paris, f» 38 et 49.) 

V. 1540. — 11 copes of oMe liawdkyn; 3 copes of 
wbvle bawilkvn; 3 olher copes of while counterfeit baw- 
dkvii. Une. dit couvent de Liilleshull. Archœologia, t.XLIIl, 
p. 207.) 

. . . Tlic second chamber — 1 tester of counterfeit bau- 
dekynn. {Inv. du couv. de Dnrieij, ibid, p. 218.) 

1545. — 3 copes of cloth of bawdekin of cotten stuffc, 
10 s. (Inv. de Middlesex, ibid., p. 2tl.) 

PROVENANXES. 

Amikns 1492. — Ouvrer et besongner deleurd. mestler 
le quel se cojiiprenoit en plusieurs ouvrages de soyes et 
autres choses... c'esl assavoir de ouvrer en drap d'or grant 
et petit, en draps de soye appelez baiulequins, etc. (Slat. 
des haulelissiers d'Amieiis, p. 454.) 

Angleterre. 1462. — 2 chappes de baudequin d'An- 
gleterre sur champ vermeil semé de fueilles blanches et 
vertes à 2 vieilles orfrayes doublés de toile perse. Ilnv. 
du coll. d'Autun, p. 301. ) 

CilvenE. 1371 . — Pour un drap iTor de Chipre à fous- 
cous, contenant 2 pièces de baudequin le quel nous 
iloiinasines. .. à nostre 1res cher Iilz (Charles) le daiiffin de 
Viennois pour lui faire une rohe, 70 fr. (L. Delisle, 
Mandem. de Charles V.) 

1415. — lîichardo de Morton, un.nm honam vestem de 
baudekvn de Cipre. (Testam. Dom. le Scrop. — Rymer, 
Fœd., t. IX, p. 277.) 

1416. — Un baudequin de Chypre ouvré i oyseaux 
d'or que donna aud. au (1390) le duc de Bretaigne. (Inv. 
de N. D. de Pans,{' 10.) 

Damas. — Ununi vesllmentum.. . de panno albo quem 
baldekyuum de Damasco vocamus. (ilonoit unglic, t. Il, 
p. 221 ■.) 

1369. — NoGIS. Pour 2 pièce» de baudequins de Domas 
en champ vermeil et à euvres vers... pour faire 2 pour- 
poins légiers pour nous, III fr. 

1370. — N" 73G. Pour 3 pièces de baudequins de Domas 
de pluseurs soies non pareulx, l'un chevronné en champ 
rouge, l'autre arilant et l'autre vert et rouge, pour couvrir 
pcliçons pour nous... à 20 fr. la pièce, 00 l'r. (L. Delisle, 
Mandem. de Charles V.j 

1416. — Chapitre des damas en pièce. Un drap de 
Damas (en surligne : c'est baudequin) azuré semé de so- 
leils, estoiles et cerfs d'or de Chypre. (Inv. de X. D. de 
Paris.) 

1438. — 2 draps blans de Damas dit baudequin bro- 
chez d'or de Chypre, ouvrez à ciguës et roses d'or, et 
furent des obsèques de l'arcevesque de Besançon. (Ibid., 
p. 48.) 

LUCQUES. 1416. — Un baudequin de Lucques vermeil a 
nyseaux d'or et connins blans , acheté de la fabrique 
l'an 1390. 

1438. — Un baudequin de Lucques vermeil ouvré à 
ovseaulx d'or tenant une lettre de B et chiens blans, 
acheté de la fabrique l'an 1410. (Inv. de X. D. de Paris, 
fo» 16 et 45.) 

1511. — N° 308. Una alba cum paramentis de borde- 
quin de Luca. (Inv. de ta calh. d'Avignon.) 

Outre-mer et Saruasinois. 1295- — Casula debaudekino 
de opère saracenico. (Inv. de S. Paul de Londres, 
p. 327.) 

1370. — Pour une pièce de baudequin d'oultremer de 
pluseurs soies en champ vermeil et euvres vers à 2 pape- 
gaux en un compas... pour faire couvertures et chemises 
pour nostre beau livre appelle Gouvernement des princes, 



n\ui»niE[{ 



137 



Boece de consolacion et pluseurs autres, 20 fr. (L. De- 
lislc, Miindein.de Chiirles Y, n" 715.) 

BAUDOIRE EAUDOISE. — Instrument à cordes ap- 
pelé bandosa dans la lii.ssc latinité, et en italien 
baldosa. 

Quidam liandosain rnncoriiabant 
l'Iurinias cordas cmiiulantcs. 
(Aimeric île l'eyral, iJe gest. Cnrol. magni.) 

1258. 1 aportent li jonsleour 

Mainte baudnireet maint labour. 
Harpes, gignes et cyTonies. 

(Rom. de Hlahomet, v. 77i.) 

BADDRÉ n\UDniEn. — Fort cuir de vache, tanné, 
durci et préparé sans suif par les baudroyers qui 
l'eniplnyaient, entre autres usages, à des surfaix do 
selles. 

Parmi les accessoires du costume et de l'arme- 
ment, c'est une large courroie pendant plus ou moins 
obliquement de la hanche droite à la cuisse gauche 
et prenant son point d'altache aux reins sur une 
ceinture serrée à la taille. 

Le baudrier du moyen âge, souvent confondu avec 
le ceinturon lui-même, mais distinct de la ceinture 
de chevalerie, du halteuit anticpie et de la bandou- 
lière portée eu sautoir dès l'époque de Maxiinilien 
jusqu'à celle d'Henri IV, servait à allacherl'épée ver- 
ticalement ou obliquement, soit comme aux xill= et 
XIV" siècles parle croisemenl de petites lanières dé- 
coupées dans la largeur du cuir et formant un nœud 
qui dispensait de la boucle, soit avec des agrafes 
de métal reliées aux viroles des fourreaux. 




V. 1300. — Dihliiitk. liicliel. iiis. [(nuls allem. n" 32, 
f°s 29, 54 et 39(). 



Les bonis du baudrier étaient plus généralement 
rattachés par une boucle. Celui des arbalétriers leur 
servait à accrocher la trousse et le bandage de leur 
arme, tels que crochet, moulle ou cranequin, et au 
baudrier des veneurs se suspendaient la trompe, les 
laisses et les colliers. .Voy. la figure au mot ba- 
guette. 

V. I2S0. Car ni a si liardi s'il cri avant aies, 

Ne le parfende ja jusi|ue an mu du bandré 
... gros fu par les espaules, grailles par le baudré. 
(Tierabras, v. 181 cl 1S22.) 
1260. — Un baudré que on apèle couverture i cèle de 
cheval ou de roncin. (El. lioilcau, 1" part., lit. 78.) 
II. — Nus ne puet eslrc baudroier à Paris ce est à savoir 



conréeur de quir por fère conrroiees à ceindre et por fere 
semèles à souliers se il n'achate le mestier du roy. 

Nus baudroiers ne puet ne ne doit ouvrer de sui en son 
meslier, car l'euvre de leur mestier conréé de cuir n'est 
ne bon' ne léal. (M., lit. 83.) 

V. 1300. —Après chaignoil li prestrcs une autre cbain- 
ture lée de 4 dois, c'on apcloit liiiudré. (Guiarl, Bible ex., 
74, ms. Ste Genev.) 




1334. — D'aprèx Stmliard. 



1313. — II. Un baudré de cerf ouvré [de soie ou pris 
de 40 s. (Inv. de Mahmit d'Artois, n° 37.) 

1387. — Quérir cordes pour les cloches, tresses, bau- 
driers et autres choses nécessaires pour la sonnerie. (Féli- 
bien, Pr. del'hist. de Paris, t. I, p. 189.) 

1420. — Une saincture pour baudrier, grosse et large 
avec le croc, garni d'une grosse boucle, un gros mordant, 
3 rondes fermeures, environné tout entour d'une rengé 
de S par le milieu, tout d'argent doré. (Iiiv. ms. de Phi- 
lippe le Bon.) 

1504. — 11. Cuir de vache sec, à baudrier pour sain- 
ture cl harnois de chevaux de selle et de Irait. (Slat. 
des corroijeurs d'Orléans. Ordonn. des ;•., t. XXI, p. 309.) 
1600. — Le bauber ou brugne ceinte d'une ceinture ou 
large courroie appellée jadis butteus et des anciens François 
baudrier parce qu'il estoit fait de cuir sec et manié par 
un baudroieur qui est un ouvrier qui baudroie et en- 
durcitlcs peaux en les maniant. (Cl. Fauchet, .Milice franc., 
40.) 

1606. — Baudrier est un cuir de grain, de ferle vache, 
luisant, poli, lissé et espais et par après teint... du quel 
on fait les ceintures bandolières, celles dos veneurs à 
porter leurs trompes..., colliers à lévriers d'attache et à 
dogues. 

Ce cuir est travaillé avec un fer quarré enmanché d une 
poignée couchée appelé eslire... puis séché et lissé avec 
un rouleau massif de voirre plat par dessus appelé lisse. . . 
et après avoir passé à l'eslamine. . . teint de telle couleur 
qu'on la demande. (Nicot.) 

1620. — Qu'aucun maistre sellier ni behutier ne pourra 
faire fourreau de pistole ou pistolet, .irqucliuse, seaux ou 
bouteilles de cuir bouilly qui ne soieul de Imu baudri.'r 
bien tanné. — Les eslrivieres qui portent la.!, litière seront 
de bon baudrier noir doublé de baudrier blanc bleu cousu 
de bon lillct poissé. {Slat. des selliers de Bordeaux, 
p. 34 i -5.) 
B.VL'DIUER d'arbalète. — I29S. - li. l'our l-2tî3 

baudrez, 170 1. 13 s. G rien. (Cple de J. Arrode.) 

1351. Ordcnons... quant au fais des gens d'armes 

de pie .. que l'arbelestrier qui aura bonne arbalesle et 

fort selon sa force, bon baudré et sera armé de plates, etc. 

{lieglem. du rui Jean. Ordonn., t. IV, p. 09.) 

1365. — Alium ballheum de lilo cum polia de cupro. 

taxat.4gross. — II. Alium ballheum veterem taxât. :2 gross. 



138 



r.Ai iii;ii':ii 



— II. Alium bnllliciim rorii ciim polia forroa taxal.^ gross. 
(/iir. de J. de S(i///««, p. 34U.) 

1383. — H baiiilricz dont les 3 sont polies à tendre ar- 
baleslrez. — It. 14 baudrcz dont les "i sont de cuir. (Inu. 
des forteresses de rArt"is.) 

1*17. — Failli avoir (pnnr la garde et scnrlé de la 
ville) l(H) arbalcstes fçaniis île cordes tant grans comme 
petites ipii pourront roiisler l'une parmi r.inire 1 f. I i la 
pièce, l.'iO f. - U. i.">};iiindatix qui pourront c.pusler-J.'i f. 

— It. Ij baudriers à pidie (pii pourront cousier l.^fr. |t. 
25 baudriers communs qui pourront couster 15 f. (Arch. 
delà Ciile-d'Or. — J. Garnier, L'artill. delà comm. de Dijon 
p. «.) 

I<»*7. — Icelluy Barthélémy bailla au suppliant d'un 
bauJrev à bander arbalestre' sur la tète. ( .1 rr/i .././. , 
re;,'. 17'.», pièce 88.) 

BAUGUE. — Ais taillé en roi'ine de tuile pour 
l'ouvi'rlnii's (Ml Iniis, liardiMii. Vny. lîAtr.llE. 

I33S. — A Rikier, le l'aiseiir de haujinc, pourl'aiie 500 
et demi de bauj;ue ou forestel pour le uoeve lojje du ma- 
noir, IG deii. le cent, 7 s. -t d. [Cples d'ouvrages au.r 
chàl. (/(M Ctes d'Arlnis, f 70.) 

BADWETTE. — C.ros oylinilre en poterie pour le- 
coiilciiieul des eaux ou l'éclairage des conililes d'une 
maison. 

1 369. — A Marglic, la potresse, pour une liaiiwette mise 
à l'cscappe marj;he des euwes. (Arcli. de Valeiicieiities.) 

1468. — A Willaume, pottier, pour 8 bauwetles, qu'on 
dist veuls de boef, sur les maisons contre nos greniers, à 
2 s. t> d. 20s. (Houdoy, Cptes de Cambrai, 381.) 

BAVERELE. — I 635. — Baverèle de mors. Languète 
de l'oiiille de 1er ou menus chaînons flotans sur la lan{;ue 
du cheval au bas du mors. (Moniet, V Frein.) 



BAVIÈRE. — Avaut de s'a|oulef i\ l'armui'e de 
plates, la haviérc servant à proli'»er le eol et le lias 
du visage se trouve associée dés 13-23 au costume 
de mailles (voy. la lig. p. 19), comme elle le fut un 
siècle plus lai'd en Italie au coslume civil. Néan- 
moins son usage général n'est poiul antérieur à 
1350 et persislependani toute la diirc'e du xv" siècle. 

C'est une pièce rigide, souvent articulée, eu l'orme 
de colletin avec rahaltemenl évasé sur le haut de la 
poitrine où elle s'attache au corselet et va rejoindre, 
dans sa partie supérieure, quehiuel'iiis fendue pour 
la respiration, la visière raliaiiue du iKicind et plus 
tard de la salade. 




1559. — D'après Laurent Ruzé, {° 36. 

BAVETTE. — Surtout de lit à l'usage des femmes 
en ciiiiilies. Ce nom ne parait point étranger à 
l'acception, fréquente au xvi° siècle, du mol dans 
le sens de bavardage. On dit encore familièremenl : 
tailler des bavettes. 

1536. — Uavelte, Vestis linca vel instralum linciim 
potius quod apuil nos puerpcrte, honoris et decoris gratia, 
lecto in quo di-ciimhunt superponere soient, ad raiidorem 
et cultum dclicatiorcni oslendenduni. (Kob. Esticiinc, De 
re vestiaria, 6G.) 





XV« s. — Coll. W. Riggs. 



La bavière ouverte en deux cor|uilles attachées 
latéralement et réunies sous le menton l'orme la partie 
inférieure de l'armet primitif el, faite de pièces trans- 
versales, elle se place dès la fin du xv» siècle à la 
base de cette même coiffure dont elle termine le 
mézail. 




XV» s. 



-Même collection. 



1319. — Uclinquo dictis fratribus prœdicatorihus de 
Veroria dcstrerium seu equum... cuni bavnria mea et 
scuto meo lemporc funerismei. (Cod . diploiii. itat., col. 
1938.) ' 

1446. — Et premièrement lesd. homes d'armes sont 
armiz vouleutiers, (|uand ilz vont en la guerre, de tous 
haruois blanc, c'est assavoir curasse close, av.iut-biaz, 
grans garde-braz, haruois de jambes, ganteluz, salade à 
visière et une petite bavière qui ne couvre i\\ir le menton. 
{Traité aiioinjme du cnst. rnilit. fruni;.., édit. lielleval, 
p. 1.) 

1480. — Et avoit une salade à visière el courte bavière. 
(01. do la Marche, Mém., I, 21.) 



BAYONNE 



139 



1482. — Didier ataindit led. Broche d'un tel cop sus sa 
baviiM-e qu'il ly fit clicMjir, et avoit leii. Broclie quiisy lo 
visaige découvert. (Journ. cleJ. Aubrion.) 





V. 1490.— D'après une efiUnnpe. Curions, de l'uni. 



V. 1510. — Et d'une pierre assenèrent led. Porçon sur 
son armet tellcmenl à la coulée, les doux qui lenoient sa 
bavière furent rompus. (.J. d'Auton , ms. Richel. 508-2, 

n.WlÈr.E (COLLERETTE).— 1578. — Etpourtant mieux 
lustrer leurs grandes fraises, ou pour mieux dire liavières, 
de plus de demi-pied de large, comme ils les portent main- 
tenant, ils les peuvent faire teindre en vert s'il leur plaist, 
(J. de Léry. Voij. au Brésil, II, 11.) 

BAVIÈRE. — Je cite un exemple île l'antique re- 
noiiiini'e que l'Allemagne s'était acquise dans la fa- 
Iji-icatioi) des armes. 

V. 1350. Li nasal li trencha de l'iaume de Baivière. 
(Fierabras, v. 1262.) 

BAVOIR. — Lieu de réunion et de causerie, 
parloir. 

1655. —Maison située paroisse de Ste Eriaise... avec 
une vigne par derrière soubz le bavouerqui est es cloistres 
rie l'église S. Hilaire. (Arch. de la Vienne, cote 1099.) 

BAYART. — Le bayart d'hôpital est un grabat en 
furme de civière dont voici la ligure; le bayart rou- 



V. 1210. — liildiotk. Richel. ms. fr. )i" 10:i, !" -43 v\ 

lant est une brouette nu un chariot dont on se sert 
encore aujourd'hui pour barder. Vuy. cviiE. 



I 239. — Pro uno clerico qui portabal le tioiearl, et pro 
tunicis datis, 50 s. — Clericus antrlicus qui portât le héart. 
[Cpte de Vhotel. Coll. des histor. de Fr., t. XXU, p. 002-3.) 

1321. — Ay ordcné que en lad. maison ait perpétuelle- 
ment 16 lits bien estofl'ez et 2 grands lits que on appelle 
bavards pour coukier les povres trespassans. (Foiidul. de 
l'hôpital S. Jiitiende Lille, ^p. Monteil, X\" s. Hist.. I, 
note 60.) 

1384. — 2 grans bayars de fuste achaptés pour le fait 
dud. palais, 6 s.{Cptes des bûtim. du dnc de ISerrij à Rioin, 
p. 29 V.) 

1395. — A Jehan Ainonet, roer, pour appariller 2 béars 
pour porter les grans piSrres, 3 s. 4 d. ((jptes de Nevers, 
Bull, de la Soc, nirernaise,'!'' sér., t. III, p. 4ifi.) 

XV° s. — Les 2 lits du bayart où ciuichent les povres 
enfans à .S. Berlin. (La Fons, Gloss. ms. liihl. d'Amiens.) 

1426. — N" 7. Une escale, ung bayart ou cliiviére et 
ung petit peyrol. (Ini'. du chat, des Dau.r.) 

1563. — Les quelles plantes, les unes seront portées 
dedans vaisseaux de terre, les autres sur certains engins 
faits en forme de bavards ou brouettes. (Palissy, p. 73.) 

BAVETTE. — 1582. — Bayettes ou revesches de 
Flandres et autres semblables estofes, doibt pour chacune 
pièce 10 s. 

Bayette d'Angleterre, la pièce contenantdepuis 23 aulnes 
jusqu'à 36, pour pièce 8 s. — Bayettes doubles, la pièce 
contenant depuis 46 aulnes jusques à 52, 16 s. (Tarif 
d'entrée à Calais.) 

1723. — Bayette, étoffe de laine non croisée, fort 
lâche et tirée à poil d'un côté. C'est une espèce de revèche 
ou de flanelle très grossière et très large. (Savary.) 

BAYONNE, BAYONNETTE. — La ville renommée 
dès 15"28 pour ses arbalètes a laissé son nom à la 
coutellerie qu'on y fabriquait. La dague de Bayonne, 
transformée à une date du xvr siècle que je ne sau- 
rais préciser, est devenue la bayonnelte, grâce à la 
forme particulière de sa poignée qui rendait facile 
son adjonction à l'extrémité de l'arquebuse; mais 
le défaut de cet emmancliement primitif était d'en 
faire un obturateur de l'arme à feu. 11 dura néan- 
moins jusqu'aux dernières années du xvii" siècle, et 
fut alors remplacé par la bayonnette à douille. 

Les produits très divers de la manufacture de 
Rayonne ne peuvent se distinguer que par leur poin- 
çon qu'il serait intéressant de rechercher. 

1528. — Si fanno a Baiona bonissime balestre. (Relat. 
des ambassadeurs vénitiens, t. 1, p. 16.) 

1556. — Pour une eseriptoire garnie d'un pendant de 
soye avecque un trancheplume de Bayonne , avesques 
2 plumes de Hollande. 

3 tranchesplumes de Bayonne pour servir à la garde- 
robbe dud. Sgr. (Cptes de Henri II, Bibl. Rich., n» 104U6, 
f»3 16 v° et 21.) 

1560. — Pour une eseriptoire garnye d'un canivet de 
Bayonne, de plumes de HoUamle et de tresses de fine 
soye, 10 s. t. (3". 6>(e roij. de David Blandin, (" 131.) 

1565. — It. Nul ne peult garnir aulcuns poignarts 
de Bayonne, dagues vieilles ou neufvcs ou allumelles telles 
qu'elles soient, de yvoire, d'ébeines, de brésil et de corne, 
nou-e, s'il n'est maistre coustelier, doreur et graveur sur 
fer cl acier de nostrc ville de Paris. (Slat. des couteliers, 
doreurs et graveurs, etc. Arch. Y. 12, reg. des bannières, 
t. VU, f 11 v.) 

1577. — AArnaultdu Vergier, marchand et bourgeois 
de Larochelle, 8 1. pour 2 dagues de Bayonne livrées i la 
royne. (Cptes de ta cour de Navarre, Hev. d'Aquitaine, 
t. M, p. 417.) 

1591. — No 666. 2 poiiignards de Bayonne garnis 
chascun d'ung poinsou, 2 cousleaux, la guayne de velours 
noir garnie d'argent doré. Les 2 estimés 1. (Inr. de 
Guill. de Montmorency.) 

1611. A Kindeof small flat pocket dagger, furnishcd 

wilh knives; or a greal kuife to luing at tlie girdie like a 
dagger. (Cotgr.ave.) 
1614. — Se trouve une baionettc ;\ lo.. estie, le fond 



uu 



RAVON'NETTK 



d'argent cl Ir- dessus de fer relevé ilo pdils personnages 
en bosse el le bout a 4 quartz enrichi de mesme 
flgnre. 



Fin (in XVI" s. - Coll. Ressman. 



. . . Une Imyonnelle anlicqiie . façon d'Allemagne . la 
lanii" à (lanime, le manche de bois sur le quel sont em- 
praiiites diverses armoiries, le fourreau de velours rouge, 
le bout d'argent dore avec les Cousteau et poinçon, donnés 
à feu Mond. Seigneur par Jacques du Caney. {Iiiv. du duc 
de Lorraine à VU olel de Salin . ) 

1655. —A présent on y fait (à Bayonne) de meilleures 
dagues qu'on a|i{>elle des hayonncttes ou des hayonnes 
simplement. (Horel, Très, des recli. el aniiq. (jttuioises.) 

1663. - A Dresde 100 halebardiers etoient en haie, 
les uns avoient des fers de lialcliarde au bout de leurs 
mousquets. (Monconys, Voyages, t. II, p. 2i9.) 

1678. — La hayoniietle est à peu prés de la longueur 
du poignard. Elle n'a ny garde ny poignée, mais seule- 
ment un manche de bois de l,i longueur île S à 'J pouces. 
La lame est pointue et taillante, longue d'un pied et large 
d'un bon pouce. (Gaya, Traité des armes, p. 17.) 

1690. — liaijonnelie . — Dague, couteau pointu qui n'a 
que i petits boutons pour garde, qui est venu originaire- 
ment de Bayonne. (Furetière.) 

BAZIN. — 1,'lnde, qui le faliriqiio oncore, cxpof- 
ti;it ee lissu ilés le xiv siècle, ainsi que j'ai pu m'en 
convaincfcparuii lambeau nionoelironir extrait d'une 
tombe (le celle époque. C'est une étoffe rroisée, de 
coton, cliaini' el trame. Parmi les [)roiluils moileines 
d'Alençon, l.you, Paris, Rouen, Toulouse, Saint-ijuen- 
tin, Cambrai et Tfoyes, ces derniers se distinguent 
par leur chaîne de fil ou de chanvre. 

1562. — Autre chasuble et 2 courtibauls de toille d'or 
et de bazin. (fie/ot. rfu pillage de l'égl. d'Aubeterre. 
Bull, de la Soc. archéol. de la Charente, 3« sér. t. IV, 
p. 309.) 

BÉATILLES. — Toiles de coton claires et crêpées, 
répondant pai'mi les mousselines aux noms moder- 
nes de tarlatanes et d'organdis. Far métonymie le 



mot s'est ap|)liqué aux agrémenls de la roilTurc des 
dames. 

1492. — A Jacques Lorignières, varlet de chambre et 
joueur de nianucordi' de lail. dame, 70 I. I. pour l'achapt 
de plusieurs béatilles. ( 7;rxo/CMe d'Anne île Bretagne, 
Arcli. AX, reg. SI), (" rA.) 

1494. — A Uerthoinmer Serre, guimplier, demeurant à 
Lyon, pour .1 douzaines de béalilles doubles, par luy 
faictes du commandement et au deviz d'iielle dame, la 
s(uume lie i05 1. t., les (|uelles béatilles ont esté baillées 
el livrées es mains de lad. dame en la ville de Lyon, A 
2 ducats pièce, avec une grant ceinture largo d'or de Flo- 
rence et de soye cramoisie franchée aux 2 boutz. (Ibid., 
reg. 8t, f H:) ) 

V. 1500. Demoiselles pour paroistre gentilles 
Portent ennnyt de si justes co(]uilles, 
Qu'il semble advis qu'elles soient descoeffées 
Kt par rlessusoiit belles béatilles 
Couvertes d'or et de pierres subliles. 

{Les pardons de S. Trotel.) 

1527. — Les béatilles— t lie fronllcr ofvelvet. (DoOuez, 

p. r)ii7.) 

1575. — Les marchands de Malabary prennent (à Chaut) 
aussi des béatillas, comme ils disent, i|ui sont toiles très 
subtiles propres pour la coitTure des femmes. Et faut icy 
noter la dilféreuce du Uairamé aux béatillas, car celles cy 
sont bien toiles fort subtiles mais non pas lissées. (Belle- 
foresl, Cosmographie, part. 2, cul. IliOX) 

1611. — Béatilles. — Trinkets or vaines toyes wherevitb 
finical peoplc decke themselves, trilles, nilles odde attires. 
(Cotgrave.) 

1645. — Villa de Azcoytia. Labra mucho liierro y béa- 
tillas. (Mendez Silva, Pofc/rtcion gen. de Espana. Prov. de 
Viicaia, c. 17, p. 240.) 

1688. — Béatilles. — Toiles de colon viennent à Mar- 
seille des Indes p.ir l'Angleterre et la Hollande. Leiit*prix 
est de U liv. la pièce de 6 cannes. (Carfeuil, Tableau du 
comm. de Marseille.) 

1723. — Bélilles. — Mousselines on toiles de coton 
blanclie* qui se l'abriquenl aux Indes orientales, particu- 
lièrement <à Pcmdicliéry. Il y a 3 sortes de bétilles La 
première appelée simplement bétille qui est un peu gros- 
sière... la 2» sorte nommée bétille orgaudy a le gram 
rond et est très fine. La ^1" sorte qui s'appelle bétille 
tarnalane est fort claire. 

Ce sont aussi des loiles de coton blanches qu'on anportoit 
autrefois en France pour les y peindre de diverses cou- 
leurs. Les unes sont de IG aunes, et d'autres de 20. Les 
bétilles rouges et blanches qui viennent du licngale ont à 
peu près le un^me aunsge. (bavary.) 

BEAUVAIS. — Du xiii» au xv siècle, Beauvais, ou 
mieux le lleauvoisis, et en particulier Savignics, 
avaient répandu dans le commerce des vases de 
loute sorte, mais spécialement des grès dont cette 
contrée a conservé pendant deux cents ans le mono- 
pole presque exclusif. On sait que le grès est du à la 
cuisson à haute température des argiles sablonneu- 
ses qui, par fusion de la silice qu'elles contiennent, 
prennent l'apparence et la dureté dos roches de co 
nom, et, devenues imperméables, dispensent de l'em- 
ploi des vernis plnnibeiix. 

Au xv° et surtout au xvt° siècle, le développe- 
ment des fabriiiues rhénanes et belges de Siegburg, 
de liaeren, du Linibouig et des ITandres a relégué 
à une place secondaire cette spécialité de l'industrie 
beauvoisine qui continue néanmoins à faire avec 
succès les vases à boire appelés godets (voy, ce mot), 
mais ces grès s'écartent absolument de la poterie 
sigillée. 

I 180. — Post modum lana sandicis (varencej vcl sin- 
dicis |vedh| ad modum populi belvacensis opem sorciatur, 
ut tinctuia crebro condimento graiiee |brasyl| iiiebrietur. 
(Alex. Neckain, De utensiUlms, p. 107.) 

V. I 190. — Crans cols se douent es escu de Biauvais. 
(Ilaoul de Cambrai, p. 8-1.) 



liEC DE l'AUCOiN 



ai 



1250. Que del col ne lotirent la large belvoisine. 
[Chanson des Sa.ious, l. I, 2-2.) 

1530. — Cluse lo drinke in — Pot de Ueuuoais (I'hIs- 
grave, 210,2.) 

B£CDASN£. — Pol à eau avec ou sans couvercle, à 
fond plat, à bec saillant, étroit et terminé dans le pro- 
longeraenthorizontal du bord supérieur du vase Le 
becdasne, dont la forme est à peu près celle de la ca- 
nette moderne et la capacité celle du broc, se range, à 
cause de sa destination, parmi les aiguières. Il était 
muni d'une anse latérale ou d'une bride pour le sus- 
pendre. Comme l'aiguière, il a pour complément le 
bassin. La réparation des becdasnes de chaudronne- 
rie allant au feu ne comporlait aucune soudure à 
l'étain, mais seulement le rapport de pièces clouées 
à rivets. 




XV» s. — A. BMiotli. de l'itnenul n" lO'J. -- Auiie 
becdasne en étain Coll. de Vaut. 



1379. — N" 167i. 2 bassins et 2 becdasnes d'argent 
blanc sans couvercle, pes. 19 m. 

N" 1577. Un pot à ance à becdasne et a ou couvesclo 
ung escusson laillic des armes de France, pcs. 6 m. 7 o. 
(Inv. de Charles V.) 

1387. — A Tbierry Lallemanl, chaudronnier... pour 
2.besdasnes pour porter l'eaue des bains de Mad. Jehanne 
de France (nouvellement née) et pour servir en la chambre, 
W s. p. (19' Cple roij. de Guill. Brunel, f 111.) 

1391. — Au même... pour 2 besdanes d'arain... pour 
servir à porter l'eaue des bains de lad. dame (la reine) et 
desd. dames cl damoiselles, au pris de 20 s. p. la pièce. 
(Cple roij. de Cit. Poupart, f° 1.) 

1398. — Un granl estuy de cuir bouilly arniuyé aux 
armes de France... pour metlre un granl pol d'argent 
fait en façon de becdasne, pour servir en lad. cuisine, 
32 s. p. (10«C/)(e roij. deCh. Poupart, t" 31.) 

1420. — Une aiguière d'or faite en manière de bec- 
d'asnc, à une ancc dessus, poinçonnée à bergiers arbres 
et anges et brebis, esmaiUée sur le couvescle d'une deiny 
ymage de N. D., pes. 2 m. 1 o. (Inv. de Philippe le 
Bon.) 

1424. -- Inuenlaire de t'espicerie, — Une esguière d'ar- 
gent blanc, plate de dcssouhz à un biberon en façon 
d'un bec d'ane, pes. 4 m. ^ o. (Ibid.) 

1478. — .ii't 2. Ne pourront lesd. fondeurs ne cau- 
drelicrs mellrc blancque saudure à pos de coivre, férieux, 
becq d'ancs ne autre chose de coivre mctans au feu, mais 
poi'ront resauder par foule les piez, paiiches, volées et 
autres niehaing qui seroicnl ausd ouvraiges, de potin ou 
metlre arain à deux es lieux où il seroil nécessaire. (Slut. 
des fondeurs et caudreliers d'Abheuille. Arch. d'Abbeo., 
reij. des métiers, p. 322.) 

1505. — En la cuisine... ung becd'asne d'arain à servir 
aux bains, pes. 6 liv., prisé 13 s. i d. t. (Inv. de révèque 
de .Mt'U-, p. 109.) 

1514. — 2 becdasnes d'arrain rapiessez.lenaiU chascun 
ung seau on environ, prisez ensemble 14 s. |i. (Inv. de 
Cuy Arbateste, f 3.) 

1583. — X' 61. Ung bec d'ane cl une petite poisie 
riHide d'airain lelz ([uelz, prisés ensemble 25 s. t. (Inv. 
d'Anne de Xicolaij.) 

BEC-DE-CANE. — l'orme très large et camuse des 



bouts de la chaussure. Les débuts de cette mode, 
qui succéda à celle des poulaines, datent du règne 
de Charles VIII. 

1 654. — Quant les hommes se fascliérenl de cette chaus- 
sure aiguë que Ion nommoit la polaine l'on lit d'autres 
souliers qu'on nommait becs de cane, ayans un bec 
devant de 4 ou 5 doigts de longueur. Depuis furent faites 
des pantouflles, etc. iGnill. Paradin, Ilist. de Lyon.) 

BEC-DECORBIN. — Bec-de-corbin, de faucon, 
d'oisel, d'oustarde. s'entendent de la pointe aiguë et 
crochue d'un marteau ou d'une hallebarde. En 1-178, 
Louis XI se donna une garde de cent gentilshommes 
nommés les becs-de-corbin ; elle fut doublée sous 
François I" et- existait encore en IG50. 




V. UOO. — BroH'.e. Coll. de faut. 



1453. — Le suppliant priut une hache nommée bec de 
corbin allas de faulcon. [Arch. JJ. reg. 185, pièce 301.) 

1547. — Les 200 gentilshommes en deuil portant leurs 
becs de corbin. (Obsèques de François I" Hefi. du Parle- 
ment, ap. Félibien, Hist. de Paris, t. IV, p. 735.) 

1591 . — N° 756. Ung petit vase à bec de corbin doré 
par les bords à simple taille, relevé en bosse, pes. 1 m. 
5 0. : 29 1. t. (Inv. de Guill. de .]Iontinorency.) 




1570. — Dalechamps, Chirurgie française, p. 575. 



1610. — Cent gentils hommes de la garde qu'on ap- 
pelli' par noms corrompus à cause de leurs armes, becs 
de corbin, pour ce qu'elles ressemblent i nn bec. Ces becs 
de corbin anciennement cstoient appelez sergens d'armes. 
(Sacre de Louis XIII, Cérémonial frani'., t. I, p. 448.) 

BEC DE FAUCON.— 1395. — Défense déporter... bas- 
tons que on nomme becs de faucon... sur 60 s. de four- 
fait. (Bans des magistrats de Lille, — L.iVons, Arlilt . de 
Lille, p. 44.) 

1411. — Un petit bec de faucon d'acier, qui est à Cha- 
renton — 3 becqs de faucons armoycz des armes de France. 
(Inv. de l'écurie du roi, t"' 117 et 118 \°.) 

1431. — Ung petit bec de faulcon et une main pour 
ung cappitaine .. une liaichc à bec de faulcon sans dague. 
(Inv. de rarlill. de Blois, p. 317.) 

1465. 400 iiaches de guerre, tant à bec de faulcon 

que autres. iLe Jourencel,ms. Bilil. IMchel.,f 146 v".) 

1/^67. — Led. Sohier qui eslnit de coslé dnrl. cabaret 
contre un huis... haulsa ung hasloii qu'il avoit qu'on 
appeloit ung becq de faucon. (Jacques Duclcrcq, Citron., 
p. 195.) 



\iî 



r.KC, DE FAUCON 



1476.— Un vieil cniistcl nommé bccquoyscl. (Arcli. 
JJ., rit'. 200, pi^'cc '^^^O 




XV' s. 



• Itutie. Coll. de l'utit. 



IS20. — A rcntoiir duil. lé^-at y avoil t laquais... et 
avoient in Iriirs inaiiis cliasciiii un baslon doré par le 
boul el un bec de faucon pareillement doré. (Cérémonial 
fratti ., t. Il, p. 737.) 




XV1« s. Coll. W. Higgs. 



I Sft7 . — Les 200 nculilshoiuinis de la niaisou avec leurs 
becs de faucon, à cheval, en deuil, porlans les 2 enseignes 
.lussi dans le fourreau. (Obsèques île Fianinis I". Féliliicn, 
llisl. (le Paris, l. IV, p. 7211.) 

1573. — Un bec de locon à liaulle Uullu, empoinclc rie 
ili.iniant. prisé 50 s. I. thw. de Claude Goiiffier, p. 570.) 

BEC D OUSTARDE. 

1480. Cannuriiers laissez vos bombardes. 
Piétons laissés voler vos picques, 
Mi;,'uons laissez chevaulx et bardes 
Vos grands ballons, vos becs d'oustarde. 
(Coquillart, p. 2.) 

BÊCHE (.MORS A. — Pas d'ànc d'un mors. 



1387. — Pour 2 mors de Flandres à bèelie pour 2 ron- 
cins qui ont forte louche. (Cple de l'écurie du roi, 
f" 12:!.) 




1.55'J. — D'après Laurent liuzé, C 37. 



l'olonco à pendre les onsci 



BECQUEROLLE. 

gne.s. 

IS07. — Art. 6. Au regard es menus ouviap;es comme 
boetes à épiciers, tabruriers, becquerolles, estendarls et 
autres choses qui ne sont iioint de ijrauile conséquence, 
ils pourront estre peints de matières et couleurs qu'il 
plaira aux marchands et acheteurs. (S(a<. de« peititres- 
iculpleurs de Rouen.) 

BEDOIL. — .\iiiie un serpe portant au dos une 
poinic parallèle à la hampe. 

1444. — Le suppliant, d'un bcdoihl ou serpe emmenchéc 
en ung liaston qu'il porloit, donna ung seul coup sur la 
jambe à icellui Itousseau. (.Irt'/i. W.,reg. 170, pièce 351.) 

1451 . — Unf; basion ferré .ippclé bedoil, tirant sur la 
façon d'une vougc. {Ibid,, leg. 185, pièce l'.IS.) 

1621. — Se pourra eslre tait par autre que par lesd. 
maistres faures aucunes serpes, pics, hcdoijchs, volans, 
doladoires, coignées, achots, marteaux laillans pour les 
massiuis. (Slat. des forgerons de Bordeaux, p. 493.) 

BEFFROI. — Machine de guerre plus connue sous 
le iioiii lie ihdt. voy. ce mol. 

BEDON. — Tanibour à caisse iii''misphéi-ii|ne 
comiiie les atahales et les nacnires de la cavalerie, 
(jclle forme est très clairenienl délinie dans le Kie- 
tioniiairc de l'h. Mouel. 

V. 1250. Kl voit (|u'en la cclc au ronciu 
^i avilit pendu un bacin 
Dont en tel as ânes peor, 
Moult par esloit baus li tahor. 
De lès le tabor à l'arçon, 
.\\.iil alachié un faucon. 

(Hom.du Henarl, t. 111, p. 222.) 

1416. — Vue houiqielande et un cliapperon donné par 
la rojne A un uonirnè Pierre de liyoïi, joueur de bedon, 
6 f. 13 s, 8 d. (Cple d'habeiiu de IJuviere, p. 637.) 

1465. Plaisirs mondains joyes esbatemens, 
Adieu colliers, surceintes, pareuiens. 



BELLEBOUCHE 



113 



Adieu bedons, clerins, harpes, trompettes. 
(Martial d'Auvergne, Vi'J- de Charles VII-, t. II, p. 31.) 

1507. Estradiuts au son de leurs bedons 

Courent clicvaulx font bruire leurs guidons. 
(J. Marot, Voijage de Gênes.) 

— Devant le roy cent suisses marcliuient, 
De jaune de rouge aornez et vestus; 
Fifres, tambours adoncques bedonnèrent 

(/</., Voij. de Venise.) 

1635. — Perle barroque, faite en bedon, plate d'un 
coté, ronde de l'autre. (Ph. Monet.) 

BËGE. — Beige. Couleurde lainages faite d'un mé- 
lange sans teinture de brun foncé et de blanc. 

1233. Lors serai moines blancs ou noirs, 
Crivelés, bruns ou bis ou bègcs. 

{Miracles de Notre-Dame.) 

BÈGDINE (ORKROi DE. — Travail à réseau de den- 
telle, dont les béguinages de la Flandre restèrent 
longtemps les ateliers les plus célèbres. 

1379. — N°H21. La chasuble de lad. chappelle pour- 
traicte àj'magcs,à unorfroy de béguine. (/nu. de Charles V.) 

BÉHNÉSÉ. — I 153. — C'est à Bebmésé (Egypte, à 
sept journées du Caire) qu'on fabrique les tissus précieux qui 
tU'ent leur nom de celui de ci-tte ville, et servent à faire 
des habits royaux et des vêtements pour les personnes 
considérables. . . 

La longueur de la pièce d'étolTe est toujours de :J0 aunes 
plus ou moins et le prix s'en élève à environ 2U0 mitscal 
la paire. On ne fabrique aucun de ces tissus, soit en 
laine soit en coton, soit riche soit commun, sans y inscrire 
la désignation de l'espèce, afin que le chaland sache bien 
ce qu'il achète. C'est un usage ancien qui subsiste encore 
de nos jours. Du reste, ces étoffes sont partout très estimées 
soit pour vêlements soit pour meubles. (Géuqr. d'Edrisi, 
t. 1, p. 128.) 

(356. — On fabrique à Behneçah, d'excellentes étoffes 
de laine. {Voy. d'Ibn Baloulah, t. 1, p. 90.) 

V. 1420. — lîehnésa est situé à l'occident du Nil; on y 
fabrique des tapisseries qui portent le nom de Behnésaïah, 
des robes brodées, des étoffes royales et de grandes tentes. 
On y fait des tapis dont un seul à 30 coudées de long et 
dont une couple se vend 20U mithkals d'or. Lorsqu'on 
fabrique une robe de laine ou de coton, un tapis, un man- 
teau, on ne manque pas d'écrire dessus le nom de celui 
pour lequel il est destiné. Cet usage subsiste de temps 
immémorial. (.Makrizi, Descript. de "'l'Eauple, ms. arabe, 
682, f" I3U vo.) '^ "-"^ 

BÉKIRAN- — I 158. — Békiran (Espagne) est un lieu 
fortifié qui à l'importance d'une ville. Il s'y fabrique des 
étoft'es blanches qui se vendent à très haut prix et qui 
sont de longue durée. E'Ies sont incomparables sous le 
rapport du moelleux et de la souplesse du tissu. C'est au 
point que pour la blancheur et pour la finesse elles 
égalent le papier. (Géogr. d'Edrisi, l. 11, p. 38.) 

BÉLAINGE. — Lainage coiuuiuu comme tiretaine 
ou drogue t. 

1*77. — Ung corset à vestir avec un peu de bélainge 
pour faire unes chausses. {Arch. JJ., pièce 1151.) 

BELETTES. — Pièces d'un manteau de cheminée. 
Le mot s'ap|)liquc, dans la citation suivante, aux deux 
coslières, aux deux pilastres, à la frise cl à la tablette 
d'un chambranle. 

\'t9a.— 6 metnbrur(îs servans à faire les belettes de 
l.id. (■hcmiiiée. (Cptes munieip. d'Abheville, liibl. liichel. 
ms. 12016, f' lit v.) 

1512. —Eloy Roze, carpcntier (à Bétbunei, pour les 
belettes et cayères d'une cheminée. (La Fons, 6'/os.«. ms. 
liibl. d'Amiens.) 

BELIER. — Machine de guerre connue des Ro- 
mains, des Grecs et même des Hébreux, mais à la- 



quelle le moyen âge apporta des modifications inté- 
ressantes à noter. 

V. 1 200. — Compositio arietis ad niuros n" 270. — Ante- 
riores pedes 3; facias cubitorum 5, inedios cubitoruin 4, 
posteriores cubitoruin 3. Rote aulem alte uniiis semis 
palme; gresse 4, Z cireinas et in medio pertundis, secas 
columnas, et in niinutis rôtis usque ad 4 unciarum coope- 
riens, et super connexionein faciès et configes cuin meura 
astringens arietes et contexes funibus, protèges cum corio 
et super filtris cooperies, et super filtra coria ; et super 
coria arenain Z 4. Et super arenam laïuim et non moveatur 
ipsa arena et desupcr coria. Taies autem habeant ipse 
columne cardines ut non moveanlur, quia ronliguntiir 
intus, et rôtis supposltoria suppones et ipso ingénie con- 
jungas mnro et labores indubitanler. [Mappe clavicula, 
extr. de VArchœlogia, t. XXXII, p. 237.) 




1472. — D'après Valtnri. 



V. 1450. — Machina ista cum ariete proprium nomen 
ejus est testudo, ad siniilitudinem testudinis (|ue extra 
collum et caput emitlitet postea intus caput remittif. Ista 
machina est composita lignaminibns trabunculis et ni- 
dellis, et aliquando tegitur corio bubalino sive bovino sive 
assinino corio crudo. Qnando est adaplata muro causa 
frangendi murum castelli ne recipiat detrimentvm acque 
callidi sive olei sive vini bolliti, et intus stare debent 
pedites ad ducenduin eam. (Paulus Sautinus Ducensis, 
f=74.) 




V. 1460. — D'après Paulus Santinus, Uiblioth. Richel. 
lus. lut. 7239, f'74. 



BELLEAU. — l'aillasse faisant basciuiiie et rete- 
nue par un surfaix au dos des bétes de somme. 

1530. — Et n'avoit led . cheval sur le doz en lieu de 
selle fors ung petit de paille enclose en vieille loille que 
l'on nomme eu vulgaire ung belleau. (Perceval, f" 21.) 

BELLEBOUCHE. — Grand chaudron de cuivre 
ferré d'une anse et de cercles reliés par des tringles. 

1380. — Guillaume de Lagny, pour ferrer de neuf 



lli 



BELLEBOUCIIE 



2 belles bouches, 4 chauderoiis bastars et 4 autres cliau- 
ileioiis miiaiiz (étainés^ pour l'iiflicc île cuisine, 22 1. 
8 s. (). (l). D'Arcq, Cples (U fliotel, \>. U.) 

1420. — lu piaiU cliauilerou iraiaiii appellce belle 
bouclic, tenant environ seaux. (Laburde, Les ducs de 
llouig.. G280.) 

1421. — Jehan Itecuuet, chauderonnier, pour une belle 
bouche neuve ferrée par bandes, 102 s. p. (D. D'arcq, 
Cptes de Vhôtel, p. 2S2.) 

BELLECHÈRE. — Xounituix' et accessoires des 
dépensos de bouche, et aussi un chaudron. 

1451. — Pour la belle chère lesd. 3 jours et demi, au 
lo^'is de monseigneur. 

I4S5. — Aud. luMc, pour la belle chièrc d'un mois que 
monil. Stjr a été logé à l'iiolel, c'est assavoir pour le bois 
à cuire la viande, sel, verjus, vinai;;re. nioularde, potage 
et huile,2écus, valent 55 s. (I)ép. de. Mijrde Taillehourg. 
— Marchegay, Notices sur l'Anjou, 1872, p. 352, G.) 

1527- — 2 pelles de fer et 6 chaudrons appeliez lielle- 
quiércs, de cuyvre. (Inv. de Ravestaiit, C 18.) 

BELDQDE. — Manlelet ou niante, Voy. beiine et 

BEnNLCllE. 

1496. — Pour 3 beluques, 2 gramles et une moyenne 
baillées à niad. dame, pour mademoiselle le huitième 
jour de novembre, 6 1. 5 s. (flep. de la Ctessc d'Aiigou- 
léme, ms. flic/t. 8815, f-aSv».) 

BENCILLON. — Socle, cul-de-lampe. 

1517. — Sur le quel (autel) pose une belle et dévole 
ymai|;e de Noire-Dame et au dessus ung chappileau bien 
richement doié avec les bencillons paincls très richement. 
(Voij- delà relue de Sicile à Clairvaiu. Aiin. arcUéoL, 111, 
p. 226.) 

BENEL. — Tombereau à deux roues dont lu capa- 
cité normale devait cori'espondre à la banne, c'csl- 
à-dire ù un demi-mètre cube. Voy. b.\n.nel. 

1377. — De mener cliascun an esd. terres 80 benelées 
de fieiis. {.\rch. MM. 30, f' 75.) 

1460. — En 1118.) El au quatrième jour fcurent mis 
(le c<" d'Armagnac et autres) sur beiieaux basses et menés 
liors Paris, (.l/ein. de S. fténiij, ch. 86.) 

1498. — Pour avoir pris et chargié à son benel. .. le 
nombre di' 1021 benneléede cailloux et de sahlon. (Cptes 
dWhbeinlle, Bihl. IXich. ms. 12UIG, p. 131.) 

BÉNITIER. — En souvenirdesfontaines qui, dans 
les premiers siècles, servaient aux ablutions, le culte 




XII' s. 



liénilier d'éijlixe en unllirmile, provenant 
d'Angleterre. Coll. de Vaut. 



l'n certain nombre de ces cuves de pierre, quidalenl 
du miiyi'n àL;e, exislenl encore. 

Le bénitier manuel ne seml)le pas beaucoup moins 
ancien, si l'on eu ju'^c parceux cpie possèdent les ti'è- 
sors d'.Mx-la-tlbapelle el de la calliédrale de Milan. 
Leur forme est celle d'uu seau, quelquefois de matière 
précieuse et d'un travail d'ima^^erie fort compliqué 
La modilication la plus sensible de ce type connu et 
usuel, est celle du bénitier de clievel i|ue dislingue 
souvent sa partie plate adossée à la muraille des 
chambres. Nous donnons ici un exemjile de cette der- 
nière espèce. Voy. anceai' et aic.ueiienestieh. 



catholique a adopté, dès l'époque carlovingienne, 
l'usage des bénitiers fixes à l'entrée des églises et 
l'a conservé en eu réduisant toutefois les proportions. 




XVo s. — Bénitier de chevet en broute. Coll. de /'«»(. 



1360. — Un béuailier, d'argent doré, tout jilain, grelle 
par le lias et large p,ir la guelle, cl est saint par le 
milieu d'un euvre l'ail en maiiière d'un souage et a, eu 
l'ance sur le milieu d'an haut, un anel à lourel, et a sou 
aspergés quarré à 3 neux, el poisc en loul, 5 m. 1 o. 
12 don. (Inv. de Louis d'Anjou, n' 30.) 

1380. — L'ug cauebenoislier et son arpergès d'or, que 
l'on mecl au chevet du roy, de uuyt, tout ronl, cizellé par 
dehors à lozanges et lleurs de liz, pendant à une chaisne 
d'or, pes. 3 m. 1 o. d'or. (Inv. de Charles V, ri" 25i.) 

1391. — .\voir rappareillié et mis à poinl un caulic- 
noislier d'argent blanc pour la royne. C'est assavoir, 
rcfaiz les 2 boux de l'ance, mis en ycidui un annelel et 
un crochet à le pendre an chcvcz de lad. dame. (3' Cple 
roij. de Ch. Poupart, V 80.) 

1392. — Refait les orillons d'un caubenoistier d'argent 
en façon d'un chauderon, pour tenir l'ance d'icelui. 
(■lo Cple du même, (° 115.) 

V. 1400. — Ung benoistier avec l'aspergés d'argent ù 
■l évangéllstes. (Inv. roy. alphabétique.) 

1416. — On benoistier de cassidoinc, à 2 ances de 
mesme, et dessus a une ance d'argent doré et 2 serpens 
entortilliez l'une en l'autre, pes. 5 m. 6 o. : 16 1. t. 

Un autre benoistier de cristal où il a 2 serpens volans 
qui foui l'ance, d'argent doré, 12 1. t. (Inv. du duc de 
berrij, 185 et 8G0.) 

1471. — Ung petit benoistier déracine de bouys ouvré 
à ymages, et an davant a une ymage de Noire-Dame do 
Pitié. (Inv. du roi Iténé à Angers, t" 2i.) 

1494. — Uno sechiello da aqua sancta de arzenlo smal- 
tato cum lavorieri reportati suso el dorali, f.tcto a forma 
di brenta, cum (lui dalhui el uno tondo per manicho do- 
rato, ne! quale tondo li c l'arma Ragonese da uno lato et 
da l'allro l'ajuia de la casa, tuto hiancho dcillro, cum una 
cornize in mezo luta clorata, cum parle de li smaltc giiasti 
el col suo asperges de arzenlo smallato, cum Ire vcre 
dorale. — Pesa in lutlo, omnibus compulanlis, onze 33. 
(Inv. di guardaroba Estense, p. 28.) 

ISIO. — Un bcnitoir de coeuvre. (Arcli. de Vouai, reg. 
aux leslam., f° 189 ) 

1548. — Maistre Nycolas sera tenu de tailler et copper 
ung beiieyti de pierre' de marbre... jouxte la forme d'ung 
jiatron faicl et pourlr.aicl en ung folliel de papier. 
(Marche cit., Laborde, Glossaire, v" Patron.) 



BERCEAU 



liô 



BENOS. - 

I 180. 



Ebéniei', bois d'cbène, voy. ce mot. 



Cius arbres a à nom beniis 

(Floire et Dtancellor, v. 603.) 
I 260. — Nus labletier ne piiot faire table.s de quoi li un 
fuelles soit de buis et li autre de fanne, ne mètre avec- 
buis nulo autre manière du l'ust i|ui ue soit plus eliicr que 
buis, c'est assavoir, cèdre, bonus, brésil et cvprès. {Heg. 
d'FA. Doileau, lit. 68.) 

BEQDEREL. — .\gneau d'un an. 

1397. — Le quel prestre dist aud. exposant qu'il avoil 
a ou i.5 bequereaulx ou ai^neaulx... les quelles bestes, 
appellces bequeraulx aud. pays de Caux, sont bestes à 
laine qui de nouvel ont accompli leur premier an. (Ardi.JJ., 
152, pièce 59.) 

BER. — Fer de pique ou de flèche, d'où berser 
que Froissai't applique au.v blessures de l'amour. 



V. 1250. 

En sa main tint .1. dart 



lont le bcr 
{Gaufreij, \ 

1393. J'en nonimeroie ja un cent. 

Voir, par Dieu, uu grant millier. 
Qui tout en ont été bersé, 
Ardamment espris et arsés. 

(Froissart, Poés., p 



lu d'acbier. 
6171.) 



390.) 



La 



BERCEAU, BERS, BERSEIL et BERÇOIRE 

dislinilion du berceau et de la berçoire n'est pas tou- 
jours faite dans les documents anciens ; il y a lieu 
néanmoins d'établir entre ces deux objets une réelle 
difTérence. 

Dans les berceaux à pièces solidaires et rigides, 
même quand les patins se terminent par des courbes 
destinées à leur imprimer un mouvement d'oscilla- 
tion, il n'y a point, à proprement parler, de berçoire. 
Dans ceux dont la couche intérieure mobile est reliée 
par deux tourillons à des montants fixes et posés sur 
un soubassement qui l'est aussi, c'est à ce bâtis 
donnant que s'applique le nom de berçoire. 

Un exemple de chacun de ces deux types est em- 
prunté à des objets ayant servi à contenir des reli- 
ques des saints Innocents, ou peut-être quebiue frag- 
ment tel qu'on en rencontre dans l'inventaire de la 
cathédrale de Reims. 




XV s. — Berceau reliquuive en bois sculpté. 
Coll. de Vaut. 



Les berceaux de parement étaient munis de pavil- 
lons avec rideaux, chevets historiés, piliers et gar- 
nitures. Le bois d'ébène, employé spécialement à la 

GLOSSAIRE. 



cour de Louis XII, était considéré pour les enfants 
de France comme un préservatif de la peur. 

1387. — Jeban Lehuchier, demeurant à Paris... pour un 
bcrseil de bors d'IUande avec la bersouèr-e... pour berser 
mad. Jelianne de France, fille de mad. la royue, 8 1. p. 
(rjo Cple i-oij. de Giiill. Drunel, f» 108 v°.) 

1393. — A Jeban de Troies, sellier, pour avoir recou- 
vert de drap vermeil, cloé de doux dorez et nibanné de 
rubans de soie la bersouère de Mous, le dalphin, 48 s. p. 
(Argenterie de la reine, 1" Cpte d'Hémon llaguier, f 28.) 

1396. — A Jehan Parcliet, peintre, pour 2 biers à 
berser, l'un grant et l'autre petit, par lui peins, pour 
l'entrant de la gésiue dont lad. darne ducbessc est à pré- 
sent grosso. (Laborde, Les iliics de Bûurij., n" 5723.) 

1401. — A Raoulet Dugué, bucliier, pour un berceul 
et une beisouèrc de bort d'IUande à i pomnieaulx sur 
les 1 piez, un dossier au chevet boue et ennaisselé tout 
autour, avecques une bersouère de i piez et demy de 
long et de 2 piez et demi de lé, bordé partout... pour 
reniant de la royne proucbainement venant, 8 I. p. 

A lui pour une grant bersouère de 6 piez de long et de 
9 grans piez de lé, la quelle a 1 piez et bordée de baulte 
bordcure, pour servir au grant bersouer de parement, et 
a un dossier au chevet, î I. p. (Argenterie de la reine, 
9' Cpte d'flémon Haguier,f 42 v».) 

\it03. — A Raoulet Dugué, demourant à Paris, pour 
avoir fait uu berceul tout de bort d'Irlande, où il a un 
escren ou chevet et une bersouère bordée. 

It. A Girard de Blaiuneteau, paintre, pour avoir paint 
de Un or bruny un berseul et une bersouère pour 
Mgr Charles (Vil) de France. (Argenterie de la reine, 
p.'254.) 

1403. — .4 maistre Jeban du Liège, charpentier, de- 
mourant à Paris, pour l'achat de 2 bers, l'un de pare- 
ment et l'autre pour bercer et nourrir led. enffaut; pour 
2 berseulx servant à yceulx bers, 2 cuves de bois d'illande 
à baigner et 2 chappelles à ce appartenant, 36 fr. 

A Cristophe Besan, paintre et valet de chambre de 
Md. Sgr, pour avoir paint et doré de fin »r bruuy aux 
armes de Md. Sgr de Rethel et de mad. damoiselle, le 
grant bers de parement... pour led. cnffant et une ta- 
blette à mettre darrier la teste d'icellui enffant, où est 
l'image Notre-Dame, 50 fr. (Achats pour les couches de la 
Ctesse de Rélhel, p. 608 et 609.) 

1469. — Un grant bers doré à 4 ponnnettes de cuivre 
aux armes de lad. dame. (Inv. de Marguerite de Bretagne, 
n" 153.) 




XV« s. — Berceau reliquaire en cuivre doré. 
Coll. de Vaut. 



1472. — Guillaume Poissonnier, orfèvre à Tours, pour 
un reliquaire en façon de berceau, donné par le roy à 
l'église de S. Sarny d'Avrancbes, pmir mettre le saint Inno- 
cent de lad. église, 230 I. 1 s. (Cpte roy., cil. Laborde, 
Glossaire, v" Reliquaire.) 

1485. — Il y avoit dessus le bers (de Marie de Bour- 
gogne) un pavillon de damas verd et violet... et les cour- 
tines de samyl..., le bers estoit couvert d'ermines armi- 
nées, traînantes à terre et un fin drap de crespe dessus 
et tout autour tapiz vcluz... 

10 



116 



BERCEAU 



Et cioibsl cslrc (au jour du baptême île l'enfant îles 
daines nobles) le bc-rs tendu d'uu pavillon carré oii rond 
de soye ou de saye, mais la soye est plus hounorable et 

plus riche .. qu'il suit couvert île nieiui vair nais ne le 

f.iult point plus t;raud que le bers n'est, et si il passe les 
bonis du bers de chacun coslé quartier et demi, il sulTil; 
car il ne faut point qu'il pende jusquesà terre. Il faut que 
ce soit un hault bers pendant i anneaux de fer cuire deux 
bois comme l'on fait de coustumc. (Aliéner de Poitiers, 
p. »2let 2U.) 

ISOO. — Vit le noble berseau, le quel esloil richement 
entaille et d'unj? liois noir nonnné hebonus, bien cher et 
bien exqnis, rrnissanl aux Indes, dont on fait les ber- 
selelz des cnfaus royaulx pour ce qu'il a la vertu de les 
parder d'cspdvenlemèiil. (Lcmaire de Belges, ///i/sfr. , 1. 1, 
C W y.) 




V. 1520. — D'après Albert Durer. La vie de Xoire-Oame 
pi. 13. 



1607. — 5 aunes de bougrand blanc pour doubler le 
fond/, et le dessus de la bersoirc, :l I. 15 s. — Pour la façon 
de la j;arnilure do la bersoirc, de son fondz, dessus, souliz- 
basseniens, 3 rideaux, i bonnes grâces et les piliers, le 
tout de damas jaulne chamarré de clinquant gariiy de 
franges, crespines el boutons, .W I. — Pour la façon d'un 
grant et petit altour de serge jaulne chamarré de passe- 
ment de soye et frange de soye pour couvrir lad. ber- 
soire, 10 I- — F'our un berceau à mettre dedans la bcrçoire 
(une autre) de 1 pieds de longueur avec 8 vifs (vis) ar- 
gentées et 1:2 boules pour attacher les passements et toute 
la tourneure d'icelluy, 28 1. (Cpte roij. de Pierre Leroux, 
r» 11 v" et i'J \°.) 

1669. — lîn reliquaire d'argent doré en forme de ber- 
ceau pesant 7 m. G o. dans le quel est du bois de la 
crèche de Kotre-Seigneur, tiré de Ste Marie m.ajenrc de 
Rome par monsieur le cardinal de Lorraine arclievesque 
de Reims qui en fit don à son église la veille de Pasques 
de l'an 1.'>7:1. (Inii. de la cathéd. de lîeims, p. 60.) 

BERCELLES. — Pressellcs de lapidaire, d'émail- 
Icur cl (l'orfèvre. 

1690. — Petit instrument d'orfèvres fait de lélon, qui 
aboutit d'un coté en petites pincettes et de l'autre en une 
petite pelle, qui sert à travailler en diamanls et en d'aulres 
menus ouvrages. (Furclière.) 

1723. — Espèce de petite pincette dont les émuilleurs 
se servent pour tirer l'émail à la lampe. Elle est d'un 
seul morceau de fer replié en deux, dont les deux branches 
sont plaltesetuu peu pointues. (Savary.) 

BERCHE, BARCE. — Pièce en fer ou en bronze 
servant dans rarlillrrie de marine aux XV et xvi' 
siècles, mais qui fut aliandonnèc dans le suivant. , 

Plus courte et plus renforcée que le fauconneau, son 
calibre se rapprochait de celui de l'arquebuse à croc; 
son projectile était une ballole de ploiub. La berchc 
se lirait aussi à mitraille. 

.lai, dans son Glossaire nautique, dit que l'art. GO 
de redit rendu par Henri 111 (I5SI) sur le fait de l'a- 
mirauté de Fraïu'e, statue que le navire de 30 à 40 
tonneaux aura '2 doubles barces ; que le navire de 50 à 



(10 tonne 
(i barces 
que le u 



aux aura 1 barces; 
; (|ue celui de !)(! à 
iivire de 100 à 120 



(|ue celui d 
100 aura 8 
eu aura 1-. 



' 70 à 80 aura 
barces, enfin 




Berchc en fer à chambre et étricr mobiles. — Coll. 
histor. de l'artillerie danoise. — Longueur totale de 
la pièce l"i',50. — Calibre 0,08. 



I 5S7 . — Encor que nous n'eussions que 3 vaisseaux, 
ils estoiciLl si bien fournis d'artillerie, qu'y ayant 18 pièces 
de bronze et plus de 30 herches et mousquets de fer, etc. 
(J. de Léry, Voij. ait Brésil, p. 23.) 

1600. — Un canon do navire mis sur le cliaslcau pour 
saluer, et tire de balle de |doml). (El. Biiiel, Merv. de la 
nat.,ch. 19.) 

1606. — Pièce d'artillerie plus petite que fauconneaux 
tirant dos balles de plomb... Les seuls vaisseaux de mer 
les onl retenues cl les portent sur le chasteau devant ou 
sur le gaillart. (Nicot.) 

1634. — Berches sont petites pièces de fonle verte. 
(Kt. Cleirac, Termes de marine.) 

1650. — Sorte d'artillerie ancienne dont on se sert 
encore es navires. (Borel.) 

1690. — Barces. — Espèce de canons siMUhlahles aux 
faucons ou fauconneaux, mais plus courts et plus renforcez 
de n\étail el de plus grand calibre. Us étoienl autrefois fort 
communs sur la mer ; mainlcnant ils sont hors d'usage, 
(l'uroticre.) 

BERDICHE. — Tenue d'origine russe placé ici 
sans l'appui des textes qui partout ailleurs accompa- 
gnent les mois de ce Glossaire, parce qu'il est sans 
équivalent el aujourd'hui cousac'ré par l'usage. 11 dé- 
signe une arme de foruu' 1res parlieulière, rare en 
France aux xiv<^ el xv° siècles, mais dont l'usage de- 
vient fréquent eu Suède et eu liussic dans les deux 
siècles suivants. 

C'est une forle hache à laillanl cambré, dont lalon- 
gueur moyenne de deux pieds augmente jus(|u'à trois 
ou quatre, et doul l'cxtrémilé inférieure s'attache au 
bois par une palle clouée et cordée. Sur la hampe 
mé(dale, tei'uiinée parune bouterolle de fer en forme 
de cornet, s'observent deux é|)aulemenls, le premier 
au-dessous de l'cmmauchure et l'autre dans la par- 
lie médiane. 

Celte ai-me formidable, reproduite en I.'j5!) par 



BERGER 



147 



Olaus Magnus, archevêque d'Upsal, dans son Histoire 
des peuples du Nord(\. 7, cli. 3) et dans les fresques 
de cette église où reposent les cendres de Gustave 





1274. — A. BMioth. liichel. ms. fr. n» 342 f» 23. 
1294. — B. Ibid. ma. fr. n» 938, f 69. 

Wasa, était portée par les trabans ou gardes à che- 
val de la suite de ce prince et des Stures. En Russie, 
la berdiehe resta jusqu'au xvii" siècle l'arme des 
strelitz. 



t 



1. Cnll.L.OMtiuHX. — ii'A'i. Musée de Tz-nislioé-Selo 
{Pétenbourg). 

BËRE. — Civière, comme bare et bayart. Voy. ces 
mots. 

1527. — Leurs échelles demeurèrent là, qui servolent 
de bere pour emporter les mors. (Cliron. de J. d'Auto», 
Btbl. Richel., ms. 5083, f 35.) 



BERETTIN. — Rousscâtre comme la bure et plus 
sombre que la teinte appelée beige. 

1556. — Le capitaine descendit en terre avec un es- 
quif, contemplant la nalinc et assiette du lieu et la façon 
lie faire des liabitants qui sont de couleur beretline c'est- 
à-dire entre blanc et noir. {lYavig. de Pierre Alvarez. — 
L'Afrique de Temporal, t. IV, p. 397.) 

1614. — Ad ogni galeotlo si ilanno 2 camicie... un be- 
ri'tlin rosso et un galbaiio. (l'antero Panlera, L'armala 
renie, c 13, p. 132.) 

BERGAME,(i..vij)AGES et tapisseries de. — 1557.— Le 

vin n'y croissant pas à cause de la froidure et le simple 
peuple, ne pouvant s'addoner au labeur des vignes, est 
employé à l'aire des drai>s et aceoustrcr les laines qu'on 
porto presque par toute l'Italie. (Bclleforest, Cosmogr,, 
t. II, I. 2, col. 708.) 

1593. — Pour 2 aulnes de burat de Bergame, pour 
frotter les babiUemens du roy, à 4 s. l'aulne. {Argenterie 
du roi, Bibl. Richel., ms. 112U8.) 

1599. — II. Ung tappis de laine, façon de Bergame, 
de 3 aulnes de long et une aulne de large, telle quelle, 
estimé 30 s. {Inv. du chiincelier [lurault, u" 472.) 

1690. — Tapisserie grossière faite d'un tissu de laine' 
de fd ou de cotton. sur le mestier, sans représenter au- 
cunes figures. On les appelle maintenant tapisseries de 
Rouen. (Furetière.) 

1723. — Crosse tapisserie qui se fabrique avec différentes 
sortes de matières filées, comme bourre de soye, laine, 
coton, chanvre, poil de bœuf, de vache ou de chèvre. C'est 
proprement un tissu de toutes ces sortes de fils dont celui 
de la chaîne est ordinairement de chanvre, qui se manu- 
facture sur le métier à peu près comme la toile. 

Rouen, Elbeuf. .. fournissent une quantité considérable 
de bergames de toutes les couleurs et nuances; les unes 
en façon de point de Hongrie, les autres à grandes 
barres chargées de fleurs et d'oiseaux ou d'autres animaux, 
d'aulres à grandes et petites barres unies sans aucune 
façon, et d'autres qu'on appelle Chine et écaille parce 
qu'elles sont remplies de façons qui imitent le point de 
la Chine et les écailles de poisson. — Il s'en fait une sorte 
particulière à Rouen que l'on nomme tortin, à cause qu'il y 
entre de la laine torse. Il s'en fait aussi quelques-unes a 
Toulouse. 

Les hauteurs les plus ordinaires des bergames sont de 
une aune et demie à 1» 3/4, 2", et 2» 1/2. Il s'en fait 
néanmoins quelques-unes de 2» 1/2... Il y en a de fines, 
de moyennes, de grosses ou communes. On leur donne 
encon; le nom de tapisseries de la rue Saint-Denis ou delà 
porte de Paris parce qu'il s'en vend plus dans ce quartier 
que dans tous les autres. 

Les meilleures se fabriquent à Orival, près d'Elbeuf, et 
les moindres à Rouen. (Savary.) 

BERGE. — liarque. 

1453. — U. Pour les berges qui ont esté aud. jardin 
(d'Angers) lad. année, 30 s. (Lecoy de la Marche, Cptes et 
mém. du roi René, art. 98.) 

BERGER (costume de. — 1 49 1 . — En printemps, ber- 
giers se tiennent assez bien vestus d'abillement ne troup 
frais ne troup cbaultz comme de liretaine, pourpoins de 
fustaines, et se fourrent de aignelx plus communément. 

Eu esté, fumes vestus de robes froides et légièrcs, nos 
chemises et draps (à coucher) sont de lin, car sus tous 
drap n'en est point de plus fniit. Mais avons pourpoins de 
soye, d'eslamines ou toille déliée [lôlU : et do sarge ou 
de toille déhachez. ] 

En yvers, bergiers sont vestus de robes de laine bien 
espesse, de drap velu hault tondu, fourrés de renars, c'est 
la plus chaude fourrure cou puisse vestir. Chalz sont bons, 
SI sont ronins, lièvres et autres fourrures à long poil 
qui sont bien espesses. (Le calendrier des bergers.) 

1500. — Les fers do vos lances sont vos licuileltcs 
clères et bien aguisées, aux grosses banlcs de niesplier 
trnscé, luisant au soleil tant que mes yculx en esbioissent. 
Vos blancs ruchetz de contonie ou de belle toille res- 
semblent cuirasses polies. 

On oit de loing le cliciuetiz de vos harnoys, ce sont vos 
boitoleltcs, vos couteli'tz, vos ciscaulx, vos estuitz d'alêne 
et d'osguilles et aussi vos foiietz et corgiez et vos riches 
panetières bien garnies qui pendent à vos belles saine- 



118 



UEIlGEIt 



luies. On se resveille ;m son de vos clercs Iromiicttes, ce 
sont vos niislcs, vus iloulçaincs el vos ioveuses musettes. 
(LcuKiiie lie Belges, llluslr. \. l,f 21 v».) 

BERGÈRE. — l'iùced'arlillerio rinij,a'eau xv siècle 
|iai-iiii les lioinbafdcs, mais doiil les diiiionsioiis se 
rédaiseiil en 1513 à colles d'une arquebuse à croc. 
Voy. ce mol. 

1 480. — Allèrent visiter l'artillerie el une lionibarde 
iioiiiiiitc 1.1 brr^iMc, qui niouU bien f;iisoit la besongnc. 
(Mem. ilVI. (le la Muirhe, 1. 1, p. a'.ll.) 

1513. — Nicolas Holiiii, fondeur, pour la façon de 
li berjîièrcs défoule de juitaillc cl à croeliels, de ;i pieds 
de louj; chacune, du poids de i.'> à :iO liv..., 100 s. t. 
pour cliascun cent. {Arcli. de laCote-d'Or. — J. Garnier, 
/•.lr(i//erie de Dijon, p. li.) 

BÉRICLE. BÉRIL il BÉSICLE. — Ces trois mois 
ont, ilaiis la langue du nioyen à^e, une seule et 
même sitrniliealion; s'ils sont pi'is l'un pour l'auli-c, 
e'csl que la pierre de liéril, devenant presque inco- 
lore par sa taille en lanu's minces, se prêtait comme 
le cristal de roche à la confection dos lunettes avant 
l'emploi du cristal artiliciel. 

L'usage des besicles ou béricles parait se {généra- 
liser dès le xivi! siècle; leur forme et leur monUire, 
à la différence prés du ressort, sont alors celles de 
nos i)ince-nez modernes. Leurs petites brandies 
étaient réunies par deux teillels traversés d'une ri- 
vure assez serrée pour maintenir les verres sur le 
nez dans une position li.xe. 




V. 13S0. — liildwUt. IUcIk'L, ms.fr. ir 7, f iiO v", 



Dans le niènie sens, le mot béricle s'entend des 
parties rondes et vitrées d'un reliquaire on de tout 
autre objet qu'il s'agissait de protéger sans le dé- 
rober à la vue. 

.\ l'église le béi-il sert de caillou pour le renou- 
vellement annuel du fcn dans les léréniunies du sa- 
iiieili saint. 

1310. — Kl se li donne loiis mes anniaus de kc on l'u- 
vironne les ieus. {Testam. de Maïqueiite d'Air. Cart. 
de /■"/inen, 415.) 

1328. — Une béricle garnie de cuivre oloul un cslui de 
cuir, iO s. p. (/lit), de Clémence de Hongrie, p. 11.) 

1342. — II. 2 pierres de bérili;, pour faire feu nouvel 
à la semaine penneusc. (/«('. de S. Martin des Champs, 
p. 'Jil.) 

1347. — Uouni bcrilnm album, pro ignc novo facicndo 
cl aliiiin virideni, pro eodeni. (Inv. de la calhéd. d'Amiens, 
p. iOi.) 

• 372. — Pour un vcricle eneerné en manière de 
lunellc, prisé 20 fr. (Cple du teslam. de Jelianne 
d'Ei'reu.T.) 

1379. — K° 191'J. 2 béricles dont l'un a le manche de 
bois. 

N° 2005. Une béricle rond plal, environné do corne 
noire. 



^'• 270 . Ung bériiie ronl plat, enehanlé (enchâssé) 
en une queue d'or lonjïuc, esniaillée désarmes delà roync 
Jebanne d'Evreux, el a sur le manche une dame, et a 
ung fiilelel d'un boulon yiide et une perle d'tscosse, pcs. 
.". n. 7 csl. oh. [Inv. dv Charles V.) 

1399. — Un reliquaire d'ari,'ent, ù un béricle un lantct 
cassé. (Inv. de S. Quentin.) 

1403. — For^jé une plaline d'argent doré, pour uiellre 
ez ées du livre du duc (de liouri:oj:ui') pour nu'llre ses 
Umelles alin i|u'elles ne fussent cassées. [Arch. de Dijon. 

Lalifirile, Glossaire.) 

1416. — Uns béricles non ^ariii/., lonle ronde, 00 s. t. 
— 2 béricles, l'une demie ronde (;arnie d'argent cl l'aulru 
toute ronde, non garnie, 20 s. l.{lnv. du duc de Uerrij. 
800 el 810.) 

1420. — 2 béricles ou ocillez d'or, de cristal, assis sur 
un camelot cendré, que l'on mcl pour la pouldrc devant 
les yeulx quanl l'on chevauche, au boni des quelx a 2 bou- 
tons de perles. (Inv. de l'hilijipe le Don, 1230.) 

1423. — Un basillard (hadelairc) jïarniz d'ar^çent dorrcz, 
les manches de berriU, -lo s. (Inv. de Henri V.) 

1433. — A Thomas C.usac, Marzelière,.lehan de doux et 
Alain Piovosl, des lunettes d'or i;arnies de béricles. (Cpte 
d'Aulfroij Guinot, i.ohutCiia, Ili.^t. dellret.,l. 11, col. 1034.) 

1452. — Un bel reliquère roui, d'arjîoul doré, au quel 
reliquore a de 1! manières de reliques, t;arny d'une part 
el d'aiilro do héiiele. Koi t prisse d'Olivier de Coettivy. 
[Inv. d'Oliv. de Cuetlivij.) 

1454. — A Lubin do Queux, orfèvre, dcmonraiil à Clii- 
non, pour 2 onces d'arj.'enl blanc à forgier el faire une 
garniUire en façon d'un sercle ronl, à t,'arnir une pierre 
do béricle, à lire sur un;; livre pour lad. dame (la reine). 
(Argenterie delà reine, 1" Cpte de J. llochetel, (" 72.) 

V. 1460. — 3 reliequos de coeuvre à 3 anelès d'arjîenl, 
et a on l'une, de la pierre qui se fendit al enconlre de 
Notre Seigneur el a le béricle fort onilomma^'iel, et sont 
lesd. 3 reliques dorées. (Iiiv. de iV. I). de ïciis, p. l'J.) 

1502. — Pour 10 paires de luncUes apportées à deux fois 
and. S^r roy, aud. lieu de liar, ilonl y en avoit 3 paires 
de cristal et les autres de bérll, pour ce 50 s. l. (Cptcs 
des ducs de Lorraine. — Lalon-de, Glossaire.) 

1504. — Un anj;e d'ar^'enl, assis sur un^' pié d'argent 
doré, lo quel lient sur les bras un^' vaisscl d'or el de bé- 
sicle..., donné par le pajie Martin. (Inv. de la calhéd. de 
Sens.) 

1524. — Une béricle garnie, le manche d'argent et au 
dessus dud. manche iin^ petit lion doiiré, pour lyre sur 
ung livre. (Inv. de Marguerite d'Autriche, n° 225.) 

1648. — Geminarii Ilali beryllum vocaut lapilliim anpu- 
losum ex cryslallo fahricalum. ( Ablrovandi, t. Xlll, 

p.n.-.2.) 

BERLINGUE. — Pièce de monnaie valant environ 
six deniers sterling. 

1604. — Une berlin;;iie de Venise, 2 cœurs de jaspe et 
2 d'ar^'cnt, 3 A^'uus-l)ei, une huile de messa^'cr aux armes 
de France... le tout d'ar^'enl poise 1! o. 5 Ir. (Inv. de 
S. Nicolas de l'orl. — Journ.du comité de Lorraine, 1854, 
p. .W.) 

1611. — Berlingue, Derlingasse — a pièce of coine wurlh 
alioiil d. sli'rl. (C.ol^^rave. ) 

BERNAGOÉ. — Hioil à forer, tarière. 

Mllo s. Si a inarcheans de lin. 

De inucles, de fer do niolin. 
De haces el de bernagoés. 
De pèles, do pis et de boés. 
(Des .Marcheans, Uibl. Rickel. 837, f» 283.) 
... — Cela fait..., avec vihiequins, l'oretz, bcrnagoés, 
lilles, gibhlelz, Iresfoulz, alesnes et autres en;;ins péné- 
Iratifs, il creusa el vuida les trous desd. arbres. (iVoui'. 
fabrique, p. 21,Bihl. elzév.) 

BERNARDE, iiEiiN.\uriiNF.(SEUnURE. — Oui s'ouvre 
des lieux eijlés d'une porte. 

1442. - lielle iMarion s'en coury à Fuis qui fermoit à 
sorriiro hernardo et l'ouvry. (Arcli.'jJ- 17G, pièce 101.) 
1463. — A Engucrand Mouret, serrurier..., pour 2 ser- 



BERRIIIER 



IW 



rures bernardines servans à une chambre, 16 s. (Beau- 
villi', Doctim. ined. s. ta Picardie, t. 1, pièce 122.) 

1538. — Une seneure bernarde avecq 2 glefz, pour la 
porte lie la grand salle liaulte. {Cpte de l'entrevue de la 
reine de Hongrie, f° 28.) 

1676. — Il y a d'autres serrures qui sont besnardes, 
qui s'ouvrent dos deux costez, et qui sont garnies d'une, 
2 ou 3 planches fendues qui passent dans la clef. Kt afin 
que la clef fasse arrest et qu'elle ne passe point outre, 
l'on fait dans la tige une entaille qui est plus grosse au 
milieu et au derrière du paneton que parle devant, lequel 
arrest porte sur l'une des planches, et par ce moyen les 
serrures s'ouvrent librement des deux cosléz. (l-'élibien, 
Principes de t'iinliit., I. I,p. 2Ki.) 

BERNE BERNIE et BERNUCHE. — Manteau do 
feiiinie sans capuchon, posé sur la têlo ou agrafé sur 
l'épaule gauche. La berne était dans l'origine un vê- 
tement moi'osque ou indien dont la mode se propa- 
gea au xvi' siècle en .Mgérie, à Malle, en Italie et en 
France. 

La bernuche, qui était le même manteau, mais 
plus long, se portait en toile et en laine fine. En 
France on y employait le velours, ett^otgrave, en at- 
tribuant dans son dictionnaire la berne aux dames 
nobles d'Irlande semble être le copiste de Nicot qui 
mentionne ce vêtement sous le nom de hernie. 

IS30. — En esté, quelques jours, en lieu de robbes 
porloient belles marlottes de parures susd., ou quelque 
bernes à la moresque, de velours violet à frizure d'or sus 
canetille d'argent ou à cordelières d'or garnies aux ren- 
contres, de petites perles indicqnes. (Gargantua, 1. 1 
ch. 56.) 

IS32. — Cliajntre des manteaux. — Une bergne des Indes 
à 2 endroitz (à double face). (Inv, de la garde-robe de 
ta reine, f 222.) 

I 556. — J'ai veu une sorte de habit de toille déliée, 
tissuo tant subtilement qu'il n'estoit de meilleur habit pour 
rcjelter l'eau; on appelle ccst habit Bernucium. (Cardan, 
Suljlitef invent., I. 17, p. 413.) 

1567. — Klles (les femmes des Turcs ou Maures d'Alger) 
portent un grand bernuche qui leur couvre toute la per- 
sonne et la teste.. . 

Les Maltèses, je dis les vulgaires, ne portent en été, pour 
l'extrême chaleur qu'il y fait(à Malte), qu'une longue che- 
mise de toile blanche, ceinte au dessoubs des mamelles 
et par dessus un manteau long de fine laine blanche, par 
les Maures appelé barnuche. (Nicolav, Pérégrin. orient., 
1. 1, p. 19 et 28.) 

1590. — Sopra la veste portono (le donne nobile Ge- 
novese) una sbernia annodala con una brocca, et di colore 
diverso dalle loro vesti. (Vecellio,240.) 

1606. — Demie. — Grosse niante velue faite de rude 
laine dont les Irlandais usent pour vesture. (Nicot.) 

1611. — A Kind of Moorish garment or such a manlle 
as Irish gcntle women weare. (Cotgrave.) 

BERNE, BERNIGAL. — Espèce de chaudron à 
panse courbe et à licc. 

1420. — Une manière de mesnage de vaisselle d'argent, 
portatif, tout d'une façon, mis en un estuy, garny des 
parties qui s'ensuyvent : un grant bernigaut faisant ai- 
guière, 6 hanaps dedans, etc.. {Inv. de Philippe le Bon, 
4193.) 

V. 1480. — Vaisselle d'argent. — 2 quartes d'argent, un 
bernigal,() Iranchours d'argent, (/hu. du chat, de Bar.) 

1611. — Berne. — Great kettle. (Cotgrave.) 

1618. — 9 bernes d'argent pesans ensemble lit) onces 
et ileniy. {.\rgenlerie delalialle échev. de Lille. — La Fons, 
L'inlennèiliitire, 1S(J7, p. IBô.) 

BERNICLES. — Le texte de .loinville explique 
très clairement ce genre de torture en usage au 
XIII' siècle chez les Sarrasins. 

1309. — (V. 1250). lierniclcs est le plus grief tourment 
que l'en puisse souflrir, et sont deux lisons ploians en- 



dentés au chief, et entrent l'un en l'autre et sont liés à fors 
courroies de boeuf au chief, et quant ils veulent mettre 
les gens dedans, si les couchent sus leur costez et leur 
mettent les jambes parmi les chevilles deilans, et puis si 
fout asseoir un homme sur les tisons, dont 11 ne demourra 
ja demi pié entier des os qu'il ne soit tout déhrisiés. Et pour 
faire au pis que ils peuvent, au chief de troiz jours que les 
jambes sont enflées dedans les bernicles, ils rebriseut tout 
de rechief. (Joinville, p. 103.) 

BERRUIER. — Chapcl de fer de forme carapanu- 
lée, abords rabattus sur les oreilles. Il est qualifié 
au x\" siècle de chapeau d'Allemagne. C'est aussi 
dans la même forme campanulée un casque peu 
différent de la barbute et du bacinet sans visière; 
mais son galbe [dus arrondi et plus aigu au sommet 
rappelle surtout les casques orientaux des xiv° et 
XV siècles. Le berruier est retenu sous le menton 
par la jonction de deux brides jugulaires, ainsi que le 
montre l'exemple ci-joint extrait d'un Tite-Live des 
dernières années du xiv= siècle. 




V. 1395. — Tite-Live français, BMioth. Bichel. n" 30, ' 
f 421. 



1415. — Et est vrai que le roy d'Angleterre descendit 
en France, accompagné de 4000 hommes d'armes, de 
4000 gros valets armés de cappelines bcrruyères, hauber- 
geons, grosses Jacques et grandes haches. (Juvén. des 
Ursins, llist. de Cliarles VI, p. 519.) 

1420. — Un cercle d'or sur le quel a 8 rahoz et à cha- 
cun rabot pendent à chesnes d'or chapeaulx d'Alemaigne 
nommez harruiers, garnizde boucle et mordant d'or, assis 
sur cuir. 




V. 1300. — Biblioth. Hichel., ms. fds allemand ii" 32, 
r 178. 



Une autre sainture d'argent pour la jouste ou ponr dan- 
cier, faicte de 12 gros doux aguz comme pieux, à 3 quarrez, 
et entre chacun clou a un rabot, et .i ycelle pendent 
24 berruiers d'argent doré. (Inv. de Philippe le Bon, 4123 
et 4126.) 

1446. — Et premièrement les biquoqnès sont de faczon 
agiiii sur la teste, en telle forme et manière comme an- 
ciennement les bacinez à caniail souloient estrc, et 
d'antre part vers les aurcilles viciineiit joindre aval en 
telle forme et faczon comme souloient faire les berruers. 
^ Traité anonyme du cost. milit. franc., ms. Bibl. Richel. 
1997, f" 62 v".) 



150 



ItEltIUIlEi; 



A55. — It. Chacun qui porte bennitre ou pcnnoii | 141.. „..„ .„. .--„ -- 

j. .. ui- I-. _ .. (iiiii besog cura quo dumos et vêpres... slirparc. intcii- 

.1..!...* iii.:^ 41'.^ ..:;...» bin \ 



les doit faire porter par roys d'armes et héraux. Et pour liiin besog cum quo i 

ce faire est tenu de luy bailli-r cote d'armes, cheval soufli- ilebat. {Ibid., 1G5, pièce 211.) 



I . — Unum inslrumentum ferreum yulgariter voca- 




XIV s. — Armoriai île Zurich, \i\. G, n° 120. 



sanl et hernoys. C'est assavoir, chappel de Montaiiliein, 
berruier, cappellne ou salladc, heniuys de bras, de mains 
et de jambes. (.-Vnt. de la Salle, Traité des toumoix, ms. 
Bibl. liich. rJ97, f> 20 v°.) 

BERSAUT. — Cible pour le tir de l'arc et de l'ar- 
balète. 

I 183. — Les uns fist lier i pieus, et tréoit-oii à eus 
ainsi come au bersaut. (GuiU. de Tyr, 1, p. 458.) 

I480. — Je suis le bersault contre qui chascun tire 
sajettes de tribulation. (A. Chartier, Quadril. iiwect., 
p. 417.) 

BERSERET. — Carquois. 

V. 1225. Vont archoier en la forcst d'Urbain. 
Le berserez porte li fière Andain. 

{Foulque de Candie, p. 3.) 

1230, Son arc !i portoit un valiez, 
Sun hansart et sun berserez. 

(Lai de Gugemer, 87.) 

BESA6UE, nESOC. — L'arme de ce nom est une 
liaelie à deux taillants opposés, et une sorte di^ long 
marteau d'armes assez semblable à une pioclie; 
aussi quelques auteurs font-ils de la besaguë un 
instrument rusti(iuc propre à l'extraction des ron- 
ces et des buissons. C'est évidemment le même objet 
qu'.\madis Jamyn appelle besoche. Néanmoins dans 
d'autres documents besoche et besog s'appliquent 
beaucoup mieux au volant à lame concave qui sert 
encore aujourd'hui à la taille des haies et qui a pour 
synonyme au xv siècle le mot trinijucbasson. 

1180. — Habeat ctiam (rusticus) bisacutam |bisagu| 
ad radicandum vêpres tribulos et sentes. (Alex. Neckani, 
De Utensil., p. 111.) 
V. 1240. S'a une espée longue et dure, 
Et bien mnlue à sa mesure, 
L'n autre à son arçon pendue. 
D'autre part une besat,'Uë. 
{Partonopex, ms. fds. S- Germ., f> 135.) 
V. 1270. (.elx ressemble li besaguz, 

De .11. pars trenelie et est aguz. 

(Rutebeuf, t. Il, p. 68.) 

1295. Sy vus trovet en loun verger 
Anieroke e gletoncr [chardons] 
Les aracez de un bcsagu. 

(Gautier de Biblesworth, p. 1G2.) 

1316. Ne lor valut chars et charetcs 

Ne besaguës, n'espées traites 

Nule autre arme, ne godendard. 

(Oodelroy de Paris, v. 3330.) 
1380. — Led. Uue d'un grant martel qu'il portoit ap- 




XV s. — A, B, musée de Nuremherij. C, d'après une 
peinture allem. Carions de Vaut. 



1458. — Tenant eu sa main un vesoch, aulrenicnt, 
triuquebasson. {Ibid., 188, pièce 40.) 




pelé besaguë. {Arcli. JJ. 118, pièce 476.) 



1537. — D'après Vogthor. 



1459. — Ung harnois dit besoli, selon l'usage du païs 
(Agcnais), qui est un harnois de fer invasible très fort, à 
un grand nianclie et fait pour couper les buissons. {Ibid., 
1U7, pièce 88.J 




1483. — Figure jointe au texte ci-dessous. 



1483. — Print une congnée trenchans des deux 
costez et, comme je cuide, esloit à fairon d'une besaguë. 
{Le livre des Enéijdes, édit. de Lyon.) 



BEZOARl) 



loi 



1575. Tousjoiirs avec la besoche, 

La trani'lis, le pii|, le hojau, 
Nous faisons si bien une approche. 
Que nous renvcisons le cliastcau. 

(Amadis Jamyn, Poés., f° 220.) 

BESANS. — Trous ronds dont on criblait los cô- 
tés du lieaume et du liacinct pour introduire l'air et 
faciliter l'audition. 

I4SS. — Et sont (les heaumes)par les deux lées aux joues, 
transpercez à grans losenges ou besans pour l'ouye et 
pour le vent. {Traité des tournois, ms. Bibl. fùcltel. 
1997, f" 2G v".) 

BESLOGE.— Oblique. 

V. 1248. — Ar clui tail oni vosure besloge. (Villard de 
Honnecourt, pi. 38.) 

BEUBELET. — Objet précieux. Peut-être est-ce 
là la première lorme du mot bibelot introduit dans 
la langue au wn'' siècle. 

I 180. Cuillers, cupes, hanas d'argent, d'or ermeré 
Et bien seissante livres d'argent tut munéé, 
Et tuz SCS beubelez qu'il aveit fet guarder 
Et qu'il ne voleit pas a lute gont mustrer. 

{Vie de Thomas le mart., v. 5579.) 

BEDBRÉ. — Pot à beurre. 

1460. — Le suppliant s'en entra... dedans la cave et y 
print un beurré pesant 10 ou 12 livres. {Arch. JJ. 192, 
pièce 52.) 

BËZOARD. — Pierre artificielle formée dans l'es- 
tomac de la gazelle des Indes, de l'antilope, du lama, 
de la chèvre sauvage du Pérou et d'autres ani- 
maux. L'espèce la plus estimée pour sa finesse est 
dite orientale et l'autre occidentale. Elle se compose 
de couches concentriques et très denses de filaments, 
tl'herbes et de poils. Elle est d'une teinte gris 
bleuâtre ou cendré. 

Le bézoard a conservé, pour les Orientaux qui en 
font encore des talismans, toutes ses propriétés 
merveilleuses, et du x» au xviii" siècle, il a été con- 
sidéré comme un objet fort précieux. Même à l'é- 
poque assez rapprochée de nous où l'on a cessé de 
le rechercher comme antidote et antiseptique, il a 
pris rang dans le domaine de la curiosité. Je me 
souviens d'avoir vu dans la riche collection de 
M. Onghena (de Gand) un bézoard magnifiquement 
enveloppé d'une monture d'orfèvrerie du xvi" siècle 
et suspendu à une chaîne d'or. 

943. — Eberwiz (roi de Perse) avait 9 sceaux qu'il 
employait dans les affaires du royaume,... le septième 
surmonte d'un bézoard, sur le quel on avait gravé une 
niouciie, était posé sur les mets servis au roi, sur les mé- 
dicaments et sur les parfums. (Macoudi, Les prairies d'or, 
t. Il, p. 229.) 

1067. — Plus de cent coupes et autres figures, de bé- 
zoar, et sur la plupart des quelles était gravé le nom du 
Klialife Haroun-al-Kascbid. {Le trésor du calife Moslan- 
ser. Extr. de Mukrisi. — Et.Qnalremère, Mém. s. VEnilpte, 
t. H, p. 369.) ■'■" 

1587. — A Bernard Delaslre, de Larocbelle, 20 écus 
pour une pierre de bézouart que S. M. avoit pris de lui. 
(Cples de la cour de Navarre, Hev. d'Aquitaine, t. XII, 

p. m.) 

1593. — Trislibus liaud lantum est lapis iste meilcla 

venenis. 
Verum et pestiferas depellit corpore febres. 

(.lo. Posthius Germershemius, p. 404.) 

Id. — Acceperat Abraliamus Ortelius qui quinque prope- 
modum drachmas pondebat, forma nrbiculari fore, sed 
tainen nonnullis locis compressa. l'IaiUiiius binos, altcrum 
renis vervecini forma et projiemoduni magnitudine,... qui 



unciie unius cum semisse, duni intoger crat, pondère fuisse 
potest. Alteruni compressa qua parte ventrieulo adhsesit 
forma, sensim deinde tuber assurgente e multis etiam 
lamiuis seu tunicis, tum crassioribus tuni tenuioribus con- 
textum, duas uncias cum drachniis dualius et semisse pon- 
dentom. (Nie. Monai'des, MeUic. simiilic. histor., 1. 3, 

p. -m.) 

1597. — D. Pourquoy tient-on si cbaire et précieuse 
la pierre de Bahalzeliar, puisqu'elle se fait d'une manière 
tant vile et grossière ? 

U. Parce qu'il n'y a remède plus salutaire pour rompre 
soudainement à toutes sortes de venins... Elle croist en 
l'estomac d'un chevreau qui est en Perse ; mais d'autant 
que les triaclieurs ont accoustumé de supposer les drogues 
falsifiées pour les vrayes et légitimes, on ne Tachette pas 
autrement qu'après en avoir fait l'essay par la mort de 
quelque beste,caron baille à deux chiens ou à deux chats 
le plus cruel venin ou la plus malheureuse poison qu'il 
est possible de trouver, puis après on fait avaler à l'un 
des deux chiens ou des deux chats quelque peu de la 
poudre de ceste pierre... On juge par là de l'intégrité de 
la pierre. (J. Bodin, Thèal. de la nat., 1. 2, sect. 9, 
p. 339.) 

1600. — Ces pierres ne sont pas toutes de mesme forme, 
car il y en a de longuettes, orbiculaires, tantost un peu 
enfoncées et inesgales et tantost en forme de roignon ou 
de chastaigne ; mais elle est toujours esmoussée et ne 
se termine en pointe. 

Leur couleur est tantost noire, tantost entrecendrée, 
quelques fois entre jaune et entre vert. Mais pour l'ordi- 
naire elles sont de couleur enfumée, d'un rouge luisant, 
de couleur azurée ou d'un vert tirant sur le noir. 

Ceste pierre est composée de tuniques ou petites croustes 
... s'embrassant les unes les autres comme l'on voit ar- 
river dans les oignons... Souventes lois ces croustes et 
escailles sont rompues en sorte que l'on peut voir l'herbe 
ou fragment de paille qui est au milieu, pour base à 
l'entour de la quelle la pierre s'est foi'mée. 

L'empereur Rodolphe II... a eu une pierre de la gran- 
deur d'un œuf d'oye ou un peu plus grosse, de la quelle, 
lorsqu'il eut commandé en estre façonné une tasse, l'on 
trouva au milieu des herbes d'une très souefve odeur... 
quelques fois il s'y trouve une poudre. 

Ceste pierre est polie et unie et peut se racler de mesme 
que l'albastre, et estant tenue dans l'eau ou mouillée de 
la salive de la langue, elle s'y liquéfie. (Boece de Boot, 
Le parfait joaillier, 1. 2, c. 191, p. 463.) 

1674. — J'ai veu certains gobelets ou taces de pierre 
tendre et d'une couleur citrine qui sont appelles gobelets 
de pierre bézoard minéral et, selon le rapport de quelques- 
uns, viennent des Indes et de Perse. De ces mêmes go- 
belets l'on en trouve à Paris et ailleurs chez les personnes 
curieuses; d'une couleur plus ou moins chargée, sçavoir 
d'une couleur meslée de vert et de soufre que j'ay appelle 
citriiui, et quelques unes d'une couleur plus chargée, 
sçavoir d'une couleur de saffran et de noix. Les unes et 
les autres estant tendres, de la nature de l'albastre. 

J'ay veu de ces gobelets à Paris chez monsieur l'abbé 
Charles, chez monsieur Savary d'Arbagnou et chez d'autres 
personnes qui aiment à amasser des raretez. A Amsterdam 
on peut voir les mêmes gobelets de pierre bézoard mi- 
néral qui sont d'une couleur entre le citron et la pierre 
igiade ou néphrétique. (Boccone, /<ec/i. et ofc.scri'., lettre 22, 
p. 227.) 

1723. — Plus la pierre de bézoard est grosse et plus 
elle est chère, haussant à proportion comme le diamant. 
Celles d'une once se vendent aux Indes environ 100 fr. 
et il s'en est vendu une de quatre onces un quart jusqu'à 
20U0 fr. 

A Amsterdam... elles s'achètent Sou 100 livres... par les 
plus riches bourgeois, soit pour en faire des présents à 
des personnes de considération, soit pour les garder dans 
leur famille et les y conserver connue un très grand 
trésor qu'ils font ensuite passer à leurs cnfans... 

Pour user de ce bézoard, il faut le laisser infuser dans 
un verre d'eau ou de vin... la plupart de ceux qui en ont 
le fout enchâsser dans une lioete d'or ronde, percée de 
plusieurs trous, à la quelle est attachée une petite chaine 
de même métail, pour la suspendre dans la liqueur. 
(Savary.) 

1791. — De tous les bézoards, celui du porc-épic piedra 



152 



BÉZOARO 



ilel porco esl le plus cher. Il est gras et savonneux à 
l'œil cl au toucher, d'une couleur vonlitrc ou jaunitrc; 
on en trouve aussi de rouj:c;\lres ou de noiràlrcs. On 
auroit peiiie à croire le cas qu'on en fait en HdIIimiIc. Nous 
avons vu un de ces bézoanls, de la grosseur d'un petit 
Œuf de pigeon, chez un juif à Amsterdam, qui le voulait 
vendre (illOO livres. On les loue dans ce pays el en Por- 
tugal 10 livres 10 sous |un ducal] par jour aux gens qui 
se croient attaqués de contagion, et i|ui s'en préservent en 
les portant en aumictte, de même >|u'un fait en .Mlemagiie 
des pierres d'aigle, pour faciliter raicouclieiueiil; de 
l'aimant en France, pour guérir de la lièvre; du jade en 
Espagne , pour préserver de la gravellc. (Valmont de 
Boniare, DM. d'Iiisl. nul.) 

BIBELOT, liiMiiEl.OT. — Maipjré la cilalion du mol 
Jii'iilii'lfl au xil" sioclc, rcnsonililc dos menus ob- 
jets dont se compose le commeire de la binihelolorie 
ne paraît point, au moyen il<;e. avoir eu de nom par- 
ticulier. On appelait un petit ménage \d réunion des 
vases cl ustensiles faits pour amuser les enfants, à 
l'imitation des pièces de service à l'usage d'une 
maison, tnais dans un traité didactique du xiv" siècle 
le mot benbelol esl appliqué à des aflii|uels et au- 
tres petites choses servant à la loilolle ou à la parure 
des dames. 

Celle hahiinde des jouets; qui a été celle do loutos 
les civilisations, a ti'ansmis jus<|u'à nous une foule 
de menus olijels curieux dont l'imporlance s'ac- 
croît eu raison de l'extrême rareté de l'argenterie 
antérieure au xvi" siècle. C'est dans le suivant c|ue 
le mot liihelol esl délinilivenient adopté pour les dé- 
sijrner d'une nianièie collective. Voy. beubelet. 





XV« s. Enseignes de pèlerinage. Fouilles de la Seine, 
Coll. de Vaut. 



XIV s. — Aperta est indc archa quedam que reculas 
[benbeloi\ multimodas continebat,... reticula [calles]... 
discriminalia (labella capitis, /î/pî, grèves], inaures, acias 
\trespure] ; et hec nmnia capitis ornameiita erant monilia 
\tnnhes sivc freiiieus], luurcnule [unicités de or], libule 
Itacliel], semitacia jzoïia ex divcrso cnreo farta, ex alho 
et nigro). (Adamus Parvipontanus, éilit. A. Slielcr, p. 135.) 




tortillé, ung pollican, un petit rabot, une l)Oucle en ma- 
nière d'atTiibi', \inc pctile Ijullctlc et une petite muselle 
d'or, pesaiil tout ensenible i o. lU est. (Inv. de l'Itilipiie 
le lion, n° 4138.) 




XV* s. — Enseigne île S. Vinrent, monte en hasnlle. 
Même coll. 



1462. — Pour la vendue des enseignes d'argent dorées 
el blanches, connue d'autres d'estain, en Sains Pierres el 
clef/, el d'autres, achettées de Bclin, miraclier, et de la 
vefve Donev,... pour les dépens de ceux qui ganloienl el 
veilloient de nuit et de jour, et de ceux qui veiuloient les 
miracles. (Cptes de la calhédr. de Troijes, p. 3ô.) 





XV* s. — S. Jean-Baptiste. — Etain, même coll. 



1420. — Ung petit livret d'or, un gros annel d'or i 



XV° s. Figure d'étain. Foudles de la Seine. Ilnd. 



I 558. — Ung petit bennictier, une aspergés, une lance, 
un" lyvricr, une brouette, ung rasleaii, une fourche, une 
faucille, une petite hulte plaine de perles, ung sifllet de 
gallère esmaillé, fers à ineclre prisonniers, ung petit lict, 
ung hatlelier, le manche d'uiig fouet, ung csluy à mectre 
esguilles, ung autre plus petit csluy où qu'est mise ung 
évangille, ung cspargcie, ung monde avec la croix dessus, 
une redonde («/. : rotonde) à meclre senteurs, ung petit 
couvercle l'aict à couronne, ung esvenlaire aiant 5 lectres 
de M à l'ung costé el ung long cornet esmaillé c|ue sont en 
tout 22 pièces pes. ensemble, 4 o. 13 est. (Inv. de Phi- 
lippe II, f" 37.) 




XV» 



Même coll. 



I6S5. — Bimbelots, Brimbilletes. — Babioles, jouets 
d'enfans, d'où vient bimbelollier , marchand de brim- 
billetles, de l'italien bimba, qui signifie une poupée. 
(Borel, Trésor des antiq.) 



BIBERON 



153 



BIBELOTS (jeu DES. — Dans un sens particulier, 
au\v= siècle et depuis, bibelot a été pris pour un ou 
plusieurs jeux, ce ((ui rend difficile d'en préciser 
l'espèce. La définition de Robert Estienne prèle à 
assimiler les bibelots aux osselets, et c'étaient assu- 
rément, d'après le texte de 1 151, des objets de poche ; 
mais on retrouve aujourd'hui ce même nom dans le 
patois de Douai où il s'applique aux guises, c'est- 
à-dire à de petits morceaux de bois taillés en forme 
de navette et que les enfants lancent à l'aide d'un 
bâton après les avoir fait basculer. 

1454. — Jehan Crousel ot Jeliun Doulcliis dirent qu'ilz 
■avoient des bilielolz.el Icsil. .lacolin et suppliant iliient 
qn'ilz estnient conlens de y jouer. (Arcli. JJ. iSi, pièce 
48(1.) 

1469. — Lesquels compaifjnnns jouoitnt l'un contre 
l'autre à un;:; jeu nommé, aux Lihelos. {Ibid., 19.5, pièce 
2«.) 

1545. — Tcssella. — Petit morceau et pièce quarrée 
comme un det à jouer. Biblot. (Robert Estienne.) 

1547. — Depuys qu'ils ont commencé de lianter ta- 
vernes,... jeux de lilbclotz, courte-houle, la bille et autres 
telz lieux desbauchez. (Noël du Faïl, Propos rust., t. I.) 

1655. — Bimhelot est aussi certain jeu d'enfiins. (Borel, 
Trésor des antiq.) 

BIBELOTIER. — Ouvrier ou marchand de bim- 
beloterie. 





Xy. sj — Fourreaux d'épées à rondelles de poing. 
Jouets d'étain de la Setne. — Même coll. 



1260. — Quiconque» vent estrc ouvriers d'estain, c'est 
à savoir fcsièrcs de miroirs d'estain, de fremaus d'estain 
de souneites, de anelès d'estain, démailles de pion, de mc- 
reaus de toute manières et île toutes menues choseiles 
apartenans à plomb et à cstain, il le pue estre franche- 
ment et ouvrer de nuiz et de jours, se il li plaist et d en a 
mestier et avoir tant de Vallès corne il li plaira. (Et. Boi- 
leau, tit. It, p. 43.) 

1481. — .leliande Bangis, hibelotier, pour une amende 
de .') s. p. (Cples de la Prévôté, Sauvai, t. III, p. 444.) 

1530. — Bambelottier. — Broche-makcr. (Palsgrave 
p. 201.) 

1680. — Himldoquier. — Ouvrier qui lait de petits plats 
de petites éjîuières et autres pièces de ménage pour les en- 
fants. (Richelet.) 

1723. — Les liimblotiers, faiseurs de jouets d'enfans, 



ont différents moules, les uns de fer gravé où ils jettent 
en étaiu ce qu'ils appellent des petits ménages, les autres 
de plâtre daus lesquels, avec dos cartons mouillés, ils for- 
ment et moulent leurs poupées. (Savary, v° Miractier.) 




XV' s. — .1/éme coll. 



1724. — Sçavoir ce que c'est qu'un biblotier? C'est un 
faiseur et moideur de petites images de plomb qui se yen- 
dent aux pèlerins et autres. Cela est uni aux miroitiers, 
(Sauvai, Antiquités de Paris, t. UI, p. 334 ) 

BIBERON.— Le goulot, le bec d'un vase et le 
vase lui-même lorsqu'il servait à faire boire les ma- 
lades, ou encore une simple g-.nrgoullette comme celle 
des bacins de chapelle. Voy. ce mot. 




XV s. — Fouilles de la Seine, moule en basalte. 
Coll. de Vaut. 



1360. — N° 168. Une très grant aiguière..., le biberon 
a un long col qui part du ventre de lad. aiguière et est 




XV« s. — Au musée de Cassel. 



conmie ondoie d'azur et d'or, cl 
guculle d'un serpent. 



si Icd. biberon de la 



ir.i 



BIBEKON 



N ISI. Vne aiitiiièie (r.'<i'i;eiil,...etcst Ir bilioroii cnniiiie 
la fncille «loiil iiaisseiil les poinim-s grciiailes, et ilii iiiilieu 
d'icelle, part un bilieroii. . . 

N" i58. Tue av(,Miyèi'i! il'oi',... cl ou bihcniu a 3 luiauN, 
I dessus ol i (lessiius... 

N» G27. Un liaciii <rari»ent blanc,... cl a un biberon i|ui 
isl delà gueule d"uii cbicn. (//ir. de Louis il' Anjou.) 

1400. — Une lonsiuc aiiinièro de voirre, j.Mrnie d'ar- 
jroul duré, l't a le biln-rou d"uu homuiequi baille. (Pièces 
relal. <ik regiie de Charles 17. II, 3Uli.) 

1488. — i |ielils platz de cuivre, d'ancienne façon, 
faiz à biberon, pour donner à laver aux prebsties. (Arch. 
LL. ïiS, f »i7 v°.) 

ISI4. — l'uK biberon pour servir à mallades, ayant les 
j;arnisons dorées, pes. oui. 3 o. (Inv. de Cliailoùe d'AI- 
brel, n" 111.) 

1765. — Un biberon pour la commodité des malades, 
fait pour contenir les breuvages qu'on veut leur faire pren- 
dre. {Encijclopédie, t. III des planches, art. Fiii/enceile, 
pi. I.lig.S.) 




Figure jointe au le.rte. 

BIBLE. — Sans pouvoir dùltTiiiincr co (|ui di.slin- 
gue celle niacliiiie de guerre du iiiang-oniicau, je 
ii'liésite pas à classer, avec l'appui d'anciens textes, 
la bil)le parmi les halistes à fronde. Elle consistait 
en un a]ipareil de charponlo au ccnlre duquel pivo- 




1 172. — D'après Valluri. 

tait une verge portant, à re.\tréiuité opposée à la 
fronde, une niasselotle conique faisant contrepoids 



au projeclile. C'est peut-élre à cause de ce détail de 
l'ornic (|ue li' préilicalcur Ifaricle emploie, à la fin du 
xV siècle, le mol hlhlid dans le sens de cornet à dés. 
(,)uoi qu'il en soil de celle analogie, la liilili', dont 
voici un exenqde, ne dilfère ])assensildcmi'nl dunian- 
gonneau. On ponri-a s'en assurer à ci' nu)l (lu'accom- 
pagne une figure munie de son voealile ((inli'iiipii- 
rain. Voy. piehrieh et TnÉituciiKT. 

I 191.— Secuni duccns machinaniMi niullitiidinem liin- 
dibulariuni, sieut sunt pclrariœ, biblielin, perdicelaî et 
uiangonelli. (Ilisl. iiis. excidii Arciiiiis, ap. du Caiige). 

1238.— Tnrlia t'iindrensinru (U llainensinni addncens 
si-i'iiiii liihliani petrariani et ea'lera inslnnnenla liellica. 
((jliroii. d'Alliéric, iiis., ibid.) 

XIll°s. Volent carrel etpelel dars 

Et pierres graiiz, et les perièrcs, 
Et les bibles qui sont trop Hères, 
r.ctaut trop nicniielcnii'ut. 

(Rom. de Claris et de Laris, ms. f° IGl.) 
1309. — Je vous conterai des jens que le couile il'En 
nous fesoit. Je avoie fait une niesoii, là où ji' nian^'nie 
moi et mes chevaliers à la clarti' de l'uis. Oreslml l'iiis ile- 
vers le comte d'Eu et il, qui ninult estuit sontilz, list une 
petite bible que il getuit œul's et fesoit espier (piant nous 
estions assis au manger, et dressoit sa bible du lonc de 
nostre table, et nous brisoit nos pos et nos vouerres.fjoin- 
villcédit.,Fr. Michel, p. 18"2.) 

BICHETTES. — Jeu, voy. bauchettes. 

1450. Item et si ne jouerez, 

A la queue la leu, aux billetles, 
Au tiers, an périer, aux liichetles. 

{L'amant rendu cordelier, p. .IGl.) 

BICHIS. — Vase cylindrique en fornu' de bois- 
seau. 

1494. — It. Mess" du chapitre de la graut église, lui 
donnèrent (à la reine de .Sicile) ung bichis d'argent l't 
à la suer du roy ung fermillet de M IVans. (Joiini. de ,/. 
Aubrion de Meti, p. 311.) 

BICOQUET, niQUOQUET.— Le bicoquel n'a pas con- 
(|uis jusqu'à ce jour la place ([ui lui est due dans 
l'bistoire de l'armenu-nt. Sa forme la plus simple 
est celle d'un capuchon de fer à tymbre aigu, en- 
veloppant la lèle et le col, et laissant le visage à 
découvert, ainsi que le montrent plusieurs des 
exemples ci-joints et parliculièremcnt la figure 7. 

Dans une accei>tion plus générale, il convient d'ap- 
pliquer le nom do bicoquet au casque qui, dès 1370, 
commence à se substituer au bacinet et qu'on re- 
trouve encore dans la seconde moitié du xv° siècle, 
alors que la salade et l'arinct avaient r('in|dacé les 
anciennes coillures mililaires. 

C'est donc, à propi'cmenl parler, le cas(|ue de la 
transition entre le bacinel et l'armet. Son adoption 
générale date des dernières années du XIV siècle et 
dure jus(|u'à la moitié du suivant. Rarement d'une 
seule pièce, coiuiiu' dans la figure 7, il est quel(|nefois 
formé de deux pallies disliiictes dont la second)' est 
un large colldin (lig. (>). Le bicoquet de trois pièces 
se compose du lymbre toujours aigu, de la nienlon- 
niére ou bavière et du collelin de plates, cette der- 
nière partie formée de deux, trois ou môiuc quatre 
lames à recouvrement (fig. 2 et i). 

Dans les effigies tumulaires de la Grande-Iirelagne 
(fig. I, l. 5 et 6), cet adoubement de tète, entièrement 
distinct du grand heaume qui l'accompagne pros(|ue 
toujours, laisse le visage à découvert, sans traces 
d'attai-bes pour un niézail. Celte dernière pièce s'y 
ajoutait cependanl quelquefois pour la défense du 



BICOQUET 



155 



visage. Nous en offrons un remarquable exemple 
tiré de la colleclion Carraml (lli,'. '■'> et 3 bis). Le nié- 
zail monté sur pivots est muni de charnières dont il 
suffisait d'enlever les gou|)illes pour faire disparaî- 
tre cette partie de l'armement. 

Le bicoquct, très clairement délini dans le Traité 
anonyme de liiG (I), paraîtà eottc époque s'être par- 



core à une sorte de calot ou béguin porté sous quel' 
ques chapeaux d'hommes à la lin du XV siècle. 

1446. — Item, les aucuns (hommes do guerre do France) 
portent dilTéi-ance en liarnois de hras, de leste et de jambes. 
Premièrement la difTéranee du lianinys de teste, c'est as- 
saviiir de l)i(|uof|uès et de cliappeaulx de Montaulban. 

Et premièi'ement les Idqiioquès sont de faczon aguë 
sur la teste en telle forme et manière comme ancienement 











N» i. -1370, — N° 5. U20. Effigies anglaises d'après Cotman. — N" 2. V. 1395. Tite-Live franc. Biblioth. Richel. 30, 
f. 167 v°. — N°s 3 et 3 bis V. 1100. Coll. L. Carrand. — IN"" 4 et 4 bis. 1115. Effigie anglaise d'après Stotbard. — 
N» 6. U33. Id., id., d'après Waller. — N° 7. 1-167. Uiblioth. Richel., ms. franc. 254, f 137 V. 



ticulièremcnt rapproché du capuchon, c'est dans 
cette forme qu'on le rencontre en li67 (fig. 7) et 
qu'il passa, vers le milieu du xvi° siècle, dans le cos- 
tume civil des deux sexes. Le nnîme nom a été donné 
à certains chaperons de l'époipie de Louis XII, et en- 

1. Le Icxtc donnû par M. licMiiJ du BoUcval, cl reproJuil avec 
commenlaires par Viollcl-le-l)uc, cunlient deux fautes qui en dé- 
naturent le sens et y introduisent un mol qui n'a aucune place dans 
l'histoire du costume militaire au moyen âge. 



les bacinez à camail souloient cstre, et d'autre part vers 
lesam-eilles viennent joindre aval en telle forme et faczon 
comme souloient faire les berniers. (Tratlé aiionijme du 
cost. milil. franc. Biblioth. Hicliel., ms. 1U97, f» 62 v«.) 

V. 1452. — It. Ung brenigault d'or, au quel a unj; col- 
lier .l'or et 5 bicoques, 2 d'or et 3 d'argent, (/nv. d'Olivier 
de Coëtlivij.) 

1461. — Le comte de S. l'ol avoit 4 pages Irèj riche- 
ment habillez, chacun salade on bicquoquet très riche- 
ment garnis. (ProcM-wertoirfe i'eiilrée de iwuis A7 o Beinw. 



156 



BICOQUET 



1465, — El il yssit de Paris plusieurs gens do pueiic 
aux iliainps: vl là un lircloii aichei- ilu corps de Mj-r d(^ 
Beirjr, (jui csluil lialiillé d'une bri^Miidiiie (-{luvirle de vc- 
loux noir à doux dorés, el en sa lesle un liiecM|\iil garnv 
de bouillons d'argent dorés, vint IVapp.'r un rlieval sur 
quoy esloil inonlé un houinie d'armes de l'ordonnance du 
roy. (Oiroii. de J. de Troije.i, édit. Uuehnn, p. i5l.) 

1*73. — A soud. fiére Henry, son liiquoquet fourni 
d'arj;eiil. [Testam. Th. Failli/, ap". du Cange.) 
1480. Quelle rolilie vous semideroit l.elle, 
One l(uis les trois eslals désine'? 
l'arDieu je n'en seay pnjjit d(^ (elle 
Queseroil une (lalvardine, 
Le bicoijuet, la capeline. 

({'.oi|nillart, Ornils noin\, 2" part,, p. 138.) 
1482. — .Salades, liicoipiels et ba.-sinets. (Mihn. de 
Denijs le Voutellijei: Aiclt. lénisl. de lleims, f mil. I, 
'IJS.) 

1498. — Denisot. Maieli.int, souimcllier d'arnieures,... 
pour avoir nei-toyé une p.ijre d'avant bras, unjj bieiKiuel, 
i salbi.b-s à visière, ele. (Cpli:s de l'écurie du roi. t' 4(1.) 
1498. .\rmelz luisans, brjquoquelz, capelines, 
Muequesdc pris. 1res ricbes niantelines 
Venanssans plus jusqu'au dessus des f.iudes. 
(Oclavien de S. Gelais. Verger d'Iionueur.) 
1530. — Peake of a ladycs mournvn" liced. Iliiniu- 
quet. (Palsitrave, 253.) 

1537. Pour la froidure de la nuyct 
.l'an'iibleray mon bicoc(|ue't. 

{Acles (/e.v Aiiosl., t. I, f 132.) 

BIDAUX. — Trniipp ii'régniitM'c di; routiers que 
l'or, voit, au xiV siècle, mêlés aux Norniaïuis, Céne- 
vois, arbalétriers et Picards. Ces souiioyers, parmi 
les(|uels le |iil!age scmlile avoir été plus en honneur 
ipie la discipline, porlairiit la lance, le pavois et la 
grande coustille pendue à la ceinture. 

Un donnait encore, dans quelques villes du midi 
de la France, le nom de hidau.x à dos milices urbai- 
nes. 

1304. De Navarre et devers Espagne, 

Rcvienneiil bidaus à grans routes. 
Des quiex les conipaigni(>s toutes. 
En guerre par accoustuuiance 
Portent deus dars et une lance 
Et un ei>utel à la ceinture, 
El d'autres arnieures n'ont cure. 

(Guill. Guiarl, cit. du Gange.) 
Bidaux, Navarrois, Espaingniaus . 

Remaineul varbcs et aingniaus: 
Aucuns d'eus viennent par les voies 
Troussez de gelines et d'oies. 

(/<(., ms. nichai. .5098, f 331 v".) 
1356. — Bien asségurés par bataille se tenoient les 
honnnes de la ville (t^arcassonne), (jue l'on appelle cns, 
ou pais, bidaus à lances et à pavais, (l'roissart, 1. 1. 
part. 2, cb. 19.) 

1358. — I fier de bidaul el un jilus esiroit. (Inv. de 
Cuill. de llalniiul.) 

BIDET. — l'islolet de poche, de très petite dimen- 
sion, à un ou plirsieurs canons. 

1550. — Tira de la pnrhclto de ses chausses un petit 
bidet à cinq canons qui se décbargeoient ensendilc ou 
séparément comme on vouloll. {^uits de Straimrole 
t. Il, p. 212.) ' ' 

1614. — Défense de porter pistules dictes bidetz on 
muchoirs, que l'on cacbc eu ses pochettes ou ailleurs. 
(Ap. La Fous, Gtoss. ms. Bibliolh. d'Amiens.) 

BIERRETTE. — Voy. barette. 

1371. — Une bierrette noire pour MdS. (le duc de 
lierry), 20 s. t. — 5 bicrrettes d'escarlatc vermeille pour 
MdS. (C/ites- ((h duc de Berrij, f» 6,'i.) 

BIÈVRE. — Le castor d'Europe. Cette race de ron- 
geurs qu'on retrouve encore sur les bords du Oanube, 
du \Veser et d'autres Meuves, parait identique à celle 



de r.\niéii(|ue du Nord. Sa fourrure, comme son court 
et cliauil duvet, étaient fort recherchés autrefois; 
mais l'une et l'autre partie de sa dépouille ont tou- 
jours été assez rares pour laisser supposer qu'on ap- 
pliquait souvent le nom de bièvre au pelage beau- 
coup plus commun de la loutre. Les lexicographes 
ont d'ailleurs coid'ondu les deux espèces sous le nom 
latin de fibev. 

835. — De veslimi'nlis ecclesiasticis largitus est... 
('.appas rninrinas iluas, unam videlicet ex rubeo cindalo 
et Hrid)riis viiiiiibus in circuilu ornatuin, alleram ex cane 
poulii'o quoil viil^îus beuvrum noni-upat, siniilitcr liudiriis 
SOI ciloris di.c.iralani in orbe. {Yila S. Aii-wi/isi nhh., 
acia .S'i'. ord. S. Ileiied., sa'c. IV, part. 1, p. (;3."i.) 

'358. — lîien n'alloit deilans les bonnes villes excepté 
trois cliose.s, chapeaux de bièvres, plumes d'ostruce et 
fers de glaive. (Eroissart, I. I, part. 2, cb. 7(1.) 

1359. Je pcrdy mon chapeau de bièvre 
Pour veoir ainsi avancer. 
Devant les autres, ce lievrier. 

(C.ice de la Bigne, Des déduits, ms., f" 68.) 

1380 el 1389. — t)n cappel de bièvre^ blanc. — Un 
(happe. lu de byèvre et un de fcuslri!. {Cit. du Gan"e 
\" Cajicllus.) ' " ' 

1391. — Pour la fourrure d'une courte li(urp|ielande 
de bièvres à 10 s. la pièce. (Cit. D. D'Arcq, Cnles de l'ar- 
genterie, XXXVtl.) 

1396. — l'onr 12 cbappiMulx de On bièvre brun de 
Prusse... pour bailler et délivrer aux chambellans <lu roy 
N. S., au pris de 2(1 s. ji. la pièce. (8" Cjite de Cli. l'ou- 
part, 1^ 85 v".) 

1413. — Est a<lvenu et advient souvent, quand nous 
ou noire rbancelier avons commandées aucunes leltres 
a aucuns d(^ nos notoires ou secretairc^s, que ceux 
pour (|ui elles scu'ont commandées ni; les |)euvent avoii' 
desd. noloires ou secrétaires, si premièrement ils ne leur 
paient aucune somme d'.irgent, cbappeaux de bièvre, vin 
ou autres choses. (On/o"H. des rois, t. X, p. 127.) 

1429. — ^'eque foUeratus déferai (clericus) pelliuni de 
martbis, de f.ignis, de vebris. {Concil. Derliis, ap. du 
Gange, v" Veber. ) 

1449. — Ung chapel de castor, aidlremcnl de bièvre. 
(J. Gbarlier, t. Il, p. 163.) 

1559. — On trouve des bièvres dans tabasse Alleniaigne 
sur les rivages du lihin et par le pays d'Austrielie, et 
d'Ungrie oii passe le D.uiube, Et n'y lia grande dllférence 
antre les bièvres et les loutres, fors que les liièvrcs ont les 
pieds de devant sendd.ibles à ceux de la truye, el la queue, 
que l'on mange les jours maigres, plus grande et plus 
large (|ue celle du loutre. (Mathée, A'ofcs sur Dioscoride. 
I. 2, ch. 22.) 

BIFFE. — Drap léger, presque toujours rayé ou 
bille en travers, mais jamais quadrillé, c'est-à-dire 
à chaîne monochrome en laine écrue ou teinte, et 
sans mélange de couleurs. 

La bilTc en usage du xm" au xvi» siècle pour la 
conieclion des robes et manteaux était une sorte do 
llanelle molletonnée, beaucoup moins dense que le 
drap, faite en laine |)eignée de choix, d'une qualité 
spéciale, exemple de l)onrro et de déchets, d'un 
tissu peu couvert, mais i-haud, foulé el toiidn comme 
les draps. 

La façon et les droits des biffes sont assimilés à 
ceux des grands draps, leur prix vari(! entre 6 livres 
el 14 livres (J sous. Leur largeur est de sept quartiers 
(2'", 07). Elles pèsent, l'aune 38(i grammes et leur 
chaîne, terminée par deux larges lisières de \G à.'iO 
millimètres, porte de 15(J0 à 1520 fils, tandis que les 
draps en comptent environ 2000 à la même époque. 
La longueur de la pièce est de 22 aunes. 

Parmi les lieux de fabrication, sans doute fort 
nombreux dans le nord de la France, il faut citer 



lilLI.Al'.D 



157 



Blois, Douai, Louviers, Maubeugc, Paris, Provins, 
Rouen et Valencieunes. 

Au XV" siècle le mol biffe s'entcnJ d'une nuance 
violette qui pourrait bifu avoir été la couleur adop- 
tée pour les rayures transversales de l'étoile de ce 
nom; mais sur la foi d'un document unique nous 
n'oserions l'affirmer, car il y avait des bilfes unies en 
cliaine écruo et des biffes camelines rayées. 

Pour faciliter la comparaison de cette étoffe avec 
d'autres plus connues, voici un tableau du poids et 
de la tissure d'une aune de quatre espèces modernes 
rapportées à la largeur des biffes : 

Fils l'aiils 

de cliaine. du tissu, 

Damas de soie, fort !li85 0, 3'2'2 

Molletonné de Reims t'275 0,355 

Drap d'Elbeuf 3115 0,92'J 

Flanelle blanche i760 0,327 

BilTe 1500 0,38G 

1234. --Pro duabus biffis... pro mulieribus liospilii 
régis, 15 1. 16 s. 6 den. (Rec. des Itistor. de France, 
t. XXI, p. 23'J.) 

Xlll" s. Qui veut sa robe de brunete, 
D'escnrlate ou de violete. 
Ou tjille de bone manière. 

(Fabliaux, Barbazan, t. IV, p. 179.) 
XIII» s. — Bife de Paris. {Piov. et dictons, cdit. Cra- 
pelet.) 

1266. — Kicoiiqucs voira faire menues si les face en 
laine de biffe. [Anli. de Douai, 00, 1" 17.) 

1282. — Ke nus ne tisse après la Pentecouste, fors à 
3 banstes fors saies et caucbes et bilfes. (Arch. de 
S. Orner, AB, XVIII, 16, n" 588.) 

1284-5. — (Dans les comptes de l'ecbevinage de Pro- 
vins 12 bitîcs sont livrées au prix de 72 1. t. — En 13U7 
20 biffes coulent 3U0 1.] (Cartul. de Provins, t" "9 et suiv.j 

1285. — De quanielins raiez et de biffes camelines 
raiées, de la S. lienii jusques à la mi-quaresme, 16 s. de 
Paris de cliacun pour le tistre, et de la nii-quaresme 
jusques à la S. ISemi, 13 s. (Ordonn. des tisserans de 
Paris, reg. des met., p. 31)4.) 

1293. — Tout drapier paieront. .. de cescungrant drap 
qu'il feront 3 den., de une bife 3 den., de un petit drap 
2 den. (Ordonn. de l'échei'. de Maubeuye. — JilMlcue, Tlies. 
anecd., t. 1, col. 12.VJ.) 

1296. — Biffes rayées de Provins. (Tarif mur Paris. 
— D. D'.\icq, p. 219.) 

V. 1300. — Lacerna estpallium tam tenue et Icvequod 
biMuines possunt videii per médium, et dicitur gallice 
bife. {Gloses s. J. de Carlande, ji 57.) 

Id. — On fait le ban que nus ne lice laine de drap se 
ele ne vaut 1 s. d'artisiens ou mieus, ne laisse de biffe 
s'ele ne vaut 3 s. d'artisiens. (Itég. au.v consaux, Arcli. 
de Vouai, NN, f" 39 v".) 

1325. — Quicuni|uez vtiudra faire biH'es, il les pourra 
faire en compte de 1500 cl selon ce que l'en fait en la 
ville de Rouen, et ne fera l'en nulle autre iHivre eu la 
laine des biffes, (Réijlem. de la draperie. — Carliit. de 
Louviers, pièce 325.) 

1346, — Se aucun u aucunes voleaut drapper u faire 
drapper drap|ierie qui fut oiule et piiiée, faire le jiueent 
cl de tel quaulilcl qu'il leur plaira en le laine des grandes 
bilfes qu'on soidoil faire à 38 portées et de 10 fuis en le 
portée, à 2 grandes lisières de 12 fuis .iii mains, (/(ci/'<'"i- 
de la draperie de Valenciennes, ms., liibliolli. A, Diiiaux, 
61 ) 

1370. — Bilfes pèseront 17 grans livres, et si elles 
pèsent mains, la valeur de demie graiit livre, elles paie- 
ront 10 s, l, (Stat. de Promis, ms. Vibl. Hicliel., coll. 
de Champagne, l. XXVI, f" 187.) 

'375. — Une cape de biffe ou rojé, double, Icle dedans 
comuie dehors. (Inv. de fabbaije de Fécamp, p. iUl,) 
S, d. — On ne peut faire draps plains en cliayenue 



leinle ne en bifle sans roye qu'il ne soit ars. (La largeur 
de la pièce de biffe doit être de 7 quartiers moins un 
pouce à peine de 5 s. d'amende.) 

On ne peut faire drap ne bille qu'il ne soit tondu par- 
tout. Qu'on ne fasse nulle biffe contrelillées de royes qui 
ne soit arse . 

Que nul ne fasse nulz bureaux ne nulles biffes bu- 
relées. 

On ne peut mettre bourre en drap plein ne bourcons 
en roié ne en biffe. 

Les draps écrus doivent avoir 22 aines à cheoir du rnes- 
lierotlcs bitfos 22 aines. (Co/(. de Champagne, \ci\. XXVI, 
f" 188.) 

1437, — Se volessi fare un bel colore biffo, togli 
lacca ben fina e azzurro oltramarino ben fino e soltile e 
di questo mescuglio con biacca (ccruse), fa i tuo' colori. 
(Cennino Cennini, Tratt. delta pittura, cap. 145.) 

XV= s. — Le burel doit ung denier, la biffe doit deux 
deniers. (Coutumes de Louviers, pièce 314.) 

1530. — 8 bifl'es de Provins, (Cpte d'argent, de Phil. 
d'Evr. — Arcli. des Dasses-Pijrénées, E, 519,) 

BIGOTELLE, bigotéue. — Pelite pièce de cuir 
dont un pinçait la moustacbe pour la tenir relevée. 
Sous la forme d'une petite lige de plomb, couverte, 
et sous le nom de bigoudis clic compte encore au- 
jourd'hui parmi les accessoires de la frisure. 

1650, ... La moustache 

Que la bigotère nous cache 
Lorsque le jeune damoiseau 
I.c soir en bride son museau. 
(Satyre cit. Quicherat, Hist. du cost.,p. 494.) 
I 690. — Bi-osse de poche enfermée dans un petit estuy, 
qui sert à retrousser la moustache de la barbe. On en 
fait aussi d'une pièce de cuir qu'on attache la nuit pour 
tenir en estât une barbe retroussée. (Furetière.) 

BIGUE, BiGOiN. — Bois, perche, baliveau. 

1494. — Pour 2 bigues de 6 toises, à G gros la piesse, 
12 gr. Pour 2 bigues ranforssées de 7 toises à 7 gros la 
piesse, 14 gr. 

Pour 16 bigues à 5 gros la piesse pour led. chaffault, 
7 llor. 10 s. Pour ce même 7 bigons à 2 gros la piesse, 
14 gr. 

Pour 3 bigues de 5 toises pour faire barrière. .. à 5 gros 
la piesse, 15 gros. (Arch. comm. de Lyon. Cil. Arch. de 
l'art, franc., z" série, p. 78 à 83.) 

BIJOU, BIJOUTERIE — 1460.— Laduchessc(de Bretagne) 

et madame d'Argeuil lui donnèrent (à Poucet de Rivière) 
aussi chacune sou bijou. (Cpte delaNoe. — Lobineau,/i/s(. 
deBret., t. Il, col. 1259.) 

1691. — le sieur Goubier, a|iothicaire-épicier, rue de 
Gcsvres, fait et vend toutes sortes de bijoutterie de cire 
pour les enfans. (Abraham du Pradel, Le livre commode 
des adresses, p. 32.) 

BILBAO (L.iMEs DE. — V, 1 600, — Falstaff : J'ai enduré les 
tourments de trois morts difl'érenles, premièrement une in- 
tolérable frayeur d'être découvert par ce jaloux bélier, 
secondement l'inconvénient de nie voir ployé coimue une 
lame de liilbau, la poignée allant jnimlre la pointe. 
(Shakspeare, Les joy. commères de \liHi/syr, act. 111, 
se. 5.) 

BILLARD. — Dès le xV siècle le billard occupe 
une place dans la série des jeux. Jusqu'au milieu du 
siècle suivant il est appelé jeu de billes et billard qui 
tous deux doivent leur nom à la crosse ou houlette 
dont les derniers vestiges se retrouvent encore au 
commencement de notre siècle, et iju'a remplacée la 
queue moderne. 

Vers 1550, billard se prend pour le jeu, la fable, 
les crosses, et c'est seulement à la lin du xvil' que 
les boules reçoivent délinitivement le nom de billes. 

On jouait au billard sur uni^ petite planchette ou 
sur une table garnie de drap et posée sur des tré- 
taux, ou encore sur le sol des jardins et des pronic- 



158 



BlIXAai) 



iiados. Les lexlcs cités cxplif|iicront aboiulniiimoiit 
les cliiiiipenienls apportés à ilivcises époques aux 
disposilioiis ilu jeu primitif. 

1470. — A Meluin-sur-Loire, |iour faire aclicclcr dos 
billes et liillars |>i>ur le plaisir et esliat diid. S|;r(le roi^ 
1 escu. (Cpte roij. de Louis \l, BibUulh. liichet., ms. 
CTÔD, f 18.) 

1480. — Poiu- 2 jeux (le liilles garriiz de billais et i jeux 
de boulles qu'il a aehelez pour servir au l'iesscis dud. 
Sgr. (I). l»"Arei|, Cptes de Vhiitel, \\. 387.) 

V. 1520. — l aulnes drap vert-;;ay... pour couvrir un 
grant jeu de liilli's f.iie t de boys de eliesnc, 7 1. l. {Cpte 
roij. Arvh. îles suc. saf., mars IS5'J, pièce 53.) 

I SS4. — L'ue table .scrrvaut de jeu de bille, bordée de 
drap vert. — "1 Ircsteaux à pattes... (Inv. d'Ëmaril de 
Mcolttij, f- 181 v°.) 

ISS8. — llng jeu de billart coniply, assavoir la porte, 
la quille, les '2 boullelz cl les '2 billarls, pes. cscarrenicut 
1 0. 3 est. (lui: de Philippe II, f 37.) 

IS6I. —2 billards et '2 billes, (/ne. du citùt. de Pau, 
n"83.) 

1591. — Une table servant de jeu de billard estimée 
20 solz. (/lie. de Guill. de Monimorencij, n° lUI.) 

1598. — Un petit bilbard d'yvoire d'un pied de long. 
{Inv. du citiit. de Xérac, p. 21.) 

1599. — UnK jeu de billard de bois de cliesiic, couvert 
de ili'a|i vert, de G pieds de long ou environ, estant sur 
3 Irétaux, prisé 3 f. {Inv. de PIM. Ilurault, ii» 102.) 

1617. ■ — Une grande table de bois de s.ipin de 9 piedï 
de longueur et 4 piedz et deniy de largeur avec 2 trac- 
teaulx pleiiiers, servant lad. table à faire ung jeu de bil- 
bard, deiiiy ueufve. {Inv. ducltdt. de Vayres.) 

1635 — llillart, juu de petites boules qu'on pousse en 
jouant avei' la bille sur une longue table. — Ililtiirl, table 
du jeu de billart. — /y/Z/c, bàtoii iiiassil' et rerourlu' par le 
bas dont on bat ou pousse la boule en jouant. (Mmiel.) 

1690. — Uillurt. — Jeu lionnete et d'adresse qu'on jonc 
sur une grande table où l'on pousse des boules avec des 
bastons faits exprès et selon certaines loix et conditions 
du jeu. 

Billard est aussi la grande table couverte d'estoUc, sur 
la quelle on jonc et on pousse les billi's <lans les blouses 
qui sont sur les coins et sur les bords. On l'ait aussi des 
billards dans des places qu'on prépare exprès dans les 
jardins. Bille est aussi le baston recourbé avec le quel ou 
pousse les boules... Bille est une boule d'yvoire ou de bois 
avec la quelle on joue au billard, (l'uretière.) 

BILLE. BILLETTE. — Antérieurement au xvt" 
siècle c est le jeu îles quilles, qui présente assez 
d'analogie avec le billard primitif où les quilles 
avaient leur emploi. Suivant leur dimension, on 
jouait sur des tables ou sur le sol. 

La bille, d'où est venu biUctte, sijjnifie dans l'ori- 
gine un tronc ou une tige de bois ou ûc métal, 
quelles qu'en soient la grosseur et la longueur. 

1375. — Cuoi hiderciit ad quillias qua^ in parlilius illis 
(Bapalniis) vocautur gallicc billcx. (.Irc/j. ././. Ull, 
pièce 15!.) 

1391. — Ainsi que les compaignons s'esbatoient à un 
jeu appelé la billete. {Ibid., IKJ, pièce 223.) 

1492. —2 aulnes 3 quarts drap vert-gay pour faire 
bureau et icclui ataclier et clouer sur une table en la 
clianibre dud. Sgr, pour servir (au roy) et à la roync, 
jouant aux billes, i I. 11! s. 3 d. t. 

3 aulnes drap vert-gay pour couvrir une table d'environ 
10 piez pour servir en la clianibre dud. Sgr à jouer aux 
billes, 10.j s. t. (10' Cpte roy. de P. Uricunnet, {<" 29 et 
30.) 

1500. — Une table pour jouer à la bille, couverte de 
vcloux tanné dont, du vivant du feu roy (Charles VIII), en 
fu robbé bien la tierce partie, {hiv. d'Anne de Bretagne, 
189.) 

1550. — A Marcel Frérot, menuisier, pour un jeu de 
bille qu'il a faict en la salle du bal au cliasteau de lîlois. 
(Cple roy., cit. Laburdc, Glossaire.) 



lilLLK irACIER. — Pièce carrée d'acier de II A 

1 1 ceiiliinèlres île longueur sur i à (> Miillimèlres 
d'épaisseur et pesant de o:2ll jnsi|u'i\ (idll grammes. 

1384. — Au faure de OliasUdguyon.. . pour ajuster 

2 grandes pièces où furent mises 14 livres de fer et une 
billietle d'aeier, pour la façon d'icelle eliouse, 12 s. {Cpte 
des luit, du duc de Dernj à Itiom, (" 2«.) 

1601. — 11 y a el se verni 3 sortes d'acier en France. 
C.eluy (le riedrnont qui est le plus cher vault 3(1 liv. le 
ballot (environ 77 livres), la bille revi'uant à ."isols; celuy 
do Carmes 20 liv. le cent, revenam la bille à 2 s. d., et 
celuy de Hongrie I.") liv., (|ui est environ la bille 2 s. 
{Dèlib. du conseil du commerce. Docum. iiiéd. mél., 
i" série, t. IV, p. GO.) 

BILLE nr, ciiAlM'K. — La |iiéce d'orfèvrerie et fina- 
leiiieiil une si]ii|de baiid(^ d'étiilfe servant à riillaclier 
sur la poitrine les orfrois d'une cliape. \'(iy. ,\Fnc.llE, 
i[:ii.M.\ii. el .MOUS un c.ii.M'i;. 

I 469. — 3 chappes de drap d'or pcrs dont l'une ha très 
beaulx orfrays l'aylz à parsonnages, et en la billete ha 
une Véronii|ue cnviroiuice eomiiic une rose ri les autres 
(leiilx ont orfravs blancs. {Inv. de l'cijl. S. Ililitirc de Poi- 
tiers, t. Il, p. 151.) 

1653. — IJie grande cliappe de toille d'or, garnie d'or- 
frois de iiersonnages en broiterie, porlant sur la bille les 
armes de monsieui .Spifanie [ 1 5.58- 1 .>78 1 , i|iii la donna à 
son advènenicnt à l'évesclié de Nevers. {Inv. de la ea- 
lliéd. de Sens, n" IGl.) 

1690. — Bille se dit aussi d'une pièce d'cstoffe qui lie 
les deux bouts d'une chappc d'église sur le devant. (Fu- 
retièrc.) 

1723. — bc chef de S. Philippe, apostre, en forme de 
buste en vermeil doré, donné par Jehan duc de Berry en 
l'année 1 WG. .. .Sur b^ buste esl un collier d'or avec une 
bille de chappc d'or émaillé, ronde en l'onne de médaille, 
posant un marc, au milieu de la quelle esl une face de 
Christ aussi d'or émaillé, avec 4 figures de saints de 
inesine. La teste du Christ entourée de 2 rubis baletz 
estimés cliacun 50 liv., et 3 saphirs d'Orient estimés aussi 
.50 1. Autour de la bille y a 21 perles estimées chacune 
20 1. (hir. lie N. D. de Paris, f° 10.) 

BILLET lULl.ETTE. — Petite baiiinie [dacée sur 
rarmur(! du xiV siècle à l'exlrémilé des cliaînes du 
jilaslron el servant à y retenir l'éeu el l'épée. 

1358. — Une paire de platles de ronge vclluîel à 2 
kaines d'argent et un billet d'argent. {Inv. de Guill. de 
llalnaulj. 

BILLETTE u'éciiivain. — L'élui allongé où se met- 
taient les plumes formait le complément d'une écri- 
toire portative. Dans cette acception, biltcttc est sy- 
nonyme de culemnrt, voy. ce mot. 




V- 1475. — D'après Walbr. 



1380. — Une escriploirc, le cornet et la billette d'ar- 
gent dorés, csmaillée des armes de la mère du roy, et les 



BLAIREAU 



159 



pendans de clicsnes, pcs. 7 
Charles V, n» 31-21.) 



0. 10 cstcrl. {Inv. de 



BILLETTE d'épieu. — Barrette fixe ou mobile à 
la l)asc d'un rpieu de chasse, pour garantir la main 
des alteintes du sanglier. 




1539. — D'après Vogther. 

1387. — Il doit avoir (p(Mir férir le sanglier) son espieu 
croysié bien ap;» et bien taillant et bonne hante. (Gaston 
Phœbus, ch. 5i.) 

1611. — Crosse barres of iron or steelc, somewhat 
nbove tlin head of a boare speare, to kecp it from running 
too tarrc and thereby the beast from comming Ion neare 
him that assailes him. (Cotgrave.) 

BILLETTE DE faucon. —Petit bâtonnet attaché 
au lioul <l('s longes de l'oiseau. Voy, bâtonnet. 

1304. - Une blllelte d'argent pour faucons. (Trésorerie 
du Lie de hainaut, p. 450.) 

BIS. — Noir. Je cite ce mot parce qu'un monu- 
ment existant décrit ici permet d'en assurer la si- 
gnification. A la cathédrale de Gènes en effet les 
parois sont disposées par bandes alternatives de 
marbre blanc et noir. 

V. 1225. A l'escu blanc et au leoncel bis. 

{Foulque de Candie, p. i'J.) 

IS02. — A l'entrée de lad. église de S. Laurent île 
Uenes est un grand portail lail et entaillé à menue imaijcrie 
de ni.irbre blanc et bis autbentu|ucnieiit ouvré. (C/jron. île 
J- dAuton, part, i, ch. 21, p. 231. ) 

BISETTE. — C'est dans l'origine une passemente- 
rie d'or ou d'argent faite nu petit métier des ceintu- 
ncrs. Au xyii» siècle la biscttc devient une dentelle 
étroite et commune en fil de lin, fabriquée particu- 
lièrement à Saint-Denis, Montmorency et Villiers-le- 
Bel. 

1351. — Lequel chappcl garny de boutons de peiles 
rondcles et menues et orfroisiécs de bisete d'or, d'einaux 
et de grosses perles. (Cpl. roy. d'Et. de Lafontaiiie.) 

1352. — Pour un autre cbapcl de bievre, fourré d'écar- 
late a boutons de perles dessus et dessoubs, orfroisé de 
bisete. {Dell, du tiuiriiujede UtanchedeBourbon. — D. d'Arcn, 
Cptes de l'aryenterir, p. "29X.) 

1372. — Un tressond d'or oit y a 175 perles assiz sur 
une bisete a petites perles indes et à chatons rouges, prisé 
20 1. d or. — It. Un autre tressons sur bisete et sur inde, 
a croissans d'or, prisé il) f. d'or. 

Un demy ceint ch; bisette, semez de rondeaux de perles 
et desmaux a hcstelettes et de petits chatons rouges, prisé 
b t. d(U-. (Testaiii. de Jeanne d'Erreu.v, p. 125 et 127.) 

'^°,°- " N°34i2. Une rottc de salin vermeil douldée de 
cendal renforce vermeil, bordée au rolet et tout au loii" 
en bas entor des manches d'une bizette d'argent doré Irait 
ou II y a K K et pi-lites couronnes et lys entre deux, garnye 
de petiz anuelez d'or en la poictrineet es manches aveeques 
les esguilleltes pour fermer, garnyesd'or.(/«!).,;f;C/iaWe.v F.) 
. '.*' ^- — '^° '2LI3. Lue bizette de soye bleue, escriple dessus, 
ou 11 y a d boutons de perles, 5 s. t. (Inv. du duc de Berry.j 

1 548. — Et marchoient devant luy 8 laquais vestus de sa- 



tin blanc pourfilé de bisette ou dentelle de soie noire. (£H(ree 
de Henri II à Lijnn. Cérém. franc., t. I, p. 81i.) 

1560. — Pour ISO aulnes de bisette d'or et d'argen 
dautellée des deux costez pour servir à bander et chamar- 
rer habillements (pour le roi) et fermer les passements sur 
iceiilx, pes. m. 7 o., à liO s. l'once. Cà' Cpte roy. de D. 
Blandin, C 32 V.) 

1564. — Une saye de veloux noir garnie de bisete avec 
15 boutons d'or esmailb'. — Uiig casequin d'estanie gris 
garni de bisette noire. {Inv. du Puymolinier, f»» 238 et 246.) 

1611. — Bisetle. — Plate of gold, silver orcopperwhere- 
with some kind of stuffes are stripped. (Cotgrave.) 

1625. — Binette. — C'est un petit passement d'un costé 
liseré et d'autre costé fait en manière de petites lleurs de 
lis ou autres façons en pointes. (>iicot, 4" édil.) 

1690. — Bisetle. — Petite dentelle que font les paysannes 
pour leur usage et qui est de peu de valeur. (Furetiere.) 

BISMUTH. — ■ Ancien nom de l'étain de glace 
considéré jusqu'au xviu' siècle comme une des va- 
riétés du plomb. 

1597. — Quest ce que le bissemut? C'est la mixtion du 
plomb et de l'estain. (J. Bodin, Tkéâlre de la nat., 1. 2, 
sect. 10, p. 360.) 

1690. — C'est un corps minéral à demi métallique, com- 
posé de la première matière de l'étain qui est encore im- 
parfait. On le trouve dans les mines de ce métail, sa sub- 
stance est fort dure, pesante, aigre et cassante et d'un grain 
gros, poli, blanc et éclatant. 

On l'appelle autrement estain de glace parce qu'estant 
brisé il l'ait voir plusieurs petites substances polies comme 
une glace. On l'appelle aussi marcbasite par excellence à 
cause qu'il surpasse les autres en blancheur et en beauté. 
(Furetiere.) 

BISSARDE. — Peut-être une de ces étoffes riche- 
ment damassées comme on en fabriquait dès l'épo- 
que carlovingienne dans la Syrie et l'Egypte. 

I 180. Vestu fu de bissarde ouvrée à grant niestrise. 
{Rom. d'Alixandre, f 82".) 

BISTORIE, BISTOlilT. — Bistouri. Parmi les ar- 
mes c'est un long couteau droit, pointu et à deux 
ti'anchants, qui diffère de la dague par l'absence de 
garde, de croisillon ou de rondelle. En chirurgie, le 
bistouri du xvi' siècle était une lancette aussi à double 
trancliant, mais à lame courbe, comme l'indiquent 
la figure et l'un des textes ci-joints. 




1570. — Dalechamps, Clirirunjie franc., p. 212 



1464.— Un coutel poignant nommé bistorit. {.\rch.JJ. 
r.l'.l, pièce 5',m.) 

1468. — Garni d'un voiilge de guerre et d'une historié 
ou paiiart. (//(('(/., 194, pièce 335.) 

1469. — Une historié ou grand couteau. {Ihid., 107, 
pièce 83.) 

1 483, — Et avoit une historié cusolite comme une petite 
espce sans croix, qui avoit lapoingnée d'iinjaspre bien en- 
richi et garnie de fin or, pendant en laz de soye à son costé. 
{Le livre des Eneydes, f* D, 4 v°.) 

I 564. — On fera l'incision transversalement avec une 
lancette courbée appellée historié. (A. Paré, L 6, c. fl, édit. 
Malgaignc.) 

BLAIREAU. — Rarement employée dans le cos- 
luiui', la loiirrure rude el grossière du blaireau ser- 
vait surtout à la garniture des colliers de chiens. 



160 



liLAlIlli.U 



1564. — Un;; niaiilc;iu de peau de blaireau, 3 liv. 1*2 s. 
6 deu. (/lie. (/h l'uijmolinier, f" 215.) 

BLANCHET. — Le drap de laine Ijlaiiclie qui por- 
tait ri' iioiii l'a ddiiné à un vêlement avec manclies 
et collel, sorte de Idiiiise nu eaniiside iinclqnefuis 
fourrée et de longueur très variable, puisqu'on em- 
ploie il sa emifeelion de|)uis trois ([uarts d'aune jus- 
i|u'à quatre aunes. L'e.vemple cité d'un lilancliel de 
hruuetli" prouve (jue cette pièce du costunn^ se dis- 
lin^nail non seulement par sa couleur, mais encore 
par sa l'orme. 

1346. — Kl est enlendii que Imil ;!raiit Ijlam lict. ri II 
;;raTit drap de ciiuli'iir dolvciil eslre Liciuvct a|i|iaillicl de 
2K liv. de pesant, iltéylei». de la ilritperie (le Vulcmieiiiies, 
ms. ISihliolh. A. Oiiiaiu-, fOI.) 

I 352. — l'iiur "2 aunes et demie de blanc do Saiiil-QueM- 
tin... pour faire un blanchel fourré de blancs lièvres de 
Noryiiic cl couvert de toille vers le poil, iO s. 

Pour une founeure de dus de lièvres de Norvoie à four- 
rer un blanelii'l pour led. inaislre .lelian le fol, 50 s. (3« Cpie 
roij. tVEl. lie Lafuntaiiie, t- 118 v° et 1-23 fK) 

1393. — Que le colet de votre chemise, de votre blancliet 
nu de vidrc costc ou surcol ne saillent point l'un sur 
l'autre. (Le Ménagier, I. I, p. 13.) 

1400. — -1 aulnes de drap lurquois retrait et retondu, 
1111 nuerblanchcldoubléde toille, àpuingnées rouges. (Aicli. 
JJ. IÔ5, pièce 30.) 

1389. — Un blanchel fourré de crnppes de gris, 8 s. 
2 autres blanches sangles, 8 s. Un viez blancbet fourré de 
gris sans inanclics, G s. (Inv. de litcltard Picque, p. 31.) 

1393. • — I. a quelle .\gnès estoil dedens l'eaue, nue mes 
qui^ d'un petit blanchel recourse, la quelle se baigiioit. (Arch. 
JJ. 115, pièce W.) 

1453. — 5 grans blanchetz, nng rouge, ung violet et ung 
gris niabré, le tout de Londres. Contenant cliascune pièce 
5i aunes, chascnne pièce 24 sains, (l'eiiie des Ineiis de 
Jacques Ceur, l'"43t)v<>.) 

1459. — Or ça, mon amy, je voeil (|ne vous ayez deux 
aullres robbes dont l'une sera de line bruioUte de Sainl-Lo, 
qui sera fourrée de martres. L'aollie sera d'un lin gris de 
Moulevillier, qui sera dnublée d'un lin blamliet pour vestir 
à lous les jours, fors quant vous chevaucherez après mon- 
seigneur le roy. (J. de Sainlré, cli. XI, p. 55.) 

1488. — four 80 robes à 80 ponres qui portèrent les 
lorches avec 13 autres robes pour 13 enfaus qui portèrent 
l'encens, t été employé pciur le tout 300 aunes de blancbet 
avec trois quarts, à 20 s. l'aune. tUhseqiies de François duc 
de Bretagne. — Lobineau, t. Il, col. 1502.) 

1490. Et pour un blancbet, Cuillemellc, 

Me fault trois ijuartiers de brunellc 
On une aulne. 
. (La farce de Palltelin, acte I, se. 1.) 

I 508. — A Jacques de Castignolles, chanoine de Rouen, 
pour l'achat de 20 aulnes un quart de blancbet pour taindre 
en escarlatc, ild f. 3 s. a d. (Cples du chat, de Oadion, 
p. 308.) 

1553. — Sclielde... vient des endroits de Valencienncs, . 
passe à Tourneil, entre en Gand... l'eaue de ce fleuve est 
blanche à cause de sa source qui est en terre blanche et 
sert ù nettoyer les blauchels. (La guide des chemins de 
France, p. 220.) 

1650. — Blanchel. — Sorte de camisole ainsi appelée 
parce qu'elle éloit originairement d'étoffe blanche. (Mé- 
nage.) 

BLANCHISSAGE. — Pariui les curiosités relatives 
au l)iau(■llls^,lge il faut signaler les exportations 
faites eu Flandre )iar les élégants de Paris à répoi|ue 
de Henri 111 et le renouvellement d'une mode aussi 
singulière à liordeaux en 178"2, lorsque les rielies 
créoles de celle ville envoyaient jus(iu'à Sainl-Do- 
niiugue leur linge à blanchir. 

1578. — Cfue si ceux qui envoyent exprès en Flandres 
fane blanchir leurs chemises ou "autres de ces tant bien 



godronnez par dei.a (A Paris), ne m'en veulent croire (que 
les cendres de llrésil li'igiient le linge en ronge), il leur 
est n(Oi seulement permisd'cu faire l'expérience, mais aussi, 
pour a\oii" plus tut lait, et pour mieux lustrer leurs grandes 
i'i'aises, on poui' mieux dire bavieres di' plus de demi pied 
de large cunuoe ils les perlent maiutenaul, ils les peuvent 
faire teindre en vert s'il leur plaisl. (De Léry, Voyage en la 
terre du Brésil, p. 200.) 

1766. - Amitiés de toille blanchie au lail, 2lf). — Aubes 
de toille blaucliii' au lait, lit. {.\rcli. (le Lille. Carton des 
j(itjai(.v, iiir. lie lu i/rtiiide sacristie.) 

BLASONNIER. - laeO. — Tit. I.XXX. Des lilasciu- 
uiers, c'est à savoir de cens ipii qiiiri'nl scies, ardions et 
blasons à Paris. 

... Nus blasduier ne puet ne ne doit ouvrer sèle que H 
arçon devant ne Sdit pareil à l'arçon derrière. (El. lioi- 
lean, Heg. des métiers.) 

BLESQUE. — Ecoi'ce de l'auiii', lualirre tincto- 
riale très ricbe en tauniii et qui tenait lieu ilc la 
noix de galle pour la production des noirs. 

1410. — Qui se nu'dera et eulremeltra de taindre toile 
de hlesi|ne.'i ou escorche d'aine, lu^ devera taindre ne drap 
ne lainnes. {Stat. de la draperie de Cluiung.) 

BLIAUT. — Vèlemeiil des deux sexes en usage du 
xfàla lin du xiii" siècle. l,e bliaul des femmes est une 




"1 





XII's. — Slalue du portail occidental de la cathédr. 
de Chartres. — Miiiiat. anglaise d'après Shaw. 

tunique serrée au buste et à la taille, lacée sur les 
cotés, fermée sur la poitrine par un bouton ou une 
agrafe et munie d'une ceinture dont les jeunes filles 



iLiArr. 



161 



se dispensaient sonveni, mais (|ui' rendait presi|uc 
obligatoire la bonne tenue d'une dame. Peiulant 
toute la seconde moitié du xil" siècle, les manches 
clubliautétaienl teliiMuent longues et traînantes qu'on 
lestrouvei|ueb[ucfois,comnie dansl'exeniiple ci-joint, 
relevées par un nœud. Posé directement sur la che- 
mise, le bliaut à cette époque est la robe des 
femmes de la bourgeoisie.. Mais le costume plus riche 
des dames comportait une tunique intermédiaire sur 
laquelle il s'ajustait. Vers 1230 il disparait sur les 
sceaux, on le rencontre encore ailleurs jusqu'à la fin 
du xill" siècle, mais alors il est définitivement rem- 
placé par le surcot. 

Pour les hommes, le bliautà manches plus étroites, 
se portait aussi avec la ceinture et était fendu à la 
hauteur des jambes. .Vu xil° siècle, dans le costume 
militaire il est presque toujours place sous le haubert 
de mailles, et dans le cas rare où il lui est super- 
posé, il se confond en se raccourcissant avec la 
coite d'armes. 



190. 




V. 1170. — Hihlioth. nickel, ms. fds de Sorhoiitie, "JGT 

Le bliaut était souvent très riche et fait de soie- 
ries à figures, fourré et orné au col, aux poignets 
et à l'extrémité de la jupe, de galons dans le goût 
des modes bysantiiies. Plus tard, sous les noms de 
bloy (voy. ce mot), il désigne une robe très simple, et 
sous ceux de biimde et blaude, une blouse plus ou 
moins longue que l'on a portée dans tous les temps. 

V. I 100. — Si li tolit le blanc orbere legies. 

Et Sun blialt li ad tut destrencbiet. 

(Chaiis. de Roland, str. 161, v. 2171.) 

I 160. Or ains revint en son bliaut 

Sengle, sans plus; si n'ot pas cliaut. 

(Athis, ms. Arsen. 33l"2, t' '2\ .) 
I 160. Ist de la tente par mal grant aatie 
Tous delfublés en bliaut de Sulic. 

(Rom. d'Aithenj. ms.) 

I 180. Flore ot .i. Iiliaut luult fu à son talent 

Sa cai-s pcrt hèle et tcnre par le dctranccment. 
(Li romans d'Allxaiidre, p. -iSI, v. 2-2.) 

Id. Ens en lor chambres s'en entrent por veslir. 

Vcstcnt bliaus et pelifoiis crmins 
Et alîublèrent les mantiax sabelins. 

(Gui in le LoUerain) 

Id. Lors vesti un bliaut d'orfroy. 

.. Desor un bliaut de samit 
Vesti un bon haubere trcsiit. 

(/•7oi/e el Dlancef., v. 497 et 947.) 

GLOSSAIRE. 



Li rois avoit .1. bliaut endossé 
Qiu tous estoit de soie naturel 
Et as fiexd'or sont laciet 11 costé. 

(Ruon (ieBor(/e(7i/x, V. 3621.) 




V. 1180. — D'après le ms, de Herrude de Landsberg. 
ttnrtus dcliciarum. 



I I 90. Tant que la reine est venue 

En une molt blanche chemise, 
iS'ot sus, bliaut ne cote mise. 
[Le Chevalier de la charrette, p. 123.) 
V. 1220- Et chauces de brun paile et sulers boronés 
Et peliçons liermins et bliaus gironnés. 
(Les quatre fils Aijmon, 115.) 
V, 1225. 11 fu vestus d'un liermiu pcliçon, 

Chauces de paile, bliaut de siglaton. 
... Etfutvestue d'un vert bliaut d'Otrante. 
. . Foique s'arma sor un bliaut d'orfrois. 
(Foulque de Candie, p. 5, 7 et 18.) 
Id. Lor damoisiele ont esvdiié. 
Si l'ont molt bien apparillié 
D'un bliaut jnde crusilliée 
... Très par deseure le bliaut 

A çaint .1. centurici de soie. 
... La tille au signin- vint descbainte 
Aeourant, cpiaiit ot la nouvielc. 
En pur son bliaut l'u la blele, 
Sans guimplî, .1. cbapel d'or cl chief. 
(Rom. de la Violette, v. 813 et 5012.) 
1227. — Que neguns homs non fassa a sa molber, gat- 
nacha de céda ni pelissa cuberta do eeda... mays un bli- 
zaut de céda puesca aver tota donasesaure ses argent per 
[iortaren estieu. (Thalamus de .Montpellier, p. 143.) 

... Elle se leva, si vesti un bliaut de drap de soie que 
ele avoit, molt bon. (Barbazan, Fabliau.r, t. I, p. 392.) 
V. 1230. Sont les damoiselles venues 

De grant biauté et bien vestucs, 
Bien sont en deux bliaus lacies 
Graisles formes et bien delgies. 

(Marie de France, Ibid., t. IV, p. 75.) 
Quant el l'oï si sospira, 
i'ar un petit ne se pasma, 
11 le retint entre ses bras, 
De son bliaut trença les las. 

(Id., Lai de Gugemer.) 
Si vit venir deux damuiseles 
Oncques n'eut veues si bêles, 
Veslues furent richement 
Et laciées estreitement 
De dex bliaus de purpre bis. 

(/(/., idi de ianiiaf, 57.) 

V. 1240. Lor bliaut sont toit d'm- brodé 

Al col et as poins (poignets) bien parc 
De bons safirs et de jagonscs 
Et on cascun ot d'or vint onces. 

[Partonopej;, t. Il, v. 10609.) 

U 



16-2 



lil.lAIT. 



V 1350 La dame o>[» ses ilias, s'a plus liclic ciiilosscz 
.1. bliaut il'AlilMiit il oysiaux oulorcz. 

(Aije d'Avtgnoii, v. 3701.) 

1(1. — Tontes manières de gens aulics i|iie chevaliers ne 
se duiviMit coinlialrc à pié en bliaus nu en cotes rouges et 
cliauco'i rouges à estrivièrcs, sans soliers. {Assises île Jé- 
iiisalfiii. I, 178.) 

1260. Kn un lilianl ilésarulilée 

Et déliée tlicvaueliojl (la pucelc). 

[Messire Gauniin, v. ."i81l). 
Id. De cel drap dont li niantials fu, 

l'u li hlials qu'ele ot \estu; 
Moult esloit cierset hioii ovrés, 
D'une eriniiie fu tos forrés. 

{Li liiaus (lesconitfiis^w 3i6r>.) 

... Si s'est en sa pure clieniise 

Enz el verger sous la tor mise 

En un hliaut ymie goûté, 

En la matinée d'esté. 

(Heurv d'Anilelys, Lai ii'Arislote,y. '180.) 
... liourgeois ni auront pas 

Itobe vaire ne bure. 

Donics ni auront pas 

Bliaus à forreure. 

{Rom. tie Tliibaud (le Mailhj, ms.) 

1280 Sous son bliaut fu ses hauliers vestus. 

(lioin. il'Aliscans, v. 2567.) 

V. 1300. Tôles esloient en bliaus 

Scngles, por le tans qui ert cliaus, 
S'en i ot de teles assez 
Ki orent eslrains lescoslés 
De çainlures ; si en ot maintes 
Qui por le chaut erent descainlcs. 
Et si orent por niiex seir 
Lor treces fait defurs issir 
De lor cevcus ki sor l'oreille 
Pendent lès la face vermeille. 

(Lai du trot, v. 81).) 
1316 (Philippe le l!el malade) 

Si se \esll i-u un bllaul 
Si voit à l''ontaiucLIiaut. 

(Godefroij de Paris, v. 7078. l 

BLOI. — Blond. Tel est le sens le plus fréquent 
d'un terme assez mal déliai puisqu'il est la traduc- 
tion des deux mois latins flavus el gtaiicus. 

I 180. Amour de bêle dame, de pucele à crins blois. 
[lîom. d'AlUandre, f" 31 v°.) 

. . . Frunt large, ehevcdz trainans 
Cum or blois, comme sée delge. 

(Prolheslaus, ms. Bibl. Uicli. 2109, f« 24.) 

V I 240. Cevels a blois, front large et blanc, 
lois gros et vairs, vis cler et franc. 

(Partonope.v, v. 3987.) 

. . . C^ir une pluie bloc cspesse 

Lcurcliiet, el nuitd'iver les presse. 
(Vie de S. Magloire, ms. Arsén. blii, î- 71.) 

XIII' s. — Ftavus. Blois. {Vocab. lai. -franc. Uibl. 
d'ICvreux.) 

V. 1300. —Flavus.hleif. (Vocab. lat.-fr. Bibl. Ricliel., 
ms. lai. 7692.) 

V. 1380. — Glaucus. Bloez, ver, cler comme les veulx. 
(Cathol., ibid., 1042.) 

V. 1450. — Ftavus. Bleu. (Vocal», rom. lai. i/is. de 
Lille.) 

XV» s. — Glaucus. Bloez ou varoillez comme les yeux. 
(Culhol. lal.-fr. ms. DM. Hicliel., lat. 7679.) 

Id. —Fulvus. Bleu. (Olla patelta.) 

1489. — Flavus. Blond; albus vel Tufus, auricomus. 
Bloiul, qui a les cheveux blons. iCathol. parvum.) 

BLOQDEAD, BLOQUEL BLOQUELET. — Boule de 
métal, billot, bille ou troue de bois, d'où le dimi- 
nutif bto'juelet jeu analogue à celui des quilles. 
Synonyme de billetle. 

1333. — Une selle de guerre... la couverture de uelvel 



vert bordée de corbeles, toute la garnison de soye semée 
de bloequelez dorez, ((.'^i/i'.s- de llauul Cle dEu,'t' 4.) 



OlQ_ 




1280. — UibliolU. nickel, ms. franc. 789, 0' 22. 



1381 . — Joué l'un à l'autre à un jeu que l'eu appelle 
les Idoquelez. lArcli. J.l . 120, pièce 110.) 

1415. — Deux nu trois conipaiguoiis qui s'esbatoienl et 
getliiieut un bloqucau ou Irnnihel de bois. [Ibid., reg. 108.) 

1488. — A Jehan C.aullier, mareschal, di'inouranl à 
Arras, pour avoir batu el arroudy environ 800 blocqueaulx 
de fer (|ui esloient trop ^'ros à meelre aux plommécs. (tJple 
del'artill. de Cliarles Vlll, Dibliotli. lUcttel., ms. i88l, 
p. 93.) 

1496. — liig eharcton qui chariiùt des blocqnelz aux 
lioelics comme ons ont accoutumez... les chevaix se bou- 
lent uiig peu trop avant en la rivière et Icd. chareton alloil 
après pour les retourner et il fui nniez. (./oiirn. dej Au- 
brion, p. 370.) 

BLOY. — Comme bliaut (voy. ce mol), mais dans 
le sens d'une robe très simple. 

XIII' s. A tant est la royne qui fu eu povre aroy 

Par devant son seigneur eu vint eu simple bloy. 
(Le chevalier au cijgne, 1309.) 
1328. - Pour i bloy... pour les entes (le|>ovrc3 gentils 
teuuues, pcjur l'yvert" dessusdit (13111, 21 1. (Cptes de 
Fraiuhi'-i:oiiilé,'Biblioth. Hicli., ms. 8.">.j|, p. 33.) 

BLOUSE. 

liaiiiiie. 



Jeu. Une des variélés de la l'ourle 



1600. — Tout de mesme que l'esteuf bal les murailles 
d'un jeu de pa\ilme qui s'appelle à bricolle quand il n'y a 
qu'un toit du costé du service; à la dilTérence des jeux 
faits en halles qui ont des loils de costc et d'autre; tels 
jeux appelez blouses à Orléans, pour le son de l'i'stœuf heur- 
tant dans le l'onil de ces lieux caves, au bout desquels 
a des nates pour rab.ittre le coup, affin qu'il ne rejalist 
dans le jeu, ains tomhast dans le trou de la blouse. (Fau- 
ehel, De lu iiiilicc des armes, f» 53.) 

BOBAICHE. — (ialoclie ou guêtre qui couvre el 
garantit le soulier. Voy. Vuague. 

1415. — Le suppliant se baissa pour prendre sesbobaiches 
qu'il avoit acoustumez de lier à sa jambe par dessus ses 
soliers pour résister à la boue. (.Arcli. J.J 109, pièce lli ) 

BOBANT. — Luxe, pompe, on loul oliji't d'aineu- 
lilement et de toilette ayant un eaiaclère fasUicnx. 

Xlll" s. EtTrubert ne s'alarje mie : 
Une coiffe à famé a lacié. 
Moult en a fait riche bobau. 
(Truberl, ms. Biblioth. Hicliel. 2188, f 78.) 

V. 1380. — Cirrus. Bobaul, rigot, grans cheveux. 
iCiilbolicon lat.-franç.; tbid. lat. lOii.) 

1444. — Comment ung praicheur nommé frère Thomas 
converti plusieurs personnes et abaly les beubans et les 
atours des femmes en plusieurs parties. {Monstrelet, I. 2, 
ch. 53.) 

1448. — Volt et ordonne que on face une représen- 
lanee où ait l'ymage de la Trinité, Père, Fils et Saint-Es- 
prit, et soit fait et devise! ainsi qu'il appartient à faire à 
un homme sans beubanl. (Arclt. de Oouui, Rég. aux 
teslam., (• 09.) 

BOBÈCHE. — Tube souvint ajouré mais toujours 
fi.xe qui termine un obandelier pour y introduire la 
diandelle ou bougie. Tous les cbandelicrs anté- 
rieurs au XYii' siècle, qui ne sont point à cuvette 
avec pointe centrale, sont ainsi faits. 



no Kl 



Ifi3 



I4S9. — Jelian Seviiieau, orfèvre du roy, pour avoii 
recliiué à fil d'argent la buibèche et le pié d'un des clian- 
deliers des uutelz de lad. eiiappelle (du roi), 5 s. l. 
(1" Cple roij. (le P. Biirdelol, f" S3 v».) 

1498. — 3 cbandcliers, dont l'un est à cuvecle, et '2 à 
boubesche, pes. ensemble 'J m. 6 gros d'argent, (/ni». 
d'Anne de Dietagne.) 

BOBELIN. — Chaussure rusti(iuo à forte semelle 
fcrri'e. — Rapiéçage de souliers ou de vêtements. 

1379. — Et doit savoir asseoir ses tacons ou semèles 
en ses bobtdins. (J. de Brie, Le bon berger, cli. 8, p. TU..) 

1530. — Uomule estoit ralaconnenr de bobelius. (Pan- 
tagruel. 1. i, cil. 'M.) 

1606 — flobeliner, ferrer les souliers, les garnir de 
clous. — Dobelineur, savetier. (Nicot.) 

1611. — A patcli, botch pièce set on a sbooc or gar- 
ment. (Cotgravc.) 

1771. — Ancienne chaussure dont se servoit le com- 
mun du peuple. Les savetiers de Paris, qui ont conservé 
parmi leurs titres la qualité de bobelineurs, avaieut, ex- 
clusivement aux cordonniers, la permission de faire des 
bobelins. (Dic(. de Trévoux.) 

BOCCALET. — Bobèche mobile, biucl. 

1618. — 2 petits bocalets d'argent pour, les chandeliers 

des accoliles, pesant tous deux y onces. — 22 boccalelz, 
tant grands que petits, pour mettre les cliandelles aux 
autels. {Inv. de S. Louis des Franrai.i, à Home, p. 19 et 
.52.) 

HOCHET. — Sorte d'hydromel aromatisé au moyen 
d'épices et dans lequel la fermentation alcoolique 
était développée par la présence de la levure de 
bière. Le poivie, le gingembre, le girolle, la graine 
de paradis cl la cannelle entraient dans la composi- 
tion de ce breuvage. 

1348. — Acopa led. Gieffroy, si qu'il cliei eu uue 
cuvée de bochet qui mise y estoit pour refroidir. (.4/T/i. 
J. J. 7'J, pièce 2.5). 

1393. — Pour fiire six sextiers de bochet, prenez six 
piiUes de miel bien doulx, et le mettez en une chaudière 
sur le feu et le faites bonlir, et remuez si longuement 
que il laisse à soy croistre, et que vous vcez qu'il jette 
bouillon aussi comme petites orines qui se crèveront, et 
au crever getleront un petit de fumée aussi comme noire; 
et alors faites-le mouvoir, et lors mettez sept sextiers 
d'eaue et les faites tant boulir qu'ils revicngnent à six 
sextiers, et toujours mouvoir. Et lors le mettez en un cuvier 
pour refroidierjusques i tant (lu'il soit ainsi comme tiède; 
et lors le coulez en un sas et après le mettez eu un ton- 
nel et y mettez une chopine de leveçon de cervoise, car 
c'est ce qui le fait piquant, (et qui mettroit levain de pain, 
autant vauldroit pour saveur, mais la couleur en seroit 
|ilus faile,) et couvrez bien et chaudement pour parer. 
Et se vous le voub'z fiire très-bon, si y mettez une once 
de gingembre, de poivre long, graine de paradis et doux 
de giroffle autant de l'un que de l'autre, excepté les cloux 
de giroffle dont il y aura le moins, et les mettez en un 
sachet île toile cl geltez dedans. Et quant il y aura esté 
deux ou trois jours et le bochet sentira assez les espice-i 
et il piquera assez, si ostez le sachet et l'espraignez et le 
mettez en l'autre baril que vous ferez. Et ainsi vous ser- 
vira bien celle pouldre jusques à trois ou quatre fois. 
(.Menagier, t. Il, p. 238). 

1447. — En cestui temps, estoit le vin à Paris si cher 
et ne buvoit le pauvre peuple que cervoise ou (bochet ou 
bierre ou cidre ou peré ou tels manières de breuvages. 
(Journal d'un bourgeois de Paris, p. 72ti). 

1564. — Il s'abstiendra de vin, en lieu duquel usera 
d'eau d'orge, de ptisane, de bouchet. (A. Paré, chirurgie, 
1. 10, ch.2l, édit. Malgaigne). 

BOCQUILLON. — P.ùcheron. 

1497. — A Pierre d'Enghien, tapissier à Bruxelles, poui- 
une rhambre de tapisserie à personnes de bregiers et 
bregières et uue salette à personnages de liocquillons, 
1004 1. 6 s. (Chambre des Cptes de Lille. Houdoy, Les 
tapisseries de haute lice « Lille, p. 111.) 



BŒUF VIOLÉ. — F.a promenade du bœuf gras, et 
au \vi« sièi-le, un jeu d'enfants qui en est comme la 
contrefaçon. 

V. 1600. — Dubœuf violé — Il y a des villes où les oou- 
chers, tous les ans, font une festivité, menant promener 
par la ville un bœuf couvert de viidettes et de (leurs. Ce 
qui sent son paganisme et les sacrifices récités par Pausa- 
nias qui dit que pour un poisson on en faisoit autant à 
Rome. Je ne scay d'où est procédé ceste façon de faire. 
{Miscell. juridigues, Bibliolh. Richel., ms. fr. 510, 
1M78.) 

1711. — Les enfans s'étant avisez de parer de même 
et de promener un de leurs camarades, qu'ensuite ils fai- 
soient semblant d'égorger, on a appelé cette farce jouer 
au beuf violé ou vieille. (Le Duchat, Xotes s. Rabelais, I. 1. 
c. 22.) 

BOFU. — i'armi les riches tissus de soie des fa- 
briques byzantines aux xii'el XIII'' siècles, lebofu, sur 
lequel le langage des poètes ne donne que des ren- 
seignements incomplets, tient le rang occupé plus 
tard par le baudequin (voy. ce mot). C'était une 
étoffe brochée ou rayée de diverses couleurs et qui 
prend place quelquefois parmi les brocarts. On en 
faisait des tentures, des vêtements, des suaires, des 
bannières et des tentes. 

I 160. Ainz tissent pailes et boffuz 

Et dras de soie à or batnz. 
... Coûte pointe i ot de bofu 

Qui fu faite en Constentinoble. 
(Perceval, ms. Bibl. Richel. suppi . /'r.,430, ("^ 151 et 
170 V".) 
V. I 160. D'un drap de soie erent veslu 
Estroit caucié d'un vert bofu. 
(Mis et Prophelias, ms. ibid. 7191, f 81 V.) 
V. I 180. De deus dras de soie dyvers 
Li un fu d'un osterin pers 
Et l'autre d'un bofu roié. 
(Erec et Enide, ibid., fds Lavallière 78, f" 161.) 
I 185. Or et argent li olfrent et pailes de boffns. 

(Chanson d'Antioche, ch. 5, v. 738 ) 
V. 1225. Flourentine couchiée fu 

En un lit qu'est fais de bofu. 

(Roman de la Violette, v. 3126 ) 
1230. Encontre sont maint chevalier venu 
Vestu de vair, de gris et de hofu. 

(G'iydon, v. 782.) 
Id. E quan le lisl fu apresté 

Un couverture nnt sus jeté; 
Li dras esteiz d'un viel bofu. 
(Marie de France, Lai du Frêne, t. I, p. lOC ) 

Id. En un mantel d'un molt riche holTu. 

(Agolant, v. 1101.) 
V. 1250. Toutes les dames, chascune qui là fu, 
Li ont donés drap de soie ou boulfu. 

(.iuberg le bourgoing, p. 149.) 
Iil. Aye chevaucha le jor .1. fauve mul, 

La sambue est a or toute d un chier bofu. 

{Aije d'Avignon, v. 55.) 
XIII' s. Ils eurent sanglcmcnt vestu 

Li uns un samit, l'autre .1. boffu. 

(Li sièges de Tebes, ms., t" 38.) 

Id. Cendal de soie et paile de buill'u. 

(Le moniage Guillaume, t' 184.) 

I 260. Parée fu de dras de soie (la chambre; 
Di- uudt cier pris, (jue vos diroie? 
Mais moult en i ot de divers 
Bofus, fois, esterines, iiers. 

(Libiuus desconneus,\ 4658. 

1270. Sacre de Louis Vlll. 

Mainte reubbe i iit de bonfu 
Et de pourpres et de samis 
r il avoit bons orfrois mis. 
Et si avoit assis encor 
De rices dras batus à or 
Et de dras tains et d'escarlates 



164 



lîOFf 



Délrcncliiés ;i ^■nuil hirales, 
Sables, eriiiiiis et vair de grif. 

(IMi. Monskes, v 



Mosilii' |iimf I 



111)0. ■) 
1" vin. la sixième jiarlii' 



BOILLE. 
lin iiiuul. 

I'>92. — Que luiiil ne soil si lunly île mener au temps 
tlis vendanges aukunes lioilles i|ni ne soient bonnes et 
suflisantcs et telles (|nc les sl\ iaeent ou accumplisscnl 
le muvs Je vin. {Oiilonn. île Saline, p. 27.) 

BOIS. — On Irouvi-ra à Imir.s noms ri'spi'clif.s les 
bois d'i'ssi'iice spéciale, .le réunis iei les noies rela- 
lives à des espèces désifjnées sculciuent par leurs 
emplois, leurs (|ualilés ou leurs provenances. Dans 
celle nomenclature, ([uelciues attriliulioiis restent 
douteuses, et je liens à déclarer (lUC, sur celle partie 
de l'élude du moyen âge, la vérilé réclame de nou- 
velles cl plus aliondaiiles informations. 

BOIS n'Ai.KXA.NuniE. — Brésil, bois rouge d'ébé- 
iiisleiie el de leinlure, qu'on lirait de l'Inde et du 
Japon par la voie d'Alexandrie, avant la découverte 
de r.Xniérique. 

1440. — Brasyle. Gaudo vel lignum Alexamliinum. 
(Promi>torium parvulorum .) 

BOIS D'Ai.i.EMAncii (d.vne.marck). — L'nc des nom- 
breuses variétés du cliénc, réputée incorriiplible el 
recbercbée autrefois en Kiandrc pour les ouvrages 
délicats. 

Elle se distingue du cliène commun par sa res- 
semblance avec le cornouillii-r. Son tissu très dense 
la rend susceptible d'un beau ])oli; sa nuance d'un 
gris terreux est voisine de celle du noyer. Elle est 
maillée cl veinée transversalement. 

Ces caractères, qui s'appliquent partiellement à 
notre cliène de Hollande moderne, ont été observes 
par le savant naluralislc .Mdrovande (I5"2.'ï-1(i()5) 
(jui nous fournil la ligure ci-jointe. 




1 345. — A Iliiard, le Imfjier, pour G quartiers de qucsne 
et pour ais de Darnemake, 72. s. — Pour 3 cents et demi 
de laïc de tilleul, 5 s. le cent, cent et demi de laie de 
forcst, 7 s. le cent. — li pièces de bois, tant ilc fraine 
que de rlierisier et pour une grande pjèelie de liois pour 
faire le llaiel de la piu te el piiur ais de Darnemake et 
lambourdes, i I. Kl s. S den. — 1 cents de laie de l'orest 
cl pour roillcs et carncux, 38 s. i d. — 4 cents de laie 
de quesnc de 7 pies, 1.") s. le cent. (Cptes des ouvrages 
flitr cliâl. des Clés d'Artois, t' 103) 

1436. — Pour un cent d'ais de Danemarck, sortir du ba- 
teau, les mener à l'holel, et l'i^slapler, 3 s. (P. d'ilerman- 
sarl. Les anc. communaulés d'aris el mél. à S. Orner., pièce 
30). 

V. 1500. — Sur la grosse rivière du Rin cstoil une 
1res belle et grosse Torest toute de Allemarchc, qui vcnoil 
bien à poinctà faire logis, bolwcrs et bastillons. (Molinet, 
Chron., ch. 7). 



ISia. — Boys d'Alleniarce, sapins, laies de clieyne, 
assclles, el de lonl bois sajé pour earpeiilier : ilu car 
•J t\fi\.. lie earelle I den. [Toiilifii des eijl. S. Uerlin el 
S. limer.) 

1521. — lug baiieq d'Aliuarelie à leznn ( pupitre). Ung 
tirant escrin d'.Uinarclie à i enelaslrcs. l'ng \\e\v. bnll'et 
il'Almarclii' à une euclaslre, Une grande cliayerc à dus, 
d'Almarcbe à euclaslre. Ung dressoir d'Almarclu^ à i 
enelasli-es. (Inv. de Vllolel de le Walle ù Giiiid). 

1522. — In lianeq d'Allemarelie à appoyelle. IJn liauci| 
à appunir à passe!, l'n giaut liani' lisou à niareliepiel d'Al- 
lemarelie. lu graut long liane de bore, l'ne table de blanc 
bois. Ung graul lisou d'Allemarelie. {Inii. de Cliarles-Quint 
d Lille.) 

1527. — l'ai la liberarie di'ssus la porte jilusieurs pul- 
pilres de blanc bois el les bancs d'Almarclie ce seivans. 

— Kii 8 cliamlires dessus la porle ... graiit quautilé de 
bois d'Almarclie sovel et non soyet ei auUes bois. (Inv.de 
liureslain, T'» lill cl Ul.) 

1560. — A ung escrinier, pour avoir faicl ung cliiege 
de bois de Denemarqiie, là où l'on distribue l'auniosnc 
tous les dimeiiclies en lad. église avcei|iies iiug grant 
tableau par dessus oii sera paiiict dedans les mémoyres 
des auniosnes, 1 10 1. (lloiidoy, Impies de C«m//rai, 281.) 

1597. — l'ng eolfret di^ bois d'Almarclie liaull iim^ 
aulne, large une aulne el profond une aulne et une taille, 
garny par dedans ciUiereiuenl el dehors du coslè de 
devaiit seullemciil de salin cranioisy rouge. . . servant leil. 
coull'rel pour y déposer le. Saint Sacrement à la semaine 
sainele. Ilnv. de l'hilijipe II, C 18 v°.) 

1648. — llercyuiam sylvam (le spnsliat dans l'élccloral 
de Mayence) vaslissiniaiu qua' in liacoiiim (llarl/, duché 
de Brunswick) Senianam, Marzianam (liasse Germanie sur 
la rive droite du l'iliiu). Gahri^tam cl lioeniitioani partila, 
iiuercus aleic l'eruut i|narum niaterics disserta niaeiilas 
ostendit nndosi caniehili panni ad instar, enjus gencris 
existimari t'orlasse poterit liguum qiioddani diclum .'In.s'cot, 
inlcr querciis lolatum a preelarissinio noslro Aldnivando 
(t KiO.'i) in iiiiihnsdani obscrvalionihus nis. snli titiilo 
Liijni Aiiscnl el llormo, sihi niissum ab amico i|iioil ex 
Auglia receperat, ciijns usum diccbat esse prtccipuum 
apud nobilifires scplenlriouales Anglos et Bclgas oriiandi 
et vcsliendi suos Ihalanios in ledibiis intcrioribus, non so- 
Inni oh ligiii speciositatcm sed contra tineas alquc tere- 
dincs impassibilltatcin. 

Color ligni ad luteum vergit, similitudincmque pra; se 
fcrt quandain euiii liguo cornicapro in qiio lulcns color 
inagis intcnsus et splendidus, quia lignum Anscot tendit 
magis ad colorem ligni nueis recentis anlequam oleniii 
senscril et macula,' ipsius Anscol obscuriores suul in 
medio, sed in niarginibus lucidiuseuUe venasquesi'd trans- 
versales subtiliores qnam reliqua- partes ligni. (Aldrovaudi, 
Dendrologia, lib. I, p. 2-2"2, Conlimiat.) 

BOIS DE DAlill-S. — 1260.— Nus barillier ne pnel 
ouvrera Paris que de 1 manières de fus. . . c'est a savoir de 
fin cuer de chaisne sans aube, de périer, d'aller et d'érable, 

— U. Li barillier puent l'aire baris de fuz de laniarie el 
de brésil. {lieg. d'El. Ilnileau, p. 103, 1.) 

BOIS DE niSCAYE. — 1614. — Vu javelot vieil en l'er, 
à jour, la liante de bois de liisca'ie, fort vieille. [Tous les 
javelots et javelines mentionnés dans ce chapitre sont 
moulés ainsi.] (Inv. du duc de Lorraine, n°4fi3.) 

BOIS BLANC. — 1471. — Ung pot de boys blanc fait eu 
faczon d'un estameau. Une grant bouteille de boys blanc. 
Un grant pié de boys blanc il mettre niig niirouer. (Inv. 
du roi Hené à Angers, f '21.) 

1611. — IHanc lioUi. liox, vv'iUow, poplar, asple and 
otlier smaller treoswhosc wood is not lit l'or timber-worke. 
(Golgrave.) 

BOIS DE cALEMiiOUC. — Variété venlàlre du bois 
d'aioés. Voy. CALEMiiOUC. 

1 560. — 11 fit (le roi de Bâtas) ... nn présent qui estoil 
de 12 eales de bois ealambuco, chacune desquelles pesoil 
20 onces. (Mondes Pinto, Voyages (idventureu.r, p. 02.) 

1661. — n» 2IGi. 3 petites casseltcs de toilette de bois, 
faeon de Calanilionc garnis de coins doresnuiillé de plu- 
sieurs couleurs, longues chacune de 15 poulces, larges de 
11 poulces, haultes de 7 poulces, prisées I.'jO liv. (Inv. de 
Maiarin.) 



BOIS. 



165 



1683. — N» 182. Un petit bureau do bois de calembour 
garni de tiroirs l'eruians à clef, à filetz d'eslain, prisé 
lid 1. (/«('. de Oilberl.) 

1735. — On nous apporte des Indes un certain bois 
verdatre en firosscs bncties d'une très bonne odeur, sous 
le nom de bois de calambourg et dont quantité d'ouvriers 
se serv('nt, tant à cause de sa bonne odeur nue parrc qu'il 
est propre pour dill'érons ouvrages comme pour la mar- 
queterie et pour faire des cliapelets et autres. 

Les cbirurgiens et barbiers s'en servent comme du bois 
de rose pour faire bouillir dans l'eau avec la quelle ils 
font la barbe, (l'omet, llist. des drogues, t. II, p. 1.36.) 

BOIS riE ClI.MtriO.N.NAGE. — 1 659. - Art. 12. Il est fait 
iuliibitions et iléfenses aux maistres jurez d'employer à 
leur ouvrage d'auti'e bois i|ue d'ormeau et de cliesne 
bon, loyal et marchand. ( Sliit. des cliiirroiis de Bordeaux.) 

BOIS DIVERS. — 1260- 

Sor .1. char tôt de fer font l'estendart dréchier. 
Moult fu longe la verge, li pies estoit d'ormier. 
De X pioches fn fait; l'une fu d'olivier 
Et la seconde fu d'un fust c'on dit chessier; 
La terche fu de caisne, la quarte d'aiglantier ; 
La quinte d'ebenus, la siste de perier; 
La sepine fut d'auborc, l'uistieme d'alisier, 
La noenie fut d'yvoire, d'un os saintisme chier 
Et la disisnie pioche fu trestote d'ormier. 
Tos fu l'estendars oins de basme de basmier. 
(La Conquête de Jérusalem, v. li'S-i.) 

BOIS ET BOUT DE FL.iNDRE. — Voy. BOKT. 

1384. — Pour iôi pièces de bort de Flandres achepté 
en la ville de Larochelle pour le batel que Ms. (le duc) feil 
l'ère auprès de son chastel de Poitiers, 30 1. {Cptes des 
InUiin. du duc de Berrij, (" 5 v".) 

BOIS DE FRANCE. — 1546. — Le bois de construction 
et le bois à brider abondent dans tous les endroits de la 
France. Ce sont des chênes et des hêtres, car le sol ne 
donne plus ni sapins ni mélèzes, comme du temps de César. 
Chose singulière! la sixième partie delà France est cou- 
verte de bois, et cependant le bois y coûte deux fois plus 
cher ipi'à Venise. C'est que presque toutes les forêts sont 
au roi qui permet la vente du bois selon qu'il lui plait. 
(Relation des ambassadeurs rénitiens, t. I, p. 255.) 

BOIS DE GRENOBLE. — 1683. — n» 53!). Une tablette 
de bois de Grenoble à 12 carrez, garnie de marqueterie par 
les costés, prisée 20 1. (Inv. de Colbert.) 

BOIS ET noRT d'illande. — Bois résineux de la 
famille des conifères dont le nom paraît s'appliquer 
indistinctement au sapin, au mélèze, au cyprès et 
même au cèdre. Ces essences passaient jadis pour 
incnrrnptihies. Ce prétendu privilège était la consé- 
(|ucnce d'une bonne hygiène et souvent des injections 
de sel marin résultant du llottage. 

(Uioi (|u'il en soit, ces bois furent d'un usage fré- 
(jucnt pendant la période qui nous occupe. Les 
espèces les i)lus rares servent aux ouvrages pré- 
cieux, cadres d'autels portatifs etc.; mais les cuves 
et autres objets de cette sorte mentionnés ci-après 
étaient assurément faits en sapin. Des lambris 
do cette même essence, dont les plus anciens datent 
du (luatorzième siècle, existent encore en Auvergne 
et ailleurs. 

Remarquons en passant que la locution bord 
d'illande d'où est venu hois d'Irlande a la réso- 
nance des deux mois anglais deal board signifiant 
une planche de sapin. 

Les statuts d'.VbhevilIe de 1508 distinguent les 
images faites en bois de chêne et en bold d'Irlande. 
Ici il faut éliminer le sapin, presque ini'ompatiblc 
avec les exigences de la sculpture, et dont nous ne 
saurions d'ailleurs citer en France aucun exemple. 

11 résulte d'une note obligeante de M. Canq)bell 
directeur de la bibliothèque royale de la Haye, ([ue 



la charpente du palais de Guillaume H, faite en 1250, 
suivant une très ancienne tradition, de bois de cèdre, 
et d'après l'auteur des DéUci',:i de la Hollande, de 
bois d'Irlande, était en chêne comme le prouvent les 
comptes contemporains et les rares témoins de sa 
complète et regrettable réfection en 1861. Je sup- 
pose que sa bonne conservation a été le )irincipal 
motif de cette méprise. Voy. Bort. 

1365. — Philippe Sirasse, huchier, pour avoir faict de 
bois d'Isl.mdo un estuy pour hébcrgier l'orloge de M. le 
Dauphin qui sonne les œures aud. Louvre. (Cptes des bâ- 
tim. du roij. Laborde, Glossaire.) 

1384. — llui hiers es journées de Mds., pour faire pa- 
neaux de bort d'illande allère mules pour l'ouvre de la ma- 
çoonorie. {Cpte des hàlim. du duc de bernj, f" ."i3.) 

1386. — Pour les jornées de 2 soieurs de bois (|ui ont 
soyé bort. d'il lande et autres bois pour faire lambrux à 
lamhruchcr les galeries, 35 s. 

Charroix à chevaulx, tant pour amener bois de la forest 
du Columbier que pour amener bort d'Irlande de Nyort à 
Poitiers, 12 1. 15 s. (2» Cpte id., f 34.) 

1 386. — Pour 7 paires d'aisselettes de bort d'illande.. . 
pour mettre et presser 6 paires de manches de 6 corsetz 
pour mad. la royne... au pris de 4 s. la paire. 

Jehan Ledoux, tonnellier,.. pour une cuve de bort d'il- 
lande et une autre cuve de chesne avec un four pour es- 
tuves... pour la gésine de mad. la royne, 6 I. p. {Cptes 
roij. de Guill. Bruml, reg. 18, f (■j8 v», et reg. 10, f° 110.) 

1 387 — Pour les jornées de plusieurs soieurs, [jour soier 
bort d'Irlande et autre bois nécessaire pour faire huis, 
feuestres chapciz et hostevans oud. chastel (de Poitiers). It. 
pour 20U0 de bort d'illande de la grant uioyson nécessaire 
pour lambruchier et fere chassix, porches, huis et fenestres. 
[Cptes des bàtim. du duc de Beiiij.) 

1388. — A Jehan, le huchier, pour un berseil de bois 
d'illande avec la bersouère fait par lui et livré... pour ber- 
sicr madame Jehaune de France, fdic de madame la royne, 
pour ce 8 1. p. 

1389. — A Robin, le tombier, demourant à Paris, pour 
2 petits autels bcnoist de mabre portatifs, enchassilliez en 
bois d'illande... pour servir en la chappelle du roy, 48 s. p. 

Pour 2 cstuys carrez de cuir bouly poinsonnez et ar- 
moyez... pour mettre et porter, c'est assavoir en l'un, mes 
tableaux de lad. chappelle et en l'autre un petit autel bc- 
noit, portatif, de mabre enchassillié en bois d'illande, 32 s. p . 
(Cptes roij. labor Ae, Glossaire.) 

1395. — It. quoddam magnum scannum <um dosserio et 
scabello de nemore dicto d'Irlande, iinv. de l'év. de Lan- 
ijres.) 

1396. — A Simonnet Aufernet, hncliier, pour unes an- 
moires neusfvcs de bois d'Irlande, de 6 pies et de 2 de 
hault et de 6 piez de long, à 3 estagcs, de 2 anfoncées 
ainsi qu'il appartient, achetées pour uieltro dedans les gar- 
nisons de pelleterie pour le roy NS., 8 1. p. 

1398. — Pour 2 autels benois de madrc (marbre) noir, 
enchassiUcz en bort d'illande. (Cples roij. Laborde, Glos- 
saire.) 

1400. — Aud. Girardin, pour avoir f;iitse[id)lablenient du 
hois de Md. Sgr. (le duc d'Orléans) un oratoire de buis d'YI- 
lande pour led. Sgr. assis en lad. chappelle, de '.1 pioz de 
long, 5 piez de lé et 8 piez de hault. Le tout entaillé cl 
reveslu d'orbes voyes... It. pour 4 journées et demie d'un 
couple de sieurs qii'il a livrez à refendre le bois d'illande 
et cier plusieurs aisselles et membrures... au pris de 7 s. 
par jour. 

Pour 200 pièces de bort d'YIlande de 7 piez de long ou 
environ... pour lambroisser lad. chappelle et oratoire, au 
pris de 9 1. 12 s. p. le cent. 

A Michelet du Haloy et Gdet Jaquct, sieurs d'ais, pour 
leur peine et salaire d'avoir sié et fendu du long lc(i. bort 
d'VUande. . . au pris de 7 s. par jour. 

A Jehan de Fraurn, d(deur de mernen, pour sa peine et 
salaire d'avoir dolé 350 pièces dud. hnrl d'YUauile au pris 
de 22 s. p. le ciuit. {(^ple de la rhapi'lle de S. l'ierre en 
Chasires. p. 8)-5-li.). 

1402. — A Haoulet Dugué, huchier, pour un leiriu do 
b(ut d'Irlande... pour mettre le livre de uiad. Jlicliicle de 
France, où clic aprcnt, 54 s. p. 



tfifi 



ROIS. 



faoi' liuvs ne fem^slre de 
y ait point d'.iulpiT. [Stul. 
des rois, t. \VI, y. tilO.) 
tailleurs d'iiiia''ps ne (c.- 



A lui pour avoir fail un hiMveul tnul ilr bori d'Irl ludi'on 
il a un cscren au cliovel et une Ijersouire biudii'. avec nu 
autre berceul et nue granl bersouère pnnr l'infant dont, 
an plaisir de Dieu, aeiomliera biipf\euienl, lî I., 16 s. p. 

2 cuves, l'une de bort d'Irlande et l'autri' de cliesne, 
)08 s. p. (10" Cple (le l'argenlrrie île la reine d'Ilémon 
Itaguier, f- 110 et lIC.) 

Ift07. — l'onr un autel portatif de marbre noir cnclias- 
sillé en bois il'IIlande, ailieté en la ville de Tours, au mois 
de décembre., pour servir eu la chapelle du roy N. S., au 
lieu d'un antre semblable autel >|ui avuit esté cassé et rompu 
au voyage que led. Seigneur list lors aud. lieu de Tours 
l'onr ce 32 s. p. {Cple roij. Labnrde, Glossaire.) 

1418. —i colTres de noyer et 3 linees de bois de Land- 
ncs. . ou mirant cofl'rc de bois d'Ilaude à 2 serrures furent 
trouvées lu nappes (liiv. ilii iliic île llraliani.) 

1420. — Une (fiant consclie de bort d'Islande enclias- 
silliée. iliir. du cliiil. de Vinreniies. p. Kl-J.) 

1 428. — Une table de bort d'Irlande, très belle, de 8 plez 
de loun ou environ et 3 piez de largo ou environ. (Inv. 
•le ht Haslille, p. 3U.) 

1430. — Unes alinoircs de bort d'illande, attacliées 
eonlre le mur à crampons de fer. (Id. p. 337.) 

1444. — II. que nul ne face laiiibroiz de bois d'illande 
m d'autre boys où il ail point d'aiiliour ne de nicrein es- 
clianlb'. iSlat. lits, des hiichiers de Ste Geneviève de Paris, 
f iil.) 

1467. — Art. 6. Que nul ne 
cliesne ne de bois <j'lll,tnd<- i>n il 
des liucliiers de l'nns. Urdoiin. 

1508. — Art. (î. (Jue Icsd. 
ront images, tables d'autel, maclionniuies et autres telles 
et semblables ouvrages de taille appartenant à lenr.l. nies- 
tier de tailleurs d'images, que île bon bois de quesnc ou 
bois de bold d'Irlande sans nul oliel, se n'estoit que au- 
cuns bourgeois nu autres en celte ville d'Abbevillc ou 
autres marchands forains voulussent avoir lesd. ouvrages 
à leur plaisir et volonté de bois d'orniel mi de gauguier 
inoycr), moyennant que, aud. bois de gauguicr n'y ait point 
de boispourrv. (.S(a(. des peintres, tailleurs d'imai]es, etc., 
(r.l66e!'i//c. Aug. Tliii'rrv, .l/oHi(»i. rfp l'hisl. du liers-étal. 

t. IV, p. ;;iX) 

1644. — l.a salle du palais (de Lahayi^ eslbaslie d'un 
certain bois d'Irlande où les vers ne s'engendrent jamais; 
les araigncs n'y font jamais leurs toiles et il demeure tou- 
jours incorruptible comme les arbres de Séthiiu. (Coulon, 
Les rivières de France, t. II, p. 481.) 

1663. — Je vins me promener dans l.i grande sale 
d'Ouilal (à Londres) dont la charpente qui est 1res belle et 
bien travaillée est d'un bois d'Irlande qui ne souffre au- 
cune bestc venimeuse, tu efl'el il n'y a pas une seule 
araignée dans ce lieu, et on adjousle que si l'on yenpor- 
toil et qu'on la lil toucher le bois elle mourroil. (Voyages 
de ilouroni/s, l. II, p. 2S.) 

I68S et 1728. — Ce qu'on noniine aujourd'hui (à Lahaye) 
1,1 cour, étail aiieiennenient le palais des comtes de Hol- 
lande. Guillaume 11, 17" comte de Ilollandeel roi des Ko- 
mains, le lit rebâtir tout entier en 12.'iO... La grande sale, 
qu'on voit encore dans le même état qu'il la lit faire, est 
un monument de la magnificenee de ce siècle-là. Il fit ve- 
nir d'Irlande le bois dont la charpente a été construite, et 
comme chacun scait que ce bois est presque incorruptible, 
personne ne doit être surpris que celte charpente paroisse 
après cinq ou six siècles comme si elle n'avoil été faite que 
depuis quelques années. [Les délices de la Hollande, 
■i édit. t. I, p. 15'J.) 

1768. — On y trouve (en Irlande) de grandes forêts... 
dont le bois n'admet ni vers ni araignées, si l'on en croit 
un [>ji-lc. { Okt . de La Marliniere, v' Irlande.) 

liOIS JAUNI. - 1467.— Art. 10. Oue nul, soit ouvrier 
ou revendeur de fustaille, ne puisse jaulnyr ne faire jauliiyr 
colTics vielz ou aulmoires vieilles, se ilz ncsont avant ven- 
dues. {Slat. des hucliiers metiuisiers de Paris. Toussaint, 
Dicl. des confréries, roi. 407.) 

BOIS Nom. — 1295. — nnani ciipam de ligne nigro, 
eum coperrulo, gamilaiii de argeiitn, pond. 2 m .'i iinc. 
( Thés, sedii nposlol., 200). 

BOISofVnÉ. — 1398 — Quiconque fera oscrins, hii- 
cheaux et bans, il les pourra faire de cliesne et de noyer 



ensemble, et si pourra faire un banc en foiuièrcs de tout 
bois, excepti' aiihier et iiioibois, cl que tontes jointures 
soient sans aubier. [Slal. de .Voi/o». La l'oiis, L'ne cité pi- 
rartle. \>. 23.) 

1487. — Art. 3. ttne niectrout, ne seront teiiuz niectre 
lesd. charpentiers menuisiers, blancs bois avec cliesne eu 
euvre, mais mei'troiit cliesne ensemble, bois blanc ensemble 
einnyerà partiuy tSiat.des charpentiers menuisiers d'An- 
ijers, Ordonn. des rois. t. XX, p. 17.) 

1560. — La noee s'opéra pcr f.ir lettiere, la pioppa per 
le tavole e asse, il liassino per l.ir de cerclii, il legiio di 
|iero per iiilagliarvi deiitro varie e diverse cose di stanipe, 
il biisso per lar petlini, l'ebano per far corone e oriianicnti 
a spccchi, il castagnn per far botti da \iiio, il ciju'csso per 
far cassette da tenervi cose délicate, il salice da far cerchi 
(Il barili, (Garzoni, l.apia^ia uuiiersale, cap. 105, p. 750.) 

1570. — Art. 21. Aiissy leur sera deffendu de non as- 
seiiilder pièce de noyer avec bois de cliesne, poirier, cor- 
mier ou autre bois dilVéraiil l'un à l'autre ; mais seront les 
ouvrages qu'ils feront d'une mesnie espèce et nature de 
buis. {Slal. des menuisiers de A'antes.) 

1584. - - Le noyer qui est propre à faire caisses, cou- 
chettes, tables pour y manger et sièges et chaires et autres 
ouvr.iges de pareille importance. — Le poirier est propre 
à r.iire laides pour y graver diverses choses et s'en servir 
à rimjiriiiieric. — Leliuxsi faire le niesme et encores de 
beaux peignes. — 1,'ébène pour en dresser l'orneinent et 
conriinnes des miroirs. — Le cyprès à faire des cassettes 
et layettes à garder les choses les plus précieuses. — Le 
châtaignier à faire muids et tonneaux à g.irder le vin. — 
Le fresiie cl coudrier à faire des cerceaux pour relier les 
tonneaux. — Le cormier à l'aire les dents des meules aux 
moulins. — Le saule blanc est proprcà faire toutes sortes 
de baillis, colTrcs et à dresser les feiiestrages et liuysseries. 
Kl le saule commun sert à encereeler les barils, (rioravanti. 
Miroir unir. 1. I \>. 5t.) 

1600. — Ils (les bâtons à remuer la pale de l'outremer) 
doivent estie faicts de quelque bois qui se polisse facile- 
ment comme d'érable, de plane, de bonis ou semblable. 
(I!. de Boot, Le purf. jiiaillier, 1. 11, p. 308.) 

BOIS PEINT. — 1295. — 2 llacones do ligno depielo 
iii riibeo colore ciim circulis et sentis île opère lemovicense. 
(Thesaur. sedis aposlol. 1° 32.) 

1416. — N° 817 bis. 6 platelets de bois, l'un dedans 
l'autre, pains a ouvrage de Damas, 10 1. 1. 

N" 028.2 cuillers de bois paintes déduis de l'ouvrage 
de Turquie, ."i s. t. 

N' 'J3l. lue éciielle de bois paiiite par dedans de vermeil 
el dehors de couleur tannée. 

N" 935. IJn coffret de bois ouvré de painture de Damas 
au quel a dedans un autre colTret paint comme dessus garni 
d'argent eu plusieurs liciiii, 32 I. 

N" 1 127. — Une boelle de bois painle aux escuçonsde 
de MS., dedans laquelle a plusieurs burettes de voirre de 
l'euvre de Damas où il a dedans ponldre de violettes. 

N" 1176. 7 escuelles de bois, que grandes que petites 
paintes à ouvrage de D.iiiias. (Inv. du duc de lierrij.) 

1420. — N" 181. Un estiiy de bois, 13 escuelles sur con- 
lur tannées et est dedens de couleur vermeille, et sont 
dcdens une douzaine d'escuelles de lad. façon. 

N» 182. l'n autre estuy de bois couleur veriiicille. paint 
à oiseaux et arbreciaux de li façon dessusd., ou quel 
.ivoit 4 escuelles de la façon dessusd. (Inv. des Joijuuj: de 
Charles VI.) 

1 420 — N" 4242. Une cuillière de bois de sarrazin, bor- 
dée d'argent doré. {Inv. de Philippe le Bon.) 

1589, — N' 278. 6 tasses de bois peint à la mode de 
l'urqnie. 

283. — Ung plat de bois peint à la r.içon de Turquie 

8.53. 2 petits panniers de bois paint et 3 petites escuelles 
de mcsine. {Inv. de Catherine de Medicis.) 

BOIS SCULI'TI^; UF. TUNIS. — V. 1400. — Dans le voi- 
sinage de la capitale (Tunis) le sultan El Mostanccr le 
hafsidi forma (12.52-3) un jardin auquel il donna le nom 
ilAbiiu l-'elir et que l'admiration universelle a rendu célèbre. 

A chaque extréinité d'un bassin s'élève un jiavillon, l'un 
gr.intl, l'autre petit, soutenus tous deux par des colonnes 
de marbre blanc et revêtus de mosaïques en marbre. Les 
plafonds sont eut bois artistemeut travaillé et se font admi- 
rer par leur coiisruclion solide autant que par la beauté 



BOITES. 



167 



dos arabesques dont ils sont ornés. {Ibii Kltiilctoun, llisl. 
(les Berbères, l. II, p. 340.) 

BOIS DE TOUR. — 1467. — It. que les maîtres et 
ouvriers tourneurs à l'aris puissent meclre et employer le 
bois et merrien dont i\i ont accoustumé à user... et faire 
aucunes besongnesdeleurd. boiscomme de liestre.de tilleu 
et trauible et autres bois appartenant aud. mcstier. (S(o(. 
des tourneurs de Paris. ArcU.reg. des bannières,\,lC 78.) 

BOIS VIOLET. — 1633- — Ung petit cabinet d'Alle- 
magne de bois violet, à une serrure fermant à clef, garny 
de son pied de bois de noyer avec Sais de bois de haistre. 
(/«!'. (le li( rciive Pliélipeuulx.) 

BOISERIESORIENTALES.— Voy.CoNSTANTiNOPLE. 

BOISSET. — Couleau à manche cordelé. 

1379. — Encore doit le berger avoir boisset ou coulel 
à fiute alenifllc, à trenchier son pain, à mam-lie de 
2 |iièces plates de tylleul... lyé tout au long d'une [uenue 
cordelete de lil. (J de Brie, Le bon berger, p. 73.) 

BOITE. — Les comptes et les in venta! resfourni.s sont 
peu (le détails sur ces intéressants petits meubles. 
Néanmoins, les églises et les habitations privées con- 
tenaient autrefois des merveilles en ce genre qui a 
servi de thème aux gracieuses fantaisies des peintres, 
des sculpteurs, des ivoiriers, des ferronniers, etc. 

Si les documents sont laconiques, les objets eux- 
mêmes, permettent de faire l'histoire de cette partie 
charmante et si variée du mobilier ancien. Heu- 
fcrmés dans le cadre étroit de ce glossaire, nous 
bornons nos citations aux variétés les plus .essen- 
tielles. 

BOITES d'apothicaires, barbieks, chiruroiens. 

1371. — A Jehan Sabel, barbier (du duc) pour une 
bocte de rasif, 10 s. t. (Cpte du duc de Berrij t" 66.) 

1387. — Premièrement soient gelées ventouses, que 
on appelle coupes ou boites, sur la plaie, pour traire le 
venin dehors (voy. la fig., p. 105, col. 2), qu'il n'aille au 
cuer. (Gaston Pliébus, ms. f" 100.) 

tit7\ . — Une petite boueste en faczon de boueste d'apo- 
ticaire, painte à fueuillaiges en faczon de drap d'or, en la- 
quelle a dedens ne scay quelle petite chose torteisse que 
ne scavons nommer. {Inv. du roi René à Angers.) 




V. 1520. Doile de chirurgien. Gravure Allemande. 

1548. — Vous avez delà droguerie autant que marchant 
de dera d'outre et vos boetes bien peintes par dehors. 
(Noël du Fail, Contes et dise. d'Eutrapel, t. II, p. 181.) 



1561. — Les boites pendues aux maisons des chirur- 
giens donnent à entendre que léans on guarit des playes 
et autres maladies appartenantes à la chiruigie. (A. Paré 
Introduction à la chirurgie, t. I, p. Si, édit. Malgaigne.) 

IS70. — Une pièce de quelque ais fort délié comme 
est celui duquel sont laictes les petites boetes des apothi- 
caires... lesd. boetes sont de pin ou sapin. (Dalechamps, 
Chirurgie franc., ch 50, p. '268.) 

1573. — Comme les boettes des apoticaires, peintes par 
dehors avec or et azur et dedans pleines de poisons. (A. 
Paré, I. 18, ch. 49.) 

1599. — J'ordonne qu'il suit envoyé a Mgr. de Dinte- 
ville ma boete de plomb doré, qui est pleine de triade 
d'Alexandrie, la meilleure qu'on puisse trouver. {Teslam. 
de ./. de Charmolue, p. 438.) 

BOITES d'artillerie 1428. — Une boite de fer 

(l'inv. de 1430 ajoute : en façon de canon) enchassillée 
en bois, gectant 7 ploraméesà une fois. (Inv. de la Bastille, 

p. 344.) VOIJ. RIB.\UDEQUIN. 




V. 1500. Boite d'artillerie en fonte de fer. 
app. à l'auteur. 

1610- — l-e duc de .Sully, grand maitre de l'artillerie, 
sur ce retour fit tirer de l'arsenac 03 pièces de canon 
qu'on mit sur le boulevert de la porte Saint-.\ntoine, le 
quel on borda de quantité de boettes pour saluer sa ma- 
jesté à son entrée. (Couronnement de Louis XIII. Cérém. 
franc., t. I.p. 418.) 

1617. — Plus 2 petites pièces. .. de boite de fonte verte, 
avec leurs boites de niesme estophe et 4 autres boites 
de fonte avec chascunoson ance (Inv. du châi. de Vaijres.) 

BOITES diverses. — xin° siècle. 

Tout droit à l'entrée a trouvé 
Un torneeur qui boistes torne. 

(Fabliaux, Méon, t. I, p. 226.) 
V. 1300. Si ai boites de mostier maintes, 
Netes, polies et bien paintes. 
(Le dit du mercier, édit. Crapelet, p. 152.) 

1379. — N"655. Une boiste d'ibenus garnie de bendes 
d'or esmaillée de blanc et les autres hachées à un cercle 
autour, esmaillées de Y et de C, à esmaulx dedens et de- 
hors des armes de la royne Jehanne de Bourbon, en la 
quelle avoit plusieurs anneaulx. (/»!>. de Charles V.) 

1386, — Bussola una argenti deaurata, pro tenendu 
intus ceram ad facii.'nilum lumen de nocte. (Inv. des 
joijau.r de Valenline dt Milan, p. 811.) 

1401. — Jehan Poulain, parmentier, donne... un cof- 
finet à mettre espinchiaux, d'argent {Arch. de Douai, reg. 
au.r lestam.) 

1416. — N''271. Une petite boesie faite à pans, d'une 
pierre bleue en manière d'un cornet à mettre ancre, gar- 
nie d'or, séant sur 4 piez, où il a en cliacnn une pierre 
cstrange, pendant à un las de soye que Mons' acheta du 
frère de Nicolas ou mois de janvier 1408, et l'a fait mond. 
Sgr. emplir de civette. 

N" 1163. Une boeste de bois, de l'iiuvragc de Grèce, 
dedans la quelle a du baulme, apprnmée par le patriar- 
che de Constantinople. (Inv. du duc de Berrg.) 

1503. — llulline de Monchicourt. . . et aussy made- 
moiselle ma bonne maîtresse, ayt ma boiste à porter 
cœuvrcchiefs, qui est de cuyr boully. (Arch. de Douai, Reg 
aux teslam.) 

1520. — Ung fainct livre, couvert -de velours violet à 



1(>S 



liOlTES. 



ï fermilelz il'aïKcnl dorez aux armes ilc Madame, à 3 es- 
cailli's. util- prtili' lioi'le d'arjiont ri 5 pinceaux garniz 
d"ai|;eiil ilcdaiK li'd. livre. Le Imit seivaiii piuir le passe 
lenipsdeMadameà paiiiilie. (/il r. i/c .Wrt (■!;"<'''''<■ '''^"''''<^'"') 
1529. — Al'ierre Mangnl, orfèvre diid. Sj;r, 7 I. 3 s. 
6 d. pour viii;; rond d'or leniiaiil en liiv'c, dedans le quel 
esl une cfligic ou vif de la figure dud. Sgr. (f.'/'/f des me- 
Hiis/i/(lisi>.v (/il roi, f lUô.) 



de plusieurs pièees en mmilu'e de 7',l el dedans liid. 
boiste y a deux langues di- serpent et une esginller il'ar- 
gent. [Iiiv. (lu (hdl. de l'an C (> v°.) 

1582. — lîoiles lie sapin venant de Foucincs et autres 
lieux, de petite valeur — le chariot G s. 8 il. 

liiiitrs di' sapin petites, petits eabinels venans d'Alle- 
magiu% l'IaiidLe et antres lieux, de petite valeur — le cent, 
7 s. t) d. {Tarif d'entrée à Calais.) 









\\\\' s. Uoilf de /î(i»fffi7/e,s' avec son développement. Email cliamplevé de Limoges. App. à l'auteur. 



A Pierre lioyfTect dit le Fauscheur, libraire, demonrant 
H Paris, 2i I. pour 2 boyettes grandes d'un pied, cou- 
vertes de cuir, doré et enonvré, garnies de ferrures dorées. 

10 I. pour ungescriptoire de cluimbre faict de semblable 
cuir, fermant à clef, où v a 3 boveltes et nng petit cornet. 
Ibid., (" lOt;.) 




XV" s. Cuivre dnré et gravé, travail italien, ihid. 

1560. — Pour l'cstuif de la bouette qui sert ù mettre 
chauffer l'eau pour led. Sgr. (le roi)... Ung estuif pour 
une couppe de terre de Venize, 3 estuifz pour les 2 
bouettes, ung pour le cadenas, 7 liv. 

Pour avoir couvert une boelte d'argent servant d'estuif 
etréf hault pnurmellre ung petit poislon (à chauffer de l'eau), 
lad. bouete garnie de l griffes et boulles et iances pinir la 
prendre, aussi pour chaulTerreau, pes. 1 m.'> o.,3.'> L.'Js.l. 

Pour nng petit codre doré fermant à clefz, doublé de 
vellours verd, pour servir à mettre les curedens dud .Sgr. 
(le roi), 50 s. t. — Pour 300 rurcdans pour inetie dans led. 
cofTre.ys.t. (3« Cpte roij.de David Itlandin.V 53 et 132.) 

1561. — Une boiste d'argent iloré à houppes, garnie 



1599. — fne bouelle de peinlure esmaillée de gris sur 
la quelle y a des diamans, où est le cliifre du roy, et à 
costé d'yceluv i .S" (trait), et avec i petits triangles de dia- 
mans l«Uese". {Inv. de Gabrielle d'Estrees, f" 2r> v».) 

IIOITKS Ii'ÉGUSK. - 1347. — II. parvam pixidem 
(•linrneam in (jua solebat reponi panis ad celebranduni- 
(lnv.de lacathcil. d'Amiens, p. 2li2.) 

1359. — N" (iO. Fnum cassuin pro corporalibus di'. 2 t.i- 
bnlis, operatuni ex una parle eiim .Vssniiiptione Healc Ma- 
rie et allcra cum Kpiphania Dnmini, llossatuin ex utraque 
parte ruiii aiiglis de pcilis, precii 00 s. 

62. 11. iiiimii i-asMim (pro) corporalibus de anro de 
plate, IretlaUiin ciiiii auro de Cipre et cnm Uesurectionc 
Domini, minntis cuni perlis, precii -10 s. 

63. il. unum cassiim corporalibus, broiulatum ex una 
parte cum unocrncilixo, .Maria et .lobanne; ex altéra parte 
euiu .Vssiimptioiie lieate Marie, p. 30 s. 

61. II. niinin eassum corporalibus de velvelto rubco 
opcralnin cum Assumptione Ueatc Marie el cum orfrizio 
culpinato de arniis Francie et Navarre et cum 2 coronis 
de perlis, p. 20 s. (/Irjpii/erie d'Isabelle d'Angleterre, 
p. 237.) 

1359. — Le boitelelte d'ivoire, leur ou met le pain pour 
le grand autel, pesant l'argent aveuc l'ivoire, 5 o 2est. , 
et est toute froussiée. {Inv. de l'égl. de Cambrai, 314.) 

1438. — N° 65 Une boyete d'ivoire où est le baume. 
ihiv.de .\.n.del'aris, f» 13.) 

1454. — A .lehau l.ienarl, potier d'estaing demourant 
à liuiirges, pour un flacon de fer blanc à mettre el tenir do 
luille d'olive Jiour reiii|dir une boesle que lad. dame (la 
reine) a, (|iii fut d'une des trois Maries. Laquelle luiiUe, 
après qu'elle a reposé ens lad. boeste est miraculeuse et 
garist jdaycs et autres maladies Pource, pour led. llacon 



BOITES. 



169 



2 s. (i il. t. — l'our 2 livres liiiiUe d'olive nouvelle mise 
oucl. nacoii etportée à lad. dame, 2 s. 6d. L {Araenlerie 
de la reine. 1"' cpte de J. Boclietel, f° 101.) 




XIU' 



s. Boite d'ivoire d hosties. - 
à MaestriclU. 



Eijl. de S. Servais 



1465 • — lu quadam capsula eburnea quadrata depicla 
cum yiuaginibus aureis, cxistentc in ecclesia sub ferctro 
cojpoiis S. lierliiii iiabenlur reliqnlc que scquuntur. .. 

in qtiailam capsa do liusco drauralo cuui ymaginibus 
SS.IÎcrliiii olKolquiriiconlinculur rcliquiei|iie scquuntur... 

lu quarlani luisla eburiiea cum lloribus rircumquaque et 
cingulo argcnteo liabctur do 8. Austrabcrta, etc. (Inr. de. 
S. Berlin, p. i, 10 et 10.) 



It. Une buite d'yvoirc à hoslie, ferrée en 1 costez d'ar- 
gent et par dessus une bocle, pes. 1 ", 7 Irez. (Inr. de la 
cathéd. d'AiLierre.) 

1547. — N»238.Una scatlolina pici(da dicipresso, senza 
copcrcliic), con 3spillc genimatc idie se mettono nel palliu 
quandoN.Signore célébra puntiliealmentc.(/Hi'.(ie /-'ou////.) 




V. 1500. Bô((e aux S. S. huiles, en cuir rjuufré et gravé, 
appl. d, l'auteur. 

1548. — .\ l'orfèvre qui a donné la boete en la quelle 
l'un mect la sainctc huille servant pour la suicte du roy. 
{Cpte de l'aumônerie de Henri II.) 

1554. — Une petite bouette à pain painrte et dorée à 
personnaiges et 17 palcnostresd'agatlie de plusieurs sortes 
et grosseurs, 25 s. t. {Inv. d'Emaid de Xicolaij, 66.) 

1558. — Lcsd. maislres ouvriers en cuir et doreurs 
pourront garnir... boesles à nicçlre pain à cbanler.. . Dcs- 
quclz les fuz seront à façon de layetlc l't iccul.K couvrir à 
colle de farine, de cuir, rie niarroquin de toutes couUeurs 
et de veau bien lanné et lainct aussi de toutes couleurs, 




V. 1130. Boutique d'épicier, d'après un ms. italien app. à l'auteur. 



'524. — .'i boittes à mettre le pain à cliaider, l'une de 
drap d'en- frisé, l'antre de drap d'or rez et l'autre faicte do 
fil de snye et d'or de Cliippre. ensend)le 11 s. {Inv. du tré- 
sorier l'ot.) 

IS3I. l'ni' lioete d'argent à mectre hosties pourtant 
sa paix, en laquelle est esmaiUé ung crucifix, N'ostre Dame 
et S. Jehan, pes. G o, 6 Irézaux. 



et ic(!ul,\ ouvraiges dorer et argenter d'or et d'argent de 
feuille bien eniprins de toutes belles fuçons de moresques 
et autres. 

Pourront aussi garnir et couvrir les ouvraiges tio^Susd. 
de toutes sortes de draps de soyc, tant dehors que dedans 
et les enrichir des broderies, etc. {Slat. des doreurs sur 
cuir df l'uris, Arch. reg. des bannières Y, 11, t. Vl.''" 40.) 



170 



DOiTES. 



1616. — Une boette d'un costé de broderie, soivaiil à 
mollri- du pain àcliaiilcr. {Inr.de l'égl. S. Valéry.) 

1683. — Une boi-lc d'jvoire garnie d'aPiient, dans la 
i|«cllc il y a >in polit vais-eau d'argont en façon de palette 
avec une pt'tite cuilliM" siTv.mt le jeudi saint au S. (^hresuie, 
pes. i ni. 4 0. (/;ir. de .V. 0. de l'aiis, (° \i \'.) 

BOITES A F.PICES ET ARO.MATES- — 1360. — Et re- 
tient en soy (le buis) longuement les Iranclies et les fijiuies 
que on fait. . . et si eu lait on les boites qui sont butines 
à parder espiecs et autres olioses aïoniatiiiuis. {Le pio- 
priélaire des choses, 1. 17, ch. iO.) 

1365. — It unaiu parvani archam fa^i super caïuiuuui 
dicte coquine ad cusludienduni sal. taxât. I gross. (/iii>. de 
J. de Saffres, p. 316.) 

1509. -~ lue boisle d'ir^ent à la niodcd'Espaigne, pour 
iiii'llir des e-pices ou sucades, pes 2 m. 6 o, I! est. iliiv. de 
l'Iiilippe le Iteau. ) 

1533. — Une buitu d'argent toute blanche gouderonnée 
(gauderonnée) avec sa couverte, eu la quelle se met la 
ponlilre cordiale de Madame, pes., coniprins une petite 
cuiller, 10 o. lest. {Inv. de Marguerite d. Autriche, f li.) 

IS27. — Une petite boisle à couvercle pour coriandre, 
iineriilièrc et manche liu'se et ung petit chandelier à niectre 
bougies, d'argent, pes. ensemble 8 o. Itl est. 

Une boiste d'argent atout son couvercle et petite louche 
servant à niectre pouidre ile duc, pes. I ni. t o, 15 est. 
(Inv.de llneestaiii, f» 17 et 112.) 

1536. — Vasis pluuibi'is lantuni ulinnir ad odores con- 
servandos et unguenta atque alia quaevis liqiiida prcciosis- 
sima. Itaque capra; illius sylvestris excremeutuni uscjne 
adco udoraliim, quod moschum vocani pharmacopiilae, in 
pi.vidibus plumLeis reponere soient et dm adnioilnni iii- 
corruptuni servare. (Rob. Esliemie, De Vusculis, 17.) 

1572. — A Jehan Foucault, orlehYre, la somme de 21 I. 
pour nnebocsie d'argent pour servira mettre la poudre dud. 
Sgr (le roi), avec sa cuiller. (Cple de Charles IX, p. 3i)3.) 

1591. — N°G81. Ine petite boiste d'argent doré à 
mettre de la poudre à prendre après le repas, avecq sa 
cueullierde mesure... poise 5 o., 111. 5 s. {Inv.de Guill. 
de .)l()nlmorency.) 

1635. — Boete de sauteurs préservatrices au couvercle 
troué menu. Oculata iiy.ridula. (Pli. Monet.) 

BOITES POLU l.ETTMES ET >IESS.\GERIE. — 1306. — 
Pour un escrin de cuir bouly pour mettre les Icllres ma 
dame. (Quittance e.rtr. des cptes de l'Artois.) 




V 1320. — Messager. Bihlioth. Richel. ms fr, 
f 86. 



1136, 



1352. — Pour faire et forgier la garnison d'argent pour 
une ceinture et une boiste à porter lettres, la quelle cein- 
ture et boiste inond. Sgr le Dauphin commanda faire aud. 
.lehan Lebraailier pour Kaoulct l.esingteur son messager, 
et y entra surtout 6 m. 4 o, 7 est. ob. tl'argcut et 10 est. 
d'or lin à dorer. Laquelle garnison de lad. ceinture fut 



faite de clos d'argent moitié rons moitié quarrcz, et dcdens 
iceulz avoit csinaux des armes de moud. Sgr le Dauphin 
et pesoit 3 m. 2 o, 1.") est. Et lad. boiste esloit esinailléc 
auxd. armes, c'est assavoir les 2 quartiers de Normandie à 
(leurs de liz enlevées cl le champ d'esniail et la bordeure 
levée du haut des fleurs de liz et es autres 2 quartiers 
avoil 2 dauphins esmaillicz et enlevés et le champ dcssoubs 
doré et diappré <lc fueillages enlevez, {'i" Cple roij. d'Et. 
de Lafontaine. f° 110.) 

1363. — N' lOS. Une boiteletle d'argent à mettre vernis 
à csirire et poise .')0. (/;ir. du duc de Xorwandie.) 

1367. — {Chap. XVI. Des ribaul.r, joueurs et des cou- 
reurs ou messagers. — Ccst eschec est fournie cumule 
hoiiiuie qui a les cheveulx noirs pendans et velus, et tient 
en sa main destre un peu de munnoie et en la séiicstre 
3 dcz et une corde leiiite en lieu de ceinture. Et doit avoir 
une boueste plaine de lettres. (Les échecs moralises BihI. 
Hichel., ms. fr. IKir), f'5l.) 




Figure jointe au te.xle du 



1369. — Une boite d'argent à messaiger. (/ni', de l'ah- 
hesse de Jouarre, p. 158.) 

\itSS. — A Jacqmart Colpin, orfèvre, pour avoir refait 
et remaillé la boili' il'argcnt du messager de la ville^ (Mém. 
de la Soc. d'émulation île Camhrai, t. XXXI, p. 2tîl.) 




Ep. de Charles VI. - Uoile de Messager, en cuivre émaille 
au.r armes de J. de Pargies. Face et revers. App. à 
l'auteur. 

1474. — Sousl'cscuyer sont messagers et chevauclieurs 
portaus les armes du prince et leur donne le prince lare- 
tenue et l'esciiyer leur iiiect leur boite armoyée. (Oliv. de la 
Marche, Etal du dur de Itourg., p. 28.) 

1502, — Robert Foulon, orpheuvre, pour avoir fait 
doux mailles à la boite du messager de la ville. (Cptes de 
Camhrai.) 

1556. — A Jehan Derache, orpbevre, pour avoir fait 
une bouette à esniail d'argent eiiiprainte et gravée des ar- 
moyries du roy N. S. et de ceste ville, la quelle a esté ordo- 
née à Fraiiihois Maréchal, messager de pied, en allant et 
venant pour les affaires de la ville. {Arch. de Douai, Cptes 
de la ville, f» 218.) 



DOM BARDE. 



171 



1557. - A la vcfve Jehan Deraisse.orplièvre, pour sou 
sallairc (le avoir racoustré l'émail de messager de cestc 
ville, le augmenté et cstoffé tant d'or pour dorure que ar- 
gent, et gravé les armoirves du rov N. S., G liv. {Ihid. 
fo 2-20.) 




J^'O 4'tftiff 



V. 15-20. Messiujcr d'après Uans Bunjmayr. 

1559. — A Borrus Dcraissc, orfèvre, pour avoir faiz les 
ariuovries du rov N. S., par forme de boite au messager de 
pied "de la ville,' i 1. {Ihid, C Ui.) 

1 560. — Pour une Ijoile dorée pour mettre pouldre d'uu 
costé et cire de l'autre, 5 s. t. — Pour avoir emply lad. 
boite de pouldre de bois, 2 s. 6 d. — Pour avoir mis dans 
lad. boite 6 roUeaux de cire d'Abbeville,aa feur de 12den. 
t., fi 1. - Pour <1 bottes de lisselle de l.iou pour mettre 
dans lad. boite, 3 s. [:!'^ Cpte loij. de Darid Blaiidbi, f 131.) 

BOITE. — Caisse de (.-oiilVéïie. 

1260. — Nus orfèvres ne puet ouvrir sa forge au jour 
d'apostele, se ele u'eschiel au samedi, fors que un ouvroir 
que chascuu ouvre àsoii tour -à cesfestes et au diemeuche; 
et quauques cil gaaigne qui l'ouvroir a ouvert, il le met 
en la boisle de la conllarrie des orfèvres, en iacpiele boisle 
en met les déniei-s Dieu que li orfèvres fout des clioses que 
il vendent ou acliatent apartenans à leur mestier; et de 
tout l'argent de celle boiste donne on chascun an.lejorde 
Pasquos uu diner as poures de l'ostel Dieu de Paris. (Rerj. 
d't:t. lioiteau. Ut. 2, p. 3'.J.) 

BOL, tiiM.i.E. — .Jalle ci'cusc, largement évasée et 
oi-ij,'inaironiciit iimnie d'iiii couvei'clc. Ce terme, qui 
dans les premières années du siècle, a passé d'An- 
gleterre en France, y a depuis désigné spécialoiueiil 
le vase presipie honitsphérique servant pour le punch 
et qui est, malgré sa nouveauté apparente, le véri- 
lalile type primitif et normal du hanap. Voy. ce mol. 

1378. — Unum ciplium argenteum album vocatum bnlla 
cum cooperculo signato in summitate dicli cooperculi cum 
armis nicis. 

Lnum ciplium argenteum vocatum holle, niajorem de 
duobus lioÙes (|ue mecum triissari solcbant, cum cooper- 
culo argenteo pro cudem. — It. Unum ciplium argenteum 
ininorem de diclis duobus boWes sine cooperculo et dii.as 
pecias argenteas vocatas platpeces ad unum cooperculiim 
l'.icienduni pro eodem ciplio iTeslmn. de J. Fo.cle, p. 2li'.)- 
70.) 

BOMBARDE, BOMBARDELLE. Après les qiien- 
nons ou petites houdies à feu de la première pé- 



riode de l'artillerie, on distingue la bombarde dont 
l'apparition ne remonte pas au delà de 135i, c'est- 
à-dire à l'époque où les perlectionnements introduits 
par le moine allemand Berlhold Schwartz, permirent 
d'augmenter sensiblement les calibres. C'est alors 
qu'on trouve dans les textes les termes de petits et 
gros canons. 

Le mot bombarde s'applique un peu confusément 
à ces derniers. Dans certains cas, le peu de longueur 
de la volée leur donne l'apparence du mortier. 




V. 1460. — [Bombarda ambulaloriaj U'aprés 
Paulus Sanctinus. liibliotlt. Hicltel., ms. lai. 7239, l'OSv». 

La bombarde se chargeait quelquefois par la 
culasse, mais d'une façon différente du veuglaire à 
chambre mobile. Dans les pièces du XV siècle, le 
diamètre de l'ame est souvent très fort. Le musée 
do Lausanne possède une bombarde de la bataille 
de Cranson (li76) qui mesure intérieurement 56 
centimètres. .\ Gand, on voit encore celle qui servit 
en 1452 au siège d'Audenarde et dont le calibre est 
de (54 centimètres. Cependant le même nom est donné 
à de très petites pièces et même à l'arme portative 
appelée scopiins. Voy. Aiiqueuuse. 




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li52. — Bombarde du siège d'Audenardée à Gand. 

Outre les projectiles sphériqnes en |)ierres ou 
en fonte pour la grosse artillerie, les bombardes 
lançaient au xiV siècle de gros traits empennés do 
métal appelés garrots. Voy. ce mol. 

1363. — A Biernart de Beaulieii, fevre, pour ICI 1. et 
demie pesant de noef fier ouvré en fiers de quarlaus pour 
les bombardes de la ville, pour 2 s. de le liv., 101. t) s. 
{Cpte de Nii-ole de Dunj. Arch. de Valenclennei.) 

1 382- — Siège d'Audenarde. — Pour plu.s ébaliir ceux de 



17i 



UUMllAUilK. 



Ia(;nrnison d'Auilcnanlc, ils firent faire et ouvrer une boni- 
lianle iner\eillc iimiikjU grande, la quelle avoil 53 pouces 
de l)ec et ji'loit carreaux nicrveilltusi-nieiit i;ran<ls et Rros 
cl pesans ; et i|uand celte liouiliarile descliquoit, on Touoit 
par jiiur l)ic:i de cinq lieues loin cl rar nuit de dix, et 
menoit si gr.-'.id nuise au dcsclifiner qu'il scndiloit que tous 
les diables d'enfer fussent au chemin. (Kroissarl, I. 2, 
ch. Illl.) 

1382. - Adouc vinri'iil arljelelriers et ^ens de pied 
avant; cl si en y avoienl aucuns ipii jetoient de biinibardcs 
portatives et qui trainient };ranils quarriaulx empeuuis de 
fer et les faisoient voler outre le pontjusques à la ville do 
Couiincs. (/i/.,l. i, cil. ISl.) 

1411. — Siège de llam. — Or avitil que quant Flameus, 
les i|uelz estaient au siej;c devant lieu), cl eurent assis et 
ajusté plusieurs bûud)arilcs et canons tout presl pour ^.-iller. 
M en j- avoil 3 principales dont l'une esloit appelée le 
grosse "i;rielc, et quant le duc Jehan les vit preste/, de 
gcttcr (il leur proposa de se rendre, mais sur leur refus et 
leurs insultes).. Les Flamens adoiit leur eiivoycrenl une 
pierre plus grosse qu'une; lounel qui cslnit en la j^rosse 
(iriellc. Mais le bombarde esloit s\ liaiilt afustée qu'elle 
passa tout par derrière la ville et oultie la rivière de Siunme. 
{Cliruii. Ilourtjuignoiine. La Fons, La Thirrache, 2" liv., 
p. !l.) 

1412. — C'ensuil les sommes que pessent les bombardes 
faicles iirufves pour la ville. — 3 bombardes... faicles de 
2 vieulx canons de la ville pessant 85 I i liv. à 10 den. la 
liv , pour lasson vallent 71 s. 3 d. — 3 autres bombardes... 
pcssanl (i'J 1., la liv. achalée 2 s. 8 d. vallent eu somme 
lu 1. -î s. —4 autres bombardes pessanl I8H., 21 1., lU s. 
•t d... en toute somme 338 liv. 12 de métal qui coulent 
37 1. 12 s. 7 d. (Heg. de lu Cloison d'Angers, n°» 37 à 
3'J.) 

1420. — Siège de Bonifacio par le'! Aragonais. — Dans 
les creux des mats et les tours des vaisseaux élaienl con- 
lileucllemeiit des ennemis lançanl des traits aux ((uels 
aussi étaient mêlées des bombarbes à main d'airain fondu, 
percées en façon de canne. Il les appellent sciqicles. (Voy. 
les fijîures p. 73.) Les lireuis pei çaiei t un homme cuirasse 
avec un j;land de plomb chassé |iar l'aclion Ju feu. (l'c- 
trus Ciriiœus, De rébus corsicis., Irad. par Susanc, irisl. 
de lariili.,p. ôU.) 




1128. — Bombarde anglaise, au nwnt Sninl Miihel. 



1430. — Une grosse bombarde nommée Itomcswallc 
jetant pierres de 28 paux de tour, iUOO f. de 32 gros. 
Une autre de 20 paux 1800 f., une autre de 20 p. 1 ;00 f., um; 
autre de 23 p. 800 f., une autre de 32 p. 1800 f. (1" Cpt 
de J. Abonnel.) 

1432. — J'ay veu dedens ceslc citadelle (de Belgrade) que 
j'ay dit, 3 bombardes de métail, dont les 2 sont de 2 pièces 
et l'une est la plus grosse que je veisse oncqiies, et a 
i2 pouces de large dedens nii la pierre entre; mais à mon 
avis elle est bien courte selon sa grandeur. (Ileriraiidon de 
la Hroquière. Ko!/. d'oulremer, m.v. Ilibliolh. BIrliel. fr 
9087. p. 21',l.) 

143'?. — Habillemcns île guerre menés and, siège... II. 
Le patron de fer pour faire les pierres de lad. bombarde. 
{Dépenses pour le siège de Mnntereau. édit. IJoulioh, 
p. 11.) 

1440. - Une bcnib.irdele de coivre de fondue, fournie 
de K pierres et de plusieurs tampons. (Jos. Carnier, Inr. 
de lartill de Dijon, p. 11.) 

1442. — Simon Chai les, (onseiller du loy, etc., vues 
par nous les leclres du roy. . à nous présentées de la par- 
tic des artilleurs de la bimie ville do Paris, de Olivier Mar- 
eliant, charpentier cl de .(elian Ducliemin, tailleur de pierres 
à bombardes, de l'artillerie du roy nostred. Sgr. faisant 
mencion de certains privilleges et exeinpcions à eulx oc- 
troiez... consentons que lesd. artilleurs, charpentiers et 



tailleur de pierres à bombarbes... démolirent quiclos, fraucz 
cl exeiiipls du guet, (l'riiiléije des urlxll. de Paris. C.ha- 
iavay,/(er. desdocum. histor. sér.,2, 1870, p. 33.) 

1458. -Tue grosse liombaidc l'ondue, en 3 pièces fre- 
iiiaiis.i vis, la quelle .Mgr a fait l'aire es années 57 el 58 en 
sou lioslcl de Lebbre eu Hrabant par .lai|uciiiin Delespine, 
ouvrier de boiiibanles et autres engiciis. Iccllc hiuiihanle 
pesant 3:1 à 31,000 liv. de métail uii environ et porte pierres 
de 17 pol/, eu cioisi'e, el avec lad. bombarde a esté mise 
une talde de plonq pesant 801) I... pour niellre au cul de 
lad. bombarde, aliii de la gettcr plus seurement. Itnr. de 
l'artill. du duc de Bourgogne.) 

1465. — Les bombardes se font de diverses formes el de 
|ilusieurs proportions. On les construit aussi de plusieurs 
iiialicres et elles sont encore plus variées de formes que 
de nom. On les distiiigui' en iHiiiihanlcs, passe-volaiits 
espiugardes, mortiers, cerbolaiines et escopettes. Toutes 
ces pièces peuvent varier dans leurs dimensions tout en 
conservant leurs formes spéciales. La bombarbe doit être 
eu cuivre ou en fer : celles qui sont en bronze, et c'est le 
plus grand nombre, éclatent plus souvent à cause de la 
nature de celte matière; en euivn' ou en fer, elles ne se 
brisent que par un accident ou défaut de fabricatinii. Les 
bombarbes. spingardcs el cerbotaniies impriment d'autant 
plus de vitesse à leur projectile et le portcnl d'aiilaiit plus 
loin qu'elles sont plus longues, surtout loisque la volée el 
la chambre sont dans la proportion convenable. (G. Mar- 
tini, Trattato di archit. cirile emilit. di Francisco, l. H, 
p. 131.) 

1468. — Ung gros canon de fer tout d'une pièce, af- 
l'eullé el ferré en une pièce de bois, en façon de bombar- 
dellc. 

Une petite bombarde de fer d'une pièce, de 3 pieds de 
l.iiig (.lus. Carnier, /hd. (/(• l'arlill. de Dijon, p. 17 et 22.) 

1472. — liouibarila, ut vulgo dicilur, melallica machina 
est quœ ignis inceiulioet siilpburco piilverc, imnio tarlarco 
niagis, glandes œiieas llamiiieasqiie pilas el glolmsa gravio- 
raque saxa convolvens, liurri sono fragore ac loiiitru longe 
latcque jactat, nuiros urbiiiin qualiens et obslaiilia quœquc 
deiiioliens. (Valturi, De re militari, 1. 10, p. 261, édit. 
I5:i2.) 

1479. — Advint que plusieurs ofllciers du rny en son 
artillerie lircnl smtir une grosse bombarde qui eu lad. année 
avoil esté faite à Tours, pour illec essayer et esprouvcr; el 
fut acculée la queue d'icelle aux ehanips devant la Itaslille 
Saiiit-Aullioiiie, el la gueule d'icelle en tirant vers le pont 
de Gliareiilon. La quelle l'ut chargée pour la première fois 
el lira très bien; el porta la pierre d'icelle, de voilée, 
jiisqiies à la justice du pont de Cliarentoii. Et pour ce qu'il 
sembla aux dessusd. i|u'elle ne s'estoit pas bien desrhargé. 
de toute la poudre cpii mise et boutée avoil esté dedans la 
chambre d'icelle bombarde, fut ordonné par les dessusd. 
que encore seroit chargée de nouveau, el que derechef 
seioil tirée pour la seconde fois, el que avant ce elle se- 
roit nettoyée dedans la chambre d'icelle avant (|ue d'y 
mettre la poudre, ce qui fut fail; el fut faite charger, et 
bouler sa bimIe qui pesoit .'lOll livres de (er, dedans la 
gueule d'icelle boiiibarde,à la quidle gueule esloit un nommé 
Jehan Mangue, fondeur, qui icellc bombarde avoil faite : 
la «luelle boule, en roulant au long de la voilée contre le 
tampon de la chambre de icelle bombarde, se deschargea 
incontinciii, sans sçavoir dont le feu y vint. A cause de 
quoy elle tua et nieurdrit et mit en diverses pièces led. 
Maligne et jiisqucs à 1-i autres personnes de l'.iris dont les 
testes, bras, jambes el corps esloieiit portés et jettes en 
l'air et en divers lieux. (Chron. de J. de Troges, p. 310.) 

1513. — A Mark Tournemine, painlre, pour son sallaire 
d'avoir painl de vermillon fin à olle et verny, semé de 
lleurs de lys blanches, fusées el croix S. Audrieu une 
bombarde et ung mortier de fer, alin de les garder de pour- 
riture, m I. (La Fons, Arlill. de Lille, p. 25.) 

BOMBARDE. — Sorte de chalcmic i|ui a donné 
naissniiec an liiinlliois, instninicnt à vent, à aiiehi; 
luillaiili', i douille lnn<fiiette, originairement percé 
de sciit trous el muni, au xvi" siècle, d'une clef. 

Du grave à l'aigu, la iiomlKinle oirrc ijualre types 
de tailles différenles pour la formation du iiuatuor. 

1342. - Ils ont ghislcrnes, herpès, salterions.orghenes, 
rcbebes, trompes, chiplionies, clialemics, bombares, muses, 



liOMliASIN. 



J73 



fleutes, Jouclmines et nacaires. {Le livre des métiers, éilit. 
.Michnliint, p. 39 ) 

1413. — A l'iurre Depi'ost, tourneur d'iuslrumens pour 
luéiieslriors. . ., pour la vendue de 5 pièces d'instruniens, 
tant lioinhardi's coinme chalemics. (l.abordc, Les ducs de 
flouigorjne, Stlô.) 

1432. — Le suppliant ala querre (le ménétrier) et lui 
dist : baillez nous vnstre bombarde. (Lettre de rémiss. 
Du Cauge, v" Bombardulti.) 

I4S3. — Un ménestrel jouant d'une ebalemie appelée 
bombarde. (Cittes de Bourgogne,