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Full text of "Glossaire de la langue d'oc"

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GLOSSAIRE 

DE LA LANGUE DOC 

PAR 

PIERRE MALVEZIN 

PRÉSIL: . SOCliT^ MATH» -.GLISTIQUE 



PRIX 1 .- irancs 



PARIS 
RUE DE GRENELLE, 7î 

1908-19OQ 



GLOSSAIRE 



DE LA LANGUE D"OG 



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GLOSSAIRE 

DE LA LANGUE D'OC 

PAB 
PIERRE MALVEZIN 

PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DE LINGUISTIQUE 



PARIS 

RUE DE GRENELLE, 71 

I908-I909 



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-3376 



A Messieurs: 

Maurice Barrés , député^ membre de i' Académie française ; Auguste 
Bartht membre de V Institut ; Baron Carra de Vaux , linguiste ; 
Comte de Charenceyj linguiste^ conseiller général ; Charles Dupuy, 
sénateurj ancien président du Conseil des Ministres ; Emile Faguet, 
membre de VAcadémie française ; A. Gttsquet, Directeur au Ministère 
de r Instruction publique; E. Kortz, proviseur honoraire du hgcée 
Janson; Duc de La Salle de Rochemaure, littérateur; Albert Malet ^ 
professeur au Lycée Louis le Grand ; J. de Seloes, sénateur, préfet 
de la Seine ; P. de Villenoisy, de la Bibliothèque Nationale. 

Membres d'honeur de la Société nationale de linguistique, et pre- 
miers souscripteurs du présent glossaire^ 

Hommage très respectueus. 

Pierre MALVEZW. 



NOTE 



La finale féminine a se conserve dans les environs de Mont- 
pellier et autres pays du Midi ; elle se conserve aussi à Vieillevie, 
à Aines, à lu Malvizinie et autres villages cantaliens de la rive ou 
de la côte de l'Oit (j'écris Oit, mot venu de Ollis, et non « Lot t>, 
voulant rester d'accord avec les habitants de Calmont d'Olt, Saint 
Génies d'OIt, Saint Laurent d'Olt, Canet d'Olt et autres pays, où, 
heureusement, les savants destructeurs n'ont pas eu prise). 

J'inscris donc les noms féminins dans leur double forme, l'an- 
cienne d'abord, parce que plus régulière, plus étymologique, et 
celle en o au second rang, quoique presque générale. Toutefois, 
pour éviter la répétition entière du mot, je me borne à Xo final 
pour la seconde form.e, et, au lieu de, par exemple, a alausa » 
et «alausoB (prononcés, naturellement, avec l'accent sur û«), 
je mets « alausa, o». 

Les consones / et i» se conservent aussi dans certains pays; 
mais, dans d'autres, 17 devient u, et le v devient h. J'inscris, de 
même, la double forme : « arvari» et « arbari », etc., et, de même, 
les formes parallèles : «avenc», sous « aven », etc. 

L'/ de la finale ari (de <l arvari », cité ci dessus, de « ausari » 
et analogues) est sourd, l'accent étant sur ïa de arios, en grec 
identiquement a;'.::, en latin carius-o (confrontez l'usuel « nou- 
tari », de «notarius», et le dérivé français a notaire»). Et, de 
son côté, Xe (de «aven» et de tous autres mots) conserve sa 



— 10 — 

mutité, sa sourdeur, celle restée dans l'expression française « prou- 
ver par A plusB(e))); il est aigu lorsque, dans le mot de l'étymo- 
logie, il se trouve suivi d'une double consone, come dans a bec », 
de bcccos, «bel», de hellus, mais il reprend sa sourdeur dans les 
composés, tels que tbecari), «béluga»; il est toujours sourd 
quand il vient d'un i, come dans «calel», lampe rustique, d'un 
calllos ; mais il ne se prononce jamais a, come il le fait dans le 
français a en », « embarras », « engourdir », etc. 

Je ne retranche par l'r final des verbes, come le font à tort 
les poètes ociens. Mistral en tête. Il ne faut pas dénaturer les 
formateurs : ce n'est pas, par exemple, « anda » mais bien « an- 
dar » qui produit le futur « andarai ». Au reste, en français, où 
l'altération est cependant ordinaire, on se garde bien de rejeter l'r 
des infinitifs, et d'écrire *allé pour «aller», *aimé pour «aimer», 
etc. Nos beaus parlcrs de province ont des règles, aussi bien que 
le français, et nous devons respecter ces règles. 

Je n'imite pas non plus Mistral sur la question dictionaire. 
Il a voulu en faire un de sa langue, et il l'a fait universel. Vous 
y trouvez les noms de l'antiquité : Alcibiade (avec un o pour 1'^ 
Alcibiado\ Anarcharsis {Yh en moins) et mille autres ; vous y 
trouvez les Abraham, les Ja:ob, les Lévi et tous les autres juifs 
implantés ; vous y trouvez les mots scientifiques, oantispasmou- 
diquc » (!) ; vous y trouvez les villes d'Alemagne et d'ailleurs» 
vous y trouvez même TAmerico ! Tout l'univers est provençal ! 

je iii<. ^\..iiv,iivc w^., iw./i,. j'ùlois du Midi, particulièrement de 
mon département, le Cantal, et dont le français n'a pas les formes 
correspondantes ou n'en a qu'altérées ; et, sauf dans les cas où 
nous avons des dérivés particuliers, je laisse de côté ceuf qui 
sont visibles pour tout le monde et qui sont venus du latin 



— II — 

(«amar» ou ccaimar», aimer, «pourtar», porter, etc.), faisant 
surtout grâce à mes lecteurs d'une copie des dictionaires histo* 
riques, scientifiques et autres. 

En tout cas, si je voulais citer des faits, je ne fausserais pas 
l'histoire: je ne traiterais pas de «brigands» les bagaudes, pay- 
sans gaulois qui se révoltèrent sous Dioclétien, parce qu'ils étaient 
écrasés d'impôts; je ne traiterais pas non plus de «grossiers» 
les habitants de telle ou telle province, corne Mistral l'a fait des 
Auvergnats ; nous n'avons pas, en Auvergne, le verbe fleuri de 
Mistral et de ses compatriotes, mais nous somes bien aussi se- 
rieus qu'eus. 

Je laisse de côté, dis- je, les mots venus du latin et dont rori- 
gine est visible ; mais je rectifie les erreurs de mes devanciers 
ociens, corne j ai rectifié celles de mes devanciers français dans 
mon « Dictionaire des racines celtiques », et je prouve, — ce 
qui est mon but, — que nos dialectes d'oc conser\-ent beaucoup 
de mots de la vieille langue de Gaule, come en conser\'ent, de 
leur côté, le français et les dialectes d'oïl. 

Je groupe ces mots par famille , les dérivés sous leurs forma- 
teurs; mais une table générale, à la fin de l'ouvrage, facilitera les 
recherches. 

Et j'emploie les réformes demandées depuis plus de trente ans 
par la société que j'ai l'honeur de présider et que je fondai en 
1872, avec le concours de mon illustre ami Bescherelle, l'auteur 
du «Dictionaire national» (décédé en iS83). Je ne double les 
consones que lorsque l'origine l'exige. J'écris, come vous venez 
de le remarquer, « dictionaire » avec un n, parce que le mot est 
formé de «diction» et de la finale «aire», du «arius» cité 



— 12 — 

plus haut, au neutre « arium » (confrontez a Dictionarium », 
titre des recueils qu'on a faits du latin). J'écris aussi : « corne » au 
lieu de «comme», le mot venant de «quomodo»; «cornent» 
au lieu de «comment», de «corne» et de «ent», de «inde» 
(confrontez «souvent», de «sub» et «inde»); «doner>>, au 
lieu de « donner», de « donarc » (confrontez «donation», «do- 
nataire», «donateur»); « amoureus », avec l'j du féminin 
« amoureuse », etc., la finale « osus» gouvernant un s et non un 
x; et je remplace lep/jpar Vf, come il a été remplacé déjà dans 
«fantaisie», «fantôme», «frénésie» et autres mots, d'ailleurs 
Vf étant le correspondant régulier du s, et le ph n'existant pas 
dans le vrai latin (confrontez « fagus » et 9-0757, le hêtre, « ferre » 
et oipE'.v, porter, «flagare» et çXéy-^''» brûler, « folium » et çCaXsv, 
feuille, etc. ). 

Pierre Malvezin. 



GLOSSAIRE 

DE LA LANGUE DOC 



PREMIERE PARTIE 

MOTS d'origine CELTIQUE , DANS LESQUELS LES CORRESRONDANTS 
LATINS NE SONT PAS VENUS SE FONDRE. 



ATR TT- Petit fruit noir ressemblant au cassis. El diminutif airoL Le 
français n'a que le diminutif, et encore il l'emploie au féminin, « airelle ». 
Notre mot « aire » dénote un précédent celtique *arios, d'où *arinios, qui a 
produit le breton « irin » pour • airin » et le vieil irlandais « airne », prunelle, 
baie de l'épine noire. 

ALAUSA, O. L'oiseau dit en français « aloue > et «alouette •. Mol dé- 
rivé de alauday cité come étant gaulois. 

ALiAUSA, O. Le poisson dit en français « alose » pour *alause. Même 
grafie alausa dans Ausone, mais pour *aslausa y de la racine as pour pas 
(avec chute ordinaire du p initial en celtique], race. En irlandais «ala » pour 
*asla, truite; en alemand « fasel » pour 'pasel, au masculin avec le sens de 
alevin, au féminin avec le sens de race. 

ANC OU. -Agonie, trépas. Mot cantalien et en même temps breton, venu 
d'un 'encovos ou *ancovos, de anc et enCy transposé de nac et nec, périr (en 
latin « necare ». tuer, «nex», mort violente, en grec *6ty; et vexpôc, tré- 
passé, etc. 

AMBE. -Avec (« ambe lou paire», avec le père). Dérivé de am^', autour, 
auprès, qui est dans ambactos pour *ambiactos latinisé en « ambactus » par 
César;, serviteur direct d'un chef gaulois; dans le nom de peuple Ambiani, 
aujourd'hui les Amiénois, etc. Ce mot s'est altéré en « anve » dans le Pui 
de Dôme, le Berri , le Bourbonais, aussi en € anvec, sous l'influence de 



— 14 — 

«avec» ou «avueq(uc)», qui lient de «apudlioc», et il a été remplacé 
presque partout ailleurs par l'équivalent français. La racine est amb. Elle 
est la même dans le latin « ambo », t ambigcrc », le grec a;j.si, etc. 

ANDE. Autour: espace dans lequel on se meut, étendue assez grande 
pour agir librement ; et marge, place. Le même que ande de Andecamulos, 
serviteur du Dieu Gamulos, proprement qui fait partie de sa suite, qui est 
autour de lui, et aulrcs noms propres. VA dérives : andan, la trace du 
faucheur, le rang de foin coupé (en français, le correspondant « andain », 
d'un précédent andanos, avec féminin andana, O, rangée de plusieurs 
choses sur une même ligne, et un diminutif andel, du même sens que 
« andan » et venu du bas latin « andellus », pour celtique *andcUos; audar, 
aller autour, aller et venir; par extension aller devant soi, marcher, dans 
l'Hérault, verbe devenu annar cl anar, dans les autres pays d'oc (en espa- 
gnol «andar», en italien « andare », même sens, en picard « ander », me- 
surer par pas, et, en bourbonais, un réduit «aner », égal à notre « anar » 
(dans les autres dialectes que le picard et le bourbonais, le verbe a été rem- 
placé par son fréquentatif « aller », pour *anler, *and'lcr et « andeler», cette 
dernière forme se conservant dans l'Artois et autres pays, et prouvant Ter- 
reur de mes prédécesseurs, qui ont voulu tirer « aller » du latin « ambulare » 
et autres impossibilités); andada, O, allée, marche (en oïl «andée»); 
anderi ou ander, les pierres ou briques placées de chaque côté du feu 
pour soutenir la marmite, et trépied de fer, inventé pour former le même 
soutien, mot identique à « andier » de l'ancien français et des dialectes, 
altéré en « landier » dans le français actuel, par la réunion de l'article, et 
venu du bas latin « anderius» ; un second ande, manivelle servant à tordre 
les grosses cordes, exactement chose qui tourne, qui va et vient ; andi, 
aise, bienêtre, proprement état de la persone qui a l'espace nécessaire 
pour se mouvoir, qui n'est pas contrainte («donna te d'andi », donc toi de 
Taise, mets toi à ton aise, dans Honorât); andinar, aller et venir, âe ba- 
lancer (en marchant ou autrement), verbe fréquentatif de «andar», mais 
plus souvent employé au passif, «s'andinar» (on dit aussi « se dandinar », 
sous l'influence du français « se dandiner » (se déandiner) ; andon ou an- 
doun, mouvement de va et vient; andounilla, O, clochette, chose qui 
va et vient; andous, bien portant, bien disposé, soit allant, dans le Gers; 
andron ou androun, ruelle entre dcus maisons, tour de l'échelle, ruelle 
servant de liitrinos, avec forme féminine, et diminutif androunet ; des 
composés desandanar ci desandelar, défaire les andains, étendre le 
foin ; etc. 

ARNESC. Pour *iarnç8c et 'isarncsc. Armure d'un cheval (en français, 



plus altéré, «harnais»). Mot dérivé dé isarnos, fer (dans le nom Isarnodori, 
les portes de fer, dans l'irlandais « iarn », etc. , de eis, fer, et de la finale 
arnos. D'où amescar en français « harnacher >>. 

ARNUSSOL. Petit tubercule qu'on trouve dans les bouierues. Ce mol 
est pour *arbaussol et *arbiaussol, diminutif dérivé du Jtnème *arbinos qui 
est dans le breton « ir\'in », pour *ervin et *arbin, navet. Racine atb^ trans- 
posée de rat 'çn g'rec pa^avr,, rave, parxT<o; pascvsxo;, raifort, en aleniand 
€ rube », rave, en latin « rapum » et « râpa » j. Pour la transposition, confr. 
anc et enc, de « ancou », également ûae et nec ; etc. 

ARTÎ6A, O. Terre défrichée. D'un artica, devenu u arLi;,'a >, en bas 
latin, et dérivé de ara, labourer, resté dans le gallois (en breton actuel 
« arat » ; et »' arv », sillon, d'un précédent srvGti, presque de même forme que 
le latin « arvum », champ cultivé), et correspondant du latin « arare », du 
grec i?é£t7, etc., de la racine ar, ajuster, préparer, labourer. 

AR"VÂRI. Outil aratoire pioche, pèle, etc.;. ifot cantalien, dérivé d'un 
*arvar:os on neutre *an'arion, de la même racine ar que datis «artiga». 
On dit aussi, avec prononciation b du v, arbari. 

AURON. Ordinairement auroun. Sourse, ruisseau. Ce mot est pour 
*aueron, et il vient de la racine au ou av, cours d'aue, qui est aussi dans le 
breton « aven » et le comique « auon », dans Avara, aujourd'hui l'Ëvre, et 
Avaron ou Avoron, aujourd'hui l'Auron, l'une et l'autre rivières à Bourges, 
Avaricura pour .\varicon, ancien nom de la même ville, dans .Avarion, au- 
jourd'hui l'Aveiron, et beaucoup d'autres noms propres. Quelquefois, « au- 
roun » est fautivement écrit avec un / initial, par confusion avec « lauroun », 
sillon tracé par les pluies, de «laurar», labourer. Voyez « ausari » et 
« aven ». 

AUSARI. -Arbrisseau qui croît sur le bord de Taue, et dit en français 
actuel « osier» pour « ausier ». Mot dérivé d'un *ausarios pour *aues2rio5, 
dénoté par ausaria, oseraie, de neuvième siècle. Et ausareda, O, mCnic 
sens que ausari J^ mais venu d'un *ausareta. Même racine que dans « au- 
ron ». 

A'V£N. Cours d'aue profond; amas d'aue au fond d'un goufre. D'iin 
'avennos, dérivé de avos, cours d'aue, rivière, de la même racine que dans 
« auron <■< et « ausari n. Et forme avenOi d'un 'avtncos. 



— 16 — 



B 



BABE. Petit enfant. Mol du Tarn, rarement usité : on emploie ordinai- 
rement son diminutif babin, qu'on prononce « babi », par la mutité parti- 
culière de Vn de la linale in (cette mulité comprend Vn de la finale ottn ou 
on: « pichou » pour « pichoun », petit, et analogues, et elle existait aussi 
dans le latin : « draco», « aclio », « adoptio», formant « draconis », t dra- 
conem », « actionis », « aclionem », « adoptionis », « adoptionem », avec les 
finales is et «m, qui ne sonf aucunement nis et ncm, etc.); mais le dit « 
reparaît dans les dérivés babinet et babinot (il reparaît aussi dans c pi- 
chounel », « pichounol », etc.); toutefois, la prononciation « babi » a produit 
babiol et babiot, même signification de petit enfant. L'anglais «babi», 
prononcé fautivement «bébé», et d'où le français de celte forme, est un 
emprunté du français dialectal ou des celtiques d'Oulre-Manche. Le breton 
a « bap », enfant avec b pour m; et la racine est map, nourrir, élever, faire 
grandir, de Maponos, l'Apollon gaulois, et du gallois « map », enfant, la- 
quelle est secondaire de la générale mac et mag. Nous avons aussi : babar, 
identique à l'ancien français *baber et «baver», parler inconsidérément, 
parler beaucoup, come un enfant ou babe, verbe dont se conservent le fré- 
quentatif «babiller», autrefois « babcler», et le dérivé «bavard», grand 
parleur (le substantif verbal *babe et « bave » est passé de la signification de 
langage d'enfant à celle de salive qui s'échape de la bouche d'un enfant, et à 
celle de lèvre, d'où « babinc », petite lèvre) ; et, dans le Cantal, un dérivé 
particulier babarel, correspondant, pour le sens, à « baverette », et qui 
désigne surtout le corsage évasé de nos robustes paysancs, — La mode de ce 
corsage remonte à l'époque où la reine Marguerite de Valois, femme de 
Henri IV, habitait le château de Cariât ( « le plus formidable château fort de 
France », a dit Brantôme, et qui fut plus t;:rd rasé par ordre du même roi 
Henri IV). Voici le fait qui doua naissance à cette mode ; je le tire des 
« Récits carladésiens »' de notre poétique historien, M, le Duc de la Salle de 
Hochemaure, mais je suis obligé de le résumer, faute de la place nécessaire 
pour rcj)roduire les belles pages de l'auteur : Le 11) juillet de l'année 1586, 
Marguerite de Valois était en visite chez son ami Jean de Resigade, au châ- 
teau de Cabannes ; et, come il faisait très chaud ce jour là, elle avait enlevé 
son corset et s'était mise â l'aise (les corsets de l'époque, plus volumineus 
que ceus d'aujourd'hui , s'alongcaicnt en s'évasant sur le ventre et les 
hanches). Survint une troupe de cavaliers, se (iirigeant vers Cariât. C'était 
le gouverneur, toute l'aristocratie d'.Vurillac, les seigneurs des environs, 
châtelains et châtelaines, précédés de musiciens, qui allaient souhaiter la 
fête à la reine. Venant à savoir qu'elle se trouvait à Cabanncs, ils firent halte, 
mirent pied à terre, cl sollicitèrent l'boncur de la saluer. Toute surprise, 



Marguerite s'empressa de se rerêtir, mais, dans sa hâle et n'ayant là aucune 
femme de chambre, elle agrafa son corsage en sens inverse, si bien que le 
bas, qui modelait les formes du ventre, soutenait maintenant la poitrine ; et 
efte ne s'aperçut de sa mégarde qu'après avoir rajusté ses jupes. Le temps 
lui manquant pour recommencer sa toilette^ la reine tira adroitement parti 
de son élourderie : elle agrafa la robe sur le corset et mit dans la partie 
boufante de celui ci un gros bouquet de roses que Jean lui avait offert et 
qui était resté sur la table; et, un liA-re à la main, come interrompue flans sa 
lecture, elle se présenta gracieuse à la noble compagnie, qui l'attendait dans 
la salle voisine. Chacun, en lui présentant ses homages, admira ce délicieus 
nid odorant, et tous furent convaincus que c'était là une nouvelle mode que 
la reine avait adoptée pour moins endurer de chaleur. A chaque seigneur 
qui lui baisait la main, Maiguerite présentait une rose de son corsage, aus- 
sitôt passée ans ganses des chapeaus. Et les compliments furent unanimes. 
Et, après un souper et une fête qui eurent lieu le soir et la nuit au château de 
Cariât, les dames présentes s'empressèrent, en rentrant chez elles, de com- 
mander à leurs couturières des corsages pareils à celui de la reine ; et la 
partie évasée prit le nom du babarel ordinaire, et la mode s'est conservée. 

SAC. Identique au français « bac », récipient. Et un augmentatif parti- 
culier bacas, abreuvoir, aussi baclias, dans les pays montagneus. Rac. 
bac,^ liquide. 

BADE. h^T^^ gros, identique an français dialectal de même grafie, et 
conser\é dans les .Alpes, particulièrement à l'augmentatif badas. Et : 
bada, O, ouverture ; badar, ouvrir (la bouche, la porte, etc.), soit rendre 
large ; au neutre s'ouvrir, en pariant d'un vêtement non boutoné, d'un mur 
qui se lézarde, et de toute autre chose qui se disjoint, mot de tout le Midi 
(en bas latin * badare >, en français dialectal et en ancien français « bader», 
devenu cbaicr>. c béer»); badadis, bavardage; badari ou badaire, 
qui tient la bouche ouverte, niais ; badald ou badaud, ce dernier passé 
dans le français; badaliar (en français contracté « bâiller »): badoca, O, 
fourreau de la faucille, garniture en bois avec rainure, garantissant le tail 
sur toute l'étendue de l'ouverture ou bade de l'instrument ; badola, O, ba- 
lafre; le composé abadar, abander les bestiaus, les mettre en liberté dans 
les pâturages, mol des .Alpes, etc. Racine bady être large, être gros. Come 
je l'ai dit ailleurs, le latin c patere», être ouvert, n'a rien à faire dans nos 
mots, car le p initial latin n'est jamais devenu b chez nous. Voyez « bande». 

BADEN. Cuve, récipient d'ane. Et diminutif badinîotlXl, baquet à 
lessive. Plus : badema, o, chaudière où l'on faisait évaporer l'aue maraise 



— i8 — 

pour en extraire le sel ; ol badias, lac, dépôt d'auc, ce dernier dans le 
Bordelais. Racine générale bad, liquide, secondairement baigner. 

BAGA, O. Identique au français « bague», soit chose en courbure. Nous 
avons, en plus : bag'ar, garnir d'une bague, doner à un objet une forme 
courbe, etc. Origine baca pour *bacca, anneau de doigt ou de chaîne, mot 
absolument distinct, quoi qu'on ait dit, du latin «baca », petit fruit, qui n'a 
pas la moindre analogie et qui n'a produit que t baie » du même sens (baie 
du laurier, etc.). La racine de notre mot « baga » est bac, courber, come 
dans le vieil irlandais «bacc» et le breton « bac'h », croc, hameçon, égale- 
ment chose en courbure ; et la confusion faite par les latinisants est unique- 
ment leur, car l'auteur Prudence, du quatrième siècle, en employant, pour 
désigner un anneau, le mot celtique répandu, n'a pas pu confondre lui même, 
dans son esprit, ce mot avec le latin «baca», d'un sens autre. De la même 
racine : baia, pour *baguia ou, mieus, *bagia (avec g dur), bord de mer en 
courbure, mot identique au français « baie » de la même signification. 

BAGA,0. Paquet. VA bagar, lier. Emprunté du français, qui a le pluriel 

€ bagues», le verbe «baguer», fixer par de gros points une doublure à 
l'élofe principale, faufiler, et «bagage». Nous avons les dérivés particuliers 
bagat,nreud de rubans, bagadoun, diminutif, embagar, emballer, etc. 
Hacinc bac, forme de^ac, lier, \oyez « pac », faisceau. 

BAGAS. (îarson lourdeau. El bagassa, O, lillassc, passé au sens de 
fille de mauvaise vie, et admis dans le français. Racine bac pour mac, nour- 
rir, élever, faire grandir, la même dans le français t bachel », «bachclet», 
jeune home, «bachelier», etc. 

BALCA, O. Aussi bauca, o. \'égétation; spécialement foin grossier, 
fougère, plante servant à faire la litière. Correspondant du français « bau- 
che », qui a aussi le sens de végétation dans les dialectes. D'où balcas ou 
baucas, toufe d'herbe; balcar ou baucar, couper de l'herbe; etc. Ra- 
cine baie, enfler, être toufu. .Nous avons aussi un transposé blaca, O, au 
sens de bois, et, dans certaines contrées, de bois de chênes, d'où blacas, 
chêne, et blacareda, o, plantation ou pays de chênes. 

BALET. Balcon. Mot qui se trouve aussi dans le Sainlongeais. En bre- 
ton, « balcd », auvent, et c balcg», saillie d'architecture. Racine bal et bals, 
éminence. 

BAXtLAR. Idcnliquc au français « hailcr», se balaïucr, danser, floler, 
aller et venir. En bas lut. « ballurc », h mon avis pour *badlarc, 'budelnre, de 



- 19- 

bâd, être large. Nous avons, en plus de ballant, va et vient des branches 
d'un ai'bre, vacillement d'une dilig-ence ou d'un char de foin, et autres déri- 
vés qui sont dans le français : ballun, va et vient ordinaire de la vie, dans 
l'expression carducienne « al ballun », au hasard, selon les circonstances. 

BALMA, O. Aussi bauma, O. Identique au français « baume » pour 
l'ancien «balincï, rocher et creus de rocher; d'où embalmar ou em- 
baumar, cacher dans un creus de rocher. Racine bal et bals, élévation, 
équivalente de bars (pour celle ci, voyez «barre»). De la même racine, à 
forme complète, nous avons aussi: balS ou baus, rocher escarpé, falaise, 
promontoire, précipice, avec formes féminines au sens de meule de foin ou 
de paille, pile de fagots, en Limousin, et escarpement dans les Alpes ; de- 
balsar ou debaussar, faire tomber d'un rocher (confrontez « deroucar », 
de l'article c roc »), embalsar ou exnbaussar, empiler des fagots, des 
planches, etc., soit faire hauteur, et autres déi'ivés. 

BAND. Etat libre, spécialement des animaus («dounar lou band al 
bestial », faire sortir le bétail de Fétable et l'envoyer au pâturage; « dounar 
lou band à un aucel >, ouvrir la caje à un oiseau et le laisser s'envoler). Et : 
bandestre, délaissement; bandir, pousser dehors, lancer, répandre, 
divulguer (en français l'assimilé «bannir», en ancien français c bandon », 
autorisation, mise en liberté : laisser le bétail « à bandon » (aujourd'hui les 
deus mots sont réunis : abandon) ; bandechar, raconter, médire ; ban- 
doular, balancer; esbandir, expulser, chasser de, au passif s'enfuir, etc. 
Rac. band, nasalisée de bad, être large, être ouvert. 

BANNA, O. Grand panier. Mot identique au français «banne», même 
sens et sorte de voiture, dérivé d'une forme ouverte du gaulois benna pour 
*beg-na, (\.e beg, '^ovicY, transporter (en sanscrit «bah» et «vah»,enale- 
mand « wagen», voiture, « weg », chemin, en latin «vehere », « vchiculum», 
etc.). Nous avons un dérivé particulier banastra, O (en saintongeais et eti 
ancien français « banaslre »), panier d'âne ou de mulet. 

BANNA, O. Corne d'animal, aile de moulin. Mot ordinairement réduit 
d'un n, et dérivé d'une forme ouverte de benna, corne, pointe, distinct 
de benna, voiture, et d'où Gantobenna, Gantobennon, aujourd'hui Chantoin 
(Pui de Dôme), proprement blanche corne (la même forme en a dans le 
breton « bann », éminence, « banna », jeter haut ou loin). Racine ^ew, secon- 
daire de gven, pointe, corne. Et dérivés : banard, sorte de scarabée à 
longues cornes; banechar, doner des coups de cornes, en parlant des ani- 
maus d'une ferme; banel, dévidoir à cornes (confrontez «escabel», autre 



— 20 — 

nom de ce dévidoir, venu dune racine dislinclc mais ayant le même sens 
que celle des mois du présent article); banella, O, volant d'une roue 
de dc'vidoir ; banet, agneau dont les cornes commencent à pousser ; 
banoun, chacune des saillies frontales qui portent les cornes : banut, 
cornu; clc. Pour la première partie de Ganlobcnna, voyez « cande », 

BARIOL. Correspondant du français dialectal tbarotc», aussi t ba- 
rouetle», tberouettc», et du français contracte «brouette». Kn bas latin 
« bcrocata », en espagnol « barocho », etc. On dit aussi bariot et bario- 
la, O. Racine bar et ber, porter, transporter. 

BARRE, l-llévation, montagne, sommet de montagne. De barros pour 
'barsos, de la racine bars qui a donc aussi le breton, Tirlandais et le gaélique 
« barr », et les noms de lieus français Bar le Duc, lîar sur .\ube, et autres. 
Et dérivés : barra, O, branche d'arbre, soit partie haute d'un arbre, fémi- 
nin du mot précédent (en français «barre»), d'où barradis, palissade, 
barradour, verrou ou petite barre fermant une porte, etc. ; barrail, 
escarpement, d'un barranos; barrani, chacune des deus élévations en 
pierre qui soutiennent un pont ou une passerelle, d'un barranios, dans 
l'Isère; barrania, o, terrain buissoneus, rocailleus, inculte, dans le Forez 
(en Bresse « barragne », bord abrupte d'une rivière, et talus d'un champ), et 
barranioun, diminutif; barranda,o, balustrade, bastion; barrechar, 

remplir jusqu'au bord un vase à liquides, cumuler un vase à grains ou à lé- 
gumes; barri, faubourg, proprement pointe d'une ville, et, même, faubourg 
d'un chef lieu de commune (le barri de Juniac, dans le Cantal, etc.), bar- 
rousta, o, large demi cercle de bois, placé au dessus de chacune des roues 
d'un char, pour le transport des gerbes, du foin et de toutes choses qui 
dépassent les ridelles; et barta, O, pour *barsta, pays élevé, spécialement 
pays de genêts, de ronces, d'où bartas, augmentatif, etc. En nom de mon- 
tagne, nous avons Barroun, et, dans les anciens textes, quelquefois « barron » 
au sens du français actuel «baron », grand seigneur. Ce dernier me parait 
être le même, au sens figuré de élevé par sa naissance, son courage ou sa 
vaillance («les hauts barons de Krance»), en même temps maître, mari («au- 
torisée par son baron, c'est à dire par son mari», dans .Montesquieu), aussi 
varron en celtique (l'auteur latin Varron descendait d'un Celte, et son nom 
signifiait « courageus »). J'ai, autrefois, indentifié le latinisé « baro » (pluriel 
« barones » dans le scoliaste de Perse) à barros ; mais je suis revenu de cette 
opinion : « baro » est plutôt un mot distinct, venu de bar, porter (come l'an- 
cien français «barer», du même sens de porter, et «bareus», porteur), 
puisque les «barones > étaient des « servi militum », des soldats auxiliaires, 
de» servant», de» porteurs (d'armes, d'engins ou de vivres) ; mais je continue 



— ai- 
de repousser le qualificatif de e sots », doué aus dits homes par le scoliastc, 
car les servants f^aulois ne pouvaient pas être plus sots que ses compatriotes 
manouvriers, lesquels, ne devaient pas être pris dans le sénat romain (au- 
jourd'hui corne alors, ainsi que je Tai dit, nos soldats du train des équipages 
ne sont pas moins intelligents que les autres homes, et nos forts de la halle 
et autres peuvent être des homes rudes, mais ils ne sont pas non plus des 
sots). Il peut très bien y avoir eu, de la part des intcrprétateurs, confusion 
de deus mots (pour celui du sens de grand seigneur, confrontez l'ancien 
français « ber » pour *bers : Tun des princes de Ligne portait le titre de 
f premier ber de Flandre »). 

BAST. En français « bat», pour l'ancienne forme de même grafie (tbast». 
Nous employons de préférence le dérivé bastina, O. V.n bas latin « bas- 
tum», pour celtique baston clbarston, chose servant à soutenir, de la même 
racine que dans «barre», etc. D'où aussi bastard, proprement home de 
bast, bastoun, proprement petit soutien, et autres mots qui sont dans le 
français. 

BASTA, O. Grande mesure pour le vin. Dérivé d'un badta, de bad, 
liquide. Avec secondaire bassa, O, spécialement auje (pour .y.s remplaçant 
dtf confrontez le latin « iissus » pour *fidtus, fendu (de « fid », nasalisé dans 
€ (indere », en celtique bid, fendre) ; a\ec diminutif bassiîî (qui est dans le 
français), et diminutifs particuliers bassinel et bassinot ; et c'est sous 
l'inlluence de « bassa » (devenu t basse » dans d'autres dialectes) et de 
€ bassin » que le français « bacin » (« bachinon » dans (Grégoire de Tours) a 
pris la forme actuelle (le chuitemcnt, ch, de l'époque de Grégoire de Tours 
était sans doute le même que celui de chez nous, prononcé ts, et non le même 
que celui du ch français, venu du germanique ])ar les Francs, mais qui ne 
pouvait pas encore avoir pénétré dans les campagnes; celui qui se maintient 
chez nous est le vrai passage du c dur au c doux). 

BATA, O. Bride de sabot; proprement, chose en courbure. Identique 
au français « baie », lame d'acier recourbée servant à assujétir le sabre dans 
son fourreau, etc. D'où batar, garnir un sabot de sa bride, aussi emba- 
tar, mais plus spécialement au sens de cercler une roue, la garnir de ses 
jantes ou de son cercle de fer. Ce dernier verbe est dans le français « cmba- 
ter», en terme d'artillerie, mais s'est altéré, dans le peuple, en « embattre», 
sous l'inlluence de « battre », et les diclionaires ont copié l'altération. Litlré, 
par exemple, cherche à expliquer le mot en disant qu'on est obligé de fi-a- 
per le cercle d'une roue pour l'assujetir. « Mais, come je l'ai dit ailleurs, 
« il faudrait aussi employer le mot en parlant des rais, parce qu'il faut les 



— à^ — 

fraper pour les faire entrer dans le moyeu, et l'employer aussi en parlant 
des ridelles, parce qu'il faut les assujclir dans la charpente fondamentale, 
et Ton n'eu Unirait pas. De son cûlé, Darmetsteter, croyant voir, dans une 
citation, le sens de enfoncer, dit que le verbe en question signifie enfoncer 
une roue dans un fossé pour la garnir de bandes de fer; mais, outre 
qu'une action secondaire n"a pu douer naissance au mot, il est faus qu*' 
les charrons aient besoin d'un fossé pour faire leur li'avpil : ils embatent 
les roues dans leurs ateliers, et, au reste, enfoncer une roue dans un fossé 
ne serait qu'cmplacer momentanément cette roue et non la cercler; de 
plus, « cmbaler » (aussi l'oc « embalar ») se dit de l^ pose des jantes for- 
mant le cercle de bols, aussi bien que du second cercle, celui de fer, qui, 
autrefois, était fait de plusieurs pièces, de plusieurs jantes, garnissant 
celles de bois, et qu'on nommait « embats ». Racine bac et bat, courber». 

BATRE. Le français a ce verbe, venu d'un b. 1. « batere », « battere », pour 
gallo romain «battuere», celui ci du celtique ^af/t/. Il a aussi t bataille», 
cl autres mots ; mais nous avons les dérivés particuliers : batsidis, bate- 
mcnls fréquents; batal, marteau de cloche; batanar, fouler le drap; 
batarel, claquct d'un moulin, et langue d'une persone qui parle toujours 
(«cala toun batarel », arrête la langue); bategar, palpiter; batoul, qui 
bat dans sa coquille; batustar, fraper à coups répétés, etc. 

BÉG. Le français a ce mol, venu de beccos ; mais, en plus de becar et 
autres dérivés dont le français a les correspondants, nous avons, les dimi- 
nutifs particuliers becarel et becoun, etc. 

BEGÂ, O. Femelle du bouc, ^iot correspondant au poitevin « bèque » et 
au français « bique», même sens (en italien « becco », bouc), et remplacé 
par «cabra», du lalin «capra», mais dont nous conservons le dérivé ca- 
becoun, fromage de bique. Origine becca {'bicca pour le mot français), 
d'un plus ancien *bcica, de la racine bcic, fuir, les biques primitives avant 
été fuyantes, corne les biches. « Hiche > est identique à « bique», et « bouc» 
vient d'une forme bcuc (en lalin « fug » dans «fugere», en grec çsJVsiv, 
fuir, corne je l'ai dil ailleurs». 

BEDOUSA, O. rondiierc. 1) (>ii s'embedousar, s'enliser, s'enfoncer 

d.ins 1,1 vase, dans le sable. Haciiie bed, ricu>cv, iDiiir. 

BEL. Menlique au français « licl » iilevaut une voyelle ou un h muet, 
« un bel édifice » un bel home »), mais passé, chez nous, au sens de grand : 
c es bel>, il e»l grand. Avec augmenlnlif bêlas, diminutifs belot et be- 



^i3 =- 

loun, Origine bellus, lumineus, beau, de la racine Bel et gvel, qui est aussi 
flans Bclenus, Belenos, nom du dieu gaulois qui représenlaille soleil. Et 
béluga, O, étincelle, petite chose brillante (en ancien français « belue », 
en français actuel le diminutif « bluetle », pour « beluetle », trait desprit), 
de *beliica ou *belluca; verbes belugar et beluguechar, élinceler, etc. 

BÉRS. Pclit lit d'enfant, petit Jit surélevé par des planches en ron- 
deur 'pour permettre le balancement); et, come en français, charpente sur 
laquelle repose un navire en construction, etc. L'Académie écrit à tort 
« ber ». Et dérivés : bersel et bersol (en français *berseau, fautivement 
écrit avec un c] ; bersoulet, le petit bat composé de quatre binons, qu'on 
place sur le bât ordinaire dune bête de somme pour porter les fagots; le 
verbe bersar, cLc. Racine bers, variante de bars^ élévation. 

BER"VAL. Insecte ; tique, pou des moutons dans le Rouergue, mou- 
cheron dans le Cantal (on dit, en terme de comparaison : e aco es pas maïs 
qu'un bernai — ou, avec b pour r, berbal, — dins la gula d'un loup», 
ce n'est pas plus qu'un moucheron dans la gueule d'un loup). Mot de la 
racine berv, être bouillonanl, fervescent, par extension être remuant, 
grouillant. La même racine est dans le breton « berv » ou « berô », bouillon, 
A'nn bervos; dans le français c brou » pour'berou, aujourd'hui au dimi- 
nutif, « brouet», même sens de bouillon; dans « brouir » pour *berouir, qui 
s'emploie en parlant de l'action du soleil sur les plantes, et autres mots, où 
n'est absolument pour rien le germanique *bro ou "brq, doné par les 
Darmesteter. Des variantes radicales sont : borv, dans Borvon, surnom de 
l'Apollon gaulois, Borvon, aujourd'hui Bourbon, nom de lieus de sourse^ 
d'aue chaude, Bor\'ola, la Bourboule ; borva du français « bourbe » et de 
notre « bourva » ou « bourba », borm, dans « bourma », etc. En latin, oii 
ly correspond au 6 celtique, « ferv » dans cfervere», « ferm » dans « fer- 
mentum », « form » dans t formica» (les fourmis étant remuantes, grouil- 
lantes, come les bervals), et, avec conservation du b, « bruma », pour *burma 
/come je l'ai dit dans mes Racines) et non pour le fantaisiste *brevuma, 
d'un sens de c jours les plus courts », doné par mes prédécesseurs. En grec, 
\K-jp\xrt^ pour ^•jpj;.r,r, fourmie , etc. Quelquefois, «berbal», moucheron, 
prend la forme « burbai » sous l'influence de ce dernier, qui a le sens de 
bourbe, bourbier; et Mistral cite le proverbe à «burbai » de ce sens, come 
si l'on pouvait dire « cela n'est pas plus qu'un bourbier dans la bouche 
d'un loup! » 

BES. Forme secondaire de « mes », chose contraire, mauvaise, fausse, 
lequel est pour mis (en latin le même, dans « miser », malheureus; en grec 



— 34 — 

aussi le même clans [xits? haine, elc,). D'où besoun cl besounia, O, 
(français « besoin » et « beso^^nc »), el, en préfixe, dans bescalme, balcon, 
perron (en bas lalin « boscalmus » , pour cellique * bescalmos ( vovez 
« calma ») ; dans bestoucar, frapcr à faus, elc. Ce préfixe a été joint aussi 
à des mots empruntés: «bescanlar», chanter faus, etc. Le latin «bis», 
dcus fois, donc pour origine de la première partie du français « bévue » pour 
« besvue » et autres mots, n'est pour rien là, corne je lai dit ailleurs, et il 
n'est pour rien ici non plus. 

BESA, O. Bicz de moulin, canal; proprement, fossé, endroit creus. 
D'un bas lalin *besa. l"^l : besal, même sens, d'un «besale», forme de « be_ 
dalc », de la racine bcd^ creuser, fouir (en breton « bez », fosse, d'un bedos, 
en comique « bedh », etc.); avec féminin besala, O, rii,'ole principale 
d'un pré, diminutifs besalet cl besaloun, verbe bcsalar, faire des 
rii,'oles, etc. 

SESSAR. Fouir. Mol du Limousin, du Forez, du Rouerj^ue, dérivé 
de la même racine que dans « besa ». Et, avec le préfixe cat, cabessar, 
labourer, etc. 

BÉT. Aussi bets. Nom de l'arbre désij;né en français sous le diminutif 
betoul, devenu «t bedoul », « bcoul », « boul » et, aujourd'hui, « bi)uleau ». 
(>rij,niic 'bettuos, d'où aussi le breton «bézô». Ft dérivés: bessada et 
bessareda, o, pays de bets, aussi beisseira, o, pour *bessaira et *bes- 
saria, avec diminutifs besseiret et besseireta, o; et de nombreus noms 
de lieus. 

BICA, O, Bêche pointue. Probablement dû aus dialectes d'oïl, car la for- 
me ordinaire de l'oc est * pica ». On emploie aussi le mot au sens de pénis. 
D'où bicota, o, diminutif, et verbe bicar. Rac. bic, pointe. 

BIDOURNE. \'ivant, a},nle. Mot cantalien, dérivé d'un *biturnos, du 
même bitus (juc dans bituvivos, toujours vivant, Bilurifjes, peuple du pays 
de Bonr{,'es, liiluitos, roi des Arvernes au deusième siècle avant noire ère, 
etc., et de la fmale urnos, égale à « unuis » du latin. 

BIGUE. Oblique, lortu,qui n'est pas droit, qui nesl pas nni.Fii plus du 
substantif féminin biga, O, du verbe bigar, des fréquentatifs bigasar, 
contracté en «bia.sar», et bigarrar, (|iii sont dans le français «bif^ue», 
■ bigucr», «biaiser», etc., nous avons : bigaliar et autres fréquentatifs, 
bigarroty cerise moitié hinnche et moitié rouge, bigasous, a<lroil, (|Uj 



- 35- 

8ait trouver le biais, bigOUU, chacun des montants d'un bersolet de bête de 
charge. Racine beig^ dévier, obliquer (c'est à dire fuir à côté), secondaire 
de beic^ fuii\ J'ajoute bigot, boiteus, tortu, et, au sens figuré, « qui a une 
dévotion outrée », c'est à dire qui a l'esprit faussé, l'esprit de travers (dans 
la Bourgogne et autres parties de la France, « avoir les doigts bigots », les 
avoir recourbés, engourdis par le froid). Pour le sens de dévot outré, il 
peut y avoir eu participation de c begutus » et « beguta », béguin et bé- 
guine, « viri et mulieres tertii ordinis », et qu'on nommait aussi « bigot » et 
« bigote » au temps de Ducange. Mais l'origiue de « begutus » et « beguta » 
est également celtique : le fondateur du premier couvent de béguines fut un 
nommé Le Bègue, et le mot « bègue», du sens de «qui balbutie come un 
enfant », est une forme de « baigue », en'"ant. 

BXLIA. O. Tronc d'arbre, et pièce de bois. En français c bille » pour 
tbilie». De *^//;a, féminin de bilioSy du sens de solide, en nom propre dans 
Biliomagos, champ de Bilios, aujourd'hui Billom (Pui de Dôme). Et: 
bilioun, petite pièce de bois; biliar et biliounar, seï-rer un cable au 
moyen d'une bille ou d'un billon; abiliar, mettre en bon état, en état 
complet, solide (en français, avec h fautif, dû à l'influence de « habit », du 
latin chabitus » : «habiller»), etc. 

BISOL. Proprement, petite taille. Le français a « biseau > pour l'ancien 
«bisel», mais nous avons un féminin bisola, O, pointe en taille. Racine 
bîdy fendre, tailler, qui est aussi dans le breton « biz», doigt, c'est à dire 
fendure ou division de la main, dans le latin « fîndere » pour *fîdere, et dans 
d'autres langue?. 

BLAG. Faible, mou. D'un *bla.CCOS, correspondant au latin c flaccus», et 
au français «blèche», dun *bleccos, de la racine blac el blec, être faible, 
être mou. D'où : blacar et blaqechar, fléchir, ployer; blaime pour 
*blacime (en bas latin « biacimus » pour celtique *blacimos), et blaimar, 
qui sont dans le français « blême » et « blêmir »; et le verbe composé abla- 
car, faire ployer, coucher, en parlant de l'action du vent et de la pluie sur 
les récoltes. 

BLAT. Blé. En bas latin «blalum », pour celtique *mlaton et *melaton, 
de la racine mcl, correspondant à mol, du latin « molere »; proprement 
chose moulue ou pouvant l'être. En irlandais « bleilh » pour «mleth», 
moudre; en breton « bleud » pour « mleut», farine, « blôd » pour « mlot», 
moulu ou pouvant l'être, etc. D'où abladar, semer une terre en blé, et 
autres dérivés. 



— 26 — 

BOGHAi O. Boule. En Gascogne, à Marseille, etc. En ancien français 
du douzième siùcle, «boche »; en Picardie et en Normandie, aussi «boche». 
D'où : bouchola, o, petite boule et ampoule, etc. Racine boc, entier, être 
gros. 

BORMA, O. Aussi bourxua, o. Maladie des chevaus, proprement 
écume; et maladie humaine, éruption. Avec adjectif bourmous et verbe 
bourmechar. Même racine que dans le mot do l'article .suivant, mais 
par la variante borm, qui est aussi dans Bormon, égal à Borvon, déjà cité. 
Et un second borma ou bourma, marais où l'auc sort de terre, mot du 
Rouergue. 

BORVA, O. Aussi bourva et, ordinairement, bourba, O, identique 
au français «bourbe». Nous avons, pour dérivés particuliers : bourbal, 
quelquefois burbal, lie d'un tonneau, sédiment quelconque, amas de 
bourbe; bourbalia, amas de détritus, tri paille; et bourbaliar, patauger, 
salir, barbouiller. Origine : borva et burva, de la racine horv, variante de 
bcrv, être chaud, citée à l'article «berval », et qui est aussi dans Borvon, 
surnom de l'Apollon gaulois, au sens de « le chaud », «le bouillant», dans 
Bourbon, nom de lieus de sourses d'aues chaudes, etc. 

BOSG. Ancienne forme du français «bois», conservée chez nous et 
ailleurs (en bas latin « boscum » et «boxum », pour celtique boccon, do boc, 
enfler, ici au sens de être toufu. D'où bouscal et bouscat, même sens 
que dans « bosc», et autres dérivés. La forme boc, dans les noms de lieus 
Boxum, aujourd'hui Bouis, Buis, Buisson, dans Bouxièrcs (\'osges), etc., se 
conserve dans nos mots « bouguen » et « bouguia ». Plus, busca, O, iden- 
tique au français « busche», aujourd'hui « bûche », pièce de bois. 

BOSSA, O. Identique au français «bosse», protubérance. Mais nous 
avons pour dérivés particuliers : boussol et boussiniol, bouton sur la 
peau, cloque, avec leurs formes féminines (dans quelques pays, on dit 
« bussol » au lieu de «boussol»), et autres diminutifs. Racine Z>oc et ^o/, 
enller, être gros. J'ajoute un autre bossa ou boussa, O, nasse, engin de 
pêche, dans le Midi, baril en Auvergne, et bourriche en Limousin, cl le 
composé cabossa, O, grosse ou laide bosse, d'où caboussar, bossuer 
grossièrement, déformer. Darmcsteter et Thomas ont inscrit 'cabosse, au 
sens restreint de «fruit du cacaoyer», et lui ont doné l'origine latine «ca- 
put» ; mais ce mot a, dans tous les patois de l'oïl corne chez nous, le sens 
de toutclaidc rondeur, come celui de toute grosse tête. Et notez une curiosité 



-27 - 

de ces auteurs : ils reconnaissent que «cabosser », dont la signification est 
faire des cabosses, vient de « bosse » , avec préfixe c ca » , dont ils ne douent 

pas l'origine, et qui est naturellement cat, corne dans «cabacoun», et 
autres mots. 

BOSSE. Aussi bousse, Fossé. (Mot des Cévennes, venu d'un *bossos, 
pour *bodtos, de la racine bod, forme de bed, correspondant à c fod » du 
latin e fodere ». Pour ss, confrontez le latin « fossa ». Et un dérivé bous- 
SOUire, ravin. En ancien saintongeais « bodince», trou profond dans une 
rivière, d"un c bodincus », pour celtique bodincos. 

BOU, avec prononciation ou de Vu. En français € bœuf» (son» l'influence 
du latin cbovem»); en ancien irlandais et en ancien breton cbou», en 
gallois cbuw», en grec ^sjç, etc. On dit aussi biou. La racine est bou 
ou bov, crier, mugir, avec une forme archaïque gov ou gou, dans le sans- 
crit et autres langues, aussi dans le breton « gouéla » ou c gwéla », gémir, 
pleurer, le latin c vacca » pour *gvacca, < vache», et nos dialectaus du 
Nord et de l'Est «goude», « goûte », vache, «gouet», «goudin», «goulin», 
veau). L'ancienneté de notre mot est prouvée par le féminin bouta, O (en 
forézien tbodo »), et par ses dérivés boudet et bourret, ce dernier canta- 
lien, pour*boutret et'bouteret, veau, soit petit de la boule ou vache, boUT- 
rina, o, vache qui entre souvent en chaleur, demande le taureau, mais ne 
prend pas. vache hystérique. Nous avons aussi : bouaria ou bouoria, O, 
métairie, ferme, domaine à bœufs, en Orléanais tbourie», dans quelques 
autres dialectes «borie », en berrichon c bouarie » ; bouriari, ordinaire- 
ment bouriaire, fermier, métayer; et bousa, O, identique au français 
€ bouse ». 

BOUC. Le français a ce mot, venu de buccos, mais nous avons les déri- 
vés particuliers boucarel, petit liouc, boucoun, l'odeur du bouc. Quant 
au féminin bouca,0, il a été remplacé, en même temps que c bica », par 
l'emprunté c cabra», excepté dans quelques pays du Gard, où il se conserve 
sous la forme chuintée. J'ajoute un autre dérivé boucbiva, O, aussi bou- 
chinga, o, chacune des deus excroissances qui pendent au cou du bouc 
et de la chèvre, et, par ressemblance de forme, sorte de champignon à tête 
peu visible. 

BOUDE. Pour *boule. Gros, ventru. De *botos et *tottos, de la racine 
bot, enfler, être gros. Substantivement : un féminin bouda, O, gros paquet, 
avec augmentatif boudas, et diminutifs boudoun et boudissoun, ce 
dernier au sens de bouchon; boudena, O, égal à l'ancien français a bou- 



— 2» — 

daine», boudenar grossir, boursoufler; boudoufe, boufî, boudousca, 
cosse, gousse. 

BOUDIR. Parallèle de « hcssar », fouir, mais dérivé de la forme radicale 
bod de « bosse », fossé. Ce verbe est sorti de l'usage, mais ses fréquentatifs 
se conservent : boudiliar, dans le Cantal «moudiliar» (voy. à la liste), 
en parlant du porc et de la taupe creusant avec leur museau, et bousi- 
liar, avec s pour d. Ces fréquentatifs s'emploient aussi au figuré, en par- 
lant d'une persone qui fouille dans les armoires sans rien replacer, et qui met 
tDut en désordre, en fouillis. L'italien a le verbe « buzzicare », de la même 
racine, et ce verbe exclut, par son b, l'origine laline « fodicare » , des fantai- 
sistes; plus, bousig'a, O, terre défrichée, etc. 

B0U6RA., O. Sac, spécialement grand sac, en Rouergue, etc. Du même 
bolga ou bulga qui a produit le français *■ bouge ». Et bougeota^O, petit 
sac, correspondant à «bougette », bourse. 

BOUGUEN. Rosier sauvage, arbuste cpineus, dans rarrondissement de 
St Flour, dans le Rouergue, etc. Mot correspondant au breton « bok » et 
« bogen », buisson, et venu de la même racine boc que dans t bosc», au sens 
de être toufu. Le breton a aussi, et plus souvent usité, « bod » et c boden », 
soit par altération, soit par la variante bot. 

BOUGUIA, O. Bois de petits arbres; et terre en repos, où recroissent 
des arbustes. De bogia et bugia, de la même racine que dans « bouguen » et 
cbosc». Avec diminutif bouguiota, O. Par transposition, on dit aussi 
bouiga, o, etc. 

BOUIS. En ancien français même forme, en français actuel t buis ». De 
la même origine boc et bue que dans « bosc », « bouguen » et « bouguia », et 
ne devant rien au latin «buxus». l'ne preuve de l'identité d'origine de 
« bosc» et de c bonis» ou «buis» est dans les noms de lieus Rouis, Ruis, 
Ruisson et similaires, du sens de bois, autrefois Roscum, Roxum, pour 
'Rocson et *Roccon, et dans le même sens de bois que conserve « buisson » 
en oïl. Pour dérivés, nous avons, parliculièrcmcnt : bouissar, balayer, 
nétoyer (avec un faisceau ds bouis), bouissadour, essui; et, en plus de 
bouissoun, correspondant du français < buisson » : bouissounada, O, 
lieu couvert de buissons. Il y a eu, à côté de *boccon, du sens général de 
toufc et de réunion d'arbres, une variante 'buccottf qui se retrouve dans 
un parallèle buc de « bonis», des causses cadurcicns, d'où bugar, essuyer 
avec un faisceau de buis, et bugat, balai. 



-29- 

BOUItA, O. Pour *boudoula et *bodoula. Mot identique au français 
€ boule » et venu d'un botula, diminutif de botta, chose grosse, ronde (quoi 
qu'on dise, le latin cbulla» est étranger ici'. Particulièrement, borne, grosse 
pierre plantée entre deus champs 'pour l'origine, confr. le dit mot € borne», 
qui est l'altération de l'ancien € bodne», reconnu pour dérivé du bas latin 
« bodina » , lequel est certainement jx)ur un précédent celtique botina ou bct' 
tina, diminutif du même bctia , et confrontez aussi le bas latin c bodulare », 
planter des bornes'. D'où: boulegar, remuer, balloter, d'un 'bodulicare; 
boulegadis, mouvement léger, balancement, etc. 

BOURE. Bouillon; proprement, aliment chaud. Dérivé d'un boruos, de 
borv, être chaud, être bouillant, forme de berv, citée à l'article c ber\'al » 
(en ancien français «brou» pour *berou, dont se conserve le diminutif 
« brouet »,*berouet, contracté souvent en « brot » (en italien, également con- 
tracté, « brodo ») ; bouroua, O, vapeur de mets chauds, fumées, brouillard 
(en français «brbue», 'beroue;; bourouar, passera l'aue chaude (en fr. 
« ébrouer » ; bourina, O, en français « bruine » ; bouriol, sorte de gaude; 
bouroula, o, marmelade; bouroular, employé au passif, en parlant du 
temps qui se couvre de fumées (t se bouroulo »); bcUTOUfar, pour *bou- 
roupar, également employé au passif, être en fervescence, en parlant d'un 
animal qui tressaille (en français « s'ébrouer » (on dit aussi « esbroufar », d'où 
le français populaire «esbroufer», au sens étendu de agir par surprise à 
l'égard de quelqu'un); etc. 

BOURRE. Pour *boutre. Gros. Mot venu d'un 'botros ou butros, de bot 
et but, enfler. Employé au substantif et désignant : dans quelques pavs, un 
fagot, et, dans d autres, un panier rond !'ce dernier sens est aussi dans le 
poitevin « boutre » et « bourre », et dans le diminutif français « bourriche > 
pour *boutriche). Avec la même altération que dans t paire » pour *patre, du 
latin «pater», on dit aussi bouire, et on lui done, en Auvergne, le sens 
adjectival de ventru, en parlant dun boeuf qui est enflé : «es bouire». D'où: 
bourrar ou bouirar, mettre en fagots, et remplir (en français «bourrer», 
remplir en général, et pas seulement remplir débourre ou de poil, quoi qu'on 
ait dit, et dérivé « bourrée », fagot de menues branches, qui détruit d'ailleurs 
l'origine « bourre », poil); botirrel ou bouirel. petit fagot et petit panier 
rond, venu d'un diminutif *^o/n7/os ou 'butrillos; bouirat et bouirelat, 
enflé, employés en même temps que « bouire », en Auvergne; etc. 

BOUT. Gros, rond; et, substantivement, chose ronde. Mot identique au 
français de même grafie, et dérivé de bottos, de la racine bot et but, enfler, 
être gros; mais dont nous avons des dérivés particuliers : boata,0, outre d^ 



— 30 — 

peau de bouc ou tic chèvre (en cclto bas latin, battis), aujourd'hui tonneau, 
les lonneaus ayant presque partout remplacé les outres; boutarol, sorte de 
champignon rond ; boutega,o, cornemuse (à cause du sac), ballot (en bas 
latin «bulica », le même que dans «boutique», primitivement ballot de col- 
porteur ; boutel, mollet et cruche ventrue, en Rouergue ; boutola et bou- 
tiola,0, ampoule, cloque; bouticola,0, gourde, fiole, de ^«//ïCMia, petite 
outre, en oïl « boutillc » et « bouteille », aujourd'hui récipient en verre; et 
autres dérivés. 

BOUTA, O. Lèvre, grosse lèvre. Mot du Rouergue, égal au français 
inusité *boude pour *boute, d"où « bouder », grossir les lèvres. Avec augmen- 
tatif péjoré boutarra, o, et verbes boutarel boutarrar, bouder. Même 
racine que dans le mot précédent. 

BRAC Court, écourté, dans les Alpes, en Gascogne, etc. D'un *braccos^ 
de la racine brac^ rompre. Et : braqet, employé ordinairement en parlant 
d'un petit bœuf ('dans les dialectes de l'oïl, « brachet » et « braquet », petit 
clou, etc.) ; bracar et bragar, briser, casser, couper, quelquefois un 
transposé «bargar», au sens spécial de broyer le chanvre. 

BRACA, O. Corde : chose qui ceint. De braca, connu au sens de cein- 
ture du milieu du corps, culote, dérivé de la racine brac et vrac, ceindre. 
D'où : bracar et abracar, tirer un bateau par une corde (en français 
«abraquer», qui ne doit rien au latin «bracchium», bras, des Darmesteter), 
exnbracar ou embragar, lier par des cordes ou des courroies (en 
français «embrayer»); au figuré, le participe embragat, au sens de ma- 
ladroit, dont les bras et les mains sont corne liés. Voyez < braga >. 

BRAGA, O. Culote. Mot employé au pluriel, bragas, os, parce que 
l'ancienne culote, qui ne couvrait que les fesses et le devant, était composée 
de plusieurs pièces, proprement de plusieurs ceintures. Du même braca que 
dans les mots de l'article précédent. Le français a « brai(gu)es > ; il a aussi le 
diminutif «braguette», mais nous avons, en plus: bragadis, les herbes 
grimpantes qui se prennent au lin et lui forment une sorte de culote; 
bragar, culoter ; bragard, fanfaron, qui tend la jambe, qui pose pour 
les bragues, bragadi8a,0, pantalonadc;bragairoun, poutrelle qui relie 
les deus parties d'un c-hevron, etc. 

BRANDA, O. La brugue longue. Même grafie hranda dans un texte bas 
latin relatif à la Bretagne. Rac. brand, nasalisée de brad, déchirer, diviser 
(parallèle de brac), la plante en question étant composée de nombreuses ra- 



— 31 — 

milles: la fractionée (confrontez Tancien français c brandon», chifon, lam- 
beau, déchirure). Le même sens propre de fractionée est dans l'équivalent 
« brugue » , de bruc, même sens de déchirer, diviser, et dans un autre équi- 
valent « friche » pour « briche » , de breic, encore même sens, et correspon- 
dant du grec, ^iv/. pour Fpîv/., de ï-zti/.ivi briser, et t-^-J./.r^, brugue. Notre 
mot «branda» est dans le français, tbrande», avec le diminutif c bran- 
don», faisceau débranches, par assimilation faisceau de paille, autrefois, 
come je viens de le dire, lambeau, déchirure, sens qui achève de détruire 
Tétymologie alemande € brand », tison, des Darmesteter; mais nous avons, 
en plus : brandet, ramillon quelconque, le verbe brandar, agiter ou 
couper des brandes, par extension remuer en général, d'où, brandada, O, 
émincé de morue, soit chose remuée; brandoular. e-.c. 

BHASA, O. Fragments de bois brûlé. Le français a «braise» pour 
« brase », et le verbe formateur «braser », aujourd'hui réduit au sens de cas- 
ser la croûte de sel dans les marais salants, et que Darmesteter et Thomas 
identifient à tort avec « braser », passer sur la braise, venu de « braise ». Le 
premier de ces verbes est sorti de notre usage, mais nous avons le second, 
brasar, souder en passant l'objet sur la braise, brasigar et brasugar 
tisoncr, remuer la braise, et faire cuire sur ou sous la braise, etc. Racine 
brad et éras, rompre. Le haut alemand « brasa », des auteurs cités plus haut, 
n'est qu'un frère du français « braise » et de notre t brasa», puisque le for- 
mateur < braser > existe, sans compter que c braise > signifie, en terme de 
métiers, brisures quelconques. 

BHASCA, O. Branche cassée; fendure ou rupture quelconque. En fran- 
çais « brasque », mélange d'argile et de charbon en poudre, soit brisure. 
Dérivé: soit de la même racine que dans les mots de l'article précédent, soit 
de l'équivalente brac. Et brascar, couper, fendre, variante de «bracar» 
(pour se, confrontez « bosc » , avec composé abrascar, même signifi- 
cation, etc. 

BHEH. Celui dont la rangée de? dents de devant estébréchée (en français 
« brèche dent »). Dérivé à.'nn*breccos, de la racine brcc, rompre, variante de 
brac. Par une transposition très ancienne, on dit ordinairement bero (dans 
certains dialectes del'oïl, «bréchot» et « berchot», au diminutif, et, en bre- 
ton « berr », d'un assimilé berros, pour *bercos et le dit *breccos (confron- 
tez le latin « brevis » pour*bregvis, de la même racine . Et : beroar, briser 
ébrécher; berca, O, brèche; brogar, froisser une chose raide pour l'as- 
souplir, par exemple une toile neuve, et briser la pelure des châtaignes sèches; 
brega,0, mâchoire, et broie à châtaignes; bregadoiiirai O, même sens 



— 32 — 

de broie ; bregadis, déchets, pelures brisées; un verbe chuinté brechar, 
d'où brechun, brisures quelconques ; rebrec, vil reste de quelque chose, 
rebrisure, rebregar, recouper ou couper menu, briser menu, etc. Nous 
possédons les diverses formes de la racine, et les mots germains, qu'on 
avance toujours pour pères des nôtres, ne sont que des frères. 

BREG. Pour *berc. Sommet. Et forme briC, dans les Alpes. En gaulois 
brica et briga, montagne, dans Abobrica, Ardobrica, Bodobrica, Centobrica, 
Eburobrica, Merobrica, Admagetobriga, Arabriga, et une centaine d'autres 
noms; lesquels gaulois venus de variantes transposées de berc et berg, 
cette dernière forme dans le breton « bern » pour *bergen, monceau, et dans 
le germanique < berg», montagne (la transposition se trouve aussi dans 
l'irlandais e brughin », le gaélique « braighe » et le breton c bré » pour ebreg », 
même sens de montagne). D'où: brecoun ou bricoun, aiguille de roc; 
brecous ou bricous, abrupt; et, par le passage du sens de montagne à 
celui de refuge, de lieu de protection (même extension dans l'alemand 
«bergen», protéger, et cburg», forteresse), le verbe composé abricar ou 
abrigar (en français cabrier»), d'un *adbricare (confrontez un comtois 
eabricher»). Darmesteter a raison de rejeter l'étymologie capricus», exposé 
au soleil, donée par Littré pour l'altéré e abriter», mais, quoique latiniste 
autant que germaniste, il avance (toutefois sans on doner l'origine) un 
*abbrigare complètement impossible, car le a de « abriter » est un préfixe de 
mouvement et non un préfixe privatif, et il gouverne ad. 

BRJEjN. Son de la farine. En français c bren », aujourd'hui * bran >; en 
gallois «brann», en breton e bren ». D'un *i>racno-, o\i*brecno-, moulu, brisé, 
de la racine brac,ou d'un *mrenno- ei*f!:erenno-, de la racine mer, achaïque 
de mel, qui est aussi dans «merda»,so!l chose moulue, et, avec o, tmordere», 
soit écraser, moudre avec les dents. El ilérivés : brenada, O, breuvage des 
porcs, brenous ou breneirous, br neus, qui a des taches de rousseur 
sur la peau, etc. 

BH£SGA,0. Lamelle de branchetle, fendure; proprement, chose mince* 
Dérivé de bred et bres, var. de brad et bras (qui est aussi dans le français 
«brésiller», rompre menu), ou de brec (confrontez «brasca»). VA: bres- 
cada,0, sorte de panier fait avec des lamelles, brescadoun, sorte de 
disque servant spécialement pour les bouriols et les crêpes; et un second 
bre8Ca,0, au sens de gâteau de miel, proprement la fractionée, le gâteau en 
question étant un composé de petits tubes, et étant, déplus, cassant, brisant, 
quand il est vide. 



— 33 — 

fiRIBA, O. Pour*bripa. Le français a «bribe», mais nous avons, en plus 
des dérivés bribar, mendier, recueillir des bribes, bribant, mendiant, 
etc. Rac. brip, faiblie de brap, rompre. 

BRIC Menu. Et bricar ou brigar, briser menu. Dérivés d'une forme 
faiblie de brec, faiblie elle même de brac, rompre. Avec un substantif verbal 
brica ou briga,0, et autres dérivés. Le français avait autrefois «brique», 
fragment, brisure; il a aujourd'hui «brique», carreau de terre cuite, em- 
prunté de l'anglais «brick», mais ce «brick» a eu le sens de fragment. Le 
germanique «brikan», doné pour père de nos mots, n'est qu'un parent, 
puisque nous avons toutes les formes de la racine. 

BRIDA, O. Lanière d'étofe ou de cuir servant de lien. Identique au 
français «bride», et venu d'un celtique *^n"<ia, delà variante en i de brad et 
bred, rompre, fendre, couper (le bas alemand «brida», doné pour le français 
par les Darmesteter, n'est qu'un emprunté, l'alemand n'ayant que la forme 
en t?, dans «brett», planche, soit fendure de bois). Avec diminutif bri- 
doula, O, brin d'osier, brin de genêt, petit sion, lamelle de bois flexible, 
servant à faire des paniers. 

BRIOU. Pour *briu, avec prononciation ou de Vu. Court espace de 
temps, petite division de temps. D'un *brivos, de la même briv que dans 
le breton «brienen» pour *brivenen, petite parcelle. Et briouet ou brivet 
et brioutoun, pour *briouetoun, diminutifs ; plus : un féminin briva, O, 
chemin de traverse abrégeant le parcours (en franc, l'équivalent «raccourci»), 
d'où les expressions « de briva, o», à l'instant même, «per brivadas, os», par 
moments (on emploie aussi ce dernier mot pour désigner l'espace de temps 
du travail qu'on a fait faire aus animaus sans dételer), un adjectif brivent, 
rapide, prompt, et un verbe composé abrivar, hâter, expédier. Autrefois, 
briva avait aussi le sens de passage établi sur une rivière, soit coupure de la 
rivière et parcours abrégé; mais le mot a été remplacé dans ce sens par l'em- 
prunté «pont», du latin «pontus». Il nous reste cependant dans les noms de 
lieus : Brive sur Corrèze, de Briva Gurretia; Briare, de Brivodurum; etc. 

BRISGA, O. Faîte d'un toit, endroit où les chevrons se joignent et for- 
ment pointe (en français '«brisque», carte supérieure à certain jeu, et chevron 
de soldat rengagé). D'un bas latin de même forme *brisca, pour celtique 
*bricca, de bric, sommet, montagne (voyez < brec » du même sens, et confron- 
tez, pour 5C, «boscum », etc.). D'où briscar, garnir de mortier les jointures 
des tuiles d'une brisque. 



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BRISSA, O. Brin d'osier ou de genêt, petit sion, lamelle de bois flexible, 
come «brida». D'un bridta, de la même racine que dans ledit «brida». 
Et diminutif brissola, O, plus, une forme cantalienne brit, pouvant aussi 
bien être due à un *bricta, de la variante en i de brac et brec. 

BRO. Pour *broga, o (confrontez les noms propres français Broha). Li- 
sière d'un bois, talus d'un cbamp, bord inculte. Mot féminin, dérivé d'un 
*mroga ou *mrogis, correspondant au latin «margo», bord, et au germa- 
nique «marck», frontière. Avec dérivés broual (b.l. «broale») et broua i 
tertre ou talus élevé. En breton «bro», pays (limité), en cymriquc «bro», 
en gaulois brog, dans le nom de peuple Allobrogcs, traduit par : «les gens de 
l'autre pays»; en vieil irlandais «brug», pays. Par un dérivé *mrogilon, 
«brogilum» en bas latin : le français «breuil», petit bois clos de murs, parc, 
et, avec un u (come dans l'irlandais cité), notre mot bruel, même sens. 

BROC. Pointe, bec; spécialement épine, dans le Béarn. Et broca, O, 
pousse d'arbre, pointe, clou. Origine broccos et brocca, ce dernier avec un 
c simple dans le bas latin («vendere vinum ad brocam», vendre du vin à la 
broche, à la cheville, au vase du détail). Le français a «broc» et «broche» 
le verbe «brocher», etc.; mais nous avons, en plus de broucar (qui a, che 
nous, un sens plus étendu que «brocher» : nous broquons en perçant une 
planche et un tonneau, nous broquons en piquant d'une pointe quelconque, 
et le mâle broque la femelle) : broucadour, marteau à ferrer les chevaus 
ou les bcrufs, à enfoncer les clous ou brocs; un nasalisé brounc, excrois- 
sance d'arbre, ntfud d'arbre, proprement chose avançante (In se trouve aussi 
dans un bas latin «broncus», forme de «broccus» pour broccos, au sens de 
«celui dont la mâchoire est avançante »); un diminutif de «broca»: 
brouqil, petite pointe, petit germe, d'où brouqiliar, contracté en «brou- 
liar», germer, former pointe au dessus de la terre, verbe distinct d'un 
«brouliar» pour «bourouliar» ; etc. 

BRONDA, O. Aussi brounda,o. Feuillage des arbres : gonflement; 
et branche garnie de sesfeuilles. Doù : broundas, rameau servant de balai, 
broundel et broundil, petit rameau, etc. Racine bronJ, augmenter, 
croître, la même que le breton «bronn» pour *brond, mamelle, soit partie 
gonflée, grossie, d'un précédent celtique bronda, et la même que dans le 
latin «frons», «frondis», feuillage des arbres. En grec, d'une forme en e, 
pp£vOjC|7,a(, je me gonfle; en français, de la forme en a, « brandir», dresser, 
mettre sur pied («tout brandi», tout entier); etc. 

BROT. Pour *beroi, bourgeon. Dérivé de la racine beff pointe, qui est 



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aussi dans le breton € brod > , aiguille, le français «broder » , piquer à l'aiguille, 
faire des ornements à l'aiguille, etc. Avec diminutif broutoun, ordinaire- 
ment employé, et verbe broutounar, pousser des bourgeons. 

BROT, Contraction de «bourot», bouillon, inscrit à l'article «boure». 
Et un composé sabrot, bouillon au vin. 

BROUNDIR. Retentir, gronder; soit produire un gonflement dans l'air. 
Mot distinct de « broungir» (nasalisé de «brugir»),et venu de la même racine 
que dans « bronda ». feuillage, gonflement des arbres. D'où broundinar, 

bourdoner, et sifler, en parlant d'une pierre lancée par la fronde; etc. 

BROUS. Fromage pétri et fermenté. Même racine que dans » boure». 
bouillon. 

BRUCAR. Et forme nasalisée bruncar. Choquer, fêler (un verre, un 
pot); heurter contre un corps dur. Correspondant au français «broncher», 
du sens faibli de faire un faus pas. Dans quelques dialectes d'oïl «brucher» 
et « bruquer». De bruc, variante de brac, rompre. 

BRUGA., O. Brugue. De bruca, transmis par le bas latin, avec forme 
bruga, et dérivé de la racine bretic (aussi breic, dans le français « friche » 
pour «briche» et dans le grec correspondant, cité à l'article « branda»), la 
brugue étant composée de nombreuses ramilles (come la brande\ En breton 
«bruk» et «brug»; en français, par confusion, «bruvère» pour «bruguière», 
qui est notre dérivé brugaria ou brugaira, o, pays de brugue, d'un 
brucaria. Avec un diminutif brugairola, o, etc. 

BRUGIR. Prononcé avec chuintement du g. Verbe correspondant du 
français «bruire» pour *bruguir, avec chute du o- dur. De bruc, produire un 
craquement, se reliant à brac, rompre. Et une forme nasalisée brungir ou 
broungir, retentir, pouvant participer de «broundir», même signification 
de retentir, soit produire un gonflement dans l'air; avec fréquentatif broiin- 
ginar, bourdoner, et sifler dans l'espace, en parlant d'une pierre lancée par 
la fronde, corne « broundinar». 

BRUSAR. Pour *berusar. Rôtir, cuire. Dérivé d'un *berus, feu, de la 
racine ber-v, être chaud, et correspondant à un français perdu 'bruser, pour 
*beru3er, dont il reste le fréquentatif *bruseler, contracté en «brusler» et» 
aujourd'hui, «brûler» (notre «brullar» tient du français). Nous avons aussi : 
un parallèle bmsir, du double sens de brouir et de causer de la douleur, 



-36- 

de la cuisson, en parlant d'un mal à une partie du corps; avec fréquentatif 
brusinar, du second sens («prusir» est un mot distinct qui tient du latin 
«prurire», à mon avis de cper» et *urire, pour «urere» et *usere (d'où «ustu- 
lare», devenu chez nons iusclar», avec un c amené par la contraction). 

BUDEL. Intestin. D'un *butellos, forme du botellos, latinisé en cbotel- 
lus», qui a produit le français ebodel », «bocl», « boïau», «boyau», lequel 
^o/e//os est le diminutif du ^o//os, gros, rond, qui est dans le gallois «both»^ 
moyeu de roue, dans notre mot «boude», gros, ventru, etc. Et budo- 
lada,0, repas au budel. Nous avons aussi boudin, de *botinos, parallèle 
de botellos, et boudinada, O, mais pculêlre par emprunt à l'oïl. 

BUFAR. Pour *bupar. Soufler; gonfler. En français «boufer», bour- 
soufler. Dérivés l'un et l'autre de bop et bup, variantes de boc et bue, enfler 
(toutes formes onomatopéiques).D'où : bufadour, souflet à feu; bufar^l 
et bufarol, fruit creus, proprement fruit dont l'envelope contient du vent. 

BUGAR. Lessiver; soit cîiaufer. Mot de la racine bue, variante de boc, 
enfler, la flamme et l'ébullition considérées come de véritables gonflements. 
D'où bugada, o, lessive. En breton «bugad», et un second «bugad», os- 
tentation, soit gonflement, en gallois «bugad», bruit d'une multitude, en 
français «buée», vapeur d'aue, et autres dérivés. Le germanique «bukon>, 
doné pour étymologie, est simplement de même racine, come le latin 
c focus > . 

BURGA, O. Pointe, aiguillon. D'où : burcar, piquer, burcada,o, 
piqûre, coup de pointe, burgaliar, fouiller dans les feuilles mortes pourgla- 
ner les châtaignes ou les noix, et burgal, crochet en bois, servant à fouiller 
dans les feuilles, en Rouergue. Kac. bur, var. de ber et bor, pointe; secon- 
dairement, percer, creuser. Dans ce dernier sens : «bure» et «burot», noix 
creuse, en Saintongc et ailleurs. En ancien français, «burgalèsc», sorte de 
lance, sorte de pointe. En normand et ancien français «burguer», pousser, 
heurter. 

C 

CABANNA, O. Ordinairement cabana, o. Identique au français «ca- 
bane», creus d'arbre, abri, tous dcus de capanna, dérivés de cappa, de la 
racine cap, couvrir. D'où caban, hibou; proprement habitant des creus 
d'arbres (en français «chouan», pour 'chovan et 'chavan), d'un bas latin 
«capannum» et «cavannum», avec diminutif cabanel. Plus, un parallèle 
cabuta, o, et un péjoré cabarra, o, abri obscur. 



— 37 — 

GACAIS. Ordures. DérÎTé de la racine cac^ chose mauvaise, sale, d*où 
aussi le breton ckac'h», l'irlandais «cacc», le gallois ccach», à'xïn*caccos 
ou Varos, le grec xo-as^, etc. Nous avons aussi : cacida, O, d'un *caccUa 
(en français «chassie», en picard «cachive», d'an *C3CC>V3|, d*où csici- 
dous, chassieus. De la même racine, le latin « cacare ». 

GADE. Aussi cado. Chaque. Paraît dénoter un précédent *cate, venu 

d'un pronom indéfini ca et d'une particule te, égale au grec tî, le pronom 
se trouvant dans *caqe {avec particule plus correspondante du latin «que») du 
vieil irlandais ccach*, aujourd'hui altéré en «gach>. D'où cadun et un 
parallèle cadascum, composés avec le numéral « un » (breton « eua » et 
«unan>, comique et gallois «un» vieil irlandais <oin>, d'un oi nos, latin 
«anus* por'oinos, grec civf,, le point de l'as au jeu de dés), en français «chas- 
Gun», devenu «chacun*. En tout cas, ne doit rien à «quisque*. 

CAI. Clôture (en français altéré «quai»); clayon des brebis dans l'étable, 
et loge à porcs. En bas latin «caium», pour celtique *cagion, de cag^ en- 
clore. En alemand «hag* pour «kag», d'où le français «haie». 

GAUŒ. Pour *carre. Pierre. D'un *carriSf de la même racine cars, être 
dur, que dans le breton «karrec», rocher, le vieil irlandais «carric» et le 
comique tcarraz», même sens. D'où cairal et cairas, terrains pierreus, 
cairelet cairol, caillou, cairecliar, poursuivre à coups de pierres. Nom 
de lieus Cairol, etc. : endroit pierreus. Dans les pays montagneus, une autre 
forme de «caire» est chaire, grafié à tort «cheir* et «cher», d'où ciiai- 
ron, particulièrement amas de pierres (sur la limite de Toc et de l'oîl, on 
altère en < chiron »). 

GAISNE. Pour 'casne. Forme du français «chêne», venue de cosnos^ et 
conservée dans les -Alpes. D'où caisneda, O, chênaie. Dans d'autres pays, 
casse et cassaneda, o, même sens, aussi cassan et cassania, o, et 

dérivés. 

GAL. .\ussi cail. Pierre. De *cales ou *calis, dur, et secondaire *calios, 
de la même racine cal que le breton « kalet » , l'irlandais « caladh » dur, et que 
dans les noms propres Caletos, Caledones, etc. Et caliau, de caliavos (en 
français «caillou», qui ne doit rien au latin «calculus» (ce «calculas» est 
simplement de même racine]. 

CAIiTl. Blanc. Dérivé de calos, de la racine cal, lumière. D'où: calant, 
même sens de blanc, particulièrement nom du bceufdont le frontal et le 



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museau sont blancs (ce mot est aussi clans l'Ouest : «vache calande »), 
d'un *calanios, venu lui même de calos, blanc; calandra, o, la gelée 
blanche; calandrar, lustrer, en français «calandrer»; calie, tacheté de 
blanc (dans les dialectes d"oïl, grafié «caille» : «ctofe caille»), avec dimi- 
nutif caliol, particulièrement nom de bœuf, et verbe calioular, commencer 
à mûrir, perdre de sa verdeur; calel, lampe rustique, et, en terme plaisant, 
œil (confrontez le français «quinqucl», dans l'expression populaire «ouvrir 
les quinqucls», ouvrir les ieus), mot venu d'un *calilos; et calelioun, 
lampion, caleliar, scintiller, caleliada, o, éclaircie de soleil; et un pa- 
parallèle de «calel» : calenc, d'un *cale7îC0S, avec diminutif calencoun. 

CALI. Préfixe augmentatif et péjoratif, de la même origine que «cal», 
pierre: cales ou calis (on trouve Vi dans les noms Galitix, Ancalites, Galido- 
nia, égal à Galedonia, etc.), et passé du sens de dur à celui de fort et à 
celui de l'adverbe «très». Dans calibouma, O, grande ou laide caverne, 
et autres mots. 

GALIOC. L'un des noms du gouéland, en Guyenne. Dérivé : soit de C2l, 
être blanc, à cause du dessous des ailes, qui a cette couleur; soit de cal, crier, 
comc caliacos, le coq, puisqu* «gouéland» lui même vient de guu, crier, 

CALMA, O. Pays élevé, plateau désert, bruguière, pacage de moutons, 
l-lt forme réduite calm, dans le Gantai, l'Aveiron, l'Ardcche, la Lozère. De 
calma et calmis, transmis par le bas latin, et dérivés de la rac. cal, cel, col, 
de bas en haut, secondairement, s'élever, monter, qui est aussi dans calic- 
non, une tour, dans le latin «celsus», élevé, «collis», colline, le grec xsvsowv, 
sommet, etc. Avec diminutifs calmel et calmet, et formes féminines, 
aussi caumel, etc. Dans quelques dialectes de l'oïl, «chaume», pacage en 
général. 

CALOS. Tige, spécialement tige d"arbust«, de légume, et ce qui reste do 
la tige de blé après la coupe. D'où : calousset et caloussoun, trognon; 
escaloussar, couper ou briser les calos. iMênie racine que dans «calma». 
\oycz « cluec » et « glena » . 

CAMBA, O. Kn français «jambe», pour le précédent «gambc», dont le 
g se conserve dans «gambader» et «ingambe». Itacine camb, courber, la 
jambe tirant son nom de sa flexion. El : cambar et cambechar, agiter les 
jambes; caxnbarra,0, grande jambe et jambe contrefaite; cainboun et 
oambachouili jambon, et plusieurs autres dérivés. 



— 39 — 
CAMBIAH. En français, «cambier», devenu *canger» pour ccanjer», 
avec aloncement de IV, chute du b et remplacement de Vm par Tu, et chuinté 
en «changer» pour *chanjer, tourner, doner une chose contre une autre 
(ccambiare», traduit par crem pro redare»); et dérivés : cambie, chanje, 
escambiar, etc. Même racine camby courber. 

CA^HÎN. Le français a « chemin », « cheminer », mais nous avons d'autres 
dirivés que naminar : les diminutifs caiTlÎTlOl et caminoim, etc. 
« Gamin » et son éjral français « chemin » sont pour *cammin, *cangniing^, 
'cengmin (avec c dur] , de la même racine *cang et ceng que dans le breton 
« kamm », un pas, l'irlandais «ceim» pour précédent « ceimm », même sens, 
« cingim», je marche, les noms Cingetorix, Vercingétorix, chefs des mar- 
cheurs, de ceus qui vont à la conquête, etc. 

G AMISAjO. En français c chemise > et, dialectal, c camise ». Nousavons, 

en plus du dérivé camisola, O, en français «camisole», emprunté aus 
dialectes: camisota, O, et un autre diminutif cainîSOUZl. De camisia, 
long vêtement des soldats gaulois, de la racine cjsi, vêtir, qui se trouve 
aussi dans le breLon «kams», l'alemand chemd» pour *kemd, chemise;, 
l'irlandais < caimis », aube de prêtre, etc. 

CANDE. Blanc, clair, pur, limpide, transparent. Dérivé de candos, qui 
S2 trouve dans ca«Josoccj, provins que les Gaulois, dit Columelle, plantaient 
après les avoir fait séjourner dans la terre (pour les rendre tendres, blancs), 
dans le breton « kann », pour un précédent « kand »,etc. Et dérivés: candÎT 
et candesir, rendre blanc (en français, « chancir », pour 'chansir et 'chan- 
disir, moisir, se couvrir d'une moussse blanche); candecliar, paraître 
clair; acandÎT, composé de c candlr » ; escandiliar, en parlant du soleil 
qui fait une éclaircie, d'où escandiliada, Oj et escandir, éteindre. Rac. 
candy être blanc, la même que dans le nom de rivière Candèse ou Chandàae, 
le latin c candere », < candidus », etc., et dont une forme en / est dans les 
noms Cantobenna et Cantobennon (cités à l'arLicle « banna », corne], et dans 
un escantir, de quelques pays, égal à € escandir ». 

GANT. Côté. Dérivé de cambtos et cambitos, de camb, courber. Inusité an 
simple, mais dont nous employons les dérivés cantel, bord d'un pain, 
partie de ce bord, en français « chanteau » ; cantelar, couper en cantels; 
plus, cantoim, français c canton», coin du feu, angle quelconque, can- 
tounar, etc. , 

GAP A, O. Manteau, grand vêtement: chose qui couvre. Le français a les 



Correspondants c cape » et t chape », les diminutifs c chapeau » et t capote* 
(soit petit vêtement), etc. mais nous avons des dérivés particuliers: capsir, 
couvrir, dans les Alpes, oapelada, O, salut, coup de chapeau, capelut, 
hupé, capula, o et diminutif capulet, bonnet ; plus, avec remplace- 
ment du p par Vf latin : cafa, O, au sens de cosse, de gousse de légumes, 
Cafaail, rachis égrené, déchet de chanvre, peluche, cafil, cocon peu 
fourni en soie, petite cosse, le composé escafar, crever la cosse, esca- 
foular, même sens, au figuré éclater de rire, etc. Racine cap, couvrir. 

GARBA, O. Anse d'un panier, d'un chaudron ; proprement chose en 
courbure. Mot correspondant au français dialectal t carbe » et venu de la 
même racine carb et carp, courber, que dans *carbanton, sorte de char 
dont le devant était de forme ronde, courbe (en irlandais « carbat » et 
€ carpat », etc.), latinisé en tcarpentum», et dans Carbantorate, aujourd'hui 
Carpcntras, et autres noms. D'où carbar, garnir d'une carbe, d'une anse. 
On done aussi le nom de « carba » à chacun des tendons du cou. 

GARNA, O. Angle, corne (d'une pierre, etc.). En français «carne». 
Origine cirna, forme féminine d'un *carnos (dont le neutre carnon désigna 
la trompette, parce que les premières furent des cornes de bœufs), de la ra- 
cine car, du même sens de angle, corne, qui est aussi dans le breton « karv », 
le comique et le gallois « carow », cerf, proprement le cornu (en latin, d'une 
forme cer, « cervus »), Et dérivés : camel, petit angle (en français « cré- 
neau », pour *cerneau avec c dur, et, dialectal, *carneau) ; carneloun, 
nœud qui se forme sur un fil trop tordu et qui figure une petite corne; et 
carnaria ou camièra, o, le trou ou l'anneau dans lequel tourne l'angle 
ou la corne d'une porte, d'une fenêtre ou d'un couvercle (en français *. char- 
nière »), les carnières ou charnières n'étant pas autres avant l'invention des 
ferrures actuelles (les latinisants ont inventé un *cardinaria qui n'a aucune 
raison d'être). Il va sans dire que « carna, o », du sens de chair, est un mo^ 
distinct et qu'il vient du latin t carnem », accusatif de « caro ». Nous avons 
un autre carna, O, du sens de tranche de fruit séchéc au four ou au soleil, 
d'où carnar, couper du fruit par tranches. 

GARRAL. Mâchefer, scories que forme le résidu de la houille brûlée 
auquel s'est joint un peu d'oxyde de fer; proprement, pierraille. VA escar- 
raliar, ôter le mâchefer de la forge. De la racine cars, être dur, qui est 
dans «caire», pierre, le breton * karrec», même sens, etc. 

CARR£. l-c français « char » correspond à ce mot, dont l'origine est 
carros, latinisé en * carrua» (le latin était tcurrus »), mais une forme carri 



— 41 — 

déaote le secondaire 'carrios. Racial c:irs, courir, dont IV s'est assimilé 
corne celui de la variante curs de € currus » pour 'cursus, c currere » pour 
*cursere (confrontez ccursura», c cursa>). Et : carret, avec féminin car- 
reta, O, en français « charrette » ; carriol, avec féminin carriola, O, en 
français c carriole », prisaus dialectes (l'italien ccarruola », des Darmesteter, 
n'est qu'un frère) ; carz^al, voie de char, d'un carralis; canTUga, o, 
charrue, de carrucj; etc. 

CAT. Avec. PréSxe, abrégé en ca devant une consone. Dans cab^OOUll, 
fromaee de bique, cal>essar, labourer, et autres mots inscrits, aussi dans 
camous, nez obtus, etc. Quelquefois péjoratif. 

G AT. Le français a e chat » et plusieurs dérivés; mais nous avons, en 
plus : catar, épier ; catarel, qui regarde avec passion ; catounar, 
mettre bas, en parlant de la chate; etc. L'origine de c cat » et de c chat » est 
catlos, latinisé en <cattus », et la racine est cat, regarder, fixer, épier. Nom 
propre Cattos. En breton <kaz>, en comique et en gallois « cath », en irlan- 
dais et en gaélique < cat > . 

CERVESA, O. Boisson faite avec des grains de raisin, bouillis et aug- 
mentés d'aue peu à peu, dans l'Isère. En français c cervoise », bière. Origine 
cerxesia et cervisia. 

CLAP. Pour 'calap. Pierre, caillou. Delà même racine cil, être dur, que 
dans « cali » et ccaliau». Et forme féminine ciapa, O, même signification 
(mot distinct du réduit «clapa» ou «clapo», copeau, de quelques pays, 
pour c esclapa » ou c esclapo »). Par extension, c clap » signifie aussi ter- 
rain couvert de pierres, et garenne, où l'on protège, par des pienes super- 
posées, les trous de retraite des lapins ; et sa contraction est aussi dans le 
b. lat. c clapus » pour *calapus, traduit par c acerbus lapidum, hara cunicu- 
laria », et dans le breton * kloppen» pour *kalocpenn, soit rocher delà tête. 
D'où clapareda, o, mêmes sens que e clap » (en français c clapier », que 
mes devanciers sont allés chercher dans le germanique cklapp», faire du 
bruit, alors que les lapins, le pourraient ils, n'ont aucun intérêt à casser les 
pierres) ; clapet ou clapot, insecte qui se tient sous les pierres. 

GLFiDA. O. En français c claie *. Origine : le celto bas latin c///a, de la 
racine cli, fermer. Et : cledoun, diminutif, cledis, treillis, grillage, 
cledissa, o, ridelle, etc. 

CLOS. .Aussi clot. Endroit creus. Pourrait être un parallèle de « cras » ; 



— 4» — 

mais je le crois Tenu plutôt dune variante clod de la racine cldd, creuser, 
qui a produit le breton « klaz *, tranchée, « Ivleuz », fossé, etc. Et clota, O, 
même sens de endroit creus, particulièrement cave et fosse, dans le Tarn et 
autres pays. Plus, cluta, O, gorge resserrée entre deus montagnes, ravin, 
dans les Pyrénées. 

GLUEC. Aussi cluech. Faisceau de paille ; proprement, faisceau de 
tiges. Dun *clogios et *clocios, avec variante possible *clodios, venu d'un 
*celos, tige de blé, paille, de la racine cel, variante de caly s'élever, qui est 
aussi dans cclicnon, une tour, construction élevée, d'une inscription, dans 
le latin « celsus », élevé (cités à l'article «calma»), *cellere, monter, « ex- 
cellere », surpasser, etc.). Et : cluécha, O, petit toit de paille d'une ruche, 
cluechar ou olouchar, couvrir de paille (une maison, etc.). Voyez 
«glena ». 

COCA, O. Aussi couca, o. Identique au français e coque ». D'oCi : 
COUOal, coquille de la noix, de l'œuf, coucoun, cocon, descoucar, 
sortir de leur envelope ou coque les noix, les pois, etc. Rac. coc et eue, 
couvrir (voyez l'adjectif «eue»). 

GOFA, O. Pour *cop:i. En français «coife», bonnet de femme, soit 
chose qui couvre. Avec variantes cofîa, O (en bas latin « cofea » pour copea) 
et coufa, O, dans quelques pays cufa, O, et dérivés correspondant à ceus 
de «cafa ». Les uns et les autres mots au sens de gousse de légumes, en 
même temps qu'à celui de bonnet de femme. De « cufa », gousse, gousse 
vide, on a tiré un adjectif cufe, creus, en parlant des fruits qui n'ont rien à 
l'intérieur, et un verbe cufar, décaver quelqu'un, le laisser sans rien. On 
dit aussi cufarel pour «cufe ». Origine : les variantes cop et cup de cap, 
couvrir. 

GOMBA, O. Aussi coumba, o. En français dialectal « combe ». Val- 
lon, dépression de terrain; proprement, courbure. Avec diminutif coum- 
bel et autres, verbe coumbar, fouler le drap, produire un enfoncement 
par des coups, et un dérive COUmbadour, l'usine dite en français foulon. 
En irlandais « cum », en gallois « cum », en ancien erse « cumb », vallon; en 
grec /.o\i.io;, creus. etc. Rac. comb et cumb, m reliant à camb, courber. 

GONDAT. Aussi coundat. Confluent. F!t noms de lieus du Cantal, 
de la Corrèze, de la I)ordo{;ne, du Pui de Dôme, etc. Origine condatc, du 
préfixe con et de datis, de la racine da et de, placer, poser. En français 
ccondé», remplacé parTimporlé «conflucnl», mais se conservant en noms 
propres. 



— 43 — 

CONREAR. Aussi counrear. Pour *conredar. Préparer (les cuirs). 
En bas latin c conredare » ; en ancien français «conréer» pour *conréder, 
devenu « corréer » et « corrover». Et dérivés. Racine rj (= ar) et re, ajus- 
ter, qui est aussi dans le gaélique c reidh «, uni, dans l'expression « à raie » 
ou «en raie», à l'ordinaire, des dialectes d'oïl, et dans les nôtres cà rai », 
même sens, « à rai per aco », va pour cela, la chose est à Tordinaire, régu- 
lière. Voyez € rai ». 

COUDERG. Verger, lieu planté d'arbres fruitiers ou d'agrément. D'où 
coudercoiin, diminutif, et couderqina, O, sorte d'herbe, la renouée 
traînasse, pour ainsi dire buissoneuse, dont les animaus ne veulent pas. En 
bas latin c cotercum ». Racine coït, bois, qui se trouve dans le breton, le 
comique, etc. 

COULIA, O. Testicule. Quelques dictionaires français ont le correspon- 
dant ccouille », pour *coulie (avec la même prononciation). L'origine est 
collix pour calîia, féminin d'un callios pour ca Ici os (en breton « calc'h », 
en gallois c caill », même sens de testicule). Le sens exact est petit caillou, et 
^a racine est cil, être dur. Dérives : coulioun, diminutif, et COUliaud : 
qui a une hernie. En Saintonge et en Poitou, la forme en a subsiste 
c caille», parties naturelles de l'home {« chaud come caille >). Jônain cite 
cette naïveté dune jeune fille à une marchande : < Laissez moi toucher cette 
caille, on dit que cest si chaud! ». Et Darmesteter, avec la même naïveté, 
cite l'expression c chaud come caille » à l'article « caille », oiseau ! 

GOURREGIA, O. En français altéré « courroie ». En bas lat. t corriga », 
c corrigia », pour précédent conriga et conrigia, de la racine rig, lier; en 
vieil irlandais c cuimrech » pour *comreg, d'un *comrigOS, lien, etc. Avec 
diminutif COUrregioun et autres dérivés. 

GRAU. Lande stérile, cailloueuse ; particulièrement, la plaine dite c la 
Crau d'.Arles». Abrégé de e cravis > pour *cjrrjvis, aussi ecravum», pour 
neutre celtique *cravon et * carr-va-on, traduits par e campus lapideus », 
et de la même racine cars que dans «caire», pierre (la contraction existe 
aussi dans le breton e krag », la pierre dite grès, dans le gallois et l'irlandais 
ccraig», rocher, d'un cragos pour 'carragos, etc.). Et crauc, du sens 
général de pierre, d'un ^cravocos et *carr2vocos. 

CREME. Pour *cretme. Correspondant du français c crainte», au même 
genre féminin, en Limousin. Dérivé d'un *critemis, de la racine crit, trem- 
bler, avoir un mauvais pressentiment, qui est aussi dans l'anc. fr. ccrieme», 



— 44 — 

même sens de crainte (en Auvergne, en llouergue et dans les autres pays 
d'oc, «crinia» pour *critnia (voyez ce mol). D'où cremir, craindre, et 
cremoUS, craintif. Le français t craindre » est pour d'anciens *criendre, 
*criemre, en bas latin *critemere. 

GREN. Pour *cern (avec c dur), et identique au français «cren », angle, 
corne, aujourd'hui « cran ». Et forme crin. Origine *cernon, égal à carnon, 
trompette (primitivement faite avec une corne de bœuf (voy. « carna »). Et 
dérivés : crinca, O, arête de mur, angle saillant ; crinioun, en français al- 
téré «grignon » (de pain etc.); acrinar, former en angle; acrincar, em- 
ployé au passif, s'agriper à un angle de mur, etc. ; escrincar, aplanir, 
faire disparaître les creus ou les rugosités, verbe égal à l'ancien français 
« écrancher», unir une étofe en faisant disparaître les faus plis, et altéré en 
« échancrer » (les Darmcsteter citent « écrancher e, en le donant corne t d'o- 
rigine inconnue », et, pour c échancrer », ils avancent «chancre» (!) 

GRINIA, O. Crainte. D'un précédent celtique *critnia, dérivé lui- 
même de *critnos, tremblement (aujourd'hui « kreii » pour *krent, en bre- 
ton, etc.), el*critnios, craintif. D'où criniar, craindre, et un adjectif cri- 
nious. Même racine crii que dans t crème » pour *crclme, également 
crainte. 

GROG. Identique au français de mime grafie, mais nous l'employons 
aussi en adjectif : « bec croc». Origine : crocos pour *coroccos, proprement 
courbe, en rondeur, de la racine cor, être rond. VA dérivés : croucarel et 
Crouqet, crochet; croucadis, croquis. 

GROS. Creus, ravin. En bas latin « crosum » pour celtique *croson, pro- 
prement terrain en courbure, et neutre d'un 'crosos pour 'corosos, courbe, 
de la même racine que dans « croc ». Et : forme féminine crosa, O, diminu- 
tifs crouset et autres, verbe crousar, etc. Nous avons aussi une forme 
ouverte craus, dans le Houergue et les Alpes, et une craule, dans le 
Cantal, en parlant principalement des arbres, cette dernière probablement 
contractée d'un 'croselos, 'crosilos. 

GROSE. Coquille de la noix, de l'amende, de la noisette, et noyau de la 
prune, etc. En breton « krogen », coquille, en comique et en gallois « cro- 
gen », d'un précédent *croccna pour *corocena, de la même racine cor que 
dans c croc > et < cros > . 

GROTAi 0. Identique au français < crote », fienle des chèvres, des mou- 



— 45 — 

tons ; propement chose ronde. Avec diminuif croutarella, O, et autres 
dérivés. Même racine que dans les mots précédents. 

GROUGA, O. Croupe; proprement, rondeur. D'où s'acrougar, s'as- 
seoir sur les talons. Même racine cor. 

GROULAR. Rouler, en Guyenne. Ce mot est identique au français 
«crouler », mais avec conservation de l'ancien sens; et il est pour de pré- 
cédents «croutlar», «crotlar», et *crotulare, de la même famille que 
«crota », chose ronde. 

GUG. Couvert, obscur, en parlant du temps. D'une racine de même 
forme, parallèle de <tcut*, de l'article suivant, et d'où aussi *cucullos, capu- 
chon, chose qui couvre, passé dans le latin « cucullus » et féminin «cuculla» 
(en français * coule » pour «cougoule», en irlandais « cocull» , en breton 
« kougoul j>). Et dérivés : CUCa, O, œillère de cheval ; cucoun, jeu où 
l'un des partenaires a les ieus bandés ; cucar, voiler, fermer les ieus ; 
s'acucar, s'assombrir, en parlant du temps. Dans quelques pays lozériens, 
on dit cup et cupe pour obscur, 

GUTA, O. Cabane, lanière. D'où s'acutar, se cacher dans un coin, se 
blotir. En breton « kuz », cachette, « kuza », cacher, en corniqne « cudhe », 
en grec xîj6siv, cacher, etc. Racine eut, couvrir, cacher. 

D 

DALLIA, O. Ordinairement dalia, O. Instrument pour couper le foin. 
Ce mot est pour un précédent *darlia, de la racine dar, tailler, couper, dé- 
chirer, (confr. le franc. « dalle » pour *darle, parallèle de « darne », tranche, 
au sens de pierre plate, tranche de pierre, certaines pierres se levant par 
plaques, dans les carrières; et confrontez le picard, le berrichon et autres 
dialectaus « dare », équivalant à « dalia »). D'où dalliar ou daliar, fau- 
cher, etdalliadour ou daliadour, faucheur (en bas latin c dalliator»). 
Voyez « darnar » . 

DARAR. Lancer. Verbe cadurcien, employé au neutre : tDaro!», 
prends élan (en dialectes d'oïl « darer » ; en français l'expression « dare 
dare», en grande hâte). Avec fréquentatif dariliar, contracté en driliar, 
sauter (en ancien français « driller », courir rapidement; enboulonais tda- 
rider», courir autour, rodailler, circuler; en berrichon «darder», pour le 
même < darider», sauter, et se « dardeler», s'élancer, par extension vaciller. 



--16 - 

trembler). D'une racine dar, lancer, qui est aussi dans le breton tdared» 
javelot, Tanglo saxon ou, mieus, le celto anglais t daradh » et, avec initiale 
dure, l'ancien haut alemand «tart», lance, à l'influence duquel est duc la 
gralie du français « dard » (mot dont le sens était d'abord arme de trait). 

DARNAR. Fendre, couper, morscler. Et darna, O, fente dans une 
pièce de bois, quartier de noix, tranche de melon, tranche quelconque, et, 
par analogie, dalle, et tablette de plâtre dont on fait les cloisons; mot iden- 
tique au français « darne », tranche de poisson, et venu, come lui, d'un cel- 
tique de même grafie darna, qui se trouve aussi dans le breton, le comique 
et le gallois «darn». Nous avons aussi, en oc : darnadis, fendilles, cou- 
pures, et un verbe composé esdamar, même sens que son formateur. La 
racine, dar, en même temps der, est aussi dans le grec cspsiv, déchirer, 
écorcher, osc;j.a, peau, le sanscrit c darana » et t dari t, déchirure, fente, 
e dara », crevasse, etc. 

DARTA, O. I'>n français, par altération, « dartre », maladie de la peau, 
d'un *darvitay *dervita, — ou bien d'un *derdn'cita, selon V. Henry, — de 
la même racine que dans « darna ». Et dérivé dartous. 

DERVESE. Ordinairement derbese. Même sens que « darta », en 
Languedoc, mais dénotant un *dervisos o\i*dcrdvisos. Avec diminutif der- 
veset ou derbeset, etc. 

DISNAR. En français «dîner», autrefois «disner». Cette forme « dis- 
nar» et une autre, dinnar (avec assimilation), se conservent dans quel- 
ques pays du Languedoc. Ailleurs dinar. Origine : un bas latin « disnare », 
d'un celtique *disnos ou disna, milieu du jour, repas du milieu du jour, 
dérivé de *deics ou *dit'cs, jour (en latin « dies»), de la racine dei, être lu- 
mineus (en breton t deiz», jour, en irlandais et en gaélique « dinner », le 
dîner). Dans les provinces, c'est encore et avec raison le mot t dîner » qui 
désigne le repas de midi. Et : disnar, dinnar, dinar, verbe, disna- 
dis, ce qui est relatif au dîner. 

DOGA, O. Ordinairement douga, O. Conduit d'aue, égout ; paroi d'un 
égout ou d'un fossé; par analogie^ bord d'un tonneau (en français « doue » 
cl, altéré, « douve»). El dérivés : dougal (en bas latin « dugale »), même 
sens de conduit d'aue ; dougan, lisière de terrain qui longe un cours 
d'aue ; douguella, O, idcnticpic au français c douclle » ; douguilla, O, pe- 
tit conduit dans lequel s'adapte un manche (en français contracté « douille >). 
Hacinc Joe, tirer, conduire, qui est aussi dans le latin « ducerc », etc. 



— 47 — 
DRAGAR. Aussi dragar. Briser. Et : draca ou draga, o, mar 

de raisin, dolives : brisure, (en français e drèche » et c drague »); un second 
draca ou draga, o, crible, spécialement pour le sable, un verbe fréquen- 
tatif draguiliar, écharner les cuirs, terme de tanneur (en français con- 
tracté «drailler»); etc. Rac. drac, briser, qui est aussi dans le français 
€ dragée », autrefois brisure de pâtisserie (« de la dragée »;. 

DRAGA, O. Sentier; passage à travers une terre; traces de pas dans 
un semis. D'où : draguechar, poursuivre, pêcher dans les trous que le 
poisson fréquente; deus diminutifs: draguiUa ou, contracté, drailla, O, 
et draguina ou^draina, o, elc. Racine drag, variante de trag, courir 
(voyez e tracar »). 

DRAINA, O. Forme de c traina » dans le Rouergue, la même dans le 
français dialectal e draine », grosse grive. 

DRAP. Identique au français c drap », pièce (d'étofe). Eln bas latin 

€ drappus >>. pour précédent celtique ^drappos, de la racine drap, secondaire 
de drac, déchirer, diviser. En plus de drapar et autres dérivés dont le 
français a les correspondants, nous avons drapada, O, sorte de serge, 
drapet, lange d'enfant, petite pièce détofe, etc. 

DROUIN. Pour "derouin. Variété de chêne. En ancien français c dur- 
lin » pour 'derulin. En breton t derv » et tderô», chêne, en gallois tder- 
wen », même sens, d'un celtique ^dervos. En grec zpZq etc. 

DR UT. En français tdru». D'un précédent drutos (en gaélique cdruth», 
en gallois c drud >, etc.}. D'où : drutessa ou drudessa, O, force; dru- 
tet ou drudet, et drutic ou drudic, diminutifs de c drut » ; etc. 

DUN. Colline, élévation. En français cdune », et, dans les noms delieua, 
« dun » (Autun, Issoudun, Verdun et nombreua autres). De dubnos, élevé, 
profond, de la même racine dub que dans dubros. Nous avons aussi : du- 
nant, et les diminutifs dunel, dunet, dunot, etc. 



ENNA, O. L'ierre (en français, fautivement c lierre»), plante grim- 
pante ; proprement, qui saisit, qui se lie. Mot cantalien, dénotant un *edna 
ei'edenna, forme féminine de edennos, qui a produit l'irlandais 'edenn, de- 
venu € eidhean », elc. Racine ed pour ped, avec chute du/> initial en celti- 
que. Même racine dans le latin t pedica », lacet, le grec xéîr,, lien, etc. 



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ESGAGH. Pièce de bois restante d'un travail, soit coupure ; par exten- 
sion, reste d'une denrée après mesure, et reste quelconque. D'un dérivé 
'scactos {*sca-actos). De la racine sca et sce, fendre, couper, tailler (pour le 
ch de noire mot, égalant et, confrontez « fach », du latin t factus », etc.) 
Avec diminutif escachoun, échantillon d'étofe (on emploie aussi ce mot 
pour désigner un petit groupe de moutons), et verbes escachar et esca- 
chounar, rompre, morseler, réduire à un petit nombre. Fautivement on 
dit t cachoun », bout coupé, petite rognure, en cadurcien, etc. En breton, 
€ skeja », couper, en irlandais « scian » aujourd'hui tsgian», couteau, ces 
divers mots venus du verbe *sceo, je coupe ; en breton un autre verbe 
eskei», fraper, doné corne étant d'origine inconnue, mais que je relie à la 
même racine par l'extension du sens de fendre à celui de doner des coups, 
come dans ledit mot e fraper», pour *braper (de la racine brap), passé du 
même sens de fendre à l'actuel « doner des coups». Nous avons aussi : par 
le bas latin « scacia » {*scactia), ecassa, O, partie entaillée du timon dun 
char ou d'un araire, laissant un talon en dessous, pour éviter que la pointe 
ne se casse quand le limon tombe à terre ; jambe de bois, soit pièce, cou- 
pure de bois; bâton ayant une entaillure qui forme une sorte d'étrier, sur 
lequel on met le pied pour s'exhausser, français c échasse», que les germa- 
nisants à outrance voudraient faire alemand ; escassoun, égal à « esca- 
choun», escassar, estropier, et escassounar, briser les motes de terre. 

ESGAL. Fente, déchirure, éclat. Et : escalar, fendre, spécialement 
enlever aus fruits leur envelope; escala, o, coquille, gousse, remplacé 
généralement (à cause du mot de même grafie venu du latin t scala », échèle) 
par le diminutif escalopa, O, avec forme secondaire escalofa, O ; un 
autre dérivé escalia, O, en français «écaille», d'où escaliola, O, talc, 
pierre qui se détache en feuillets, en écailles. Racine scal et skel, qui se 
trouve aussi dans le grec cr/.aXXîiv, hacher, l'irlandais « scoiltim »,*sceltim, 
je fends, le breton « skalfa », fendre, «skeltren», éclat de bois fendu, trique, 
«skolp», copeau, le latin «scalprum», outil tranchant, etc., et dans le 
français «écaler», égal à «escalar», inscrit ci dessus, «éclier», faire écla- 
ter une pièce de bois, « éclion », copeau, « escalope», tranche de viande, au- 
trefois aussi coquille, et autres mots, qu'on va chercher à tort dans l'ale- 
mand (à cause de l'emprunt ridicule de l'anglais « beefstcak », prononcé 
biftek, on n'emploie maintenant « escalope » qu'en parlant d'une tranche de 
veau : employons notre mot aussi bien pour les tranches de bœuf, et n'imi- 
tons pas CCS poseurs, ces sots d'anglomanes). Au sens particulier de bruit 
produit par une chose qui se fend, qui éclate, nous avons : escalap, déto- 
nation, coup (ie toncrrc, avec diminutif escalapot, claquement de fouet* 
verbes esoalapar et, contracté, esclapetari etc. Nous avons aussi d'au 



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très contractée : esclap pour *escalap, copeau, éclat de bois, avec forme 
féminine esclapa, O, et verbe esclapar (par réduction fautive, dans 
quelques pays, « clapa » et «clapar»); esclafar, pour *escalafar et *esca~ 
lapar, écraser, faire crever de tout côté ou entièrement, en parlant d'un 
fruit mou, etc., au passif poufer, proprement se crever de rire (en oïl cs'es- 
clafer»); esclat pour *escalat, fragment projeté d'une chose qui se rompt, 
et verbe esclatar, en français « éclat » et « éclater » ; et esclop pour *es- 
calop, proprement tranche de bois, pièce de bois plate qu'on adaptait sous 
le pied avant la fabrication des sabots ronds, d'où escloupoun, petit sabot 
d'enfant, etescloupari ou, francisé, escloupier, sabotier (le latin tscul- 
poneae», qui était d'ailleurs inusité, ne nous regarde point). 

ESGANAR. Fatiguer à l'excès, épuiser de forces; proprement, rompre, 
déchirer, sens conservé dans les Alpes. Dérivé, à mon avis, de la racine can 
ei Scan, qui est dans le français «écanguer», pour «escanguer» et *escani- 
guer, broyer le chanvre, pour séparer la matière textile de la tige, et distinct 
de «escannar», étrangler, de «canna», canal, ici pris au sens de trachée. 
L'origine que je propose se trouve confirmée par le fréquentatif escanelar 
fendre un arbre ou une bûche, qui ne peut rien devoir à «cannelle», de Mis- 
traL 

ESGANIA, O. Echeveau. Mot identique au français «écagne», d'un 
précédent celtique *scanici, dérivé de scan, fendre, déchirer, qui est aussi 
dans l'irlandais «sgainim», je fends, je déchire, «sgainner», echeveau, etc., 
avec diminutif escanioun, et verbe escaniar, broyer le chanvre. 

ESCAP. Aussi escape. Pièce de bois coupée de mesure pour faire un 
sabot, une jante, un joug, un timon, etc. D'un bas latin *scapus, pour *sca- 
pos de la même racine sca que dans «escach ». Avec diminutif escapoul, 
et verbe escapoular (en bas latin «ecapolonus », coupon). Même forme 
dans le grec axavcoç, bâton, soit pièce de bois, 

ESGARAR. Déchirer, fendre, érafler (ce dernier sens en Guyenne); 
ébarber, en parlant de certaines récoltes qu'on frote pour leur ôter les pelli- 
cules. Et : escara, déchirure, fente, éraflure; escarachar, fréquentatif 
de même signification, dénotant un bas latin *escaricare ; escaraliar, 
éparpiller, épandre ; escaral, balai ; escaraniar, escarouniar, 
égratigner, déchirer avec les grifes, au passif se déchirer la peau ou les 
vêtements, en passant à travers les buissons ou les ronces; escaras- 
sar, doner à la laine un premier cardage, escariar, fendre menu; es- 
cariot, copeau : escarol, isolé, en Limousin; escarcaliar, briser en 



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éclats, par extension faire de grands éclats de rire, dénotant un dérivé de 
*scaricare, au passif écarter les jambes au foyer; etc, Racine scar, fendre, 
séparer, disperser, rejeter, qui est aussi dans le vieil irlandais escaraim», 
je fends, je sépare, le breton <di-skar», abatis, etc. Au sens de déjection, 
excrément, nous avons aussi : escarach, crachat, escrachar (le 
français «cracher» est pour *caracher et *escaracher, et le latin «screare» 
n'a rien à faire ici) ; escaras et escarassoun, Taue rejetée par le 
beurre quand on le pétrit, exactement déjection du beurre, dans les mon- 
tagnes du Plateau Central (en gaélique «sgaird» pour précédent *scaird, la 
courante, en gallois «ysgarth», en sanscrit «apa-skara», excrément, etc.)* 
et escargol pour *escaragol, limaçon, à cause de la traînée de bave que 
laisse après lui le petit mollusque de ce nom, en français emprunté «escar- 
got». Plus, la première partie des composés : escarlimpar, glisser forte- 
ment (pour la seconde, voyez «limpa») et escarmoutar, briser les motes 
d'une terre. 

ESGARPA, O. Ecaille de poisson; paillette d'or ou d'argent, soit petit 
éclat de métal; etc. Et : escarpar, écailler, soit déchirer; escarpaliar, 
entrouvrir un fruit, fendre une pièce de bois, écarter les jambes, dans l'Hé- 
rault (par faiblissement au. p, on dit aussi «escarbaliar »). 

JESGARS. Mesquin, chiche, avare. En bas latin «scarsus»; en italien 
«scarso», même sens. En breton «skarz», mince, diminué, par extension 
élagué, nétoyé, et «skarza», diminuer, etc. Même racine que dans «escara» 
et autres mots. 

ESC ART. Identique au français «écart», mais ayant en même temps, 
dans quelques pays, le sens de hameau éloigné du chef lieu. En plus de es- 
cax*tar et autres mots que le français a, nous avons escai^a, O, fenle 
et gerçure. Ces mots dérivent, come les précédents, de la racine scary et 
non de «quart», doné par mes devanciers, car il n'y est point question de 
diviser en quatre. 

ESPARNIR. Faire des éclairs; proprement, faire des zigzags ou écarts 
dans l'epace. En Auvergne, en Lozère, etc. Racine spar, équivalente de scar. 
En ancien français «espartir», même sens de faire des éclairs (pour le /, 
confronter «espartar»). 

ESPARPAR. Répandre, disperser. De la même racine que dans «es- 

parnir»', et employé au fi'équcntalif, esparpiliar identique au français 
c éparpiller». Le latin «spargere», répandre, avancé pour lu première partie 



DI — 



de ce mot, est simplement de même racine, et, quant à «papilio», papil- 
lon, avancé pour les désinences, il est absurde. 

ESPARRA, O. Mouvement qu'on fait en se débatant, écart (des brag 
et des jambes}. Un second esparra, O, ancienne arme de trait. De la 
racine spar c\ dessus, avec participation possible de pat, étendre. Et : es- 
parrar, écarter les jambes, glisser; esparradour, oreille de la charrue, 
qui écarte la terre ; esparrancar, ouvrir de toute sa largeur, démembrer, 
au passif se camper en écartant les jambes ; et espartar, même sens, presque 
égal pour la forme à « escarlar » . Même racine dans la seconde partie de € gis- 
parra», giboulée, dans le grec Tr.xzxzzzvt, déchirer, mettre en pièces, le latin 
«spargere», aussi dans l'alemand «sparren», pièce de bois, traverse, auquel 
je laisse l'oïl «esparre» du même sens. 

E3TAGA, O. Pieu, pièce de bois servant à fixer, à lier (en bas latin 
staca, indiquant sta, êtrre debout). Avec verbe estacar, etc. Nous avons 
aussi estan, position debout, et estanar, arrêter, faire prendre la posi- 
tion immobile, la position debout, d'où le participe estanat, passé au sens 
de «qui reste bouche béante, qui est insensé». 

ESTUBA, O. En français «étuve»; en bas latin stupa, salle de bains 
lieu clos à température élevée. De la racine stup, être chaud, dont une 
forme tup nous a doné «tuba», vapeur, «tubar», etc. Et : estubar, 
chaufer, fumiguer, priver d'air (dans ce dernier sens on dit aussi estou- 
far, avec ou sans influence du français «étoufer», estoufinar, même 
sens); estubiar, enfermer dans un endroit clos ou dans un meuble, 
d'où le substantif estubi, en français cétui», boîte adaptée à la forme 
de l'objet qu'elle doit renfermer (boîte de harpe, de violon, de chapeau), 
et, avec /pour b, un diminutif estufet, étui à aiguilles, et, par ressem- 
blance de forme, sorte de petit coquillage, dans le Bas Midi; etc. 



FATA, O. Forme de «pata>, chifon, loque, dans quelques pays du Lan- 
guedoc. Et dérivés : fatar, étouper; fataras, contracté dans le français 
«fatras», amas de chifons, de guenilles (Darmesteter et Thomas relient «fa- 
tras » à l'ancien verbe «fatrouiller», bredouiller, qui n'a rien à faire ici); 
fatrassar, chifoner; fatrassoun, petit chifon; fatrimas, habit usé; 
etc. 

FLANIA, O. Couverture de laine. Et : flaniola, o, étofe de laine fine, 



— 52 - 

par extension toile fine d'oreiller, taie, en français «flanelle»; flanioun, 
molleton. Mot dérivés d'un *vlana, *ulana, laine, dont une forme mascu- 
line était *vlanos {*wlanos, dans Victor Henry, à qui est due celte étymo- 
logie du masculin breton «gloan», du gallois cgulan» et tgwlân», du vieil 
irlandais toland» et du gaélique «olann» (en latin «lana» pour *vlana, en 
grec Xt;vo;, en got. « wuUa » pour *\vulna, etc. Au sens figuré, nous avons 
aussi fianie, mou, paresseus, et flaniar, en français, emprunté aus dia- 
lectes, «flâner». 

FRAGA,0. Pour «braca «.Brisure, cassure, étoupe grossière, débris quel- 
conques. Et: fracar, briser; fracas et fracassar, passés dans le fran- 
çais (quoi qu'on ait dit, «fracasser» ne doit rien à Ttalien «fracassare», qui 
n'est qu'un emprunté, car l'italien n'a pas le formateur *fracare (il est vrai 
qu'on a imaginé un impossible *fra et «cassare » !). 

FRAPA, O. Ordinairement fraba, O. Pour *brapa. Déchirure, gue- 
nille (en ancien français «frape», même sens), de la racine brap, secondaire 
de brac, rompre. Et les verbes frapar ou frabar (en français « fraper», 
au sens étendu de doner des coups), et, afrabar, détériorer, briser; etc. 
('voyez «fripa»). Plus, des transposés : farba, guenille, farbala, O, grande 
guenille; farbalas, ensemble de guenilles, et, par ressemblance de forme, 
franges d'ornement (en français l'altéré «falbala», pour lequel Darmester et 
Thomas présument l'italien «faldella», pli d'habit (!), en patois nasalisé de 
Crémone et de Parme «frambala»); farbual, vieille barde; et f arbustel, 
persone mal vêtue. 

FRADA, O. Broussaille. Employé à l'augmentatif : fradassa, O. Avec 
diminutif fradassina, o. Mots du Limousin, venu de la racine brad, 
équivalente de brac et de breuc. 

FRASCA, O. Forme de «brasca ». Cassure, brisure (en français dialec- 
tal «frûche», branche coupée ou brisée, au pluriel choses bousculées ou 
cassées par un home en ribote; en ancien français «fraische», même sens, 
et en français actuel «frasque» au sens étendu de extravagance : «faire des 
frasques»). On donc l'italien «frasca» pour origine de nos mots et du fran- 
çais actuel, mais cet italien ne peut être qu'un frère ou un emprunté, car ce 
n'est surtout pas lui qui a pu produire «frâche» et «fraische». Et : fras- 
oar, égal ù «brascar», briser; etc. 

FRECHIVA, O. Pour *brcchiva. Terrain de brugues, jachère, en Li- 
mousin, etc. Avec augmentatif frechivas. De *breic qui est dans le français 
«friche» pour 'brichc, cité à l'article «bruga». 



— 03 — 

FiŒGAIi. Pour *br^al. Fragment de pierre, et pierre meulière. De la 
racine brec, secondaire de trac^ rompre, et non, quoi qu'en dise Mistral, 
du latin «frigidus», froid, dont il ne peut être question ici. 

FRESA, O. Pour *bresa. En français «fraise» (de reau, de mouton}. 
Et : fresar, friser, froisser, desfresar, démêler, etc. 

FR0N3. Pii, faus pli, froissure. El ; frouusir, égal au français «fron- 
cer», frounsidura, o, etc. Racine brud et brus, froisser, se reliant à 
brady rompre. 

FROUSTE. Pour *brouste. Qui n'est pas uni, qui présente quelque 
chose de froissé. Et : firoustÎT, rendre frouste, avec fréquentatif firouste- 
chSUT, etc. En ancien français, «froste», qui est en ruines, détruit. Cette 
signification se consene dans les .-Vlpes et fx*ustaP, heurter, détériorer, 
briser, ruiner, frustous, coûteus, ruineus. Même racine brud et brus que 
dans «frons», pli. Le latin n'a de cette racine, que «fruslum» : nos mots ne 
lui doivent rien. 



GA6A, O. Aus?i gava, o. Gorge, gosier : partie du corps qui reçoit 
les aliments. Mots venus de la racine gab et variante gJ^v, prendre, con- 
tenir, correspondant à «hab» du latin «habere», posséder, tenir (qui a doné 
le français «avoir»), et du germanique «haban», même sens. Et : gal>ar ou 
gavar, avaler, soit prendre (en français « gaver»), et, au passif, «se gabar », 
se rengorger, faire de l'importance fen français «se gober», de la forme 
radicale gob); gabache oa gavache. goulu, par dénigrement rustre, 
campagnard, montagnard (ce mot, au sens péjoré, s'est étendu jusqu'en 
Espagne); gabari ou gavari, jabot, gosier; gaboi ou gavot, même 
sens que «gabache» (en bas latin de 1268, «gavotus»); etc. 

GAJBALDANA, O. Nom de la perdrix bartavelle, dans les pays qui se 
trouvent en dessous du Gévaudan, perdrix des montagnes. D'un *gabaU~ 
tana, pour le sens, confrontez ledit mot «bartavelle», perdrix des lartes 
ou pays élevés. 

GABELlLA, o. Ea français «javelle». Proprement, poignée, prise. D'où 
gabelar et engabelar, mettre en javelles. Le français conser\-e «ga- 
belle » au sens de ancien droit sur le sel, sur les denrées, proprement per- 



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ceplion; d'où «gabelou», employé d'octroi. Rac. gab, taisir, prendre, re- 
cevoir. 

GABLE. En français «jable ». Rainure faite au bas des dougues d'un 
tonneau pour recevoir le fond. En bas latin «gabulum», pour celtique *ga- 
bulon. De la racine gab. Par contraction, on dit aussi «gaule». 

GADOULIA, O. Boue liquide. Et : gadouliar, patauger; gadou- 
lias, bourbier; etc. Racine vad, liquide, ici avec remplacement de v par ^. 

GAFA, O. Pour «gaba». Croc, harpon, chose servant à saisir, à tirer. 
Le français a le correspondant «gafe», mais nous avons en plus: gafar, 
saisir, prendre avec les dents ; gafari ou gafaire, qui aime à mordre ; 
gafoun, gond, crochet; etc. 

GANILLA, O. En français «guenille». Mois de la racine ^an et ^c/;, 
déchirer. Et parallèle ganipa, O, ordinairement réduit à nipa, O, par un 
intermédiaire *g"nipa, et signifiant, par extension, pièce de la garde robe de 
quelqu'un (pour la contraction, confrontez le lalin «nasci», «natura», 
«nosccre», pour *gnasci, *gnatura, *gnoscere, dont le ^ reparaît dans le 
composé « co-gnoscerc », mots de la racine distincte gan et gcn, secondai- 
rement gna, produire, engendrer), Et nipar, fournir de vclemenls. En 
français « nipe » et « niper » ; en ancien français, avec forme complète, « ga- 
niver», « ganiveter », déchirer, lacérer; en vendômois «ganivelle», mauvais 
merrain, mauvaises coupures de bois, et choses sans valeur, dans Paul 
Martellière. 

GANIR. Rendre faible, rendre débile, exténuer. Verbe inusité au sim- 
ple, mais dont nous conservons le composé aganir, même sens, et, au 
neutre, être fatigué à l'excès, épuisé de forces : « bailas me un ouret, ago- 
nisse de sabour», donez moi un chanleau de pain, je meurs de faim. En 
breton «gwan», faible, débile, «gwana», corrcspondanl de noire «ganir», 
en gallois « gwan », même sens que Tadjectif breton, et venant l'un et l'aa- 
tro d'un celtique *vannos, du sens exact de c blessé > ; aussi en gallois 
«gwân», piqûre, soit blessure. La racine, qui est van ou n'a« dans ces 
mots, a une variante en c dans le breton « gwenanen » et le gallois « gwc- 
nynen », abeille, soit la piquante, la blessante, et dcus autres variantes en 
u et en i dans le gothique « wunns », douleur, «vinnan», éprouver une 
douleur, et dans Palemand € wund », blessé. En irlandais «t en gaélique, le 
w est devenu / : c fann >, même sens que le breton «gwan ». 



— 55 — 

GARGA, O. En français «gorge», gosier. D'oij gargal et garga- 

na, o, même sens, gargata, o, fanon des bœufs (dans les dialectaus d'oïl 
«gargata», gorge); et autres dérivés. Rac. gar gï garg, crier. 

GARRA, O. Jambe. Mot venu de la variante gars de cars, courir, qui 
a doné à Toc «carre» ou «caiTi», au français «char», etc. D'où : gar- 
ral, boîLeus, qui traîne la garre; garret, en français «jarret» ; etc. 

GARRE. Aussi garri. ^îâle ardent, dans l'Isère, etc. Et garroun, 
matou. Confrontez le fr. «garron», mâle de la perdrix. Dérivés de ^ars et 
vars, élévation, supériorité, force, 

GARS. Mâle. Mot identique au français de même grafîe, et à «garre» de 
l'article qui précède. D'où garsoun, etc. Gonfr. le fr. «jars» pour *gars, 
mâle de l'oie. 

GARRIC. D'un premier sens de pays élevé, boisé, inculte; aujourd'hui, 
spécialement, chêne, en Auvergne, en Rouergue, en Bas Limousin, etc. 
(en bas latin « garricus », au premier sens). Et garriga, O, chênaie, et en 
même temps pays inculte (d'un féminin «garrica»). Le français a ce der- 
nier mot sous la forme «garigue», et l'on a, par une forme présumée gars, 
relié ce français à cars, être dur, du breton «karrec», rocher, du comique 
«carrag» et du vieil irlandais «carric», même sens, cités à l'article «caire», 
pierre. Il peut y avoir eu participation de cette racine, puisque nous avons 
un bas latin «garratus», caillou, et puisque l'arbre garric est un arbre dur, 
un bois dur des pays en question; mais Je crois surtout à la racine vars, élé- 
vation, avec remplacement ordinaire du v par g (confrontez, pour ce 
sens de élévation, étendu à celui de terrain inculte, «barrania », de l'article 
«barre»). Nous avons aussi: garrigal, même signification que «gar- 
riga»; garrigol ou garrigoun, petit chêne; et, particulièrement, trois 
mots qui paraissent confirmer plutôt la racine vars : garroussa, O, gesse, 
soit pois d'inférieure qualité, pois des champs, pois sauvage (en français 
«jarrousse»), garrousta, O, bois de petits arbres, de buissons, de ronces, 
terrain inculte et élevé, et, avec conservation de l's, garsina, O, même 
signification, ce dernier dans les Alpes, 

GA'UDA, O. pour *gauta, de gavata et gaoata. Récipient servant ordi- 
nairement pour le lait, jate (qui est lui même pour *gabate). Avec diminu- 
tif gaudella, o. 

GAULA, O. Gaule, verge. D'où gaular et gaulechar, gauler, gau- 



— 56 - 

ladis, choses abatucs. Origine : soit *gabuln, do la racine gib (confrontez 
le français «javelot» pour *gabelot, sorte de pique, de trait, l'irlandais 
«gabhla», lance, etc.); soit, plutôt, unj bas latin *vaula pour celtique valla, 
de la racine val et vcl (wal et Ji^el), fléchir. En ancien français « waule » et 
«waulle». Voyez «goualia». 

6AUNIA, O. Joue; proprement, partie creuse delà figure. D'où : gau- 
niar, faire des grimaces de figure, gaunias, jouflu, etc. Origine *gabania 
ou *gabiniay de la racine gab, ici au sens de contenir, ^'oyez « gauta». 

GAUTA, O. Jo;e (qui est lui même pour tjoude», «jaude», etc.); soit 
partie creuse de la figure, come cgaunia>. Dérivé d'un *gavita et gabita. 

GA'VA, O. Aujc. Et gaveta, o, petite auje de maçon servant à porter 
le mortier sur le dos ; en même temps petit récipient en bois, écuellc. Mots 
do la forme secondaire gau ou gav de gab. 

GENEG. Générateur. D'un *genaccos (le latin n'a pas *genacus), de la 
racine générale gen, enfanter, qui est dans genos,à\i vieil irlandais «gcin», 
naissance, fils, dans les noms Boduogenus pour Boduogcnos, Gamulogenus 
pour Gamulogenos, et autres, dans le breton tgenel», enfanter, etc. Aussi 
dans le latin «gi-gnere» pour *gi-genere, engendrer, «gens», famille, race, 
«natus», pour *gnalus et «genatus», né, «cognatus», parent, le grec Y-'^^ç, 
fils, et dans d'autres langues. 

GIBOULA, O. Tourbillon de neige. Et : giboular, d'où giboulada, 
o, ce dernier dans le français « giboulée ». Racine gi, hiver, froid, qui est 
aussi dans le breton «goam» et l'irlandais «gam» pour (précodent giatn), 
giamon, le mois de janvier, dans Tinscriplion de Goligny, dans le latin 
chiems», «hibernus», etc., ce dernier avec le même ^ que dans cgiboula». 
Nous avons aussi gibourna, O, parallèle de «giboula», cl dérivés. 

GIBRE. Identique au français cgivrc».Mol delà même racine que dans 
«giboula». Et : gibrar, faire du givre; etc. Dana quelques pays on dit 
gioure (avec prononciation ou de Vu ou v pour b), clc. 

GISPARRA. Mot cantalicn, de même signifiacation que «giboul«»et 
«gibourna », mais formé de dcus racinffs : ^/, hiver, froid, et s^ar, disper- 
ser, éparpiller, qui est aussi dans « csparnir », « esparrar », etc. .Avec verbo 
gisparrar, et autres dérivés. 



-57- 

GLAIRA, O. En français «glaire». L'un et l'autre pour un précédent 
celtique ^glaira, de la même racine glei et gleib, être visqueus, que dans 
le breton «glawren », et le gallois «glafoer» et «glyfoer», même sens de 
glaire, Talemand «kleben», se coller, le grecy\oiôq, glu, graisse visqueuse, le 
latin «glus » pour *glois, glu, «gluten», etc. Le latin «clarus», des Darmes- 
teter, ne vaut rien ici. Voyez « glesia ». 

GLENA, O. Poignée d'épis ramassés dans le champ. En français «glane» 
pour l'ancien «glène». D'un *gelena ou *gelenna, de gel, variante de kel 
qui a produit « cluec». Et dérivés glenar, français «glaner», etc. 

GLESIA, O. Aussi glesa, o. En français « glaise » pour *gleise, argile. 
De glitia, dérivé de glis, même signification, transmis par Isidore, et de la 
racine glei ei gli, être visqueus, de l'article «glaira». 

GOLSA, O. Aussi goulsa, O. En français «gousse». Envelope des 
pois, des fèves, etc. Ce mot est pour *bolsa, d'un *bolgsa et *bolgissa, di- 
minutif du bolga qui a produit « bouge », sac, et « bougette », bourse (pour 
la finale issa, confrontez les noms propres Aterissa, Elvissa, Garissa, et 
beaucoup d'autres). D'où : goulsar, oindre d'une gousse d'ail, etc. 

GOR. Abcès, furoncle, tumeur, pus. Mot identique au breton « gôr » de 
la même signification, dérivé de «gôr», chaleur. Voyez «gorma», *vorma, 
et confrontez le latin « formus», chaud, etc. 

GORG. Aussi gourg. Et féminin gourga,o. Endroit profond dans une 
rivière. Correspondant à « gorge» au sens de ravin, et verbe engourgar, 
employé au passif, s'enfoncer dans un gourg, en français «engorger», au 
sens de obslrucr un conduit. De gorg et gurg, var. de garg. Vovez 
«garga». 

GORMA, O. Aussi gourma, o. Identique à «borma», maladie, et au 
français « gourme». Avec adjectif gourmous, etc. 

GORSA, O. Terrain inculte, friche. Ce mot vient de la variante vors de 

vjri (confronlez « garric » pour *garsic, etc.). 

GOUALIA, O. ^'ergc, gaule. De même que pour ce dernier mot (gaule), 
deus origines se présentent ici : un possible '^o;/j//jr, et un probable *vallia, 
de la même racine val et vel [wal et wcl), fléchir, que dans le correspondant 
breton « gAvalen>. Et dérivés : goualiar, batre à coupa de gaule (en fray- 



— 58 — 

çais, sans le formateur, tgouailler», au sens faibli de se moquer de quel- 
qu'un) ; etc. 

GOUBIA, O. Sorte de ciseau de menuisier, de sabotier et autres ou- 
vriers, et dont la lame est plus ou moins courbée sur son plat et forme 
une sorte de bec. Du bas latin t gubia » pour celtique *^ulbia, d'un *gul- 
ba, bec, d'où aussi *^M/^a«os, aiguillon (irlandais «g-ulbu» et «gulban»). 
En gallois « gilb », bec et sorte d'outil à percer; etc. 

GOUDOUFE. Pour *boudoufe. Boufi ; et reflux que la glace fait faire 
à Taue dans les rivières, eu Haute Provence. Et goudoufar. Le mcnic 
g pour b est dans le français « goder » , boursoufler. 

GOUNA, O. Robe, long vêtement. En gallois «gwn »; en ancien fran- 
çais «gonne», «gone», dont il reste le dérivé «goniclion», envelope de 
certains objets. De gunna, à mon avis pour *gutna d'une variante gut de 
eut, couvrir, lequel au sens exact de petit abri, comparativement à ciita, 
cabane. Et gouiiel, avec féminin gounella, O (en italien un identique 
tgonnella», dans les dialectes d'oïl « gonellc »), et gounet, jupe, petite 
robe. 

GOURGOUL. Flot dun liquide qui bout, et bruit de ce flol. Mol se 
reliant à « gorga », ou, par remplacement des b par ^, à « bourba », « bour- 
bon », « bourboule », etc. Et gourgouliar, bouilloner. 

GOURRET. Bouvillon. Mot longuedocien, parallèle du cantaiien «bour- 
ret», mais venu par la forme archaïque gou, qui est aussi dans les dialectes 
d'oïl, « gouet», « goulin », etc. Et gourrin, même sens. 

GRANOULIA, O. Pour *garanoulia. Identique au contracté «gre- 
nouille», qui ne vient pas du présumé *ranacula des latinisants. Dérivé de 
la racine ^ar, crier, soit la crieusc (la même racine a produit aussi garanus 
ou *garanos , grue, de l'inscription t tarvos trigaranus » , du Musée de 
Cluny, et du sens propre de « nisciu crieur », et autres mots^. 

GRAU. Sable, gi'iiiii de sable. 1"]( fornu' icmiiiinc, plus répandue, 
grava, O. Le français a «grève» et quelques dérivés en a, «gravier», 
« gravelle », etc. ; mais nous avons en plus : gravaira ou gravièra, o, 
•ablière, promenade sablée ; gravous, sablcus ; etc. On dit aussi, avec /> 
pourv, «graba»,ctc. Racine (fr'ï, briser, le aablc considéré corne brisure, ainsi 
(Jue je l'ai déjà dit. La même raqino est dans le latin « granum », le galloi:^ 



-59- 

«grawn», le A'ieil irlandais tgran», le breton «greûn», grain, déjà cités. 
Pour les variantes, voyez € grès », sable, « gresa », grêle, et c grun », grain. 

GRAUC De la même signification que « crauc » : lande stérile, terrain 
cailloucus, et pouvant être une forme de ce mot, mais pouvant aussi parti- 
ciper de < grau », sable. Et féminin grauca. O. 

GRES. Aussi grese. Sable ; et pierre formée de l'agrégation de petits 
grains de sable. Mot identique au français « grès » et dénotant, à mon avis, 
un celtique *gridis ou *g}'edîs (en tout cas, Victor Henry, — plus raiso- 
nable que les Damesteter, qui vont toujours chercher le germanique, ordi- 
nairement simple frère, quelquefois même emprunte, — ^'icto^ Henry, 
dis je, relie le français e grès » au vieil irlandais «grian», au breton 
« grouan », au gallois « graian », sable, gravier, d'un équivalent *grianos ou 
neutre *grijnon]. D'où : gresal, terrain sableus ; gresari ou, francisé, 
gresier, le gésier ou sablier des oiseaus, etc. Voyez «grau», sable, 
«gresa », grêle, etc. 

GîŒSA, O. La grêle. Mot remplacé par le français « grêle ■ f avec a ou 
o final), d'un diminutif *grestla, mais resté dans grésil (le même en fran- 
çais) et dans le parallèle gresin. ^'oyez « grès » . 

GRESA, O. Tartre, gravelle, dépôt salin et sableus qui se forme ù l'in- 
térieur des tonneaus de vin. A'oyez « grès ». 

GROIL. Pour « broil », *broguil et *broqil (voyez l'article « broc », page 
34), Germe (du blé, etc.); proprement petite pointe; par extension, frai des 
poissons. Et grouliar, germer, et présenter lagitation confuse des jeunes 
poissons (en français «grouiller»). 

GUERCHE. Qui penche, qui est de travers ; et qui a les ieus louches. 
Mot dénotant *verticos ou *vertitos, de vert, tourner (confrontez le breton 
« gwerzid », fuseau, le gallois «gwerthydd», même sens, donés pour dé- 
rivés de *ver/i/os (en espagnol «guercho», en italien « guercio», même 
sens que «guerche»). Et : verbe guerchar, pencher, obliquer, fausser 
une aiguille, loucher, regarder du coin de l'œil; et diminutifs guerchoul 
et guerchoulin, petit contrefait, petit louche. 

GUERLE. Aussi guerlie. Même sens que « guerche », mais venant de 
*veirilos et *vein'lios, de la racine vei et vi (voyez « verlia > et « virar», et 
confrontez le uom bas latin Virilius, Si Guérie). D'où guerliar, etc. 



— 6o — 

GUINDOUL. Aussi guindoun. Cerise blanche (en totalité ou en 
partie). Diminutifs dérivés de vindos, blanc (dans Barrovindos, sommet 
blanc, etc.); en breton «f^'-wenn», en gallois «g-wyn», blanc (le français 
«guigne» vient dun féminin *vinnia, pour 'vindia, secondaire de vinda). 

GUINIAR. Regarder d'un œil, viser, lorgner. Et : guinia, o, coup 
d'œil oblique et action de viser d'un œil (en français < guigne », pour *guinie 
avec la même prononciation, passé au sens de mauvais sort jeté sur quel- 
qu'un par un home qui a, dit on, « le mauvais œil » (cette croyance a dû 
venir de l'Italie, au seizième siècle). Mot indiquant un bas latin *vinnia pour 
*vidnia, de la racine v/cf, voir, connaître, savoir, qui est aussi dans «druide», 
de druida ou *druvida. Avec diminutif guinioun (en français «guignon », 
au sens étendu : «avoir le guignon»). 

GUISARME. Javelot. Ordinairement altéré en «jusarme», et dérivé 
du celtique gais07î, latinisé en « gaesum », même sens de javelot ou sorte de 
lance. Les troupes gauloises dont cette arme était le caractère distinctif, les 
Gaisales, qui combataient nus, figurent dans l'histoire depuis 232 ans avant 
notre ère. 



IBE. Aussi ife. En français «if». D'un celtique zVos, dont un dérivé 
ivinos est dans le breton « ivin », même sens de if. Un précédent celtique 
était *cbos, d'où ehuros, dans l'irlandais « ibur», «ibar», aujourd'hui 
«iubhar», et les noms propres : Eburoialos, aujourd'hui Ebreuil, et autres. 
La racine est eb, odeur, parfum, enivrement. l'in latin «cbrius», ivre, en 
alcmand «eibc», if, etc. 



JOUG. Les barres sur lesquelles les poules se couchent. l'U : joucari 
jucher, employé au passif ; joucada, O, accouchée, soit alitée. En picard 
et autres dialectes, « joqucr » ou «jouqucr», coucher, se coucher, en par- 
lant des persones aussi bien que des j)oulcs et autres animaus. Le sens de la 
racine toc, en latin «iac» dans «iaccre» ou « jacerc >, est jeter; et celui de 
coucher, soit jeter par terre, est une extension, mais il n'a pas moins produit 
un Hccond vorbe en latin. Le premier sens s'est perdu chez nous, conic en 
français. 



— 6i 



LABRE. Coupure, tranche. On emploie ordinairement le nasalisé «lam- 
bre» (voyez ce mot); toutefois, on conserve les verbes deslabrar, en 
français < délabrer », et eslabrar, éventrer, ce dernier dans Tarrondisse- 
ment de Die, Racine lap, couper, fendre, qui est aussi dans le breton « lâb », 
pan d'étofe, autrefois « lap ». 

LA6A) O. Chacune des ailes de la charrue; soit chose qui écarte 
la terre (pour le sens, confrontez « esparradour », de l'article «esparra»). 
Et : lagar, étendre (en français « lag'uer » dans « élaguer », propre- 
ment doner de l'espace); et la9"U.et, délai (on dit aussi claguit», mais 
le verbe n'est pas *laguir). En picard, « layet » pour le même «laguet», délai. 
Racine lac et lag, être détendu, être large. La même dans l'irlandais «lace», 
le gallois «llac», large, d'un *laccos et *lagos, etc., la même aussi dans le 
latin «laxus», lâche, relâché, etc. 

LAGUI. Inquiétude, languison. Et : laguiar, faire languir (en latin, 
avec nasale, «languere», languir), laguious, indolent. Même racine que 
dans tlaga». 

LAI. Contracté pour *lagui, d'un *lao-ios, éloigné, distant, secon- 
daire de lagos, large. En français « là», dans «j'irai jusque là», «à quel- 
que temps de là», mot qui peut être distinct de «là», en cet endroit, 
doné corne venu du latin «illac». Avec un composé alai : « Anas alai», 
allez là. 

LAISA, O. Bord, lisière; largeur; le vide qui se trouve entre le toit et 
le côté intérieur du mur, sur lequel ne porte pas le toit ; etc. En français 
dialectal, «laise», bord de la mer qui reste à découvert à mai'ée basse. Rac. 
lais, être large, la même que dans les noms Laisocantos et Verlaisios, et 
que dans le composé français «alaiser», élargir, etc. 

LAMBRE. Forme nasalisée de «labre», mais au sens de gros morseau. 
Et : lambrar, couper, trancher; lambris, coupures, tranches. En fran- 
çais « lambel» et «lambeau », proprement déchirure, et «lambris», revête- 
ment fait en planchettes, soit en bois refendu, aminci. Voyez «lepe»et 
« lopa » . 

LANÇA, O. En français «lance». D'un celtique /a«c/a, cité parDiodore 
de Sicile : Xavy.ia, et passé dans le latin « lancea ». Nous avons, en plus du 



— 62 — 

dérivé lançar, on français « lancer », un fréquentatif lancechar, el lan- 
cis, les coups de lance que semble doner la foudre. Racine lanc, jeter, se 
jeter, qui est aussi dans le sanscrit «langh», sauter, l'irlandais «lingid*, 
saut, bond, etc. 

LANDA, O. Pacage ; proprement, étendue de pays. Le français a 
t lande», mais nous avons en plus : un auj^mcntalif laudas, un verbe 
landar, courir les landes, et un composé alandar, envoyer les bestiaus 
au pâturaj^e, à la lande. On dit aussi «alandar la porta», ouvrir la porte 
toute grande. Rac. land, espace. Aussi dans le germanique. 

LATA, O. Gaule, perche; petite pièce de bois, ordinairement plate. En 
français «latc», au second sens; en breton *\az», au même sens qu'en oc, el, 
avec préfixe, «goulaz». Et : latar, gauler, etc. Je me range à l'opinion de 
V. Henry, pour un celtique slata pour *splat-ta, d'une racine splat, fraper. 

LftEGA, O. Sorte de piège pour prendre les petits oiseaus, composée 
d'une pierre plate que des baguettes soutiennent inclinée et que le moindre 
mouvement fait tomber. Même origine *licca pour *plicca que dans le breton 
«lec'h», pierre plate, de la racine ^/ac et />/jc, qui est aussi dans le grec, 
Talemand, etc. 

LEGA, O. En français «lieue». De Icuga (pour *leuva), cité come étant 
l^aulois. 

LEMA, O. Un peu : « n'i a pas lema », il n'y en a pas du tout. Ce mot 
est pour *legma, de la racine leg et leng, être léger, qui est aussi dans le 
breton « lémel », retrancher, «lamm», bond, le vieil irlandais «leim», saut, 
pour précédents *leimm et "Icngmen, le latin devis» pour 'lehvis, 'legvis, 
léger, eto. 

LEMPA, O. Tranche de pain, de viande, D'une variante lep de lap qui 
est dans «labre» et dans «lambre» ou « lampre». Et lempar, couper par 
lempcs, lixupoun, petite tranche, etc. 

LEPE. Coupure, Et lepar, couper, amputer. Mots plus souvent em- 
ployés en composition : alepe, tronçon, et alepar ou alebar, mutiler. 
De la même variante en e de la racine lap que dans «lempn », 

I4G^A, o. Identique au franc. «lie«, sôdimcnt que le vin dépose au fond 



-63- 

des vases, bourbe d'un étang, etc. Et enligar, couvrir de lie. En breton 
clec'hit*. boae. sédiment, en vieil irlandais <lige>, dépôt, couche. 

Ii TMP A, O. Limon, bourbe. Et : limpar, glisser, en composition «e»- 
carlimpar». A mon avis, d'une forme lip de la racine lib et slib, glisser, qui 
est dans l'ancien breton «lim», le breton actuel <lemm>, tranchant, soit 
lisse, d'un celtique 'libmos, etc. 

LIS. Ausii lise. Plat, uni. On dit quelquefois clisse», sous l'influence 
probable de la forme française à ss. Et : lisar, unir, polir: etc. D'une 
forme en i de la même racine que dans « laisa». 

USA, O. Sable mouvant, dépôt de terre fine fait par les aues sur le bord 
des rivières. Et s'enlisar, s'enfoncer dans la vase ou dans le sable (eu 
français, sans le mot formateur 'lise, «s'enliser»). Voyez «liga». 

LISAHIA, O. Ordinairement francisé lisièra, O. Bord (d'une étofe, 
d'une forêt, etc.); proprement, qui fait largeur. D'un '/aisaria, de la même 
racine lais que dans «laisa». 

LISSA, O. Enclos; palissade. En français altéré «lice». D'un celtique 
de même grafie 'lissa pour *plissa, féminin du lissoSy pour 'plissas et 
'^/j/50J, du breton «lez», du vieil irlandais «liss», du gaélique «lios», jar- 
din, soit enclos, espace, de la racine plat et plit, qui est aussi dans litanos 
pour *plitanos du breton «lédan», large, le grec xXx:2VS7, platane, arbre 
qui s'étale, le latin «planta», partie plate du pied, etc. et qui est une paral- 
lèle de celle en c qui nous a doné « leca », pierre plate. 

LOPA, O. Aussi loba et louba, o. Grande sie. Et : loupar ou 
loubar, sier les troncs d'arbres ; lope ou loupe, coupure, tronçon (le 
français n'a que le diminutif «lopin»); etc. En bas lat. «lopare». couper. 
Rac. lop, forme de lep et de lap. Voyez «labre» et «lepe». 

LOUFIA, O. Vesse. Et loufiar, vesser. Racine lop et lup, puer, qui 
est aussi dans luernos pour 'lupernos, du breton «clouarn», renard, bête 
puante, dans les dialectaus d'oïl «louot», rat, «louette », vermine, pou, le 
breton «louen», même sens de pou, et «louezaé», punaise. 

LUGAR, luire; voir, fixer du regard (ces deus derniers sens se reliant à 
celui de lumière). Et : lucari ou lucaire, lorgneur; lucie, aussi lou- 
cie et liouce, éclair (en gallois «llug». xlarté, en noms propres gaulois 



-64- 

Leucetios, Loucetios, surnom du dieu Mars, Lcucimalacos, autre surnom du 
même Dieu, avec le sens de digne de louange par son éclat, selon Ernault, 
Leucimara, nom de femme signifiant très brillante, etc.); luciar ou lou- 
ciar, faire des éclairs ; lugre, œil, lugrar, regarder avec soin; etc. Ra- 
cine générale leuc, loue, lue. 

M 

MAGAR. Meurtrir, fouler. En breton «mac'ha», fouler ans pieds, en 
français «maquer», au sens spécialisé de briser le chanvre, et « mâcher», 
dans lequel est xcni se fondre le dérivé de « masticarc». Racine mac, fraper, 
fouler. Et dérivés : maca, O, marteau, broie; un second maca, O, meur- 
trissure, contusion, empreinte laissée par une meurtrissure; macarel, en 
français e maquereau», poisson tacheté; macel, ordinairement mazel, 
abatoir, lieu où Ton tue les animaus (en bas latin «macellum»); macelar 
ou mazelar, abatre, tuer, et, en terme de boulanger, former le pain quand 
il est en pâte, verbe fréquentatif; machar, chuinté de «macar», dans les 
pays montagneus, et quelquefois dans d'autres, sous Tinfluence propable du 
français c mâcher», d'où machouniar et machucar, fréquentatifs; ma- 
choula, bout noueus d'un bâton, d'un gourdin : macrous, tacheté de 
points de rousseur; etc. Le latin a un diminutif «macula », tache, mais c'est 
un mot emprunté au celtique, car les formateurs *maca et *niacare n'existent 
pas en latin. 

MAISE. Doux, paisible, bon. Mot ordinairement employé en parlant 
des animaus, et dérivé du même *matis que dans le breton et le gallois 
«mat», aujourd'hui «mad», bon, l'irlandais «maith», même sens, le nom 
gaulois Matidomnus, etc. On a présumé, pour ces derniers, un sens propre 
de proportioné, bien composé, et la racine ma, mesurer; mais je crois plutôt 
à une racine particulière mat, du sens de être doux. Et amaisar, apaiser, 
caresser un animal. 

MAISSA, O. Mâchoire. Ce mot dénote un précédent celtique *mactia, 
de la même racine que «macar». Le latin correspondant était «mala», pour 
*mac-la et *mac-ela (confrontez «palus» pour *pag-lu8 et "pag-elus, pieu, 
d'où « paxillus »). 

MALUG. Os proéminent de la hanche, chez le bœuf et autres animaus; 
proprement, jointure, les malucs formant séparation entre l'arrière et le 
ventre. Ce mot dénote un précédent 'malueos, qui se relie au comique 
« mal », même sens de jointure, au grec jxiXoff» membre, et au breton « mell », 



— 65 — 

articulation, vertèbre, ce dernier dérivant d'un 'mehis ou *melsos, de la ra- 
cine mal et mel, ajuster. 

MALVAS. Aussi madvat. En français c mauvais». De précédents *mal- 
vatios et "malvatos, dérivés d'un "malvos, mou, faible, dont le féminin est 
pris substantivement dans le latin cmalva», la mauve, plante douce, émol- 
liente. Même racine mal et mol, être mou, que dans le gallois tmall», mou, 
du 'malvos cité ci dessus, le breton «mallc'heot >, jusquiame, plante molle, 
le latin «mollis» pour *molvis, etc. Pour le sens de «malvas» et «malvat», 
confrontez « les fruits bons et les fruits mauvais», les fruits intacts et les 
fruits devenus mous, les fruits avariés; la signification de méchant n'est 
qu'une extension, come, d'ailleurs, celle de «agressif, porté à faire du mal », 
qu'a le dit mot «méchant», pour «meschéant», primitivement qui arrive mal, 
qui échoit mal. Et dérivés malvasia et malvadessa, O, ce dernier d'un 
malvatitia. Nos pères ont eu une déesse topique Malvisia, qui pouvait être 
la déesse de la douceur ou de la mollesse en amour. Je vois, dans le 
latin < malus » , mauvais, la même extension de sens que dans « malvas > , 
car la forme osque est « mallus » , et celle ci dénote une précédente *malvus, 
comparable à 'molvis, archaïque de «mollis», et comparable au celtique 
malvGS : «malus» a dû, d'abord, signifier mou, amolli, avarié, ou a dû être 
emprunté au vieu celtique avec le seul sens étendu. 

M AND A VELLA, O. En français « manivelle ». Billot servante tourner 
le moulinet dune charrette. Racine man, tordre, tourner, qui est aussi dans 
le grec jAavvcr, bracelet, collier, et, par une forme en o, dans *monicia, de 
l'irlandais « muince » . Voyez « mandre » . 

MANDIŒ. Ordinairement au diminutif, mandrin (le même en fran- 
çais}. Tourillon, axe, pièce sur laquelle les tourneurs assujétissent les ou- 
vrages qui ne peuvent être fixés entre les pointes, et pièce qu'on place dans 
les objets creus quand on les travaille, proprement chose qui tourne ; avec 
parallèle mandril, douille d'un outil, virole. Plus, un second mandre, 
rusé, agissant par détours, substantivement renard; avec féminin man- 
dra, o, martre, dans l'Hérault et autres départements, en même temps que 
femelle du renard ailleurs, diminutif mandroun, petit rusé et petit renard, 
etc. Même racine que dans « mandavella». 

MANIGAIRA, O. Aussi maniguièra, o. Treillage, enceinte de bran- 
ches pour arrêter le poisson dans les étangs. Même racine man, tordre, 
tresser, que dans « mandavella » et « mandre » . 



— 66 — 

MARFI, prononcé avec l'accenl sur l'a.Pûleur cl engourdissement causés 
par le froid : avoir «marfi» aus doigts, aus mains. A mon avis dérivé d'un 
neutre *marvion, de *marvios, blême, pâle, qui est un secondaire de marvos, 
mort, resté dans le breton * marv » et « maro» (en moyen breton tmarf», 
avec le même/que dans tmarli», le gallois «marw » et l'irlandais «marbh». 
Et : xnarûr, flétrir, mortifier ; marûeira, O, pâleur produite par la 
peur (cdounar la marfieira», en français populaire cdoner la frousse»). 

MARLA, O. En ancien français «marie». L'un et l'autre d'un ma}'gula. 
En français actuel «marne», soit par altération, soit qu'un parallèle *mar- 
guna ait prévalu. En tout cas, diminutif du celtique marga, terre grasse, 
argile, mot transmis par Pline et qui se retrouve dans le breton '<marg». 
D'où marlous, marneus, etc. 

MARRA, O. Auje d'un moulin à uilc, dans laquelle la meule écrase les 
noix, etc. Mot assimilé pour *matra, de mat, fraper, fouler (voyez «matar» 
et, pour l'assimilation, confrontez l'adjectif «bourre», gros, pour *boutre, 
etc.). 

MARRE. Sommet de montagne; sommet d'arbre, spécialement grosse 
branche; et, par analogie, chacune des quatres parties de la noix. Mot ca- 
durcien et bas limousin, venu d'un dialectal *marros, forme de *barros du 
breton tbarr» (aussi dans l'irlandais, le gallois et le gaélique), et dont la 
forme féminine nous a donné «barre», branche. Pour Vm égalant le b, con- 
frontez les dérivés des racines bac et mac, batre, bac et mac, nourrir, bar 
et mar, liquide, bec et mec, pointe, bic et mie, petit, et autres. Dans la pro- 
nonciation ordinaire, «marre» s'est réduit à emar» (tun mar de garric», 
etc.), come le breton cité s'est réduit à «bâr», mais les rr se conservent 
dans l'équivalent emorre» ou e mourre» (voyez ce mot). Nous avons aussi : 
niarrôl, rouleau de bois, tronçon, soit petit marre (confrontez «barrel », 
ffançais «barreau», diminutif de «barre»); et un autre dérivé, marran, 
leflre, talus, particulièrement la petite éminence formée par la descente des 
.erres au fond des labours, dans les pentes, mot venu d'un *marranoSy égal à 
bârranos, terrain escarpé. 

MASSA, O. Mot identique au français «masse», gros marteau. D'un 
*matta, de mat, fraper. En plus do xnassar et de massuoa, o, qui sont 
dans le français «masser» et «massue» (en bas latin deus formes, «massu- 
via » et «massuca», pour *mattuvia et *mattuca), nous avons : massol^ 
marteau, et un verbe xnassucar, employé au sens de marteler maladroite- 
ment, doner de faus coups ù un ouvrage, en écraser telles parties, en même 
temps qu'au sens de doner des coups de massue; etc. 



MATAR. Fraper; (uer; spécialement abaire le bétail à la boucherie: et, 
corne son parallèle «macar». fouler, aussi pétrir et rendre compacte. 
D'où : matadour, abatoir; matai, égal à tbatal», marteau de cloche; 
ua second matai, flèche, en Guvenne; matras pour *matcirû5, ancien nom 
des javelots, dards et ilèchgg, aujourd'hui trait pesant d'arbalète, mot égal à 
mataris, arme de trait gauloise ; matucar ( « fruch matucat», fruit meur- 
tri: ; etc. Racine mat, parallèle de bât^ de tbatre». Au sens de fouler, ren- 
dre compacte, j'ajoute : matalas, en français c matelas», couche de laine 
compacte, serrée, du bas latin «matelasgium», altéré de tmataralium» (en 
terme plaisant, le matelas est dit quelquefois acoumbadour », soit chose 
sur laquelle on presse). J'ajoute mat ou mate, fatigué, moralement abata, 
triste, et flétri, fané, en parlant des plantes, adjectif participai qui, quoi 
qu'on dise, ne doit rien aU persan cmal», mort, lequel persan est simple- 
ment de même racine. 

M£C. Confus, hônteus, niais, stupide. Mot dénotant un *meccos, d'une 
racine mec et met, être en défaut, manquer, dont la première forme a pro- 
duit aussi le substantif *mecca du breton de Vanes «mec'h», honte, pudeur, 
et dont la seconde est dans le breton tmez» pour l'ancien cmezz», même 
signification. Avec un dérivé luecan, persone sans expression. Je relie à 
la même racine un second mec, assoupissement, soit état stupide, d'où 
mecar, s'assoupir sur un siège. 

MÊGA, O. Identique au français «mèche», pointe de tarière ou autre 
outil ; bout de cordon d'une lampe, par extension le cordon lui même. Avec 
diminutif mecot (en français «mégot»}, verbe mecar, trouer avec une 
mèche, faire entrer dans un toneau la vapeur du soufre avec une mèche, etc. 
Rac. mec, équivalente de bec, pointe. 

M£GA, O. Morve qui pend au nez des petits enfants quand ils ont besoin 
d'être mouchés. Soit identique à «meca», pointe, par comparaison avec le 
bout du cordon d'une chandèle; soit forme féminine du 'meccos ou 'mec- 
cios qui se trouve dans le breton «mic'hi», morve, d'une racine meic, paral- 
lèle de mette, de «moue». Et mecous, mor\eus. 

MEDE. Hydromel. Identique au breton «raez» pour précédent «mèd», 
au comique tmed», au gallois «medd», etc. D'un celtique *m«Ju. En 
sanscrit «madhu», miel, liqueur douce et enivrante; en grec iJie6u,vin; en 
alemand «met», hydt-omel, etc. 

MÊGUE. Pour 'mesgue. Pétillait. Et mergue, dans quelques pavs. Ëo 



— 68 — 

irlandais «medg», en gallois t meidd», en ancien français «mègue», donés 
par Dottin et Henry corne venus d'un mesga. 

MEINA, O. Identique au français tmine», lieu où se forment les xaé- 
taus. Nous avons pour dérivés particuliers : meinada, O, filon de mine ; 
meinian, chaudronier, proprement ouvrier en métal (en breton «minter» 
pour *meiniter, même sens de chaudronier; en oïl «magnin», « meignen » 
etc.; en italien cmagnano» pour *maniano, probablement emprunté à un 
altéré nôtre, « magnan»); etc. Racine mei, métal (en vieil irlandais tmeinn»» 
même signification de métal), aussi smei, dans l'anglais «smilh», forgeron, 
etc. 

MEINE. Petit, mince. D'un *minîs, de la racine min, secondaire de mi, 
laquelle est aussi dans le breton « minvik », miette, le comique tminow», 
menu, l'irlandais emin», délicat, dans le latin cminor», moindre, «minus», 
moins, «minuere», diminuer, le grec txivjciv, même sens, et dans d'autres 
langues. D'où : meinar, correspondant à «minuere» et [xivjsiv («lou vent 
meina», le vent diminue, s'abat, en terme de marine) ; meinet, diminutif 
employé ordinairement au sens secondaire de gentil, en parlant d'un petit 
enfant ou d'un petit objet agréable à voir, avec parallèles meinot et mei- 
noun, ce dernier correspondant au français « mignon » (qui devrait cire 
grafié «minion»). Par un *minicos, diminutif de *minis, nous avons : me- 
nic, mince, menu, d'où menicar ou menigar, fendre mince, briser 
menu, et autres dérivés (le vieu latin avait aussi minis, d'où «minister», 
dans Bréal et Bailly). Nous avons aussi meDina, O, terme d'amitié donéà 
l'aïeule (dans quelques dialectes, poupée); etc. Plus : un composé amei- 
nar, diminuer, réduire; et deus composés et contractés : amencar ou 
amengar, spécialement rendre mince (confrontez ce français «mince», 
contracté d'un *minice, venu du même *minicos que noire oc « menic»), et 
COUmencar, faire la pointe, la première partie d'un ouvrage (en fran- 
çais «commencer»), forme que j'ai moi même entendue chez les vieillards 
des montagnes du Cantal (l'altérée «coumençar» est due au français, qui, 
come notre mot, ne doit rien au «cum iniliare» des latinisante). 

MENT A, O. Kn français «menthe». Mot d'origine gauloise, d'après 
Apulée. Passa dans le latin, et, de là, par emprunt savant, selon Dottin, 
dans les langues celtiques : gaélique «mcannd», breton «ment», etc. 

M£S. Préfixe, dans un certain nombre de mots, où on le place pour les 
péjorer : mesbatar, mal adapter la bride d'un sabot, mesbessar ou 
mescabessar, mal labourer, ne pas faire les sillons droits, etc. Origine 



-69- 

mis, chose contraire, mauvaise, qui est aussi dans le latin «miser», maleu- 
reus, et dans d'autres langues. A'oyez «bes». 

MICA, O. Petite fraction; aussi petite boule de farine cuite dans le 
bouillon, et petit pain de farine fine (en français «miche», au dernier sens). 
Avec diminutifs micola, O et autres (en français «miette», pour *mi- 
guette et *miquette), verbe micar, émier, émietter, etc. Racine mïc, par- 
lèle de min, et également secondaire de mi, laquelle mie a produit la va- 
riante particulière tic. Le latin n'a que «mica», tandis que nous avons en oc 
et en oïl, toute une famille, avec des nomsdhommcs Miquet, Micon, Micot, 
d'autres avec^ : Miguet, Migon, Migot, et d'autres contractés : Miet, Mion, 
Miot, du sens de petit. L'oïl a aussi «mioche», pour *migoche et *micoche, 
formé avec la finale ocos, et du sens de «tout petit». Nous avons, pour 
« mica», le même emploi que pour le français «mie » («nia pas mica», il n'y 
en a pas mie, il n'y en a pas une miette). 

MINA, O. Figure, minois. Modifié de *meina, sous Tinfluence du fran- 
çais identique «mine», et du sens exact de partie gentille du corps. 

MOCA, O, Aussi mouca, o. Bloc de bois percé d'un trou par lequel on 
passe un cordage; pi'oprement, chose ronde. En Guyenne, écuelle de terre et 
grand gobelet (confrontez le français «pot», également chose ronde). En 
Poitou, en Saintonge, en Normandie, etc, «moque», même sens de écuelle 
et gobelet. Dans l'FIérauIt, un dérivé moucarda, O, boule à jouer. Racine 
moc, être gros, égale à toc de «bocha», boule, «bosc», etc. 

MORBjEj. Aussi mourre. Nez, museau. Dune variante mors de mars, 
élévation, pointe (voyez «marre»), le nez, particulièrement celui des ani- 
maus, étant considéré come partie avançante, come pointe. D'où : mour- 
rai, muselière ou poche dans laquelle on done la ration d'avoine à un che- 
val; mourraliar, mettre le mourrai, au passif se barbouiller le nez, la 
figure («cara mourraliada», figure noircie, «feda mourraliada », brebis 
blanche dont le museau est noir) ; mourrechar, montrer le nez ; mour- 
regar ou, contracté, mourgar, regarder fixement quelqu'un, braver 
d'un air fier et menaçant, avec substantif verbal mourga, O, action de 
regarder fixement ou de braver quelqu'un (en français «morgue», au même 
sens : «avoir de la morgae», et à celui de endroit oiî l'on examine les pri- 
Boniers qu'on écroue et les corps morts dont la justice est saisie); mour- 
roun, diminutif de «mourre», ordinairement employé au sens de joli petit 
nez, joli minois; amourrar, faire baisser le nez jusqu'à terre, au passif 
tomber la face contre terre; etc. En espagnol «morra», tête; en français, 



seulement des dérivés : cmoraille» pour tmorraille», «morgue», déjà cité, 
et autres, pour lesquels on est allé chercher un danois «moerk», éteint, et 
autres impossibilités. 

MOTA, O. Petite émlnonce ds terre. Le français a ce mot, mais nous 
avons, en plus, un composé camota, O, grosse mole dans les prairies; etc. 
Rac. mot, enfler, être gros. 

MOUS. Obtus. En français « mousse» («outil mousse », outil non pointu 
ou non tranchant, soit outil gros). D'un *muccîos ou *muttios, d'une va- 
riante en u de rnoc ou mot, être gros (conlV. les ss de «bossa», etc.). D'où 
moussar, en français « émousser», et un composé camous, pour *cat- 
mous, en français « camus », nez court, obtus, et home qui a le nez court 
(le latin « camurus », donc pour origine, est étranger ici). 

MUS. Ne/. En bas latin «musus» pour précédent *w«505, de la racine 
bus et mus, lèvre, museau (en irlandais et en gaélique «bus », lèvre, «busag», 
un baiser; dans des inscriptions, Busumarus, Bussumarus, pour Busuma- 
ro3 et Bussumaros, surnoms signifiant : qui a de grandes lèvres ou un gros 
mus. Le français n'emploie que le dimin. « museau », pour l'ancien musel, 
resté en oc, d'où «museler», en oc muselar , etc. Nous avons aussi 
mussidar, renifler, d'un précédent *mussilare, venu d'un parallèle *mus- 
sûS (confrontez ss de Bussumarus). 

N 

NAU. Bateau, et auje (de moulin à foulon, etc.). D'un *navà ou *ftavis, 
ce dernier également dans le latin. Racine nav, liquide, secondairement 
baigner, plonger, qui est aussi dans Pirlandais «nau», navire, le sanscrit 
«naus», le grec vaiiç, etc. Pour le double sens de bateau et de auje, réci- 
pientd'aue, confrontez «bac», de la racine équivalente, lequel signifie éga- 
lement bateau et récipient. Et nauca, O, petite auje, d'un *navica, 
naU9llC, navigable, d'un navencos, mois qui ne doivent rien au latin. J'a- 
joute un autre mot de même racine : nauda, O, marc d'aue, sol gras et 
humide cultivé en prairie, et terrain bas qui est inondé dans les déborde- 
ments (en bas latin, même gralie nauda, pour *nauoda et *navoda, en fran- 
çais « noue»). 

NOCH. Aussi nuech. Pour *nocf. En français « nuit ». Origine : celti- 
que 'noctis, également resté dans le breton «nor. », le gallois «nos», etc. 
(même racine, nac, nec, noc, être contraire, mauvais, dans le sanscrit et le 



- 71 — 

lithuanien cnaktis», nuit, le latin «nox», le jrec vjr, même sens, le rieil 
irlandais «in-noct», cette nuit, et dans d'autres langues}. La preuve de 
cette origine, excluant le latin cnox», est dans le dérivé anocll ou 
anuech, du sens de « aujourd'hui » (le même dans l'oïl € aneut » et autres 
formes), sens qui remonte à une époque antérieure à l'invasion romaine, 
nos pères les Celtes comptant le temps par nuits (Commentaires de César, 
liv. 6, ch. 18), soit à cause d'un ancien chef, soit à cause d'un dieu. Les Ro- 
mains comptaient le temps par jours, et, par conséquent, nos mots ne doi- 
vent rien au latin. Nous avons aussi : nucliola ou nucllOUla, chouette, 
en Auvergne, et hibou, à Nice, en tout cas oiseau de nuit. 

NOVI. Jeune marié. Et féminin novia, O. De novios et noma, nou- 
veau, nouvelle (en nom propre, Noviodunum; en latin «novus », cnova», 
en grec véc^ pour vîFst, etc.). Et dérivé nouvial, nuptial (« moun capcl 
nouvial ■). 



OR£!. Aussi oure. Bord. Et dérives : ouret, chanteau, petite tranche 
du bord d'un pain (en dialectes d'oïl «orson», même sens, et « oriol », por- 
che, autour d'une maison); ourieira, O, lisière d'un bois, d'un champ, 
ourle, diminutif, d'où ourlet et ourlar, dont le français a les formes 
correspondantes. Rac. or, d'où aussi l'ancien breton torion», devenu «or^, 
etc. Le latin n'a que < ora ». 

OULCA, O. Aussi oucha, o, pour *oulcha, o, et avec prononciation ou 
de Vu, qui a amené une fausse graGe caucha, o». Mol identique au français 
dialectal «ouche», terre fertile ordinairement cultivée en jardin. Du celti- 
qne olca, parent du grec ûXaç, accusatif poétique wXxa, sillon, rayon. 



PAG. Faisceau. En bas latin « paccus», pour gaulois méridional */jcro^, 
monté plus tard dans le breton € pak ». Et dérivés : pacot, petit faisceau, 
d'où pacoutilia, o, passé dans le français; paqet, qui est aussi dans le 
français ; empacar, lier, réunir en faisceau ; etc. Rac. pae, plier, sens se- 
condaire de courber, et se reliant à bac (voyez c baga ») 

PATiAFRFiD. Et, fautivement, palabre. En français c palefroi », pour 
précédent <palefreid». De < palafredus » , « parafredus », pour latin «para- 
vereduï », cheval de trait, cheval de renfort, lequel latin était la reproduc- 



— 72 — 

tion altérée d'un celtique *paravoredos (probablement cisalpin, puisque 
avec conservation du p du préfixe, corne dans le grec r.x^i^ auprès), et le- 
quel celtique dérivait de vo, wo,uo pour *upo, sous (en sanscrit tupa», en 
latin «s-ub», en grec 6~ô en got. eul"») aujourd'hui en breton tgw», en 
gallois «guo», «go», et de reJos, coureur, *vorcdos devenu en gallois « go- 
rwydd », coursier, et, en alemand, «parafrii», «parfrit» et «pferd». Ra- 
cine rt/, courir, qui est aussi dans le breton «rcd», cours, course, le gal- 
lois «rhed», course, «rhedu», courir, le vieil irlandais «rethim», je cours 
(d'un celtique *reto), dans reda, char à quatre roues (qui fui adopte par les 
Romains, dès le premier siècle avant noire ère), et autres mots, laquelle ra- 
cine avec forme en /dans «riLum» pour *riion, de « petorrilum», égale- 
ment char à quatre roues (adopte aussi par les Romains (la première partie 
de ce moi, pctor, correspondant au latin « quatuor »), et avec forme en o 
dans l'irlandais «roth», le breton «rôd», donés come venus d'un précédent 
rota, roue, égal au latin de même grafie, dans Rotomagos, aujourd'hui 
Rouen, etc. 

PEC Aussi pic Formes, parliculièremont méridionales, de «beciet 
«bic», pointe, avec le sens spécial de mont pointu, «pic» également au 
sens de outil pointu, come le français de même gratie, emprunté à nos dia- 
lectes. Origine : *peccos et *piccos, pour *peicos, de la racine pcic, forme 
de ^czc. Et dérivés : pécari ou, chuinté, pechari, cruche à bec (en bas 
latin «picarium», égal à « bicarium » du même sens, des départements du 
Nord; pegal ou pegau, pour *pecal ou *pecau, même signification de 
cruche à bec (cette cruche sert particulièrement aus ouvriers des champs, 
qui boivent à même) : pica, O, pique, avec une forme piga^ O, au sens 
spécial de dent de râteau ou de fourche, et quelquefois contracté en « pia, 
o»;picadour, «piqueur», et autres dont le français possède les corres- 
pondants ; picadis, ensemble de piqûres, et piquement fréquent du mar- 
teau du chaudronicr et autres ouvriers; picota, O, clavelée, maladie de 
certains animaus; picoun, pieu, étai, pied de table; un contracté pioun, 
pour *pigoun et *picoun, rougeole et petite vérole; etc. Une autre forme de 
«pec», montagne pointue, est pech, d'où les noms d'homes Pech et Dcl- 
pech, venus des noms de lieus. Et une autre forme de la racine est pcuc, 
avec variante en u dans notre parallèle puc, aussi puch et puech, 
francisé en «pui» pour *puic, et fautivement grafié «puy»; la mémo va- 
riante en u dans le lalin « pugnus», poing, soit extrémité (du bras, pour le 
combat ordinaire, le combat sans armes), et le nasalisé «pungere», piquer, 
faire pointe, avec ses dérivés «puucta», «punclum», etc. Je rejette le «po- 
dium» de mes devanciers, sorte de balcon, particulièrement dans un théâ- 
tre, place réservée à Tcmporcur, aus magistrats cl aus vestales, mol qui 



— 73 — 

n'aurait paa pu former notre «pue», d'ailleurs confirmé par un augmentatif 
pugald ou pugaud. 

PENNA, O. Crête de montagne, comble d'édifice. D'un celtique de 
même forme. En breton cpenn», tête, sommet, mais au masculin, d'un 
tennos; en français un dérivé «pennin», dans «Alpes pennines » ; etc. Et 
empenuar, employé au passif, monter sur une crête de montagne. Rac. 
pent, archaïque cent, extrémité. 

PETA, O. Pièce, coupure. De la racine pet, quantième, pour une pré- 
cédente qet ; en breton «pet», combien, en latin «quot», «quotus» ; etc. 
Ce mot « peta » a été remplacé par pessa, O, pour *petia (sous l'influence 
possible du français «pièce», d'un bas latin altéré «pecia»), d'où pesse- 
gar, mettre en pièces; mais se retrouve dans un certain nombre de déri- 
vés : petas, coupure (d'étofe, de cuivre, etc.), servant à ravauder, petas- 
sar, mettre une pièce à un vêtement, à un chaudron, à un soulier, etc., 
avec fréquentatif petassechar, faire de petites réparations inutiles, et 
autres dérivés (le français n'a que «rapetasser»); plus une forme ouverte 
pata pour *peta, même sens que « pelas» et en même temps chifon (con- 
frontez la forme ouverte «banna» de «benna», etc.), d'où patar et pata- 
liar, s'occuper de chifons, exnpatar, enveloper de pièces de linge un 
membre malade, etc. 

PETIOT. Aussi petioun (confrontez le nom d'home Pétion). Mais or- 
dinairement chuintes en pedhiot, pichot. Parallèles du français «petit», 
et venus de pet, quantième, come «peta», pièce. Et diminutifs piohOU- 
toun, pichounet, pichounel, et autres. 

PINGA, O. Nasalisé de «pica», pince, pointe; le devant du fer d'un 
cheval ; étai planté en terre ; etc. Et : pincar, pincer, étayer, au passif se 
camper sur ses jambes, raidir les jambes pour soutenir un fardeau (on dit 
aussi « s'apincar») ; pencigar, aussi pençugar, spécialement pincer la 
peau ; etc. 

POCA, O. En français «poche». L'un et l'autre de la racine ^oc, forme 
de boc, enfler, être gros. Et variante pocha, O, peut être due au français. 
Avec diminutif pouchet, masculin de «pochette», spécialement gousset 
de gilet. 

POT. Ordinairement au féminin, pota, O. Lèvre, soit partie renflée. De 
*pûitos et *potta, formes particulièrement méridionales de bottas et botta, 



— 74 - 

de la racine lH>t et pot ^ variante de boc et poc. D'où ; poutarra, O, grosse 
lèvre; poutegar, bouder, faire la moue, grossir les lèvres («bouder» 
vient de bot, et « moue », pour *moude et *moute, de Téquivalente mot) ; pou- 
tet et potitot, petite lèvre, avec leurs fémiains ; poutiuiar, même sens 
que «poutegar»; poutouu, un baiser, soit une pose des lèvres ou potes, 
d'où poutounar, etc. 

POULIA, O. Remontrance, reproche ; sens étendu de celui de recom- 
mandation, instruction. Même origine que le breton «poell», prudence, 
raison, le gallois «pwyll», intelligence, et, avec c ou g celtique ancien, le 
vieil irlandais « ciall », d'un *qet-sla, de la racine qi^ comprendre (en sans- 
crit «cilta», pensée, «ketu», signe de reconnaissance, en got. «haidus», 
manière, espèce, etc., mots reliés par V. Henry). Et pouliar, faire des 
remontrances. 



RAG. Dans l'expression «rac à rac» (en français «rie à rie»). Coup de 
grife ; chose faite d'un seul coup ; par extension, chose faite exactement. 
D'une racine rac, grifer, creuser et enlever avec les grifes ; secondairement^ 
creuser des raies quelconques ou sillons. Cette racine est aussi : dans le 
français «rainer» pour *rflguiner, faire de petits sillons sur le bois, d'où 
«rainure» ; dans le breton vanetais «rac'ha», peler, soit racler, et «rac'h», 
qui a le poil ras ; dans le dialectal du Centre «raquin », même sens de « qui 
a le poil ras», etc. Un substantif féminin raca, O, pour précédent *racca, 
gale, teigne, soit maladie gratante, qui oblige à agir des ongles (nous em- 
ployons plus souvent le secondaire « rasca, o » (voyez ce mot, et confrontez, 
pour le sens de gale et teigne, le latin « scabies », aspérité et gale, dérivé de 
« scabere », graler, de la racine scab, grife). Un second féminin raca, O, 
grape vide, soit grape dont on a enlevé les grains, grape raclée, en même 
temps marc du raisin, reste de la grape qui a été pressée, et rebut quel- 
conque. Le verbe racar, rftcler, enlever les grains d'une grape (l'ancien 
français est « racler », pour *raqueler, sans Vs du postérieur « rascler », dû 
à l'influence de l'oc contracté «rasclar» (voyez «rasca»). Des dérivés : ra- 
Calia, o, ensemble de rebuts, de déchets (en français «racaille», la lie du 
peuple) ; racaliar, tamiser le blé, lui enlever ses j)ellicules ; raoouSf 
maladif, amaigri par la consomption ; raqot, son de la farine et en\ clopc 
du grain que le tamis retient. 

RAI. Pour *raid. Ordinaire, régulier, dans les expressions «à rai», à 
l'ordinaire, et «aco rai », « aco d'aqi rai », cela est à rordinairc, cela va 



-75- 

bien. Dans les dialectes d'oïl, « à la raie », « à raie » et t en raie > («celU 
terre produit tant de sacs de blé en raie», en moyenne, selon la règle). Mot 
venu d'un 'ratios, de la racine ra, transposée de ar, ajuster (le grec p^îtoç, 
facile, est étranger ici, il est d'ailleurs doné corne étant pour Ppaîoiiç et 
relié à bî^îiv faire). Cette racine est aussi dans le gallois «rhaid», ce qui 
est nécessaire, dans le l»as latin eredare », mettre en ordre, chez nous «re- 
dar » (vover cet article), dans le breton «red» et le gallois «rhaid», uni, 
rangé, aussi dans le gothique « raidjan», préparer, etc. 

RAPAR. Correspondant du français nasalisé c ramper » , marcher 
ventre contre terre, et grimper. Je laisse un second crapere», mais je donc 
le premier come un secondaire de «racar», marcher ventre contre terre 
étant, proprement, raser ou racler la terre, avec ou come avec les grifes, 
et grimper étant, proprement, agir des grifes. Nous avons aussi un pa- 
rallèle rafir, pour *rapir, former des rides ou creus au visage en tor- 
dant la bouche et le nez, au passif se réduire, en parlant des fruits mous qui 
sèchent et dont la peau cesse d'être lisse et forme des rides, des grifes ; et 
je ne peus pas plus accepter le latin «rapere», du sens réduit, pour crafir », 
former des rides, que pour « rapar», ramper et grimper. Voyez «ripar». 

RASGA, O. Teigne, quelquefois gale. Soit identique à « raca », avec se 
pour CL' du précédent *racca (come dans < boscum » et autres mots), soit 
contracté d'un 'rasica, de la racine rad, équivalente de rac, laquelle se 
trouve dans le breton « raz », qui a le poil ras (en vanetais « rac'h », de la 
forme en c, come je l'ai déjà dit), dans le gallois crhathu», grater, d'un pré- 
cédent *razdu (celto latin Vasiio, je racle, d'où procède aussi le latin «rado», 
a dit Victor Henry). Et : rascar, avec fréquentatif rasclar pour *rasqe- 
lar, racler ; un autre fréquentatif rascaliar, employé au passif, se raser 
de frais, se néloyer la figure ; rascas, large croûte de teigne ; rascous, 
leigneuë, rascun, excroissances qni viennent sur les oliviers ; etc. 

RJBG. Le creus ou lit du ruisseau qui coule au milieu d'une rue; par 
extension, le ruisseau lui même. En bas latin creccus» et «rigus», pour 
celtique *reccos ou *riccos, et *rigos; en ancien irlandais et en ancien bre- 
ton « rec», sillon. Et : féminin rega, O, sillon, ligne creuse (en français 
€ rée » pour *règue, aujourd'hui « raie »), de riga, celtique et non latin, et 
d'où regana, o, même sens, regola, o (en français «rigole ») et Gutr<>s 
diminutifs, verbes regar, silloner, rayer, enregar, faire le premier sillon, 
d'un champ, enregounar, silloner une planche de jardin; etc. 

REDAR. Ordinairement rear. Disposer, mettre en ordre. Du bas la- 



-76 - 

tin « redare », venu de la racine ra, transposée de ar (voyez « rai»). En gaé- 
lique treidh», uni, rangé ; en gallois «rhaid», en breton «red», ce qui est 
nécessaire; en français «réer» pour «reder», d'où «arréer», tdesréer», 
«conréer», devenus «arroyer», « désarroyer » , «corroyer». Et arrear, 
desrear, COUnrear, é;,'aus aus composés français. Aussi «arraiar», etc. 

REGANS. Courroie. Même racine rig, lier, que dans le composé « coun- 
regea » (voyez ce mot). 

RIPAR. Forme faiblie de «rapar», avec le sens particulier de raboter 
une pièce de bois. Et : ripa, O, lamelle de bois que le rabot ou la varlope 
lève, et, par ressemblance de forme, petite bande d'clofe de fil, de laine ou 
de soie; ripan, aussi riban, même signification. En français : «ripe», 
outil de maçon et de scuplteur, pour grater et polir la pierre ; «ruban» 
pour l'ancien criban ». En saintongeais et autres dialeclej, «ripe», «ripan» 
et «riper», égaus à nos susdits. Tous mots venus d'une variante rip de rap, 
grater, racler, enlever avec les grifes. Nous avons aussi : un dérivé ripa- 
lia, o, repas où l'on mange beaucoup, où Ton racle les plats, où l'on fait 
table rase, mot identique au français «ripaille», qu'on a doné come étant 
d'origine inconnue (les Darmesteter, négligeant le premier mot de l'ex- 
pression «faire table rase», traduisent les deus autres par «table où il 
n'y a rien de gravé», come s'il pouvait exister des tables de salles à manger 
gravées ou ayant des reliefs, pour l'équilibre des verres et des plats !); un 
second verbe ripar, ordinairement ribar, en français «river», tordre et 
écraser contre le bois la pointe d'un clou qui dépasse, lui faire former une 
rife, un crochet, et, écraser tout autour une pointe mousse, lui faire former 
des crochets qui l'assujélissent à la pièce de bois: et fréquentatif ribelar, 
contracté en riblar, raboter, limer (en français, l'altéré «rifler »). 

ROC. Masse de pierre tenant au sol. En breton «roc'h »; en bas latin 
roccus, pour précédent *roccos. Et forme féminine rocca, en oc roca, O, 
en français «roche» et, dialectal, « roque». Nous avons, pour dérivés par- 
ticuliers : roucas, augmentatif; roucarel, roucairol, rouqet, dimi- 
nutifs, avec leurs formes féminines; etc. La signilication propre de *rocco8 
est escarpement, rupture du sol, et la racine est roc et rue, de formes cel- 
tiques en c, se reliant t^i nip du latin nasalisé «rumperc», rompre, particu- 
lièrement de «rupcs», roche, et «pr.ioniphis », qui est h pic, reconnus pour 
dérivés du dit « rumperc». 

ROC. Aussi roue. Vêtement de dessus. Mot sorti de l'usage, come son 
correspondant français «roc» (nous employons de préférence «ropa» ou 



— 77 — 

eroupa»), mais dont il nous reste le diminutif rouqet, camaildes évêques, 
égal au français conservé «rochet», petit manteau, cité à l'article erauba». 
En bas latin croccus», d'où crucarium», crucharium », vestiaire, d'une ra- 
cine roc et rop, avec variantes rucei rtip, couvrir, d'où erusca» pour 'rucca 
(voyez ce mot}, et le breton « rockeden », petite casaque, sorte de gilet, etc. 
L'alemand « rock», doné pour origine, ne peut être qu'un emprunté, notre 
forme radicale roc étant confirmée par la secondaire rop et par rue de 
rucca. 

ROPA, O. Ordinairement roupa, O. Long vêtement d'home, long par- 
dessus, Dérivé de la variante rop de roc, couvrir. Et forme ouverte 
raupa, o, devenu rauba, o, au sens de long vêtement ordinaire de 
femme, de prêtre, de juge, etc., en français crobe» et, dialectal des dépar- 
tements du Nord, € rope». L'ancien substantif français de «rober», ravir, 
est un mot distinct, quoi qu'en disent les Darmesteter, et l'italien « roba », 
prise, ne peut être qu'un emprunté. 

ROTA, O. Guitare. Du celtique de même grafie ro/a, instrument dont 
on s'accompagnait en chantant. Le français a ce mot (* rote»), mais nous 
avons, en plus, une forme ouverte rauta, O. 

ROUQUE. Correspondant alpin du français «rogue» et «rouge». Et 
dérivés particuliers, non influencés par le français et conservant la dureté 
du g : rougant, en français « arrogant» ; rouguir, conservé au sens de 
rouiller, d'où s'enrouguir, se couvrir de rouille, etc.; plus, d'un emploi 
général : le contracté roulia, O, pour *rouguilia, ensemble de petites rou- 
geurs, en français le dit € rouille » , et dérivés français particuliers ; quelque- 
fois, par prononciation ouverte, «raulia, o», etc.; et un autre contracté 
rounia, o, en français «rogne», gale invétérée, d'un *roginia, ensemble 
de petites rougeurs, de boutons rouges, parallèle de *rogilia^ d'où rou- 
nious, qui a la rogne; quelquefois, par prononciation ouverte, «raunia, o,» 
etc. Racine roc, être rouge, être cru, être rude, qui est aussi dans le dit 
français «rouge», dans les dialectaus «rouche» et «rouque», même sens, 
«rouquin», qui a le poil rouge, et autres mots, dans le breton «rok» et 
«rog», le gallois «roc'h», l'écossais «rog», rogue, etc. Le latin «rubens» 
n'a rien à faire ici. 

ROUS. Qui n'est pas tout à fait rouge. Mot contracté pour *rou30u8 et 
'roudous, d'un 'rouJosoSy rougeâtre, dérivé d'un *roudos ou 'rudos, d'où 
le superlatif anderoudos, qui se trouve en nom d'home, etc. La racine 
esirodei rud. Elle est parallèle de roc de nos mots «rougue», «roulia» 



— Ta- 
ct autres; et elle se trouve aussi dans le breton «ruzï'pour précédent *rud, 
le comique «rudh», le gallois «rhudd>', rouge, le sanscrit «rudhira», même 
signification et en même temps sang, l'alemand «roths», etc. Nous n'avons 
aucun besoin du latin «russus», qui, d'ailleurs, signifie rouge foncé, sens 
qui n'est pas celui de notre erous». Le français a, come nous, «rous», et 
plusieurs dérivés; maig nous avons, en plus, des diminutifs et un verbe 
roussechar, paraître rous. 

RUCAR. Heurter; spécialement, doner des coups de cornes, en parlant 
des animaurt. Mot conservé dans les Alpes et le Forez, et venu de la variante 
rue de roc, rompre, heurter étant un sens faibli de rompre (confrontez • bru- 
car», page 35). D'où rucari ou ruoaire, animal cosseur. 

RUSGA, O. Ecorce. Le français a «rusche», aujourd'hui «ruche», au 
sens de bournion, panier d'abeilles, primitivement fait d'écorces, mais nou8 
avons, en plus, un verbe deruscar, au sens propre, et au sens figuré de 
doner une raclée à quelqu'un. Dans «rusca» il y a altération d'un pi'écédent 
*rucca, de rue j variante de roc, couvrir, come dans «boscum») et autres 
mots. On trouve une forme «ruchia* en 1309. 



SABOUN. En français «savon». L'un et l'autre de sa/on, invention 
gauloise, mélange de suif et de cendres, pour rougir les cheveus (Pline, 
XXVIII, 51), d'où mélange de substances pour blanchir le linge. Et dérivés 
sabeloun, contracté en « sabloun», sabouuar, laver au savon, etc. 

SAI. Correspondant à l'adverbe français «ça» («venez ça», venez ici, et 
parliculièrcinent dans l'expression «ça et là»). Même grafie sai dans le cel- 
tiquo mageni sai, en ce lieu ci, que V. Henry cite à l'article «azé« de son 
lexique breton. Nous employons «sai» toujours précédé de «à» ou «de» : 
• ù sai », « de sai ». 

SAILE. Manteau de poil de chèvre. D'un celtique 'saffilon, dérivé de 
sai^a et 'sagia (en bas latin «saia», avec chute du ^ dur), casaque gau- 
loise qui fut adoptée par les armées romaines. En bas latin on trouve aussi 
«saguH» et «sagum», dénotant de précédents 'sagos et 'sagon. Avec dimi- 
nutifs sailet, sailot, sailoun, mantclet, et sorte du housse, un verbe 
sailaPi couvrir ou vêtir d'un saile, etc. 

SANIA, O. Marais, terrain bas, où l'aue est dormante. Pour un précé- 



-79- 

dent *stagnia, de la racine sta, au sens de être immobile, come dans le latin 
«stagnum», étang (en breton «sac'h», stagnant, doné pour venu d'un cel- 
tique *staccos pour *stagnos). Et sanious, marécageus. 

SAP. Avec diminutif sapin. En français, seulement le diminutif, venu 
du b. lat. <sapinu3», pour *sapinos. ^oire «sap» dénote un celtique *Sia;/>os, 
également resté dans le breton « sap», et dérivé d'une racine au sens de ré- 
sine, de suc. 

SAPA, O. Pied (d'arbre, de mur, etc.), étai, pièce de bois de soutien. 
D'un *stapa, de la racine générale sta, être debout se tenir debout. En 
français, un dérivé « sablière » , pour *saplière, et *sapelière, pièce de bois sur 
laquelle reposent les chevrons d'une charpente, les pieds des étais, et bor- 
dage sur lequel posent les ventrières, les chevalets d'un vaisseau qu'on 
lance avec un bers. En breton «saô» et«sav», élévation, montée, doné 
come venu d'une base celtique stam-, « saven», terrasse, * sével», bâtir; en 
grec avr^'^.v)Oi<., se tenir; en latin «stare», en alemand «stehen», en sanscrit 
«stha», être debout, etc. Nous avons aussi : sapar, ajuster, et, en terme 
de marine, calfater, boucher les fentes, soit mettre en bon état, en état 
solide ; sapata, O, en Béarn, ailleurs sabata, O, pied, mot identique au 
français « savate » (passé au sens de mauvaise chaussure), et d'où sapatari 
ou sabatari, savetier, et sapot, en Béarn, ailleurs sabot, en français 
même forme, corne du pied du cheval, etc. (pour le sens de chaussure de 
bois, nous employons « esclop »). 

SO. Aussi sou. Particule. Dans € so diguet » ou «soudiguet», dit il, 
«so faguet», fit il, etc. Soit firmative, ayant le sens de l'adverbe français 
« bien», et représentant le celtique so et su, du même sens de «bien», qui 
se trouve aussi dans le vieil irlandais de même grafie «su», dans le vieu 
breton «hu» pour «su» le léonais «hé» pour *sé, les noms gaulois Sucarius, 
bien aimable, Catusualis, Suaca, et autres (aussi dans le sanscrit «su», 
du même sens de «bien») ; soit démonstrative, et représentant l'ancienne 
so et su de l'irlandais ; en got, «sa», le, « so », la, en sanscrit « sa», «sas », 
il, lui, en breton «so» dans «zoken, pour «soken», même, etc. En tout 
cas, celtique. Voyez «zo». 

SOC. Fer de Taraire. En français même forme « soc» ; en vieil irlandais 
« 80CC» ; en breton «soc'h». D'un celtique *soccos. Et ensoucar, blesser 
le pied d'un bœuf avec la pointe du soc. 

SOUG. Sabot, chaussure de bois; pied exhaussé d'un meuble; goit 



— «o — 

chose qui élève, qui soutient. En bas latin «soccust, pour celtique *stoccos, 
de la racine sta (ce t soccus» fut emprunté par le latin et désigna, à Rome, 
une chaussure basse de comédienne, distincte du cothurne). Avec féminin 
SOUCa, O, en français esoque», au sens de galoche, de chaussure à semelle 
de bois, et dérivés SOUCari ou soucaire, sabotier, souqet, petit sabot, 
etc. Nous avons aussi, mais avec le sens de tronc ou partie de tronc d'arbre, 
et de pied de vigne : un second SOUC, d'un emploi plus général, et féminin 
SOUCa, O, identique au français «souche»; d'où soucol, en bas latin 
«socculus», en français c socle», soucarel, à la fois petit souc et cham- 
pignon qui vient par toufes sur les pieds des arbres, et autres diminutifs; 
SOUCar, heurter contre un souc ou, finalement, contre une aspérité quel- 
conque (confrontez l'oïl «choper», «achoper», heurter contre une chope ou 
choque, c'est à dire contre une souque ou souche) ; etc. 

SOUNET. Obtus. Ne s'emploie qu'en parlant des moutons et des chè- 
vres qui n'ont pas de cornes (en français, on se sert de l'équivalent « mous- 
se» : «chèvre mousse»). Ce mot, cantalien, est pour *soucnet et il dérive 
d'un *$tucneios, dérivé lui même d'un *stucnos, secondaire du *stuccos qui 
a produit le breton « souc'h », émoussé. Même racine dans l'alemand 
«stock », gourdin, soit tronçon de bois, et «stuck», morseau. Dans le Midi, 
au lieu de «sounet», on dit sount. 

SUDJA, O. En français « suie». Du même *sodia qui a produit le vieil 
irlandais «suidi», le gaélique «suith», et le diminutif breton «huzel» pour 
*8uzel, lequel *sodia, au sens de substance qui se dépose, qui s'assied, de la 
racine sedj selon Victor Henry. 



TAGA, O. Clou, spécialement gros clou, soit chose servant à fixer (en 
oïl « taque» et «tache», dont un dérivé «tacherie», clouterie, se conserve à 
Paris : «rue de la Tacherie»); par extension, empreinte ou trace laissée par 
une empreinte (en français «tache», même sens (voyez la forme «teca»)- 
D'un précédent *tacca, de la racine tac, toucher, fraper, et fixer en frapant, 
qui est aussi, au premier sens, dans le latin «tangere», «tactus», etc. Avec 
diminutifs : tacel, clou et petite pièce de bois qui soutient l'extrémité d'une 
tablette, en français «tasseau» pour *taceau, où les « taxillum ». osselet, dé 
à jouer, et «tessella », cube de marqueterie, des Darmesteter, n'ont absolu- 
ment rien à faire; taooul, verrou, dans les Alpes; tacoun, clou, en 
même temps petite pièce qu'on met à un vêtement ou à une chaussure, 
chose qu'on fixe ; verbes tacar, planter des clous taques ou taches, au 



— 8i — 

fi^ré marquer d'empreintes; tacounar, rapiécer; un varié tafiCOim, 
aussi tescouZL, clou de bois qui fixe le soc de l'araire (pour Tj, confrontez 
cbosc», «brasca», etc.); et un composé esta car, fixer, lier (en français 
• attacher », avec une autre forme « attaquer » , passée du sens de joindre à 
belui de aborder et à celui de porter les premiers coups à un adversaire), 
d'oùestaca, O, lien, pieu, auquel on lie une bête, estacada, O, digue 
faite avec des pieus ; etc. 

TALiIAR. En français «tailler» pour *talier». Et : substantif verbal 
tali, ordinairement tal, le tranchant d'un couteau ou autre lame ; dimi- 
nutif talioiin, petite tranche (de pome, de poire, etc.), d'où taliolinar, 
etc. Racine tal, surface plane, quia produit aussi le breton et gallois atâl>, 
front, de talos (dans les noms Dubnotalos, home au front élevé, profond, 
Argiotalos, au front héroïque, et autres, le sanscrit «tala», surface, le grec 
Ti;Ài:t, table à dés, l'alemand < diele», planche, etc. 

TANGA, O. Parallèle nasalisé de «taca>, avec le sens de pieu, et de 

barreau servant à fermer une porte ou une fenêtre. Et : diminutif tancovm; 
verbes tancar et tancoiinar, fixer ; tancada, o, station, fixation, bar- 
rage (on dit aussi « estancada, o >); etc. 

TAPAR. En français «taper». L'on et l'autre de la variante tap de tac, 
toucher, fraper. Et : tapadoUT, frapeur, et objet qui frape ; tapechar, 
fraf>er à petits coups ; etc. Les formes radicales en p accompagnant ordinai- 
rement celles en c, nous n'avons aucun besoin du bas alemand des Darmes- 
teter, d'ailleurs emprunté. En breton et en français dialectal, ctabut», ta- 
page, querelle. Par une variante faiblie taby nous avons le breton ctaol», 
pour d'anciens *tabol et *tabal, coup («taol doum », coup de poing), donés 
pour précédent celtique *taballo-, composé avec la finale -alios ou neutre 
-allon. Avec nasale, nous avons aussi tampa, O, bâtant d'une porte ou 
d'une fenêtre, volet de boutique, tampar et atampar, fermer (la porte, 
la fenêtre ou In boutique). 

TARAR. percer. De la racine tar et ter, par transposition tra et /re, à 
travers, qui est aussi dans le vieil irlandais « tria », même sens de « à travers » 
d'un précédent */r«, selon Henry, le gallois € trial », voyage, le breton 
« tremenout >, passer, dépasser, trépasser, le latin « trans », au delà, etc. Et: 
tarari, ou taraire, outil servant à percer, et outil de sabotier en forme de 
cuillère qui sert à creuser le bois, en breton « tarar» pour ancien « tarater», 
en gallois « taradr », en français, mais au féminin, t tarière», en bas latin 
« taratrum » pour celtique « taratron ») ; taravel, sorte de taraire de 
moyenne dimension; taravelet et taraveloun, vrille, foret. 



— 82 — 

TÉCA, O. Secondaire de « taca » au sens de empreinte, trace restant sur 
un objet, et souillure imitant une empreinte. Et tecar, tacher, pointiller, 
entecar, envahir par une tache ou empreinte, au figuré envahir par une 
prédilection excessive ( en français, pour ce dernier sens, « enticher»). De 
tec et tic, variantes faiblies de tac, toucher. 

TEGA, O, Gosse des fèves et autres légumes; soit chose qui couvre. De 
tec et teg, couvrir, qui est aussi dans le vieil irlandais « tech », maison, le 
breton «ti» pour l'ancien «tig», même sens, le grec, Tsys?» toit, le latin ttec- 
tum », même sens, «tegere», couvrir, c tegula », tuile, etc., Etdestecar, 
écosser. 

TEMPLA, O. En français « tempe », pour l'ancien « temple », Petite ré- 
gion mince de la tête, entre le coin de l'œil et le bout de l'oreille. D'un pré- 
cédent *tempiila pour *tenupula, diminutif âi'\xn*tenupa, lequel d'un mascu- 
lin *tenupos, mince, de la racine tan et ten qui est dans le breton t tanaô», 
ou etanav», mince, d'un *tanavos, dans le gallois «teneu», du même ou d'un 
parallèle *tenevos, et dans le latin « tenuis », même sens de mince. D'où 
timplar, doner un coup sur la temple, gifler, etc. 

TENGA, O. Dans Ausone, tinca; en français, « tanche » pour « lenche ». 
A mon avis, tinca, est un natalisé de *tica, au sens do la pointilléc, et j'en 
vois une preuve dans la seconde désignation de « tenca », le «labre triple 
tache», poisson qui a trois taches noires sur le do». Voyez « teca». 

TINT. Côté, inclinaison; particulièrement chacune des deus pièces de 
bois qui soutiennent un tonneau. En français altéré t tin ». Nous avons en 
plus tintoun, ordinairement tindoun, niais, qui a l'esprit de travers, 
(confr. < bigot », boiteus, contrefait, passé au même sens de niais dans cer- 
tains dialectes, cl à celui de dévot outré dans le français); et les verbes 
composés atiatar cl atintoular, incliner, placer sur côté. Racine ien et 
tin qui est aussi dans le breton < tnaou », ou fautivement « naou », pour *tc- 
naûu, pente. 

TOUCAR. "En français «toucher». Entrer en contact avec quelqu'un 
ou quelque chose ; par extension, fraper, heurter, corne dans le français 
dialectal «touqucr*. Et dérivés : touoari ou touoaire, d'où touoarel, 
enfant qui touche à tout. Mots venus de la variante toc, de tac et tec, tou- 
cher, fraper (voyez «taca» et «teca», clou, lâche). Nous avons aussi un 
contracté toueirar, pour 'tougariar et *tucariare, fraper à grands coups, 
assommer, d'où toueirada, o. 



-33- 

TOUMA, O. Fromage non pétri, mon, qui n'a en qu'une première 
façon; proprement, fromage tiède. D'un ^topma ou *tupma, du sens géné- 
ral de chose chaude ou tiède, et venu de la variante top ou tup de itp, être 
chaud. Dans quelques dialectes, catomir» et «atumir, engourdir parla 
chaleur, etc. Vovez «toupin». 

TOUMB A. O. Tertre, tumulus ; soit éminence. Mot passé au sens de 
fosse de cimetière, come son correspondant français «tombe». D'un fém. 
tumba de tumbos, qui est dans l'irlandais «tomm », tertre, le composé bre- 
ton cdastum», amas, etc. En grec Ti;jL£cç, en latin ctnmulus», tertre, «tu- 
mere», se gonfler, soit former éminence ; etc. Avec diminutif t011IXll>el, en 
français « tombeau *, d'où toumbeloun, tombeau d'enfant. 

TOUNA. O. En français «tonne». De tumui pour *tugna, de tug, va- 
riante de tog, couvrir. Et : tounel, en français «tonneau», avec féminin 
tounella, o, au sens du français « tonnelle » , berseau fait de treillage et 
couvert de verdure, diminutif touneloilXl, etc. 

TOUPIN. Pot servant à faire bouillir, et pot quelconque. Avec forme 
féminine toapina, O, et des augmentatifs et diminutifs. Racine top et tuPy 
var. de tepj être chaud. En bressan «tépin», ^al à «toupin».. En grec 
rjscç, vapeur, etc. 

TOURAR. Sier, trancher. Et : tonra, o, sie ; un second toura, O, 
fraction de tronc d'arbre, rouleau détaché à la sie, tranche de pain, de pois- 
son, ce dernier sens en Guyenne : tourada, O, action de sier ; toura- 
dour, ou\-rier qui toure. Racine tor, variante de tar, à travers. 

TOURGHA, O. Aussi, par transposition, tmcha et truècha, o. En 
français «truie». En breton «tourc'h», en gallois «t^-rcb», en gaélique 
«tore», verrat, d'un celtique 'torcos pour to-orcos, du préfixe to et de orcos, 
correspondant du latin «porcus», avec chute du^ initial. 

TRACAR. Courir, marcher, poursuivre. D'un celtique "traco, je cours. 
En bas latin «tracare», et, en français «traquer», réduit au dernier sens 
(poursuivre) et « tracer», dont la signification première se conserve dans les 
dialectes («les lapins ont tracé dans le bois», « le cerf a traqué par ici »}, 
En plus du substantif verbal traca, O, empreinte des pas d'une persone 
ou d'une bêle, qui est dans le français «trace», et en plus du dérivé trai" 
n^ pour 'traguinar, qui est dans < traîner», marcher à petits pas, marcher 
avec peine (sens conservé dans le dérivé < traînard »), nous avons : tra<|^ 



- 84 - 

char, tourmenter de poursuites, traular, pour *lragaular, aller et venir, 
roder, d"un*lraculare, en français altéré «trôler»; et un composé atracar, 
du sens de frayer un chemin dans la neige, etc. Racine trac, amplifiée de tar 
et tra, à travers, aussi trag, dans vertragos, chien lévrier, chien coureur. 
En vieil irlandais e traig », en breton « troad » pour *trogad, pied, marche. 
Même racine dans le latin t Irahere », le gothique «tragian», courir, le grec 
Tpé^eiv même sens, etc. Le latin présumé *trac[iare ne regarde pas le verbe 
français «tracer», qui n'est autre qu'une forme de «tracher», € traquer» et 
«tracar», lesquels ne peuvent rien devoir au dit *tractiare. 

TRAINA. O. Grosse grive. D'un *tradina, de la racine trad, tourner, 
qui a produit le français «trâle», pour *trasle et *trascle, d'un *trascla pour 
*trad-scla, grive (en breton » trascl», altéré en «drask.»). La forme en d de 
«draina» se trouve aussi dans le dialectal d'oïl «drenne». Confrontez, pour 
cette forme, la racine drap, égalant trap ; et voyez «trida». 

TRAN. Pour *taran. Le tonerre. Dérivé de tarannos, même sens (nos 
pères avaient un Dieu Taranis, le Jupiter tonant). On dit aussi tron, pour 
*taron. Et le verbe tranar ou tronar, toner. En gallois et en comique 
«taran », tonerre, en irlandais «toran», fracas, etc. Rac. /ar et /er, trem- 
bler, retentir (faire trembler l'air), qui est aussi dans le picard et rouchi 
«traner», le latin «tremere», le grec Tpsjj.£iv même sens de trembler, etc, 
plus, un verbe trantir, trembler, vaciller, en parlant des arbres secoués 
par le vent ou des meubles qui manquent d'équilibre, avec fréquentatif 
trantoular, basculer, balancer, d'où le substantif trantol, bascule, ba- 
lançoire, et mouvement de la bascule ; trantusse, même sens de mouve- 
ment de la bascule, et un féminin cantalien trantussa, O, ribote, repas 
copieus, exactement fête où l'on fait tout trembler. 

TRANIR. Pour *taranir. Employé au passif: «setranir». S'user jus- 
qu'à la corde, se percer, en parlant d'un vêtement; se vermouler, en parlant 
du bois. Et un composé atrauir, même sens : « es tranit » ou « es atranit », 
il est usé ou vermoulu. Racine tar, à travers (voyez « tarar*). 

TRANUGA, O. Pour Haranuga et *taranuca. Chiendent, plante ram- 
pante, proprement qui pousse à travers. Même racine tar. 

TRAP. Aussi trape. Identique à l'ancien français de même grafîc, 
remplacé aujourd'hui par «trapu». Le sens exact est «court», écourté, 
rompu dans sa longueur. Et diminutifs. Rac. trap forme de drap, rompre. 



— 85 — 

TRASSAR. Percer de part en part. Dénote un précédent bas latin *ta- 
ratiare, dérivé de «tararej », psrcer (voyez ctarar»), come «tranir» pour 
'taranir (voyez aussi ce mot). Et trassa, O, action de percer, de pénétrer 
dî part en part. Ds nos jours, le papier buvard, que Tencre traverse, se dit 
< papier de trassa, o ». De «trassar » ou de son précédent a été abstrait un 
adjectif iras, aussi tinsse, et qui s'emploie en parlant d'un vêtement 
percé, à travers duquel on voit le jour, et en parlant d'un home malingre, 
épuisé de forces ; avec féminin trassa, O, spécialement loque, et quelque- 
fois terme d'injure (ces une trasso d'home», il n'est qu'une loque d'home, 
un home de rien). Et le même adjectif est dans le breton «Ireût», maigre, 
décharné, misérable, doné pour venu d'un participe *t2ratos, percé tra 
versé, transi. 

TRAUG. Pour *trabuc et *larabuc. En français € trou » pour *lrouc. En 
plus du verbe traucar, qui est dans le français c trouer», *trouguer, 
nous avons traucoun, trauqet, trauqil, petit trou, etc. Racines tra, à 
travers, et bue, percer. L'un et l'autre du bas latin « Iraucum », contracté, 
à mon avis, pour *trabucum, prononcé *lraboucum (confrontez c tabula», 
prononcé *taboula et contracté en ctaula», et autres mots). 

TRÈBA, O. Revenant. Sslon une ancienne croyance populaire, les 
morts revenaient, en esprit, pendant la nuit, roder dans la maison ou au- 
tour de la maison qu'ils avaient habitée : un bruit dont on ne voyait pas la 
cause faisait dire aus survivants : « c'est l'âme d'un tel qui demande des 
prières». cTreba» s'emploie encore, mais en parlant de l'ancien temps. La 
racine du mot est treb, habiter, posséder, la même que dans « les Atrebates >, 
peuple du pays dit aujourd'hui l'Artois (« les possesseurs, les hrbitants, 
cens qui sont à demeure»), le gallois « tref » pour ancien ctreb», village, 
«athref», maison, l'ancien irlandais eatreba», possession, l'irlandais 
«treb», habitation, demeure, le breton «tref», territoire dépendant d'une 
succursale, anciennement village, aussi dans le latin «tribus », etc. Et : 
trebar, roder la nuit ; trebari ou trebaire, rôdeur nocturne. 

TRIDA, O. Et contracté tria, o. Grive. Mot de la variante trid de 
trad, tourner, qui est dans « traina ». En Lozère, une forme iridej égale- 
ment au féminin, dénotant une précédente *tridis. 

TROC. Aussi troce et fautivement, «tros» (en ancien français, à côté 
de cette dernière forme, on trouve «tors», mais ce «tors» n'est qu'un 
transposé). Tranche, coupure («un troc ou un troce de pan», une tranche 
de pain (la forme « troc » conservée en forézien). Origine : un *troccos pour 



— 86 — 

*toroccos, avec un secondaire *troccios, puisqu'un bas latin «Irocium», 
partie d'une chose quelconque, même d'une terre («trocium terrae»), venus 
du préfixe to et de la racine roc et rop, aussi rue dans < ruca», et rup, dans 
le latin «rumpere» pour *rupere, déjà cité à l'arlicle «roc». En breton 
«troucha», couper, trancher, en gallois «trwch», mutilé, etc. En grec 
6paj£iv pour Opajjîiv, etc. Je rejette absolument le latin « thursum », em- 
prunté de Ojp70^, tige, et auquel le français seul doit «torse», terme d'ar- 
tiste, par l'emprunt du dérivé italien «torso». D'où troucel et troucet, 
morseau, troucegar et troucelar, morseler, etc. 

TRUAND. Identique au français de môme grade, et venu d'un trugan- 
tos, de trugos (en nom d'home gaulois Trogos), chétif, qui a du malheur, 
dérivé lui même de la racine trug, détresse, qui est aussi dans le breton 
« truant », même sens que notre mot, « truez », pitié, commisération, d'un 
précédent *trougi2, etc., aussi dans le grec a-pù'^z'^.Tii, je suis en détresse, 
et dans d'autres langues. En plus du dérivé truandar, dont le français a 
le correspondant, nous avons truandechar, vagabonder. 

TRUC. Escarpement, rocher, monticule. Mot formé du préfixe to et de 
la racine roc et rue, rompre, le mot ayant le même sens propre que le 
substantif «roc» (voyez ce mot) : rupture du sol. Le breton correspondant 
est, avec le même préfixe, «trogen», pour *torogen et *toroken. Nous avons 
aussi : trucoua, diminutif, trucous, montueus, escarpé, etc. 

TRUGAR. Heurter; doncr des coups de cornes, en parlant des animaus. 
Mot composé de «rucar», même signification, et du préfixe to (le grec 
tpjy^eiv, briser, n'étant pas passé par le latin, ne peut être qu'un parent, 
encore s'il est formé avec un préfixe to). Et : truc, coup, heurt, aussi coup 
d'adresse («connaître le truc», connaître le coup, la manière de fraper), et 
nom d'une sonette sourde qu'on pend au cou des béliers (ce nom dû aua 
heurts continuels du bâtant de la souctlc*); et trucari ou trucaire, ani- 
mal cosseur. En Gascogne, avec chuintement, truchar, etc. Le latin 
«trux», farouche, d'où « truculentus », même sens, et dont on n'a pas 
doné l'origine, pourrait bien être un emprunté ancien du celtique ou du 
grec, au sens propre de briseur, cassant. 

TRUMEL. Cheville au pied. Ce mot est pour *trucmel, de truc, mon. 
ticule, ici au sens de excroissance, petite rotondité (je done la même ori- 
gine au français «trumeau », partie charnue de la jambe, de lacuisHC, soit 
paKie proéminente). Et s'estruiuelar, heurter du sabot la cheville du 
pied. 



-87- 

TUPA, O. Ordinairement tuba, O. Fumée, vapeur. Et : tubar, pro- 
duire de la vapeur, tubechar, fumer, en parlant des mets chauds ; tu- 
bous, brumeus ; et ies composés atubar, alumer («atubar lou fuoo, 
«atubar lou calenc »), et estubar, éteindre, confondu avec «eslubar» 
chaufer, déjà incrit. Mois des arrondissements de St Flour, Espalion et 
Marvejols, et dérivés de la même racine que dans t tourna » et « toupin ». 



VANNEL. Ordinairement vanel. En français «ranneau», oiseau au 
vol rapide corne le vent. D'un vannellos, pour *vainellos, d'un *vatnos, 
dérivé de *vatos, vent (en breton «g-wennal», en gallois «g-wennol», 
«g-wennaul», hirondelle). Nous avons, en plus, un féminin vanella, O, 
grande mouette. 

VASLET. Aussi vailet, sous l'influence possible de «bailet», diminutif 
de «baile» (voyez ce mot, à la seconde partie de l'ouvrage). Pour Vasselet. 
En français, «valet», pour le même Vasselet, dérivé de «vassal». Et vas- 
letoun ou vailetoun, petit valet. 

VERLIA, O. Anse, poignée recourbée ; proprement, petite chose qui 
tourne, qui vire. Mot dérivé d'un *veirilla et *virilli, dérivé lui même de 
*viros et *veiros, courbe, tors (en gallois «g-wyr », etc)., de la racine vei et 
vi, tourner, tordre (confrontez le français « vrille » pour *virille). Et déri- 
vés : verliar, garnir d'une anse, verliaira, O, anneau servant à sus- 
pendre. D'une prononciation ouverte a le breton a «g-wara», tourner, 
courber, tordre, «g-warek», arc, cintre, voûte, et, sans la composition de 
la désinence en r, «g-wea», tordre, tresser, «g-wéden», corde, lien d'o- 
sier, etc. 

VERNIE. En français «vergue» (pour Vernie avec la même pronon- 
ciation), arbre dit aussi aune (ce nom ci du latin «alnus»). Origine vernios, 
dérivé de vernos, bon. Nous avons, en plus : vernia, O, endroit où crois- 
sent les vernies, avec diminutif vemeda, O, et un dérivé verniaira, O, 
d'où un certain nombre de noms de lieus et de noms d'homes. 

VETONICA, O. Aussi betonica (en français «bétoine»), mot doné 
come gaulois, par Pline (XXV, 36), et dû aus Vettons, qai, d'après cet au- 
teur, découvrirent les propriétés de cette plante. Le b de la seconde forme 
se trouve aussi dans l'irlandais «lus-mhic-bethaig », signifiant, selon Bello- 
guet, «l'herbe des enfants de Beth...» Le français «bétoine» gouverne 
plutôt un parallèle *betonia). 



VINIE. Ordinairement prononcé avec b pour v, et fautivement écrit avec 
gn pour ni, « bigne». Oeil, dans les Alpes. Ce mot dénote un celtique *vid- 
nios, de la racine vid^ voir, savoir, qui est aussi dans le latin tvidere», etc. 
Et verbes viniar, regarder, et desviniar, regarder d'un mauvais œil ou 
d'un air moqueur, passé au sens de dénigrer dans le français «débiner», 
distinct, à mon avis, du dialectal «débiner», s'enfuir. Confrontez le fran- 
çais «guigner», à mon avis pour *guinier et *vidnier, regarder du coin de 
l'oeil, lorgner, et « guignon» pour *guinion et Vidnion, mauvaise chance 
(causée par un mauvais œil, selon l'ancienne croyance populaire). 

VIRAR. Tourner. En français «virer». De la racine vei et vi, tourner, 
tordre, qui est aussi dans «verlia» (voyez ce mot), et non du «girare» ou 
« gyrare » des enragés latinisants. Nous avons, en plus du dérivé virola, O, 
en français «virole» (confrontez le gaulois viriola, bracelet d'or, trnsmis 
par Pline) : un diminutif masculin virol, vrille, et un parallèle viroun ; 
d'où viroular, trouer à la vrille. On n'a pas doné l'origine du latin 
«viere», tresser, «vimen», brin d'osier, « vitis», vigne «vitta», cordon pour 
les cheveus : je relie ces mots à la même racine que «verlia», «virar», etc. 

VOUJA.. Autre nom, de la serpe. Pour *veouja, *vedouja, d'une forme 
féminine probable *vidubia de «vidubium», pour celtique *vidubion; en 
français «vouje» ou, plus altéré, «vouge». Origine : vidus, bois, ci bion, 
de la racine bi, fendre, couper. Exactement, outil à couper le bois. 



ZO. Equivalant au pronom «le» («digas zo», dites le), et surtout à «ce». 
Pour un précédent démonstratif so (indo européen, dit Henry, à l'article 
«seul», d'autant, de son lexique breton), lequel est devenu zo (come en oc) 
dans un autre mot breton, «zoken», même, de plus. \'oyez, plus haut, l'ar- 
ticle C80». 



* 



SECONDE PARTIE 



-39- 

SECONDE PARTIE 

Liste alfabétique : 

i" Des mots contenus dans la partie qui précède ; 2" Des mots dans 
lesquels le latin a pu se mêler au celtique, mais qui sont plutôt nôtres 
qu'empruntés (distingués par une astériquc en tête de chaque article) ; 
3^ Des mots d'origine imprécise et d'origines diverses (distingués par 
les petites capitales^. 

ABADAR, meltreles besliaus en liberté, dans les pâturages. Page 17. 

ABANDAR, nasalisé du précédent. Pages 17 et 19. 

ABARGAR, amonceler, ^'oyez, plus bas, «barga», meule de foin, etc. 

ABARTAR (s'), redevenir en friche; et s'abartassar, m. s. Page 20. 

ABATRE, come le correspondant français. Et dérivés. Page 22. 
*ABELANA, O, aussi «avelana» et, altéré, «auglana, o», noisette. Du 
latin tabellana», dérivé de Abella, nom d'une ville gauloise de la Cam- 
panie, dont les environs produisaient une grosse espèce de noisette. Ce 
mot nous est venu par le latin, mais il n'est pas moins d'origine celtique : 
il se relie à Aballon, aujourd'hui Avallon (Yone), du sens exact de pome- 
raie, au breton «aval», à l'irlandais «aball», pome, d'un précédent 
*ab2llos, etc. 

ABELIR, atifer, orner, rendre beau. \'oyez «bel », page 2"2. 

ABENAR, mener à bien ; améliorer. Du latin «benc». 

ABESAR, habituer; privoiser un animal, Voyez, plus bas, «bes», habitude. 

ABILIAR, mettre en bon état; abiliari, aire, qui abille; abiliadis, 
polissage, dernière main donée à un ouvrage. Page 25. 

ABIOURAR, doner à boire aus besliaus, en français « abreuver» pour *abeu- 
vrer (latin «bibere», *bivere) ; et ABIOURADOUR, abreuvoir. 

ABLACAR, faire ployer. De «blac», faible, page 25. 

ABLADAR, ensemencer une terre en blé. Page 25. 
'ABLAVAR, éblouir. \'oyez « blave ». 

ABOUCINAR, couper en morseaus. Voyez «boucin». 

ABOUCOUNAR, parallèle de «aboucinar», dans les Alpes. 

ABOURIOUS, pour *abourliou3, hàtif, en parlant des fruits qui mûrissent 
de bone heure (lat. «abortivus», venu avant le temps). 

ABRAGAR, tirer un bateau par une corde. Page 30. 
'ABRAGELAR, mettre les gerbes en bracels. Voyez ce dernier mot* 



— 90 — 

ABRASAR, passer sur la braise, souder; abrasari, aire, soudeur, 

rétameur; abrasadura, O, soudure. Page 31. 
ABRASGAR, couper, fendre, casser. Page 31. 
ABRIGAR, mellre à couvert, mellre à l'abri. Page 3'2. 
ABRIDOULAR, fendre en lamelles ou briboules. Page 33. 
ABRIGAR, forme ordinaire de «abricar». 

ABRIGOUNAR, et contracté «abriounar», briser, réduire en poudre. 
\'oycz tbric», menu, page 33. 

ABOUDENAR, planter des bornes ou boudaincs (en français «abonner», 
pour «abodner»); et un contracté abounar, probablement pris au 
français, avec le sens étendu actuel : contracter un engagement pour un 
temps limité, borné. \'oyez «boudcna», borne. 

ABRIVAR, bâter, expédier. Voyez «briou», page 33. 

AGAIRAR. poursuivre à coups de pierres ; et acairelar, même sens. 
\"oyez «-Caire», pierre, page 37. 

*AGALAR, baisser, arrêter; faire taire, calmer. Voyez «calar». 

AGALIAUAR, poursuivre à coups de caillous. \'oyez «cal», pierre 
page 37. 

AGANGELAR, mettre les gerbes en cancels (voyez ce mot). 
AGANDIR, rendre blanc, clair; et acandesir, m. s. Page 39. 
AGANTELAR, couper par chanteaus. Page 40. 

ACARCAVELIR (s'), tomber dans la décrépitude. \'oyez « carcavel » et les 
mots qui le précédent. 

*AGASSIR, fouler, comprimer, rendre compacte. Dans quelques pays, 
«acassar». Voyez «casse», durci. 

*ACATAR, couvrir; et acatoular, couvrir de ses ailes, en parlant d'une 
poule ou de tout autre oiseau, et couvrir de ses jupes, en parlant dune 
femme. Voyez «calar». 

*AGHOURRIR, engourdir, rendre inerte, ^'oyez «chourre». 
*AGLATAR, pour *acalatar, faire tomber quelqu'un ; au passif se baisser 

Bur les talons, s'asseoir parterre. Mot cantalien, etc., fréquentatif do 

«acalar». 

ACO, ce, cela, la chose qu'on désigne; et «chez» («aco de moun fraire», 
chez mon frèi-e). On a doné « eccum hoc », qui me paraît improbable; on 
a donc aussi «ad quod »; mais nous avons un inséparable < acon », lieu 
indéterminé (« anar end acon », pour *and acon, aller quelque part), qui 
ne peut s'expliquer par le latin ; et un second mol, «aqi » (pour *aci, avec t" 
dur), là, lieu proche déterminé, et lieu où l'on hc trouve (en champenois et 



— 91 — 

autres dialectes doïl • iqi », en français « ici », qu'on lire de « ecce hic »}. 
Il peut y avoir, dans « aco », € acon » et « aqi », un pronom démonstratif 
a, qui se trouve aussi dans le breton en préfixe de conjugaison, et un se- 
cond pronom qui peut correspondre au grec x£î de ixsî, là, à la seconde 
partie de lanciea latin € hice », «haece », « hoce », et à 'ci, de c citra », 
en deçà. Et je fais remarquer que, notre mot c aqi » et le français € ici » 
étant le même, l'origine c ecce hic», donée pour ce dernier, est aussi 
improbable que le « eccum hoc » doné pour « aco », car le c final ne se- 
rait pas tombé en oc. 

ACON, lieu indéterminé. Voyez l'article précédent. 
"ACOUDAR (s'), devenir compacte; et s'acoudir, m. s. \'oy. • coudar». 

ACOUGEAR (s'), se hâter. Voyez «cougear». 

*ACOULAR, mettre des cales aus roues d'un char; et ACOULADOUR, obsta- 
cle. Voyez « cola ». 

'AGOUTIR, et acoutissar, emmêler; m. s. Voyez e coutir ». 
ACELAR, mettre à l'abri. Du lat. c celare », cacher, couvrir. On dit aussi 
« aciélar », sous l'influence probable de « ciel», forme française de « cel ». 
AGRINAH. former en angle, en cran. Page 14. 
ACRINCAR (s'), s'agriper à un angle, à un cran. Page 44, 
*AGROUGAR (s'), s'accroupir, voûter le dos. Voyez c crouga >. 
'AGRUMIR (s'), devenir sombre, en parlant du temps. Voyez «crum ». 
AGUGAR (s'), comme le précédent. Page 45. 

'AGUGHAR, mettre en tas; acuchounar, m. s. Voyez tcucha». 
ACUTAR (s'), se cacher, se blotir. Page 45. 

'ADAR, adapter, convenir (« soui adat »•, je suis dans une position conve- 
nable, je suis placé à mon aise). Mot des -Alpes, probablement de la 
même racine da^ placer, poser, que dans ccondat», racine dont une 
autre forme, dé^ se trou^ve dans un redoublé dedCy « il a posé, placé » , 
d'une inscription gauloise. Voyez < asi > . 

'ADESAR, atteindre à une chose qui est élevée (c l'i pode pas adesar», 
je ne peus y atteindre). A mon avis, du préfixe ad et de la même racine 
que dans * enna » jx)ur *edna, *edena. Page 47. 

ADJUDAR, aider. Du lat. t adjutare », fréq. de « adjuvare ». 

ADRAGARj pratiquer un sentier. Page 47. 

AFANAR (s'), s'exténuer. Verbe correspondant et peut être venu du fr. 

< ahaner » . 

*AFAR, terme dont les notaires se servent pour désigner un domaine avec 
ses dépendances. En bas latin « aSare », « aiîarium », « ferium», à mon 



— 92 — 

avis de bar cl te}', porter, au sens de apport {par exemple, d'un con- 
joint) ou de rapport (métairie ou ferme). Autrefois, le français « affaire » 
était masculin, corne notre mol, et il pouvait, come il peut encore, être 
identique à « aifarium » et «ferium», par le sens de « ce qui a pour 
objet les intérêts privés, la propriété privée». Le sens doné de * choses à 
faire » me paraît simplement présumé. 

AFLACAR, rendre faible. Voyez, «lïac». 

AFRABAR, détériorer, écrancher, briser. Page 52. 

*AGALOUS, grand bous, à Montpellier. Voyez « agrc ». 

AGANIR, être fatigué à l'excès, être exténué. Page 54. 

*AGAS, érable, à Montpellier (acer monspessulanum). Pour *aca8, d'un 
'acatios, de ac, pointe, ici au sens de dureté, come dans le dit latin 
« acer», et come dans le dit français «érable», pour *aqerabre et *aqcr- 
arbre, du sens de arbre dur. 

*AGASAR, aigrir, en parlant du vin, etc. ; et agasat, amer, acitle, ad- 
jectif participai (en bas latin « agasatum », vinaigre). Môme racine que 
dans € agre » . 

*AGASSA, O, pic. Voyez, plus bas, « gassa ». 

*AGA"VOUN, l'un des noms du genêt épincus ou ajonc. Dénote un *aca- 
vonos, de ac, pointe (confr. acaunos, soit |)our un identique *acavonos 
et *acauonos, soit, come on l'a dit, pour *acounos et *acunôs). Dans 
quelques pays, «agavoun » est contracté en « agoun», et cela me fait re- 
lier ici le dit français « ajonc » (forme nouvelle, due à linfluenco de 
«jonc»), pour les anciens < ajou » et cajoou», ce dernier indiquant pro- 
nonciation ou de Vu pour / d'un parallèle *ajol, = *ajaol et *agavol (pour 
la contraction, confr. «joue», de gavata, et pour l'w, remplaçant /. 
confr. « sou » pour « sol », dont 1'/ reste dans « solder », etc.). 

*AGLENT, pour *agulent et *aculent, le rosier sauvage. Probablement 
dun *aculentos, de la racine ac, pointe. Kt aglentiua, O, baie du dit 
rosier. L« français avait autrefois «aiglent», mais il n'a plus quo le dé- 
rivé, et encore il l'a altéré en « églantinc » ; il doit reprendre « aiglent » 
et rejeter le fantaisiste « églantier ». La racine ac ayant doné au celtique 
autant ou plus de mots qu'elle en n doné au latin, et le lutin ne possé- 
dant pas *aculentus, nos pères n'ont pas dû avoir besoin de « acus » 
(avancé par les Darmesleter cl dont nous n'avons pas un descendant) ou 
de « aculeus » pour former le mot qui nous concerne, la finale entos ou 
antos étant d'ailleurs dans leur langue (confrontez carantOS, etc.) : 
< aglunt > ma parait donc être plutôt de noire fons. 

AONBL, agneau (b. 1. «agncllus », du lat. cagnus») ; AONBLLA, 0> agneau 



— 93 — 

femelle; AGNELAR, mettre bas, en parlant de la brebis; et AGNELET ou 
AGNELOUN, petit agneau. 
AGRADAR, plaire, en français «a^er». Voyez «grat». 

'AGRAL, le lyciet, arbrisseau épineus, et forme diminutive agraloun 
(par transposition fautive, on dit aussi «arg<iloun» et même cargalous », 
et mes devanciers ont tiré ces simples transposés du grec apY^AtCç, péni- 
ble, fâcheus, qui n'est d'ailleurs lui même qu'un altéré pour aX^aXi^ç, de 
aX-'cç, douleur (dans quelques pays, «agral» s'emploie aussi avec le 
sens de rafle, de cosse vide, proprement de chose sans valeur, aigre à 
voir). Voyez cagre», piquant. 

*AGRAPAR, saisir avec les grifes. Voyez « grap». 

*AGRAS, verjus, et tout liquide amer. Voyez «agre», piquant. 

*AGRAT, raisin qui n'a pas mûri. 

*AGRATELLA, O, l'un des noms de l'oseille. 

AGRAUMELAR, mettre en pelotons. Voyez «graumel». 

*AGRE, piquant (en français cacre» et e aigre»). Mot venu du celtique 
(en vieil irlandais '«acher», rude, en breton «âkr>, rude à la vue, laid à 
voir; dans les dialectes de la langue d'oïl cacre», objet de rebut, 
«acreus», hideus; en celto bas latin cacrosimus» pour *acrosimos, pain 
qui manque de levain, pain mauvais au goût, soit acre. Vojez le mo^ 
suivant- 

'AGR£, extrémité, sens étendu de celui de pointu, dans l'expression tfazer 
agrei, soulever, au moyen d'un levier ou d'une cale, une pièce de bois 
qu'on sie (le sens de extrémité se trouve bien dans le grec 1%?:?^ égal à 
notre acros, mais, en général, le grec n'est passé chez nous que par l'in- 
termédiaire du latin, et le latin n'a rien de semblable (dans le Centre et 
autres pays, € faire aigre» ou c faire aigron » (confrontez caigron», l'un 
des noms du héron, oiseau dont la tête est surmontée d'un petit faisceau 
de plumes, d'où le français € aigrette» (en celto bas latin cacroma», 
sommet). 

'AGREGHAR, être aigre, devenir aigre, en parlant d'un liquide. 
*AGRELAS, genêt épineus ; et agrelassiaira, ieira, o, lieu couvert 

d"agrela>. 

'AGRETA, O, l'un des noms de l'oseille. 

'AGRIMOUL, groseiller épineus sauvage ; et agrimoula, o, fruit de 
l'agrimoul. 

'AGRIOTA, O, cerise amère (en français altéré cgriote»); et agriotat, 

liqueur faite d'agriote», 

'AGROUGAR (s'), forme de fs'acrougar», s'accroupir. 



- 94 — 

'AGROUPAR, nouer, réunir en groupe. \'o}cz «group». 

*AGROUSEL, autre nom du grosciller épineus sauvage, par extension le 
groseiller ordinaire, dans les Alpes. Mot venu d'nn diminutif de acros 
(en bas latin «acrus», taci'um» (on a dit «acrum pro acrem», mais par 
erreur, car la finale us du bas latin gouverne os celtique, et e acrem » 
n'est que le correspondant). D'où agrousela, O, fruit de l'arbuste {Vé- 
quivalent tgrousela», de quelques pays, et le français «groseille» peu- 
vent avoir perdu l'a inilial). 

*AGRUDETA, O, même signification que «agriota». 

*AGRUN, aussi «agrum», tout fruit on tout liquide aigre. 

*AGRUNA, O, prunelle de buisson ; agrunas, buisson et saule épineus. 
AGUERLIAR, gauchir. Voyez « guérie » , page 59. 

*AGUINCHAR, viser. Probablement pour *aguinichar. Voyez «guiniar», 
page 60. 

^AGUISSAH, exciter (confrontez le français «aguicher»). 
AGUSAR, aiguiser (b. 1. *acutiare, peulêtre du lat. «acutus», peutêtre d'un 
celtique *acutios, secondaire d'un *acutos) ; et AGUSADOUR ou AGU- 
SARI, AIRE, repasseur («agusadour» désigne aussi la pierre à repasser). 

AGUSSAR, même sens et du même *acutiare que dans « agusar». 

*AICE, aigre de caractère, méchant, en parlant des persones ou des oni- 
maus; amer, en parlant du pain qui a trop de levain; aride, en parlant 
d'un terrain ; et défectueus en parlant d'un outil. D'un probable *acidis, 
presque égal au latin «acidus» (le latin «odium», doné pour origine, 
n'est pour rien ici); aicia, O, aigreur de caractère, aussi inquiétude, 
tristesse (en b. 1. acedia, confirmant *acidis, et colère, en Auvergne; et 
aiciar, être aigre pour quelqu'un, haïr. La grafie par ss, «aisse»,etc., 
est fautive. 

*AIGIGE, même sens que «aicia», de l'article précédent. 

*AIG1L, ordinairement au diminutif, aicilioun, pointe d'aigreur (celtique 
*akilis — ou *acilis avec c dur, — égal à celui qui a produit le français 
dialectal «aisil» pour*aicil, vinaigre). 

*AIGINA, O, épine (celtique akina ou acina avec c dur, du sens général 
de petite pointe, — d'où aussi le français dialectal «aine», pour *aïne, 
*aguine et *akine, aiguille do bois servant à enfiler par la tête les harengs 
à fumer, — et dont le masculin akinosc&i dans le breton «égin», «ékin», 
même sens de petite pointe); et aicinar, agacer, piquer, tracasser. Far 
nouveau faiblisscment du c, on dit souvent «aizina» et «aizinar». 
AIGA, O, aue (latin «aqua»); AIGAR, arroser, irriguer; AIGADA, O, action 
de <aigar>t 



-95- 

AIRE, petit fruit noir ; et diminutif airel. Page 13. 

*AISE, forme de «asi», position convenable, bienêtre, aise; aisar, doner 
de Taise; et fréquentatif aisinar, disposer, avec substantif verbal ai- 
sina, O, ustensile, outil, meuble, servitude, chose aisante quelconque. 

*AISSEL, aisseu (fautivement «essieu»). J^e latin n'a que «axis» : « ais- 
sel » gouverne une variante *acsellos du *acsilos reconnu pour formateur 
du breton «ael», pour *ahel et *ahil, du gallois «echel», pour *achel et 
*achil, et du gaélique «aisil», *aicsil. Le bas latin « axilium» ne peut être 
qu'une copie du celtique. Rac. acs, tourner, qui est aussi dans le sans- 
crit «axa», roue, «axiï, œil (à cause de sa rotation), dans l'irlandais 
«ais», char, dans le nom gaulois Agsatus d'une inscription de Reims, le 
grec a^cov, aissieu, a[;,a;a, char, etc. 

AJOUGAR, jucher, ^'oyez «joue», pageGO. 

AL, ail ; ALIAR, oindre d'une gousse d'ail; ALIADA, O, sauce à l'ail, ce der- 
nier passé dans le français. J'ai dit, dans la préface, que je me dispense- 
rais d'inscrire les mots latins dont l'origine se devine, mais je dois faire 
exception pour ccus dont nous avons des dérives particuliers. 

ALA, O, aile (I. « ala » pour *axla) ; etdim. ALOTA, O, ALOUN. 

ALA6RAR, mettre en pièces. \'oyez '< labre». 

ALAI, là bas, à un endroit éloigné. Page 61. 

ALAISAR, élargir, alaiser. Voyez «laisa», même page. 

ALANDAR, envoyer les besliaus au pâturage. Page 62. 

ALARGAR, gagner le large, passé dans le français « alarguer». Voyez 
« largue » . 

ALA"DSA, O, aloue ; et diminutif alauseta, O, alouette. Page 13. 

ALAUSA, O, poisson dit en français « alose ». 

*ALBA, O, pour précédent probable *albia, l'aurore, l'aube. On done le 
dit français «aube» come tiré du latin «alba», féminin de «albus», 
blanc; mais, outre que les Romains employaient toujours «aurora», nous 
avons un certain nombre de mots gaulois de la même racine alb : Alba, 
rivière d'Espagne, citée par Pline, Albis, rivière de Gaule, aujourd'hui 
l'Aube, Albeta, aujourd'hui l'Aubois dans le Berri, Albion, nom de ville 
(Londres), Albiorix, Albarios et autres noms d'homes et de lieus ; et 
*albia a pu être de la famille gauloise. Celte forme *albia, me paraît 
confirmée par albiar, commencer à faire jour, verbe qui n'a point de 
correspondant en latin. 

*ALBAR, le saule blanc (de «albarus», qui ne se trouve pas en latin et qui 

n'est que bas latin); d'oiî albareda, O, pays de saules blancs. 
*ALBARI, ordinairement francisé «aubier», la partie blanche du bois qui 



- q6 - 

se trouve immédialement sous Técorce {*altarios, dénoté par le nom 
d'home de cette grafie). 

*ALBARIA, O, et francisé albiera, O, forme féminine du précédent, 

employée pour désigner la gelée blanche. 

*ALBENG, même sens que talbari», mais dérivé d'un *albencos. 

*ALBESSOUN, caillou blanc que les rivières des Cévennes entraînent. 

*ALEN, en français «haleine », avec h dû à l'influence de «anhelare», et, 
en breton «alan». .Mois transposés (à mon a\is, le français corne les 
deus autres) pour «anal» de l'irlandais et du comique, et «anadl» du 
gallois, venus d'un celtique anatla, de la racine an, respirer, soulier, 
qui est aussi dans le latin «animus » et «anima », le grec avc;xv?, etc., par- 
ticulièrement dans une inscription de Poitiers : anala, impératif d'un 
verbe analo, je respire. D'où alenar, respirer, et alenota, O, soulle 
de jeune fille ou d'enfant. 

ALEP, tronçon ; alepar ou alebar, amputer, mutiler. Page fi'i. 
ALISAR, unir, repasser le linge; alisadour,rer à repasser; et alisa- 
ria, aira, o, repasseuse, Page 03. 

ALOP, come «alcp» ; et aloupar ou aloubar. Page Chi. 

*ALPA, haute montagne. Anciennement alpis : «Alpes, quae Gallorum 
lingua alli montes vocantur», dans Servius. Même sens dans d'autres 
auteurs; mais, selon Fcstus, le mot serait dû au sabin «alpus» et au la- 
latin «albus», blanc, à cause de la blancheur des neiges. Come à Hello- 
guel, le dit mot me paraît plutôt gaulois, car un parallèle est «alp », ro- 
cher, soit élévation, dans le pays de (lallcs. Nous avons, en plus du sens 
de haute montagne, qui est celui du français identique «alpc», un sens 
étendu : la partie d'herbage dépendante d un domaine de la plaine, où les 
bcsliaus passent l'été. 

*AXiT, en français, avec aspiration fautive, «haut»; cl adalt, là haut, 
amont, en amont. En latin «altus», mais seulement fondu dans le celti- 
que * altos, qui se trouve aussi dans l'irlandais « ait », rivage, éminencc, le 
breton « aol », pour *aut el *alt, même .sens, et le gallois «allt», falaise. 

ALUGAR, alumcr ; aluoadour et aluqet, brin de bois soufré, alu- 
ni oir. Page (').'{. 

AMADOU, mol i(li'iili(pie au français de même forme, cl (K-nolanl, a 
mon avis, un celtique 'matovos, doux, bon, dont le v se retrouve dans 
amadouvier, l'agaric du chêne d'où l'on extrait l'amadou, et venu de 
la même racine que dans le breton et le gallois < mat >, aujourd'hui 
• mad», le gaélique « maith », même sens, et que dans notre oc ■ maisc > 
(voyez ce mot» page 01), d'un équivalent 'matis. 



— 97 — 

*AMADOUAR, amadouer; exactement, rendre doux, calmer. A mon 

av-is, de la même origine que dans * amadou >. 
AMAGAR, enveloper. En Forez «agamar», par transposition. Orig. incert. 
AMBANS, balcon retranché qui protège l'entrée d'un fort; hangar, passage 
couvert, et bord extérieur d'un toit. Le sens paraît être avant-toit. Peut- 
être le bas latin c ambannus » est il pour 'and-tevannus, de ande et d'un 
■iegvannos ; mais rien de certain. 
AMAISAR, apaiser, rendre doux. Page (>i. 

AMAR, aussi .\IMAR, aimer (lat. eamare»); et dérivé particulier AMISTOUS, 
aimable, aimant (b. I. *amicitosus). Corne je viens de le dire à l'arcicle 
«al», ail, j'inscris quelquefois les mois visiblement venus du latin, 
quand ils se trouvent être les formateurs de dérivés particuliers. 
AMATAR, corne «malar>, particulièrement en parlant des plantes flé- 
tries par la chaleur : « flours amatadas ». Page 67. 
AMBE. aussi aznbi, avec. Page 13. 
AMEINAR, diminuer, réduire. Page 68. 

AMELLA, O, amande (b. 1. *amend'la, *amendala, pour camygdala »). 
AMENGAR, pour *amcinicar, amincir. Pago 63. 
AMOUDAR, mettre en mouvement. \'oycz «moudar». 
AMOUDOULAR, entasser. \'oyez, plus bas, «moudol». 
AMOURRAR, faire baisser le nez. Page 60. 

*ANCA, O, conduit angulcus, étroit, par lequel la farine tombe dans la 
huche en sortant de dessous la meule; etc. En b. 1. «anca», en fr. tan- 
che». Le germ. «ancha», tibia, tube, peut n'être qu'un frère, car la rac. 
anc ei ang, élrcindre, serrer, était aussi en celtique (en br. «ankoé», 
luette, petit crochet, pslile chose étroite, etc.;. Voy. «angari». 
ANCOU, agonie, trépas. Page 13. 

ANDAN, andain ; andana, o, rangée quelconque ; el andanar, mettre 
en andnins, mettre en rangs. Page l4. 

ANDAR, aller ; et andada, O, allée, marche, course. 

ANDE, autour ; l'espace dans lequel on se meut. 

ANDE, manivelle pour tordre les grosses cordes ; chose qui va en tour- 
nant. Employé au pluriel, «andes». On dit aussi «anders»; et Ion a 
doné, pour origine, le latin terigere», élever I Confrontez cander», du 
bas latin «andcrium», et l'espagnol «anderre». 

ANDEL, même sens que «andan» ; et verbe andelar. 

ANDER, trépied ; andril, diminutif; et andriliaira, eira, o, sorte 
de chambrière servant à soutenir un ustensile de cuisine sur le feu. 



*ANDESSA, O, pain de farine linc, en Auvergne, cji Ilouerguc ; dans 
quelques pays, pain d'avoine. A mon avis, de andc, ici au sens supcrlalif, 
conie dans' and eh ro g i os, grand pays, et d'un Vssa et V//jr, pain, de la 
même t^oursc que le breton ted», blé, le gallois tyd» et le vieil irlandais 
«illî», même sens : celtique itu pour pitu, nourriture, de la racine />e/, 
nourrir, qui est aussi dans le sanscrit « pilu », aliment, le gaélique «ilh», 
n^anger, etc. La forme «andcrsa» est une altération. 

ANDI, aise, bienêtre, condition convenable. Page 1 i. 

ANDINAR, aller et venir, se balancer. 

ANDOUN, mouvement de va cl vient ; cl andouniUa, O, clochette. 

ANDOURAR, parallèle de «andinar» ; cl andouretar, même sens. 

ANDOUS, bien portant, c'est à dire bien allant. 

ANDRA, O, ruelle, sentier ; cl androun, androuna, androunet, 

diminutifs. 

*ANGAR, en français c hangar» (avec // initial fautif*. Le sens de # toit 
sur piliers où Ton remise les chars » dénote un précédent *ancarr ou *and- 
carr, venu dj carros, avec un préfixe; et le breton «kardi», *karti, 
*karlig, du même sens de an«;ar, cl composé du même carras et de «lig», 
maison, toit (exactement « toit des chars »), conlirmc celte origine. Le 
toit en question a également désigne l'espace étroit où l'on enserre les 
chevaus pour les ferrer, et cette désignation indiquerait la racine atic et 
Jfig, serrer, mais elle a pu venir par extension, à cause de l'analogie qui 
existe entre un petit toit de forgeron cl un petit toit de chars. 

*ANGARIA, O, corvée, soit contrainte, chose obligée (b. 1. «angaria», 
même sens) ; et angariar, surcharger de corvées ou d'impôts (b. 1. 
«angariare», gêner, vexer). Les Darmestelcr tirent l'ancien français 
« angarier » d'un italien t angariare», mais, à mon avis, ce dernier peut 
n'être qu'un simple frère, car le bas latin de celte forme est du huitième 
siècle, et les emprunts à l'italien ne remontent guère au delà du douzième. 
D'autres auteurs ont avancé le grec avvapis;, courrier persan, en disant 
que le service des courriers j)ersans se faisait par relais et par corvées ; 
mais nous n'avons de mot.s anciens venus du grec que ccus qui sont 
passes par le latin, et le dit grec n'a pas été emprunté (ce mot n'est [)as de 
même racine, il dérive de amr, aller, com« aYY--'«-t> messager, latinisé en 
«angélus», au sens de messager du ciel. Je vois dans nos mots un restant 
de la famille gauloise de la racine anc et ang, serrer, étrcindrc, par c\- 
sion contraindre. 

'ANGROTA, O, lézard gris des murailles. Diminutif probable d'un *an- 
gera, parent du latin canguis», serpent, et du breton tanv», pour *angv 



— 99 — 

et *anp-en, orvet, soit petit serpent, de la même racine ang que dans 

« antraria». Et diminutif particulier aiigroutina, O. 
'ANGUIVA, O, rocher pointu, étroit. .Mot des Alpes, dérivé probable de 

la même racine que dans les deus mots précédents. 
ANIBOULAR (S'), se couvrir de nuages, en parlant du temps (I. nibulare). 

ANOCH, aujourd'hui : et s'anouchar, s'anuiter, se retarder en roule, 

de façon à risquer darriver la nuit. Pajre 70. 
.\N'OUGE, antenois, agneao de Tannée précédente (b. 1. «annogius*, * anno- 

linus ». dérivé de «annus» '. 
ANUEGH, forme de « anoch » : et verbe s'anuéchar. 
ANVAN, forme de «ambans» (voyez ce mot). 

'APAUTAR (s'), se baisser ou tomber sur les mains. Voyez c pauta ». 
'APETAR, rassasier. A'oyez tpete», gonflé d'aliments. 
APINCAR (s*), se camper sur ses jambes. Page 73. 
AQEL. celui là. Soit du même ac que dans taco» ; soit de l'adverbe latin 

c hac», par ici, et, pour la seconde partie, du latin «ille». 
AQESTE, celui ci. De la première partie de «aqel», et de «iste». 
AQI, là. et ici. Voy- «aco». 

'ARAIRE; mot identique au français de même grafie c araire» (celtique 
'aratron, le même que dans le breton «arar», pour précédents «arazr» 
ctcarardr», le comique caradar», l'irlandais carathar» et le gallois 
«aradr», lequel *aratron correspondant au grec xpx-pzv et au latin «ara- 
trum», qui n'a fait que se fondre dans le celtique et de la racine ar* 
ajuster, préparer, labourer, come dans «arliga» et «arvari», page 15). 

'ARANI, chagrin, inquiétude, dans les Alpes; araniar, chagriijer, in- 
quiéter, quereller, aussi dans le Forez (en Nivernais «aranier», piquer 
les bœufs i; et aranious, en français «hargneus». Des formes contrac- 
tées de ces derniers mots, et plus répandues, sont amiar et amiOQS, 
probablement dues à l'iniluence du fr. « hargne » , méchante humeur, e har- 
gner», et du conservé < hargneus». L'aspiration de ces mots français me 
parait fautive, pareillement celle de «harer», charier», et du conservé 
e harceler», *hariceler. l£t la racine me paraît être : soit une isolée 
ou une préceltique, ar, pointe, secondairement piquer (il va sans dire que 
je rejette le latin e hernia», hernie, de quelques auteurs) ; soit une rac et 
rec, dont la seconde forme serait dans le breton trec'h», chagrin (dans 
ce cas, nos mots se décomposeraient en préfixe € à » et *racni, *racniar, 
etc.). Voyez «arna». 
ARAXIA, O, araigne(l. aranea, gr. àpojrvr^de la racine ar, adapter, ajuster, 



— 100 — 

préparer, à cause de la toile que lisse l'insecte en question); et ARANIA- 
DA, O, toile d'araigne (le français actuel t araignée» n'est que le corres- 
pondant de notre taraniada», et il devrait avoir ce sens). 
ARET, bélier, mouton non châtré (lat. «arieteni»). 

*AHIMAR, ranger la cargaison d'un navire, dans la cale. Mot grafié à 
tort «arrimar» et passé dans le français («arrimer», pour *arimer), où il 
a remplacé les anciens «ariner» et «aruner». Le verbe celtique a dû 
signifier ajuster, adapter; et la racine ne peut être que ar, come dans 
«araire» (en latin «armus», jointure du bras et de l'épaule, «artus», ar- 
ticulation, «ars», invention, art, en breton «arzcl », jarret, etc.). Cette 
ar est ordinairement transposée ra en celtique (voyez «rai»), mais le la- 
tin n'a ni *arinare ni *arimare, et nos mots ne peuvent lui rien devoir. 

ARMARI, en français armoire. Mot masculin, come le veut le neutre 
latin «armarium », et non féminin, come le dit français. 

*ARNA, O, tout insecte qui ronge les étofes, le bois, etc. (en catalan et en 
sarde, même grafie «arna»); arnar, ronger, en parlant des insectes en 
question ; et arnadura, O, vermoulure, choses rongées. Probable- 
ment pour *arana, etc., de la même origine que «ai'ani» et «araniar». 

ARNESG, harnais; arnescar, harnacher; etc. Pages li et 15. 
*ARNIAR, chagriner, inquiéter, quereller; au neutre, maugrer. Contracté 
de «araniar» (voyez l'article «arani».) 

*ARNIAS, furoncle, bouton mauvais sur la peau, en Forez. 

ARNUSSOL, petit tubercule. Page 15. 

*ARPA, O, aussi arpia, o, grifc, et crochet ou chose imitant une grife ; 
arpar ou arpiar, saisir avec les grifes ; arpoun ou arpioua, petite 
grife, petit crochcl, arpounar ou arpiounar, etc. De la racine arp^ 
transposée de rji/> (confrontez iT«c cl «ac, périr, ar et ra, ajuster, clc, 
et voyez «rapar», grimper). Kn grec àp7:a;, crochet, àpra^siv, saisir, 
ravir (dont le correspondant latin «rapere» est de l'autre forme); en 
français «harpe», grife de chien, avec un h dû à l'inlluence de «harpe», 
instrument de musique, du germanique « harpa ». A noter que le mot an- 
cien signifiant grife ne se conserve que chez nous, et point en grec ni en 
latin. 

*ARRANCAB, arracher (voy. « rancar »). 
ARRAPAR, saisir, ravir. Voy. «rapar» du même sens. 

ARRED, arroi, mise en ordre ; cl arredar ou arrear, mettre en or- 
dre. Pages 75 et 7G. 
ARRi! cri pour exciter les mulets et les unes. Origine incertaine, come pour 
le français charo !>. 



— loi — 

ARRUCAR ^^S'\ se blolir, en particulier soas un abri. Voyez crucar». 

ARTEL, doigt du pied (ce mot est, par son a, plus voisin de l'origine carti- 
culus • que le français « orteil »); et S'ARTILIAR, se blesser les orteils en 
heurtant contre une pierre, etc. 

ARTIGA, O, terre défrichée. Page 15. 

ARVARI, aussi arbari, outil aratoire (pioche, pèle). Page 15. 

'ASI, aussi aise, position convenable ; par extension, bienêtre, aise. Je 
n'admeU pas le grec aîpis?, heureus, qui n'est pas passé par le latin ; je 
n'admets pas non plus le *asa pour «ansa>, poignée, au sens de prise 
facile, des Darmesteter, ni la nouvelle étj-mologie «adjacens», de Tho- 
mas. Je vois une parenté avec «adar» (composé avec a pour ad), adap- 
ter, convenir, de la racine da et de (pour dha et dhe), placer, poser, par 
une forme di, la même que dans le latin perdu "dire et ses dérivés con- 
servés «audire», ouïr, soit placer dans l'oreille, et «condire», mettre 
dans un liquide, assaisoner. Le bas latin « asium > a pu être pour *adium 
(come nous avons casourar» pour «adourar», etc.}, et le verbe «asiare», 
aujourd'hui asiar ou aisar, douer de l'aise, a pu être pour *adiare. Et 
cette origine di peut expliquer en même temps l'italien ■agio>, corres- 
pondant de easi» et du français «aise» : «agio» pour *azzio, et pour un 
régulier *addio, et le français dialectal «ajet», coulisse d'une porte, ajus- 
tement, en Normandie, au pluriel les dépendances, les aisances, les cou- 
loirs d'une maison, en Picardie, etc. («on na pas besoin de chandèle, 
quand on connaît les ajets. > 

'ASEGAR, mettre en ordre, réparer (bas lat. «asicare», fréquentatif de 
« asiare » , douer de l'aise). Voyez « asi > . 

ASEN, et réduit ASB (latin «asinus»}; ASENADA, O, ânerie, et ASENOT, 

petit âne. 

'ASIMA, O, acidité des fruits verts, en Rouergue (celtique *acima, fé- 
minin d'un *acimos, pointu, piquant, dérivé de acos, mais avec faiblis- 
sement du c, come dans l'ancien français et dialectal «aisil», vinaigre, 
d'un *aci/û ou 'akilis (pour Tm, cf. *blacimoSy bas latin «blacimus», 
blême) ; et asimar. agacer les dents, en parlant des fruits verts ; au 
passif, s'émousser par l'action d'un acide. 

ASOURAR, baiser des reliques. Du lat. «adorare», porter la bouche sur 

formé de «ad» et «orare» pour *osare, de «os», bouche. 
ASSADOULAR, rassasier. Voyez, plus bas, «sadoul». 

ASSAR, laisser inculte une terre, la laisser reposer, en Limousin. Peutêtre 

pour 'astar, de la rac. sta. Douteus. 
ASSEGURAR, assurer. Voyez, plus bas, «segur». 



— 102 — 

ASSETAR, asseoir. Eu breton «azéza», en gallois «assedu». Noms pro- 
pres Addedomaros, avec dd barrés (= ss), Adsedus, Assedomarus, etc. 
Préfixe ady et *sedos, siège, demeure, résidence, de la racine générale 
sed, seoir. D'après d'Arbois de Jubainville, Assedomaros signifie grand 
bahilant. Voyez «seire». 

ASSOULAR, partager par soles, ordinairement en trois. 

*ASSUGAR, assommer, doner des coups sur la tête ; cl assucadour, 
assommoir. Voyez «suc», sommet, tête. 

ASTIC, O, os de cheval ou de mulet, dont les cordoniers se servent pour lisser 
le cuir. L'anglais «stick», bâton, ne me paraît pas probable. Il y a plutôt 
ici un diminutif en icos d'un celtique *asiis, avec le même a que dans le 
breton «askourn», os, le comique «ascorn», le gallois «asgwrn», même 
signification, donés come pouvant être pour *ast-kourn ou come pouvant 
venir d'un parallèle *askurnos, auquel on compare, pour le k, l'arménien 
«oskr». En latin «os» (*osl), au génitif « ossis », en grec Ô(7T£0v, en sans- 
crit «asthi», etc. A remarquer que le breton «askourn» signifie astic, en 
même temps que os. El ASTICAR. 

ATACAR, fixer, lier, joindre ; par extension, aborder, porter le« pre- 
miers coups, en français «attaquer». Et dérivés. \'oycz «laça», page 80. 

ATAMPAR, fermer sans verrouiller (la porte, etc.). Page 81. 

ATEMAR (s"), avoir du caprice pour; s'entêter. Voyez « tèma». 

ATENRESIR, rendre tendre. Voyez «tenrc». 

ATINTAR, incliner ; et atintoular, incliner un peu. Page 82. 

ATRACAR, frayer un passage. Page 83. 

ATRANIR (b'), s'user, se percer. Page 81. 

ATRAS, monceau ; et ATRASS.\R, amonceler ; ramasser petit à petit. 

Page 8.'). 
*ATROUPELAR, former un troupeau. Voyez «trop». 
ATUBAR, alumer. Voyez «tupa», page 87. 

*ATUFAR, façoner la tête, la chevelure, la barbe, tailler les arbustes d'un 
jardin; cl atufegar, même sens, en français «atifor», pour dialectal 
«ateficr» et *atufier. Voyez «tufa ». 

*ATUFEL, ruban etorncmeni quelconque de la chevelure («e» parada de 
ponlits nlufels», elle est paréo de jolis ornements (en oïl «atitiau», pour 
'atufiau, horriblement déformé dans lo français caiïutiau», que les I)ar- 
mesteter sont allés chercher dans « fill », bois). 

*ATUR, alt.irhom'^nl. «nin« qu'on n pour une persnnc : cl aturar, placer 



— !0.) — 

contre, aufiguré et au passif se tenir près crune persone pour la caresser 
ou lui douer des soins. Voyez €tur>, côté. 

au! (avec prononciation ou de 1'//), interjection servant à appeler, (.-\u 
Peire, ausez un pauc », ô Pierre, écoulez un peu). 

*AUA, O, mot remplacé de bone heure par *agua et «aig^a, o», du latin 
«aqua», mais dont il nous reste les dérivés «auroun», «ausari» et 
«aven», inscrits page 15. En français «eau», pour d'anciens -( eue », 
«ève» (ce dernier resté dans les dialectes), et pour de plus anciens < aive » 
et *ave ou *aue. Le celtique avos est masculin, mais il a pu avoir une 
forme féminine *ava ; en tout cas, le latin « aqua » n*a pu que se mêler 
au celtique et, à la rigueur, faire remplacer le genre masculin par le fé- 
minin. En got. «ahva», aue ; en grec a-, dans Mi73-a-'.:i, cens qui 
habitent entre deus fleuves. Confrontez « augar » . 

*AUBA, O, forme de «alba» ; et aubar, aubari, aubenc, aubiaira, 

formes de «albar», etc. 

*AUGA, O, oie. Même grafie «auca» en bas latin. Le présumé *avica, du 
latin « avis», oiseau, ne me paraît pas probable. Nos pères n'ont pu doner 
à l'oie un nom de forme diminutivc, cet oiseau étant le plus gros de no^ 
pays. Il doit y avoir ici une contraction d'un celtique 'auocû^, venu de 
aiios ou avos, rivière, aue, avec la signification de oiseau de laue, oiseau 
aquatique. Et dérivés aucat, mfde de l'oie, et aucoun, petite oie. 

AUCEL, oiseau (b. 1. «avicellus», tiré du 1. «avis)^); féminin AUCELLA, O, 
et diminutifs AUCELET et AUCELOUN. 

AUCEL, mamelle de la vache, de la chèvre et autres animaus femelles. L'o- 
rigine de ce mot n'est pas facile à déterminer, car, à côté de la forme or- 
dinaire ci dessus, il existe une forme «ourcel» dans les causses de (ira- 
mat. Quelle est la vraie? «Oursel» dénoterait un bas latin *urcellus, tiré 
du latin « urceus», vase, cruche, si la mamelle des animaus en question 
a été comparée à une cruche; mais, la dui'eté des pays iailuençant tou- 
jours le langage, «ourcel» peut fort bien être un altéré. Reste la forme 
ordinaire «aucel» : elle peut, sous rinfluencc de «aucel», oiseau, être 
pour *aujel, d'un bas latin *alviellus (avec alongcmentde Vf), de «alvcus», 
dont le féminin «alvea», plus tard *alvia, nous a doné «auja», en fran- 
çais «auge» pour *auje, lequel «alveus» dérivé de «alvus», ventre ; soit 
petit ventre. Mais il n'y a pas de certitude. 

*AUGAR, pour proabble *auegar, arroser, en Limousin ; et augada, O, 
action d'arroser. Voyez «aua», 

AUGIVA, O, en français «ogive», pour l'ancien «augive». Orig. incert. 



— 104 — 

AUJA, O, auje (1. *alvia pour «alvea») ; et AUJEL, aujcau, souvent altéré en 
«aucel» et, dans le français, en e oiseau». 

AUJOUL, aïeul (b. I. *avioIus, venu du 1. tavus», ou d'un celtique corres- 
pondant *avos pour */)avos, — cavus» emprunté de bone heure au cel- 
« tique, autrement il aurait un/», — et dont un dérivé *averos pour *pa- 
veros, petit fils, reste dans le gallois € wyr» et dans le breton e d-ouaren » 
(le correspondant latin de ce dernier est « puer», pour *pouer et *pauerj ; 
et AUJOULA, O, aïeule. 

AURE, or. (1. aurum) ; et AURENC, relatif à l'or. A Aurillac, la «rued'Au- 
renque», rue où l'on travaillait les paillettes d'or que charriait autrefois 
la rivière Jordane. 

AURIOL, châtaigne pelée et passée au séchoir, Peutctre de «aureolus», 
parce qu'elle est jaune. 

AUROUN, sourse, ruisseau ; et nom de rivières. Page 15. 

AUSAR, oser (lat. «audere») ; et AUSOUS, qui ose. 

AUSARI, osier; et ausareda, o, aussi ausaria, o, oseraic. Page 15. 

AUSE, désir, volonté, courage, dans l'expression tdounar de l'ause », en- 
courager. Du latin tausum». 
*AUSILIA, O, oseille. On a d'abord doné le gr. c^aXt;, mais les Darmes- 
teter rejettent ce grec et disent notre mot «d'origine inconnue». .le vois 
un *acusilta, 'acusila ou *aciisilla, de la rac. ac. 

AUSIR, ouïr (latin «audire» pour *ausdirc). 
*AUT, forme de «ait», haut; et adaut, là haut, en amont. 

AVAL, corne en français : «en aval», en bas; .WALAR, descendre (d*où 
peutêtre «rabalar»). 

AVANAR, épuiser de forces, rendre vain; au figuré, le participe «avanal» 
«abanat» s'emploie au sens de ruiné («soui avanat») et au sens de fati- 
gué d'une chose, rassasié, dégoûté d'un mets qui est servi à tous les repas, 
et même substantivement («ai fach un avanat d'aco», j'ai fait un content 
de cela). On dit aussi «ravanat» ou «rabanat». 

AVEN, cours d'aue profond ; et avenc, même sens. Page 15. 
AVESAK, habituer. Voyez «bes», habitude, et «ves», fois. 

B 

BABA, O, bave, sens probablement pris au mot français, qui signifiait 
autrefois verbiage d'enfant, ensuite verbiage en général ; babar, parler 
inconsidérément corne un enfant ou babe, d'où un second verbe do même 



— io5 — 

forme, au sens de baver : et babarel, partie évasée d'un corsage de 
femme, bavette. Page 10. 

BABA, O, nom général des insectes piquants, et couleuvre (à Aurillac sous 
la forme «bobo»); BABAUD, bêle imaginaire dont on menace les petits 
enfants ; BABOT et BABOTA, O, petit insecte quelconque. Origine incer- 
taine ; peutêtre d'une forme gauloise bau ou bav^ de la même racine que 
pav du latin «pavor«, peur. 

BABE, petit enfant. Mot ordinairement remplacé, selon les pays, par les 
uns ou les autres des diminutifs : babin, babinet, babinot, ba- 
biol, babiot, babelon, babelot, baberot. Page 16, 

BABIOLA, O, enfantillage, baliverne (du diminutif « babiol » de «babe », 
et non de l'italien «babbola», simple emprunté de nos dialectes, car l'i- 
talien n'a point les formateurs) ; et babiouliar, baliverner. 

BAG, bateau; et diminutif bacot. Page 17. 

BAC, récipient ; bacas, abreuvoir ; bacot et baqet, petit bac. 
*BAGEGA, O, partie du timon (du char ou de l'araire) qui se lie au joug, 
mouton dune cloche, soit partie liant la cloche, et barre à laquelle est 
attelé un cheval qui tourne une roue ; bacegar, adapter la bacègue ; et 
bacegoun, forceau qui relie la flèche au joug. Probablement de la ra- 
cine bac, lier. 

BAGHAULA, O, panier couvert, bourriche, dans la Guyenne. D'un 
*bacaiila pour *bacauola, égal à bacaiida et *bacauoda, bachoue. 

BACHE, courroie, en Béarn ; bacboul, maillot ; bachoular, em- 
mailloter. Rac. bac, lier. 

BADA, O, ouverture (bouche, porte, fenêtre) ; badar, ouvrir, ordinai- 
rement la bouche; babad^, O, action de «badar»; badadis, bavar- 
dage ; badari, aire, qui ouvre la bouche ; badald, aud, sot, qui tient 
la bouche ouverte ; badarel ou badarol, petit sot ; badaliar et 
badechar, verbes fréquentatifs ; badalioun, bâillon ; badaliou- 

nar, bâilloner; badaluc, aussi badoc et baduc, come «badald»; 
badoca, o, fourreau de la faucille ; badola, O, balafre, aussi crevasse 
de mur; etc. Page 17. 

BADE, large, gros ; badas, augmentatif; badol, diminutif, d'où ba- 
doulet, replet, grassouillet (aussi dans les dialectes du Nord : « femme 
baboulette»). Page 17. 

BADEL, autrefois sergent à verge, huissier (ou, mieus, uissier, celui qui 
ouvre l'uis dans les cérémonies ou dans les audiences, « uis » dérivant de 
«ostium»), aujourd'hui employé d'une église, en français «bedeau». En 
bas latin «badellus» et, dans les provinces du Nord, «bedellus»* On 



— io6 — 

donc ce dernier et le français «bedeau» corne étant l'alemand c pulil », 
crieur public; mais je ne crois pas à cette origine : le /> de «rpulil» aurait 
pu être prononce b par les Krancs, mais, de son côté, «pulil» a pu être 
emprunté et avoir remplacé le b par/); en tout cas, rétvmolopie de ce*- 
alemand n'a pas été donéc. Je vois dans «badellus» une forme régulière 
de «bedellus», come «badar» est le régulier du français «béer»; et ce 
«badellus» peut fort bien cire une sorte de gentilice de «baderius», 
qu'on trouve au sens secondaire de «surveillant» ou «viguier», les 
deus fonctions de uissier et de surveillant étant unies, tout sergent à 
verge étant surveillant, en même temps qu'ouvreur de Tuis, dans les 
cérémonies ou les audiences. Notre dérivé de ce « baderius», BADÈRI, 
n'est plus employé dans ce sens, mais nous le conservons à celui de 
«béant » («porta badeira » ou, francisé, «badièra», porte qui fait ouver- 
ture, qui n'est pas fermée). La racine serait bad, être large, être ouvert. 
J>e sens de porteur do verge ou de bâton pourrait, cependant, ne pas 
être étranger à la formation des mots ci dessus (confrontez le français 
«bàtonier», celui qui a un bâton pour insigne), et le /^ simple d'un bâta 
(confrontez andobata, cité à l'article «batre») pouvait devenir d dans les 
dérivés. Fusion possible de deus origines. 

BADEN, cuve ; et badinioun, baquet à lessive. Page 17. 

SADERNA, O, chaudière pour faire évaporer l'aue maraise. 

BADET, sentinelle qu'on plaçait au haut d'une tour. Dérivé probable de 
«badar», au sens spécial de ouvrir l'œil, surveiller, come «badel». 

BADIAS, lac, dépôt d'aue. Page 18. 

BAFA, O, lèvre. Ce mol est identique (avec substitution deryiatin)à 
« baba » (pour 'bapa), verbiage d'enfant, passé au sons de salive qui s'é- 
chape de la bouche d'un enfant, et à celui de lèvre (voy. page 16); et les 
origines germaniques donées sont impossibles : le germanique n'a rien 
de semblable. Vl : bafar, bavarder, et (ordre les lèvres (en français « l)a- 
fouer»,d'oii «bâfrer», dont une forme ouverte a été «baufrer»); ba- 
fari, aire, qui bafe ; bafouliar, parler à tort et à travers. 

BAGA, O, paquet; et bagar, empaqueter. Page 18. 

BAGA, O, anneau, bague ; bagar, garnir d'une bague. 

BAGAS, garson lourdaud ; et bagassa, o, fdlassc. 

BAGAT, nœud, pli ; et bagatoun ou bagadoun, petit nœud. 

BAGOUL, bavardage ; et bagoular. 

BAGOUN, petit lien, petit cordon ; cl (iiiiiiiuilif bagounet. 

BAIA, o, baie, golfe; exacteincnl, courbure. Page IS. 



— I07 — 

*BAIARD, sorlc de civière. Ce mot csl pour *bnguiart, *bag-iart (avec o- 
dur), et même pour *bag:-iar et*bag-ari, d"un *bagarion, chose qui sert à 
porter, neutre d'un *bagan'os, porteur, car, ici, la finale est factrice, et 
le t a dû venir sous Tintluence de l'augmentative art, de Toïl (l'ocienne 
est ait). L'a du radical est une simple prononciation ouverte de Ve de 
beg, porter, transporter, qui est dans le gaulois benna pour *begna, 
sorte de voiture, dans le latin «vehere», transporter, l'alemand tvi-eg», 
chemin, etc. (pour cette prononciation ouverte a, confrontez «banna», 
pag-e 19). D'ailleurs, la racine est aussi bien bag que beg : en sanscrit, 
avec h pour g, tbah» et «vah», en alemand «vvagen>, voiture, à côté 
de «weg», chemin. Le français aussi possède «baïart», mais par em- 
prunt ancien aus dialectes, car la forme française est » béard » pour *bé- 
gard, aujourd'hui contractée en «bard». 

*BAILE, autrefois agent royal qui rendait la justice ; aujourd'hui maître 
As maison, dans le Midi. On done le français de même grafie «baile» 
corne venu de l'italien «bailo», nom que portait autrefois l'ambassadeur 
de Venise, à la cour de Constantinople, et l'on done cet italien «bailo» 
corne étant le latin «bajulus» (baiulus), porteur, pris au sens étendu de 
chargé d'aifaires ; mais cette origine ne me paraît pas claire, car nous 
devons avoir eu, en Gaule, un *bagilos, diminutif du *^a^05 qui a formé 
l'irlandais «bag», prince, soit souverain, lequel *bagilos serait confirmé 
par un dérivé *bagiîivos, d'où le français « baillif», devenu « bailli » ; et 
nous devons avoir eu aussi un verbe, devenu, d'un côté, *bagilire et, 
d'un autre côté, *bagilarc, en français » bailllr» et «bailler», ce dernier 
seul conservé. Le sens de rendre la justice est passé à ceus de adminis- 
trer, accorder, fournir et, finalement, douer, dans notre verbe ba.ilar, 
de *bagilare (corne dans le français cité «bailler», d'où «bailleur de 
fonds», etc.). La racine me paraît être /'a_g', porter, transporter, car le 
français «bague», paquet (d'où «l^agage», ensemble de paquets), a si- 
gnifié charge honorifique, en même temps que fardeau. Et, d'ailleurs, 
d'où vient le latin « bajulus » ou, mieus, «baiulas»? Il ne peut venir, à 
mon avis, que d'un *bagiulus (avec chute du g dur, come dans «major» 
ou «maior», pour *mag-ior, comparatif de «magnus», de la racine mag, 
citée ci dessus) ; et ce *bagiulus, qui est de forme diminutive, dérivée, 
dénote un emprunt celtique ancien, à la racine bag, car, s'il était réelle- 
ment latin, il aurait un y et non un b (l'y latin correspondant au b celti- 
que). Et dérivés : baila, O et bailessa, O, maîtresse de maison, pa- 
trone ; bailechar, faire de l'importance, faire le maître; ballet, uis- 
sier, en Béarn, soit agent du magistrat, petit magistrat (pour «bailct », 
prononciation de «vailet», domestique, voyez «vaslet»); bailoun» 



— io8 — 

marguillier, en Rouergue ; et bailouna, O, supérieure d'une commu- 
nauté ou d'une confrérie. 

BAIS, forme de cbasi», un baiser ; et verbe BAISAR. 

BÂLGA, O, foin grossier, grosses herbes ; balcar, couper les dites 
herbes ; et balcas, toufc. Page 18. 

*SALDANA, O, ventre, peau; dans quelques pays, fanon des bœufs. Ce 
mot gouverne un précédent *baUana, de la variante bali de talc, enfler, 
qui se trouve aussi dans le latin «balteus», ceinture (du ventre), le ger- 
manique «balderich», delà même signification, et dans l'ancien français 
«baudroyer», préparer les cuirs, etc., et je pense que ce baltana a pris 
naissance en Gaule et ne doit rien au latin ni au germanique, qui sont 
d'ailleurs de sens restreint. 

BALET, balcon ; et diminutif baletoun. Page 18. 

*BALIARC, sorte de blé de couleur blanchâtre, sorte d'orge. A mon avis, 
dc'balios, secondaire de *balos, blanc, de la rac. bal et gval, être blanc, 
être lumineus, qui est aussi dans balanos, brillant (en sanscrit cgvala- 
nas», même sens, en grec ^aXap;;, clair), dans le breton t bal », tache 
blanche au front des animaus, dans le français «baillet» pour «baliet», 
qui est de couleur tirant sur le blanc, dans l'ancien français «boloier», 
briller, en parlant d'un gazon de fleurs, elc. Voyez «bel », page 23. 

BALLAR, se balancer, danser; ballada, O, balancement, danse, pro- 
menade en va et vient (passé dans le français populaire) ; balladin, 
danseur (passé dans le français); ballant, qui va et vient ; et ballun, 
le va et vient ordinaire de la vie. Pages 17 et 18. 

BALMA, O, rocher, creus de rocher. Page 19. 

BALS, rocher escarpé ; et balsa, O, meule de foin ou de paille, pile de 
fagots, etc. Page 19. 

BANA, O, forme de «banna», panier ; banastra, aussi banasta, O, 
panier d'àne ou de mulet, et dimin. banastroun ou banastoun. 

BANA, O, forme de « banna», corne ; banar, doner des coups de cor- 
nes ; banechar, fréquentatif; banel, dévidoir à corne ; banella, o, 
volant de dévidoir ; banet, agneau à cornes naissantes; banica, O, 
petite corne; banoun, chacune des saillies frontales qui portent les 
cornes; banut, cornu. Page 19. 

'BANATA, O, cuve à lessive, dans les Alpes. A mon avis, pour *ban- 
naUi et 'badnala, de la même origine que «baden» (page 18) et que 
«banic», bain (voyez, plus bas, ce mol\ 

BAND, clan, aussi liberté donée aus animaus; bandestre, ahuncUMi, 



— log — 

état libre des animaus (« ua cabal al bandesire », un cheval en liberté) ; 
bauidir, lancer, jeter dehors, expulser (en français « bannir», pour le dit 
cbandir»), au neutre s'élancer, et fréquentatifs bandigar. aussi ban- 
decbar, répandre des nouvelles, divulguer, médire, et bandigoular, 
balancer les jambes quand on est assis; plus bandola, O, balançoire. 
bandoular, etc. Page 19. 

*BANIE, en français cbain» ; cl baniar, baigner. On done, come ori- 
gine, € balneura » et c balneare » ; mais ces latins auraient dû produire, 
chez nous, 'bannie et *bauniar, et, en français, avec l'altération ordinaire, 
*baugne et *baugner, et ils ne l'ont pas fait. Alors nos mots peuvent être 
pour 'bannie, d'un 'bannios \= *bjJnios], et 'banniar (ce dernier avec 
adjonction ordinaire de la finale latine «are» : 'banniarc), de la racine 
bad, liquide, ou peutèlre d'une forme bat de la même racine (en breton 
cbannac'h» et «banné», goule, en vieil irlandais c banne», même sens, 
en irlandais actuel «bainne», lait, elc). Les noms de lieus étant ordi- 
nairement celtiques, il serait bien étonant que les nombreus Baniola, 
Baniolus, Bannolus, devenus Bagnole, Bagnol, Bagneul, Bagneus, et dus 
à des sourses, à des réservoirs ou à des endroits propices aus bains, fus- 
sent latins. L'italien «bagno» ='d'où le français cbagne», parce qu'une 
prison de Conslanlinople avait été établie dans un local qui avait servi 
de bains) ne fait pas obstacle : ce mot peut avoir la même origine, car il 
y a un certain nombre de mots celtiques dans l'italien, particulièrement 
dans ses patois. Et : banioun, petit cuvier, baquet, dans le Forez ; 
baniim, humidité, sauce liquide. 

BANNA O, panier. Rarement usité. On emploie ordinairement le régu- 
lier «benna». Page 19. 

BANNA, O, corne ; aile de moulin. Pour les dérivés, voyez ceus de la 
forme réduite et ordinaire cbana». 

B.\.R.\NDELLA, O, sorte de danse, sorte de galop final d'une soirée dan- 
sante, dans les Cévennes. Deus origines se présentent : une forme vai de 
ve» et v/, tourner, qui nous a doné «virar» ou «birar» (dans ce cas le 
mot serait pour 'varandella, avec le sens de « la virante », c la tournante », 
et il aurait eu, dans le principe, le sens général de «danse»); et une ré- 
duction d'un précédent 'barrandella, j>our Varrandella, de vartj forme 
de vert et vort, tourner (voyez «vartar» et «bourreiga»), 

BARBOULIAR, pour «barAouliar», barbouiller; et barbouliari, 
aire, barbouilleur. 

BARC.\NIA, O, marchandises, marché. Peut venir de «barca», au sens de 
marchandises arrivées par les barques, marchandises étrangères. Cepen- 
dant un ancien français du quatorzième siècle est « vargaigneur » , aujour- 



— 110 — 

cl'hiii « l)arguigneur». Il pourrait y avoir, dans nos mois, une participa- 
tion d'une racine war cL irer, qui a produit le breton «g-wcrlz », vente, 
«{^-wcrtza», vendre, et le ppallois «g-werth », prix, «j^-Averlhu », vendre : 
celtique *ivertos, valeur, selon Ilenrv, ou continental *wartos, dont les 
dérivés auraient pris un c, sous l'inlluence de «barca»; il pourrait y 
avoir aussi participation d'une forme marc de merc qui est dans le latin 
€ merx » (*mercs), laquelle aurait pris fautivement un t, sous la mÛMTic 
iniluence de «barca». Et : BARCANIAR, marchander (en bas 1. barca- 
niarc) ; BARCANIARI, AIRE, marchandeur ; BARCANIOLA, O, la remise 
qu'on fait ou le repas qu'on paie à celui qui a fait conclure un marché. 

*BARDAR, pour «vartar», tourner, pencher, dans « cmbarder » (voyez 
ce mot). 

*BARGA, O, mot passé dans le français : «barque». Le vrai français est 
«barge», altéré en «berg'e» dans les diclionaires ; et le bas latin /'jfrifa 
est reconnu «d'origine celtique ». La forme b. 1, barca est inséparable : 
elle est uniquement la méridionale de barga, et l'italien «barca» ne 
peut être qu'un frère. A mon avis, les deus bas latins sont pour précé- 
dents *barica, et *barig2, soit de bar, porter, contenir, soit encore par- 
ticipant des deus, car, à côté d'un ancien français «bariquelle», nacelle, 
on trouve un bas latin bargclla, besace, soit chose servant à porter. Et 
dérivés barcota, O, etc. 

BARGANIA, O, forme de «barcania» ; etc. 

BARGA, O, broie ; et bargar, broyer (le chanvre), verbe Irajisposé de 
«bragar» (voyez «brac», court, page \\0). 

BARGA, O, meule de foin ou de paille ; et diminutifs bargol et bar- 
goun. D'une forme en a de la racine bcrg, qui est aussi dans le breton 
«bergn» pour *bcrgcn, monceau, dans le gaulois transposé briga, 
montagne, aussi dans l'alemand, etc. Dans quelques pays, on dit bar- 
gea, bargeol, bargeoun. 

BARGAR, bavarder, parler beaucoup, parler sans cesse. Peutclre sens 
étendu de «bargar», broyer le chanvre, au sens de faire le bruit de la 
bargue ou broie. Peutêlre aussi d'un bas latin *baricarc, dérivé d'un 
*barirc, correspondant du latin «fari», parler (l'emprunté *parabolarc, 
devenu *paraular et «parlar», aurait, dans ce cas, prévalu sur *barire). 
A noter que nous avons, au m('ine sens, et en plus de bargari, aire, 
bavard : deus fréquentatifs bargouliar, bafouiller, bargounar, 
jargoner, etc., et un composé «desbargar», déraisoner. En tout cas, nos 
mots ci dessus sont d'origine gauloise. Pour la racine de *barirc, qui 
serait ba (en latin fa dans le dit «fari», dans «fabula», et autres 
mots, en grec ça, dans ÇCttiç, parole), confrontez l'irlandais « bar»-, 



— III — 

d'un *baros, sag;e, celui qui dit, qui prédit, «barn», jug-e, dun *b2rnos^ 
celui qui prononce une sentence, le breton féminin «barn», jufreraent, 
d'un */'jr/T:i, etc. «Bargar» pourrait aussi être transposé d'un parallèle 
de «bra^ire», braire, crier, qui se disait autrefois en parlant des pcrso- 
ncs aussi bien qu"en parlant des animaus. 

BARIGOULA, o, sorle de champignon. Passé dans le français «barigoule», 
A mon avis, forme de « bcrigoula ». 

BARIOL, aussi bariola, o, brouette : barioular, transporter sur une 
brouette. On dit aussi bariot, bariola^ barioutar. Page 20. 

BARLAC, bourbier, La seconde partie, «lac», est facile. Quant à la pre- 
mière, elle se relie possiblement à «barva». Le sens serait : mare 
boueuse. 

'BAROUN, mari, et titre de noblesse ; barounar et barounechar, 
faire le maître, faire de l'importance ; etc. 

BARRA, O, branche d'arbre, barre; barrar, barrer; barradis, pa- 
lis:=ade ; barradoUT, fermoir; et autres dérives. Page 20. 

*BARRAL, pour *baral. Jadis baquet, grand pot ù liquides ; et tonneau, 
depuis l'invention des baquets à double fond. Mot dérivé : soit de la ra- 
cine bar, liquide, soit de la racine bar, porter, contenir, et correspon- 
dant au français et gallois « baril », à l'irlandais «bairile», même sens de 
tonneau, et au breton «baraz», baquet à anses. L'invention du double 
fond du barrai n'a pas fait perdre le nom du vase. Avec forme féminine 
barrala, o, et dérivés barraliari, aire, tonnelier, barralioun, 
petit barrai, etc. 

BARRAN, escarpement ; barrania, O, pays buissoneus, et dim. bar- 
ranioun. Page 20. 

BARRANCOUN, bâton de chaise, et échelon. 

BARRANDA, O, balustrade, bastion ; et barrandar, fortifier. 

BARRANI, chacune des deus élévations qui soutiennent un pont. 

BARRE, élévation, montagne, sommet. Page 20. 

BARREGHAR, remplir un vase jusqu'au bord, y cumuler le grain, etc. 

BARRI, faubourg, soit pointe d'une ville ou d'un boui^. 

*BARRIC A, O, barique ; barricot et barricoun, diminutifs ; et bar- 
ricari, aire, tonnelier. 

BARROUL, verrou, soit petite barre (le latin «veruculum» n'a pu que 
se fondre dans notre mot); baiTOUliar, verrouiller; et barroulet 
ou barroulioun, petit verrou, 

BARROUN, trique, petite barre; barrounar, bàtoner. 



— 112 — 

BARROUSTA, O, cercle de bois auclessus duae roue de char. 

BARTA, O, pays élevé, spécialement pays de g^enèts'et de ronces ; bar- 
tsis, au{,'Tnentalif ; cl bartavella, O, perdrix des pays élevés, des bar- 
tes. En dessous des montagnes du (iévaudan, on done à la même perdrix 
le nom de «gabaldana» ou «gabaudana, o», d'un *gabaletan2. 

'BARTAVELLA, O, forme de « varlavella», loquet de bois. Mot distinct 
de celui inscrit dans larlicle précédent. 

BARVA, O, parallèle perdu de «borva», bourbe, mais formateur de 
«barbouliar» pour *barvouliar. 

*BAS, corne le français de celle forme, soil adjectif, soit substantif; bas- 
set et bassot, diminutifs au sens de court de taille ; bassoun, chaue- 
setlc d'cnfanl ; baissar pour *bassiar, baisser; etc. Le bas latin «bas- 
sus», du sens de t gros et court», dénote un précédent *bassos, pour 
*badsos ou pour *badtos (avec ss pour dt, corne dans d'autres de nos 
mots, et corne dans le latin «tissus», fendu, «fressus», brisé, etc.), de la 
même racine que dans «bade», large, gros. 

*BASA'C1LE, récipient d'auc («ventre plus gros qu'un bai^acle ») ; lieu où 
les pêcheurs enferment leur poisson. Mot venu d'un bas latin «badacu- 
lum», de la racine bad, liquide, ou de bad, être gros. Nom propre : Ba- 
daculum, aujourd'hui Basacle, moulin renommé, à Toulouse. Par exten- 
sion, «basacle» est passé, en toulousain, au sens de lieu où l'on vend le 
poisson, et à celui de marché quelconque. 

BASI, un baiser (1. «basium»); et verbe BASIAR (1. basiare). Nous em- 
ployons de préférence «pouloun» et « poutounar», de notre fons. 

BASIR, s'en aller, disparaître, être exténué (« basir de fam », mourir de 
faim). En Normandie, le correspondant a le sens de courir, de fuir («il 
bèse corne un lièvre»), particulièrement en parlant des vaches quand 
elles sont piquées par les mouches. Dans le Nord, «biscr», en parlant 
d'un oiseau dont le vol est rapide. Origine incertaine. 

BASSA, O, aujc, cuve ; bassin, bassinet, bassinot, et autres dimi- 
nutifs; bassinar, mouiller. Page 21. 

BAST, pièce de bois de soutien ; etdiniinutif bastoun, bâton, d'où bas- 
tounar, bâloner, bastounet ou bastounot, petit bâton, etc. p. 21. 

BAST, bût. Mot identicjue au précédent. D'où bastard, exactement 
home de bât, et bastina, O, sorte de bât. 

BASTA, O, grande mesure devin. Page 21. 

BASTIDA, O, maison solide, forte; bastjr, oonslruiro, bâtir, etc. 

BATA, O, bride de sabot ; et « balar», brider les sabot*". Page 21. 



— 113 — 

BATAR, fraper (cbatavit », il frapa, en bas latin), verbe perdu; batadis, 
batements ; batal, marteau de cloche ; bataliar, verbe fréquentatif, 
d'où batalia, O et bataliari, aire (à peu près les mêmes formes en 
français; : batanar, fouler le drap; et batarel, claquet dun moulin. 
Page 22. 

BATEGAR, palpiter; et batol ou batoul, qui bat dans sa coquille. 
Paraissent dérivés de cbatar», plutôt que de la forme tbattere», inter- 
médiaire du gallo romain « battuere » et de la forme nouvelle « batre » de 
l'article qui suit. 

BATRE, fraper. Parallèle de « balar» (voyez ce mot) et seul conservé. 

BATUESTA, O, aussi batusta, o, baterie entre plusieurs homes, que- 
relle ; et batustar, fraper à coups redoublés. Ces mots conservent ïu 
du gallo romain « battuere» et du gaulois € battu». 

BAUGA, O, forme de «balca», foin grossier ; et dérivés. 

'BAUDANA, O, forme de ebaldana», ventre. 

BAUMA, O, forme de «balma», rocher. 

*BAUMA, O, goitre, en .Auvergne. Probablement pour *gauma. Voyez 
«goume», même sens, dans d'autres pays. Et baumat, goitre. 

BAUS, forme de «bals», rocher escarpé. 

BAUSSA, O, come «balsa», meule de foin, etc. 

BEBA, O, forme de «baba», lèvre; et bèbi, l'pu, et en même temps 
badaud, qui tient la bouche ouverte. 

BEG, bouche d'oiseau, pointe quelconque ; becada, O, béquée ; becai*', 
agir du bec ; becarel, petit bec ; becas, grand bec ; becassa, O, 
oiseau à grand bec; becot et becoun, come «becarel» ; etc. Page '22. 

BEGA, O, femelle du bouc, bique. Même page. 

BEGAR, pour «mecar», dormir sur un siège; becada, O, léger soai- 
mcil ; et becari, aire. 

BEDIC, agneau mâle d'un an (on dit aussi «bedigas»); et BEDIGA, O, brebis 
d'un an, en Uouergue. Peutêlre de la racine te, produire, engendrer, en 
latin /e dans «fêla», brebis, «femina», etc. Dans ce cas, nos mots se- 
raient des diminutifs d'un perdu *beda, correspondant au dit latin «fêta». 

*BEDIS, saule mâle. Peutêtre pour *betis, se reliant à «bet», bouleau. 

BEDOC, elBEDOCA, parallèles de «bedic» et «bediga». 

*BEDOS, probablement pour *bedoce (avec la même réduction que dans 
« tros » pour « troce » ); le gros pou des moutons, pou qui a la forme ronde 
d'un petit pois. Dénote un *bedocios, soit de Ja même racine que dans 



— ii4 — 

l'oïl «bède», gros, et «bedaine» ; soit de I« même que dans cbedic». 
BEDOUSAjO, fondrière. Page 22. 

*BÈDRE, raide, résistant, dur : un home d'un caractère inflexible est bè- 
dre, un taureau méchant est bèdre, une pierre dure à tailler est bèdre, 
une femme têtue est bèdre. Je vois pour origine un *beiter ou *beiteros, 
du sens général de vivacc, fort de vie, et dérivé de bei et bi, vivre, pour 
générale et archaïque gvi. En breton «bed», le monde, de *bitus (dans 
Bilurix, roi du monde, etc.), «bev» ou « béô», vivant, de bivos, égal au 
latin «vivus» pour *gvivus, etc. Je pense que le latin «vêler», plus tard 
«vêtus», âgé, ancien, peut se parenter par un précédent *gveter, du sens 
général de longueurde la vie; le correspondant grec Fstoç, plus tard s'toç, 
du sens réduit de durée d'un an, ne serait pas un obstacle : p£TOÇ, pour- 
rait être pour *^(?éxoq, come ^loç la vie, est pour * "-{^io:. 

BÈFI, forme de «bèbi», au sens de lipu. 

BÈGUE, pour *bague, sous l'influence du français ; et beguechar, bé- 
gayer. Voyez «bagas», p. 18, et la fin de Fart, «bigue», page 25. 

BEL, beau, grand; bêlas, très grand; belessa, O, beauté; belot, joliel, 
grandet ; et autres dérivés. Page 22. 

BELET, aïeul, mot probablement diminutif de «bel», au sens ocien de 
grand, et par abréviation de «bel paire » (le « bel paire » actuel, au sens 
du français « beau père », ayant pu être emprunté au dit français). Et 
beleta, o, aïeule. 

BELÈU, pour *beslèu, peutclre. A mon avis, de «lèu», tôt (venu du lat. 

«Icvis») ; avec adjonction du préfixe «bes». 

'BELOUSA, O, en français, contracté «blouse», sorte de vêtement de 
dessus, et sorte de coque où tombe la bille, à certain jeu de billard. A 
mon avis, d'un *belosa, pour *beslosa et *veslosa, de ves, vêtir, couvrir, 
qui est aussi dans le breton « g-wittck», vêtement, le latin «vestis», le 
sanscrit «vastra», le grec eaOr^;, ''es-ôv^ç, etc. Pour la chute de l'sde *bcs- 
losa et *veslosa^ confrontez le latin «vélum » pour *vcslum, rideau, voile 
(distinct do «vélum» pour *vehelum, voile do navire, dérivé de «vc- 
hcre», transporter), etc. D'où belousar, blouser, et, parliculièremenl, 
« dcsbelousar», éclore, soit sortir de l'cnlevope. 

BELUGA, O, étincelle ; dimin. belugueta, belugota, belugoun; 
et verbes belugar et beluguechar, ctinceler, Page 22. 

BEN, bien, au sens de propriété (adv. IqI. «bene») ; et dimin. BENOT. 

DENDA, O, lien, en français « bande», autrefois «bende» (gcrm. «biiida»), 

BENNA, O, cuve d'osier ou do paille, où l'on garde le blé; et bennoUD, 
panier ù vendange, elCt Page lO. 



— 115 — 

"BERAL, agneau tardif, dernier né. Probablement d'un ieiis premier de 
agneau^ passé au péjoré, et de la même racine que dans «berta», brebis 
(voyez œ mot), 

SERG, transposé de «brec», page 31 ; berça, O, brèche; bercar, etc. 

BERIGOULA, O, morille, champignon à chapeau criblé de petits trous, 
corne une éponge. Peutêtre d'un 'benculHj de ter^ percer. 

BERLIA, O, forme de «verlia», anse. 

'BEROUN, mouton favori qui conduit le troupeau. Même rad. que dans 
«beral» et cberta» ; et berounet ou berounot, agneau favori. 

BERRE, coifure des paysans gascons et basques, sorte de toque. Peutêtre 
de birros (à mon avis pour *burros), sorte de mantelet gaulois à capu- 
chon, dénoté, selon Holder, par le bas latin abirrus», l'italien cbirro» ; 
et diminutif BERRET, passé dans le français. Voyez «bourre», page 37. 

BE31S, berseau; bersar, berser; bersel, bergol, bersoulet, et 
autres dérivés. Page 23. 

'BEHTA, O, brebis qui n'a pas porté (b. 1. «berta, ovis »). Ce mot, parti- 
culier à la Gaule centrale et méridionale, ne doit rien au latin « vervex > , 
mouton, ni au féminin *berbix, en français c brebis», doné come étant 
une altération inexpliquée de «vervex». Il y a eu sans doute mélange 
du gaulois et du latin pour le français «brebis», mais < berta > est bien 
nôtre, corne « beral > et < beroun » . La racine, isolée, peut seule être la 
même, sous double forme, ber et yer. 

BHRVAL, aussi « berbal», tique, moucheron. Page 23. 

BBS, chose contraire, mauvaise. Même page. 

BES. fendu, au féminin «bessa, o» («cauda bessa», queue fourchée, 
« branca bessa >, branche qui se fourche). Peut venir du latin «bis», deus 
fois ; mais peut également venir d'un celtique 'tissos, pour *bidtos^ de la 
racine tid, fendre, qui est /?i/ dans le latin «fîndere», 'fidere (pours5, 
confrontez «fissus» pour 'ûdtus, fendu, et les dialectaus d'oîl «bisse» et 
«bisselle», tranche, lanaelle, etc. 

BES, au<^i «ves», habitude, coutume (< à labes», à l'habitude, à Tordinaire 
come de coutume). Fusion possible de deus origines : le gaulois basuSy 
même sens de habitude, et le latin «vicem», fois, tour, réciprocité. 

BESA, O, canal : besal, même sens; biBSala, o, rigole principale d'un 
pré : besalada, o, la quantité d'aue qui passe à la fois dans un besal ; 
beealar. faire de^ rigoles; bf alarî, aire, pradier, valadier; besa- 
let et besaloun^ petit besal. 



— il6 -- 

BESGALME, balcon. Page 24. 

BESENA, O, fraction d'ail, partie, soit fendurc. Voyez «bisol », page 25. 
BESOG, serpe. Même racine que dans t besena » ; cl besoucar, émonder. 
BESOUN, besoin ;beBounia, o, besogne; besouniar ctbesounious. 
BESSADA, O, aussi bessareda cl bessaira, eira, boulaie ou 

pays planté de bouleaus; bessairet cl bessaireta, o, petite boulaie; 

et bessol, petit bouleau. 

BESSAI, peulêtre, ce n'esl pas certain. Composé de «bes», chose con- 
traire (page 23), et de «sai» (page 78). 
BESSAR, fouir; etbessari, aire, terrassier. Page 24. 

BESTIÂ, O, en français «bête» (notre mot est textuellement le latin 
«beslia»); BESTIAL, bétail; BESTIASSA, O, grosse bâte; et BESTIOLA, 
BESTIOTA, BESTIOUNA, O, petite bête. 

BESTOUGAR, fraper à faus. De «bes», contraire, et «loucar». 

*BESUG, bigle, louche. A' mon avis, le sens exact est « qui voit impar- 
faitement», et l'origine est bes, contraire, mauvais (on emploie également 
«besuc», au sens de vélilleus, qui voit les choses petitement) ; bosucar, 
vétiller; besucot ou besuqet, petit besuc. 

BET, aussi bets, bouleau; et betoul, diminutif de «bet». Page 24. 

BET, premier lait des femelles, après la délivrance: lait trouble, visqueus. 
Motdcnotant *beitos, venu d'une racine beit et ^<7, être épais, visqueus, 
figé, quia produit aussi le latin «bitumen». En ancien français, même 
forme «bet», aujourd'hui diminutif, « belon », et le verbe «béter, durcir 
(« mer bétée», mer du Nord, merde glace), en oc betar, figer, cailler, en 
parlant du laitage, et dont le participe botat s'emploie quelquefois au 
sens de constipé (on dit aussi «embêtât»); en haut breton t bidouiller», 
*bitouillcr, figer ; en persan «bel», glu; en forézicn «bessoun», même 
sens que tbet» et que le diminutif français «béton», lequel «bessoun» 
d'un secondaire probable *^c;7ïOS ou *bcition. Confrontez le mot suivant. 

'BETA, O, boue, vase, et matière vcrdàtre qui couvre les aues croupis- 
santes. Même origine que dans «bet», lait visqueus. 

BICA, O, bêche pointue ; bicar, bêcher ; bicota, o, petite bêche. Page 24. 

'BIDA) O, vie. Le latin «vita» peut s'être seulement fondu dans le cel- 
tique *^/7a pour 'beita, dont le masculin *beitos, aliment, ce qui regarde 
la subsistance, est dans le vieil irlandais «biad», le gaélique <biadh»,le 
breton «boed », etc. 

BIDOURNE, vivant, agile. A' la page Ui, j ai doué ccmot corne venu de 
bitus. II peut également venir de bita, vie, cité à l'article «bida». 



— 117 — 

BIGA, O, poutre oblique ; el diminutif bigouil. Page 24. 

BIGAIS, et contracté biais, sous l'influence probable du français (b. 1. 
*bigatium) ; bigasar ou biasar, biaiser (b. 1. *bigatiare, de € bigare ■} ; 
et un adjectif bigasous ou biasous, adroit, qui a du biais. Page 24. 

BI6AR, obliquer, tourner (b. 1. bigare) ; bigaliar, tournailler, ne pas 
tenir d'aplomb ; etc. Même page. 

BIGARRE, pour *bigatre, irrégulier, de travers; bigarrar, faire quel- 
que chose de bigarre ; bigaiTOt et bîgaroum, plante grimpante, soit 
tortueuse ; etc. Même page, 

BIGOS, sorte de bêche ; bigoussar, fouir au bigos ; et bigoussoun, 
petit bigos. Participation probable de bic, pointe (puisque un parallèle 
«pigos», de la forme radicale ^ïc), et de big, des mots précédents. 

BIGOT, boîteus, tortu, qui marche de travers. Page 25. 

BIGOUSSAR, faire quelque chose de travers ; au passif, se tortiller en 
marchant. Verbe distinct de «c bigoussar», fouir au bigos. 

BIGUB, oblique, tortu, qui n'est pas droit. Page 24. 

BILIA, O, tronc d'arbre, pièce de bois ; biliar, serrer une corde au 
moyen dune pièce de bois ; billot et bilioun, diminutifs de « bilia » ; 
biliounar, come «biliar» ; etc. Page 25. 

BITJiA, O, contracté pour *biguilla, petite chose qui tourne (en français 
« bille » pour *biguille). 

BIOU, forme de <bou> (l'un et l'autre avec prononciation ou de !'«), 
bœuf ; et biouet, petit boeuf. 

*BIOU, vivant, vif. Avant Tinvasion romaine, nos pères avaient bivos 
à'oxL le vieil irlandais cbiu», le breton cbev» ou «beô», vivant, etc. et 
d'où bituviyos, toujours vivant, très \'ivant. Je n'admets le latin cvivns» 
que come secondaire. 

BIOURE, boire (lat. «bibere», pour régulier *bivere). 

BIROUNDA, O, forme de «^nirounda», hironde, 

BISC A, O, querelle, brouille ; biscar, en fi-ançais «bisquer», éprouver 

une impression amère ; et bisquella, O, petite querelle, petite brouille. 

De bes et bis, chose contraire, mauvaise, pr.ges 23 et 24. Confrontez Toîl 

€ bisque., aigre, amer, le breton «besk», inégal, irrégulier, «beskel», 

oblique, etc. 

BISOL, petite taille, petite coupure ; bisola, O, pointe en taille ; et bi- 
soular, tailler fin. Page 25. 

BISSANA, O, brin d'osier, sarment flexible de la vigne sauvage, lamelle 
de bois dont on fait des liens. 



— ii8 — 

BLAC, faible; blacar, fléchir, ployer; blacâira el blaqessâ, o, 

défaillance ; blaqechaPi fréquentatif de « blacar » ; blacot, petit fai- 
ble; etc. Page 25. 

BLAGA, O, pour «balca», bois, particulièrement bois de chêne; blaca- 
reda, 0| come «blaca», au dernier sens; et blacas, chêne. Page 18. 

BLAIM£, blême ; el blaimar, blêmir. Même page. 

^BLANDA, O, chenille de plusieurs couleurs; dans quelques pays, sala- 
mandre. D'un probable *belanta. 

BLAT, blé. Page 25. 

*BLAUDA, O, blouse. A mon avis, pour *belauda et *beslauda, de la 

même racine que dans «belousa». Et blaudet ou blaudot, tablier. 
BLAVE, bleu. S'emploie également au sens de blême. Mot dénotant un 
*tlavos pour *belavos de la racine bel et gvel (le germanique « blau » ne 
peut être qu'un frère, come je Tai dit ailleurs). D'où blaveno, bleuâtre, 
d'un *blavencos ; blavessa, o, correspondant à ce que serait un fran- 
çais *bleuesse, et venu d'un *blavitia ; blavechar, paraître bleu, venu 
d'un intermédiaire b. 1. *blavicare ; blaveirol et autres diminutifs, avec 
leurs formes féminines, la fleur dite bleuet ; blavir, bleuir; blavinel, 
bleu clair; etc. 

BLEDA, O, sorte de poirée (b. 1. «blita», probablement féminisé du latin 
«blitum»). 

BLES, qui prononce c pour ch, z pour j et t pour k : qui .-imnllil les mots 
(lat. «blaesus»); BLÉSAR et BLESECHAR, bléser. 

*BLEST, poignée de chanvre ; chacun des deus bandeaus de cheveus qu' 
encadrent la figure de la femme ; et mèche en flocon ( d'une lampe, dune 
chandèle). Probablement d'un *blevisla, de la même origine blew et 
bloii> que dans le breton «blév» et «bléo», cheveu, poil, le gallois 
«blew», même sens, etc. Une autre origine serait possible : un *mlista, 
du sens propre de chose souple, douce, molle, le chanvre peigné étant 
assoupli ; mais la première est préférable. Kt : blestar, mettre en 
*blesles, blestoun, petite blcste, blestous, iilandreus. 

*BLET, aussi belet, en français même grafie « blet» (fruit blet, poire 
blette). Soit altération de «blec» (dans les dialectes, « poire blàque > 
(voyez l'article « blac», p. 25), soit pour *mlet, *melet, de la même racine 
melj être mou, que dans «blat», etc. (le germanique «blet», livide, noi- 
râtre, ne nous regarde pas). Confrontez « blious ». 

*BLIOUS, mot caritalicn, employé au sens de tendre, mviri, bon à manger, 
en parlant des fruits («pcra blioussa», poire mûrie ou amollie en mi- 
geotanl sur une sise de paille; «caslania bliouasa», châtaigne dont l'é- 



— 119— 

eorce plie sous le doigt, à cause du vide produit par le sèchement du 
fruit ; en Berri, en Bourgogne et autres pays d'oïl, le correspondant a le 
sens de blet : c poire blosse», en Lorraine «poire blio^se»). La gignïKca- 
t ion propre étant «fruit tendre, mou», et le mot étant distinct du méri- 
dional «blés», bègue (dû au latin «blaesus» ou ayant subi l'influence du 
dit), je rejette ce latin pour «blious», quoique, par extension, «blious» 
désigne aussi l'home qui prononce à moitié les consones : ç pour cA, ' 
pour y, t pour ky c'est à dire qui amollit les mots, et je done pour ori- 
gine le même *mlotîs et melotis que dans le breton «blod», même sens 
de tendre, mou. Et blioussar, au sens de devenir tendre, en parlant 
des fruits, et à celui de bléser. 

*BLONDE, équivalent cantalien de «blanda», au sens de salamandre, et 
du même genre féminin, dénotant un précédent 'belontis. 

*BLOU (avec prononciation ou de Vu), bleu. \'enu de la même racine que 
dans ablave», mais par un *blovos. Et blouenc, blouechar, égaus à 
« blavenc » , etc. 

BOCELA., O, boule ; et diminutif bouchola, O, ampoule, en même 
temps que petite boule. Page 26. 

*BOND, saut brusque en avant, come dans le français de même grafîe. A 
mon avis, ce mot est une variante de «band», élan. Voyez la forme 
«bound», 

*BONDA, O, en français «bonde», bouchon de réser\'oir ou de tonneau. A 
mon avis, nasalisé de boda^ pour bota^ et botta. Les étymologies des 
Darmesteter : souabe «bounte », alemand «spund», et latin «punctum» 
sont impossibles. 

BORDA, O, transposé de « broda » et employé au pluriel, déchets, son de 
la farine, balles du blé. Le français a « bourde » mais seulement au sens 
de mensonge, et ce sens peut fort bien être un étendu : « faire avaler des 
bourdes » étant, au propre, faire avaler des balles de blé ou du son pour 
de la farine, d'où faire croire ce qui n'est pas, plaisanter. L'alemand 
«borst», poil de cochon, n'a rien à faire ici. 

BORMA, O, gourme ; écume. Page 26. 

BORMA, O, marais où l'aue sort de terre. Même page. 

'BORNE, creus ; substantivement, creus d'arbre, caverne. Dénote un 
'bornas, de la racine bor, percer, creuser, variante de ber, qui est aussi 
dans le latin «forare», etc. Voyez la forme ordinaire «bourne». 

BORNIE prononcé avec l'accent sur To), en français altéré «borgne», 
qui a un œil creus ou les deus ieus creus {*bomios, secondaire de 'bor^ 



— I20 — 

nos, cité plus haut) ; bournicar, regarder d'un œil, et bournicot, 

petit bornie. 

BORVA, O, bourbe. Voyez page 26. 

BOSC, bois, forêt. Même page. 

BOSSA, O, bosse, protubérance. Même page. 

BOSSA, O, gros tonneau ; et diminutif bossoun. Même page. 

BOSSA, O, nasse, sorte d'engin de pêche. 

BOSSE, fossé, dans les Cévennes. Page 27. 

BOU, bœuf; bouada, O, travail des bœufs pendant le temps qu'on les 

laisse attelés ; et bouaria, oria, O, domaine à bœufs. Page 27. 
*BOUADA, O, en français «bouée». L'un et l'autre d'un probable *bodata, 

car l'ancien français a un parallèle équivalent «bonneau» (pour *botneau 

(confr, «borne» pour l'ancien «botne»), 

*BOUBAR, pour *boupar, en Limousin, et boufar, dans les autres pays, 
correspondant au français «boufer», mais particulièrement au sens de 
manger beaucoup, se gonfler d'aliments, et soufler. D'où boubari, ausei 
boufaire, glouton, boubarina, o, ribote, etc. De bup, variante de 
bue, enfler (racine onomatopéique, come beaucoup d'autres). 

BOUC, mâle de la chèvre ; bouca et boucha, O, chèvre ; boucarel, 
petit bouc; boucoun, l'odeur du bouc; et boucounar, puer corne le 
bouc. Page 27. 

BOUCA, O, en français «bouche». L'un et l'autre du latin «bucca», primi- 
tivement joue, partie renflée de la figure, de la même racine boc, bue, 
que dans beaucoup de nos mots. Voyez «boucin». 

*BOUCHIB ARBA, O, barbe de bouc. Mot hybride. 

BOUGHINGA, O, soubarbe de bouc ; et bouchinguella, o, le cham- 
pignon chanterelle. 

BOUCHIVA, O, même sens que «bouchinga». 

BOUCIN, aussi «bouchin» (en Velay), morseau, bouchée (de pain, etc.). Ce 
mot paraît venir du latin «bucca», bouche; mais il peut avoir subi l'in- 
fluence de nos radicaus celtiques, avec le sens de «petit bout», petite 
rondeur (confrontez «boussiniol», bouton sur la peau). Et : BOUCINAR, 
couper par boucins ; BOUCINEL, BOUCINET, BOUCINOT, BOUCINOUN et 
autres dérivés. 

BOUCOUN, parallèle alpin de «boucin»; et dérivés analogues à ceus du dit 
«boucin». 

BOUDA, O, paquet. Page 27. 



— 121 — 

BOUDE, gros, ventru; boudâs, augmentatif ; boudet et boudot, 
diminutifs. Même page. 

BOUDELLA, O, nombril, c'est à dire petite rondeur. 

BOUDENA, O, bedaine, chose grosse, et pierre formant la borne d'un 
champ (^dans ce dernier sens, le mot est ordinairement contracté en 
«bouena, o>); etboudenar, grossir, boursoufler, aussi borner. 

BOUDET, petit bœuf, veau. Page 27. 

BOUDIN, identique au français de même forme. Nous employons de 
préférence ebudel», au sens de boyeau, et «gogue», au sens de boyeau 
rempli d'aliments. Page 36. 

BOUDIR, fouir ; boudiliar, fréquentatif; boudiliada, O, action de 
fouir : et boudïUoiin, bêche. Page 28. 

BOUDIS, boufî et, substantivement, boursouflure; bouciissar, boursou- 
fler; boudissoun, bouchon, et boudissounar, bouchoner. 

BOUDOUFE, gonflé par les aliments ; un substantif boudoufa, O, 

grosseur, enflure ; et boudoufar, gonfler, au passif faire le brave^ 
Pages 27 et 28. 

BOUDOUN, ventre, en fr. « bedon >, ancien' «boudon»; etboudounar, 

grossir, boursoufler. Page 28. 

BOUDOUSCA, O, cosse, gousse de légume. Pages 27 et 28. 
BOUDROUN, trou dans un mur pour y assujétir une pièce de l'échafaudage, 

et trou de colombier. Peutêtre pour *bouctroun, 'boucteroun, *bucte- 

roun, de bue, percer, trouer. 

BOUENA, O, contracté de cboudena», au sens de limite, borne d'un 
champ ; et bouenar. 

BOUGEA, O, sac ; et bougeota, o, petit sac, bourse. Page 28. 

BOUGUEN, rosier sauvage. Même page. 

BOUGUIA, O, bois, friche; augm. bouguias ; et dim. bouguiota, O, 

Page 28. 

'BOUGUIR, ordinairement bouir, chaufer, cuire (en Mâconais «buque- 
ler », ^bucler», flamber un porc ou une volaille). xBouguir» est un par- 
rallèle de «bugar», lessiver, chaufer le linge (voyez ce mot, page 36, et 
confrontez «bousir». 

BOUIGA, O, forme de «bouguia ». Et dérivés. 

*BOUINAR, pour 'bouguinar, cuire légèrement, flamber. Dérivé de «bou- 

guir, chaufer, cuire. Et bouinada, O, une flambée, une grillée. 
BOUIRE, pour « boutre », gros ; 96 bouirar, devenir ventru ; boulrel, 



— 122 — 

petit gros, subslantivement ventre, fagot et panier rond ; bouirelada, 
contenu d'un panier; se bouirelar, corne « se bouirar»; bouire- 
loun, petit panier. Page 21). 
BOUIS, buis ; bouissadour, essui, proprement essui fait avec un fais- 
ceau de buis ; et verbe bouissar, essuyer. Page 28. 

BOUISSET, petit bois, 

BOUISSOUN, buisson ; et bouissounada, O, terrain de buissons. 

*BOUL, mou. Dérivé d'une racine bol et bul, être mou, secondairement 
fouler, pétrir, écraser, dont formes latines équivalentes mo/ dans «mo- 
lere», écraser, en français «moudre», et, avec ou sans parenté, /«/ dans 
. «fullon » (voyez «poulsa», de la variante />o/ et />w/). D'où boular, 
rendre mou («terra boulada», amollie parla pluie), écraser. Au sens de 
écraser le grain, «boular» a été remplacé par l'emprunté «moire», de 
«molere» (qui n'a pu qu'exercer une influence) ; mais il se conserve ce- 
pendant aus sens de fouler aus pieds, fouler la vendange, et fouler la 
vase pour faire sortir le poisson, d'où bouladis, terrain foulé par les 
passants ou par les bêtes, et bouladour, rabot de bois muni d'un long 
manche, pour fouler la vase. Au sens général, nous avons les dérivés : 
boulen, mouture, farine, spécialement la farine dont la fleur a été 
extraite, venu à'nv^ ''bolcnos ou */'w/cmos (le latin « pollen», doné pour 
origine est impossible, le /> initial latin n'étant jamais devenu b chez 
nous), d'où boulenari ou, francisé, boulenier, mouleur; boulen- 
ta, o, même sens de farine, d'un *bolenla ou *bulenta, d"où le bas latin 
«bolendegarius» ou *bulendegarius, et, contractés, «bolengarius», « bu- 
lingarius», boulengari (en français « boulengier », altéré en «boulan- 
ger»), farinier, pétrisseur. Il faut ajouter un forcé bouluta, O, d'un 
*boluta^ encore du même sens de mouture, de farine, d'où boulutar, 
passer la farine au tamis (en français contracté c bluter» et « blutcau », 
dans lesquels, quoi qu'on dise, «bure», étofe, n'est pour rien, car on ta- 
mise avec une toile claire et non avec une étofe de laine) ; bouldurar, 
écraser, d'un *boluturare ; bouldura, O, boue, terre piétinéc; etc. Kn 
français, le correspondant du verbe «boular» est «bouiller» (pour bou- 
lier), que mes devanciers ont déclaré «d'origine inconnue» ; en français 
aussi, un «bouldure», égal de forme à «bouldura», mais du sens do 
cuve do maçonerie où joue la roue du moulin, pareillement déclaré 
«d'origine inconnue». 
BOULA, O, pour *boudoula, boule ; et dimin. boulota, o, bouloun. 
Page jy. 

'BOULDRA, O, contraction de «bouldura*, écrasuro, boue; bouidrar, 
9«Uir de boue, patauger ; bpuldraoar et bouldrechar, même sen^ ; 



— I20 — 

bouldras, bourbier; bouldrîr, maculer, meurtrir, aussi fouler la 
vendang-e ; bouldrous, boueus ; etc. 
BOULEGAR, remuer (b. 1. *bodulicare, de *bolulare); boulegada, 
action de remuer ; boulegadis, mouvement fréquent ; etc. 

*BOULIA, O, presse ; le flot d'une multitude de monde, foule ; et toufe 
de fils ou de cheveus emmêlés. A mon avis, substantif de «bouliar», au 
sens de presser, fouler. 

BOUN, bon (1. bonus) ; et diminutif BOUNOT. 

*BOUND, forme de « bond » , saut brusque en avant, et, à mon avis, de 
«band», élan; boundir, en français «bondir» (je n'admets pas le *bom- 
bitire ou *bombitare de mes devanciers, et je done notre verbe corne 
parallèle de «bandir», lancer, au neutre s'élancer), et boundechar, 
aller par sauts, par bonds, d'un *bondicare. 

*BOUNDA, O, forme de « bonda » ; boundar, bonder) ; boudoun, pe- 
tite bonde. 

BOUQET, come «boucarel» : petit bouc ; avec dim. bouqetoun. 
BOURBA, O, pour «borva», bourbe; bourbal, bourbier; bourbaliû, 
détritus ; et bourbaliar, patauger. 

*BOURD, aussi bourde. Se dit des moutons qui ont le tournis, et paraît 
dénoter un *vorfos, de vort, variante de vert, tourner (confrontez le 
breton «borzevellek», oiseau tournoyant, grosse grive, doné come venu 
d'un *vortibellos (en latin «vortex», tourbillon, etc.). Voyez «bourdoun», 
volte, et «gourd». 

*BOURDA, O, poutre, c'est à dire pièce de bois de soutien ; avec des 
diminutifs bourdet, bourdot, bourdoun, ce dernier dans le fr. 
«bourdon», bâton, doné à tort pour le latin «burdo», mulet (sans 
expliquer d'ailleurs ce prétendu latin, qui n'est qu'un gaulois latinisé. 
«Bourdon» n'est qu'un diminutif de l'ancien français « bourde », poutre, 
et l'origine de celui ci et de notre correspondant doit être un *borsta, 
devenu borta, d'une variante bors de la racine bars (pour la contraction, 
confrontez «barta» et, particulièrement, «bastum» pour celtique bars- 
ton, pièce de bois de soutien, come «borda»). Le latinisé «burdo», gou- 
verne un précédent *burstos, du sens de fort (confrontez l'expression 
«fort come un mulet»). 

30URDA, O, transposé probable de «brouda», déchet, mais avec le 
sens spécialisé de fétu, cosse vide du grain. 

*BOURDA, O, futilité, mensonge, moquerie. Le bas latin a «burdare» et 
«burlare», jouer, plaisanter. Ces deua mots peuvent être pour *burudare 
et*burulare, d'un ^«r qui se trouverait aussi dans le breton «borod», 



- 124 — 

rêverie, radotage, niaiserie, et dans le français t burlesque » et l'talien 
«burlesco» (voyez l'article cburla»); cependant, ils peuvent être : l'un 
pour *brudare ou *brodare (voyez «bourda», fétu), et l'autre pour *bur- 
dulare et *brudulare. Quant au breton «borod» et à l'italien «burlcsco» 
(d'où l'on tire le français correspondant), ils peuvent être de simples 
empruntés. 

BOURDEIRAR, en français «bourdoner». D'une sorte d'onomatopée. 
*BOURDOUN, volte qu'on fait sur soi même ; et bourdounar, faire 
des voltes. Nous avons une expression «cap de bourdoun», désignant un 
tour qu'on fait en posant la tête à terre. 

BOURE, bouillon ; et boureta, O, dans l'expression de boulanger « fa- 
ser boureta », mettre trop d'aue dans le pétrin pour détremper la farine ; 
exactement faire bouillon. Page 29. 

BOURE, lie de l'uile. Identique au précédent. 

BOURGIN, possiblement pour *brougin, filet à manche garni de deus ailes 
latérales, en usage sur les bords de la Méditerranée (b. 1. «broginus», 
«bruginus», peutêtre d'une forme en « ou en o de la rac. brac, ceindre, 
enserrer. Et BOURGINA, O, filet traînant (b. 1. brugina), 

BOURIA, O, aussi boria, o, contractés pour «bouaria», une ferme à 
bœufs ; et dérivés bouriari, aire, fermier, et bouriota, O, petite 
ferme. Page. 27. 

BOURINA, O, bruine; bourinar, bruiner; et un adj. bourinous. 

BOURIOL, sorte de galette ; bouriola, O, poêle à bouriols. Page 29. 

BOURLA, O, parallèle de «bourda», futilité, mensonge. 

BOURMA, O, forme de «borma», gourme ; et dérivés bourmous, qui 
a la gourme, bourmecbar, produire de l'écume. 

BOURMA, O, forme de «borma», marais; bourmas, grand marais, et 
marais dangereus; bourmous, marécageus. 

*BOURNE, forme de «borae», creus, et, substantivement, creus d'arbre, 
caverne; bourna, O, même signification, au substantif; bournar, 
creuser (dans l'Ouest, «bourner», soncr creus, en parlant d'un tonneau 
vide) ; boumald, aucL, trou pour faire couler l'aue d'un navire ; en 
Périgord et en Limousin bournat, et ailleurs bournioun, ruche 
d'abeilles, les ruches ayant été faites, à l'origine de la culture des mou- 
ches à miel, avec des écorces, en imitalicn des arbres dans lesquelles 
ces mouches avaient leur habitation naturelle (confrontez le dit mot fran- 
çais «ruche», venu de riisci, écorce); bournet et bournelet, petit 
four de verrier; bournicoun, réduit mil l'cl.iiic'. Nom de riviiTcs : « la 
Bourne », correspondant ù «la Creuse». 



— I2D — 

BOUROUA, O, broue ; et bourouar, passer à laue chaude. Page 29. 

BOUROUFAR (se), s'ébrouer. Même page. 

BOUROUL, aussi bouroula, o, marmelade ; bourouladis, mix- 
ture de mauvais aspect; bouroular, brouiller, mêler, confondre, au 
passif se couvrir de fumées, en parlant du temps; bouroulia, O, 
brouille ; et bourouliar, égal à c bouroular». Page 29. 

*BOURRA, O, en français «bourre». De borra et burra (bas latins et 

non latins), pour *borsa et *biirsa, indiquant hors et burs, variante de 
bars, élévation, ici au sens spécial de grosseur, d'ampleur, de gonfle- 
ment. Et dérivés particuliers bourril, duvet, bourris, ensemble de 
bourres, bourrissar, tirer la bourre, emmêler, etc. ^'oyez «bourre», 
brun, fauve. 

BOURRA, O, masse de mineur ; et bourrar, fraper (aussi batre les 
œufs), pour *boutrar, au sens exact de pousser du bout, fraper du bout. 

*BOURRE, brun, fauve ; proprement, bourru, gros, hérissé Cbîirros pour 
*bursos, de la môme racine que dans «bourra»); et bourrot, nom de 
bœuf à poil fauve. L'adjectif burros a été doné come nom à des homes 
gros ou forts, ainsi que le prouvent les Burrus de plusieurs inscriptions ; 
et il a été donné aussi au mulet, come le prouve l'espagnol «burro» 
(confrontez «fort come un mulet » et, avec la réunion du sens de bourru 
à celui de fort, confrontez « seller le bourru », « monter le bourru »). 

BOURRE, pour *boutre, gros. Page 29, 

BOURRE, fagot, et panier rond. Mot identique au précédent, pris subs- 
tantivement. Et : bourrar, mettre en fagots; bourrel, petit fagot et 
petit panier, avec diminutifs particuliers bourrelet et bourreloun. 

*BOURRE, bourgeon ou pousse rudimentairc des feuilles, soit gonflement 
des arbres, d'où bourroun et bourrechoun, diminutifs plus souvent 
employés (confrontez le dit français «bourgeon» pour *bourregeon), et 
verbes bourrar ei bourrounar, aussi bourrechar, bourgeoner. 

*BOURREIGA, O. A mon avis, pour *bourtereiga, d'un *yorterica, de la 
variante vort de vert, tourner, volter. Sorte de danse, autrefois particu- 
lière à l'Auvergne. En français «bourrée» (une forme «bourée», qu'on 
trouve en 1642, ne doit pas compter). Ce mot a été doné come étant pour 
*bourrada, à cause des coups de talon de certains danseurs bruyants, 
mais *bourrada n'a jamais été employé dans ce sens. Il existe plusieurs 
sortes de bourrées, et toutes sont fort gracieuses. « Elles sont le» plus 
belles du monde », a dit Mme de Sévigné ; et cette expression « les plus 
belles du monde » (sans doute les plus belles danses du monde (dénote 



— 120 -- 

que le mot «bourreiga» ou «bourrée» avait autrefois le sens général de 
«danse». 

BOURRET, pour *boulret et *boutcret, veau, soit petit de la boute ou 
vache ; spécialement le veau d'un an à deus ans. Page 27. 

BOURRIAIRA, O, lEIRA, O, pour *boutriaira, vache histérique. On 
dit aussi «bourrina». Voyez «bou», bœuf, page 27. 

*BOURRIG, âne{b. 1. «burricus», diminutif de «burrus», mulet, cité à 
l'article «bourre», brun, fauve); bourrica, O, ânesse ; bourricar, 
couvrir la femelle, en parlant de l'âne ; bourricot, petit âne; et autres 
dérivés. 

BOURRINA, O, corne «bourriaira». Page 27. 

BOUSA, O, bouse; et bousar, garnir de bouse. Même page. 

BOUSG, forme de «bosc», bois; bouscal, pays de petits arbres; bous- 
calia, o, même sens ; bouscaliar, courir les bois ; bouscas, grand 
bois, et sauvage, en parlant d'un arbre non gréfé ; bouscassar, come 
« bouscaliar» ; bouscassoun, bûcheron ; bouscat, corne « bouscal» ; 
bouscatel, petit bois; clc. 

BOUSGH, forme de « bouse », avec le sens particulier de toufe d'herbe. En 
français le fém. «bousche», faisceau de branchettes, remplacé par le di- 
minutif «bouschon», aujourd'hui «bouchon» (un bouchon de paille pour 
fermer une lucarne d'étable, étriller un cheval, etc.). Voyez «bosc». 

BOUSIGA, O, terre défrichée ; bousigar, défricher, verbe fréquentatif 
de «boudir», fouir; bousigada, O, action de défricher; et bousiga- 
dour, bêche. 

BOUSILIAR, come «boudiliar», autre fréquentatif de «boudir», fouir : 
et dérivés analogues à cens de «bousigar». 

*BOUSIR, chaufer, cuire; et fréquentatif bousinar, démanger, produire 
une cuisson sur la peau (en Bourbonais «bousiner», même sens). D'une 
racine bus, variante de bue, enfler, laquelle variante est aussi dans le 
latin *burere pour *busere, du composé «comburere» et de «buslum», 
bûcher, mots isolés, à mon avis empruntée au celtique. 

BOUSQET, petit bois, en français «bosquet». Voyez « bouse». 

BOU3SA, O, forme de «bossa», protubérance; boussar, former en 
boste, boBsuor ; boussol, boulon sur la pcnu ; boussola, O, spéciale- 
ment ampoule, cloque; bouseoular, former (U:s ampoules, en même 
temps bosseler; boussut, etc. Page 20. 

BOUSSE, forme, de «bosse», fossé; et boussouire, ravin. 



— 137 — 

BOUSSEL, en français «boisseau», mot diminutif de «bossa», tonneau; 

et diminutifs particuliers bousselet et bousseloun. 
*BOUSTA, O, altéré en « bouesta • et «boueta», sous l'influence du cor- 
respondant français « boisle » et « boîte », et signifiant proprement petite 
chose grosse, ronde. D'un 'bocsta^ dénoté par le bas latin buxtula. On a 
. doné ce bocsta, corne venu du grec -Si'Zx, du sens de chose faite en buis ; 
mais par quelle voie nous serait arrivé ce grec, qui n'est pas passé par le 
latin? Je vois plutôt une contraction de *bocceta ou ^boccita^ dérivé de 
bocca (confrontez «bocha», page 119, «bossa», p. 120, et autres mots). 

BOUT, gros, rond; ordinairement au substantif : chose grosse, ronde, en 
français même forme «bout»; boutar, poser, joindre par le bout; 
boulet, boutol, boutoun, petit bout, petite rondeur; boutounar, 
etc. Page 29. 

BOUTA, O, outre ou sac de peau ; par extension, tonneau (la forme nou- 
velle na pas fait perdre le nom primitif); boutari, aire, tonnelier; 
bouteg^a, o, ballot, et cornemuse ; a cause du sac) ; boutegari, aire, 
joueur de cornemuse ; boutet, baril ; bouticola, O, gourde en peau, 
gourde quelconque, bouteille ; etc. Pages 29 et 30. 

BOUTA, O, lèvre; boutar, bouder; boutarra, O, grosse lè\Te; et 
boutarrar, corne «boutar». Page 30. 

BOUTA, O, vache ; et boutet ou boudet, veau, petit de la boute, di- 
minutif distinct de «boutet» ou «boudet», petit gros. Page 27. 

BOUTAROL, champignon, et boutarola, o, gourde, soit chose grosse. 

BOUTEL, gras de la jambe, en Guyenne ; cruche ventrue, en Rouergue ; 
et boutelat, qui a de gros mollets. Page 30. 

BOUTIOLA, O, ampoule, cloque ; et boutiolar ou boutioular, for- 
mer des cloques, en parlant de la pluie ; au participe, un second sens : 
« qui a des cloques sur la peau » . 

*BOUVA, O, boue ; bouvar, bouer ; et bouvous, boueus. A mon avis, 

de la même origine que «bousa». 

BRAC, court, écourté; bracar, briser; et bracari, aire, briseur. P.30. 

*BRAG, boue; terre piétinée; par extension, pus. Mot correspondant au 
français «brai» pour 'braic, et dérivé d'un bas latin *bracum, pour celt. 
*mracon et meracon, de la même racine mer, écraser, moudre, la même 
dans « bren », son de farine. Et bracous, boueus, sale. 

BRACA, O, corde ; et bracar, tirer par une corde. Page 30. 
*BRAGAR, chercher, quêter. Mot des montagnes du Gard. A mon avis, 



— 128 — 

le sens exact est faire des détours, aller autour, et la racine est brac, 
ceindre, entourer (confrontez «cercar» de «circare», même sens de 
chercher, aller au tour, faire le tour pour trouver l'objet perdu ou désiré). 

*BRAGEL, mculon de gerbes, droites et en rond, entouré d'une corde de 
paille tortillée. Mot dénotant un *bracellos, de brac, ceindre, réunir. Le 
meulon de forme carrée se dit «canccl». 

BRAGA, O, culotc, soit ceinture, mot employé au pluriel, bragadis, 
herbes grimpantes ; bragar, culoter, soit ceindre ; bragard, 
fanfaron, et bragardisa, o, fanfaronade. Voyez page 30. 

BRAGAIRAR, ceindre, coi-deler, lier. Dérivé de « bragar» au même 
sens de ceindre, et d'où bragairoun, poutrelle qui relie deus chevrons. 

BRAGAR, forme de «bracar», briser ; etc. 

*BRAIDB, pissat des animaus, écoulement des étables et écuries, dans 
l'Isère ; à mon avis, sens étendu de celui de fange, terre piétinée. Dans 
ce cas, pour *braite, d'un *mratos et *mcratos, de la même racine mer, 
écraser, que dans « bren » (voyez ce mot, p. il), «broda» (p. -48), «brac», 
boue, de l'article qui précède, et correspondant au français tbrai », même 
sens de fange, terre piétinée, pour *braic. 

^RAM, cri du bœuf, de l'une, etc. Mot onomatopéique, peutêtre pour 
'bragni, delà même origine que «bragar», crier, et le français «braire» 
pour *braguir, de «bragire». En noms géographiques, nous avons: 
Bram, dans la \'endée, lîram dans l'Aude, Bramaric dans le Cantal, etc. 
Et: bramar, en français « bramer » (on done le germanique «breman» 
pour origine, mais le grec a, de son côté ^pé\itv;, et l'on n'a pu dire que 
ce grec venait du germanique; si le grec a aussi le mot, le gaulois a pu 
l'avoir également ; quant à la racine du dit germanique et du dit grec, clic 
peut être breg, corne notre forme peutêtre brag); bramari, aire, qui 
crie; bramarel, petit crieur; etc. 

^RANCA, O, en français «branche». L'un et l'autre au sens propre de 
partie, division. En bas latin branca, pâte d'animal, fraction du corps. 
Eu latin, u bracchium», bras, en grec iSpa*/bv, l'avant bras, ^payu;, 
court. Racine braCy rompre. Les branches ont été considérées come étant 
les bras d'un arbre, et réciproquement : Virgile a employé le pluriel 
« bracchia » au sens de branches. Et dérivés brancadis, ensemble de 
branches, brancar, former ou pousser des branches, brancota, O, 
branchette, branqacbar, verbe fréquentatif, etc. 

BRANDA, O, brugue longue, brandc ; et brandet, ramillon. Page 31" 
BRANDADA, O, émincé de morue : chose remuée. Même page. 



— 129 — 

BRANDAR, secouer, agiter les brandes; brandechar, verbe fré- 
quentatif; brandol, mouvement de va et vient ; brandola, O, balan- 
çoire; brandoular, balancer; etc. 

BRANDAR, brûler à grand feu. A" mon avis, d'une rac. brand, chaufer, 
gonfler, aussi dans Talemand «braten», rôtir, et, avec même nasale, dans 
« brand», feu. Et brandada, O, grande flambée. 

BRANDEL, lambeau; etbrandelar. Même origine que dans «branda», 
brugue longue. 

BRANDOUN, faisceau de brande, de paille, etc. 

BRAQET, petit bœuf. Page 30. 

BRA.S, come en français; et dérivé particulier BRASSOUN, petit bras, 

BRASA, O, braise; brasar, passer sur la braise, et souder; brasari, 
brasier; brasigar ou brasugar, tisoner ; brasigada ou bratsu- 

gada, o, grillée de châtaignes; brasiguet, fer servant à tisoner; 
etc. Page 31. 

BRASGA, O, branche cassée, fendure ; brascada, O, action de casser, 
fendre; brascari, aire, casseur, briseur. Page 31. 

*BRAU, taureau. D'un *bravos pour *barvoSy rude, farouche, fort, coura- 
gcus. On dit d'un home qui fait le crâne, qui fait l'important : «aqel d'aqi 
fai lou brau». Etibraua, o, génisse, braust, petit taureau. 

*BRAVE, forme de «brau», et identique au français de même grafie «bra- 
ve», dans le sens de courageus et dans celui de l'expression «c'est un brave 
home», c'est un home aimable. Avecdim. bravet, bra vot, bravouil} 
bravetoun, bravounel, et, verbes bravar et bravechar, provo- 
quer, chercher querelle, en français «braver»). On donc «brave» come 
venu de l'italien < bravo », et celui ci come venu du latin « barbarus» ; je 
reconnais bien «barbarus» pour un issu de la même racine (^arv, être 
rude), mais je lui nie, à cause de sa finale «arus», la paternité de nos divers 
mots; quant à l'italien, il n'est qu'un frère des nôtres. Le breton a, soit de 
son fons, soit par emprunt: «barbaou», bête noire dont on menace les 
petits enfants. 

BREC, brèchcdent; breca, O, brèche; brecar, ébrécher ; breqil, 
menues brisures; breqiliar, briser menu; brecun, come «breqil » . 
Page 31. 

BREG, sommet de montagne; brecoun, diminutif; brecous, abrupt; 
et breqet, come « brecoun », particulièrement aiguille de roc. Page 3"2. 

BREDAR, en français «braidir». L'un et l'autre ont été remplacés par 
«cantar» et tchanter», du latin «canlare» ; mais les fréquentatifs se con^ 



— lOO 

servent: en oc bredounar, en français «fredoner» pour *bredoner, 
avec remplacement du b celtique par T/" latin, come dans beaucoup d'au- 
tres mots (remplacement dont j'ai déjà parlé et que mes devanciers au- 
raient dû voir aussi bien que moi). La racine est bar ci bra, produire des 
sons, parler, par extension douer un air aus paroles, et elle se relie à ba 
(en latin « fa », dans «fabula», fable, «fari», parler). Nos pères ont dû 
avoir : un verbe correspondant au latin « fari» ; un autre verbe du sens 
de prononcer, juger, en comique «barne», même sens, en irlandais 
tbarn», juge, d'un *barnos, en breton un féminin «barn », jugement, 
d'un *barna. Ils avaient, en tout cas, un substantif *èrj/os ou 'Zra/ws 
(«bratu» dansBratuspantium, place forte des Bellovaques), qui est dans le 
breton «breût», plaidoyer, le comique « breuth », sentence, l'irlandais et le 
gaélique «brath», même sens, aussi brctos, dans vergobretos y magistrat. 
Les fréquentatifs du premier sens se conservent également : en oc bre- 
doulsir et bresenar (bredenar), en français « bredouiller», parler en- 
tre ses dents, marmoter («bresenar» s'emploie plus spécialement en par- 
lant du murmure du bouc au milieu des chèvres). En oc, nous avons 
aussi, avec conservation du /,bretounechar, bégayer. 

BREGA, O, mâchoire, broie; bregadis, déchets ; bregadouira, o, 
broie à châtaignes; bregar, broyer, froisser. Page 31. 

BREN, son de la farine et siure de bois; brenada, O, breuvage des 
porcs; brenairous, tacheté de points rousseur; breiliga,0, atome, en 
oil «brenèchc» ; brenous, come «brenairous», etc. Page '32. 

BRÈS, transposé de « bers », berseau. Et dérivés. 

BRESAR, briser; bresil, brisure; bresiliar, fréquentatif ; etc. 

BRESCA. O, lamelle de branchotte ; brescada, O, plateau fait de la- 
melles; brescadoun et bresqet, petite brescadc; brescar, fendre, 
etc. Page 32. 

BRESCA, O, gâteau de miel. Même page. 

BRESCA, O, faîte, brisque; et brescol, galetas. .Même page. 

'BRET, pour * brect, mitoyen, en parlant d'un arbre dont les branches et les 
racines s'étendent sur une terre du propriétaire voisin : arbre divisé, par- 
tagé (confrontez le dit français « mitoyen», qui est de moitié). Et verbe 
bretar, couper, particulièrement couper avec les dents, ronger. \'oycz 
«brec », page 42. 

BRIBA, O, bribc; briband, mendiant, bribandar, mendier, vaga- 
bonder, etc. Page .'{.'{. 

BRIC, menu ; brioa, o, miette ; bricoun, dimin. ; brioar et brioou- 
narj briser menu ; etc. Page 33. 



— î3i — 

BRIC, forme de t brec » , sommet : bricoon, diminutif; brioous, aprupt, 
BRIDA, O, lanière ; bridar, garnir d'une bride ; bridoula, O, brin 
d'osier. lamelle; bridoular, fendre en bridoules:bridoulet,pelite la- 
melle : bridoun, licol ; bridounar, mettre le licol; etc. Page 33. 

BRIGA, O, forme de tbrica», miette; brigadel, petite miette, aussi 
grumeau et, au pluriel, sorte de mets en grumeaus; brigar, forme, de 
€ bricar » ; brigol et brigoun, come « brigadel » au premier sens ; bri- 
goular, émietter; etc. 

BRIGOL, aussi «embrigol», petite corde; et brigoular, ceindre d'un 
brigol. Mots venus de bric, forme faiblie de brac, ceindre, et distincts de 
■ brigol» et cbrigoular» de l'article précédent. 

BRILLA UD, exalté ; et BR1LLAUD.\S, augmentatalif. Origiae incertaine. 
Peutétre pour 'briguillaud, du gaulois briga, couragt, vaillance, avec sens 
faibli; peutétre pour un autre "briguillaud, de briCj rompre, avec le sens 
de cer\-eau fêlé. 

BRIND A, O, nasalisé de c brida » , aèec le sens spécial de lambeau d'étofe; 
brindar, déchirer en brindes ; brindola, O, petite déchirure et, en 
cadurcien, brinzola, O, lamelle, petite fendure de bois, 

'BRINGA, O, mouvement brusque en avant, saut, saillie. Mot du Limousin, 
etc., probablement nasalisé du gaulois briga^ valeur, courage, ardeur 
i'oû brigoSy valeureus, \-igoureus, fort, dans Brigomagus, Brigovanos, 
iJatuvobrigos et autres noms cités par Holder), lequel briga se retrouve 
dans l'irlandais «brigh», essence, élixir, le gallois «bri» pour'brig, auto- 
rité, dignité, honeur, etc. Et : brmgar, sauter, aussi cou\-rir la femelle, 
bringari, aire et bringarel, sauteur; bringuechar, sautiller, 

frétiller; etc. 

BRINGA, O, nasalisé de cbriga», avec le sens particulier de pièce de bois; 
Cl bringar, fendre en pièces. Page 33. 

BRIOU, court espace de temps; briouet et brioutouilj dim. Page 33. 

*BRIOU, valeur, mérite, ardeur. Correspondant, peu usité aujourd'hui, de 
l'espagnol et italien cbrio», animation, vivacité, l'un et l'autre dénotant 
un masculin 'brigos ou neutre 'brigon, de brig3, valeur, courage. 

BRIOUNAR, réduire en poudre, briser menu. Soit pour *brigounar, soit 
pour 'brivounar, du même briy que dans € briou ». 

BRIGET, parallèle de ■ breqet ». 

BRISCA, O, faîte d'un toit ; et briscar, poser le faîte. Page 33. 

BRISSA, O, lamelle, fendure, brin d'osier: brissar, fendre en lamelles ; 
brissoia, o, petite lamelle; et brissoular. P.>?e M. 



— I32 — 

BRIT, como « bri>;sa».Mème page. 

BRIVA, O, chemin de traverse, raccourci; brivent, rn|iicle, cl brivet, 
égal a ebriouel». Page 33. 

BRO, lisière dun bois. Page 3i. 

BROC, pointe, clou, bec;broca, o, broche, pousse darbre; broucar, 
percer, plr.nler un clou ou broc; broucadour, outil à percer; brou- 
cadour, fabricant de brocs (terre cuite ou bois); bzx>UCarel, petit 
clou, petit broc ; brouqet, même sens ( voyez, plus bas, ce mot );ctc. 
Page 34. 

BRODA, O, excrément, détritus, brisures (dans les départements du Xonl, 
« brode »). Origine m'/'o/ûf, de la même racine mer que dans «brcn ». 

BRODIA, O, bouillie. Voyez «boure», «bouillon», page 21), et «brot». 

BROL, contracté pour *broguil et «brouqil», germe. \'oycz «broc». 

BROLA, O, pour *mrola, excrémont. ^lême racine que dans «broda ». 

BRONDA, O, feuillage. Page 31. 

'BROSSA, O, brugue. En bas latin «brocia», en français du douzième 
siècle « broce » et «brouce», en français actuel «brosse», passé au sens 
du faisceau de brugues pour faix'e tomber la poussière ou la boue des 
vêtements, et à celui de faisceau de crins servant au même usage. Une 
formedc «brossa» est «broussa»,et, autrefois, une autre était «brousta»; 
Les Darmcstcter ont recours à un germain présumé *burstia, qui serait 
dérivé de «borsle», poil de cochon. Je doute que nos pères aient eu be- 
soin d'aller quérir »borste» et d'en faire *burstia, pour avoir leur mot. 
Je doute aussi qu'ils se soient concertés pour adopter, dans tout le 
Midi corne dans les autres parties delà Gaule, ce fameus *burstia. 

BROT, bourgeon; brotounoubroutoun, dim.:ct broutounar. P.3j 

BROT, pour «bourot», bouillon. Même page. 

BROUA, O, contracté de «bouroua», vapeurs, fumées; brouar, etc. 

BROUAL, aussi brouas, tertre, talus élevé. Dérivé de «bro». 

BROUCAR, percer; etc. \'oyez l'article «broc». 

BROUDA, O, forme de «broda», excrément, brisures; brouari, 
amas de boue, d'excréments en ancien français «broudier», le derrièii . 
soit le faiseur de broude); broudarel, chacun des petits las de funu. ! 
que le tombereau dépose dans le champ; broudous, boueus, etc. 

BROUDET, diminutif de tbrol», bouillon, en français «brouet». 



BROUDI, parallèle de € brot », bouillon b. 1. brodium;*; broudia, O, 
forme de -brodia», bouillie; et broudir, être en Bueur. 

BROUDI, marais où l'aue sort de terre, Mot de la Gascogne, identique à 
«broudi » de l'article précédent, avec signification spéciale (confronlCE les 
deus tbourma », dont l'un a aussi le sens de marais). 

BROUGA, O, forme de «bru-a»; brcugadour, faucillon à brugue. 

BROUL, forme de cbrol», germe; brouliar, germer; broulioun, pe- 
tit germe; et brouliounar, pousser de petits germes. 

BROUNC, excroissance darbre. Page 34. 

BROUNDA, O, forme de cbronda» ; broundel, rameau ; broundiliar, 

pousser des raraeaas ; broundil, corne « broundel»; etc. 
BROUNDIR, retentir, gronder; et fréquentatif broundinar. Page 35. 

BROUaET, vrille, aussi tuyau d'un pressoir à uile; brouqeta, O, petite- 
broche; brouqetar, percer àla yrille; brouqetoun, petite vrille; etc. 
\'oyez « broc > . 

BROUQIL, parallèle de «brouqet», au sens de \Tille; brouqil, germe, 
petite pousse; brouqiliar, percer à la vrille, et brouqiliar, germer. 

BROUS, fromage fermenté. Page 35. 

BROUSSA, O, forme de «brossa»; broussalia, O, en français « brous- 

saillej, el un adjectif brouSSOUS, bruj^ueus. 
BROUST, les jeunes pousses des arbres, le feuillage, en français «broût* ; 
et le verbe broustar. Je vois, dans «broust», un bas latin 'bruslum, 
comparable à « bruscum » pour 'brucsum, d'où le diminutif français 
«broussin», excroissance végétale (en ancien français «brosson », bour- 
geon). Ea breton, un équivalent «brous », dénotant, selon V. Henrv, un 
bas latin *brocium. Le gothique «bruston» et le saxon «brustian» ne sont, 
ù mon avis, que des parents, 

BRUGAR, heurter, choquer, fêler; brucada, O, choc, etc. Page 35. 
BRUEL, breuil. Page 34. 

BRUGA, O, brugue; brugaria, o, terrain de brugue; brugairola, o, 

diminulif du précédent; el adjectifs brugairous et brugous. P. 33_ 

BRUGINA, O, corde d'un instrument de musique; bruginar, vibrer ; 
et brugir, retentir, en français « bruire » . Page 35, 

BRULLAR, brûler (voyez « brusar », p. 35). Le germanique «bren» (?; 
et le latin «ustulare», des Darmesteter, n'ont rien à faire dans «brûler», 
nos pères n'ayant pas formé leur mot moitié avec du germanique et moi- 



— 104 — 

lié avec du latin, corne je l'ai dit ailleurs. Et : brulladis, re^«le8 de 

choses brûlées, bruUadour, rôtissoire, etc. 

BRUNCAR, nasalisé de cbrucar», heurter; et bruncada, O, choc. 

BRUNGIR, nasalisé de « brugir», d'où brungida, O, aclion de bruire. 

BRUNIA, O, come «bourina » ; bruniar et brunious. 

BRUSAR, rôtir, cuire. Page 35. 

BRUSG, cassant, et verbe bruscar. Confr. Vs de «bresca». 

*BRUSGA, O, brugue, brousse, en gascon, en niçois, etc. Etbrusqet, le 
petit bous. Voyez «brossa». 

BRUSIR, brouir, aussi démanger, produire une cuisson sur la peau ; et 
fréquentatif brusîliar, au second sens. Pages 35 et 36, 

BUG, buis, dans les causses cadurciens. Page 28. 

*BUGAR, percer, trouer. Dans le composé «traucar» pour *trabucar. 

BUDEL, boyeau, boudin; budelada, o, repas aus boudins; budelar, 
faire les boudins; budelet, petit boudin, et autres diminutifs. P. 36. 

BUFA, O, soufle; bufada, o, m. s. ; bufadour, souflet à feu ; bufar, 
soufler; bufarel, fruit creus; bufari, aire, soufleur; bufarol,come 
«bufarel»; etc. Page 36. 

BUGADA, O, lessive ; bugadari, aire, lessiveur; bugadoun, petite 
lessive; bugar, lessiver. Même page. 

BUGAR, balayer avec un faisceau de buis, verbe distinct de «bugar», 
lessiver, de l'article précédent ; et bugat, balai de buis, par extension 
balai quelconque. Dérivés de «( bue », buis. 

BUGE, bouge, réduit obscur ; sens étendu de petite pièce en hémicycle 
construite dans le mur d'une chambre pour servir de décharge, sens éten- 
du lui même de celui de courbure, rondeur. 

BUOU, forme de «bou», bœuf. Page 25. 

BURGA, O, pointe, aiguillon ; burcar et burgar, piquer ; burgal, 
crochet pour glaner les châtaignes, burgaliar, fouiller dans les feuilles 
mortes avec le burgal, fourgoner. Page 36. 

BURE, aussi BURRE, come le français «beurre». 

*BURLET, bâton garni d'un fer pointu. Probablement pour 'burulet, de la 
même racine que dans < burca > . 

*BUROUN, petit bâtiment de montagne où l'on fait le beurre elle fromage. 
En bas latin, on trouve un «burium », vacherie, habitation rurale, qui 
peut dériver du germanique bur, habitation, mais qui peut également être 



- i35 - 

pour *buerium et *bugerium, du *boucca qui a produit le breton «buc'h », 
vache. Notons que le normand «bur» désig-ne une ferme, une bourie, et 
non une habitation de maître, et que Bur le Roi, doné corne preuve du 
sens de habitation, n*a été qu'une ferme royale. D'ailleurs, en admettant 
le g-ermanique pour le normand, je ne crois pas que nos pères de l'Auver- 
gne et des montagnes voisines aient eu plus besoin du germanique pour 
leur « buron » que du latin pour leur « bourret » et autres dérivés de bon, 
bœuf. J'ajoute que notre «buron» pourrait aussi se relier à « bure», 
« burre ». 

BUSA. O, corne le français «buse »; BUSARD et BUSAT, le milan. 

BUSCA, O, bûche ; et dim. buscota et busqeta, o. Page 26, 

BUTA, O, parallèle débouta, outre. 

*CABAL, cheval. L'irlandais est «capall», mais les inscriptions et les viens 
textes sont caballos, avec b, etHolder inscrit cecaballos dans son dictio- 
naire de l'ancien celtique. D'autres auteurs douent pour origine le bas latin 
«caballus», à leur avis du grec •/.ocîiWr,^ et font de celui ci une contrac- 
tion d'un •/.a-raéxAÀr,;, qui serait venu de xaTaêaXXîiv, jeter du haut en bas, 
avec le sens propre de cheval bas sur jambes, cheval de petite taille ! Nos 
pères les Celtes avaient marcos pour le cheval de guerre, et epos pour le 
cheval de courses ; ils pouvaient avoir aussi bien caballos pour le cheval 
de trait ou des besoins journaliers (on trouve aussi, dans ce sens, «mannus», 
peutêtre pour «mandus», celui qui s'occupe de). La racine de ca^a//os 
de Y.3.ci\KT,q et du latinisé «caballus» pourrait être une variante cab 
du cap de «capra», puisque le cheval, pris en général, le cheval primitif, 
a pu être considéré «fuyant», «rapide», come la chèvre primitive (con- 
frontez bica, à la fois biche et bique, de la racine équivalente beic, fuir» 
etc). Et dérivés: cabala, o, jument, cavale ; cabalar et cabalechar, 
monter à cheval, chevaucher (confrontez le français populaire « se ca- 
valer», s'enfuir); cabalet, cabalot, cabaloun, petit cheval; ca- 
balin, l'espèce chevaline ; etc. 

CABAL, pour *cabedal et *captal, les animaus d'une ferme, le cheptel, (lat. 
capitalis). 

CABAN, hibou ; et diminutif cabanel. Page 36. 

CABAN, grand panier pour les récoltes. Mot des Alpes, dérivé, à mon avis, 
de la racine cab et cap, prendre, tenir, contenir, qui est aussi dans captos, 
captif, pris, seconde partie du nom Moenicaptus pourMoenicaptos, d'une 
inscription, dans le br. «kaout», acquérir, «kafout», avoir, tenir (v. «cabir»). 

CABANA, O, creus d'arbre, abri ; ae cabanar, devenir creus, e" 



— l36 — 

parlantcrun arbre ; cabanut, qui csi crcus ; cabanota, o, cabanoun, 

petite cabane; et cabarra, O, abri obscur. Page 36. 

CABASTEL, petit cofre adapté à l'intérieur d'un plus grand, et dans lequel 
on met l'argent et les papiers. D'un bas lai. *caba8tellum dérivé soit du 
latin «capax», eoit de «cat», avec, et d'un *bastcllum, de même sourse que 
« bastir». 

GABATRE, aussi tchabalre», débattre, discuter une question, en Limou- 
sin et en Gourdonais. Mot composé du préfixe «cat» et de «batre». 

CABEGA, O, femelle du hibou, en Auvergne et en Rouergue ; espèce de 
chouette. On compare souvent une persone sourde à cet oiseau («sourd 
coumo una cabèca»), parce que, ébloui dans la journée, - come d'ailleurs 
tous lesoiseaus de nuit, -il ne bouge pas, si par hasard- on en voit un hors 
de son creus d'arbre, et paraît ne rien entendre, quelque bruit qu'on fasse 
autour de lui. 

GABEGOUN, fromage de chèvre. Page 22. 

GABESGAf O, come «cabèca», dans le Midi; en oil «chevêche». 

GABESSA, O, araire; cabessar, labourer; et cabessari, aire. P. ii. 

C.\BESSA, O, prise entre dcus homes par le collet delà veste, en .\uvergne. 
Dénote un *capitia, venu du verbe latin «capio» ou du verbe celtique de 
même forme * capio. 

CABESSOUN, licol, en dialectes d'oïl «cavesson». Dénote un *capitium, 
venu de l'un ou l'autre des deus «capio» oités à l'article prcédenU 

CABESTRE, chevêtre (1. capistrum). 

*CABIDA, O, réception (confrontez le français «acabiei, altéré en «aca- 
bit», de bone qualité, debone réception, dérivé d'un *adcapia). Voyei le 
formateur «cabir». 

*CABILLA, O, en français «cheville». Come je l'ai dit ailieurs, ce mot 
dénote un *capilla, petite chose qui prend ou joint ensemble deus pièces 
de boitj. Mes devanciers français, après avoir doné d'abord, pour origine, 
un latin «clavicula», dont 1'/ ne serait pas tombé, ont eu recours ù un 
présumé *capicula, petite tête, mais le rôle de la cheville est bien celui de 
joindre et de maintenir ensemble deus pièces de bois, et non de montrer 
une petite tête, quoique la cheville ne soit pas toujours entièrement en- 
foncée; et je repousse cette étymologie nouvelle, aussi fausse que la pré- 
cédente latine. Et : oabillar, cheviller, oabiUoun, petite cheville. 

*GABIR, recevoir; spécialement, recevoir en invitation. («M'abezpla cnbil», 
vous m'avez fait bon accueil, vous j^'ayQ?. bien reçu). Mot venu duo pré- 



- lo7 — 

cèdent bas lalia 'capire, venu lui même d'un verbe celtique de la racine 
cap, prendre, qui est aussi dans le breton ckafout> et ekaout», déjà cités, 
dans le latin « capere», prendre, « habere », avoir, et dans d'autres langues. 

CABOSSA, O, grosse ou laide bosse ; caboussar, bossuer grossière- 
ment; et caboussoun, la partie ronde d'un chapeau. Ces mot» >'iennent 
de «bosga », mais le dernier peut participer de tcaput». Page 26. 

'CABOURNA, O, caverne ou bourne obscure. 

CABRA, O, chèvre (1. capra' ; CABRENC, relatif à la chèvre («lana cabrenca», 
laine grossière ressemblant au poil de chèvre; ; CABRETA, O, musette (soit 
à cause du son chevrotant de cet instrument, soit à cause de la double 
flûte, comparée à un pied de chèvre; , en Auvergne ; CABRIDAR, mettre 
bas, en parlant de la chèvre ;CABRIL, chevreau : CABRIT, CABROL, CA- 
BROUN, autres diminutifs; etc. 

CABUTA, O, même sens que ccabana». Page 36. 

CAGAIS, ordure; toute chose sale. Page 37. 

*GAGAL, coquille de la noix, de l'œuf, du limaçon. etc. Mot dérivé d'un 
inusité tcaca, o», égal à l'oïl ccaque», vaisseau, baril, envelope, avec 
signification spéciale. Du sens de limaçon est venue l'exprœsion alpine 
€àcacala,o.i à califourchon, porter un enfant sur le dos étant ressembler 
au limaçon portant sa coquille. D'une racine cac, couvrir parallèle de ca^ 
qui est dans < cabana > (voyez page 36), etc. Et dont variantes coc et 
cop dans ccoca», ccofa», etc., et variante en u dans «eue», couvert, et 
autres mots. En marnais € coquil», œuf, réduit au sens de œuf de craie 
qu'on place dans les nids pour faire pondre les poules ; en berrichon 
«caquereau», coque de noix; en mâconais «caquillon», petit fût; etc. Le 
•flamand «kaaken», dépouiller les harengs de leurs mâchoires (kaak), des 
Darmesteter, est étranger ici. 

'GAGALAR, rire aux éclats : cacalas, éclat de rire ; et oacalechar, 
verbe fréquentatif. D'une onomatopée qui est aussi dans le français 
«caqueter», l'alemand «gacken», etc. Comparez «gach». 

'GACAHOL, autre nom du cacoulet, c'est à dire petite coque, Confrontez 
le français « caquerole ». 

'GAGH, et féminin cacha, o, membre viril. Je relie ces mots au breton 
«caitoir», devenu «kaésour», ordure, puberté, au gallois «cador», par- 
ties génitales, soit parties impudiques, à l'ancien français «caiche», et à 
l'italien «cazzo», même sens que notre mot, d'un précédent celtique 'cac- 
/i05, de la racine cac, chose sale, et chose impudique (voyez «cacais», 
page 37 . Et je rejette absolument l'origine «hasta», pique, javelot, de 
mes devanciers, quoique Ovide ait dit « noscitur e naso quanta ait basta 



— i38 — 

viro», car le latin «hasta» n'a jamais pu former «cacha». Quant à l'ita- 
lien «cazzo », il me paraît être un simple frère de notre masculin «cach», 
puisque l'ancien français a «caiche», 

CACH, dent. Soit formateur, soit substantif verbal de «cachar », casser 
avec les dents, presser, fouler, écraser. Avec aug'mentatif cachald, aud, 
grosse dent. Une forme secondaire de «cach» est caich, et cette forme 
s'est altérée en cais dans beaucoup de pays ; d'où caiasald, aud. 
Origine : un probable *caccis, de la racine cac, presser, fouler, écraser, 
laquelle racine est confirmée par l'alemand «kacken» pour*kacken, talon, 
qui foule la terre (pour le sens, confrontez le latin «calx», talon, qui a 
produit «calcare», fouler aus pieds. Et un augmentatif cachald, dent 
molaire. 

*CACHA, O, objet qui sert à presser, à serrer (en français, avec g pour c 
initial, - come dans «gambe » pour *cambe, d'où «gambader», et altéré 
en «jambe», - «gâche», venu des dialectes, et forme ancienne «gaiche», 
petite pièce de fer qui serre et maintient le pêne d'une serrure pour fer- 
mer) ; un identique cacha, O, bâton suspendu qui sert d'étai à une voi- 
ture arrêtée, et sur lequel la charge fait pression; et un troisième ca- 
cha, O, la vieille fée qui, dans les contes, vient nous presser la poitrine 
pendant la nuit (en français «cauche» dans «cauchemar», mais tenant du 
latin «calcare». Substantifs verbaus de «cachar», presser. 

'CACHA, O, bout du fouet, c'est à dire la partie du fouet qui chasse l'ani- 
mal. Voyez «cachar», chasser. 

*CACHAR, presser, casser avec les dents ; fouler, écraser. On dérive ce 
verbe d'un présumé *coacticare, qui serait venu de «coactus»] mais je 
crois plutôt à un *cacciare, forme du «caciare» qu'on trouve à l'époque 
carolingienne, au sens de chasser, presser devant soi, et venu de la même 
racine que dans «cach», dent (il peut se faire que ce «caciare» soit 
aussi l'origine du français «casser», briser par une pression ou par un 
choc, le lat.«quassare», secouer, qu'on a avancé, étant moins acceptable). 
D'où : cachada etcachadura, o, pression, meurtrissure ; cachât, 
fromage pétri ; cachella, O, coup de pouce; verbes fréquentatifs ca- 
chetar et cachinar, avec composés «escachar» (en français «écacher») 
et «cscachinar» ; et autres mots qui ne me paraissent rien devoir à Vonc- 
ticare. 'Voyez « kichar» . 

*CACHAR, couvrir, cacher. Peut avoir été emprunté au français; mais 
peut aussi, par un précédent *cactiare, être de la famille méridionale do 
caCy parallèle de ca/, couvrir (voyez <cacal>), En breton do Vannes, on 
dit «kac'hun», en même temps que « kuc'hun», pour désigner le couvre 
feu, le coup de cloche qui indique l'heure de se retirer, et ■ kuc'hunour», 



— i39 — 

pour l'ustensile de cuivre ou de fer qu'on met sur le feu pour le couvrir 
et le conserver la nuit (les formes en «kuc'h» sont de la variante eue 
(voyez notre adjectif de même grade, et confrontez le substantif ecuca», 
œillière de cheval), A mon avis, «caque», «coque» et *cuque, tous 
trois du sens de chose qui couvre, sont inséparables et excluent le 
fameus *coacticare des latinisants, 

'GACHAR, en français, «chasser», autrefois «chacer», «chacier» « ca- 
cier»; en bas latin carolingien, «caciare», cité à l'article précédent. 
Ce mot est, à mon avis, identique à «cachar», presser (confrontez l'ex- 
pression «cachar un clau», avec la française «chasser un clou»); mais 
il a été remplacé par «cassar», sous l'influence du français, au sens de 
presser devant soi, poursuivre. La forme première se retrouve d'ailleurs 
dans le substantif verbal « cacha», bout du fouet. Je ne crois donc pas au 
présumé latin *captiare, qui serait venu, selon mes de^•anciers, de «cap>- 
tare», capter. Il pourrait seulement y avoir participation d'un dérivé de 
*cadtîs, haine, qui a produit le breton « kas», le gallois «cas » et l'irlan- 
dais «cais». 

*GAGHE, coussin, en Gascogne ; et, d'un usage plus étendu, cachai, au, 
aussi cachoun, coussin en forme de courone que les femmes metteut 
sur la tête pour tenir en équilibre la cruche, le pot au lait ou le panier 
qu'elles y portent, et pour adoucir la dureté du récipient. 

GAGIDA, O, chassie; et cacidous, chassieus. Page 37, 

'GAGOL, parallèle de « cacal » ; et cacoulet, diminutif. Par une compa- 
raison analogue à l'alpine «à cacala, o», on done, dans les Pyrénées, le 
nom de «cacoulet» au siège à dossier qui sert à monter à dos de mulet. 

GAGOUN, scarabée stercoraire; et diminutif cacoimet. 

CADAFALC, charpente destinée à soutenir une plateforme, en français 
«chafaud», en it. «catafalco». Orig. incert. 

CADAIS, et altéré «chas», colle de tissserand (bas latin «cada», «cadala», 
saindoux, suif, d'origine incertaine); et CADAISSAR, graisser de cadais. 

CADAROT, chicot de dent, reste d'arbre coupé; et CADAROUSSOUN, 
trognon. Peutêtre du préfixe cat, et de dar, couper, déchirer; peutêtre 
du latin «caedere». 

CADASGUN, chacun. Page 37. 

GADAULA, O, loquet; et CADAULAR, fermer la porte au loquet. 

CADA, chaque: et, en composition, cadim, chacun. Page 37. 

GADE, grande urne ( latin « cadus »). 

CADENA, O, en français « chaîne» pour «chaène » et «chadènet (1. catena). 



— I40 — 

CADIAIRA, ElRA, O, chaire et chaise (1. cathedra); et CADIAIROUN,EIROUN, 
chaise d'enfant. 

CADRE, genévrier, en Auvergne, et CAOE, dans le Midi. On a relié ce mot 
à « cedrus», grec Xi8poç, cèdre; mais si les ramilles du ccadrc» peuvent 
présenter une ressemblance, ced n'est pas cad, et celte dernière forme 
radicale peut fort bien être du gaulois central et méridional. Reste à 
savoir quelle est la vraie forme du mot: t cadre » ou «cade», et quelle 
est celte racine ca<i. La forme «cadre», du Plateau Central, peut mieus 
représenter la forme ancienne, et «cade» peut tout au plus être pour 
*cader, corne «gabe» pour «gaber»; mais la racine est moins facile à 
déterminer, Estelle la même que dans *cadros*, distingué, supérieur, 
de Belalucadros, surnom du dieu Mars, et resté dans le breton « kaer », 
pour ancien « cadr», etc.? Dans ce cas, il faudrait que nos pères les Celles 
eussent fait une liqueur avec le genièvre, et que cette liqueur eut reçu le 
nom qui correspondait à sa bone qualité, à sa force, come nous qualifions 
de nos jours «eau de vie » Talcool extrait du vin, des grains, etc. Rien 
de certain. 

GAFA, O, pour «capa», gousse; cafanil, cocon peu fourni; cafoula, 
petite cafc. 

*CAFOURNA, O, altéré de «cabourna». 

*CAGA, O, (ienle; cagada, o, m. s.; cagadour, lieu daisances; cagal, 
come «caga»; cagalous, poltron, l'oircus; cagar, lientcr; cagarBl, 
enfant qui fiente. Même racine que dans «cacais». Le latin « cacare » 
n'a fait que se mêler au celtique, et nous ne lui devons que sa finale are. 
Voyez page 37. 

"CAGOULA, O, capuchon, cagoule. Peutêlre pour 'cougoula, cucitlla, 
de eue, cacher, couvrir, peutêtre directement de la forme cac de la même 
racine. Voyez, «eue», page 15, et «cachar», couvrir. 

GAI, clôture, en français altéré «quai». Page 'M. 

CAIA, O, truie, dans les Alpes, le V^elay, le Forez (en ancien fr. « caio» i ; 
et CAIOUN, petit de la truie. Origine incertaine. 

*GAICHALD, AUD, forme de «cachald», dent molaire. 
*GAIRADA, O, ch^rrée, en toulousain.. Voyez « charra ». 

CAIRE, pour *carro, pierre ; oairal, terrain pierreus; cairas, grand 
amas de pierroa ; oaireohar, puursuivreà coups de pierres; cairel cl 
cairol, caillou; cairoun, amas de pierres; cairous, pierreus. P. 'M. 

CAIRE, angle (1. quadrum), 



— 141 — 

*GAIS, aussi caisse, forme de c cach », dent: et caissald, and, dent 

molaire, grosse dent. 
GAISNE, chêne; et caisneda, o, chênaie. Page 37. 
CAL, aussi cail, pierre: caliau, même sens; et caliauar, poursuh-re 

à coups de pierres. Même page. 

*GALA, O, cale, chose qui arrête le mouvement d'une roue (voy. «calar»). 
CALA. O. partie basse d'un navire (it. cala). 

'GAIjADAj o, sentier rapide; sentier pratiqué dans la neige, en Auvergne 
( voyez « calanc » et « calar »}. 

'GALAMAN, faîle d'un toit, et poutre qui s'étend d'un pignon à l'autre. 
Probablement pour *calman, de la même racine que «calm ». 

'CAIiAMEIL, tige de blé, paille, et petite flûte d'enfant faite avec une paille 
ou avec une écorce debranchctte(tiréeau moment de la sève). Et contracté 
«clarael». On a présumé, pour le français correspondant «chalumeau», 
unb. 1. *calamellu5, venu du latin «calamus»* mais il y a doute : nos 
pères avaient *cahmon (équivalant au latin en question et au grec xa/»a}JLS? 
come le prouve l'ancien breton pluriel «calamennou», tiges, pailles, et 
ils ont pu former leur diminutif, *calamellos, sur le mot qu'ils possé- 
daient. Même racine que dans «calos». 

GALANG, rampe abrupte d'une montagne, escarpement, sentier rapide 
et chacun des sommets des montagnes dites Alpines, dans la Basse 
Provence : calanca, O, forme féminine, au même sens, et. en Rouergue, 
à celui de rocher qui surplombe ; calancol et calancoim, petit sentier. 
De la même racine cj/, de bas en haut, que dans «calma». Page 38. 

CALANDRA, O, gelée blanche ; et calandrar, lustrer. Même page. 

GALANT, bœuf dont le frontal et le museau sont blancs. Page 37. 

'GATiAR, baisser, arrêter; au passif, se taire, faire silence (en fr. « caler», 
terme de marine, enfoncer, baisser les voiles, en it. «calare». céder, en 
esp. «calar» ou, fautivement, «callar», en bas latin du sixième siècle 
«calare», baisser, descendre, ne grec xa/.5tv, voyez, plus bas, «cale», 
silencieus. Et calar, placer une cale, dérivé de «cala». 

GALAT, pavé. A mon avis, de la même origine que «cal» et «caliau», 
pierre (en esp. «calle », rue pavée). Et caladar. 

'GALA'VA ,0, ruelle entre deus maisons ; et sentier rapide, corne «calada », 
CALAVERNA, O, grande chaleur du jour, .\bslrait probable du latin «calere». 
CALD, chaud (1. calidus) ; et GALDET, CALDOT, C.ALDAIROUN, diminutifs. 



- 142 - 

CALE, blanc. Voyez, page 87. 

*CALE, silencieus, paisible ; exaclement, profond. Mot des Alpes, pouvant 
avoir été abstrait de «calare», baisser, mais pouvant aussi venir d'un 
gaulois *calis, puisque la racine cal, de bas en haut, ici au sens de bas, 
était commune au gaulois, au latin et au grec. A' noter que le grec xaXav, 
doné pour père de «calare», n"a aucun dérivé correspondant à «cale», 
silencieus, et autres mots, et il n'en a pas non plus pour le «caimo» de 
l'italien, son voisin, lequel est de même origine que nos mots, et non la 
transposition inventée de [xaXay.ta. Par conséquent, le grec "/.aXâv peut 
n'être qu'un frère de «calare », si toutefois il n'en est pas un emprunté, 
car il est isolé, et la racine peut avoir eu le double sens dans une partie 
de la Gaule (pour ce double sens, confr. la racine latine s «/ de *supo, 
égal au grec j-s et dont le réduit «sub» a pris le sens de « sous », tan- 
dis que son ancien comparatif « super» a pris le sens de « sur». A' noter 
aussi que le cantalien a «aclatar» pour *acalatar, etc. 

GALEL, lampe ruslique, soit lumière ; caleliada, O, éclaicie de soleil ; 
verbe caleliar, scintiller ; et calelioun, lampion. Page 38. 

GALENG, parallèle de «calel»; calencol et calencoun, lampion. 

*GALENG, paresseus, indolent, qui est en repos (on dit aussi «|calin>, 
mais sous l'influence de «câlin» pour *carin, amoureus, ou bien, par re- 
prise, avec ce nouveau sens, de l'emprunté français «câlin». Et calenca, 
sieste, le temps qu'on passe à ne rien faire. 

CALER, falloir (1. « calere » , être chaud) . 
GALI, préfixe, dans les mots des trois articles suivants. 
GALIBOSSA, O, laide bosse ; et caliboussar, bossuer grossièrement. 
*GALIBOT, lait caillé, en français altéré «caillebot» (du préfixe cali et de 

bot, être gros) ; et se oaliboutar, se grumclcr. 
GALIE, tacheté de blanc, blanchâtre ; caliol, diminutif ; et calioular, 

commencer à mûrir, perdre de sa verdeur. Page 38. 

GALIBOURNA, O, laide caverne, caverne obscure. 

CALIMA, O, chaleur ardente du jour, et canicule ; CALIMAR, êlre engourdi 
sous l'action de la grande chaleur du jour, en parlant des animaus, par- 
ticulièrement des moutons, qui restent immobiles ; CALIMAS, augmen- 
tatif de « calima »; et CALIMOUS, orageus. Dérivés probables du latin 
«calere », être chaud. 

CALINA, O, petite chaleur. On emploie quelquefois ce mol au même sens 
que «calima», mais c'est par confusion, car la forme en ina est dimi- 
nutive. Au reste, le sens vrai de petile chaleur reparaît dans les dcu« 



— I4J — 

dérivés CALINLA.DA, O, feu léger, et CAUNIAR, chaufer doucement. 

CALIOG, lua des noms du gouéland. Page 33. 

CALIVAR chaufer. Ne me paraît pas venir de ccalifacere», mais me parait 
cependant dériver de ecalere», avec le même v que dans ccalvus», 
chauve, à mon avis pour *calivus, au sens propre de blanchâtre (coma 
lest un crâne dénudé), et que je relie à la même racine : cji, être blanc, 
briller, brûler. El : CALIVECHAR, verbe fréquentatif, au sens de dessé- 
cher ; CALIVENC, chaud, aride. 

GALM, aussi calma, o, pays élevé ; calmel, calmet. calmoun et 

autres diminutifs. Page 38. 
CALOS, tige (de légume, d'arbuste); et dim.caloussetet caloussoun, 
trognon. Page 38. 

CALSA, O, employé au pluriel: «calsas, o», chausses. Du 1. ccalceus», 
chaussure, lui même de <calx>, talon. Nous employons de préférence 
€ bragas » . Etc. 

GALUG, myope. Du préfixe cat et de lue. Confrontez le composé « esca- 

luiran, éblouir, aveugler. 

*GALVE, aussi cauve, bigarré de blanc et de noir. Mol dénotant un pré- 
cédent 'cjUvos, presque égal à calios, blanchâtre, et de la même racine 
que dans «calant 1, ccalel», «calie»,etc. Avec dimin. calvin ou cau- 
vin. Le latin a « cal vus », à mon avis pour *calivus let peulètre emprunté 
de bone heure au celtique), mais au sens unique de chauve, qui a la tète 
dénudée, blanchâtre, come je l'ai dit à l'article «calivar». 

GAMAGHAR, et fautivement «gamachar», meurtrir, dans l'Isère, etc. 
(du prétixe «cat» et de «machar», forme de «macar»}; cailiacliada,0, 
en bas latin « gamacta», *camacla, coup, contusion. Voyez page 64. 

*GAMAIS avec prononciation naturelle de l'i), taches, souillures ; par ex- 
tension, toute chose sale (noir de fumée, boue, matière sébacée qui s'amas- 
se dans le fourreau du cheval, et graisse pour les aissieus des chars et les 
rouages. .\u quatorzième siècle, une forme française est «cambois», au 
sens restreint de limon noir qui est aus deus bouts de l'aissieu, et la mê- 
me est devenue «cambouis». D'où rient le ^? Est il pour m. come celui 
de «flamber» pour flammer? Probablement, quisqu'il n'est pas dans un 
autre ancien «camois» ni dans «camais». 11 doit y avoir eu deus formes ; 
mais de quelle origine? Assurément pas le latin « commaculare» de quel- 
ques auteurs, lequel est absolument impossible. La finale seule en est 
claire : elle est la même plurielle is de «bourris », ensemble de bourres, 
«bregadis», brisures, du français «hachis», «pilotis», etc. Quant au 



— 144 — 

corps du mot, il n'est pas du tout aisé. Serait il composé avec le préfixe 
ca/ pour « camais « et «camois», et du nasalisé cant pour «cambois»(can^ 
se conservant en mot propre dans les dialectes d'oïl : «venez canl mé», ve- 
nez avec moi, etc.)? Et la seconde partie geraitelle pour'maguis, *maqis, 
venu de «macar » et ayant le sens de ensemble demaques, d'empreintes, 
de contusions? Pculèlrc, car le français a «ciimoisé», «camoisié»* 
couvert de plaies, de contusions. Et dérivé camaisar, salir, tacher. 

GAMBA, O, jambe ; cambachoun, jambon; cambar, agiter les jam- 
bes ; cambard, cagncus ; cambarra, o, grande jambe ; cambar- 
rut, jaml)u ; cambechar, come «cambar»; cambeta ota, o, petite 
jambe; camboun, come «cambachoun»; etc. P. 38. 

GAMBA"V"ÏRAR, tourner les jambes en l'air (de«camba»et «virar»). 
CAMBIAR, chanjor ; cambiari, aire, chanjeur; et cambie, cambi 

(prononcés avec l'accent sur l'a), chanjc. Page 39, 

*GAMBOUTAR, cahoter, heurter. A' mon avis, pour *cantboular, du pré- 
fixe cant (nasalisé de cat), et de «boutar», au sens de heurter, pousser. 

GAMIN, chemin; camina, o, marche, allure; caminada, O, traite de 
chemin; caminadis, transport par charrettes; caminadour, mar- 
cheur, bon marcheur; caminal, Iransporlablc ; caïuinar, marcher; 
caminarel, propre à la marche,- caminari, aire, come «camina- 
dour»; caminas, grand chemin; caminechar, fréq. de ccaminar » ; 
cGunineta, O, caminet, petit chemin; camineta, o, lisière par 
laquelle on soutient un enfant qui commence à marcher; caminol et 
camillOUll, come «caminet»; etc. Page 39. 

CAMINADA, O, cïieminéc (b. 1. caminata, du 1. «caminus», fourneau); par 
extension chambre à fou, salle, et, dans quelques pays, maison du cure, 
où, probablement, les voyageurs trouvaient autrefois un asile. 

CAMISA, O, chemise; et camisola ou camisota, O, et camisoun, 

diminutifs. Page .39. 
GAMOTA, O, mote dans les prairies. 

CAMOUS, nez court, obtus: camoussar, ôlcr les parties procminenlcs, 
écrêter, obtuier; et camousâet, pciiy camus. PageTO. 

'CAMOUSIR, moisir de tout côté. Voyez «mousir». 

"GAMPANA, O, choche (b. I. «campana», à mon avis de camb, courbu- 
re, chose en rondeur, mais avec ^ j)our /', come clans le breton «kimper» 

pour *kimber, etc. Et : campanella, campaneta, campanota, o, 
diminutifs; etc. 



— 145 — 
CAN, chien (1. cauis); CANA, chienne; CANIOT, petit chien ; etc. 

*CANCE, lisière d'un champ, contour que ne peut prendre l'araire. D'un 
probable *c2mbitios, de camb, courber, tourner. 

*CANGEL, meulon de gerbes couchées et formant un carré, les épis au 
milieu et superposés. D'un précédent probable *cambticellos, plutôt que 
que du latin «cancelli», barreaus. 

*GANDE, blanc, clair, limpide ; et fréquentatif candechar, paraître 
blanc, clair; candir et candisir, blanchir. Voyez page 39. 

*GANSA, O, janic, en Gascogne Ccambitia, de camb, courber) ; cansar, 
garnir de jantes. 

GANT, côté; cantel, bord d'un pain, etc.; cantelar, couper en cantels; 
oanteloun, petit cantel ; cantoun, angle ; cantounada, o, coin 

du foyer; cautounar, cantoner ; cantounari, qui fait angle, en 
français «cantonier », qui faitune |xirLie, un coin de route; etc. 

CANTAR, chanter (1. cantare) ; CANTECHAR, fréquentatif ; CANTAREL, petit 
chanteur; etc. 

CAP, tôle (1. capul); et CAPISSOUN, petite tète. 

GAPAjO, manteau, chape; capar, couvrir; capel, chapeau; capelada, 

salut, coup de chapeau; capelar, chapelcr, tailler la croûte ou chape 
d'an pain, et garnir un meuble de sa chape ou de son couvercle; ca- 

pelet ou capeloun , petit chapeau ; capelut, hupé ; caperoun, 

chaperon; caperounar, chaperoner; capeta ou capota, O, petit 
manteau, petite chape; capucha, O, même sens, et partie voyante d'un 
meuble ou autre objet, couvercle; capula et capulet, bonnet ; etc. 
Pages :W et 10. 

GAPELLA, O, chapelle, exactement endroit où l'on garde la chape d'un 
saint; et capelan, chapelain. 

'GAPLE, en français «cable». D'un bas lafin «caplum», déclaré d'origine 
iiicounuc, mais qui dénote clairement un régulier *capulum, pour celtique 
*capnl()n, de la racine ca/), saisir, prendre, par extension tenir. Et dérivés. 

*GAPUGHAR, mcnuiscr, chapuser. Me paraîl ciiuinlé d'un *Capuliare, 
et être un parallèle de «capelar». Le sens pi-cmier a pu être travailler la 
chape, c'est à dire doncr la dcniière main à un ouvrage. On dit aussi ca- 
pusar, qui conlirmc *capu(iarc. 

*GAR, aimé, en fiaiiç^iis « rlirr», i.c latin a «cariis»; mais nos ])ères avaient 
ciros (d'où le breton «k;ir", le gallois «car », de. cl les noms d'homes 
Comaltocaros, I>aunocaros, l.oselucaros, Scuocaioset autres), et ils n'ont 



— I4'> — 

pas eu besoin demprunter un mol qu'ils avaient. Et dérivés : carir, en 
français «chérir» ; carinarct cariniar, souvent altérés en «calinar», 
sous rinfluence fies mots en cj/ (confrontez Torléanais «carancer» ou, 
contracté, «crancer», courtiser, faire l'amour); et caressa, O, en fran- 
çais «caresse», d'un 'caritia, dont rilalien «carezza» estaussi un dérive, 
et d'où caressoun, petite caresse, caressar, éi^al au verbe français, 
et un adjectif caressous. Par extension, «car» sif^Miilie aussi «qui est 
d'un prix élevé», et, de ce sens, nous avons caristida, O, cherté, ca- 
ristidous ou^ conti-acté, caristious, qui vend cher. 

GARA, O, ligure, visage. Ce mot est doné corne latin, mais il n'est que bas 
latin ; et on le dérive du grec xapa, tête, mais cette origine est, à mon 
avis, douteuse : «cara» peut avoir le sens exact de partie aimable de la 
persone, et être un féminin de caros, employé substantivement, corne 
«mine», également visage, a le même sens exact de partie aimable de la 
persone. Le français correspondant de «cara» est «chère» : faire bone 
chère à quelqu'un, lui faire bone ligure, bone mine, le bien recevoir. 

GARBA, O, anse d'un panier, etc., tendons du cou; carbar, garnir d'une 
carbe. Page 40. 

*CARGAN, bête maigre, cheval étique, et noix vide ou véreuse. Dénote 
un radical carc, forme de car, qui est dans le breton «karsar», racler, 
le gallois « carthu», etc. l'^t : carcanar, tracasser, exactement doner 
des coups degrifc; carcanari, tracassier; et carcanol, argot d'un 
coq, exaclemont grifc, en Uoucrgue. 

'CARÇASSA, O, charpente osseuse d'un animal dont la chair a été en- 
levée, en français «carcasse»; exactement, déchet, raclure, \'oye/. l'article 
qui j>récède. 

'GARGA'VEL, décrépitude, amaii^risscuieiil, dépérissemonl . \'o\('/ a car- 
can » et « carcassa ». 

*GARDA, O, membrane qui cnvelope le cœur. Terme de charcutier et de 
bouclier, dans le CaJilal. Nos pères du (^.enlre ont pu avoir la même ra- 
cine card que dans le grec y.apoîa, cœur, et notre mot serait un restant 
de la famille gauloise. Les autre» dérivés ont pu être remplacés par les 
im|)ortés latins (conf. «couralia»). 

GARGA, OjChargi»; O^rgar, chari^LM- ^1). 1. «carricarc», di-rivé de «ciirros», 
char ; cargari, aire, chargeur; cargoussa, o, charge d'un canon 
(en français « gargousse», pour 'cargousae, sous l'illuencc des mots en 
}>^^''a) > carguet, mesure do la poudre ."i nT^ltr^- dans un fti^^il : etc. 
\'oyer «carre», rhar, pages iO et 41. 

GARNA, O, «nglc; corne, tranche de fruit; el dérivés oarnar, couper 



par tranche?: camaria, aira, ieira, o, charnière; oarnel, oarne- 
loun, camil et autre? diminutifs. Pai;e 40. 

CARNA. O, chair (}. carnem); CARNOTA, O, chair fine, viande fine; etc. 

CARPE, mûr (clas per^s sount carpas • , les poires sont mûres, c'est à dire 
bones à déchirer de l'arbre). Probablement du lalin ccarpere», déchirer, 
cueillir, quoique le lalin n'ait pas d'adjectif *carpus, mùr. 

GARRAL, mâchefer; proprement, pierraille. P^ge 40. 

CARRAR (se), se plaire, être à son aise ; sens doné come étendu de celui de 
se carrer, se mettre à son aise en écartant les jambes au foyer, prendre 
une forme carrée. 

CARRE, aussi carri, char: carrada, o, charretée: carraira, eira,o, 
chemin de char, rue; carreirota ei carreiroun, ruelle; carrai, o, 
chemin de char dans les terres ; carrechar, charroyer ; carret, 

carrela, carrâtoun, petit char : carretada, o, contenu d'un 
charret: carriar, charrier; carriol, carriola, carrioulet, aussi 

carriot, même sens que «carret »: et carruga, O, charrue, tombe- 
reau, d'où carrugâda, o, le contenu d'un tombereau. 

CARTA, O. mesure, quart du setier (latin quarta); CARTAL, même sens; 
CARTOUN, petite mesure; etc. 

'GARTOUIRA, O, civière faite de branchettes entrelacées; grand panier 
suspendu en dessous d'un char. D'un cartoria, de même racine que le 
grec y.âcTa/.ACv, le latin «carlallum», panier, et le celtique *cartallos, 
présumé par Holder, d'après le vieil irlandais «certle», peloton, c'est à 
dire fils entrelacés. L'n mot celtique cartamera, l'ensemble du ceinturon, 
me paraît être de la même famille, soit que le ceinturon fût fait de plu- 
sieurs pièces, soit qu'il y eût entrelacement à la jointure. Et la première 
partie d'un nom de reine Cartimandua, traduit, par d'Arbois de Jubain- 
ville, en «fille de celui qui veille sur un objet appelé car/ /s», me le paraît 
aussi ; les cariis pouvaient être les paniers, les engins de transport. Notre 
mot «cartouira», peut fort bien être de la famille celtique. 

CAS, le trou de l'aiguille à coudre. Oi^ a doné le français «chas.» come étant 
le masculin de «chasse», caisse, du latin «capsa>, mais je crois plutôt à 
un masculin de «casa», l'ouverture où se loge le fil. La case abri, cabane, 
finalement petite habitation, n'a pas soujours été extérieure. On a pu 
doner le nom de casa aus abris naturels, les creus de rochers, aussi aus 
creus faits dans la terre. Comparez le breton « kraouen », même sens de 
trou de l'aiguille, doné come venu de «« kraou», élable, case des anim$kus, 
cl l'irlandais « cro», à la fois élable et trou de l'aiguille, «kraou » et «cro» 
dérivant d'un celtique 'craos ou *craon pour *craf>os ou crapofi. foit ; 



— 148 — 

soit abri. Le sens réel me paraît bien être «trou», ccreus», et pas du 
tout «caisse». 

CASCAR, faire de petites chutes, de fréquentes chutes. Ce mol peut avoir été 
emprunté à l'it. «cascare», mais il peutaussi venir d'un précédent *casi- 
care, commun ans deus lanj^ues cl dérivé du latin «cadere», tomber, soit 
par «casum ». Il peut mt'me venir d'une forme en a du verbe *kcido, je 
tombe, du celtique du Nord, resté dans le jjallois «cwyddo», le breton 
ckouéza», etc. Et dérivé CASCARETA, O, cabriole, culbute. 

CASCAVEL, chacun des tours qu'on fait en restant sur les pieds et les 
mains sans que le corps touche à terre, en Limousin et en Auvergne; et 
cascavelar, marcher en cascavcls. 

CASCAVEL, jjrelol, mol plus répandu que le précédent: CASCAVELLA, O, 
crête du dindon, parce que ses calices remplis ressemblent à des grelots; 
CASCAVELAR, jouer du grelot; et CASCAVELOUN, petit grelot. 

CASE, veste, dans les Alpes; CASOT, gilet, tricot; et CASACA, O, identique 
à l'italien de même forme et au français «casaque». D'une variante pos- 
sible ca^ de caCy couvrir, la même, à mon avis, dans le latin «casa», 
cabane, abri. Pour 1'^, confr. les dérivés d'autres racines, tels que «brasa», 
de brad, égale à brac, rompre, etc. 

*CASSA, O, chasse, poursuite (bas lat. «cacia» cl «caceria», traduits par 
«venalio»; cassar, forme de «cachar», chasser; et cassari, aire, 

chasseur. 

CASSE, chêne; cassan, cassania, cassaueda, o, chênaie, avec 
diminutifs cassaniol et cassaniola, o, ce dernier également au 
sens de galle du chêne; etc. 

'CASSE, durci, tassé, serré, particulièrement employé en parlant d'un 
champ qui a été piétiné, foulé, par les passants ou par les bêles. D'où 
cassir, fouler, comprimer, durcir. D'une racine cat, être dur, particu- 
lière à la (iaule centrale cl méridionale, cl dont une forme cot nous a 
donc «coudar», «coudir» et «coutir». 

'CASSOUN, petite mole de terre. Dérive de «casse», durci. 

CASTANIA, O, châtaigne (1. castanea); CASTANIAL, châtaignerie; CASTA- 
NIAR, ramasser les châtaignes; CASTANIARI, AIRE, qui habite un pays de 
châlaigncries, et ramasseur de châtaignes. Il y a, à Paris, une rue Cas- 
tagnary, due à un nom d'home de gralic fautive. 

CAT, préfixe, du sens de avec. Page 41. 

♦CATAR, couvrir, cacher; et catadour, couvercle. On dit plus souvent 



— 149 — 

«acalar» et t acaladoun». Le verbe «calar» est pour *cactar, de cac, forme 
de cap, couvrir, ou vient d'une variante cat de la même racine. 

CAUDA, O, en français queue (pour ancien «coue», mot conservant, corne 
beaucoup d'autres, la forme latine (ici «cauda»); CAUDETA,0, diminutif; 
CAUDEcHAR, doner des coups de queue ; etc. 

*GAULA, O, capuchon, envelope du gland du chêne, et prépuce. Soit 
d'un "cacula ou *caculla de la rac. cac, couvrir, cacher (voyez « cachar» 
de ce sens); soit forme ouverte pour *cogoula, o, de «cuculla ». 

GAULE, en français a chou » (1. caulis); etCAULET. 

CAUMA, O, forme de « calma » , pays élevé, bruyère, pacage ; caumel, 
et autres diminutifs. 

CAUMA, O, contracté de «calima» ; et dérivés CAUMAR et CAUMAS ; dans le 
Cantal CAUMASSI, plus voisin d'un *calimatium. 

GAUNA, O, pour *cavana et «cabana », cavité, caverne. 

CAUSA, O, cause et chose (1. causa); et CAUSOTA, O, petite chose. 

*GAUSIR, prendre les choses meilleures. En français «choisir», pour un 
ancien «coisir». ,Ge mot «causir» me paraît un fréquentatif de «cabir», 
recevoir, prendre, et être pour *cauesir, *cabe8ir, *cabisir. Cette origine 
est plus naturelle que le haut alemand «chiusan», élire, de Stappers, et 
que le gothique «kausian», essayer, examiner, goûter, de Darmesteter, 
quoique les sens de ces mots germains puissent mieus s'accorder entre 
eus que les auteurs germanistes. On trouve, cependant, une ancienne 
signification de voir, reconnaître : «choisir un cerf», l'examiner assez 
pour être en état de dire «quel cerf il est et quelle tête il porte» (texte 
cité par La Gurne); et, si cette signification est la première, l'origine pour- 
rait être *catvesir, du préfixe cat et de *vidio, correspondant au latin «vi- 
deo», et dont la racine, vid, wid, avait, en celtique, le sens de connaître, 
savoir, en même temps que celui de voir (confrontez « druide», de Jr«/rfa 
pour druvida, très sage, supérieur par le savoir). 

CEEA, O, ognon (I. «caepa», dans les auteurs postérieurs à la conquête); 
et CEBAR, oindre d'un ognon un croûton de pain. Voyez «cep» . 

*GEGA, O, clôture, haie, proprement chose qui entoure, qui fait cercle, 
mot du Velay, dénotant un *ciga, de la même racine cic et cig, ceindre 
que dans le breton « kichen», auprès, le latin nasalisé «cingere», le grec 
xjxXoç, etc.; cegar, clôturer (ce verbe ne se confond pas avec «segar», 
couper, d'autres pays, dérive du latin «secare», car on emploie dans ce 
cas «daliar»); cegairar, fréquentatif de «cegar», avec le sens detour- 
billoner dans l'air, en parlant de la neige chassée par lèvent, et en parlant 



— ISO — 

de la poussière cl du sable; cegairol, oiseau de proie du geure faucon, 
dit en français « crécerelle», j)our 'cerôerclle, autrefois «cercelle», et 
qui tire ces noms de ce qu'il tournoie dans Tespace (« cercelle > peut tenir 
du radical de tcircus», «circulus »); ceguiniaira, eira, O, aissieu 
de la roue d'un tour à fder, d'un venloir, etc.; ceguiniol, manivelle, 
aissieu d'un rouet, axe d'une meule de rémouleur, soit chose qui tourne. 
Le grade de ces mots par j.s («sega», csego», etc.), de Misiï'al et autres 
auteurs, est fautive. 

*C£!IA, O, altération de «cega», de l'article précédent. 
CENGEA, O, ceinture; CENGHAR, ceindre (1. cingere); CENGLA, O, lanière, 
fouet (I. cingula), en français altéré «sangle»; CENGLAR, fraper à coup* 

de cenglc, etc. 

GENRE, en français «cendre», avec d fautif (1. «cinercm», ace. de «cinis»); 
et lesdérivés, sauf le correspondant de «cendrier» , auquel nous préférons 
« bournas » . 

*GENT, identique au fr. « cent». En lat. «centum » ; en celt. canton et centon ; 
en breton «kant», en gallois «canl» ; en got. «hund» pour *kund; en 
alemand « hundert » ; et, sans nasale, en sauBcrit « çatam », en grec ixavcv, 
en vieil irlandais «cet», etc. Le latin n'a pu que se fondre dans le celtique- 
Va oentena, o, aussi centenat, centaine. 

CEP, tronc, aussi sorte de champignon comestible très charnu ; et CEP.\R, 
couper les branches d'un arbre et ne laisser que le tronc. On a doné le 
latin «cippus», colonne tumulaire; maissa signification exacte pourrait fort 
bien être tronc, la même que nous avons dans «cep», aussi dans le breton 
«kef» et le gallois «cyfT». Douteus. 

CERCAR, chercher (b. 1. «circare», du lai. « circus»). 

*CERGC, aussi cers et, plus fautivement, cer, vent violent du Nord 0., 
dans le Bas Languedoc. De circius, vent de la (îaule narbonaise, doné 
par les uns corne étant gaulois, et, par les autres, corne pouvant être em- 
prunté du grec. Probablement ainsi dit, à cause de ses tourbillons. Est à 
pou près le mistral de Provence. Même racine que dans le latin « circus », 
«circulus », ou, au sens do violence, même racine que le gallois «kyrch»» 
irruption, « kyrchu », assaillir. Kn tout cas n'est pas latin, puisque les 
Latins désignaient ce vent sous le nom de «caurus», cl rien no prouve 
qu'il soit grec. 

GERVESA, O, boisson. Conservé dans l'Isère. Pago 41. 

CESKR, le |)ois chiche, inférieur de qualité (lat. cicer); et CESEROUN, dimi- 
nutif (confr. Ciceron, «urnom de l'orateur romain Tullius, qui avait, sur 
1.1 figure, une verrue ressernblant au dit poi«. 



'GESERA, O, et contracté cera, O, l'un des noms de la grosse grive, A 
mon avis, pour*cegera, de la même origine que « cegairol», autre oiseau 
dont le vol est tournoyant (voyez l'article «cega» et, pour le sens, voyez 
«draina», « traina»). En terme d'injure : «cap de ccsera, o», tète légère, 
étourdi. 

CESTA. O, panier (1. cista) ; et CESTOUN, petit panier. 

*GHADRA, O, cendre, dans le Limousin, mot correspondant au Bourgui- 
gnon «charre». D'où chadrada, O, résidu des cendres de la lessive, 
correspondant au français «charrée», même sens, et au poitevin «charrée», 
pelures, déchets de légumes, brisures quelconques; et chadroUS, cen- 
dreus. Nous avons un diminutif de « chadra», « chaircl», presque général^ 
et une autre forme de «charrada», dans le toulousain «cairada, o. Pour le 
français, on a doné un chuintement de «cendrée» : 'chendrée, 'charée, 
«charrée»; mais cette origine n'explique ni «chairel» ni «cairada». On a 
doné aussi un «quadrata», en disant que la toile à lessive ou iode aus 
cendres était carrée, alors que la cuve est ronde 'en tout cas exactement 
«carrée»? sans cela. . .1; mais, ici, le mot principal, toile, est oublié, et, 
chose plus étonante, il n'est plus question de cendres. Enfin, on a doné 
«cari'ata», charretée, autre impossibilité. Le sens exact étant débris (de 
bois brùlé^ pour «chadra », «charre» et «chairel», débris (delà cendre 
elle même) pour «charrada», «cairada» et le français «charrée», et pareil- 
lement débris i de légumes et autres) pour le poitevin cité, il faut chercher 
l'origine dans ce sens; mais elle n'est pas facile à déterminer. Ces mots 
sont très anciens, puisqu'ils ne sont reliables à rien de latin ni a rien de 
germanique, et qu'ils ne s'accordent pas aus formes radicales ordi- 
naires du celtique pour la signiticalion de briser. Il faut recourir à une 
composition avec le préfixe cat, et admettre un verbe formateur *darar, 
de même racine <ijrr que «darnar» et «dartar» (v. ces mots, page 4(V , 
lequel verbe serait sorti de l'usage à cause de l'homonymie avec «darar», 
lancer, «chadra» serait pour précédent *cadra, avec même contraction 
que dans beaucoup d'autres mots, et avec réduction du préfixe en câ de- 
vant la consone, corne dans « cabecoun » , etc. Il y a aussi le sens de déchet, 
de choses qui tombent, qui pourrait être pris en considération, la chadre 
étant un déchet autant que de la brisure. Dans ce cas, come les dérivés 
du latin «cadere», tomber, sont connus, et que pas un ne contient l'équi- 
valent de cendre (à moins que « cinis », dont on n'a pas doné l'origine, ne 
soit pour *cidnis, avec faiblissement de la voyelle, dû à la menudité du 
déchet désigné), on peut penser que le verbe celtique correspondant de 
«cadere» (V. Henry donc la première persone de l'indicatif, keido, je 
tombe, pour le breton et le gallois), a pu avoir un dérivé du sens de cen- 
dre, déchet de bois brûlé (la cendre étant tout à fait tombante), come il a 



- l52 — 

eu brasa, *brada, braise, de brad, briser. Dans co cas le précédent Vagira 
serait pour *cadera. Quant à «chadrada», « cairada» et «charrée», ils 
sont de simples dérivés, avec la (inalc ata. J'ajoule, pour le second cas, 
que le breton a «kouez», lessive, à côté de «kouez», action de tomber. 
Henry sépare les deus mots et présume, pour celui du sens de lessive, 
un précédent *g\velc"hez, avec g durci pour l'aspiration, leqnel seraitvenu 
de «gwalchi », laver, de la racine n'clk. Je suis d'un avis contraire : je 
ne sépare pas les dousmots, et je crois que celui du sens de lessive a pu 
naître d'un dérivé du sens de cendre, et signifier d'abord lessive ou lavage 
avec emploi des cendres, par distinction du lavage y l'aue ou au savon. 
Qu'ils viennent du préfixe cat et de la racine dar, ou qu'ils viennent de 
caid, tomber, nos mots ci dessus me paraissent celtiques, 

CHAI, cellier à vin; peutêtre forme de « cai k, avec le sens de enclos pour 
la récolte du vin; peutêti'e d'un *cadium, dérivé de « cadus », tonneau ; 
et peutêtre le mot est il pour *tsai et *stai, avec le sens de emplacement 
stable, définitif, de la récolte en question. 

*CHAIG, certes, en Rouergue. Me paraît être une forme de « saie » du 
même sens. L'un et l'autre pour *staic(os), de la racine sta. 

*CHANCA, O, aussi changa, O, échassc, chose qui sert à se tenir. A 
mon avis, pour *stanca, de la racine sta. Et : changar, être stationaire; 
un second changar, béarnais etgascon, sauter sur un pied, sens proba- 
blement étendu de celui de se tenir sur un pied; et fréq. changuiliar. 

*CHIN, forme cantalienne de «kin», chien; fém, china, O, etc. 

*CHOC, pour *stoc, solide, dans l'expression «tcncr choc», tenir solide, à 
pleines mains (une pièce de bois ou autre objet qui, momentanément, ne 
doit pas bouger). Racine générale sta, être debout, dont st est aussi de- 
venu ch dans le français «choque », souche ou bloc de bois servant de 
forme, en terme de chapelier, et simplement s dans le dit «souche», dans 
notre masculin « souc», dans le breton «saô» ou « sav» pour *stav, éléva- 
tion, position debout, etc. 

*CHOURRE, pour *8tourre, inactif, qui ne se done pas de peine; propre- 
ment, immobile. A' mon avis, de la même racine sta que dans « choc », 
solide. Va : chourrar, chômer, être immobile, en parlant des animaus 
aus heures de grande chaleur, et en parlant des persones qui suspendent 
trop longtemps leur travail, qui restent inactives plus que ne le demande 
un repos momentané: chourrel, dimin. de «chourre», en nom d'home, 
peutêtre au sens de stable, d'où le nom de lieu francisé La Chourrelie, 
altéré en La Chourlie, propriété des Chourrel ; et, dans risèrc, un autre 
dérivé, ohourrelat, raisins que les grapilleurs trouvent après les ven' 



- 153 - 

dang^es, soit raisins restés. Par extension, «chourre» est également em- 
ployé au sens de sournois, et «chourrar» à celui de bouder; et, par 
nouvelle extension, «chourre», mortifié, penaud et, en parlant des plan- 
tes, flétri. Voyez «sourne». 

CIBADA, O, avoine. Origine incertaine. 

CiOUTAT, état du citoyen (1. «civitas», par Tacc. « civitatem »). 

CITRA, O, en français ccidre», sorte de boisson, doné pour *cisera, «sicera» 
et grec cixîpa. Le / de notre motet le d du français me paraissent dénoter 
plutôt un dérivé de «citrus», au sens de fruit de l'arbre de ce nom, la 
boisson de pommes ayant pu être désignée corne la *citre au citronade. 

*CLAG, onomatopée du bruit sec que produit un coup doné à quelqu'un 
avec le plat de la main, et que produit aussi un coup de fouet; claca, O, 
claque; clacadis, claquements; verbes clacar et claqechar; etc. 

*CLAFIR, pour *calafir, remplir jusqu'à la gorge, bonder. Employé ordi- 
nairement au particiqe, en parlant d'un arbre chargé de fruits ou de tout 
autre chose entièrement remplie. Dans les Alpes. A' mon avis, racine 
cal, élévation, sommet, la même que dans «calma ». Confrontez « barre- 
char », remplir jusqu'au bord, cumuler, de la racine bars, même sens de 
élévation, sommet. 

*CLAN, courage, élan : « se dounar clan », se doner du courage de l'élan, du 
cœur. Mot de l'Auvergne et du Rouergue, probablement pour *calan, 
de la racine cal, être ardent, chaud (sens étendu de celui de être lumi- 
neus), qui est aussi dans le breton «kalon», cœur, la partie chaude par 
excellence. 

GLAP, pierre, caillou; clapa, O, même sens ; clapareda, O, rocaille et 
clapier; clapas, rocher; clapet, clapot, insecte qui se tient sous les 
pierres. Page 44. 

*CLAP, onomatopée parallèle de «clac »; clapa, O, sonaille de mouton ou 
de mulet : qui produit un son; clapar et clapechar, claquer. 

CLAPA, O, pour «escalapa», copeau; etc. Pages 48 et 49. 

CLAR, identique au français «clair», avec cette distinction que nous em- 
ployons le moi au sens qu'avait le latin « clarus » ( contracté pour 
*calarus, et dérivé de « calare», appeler), non cependant au sens rigoureus 
de son de trompe, son d'appel, mais à celui anologue de coup de cloche 
qui annonce la mort de quelqu'un : «sounar un clar». Nous employons 
bien quelquefois «clar» au sens du français «clair » : lumineus, limpide, 
transparent, mais nous avons emprunté ce sens étendu, et nous préférons, 
pour ce cas, notre mot « cande»» 



GLAS, même sens que «clar», dans quelques pays : son de cloclie pour 
quelqu'un qui vient d'expirer (en français altéré «glas»); mais, ici, la 
forme précédente est un *classium, pour latin « classicum » et *calassicuni, 
coup de trompe (corne « calarus *). 

CLAU, clef. Notre mot est voisin du latin «clàvis ». El CLAVEL, clou, CLA- 
VELAR, clouer. 

CLAUFIR, forme ouverte de « clafir ». 

CLAURE, clore; spélialemenl, rentrer les hestiaus à l'étahle (1, claudere). 

GLËDA, O, claie; cledar, fermer: cledis, prillane; oledîssa, O, ri- 
delle; cledoun, clayon; etc. Pa^c M. 

*GLIG, petit tintant; clica, O, en français « clique », bande de gens qui 
bâtent des mains pour soutenir quelqu'un d'une manière peu honorable ; 
Clicadis, cliquetis : clioar, en oïl « cliquer » ; cliqechar, etc. 

*GLOC, onomatopée du bruit que fait le globule daue en se crevant, et du 
pied dans l'aue ou dans la boue; et cloca, O, globule sur l'aue, ampoule 
sur la peau, et, instrument de fonte pour soner (en bas latin «clocca»), 

*CLOiP, parallèle de «cloc»; et cloupar, boiter, soil faire clop on mar- 
chant (confrontez le français « clopin dopant»). 

GLOS, endroit creus, ravin. Page 41 et 42. 

*GLOT, lieu élevé et plat, dans les Alpes. Soi( contracté pour *calol, de cil 
ou ^a/, s'élever; soit pour *colol, d'une var. en o de la même racine. 

*GLOUG, cri de la poule couveuse ou poussinière, onomatopée presque 
semblable dans le latin « gloc-ire», français tglocier», «glocer», aujour- 
d'hui «glousser»; clouca, O, poule couveuse; oloucada, O, les pous- 
sins d'une clouque; cloucar cl clouqechar, glousser. 

CLOUT, forme de « clôt », endroit creus, ravin (il existe un hameau des 
Clouta, près du village de la Malvizinic, commune de Juniac ( Canlnl ) ; 
clouta, O, corne «clos»; cloutar, former un creus, voûter, déchausser 
un arbre; et cloutas, grand trou. 

*GLIJG, clin d'tril; cluca,0, bandeau qu'on met sur lesieus; olucada, O, 
court sommeil ; clucar, fermer les ieus; et cluooUD, jeu d'enfants où 
l'un des participants a les ieus bandés. Racine du et cli, fermer. 

'GLUGIDA, O, tri plaintif, en parlant des persones; cl clucir, gémir, 
iJune forme en //de rfninmatopéc «cloue». I.c latin •irhicirc» ne penlélrc 
pour rien ici. 

GLUEC, aussi clueoh., faisceau de paillé; cltie^a ou cluecha, à, petit 



- i55 — 

toit de paille d'une ruche ; cluecâdâ ou forme chuintée, chaumière : 
cluechar, etc. Page 42. 

CLUTA, O, corne «clouta». 

COCA, O, corne le français «coque ». P. 42. 

COFA, O, aussi cofîa. O, cosise, gousse ; et coife. Page 42, 

COL, come le français de même forme (1. collum), et dérivé, particulier à 
l'oc, COULAR, collier (1. collare). 

COL, dépression sur la ligne de faîte d'une montagne, permettant de passer 
d'un versant sur un autre : «le col de cabre», dans le Cantal, «le col de 
Tende », dans les Alpes, etc. Ce mot masculin ne peut venir de « collis », 
dont, d'ailleurs, le diminutif «collina* seul eât passé dans le français. 
Viendrait il de «collum»? Viendi^it il d'un gaulois *colos ou coUos, 
d'une variante en o de kal et kel, come le dit < collis», et, peutêtre, come 
l'alpin «clôt», pays élevé et plat? (ce latin «collum, dont on n'a pas doné 
l'ofigine, et dont le sens est uniquement cou, se relie à cette fàcine, lô cbu 
formant, particulièrement chez certains animaus, Une élévation). 

:OLA, O, cale, en Auvergne. Peulêlre forme de « câtà ». 

ZOLA, O, couple de chevaus attelés ensemble par leurs licous ; par êxteiisioil, 
compagnie d'ouvriers. En b. 1. «collarius», chef d'nne tt-oupe de liiois-i. 
soneurs. Origine probable : «collum», cou. 

ZOLP, ordinairement coi*, en français «coup» pour l'ancien « colp » (b, 1. 
«coUpus», class. «colaphus»). Et dérivés. 

HOM, ordinairement «coum», préfixe, devant tetp; et «con», ordinaire- 
ment «coun », devant les autres lettres. Gaulois en même temps que latin. 

FONDAT, aussi coiindat, confluent. Page 43. 

:Oïl, cœur (latin cor); COUÉAfiA et COURALL\, O, cœur, poumons, foie («la 
couralia del porc»}. 

:0STA, O, côte (1. Costa); COUSTOUIN, habitant d'une côte, dans le Cantal 
et en Rouergue; et les dérivés correspondant à ceus du français. 

:0UA, O, contracté «t altéré de «cauda», queue; COUARD, come dans le 
français; etc. 

20UARRE, maître; principalement, châtelain, propriétaire d'un domaine. 
Ce mot, particulier à l'Auvergne et au Rouergue, est, à mon avis, formé 
du préfixe co et de : soit 'vatros, égal à 'tarros, ici au sens de élevé par 
sa situation ou distingué par son courage, sa vaillance (confrontez le nom 
d'home Varron, cité à l'article «barre» ), le y de ce *varroi prononcé ou; 
Soit *vero5, juste, vrai, fidèle, de caieros, dans le gallois «g-wir«, lebreton 



— i56 — 

«g-wir» eL la seconde pai'tie du nom Dumnocoveros. Notre mot «couar- 
re» doit être, par conséquent, très ancien. En loutcas, il n'est pas mot 
d'argot», quoi qu'en dise Mistral, car, dans les montagnes du Cantal et 
du Rouergue, il n'existe pas d'argot, nos paysans parlant leur langue et 
n'ayant pas de relations avec les débardeurs des ports. J'ajoute que 
«couarre» est absolument distinct du provençal « coucaro», truand, 
gueus, dérivé de «couc», gueus, les significations étant contraires. 

COUC, caché, mot enfantin qu'on dit en se cachant la tête à la vue d'un 
petit enfant (on dit aussi, au participe, ccoucut», et on ajoute, en se 
montrant de nouveau, «troubat», trouvé); COUCar, cacher, inusité à 
l'infinitif, mais se conservant dans le participe sus dit; COUCOUl, capu- 
chon (cucullus pour cucullos, page 45); coucoula, O, même sens; COU- 
COUlar, capuchoner; et à COUCOUloun, à croupeton. 

COUC, gueu»; dim. COUQIN, en fr. «coquin»; etc. Origine douteuse. 

COUGA, O, forme de «coca»; COUCal, coque de noix, par comparaison 
l'os de la nuque; COUCalia , O, ensemble de coques; coucalioun, 
coquillon ; COUCOUn, cocon, soit petit œuf; etc. 

COUCA, O, coche, entaille; COUCAR, faire une coche. Orig. incert. 

*COUCHA, O, citrouille. Ne peut venir du latin «cucurbita», d'ailleurs 
isolé et dont l'origine n'a pas été donée. Dénote un *cuca ou *cuc-ia (en 
ancien oc « coia » pour *cog-ia, en it. « cocuzza», *cucucia?), d'une racine 
particulière ctic, qui me paraît se trouver dans le breton « koulourdren » 
pour *kougoulourdren, même sens de citrouille (pour la contraction de ce 
breton, confrontez «kalar» pour *kagalar, *kageliar, ordure). Celte racine 
eue peut fort bien être identique à eoe, la forme de la citrouille étant 
ovale; et le breton « kougoulourdren » peut fort bien, de son côté, être 
composé avec *luorz, «liorz, jardin (en gallois «lluarth»,cn vieil irlandais 
«lubgort»), d'un celtique *lubigortos, d'un sens propre de «enclos à plan- 
tes (potagères)». Ce breton signifierait exactement «coque de jardin» 
œuf de jardin ». Le latin «cucurbita», cité plus haut, et «cucumis», con- 
combre, seraient simplement de même racine, pcutêtre même empruntés. 

•COUDAR, pour *coutar, presser, rendre compact. S'emploie particulière- 
ment au participe, en parlant du pain non levé et resté serré, et en par- 
lant du bord d'un pain comprimé au four par un autre pain («pan cou- 
dât»). D'une variante co/ de ca/, être dur (voyez «casse »), également 
particulière à la (iaule centrale et méridionale, et à laquelle je vois s'y 
relier : le latin 'cotes ou *cotis, pierre, réduit à « cos», génitif «cotis», au 
gens, également réduit, de pierre à aiguiser; et le français «cosser», par 
un bas latin 'cotiarc ou *cottiare. Une racine équivalente est eut ou eu 



— 157 - 

dans le latin «cudere»; fraper, le breton tkouat», aujourd'hui «kaouat», 
coup subit du temps, averse, etc. 

GOUDENA, O, peau, en français c couenne »(b. 1. *cutinna, du 1. «cutis», 
peau). Se dit aussi pour^lèbe ou peau de la terre qui tient les racines d« 
1 herbe; COUDENAS, terrain gazoné; et COUDENC, la première et la der- 
nière planche d'un arbre qu'on refend, c'est à dire celles qui sont voisines 
de l'écorce. 

COUDERG, verg^er, petit bois d'agrément, et, dans quelques pays du Bas 
Limousin, bois de petits arbres (rabrouguis); coudercoun, diminutif; 
et cx)Uderqilia, o, hei-be, la renouée traînasse. Page 43. 

COUDIR, parallèle de «coudar» (« pancoudit»). 

COUEIRE, cuire (latin « coquere»). Ce mot s'est substitué à «brusar» et 
«brusir», dans beaucoup de pays. 

COUFA, O, forme de «cofa», gousse et coife; et coufella, O, petite 

gousse et petite coife. 

COUGA, O, hâte, presse, urgence ( «ai couga d'anar alai», j'ai hâte daller 
là bas); etCOUGAR, chasser devant soi, presser, hâter. Dulat. «coagere», 
mais emprunté à l'époque où le chuintement du g devant le et 1'/ n'exis- 
tait pas encore. Gedendant, on dit plus souvent, surtout dans les pays 
montagneus, COUGEA, O, et COUGEAR, 

COUIOUN, poltron. Parait être pour *coudioun, au sens de «qui se tient à 
la queue de l'armée», à mon avis, VI de lit. « coglione» (doné pour ori- 
gine), ne serait pas tombé en oc. EtCOUIOUXADA, O, tromperie, plaisan- 
terie; COUIOUNAR, etc. 

GOULAR, coûter. Verbe ordinairement employé, malgré l'emprunté «cous- 
tar», du latin «constare» ou du français «couster», aujourd'hui coû- 
ter. Peutètre de la môme racine que le breton «koll», perdre. On dit, 
en français : «ce désastre me coûte tant», pour « me fait perdre tant»; 
« la mort de ce cheval me coûte tant » , elc . , et il en est de même en oc 
pour « coular». 11 peut donc y avoir eu passage du sens de «éprouver 
une perte» à celui de « payer, doner son argent», surtout si, en pavant, 
on donc tout ce que l'on a. Noti'e verbe serait pour *coullar, et *couldar, 
corne le breton «kolla» est pour *kolda, d'une racine cold, qu'on relie à 
*cladj fraper, aussi fouir (nom propre : Vindocladia, la blanche tranchée). 

COULAR, couler (latin «colare»); et dérivé COULADOUR, fdtre, passoire. 

COULIA, O, testicule; coulioun, dimenutif;et couliaud, qui a une 

hernie, de gros testicules. Page 13. 



— ID» — 

COUMBA, O, vallon; ooumbald, aud, an^'menlntif; coumbetl cl 
autres diminulifs. Page ii. 

COUMBAR, fouler le drap, soit produire un enfoncement par des coups; 
et coumbadour, foulon. Même page. 

COUMBATRE, corne le français; et dérivés. Page 22. 

GOUMENGAR, commencer. \oyc/. «meine», page G8. 

COUNGEIRA, O, fondrière de neige (lat. a congcrics», amas). 

COUNREARi •i^î'î'i COUrrear, jn-éparcr (les cuirs), corrover; et les dé- 
rivés. Page 43. 

COUNSEGAL, blé mélcil, dans le Canlal, l'Isère (voy. segal). 

*COUP, sonimel d'un mont ou d'un arbre, tête; COUpet, au double sens 
de petit sommet et de nuque (ce mol est aussi dans l'Kst, au sens décime 
d'un arbre), avec diminulifs particuliers COUpetouiU, nuquç d'enfant 
(«coupelet», faîte d'un édifice, d'un arbre, d'une plante, dans le Boulo- 
nais, et féminins «coupelle» en Normandie, «coupettc » en Rouclii, etc.); 
COUpetar, frapcr quelqu'un sur la nuque, d'où COUpetada, O, etc. 
Racine cup, variante de eue, qui est aussi dans l'alemand «kopf», tète, 
«koppc», sommet. 

COURREGIA, O, courroie; courregiar, lier; courregioun, cor- 
don . Page i.'}. 

COUSSOLI, cliatouillcmcnt, dans le Cantal («fazer coussoli», chatouiller). 
Peutêlre pour *counsoli, du prélixe con pour com et d'un *soli ou *suli, 
pouvant se relier au breton «hillik», *sillik, même <'mi< dp chatouillement; 
mais de racine incertaine. 

ÇOUSSOyN, insecte du blé, du bois, etc. (latin «cossus»}; cl COUSSOUNAT, 
vermoulu. 

COUT, pierre à aiguiser. Du latin «colem », accusatif de «cos», pour pré- 
cédenl *cotis ou *cotes, pierre (confronte/ la forme ouverte «cautes», ro- 
cher); et dérivé fvançisé COUTIER ou ClOUDIER, récipient où le faucheur 
tremi)c U coul. 

'GOUTIEL, aussi COUtièu, terrain inculle, dans le IJas Midi. .\" mon 
avis, de la même famille que «couderc». 

'GOUTIR, meurtrir (en français «colir», cesser, et meurtrir); rendre com- 
pacte; par extension, mellre en tapons, emmêler. Kl coutis, partie 
serrée et ombrouilléo d'une chevqluro qui n'a pas été peignée depuis 
longtemps, et flocons de laine courte cl serrée de la queue de.* moutons; 



— 159 — 

c'est à dire chose compacte. Même racine que dans «coudar» et «coudir'. 

COUTORXA, O, terme de mépris, employé en parlant d'une vieille brebis ou 
d'une vieille vache. Pourrait être composé de cotta, vieille, et de la finale 
i/rn^ï (f,Mulois cro^/os, en nom propre, comique «coth», breton « koz», 
vieu); mais, le simple étant inusité, il y a doute. 

COUVIT, pour *counvit, repas en commun, festin, invitation à manger (lat. 
convictus); et COUVIDAR, en français t convier». 

::OZER, pour *cocer, forme de «coueire», cuire (1. coquere). 

GRAG, bruit que fait un corps dur qui se rompt, onomatopée correspon- 
dant à «brac» de «bracar»; craca, O, mensonge, parole qui ne tient pas, 
cracadis, fragile, cracadis, on^cmble de craquements; cracar et 
fréquentatif craqechar. 

CRAM, sous sol dur et rocaillcus ; incrustation pierreuse qui se forme 
dans le bassin des fontaines. Mot dénotant, à mon avis, un précédent 
*can'xmos pour *carsamos, de la racine cars, être dur. Et augmentatif 
crama'S. ^'oycz «cairc», pierre, « cras k et «crau». 

CRAN'C, boîteus, décrépit. Origine incertaine. 

CRANE, fier, robuste, corne le français de même grafie (celt. *crapnos., 
devenu *crappos, selon llolder, dans le gallois «craff», et dans des noms 
propres); craiiar et cranechar, faire le crâne; cranet, crauot, 
liérot; etc. 

DRAP, et féminin crapa,0, 'plus souvent usité), grife, croc, proprement 
chose crochue; diminutifs crapoun^ crochet, crapot et crapîot, 
argot de coq (en bourbonais, en picard, en bressan, en champenois et 
autres dialectes « crape » ; en breton «krapa», suspendre à un croc, «kraf» 
pour *krap, prise, action d'agriper, de saisir avec les grifes, «kravel», 
gratoir; en gallois «crafu», grater;en français «crabo» pour *crape, et 
«crapaud», animaus qui présentent quelque chose de crochu); verbes 
crapar et crapiniar, grifer, etc. Par transposition, on dit quelquefois 
«carpa», «carpar», « carpiniar». Avec variation fréquente du c en g, nous 
avons des formes « grap», «grapa», «grep», «gripa» (aussi un g dans le 
grec Ypasîiv, graver, écrire (au poinçon); et les germaniques « krapa », 
crampon, «gripan», saisir, donés par mes devanciers pour origine de no^ 
mots et des français correspondants, ne sont que des frères sans pèrea, 
puisque *krap ou *krappa, grife (véritable sens premier), manque. Les 
( '..lulois n'ont pas eu, pour leurs mots ci dessus, davantage besoin de Pale- 
mand que pour « gravir», monter à un arbre ou à des rochers en s'aidîtnt 
des grifes, mot que mes devanciers n'ont pu faire germanique et qu'ils 



— i6o — 

ont déclaré « dorigine inconnue ». Noire langue de Gaule a, d'ailleurs, 
sur ce point, une famille complète que le germanique n'a pas. 

*GRAPET, trapu. Soit diminutif de *crappos, cite à larliclc «crâne»; 
soit déi'ivé de «crap». 

GRAS, pour *carras, terrain pierreus. Mot du Roucrgue et de la Lo/èrc, 
dénotant un *carratios, de la même racine que dans «caire», pierre. 
D'où crâsal, même sens de terrain pierreus, et un adjectif crasalous. 

GRAU, lande stérile, cailloueuse; et crauc, pierre. Page 43. 

CRAULE, creus, vide ; et craular, creuser. Page -14. 

GRAUS, forme ouverte de «cros», creus, ravin. Même page. 

GREIRE, eu français, « croire», pour l'ancien «creire» (1, credere). 

CREISCE(R), et fautivement «creisse», croître (latin cresccre), -\u passé, 
«ai crescut», jai crû, avec conservation de la dureté duc. 

GREME, pour «cretmc», craiule ; oremir, craindre; et cremous, 
craintif. Page 13. 

GREN, angle; crenel et crenoun, diminutifs ; crenar et crenelar, 

former en angle. Page 41. 

GRES, variante de «cros», terrain pierreus ; cresal et cresalous. 11 
existe, de la forme «cres», et avccss, un autre dérivé: cressar, heurter 
une pierre avec le soc de l'araire, 

*GRIG, variante faiblie de «crac» ; cricadis, petits craqemcnls ; cricar, 

produire de petit» craqements; etc, 

*GRIN, forme de «cren» ; crenel et autres dérivés, 

GRINGA, O, arête de mur ; angle saillant. Page 44. 

GRINIA, O, crainte; criniar, craindre; crinious, craintif. .Même p, 

GRINIOUN, chanteau, grignon (de pain, etc.). Même page. 

GROG, harpon, grapin, objet de forme courbe, et, par extension, longue 
dent, come en français; croc, adjectif: « bec croc» ; crocant, terme de 
mépris de certains habitants des villes à l'adresse de ccus des campagnes, 
terme injuste et d'une grossièrtMé plus grande que celle des campa- 
gnards ; croucar, croquer ; croucadis, croquis ; croucarel, cro- 
chet, el pâtisserie croquante ; etc. Page 44. 

*GROG, forme de l'onomatopée «crac». 

'GROS, creus, ravin ; croBa, O, même s»ens ; etc. Page 44. 

*CROS, petit lit d'enfant. C^c mot est probablement i<lcnli((iu i «ii >s», 
creus (confrontez «lit de rivière»). 



- i6i - 

UROSE, noyau, coquille de noix, etc. Page 44. 

UROTA, O, crote; croutarella, O, diminutif: etc. Même page. 

:R0UGA, o, croupe. Page 45. 

UROUIS, parallèle de t cros » , petit lit d'enfant . Probablement pour *crou- 
guis (en bressan ccruet»). Et diminutifs crouisset et crouissoun. 

CROULAR, rouler, en Guyenne. Page 45. 

:rouMPAR. pour*coumpraret*coumparar, acheter (lai. «comparare», m. s.}. 

CROUNGEL, cerceau, particulièrement celui qui soul-ent le rideau d'un 
berseaudenfant. Motcantalien, dénotant un précédent *croumbicel, d'une 
variante nasalisée crump de crup, courbure, rondeur, d'une racine primi- 
tive cor, la même variante dans le breton ckroumm», courbe, le gallois 
ccrwm» et l'irlandais «cromb», même sens. L'alemand ekroumm», de 
travers, ne peutêtre qu'un parent. Voyez les mots suivants. 

CROUP, assemblage de choses, nœud : chose ronde; croupa. au sens 
du français «croupe»; croupar, voûter le dos, faire la courte échelle, 
pour aider quelqu'un à monter sur un mur, d'où croupada, O, en fran- 
çais «croupade», saut où le cheval relève les jambes de derrière jusque 
sous le ventre : croupet, dans l'expression «faire croupet» . même signifi- 
cation ; croupias, gros nœud sur une manœu\Te; croupioun, som- 
met de l'angle dune toiture, etc. Même racine que dans «crouncel» . 

CROUQET, crochet; et crouqetar, crocheter. 

CROUS, forme de « cros » , creus ; crousar, creuser, crousot, etc. 

CROUS, forme de «cros», petit lit; crousset et croussoun, dimi- 
nutifs; et croussar, berser. 

CROUSEL, aussi crousol, petite lampe rustique. En bas lat. « cruse- 
linum, «crusolinum », «crusollus», « crucibulum »; en ancien français 
«croissel»; en breton «krûzeul», lampe; en irlandais «cruisgin», petit 
pot, etc. En anglais «cruse», probablement emprunté. Je vois ici, surtout 
dans la forme «crucibulum», la même origine que dans « cruca », cruche. 

GRUG, sommet de la tête, en Guyenne ; forme féminine, usitée un peu 
partout, cruca, O, tête proprement, rondeur; et cruca, O, cruche, 
objet de forme renilce\ avec diminutif cmcoun, cruchon, et variantes 
cruga et crugoun, dans l'Hérault. Racine cor, être rond, qui a pro- 
duit croccennos, dos, ensuite peau du dos, du breton «krochcn», de 
l'irlandais «crocenn», aujourd'hui «croiceann», etc. 

CRU.M, nuage. Paraît dénoter un *crumus, amoncellement, groupe, soit pour 
'crupmos^ de la même famille que «croup», ci dessus, soit pour *cmc- 



— 102 — 

mos, de la même famille que le breton féminin ckrugel», le gallois ccrug», 
l'irlandais tcruach», monceau, monticule, reconnus pour dérivés d'un 
collique *crouaca, *krouaka; peutêtre aussi, au cas où le sens premier 
serait obscurité (du temps), d'un autre *crumo, signifiant sombre, et au- 
quel pourrait se relier, par une forme ciir, le latin «obs-curus», dont 
l'origine n'a pas été donée et qui peut se décomposer ainsi, aussi bien 
qu'en «ob» et *scuru8. De son côté, le breton vanetaisa thuren», nuage, 
en même temps que «huden », mots qui paraissent dislincls d'origine: 
le premier serait il pour *curcn, d'un *curentios ? et le second pour *cu- 
den, d'un *cudennos, de la racine cud ou eut, couvrir, cacber, qui est 
dans fcula», cabane, page 45 ? En tout cas, les dérivés «hurennek» et 
thudennec» ont le sens de sombre en même temps que celui de nuageus. 
Douteus. Et : crumada, O, ensemble de nuages; crumas, gros nuage; 
clcrUmoUS, nuageus. 

CRUS, parallèle de «crous», sous l'influence du français fcreus»; etc. 

eue, obscur, sombre, et, substantivement, obscurité, sombreur; CUCa,0, 
forme féminine («cercaràla cuca», chercber dans l'obscurité, dans la 
nuit, et chercher en secret); un autre CUCa, O, œillière; CUCOUU, ban- 
deau sur les ieus; cucour, obscurité; etc. Page 45. 

*GUG, monticule, dans l'Isère et les Alpes; cuca, O, meule de foin ou de 
paille, monceau ; CUCOUl et CUCOUn, diminutifs, d'où cucoulet ou 
CUCOUret, etc. D'une racine eue, forme de eup qui a produit «coup», 
sommet. On dit aussi, avec chuintement, CUClia, O, etc. 

CUFA, O, forme de « cofa », cosse et coife, mais plus souvent au premier 
sens; cufar, rendre vide, au ligure décaver quelqu'un; cufe et cufa- 
rel, vide; cufat, bonnet; etc. Page 42. 

CUGEAR, penser; et faillir, dans l'expression « ai cugeat toumbar», j'ai 
pensé tomber, failli tomber, etc. (1. cogère, pour *coagere). 

CUN, coin à fendre le bois (1. cuneus) ; et CUNIOT, petit coin. 

CUR, pour «cor», sous l'influence du français «cœur». 

CUSSOUN, forme de «coussoun», insecte du blé, du bois, etc. 

GUTA, O, cabane, tanière. Page 15. 



*DAGA, O, identique au français « daj^ue», aorte daMcion jioignani, s^rlc 
de pointe, et corne droite ou premier bois du cerf ou du daim ; dag'ar, 
français «daguer»; dagan, coutelas; daguechar, verbe fréquentatif 
(dans le Maine «dagotcr», frapcr avec une pointe). Racine da^, pointe, 
pouvant se relier it dag, fraper, dusaobcril. L'espagnol et l'ilulion ont i 





— i63 — 

même «daga • que nous. De son côté, le breton a « dag>, mais il a pa 

l'emprunter au français. Voyez «digar». 

DALSAR, agir doucement, ménager, économiser. Mot cardurcien et bas 
limousin, à mon avis pour *dalvar, et d'un sens premier de façoner, doner 
une forme, d'une racine dal et del, d'où aussi le gall. «delw», l'anc.bret. 
«delu», forme, l'ancien irlandais cdelb», même sens, le français «dauber», 
marteler, passé au sens de doner des coups ('dealbare, enduire de blanc, 
des Darmesteter, est impossible, come je l'ai dit ailleurs, et le germanique 
«dulban», fraper, l'est encore plus pour notre mot en dal). En latin «do- 
lare», marteler, façoner. 

DALLIA, O, aussi dctlia, o, la faux; dalliar ou daliar, etc. Page 45. 

DAKAR, lancer ; prendre élan ; et fréquentatif dariliar. Même page. 

DARBOUN, taupe, et curoir du laboureur, instrument de fer qui garnit 

le gros bout de l'aiguillon. En Périgord, un sens particulier, de rehaut 
entre deus sillons. Dans le Jura, la Bresse, le Mâconais et autres pays, 
c darbon » , taupe (en Forez c drabon > , mais ce n'est qu'un transposé). £d 
bas latin, un « darbus », d'où serait venu un 'darbonus. Et : darbounar, 
fouir, en parlant delà taupe ; darbouniSLira, eira. O, taupière. .A. mon 
avis, ces mots sont pour Marvon, etc., et l'origine en est le préfixe de et 
la racine ar, amplifiée arv, labourer, fouir, corne dans «arvari» . 

DARBOUS, parallèle de « darboun», taupe ; darboossar, etc. 

DARNA, O, fente, tranche, copeau; damadis, ensemble de coupures, 
de rognure» ; damar, fendre, couper, morseler. Page 46. 

DARNA, O, tout insecte qui ronge les étofes, le blé, les livres. Paraît être 
de ia même famille que le mot qui précède; Et : damadia, vermoulure, 
darnar, ronger, en parlant des insectes en question. 

DARNACAj'O, pie grièche; soit, probablement, la méchante, la déchi- 
reuse, la pie en question chassant les petits oiseaus. On dit aussi, à Taoç- 
mentatif, damagas. 

DARTA, O, en français altéré «dartre »; et dartous, darlreus. Page 46. 

DE, préfixe, employé pour «des» dans les mots qui ont un s : «debalsar», 
« debastar», etc. 

DEBALSAR, faire tomber d'un roc* 

3EBASTAR, débâter; et debastinar, même sens, 

DEBAUSSAR, forme de «debalsar*. 

)EBER, aussi «dèure» et «dioure», devoir (1- debere). 

)EBINA, O, misère, détresse. Peutètre de la même famille que «cndevar»; 



— 104 — 

peutêtre aussi de la même famille que «deber». Dans ce dernier cos, «être 
dans la débine», serait être dans les dettes, dans les ennuis. 

DEBLESTAR, défaire une bleste. 

DEBOUSGAR, déboiser; débusquer. 

DEBRESGAR; ôter le mortier placé sur la brisque d'un toit. 

*DEBROUSTAR, couper le broût des arbres. 

DEFECI, chagrin, ennui, dépit (b. lat. 'dcficlum, de «dcliccrc», manquera, 
défaillir); etDEFECiGAR, causer du chagrin, etc. 

DEL, pour «de el », «de lou » («del paire», etc.). 

*DENT, identique au français «dent». En latin «dens», à l'ace, «dcnlcm». 
Mais le celtique avait le mot : *dantos ou *dantis, resté dans le breton 
«dant», le gallois «dant», le comique «dans». En al. «zahn», pour 
*zand, etc. Il est certain que le latin n'est que secondaire ici. Et augmen- 
tatif dental, la partie de l'araire qui assujétitle soc, la dent. 

DERUSCAR, ôter la rusque ou écorce; et deruscàda, O, employé au 
iiguré : « douner una deruscàda », doner une raclée (à quelqu'un). 

DERVESE, même sens que «darta »; derveset, etc. Page iC). 

*DES, préfixe, dans «desabelir» et nombreus autres mots suivants. De dis, 
à la fois gaulois et latin. 

DESABELIR, faire cesser d'être beau. \'oyez « bel», page 2'2. 

DESABESAR, deshabituer, sevrer. \'oyez «bes», habitude. 

DESABILIAR, desabiller. Voyez «bilia», page 25. 

DESABRICAR, aussi desabrigar, désabrier. A'oycz « brcc », page 32. 
*DESAISAR, gêner, priver d'aise; et desaise, malaise. 

DESANAR, cesser d'aller, être malade, décroître, dégénérer, ^"<>v. «,in;ir». 

DESANDANAR, défaire les andains. 

DESANDELAR, même signification que le précédent. 
'DESARIMAR, déranger la cargaison dans la cale d'un navire. 

DESARNESCAR, déharnacher. Page 15. 
'DESARPAR, couper ou rogner les grifes; el desarpiounar, m. s. 

DESAZIMAR, limer les parties émoussécs par un acide, dérouiller, et, 

par extension, passer la piorro f^iir l.i f;\ii\ qnnnd clic ne coupe plus. 
Voyez cazimar». 

*DESBACEGAR, délier de la bacègue. 



- i65- 

DESBADARNAR, ouvrir complètement. 

DESBADAULAR, faire bâiller, crevasser. 

DESBADOUGAR, ôter la badoque. 

DESBAGAR, déballer;et desbaguechar, dépaqueter. Page 18. 

DESBAGOULAR, déparler, brailler. Voyez cbagoul». 

DESBANAR, casser les cornes ou banes. 

DESBANDIR, faire revenir de l'exil. 

DESBANELAR, ôter les fils du dévidoir ou banel, 

DESBANICAR, come cdesbanar». 

DESBARCAR, débarquer; desbarcadour, débarcadère; etc. 

DESBARGAR, déraisoner, déblatérer. 

DESBARRANIAR, enlever les clôtures, les tertres. 

DESBARROULAR, ôter le verrou ou barroul. 

DESBAUCAR, faire sortir de sa tanière ou bauche. 

DESBEGAR, couper la pointe, le bec. 

DESBELOUSAR, éclore, soit sortir de l'envelope. Voyez * belousa >. 

DESBERLIAR, forme de cdesverliar», casser l'anse. 

DESBIAIS, maladresse; et desbiaisat, maladroit. 

DESBIGOUSSAR iSe , se tortiller en marchant, se dandiner. 

DESBIIilAR, desserrer le cable, et desbiliounar, même sens. 

DESBITROULIAR , débrailler. Soit pour 'déspitrouliar, du latin epectus», 
poitrine; soit pour *gue>'itrouliar (voyez cgavitre»). 

DESBLUESSAR, enlever les feuilles dune plante, les pétales d'une fleur. 
Ce mot pourrait être un restant de la famille gauloise de belui, qui corres- 
pondait au latin cfolium», au grec ç-JXXsv et au germanique cblatt» 
(pour *belatt, come je l'ai dit ailleurs). 

DESBOUDENAR, dégonfler, dégrossir. 

DESBOUGUIAR, défricher; et desbouguiada, o. 

DESBOUNDAR, ôter la bonde. 

DESBOURNAR, faire sortir dun creus, d'un terrier. 

DESBOURNIAR, faire cesser d'être borgne, desaveugler. 

DESBOUROULAR, aussi «desbourouliar», débrouiller. Page 29. 



— i66 — 

*DESBOURRAR, ôlcr ou arracher la bourre, au fîf^niré doner une peignée 
à quelqu'un; desbourrada, o, pei{(née; desbourriliar, ôter le du- 
vet ou bourril, cpiler; desbourrissar, démôler, cl tirer les cheveus à 
un enfant méchant; etc. 

*DESBOURROUNAR, cbourgeoncr; et desbourrounari, aire, pin- 
son destructeur de bourgeons, 

DESBOUSAR, ôter la bouse. 

*DESBOUSIR, trop cuire, perdre sa consistance par excès de cuisson. 

DESBOUSSAR, débossuer,; et desbousselar, même sens. 

DESBOUTAR, tirer le vin d'une boute, d'un tonneau 

DESBRAGAR, enlever les cordes qui liaient un fardeau. 

DESBRAGAR, déculoter; desbraguiliar, débrailler. 

DESBRANDAR, couper les brandes. 

DESBREGAR, faire disparaître les brèches d'un outil. 

DESBREGAR, rompre la mâchoire, 

DESBRENAR, bluter, séparer le son de la farine. 

DESBRICAR (se), sortir d'un rocher; se tirer d'un mauvais passage. 

DESBROUDAR, débourber, ôter la fange ou les ordures. 

DESBROULIOUNAR, pour Mesbrouguiliounar, ébourgeoner. 

DESBROUNDAR, émonder, couper les brondes. 

DESBROUSSAR, essarter, couper la brousse. 

DESBROUTOUNAR, ébourgeoner. 

DESBROUGAR, couper la brugue, défricher; ôter de dessus les claies les 
brugues où les vers à soie ont filé leurs cocons, 

DESCABALAR, déaarçoner, faire tomber de chevaj. 

DESCABANAR, faire sortir d'une retraite, d'une cabane. 

DESCABELAR, dévider. Voyez t esca bel » . 

DESCAGIDAR, Ater la chassie. 

DESCADAULAR, ouvrir en levant la cadaule, 

DESCADF.NAR, oler la chaîne. 

*DESGAISSER, casser les dents ou cais, 

PESCALAD.^R. dépaver, décarreler. 



■^ 167 — 

DESGALAR, ôter une cale, détendre unlilet. 

DESGALAR, écaler(Ie3 noix, etc.), et descalounar, même sens. 
*DESGALAR, dégringoler, en Forez. Voyez «calar». 
DESGALOUSSAR, couper les calos. Page 38. 
DESGAMBAR, rompre lea jambes, harasser. 
DESGANTOUNAR, ôter les coins, sortir d'un coin. 
DESGAPELAR, ôter le capel ou la chose qui couvre. 
DESGAPEROUNAR, ôter le chaperon. 
DESCARAR, dévisager. Voyez «cara», figure. 
DESGARBAR, casser l'anse ou carbe. 
*DESGARGASSAR (se), se déhancher en courant. 
*DESGARGAVELAR (se), corne le précédent. 
DESGARGAR, décharger; descargari, aire, débardeur; etc. 

DESGARNAR, ôter les angles; et desoarniliar, détordre un Cû qui 

forme des carnils ou petits angles. 

*DESGATAR, découvrir. 

*DESGAULAR, décapuqhoner. Voyez «caula». 

DESGAUNAR, corne « descabanar». Voyez «cauna». 

DESGLAPAR, épierrer, et tirer de dessous les pierres. 

DESGLIGOUTAR, hausser le loquet ou cliquet d'une porte; diî^ÎQquer. 
*DESGLUGAR, débander les ieus. 

*DESGOUCAR, sortir de leur coque (les noix, etc.); et desCOUCOUnar, 

détacher des rameaus les cocons des vers à soie. 

DESGOUFAR, écosser, décoifer; et desooufélar, même sens. 

DESGOURREGIAR, ôter la courroie ; et descourregiounar. P. 43. 

*DESGOUTIR, démêler; et descoutissar, même sens. 

DESGROUGAR, décrocher; et descrouqetar, déçrocheter. 

DESGROUTAR, décroter; descroutadour, décroteur. 

DESGUGAR, débander les ieus, déciiler. 

*DESGUGAR, aussi descuchar, défaire une meule de foin, une pile de 
fagota, etc. ; et descuchounar, défaire les petits tas. 

*DESEMBOULIAR, débrouiller des fils, des cheveup. 



— i68 -- 

DESEMPATAR, déUer un membre envelopé de linge. 

DESENGAGALAR, et contracté desencalar, désembourber. 

DESENGUTAR, faire sortir de sa tanière ou cute. 
*DESENGANAR, faire sortir d'un endroit étroit, délivrer. 

DESENGAVEGHAR, désobstruer le gosier, désengouer. 
*DESENGREPESIR, dégoui-dir les doigts, rendus crochus par le froid. 

DESENREGAR, sortir de la règue, du sillon. 

DESFANGAR, ôter la fange. 

DESFARDAR, *desbardar, décharger; et DESFARDELAR, dépaqueter. 

DESFRABAR, doner un coup subit; desfrabitar, briser; etc. 

DESFRESAR, démêler, défriser. 

DESGABOULAR, détériorer le jable. 

DESGRAF AR, décrocher : et desgafounar, dégonder. 

DESGAISSAR, couper les rejetons; et DESGAISSOUNAR, même sens. 
'DESGALBI, maladresse; et desgalbiat, qui a du *desgalbi. 

DESGALIAR, friper, gaspiller, prodiguer, détruire, consumer ( t lou pan 
tenre se desgalia, o», le pain tendre se consomme vite). De la particule 
€ des» et d'un perdu *galiar, peulêtre pour *gasliar, de la même famille 
que €gastar», gâter, latin «vaslare», du sens exact de ravager. EtDES- 
GALIADIS, choses qui se perdent, DESGALIADOUR; gaspilleur. 

DESGANILIAT, en français « déguenillé». 

DESGANSAR, dénouer, délacer. 

DESGARGAMELAR (se), s'égosiller; et se desgargatar, m. s. 
*DESGARLANDAR, rabattre les bords d'un chapeau. 
*DESGATAR, écosser. Voyez «gâta». 
*DESGAUBI, forme de tdcsgalbi», maladresse; et dérivé. 

DESGAUNIAR, grimacer, etdesgaunari,aire, aussi desgaunious, 

grimacier. 
DESGAVELAR, enlever les javelles. 
DESGAVITRAR, découvrir la poitrine, débrailler. 
'DESGIBLAR, pour 'desgibelar, redresser ce qui est tordu, giblé. 
DESGOURDIR, exactement faire cesser d'âtrc gourd. 



-i69~ 

DESGOURGAR, dégorger, désengorger. 

DESGOURSAR, défricher. Voyez c gorsa » . 
*DESGRAPAR, séparer de la grape, égraper. 

DESGRAVAR, ôter le gravier. 
'DESGREPESIR, corne «desengrepesir». 
'DESGRESAR, ôter lagrèse ou tartre d'un fût. 

DESGROUPAR, défaire un nœud ou group. 

DESGRULIAR, écaler. Voyez t gruela». 
*DESGRUNAR, détacher les grains ou gruns des épis, etc. 
'DESGUIRLAR, ôter la guirle ou bride d'un sabot. 

DESJOUCAR, déjucher. Voj-ez cjouc », page 60. 
*DES JOUC AR, délier les bœufs, leur ôter le joug. 

DESLABRAR, délabrer. Page 61. 

DESLAI, délai ; deslaiar, doner un délai. Même page. 
*DESLANIAR, desennuyer, consoler. Voyez « lania » , chagrin, 

DESLEGAR, dissoudre, délayer, c'est à dire étendre. Page 61 . 

DESLUCAR, priver de lumière, éclipser, 

DESLURAR. employé ordinairement au participe, « deslurat», déluré. 

'DESMADAISSAR, rompre la mâchoire, c madaissa > ; et desxuaissar, 
même signification, venu du contracté «maissa». 

'DESMAIRAR, sevrer : séparer de la mère. 

DESMAISAR, inquiéter, irriter. 

DESMALIAR, défaire les mailles; desmalioular, défaire les maillols. 

DESMALOUNAR, décarreler, dépaver. 

DESMALUGAR, luxer la hanche, disloquer. 

DESMARGAR, aussi desmarchar, rompre la croûte qui se forme sur 
le sol après la pluie. Voyez l'article cmarc». 

DESMARGAR, démancher (un outil, etc.). 

DESMECAR, casser la mèche ou pointe d'un outil. 

DESMENIGAR, et contracté desmingar, diminuer. Voyez tmenic». 

DESMOURRAR, meurtrir le mourre ou museau. 

DESOUELIAR, enlever le faîte, découvrir. 



— 170 — 

DESPACAR, dépaqueter ; et despaqetar, môme sens. 

DESPALLAR, défaire, démonter un objet. Le «espalla», épaule, doné 
pour origine, ne me paraît pas probable, car on cspalle un char, un mur, 
un lit, même une couture, ce qui n'est pas précisément rompre une 
épaule. Il peut y avoir ici la racine spal, fendre, diviser. 

*DESPATARRAGAR (se), et, contracté, se despatracar. 

*DESPATOULIAR, tirer du gâchis, du patoul. 

DESPEICAR, dépêcher («de» etb. 1. *expedicare, de «pedica», entrave). 

DESPLAISSAR, couper la *plaisse. 

DESPOULIAR, dévêtir (v. poulia). 

DESPOUPAR, sevrer; et ôter la partie charnue. 

*DESRABAR, déraciner (un arbre, une plante), en bas latin «arraba- 
tus», arraché. Voyez «râpa», racine. 

DESRAGAR, guérir la teigne ou raque à quelqu'uuv 

DESRED, désarroi; desredar et despaar» mettre en désordre. 

DESREGAR, labourer en sens inverse ; sortir de la règne. 

DESROUGAR, faire tomber du haut d'un roc; au figuré, démolir. 

DESROUGUIR, ôter la rouille. 

DESSOUGAR, ôter les souches. 

DESTAGAR, ôter les taches, dégraisser ; et destacari, dégraisseur. 

DESTAGAR, ôter le lien, l'attache. 

DESTAGOULAR, déverrouiller. Voyez «tacoul». 

DESTALIAR, émousser le tail, le tranchant. 

DESTAPAR, ôter le bouchon ou tap; et destapounar, m. s. 

DESTEGAR, parallèle de «destacar», ôter les taches. 

DESTEG AR, écosser. Voyez « leca » , cosse, page 82. 

DESTEFIAR, déranger une greffe d'arbre, etc. 

DESTLMBOURLAT, éccrvelé, détraqué. Origine incertaine, Poylê^ro pPMr 
'destumbourlat, péjoré et nasalisé d'un *de8tupat, qui n'a pas de tête 
(voy. «iufa» pour «tupa»). 

DE9TRAGAR, détraquer ; destracanar, revenir en arrière, dévider. 

DESTRAL, AU, hache. Mot du Cantal, du Rouorgue, des Alpes, dénotant 
un précédent * dcstralis (des deus genre», car il est maacMilin dans ccr- 



tains pavs, par exemple à Juniac, et féminin dans la Viadaine et ailleurs), 
venu peutêtre d'une forme en / de dras, qui est aussi dans le breton dra- 
la, dralia, *draslia, hacher. 

DESTRAUGAR, faire sortir de son trou. 

'DESTRIGAR, forcer à se doner du mouvemeiit, 

*DESTUFELAT, écervelé. Voyez etufel». 

DESVERLIAR, casser l'anse. Page 87. 

DES"VINIAR, regarder d'un mauvais œil, dénigrer, débiner. Page 88. 

DE3VIRAR, détourner. Même page. 

'DETOUSGAR, émonder: et detouscadour, serpe pour émonder. 

DEURE, aussi DIOURE, formes de edeber», devoir (1. debçre); et DEUTE ou 
DIOUTE, dette (1. debitum). 

DEVES, pour «defes» et defena (fr. déf«na, lat. defengum), pacage, bois, où 
tout le monde n'a pas le droit d'aller \^^en terme forestier, bois jeune, où 
il est défendu d'amener des bestiaus); et forme DEVESA, O, même sens. 

*DIGAR, piquer; et diguinar, picoter, irriter, chercher querelle, en Li- 
mousin. Dans l'ancien français, « diguer », piquer, resté dans le ponnand 
«digar», épinoche, edigoner», piquer sans discontinuer, « digue i, fem- 
me acariâtre, etc. Mots dérivés d'une var. i^igde. 4'igi pointe (v, «4ao*")- 

DIGAR, pour *dicar (1. tdicere»). On n'emploie aujourd'hui ce verbe que 
dans certaines parties de la conjugaison («digo, Peire,ound es?» dis, 
Pierre, eues tu?; «digas», AAtoni, ound anas?», dites, Antoine, où 
allez vous?). L'infinitif français cdire», àe cdiçere», a remplacé le nôtre. 

DISNAR, et formes dinnar et dinar, le repas du midi ; disiiar et §es 
autres formes, verbe; disnâda, O, dînée; et disnadis, ce qui est rela- 
tif au dîner. Page 46. 

DJOURN, et réduit cdjour », joqr (1. diurnus); DJOUBîf4D4, O, JQU?1Iǧ. ftç, 

DOGA, O, conduit d'aue, égout. Page 46. 

DOL, deuil (b. 1. cdolium », tiré de «dolere», avoir de la douleu»); DOLHE, 
aussi «doure » (avec prononciation ou de I'k), doloir : € lou cap me dol», 
la tête me fait mal. Et dérivés DOULOUR, etc. 

'DOU, nom alpin du fiel de bœuf, de veau. etc. Probablement de du pour 
dut, qui est dans Dubis, le Doubs, le fleuve noir, dans le breton et le 
gallois «du», noir, le vieil irlandais «dub>, l'irlandais actuel «dubh», etc. 

DOUCE, pour *donlce, doux (1. dulcis). Notre mot avoisine l'élymoloçie 
plus que ne le fait le français c doux ». 



— 172 — 

DOUCH, et forme féminine DOUCHA, O, conduite daue d'une sourse ; par 
extension, sourse. En français, le féminin «douche», venu, dit on, de Tit. 
« doccia», lequel du b. 1. *ductia. En tout cas, ces mots sont d'orig-ine 
latine : «dux», guide, chef, qui conduit, «ducere», conduire. 

DOUGA, O, forme de «doga»; dougal, canal; dougan, bord d'un 
cours daue; douguella,0, douelle; douguilla et contracté douilla,0, 
douille ; etc. Voyez page 46. 

*DOURG, et féminin dourca, o, cruche à aue, à uile, etc. A' cause du d 
et du masculin « dourc » , l'origine latine proposée « orca » est peu probable, 
et moins probable encore le *durna («pro urna»), également proposée par 
les latinisants qui ont voulu voir « urna ». Il y a plutôt ici une contrac- 
tion d'un *^M^rwocos, dérivé du même *dubros qui a produit le breton 
«dour», aue, même sens, et dont le neutre duhron se trouve dans les 
noms de lieus Douvres (Ain, Calvados, Jura, Haute Savoie, etc.) Rac. diib, 
être profond. Et : dourcada, o, contenu de la cruche, dourcas, 
grande cruche, dourcotetdourcoun, petite cruche, etc. 

*DOUS, et féminin douas, OS. En français «deus», pour l'un et l'autre 
genre. En vieu breton «dou», aujourd'hui altéré en «daou», au féminin, 
« diou», transposé pour *doui ; en comique «dou»; en got. «tvai», en 
alemand « z-wei » , en sanscrit « dua » , « dva » , en grec Sûo, etc. Notre mot 
ocien et le français dénotent « duos » , accusatif du latin « duo » , mais il est 
inadmissible qu'il n'y ait pas eu fusion du latin et du celtique. 

DOUZ, aussi DOUS, et formes féminines DOUZA ou DOUSA, O, variantes de 
«douch» et «doucha»; et DOUZIL ou DOUSIL, trou fait à un fût pour 
tirer le vin, cheville ou canelle de ce trou (b. 1. «duciculum»). Les noms 
propres La Douze, du Midi, équivalent à La Fontaine des pays d'o'il. 

DRAGA, O, drèche, brisure, marc de raisin; dracar, briser. Page 47. 

DRAGA, O, grand crible à sable. 

DRAGHE, aussi drachi, nom alpin de la grapc de raisin, après ([u'ello a 
été pressée. 

DRAGA, O, forme de «draca», drèche; dragar, briser, aussi déchirer, 
écharner les cuirs; draguiliar, fréquentatif du précédent, au dc>rnior 
sens, cl contracté ordinaire draillar, en français «draillor ..d'où drail- 
lari, aire, drailieur, etc. 

DRAGA, O, forme de «draca», crible; draguiaira, eira,o, niènie 
sens; draguil, petit crible; et draguiliar, passer au crible. 

DRAGA, O, sentier; traces de pas; dragar, courir par les sentiers, lais- 
ser des empreintes de pas sur une terre; draguechar, fréquentatif; 






~ I7Ô — 



draina, o, pourdrâguina, o, petit sentier; etc. Racine ^rac et drag, 
variante de trac, courir. 

DRAP, pièce (détofe); drapar, draper; drapel et drapet, drapeau, 
petite pièce ; drapilla, O, chifon; etc. Page 47. 

'DRIGANT, coureur, agile, joyeus; drigar, courir, sau^r, avec fré- 
quentatifs driguechar et driguiliar contracté en drillar f qui 
s'est fondu avec le contracté de c dariliar»^; et drillari, aire, sauteur, 
sautilleur. Dune variante en i de drag, courir. 

'DROGA, O, identique au français «drogue», soit brisure; drougar, 
perdre son temps à des drogues, à des brisures, à des futilités, qui 
est dans le français «droguer», frelater par des drogues; drougari, 
aire, qui drogue; un fréquentatif drouguechar, et autres dérivés. 
Racine Jroc, briser, dont une forme est dros ou drus. 

*DROLLE, gamin, et droUa, o, gamine. En oïl «drôle» et «drôlesse», 
passés dans le français au sens étendu de plaisant, plaisante, et au sens 
plus étendu de coquin, coquine. Perse, qui vivait au temps de Néron, a 
employé un «trossulus», avec la signification de petit maître, mais ce 
«Irossulus» n'était pas latin: il était probablement étrusque, puisque 
Perse était originaire d'Elrurie; en tout cas, il n'est pas passé en Gaule, 
où il nous aurait doné à nous *troussol. «Drolle» est sans doute un mot 
très ancien, et il peut se parenter avec le français «drille » et «drigant». 
El : droulias, augmentatif; droullet et drouUot, diminutifs. 

DROSSA, O, aussi droussa, o, carde; droussar, carder. De la même 

famille que «draca», « dracar», briser, etc. 

DROULLIS, copeaus, dans les Alpes. 

DROUIN, variété de chêne. Page 47. 

*DRUL, alisier. A mon avis, pour Mruli, d'un *drulios pour *deruilos et 
'Jervilos, de la même origine que « drouin ». Et : drulia, O, alise; dru- 
liet et drulioun, jeune alisier à feuilles blanches. 

DRUT, dru; drudet, diminutif; et drudessa, O, force; drudechar, 
pousser dru. Quelquefois, avec conservation du /, drutet, etc. Pa«'e 47. 

*DUC, le grand hibou; aussi, dans quelques pays, le hibou ordinaire, d'où 
la distinction française «grand duc». .Aussi dugou (avec l'accent sur 
Vu du radical), grand hibou, en Auvergne, etc. Mes devanciers identifient 
« duc», oiseau nocturne, à « duc », grand seigneur, parce que, selon les 
uns, on a pu croire qu'il servait de duc, de guide, à d'autres oiseaus 
(alors qu'il ne bouge pas dans la journée, puisque nocturne) ou parce que 
selon les autres, il porte, à la tète, des plumes ressemblant à des aigrettes* 
mais je vois plutôt : soit une onomatopée du cri de cet oiseau (ù-ou, dû- 



^ 174 - 

ou), dans laquelle est venu s'intercaler un g (dû-gou), remplacé ensuite 
par un c dans le réduit cduc», sous l'influence de tduc», grand seigneur 
(confrontez les noms onomatopéiques semblables: alemand «uhu», hi- 
bou et grand duc, et français « hibou » pour*hubou); soit encore une ra- 
cine isolée, préceltique pcutètre, puisque nous avons un verbe ducar ou 
dugar, être immobile, chômer («de que duques, aqi?»). Le grand hibou 
se dit aussi dugan, et le hibou ordinaire duganel. 

DUN, colline; dunant, qui est en pente ; dunel, dunet, dunot, petite 
colline, petite dune, et féminins dunella, etc. Page -47. 

£ 

EBRIAGA, O, «ivraie». Du bas latin ebriaca , dérivé probable du Intin 
«ebrius», ivre, parce que cette plante est enivrante; cependant, le cel- 
tique a pu avoir un *eburiaca, de la même racine cb, parfum, enivre- 
ment, que dans eburos, bourdaine, aujourd'hui «évor» en breton. En 
irlandais, «ibar», if. Noms propres : Eburobriga, aujourd'hui Avroles 
(Yonne), Eburovices, Evreux, Eburomagus, Bram (Aude), Eburodunum, 
Embrun, etc. 

EIME, jugement, opinion, raison, sens, idée (b. 1. acstimum). 

EL, il, lui (lat. ille); ELLA, O, elle; ELS, eus. 

EMBABIAR, enjôler, sens étendu de celui de faire des caresses à un 
enfant ou babe; eiubabioular, môme sens; embabiari, aire cl 
embabioulari, aire, enjôleur. 

*EMBAGE6AR, adapter la bacègue. 

EMBADALIR, disjoindre (les douves), en parlant de la chaleur. 

EMBAGAR, emballer; embaguechar, empaqueter; embagounar, 

lier par une entrave les jambes d'un cheval. Page 18. 

EMBADOUGAR, garnir la faucille d'une badoque. 

EMBAISSA, O, chacune des pièces de bois latérales de la charpente fon- 
damentale d'un char; châssis que l'on place sur un bât et à chaque 
bout duquel on pend un sac; par extension, au pluriel, les outils ara- 
toires et tous accessoires d'une ferme : « bouria garnida de toulas aas 
embaiflsas ». A mon avis, ce mot ne peut guère venir du latin c impages», 
qui ne désignait qu'une traverse dans une porte. Viendrait il de la racine 
tac, lier? Origine incertaine. 

EMBALCAR, envo}'er les bestiaus au pacage. Page 18. 

EMBALMARi cacher dans un creus de rocher. Page 19. 



EMBAXjSAH, empiler de la paille, des fagots, etc. Même page. 

EMBANAR, prendre avec les cornes ; percer d'un coup de corne. 

EMBANASTAR, mettre en banaste. 

EMBANDAR, lâcher Tamarre qui retient une embarcation; alarguer. 

EMBARGAR, embarquer ; Qanbarcadour, embarcadère. 

EMBARDAR, pour *envartar, faire tourner un navire sur lui même pour 
éviter un autre navire ou un courant; en français «embarderi, doné 
corne étant dorigine inconnue. Voyez cvartar». 

EMBARRANDAR, entourer d'une balustrade. Page 20. 

EMBARRANIAR, entourer d'un tertre. 

EMBARRIAR, construire une fortification. 

EMBARTAR (s'), redevenir en friche, en barte; s'einbartassar,m.s. 

EMBASSIAR, encuver la lessive. 

EMBATAR, cercler une roue. Page 21. 

EMBAUGAR, forme de «embalcar». 

EMBAUMAR, forme de « embalmar » . 

EMBAUSSAR, forme de «embalsar» . 

EMBEDOUSAR (s'), s'enliser. Page 22. 

EMBELOUIAR, enjoliver. Voyez «bel», même page. 

EMBETAR (s'), se constiper en buvant du lait trop frais. Voyez < bet», 

premier lait des femelles. 

EMBIAISAR (s'), s'ingénier; chercher un biais. 

EMBIGOUSSAR, placer de travers. 

EMBLADAR, semer une terre en blé. 

EMBLAIMAR, faire pâlir, rendre blême. 

EMBOUDICAR, gorger, faire grossir par force. 

EMBOUDOUSSAR, enveloper, former en paquet, en grosseur. 

EMBOUGEAR, mettre en sacs. Page 28. 

EMBOUISSOUNAR, garnir de buissons. 

EMBOULDRAR, embourber, et salir de bourbe. 

EMBOULEGAR, embrouiller, emmêler: «madaissa embouIegada»,éche>- 
veau embrouillé (b.l. *embulicare); et contracté embouliarj d'où em- 



— i76 — 

bouliadis, tapon de choses emmêlées; embouliari, aire, qui em- 
brouille ; emboulioun, le contenu d'une quenouille; emboulious, 
compliqué; emboulicar, come «embouliar», etc. V. «boulia». 
*EMBOUNDIR, combugcr un fût. \'oyez «embugar». 

*EMBOURDAR, soutenir, au moyen de poutres, un navire échoué. A'oyez 
«bourda, poutre, page 123. 

*EMBOURNAR (s'), se cacher dans un creus. 

*EMBOURNIAR, aveugler, emborgncr. 

EMBOUROULAR, aussi embourouliar, embrouiller. 
*E]V[BOURRAR, garnir de bourre; et embourrissar, emmêler. 

EMBOUSAR, couvrir de bouse. 

EMBOUSG, embûche; embouscada, o, embuscade; embouscar, 
embusquer, garnir de bois; au passif, disparaître dans un bois. 

E.MBOUSINAR, faire éprouver un sentiment de douleur, de cuisson. 

EMBOUT, entonnoir; emboutar, mettre en fût, en boutes. 

EMBOUT AR (s'), bouder, fuire la moue ; et s'emboutinar, m. s. 

EMBOUTELAR, lier en faisceaus. 

EMBOUTELAT, qui a de gros mollets ou boutels, 

EMBOUTIR, bomber; emboutidour, oulil pour bomber; etc. 

*EMBOUVAR, emboucr. Voyez « bouva » . 

EMBRAGAR, aussi embragar, embrayer ; embragadour, bras- 
sières, corsage de femme; embragairar, come «enibragar» ; embra- 
gat, maladroit, qui a les mains liées; embraguia, O, branches qui 
entourent le tronc d'un arbre, herbes grimpantes qui entourent le pied 
d'une plante; embraguiar, envelopcrde paille un arbuste; cnvelopcr 
une toupie de sa corde; etc. 

EMBRASAR, embraser, et passer sur la braise. 

*EMBRA"VECHAR, irriter un animal, le rendre méchant. Voyez tbrau». 

EMBRECAR, ébrécher; et embrecadura, o. 

EMBRECAR (s'), s'engager au milieu des rochers. V. i brcci, sommet. 

EMBRENAR, salir; et embrenadura, o. Voyez tbrcn», page :i'2. 

EMBRENAR, réduire en miettes. .Même racine que dans «brem. 

EMBRESENAR, même signification que le précédonf, mai-* vorm dp In 
même racine brcd (juc dans t bresca » . 



— 177 — 

ïIMBRIGAR, circonvenir, embabouiner, en Limousin. De bric, ceindre, 

EIMBRIGAR, aussi embrigar, réduire en miettes. Voy. «bric», menu. 

i!!MBRIGOL, corde pour relever une voile; et contracté embriol, etc. 

EIMBRINDAR, déchirer en brindes, en lambeaus. 

jMBRINGAR, nasalisé de «embrigar». 

UMBRIVENAR, réduire en poudre. 

iîMBROUGAR, ramer les pois, et percer avec une broche. 

E3MBROUNDAR, garnir de branches. 

jMBRUGAR, garnir de brugue les claies des vers à soie, 

DMBUFAR (s'), se mettre en colère, se hérisser. 

iîMBUGAR, imbiber d'aue un fût ou un baquet, dont les douves ont 
été disjointes par la sécheresse; exactement gonfler. 

iîMBUT, entonnoir, come «embout»; et embutar. 

jMPACAR, lier, réunir en faisceau; et empaqetar. 

3MPAPAR, gorger de bouillie; et empapoular, même sens. 

iIMPATAR, enveloper de linge un membre malade. Page 73. 

MPEGAR, empoisser. 

MPEICAR, empàcher («1. impedicare, de «pedica», entrave). 

3MPENNAR (s'}, monter sur un sommet. 

^MPOUGAR, mettre dans la poche ou poque. 

MPOUNTIGAR (S'). s'enliser dans un pountic. 

3N, préposition. Lo même en gaulois, en breton, en comique, en grec(£v), 
et «in» en vieil irlandais, en latin, en alemand, etc. Quelque fois, en oc 
«en » se Iranpose en «ne» (« que ne fazez?», qu'en faites vous ?). 

3NGABANAR (s'), s'encabancr. 

3NGABOURNAR (s"), se cacher dans une bourne. 

;NCADAISSAR, graisser de cadais. 

;ncadenar, enchaîner. 

jNGAFOURNAR (a'), corne- «s'encabournar». 

3NGAGALAR (s), s'embourber. 

îNGALAT, fromage blanc, fromage primitif; proprement lait caillé, lait 
durci. Dans les montagnes canlaliennes et avcironaiscs, où l'on fait des 



^ 178- 

fromages pesant de 80 à 100 livres, l'cncalat est pressé dans un récipient 
en bois dit «cachadouira », dérivé de tcachar», fouler, presser, et il de- 
vient tome, et c'est avec la tome qu'on fait le fromage définitif. Probable- 
ment do la racine cal, être dur. 

ENGALELIAR, parer, ajuster, rendre beau. 

ENGAMBAR, enjamber; et encambada, O. 

ENCAPAR, mettre une chape; faire la chape dune meule de moulin, la 
marteler pour lui doner le grain; encapelar, mettre un chapeau ou 
une petite chape quelconque; tixer los haubans à la tête des mâts; piquer 
la chape d'une menle; et encapetar, vêtir d'une capette. 

ENGARGAR, charger quelqu'un d'une commission, d'une représentation. 

*ENGARIR, enchérir. De « car », au sens de coûteus. 

ENGARNILIAR (s'), former des carnils, ou petits angles, en parlant 
dun (il qui se tord. 

ENGARRAIRAR, mettre dans la carrière. 

ENGARRAR, mettre dans un char. 

*ENGEGA, O, et contracté encea, o, neige amoncelée par le vent, fon- 
drière de neige. Voyez t cega». 

ENCIAR, envier, être jalous. Peulèlre pour *anciare, avec nasale come dans 
«ancre », acre, du Morvand et autres pays, ainsi de la rac. ac. Le latin 
«insidiari» ne concorde pas ici. Et ENCIOUS, envieus, jalous. 

ENGLEDAR, enfermer dans une claie. 

ENCO, chez (« enco de moun fraire», chez mon frère). Mot formé : soit de 
end pour and, come dans «end acon», et du même co que dans » ncn» 
(voyez co mot), soit de « en » et de « quod » . 

ÈNGOUGOULAR, encapuchoner. 

*ENCOUTIR, tasser, mettre en tapons; et encoutissar, brouiller. 

ENGRENAR, faire entrer les crens ou dents d'une roue dans celles d'une 
autre roue ou dans les rainures d'un cylindre (en français altéré «(Mijrre- 

ncr»); cl encrenadura, o. 
ENGRENGAR, accrocher l'angle d'un mur avec le moyeu d'une roue. 
ENGRESSAR, heurter une pierre avec le hoc de l'araire. 
ENGROUGAR, recourber come un croc; suspendre à un croc. 
ENGRUMIR (a"), s'obucurir, en parlant du temps. Voyee «crum». 
*ENGUCAR, amonceler; cl enoucounar, même sens. 



— 179 — 

ENDERVESIR (s'), se couvrir de dartras. Page 46. 

ENDRAGUIAR, acheminer, mettre en marche. 

ENFARDELAR, empaqueter. 

ENFASTIGAR, altérer la bouche, en parlant des fruits verts (qui ôtent le 
goût par leur acidité) : «aquel fruchm'a enfastigat»). Voy. «fasti«, dégoût. 

ENFATRASSAR, couvrir de guenilles ; et enfatrimelar. 

EXFOUSCAR, et ENFUSCAR, contrarier, assombrir les idées do quelqu'un 

(voyez «fousc»). 

ENGABAGHAR, engouer, obstruer le gosier. 

ENGABELAR, mettre en Javelles. 

ENGABIAR,encager; engabioular, enjôler; et engabioulari. 

ENGADOULIAR, embouer, embourber. 

ENGAFAR, prendre avec une gafe, avec un crochet. 

*ENGAFAR, entrer dans un gué, se baigner, en pays cévenols, \'oyez 

«gafe», gué. 

*ENGALBAR, doner du galbe; par extension, colorier, orner, en terme de 
potier. Voyez tgalbi». 

ENGANAR, tromper. A'ovez «ganar». 

*ENGANAR, engager dans un endroit serré, étroit («estre enganat entre 
dous carris», être pris, serré, entre deus chars). Peutêtre dérivé de «ganar», 
tromper, avec un sens étendu; peutêtre de anc étang, serrer (v. «anca»). 

ENGARGAR, engouer ; engargaliar et engargatar, même sens. 

ENGARRAR, entraver les jambes ou garres d'un animal, pour l'empêcher 
de courir; et fréquentatifs engarrechar, spécialement rendre boîteus, 
et engarrounar, même sens, mais spécialement en parlant des sabots 
usés plus d'un côté que de Tautre, et qui, proprement, font boîter. 

ENGARROUSSAR (s'), devenir gonile en mangeant trop de gesse ou 
garrousse. Se dit des animaus de l'espèce bovine, pour lesquels la plante 
en question est un fourrage. 

ENGARROUSTAR (a'), redevenir en friche. 

ENGAUNIAR, contrefaire l'air du visage, faire des grimaces, tordre la 
bouche; et angauniari, aire, grimacier. Voyez cgaunia». 

ENGAVAGHAR, forme de « engabachar.. 
*ENGIA, O, mec, en Limousin; etengiar, pourvoir d'une race d'animaus, 



— \Po — 

par extension pourvoir d'une graine, etc. el, au passif, s'engendrer, 
naître, pulluler (en Provence et en Languedoc engear, en français ten- 
ger», pour le précédent «engier», dont une forme antérieure était «aen- 
gier», avec le préfixe à). Je vois, pour origine de ces mots une transpo- 
sition de la racine gen, comc nous en avons de semblables dans inc de 
nac, de «ancou», etc. 

ENGIBRAT, couvert dégivre, en parlant des arbres. 

ENGINGIR, agacer les dents, en parlant des fruits verts. \'oy. «gingir». 

ENGIPRAR, chagriner, enquiéter; ENGIPROUNAR, m. s.; et ENGIPROUS, 
boudeur, hargneus. A'oyez «giprc». 

ENGOUNAR, vêtir d'une robe; engounelar, vêtir d'un tablier ou 
gounel; engounsar, engonser (*inguniliare). Voyez « gouna », robe. 

ENGOURGAR, engorger, au passif s'enfoncer dans un gourg ou une 
gorge; et s'engourgounar, s'obstruer le gosier, aussi avoir la voix 
étoufée parles sanglots. 

ENGOURSAR (s'), s'embarrasser dans des buissons. 

ENGOUSSA, O, chacune des deus branches d'un instrument qui serre le 
fuseau par les deus bouts, pendant qu'on dévide le contenu. Peutètre d'un 
*engutia, de C)7g, serrer, étreindre. Peutètre pour *envoussa et *envoulsa, 
de l'origine latine «voluere» (cf, «vol/er»). 

ENGOUSSAR (s'), s'encanailler. Voyez «gous». 

'ENGRAFOULIAR (s'), se hérisser come le hous. 

*ENGRAU, rainure; engravar, faire des rainures, dcs mortaises ; en- 
châsser un corps dans la pierre ou dans le bois; et engravari, aire, 
outil pour engravar. 

ENGRA"VAR, engager dans le gravier, faire échouer; garnir de gravier; 
au passif, se blesser les pieds en marchant sur les routes, en pnrijtnt des 
animaus; et engravairar, même sens. 

*ENGREPESIR (s'), s'engourdir les doigts en travaillant par le froid. On 
emploie quelqtiefois le participe engrepesit adjectivement, en parlant 
d'un home donl les doigts sont inhabiles. 

'ENGRESAR (s ;, se couvrir de tartre ou grèse. 

'ENGREU, forme de «engrau »; el engrourar, forme de engravairar. 

*ENGRUN, égrené, au figuré pcrsone seule (grain séparé); engrunar, 
égrener; et engmnari, aire, égréncur. 

'ENGRUSSAR, comc cengrunar»; el dagrussari, aire. 



— I8l — 

ENGUERLIAR, fausser un outil, retourner le tail. 

EXGUSAR, ti'omper, duper; au passif, devenir gueus (voyez gus) . 
*ENJOUCAR, mettre le joue. 

ENLIGAR, couvrir de lie. 

ENLIMAR, souiller de limon. Voyez «lim ». 

ENLISAR (s"), s'enfoncer dans le sable. 

ENLOUDAR (s'), s'embourber. Voyez «lout». 

ENLUGAR, enluminer; enlugarnar, éblouir; enlugarnous, etc. 

*ENMAILLAR, former en mailles; au passif, se prendre dans les mailles 
d'un filet; et enmaiioular, emmailloter. 

ENMOURRALIAR, come «mourraliar.. 

*ENMOURTESAR, come cniourtesar» . 

ENNA, O, l'ierre. Page 47. 

ENNAUCHAR, (forme ouverte), ENNOUCHAR et ENNUCHAR, ennuyer; etc. 
Je ne crois pas à «in odium», mais plutôt à la même origine que «nocere», 
nuire. Et : ENNAUCHE, ennui, ENNAUCHOUS, ennuyeus, avec leurs au- 
tres formes. \'oyez «naucha». 

ENRABIAR, enrajer. 

ENRAGAR, plonger dans le marc. 

ENRAUBAR, vêtir d'une robe. Page 77. 

ENREGAR, faire une raie; faire le premier sillon; enregoular, ravi- 
ner, en parlant des aues pluviales, et enregounar, faire de petits 
sillons sur une planche de jardin. 

ENROIJGAR, empierrer. 
ENROUGUIR (s'), se couvrir de rouille. 

ENROUMEG.\R, garnir de ronces; au passif, s'empêtrer dans les ronces. 
ENRUDIR (s), devenir rude. 

ENSANIAR (s'), s'embourber dans un marais. Voyez « sania » . 
ENSOUGAR, garnir une cloche de son mouton ou souc. 
ENSOUGAR, blesser le pied d'un bœuf avec le soc. 
'ENSUGAR, fraper à la tête. Voyez «suc». 
•ENTAHINAR, vexer. De «tahinar». 
ENTAL, aussi entalia, o, encoche, entaille; et entaliar. 



— l82 — 

ENTANCAR, enfoncer des pieus. 

ENTEGAR, fairq des taches. Voyez «leca», 

*ENTIPAR, endcver. Voyez «lipar». 

ENTOUNAR, mcUrc en lonncans. 

ENTRACHAR (s') s'apercevoir, s'rtvisdr. Voyet, « tracllar *, 

ENTRAUGAR, introduire dans un trou. 

ENTUBAR, mettre à réluve. 

ENVEjAj G, ehvid (lalih «invidla», avêb tiloiiffcnicnl de Vi et perte du d)\ 
et EXVEJAR, envier (1, «inviderc»); et EXVEJOUS, enviens. I^nns quel- 
ques pays, on dit aussi ENVESIÀ, O, etc. 

*ENVESENAT, gonflé de vent; Voyez «vesa». 

ENVIROULAR, entortiller. 

ENVÏROUN, corne le français «environ)); et envirounar. Page 88. 

ESBADAR, ouvrir complètement; esbadaliar ciesbadaraar, m. s. 

ESBALGAR, ébaucher le chanvre. Pag-e 70. 

ÊSBANDIR, expulser. Page 19. 

ESBELUGAR, jeter des étincelles, 

ESBOUDELAR, éventrer (en français «ébouler» pour «ébouéler»). 

ESBOUDENAR, dégrossir; crever d'embonpoint. 
"ESBOURNAL, grand Irou dans une étofe; cl esbournaliar. 

ESBOUROUFAR (s'), s'ébrouer. Page 29. 
*ESBOURRISSAR, lirer par les cheveus. 

*ESBRAMAR, éj)ouvanter par des cris. Voyez < bram » . 

ESBRANDAR, ébranler. Pages 30 et 3l . 

ESBRANDELAIt, tneltrc en lambeaus,cn brandcs. KréqucMilalifconser- 
^anl le sens premier de la racine. 

ESBRASAR, ébrasor, élargir. 

ESBRASGARi casser, fondre ; et esbrasoari, aire, qui cr»bc tdul. 

'ESBRAVAGHARi rudoyer, épouvanter par des tnenncesi 

ESBRENAR, émictler, pulvéï'lser; et eabrenadura, o. 

ESBRIDOULAR, fendre en briddUles; 

ESBRIGAR, briser; et dsbrigoular, briser menu. 



^ i83 ^ 

ESBRIN6AR, come «esbrig^ar»; et esbringoular. 

ESBROUNDAR, émonder; et fréquentatif esbfOUtldélât*. 

ESBROUTAR, ébrouter ; et èsbrOUtoUiiar, ébourgcbhei\ 

ESBRUDIR, ébruiler, divulguer. 

ESBUDELAR, corne «csboudelar». 

ESBUGAR, émonder, ôter du bois à. 

*ESGABEL) nom du dévidoir dont chaque branche est auNtiftolée d'ilh dou- 
ble crochet, sorte de croissant, pour retenir le fil. Origine : soit un *sea- 
bellos ou *scabellon, dérivé d'un 'scabos, crochu, de la racine sc^Z', qui 
est aUssi darts le lat. «scabefe», se grdter, c'est à dire se Servir dës^rifëS, 
et, par une variante en o, datisle breton «skoul», d'un *$covetos, rrlilan, 
oiseau de pt'oie, etc. {« scabellum », doné pour origine, n'est pas làliti, il 
est bas latiti, et il a dû être confondu avec «sdartirtellutn» pour le sens de 
ce derniei* : tabouret, pdtit sièg-è); soit ûh*lscapëllOs, diminutif de *5ci^os, 
si ofi a d'abol'd erliployé Uii petit rouleau de bols pour dévider, avant 
d'itiveUter les dévidoirs (voyez « escap » ). D'où eSCâbëlàr, hiârchèr en 
l'oUlatit sUr les pieds et sur* les mains sans que le corps touche à terre, les 
pieds et les mains figurant, quaUd ils passent dans l'air, les branches de 
i'escabel. J'ajoute escabout, pelote de fil, produit du dévidoii*, mot du 
Rouergue, contracté ailleurs en escaut, et venu d'un *scabatos oU *sca- 
potos, avec diminutif escaboutoun ou escautouil) peloton ( par 
analogie, dans les pays de plaine où les petits propiùétaires envoient en 
commun leurs moutons à la tiioUtagne pendant l'été, on ddUë le iloiîl de 
« escaboutoun» ou «escautoun» à tout groupe individueljj et vefbes dt'H'- 
vés ; plus, un provençal fautif «cabedel» ou «cobcdcu», pour escabe- 
dôl, même sens de peloton. 

ESCABEL, tabouret, petit siège. Mot distinct du précédent et dû sans doute 
à la confusion de «scabellum » avec « scamnellum ». 

ESCABIL, trognon, particulièrement trognon de chou; et escabiliar^ 

couper les racines d'un pied de chou pour utiliser le trognon. Rac. scaj>. 

ESCAGH, coupure, tronçon, reste quelconque; diminutif escachoun, 
et verbes escachar et escachoiinar. 

*ESGAGHAR, en français «écacher»; et fréquentatif escachinar. Ces 
mots peuvent se relier à ceus de l'article précédent, luais ils sé feliôit» 
plutôt à «cachar», presse*", surtout «esdachifiaf», qui s'emploie aussi 
dans le sens de presser entre deua fcofps durs* 

ESGADAFALG) come «cadafalc» (voyez ce mot), 

{ISÇiAFAR, éoossef, briser les càfeB) «aoâfèlâr et «âoafoulâf, même 



— 184 — 

sens, aussi éclater de rire, cl rompre sous le pois des fruits d'où es- 
cafelada et escafoulada, O, éclat de rire; etc. 

*ESGAIRA, O, vesce, plante fourragère, dans les Alpes maritimes. Me pa- 
raît être pour *scaria, corne «escari», sorte d'orge (voyez ce mot). 

ESCAIRE, équerre, triangle; exactement, qui n'est pas carré; et ESCAIRER, 
mettre une pièce d'équerre. Voyez «caire», angle. 

ESCAIS, dans «escainoum», sobriquet, surnom, faus nom. Paraît indiquer 
un b. 1. *scaivus pour « scaevus», gauche, proche du gr. cxais^, m. s. 

ESGAISSAR, rompre les dents, les»cais». 

ESGAL, fente, déchirure, éclat; escala,0, forme féminine avec la même 
signification, en français cécale»; escalar, fendre, éclater; escalou- 
nar, m. s.; escalari et escalounari, écaleur; escalafar, écraser, 
faire éclater; escalap, détonation, bruit éclatant ; eBCalapar, déto- 
ner, retentir; escalapet, claquement; escalia, O, gousse, écaille; 
escaliola, o, talc, pierre qui se fend en feuillets; escalioun, petit éclat 
de pierre; escaliar et fréquentatifs; escalopa, O, petite tranche, de 
viande; eficaloupar, couper par tranches, fendre en éclats; etc. P. 48. 

ESCALA, O, échèle(l. scala), et diminutifs ESCALETA, O, pièce de bois per- 
cée de trous superposés et plantée sur le souc du sabotier, pour tenir im- 
mobile l'outil « paradour»; et ESCALOUN, échelon. 

ESGALOUSSAR, couper les calos. Page .38. 

ESCALUGAR, éblouir, aveugler; et escalugant, éblouissant. 

ESGALUSTRAR, intercepter la lumière. 

*ESGAMAR, séparer en fils un tissu, franger. Peutêlre, au sens exact de 
rendre léger, mince, de la même origine que le vieil irlandais escaman», 
léger, le bret. «skan », même sens, jadis «scamn» dans tscamn-hegint», 
ils allègent, l'irl. actuel «sgamhani pour *scaman, poumon, soit le léger. 

ESGAMBAR, écarter les jambes, enjamber; d'où escambada, O. 

ESGAMBIAR, cchanjer; escambie, échanje; etc. Page 39. 

ESCANAR, fatiguer à l'excès ; et escanelar, fendre un arbre ou une 
bûche. Pngc 19. 

ESCANDILIAR, faire une éclaicie, en parlant du soleil; et dérivé, plus 
souvent usité, escandiliada, o. Voyez ccande », page 30, 

ESCANDIR, aussi escantir, éteindre. Même page. 

ESGANIA, O, écheveau, poignée de chanvre tillé; escaniar, broyer le 
chanvre; escanle, dévidoir; eacanioun, petit écheveau. Page 19. 



-i85- 

ESGANTOUNAR, briser les angles. 

ESGAP, aussi «escape», pièce de bois pour faire un sabot, etc.; escapel, 
ciseau de menuisier, soil chose qui coupe; escapoul, petit escap; et 
verbe escapoular. Les formes radicales en p accompagnant souvent 
celles en b, «scapus» et {rxâroç, ne me paraissent être que des frères de 
notre c escap » . Pages 48 et 49. 

ESCAP AR, identique au français «échaper», exactement sortir de la 
chape où l'on est retenu; escapada, O, fuite; escapadoUT, échapa- 
toire. Voyez tcapa», pages 39 et 40. 

ESGAfLA., O, fente, déchirure, éraflure; escarar, fendre, déchirer, éra- 
fler; escarabant, fracas, bruit de choses qui se fendent; escarabou- 
liar, éparpillier, écheveler, aussi écraser, faire éclater de toutes parts, 
en français populaire cécrabouiller»; escaraboulious, embrouillé, 
échevelé: escaracb, crachat; escarachar, cracher; escaral, balai; 
escaralet, menu boisé ; escaraliar, éparpiller : escarancar, écar- 
quiller. écarter les jambes, d'où escarancada, écartement, fendure; 
escaraniar, grifer, égratigner, et escarailiada,0, égratignure ; 
escaras et diminutif escarassoun, laue rejetée par le beurre, soit 
déjection du beurre; escarassa, O, grosse carde; escarassar, doner 
à la laine un premier cardage ; escarassar et contracté escrassar, 
en français « écraser » , soit faire éclater de toutes parts, come«escara- 
bouliar») sans aucun besoin du suédois ckrasa», doné pour le français}, 
d'où escrassadura, o, écrasure; etc. Pages 49 et 50. 

ESCARABAT, insecte qui vit dans les excréments. En lat. cscarabeus», en 
grec Txiçicî'.oç; cependant le mot pouvait être aussi en Gaule. 

ESCARABILIAR, éveiller (au sens figuré), émoustiller, atifer («lou boun vin 
escarabilia»}. Employé ordinairemant au participe (ces escarabiliat», il 
est éveillé défigure, il est gai. Probablement de «cara», figure, et de 

« evigrilare » . éveiller. 

ESCARANIAR, érafler; escarniada, o, éraflure. 

'ESGARBUTA, O, petit tube de sureau où les enfants introduisent un 
tampon de filasse, que chasse brusquement et avec bruit un piston qui 
refoule l'air : pistolet de bois, jouet. Ce mot ne peut guère, quoiqu'on 
l'ait prétendu, être une altération de «arquebuse*. Il est plutôt de 
la racine scar, avec le sens de chose qui éclate. EIn tous cas, l'auteur 
dont les extravagances sont nombreuses en a fait une de plus à propos 
de ce mot, en ajoutant « escarbutier » , sureau, soit l'arbre qui produit les 
escarbutes, come le cerisier produit les cerises, le prunier les prunes, etc. 
D'après lui, à la saison, les enfants n'ont qu'à se présenter pour cueillir 



— i86 — 

le fruit et il peuvent semer des noyaus d'escarbilles, d'oO gerttierotit 
d'autres arbres produisant les mêmes jouets. Il aurait dû, puisque les 
Hlcubles sont de boîs come les escarbulcs, terminer son arlicle par un 
conseil à nos mcnuisiei's : semer des noyaus d'armoires et de cofres : ils 
auraient des armoiriers et des cofriera», qui produiraient des meubles 
tout faits, et ils ne seraient pas obligés de travailler les planches. 

ESGARCAL, crachat; et escarcalas, augmentatif. 

ESGARGAR, pour *escaricar, briser en éclats, briser avec violence ; et 
dérivés escaroada et escarcadura, Oj éclat, fendure; esoaroa- 
liar, verbe fréquentatif, français « écarquillcr» ; escarcalioun, petit 
éclat de bois, etc. 

ËSGARGHAR, forme contractée de « escarachar», cracher; etc. 

£SGARGOL, liitiaçoh. Page 90. 

*ESGARI, sorte d'orge, l'escourgeon, dorit la barbe est longue et épandue 
{bas latin « scario », de la racine scar). 

ESGARIAR, fendre menu ; escaril, copeau; escariliar, fréquentatif 
de «escariar»; esoariot, come «escaril», etc. 

ESGARLAR, contracté pour *e8cdi*elar ou «escarilar», déchirer, fendt-c, 
en Gascogne. 

ËâGAfltiïMPAÏl , glisser fortement; et esrarlimpada, o. \'ovc/ 
«limpa », page 03. 

ESGARMAGHAR, pour *escaramachar, cracher, dans le Gaixl. D'un 
*scaramacare, dérivé d'un *scaramare, qui d'un celtique *scdramu. 

*ESGARMANIA, O, chacune des ridelles d'un char. Mot dénotant un pré- 
cédent *scaramania, dérivé d'un *scdf'àma, de la racine scâr, et de mdn, 
tresser, tourner, que nous avons aussi dans «mandavella» «mandre», 
etc., les ridelles ayant été et étant encore souvent tressées d'osier, avec 
diminutif escarmanioun, la barrette supérieure de la ridelle. 

ESCARMOUCHA, O , idcntiqtie au français t escarmouche» , combat de 
quelques soldats détachés de l'armée, et à l'italien t scarahiuocift »i Peul- 
ôlre emprunté de l'un ou de l'auti^e, niais peulèiro aussi leui* jtarent sans 
rien leur devoir. En tout cas le mot me paraît Venii* du mètne 'scararttu, 
rejeter, lancer, (|ue dans «escarmachar», et désigner une sorte d'arme 
de trait, puisqu'on disait autrefois «attacher l'escarmouche», pour «cohi- 
mencer le combat». Le sens actuel de petit engagement entre deus 
trouped existait déjà au quinzième siècle, puisque les latlni^cli^s de 
l'épdtjue écrivirent «volebatit facerc unam escarnioucham », danâ la ré- 
vision du p!o('('« de Jeiiiine d'.Vrc. 



-i87- 

ESGARMOUTAR, briser les motes de terre. Voy. « mota » , page 7U. 

ESCARNIR, contrefaire les mouvemenls de quelqu'un, se moquer. On 
done Talemand € schern • , et cet alemand est possible ; mais notre mot 
peut se relier à ceus que nous avons de la rac. scar. Origine douteuse. 
Et ESCARNIARI, AIRE, grimacier, moqueur. 

ESGAROL, isolé, séparé. 

ESCAROLA, O, sorte de légutae dont la principale variété est écàrtë et 
irisée, soit de l'italien «scariola»; soit de la famille gauloise de scari 

ESGAROUNIAR, variante de t escaf aniar > , grifer , égratignef: etc. 

ESCARPA, terrain en pente, talus. Peutêtre de l'italien tscarpa», eome on 
le dit pour le français correspondant ; peutêtre de la famille gauloise. 

*ESGARPA, O. Correspondant provençal du fr. < carpe», poisson qui 
fait des sauts hors de l'aue (e sauts de carpe»). A moh aVis, l'origine de 
ce mot est la racine scar. On a dû désigner ainsi le poisson à cause de 
ses sauts. L'italien « scarpa » confirme cette origine, et le bas latin 
«carpa» (come notre forme de même grafie et le français «carpe») peut 
fort bien être une réduction fautive, due à l'influence des dérivés de 
« carpere » . 

'ESGARPA, O, écaille de poisson, paillette de métal, petit éclat, aussi 
écharpe, frange; escarpaPi écailler, déchirw, écharper; et fréquentatif 
escarpaliar. Participation possible du latin «carpere». 

ESCARPIR, mettre en charpie, déchit^r, démêler ; et fréquentatifs BSGAR- 
PILIAR et ESCARPINAR, écheveler, égratignet". Ces formes accusent da- 
vantage «carpere». 

ESCARPOUS, montueus, rapide, escarpé. 

ESARRALIAR, ôter le mâchefer ou carrai. 

ESGARRE, ouverture faite avec fracas, en Limousin. 

ESGARS, mesquin, avare. Page 50. 

ESGART, écart; hameau éloigné; escarta, O, fente; escartar, écarter, 
séparer, fendre ; escartada, O, etc. Même page. 

ESGAS9A, O, échasse ; et partie entaillée d'un timon ; escassar, en- 
tailler, estropier, dont le participe est pris substantivement : * un escas- 
sat», un estropié. Page 48. 

ESGASSOUN, come «escachoum»; et escachounar, particulièrement 

briser les moles de terre. 

*ESGATAR, come «descatar» ; découvrir. 



— im — 

*ESGAUIjAR, écosser. Voyez «caula». 

*£SGIR, vent yiolent, tourbillon de neige ; et escirar ou escirrar, 

tourbilloner, en parlant de la neige. Peutêtre de la même famille que 
«cer», vent formant des tourbillons ; peutêtre aussi de 'la même famille 
que «cega», par la contraction d'un *esceguirar. Mais une forme limou- 
sine « essidre » ouvre une autre voie (voyez cette forme). 

ESGLAFAR, pour *escalafar, et «escalapar», spécialement écraser; etc. 

ESGLAP, pour eescalap», détonation, éclat; esclapar, produire un 
bruit éclatant ; esclapet , claquement du fouet ; esclapetar, otc, 

ESGLAP, pour «escalap», éclat de bois, copeau; esclapa, O, forme 
féminine; esclapadis, ensemble de copeaus; esclapar, fendre, tailler 
du bois; esclapot ou esclapota, o, copeau. 

ESGLAT, pour «escalat», fente, fêlure, éclat de bois; esclata,0, forme 
féminine ; esclatar, éclater; esclatidour, canonière de sureau; etc. 

ESGLAUSAR, pour *escalausar, fendre en éclats longs et minces ; etc. 

ESGLOP, pour «escalop», tranche de bois et sabot; escloupar, tran- 
cher, mutiler, écloper, estropier, dont le participe est pris substantive- 
ment : tun escloupat», un estropié, un éclopé; escloupari, et, francisé, 
escloupier, sabotier ; escloupet, ot, oun, petite tranche ou petit 
bloc de bois, et sabot d'enfant; et escloupounar, tailler en copeaus. 

ESGLOP, forme de «esclap», détonation, dans les Alpes ; etc. 

ESCOP, copeau, éclat de bois. Soit varié de «escap»; soit réduit de *escolp, 
sous l'influence du bas latin «colaphus», *colapus, pour "scolapus (en 
brteon «skolp», en vieil irlandais cscolb», môme sens de coj>eau, en 
grec (7*/.2Xo'i, billot), d'une variante en o de la racine scal et sec/, fendre 
(corne dans le grec cité). 

ESCOT, coupure, tronçon, rognure. Peutêtre pour tescop» ou, par un verbe 
fréquentatif, pour *escopt (confrontez «gratar» pour *graptar, *grapctar). 
Il en serait de même pour le français «écot», tronc d'arbre, le bas ale- 
mand cskot», pouvant fort bien n'être qu'un emprunté. 

ESCOT, ce que doit chaque convive dans un repas où chacun paie sa part, 
sa contribution, sa fraction de prix. Me paraît identique au précédent, 
avec participation possible de cquotus», dont nous avons le féminin dans 
tquote part», le bas alcmand « skot», contribution, pouvant fort bien 
(come le «skot» déjà cité et probablement le mêoïc), n'êlre qu'un 
emprunté. 

'ESCOUBA, O, genêt, arbuste fractioné en nombreuses ramilles ; par 
extension, balai fait avec un ou des genêts. Mot venu d'un celtique sco^j. 



— i89 — 

transmis par le bas latin et qui ne doit rien au latin «scopae», balai ( ce 
latin étant pluriel et désignant un faisceau d'escopes ou escoubes formant 
un balai, ne peut absolument, quoi qu'on dise, être le père de notre mol; 
il n'est qu'un emprunté). Et : escoubar, balayer (en breton «skuba»); 
escoubotar, arracher les escoubes d'une bouigue et brûler leurs calos 
(en français emprunté nus dialectes de l'Ouest, «écobuer», au sens gé- 
néral de défricher (le *bodica cité à l'article « bousiga » et que les Dar- 
mesteter ont présumé formateur de c écobuer» est tout à fait étranger à 
ce mot): escoubel et escoubil, aussi escoubilloun, petit balai (en 
français « écouvillon »), et autres dérivés. Racine scop, ici au sens de di- 
viser, de fractioner (pour ce sens, confrontez la racine gati et gen^ équi- 
valente, qui a produit le latin «genista», genêt, le français dialectel « ga- 
nille » et le français «guenille», chifon, lambeau, déchirure, etc.). 

*ESGOUBLAR, pour *escoubelar *escoupelar, trancher; et escoublada, 
tranche, côtelette, particulièrement de pré salé. 

ESCOUDRE, batre le grain (l.excutere). 

ESGOUMBOURIR, consumer (1. comburere). 

ESCOUXDRE, pour *ascoundre, cacher (1. abscondere); etc. 

*ESGOUPET, aussi escoupetada et escoupetald,aud,coup sur la 

nuque, le coupct, de quelqu'un. 

ESGOURREGIADA, O, lanière, en fr. «écourgée» ; escourregiar, 

fendre en lanières, et ùler les fils des pois ou des haricots verts. Page 43. 

ESCOUSSAR. come «escoudre»; ESCOUSSECHAR et ES COUSEGAR, fré- 
quentatifs; et ESCOUSSOUN, bateur de blé. 

ESCOUTINIAR, rogner; et ESCOUTINIARI, AIRE, chipoteur. Voyez «escot». 

*ÊSGOUTISSAR, démêler. Voyez . coutis » . 

*ESGRAGHAR, écraser. A' mon avis, pour *escarachar et *escarachiar, 
d'un b.l. *scaratiare, avec chuintement du t, come d'autres mots. Et : 
escrachadis, ensemble de choses écrasées; escrchadour, écrasoir, 

ESGRAMAGHAR, contracté de «escaramachar», cracher. 

*ESGRAMAGHAR, écraser. Voyez «escarchar». 

ESCRAPO'QLTIR, aussi escrapoutir, écraser quelq. chose de mou. 

*ESGRASSAR, come « escrachar», et du même bas latin *scaratiare, plu- 
tôt que du suédois «krasa», doné pour origine du français correspondant 
€ écraser» (la forme «accrascr» peut fort bien être fautive). Et escras- 
sadis, escrassadour, escrassadura, o. 
ESCRINGAR, faire di«paraître les plis, les angles ou crcns. 



— IÇO 

ESGRINSAR, faire des crens ou angles, des coches, graver sur le bois, 
faire des figures sur une meuble. D'un b. 1. *excrinitiare. Le préfixe est 
inutile, corne dans d'autres mots, à moins qu'il ait été motivé par un 
sens premier do tailler les angles, les faire disparaître. Et : escrin- 
Sfida, O, action do « escrinsar » ; escrinsadour, outil pour graver et 
ouvrier graveur; escrinsadura, O, gravure, ciselure; escrinselar, 
verbe fréquentatif; etc. 

ESCUPIR, cracher. Probablement de «ex» et du lat. «conspuere», m. s. 

ESDARNAR, corne « darnar» ; et esdarnadura, O. 

ESFARFALIAR, altéré de esparpaliar; etc. 

ESFRADASSAR, pour *esbradassar, ébourrifcr ; etc. 

ESFRINGOULAR, pour «esbringoular»; etc. 

ESFRISAR, pour *esbrisar, pulvériser, briser menu. 

ESGAUNÏAR, casser la mâchoire. Page 50. 

ESGAUTAR, doner un souflct sur la joue. Même page. 

ESGARRAR, rompre les jambes, estropier; esgarretar, rompre les 
jarrets, fatiguer à l'excès; s'esgarramar, écarter les jambes. 

ESGLACH, aussi ESGLACHI, frayeur; cl ESGLACHAR ou ESGLAGHIAR, 
glacer de frayeur. 

ESGOULSAR, écosser. Page 57. 

*ESGRAPAR, égraper; esgrapelar, fréquentatif; etc. 
ESGRUMAR, écumer (la soupe, etc.), en Béarn. Dér. du lat. «grumus». 
*ESGRUNAR, égrener. Voyez «grun». 

*ESGUINGHAR, regarder à la dérobée, regarder par une porte entre- 
bâillée. Voyez «guinchar». 
ESLABRAR, corne cdeslabrar» : délabrer, aussi évcnlror. 
ESLAGAR, élaguer. Page 01. 
ESLAMBRAR, comc «cslabrar ». 
ESLOUG, aussi esloucie, esluc, esrlucie, éclair; ealouoar ei .xiuiN 

formes, faire des éclairs, éblouir; etc. Page (').'{. 

ESMICAR, émier; etfréq. esmicoular, esmicounar. Page 69, 

ESMOURRAR, come «desmourrar». Voyot «morre». 

*ESPALANCAR, écarter; au passif, trop écarter les jambes, étant assis 
(t s'cspalancar ni cantoun, per se calfar»). De la racine sf>al (pnrnilèlo de 



— 191 - 

scai) et de spar. Confrontez «esparrancar», même sens que le mol ci- 
dessus. 

ESPALLAR, corne « dcspallar». 

ESPARLOT, pour *esparelot, éclat de bois, copeau, en Guyenne. 

ESPARNIR, faire des éclairs ; esparnissar, m, s. ; esparnida, etc. 

ESPARPELUGAR, éveiller ; rendre gai ; employé ordinairement au 
participe : («es esparpelugat », il a l'esprit éveillé). Voyez «pcrpel». 

ESPARPAR, répandre , disperser ; esparpaliar et esparpiUar, 

fréquentatifs, en français «éparpiller». Page 50. 

ESPARRA, O, écart, mouvement subit, éclat; esparra, O, ancienne 
arme de trait; esparrar, écarter, aussi éclater avec bruit; au passif, 
écarter les jambes; s'esparracar et s'esparrancar, come «s'es- 
parrar» ; esparrada,0, et formes analogues, écart des jambes, glissade; 
esparradour, oreille de la charrue ; et esparragoun, enfant tur- 
bulent, qui bouleverse tout. Page 51. 

ESPARRABINGAR (s'), se déhancher en marchant. Mot du Rouergue 
et de l'Auvergne. Pour la première partie, voyez «esparra», page 51. 
Quant à la seconde, elle est peutèlre une nasalisation de «bigar». Et 
substantif participai esparrabingat, boîteus. 

ÉSPARSET, plante dont les ramilles s'étendent ; sainfoin. 

ESPARTAR, come «escarlar». 

ESP AT AR, étendre ; au passif, tomber à plat ventre; s'ospâtarrar, 
écarter les pieds, les jambes; et s'espatarracar, en français popu- 
laire, se despatraquer. 

ESPAULA, O, épaule (1. «spatula», omoplate). 

ESPAUTAR (s'), (tomber sur ses pâtes. 

ESPELIR, éclorc, sortir de sa peau, de son envelope, en parlant des pous- 
sins, etc. On a doné, pour ce mot, «expellere», chasser de, mais Toriginc 
naturelle est «pel», du lat. «pellig». 

ESPENGIC, pinçon ; espencigar, pincer la peau ; etc. 

ESPERAR, attendre, en français «espérer», avec un sens voiain (1. sperare). 

ESPETIR, piquer une châtaigne avant de la mettre au feu, pour empêcher 
qu'elle éclate, qu'elle pète. 

ESPIGA, O, en français masculinisé «épi» (I. spica). 

ESPINGAR, ruer. Paraît être pour *espennicar, dérivé de «pennar» 



— 192 — 

(voyez ce mot) ; espingari, aire, animal rueur; espinguelar, sau- 
ter, danser; etc. 

ESPOLA,0, aussi ESPOULA, O, petit tube placé dans la navette du tisse- 
rand et faisant fonction de bobine, en ancien français « espole» (j?erm. 
spola) ; ESPOULAR, faire des volues; ESPOULADOUR, petit rouet pour 
garnir les espoles; et ESPOULET, fuseau à dentelle, 

*ESPOULTIR, écraser, mettre en marmelade. 

*ESPOUMPAR, aussi espoumpir, balrc un matelas pour le reffonller. 
,ESPOUSGAR, épousscr; eepouscadour, époussettc. Voy. «pousca». 
*ESPOUSSAR, corne « cspouscar » ; etespoussadour. Voy. t poussa». 

ESPOUTARLIAR, casser les bords d'un vase. 

ESQERRE, gauche (nian esqerra», main gauche), irrégulier, et ESQERROT, 
gauche; maladroit. Confrontez «escaire». 

*ESQIGH, jet sous pression; esqichar, presser ; et esqichun, coulis, 
jus exprimé. Voyez «kicha» ou «qicha». 

ESQINSAR, déchirer, rompre, user. D'un correspondant probable de « scin- 
dere» (avec conservation de la dureté du c ou k)., par un fréquentatif bas 
latin *sqintiare, dont une forme dénasalisée nous a doné «esqissar». 
Et : ESQINSARI, AIRE, qui use trop .vite ses vêtements; etc. 

ESQINTAR, fatiguer à Texcès, rompre de fatigue, sens figuré de «esquin- 
sar», déchirer, rompre (confrontez eje suis brisé», «je sois rompu»). 
Mais le / ne peut s'expliquer que par une forme radicale *scint, *skint 
(confrontez t'a«<i et cant, être blanc, d'où «escandir» et «escantir») ou 
par la participation d'un *escanita, fréquentatif de « escanar » (voyez ce 
mot, page 49). En tout cas, «esquintar » ne peut signifier « partager en 
cinq», come l'a prétendu Darmestetcr pour le français «esquinter» ! 

ESQISSAR, come «csqinsar» ; ESQISSARI, AIRE, clc. 

ESSAGI, essai (1. exagium) ; et ESSAGIAR, essayer. 

ESSE, état ordinaire («es à soun esse», il est à son ordinaire (lal. « esse > ; 
français «être», par un b. 1. «essere»). 

*£SSIDRE, vent violent, tourbillon de neige; et esiddrar, lourbilloncr, 
en parlant de la neige. Mot du Limousin, pouvant être pour 'cscigre et 
*C8cigrar, 'esciguerar (voyez l'article «escir»), mais pouvant aussi venir, 
avec le même préfixe ecs que dans «escir», du celtique 'setros, quia 
produit le breton «lier» pour précédent «hczr», *hcdr et *sedr, audacicus, 
le gallois «liydr» pour 'sydr, et l'ancien irlandais « scthar», fort, si l'on 
a don»' an ycu\ en (|Mcstinn lui nom repré«(Mit;tnl s.i force, como on a 



- 193 - 

doné le nom « mistral • au vent violent de la vallée du Rhône et de la 
Méditerranée, et corne on a nommé « altan » un vent de la haute mer. 

ESSUBENGAR, ébourgeoner. Voyez «subenc». 

ESTABANIR, rendre inerte, abatre par des coups ; au figuré et au neutre, 
tomber de faiblesse. Je rejette le latin « vanus», doné pour origine, car 
notre verbe ne peut se décomposer en *est et *avanir ou *abanir(que signi- 
fîjrait *est?j. Je vois plutôt un faiblissement du/> en b d'un *estapanir, 
du préfixe ecs et de la racine tap, fraper. 

ESTABOUSIR, parallèle de «estabanir». Du même préfixe ecs et d'un proba- 
ble bas latin 'taputire. Le sens de sentir une douleur précédée de l'engour- 
dissement de la partie frapée est dû sans doute à une confusion avec «bou- 
sir», au sens de éprouver une cuisson. 

ESTAG, pieu, et corde pour attacher le bétail ; estaca, O, forme fémi- 
nine; estacada, o, digue faite avec des pieus; estacar, lier, esta- 
COUn, petit lien; etc. Page 81. 

*E3TAL"VI, épargne, privation, jeûne; estalviar, épargner, se priver 
de vivres. Problement de ecs et de la racine tal, soutenir, qui est dans 
le breton ttalvéout», avoir de la valeur, du poids, dans le latin «tollere», 
ftolerare», etc. 

*ESTAN, position debout; estanar, arrêter; et estanat, qui reste 
bouche béante. Page 51. 

ESTANC, fixe, solide; ESTANCA, O, barrage dans une rivière (b. 1. stanca); 
ESTANGADAjQ, m. s.; ESTANCAR, barrer, étayer, en français «étancher», 
arrêter par un obstacle l'écoulement d'un liquide; ESTANCOUN, en fran- 
çais «étançon» (dim. de l'ancien français cestance»); ESTANCOUNAR, 
étayer par un étançon; et ESTANQET, lieu de halte, en Gascogne. Parais- 
sent se relier au latin cstare» (confrontez, pour Yn, l'ancien fr. «estance» 
cité ci dessus et doné come venu de « ester »). 

ESTAUBI, forme de «estalbi»; et ESTAUBIAR. 

ESTELA, O, goûte (1. slilla). 

ESTEVA, O, manche de charrue; manche de fléau, en Isère (1. stiva). 

ESTIMOUSSAR, soufleler, fraper sur le nez ou mus; et ESTIMOUSSALD, 
AUD, souflet. La première partie est moins claire que la seconde. Peutêtre 
d'une forme tip de la racine tap, fraper, le faiblissement du son de l'a en 
I ayant pu être amené par la composition. En ce cas, *cslipmoussar, etc. 

ESTINDILIAR, couler goûte à gout^; et estindil, goutière. D'une 
forme nasalisée stind de stid, couler, qui est dans le latin «stilla» pour 
"stidla, et dont forme stiid est dans « estun » pour *cstudn (v. ce mot). 



— 194 — 

ESTIOU, l'été (lat. aeslivus); ESTIVADA, O, saison d'été, pacage d'été; et 
ESTIVAL, corne en français. 

*ESTIRAR, étirer. Voyez «tirar .. 

*ESTOFA, O, étofe. Peutêtre du sens premier de vêlement chaud. En ce 
cas, de la racine stop et stup. Voyez «estuba ». 

ESTOUBLE, paille (1. stipula). 

ESTOUFAR, étoufer; ôetoufadour, étoufoir; estoufegar, verbe fré- 
quentatif ; etc. Page 51. 

ESTOURRAR, faire sécher (le linge, etc.). Du 1. torrere. 

ESTRAMAR, par altération ESTREMAR, serrer dans un meuble, mettre en 
réserve. Peutêtre pour *estrasmar, parallèle de «estrassar» (voyez ce mol). 

ESTRASSAR, ramasser les loques, les vêtements usés, les mettre de côtéj 
exactement les mettre au delà; par extension, ramasser toutes choses qui 
traînent. Voyez « tras » , au delà. 

ESTREPAR aussi ESTRIPAR, arracher les souches (latin t ex-stirparc », de 

« stirps » , souche) . 

*ESTRIGAR, cosser, particulièrement briser les motes de terre, préparer 
un champ. Voyez « tricar ». 

*ESTRIF, forme de «estrip», déchirure; estrifar, etc. 

E3TRIGOUSSAR, tirailler; au passif, se traîner par terre. 

ESTRIOU, pour *estriv et « estrif », lanière, fouet, et étri'cr ou double la- 
nière qui assujétit le pied. Voyez t estrip». 

*ESTRIP, déchirure, lanière de cuir ou de toile (en français, lerinc de ma- 
rine, t élrive», position d'une mantruvre à laquelle on fait faire un coude, 
c'est à dire une brisure ; estripar, déchirer ; estrivar, fouetter; 
estrivada, o, coup de fouet; estrivas, grand fouel de muletier, dans 
les Alpes, et ses dérivés pariiculicrs estrivassar et estrivassada, Oi 
plus estriviaira, eira, o, en français tétrivière», dont un des sens est 
lanière, servant à châtier. Soit d'une variante s/r/^ de /r»j7, déchirer; aoit 
dctripcUe môme (voyez ttripa»). Le germanique *8tcmpo, imaginé par 
les germanisants, ne me paraît pas possible. 

*ESTROUPIAR, casser une jambe, un bras; mutiler. De la mémo racine 
que dans ttrop» et que dans ttroc», tranche, couj)ure (voycr. ces mots). 
L'italien «slroppiarc» et le français «estropier» me paraissent empruntés 
(le notre verbe. Kl le participe estroupiat, employé substantivement. 

ESTRUMELAR (s'), heurter du sabot la cheville du pied. V. «trumcN. 



— 195 - 

ESTUBA, O, étuve; estubar, fumiguer, chaufer; estubada, O, fumi- 
gation; estubari, aire, étuvier; et e^ubassar, répandre une fumée 
épaisse. Page 87. 

*ESTUBAR, éteindre, distinct de «estubar» de l'article précédent, quoique 
de même origine, et marquant l'action contraire de « atubar», alumer. 

ESTUBI, étui; estubiar, fermer dans un endroit clos; et *estubiet, 
aussi estufet, étui à aiguilles. 

ESTUFEGAR, fraper à la tête. Voyez « tufa». 

*ESTUN, écoulement d'un fumier, urines d'étable coulant au dehors, et 
pluie tombant d'un toit; et estuniar, égouter, à l'actif faire écouler le 
pissat d'un étable, faire écouler Taue du linge mouillé. A' mon avis, ces 
mots sont pour *estudn et *estudniar, venus d'un *studnos, d'une variante 
en u delà racine $tid qui est dans «estindiliar >. 

ESVANIR (s'), s'évanouir (dér. dul. cvanus», vain). 



FABA, O, fève (lat. faba); et FABOUN, haricot. 

FABRE, forgereon (1. faber); FABREGA, O, forge (1. fabrica); FABREQAÊ, 
forger; etc. 

FACHAL, écaille lumineuse qui se détache des métaus qu'on bat sur l'enclu- 
me; et FAGHILIAIRA, EIRA, O, arbrisseau dont les feuilles rougissent eo 
automne. A' mon avis, du latin cfax», torche, flambeau. 

FACHER, forme chuintée de «faguer» : « zou fachère», je le fis; FACHOtJI- 
RA, O, éclisse dans laquelle on fait le fromage ; etc. 

FADA, 0, fée (I. cfata», de «fatum», destin, prédiction, oracle, venu lui 
même de < fateri» et «fari », parler). 

FAGUENA, O, aussi FAGUINA, O, fruit du hêtre, et fouine, animal qui fré- 
quente les bois de hêtres (lat. faguina). 

FAGUENAT, odeur de renfermé, de choses sales ou qu'on a laissées trop 
longtemps sans air. Origine incertaine. Peutêtre de «faguena», au sens 
de animal puant. 

FAGUER, faire (1. facere). La dureté de la consone se conserve dans denom- 
breus pays : « zou faguère » , Je le fis ; etc. 



— 196 — 

FAINA, O, forme contractée de «faguena» ou «faguina». 

FAIS, fais, paquet (1. fascis); et diminutifs FAISSEL et FAISSOUN. 

FALDA, O, giron, soit pli (germ. cfaldair», plier). On trouve un bas latin 
«falda», au sens de frange, mais il est fautif : il est pour *farda, *frada 
et *brada, et correspond à raltéré français «felpe», forme de *ferpe et 
*frèpe, guenille. 

FALGAIRA, lAIRA, lEIRA, O, fougère (b. 1. filigaria, du 1. Iflix). 

FALIA, O, torche de bois résineus, chandèle de résine (b. 1. «facula», de 
«fax», flambeau). 

*FALIAR, fêler (en anc. fr. «faieler»). On trouve, en bas latin, tfaculare»; 
mais noire mot doc et le français paraissent venir plutôt d'un parallèle 
*fac-ilare, car la forme en «ulare» aurait produit en oc *faular et*fauliar. 
Et *facilare, d'où *faciliare, me paraît dénoter une précédente forme en b, 
venue de bac, fraper, ici au sens de fendre. 

«FALLIOLA, et «fouliola, o», bulle d'air, ampoule. A' mon avis, pour 
*balguiola, de balg et bolg, enfler (voyez «bougea», page 20). 

FAM, faim (1. famés); et dérivé particulier FAMEGASSA, O, grande faim, 
épuisement de forces. 

FANGA, O, fange (b.l. « famica », pouvant se l'clierau lat. «limus», fumier). 
Douteus. Et : fanGAS, bourbier, FANGOUS, bourbeus. 

FARANDOLA, O, pour *barandola, parallèle provençal de « barandella ». 

FARBA, transposé de «frapa», guenille; farbala,0, m.s.;farbalas, en- 
semble de guenilles; farbual, vieille barde; etc. 

FARCIR, come en français (lat. farcire) ; et FARS, viandes hachées etépicées 
qu'on met dans l'intérieur d'une volaille; hachis d'herbes, etc. (lat. «far- 
sus», pour *farctus, de «farcire»). 

FARDA, O, fagot, trousseau, paquet de vêtements. En français «bardes», 
pour l'ancien «farde». Peutètre pour «fagarda», avec chute du jg^ et en- 
traînement d'un a (come dans le nom dhome Delage, pour Dclahage, 
Delafage), et pour *bagarda (come dans le dit mot «fagot» pour « bagol »), 
de ^ac, lier; FARDASSAR, s'occuper de bardes; FARDASSOUN, fripier; 
FARDEL, petit paquet; FARDELAR, empaqueter; etc. 

FASER, forme de « faguer», faire. 

FASTI, pour *faslid (avec l'accent sur l'a), dOgttùt : « fi/i r fasli •, Liiro dé- 
goût (1. fastidium); et FASTIDOUS, qui dégoûte. 

FAT, exalté, déséquilibré; FADA, O, forme féminine; FADAS, grand fat; FA- 
DET et FADOT, petit fat; etc. 



— 197 - 

FATA, O, forme de cpata», chifon; fatar, étouper; fataras, en 
français «fatras. ;fatet, fateta, fatoun, petit chifon; fatrassar, 
s'occuper de chifons; fatrimas, habit usé; fatrimassar , etc. 

FAU, hêtre (I. fagus). 

FAUDA, O, forme de «falda >, giron; etc. 

FE, pour*fed, foi (1. fides). 

FEGE, foi (1. ficatum). 

TEL, mauvais, perfide, en Rouergue et autres pays ; et feloun, en fran- 
çais «félon •. Dans le bas latin de l'époque carolingienne, «fello», «fel- 
lonis», pouvant, à mon avis, être pour *vello, *vellonis, et se relier à 
à l'irlandais «fall» pour *vell, mauvais, au gaélique *feall pourVeall, per- 
fidie, au gallois «g-wall», défaut, et au breton «g-walU, mauvais, donés 
come venus d'un radical celtique ve/, *uel, pour *z</>e/, avec chute eu p. 

FELGINA, o, fougère (b.l. filiguina, du 1. filix). 

FELIBRE, poète (b.l. «felibris», dans Isidore, au septième siècle, et du sens 
de nourrisson, selon Ducange : nourisson des muses? peutêtre). 

FEM, fumier (1. fimus} ; FEMAR, engraisser une terre avec du fumier, mot 
ordinairement altéré en «fumar », sous l'influence de «fumar», produire 
du fum, de la fumée ; etc. 

FEMENA, O, femelle, en Limousin (1. femina). Autrefois, à Montpellier, 
«carriera de las femenas», rue des filles de joie. Avec diminutif FEME- 
NOTA,0, et contractés FEMNA, FEMNOTA, FEMNOUN, au sens plus parti- 
culier de femme. 

FEN, foin (1. fenum); FENAR,en français «faner» pourrancien «fener»; etc. 

FERRE, fer (1. ferrum); FERRAT, vase de cuivre dont on se sert dans le 
Cantal pour la provision d'aue, et qui a dû être fait d'abord de bois et 
cerclé de fer (lat.«ferratus., garni de fer); FERROUN et FERRASSOUN, fer 
de génisse; etc. 

FETA, O, forme plaisante de « fe », foi, dans l'expression « per ma fêta», par 
ma foi. En Médoc, «per ma heta», d'où des contractions horribles «per 
moueita», «per moia, o». 

FIG, altéré de «pic», pointe, outil pointu, aiguillon; fîca, O, forme fémi- 
nine ; ficada, O, coup de pointe; ficar, piquer ; et ficous, piqué par 
les vers, en parlant d'un fruit, et, au figuré, pointilleus , délicat sur le 
chois de6 aliments, en parlant des persones. 

FLAC, faible. Soit du latin «flaccus»; soit forme de «blac» (confrontez les 
nombreus mots où l'y latin a remplacé le b celtique). Le français «flanc», 



— 198 — 

déclaré d'origine inconnue, esl un nasalisé, et l'alem. « flanke», est un 
emprunté (confrontez le verbe populaire cllancher», faiblir, lâcher). Et : 
FLACAR, faiblir, ployer; etc. 

FLAGEL, fléau (1. flagellum). 

FLAIRA, O, odeur, par extension peur ( «aber la flaira », avoir la frousse) ; 
et FLAIR AR, flairer (1. « flagrare», exaler uneodenr). Le sens de peur a dû 
venir de ce qu'un cheval, surtout un cheval ombrageus, flairant un dan- 
danger réel ou imaginaire, refuse d'avancer et recule. 

FLANIA, O, couverture de laine ; flania, O, mollesse, paresse ; flaniar, 
être mou dans son travail ; flanie, douillet; flaniola, O, étofe de laine 
fine, flanella, o,même sens; fianioun, molleton; et ilanious, come 
« flanie » . Pages 51 et 52. 

FLAP, flasque, faible, dans les Alpes. Pour *blap, d'une variante locale en 
p de «blac» (voyez ce mot, page 25), ou bien d'une variante de e flac», du 
lat. « flaccus». 

FLASSADA, O, couverture de lit (b. 1. «flassata», pour Tilassata). 
FLAUNIA, O, forme ouverte de «flania», paresse: flauniar, etc. 

FLOC, petite houpe de laine, de soie (1. floccus); par extension, gros mor- 
seau, toufe. Et : FLOUCAR, garnir deflocs; FLOUCOUN, FLOUCOUNET, 
FLOUQET, etc., petit floc. 

FOC, aussi FIOC et FUOC, feu (lat. «focus», foyer, mais avec participation 
probable du gaulois correspondant, pour le dit sens de feu (voyez « bou- 
guir»); FOUGADA, O, flambée; FOUGOUN, fourneau et petit feu; FOU- 
GOUNAR, FOUGAIRAR, FOUGOUNECHAR , tisoner; FOUGOUR, chaleur 
ioufante; etc. 

*FOL, en français «fol» et «fou». On a doné le français come venu du la- 
tin «follis», souflot, bourse, sac enflé; mais il est peu admissible que ce 
«foUis», qui n'est point passé en Gaule au sens vrai, y soit passé ou sens 
figuré . Je crois plutôt à un celtique *bol^os ou *bolgis, de la racine bolc 
et bol g, devenu *folg et *foll (avec remplacement du b par 1'/ latin, come 
dans un grand nombre d'autres mots), et signifiant extravagant, soit gon- 
flé. Le latin « follis» a bien le sens de chose gonflée, et il est pour un *fol- 
gis delà même racine, comejclai dit ailleurs, mais il esl substantif et 
non adjectif. Et : augmentatif foulas, diminutif foulet, etc. 

FONS, Bourse (en 1. même grafie; en fr. le dérivé «fontaine», de «fonlana»). 

FORA, O, hors, dehors (du 1. «foras», «foris», même aena). 

FOUISSAR, piquer, percer. Soit pour *fougui88ar, 'fuguissar, *buguiisar, de 
bue, pointe; soit pour *foudisBar, du latin «fodere»; Et : FOUJSSADA, 



— 199 — 
piqûre; FOUISSAL, m. s.; FOUISSOUN, frelon, tout insecte piquant; etc. 
FOUNDA O, en français altéré «fronde» (1. «funda»). 

FOUNDA, O, en français «fonte» pour *fonde (corne «ponte», de «pondre», 
et autres mots); FOUNDRE, come le français «fondre», etc. 

FOURMEGA, O, en français fautif «fourmi», pour *fourmie (1. formica); 
FOURMIGAR, fourmiller, FOURMIGUIAIRA, EIRA, O, fourmillière : etc. 

FOUSG, obscur, sombre (1. fuscus); FOUSCA, O, obscurité; FOUSCOUS, 
sombre de caractère, ennuyeus. 

FRABA, O, forme de «frapa», guenille; frabar, etc. 

FRAC A, O, brisure, cassure; fracadis, cassant, fragile; fracan, bri- 
sures, fressures, particulièrement étoupe grossière; fracaniar, travail- 
ler le fracan; fracar, pour «bracar», casser, rompre; fracas, come 
en français; etc. Page 52. 

FRAGHIS, pour *fraqis, cassant, fragile (come «fracadis», de l'article 
qui précède); frachissa, O, jointure, articulation. 

FRADA, O, pour *brada, broussaille ; fradas ou fradassa, O, augmen- 
tatif; fradassar, broussailler; fradassin et autres diminutifs; fra- 
dassous, brousailleus; etc. Page 52- 

FRAGA, O, forme de «fraca», cassure; fragar, dont le participe s'em- 
ploie quelquefois figurément au sens de ruiné; etc. 

*FRAIRE, frère (celt. brater, I. frater); jeune frère; etc. 
FRAISSE, frêne (1. fraxinus). 

FRANIAR, sortir du nid, s'envoler pour la première fois (1. «foras», «foris»,- 
hors, et b. 1. *nidare, de «nidus», nidj. 

FRAPA, O, déchirure, guenille; frapadour, qui frape ; frapar, pour 
*brapar, déchirer (confrontez la forme «fripar»), détériorer, doner des 
coups; frapari, aire, qui frape (come «frapadour»), et francisé fra- 
pier, marchand de guenilles, fripier; etc. , 

FRASCA, O, en français « frasque», soit cassure; fraBCar, pour «bras- 
car», couper, fendre; etc. Page 52. 

FREGHIVA, O, pays de brugue, broussaille; et frefchivas, augmentatif. 

FRÉGAL, pour *bregal, fragment de pierre, et pierre meulière. 

FRESA, O, brisure, plis; fresa, O, fraise (de veau, de mouton, etc.), 

viande menue; fresil, brisures (de charbon, etc.). Page 53. 
FRETAR, froter (1. frictare); etc. 
FREUNAR, forme de «breunar», briier menu. 



— 200 — 

FRIC HA, O, fressure, dans le Var. 

*FRIGOULA, O, envie de sauter, de danser; trépignemaut d'un cheval 
arrêté et qui est impatient de courir; et mouvement nerveus chez une 
persone. S'emploie ordinairement au pluriel: «aber las frigoulas». Voyez 
«bringa» et «fringa». 

FRIMA, O, et frimoussa, o. Visage, figure. Mots probablement pris 
au français. Le premier sens est, à mon avis, nez, et l'origine un 
*frigma, de la même sourse que le breton «fri», nez, donc pour un celt. 
*sri-n- et parenté avec le grec pi? pour *o-pt-v-s. D'autre part, l'ancien 
français a aussi «frume», mais, de son côté, le breton a aussi «fron», 
narine, et le vieil irlandais et le gaélique ont « sron », au féminin, donés 
pour venus d'un celtique *sro-kna, *sro-ona. 

*FRINGA, O, forme de «bringa», mouvement brusque en avant, fringar, 

sauter, et couvrir la femelle, fringari, aire, sauteur (en français «frin- 
gant»); etc. 

FRIPA, déchirure, guenille (corne « frapa»); fripar, friper; etc. 

FRONS, aussi frouns, pli, foissure; frounsir, etc. Page 53. 

FROUST, pour *broust, qui n'est pas uni; froustir, froisser; etc. P. 53. 

FUM, en français le dérivé «fumée». Notice mot répond au latin» fumus». 

FUSC, corne «fousc»; etc. 

FUSTA, O, bois coupé (b. 1. *fusta, class. «fustis»); etc. 



GABA, O, gorge, gosier; gaba, O, goinfrerie; gaba, O, auje : chose 
qui contient; gabach, goulu, et, par dénigration, montagnard, avec 
augmentatif et diminutifs; verbe gabachar, mal faire un ouvrage, le 
faire d'une manière rustre; gabai, gosier, gorge, jabot, et dérivé ga- 
baious, mangeur, dissipateur ; gaban, même signification que «ga- 
bach», et dérivés analogues; gabanut, engoué, engorgé, qui a mangé 
avec excès; gabarda, o, gaule, gafe, c'est à dire chose qui prend, qui 
saisit; gabari, grand mangeur, goulu, substantivement, jabot, gosier; 
gabarut, qui a un gros jabot; gabarra, o, sorte de bateau et sorte de 
récipient (pour le sens, confrontez «bac», à la fois bateau et récipient), 
mot dénotant un *gabatra, *gabatera (en bas latin, on trouve une forme 
< cabaruH », mais cette forme n'a pu produire la nôtre) cl diminutifs; ga- 
barritf comc en français, modèle en bois d'un navire, carcasse d'un 
navire; gabat, goitre; etc. Page 53. 

GABALDANA, O, aussi gabaudana, o, nom de la perdrix des mon- 



— 20I — 

tagnes ou c barlavella » , dans les pays situés au dessous du Gévaudan, 

*GABE, aussi gave^ ruisseau torrentuens; gorge étroite, ravin. Une 
forme ancienne est « gaber > , et le bas latin est « gaberus » . Ces « gaber > 
et «gaberus», me paraissent dénoter un précédent gaulois *vjperos, dé- 
rivé, come je l'ai dit ailleurs, d'un*vapos, flot, bouillement,égal de forme, 
sinon exactement de sens, à l'ancien latin «vapos», devenu « vapor», fu- 
mée de bullition, vapeur% d"où aussi le bressan et maçonais «gabouille», 
bourbe. Et diminutifs gabin et gabiot, flaque, petite mare, humidité 
constante d'un terrain bas, dans l'Isère. Confrontez le nom d'une ri- 
vière Gapeau, qui se jette dans la mer, à Hyères, nom qui conser\'e en- 
core son p . 

GABEL, tasse, verre à boire; gabelet, etc. 

GABEL, fagot de sarments; gabella, o, javelle; gabelar, mettre en 

fagots ou en javelles; etc. 

GABELOUN, employé d'octroi. Pages 53 et 54, 

GABITRE, goitre; aussi le devant du cou, et la partie voyante de la gorge 
et de l'estomac que la chemise déboutonée ne cou-\Te pas. 

GABOL, aussi gable, jable; gaboular, etc. 

GABOT, aussi gaboun, jabot. 

GABOT, aussi gaboun, petit montagnard; etc. 

'GABUGIA, O, tricherie, action d'agriper. Probablement de gi^b^ saisir. 

'GABUROUN, fromage fait avec du lait écrémé, dans l'Isère. A' mon 
avis, pour 'gapuroun. Voyez cgabe» et «gaspa». 

GABIA, O, caje, proprement chose qui contient, qui retient (mot de la 
même racine g:ib, prendre, secondairement tenir, contenir, que dans 
«gaba», «gabel», etc.); un second gabia, O, demie hune au sommet 
des mats à antennes; gabiolja^ O, diminutif, en français «geaiole», au- 
jourd'hui € geôle», mot qui ne doit rien au présumé «caveola» de mes 
devanciers; gabiar, encajer, etc. 

'GABOU (prononcé avec l'accent sur Va), creus, gâté, en parlant d'un 
fruit, principalement en parlant des châtaignes. Mot d'Auvergne et du 
Rouergue, à mon avis pour *gavoa, d'un *gavos, de la même famille que 
le breton «gaou» et le gallois «gau», mensonge, tort, d'un celtique *go- 
wos, «que, selon Henry, reproduirait le grec X^^^-^, mensonger, stérile. 

GABRE. Ce mot signifie bouc, mais il ne s'emploie aujourd'hui qu'en ad- 
jectif, en parlant d'un gamin qui aime à monter sur les murs, sur les 
meubles («es un gabre», «sauta coumo un gabre»). Origine gabros. 



— 202 — 

dans les noms propres: latinisé Gabrus, Gabra, Gabromagus pour Gabro- 
magos, champ ou propriété d'un nommé Gabros ou, proprement, corne on 
Ta traduit, «champ de la chè-vre», Gabrosentum, etc.; d'où aussi le 
breton «gavr» (au féminin) et altéré «gaour», chèvre, d'un féminin ^a- 
^ra, l'irlandais «gabor», aujourd'hui «gabhar» (au masculin), le gallois 
«gafr» (au fémin.) . Même racine, avec c, dans le latin «caper» et tcapra». 

*GAGH, en français «geai», pour précédents «gai» et *gaic. D'une onoma. 
tapée gac, En breton «gak», bègue, et, avec e pour a, «gégin» , geai. Le 
sens de «gach», de «geai «et de « gégin » est «le jaseur», «le bavard». 
Une autre forme de l'onomatopée est cag, dans un parallèle breton « ke- 
gin» pour *kagin, même sens de geai, et dans le français «cageoler», au- 
jourd'hui «cajoler» (« ils cageolent come des geais», dans Ambroise Paré), 
passé au sens de échanger de doux propos, et à celui de chercher à ga- 
gner quelqu'un par de douces paroles. D'où : gachoul, et autres dimi- 
nutifs, gachoular, correspondant de «cageoler», etc. 

GADAL, aussi gasal, gai, joyeus. En ancien français «jaal». D'un gada- 
lis, dont le féminin, de môme grafie, a été employé, en bas latin, avec le 
sens de fille de joie (en breton «gadales», aujourd'hui avec 2 pour s, 
même sens. D'où ; gadalesa ou, ordinaire, gasalesa, O, gaîté, jovia- 
lité (en ancien français le contracté «jaelise»), le verbe gasaliar, ga- 
zouiller, gasalia et gasaliadis, gazouillis, etc. En breton «geida» ou 
«geiza», gazouiller; elc. Rac. ga, gei, secondaire gad, geid, ged, aussi 
dans les noms d'homes Geidus et Geidumnus. 

GADOIJA, O, boue liquide; gadoulia, o, même sens; gadouliar, 
patauger; gadoulias, bourbier; etc. Page 54. 

GAFA, O, croc, harpon, gafe; gafar, saisir avec les dent.<< ou avec la 
gafe; et dérivé gafari, aire, avec diminutif gafarel, qui aime à mor- 
dre; gafoun, crochet, gond; gafounar, garnir de gonds; etc. P. 54. 

*GAFE, pour *gabe, gué, dans l'Isère, aussi dans les pays cévenols. 

GAIGE, mauvais, en parlant d'un animal. Peutêtre pour « aice » (en basque 
«gaitz», même sens, mais ce basque a pu être emprunté); peutêtre aussi 
d'un 'vaciios, secondaire du *vactos qui a produit le breton «gwaz)», 
mauvais, pire. 

* GAINE, même sens que dans «gaice. Peutêtre pour ""caine, se reliant à 
*cadtis, haine; peutêtre dérivé d'un *vacnos ou *vacnios, de la famille 
de 'vactios, cité à l'article « gaice». 

'GAISSA, O, forme limousine de « vaissa », noisetier, aussi rejeton, pousse 
llcxiblc; le verbe gaissar, drugeoner; et gaissoun, petit rejeton. 

OAL, coq (lat. gallus): GALECHAR, couvrir la poule, en parlant du coq; 
OALINA, O, poulaille; GALINADA, O, iientes de la poulaillo. 



— 2o3 — 

'GALA, O, fête. Mol identique à l'ancien français cgale» et à l'italien 
igala» (le français actuel de cette forme en a a été emprunté à l'italien, 
où la voyelle finale, muette, come celle de Toc, devrait ae prononcer de 
même à Paris). Rac. gvîil et ^ve/, être lumineus, du sanscrit €g>'alanos», 
brillant, du breton « glan» pour *gelan, clair, du grec YîXciv, briller, etc. 
laquelleest l'archaïque de bal et belj come je l'ai dit. 

GALA, O, come le français cgale», maladie; et GALASSOUN, rougeole. 

GALATA,0, jante, dans le Cantal, le Rouergue. Le sens exact serait il partie 
dure, résistante (de la roue), destinée à tourner sur les pierres, et la 
racine serait elle gai, forme de cal, être dur ? Et : GALATAR, garnir de 
jantes, surajouter des jantes; GALATOUN, petite jante. 

*6ALBI, contour, biais, forme gracieuse donée à un objet ; par extension 
adresse dun ouvrier. Mot dénotant un *galbios de la même racine que 
Galba, nom d'un prince du Soissonais, au sens de gros, gras. Le français a 
«galbe» (une ancienne forme, «garbe», me paraît fautive) et le terme de 
potier «engalber», mais nous avons, en plus, g albiat, adroit, qui a du 
biais, et autres dérivés. 

'GALJOUSTA, O, pays rocailleus, inculte, pays de buissons et d'arbres 
rabrou^uis. Dérivé : soit de la variante gai de cal, être dur, qui est aussi 
dans le français € galet», caillou; soit d'une autre variante en g àecald, 
bois, ecaill», pour *calli et "caldi, qui est cholz» pour *kold en alemand. 
Ce mot «galiousta» est cantalien, et la racine ca/^ a pu se conserver ainsi, 
dans nos montagnes. Loïl correspondant est challier», avec h, come 
dans thavet», pour *gavet et*gafet, crochet, etc. 

*GALiIPA,0, pays de petits arbres, pays de buissons. Mot cantalien, come 
le précédent, et de même origine. 

*GAMA, O, goitre ; ulcère au cou des animaus. Mot du Rouelle. Peut- 
être pour *gabama (voyez cgauma» et «goume»); et gamat, goitre, 
quelquefois altéré en « bamat > . 

"GAMACHAR, altéré de «gabachar», mal faire un ouTrage. le détériorer. 

GAMAR, forme Limousine de « gabar », prendre; gainata,0, auje; etc. 

GAMAS, arbre rabrougui ; aussi arbre dont on a coupé le» branches; et cé- 
pée. Origine incertaine. 

GAME, forme de «gabe», goitre, et gamat, goitre, à Nimes. 

'GANAR, tromper, duper, trahir (en b. 1. «gannum», jeu, moquerie, 
«ingannare», tromper; en br, «ganas», fourbe). Racine incertaine. El: 
ganel, trompeur, traître, ganelar, tromper; ganeloun, diminutif de 
«ganel», passé dans le français «ganelon», etc. 



— 204 — 

*GANDALIA, O, coureuse, mot probablement nasalisé pour *gadalia, de 
la même famille que «gadal»; et gandaliar, vagabonder. 

GANDIR, garantir, préserver; au passif, se placer de côté pour éviter la 
roue d'un char, etc. Le (i exclut le germ. «venkjan», céder, fléchir, en 
anc. fr. tguenchiri). Il dénote plutôt «wenden», tourner. Mais alors le 
sens de préserver serait un étendu. 

*6ANIA, O, truie, en Limousin. Dérivé, à mon avis, de la racine gan et 
gen^ produire, engendrer, la géniture de la truie étant nombreuse (pour 
le sens, confrontez le latin tsus » et le celtique *Sîiccos, breton «houc'h», 
porc, de su, produire). Le latin «ganea», taverne, lieu de débauche, me 
paraît étranger ici. Et dérivés ganiet et ganioun, porcelet, ganiou- 
nar, mettre bas, en parlant de la truie. 

GANILLA, O, loques, guenilles; ganillous, loqueteus. Page 54. 

GANIPA, O, parallèle de «ganilla»; au figuré, femme mal habillée, et 

femme de mauvaise vie. 
*GANIR, rendre faible, exténuer, au neutre dépérir; etganisouil, fatigue, 
débilité, dépérissement. Page 54. 

GANTA, O, jante. Probablement emprunté à Toïl, car la forme ociennc 
serait *canta, o, pour *cambta. Voyez ecamba », ccant», etc. 

*GANTA, O, narcisse blanc. Mot de l'Auvergne, dérivé d'une variante ^aw/ 
de cant, blanc, et parallèle du gaulois ganta, oie blanche. Pline done 
«ganta », oie blanche, come germain; d'auti'es le font gaulois; il peut 
être germain en même temps que gaulois; en tout cas, notre «ganta», 
narcisse blanc, ne doit rien au germanique. 

*6APIR, croupir; s'altérer, moisir; perdre de sa qualité, en parlant de la 
soupe depuis longtemps faite. Ce mot me paraît formé des mêmes élé- 
ments que dans «gabe. 

GAJîACH, guéret (b. 1. «varactum», pour le latin «vervactum». 

GARGA, O, gorge, gosier; gargal, même sens; gargalar, doncr à 
manger ou à boire; gargalin, chant de la poule; gargama, O, corne 
«garga«,et garganel ou forme féminine, dimiiiulir; gargana, O, 
parallèle de «gargama», et dim. garganel, garganol, garganiol 
ou formes féminines; gargata, O, gorge et fanon des bd'ufs; elc. llaci- 
ne gcir ci gar g, crier, qui est aussi dans le vieil irlandais «gair», même 
sens, le breton «ger», mol, d'un celtique *garios, venu du verbe 'garo, 
je crie. La mémo racine est dans le latin, «garrio», je bavarde, etc. 

GARGAL, autre nom du jable, le creus étant comparé ù une gorge. 

'GARIjA, o, pour *garila, grand vase pour le lait, en Auvergne, cl cuvellc, 



— 20D — 

dans d'autres pays. Avec diminutif garlo un, seau pour traire, et des 
formes gearia et gearloun ( le français e jarre » est un altéré ou bien 
un emprunté de l'arabe «djarra», si ce dernier n'est pas lui même rem- 
prunté). Le breton a, de son côté, «jarl», urne, vase serNant à tirer au 
sort, à conserver les cendres des morts, etc., et ce t jarl » est pour un 
précédent *garl, come beaucoup d'autres mots bretons en j sont pour 
de précédents en ^. Et le français a «jalle», sorte de vase, pour *jarle, 
avec diminutif cjallot», altérés de nouveau en «jale» et «jalol»; plus, 
€ gallon», mesure de liquide contenant environ quatre litres et demi, 
mot repris à l'anglais, qui l'avait pris à l'ancien français de même grafie. 
On trouve aussi, en ancien français «gelle», mais ce «gelle» est doné 
pour «gerle», latinisé cgerula». Le sens de récipient d'une dimension 
déterminée a pu passer à celui de mesure de liquides (« une jalle de lait») 
et, par extension, mesure quelconque. 

'GARXiANDA, O, bord d'un toit, d'un chapeau, etc.; ganse, toute chose 
qui fait bordure, qui entoure. En français «guirlande» pour l'ancien «gar- 
lande». Soit de var, tourner, soit de vei, même sens, qui a produit yeiros, 
courbe, le breton «g-war», etc. 

GARMENTAR, se lamenter. En breton «garm », cri, etc. Rac. gar. 

GARN'A, O, ramée de pin, et ramée quelconque pour chaufer le four, faire 
des balais, etc. Le bas latin est aussi «garna», mais l'origine est incer- 
taine. Et GARNAS, broussaille, en Basses Alpes. 

GAROULA, O, vieille chose, particulièrement vieille chaussure, dans les 
Alpes; et formes GOURLA ou CROULA, dans les autres pays. Orig. incert. 

GARRA, O, jambe; garrel, boîteus; garret, jarret; garroun, jam- 
bon, irigot, etc. Page 55. 

GARRD, aussi garri, mâle ardent; verbe garrar, et garroun, matou. 
Même page. 

GARRI, rat, proprement «coureur» (v. «garra», p. 55, et confr. «rat»). 

GARRIG, chêne ; garriga et garrigal, chênaie ; garrigol et autres 
dimimulifs. Page 55. 

CARROUS, chêne nain, en Provence. 

GARROUSSA, O, gesse. Page 55. 

GARROUSTA, O, terrain inculte, bois de petits arbres; etc. 

GARS, mâle, home ; garsa, maîtresse de maison; garset et garsoun, 
jeune gars ; etc. Page 55. 

GARSINA, O, terrain élevé, inculte. Même paçe.. 



— 206 — 

GASAL, forme de «gadal», gai, joyeus ; gasalia, O, et autre» dérivés 
inscrits; plusgasar, en français t jaser», et dérivés gasari, aire, ja- 
seur, et gasin, banc où les femmes vont s'asseoir et bavarder. 

GASAN, gain; GASANIAR,en français contracté « gagner » (b.l. t vuada- 
niare»,du germ. «waidanjan», paître). 

*GASPA, O, le pétillait. A' mon avis, pour *vadpa, de la radine vad, li- 
quide, et de la finale /»a, féminine de pus ; gaspar et gaspechar, 
boire du petit lait; gasparoun, même signification que «gaspa»; 
gaspil, pluie fine, dans l'Hérault; gaspiliar, bruiner ; gaspous, 
bruineus; etc. 

*GASSA, O, la pie. Pour *gactia, *gacha, delà même racine onomatopéi- 
que gac que dans agach», geai, et non du germ. «galstra » do mes pré- 
décesseurs. En italien « gazza » . Le sens du mot est « la bavarde » (on dit, 
d'ailleurs, en parlant d'une femme qui a du caquet : «bavarde come une 
pie»). La forme «agassa, o», est due à l'influence du français «agace » de 
la même signification, dû lui même à l'influence de «agacer», qui est 
d'une autre origine : on a dit « una gasaa», et les écrivains ont compris 
«un' agassa », Et gassoun, jeune pie. 

*GAU5 probablement pour *gaua, o (avec la même chute de la voyelle finale 
que dans «bro» pour *broga), canal de moulin. Il serait une forme fémi- 
nine de «gave», ruisseau. La grafie «agau» me paraît due à une confusion 
de «la gau», que la pensée de «aqualis», chez les latinisants aura fait 
prendre pourl'agau. 

GAUATA, O, forme de «galata», jante, dans le Cantal; et dérivés. 

*GAUBI, forme de «galbi»; contour, adresse. Et dérivé. 

GAUD, joyeus, gai (b. 1. "gaudius). 

*GAUD, terme de mépris, employé par la basse classe des villes, en parlant 
des habitants des campagnes, et par quelques prélcntieus des plaines, en 
parlant des montagnards. Soit pour 'gabaud, de la même racine que «ga- 
bache»; soit, au sens exact de «qui a l'esprit incomplet ou de travers», 
la même racine que le breton «gaô» ou «gav», tors, de travers, «gaou», 
tort, mensonge, et le gallois « gau », môme sens, auquel cas le d de notre 
mot serait venu sous l'influence de l'autre «gaud » . 

*GAUDA, O, jate (gavata); et dim. gaudella, o. Page 55. 

*GAUDA, O, sorte de galette. Soit parce que de forme plate corne l'uslcn- 
sile. Le dit français «poêle» et notre «padella»; mais nous employons lo 
mol gaulois auisi eouvonl que l'emprunté. 

*GAUDRE, nom des torrents qui «illonent la pente méridionale des Alpi- 
nes, paraît dénoter un *gavrotos, dérivé de 'gavos, gave. 



— 207 — 

GAULA, O, gaule ; gauladis, choses abalues à la gaule ; gaular, 
gauler; etc. Pages 55 et 56. 

GAULIA, O, contracté de cgadoulia>, boue liquide; gaulias, clC. 

GAUMA, O, goitre; ulcère au cou des animaus. Quelquefois, par altéra- 
tion, tbauma». Pour *gavama, *gabama voyez «goume»); Et gauma- 
da, variété de fauvette à gros jabot; gaumat, goitre. 

GAUNIA, 0,joue, en mauvaise part; gaiiniar, grimacer; gauniari, 
,'rimacier; gaunias, jouflu; gaunioilS, renfrogné; etc. P. 56. 

GAUTA, O, joue; gautada, o, giûe; gautar, gifler; gautas, jouflu; 

etc. Page 56. 

GAVA, O, forme de <gaba>, gorge, gosier; gavach, et autres dérivés 
analogues à ceus de « gaba > . 

*GAVE, forme de cgabe», ruisseau. 

GAVEG, petit couteau à lame formant crochet et serA'ant à retirer une 
chose enfoncée dans une autre, à cerner les noix, etc.; et diminutif ga- 
vechoun. De la rac. gJVy var. de gab^ Confrontez € gafa», crochet, etc. 

GA VITRE, forme de «gabitre». 

GAVOT, forme de «gabot», au sens de ùiontagTiard(enb.lat. tgavolus»); 
gavoto, o, danse de montagnards; gavoutot, petit montagnard; etc< 

GEL, le gel (1. gelu). Il peut se faire que GELBE ou GIELBE, chatouilleus au 
toucher, se relie ici par un sens premier de frileue. 

GENEC (le g prononcé avec chuintement, aussi dani tous autres mots 
où il est suivi d'un e ou d'un i), générateur. Page 56. 

GENS, come en français; par extension, aucun, rien (confrontez le français 
« persone», employé pour c aucune pereone ^ : «Y avait il quelqu'un ?>- 
«Persone»). Par abréviation, on dit ordinairement GES. 

GENT, poli, gracieus (I. genitu?); et diminutifs GENTOT, GKNTOUN, GllN- 
TOUNEL, en français «gentil», t gentillet». 

'GIBA, O (le g prononcé avec chuintement, aussi dans les mots des arti- 
cles qui suivent), serpe et crochet, soit chose en courbure (en ancien 
français <gibe>, sorte de crochet à long manche pour la chasse, d'où 
€ gibet», également crochet; et un autre ancien français *guibe, avec 
dureté ancienne du ^, d'où le populaire «guibole», jambe d'enfant ou 
jambe faible : «il ne tient pas sur ses guiboles»). D'une racine centrale et 
méridionale ^j^. Avec dérivés : gibar, émonder à la gibe ; un autre 
verbe gibar, au sens de obliquer, courber, en parlant des bœufs pares- 
seus on fatigués qui se penchent sur le timon, d'où giliedouira, O, 



— 208 — 

cheville plantée dans le timon et qui empêche les bœufs de s'y pencher 
(il y a aussi un autre «gibar», s'élever en bosse, mais je le laisse au latin); 
gibel, petit crochet; gibelet, foret, tire bouchon, soit aussi petit cro- 
chet; gibelar ou contracté giblar, tordre; gibelot, pièce de bois 
courbe fixée entre Tétrave et les plais bords d'un navire; etc. 

GIBE, chagrin, inquiétude, A' mon avis, pour *gipe ou réduit de tgipre» 
(le breton a echif», au mcme sens que noire mol, mais ce «chif» paraît 
emprunté); et GIBAR, se chagriner, être inquiet. 

GIBOULA, O, tourbillon de neige ; giboular, d'où giboulada, O^ 

en français «giboulée»; et adj. giboulous. Page 56. 

GIBOURNA, O, corne «giboula»; gibournar, etc. 

GIBRE, givre; gibrar, givrer, d'où gibrada, o, un diminutif gibril, 

polit givre ; et un adjectif gibrous. Page 5(5. 

*GIGA, O, pour l'ancien «guiga», jambe; gigar, mouvoir les gigues, cou- 
rir, en ancien français «giguer»; gigot, come en français, et parallèle 
gigoun, employé aussi dans le sens «qui a de courtes janibes; etc. ïia- 
cinc cig et gig, la même que dans le nasalisé cingeto de Vcrcingélorix, 
grand chef des guerriers, proprement de ceus qui marchent à la conquête, 
et la même que dans le latin « gigas», géant, etc. 

*GIMBEL£T, et contracté gimelet, foret, tire bouchon. Formes nasali- 
sées de «gibelet», exactement petit crochet. 

*GIMBLA, O, gaule flexible, houssine (b. 1. *gimbula, *gimbela, d'une 
forme radicale ^//«&, nasalisée de gib); gimblar, balre à coups de 
gaule, etc. 

GIMEL, jumeau (1. gemellus); et diminutif GIMELET. 

GINEST, genêt (1. genista); et diminutif GINESTOUN. 

GINGIR, trembler de froid, greloter; et avoir les dents agacées par l'acidilc 
d'un fruit vert ou le grincement d'une sie. Peutêtrc redoublement de gi, 
froid, le second sens de notre verbe pouvant être, au propre, frissoner 
(des dents); peutêlre participation du mot «gengiva». Doulcus. El dérivé 
GINGIN, grelotement, frisson. 

GINGOULAR, gémir, se dit surtout du chien et du porc. Pculctre d'un h. I. 
•gemicularc, venu du 1. «gcmere». 

GINOUL, en français réduit t genou»; et dérivés. 

GIPRE chagrin, inquiétude ; GIPRAR, être chagrin, être de mauvais hu- 
meur; GIPROUS, inquiet, grognon. La grafie «chipre», etc., me paraît 
moins bonc. 



— 209 — 

GIRBA. O, claie tournante, porte de champ, en Auvergne. Serait il un chuinté 
de cguirba», au sens de chose tressée? 

GISPARRA, O, même sens que cgiboula»; gisparrada, o, etc. 

GLAIRA, O, glaire; glairoun, bave d'enfant; etc. Page 57. 

GLAS, bleu clair, bleu pâle. En breton cglâz», vert, gris, bleu, pâle, en 
gallois €glas», en vieil irlandais cglass>, gris, d'un celtique *glasto-y 
selon Henry. 

GLASI, glaive (1. gladius). 

GLENA, O, glane ; glenar, glaner; etc. 

GLESIA, O, aussi glesa, glaise; et glesious ou glesous, glaiseus. 

GLET, pain non levé qui reste serré come de la cire, de la glaise. Dénote 
un 'glitos, de la même origine que «glesia». 

*GOBAR, avaler; en français c gober». L'un et l'autre de la racine ^o^, 
variante de gab^ saisir, prendre. Et dérivés. 

GOBEL, come cgabel»: tasse, verre à boire. 

GOBI (prononcé avec l'accent sur l'o), crochu. Employé au pluriel, en 
parlant des doigts engourdis par le froid . Dans quelques dialectes d'oïl 
€ gobes» (avoir les doigts gobes). De la même variante gob de gab que 
dans egobar». En breton «gof» pour l'ancien e gob » , forgeron, fabricant 
de serrures ou crochets, en nom gaulois Gobannion, forge. Le cgurdus», 
gourd, doné pour origine, est absolument impossible ici. 

GOBI, goujon, en Rouergue. Ce mot est identique au bas latin cgobius» 
et tgobio» (je dis cbas latin», car il ne se trouve que dans les auteurs 
postérieurs à la conquête), et sa signification propre est « le goulu » 
(confrontez, pour cette signification, ctrugan», «trugon», «Irougon», 
autres noms du même poisson). 

GODA, O, aussi gouda, o, fille de joie. Mot adjectif employé substanti- 
vement et venu d'une variante god de gad, être joyeus, qui est dans cga- 
dal» (voyez ce mot), laquelle variante se trouve, au sens étendu de être 
lubrique, dans le vieil irlandais cgoithim», traduit par cfuluo». Et dimi- 
nutifs godina et godineta, o, dans l'Isère. 

GODE, pour *bode, boudin. Rarement usité: on emploie ordinairement 
cgogue» . Et godivel, petit boudin, et petite andouilletle faite d'un cer- 
tain hachis. Mot passé dans le français «godiveau». 

GOGUE, boudin. Pour *bogue, de boc, enfler, avec la même équivalence 
du g initial que dans «goudoufe », enflé, comparé à « boudoufe », de bot y 
variante delà mèmerac, et que dans d'autres mots. .Avec féminin «goga», 



— 210 — 

en Limousin; et dérivés gougada, O, repas au «gogue» ou à la «goga», 
le jourde regorgement du porc, dans les petits ménages, fête de famille; 
gougalia, o, même sens, en français «gogaille», au sens étendu de 
liesse; cl gougaliar, faire gogaille. 

GOLSA, O, gousse de légume. Page 57. 
GOR, abcès, tumeur, pus. Même page. 

GORG, aussi gorg, creus profond dans une rivière, gorge, goufre; avec 
féminin gorga, O, et diminutif gorgol. 

GORMA, O, gourme. D'un vorma, féminin du celtique vorwos, de même 
famille que borma. Page 57. 

GORRA, O, truie, et prostituée, coureuse (en ancien français « gorre » : «la 
grande gorre », Isabeau de Bavière). Ce mot est douteus : il peut cire 
pour *vorra, et se parenler avec le latin «verres», porc mâle, dont l'ori- 
gine n'a pas été donée (confrontez le bourguignon «vorrat»); il peut aussi 
se relier à «gorre», trouble (voyez ce mot), par un sens étendu de animal 
sale. Nous avons pour dérivés : GORRET, porcelet, en français «goret»; 
GORRIOULAR, grogner ; etc. Voyez la forme « gourra ». 

GORRA, O, livrée dune noce, petit ruban; au pluriel, petits ornements ou 
bordures. Mot gascon, correspondant, pour le sens, au breton pluriel 
«bragaldiezou», et, pour la racine, à «gouriz», ceinture, d'un *wer-isti, 
selon Henry, mais pouvant, à cause de la couleur, venir du basque «gorri», 
rouge. 

*GORRE, trouble, en parlant du vin qui sort du pressoir, et de Taue qui 
est terreuse à la suite d'un orage («l'aiga es gorra». Peutêlre d'une racine 
gors, gallo méridionale, la même qui a produit le latin « horrere » pour 
*gorrcrc, être hérissé, être hideus, horrible. Il y a bien le breton et gal- 
lois «gor», abcès, pus, mais il est issu de «gor» chaleur (celtique *go- 
ros), et je ne crois pas à cette origine. 

GORSA, O, terrain inculte, friche. Page 57. 

GOT, gobelet, en toulousain. A' mon avis, pour *bot, soit vase rond, lit 
goudet, diminutif, en français «godet». 

GOUA, O, pour *gova, gorge, gosier; gouar, gorger; etc. En français 
« cii-gouer», du sens exact de obstruer la gorge. 

GOUALIA, O, gaule; goualiadour, gauleur, gouailleur; goualiar, 
etc. I*age 37. 

GOL'APA, O, grand mangeur, gouape. Soit de «goua», gorge; soit du lalia 
• vapj)a», vin éventé, au sens ligure de vaurien. 

GOUAS, chef de cl.'iti. Il existe encore deus clans gaulois, dans le Ptiy 



— 211 — 

de Dôme, sur les limites de la Loire; et le chef de chacun est dit aie 
gouas» (dictionaire patois du Docteur Bertrand). La racine de ce mot est : 
soit vas, qui a produinle français «vassal», «gas», etc. ; soit gu, égale à 
bu, produire, engendrer. 

GOUAS, gué (1. vadum). 

GOUBAR, forme de «gobar», gober; goubari, aire, avaleur, au figuré 
crédule, qui gobe tout ce qu'on lui dit (en français t jobard»). 

GOUBEL, forme ordinaire de «gobel», verre à boire; goubelet, etc. 

GOUBIA, O, sorte de ciseau; goubiar, travailler à la goubie ; etc. P. 58. 

GOUDA, O, forme de «goda», fille de joie; Et diminutifs. 

GOUBIN, nasse à deus entrées. 

GOUIA, O, aussi gouja, o, formes de «vouia» et « vouja», serpe, vouje; 
et diminutif gouiet ou goujet. 

GOUDOUFE, pour «boudoufe», boufi; et goudoufar, pour «boudou- 
far», enfler, boursoufler. On emploie aussi «goudoufe» au sens de reflux. 

*GOUIA, O, fille, servante; gouiat, garson, domestique, par dénigre- 
ment garson lourdaud; gouiet, jeune garson; gouieta, O, jeune fille 
(en Guyenne, «fiancée»); etc. Racine gu, égale à bu, être, produire, 
engendrer. 

GOULSA, O, forme de «golsa». 

GOUME, goitre, ulcère qui vient au gosier des animaus, et, par ressem- 
blance, bosse qui se forme sur les plantes, les arbres. Ce mot, plus répandu 
que «gaumai, dénote un contracté *goumos, pour *gouomos ou *govo- 
/nos (confrontez «gaunia», de*gav2nia, «gauta»,de *^ava/a, joue, elle 
breton «javcd» pour précédent «gaved », même sens déjoue, et «jôtôrel», 
goitre, d'une forme contractée «jôd»). Et: goumoun, petit goitre; etc. 

GOUNA, O, robe; gounel et gounet, jupon; gounella, o, robe 
d'enfant; etc. Page 58. 

*GOURD, aussi gourde, lourd dans ses mouvements; et gourdechar, 
se rouler paresseusement par terre. Ces mots me paraissent être de la 
même origine que l'erse «goirt», lourd d'esprit, le gallois «gwrdd», gros, 
l'espagnol « gordo», gras, le bas latin «gurdus», sot, lourd d'esprit (que 
Quintilien dit être d'origine espagnole, mais qui devait se trouver aussi 
dans notre Gaule, et même dans lecelt. d'Ouli'c Manche, d'après l'erse et 
le gallois cités), en français t gourd», enflé, gros, qui ne peut pas se 
remuer. Rac. prob. gur, forme de cur de curtos, gros, court, trapu. 

GOURG, forme de «gorg»; gourga,0, féminin, gourgarel,aujet d'un 



— 212 — 

moulin; gourg oui, flot d'un liquide bouillant ; gourgouliar, bouil- 
loner, aussi grouiller; gourgoulioun, etc. 

GOURMA, O, forme de » gorma » ; gourmous, etc. 

COURRA, O, forme de «gorra», truie, et prostituée; GOURRAR, vagabonder; 
GOURRET et GOURRIN, porcelet, et féminins, au sens plus spécial de 
prostituée; GOURRINAR et GOURRINECHAR, galvauder, fréquenter les 
gourrines; GOURRINALIA, O, les vauriens, comparés à des porcs, come 
ils sont comparés à des chiens dans » canaille » : etc. 

GOURRA, O, tromperie, fraude, drogue falsifiée; GOURRAR, tromper; et 
GOURRARI, AIRE, trompeur, dupeur. Le sens de tromper pouvant se re- 
lier à celui de troubler, brouiller, confrontez « gorre ». 

GOURRET, pour «bourrel», bouvillon. Page 58. 

GOUS, chien, Peutêtre pour *gousc, puisque Tesp. est «gosque»; mais l'ori- 
gine est incertaine. Et : GOUSSA,0, chienne; GOUSSALIA, etc. Par exten- 
sion, «gous» se dit au sens de vagabond, de vaurien, en français em- 
prunté «gueus». 

GOUTA, O, goutc (1. gutta); et GOUTAL, gouticre, rigole d'écoulement, lieu 
arrosé par une sourse. 

GRABA, O, forme de «grava», sable, grain de sable; etc. 

GRABAR, forme de «gravar», faire des rainures, graver. Et dérivés. 

GRAFA, O, forme de «grapa», grife; grafar, etc. 

GRALIA, O, querelle. Pour *garalia et « varalia» («cercar gralia», cher- 
cher querelle). 

*GRAMP, chiendent, plante à racines traçantes. Mot du Tarn, etc. 

*GRAN, et féminin grana, O. En français «grain» et «graine». En cel- 
tique probable *granos ou *granon (dans le vieil irlandais «gran», le 
gaélique «grainne», le gallois «grawn» et le breton «greûn», grain, 
graine, identiques au latin «granum», et venus, come lui, d'une racine 
gra et gre, signifiant briser, les grains ou graines ayant été consitlérés 
come brisures. Nous avons, en plus : un verbe granar, produire des 
graines; granatari, marché aus grains; et granissCl,0, j)ctile grêli'. 
grésil, soit ensemble de |)ctils grains (d'un * granit ia, qui peut avoir clé 
formé depuis lu conquête et participer du latin et du celtique, mais qui 
peu! aussi rire très ancien en Gaule et ne rien dcvntrn «irraniim »\ d'où 
granissar, faire du grésil, de. Voyez «grun » . 

GRANOULIA, O, pour 'gara nou lia, grenouilK >; granoulioun, petite 
grenouille ; etc. Page 58. 



*GRAP, forme de «crap», et féminin, plus souvent employé, grapa, O, 
grife, aussi grape; grapar, saisir avec les grifes; grapald, crapaud; 
grapas et féminine, grande grife ; grapet et autres dimin. grapetar, 
en français «gratter» pour *graptcr et *grapeter; grapinar, dérober, 
voler; grapiniar, égratigner; etc. 

GRASAL, sorte de large vase de grès ou de terre cuite pour le lait (en bas 
latin «g-radale»); grasala,0, forme féminine; et diminutif grasaloun. 
Racine oT-t et _^re, briser, la même que dans «gran» ci dessus, et que 
dans «grès», sable, grain de sable, et «g'rasa», la g'rêle. Pour le sens de 
choses faites de grès qu'ont «grasal» et son autre forme «gresal », con- 
frontez l'équivalent «terrine », vase en terre, 

GRASIL, même sens que «brasil», diminutif de «brasa», braise, frag- 
ments de bois brûlé. Mot pouvant participer du dit «brasili» et de la rac. 
gra ou grad de « grasal » . D'où : grasiliar, faire cuire sur la braise, etc. 

GRAT, gré (1, gratus); etc. 

GRATAR, contracté de «grapetar», sous l'influence du français; grata,0, 
la gale, maladie gratante, gratadis, raclures; gratadour, gratoir; 
gratoul et féminin, plante épineuse; gratoulenc, épineus; etc, 

*GRAU, rainure, coulisse, ligne creuse faite dans une planche pour y en- 
castrer une autre planche, et mortaise quelconque dans le bois ou dans la 
pierre; gravar, faire une rainure; gravadour et gravari, aire, 
graveur. On a tiré le français «graver», correspondant de notre «gravar», 
d'un germanique «graban», alemand moderne «graben», et l'on a doné 
à ce français le sens premier de faire une raie dans les cheveus. Ce sens 
ne peut être le premier, car, à mon avis, la racine est grap, et la signifi- 
cation exacte des verbes en question est : faire une raie avec une grife ou 
avec un outil imitant la grife. Au reste, le parallèle français «gravir», 
grimper, monter à un arbre ou à des rochers en se servant des grapes ou 
grifes, vient coufîrmer cette origine; et nous n'avons eu aucun besoin du 
germanique, car la famille est complète chez nous et ne l'est pas chez lui. 

GRAU, sable, grain de sable. Page 58. 

GRAUG, et féminin grauca, O, lande stérile, sableuse. Page 59, 

GRAULA, O, corneille, en français «grôle» (lat. «gracula»), 

*GRAUP, aussi gr^aupi, forme ouverte de «grap», grife; etc, 

GRAVA, O, forme féminirfe de «grau», sable; gravaira, eira, o, sa- 
blière, et promenade sablée; gravairoun, banc de sable; gravous, 
et gravairous, sableus; etc. 

GREL, en français le diminutif «grillon» (1, grillus). 



— 214 — 

*GREP, aussi grepi, élal crochu des doij,4seii-ouiclis par le froid: tuLcre 
grepi). La forme «guerp» n'est qu'une transposition. Le mot est de la 
même racine que dans «grap» et «gripa», grife, crochet. 

GREPIA, O, aussi *greja,o» (par la chute du/> et Talongement de 1'/), crè- 
che (germanique «krippia», «krippja», mais parent probable du breton 
«kraou», du gai. «craw» et de l'irl. «cro»,étable, d'un celt. *crapos, toit). 

GRES, sable, grain de sable; gresa,0, forme féminine, gresal, terrain 
sablons ; gresar, sabler; gresari, aire, gésier, sablier des oiseaus; 
gresesc et gresous, sableus. Page 59. 

GRESA, O, la grêle, mot identique à «gresa», sable, avec sens particulier; 
gresar, grêler; grésil et gresin, petite grêle, en français l'un de ces 
diminutifs : «grésil»; gresiliar et greslnar, faire du grésil; etc. 

GRESA, O, tartre, autre mot identique à «gresa », sable, la tartre étant 
granuleuse; et gresar, former de la tartre. 

GRESAL, forme de «grasal», vase de grès; et gresala, O. 

GREU, forme de « gi'au», sable, et désignant particulièrement le tuf. 

*GRIFA, O, forme altérée de «gripa»; et dérivés. 

*GRIN, tristesse. Mot dénotant un *gritnos, forme de *cntnos, tremble- 
ment (voyez «crinia», crainte, page 41), avec signification un peu dis- 
tincte, mais toujours celle de douleur morale; et identique au français 
«grin» du substantif composé «chagrin» (la première partie de ce composé 
est le préfixe cat, ici ca devant une consone, corne je l'ai dit ailleurs 1. 
Avec forme féminine grinia, O, verbe griniar, jidjcctif grinious, el 
un autre dérivé grinessa, O, même sens que «grinia». En oïl «grigne » 
et «grignon», triste, morose. On dit quelquefois «grim» pour «grin», au 
sens de triste, mais ce «grim» paraît emprunté à l'italien «grime». 

*GRINIA, O, moustache. A' mon avis, mot venu : soit d'un celtique de 
môme forme, venu lui même d'une racine grcn et grin, poil, primitive' 
possible de grcnd du celtique *grenda qui se trouve, selon Victor Henry, 
dans le gaélique «greann» et le vieil irlandais «grend», barbe, le gallois 
«gronn», cil, paupière, et le breton piéfixé «gourrenn» pour 'gour-gronn, 
sourcil ou cil supérieur; sqit du dit *grenda, par un dérivé 'grindia cl 
un assimilé *grinnia. Avec dimin. griniol et grinioun, en ancien 
français «grenon» et «grignon». Lue forme crifi de la même racine me 
paraît se trouver dans lo latin « crinis »', cheveu, devenu en français 
«crin», et cette forme (trmerail ma présumée j^rc« et grin, de «grinia». 

*GRIPA, O, forme de «grapa», ongle, grife, gripar, griper, el monter à 
un arbre ou à un rocher au moyen des gripes (en français le nasalisé 



— 215 — 

«?rimper»\: gripada, O, coupa de grifes; gripari, aire, qui gripe; 
gripet, sentier rapide; etc. 

GROUAR, pour *gTOugar et 'crougar, se tenir accroupi. Se dit aussi en 
parlant de la poule qui couve. Voyez «crouga» et «s'acrougar». 

GROULA, O, forme de «garoula», vieille chose, vieille chaussure. 
*GROULIAR, grouiller. Me paraît être pour *gourouliar, et se parenter 
avec le breton et le gallois «gorre», chaleur, du celtique *<^oro5. La signi- 
fication exacte serait: être en fer\'escence, bouilloner. 

GROUMEL, peloton (b.l. *grumellu3, du 1. grumus); GROUMELAR. etc. 

*GROUP, forme de «croup», nœud, assemblage. En Haute Provence, on 
doue aussi à ce mot le sens du prénom «nous». En français «groupe» ; en 
italien « groppo » . On dérive nos mots de cet italien ; mais, si « groppo » 
peut, en terme d'artiste, être pour quelque chose dans le français «grou- 
pe», il n'est pour rien dans nos mots ociens. Et: groupa, O, croupe, 
groupioun, petit nœud; etc. 

*GRUELA, O, aussi gruelia, o, écorce. Me paraît une forme féminine 
de «bruel»; au sens de chose qui entoure, qui envelope. 

*GRUES, tuile convexe sur le faîte des toits, et qui envelope la pointe des 
tuiles du rang supérieur. 

*GRUN, parallèle de «gran», grain, gnina, O, graine; etc. 

GRERCH£, oblique, de travers, louche ; guerchar, obliquer, pencher, 
loucher, regarder du coin de l'œil; et guerchol, guerchoul, guer- 
choulin, petit louche. Page 59. 

GUERLE, aussi guerlie, come «guerche», mais, plus particulièrement, 
louche ; et guerliar, loucher, guerlioun, petit louche. Même page. 

GUERS, come «guerche», et crochu (en parlant des doigts engourdis 
par le froid; guersar, etc. 

'GUILIA, O, ruse, tromperie, guiliadour, trompeur ( b.l. guiliator ) y 
guiliar, agir par ruse, par détours, et guîliounar, graver en traits 
tortueus et entrelacés, en français «guillocher» (qui ne doit rien aus noms 
propres avancés par mes prédécesseurs). .\' mon avis, le sens exact du 
verbe est serpenter, et l'origine est la même que dans «gilarus» pour 
*gilaros, serpolet, plante tortueuse, rampante. 

GUINCHAR. gauchir. Emprunté possible de l'oïl «guincher», g. «wenkjan». 

GUINDOUL, aussi guindoun, cerise guigne; guindoulari, nari,et 
francisé guindoulier, nier, cerisier guinier. P. 60. 



— 2l6 — 

GUINIA. O, coup d'œil oblique; guiniar, regarder d'un œil, lorgner , 
viser; et guinioun, mauvais œil, guignon. Même page, 

GUIRBA, O, panier fait de lamelles tressées. Le latin «corbis» ne me paraît 
pas possible. Notre mot se tient plutôt à «girba», el l'origine est possi- 
blement un *viriva ou *viripa, de v/, tourner, ici au sens de tordre, tres- 
ser. Et diminutif GUIRBOUN. 

*GUIRLA, O, bride de sabot; en Auvergne. Dénote un *virila, de la même 
origine que «guérie» et «verlia». Et guirlûr. 

*GUIS, brandie principale y un arbre, celle du centre qui doit former le 
tronc, en Bas Limousin; et pièce de bois ronde à laquelle on amarre le 
bas de la voile des chaloupes et des petits bâtiments (pour ce sens de pièce 
de bois, dite aussi arbre, confrontez «arbre de couche», pièce horizontale 
qui transmet le mouvement dans une machine motrice, etc.). Le sens de 
« guide » n'est pour rien ici. Je vois un *guisi^, pour *guidis, *vidis ou 
vzt/ws, bois, arbre, corne le breton «g-wezen», arbre, «g-wez», sauvage, 
relatif ans bois (ce dernier d'un dérivé *veidos, dans Henry). 

GUISARME, et, altéré, jusarme, javelot. Page GO. 

GUISPRE, amer, séreus. Peutêtre pour «vispre». 

GUSAT, égal à «busat», milan, oiseau de proie. 



H 



HORDI, aussi ORDI, orge (1. hordeum). 

HORT, jardin (1. hortus pour *gortus, de la racine gart cigort, enclore), cl 
diminutifs HOURTAREL et HOURTET. En français «gord», rang de per- 
ches en angle au fond d'une rivière pour y retenir le poisson (b. 1. gor- 
dum, pour*gortum). 



IBE, if; et ibaria, o, Heu dits. Page GO. 

lO, lOU, je (1. ego, avec chute du g). Le j du français « jr « n\sl pas du tout 
l'adoucissement du g de «ego», quoi qu'on ail dil. 

IRA, O, colère (1. ira); ellROUS, colèreus. 

ISPRE, amer, séreus. Le latin «asper» n'est pas certain, car, en plus de la 
forme «guispre », nous en avons une en r, «vispre ». 



— 217 — 



JAGUER, coucher (cai jagut aqui», j'ai couché là), d'oùjAGUDA, 0(«de lai 
paguis à tal altre, Ti a una jaguda», de tel pays à tel autre, il y aune 
couchée, c'est à dire il faut deus jours, il faut coucher une fois en route). 
Notre verbe dérive du latin «jacere », même sens de coucher, et il con- 
serve dans le gu l'ancienne dureté du c; mais nous avons deus formes 
secondaires JASER en français c gésir» pour *jésir) et JAIRE. De tjaser» 
vient le substantif JAS, couche, logis, chez. On écrit «chas», au sens de 
«chez», par copie de ce français, et l'on dérive celui ci du latin «casa»; 
mais, si «casa» était l'étymologie, nous aurions, enoc, «cas» et non «chas». 
A" noter qu'on ne trouve point l'intermédiaire nécessaire «chèse», entre 
«casa» et «chies», précédent de «chez». L'origine est un *jacium, venu 
de «jacere», coucher (on trouve le fautif « jassium»). Le ch de «chies» et 
«chez» n'est qu'une mauvaise grafie du chuintement de notre y (chuinte- 
ment égal à celui du c, dont j'ai parlé à l'article « basta», page 21, et du 
g) ou du y de *jésir, grafie régulière de «gésir». On a dit d'abord, par 
exemple : «ad jacium Pétri», à la demeure de Pierre; ensuite «jas Peire», 
l'absence de la particule « de » s'expliquant par l'époque où le génitif exis- 
tait encore. Le correspondant français de «jas» est «gîte», pour «giste», 
et pour un régulier *jiste. A' Juniac, mon village, et presque partout 
ailleurs, on dit : «lou jas de la lèbre», la place où un lièvre s'est couché; 
« lou Jas del singlar», le gîte du sanglier; «lou jas d'un cabal, d'un 
biou » , la place de ces bêtes, à l'étable, aussi la place où elles se sont cou- 
chées dans le pré, et où l'herbe a été aplatie par leur corps ; etc. De son 
côté, «gîte» désignait, en ancien français, une demeure, un château, 
come le «chez» actuel : «le gîte du roi », «le gîte d'un tel»; encore sous 
Charles VI et Charles VII, le château de Vincennes était dit : «le gîte 
royal du bois de Vincennes ». Aujourd'hui on dit : «chez le roi » (en 
Belgique), « chez le prince un tel », « chez un tel ». 

JISCAR, sauter, gambader, faire une course vive, en parlant des animaus 
en liberté dans le pâturage. Je vois un amplifié pour *jicar ou un 
assimilé pour *jiccar, d'une variante en i du radical jac de «jacere», 
lancer, jeter. Et dérivés : JISCADA, O, course rapide des animaus ; 
JISCARI, AIRE, qui jisque; JISCLAR pour *jiscular, jaillir, et pousser 
des cris aigus (confrontez « jaculari » pour le premier dé ces sens), d'où 
JISCLADA, O, fusée de liquide, et cri perçant ; JISCLARI, AIRE, qui 
pousse de ces cris ; JISCLE, jet, et cri aigu ; JISCOUS, capricieus, 
esprit fuyant, 

JOUG, juchoir; joucar, jucher; joucada, O, femme accouchée. P. 60. 



— 21'6 — 

*JOUG, en français « joug >> (avec un v). Le celtique avait *iugos ou iugon, 
aussi avec g, puisque des noms propres Veriugodumnus, pour \'criugo- 
dumnos, Rigoveriugus pour Rigoveriugos, etc.; mais il avait aussi *iucos 
ou *iucon, puisque Veriucus pour V^eriucos, dans une inscription de 
Valence, et noire diminutif joucot, sorte de collier d'âne ou de mulet, 
paraît confirmer plutôt la forme en c. Vin latin « jugum », en sanscrit 
« jugam », en alemand « joch», etc. Nous avons deus autres mots de la 
même racine : jouaira, eira, O, branche tordue servant de lien, dérivé 
d'un *iugaria; et joulia, o, corde ou courroie servant à lier les cornes 
des breufs au joug, dérivé d'un *iugilla, petit lien, ou d'un *îugilia, 
ensemble de liens. 

JOUNGER (avec l'accent sur la première syllabe), et fautivement JOUNGE, 
en français altéré «joindre » (1. jungere). 

*JOU'VENG. Jeune. Dérivé de ioyencos (en breton «youank », en comique 
«youenc», etc.), de la racine ieii. Ce mot et son féminin jouvenca, O, 
ont été remplacés presque partout par «jouven» et «jouvena, o>, du 
latin c iuvenis » ou « juvenis », de la même racine, surtout dans les di- 
minutifs «jouvenel», «jouvcnot»; mais on dit quelquefois encore 
jouvencoun, jouvenceau, jouvencar, rajeunir. Le latin littéraire 
avait bien aussi « juvencus », « juvenca », mais ces mots ne désignait ni 
que le jeune taureau et la génisse, et ce n'est que dans les auteurs posté- 
rieurs à la conquête qu'on les trouve aus sens de jeune home, jeune lillo. 
A la rigueur, le latin n'a pu que se mêler au celtique. Même racine éga li- 
ment dans le germanique « jung», jeune, etc. 

JURGA, O, limace; et JURGOUN, limaçon. Origine incertaine. 



K 



*KIGHA, o, pour « caicha » et «cacha», pression, meurtrissure, dans 
la vallée du Hhône ; kicha, O, nom d'un jeu d'enfants où l'un des par- 
ticipants donc des coups de genou à un autre en le serrant, mot identiinif 
au précédent ; kichar, pour « caichar » et «cachar», presser, scmi. 
par extension serrer dans un meuble, et fermer; kichada, O, j)resï;i.i;i 
et, particulièrement , poignée de main, serrement de main ; kioha- 
dour et kichari, aire, ouvrier prcsscur, foulon, et levier qui sert à 
faire tourner la vis d'un pressoir; kichadura, O, meurtrissure: 
kichet, targette, petit verrou, petite porte pratiquée dans une grandi . 
en français, avec g, « guichet », mol pour lequel on est allé chercher im 
Scandinave « wikja», un suédois <« wicka > et autres lointaines impost-i- 



— 219 — 

bilités; kichetar, fermer à la targette; kichetari, aira, guichetier; 
kîchoun, pinçon ; et un composé kichaped, traquenard. Ces mots 
de la vallée du Rhône sont des formes de « caichard » ou «cachar», 
presser, et dérivés. 

"KIN, chien. Mot ordinairement chuinté, « chin », dans les montagnes du 

Plateau Central. Et kina, O, chienne, kinot, petit chien. En breton, 

vi », en gallois «ci», en irlandais et en gaélique ccu», etc. D'un 

_ltique eu, cun, au pluriel cunes ; en grec xutôv, au pluriel xjV£ç ; 

en latin amplifié «canis», d'où notre c can » du Midi; en picard et en 

normand « kien ». Le latin n'a pu que se fondre dans le celtique. 



LABRE, coupure; labrar, déchirer, couper. Voyez page 61. 

LAC, petite lanière, petite déchirure servant de lien, particulièrement 
collet pour prendre les oiseaus (en franc, altéré « lacs» ), et ganse fixée 
à lua des côtés de la poitrine, où les fileuses passent la quenouille. Mot 
dénotant *hcos, de la racine hc et loc, déchirer, qui est aussi dans le 
latin «lacerare», et qui est la parallèle de lop et /o^, citée aus articles 
€ labre», cloca» et «lope» (corne je l'ai dit ailleurs, le latin tlaqueus» 
n'a pu que se fondre dans le celtique). Et : lacar, tendre des collets; 
lacada, o, enfilade de collets; lacoun, petite ganse, lacet. Par un 
'lacios, secondaire de 'lacos, nous avons aussi : laci, prononcé avecl'ac- 
cent sur Va], et diminutifs laciol et lacioun, même sens que tiacoun» 
(en oïl, des formes féminines «lace» et «laisse» pour *Iaice : conduire un 
chien en laisse, par un cordon); laciar, etc- 

LAC, amas d'aue, en français même forme (1. lacus); LACAR, inonder (conf. 
«relacar» et «relancar», dégeler); LACAS, gâchis, bourbier; etc. Nous 
avons, en plus, quelques dérivés qui pourraient faire croire à l'existence 
de la racine iac, dans la Gaule méridionale : LAGAN et LAGANIA, O, 
bruine, pluie, larmes, LAGANIAR et LAGANECHAR, bruiner, pleuvoir, 
pleurer, LAGANIOLA, O, gonorrhée, et LAGANIOUS, bruineus, pluvieus , 
mais sans véritables preuves. Il y a bien le nom 'Eburolacum, d'où Ebu- 
rolacensis, qui peut venir d'un Eburolus et Eburolos, avec finale acum 
pour acon, mais ce nom peut aussi avoir été formé après la conquête, et 
devoir sa seconde partie au latin • lacus » . 

LAGA, O, aile de la charrue; lagar, étendre; laguet, délai. P. 61. 

LAGUI, languison; laguiar, faire languir; laguious, indolent. M. p. 

LAI, là, là bas. Même page. 



— 220 — 

LAISA, O, bord, lisière, largeur; et LAISAR, élargir. Même page. 

LAMBE, nasalisé d'un perdu *labe («labre» a prévalu); lambel, diminu- 
tif, en français «lambel» et «lambeau» (le premier au sens de brisure 
formée par un filet horizontal dans la partie supérieure des armoiries 
des cadets); laïubi, égal à «Ïambe» ; lambiar, couper par tranches; 
lambias, gros morseau. 

*LAMBOURDA, O, en français « lambourde », pièce de bois sur laquelle 
sont fixées les lames du parquet. Probablement composé du radical de 
«lambre», et de «bourda», poutre, la lambourde étnnt une poutre 
refendue. 

LAMBRE, nasalisé de «labre»; lambrar, come «labrar» ; lambris, 
tranches, planches minces; etc. Voyez page 01.' 

LAMP, éclair, foudre; et, possiblement dérivé, LAMBRE, d'où LAMBREC, 
même sens. Et verbes LAMPAR et LAMBRECHAR, faire des éclairs. Il y a 
au moins parenté avec le latin «lampas», flambeau. 

'LANA, 0, plaine. Mot béarnais, dérivé possible d'un celtique hna, fémi- 
nin de lanus, uni, plane, pour 'pianos, avec chute du p initial, de la ra- 
cine pla, étendre, qui est dans le nom de la ville gauloise Médiolanum 
pour Médiolanon, Milan, soit (ville du) milieu de la plaine (lombarde), 
dans le latin «planus», et, avec une autre finale, dans le breton «leur», 
pour l'ancien «laur», sol, aire, l'irlandais «lar», sol, d'un précédent 
*lara pour *plara, etc. 

LANCIA, O, aussi lança, o, arme de jet, lance; lanci et lancie, élan, 
élancement, jet, et crise; lanciar et lançar, jeter, lancer; lance- 
char, produire des élancements, en parlant d'une douleur; lancis, les 
zigzags delà foudre. Pages 61 et 62. 

LAND, espace, en Périgord : ouvrir de land en land, ouvrir entièrement, 
à (leus bâtants; aller de land en laad, aller dun bout à l'autre; lailda,0, 
pacage, grande étendue depays; landar, ouvrir tout grand, faire sortir; 
landar, courir les landes, errer, fainéanter, d'où landari, coureur, 
fainéant; landas, grande lande; etc. Page 02. 

LAPA, bardanc (1. lapa); et dérivés particuliers LAPOUN, goémon, etLAPr< , 
pelote de la bardane. 

LATA, O, gaule, perche; latar, gauler; latada, O, etc. Page 02. 

'LiEG, mignard; qui mange par petites bouchées; qui semble lécluM- plut"! 
(pie manger : • filia leca », fille mignarde; leca, O, tartine; lecar, léclur, 
lecari, aire, gourmand; lecot et lecoun, petit lec; lecounar, 
correspondant à ce que serait un français "lichoner; » f< . IV^ la racine lc<.' 



leg, qui est aussi dans le vieil irlandais eligim», je lèche, le grecXîîxe'.v, 
le latin «linguere», Talemand « lecken », lécher (cet alemand ne peut être 
qu'un frère\ aussi dans l'irlandais actuel tliach», cuiller, d'un celtique 
*leiga, le latin « ligula», même sens, etc. 

LEGA, O, sorte de piège à oiseaus. Page 62. 

LEGA, O, lieue ; et legota, O, petite lieue. Même page. 

LEMA, O, un peu. Même page. 

LEMPA, O, tranche (de pain, etc.); lempar, couper par tranches; lexn- 
poun, petite tranche; lempounar, etc. Même page. 

LENT, humide de sueur, moîte. Paraît dénoter un *linitos, humide, de la 
même rac. // que dans linnos, étang, etc. 

LEP, aussi lepe, coupure, membre amputé; lepoun, diminutif; lepsir 
et lepounar, couper, amputer. Page 62. 

LESA, O, parallèle de tlaisa », au sens de large pièce de linge, dont on 
envelope les femmes en couche; etc. 

LÈU, tôt, et, en Béarn, prompt, rapide (1. «levis», léger). 

LIEGH, lit. On donc ce mot et le dit français «lit», come venus du latin 
«lectus», mais le composé cadaliectl, bois de lit, proprement ce qui 
va avec le lit, dont la première partie est purement celtique, me fait pré- 
férer */ecsos, qui a produit le breton «léac'h». Le latin en question ne 
doit être qu'un frère, come le grec AÉ7.Tp2v et \iyzz. La racine est lec ou 
leg, être placé, être couché. En vieil irlandais «laigim», je me couche, 
en gaulois legasit, il a placé; etc. 

LIFRE, gai, joyeus, joli, en Béarn et en Bas Midi. Dénote un *liber, de la 
même racine que le latin «libère», plaire, «libidinosus », licencieus, l'ai, 
«lieben». aimer, etc. Et LIFRIGE, amour de la joie et du plaisir. 

LIGA, A, lie, sédiment; etligous, lieus, bourbeus, Page 62. 

LIGNIA, O, bois de chaufage (b. 1. lignia, lat. lignum, bois). 

LIMPA, O, limon, sédiment, bourbe; limpar, glisser, etc. Page 63. 

LINSA, O, même sens que dimpa», mais d'une autre origine : égal à 
«lisa» (pour Vn, confrontez le breton «lenn» et l'irlandais «linn», étang); 
linsar, glisser dans le limon, dans la vase; etc. Page 63. 

LIPA, O, tranche (de pain, de viande, etc.), dans l'Isère; lipar, couper 
par tranches; diminutifs lipeta, lipota, lipoun, etc. Variante lip de 
1 racine lap, couper, tailler. 

LIS, aussi lise, plat, uni: lisadoUT, [fer à lisser; lisar, unir, polir, 
aussi glisser; lisoun, glissoire; etc. Page 63. 



— 222 — 

LISA, O, sable mouvant. Même page. 

LISAIRA, EIRA, O, bord, lisière. Même page. 

LISSA, O, enclos, palissade. Même page. 

LISSIOU, auc cendrée pour blanchir le linge (1. lixivus). 

LIVEL, en français «niveau» pour *liveau (1. «libellus», dérivé de «libra», 
balance, de la même famille que «aequilibris», équilibre, etc.). Nous 
avons aussi la forme «nivel», mais elle est probablement due à l'anc. fr. 

LOBA, O, forme de «lopa», grande sie. Page 63. 

LOGA, O, loche. De loc, être couché, la loche stationant sur le sable. 

LOGA, O, limace; et loucot, limaçon. Même racine loc. 

LOGA, O, déchirure, en français «loque». De la forme radicale en o de la 

racine lac, déchirer, citée plus haut, 

*LOGHA, O, aussi loucha, o, queue. Je relie ce mot au breton «loc'ha», 
aussi «luska» et fréquentatif «luskella», remuer, agiter, en gaélique 
«luaisg», même sens, dérivés, selon V. Henry, d'un celtique *louk-sko, 
j'agite; en français «locher», remuer (un cheval dont le fer loche), dans 
les dialectes «lochier », brandir un arbre pour en faire tomber les fruits, 
secouer une porte, etc. L'alemand, qui n'a que «lockcr», mouvant, ne 
peut, quoi qu'on dise, avoir fourni le français « louche », cuiller, et «lou- 
chet», égal à notre mot de môme forme. Quant au breton «losl» et ;iu 
vieil irlandais «los», queue; ils sont de la même racine, mais par une 
variante. 

*LOCHA, O, sorte de pèle. Mot probablement de même origine que «locha», 
queue, la pèle considérée come chose remuant la terre. 

*LOGHA,0, dans l'expression «boular en locha», suspendre à côté d'un 
chargement une caisse ou un tonneau qu'on n'a pu placer dessus; soil 
mettre en ballotement. En breton «loc'ha» et «luska», avec fréquentatif 
«luskella», agiter, berser, déjà cités. 

LOGAR, pour *locar, rompre. Uniquement conservé au sens figuré: rom- 
pre du fatigue (« es logat», il est exténué, il est rompu). Môme racine qui- 
dans «loca», déchirure. 

LOP, aussi lope, coupure, tronçon; lopa, O, grande sie. Racine /<>/>, 
variante de loc, déchirer, coupe i-. 

LOUBA, O, forme de «loba» et de «lopa», sic; loubar, etc. l'ayc 03. 

*LOUGHA, O, forme de «locha», queue. 

'LOUCHA, O, fnrf)' '1" .i.w.i.. -, ,,;.!,.; ,.( .inuinuiiriouchet. 



— 220 — 

LOUGHAR, même sens que dans «gibar» : se pencher (sur le timon), en 
parlant des bœufs ; et louchadouira, O, même sens que c gibadouira». 
Rac. loc, dévier, obliquer, qui est aussi dans le grec Xsçs;, de travers, 
le latin c luxare », déboiter un os, etc, et dont une parallèle lie est dans 
« ob-liquus > . 

LOUGIE, et fautif liouce, un éclair; louciar, etc. Page 63. 

LOUFIA, O, vesse; loufiar, vesser ; loufiari,aire, vesseur; etc. M. p. 

LOUIRA, O, loutre (1. lutra); au figuré, chien paresseus, persone paresseuse, 
traînard, parce que la loutre, quoique nageant rapidement, marche avec 
lenteur sur le sable et paraît se traîner. 

LOUPA, O, forme de dopa», sie; loupar, sier; loupet, en français 
«lopin», Page 63. 

LOURNIAR, en franc, c lorgner», doné come étant d'origine inconnue. 
Je vois, dans l'un et l'autre, un précédent *louc-erniare ou *luc-erniare, 
avec chute du c dur. Et lourniari, aire, qui regarde à la dérobée ou 
du coin de l'œil. 

LOUT, boue, limon (1. luium); LOUDA, aussi LOUDRA, O, forme féminine, 
même sens; et LOUDROUS, boueus. 

LOUT, paresseus, lourd dans sa démarche. Paraît se relier au radical du 
latin € luira» et de nos mots «louira», «lura» et «luroun». D'où LOU- 
DET, diminutif, et LOUDESSA, O, lenteur, paresse. 

LOUZERDA, O, l'un des noms de la luzerne, dénotant un *lusserta pour 

^liibserta, de la racine lub, herbe. 

LUCAR, luire; voir, fixer du regard, en français eluquer», dans le com- 
posé «reluquer»; lucada, O, éclaircie, œillade; lucadour, œil; lu- 
cambre, ver luisant; lucari, aire et dim. lucarel, lorgneur; etc. 
Page 63. 

LUCIE, come «loucie»; luciar, etc. 

LUGAR, come «lucar»; lugana, o, clarté, lumière; lugard et lugat, 
grande clarté, éclat de lumière ; luguechar, étinceler; etc. 

LUGRE, œil; lugrar, regarder avec soin; lugretîhar, clignoter. 

LUME, espèce de duvet qui courone plusieurs graines. Peutètre d'un celt. 
^lumos pour "pliimos, dont le latin «pluma» serait forme féminine. Et 
diminutif LUMET. Le breton «ulven», duvet, serait il pour *luven et 
'lumen, avec le remplacement fréquent de Vm en v ? 

LURA, O, forme de «louira». Voyez le mot suivant. 

LUROUN, luron. On a doné, pour le mot français, «leurre», piperie, « le 



— 224 — 

huron», le mineur, «lourre», muselle, cl «Icvron», pelit lévrier, autanl 
d'orif^ines improbables. A' mon avis, «luroun» ou «luron» est un dérivé 
de «lura», au sens fi^'uré de paresseus, qui sérail passé à celui de déver- 
f^ond'i, sens qu'a d'ailleurs en français le féminin «lurone» («c'est une 
lurone»), et à celui de compa^'-non joyeu.-; (*^'ai luron»). 

LUQET, œil, et luqetar, clij,'^noler. 

M 

MAGA, O, f;ros marteau, massue, et broie à chanvre; maca, O, meur- 
trissure, contusion, empreinte; macar, meurtrir, fouler, broyer; ma- 
cadour, broyeur (de chanvre, etc.); macadouira, O, maclioii-." 
cl broie; macarel, maquereau, poisson tacheté; macairoun, pinçon, 
petite meurtrissure; un composé macabiou, boucher, lucbMiif^ :.r>;i,- 
la seconde partie, voyez «biou»); etc. Pa^'-e G4. 

MAGEL, abaloir; macelar, abalre, tuer; cl macelari, lueur. .M. p. 

MAGH, pétrin (celto b.l. ma{,ndis). 

MAGHA, O, forme de «maca», ;;ros marteau; machar, forme de «ma- 
car», sous liniluencc possible du français «mâcher», au même sens qm- 
ce dernier; machoula, O, bout noueus d'un bâton, petite massue ; 
machouniar clmachucar, fréquentatifs; etc. 

MAGROUS, tacheté de points derousseur;el, subst. fém. macrousa O 
l'oiseau tacheté «macreuse». Paj^e VA. 

MADAISSA, O, mâchoire : qui broie (les aliments). Du b.l. *mataxia, d • 
mai, broyer (delà forme ;;ut' de cette racine: lelalin «mala» pour*maxla. 
et «maxilla», dont l'oriyine n'a pas été donée). 

*MADAISSA, O, faisceau (de fil, d'osier, etc.). D'un b.l. . madaxia », d.- 
mad, lier (aussi «mataxia », sous rinlluence de celui de l'art, précéd.). 

•MADAISSOUN, le poi-nol, la jointure du bras et d^ la main. .Mcni • 
racine que dans «madaissa », faisceau. 

•MADOURNE, enj,'ourdi, presque immobile, morakinent abatu. A" mon 
avis, d'un *tnatunios, de la racine mat, frapcr, Kn ancien français un 
parallèle ■ madonre ». 

MADUR, mûr (lal. malurus); et MADURAR, mûrir. 

*MADJENT, parallèle de «maisc», doux, paisible. Dcnolaul un *madicnt<>s. 

'MAGAL, gros marteau de for{,'croj, f,'ros marteau de bois pour ftndrc Ir^ 

bûches, et, dans quelques pays, houe, pioche, A' mon avis, pour -macl 



— 220 — 

OU *macald, de la rac. maCy fraper. Et magaliar, travailler an magal. 

*MAGAR, plier, enveloper. Employé en composition : «amagar», spéciale- 
ment envelopar de vêlements pour défendre contre le froid ( « tout ama- 
j ^t dins sa roupa >, tout envelopé dans son manteau). A' mon avis, d'une 
' ariante mac de la racine mat de «madaissa», faisceau, le sens de enveloper 
tenant à celui de plier, corne ce dernier à celui de courber (voyez les deus 
«baga>, page 13; voyez aussi, plus bas, «pac>, faisceau, et confrontez, 
pour les équivalences, bec, mec, peCj pointe, etc. ). Au sens de cour- 
ber et plier, nous avons, par un inusité 'inagEt, O, un diminutif ma- 
quilla, O, petit anneau, petite courbure, contracté en mailla. O en 
français c maille » pour *maguille), et un diminutif de ce dernier, mail- 
lol ( ea français le parallèle « maillot » ) , tissu en mailles , bande de 
toile av3c laquelle on lace les petits enfants, et lang:e serré au moyen 
d'épingles (le français « maillot > a aussi le sens de caleçon de danseuse, 
soit tissu en mailles], d'où mailloular. 

*]fA6NAN, ver à soie. Peutêtre pour 'manian : « le tresseur » . 

MAIENC, aussi ^LAJENC, qui \-ient en mai (dér. du 1. cmaius*); et MAIEX- 
CAR, couper les majencs, émonder. 

*MAILLA, maille. Voyez cmagar>. 

MAIOUFA, O, framboise, fraise, dans les Alpes ; aussi MAJOUFA, O, en j\u- 
vergne, etc. X mon avis, du même «maius> que dans «tmaienc». L'esp. 
«majucla» ne contredit pas. 

MAINACHI (avec mutité de IV final), en français «ménage» (b. 1. masiona- 
ticum, *mansionaticum, de «mansionem», demeure); et BfAINAT, petit 
garson, fruit du ménage, MAINADA, petite fille, et leurs diminutifs. 

MAINE, hameau, en Périgord; exactement, maison (b.l. mansionum). 

MAUŒ, mère. De mater, celt. en même temps que lat. Et : mairina ,0, 
petite mère, d'un *matrina (en français «marraine», d^un *matrana); 
maix^stra, o, marâtre, d'un 'matraslera. Le latin «mater» n'a pu que 

se fondre dans le celtique. Quant aus dérivés, ils sont bien nôtres. 

'MAISE, doux, paisible, bon; maisar, rendre doux, apaiser. Page 64. 

MAISSA, O, mâchoire, soit pour *mactia (page 64) ; soit contracté de 
« madaissa », du même sens. 

MAL, marteau de bois, mail (malleus); BLALUCA, O, mailloche; BIALUCOUN, 

maillet. 

MALAUD, aussi malaude, en français «malade»; et xnalaudia, O, 
maladie. Pour «malade», on a doné «maie aplus», ensuite cmale habi- 
tus". Ni Tune ni l'autre de ces deus origines ne me conviennent. Et 



— 226 — 

«maie altus » ne me convient non plus pour notre mot «malaud» ou 
«malaut». La forme seule y est. Je vois une confusion de finale. La pre- 
mière forme a dû être *malau, d'un *malavos, amplifié de *viahos, au 
sens de faible, débile; et le peuple a confondu la finale au, de avos, avec 
aiit ou aiid, et il a dit «malauda» au féminin, etc., sous Tinlluence des 
nombreus dérivés de mots en aud ou auf. Et une preuve de cette confusion 
de finale est dans malavechar, être faible, languissant, maladif, et 
dans malavet, faiblesse, débilité. 

MALOUN, mœllon, Peutêtre pour *maulounet*mavoloun, puisqu'une forme, 
particulière à Garpentras, est « mavoun»; mais peutêtre pour *mat"loun, 
d'un *matolonus, puisque un bas latin «matonus » en 1345. Et : MALCU- 
NAR, paver de malouns, carreler; etc. Origine inc. 

MALUG, os proéminent de la hanche. Page 64. 

MAL VAS, aussi malvat, mou, c'est à dire qui manque de fermeté ou de 
validité, en parlant d'un home, et qui est maculé, avarié, en parlant d'un 
fruit (en français, «mauvais»); et malvasia ou malvadessa, O, 
mauvaiseté. Page 05. 

MAN, main (1. manus); et MANLEU, emprunt, MANLEvAR, emprunter, soit 
*mainlever; etc. 

*MANA, O, aussi «mona, o», dans le Cantal, vache stérile. A' mon avis, 
de la même racine que le latin «mancus», du sens exact de défectueux, 
privé de, mais sans rien devoir à ce latin. Le gaulois «mannus», petit 
cheval de trait, pourrait se relier à la même racine, avec le sens de 
cheval inférieur. 

MANDA'VELLA, aussi mandivelLa, manivelle. Pa^r ••,.. 

MANDRE, ru.sé, et, substantivement, renard; mandra, O, femelle du 
renard, et martre; Iuandret,ot, OUn, petit rusé, et petit renard. M. p. 

MANDRE, axe, tourillon; mandrin, même sens; etmandril, douilK-, 
virole. Même page. 

MAXGA, O, manche d'habit (1. «manica)>,de «niaiius», main). 

MANIGAIRA, EIRA, O, treillage Page 65. 

MARC, résidu de fruits pressés (b.l. marcum): mârcadour, pressoir ; 
verbe marcar, fouler sous lesjjicds, durcir la terre, aussi marchar, 
eous riniluencc possible du français «marcher», qui avait autrefois le 
même sens de fouler. En plus, nous avons «dcsmarcar» ou « desmar- 
char», rompre la croûte qui se forme sur le sol après la pluie, déjà cité, 
et m,aroir, llétrir, ce dertiicr dans les Alpes. D'une racine war, «e reliant 
ù mer, écraser, broyer (voyez abrcn >>, pa^'e 32). 



— 227 — 

*MARFI, pâleur causée par le froid; marfir, flétrir, mortifier, faire pâlir 
par une peur; marfiaira, eira, O, pâleur, peur. Page 66. 

*MARFOUNDRE, pénétrer de froid Ce mot a dû être influencé par le 
fr. «morfondre» (que les Darmesteter et autres savants ont tiré de 
« morve » et « fondre » , come si le froid pouvait faire fondre la morve, ad- 
mise gelée dans les naseaus d'un cheval ! ). 

*MARGA, O, boue; probablement sens étendu de celui de i terre grasse», 
qu"ale mot dans Pline; margoul, bourbier; margouliar, patauger; 
margoulias, grand bourbier, margoulioun, enfant pataugeur; etc. 

MARGA, o, manche d'habit. Pour *manga, du lat. cmanica», avec influence 
probable de cmargo», bord. Et : MARQUE, manche d'outil (b. 1, *manicus, 
forme masculine de «manica»); MARGAR, emmancher. 

*MARGOUL, tourillon autour duquel on enroule la corde qui sert à serrer 
un chargement. Racine probable waro-, ceindre, enclore. 

MARLA, O, marne; marliaira, eira, o, mamière; marlous, mar- 
neus. Page 66. 

MARLET, pour *marrelet, créneau au sommet d'un mur, dent de pierre 
qui sépare deus ci'éneaus. En fr. «marlon» pour *marrelon. V. «marre». 

MARRA, O, auje d'un moulina uile; et marrada, O, le contenu de la 
marre. Page 66. 

MARRA, O, sorte de pioche, en Vêlai, en Gascogne, etc. (latin «marra», et 
bas grec [xappsv, mais tous deus postérieurs à la conquête et probable- 
ment pris à un celtique de même forme, lequel pour *matra, de mat^ 
fraper). Et MARRAR, piocher. 

*MARRAN, soucieus, inquiet, grogneur. Possiblement pour *maran (avec 
le même doublement fautif que dans «barrica») et dérivé de *maros, 
inquiétude, resté dans le breton «mâr», doute. Et : xnarrana, O, ma- 
ladie de langueur, jaunisse des plantes; marranar, être de mauvaise 
humeur (en fr. populaire «marroner»), etc. 

MARRE, sommet, tête, grosse branche; marran, tertre, talus ; marrel, 
rouleau de bois; xnarroc, qui a une grosse tête, et têtu; marrota, o, 

tète de bois servant aus perruquiers et aus modistes; sceptre d'un fou, 
surmonté d'une petite tête, avec des grelots; et idée fixe qu'on a dans la 
marre ou tête. Le français «marrote» réunit ce sens à celui de petite 
fille et poupée, qui peut, come on l'a dit, être un dim, du nom Marie, pa- 
reillement à «marionnette». Cependant, ce dim. aurait dû être *mariolc. 

MAS, petit domaine éloigné du principal, hameau (b. 1. «mansus», doné 
come étant de la même famille que le latin « mansio», actiomde s'arrêter, 



— 228 — 

pause, séjour, demeure, de «manere», rester); et MASUC, petite maison 
éloignée, hute. 

MASCLE, mâle (1. masculus); et diminutif MASCLOUN. 

MASEL, aussi mazel, forme de «macel», abatoir; etc. 

MASSA, O, gros mai'teau, masse; massar, fraper; massari, aire; 
un composé massabiou (avec prononciation ou de Vu), tue bd-uf, 
abateur; massol, marteau; mas&UCa, O, massue; massucar, 
fraper de la massue; massucari, qui martèle maladroitement ; plus, 
massacre, tuerie, etc. Voyez «massa», page 66. 

MAT, ausgi mate, adjectif participai, du sens exact de frapé, passé à ce- 
lui de fatigué, abatu, triste, et terni, en parlant des couleurs; matada, O, 
coup; xnatadour, frapeur, tueur; matai, égal à «batal»; marteau de 
cloche; matai, ilèche ; m.atalas, matelas, couche de laine compacte; 
matalassar, bourrer ; matalasset, oun, coussin: mataleta, o, 
massette d'aue; mataluc, anneau d'un matai; m.atansa, O, massa- 
cre ; matar , fraper , tasser , rendre compacte ; aussi flétrir , dans 
l'Isère; matarra, O, grosse toufc, cépée, soit chose compacte; ma- 
tas, buisson et grosse toufc ; matassa, O, come «matarra», et soie 
crue, compacte; matassola, O, come «mataleta» ; matoun, pain de 
noix; matras, javelot, trait d'arbalète; m.atras^t, bâton de guerre; 
matrassine, flèche; matrassoun, abattement, crise violente; ma- 
tucar, etc. Page 67. 

*MATEROUN, maçon. Possiblement du sens exact de ouvrier qui tra- 
vaille (la pierre) en frapant, en martelant. Dans ce cas, même racine que 
«matar». Le b. 1. «macio», d'où le dit français «maçon», seraitpour 
*mattio; et, viendrait il de la forme mac de la dite racine, l'origine ne 
serait pas moins celtique. 

MATOU, chat mâle. En celt. matus, ours, d'où Malugenos, fils de l'ours, 
Matuacos et autres noms, le gall. «madawg», renard, etc. Et matou- 
Chin, fin, l'usé. 

MAVOUN,mœllon, à Carpentras. Voyez «maloun». 

MEG, confus, honteus, niais, stupide; mec, état stupide, assoupissement ; 
mecada, o, léger sommeil sur un siège; mecan, persone sans expres- 
sion ; mecar, s'assoupir; mecari, aire, qui mèque; mecairoun 
et mecoun, petit niais. Page ()". 

MECA, O, mèche, pointe d'un outil; meoar, trouer avec une mèche, 
garnir d'une mèche; mecot, petite mèche, petit bout; etc. Même page. 

MECA, O, morve; et mecous, niorveus. Même page. 



— 229 — 

*MECBŒNA, O, employé au pluriel , « mechinas, os », béatilles dune 
volaille, fressure d'un agneau, d'un chevreau. ProbablMnenl de la racine 
mie, petit (pour le sens, coofr. cmenudalia>). 

MEDE, hydromel. Page 67. 

MEDESME, même (lai. *melipsimus, superl. de «metipse»). 

MEDOULA, O, aussi MEOULA, O mœlle (1. meduila). 

MÉDRE. moissoner (1. mettere]; MEISSOUN, moisson; etc. 

MÈGUE, pour mesgue, petit lait. Page 67. 

MEINA, O, mine (de métaos); meinada, o, filon; meinadour, mi- 
neur, ouvrier des mines; meiniail, chaadronier, etc. Page 68. 

MEINE, petit, mince: meinar, diminuer, rendre petit; meilieroilll, 
eni'antgàté; meinet et autres dimunitifs, gentil, minion; meinio, 
mince, menu, meinicar ou menlcar, briser menu; menina, o, 
terme d'amitié doné à l'aïeule, aussi poupée; etc. Même page. 

*MELij miel. En latin cmel» ; mais, en breton, en gallois et en comique, 
également « mel » , doné come venu d'un celtique *meUt-. Le mot est 
aassi dans le grec- {iiXi» dans le got. «milith», etc. Le latin n'a pu que 
se mêler au celtique. 

*MENEC, aussi MENET, petit d'esprit, bigot; MENETA, O, fille dévote, petite 
religieuse du tiers ordre; MENETOUX, petit bigot; etc. Les formes indi- 
quent *meinec et *meinet, de c meine >, mais les sens^sont de c monachus > . 

MENTA, O, menthe. Page 63. 

MERCAT, marché (lat. m«rcatus); MERCATORI, marchand; etc. 

MES, préfixe. Page 68. 

MES. pour 'mens, mois (l. mensis); MESADA, O, durée d'un mois; etc. 

MESANAR. être malade, exactement mal aller; mesanant, etc. 

MESBATAR, mal adapter une bride. 

MESBESSAH, mal fouir, mal labourer. 

MESCABESSAR, come le précédent. 

MESCLAR, mêler (b. 1. cmisculare», de «miscere»); HESCXADIS, etc. 

'MESEL, lépreus (latin «miâellus9, diminutif de «miser», malheureus, 
pauvre; mais celt. 'misellos, dim. de 'misos, gâté, corrompu, mauvais). 

MESPOUL.\, O, nèfle (b. 1. cmespula», pour « mespila», fém. du classique 
«mespilus», «mespilum». Le franc, «nèfle» est pour d'anciens «ne^e», 
«nesple» et *mesple. 



— 2.10 — 

MICA, O, chose petite, particulièrement petit pain, miche; micar, 
émier ; micot et autres diminutifs, brin, miette; micola, O, et autres 
formes féminines; xnicoular, nar, tar, émietter. Voyez page 69. 

*MIEDJ, aussi mied, milieu. En celtique médias, dans Medionemeton, 
temple du milieu, Mediocanlus pour Mediocanlos, aujourd'hui La Celle 
St Patrice (Allier), Mediolanon, aujourd'hui Milan, etc. En grec (/.faffoç, 
*[i.é$bç, \xi^oq\ en latin c médius», qui n'a pu que se fondre dans le 
celtique. Au sens de demi: «miedj home», adolescent. Et: miedja, O, 
forme féminine, au sens particulier de demie pauque, demie bouteille : 
« bioure una miedja» ; miedjament, moyennement; miedjaria, O, 
métairie; etc. 

MINA, O, figure, mine, minois; minaudar et minaudechar, mi- 
nauder; minota, o, figure d'enfant, déjeune fille; minous, qui fait 
des mines ; etc. Page 69. 

MINA, O, chate; minet et minoun, petit chat. Môme origine que dans 
les mots de l'article précédent. 

MIOUN, mien (lat. meum). 

*MITA, O, en ancien français «mite», aujourd'hui cmitaine». D'un *mitta, 
d'une racine mit, être doux, qui est aussi dans l'ancien français 
«milouf»», même sens de mitaine, d'un *tnittopay «mitouin», patelin, 
le conservé «emmitollé » «emmitoufler» pour *emmitoufer, etc. Môme 
racine dans le latin «mitis», doux. Il peut se faire que cette racine mit se 
relie à mie, petit. 

*MOGA, O, bloc de bois percé d'un trou où passe un cordage; xnoca, O, 
grand gobelet, écuelle; moca, O, chacun des deus caps de mouton ou 
blocs presque carrés, dont l'un est uni au banc de l'étai et l'autre au 
banc de son collier, et qui sont joints ensemble par une ride, pour ne 
faire qu'une seule manœuvre. A mon avis, rac. moc, être gros. 

*MOIA, O, foucade ; élan passager, capricieus. Contraction probable d'un 
*mo^-ia, de même famille que le breton «môg», feu, «moged », fumée, 
et le comique « moc», le gallois «mwg» ot le vieil irlandais «much», 
fumée, tous mots de la rac. ;«oc et muc^ enller, formes do boc et bue 
(voyez particulièrement «bugar», page .%). 

MOLRE, moudre (l. molere). 

MORGA,0, pour « mourrega » ; et mourgar, morguer. Voyez « morre »• 

MORRE, aussi mourre, no/, museau, pointe de rocher, en même 
tempi monticule pointu; xnourrar, baisser le musenu; mourrai, 
muHclièr.; ; mourralia, o, visière; mourraliar, mettre le mourrai, 



— 23l — 

et salir le nez, le visage; xnourrecliar, montrer le nex : mourrega . o . 
regard hautain, en français contracté cmorgne»; mourregar 
morguer, aussi ravaler une branche, lui faire baisser la poinLe>ie mourre ; 
mourrel, et,ot, petit museau, minois; znoniTîiietinonrrous, taci- 
ture, sournois, monmic, Hpo; monmigar, faire la moue; etc. P. 69. 

MORVA, O, morve. Se relie à cborva». 

MOTA, O, petite éminence de terre. Page 70. 

MOUD A, O, pour 'monta, et identique au français «moue», pour *monde 
et "moute, grosse lèvre (confronter «bouta» du même sens); mondar, 
bouder; meudari et péjoré mondourre, boudeur. 

MODDAS, changer de place (1. mutare). Ordinairement «amoudar». 

MOUDILIAR, fouir la terre avec le grouin, en parlant du porc, de la 
taupe. £gal à «boudiliar». 

MOITDOL, tas, monceaq ( de grains, de légumes, etc. ). Ce mot est de forme 
diminutive. Vient il du latin «mul tus», par une réduction de «moult» 
en *mont ? Vient il, au contraire, d'un bas latin *motolus et *mottolus, 
de motta ? Dérivés : MOUDOULAR, mettre en tas, et MOUDOULOUN, 
petit tas. 

*MOUF£, aussi « moufî», bout du museau du bœuf, du chien, etc. En fr. 
«moufle» pour «moufe», aujourd'hui «mufle». A" monavis, de variantes 
mop et mup de moc et muCf être gros. Proprement bout, rondeur (conf. 
• bonfer», boufir», des formes bop et bupX cette partie du museau ayant 
une forme ronde. L'alemand « moffel », qui a de grosses lèvres pendantes, 
ne peut être qu'un emprunté, <îar le germanique n^a rien de nos formes. 
Et mouâdar on contracté monfiar, flairer. 

MOUNGE, moine (1. monachns); MOtJNGET, diminutif; et MOUNGETA, O, 
religieuse. On désigne également sous le nom de « mounget » et «moun- 
geta * , le haricot de couleur grise, aussi le haricot blanc à ombilic noir. 

MOUNA, O, pour *mout'na, moue, grosse lèvre Cmotena^ *mottena 
(pour le /, confrontez «boudena», *boutena, pierre limite d'un champ, 
chose grosse, et l'ancien français «bodne», *botne, altéré en «borne»: 
mounar, bouder; mounari, aire, etc. 

'MOURKE, triste, en français « morne » .Pour *mourren, d'un *morrennos : 
du sens exact «qui baisse le mourre, qui fait le mourre ou nez ». Et 
monmar, être momc. L'anglais «to moum» n'est qu'un emprunté. 

"MOURROUN. pour 'mous'roun et 'mousseron, cresson, mourron 

et diminutif mourreloun . 

*MOUHTESA, O, entaille dans une pièce de bois, pour y encastrer 



— 232 — 

tenon d'une autre pièce (*worre/es/a OU morrctasia, du sens exact de: 
qui fixe le mourrel ou petit mourre (le tenon); et mourtesar, faire 
une mortaise. 

MOUS, nez. Voyez la forme ordinaire tmus». 

MOUS, obtus; et moussar, émousser. Page 70. 

MOUSCA, O, mouche (1. musca); M0U6QIL, moucheron; etc. 

*MOUSlR, en français «moisir». Et le composé «camousir», moisir 
entièrement, déjà inscrit. Racine mus, mouiller, salir, qui est dans Mosa, 
Musa, la rivière Meuse, dans Mosella, la Mozelle, dans les dialectaus du 
Nord, de l'Est et de l'Ouest «mouser», pleuvoir, «mousiner», brouil- 
lasser, «se camouser», se tacher, en parlant du linge laissé à l'humidité, 
«se musterner», même sens, etc. D'Arbois de Jubainville donc Mosa et 
Mosella come étant venus du ligure, mais le ligure aurait il pu produire 
nos mots composés du préfixe celtique cat ? Les noms de rivières en 
question peuvent être dus au celtique de la Gaule continentale, sans que 
le breton et l'irlandais aient des correspondants. Quant au latin « mucire » 
pour « mucere », il n'a pas pu non plus produire nos mots à préfixe, et je 
considère aussi «mousir » et « moisir» come étant de notre fons. 

*MOUSSA, mot identique au français « mousse», plante, et, particulière- 
ment, écume qui foisone sur certains liquides. Ce mot ne doit rien au 
germanique «mos», qui n'a jamais eu le sens de écume et ne peut être 
qu'un parent. La racineest la même que dans «mousir» (voyez ce mot 
et «moust»). En plus du dérivé moussar, produire de l'écume, qui est 
dans le français « mousser », nous avons: moussechar, fréquentatif, 
moussarel, oun, champignon, et XUOUSSOUS, mousseus. 

*MOUST, aussi mouste, en français «moîte», autrefois «moiste». Pour 
le français, on a proposé: «mixtus», mêlé (de sec et d'humide?), malgré- 
l'impossibilité du sens et celle de l'j; «madidus», mouillé, malgré l'im- 
possibilité de r<j; «mustus»,de «mustum », vin nouveau: doux come le 
vin nouveau; et «mucidus»,morveus. Autant d'origines forcées. «Moiste» 
et notre correspondant «moust» ou «mouste» indiquent un gaulois tout 
naturel *mMS/05, venu de la même racine mus que dans «mousir» et au- 
tres mots. Et : xnoustessa, o, moiteur, d'un *mustitia, moustous, 
gluant, moîteus. 

MOUSTRAR, pour *mounstrar, montrer (1. monstrare» ; MOUSTRE (latin 
monstrum, d'un sens premier de « avertissement céleste, prodige, tout co 
qui sort de la nature» ); et, particulièrement, MOUSTEL ou MOUSTEU, 
petit monstre, en parlant d'un enfant qui s'est barbouillé la figure avec 
de l'encro ou de la bouc ('mostellum pour *monstellum, dim. de «mons- 
trum*, lequel diminutif, — doné par Bréal et Bailly, d'après la pièce d« 



— 233 — 

Piaule « Mostellaria » , où il est question d'apparition, — était certaine- 
ment dans le latin populaire, caries mères qui qualifient leurs enfants de 
cmoustel» ou cmousteù» ne connaissent pasPlaute). 

*MOUT, qui n'a pas de cornes, en parlant des moutons; etxnouta, O, 
en parlant des chèvres. Je vois dans ce mot le sens exact de obtus, et 
la racine mot, mut, être gros. Le latin « mutilas», doné pour origine, ne 
me paraît pas possible. 

MUS, nez; musel, en fr. «museau» ; muselar, muselerj; moussidar, 
renifler: et moussidari, aire, délicat pour le manger. Page 70. 

MUT, en français le diminutif €muet> (1. mutus). 

N 

NADAL, noël (I. natalis), 

NAFRA, O, balafre. Peutêtre pour *narfa (corne le français « nafrer», blesser, 
aujourd'hui «navrer», l'est pour *narfer), du rad. germain narv, qui est 
dans l'ai, moderne «narbe», cicatrice. 

TJAPOT, ordinairement nabot, come dans le français, mais dont le ^ se 
conserve dans un diminutif napetoum, come dans le vendômois « na- 
piot> le marnais «napion», etc. Petit home, petit garson, petit ramoneur. 
Dénote un gaulois *napot-, de la même origine que le sanscrit «napat», 
petit fils, le latin cnepos» (dont l'accusatif cnepotem» nous a doné 
« nebout » neveu), le grec vers Cî^, descendants, etc.; lequel *napot- va- 
riante de *nepot- ou, avec chute du^, * neoty du celtique du Nord, réduit 
aujourd'hui à eniz» dans le breton, etc., et dont le féminin *ne^/», répond 
au sanscrit «napti», au lit. et lat. «neptis», nièce (en alem. «nichte», et 
en irlandais « necht » , avec la même variante radicale en c que dans le 
saintongeais et ancien français «naqnet», petit). 

NARGA, O, aussi NL\RGA, O, noise; NARGAR ou NIARGAR tordre le nez, en 
signe de moquerie ou de provocation, chercher noise, en français « nar- 
guer», l'un et l'autre pour 'narigare et *naricare, de «naris», narine; 
NARGARI, AIRE, etc. 

*NAS, nez. En latin cnasus». Cependant les inscriptions nous douent des 
noms d'homes Nasson, et des noms de lieus Nassonacum, Nastogilus, qui 
dénotent un gaulois *nastos, égal à l'ancien latin 'nastus présumé par 
Bréal, lequel *nastu3 n'existait pas lors de la conquête. Et : nasechar 
ou nasegar, parler du nez. 

NAU, bateau, barque, et auje; nouca, O, m. s. (ensk. «nauka», barque)» 
naucar, bateler; naucari, batelier, nautonier; naucot et naucoun, 
petite nauque; naueiLO, navigable; etc. Page 70. 



- 234 — 

NAUDAjO, sol humide; naudal, m . s. ; naudalia,0, ilaques d'aue. P 70. 

*NE, particule négative, En breton «ne», en vieil irlandais et en gallois 
«ni», d'un celtique ne, nei; en gothique «ni », etc. Le latin n'a pu que se 
mêler au celtique. 

NEBLA, O, brouillard, nielle (1. nebula); etNEBLAR, cndomager le blé, les 
fruits, en parlant de la nielle. 

*NEBOUT, neveu, et nebouda,0, nièce. Voyez «napot». 

NEC, sot. Racine nec et nie, contraire, mauvais, nuisible, qui est dans le 
breton «nec'h», chagrin, corne je l'ai dit ailleurs, et dans le latin «nex», 
mort violente, «necare», tuer, le grec vsxpôç, mort, etc. Notre mot 
s'emploie également au sens de ébahi, stupéfait. Voyez «nie». 

NEGAR, nier (lat. «negare», dire non). 

NEGAR, noyer, tuer par immersion (1. «necare», tuer). 

NEGRE, noir (1. niger). Je n'inscris ce mot que pour mémoire, car il se de- 
vine; mais le féminin NEGRA, O, a un sens particulier en oc, celui de 
puce; et il a une autre forme NEIRA, O, quelquefois NIEIRA, O. D'où 
NEGROUR, noirceur; NEGRESIR, noircir. 

NEGUN, aucun, aucun© persone (lat. nec unus). 

NESSI, (prononcé avec l'accent sur 1'^), en français «niais». On a présumé, 
pour les deu8, un latin «nidacem», qui serait venu de «nidus», nid, avec 
le sens de «qui n'a pas encore quité le nid», et, par extension, «qui est 
bête par excès de simplicité». Peutêtre pour le français, puisque ancien 
terme de fauconorie; mais notre oc «nessi» dénote plutôt : soit le latin 
«nescius», qui ne sait pas; soit un celtique *wi5<.y/os, venu du même 
*ni-sd-os, nid, que dans le breton « neiz», le comique tneid», le gallois 
«nyth», etc., lequel *nisdos égal au latin «nidus», doné pour*nisdus par 
Henry, et l'un et l'autre formés do ni-in, grec è'j(, sk. ni, et àe la racine 
sed, avec la signification de (lieu) où on se repose». En alemand «nest», 
en arménien «nist», siège. Et : NESSIAR, niaiser; NESSIAS et NESSIAR- 
DAS, grand niais; NESSIOT, et autres diminutifs. 

NEU, neige (1. «nivem», ace. de «nix»); et un dérivé possible NIAFRA, O, 
mot cantalien, du sens de tourmente de neige: «un djouv de niafra, o». 
Toutefois, ce dernier mot pourrait être pour *naifra (cf. le gr. vif si, 
il neige, et, avçc s archaïque, le got. «snaivs», neige, s qui se trouve 
Qussi dans l'ancien irlandais «snechta»), et être un restant de la famille 
celtique de la même racine. 

NIC, forme do «nec», sot ; nigald ou nigaud (cette dernière forme 
dans lo français) et nigaudas, augmentatifs; nigaudel, c^, ot, 
dimin. ; nigaudar, etc. 



— 23y — 

NIGA, O, petite, méchanceté, espièglerie, en français «niche» («faire 
une niche à quelqu'un»), en lorrain «nice», contrariant, ennuyeus,elc. ; 
DicSLT, chagriner, lounncnter. 

*NIFIjA, o, narine, par extension nez. Dénote un *nïspula, se reliant à 

« nas î . Et NIFLAR, en ancien français le verbe c nifler», sans le snb»- 

mtif formateur, et, en français actnel, seulement le composé « renifler ». 

e bas allemand «nibbe», doné pour étymologie, a dû être em{»ianté ans 

dialectes d'oïl. 

NIPA, O, réduit de «ganipa» ; par extension, pièce de la garde robe; et 
verbe nipar, vêtir, niper. 

NOCH, nuit. Page 70. 

NORA, O, bru (b. 1. de même forme, venu de «nurus»). 

NOSER (prononcé avec laccent sur Vo, d'où une réduction NOSE), en fran- 
çais «nuire», pour Tancien «nuisir» (latin noc««); NOSA, O, noiae, 
querelle (noxia); etc. 

NOU (avec prononciation ou de l'i»», au féminin « nova », neof, neuve. Du 
I. «novus». Cependant, le celtique a pu avoir *jiOifOS, puisqu'il avait le 
secondaire *ncwios. \ojez «novi». 

*NOUALIA, O, paresse; et noualious, paresscus. Origine incertaine. 

'NOUGA, O, brebis stérile ; et noucât, mouton cbâlré. Probablement de 

la racine noc de « nocere», mais, prot)abIement aussi, par le gaulois, car 
le latin n'a pas les correspondants. 

NOUCE, aussi NOUSE, noix (1. nux, *nuc-s, dont le c reparait dans «nucale» 
et autres dérivés). Voyez « nongal». 

NOUCHA, O, noise, ennui. Soit forme de «nosa», avec chuintement dû à 
Vx de «noxia»; soit venu de la famille gauloise (vojex le dérivé 

«ennouchar», «ennuyer»). Le sens de querelle, dispute, qu'a «noise», 
a dû précéder celui de bruit (d'une dispute), doné corne premier parce 
qu'il se trouve dans la chanson de Roland. 

NOUGAL, noix dont on a ôté la coque (I. nucale); NOUGAUAR, dépouiller 
les noix de leur coque; NOUGARI et, francisé, NOUGUIER, le noyer (b. 1. 
nogarius); NOUGAREDA, O, lien planté de noyers; et NOUGAT, tourteau 

de noix. Voyez « nouce » . 

NOVI, jeune marié; novia, O, forme féminine: nouviadis, les achats 
faits pour un mariage; et nouvial, nuptial. Page 71. 

NUGHOULA, O, chouette. Même page. 

*NUT, nu. Peut participer du latin «nudns», mais être principalement 
pour *nuct. d'un celtique 'riMctoi ou noctoSj en vieil irlandais «nocht». 



— 236 — 

en comique «noth» en gallois «noct»,en breton de Vanes «noac'h», 
• nuac'h). «Nudus », dont l'origine n'a pas élédoné, est tout isolé dans la 
latinité, et peut avoir été emprunté de bone heure au celtique. 

o 

oc, oui (1. choc», ce). 

'OGT, aussi UET et UECH, en français «huit» pour uit, (celt. octon et 
octif lat. «octo», gr, cxtw, etc.). 

OLI, uile (1. oleum). 

ORE, aussi oure, bord; ouret, chanteau; ouriaira, eira, o, lisière 
d'un bois ou d'un champ; ourle, bord d'une étofe; ourlar, ourler; 
ourlet, petit ourle; etc. Page 71. 

OSCA, O, coche, entaille. Origine incertaine. 

OUEIRE, sac de peau, outre (1. uter). 

OUEL, aussi UEL, œil (1. oculus). 

OUELIA, O, brebis. Latin «ovicula». Cependant le celtique a pu avoir 
*Ovilla, car ovis était à la fois celtique et latin (vieil irl. toi», ombrien 
€Ovi», etc. ). 

OULA, O, marmite (1, olla). 

OULGA, O, aussi oucha, o, ten-e fertile, jardin. Page 71. 

OUND, où: «ound anas?», où allez vous? (1. unde). 

OUNGER (prononcé avec l'accent sur oun, d'où une grafie fautive OUNGE, 
oindre (1. ungere). 

OURA, O, forme de «houra», heure. 

OVI, aussi OU, lOU (avec prononciation ou de l'w, représentant le v do 
«ovum»); et OUVAR, pondre, faire l'œuf. 

OVILLA, O, brebis, dans les Gévennes, OUILLA, O, dans d'autres pays, en 
français «ouaille» (lat. ovicula); et OVILIARI, ou, francisé, OVILIER, 
pâtre de brebis, pâtre des troupeaus qui passent l'été à la montagne. 



PAG, faisceau; pacot, diminutif; pacoutilia, O, etc. P. 71. 

PACAND, qui a des manières paysanes, qui se tient mal. D'un b. 1. *pacanus, 
forme de «paganus», et venu de «pacus», quelquefois employé pour 
■ pagus». Le scnH de paysan se conserve aussi dans le bourguignon 



— 237 — 

e pacan > . Le ii ou / de notre mot est dû à Tinflaence des finales en ant ou 
jnJ. Et: PACAXD4S, au^rmentalif, PACANDOT, diminutif. 

PADELXA, O, poêle, (1. patella). 

PAGEIXA, O, mesure, cordon ou longue baguette servant de mesure. 
Probablement mot identique au latin «pageUa», égal à «pagina*, page, 
premièrement chacun des côtés d'une pierre ou d'une tablette sur 
laquelle on écrit, aujourd'hui ce qui est écrit dans une page. Dér. de 
« pangere » , pour *pagere, ficher. Le sens de mesure qu'a notre mot a dû 
venir de celui de bord. 

PATRE, chaudron (b. 1. *paterus, masc. de «patera», coupe, plat, en usage 
dans les sacrifices et probablement large (voy. «padella»). On emploie 
ordinairement le diminutif PAIROL, pour éviter la confusion avec 
c paire», père. Et : PAIROLA,0, forme féminine; PAIROULARI ou.francisé, 
PAIROULIER, chaudronier; PAIROULET, petit chaudron, etc. 

PAIRE, père ( 1. pater); PAIfiASTRE, parâtre; PAIRIN, parrain; etc. 
PAISSEL, pieu (b. 1. *paxellus, class. «paxillus»), 

PAL, pieu, bâton (1. palus); PALICOT, dim.; PÂLIS, fermeture en pieus; 
PALISSADA, O, etc. 

PALA, O, pèle (bas latin «pala», pouvant être venu de «palus», pieu, an 
sens de pieu aplati d'un bout pour fouir); et la première partie de «PA- 
LABESSAR, fouir avec la pèle. 

PALAFRED, et fautivement palafre, palefroi. Page 71. 

*PALAIS, sommet de montagne dans la Lozère. Mot dénotant un *palation, 
égal au nom de la montagne voisine de Rome, Palatium, sur laquelle 
Auguste bâtit sa résidence, et dont le français a tiré «palais», habitation 
royale, etc. A^ mon avis, de /ai, variante de balj qui a produit balma, 
rocher, hauteur (en Rhétie, «palva»). 

P-VLANCA, O, planche; et dérivés analogues à cens du français. Probable- 
ment delà même famille que «palus», pieu, avec le sens de pièce de bois 
plate, car se doivent relier ici deus mots de formes analogues : PALENC, 
large pièce de bois ou large pieu pour barrage, et PALENCAT, enceinte 
formée par des palencs. 

PALI (avec i bref), dais de prêtre; manteau qui couvre un cercueil, et 
drap mortuaire qu'on porte devant le cercueil des persones de distinction 
(iat. « pallium», manteau, voile). En français «paile», altéré en «poêle». 

*PANAR, boiter. Probablement pour *patnar,de la même familleque«pata», 
pied. El: panard, boîleus, panardel et autres diminutifs. 

PANAR, dérober. Peutêtre de «pan», coupure d'étofe (confrontez le fr. 



— 238 — 

«chiper», de «chipe», devenu «chife», également coupure, lambeau 
d'étofe); PANADOUS, ravissant; PANATORI, larcin. 

*PAPA, O, bouillie faite de farine et de lait. Employé au pluriel: 
« papas, os». D'un bas latin *pappa, venu d'une racine pap, cuire, qui 
correspond au sanscrit « pac » du même sens, au radical du grec Zc-t£iv, 
à celui du latin «coquere» pour *poquere, et à celui de l'emprunté «po- 
pina», cuisine (celte racine s'est répandue : breton masculin «pap», 
bouillie, alemand «pappe», etc.). Et: papolas, OS ou papotas, OS, 
diminutif enfantin; etc. Dans les dialectes d'oil: «papes», et dérivés 
«papin », colle de pâte, « papinetta », cuillère de bois, etc. 

PARABEL, petit fromage rond; fromage mis en forme et distinct de «l'en- 
calat», fromage primitif, lait caillé; PARABELAT, déjà formé, ce dernier 
dans le Tarn; et parabella, O, rotule du genou, en Rouergue et en 
Auvergne, et gousse d'ail à iS'arbone. Les deus premiers de ces mots 
feraient penser à «parare», mais le troisième l'exclut. Le sens général 
paraît être chose ronde, mais l'origine est incertaine. 

PARA, O, paire (1. «paria», de «par», «paris», égal); PARIAR, faire la 
paire (on dit aussi «apariar»); et PAREL, même sens que « paria» («un 
parel de vacas», un parel d'esclops»). 

PARPAL, papillon. Peut être pour *papal, d'une racine ^^p, trembler, être 
agité, le papillon ayant pu tirer son nom de ce que son vol est tremblo- 
tant, vacillant, agité. En latin «papilio». Notre r a pu venir sous l'in- 
fluence de «esparpal ». Et PARPALIOL, OT, diminutif, 

PARPAND, bavard, qui divulgue les secrets. D'un prolixe «par», égal au 
latin «per» de «perdere», «pervertere », et du même radical que dans 
le latin «pandere», épandre. PARPANDAR et PARPANDECHAR, répandre 
ou divulguer les nouvelles qui doivent rester secrètes; PARPANDAS, 
grand bavard ; PARPANDEL et autres diminutifs. 

PARPELLA, O, aussi PARPIL, paupière. Origine incertaine: le latin « pal- 
pebra » est éloigné de forme. Et : PARPlLIAR^ clignoter, PARPILIA, O, 
éblouissement des ieus, clignotement. 

*PARRA| O, petit terrain gazonô près d'une maison, coudcrc, terrasse 
de jardin. Dans les inscriptions, plusieurs noms propres gaulois Parra, 
probablement pour Parsa, come barros et barra sont jx)ur *barsos et 
barsa. Mais la voyelle longue de notre «parra » ou « parro » et des noms 
de villages en dérivant dénote que ce mot est un dérivé réduit pour 
•parraga (confronte/, «bro», page 34, pour « broha » et 'broga ). Le 
sens général me paraît être division, parcelle do terre, sens égal à l'actuel 
(petite pièce de terre faisant partie d'un enclos), et la racine doit être la 
même que dans le bret. «parz» el le gail. «parlh», partie (sans parente 



— ^39 — 

avec ie laiin «pars»), d'an participe celtique *q3rtos, cartos, qertos^ 
divisé (la forme en e d'après Henij), avec remplacement du p celtique 
ancien par^ gaulois. 

'PATA, O, pied, main; proprement, plat du pied ou de la main, la partie 
qui l'orme base. Du central et méridional pata^ de la racine /J/, être 
large (confrontez le latin « patere > , être ouvert, le sanscrit « pata > , lar- 
geur (le lalin «pes», cpedis>, et le grec xci^f "EsBsç, ne se relient pas 
ici, non plus le celtique ades pour ''pades^ xoîeç (Hesychius, cité par 
Holder). Et dérivés : pat et féminin pata, O, tique des bœufs ou 
des moutons, morpion: quia des paies; patada, aussi patac, coup de 
pâte; patald, aud, maladroit des mains; patarra, O, grand pied, 
patarraca, o, en français contracté c patraque»; patas, et féminin, 
grand pied, grande pâte; patassald, and, grand coup du plat de la 
main; patassar et pataussar, doner ce coup; patechar, manier 
malproprement; patelar, doner un coup sur les fesses; patelada, O, 
fessée; patet, corne a palald»; patin, espèce de pantoufle; patol ou 
patoul, bourbier; patouliar, patauger; patoun, petit pied; etc. Le 
grec -z'tvi ne peut nous regarder. 

PATA, O, pour *peta, chifon, exactement pièce; pataliar, s occuper de 
chifons; patalioun, petit chifon, et écouvillon de chifons; pataras, 
étoupe pour les coutures des navires : patarassar, étouper; patari, 
chifonier; pataroca, O, guenille; patas, grand chifon; patoun, 
petit chifon; etc. Voyez «peta>. 

*PATAIS, aussi pâtes, en français c patois. Ce dernier avait autrefois le 
sens de ramage, de chant d'oiseau (on disait que «le ramage» des paysans 
■ blécaitles aurcilles>,et que tel home qui employait des mots particu- 
liers parlait «d'après le ramage de son pays >); et le mot, qu'on trouve 
pour la première fois dans le « Roman de la rose», a ce même sens de 
chant d'oiseau. De plus, un verbe «pateller» signifiait à la fois gazouiller 
et patoiser. La série des significations serait donc : chant d'oiseau, caque- 
tage, langage incompréhensible, langage de paysans et, finalement, par- 
ler particulier d'un pays. Mais quelle est la racine? Le mot ne peut se 
relier à rien du latin ni à rien du germanique. Je hasarde cependant ceci; 
Le sens premier paraissant être «gazouillis», ensemble de cris d*oiseau 
ou d'oiseaus, langage d'oiseaus, et la finale de «patais» et «patois» ( qui 
a dû, autrefois, se prononcer distinctement), étant la même plurielle ij 
que dans «gazouillis» et beaucoup d'autres mots, la racine pourrait être 
petj voler (avec prononciation ouverte ^j/), qui est dans le latin «penna > 
pour *petna, plume, etc., particulièrement dans le breton « etn » pour 
*peln (avec chute du p initial), oiseau, aujourd'hui altéré en « ein » et 
«evn», dans le gallois «eda>el l'irlandais «en », m.s., doués pour venas 



— 240 — 

d'un celtique e/«os pour *petnos {en sanscrit «pat», voler, en grec xsTfipiat 
et TcizTeiv pour xi-tcsteiv, etc.) : les dialectes celtiques du Continent 
ayant pu avoir le même; mot que ceus d'Outre Manche, pour désigner 
l'oiseau, et ce mot ayant pu former les dérivés «patois» et «pâtes». 
PATANA, O, aussi PATATA, O, pome de terre, topinambour. Orig. incert. 

PATEG, parterre devant une maison, aire plate et unie. Dénote la racine 
pat, être large. 

*PAT1LLA, O, lentille, dans le Tarn. Même racine. 

*PATU, (prononcé avec l'accent sur l'a), enclos, emplacement de l'enclos, 
mot cantalien, delà même origine que «patec», « patilla», etc. 

*PAUTA, O, main, pied. Soit forme ouverte de «pata», soit d'une racine 
pau, étendre, qui serait aussi dans l'ancien français «poe», «poue», le 
breton «paô», «pav», le gallois «paw», pied (l'anglais* paw» est un 
emprunté), et qui serait aussi dans le latin «pavo», «pavonis», le paon, 
oiseau qui étend large sa queue. Et : pautada, O, poignée ( de grains, 
etc.); pautar, poser les mains ou les pieds, agir des mains ou des pieds, 
manier malproprement ; pautas, lourdaud ; pautechar, verbe fré- 
quentatif; pautoun, petite main, petit pied; locution à pautouns : 
«caminarà pautouns», marcher à quatre pâtes, come les petits enfants 
qui ne peuvent se tenir debout; et pautuc, qui a de grosses pâtes. 

PEG, aussi pech, montagne pointue; pécari ou pechari cruche à bec. 
Voyez page 72. 

PEC, sot, et maladroit des mains, Ce mot dénote un *peccos pour *peico$t 
d'une racine particulière ^e/c, d'où procéderait aussi le latin «peccare», 
cire en faute (confrontez «pechin»). Il peut y avoir parenté avec un an- 
cien français «béguin», adversité, chose contraire qui vous survient, et 
avec deus vendômois, l'un delà forme «béguin», au sens de épuisement 
des jeunes mariés qui ont abusé des douceurs de la lune de miel ( « il a le 
béguin»), et l'autre, «begat», au sens de faiblisscmcnt du cerveau, dé- 
mence sénile. 

*PEGHIN, chagrin, tristesse, inquiétude; pechinar, se livrer au chagrin; 
et pechinous, chagrineus, triste. Ces mots se relient probablement à 
«pec>, sot. 

PEDOUL, pou, en Gascogne, aussi PESOUL et contracté PIOUL, dans autres 
pays (lat. « pediculus » , dim. de « pedis » , pou). 

PF.GA, o, poix (latin « pix », mais pas certain). 

PEGAL, AU, cruche à bec ; pegalet, etc. Page 72. 

PEILE, pour *peslc, en français altéré < pêne > (1, « pessulus*. verrou). 



— 241 — 

PEIRA, O, pierre (1. petra); PEIRARI ou francisé PEIRIER, maçon; etc. 

PEL, peau (I. pellis)- On dit d'un home qui est tombé et qui se relève : « a 
ramassât sa pel», il a ramassé sa peau. Un provincial a dû se servir de 
cette expression, à propos d'un vélocipédiste tombé de sa machine et 
s'étant relevé; et le ou les parisiens qui l'ont entendu ont trouvé spiri- 
tuel de répéter «il a ramassé sa pèle», ensuite « il a ramassé une pèle » , 
come si on semait des pèles sur les routes pour les faire ramasser par 
les vélocipédistes qui tombent, et come si on les semait juste à la place 
où ils doivent tomber ! 

PEL, poil, en anc. fr. «pel» (1. pilus); PILIOUN, petitflocon de poil ou de 
neig-e; PILIOUNECHAR, tomber en ilocons, en parlant de la neige; etc. 

PENA, O, genêt, en Auvergne, en Limousin; et PENAL, m. s. 

PENNA, O, crête de montagne; rocher, en Béarn (confrontez les «Alpes 
pennincs», et Tirl. « alp», rocher). 

PENNAR, ruer, doncr des coups de pieds. Peutêtre pour *pednar, du latin 
« pedcm »; peutêtre pour *petnar, se reliant à « pata». D'où PENNA.DA, O, 
ruade; et PENNARI, AIRE, animal rueur. 

PER, par, à travers (lai. pcr), et, en même temps, pour (lat. pro). Il doit y 
avoir confusion. En tout cas, cela nous permet des calembours. Par 
exemple : on entend une cloche ; quelqu'un demande : — « De que so- 
nounl», que sone-t-on? — «Sonount la campana», «on sone la cloche», 
répond un autre. — <iMais per de que la sonount», /oz/r quoi la sone-t- 
on? — «La sonount /Jer la corda», on la sone pnr la corde. 

*PERNA, O, partie, fraction («una perna de pouma», un quartier de 
pome, etc.); pièce d'étofe, bavolet, linge des enfants au maillot; et jam- 
bon, soit encore partie (le latin isolé « perna », de ce dernier sens de 
jambon, doit avoir été emprunté. Et : pernar, partager, fendre, distri- 
buer; pernadour, fendeur et fcndoir; et perne, balu à plat de cou- 
ture, étendu sur le sol, soit brisé, mis en pièces. En breton «rann», par- 
tie, d'un raniia pour *pranna, avec chute dup initial en celtique du Nord; 
en vieil irlandais «rannaim» pour *prannaim, je partage. La racine esipcr 
el par, du même sens que notre verbe «pernar», et d'où procède aussi 
le latin «pars» pour *partis. 

PERPIL, forme de «parpil», paupière. Et son dérivé. 

PERVIS, avisé, habile. Probablement du 1. « providus », qui prévoit, 

PES, pois (1. pisum); etPESOUN, petit pois. 

PESC, aussi PELS, poisson (1. piscis); PESCAR, pêcher; etc. 

PESSA, O, pour *petia, en français «pièce» (par un bas latin altéré «pe- 



— 242 — 

cia»); pessota et peSBOUn, petite pièce; pessegar, mettre en pièces; 
etc. Voyez «peta». 

PETA, O, parallèle de «pcssaï, pièce; petas, augmentatif; pdtassar, 
ravauder, rapiécer; petassari, aire, rapiéceur, spécialement savetier ; 
petassegar, verbe fréquentatif; petassoun, petite pièce; etc. P. 73. 

*PETE, qui a bu ou mangé avec excès, soit qui est enfle; s'apetar, s'eni- 
vrer; et petega, o, vessie, soit chose grosse, enflée. Rac. centrale et 
méridionale /e/, enfler, être gros, égale kbed de l'ouestal «bède», gros, 
du français «bedaine», etc. 

PETIOT, aussi petioun, petit; et altérés pechiot, etc. Page 73. 

*PIAR, boire. iJot cantalien, aussi alpin; piaire, buveur, et pialia, O, 
boisson, spécialement vin. Le grec Tzcîfv, n"a pu faire un saut chez nous, 
nos mois doivent nous venir du gaulois central et méridional, avec la 
même racine pleine, come nous axons piai et quelques autres racines de 
même condition (je dis pleine, parce que le p initial tombe dans le cel- 
tique du Nord: vieil irlandais «ibim» pour «pibim», je bois, breton 
«éva», pour *iva, *iba et *piba, boire, etc.). 

PIBA, O, peuplier, arbre dont les feuilles tremblent au moindre vent. Peut 
venir du latin «populus», même sens, par une réduction de la forme di- 
minutive PIBOLA ou PIBOULA, O, correspondant un peu; mais peut par- 
ticiper d'un ancien */>7)^a (on trouve «pipcus» dans le bas latin), lequel 
simple peut venir d'une variante en i de la racine pap de «papilio», petit 
volatile dont le vol est vacillant, flotant, aussi pop dans ledit «populus», 
dont on n'a pas doné l'origine. 

PIC, forme de «pec», montagne pointue, aussi outil p<iiutu, pioche, come 
en français, et dérivés : pica,0, pique, pointe, picadour, piqueur, pi- 
cadis, ensemble de piqûres, piquements fréquents, hachis, picar, pi- 
quer, pical, coup de bec, picania, o, chicane, picaniai*, chicaner, 
picaniari et picanious, chicaneur, picarel, Ol, avec leurs formes 
féminines, petite chose piquante, épine, picasoun, démangeaison, 
picassar, j)iquermenu, béquclcr,picassoun, hachcrcau, picadoun, 
petit fromage piquant, picola, O, bêche, pioot, petite pointe, épine, 
picota, o, clavelée cl petite vérole, picoun, pieu, pied de table, pi- 
COUnar, garnir de pieus, élayer, picounia, O, come «picania», et 
dérivés particuliers, picuin ou picun, terre qui doit être travaillée à la 
pioche, picunia, o, forme de « picounia », etc. Page 72. 

*PIG, oiseau (lai. «picus», possiblement emprunté). 

PIGA, O, forme de «pica», pointe, picpic, mais avec lésons |tarli(nlicr de 
dent de fourche, de râteau, etc.; pigol, petite bêche; pigoulet, petit 



— 243 — 

pic dalpiniste, en français contracté «piolet»; pigoun, rougeole, petite 
vérole: pigouret, petit monticule; etc. 

*PIMA, O, dépit, colère, inquiétude. Probablement pour *picma, de la 
même origine que dans «pechin», chagrin. 

PIMPA, O, pousse d'arbre, de plante; par extension, fleur. Peut tenir du I. 
spampiuus», pampe, pampre. Et: PIMPAR, garnir de fleurs, enjoliver; 
au passif, faire sa toilette, se pomponer («la nouvella annada, touta pim- 
da deflours», dans «LeGarric»de Joseph Galcas,; PIMPARELLA, O, la 
fleur pâquerette; PLMPENC, correspondant au français isolé «pimpant» ; 
et PIMPOUNAR, come « pimpar» . 

PINAR, parallèle limousin de « piar » ; pinari, a^re, buveur; pinta, 
petite mesure de vin, contracté d'un*pinifa, en français «pinte»; pin- 
tar, boire des pintes, s'enivrer; pintari, aire, ivrogne; pintoun, 
petite pinte; pintounar, etc. Même observation pour ^ivs'.v, que pour 
t'.eV; (voyez «piar»). 

PINÇA, O, nasalisé de «pica», spécialement pince, pieu, étai; pincar, 
pincer, étayer, pincada, O, rangée de pieus; etc. 

PINIAR, tasser, presser. A' mon avis pour 'pisniar, de la même Tac. pis que 
dans le lat. «pinsere», *pisere, piler. 

PIOC, poussin, en Béarn. Peutètre pour *pigoc, très petit. Douteus. 

*PIOT, vin, en Languedoc. 

PIOT, dindon, en Auvergne, en Rouergue, en Bordelais. 

PIOUN, contracté de «pigoun», petite vérole. Et dérivés. 

*PIS| identique au français «pis», jet de liquide, écoulement; pissar, 
pisser (à mon avis, pour *pitiar ou *pictiar, d'une variante pii de pic ou 
di pic elle même, jaillir étant, au propre, faire saillie, faire pointe (con- 
frontez le catalan «pixar»); pissarel, ol, ot, petite chose pissante, pe- 
tit jet d'aue; pissota, O, grémil, dont les graines sont, dit on, diuréti- 
ques; pissum ou pissun, amas d'urine; etc. 

*PLAISSA, O, la partie dorsale d'un animal, spécialement la tranche de 
lard prise d'un bout à l'autre du dos d'un porc tué. A' mon avis, pour 
•palaissa, de même origine que «palais». 

*PLiAT, large. D'un bas latin *plattus, pour précédent *plattos, de la racine 
pht, être large, étendu, qui est lat en celtique du Nord, avec chute ordi- 
naire du p. En grec z/.aTjç, large, zXaTsîa, large rue, place, passé dans 
le latin «platea» devenu *platia, peutètre *plallia, sous l'influence de 
«plaltus », en français « place». En plus de platel, diminutif qui est 



- 244 — 

dans le français « plateau», nous avons, pour dérivés particuliers : pla- 
tarel et platoun, autres diminutifs, etc. 

PLEC, pli; PLEGAR, plier (1. plicarc), dont le participe PLEGAT ou fémi- 
nin PLEGADA, O, pris substantivement, désigne un paquet de foin ; etc. 

POCA, O, en français «poche»; et dérivés poucotet pouqet, gousset, 
poucoun, pochon, etc. On dit aussi pocha, O, et dérivés. 

PONRE, en français altéré «pondre» (1. «ponere»). 

FOSSE, planche. D'un probable altéré *possis pour «postis», jambage de 
porte, soit chose posée, posante, soutien. 

POT, et, ordinairement, féminin pota, O, lèvre; poutarra, O, grosse 
lèvre; poutarri, qui a de grosses lèvres; poutar, poutegar, pou- 
tiniar, bouder, faire la pote, faire la moue ; poutegari, niari, 
boudeur; poutet, ot, oun, uu baiser; poutounar, ounechar, 
faire des baisers; poutounel, et, ot, petit baiser; etc, Pages l'.i et 7-4. 

POUCH, forme de «pue» et «puch», montagne (voyez, plus bas, cet arti- 
cle); et diminutifs pouchet, ol, oulet. 

POUDA, O, serpe pour émonder; POUDAR (1. putare) ; POUDET, serpette. 

POULIA,0, remontrance, reproche; pouliar, faire des reproches. P. 7-i. 

POULIA, O, vêlement en général. Employé au pluriel (en oïl « pouillcs ») ; 
POULIAR, vêtir (en fr. le composé «dépouiller», qui ne doit rien au lat. 
«spoliare», en normand «pouillot», corset, brassière). Racine incert. 

POULIT, joli; sens étendu de celui de poli (1. politus). 

*POULSA, O, brisures. En français le dérivé « poussière » pour 'poul- 
sière. Notre mol dénoie un *pulsa, de la racine />o/ et/)///, variante méri- 
dionale de bol et bul, écraser, rendre mou, d'où aussi le latin «puis», 
purée, soit écrasure, lequel, d'une signification distincte, me parait 
simple parent plutôt que père de notre mot. D'où poillsous, poudrcus. 

*POULTA, O, parallèle de «poulsa», mais au sens de boue. o( Anse dos 
étangs; poultOUS, bourbens. On dit aussi poultra, etc. 

*POUMPAR, bomber, gonfler en frapant (par exemple un matelas), 
aussi poumpir, fouler sous les pieds. A' mon avis, dune forme nasali- 
sécdc pop, égale à poc, être gros, enller (voyez «poup»). Le latin a bien 
«pompa», cortège solennel, grec woiatci^, mais nos mots ne me paraissent 
lui rien devoir. 

'POUMPOUN, hupe : chose rcnHée ; et pompounar. \ . « jx-imipar ». 

POUNICDIAIHA, EIHA, O, mesure prélevée par le meunier sur la (niantilé de 



— 245 - 

grain à moudre, quand le travail est payé en nature. Dénote un *pone- 
taria, du sens exact de ustensile servant au dépôt de la part laissée en 
paiement. 

*POUP, balle de blé, peau du raisin, en Béarn. A' mon avis, de la racine 
]pop^ forme àe poc, enfler. 

POUPA, O, mamelle; et POUPET, teton, bout de la mamelle. Fusion possi- 
ble de deus origines : latin «pulpa», chair, partie charnue de la viande, 
et notre racine pop du mot précédent, etc. 

POUPOUN, en français « poupon», soit enfant potelé (bas latin *puponus, 
dérivé possible, mais pas certain, du latin « pupus», même signification). 
A' mon avis, la racine, pour « puponus » , est pop, variante de poc, enfler. 

*POUSGA, O, poussière. Possiblement pour *poulsca, d'un *pulisca, en 
participation avec un *puvisca, de «pu vis i. Et : pouscar, produire de 
la poussière; pouscous, poudreus; pousqechar, etc. 

PRANDIAIRA, IEIRA,0, « pranjiera, o », sieste après le repas de midi ( dér, 
de «prandium», dîner, repas). 

PRECASSAR, proposer. Probablement d'un*precatiare, dérivé de «precari», 
prier. A' remarquer que ce mot, moins souvent employé que le dérivé 
direct de « precari», aujourd'ui «pregar», a conservé le c. Ne doit pas 
être pris pour un *percassar, pourchasser : le sens de quêter, qu'on donc 
come étendu, se relie plutôt à celui du présent mot. 

PREGAR, prier (1. precari); PREGADOUR, prieur; etc. 

PRESOUN, mot cantalien désignant les testicules du chevreau, dont on fait 
la présure (b.l. *presonus, dim. de *presus pour «prensus», de « pren- 
dere» pour «prehendere », avec le sens de chose qui fait prendre ou 
cailler le lait). 

PRIM, mince, pointu, et premier (1. primus»); PRIMA, O, le printemps, qui 
était autrefois et avec raison la première saison de l'année. 

PROU, assez. Le catalan est « prou», le castillan «pro», l'italien «pro», 
«prode». De «prodest». qui est utile, selon les uns; de « probe», bien, 
selon les autres. Douteua. 

PUG, aussi puch et puech, formes de «pec» et «pic», montagne, en 
français «puy» pour *puic; d'où puchet, ol, ot, OUn, et autres dimi- 
nutifs; plus: pug, d'où pugald, aud, augmentatif (excluant «podium», 
come je l'ai dit à la page 73); etc. 

Q 

QUAL, quel (latin cqualis») («quai a fach aco ?»). 



— 246 — 

QUAND, combien (1. «quantum») : quand aco ?», combien cela ? 
QUAND, lorsque, quand (1. qiiandoV 

R 

RABA, O, forme de « rapa », rave; RABANELLA, RABOLA, RABIOLA, O, 
pelitcrave; et un augmentatif RABASSA, O, trufe (pome de Icrre) et 
trufe noire (b. 1. rabacia). Le sens exact de ces mots est racine. 

*RABAL, raclure, choses entraînées en raclant; rabaladis, même signi- 
fication ; rabalar, pour *rapalar, fréquentatif de « rapar», racler, et qui 
ne doit rien au prétendu «re-avalar», d"où on a voulu tirer le fr. «ra- 
valer» (le sens exact de nos mots et du dit français est bien racler); 
rabalec, même sens que «rabal» ; rabiala, O, poissons de rebut 
quelconques, exactement raclures, déchets; rabalioun, planche ser- 
vant à ramener (en raclant) la pâte sous la meule d'un moulin à uile; et 
rabalum, un, ensemble de raclures. 

*RABAN, rebuts, come «rabalia»; et, particulièrement, espèce d'éloupe 
qui se sépare du chanvre quand on l'abille. Vojez larticle précédent. 

RABAN, feu ; spécialement feu de la Saint Jean. Il y q peutêtro ici une ra- 
cine ar et transposée ra, qui pourrait être la même que dans le latin 
«ardens», «ardere», etc. Et : RABANEL, diminutif; RABANELLA, o, 
grillade de châtaignes; RABINAR, griller, rôtir, se prendre à la casserole, 
en parlant d'un mets, et brûler sans produire de flamme, en parlant 
d'une étofe. 

*RABAR (se), dans le composé «s'arrabar»; se dégoûter d'un mets servi 
à tous les repas, se blaser, en Gascogne, et se rabenar, même| signifi- 
cation, en Auvergne, en Rouergue, etc. ( « soui rabanat d'aco », je sui*^ 
dégoûté de cela, fatigué de cela), devenir creuses, filandreuses, en parlant 
des plantes potagères, soit dev«nir à l'état de déchet. 

RABASTA, 0, chacune des traverses du plancher d'une charrette, sur 
lesquelles portent les picus qui retiennent les ridelles. Même racine que 
dans «bast», page 21. 

RABASTA, O, qncrelle, coups de bâton; rabastar, doner des coups 
de bâton; rabastari, aire, querelleur; etc. 

RABATRE. Voy. «batre», pago 22. 

*RABEG, courant, endroit où le cours do l'aue est le plus rapide. Je re- 
jette «rapidus», dont la forme ne s'accorde pas; et je propose un b. 1. 
*rabecus, dérivé de la particule râ et de ahos ou avos, cours d'aue, la 
particule re cxpli(juéc par Icrodoublomont ou lu vitesse de l'action, corne 



— 247 — 

dans c rande • pour 'reande, élan^ noBremeat bmaqne en avani^ « Tan- 
don» pour «reandon>, coorse rapide, etc. Le mêine redoublement se 
trouve dans un déliré de forme augnentative : rsibas ou rtlVias ( *rava- 
linm ), torrent d'ane, et ^ufre dans lequel les aues &e perdent, d'où par 
comparaison un féminin rai>assa ou ravassa, O, pluie torrentielle 
(on écrit an^^si, maiâ: fautivement, « ragas » et « ragassa * ). Xous avons 
d'autres dérivés, qui viennent confirmer l'origine : ra]>ec]l3F ou rsive- 
char, guéer un cheval, le promener dans l'aue, mot dont la forme 
découle directement de « rabec> ; rstboil ou l'aven, parallèle du même 
crabec», mais grafîé rabin et ravin, sous rinâuence du français « ra- 
vin > et c ravine * , et employé au sens de « les sillons creusés par «n tor- 
rent d'ane» (on a doué le dit français «ravin» et «ravine corne étant le 
latin «rapina», rapine, mais il va sans dire que je rejette ce second latin, 
oome je rejette « rapidus >); et ravasclar, pleuvoir à verse, d'où un 
substantif ravasdada, o. 

RABIA, o, en français raje, avec alongement de Vi et cbnte du ^ ( b .1. de 
même forme, pour lat. «rabies»}; RABIAR, rajer; et RABIOUS, rajeur, 
colérens. 

RABILIAR, remettre en bon état; et ralîilîaH, aire, rapiéceur, répa- 
rêur. \'oyez «bilia», page 25. 

*RASOT, outil pour racler le bois, en français même forme en b. L'on et 
l'autre pour 'rapot. Et ralx>Tltar, racler le bois. 

'RASOUSSAIi, aussi ravonssar, parallèles de «rabechar», guéer un 
cheval, le promener dans l'aue. D'un 'atotiare oq 'ayotigre. 

RABRU6AR (se), redevenir en friche; devenir noueus, inégal, come la 
brugue . En français « se rabougrir > , pour *se rabrougnir on *se rabruguir. 

RAG, coup de grife, etc. (voyez page 74); raca, O, trace laissée par un 
coupdegrife, raclure; raoa, O, gale, teigne, soit maladie qui obligea ce 
grater; raca, O, grape vide (soit raclée), déchet, chose de nep, an figiiré 
mensonge, parole vide; racal, son de la farine; racalla, O, lie du 
peuple; racaliar, tamiser le blé; racan, ordinairement « ragan» , les 
noeuds d'une pièce de bois qn'on travaille, par extension chose désa- 
gréable, rugueuse, et persone de mauvais caractère: racaniar, mau- 
gréer, êlregrt^non; racar, racler; racaj*, glisser, patiner, c'est à dire 
racler la terre ou la glace; racar, mentir, dire des paroles vides: ra- 
car, vomir; racar, dessécher, devenir raque; racaii, aire, pati- 
neur, dérivé de «racar», glisser; racari, aire, menteur, de «racar ». 
mentir; racas, ensemble de raclures; racassa,0, mauvais marc; ra- 
COt, aussi «ragot» h<Hnede petite taille, en français «ragot», en bour- 
bonais «racot »; et rnnOT, iiini^ii. maladif. Pa^e74. 



— 248 — 

*RAFA, O, et altéré rafla, O (sous l'influence du franc, «rafle»); raflar, 
forme de «rapar», enlever en raclant; rafalar, fréquentatif, en fran- 
çais t rafler», d'où rafala, O, coup de vent violent qui enlève tout ( sur 
un pont de navire ou ailleurs); et rafatalia, O, racaille. V'oy. «rafir». 

RAFIR, forme faiblie de «rafar», avec le sens de produire des rides (le 
lat. « rapere » n'a pas du tout ce sens); rafildura, O, rides, plis. P. 75. 

RAGA, O, forme de «raca». raclure, avec le sens de trace laissée par un 
frôlement; ragache et ragadis, même signification; ragail, rugo- 
sités, au figuré paroles dures, rechignemenl, et persone hargneuse ou 
simplement ennuyeuse; ragana, O, récit répété, ennuyeus (en français 
«rengaine» pour *rangaine), et, par extension, refrain; raganel, dimi- 
nutif de «ragan», au sens figuré de hargneus; raganella, O, diminutif 
de « ragana», au sens de refrain; raganiar, maugréer; raganious, 
raboteus, en parlant d'une pièce de bois, et grognon, en parlant d'une 
persone; ragar, forme de «racar», racler, mais au sens de froter, user 
parle frotement, en terme de marine français « raguer » (l'anglais « to 
rag», doné pour ce dernier, n'est qu'un emprunté du gaélique « raé » 
ou du nordique «raka», de même origine; quant à l'anglo saxon « hra- 
cian», déchirer, il est pour *kracian et ne se relie pas à rac). Un second 
ragas, terme de mépris à l'égard des valets de meuniers ou de fermes, 
injustement comparés à de la racaille, et féminin ragassa,0, dindo- 
nière; ragassoun, ragot, oun, petit home, petit domestique; etc. 

RAI, ordinaire, régulier. Page 74. 

RAI, rayon (lat. radius); et RAJAR, poindre, paraître, sourdre; commencer 
à couler, en parlant d'un liquide (latin «radiare», soit former rayon), 
d'où RAJADA, O, petit écoulement, petit versement de liquide («bailas me 
una rajada», versez moi un peu de vin). 

*RAIVE, forme ouverte de «reive» ou « reibe », rêve. 

RAMAISAR, adoucir, calmer. Voy. «maise». 

RAMPALM, et altérés ordinaires RAMPAL ctRAMPAN, rameau. S'emploient 
à l'occasion d'une fêle i^eligieuse : «le dimanche des rameaus». Origine 
«ramus» et « palma». 

RAMPAR, nasalisé de «rapar», ramper et grimper; etc. 

'RANG, boîlcus, contrefait; et rancous, déhanché. A' imm avis, nasa- 
lisés pour *rac cl *racou8. 

'RANCAR, arracher. Formateur de «arrancar», ordinairement employé. 
Paraît se relier à « racar», racler, enlever en raclant : le latin «eradicare» 
n'a pu que se mêler. En catalan, aussi «rancar». 



— «49 — 

*RANDC, élan, mouvement rapide en avant, course rapide ( canar de 
rande •, aller avec vitesse, impétuosité). A' mon avis, ce mot est composé 
de <ande>, avec le préfixe «re» an sens duplicatif, qui s'explique par 
Taction plus vive ou par l'action répétée . Et : rCindair, roder, aller en 
tournant, correspondant à l'oîl 'rander, «randir», courir rapidement (au- 
tour, par extension devant soi ( voyez «andar»); randectiar, :?'-fr 
autour, randol, coureur, et randonlet, diminuui : randola, o c'. 
raildouleta, o, hirondelle de mer (à cause des cercles qu^elle décrit 
dans res':?.ce . randonlstr, echaur, aller et venir sans but dans la mai- 
son : randoun, course rapide, come «rande» et le français «randon»; 
randounar, eohar, etc. Le germanique «rand», lisière, bord, doné 
pour orig^ine des mots français et des ociens, ne peut que s'être mêlé au 
gaulois, si toutefois il a été importé; en tout cas, il n'est pour rien dans 
les sens de courir. 

RANGANA, O, nasalisé de cragana*, etranganella, O, refrain. 

RAP, parallèle de «rac», coup de grife, et mouvement fait pour saisir 
avec les grifes ; rapSi, O, racine d'arbre ou de plante, la partie d'une 
souche qui reste dans la terre (d^^où «desrabar» pour *desrapar, arracher, 
inscrit plus haut), et rave (le latin « râpa » ne désigne que la rave, et, le 
formateur de notre mot me paraissant être le même rap que dans «ra- 
pere» et que dans notre «rapar >, je pense que les racines d'arbres ou de 
plantes ont pu être considérées come étant des grifes se prenant à la terre, 
et que nos pères du Centre et du Midi ont pu avoir un *rapa, du sens de 
racine quelconque, dans lequel le «râpa» latin serait venu seulement se 
fondre); râpa, O, coup de grife; rapar, ramper et grimper ; rapet, 
grimpereau; etc. Page 75. 

*HAPAR, aussi rapiar, égaus à «arpar» et «arpiar»: saisir avec les 
grifes (nous avons toute une famille de la forme radicale rap^ aussi bien 
que toute une famille de la forme arp^ et le latin «rapere» ne peut être 
qu'un frère); rapiari, agripeur; etc. 

RAPETASSAR, rapiécer (le français n'a que ce mot). 

RAGLET, son de la farine; et raqetar, come «racaliar ». 

RASA, O, terrasse soutenu par un mur, soit terrain plan, ras, uni. Ce mot 
désigne surtout les degrés plans qu'on forme, en fossojant, dans les 
vignes en pente, et qu'on fait soutenir par de p>etits murs. 

RASGA, O, gale, teigne; rasca, o, râpe; rascal, noix dont on a enle- 
vé la première envelope. et rascaloun, diminutif: rascar, racler, râ- 
per; rascaliar et rasclar. fréquentatifs; rascadisetrascladis, 
raclures; rascadour et rascladoor, râcloir; rascas, large croût* 



— 2^0 — 

de teigne; rascassa,o, crapaud demer; rasoous, teiçnens; rascum, 
tltl, excroissances sur les olivier»; etc. 

RASIM, raisin (lat. racimus); et RASIMAT, confilurc de raisin. 

RASPA, O, égal à «rasca», râpe; raspal, balai; raspar, râper; ras- 
paliar, balayer; raspalun, criblures, balayures; clc. Le français «râ- 
pe» a, de plus que notre «raspa», la signification de grape dont on a 
enlevé les grains et de marc du raisin ou reste de la grape qui a été pres- 
sée, cotne «raca». Tous ces mots se tiennent, et nos pères n'ont eu aucun 
besoin de recourir à un alemand «raspon », qui, au cas où il ail pénétre 
chez nous, n'a pu que se mêler à notre mot, 

RASTÊL, râteau, au figuré épine dorsale (1. fastellum); RASTELAR, etc. 

*RAT, corne en français (bas latin «rattus» pour celtique *rattos, de la 
même racine que dans «raive»).Le sens exact est «le coureur» (pour ce 
sens, confrontez le poitevin et saintongeais «rat», ruisseau, soit aussi 
«le coureur «). Et dérivés : rata, O^ femelle du rat, aussi musaraigne, 
souris, et viscère de forme oblongue: ratada, O, la portée de la rate; 
rataira, eira, o, ratière; ratar, s'échaper, en français « rater» (« le 
coup a raté»), laisser échaper (rater son coup) ; ratar, ronger corne les 
rats; ratari, ratier; ratas, gros rat; ratarel et ratarol, petit rat, 
petite souris; ratechar, fureter; ratella, Oj diminutif de «rata», vis- 
cère; ratina, o, élofe velue, soyeuse, corne la peau du rat, par exten- 
sion élofe frisée ; ratatoulia, O, ragoîit fait delà rate des animaus; 
ratiniari, aire, capHcieus, d'un esprit fuyant; ratouira, o, nid à 
rats ; ratoun, corne «ratarel», et diminutifs particuliers ratounel, 
etc. verbes ratounar et ratounechar, fureter; ratun, engeance des 
rats; un composé ratapennada, o, chauve souris, au sens de souris 
ailée (lat. «penna», aile); etc. 

RAUBA, O, et raupa, o, formes ouvertes do « ropa », robe. 

*RAUBAR, pour *raupar, forme ouverte do «rapnr», saisir, en français 
(emprunté à l'oc) «rober», aujourd'hui «dérober» (l'alemand «rauben» 
ne peut être qu'un emprunte à son tour); raubâdis, facile à ravir; 
raubari, aire, voleur; ctraubatori, larcin. 

RAULIA, O, forme ouverte de «roulia»; rauliar, etc. 

RAVS, en français «ros », remplace aujourd'hui par le diminutif i roseau»; 
en breton «raoz» pour *rau/; en golhique, cOme cher, nous, «mus»; on 
alemand moderne «rohr», tuyau. Fculêlre rau$, de lune et de Inulre 
langue, serait pouf raUdf car nous avons^ en od, une forme diminutive 
RAUDRL, à côté do RAUSi'X, D'nuiros part, le t (innl du breton dénote 
plutôt un d.lin tout cas, le radical, du sens de creUn, puisque le roseau 



— 351 — 

estcreup, pourrait être à la fois gaulois et germanique. Douteus, mais 
possible. EtRAUSA, O, nate de roseau; RAUSARI, AIRE, vannier; RAU- 
SARIA, O, roseraie; etRAUSEL^ diminutif de «raus», corne «raudel». 

*RAUSA, O, tartre des tonneaus ou pots à vin. A' mon avis, forme ouverte 
pour *rousa, o, la tartre étant un dépôt rougeâtre (confrontez «raulia» 
pour «roulia», soit chose rougeâtre). En ce cas, racine rod, équivalente 
de 7'oc, être rouge (voyez «rous», page 77), Et rausous, tartreus. 

*RAVAN, aussi ravas, crinière (le ravas d'un lion); laine grossière et 
pendante d'une espèce de mouton de Savoie et des Alpes, par extension 
le mouton lui même. Rac. ra, corne dans le breton « reûn» et le gallois 
«rhawn», crin, donés pour dérivés d'un celtique *ra^7n^, ramni-. 

*RAVAS, torrent d'aue; ravasclar, etc. Voyez «rabec». 

REBALLAR, relancer. Page 18. 

REBALSAR, aussi rebaussar, rehausser; et rebalset, rebausset, 

tertre, petite élévation de terre. Page 19. • 

REBLA, O, remblai; etREBLAR, remblayer; en ancien français, avec nasale, 
«rembler». Le sens du verbe étant remplir une cavité, remplir un mur 
de cailloutage, je rejette l'origine des Darmesteler: «re» et temblayer» 
semer une terre en blé. L'ancien français ne peut être qli'un nasalisé 
pour*rebler, correspondant de notre «reblar». Et l'un et l'autre, signi- 
fiant au pi'opre remplir, dénotent un b. 1. *replare, venu de «plere», 
emplir. 

REBOURDOUNAR, faire de multiples voltes. 

REBREG, rebrisure ; et rebregar, briser menu. Page 32. 

REBROUS, lait cailleboté. P. 35. 

REG, lit d'un ruisseau. Page 75. 

REGOUTIR, friser, crêper, employé au participe, « recoutit i" , qui a les 
cheveus crépus. Voyez «coutir». 

REGROUQILIAR (se), se former en petits angles, en petits crocs. 

REDAR, disposer, mettre en ordre. Page 75. 

REDOL, aussi REDOUL, tour d'une roue, tour qu'on fait en se roulant par 
terre; REDOULAR, rouler (1. rotulare); REDOULADIS, roulis; etc. 

REDOUND, rond (1. rotundus); REDOUNDIR, rendre rond; etc. 

REGA, O, sillon, ligne creuse, raie; regana, O, m. s., et regatiella, 
diminutif, employé aussi en terme grivois; regar, faire des sillons, et 
rayer; regola, ota, O, petite ligne creuse, petite raie;regoun, spé- 



— 2^2 — 

cialement petit sillon de jardin; regounar, silloner, aussi raviner, en 
parlant des aues pluviales. Page 75. 

REGAN, forme de «ragan », au sens dehargneus; reganiar, maugréer, 
rechigner, avec forme ouverte regauniar, qui peut tenir de « gau- 
nia » ; etc. 

REGANS, courroie. Page 76. 

*REGANTAR, avoir du regret, en Gascogne. Peut être delà même famille 
que le breton «rec'h», chagrin; peutêtre pour *reganitar et se reliant au 
breton «keini», gémir, et au vieil irlandais «coinim», je déplore, venus 
d'un celtique *coinos, gémissement, regret, lequel coinos a pu être Va/- 
nos, dans le Midi (d'une racine cai et cei). Douteus. 

*REIG, aujourd'hui rei, roi. En gaulois rix, au génitif rigos, avec va- 
riantes «rex» et » reix», dans des noms propres (tle groupe ei notation 
régulière de l'z long» (d'Arbois de Jubainville): Ambiorix, Gamulorix, 
Cingetorix, Vercingetorix, Ateporix, Senorix, Vassorix, Visurix, Vollu- 
rex, Dubnoreix, etc. En breton «roué», roi, et, avec ei come dans notre 
mot, «reiz», règle, loi, ordre. Pour la racine, qui est dans beaucoup de 
langues, voyez «rai», p. 74. Du moment que nos pères avaient le corres- 
pondant du latin «rex», ils n'ont pas eu besoin d'emprunter ce dernier, 
qui^n'a fait que se fondre dans le celtique. En plus du féminin reina, O, 
(1. «regina», celt. *regena, d'après le breton «roanez»), nous avons un 
d'minutif reitoun, pour *reguitoun, petit roi, spécialement l'oiseau roi- 
telet, et d'autres noms du même oiseau: reibelet, reipetit, etc. 

REINALD, renard (al. reginhart); et REINALDIA, O, renardière. 

*REIVAR, en français «rêver» pour l'ancien «resver», d'un sens premier 
de vagabonder (« resveur de nuit», coureur de nuit). Dénotent, à mon 
avis, un bas latin *redivare, venu du verbe celtique *redo, je cours, cité 
à l'article « palafred ». Et : reive, rêve, substantif verbal : reivari, air©. 
On dit aussi, avec b prur v, reibar, etc. 

REJISCLAR, rejaillir. Voyez «jiscar». 

RELANCAR, dégeler. Peutêtre nasalisé pour *relacar, au sens de se reformer 
en liquide (voyez «lac»). 

RELIA, O, aussi RILIA, la dent de l'araire, la pointe qui s<_tI à l'aire les sil- 
lons. Peutêtre pour *reguilia, de la même famille que «rcga», sillon, 
mais ce n'est pas certain. 

RELUCAR, reluquer; et relucari, aire. 

RENAR, grogner, maugréer. Soit d'une sorte d'onomatopée; soit contracté 
de «renegar», au sens étendu; clRENARI, AIRE, grognon. 



— 2DO — 

REXEG.VR, renier; par extension, maugréer, en parlant des homes, et gro- 
gner, menacer de mordre, en parlant des chiens; etc. 

RENIFLA. Voyez cnifa*. 

REPOUTEGÂR, répondre en murmurant. Vover «pota ». 

RES, rien, sous entendu aucune: aucune chose (lat. cres», chose). 

RESCOUATA, O, fruits mis en cachette, en réser\'e. Origine incertaine. 

"RESCOULAR, glisser, patiner; et riscoillada,0, glissade. V. crise». 

RESCOUNDRE, come «escoundre» : cacher; AL RESCOUNDUT, en cachette. 

RES SEGA, o, sie pour recouper le bois de chaufage ; RESSEGAR, couper du 
bois en plusieurs pièces, mot venu de «segar», couper^ du lat. «secare», 
même sens. Par contraction, on dit aussi cressar», et Ton a doné, pour 
origine, le gr. pi^îrTîiv, fraper avec force ! 

RESTOUBLE, et formes altérées crestoul» et «rastoul», la partie basse de 
la tige du blé qui reste tenante au sol après la coupe. Latin «stipula», 

paille. 

'RESVIDAR, refuser, improuver (dans Honorât); soit, à mon avis, refu- 
ser de reconnaître, et dérivé du verbe celtique correspondant du lat. «vi- 
dere • , lequel celtique avait le sens de savoir, de connaître, en même 
temps que celui de voir. V. articles cguiniar», p. 60, et « vinie», p. 88. 

RETAGOUNAR, rapiécer. 

RETAL, recoupure ; retaliar, recouper ; retalioun, etc. 

RETE, raide. Pour *regde (1. «rigidus»). 

REVIRAR, revirer; reviroxin, regard en arrière; reviroiinar, etc. 

REVISCOULAR, revenir à la santé (lat. rcviviscere). 

REVISTA, revue (« à la revista », au revoir). Voyez cvista». 

REVOULUX. tourbillon (dérivé du latin revoluere); et REVOLTLUNAR. 

RIBAN, forme de aripan», ruban. 

RIBIiA, O, forme de «ripla», et, par double altération, rifla, O, ride, 
pli dans une élofe, riblar ou riflar, former des plis, aussi river; rible 
ou rifie, outil pour river; etc. 

'RIMA, O, ride, petit creus au visage; rimar, rider, au passif se con- 
tracter, en parlant de la viande qui reste trop longtemps sur le feu; et ri- 
mai, gratin, brouissure. Le latin • rima» désigne une fente, une fissure. 
Il ne convient que pour la forme, et non pour le sens, qui parait être 
plutôt un étendu. L'ancien français «rime», ride, de Rabelais et autres 



- 254 - 

auteurs, s'accorde avec notre mot.%le vois un gaulois *ripma, passé dans 
le latin, et dérivé du même rip que dans «ripar», grater le bois, raboter, 
les rides ayant la forme de coups de grife. Il va sans dire que le terme de 
poésie erime» est un mot distinct et vient de «rhythmus», mesure. 

RIOU, ruisseau (1. rivus); et RIOUET,RIOUOT,RIOUOTEL, aussi RIVET, RI- 
VOL, RIVOULET, petit ruisseau. 

RIPA, O, petit creus dans le bois, et lamelle que le rabot enlève; ripa,0, 
outil de maçon et de sculpteur, servant à racler la pierre, en oïl «ripe»; 
ripar, raboter^ racler, river, verbe dont le patois alemand «rippen», 
des Darniesteler, n'est que remprunté; ripadura, O, raclure, rivure; 
ripalia, repas où l'on mange tout ; ripan, ruban de menuisier et, 
par imitation, ruban d'élofe; ripla, O, ride, pli dans une étofe; riplar, 
contracté pour *ripclar, fréquentatif de «ripar», former des rides, des 
plis, aussi river; etc. Page 70. 

*RISG, aussi rieqe, en français «risque». Darmesteter et Thomas do- 
uent le français pour emprunté de l'italien «risco», mais celte origine 
n'est guère possible, car nous avons un breton correspondant «risk», 
avec verbe « riska», égal à notre oc riscar et au français «risquer». Ce 
verbe breton est défini d'abord «glisser» et, «au figuré, courir des dan- 
gers, des risques» (Diction, de Le Gonidec) : le sens de glisser serait donc 
le premier, et l'actuel de l'italien en question, de noire «risc» et du fran- 
çais «risque», seulement le secondaire. Henry donc le breton «riska» pour 
dérivé d'un celtique *rit-sko, je glisse, «que reproduit à peu près exaclc- 
ment, dit il, l'alemand «rutscken». Notre «risc» peut avoir été em- 
prunté au français, mais le français peut venir du celtique, et l'italien 
n'être qu'un frère. En bas latin on trouve «riscus», mais aussi «risicus», 
et une forme verbale italienne est «risicare»; de plus l'ancien oc est « ré- 
sèque»; et ces «risicus», «risicare» et «résèque» dénoteraient un fré- 
quentatif du celtique *ritsko. De noire côté, nous avons rescoular, 
pour *riscoular, et, dans le Canlal et le Rouergue, rousclar, paliner, 
glisser sur la glace, qui peut venir de la même racine rit el rut, par un 
intermédiaire bas latin *rulcularc. 

RISPA, O, forme de « ripa», outil servant à grater, avec le sens spécial 
de pèle à feu (raclant la cendre); rispota et rispoun, diminutifs; etc. 

RIT, canard, en Auvergne, en Uouerguc; RITA, O, cane; ri iv'lTorx, pous- 
sin de la rite. Origine incertaine. 

ROC, grosso pierr» tenant au sol; roca, O, roche. En plus des dérivc's qui 
sont dans le français, nous avons : roucarel, Ol, aussi roucairel, ol, 
diminutifs; roucari, ouvrier des mines, merle de roche, et poisson <jui 
vit B0U9 les roches; roucas, gros roc; roucassoun, calcaire grossier; 
rouqet, eta, o, corne «roucarel ». Page liS. 



- 255 - 

ROC, manteau, roupe; et rouqet, rochet ou camail d'évêque. On trouve 
un bas latin trocca,' composé, à mon avis, dn préfixe to et d'un féminin 
roccj, le quel ^rocc^ désignait une sorte de manteau des prélats (Duc). 
Pages 70 et 77. 

RODA, O, roue(l. rota); RODE, forme masculine, au sens de petit circuit; 
ROUDAL, creus fait dans la terre par une roue (b. 1. *rotalis); ROUDAR, 
rouler et roder (1. rotare); ROUDEL, rouleau, roulade du rossignol ; etc, 

ROPA, O, aussi roupa, o, long vêtement, robe, roupe, Page 77. 

ROTA, O, guitare. Page 77. 

*R.OUGAR, aussi rouncar, ronfler, La premièi^e forme ne dénote pas le 
latin «roncare» et se relie plutôt au breton «roc'ha», même sens. La 
môme onomatopée ro, rou, roue, aussi raw, rauc, dans «ravis», *rausi 
ou «ravus», *rauus, «raucus», pouvait se trouver aussi en celtique, 
car, à côté du breton ci dessus, nous avons un gallois )>rhoch», grogne- 
ment, un gaélique «roc», voix rauque, et, particulièrement, un autre 
verbe ocien, POUClar pour "rouqelar, glisser sur la glace, patiner, soit 
produire un bruit analogue à un ronflement, verbe qui ne peut se relier 
au latin. La seconde foi^me peut seule dénoter l'emprunt ou participer, 
par l'w, de «roncare». Mon étymologie n'est pas certaine, mais elle est 
possible. Et dérivé rouncari ou roucari, aire, ronfleur. 

ROUGUE, rouge et rogne; rougant, arrogant; rouguent, qui paraît 
de couleur rouge; rouguessa, O, rougeur; rougilia, O, et contracté 
roulia, o, rougeurs sur le fer, rouille; rouguir et rouguiiiaP, etc. 
plus, FOUguiuia, o, et contracté «rounia, o», rogne, etc. 

ROUMEGA, O, ronce (b. 1. rumica-, de « rumex»); et ROUMEGOUS, ronceus. 

ROUNDINAR, gémir, grogner. Peutêtre pour *groundinar, dérivé du latin 
« grundire»; peutêtre d'une onomatopée égale à celle de ce latin. Et HOUN- 
DINARI, AIRE. 

ROUNIA, O, forme contractée de «rouguinia»; et rounious. 

ROUS, un peu rouge; avec dim. roussel, et, ot, et diminutifs secon- 
daires rousselet, ot, OUn, etc. Verbes roussir, identique au fran^ 
çais, et roussechar, paraître rous. Page 77. 

ROUSEGAR, aussi ROUSIGAR, ronger {b. 1. Vosicare, du lat. « rodera» ). 

ROUSINA, O, pluie fine (b.l. *rosina, dim. du 1. «ros», rosée), 

RUGAR, beurter, cosser : et pucari aire, animal cosseur. Page 78. 

RUGAR, voûter le dos, se blotir, en parlant des animaus qui se groupent 
sous les arbrcB, aus heures de grande chaleur, et en parlant des persones 



— 256 - 

qui restent immobiles, la tête basse («de que rucas, aval ? »). Rac. rue, 
être timide, honteus; être immobile, taciturne. 
RUSCA, O, écorce; ruscal, écalc; ruscar, prc'parcr le cuir dans 
récorce de chêne; ruscadour, moulin à tan; ruscota, O, ccorce 
mince; etc. Page 78. 



SABATA, O, forme ordinaire de « sapata », galoche et chaussure quelcon- 
que, en français «savate »; sabatar et sabatechar, faire du bruit en 
marchand avec ses galoches ; sabatari, fabricant de galoches; et sa- 
batoun, chausson. Page 76. 

SABER, aussi SAUER et SAURE, en français «savoir» (1. sapere). 

SABI, saje (1. sapiens). 

*SABORD, embrasure faite dans le côté d'un navirepour yplacer le canon 
en baterie. Mot dénotant, à mon avis, un précédent bas latin *8abortus 
pour *saportus, du même sap que dans «sapar», creuser, trancher (voyez 
ce mot), et d'une double désinence *orlus pour *orulus. Le «bord» et 
cTélément inconnu sa», des Darmestetcr, ne sont pas acceptables. 

SABOIJN, savon; sabloun, pour *sabeloun, diminutif; âabounar et 
sablounar, laver au savon ; sabounechar et siablounechar, écu- 
mer corne l'aue de savon. Page 78. 

SABOUROT, et contracté sabrot, bouillon au vin." Mot composé de 
«bourot», diminutif de «boure », bouillon (voy. page 29), et d'un préfixe 
augmentatif ou lirmatif sa, qui paraît être pour sfa ( cf. «sai» ). I>c sens 
exact du mot serait bouillon fortifiant, solide. 

SAGAR, tirer, arracher; en français «saquer», tirer à soi, sortir Tépée 
du fourreau, arracher les luberculcs ; et, par un sens étendu de prendre, 
s'emparer de, *saiciret «saisir» ; en bas lalin t sacire » (le germanique 
«satjan», placer, des Darmesteter, n'a rien à faire ici). Et : sacada, O, 
action de tirer avec violence, en français «saccade», secousse donée d'un 
coup sec à la bride d'un cheval ; «sacar» s'emploie aussi dans le sens de 
jeter, sous l'influence possible du latin «iaccrs», «jacere», jeter, d'où 
sacal, jet, coup. Hac. sac^ avec une variante qui nous a doné «soucar», 
serrer fortement un nœud, raidir un amarrage (en brct. «sùg» pour 
•sog, trait, corde d'attelage, d'un précéd. *soca). 

SADOUL, en français saoul pour lo même «sadoul», et contracté de nou- 
veau en «soûl» (1. satulus); et SADOULAR, rassasier. 

SAGAR, forme de «sacar», ,'iv(>r le doubl*» sens de (iraillcr. cl de p (< r on 



— 2^7 — 

pousser ; sagata, O, rejeton poussé au pied d'un arbre, bourgeon de ri- 
gne; sagatar, couper les rejetons; sagatouil, petit rejeton; saga- 
tun, leasemble des rejetons: sagouliar, agiter un liquide, dans une 
bouteille ou un autre vase, et sagouniar, tirailler, tracasser, au neutre 
se doner beaucoup de peine, d'où sagouniari, aire, qui tiraille, qui 
tracasse. 

SAI, en français «ça», ici (dans «ca et là»). Page 79. 

SAIG, aussi saiqo, certes , probablement. Voyez «chaic». 

SAILE, manteau de poil de chèvre; sadlet, sailot, sailoim, diminu- 
tifs ; sailar, vêtir d'un saile, etc. Page 78. 

S AMP A. O, creus de terrain rempli d'aue dormante, mare, et creus en- 
tre les rochsrs qui se remplit d'aues pluviales. Pour *stampaj de la racine 
sta. D'où sampet, diminutif; et le bordelais et toulousain samsîr ou 
sansir, pour sampisir, couler bas, en parlant d'une embarcation, 
passé dans le français et altéré en «sancir». 

SÂNAK, châtrer (1. «sanare», guérir); aussi coudre à gros points, à la ma- 
nière des châtreurs, quand il cousent les entailles qu'ils ont faites à l'es- 
pèce porcine; S.\NADA, O, couture grossière; et SANARI, châtreur, etc. 

SANIA, O, marais; sania, O, plante de marais dont on se sert pour 
pailler les chaises; saniar. pailler une chaise avec la plante dite «sa- 
nia»; sanias, grand marais; sanlous, marécageus; et sanie, fond 
d'un bourbier. Page 78. 

SAP, et diminutif sapin, ce dernier dans le français; sapineda,0, bois 
de sapins; et sapinet, le sapin à feuilles d'if, le sapin ai^enté. Page 79. 

SAPA, O, pied (d'arbre, de mur, etc.), pièce de bois de soutien; sapar, 
mettre sur pied, ajuster, calfater ou boucher les fentes, mettre en bon 
état; sapât, racine d'un arbre, souche , sapata, O, chaussure de bois 
quelconque, soit base : sapatar, marcher avec bruit ; sapatari, sabo- 
tier, cordonier; sapa toun, chaussure d'enfant, et chausson ; sapot, 
come «sapala» mais plus spécialement galoche; etc. Page 79. 

'SAPA, O, pioche (b. 1. sapa et sappa); un second sapa, o, au sens de 
tranchée ; sapadoUT, ouvrier ou soldat du génie qui fait des tranchées; 
et sapar, creuser au dessous d'un mur pour le faire écrouler, soit dé- 
truire la base, le pied de ce mur (en français le même sens dans «sapter»); 
creuser au dessous d'un rocher pour le faire tomber; et couper le pied ou 
les grosses racines d'un arbre pour l'abatre. Dérivés, à mon avis, de «sa- 
pa » pour stapa. pied (voyez ce mot, p. 79, et, pour le manque d'un pré- 
fixe privatif, confrontez « plumar », français «plumer», pour «desplumar» 
et «déplumer». 



— 258 — 

*SAQEGHAR, secouer, bouleverser (en fr, «saccader»); aussi tirailler, 
en parlant d'une douleur (confrontez les expressions fi'ançaises «cela me 
tire», «cela me lance»). A' mon avis, verbe fréquentatif do «sacar», jeter» 
aveclesens de jeter multiplement et jeter pèle mêle, jeter tout. On dit aussi 
«saqechar», au sens de secouer un sac de bîé ou autre denrée, pour las- 
ser le contenu et faire entrer une plus grande quantité; mais l'élymolo- 
gie « sac » n'est ici qu'une rencontre, et elle ne détruit pas la vraie. Et 
saqechari, aire, bouleverseur, saccageur. 

SAUC, pour*saouc et *sabouc, le sureau (1. sabucus). On dit aussi «saie», 
«soie», «sai». 

SAUMA, O, ânesse (1. «sagma», bât, grec axX\j.ot.). 

SEDA, O, soie (1. seta); SEDAT, pain fin ou dont la farine a été passée au ta- 
mis, à la sède; SEDOUS, soyeus; etc. 

*SEDE, nom d'un petit bâtiment oiî se logent les bourdiguiers. Ce mot me 
paraît être le représentant direct du gaulois scdos, siège, demeure. 

SEGA, O, sie; spécialement grande sie à coupe d'arbres; SEGAR, couper, 
spécialement couper l'herbe, faucher (1. secare», couper); etc. 

SEGAL, seigle (1. secaîe); SEGALAS, champ de seigle; etc. 

SEGre, suivre (b.l. *sequere, de «sequi»); etc. 

SEGUR, en français contracté «sûr» (lat. securus); SEGURAR, etc. 

*SEIRE, aussi sieire, seoir. En latin «scdere»; en breton «azéza», en gal- 
lois « assedu», s'asseoir; en grec sîoç, pour (Tî'Soç, siège, etc. Il est pro- 
bable que «sodere» n'a fait que se fondre dans le celtique correspondant, 
et que nous ne lui devons que sa finale latine. Voyez « asseter». 

SELVA, O, forêt (1. silva). 

SEMMANA, O, semaine (1. «seplimana ». de «septem», sept); SEMMANA- 
DA, O, mot correspondant à ce que serait un français *semainée; etSEM- 
MANAL, relatif à la semaine: SEMAINAL. Pour ce dernier mot, les pi'- 
danls de la science sont allés quérir un grec, et ont fait «hebdomadaire» , 
«journal hebdomadaire», «repos hebdomadaire». Noua n'avons pas, en fr. 
*hebdomade pour signifier la durée do sept jours ; nous avons semaine, 
donc «semainal», et à bas les barbarisours du français, corne ceUB del'oc! 

8ËN, sans, et forme fautive SENS, sous l'influence du français (lat. sine). 
On dit aussi, mais plus fautivement, «son» il «sons». 

SENEC, vieu (lat. senex); au figuré, usé, invalide; cl SENECA, O, l'Age mûr, 
La même racine, sen, est dans le breton «hen» pour |)récédenl «scn», 
dans le vieil irlandais «sen», etc., du celtique scnoSf correspondant à 



— 2>9 — 

csenexs, qui est dans Senacos, Senobena, Senocams ponr Scnocaros, 
SenomagQS, Senorix et autres noms, et dans le grec ssvsç, le got. superl. 
csinista», le germ. «siniscale», le dojen des senriteors (passé dans le fr. 
€ sénéchal), etc. 

SEXECA, O, la main gauche. Ce mot ne peut venir du latin csinistra», 
même sens. Il indique la racine sen, vieu, du celtique senos et du latin 
csenex», peutètre par un sens étendu de main impotente, maladroite 
(confr. «sinister», gauche, passé au sens de défavorable, et le français 
dérivé «sinistre»). 

SEXGLUT, hoquet, sanglot (1. csingultns»); etc. 

SèOtT, aussi SIOU, suif (1. sébum). 

SŒ1Q33, dans Fexpression seqe de lai, cependant, outre cela. Â"^ mon 
avis, mot dérivé du même seqos que dans le vieil irlandais «sech>, le 
gaél. «seach», outre, le breton «hep», pour *sep et *3eq, sans, delà rac. 
seq^ suivre, qui est aussi dans le latin «secus», en moins, «sequi», sui- 
vre, le sanscrit «sacate», il suit, «saca», avec, etc. 

SERBAUA, O, et altéré SARKALIA, O, serrure, soit chose à crans (latin 
«serra », sie). 

'SERRE, crête de montagne, défilé; par extension, tertre, monticule. A 
nî3a avis, d'un précédent *setros, dérivé de *seroSj long, droit (en celi. 
dOulrs Manche *siroSj d'après le vieil irlandais « sir », aujourd'hui 
« sior » au simple, mais resté « sir » en composition, le gallois et le bre- 
ton «hir» pour*sir, — confr. l'emprunté français «menhir», pierre lon- 
gue, droite, — mais dont Ye se retrouve dans «hed » pour *set, longueur, 
dérivé d'un *setis. La racine est se, alonger, étendre. Elle se trouve aussi 
dans le latin « serus », tardif, le moyen haut alemand «seine», tout dou- 
cement, et autres mots reliés par Henry. Nous avons aussi un féminin 
serra, o, au sens de monticule; et c'est, encore à mon avis, sous l'influ- 
ence de ce « serra » que le latin « sera » , fermeture de porte, a pris un 
second r dans le bas latin (d'où le fr. «serrure* et notre oc «serralia»). 

SERSET, et altéré SARRET, gros peigne à chanvre. Même origine que pour 
«serralia». 

SET, soif (1. sitis). 

*SETE, aussi sièté, siège. Voyez «assetar» et «seire». 

1er (1. sibilare); et SIBLOL, siflet, etc. 

:c, défaut («cadun a soun sic» chacun a son défaut). Peutètre de la 
même famille que le latin «signum», avec le sens figuré de mauvais signe, 
mais l'origine est inconnue. 



— 26o — 

SINGLAR, en français c sanglier» (1. singularis). 

SO, et sou, particule. Page 79, 

SOC, fer de l'araire; soucar, blesser le pied d'un bœuf avec le soc en la- 
bourant; soucari ,aire, laboureur maladroit. Page 79. 

SOGURA,0 ; souillure, en vaudois. Paraît dénolcr le gaulois succos, porc, 
plutôt que le latin esus» du même sens. 

SODA, O, migraine (b.l. soda, d'origine incertaine). 

*SOL, sol, soit base, le solide. En latin «solum», mais isolé et ne se trou- 
vant que dans les auteurs postérieurs à la conquête; par conséquent, pou- 
vant être emprunté à un gaulois *stolon, prononcé probablement *tsolon, 
d'où la grafie en s (confrontez les nombreus autres mots que nous avons 
de la racine sta, en ch, corne «chaic» et «chourre», et en s, come «sa- 
pa», etc. Et: sola, O, champ ou partie de champ qu'on laisse reposer 
une année, exactement qu'on laisse stationer; sola» O, la plante ou base 
du pied; et soulina, O, la couche de foin ou de paille qui est à la base 
d'une meule. 

SORE, sœur (1. soror), aussi SORRE, où paraissent être les rr de «sororem»; 
SOURASTRA, O, sœur du côté du père ou de la mère, mais non des deus. 

*SOT, identique au français de môme grafie, doné come étant d'origine 
inconnue. Je propose un celtique *stotos ou* *stoctos, au sens de stupide, 
qui reste immobile. Et: soutas, grand sot; soutet, petit sot; etc. 

*SOTA, O, sabot de cheval, («virar las sotas», regimber, lever les fers en 
l'air, ruer). A' mon avis, pour *stota ou *stocta, de la racine sta, les soles 
ou sabots formant base (confrontez le dit «sabot», etc.). J'ajoute un mot 
de forme diminutive, qui se relie ici : sotol ou soutoul, précisément 
du sens de base, fondement, aussi emplacement, et pour lequel on a doné 
le bas latin «solutus», tributaire, qui reçoit une solde, étymologie aussi 
inacceptablepour la forme que pour le sens. 

SOU, forme de eso», particule (v. page 79). Je vois ce même «sou» en 
préfixe dans «sou-becar», et autres composés. 

SOUBEGAR, s'assoupir sur un siège; etsoub^cada, O, léger sommeil. 
Voyez €sou» et « becar » pour «mccar». 

SOUBRE,sur,au dessus (1. super»; SOUBRAR, combler; SOUBEIRAN, mon- 
ticule ( superanus ) ; et SOUBEIRE, même sens. .Aussi en préfixe, dans 
« soubrecarga », surchage, etc. 

SOUG, sabot (chaussure de bois, pied exhaussé d'un meuble, et pied de 
cheval); BOUC, et féminin souca, O, souche; SOUCa, O, rûchc d'abeil- 
les, en Vauclusc, parce qu'on a fait les ruches avec un tronc d'arbre crcus; 



— 201 — 

SOUCada, O, la quantité de raisins d'une souche de vigne; SOUCald, 
grosse souche; SOUCan, cépage; SOUCar, heurter contre un souc ou 
contre une aspérité quelconque (confrontez l'oïl «choper», heurter con- 
tre une souche ou chope); soucas et soucaras, corne «soucald» , et plus 
spécialement tronc d'arbre creus ; SOUCarel, ol, petit sabot; les mê- 
mes au sens de petite souche, et an sens de champignon qui vient sur les 
pieds de« arbres; soucari, aire, sabotier; SOUCOI, petit soutien d'un 
objet, socle; soucot et autres diminutifs. 

*SOUG, forme de «suc», sommet. 

SOUCAR, terme de marine, serrer fortement un nœud, raidir un amar- 
rage; et soucada, o. 

*SOUD, aussi sout (avec chute de Va du b.lat. «suda», come dans«calm», 
etc.), étable à porcs. Ne peut venir du latin «suile» du même sens, et 
dénote plutôt un*suta pouT*sucta, venu desuccos, corresp. dulat. «sus». 

*SOUEN, soin. Le latin «senium», tristesse, sens étendu de celui de vieil- 
lesse, ne convient point. Notre mot vient peutêtre d'un *sn-wicnos, paral- 
lèle de *^m-m^/c/05, présumé pour le breton «évez», *hevez, *sevez, *sue- 
vez, attention, vigilance, soin, de la même racine que dans le latin 
«vigil», dispos, éveillé, «vigilare», veiller, faire attention à, le comique 
«g-wethe», «g-withe», même sens, l'alemand « wacker », diligent» 
Et: SOUniar, soigner, doner toute son attention à, aussi observer, 
sens conservé dans le Pui de Dôme et la Loire (b.l. «soniare», *souniare, 
*souiniare); SOUnious, soigneus. 

SOUM, profond («n'es pas prou soum», n'est pas assez profond). A' mon 
avis, mot dérivé d'un *stiimmos pour *stupmos, peutêtre signifiant le sol, 
le solide sur lequel nous vivons, en tout cas delà racine sta. En poitevin 
«soumer», "soummer, labourer pour la première fois une terre, la défon- 
cer, par extension labourer peu profond. Nous avons aussi soumbre, 
identique au français «sombre», d'un sens premier et plus ferme de pro- 
fond (en ancien français de 1374, «un sombre cop », que je traduis 
par «un coup profond, pénétrant»), mot passé au sens actuel par la 
comparaison facile d'un lieu profond avec le manque de clarté de ce lieu, 
adjectif dénotant un précédent celtique *sumeros ou *stumeros, dont une 
contraction *sum'ros a amené le b des formes actuelles; soumbrar, 
égal au français «sombrer», s'enfoncer, couler bas (en dialectes d'oïl, 
«sombrer», labourer profond, défricher, et plusieurs dérivés), soujn- 
brous et soumbrarous, sournois, sounsir pour soumsir, fouler 
sous les pieds (la terre, les raisins dans la cuve), eoit enfoncer; etc. 

SOUNCA, O, sanS) excepté. Origine incertaine^ 



— 202 — 

SOUNDAH, en français «sonder», l'un el l'autre venus, à mon avis, d'un 
*sum'tare et*suinitare, dérivé de *sumare; et dérivés soun(ia,0, sonde, 
et soundari, sondeur. 

SOUNET, obtus. Page 80. 

*SOUON, sommeil, en Auvergne et les autres pays du plateau Central; 
ailleurs esoum> et «soun, En latin «soninus» pour*sopnus, engr. -j-vc; 
pour c'jzo;, en sanscrit «svapnas» ; en ce\i\c^ue*sn'Ownos pour *souopnos 
d'où le br. «hun», pour précéd. «hunv» et ^sunv, el, probablement, noire 
mot «souon », dont la forme est très concordante. 

SOURNE, sombre; sournar, être sombre, bouder; sournessa, o, 
obscurité, sombreur; soumeta, O, discours ennuyeus; et sournous, 

taciturne, ennuyeus. Origine incertaine. 

SOUTE, pron^pt (1. subitus); et SOUTE, tout à coup (1. subito). 

SUAU, doux, aimable, tranquille, mot employé aussi adverbialement («suau, 
aval ! », silence là bas !). On dit également «siau», mais cette forme est 
fautive. L'origine est le latin «suavis» (pour *suadvis, dans Bréal et 
Bailly). La racine est suad, svc^d. Elle a une autre forme en celtique, svcc, 
swek, d'oij le breton cc'houék» et le gallois «choueg», d'un précédent 
*sivekos, môme sens que «suavis» et «suau». 

SUBENC, et altéré « sebenc», bourgeon, pousse d'arbre; el furoncle, dans 
les Alpep, les Gévpnnes et autres pays montagneua. Peutêtrp dérivé du 
lat. «super», niais peutêtre d'une famille méridionale du même radical 
sup, car le latin n'a rien de semblable à la forme ni au sens de notre mot. 
Et : SUBENCAR, bourgeoner, SUBENCOUN, petit baurgeon, SUBENCUN, 
les jets de la vigne. 

SUBRE, liège, chêne liège (1. suber). 

SUDJA, O, suie. Page 80. 

sysAR, aussi SUZAH, en français «sqer». Le latin était* sudare» mais pour 
*8voidare, et la racine, syit, swif, transpirer, est aussi ep celtique, ep sans- 
crit, en grec, etc. P'après le breton « c'houez», autrefois «choues», cl le 
galjois «chwys», sueur, le celtique du m. s. était "jfw/Y-so-s, selon Henry. 



'TABAN, aussi tabon, on français conlraclé <taon> (b. 1. «labanus», 

•tabonus); tabanar, ounar, et tabanechar, ounechàr, bourdo- 

ner. A' mon avis, la racine tab, forme de /:?/>, frapcr, ici au sens faibli 

de faire du bruit (en breton «l.iol», pour anciens 'labol el 'laliai. (M»up. 



— 263 — 

*TABASAR, fraperà grands coups (b. I. *tapatiare) ; tabdsari, aire, 
qui f râpe fort ; tabastel, marteau de porte; tabastelar, marteler; 
tabust et tabut, tapage, coups; tabustar, etc. 

TAC, coup ; taca, O, gros clou ; taca, O, empreinte, tache ; tacar, 
fraper, clouer; tacaP, faire des empreintes, et tacher ; tacand, taquin; 
tacandar, taquiner, doner de petits coups, d'où tacandari, aire, 
taquineur, etc. ; tacel, clou, taceau (la grafie » tasseau» est fautive), et 
petite pièce de bojs, de cuir, d'étofe ou de métal pour ravauder; tace- 
lar, planter des clous ou des taceaus, rapiécer; tacol ou tacoiil, ver- 
rou; tacola ou tacoula, o, clou tournant, petite vartavelle qui ferme 
une porte ou une fenêtre ; tacoular, verrouiller ; tacoun, come 
«tacel», doù tacounar, spécialement rapiécer, et taopy.nari, aire, 
savetier, etc. 

*TAHINA, O, et contracté tain6, O, hâte, impatience, désir ardent; 
tahinar, probablement pour *taguinar et *taginar, employé au passif, 
avoir hâte, s'impatienter, s'ennuyer à attendre, exactement, à mon avis, 
être excité ou picoté intérieurement («me tahina — ou « me taina d'anar 
à lai», il me tarde d'aller là bas). Du sens de impatience, qu'a «tahina», 
est venu un sens plus étendu de ennui, lenteur, d'où tahinechar et 
tainechar, lambiner, tr.'.înailler, soit impatienter par sa lenteur. 

TAIS, blaireau; TAISSOUN et TESSOUN, à la fois blaireau et petit cochon 
(en bas. 1. «taxus», et «taxo», ace. «taxonem», donés pour Talemand 
«dahs» et «dahcs», blaireau, mais origine pas certaine); fAISSQN- 
NIAIRA et TESSONNIAIRA, O, lieu fréquenté par les blaireaus, en fran- 
çais contracté «tannière». 

TAL, tranchant d'une lame ; talia, O, coupe, encoche sur une planchette 
de boulanger ou de percepteur, et impôt: «pagar la talia», payer l'impôt, 
l'encoche; taliada,0, coup d'instrurnent tranchant; taliadis, taillis, 
tailladour, coupeur, tailleur; taliarettalJandar, tailler; taliarin, 
aussi au pluriel, sorte de mets qu'on prépare avec de la farine et des œufs, 
qu'on étend en feuilles minces, et qu'on coupe ensuite en forme de 
vermicelles aplatis; taliet, petit couteau; talioun , taliounel, petite 
tranche, et autres diminutifs ; taliounar, etc. page 81 . 

TAL'VERIA, O, aussi tauveria, o, pour précédent *tala varia, sillon 
du bout d'un champ, et bord non labouré du champ. En bretpn f tsl^r», 
même signification. Racine tal, surface plane, front (page 81). En lÂn\pu- 
sin, on donc, par comparaison, le norp de «talyeria» à la note qui finit 
chaque couplet d'une chanson de laboureur et qu'on prolonge autant 
quela respiration le permet. J'ai moi même entendu, une fois, de passage à 
Uzerche, des paysans qui reprenaient, chacun à son tour, la note finale 
du premier, et la prolongeaient ainsi fort longtemps. J'en étais émer- 



— 264 — 

veillé, et cesl un de mes meilleurs souvenirs de mes voyages dans les 
pays patois. 

TALVIRAR, émousser le tranchant. 

TAMPA, O, bâtant de porte ou de fenêtre; tampal, coups (de cloche, 
etc.) ; tampar, fermer; tampoun et tampounar, corne les corres- 
pondants français. Page 81. 

TANG, tronc d'arbre, en ancien oc, soit chose fixe ; tanca, O, pieu, bar- 
reau de fermeture ; tancada, o, station, fixation ; tancar, fermer, 
planter, fixer ; tancoun, petit pieu, petite barre qui fixe; tancounar, 
planter des tançons ; tancoimel, et, ot, petit tancon ; et un composé 
tancabiou (avec prononciation ou de !'«), conducteur de bœufs, iou- 
chebœufs. Même page. 

TANGER, (avec Taccent sur l'a), aussi TANGE, être parent(l. «tangere», 
toucher) : «Me tange ambel el», Je suis parent avec lui. 

TAP, gros bouchon de fût, et terme de dénigrement : « tap de bouta», 
courtot; tapa,0, forme féminine de «tap», coup, enfr. «tape»; tapadis, 
coups répétés; tapadour, qui frape; tapar, fraper; tapari, aire, 
come «tapadour»; taparelettapet, batoir; tapechar, verbe fréquen- 
tatif ; tapoun, tapon ; etc. Page 81. 

•TARABUSTAR, altération de «trabustar». 

TARAR, percer, Irouer ; taradour et tarari, aire, en français le 
fémmin « tarière » ; taradouira et taraud, grande tarière ; tarariar 
et taraudar, travailler à la tarière; taravel, petite tarière; tara- 
velar, etc. Page 81. 

TARASGA, O, nom d'un monstre marin, tué, dit on, au lieu où se 
trouve aujourd'hui Tarascon. Origine incertaine. 

*TARTARIÈGA, O, aussi tartariècha, o, mauvaise plante dite en 
oïl «crête de coq», à cause de la fleur. Probablement de tar, à travers, 
avec redoublement, à cause de l'étendue et de la mauvaiseté de celte 
plante. Le sens d'étendue me paraît confirmé par le nom breton « paô 
bran», pâte de corbeau. 

TASGOUN, variante de «tacoun», avec le sens spécial de clou de bois 
qui fixe le soc. 

*TASTAR, tâter. D'un Hacitare, fréquentatif de «tacere», toucher, et non 
du *taxitare de «taxare», des latinisants. Et fréquentatifs tastechar et 
tastounar, tûtoner. 

*TATA (les deux a se prononcent), tante. Mot enfantin, come le breton 



-263- 

« tât», et le gallois ctâl», père ''doné? poar celtique *tatos), le gansent 
ctata>, le latin ctata», le grec -ra-a, même sens, etc. 

TAULA, O, table (1. tabula), en ancien français <taule>, altéré aujour- 
d'hui en «tôle», au sens de fer en table; TAUIARD, auvent, ais en saillie 
qui pare la porte d'une boutique ; TAULECHARD, être souvent à table ; 
TAULET, tableau; etc. 

TEBI, tiède (1. tepidus) et TEBLAR, tiédir. 

TEGA, O, empreinte, tache ; et tecar, tacher ; tecut, cicatrice d'une 

blessure; etc. Page 82. 

TEGA, O, gousse de légume, soit chose qui couvre (voyez page 82, et 
rejetez le gr. ^^xi^, qui n'a pu faire un saut de Grèce en Gaule, sans 
passer par le latin). 

'TEGH, toit (la même forme est dans le vieil irlandais, au sens de maison, 
et le latin « tectum » n'a dû que se fondre dans le celtique tegos et togos, 
dont il nous reste aussi des représentants en oïl); tech, goutière et 
canal qui conduit les aues pluviales d'un toit dans la rue, sens étendus 
de celui de toit ; et un verbe tecliar, employé en parlant de Taue qui 
tombe d'un toit. 

TEL, tilleul (d'un masc. *tilius, class. «tilia»). Le français «tilleul» vient 
d'un dim. 'tiliolus. 

TEMA, O, crainte, crainte subite, par extension, caprice; TE>L\R, craindre, 
et avoir des idées capricieuses, fuyantes ; TEMARI, capricieus, et TE- 
MENSA, O, défiance. Probablement de «tem«re». 

TEMPLA, O, tempe; timplar, gifler, et timplaud, gifle. Page 82. 

TENGA, O, tanche. Page 82, 

TEOULA, O, en français c tuile» (lat. tegula). 

*TEPE, toufe d'herbe, gazon. D'une forme secondaire tep ou tip de la 
racine top et tup qui nous a doné « tufa » pour *tupa (en bas latin « tipe- 
tum>, toupet). Et : tepa, o, pièce de gazon, tertre ou monticule her- 
beus; tepet, petit tertre; et tepous, gazoneus. 

TESA, O, toise (1. «tensa», sous entendu «bracchia», les bras tendus); 
et tosar, tendre, étirer ( «tensare»). 

TESSOUN, forme de 'taissoun, au sens de pourceau. 

TIBOUN, tison. Me paraît être pour *tipoun, de la racine tep, être chaud 
et ne pas être une altération de ctisoun». D'où tibcunar et tibOQ- 

aechar, tisonen 



— 266 — 

TIMP, tempe. Dénote un *tinupOS et *tcnupos, masculin de *tefiupa, dont 
le diminutif nous a doné «templa», 

TINT, côté, inclinaison ; pièce de bois soutenant un côté ; et tindoun, 

niais, esprit gauche, de travers. Même page. 

*TIPAR, éprouver de la contrariété, de la colère; endêver. Mot de la 
Gascogne. Et un composé déjà inscrit «entipar», même sens, dans le 
Cantal, le Rouergue. A' mon avis, d'une forme en i de la racine tep, être 
chaud, au sens figuré de avoir le sang en feu («Me fascz entipar», vous 
me donez chaud, vous me faites bouillir), qui est aussi dans le poitevin 
«tennesir» pour *tepnesir, échaufer, le latin «topere», être chaud, etc., 
et dont variantes /o/> et tup sont dans «toupin», pot servant à faire 
bouillir, «tupa», vapeur, fumée. En breton, par une parallèle <^e^, 
«dévi», à la fois brûler et endêver; en gallois «dévézi». Le dit français 
«endêver», a une autre origine : il est pour «endesver», de l'ancien 
«desver», perdre la raison, lequel, à mon avis, est pour *desvéer, d'un 
*véer pour *veder, voir, connaître, savoir, de la racine générale vid, qui 
est dans druida pour druvida, druide, proprement supérieur par le 
savoir, dans le latin «videre», restreint au sens de voir, le sanscrit 
«vid», voir, savoir, «veda», science, le breton «g-wézout» et « g-ou- 
zout», savoir, etc. Notre oc «vezer» et «veire», et le dit français «voir» 
tiennent du latin «videre». 

*TJRAR, identique au français «tirer». Les uns ont doné le got « tairan », 
fendre, déchirer, et les autres Je latin «trahere», mais ces origines ne 
sont pas possibles. Je crois voir une forme faiblie tir de tar, à travers, 
la même que dans le sanscrit «tiras», au delà, cité à l'article «tras». Le 
sens de «tirar» et «tirer» est faire venir à, en prenant (la persone ou la 
chose ) par une de ses parties qu'on amène à soi, exactement faire passer 
d'un endroit à un autre. A' noter le sens de aller, dans la conver- 
sation «Fasez pla, tiras», vous faites bien, allez. Et : tirada, étendue 
de chemin, traite, etc.; tiradis, choses tirées, et, adjectif, qui est en 
cours de tirage, en parlant dun fût; tiradouri tiroir; tiragoussar, 
souvent altéré en «trigoussar», traîner péniblpment un fardeau par terre 
(b. 1. *liracutiare, d'un intermédiaire *tiracare (ponfroiitcz f tri^car» pour 
*taracar, de la racine lar, come je l'ai déjà dit). 

TOC, coup, tache, empreinte ; too, a, niême spna, et bpsse qu'on se fait 
au front en tombant ou qui provient d'un coup reçu ; toucada, O, to- 
cade; toucadour, meneur do bœufs ; touoar, louciicr, ot conduire 
des bopufîi «u moyen d'un bàl«)ii ; toucari, aire, et diminutif touoa- 
rel, qui touche à tout j etc. 

*TOP, coup; cl topar, variante de «lapar», avec le sons ridtiii di li.i|Hr 



-26r- 

la main de celui avec qui on conclut un marché. Les formes radicales en 
p final, à coté de celles en c, étant fréquentes en Gaule, nous ne devons 
pas avoir eu besoin d'emprunter l'espagnol etopar». 

TORSER (prononcé avec l'accent sur l'o), tordre (probablement tiré du 
supin ctorsum» pour *torcsum, plutôt que de «torquere»); avec une 
forme TORSE, fautive, car, dans la conjugaison, «tourserai», je tordp^ï, 
et un fréquentatif TOURSEGAF. 

*TOSGA, O, aussi tousca, O, breuil, jardin orné d'arbres, toufe d'ar- 
bres, breuil et bois. En bas latin «tosca» et ctusca», probablement pour 
*îucca, de la racine iuc, élévation, gonflement, dont la forme tup est 
dans «toufa» ou <tufa» pour *tupa, inscrit plus haut (pour se de ctosca» 
et «tusca», remplaçant ce de tucca. confrontez «boscum» pour boccon, 
et nombre d'autres mots). Et : touscada, o, genêt toufp, et toufe 4-?r- 
bustes; tousquet, petit bois. En oïl, un certain nombre de noms pro- 
pres : La Touche, Les Touches, etc., et, probablement, la Toscane, au 
sens de pays boisé, pays toufu. En Béarn, tusca, O, etc. 

TOSTA, O, une rôtie, une grillée ; particulièrement une tranche de pain 
grillée, garnie de confiture ; et diminutif TOUSTOUX. Origine incertaine. 

*TOUAHA,0, aussi tualia,0, pièce de toile servant à couvrir un berseau, 
un panier de vivres, une table, etc. En breton de CornouaiUe etoal», en 
vanetais « tuel » . Henry done ces divers bretons pour des empruntés 
du français c toile»; jm\s cette origine est impossible, car ils répondent à 
notre oc etualia» ou ctoualia» et non à «tèia», qui est, chez nous, la re- 
production exacte du latin «tela». D'autre part, les Darmesteter douent, 
pour le français correspondant «touaille», urj germanique ethwahlia», 
d'un ethwahn », laver; mais, come Stappers et autres rectifient € thwa- 
hlia » en cduahila» et «thwahn» en «duahan», il n'y a pas non plus à 
tenir compte du germanique, surtout avec son sens de laver. A' mon avis, 
l'origine est un *tog-illa ou *tug-illa, diminutif de toga^ proprement 
chose qui couvre, mol celtique en même temps que latin (confr. tûgos, 
toit). Et diminutif toualioun, torchon. 

TOUAT, conduit d'aue sous terre, aqueduc couvert. Motcantalien, à mon 
avis pour 'tougat, du participe 'togatos de *togo, je couvre. 

TOUG, conduit souterrain pour les aues, à Barcelonette. Mot frère de 
ctouat» pour *tougat. Dans quelques villes, abrégé en ctou» et dési- 
gnant unégout. 

*TOUEIRAR, aussi touirar, fraper quelqu'un, lui doner de grands 
coup?. Paraît indiquer un *tuguerare, de ctucare». Voye» «lucar>. 

TOUFA, O, forme de ftupa», chaleur; teufoU|*, grande chaleur. 



— 268 — 

TOtJFA, O, sommet, spécialement ensemble de branches d'un arbre, et 
ensemble de rameaus ou de plantes, en français ctoufe». Racine tup, 
élévation, gonflement, qui est aussi dans l'ancien français «toupe», d'où 
le diminntif conservé «toupet», flocon de cheveus sur le front, et dans 
Talemand «zopf », chevelure d'home et sommet d'arbre. 

*TOUGUIA, O, le genêt épineus, en Bas Limousin; et lieu couvert 
d'ajoncs, en Gascogne. Paraît être de la même origine que «tosca» (voy. 
ce mot). 

*TOUISSA, O, buissons qui entourent un champ sans former de haie 
régulière, A' mon avis, pour *touguissa (voyez «touguia»). 

TOUMA, O, fromage non pétri, mou. Page 83. 

TOUMBA, O, tombe; et dim. toumbel, etc. Page 83. 

TOUNA, O, tonne; tounel, tonneau; tounelet, eloun, baril; tou- 
nelari, aire, tonnelier; tounella, o, tonnelle ; etc. Page 83. 

TOUNEDRE, tonerre (1. tonitru). Nous employons de préférence «tran» ou 
«tron», et toujours le verbe «tranar» ou «tronar». D'ailleurs « toune- 
dre> n'a pas produit un *tounedrar; et, si l'on entend parfois le verbe 
« tounar » , ce n'est que de la bouche des patoiseurs du français, qui, pour 
faire les distingués, rejettent nos riches mots populaires. 

TOUPIN, pot; toupina, o, même sens; toupinas, grand pot, avec 
forme féminine; toupinel, et, ot, oun, petit pot, et leurs formes 
féminines. Page 83. 

TOURA, O, sie; toura et tourada,o, rouleau de bois; touradour, 
sieur; tourar, sier; touroun, petit rouleau de bois; etc. Page 83. 

TOURGHA, O, truie, Même page. 

TOURRE, une tour(l. turris); TOURREL, monticule, rampe abrupte ( b. 1. 
turrellus, turricellus, de turris), et TOURRELOUN, petit tourrel. 

TOURTAR, tordre (tiré de «tortum» pour *torctum, de «torquerc»); 
TOURTOUL et TOURTOUN, bâtonet pour tordre la paille du lien des ger- 
bes, et faire le nœud; etc. 

*TRABUSTAR, altéré de « tabustar » sous l'influence des dérivés de 
«Irau», poutre, pièce de bois. 

TRAC, et forme féminine traca, O, empreinte de pas, trace; tracar, 
courir, tracer, traquer; traqechar, tourmenter de poursuites; etc. P. 83. 

TRACHAR (se), prendre garde, s'apercevoir, s'aviser. Le sens de prendre 
garde a pu venir d'un premier « se retirer», et la forme verbale a pu élrt 



— 269 — 

*tractiare, de ctractare» et ctrahere» (confrontez le fr. «traiter», d'un sens 
également étendu de c avoir soin»), aussi bien que *tiratiare. Douteus. 

TRAFAND, perfide, pervers; TRAFANDAS, augmentatif; etc. Orig. incert. 

TRAGAR, forme de «tracar», courir, raarcher, au sens plus spécial de 
traîner, marcher à petits pas («de que tragues, aqi?»); avec fréquentatifs 
tragueohar et, plus souvent usité, traguinar ou contracté trainar 

(voyez, plus bas, ce mot). 

TRAGIR, marcher péniblement, et traîner ( «pode pas metragir», je ne 
peus me traîner). D'une forme faiblie en i de trac et traf^, courir, mar- 
cher. Et un second tragir, croître, pousser, soit encore aller. 

*TRAIGHIR, couper quelque chose avec les dents, broyer de même, par 
extension manger; traichida,0, gueuleton; traichiari, aire, grand 
mangeur; et traichidour, gosier. A' mon avis, d'une parallèle en t de 
la racine drac, briser, qui est dans « draca » et autres de nos mots ; avec 
formes en o et en M, dans «trocha», bone chère, «troucha» («tructa»), 
truite, «la vorace», etc. (voyez ces articles). 

TRAINA, O, grosse grive. Page 84. 

TRAINAR, pour *traguinar, traîner; trainari, lambin; trainechar, 
traînailler; trainechari, etc. Page 83. 

TRAIRE, jeter (1, « trahere», tirer, traîner). 

TRAN, pour *taran, tonerre; tranada, O, coups de tonerre; tranar, 
toner. Page 84. 

*TRAN, terre sèche, dure, qu'on trouve au fond de la terre végétale. Mot 
du Bas Limousin, contracté, à mon avis, pour *terran, et venu delà 
même racine ters, être sec, que dans le latin «terra» pour *tersa, exacte- 
ment la sèche, comparée aus mers. Et tranar, fouiller la terre jusqu'au 
tran. 

TRANIR (se), s'user, se percer. Page 84. 

TRANTIR, vaciller, balancer, en parlant des arbres secoués et des meu- 
bles non assujétis; trantida, O, secousse, balancement; trantol et 
féminin trantola,0, bascule, balançoire; trantoular, etc. verbes fré- 
quentatifs; trantussa, o, mouvement de bascule; un second tran- 
tussa, o, cantalien, au sens de ribote, repas copieus, soit repas où l'on 
fait tout trembler; etc. Page 84. 

TRANUGA, O, chiendent. Même page. 

TRAP, aussi trape, trapu; trapet et autres dim. Même page. 

TRAS, usé, percé de part en part, vieu; trassa, o, loque, vieillerie, et 



— 270 — 

home épuisé de forces; traSsar, percer de part en part; etc. Page 85. 

*TRAS, au delà (en latin nasalisé «trans», dont Vn disparaît dans «tradu- 
cere», «trajeclus» et autres mots, en sanscrit à la fois « tra » et «tri», 
traverser, «liras», au delà; en breton «trcuz», travers, «treuzi», traver- 
ser, etc.). Dans trasanar, disparaître, trépasser (en ancien fr. «trésal- 
1er»), aussi dépérir, vieillir. Mot composé de«tras» pour «taras», à tra- 
vers, au delà, et de «anar», aller, et correspondant au latin «transire» 
(de «trans», nasalisé pour *tras, et de «ire», aller). Par extension, «tras» 
est aussi employé au sens de en arrière, derrière, et même, substantive- 
ment, au s. de débarras, de amas de décombres, de choses mises au rebut. 

TRAST, aussi TRASTOU (avec l'accent sur Va), vieille pièce de bois, vieil 
outil aratoire (b.l. *trastum, class. «transtrum»). 

TRASTALOUN, pour *tarastaloun, court ciseau de sabotier dont la lame 
a les côtés relevés et imite le laraire du même ouvrier. 

*TRAU, poutre, spécialement principale poutre d'un plancher allant d'un 
mur à lautre. Le latin a « trabs» au même sons de poutre, mais je crois 
que ce «trabs» (précéd. *trabis, de même forme que le génitif) est sim- 
plement de môme racine. Notre mot «trau» vient plutôt d'un gaulois 
*travo$, *trauos Claravos), come «caliau» vient de caliavos, caliauos, 
etc. Et : travada, o, travée, travet, solive. 

TRAUG, trou (au figuré: «fascr un traucà lanucch quelou djourTi passe», 
dormir jusqu'au jour, ne faire qu'un somme); traucar, trouer, aussi 
marcher à travers une foule, percer la foule ; traucas, grand trou; 
trauqet et autres dim.; trauqechar, faire de petits trous ;clc. P. 85. 

TRAULAR, aller et venir, roder (en français «Irôler», colporter), P. 84. 

TRÈBA,0, revenant; trebar, roder la nuit; trebari, aire, etc. p. 85. 

*TREDOULAR, trembloter, greloter de froid, Ne paraît pas venir du bas 
latin « tremularc», fréquentatif de « tremere», mais de la même onoma- 
topée, qui se trouve aussi dans le breton «trida », tressaillir de joie, 
ttrivia», tressaillir de peur. 

TRELUGAR, être dans son plein, en parlant de la lune. 

TRENCAR, trancher (en ancien français «trencher»). Soit d'un *tarincarc ; 
Boil altéré du latin «truncare». Et TRENC.AKI, AIRE, sieur de bois; TREN- 
QECHAR, verbe fréquentatif; etc. 

*TREPAR, fraper du pied à plusieurs reprises, cl fouler sous les pieds, l'.ii 
ancien français «tréper» cl «Irépir», dont se conscrvcle fréquentatif «tn- 
pigiier». Les Darnieslcler disent, pour ces derniers, «d'origine germa- 
nique», mais sans citer un seul mot, sans doncr aucune preuve. Je vois, 



— 271 — 

au contraire, la même onomatopée que dans le latin «trepidare» et dans 
la br. ctripa», danser. El : trepada, O, action de fouler; trepadis, 
empreintes de pieds, lieu foulé par les passants ou par les bètes : tre- 
padour, qui foule sous les pieds; trepechar, verbe fréq.; trépir, pa- 
rallèle de ctrepar» ; trépida et trepidoUT. 

*TRES, en français «trois». Lun et lautre de la fusion du celtique *treis 
et du latin ctres». En grec 'psvç; en breton, en gallois, en vieil irlandais, 
aujourd'hui «tri»; etc. 

TRESCOL, le coucher du soleil, et TRESCOULAR, disparaître à l'horizon, 
en parlant du soleil. Probablement de la particule «tras» et de «coular», 
ici au sens de descendre au fond. 

"i'KESSA, O, tresse; tressadour, Iresseur; tressar pour *treciar, en 
français «tresser», pour l'ancien ctrecier », l'un et l'autre dénotant un 
*triciare ou *trictiare, fréquentatif de «tricare* (en breton «Ireuza», 
tourner, tordre, « treuzi » , traverser, etc.); et tressari, aire, come 
«tressadour». 

*TRIAR, en français «trier» (b.l. probable *tiriare, secondaire de *tirare, 
avec le sens de tirer à part); triadouT et trion, clayon qui sépare un 
groupe d'animaus; etc. 

iKIGA, O, tronçon, coupure de bois, en français «trique»; tricar, 
casser, briser les motes de terre; un second tricar, doner des coups de 
trique; tricot, come en français, petite baguette de bois servant à faire 
des bas ou autres vêlements, petite trique, d'où tricoutar, etc. Mots 
venus d'une variante trie de la racine troc qui est dans le breton «trou- 
c'ha», trancher, et dans nos mots ociens «troc» ou «troce», tranché, 
coupure, etc.( page 85). Voyez le dérivé «trioussar», oii se trouve aussi 
le sens de casser, briser. 

TRICAR, tricher, agir par détours, tromper (1. tricari); etc. 

TRTDA, O, aussi tride, grive; tridas, grive mâle, et tridoun, bruand 

proyer. Page 85. 

TRIGAR, forme de «tragar», marcher à petits pas, troliner; tx*igal, 
relatif au trait («caval trigal»); trigol, l'allure ordinaire : etc. 

*TRIOUSSAR, pour *tricoussar, fréquentatif de «tricar». avec le sens 
spécial de briser le sel, le piler (*tricutiare); trioussadour et trioUS- 
SOUn, pilon. On dit aussi trissar Ctrictiare), etc. 

*TRXPA, O, lambeau, loque, déchirure, et viande menue (sens du corres- 
pondant français «tripe »); tripar, mettre en loques (on emploie ordi- 
nairement le Eomposé «estripar»); et tripoun, petite tripe. 



— 2/2 — 

*TROBAR, trouver, rencontrer, inventer. Le latin «tropus», trope ou 
figure de rliétorique, présumé pour origine, ne dit rien qui vaille. Le mot 
ctrobar» et l'ancien français « trover» pourraient être pour un précédent 
*torvare, *to-orvare ou *lo-orivare, du préfixe to et de or, bord, tour 
circuit, avec le sens premier de aller à la rencontre. Pourraient aussi êlre 
précelliques. Et troba, O, trouvaille, aussi la rétribution donée à une 
persone qui a rendu une chose trouvée par elle; troubar, forme det tro- 
bar»; troubadour, exactement qui trouve; etc. 

TROC, et troce, tranche, coupure; troce, chétif, sens étendu de mu- 
tilé, coupé; trocel et troucel, et, Ot, petite tranche, morseau (« un 
troucel de pan w); troucechar, egar, elar, morseler; etc. P. 85et8G. 

*TROC, et troce, chacun des monceaus ou tas d'une récolte de fruits ou 
de légumes, soit, à mon avis, partie de cette récolte. Pa rextension, nous 
employons aussi le mot au sens de «toufe» et « faisceau», avec féminin 
trouca, o, aussi trouessa, o ( *trog-itia), contracté en troussa,o, 
par un bas latin *trocia, en français « trousse», paquet (de vêtements, 
de clefs, etc.). En ancien français «troche», «troce», « trosse », groupe 
quelconque; en normand «troque», amas de légumes et toufe; en 
comtois « tronche», toufe ; en wallon «trok», grape de fruits ; en gene- 
vois «troche», toufe, et «trocher», croître en toufe; etc. Quoi qu'on ait 
dit, tous ces mots, éloignés les uns des autres, n'ont pu s'entendre pour 
se transposer d'un *torca, qui serait venu de «torquere», tordre; et je 
rejette cette origine de mes devanciers, d'autant que nous avons un pa- 
rallèle «trop», du même sens de groupe (de choses, d'homes, d'animaus), 
et qui exclut ledit « torquere». Voyez ce mot «trop». 

*TROC, come en français; troucar, troquer (b. 1. «trocare», à mon avis, 
pour *tarocare, dérivé de «tarare», le sens propre étant faire opérer une 
allée et venue à un objet, le doner et le reprendre sous une autre forme ; 
et troucari, aire, chanjeur. 

*TROCHA, 0, aussi troucha, o, bone chère; trouchar, trougar 
et trugar, manger avidement; et trouchari, aire, grand mangeur, 
etc. Voy. «traichir». 

'TROCHA, O, aussi troucha, o, truite (celto bas lat. tructa, venu, h 
mon avis, de la même racine que dans «troguc» et «trougon», goujon, 
la truite étant considéré come voracc); et troucbota, O, diminutif. 

'TROGUE, aussi trougue, goujon, le petit poisson de ce nom se jetant 
Bur l'amorse et élarU considéré come voraco; et trougan, même sens, 
avec forme montagnarde trougon. 

TROINA, O, pour *troguina, chiendent, plante rampante, traînante, en 
Gascogne. D'une forme en o de trag, qui est aussi dans le breton « trd>, 



tour, dloaé pour celtique *trogos, etc. 

TR.ON, forme de «tran» pour *taran, le tonerre; et dérivés. 

*TRONIA,0, aussi trounia,©, nez; par extension, A-isage. Probablement, 
dans le principe, nez court, par ridiculisante comparaison avec le pied 
d'un légume dont on a détaché ce qui se mange (en gallois «tn^'in», nez, 
à mon avis pour'trwgin, de la même racine que €tr«'ch», mutilé, et que 
le breton ctrouc'ha», couper, cités à l'article «troc», tranche). Notre 
mot « tronia » et le français « trogne » (pour "Ironie, avec la même pro- 
nonciation) sont pour un précédent *trocnia de la même racine. D'où 
trouniar, bouder, et trounioun, correspondant du français «tro- 
gnon > . En ancien français « tronne *, souche, arbre tronqué, d'un *trocna. 

*TROP, parallèle de «troc», faisceau, groupe (b.l. « troppus», pour *irop- 
pos, égal à troccos (page 85); second Irop, adverbe tiré du précédent, 
avec le sens de quantité dépassant la mesure (pour le français identique 
«trop», les Darmesteter ont avancé l'alemand «trof», village, en lui fai- 
sant dire «foule de village» ! et d'autres le latin «turbare», troubler!); 
tropa ou troupa, O, du sens particulier de groupe d'animaus et groupe 
d'homes, en français «troupe» (les Darmesteter voudraient bien aussi 
faire passer «troupe» f)Our germanique, mais ils ne peuvent citer le 
moindre mol); troupan, grande quantité de choses quelconques; trou- 
pas, groupe nombreus d'animaus; troupel, petit groupe, en français 
«troupeau»; troupelar, assembler, grouper; troupelet, ot, omi, 
petit troupel; etc. 

*TROS, forme altérée de «troce», tranche, coupure; troussar, morseler 
(trociare), dont le participe s'emploie également au sens figuré de brisé 
de fatigue et de estropié ; etc. 

*TROUSSA, O, trousse. Voyez «troc» et «troce», monceau. 

TRUAND, vagabond; et truandar, echâr, vagabonder. Page 86. 

TRUC, choc, heurt; truca, o, m. s.; trucar, heurter; etc. Même page. 

TRUC, escarpement, rocher, monticule; trucald et trucas, augmen- 
tatifs; trucol, oui, oun, dim.; et tniCOUS, montueos, escarpé. P. 86. 

TRUCHA, O, aussi truècha, o, formes de «tourcha», truie. 

TRUFA, O, pour *tufra, le tubercule faussement dit en français « pome de 
terre » (ce n'est pas une pome; c'est une trufe, et la A-raie, la noire se dis- 
tingue chez nous par le nom «trufe noire »). D'un probable b.l. *tubera, 
du latin « tuber». 

TRUMEL, cheville du pied. Page 86. 



*TUAR, emprunté probable du français «tuer», mais lun et Tautre pour 

précédents *tugare et *tucare. Voyez ctucar». 
TUBA, O, forme de « tupa », vapeur, chaleur; tubar, echar, chaufer, 

produire de la vapeur; tubour, chaleur toufante; et tubous, bru- 

meus, fumeus. 

*TUC!, sommet; tuca, O, spécialement tête, d'où tucat, qui a une forte 
tète, une forte intelligence; tUCOUl, OUn, monticule, tertre. Mots du 
Béarn, de la Gascog^ne et du Languedoc. Soit formes de «suc», etc. ; soit, 
plutôt, d'une variante tuc de la racine tup qui est dans «toufa» et 
«tufa», pour*tupa, même sens de sommet, tête. 

*TUGAR, forme de «toucar» (voyez ce mot, page 82), dans un composé 
« atucar», ordinairement usité, au sens de assommer, étendu de celui de 
fraper. Ducang-e a cité un bas latin « tutare», du sens de «tuer»; et Ton 
a, depuis, doné ce «tutare» pour le latin «tutari», protéger (d"où «tu- 
tela», etc.), en lui faisant dire d'abord «couvrir le feu pour le conserver», 
ensuite « étoufer le feu » et « étoufer bêles et gens », étymologie plutôt 
drôle (dans les pays d'oc et autres, on dit bien «tuerie feu»,«tuer lachan- 
dèle», le mot «éteindre» étant uniquement français et surtout nouveau 
mais ce sens, n'est q'une extension de celui de fraper, car, autrefois, on 
disait «tuer à mort», au sens actuel, et on disait seulement «tuer», au 
sens de doner des coups («ils le tuèrent plus de dix fois», - citation de 
La Gurne, - c'est à dire ils le frapèrent plus de dix fois, il portait la mar- 
que de plus de dix coups). On a doné aussi «tudilare», marteler, forger, 
dérivé de «tudes», marteau, mais ce « tuditare» n'a pu devenir que *tusi- 
tare, *tustareet, aujourd'hui, «tustar» dans notre oc. Quanta *tudare, qui 
conviendrait, il ne se trouve point et est purement présumé: tandis que 
atucar» existe et que le «tutare» de Ducange peut fort bien n'être qu'un 
fréquentatif *tuctare. A' mon avis, «tuer» et notre emprunté tuar sont 
pour le même bas latin *tucare que «tucar». Nous avons aussi un paral- 
lèle de «atucar» : «atupar», avec le même sens (confr. «tapar», etc.), 

TUFA, O, égal à « toufa » : avec le sens spécial de tête ; tufarella, o, 
alouette hupée; tufel, cerveau; tufelet, cervelet; «alufar» cl «dcslu- 
felat», déjà inscrits, page 102. 

*TUP, parallèle de «suc», sommet; et dim. tupel| oun. 

TUPA, O, vapeur, chaleur, fumée; etc. Page 87. 

*TUR, côté. Formateur perdu de «aturar», poser contre; au passif, se 
placer près de ( «s'es aturada d'el»). Pour *tubr, d'un *tubros, venu 
de */«^0S ou '/OîT'OS, qui est aujourd'hui «lu» pour «lub» en gallois cl 
breton, avec le même sens de côté. 



TU KG A, O, brebis stérile; et tuTCan, même sens. Origine incertaine. 

TUST, aussi TUSTE, coup, heurt; TUSTADIS, coups répétés ; TUSTALD, AUD, 
grand coup; TUSTAR, fraper(b.l. «tusitare», marteler, forger, venu lui 
même de ctudes», marteau); TUSTASSAR, fraper à grands coups; etc. 



UN, cûme le français «un ». Le vieil irlandais est coin»; mais le gallois et 
le comique «un», et le breton «eunn» pour*eun sont donés pour déri- 
vés da celtique *oînos, aussi bien que le vieil irlandais. Le latin est 
«unus», mais le 'vâeu latin est coinos»^ Par conséquent, le oi de la 
Gaule proprement dite a pu devenir également «, et « unus » peut n'être 
qu'un fusioné. 

USCLAR, pour *ustlar, flamber (1. ustulare); USCLE, vent violent et froid 
qui dessèche les plantes; USCLOUS, brûlant; etc. 



VACA, O, vache (1. vacca); VACADA, O, vacherie; etc.; VACIOU, veau, et 
VACIA, o, velle («vaciva bestia, ex vacca nata est», dans Ducange^; et 
VACIvA, O, pour *vacivia, Tensemble desveaus etdesvelles d'une ferme. 

VACIA, O, jeune vache, chèvre ou brebis qui n'a pas encore porté, ou que 
Faction du mâle n'a pas fécondée. Origine inconnue. 

YAIRE, nuancé, tacheté, de couleur variée (lat. varius), et pâle, blafarde, en 
parlant de la lune (« luna vaira »); VAIRAT et VAIROT, noms de bœufs. 

*VAISSA, O, noisetier, en Auvergne, et vigne sauvage dans d'autres pays. 
En bas latin cvaxa», probablement de la racine vac, être flexible, qui est 
aussi dans le latin «vacillare». Voyez la forme «gaissa». 

VANEL, vanneau; et vanella, O, grande mouette. Page 87. 

VARALLV, o, querelle, rixe. Peutètre du germ. «werra», m. s. (confrontez 
«gralia»); VARALIAR, quereller; et VARAUARI, AISE, chercheur de que- 
relles, aussi qui bouleverse tout. 

*VARAR, faire glisser un vaisseau pour le mettre à la mer, soit le faire 
pencher ; varechar, vaciller sur les Jambes ; varenga, O, gaule très 
flexible ; varengar, douer des coups de gaule. La racine n'est pas var/, 
variante de vert de « vertere », tourner, pencher, mais bien une forme 
ouverte vai de vei (voyez « virar», page 88). De cette forme ouverte yai, 
le latin a «varus», cagneus, qui a les jambes courbes, et « varicare», 
pour correspondants des nôtres et du breton « g-wara», courber (don* 



— 276 — 

pour *g-weira, du celtique veiros, weiros, courbe). Nos mots ci dessus 
ne me paraissent rien devoir au latin. 

VARARI, AIRE, ellébore (1. veratrum). 

*VARTAR, tourner, pencher. Probablement d'un forme vart, d'après 
cembardar»; et vartavella, O, gros loquet de bois qui tourne sur un 
clou et sert à fermer les portes des étables et des granges; dans quelques 
pays, anneau dans lequel tourne un verrou. En breton t borzovellek», 
d'un *vortivello-, grosse grive, «le volteur ». Le lalin n'a pas de corres- 
pondants pour «embardar» et «vartavella». 

VASERANA, O, un des noms du vanneau. A' mon avis, ce mot est pour 
*vaderana ei*vaterana, de la même racine va que dans «vannel» pour 
*vatnel. 

VASSELET, valet (Honorât); et contracté vailet. Page 87. 

VEDEL, veau (1. vitellus)! VEDELLÂ, O, génisse; etc. 

*VEDIS, saule, arbre dont les ramilles sont flexibles; et vedissa, O, osier. 
Racine vei. 

*VEGADA.O, fois («una vagada»). Voyez «ves». 

VEIRE, voir. La racine étant générale, le celtique avait le correepondant du 
latin «videre »; mais ce latin paraît dominer ici. Et: VEIRIAL, lucarne 
d'étable, petite ouverture qui donedu jour; etc. 

VELOUT, en français altéré «velours» (b.l. *villutus, de «villus», poil). 

VERLIA, O, anse, verliar, garnir d'une anse; verliaira, eira, O, 

anneau servant à suspendre. Page 87. 

VERME, ver (1. vermis); VERMET,^ OT, OTOUN, petit ver; etc. 

VERNIE, vergne, aune; verneda, vernia, verniaira, eira, o, lieu 
où croissent les vergues; vernias, corne « vergne «, dans quelques pays; 
verniol et autres diminutifs. Page 87. 

VERTEL, anneau de plomb ou do terre cuite, sorte de boulon qui sert à 
faire tourner le fuseau, peson, et, par comparaison, clitoris (b.l. «ver- 
teolus» et «verticillus»); et VERTILIAR, commencer à être nubile, en par- 
lant d'une jeune fille. 

VERTET, le point du dos des porcs, où une partie du poil se dirige en 
arrière et l'autre en avant. 

VES, pour *vecSy fois, et coutume, habitude, particulièrement dans l'ex- 
pression «à la ves» (aussi «ù la bes»), à l'habitude, à l'ordinaire, come de 
coutume; soit: allée et venue, mouvement d'aller et de retour. Peut 



- 277 - 

tenir du gaulois «bessus» C^^g^^os), habitude, coutume; peut également 
tenir du latin « vix», *veics, *vehix, mais peut mieus tenir de la forme 
veg de beg, porter, transporter, laquelle forme est dans le br. «g-wez», 
le comique « g'-weth», le vieil irlandais «fecht», fois et voyage, donés 
pour celtique *vecta, transport, charroi, et, particulièrement, dans «ve- 
gada», inscrit plus haut. 

*VESA, O, vent, soufle, en Vêlai, en Forez; vesar, soufler, respirer; 
vesena, O, come «vesa», spécialement respiration; vesenar, respi- 
rer avec fréquence, avoir la respiration courte; etc. En vendômois, un 
verbe correspondant de «vesar» : «d'une bédée», d'une seule traite, d'une 
seule respiration. Dans Rabelais, « vese î, remplie de vents. Confrontez 
€ bedaine», de bed, être gros, gonflé, pouvant se relier ou se confon- 
dre auec bed ou ves, soufler* Voyez «vessa». 

VESC, gui, glu (1. viscum). 

VESER, come «veire», voir (1. videre); VEZENSA, O, vue, voyance; etc. 

VESPRE, l'après midi, le soir (1. vesper); VESPRADA, O, soirée; et VESPER- 
TIN, repas de quatre heures de l'après midi, soit repas du vespre (b. 1. 
Vespertinus). 

*VESSA, O, vesse (b.l. Vessa ou Vissa). A' mon avis pour *vedtia (on 
trouve «vissium», ventosité puante); vessar (b.l. «vissire», 1. vessire); 
vessina, o, dim. de «vessa»; etc. Le lat. ne paraît être qu'un parent. 

VESSA, O, vesce (b.l. c vicia», d'origine incertaine). 

VETA, O, cordon (lat. «vitta», bandelette pour les cheveus, mot dont on 
n'a pas doné l'origine et qui vient, à mon avis, de la rac. vet eivi, tour- 
ner, tordre, qui est dans «virar», etc.); et dérivés: VETILLA ou VEDIL- 
LA, O, même sens, et cordon ombilical, VEDILLAR, lier (la vigne, etc.), 
VETOUN, petit cordon, etc. 

VETOUNIGA, O, aussi betounica, o, bétoine. Page 87. 

VIM, osier (1. vimen). 

VINIE, œil; viniar, regarder, guigner; et vinioun, coup d'oeil. Voyez 
page 88, et «guiniar», page 60. 

VIOURE, aussi BIOURE, vivre (1. vivere). 

VIOUS, veuf (1. «viduus»). 

VIRA, O, tour, virement; virada, O, un tournant de chemin, retour de 

l'araire au bout du sillon; virar, tourner; viret, peson; virol, oun, 

• vrille; virol, le bas des reins, endroit où la colonne vertébrale s'articule 

avec l'osgacrum («dounarun colp de ped dins lou virol», dans le der- 



— 2-8 — 

rière); virola,0, anneau; viroular, nar, percer à la vrille; virou 
let, net, petite vrille, foret; viroueta, O, girouette; etc. Page 88, 

VISPRE, égal à «ispre», amer, acide, screus (voyez ce mot). Peut il, par un 
gaulois *visper, se parenter avec «viscum», glu ? 

*VISTA, O, vue, Lo latin du même sens est evisus», et ce mot ne peut 
être le père du notre. D'autre part «vista», peutil venir de evisere» Ou 
de «visitare», qui signifient aller voir et non voir surplace? La racine 
vid étant en celtique aussi bien qu'en latin (et autres langues), il y a eu 
mélange des dérivés, mais notre mot, qui n'a pas la figure du correspon- 
dant latin, peut descendre du celtique^ et, même en avoir [conservé la 
forme exacte. Et: vistoul ou vistoun, prunelle de Tœil, mots qui, de 
leur côté, ne doivent rien à leur équivalent latin, qui était «pupilla». 

VIT, pampre de vigne (lat. «vitis», même sens). 

VOCIDE, vide, dans les Alpes (b.l. « vocidus», d'une variante voc de larac. 
vac de « vacuus»), en français «vuide», aujourd'hui «vide»; et forme 
VOUIDE (voug-ide), avec chute du ^ dur, dans autres pays. D'où VOCI- 
DAR et VOUIDAR, vider. 

VOT, en français «vœu» (1. votum); VOTA, O, fête votive [en bas latin 
même forme « vota»); VOUDAR, vouer; etc. 

VOUIA, O, aussi vouja, o, serpe, Page 88. 



ZO, le (.pronom). Page 88. 



Pari». Imp COUr)i:RT. tue de Vanves 






E3Sr TTEKTTE : 

MOTS DIALEGTAUS soumis à TAcadémie française par la 
Société nalionale de linguistique, le premier volume paru : 5 fr. Au 
sièfîc de la Société, rue de Grenelle, 71. 



Nouvelle édition du Dictionaire des racines celtiques, par Pierre 
Malvezin. 



iiip. COIJDKRT, 103, Rue de V-invos 







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3376 Glossaire de la langue ^ 
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