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MÉMOIRES ET DOCUMENTS 

pakliés par U Sociélè d'hisloire Je la Saisse raauuMle. 

TOME XXI 

GLOSSAIRE 

DU PATOIS 

DE LA SUISSE ROMANDE 



PAU LE 

; DOYEN BRIDEL 

AUTBUB DU CONSERVATEUR SUISSB 



AVEC UN APPENDICE 

coupwaun 

UNE SÉRIE DE TRADUCTIONS DE LA PARABOLE 

DE l'enfant PRODIOUE 

QUELQUES MORCEAUX PATOIS EN VERS ET EN PROSE 

ET UNE COLLECTION DE PROVERBES 

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L. FAVRAT 

Membre de la Société dliistoiro de 1» ^uism; romande. 



PriM>« ve«ti|pa gentil. 



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LAUSANNE 

GEORGES BRIOEL ÉDITEUR 

1866 



MÉMOIRES 



ET DOCUMENTS 



PUBLIES 



PAR LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE 



DE LA SUISSE ROMANDE 



TOME XXI 



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GLOSSAIRE 



DU PATOIS 



DE LA SUISSE ROMANDE 

PAR LB 

DOYEN BRIDEL 

AUTEUR DU CONSERVATEUR SUISSE 

AVEC UN APPENDICE 
comnmun 

UNE SÉRIE DE TRADUCTIONS DE LA PARABOLE 

DE l'enfant PRODIGUE 

QUELQUES MORCEAUX PATOIS EN VERS ET EN PROSE 

ET UNE COLLECTION DE PROVERBES 

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L. FAVRAT 

M«inbre de la Société d'histoire de la Suisse romande. 

Prise» vestigia gentis. 



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LAUSANNE 

GEORGES BRIDEL ÉDITEUR 

1866 



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INTRODUCTION 



Le vénérable pasteur de Montreux, le doyen Bridel, 
mort au printemps de 1845, avait entrepris, à la re- 
quête de la Société celtique de France, un glossaire 
des patois de la Suisse occidentale. Il y travailla du- 
rant de longues années, et ne cessa d'y ajouter et de 
le retoucher que lorsque sa main tremblante se refusa 
à tenir la plume. On peut même dire que ce fut, 
avec le Conservateur suisse^ l'œuvre importante de sa 
longue carrière. Dans ses derniers jours, voulant re- 
mettre en mains sûres son précieux manuscrit, il le 
légua à la Société d'histoire de la Suisse romande, 
dont il était un des fondateurs. C'est ce qui explique 
pourquoi cet ouvrage, qui n'a pas trait directement 
aux études historiques, parait aujourd'hui dans les 
Mémoires et Documents de cette société. Chacun com- 
prendra d'ailleurs que ce volume est bien à sa place» 



VI INTRODUCTION. 

et il est inutile de dire que l'étude des patois a son 
importance historique. Au reste, nos patois seront 
bientôt de l'histoire : ils se modifient et s'altèrent de 
plus en plus sous l'influence du français qui envahit 
peu à peu les campagnes. Et cela est si vrai que, dans 
mainte localité, les hommes qui savent encore parler 
le pur et franc patois de leurs pères, sont en général 
des vieillards, tandis que la jeune génération, tout 
en comprenant l'ancien idiome, ne parle plus guère 
que le français. 

Le glossaire du doyen Bridel devait comprendre le 
matériel aussi complet que possible des patois du Va- 
lais, de Fribourg, de Vaud, de Genève, de Neuchâtel 
et du Jura bernois. Mais ce champ s'est trouvé un peu 
vaste, d'autant plus qu'il s'agissait de fixer un idiome 
populaire, c'est-à-dire une langue flottante, indécise, 
capricieuse et vous échappant quand vous croyez l'a- 
voir saisie. Aussi l'œuvre du doyen devait être néces- 
sairement incomplète. Cependant, telle qu'elle est, 
elle présente une très grande richesse de vocables, 
particulièrement pour les cantons du Valais, de Fri- 
bourg et de Vaud. Elle est moins complète à l'égard 
de Genève et du Jura bernois, et Neuchâtel est peu 
représenté. Ce ne sont pas tant les mots eux-mêmes 
qui font défaut, que les formes souvent nombreuses 
du même mot, et c'est justement là un des écueils 
les plus sérieux que l'on rencontre dans la composi- 
tion d'un glossaire patois. Mais sans parler de sa ri- 
chesse, le glossaire de Bridel a un mérite essentiel : il 



INTRODUCTION. VII 

se trouve être assez complet pour les patois des Alpes, 
qui sont les plus originaux, les moins altérés et par 
cela même les plus intéressants. 

Quant aux étymologies celtiques que renferme l'ou- 
vrage, et qui sont trop nombreuses encore, malgré 
quelques retranchements, il ne faut pas les traiter 
avec trop de rigueur, l'auteur en ayant fait bon mar- 
ché lui-même: c J'ai vécu, dit-il, dans un temps où 
Ton croyait qu'Adam avait parlé bas-breton, et je me 
suis longtemps trompé, en cherchant, à la manière de 
M. de Cambri, du celte dans tous nos mots patois; 
maintenant j'avoue de bonne foi que, pour un mot 
de famille celtique, il en est, dans notre romand, dix 
d'origine latine, et je préfère la vérité à un système 
qui commence à passer de mode; mais je n'ai pas le 
courage de revenir sur mes pas, et de corriger mes 
erreurs*. » 

Habemus con/itentem reum: la critique saura à 
quoi s'en tenir et ne s'acharnera pas sur ces malheu- 
reuses étymologies, qui auraient été les bienvenues il 
y a quelque cinquante ans et qui sont contestées au- 
jourd'hui. Quant à les retrancher toutes, quelqu'un 
nous l'a conseillé, mais nous n'en avons pas eu le 
courage en face d'un pareil aveu. D'ailleurs il en est 
bon nombre qui ont les apparences pour elles et qui 
doivent être exactes : c'est aux philologues de les dis- 
tinguer. 

* Le doyen Bridel, essai biographique, par L. Vulliemin. Lausanne 1855. 



VIII INTRODUCTION. 

On rencontrera aussi quelques étymologies grecques 
un peu risquées; les mêmes scrupules nous ont en- 
gagé à les conserver pour la plupart. 

La Société d'Histoire aurait pu faire paraître ce 
volume dès 1845, mais elle fut arrêtée déjà par la 
question des étymologies, et peut-être aussi par le fait 
qu'un de ses membres*, qui était très versé dans la 
connaissance des patois, travaillait à un glossaire et 
proposait à la Société de fondre Tœuvre du doyen 
Bridel dans la sienne propre, pour publier ensuite 
l'œuvre collective dans ses Mémoires et Documents. 
Mais cette combinaison n'ayant pas été acceptée, on 
se rabattit sur l'idée de publier tel quel le manuscrit 
du doyen, et c'est bien son glossaire qui parait au- 
jourd'hui, sauf de légères modifications dont nous 
allons dire un mot. 

Une question a dû fort embarrasser l'auteur ; c'est 
celle de l'orthographe, mais aussi elle est hérissée de 
difficultés. Si l'on suit l'analogie du français, on enlève 
au patois une bonne partie de son caractère"; et l'on 
rencontre d'ailleurs de véritables impasses, qu'il faut 
franchir en admettant des combinaisons de lettres ou 
des signes conventionnels étrangers à la langue fran- 
çaise: si Ton serre la prononciation d'aussi près que 
possible, des difficultés du même genre se présentent 
en foule, à cause de certaines voyelles douteuses, de 

* M. le ministre Moratel, qui s'est beaucoup occupé des patois. Il est à 
désirer que les matériaux, sans doute précieux, qu'il a recueillis, soient cun- 
sertés et puissent être utilisés. 



INTRODUCTION. IX 

certaines aspiralions et d'articulations composées ou 
mouillées, dont quelques-unes sont particulières à 
notre langue rustique et qui sont très difficiles à ren- 
dre. En outre, dans ce dernier cas, l'orthographe est 
obligée de rompre net avec l'étymologie, ce qui pro- 
duit- un langage très bizarre et très ardu pour qui n'y 
est pas versé. 

C'est pour cette dernière voie que l'auteur s'est dé- 
cidé, et il faut bien dire qu'elle fait mieux comprendre 
et mieux pénétrer le génie des patois et leurs diverses 
nuances. Toutefois, dans cette voie même de la re- 
production phonétique, l'orthographe de l'auteur n'est 
pas toujours rigoureuse et l'on trouvera des variations : 
Is et tz, cr et Ar, Ih, et //A, entre autres, pour figurer 
la même articulation. Ajoutons que nombre de mots 
sont écrits avec un A;, et pourraient l'être tout aussi 
bien avec un c. 

Comme il aurait fallu bouleverser le manuscrit pour 
rétablir l'uniformité, et que d'ailleurs c'est l'œuvre du 
doyen que la Société entendait publier, nous n'avons 
touché à l'orthographe que dans les cas où cela deve- 
nait nécessaire pour faire concorder, par exemple, le 
vocable et la citation. Au reste, s'il a été apporté au 
manuscrit quelques autres modifications, elles sont 
insignifiantes, et elles ont été faites autant que possi- 
ble dans le goût et les idées de l'auteur. Il en est une 
cependant, et c'est la plus grave, que nous devons 
justifier par quelques mots d'explication. 

L'auteur avait figuré par un œ le pluriel des mots 



X INTRODUCTION. 

féminins en a, très nombreux dans notre idiome; 
mais c'était rentrer dans l'analogie du latin où cette 
finale œ est toujours longue, tandis que la finale cor- 
respondante est toujours brève dans nos patois. Un 
exemple. Le manuscrit disait, entre autres, la pottay 
la lèvre, et lé pottœ, les lèvres; or lé poUœ se pro- 
nonce le pchtè, en appuyant sur la syllabe po, tandis 
que la syllabe tè est fort brève, ce que l'orthographe 
œ ne rend pas du tout. D'ailleurs, dans ces noms-là, 
le pluriel est souvent formé par un e muet; on entend 
dire le tsausse et le tsaussèy et le œ n'aurait pas été 
exact. Au surplus, pour être logique, l'auteur devait 
écrire lœ pottœ, car dans son système, le pluriel de 
la, c'est lœ. Bref, après quelque hésitation, nous 
avons pris sur nous de remplacer ces œ par un e. 
Cette orthographe paraîtra toute naturelle, si l'on 
songe que nos patois ont conservé, pour les mots fé- 
minins en a, le pluriel des langues romanes; l'italien, 
par exemple, dit: la donnai le donner et nous disons: 
la dama, le dame (le damè^ si l'on veut figurer la 
prononciation). 

Les rares adjonctions ou éclaircissements que nous 
nous sommes permis sont indiqués par un N. de Véd. 
(Note de l'éditeur). 

Il sera bon avant de parcourir le volume de lire les 
nota-bene de l'auteur (pages 95, 424, 208, 209, 308 
et 341), lesquels donnent des renseignements utiles au 
sujet de Torthographe et de la prononciation. L'a 
final, dans les verbes, est toujours long, tandis qu'il 



INTRODUCTION. XI 

est toujours bref dans les substantif:^ correspondants 
[cottâ, étayer; la cotta^ Tétai, Tappui); et partout où 
ces verbes se trouvent accompagnés de leur substantif, 
nous leur avons donné l'accent circonflexe. Les infini- 
tifs en i ont le plus souvent leur finale longue, ainsi: 
bailli, donner; bresi^ briser. Parmi ceux qui l'ont 
brève, on peut citer cruvi , couvrir, et parti, partir. 

Enfin voici le volume : il s'y trouvera des erreurs 
et des omissions, cela était inévitable; mais il n'en of- 
frira pas moins le plus grand intérêt aux nombreux 
amis du patois, et surtout aux personnes qui s'occu- 
pent de l'étude comparative des langues romanes. Au 
reste, il est fort agréable à parcourir: il est semé de 
proverbes, de traits de naïveté, d'expressions figurées 
vives et originales, sans parler de quelques gaités que 
l'auteur a trouvées sur son chemin, et qui appartien- 
nent bien aussi à ces priscœ vestigia gentis dont il s'est 
occupé toute sa vie. 

Pour donner au glossaire plus d'intérêt, il fallait le 
faire suivre de quelques morceaux que l'on pût com- 
parer, soit entre eux , soit avec d'autres idiomes ro- 
mans; c'est ce qui nous a engagé à reprendre l'idée 
émise par la Société celtique de France pour l'étude 
comparative des patois, et à choisir la parabole de 
VEnfant prodigue. On trouvera donc dans l'appendice 
vingt-six traductions diverses de cette parabole, toutes 
recueillies dans le domaine de nos patois, et pour 
l'exactitude desquelles nous nous sommes entouré de 
toutes les précautions. Nous remercions sincèrement 



XII INTRODUCTION. 

toules les personnes à Tobligeance desquelles nous 
avons recouru et qui se sont empressées de répondre 
par l'envoi d'une traduction. 

La première partie de l'appendice comprend de plus 
quatre traductions appartenant à d'autres idiomes. 
Deux d'entre elles représentent la langue romane des 
Grisons, dans ses deux principaux dialectes, le roman- 
che et le ladin. Les deux autres appartiennent, l'une 
au roman des Vallées vaudoises du Piémont, et l'autre 
au rouchi ou patois des environs de Valenciennes. Ces 
deux dernières ont une grande valeur comme points 
de comparaison: elles offrent un spécimen de la lan- 
gue d'oc et de la langue d'oïl, entre lesquelles se trou- 
vent nos patois. 

La seconde partie de l'appendice renferme un choix 
de morceaux où toute la Suisse française est représen- 
tée, à l'exception du canton du Valais, qui du reste 
est un des mieux représentés dans la série des traduc- 
tions. Une assez riche collection de proverbes clôt le 
volume. Nous les avons recueillis un peu partout, mais 
principalement dans le Conservateur suisse; et pour 
plus de clarté nous les avons divisés en trois groupes: 
le temps, l'année, les saisons, les mois, les jours; — 
l'agriculture et la vie des campagnes ; — les proverbes 
divers. 

Un dernier mot. La publication du Glossaire et de 
son appendice a été longue et laborieuse, car ..voici 
deux ans bientôt que nous avons accepté la mission 
fort honorable et fort délicate à la fois de publier le 



INTRODUCTION. XIII 

manuscrit du doyen Bridel ; mais, en pareille matière, 
il devait nécessairement surgir quelques difficultés, et 
bon gré mal gré, il a fallu nous hâter lentement. Nous 
ne regretterons d'ailleurs ni le temps, ni les veilles, 
ni les fatigantes épreuves, si le volume trouve de nom- 
breux amis et ranime chez nous Tétude un peu lan- 
guissante des patois. 

Lausanne, octobre 1866. 

L. Favrat. 



[ 



LISTE DES ABRÉVIATIONS. 



A4i', adjectif. 

Adv., adverbe. 

AIL, allemand. 

Art., article. 

B. B., bas-breton. 

B. L., basse latinité. 

C., celtique. 

Cofi;., conjonction. 

Fr., français. 

Cf., grec. 

M., idem, indique qu*un mot est 

synonyme ou n'est qu'une autre 

forme du même mot. 



Interj., interjection. 

//., italien. 

L, latin. 

Loc., locution. 

N. de Vèd.y note de l'éditeur. 

Part., participe. 

PL, pluriel. 

Pron., pronom. 

S. F., substantif féminin. 

S. M., substantif masculin. 

V- Fr.f vieux français. 

Voy., voyez. 

V. st., vieux style, vieux langage. 



GLOSSAIRE 



DU 



PATOIS DE LA SUISSE ROMANDE 



A 



AA, AS^ ES, $. m. et f. Abeille. (Fribourg.) 

ABADDA, V. Soulever ud fardeau; avec la uégative, ne pas quitter 
la maison d'autrui : n'abadde pas, il ne démarre pas de chez 
moi. (Alpes.) 

ABAFFA, AHIE; ABAFFI, lA, adj. Etonné, surpris, abasourdi. 
(Alpes.) — Du celtique abaff, étonnement. 

ABELA, V. Plaire, convenir, surprendre. Ceinnem'abelavevouère, 
cela ne me plaisait guère. Abéliser, vieux style. — Du grec 
ââoXc, utinam. (Alpes.) 

ABERDJEMAIN, s. m. Transaction par laquelle le propriétaire d'un 
terrain le transmet à un amodiateur, sous condition d'une rede- 
vance annuelle. 

ABERDJI, ABERDZI, v. Donner l'hospitalité, héberger, recevoir 
dans sa chambre. En ce dernier sens, il se dit des filles à marier 
qui reçoivent de nuit la visite d'un garçon. (Vaud.) 

A BETZEVET, loc. adv. L'un à la tête, l'autre aux pieds; à deux 
chevets. Be est le bis du latin. 

ABETZI, ABETSCHI, v. Abecquer, toucher à peine du bout de 

la langue. 
ABEUTHI, V. Voy. abeutihi, abohlla. 

UtM. ET OOCUM. UI. 1 



2 ACH 

ABEUTIHI^ V. Renverser, mettre son visage contre la table. (Val 
d'illiez.) 

ABIDOy A, adj. Leste, agile, habile. (Entremont.) 
ABLETTA, s. /. ; ABLO, s. m. Petit poisson, Cyprinus Albumus, 
(Léman.) 

ABOA, V. Abattre les angles d'un solide; porter mal sa croupe 
ou sa téte^ quand il se dit d'un cheval, d'une vache. (Alpes.) 

ABOHLLA, V. Courber, pencher, surplomber, renverser un vase 
sur son fond. — Abeuthi, id. (Alpes.) Yoy. abeutihi. 

A BOHLLON, loc. adv. A rebours. A botzon, id. TzeHà botzon, 
tomber sur son nez. 

ABONNA, 17. Apaiser, abonnir, rendre meilleur. — RahountM, id. 

L. bonus. 
ABOT, 8. m. Essieu. — Abou, id. 

ABOTASSI, r. Se mettre sur les talons, s'accroupir. (Fribourg.) 
A BOTZON, loc. adv. Voy. a bohllon. 
ABOU, 8. m. Voy. abot. 

ABOVINA, V. Elever du bétail; nourrir, hiverner des vaches. 
(Aigle.) 

ABRAS, 8. pi. m. Occupation , affaires pénibles. — Chabras, id. 
(Genève.) 

ABRÉA, V. Abreuver, mener boire le bétail. 

ABREVI, V. Ramasser des animaux dispersés, relever une per- 
sonne tombée. (Val d'Illiez.) 

ABRO, 8. m. Arbre. 

ACERBO, adj. Aigret, aigrelet. (Genève.) 

ACERTENA, v. Certifier, attester. (V. chancell.) 

A CERTES, loc. adv. Pour sûr, sans y manquer. (V. chancell.) 

ACHAISON, 8. f. Occasion. (Charte de 1Î93.) 

AGHATI, V. Ecraser, écacher. — Assati, id. (Genève.) 

ACHATTA, 8. f. Abeille. — Aichette, id. (Jura.) 

ACHE! Interjection usitée quand il arrive un mécompte, un acci- 
dent; ah t AIL achf 



ADO 3 

AQIEINTI, t?. Flatter, gâter, efféminer un enfant, faire toutes ses 
fantaisies. — AsseitUi, id. (Alpes). 

ACHEINTON, i, m. Enfant gâté, fantasque, volontaire. — Âssein- 
ton, id. (Alpes.) 

ACHON, s. f. Action. Bwna aehon, bonne action; krouia achon, 
mauvaise action. 

ACHOUNA, r. Actionner, citer en justice, poursuivre juridique- 
ment devant le tribunal. 

ACOAISI, V. Yoy. akaisi. 

ACOUGHELLI, v. S'associer à mauvaise compagnie, s'acoquiner. 
(Lavaux.) 

ACOVATA, V, Voy. akarra. 

ACUTA, V. Ecouter. Acutâ-vei, écoutez donc. — Eeuta, id. 

ACUTARE, s. m. Ecouteur, celui ou celle qui écoute aux portes, 
aux fenêtres. Prov. Le z'écutare ne vtUian pas mékelè lare, les 
écouteurs ne valent pas mieux que les larrons. — Ecutare, id. 

ADDAN, ADDON, adv. Alors, en ce temps-là. (Fribourg.) 

ADDUIRE, V. Amener. L. adducere, (Bas-Valais.) 

ADÉ, ADI, ADEI, adv. Toujours, seulement, encore, derechef. 
C. adarr. Cet adverbe adé ou adi entre dans plusieurs locu- 
tions : adi apri, toujours après; adi attan, toujours autant; adi 
mé, toujours davantage. 

ADENA (s'), V. Faire attention^ s'appliquer, s'adonner à un tra- 
vail. (Alpes.) 

 DIT, loc. Au dit, au dire. A dit de maUre, au jugement d'ex- 
perts. 

ADIU, s, m. Adieu, salutation amicale; de là : Adiunoo, adeimo, 
admoj salutation très usitée qui signifie : A Dieu soyez. A Dt« 
mè reindo, à Dieu je me rends; exclamation de surprise, de 
peur, de repentir. — Agiu, id. (Yaud.) 

ADJE, ADZE, s. f. Haie vive. Ail. hag, B. L. haga. 

ADJEINDRE, v. Atteindre, attraper, frapper juste, tromper un 
trompeur. L. adjungere. (Alpes.) 

ADOBA, V. Voy. adouba. 



4 AFF 

ADOMETZI, V. Dompler, forcer un animal rétif à se rendre. L. 

domare, 
ADOUBA, V. Arranger bien ou mal. V. Fr. adouber. Mo l'adouba, 

mal arrangé, maltraité. — Adoba, id. 
ADOUX, s. m. Lieu bien exposé au soleil, où la température est 

plus douce; plate-bande, endroit abrité. (Gros de Yaud.) 
ADRAI (1'), s. m. Le côté droit; dans les Alpes, le flanc d'une val- 
lée le mieux exposé au soleil du midi. L'autre flanc s'appelle 

le revers, 
ADRËI, adv. Bien, comme il faut; en composition, boun'adrei, la 

majeure partie, beaucoup. 
ADREPI, A, adj, Adbérent; se dit de la crasse attachée aux parois 

d'un vase. (Alpes.) 
ADREZE, A, adj. Très serré, mal nourri, maigre ; se dit d'un 

grain, d*un épi. (Alpes.) 
ADZE, $, f. Voyez aoje. 
AFANA, V. Gagner avec peine, se tourmenter de travail. C. afan, 

fatigue, effort. V. Fr. ahaner, affanner, ahan, afan. 

AFFAUTI, A, adj. Voy. afoti. 

AFFAUTRO, s. m. Quartier-maître. Le plaid général de Lausanne 
(1368) nomme affourterus l'un des trois officiers qui, de la part 
de l'évéque, levaient et commandaient les troupes lausannoises. 
Les deux autres étaient le séneschaux, eenescalcus, et le sautier, 
salterius. (Lausanne.) 

AFFEGA, V. Ck)ntrarier, contredire. L. affigere. (Val d'Illiez.) 

AFFENA, AHIE, adj. Raffiné, rusé, capable de se tirer d'affaire. 

AFFERI, V. Arriver par un chemin inusité. — Affiri, id. (Bas- 
Valais.) 

AFFETA, V. Achever de traire les vaches. (Ormonts.) 

AFFETIEU, s. m. pi. Voy. affuthiau. 

AFFETZI, AFFITSI, v. S'opinifttrer. L. affigere. 

AFFIRI, V. Voy. afperi. 

AFFITZHI, V. Tanner le cuir. On ajoute ordinairement à ce verbe : 
avoué dau tacon, avec du tan. (Val d'Illiez.) 



AGO 5 

AFFITZI, V. Voy. appbtzi. 

AFFITZIAMEIN, adv. OpinifttrémeDi; fixement, quand il s'af^t du 
regard. (Alpes.) 

AFFLLEDZI, A, aij. Impotent, hernieux; en général, un homme 
incommodé dans ses membres. Son synonyme est motoist. 

AFFOLA, V. Fatiguer, fouler de lassitude. 

AFFRES, $. f. pi Espèce de torture du XIV* et du XV« siècle, en 
usage à Genève. Affre, au singulier, signifie grande peur, transe, 
angoisse. On dit encore : les affres de la mort. 

AFFUTHIAU, s. m. pi. Atours, affiquets, parure de femme. — 
Affetieu, id. (Vaud et Genève.) 

AFONQ (s'), V. Diminuer par Tévaporation de la cuisson. 

AFOTI, A, odj. appauvri, manquant des sucs qu'il lui faut. -^ 
Affauti, a, id. 

AFOUNA^ V. Fureter avec indiscrétion, mettre le nez partout. 
(Alpes.) 

AFRETA, 17. Exploiter un alpage, une montagne à pâturages. De 
fréta, frita, sommet d'une alpe; ce même mot signifie partager, 
en qualité de chef d*un chalet, entre les copropriétaires d'une 
montagne à vaches, les fromages qu'on a faits pendant la sai- 
son. (Alpes.) 

AGA(nA, V. Voy. agassâ. 

AGASSA, ». f. Pie. G. agacs, même signification. 

AGASSÂ, V. Agacer, disputer. -^ Agaeia, id. 

AGASSIN, AGASSON, s. m. Ck)r au pied, durillon. 

AGGRAVADiTA, v. Déchirer, froisser, déconfire. L. aggravatus. 
(Alpes.) 

AGITA, DJITHA, s. f. Pâturage de printemps et d'automne, que les 
vaches broutent avant d'aller sur l'alpe ou en en revenant. (Alpes.) 

AGIU, $. m. Voy. adiu. 

A6NELA, V, Outre sa signification commune, agnel^, mettre bas 
l'agneau, ce verbe veut dire travailler mollement, avec noncha- 
lance. (Valais.) 

AGNI, $. m. Agneau. ^ Aigni, id. 



6 AHR 

AGORMANDA, v. Affiriander, rendre gourmand. 

AGOT^ s. m. Vache qui n'a plus de lait ou qui n'en donne pas 
encore. Les agots sont en général les génisses, les veaux, les 
chevreaux. 

AGOTA, V, Cesser de donner de l'eau ou du lait. — A gotta, adv. 
signifie à sec, sans une goutte. L. gutta. 

AGOTTA, 17. Goûter d'un aliment, d'un plat. L. gustare. 

AGOÙnON, s. m. Mouchoir noué avec lequel les écoliers se don- 
nent des coups. (Genève.) 

AGRAFFI, V. Prendre avec violence, dérober, agripper. — Agre- 
pa, id. 

AGRAHI, V. Irriter, courroucer quelqu'un. L. aggravare. (Val 
d'Illiez.) 

AGREBLLAI, $. m. Le houx, lUx AquifoUum. PUhiou agrebUai, 
houx frelon, fragon, arbuste; Ruscus aculeatus. — EingrebUai, 
id. (Ollon.) 

A GREMAUTON, loc. adv. En peloton. L. gremium. 

AGREMAUTOUNNA, t^. Se pelotonner, amonceler en désordre. 
(Alpes.) 

AGRENA, V. Manger à ne rien laisser dans un plat, pas même un 
grain. (Bas-Valais.) 

AGREPA, V. Voy. agraffi. 

ÂGREVA, t^. Attirer par feinte, amadouer, faire la cour. 

AGRU^ VA, adj. Hardi, bouillant, téméraire. (Montreux.) 

AGUELLHI, V. Risquer un vase, un objet quelconque, ou sa per- 
sonne dans une position hasardeuse^ hausser un objet, le met- 
tre sur une place d'un abord difficile; jucher, se jucher; per- 
cher, se percher. 

AGUT, TA, adj. Qui a bon appétit L. aculus. (Val d'Illiez.) 

AHLLOURE, v. S'éloigner du perpendicule pour faire un angle 
aigu. (Pays-d'Enhaut.) 

AHRMA, s. f. Ame. (Fribourg.) 

AHRMA, 8. f. Arme; au pluriel, ahrme, les armes. 



AÏS 7 

Aîky V. Allumer, brûler, enflammer. Gr. xaéw, uro. — Hahia, id. 
(Montreux.) 

AICHETTE, s. f. Yoy. achatta. 

AIDI, V. Voy. AiGUHi. 

AlETTA, $. f. Côtelette de porc. 

AIGNI, $. m. Yoy. agni. 

AIGUË, EIGUE, IVOUE, IGUOUÉ, IVE, AVE, 5. f. Eau. Ce mot, 
qui varie presque à chaque fontaine, entre dans la composition 
du nom de plusieurs ruisseaux et villages : Nerive, eau noire; 
iUfrtof, eau blanche; Rogivue, eau rouge; Ballaigue, belle eau ; 
Longuaiffue, eau qui vient de loin. (Gruyère, Vaud.) 

AIGUHI, AIDI^ AIGHI, v. Aider, secourir, tendre la main, crier 
à l'aide, demander du secours. Diu va aidai, Dieu vous aide, 
salutation qui sert souvent pour congédier le mendiant im- 
portun qui se présente à votre porte. 

AILLAN, $. m. Gland, fruit du chêne. — Eillan, id. 

AILLE, s. f. Aigle, oiseau. — Aillo, id. Ce dernier est le nom 
patois du bourg d'Aigle. 

AILLHI, s. m. Alisier ou timier, Sorbus Aria et Sorbus aucuparia. 
B. L. àUierus, (Alpes.) 

AILOMfiRATA, s. f. Hirondelle. (Jura bernois.) 

AILVER, V, Mêler de l'eau au vin dans le commerce. (Vieux style 
de Fribourg.) 

AINKIË, adv. Ici, là. — Ike, einkie, id. (Alpes.) 

AISANCE, $. f. pL Les dépendances utiles d'une maison, les com- 
modités, les privés. 

AISE, ÉSE, ÉGE, ÉGI, $. f, pi. Vaisselle, soit en bois, soit en po- 
terie; futailles, vases de cave. Lava le z'aise, laver la vaisselle; 
la paiia ai z'aise, linge ou torchon pour laver les plats et as- 
siettes après les repas, lavette. 

AISE, 8. f. pi. Ce mot se dit des outils du charpentier, du me- 
nuisier, du serrurier, et en général de tous les outils employés 
par la main-d'œuvre. Prov.: marné erouio avrai n'a trava de 



8 AKO 

bounne am, jamais mauvais ouvrier n'a trouvé de bons outits. 
(Vaud.) 

ÂISI (s'), V. Se mettre dans la posture la plus eommode pour fiJre 
un travail, pour se charger d'un fardeau, pour rendre un ser- 
vice manuel; de là, en composition, l'adjectif molamj molm^ a, 
déhanché, mal dispos de ses jambes, perclus de rhumatisme, 
difficile à faire. 

AITHRIA, ITRIA, s. /. Ck)uche de céréales disposée pour battre 
en fifrange. L. area. (Valais.) 

AKAISI, AGOAISI, v. Faire taire avec douceur un homme <iui se 
fftche, un enfant qui pleure, apaiser, faire tenir cci. (Fribourg.) 

A KARDAN, loe. adv. Sur les épaules. (Val dllliez.) 

AKARRA. AGARRATTA, v. S'accroupir, se tapir, se mettre à l'é- 
cart dans un coin, earro. — Aeav€Ua, id, 

A KATZON, loc. adv. A l'oreille, en secret, en cachette. (Alpes.) 

AKATZONNA, o. Parler à l'oreille, en secret (Alpes.) 

AKEUTSEU, SA, adj. Importun, curieux^ impertinent, parasite. 
— Akrentzeu, id. (Val d'Illiez.) 

AKEUTZI, AGUTGHI, v. Accoucher. 

AKOMPRA, AKOPA, v. Oagner par son travail, se procurer par 

achat. L. comparare. 
AKOPL V. S'assoupir, commencer à s'endormir. (Bas-Valais.) 
AKORDA, V. Faire une transaction, un marché, tomber d'accord. 
AKORDAHIE, s. f. Accordée, fiancée, épouse. 

AKORDAIRON, t. m. Petit accord. Un garçon qui propose à une 
' fille de l'épouser lui dit : No fo faire on bokon d^àkordamm. 

AKOUAINTA, v. Aborder, parler dans un coin, engager un do- 
mestique. 

AKOUAINTANGE, $. f.pl Familiarité, liaison amicale ou amou- 
reuse. Il se dit, dans la campagne, des visites nocturnes des 
garçons aux filles et de leurs suites. On dit poliment d'une fille 
enceinte : Ua zu dei z'aeouaitUance avoué un tô, elle a eu des 
familiarités avec un tel. (Vaud.) 

AKOUATRA, v. Aplatir, faire plier, écraser. (Alpes.) 



ALE 9 

AKOUET, s. m. Puissanee, faculté, force au physique. Te n'a poi 
Fakouet, ta n'as pas la force. (Yaud.) 

AKOUHLLEITA, s. f. Effort d'un liquide pour aller en avant, 
chasse. (Montreux.) 

AKOUILLI, V. Lancer, jeter, chasser le bétail devant soi, le faire 
sortir de l'étable pour aller à Tabreuvoir ou au pftturage. 
(Alpes.) 

AGOUTRA, V. Préparer, disposer, arranger. 

AKOUYEINTA, ACRAYEINTA, v. engager un domestique, lui 
donner des arrhes, aborder quelqu*un. 

AKRENTZEU, AKRENTZEUSA, adj. Parasite, écornifleur. (Val 
d'illiez.) Voy. akeutseu. 

AKROPA, V. Tirer avec effort dans une montée; se dit d'une béte 
de trait. Fr. croupe. (Alpes.) 

A KROUPETON, A KROPETON, loc. adv. En étant accroupi. 

AKRUVE, AKRUE, $. f. pL Epargnes, accroissement de capital ou 
de revenu par économie. 

AKULf iA, V. Eculer, déformer ses souliers, en aplatir le quartier. 

AKUTZI, 9. Voy. akeotzi. 

ALA, s. f. Aile. Âla de corbéj Mondent, pissenlit, Leontodon Tara- 
xaeum; mot à mot, aile de corbeau. 

ALAGNE, s. f. Voy. alogne. 

ALAIKI, AI/LAITHI, v. Allaiter; se dit des gens et des bétes. 

ALBE, A, a4j. Blanc ; ce mot, peu usité, est Valbus du latin. (Jura.) 

ALBERDGIAU, SA, adj. Fermier, tenancier. G. alberg ou alberc, 
droit de gîte ou de logement du seigneur chez le vassal, lieu 
fermé, demeure. (Chartes.) 

ALEIGRAMEIN, adv. Gaîment. IfUetj. courage ! ferme î 

ALEIGRO, A, adj. Riant, joyeux, bien portant, agréablement 
situé. Teni-4>o aleigro, tenez- vous en bonne santé; salutation 
commune dans le canton de Fribourg. L. alacer, 

ALENA, V. Voy. alouna.^ 

ALESSON, f . f. Leçon , devoirs d'écolier. Vem dere te n'alessan, 
viens dire ta leçon. 



10 ALO 

ALETTA, 8. f. Aileron, petite aile, partie de la bobine où sont les 
dents. 

ALETZI, V. Allécher, donner du sel aux vaches. (Alpes.) 

ALEUHI, V. Yoy. alohi. 

ALIZO, ALLIDRO, s. m. Sureau bièble, Sambucu$ Ebulus. (\lpes.) 

ALLA, V. Aller; très irrégulier : audri, j'irai; m'ein vé, mè vé, je 
m'en vais; vein-no, vê-no, allein'tw, allons-nous. Alla déan le 
parte, mendier. 

ALLAHIE, 5. f. Passage étroit entre deux murs ou deux parois, 
pour entrer dans une maison; allée de jardin, allée d'arbres; 
l'action d'aller quelque part. Dans ce dernier sens, il n'est 
guère usité que dans la phrase négative de ne sein VaUahie, je 
n'y irai point. 

ALLAITE-BAGNA, s. f. Mot à mot, qui tette les vaches. C'est le nom 
de la salamandre noire des Alpes, que les bergers disent teter 
les vaches quand elles sont couchées sur le pfiturage. (Alpes.) 

ALLAITE-TSIVRA, s. f, Tette-chèvre, crapaud volant, noms vul- 
gaires de l'engoulevent. 

ALLAITHON, s. m. Nourrisson ; se dit plus particulièrement d'un 

animal domestique qui tette encore sa mère. 
ALLEVAI, ALLEVEI, s. m. pi. Voy. alvi. 
ALLIDRO, s, m. Voy. alizo. 

ALLIETTA, v. Attacher, lier, coller, agglutiner, avoir de l'incli* 
nation pour quelqu'un. L. ligare. 

ALLOA, V. Commencer à s'humecter, se gonfler par humidité. 
(Val d'Illiez.) 

ALOGNE, ALAGNE, EULAGNE, s. f. Noisette, fruit du coudrier, 
avellana. 

ALOHI, ALEUHI, v. Arranger, apprêter, préparer, mettre en état; 
le réduplicatif est res'allohi. 

ALOÏNA, ALUVINA, s, f. En français populaire, genipijaîtne, sorte 
d'armoise des rochers des Alpes. 

ALOUILLE, s. f. pL Fête des brandons dans les villages des en- 
virons de Genève. 



AMB 11 

ALOUNA, ALENA^ v. Eclairer, donner quelque lueur^ reluire, 
briller de santé. De là les locutions : bou k'aloune, bois phos- 
pborique; einfan k'alene, enfant brillant de satité; verme l^a- 
lownCy ver luisant. L. luna, (Alpes.) 

ALOUTZO, s. m. Sorbier, timier, Sorbus aucuparia. (Jura.) 

ALPA, V. Conduire le troupeau de la vallée où il a hiverné dans 
la montagne. De là : inalpa, mener le troupeau dans les pâtu- 
rages alpestres; désalpa, le ramener dans la vallée. — On a 
francisé ce mot : alper. (Alpes et Jura.) 

ALPAGE, 5. m. Saison de faire alper les troupeaux, contenance 
d'un pâturage. On dit dans ce dernier sens : Yalpage de la D61e 
est de 80 vaches. (Alpes et Jura.) 

ALUETTA, ALUVETTA, s. f. Epiglotte, luette ; alouette. En com- 
position, pi éTaluveita, dauphinelle des blés, Delpkinium Conso- 
lida. 

ALUGA, V. Espionner, fréquenter une maison pour voir et rap- 
porter ce qui s'y passe. (Val d'Illiez.) 

ALUGAN, ALLOUGAN, s, m. Espion , personne qui flaire , qui 
convoite un mets ou quelque autre chose, parasite. (Gros de 
Vaud.) 

ALURA, AHIE, adj. Endurci, fait à la fatigue, intrigant, adroit, 
rusé. 

ALUVETTA, «. f. Alouette. Voy. aluetta et luetta. 

ALUVINA, s, f. Voy. aloïna. 

ALVI, ALLEVI, ALLEVAI, ALLEVEI, 8, m. pL Repousses du hé- 
tre coupé qui croissent autour du pied. (Bas-Valais.) Bou aile- 
vei, bois taillis. (Acte de 1564.) (Coppet.) 

AMA, V. Aimer. L'ama-vo ? Taimez-vous? — Antna, id. 

AMABLLIO, A, adj. Aimable^ digne d'affection, amical. 

AMBAXARIA, s. f. Ambassade, députation. (V. chancell. de Fri- 

bourg.) 
AUBAXIOUR, s. f. Ambassadeur, député. (V. chancell. de Fri- 

bourg.) 



12 AMO 

AMBE, AMBË, adj, pi. f. Toutes les denx. Tune et l'autre. Ce mol 
toltn s'employait dans cette locution notariale : les ambe$ parts, 
les deux parties. 

AMBEDOU, adj. Tous deux, tous les deux, l'un et l'autre. 

iUlBLAI, EMBLAI, s. m. Yol, larcin. (Fribourg.) 

AMBRESALLE, AUBROTZE , s. f. pi. Myrtilles, airelles, Focct- 
nium MyrtUliês. — Einbrotze, id. 

A MEIN, loe, adv. Au moins, si ce n'est que. 

AMEKHI, AMETHI,s. f. Amitié; au pluriel ce mot signifie amour: 
Lei a bakUi se z'ametki^ il lui fait la cour, il en est amoureux, 
elle en est amoureuse. 

AMERSA, s. f. Rate, terme d'anatomie. (Jura.) 

AMETEU, SA, ad}. Laborieux, qui a du goût pour le travail. 
(Val d'IUieï.) 

AMIABHLLO, A, ody Agréable au palais. Se dit surtout du vin. 

(Lavaux.) 

AMITO, A, adi. Aimable, qui sait se faire aimer. L. omtrti^. (Mon- 
treux.) 

AMMER, t. f. pi. Myrtilles. Ammer, en allemand, signifie griotte. 
(Jura.) 

AMMIMONA , s. ^. Anémone cultivée dans les jardins, Anenume 
hortensis, 

AMOHLLI, V. Se dit quand le pis d'une vache prête à mettre bas 
se gonfle. L. mollis. (Alpes.) 

AMON, adv. Là-haut, en haut. L'è lé étamon, il est là-haut; loc. 

contr'amon, du côté d'en haut. L. ad motUem. 
AMORDJALA, v. Amasser, amonceler. G. mordju, monceau. (Alpes.) 

AMORRA, V. Emousser, se dit d'un tranchant qui a perdu son fil. 
(Val d'Illiez.) 

AMOUAIRAU, SA, aétj. Amoureux ; quand il se dit d'une fille, ce 
mot signifie honnêtement qu'elle a beaucoup de tempérament. 
L'è s^n'atnouairau, c'est son galant, son amant. 

A MOUDIO, loe. adv. Précisément, ce qu'il en faut. L. ad modum, 
(Val d'Illiez ) • 



ANN 43 

AMPE, AMPOUE, EINPOUE, s. f. pi. Framboises, fruit du Ridm 
idœus. 

AN, s. m. An, année. SU an, ceUe année; vouero a-'t-e éPan ? com- 
bien a-t-il d'années? Son synonyme annahie est peu usité. 

ANA, a. m. Cercles concentriques, dans Faubier d'un arbre, par le 
nombre desquels on juge de son ftge. (Pays-d'Enhaut.) 

ANCELLA, ANCETTA, s. f. Petit ais de sapin très mince pour 
couvrir les toits. (Jura.) — Assethey s. f. pL, id. (Alpes.) 

ANGHAN, NA, a4i- Ancien, vieillard, vieux, vieille. Vanehan est 
un des noms du diable; c'est le serpent ancien de l'Apocalypse. 
(Pays-d'Enhaut.) 

ANDA, s. f. Vague, bouillon, onde. L. unda. 

ANDAIN, s. m. Ligne d'berbe abattue par le faucheur, laquelle 
ressemble à une onde. (]e mot est français. (Yaud.) 

ANÉRON, s, m. Véron, poisson d'eau douce, Cyprinus Phoxinus. 
(Léman.) 

ANGAIMA, EINGAINA, $, f. Ruse, fraude, subterfuge, moyen d'é- 
chapper. C'est Yinganno des Italiens. L. tn^emum. 

ANGEILA, EINGEILA, v. Engluer, se salir les doigts dans une 
matière visqueuse. (Yaud.) 

ANGO, ANKO^ s, m. Agonie, derniers rftlements d'un mourant. 
C. ankcu, agonie, mort. ~ Rancot, id. 

ANGON, s. m. Gond de porte. 

ANGUILLAUMA, t^. Se couvrir la tôte de linges, se mal coiffer, se 
dit des femmes. (Lausanne.) 

ANICHON, $. m. Petit finon. 

ANKO, KA, adj. Aigre, amer, acide. — Einko, a, id. 

ANRORA, ANKO, ANKOI, ONRORA, ONKO, ONKOI, EINKORA, 
EINKOUE, adv. Encore, derechef. Fankora, abréviation de pa 
emkora; p'ankora, pour pa onkora. 

ANMA, V. Yoy. aha. 
ANNAHIE, s. f. an, année. Yoy. an. 

ANNIYURD, DA, adj. Habitant de la vallée d'Awnmers. (Yalais.) 
La terminaison ard est fréquente pour indiquer le nom gêné- 



U APE 

rique des peuplades alpestres du Valais et des environs : Can^ 
chard, habitant du district de Ck)nches (Goms); Bagnard^ habi- 
tant du val de Bagnes; Val'd^IUard, habitant du val d'IUiez; 
Chamounard ou Chamouniard, habitant de Chamouny ; Savoy- 
ard; Sagnard, dans le Jura neuchâtelois, habitant de la Sagne; 
Broyard, habitant des bords de la Broyé. 

âNNOH'LLIRA^ s. f. Vache laitière qui devait porter le veau dans 
Tannée et qui ne le porte pas. (Alpes.) 

AN NON^ adv, irUerrogatif. N'est-ii pas vrai? L. an non. 

ANNOUNA, V, Hésiter en parlant, chevroter. Fr. ânonner, 

ANNUITA (s')^ V. Se laisser surprendre par la nuit, s'anuiter. 

ANTAN, adv. L'an passé. Tannée dernière. De antan, loc. adv.. 
Tannée avant-dernière ou pénultième. (Alpes.) 

ANTENET, s. m. pL Rosage, rhododendron. (Ormonts.) Voyez 

ARZELAI. 

ANTHOU, $. m. Un vieillard, un quidam, la personne que vous 
savez. Dans le Pays-d'Enhaut on le joint par honneur au pré- 
nom : anthou Pierro. L. antiquus. ~ AnitOj dans les îles Philip- 
pines, signifie ancêtre, vieillard. 

ANTI, V. Arrondir les bords d'un objet. (Val d'Illiez.) 

ANVER, EINVER, s. m. Petit abcès, fîironcle; on dit anvers, clou, 
dans le français populaire du canton de Vaud. — Klliou, id. 

ANVOUÉ, s. m. Orvet, Anguù fragilis. On appelle souvent ce petit 
serpent VaveugU, non qu'il le soit, mais parce qu'il a les yeux 
très petits. L. anguis, G. anviou, serpent. 

AORGNA, ORGNA, ORNA, s. f. Un certain nombre de rangs de 
ceps dans une vigne; op^oç, dans l'Odyssée, signifie allée d'ar- 
bres, rang de ceps. (Vaud.) 

AOU,,ar^ contracté. Au, aux. 

AOUVRA, AUVRA, AUVRI, UVRI, v. Ouvrir. Aouvretri, j'ouvrirai. 

APATI, s. m. Provisions de bouche, munitions pour les soldats. 

L. pascere. (Fribourg.) 
APEDJI, V. Engluer, empoisser. Vient de pedje, poix. 
APEDJOUNA, V. Attirer, leurrer. 



APP 15 

APENDIAU^ s. m, partisan, assistant, qui accompagne. L. appen- 
dens. (V. L. Fribourg.) 

APENONDOLI^ adv. Et puis, après. (Jura.) 

APERCEVAI, V, Apercevoir, voir des revenants, entendre des 
bruits magiques, avoir la seconde vue des Ecossais. (Vaud.) 

APEBS, SA, adj. Fin, clairvoyant, aigrefin, chiche. L. apertus. 
(Alpes.) 

APETANFI (s'), APETANCI, APEDANCI, v. Manger du pain en 
proportion de sa pitance. 

APIO, «. m. Persil, Apium Petroselium. 

APLLAHTRA, v. Rester toujours à la maison sans rien faire. 

APLLANA, APLLANI, v. Raboter, adoucir, calmer par bonnes 
raisons une personne en colère, aplanir, mettre sur le plan ou 
de plat^ renverser. 

APORSOGNI, V, S'inquiéter de l'avenir. De porseiti, souci, inquié- 
tude. (Alpes.) 

APOUSTI, 8. m. C'est le rebord extérieur d'une barque sur le- 
quel marchent les bateliers qui la font aller au piquet; c'est 
le coursier des galères. L. appositus. (Léman.) 

APPLEI, s. m. Attelage, animal ou animaux qu'on attelle. L. ap- 
pUcare. 

APPLLEIHI, V. Atteler bœufs ou chevaux à la charrue, au char. 
(Vaud.) 

APPONDRE, t'. Ajouter, rattacher par un nœud, épeler, se pour- 
voir, se nantir. (La (^te.) 

APPONSA, $. f. Ca qu'on ajoute en appondanî, allonge. 

APPRALEIRA, $. f. Sureau hièble, Sambuau EMWy cochriste, 
soit crôte-de-coq, Rhinanihui Crista Galli. (Vevey.) 

APPREINDRE, v. Apprendre, enseigner: part apprêt, sa. 

APPREMA, V, Amincir, s'appliquer, chercher à plaire, à réussir. 
L. primus. (Pays-d'Enhaut.) 

APPRESTA, 9. Apprêter, assaisonner un plat, un mets. 

APPRESTON, s. m. Sauce, ragoiit. 



16 ARE 

APPREVEISI, V. Apprivoiser; t^apprevem, s'accoutamer, se for- 
mer aux affaires. 

APREUMl, APREMI, i. m. Pftturage inférieur où l'on met le trou- 
peau avant de le conduire sur la montagne supérieure. L. pri- 
mtis. (Jura.)— Pr^mt est le nom d'un village du Jura; en fran- 
çais. Premier. (N. de Téd.) 

APRI, adv. Après. AUa apri kôkon, c'est aller à son ensevelisse- 
ment. 

APRIHEINDA, v. Appréhender, craindre, avoir peur. 

ARA, adv. Maintenant, à l'heure qu*il est. (Bas-Valais.) — Ora, îd. 

ARA, V. Voy. arrha. 

ARAPPA, V. Prendre par force, arracher. L. rapere. 

ARBAILLE, s. f. pi. Repas que donne une accouchée à ses le- 
vâmes. — Broutaku, îd. (Entremont.) 

ARBOE, s. m. Arc-en-ciel; mot à mot, l'arc qui boit. Plante a dit : 
Cras pluet, arcus bibU, demain il pleuvra, Tare boit. (Jura.) 

ARCHEBAN, $. m. Banc sous lequel il y a un coffre dont il est le 
couvercle. 

ARGI, V. Conduire, mener, chasser devant soi. L. arcere. (Neu- 
chfttôl.) 

ARDRE, t^. Brûler, ardere. Ardénaz, forêt près d'Orbe. Ardénaz 
parait avoir la même étymologie que les Ardennès. 

AREIMO, s. m. L'une des quatre perches d'un léger échafaudage 
pour faire sécher en plein air les céréales et les légumes en 
gousse. (Pays-d'Enhaut.) 

AREIN, 8. m. Avalanche d'une neige sèche comme du sable. L. 
arena. (Alpes.) Banc de sable dans les eaux des environs de 
Genève. 

ARENA, ARAINA, v. Ecraser, briser sous le poids, ployer sous 
un fardeau. (Gros de Vaud.) 

ARÉNA, $. f. Sable. Le mot est latin; de là : arenaira, s. f., sa- 
blière, sablonnière, arenaria. 

ARÉTHALA, s. f. Voy. ARrrHALA. 



ARZ 17 

ARly ABRI, aâo» Derrière; faire arri, ramer en sens contraire 
pour aborder. (Léman.) 

ARIA, V. Traire les vaches. — C. aroTj paysan, laboureur. 

ARIAU, s. f». Lieu où l'on trait les vaches, soit en plein air, soit 
k couvert (Alpes.) 

ARITHALA, ARÉTHALA, s. f. Perce-oreille, Forbicine Forficula ; 
littéralement, arrête-la, parce qu'on croit cet insecte dangereux 
s'il entre dans l'oreille. 

ARLITTON, ERLITTON, s. m. Arc-en-ciel. C. ar, arc; lith, humi- 
dité. (Bas-Valais.) 

ARMADHI, ARMAILLI, ERBfAILLI, s. m. Berger, vacher, chef du 
chalet. (Alpes.) 

ARMAILLE, ERMAILLE, AUMAILLE, $. f. pL Vaches, pièces de 
bétail. L. armenium. (Fribourg.) 

ARIIALA, 8, f. Boucle, oreille d'un vase de bois pour le prendre. 
L. armUla, (Alpes.) 

AROLLA, $. f. Pin alvier, Pinus Cemhra, — Erolla, id. (Alpes.) 

ARONDA, ARONDELLA, s. f. Hirondelle. 

AROUTZI, 17. Jeter çà et là le fumier sur une prairie. (Alpes.) 
S^arrouUehi bas, se jeter lourdement par terre. (Entremont.) 

ARPION, 8. m. Griffe d'un animal. L. Harpiœ. Gr. apim, croc. 
ARRAI, adv. Derechef. En composition: Arrimé, arriémé, arraimé, 
au contraire, et encore ; arrai-revers, à l'envers, à la renverse. 

ARRHA, ARA, v. Labourer, herser. L. arare; C. arar, laboureur. 

ÂRRIA, ARIA, 8. f. Embarras, pôle-méle, désordre, tumulte, bat- 
terie; du grec\pjç, Mar8,prœlium; ou d'Ariu8, dont la doc- 
trine causa beaucoup de troubles dans l'Eglise chrétienne. 

ARRKOKA, V, Recevoir dans sa main un corps jeté en l'air. (Bas* 
Valais.) Voy. rakoka. 

ARROUTA, V. Prendre la même route. 

ARTA, 8. f. Voy. artzghb. 

ARTZCHE, ARTZE, ARTA, 8. f. Coffre, bahut, arche. L. t^ca. 

ARZA, V. Prendre un goût de brftlé; se dit du lait. L. amci. 

mtM. ET DOCUM. i 



d8 ASS 

ARZE, LÂRZE, $. m. Mélèze, Pitms Larix. Arz, cèdre du Liban. 

(Alpes.) 

ARZÉ^ s. pi. Nom des lieux où les arbres ont été brûlés. L. anus. 
(Fribourg.) 

ARZEINTENA, s. f. Alchimille des Alpes, Alchemilla alpina. 

ARZELÂI, ARZALEI, s. m. Rosage des Alpes, Rhododendron fer-- 
rugineum et Rhod. hirsutum, (Alpes.) 

AS, 8. m, et f, Voy. aa. 

ASE, s. m. Ane, asinus; mot tombé en désuétude et qui n'est 

resté que dans des locutions grossières, comme Vase ie et 

un verbe énergique ; c'est-à-dire, le diable f emporte, ou même 
quelque cbose de mieux. (Moudon.) 

A SETON, adv. Sur son séant, en étant assis sur son lit. (Pays- 
d'Enhaut.) 

âSKIBOLA, s. f. Accident, mésaventure, écbec, petit malheur, 
grossesse de fille non mariée. En ce dernier sens, un étymolo- 
giste prétendait que ce mot venait du grec àtrxk, uter, venter, 
et de pol-hj ictus, plaga. (Vaud.) 

ASPECTIAU, ASPECTEUR, s. m. Témoin, celui qui est présent à 
une chose. L. aspicere. 

ASPI^ ESPI, 8, m. Lavande, Lavandula Spka. 

ASSALA, V. Donner du sel aux vaches qu'on va traire. L. saL 
(Bas-Valais.) 

ASSATI, V. Voy. achati. 

ASSE, s. m. If, Taxus baccata. 

ASSE, ASSA, ASSEI, a(2t?. Assez. En composition: asbein, aue- 
bein, aussi bien; assetout^ aussitôt, bientôt, tout de suite. 

ASSEITHI, A, adj. Altéré, qui a soif. L. stlts. 

ASSENTHION, s. m. Enfant gâté, fantasque, volontaire. (Val d'il- 
liez.) — A88eintony Acheinion, id. 

ASSENTHIOUNA, v. Gâter un enfant en faisant toutes ses fantai- 
sies. L. a88entio. (Val d'IUiez.) 

ASSEINTI, V. Voy. agheinti. 

ASSEINTON, 8. m. Voy. agheinton. 



ATO 19 

ASSEIMTRE, v. Se dit d'une jument, d'une vache ou d'une ânesse 
prête à mettre bas. (Bas-Valais.) 

ASSERRA, AHIE, adj. Adhérent au vase. (Alpes.) 

ASSETA, ACHETA, v. S'asseoir, se rasseoir. Âmla-Uy assieds-toi. 

ASSETHE, t. f, pi Petits ais fort minces pour couvrir les bâti- 
ments des Alpes. 

ASSETHON, s. m. Diminutif du précédent. 

ASSIE, ASSIA, s. f. Herse des anciennes portes de ville. Ce mot 
appartient au latin du moyen âge : ascia. (Acte de 1419.) (Nyon.) 

ASSOLAUCHAU, AUSA, adj. Se dit d'une personne qui distrait, 
qui console, qui donne ou cherche à donner du soulagement. 
L. solatium. (Aigle.) 

ASSOLEIHI, V. Se tenir au soleil en hiver pour se réchauffer. 
L. sol. (Pays-d'Enhaut.) 

ASSOMMA, V, S'élever à une somme, additionner un compte, 
supputer. (Frîbourg.) 

ASSOT, 8. m. Toit à porc. (Neuchâtel.) 

ASSOUNNA, v. Flairer, sentir une odeur; de son, odeur. 

ASSOUPA, V. Faire un faux pas, s'achopper. C. assoup, achoppe* 
ment. 

ASSOUTHÉTI, r. $*appliquer à un ouvrage, ruser, agir avec sub- 
tilité; de souti, fin, délié. L. subtilis, (Alpes.) 

ASSUMA, V, Prendre. L. assumere. (Fribourg.) 

ASSURA, ACHURA, v. Assurer, promettre. Le participe passé, 
qui a la même forme, s'emploie adverbialement et signifie sû- 
rement, certainement. 

ATANT, ATEmT, adv. Autant; adi atant, toujours autant. 

ATHETI, A; ALLIETHI, A, adj. Attaché, adhérent à... (Pays- 
d'Enhaut.) Voy. ALLIKTA. 

ATHOPI, A, adj. Mal éveillé, assoupi. (Bas-Valais.) 

ATIFFA (s'), V. Se parer, s'arranger, s'attifer. 

ATOT, prép. Avec ; c'est l'a tout du vieux français. 

ATOTSCHI, V. Tenir à quelqu'un par la consanguinité, ottMtcher. 



20 AU 

ATREDRE^ o. Apaiser, tranquilliser, faire taire un enfant qm 
pleure. (Pays-d'Enhaut.) 

ATREGO, A, a4i. Maladif, maigre, écloppé. (Val d'Illiez.) 

ATREKA, 9. Abattre, accabler de lassitude par excès de travail ou 

de marche; du grec rpixf», curro. 
ATRIAU, s. m. Petite farce de forme ronde faite de viande de porc. 

— On dit à une fille dont le mouchoir entr'ouvert laisse voir 

la gorge : Catze don tè z'atriau. (Yverdon.) 

ATSÉA, ATSÉYA, v. Achever, épeler un mot. 

ATSETA, ACHETA, v. Acheter. 

ATSETTA, s. f. Petite hache, hachette des tonneliers. 

ATSON, ATSCHON, s. m. Hache; c'est le nom des as du jeu de 

cartes. 
ATTARDl, V. Etre tard en route. 

ATTEINDRE, v. Brigander, aller sur les grands chemins aUendre 
et détrousser les voyageurs; attein-mè, attends-moi; attein-4è 
vai, attends seulement, formule de menace. 

ATTELLA, v. Atteler; ce verbe signifie aussi mettre ses habits du 
dimanche pour aller à Tégiise. (Bex.) 

ATTENNA, v. Fâcher, courroucer, haïr.— Taina, id. (Bas-Valais.) 

Voy. TAINA. 

ATTRAPA, V. Attraper, rattraper, tromper, donner le change. 

ATTRAPAHIE, s. f. Action d'attraper, piège, tromperie, mystifi- 
cation. 

ATZOZA, V. Etancher sa soif. (Alpes.) 

AU, EU, U, part, passé. L'ai su z'au, Fei su sfu, j'y suis aUé, j'y ai 
été; Va z'u bon martzi, il l'a eu à bon marché ; Vè z'u mort, lit- 
téralement : il est eu mort, sorte de passé indéfini qu'on entend 
souvent dans le français populaire du canton de Yaud. 

AU, AOU, U, art. contr., m. s. Au; le pluriel est ot, et, eu, t. 

AU, U, conj. Ou; au bein, ou bien. 

AU, AOU, s. m. Oeuf. Dei z*au tienê^y des œufs teints, des œufe 

de Pâques. 
AU, s. m., sing. ou pi. Ail, aulx. Au au cer, littéralement, ail au 

cerf; c'est l'ail des ours, AlUum ursinum. (Pays-d'Enhaut.) 



AUT 81 

AUBARDE^ i. f. pi. Aubade» sérénade donnée de grand mâtin, à 
Yaube. (Vaad.) 

AUDJE, AUDZE, ADJE, s, /. Auge, bassin de fontaine, bois creux 
qui reçoit la pâture des porcs ; la pièce de fer du bout de Tes- 
sieu^ laquelle empêche la roue de sortir. 

AUGES, s. f. pi. Terrain inculte couvert de broussailles. Se trouve 
en ce sens dans d'anciens documents, mais n'est plus usité. 
(Fribourg.) 

AUHLLE, OUILLA, s. f. Aiguille à coudre. 

AUHLLON, OUILLON, AVELLHON, s. m. Aiguillon d'un insecte. 

AUKALA, s. f. Guêtre. (Val d'Illiez.) 

AUKIÉ, AULKIÉ, pron, mdif. Quelque chose. L. aliquid. (Yaud.) 

AULA, EULA, OHLLA, $. f. Pot, marmite. L., It., oUa. 

AULETTA, EULETTA, $. f. Diminutif du précédent, petit pot de 

terre. 
AUMAGNE, t. /. pL Nom générique des vaches ; en français au- 

maille, aunuUlles, (Fribourg.) Voy. armaille. 

AUIŒLLHI, AUlfETHI, v. Amollir, assouplir. L. mollis. (Alpes.) 

AUMEfiLLO, A; AUMETHO, A, adj. Souple dans le sens physique. 
(Alpes.) 

AURA, s. f. Heure, lieue, fatigue. E bein z'u de Taiira, j'ai eu 
bien de la peine. L. hora. 

AURA, s. f. Vent violent. L. aura. — Voy. oura. 
AURETTA, â. f. Petite lieue. Ui a duœ ^aurette kanltikke, il y a 
deux petites lieues jusque-là. 

AURTA, s. f. Autel. (Fribourg.) 

AUSEMEIN, adv. Aussi, pareillement. (V. style de Fribourg.) 

AUSKAVOUAIRON, $. m. Fantôme ou lutin portant une petite 
queue retroussée. De kaua, queue. (Voy. le Conservateur nUsse, 
VIII, pag. 239.) (Ormonts.) 

AUTAN, s. m. L'an passé, ante annum. — Antan, id. 

AUTON, «. m. Automne. Veindra ver no sti Taiilon, il viendra chez 

nous œt automne. 
AUTOUNNA, V. Se dit d'un temps d*automne, humide, nébuleux. 



22 AVE 

AUTOUNNETTA, s. f. Enphraise, plante qui ne fleurit que vers 
l'automne^ Ewphram offidnaUs. (Aigle.) 

AUTRE, adv. Plus loin, outre. L. uUra. L'è autre lé, il est là-bas. 

AUTRICHA, s, f. Impératoire, plante ombeliiière. Imperatoria Og- 
trutkium. (Alpes.) 

AUTRO, A; ATRO, A; ITRO, A, adj. Autre. Lé z'atUre viadzo, les 
autres fois, jadis, au temps passé. 

AUTRO, pran. Un des noms du diable. C'est un reste du mani- 
cbéisme, ou de la doctrine des deux principes : le bon c'est 
Yun, le mauvais c'est ['autre. 

AUYRA, AUHRA, s. f. Filasse de chanvre. FUassa, felasêa, et plus 
ordinairement ritta, reta, id. 

AUVRA, AUVRI, v. Voy. aouvra. 

AYAI, V. auxU. avoir. Il est très irrégulier, ^tn-no^ avons-nous? 
no Tfem axa, nous en avons^ et par abréviation, n'eiiCain. 

AYAIGHI, V. Accoutumer. (Bas -Valais.) 

AVALA, AHIE, adj. Déboutonné, qui est à bas. De ami, en bas. 
AVALANTZCHE, AVALANTZE, s. /. Lavange, avalanche. (Alpes.) 
AVAN, <. m. Osier, SaJlix viteUma; taon, tabanus. Dans ce dernier 
sens on dit généralement tavan. 

AVAN, AUVENT, $. m. Auvent, échoppe, boutique qui avance sur 
la rue, défendue par les évoques de Lausanne. 

AVANI, AVENI, v. S'éventer, perdre sa force; se dit d'un liquide. 
L. vanus. (Pays-d'Enhaut.) 

AVE, s. f. Voy. AI6UE. 

AVEGNI, V. Venir, arriver, advenir. 

AVEGNIEN, TA, adj. Avenant, agréable. Se dit d'un terrain en 

pente douce. L. adveniens. (Fribourg.) 
AVEINA, s. f. Avoine, Avena sativa. 

AVEINTA, AVINI, v. Aveindre, atteindre, prendre ce qui est d'un 
abord difficile. 

^ AVELLHE, AVELLUS, s. f. Abeille; de là aveUhon, aiguillon. Voy. 

AUHLLON. 



AYE 93 

AYENAIRE, ÀDVENAIRE, sT m. Etranger, non bourgeois de la 
commune qu'il habite. L. advena, 

AYENIRO, A, s. m. Enfant maigre, polisson. 

AYENTRO, s. m. Polisson, mauvais sujet (Yal d'IUiez.) Voy. 

ATOULTRO. 

AYERON, s. m. La folle avoine, Avetia fatua. (Jura.) 

AYERON,EINY£RON, adv. Environ. 

AYESA, V. Aviser, réfléchir, prendre des mesures, regarder. 
molave$a, ahie, malavisé; bein avesa, bien avisé. (Aigle.) 

AYÔ, adv. En bas, en dessous. Lé-^avô, là-bas; Le niole vignan 
d'avô, les nuées viennent d'en bas; lo corUravô, le côté d'en bas. 
AYO, 1. m. Oncle. L. avu$. 

A VO, loc. A vous, salutation laconique de grands chemins, si- 
gnifiant : je suis à vous. A te, à toi. 

AYOGHl, V. Rendre pointu. (Bas-Yalais.) 

AYOIRI, V. Ck)ntredire habituellement. (Yal d'Uliez.) 

AYOIRON, s. m. Gondradicteur perpétuel. (Yal d'Illiez.) 

AYOTHENA, v. Faire endéver quelqu'un par ses railleries, le 
pousser à bout. (Yal d'Uliez.) 

AYOUAI, AYOUÉ, AYOUI, prép. Avec. 

AYOUAIRI, V. Faire des efforts pour vomir. 

AYOULTRO, AYOUTRO, AOUTRO, YAULTRO, AYENTRO (Cette 
dernière forme au Yal d'Uliez), s. m. B&tard, adultérin, paillard, 
honmie cynique et débouté.— C'est une des injures les plus gra- 
ves. Le coutumier de Moudon, en 1359, celui de Nyon, en 1387, 
défendent, sous peine d'une forte amende, de traiter quelqu'un 
d'avouUro. L. aduUer. 

AYOUTRO, s. m. Pommier sauvage, sauvageon, Firus Malus; même 

étymologie. 
AYRETHI, AYREHLLI, v. Abriter, mettre à couvert. (Jura.) 
AYRI, I. m. Abri, le mois d'avril. 
AYU, adv. Extrêmement, fort, très. Avu, adj. voyant, visionnaire. 

(Fribourg.) 
AYER, s. m. Erable, Aeer Pseudo-Platanus ; platane. (Bex.) 



U BAG 

AZ, AS, $. m. Recoin solitaire. (Gruyère.) 
AZERA, ASSERETTA, SERETTA, s. f. Lierre terrestre, Giêdumia 
kederaeea. 

AZI, AISI, ÉZI, s, m. Présure, l'acide dont on se sert pour faire 
cailler le lait dans la chaudière. L. acidu$. On dit aussi eô, ko. 
(Alpes.) 



B 



BÂBAN, s. m. Homme simple, pesant, un niais, un nigaud, un 
dadais. C. babj stupîde, imbécile. (Vaud.) 

BABANA, BAMBANA, v. Baguenauder, nigauder, lanterner. 

BABEUTA, s. f. Scarabée stercoraire, bousier, escarbot. (Entre- 
mont.) 

BABO, BOBO, s. m. Un mal quelconque, terme enfantin. 

BÂCHE, s. f. Mauvais foin de marécage; grand panier à charbon. 
G. bach, creux; terrain bas, enfoncé, humide. (Jura.) 

BADAIR, RA, adj. Désœuvré, qui n'a rien à faire, qui a la bouche 
béante. G. bad, sot, stupide. (Fribourg.) 

BADIGOUAINCE^ s. f. pi. Lèvres, babines. (Vaud.) 

BADOU, DA, adj. Simple, niais, nigaud. C. bad, stupide. (Moudon.) 

BAGNA, s. f. Vache de petite taille, qui vient originairement du 
Val de Bagnes. Voy. allatte-bagna. 

BAGNE, BAIGNE, $. f. Bain, la saison de se baigner, le lieu du 
bain. 

BÂGNI (se). Se baigner. 

BAGNIOLET, s. m. Baquet à tenir le lait, lequel offre une grande 
surface, mais est peu profond. C. bann, creux, vase. — Ce mot 
signifie aussi un baquet à laver la vaisselle. (N. de l'édit.) 

BAGNIOLETTA, 8. f. Vase plus grand que le précédent. 

BAGUA, BAGGA, s. f. Bague, laie, truie. — Bake, id. 

BAGUETTA, s. f. Iris de Germanie, Iri» germanka. — Boketta, id« 



BAL 95 

BÂHIE, s. A I^om de deux torrents, la Baie de Glarens et la Baie 
de Montreux. 

BAI, s. m. Nom générique de quelques ruisseaux. 

BAIBAINA, s. f. Courge, citrouille. (VuUy.) — Barhainay id. 

BAICHOT, 9. m. Petit gardon. C. bicKan, petit. (Jura.) 

BAICHOTTA, BAICHETTA, $. f. Petite fille. (Jura.) 

BAILLI, BADHI, V. Donner, frapper; bailler , en vieux français. 
Me baiUo au diabUo, je me donne au diable. Jurement fort usité. 

BAINA, BÉNA, v. Sommeiller; amollir des légumes dans l'eau, 
les baigner. 

BAINNA, $. m. Langueur, malaise ; mouvement subit de colère 
chez une vache; bassin ou flaque d'eau stagnante. (Alpes.) 

BAIRDA, $. f. Caisse à transporter le fumier placée sur un traîneau. 
(Pays-d'Enhaut.; 

BAIRE, V. Boire. Bai, bois; bairi prau, je boirai bien. — Baire lo 
car se dit du repas des funérailles appelé plus communément 
ekaiamoL Par arrêt de 1616, le Conseil de Neuchàtel défendit ce 
banquet funèbre, à la fin duquel on buvait à la santé du défont. 
(Neuchàtel.) 

BAIRFOU, $. m. Sorte de filet pour la pêche. (Léman.) 

BAIRLELAI, RA, adj. Etourdi, brouillon. (Entremont.) 

BAISTA, s. f. Fille grande et vigoureuse, hommasse. (Jura.) 

BAKE, s. f, Yoy. bagua. 

BAKON, s. m. Lard. C. baccwn. — Le vieux français écrit bacon. 
(N. de l'édit.) 

BAKOUNNA, v. Enlever la superficie du terrain pour le fertiliser. 

BALAINA, s. f. Ancien nom du silure du lac de Morat, SUurus Gla- 
ni$, plus connu sous le nom de talut. 

BALANDRAI, s. m. Balustrade, garde-fou. (Cloppet.) A Genève, 
balandrin. 

BALANDRON, $. m. Conducteur des chevaux de bât dans les mon- 
tagnes. Be deux mots grecs, pdUOw et àa/hp homme. Si cette 
étymologie est vraie, balandron serait un homme qui pousse 
devant lui des bètes de somme. (Alpes.) 



36 BAN 

BALLA^ adj. On dit à une petite fille : Fâ la balla, fais la révérence. 
— Voy. BÉ. 

BALLALARMO, s. m. Jeune homme bruyant, tapageur, coureur 
de nuit. (Vaud.) 

BALLAMAN, adv. Doucement, sans bruit, sur la pointe des pieds. 
V. Fr. Bellement, — Banamein, id. 

BÂLLHON, BÂILLON, s. m. Bâillement. 

BAMBANNÂ, v. Scier de long, du haut en bas; baguenauder, lan- 
terner, muser, fainéanter. (Alpes.) 

BAMBANNA, s. f. Grande scie pour scier de long; le bras qui 
communique le mouvement au soufflet des grandes forges. 
(Jura.) 

B.VJUBELLA, s. {, Véron, Cyi^nitë Pkoxinus ; poisson peu estimé 
du Léman. 

BAMBELLHI, v, Brandiller. 

BAMBELLHON, s. m. Chiffon qui brandilie. 

BAMBOTZI, v. Faire des excès de vin, courir les cabarets. (Vaud.) 

BAMBOTZIAU, s. m. Homme qui boit souvent et beaucoup, cou- 
reur de cabarets. (Vaud.) 

BAN, s. m. Proclamation de Tautorité à cri public, sous commi- 
nation d'amende. Ce mot est français. Boit à ban, bois où l'on 
ne peut couper sous peine d'amende. 

BANDER, V. Bander un glaive, faire une prière sur un glaive pour 
qu'il ne se rompe pas; pratique superstitieuse défendue en 1&40 
par les ordonnances consistoriales. 

BANDERET, s. tu. Banneret, celui qui porte la handière ou ban* 
nière; magistrat civil qui, jusqu'à la révolution de 1798, pré- 
sidait le conseil des villes municipales du Pays de Vaud. Ce 
magistrat, à la fois militaire et civil, s'appelait bandelier dans 
la prévôté de Moutiers-Grandval. 

BANDERETTA, «. f. Girouette aux armes de la seigneurie, élevée 
sur un poteau dans les places publiques, avec défense de la 
faire tourner à coups de pierres. A ce môme poteau était sou- 
vent attaché le carcan. Faire la handereila ou ie bandent, c'est 



BAR 87 

se tenir sur la tète les pieds en haut. Ce tour de force s'appelle 
aussi pièce droite, (Pays-d'Enhaut.) 

BANDHOLLI, v. Baguenauder, muser, aller çà et là sans rien 
faire, flftner. (Montreux.) 

BANO, NA, adj. Aveugle, mendiant; banni, mis au ban. (Evôché 
de Bâle.) 

BANNA, BENNA, s.f. Ruche d'abeille; panier couvert, coffre, 
voiture en osier. Cest dans ce derniers sens qu'il est employé 
par Gaton. (De re rustica.) (Yaud.) 

BANNIRA, V. Publier un ban, une défense à cri public. (Plaid 

général de Lausanne.) 
BANTHENA, s. /. ; BANTHEUN, s. m. Bassine, pot de métal à 

anses pour la cuisson. (Alpes.) 

BANTSE, BEINTSCHE^ s. f. Etude de notaire, secrétairerie. (Vaud.) 
— Banehe, dans le français populaire de Genève, id. 

BANTZET, s, m.; BANTZETTA, s, f, Bancelle, petit banc. 

BAO, BAVO, s. m. Espèce de prune dont le noyau ne se détache 
pas. (Pays-d'Enhaut.) 

BARAGNA, $, m. Garde-fou, balustre, balustrade, rampe d'appui 
dans un escalier. — G. barr, barre, barreau. 

BARAT^ s. f. Fraude^ dol, félonie, tromperie. Les notaires ont 
employé dans leurs actes la locution sans fraude ni barat, — 
G. barat, môme signification. 

BARATA, BARLATTÂ, V. Duper, tromper, mener par le nez. — 
Maraita, id. 

BARATTA, a. f. Vaisseau en forme de petit tonneau oblong pour 
foire le beurre, baratte; petit baril, barillet. — Yoy. boratairk, 

BOftKANNA. 

BARATTEI, RA; BARLATTEl, RA, adj. Brocanteur, petit mar- 
chand ambulant, trompeur, étourdi. (Alpes.) 

BARBA, s. f. Barbe, moisissure; barba de fontanna, conferve qui 
croit dans les tuyaux de fontaine et finit par les obstruer. 

BARBAINA, a. f. Citrouille, courge. (Vully.) — Barrebaina, id. 



t8 BAR 

BARBETTA^ s. /. Pièce d'étoffe ou de toile que les femmes en 
deuil porteol sur la poitrine, (Yftl de Bagnes.) 

BARBOT, s. m. Rave. (La Côte.) 

BARBOTTA^ s. f. Lotte» poisson, Gobius Lotta, Motaila est plus usité. 

BARBOTTÂ, BORBOTTÂ, BERBOTTÂ, s. f. Barboter, murmurer, 

articuler mal en parlant, bredouiller, bouillonner, cuire à gros 

bouillons. 

BARBOTTANNA, adj. fém. Ce mot se joint toujours à aiguê, iffue, 
eau. Igue barboUanna est le nom de plusieurs sources qu'on 
voit sourdre en bouillonnant. (Yaud.) 

BARBUVA, BARBU A, s. f, Provin avec sa racine, marcotte; bar- 
bue, dans le français du canton de Yaud. 

BARDÉ, BARDHI, i. f. Bardeau, petit ais pour couvrir le toit des 
bâtiments des Alpes.— Voy. assethe. 

BARDELA, BARDHOLLA, BARDOFFLA, EINBARDOFFLA, v. Sa- 
lir, se dit surtout du visage. 

BARDELAU, AHIE, a^;. Qui a le visage sale. (Val d'Illiez.) 

BARET, BERRET, s. m. Bonnet, calotte, toque, béret. 

BARETTA^ s. f. (k)iffe de femme attachée sous le menton. 

BARGUEGNI, v. Hésiter, être lent dans son travail, barguigner. 

En basque, barguigna signifie hésiter, chicaner, disputer. 

BARIHLLÂ, s. f. Petit baril. 

BARIHLLETTA, s. f. Barillet, petit baril, sorte de gourde. 

BARJAKA, BARDJAKA, s. f. Femme babillarde, indiscrète. 

BARJAKKÂ, BARDJAKKÂ, v. Babiller à outrance et indiscrète- 
ment. (Lausanne.) 

BARKA, s, f. Barque matée et pontée, à voiles. (Lacs.) 

BARKETTA, a. /l Petite barque, bateau.— Un montagnard de Bullet, 
village à deux lieues au-dessus d'Yverdon, étant entré dans un 
bateau et se rendant importun, le patron le fit descendre; alors, 
se campant fièrement sur le rivage, le paysan lui cria : Vein lei 
jn em BiUUt avoué ta beugre de barquetta, on te troverapreu; 
Viens-y seulement à Bullet avec ton b de bateau, on te trou- 
vera bien. 



BAS 99 

BARLATTRI, RA, adj. Voy. barattei. 

BARMAy BAUMA, BOMA, s, f. Cayerne, grotte naturelle dans les 
rochers. — On trouve ce mot en ce sens dans la Tie des saints 
BofMÀn et Lv^n , fondateurs de l'abbaye de Romainmôtiers. 
Le nom de Bavlmetf au canton de Yaud^ et de Balm^ au canton 
de Berne, vient peut-ôtre des cavernes voisines. La plus grande 
des cavernes de la vallée du lac de Joux s'appelle la Grand'- 
baume. 

BARMETTA, s. /. Petite caverne; diminutif du précédent. 

BARRA, s. f. Barre, raie; saisie-arrét, main-mise d'un créancier 
sur le bien d'un débiteur. 

BARRA, V. Barrer, arrêter, fermer un passage ; opérer saisie- 
arrêt, faire main -mise par voies juridiques; rayer, biffer un 
parchemin, un acte, un contrat. 

BARRA, BARRÉ, s. m. Grosse étoffe de laine, rayée de diverses 
couleurs. (Vaud.) 

BARRADJO, $. m. Contribution exigée par les garçons, d'un étran- 
ger qui épouse une fiile de leur commune. (G. de Fribourg.) 

BARRAGNA, s. f. Scie. (Bagnes.) 

BARRAT, BARRO, s. m. Grand baril allongé pour transporter le 
vin à dos de cheval, dans les montagnes. Chaque cheval en 
porte trois. C. barras, tonneau. (Alpes.) 

BARREBAINA, s. f. Yoy. barbaina. 

BARRILLON, s. m. Oreille d'ours, PrimtUa Aurkula, auricule 
des Alpes. (Alpes.) 

BARROTA, s. /. Brouette. C. barotum, tombereau. 
BASKELLHI, BASKENOLLHI, v. Faire un bâtard. 
BASKELLHON, s. m. Petit bâtard; c'est aussi un terme d'amitié. 
(Jorat) 

BASKËTTA, $. f. Bâtarde. 

BASKO, BASKA, adj. Bâtard, bâtarde. — Boiquê, dans le finançais 
populaire de Lausanne, est une injure fort usitée parmi les ga- 
mins. (N. de l'éd.) 

BASSENET,f. m. Renoneule vénéneuse, Ranuncuiuê Tkara. (Alpes.) 



30 BAT 

BASSET, TA, adj. Court, de petite taille, bas sur jambes. 

BASTA, V. Céder à un raisonnement ou à la force, s'arrêter, 

céder. (Vaud.) 
BASTE, adv. Cela suffit, eh bien t soit. C. basta, suffire. 

BASTOUBA, $. f. Ventouse. Ail. badestube, étuve. 

BASTOUBÂ, V, Yentouser. Le paysan se fait encore ventouser dans 
une étuve. (Fribourg.) 

BASTOUBARE, 8. m. La personne qui applique les ventouses. 

BATAKLLAN, 8. m. collect. Toute la troupe, toute la bande, tout 
le reste; le train, la suite d'un grand seigneur, d'un chef. 
(Vaud.) 

BATHIA, 8. f. Digue contre les torrents, les eaux. 

BATHOTRA, v. Salir, noircir ce que l'on touche, patrouiller. 
(Val d'Illiez.) 

BÂTION^ 8. m. Lourdaud, homme pesant, borné, parlant mal, qui 
a la langue épaisse. (Lausanne.) 

BATO, 8. m. Battant d'une cloche; grand causeur, babillard en- 
nuyeux. (Alpes.) 

BÂTON, 5. m. Bâton, canne, arme. 

BÂTON-BORNU, s. m. Mousquet, fusil; c'est l'ancien nom de cette 
arme. Mot à mot : bâton creux. Bornu, adj, cr^ux. Voy. petairou. 

BATTECOUER^ s. m. Herbe à étemuer, achillée sternutatoire, 
Achillea ptarmica. (Aigle.) 

BATTÉMO, 5. m. Batterie, rixe sanglante qui arrive parfois après 
les repas de noces, de baptême. (Lutry.) 

BATTERAN, s. m. Gros marteau pour briser les pierres. 

BATTHO, s. m. Faux narcisse ou fleur de Pâques. Narcis8U8 P8eudo* 
Narci88U8, (Orbe.) 

BATTHOLLA, BATOHLLIA, s. f. Causeuse, babillarde, commère, 
BATTHOLLI, v. Causer à tort et à travers, babiller à outrance. 

En basque^ batouilla signifie parler mal, bredouiller. 
BATTI, 8. m. Petit bateau, moins usité que naviot. 
BATTIA, 8. f. Babeurre, lait de beurre. — Battuva, id. 
BATTIAU, s. m. Battoir, machine où, au moyen d'une meule que 



BAU SI 

Teau fait mouvoir, on lisse le chanvre, ou écrase les grumeaux 
de noix pour faire l'huile. Rebatta a un sens analogue. 

BATTIORA, V, Briser les tiges du chanvre, du lin, pour en tirer 
la filasse. 

BATTIORET, f . m. Broyé, instrument pour briser les tiges du 
chanvre. 

BATTIOU, s. m. Palette de bois pour battre le linge mouillé. 

BATTUVA, «. f, Voy. battia. 

BATZ, 5. fit. Monnaie de billon qui valait dix rappes. — Deux 
demi-batz valaient un batz. 

BATZI, BATSGHI, v. Baptiser. 

BATZI, s. m. Repas ou fôte de baptême. 

BAU, BUO, s. m. Bœuf; c'est plus spécialement le taureau du 

troupeau. 

Bau de marais, butor, Ardea sUllaris. (Villeneuve.) 

Bau ftAmex, scarabée aquatique. -* On dit qu'anciennement 
on fit une réquisition de bœufs aux habitants du village 
d'Arnex, près d'Orbe, et qu'ils menèrent le réquisitionnaire 
au bord d'un étang, et que lui montrant cet insecte nageant 
sur l'eau, ils lui dirent: Prendè pi, n'ein*ainpas d'auiro; pre- 
nez seulement, nous n'en avons pas d'autres. 

Bectre-bau, arrête-bœuf, bugrane épineuse, Ononis spmosa. 
(Vaud.) 

BAUDSGHE, 5. f. pi. Boules à jouer. 

BAUDSCHI, V, Chasser avec sa boule celle de son adversaire et 
rester à sa place. En français, débuter. 

BAUFAIHI, V. Grasseyer, prononcer mal certaines lettres. (Jura.) 

BAUGRAMEIN, adv. Revient à fort, très, beaucoup. Voy. baugro. 

BAUGRO, adj. Bougre, bougresse. — Ge mot ne se prend point en 
mauvaise part, tant s'en faut : dire à quelqu'un, en lui frappant 
sur l'épaule, Ti on bon baugro, est un compliment d'amitié du 
meilleur ton, très usité dans les foires et marchés. (Vaud, Fri- 
bourg.) On dit beugre dans le Jura. 

BAURO, s. m. Entassement de plusieurs choses en désordre. 
(Alpes.) 



33 BED 

BÂUSSAN, «. m. Ghaval lourd et massif. (Vaud.) 

BAUTSO, A^ adj. Poussif, se dit de l'homme et du cheval. ^ 
BuUcho, id. (Bas- Valais.) 

BAVA, $. f. Bave^ salive. 

BAVA, V. Baver. 

BAVARON, BAVEBON , i. m. Bavette, petit tablier d'enfant qui 
s'attache au cou. (Vaud.) 

BAVETTA, BAVERETTA, s. f. Bavette d'un tablier de femme. 

BAVOLLHI, V. Trinquer, buvolter. (Vas-Valais.) 

BAY, s, m. Poéle^ salle, chambre où est le poêle, chambre com- 
mune, où la famille se réunit. (Fribourg.) 

BAZAN, 8. m. Sorte de petit traîneau non ferré dont les enfants 
se servent pour glisser sur les pentes couvertes de neige. 
(Montreux.) 

BAZELICO, s. m. Basilic, Ocymum Basilicum; plante labiée fré- 
quemment cultivée pour son parfum. 

BAZOTTA, t7. Balancer, chanceler, hésiter, barguigner. (Vaud.) 

BE. Abréviation de bein (bien), avec un n devant les voyelles 
pour éviter les hiatus ; ainsi, ben'aiso, bien aise; ben'iraUj bien- 
heureux. 

BÉ, BI, BIAU, adj. BALLA, f. s. BALLE, f. pL Beau, belle. Btau- 
frare, beau-frère; biau-fe, beau-flls; balUi^hira, balla-chéra, 
belle-sœur. 

BË, BI, adv. Clair. Ne véiopas bé/}e ne vois pas clair, je n'y vois pas; 
veio ma bé, j'ai la vue basse. Farai bi veire, il ferait beau voir. 

BË, s. m. Pointe de montagne, sommet^ bout, bec. 
Bè-d'osi, s. m. Bec d'oiseau ; linaire commune, lÀnaria vulgaris, 
plante antirrhinée. Voy. becca. 
BECHAULA, $. f, Voy. bessaula. 

BEDA, BÉDA, v. Manquer un coup, faire l'école buissonnière, 
manquer une partie de plaisir. En basque, beda signifie empê- 
chement, prohibition. (Vaud.) 

BED AN, DA, adj. Lourdaud, butor, niais, homme gauche. C. bad^ 
sot^ stupide. (Vevey.) 



BEI 33^ 

BEDâNDE, s. m. Ecorcbeur, équarrisseur^ celui qui écorche et 
met en terre les cadavres des bétes de somme. Bedd, dans d'an- 
ciens glossaires^ signifie fosse, sépulcre. (Montreux.) 

BEDET, BEGUET, TA. Nom d'amitié pour amener à soi les che- 
vreaux, ]es agneaux. (Alpes.) 

BEDJERRO, 8. m. Imbécile, nigaud, niais. G. bed, bad, stupide, 
hébété. (Lavaux.) 

BEDJON, s. fit. Benjoin, térébenthine; résine, poix tirée du sapin. 
— Pedjon, id. (Jura.) 

BEDO, A, adj. Pensif, rêveur; lâche au travail; tempéré quand il 
s'agit du temps, tepidus, 

BEDON, s. m. Ventre; terme d'enfant. Lu bedon mè fa mô, le ven- 
tre me fait mal. 

BEDOUMA, $. /. Femme ou fille simple, bornée, maladroite, pa- 
resseuse. (Vaud.) Les Bedoumas sont une peuplade qui habite 
les îles du lac Tchad, dans le Bornou. 

BEDZU, s. m. Voy. beju. 

BEFFA, BUFFA, s. f, Goup, soufflet, moquerie, quolibet. G. buff, 

soufflet. 

BEGGO^ 5. m. Canard (La Gôte.) 

BËGNE, V. au présent du subj. Diu tè bègne I Dieu te bénisse ! 

BÉGUINA^ $. f. Goiiïe de toile sans dentelle, coiffe de nuit pour 
les paysannes. (La C!ôte.) 

BEH f interj. Fi I pouah t On la redouble en montrant à un petit 
enfant une ordure qu'il ne doit pas toucher. 

BEHLLI, BÉTHI, v, Diguer, construire une digue contre un tor- 
rent. (Alpes.) 

BEIN, s, m. Domaine, toutes les possessions rurales d'un proprié- 
taire. Ua on gro bein sein dévalle, il a un grand domaine sans 
dettes. Bein de Diu, bien de Dieu, la nourriture en général. 

BEIN, adv. Bien, beaucoup. Prov. Kan l'è bein, Vè prau, quand 
c'est bien, c'est assez. 

BEINDA, 8. f. Bande, troupe de gens, ruche d'abeilles. Voy. 

BBNNA. 

hA«. BT DOCUV. XXI. t 



34 BEL 

BEINDÂ (sè)^ V, S'enrôler pour les services militaires défendus. 
(Vaud.) 

BEINKONK, adv. Beaucoup. (Val d'Anniviers.) 

BEINVEGNIENT, TA, adj. Qui vient, qui croît, qui prospère bien. 

BEJA, BEJI, BÂISI, V. Baiser, embrasser. 

BEJU, BEZU, BEDZU, BESUTCHET, s. m. Mouette rieuse, Lams 
ridibundtis, oiseau du Léman. 

BÉKASSA, s. /. Bécasse, oiseau. Se dit aussi d'une personne 
maladroite, bornée, sans intelligence; dans ce dernier sens, il 
est synonyme de bestiasse, 

BEKEIRGNA, s. f. Chassie. Pekergna, id. 

BEKEIRGNIAU, SA, adj. Chassieux. Pekergniau, id. 

BEKETTA, BAKETTA, BOKETTA, s, f. Blé sarrasin, blé noir, 
Polygonum Fagopyrum. (Morges, La Côte.) Voy. blla. 

BEKETTA, X. f. Pied d'alouette, Delphinium Consolida, plante 
renonculacée. (Orbe.) 

BEKKA, a. f. Pointe de quelque corps, pic de montagne, rocher 
pointu. Voy. bé. 

BEKOUE, TA, adj. Se dit d'un enfant au berceau qui s'écorche, 
dont le derrière s'enflamme. 

BEKOUMO, BISCÔMO, s. m. Pain d'épice, gâteau au miel. 

BÊLA, V. Bêler, crier comme la brebis. 

BÉLITRA^ V. Mendier, gueuser. (Genève.) 

BÉLITRO, s, m. Gueux, mendiant, bélître. (Genève.) 

BÉLON, OUNNA, adj. Irrégulier dans sa forme, chancelant sur 
sa base. (Vaud.) 

■ 

BELORDA,s. /". Maladie des vaches provenant d'un ver dans la 
tête. (Pays-d'Enhaut.) 

BÉLOSSA, BOLASSA, ». f. Prune sauvage, prunelle. 

BÉLOSSI, BOLOSSI, ». m. Prunelier, Prunus spinosa. C. poloss, 
hélost. 

BÉLUAR, s. m. Boulevard, terrasse, bastion, (Fribourg.) 



! 
I 

BER 35 

BELUARDAj s. /. Souci des jardins^ Calendula officinalis, ou 
grande marguerite. 

BELUGAN, BELOUGAN, BELOUKAN, PELOUGAN, s. m. Matrice, 
fudenda muUeris. C'est un terme de matrone. L. spelunca. 
(Echallens.) 

BEN'AISO; A; BEN'AISE, A, adj. Bien aise. Bein ben'aUe, très 
content, très satisfait, très réjoui. (Yaud.) Voy. be. 

BENAITA, s. f. Corbeille d'osier, ruche de paille tressée. BeruUe, 
panier, selon Ducange. 

BENAITON, 8. m. Corbillon, sébile; diminutif du précédent. 

BENECHON, BENESSON, s. m. Bénédiction, fête du patron de la 
paroisse. (Fribourg.) 

BENIMSEINDEI, <. m. Littéralement: béni soit Dieu! Uè dau 
beninseindei, dit-on d'un bien imprévu, d'un héritage, d'un legs, 
d'une restitution, d'un cadeau, c'est-à-dire qu'il faut en remer- 
cier Dieu. (Lausanne.) — L'auteur a écrit heninseindei et frentit- 
seindai. 

BEN'IRAU, SA, adj. Bienheureux. Voy be. 

BET^NA, s. f. Ruche d'abeilles. 

BENNAITA, s. f. Maladie que la colère donne au bétail, notam- 
ment aux moutons. (Alpes.) 

BENOIST, TA, adj. Bénit, bénite. (V. style.) 

BÉRA, 8. f. La grande astrance, Astrantia major, plante ombelli- 
fère commune dans les Alpes et le Jura. 

BËRAR, 8. m. Mesure de lait d*environ quatre pots. On dit qu'une 
vache donne tant de bérar. On calcule par bérar la quote-part 
des produits d'une montagne qui revient à ceux qai^y ont mis 
une ou plusieurs vaches pendant la saison du pâturage. C. bera, 
couler. (Alpes.) 

BERBOU, BARBOU, LA, adj. Véreux. Se dit d'un fruit. 

BERBOUTZET, ». m. Salsifis des prés, Tragopogon praten8e, vul- 
gairement barbe-de-bouc. (Vaud.) — Bemabou, id. (Bex.) 

BERDGI, BEÂDZI, s. m. Berger de moutons, de chèvres. 

BERDZERI, 8. /. Troupeau de moutons. (Alpes.) 



36 BER 

BBRHLLA, v. Planter des branches ou rameaux pour soutenir les 
plantes légumineuses^ ramer les pois, les haricots. 

BERHLLORA, s. /. Branche, rameau ou petite perche servant à 
ramer les haricots, les pois. 

BERIO, s, m. Dent d'une fourche, d'une fourchette, fourchon. 
G. ber, pointe, broche. (Fribourg.) 

BERLÂ, adj. Se dit d'un arbre qui a une bifurcation. (Alpes.) 

BERLO, s. f. Bifurcation, l'une des deux branches qui se sépa- 
rent. C. berr, jambe. (Fribourg.) 
BERNABOU, s. m. Yoy. berboutzet. 

BERNADA, BARNADA, s. f. Vieille femme qui jette du grain sur 
l'épouse, comme un présage d'abondance, quand elle revient de 
l'église et qu'elle entre dans la maison du mari. Là, une autre 
femme lui présente les clefs des portes et armoires, emblème 
de son pouvoir dans l'économie domestique. Bar en hébreu et 
en celte signifie aUmetU, pain, (Yaud.) 

BERNAKLLO, s. m. La cérémonie accomplie par la bemada, 
L'épusa a z'u on M bemakllo^ c'est-à-dire qu'on a jeté sur la 
tôte de l'épouse beaucoup de céréales, de noix, de châtaignes. 
Dans ma première jeunesse j'ai vu plusieurs noces où cette cé- 
rémonie celtique était observée; elle subsiste encore dans di- 
vers villages. Quelquefois, c'est la mère du mari qui reçoit ainsi 
sa bru. 

BERNAR, BERNADZO, s, m. Pelle à feu. 

BERNEI, BARNEI, s. m. Une faux. (Entremont.) 

BERNEUSA, BAIRNADA, s. f. Distribution de crème qui se fait à 
la mi-août à tous les pauvres qui se présentent sur certaines 
Alpes. G. bem, amas, monceau, abondance. 

BEROU, I. m. Bélier, homme opiniâtre, têtu. 

BEROUD, DA, adj. Demi-fou, timbré; terme injurieux. (Fribourg.) 

BERRA, s. f. Galotte de cuir, bonnet; c'est le berret ou béret des 
Pyrénées. (Entremont.) 

BERRET, s. m. Ghâlit, petit Ht qui se roule sous le grand lit. 
(Bas-Valais.) 



BES 37 

BERRl, V. Faire du bruit^ crier comme une béte sauvage. Le laUn 
barrio, harrire, sigoifle crier comme un éléphant. (Val d'Iliiez.j 

BiEBROT^ BÂRROT, s. m. Brouelte. C. barrot, tombereau. — Bar- 
rota, id. 

BERROTINÂ^ s. f. Petit chariot tiré par un seul homme. (Non- 
treax.) 

BERTHO, A, adj. Fragile, qui se rompt aisément. (Alpes.) 

BERTHOU^ s. m. Fromage rôti au feu, étendu sur une tranche de 
pain. (Alpes.) 

BERTZO, A, adj, Edenté, brèche-dent. (Yaud.) 

BERULA, «. f. Brouette. (V. style.) 

BESALLAyt. Crier comme la chèvre, bêler; mettre bas deux 

chevreaux à la fois. De bis, qu'on a longtemps prononcé bes. 

(Alpes.) 

BESAUDGI, r. Faire toute sorte d'ouvrages de ménage. 

BESAUDGIRA, 5. f. Femme de journée qui fait un ménage, quel- 
quefois deux ou trois; causeuse, babillarde. (Vaud.) 

BESAULA, BESSOLA, BESSULA, $.f. Le ferra, Salmo Fera, pois- 
son. — Para, ferra, id. (Léman.) 

BESILLHE, s. /. pi Lunettes, besicles. 

BESOGNA, BESOUGNA, s. f. Travail, occupation ordinaire, beso- 
gne. 

BESOGNI, V. Travailler; fai^e un ouvrage, une besogne quelcon- 
que. (Vallée de Joux.) 

BESSAT, i. m. Voy. bissât. 

BESSAULA, BECHAULA, BRESSAULA, s. f. Petite fille. Héb. 

bethula, id. (Fribourg.) 
BESSI, s. m. Biftircatiou du corps humain. L. bis. 
BESSON, s. m. BESSOUNNA, s. f. Jumeau, jumelle. L. bis, 
BESSORNA, s, m. Chevreau, jeune bouc. (Fribourg.)yoy. bétorne. 
BESSOUNNA, v. Accoucher de deux jumeaux. 

BESSOUNNET, s. m. BESSOUNNETTA, s. f. Petit jumeau, petite 
jumelle. 



38 BET 

BESTIASSE, s. /. Terme injurieux, personne stupide. Kaise-tè, 
bestiasse; tais-toi, bestiasse. 

BËTAI, s. m. Bourbier, fange, boue provenant du bétail autour 
des chalets (Alpes.) 

BETANA, V. Dire ou faire dire des bêtises. 

BETANNA, s. f. Gros gant de laine dont le pouce seul est séparé. 
(Pays-d'Enbaut.) 

BÉTAR, s, m. Idiot, homme borné, bête, un béta. Basque, beiarra, 
lent, tardif. (Lausanne.) 

BETASSU, s. m. Morceau de bœuf bouilli. (Fribourg.) 

BETATSCHE, BETASCHE, s. m. Besace, bissac. 

BETAU, SA, adj. Percé de trop grands trous; se dit spécialement 
du fromage. (Gruyère.) 

BÊTÉ, s. m. Ouverture, trou; yeux du fromage. (Gruyère.) 

BETÊGU, BATACU, s. m. Culbute, sens-dessus-dessous. (Vaud.) 

BETENDEI, s, m. Plancher supérieur d'une grange. 

BETHl, V. Bâiller, sommeiller. (Alpes.) — Baina, id. 

BÉTHI, V, Diguer. Yoy. behlli. 

BETORNA, V, Bistourner, châtrer les animaux. 

BETORNE, s. m. Bouc châtré. (Fribourg.) Voy. bessorna. 

BETOUEIR, SA, adj. Tordu, mal fait. 

BETSE, s, f. Espèce de traîneau. (Alpes.) 

BETSET, s. m. Petit brochet, Esox Ludus. (Genève.) 

BETSET, s. fit. Coup reçu au bout du pied en heurunt un corps 
dur. Bet, bout. (Montreux.) 

BETSET, s. m. Trou fait à la glace, chute dans ce trou. — Béchet, 
id. (Genève.) Prendre un béchet, dans le français populaire de 
Genève, c^est prendre un bain partiel involontaire en marchant 
sur la glace trop faible pour porter. 

BETTON, s. m. Le premier lait, très gras, d'une vache qui a mis 
bas. B. B. beth, bethéa, gras, abondant. (Vaud.) 

BETZE, s. f. Chevreuil. Du français biche. (Bas- Valais.) 



BIB 39 

BETZEKO, s. m. Petit fromage fait de crème et de lait caillé. 
(Ormonts.) 

BETZET, BICHËT, s. m. Mesure de grain de deux quarterons. 
(Yaud.) 

BÉTZEVET, BÉTSGHEVET (à), loc. adv. A deux chevets, l'un à 
la tète et l'autre aux pieds. Bé, bis. 

BETZOLET, BIGHOLET, s. m. Gobelet. (Fribourg.) 

BEUGNÂ, BEUNÂ, <. f,; BOUGNO, BIOUGNO, s. m. Glacier, dans 
plusieurs vallées du Bas-Valais. 

BEUGRE, s. m. Yoy. baugro. 

BEUNE, $, f, pi. Sources, fontaines, écoulements d'eau. (Jura 
bernois.) 

BEUREHLLI, v. Grier comme le bouc qui fait la cour à une chè- 
vre en chaleur. (Val d'IUiez.) 

BEUVAHI, V. Traîner du bois avec une béte de somme. L. bùve 
vehere. (Bas-Valais.) 

BEUZA, 5. f. Voy. bauza. 

BEVIAU, 8. m. Buveur, ivrogne, biberon. (Aigle.) 

BEZOLA, s. f. Lavaret, Salmo Lamretus, poisson lacustre. 

BEZOLET, s. m. Mouette du Léman, Larus ridibundus.--- Besukhet, 
beju, hezu, bedzu, id. 

BHAGE, BÂGE, $. m. Mélange d'orge, d'avoine et de vesce, dont 
on fait un pain grossier. (Evéché de Bâle.) 

BIA, BIHA. Gri particulier pour appeler les brebis. 
BIAINA, s. f. Fantaisie, lubie passagère. — Brelaire^ brelinffua, id. 
(Vaud.) 

BIARD, $. m. eollect. Troupeau de vaches, chèvres ou brebis. 
(Val d'illiez.) 

BIBELOT, s. m. Jouet d'enfant qui ressemble au bilboquet. 

BIBERON, s. m. Vase à goulot à l'usage des malades et des petits 
enfants. Ge mot est français. 

BIBI, $. m. Jouets de petits enfants en général. 
BIBLLASSE, adj. Filandreux; se dit des raves, des carottes. 



40 BIS 

BICORNE. Nom que les enfants donnent à l'escargot. — Be* 
coueine, id. 

BIDA, BIDETTA, s. f. Jument de petite taille. C. bided, bidet. 

BIÉ, BIED^ 8. m. IJ^om générique de plusieurs ruisseaux. G. Bied, 
canal. (Neuchfttel.) 

BIHLLON^ BEHLLON^ s, m. Pièce ronde de sapin^ destinée à être 
sciée en planches. G. bill, piU, tronc^ souche d'arbre. (Vaud.) 

BIKA^ s. /*. Trayon d'une chèvre , metUula. Bique est l'ancien nom 
de la chèvre. Voy. kirra. 

BIMBALLE^ 8, f.pl. Planures, copeaux faits avec le rabot. 

BIODA, BIOGA, s. f. Casaque^ longue redingote. — Biode^ id. 
(Jura.) 

BIOLA, s. f. Bouleau, Betula alba ; c'est l'arbre qui fournit les 
verges, le biole, (Vaud.) 

BIOLÂ, V. Fouetter avec les verges. 

BIOLAHIE, 8. /. L'action de fouetter. 

BIOLëTTA, 8. f. Petite verge, baguette. 

BIOLEY, 8. m. BIOLEIRE, 8. f. Lieu couvert de bouleaux. — Bw- 
ley est aussi le nom de deux villages du canton de Vaud. 

BIOTHI, V, Epamprer la vigne pour la seconde fois, faire la se- 
conde feuille. (Montreux.) Ge mot signifie aussi pincer. Voy. 

BLLOSSI. 

BIOTSA, 5. /. Jeune fille satirique, moqueuse, curieuse. (Mon- 
treux.) 

BIOTZE, s. /. p/. Bord d'une manche de chemise, morceau en 
forme de cœur mis à un soulier. En basque, bioUa signifie 
cœur. (Pays-d'Enhaut.) 

BIOUGNO, 8. m. Glacier des Alpes. Voy. beugna. (Valais.) 

BIRON, 8. m. Voy. bron. 

BISA, 8. f. Vent du nord; femme noire, hâve, hftlée. 

BISÂ, V. Etre battu du vent du nord. 

BISINGUE (de); adv. Tout de travers. (Genève et Vaud.) 

BISKA, 8, f. Gourse, départ précipité, dépit, colère. 



BLL 4i 

BISRÀ, V, S'évader, endÔTer, pester de dépit. En breton, buska 
signifie remuer. (Vaud.) 

BISSAT, BESSAT, s. m. Bissac, l)esace. 

BISSENORDEII interj. Mot à mot : bénisse nous Dieu; Dieu nous 
bénisse I Dieu nous préserve. (Vaud.) 

BISVERI, V. Tourner deux fois. Ce verbe est surtout relatif aux 
fèves, dont on prétend que les grains tournent deux fois (bis) 
dans la gousse avant d'être mûrs. (Montreux.) 

BITHE, s. m. Trou à une porte, à un habit, à un linge. (Val d'Il- 
liez.) 

BITHETTA, s. f. Petite bote, bestiole. 

BItHIE, bIta, s. f. Bote, animal; panaris. 
Balla bUhie, s. f. Emeraudine, insecte. (Montreux.) 
Biia-crotze, béte à griffes; c'est un des noms du diable. (Ecbal- 

leos.) 
Bita-neire, béte noire, pour dire poliment cochon, porc, 

BLACHETTA, s. f. Voy. blantzetta. 

BLAGA, V. Injurier, tenir de mauvais propos sur le compte de 
quelqu'un, le vilipender. 

BLAGUE, s. /. pi. Mauvais propos, sornettes, contes bleus, médi- 
sances. (Montreux.) 

BLANTZETTA, BLAŒETTÂ, s. f. Armoise champêtre, Artemisia 
eampestris. 

BLAVET, s, m. Bluet, principalement sa fleur, Centaurea Cyanus. 

BLAVIN, s. m. Véron, Cifprinus Phoxinus, poisson. (Neuchâtel.) 
Filet du lac de Morat 

BLEUGI, t. Voy. blleuzi. 

BLINDE, s. f, pi Santés portées dans un repas^ toasts. Voy. brinde. 

BLLA, s. m. Froment, blé. 

BUa lombard ou gro blla, maïs (Vevey.) 

Blla sarrasin ou blla nei, blé noir, Polygonum Fagopyrum. (La 
Côte.) 
BLLADHI, s. m. Blatier, marchand de grain. (Moudon.) 
BLLAMI, V. Voy. bllémi. 



42 BLO 

BLLÂN, BLLANTZE, adj. Blanc, blond. 

BLLANTZAR, s, m. Fourbe, rusé, hypocrite; c'est la paroi blan- 
chie de l'Evangile. 

BLANTZEIHI, v. Commencer à blanchir par la neige. (Alpes.) 

BLLANTZET, s. m. Petit blondin, nom d'amitié. 

BLLANTZET, $. m. Un des noms de Table ou ablette, Cypritim 

Albumus, poisson. (Léman.) 
BLLANTZET, s. m. Vêtement de femme, en laine, de couleur rouge 

ou bleue, dont la jupe ot le corset, sans manches, sont d'une 

môme pièce. (Pays-d'Enhaut.) 
BLLANTZETTA, 9. f. Chèvrefeuille. Lonicera Xylosteum, (Vaud.) 
BLLASSA,BLASSA,s. A Maladie des vaches, provenant de colère 

ou de gonflement. AU. blaehen, gonfler. 

BLLÉMI, BLLAMI, v. Se faner, blêmir. 

BLLESSENEI, BLOSSONEl, s. /". Poirier sauvage, Pyrus communis. 

BLLESSON, BLOSSON, s, m. Poire sauvage. C. blod, bleut, mol, 
flétri. 

BLLET, TA, adj. Flasque, flétri, trop mol. 

BLLETHA, s. f. Motte de fumier ou de plantes pourries. (Alpes.) 

BLLETSCHI, v. Flétrir, amollir, rabattre. (Pays-d'Enhaut.) 

BLLETTA, s. f. Bette, poirée. 

BLLEUZI, BLEUGI (se), v. Se plaindre amèrement. L. plangere. 
(Bas-Yalais.) 

BLLEVO, A, adj. De couleur pâle, blême, livide, t/-. < ^ ccn 

BLLO, s. m. Un peu, une pincée; marque de la morsure d'un» 
puce. (Pays-d'Enhaut.) 

BLLOSSI, BIOTHI, t?. Pincer la peau, serrer avec une corde. 

"BLLOSSON, 8. m. L'action de pincer la peau et la marqua qui en 
reste. Voy. bllo. 

BLLOTHZI, V, Oter le sommet des pousses de la vigne. B.B. bUa- 
. sein, amollir, attendrir. (Vignoble.) Voy. biothi. 

BLLU, VA; BLIAU, BLLU, A, adj. Bleu. 

BLOSSON, BLOSSONEl, s. m. Voy. bllessenei, bllesson. 






BOK 43 

BÔ, BOT, s. m. Grenouille de la plus petite espèce. It. et C. boUa, 
crapaud. 

BOAI, s. m. Buis^ Buxus sempervirens. Lo celtique dit aussi boai. 
(La Sarraz.) 

BOBET^ s. m. Petit polisson^ petit drôle; nigaud. (Genève.) 

BOCHI^ V. Battre, frapper, soufiQeter. G. bock, joue, soufQet. (Bas- 
Valais.) 

BOË, BOUE, BOUI, 8. m. pL Boyaux. C. boèlen, V. Fr. boè'L 

BOEGHI, i;. Boiser, mettre une boiserie. 

BOËGNO, s. m. Oreille. B. B. bouar, sourd. (Entremont.) ^ 

BOËLA, BOÂILÂ, «. f. Ventre, panse. — Boille, id. (Genève.) - ^.v ^V"- 

BOGNI, BOUGNI, v. Insulter, braver, faire une contusion, bouder. 
(Fribourg.) 

BOHIAR^ DA, adj. Nom collectif des habitants des villages des 

montagnes d'OUon. (Aigle.) 
BOHLA, «. f. Voy. bolen. 
BOHLLA, 8. f. Boucle. 
BOHLLÂ, V. Poindre, sortir de terre, boucler. 

BOHLLO, ODA, adj. Bouclé, courbé, portant mal son bois; affamé. 
(Alpes.) 

BOILLA, BOILLE, BOHLLA, 8. f. Vase en bois pour porter le lait 
sur les reins. C. boil, ventre. 

BOILLETTA, 8, /*. Diminutif du précédent; vase plus petit qui se 
porte à la main. (Bex.) 

BOKAN^ BOCKO, 8. m. Bouc. Bat de bocko, rai à bocko, pimpre- 
nelle, plante ombellifère. Voy. rai. C. bokan, bouc. — Le chevrier 
de Lignerolles (Jura) entra un dimanche dans l'église, au mo- 
ment où le pasteur indiquait le psaume, et se mit à crier : 
Tsantâ, t8antâ pi gaiUard ; ora que le lau a midji voutron bocko, 
kou et que fara à tzevrelli neutre t8ivre ? c'est à dire : Chantez^ 
chantez seulement de grand cœur; à présent que le loup a 
mangé votre bouc, qui est-ce qui fera chevroter nos chèvres ? 

BOKANNA, s. /*. Espèce de grosse châtaigne entée. (Veytaux.) 

BOKAR, 8. m. Bravade, injure, brocard. (Fribourg.) 



U BON 

BOKENET, s. m. Ua petit morceau, une bribe ; diminutif de bokon. 

Voy. BOKOUNET. 

BOKET, BEKET, s. m. Bouquet, les fleurs en général. 
BOKETTâ^ 5. /*. Iris de Germanie, Iris germanica, (Jura.) Voy. 

BAGUBTTA. 

BOKIER, V. Se cesser, se battre à coups de lôte comme les boucs. 
(Evêché de Bâle.) 

BOKON; s. m. Morceau, fragment, un peu, une bouchée. BaUU mè 
on bokon de tschair, donnez-moi un morceau de viande. G. 6adk, 
bouchée. 

BOKOUNET, s. m. Diminutif du précédent. Voy. bokenet. 

BOLA, s. f. Boule, loupe, ampoule, tumeur de forme ronde. G. bol, 
tumeur. 

BOLâSSA, 8. f.; BOLASSI, s. m. Voy. belossa, belossi. 
BOLEN, BOULEI, s. m. BOHLA, s. f. Amadou. L. boUtus. G. baud. 
champignon. (Alpes.) 

BOLIA, BOHLLA, 8, f. Perche. Perça fluvialUis. (Léman.) 

BOLON, s. m. Bourgeon. Se dit particulièrement des bourgeons de 

la vigne. 
BOLONDJI, BOLONDZI, s. m.; BOLONDJIRA, BOLONDZIRA, s. /. 

Boulanger, boulangère. 

BOMBARDA, s. f. Guimbarde, petit instrument de musique. G'é- 
tait autrefois le nom d'une machine de guerre pour lancer des 
pierres. G. bom, bruit; bar, éclatant. 

BOMBET, TA^ adj. Homme ou femme massifs, courts, ronds de 
graisse, terme dérisoire. (Vaud.) 

BONÂ, V. Faire gonfler, en le trempant dans l'eau, un vase de 
bois qui coule, pour en resserrer les douves ; combuger.— Godji, 
godziy id. (Alpes.) 

30NDALLA, <. /. Bondelle, variété du Salmo Fera, poisson du 
Léman et du lac de Neuchàtel. 

BONDALLET, 8, m. Petit bouchon, diminutif de bondan. 

BONDON, 5. m. Mollet^ gras de jambe; la bonde, le bondon d'un 
tonneau ; un fausset ou fosset. G. bond, bouchon. 



BOR I& 

BONDS, t. m. pi. Petits monticules de quelques pieds de haut, 
produijls par une éruption de terre argileuse mêlée d'eau, les- 
quels, de temps en temps, apparaissent au pied du Jura. (Bière.) 

BONET^ s. m. Jalon, piquet pour marquer les bornes; petit gar- 
çon. (Alpes.) 

BONFOND, 5. m. Homme de plaisir, débauché. (Vevey.) 

BON-LOHI, 8. m. Angélique, Angelica sylvestris. Drogue composée 
de racines, de fleurs, de feuilles, d'herbages salutaires, pour le 
bétail malade.' (Alpes.) 

BONNA, V. Faire mûrir des fruits sur la paille, abonnir. 

BONNAIRA, s, f. Lieu secret où les enfants cachent des (Iruits 
verts ou mal mûrs, pour les abonnir ou en dérober la connais- 
sance. (Vaud.) 

BOR, s. m. Village; plus spécialement le centre, où il y a le plus 
de maisons; les alentours du chftteau, appelé jadis bourg, 

BORATAIRA, BORRAIRA, 8, f. Baratte à faire le beurre. (Jura.) 

Voy. BORKANNA, BARATTA. 

BORATI, A, adj. Babillard, barbouillon. (Entremont.) 

BORATSCHE, BORATSE, s. f. Bourrache, Borrago offleinali8, 

BORATSE, s. f. Grande fumée qui sort d'un four ardent. (Pays- 
d'Enhaut.) 

BORBA, 8. f.; BORBI, 8. m. Bourbier. 

BORBOT, 8. m. Onde d'un liquide en ébullition. 

BORBOT, s. m. Rave. Bra88ica Râpa, Dans les guerres avec la 
Savoie, les Genevois appelaient le duc le rei dei barbet, le roi 
des raves. (La Côte.) Voy. barbot. 

BORBOTTÂ, V, Cuire à gros bouillons, murmurer. Voy. barbottI. 
BORDA, s. f. Nom de plusieurs domaines et maisons de campagne. 
C. horde, métairie. 

BORDE^ 8. f. pL Réjouissances publiques des jeunes gens, surtout 
des militaires. G. bourd, farce, plaisanterie, bourde. (Neucbâtel.) 

BORDJEI, BORDJÉSL Voy. bordzai, bordzaisi. 

BORDON, 8. m. Bourdon de pèlerin, gros bâton; bourdon, insecle. 

BORDZAI, SA, adj. Bourgeois d'une commune. — Bardjei, id. 



46 BOR 

BORDZâISI, s. f. Bourgeoisie, droit de cité. — Bordjési, id. 

BOREINDJO^ A, adj. Mécontent, de mauvaise humeur. (Mon- 
treux.) 

BOREINFLLO, A, adj. Qui a une enflure au visage, très enflé, 
boursouflé. 

BOREINHLLO, s. m. Guichet par lequel on passe du foin dans 

les crèches, depuis l'étage supérieur d'une grange. (Alpes.) 
BORETSI, V. Jeter une grande fumée. Yoy. boratse. 

BORGHATTA, BOURGATTA, «. f. Femme tracassière, qui furette 
partout. (Vaud,) 

BORGHATTA, BOURGATTA, t?. Tracasser, fureter, baguenauder, 
ravauder. (Vaud.) 

BORKANNA, BOURKANNA, BREKAINA, s. /. Baratte à faire le 

beurre. (Jura.) — Borataira, borraira, id. 
BORKIA, BORTIA, BOURTIA, BOURKIA, s. f. Gale, saleté, vilenie; 

chose de néant, objet de rebut, bagatelle ; canaille. L'è de la 

bourkia, c'est de la canaille, cela ne vaut rien. Ce terme est 

une injure. En basque bort, bord, bâtard. 

BORNA, BEUNA, s, f. Trou en terre, caverne, grotte. — Bauma, 
Barma, id. (Jura.) 

BORNALA, V. Tailler en rigole une pièce de bois pour y faire 
passer de l'eau. (Alpes.) 

BORNALET, s. m. Petit tuyau, petite fontaine. 

BORNAN, «.m. Vent du sud-est sur le lac Léman. 

BORNÉ, BORNI, BORNET, BOUËNEAU, s. m. Fontaine, tuyau de 
fontaine. G. bom, source, fontaine. (Vaud.) 

BORNETTA, 8, f. Extrémité du canal de la cheminée, soupiraii 
d'un poêle, bouchon de ce soupirail. 

BORNIKAN, BORNICLE, s. m. Myope, personne qui a la vue 
basse. Ce mot est injurieux. 

BORNU, adj. Creux, percé en tuyau. Abro bomu, arbre creux. — 
Après la conquête du Pays de Vaud, en 1536, on arma le peuple 
jusqu'alors désarmé, et le premier nom du mousquet ou du 
fusil fut bâton bomu, bâton percé; ensuite peUUrou. Voy. bu. 



BOR 47 

BOROTHA, BOROTSA, s. f. Cyprinus bipfmctatus, en allemand 
spierling, poisson peu estimé du Léman. 

BORRAIRA, $. f. Baratte. — Torture usitée dans le XV« siècle 
et qui faisait partie de la question des affres. (Genève.) Yoy. 

BORATAIRA, BORKANNA. 

BORRALEI^ s. m. Ouvrier qui fait les harnais et les colliers des 
chevaux de paysan; bourrelier. G. bourell, bourre et collier de 
cheval. (Vaud.) 

BORRËy s. m, Yoy. borri, bourri. 

BORREIN, BOURREIN, 8, m. Assemblage de petits morceaux de 
bois très menus, pour le foyer, sciure de bois. G. borrete, fais- 
' ceau de menu bois. (Vaud.) 

BORRENA, V. Gouver sous la cendre. — Bouronner, dans le fran- 
çais populaire vaudois. (N. de Téd.) 

BORRI, BORRÉ, s. m. Gollier de cheval de trait, harnais de 
paysan. 

BORRI, BORRON, BORRÉ, BOURRI, s. w. BOURRITA , s. /. Ga- 
nard, oie. B. B. boureta, canard. 

BORRIAU, 8. m. Bourreau. 

BORRIAUDA, v. Tourmenter, faire souffrir, maltraiter. 

BORRO, 8, m. Flocon de laine, brin de filasse grossière, nœud 

dans un fil. 
BORRON, 5. m. Rhume; lait battu, babeurre. (Val d'Illiez.) 
BORRON, s. m. Voy. borri. 
BORRON, 8. m. Grosse vérole que les barbaresques appellent 

borozaU. (Jura.) 
BORSA, s. /*. Bourse. 
BORSEI, 8. m. Boursier, trésorier. Gelui qui gère les fonds et la 

bourse d'une ville, d'une commune, d'une confrérie. 
BORSETTA, s. f. Petite bourse, diminutif de borsa, bourse. 
BORSON, BOSSON, «. m. Gousset, poche de culotte où l'on tient 

sa bourse. 
BORTHIAU, 8. m. Serpent. En' basque, burtzia signifie pointe, 

aiguillon. (Val d'illiez.) 



48 BOT 

BORTZAU, BRETSCHÂU, s. tu. Rideau de lit, de fenôtre. G. tHmr^ 
cha, couvrir. (Bas-Valais.) 

BORTZE, s. f. Sapin rabougri aux branches écartées, en désordre. 
(Alpes.) 

BOSKA, 5. m. Habit d'homme à pans très courts, à petites basques. 
(Val dalliez.) 

BOSKÉKE, s. f. Mésange en général. (Entremont.) 

BOSSA, s, /. Grand tonneau. C. bo$, vase, fond. — Bassta, id. 
(Charte de 1124.) 

BOSSATON, ». m. Tonnelet, baril. 

BOSSETTA, s. f. Tonneau pour mener le raisin foulé de la vigne 
au pressoir. (Lausanne.) 

BOSSIA, «. f. Voy. bossa. 

BOSSON, s. m. Buisson; petit sapin à branches étalées; gousset, 
poche. 

BOSSOUNET, s. m. Petit buisson, buissonnet, diminutif de bo$9ùn. 
(Alpes.) 

BOTA, BUSSA, r. Vomir. En basque, boinen signifie jeter dehors. 
(Pays-d'Euhaul.) 

BOTASSON, s. m. Rabougri, se dit des enfants et des plantes. 

BOTASSOUNA, BOTASSA, t\ Végéter, demeurer rabougri. (Vaud.) 

BOTHEI, BOTHI, $, m. Voiturin qui conduit des chevaux de bâl, 
chargés de barriques {barrai) de vin, dans les montagnes inac- 
cessibles aux chars. (Pays-d'Enhaut.) 

BOTEIHI, 9. Faire le métier de bothei. 

BOTSCHE, «. f. pL Les lèvres. Voy. potte. 

BOTTA, «. f, BOTTE, «. f, pL Souliers. C. botesen, soulier. 

BOTTHOLLIA, ». f. Bouteille, bulle d'air qui sort dans la salive. 

BOTTHOLLION, $, m. Petit homme, courtaud, personne de la plus 
basse taille; personne grasse et épaisse^ courte et ramassée. 

BOTTON, s, m. Bouton d'habit, de fleur; bouton au visage. — 
Botou de maze, trolle, Trollius europcrus, plante renonculacée 
qui croît auprès des chalets appelés mazot, maze. (Aigle.) 

BOTZARD, DA, adj. Sale autour de la bouche; qui a le visage sale. 



BOU 49 

BOTZARDA, 9.f. Nom de toute vache qui a des taches blancheb à 
la tête. (Pays-d'Enhaut.) 

BOTZARDÂ^ V. Salir au visage, salir autour de la bouche. 

BOTZCHATTA, v. Paraître en troupe. Se dit des troupeaux, des 
abeilles, des hommes. (Alpes.) 

BOTZCHERA, d. Ramasser du bois mort dans les fordts. 

BOTZCHERAN, BOTSCHATON $. m. Bûcheron. 

BOTZERAJO, «. m. Droit de ramasser le bois mort ou abattu dans 
les forêts. 

BOTZET, s. m. Bosquet, bouquet (un bouquet de cerises); jeune 
bouc, chevreau, peloton de gens serrés. 

BOTZHA, BOTZA, BOTZENASSA, s. ^ Buisson, ha Hier, fourré 
d*arbrisseaux. 

BOTZHA, BOTZE, s. /. Bouche en général, bouche d'un four. 
Voy. MOR. 

BOTZl, BOTSŒI, V, Cesser, achever, finir, se tenir tranquille. — 
On dit à un enfant mutin : Vau-to boizi f Veux-tu te tenir tran- 
quille? Veux-tu finir? 

BOTZIRA, BOTSCHIRA, s. f. Bouton, croûte aux lèvres. IkiboUche^ 
I. f, pL, les lèvres. 

BOTZON, I. m. Toit à porc, loge d'une chèvre, bouge. 

BOTZON (à), loc, adv, Tsesi à botzon, tomber sur son nez. — Voy. 

A BOHLLOn. 

BOU, s. m. Bois; aupL, le bou, les bois, les forêts. De là les com- 
posés suivants : 
Bou à ban, s, m. Forêt qu'il est défendu de couper en tout ou 

en partie. (Vaud.) 
BoU'Oi'dje, s, m. Houx; mot à mot : bois aux geais, (Aigle.) 
Bou-d'aci, s. m. Cytise, Cytisus alpinus. C'est aussi l'if, Taxus 

baecata. (Alpes.) 
BoU'djenii, s. m. Bois gentil, Daphne mezereum. (Vaud.) 
Bou'karra, s. m. Littéralement, bois carré; fusain, Evonymus 

europœus. 

■ta. ET Docra. XXI. i 



50 BOU 

Bou-neir, s. m. Littéralement, bois noir. On donne ce nom i des 
troncs ou morceaux de bois très durs et susceptibles de tra- 
vail et d'un beau poli , lesquels gisent au fond des lacs de 
Morat et de Neuchâtel. 

BOUAILA, BOUALA^ v. Pousser des cris d'effroi, de douleur, de 
colère; vociférer. 

BOUAILAHIE, s. f. Cri violent, clameur causée par quelque pas- 
sion. C. bouil, irascible, colère. 

BOUAISSA, BOUAITA, 8. f. Boite; quote-part, portion d'une 
souscription; petit mortier de fonte qu'on tire aux noces, boUe 
de réjouissance. 

BOUAITAU, SA, adj. Boiteux, déhanché. 

BOU ALLA, HIE, adj. Ventru, se dit du bétail. De boue, boyaux. 
(Alpes.) 

BOUALLET, s. m. Petit boyau; diminutif de boue, boë, 

BOUARNA, BOUAINA, BORNA, 5. f. Cheminée, cavité étroite, fis- 
sure dans un rocher, crevasse. (Pays d'Enhaut.) 

BOUARNETTA, <. f. Petite cavité; diminutif du précédent. (Pays- 

d'Enhaut.) 
BOUATTA, s. f. Caverne, antre. 

BOUBA, BOUÉBA, $. f. Petite fille, fillette. 

BOUBELLHA, s. /. Bobine de rouet. 

BOUBETTA, s. f. Diminutif de bouba. 

BOUBO, BOUÉBO, 5. m. Petit garçon, petit berger. Ail. bube. 

BOUUIFFLLO, A, adj. Joufflu. 

BOUE, $. m. pi. Boy«iux. Voy. boë. (Vaud.) 

BOUE, BOUET, 8. m. Auge, bassin, fontaine. Voy. borné. 

BOUEINNA, BOUENNA, s. f. Borne, limite; cheminée. C. bonna, 
borne. Voy. bouarna. 

BOUEIRGNO, BOUAIGNO, s. m. Borgne. — Bouergna, s. f. Fille, 
femme borgne. 

BOUËNEAU, s. m. Voy. borne. 

BOUESSALËI, 8. m. Buisselier^ faiseur de boîtes, de petits coffrets 
lèn sapin. (Jura.) 



BOU 51 

BOUÊTA^ V. Voy. bodta. 

BOUÊTON, BOUATON, BEUAITHON, $. m. Toit à porcs. C. bwih, 

hotte, loge, cabane. 
BOUETZENA, BOUTZENA, $. f. Pomme sauvage. (Vaud.) 
BOUETZENAI, BEUTZENAI, s. m. Pommier sauvage. (Vaud.) 
BOUFFA^ V, Manger en glouton. Gr. /Sov^otoç, glouton. (Bas- Va- 
lais.) 

BOUGNA, BOGNA, s. f. Bosse, contusion au front. 

BOUGN'O, BIOUGNO, s. m. Nom des glaciers dans le Val de Ba- 
gnes. Voy. BEUGiNA. 

BOIIGNON, s. m. Vase de bois qui contient la provision de beurre 
nécessaire au ménage. (Pays-d*£nhaut.) 

BOUGNOT, $. m. Fontaine à fleur de terre. Bougnon, ouverture 
pour faire sortir Teau du réservoir. — Bovgnonnet^ diminutif du 
précéffent, petite fontaine, source. (Alpes.) 

BOUIHIA, $. f. Voy. buïa. 

BOUKA, V. Bester court, manquer de présence d'esprit (Jura.) 

BOULAI, 5. m., BOULAHIE, s. f. Poussée du bois de la vigne. 
(Vaud.) 

BOULAN, 8. m. Gros mangeur, goulu, goinfre, qui avale tout rond. 
(Montreux.) 

BOULEI, «. m. Voy. bolen. 

BOULETTA, $, f. Voy. bourletta. 

BOULLHÉ, s. /. Ventre aiïamé. (Entremont.) 

BOUNADBEI, adv. Beaucoup, en grande partie, suffisamment. 

BOUNHOMMO,s. m. Verbascum thapsiforme Schrad,, Verb. SchrO' 

deri Meyer^ etc. — Le peuple appelle bonhomme deux ou trois 

espèces de molènes. 
BOUNNA, Icm, de l'adj, bon. Itre* à la bounna, être simple, se 

laisser duper. 

Bounna-dama, ». f. Arroche, Atriplex hortensis. — Folaua, id. 

(U Côte.) 

Bounfia ne, bonne nuif, salutation du soir. 

BOUNNA, s. m. Borne. (Vully.) Voy. Bouiii.xNA, bouàrna. 



5% BOU 

BOUNNAI, s, m. Feu follet, dérivé du précédent. (Vully.) Voy. 

PORTA-BOUËNNE. 

BOUNNâMEIN, adv. Bonnement, doucement, simplement. 

BOUNNâN, $, m. Le premier jour de Fan. — Bonnan^ bouénan, id. 
(Jura.) 

BOUN-OSI, s. m. Autour, épervier, Fako palumbarita. Mot à mot, 
bon-oiseau, antiphrase. 

BOURDIFFÂILLA, s. f. Canaille, lie du peuple, rebut de la société. 
(Neuchfttel.) 

BOURIAN, s, m. BOURA, s. f. Babeurre, lait de beurre. (Entre- 
mont.) 

BOURKANNA, ». f. Voy. borkanna. 

BOURKIA, s. f. Voy. borkia. 

BOURLA, POURLA, v. Brûler, consumer par le feu. 

BOURLA-COU, 5. m. Cuisson à la gorge, soif ardente. 

BOURLA-FER, s. m. Terme dérisoire pour désigner les forgerons, 
les maréchaux, les serruriers. 

BOURLA -PAPEI, 5. m. Mot à mot, brûle-papiers. Paysans insurgés 
qui, en 180â, allaient piller et brûler les titres féodaux et les 
papiers terriers des châteaux et des communes. (Vaud.) 

BOURLETTA, BOULETTA, s, f. Vase de bois pour tenir Vazi, soit 
la présure. (Alpes.) 

BOURLETTA (à la), /or. adv. A brûle-pourpoint, à bout portant, 
tout près. Baizi à la bourlelta, baiser en tenant les deux joues. 
(Pays-d'Enbaut.) 

BOURLO^, Goût et odeur de brûlé. 

BOURRA, ». Heurter, battre, bourrer. 

BOURRAHIE, s. f. Coup violent, choc. (Lausanne.) 

BOURRATA, v. Battre le beurre dans le vase appelé borataira, 

borraira, baratta, borkanna, bourkanna, brekaina, 

BOURREiN, s. m. Voy. bokrein. 

BOURRI, ». m., BOURRITTA, ». f. Voy. bohri. 

BOURBILLON, ». m. Nombril. B. B bourlet. (Vaud.) 



BOV 58 

BOURRISGO, s. m. Ane, bourrique, mauvais petit cheval. C. huria, 

bidet. 
BOURTIA, s. f. Voy. borkia. 

BOURTSA, BOURTSISSA, adj. Se dit de la noix enveloppée de 
son écale. 

BOURTZET, $. m. Ecale de la noix. G. boureha, couvrir, envelop- 
per. (Montreux.) 

BOUSILLHA, V, Mal faire un ouvrage, hésiter en parlant. 

BOUSILLHON^ s. m. Gâte-métier, mauvais ouvrier ; garçon qui 
balbutie. L. pusio. (Vaud.) 

BOUSIN, f. m. Fredaine nocturne, tumulte déjeunes gens, veillée 
bruyante, bousin ou bouzin, boucan. (Bas-Valais.) 

BOUSSI, BUSSI, BUSSA, v. Heurter à la porte, pousser. 

BOUTA, BOUÊTA, BETA, BOTA, r. Poser, déposer, mettre en 
place, payer, s'asseoir, renarder. (Jura.) 

BOUTAFROU, BOUTEFROU, s. m. Le talent de manifester sa pen- 
sée et de l'exprimer facilement et rapidement. Botcto, mettre; 
frtnt, dehors. 

BOUTEFA, $. m. Gros saucisson. (Vaud.) 

BOUTEKA, BOUTIKA, i. f. Boutique, lieu où travaille un artisan; 
brèche faite par les vagues aux murs qui soutiennent les vignes 
le long du rivage. (Lavaux.) 

BOUTEU, s. m. Instrument de pèche, sorte de filet qu'on nomme 
aussi trouble. (Genève.) 

BOUZAIN, s. m. Liniment pour les arbres ecorchés dont la bouse 
fait l'essentiel. G. bouzel, fiente, bouse. 

BOUZALA, BOZALLA, v. Embrener, salir avec de la fiente. (Bas- 
Valais.) 

BOVAIRON, i. m. Bouvier, petit berger qui garde les bœufs aux 
champs ou qui les pique au labour. 

BOVAIROUNA, f. f. Petite bergère. 

BOVENA, j. f. Arrôte-bœuf , Otèonii «ptnoaa, plante papilionacée. 
Voy. BAD. 



54 BRA 

BOVET, s. f. Jeune bœuf; colchique^ Colchkum aiaumnaU. (Pays- 
d'Enhaut.) 

BOVINÂ, s. f. Viande de boucherie. Du latin boi, homiy ainsi que 
les précédents. (Villeneuve.) 

BRACTENEI, s. m. Faiseur de chausses^ de culottes, de caleçons, 
littéralement faiseur de hraie%. (V. st.) 

BRAGUA, p/. BRAGUE, s. /. Vanterie, fanfaronnade. 

BRAGUÂ, c. Se vanter, se pavaner. C. braga^ id. 

BRAGUERI, $. m. Vantard, fanfaron. (Jura.) 

BRAIE, 5. f, pi Braies, culotte, caleçon, chausses. C. bragher, haut- 
de-chausses. — Ce vêtement venait de la Gaule narbonnaise, 
Gallia braccaia. En 1359, le coutumier de Moudon condamnait 
à 60 sols d'amende tout homme surpris auprès d'une femme 
à braies avalées. En 1596, à Genève, défense de se baigner sans 
braies. 

BRAIETTA, s. f. Diminutif du mot précédent. 

BRAIL, s. m. Hallier, fourré de buissons. C. breuU, bois propre à 
la chasse. (Coppet.) 

BRAILLAHIE, s. f. Voy. bramahib. 

BRAINLA, «. /. Association, union entre deux ou plusieurs per- 
sonnes dans une entreprise où les pertes et profits seront com- 
muns. 

BRAINLÀ, V, Branler, balancer. 

BRAINLAKOUA, s. f. Hochequeue, lavandière, oiseau de l'ordre 
des sylvains. 

BRAIRE, s. f, Voy. bruIra. 

BRAKAILLON, s. m. Barbouillon, ravaudeur, enjôleur, homme 
qui manque à sa parole. C. bracco, chien de chasse. (Vaud.) 

BRAKAILl^OUNA, v. Ravauder, mener par le nez, manquer à sa 
parole. La brakaiUouna noiUra Marié, il avait promis à notre 
Marie de l'épouser et il ne tient pas sa promesse. (Montr^ux.) 

BRAKKA,BRICKA, V. Briser le chanvre. AU. brechen, casser, 
rompre. 



BRA 55 

BRAKKO, 5. m. Broie, instrument pour briser le chanvre. Voy. 

BATTIORET. 

BRALLHI, V. Brailler, crier à pleine gorge, bracher. G. breilen, 
criai Heur. 

BRAMA, V. Crier, gronder, accabler de reproches. Gr. |9/>tfM>, id. 
Brama-fan, s. m. Enfant qui se plaint sans cesse d'avoir faim. 
Brama-pan, Mendiant qui demande du pain. (Yaud.) 
Brama-set. Qui se plaint à grands cris d'avoir soif. 

BRAMAHIE, s. f. Gri perçant, gronderie violente.— Braillahie, id. 

BRAMERAN, s, m. Enfant criard et pleureur. (Alpes.) 

BRAN, BREN, s. m. Bande de papier soufré qu'on brûle dans les 
futailles pour fortifier le vin; de là branta, breinta, brûler du 
soufre dans un tonneau avant de le remplir. Ail. tn'and, tison, 
brandon. Incendie. 

BRANDENAILLE, «. f. Petites perches, fretin, blanchaille. B. B. 
brandêUi, frétiller. (Genève.) — Milkeinton, id. 

BRASA, s. f. Braise, charbon éteint. 

BRASAI, s, m. Brasier. 

BRASE, s. f, Galêopsis Tetrahit, plante labiée. (Bex.) 

BRASETTA , $, f. Petit charbon, menue braise. Dim. de brasa, 
braise. 

BRASSA, V. Brasser, mêler, remuer, agiter. 

BRASSAHIE, «. f. Ge qu'on peut porter dans ses bras, brassée. 

BRASSAIHI, v. Faire des bottes de foin qu'on emporte dans ses 
bras, se démener, agiter vivement ses bras. (Pays-d'Enbaut.) 

BRASSO, BRASSA, adj. Gelui qui se môle d'affaires qui ne le re- 
gardent pas. (Alpes.) ' ;/,- ^/** v.<V^ J, ^ 

BRATGHI, V. Battre briquet. AU. brechen, briser, rompre. (Aigle.) 

BRATHA, <. /. Grande boue, bourbier. (Bas-Valais.) 

BRATHI, r. Gourir, s'agiter sans succès. G. bred, vite, rapide. 
(Val d'Illiez.) 

BRAVAMEIN, adv. Bonnement, simplement. Va lei bracamêin, 
vas-y tout bonnement, tout simplement. 



56 BRE 

BRAYET, TA^ adj. Passable, qui est assez bien de figure; se dit 
d'un petit enfant. (Genève.) 

BRAVO, A, adj. Bien paré, babillé de neuf. C. brao, propre dans 
ses vêtements. 

BRË^BRI, s. m. Berceau. G. break, claie; les berceaux étaient 
jadis d'osier. 

BRÉ, $. m. Bras, jambon. Au pi. le bré. 

BRÉ, BRET, BRAI, s. m. Sauce liquide d'un mets, bouillon, maré- 
cage. Gr. PiBVMD, jaillir, sourdre. G. bro, bru, source, eau, liquide. 
Bret bilan, soupe où il entre du lait. 

Bret nei, soupe où il n'entre que de l'eau, du sel et un peu de 
farine ou de beurre. (Vaud.) 

BRÉGHULA, BRETSCHULA, s, f. Panier d'osier de forme conique 
ou ovoïde. (Lavaux.) 

BREDA, s. m. Bride, licou. 

BREDA, BREDHI,i7. Mettre la bride à un cbeval, brider une 
monture. 

BREDETHA, v. Parler à tort et à travers. G. bred, rapide, vite. 
(Val d'Illiez.) 

BREDÉTHOT, A, adj. Babillard, causeur infatigable. (Val d'Illiez.) 

BREDIN-BREDA, adv. Goup sur coup, précipitamment, bredi- 
breda, bon train, grand train. 

BREDONDA, s. f. Omelette aux œufs et au lait. (Jura.) 

BREGAN, $. m. Homme violent, prompt à en venir aux coups. 
Du français brigand. 

BREGANDA, v. Maltraiter, tourmenter, frapper à outrance. 
BREGANTIN, s. m. Barque à deux voiles. (Léman.) 
BREGAUSSA, v. Tracasser, nettoyer, remettre en ordre, arranger. 
Voy. BRELAUDA. (Nyou.) 

BREGEUNA, v. Remuer, déranger, mettre en désordre. G. breg, 
rupture, brèche. (Jura.) 

BREGOLA, AHIE, adj. Bariolé, Ucbeté, tiqueté. G. breaeh, id. 
BREGOLET, s. m. Machine à roulettes où l'on met les petits en- 
fants pour leur apprendre à marcher. (Genève.) 



BRE 57 

BREGOT, BREGAU, BREGUET, BEB6UET, BOURGUÉ, s. m. 
Roaet à filer. 

BREGOU, $. m. Bourbier, mare bourbeuse. 

BREGUTHIHI, i;. Bredouiller, parler sans se faire comprendre. 
(Val d'Illiez.) 

BREINLA, BREINTA, s. f. Long vase de bois en forme de hotte 
aplatie, muni de bretelles, pour porter la vendange à dos 
d'homme. G. breiniha^ vase, mesure de liquide. 

BREINLARE, BREINTARE, s. m. Ouvrier qui porte de la vigne 
au pressoir la breinta pleine de raisins foulés. 

BREINLETTA, s. f. Ail civette, Alliwm Sckœnoproium ; le pluriel 

breitUette est presque seul en usage. 
BREINLO, s. m. Equilibre, doute, indécision, branle. 
BREINTA, «. f. Voy. breinla. — BREINTARE, s. m. Voy. brein- 

LARB. 

BhEINTHE,<. f. pi. La tige et les rameaux de la pomme de terre; 
littéralement les hranches. (Val d'Illiez.) 

BREINTZA, i. f. Branche, rameau; pi. bremtze. 
BRERA, «. /. Voy. brika. 

BRERAINA, $. f, Voy. borraira, borataira, borkanna. 
BRELAIRE, s. f. Fantaisie, caprice, lubie, accès de mauvaise hu- 
meur. C. breUa. Voy. brelingua, biaina. 

BRELAN, s. m. Lait de beurre, babeurre, lait qui s'épaissit en 
cuisant. (Val dllliez.) Voy. battia, bourian. 

BRELANDSCHI, v. Vaciller, chanceler, branler, gêner. 

BRELAUDA, $. f. Loque, morceau; femme sale et en haillons. 
B. B. brella, troubler, mettre les choses et les gens en désordre. 
(Vaud.) 

BRELAUDA V. Tracasser, chicaner. — Bregaussa, id. 

BRELETTET, i. m. La prunelle, fruit du prunelier. Voy. bêlossa. 
(Neuchâtel.) 

BRELINGUA, f. f. Lubie, accès de mauvaise humeur. Voy. bre- 
uiRE, biaina. 



58 BRE 

BRELINGUA, PERLINGUE, $. f. Sorte de dard à tète mince el 
' taillée en forme de langue, que les garçons lancent au moyen 
d'une ficelle tendue qui entre dans une coche. (Vaud.) 

BRELLHI, V. Gâter, détériorer, déranger un objet quelconque. 
(Val d'Illiez.) 

BRËLO, A, a4;. Frêle, pliant, fragile. 

BRELOKA, $. f. Femme bavarde, inconsidérée dans ses paroles, 
sur laquelle on ne peut compter. (Lausanne.) 

BRELURIN, s, m. Etourdi, inconsidéré, tapageur. (Vaud.) 

BREN, s. m. Son de farine. (Fribourg.) 

BRENNAU, SA; BRENNEU, SA, adj. Sale, embrené. G. hrenm, 
excrément. 

BRESI, V, Briser, rompre. Su toi hreii, je suis roué de fatigue, 
de coups. 

BRESOLA, V. Griller, rissoler sur la braise. C. brés, feu, ardeur. 

BRESOLAHIE, s. f. Une certaine quantité de châtaignes rissolées. 
(Vaud.) 

BRESON, s, m. Voy. brison. 

BRESSA, BRESSE, s. f. Brasse. Cein m'a rontu la tresse, cela 
m'a ôté tout courage, toute force. 

BRESSAULA, s. f. Petite fille. (Fribourg.) Voy. bessaula. 

BRESSE, BRESSI, s, m. Gaufre. Ail. brezel, 

BRESSET, s, m. Trappe à prendre les oiseaux, cage. (Val d'Illiez.) 

BRESSHALET, $. m. Gâtelet, gaufre. Dimin. de bressé. 

BRESSI, BERCI, BRAISSI, v. Bercer un enfant; de bré, M, ber- 
ceau. 

BRETA, V. Voy. britta. 
BRETSCHAU, s. m. Voy. bortzau. 

BRETSCHE, s.f.pl. Miettes, parties de lait coagulées; plat de 
crôme et de séré émietté. (Pays-d'Enbaul.) 

BRETSCHI, V, Cailler, coaguler; se dit du lait. (Alpes.) 

BRETSCHIAU, BRETSCHIO, s. m. Grumeau caséeux qui s'attache 
à la chaudière quand on fait le fromage. 



BRI 59 

BRETSI, V, Chercher, apporter. Ail. Bringen. (Bas-Valai$.) 
BREUIL, s. m. Graude prairie près du château, que les serfs ou 

vassaux devaient faucher et récolter pour le seigneur. B. L. 

hrogilus, lieu clos de haies, pré, forêt. Voy. le capitulaire de 

Charlemagne De villis, 

BRI^ s. m. Bruit, son, berceau; dans ce dernier sens on dit aussi 

bré. 
BRIA, r. S'échauder la peau, se brûler légëréofient. (Alpes.) 

BRIAKO, K.\,adj, Barbouillon, étourdi, écervelé, braque, It. 
briaco, ivre. L. ebrius, (Fribourg.) 

BRICKA, t7. Voy. brakka. 

BRIFFA, V. User ses vêtements, travailler, marcher à perdre ha- 
leine; manger avidemment. C. briffa, manger en glouton. 

BRIFFE-TOT, $. m. Enfant qui use, déchire ses habits; mot à mot, 
qui brife tout, 

BRIFFO, A, adj. Etourdi dans ses mouvements. fPays-d'En- 

haut.) 
BRIKA, BREKA, $, f. Petit morceau, bribe; un reste d*aliment. 

BRINDA, BRINGUA, v. Porter des santés qu'on est obligé de boire. 
Ce fut défendu, en 15^1, à Neuchâtel. 

BRINDE, BRINGUE, BLAINDE, s. /^.p<. Mauvais train, mauvaise 
manière d'être, d'agir; santés portées dans un repas, toasts. 
L'a fai dai bringue, il a fait des siennes. — Briiicf^ (santés) vient 
de l'usage des Romains d'accompagner jusqu'à Brindes (Brundu- 
iium) leurs amis qui allaient en Grèce et de faire, en leur por- 
tant la coupe de l'amitié, des vœux pour leur santé et leur heu- 
reuse navigation. Les Italiens disent encore far brindisi, porter 
une santé. (Yoy. Castellan, Lettres iur Vltalie, tome I, pag. 27.) 

BRINET, s. m. Un peu, fort peu; dim. de brin. 

BRINNA, V, Divulguer, avoir un bruit sur son compte ; réussir 
par finesse; bruire comme une forêt qui est agitée par le vent 
et qui annonce un orage. (Vaud.) 

BRINON, I. m. Homme fin, matois, indiscret. (Jura.) 
BRIOUNA, V. Emietter, réduire en petits morceaux, pétrir, chif- 
fonner. 



60 BRO 

BRISON, BRESON, 5. m. Tapage, vacarne^ rumeur populaire; 
bruit dans l'air avant-coureur d'un orage. (Montreux.) 

BRITTA, V. Diriger le timon d'un char de manière à le faire tour- 
ner. — Breta, id. (Jura.) Gr. |3/Dt6u, inclinare. 

BRO, adj, des deux genres. Malpropre, sale; se dit du visage seule- 
ment. En grec, jSporow signifie souiller de sang et de poussière. 

BROCARD, «. m. Chevreuil. (Jura.) — Chevrit, id. 

BROÏARD, BROYARD, DA^ adj. Habitant des bords de la Broyé 
(Brouta). Le nom de cette rivière, la plus grande du canton de 
Vaud, vient du celtique bru, brw, source, rivière. — Brotard 
signifie aussi l'un des trois dialectes du patois fribourgeois, 
parce que ce dialecte est usité le long de la Broyé. 

BRON, s, m. Mauvais cheval; Bronna, mauvaise jument.— 
Biron, id. 

BRONDA, s.f. Branche, dépouille d'un arbre ébranché. 

BRONKETTA, BROKETTA, s. f. Soupe au lait. (Fribourg.) 

BRONTZCHI, t7. Broncher, chanceler, ôtre mal sur ses jambes; 
se dit d'un animal. 

BRONTZO, s. m Marmite de fonte ou de bronze. (Val d'Illiez.) 

BROSSA, s. /". Vergetle, brosse. 

BROSSATA, V. Brosser, vergeter. 

BROSSE, s. f, pL Restes de foin grossier que les vaches dédai- 
gnent et laissent dans la crèche. (Alpes.) 

BROSSETOU, BROUSTOU, s. m. Gilet de tricot, ordinairement 
de laine. AU. brust, poitrine; tuch, étoffe, drap. 

BROSSI, V, Enlever les restes de foin, nettoyer la mangeoire^ le 

râtelier, la crèche. 
BROSSU, A, adj. Qui a les cheveux crépus, naturellement frisés. 

(Montreux.) 

BROTATA, s. f. Brouette chargée de bois. - Barrota, id. Charte 
de 1364. (Nyon.) Voy. berrot. 

BROTHI, V. Avoir trop d'ampleur, faire de faux plis. (Alpes.) 
BROTFA, BROTHI, r. Faire mal un ouvrage par précipitation, 
fouetter la besogne; écrire trop vite et mal. (Vaud.) 



BRU 64 

BROTZE, j. f. Ellébore, Helkboms fœtidus. (Jura.) 

BROTZE^ s, /. Aiguille à tricoter, broche, cheville au centre d'une 
cible. — BroUcha, id. 

BROTZET, BROTSCHET, s. m. Brochet, Esox Lucius, poisson; 
vase de cuir pour les incendies; vase de bois avec un goulot ou 
biberon pour donner du lait aux veaux sevrés. C. hrocq, vase. 

BROTZETTA, BROTSCHETTA, 5. f. Bûchette, petite broche en 
bois. 

BROTZI^ 0. Faire un séton à un animal. 

BROUÎA, s. f. Chiffon de vieux linge; femme méprisée. (Bas- Va- 
lais.) 

BROUÏA, 5. f, La Broye^ la plus grande rivière du canton de Vaud. 
Voltaire, passant à Moudon, demanda le nom de la rivière qui 
traverse cette ville. < La Broyé » lui répondlt-on. — 0ht que ce 
nom, dit-il, me serait commode pour rimer avec Troie. — Huit 
siècles avant lui, Godefroi deTlterbe, dans sa curieuse chro- 
nique en vers latins rimes, avait déjà employé cette rime : 

Quuin loquor Allobro^os fluvium perpendo la Broia, 
Urbi urbs quondam fuit grandis sicul altéra Troja. 

Broia est aussi le nom d'une petite rivière d'Ecosse, renommée 
et visitée pour ses belles cascades. 

BROUILLE, 5. /. Brouillerie, désordre, confusion. 

BROUILLERI, s. f. pi. Balayures, menus débris inutiles, baga- 
telles. Voy. TRACASSERI. 

BROUILLHI, V, Tricher au jeu, filouter. — Frouillhi, id. (Vaud.) 
BROUTA, V. Brosser, vergeler. — Brossata, id. 

BROUTAKU, 5. m. Repas que donne une accouchée à ses relevailles. 
Mot à mol, broue ton derrière, qui a été assez longtemps sur la 
paille de ton lit.— Brotaku, arbaille, id. (Entremont.) 

BROZI, s. m. Potage de fthoux au lard. (Evôché de Bfile.) 

BRUCHON, BRUTCHON, s. m. Menu brin de bois, de paille; ra- 
mille. Ui a dei brutchon dedein hUa soupa, il y a des bruchons 
dans cette soupe. Ce mot signifie aussi chenille. 6r. p^;^, 
larve de sauterelle. 



6S BUS 

BRUIRA, BRUIRE, BRAIRE, BRUAIRA, s. /. Bruyère, Calhma 
erica, Gr. fipitw, mousse. 

BRULLHI, V, Beugler comme uu taureau^ crier à outrance, brail- 
ler. AU. bruUen, rugir, mugir, beugler. (Fribourg.) 

BRÛLON, $. m. Maladie de la vigne. (La Côte.) 

BRUTA, t;. Murmurer, gronder. B. B. brut, bruit, rumeur. 

BU, BU VA; BUT, BOA, adj. Creux, vide, percé de trous. (Lavaux.) 

Voy. BOHNU. 

BUDA, 5. f, TroUj fente, petit coin. 

BUDDA, s. f, Ëtable à vaches. Baude signifie chalet dans les Su- 
dètes. 

BUDGI, BUDZI, t7. Remuer, bouger. 

BUDGILLON, BUDJELLON, s. m. Qui remue sans cesse, bougil- 
lou ; se dit d'un enfant. 

BUDJON, BUDZON, s. m. Fourmi, puce de foin, diverses sortes de 
podures. (Vaud et Fribourg.) 

BUFFA, «./: Voy. befpa. 

BUFFETA, V. Maltraiter, pousser avec violence, souffleter, vexer. 
(Montreux.) 

BUHLLA, V. BUTHA. 

BUÏA, BOUHIA, s, f. Lessive. C. bu, eau. 

BUÏANDA, BOUHIANDA, v. Lessiver, faire une lessive. 

BUÏANDAIRE, $. f. Femme de journée qui lave les lessives, lavan- 
dière. 

BUÏON, BOUHION, «. m. Petite lessive. 

BUMEIN, 5. m. Fumier, engrais pour les terres. B. B. baus, li- 
tière; baWj boue. (Vaud.) 

BUO, 5. m. Voy. bau. 

BURO, BOURO, BOUAIRO, B. m. Beurre. 

BURON, $. m. Petite maison, cabane. — Ce mot est celtique et a 
le même sens. (Orbe.) 

BUSKA, r. Guetter, surveiller. 

BUSSA, V. Voy. bota. 



CAC 6S 

BUSSI, BUSSA, V. Voy. Boussi. 

BUTHA, BUHLLA, v. Pousser la terre; se dit des taupes. 

BUTHSA, BUTZA, s. /. Petite bûchette de bois ou de baleine dont 
reofant se sert eu épelant pour suivre et indiquer les lettres. 

BUTIN, 5. m. Habits, linge en général, bardes. — Gazein, id. (Vaud.) 

BUTSCHO, adj. Voy. bautso. 

BUTZELLHE, BOUTSCHILLE, BOTHILF.E, «. f, pi. Bûchettes, 
éclats de bois, gros copeaux enlevés à la hache. Voy. rebibe. 
(Vaud.) 

BUTZELLON, s m. Diminutif du précédent; petit morceau de bols 
mort ou de bois rois en œuvre. 

BUZA , $, f. Buse, oiseau de proie du genre du faucon. C'est 
aussi une injure qui revient à bête, idiot, butor, buse. 

BYET, BIETTA, MIET, MIETTA, aé^. Nom d'amitié qu'on donne 
aux petits enfants; mon cher, ma chère. — Mio, mia, id. 



G 



GABA, $. f. Vieille vache; c'est un terme injurieux. (Jura.) 

CABABET, s. m. C'est le nom de deux plantes, du cabaret d*Eu- 
rope, Asarum europœum (Pays-d'Enhaut), et d^une renoncule 
vénéneuse, Ranuncului Thora, (Jura.) 

CABE, s. m. Chaise, escabeau. L. scabellum. (Bas-Valais.) 

CABINOTIER, s. m. Ouvrier horloger; terme dérisoire. Du fran- 
çais cabinet. (Genève.) 

CABORNA, s. f. Petite boutique obscure. C. cahareL (Genève.) — 
On dit cabarne dans le français populaire de Genève. 

CABRA, CABRE, s. f. Chèvre. Ce mot se reirouve dans la plupart 
des patois. Le provençal, le portugais, l'espagnol et le catalan 
disent cabra. Moins usité que tschivra, 

CABRI, s. m. Chevreau de lait. 

CACHOT, f. m. Cachet; étui à épingles, tirelire, coffre-fort, niche 
secrète, cachette. 



64 CAR 

GACHOTTÂ, r. Cacheter. 

GADZETTËRIA, 8, f. Cachette, niche secrète pour cacher des bi- 
joux, de Targent, des papiers, des lettres. (Jura.) 

GAGNA, CAGNE, $. f. Cache, niche, lieu secret. Cogne dit à une 
femme est injurieux. L. canif. 

GAGNARD, $, m. Alcôve dans la cuisine, où est le lit de la cuisi- 
nière. (La Côte.) 

GAGOU, s. m. Hypocrite, avare, terme injurieux. Le français 
cagot signifie qui a une dévotion fausse ou mal entendue. (Jura.) 

GAHIA, s. f, Eboulis, ravine^ cavée, passage dangereux, mauvais 
pas. L. cadere, Lei a ike na pouta cahia, il y a là un vilain pas. 
(Vaud.) 

GAHIERET, s. m. Diminutif du précédent; petit éboulement, petit 
ravin. 

CAHIU, GAHIUVA, adj. Gave, qui est en creux, qui fait cavité. 
L. cavus. 

GAILLET, 5. m. Estomac de veau dont on tire la présure pour 
faire cailler le lait, caillette. ~ Cô, id. 

GAKA, s. m. Excrément humain. L'a fé caka au bri, il a fait caca 
au berceau. 

CAKÂ, V, C'est le cacare latin; on dit cako en Valais. 

CAKABOT, s. m. Tache d*encre sur le papier, pâté; terme d'é- 
cole. (Vaud.) 

CAKADA, 8. f. Entreprise manquée. — Le duc de Savoie dit à 
l'officier qui tenta l'escalade de Genève sans y réussir : < Nous 
avons fait une belle cacade. > 

CAKAIRA, 5. /. Latrines, lieux d'aisance. 

CARATSAÔ, s. m. Chiendent, Triticum repens, plante graminée ; 
mot à mot, fiente de chevaL 

CAKELON, s. m. Voy. cassoton. 

CAKERELLA, 5. f. Diarrhée, flux de ventre. 

CAKERET, CAKERIDA, adj. Enfant qui va souvent à la selle. 
(Bas-Valais.) 

CAKESANGUA, 8. f, Dyssenterie, diarrhée sanguinolente. (Jura.) 



CAP 65 

CAKOU (à), lœ. adv. Sur le cou. On dit d'un enfant qu'il est à 
cakou quand il est porté sur le dos, les mains croisées sur la 
poitrine du porteur. (Vaud.) A Genève, cococheL 

CALAMAR^ f . m. Etui de fer blanc où l'écolier serre ses plumes. 
L. calamus. (Moudon.) ^ Dans la langue des Mingréliens, c'est 
un long encrier en cuivre que les secrétaires portent à la cein- 
ture. (Voir le voyage de Gamba dans la Russie méridionale.) 

CALAMITA, $. f. Boussole. C'est un des anciens noms de la bous- 
sole, encore usité parmi les bateliers du lac de Neuchfttel. 

GALET, s, m., CALETTA, 3. f. Bonnet, cbapeau; calotte de cuir 
des bergers. 

GALLE, s. f. Chaise, escabeau, siège. (Evécbé de Bftle.) 

CAMELIN, INA, adj. L'amant, l'amante ; le galant d'une fille, la 
belle d'un garç(»n. 

GAUPANA, V. Sonner les cloches. (Bas-Valais.) 

GAMPAna, 8. f. Cloche. (Bas-^Valais.) 

GAMPANNA, s. f. Ayau, narcisse sauvage, Narcissus Pseudo-Nar- 
dssm. (La C6te.)Voy. battro. 

GAMPRIN, CAMPION, GAMBION, s. m. Bancroche; homme qui 
marche mal, les jambes écartées; pied bot. C. cœnbe, courbé, 
tortueux. (Vaud, Genève.) 

GAMPIOUNNA, v. Marcher comme une personne qui est pied boL 

GANPO, t. m. Grande étendue de terrain. L. campus, 

GANFARRA, r. Brûler, s'échauder. Ducange dérive ce mot du 
ealidum ferrum employé dans les épreuves judiciaires. (Lau- 
sanne.) 

GANTOHIET, i. m. Enfant sale, dégoûtant par sa malpropreté. 
(Val d'Illiez.) 

CAPELLADA, s. f. Salutation du chapeau, capeL Ce mot est vieux. 
(Genève.) 

GAPET, s. m., CAPETTA, 8. f. Petite cape, chapeau, casquette, 
bonnet; cerveau. Veri eapetta, dans ce dernier sens, c'est de- 
venir fou, perdre la tète. L. capuL 

GAPETZA, 8. f. Gftcbette d'une serrure. (Pays-d'Enhaut.) 

itM. n DOGUK. XXI. 6 



68 CAR 

CAPIATIS) 5. m. Prise de corpâ. L. capiaUê. (Vaud.) 

CAPITA, s. /. Hutte, cabinet, maisonnette dans les jardins, vignes, 
prairies. 

CAPO, s, m. Ancien bonnet des famines du Pays-d'Enhaut. 
CAPOT, TA, adj. Déconcerté, confus, triste. 
CAPOTÉRI, «. f. Voy. capotise. 

CAPOTISÀ, t. Déconcerter^ couvrir de confusion, chagriner. 
(Vaud.) 

CAPOTISE, s. /*. Tristesse, désappointement, confusion. <- Capo- 
téri, id. 

CAPOTTA, V. Travailler mal en bois, faire de mauvais ouvrage. 

CAPOTTHI, s. m. Mauvais charpentier; savetier, gâte-métier. 

(Fribourg.) 

CAPPA, 8, f. Coiffe, bonnet, chapeau ; sac au bout d'un bâton, 
pour recueillir les deniers dans le temple. (Pays-d'Enhaut.) 
Cappa au mouëtio, ou bekka au tnouëno; aconit paniculé, Acoui- 

tum Cammarum. (Aigle.) 
Cappd de pritro, bonnet de prêtre, fusain, Evonymus enropœus. 
(La Côte.) 

CAR, s. m. Quart, la quatrième partie d'un tout. 
Car d'an, trimestre. 

Car-tein, 4uatre temps, trimestre d'une pension à un pauvre 
assisté. 

CARÂ, CARAHIE, adj. Carré, épais de Uille. 

CARA, KARRA, s.f. Averse, ondée, colonne de pluie ou de neige. 
(Vaud.) 

CARDA, pL CARDE, 5. /. Cardes pour la laine. 

CARDON, s. m. Nom d'une espèce d'artichaut. Ce mot est français. 

CAREDOU (à) adv. Mot à mut à dos carré, attitude de l'enfonl 
porté sur le dos. — A cakou, id. (Pays-d'Enhaut.) 

CAREMO, s. m. Carême. — Le carêmes sont les petites graines 
semées au printemps, orge, avoine, pois, fèves, lentilles, etc. 

CARESSA, s. /l Accueil, réception. Escusa la peiUa caressa, excu- 
sez le peu qu'on vous offre sur la table. (Alpes.) 



CAS 67 

CARESSI, CARESSA, v. Faire bon accueil, en conter à une fille, 
obtenir ses faveurs. 

CARI, V. Equarrir une poutre. 

CARI, s. m. Poutre équarrie. 

CARLA, $. f. Sorte de coiffe de velours. 

CARLIÈRE, $. f. Ouvrière qui fait des caries, (Règlements somp- 
tuaires faits à Neuchâtel en 1670.) 

CARLIN A, CAROLINA, s, f. C'est le nom de deux plantes : la car- 
line acaule, Carlina acanliê, dont on mange les tètes en guise 
d'articbauts (Alpes); et la renoncule glaciale. (Ormonts.) 

CARNACI, a. m. Ancien titre du bourreau. 

CARRAHIE, a. f. Petit cabiuet séparé d'un corps de logis, dans 
une cour, un jardin, un verger. (Moudon.) 

CARREL, I. m. Trait, carreau d'arbalète. 

CARRO, a. m. Coin, angle, carrefour; carré, planche de jardin. 
Per ti lé earro^ dans tous les coins. 

CARROLET, i. m. Petit coin. 

CARRON, f . m. Brique épaisse en carré long, carreau. 

CARRONNA, CARROUNA, v. Carreler une chambre, une cuisine 
avMS des carroM. 

CARTA-PUDJE, s. /*. Mot à mot écarie-puce. Ce nom appartient 
à deux plantes: Tépurge, Eupharbia Lathyris, dont les men- 
diants se servent pour se défigurer (Lausanne) ; et la bugrane 
visqueuse, Ononis Natrix, dont on met des faisceaux sous les 
Uts afin que les puces aillent s'y engluer. (Voy. Conservateur 
snisse, tom. VI, pag. 241. (Ollon.) 

CARTEI, I. m. Maladie des vaches; le quarlier, dans le finançais 
populaire. 

CARTëRON, a. m. Mesure de capacité pour les matières sèches, 
boisseau à mesurer les céréales, mesure pour les liquides va- 
lant deux pots. (Vaud.) 

CÂRTETTA, s. f. Quart de pot. Allein baire cartella, allons boire 
une bouteille. 

CASA, I. /. (Zase, chalet, cabane de berger, de sabotier. 



68 GAT 

GASAKA, I. f, Gâsaquo^ hâblt d'homme. Km coiaJto, changer de 
religion, d'opinion politique. 

GASAR, s. m. Le plus jeune des bergers dans un chalet des Alpes. 

GASKARET, J. m. Petit polisson, gamin des rues; galopin de la 

lie du peuple. Ca$carai, en bas-breton, est la danse des gueux 

et des galeux, qui sautent en se grattant. 
GASSÀ, V. Casser, meurtrir, vieillir. Cane se coke, il casse ses 

noix, dit-on proverbialement d'un homme décrépit, qui n'en a 

pas pour longtemps. (Vaud.) 

/-/v'^^^'t^ .. GÀSSA, «. f. Affaiblissement par maladie. L'a na edssa, Il a une 

indisposition, unb maladie de langueur qui lui 6te les forces. 

GASSA, s. f. Poêlon, vase de cuivre étamé, grande cuiller de 
métal pour puiser l'eau dans les seilles de cuisine; poéle à frire. 

GASSALOGNE, s, m. Gasse-Doix; casse-noisette, alogne (Vaud); 
sorte d*oiseau, Corvtu caryocatactes. (Alpes.) 

GASSAROU, s, m. Malin, délié, sorcier; c'est un des noms du 
diable. (Pays-d'Enhaut.) 

GASSEIN , I. m. Contusion, meurtrissure, tumeur, un bleu. — 

Coison, id. 

GASSEMOTTÀ, v. Se meurtrir le visage. Basque, cascamotza, 
mutilé. (Montreux.) 

GASSEROU, s. m. Abatteur de noix, ouvrier qui casse les noix. 

GASSIBRAILLE, s. f. Canaille, gens de rien, petites gens. (Lau- 
sanne.) 

GASSON, », m. Yoy. cassein, cassoton. 

GASSOTON, 8, m. Poêlon, vase de métal à trois pieds, avec un 
manche. — Casson, cakelon, id. 

GASU, CASUMEIN, adv. Quasi, presque, à peu près. 

CATAHI, V. Dédaigner, mépriser, rebuter; c'est Topposé de 
ttchouhi, choyer, soigner. (Yal d'Illiez.) 

GATALÂ, V. Guinder, faire monter avec un tr^uil, une poulie, 
une corde. 

GATALARE, s. m. Potier de terre, faiseur d'écuelles. L. catUlus, 
petite écuelle. (MoudoD.) 



CAU 69 

CATALLA9 1. f. Brique d'argile ou de faïence. 

GATELLA, s. /*. Poulie ou corde pour élever les gerbes dans les 
granges. 

GATOHLLON, f . m. Prune, fruit du prunier. (Entremont.) 

GATTAMIAULA9 s. f. Fille ou femme ennuyeuse, rabâcheuse, 
toujours dolente, se plaignant de tout; mot à mot, chaiX9 ^t 
miauie. (Lausanne.) 

CATTIYO, VA, aà}. DifBcile à contenter, esclave de son égoîsme. 
L. eapiivui. (Val d'Ililez.) 

(^TZA, CATSGHA, s. f. Cachette, lieu secret pour cacher. 

CATZEMAN, s. m. Manchon; mot à mot, cachê-main. (Aigle.) 
CATZET, 8. m. Escalier d'un poêle pour s'asseoir ou monter; 

planche qui sépare les unes des autres les vaches à l'étable. 

(Pays-d'Enhaut.) 

CATZETTA, s. f. Poche d'un vêtement d'homme ou de femme. — 
Faita, id. 

CATZI, CATSGHI, v. Cacher, manger, enterrer. Calze gro, il 
mange beaucoup; dé ita catsehi ma ehuera, j'ai été enterrer ma 
sœur. 

CATZO, A, adj. Réservé, boutonné, qui ne s'ouvre pas. (Alpes.) 

CATZON, KATZON (à), loc. adv. En secret. Lai é de à eatz&n, Je 
lui ai dit en secret. 

CAUCflON, s. m. Caution. Rière eauehon, seconde caution qui 
cautionne la première. 

CAUCHOUNNA, v. Cautionner. 
CAUCHOUNNAMEIN, s. m. Cautionnement. 
CAUDO, I. m. Coude; zigzag, angle dans les chemins. 
CAUDRE, KEUDRE, 0. Coudre; kozu, part.; découdre, découdre. 
CAUETTA, CUETTA, 1. f. Petite queue. Dimin. de catia, ciia. 
CAUVA, CAUA, aJVA, CUA, «. /. Queue, cadenette. L. cauda. — 
La eaua refa Vozi, prov., la queue refait l'oiseau. 

CAUVA-A-TSAVO, 1. f. Prêle des champS, Bfuisetum arvenu; vul- 
gairement, queue de cheval. (Pays-d'Enhaut) 



70 CER 

GAUVAROU, CAUAROU, GAYAROU, s. m. Rouge- queae, sorte 
â*ois«au du genre motacille. 

GAUVATTA, CAVATTA, o. Remuer sans cesse la queue. 

GAVÂf V. Excaver, creuser. 

GAVA, I. f. Cave, cellier. 

GAVAGNE, s. /. Hotte. (Val dllliez, Aigle, Bex.) 

GAVETTA, $.f. Escalier latéral d'un poêle, ayant deux ou trois 
marches. (Vaud) 

GA VILLA, s. f. Bévue, erreur, sottise. L. cavUlalio, cavilla. 

GÉ, GI, pron. démonstr. Celui-ci; slla, $ta, fém., celle-ci; Miau^ 
fltfti, illau, chau, hau, pi., ceux-ci, celles-ci. 

GÉ, adv. Ici. Ité vo céf êtes-vous ici? Ke fa-to eéJ que fais-tu icit 

CEI, adv. Il se place avant le verbe : cet teindra, il viendra ici. 

CEICEN'ARRI, adj. Ici en arrière, feu un tel. (Anciennes chartes 
de Neuchâtel.) 

CEIN, pron. Ceci, cela ; cein et sosse, ceci et cela. 

GEIN, FEIN, FUN. Nom de nombre, cinq. 

GEIN-NEI, 5. m. Marmelade de cerises noires ; mot à mot, cela 
noir. (Pays-d'Enhaut.) 

GEIN-GEINT, CHEIN-CHEINT. Juron, exclamation qui signifia 
cinq cents. On sous-entend diables. (Fribourg.) 

GEINT, GHEINT. Nom de nombre, cent. 

CEINTORIA, I. f. Petite cenuurée, Erythraa Centauriwn. (Vaud.) 

GELLEI, I. m. Cellier, cave. L. cetla. 

GERAISA, s. /. CERAISI, i. m. Voy. cerisa, ceresi. 

GERCHLLÀ, V. Cercler, relier un tonneau avec des cercles, c«r- 
ckllo. 

GÉRÉ, SERET, SËRÉ, i. m. Fromage maigre qu'on obtient après 
le fromage gras, en faisant cailler le petit lait. (Alpes.) 

GERESI, CERAISI, s. m. Cerisier. 

GÉRÉSOLET, dim., petit cerisier. 

GERGNI, CERNA, v. (berner, ôler en rond l'écorce du sapin pour 



CHA 7i 

en faire ud eerele; lure on eercle magique autour d'une per« 
sonne pour la désensorceler^ pour la guérir, ou pour la forcer 
à rester en place. (Alpes.) 

CERGNIAULA, $. f. Sapin dont on Ole l'écorce pour en tirer la 
poix. 

CERGNIEM EIN, s. m. Lien défriché dans une forêt. C. cêm, en- 
ceinte, enclos. 

CERISA, a. f. Cerise. — Ceraùa, id. 

CERMONTAIN, s. m. Laser, LaurpUéum Siler, plante ombellifère. 
— SenunUan, id. (Alpes.) 

CERNA, V. Voy. cergni. 

CERNEI, a. m., CERNETTA, s. /. Pâturage, abatis dans une forêt. 

CERNI, CERNIL, s, m. Grange de montagne, fenil. (Jura.) 

CERTES (à), loc. adv. Pour sûr, sans y manquer. 

CERTIORA, V, Assurer, attester, donner pour certain. L. certus. 
(Yvordon.) 

CÉ-S-lKE, CI-S'IKE, pron. Celui-là. 

CÊVÈ, adv. De ce côté-ci, en deçà. Vein cévè, il vient ici. 

CHA, SA. Nom de nombre, sept. 

CHÀ, SIA, V. Suer. 

CHA s. m. Sureau, Sambuem nigra. (Bas-Valais.) 

CHA, TSCHA, adv. Aisément, facilement, sans peine. — Sia, 

ukia, id. (Pays-d'Enhaut.) 
CHA, TSCHA, a. f. Litome, Turdus pUarii. 
CHA, TSCHA, TSCHO, CHO, TZO, adv. CAa ton , par un, un à un; 

eha dou, par deux; eka irei, par trois; cha pou, cho pou, iseho 

pou, tzo pou, peu à pen. 

CRABLLA, TSCHABLLA, v. Dévaler du bois du haut d'une pente, 
par un couloir; se précipiter. (Alpes.) 

CHâBLO, TSCHABLLO, $. m. Couloir pour dévaler le bois, ravin. 

CHABRAS, s. m. pi Voy. abras. 

CHACHAU, I. m. Espèce de galette ; enfant engourdi, paresseux. 
(Yaud.) 



n GHA 

CHAIE, t. f. Fléau à battre le grain en grange. (Jara. 

CHAIRMU, SERMUy f. m. Se dit des murs en gradins qui sou- 
tiennent les vignes de Lavaux. 

CHALET, TZALLET, TZALLE, s. m. Bâtiment en bois babité pen- 
dant Tété par les armaiUi et leur troupeau. Rousseau est le 
premier qui ait employé ce mot en français. G. ckel, ehal^ Mal, 
loge. (Alpes 9 Jura, Jorat.) 

GHALONGE, s. f. Débat, contestation. (Fribourg.) — Chalùngi, v. 
Inquiétet, cbagriner. (Fribourg.) 

CHAMBERRAU, <. m. Girse des champs, Ctrstum arvefue. Yulg. 
chardon des champs. (Villeneuve.) — Ckamberau, Tseham- 
berro, id. Ge mot signifle aussi les mauvaises herbes en général 
qui croissent dans les blés et les jachères, et dont la principale 
est le chardon des champs. (Aigle.) 

GHAMBERROT, TSAMBEROT, s. m. Ecrevisse^ mot composé de 
tsamba, jambe et de rot, rompu. It. gambero. 

CHAMPÂ, TSGHAMPA, TSAMPA, v. Faire sortir le bétail de l'é- 
* table pour le mener au pâturage ou à Tabreuvoir ; pousser, 
heurter, achever, s'égarer à travers champs. L. eampui, 

GHANNA, TSGHANNA, s. f. Pot d'étain dont on se servait dans les 
cabarets. Ail. kanne. 

GHANNE, 8. f. Cest un des noms des poires d'angoisse ; poires 
itranglê'Chaty poires Goliath^ dans le français populaire de Lau- 
sanne. AU. bernois kannebirre, 

GHA PO, SA PO. Expression évasive pour indiquer le lieu, pour 
dire quelque part, L'è eka po, il est je ne sais oix; ne se pa, m 
sa po, je ne sais pas. (Pays-d'Enhaut.) 

GHAPON, TSGHAPPON, s. m. Recrue de cep, provin. (Vaud.) 

GHARMALLHI, RA, adj. Ami, amie de noces; paranymphes qui 
doivent préserver l'époux des charmes magiques qui nouent 
Vaiguillette, Ge mot vient de tschermo, charme, enchantement. 
— Tsehermalli, ra, id. 

GHATAMOT, TSGHATAMO, s. m. Repas de funérailles défendu 
inutilement par des lois de police. Hébreu, chala, bibit; maut, 
mori : c'est le vin de la mort. (Vaud.) 



CHA 7S 

CHATON, CHUATON, TSATTON, SATON, $. m. Bâton 9ro8 el 
court, pièce d'un char; fleur de saule, de châtaigner; partie de 
la bague où la pierre est enchâssée. 

CHATOUNA, TSGHATOUNNAi v. Serrer en tournant la corde d'un 
fardeau avec un bâton; bâtonner. 

CHÂTRA, TSCHÀTRA, v. Châtrer, diminuer, ôter des rayons 
d'une ruche. Celui qui châtre les animaux s'appelle en patois 
Mo^iitfi. (Vaud.) 

CHÀTRON, TSCHÀTRON, s. m. Mouton, jeune bœuf châtré. (Fri- 

bourg.) 
CHAUMA, TSCHAUMA, v. Cesser, arrêter, chômer; se mettre à 

l'ombre. Dans ce dernier sens, il se dit du bétail. B. B. ehom, 

ekomein, s'arrêter, se reposer. 

CHAUME, CHAULME, $. m. Haute montagne à pâturages dans le 
Jura. (Charte de 1301.) L. euimen, 

CHAUMILLA, s. f. Charmille. 

CHAUTA, V. Sauter, danser, oublier. 

CHAUTA-60UENNE, s. m. Feu follet. 

CHAUTEI, s. m. Nom de charge de celui qui apposait le sceau of« 
ficiel aux actes publics; psalUrim, saltêrius^ en latin. Il y avait 
arant la révolution un grand $auiier à Lausanne. 

CHAUTERAI, i. m. Esprit follet qui fait des sauts et des gambades 
dans les ruines, dans les forêts, lutin. Yoy. servein. — En Poi- 
tou, le iauthi est un lutin qui s'amuse à tresser ensemble les 
crinières et les queues de deux ou trois chevaux. 

CHAUTERAU, CHAUTERI, s. m. Sauterelle. 

CHAUTZI, TCHAUSSI, i. m. Pâturage, terrain que les troupeaux 
foulent. (Ormonts ) 

CHAUX, TZAU, TSCHAU, i. f. Sommet de montagne , pâturages 
élevés dans les Alpes : la chaux de Naye, la Ckautnagni, la chaux 
dt fiant, — Ce même mot signifie au contraire, dans le Jura, 
un vallon : Chaux-de-Fondi, Chaux-du-MHieu, Chaux-du-Cachot, 
dans les montagnes de Neuchâtel; Chaux-d^Abel, dans le Jura 
bernois. — Chaux^ chaud, signifie, dans le patois auvergnat, 
un plateau élevé, une montagne à sommet aplati. 



U CHE 

GHAVÂRA, i, f. Corvée ponr le clergé; împosiUotts des abbayes 
sur les vassaox. Ce mot se trouve encore dans des doeuments 
de 15:^7; c'était le charroi qu# devaient les serfs pour amener 
le bois du seigneur de la forêt au bûcher. (Nyon.) 

CHECHË, SECHE, adv. Oui, si fait, pour sûr. 

CHËDAL, s. m. L'attirail d'instruments aratoires, de harnais et de 
bétes de labour nécessaires à l'exploitation d*une ferme. C. eke- 
tal, gros et menu bétail. (Vaud.) 

CHEIN I Exclamation très commune dans le dialecte fribourgeois 
de la Gruyère. Cheint ke Vè galésaf qu'elle est jolie! — Sein, id. 

GHEINDRE, s. f. Cendres. (Yaud.) — Ekndre, id. (Gruyère.) 
CHEINDREI, CHEINDRI, SEINDREI, f. m. Cendrier, lieu où Ton 

dépose les cendres dans la cuisine. 
CHEINTRO, TSCHEINTRO, TSEUNTRO, i. m. Equarrisseur. Voy. 

BEDANDE. Ail. tchinâer, 

CHELEU, pron. démonstr,pL Ceux; ceux-là; fém. ckelle, celles. 

CHENALETTA, s. f. Petit tuyau de bots; diminutif de ekênau. 

CHENAPAN, TSCHENAPAN, i. m. Mauvais sujet, garnement, vau- 
rien. AU. scknappkahn, brigand. (Vaud, Genève.) 

CHENAU, TCHENAU, TSENAU, ESCHENAU, i. f. Pièce de bois toil- 
lée en gouttière pour recevoir l'eau d'un toit, chéneau; canal, 
cotttoir, ravin, petit vallon traversé par un ravin. (Alpes.) 

CHENEVARD, $, m. Chèuevis, graine de chanvre. 
CHENU, A, adj. Solide, cossu, riche. (Lausanne.) 
CHENUMENT, adv. Richement. (Lausanne.) 
CHEQUE, SEQUET, $. m. Hoquet. 
CHERIGNA, TSCHERIGNE, s. f. Chenille. 
CHERPIFOU, TSCHERPIFOU, s. m. Mal peigné, échevelé. (Vaud.) 
CHERPIN, TSERPI, TSCHERPEUN, CHARPI, «.m. Amadou, 
charpie. 

CHESAIRE, TSESAIRA, s. /. Lieu où il tombe de l'eau d'enhaut, 
par une chute ou un écoulement, quelle qu'en soit la cause. 

CHESAI^, CHESAUX, t. m. Place pour bâtir une maison ou la ré- 



CHI 75 

tablir. Chesal signifie aussi la propriété d'un agriculteur. (Y. st.) 
GHESEAU, CHITZO, $. m. Etabie, hangar. (Fribourg.) 

CHESSA, TSCHESI, v. Tomber en défaillance, se pftmer. (Jura.) 

CHETTA, CHATTA, SATTA, TSCHETTA, «. A Assemblée noc- 
turne des sorcières présidée par le grand bouc, et aussi appelée 
iùbbat; vacarme, grand bruit. — Alla à la vhella, c'est aller à la 
loge maçonnique, disent les campagnards non initiés. 

CBEVANCE, TSÉANGE, s. f. L'avoir de quelqu'un, les provisions 
de bouche d'une maison. Cabeniia, en latin du moyen fige. C. 
cab, tenir, posséder. 

GHEVENNO, TSCHEVENNO, $. m. Meunier, poisson de nos lacs, 
Cgfpmtts Cephalut, 

GHEVI, 0. Venir à bout, posséder; chexfir en vieux français. 
Tsekevir, dans nos documents du moyen fige, signifie venir à 
cbeC, transiger, convenir. 

CHEVRELLA, TSCHEVRELLA, $. f. Bécassine. Scolopax Gallinago. 
(Orbe.) 

ŒEVRETTA, s. f. Femelle du chevreuil. 

CHEVRiT, 8. m. Chevreuil; mot peu usité. — brocard, id. (Jura.) 

CflEVROTAIN, TSCHEVROTIN , i. m. Petit fromage de lait de 
chèvre. 

CHI, CHÉ, Cl, adj. et pran. démonsir. Ce, cet, celui; au fém. hlla, 

celle; au pi. hllau, ces, ceux, celles. 
CHI, SI, HI, «. m. Ciel; ce mot est peu usité. 

CHIBA, SCHIBA, $.f. Mesure de sel. (Fribourg.) 

CHICOT, I. m. Laitue romaine. (Genève.) — Telle est la déflnitîoB 
do glossaire de Gaudy ; celui de J. Humbert dit : chkorée non 
frisée. (N. de l'éd.) 

GHIEUCHAI, V. Siffler, souffler dans un instrument à vent. (Evé- 
cbé de Bfile.) 

CHILLON, TSIRON, CHIRON, TSILLON, t. m. Yeillotte, petit tas 
de foin sur le pré. C. ehir, tas, élévation. (Yaud.) 

CHIN, TSEIN, s, m. Chien. Tseinna, chienne ; ckéikel, innet, diip.» 
petit ehieo. 



76 CHO 

CHIN, fiom d$ nombre. Cinq. Voy. cein. 

GHINKANTÂ, nain de nombre. Cinquante. 

GHINKANTANNÂ^ s. f. Cinquantaine. 

CHIR^ SCHIR, B. m. Seigneur, sire. L'è on gro chir, c'est un grand 
seigneur. (Evêché de Bâle.) 

CHIRA, CHERA, CHOUÉRA, CHUËRA, CHEIRA, TSIRA, TSOUÉ- 
RA, SERA, SIRA, s. f. Sœur. C. choar. 

CHIRE, s. f. Averse, grande pluie. (Evéché de Bftie.) Estir ou éeyre 
signifie tourmente, tempête de neige, dans le patois de l'Auver- 
gne. 

CEIT, ado. intefj.Soii. 

CHIVRAFOU, TSCHIVRAFOUI, s. m. Cest le nom de deux arbustes 
dans les Alpes : le chèvrefeuille commun, Lonicera Xylosteiun; 
et l'épine-vinette. 

CHO, TSCHO, s. m. Bahut, grand coffre, arche, farinière à com* 
partiments. (Villeneuve.) 

CHO, CHUA, TSO, TSUA, pron. pots. Sien, sienne. 

CHOKKA, TSOKKA, s. f. Soulier à semelle de bois. L. eoecue. 

CHOLA, SOLA, SALA, $. f. Siège, chaise. L. leUa. 

CHOLLEI, e. m. Partie supérieure de la grange où l'on entasse 
le foin. C. col, chol, paille. 

CHÔMO, s. m. Psautier, psaume. 

CHOTA, I. f. Perche ferrée pour faire avancer les bateaux sur les 

bas-fonds. (Neuch&tel.) Voy. étira. 
CHÔTA, V. Faire avancer un bateau avec des perches. (Neuchfttel.) 

GHOTTA, TSOTTA, SfOUTA, s. m. Abri contre la pluie. Âllem à 
la chotta, allons nous mettre à couvert. (Vaud.) — On dit choûte 

. dans le français populaire de Genève ; à Lausanne, chatte. — 
Sotta, id. 

CHOTTÂ, V. Cesser de pleuvoir. C. chot, bois où l'on se met à 
l'abri de la pluie. — Sottà, id. 

GHOUK, prép. Sur. (Anniviers.) 

CHOUMA, TSCHOUMA, CIOUMA, t. f. Vieille ânesse, c'est une 
grossière injure quand le mot s'adresse à une femme. (Vaud.) 



CLÉ 77 

ŒOUSA, TSOUSA, s. f. Chose. 

CHURLA, V. Hurler, crier de détresse^ pleurer en eanglotant. 
GHURLAHIE, $, /. Hurlement, cri violent. 

CHUVA, CHUA, TSUA, TSCHUVA, i. /. Freux ou corneille mois- 
sonneuse, Cwrtw frugiUgus.— La tanna ai Chute, la caverne des 
Freux, dans les rochers de Naye. (Alpes.) Yoy. le CoMervateur, 
tom. VI, pag. 168. 

CHU VA, TSUVÂ, V. Fouetter avec les verges. (Vallée de Joux.) 

CIBA, CHI6A, 5. f. But pour le tir à Tare, au fUsil, k la carabine; 
table ronde, vitre ronde, petit gftteau rond. AU. scheibe, $ehei' 
bel. (Vaud.) 

CIBARE, TSIGARE, i. m. C'est, dans un tir, celui qui indique et 
marque les coups. (Vaud.) 

QEBA, $. f. Sangle, courroie. Ail. schieben. 

dERNA, $. f. Portion d*une forêt mise en culture, lieu défriché 
avec un petit fenil. C. cern, ciem, enclos, enceinte. — Cergne^ 
mein, id. (La racine cern, ciem, se retrouve dans plusieurs noms 
de localités. N. de l'éd.) 

CIGOGNAR, s. m. Eclaire, chéiidoine, CKelidonium majui, plante 
papavéracée. 

CIKLLA, SIHLLA, TSIKLA, v. Crier d'une voix aiguë. 

CIKLLAHIE, SIHLLAHIE, TSIHLLAHIE, s. f. Cri perçant. 

CITRON, $. m. Thym commun. Thymus vulgaris, cultivé dans les 
jardins. 

CITRONELLA, s. f. Seringat, Philadelphus coranarius. 

CLAUDA, $. f. Nom patois de la peste qui régnait à Genève en 
1545. Voy. Spon, Hi$t. de Genève, 

CLAVELLA, v. Mettre le fer au bois des flèches. ( Anciens docu- 
ments de Fribourg.) 

CLAVIN, HLLAVEIN, s, m. Sorte de clou. C. claw, ferrement. 
L. clavus^ clou. 

CLÉDAR, 8. m., CLLIA, s. f. Clef de haie, barrière tournante sur 
un pivot; porte à claire-voie d*un jardin, d'un champ, d'un clos 
quelconque. C. cledd, clidch, claie, haie, clôture. 



78 COC 

CLÉREBER, s. m. Filet carré pour prendre le poisson dans les 
eaux couranles. (Evécbé de BAIe.) 

CLIA^ s. f. Voy. HLLA. 

CLIMENÂ, s. f. Fille galante, coureuse, concubine. 

CLIVER, s. m. La pente d'un lieu élevé, descente. L. elknu. (Ao- 
niviers.) 

CLLIA, 5. f. Voy. clédar. 

CLLOTZE, $, f. Cloche, jupe de femme. (Les Bernoises disent 
gloschlLV. de Téd.) 

CO, canj. Comme; co té, comme toi; co Ui, comme lui. 

GO, t. m. Le premier, le plus riche d'un village, le coq de la pa- 
roissQ. (La Côte.) 

CÔ. s, m. Acide pour cailler le lait, présure. C. co, go, levain, fer* 
ment. (Alpes.) 

GÔ, «. m. Noix plus grosse que les autres. (Moudon, Genève.) 

COÀ, COVA, V. Couver. 

COAIRON, COUAIRON, COVEIRON, s. m. Ver de la mouche qui 
pond dans la viande. — Voy. covasson. 

COBLLA, s. f. Chaîne de chevaux attachés les uns aux autres par 
la queue. 

COBLLË, s. m. Couple, attache, couplet de chanson. B.B. eoubla, 
coupler, unir. 

COCATRI, s, m. Oeuf pondu par un coq, d*où doit naître un ser- 
pent, un basilic. {De Coeatrix est un nom de famille en Valais. 
N. de l'éd.) 

COCI, adv. Comme cela; pi coci, seulement pour badiner. Voy. 
couci. (P:iys-d*Enhaut) 

COCLET, J. m. Anémone des jardins. 

COCO, s. m. Nom d'amitié pour flatter un enfant. 

COCOCHET, 8. m. Voy. cakou. 

COCOLA, V. Flatter, soigner, dorloter, choyer une personne. 

COCU, I. m. Mot dès longtemps usité dans notre patois. — Une 
ronde vaudoise qu'on chantait et qu'on dansait à Moudon, Oron, 



COL 79 

Payerne, avait pour refrain : Ne san pa ti su là t^abro le cocu, ien A'uÀ .. \ .^ fy / ; 
a bein drin sta vella dei vêtu, c'est-à-dire : Ils ne sont pas tous 
sur les arbres les coucous, il y en a bien dans cette ville des 
vêtus (Vaud.) 

COCU, GUCU, 5. m Primevère officinale, Primula officinalis. (Lau- 
sanne, Genève.) 

CODJE s. /. Mentula, priapus. — Codje au pritro, pied-de-veau^ 
Ârum maculatum. (Bex.) — CoiLlê. id. (Vaud.) 

CODRA, V, Oler, enlever, prendre. (Val dlUiez.) 

COFFEIHI, 17. Salir. C. gof, mouillé. 

COFFO, A; COËFFO, A; KOAFFE, A, adj. Sale, malpropre, vilain. 
(Vaud.) 

COILLE, s. f, Mentvla, priapus, 

CÔKA, COKE, s.f. Vieille femme, commère ennuyeuse et ridicule. 
(Genève.) 

CORETTA, s. f. Terre-noix, Carum bulbocastanum, plante ombel- 
lifêre. (Orbe.) 

COKKA, s. f. Noix. C. coch, enveloppe, couverture. Le proverbe 
vaudois eoTcka por cokka revient au par pari referiur des Latins. 

COKKHA,«. /. Heurt, choc. 

COKKHÂ, 17. Heurter un corps contre un autre, comme au jeu 
des œufs de Pfiques. 

COKRHASSA»s. f. Fille ou femme ridicule, qui aitne à rire ou 
qui prête à rire; personne capricieuse; grand vase d'étain pour 
tenir et servir le vin. (Vaud.) 

COKUEL, s. m. Ëcuelle. (Jura^ 

COKUELLHI, t7. S'am^user avec des jouets. (Jura.) 

COLA, V. Couler, clarifier, passer le lait à travers des branches 
de sapin ou des tiges de lycopode pour le dégager de tout corps 
étranger. (Alpes.) 

COLATTET, COLLET, i. m. Petit coup de vin. (Pays-d'Enhaut.) 

COLEGNI, 17. Pousser légèrement quelqu'un du coude ou du genou 
pour l'avertir de prendre garde à ce qu'il dit. (Val d'IHiez.) 



80 CON . 

COLISSA, I. f. Tranchée pour l'écoulement des eaux^ canal aou- 

terrain, égout. 
COLLET, «. m. Voy\ colattkt. 

COLON, I. m. Pigeon. G. colom, pigeon. L. eolumha. (Bas-Valais.) 
COLONDA, s. /. Colonne, pilier en bois. L. columna. 
COUk, s, f. Crinière d'un cheval, chevelure épaisse. L. coma, 

Gr. xopi. 

COMBA, s. f. Vallée. C. comb, vallée, vallon. Le Péruvien dit aussi 
comb. (Jura.) 

COMBALLA, s. f. Vallon. (Ormonls.) 

COMBETTA, i. f. Dimin. de eomba, petit vallon. 

COMBIER, A, adj. Habitant de la vallée du lac de Joui, appelée 
primitivement Combe du Lieu. 

COMBLLA, s. f. Couche de chanvre ou de fil placée sous la pierre 
du battoir pour l'adoucir. (Alpes.) 

COME, z. f, pi. Certaines marques pour prévenir l'anticipation de 
son terrain par un voisin. (Montreux.) 

COBfPARÂ (se), V. Faire tous ses efforts pour réussir, se tour- 
menter de travail et de peine pour économiser, pour gagner; 
comparer. 

COMPARA, 9. f. Peine, travail, économie. L. comparare, acqué- 
rir, gagner. 

COMPARAILLE, s. /. pi. Fiançailles. (Vallée de Joux.) Ce mot se 
dit aussi pour signifier compérage, fétc de baptême. (Vaud.) 

COMPRAI, pari. poM^. Compris; de compreindre, comprendre. 

CONDEMINA, s. f. Prairie appartenant au seigneur. (Vaud.) 

CONDJI, s. m. Congé. Bailli condji à n'ozé, donner la volée à un 
oiseau; avai condji se dit d*un catéchumène qui est admis à U 
communion, et n'est plus tenu de fréquenter l'école primaire. 

CONËTRE, COGNAITRE, r. Connaître. Lo cognaisso prau, je le 
connais bien. 

CONFERTA, I. f. Collecte, quête de maison en maison. L. cou- 
ferre, assembler, amasser. (Fribourg.) 



COR • - 84 

GONGRAIN^ $. m. Machine en bois, à quatre traverses^ pour domp- 
ter les vaches quand on les ferre. Vient du verbe contraindre. 
(Montreux.) 

CONNERI, 8, f. Tannerie. C. coën^ peau. 

CONREI, s. m. Grand repas de paroisse ou de bourgeoisie, convi- 
mm regale. (Estavayer.) 

CONRIA^ 17. Condenser la poix de cordonnier pour en enduire le 
ligneul; se gorger de roangeaille et de boisson (Pays-d'Enhaul); 
gouverner ses inférieurs avec arrogance. (Val d'Illiez.)' 

CONTA, V. Conter, raconter; compter, calculer, supputer; enjôler. 

CONTHIAU, $. m. Jetons pour calculer sur certaines tables à Tu- 
sage de ceux qui ne savent pas Tarithmétique. (Pays-d'Enhaut.) 

CONTO, 5. m Conte, histoire ; compte, calcul. 

CONTRA, I. f. Contre d'une charrue. (Orbe.) 

CONTRAMONT, adv. En haut. Rebatia lo contramont, se rouler de 
bas en haut, terme de sorcellerie. (Gros de Vaud.) 

CONTZA, s. f. Bassin de pressoir. L. concha, coquille, bassin. 

CONTZE^ s. m. Plancher du battoir où s'étend le chanvre, et sur 
lequel la meule ou le rouleau passe en tournant. 

CONTZI, CONTSCHI, t. Se salir, s'embrener. C. cmchesa, souiller. 

V. Fr. conchier. 

CONVIA^ V. Conduire. Diu tè convie. Dieu te conduise, se dit à un 

pauvre qu'on renvoie sans lui faire l'aumône. Ce mot est peu 
usité. 

COPA, V. Couper, châtrer un animal. 

COPË, COPI^ 5. m. Croûte qui se forme sur une blessure. (Val^ 
d'Illiez.) 

COPETA, s. f. Rotule du genou. 
COPIAU, s. m. Morceau d'étoiïe, rognure. 
COPIN, COPON, 8. m. Sébile de bois où Ton met la pâte d'un pain 
que l'on porte au four. (Vaud, Genève.) 

COPPA, 8. f. Mesure de grain valant deux quarterons. 
CORAHLLA, s./. Trachée-artère; pi, corahlle, intestins. 

HÉM. ET DPCUM. XXI. 6 



82 . COR 

CORAHLLI, $. m. Enfant de chœur. (Fribourg.) 

CORAHLLON^ $. m. Le cœur d'un chou, d'une pomme (Vaud, Ge- 
nève); l'endroit le plus fertile d'un territoire, d'un domaine. C. 
cor, coral, le milieu, l'intérieur. 

CORATTA, CORIATHA, CORATHI, t?. Courir de tous côtés, cou- 
railler. 

CORATTHIRA, s.f. Fille écervelée qui ne fait que courir. (Nyon.) 

CORAULA, 8, f. ; CORAULO, s, m. Ronde, branle; la chanson que 
l'on chante en dansant la coraula. G. coraul, bal, danse en roud; 
carole, en provençal. (Fribourg.) 

CORBA, 8. f. Courroie pour porter un vase sur le dos; cerceau du 
couvre-chef d'un berceau; pièce du râteau où les dents sont 
enchâssées. G. corbel, ce qui porte. (Alpes.) 

CORBALA, s. f. Petite branche de sapin garnie de ses feuilles. 
(Pays-d'Enhaut.) 

CORBASSIRA, s. f. Petit vallon étroit et tortueux, petit défilé. 

CORBÉ, 8. m. Corbeau ; infirmier d'hôpital appelé aussi marron. 
Un testament du XY« siècle, dicté de la fenôtre d'une maladrerie, 
porte : Témoins les corbeaux. — Dans les règlements sanitaires 
faits à Lausanne en 1636 se trouve un article remarquable sur 
les corbeaux. (Voy. Conservateur suisse, tom. VI, pag. 43i.) 

CORBO, A, adj. Courbe, courbé, voiilé par l'âge. 

CORCI, V, Faire du bruit en mâchant des croûtes, des fritures. (Val 
d'IIliez.) 

CORCOÏ, 5. m. Lampe. (Val d'IIliez.) 

CORDA, COUERDA, «. f. Corde. 

CORD.Al, CORDI, s. tn. Cordier. 

CORDANGNI, CORDAGNI, s. m. Cordonnier; cordangnira, corda- 
gnira, la femme du cordonnier. 

CORDANGNI, CORDAGNI, s. m. C'est le nom que les enfants et le 
peuple donnent aux coccinelles. (Vaud.) 

CORDRE, COUERDRE, t. Corsu, part. Se réjouir cordialement du 
bien ou du mal arrivé au prochain. Ce mot vient probablement 
du latin cor ; il est souvent employé pour exprimer un souhait: 



COR 83 

Dm iè le corsé. — Une poissonnière de Coppet, ayant vu des oi- 
seaux à la broche dans la cuisine d'une auberge de Genève, de- 
manda ce que c'était, c Des geais, » lui répondit-on. En ayant 
demandé pour son dîner, elle les trouva fort bons et s'écria : Diu 
me corse stu djai. Mais quand il fallut payer, il se trouva que c'é- 
taient deux perdrix. Alors elle se donna des coups de poing sur 
la bouche en disant : Lo diabllo me bourlai lo mor, le diable me 
brûle la gueule. 

CORDZON, s. m. Bretelle en osier d'une hotte, d'une breinla ou 
breinia, (Voy. ces mots.) C'est aussi le lien qui joint les uns aux 
autres les pieux d'une haie morte. 

COREIHI, CORÂIHI, v. Badiner, folâtrer entre jeunes gens. Gr. 
XooeîMj, sauter, danser. 

CORLIU, CORLIEU^ s, m. Courlib, Scolopax arcuata, oiseau de 
marais. 

CORMONTAN, s. m. Brème, poisson qui ressemble beaucoup à la 
carpe. (Neucbâtel.) 

CORNA, V. Donner de la corne, sonner du cornet à bouquin, di- 
vulguer indiscrètement. 

CORNETA, $. f. Petit pain au beurre. (Bas-Valais.) 

CORNETTA, v. Ventouser avec des cornets. 

CORNETTET, s. m. Rapporteur, espion. (Val d'Illiez.) 

CORNETTHE, s, f. pL Glandes du gosier. 

CORNIAULA, CRENIAULA, s. /. Tuf de l'espèce la plus dure. (Aigle.) 

CORNIOLA, CRENIAULA, s. f. Corme, fruit du cormier. 

CORNIOLAI, CRENIOLAI, s. m. Cormier commun, sorbier, Sorbiis 
domestica, 

CORPORANCHE, s, f. Corpulence, taille. 

CORRATAI, CORRATIER, s. m. Tanneur, corroyeur. (Genève). — 
Corratei, id. — Ces mots sont vieillis. Voy. conneri, tacon. 

CORRE, V. Courir; fut. corretri, je courrai. 

CORRECÏ, V. Voy. cohroci. 

CORREINTA, 5. /". Diarrhée, flux de ventre qui fait courir, corre. 

CORRO, s. m. Collier de femme, grains d'un collier quel qu'il soit. 



84 COT 

GORROCI, V, Se fâcher, s'irriter, se meltre en courroux. — Cor- 
rect*, id. 
CORSA, s. /. Course ; la berge d'un ruisseau, d'un torrent. (Mod- 

treux.) 
CORSA, s. f. On ne le dit que par pitié, avec poura : poura corta, 

pauvre fille ou femme. Vient de corpt, 
CORSALET, s. m. Habit court des pâtres, corset, gilet grossier. 
CORTERIA, COTTERIA, COFIRIA, «. f. Aiguillée de til ou de laine. 
CORTET, TA, adj. Petit, court de taille. 
CORTHIAU, adj. Courtaud. 
CORTZE, $. m. Son de froment. — C. crw$ty croûte, écorce. (Bas- 

Yalais.) 
CORZOÏ, s. m. Lampe. (Val d'Illiez.) 
COSANDAI, $. m. Tailleur. 
COSANDAIRA, s. f. Couturière. 
COSANDEI, $. m. Coccinelle rouge à points noirs sur les élytres. 

(Vaud.) 

COSSON, s. m. Marchand de blé ; homme qui va de maison en mai- 
son acheter des graines de légumes pour les revendre. C. coUj 
gousse. Voy. blladhi. 

COSSU, A, adj. Riche, bien étoffé; personne qui a une transpira- 
tion arrêtée ; vieux, ridé. — C. co$, vieux, infirme. (Alpes.) 
COSSU, s. m. Gros rhume, catarrhe. (Alpes.) 
COSSUMEIN, ado. Richement, abondamment. (Alpes.) 
COSTI, COSTIK, a. m. Cautère. Gr. xot», brûler. 
COSU, part. Du verbe caudre, coudre. 

COTA, s. f. Pincée de laine, portion d*écheveau, boucle de cheveux. 
COTA, V. (k>ûter, causer des frais. 

COTE, a. /. pi. Favoris, mèche de cheveux le long de l'oreille sur 
la Joue ; cardons, polrée. (Pays-d'Enhaut.) 

COTE, a. f.pl. Coût, prix payé, frais, dépenses. — C. cost, dépense. 
COTIN, COTILLON, a. m. Jupe de dessous, jupon. — Cotte,t. f.pl., id* 
GOTSCHAIRA, a. f. Grande porte de grange, porte cochère ; sorte 
de bateau. 



cou 85 

COTSCHE, $. f. Coin, lieu retiré, ruelie borgne, angle d'un bâti- 
ment. 

COTTA, ». f. Limace noire, Umax ater, (Bas-Valais.) 

COTTâ, s. f. Appui, étai, soutien d'un corps qui menace de tomber. 

COTTA, V. Appuyer, étayer, fermer au verrou ; résister ; hésiter 
en parlant. Se eotiâ, s'opiniâtrer. 

COTTE, s. f. pi. Voy. cotin. 

COTTERD, s. m. Coterie ; réunion de quelques personnes, sur le 
soir, pour causer. (Vaud.) 

COTTERDJI, V. Se réunir au coiterd du village, pour faire la eau- 
teUe. (Vaud.) 

COTTERET, s. m. Larve du hanneton. Voy. man, vouare. 

COTTERIA, s. f. Voy. corteria. 

COTTERU, s. m. Petit ver qui attaque les grains semés, espèce de 
charançon. 

COTTHI, V. Partir sans rien dire, s'esquiver sans saluer. (Val 
d'Uliez.) 

COTTHU, COTTHUVA, adj. Celui ou celle dont les cheveux frisent 
naturellement ; opiniâtre, têtu, bourru, taciturne, replié sur soi- 
même. (Pays-d'Enhaut.) Voy. regotthu. 

COTZCHON, COTZON, ». m. Nuque; rebut de filasse que la fileuse 
met de côté. 

COU, s. m. Col, cou; coup, fois; di cou, quelquefois; on, dou, trei 
œu, une fois, deux fois, trois fois ; vouéro dé cou, combien de 
fois ; cein m'a badhi on cou, cela m'a donné une émotion. 

COUATLLA, ». f. Lait caillé dans la chaudière pour en faire le fro- 
mage. (Alpes.) 

COUAIR, ». m. Cœur ; Tè to de eouair, il est tout cœur. 
COUAIR, s. m. Cuir, peau d'animal. 
COUAIRE, V. Cuire, démanger. 
COUAIRTA, »: f. Voy. coveirta. 

COUAISSA, ». f. Coiffe de femme, filet pour retenir certains mets 
durant la cuisson. 



86 COU 

GOUÂITA, st, f, Hftte, précipitation ; vo z'ai bein couaita, vous êtes 

bien pressé. (Lausanne.) 
COUAITHI, COUAIKI, v. Se hâter, se presser, se dépécher. — C. 

cauaiiis, désir pressant. 

COUAITHIAU, SA, adj. Pressé, qui se hâte. — Le refrain d'une 
ronde vaudoise dit : Vo z'ile bein couaithiau, vos ôtro amouairau, 
vous êtes bien pressés, vous autres amoureux. (Lausanne.) 

COUAROU^ 5. m. Rossignol des murailles ou rossi|piol baillet. 
(Jura.) 

COUGI, COGI, adv. Gomme cela, ainsi. 

GOUDAMA, s. f, Narcisse des poètes. (Orbe.) 

GOUË, adj. Brûlé par le froid; se dit des plantes, des fruits, des 
enfants qui ont des engelures. 

GOUEIR; 8, m, Gorps, homme ; et coueir, cet homme-là, terme de 
mépris. 

GOUEIRTHAU, s. m. Gouverture de berceau. 

GOUENNA, GOUNA, KONA, s. f. Bord du lard, du fromage, peau 
du cochon raclée, couenne; croûte de crasse sur les vêtements. 
G. coen, peau, superficie, crème. 

GOUENNE, $, m. Latte grossière, la première d'une bille débitée à 
la scie. (Yaud.) — Couenneau (Vaud et Genève), id. 

. GOUET, s. m. Perche qui soutient des deux côtés un tonneau sur 
un char. Du verbe cottdj appuyer. (Alpes.) 

GOUÉTA, GOUAITA, s. f. Liquide qui reste dans la chaudière 
après qu'on en a retiré le $éré, et qu'on donne aux porcs pour 
les engraisser. (Alpes.) 

GOUGNARDA, 5. /. Gonfllure ou conserve de fruits. G. cuing, cuingn^ 
gâteau. 

GOUGNE, s. f. Presse, jeu d'écolier. (Lausanne.) 

GOUGNI, GUGNI, v. Serrer, presser, pousser ; frapper la monnaie 

à son coin (Plaid général de Lausanne). L. cuneus. 
GOUI, pron, interr. Qui? lequel? — Co, id. 

GOUlON, s. m. Poltron, lâche, couard, malotru. — Ge mot est cel- 
tique. 



cou 87 

COUÏONNA, 17. Mener par ie nez^ attraper^ railler, se moquer. 

COUÏONNERI, ». f. Lâcheté, vilenie. (Vaud.) 

COUKËLLHE, $. f. Coquille, sorte de danse à laquelle on force tous 
les passants de se joindre. (Voy. la grande coquille de Gruyère, 
Conservateur suisse, tom. Y, pag. ^3.) (Alpes.) 

COULAT, s. m. Culotte, chausses. (Jura.) 

COULLHERËT, s. m. p/. Ricochets faits sur l'eau avec une pierre 
plate. (Vaud.) 

COULLHI, 17. Cueillir, ramasser ; se retirer, s'en aller, se sauver ; 
fut. cudri. — Coué'tè f va-l'en, sauve-toi I 

COULLHI, COULLIHRA, ». f. Cuiller. 

COUMAIN, adv. Comment. 

COUMAINDA, COUMANDA, v. Ordonner, commander, prescrire. 

COUMARE, ». f. Commère, 

COUMEGNL »' m., COUMEGMRA, ». f. Bourgeois, bourgeoise d'une 
commune. 

COUMEINCHI, COUMEINCI, COUMECI, v. Commencer. 

COUKENA, KEMOUNA, ». f. Commune, bourgeoisie. 

COUMENO, s.m.pL; COUMENAILLE, s,f.pl; COUMON, KEMON, 
s. m. Tous ces mots signifient les biens-fonds, plus particulière- 
ment les pâturages qui appartiennent indivisément à tous les 
bourgeois d'une commune. — Sounna lo coumon, sonner pour 
l'assemblée de la commune. (Yaud.) 

COUMOUDO, DÂ, adj. Commode, utile, à portée. 
COUNNI, ». m. Lapin. C. conick^ connil; Y. Fr. eonnil; L. curUculus. 
COUPARE, ». m. Compère. 

COURA, CORA, CURA, v. Récurer, nettoyer un vase, enlever le 
fumier d'une étable. (Pays-d'Enhaut.) 

COURIA, ». m. Se disait avant 1803 pour greffier, notaire, secré- 
taire d'un tribunal. L. curia, (Yaud.) 

COURJO, ». m. Lampe. (Montreux.) 

COURSCHIÂ, ». f. Cartilage. 

COURTA, CORTA, ». f. Petite futaille; tonneau. 



88 COV 

COURTENA, GORTENA, s. f. Tas de fumier disposé en forme de 
carré et empaillé régulièrement^ dans la cour des fermes ou de- 
vant les habitations rurales. (Vaud.) 

COURTSE, CORTZE, GREITZE, CRUTSE, $. f. pi. Son des céréalea. 
— Creutson, s. m., id. 

COURZA, COURSA, v. Neiger avec tourbillons ou par rafales. 
(Pays-d'Enhaut.) 

GOUSEIN, s. m.; GOUSENA, s. f, Gousin, cousine. 

GOUSENA, 8. f. Guisine. 

GOUSENÂ, V, Faire la cuisine» cuisiner; cousiner quelqu'un. 

GOUSENAI, 5. m.; GOUSENAIRA, s f. Guisinier, cuisinière. 

GOUSON, s. m. Peine, souci, inquiétude. — On dit cuensa, $. f. 

dans le Jura. — Ifé prau comon, j'ai assez de souci. G. coueza, 

accident. 
GOUSS, s, m.; GOUSSA, s. /. Tempête, tourmente. AU. guu, averse, 

giboulée. (Alpes.) 

GOUSSA, GOUSSE, $, f. Guissc. ^ 

COUST, GOSTANGE, GOÛT ANGE, s. f. Frais, dépens. (Vieux Ulres.) 

GOUSTILLE, s. /. Sorte de sabre employé au moyen-âge. (Vaud.) 

GOÛTA, s. f. Golline, côte. 

GOUTALA, V. Donner des coups de couteau, poignarder. 

GOUTALET, s. m. Petit couteau. 

COÛTÉ, GOUTHI, s. m. Couteau ; rayon de miel. 

Couté'bressi, couteau courbé qui a deux poignées en bois. 

Couté'parei, couteau droit, lame à deux poignées. (Vaud.) 

GOÛTERAN, s, m. Habitant de la partie du canton de Vaud appe- 
lée La Côte. 

COUTSCHET, GOUTZET, GUTZET, s. m. Sommet, extrémité, cime. 
L. eulmen. 

COVÂ, GOVAI, COVÉ, I. m. Etui de bois dans lequel le faucheur 
tient la pierre à aiguiser et l'eau qui la mouille. L. cos, pierre à 
aiguiser. (Vaud, Genève.) 

COVA, V. Couver. 

COVAGNA, GAVAGNE, s. f. Espèce de corbeille carrée, arbre ren- 



CRA 89 

versé, souche pourrie de vieillesse. ~ C. eaw, creux. Voy. ga- 
VAGNE. (Alpes.) 

COYASSON, COUAIRON, s. m. Nymphe d'abeille non encore déve- 
loppée. {Covasson se dit aussi des punaises. N. de Téd.) 

COVEIN, COVEIRON, s. m. Œuf ou larve blanche des mouches à 

viande. 
COVEIRTA, s. f. Couverture de lit. — Couairta, id. 
COVET, COVÉ, s. m. Chaufferette. (Vaud, Genève.) 
COVRI, CREVI, CRUVI, v. Couvrir. 
CRA, $. m. Crasse adhérente à la peau de la tête chez les petits 

enfants. 
CRAI, CU,s,f. Croix. Santa-Cri^ Sainte -Croix^ village vaudois 

dans le Jura. 
CRAIRE, V. Croire. — Lo crairi kan lo verri, je le croirai quand 

je le verrai. 

CRAISA^ CRAISILLA, s. f. Voy. greutze. 

CRAlSETTAy s. f. Petite croix; verveine, Verbena officinalis. 

CRAISI, V, Croiser, passer, traverser. — Crain Jo lé, passer de l'au- 
tre côté du lac. 

CRAISU, CRESU, CREUSUIT, COURJO, COURZO, CROZET, s. m. 
Lampe de ménage. C. creuset, lampe. (Vaud.) 

CRASA, s, f. Ravine profonde. C. cras, colline, hauteur d'où des- 
cendent les ravins. (Coppet.) 

CRATO, s. m. Panier long et étroit pour cueillir les fruits, surtout ' 
les cerises. Ail. bernois kratten, krœttli. 

CRATSCHA, CRATZE, s. f. Salive. 

CRATSCHAIE, s. f. Un peu ; ne s'emploie que dans cette locution : 
Ta fé na cralschaie de net, il est tombé un peu de neige. 

CRATSCHI, V. Cracher. 

CRATTO, s. m. Muselière de cheval, de mulet. (C'est sans doute le 
même mot que crato. N. de l'éd.) 

(31AU, s. m. Creux, fossé, ouverture dans le terrain. 

CRAUSA^ CROSA, CRASA, s, f. Montée et descente rapide par un 



90 GRE 

terrain plein de creux, semblable à un ravin ; filet pour prendre 
le poisson dans le lac de Morat. — Voy crasa. 

CREBILLHA, CROUBALLHA, CROUBELLHE, «. f.; CREBILLHON, 
$, m. Corbeille, corbillon. 

CREBLLETTÂ, s. /. Crible pour passer le sel pilé destiné à la sa- 
laison des fromages (Alpes); cresserelle, petit oiseau de proie. 
(Vaud.) 

CREINTZE, CRINSE, s. A pi Criblures du blé. 
CREINTZI, t. Secouer le van d'un genou à l'autre pour séparer les 
criblures. (Moudon.) 

CRENA, V, Craquer en se rompant. C. crena, tremblement. 

CRENAHIE, CRENHA, 8, f. Eclat, craquement dans les bâtiments 
en bois. (Alpes.) 

CRENË, CRENAU, s. m. Tuile faîtière, enfaîteau. 

CRENIAULA, s. f, Yoy. €Orniaula, corniola. 

CRENOT, 5. m. Demi-courlis, oiseau de rivage. 

CRESŒIN, s. m. Pain grossier, plat et mince, en usage aux Or- 
monts. 

CRET, s. m. Petit mont, tertre, éminence. 

CRËTA, $. f. Crête, faîte, sommet de montagne.— Crêto d^ pu, co- 
créte, Ehifianihus Crista^Galli ; vulg. crête de coq, cocriste. 

CRETALET, s. m. Diminutif de cret. 

CRËTHA, s, f. Rebord d'une planche qui entre dans la rainure ou 
la coulisse d'une autre. 

CRÉTHÂ, V. Faire le rebord dans une planche et la rainure dans 
l'autre. 

CRETIN, NA, adj. Idiot, imbécile de naissance. Ce mot est une cor* 

ruption de chrétien. (Bas-Valais.) 
CRËTRE, V. Croître, augmenter. 
CRETZE, s. f. pL Craquements dans le bois de charpente avant 

qu'il soit sec. Yoy. chenahie. 
CREUCHON, 5. m. Son séparé de la farine des céréales. (Evéché 

de Bâle.) — Voy. cortzb, courtse, creutson. 
CREUTSON, s. m. Son des céréales. — Voy. cortze, codrtsk, 

CREUCHON. 



CRO 91 

CREUTZE^ GRUTSCHE, CRITSCHE, GRAISA, CRAISILLA, s, f. 
Coquille d*œuf, de noix. 

CRÉVÂ, V. Grever. L'impératif creiva est devenu une sorte d*im- 
précation. 

CRI, s. f. Voy. CHAI. 

CRI, s. m., CRIKA, s. /. Maladie des vaches qui les rend aveugles. 
(Alpes.) 

CRIA, j. f. Criée publique, proclamation par huissier. 

CRIA, V. Crier, publier; appeler quelqu'un; publier les bans de 
.mariage à l'église. 

CRIBLLET, 5. m. Grille en fer placée sur une ouverture des égoûts 
publics. (Lausanne.) 

CRIBLLETTA, CREBLLETTA, s. f, Cresserelle, Falco Tinunculus, 
petit oiseau de proie. 

CRINSON, s. m. Cresson, cardamine des prés. Crinson bâtard, vé- 
ronique cressonnée, Veronica Beccabunga. 

CRO, s. m. Crapaud; corbeau. — Cro pescherot, sorte de cormo- 
ran. (Jura.) 

CROISON, CRAISON, s. m. Pomme sauvage. (Nyou, Genève.) Voy. 

BOTZENA. 

CROKKA, V. Manger ; heurter deux corps l'un contre l'autre. En 
ce dernier sens il se dit surtout des œufs le jour de Pâques. En 
français populaire vaudois, croquer ; à Genève, coquer. 

CROLLHI, V, Ebranler, secouer un arbre pour en faire tomber 
les fruits. 

CROSA, V. Creuser; chercher les prétendus trésors souterrains. 

CROSERAN, s. m. Herboriste, celui qui recueille des simples et 
des racines pour les pharmacies. (Alpes.) 

CROSSA, $. /. Crosse, béquille, appui fourchu. 

CROSSONA, V. Reprocher aigrement à quelqu'un ses défauts. 
C. cros, reproche, querelle. (Val d'Illiez.) Crutihi, id. 

CROTA, s. f. Croûte, beurrée. 

CROTÂ, V. Crotter, salir de boue. 



92 CRU 

CROTTA, s. (, Caveau, irou en terre où Ton enfouit les légumes ai 

hiver. 
CROTTBA, $. f. Masse de beurre. (Ormonts.) Autrement, maioUa^ 

malotta. MatoUe, dans le français populaire de Vaud et de Genève. 

CROTTHION, s. m. Garçon ou fille qui se marie parce qu'il le fàai 
et qu'il y a des preuves visibles de la cohabitation. (Bas-Valais.) 

CROTTON, 8. m. Cachot, prison obscure et enfoncée. (Vaud, Ge- 
nève.) 

CROTTU, VA, adj. Marqué de la petite vérole. L. cruHaiuM. 

CROTZENA, CROTSCHI, v. Agrafer, passer l'agrafe dans la bou- 
clette. 

CROTZERAN, CRÛT, s. m. Corbeau. Voy. CRO. 

CROTZET, s. m. Crochet^ agrafe. 

CROTZON, CROUTON, CROUTHION, s. m. EnUmure du pain. 

CROUIERI, 5. /. Méchante action, objet de nulle valeur. 

CROUILLENA, CROILLONNA, v. Attiser le feu avec un instru- 
ment de fer, fourgonner. 

CROUILLON, s. m. Fer pour attiser le feu, fourgon. C. crouUh, 
tige de fer, verrou. 

CROUIO, A, adj. Méchant, vaurien, mauvais, de nulle valeur; se 
dit des gens et des choses. On crouio couer, un méchant homme; 
crouie botte, mauvais souliers. (Vaud.) 

CROUPETON (à), adv. A genoux repliés, d*une manière accroupie. 

CROUPI, V. S'accroupir. 

CROUZILLON, 5. m. En composition avec gro : gro cronzillan, 
cerisier à grappes. Prunus Padus. (Pays-d'Enhaut.) (Dans le 
Jorat, pouëita, s, f. N. de l'éd.) 

CRU, s. m. Petit lait. (Alpes.) 

CRUA, CRUVA, s. f. Crue annuelle d'un arbre, jet d'une plante ; 
accroissement des eaux. 

CRUSILLETTA, CRESOLLETTA, s, f. Boîte pour recevoir de banc 
en banc les aumônes dans le temple. CrusiUe, id. 



CUP 9» 

CRUTIHI^ V. Reprocher aigrement à quelqu'un ses défauts^ le gron- 
der. L. cruciare, tourmenter. (Val d'Illiez.) -— Crossona, id. 

GRUTSCHO, s. m. Œuf sans coquille. 

CRDVI, V. Couvrir. 

CUy KIU, TIU, $. m. Cul, derrière. Va-fein au eu dau tsin, va-t*en 
au c. du chien, locution injurieuse assez usitée. Cu fouetla, c. 
fouetté, se dit à un enfant qui a été fouetté. (Yaud.) 

CU-BLI^ANy $, m. Cul-blanc, Hirundo rusiica, espèce d'hirondelle. 
— Dans les réunions de certains villages, si une fille sort un 
moment de la chambre et qu'on demande où elle est allée, sa 
mère, sa sœur ou une amie réponii modestement : Epei bein ke 
Vè z'allahie fére di z'au de cu-bllan, peut-être bien qu'elle esl 
allée Di z'au signiûe des œufs. 

CUCU, $, m. Primevère. Voy. cocu. 

CU-DE-PÈDJE, CU-DE-PËDZE, s. m. Sobriquet élégant des cor- 
donniers. (Vaud et Fribourg.) A Genève, cu-de-pège se dit de 
toute personne qui a l'habitude de prolonger ses visites. 

CUDIAU, SA ; COUDIAU, SA, adj. Outrecuidant, présomptueux, 
suffisant; pensif, rêveur. V. Fr. cuider. (Moudon.) 

CUDIHI, COUDHI, CODIHl, V. Penser, croire; tâcher, essayer; 
avoir trop bonne opinion de soi-même. Y. Fr. cuider. 

CUDRA, KEUDRA,s. /*. Courge, citrouille; coudrier, noisetier. 
Cudra bâtarda, bryone ou couleuvrée, Bryonia ulbaj plante cu- 
curbitacée. 

CUDRAI, KEUDRAI, $, m, Coudraie^ lieu planté de coudriers; lieu 
planté de courges. 

CUDRETTA, s. f. Petit coudrier; diminutif de cudra. 

CUEUSA, I. f. Voy. cousOiN. 

CUKARA, KANKOUARA, s. f. Hanneton. Voy. kankouaira. (Vaud.) 

CUKEMÊLA, V. Faire la culbute, la cupesse. 

CULOT, s. m. Petit garçon qui porte des culottes; petit homme 
trapu. 

CUPESSA, s. f. Culbute que Ton fait en mettant la tête contre terre 
et en se jetant de l'autre côté. (Vaud.) 



94 CUV 

CURA, 5. /. Presbytère, habitation du pasteur ou du curé de la pa- 
roisse. L. curia, 

CURA, 8, f. Soin, dessein. N'est guère usité que dans ce proverbe: 
Ma predji ke n'a cura de bein fére, il est inutile de prêcher celai 
qui n'a pas dessein de bien faire. L. cura. 

CURA, V, Voy. couRA. 

CURADJO, 5. m. Le poivre d'eau et la persicaire à feuilles de pa- 
tience, deux espèces de renouées. (Aigle.) 

CURAFIFI, s. m. Vidangeur, gadouard. Cura-cakaira, id. 

CURIAU, CURIEUR, s. m. Hommes qui nettoyaient les maisons 
des gens morts de la peste. (Romainmôtiers.) 

GURTELLADJO, 8. m. Ce qui se cultive au jardin, au potager; lé- 
gumes. 

CURTHELLAU, SA, adj. Jardinier, jardinière. 

CURTHELLI, v. Jardiner, travailler au jardin. 

CURTHELLIRA, COURTELLHIRA, s. f. Taupe-grillon, cmirWttfre, 
insecte qui ravage les jardins. 

CURTI, CORTHI, COURTI, COUERTI, s. m. Jardin. L. kortus, Gr. 

CURTILLET, 8. m. Diminutif de curti. 

CUSSIFLLO, 5. m. Injure vaudoise du beau langage. (Lausanne.) 

CUTHA, V, Mettre violemment à la porte. (Val d'Illiez.) 

CUTHALA, 8, f. Etendue de foin qu'abat un coup de faux. (Pays- 
d'Enhaut.) 

CUTRA, s. /*. Contre de charrue. L. culter. -— Voy. contra. 

CUTSET, CUCHON, CUCHET, «. m. Veillotte, petit tas de foin sur 
le pré. (Nyon, Genève.) 

CUTZE, KEUTZE, 8. f. Lit, couche. C. guech, (nick, élévation. 

CUTZETTA, 8. f. Couchette^ petit lit, grand berceau d'enfant. 

CUTZI, KEUTZI, V. Ck)ucher, renverser. 

CUVA, 8. f. Fumier encore tendre dans le dépôt. (Val d'Illiez.) 

CUVA, 8. f, Voy. CAUVA. 



DAI 95 

CUVA, s, f. Cuve, cuvier, grande Une à lessive. 

CUVA, V. Cuver, fermenter. 

CUVOT, s. m. Diminutif de ctcva, petit cuvîer, cuvette. 

N. B. Les mots qui ne se trouvent pas au C se trouveront à la 
lettre K. 

Les mots qui commencent par Ch peuvent s'écrire par Ts, T$ck, 
Tz, Tzch, S, selon les dialectes qui varient d'un village à l'autre. 



D 



DA, DE, DEA. Particule qui ne s'emploie qu'avant ou après une 
affirmation ou une négation : ouai-da, oui-dà ; na-da, non certes ; 
oai da, sûrement; da-hertho^ da-hllerto, excessivement, consi- 
dérablement, certainement. (Pays-d'Enhaut.) 

DADA, adv. Bien obligé, grand merci; c'est un terme enfantin. 

(Vaud.) 
DADOU, DADERIDOU, s. m. Nigaud, balourd, butor. — Dadais , 

darandan, id. (Vaud.) 

DAGGA, s. f, Epée, dague ; iris, Iris germanica. 

DAGNA, DEGNA, s, f. La tige creuse d'un pied de chanvre, l'ai- 
guille d'un clocher. 

DAI, BEI, s. m. Doigt. 

DAIBLLO, A; DÉBILO, A, adj. Faible, Sans force, paralysé. L. de- 

bilis. 
DAIKI, V. Enseigner, montrer, indiquer. Gr. Sfûcwfu, démontrer. 

(Alpes.) 
DAILLA, s, f. Faux, faucille. (Jura.) 
DAILLE, s. f. Pin pectine et pin sauvage, Pinus picea de Linnée et 

Ptfiifs sylvestris. (Alpes, Jura.) 

DAIN, prép. Dans. (Vallée de Joux.) 

DAINSE, DAINKIE, DISSE, adv. Ainsi. Dainse sai-U, ainsi soit-il ! 



96 DAV 

DAMA, DAMETTA, s. f. C'est, selon les lieux, le nom patois de 
la mésange, de la pie, de la linotte, de la lavandière. 

DAMADJO, s. m. Dommage, perte. Ma damadjo, ma damajo, ex- 
pression fort usitée qui veut dire : je m'y attendais, je n'en suis 
pas surpris. (Yaud.) 

DAMMA, s. f. Une dame ; outil de paveur pour enfoncer les pierres. 

DAMME, s, f, pL Menus grumeaux de lait caillé qu'on prend dans 
la chaudière en cuisson. (Jura.) 

DAMMETTA, s. /. Pieu de sapin pour les palissades. 

D'AMON, loc, adv. En haut. Pahi-d* Amont, Pays-d'Enhaut, district 
du canton de Vaud. 

DAMOUNAIN, DAMOUNAINTZE. Habitant du Pays-d'Euhaut. 

DAMUSALLA, s. f. Demoiselle; l'insecte de ce nom, libellule. 

DAN, adv. Donc. 

DANA, V. Couler; se dit d'un vase en bois qui fait eau par ses join- 
tures, comme le tonneau des Danatdes, (Alpes.) 

DANAHI, r. Radoter, tomber dans l'enfance, rêver. (Jura.) 

DANKEDAN, adv. De temps en temps, parfois. (Pays-d'Enhaut.) 

DANTAN, adv. L'année dernière. L. ante annum. (Pays-d'Enhaut.) 

D'APREMI, loc, adv. Premièrement, en premier lieu, dès l'abord. 
L. primus. 

DARANDAN, DERANDAN, s. m. Imbécile, idiot, niais. Voy. padou. 
(Bas-Valais.) 

DARD, s. m. Poisson du Léman du genre des cyprins, nommé dard 
à cause de sa rapidité. Vulg. la vaudoise, 

DARDA, V, Suinter à travers les jointures d'un vase de bois. 

DATTO, ATO, prép. Avec. C'est l'a tout du vieux français. (Fri- 
bourg.) 

'DAU, DAOU, DOU, DEU, arL Du. 

DAU, DAUSSA, adj. Doux, tempéré, tendant à l'humide. 

DAVERON, prép. Autour, aux environs. 

D'AVÔ, D'AVAU, D'AVON, loc. adv. En bas U d'avau, là-bas. 



DÉB 97 

DEy pran. pen. de la prem, pert. Je. De tm fat iévesa, je veux lui 
parler. (Fribourg.) 

DÉ^ DEZ, f. f. Menues branches de sapin avec leurs feuilles; on 
les emploie pour litière dans les Alpes. 

DÉ^ DEI, DI, art. pi Des. Il prend le z euphonique devant les 
voyelles : dei z'alogne, des noisettes; di z'au, des œufs. 

DÉAN» DÉYAN^ prép. Devant, avant. DéanUchi Iki, devant chez lui. 

DËANTAN, adv. De l'année pénultième, avant Tannée courante. 
(Alpes.) Yoy. dantan. 

DEAUDZE, DAUDZA, s. /. Substance noirâtre et charnue qui se 
trouve dans le suif. (Pays-d'Enhaut.) 

DÉBADA, adv. Inutilement, en vain. (Jura.) 

DÊBADÀ, V. Etre toujours dans une maison, ne pas démarrer d'un 
lieu. 

DÉBAGOULA, v. Parler à outrance, vomir. 

DÉBAKA, V. Débattre une question, crier contre quelqu'un. (Mot 
vieilli.) 

DEBANTZI, V. Quitter son banc, cesser de travailler. N'a pa dé- 
bantzi de houai, il n'a pas quitté son ouvrage aujourd'hui. 

DÉBARDA, V. Dissiper ses biens, se ruiner. 

DÊBARDO, s. m. Dissipateur, mauvais ménager. (Alpes.) 

DÉBATTHIAU, $. m. Bftton hérissé de pointes pour briser le lait 
caillé dans la chaudière. 

DÉBATTRE, DÉBATTRE, v. Briser le caillé avec le débaitMau; 
gronder (Alpes); sentir le bout de ses doigts engourdis par le 
froid. (Yaud). 

DÊBHASTA, v. Sortir du pair, se dit au jeu. 

DÉBILO, A, adj. Yoy. daibllo. 

DËBLLOTTA, v. Détacher les gousses de fèves de la tige, égrener; 
gfiter de jeunes pousses; parler trop vite, débiter un discours 
trop rapidement. 

DÉBOKKO, A, a4i. Hardi, effronté, impudent, indécent comme un 
bouc, boeko. (Val d'Illiez.) 

DÉBONNA, DËBOUAINA, v. Déterminer la ligne que la faux doit 

■£■. ET OOCmi. XXI. 7 



98 DEC 

suivre pour ne pas empiéter sur l'herbe du voisin; ôter une 
borne, boiienna, 

DÉBOtZARDA, v. Laver un visage sale; de botzard. 

DËBOUAITHI, V, Déboîter, enlever la corne du pied d*un animal 
< pour le guérir. (Pays-d'Ënhaut.) 

DÉBOUBONA, v. Prendre un air gai, se mettre en train de folâtrer 
comme un enfant. — De boubo, petit garçon. (Valais.) 

DÉBOUÉLA, V. Démêler, déranger, débrouiller; 6ter les boyaux. 
— De boue, boyaux. 

DÊBOUERSI, V. Déchirer. (Verrières.) 

DÉBOULA, V, Partir, décamper, s'évader, s'enfuir clandestine- 
ment. (Vaud.) 

DÉBRALLHI (se), v. Se débrailler, se découvrir indécemment la 
poitrine; avoir ses vêtements en désordre. 

DÉBREDA, V. Débrider ; avec la négation ne, ne pas cesser. 

DÉBREFFA, 8, f. Débauche, prodigalité, folle dépense. (Gruyère.) 

DÉBREINLA, v. Quitter sa place; n'a pas débreinla du siu matin, 
il n'a pas quitté sa place, ou son travail, depuis ce matin. 

DÉBREKA, V, Détrousser une des ailes d'un chapeau à trois cornes 
pour se préserver du soleil; dégrever un immeuble de l'hypo- 
thèque dont il est chargé. (Vaud.) 

PÊBRIFFO, A, adj. Etourdi, écervelé. De briffa, friper, dévorer. 
(Bas-Valais.) 

PËCAPITA, V. Maltraiter, tirer par les cheveux. 

filÉCAUDRE, V. Découdre. 

DÉCEIMBRO, s. m. Décembre. 

DEGEINDO, DESANDO, s. fit. Samedi. 

DÉGERGUEGNI, v. Déranger les pièces d'une machine, la faire 
. (ballotter. (Alpes.) 

DÉGOÛTA, DÉGOÛTE, adv. et prép. A côté de, auprès de, près de. 

Décoûta Voito, à côté de la maison. 
DÉGRET, s. m. Atrophie qui fait décroître un membre, un bras, 

une cuisse; faillite par voie de justice. On ta a fé décret, un tel 
1.4 failli, a fait banqueroute. 



DÉF 99 

DÉCRETTBÉ, v. Décroître, diminuer. 

DÉGRUVA, s. f. Diminution du nombre des mailles dans un tricot. 

DEDAIN, prep. et adv. Dedans. Dégan, id. (Vallée de Joux). Voy. 

DAIN. 

DÉDJALA, r. Dégeler. Dédzala, id. , 

DÉDJALAHIE, s. f. Dégel; bastonnade, Tactlon de rosser; abon- 
dance. DédzaUxhiey id. (Lausanne.) 

DEDJAU, DEDJEU, DEDZU, DEDZÂU. Jeudi. L. die$ Jovis. 

DÊDJETTA, V, Déshériter, priver quelqu'un de sa part légale d'un 
héritage. (Fribourg.) 

DÉDZERIAU, s. m. L'estomac, celui qui digère. (Monthey.) 

DÉDZERMA, v. Oter les germes. 

DÉDZONNA, V. Déjeuner. Lo dédzmna, le déjeuner. 

DÉDZOTSI, V. Déjucher, ôter les poules du juchoir. De djot^ 
jachoir. 

DEFACIA, 0. Dévisager, défigurer la face par des coups, blessu- 
res, etc. (V. st.) 

DÉFANOTHI, v. Démaillotter, ôter du maillot. C. fano, toile, drap. 
(Alpes.) 

DEFASSOTA, v. Démaillotter, ôter les ssingles, délier les courroies 
d'une béte de somme. — L. fascia, bandelette. (PayS-d'Enhaut.) 

DÉFATTA, V, Oter de la poche, payer de sa bourse. De fatta, poche. 

DÉFEMA, V. Enlever le fumier étendu sur un terrain; se dit de la 
pluie, d*une ravine. (Alpes.) 

DÉFERMA, V. Ouvrir, ôter ce qui ferme, enlever une clôture, une 
cloison. 

DÉFERRA, V. Déferrer; déconcerter, réduire au silence. 

DÉFERRA-TSAO, $. m. La lunaire, Botrychium Lunaria, fougère 
du groupe des ophioglossées; mot à mot, déferre-cheraL Cette 
plante est ainsi nommée d'après le préjugé superstitieux qui fait 
croire aux montagnards que si le fer d'un cheval la touche, il 
tombe et se brise à l'instant. 

DÉFIKA, r. Se quereller, avoir une dispute. 



453710 



100 DÉG 

DÉFINI, A, adj. Dissous, décomposé. 

DÉFIOLA, DÉFIOULA, v. Cesser de boire. De fioula, bouteille. 

DÉFLUSSION^ $. /. Enflure à la tôte, avec mal de dents; fluxion. 
(Neuchfttel.) 

DÉFOLLI, DÉFOUAHLLI, r. Oter les feuilles d'un arbre; enlever 
une boiserie. 

DÉFORA, V. Oter une enveloppe, une taie, une doublure, un four- 
reau, la couverture d'un livre. (Pays-d'Enbaut.) 

DÉFORFALA, v. Défaufller, Ôter les faux fils. 

DÉFORMA, V. Oter la forme d'un soulier, d'un chapeau. 

DÉFORNA, r. Oter le pain du four. 

DÉFORTENA, $. f. Infortune, malheur. 

DÉFREGUETTHI, A, adj. Déguenillé, couvert de haillons, de lam- 
beaux. —C. frega, déchirer. (Valais.) {DéfregtieUhi, dans le can- 
ton de Vaud. — N. de Téd.) 

DÉFROU, DÉFRO, DËFEUR, DÉFOUA, adv. Dehors. Vè adi 
défrou, il est toujours hors de chez lui. L. fori$. 

DÉGAIGNI, V. Se dégoûter, dédaigner. (Moudon.) 

DÉGAN, adv. Dans, dedans. Voy. dain. (Jura.) 

DÉGANETHI, v. Partir, déguerpir par crainte. (Alpes.) 

DÉGANGUELLHI, A, adj. Déguenillé. De ganguellhêy lambeaux. 
(Vaud.) 

DÉGAULA, V. Vomir; dire des torrents d'injures. (Vaud.) 

DÉGAULAHIE, s. f. Torrent d'injures, surtout d'une femme en co- 
lère. (Vaud.) 

DÉGNEHLLI, DÉGNOLA, v. Déboîter, luxer, disloquer. 

DÉGNEHLLI, IRA, adj. Qui a un membre luxé, déboîté. BeniUka, 
jointure, articulation. 

DÉGOLA, V. Echancrer un vêtement. (Alpes.) 

DÉGONFFLA, v. Dégonfler; réduplicatif, redégonifla, redéganhUa. 

DÉGORCI, DÉGOURCI, DÉGRUSSI, DË&REDA, v. Déchirer; per- 
dre, dissiper son bien. 

DÉGORSI, SIA, adj. Dévergondé, effronté, impudent. (Nyon.) 



DEI lOi 

DÉGOUAISI» V, Dégoiser, babiller, jaser mal à propos. 

DÉGOUBELLHI, v. Vomir, dégobiller. C. gwp, gob, bouche. 

DEGRA^ ÉDEGRÂ, s. m. Escalier, degré. 

DÊGRADALA, v. Tomber dans l'escalier, dégringoler. L. gradus. 

DEGELAI, $. m. Mouvement fait pour se soulager d'une douleur. 

DÉGRAPPA, V, Egrapper. 

DÉGRAVA (se), r. Se disculper; dégrever un immeuble. 

DEGRAUBI, V. Enlever la crasse des parois d'un vase, le décras- 
ser. De grauba, crasse. (Alpes.) 

DÊGREMEHLLI, DÉGREMECI, DÉKREMELLHA , v. Développer, 
détortiller, démêler un écheveau, un peloton. De gretneci, pe- 
loton. — L. gremium. 

DÉGRUFFO, A; DÉGRUFFI, lA, a((;. Espiègle, alerte, éveillé. (Ge- 
nève.) 

DÉGUEGNI, V. Dédaigner; se dégoûter d'un mets, d'un aliment 
qu'on croit mauvais. 

DÉGUELHA , s. f. Discours mal fait, mauvais sermon, prône mal 
débité. (Vaud.) 

DÉGUELHI, V. Renverser, abattre; débiter mai un mauvais 
discours. 

DÉGUERLA, DÉVOUERLA, v. Déplisser; dégringoler; se dégour- 
dir, se mettre en train. (Alpes.) 

DÉHLLO, adv. Vivement, subitement. 

DÊHLLOSENA, v. Perdre ses pétales, défleurir. De hllau, fleur. 

DÉHLLOURE, t. Ouvrir ce qui est fermé. De hUourey fermer, clore. 

DEI, art. pi, des deux genres, Voy. di. 

DEI, DI, DIU, GHI, GHIU. Dieu. — Dtti va bégne. Dieu vous bé- 
nisse. — Le bon Di, le bon Dieu. — Au nom de Ghi, au nom de 
Dieu. 

DEIN, 8. f. Dent; pointe de montagne. DeindeJaman, dein de Vau- 
lion, dent de Jaman, dent de Vauiion. E mo ai dein, j'ai mal aux 
dénis. 



102 DÉK 

DEIN-DE-TSÂO , 5. m. Mot à mot, dent de cheval; c'est la jus- 
quiame, Hyosqfamus niger, (Pays-d'Enhaut.) 

DÉKALA, <. /. Déchet, diminution du poids dont il faut tenir compte. 

Voy. KALA. 

DÉKALÂy V. Baisser, diminuer de poids, de prix, de valeur. Voy. 

KALÂ. 

DÉRÂLLHE-SAN, s. m. Patience sanguine, Rumex sanguineus ; mot 
à mot, qui rend le sang moins épais. Gomme cette plante a les 
feuilles rouges, la superstition lui attribue la propriété de ren- 
dre le sang moins épais, ou de faire disparaître le sang extra- 
vase, caillé. 

DËKALLHI, V, Rendre le lait liquide après qu'il a été caillé. 

DÉKAMÂ, V, Oter à une chèvre le collier appelé kama; se dégager 
d'un embarras, se tirer d'affaire. (Alpes.) 

DÉKAMPA, 17. Décamper, partir furtivement sans payer ses dettes. 

DÉKANTA, i). Transvaser pour ôter la lie d'un liquide. (Yaud.) 

DÉRAPPA, V. Oter la coiffe, l'arracher de la tête; décoiffer une 
bouteille. 

DËKARGELLAU, LAHIE, adj. Débraillé, déboutonné, chiffonné, 
qui a son vêtement en désordre. C. carza, nettoyer, arranger. 
(Val d'Illiez.) 

DÉKASAKA, v. Oter son habit, sa casaque. 

DËKASSA,v. Ramollir une tumeur, cassein; guérir une contusion. 
(Alpes.) 

DÉKATALA, v. Dévaler, descendre au moyen d'une corde. 

DÉRAVA, V, Oter le vin de la cave; creuser par-dessous, excaver. 

DÉREMANRLA, v. Enlever d'un tronc les fers auxquels tient la 
chaîne ou la corde par laquelle le cheval l'a traîné. (Val d'Illiez.) 

DËRLISSA, V. Détendre, faire partir un ressort. De kliket, ressort, 
loquet. (Valais.) 

DÉROBLLA, v. Délier; sortir un cheval du timon, ôter les couples 
ou entraves qui. lient les pieds d'un animal. 

DÉRORMA, V. Enlever la couverture d'un toit; se dit d'un vent 
violent. (Val dlUiez.) 



DÉM 103 

DÉKOTI, s. m. Peigne à dents écartées pour démêler les cheveux! 
DÉKOTTA, 0. Ouvrir y tirer le verrou en arrière; lever un appui! 

De cotta^ appui , étai, pièce de bois qui sert à fermer une porte. 

(Vaud.) 

DËKOTZI, V. Décocher, lancer; envoyer quelqu'un quelque part. 
DÉKOUPETA, V. Déchiqueter, découper un animal tué; le mettre 

en terre; enlever les pierres d'un terrain qu'on veut mettre en 

culture. (Alpes.) 

DÉKOUSSERI, V. Déchirer, érailler. Voy. dégorci. 

DËKOUTHI, V, Démêler, peigner les cheveux avec le peigne, dékoti. 
(Vaud.) 

DÉKRAINTHIAU, AUSA, adj. Impatient. (Val d'Illiez.) 

DËKUPI, adv. Mot technique du jeu des billes (vulg. jeu des mar- 
bres), chez les écoliers de Lausanne. 

DÉLABRA, $. f. Pioche. L. dolabra. (Ormonts.) 

DELABRA, V. Ecarteler, démembrer, gâter, délabrer. 

DELAITHI, DÉLAIKI, DÉLITHI^ v, Sevrer> ôter à l'enfant le lait 
de sa nourrice. Voy. DÊSALArrHi. 

DÉLAITHI, lA; DÉLITHI, lA, adj. Sevré, sevrée. 

DÉLAU, s. /. Douleur, chagrin. L. dolor. 

DÉLAVA, V. Salir, ternir un vêtement, une réputation; calomnier. 

DELÉZA, s. f. Clef de haie, barrière. Hébr. delet, fermer. (Vaud.) 

DÉLITHI, V. Voy. DÉLArnii. 

DELLHETTA, DEHLLËTTI, v. Détacher, séparer. 

DÉLOKA, V. Disloquer; ôter les sarments inutiles. (Montreux.) 

DELON, DILON, s. m. Lundi. Dies lunœ. 

DÉMAN, adv. Demain. Deman-né, demain soir. 

DÉMANCÎOUNNA, DÉMANGUILLONNA, v. Démantibuler, détraquer 
une machine. (Vaud.) 

DEMAR, DIMAR, s. m. Mardi. Dies Martù. 

DÉMARA, V. Quitter une maison, un lieu. 

DÉM ARKA, V. Oter une marque, démarquer. 

DÉMEHLLA, v. Démêler, débrouiller. De mehlla, mêler. 



i04 DÉP 

DÉIŒIMBRA, V, Démembrer/ écarteler. 

DEMEINDJE , DEMEINDZE , s. /. Dimapche. — Cest le seul des 
jours de. la semaine qui soit du genre féminin. 

DEMICRO, DIMICRO, s. m. Mercredi. Die$ Mercurn. 

DÉMIOLA, V. Oter la moelle; avoir de grandes douleurs; se déme- 
ner ridiculement en dansant. (Alpes.) 

DEMIZANNA, DËMIDZANNA, v. Déranger; ôter la partie du soo- 
lier appelée tnidzanna. 

DËMORA^ V. Demeurer^ habiter. Se démora, s'amuser, se divertir. 

DÉMORADJO, 8 m. Demeure, logement; droit d'habiter sa vie do- 
rant une maison. 

DÉMORÉ, s, m. pL Jouets d'enfants, jouets qui les font rester (de- 
meurer) au logis. (Montreux.) 

DÉMOURTHI, DÉMORDHI, v. Dégourdir. 

DÉMOURTHI, A; DÉMORDHI, A, adj. Dégourdi, leste. 

DENA, DOUNNA, v. Donner. 

DENAN, 8, f. Nom d'amitié donné par un enfant à sa grand'mère. 

DE NE SEIN LO PI, DE NE SEIN LE PI. Locution qui exprime 
une forie négation. Elle signifie ;> ne veux paeje n'y mettrai pas 
le pied (lo pi). On dit aussi, en l'abrégeant, sein lo pi. — De ne 
sein lo pi ke lo fasso, je ne le ferai certainement pas. (Yaud.) 

DÉNIA, V. Dénouer, nier. 

DENIAU, s. m. Ouverture ou couloir pour jeter le foin du fenil 
dans la crèche. (Alpes.) 

DÉNIOLA, DÉNITTA, DÉNIOTHA, v. Dénicher. De ^t, nid. 

DÉNORTZI, DËSEINORTSCHI, v. Désenchanter, enlever un char- 
me magique, désensorceler. De norlza, sorcière. (Vaud.) 

DÉPALA, V, Oter la neige, la boue, le fumier, avec une pelle de 

bois. (Pays-d'Enhaut.) 
DÉPATHOLLU, UYA, adj. Déchiré, déguenillé, vêtu de lambeaux. 

ï)epaUa, chiffon, guenille. On dit ailleurs dépathioru, a, dépe-- 

nallhi. (Vevey.) 
DÉPEGHI, DÉPICI, V. Dépecer, mettre en pièces, déchirer; éreinter 

un homme ou un animal par un fardeau trop lourd. (Val d'Illiez.) 



. DÉR 105 

DÉPEDGI, V. Séparer ce qui est agglutiné^ dégluer. Se dipedji ou 
dépedziy se détacher de quelqu'un^ rompre une liaison dange- 
reuse ou immorale. De pedge, pedze, poix. 

DÉPEINTHA, V. Dépeindre, décrire, faire un signalement. 

DÉPELHI, V. Oter d'une charge de foin, d'une gerbe ce qui pour- 
rait tomber en chemin. (Bas-Valais.) 

OÉPELHON, s. m. Ce qu'on ôte d'une charge. 

DËPENALLHI, adj. Voy. dépathollu. 

DÉ PER, loe, prépos. Par. Déper mè, par moi seul. Cest le de par 
de l'expression de par le roi. 

DËPERDRE, t;. Oublier ce qu'on a appris. Avec se, s'égarer, se 
perdre. 

DÉPÉTA, V, Devancer à la course, supplanter. L. petere. (Lausanne.) 

DÉPIA, V. Oter la terre du pied d'un arbre, d'un mur, déchausser 
un terrain; devancer; ôlre fatigué des pieds. En parlant des 
animaux, avoir la corne du pied endommagée. (Alpes.) 

DEPLLEIHI, DÉSAPPLLEIHI, v. Dételer. De appleiM, atteler. L. 
applicare. 

DÉPONDRE, V. Détacher, séparer ce qui est joint; décrocher; dis- 
continuer. Ne dépon pa, il ne cesse de parler. Participe passé, 
dépondu, 

DÉPOTTA, V. Oter une plante d'un pot pour la mettre dans un 
autre, dépoter, 

DÉPOUAIRA, DÉPOUAIRI, v, Ecorcher, mettre en vive chair, es- 
tropier, maltraiter. (Vaud.) 

DÉPUFFA, 0. Epousseter, enlever, secouer la poussière. De p^ffa, 
Voy. EPUPPA. 

DER, DÉ, s. m. Dé à coudre. 

DÉRAHi, V. Faire sortir quelqu'un de son sang-froid, le mettre en 
mouvement. 

DÉRAHI, A, adj. Qui est hors du bon chemin dans le sens moral, 
dévoyé. (Valais.) 

DÉRAMA, V, Enlever les rames qui soutiennent les pois, les fèves, 
les haricots 



106 DER 

DÉRANTRE, DÉRONTRE, v. Tempérer la trop grande fraîcheur 
d'an liquide; ébaucher^ dégrossir; étancher sa soif. (Alpes.) 

DÉRANTU, UVA^ adj. Dégrossi^ ébauché, qui a les premiers élé- 
ments. 

DÉRAUFFA, DÉROFFA, DÉRAUMA, v. Décrasser, enlever la crasse, 
ôter le fumier d'une étable. De rauffa, crasse. 

DERBELLU, s. m. Réduit, trou en terre, sépulcre. C. dair, enfer- 
mé. (Fribourg.) 

DERBI, DERBIEZ, $. m. Sapin. (Ormonls.) 

DERBOGNAU, EDERBOGNAU, s. m. Râteau pour étendre la terre 
des taupinières. 

DERBON, s. m. Taupe. Nai k'on derbon, noir comme une taupe. 
DERBOUGNA, EDERBOGNI, v. Etendre la terre soulevée par les 

taupes. 
DERBOUNNAI, s. m. Celui qui prend les taupes, taupier. (Vaud.) 
DERBOUNNAIRA, s. /. Taupinière. De derbon, taupe. 

DERE, V, Dire. Tè dio, je te dis; deri, je dirai. Part, passée de. 
M'a de dau mô, il m'a dit du mal, il m'a censuré, injurié. 

DÉRIA, adj, des deux genres. Dérouté, dévoyé. Yoy. dérahi. 

DÉROFFA, V. Voy. déraufpa. 

DËROLLA, V, Libérer de l'engagement militaire, rayer du rôle. 

DÉRONTRE, v. Voy. dérantre. 

DÉROSA, V. Abattre la rosée, rousahie. (Alpes.) 

DÉROTSCHAU, DÉROUTSIAU, s. m. Précipice, chemin roide et 
escarpé. Voy. dérupa. 

DÉROTSCHI, DÉROTZI,v. Renverser ce qui est en tas, jeter en bas. 

Avec se, se laisser tomber dans un précipice. De rotsche, roche, 

rocher. Voy. dérupeta, dérouvena. 

DËROUTSI, V, Sortir un fromage de sa forme, rotUsche. (Alpes.) 

DÉROUVENA, v. Dégringoler, tomber dans un précipice, dans un 
ravin, rouvena. 

DERRAI, s. m. Le derrière. 

DERRAI, RA, adj. Le dernier, le cadet, la cadette d'une famille. 



DÉS 407 

DERRAI, DERREI, prép. et adv. Derrière. Derrei la moihi, derrière 
l'église; derrei lli, derrière lui; per derrei, par-derrière; lé derrei, 
là-derrière. — Deri, id. 

DERRE, e. m. Erabie. (Bex.) 

DÉRUPA, 5. f. Pente rapide où Ton peut se précipiter, se dévaler. 
L. de rupe, (Lausanne.) 

DÉRUPETA, V. Se précipiter, se hâter; expectorer un rhume. 

DÈS, s, m. pL Dettes. On dit aussi devalle, Yoy. ce mot. (Jura.) 

DÉSAIRI, 0. Mal soigner, délaisser, négliger, abandonner. L. de- 
serere. 

DÉSAIRON, s. m. Enfant sale, mal soigné, pâle, maladif, cbétif, 
malingre. (Valais.) 

DÉSALAITHI, DÉSALAIKI, DESSEIRDRE, v. Sevrer. — DélaUhi, 
délaiki, délilki, id. 

DÉSALOHI, V. Gâter, déranger, détraquer. C'est l'opposé à'alohi, 
arranger. 

DÉSALOMBRA, v. Enlever ce qui fait ombre. 

DËSALPA, V. Faire descendre un troupeau, en automne, dans les 
pâturages inférieurs. (Alpes.) 

DÉSANNEI, 5. m. pi. Petits grains de raisins avortés et sans aucun 
suc. (l'est une maladie de la grappe. (Montreux.) 

DÉSAPPLLEIHI,t7. Yoy. déplleihi. 

DÉSAURE, s, f. pL Les hauteurs, les flancs d'un vallon. (Fribourg.) 

DÉSAURO, adv. En dessus, sur la hauteur (Pays-d'Enhaut). 

Pra désauro, prairies élevées. (Fribourg.) 
DÉSEINBRENA, v. Déchausser un arbre pour l'arracher, nettoyer 

ce qui est embrené, sale. (Montreux.) 

DÉSEINFLLA, v. Désenfler. Part, passé déseinfllo, a, désenflé, qui 
désenfle. 

DÉSEINORTSGHI, v. Yoy. dénortzi. 

DÉSO, DESO, prép. et adv. Sous, dessous. L'è lé-deso, il est là-des- 
sous. Déjo, id. 

DÉSOBLLEDJI, V. Reconnaître un service, en rendre un autre 
pour n'avoir plus d'obligation. (Yaud.) 



108 DÉT 

DÉSOSSA, V, Désosser, séparer les os de la viande. 

DESSAITHI, DESSAIKI, DESSIA, v. Désaltérer, ôter la soif, $ai. 

DESSALA, V. Oter la selle d'un cheval. 

DESSEIRDRE, v. Voy. délaithi, dèsalaithi. 

DESSENAU, DESSONEU, adj. Etourdi, écervelé, qui manque de 
sens. (Val d'IUiez.) 

DESSÉPARA, V. Séparer ceux qui se battent. (Jura.) 

DESSERRA, «.Desserrer, ôter ce qui enraye une roue. Dessarra, id. 

DESSIGNI, DESSEGNI, v. Déclarer par serment devant un tribu- 
nal. (Alpes.) 

DESSODA, V. Dessouder; éveiller, troubler la tranquillité de quel- 
qu'un, des troupeaux, des abeilles; mettre en action; ramener 
au devoir. (Valais.; 

DESSODO, 5. m. Trouble, tracasserie, dérangement. 

DESSOLA, V. Enlever ou diminuer la corne du pied d'un animal. 

DESSOU, LA, adj. Désenivré, qui n'est plus soûL 

DESSOULA, V. Désenivrer, cesser d'être ivre. (Lavaux.) 

DESSOUNAN, s. m. Déjeuner. (Fribourg.) 

DESSU, DÉCHU, ado. et prép. Sur, dessus. 

DESSUHI, DESSOHl, DESSOUHI, v. Contrefaire satiriquement le 
langage de quelqu'un. (Vaud.) 

DESTORBË,^. /.])/. Faux frais; empêchement, perte de temps. 
L. aisturbare, V. Fr. destourbier. (Fribourg.) 

DESTORBHA, v. Détourner quelqu'un de son travail, de ses affai- 
res, le troubler. 
DÉTALA, V, Partir précipitamment, s'enfuir, détaler. 
DÉTALA, DEHLLALA, s. /. L'égout d'un bâtiment, la gouttière. 

DÉTARTAGNI, v. Se déranger, faire des folies, s*embrouiller. (Val 
d'Illiez.) 

DÉTATSCHI, V. Délacher, délier. 

DÉTELLA, V. Dételer. Voy. déplleihi. 

DÉTERTIN, s. m. Garnement, débauché, mauvais sujet. (Vaud.) 



DÉT 109 

DÉTESCHI, DÉTETSCHI, v. Défaire, renverser ce qui est en tas. 
De tetsche, tas. 

DËTHETHA, v. Détacher un animal de sa crèche. 

DÉTHIENDRE, v. Eteindre. Part, passé, détkiendu, éteint. 

DE-TIRE, Joe. adv. Vite, prompteroent, de suite^ sans interruption, 
tout d'une tire. (Valais.) 

DÉTOPPA, DÉHLLOPPA, v. Enlever une barrière, déboucher un 
vase. 

DÉTRAKÂ, r. Déranger, détraquer. 

DÉTRAKA, DÉTRAKE, s. f. Machine dérangée; malaise, déran- 
gement de santé. L'a z'u na détrake, il a eu une indisposition. 

DËTRATHI, V. Déprimer, déprécier, rabaisser. L. deirahere. (Val 
d'IIliez.) 

DÉTREiNDRE, v. Serrer, torturer, mettre à la question. (Plaid 
général de Lausanne, 1368.) 

DÊTRELOUGAU, GAHIE, a^;. Demi fou, à demi aliéné, toqué, 
timbré. (Valais.) 

DÉTRO, DÉTRAU, s, f. Grande hache pour couper les arbres. L. 
dexira. 

DÊTZASSA, V. Eloigner, chasser, écarter, mettre en fuite. 

DÉTZASSHA, v. Oter l'apprêt d'une toile. De tsa, colle de tisse- 
rand. (Pays-d'Enhaut.) 

DETZE, s. f. Défaut intérieur ou extérieur d'un apimal, tare, vice, 
tache morale. 

DÉTZELLHI, t. Manger son bien, se ruiner peu à peu. 

DÊTZEMENA, v. Egarer, tromper, séduire, faire sortir du bon che- 
min. (Alpes.) 

DÉTZERGUEGM , v. Détraquer une machine, en déranger les 
parties. Voy. démangounna. 

DÉTZERNIHI, DÉTZERMA, v. Désenchanter, détruire un charme. 
(Vaud.) 

OÉTZERPI, V. Démêler les cheveux, les peigner. 

DÉTZETTl, t. Détourner, dans une laiterie, une portion de la 
crème ou du lait destinés au fromage. (Alpes.) 



no DÉV 

DÉTZISI, V, Déchoir, s'affaiblir dans le sens physique. 

DÉTZO, DÉTSCHAU, adj, des deux genres. Déchaussé, qui va nu- 
pieds. 

DÉTZOMPRÂ, DËTZEUNPR A, o. Déchiffrer une écriture gothique. 
(Pays-d'Enhaut.) 

DÉTZOPOUNA, V, Déboucher, ôter le bouchon, le tzapon. 

DËVALA, V. Dévaler, précipiter. 

DÉV ALLE, s, f. pL Les dettes, le passif. 

DÉV AN, prép. Voy. dèan. 

DÉVANKI, s, m. pL Ancêtres, devanciers, aïeux. (Alpes.) 

DEVANTIËH, DEVANTERI, s. m. Tablier de femme qui se met de- 
vant — Faurda, id. (Jura.) 

DÉVARIA (se), V. Se déranger, sortir du bon che;min; être désap- 
pointé, perdre la tête. (Vaud.) 
DEVEI, V. Devoir. Dévretri, je devrai; tè dewo, je te dois. 

DËVEI, s. m. Devoir, obligation morale. îPé fé ke mon détei, je 
n'ai fait que mon devoir. 

DEVEIN, s. m. Forêt communale, bois commun aux habitants d'un 
village. G. devez, pré, forêt interdite au bétail. (Aigle.) 

DEVEINDRO, DEVEINDO, s. m. Vendredi. Dies Veneris. 

DEVEINTZET, s. m. Diminutif de devein, Voy. ce mot. 

DËVENA, V, Deviner, découvrir. 

DEVER, prép, V^rs, auprès de. 

DÉVERI, V. Détourner. Se déveri, se retourner. (Alpes.) 

DËVERNETHI, v. Oter le vernis d'un vase. Dévemeunthi, id. 

DÉVESA, t;. Causer, faire la conversation, parler à quelqu'un. G. 
devis, causer. 

DÉVETI, V. Déshabiller; enlever la récolte du terrain qui l'a pro- 
duite. 

DÉVÊTU, DÉVETIA, adj. Déshabillé ; dépouillé de sa récolte. 

DÉVI, 5. m. Dieu. Mont-Dévi, le Grand Saint-Bernard, mons Dei, 
(Entremont.) 

DÉVIA, V, Dévier. Avec se, s'égarer, se détourner du chemin, via. 



DiA m 

DÉVIANCE^ $, f. Reconnaissance et fixation des bornes des grands 
chemins faite par la police. (Vaud.) 

DÉVORTOLLI, DÉVOUDRE, t?. Délortiller. L. devolvere, 
DEYOSEIHI, V. Parler avec mépris de quelqu'un, lui manquer de 
respect; tutoyer ceux auxquels on doit dire vous, (Alpes.) 

DÉVOUAIGNI, V. Détruire le grain semé. Se dit de certains insec- 
tes. C'est l'opposé de vouagni, semer. 
DÉVOUA RLA, v. Jeter loin de soi; agiter en l'air. (Alpes.) 
DÉVOUDRE, V. Yoy. dévortolli. 
DEVOUERPI, 17. Déguerpir, partir sans prendre congé. 
DËYOURA^ V. Déchirer, user un vêtement; dévorer. 
DEZ, s. m. Marc de raisin. (Montreux.) 
DEZ, s. /*. Menues branches de sapin. (Jura.) — Dé, id. 
DEZAHIRA, s. f. Chaire d'église. Djahha, id. 
DHI, DEI, GHI, adj, numér. Dix. 

DI, DEI, art. pi. des deux genres. Des. Dei valets, des garçons; di 
modjes, des génisses; di z'kommo, des hommes; ghi, id. 

DI, DHU, DU, prép. Dès, depuis; Du lor, dès lors. 

DI, DHI, s. m. If, Taxus baccata. (Aigle.) 

DIA, adv. A gauche, terme de charretier. C. Dta, Da, cheval. 

DIA, s. /. Les filaments du chanvre qu'on tient entre les doigts en 
teillant. (Alpes.) 

DIARLIA, V. Jurer fréquemment par le diable, se donner au dia- 
ble. (Genève.) 

DIABLLA, DIABLLESSA, s. f. Diablesse, méchante femme. 

DIABLLAMEIN, GUIABLAMEIN, adv. Diablement, fort, très. 

DIABLLAT, DIABLET, s. m. Diablotin, petit diable; se dit des 
enfants vifs et espiègles. 

DIABLLE , DIABLLO , GUIABLLO , GUIÉBLLO ; s. m. Diable. — 
DiabUo et son féminin diabUa s'emploient pour exprimer une 
forte négation : DiabUo la pa, pas du tout; DiabUo !^on, aucun, 
certainement; Diabtla la manka, je n'y manquerai certaine- 
ment pas. 



119 DIA 

Le paysan vaudois et surtoot le friboorgeois emploient habi- 
tuellement les locutions précédentes. Le paysan semble rendre un 
culte de prédilection au diable qu'il prie tous les jours, à diverses 
fols, de le prendre, de l'enlever, de l'emporter sur ses ailes, de 
lui accorder, en un mot^ toutes ses faveurs : Di<ibUo mèpreigne, 
m'einportai, m'einlétai, m'emvolaL Le jureur garde pour ses 
ennemis et souvent pour ses interlocuteurs : lo diabUo fêsOer- 
minai, tè roudjai, tè bresai le z'ou, tè touerde lo cou, farraUchai 
laleinvoua, U z'ongllo, c'est-à-dire: le diable t'extermine, te 
ronge, te brise les os, te torde le cou, t'arrache la langue, les 
ongles. Les plus timorés retranchent le pronom personnel mè, 
quand il s'agit d'eux-mêmes, et disent seulement d'une manière 
vague, sans désigner l'objet de leur malédiction : diablle einlévai, 
et par contraction : diab" einlévai, diable emporte, enlève. 

Mè baillo au diabllo, se cein n'è pa veré, je me donne au diable, 
si cela n'est pas vrai. 

On dit, plutôt comme exclamation que comme jurement, (^a» 
diabllo. 

Quelques hommes à conscience délicate, qui ne veulent rien 
avoir à faire avec le démon, et qui cependant aiment à jurer, 
disent : Dtti me preigne, Dieu me prenne; Diu me preigne se vo 
dio na dzanllhe, Dieu me prenne si je vous dis un mensonge. 

Vers le milieu du siècle dernier, le premier nègre qu'on eût 
vu dans la Vallée du lac de Joux rencontra en arrivant un mem- 
bre du tribunal, lequel, se jetant à ses genoux, lui dit à mains 
jointes: monsu lo guiébllo, ne me fade djein de ma, ô monsieur 
le diable ne me faites point de mal. Un peu plus loin il rencon- 
tra une espèce de demi-fou, qui, après l'avoir regardé un mo- 
ment, lui dit : Va iè lata lo mor, coueffe ke Vi, va te laver le 
visage, vilain que tu es. 

Un bourgeois d'Estavayer, n'étant que simple citoyen, ne ju- 
rait que par un diable ; mais étant devenu banneret de la ville, 
il crut de sa dignité de jurer par cinq cents^ chein cheint diabUo. 

Grftce au progrès de l'instruction religieuse, la jeune généra- 
tion vaudolse jure beaucoup moins, surtout les femmes qui, il 
n'y a pas longtemps, juraient autant que les bommes et avaient 



DIS 113 

iD¥eDté quelqiMS jurements spéciaux à l'usage de leur sexe. Un 
pasteur a corrigé de ce vilain défaut les jeunes Allés de sa pa- 
' roisse en leur disant qu'il n'y a rien qui rende une femme aussi 
laide que l'habitude de jurer. 

DIABLLERI^ s. /. Petites manœuvres de sorcellerie employées par 
ceux qu'on dit s'être donnés au diable ; choses auxquelles on 
ne comprend rien ; petites malices. (Vaud.) 

DIÂROUNETTA. Sorte de jurement adouci ou d'exclamation inof* 
fensive^ qui ne vient pas^ je présume^ du grec Scoxovoç, diacre. 
(Vaud.) 

DIÉ, s. m. Lutin. Ce mot n'est guère employé qu'avec le verbe 
tnena, mener. Mena dié, faire un bruit attribué aux lutins pour 
effrayer pendant la nuit. En celtique, Dian est le nom d'un dé- 
mon spécialement chargé de conduire et d'introduire au sabbat 
les sorciers et les sorcières. L. Dis, divinité infernale. (Valais.) 

DIETZO, GUEITZO, QUETZO, s. m. Vase à tenir le lait. (Alpes.) 

DIHA, V. Lever au profit du seigneur la dixième gerbe d'un champ 
moissonné. 

DIMIAU, s. m. L'homme qui vient par droit ou commission lever 
ou recevoir la dîme. (Vaud.) 

DtMO, $. m. La dlme. Misa le dimo, mettre à l'enchère les dîmes 
de certains champs. 

DIhO, s, m. Division territoriale d'une commune ou d'un district. 
(Rougemont.) 

DINA, DENA, c. Dîner. 

DIO, GUIO, s. m. Argile, terre grasse. (Genève.) 
Dl-OBA, DU-HORA, foc. adv. Dès à présent, dès cette heure, doré- 
navant, désormais. L. hora. 

DIOTU, UVA; 6UI0TU, UVA, adj. Epais, ferme; se dit d'un po- 
tage. Dérivé de dio, guio. (Genève.) 

DISCOUCHON, $. f. Etat de faillite établi par le tribunal, qui met 
à l'enchère les biens du failli. Va fé discouchon, il a fait faillite. 
(Vaud.) 

DISPEINSA, V. Dépenser, manger, consommer. 

MÊH. ET DOCUM. XXI. 8 



114 DJA 

■ 

DISPENSA, 8. f. Dépense; garde-manger, lieu où l'on garde les 
provisions. (Yaud.) 

DISSE, ado, Voy. dainse. 

DISTAK, «. m. Terme de lir. L'accessit, le second prix. (Vaad.) 

DITTON, s. m. Proverbe, maxime, dicton. 

DIURA, r. Suinter. Se dit d'un vase disjoint qui laisse échapper le 
liquide qu*il contient. 

DJA, adv. Déjà. — Ja, dza, id. L.;am. 

DJAINDRO, s. m. Mitron, garçon boulanger, le geindre. Mot vieilli. 
(Moudon.) 

DJAKEMAR, $, m. Statue d'homme armé, ordinairement placée sur 
une fontaine. (Nyon.) 

DJALA, t?. Geler., — Dzala^ id. 

DJALAHIE, s. f,'y DJALLEIN, s. m. Gelée, gel; volée de coups. 

DJALLHO, OTA, adj. Semé de taches blanches; se dit du manteau 
des vaches. — Dzatho, id. (Alpes.) 

DJAMBA, DJIGA, s. f. Jambe. — Tsamha, id. 

DJAMBETTA, $, f. Pelite jambe; jambon de porc, jambonneau. — 
Tsatnbetta^ id. 

DJAMBOTTA, r. Marcher mal, comme un bancroche^ boiter. (Pays- 
d'En haut.) 

DJAMÉ, adv. Jamais. — Jamé, id. 

DJANLLA, DJANLLHI, v. Mentir, dire des sornettes. Teinadjat^ 
llhu, tu en as menti. 

DJANLLHAU, DJANLLHEU, SA, adj. Menteur, jongUur. 

DJANLLHE, s, f. Mensonge, bourde. Ne de ran ke dei djanUke, il 
ne dit rien que des mensonges. 

DJANLLHERASSA, s. f. Menteuse d'habitude. (Genève.) 

DJANVI, B. m. Janvier. 

DJAPPA, JAPPA; s, f. Femme grondeuse, rapporteuse. 

DJAPPÀ, DZAPPÀ, V. Aboyer, japper; rapporter indiscrètement 
— Un curé, voyant passer un ministre contre lequel un chien 
aboyait, s'écria : Ein vouaike ion apri koui U) diabUo djappe bein. 



DJE 115 

eu voilà un après qui le diable aboyé bien fort. Le ministre 
répondit : Ne djappe pa apri tè ke Vi de l'aUo; il n'aboie pas après 
toi qui es de la maison. 

DJAPPET, DZAPPET, TA; DZAPPAU, 9dj. Rapporteur, causeur 
indiscret. (Vaud.) 

DJAPPOTTA, V. Parler ab hoc et ab bac, jaboter; parler entre ses 
dents, murmurer. 

DJARROTAIRA, $. f. Jarretière. 

DJAVIOULA, <. /. Cage d'oiseau; geôle. G. joul^ geôle. 

DJE^ s. m. Geai, gractdus, — Djai, dzé, id. 

DJEBLLA, DZEBA, i, f. Cage d'oiseau. C. gabia, cage. -> Dzèbe, 
id. (Jura.) 

DJEIN, 9. m. Plainte d'un malade, gémissement. 

DJEIN, DZEIN, adv. Rien, point, aucunement. N'ein a djein, il 
n'en a point. (Jura.) 

DJEINDRE, r. Se plaindre, gémir. C. gweni, douleur. 

DJEINDRO, 8. m. Voy. djaindro. 

DJEINO, DZEINO, $. m. Marc de raisin. (Lavaui.) 

BJEINT, DJET, s. /. Une personne. Le pluriel djeins signifie non- 
seulement le$ gens, mais encore les parents, ceux de la maison. 
Me djeins, mes gens, c'est-à-dire, père, mère, frère, sœur, etc., 
en général les parents qui vivent ensemble dans la même mai- 
son. Dzeint, dzeins, id. 

DJEIf^THA, s. f. Produit annuel d'une vache. (Alpes.) 
DJEINTHELLIRT, s. m. Bois gentil, garou, Dapkne Mezereum, 
DJEINTHI, A, adj. Habile, actif, prévenant, gentil. 
DJENELHE, s, /. Poule, galUna, — Geline, dzenelhe, id. 
DJENELHETTA, DJENELHOTTA, s. f. Gelinotte, tétras, lagopède; 

oiseau des Alpes. 
DJENETTA, s. f. Narcisse des poètes (Jura). Dans les Alpes, on 

dit gottrausa, 
DJENOADJE, GENOAiDJA, s. /. Sorcière. Jenounas, espèce de fée 

du mont Atlas. En langage d'Alger, tjenauri signifie un mauvais 

génie. (Jura.) 



116 DJI 

DJEPPON, t. m. Habit d'homme, jupe de femme. 

DJERÂ, s. m. Assesseur d'un tribunal, ;tir«', membre d'un corps 
de justice. (Aigle.) 

DJERÂ, DZERÂ, DJURÀ; v, Jurer^ maugréer. Èfa dzera apri, il a 
fait des imprécations contre moi. 

DJERADA, 5. f. Femme de ce magistrat; c'est son titre honoriflque. 

DJERDEU, EUSA; ZERDAU, SA, adj. Vilain, laid à faire peur. L. 
horridus. (Bas-Valais.) 

DJERDJELHAU, SA, adj. Effrayant, épouvantable, qui fait frisson- 
ner. (Ormonts.) 

DJERDJELHI, v. Effrayer, épouvanter, faire frissonner,, donner la 
fièvre. 

DJERLA, s. /*. Petit tonneau à un fond, pour transporter le raisin 
de la vigne au pressoir. Cjarly crucbe. — Gerla, id. (VuUy et 
Neuchâtel.) 

DJERLO, s. m. Voix, poitrine. L'a on bon djerlo, dit-on d'une per- 
sonne qui parle haut et beaucoup. 

DJERNA, DZERNA, v. Germer. 

DJEBNO, DZERNO, s. m. Germe. 

DJERRE, DZERRE, interj. Ce mot équivaut k Je le jure, ainaré- 
meni, (Grandson.) 

DJERSÂ, s. /. Martin-pécheur, oiseau. 

DJÉSE, interj. Jésus I (Jura.) 

DJEUR, DJOR, JEUR, s. /l Forêt de montagne; on éxijoux, dans 
le français populaire; les chartes disent nigrœ juriœ. De là le 
nom de la Vallée de Joux. (Jura, Alpes.) 

DJEURETTA, DJORETTA, JORETTA, $. f. Diminutif du précédent, 
petite forêt, bosquet. 

DJEVATTA , DZEVATTA , ÉZEVATA , «. Se débattre, se démener, 
mouvoir tous ses membres,* bondir. (Vaud.) 

DJI, DJAI, 5. m. Ecume du lait quand on le trait (Jura). Ailleurs 
on dit dzé. 

DJIFFLA, s. f. Soufflet, mornifle. (Coppet.) 



DJO 117 

DJI6N0, DJEGNO, DZEGNO, i. f». Le second berger d'un chalet, 

chargé de faire le séré. L. junior. (Alpes.) 
DJIHITRO, i. m. Gite, place où quelqu'un s'est couché. — Biitro, 

id. (Val d'IlHei.) 
DJIKLLA, s. /l Petite seringue d'enfont pour lancer de l'eau. (Vaud.) 
DJIKLLÀ, TSANKLLÂ, ZIKLÀ, DZlKLLÂ, v. Ejaculer, lancer, se- 

ringiier de l'eau. G. dnela, 
DJIRLLAHIE, s. f. Le contenu de la seringue; éclaboussure; une 

petite portion d'un liquide. 

DJILA, s. f, Vesse, vent coulis. 

DJILÀ, i;. Vesser. 

DJILLUON, i. m. Gui, Vitcum album, plante parasite. (Valais.) 

ÛJINGUA, DZINGUA, v. Prendre ses élMits, bondir comme les va- 
ches font au printemps, sauter. (Vaud.) 

DJINGUET, TA, adj. Découplé, alerte, leste, prompt à sauter, léger 
à la course. 

DJITHA, I. f. Voy. agita. 

DJITHÂ, DZETTHÂ, p. Essaimer ; faire sortir le bétail de l'étable, 
le jeter dehors; pousser des boutons de gale. 

DJOBA^ V. Babiller, causer immodérément. (Jura.) 

DJOBLLA, V. Entreprendre; parler; prendre conseil; prendre aes 
mesures. (Vully.) , 

DJOHI, JOl, t^. Jouir, avoir la jouissance. 

DJONNA, V. Jeûner. — Djanno, id. 

DJONNE, s, m. Jeûne. 

DJOB, DJEUR, DJEU, DZOÏ, DZO, «. m. Jour. 

DJORNAHIE, i. f. Journée. — Dzama, id. 

DJORNIVA, 4. f. Journée de travail. — DzonM, id. 

BJORNOHI, V. Ajourner, remettre d'un jour à l'autre. (V. st.) 

DJORBEIN, DJORRAN,<. m. Vent du nord-ouest. On dit;orafi, 
dans le français vaudois. — Dzoran, id. 

DJOT, DZOT, $. m. Juchoir de poule. Uè à djot, il est sur le ju- 
choir, il est couché, il est au lit. 



118 DON 

DJOUKLLÂ, 0. Promeure en mariage son fils ou sa fille tout jeunes. 
(Jura.) 

DJOURE, DZOURE^ v. Se tenir tranquille, cesser. Djou, impér., 
tiens-toi tranquille, reste en repos. Il est aussi adverbe : tem^tè 
djou. Dzoudé dan, finissez donc, dit une fille à un garçon qui la 
chiffonne. — Jaure, id. (Vaud.) 

DJOUTA, s. f. Joue. — Jouta, id. 

DJOUTHA, V. Voy. jootâ. 

DJOUVENET, TA, adj. Jeunet, jeunette. C'est le diminutif du mot 
suivant. 

DJOUVENO , NA, adj. Jeune, jouvenceau, jouvencelle. L. juvenis. 

DJOVEIN, i. m. Jeune bétail, veaux et génisses. L.jutenis. (Alpes.) 

DJU, s. m. Jeu, espièglerie, mauvais tour; place d'un jeu public. 

DJUIN, s. m. Juin. 

DJULLHET, $. m. Juillet. 

DJUYI, V. Jouer. Djuvi et guellhe, jouer aux quilles. 

DO, $. m. Ce qui coule du pressoir avant qu'on presse; littérale- 
ment, le doux. (Montreux.) 

DOA, s. f. Douve de futaille. — ïkma, id. 
DOAI, s. f. Colère, fftcherie. (Val d'Illiez.) 
DOBA, $. f. Fille ou femme qui dit ou qui fait des folies. (Jura.) 
DOBLLE, $, m. Besace, sac double. (Valais.) 
DOLA, s. f. Escalier qui mène à la cave. C. dol, lieu bas, descente. 
(Alpes.) 

DOLEINT, DOLEINTA, adj. Faible, misérable, digne de pitié. L. 
dolens. 

DOLOZA, V. Se plaindre d'une douleur. L. doleo. (Alpes.) 

DONDA, V. Sommeiller, roupiller. — Draugha, id. (Valais.) 

DONDAINE, s. f. Fille courte, grasse, trapue, gaie ; une dondon, 

DONNA, DOMNA, s, f. Mère de famille, la maîtresse de la maison. 
L. dominus, — Noutra Donna, Notre-Dame, la sainte Vierge. L'en- 
fant en parlant à sa mère l'appelle donna; c'est son titre d'bon- 
neur. (Fribourg.) 



DOZ 119 

DONNA, s. f. Distribution d'aumônes, «i argent ou en denrées, de- 
vant la maison du défunt, après son enterrement. (Yaud.) 

DONZELA, DONZALA, s. f. Jeune servante, petite chambrière. Ce 
mot n'est point injurieux dans l'évêché de Bftle; mais en général, 
na donzala est une fille ou une femme d'une vertu équivoque. 
DOR, A, adj. Vain de sa parure, petit-maître. (Jura.) 
DORDON, DORDEUN, s. m. Gros bftton, gourdin. 

DORLOTTA, v. Mignarder; caresser, dorloter. Ce mot est celtique. 
(Vaud.) 

DOSSET, TA, adj. Doucefttre, fade. 

DOSSETTA, s. f. Sorte de coiffe noire qui a passé de mode. (Orbe.) 

DOTA, 17. Douter; craindre, redouter. 

DOTHA, t. f. Opinion, volonté. L'è ma doiha, c^est ma façon de 
penser. C. dot, det, vouloir. (Alpes.) 

DOTHË, s. f. Anneau d'une clef; douille. 

DOTZI, V. S'adosser, se tenir debout. (Fribourg.) 

DOU, s. m. Dos. Lo dau me fa ma, le dos me fait mal. 

DOU, DAU, DEU, art. Du. 

DOU, DU, DUI, adj. numér. m. Deux. Le féminin est duê, duoe, 
avec Ye ouvert et bref. 

DOUGNI, HLLOUGNI, s. m. Se dit des tôtes ou capitules de la bar- 
dane {Lappa nu^or, etc.), capitules que les enfants se Jettent aux 
cheveux. (Alpes.) 

DOUKLLA, s. f. Durillon de la peau provenant de la piqûre d'un 
insecte. 

DOULISSE, s. f. pi. Copeaux faits avec le rabot. (Ormonts.) 

DOURDEUN, $. m. Dormeur, homme appesanti, qui s'assoupit fré- 
quemment. (Pays-d'Enhaut.) 

DOUTA, OUTA, v. Oter, enlever. Douta-tè d^ike, ôte-toi de là. 

DOUTHA, s. f. Gosse, gousse de fève. (Alpes.) 
DOVA, $. f. Voy. noA, 

DOVEIN, adv. Comment, pourquoi, d'où vient, 
DOZANNA, $. f. Douzaine. 



420 DRO 

DOZË, DODDË, «4r. nmur. Dooxe. ^ Dox$, id. 
DRÂCHA, DRATSGHA, «. /: Séâimeai déposé par le beurre fonda . 
Drecke, id. (Vaud.) 

DRAGUA, s. f. Noix de la plus grosse espèce. (Montreux.) 

DRAI, DRAITAy adj. Droite droite. Ce mot entre en composition 
dans plusieurs locutions : 
A l'adrai, le côté du soleil dans une vallée; littéralement à fm- 

droU, Le côté opposé est l'arrel (Pays-d*Enhaut.) 
Toi drai, directement, en droiture. 
Tot'Uhdrai, tout de suite, sur le champ, promptement. 
Tat'adrai, à point nommé, JiMte au moment. 
Oreindrai, maintenant, actuellement. 

DRA)> A0RAI, ADREI, ado. Bien, comme il fout. Drai dainse, c'est 
ainsi. Voy. adrei. 

DRAI, $, m. Droit; portion^ part, oe <|ui revient à chacun d'un hé- 
ritage, d'une distrilMitioa. BifUlûmè $non drai, donnez-moi on 
part. 

DRAITHI, adj. Droitier, qui se sert de la main droite. 

PRAPALA, I. f. Le» langeB d'un enfant au berceau. V. Fr. drafH, 

morceau d'étoffe. B. L. drapellum. (Alpes.) 

DR AS, s. m. pi. Vêtements d'homme et de femme en général. — 
if' on roblM H mè droi, ils m'ont volé tous mes habite. 

DRAUGHA, DRAUKA, V. Sommeiller, roupiller, s'assoupir fré- 
quemment. (Alpes.) Voy. DONOA. 

DRAVASSO, i. m. Tussilage blanc, TustUago alba. (Bex.) 

DRKLLHI^ V, Courir fort vite. Driller se disait dans le xQÔme se^ 
en français. (Alpes.) 

DREMILLHA, DROUMILLA, DREMILLETTA^ 9. f. Loebe franche, 
petit poisson du genre cobite. 

DROBLLA, V, Doubler; ajouter un ou deux chevaux à l'attelage 
pour faire une montée. 

DROBLLAIRA, DROBLLIRA, s. f. Doublure d'un vêtement; mal- 
son qui a deux logements. (Pays-d'Enhaut.) 



DTS 121 

DROBLLO, A^ adj. Double. Ob appelle drobUo les chevaux qui 
doublent à la montée. 

DROBLLO, $. m. Le grand-duc, oiseau de nuit; Strix^Bubo. 

DROLA, t. /. Droit féodal du seigneur sur la première nuit des no- 
ces de ses vassales, appelé aussi droit de marquette, de préUba- 

' tùm, de cuissage. — En 1350, les gens de Châtel-Saint^Denis' se 
rachetèrent de la' drola pour un cens annuel d'une mesure 
d'avoine, payable par chaque chef de famille. Ce tribut ne fut 
aboli qu'en 1798. 

DROLLERI, $.f. Bagatelles, petits présents, drôleries; espiègle- 
ries, sornettes. 

DROUMA^ 5. f. Gonflement produit par un coup, une contusion; 
tumeur, enflure. (Alpes.) 

DROUUI, DREMI, v. Dormir. Alla dremi, aller se coucher. 

DROUHIAN, s. m. Grand dormeur; campagnol ou muscardin, Iftis 
avellanarius, plus connu sous le nom de malagnou. (Vaud.) 

DBOUTZGHE, DRUTCHE, s. /. La patience des Alpes, Rumexalpi- 
nvf, plante qui croît autour des chalets et qui est employée pour 
engraisser les porcs. On donne le môme nom aux diverses es- 
pèces de bardane. (Alpes.) 

DROUTZB, I. f. Femme de mauvaise vie, entremetteuse. G. druth, 
même signification. En esclavon, druchte signifie cencubine. 

DRU, adn. Fort, raide. fxi va dru, il y va tout de bon. 

DRU, DRUA, DRUVA, adj. Vif, gai, bien portant; gras, fertile. — 
Quand on dit d'une fille qu'elle est drua, cela signifie qu'elle est 
dégourdie ou coquette. — Tini-vo dru, conservez^vous bien por- 
tant. — Coumein tos ein va ? Ue-vo adi dru f Gomment allez- 
vous? étes-vous toujours bien portant? — G. dru, gras, abon- 
dant, épais. (Frîbourg.) 

DRUDJE, s. f. Fumier, engrais; abondance, bien-être. La drudje 
tor lo cou, l'abondance est fatale, prov. (Gruyère.) — Drudze, id. 

DRUDION, DRUDZON, s. m. Fille forte et robuste pour le travail. 

(Genève.) 
OTSGBNAI, RA, i. m. et /. Sorcier, soreière ; magicien, magicienne. 

(Bvéebé de BAle.) 



132 DZE 

DV, Dl, prép. De, depuis. Du-kara, dès à présent; êur-icê, du^^é, 

d'ici, depuis ici; du lé, de là, depuis là. 

DÛ, HLLU, s. m. Lieu, endroit. Vè en hi dû, c'est un bel endroit. 
(Pays-d'Ënhaut.) 

DUISANT, part. Propre, convenable, agréable, qui plaît. Vient do 
vieux verbe duire. 

DUTHET, TA, adj. Doux au toucher. (Pays-d'Enhaut.) 

DUTHO, A, adj. Doux au goût. (Pays-d'Enhaut.) 

DUTZIRA, DUTCHIRA, s. f. Cascade, chute d'eau; canal pour con- 
duire l'eau; douche. L. ducere. (Fribourg.) 

DZAHLLA, V. Glisser en ricochant; jaillir. (Alpes.) 

DZAHLLAITA, s. f. Vase à traire, seau. (Vully.) 

DZAKË, s. m. Veste courte pour homme. 

DZAKET, s. m. Nigaud, badin, un drôle d'homme. (Vaud.) 

DZAKETTA, JAQUETTE, ». f. Petit corset, veste pour femme. 

DZALOSI, TZALOSI, s.'m. Orchis noir, Orcki$ nigra Scop., plante 
des Alpes et du Jura. 

DZARAVOUATA, v. Babiller à outrance; s'agiter, se démener. 
(Vaud.) 

DZARAVOUTA, TSARAVOUTA, i. f. Charogne. C'est une injure 
des plus grossières. L. caro, 

DZAUKA, V, Faire le paresseux, rester sans mouvement; se dit 
d'un animal. (Alpes.) 

DZAVOUATTA, s. f. Babil excessif, flux de paroles; larve de gre- 
nouille, têtard. (Vaud.) 

DZEBOLLON, GREBOLON, t. m. Bouton, ébuUition. Voy. grb- 
BOLON. (Lavaux.) 

DZEBOLLONNA, AHIE, adj. Couvert de boutons. (Lavaux.) 

DZEBTA, s. f. Petite gale. 

DZEBTHA, V. Glisser sur un plan incliné^ sans pouvoir se rete- 
nir. (Alpes.) 

DZEFFA, DZEREFFLA, v. Se faire jour à travers les jointures d'un 
vase de bois, ou à travers les doigts; se dit d'un liquide. (Lavaox.) 



DZÉ 128 

DZEINDRO, s. m« Gendre. Alla à dzeindro, se dil du jeune homme 
qui entre au service de son beau-père, parce que celui-ci ne lui 
a accordé sa fille qu'à la condition qu'il viendrait travailler un 
ou deux ans dans sa maison, sans autre rétribution que sa nour- 
riture. (Yal-de-Ruz.) 

DZEINT, $. m. Voy. djeint. 

DZEMOTHI, DZEMOTA, v. Se plaindre, gémir, sentir péniblement 
sa faute ou son état malheureux. L. gemitiu. (Pays-d'Enhaut.) 

DZENAIYRO, TSCHENAIYRO, s. m. Baie du genévrier. 

DZENEHLLA, $, f. Clavaire, sorte de champignon, Ciavaria awrta^ 
dickoloma, etc. (Pays-d'Enhaut.) 

DZENEU, DZENAU, s. m. Genou. 

DZENEVRI, 5. m. Genévrier. — Graui, id. 

DZENOHLLET, DZENOTTET, s. m. Petit genou; nœud de la tige 
des céréales; pièce de bois appelée courbe. 

DZENOHLLETTA, s. /. L'impatiente, ImpaHens noli tangere, plante 
de la famille des balsaminées. (Pays-d'Enhaut.) 

DZENZIAU, DZENGIAU, s. m. Ficelle noircie du charpentier. 
(Alpes.) 

DZEPA, s. f. Petite veste ou corset d'homme, jupe de femme. 

DZERDJI, 8. m. Rainure d'une douve de tonneau. (Lavaux.) 

DZERNA, s. f. Poule. 

DZEROU, 5. m. Machine pour tenir la bobine à dévider. 

DZEROUD, DA, adj. Fou, nigaud. Te n'î k'on dzeroud, tu n'es qu'un 
imbécile. (Fribourg.) 

DZETI, DSELLHI, ZILLI, v. Cabrioler, bondir, courir de joie; le- 
ver le derrière; se dit des vaches quand elles sortent de l'étable. 
(Alpes.) 

DZETTAI, s. m. Margouillis, bourbier; tumulte, querelle de mé- 
nage. (Pays-d'Enhaut.) 

DZEVOUHI, V. Endurer^ patienter, avaler un chagrin. (Alpes.) 

DZÉZÉ, t. m. Fausset, petite cheville de bois pour boucher le trou 
&it à un tonneau avec le forel. 



124 ÉBA 

DZEZI, TSGHËSI, o. Choir, tomber. Part, passé, tsckesu, tombé. 

(Vaud.) 
DZIHGNO, f . m, Marc de raisin. (Vignoble.) 
DZITHA, V, Mettre le bétail à l'abri ou à l'étable, te gUer, 

DZODZE, s. m. Mesure valant un pouce et dont il fallait dauzê 

pour le pied. (Fribourg.) 
DZODZâ, V. Mesurer avec le pied, jauger. (Fribourg.) 

DZOET, s. m. Marque qui consiste à enlever un morceau de l'o- 
reille d'une vache ou d'une chèvre pour la reconnaître. (Alpes.) 

DZOHIAU, DZOHIAUSA, adj. Joyeux, joyeuse. 

DZOLLHA, s. f. Ampoule causée par une brûlure. 

DZOUHIA, 5. f. Joie. 

DZOULI, A, adj. Joli, honnête. Dzouli est le nom de rigueur de 
l'un des bœufs de charrue ; l'autre s'appelle Fromein, — Zouli, 
id. (Vaud.) 

DZOURE, V, Jouir d'un bien; avoir, sa vie durant, la jouissance 
d'un immeuble. 

DZUDZO, ZUZO, s. m. Juge. Dzudza, la femme du juge. 

DZURUHLLA, t^. Se dit de celui qui fait des bulles sur ses lèvres 
avec sa salive, comme les petits enfants. (Alpes.) 

N, B. Dans les divers dialectes du patois romand, les mômes 
mots s'écrivent avec/, Dj, Dz, Z, selon la prononciation. Ainsi 
joure, djoure, dzoure, zoun, lont le même verbe. 



E 



È, 3« pers. du prés, de l'ind. du verbe auxiliaire t<r^, élve.— ElU, 
c'est lui; Vè veniaUa, elle est venue. 

ÉBAHI, ÉBAHIÂ; ÉBÉHl, HIA, adj. Etonné, surpris, ébahi. — 
EbanH, id. (Vaud.) 

ÉBAHI, ÉBÉHI, V. Etonner, surprendre. S'ébaki, s'étonner. S'bahi, 
s'6aAta,locutioncontractéemarquantledoute, rétonnemenl. Fin- 



EBO 125 

terrogalion: Ma^bakiaie vint, croyez- vous qu'il vienne? vient-il ? 

ÉBÂLÂNCE, 5. f. pL Balance. 

ÉBALOHIy V. Se réjouir, se divertir, s'ébaudir. 

ÉBARAGNI, 17. Oter les toiles d'araignée. De aragne, iragne, arai- 
gnée. — Iragni, id. (Genève.) 

ÉBAUBI, lA, adj. Etonné, surpris, émerveillé. Ebahi, id. (Vaud.) 

ÉBAUDI (s'), r. Se réjouir, se divertir. C. éhad, ébat, divertisse- 
ment. 

ÉBAVOA, V. Contrister, chagriner; éblouir. (Val d'Illiez.) 

ÉBAVOHA, HIE, adj. Abattu, triste. (Val d'Illiez.) 

ÊBEDA, V. Faire tiédir un liquide. L. tepidus, 

ËBENDANNA, o. Blesser grièvement, gâter, casser un vase. (Val 
d'Illiez.) 

ËBERTHI , A, adj. Personne à laquelle il manque quelque chose, 
qui n'a rien. Formé de e privatif et du C. berth, bien, richesse. 
(Bas-Valais.) 

ÊBESANTZI (s*), v. Se déboîter la hanche, se déranger les vertè- 
bres, se luxer un membre, s'éreinter. (Alpes.) 

ËBESANTZl, A, adj, Ereinté, foulé. (Alpes.) 

ÉBIATZE, $. /. Femme de mauvaise vie, gourgandine. (Valais.) 

ÉBIMAHIE, 8. f,; ÉBIMO, s. m. Grande quantrté. 

ÉBIOL.\, V. Epamprer la vigne pour la seconde fois. (Vignoble.) 

ÉBLLOTHA, v. Ecosser les pois, les fèves. 

ÉBORA, t7. Oter,en glissant la main, la graine d'une plante; écor- 
cher un animal, en retournant la peau comme un gant. (Pays- 
d^Enbaut.) 

ÉBORNA, AHIE, adj. Enrhumé. De borron, rhume, catarrhe. 

EBOTIHI, ËBUTZELLl, v. Nettoyer un pré des petits morceaux de 
bois appelés butzellhe. (Valais.) 

ÉBOTZON, s. m. Petits morceaux de bois sec. (Valais.) 

ÉBOUÉLA, EINBOUAILA, v. Ecraser de manière à faire sortir les 
boyaux d'un animal ou l'intérieur d'un fruit. De boue, boyaux. 
(Vaud.) 



426 ECO 

ËBOUËLÂU, ÀHIE, adj. Dont les boyaux sortent. ; se dit des ani- 
maux. 

ËBOUHLLI, ÉBOUTHI^ v. Ebouler; avoir une double bemie. 

(Alpes.) 
ÉBOURDILLHI, v. Ecraser, écacber, éventrer. (Lavaux.) 

ÉBOURDILLI, V. S'épanouir la rate, s'égayer. G. bourdal, folâtrer. 
(Fribourg.) 

ÉBOURKENA, v. Equarrir une poutre. (Ormonts.) 

ÉBOURKENE, s: f, pL Ck>peaux détacbés d'une poutre èquarrie. 
(Ormonts.) 

ÉBRAKAU^ ËBRAKAIA, adj. Ouvert; bancal, qui a les jambes écar- 
tées. (Valais.) 

EBRAN, 5. m. Bouillons, ondes d'un liquide en ébullition qui fran- 
chissent les bords du vase. (Alpes.) 

EBREKA, EBRICA. v. Briser, mettre en pièces. De breka, pièce. 

EBRETZI, 17. Faire des brèches à un vase, au tranchant d'un cou- 
teau, d'une lame. — Ebretschi, id. 

EBRONDA, V. Ebrancher, ôter les branches qui pendent sur les 
routes. De bronda, branches. 

EBU, s. m. Grand coup de vent, ouragan. (Alpes.) 

ECHANDOLLETT^ , s. f. Petits ais de sapin pour couvrir les toite 
des bâtiments de montagne. Voy. ancella, angetta, assethe. 

EGHEIN, s. m. Bon sens, raison, savoir-faire. L'a pou d*échein, il 
a peu de raison, de jugement; l*é fai à boun échein, je l'ai fait à 
bon escient, (Vaud.) 

EGHILLA, ETSGHELLHI, v. Echapper, éviter un accident, une 
perte, un dommage, un châtiment. 

EGHINA, V, Battre, rouer de coups, frapper sur l'^ci^tn^, éreinter, 
échiner. 

EGHOTTA, V. Secouer un arbre pour en faire tomber les fruits. L. 
excutere. — GrtUa, id. 

EGORTSf AU, 8, m. Ecorcheur. 

EGORTZGHI, EGORTZI, v. Ecorcher. 

EGOUALLAl, s, m. Faiseur d'écuelles, potier de tene. Caialare, id. 



EGA 137 

ECRAMAy V. Oler la crème de dessus le lait, écrémer. 

ECUTA, V. Voy. acuta. 

EGUTAR£, s. m. Voy. acotarb. 

EDÂIR, 5. m. Eau répandue sur le plancher de la chambre 4e mé- 
nage. (Pays-d'Enhaut.) 

EDERBOGNl, EDERBOUNA, v. Etendre la terre soulevée par les 
taupes. De derbon, taupe. 

KDERBOGNIAU, $. m. Râteau pour étendre la terre des taupinières. 

EDERDREy r. Soigner le bétail qui est à la crèche, lui donner 
du foin^ renouveler la litière et nettoyer retable. (Rougemont.) 

EDJERDZELLAU, SA, adj. Effrayant, qui fait frissonner. (Ormonts.) 

EDOA, 0. Déranger les douves d'un tonneau. De doa, douve. 

EDOHA, s. m. Glouton, goinfre insatiable. (Pays-d'Enhaut.) 

EFFARA, AHIE, adj. Qui a le visage en feu, effaré. 

EFFOBLLA, v. Troubler quelqu'un au point qu'il ne sait ce qu*il 
fiait. (Jura.) 

EFFOHLLAUSA, $. f. Femme de journée qui épampre la vigne. 
(Vignoble.) 

EFFOHLLE, s. f. pi. Epoque de l'épamprement de la vigne. (Vi- 
gnoble.) 

EFFOHLLI, 17. Epamprer, enlever les feuilles nuisibles aux grap- 
pes. (Vignoble.) 

EFFRELANDA, AHIE, adj. Déchiré, déguenillé. G. fraila, briser. 
(Val d'Illiez.) 

EFFREY, $. m. Alarme. Saunna Veffrey^ sonner la cloche d'alarme, 
le tocsin. (Mot vieilli.) (Lausanne.) 

EGA, s. /. Jument^ cavale. L. eqwi. (Vaud, Fribourg.) 

EGALANTZI, v. S'amuser, se divertir. De gala^ amusement, fête. 

EGANÇA, ÉGANGI, v. Egaliser, mettre en portions égales, répartir. 

EGANCE, s. f. pi. Portions égales, distributions proportionnelles. 
(Pays-d'Enhaut) 

EGARA, V. Egarer. 

EGARA, AHIE, adj. Il ne se prend guère qu'au féminin et signi- 



128 EHL 

fie une jeune fille folle du plaisir, qui ne pense qn'à se difetlb* 

et court souvent hors de la maison. (Vaud.) 
EGARAUDA, EGARENDA, v. Déchirer par moreeaux, mettre m 

lambeaux. (Valais.; 

EGE^ s. m. Collier de cheval, harnais. 

EGE, EGI, 8. f. pL Voy. aise. 

EGGAIRl, A, adj. péchiré, vôtu de lambeaux. 

EGNEIRLA, v. Enerver, éreinter. De gniêr^ nerf. Enierla^ id. (NyoB.) 

ÉGORFA, ÉGOURFI, v, Ecosser, ouvrir les gousses des plantes 
légumineuses pour en dter les grains. (Valais.) 

EGORSELA, v. Manger à crever, se piflhrer, se gorger. (Valais.) 

EGOTHA, EGOTTA, v. Egoulter. 

EGOTTHIAU, s. m. Egouttoir, planche sur laquelle on met égOQt- 
ter la vaisselle. 

ËGRA, ËDEGRA, s. m. Degré, escalier. 

EGRAFEGNI, EGRAFOUGNI, GRAFEGNI, GRAFOUNA, v. Egra- 

tigner. 
EGRALLET^ s. m. Petit escalier. Diminutif de égra, 
EGRANA, f . Egrener. 

ÉGRO, s. m. Levier de fer appelé aussi pau-fer. Fére égro, foire 
levier. L. œgre, avec peine. (Vaud.) 

EGUÉDRO, A, adj. Mendiant, déguenillé. (Valais.) 

EH I interj. En patois vaudois, ce mot signfie me voici, que voûtez- 
vous ? — Heuh ! id. 

EHLLA, s. m. Bruit, craquement dans la boiserie, éclat. 

EHLLAFFA, EKIAFFA, v. Ecraser, aplatir, écacher. G. clap, coup. 

EHLLAMPA, Eclat de bois qui se détache d'une planche. 

EHLLAN, s. m. Neige mouillée ou ramollie qui glisse sur une 
pente; eau qui rompt la digue de neige ou de glace qui la con- 
tenait, débâcle. (Alpes.) 

EHLLANKA, EHTHUNKA, s. f. Meurtrissure de la peau par suite 
de contusion ; se dit d'un bleu, du sang extravasé, et aussi d'un 
chagrin violent. (Alpes.) 



EIG 129 

EHLLATTA, EGLATTE, f. f. Verge fendue par un bout pour lan- 
cer des pierres. (Vallée de Joux.) 

EHLLATTA^ v. Eclater, se briser. 

EHLLEKAy v. S'appliquer sérieusement à un ouvrage. (Pays- 

d'Enhaut) 
EHLLERDJOUNA, EKLAIRI, v. Oter, au mois d'août, les dernières 

pousses de la vigne, les édaircir. (Vignoble.) 

EHLLOR, s. m. Lourdeau qui veut faire l'étourdi, prendre l'essor. 

EHLLOTURE, s. f. pi. La cire d'un rayon dont on a exprimé le 
miel. (Alpes.) 

EHTHOUERDRE, v. Se donner une entorse. 

EHTHOUNA, o. Etourdir quelqu'un par un coup violent, Vétonner. 

EHTRAUBLLA, s, f. Etat d'un terrain qui doit se reposer, après 
avoir produit plusieurs récoltes ; jachère. (Pays-d'Enhaut.) 

EHTRAUM A , v. Etouffer par la fumée ou par une odeur puante. 
(Alpes.) 

EHTREKA, v. Friper, user promptement ses habits, son linge, ses 
souliers. 

EHTRIA, ËTRESI, v. Faire glisser le fil dans une peau pour Té- 
galiser en le mettant en peloton. — EtrUa, étrava, id. (Jura.) 

EHTRIAU, $. m. Morceau de peau ou de bois pour faire glisser le 
fi] que l'on dévide. — - Etresaire, étrevi, id. 

EHTHU, s. m. Appartement supérieur dans une maison; le dessus 
(Pays-d'Enhaut.) 

EHTHUA, ÉTUVA, v. Etuver avec des linges trempés dans une dé- 
coction médicinale. 

El, art, contracté m. et f. pi. Aux. Alla ei fellhe, aller voir pendant 
la nuit les filles à marier, selon la coutume des campagnards; 
autrement, alla vedhi, aller veiller. 

EIFET, s. m. Enfant, petit garçon. (Val d'illiez.) — Einfant, id. 
(Vaud.) 

EIGUE, s. f. Voy. aiguk. 

EIGUILLETTA, s. f. Le peigne de Vénus, plante ombellifère, Scan- 
dix Pecten Veneris. — Einguilletta, id. (Jura.) 

MÊH. ET OOCUM. XXl. 9 



130 EIN 

EIHFRIÉ, EFFRIÉ, s, m. Désordre, trouble, effroi. (Montreux.) 

EIN, prép. En, dans, dedans. — De là les composés suivants : 
Ein-an, loc, adv. En avant; cri du batelier pour gagner le large. 
Em tsa-noa, chez nous, à la maison. 
Ein tsan, au pâturage, in campis. 
Ein alla ($'), v. S'en aller. AUein-no, einr-no^ allons-nous? 
Ein amont, loc. adv. En amont. 
Ein avô, loc. adv. En aval. 

EINALLAHIE, s. f. Départ. Boun'einallahie, la somme qu'une fille 
qui se marie paye à la société des garçons de son village pour 
' se divertir. (Saint-Cierges.) 

EINBARDOFFLA. v. Salir, tacher, embrener. (Vevey.) 

EINBARKA, v. Embarquer, mettre sur une barque ou sur un bateau. 

EINBARRASSî, A^ adj. Embarrassé. Au féminin, ce mot se dit par 
euphémisme d'une fille enceinte. (Vaud.) 

EINBASTOUNA, v. Armer. Einbastouna, part, passé, homme armé, 
équipé pour la guerre. De bâton, qui s'est pris dans le sens de 
arme. (V. st.) 

EINBESOGNI (s'), v. S'occuper, s'embarrasser. 

EINBÊTA, EINBÎTA, v. Rendre stupide, bête; embêter. (Lausanne.) 

EINBETTAI, EINBORBA (s'), v. S'embourber. De bétai, bourbier. 

EINBIGNI, EINBOUGNI, UNBIGNHI, v. Faire des bosses, des con- 
tusions, bossuer un vase de métal. (Pays-d'Enhaut.) 

EINBLLAVA, v. Emblaver, ensemencer en blé. 
EINBOA, V. Faire rentrer le béuil dans l'étable. L. bo$. (Valais.) 
EINBORRALA, v. Mettre le collier, le harnais aux chevaux de trait 
(Lavaux.) 

EINBOSSA, EINBOSSI, v. Mettre un liquide dans un tonneau, en- 
tonner. De bossa, tonneau. 

EINBOSSHAU, EINBOSSIAU, EINBOGHAU, s. m. Grand entonnoir. 

EINBOTTHA, v. Se chausser; se fournir de souliers. De botte, sou- 
liers. (Montreux.) 

EINBOTTOLLI, v. Mettre en bouteille. De botholUa, bothoUie, bou- 
teille. 



EIN 131 

EINBOTZONNA, t^. Mettre le porc dans son étable. De botzon, toit 
à porc. (Val d'IUiez.) 

EINBOUAISl, V. Tromper pv* de beHes paroles. Fr. populaire^ em- 
boiser. 

EINBOUDÂ, âHIE, adj. Qui a la tête enveloppée de linges pour 
cause de maladie ou pour une blessure. (Montreux.) 

EINBOURRET, s. m. Nombril. — BourrUlon, id. 

EINBOZALLÂ^ v. Salir avec de la fiente de vacbe. De bauza, 
bouse. (Alpes.) 

EINBRANKA, UNBRANKA, v. Percher sur une haute branche. 

EINBRAZA, 17. Embraser^ mettre le feu^ incendier. 

EINBRELUKOKA, v. S'embrouiller en parlant, perdre le fil de son 
discours. — Einbrelikoka, id. (Lausanne.) 

EINBRENNA, EINBREDETTHÂ, v. Salir, embrener. G. brenn, ex- 
crément. 

EINBRESSI, r. Embrasser, caresser. 

EINBRETZI, A. adj. Sale, embrené. (Bas-Valais.) 

ËINBRIA (s'), 17. Prendre son élan pour sauter, se mettre en mou- 
vement, en course. Dans ce dernier sens, on dit plus souvent 
einmoda. (Vaud.) 

EINBRIGA, V. Charger; astreindre; hypothéquer un immeuble. 

EINBRONTSCHI, v. Mettre de mauvaise humeur, faire froncer le 
sourcil. Le part, passé, einbrontzi, se dit des personnes et du 
ciel qui se couvre et annonce de la pluie ou un orage. (Fribourg.) 

EINBROTZE,<./:|>/. Myrtilles, airelles, Vaccinium MyrtiUus. — 
Ambresalle, ambrotze, id. (Vaud.) 

EINBUELA, V. Embrouiller, mettre en désordre, emmêler. (Fri- 
bourg.) 

EINBUMEINTHA, v. Fumer un terrain, y mettre de l'engrais. De 
6ttmnii, engrais, fumier. (Vaud.) 

EINCHIÉ, s. m. Cher, bien-aimé. (V. st.) 

EINCONTRE, prép. Contre. A l'eincontro, vis-à-vis. 

EINCURA, EINCOURA, v. S'inquiéter sans motifs, avoir des sou- 
cis mal fondés. L. cura. 



<32 EIN 

EINDEINTHA, v. Mettre ou faire des dents à un rftteau, à un in* 
strument. 

EINDETHI, A, adj. Malade intérieurement, poitrinaire. De det$e, 
défaut, tare. (Valais.) 

EINDÉVA, V. Etre vexé, avoir un grand dépit. Férê endéva, persé- 
cuter, tourmenter, rendre fou, faire endêver, 

EINDIABLLA, v. Endiabler, se donner au diable, maugréer. 

EINDJALLA, AHIE, adj. Qui a des engelures. De djaUa, geler. 

ENDRAI, s. m. Endroit, lieu de la naissance ou du domicile. Mn'ftn- 
drai, mon village. 

EINDROUMAI, AHIE; EINDREMI, A, adj. Endormi, pesant. 

EINDROUMI, EINDRUMI, v. Endormir. 

EINDRUZI, ËINDRUDZI, v. Fumer un terrain, y mettre de Ten- 
grais. De drudje, drudze, engrais. 

EINDURA, EINDOURA, v. Endurer, souffrir; répondre à une santé 
portée, permettre qu'on vous la porte. (Fribourg.) 

Dans quelques villages fribourgeois, le garçon qui recherche 
une flile en mariage la conduit au cabaret. Chacun d'eux rem- 
plit son verre; puis le garçon approche le sien de celui de sa 
belle en disant à celle-ci : Maria, tè la pouérto, Marie, je te la 
porte; alors Marie, en réunissant du doigt les deux verres, ré- 
pond : Djoson, d'einduro, Joseph, je te le permets. Joseph con- 
clut de là qu'il a le consentement de Marie et qu'il peut aller la 
demander en mariage à ses parents. 

EINEMI, s, m. Ennemi. Ce mot signifie aussi diable, démon. Va le 
z*einemi8, il a le diable au corps, il est possédé, c'est un démo- 
niaque. 

De quiconque a une maladie de nerfs, des accès de somnam- 
bulisme ou d'épi lepsie, le peuple dit : Va le z'einemis. 

EINFANT, s. m. Enfant, plus particulièrement un garçon. — Une 
partie des paysans vaudois et fribourgeois n'appellent enfants que 
leurs fils; les filles ne sont que des filles. -- Eifet (Val d'illiez). 
(Voy. Conservateur suisse, tom. IX, pag. 345.) 

EiNFARA, EINFARE, s. f. Feu follet. 

EINFARÂ, w Embraser; être haut en couleur. 



EIN 133 

EINFARRE, s, f, pL Petits ais minces pour couvrir les toits. (Bagnes.) 
EINFASSOTTA, EINFACHOTTA, v. Emmaillotter. L,fasciœ,bBnàes. 
EINFATTA^ v. Empocher; mettre dans un sac. Verbe pron,, s'enfi- 
ler dans un passage étroit. Perte por einfalia le lettre , le couloir 
de la poste aux lettres. De fatta, poche. 

EINFETZI, 17. Indisposer quelqu'un contre une autre personne, 
l'exciter. (Jura.) 

EINFEUHLLI, v. Mettre un manche à une faux. (Valais.) 

EINFLETSI, V. Mettre des carreaux aux traits d'arbalète. (Fri- 
bourg.) 

EINFLLA^ V. Enfler; avoir une bouffissure, un commencement 
d'hydropisie. 

EINFLLO, A, adj. Enflé, qui a de l'enflure, notamment au visage. 

EINFONÇA, EINFONDRA, EFFONDRA, t?. Enfoncer. 

EINFORETÂ, V. Exaspérer^ irriter une personne, l'exciter contre 
une autre. (Val d'Illiez ) 

EINFORNA, V. Enfourner, mettre au four. 

EINFORTENÂ, v. Faire le sort de quelqu'un, lui procurer bonne 
chance. On dit proverbialement à Montreux: On fa beinsè z'em- 
fans, nui on ne le z'infortene pa, on procrée bien ses enfants, 
mais on ne fait pas leur sort. De fortena, sort, fortune. 

EINFOTHAU, AUSA, adj. Foulé, fatigué à en avoir des douleurs, 
des courbatures. (Valais.) 

EINFOUMA, AHIE, adj. Irrité, de mauvaise humeur; enAimé. 

EINFRESOUNNA, EINFRETHOUNNA, v. Endôver, enrager. — Un- 
fresounna, id. (Paysd'Enhaut.) 

EINFRETOUNNA, AHIE, adj. Fin, adroit, rusé, délié; enragé. - 
Vnfre$ounna, id. (Pays-d'Enhaut.) 

EINFROMEDGI, v. Faire mûrir, abonnir. (Alpes.) 

EINGAINA, $. f Ruse, fraude, subterfuge. Voy. angaina. 

EINGANNA, v. Entrer dans un service dont on se trouve mal. 

EINGATIHI, V. Salir avec de l'ordure, gftter avec des choses mal- 
propres. (Val d'Illiez.) 



134 EIN 

EINGÂULA^ V. Manger en glouton. De gaula, gueule. 

EINGEILA, V. Engluer. Voy. angeila. (On prononce einguêla, an- 
guêla, — N. de l'éd.) 

EINGERAI, 8, m. Faux à panier, instrument d'agriculture. L. m- 
gerere. (Fribourg.) 

EINGOLA, V. Ravauder, marauder, enjôler. (Valais.) 

EINGOLLHIAU, s. m. Flaque d'eau, écoulement par lequel elle se 
vide. De goUhe, flaque, mare. (La Côte.) 

EINGORRAI, AHIE, adj. Qui a le mal vénérien. De gorra, mal vé- 
nérien. (Jura.) 

EINGORRHA, EINGORREIHI, v. Donner le mal vénérien. 

EINGORSELLA, EINGORZALLA, EINGOSALA, v. Faire entrer de 
force dans la garge, dans le gosier. 

EINGORTHAU, AHIE, adj. Qui se donne des airs, qui se pavane, 
vaniteux. (Val d'IUiez.) 

EINGOUËTZI, V. Ecraser une chose molle. 

EINGOUMA, ANGOUMA (s'), v. S'engouer en mangeant. — S^em- 
gomma, id. (Vaud.) 

EINGRABA, v. Ensevelir, inhumer. AU. grab. (Evôché de Bftie.) 

EINGRAISSI, V. Engraisser. 

EINGRANDJI, v. Faire entrer une récolle dans la grange. 

EINGRAUBA, v. Se dit d'un vase, d'un conduit d'eau qui se crasse 
ou qui s'engorge par suite d'un sédiment. De grauba, crasse at- 
tachée aux parois d'un vase. (Aîgle.) 

EINGRAVA, V. Se repentir d'une action ou d'une parole. L. gra- 
vari. (Valais.) 

EINGREBLLAI, s. m. Voy. agrebllai. 

EINGREINDJI, v. Mettre de mauvaise humeur; empirer. Lomô s^è 
eingreindji, le mal a empiré. De greindje, grondeur, boudeur, de 
mauvaise humeur. (Vaud.) 

EINGROSSI, EINGROUGHI, v. Engrosser. 

EINGUENOT, TA, adj. ProtesUnt, réformé, huguenot. (Fribourg.) 

EINGUEUSA, V. Emboiser, tromper, coquiner. Fr. gueux. (Vaud.) 



EIN 135 

EINGUILLETTA, s. f. Voy. eiguillktta. 

EINHERBA^ v, EmpoisoDDer avec des herbei vénéneuses. 

EINHLLANTZE, s. f. Pain plat moins cuit que le pain de ménage. 
— FlkuUze, id. , 

EINHLX.AUDIN A, v. Duper^ enjôler, tromper, filouter. De HUaudo, 
Claude, nom de baptême. Au figuré, c'est un homme simple, 
niais, facile à abuser : Te ni JSr'on Hllaudo, tu h* es qu'une béte. 
De là le verbe. (La Côte.) 

EINHLLOURE, v. Clore, fermer, renfermer. L. includere, 

EIMRABOURNA, v. Se cacher, se tenir renfermé. chei soi. De ca- 
borna, cabinet, et par dérision, maison. (Neuchfttel.) 

EINKAIOTTA, AHIE, adj. Taché de piqûres de .puces ou d'excré- 
ments de mouches. De kaia. Voy. ce mot. (Alpes.) 

EINKAMBLLA, v. Encombrer, obstruer. 

EINKAVA, V, Encaver, mettre du vin, des tonneaux en cave. 

EINKAVIAU, I. m. Propriétaire qui met son vin en cave. (Neu- 
cbâtel.) 

EINKAVOA, EINKAUA, v. Lier un cheval à la queue d'un autre. 
De kaua, queue. 

EINKE, EINKIE, adv. Là. Le Hnke, il est là ; du emkie, de là; per 
einke, par là. — Ike, ikhe, ainkié, id. 

EINKEMANTHA, v. Fixer à un tronc des fers auxquels tient une 
'Corde, pour le traîner en y attelant un cheval. (Alpes.) 

EINKEPÉTA, AHIE, adj. Maison ou autre immeuble déjà occupé. 
L. anie oceupatw. (Valais.) 

EINELLAIRIHI, v. Se dit d'une ravine, d'un éboulement qui cou- 
vre un terrain de pierres et en fait ce qu'on appelle dans les 
Alpes un glarier, gUarei. Voy. ce dernier mot. (Val d'Illiez.) 

EINKLLOUNO, s. m. Enclume du forgeron. 

EINRO, A, (ulj. Aigre, acide, amer. — Anko, a, id. 

EiNKOBLLA, s. f. Attache, entrave, couple. (Vaud.) 

EINKOBLLIA, v. Attacher à un cheval les deux pieds de devant, 
pour qu'il ne s'écarte pas. (Vaud.) 



136 EIN 

EINRONI^ A, adj. Chargé de crasse, encrassé. De couenna, crasse, 
couenne. (Valais.) 

EINKORA, EINROUE, adv. Encore, derechef. Voy. ankora. 

EINKORNI^ lA, adj. Rance; se dit de la viande qai a an maa^ais 
goût. 

EINKOTZE, s. f. Coche, entaille ; manière de compter consistant à 
faire des coches dans une baguette. (Vaud.) 

EINKOTZI, V. Préparer, commencer, mettre la main i l'œuvre; 
encocher. 

» 

EINKOULATTA, v. Mettre une culotte à un petit garçon. De eouUU, 

chausses, culotte. 
EINKOURA, s. m. Le curé de la paroisse. 16 reste Vendcoura f où 

demeure le curé? (Fribourg.) 
EINKOUTI, A; EINCOTHI, A, adj. Emmêlé; se dit des cheveux. 
EINKRAIRE, v. Croire, accroire. 

EINKREMEIN, UNKREMEIN, s. m. Enfant nouveau-né. L. incre- 

menium. (Pays-d'Enhaut.) 
EINRRENA, UNKRENA, v. Encocher, échancrer, entailler, entamer. 
EINRRÊTA, EINRREA, s. f. Coche, échancrure; passage étroit; 

rainure. 
EINRRÊTHA, $, f. Acreté, acidité, froid rigoureux. (Pays-d'Enhaut) 
EINRRÉTHENA, v. Abrutir, rendre stupide, hébété, erétm. (Valais.) 
EINRRO, A, adj. Acre, amer; violent, colère; grand travailleur. 

Voy. ANKO, fiINKO. 

EINRROJI, EINRROZI, UNRROJI, v. Creuser, excaver. 

EINRROTTA, v. Mettre en terre le cadavre d'un animal. Gr. nplnmi, 
It. groiia, Fr. ^otie. Voy. crotta, crotton. (Vaud.) 

EINLLHA, AHIE; EINDA, AHIE, adj. Agacé. E le dem einUhalUe, 
j'ai les dents agacées. (Montreux.) 

EINLLHÂ, V. Agacer. 

EINLORNA, V. Duper; ennuyer par son babil. — Binpioma, id. 
— EinUoma, id. (Val d'IUiez). 

EINLUTZI, EHLLUTZI, v. Eclairer ; faire des éclairs. (Fribourg.) 



EIN 137 

EINLUTZO, ELIUZO, s. m. Eclair; même racine que le latin lux. 
(Fribourg.) 

EINMANTSCHI^ v. Emmancher; Jeter , laisser ; jeter le manche 
après la cognée. (Lavaux.) 

EINIŒHLLA, v. Emmêler, embrouiller. 

0NMERDOLA, v. Embrener, salir avec des excréments. De merda. 

EINMOCHA, AHIE, adj. Morveux. De mokka, morve: (Valais.) 

£INMODA;EM0DAy v. Partir; commencer, mettre en train. (Vaud.) 

EINM ORATSi (s' ) , v. S'amouracher. 

EINMORDJI, V, Commencer, mettre en train. Einmordji na niaise, 
commencer une querelle. — Einmardzi, einmourdzi, id. (Vaud.) 

. EINMORTHI, lA; EINMOURTI, lA, adj. Engourdi, gourd. 

EINMOUELLA, v. Mettre le foin en veillottes. De moue, moui, mon- 
ceau, tas. 

EINMOUESSI, V. Entasser. 

EINMOUSATHI, filA, adj. Hébété, pesant, endormi. De tMuset, 
musaraigne. 

EINNECTA, V. Flagorner, encourager par flatterie. L. inneeto. (Val 
d'Illiez.) 

EIN-NO. Contraction de aUein-no, allons-nous. 

EINNORLLI, EINUBLI, v. Devenir nébuleux, nuageux, se couvrir 
de nuages. L. nuhila. 

EINNOCËIN, TA, adj. Innocent, sans malice; se dit des imbéciles 
de naissance, des crétins. (Jura.) 

EINNOTSI, EINOSSI, v. S'engouer en mangeant. De nossa, petit 

morceau, bouchée. 
EINNOULLHI, v. Huiler; administrer l'extrême onction. De oullho, 

oUutn, huile. (Fribourg.) 

EINNOYAU, AUSA, adj. Sujet à l'ennui, à la peur; qui craint la 
solitude, les ténèbres, les revenants, les lutins, les sorciers. 
(Pays-d'Enhaut.) 

EINNOYl, V. Ennuyer. S'einnoyt, s'ennuyer; avoir peur la nuit. 

ÈTeinnouio, je m'ennuie. 
EINORTZEMEIN,' s. m. Ensorcellement. (V. st.) 



138 EIN 

ËINORTZI, EINORDZI, v. Faire endéver, ensorceler. De norixe, 
sorcière. (Yaad.) 

EINOULLHI^ V. Mettre uu liquide dans un vase, remplir un vase 
de liquide. L. m oUa. 

EINOURTSIHI, V. Ennuyer, rompre la tête à force de paroles, 
de criailleries. (Val d'Illiez.) 

EINPAIJÂ, $. /. Empois. 

EINPÂKOTTA, V. Embouer, salir avec de la boue. De pakai, boue. 

EINPARA, V. Soutenir quelqu'un, l'aider, le protéger, prendre sa 
défense; retenir un corps en mouvement. 

EINPARE, s. f. Barrière, soutien, appui, crédit. L'a de Vewpare^ 
il a du crédit; preindre Veinpore, prendre les devants, prévenir; 
preindre de Veinparej prendre de la marge, se prémunir. (Vaud.) 

EINPARTIHI, V. Fermer avec des perches les passages ouverts 
dans les haies. (Val d'Illiez.) 

EINPATA, V. Pétrir le pain, faire de la pftte. 

EINPATAIRE, «. f. Pétrin, huche à pétrir. 

EINPATOLLHI, «.«Envelopper de chiffons. De paUa, chiffon. 

EINPATOLLHU, UVA; EINPATOLLHI, A, adj. Enveloppé de chif- 
fons, déguenillé. (Vevey.) 

EINPATSCHI, EINPATZI, v. Empêcher. Une femme dit: Suein- 
paischia, je suis empêchée, locution plus polie que : je suis en- 
ceinte. (Vaud.) 

EINPEINDRE, v. Pousser quelqu'un de manière à le faire tomber. 
(Val d'Illiez.) 

EINPENNA, V. Mettre des plumes aux flèches, aux carreaux d'ar- 
balète. (V. st.) 

EINPERRÉ, EINBERRET, s. m. Embarras, obstacle. (Valais.) 

EINPÉSA, EINPÉJA, EINPAHIJA, v. Empeser. 

EINPIORNA, V. Ennuyer, rompre la tête par des discours désa- 
gréables. Voy. piORNA, EiNLORNA. (Vaud.) 

EINPLLA, V. Remplir; engrosser; dans ce dernier sens, c'est le 
mot technique parmi les paysans. (Vaud.) 

EINPLLAIHI, V. Employer, foire usage. 



EIN 139 

EINPLLÀTRO, s. m. Emplâtre; personne qui ne sait pas se remuer^ 
qui est endormie, engourdie. 

EINPONIGHI, V, Infecter un vase avec de l'urine, mptin. ('Fri* 
bourg.) 

EINPONNA, V, Aigrir une personne, l'exciter contre une autre. 
L. imptgnare. (Val dllliez.) 

EINPORTA, V. Emporter. On dit einporto dans le Bas-Valais. 

EINPOTTA, EINPOUTA, v. Faire la moue, braver avec mépris. De 
potta, lèvre, moue. (Valais.) 

EINPOUE, s. f. pi. Voy. ampoub. 

EINPOUGNI, V. Empoigner, saisir au corps. Se tan einpou^ni, ils 
se sont battus. 

EINPOUGNO, s, m. Moyen quelconque pour empoigner un objet 
trop chaud. 

EINPREINDRE, v. Allumer le feu, la lampe; prendre feu, s'en- 
flammer. Va einpreindre lo craisu, va allumer la lampe. (Fri- 
bourg.) 

EINPRONTA, V. Emprunter. 

EINPRONTA, AHIE, adj. Embarrassé, gêné, empêché dans ses 
mouvements. (Vaud.) 

EINPRONTHIAU, lAUSA, adj. Emprunteur importun. 

EINPUN, UNPUN, s. m. Urine. (Fribourg.) 

EINRAHI, V. Commencer un ouvrage. (Nyon.) 

EINRAUFFA, v. Salir, couvrir d'ordures. Itre einrau/fa, être en- 
crassé, se dit d'un vase. — Einroffa, id. 

EINREILLA, v. Se perdre dans des fentes ou crevasses de rocher. 
De rahia. Voy. ce mot. (Alpes.) 

EINREIMBLLA, v. S'enfoncer dans les fondrières, s'embourber. 
JVo ne seinpa ma einreimbllaf nous ne sommes pas mal embour- 
bés. (Vaud, Fribourg.) 

EINRETZAU, EINRICHAR, s, m. Presse pour mettre le firomage 
en forme. 

EINRETZI, V. Mettre le lait caillé dans la forme, au sortir de la 



I 



UO EIN 

chaudière, pour faire un fromage. — Einrouttcki, id. De routze, 
retza, forme pour le fromage. (Alpes.) 

EINRHOMMA (s*), v. S'enrhumer. 

EINRHOMMA, AHIE, adj. Enrhumé. 

EINROFFA, AHIE, adj. Chargé de crasse. — Einrauffa, id. 

EINROFFA, V. Voy. einrauffa. 

EINROSSI, A^ adj. Qui est devenu roise, qui dégénère et perd ses 
forces. (Enroster quelqu'un, lui vendre une roste, terme de ma- 
quignon dans le français populaire vaudois.— N. de l'éd.) (Vaud.) 

EINROUTZI, V. S'enrouer. 

EINROUTZI, lA, adj. Enroué. 

EINSABLLA, v. Ensabler, couvrir de sable. 

EINSAGNOLA, v. Ensanglanter. 

EINSASSALA, v. Se précipiter, se perdre dan» ies rochers, saxa, 
(Alpes.) 

EINSATZI, V, Mettre dans un sac, ensacher. 

EINSEINBLLO, adv. Ensemble. 

EINSORNELAU, LAHIE, adj. Assoupi, qui sommeille. De sonno, 
8omo, sommeil. (Valais.) 

EINSOSSA, EINSOKKA, v. Salir ses souliers, ses sabots. L. soccus, 
(Val d'IlUei.) 

EINTA, V. Enter un arbre, greffer. 

EINTEINDRE, v. Entendre. Ce verbe est peu usité; on dit plutôt 
oure. Seulement, au lieu ù'eintein-to ? entends-tu ? on dit par 
abréviation tein-to f (Lausanne.) 

EINTEMONI, A, adj. A demi endormi, assoupi, (Val d'Illiez.) 

EINTETSCHI, v. Entasser, amonceler, mettre en tas, en monceau. 
De tetsche, tas. 

EINTItHA, v. Assommer, entêter. De iUha, tôte. — Uniheta, id. 

EINTOAIRDRE, v. Entortiller, envelopper par des tours réguliers. 

EINTORTOLLHI, v. Entortiller. (Vaud.) Voy. einvourtholli. 

EINTOUGNI, A; UNTOUGNI, A, adj. Opiniâtre, entêté, têtu. C. 
touign, émoussé. (Alpes.) 



EIN 141 

EINTOULA, V. Metire le foin en veillottes. G. taul, excroissance. 
(Aigle.) 

EINTOUPENA (s'), v. S'appesantir par le sommeil ou par la ma- . 
ladie. (Vaud.) 

EINTOUPENA, AHIE, adj. Lourd, somnolent. (Vaud.) 
EINTRA, EITRA, v. Entrer. 

EINTRANTZI, UNTRONTZI, v. Etancher; obstruer le passage d'un 
liquide. (Alpes.) 

EINTREFETSCHI, v. Entrelacer. 

EINTREMI, V, Méditer, réfléchir, penser. L. inter me. (Valais.) 

EINTREMI, s. m. Milieu, entre-deux. 

EINTREMI, prép. Entre. Eintremi le dou, entre les deux. 

EINTREMOUHIA, $, f. Trémie de moulin. 

EINTREPLLISI, s. /. Hydropisie. (Valais.) 

EINTREPOUSA, v. Entreposer. 

EINTREPREI, EISSA, adj. Gauche, embarrassé, ne sachant com- 
ment s'y prendre. (Vaud.) 

EINTRETSANTA, v. Enchanter, ensorceler, charmer par des pra- 
tiques de magie, fasciner. (Valais.) 

EINTRÉVA, EINTRÉHA, EINTERVA, v. Parler à quelqu'un^ s'a- 
boucher, s'informer, demander. K fauta de Veintréva, j'ai besoin 
de lui parler. (Vaud.) 

EINTZAMPA, V, S'égarer, perdre son chemin, aller à travers 
champs. (Pays-d'Enhaut.) 

EINTZAPPLLA, v. Donner le fil à la faux en la battant avec un 
marteau. (Vaud.) 

EINTZAPPLLE, s. f. Pièce de fer sur laquelle la faux repose quand 
on la bat. (Vaud.) 

EINTZARREIHI, t;. Gharmer, ensorceler; faire tin cliarme pour 
empêcher le renard, la fouine ou le putois de prendre les poules, 
charme qui consiste à dessiner par un fil de laine rouge une en- 
ceinte que ces ennemis des basses-cours ne peuvent franchir. 
De tsarraire, chemin. (Vallée de la Broie.) 



U2 • EIN 

EINTZATTALA, v. Entasser, mettre l'un sur l'autre. De UaUaUl. 
Voy. ce mot. (Vaud.) 

EINTZELEKA, i. f, Angélique, plante ombellifère, AngeUca iykeh- 
trii'el AngeUca motUana, — Einzekka, id. (Alpes.) 

EINTZENALLI, adj. Enchaîné ; se dit des chiens m ecUu. 

EINTZEVËTRA, v. Mettre le licou. De tsevéro, licou. 

EINTZIFRAU, AHIE, adj. Morveux. (Val dllliez.) 

EINTZIFRENA, AHIE, adj. Enchifrené, qui a un embarras dans 
le nez. 

EINTZIROUNA, v. Mettre le foin en veillottes. De tsiron, Teillotte. 

EINTZO, EINTZE, EICHE, s. /. Encre. Nei ko Veinizo, noir comme 
l'encre. 

EINTZOTOUNA, v. (k)nduire le troupeau dans les pftturages in- 
férieurs ou pâturages du printemps. De tsautein, la belle saison. 
(Alpes.) 

EINTZOTOUNADJO, s, m. L'action d'eintzotouna. (Alpes.) 

EINVAHI, V, Mettre quelqu'un en chemin, lui indiquer la bonne 
route. L. in via. (Valais.) 

EINVAUDA, EINVOÛTA, v. Ensorceler, charmer, jeter un sort, 
rendre malade, faire maigrir gens ou bétes par sortilège, en ^ii- 
voûtant. Einvauda vient de vaudai, sorcier. (Alpes.) 

EIN VER, s. m. Furoncle, apostume; moins usité que klkm. Voy. 

ANVER. 

EINVERROTA, v. Entrelacer. De veri, tourner. (Val d'Illiez.) 
EINVETl, V. Ensemencer, emblaver. 
EINVETU, A, adj. Terrain qui a sa récolte sur pied. 
EINVIA, V. Voy. kinvouhi. 

EINVOHA, V. Divulguer les choses secrètes. L. vox, voix. (Val 
d'IUiez.) 

EINVOLA, V. Envoler, emporter. Diabllo m'einvolai, imprécation 
fréquente. Voy. diablle. (Vaud.) 

EINVOUA, EINVOUDRE, v. Arranger, disposer, mettre en ordre. 

EINVOUARGNAU, AHIE, adj. Endiablé, poss^é. (Valais.) 



EKO . 143 

EINVOUARPAU, AHIE, adj. Hâve, maigre, pftle, hagard, qui a Tair 
d'un déterré. — Evouat^Uy id. (Val d'IUiez.) 

EINVOUHI, EINYOHI, EINVIA, v. Envoyer, mettre en chemin. 

EDnrOULLHI, t'. Emmêler, embrouiller. (Fribourg.) 

EINVOURTHOLLI, EINVORTHOLLI, v. Entortiller. — Eintùr- 
toUhi, id. 

EINZEVALLA, v. Mettre le blé fauché en javelles. De zevalla, ja- 
velle. (Valais.) 

EKAFFA, V. Ecraser; éclater de rire. Dans ce dernier sens on dit 
aussi rekaffa. — EhUaffa, id. 

EKALABRA, ERALAMBRA, v. Ouvrir une porte, une fenêtre avec 
fracas, l'ouvrir toute grande; étendre les bras pour faire de 
grands gestes. (Vaud, Neuchâtel.) 

EKALABRI, $. m. Homme qui fait de grands gestes, qui a de 
grandes jambes ou qui les écarte en marchant; étourdi. (Pays- 
d'Enhaut.) 

EKARA, V. Rendre carré. 

EKARAFFA, AHIE; EKARANTA, AHIE, adj. Epouvanté, effrayé, 
eifaré. (Vaud.) 

ERARAFFHA, v. Voy. erarpailli. 

ERARBOUTA, v. Fausser un vase de cuivre ou d^étain, le bossuer. 
(Val d'Illiez.) 

EKARCELA, ESCARGELLA^ s. f. Escarcelle. Porïa ein escarcella, 
porter un fouet en sautoir. (Valais.) 

ERARFA, V. Ecarter trop les jambes en marchant. 

ERARFAILLI, ERARAFFHA, v. Ecraser. (Vaud, Valais.) 

ERARRELLHI, v. Disperser; écarquiller. 

EKAURE, EREURE, EROURO, v. Battre le blé en grange. Ekaurê 
se dit aussi pour battre briquet. G. egorij ouvrir. (Vaud.) 

ERAUVA^ EROVA, EREUVA, $. f.; EROVE, c. m. Balai, écouvillon 
pour nettoyer un four. -^ Prov. Le lo raklto ke se moké de fi* 
cové, c'est le rftble qui se moque de l'écouvillon. 

ERIEUPAI, V. Cracher, vomir. (Evêché de Bftle.) 

ERODRE, V. Avoir, dans une famille, plus d'égards, plus de soins 



144 . , EKO 

pour un membre que pour un autre. — Décordre, id. Yoy. Cor- 

dre. (Val d'IlUeiO 
EKOFFEI, 8. m. Cordonnier; fém. écoffaire.—Eicoffei, id. (Vaud.) 
EKOÏ, s. m.; EKOVIRE, EKOVISSE, s. f. pi. Balayures. Voy. 

EKOVA. 

EKOINA, s. /.; EKOUANEI, EKOUENNEI, s. m. Epine vinette. 

(Vevey.) 
EKOÏTAI, $. m. Eboulis, chute de terres ou de rochers. 

EKOPI, V. Cracher (Val d'Illiez). Ekieupai, dans l'Evêché de Bile. 
L. expuere, exspuere. 

EKORDJA, EKOURDJA, s. /. Fouet de charretier. C. scourge, fouet. 

Le français écourgée signifie un fouet qui est fait de plusieurs 

lanières. 
EKORNETTI, v. S'égosiller, crier à pleine gorge, à tue-tôte. Même 

racine que le français cornet. (Alpes.) 

EKOSSAI, EKOSSIAU, s. m. Batteur en grange. C. cos, gousse, 
épi. (Vaud.) 

EKOSSAIRA, EKORSIAIRE, EKOCHAIRE, s. f. Dévidoir. Gom- 

dro, id. 
EKOT, s, m. Tige de fève ; morceau de bois sec, bûche. 

EKOTA, V. Etéter un arbre. — Emotta, id. 

EKOUAIRU, UVA, adj. Petit, débile, de chétive apparence. (Coppet.) 

EKOUAÎSSI, V. Affaisser, faire fléchir; affaisser une branche d'ar- 
bre en la faisant fléchir avec effort, de sorte qu'elle ne se re- 
lève pas. 

EKOUALA, V. Oter la plaque de métal qui rqpouvre un bouton. 
(Pays-d*Ënhaut.) 

EKOUALLA, s. /. Ecuelle; ricochet sur l'eau. 

EKOUALLETTA, s. f. Diminutif de écoualla, petite écuelle, Usse; 
ricochet sur l'eau. 

EKOUATRA, i\ Briser, écacher, écraser. 

EKOUATROUNA, EKOUATRONA, v. Détruire les petites limaces. 
De kouaitron, kouatron, limace des jardins. 



ELI 145 

EKOUElSSIy A, adj. Eclopé^ mal sur ses jambes, barassé de fatigue. 
De kousse, cuisse. (Yaud.) 

Un paysan lisait comme suit rinscription qu'on voyait aneien- 
nement sur une des portes de Lausanne : c Lausanna civitoB 
equestris », Louis Seigneux tôt ékoueissi, Louis Soigneux tout 
éclopé, parce que ce bourgmestre de Lausanne était boiteux. 

EKOUENNA, v. S'efforcer, tâcber; enlever l'écorce du bois, la 
croûte du fromage. De couenna, croûte, couenne. {Ekouenna si- 
gnifie aussi écobuer. — N. de Téd.) 

EKOUIRLO, s. m. Œuf sans coquille; fruit avorté. (Pays-d'Enhaut.) 

EKOULA, 5. f. Ecole. 

EKOULI^ s. m. Ecolier, étudiant. Ecoulire, écolière. 

EROURCI, V. Relever ses jupons pour qu'ils ne traînent pas, se 
trousser. 

EKOUVRA, ECAUVRA, EKEUYRA, s. f. La pièce supérieure du 
pressoir. (Vaud.) 

EKOVA, EKAUA, EKEUYA, v. Balayer. G. kwou, nettoyer. 

EKOVIRE, EKOVISSE, «. /. pi, Voy. Ecol. 

EKRAINZI, V. Secouer le blé dans le van pour séparer les criblu- 
re?. De creinlze, crinse, s, f, pi. criblures. 

ERRAPA, EGRAPPA, v, Egrapper, détacher les grains d'un épi, 
d'une grappe; enlever la première couche d'un solide ou d'un 
liquide. 

EKRETÉRO, $. m. Ecritoire, encrier. (LopoUt, id. ~ N. de Féd.) 

ERRETHI, V, Se resserrer; se dit des boiseries neuves. 

EKRITHA, AHIE, adj. Se dit d'un vase de bois si sec que le liquide 
contenu s'en écoule. (Val d'Illiez.) 

EKUIABOT, $. m. Jeune planton de chou qui n'a que les pre- 
mières feuilles. (Jura.) 

ELANA, V. Séparer les parties d'un corps posé à plat. De ton, 
planche. (Alpes.) 

ELEIGHI, V. Gonsoler, alléger les chagrins. (Val d'Illiez.) 

ËLEIZI, V. S'éclaircir, se remettre; se dit du temps. 

ELIENDA, f. f. Eclair. (Genève.) Voy. einlutzo. 

BtH. n DOCUM. XXI. 10 



146 EN 

ELOISA, s. f, EtioceHe. — Epélua, id. 

ELOUTZI^ ELOUCHI, v. Peser sur une branche pour la séparer 
du tronc. 

EMAGALLÂ, EMAZILLHA, EMASILLHI, v. Ecraser un fhiit, un 
insecte. (Fribourg.) 

EMAHI, EMEYIyV. Hésiter, balancer, être en suspens. (Alpes.) 
{EinmailU, dans le Jorat, signifie lanterner. — N. de Téd.) 

EMAKA, V. Aplatir; se laisser serrer les doigts par une porte. 
(Pays-d'Enhaut.) 

EMBLAI, 8. m. Voy. amblai. 

EMÉLUA, 17. Réduire en poussière, briser en mille pièces. De mek, 
mille. (Vaud.) 

ËMERAHLLA, v. S'étonner, s'émerveiller, crier au miracle. De 
merahllo. 

EMERO, RA, adj. Pâle, sans couleur. (Alpes.) 

EMI, 8, m. Ami. (Gruyère.) 

EMMI, pr^p. Entre. Medji cein emmi vo dou, mangez cela entre les 
deux. 

EMOLA, v. Aiguiser, émoudre. — Mola, id. 
EMOLLHAU, 8. m. Planche sur laquelle on bat le linge mouillé. 
ENORANTZI, v. Faire tomber un corps en le heurtant; se meurtrir 
un membre. (Alpes.) 

EMORSALLA, v. Mettre en pièces, en morceaux. 
EMOTA, 17. Emousser un corps pointu. C. mot, émoussé. 
EMOTTA, V. Etéter un arbre, émonder; briser les mottes, émotter. 
EMOURTI, V. Engourdir. 

EMOURTI, A, adj. Engourdi. Voy. einmorthi, einmousathi. 
EMOUSTELLHI, v. Se hâter, se dégourdir, se mettre en iraio, s'é- 
moustiller. (Vaud.) 

EN, ON, ION, adj. dét. Un. lena, ontia, une. On valet, un garçon; 
fia ferma, onna fenna, une femme ; tCeinlutzo, pour en, on m- 
lutzo, un éclair. {Ion, iena ne s'âmploient que comme pronoms: 
n'ein é pavu ion, je n'en ai pas vu un, je n'en ai vu aucun. — 
N. de l'éd.) 



EPE U7 

ENCERCHE^ 8. f. Recherche, enquête. 

ENIERLA, V. Voy. egneirla. 

ENNESI, s. m. Jeune porc d'un an. L. annu$, 

ENORVA^ V. Se dégoûter des aliments pour avoir mangé avec 
excès. (Valais.) 

ENTRECOT, s. m. Passage court et étroit pour gagner la rue entre 
deux de ces petites boutiques des rues Basses qu'on appelait 
des bancs, (Genève.) 

EPAIS, adj. Epais. Le féminin épemt, se dit d'une femme grosse. 

EPALANTA, v. Disperser. L. palanSy errant, qui court çà et là. 

EPANDA, 5. /. Planche qui fait rebord sur une autre. L. pando. 
(Alpes.) 

EPANDRA, V. Etendre le linge pour le sécher; jeter un homme 
sur le carreau. 

EPANTZI, V. Eparpiller; étendre le foin sur le pré, ou le fumier 
sur le champ. 

EPÂRA, s. f, Penture, bande de fer clouée sur une porte, sur un 
contrevent, pour les soutenir sur le gond. 

EPARÂ, V. Ouvrir brusquement une porte. L. parare. (Pays- 
d'Enhaut.) 

EPARTZE, 8. m. Géranium herbe à Robert, Géranium robertia- 
num. (Bex.) 

EPARZOIRE, $. f. pL Perches pour clore les passages ouverts dans 
.es haies. (Entremont.) 

EPATO, A, adj. Pauvre, mendiant, déguenillé. De patte, lambeaux, 
chiffons, guenilles. (Valais.) 

EPAU, SA; EPEU, SA; EPU, SA, adj. Epoux, épouse. 

EPAULA, EPOLA, s. /. Epaule; bobine de rouet. 

EPAULETTA, EPOLETTA, «. f, Epauletle; petite bobine. 

EPAUZE, s. f. pi. Chanteuses du mois de mai. (La Côte.) Voy. 
maIentza. 

EPEI, adv. Peut-être. Epei bein, loc. adv., cela peut bien être, il 
se peut bien. 



148 EPE 

EPEICHÂ, 5. f. Grand pic des forêts, Picuè major. C. pec, bec. 
EpaUza, id. (Alpes.) 

EPEINGLEI, EPINGLAI, s. m. Gastré, ou gastérostée, poissoD du 
genre des anastosomes, vulg. épinoche. (Jura.) 

EPEINGUAI, EPEINGHUI, EPEmLLHI, s. m. Etui à tenir les 
épingles et aiguilles. 

EPEKLLA; EPEHLLA, v. Ecraser, écacber, manger à se cre?er. 
(Vaud.) 

EPÉLUA, V, Etinceler, briller, resplendir. G. elv, elven, étincelle. 
EPÉLUVA, EPELIVA, EPELUA, s, f. Etincelle. 
EPENA, s. f. Epine. 

Epena-naire, prunelier, Prunus spinosa, 

• 

Epena-bllarUze, aubépine^ Cratœgus oxyacatUha, 
Epena à iiendre, nerprun, Rhamnus cathartka; c'est aussi 
l'argoussier, Hippophaë rhamnoides, (Vaud.) 

EPENASSI, EPENATSCHJ, v. Sérancer, peigner le chanvre^ le Un. 
(Vaud.) 

EPENASSIAU, s. m. L'ouvrier qui sérance, séranceur. (Vaud.) 

EPENATZE, s, f, pi, Epinards. L. spinada. 

EPENOSSE, s. f. pi. Halencontre, affaires embrouillées, épineuse$. 
(Coppet.) 

EPERPELLHI, v. Disperser, éparpiller. Voy. epantzi. 

EPERRA (s*), V. S'efforcer, faire des efforts, essayer. L. experior. 
(Valais.) 

EPERREIHI, V. Epierrer, enlever les pierres d'un terrain qu'on 
défriche. 

EPÉTA, EPEHLLA, v. Manger à n'en pouvoir plus. (Val d'Illiex.) 
— Epéklla, id. 

EPETADON, EPETADAN, loc. adv. Et puis, alors, ensuite. (Vaud.) 

EPETALAI, s. m. ; EPETALAIRE, s. /. Directeur, directrice d'une 
maison de charité. 

EPETÔ, s. m. Hôpital, hospice. 

EPETZI, V. Ecouter curieusement, épier. (Jura.) 



ERA 149 

EPEVAIGHI^ V. S'étendre en bâillanl. (Yal d'Illiez.) 

EPI, s, m. Lavande, Lavandula Spica. (Aigle.)— Aspi, espi, id. 

EPIÂ, r. Monter en épi^ épier. 

EPIENNA, £PLAI<ïNA, v. Enlever à la vigne, au printemps, les 
pousses superflues. De piennd, pllenâ. Yoy. piennâ. 

EPIHIA, s. f. Epée, glaive. 

EPOIGNE, s. /. Gâteau, tourte. (Genève.) 

EPOIN, s. m. Douleur fixe au côté, dans la pleurésie; douleur qui 
gène la respiration, point. 

EPOLALLHI, V. Epouvanter, chasser les poules en les effrayant. 
De polaille, poule. 

EPONTA, V. Effrayer. (Alpes.) 

EPONTAI, 5. m. Epouvantail pour éloigner les oiseaux d'un champ, 
d'une chêne vière. (Alpes.) 

EPORDHI, V. Effrayer par le bruii, chasser gens ou bêtes. (Valais.) 

EPOTIHI, V. Recevoir une remontrance avec mépris, en faisant la 
moue. De potta, grimace, moue. (Yal d'Illiez.) 

ËPOUAIRI, V. Epouvanter, effrayer. Depouaire, peur. — Eponta, 
id. (Vaud.) 

EPREINTIHI, V. Faire des efforts en étant à la selle. (Valais.) 

EPTHAI, EPPLLAI, adv. A la hâte, précipitamment. (Valais.) 

EPTHAIKI, EPPLAIKI, v. Se hâter, se précipiter dans sa marche. 
(Valais.) 

EPU, EPOUAI^ adv. Puis, et alors, ensuite, après quoi. 

EPU, s. m. Le vide d'une mortaise. (Pays-d'Enhaut.) 

EPUDJI, EPUDIHI, V, Voy. pudji. 

EPUFFA, EPOUFFA, v. Pouffer de rire; épousseter. Puffa, signi-. 
fie poussière. 

EPUFFAHIE, s. f. Violent éclat de rire. 

EPUSA, V. Epouser. 

EPUSAHIE, s. f. L'épouse, l'épousée. Moins usité que épausa, 

^A, adv. Maintenant, actuellement. (Val d'Illiez.) Voy. ara, hora. 

ERAIZI, V, Déraciner avec effort. De rat, racine. (Alpes.) 



450 ESC 

ERARI^ V, Eclaircir des plantes ou des semis trop épais. L. rarus. 

ERAVEIHI, V, Eclaircir des raves semées trop épais; faire la ré- 
colte des raves. 

ERBE, s. m. Présure. (Val d'Illiez.) 

ERBONNA, ORBAINA, s. f. Lagopède, perdrix des neiges. (Alpes.) 

ERBOUNA, ORBOUNA, s. f. Baie de laurier qu'on met dans les 
ragoûts. (Montreux.) 

ERGOSSËI^ ARCOSSEl, $, m. C'est le nom de deux arbrisseaux: 
le nerprun purgatif, Rhamnus cathariica (Aigle), et Targoussier, 
Hippophaè rhamnoides (Montreux). 

ERDZEIN, 3. m. Argent, numéraire. Le z'erdzein ne san fM épaUf 
l'argent est rare. — Ardzein, id. 

EREDZIA, $, /. Sorcellerie. (Valais.) 

EREDZO, A, adj. Hérétique; sorcier. (Valais.) 

EREINTÂ, ERENA, v. S'abîmer d'efforts, de fatigue, s'éreintor. 

EREINTA, s, f. Force venant des reins. A Méreinta, de toute sa 
force. (Vaud.) 

ERHBE, 8, f. pL Gouttes de petit lait aigri jetées dans la chaudière 

pour faire le séré. (Val d'Illiez.) Voy. sérê. 
ERHGA, V. Travailler, labourer. Gr. èpyé^oiuu, travailler. (Fribourg.) 
ERMAILLI, s. m. Voy. armailli. 
ERMANNA, s, m. Almanach, calendrier. 
ERMONNA, 8, f. Aumône. 
ERNEA, ARNEA, «. /. Pie-grièche grise, LaniM excnMor, - Ma- 

tagasse, id. (Alpes.) 
EROLLA, s. m. Voy. arolla. 
ERTË, s. m. Orteil, doigt du pied. 
ERZI, ERSHI, AHRSI, v. Herser. G. ers, pointe. 

ES, s, m. et f. Voy. aa. 

ES, ESSE, s, m. If, Taxus baccata, (Villeneuve.) 

ESCAR, ETZAR, ESCHEIR, ETZEIRD, A, adj. Econome, chiche, 
serrée avare, mesquin. G. scarSj étroit, avare; B. L. scardus; 
It. scarso; V. F. éehars, (Alpes.) 



ESS 151 

ESCHIËRA, s. f. Vase de nuit, pot de chambre. (Fribourg, U18.) 

ESCUSA, s. f. Excuse, justification. 

ESCUSÀ, ESGOUZÂ, v. Excuser. 

ESHLLAFAHIE, EKLLAFAHIE, s. f. Violent soufflet, coup, éclat. 

ESKORMANTZI, v. S'abîmer de travail; suer sang et eau. (Vaud.) 

ESKOTA^ 5. f. Corde qui dirige la voile d'une barque. C. escota, id. 
(Léman.) 

ESPARCETTA, «. f. Voy. espeircetta. 

ESPEINTE^ s. /. Epaule. (Vieux documents de Fribourg.) 

ESPEIRCETTA, s, f. C'est le sainfoin commun ou esparcette, Ono- 
brychis saiioa. — EsparceUa, id. (Vaud.) 

ESPENDA, ESPEINDA, «. /". Empan. L. pandere, (Yverdon.) 

ESPIE, s, m. Espion; intelligence avec l'ennemi. 

ESSAITIHI^ V. Sonder l'opinion de quelqu'un; essayer; prononcer 
la lettre s d'une manière épaisse. 

ESSANGOUNA, v. Secouer une personne endormie pour la réveil- 
^ler. (Valais.) (On dit segougni, dans le canton de Vaud. — N. 
de réd.) 

ESSARKAHLLI, TSERKAHLLI, v. Secouer violemment, ébranler 
une porte, un bâtiment. (Val d'Illiez.) 

ESSAVA, V, Enlever l'épiderme, érafler. (Pays-d'Enhaut.) 

ESSERBA, V. Essarter, défticher, ôter les mauvaises herbes. L. ex 
kerba. 

ESSERTA, ESSERBEHLLI, v. Essarter, défricher. 

ESSERTHIAU, s. m. Journalier qui fait des défrichements, défiri- ^ 

cheur. (Vaud.) 
ESSERTS, s. m. pi Lieux buissonneux qu'on a défriché ou qu'on 

défriche. 
ESSETA, ado. Hormis, excepté. 
ESSEURELLHI, v. Dresser les oreilles de peur comme un cheval 

ombrageux. (Val d'Illiez.) 

ESSORDALA, ESSORDELA, v. Assourdir. 

ESSOTIHI, V. Oter la suie, ramoner. De sauische, suie. (Valais.) 



152 ETA 

ESSOUHI, ESSUÏ, i;. Essuyer. 

ESTAFI, ESTAFIER,s. m.; ESTAFIERÂ, <. ^ EsUfier^ homme 
ou femme hardis^ insolents, prompts à en venir aux coups. 
(Vaud.) 

ESTAIRE, s. f. Demande de subside^ d'aides pour le seigneur féo- 
dai. (Yalangin.) 

ESTERMINABLLO, A, adj. Se dit de mauvais chemins où gens et 
bétes risquent de s'estropier. (Pays-d'Enhaut.) 

ESTOC^ s, m. Pouvoir, force. La fé cein de sn'estoc, il a fait cela 
de son chef. (Ce mot est français. — N. de i'éd.) 

ESTOMME, ESTOMMA, ESTOUMMA, s. f. Estomac. 

ESTRA, $. m. Chose étrange, inaccoutumée. Leiade Vestrûy il y a 
quelque chose d'extraordinaire. L. extra, 

ESTRA, s. m. Aumône donnée à un pauvre au delà de sa pension 
ordinaire ou hors des époques fixées. L. exlra. (Vaud.) 

ESTRANGALA, 8, /. Grand filet de pèche. L. stringere, (Léman.) 
ESTREINGOLA, v. Etrangler. DiabUe t'estreingolai, le diable t'é- 
trangle. (Genève.) 
ESTREINGUET, s. m. Lacet de femme. L. stringere. (Vevey.) 
ESTRIFFA, s. f. Querelle, batterie, cbamaillis, démêlé, mésaven- 
ture. (Vaud.) 

ESTRIFFÂ, V. Se disputer, se quereller. G. striff, querelle. 

ETAILA, s. f. Etoile; marque blanche au front d'un animal. 
Etaila izôna, s. f. Ficaire, Ranunculus Ficaria, plante renon- 
enlacée; littéralement, étoile jaune, 
ETALE, s. f. pL Copeaux. (Jura.) 
ETALLA, ETELLA, s. f. Bûche, tison. (Vaud.) 

ETAMPAU, AHIE, adj. Etendu par terre, tombé. L. campus. (Val 
d'IUiez.) 

ETARAFFE, i. f. pi. Galetas. (Bex.) 

ETATSCHI, V. Attacher, nouer, lier. — UeUha, îd. 

ETATZE, 8. f. Attache, lien, ficelle. 

ETA VA, 8. f. Latte grossière, étai. 



ETM 153 

ETAVANI, V. Frapper quelqu'un de manière i l'étourdir. (Val 
d'Illiez.) 

ETEINDIA, j. f. Etendue, espace. 

ETEINDOUK, adj. Etendu. (Anniyiers.) 

ETENAHLLE, 8. f. pL Tenailles. 

ETER, s. f». Couché, étendu, abattu. (Alpes.) 

ETERGNI, ETRAGNI, v. Etemuer. 

ETERPA, s. f. Grande forge, appelée aussi martinet. (Vallorbes.) 

ETERPA, TSCHERPEI, s. f. Pioche dont le fer a deux bouts, l'un « 
tranchant, l'autre en pointe. (Aigle.) 

ETERTI, 17. Assommer, jeter par terre, étourdir d'un coup sur la 
tète. 

ETERTIGNI, ETERTHGNI, v. Déranger, détraquer une machine. 
(Alpes.) 

ETEULA, ESTEULA, $. f. La partie du tuyau du blé qui reste sur 
le champ après la moisson. 

ETEULA, EHEULA, s. f. Chat-huant, chouette. Ail. eule, hibou. 
(Vully.) 

ETHIAIRU, j. m. Ecureuil. (Lausanne.). L. idwrui. — Ekairu, 
ékittiru, id. 

ETIER, 8, m. Route, chemin. C'est le nom d'un chftteau près de 
Saint-Branchier. (Entremont.) 

ËTIHI, V. Battre briquet. (Valais.) 

ETIRA, $. f. Ecueil, rocher caché sous l'eau. 

ETIRA, a. f. Perche ferrée pour faire avancer un bateau dans les 
bas-fonds. Alla à Vêtira, avancer avec le piquet. (Léman.) — 
Chota, id. (Neuchâtel.) 

ETIVA, ETUVA, f . Mettre les vaches dans les pâturages d'été, es- 
tiver, L. œiticare. 

GTIVAGE, s. m. Prix payé pour l'estivage d'une vache, produit 
d'une vache estivée. (Alpes.) 

ETIVI, ETIVO. Imparfait du verbe Ure, être. (Nyon.) 
ETMI, A, adj. Engourdi. (Jura.) 



154 ETR 

ETOLA^ $, f. Espèce de filet pour la poche. (Léman.) 

ETOPPA^ s. f. Filasse de chanvre, étoupe. Au pluriel étoppe, 

ETOPPÂ, ESTOPPÂ, V, Boucher une fente ou une ouverture acci- 
dentelle, éiouper, (Fribourg.) 

ETORNET, s. m. Dévidoir. 

ETOURIHI, V. Penser à l'avenir avec inquiétude, appréhender. L. 
cura. (Val d'Iiliez.) 

ETOURNAU, ETOURNA, adj. Qui a des toumements de tête, des 
éblouissements. (Valais.) 

ETRA, 5. m. Ancienne voie romaine au pied du Jura. L. vtatInUa. 
C'est aussi le nom d'une rue de Lausanne sur la route de Vevey. 

ETRABLAHIA, s. f. L'une des huit -divisions territoriales de la 
commune de Ghâteau-d'Œx. 

ETRABLLO, ETRABHLLA, 8. /. Etable à vaches. (Vaud.) — Effra- 
bllo, id. (Gruyère.) 

ETRAGHI, ETRATSGHI, v. Déchirer, lacérer, mettre en lambeaux. 

— Eiragm, id. L. extrahere. (Alpes.) 
ETRAGNI, V. Etemuer. Herba à étragni, l'arnica de montagne, ir- 

nica mofUana; ou l'achillée stemutatoire^ Achillea Ptarmca, 

(Pays-d'Enhaut.) — Etergni, id. 

ETRANDJI, ETRANDZI, EHLLANDZI, v. Surfaire, vendre à trop 
haut prix. 

ETRATHE, s, m. Plancher de la grange au-dessus de l'étable. L. 
strata. (Valais.) 

ETRAUBLLA, s, f. Trouble ou trubie, filet pour la poche. 

ETRAUBLLE, s. f. pi. Ghaume, éteules, glanures. (Fribourg.) 

ETRAVÀ, V. Faire passer le fil dans Vétresaire. Voy. ce mot. 

ETREGNON, s, m. Echeveau de fil. (Pays-d'Enhaut.) 

ETRESAIRE, 5. f. ; ETREVI, s. m. Morceau de bois ou de peau par 
lequel on fait passer le fil en le dévidant, afin de l'égaliser. 

ETRIEU, s. m. Elrier. 

ETRISA, V. Voy. ehtria, etrava. 

ETROBLLA, v. Labourer après une première récolte pour ense- 
mencer une seconde fois. (Villeneuve.) 



ETZ 155 

ETROMMA, V, Labourer après la moisson pour enterrer le chaume. 
(Villeneuve.) 

ETROMMÉ, s. m. Avorton. (Jura.) 

ETROZ, s. m. Cbalet des Alpes les plus élevées. (Bas-Valais.) — 
Diminutif é'élrabUo, ^h A ^<-'»v 

ETSAULAy V. Echauler, chauler du blé; couper l'herbe de certai- 
nes racines alimentaires^ celle des carottes ou des raves, par 
exemple, après les avoir arrachées. 

ETSCHANDJI, v. Echanger, troquer. 

ETSEMI, s. m. Chaise à dossier et à bras ; tronc taillé en fauteuil. 
(Alpes.) 

ETSERGUET, «. m. Ecureuil. (Orbe.) 

ETSERPENA, ETZCHERPENA, CHERPENA, TZERPENA, t?. Dé- 
mêler du crin, de la laine; défaire le crin ou la laine d'un ma- 
telas que l'on veut rebattre. 

ETSERPENA, AHIE, adj, Echevelé, dont les cheveux sont emmê- 
lés, en désordre. — Tserpena, id. (Vaud.) 

ETSITHO, $. m. Petit cuvier. (Alpes.) 

ETSITTET, ETCHISSET, s. m. Grande cuve, cuvier. (Alpes.) 

ETZAFORA, v. Faire brouter une prairie sans économie, quand le 
bétail fait plus de mal en marchant qu'en broutant; avoir une 
faim canine. (Valais.) 

ETZAMPA, V. Perdre quelque chose dans la campagne. L. catnjms, 
(Martigny.) 

ETZAPALA, V. Epamprer pour la dernière fois. — Etzervena, id. 
(Lavaux.) 

ETZARLATTE , s. f. pi. Poutre qui traverse une cheminée en bois 
et à laquelle on suspend les salaisons pour les fumer. (Val d'Illiez.) 

ETZARVA, V, Creuser avec les pattes, fouir; se dit du chat, du 
chien, etc. (Alpes.) 

ETZAUDA, AHIE, adj. Echauffé. 

ETZCHAUDA, ETZAUDA, TSAUDA, v. Echauffer, chauffer; avec 

iè, s'échauffer, se chauffer. 
ETZCHELLHI^ EGHELLI, v. Echapper, éviter un châtiment. (Vaud.) 



156 EXC 

ETZEKA^ V. Glisser^ s'échapper entre les doigts. (Alpes.) 

ETZËNEHLLI, v, Echeniller, détruire les chenilles. 

ETZERISSA, s. /. Déchirure. 

ETZERISSI, ETZERI, v. Déchirer, lacérer. 

ETZERPI^ V, Avoir des démangeaisons produites par une ébulli- 
tion ou par la gale. (Valais.) 

ETZERVENA, v, Voy. etzapala. 

ETZEUTl, A, adj. Dispensé^ exempté par force majeure ou par ma- 
ladie. (Val d'IUiez.) 

ETZIVA, ETSCHIVA, 8, f. Moment de la traite du soir dans les 
chalets. (Traita, action de traire, quantité de lait tirée en une 
fois. Omiss. des dictionn. — N. de Téd.) (Val d'IUiez.) 

ETZÔPRO, ETZGHÔPRO, s. m. Sorte de ciseau de menuisier, 

gouge. (Vaud.) 
EUBLLA, UBLLA, REUBLLA, v. Oublier. — Aublla, id. 
EULAGNE, s. f. Noisette. Voy. alogne. 

EUROLLHE, s. f. Oreille. (Valais.) 

EVALANTZE, s. /. Lavange, avalanche. De aval, en bas. — lÂtan- 
tze, léantze, id. (Alpes.) 

EVEILLHON, REVEILLON, s. m. Soufflet, coup violent qui réveille. 

EVEINTA, V. Refroidir un liquide, l'exposer à l'air; éventer. L. 
ventus. 

EVORA, v. Aérer, mettre à l'air des objets renfermés. (Alpes.) 

EVOUARDA, s. /. Visite à des gens ou à des animaux malades, 
qui réclament des soins assidus, qui ont besoin d'être vus sou- 
vent pour être soignés. De vauarda, garder, soigner. (Val d'Iiliex.) 

EVOUARPAU, adj. Voy. eïnvouarpau. 

EVOUATTA, EOUATTA, v. Grapiller. (Genève.) 

EVOUÉRO, s. m. Ouragan de neige, tourmente. (Valais.) 

EVRI, 5. m. Abri contre la pluie, la neige, la gelée, le vent. 

EXGHERGUET, s. m. Ronde nocturne, militaire ou de police. 
(Vieux langage de Genève.) 



PAL 157 

EXOINAy «. /. Excuse ou permission légitime pour ne pas assister 
à une convocation officielle. (Vieux style de notaire. Fribourg.) 
EZEy $. f. pL Voy. aisb. 
EZERIA^ EGAIRIA, adj. Percé, déchiré, usé. (Val dlUiez.) 



F 



FA. Avec ne, ne- fa, adv,, non; littéralement, non fait. Ne-fé, id. 
— Avec $e ou che, se-fa, che-fa, le-fé, adv., oui, si fait. 

FAGO, s. f». Poisson du genre des cyprins, vangeron. CSe dernier 
mot, vangeron, l'un des noms les plus usités de ce poisson, a 
été francisé par les naturalistes. (Uutry.) 

FâGOTTA, v: Faire des fagots. 

FAGOTTAI, s. m. Bûcheron qui fait des fagots, fagoteur. (Ville- 
neuve.) 

FAHIA, FAHIE, FIHA, FAIE, $. f. Brebis. Plur. faMê, fiki$. AU. 
viek, bétail. 

FAHIR, f. m.; FAHIRA, s. f. Berger, bergère de brebis. (Fribourg.) 
FAI^ s. f. Foi. De bounna fai, de bonne foi; ma faivai, ma foi oui; 

ma fai na, na fai na, ma foi non. 
PAIE, $. f. pL Carnaval. (Jura.) 

FAIET, s. m. Faix, charge; cercle plein de bardeaux préparés pour 
couvrir les toits. 

PAIHBLLO, A, adj. Faible; qui manque de moyens pécuniaires, 
indigent. 

FAILLE, s. f. pi. Nom de la fête des brandons. (Valais.) Voy. fais. 

FÂIN, FEIN, FEUN, $. m. Foin, l'herbe fauchée ou encore sur 
pied. L. fenum. 

FâIRTHO, HLLERTO, GERTHO, s. m. Cellier, cave. (Montreux.) 

FALLAÇA, $. f. Tromperie, argutie. (V. st.) L. fallacia. 

FALLHAI, V. Falloir. Faut, il faut; faUhai, il fallait; f^dra, il fau- 
dra; fudrai, il faudrait; part, passé, fiMhu, fall 



158 FAS 

FALLOPPO, A, adj. Lourd, massif, pesant; se dit surtout des che- 
vaux. C. fall, défaut, vice. (Romout.) 

FAMENA, 8. f. Famine, disette. 

FAN, 5. f. Faim. E fan, j'ai faim, j'ai envie, j'ai dessein; é fan de 
lai déve$a, je désire lui parler. 

FANâU, s. m. Fenouil, plante ombellifère. 

Fanau d'iffue, s, m. Fenouil d'eau, renoncule aquatique. (Pays- 
d'Enhaut.) 

FARA, FERRA, s. f. Le ferra ou salmone, Salmo Fera, poisson du 
Léman. Voy. besaula. 

FARATTA, $. /. Guenille, vieux linge, vêtement usé. (Entremont.) 

FARATTA, s, /. Femme qui aime à marchander, à ravauder. (Ge- 
nève.) 

FARAUD, FARAUD A, adj. Fier, orgueilleux, faisant l'important. 
— Fierraud, id. (Vaud.) 

FARBA, s. f. Poche; se dit des vêtements d'homme et de femme. 
. (Val d' niiez.) 

FARÇON, FARGEMEIN, s. m. Farce faite d'épinards et de choui 
cuits dans un réseau. (Vaud.) 

FARÇONNETTE, s. f, pi. Diminutif du précédent, petites farces. 
(Vaud.) 

FARE, FÉRE, v. Faire. Fa mè on iervisso, rends-moi un service; 
fart, je ferai; ne lo fart pa, je ne le ferai pas. Part, passé, fé, 
fe, fi. 

FARET, s. m. Mèche de lampe, lumignon^ (Valais.) 

FARFAILLET, s. m. Papillon, It. farfalla. ~ Pillevtmet, piUMt, 
pelevoué, prevôlel, id. 

FARKO, A, adj. Se dit d'un animal qui écarte trop les jambes. 

(Alpes.) 
FASCE, s. f. pi. Boucles de cheveux sur les oreilles. (Bex.) 
FASGENA, 9. f. Falourde, fagot de menu bois, fascine. L. fofàs. 

FASGETTA, s. f. Maillot, bandes pour envelopper un petit enfaot. 

L. tasàa. (Alpes.) 
FASGI, s. m. Fardeau, grande botte de foin, faix. L. fasdt. 



FAV 159 

FASCONy s. m. Echeveau. L. faseis. (Jura.) 

FASCOTA, V. Lier avec des sangles la charge d'une béte de somme. 
(Alpes.) 

FATA, FÂDHA, s. f. Fée. G. fadh, prophète, devin, magicien. 

FATTA, FOUATTA, s. /. Poche; se dit des vêtements d'homme et 
de femme. 

FATTI, A, adj. Fourni, serré; se dit des grappes de raisin. (Vaud.) 

Voy. SATTI. 

FAU, FOU, FOHI, s, m.; FOHIRA, ». /. Fayard, hôtre. L. faffus. 
C. faw. 

FAUDA, FOUDA, FAURDA, FEURDHA, «, f. Tablier de femme. 

FAUDALÉ,|FEUDALET, s. m. Petit tablier d'enfant. Diminutif de 
fauda. 

FAURIA, V, CéàeT le pas, se tirer de côté pour laisser passer; trans- 
gresser une loi. L. foras. (Fribourg.) 

FAUBRO, FOURRO, s. m. Paille des céréales, fourrage en général. 

FAUTA, s. f. Faute, tort; besoin pressant d'aller à la selle; néces- 
sité. Te n'a pa fatUa de lei alla, tu n'as pas besoin d'y aller. 

FAUTA, r. Manquer. (Gruyère.) 

FAUTHI, 8, m. Manche de faux. 

FAVA, s. /. Fève. L. faba. 

FAV A, 8. f. Cest le nom générique des potamots; c'est aussi celui 
de la véronique cressonnée, Veronica Beccabunga. (Léman.) 

FAYAIRE, s. f. (]bamp de fèves. 

FAYALA, FEIMALLA, s. f. Boucle de soulier, agrafe. L. fibula. 
(Alpes.) 

FAVA-LAU, 8. m. Mot à mot, fève au loup; c'est l'ellébore fétide. 

FAYEIRDJE, 8. f. Forge, atelier de maréchal. Defavro, favre, ma- 
réchal, serrurrier. L. faber, 

FAVETTA, 8. f. Petite fève; un rien. ITein baiUerépas na favetta, 
je n'en donnerais pas un fétu. 

FAVIOLON, 8. m. Sorte de petit haricot. De fâva fève. 

FAVIOULA, 8. f. Haricot. De fâva, fève. 



160 FEL 

FAVIOULHA, 5. f. Femme simple et crédale. (Genève.) 

FAVOTTAI, RA, adj. Mangeur de fèves. Sobriquet des habitants de 
Cbâteau-d'Œx. 

FAVRO, FAVRE, s. m. Maréchal, serrurrier, menuisier. L. tober. 
FE, FIEU, FIOU, s. m. Fils. Biau-fe, beau-fils, gendre; fe ûepov^ 
ian, injure. Voy. poutan. 

FE, FI, s. m. Fil. Dau fi retors, du fil retors. Fi de serpein, nom 
du gordius ou dragonneau, Gordius aquaticus, (Jura.) 

FÉ, $. m. Charge de foin traînée par un cheval, botte de foin, etc.; 
faix, gros fagot. (Yaud.) 

FEDETTA, s. f. Petite fille, fillette. 

FEDJO, FAIDJO, FEDJE, FEDZO, s. m. Foie. Medje-fedje, man- 
geur de foie; c'est le sobriquet qu^on donne aux gens de Moudoo. 

FEFELLA, s. /. Le gazon d'un pré, la totalité de ses graminées. 
(Pays-d'Enhaut.) 

FÉFION, 8, m. Petite épingle. (Val d'Illiez.) 

FEGAUDA, s. f. Chiquenaude. (Valais.) 

FEIN, FIN, FEUN, FENA; FENET, TE, adj. Fin, rusé, adroit. lia 
souvent la valeur d*un superlatif: lo fin premi, le tout premier; 
lo fin cutzet, le plus haut sommet; la fena derraira, la toute 
dernière; per lo fein drai, par le plus droit chemin. 

FEINAMEIN, FEINNAMEIN, FENAMEIN, FENAMEINTE, odc.A 
peine, seulement, il n'y a qu'un moment. (Vaud.) 

FEINDEIN, TA, adj. Fanfaron, petit-maître, qui se donne des airs. 
(Vaud.) 

FEINFËNET, s, m. Rusé au plus haut degrés qu'on ne trompe pas 
aisément. 

FEINKAINA, s. f. Cuscute, rache. — RcAsche, id. . 

FEIRA, s, f. Foire, grand marché. — Faire, id. 

FEIRON, s. m. Petite foire supplémentaire, sept jours après la 
grande. 

FELA, V. Filer, s'échapper furtivement, faire le rouet ; en ce der- 
nier sens, il se dit du chat. 

FELAIRA, FELANDAIRA, s. f. Fileuse, filandière. 



FER 161 

FELAR^ j. m. Grand réseau de cordes pour descendre le foin des 
hautes Alpes. 

FELETTA, FILETTE, s. f. Petit rouet. 

FELLHE, t. f. Fille. 

FELOGNA, FEGOGNE, 8. /. Cigogne; l'éclairé, CheUdoniummajus, 

plante papavéracée. (La Côte.) 
FEMA, FÉMA^ r. Mettre de Tengrais sur un terrain, le Aimer. 
FÉMALLA, s. /. Fille ou femme, une personne du sexe. (Vaud.) 

FÉMALLA, 8. f. Barre du gouvernail des barques. (Léman.) On 
dit femelle^ dans le français populaire vaudois. 

FÉMË, a. m. Fumier, engrais. L. fimu8, — Butnein, id. 

FÉMELIN, 8, m. Frêle, délicat, efféminé. De fétnalla, fille, femme. 

FEMÎRA, s. f. Cheminée; suie, fumée. L. fumta. 

FENA, FENNA, v. Faner, travailler aux fanaisons, L. fenutn. 

FENALLA, FENATTA, FENOTTA, v. Descendre, pendant l'hiver, 
dans les granges d'en-bas, les foins recueillis en été dans les 
lieux escarpés. (Alpes.) 

FENASSA, FENASSE, s. /. Esparcette, sainfoin; en général toutes 
les graminées qui forment les prairies artificielles. (Vaud.) 

FENATHI AU, 8. m. Journalier qui descend à la plaine, en traîneau, 
les foins coupés dans les montagnes. 

FENIRA, 8. f, Fenil, lieu de la ferme où se trouve la provision de 
foin. (Fribourg.) 

FENITRA, FINÊTRA, «. f. Fenêtre. 

FENNA, s. f. Femme mariée. Le fenne, les femmes en général, les 
commères. 

FENNETTA, s. f. Petite femme; lutin femelle qui crie d'une façon 

lamentable dans les îles du Rhône. 
FENNON, 8. f. Ma petite femme, terme d'amitié. 

FENNON, FENNET, s. tu. Homme qui se mêle mal à propos de 
détails de ménage qui ne concernent que les femmes. (Genève.) 

FER, FË, adv. Fort, beaucoup. C. ferw, rude, violent. Pesa fer 8u 
8ta rai8on, insistez fortement sur ce point, dit le paysan à son 
avocat. (Vaud.) 

mtM. ET DOCUll. XXI. 11 



162 FEV 

FERI, FIRI, FIAIRE, AFIRI, v. Frapper; aboutir. Le gael crie en 
patois : //a feri dou, il a frappé deux heures. Ce seindai va feri 
au motM, ce sentier aboutit à Téglise. 

FERMA, FRÉMA, v. Affirmer; fiapcer; faire un pari. L. firmare. 

FERMALLHE, FRÉMAHLLE, 8. f, pL Fiançailles, contrat; repas 
donné à cette occasion. (Fribourg.) 

FERMEINTA, s. f. Serrure; ferrements nécessaires à une porte, à 
une fenêtre. 

FERRA, 8, f, Voy. para, besaula. 

FERRAN, s. m. Mauvais cheval, bidet. (V. st.) 

FERRATAI, 5. f». Marchand de fer, ferronnier. 

FERRET, 8. m. Fer de flèche. 

FERRETA, v. Tourner un char, une charrue. 

FERRETTE, FARRETHE, s. /. pL Secousses alternatives de deux 
lutteurs; gain, affaires lucratives. Va bein fé 8è ferrette ein AiUo, 
il a bien fait ses affaires à Aigle. (Moudon.) 

FERRON, 5. ffi. Petit traîneau d'enfant, ainsi nommé parce qu'il 
est ferré. 

FERU, A, adj. Amoureux fou, frappé au cœur. L. ferire. 

FESSI, r. Tresser, entrelacer. L. fa8ci8. (Lavaux.) 

FET, FE, FÉ, FA, ». w. Fait, chose arrivée. Prov, Mé de braga ke 
de fé, plus de vanterie que de réalité. 

FETHAULA, s. f. Petite saucisse attachée à une plus grande. (Pays- 
d'Enhaut.) 

FETHAULA, FETHEULA, ». f. Filleule. 

FETHEU, FETHAU, ». m. Filleul. 

FETHON, ». m. Petit firomage fait de ce qui n'a pu entrer dans la 
grande pièce. (Alpes.) 

FETZEGAN, ». m. Fainéant, mauvais sujet, grand drôle. (Moudon.) 

FETZI, V, Ficher, planter, mettre. Sèfetzi, s'opinifttrer, rester fixe 
dans son opinion. 

FÉVREI, ». m. Février. 

FÉVROTTA, V, Avoir la température froide du mois de février. De 



FIF 168 

là le proverbe se féwrei ne févroUe, fnar «etn ke to débUottéy si fé- 
nier est doux^ mars est rigoureux. (Vaud.) 

FI, s, m. Fil. Voy. PB. 

FIA, s. fil. Lait coagulé qui sort comme un fil du pis d'une vache. 
(Alpes.) 

FI A (se), V. Se fier, se confier. Mo rai $è fia, il ne faut pas s'y fier, 
expression qui marque le doute, le soupçon. Littéralement, mal 
fy fier. 

FIAIRE, V. Frapper, aboutir. Impér. fiai, frappe. 

FIAIRTZO, s. m. Fil d'archal, fil de fer. 

FIAN, FIÂNA, adj. Qui n'est pas clair; se dit d'un liquide trouble. 
(Val d'Illiez.) 

FIANÇA, V. Cautionner, se donner pour garant. 

FIANCE, s. f. pi Cautions, garanties. 

FIANT A, s. /. Fiente, excréments du bétail. 

FIANTHA, V. Fienter. 

nAUDJA, FIAUDJE, FLLAUDZE, FLLAUDZA, FAILA, FÊTHE, «. f. 
Fougère. Vedhi la fiaudje, veiller la fougère^ pratique supersti- 
tieuse de gens qui s'imaginent que s'ils peuvent voir fleurir la 
fougère pendant la nuit, ils trouveront un trésor dans l'année. 
(Fribourg.) 

Fiaudja-flloria, s, /. Littéralement^ fougère fleurie; c'est la pé- 
diculaire des marais, Pedicularis palusiris. 

FIAUDJIRA, s. f. Terrain ou place couverte de fougères. Bou dé 
Fiaudzire, bois de Fiaugère, en dessus de Lausanne. 

FIER, FIERA, adj. Fier, orgueilleux; acide, aigre. 

FIÉRANDA, s. f. Bergère. 

FIFA, V, Aspirer un liquide avec un fétu ou chalumeau, chalumer; 
par extension, boire, s'enivrer. (Vaud.) 

FIFET, $. m. Chalumeau, fétu, dont les enfants se servent pendant 
les vendanges pour aspirer le moût dans les cuves. (Lausanne.) 

FIFRO, s. f». Fifre, espèce de flûte de la musique militaire des 
Suisses. C'est aussi le nom du musicien qui en joue. C. fiffen. 



164 FLL 

FIGNOLA^ V. Se donner des airs, être plus élégant que les aolres, 
faire le petit-maître. (Vaud.) 

FIGNOLET, FIOLAN, s. m. Petit-maître/ fanfaron. 

FIGUËTÂ, 4. f. Ficaire, Rananeulus Fiearia^ plante renonculacée. 

FIGUETTA, s. f. Petite fiole ou flacon pour les senteurs. 
FIKA, V. Se gratter avec force. (Alpes.) Voy. ruppa. 

FIKA, FIGA, s, f. Figue ; l'action de se gratter ; bruit de deux 
corps qui glissent l'un sur l'autre. Per ma /l(^a, jurement équi- 
valant à par ma foi^ 

FILLERET, s. m. Garçon qui aime à être avec les petites filles. 

FIN, $. m. Etendue de terre arable qui se divise en pt«s. (Payeme.) 

FINADREI, adv. Au jaste. 

FINA, V, Trouver, venir à ses fins, se procurer. (Y. st. de Fri- 
bourg.) 

FIOLA, <. f, Pesse, Pinus picea de Linnée. (Moutiers-Grandval.) 

FIOLAN, NA, adj. Fat, présomptueux, fanfaron. (Jura.) Voy. 

FIGNOLET. 

FION, s. m. Orgueil, belle apparence, vanité. Se bailU dan /ion, 
se donner des airs. (Vaud.) 

FIOULA^ s. f. Fiole, bouteille. G. fiol, vase à liquide. 

FIOULÂ, V, Avorter ; se dit d*une fleur, d'un fruit qui ne peut se 
développer. — Avec $è, boire avec excès, s'enivrer. (Neuchfttel.) 

FIRTS, s. m. Batterie. De flaire, frapper. (Fribourg.) 

FISTON, s. m. Polisson, petit maroufle. (La Gôte.) 

FtTA, s. f. Fête, régal, partie de plaisir. 

FtTÂ, V. Fêter, célébrer une fête. 

FIZA, s. f. Dessein, résolution. Lé fé àma fiza, je l'ai fait selon 
mon idée. (Valais.) 

FLLA, FLA, s. m.; FLACIIE, $. f. Foin de marais pour litière. 
C. flachia, flaque d'eau, marécage. (Aigle.) 

FLLAMBÉ, s. m. Glaïeul^ Gladiolus commurUi, appelé aussi eheva- 
Uêr dans les jardins. 

FLLAMMA, s. f. Flamme, colère. 



FOC 165 

FLLAMME, $, f, pi. Iris, /m gertnanica. (Pays-d'Enhaut.) 

FLLANA^ V, Flftner, muser, baguenauder, fainéanter, regarder 
Sans rien faire. 

FLLANI, A, adj. Flasque, Iftche, débile. — Flappi, id. (Valais.) 

FLLANKA, FLLANA, v. Mettre ; donner un violent coup. 

Jean Aîgroz, dit l'Astrologue de Gombremont, ne sachant 
qu'indiquer pour la température d'un des jours de son alma- 
nach^ dit à son secrétaire: Fllanka lei on len^rro,' mets-y un 
tonnerre. Ce même astrologue fut mis en prison pour avoir 
annoncé, à jour fixe, la fin du monde, ce qui fit manquer la 
foire de Cossonay qui tombait sur ce jour-là. 

FLLANTZE, s. f. Pain grossier, en forme de galette, fumé à la 
cbeininée pour qu'il se durcisse et se conserve. (Alpes.) 

FLLATZIRA, FLLAUGÉRA, FLLAUDJÉRA, $. f. Pré marécageux 

qui donne de la litière. De /la. 
FLLEIR, FLAIR, s. m. Odeur. G. flear, mauvaise odeur, d'où 

flairer. (Neuchâtel.) 
FLLERI, s. m. Le charrier. On dit fleurier dans le français vaudois. 

FLLERON, s. m. Enfant pleureur, petit garçon gftté. L. fleo, 

pleurer. (Vaud.) 
FLLON, FLON, $. m. CTest le nom de plusieurs ruisseaux (Oron, 

Lausanne, Gilly, Montreux.) L. fluo. 

FLLORIA, s. f. La totalité de l'herbe d'un pré, sa prochaine 
récolte ; la totalité d'une forêt mise en coupe. L. flos. (Gruyère.) 

FLLOTTA, HLLOTTA, s. f. Flûte; écheveau de fil. 

FÔ, «. /. Faux. Guéro lafô? Gombien la faux ? 

FOGHAI, $. m. Danse sur les montagnes, à la fin de l'alpage, avant 
de quitter le chalet. AU. viehzeit. (Rougemont.) 

FOGHAU, FOSSHAU, 5. m. Sorte de houe, bêche à deux fourchons, 
hoyau. Fossair, fou$9oir, dans le français populaire vaudois. 

Fochau à mo. Espèce de bêche pour faire des provins. (Lau- 
sanne.) Voy. MOR. 

POGHÉRA, FOSSÉRA, v. Labourer, travailler avec le fockau; ce 
verbe signifie aussi labourer à la pelle. 



166 FON 

FOGHERET^ s. .m. Espèce de sabre très courbe appelé aussi /te- 
ch(m, — On trouve faucherei dans une quittance du comte de 
Savoie datée de Payerne, 1354. 

FOGHËRIA, 8. /.; FOCHÉRAU^ s. m. Mesure agraire, appelée 
fossorier, ouvrier, dans le français vaudois. 

FÔCRI, FÂUCRI, 8. m. Fausset, voix de tète. (Ormonts.) 

FODA, FAUDÂ, s. f. Maillot, lange. (Jura.) 

FOHIRA; s, f, FOHI, FAU, FOU, s, m. Hêtre, fayard. L. foffm^ C. 
faw, hêtre. 

FOKADJO, 5. m. Droit de prendre son bois dans une forêt; rede- 
vance féodale que payait chaque feu ou maison, fouage. L./bctis. 

FOLA, V. Fouler, fatiguer à outrance ; vexer. 

FOL A, AHIE, adj. Usé, cassé par le travail, abîmé de fatigue. 
(Vaud.) 

FOLASSA, 8, /. Follette, arroche des jardins, Atriplex horUfuU. 

Voy. BOUNNA-DAMA. 

FOLIÂ, FOLEIHI, v. Padiner, folâtrer, faire ou dire des folies. 

FOLLHA, FOLLHE, 8, f. Feuille d'arbre, de papier; planche mince. 

FOLLHE-BOU, s. m. Vent du sud, qui au printemps hâte le déve- 
loppement des feuilles. Mot à mot, quifeuiUe le8 bois. (Valais.) 

FOLLHET, s. f. Feuillet d'un livre, d'une ardoise, d'une pierre 
qui se délite. 

FOLLHI, V. Commencer à pousser des feuilles; faire une boiserie, 
lambrisser. 

FOLLHU, adj. Feuille, touffu. Il s'emploie substantivement pour 
désigner toute espèce de bois autre que le sapin et ses congé- 
nères. (Pays-d'Enhaut.) 

FOM, FON, 8. m. Fumée, odeur de fumée. L. /umiK. (Alpes.) 

FOMMA, FOUMA, v. Fumer, fumer du tabac ; bouder, se mettre 
en colère. Mè fomtné^ il me boude. 

FONDA, s. f. Tronc d*arbre; portion de chaque héritier déterminée 
de gré à gré ou tirée au sort, lors du partage d'une succession ^ 
indivise. (Vaud.) 



FOR 167 

FONDA, s. m. Terrain d'uu bon fonds , sol fertile, qui a beaucoup 
de terreau végétal. 

FONDRALLHON, s, m. Sédiment d'une graisse fondue, ce qui 
reste d'épais au fond d'un liquide, fondrUUs. 

FONDRAMEIN, adv. (k>nsidérablement, au plus haut degré. (Pays- 
d'Enhaut.) 

FONDRO, A, adj. Glouton, insatiable. (Pays-d'Enhaut.) 

FONSET, FANTHÉ, s. m. Petite planche carrée sur laquelle on 
pose quelque objet. (Pays-d'Enhaut.) 

FONT, s, m. Aphte, vessie dans la bouche, maladie des petits en- 
fants. (Lausanne.) 

FONTANETTA, s. f. Petite fontaine. 

FONTANNA, s. f. Fontaine jaillissante. 

FOR, FOUÉ, FEUR, FOUAR, «. m. Four. 

FOR, FOUAIR, FEUR, adv. Peut-être, à peu près, presque, quasi. 
L. fere, presque. Lo se for, je le sais bien peu. 

FORA, V. Forer, percer. — Fore-bosson, roitelet, troglodyte. (Jura.) 

FORCHESSA, adj. Sorti de la famille, détronqué. (Vieux actes de 
Fribourg.) 

FORDHI, (se), V. S'introduire, se fourrer indiscrètement ou l'on 
ne doit pas. (Val d'Illiez.) 

FORDJETTA, v. Déshériter, ;>{er hors de l'héritage. L. forts, dehors. 
(Alpes.) Voy. dédjêtta. 

FORDJUDJI, V. Condamner à l'exil. 

FORDOA, V. Déranger les douves d'un tonneau; se crever de 
mangeaille. (Pays-d'Enhaut.) 

FORËTAI, s. m. Forestier, garde-forêt. 

FORGUAIRA, FOURGUERA, s. m. Mauvais génie, caractère malin, 

animal méchant et dangereux. Cest un nom adouci du diable. 

G. fourgas, tracas, agitation. (Alpes.) 
FORISSU, FURISSU, adj. Exilé, banni, mis dehors. (Vieux langage 

de Fribourg.) 

FORKINA, FOURQUINE, $. f. Arquebuse à fourchette. (Vieux lan- 
gage de Fribourg.) 



168 FOR 

FORMA, s. f. Forme ; cercle pour entourer le fromage au sortir 
de la chaudière, d'où le nom primitif de formage encore usité 
en quelques vallées. 

FORNAHIE, s. f. Fournée. 

FORNAI, $. m. ; FORNAIRE, t. f. Foumier, foumière ; boulanger. 
FORNALLA^ v. Brûler la terre d'un mauvais fonds pour l'améliorer, 
écobuer. (Alpes.) 

FORNALLET, s. m. Petit poêle. Diminutif de fomet, 
FORNATZON, s. m. Mauvais petit foumier qui ne sait pas son 

métier. 
FORNEI, FOURNHI, v. Achever un ouvrage. A-tofomeiéTempatâf 

As-tu fini de pétrir? 
FORNERET, s. m. Petit foumier maladroit. 

FORNET, s. m. Poêle de pierre ou de briques vernissées, pour 

chauffer une chambre. Fr. fourneau. 
FORRI, FAURI, FOURRI, FURI, s. m. Printemps, saison où Ton 

sort les troupeaux des étables d'hiver pour les mettre à l'herbe. 

L. forts, dehors. (Alpes.) 

FORRIA, V. S'égarer, se fourvoyer, sortir du bon chemin. (Ville- 
neuve.) Voy. PAURU. 

FORRIÈRES, $. f. pi. Pâturages inférieurs broutés au printemps. 
De forri, printemps. (Valais.) 

FORSI, V. Forcer, enfoncer ; violer. 

FORTZA, s. f Fourche. 

FORTZE, Fourches patibulaires, gibet. (Vaud.) 

FORTZETTA, t. f. Petite fourche, fourchette de table, crosse, 
grappe de vigne avortée. 

FORTZl, FORTSGHI, v. Dire un mot pour ifn autre. La lemm 
m'a fortzi, la langue m'a fourché. 

FORTZON, s. fit. Fourche de fer à deux dents. Il se dit aussi des 
dents d'une fourchette. 

FORULLA, $. f. Poitrine d'homme; poitrail, en parlant des ani- 
maux. (Bagnes.) 



FOU 169 

FOU, FOULA, adj. Insensé, étourdi. Va s^Uè dH balU foule, vous 
êtes des folles fieffées. 

P0UA6E, s. m. Se dit des veines de marne qui traversent des bancs 
de roc, de pierre dure. C'est un terme de carrier. 

FOUAINNA, s. f. Fotfine. 

FOUAINNA, «. f. Femme au visage pointu, curieuse, indiscrète, 
maligne, dont il faut se défier. (Montreux.) — Potiatna, pouina, id. 

FOUAINNA, FOUAINETTE, s. f. Faîne, fruit du hêtre, dont 
l'amande se mange dans les Alpes. 

FOUAINNA, FOUINA, o. Fureter; manger son bien, se ruiner; 
monter en herbe. En ce dernier sens, il se dit des fruits qui 
avortent et des grappes de la vigne qu\ n'ont que la rafle. 

FOUAIRA, <. f. Colique, diarrhée. 

FOUAIRAU, SA, adj. Qui a la diarrhée, le flux de ventre. 

FOUAIRRÂ, V. Avoir la diarrhée. 

FOUER, TA, adj. Acide, aigre ; fort, vigoureux. — foi, fo, id. 

FOUERDJE, FAVERDJE, ». f. Forge. L. Faber, — Fordze, id. 

FOUERSE, s. f. pL Ciseaux de tailleur; grande fourche. L. forceps. 

FOUETTA, s. f. Sorte de ligne à pêcher. (Léman.) 

FOUETTA, FOUATTA, v. Fouetter. 

FOUETTAHIE, FOUATTAHIE, s. f. L'action de fouetter. 

FOUETTA-KU, $. m. Nom injurieux du maître d*école. (Fribourg.) 

FOUI, interj. Fi I fi donc ! 

FOUI-FOUI, I. m. Pinson, traquet; fringUla. (Vaud.) 

FOUILLEMEIN, $. m. Fouille ; action de fouiller pour trouver les 
trésors enfouis, dans les châteaux, les ruines, les cavernes, etc., 
ce qui fut défendii^efl 1660. 

FOUINNA, V. Courir, se sauver en hftte. 

FOULâTTON^ s. m. Jeune écervelé, follichon, petit fou. (Genève.) 

FOULERAlE, s. f. Folie, badînage, mot pour rire. Ne mè de ran 
ke dei foukrak, il ne me dit rien que des folies. (Vaud.) 

FOUMAIRA, FEMtRA, s. f. Fumée. 



170 FRA 

FOUMATSON, f. m. Jeune homme qui essaye de fumer et ne le 
sait pas. (Moudon.) 

FOUMET, FUMET, s, m. Bout de tison qui fume ; corps ailomé 
d'où sort uue mauvaise odeur. 

FOUNNA, FOUNA^ v. Flairer, Aireter en vue de trouver des comes- 
tibles; chercher indiscrètement à voir ou à savoir. (Vaud.) 

FOUNNATZON^ s. m. Petit indiscret, petit furet. 

FOUNNET, TA, adj. Curieux^ indiscret, furet, qui met son nez 
partout. 

FOUON, s. fit. Taupe. Ce mot a la môme racine que le firançais 
fouir, (Romont.) 

FOURDZI, FORDZI, v. Passer une baguette dans un tuyau pour 
le nettoyer. Se fourdzi lo nâ, se curer le nez avec les doigts. 

FOURGOUNNÂ, v. Fourgonner, remuer les braises du foyer; 
fureter. 

FOURRION, FOURET, FORET, s. m. Perijoir, vrille, foret. 

FOURRO,a. m. Truite maigre, prise en automne, après le frai. 
(Genève.) 

FOU-SAUTET, a. m. Feu-follet; mot à mot, le feu qui saute, (Jura.) 

FRAIGHIEU, FRAIDIEU, a. m. Espèce de vent froid. (Genève.) 

Yoy. SETSCHAR. 

FRAIS, a. m. La fraîcheur, le frais. 

FRAIS, FRAITZE, adj. Frais, fraîche. rifrais,ieyo\\kîms,Fraû 
et raido, locution spécialement employée dans la phrase sui- 
vante : L'è resta frais et raido, il est resté sur le coup. 

FRAISA, a. f. Un petit morceau, un brin, une miette^ un petit 
moment. Atiein-mè na fraisa, attends-moi un instant. Poi m 
fraisa, pas un brin. 

FRAISETTA, FRESETTA, a. f. Miette, brin, petit morceau ; dimi- 
nutif du précédent. G. freza, mettre en morceaux. 

FRABfAUR, a. m. Mûrier, morus. (Orbe.) 

FRANCHI, a. m. Nom de seize officiers ou agents subalternes de 
l'abbaye de Romainmotier. (Vaud.) 



FRE 171 

FRANO» s. m. Frêne, Fraxinus exceUiar. 

FRÂNTZI, FRâNTSCHI, v. Couper net, sans bavure. L. frangere. 

(Alpes.) 
FRAPPA, V. Frapper, battre. 

FRAPPAHIEy $. f. L'action de frapper, coup. 

FRARE-, s. m. Frère. Il se dit souvent par amitié, sans qu'il y ait 
parenté. 

FRASKA, s. f. Folie de jeunesse, équipée, espièglerie, mauvais 
tour. (Lausanne.) 

FRASSA, s. f. Grande quantité. L'a na frassa d'einfan, il a une 
potée d'enfants. (Jura.) 

FRATA, s. m. Barbier, frater. (Villeneuve.) 

FRATZE-TOT, s. m. Qui brise tout; enfant qui use beaucoup 
d'habits^ de souliers. 

FRATZI, FRETSGHL FRACHI, r. Rompre, briser, mettre en pièces. 
L. frangere. 

FRAUDA, V. Frauder, tromper, duper, filouter. — Frohda, id. 

FRAUNA, V. Murmurer, gronder entre ses dents comme une per- 
sonne irritée; se dit encore d'un cbien qui gronde, d'une ava- 
lanche et généralement de tous les bruits sourde. (Alpes.) 

FRAUNAHIE, s. f. Bruit, grondement sourd. (Alpes.) 

FRAYALLA, s. f, Ck)ncussion, fraude, délit forestier. (Fribourg.) ^evf ^ 

FRE, FRO, FRUIT, FRIT, s. m. Fromage. Baille-mè on bokon de 
fro, donne-moi un morceau de fromage. (Alpes.) 

FRÉCHINGA, FRESANGUE, FREZINGHA, s. f. Cochon de lait 
farci et cuit; redevance féodale mentionnée dans des actes du 
XIII* siècle. (Lausanne.) 

FREGAINA, FOURGAINE, $. f. Baguette de (ùsil, toute espèce de 
baguette. 

FRÉHI^ FRAIHI, v. Huiler, oindre ; frayer. — Donner ou recevoir 
l'extrême onction. (Fribourg.) 

FREI, FRAI, FRAIDA, adj. Froid, froide. La né eara gro fraida, 
la nuit sera bien froide. 

FREI, FRAI, «. m. Froid, froidure. Fa rida /ret, il fait grand froid. 



174 FUM 

FRISON^ 8. m. Farine cuite au beurre et ayant la consistance d^nne 
pâte; boucle de cheveux frisée qui descend sur les tempes. 
(Alpes.) 

FRItâ, fréta, s. f. Sommet de montagne; faîte d'un bâtimrat. 
L'è aguellhi sur la frita de VoUo, il est perché sur le faîte de la 
maison. Plur. tTète, 

FRITTÂ, s. f. Fruit en général. Lei a bem de la frUta $U an, il y 
a bien du fîruit cette année. On dit fruUage dans le français po- 
pulaire vaudois. 

FROMEDJAU, FROMEDZEU, s. m. Celui qui fait le fromage dans 
un chalet. 

FROMEDGI, RA; FROMADGI, IRA, adj. Vendeur, vendeuse de fro- 
mage dans les marchés, sur les places publiques. (Vevey.) 

FROMEIN, FROUMEIf^, s. m. Froment. C'est un nom que Ton donne 
fréquemment aux bœufs. (Yaud.) 

FRONNA, FREUNA, v. Retentir, bruire. — Frauna, id. 

FROTSCHA, s. f. Souquenille, habit de travail, court et grossier. 
(Vaud.) 

FROTTA, V, Frotter, battre, rosser. Voy. fretthi. 

FROTTAHIE, s. f. L'action de rosser, batterie. L'a zu na fiére frot- 
tahie, il a été rudement rossé. 

FROU, FRO, FEUR, FOÊ , adv. Dehors, hors du logis, hors d'ici. 
L. /or«. 

FROUILLHI, V, Tricher au jeu, brouiller. Voy. brouillhi. 

FRUTSCHA, FRUTZE, s. f. Femme robuste et paresseuse. Cest 
une injure. (Alpes.) 

FU, FUA, FOU, FOUA, FOUÉ, FUO, FUHI, FOUI, s. m. Le feu. 

FULAHIE, 5. /. Se dit des rafales du vent, des tourbillons, des gi- 
boulées. (Léman.) 

FULET, s. m. Tourbillon, rafale, tourmente de neige, trombe. 
(Pays-d'Enbaut.) 

FUMET, 5. m. Bout de tison qui fume, braise mal éteinte qui donne 
une mauvaise odeur. Voy. foumet. 

FUMMET, FEMMET, $. m. Incommodité des enfants nouveau-nés. 



GAG 475 

dont la langue devient blanche et les empécbe de teter. (Mon- 
treux.) 

FUNKAINA, FEINKAINA, s. /. La rache ou cuscute. (Alpes.) — 
Ratiche, id. 

FUSA^ $. f. L'axe d'une bobine; aiguille pour forer la pierre. 

RiSÀ, V, Se dit spécialement de l'action d'éteindre la cbaux. (Vaud.) 

FUSTAy 8. f. Grande futaille allongée pour le transport des vins 
(Vand); la charpente d'un bâtiment (Genève). Môme racine que 
fûl, futaille. 

¥\JT, FV, $, m. Ensuble de tisserand. L. fuslis, (Montreux.) 



G 



GÂ, adv. Gare, prenez garde, ôtez-vous de là. 
CiÀBBÂ, V. Louer^ prôner, vanter outre mesure, plaisanter. C.gab, 
raillerie. (Alpes.) 

GABBERL DA, adj. Fanfaron, vantard. (Fribourg.) 

GACHON , s. m. C'est le nom du patois d'une partie du Jura ber- 
nois. 

GADAB, GADHA, GAILLARD (prononcez gailld), adv. Fort, beau- 
coup, joliment. L'è gadar plie mô, il est beaucoup plus mal. 

GADDAN, s. /. Nom d'amitié que les enfants donnent à leur grand'- 
mère. (Vaud.) 

GADDEIN, s. m. Layette, les langes d'un nouveau-né. G. gad, cou- 
verture. (Vaud.) 

GADBENA, v. Voy. gadzouna. 

GADROULLHI, v. Gargouiller, troubler de l'eau. (Genève.) 

GADZO, s. m. Gage; cadeau d'un garçon à sa belle, à sa fiancée. 

GAGA, r. Crier comme une poule effrayée. (Pays-d'Enhaut.) 

GAGNEBEIN, <. tu. Machine à roulettes dans laquelle on met un 
petit enfant pour lui apprendre à marcher. — Tin-tè-bein, id. 

(Vaud.) 



<76 G AL 

GÂGUI, s. f. Grosse, fille lourde^ malpropre^ fille de petite vertu. 
(Lausanne.) 

GAICHOTTE, BAICHOTTE, «. f. Jeune fille. (Ev6ché de Bâle.) 

GAIGNOUR, 5. m. Soldat, milicien; fermier, granger. G. gagma, 
champ cultivé. (Fribourg.) 

GAILLARD (prononcez gaillâ), DA, adj. Homme qui s'occupe pins 
de se divertir que de travailler; gaillard, gai, amusant; homme 
résolu, prudent, avisé. C'est le nom d'un des acteurs des an- 
ciennes farces. (Vaud.) 

GAINDRO, 5. mr; GAINDE, GAINDRE, s. f. pi. Dévidoir. G. (piinda, 
tourner, virer. 

GAINGOUAI, GUINGOUË (de), adv. Dans le mauvais sens, de tra- 
vers. 

GAINTZI, V. Percher, monter; incliner tantôt à droite, tantôt à 
gauche; remuer; bouger. Ne gaintze pas, ne bouge pas. 

GAITZE, GAITSCHE, GUNTHÉ, s. m. Traîneau tiré par un homme. 
Ail. Geisz, qui se dit dans le môme sens dans la Suisse alle- 
mande. (Pays-d'Enhaut.) 

GAITZETTA, s. f. Petit traîneau. Diminutif du mot précédent. 

GALA, j. m. Amusement, badinage. De gala, loc. adv., pour ba- 
diner. 

GALA (se), V, S'amuser, se divertir. — Se galeihi, id. 

GALAFRO, A; GOULIAFRO, A, adj. Qui aime les bons morceaaX; 
gourmand, friand. (Valais.) 

GALAHIRA, v. S'arrêter, s'amuser en chemin, baguenauder, per- 
dre son temps. 

GALAN, GALANTA, adj. Amant, galant. 11 ne se dit guères qu'au 
masculin. — Si l'on dit à une villageoise : Ontôèvoutrongalan, 
un tel est votre galant, il est du bon ton qu'elle réponde : Le le 
tsivre k'an dei galan, ce sont les chèvres qui ont des galants. 
(Vaud.) 

GALANDA, s. f. Jeune fille fringante, allurée, qui court après le 
plaisir. 

GALAVAR, s. m. Fainéant, dissolu, tapageur, mauvais sujet. 



GAN 477 

GALAVARDA^ s. f. Petite fille qui aime les petits garçons, qui va 
courir avec eux. (Vaud.) 

GALE, <. f. pi Jouets d'enfants, joujoux, hochets. 

GALE, GALÉZA, adj. Joli, charmant, gracieux. — Le Fribourgeois 
qui rencontre une fille en chemin la salue toujours du titre de 
gaUza ou de grachauta (gracieuse). (Vaud, Fribourg.) 

GALLEBONTEIN, s. m. Bon vivant, pilier de cabaret, homme 
qui s'occupe plus de se divertir que de travailler. (Yaud.) 

GALLHOT, COAILLOT, CAILLOT, s. m. Morceau de lait caillé ; 
grumeau de sang, caillot. 

GALLHOTSI, v. Se dit du bruit et du mouvement d'un liquide 
dans un vase qui n'est pas plein. 

GALLHOTSON, s. m. Petit lait qu'on laisse dans un baquet à por- 
tée des gens du chalet, qui vont y boire quand bon leur semble. 
(Pays-d'Enhaut.) 

GALOTSCHE, s. f. Sorte de jeu. Yoy. pllottet. (Lausanne.) 

GÂMATZA, s. f. Guêtre pour le travail. PI. ganuaze. G. gam^ jambe. 

GAMATZON, t. m. Petite guêtre ; diminutif du mot précédent. — 
Gamasson, id. (Yaud.) 

GAMBION. Yoy. campein. 

GAND, s. m. Gand ; ancolie, Aqwlegia vulgaris. 

GANDA, OUANDA, 5. f. Femme grande, paresseuse ou débauchée. 
(Yaud.) 

GANDET, s. m. Rôdeur, mendiant. (Yal d'Illiez.) 

GANDEUTHA, $. f. Fille ou femme débauchée, femme errante et 
de mauvaise vie. (Yal d'Illiez.) 

GANDIN, s. m. Tapage, choc, batterie. G. gadwyn, rixe. (Coppet.) 

GANDOISA, s. f. Bourde, conte à dormir debout; fleurette, sor- 
nette. JPl. gandoisê. (Lausanne.) 

GANETHl, V. Gratter, faire le bruit d'une souris qui tracasse dans 
une boiserie. (Alpes.) 

GANGUELLHE, $. f. pi. Guenilles, lambeaux^ choses de néant. 
Na ganguellka, onna ganguellhe, une femme de néant. 

GANGUELLHI, v. Pendre, suspendre, être pendu ou suspendu. 

■tH. ET DOCUM.'XU. iS 



178 GAR 

GANGUELLIN, i. m. Primevère élevée, Primula eUUior. (Vevey.) 
GANGUELLON, s, m. Galant d'hiver, Galanthuinwalii. (Montreux.) 
GANTHET, s. m. Bande qui lie le corps d'une chemise à la manche. 
GANTZOU, $, m. Jars, le mftle de l'oie. Ail. gans. 

GAÔ, GAOTHEI, s. m. Nom que les habitants du Pays-d'Enhanl 
donnent aux Fribourgeois. Ce mot vient de gavot, ancien nom 
du Chablais (pays Gavot), où, dit-on, une troupe de Gothâ s'éta- 
blit jadis. 
GAP A, V. Trotter, battre les grands chemins. (Nyon.) 
GAPAIROU, 8. m. Sorte de fromage maigre. (Alpes.) 
GAP AN, GAPIN, s, m. Homme nistre et pillard. (Fribourg.) 
GAPIAN, 8. m. Homme employé aux douanes françaises. Ce mot 

est injurieux. 
GÂPION, s. m. Agent de police. Se dit en patois et dans le français 
populaire de Lausanne. Terme d'écolier. 

GÂPIONNAIRE, GÂPIOUNâIRE, s. f. Le poste de police. (Lau- 
sanne.) 

GARAGNON, 8, m. Menuisier; en vieux langage, ét£Uon. 

GARAUDA, 5. /. Femme effrontée, importune; fille de joie. (Fri- 
bourg.) 

GARAUDÂ, V, Importuner par des demandes indiscrètes; manier 
un objet brusquement et sans ménagement. C. garo, âpre, rigide, 
agreste. (Fribourg.)' 

GARDELLA, s. f. Jonquille, Narci88U8 ceUathinm. 

GARDZOUNA, GADZENA, v. Faire son ménage; remettre en ordre 
la vaisselle, les ustensiles de cuisine et les meubles déplacés la 
veille. (Aigle.) 

GARFAHI, V. Rire à gorge déployée tout en parlant. (Val d'illiez.) 

GARGAILLOT, 5. m. Morceau de lait caillé; grumeau de farine 
dans le potage. — GorgoUhon.gremelhon, gatollhon, id. 

GARGUETTA, GUERGUETTA, 5. /. Gorge, bouche, gargamelle. 
C. garga, gosier, gorge. (Vaud.) 

GARI, GUIÉRI, V. Guérir. — Vouari, id. 



GAV 179 

GARIBET, 5. m. Urbec, insecte qui détruit les boutoos de la vigne, 
des arbres. (Neucbâtel.) 

GARODA, s. f. Vieille guêtre de peu de valeur. (Alpes.) 

GAROU, DX, adj. Sorcier enragé. C'est un des noms du diable. G. 
garo, cruel. (Jura.) 

GARZELLHON, s. m. Valet de campagne, domestique. (Ormonts.) 

GARZOUNET, GUERSONNET, $. m. Petit garçon, petit valet. Dimi- 
nutif de guerson, guerzon, garçon. 

GâSSATON, GOSSATUM, 5. m. Promenade bruyante et licencieuse 
des jeunes gens. (V. st.) 

GÂTA, V. Gâter; corrompre une fille. Avec sè^ se faire une bemie. 

GATALET, s. m. Petit gâteau, sorte de pain dans lequel il entre 
de la farine de lève. C!e pain est mince comme une feuille de 
carton, très friable et se garde six mois; on n'en fait que deux 
fois par an. (Pays-d'Enbaut.) 

GATHENA, 17. Donner à manger au bétail qui est à la crèche. (Val 
d'illiez.) 

GATOLLHAU, sa, adj. Chatouilleux. 

GATOLLHI, V. Chatouiller; patiner, dans le sens de chiffonner 
quelqu'un. 

GATOLLHON, s. m. Chatouillement; détente d'un instrument; gâ- 
chette d'un lusil; grumeau, caillot. (Vaud.) 

GAULA, s. f. Gueule, bouche; vague, lame d'eau; gaule, verge. 

GAULA (se), r. Se salir, crotter le bas de ses jupons. (Vaud.) 

GAULA, V. Fouetter, battre de verges. 

GAULAHIE, $, f. Gorgée, ce que la bouche peut contenir de li- 
quide; l'action de se crotter, de se mouiller en marchant dans 
la boue, dans la rosée. 

GAUT5CH1, RA, adj. Gaucher. 

GAUZA, <. /. Une gueuse, injure grossière. 

GAVOT s. m. Ancien nom des habitants du Chablais et de ceux de 
la haute Provence. — Nos vieilles cartes géographiques dési- 
gnent la c6te opposée au Pays de Vaud sous le nom de Pays Ga- 
vot. Le vin gavot est un mauvais vin du Chablais, défendu en 1560. 



180 GIT 

GAZEIN, s^m. Toute la garde-robe d'une personne. L. gaza, effets 
précieux. (Montreux.) Voy. butin. 

GEÂIGNAI, V. Mentir. (Jura.) (Même racine que le vieux français 
engeigner. — N. de l'éd.) 

GEDDI, GDHI^ GUEDDI, s. m. Porc^ petit cochon. 

GENIPI^ s. m. Achillée musquée^ Achillea mosehata, plante synan- 
thérée, usitée dans la médecine populaire. 

Genipi'djono, $. m. Génépi jaune, sorte d'armoise qui croît sur 
les rochers élevés des Alpes, et qui est la panacée des monla- 
gnards. 

GENISSQN, $. m. Petite génisse. 

GENOLLET, 5. m. Sceau de Salomon, ConvaUaria Polyganatym. 

(Pays-d'Enhaut.) 
GERAINA, s. f. Poule. L. gaUina. (Evéché de Bâie.) 
GERSA, a. m. Martin-pécheur. (Vaud.) 
GERSA, a. f. Teigne qui ronge les laines et les fourrures, geru. 

GERSI, A, adj. Attaqué, rongé par les teignes; se dit des étoffes 
de laine. 

GERSURA, 5. f. Crevasse, gerçure de la peau. 

GHI, art. pi. des deux genres. Voy. di. 

GHI, GHIU, s. f». Voy. dei. 

GHI, GI, s. m. Plâtre, gypse. — Gni, id. 

GIBOULET, DJIBOULET, s. m. Vent produit par la chute des ava- 
lanches, lequel suffoque parfois les voyageurs. Fr. giboulée, 
averse. (Alpes.) 

GIRARDA, s. f. Julienne, Hesperis matronalis, plante crucifère 
cultivée dans les jardins. 

GIRARDINA, s. f. Marouette, oiseau de marais; c'est une sorte de 
râle. 

GÎTA, s. /. Impôt payé par un non bourgeois à la commune qu'il 
habite ; imposition sur les terres pour les dépenses communales, 
soit publiques; dépôt d'argent de guerre, lequel existait autre- 
fois dans chaque commune. (Vaud.) 

GItO, DJItHO, s. m. Pâturage inférieur où les troupeaux paissent 



GNU 181 

an printemps et en automne, avant de monter dans les alpages 
supérieurs, et quand ils en redescendent. (Fribourg.) 

GLÈ, $. m. Iris commun. Tris germaniea, 

GLE1N-GLEIN, 6LIN-GLIN, s. m. Le petit doigt. Ail. klem, petit. 
(Vaud.) 

GLISSA, s. /l Glissoire, espace glacé où Ton va glisser. 

GLLAREI, HLLARI, GLLIERÉ, s, m. Amas de pierres charriées 
par les eaux; éboulis pierreux au pied des rochers; lit pierreux 
d'un torrent. On lit glaretum dans les vieux documents. L. 
glarea, gravier. On dit glarier dans le français populaire vau- 
dois. (Alpes.) 

GNAFFA, $. f. Morgue, vanterie; c'est aussi nue interjection de 
mépris. Te n'a ran ke la gnaffa, tu n'as rien que la morgue. 
(Vaud.) 

GNÀGNOU, GNIFFEGNAFFE, s. m. Simple, niais, idiot, ennuyeux 

par ses répétitions. (Lausanne.) 
GNAI, $. f. Noix. - Cokka, id. 
GNASSA, 5. f. Perruque vieille et sale. — TignasM, id. 
GNIBEIN, adv. Aussi bien. Gnibein mè, moi aussi. (Moudon.) 
GNIER, NIEIR, s. m. Nerf, force physique. 
GNIFFEGNAFFE, s. m. Voy. gnâgnou. 

GNION, NION, proln. indéf. Personne, aucun. Gnisonj dans le can* 
ton de FribQurg; gnin, dans le Jura. On dit en frappant à la 
porte: Cet a-te gnion? n'y a;t-il personne? G. nigun, nemo; 
gaélique, ganion, 

Gniantein, nûmcetn, nUmeet, adv. Nulle part. 

Hilton ke gnioêse, nion ke niosse. Locution qui revient à gui que 
ce $ùH, personne, ftme qui vive. (Vaud.) 

Gnion ne l'oû. Sobriquet du diable qui signifie personne ne 
l^entend. C'est l'ennemi qui, de nuit et sans faire de bruit, sème 
en secret l'ivraie parmi le bon grain. 

GNUGNI, V. Sucer au biberon; se dit surtout des jeunes veaux. 
(Alpes.) 

GOTSELLA, NEUSILLHE, GNOSETTA, i. f. Noisette. - Alogne, id. 



482 GON 

GO, GOT, s. m. Nom générique des habitants des monts de Cher- 
bres et de Ghardonne. Quand ils se le donnent entre eux, ils 
ajoutent toujours le mot frèrij frare goU Descendraient-ils de 
quelques déserteurs ou colons gotKê qui se seraient établis sur 
ces monts ? Ge mot s'applique aussi aux habitants de quelques 
villages du Bas- Valais. 

GODÂLLHI, V, Buvotter, aller souvent au cabaret, godailler. (Vaud.) 

GODJA^ $. f. Gouge, outil de charpentier pour creuser une rainure. 

GODJI, GODZI, V. Faire gonfler dans Teau un vase de bois, corn- 
buger. 

GODJI, V. Bouder quelqu'un, être de mauvaise humeur. (Jura.) 

Voy. FOMMA. 

GODJONIRA, $, f. Petit filet pour prendre les goujons. (Léman.) 

GOGUA, s. /. Manœuvre de sorcellerie, enchantement, supersti- 
tion. PI. gogue. 

GOGUE, 8. f, pi Plaisirs, amusements, goguettes. 

GOGUINETTA, s. /. Plaisanterie, goguenarderie, goguettes, lardon, 
fleurette. — Gaudriole, s. f. pi., id. 

GOLLHA, GOLLHE^ 8. f. Flaque d'eau. La gran gollka, la mer, et 
aussi le lac Léman. Craisi la gran goUhe, traverser le lac. G. go, 
eau. 

GOLLHETTA, s. f. Petite flaque d'eau; goulot. Diminutif de ^UAtf. 

GOLLHI, GAULA, v. Se mouiller jusqu'aux genoux; salir le bord 
de ses jupes, s'embouer. 

GOLLHOTZI, GUALLHOTSI, GOTHOLLI, v. Se dit du bruit d'an 
liquide dans un vase qui n'est pas plein; gaiouiller. (Alpes.) 

GOMMO, 8. m. Génie ou démon souterrain qui garde les trésors 
des cavernes des Alpes. Quand les bolides, assez fréquents dans 
les vallées alpestres, passent d'un flanc à l'autre de la vallée, 
les montagnards disent que les gomme8 voyagent, que c'est l'es- 
prit de la montagne qui va visiter un cx)nfrère dans une autre 
caverne. Gommo est une altération de^nom^ . (Pays-d'Enhaut.) 

GONHLLA, 8. f. Amas de neige amoncelée par le vent. (\'aud.) 
GONHLLÂ^ V, Gonfler, enfler. 



GOT 183 

GONHLLO^ 60NFL0, s, m. Maladie des vaches, suite d'un gon- 
flement pour avoir mangé trop de trèfle vert. 

GONIN, s. m. Prénom usité avant la reformations puis défendu 
par le consistoire genevois comme indécent, en 1546, ainsi que 
ceux de MeUMor, de Claude, de Mermet, de SermeL (Voy. Picot, 
Histoire de Genève, tome I, page 413; tome II, page 43.) — Les 
ministres de Berne se plaignirent de ce qu'à Genève on refusait 
de baptiser des enfants sous les noms indiqués par les pères et 
usités dans leur canton. (Genève.) 

GONNELLA, s. f. Diminutif de gonnet, 

GONNET, s, m. Habit de petit garçon qui se boutonne par der- 
rière. C. gunna, gonna, robe. (Valais.) 

(K)P, GOPO, «. w. Garçon fort et robuste. (Cossonay.) 

GOPÂ, s. /. Femme grosse et robuste; fille de moyenne vertu, sa- 
lope. €. goap, raillerie; sanscrit, gou^pa, fille. 

COR, GAUR^ s. m. Flaque d*eau, étang naturel, petit lac. G. gorr, 
humidité. (Moudon.) 

GORFA, GOUARFA, GOUEFFA, %. f. Première peau de la fève, 
gousse. 

GORGOLLHON, «. m. Charançon, petit insecte nuisible à la vigne; 
G: est l'attelabe du bouleau, insecte de la famille des curculionites. 
— Grimaud, id. 

GORMAND, A, adj. Gourmand. 

60RMANDA, v. Faire excès de mangeaille. 

GORRA, GOURRA, $, f. Mal vénérien, gonorrhée. (Jura.) 

GORRET, GORRON, 8. m. Cochon de lait. C. gor, petit 

GOTTA, s. f. Goutte. Boire la gotta, prendre un petit verre d'eau- 
de-vie ou d'autre liqueur alcoolique; se griser, boire souvent 
un coup. 

GOTTETTA, i. /. Petite goutte, gouttelette. Diminutif de goUa. 

GOTTHELLET, i. m. Flacon, barillet, gobelet. 

GOTTHOLLU, A, adj. Humide, marécageux. (Vaud.) 

GOTTRAU, SA, adj. Goitreux, goitreuse. 



184 GOU 

GOTTRAUSA, «. /. Narcisse des poètes, Narci$sui poeiieui et N«r- 
ci$9us raduflorui ; lis.' 

GOTTREUSA^ $. f. ItfttcottNn t^mum, perce-neige. (Bex.) 

GOTTROSET, i. m. Ris de veau. 

GOUAITA, GUOITE, s. /l Sentinelle, guérite, guet. (V. st.) 

GOUALLHE, s./l pLJfoqueries, mauvaises plaisanteries, lardons. 

60UALLHI, GOUAILLI, v. Se moquer, gausser, plaisanter. C. eo- 
vaXvia^ bavard. (Vaud.) 

GOUDDA, s. A Truie; jeu d'enfant. 

GOUEISSA, s. /. Coiffe de femme. 

GOUEIZET, %. m. Serpette, petit couteau. (Neuchfitel.) 

GOUERDZE, GOUEIRJE, GOUAIRDJE, i. f. Bouche. La grassa 
gouairdje, la fournaise pour convertir le minerai en fer. (Val- 
lorbe.) 

GOUERDZERI, IDA, adj. Braillard, crieur importun; bégueule. 
(Alpes.) 

GOUETS, GOUÉ, GOUAI, s. m. Plant de vigne venu du Chablais, 
donnant beaucoup de vin, mais de mauvaise qualité. D'anciens 
règlements défendaient d'en planter. C. gweiz, sauvage. Gcui 
ou gauai se dit aussi dans le sens de goueizet. Voy . gavot. (Vaud.) 

GOUGNOU, s. m. Malotru, gauche, idiot.— -Gnd^ou, id. (Genève.) 

GOUHENNA, $. f. Truie, laie ; terme-injurieux. — Gounna, id. 

GOUHERN, s. m. Le soin des vaches, du bétail, de Tétable. (Pays- 
d'Enhaut.) 

GOUHERNA, v. Prendre soin, soir et matin, du bétail dans reta- 
ble, lui donner à manger, le tenir propre. B. B. gouerem, traire. 
(Pays-d'Enhaut.) — (On dit gouverner l$$ vaches, dans le fran- 
çais populaire vaudois. — N. de Téd.) 

GOULLHAFRO, s. m. Glouton, grand mangeur. L. gula, atper. 

GOULLHARD, DA, aé^. Glouton, gourmand, grand mangeur. 

GOULLHERET, s. m. Têtard, grenouille non développée qui vit 
dans les flaques d'eau stagnante. De gollha. (Montreux.) 

GOUMA, V, S'engouer, se crever de mangeaille; bouder. (Val d'il- 
«liez.) 



GOV 185 

GOUMHA^ «. /. Fille ou femme laide, malpropre, dégoûtante. (Fri- 
bourg.) 

GOUMO, $. m. Petit baquet fixé à un long manche pour puiser l'eau 
dans une chaudière, dans un cuvier; pour puiser le purin dans 
la fosse et pour le répandre sur les prés. (Vaud.) 

GOUNNA, s. f. Truie; jupe de dessous. G. gunn, robe. Voy. gou- 
BENNA. (Fribourg.) 

GOUNNELLA, GONNELLE, t. f. Petite tunique d'enfant. Guna en 
slave signifie un drap grossier. 

60UPI, a. m. Renard. Cest le vieux français çùu^. L. vulpn44Jiuj 

GOURA, V. Tromper, duper, abuser. G. gour, malice, tromperie. 
(Fribourg.) 

GOURGNA, GROUGNA, GROLLHA, GOURLLE, s. f. Gep de vigne, 
souche; tronc bon à brûler. 

GOURGNON, GROUGNON, ». m. Morceau de bois noueux, souche 
ou bûche tortue pour le foyer; grosse racine de hêtre. G. guem, 
tronc. (Vaud.) 

GOURLLE, $. f. Voy. gourgna. 

GOURNEI, s. m. Grenier. G. eum, tas, monceau. (Morat.) 

GODRNI, s. m. Agglutination de grains de sel, grumeau de farine 
agglutinée. 

GOURRA, $. /. Gome du pied du bœuf. (Jura.) 
GOUTA, V. Dîner. 

GOUTA, a. m. Le repas du milieu du jour, le dîner. — (On dit pe- 
tU'Çouid, pour le repas de quatre heures. — N. de l'éd.) (Vaud.) 

GOUVERNA, V. Soigner le bétail. (Vaud.) Voy. gouherna. 

GOVA, V. Se dit d'un mets, surtout du café, de la soupe, qui pren- 
nent un mauvais goût dans un vase malpropre. 

GOVA, AHIE, adj. Eventé; se dit du vin qui a pris un mauvais 

goût. G. gow, eau. (Hontreux.) 
GOVAI, GOVET, a. m. Seau à puiser l'eau. (Bagnes.) 

GOVERGNIANCE, s. f. Gouvernement, régime, économie domes- 
tique. 

G0VER6NIAU, a. m. Gouverneur. (Vaud.) 



486 GRA 

GRÂy s. m. Gré. Ne t'ein té pas grd, je ne f en sais pas gré. Minigrày 
mauvais gré, malgré. 

GRAB6I, 8, m. Avare, grippe-sou. G. çrabana, piller, ravir. 

GRABBI, GRABELLIOU, s. m. Ravisseur. C'est un des noms du 
diable. — GrebeUhou, id. 

GRABBI t interj. Peste I diable f Grabbi sai de stu boubo ! la peste 
soit de cet enfant 1 (Pays-d'Enhaut.) 

GRABO, 5. m. Pente rapide et pierreuse, ravin. — érra^ou, id. Ail. 
grahf fosse, tombeau. (Yully.) 

GRACHAU, mb$t. et adj. Gracieux. Ce titre accompagne souvent, 
dans les cantons de Fribourg et de Vaud, le bonjour ou le bon- 
soir quand on le donne aux jeunes gens. Adswo, grackau$a, bon- 
jour la belle. 

GRADALA, v. S'élever par degrés, monter de branche en branche. 
L. gradus. 

GRAFFEGNI, GRAFFOUGNI, v. Egratigner. G. graff, égratignure. 

GRAFFOUGNIA, GRAFFOUNISSA, s. f. Egratignure. 

GRAFION, s. m. Voy. grefion. 

GRAI, adv. Avec peine, difficilement. L'apprein grai, il apprend 
avec beaucoup de peine. C. crai, dur, rude. (Pays-d'Enhaut) 

GRAILLONS, «. m. pi. Restes d'un repas. (V. st.) — Fricaty id. 

GRAINTHA, v. Se laisser intimider en parlant; s'exprimer en bal- 
butiant, par fausse honte, par cratnle. (Fribourg.) 

GRAISSET, 8. m.; GRAISSETTA, 8, f. Rana arborea, espèce de gre- 
nouille qui, dans les prairies humides, saute sur les arbres. 
(Aigle.) 

GRAMON, 8. m. Chiendent, graminée dont la racine est employée 
en tisane; paquet de racines et de tiges inutiles dans une che- 
nevière, dans un champ. (Vaud.) 

GRAN, 8. m. Grain ; un peu. 

GRANCENAI, v. Gronder, se fâcher. — Gremondi, id. (Evéchéde 
Bâle.) 

GRANDZI, s. m. Métayer, fermier. 

GRANDZIRA, s. f. La femme du fermier. (Vaud.) 



GRA 187 

GRANET, s. m. Petit grain; une très petite quantité, très peu. 

GRANETEI^ s. m. Marchand de grain. — Grenatlei, id. 

GRANMASSIy adv. Grand merci> bien obligé. 

GRANNA (prononcez gran-na), s, /. Graine, semence des plantes; 
les grains, les céréales en général. Le granne 9an balle $li an, 
les grains sont beaux cette année. 

GRANNÂ^ GRANÂ, v. Grener^ donner du grain. 

GRANT, GRANTA, adj. Grand, grande. L'èprau gratUaporsan iein, 
elle est assez grande pour son âge. Pére-grant, grand-père; mère- 
grant, grand'mère. 

GRANTA-PEIRLE, s, f. Gremil, lAthospermum officinale, plante de 
la famille des borraginées. (Yaud.) 

GRANTEIN^ adv. Longtemps. Grantenet, diminutif, il y a quelque 
temps. (Pays-d'Enhaut.) 

GRAPEIN, GRAPEUN, NA, adj. Avide, quêteur importun. 

GRAPELLHI, v. Grappiller. 

GRAPELLHON, s. m. Grappillon, petite grappe. . 

GRAPENA^ V. Commettre de petits vols, prendre çà et là. (Yaud.) 

GRASSET, TA, adj. Un peu gras. 

GRASSETTA, s. f. Grassette, Pinguiada pulgaris, plante de la fa- 
mille des lentibulariées. 
GRASSI, s. m. Genévrier. (Jura.) 
GRASSIA, $. f. Lieu couvert de genévriers. (Jura.) 
GRATHO, f. I». Voy. crato. 
GRATTA, $. /. Gale de la petite espèce. (Yaud.) 
GRATTA, V. Gratter, se gratter. — Gratthd, id. 
GRATTA-GU, s. m. Fruit de l'églantier, gratte-cul. 

GRATTA-PAPEI, s. m. Gratte-papier; nom dérisoire donné par le 
peuple aux avocats, greffiers, notaires et autres gens de plume. 
(Vaud.) 

GRATTE, s. f. pi. Fèves cuites dans leurs gousses; pois mange- 
tout. (Ormonts.) 

GRATUIZA, $. f. Rftpe à tabac; râpe en général. 



188 GRE 

GRATZERI^ s. m. Cerfeuil sauvage, Anthmeus sylvntris, plante 
ombelUfère commune dans les vergers. — Gro-tzeiri, id. 

GRAUBA, GREUBA, s. f. Grasse attachée à un vase, tartre des ton- 
neauXy espèce de tuf qu'on emploie pour récurer. G. grew, 
sable. . 

GRAUBONS, GREUBONS, <. m. pi. Petits morceaux de graisse de 
porc restés au fond du vase où l'on a fait fondre cette graisse. 
On les mange seuls ou frits avec des pommes de terre. (Yaud.) 

GRAULA, «. f. Voy. grola, chdva. 

GRAUSA, V. Se plaindre, murmurer, molester par mauvaise hu- 
meur, comme une vieille femme. Gr. v/mOç, veiula, 

GRAVA, V. Peiner; empêcher, mettre obstacle; exciter la pitié; 
grever. Ouia-tè d'ikie ke te mè grave, ôte-toi de là, tu m'empê- 
ches, tu me gênes. L. gravare. 

GRAVANCHE, GARVANGHE, s. f. Variété du ferra, Salmo Fera, 
poisson du Léman. Jurine a donné à cette variété le nom de 
Corregonus hyemalis, parce que ce poisson ne paraît qu'en hiver. 
(Genève.) 

GRAVERI, s. m. Personne qui vous empêche, qui vous détourne 
de votre travail. (Fribourg.) 

GRAVERO, 9i m. Obstacle, empêchement. L. gravare. (Fribourg.) 

GRAVIÉRA, s. f. Lieu d'où l'on tire du gravier. — Gravaire, id. 

GRÉ, $, m. Lérot, sorte de petit loir (Aigle). On le mange dans le 
Bas-Valais. — Gré de var, id. 

GREBELLHOU, s. m. Un des noms du diable.— Cest aussi le nom 
du gommo (gnome) qui garde les mines de la dent de VaulioD. 
Il passe toutes les veilles de Noël, disent les superstitieux^ par 
la Vallée du lac de Joux, avec six acolytes, montés à rebours 
sur des cochons dont la queue leur sert de bride. C. krapia, patte 
armée de griffes, ou crab, harpon. — Grabelliou, grabbi, id. 

GREBION, s. m. Le petit grèbe. 

GREBLLO, GRAIBLLO, i. m. Le houx. 

GREBOLA, GRIBOLA, v. Grelotter, trembler de froid ou de fièvre. 

GREBOLAN, s. m. Petit grèbe. (Grandson.) 



GRE 189 

« 

GREBOLON, GRIBOLON, s. m. Ebullition; frisson, chair de poule; 
grésil. (Alpes.) 

GREBOZ, $. m. Grand. grèbe. 

GBEDON, 4. fii.;GREDÂ^ s. ^ Mauvais jupon, cotillon usé. — 
Gredin, id. (Jura.) 

GREFION, GRAFION, i. m. Grosse cerise entée, bigarreau, Cera- 
ius duracina, (Vaud.) 

GREILÂ, f . f. Grêle. 

GREILÂ, V. Grêler. 

GREILOZ, s, m. Pièce de bois qui supporte le train de la charrue. 
(Aigle.) 

GREIMPION, f . m. Griropereau, oiseau grimpeur. 

GREINDJE, A; GREGNE, A, adj. Grondeur, boudeur, de mauvaise 
humeur. G. gringian, être chagrin, gronder. — Greindzo, a, id. 
(Vaud.) 

GREINDJET, adj. Ne s'emploie que dans l'expression fu greindjet, 
feu Saint- Antoine, fièvre rouge ; feu de suie aux parois d'une 
marmite. 

GREINDJETTA, s. f. L'ortie brûlante ou ortie-grièche, Urtiea urens; 
se dit aussi des poules frisées. (Vaud.) 

GREINTHO, s. m.; GREINTHALLE, s. f. Contrat de mariage, 
fiançailles, repas à celte occasion. (Montreux.) 

GRELLET; f . m. Le grillon domestique. 
GRELON, s. fit. Grêlon, gros grain de grêle; fève ou pois avortés. 
GRELOTTA, i;. Grelotter, trembler de froid. — Grebolùy id. 
GRELOTTE, s. f. Fille publique. (Gruyère.) 

GREHAILLI, GRIMAILLI, v. Ecaler les noix, séparer l'amande de 
la coque. 

GREMAUTON, s. m. Monceau irrégulier, tas en désordre. (Pays- 
d'Enhaut). En composition : A gretnauton, en peloton. 

GREMELHETTA, s. f. Lézard gris, Lacerta agilis; loche franche, 
poisson du genre cobite. (Rolle.) 

GREMELHON, GREMESSI, GREMECI, COURMESSI, CREMES- 



190 GRE 

SET^ «. m. Peloton. L. gremium, Gremelkcn se dit aussi pour gru- 
meau de farine dans la soupe. 

GREMHI^ V. Plisser^ chiffonner. Fr. grimer. (Alpes.) 

GREMI, s. m. Noix. (Valais.) 

GREMO, GRIMO, GREMHI, GREMOHLLON, 8. m. Grumeau, amande 
de la noix^ de la noisette, etc. 

GREMOHLLON, s. m. Véron, Cyprinus Phoxinus, poisson do 
Léman. 

GREMONDIyV. Gronder, se fâcher. Voy. grancenai. (Evêché de 
Baie.) 

GRENATTEI, 8. m. Marchand de blé, blfitier. 

^RENETTA, 8. f. Halle au blé. (Yaud.) 

GRENETTE, 5. f. Barbotine, poudre vermifuge. 

GRENON, 8, m. Sédiment ou dépôt qui s'attache au fond des mar- 
mites. (Val d'Illiez.) 

GRENOULLHETA, 8. f. Renoncule vénéneuse, Ran(mculu8 teek- 
ratu8. 

GREPALA, 8. f. Sorte de renouée, Polygonum C(mvolvuly8. 

GREPPA, 8. f. Crochet de fer pour fixer une poutre qu'on équarrit ; 
crampon fixé aux souliers pour marcher sur la glace. C. grapm. 

GREPPE, 8. f. pL Tenailles, pinces. 

GREPPON, 8. m. Crampon dont se servent les faucheurs dans les 
pentes rapides ou escarpées des Alpes. 

GRESALA, EINGRESALLA, s. /*. Groseille, myrtille; ih'des Gronu* 
laria et Vaccinium MyrtiUu8. 

GRESILLON, 8. m. Espèce de poucettes pour contenir les mains. 

(Genève.) 

GRETTHE, 8, f, pL Espèce de cerises rouges et acidulés nommées 
gjiottes dans le français populaire vaudois. (VuUy.) 

GRETZON, 8. m. Petite colline, émiuence. Dimin. de eret, tertre. 

GREUBA, s. f. Tuf pour nettoyer la vaisselle, tartre des tonneaux. 
C. grew, sable. — Grauba, id. 

GREULETTA, GRULETTA, 5. /. Tremblement, appréhension; 



GRO 191 

émotion, saisissement qai fait trembler ; tremblement nerveux. 

(Vevey.) 

GREUSET, s. m. Grand morceau. (Val d'Illiez.) 

GREVURA, a. f. Meurtrissure, blessure. G. ffreva, blesser. (Genève.) 

GRIA, $, f. Craie blanche ou rouge. G. criad, argile. Ce mot signi- 
fie aussi grue, oiseau de passage. 
GRIÉ, GREHI, s. m. Plfltre. 

GRIETTâI, GRIOTTIER, $. m. Espèce de cerisier à fruits rouges 
acidulés, Cêrasus Caproniana. 

GRIETTE, GRIOTTE, s. f. pL Fruits du griottier, 

GRIFFA, s. f. Griffe. — Griffa-de-tsa, grapia-de-tsa, Tanthyllide 
vulnéraire. (Vaud.) 

GRILLA, GRITTA, GRËTHA, s. f. Cheville du pied, grille. 
GRILLET, 8. m. Le griUon domestique, Gryllui domesticus. (Vaud.) 
- Grellêt, id. 

GRILLET, s. m. Sorte de petite alouette, Tringapusilla, (Vaud.) 

GRIMO, 8, m. Charançon, aUelabe du bouleau, insecte nuisible à 
la vigne. — GorgoUhon, id. 

GRIHPION, 8. m. Grimpereau, torche-pot, SUla europœa, y oy, 

GREIMPION. 

GRINGALET, s. m. Jeune étourdi, petit drôle, impertinent; garçon 
fluet. (Vaud.) 

GRIPPA Y, 8. m. Harpon de flottage. (Montreux.) 

GRISALLEI, a. m. Lieu rempli de myrtilles. — Gre8aHei, gro8aUei, 
id. (Montreux.) 

GRISETTA, 8. /. Véron, Cyprirm Pkoxinu8. ^Valais.) 

GRISON, a. m. Hirondelle des rivages, Hirundo riparia. (Genève.) 

GRO, adv. Beaucoup. Gro tné, beaucoup plus; va gro mi, il se 

porte beaucoup mieux. 
GRO, GROSSA; GROU, GROUCHA, a4j. Gros, puissant, riche. ~ 

Gro kruziUon, gro erouziUon, cerisier à grappes, Pruntu Padu8. 

(Pays-d'Enhaul.) 
GROBO, A, adj. Grossier, ^ parlant des gens; gros, grossier, en 

parlant des étoffes. Ail. grob. (Alpes.) 



i 

t 



192 GRO 

» 

GROFOUAIR, GROUFOUEIR,s. m. Absinthe, ArlemkiaÀhtmikmm. 

GROGNON, adj. et subit. Grognon, de mauvaise humeur; se dit 
surtout des enfants. 

GROLA, GRAULA, GRALLA, GRAILA,!./. Corneille mantelée, 
grolle, freux, Corvtu frugilegui. (Jura.) Voy. choya. 

GROLLA, s. /. Savate, vieux soulier ; truie. G. groU, truie. 

GROLLEI, 8. m. Savetier. (Fribourg.) 

GROLLHA, s. f. Voy gourgna. 

GROLLHI, V. Secouer un arbre pour en faire tomber les fruits; 
grouiller. Dans le premier sens on dit aussi eroUhi, gnda. V. F. 
eroller, crouUer, crouler, qu'on a dit pour secouer. 

GROPEISA, 8. f. Espèce de filet du lac de Morat. 

GROSALLA, s. f. Myrtille, Vacdnium MyrtUlus. Yoy. grksau, 

AMBRESALLE. 

Grosalla à l'or, Parisette, Paru quadrifoUa, mot à mot, çro- 
teiUe à Vours. (Pays-d'Enbaut.) 

GROSALLEI, s. m. Groseiller. 

GrosaUei-^i-pur, s. m. Airelle des marais, Vaednihtm tMgi- 
nosum ; mot à mot, groseille à porc. (Vallée de Joux.) 

GROSSET, TA, adj. Un peu gros, un peu épais. 

GROSSI, GROSSIRA, adj. Grossier, rustre, manant; se dit aassi 
des étoffes. 

GROTTON, CROTTON, s. m. Cachot, prison profonde. (Lausanne.) 

GRO-TZEIRI, s. m. CSerfeuil sauvage, Anthriscus syltesiris. — (Tro- 
cheiri, gratzerij id. 

GROULA, s. f. Boîte ronde, en bois, dont le couvercle se visse. 
(Jorat.) 

GROULLHI, V. Grouiller, bouger, remuer, se plaindre. 
GROUMELHETTA, a. f. Loche, poisson du genre cobite. Voy. 

GREMELHETTA. (LémSU.) 

GROUMETHI, v. Gâter un enfant en le dorlotant, par trop de soins. 
(Alpes.) 

GROU-MO, GRO-MO, s. m. Epilepsie, mal caduc. 

GROUSA, GRAUZA, s. f. Plainte, grief. (Fribourg.) 



GUE 193 

GRU, f . M. p<. Graau d'avoine. Dei (fru, du gruau. 

GRUA, V. Monder, faire du gruau. 

GRUAT, $. m. Ancien nom des habitants du comté de Gruyère. 

GRULLA, GRULA, v. Trembler de froid; secouer un arbre. — 
Greula, gurkt, id. (Yaud.) 

GRUS, s. m. pi. Séré mêlé de crème. (Genève.) 

GRUVEREIN, GRUVEREINTZO, s, m. Nom plus moderne des ha- 
bitants du comté de Gruyère. Lo gruveran, lo gruverein, le pa- 
tois de cette contrée. Voy. GRUAt. 

GRUYERSy a. m. Soldats du comte de Gruyère qui prirent la fuite 
à la bataille de Cérisoles. (Voy. les Mémoires de du Bellay.) 

GUADZOULLHI, v. Gargouiller, barboter dans Feau. — Gadroullhi, 
gargotta^ id. 

GUAITA, f. f. Guet, sentinelle, guérite. 

GUEDI, GEDDI, $. m. Jeune porc, cochon de lait. 

GUEDJI, V. Saisir les meubles d'un débiteur. 

6UEDR0, EGUEDRO, $, m. Homme mal vêtu, pauvre, mendiant 
(Val d'Illi«2.) 

GUEGNA, a. m. Bâtard. (Jura.) 

GUEGNARE, GUEGNO, s. m. Louche, myope, qui y voit à peine. 

GUEGNAUCHE, GUENUTZA, «. /. Sorcière, magicienne, diseuse 
de bonne aventure. (Jura.) — Djanoaldjay djenoaidje, djenoadje, 
genoaidja, id. 

GUEGNE-GOUTA, a. m. Parasite qui épie le moment du repas 
d'autrui pour y être invité et y prendre part. (Valais.) 

GUEGNE-METZE, a. m. Celui qui lorgne la table d'autrui, parasite; 
mot à mot, qui guigne les miches. Ce mot signifie aussi curieux, 
indiscret, louche. (Vaud.) 

GUEGNI, GUIGNI, v. Guigner, loucher, regarder de travers; mirer, 
ajuster un coup d*arme à feu ; jeter les yeux indiscrètement où 
l'on n'a rien à voir, lorgner. 

GUEGNON, I. m. Guignon, mauvais sort, mésaventure. 

GUEGUA, V. Trembler de froid ou de peur. (Val d'Illiez.) 
aÉi. iT Docmi . XII. la 



194 GUE 

GUELINGUIN, <. m. Le petit doigt — KUngum, gleinglein, id. 
AU. klem. 

GUELLEIN, s, m. La violette odorante. 

GUELLHÂ, s, f. Quille à jouer. G. guilla, id. 

GUELLHETTA, GUILLETTE^ s. f. Petite quille ; pâton pour en- 
graisser la volaille ; fusée de poudre ; morceau de bois flottaot 
sur l'eau pour indiquer la ficelle amorcée tendue au poisson. 

GUELLHON, GUILLON, «. m. Brocbette de tonneau, bouchon do 
bois, fausset. Voy. ozÈze. 

GUELLHOUNA, t?. Mettre une brochette à un tonneau, tirer du vin 
au fausset ; perdre son temps, hésiter. (Vaud.) 

GUER, GUERCHA, adj. Etrange, ridicule, absurde, qui tient de la 
farce. (Fribourg.) 

GUÊRA, GAIRA, s. f. Impératoire, Imperatoria Ostruihiutn, plante 
ombellifère. Drogue vétérinaire composée de racines et de fleurs 
de divers simples, principalement de Timpératoire. (Alpes.) 

GUÉRANI, s. m. Astrance majeure, Aslrantia major, plante om- 
bellifère. (Bex.) 

GUERÇA, GARÇA, s. f. Garce, fille publique; plus honnête que 
poutan. 

GUEBGUETTA, s. f. Gorge, cou, bouche. Mena la guergneUa, ba- 
biller. 

GUÉRISSEUR, s. m. Médecin, rhabilleur, rebouteur. Maidjo, maidzo 
est plus usité. 

GUERLA, VOUAIRLA, v. Plier, plisser. (Valais.) 
GUËRO, adv. Voy. vouero. 
GUERSA, a. f. Course. 

GUERTZEIHI, v. Aller de travers, aller à gauche. (Alpes.) 
GUERZELLHON, a. m. Petit domestique, garçonnet. 
GUERZON, GUERCHON, a. m. Domestique de chalet, garçon d'é- 
curie, valet. 
GUERZON, a. m. Gueux, coquin, coureur. (Val d*Iiliez.) 
GUETHA, adv. Beaucoup. (Val d'Illiez.) 
GUETHÂ, v. Regarder, épier, jeter les yeux. (Jura.) 



GUI 195 

6UETHEL1N, s. m. Petit agneau , agnelet; nom d'amitié qu'on 
donne à un enfant. (Valais.) ^ 

GUETTE, s. f, pi. Guêtres. 

GUETTHI^ V, Se mouiller, se salir en route. 

GUETTHON, s. m. Petite guêtre, guêtre courte. 

GUETZARD, Dâ, adj. Fin, adroit, astucieux, prudent. (Yaud.) 

GUETZET, DIETZE, s. m. Vase à tenir le lait, à porter la crème., 

Voy. DIETZO. 

GUETZETTA, GAITZETTE, s. /. Vase de bois à anse, plus allongé 
que le précédent. (Alpes.) 

GUETZI, GADJI, r. Oter les rayons d'une ruche. 

GUEU, 8. m. Mouette rieuse, Larus ridibundus, oiseau des lacs. 
(Neuchâtel.) — Sur les bords du Léman on nomme cet oiseau 
^^tt, bezu, besolet, besutchet. 

GUEU, s. m. Muscardin, Mus aveUanarius, 7- Malagnum^ gai y id. 
(Orbe.) ' • ^ 

GUEULLERË-A-NOZ, KOULLERES-A-NOZ, s. f.pl. Fées malfai- 
santes dites lavandièret de nuU. Elles invitent les passants à 
tordre le linge avec elles et leur tordent le cou s'ils tordent à 
rebours. — Mot composé ùq gollke^ flaque d'eau, mare, et de 
fio, neti, né^ nuit (Evêché de Bêle). — (Ce sont les kannéreZ'-noz 
de la Bretagne. Voy. Le Foyer breton d'Emile Souvestre. — N. 
deréd.) 

GUIGA, DJIGA, s. f. Violon. 

GUIGÂ, r. S'esquiver, se sauver. — Djiga, id. (Jura.) 

GUIGARE, DJIGARE, s. m. Joueur de violon; marqueur à la cible. 
(Vaud.) 

GUIGUERESSA, <. f. Joueuse d'instruments. (Fribourg.) 

GUILLA, V. Convoiter les mets d*autrui, désirer vivement; trom- 
per. (Jura.) 

GUILLERET, GUILLEIRON, 1. m. Sommet d'un arbre, d'un rocher, 
d'un bâtiment. — CouUet, id. (Yaud.) 

GUILLERET, adj. Gai, de bonne humeur. Les troubadoui^ pro- 
vençaux du XIII* siècle s'appelaient guiUari en Italie. 



196 HEI 

GUINTZET, GUNTZET, s. m. Petite porte d'un tonneau sur le 
fond de devant. 

GUISA» 6UHISA, s. f. Manière d*ôtre, façon d'agir. La tramfoà 
ma gui$a, elle me plait; littéralement, je la troune à ma gmu, 
(Yaud.) 

GUISA9 s. f. Gueuse^ pièce de fer fondu qui sort du fourneau. 
(Vallorbes.) 

GUISARMA, s. f. Hache à deux tranchants employée dans les 
guerres du moyen âge, mentionnée dans le Plaid général de 
Lausanne, 1368. 

GUNTZET, GAINTZË, s. m. Volet, contrevent, guichet (Alpes.) 

GUU, DHU, DIË, DIEU, $. m. Dieu. Ce mot est très diversemeot 

prononcé, surtout par les mendiants, qui demandent l'aumône 

au nom de Dieu. Yoy. dei. 



H 



HA, s. /. Colline, hauteur. L. àUus. (Evéché de Bftle.) 

HAHIA, V. Yoy. aIa. 

HAILLONS, t. m. pi. Vêtements, habits, hardesen général. Ji^mii- 
1-e mè z'haiUons ? où sont mes habits^ 

HAMMER, s. tu. Framboise. Voy. ammer. (Jura.) 

HARICOT, $. m. Lors de la révolution helvétique, en 1798, ce mot 
s'est dit pour aristocrate. (Vaud.) 

HATSCHE, 8. f. Hache. 

HATSCHETTA, s. f.; HATSON, s. m. Petite hache. Voy. atsetta, 

ATSON. 

HATSON, s. m. Valet au jeu de cartes. Voy. atson. (Montreux.) 

HAU, pron. démonstr. m. pi. Ceux. Hau l^an fi cevu, ceux qui ont 
fait cela. Voy. cÉ 

HEINGUENO, s. m. Huguenot. AU. eidgenouen. 



HEl 197 

HEINVER, $. m. Hiver. 

HEINVERGNIAU^ t. m. Jeune porc de rannée qu'on hiverne pour 
l'engraisser. (La Côte.) 

HEINVERNA, HIVERNA, v. Hiverner ; se dit surtout du bétail. 

HEIRBA^ 5. /. Herbe» gazon, simple. Ce mot entre dans plusieurs 
noms de plantes : 

Heirba d^auton, couleuvrée, Bryonia. 

Hetrto de bekoumo (au pain d'épices), la myrrhe odorante, 
Myrrhis odarata. (Aigle.) 

Heirba de Vétaila (de l'étoile), renoncule glaciale, itanuneuliia 
iladaUs. (Alpes.) 

Heirba di voUm (à la faucille), heirh'au z'éeus, monnoyère, 
lifHmachia nummularia. Yoy. yolan. 

Heirba d^oudzi, véronique cressonnée, Veroniea Beecabunga, 

Hetrb'à étragni (à étemuer). Arnica montana et AckiHea Piar- 
mica. (Alpes.) 

Heirb*à la bainna, lierre terrestre, Gkchama kederacea, Yoy. 
BAUiNA. (Pays-d'Enhaut.) 

Heirlfà la brotsehey ellébore noir. 

Heirb^à pat (aux pois), sarriette, Satureia hortensis. 

Heirb'à Robert, géranium herbe à Robert, Géranium Bober» 
tionum. (Vaud.) 

Heirba $ein coûtera, herbe sans couture, langue de serpent, 
Ophioglosium vulgatum. (Alpes.) 

Heirb'à tscha, heirba à iM (au chat), la mercuriale. (Pays-d'En- 
haut.) 

Heirb'au coucou, surelle, pain de coucou, Oxalis aeetosella. 

Heirb'au djenau (au genou) , sorte de persicaire, Polygonum 
hydropiper, (Pays-d'Enhaut.) 

Heirb'au fedje (au foie), hépatique. Anémone Hepatica. 

Heirb*au mueeiUon (aux moucherons), conyze, Inula Conyza 
BC. (Jura.) 

Heirb'au pour'hommo (au pauvre homme), gratiole, Gratiola 
of^emalis. (Yverdon.) 

Heirba au tété (aux tétons), lampsane commune, Lampsana corn- 
murns. Cette plante est ainsi nommée, parce qu'on l'emploie 



198 HLL 

broyée sur les bouts de sein des nourrices^ quand ils sont fendus 
' ou gercés. (Gros de Vaud.) 

Heirb' au violet (à Térysipèle), douce-amère, Solawum Duiea- 
fMra. 

HEIRBETTE, s. /. pL Petites herbes de jardin, hachées menu pour 
divers usages culinaires ; fines herbes, persil, cerfeuil. — On dit 
aussi saveur : Va mettre la saveur à la soupa, va mettre le cer- 
feuil à la soupe. (Vaud.) 

HERBOLAN, NA, adj. Celui ou celle qui recueille des plantes mé- 
dicinales pour les pharmaciens. — Croseran, id. (Valais.) 

HERBOLANNE, s. /. pL Simples; plantes, fleurs, feuilles on raci- 
nes médicinales. 

HËRETA, V, Voy. hireta. 

HEUH I intm. Voy. eh t 

HI, adv. Hier. Uautro hi, et par élision, l'autfhi, Tautre jour, il y 
a peu de temps. 

HI, s. m. Ciel; peu usité. (Gruyère.) 

HI, impér. du verbe alla. Va. C'est l't du latin avec l'aspiration né- 
cessaire pour donner de l'énergie au commandement. 

HIO, HIOTA, adj. Haut, grand; fort, vigoureux; aigre, de haut 
goût. 

HIOTET, HIOTTETA, adj. Assez aigre, assez fort pour le goût. Di- 
minutif du mot précédent. (Alpes.) 

HIRETA, V, Hériter. — Héreta, id. 

HIRETAI, s. m. Héritier. 

HIU, HU, UH. Cri du charretier pour exciter les chevaui ; en fran- 
çais, hue, 

HIVER (prononcez hivé), s, m. Hiver. — Heinver, id. 

HLLA, pron, démonstr. fém. Celle. Voy. CÈ. 

HLLA, HLLAU, s. /. Clef de serrure. — Clia, klla, id. 

HLLA, HLLAR, HLLARA, adj. Clair; peu épais, en parlant des 
blés, des semis. 

HLLAIRA, s. f. Lampe. — Craisu, id. (Vaud.) 

HLLAIRÂ, HLLAIRt, EHLLAIRI, v. Eclairer. 



HLL 199 

HLLAKKA, $. f. Folle, sotte, étourdie, mauvais sujet de fille. 
(Montreux.) 

HLLAMMA, $, f. Flamme. — Fllamma^ id. 

HLLAMMÂ, V. Flamber, jeter des flammes, brûler. — Fllamma, id. 

HLLABfMETTA, s. /. Lancette de chirurgien; petite flamme. — 
FUammetla, id. 

HLLAMO, KLAMO, 5. m. Crachat épais et dégoûtant qui vient du f 

nez. (Lausanne.) ^/f r) <^'- **- 

HLLAMPA, V. Crever. HUampa! interj,, crève! injure grossière. 
(Montreux.) 

HLLAN» s. m. Flanc, côté. Dé hllan, de côté, sur le côté. 

HLLAN, HLLAON, LAN, LAON, LAVON, s. m. Planche large et 
épaisse^ ais. (Vaud.) 

HLLANTZI, s, m. Tout ce qui tient aux flancs d'une béte de bou- 
cherie. (Alpes.) 

HLLAPPA, t\ Ternir, flétrir, décoller; manger en glouton; lap- 
per. (Fribourg.) 

HLLAPPËIN, s. m. Crampon de fer. 

HLLAPPI, adj. Flasque, flétri. (Vaud.) 

HLLAPPO, HLLAPPA, adj. Flasque, flétri (Pays-d'Enhaut). — 

Flappi, fllani (Valais). 
HLLASSA, 5. f. Glace. 

HLLASSON, 8, m. Glaçon, morceau de glace. 
HLLAU, pron, démonstr. m. et /. pi. Ceux, celles. Voy. CÉ. 

HLLAU, 5. f. Couloir par lequel on fait descendre le foin du fenil 
dans les crèches. (Alpes.) 

HLLAU, «. f. Fleur; crôme. Hllau hiota, crôme aigre. (Fribourg.) 

HLLAUDO, 5*. m. Nom de baptême, Claude. Au figuré, c'est un ba- 
lourd, un nigaud, un homme simple, facile à abuser, à duper. 

HLLAUTRO, adv. De l'autre côté. 

HLLAVALA, v. Couvrir une surface de choses étrangères; se dit 
des boutons qui couvrent le visage, et des taupinières qui cou- 
vrent une prairie. Même racine que le français claveau, clatelée. 
(Pays-d'Enhaut.) 



SOO HLL 

HLLAVE6NI, v. Planter de petite clous. De kUmn, sorte de eloo. 

HLLAVELERI, $. m. Glavelée, maladie des moutons.— HUavakri, id. 

HLLAVIN, s. m. Sorte de clou. L. elavus. 

HLLEIHI, I. m. Fléau à battre le grain. (Aigle.) 

HLLEINTHO> A, adj. Simple; se dit des fleurs. 

HLLEIVALA, s. f. Anneau d'une porte pour ouvrir ou pour heur- 
ter. (Alpes.) 

HLLENNA, $, f. Paquet de chanvre de dix poignées; poignée d'é- 
pis glanéSy glane. 

HLLENNÂ, LIENNÂ, v. Glaner. (Vaud.) 

HLLERDJON, s. m. Enfant de chœur. (Fribourg.) 

HLLERDJON^ $. m. La dernière pousse de la vigne, en août (Yaad). 

HLLERDJOUNA, v. Oler ou éclaircir les dernières pousses de la 

vigne. — Ehllerdjouna, éklairi, id. 
HLLESEIN, HLLOR, HLLOSON, SOR, s. m. Poussière ramassée 

dans la grange et renfermant les graines des graminées, graines 

qu'on recueille pour les semer. (Pays d'Enhaut.) 
HLLETTA, GLETTA, LIETTA, v. Tordre; prendre, attraper; lier, 

attacher. 
HLLETTHA, s. f. Petite hache. 
HLLETZI, V. Lancer, décocher une flèche. 
HLLÉVI, adv. D'abord que, à mesure (Alpes). — (Dans le Jorat, 

à la vi signifie au mametU où, à mesure que. — N. de Téd.) 

HLLI, LHI, s. m. Lit, couche. 

HLLIRA, â. /. Jonction de deux poutres engrenées; ligature; cein- 
ture de culotte. (Alpes.) 

HLLITTA, s. f. Choix. Avai sa hUiUa, avoir son choix. L. eledus. 
(Pays-d'Enhaut.) 

HLLO, s. m. Enclos. 

HLLODO, s, m. Voy. hlladdo. (Vaud.) 

HLLODZETTA, s. f. Petit traîneau. Diminutif de liudzo, traîneau. 

HLLOKKA, s. f. Plaque de neige qui s'attache aux souliers, aux 
fers des chevaux. (Alpes.) 



HLL 201 

HLLOKKÀ, 0. Tinter; braire; éclater. (Valais.) 

HLLOLA, HLLOULA, GLiOLA, v. Clouer. 

HLLON^ M. m. Gâteau aux herbes, tourte aux fruits. (Pays-d'En- 
haut.) 

HLLOR^ f. /. Fleur; crème, parce qu'elle est la fleur du lait; pous- 
sière ramassée dans la grange et renfermant les graines des gra- 
minées^ graines qu'on recueille pour les semer. — Yoy. hllau. 

Hllor à l'or (fleur à l'ours), hllor de Pâques, narcisse sauvage 
ou narcisse des prés, Narcissus Pseudo-Narcissus. (Montreux.) 

Hllor au mallei (fleur aux convulsions), pivoine, Paeoniaofjli' 
dnalis. 

Hllor de buro (fleur de beurre), renoncule. (Alpes.) 

Hllor de mazot (fleur de mazot), trolle, TrolUus europœus. 
(Alpes.) 

Hllor de san (fleur ou flueur de sang), dyssenterie. -~i Cake- 
zangua, id. 

flLLORIN, s. m. Florin de quatre batz, ancienne monnaie du Pays 
de Vaud. 

HLLOSALET, (XOSALET, s. m. Petit enclos. Diminutif de hllo. 

HLLOSET, CI.LOSI, GLOSET, s. m. Enclos, petit domaine. L. clau- 

sus. Voy. HLLO, HLLOSALET. (Vaud.) 

HLLOTSE, s. f. Cloche; vieille femme éclopée, usée par le travail, 
qui boite, qui cloche des deux côtés. 

HLLOTSETTA, s. f. Petite cloche, clochette. 

HLLOTSETTA, s. /. (Campanule; toutes les espèces de cette plante. 

HLLOTSl, s. m. Clocher, flèche d'une église. 

HLLOTSI, V. Clocher, boiter, aller de travers; mener un traîneau 
sur la neige, glisser sur un petit traîneau. Voy. ludja, ludji. 

HLLOTTA, s. f. Flûte; écheveau. 

HLLOTTENAIRA, s. f. Cheville de fer qui, dans un char, joint le 
train de devant au train de derrière. (Vaud.) 

HLLOTTET, s. «i. Petit tuyau pour aspirer l'air, fétu. 

HLLOTTETTA, s. f. Petite ûdle d'enfant; petit écheveau. 



202 HOU 

HLLOTTI, s. m. Peloton de âl. (Alpes.) 

HLLOUDEI, 8. m. Herbe à Robert, Geranhm Robertianum. L. clan- 

dere. — Cette plante est ainsi nommée parce qu'elle est propre 

à fermer les plaies des doigts, dei, (Ecballens.) 

HLLOUGNI^ V. Faire signe des yeux, eliffner. 

HLLOUGNI, s. m. Voy. dougni. 

HLLOURE, V. Fermer^ clore, entourer d'une palissade, d'une haie 
morte ou vive. L. claudere, 

HLLOUSSA^ s. f. Poule qui veut couver, poule qui a une couvée. 

HLLOUSSÂ, V. Glousser. 

HLLOUTHA, HLLUTHA, v. Se mettre à sa place dans l'étable; se 
dit des vaches. (Alpes.) 

HLLU, s. m. Paquet de pois ou de fèves en gousses. (Pays-d*£ii- 
haut.) 

HOBA. Cri de celui qui frappe à la porte d'une ferme. Hobarius, 

fermier, métayer. C. Hopa, crier. (Alpes.) 
HOMMO, 8. m. L'homme, le mari, le maître de la maison. jrn'Aom- 

mo, mon mari; la In Vhommo, le bel homme. — Dans le Jura, 

hoummon, 

HORA, adv. Maintenant, à l'heure qu'il est. Horahora, c'est assez, 
il suffit. L. hora, Voy. oha, ara. 

HORDOUS, ORDOUS, adj. Laid, épouvantable, horrible. L. korri- 
du8, (Valais.) 

HOUAI, VOAI, OUET, VOUAI, VOUI, VUï, adv. Aujourd'hui. L. 
hodie. 

HOUET, HOUIT, adj. numér. Huit. 

HOUETANNA, HOUITANNA, s. f. Huitaine; se dit surtout des jours. 

HOUISCH ! Interjection qui marque le doute et revient à je n'en 
crm rien, ou à l'expression ironique ah ! bien oui. 

HOÙTO, 8. m. Hôtelier, cabaretier. — Oûio, id. 

HOUTÔ, s. m. Maison, domicile, logis ; cabaret. — Dans le Valais., 

. un animal trouvé dans la possession d*autrui est mis à part 

d^houtô, c'est-à-dire dans une écurie d'auberge, aux frais du pro- 



lE 203 

priétaire de rauimal, jusqu'à ce que Tamende et le dommage 
aient été payés. — Voy. ottô, outô 

HUCHET^ s. m. C'est le plus ancieu nom des menuisiers. 

HUTSCHE, s. /. Porte de maison^ huis, o$iium; armoire en bois. 

eUTSI, HUTSGHI, JUTSCHI, r. Hucher, appeler à grands cris; 
frapper fortement à la porte. 

HUTTIN, <. m. Homme querelleur; dispute, querelle, batterie. 

N, B. La lettre E placée après le T, indique généralement une 
aspiration analogue au TH anglais^ c'est-à-dire une articulation 
qui tient à la fois de l'S et de l'F; placée après L ou LL, elle pro- 
duit la môme articulation que le LH du provençal ou le GLI de 
l'italien; enfin quand cette consonne précède le double L, elle pro- 
duit une articulation mixte qui rappelle à la fois le CH allemand 
(dans ieh), et Te GLI de l'italien (dans figlio). 



I 



lADJO^ lADZO^ VIADJO, s, m. Charge, fardeau ; coup, fois. Ion, 
dou, trei viadjo, une fois, deux fois, trois fois. (Vaud.) 

IAKE, $. m. Gros corset, veste de femme. 

lARETTA, s. f. Petite veste, robe d'enfant. 

lATTA, V. Soigner un malade, un vieillard, un enfant alité. Gr. 
tttrpôç, médecin. 

IBLLO, s. fis. Uièble, Sambucus Ebulm, 

ICE, adv. Ici. 

ICHÏ, p. Tâcher, éprouver. (Val d'Illiez.) 

IDOINE, adj. Propre à, apte. (V. st.) 

lE, 1, pron. pers. Je. Je vé, i vé, je vais, lo, après le verbe : Fé-io 
dan ma, fais-je du mal ? — le se prononce comme la dernière 
syllabe du français grasseyé, dans le verbe grasseyer. 

^^fPron.perê, II. levein, il vient. Après le verbe, e (muet), au 
singulier et au pluriel : Vem*t-e, \ienU\\1 Leisan-t-e, y sont-ils? 



204 lOU 

lE^ HI, s. m. Ciel. — CM, ii, eiè, id. 

lENNA, lEINDA, 8. f. Petit fromage maigre ; pitance. (Alpes.) 

IGOUË, $. f. Voy. AI6DE. 

IGRÂ^ V. Se donner beaucoup de peine pour réussir. L. ae^, 
avec peine. (Val dllliez.) 

IKHE, IKE, IKIE, EINKIE, adc. Ici, là. — Ainkié, einke, îd. 

ILLEC, adv, Lk, .en ce lieu. Terme de Tancien barreau. L. iUic. 

INALPA, V, Conduire les troupeaux dans les pâturages des hautes 
montagnes. (Valais.) 

INDGERA (s'), V. S'insinuer^ s'ingérer, se fourrer où l'on n'a que 
faire. 

INFLLORA, AHIE, adj. Se dit d'une forêt ou d'une prairie en bon 
état de rapport. (Moudon.) 

INGENIA (s'), V, Etre ingénieux^ chercher les moyens de réussir, 
s'ingénier. L. ingenium. (Vaud.) 

INKANTA, EINKANTA, v. Faire une vente publique, acheter à an 
encan. (Genève.) 

INKHAN, EINKAN, s. m. Encan, vente publique, inventaire. 
INKRA, EINGRO, s. m. Beurre. Ail. suisse, anke. (Fribourg.) 
INSARME, EINSARMO, $. m. Hallebardier. (Traité du comte de 
Neuchâtel avec Payeme, en 1375). Voy. jussarho. 

INTZEVRI, V. Chevroter ; se dit de la chèvre qui met bas les 
Uchevfi. (Orbe.) 

INVOUARDA, EINVOUARDA, s. f. Surveillance. 

10, pron. pers. Je. Il est toujours placé après le verbe. Lgi vé-iOy y 
vais-je? Le deri-io, le dirai-je ? Voy. ie. 

lô, adv. Où. 16 è't-e, où est-il t Dèiô vetn-toUj d'où viens-tu? 

ION, lENA, adj. Un, une. On dit d'un verre de vin auquel on in- 
vite : Veni z^ein baire ton, venez en boire un (Vaud). Voy. en, on. 

lOTTA, s. /. Bistorte, Polygonum Bislaria. 
lOU f inUrj, Cri de joie. Gr. îoû, loû ; L. to. 

lOUTZEIHI, lUTZEIHI, lOUTZI, v. Pousser des cris de joie. M- 
zeihi, id. (Vaud.) 



IVO 205 

IRA, $, f. Colère, courroux, L. ira; Y. Fr. ire. (Alpes.) 

IRAGNE, ARAGNE, AIRAGNE, f. f. Araignée; toile que les che- 
nilles font au printemps sur les arbres. L. aranea. 

IRAGNI, ÉBARAGNI, v. Balayer les toiles d'araignée ; détruire les 
chenilles' des arbres, écheniller; chasser les poules d'un jardin 
ou d'une maison. 

IRAU, IRAUSA, adj. Irascible, courroucé, de mauvaise humeur. 
(Alpes.) 

IREÇON, s. m. Hérisson. L. erinaceus. 

ISERABLLO, TSERA6LL0, s, m. Erable, Acer Pseudo-Platanus. 
(Vaud.) — IierabUo est le nom d'un village pittoresque du Bas- 
Valais, en dessus de Riddes. 

ISSE ou ICE, adv. Ici. Du-tue, depuis ici, d'ici; per-isse, par ici. 
— Ikie, ike, einkie, ainkié, id. 

ISSIR, V. Sortir. Part, passé, ist, sorti. (Y. st. de Fribourg.) 

ITA, 0. Rester, demeurer. L. stare; Y. Fr. ester. (Yalais.) 

ITAILA, s. /. Etoile. — Quand il y a beaucoup de neige, on dit 
aux Ormonts : Lou z'ize pekatU le z'Uaile, les oiseaux piquent 
les étoiles. — EtaOa, id. 

ITHI, s. m. Beurre aigri. (Yal d'Illiez.) 

ITRE, V. Etre. Part, passé, éto, éta ; ind. prés., $u; imparf., tro; 
futur absolu, sari. Ce verbe varie beaucoup dans ses temps, selon 
les dialectes. 

ITRIA, «. f. Ypy. AiTHRiA. 

ITZA, ITSE, s. f. Amorce pour attirer les renards. (Alpes.) 

ITZI, V. Tendre une trappe, un piège à renards. (Alpes.) 

lU, lUSSA, lUYA. Part, passé du verbe mre, voir. Uéiudemèje, 
je l'ai vu de mes yeux. 

RIVA, s. f. Yue. Cest aussi l'un des féminins du participe passé 
itt, vu. 

IVE, I. f. Yoy. AIGUË. 

IVOUE, s. m. Cytise des Alpes, Cfftisus alpinus. Selon les divers 



S06 JAL 

dialectes, cet arbre s'appelle orbai, orboué, aubomrret, obor, 
ivoUieL (Alpes.) 

IVOUE, 8, f.Enu. Le z^ivoue san gratUe, les eaux sont débordées, 

hautes. 
IVOUETTA, s, f. Petit filet d'eau; vésicule pleine d'eau qui oaît 

entre cuir et chair. ' 

IVOUIDJO, IVUIDZO, $, m. Inondation, ravine creusée par les 
eaux. (Fribourg.) 

IVRA, s. f. Rainure ; cheville. 

IVRÂ, V, Faire des rainures le long d'une plancbe. 

IVRÂ, IVRAHIE, adj. Joint par des chevilles ou des rainares. 
(Montreux.) 

IVRA (s'), t>. S'enivrer: (Genève.) 

IVROGNAS, s. m. Ivrogne de profession. (Vaud.) 

IXA, 0. Exciter un chien contre un autre ou contre^ une personne. 

IZALA, I. f. Petit oiseau femelle. 

IZALET, s. m. Oisillon. Diminutif du mot précédent. 

IZE, OZÉ, s. m. Oiseau. (Ormonts). Ailleurs on ne dit que ozè ou 
02t. — On connaît l'anecdote des deux Ormonnains qui se sont 
battus deux fois à Toccasion d'une mésange trouvée morte de 
froid sur la neige, le jour de Noël; l'un soutenant que c'éuituo 
ize, et l'autre que c'était une izala. — /le, ou ozé^ est aussi un 
des noms du diable, qui porte des ailes de chauve-souris. 



J 



JA, adv. Déjà. — Dja^ dza, id. 

JAKEMAR, s. m. Statue d'homme armé placée sur les fontaines pu- 
bliques (Vaud). — Le français jaquemart se dit d'un homme de 
bois ou de métal qui frappe les heures. 

JALETTA, DJALLETTA, s. f. Chaise percée. — En Uii, une 



JOR 207 

t^aUetta ffM aehetée à Fribourg pour te pape^ qui passait par 
cette ville. (Fribourg.) 

JARDENiRA, s. /. Jardinière, femme du jardinier; courtilière, 
taupe-grillon. (Vaud.) 

JARTHOU, JARTHUVA, adj, Jarreté, qui a les genoux en dedans. 

— Djarthou, id. (Coppet.) 
JAYATTA, r. Babiller, caqueter à outrance. (Genève.) 

JE, JU, JIHU, JH£, s. m. Œil. Ua lèju bllu, il a les yeux bleus. 
Ckein I U injhé per$ que l'a. Oh t les beaux yeux bleus qu'elle a. 

Je-de-pédii, œil de perdrix, primevère farineuse, Primula fa- 
rmosa, (Alpes.j 

Je-de-tscha, œil de chat. Myosotis, ne m'oubliez pas. 

JËFFRO, DJEFFRO, s. m. Gésier, jabot des oiseaux. (Vaud.) 

JERAT, DJERAT, DJORAT, DZORAT, JORAT, s. m. Contrée mon- 
tueuse entre les Alpes et le Jura. G. iur,jeur, forêt de sapins. 

JERATTAI, RA, adj. Habitant du Jorat. 

JESSEMAIN, s. m. Jasmin, Jatminutn officinale. 

JET, DJET, s. m. Cotisation, quote-part, souscription. (Vallée de 
Joux). — JV*etn fé on jet po référé lo mothi, nous avons fait une 
souscription pour rebâtir le temple. Ou trouve jecte dans les 
anciens actes. 

JEUR, JOR, ZOR, s, f. Grandes forêts des Alpes et du Jura appelées 
nigrœ juriœ dans les actes du moyen ftge. — - Djeur, djor, id. 

JIBLLA, DJIBLLA, DZIBLLA, p. Fouetter, battre de verges. 
(Vaud.) 

JIBLLAIE, DJIBLLAIE, s, f. L'action de fouetter, de battre de 
verges. (Vaud.) 

JONTZIRA, s. f. Lieu marécageux, couvert de joncs. (La Côte.) 

JORAT, s, m. Voy. jerat. 

JORDI, JOURDl, JEURDI, DJORDI, <. m. Jardin. (Fribourg.) 

JORRAN, s. m. Vent du nord-ouest. (Vaud, Neuchâtel.) 

JORRASSON, s. m. Vent du nord-ouest, moins violent. Diminutif 
du précédent. (Léman.) 



208 JUV 

JORRETTA, DJEURETTA, $. f. Petite forêt de sapins. Diminutif 
de jor, djeur. 

JOTTA, DJOTTA, $. f. Graine de bette. C. iavt, herbe verte. (Aigle.) 
JOTTHA^ s. f. Bistorte, Polygonum Bistorta. — JoUa, id. (Alpes.) 
JOUAINTHA, 5. /. Demi-journée de travail. (Genève.) 
JOUDARD, s. ffi. Soudart^ soldat. (Vieux actes de chancellerie, 
Fribourg.) 

JOULLERI, DJOULLERI, s, /. Blanchaille, menu poisson, fretin. 
(Léman.) 

JOURE, V, Yoy. djoure. 

JOUTA, «. f. Voy. DJOUTA. 

JOUTA, DJOUTÂ, DJOUTHÂ, v. Confiner, être à côté de, aboutir, 

borner. Son pra joute lo metn, son pré est borné par le mien. 

L. juxta, 

JOUX, s. f. Se dit des forêts des montagnes, mais plutôt dans le 
français populaire: lesjoux, les hautes joux, les joux noires, l>t 
là, vallée du lac de Joux. L. juga. Le juriœ des anciens docu- 
ments vient du celtique jur, dessus, haut^ élevé. On a dit k 
mont Joux, pour le Grand Saint-Bernard ; c'est le nums Jovis. 
(Alpes.) 

JOUXTE, prép. C'est le juxta du latin, naguère encore usité dans 
les actes notariaux; à côté de, qui touche. (Vaud.) 

JUGULA, V. Ecorcher, surfaire; mettre le couteau sur la gorge, 
dans une affaire de vente ou d*achat. L. jugulare, égorger. (Ge- 
nève.) 

JUIÈRE, s, f. Cachot sans porte, où l'on descendait par une corde 
et qui s'ouvrait par une trappe. (Fribourg.) 

JUS, adv. Dessous, bas. Bouta jus, mettre par terre, renverser, 
mettre bas. 

JUSSARMO, 5. m. Soldats du moyen ftge dont il est fait mention 
dans le Plaid général de Lausanne (1368). Leur arme était une 
hache k deux tranchants nommée ffuisarma, de là leur nom. 

JUTSCHI, V. Voy. hutsi. 

JUVA, V. Aider. L. juvare. Ce mot est hors d'usage. (Jura.) 



KAF 309 



K 



N. B. La lettre K réunit tous les mots qui en français appartien- 
nent à cette lettre et une partie de ceux dont la syllabe initiale 
est ca, eo, eu. Le K étant plus conforme à la prononciation patoise 
que le C, qui en français a souvent la prononciation de YS, les 
mots qu'on ne trouvera pas à la lettre C doivent se chercher à la 
letb^ K. 

K'A. Abréviation de ke a. Koui è-t-e t'a fMn cotUi, qui est-ce qui 
a mon couteau t 

KABASSA^ s. f. Malice, malignité ; femme pie-grièche. C. eabalat, 
remuer. (Lausanne.) 

KABASSÀ, V, Intriguer^ manigancer, cabaler. (Lausanne.) 

KABATZON, KABUSSON, s. m. Petit réduit, soit hangar pour le 
bétail. (Alpes.) 

KABIOULA, KABOLA, ê. /. Pavillon, cabinet de jardin, petite loge 
dans les champs. Gr. xaXû^, hutte, baraque, cabane. 

KABOLETTA, s. f. Abri, maisonnette dans les vignes, cabane dans 
les champs, hutte. 

KABORNA, $. f. Petite boutique, cabane dans la campagne. (Valais.) 

KABOSSÀ, V. Bossuer, faire des bosses à un vase de métal. 

KABOSSETTA, <. f. Coquelicot, Papaver Rhcaos, pavot des blés. 

KABOUË, s, f. Petite écurie pour lemenubéuil. (Pays-d'Enhaut.) 

KABULLA, GABORNA, s. /. Hutte, cabane où l'on isolait les pesti- 
férés an moyen Age. (Romainmotier.) 

KABUSSA, I. f. Laitue pommée. (Genève.) 

KADOTZON, ê. m. Escalier attenant à un poêle (fomet), sur lequel 
on s'assied pour se chauffer. C. cadoer, siège, chaise. 

KADZON, KADZOU. Cri pour appeler les cochons. Katon, cochon. 

KAFORNET, $. m. Avec fére lo, relever ses jupons devant le feu, 

via. R DOCUH. XXI. ii 



210 KAK 

pour en sentir mieux la chaleur. G. kafunij couvrir le feu. 
(Vaud.) 

KÂGNE, s. m. ; KAGNA, s. f. Nom injurieux que les Savoyards 
donnaient aux Genevois dans les guerres qu'ils eurent avec ces 
demierg. Ce mot signifie chien. L. canis; It. cogna, chienne. 

Voy. GAGNA. 

KAHIA, GAHI9 V. Surpasser quelqu'un en force , en intelligence, 
être plus grand, passer par-dessus. Gr. ntaantiuuy vaincre , l'em- 
porter sur. (Vaud.) 

KAI, KIË, TIË, adj. Tranquille, coi. Tein-tè kai, tiens-toi tran- 
quille; reste en place, sans remuer. L.quietus. (Pays-d*Enhaut.) 

KAIA, 8. f.; KAIE, s. f. pi. Excrément de poule, de canard, d'oie, 
de mouche, de pucciifata de verme, excrément du ver de terre. 

KAIENET, 8, m. Petit porc, cochon de lait. Dimin. de katon, porc. 

KAII, V. Emeutir, flenter. Se dit des oiseaux. Fiantha se dit du 
bétail. (Vaud.) 

KAILON, 8. m. Grosse grive, Turdus vi8civoru8. (Vaud.) 

KAIN, NA; KEUN, KEN A; KEINT, TA, pran, reUU. Quel, lequel, 
laquelle. 

KAINKA, 8, f. Femme de peu d'esprit qui ennuie par ses plaintes 
continuelles. (La Côte.) 

KAINKEIRNA, 8, f. Vielle, instrument de musique, orgue de Bar- 
barie ; femme ennuyeuse, qui fatigue par ses redites. (Vaud.) 

KAINKEIRNA, v. Ennuyer, rabâcher toujours la même chose, 
n'avoir jamais fini. (Vaud.) 

KAINTAINE, 8. f. Sorte de jeu, jeu des barres. (Evêché de Baie.) 

KAINZE, KAINDE, adj. numér. Quinze. — Kieinze, kieize, id. 

KAÏON, 8. m. Cochon, porc; enfant malpropre; homme débauché, 
débouté. 

KAIZANNA, 8. f. Quinzaine. — Kieizanna, id. 

KAIZI, KAIGHI (se), v. Se taire. Kaize-iè, tais-toi; ii^atzt-vo, taisez- 
vous. 

KAKEINLHI, 8, m. Mot à mot, chie en lit, terme injurieux. — Au 



KAN 211 

Pays-d'Enhaut, ce mot signifie aussi mercuriale, Mercurialis 
anima et perennis. 

KAKELON^ 5. m. Petit vase de métal^ à trois pieds, avec uti man- 
che, pour cuire ; sorte de réchaud. (Lausanne.) 

KAKOUy s. m. L'un des noms du diable ; le méchant, l'écorcheur. ' 
En bas-breton, cacou signiOe maudit; c'est un terme injurieux. 

Gr. xdbeoç. 

KAK'ROUTCH, s. m. Pas-d'ftne, tussilage. Ttasilago Farfara. (Jura.) 

KALA, DÉRALA, s. /. Baisse dans les prix^ dans l'espérance de 
la récolte ; la perte qu'éprouve un liquide par l'évaporation. 

KALÂ, V, Céder, baisser, diminuer de prix; maigrir, en parlant 

dtt bétail.; lâcher, en pariant d'une corde ; s'apaiser, en parlant 

du vent. Gr. x«^«"> lâcher. (Vaud.) 
KALEIN, KALENA, KALINA, adj. Flatteur, rampant, câlin, qui 

fait le chien couchant, qui cherche à tromper par des cajoleries. 

Gr. x«><>b>* (Fribourg.) 

KAÏA, x. f. Collier de bois auquel tient le lien, la corde qui attache 
la chèvre à sa crèche. Gr. xâfiaÇ, bâton, perche. 

KAMBA, KAMBLLA, GAMBLLA^ v. Enjamber. 

KAM6AHIE, KAMBLAHIE, 8, f. Enjambée. Ce mot et le précédent 
ont la même origine que le français jambe, enjamber. 

KAMBELLHON (à), loc. adv. Jambe deçà, jambe delà; à califour- 
chon. (Vaud.) 

KANBUSA, $. f. Société déjeunes tapageurs. (Porrentruy.) 

KAME, I. f. pL Dents de l'essieu qui communique le mouvement 
alternatif au grand soufQet des forges. (Yallorbes.) 

KAN, conj. et adv. Quand. L. quando, 

KANA, V. Se sauver furtivement, s'évader, décamper. (Alpes.) 

KANBEIN, eonj. Quoique, quand même, bien que. Kanbein ke sei 
(m crouio eoueir, quoique ce soit un mauvais sujet. 

KANKHE, prép. Jusque, pour le temps et pour le lieu. Kankh'à 
déman, jusqu'à demain ; kànkh'à Maudon, jusqu'à Moudon. 

KANKOUAIRA, KANKOUARA, KOUAIKOUARA, KUKARA ou CU- 
KARA, KOUAIRKALI4A, s. f. Hanneton. Voy. vouare. 



213 KEI 

KAPION, 8. m. Houe^ outil d'agriculture. L. capio. (Valais.) 

KARÂNTÂy adj. numér. Quarante. 

KARÂNTANNA, s. f. Quarantaine. 

KARKAGNIOU, s. m. Cabine où couchent les bateliers, sous la 
proue des grandes barques; sorte d'armoire à l'avant ou à l'arrière 
d'un bateau. G. carch, renfermer; L. carcer. Voy. cagnard. 
(Léman.) 

KARKEVALLA, KOUEIKEVALLA , v. Jaser, babiller à ouU^nce. 
(Jura.) 

KARREVALLHA, s.f. Femme causeuse, commère, babillarde. (Jura.) 

KARLETTA, s. f. Gasquette. Voy. carla. 

KARTETTA, 5. f. Un quart de pot, une chopine. — Pidu>ktla, id. 
(Vaud.) 

KASKETTA, s. m. Espèce de bonnet. 

KATHEULA, 8, /. Fiente attachée au poil des bestiaux. (Val d'Il- 
liez.) 

KATOLA, 8. f. Femme maladive, cacochyme,, qui se plaint saDS 
cesse. (Vaud). — (A Lausanne, les enfants nomment caioU un 
mauvais bouton qu'on n'accepte pas au jeu. — N. de l'éd.) 

KATOUAIRZE, adj. numér. Quatorze. — Katoze, id. 

KATRO, KOUATRO, adj. numér. Quatre. 

KAU' A TSA, 5. /*. Millefeuille, Achillea MiUefoUum; littéralement 
queue de chat, (Bex). Voy. cauva. 

KAVALLA, 8, f. Cavale, jument. Ega^ id. 

KE, conj. Que. 

KE, KÉ, KHË, pron. interr. Quoi ? que ? qu'est-ce que ? trè4H 
8088e, par élision pour ke è-t-e 8088e, qu^est ceci? qu'est-ce que 
c'est f Kemè vau-t-e, J^ è-t-e ke mè vau, que me veut-il ? 

KE, pron. relat. Qui. L'an ke vein, l'an qui vient, l'année prochaine. 

KEGNO, KEGNU, KEGNEU, KOUGNO, KUIGNEU, s. m. Gâteau, 
galette. G. cuign, tourteau^ gâteau. (Vaud.) 

KEGNON, KUIGNON, KIGNON, 8. m. Gros morceau de pain. 
KEINTON, 8, m. Canton. 



KLO 213 

KETTAy KATTA^ s. f. Poignée, touffe, mèche de cheveux. L'aprei 
H kette, il l'a pris aux cheveux. (Alpes.) 

KETTALA, «. f. Clef de serrure. (Fribourg.) 

RETZET, KETZETTA, KETSCHON. Cri d'amitié pour appeler les 

brebis. (Pays-d'Enhaut.) 
KEUDREI, s. m. Coudrier, noisetier. — Caudra, $, f,y id. Voy. 

CUDRA. 

REUDRETTA, s. f. Coudrette, petit noisetier. — Cudretta, id. 
KEUTZE, 9. f. Voy. cutze. 
KEUTZI, V. Voy. cutzi. 

K£VI, V. Souhaiter quelque chose à quelqu'un. Voy. cordre. 
KIBA, V. Râler, respirer avec bruit, avec peine. 
KIBLLO, s. m. Crible. 

KIÈ, pron. itUerr. Quoi î qu'est-ce ? qu'y a-t-il ? Kiè don, kiè dan, 
quoi donc? et quoi donc? n'est-ce pas cela? 

KDEINTZI, 5. m. Jardin. C'est le curii ou courti. Voy. curti. (Evôché 
de Bâle.) 

KIKKA, BIKA, s. f. La verge d'un petit garçon. (Jura.) 

KIN, KAIN, KUN, 8. m. Le cadet de la famille, le plus petit, le 

plus faible ; le poulet le plus faible d'une couvée; le petit doigt. 

L. quintus. (Vaud.) 

KINSON, 8. m. Pinson, Fringilla (r(F^6s ; petit enfant débile et fluet. 

KINTERREIj s, m. Ancolie, AquUegia vulgaris. — Gand, id. (Bex.) 

KINTZO, adj. Lourd. (Bagnes.) 

KIRI, KERI, 17. Quérir, chercher, exiger. — Kira, id. 

KISRERET, KIRKERET, 8. fit. Petit garçon qui montre sa verge. 
De kikka, mentula. (Délémont.) 

^Â, 8, f. Crasse attachée à un vase ; fiente. (Bagnes.) 

KLAMO, 8. m. Voy. hllamo. 

KLEGNI, ULLEINA, r. Baisser, incHner, pencher. 

KLIKET, *. m. Ressort, loquet, C. cU, cli, serrure. 

KLIN6UIN, 8. m. Voy. guelinguin. 

KLOPA, KLLOPPA, ». f. Boiteuse. 



214 KON 

KLOPET, GLOPET, i. m. Méridienne, sieste, petit sommeil après 
le dîner. (Jura.) 

KLLOU, s. m. Outre sa signification ordinaire de clou, ce mot 
signifie aussi furoncle. — Anver, einver, id. 

KLUNA^ V. Dépouiller; perdre ou gagner au jeu; se ruiner. 

KMANHLLO, s, m. Chaîne de fer attachée à des coins qu'on im- 
plante dans des troncs d'arbre qu'on veut faire traîner hors de 
la forêt par un cheval. (Montreux.) 

KO. Abréviation pour ke vo, que vous. Kopllié, que vous plaît-il? 

KO^ pron. interr. Qui ? Ko ke 1% qui est-ce ? (Vevey.) — Ka^ id. 

KOBOLDE, s. fil. Lutin, fantôme. AU. Kobold. (Gruyère.) 

KOKASSA, s. /. Grand vase d'étain employé autrefois pour offrir 
le vin d'honneur ; femme aimant à rire ou prêtant à rire. (Ge- 
nève). Voy. GOKKHASSA. 

KOKEI, KOKREI, <. m. Bègue. 

KOKETTA, s. f. Terre-noix, Carum Bulbocastanum. (Orbe.) 

KOKKA, 8. /. Noix. Gr. xôxxoç, graine, pépin. Yoy. gokka. 

Kokka-djenau, violette. (VuUy.) 
KÔKON, KÔKENA; KÂKON, kAkENA; kAkEUN, KAKEN A, prw. 

indéf. Quelqu'un. 
KOKREIHI^ V. Bégayer, balbutier. Ce mot est une onomatopée. 

KOLLAR, s. m. Carcan, genre de punition qui consiste à être ei- 

posé au pilier public avec un collier de fer au cou. L. coUaria. 

(La Côte.) 
KOLLHA, s. f. MerUuUij priapue. Gr. xot>oç, creux, cave. 
KOLLHETTA, s. f. Diminutif; terme d'amitié, comme qui dirait 

mon cœur. 
KONA, s. f. Croûte de pain, de fromage. Voy. gouenna. (Val d'il- 

liez.) 
KONOLLHE, 8. f. Quenouille. 
KONÛLLHETA, 8. f. Safran sauvage, Crocu8 vernue. TiatoffneUay id. 

(Alpes.) 
KONOLLHON, 8. m. Le pied où s'implante la quenouille. 
KONON, 8. m. Pudenda mulierie. 



KOU 315 

KORSO, GORZO, KOUEIRSO. Troisième personne du singulier de 
l'indicatif présent du verbe défectif cordre, être cordialement 
réjoui, satisfait du bien^ et aussi du mal qui arrive au pro- 
chain. Un pauVre a fait un héritage, on dit : Lo lei korso bein. 
Un riche avare en a fait un, on dit : Lo lei koueirso ma. Un mau- 
vais sujet a été rossé, on dit : !jo lei korso preu. Il est à regretter 
que le français cordre soit tombé en désuétude. Yoy. cordre. 
(Vaud.) 

KOSSON, s. m. Charançon. G. cosset, ver qui ronge les blés. 

KOTHEIRLA, KOTHEIRNA, s. /. Jeune chèvre qui n'a pas encore 
porté. (Alpes.) 

KOUALLHA, s. /. Lait caillé. 

KOUALLHE, $. f. pi. Cris aigus. (Neuchâtel.) 

KOUALLHI, V, Pousser des cris perçants. (Neuchfttel.) 

KOUATRE, 8. f. Coite, couette, lit de plume. L. culcOa, culcitra. 
(Vaud.) 

KOUATRON, KOUAITRON, 5. m. Petite limace, Umax agrestis; le 
plus petit, le plus faible d'une famille, d'une couvée. 

KOUEFFRO, s. m. Œuf sans coquille. — Ekouirlo, id. (Pays- 
d'Enhaut.) 

KOUEINTZE , s. f. Bord marécageux du lac de Joux. (Vallée de 
ioux.) 

KOUET, s. m. Mauvais vin, poiré, cidre de fruits sauvages. Yoy. 
GODETS. —En langue romane des Grisons, kouauet signifie pré- 
sure. (Fribourg.) 

KOUETZO, s. m. Patois dur et grossier de la partie inférieure du 
canton de Fribourg. C. gwetz, rustique, grossier, sauvage. 

KOUI, KO, pron. inUrr. Qui ? lequel ? Yoy. ko. 

KOUIKA, i. f. Berce, Heracletm Sphondylium, plante ombellifère. 
(Jura.) 

KOUION, KOlON, 8. m. Lftche, poltron, homme de rien; mot inju- 
rieux. Fr. eoian ; It. cogHone. 

KOUIONNA, V. Yilipender, mener par le nez, attraper, se moquer^ 
railler. 



316 KRE 

KOUK, Vrép. Sur, dessus. (Anniviers.) 

KOURÂ, KUKÂ, s. f. ; KOUKEL, s. m. Pain au lait et an beurre. 
(Alpes.) 

KOUKËT, s. fit. Cerfeuil sauvage, Anthri^cus sylvestris. 

KOUKONy 8. m. Petite miche de pain très blanc, petit pain au lait, 
au sucre ; diverses sortes de galette. (Vaud.) 

KOULLERES-A-NOZ, s. f. pi. Yoy. gueullerè-a-noz. 

KOUMAHLLO, 5. m. Crémaillère. A Orbe, pissenlit, Taraxaam 
officinale, 

KOUMALA, s. f. Jument. (Valais.) 

KOUMALAI, s. m. Domestique qui soigne les chevaux. (Valais.) 

KOUTOUFLLA, s. /. Bouteille de vin. (Vieux langage de Genève.) 

KOVIS, s. m. Monceau de blé. (Bagnes.) 

KRAINTA, v. Rester petit ; se dit du raisin, d'un fruit. (Genève.) 

KRAKKIAU, SA, adj. Bâbleur, menteur. 

KRAMENA, s, f. Tourbillon de neige; plus souvent, froid rigou- 
reux. (Lausanne.) 

KRAMMA, KRAHA, s. f, Crôme. KrameUa, diminutif, crôme pea 
épaisse. 

KRAMMÂ, 0. Donner de la crôme. Ci lassi kramme Mn, ce lait 
donne beaucoup de crôme. 

KRAPIA, s. /. Pied d'oiseau, patte armée de griffes. C. crap, harpon 
— Grapia, id. (Vaud.) 

KRAPPA, s. f. Fondrilles, sédiment du beurre fondu ; neige glaoée 
qui porte les passants. (Alpes.) 

KRAPPA, AHIE, adj. Se dit de la neige glacée dans laquelle le 
pied n'enfonce pas. 

KREIVAKON, s. m. Nénuphar, Nymphœa alba, (Villeneuve.) 

KREKKA, KRARKË, s. /. Bourde, gaseonmide, conle à dermir 
debout. 

XRfiKRÂ, KRAKKÂ, t>. Mentir, gasconner. Te mè kràkke, ta veux 
m'en donner à croire. (Vaud.) 



KRU 217 

KREKKELIN, KRÂKELIN, s. m. Espèce de petit gftteau croquant. 

KREKKHÉ. Nœud qui se fait au fil pendant qu'on le dévide. (Val 

d'IUiex.) 
KRËXALLHI, I. m.;KR£MALLHIRA, $. f. Crémaillère. Gr. x/>c- 

fubryupi, tuspendo. 

KRESELLHON, s. m. Cerisier à grappes. Prunus Padus. (Pays- 

d'Enhaut.) 
KRESENA, f?. Pétiller, bruire, craquer. 
KRESENET, a. m. Tourniquet, moulinet d'enfant, crécelle. (Yaud.) 
KRETSCHE, KRITZA, i. f. Crèche. 

KRETSCHE, s. f. Craquement dans les boiseries. — Creize, cre* 
NaAtf, id. (Alpes.) 

KREUTSCHON, t. m. Pomme sauvage ftpre et acide. (Valais.) 

KRIA, «. f. jGrue, oiseau qui figurait sur l'écu des comtes de 
Gruyère. 

KRIKBILLHE, s. m. p<. Testicules ; langage de polisson. (Vaud.) 

KRINSON, 5. m. Cresson, CardamiiM praUnii$ , Cardamine hirsuta 
ti Nasturtium officmale, Krinsan bâtard^ véronique cressonnée, 
Yercmca Beceabunga, 

KRmTHI, KREINTSCHI, v. Remuer le dos comme un pouilleux 
qui se gratte (Val d'Illiez). Ailleurs, krinsi. 

KRITSGHA, s. f. ; KRITZO, s. m. Hotte plate qui se prolonge par- 
dessus la tête du porteur. 

KROKU, KROKANNA, KÔKA, s. f. Vieille femme méchante (Vaud). 
Yoy. GÔKA. 

KROKKA, V. Glousser, crier comme la poule qui demande à couver. 

KROSSONNA, t;. Relever avec mépris les défauts de quelqu'un; 
lui faire des reproches aigres, injurieux. Voy. crossona. (Valais.) 

KROTTU, UVA, adj. Marqué de la petite vérole. L. cruiUUus. (Vaud.) 

KROZET, s. m. Petite lampe sans pied employée dans les cam- 
pagnes. 

KRUZILLHA, a. /. Boîte, tronc d'église où chacun jette son au- 
mône; boîte de fer-blanc qu'on tend de banc en banc pour re- 



Si8 LAI 

cueillir les aumônes. Kruzelletkij diminutif. (Yaud.) Voy. chd- 

SILLETTA. 

KUAR, $. m. Cimier^ soit pièce de viande coupée sur la croupe. 
KUGNARDA, s. f. Compote de coins ou autres fruits, cotignac, 
marmelade. (Neuchfttei.) 

KUIYA, s, f. Sorte de conferve, Conferva reticularis. De cuva, queue. 
C'est cette conferve qui obstrue les tuyaux de fontaine. 

KUNKETTA, KINKETTA, GUINGUETTE, s. f. Mesure de liquide 
pour Teau-de-vie, Teau de cerise, de gentiane. C'est le petit 
verre de Paris. (Gruyère.) 

KUNKOUARNA, 8. f. Escargot. (Alpes.) 

KURA, s. /. Jeune fille niaise, crédule, simple. Gr. xô^, jeune fille. 

Te n'{ ke na kura, tu n'es qu'une bête, une niaise. Kuro se dit 

aussi au masculin, mais rarement. (La Côte.) 

KUTALA, V. Donner des coups de couteau. De cuti, couU, couteau 
(Genève). Voy. coutala. 



L 



LA, art, fém. sing, La. PI., le. Le fenne diant, les femmes disent. 

L'A. Elision qui signifie it a. Le verbe avai, avoir, fait au présent 
de l'indicatif : fé, fa. Va, j'ai, tu as, il a. L'a eincotzi, il a com- 
mencé. Voy. AVAI. 

LACERON, 8, m. Laitron, Sonchus oleraceus, et S(mcku8 asper. — 

La88eiron, id. 
LAGNIAT, TA, adj. Las, fatigué, épuisé de lassitude. L. laniatvs. 

(Aigle.) 

LAGOT, 8. fn. Etang, flaque, mare d'eau, petit lac. L. Iacu8. (\'oy. 

CotUervateur 8ui88e, tome VI, page 25â.) (OUon.) 
LAI, LEI, profi. per8. A lui, à elle. L'ai è Tprau de, je lui ai assez 

dit. PL, lau, Lau z'é déve8a, je leur ai parlé. 

LAI, 8. m. Eau de l'urine du bétail dans l'étable, purin. C. iaUk, 
écoulement. (Alpes.) 



LAN 219 

LAIRIA, LAITTHIA, s, f. Petit-lait^ ce qui reste dans la chaudière 
après que le fromage en est sorti. 

LAIKIDJO^ s. m. Petit-lait auquel on a ajouté du lait pour le ren- 
dre plus nourrissant. (Alpes.) 

LAINZAB^ a. m. Lézard^ soit gris, soit vert. L. lacerta, — lAnzer, 
lanzer, id. 

LÂINZER^ s. fit. Orvety Anguis fragilis. — Anvoué, id. 

LAIRRA, LEIREIN, s. m. Lierre, Hedera Hélix. 

LAISSALET, LAITHALET, s. m. Petit lac, étang naturel. G. UÀth, 
humidité. (Pays-d'Enhaut.) 

LAITHET, <. m. Flaque d'eau, marécage. (Pays-d'Enhaut.) 
LAITRON, a. m. Pissenlit, Taraxacum officinale (Villeneuve). Ail- 
leurs, ce mot désigne le Sonchus ou laiteron. 

LÂITURA, $. /. Sorte d'érable; c'est l'érable faui-sycomore ou 
plane, Acer platanoides. (Bex.) 

LÂKAIRON, a. m. Enfant maigre, sale, mal soigné. G. laceria, état 

de souffrance, malheur. (Val d'IUiez.) 
LA LA, loc. adv. Assez, c'est assez. 

LAMA, s. f. Pan d'habit; vague, onde, lame d'eau; lame de cou- 
teau. 

LAMBEIN, LAMBENA, adj. Lent, lambin, (Vaud.) 

LAMBINA, V. Aller lentement, lambiner 

LAMBOURET, LAMBURET, s. m. Nombril (Genève). — -Boum/ton, 
id. (Vaud). 

LAMOLA, 5. /.; LAMOLON, s. m. Lame de couteau, de rasoir. — 
Lama, id. 

LAMOLLON, s. m. Bouteille. (Entremont.) 

l'AMPÉ, LAPPÉ, s. m. La patience, et plus particulièrement celle 
des Alpes, Rtmex alpinus, plante que l'on fait cuire pour en- 
graisser les porcs. (Alpes.) Ge mot se dit aussi d'autres espèces 
de patiences. 

L'AN. 3* pers. pi. de l'ind. présent du verbe avai, ils ont. Avec la 
négation, n'anpas, ils n'ont pas. 

LAN, LAVON, HLLAON, ». in. Planche. 



290 LAR 

LANA^ LANNA, v. Faire des planches, les appliquer à une boise- 
rie; séparer en couches parallèles. (Pays-d'Enhaut.) 
LANDA, LEINDA, $, f. Œuf de pou, lente. L. ient, 
LANET, s. f. Diminutif de lan ; petite planche, planchette. 

LAN60RAU, SA, adj. Languissant, valétudinaire, langoureux. 

(Vevey.) 
LANGOUARD, DA; LINVOUARD, DA, adj. Babillard indiscret, 

qui a une méchante langue, médisant. (Yaud.) 

LANGUETTA, s. f. Petite langue, languette. 
LANGUISA, s. /. Langueur, phthisie. (Montreux.) 
LANNA, s. f. Laine. Milanna, étoffe moitié laine, moitié fil. 
LANTANNA, s. /. Viorne, Vihumum Laniana, 
LANTEINE, s. f. Vergue. L. antenna. (Léman.) 
LANTERNETTA, s. f. Nom commun à nos dêui lézards, ÏMcerta 

agilis et viridis. (Valeyres.) 
LANZER, s. m. Voy. lainzar. 

LAONNERI, LANNERT, 5. f. Ancien jeu militaire du château d'a- 
mour ou du château des planches, défendu en 1543. (Voy. Con- 
servateur suisse, tome V, page 425.) (Vaud.) 

LAPIDA, V, Lapider, tourmenter, vexer, maltraiter. 
LARDAIRA, s. f. Planche dans Tintérieur des cheminées à la sa- 
voyarde^ sur laquelle on fume le lard et autres salaisons. 

LARDAIRA, s. f. Courant qui se manifeste sur plusieurs points do 
lac Léman. 

LARDERA, s. /. Mésange à tête bleue. (Valais.) 

LARDZO, LARDZE, RELARDZO, s. m. Elargissement, place va- 
cante. La morianna no z'a fé on bi lardzo, l'épidémie nous a fait 
beaucoup de place, disait-on il n'y a pas longtemps dans plu- 
sieurs villages gênés par une population surabondante. (Echal- 
lens.) 

LARE, LARO, «. m. Larron, voleur, fripon. — Lair, îd. dans l'E- 
véché de Bâle. 

LAROUNESSA, LARENESSA, s. f. Voleuse, larronnesse. 

LAROUNNA, v. Voler, friponner. 



LAV 224 

LAROUNNET, TA, adj. Petit voleur, petite friponne. 

LARZE, s. m. Mélèze, Pinus Larix, — Arze, id. (Alpes.) 

LASSÉLADJO, LASSALADJO, s. m. Laitage; tout ce qui tient à la 
laiterie; l'ensemble des bétes à cornes d'un chalet. (Fribourg.) 
— Lasséiadzo, laitage. (Jorat.) 

LASSÉ, LASSI, LAHI, LAFFI, s. m. Lait. 

Loêsi de poutan (lait de putain), Uusi de trouia (lait de truie), 
euphorbe, tithymale, Euphorbia Cyparissias, (Vaud.) 

LATCHI, LATSCHI, LETZI, v. S'évanouir, tomber en pâmoison; 
lâcher. (Vaud.) 

UTSO, LATSGHO, A^ adj. Débile, faible, évanoui; lâche. 

LATTA, s. f. Planche étroite, latte. G. laih, perche. 

LATTHA, Mettre des lattes, latter. 

LATZO, s. m; Livôche, Levistieum officinale Koch, plante ombel- 
lifère. 

LAU, LAOU^ LEU, LIO, pron. per$. Leur. Lau z'é atscheta, je leur 
ai acheté. 

LAU, LEU, $. m. Loup, Ivpus. Rejeton gourmand qui sort du pied 
â*un cep. (Vaud.) 

LAUDA, V. Permettre, comme seigneur d'un fief, la vente d'un im- 
meuble contre une redevance ou une somme payée par l'acqué- 
reur. Dans les chartes, laudare, 

LAUVA, LAUA, 8. f. Louve, femelle du loup; femme débauchée. 

LAVA, LAVE^ s. f. (touche de pierres très polies, répandues çà et 
là dans le Jura. (Voy. sur cette singulière formation un discours 
de M. le professeur Agassiz, dans les Actes de la Société helvéti- 
que des sciences naturelles, réunion de Neuchâtel, 1837.) 

LAVA, 0. Laver, nettoyer. Relava, laver la vaisselle. 

LAVANTSCHI, s. m. Lieu exposé aux avalanches, couloir par le- 
quel elles descendent; nom d'un hameau des Ormonts d'un al- 
page des Alpes de Bex, etc. (Alpes.) 

LA VI. Contraction pour dire alla via, aller en route, partir, s'en 
aller. Uè la rt, il est dehors, en route. L. viaj chemin. (Jura.) 



222 LEI 

LAVIAU, s. m.; LAVIRA, s, f. Lavoir; planche sur laquelle les 
lavandières lavent et battent le linge. 

LAVURA, s. f. Eau grasse, eau de vaisselle. 

LÉ, LEZ, LEI, adv. Là, là-bas. Decé delé, deçà delà; lé autre (là 
outre), au delà. Avec le verbe, lei signifie y. Alla lei ke le bon 
(allez-y, car il est bon), disait autrefois le crieur public de Lau- 
sanne, annonçant les bouchons et le prix des vins. Lei vé. J'y 
vais. 

LÉ, 8, m. Le foyer, l'être. 

LÉ, LAI, s. m. L'if, Taœtis baccata. A Aigle, di, dhi, 

LÉ, LAI, 5. m. Lac. Lo lé, le lac Léman, pour les riverains. 

LÉ, art. pi. Les. Voy. li. 

LÉA, s. /. Portion levée sur une masse de beurre pour une rede- 
vance; morceau coupé dans un cuir pour une paire de souliers. 
(Alpes.) 

LÉANS, adv. Là-dedans; peu usité. (Evêché de Bfile.) 

LÉANTZE, LÉVANTZE, s. /. Avalanche, lavange. (Pays-d'Enhaut.) 

LÉ-BAS, loc. adv. Là-bas. Lé ^amon, là-haut; lé d'avo, là-bas; lé 
autre, autre lé, là-bas, plus loin; lé n'o, là-haut. 

LÉDA, LEIDA, s. f. La hure du sanglier; la tête, Tépaule et le pied 
droit de l'ours, du cerf, lesquels étaient dus au seigneur du fief. 
Ce droit de Uyde est consigné dans le coutumier de Vaud. On y 
dit aussi que la peau du loup appartient au seigneur. 

LEDO, LÉDO, adj. Pâle, blême, livide. C. Uda, serf attaché à la 
glèbe. (Alpes.) 

LEGNI, V. Voy. ligni. 

LÉGREMA, s. f. Larme. 

LÉGREMÂ, V. Pleurer, verser des larmes. L. lacryma. (Fribourg.) 

LÉHA, LEVA, V. Lever; dresser une charpente; attacher la vigne 

à l'échalas. 
LEIDESSE, s. f. pL Crue subite des eaux du Léman pendant l'été. 

Voy. SEICHE 

LEIN, LEUN, HLLEIN, $. m. Licou, corde, lien pour attacher les 
vaches à la crèche. . (-^t.^ i -. > 



LEK 223 

LEIN^ LEINÂ, LEINTA, adj. Uni, pliant^ sans rugosités. L. lentus. 
(Alpes.) 

LEINDAI, 8. m. Landier, chenet de cuisine. G. lander, chenet. 

LEINDER, s. m.; LEINDA, 8. f. Seuil de porte, linteau. C. land, 
habitation. (Pays-d'Euhaut.) 

LEINDZAU, LEINDZU, 8. m. Saucisson. (Montreux.) 

LEINFIU, LEINZU, LEINÇU, 8, m. Drap, linceul, nappe. 

LEINGNU, LEIGNU, LEGNU, LIGNU, LUGNU, 8. w. Ligneul, fil 
poissé du cordonnier. 

LEII9GUN, 8. tu. Cynoglosse, langue de chien, Cynoglo88um offici- 
nale. (Aigle.) — Leinvoua au Uin, id. 

LEINTERNA, LANTEIRNA, 8. f. Lanterne, falot. 

LEINTERNA, V. Vétiller, barguigner, être irrésolu, lanterner. 

LEINVOUA, 8. f. Langue. (Alpes.) 

Leinvoua au bau, bistorte, Polygonum Bistorta. 

Leinvoua de 8erpein, langue de serpent, Ophioglo88um vulgatum, 
sorte de fougère. 

Leinvoua de cer, langue de cerf^ scolopendre, Scolopendrium 
ofidnarum, sorte de 'fougère. 

Leinvoua d'ouie (langue d'oiô), grassette, Pinguicula vulgam, 
plante de la famille des lentibulariées. 

Leinvoua au iein, cynoglosse officinal. — Leingun, id. (Aigle). 

LEINZOLA, s. f. Charge de foin contenue dans un filet ou dans 
un drap, leinzu, (Vaud.) 

LEINZU, 8. m. Voy. leinfiu. 

LEIREIN, 8. m. Lierre, Hedera Hélix. — Lairra, id. 

LEIREMEIN, HLLAIREMEIN, 8. m. Mèche, lumignon. De hllairi, 
éclairer. (Alpes.) 

LËIVRA, 8. f. Lièvre. L. lej^. 

LEIVRO^ 8. m: Livre, papier, manuscrit, la Bible. Prein lo Leivro, 
prends la Bible. 

LEKA, LIRKA, s. f. Glissoire, trace du traîneau sur la neige. 

LEKA, LIKKÂ, V. Glisser, faire un faux pas, glisser sur la neige 
ou sur la glace. (Yaud.) 



324 LEU 

LEMASSA^ $. f. Limaçon. 

LEMASSI^ V. Se dit des limaces, des limaçons, des escargots qui 
laissent sur leur passage des traces baveuses. (Alpes.) 

LEMON, $, m. Limon, boue; timon d'un char, les limons, lalimo- 
nière. 

LEMOUNNA, v. Laisser une trace dans la boue du chemin. 

LENA, LOUNA, 8. /. Lune ; humeur. L'è ora de bouna Undj il est 
maintenant de bonne humeur. Ké fa-t-on dei viUke lene ? que 
fait-on des vieilles lunes ? demandait une femme des Ormonts 
au maître d'école. On le tadhe per bokon por ein fare di T^itaHky 
on les coupe par morceaux pour en faire des étoiles, lui fut-il 
répondu. 

LENAIRA, s. f. Champ de lin, linière. 
LENO, adv. Là-haut. Lo leno, le galetas. Yoy. lé-ba8. 
LERDJI, LERDZI, RA, adj. Léger^ dispos, dégagé, volage. 
LÉRON, ê, m. Loir. L. glis, gUrU. (Valais.) 
LÉSINA, LAZINA, 8, f. Crevasse dans le sol, fente dans lesroch^, 
fissure de terrain. L. ton'o. (Jura.) 

LET, 8. m. Le but auquel on vise en jouant au palet, aux boales; 
c'est le cochonnet. (Yaud.) 

LETSCHE^ 8. f. Bande étroite, petite pièce, petit morceau, tranche, 
lècfie, Na leUche, un peu ; à let8che dei, à lèche doigt, avec par- 
cimonie, fort peu. (Yaud.) 

LETSCHE-POT, 8. m. Fouille-au-pot, goulu. 

LETSCHEPOTTA, v. Fouiller dans les vases de cuisine, dans la 
vaisselle pour lécher ce qui y reste. 

LETSCHETA, a. f. Très petit morceau, brin, fort peu, en parlant 

des aliments. Diminutif de let8che. 
LETSCHI, LETZI, v. Lécher; se dit surtout des vaches, auxquelles 

on donne à léchery qui lèchent le sel qu'on leur donne. 
LETSCHON, a. m. Pincée, poignée de sel qu'on donne joumell^ 

ment aux vaches, ordinairement avant de les traire. (Alpes.) 

LEUTREFLLA, a. /. Impératoire, Imperatoria Ostrtahium, plante 
ombellifère dbs Alpes. 



LIE 325 

LEVA^ $. f. Taille, contribution. (Genève.) (Y. st.) 

LEVA, LÉHA, LÉA, v. Lever. 

LËVANTZE, s. f, Lavange, avalanche. — Léanize, évalantze, id. 

LÉVATZON, 8. m. Petit duvet de plume. 

LÈVE, adv. Plus loin, au delà. Ein leivè, au delà, au delà de. 

LEVÉ, LOUET, $. m. Le gui, Viscum album, plante parasite. (Mon- 
treux.) 

LEVET, LEVOUET, 8. m. Cytise, Cyti8U8 alpinw. (Monlreux.) 

LËVET, 8. m. Duvet de lit. Diminutif, levatzon, 

LEVIRHA, 8, f. Charpente d'un bâtiment. — Ramura, ramure, id. 

LEVRA; LEVRETTA, LETZERETTA, 8. f. Safran sauvage, Crocu8 
temu8. 

LEVRIAU, s. m. Estomac du bœuf. (Pays-d'Enhaut.) 

LEVRO, LEVRIAU, 8, m. Poids à peser, romaine. L. Ubra. 

LEZ, LEI, «. m. Voy. lai. 

LEZI, LEJI, LISI, 8, m. Loisir. N'é pa8 lezi, je n'ai pas le temps; 
fenna de lezi, femme désœuvrée, qui ne fait pas les gros ouvra- 
ges, qui va en causant de lieu en lieu. (Montreux.) 

LHEIN, LHAI, adv. Loin. L*è Ihein, il est sorti, il est hors de la 
maison. 

LHI, *. m. Lit. — Hlli, id. 

LHUGAN, LOUGHAN, 8, m. Jusquiame, Hyo8cyamu8 niger, plante 
narcotique. 

U, pron. Voy. lu. 

LI, art, pL m. et fém. Les. ÏA me88on, les moissons; H z'einfani, 
les enfants. Au singulier, le. (Fribourg.) 

LIA, 8. f, Orpin acre, Sedum acre (Jura); grande joubarbe, Sem- 
pervivum tedorum. 

LIA1RE, 17. Lire. lÀaûu, lu. 

LIAU, s. m. Plancher supérieur d'une grange. (Fribourg.) 

LICK, adv. Là. (Anniviers.) 

LIÉ ou GLLÉ-BATARD, 8. m. Ivraie vivace, Lolttim perenne. 
(Morges.) 
■ta. tT oocnif. xu. 15 



226 LIV 

LIEF, s. m. Lit. (Fribourg.) 

LIENNA, V, Glaner. 

LIETTALÂ^ s. /. Glouteron, gratteron^ Galium Aparine. (Lavaux.) 

LIETTHA, V, Tordre; attacher, accrocher. Dans le premier seos 
on dit aussi mailli, 

LIËVA, $. f,; LIÉVRO, s. m. Outil. Bjami krouie oforai n'a irtïta 
dei bounne liéve, jamais mauvais ouvrier n'a trouvé de bons ou- 
tils; proverbe. (Vaud.) Voy. aise. 

LIGNI^ LEGNI, v. Aligner; tracer des lignes^ régler du papier; 
tracer, avec une ficelle trempée dans du noir, des lignes droites 
sur le bord des poutres qu'on veut équarrir. 

LIMBA, s, /. Bande d'étoffe ou de papier. Limbeiia, petite bande, 
lisière, ruban. L. limbus. — Uessa, id. 

LINOTTA, LAINOTTA, s, f. Linotte. 

LIOBA, s. f. Nom d'amitié donné aux vaches pour les appeler ou 
pour les flatter. Lioba! lioba! por aria, c'est-à-dire lioba! Uoba! 
pour (vous) traire, venez pour qu'on vous traie. (Voy. le Ranz 
des vaches de Gruyère, dans le Conservateur suisse, tomel, 
page 425.) — En tangue albanaise, liopa signifie vache. (On dit 
loba, dans la Suisse allemande. -^ N. de l'éd.) (Fribourg.) 

LIOBÂ, V. Appeler les vaches pour les traire. 

LION, s. m. Gui, Viscum album, plante parasite. (Bex.) 

LIONG, s. m. Légumes. (Vieux langage d'Orbe.) 

LISA, V. Lisser le linge avec un fer chaud, repasser. 

LISET, 5. m. ; LIZETTA, s. f. Liseron, Convolvulus arvensis et Coh- 
volvulus Sepium. 

LISIAU, s. m. Fer à lisser le linge, fer à repasser. 

LISSU, LEINSU, LIENZU, LESSIF, s. m. Eau de lessive. (Vaud.) 

LISTA, s, f. Bordure en bois, longue règle plate en bois; liste. 

LIU, pron. Lui, celui-ci, celui-là. (Jura.) 

UUDZA, LIUDZE, s. f. Voy. ludja. 

LIVET, TA, adj. Blanchâtre, pftle, livide. L. Hvidus. (Nyon.) 

LIVRO, s, m. Le pis de la vache. 



LOK 227 

t 

LIZÉ, LEZÉ, LUZÉ, LUISE, $. m. L'égout des étables, Turine des 
bestiaux^ le purin, qu'on recueille ordinairement dans une fosse. 
C. lis, humidité, eau. (Vaud.) 

UZET, s. m. Ver qui détruit les bourgeons de la vigne. (Bas-Va- 

lais.) 
LIZETTA, s. /. Lézard gris, Lacerta agilis. — Gremelhetta, grenU- 

Ihetta, id. (Lausanne.) 

LIZOTTA, V. Commencer à lire. 

LLHUTENIEN, LIUTENIEN, s. m. Lieutenant. 

LO, LOU, ari, masc. 9ing. Le. Lou pare l'a de, le père Ta dit; lo 
puè à djo, le coq est juché. —Lou est aussi pluriel : lou z'herbe, 
les herbes. (Ormonts.) 

LODA, s. f. Volet, contrevent; vent contraire aux embarcations. 
(Jura.) 

LODIER, s. m. Couverture de lit. — Couairia, id. (Jura.) 

LODJA, LODZA, 8. f. Chantier, hangar; loge de francs-maçons; 
place fixée d'où les joueurs aux quilles doivent jeter la boule. 

LODJI, LODZI, V. Se loger, s'établir, se marier; fixer, au jeu de 
quilles, la place d'où la boule doit être lancée. 

LODII, 8. m. Cabaret, auberge, logis. 

LOË, s. fit. pL Hautes pointes de montagne. (Fribourg.) 

LOGNE, s. f, Bardane, Lappa major et Lappa minor, (Bex.) 

LOHI, f. m. Mallette que porte le vacher et où il tient le sel. Bon 
lohi, mélange d'herbes et de racines qu'on donne aux vaches 
malades. (Alpes.) 

LOHIAU, SA, adj. Fermier, fermière; celui (»u celle qui prend ou 
donne à ferme, amodiateur; l'entrepreneur d'une montagne, 
lequel loue des vaches pour les alper. (Alpes.) 

LOHIDJO, LOHIDZO, 8. m. Loyer, bail, location. Pahi mè voutron 

lokidzo, payez-moi votre loyer. 
LOHII, V. Amodier, faire un bail, louer une maison. 
LOI, s. m. Le grand et le petit courlis, Scolopax arcuata et Seokh 

poxpkœopm, oiseaux de marais. 
LOKATIF, s. m. Cheval de louage, rosse. (Lausanne.) 



93» LOU 

LORETTA^ LIRETTA, $, f. Batelet pour une seule personne, sur 
les lacs de la Suisse romande. De leka, Ukka, glisser. 

LORRA, s f. Morceau» guenille, loque. 

LO LON, loc. adv, et jprép. Autour, auprès, le long, durant. To lo 
Ion, tout le long; to dau Ion, id. Lo Ion dau bou, le long du bois. 

L0M6L0Z, s. m. Pièce de porc due au seigneur par le vassal qui 
tue un porc. L. lumbus, râble, écbine, partie du dos. 

LON, LONGHA, adj. Long^ longue. — Longhet, diminutif. 
LON, 8, m. La longueur, le long, Lein m lo cor et lo Ion, il en sait 

le court et le long, tout ce qu'on en peut savoir; proverbe. 
LONDJOULA, 8. f. Pièce de porc, andouiile. (Vaud.) 
LORIOL, s. m. Loriot, Orioluz Galbula. 

LOTHA, 17. Ebranler un objet qui est ferme pour le déplacer. 
(Alpes.) 

LOTTA, a. f. Hotte. (Test aussi le nom vaudois du mont Catogne 

en Valais. 
LOTTAHIE, a. /. Ge qu'une botte peut contenir. L'a z*u na Uatakie 

de kokke, il a eu une bottée de noix. 

LOTTARE, a. m. Porteur de botte. Lors de la révolution du Pays 
de Vaud en i798, quelques brocbures dirent, pour exciter les 
Vaudois, qu'ils étaient des ilotes. Les paysans du Jorat n'entendi- 
rent jamais ce mot que dans le sens de porteurs de kotte, et dé- 
-clarèrent qu'il n'y avait pasde mal à cela. (Jorat.) 

LOTTON, a. m. Laiton. 

LOU, art pL Les. Faut-e bouta couaire Veinfanton avoué lous^kerbe, 
faut-il faire cuire le petit enfant avec les berbes? demandait uo. 
bomme des Ormonts à M. le doyen Decoppet qui lui avait con- 
seillé un bain d'berbages pour son fils racbitique. (Ormonts.) 

LOU, s. m. Lods (c'est le laudenUœ des cbartes), droit de mutation 
que perçoit un seigneur de fief, ou le fisc, sur les immeubles 
vendus par un tenancier vassal. No fudra pahi le tou lo mai qfn 
vin, il nous faudra payer les lods le mois procbain.—- if utocAo». 
id. (Vaud.) 

LOUET, LOVET, s. m. Louveteau, jeune loup. 



LUI 229 

LOUGÂ (se), V. Se louer comme domestique, s'engager dans un 
service, entrer en condition. (Valais.) 

LOUHIE, 8, /. Galerie de bois devant \fi preipier étage d'une mai- 
son; loge. (Vaud.) — Loie, id. r. . .^ 'r . 

LOUHIETTÂ, s. /. Petite galerie; petite loge, logette. 

LOUNEMAIN, s. m. Mèche d'une lampe, d'une chandelle, lumignon. 
(Alpes.) 

LOUNIDJE, 8. f. Lunaison, quartier de lune. 

LOUSTIK, RA, adj. Gai, content, badin, jovial. AH. Iwiig. — Il y 
avail dans chaque compagnie de Suisses, dans les services étran- 
gers^ un lou8tik, un soldat qui faisait rire ses camarades par ses 
facéties. 

LOVET, «. m.; LOVETTA, s. /. Tique de marais, Ridfwa camntw, 
insecte qui s'attache, pour sucer le sang, aux chiens, aux mou- 
tons et quelquefois aux jambes des hommes qui travaillent dans 
les lieux marécageux. 

LOVET, 8. m. Voy. louet. 

LOVRA, V, Veiller. (Jura.) 

LOVRE, s. f. pi. Veillées des garçons chez les filles à marier. (Jura.) 

LU, LHI, LI, pran. pers. Lui, elle, eux. Voy. liu. 

LU, LUEH, ». I». Lieu, endroit. — Du, id. (Fribourg.) 

LUDJA, LUDZA, LUDZE, LIUDZA, LIUDZE, LIEUDJE, ». f. Traî- 
neau. 

LUDJI, LIUZI, V. Mener, transporter en traîneau, aller ea traîneau, 
glisser sur la neige; 8e luger, dans le français populaire vaudois. 

LUDZON, ». m. Petit traîneau. 

LUETTA, ALUETTA, ALUVETTA, ». f. Epiglotte, luette. 

LUGA, V. Regarder indiscrètement par un trou, par une fente, 

par le trou de la serrure. (Alpes.) (Ail. bernois, luege; AU. lugen. 

- N. de l'éd.) 

LUGARE, LOUGARE, ». m. Curieux indiscret, qui regarde par les 

fentes, ou qui écoute à la porte. (Alpes.) 
LUIRRHA, GUIRRA, ». f. Somme de cent gerbes de blé. (Aigle.) 
LUISSEL, ». m. Petit lac, étang naturel, grande flaque d'eau. 



S30 MAF 

LURON, s. m. Homme robuste, déterminé, fier-à-bras. (Jura.) 

LURONNA, 8, f. Femme forte, robuste, hardie, la virago des Latins. 
(Jura.) 

LUTA, s. /. Instrument de musique à cordes, luth. AU. UnUi, 
(Fribourg, 1437.) 

LUTH, adj, numér. Huit. (Evéché de Bftle.) 

LUTHON, ARLITHON, 8. m. Arc-en-ciel. C. lUh, humidité. Voy. 
ARL^TTON. (Valais.) 

LUTZCHEROU, LUTZOÏEREIN, LUTZERAN, «. m. Chat-huanl, 
chouette, hibou, efifraie, hulotte. L. lugere, pleurer, gémir. 
(Vaud.) 

LUTZEIHI, V. Pousser des cris de joie; imiter le cri de la chouette; 
bûcher. Voy. ioutzeihi. 

LUVRO, 8, m. Le pis de la vache, de la chèvre; tétine. En bas- 
breton, livri signifie lait chaud, — lÀvro, id. 



M 



MA, canj. Mais. Ma vo dio, mais je vous dis. 

MABRA, s. f. Mauve à feuilles rondes, Malva rotundifoUa. 

MABRO, 8, m. Marbre; bille, chique, petite boule ronde pour les 
jeux d'enfants. — Marbron, id. (Vaud.) 

mAgHEFER, 8. m. Scories du fer travaillé dans les forges. (Vaud.) 

MAÇON, 8. m. Qui a manqué son coup dans un jeu d'adresse 

(La vaux). Il se dit aussi de celui qui n'a point fait de levée au 

jeu de cartes, 

MADRA, AHIE, adj. Fin, rusé, astucieux. 

MA FAI, adv. Ma foi. Ma fai vat, ma foi oui ; ma fai na, na faina, 
ma foi non. 

MAFAIKI, MAFAITI, MAFITHI, v. Se fatiguer, se lasser. (Fribourg.) 
MAFFI, 8, m. Un des noms du diable. Lo maffi tè hourlai le dei, le 
diable te brûle les doigts. Le tnaffi, c'est le tnàlfai8arU au super- 
latif. (Lavaux.) 



Mai 231 

MAFI, TA ; HEFI, TA, adj. Las, fatigué, harassé. ^Aigle.) 

MAFIKA, MAFIGA^ adv. Ma foi. C'est sans doute une altération de 
ma fai. 

MAFION^ MAFISTE, adv. Môme sens que ma fai, ma foi. 

MAGAN, s. fil. Lourdaud, malotru, bélîti:e, manant. (Lausanne.) 

MAGNENA, v. Faire Fouvrage du chaudronnier. 

MAGNIN, 5. m. Chaudronnier ambulant, châtreur de porcs. C. 
magtiainij faire des chaudrons. — La vieille chanson vaudoise 
du magnin arrivant dans un village, disait : 

Lo magnin cei va passa, 
N*ai'VO ran à retakounna f 
Koke tsauderon perd 
A rallohi ? 

Le magnin va passer par ici, n'avez- vous rien à raccommoder? 
quelque chaudron percé à remettre en état ? 

MAGNOU, MAGNI, adj. Ne s'emploie qu'en composition, avec le 
sens de grand (magnus), dans les noms propres suivants : Bio- 
ley-Magnou, village du canton de Vaud, ainsi nommé pour le 
distinguer de Bioley-ûrjulaz ; Montmagny, village du district 
d'Avenches (Vaud); Chaumagny ou Chaumeni, montagne du 
dixain de Monthey (Bas-Valais). 

MAI, s, m. Mois. Dou, tré mai, deux, trois mois. 

MAI, s. m. Mois de mai. C'est aussi le sapin que les garçons d'un 
village plantent j le premier jour de mai, devant la porte des 
filles à marier, si elles sont d'une vertu non suspecte. Jamais 
on n'en plante devant la maison d'une fille déshonorée; et c'est 
une honte publique que de n'en point avoir, quand les autres 
filles du voisinage en ont. Une ancienne chanson dit : 

Per on deceindo né, 
le m'a prai fantasia 
D'alld pllantâ on mai 
A la pouerf à ma mia. 

Par un samedi soir, il' m'a pris fantaisie d'aller planter un 
mai à la porte de ma mie. 



$32 MAI 

Les Arcadiens avaient le premier mai une Sdte pastorale a[>- 
pelée mata. 

MAI^ MÉ^ s. f. Huche à pétrir, pétrin. 

MAÏA, MOHIA. Féminin du pronom possessif wio, mien. 

MAÏA, MOÏA, s. f. Meule de foin qui reste sur le pré. (Alpes.) 

MAIDJA, $. f. Femme empirique, qui exerce la médecine. 

MAIDJI, MEIDZIy V, Traiter un malade, lui donner des remèdes ; 
avec se, se droguer soi-même. (Vaud.) 

MAIDJO, MAIDZO, MEIDZO, s, m. Médecin, empirique, charlaUQ. 
Alla au maidjo, aller consulter le médecin (se prend en bomie 
part). Apri la moeir lo maidjo , après la mort le médecin, prov. 
L. magus, magicien. (Vaud.) 

MAIEN, s. m. Chalet où Ton va en mat. Les makns sont des pâtu- 
rages printaniers, avec un petit bâtiment. Pendant l'été, les 
habitants aisés de Sion quittent la ville pour aller respirer un 
meilleur air dans les mat^iu. (Valais.) 

MAÏENTZE, s. f, pi. Jeunes paysannes qui, le premier dimanche 
de mat, vont en grand costume chanter de porte en porte avec 
un panier au bras, pour recevoir de petits présents, des œufs, 
des fruits, des gâteaux, par exemple. (Vaud.) 

MAÏENTZE, 8, f. Se dit de toutes les espèces de mésanges. — 
Maïensa, id. 

MAÏENTZETTA, s, /. Petite mésange. 

MAÏENTZIRA, s. f. Trappe pour prendre les mésanges et autres 
petits oiseaux. 

MAIGNIE, s. f. Tous les gens de la famille qui demeurent dans la 
môme maison, toute la maisonnée. 

MAILLET, s. m. Marteau de bois. — Maillotze, maloutze, s. /., id. 
Tita de maiUet, la larve de la grenouille, têtard. (Vaud.) 

MAILLI, V. Tordre. MailU dei riaute, tordre des osiers, etc., pour 
en faire des liens. 

MAIN, adv. Moins, point. De ne sein lo main, pas moins de ; litté- 
ralement, sans le moins. iVetn ain main, nous n'en avons point. 

MAINTIGNI, MANTENf . v. Maintenir, conserver en bon éut, assu- 



MAI 3SS 

rer en droit une valeur^ un animal pour sain, une pièce de terre 
pour avoir tant d'arpents^ tant de toises. 

MÂIO, s. m. Vieillard^ homme ancien. L. major. (Fribourg.) 

MâIOLA. Cri de moquerie des enfants. (Voy. Conservateur suisse, 
tome III^ |age 62, note 3, et page 56.) (Payeme.) 

ÏAIRA, MÉR£, s. f. Mère, en pariant des personnes. On dit ordi- 
nairement mare en parlant des animaux. Mére-grant, mare-ifrant, 
grand-mère, aïeule. 

MAIRMITA^ s. f. Marmite. 

MAIRMOIN, s. m. Marmot, nain, petit garçon mal fait. 

MAISNÉ, MESNÉ, s. m. Cadet, minor patu ; dans les vieux titres. 

MÂITHEIN^ MIT AN, 5. m. Milieu. La rio passave au maithein dau 
bor, le ruisseau passait par le mjlieu du village. 

MÂITHI, MAITIÂ, s, f. La moitié, la demi. 

MAITHI-FOU, MAITIA-FOULA^ adj. Demi-fou, à moitié fou. (Vaud.) 

MAITHRA, s. /. Maîtresse de maison, de métier; la femme du 
maître d'école. 

MâITRAIHI, V. Maîtriser, rudoyer, tyranniser ses inférieurs. 

MAITRAMEIN, adv. Fortement, vigoureusement, d'importance. 

(Pays-d'Enhaut.) 
MAITRO, MÉTRO, s. m. Maître, maître d'école; le chef de famille^ 

le propriétaire, celui qui exerce pour son compte un métier. 
Lo méif'au biole, nom dérisoire du maître d'école; mot à mot, 

le màUre aux verges, bioU. 

MAIVRO, A, adj. Craintif, faible, mal apprivoisé. 

MADL, s. m. Petite maison de bois, bulle, fènil (lora). — (Dans le 
Jura neucliâtelois, plosieurs localités oo babitations foraines 
portent le nom de maix. — N. de l'éd.; 

HAIZA, s. f. Jachoir; cage à poulets dont le detsiu HtX de baoe 
ou de table. L. mema. (La Côlej 

MAIZE, s. f. Mésange; trappe poar \frtoàrt les petila oiseaux. 
(Bas-Valais.) 

MAIZIËRE, a. /. Haie ; nasare ; dcmd de deux villagea, foii dam 
le canton de Yand, Faolre dafts celui de Fribrjorg , 



9SA MAL 

MAKABEINDË. Sorte d'affirmation complexe qui signifie ma foi 

bien dit. (Lausanne.) 
MAKLLET, s. m. Colique violente, tranchées, miserere. (Vaud.) 
MÂKLLO, MAHLLO, MACHE, 5. m. Le taureau d'un troupeau, le 
mâle, masculus. On dit à Aigle : Tei lé on bi maklfp, voilà un 
beau garçon. 
UALA, adj. Ne s'emploie qu'en composition avec un substantif. 
Son masculin est tnô (voy. ce mot). V. Fr. mau, mal, maU. 
(Vaud.) 

Malapannahie, $, f. Mésaventure, mauvais traitement, contre- 
temps. 

Mala-bithia, s. f, Méchadte bête ; c'est un nom adouci du diable. 

MaUinparahie, s. /. Mauvaise tournure d'une affaire, échec. 

Mala-grace, s, f. Disgrâce. 

MaVhaura, s. f. Mauvaise heure. L'è veffniai à la maThawra, 
il est venu dans un mauvais moment. 

Mala-par, s. f. Mauvaise part. 

Mala terra, s. f. Mauvais terrain qui ne pçut rien produire. 

Mala-tUa, $, f. Mauvaise tête, personne à laquelle ou ne peut 
faire entendre raison. 

Malavia, s. f. Mauvais train, difliculté, malédiction. L'è la 
malavia, c'est le diable. 

MALADAIRA, $. f. Hôpital de lépreux, d'incurables, maladrerie. 

Plusieurs localités ont conservé ce nom et s'appellent tfaia<i«tft, 

Maladière. 

MALADO, A, adj. Malade. On dit plus souvent : L'a ma, il a mal. 

MALAGNOU, MARAGNOU, s. m. Muscardin ou campagnol, Mus 
avellanarius (La Côte). Voy. droumian. 

MALAI, MAXiAITA, adj. Aigre, acide^ âpre au goût. 

MALAMEIN, adv. Méchamment, perfidement. 

MALENGIN, s. m. Mauvaise ruse, manœuvre illégale. (V. st.) 

MALESSERT, s. m. Lieu défriché qui ne produit rien. (Vaud.) 

MAL'HIRAU, SA, adj. Malheureux, misérable. 

MALIGNI (se), V. Se plaindre de sa situation. (Alpes.) 



MAN 335 

MALINKOURI, MALINCURÂ, v. S'inquiéter sans raison, avoir des 
soucis oa des craintes sans fondement. C'est le latin malœ curœ. 
(Jura.) 

MALLET, s. m. Convulsions nerveuses des enfants au maillot; 
mot à mot, petit mal, (Vaud.) 

MALOy MALA, adj. Mauvais au plus haut degré. L. malus. C'est 
un des nombreux noms du diable. Lo malo tè preingney le malin 
te prenne f ^ 

MALOTTA, s. f. Masse de beurre; femme massive et dodue. — 
Une vieille femme de ce nom est morte à l'âge de 112 ans. (Voy. 
Conservateur suisse, tome IV, page 421). — Matolla, id. 

MALOUTZE, s, f. Gros marteau de bois. 

MALOUTZON, s. m. Petit marteau de bois. 

MA MAI Interjection marquant Fétonnement. Est-il possible? al- 
lons donc. (Pays-d'Enhaut.) 

MAMMEL, 8. m. Lait de lune. C'est une sorte de concrétion blanche, 
plus rarement jaunâtre, qui se trouve dans diverses cavernes 
des Alpes. Ail. mondmilch, lait de lune. (Voy. Conservateur suisse, 
tome VII, page 22.) 

lCAN,'s. m. Larve du hanneton, appelée ver blanc dans le français 
populaire vaudois. Voy. cotteret, vouare. 

MAN, s. f. Main. La balla man, la main droite, la belle main, la 
main d'honneur. 

MâNAI, s. m. Instrument, outil qui est mis en œuvre par la main, 
nanus, 

MANAIHI, V. Manier ; préparer le pis d'une vache à la traite, en le 
palpant. (Pays d'Enhaut.) 

MANAIRA, s. /. Manière. Ne mèfadepa dei pouette manaire , ne 
me faites pas de vilaines manières, dit une fille à un garçon qui 
la chiffonne. 

MANCHE, s. f. pi. Procession de jeunes filles le premier de mai 
(Genève). It. manda, offrande, étrennes. (Voy. Picot, Histoire de 
Genètje, tome I, page 177). — Menches, id. 



236 MAN 

MANDA ^ V. Envoyer, faire venir, mander d'office ou aotremeot. 
L. mandare, 

MANDAI, V. Manger. (Evôché de Bâle.) 

MANDASSE, 8, f. Vidange, fumier de retrait. (Entremont.) 

MANDEIHI, MANDÉI, v. Mendier, demander Taumône. 

MANDEMEIN, s. m. Ancienne division territoriale du pays d'Aigle/ 

qui était partagé en quatre mandemenU : Aigle, Bex, Ollon, les 

Ormonts. C'est aussi le nom d'une portion de l'ancien territoire 

de Genève. 
MANDRA, $. f. Ecurie, étable, enceinte de mur sec. Gr. p»^^- 

(Orbe.) 

MANDRAI, MANDRAIN, 5. m. Manche de fouet, fouet. 

MANDZERAIN, MANDJERON, s. m. Bout du manche d'un outil, 
mancheron, 

MANEFAI, MONEFAI, s. m. Homme adroit; bouffon inoffensif; 

mot à mot, qui ne fait point de nuit. C. nuana, adresse. (Alpes.) 
MANEI, 8, m. Lourdaud, butor, manant. G. manal^ villageois. 

MANÉVO, VA, adj. Soigné, fait avec précaution. Teni manévo, 
avoir grand soin, choyer. (Villeneuve.) 

MANGA, V. Donner l'apprêt à la toile. 

MANGO, 8. m. Maquignon. Ce mot est latin. (Fribourg.) 

MANGON, 8, m. Eufant sale, saligaud. C'était le nom de certains 

pénitents vagabonds du temps de Cbarlemagne. (Alpes.) 
MANGOUNA, v. Salir, ternir ce qui est blanc. 
MANICLA, MANIHLLA, s. f. Petite anse d'un vase, d'un panier. 
MANIGANÇA, v. Se livrer à de mauvaises manœuvres, intriguer. 

manigancer. 

' MANIGANCE, 8. f. pi. Mauvaises pratiques, ruses, bourdes, intri- 
gues, manœuvres. ^ 

MANIKA, 8. f. Le demi-gant du cordonnier, la maniqne ou moiu- 
cle. (Vaud.) 

MANKA, MANKAIE, 8. f. Manque. De ne 8ein la manka, sans y 
manquer. (Vaud.) 

MANKÂ, V. Manquer, être en défaut, s'absenter. 



MAR . 237 

MANNA» $. f. Grand coffre d'osier. Ce mot est celtique dans le 
même sens. (La Côte.) 

NANNOTHEI, s, m. Menuisier. — ManigUi, id. En quelques lieux, 
mannothei, signifie marguiUier. . 

MANO^ s. m. Epouvantai]; fantôme; homme de mauvaise mine, 
rôdeur. L. mânes. 

MANOHLLA, $. f. Anse, poignée. L. matins. — Manolhe, id. 

MâNOTHA, s. /. Pièce sur laquelle la main s'appuie pour manier 
la faux ou tirer une corde. 

MANOTTA, MANETTA, s. f. Clavaire, Clavaria dichotoma et Clava- 
ria Qurea. La clavaire corail et la clavaire dorée sont comesti- 
bles et fréquentes dans les forêts de la plaine et des montagnes. 
Diminutif de man, main. (Alpes.) 

MANSALLA, v. Traîner avec un cheval des pièces de bois, des 
troncs d'arbre. 

MANSINNA, MANTANNA, s. f. Sorte de viorne, mancienne, Vibur- 
num Lantana. — Lantanne, id. 

MANSOU, s, m. Train attelé d'un cheval pour amener des bois. 
(Montreux.) 

MANTA (à la), adv. En gros, sans compter, sans mesurer, sans 
peser. G. matU, profit. (Alpes.) — Otu-botu, tu-botu, id. 

MANTENI, v. Maintenir, conserver en bon état, garantir la valeur, 
l'étendue, la quantité, la qualité, etc. 

NANTI, «. m. Nappe. L. mantiU, 

HANTSA, MANDJA, s. f. Manche d'habit, de chemise. 

MANTSCHE, s. f. Vallon latéral s'ouvrant sur une vallée plus 
grande ; vallon reculé. (Pays-d'Enhaut.) 

KANTZO, s, m. Manche d'outil; cornes ou mancherons de la char- 
me. — Mantzeron, id. 

MAPI, s. m. Petite boule de marbre ou d'argile cuite, pour les jeux 

d'enfants; bille, chique. (Genève, Lausanne.) 
MAR, s. m. Le mois de mars. 

MAR, I. m. Pièces de bois qui soutiennent les tonneaux dans les 
caves. (Vaud.) 



»< 



338 MAR 

MARA, 8, /. Bourbier^ flaque d'eau sale, écoulement d'égoutqni 
croupit. 

MARAIGHE, s, m. Pré marécageux. (Gruyère.) 

MARAITZE, $, /. pi Lieux marécageux, prés humides. (VuUy.) 

MARALLE, s. f. pL Dames à jouer, marques pour le jeu de la 
mareUe ou mérelle. G. mareU. — Marelle ou fnérelle est aussi le 
•nom d'un jeu que les écoliers appellent pater ou pasteur. (Lau- 
sanne.) 

MARATTA, v. Brocanter, troquer. — Baratta, id. (Coppet) 

MARDI, MARDINA, MARDJON. Jurement qui revient à ma foi. l. 
mars. Cette locution était sans doute en usage chez les soldats 
qui juraient par le dieu de la guerre. — (Peut-être de nutre, 
mère et de di, diu, ghiu, Dieu. On a dit en français, mère Dieu, 
pour la Vierjge. — N. de Téd.) 

, . ; ^ . ,« ^ . MARDJOLANNA, $, f. Marjolaine. 

MARDJOLET, s. m. Damoiseau, efféminé, délicat, petit-maîlre. 
(Pays-d'Enhaut.) 

MARÉBAHI, adj. Etonné, surpris, indigné. (Gruyère.) 

MAREIN, MÉREIN, s. m. Bois de sapin et de chêne pour les char- 
pentes. — Marenadzo, id. 

MAREINDA, MAREINDENA, MAREINDONNA, v. Prendre le repas 

du soir. L. merenda, (Vaud.) 
MAREINDON, s. m. Repas du soir, goûter. (Vaud.) 
MAREMAN, adv. Ce soir. (Alpes.) 

MARETZAU, MARTZAU, s. m. Maréchal ferrant. Marétzauda, mor- 
izauda, la femme du maréchal. 

MARGARITA, s. f. Pâquerette, Bellis perennis. 

MARGHALLA, s. f. Margelle d'un puits. L. margo. Il signifie aussi 
une vieille et mauvaise jument, — Margot, id. 

MARGHELLE, s. f. pi. Sorte de cerise noire. 

MARGOT, s. m. Matou. Se dit aussi de la pie. (Jura.) 

MARGUET, s. m. Pré marécageux au bord des eaux. L. mar^- 
(Vallée de Joux.) 

MARIA, MARIDA, v. Marier, épouser. 



MAR 239 

MABIGRAILLON, $, f. Fille sale, qui s'habille mal ; salope. 
MARINA, V. Couper des bois de charpente dans la forêt. 
MARKA, 8. f. Marque, signe, indice, signet. 

MARKA, V. Marquer. — On dit d'un vieux cheval, d'une vieille 
vache dont on ne peut plus connaître Tftge aux dents : Ne marqué 
peka, il ou elle ne marque plus. On le dit aussi d'une femme 
d'un certain âge qui ne peut plus avoir d'enfants. (Yaud.) 

MARKAINA, $. f. Craie rouge ou blanche. 

MARKANGE, s. f. Fille de moyenne vertu, terme injurieux. (Nyon.) 

MARMET, TA, adj. Fin, rusé, malin, d'un commerce dangereux. 
(Alpes.) 

MARNUTIHIy V, Faire le charpentier, le menuisier. (Val d'Illiez.) 

MARON^ MARRON, 8. m. Infirmier. C. marw, mourir. Yoy. corbé. 

MARONNA, 8. f. Femme qui soigne les malades, garde-malade. 

MARONNAI, s. m. Garde-malade; domestique qui va chercher et 
guider les voyageurs perdus dans les neiges (Saint-Bernard). 
— Dans le patois de la Fouille, les marrani sont des hommes 
forls^ hardis, courageux. 

MARREINGOT, s. m. Bette poirée, Beta Cicla. (VuUy.) 

MARRENÀ, 8. f. Souper, goûter, repas du soir. — Mareinda,\d, 

MARRENA, 17. Prendre le repas du soir, goûter. C. meren, petit 
repas. 

MARRISSEMENT, 8. m. Chagrin, fâcherie. (V. st.) 

KARROUTA, s. /. Camomille puante, Anthémis Cotula, (Villeneuve.) 

MARTALA, d. Frapper avec un marteau. 

MARTALLA, s. /. Marteau de couvreur. (Pays-d'Enhaut.) 

HARTALLA, V. Trembler de froid. (Pays-d'Enhaut.) 

MARTALLET, 8. m. Petit marteau. — Marlallei, id. 

HARTELEIN, s. m. Petit garçon. L. maseuhUj masculin. (Val d'Il- 
liez.) 

s 

MARTENET, MARTINET, «. m. Forge, atelier de cloutier. 
MARTI, s. m. Dent mftchelière, molaire. 



240 MAT 

MARTIROLET, s. m. Martinet, Hirundo Ajm, sorte d'hirondelle. 

(Genève.)' 
MARTZI, MARTGHI, v. Marcher, cheminer. 

MARTZI^ MARTSCHI, s. m. Marché hebdomadaire; marché, tran- 
saction, prix. L'a z'u bon marUchi, il l'a eu à bon marché, a bon 
compte. 

MARUGLER, s. m. Marguillier. (Vieux langage de Fribourg.) 

MAS, s. m. Pièce de terre. Bein tôt ein on mai, domaine formant 
un seul clos. 

MAS, MAR, s, m. Poids gradués pour la balance. 

MASSA, s. f. Masse, massue; espèce d'ostracisme jadis usité eo 
Valais. (Voy. Statistique du canton du Vaiai$, page 363.) 

MATAFAN, s. m. Espèce d'omelette, crêpe; bélître, lourdaud. 
(Vaud.) 

MATAGASSA, MATAGASSE, MONTAG ASSA, «. A Pie-grièche, Ifl- 
nius excubitor. (Jorat.) 

MATANNA, s. f. Espèce de saule, Salix caprœa. 

MATEIRA, MA TAIRA, s. f. Matière, abondance. Y apraumatata, 

il y a assez, il y a beaucoup; expression très usitée dans la 

Gruyère. 

MATENAI, RA, adj, Matineux, qui se lève de grand matin. 

MATOKKA, s. /*. Fille nigaude, gauche, lourde, disgracieuse. Dans 
la basse latinité, mattm, matta, signiûe niais, un peu fou, (Lau- 
sanne.) 

MATOLLA, MALOTTA, s. f. Masse de beurre. G. matta. Us. 

MATRA, s, f. Marte ou martre, Mustella Martes. 

MATTA, s. /. Petite fille (Valais); petite fille simple, poupée (Fri- 
bourg). 

MATTON, s. m. Petit garçon, gamin (Valais) ; lait caillé (Vaud). 

MATZO, MATZA, adj. Humide; las, accablé de fatigue. G. mâcha, 
fouler. (Pays-d'Enhaut.) 

MATZON, MATSGHON, s. m. Bouchée, morceau. PreinéPon mai- 
schon, prenez une bouchée. 

MATZURA, MATSGHERA, v. Barbouiller de noir, charbonner. 



MAZ Ui 

KATZURON, f . m. Tache de charbon^ trace noire de suie ou de sa- 
leté au visage, aux mains, au cou. 

MAUBLLA, s. f. Terre meuble^ fraîchement remuée, de bon rapport. 

HAUBLLADJO, s. m. Ameublement, mobilier, assortiment d'ins- 
truments d'agriculture. (Lausanne.) 

MAUBLLO, s. m. Meuble. 

MAUDA, $. f, Voy. môda. 

MAUDE, MAUDETTA, adj. Fin, malin; maudit. — Ifaudecetn, loc. 
exciam., maudit soit. 

MAUDRE, MUDRE, MOUAIDRE, v. Moudre. 

MAUGRA, MOGRA, adv. Malgré. Ué fé maugrd mè, je l'ai fait mal- 
gré moi. 

MAUHLLA , f). Tracasser avec les mains ; ravauder ; déranger, 
brouiller, mettre les choses pêle-môle. (Alpes.) 

MAULA, 17. Céder, plier, Iftcher, baisser pavillon. En arabe, maulâ 
signifie être sous la protection de, 

HAUNI, s. m. Cône, fruit du sapin. — Pivàj id. (Pays-d'Enhaut.) 

HAUR, MAURA, adj. Mûr, en pleine maturité; se dit des céréales, 
des fruits. 

MAURA, s. f. Le fruit du mûrier, mûre. C'est aussi le nom com- 
mun des juments d'attelage. (Echallens.) 

HAURA, V. Mûrir, avancer vers la maturité. 

MAURE, f7. Etendre Therbe sur le pré, à mesure qu'on la fauche. 
(Alpes.) 

MAURI, MURI, FRAMAUR, s. m. Mûrier, Morus nigra. 

MAURON, MEURON, s. m. Fruit de la ronce; la ronce elle-même. 

MAUS, MAUSA, adj, Fâché^ marri, chagrin. L. mœstus, (Diesse, 
dans le Jura bernois.) 

MAUTERINA, s. f. Mutelline, Meum Mutellina, plante ombellifère. 
C'est une des meilleures plantes fourragères des Alpes. 

HAXIMEMENT, adv. Principalement, surtout. (Dans des documents 
del536.)(Fribourg.) 

MAZALLA, V, Tuer une vache, un porc, une chèvre pour l'usage 
du ménage. (Fribourg.) 

Mtn. ET DOCm. XXI. 16 



242 MED 

MAZALLADJO, i. m. En général les pièees de ranimai qu'on a tié 
pour le ménage. (Friboorg.) 

MAZALXiAI, 8. m. Boacher. B. L. maeeUmim ; en grec modane, 
makaUare. (Fribourg.) 

MAZE, $. m. Yoy. mazot. 

MAZÉ, MAZI, MESAU, MESEL, s. m. Boueherie, abattoir. L. m* 
cellum. * 

HAZETTA^ «. f. Mauvais petit cheval ; personne sans capacités, 
sans savoir; gftte-métier; homme faible et débile ; mauvais pré- 
dicateur, avocat qui plaide mal. (Vaud.) 

MAZOT^ s. m. Petit chalet dans un pâturage du printemps. C. «ur, 
habitation. (Alpes.) 

MË, Tpnm, per$. Moi, me. Mè muso. Je m'imagine, je me doute; tè 
mè, c'est moi; tsi mè, ches moi; mè lo faut, il me le faut. 

MÉ, $. m. Millet, Panieum mUiaceum. (Fribourg.) 

MÉ, MAI, adv. Davantage, plus. ITein pu mè. Je n'en puis flioti; 

hailli m'ein mé, donnes-m'en davantage ; nVtn vu pa mé. Je n'en 

veux pas davantage. L. magii, 
M£, $. m. Epingle à grosse tête. (Ormonts.) 

MÉCHUTA, s. f. Méchef, malheur; tout accident qui arrive à quel- 
qu'un : perte d'animaux domestiques, chute de mur, dommages 
divers. 

MEDEI, adv. Eh bien, pourvu que, peut-être. Mêdeimedei, patience; 
eh bien, soit. L. médium. — Medi ke pu, autant que je le peux. 
(Echallens.) 

MEDJÂNO (1*0 est bref), s. m. Sobriquet que les gens de Yallorbes 
donnent à ceux de Ballaigue, pour avoir mangé la chair d'ao 
ftne tué par Mimard, pasteur de Yallorbes, qui le prit pour une 
biche. 

MEDJl, MIDJI^ V. Manger; démanger. — Mindji, medzi, id. 

MEDJREGOUER, $. m. Mot à mot, mange regain, La taupe, ainsi 
nommée parce qu'elle ravage les prairies. (Montreux.) 

MEDZALANNA, MILANNA, s. f. Etoffe moitié laine, moitié fil. 
MEDZI, V. Yoy. medji. 



MBI 94S 

KEPFA, MESSA, METHA, s. /l Rate, partie du corps humain. 
MÉFIO. Verbe défectîf qui n'a que la première personne de Tindi- 

eatif, et qui signifie)» crw$, je pente, je me douU, je tmq^atme. 

Méfio ke fè \U, Je présume que c'est lui ; miflo eem ke dera, Je 

ne sais ce qu'il dira. 

MEGNARD, $. m. Pe(it garçon pleureur^ enlint gâté. 

MEGNOT^ MINOT, MENO, MENOU, MINAU, t. m. Petit garçon. L. 
Mtnor. (Fribourg.) 

MEGNOTTA, MINOTTA, a. f. Petite fille. (Fribourg.) 

MEHLLA, MEKLLA, v. Mêler. L. mUeeo. 

MEHLLO^ MEKLO, 5. m. Blé mélangé; mélange, pêle-mêle. (Yaud.) 

MEHLLON-MËCLETTA, loc. adv. Pêle-mêle, confusément. On dit 
mkUmrmideUe, dans le français populaire vaudois. 

MEI, MAI, a. /. Miel; millet. Yoy. ut 

MEIMBRAIHI, v. Se démener, suer sang et eau, se donner mille 
peines. (Alpes.) 

MEIMBRO, 5. m. Membre; caveau pour garder le fromage. 

MEIN, MAINNA, pron. pou. Mien, mienne. Lo mein, le mien; la 
motfifia, la mienne. 

MEINCHE, s. f. Sorte de spectacle public, représentation thé&trale, 
jeux de bateleurs. (Genève.) 

MEINDREMEIN, adv. Moins. 

MEINDRO, A, adj. Moindre; maigre, fluet, valétudinaire. 

MEINDROLET, «. m. C'est le diminutif du mot précédent; il se dit 
des petits enlànts. 

ÏEINERO, 8. m. Valet de Justice qui amène les prisonniers devant 
le tribunal. Ce mot se trouve dans le Plaid général de Lausanne. 
— Mewumr, id. 

MEINNA, s. f. Clef de haie, clôture, porte d'un sentier. (Fribourg.) 

Voy. CLÊDAR. 

MEINTHA, ê. f. Diverses espèces de menthe. 

MEINTHERI, MEINTERIA, MEINTHA, MEINTHIA, s. f. Mensonge, 
menterie. Sein la meinta, sans mentir. 



244 MEN 

MEINTHI, MEINTRE, v. Mentir. Part., «Miiifti. Tem a meiniu tm 
meinîhu, tu en as menti. — DjanUhi, djanlla, id. 

MEINTHIAU, HEINTHUUSA, adj. Menteur, menteuse. -- Dian- 
Uhau, djanllheu, m, id. 

MEINTHOIRE, s. f. Tronc d'arbre resté en terre après qu'on a 
abattu l'arbre. — Mantoire, id. (Val d'Illiez.) 

MEIRE, s. /. Dépôt visqueux que forme le vinaigre* On dit en par- 
lant d'une femme : La la meire détrakaie, elle est incommodée, 
elle a un dérangement de santé occasionné par la bile. (Yaud.) 

MÉJAN^ a. m. Arbitre, médiateur. — Méan, id. (Documents de 
1379. Fribourg.) 

MÉLANCOLU (se), v. S'attrister, s'inquiéter. 

MELE, adj. numér. Mille. 

MÊLÉ, a. f. Pomme sauvage, nèfle. En ce dernier sens, on dit 
plus souvent niblla. Gr. p?^, fiviXoy. 

MËLEI, a. m. Pommier sauvage, néûiev.^ Meletzi, id. Gr. p}>», 

MELHON, MILLON) a. m. Moellon, débris de murs, fragments de 
pierres brisées. 

MELLHAU, RA, adj. Meilleur, meilleure. L. tnelior. 

MELLHAURA, v. Améliorer; engraisser; changer en bien. 

MELLHERIN, a. m. Petit grain de raisin qui sèche sans venir à 
maturité; maladie de la vigne. (Yaud.) 

MÊME, a. f. Mère, maman. (Evêché de Bfile.) 

MENA, V. Mener; danser; jouer d'un instrument; se dit d'une va- 
che qui demande le taureau, et, par plaisanterie, d'une fille qui 
cherche un mari. 
Mena à bet, agir économiquement, venir à bout. (Val d'Illiez.) 
Mena à Voutô, mener une fille au cabaret pour lui parler de 
mariage. (Valais.) 
Mena dié. Voy. dié. 

MENAU, MENANTHO, a. m. Vieillard. C'est un nom taonorifiqQe 
qu'on donne aux anciens du peuple. Voy. anthou. (Pays-d'En- 
haut.) 



MER 345 

MBNEINA^ 9. /. Petite main d'enfant. Diminutif de mon, main. 

MENET^ s. m.; MINETTA, $.f. Petit cbat, petite chatte; se dit 
aussi de la tète cotonneuse de la linaigrette et des chatons du 
saule. — Minon, menan, id. 

KENÉTRAIy $. m. Joueur de violon, ménétrier qui fait danser. 
V. Fr. nUnettrel. 

MENIS^ s. lit. Espèce de filet de poche. (Genève.) 

MENISGHTRO^ i. m. Pasteur d'une paroisse réformée. Menischtra, 
la femme du pasteur. Fr. ministre. 

MENOLET, MINOLET, s. m. Petit garçon. Diminutif de megnot. L. 
mtfior. (Fribourg.) 

MENPLLATRO, s. m. Menthe sauvage, Mentha sylvestris. (Bex.) 

MÉRA^ a. f. Trace de couleur dans un liquide; pâleur, teint pftle. 
(Pays-d'Enhaut.) 

HÉRA, 17. Faire une étoffe rayée. 

MERAHLLO, s. fit. Miracle, prodige. 

MÉRAMEIN, adv. Vraiment, exactement. L. mère. (Pays-d'Enhaut.) 

MERDAU, MEIRDAUSA, adj. Embrené, merdeux. La racine merda 
n'a point changé en passant du latin dans nos patois, où elle est 
devenue une fréquente interjection de mépris, une réponse of- 
fensante et négative à une proposition qui déplaît, à un raison- 
nement impératif, à une réprimande méritée. Les gens grossiers 
ont souvent ce mot à la bouche dans leurs disputes, et môme 
dans leurs discussions conjugales où merda por tè (pour toi) est 
souvent la péremptoire et uUima ratio. 

MËREGHAN, MERGHAN, s. m. Amant, galant qui marche pendant 
la nuit pour aller courtiser sa belle» G. mercheta, faire l'amour. 
Voy. Conservateur suisse, tome lY, page 191. (Gruyère.) 

MÉRÉDI, s. m. Le grand raifort, Cochlearia Âarmoracia. —Méréthi, 
id. — (AU. meerreUig. — N. de l'éd.) 

MERI, MIRA, V. Se mirer, se regarder au miroir; viser au but. 

MERIAU, s. m. Miroir; lunette d'approche; nom distinctif qu'on 
donne fréquemment aux vaches, ainsi que ceux de motaila (qui 



346 MES 

a une étoile au tconi), et de djaUhê (dont le manteau est 
de taches blanches). (Alpes.) 

MERIOLA, MIRIOLA, o^^'. Marqué de taches blanches. (Pays-d'Ea- 
haut.) 

MERIOLET, $. m. Petit miroir; vermillon des joues, fard naturel. 

MERRORET^ $. m. Mercuriale, Mercurialis annua et permmU, 

MERLAI, 8. m. Fourré peuplé de merles. 

MERLA-TZÔNA, $. f. Populage, CaUka palvslm, plante renonça- 
lacée. (Ghftteau-d'Œx.) 

MERLETTA, s. f. Vase de bois où l'on tient le sel et la farine pour 
la cuisine. (Pays-d'Enhaut.) 

MERLOT, MAIRLOT, $. m. Merle. L. mmito. 

MERLOT, t. m. Renoncule à feuilles d'aconit, Rammcii/fa aeanHH' 
folius. (Bex.) 

IfERMEDJAU, MERMEHLLAU, SA, adj. Querelleur, acariâtre, 
susceptible. 

MERMEDJI, MERMIDJI, v. Se quereller; se dépiter; se faire en- 
dôver mutuellement; avoir des démangeaisons. 

MERMET, TA, adj. Galeux, rogneux, teigneux. — Mermou, id. 
Voy. GONiN. (Genève.) 

MÉRO, A, adj. Vrai, ressemblant. L. merus, pur. Vè to mèro \Hi, 
c'est parfaitement lui, dit-on d'un portrait ressemblant. 

MÉRO, MÉRAMEIN, adv. Vraiment, exactement. 

MERVEILLE, 5. {. pi. Fritures de pâte, crêpes. (Vaud.) 

MESGHA, V. Grever, périr. (Jura.) 

MESGHOIR, V. Mésarriver; tomber; mourir. — Mischa, id. (Fri- 
, bourg.) , 

MESHUI, adv. Ge jour-ci, aujourd'hui. 

MESSA, s. f. La messe. 

MESSADJI, V. Faire un message ; inviter à un enterrement. 

MESSADJI, t. m. Messager, prieur de convoi funèbre. 

Meuadji et au Rodomont, messager de Rougemont, façon hoa- 
nôte des femmes pour parler de leurs mois. (Pays-d'Enhaat.) 



MEZ 347 



MESSALEI, MUSSELEI, s. m. Garde-champétre. — Me$$êlmr, id. 
L. mes$is; G. messa, garder les troupeaux. 

MESSON, a. /l pi. La moilson. ^'om /éf le mesion, noya avons fait 
la moissoD. 

MESSONDJE, a. m. Mensonge, fausseté. (Pays-d'Enhaut.) 

MESSONDJi, IRA, adj. Menteur d'habitude, juré menteur. (Pays- 
d'Enhaut.) 

MËSUS, a. m. Abus. (Mot encore usité dans les actes en 1570.) 

METEGA, V. Traiter avec douceur^ cboyer, tenir avec précaution 
un objet délicat; faire sa cour par intérêt; déterminer à l'amia- 
ble la portion du bien commun qui revient à chacun des héri- 
tiers. L. mUigare. (Alpes.) 

METEGUET, s. m. Homme doucereux, minutieux, lambin. 

METHA, V. Devenir fou, sortir des bornes de la raison. Ctneatha, 
lâche, faible. (Val d'IUiez.) 

MËTRALIA, a. f. Ancienne division territoriale de la commune du 
(Hiâtelard. 

METRO, a. m. Huissier; gouverneur de certains villages avant l'é- 
mancipation du pays de Yaud. — Métrai, id. C'est le mmisiraUs 
des chartes du moyen âge. — Meiroda, femme du nuiro. 

METRO, a. m. Salamandre jaune et noire. (Montreux.) 

METSANC£, METCHANGE, a. f. Mauvaise chance^ malédiction, 
le nœud de la difficulté. la meUanee I inteijection de dépit L'a 
la meUhanee, il a le diable au corps; tarai bem la meUanee, ce 
serait bien le diable. 

METSGHA, METZE, a. /. Miche de pain, chanteau, L. mica. 

METSCHEIN, TA, adj. Méchant, cruel, .difficile à conduire. Lt met- 
ekem, le malin, le méchant; c'est un des noms du diable. (Jura.) 

MEUREUIAffl, V. S'engourdir pendant rhiver, transir; se dit de 
la marmotte, etc. (Valais.) 

MEUTHA, V. Ballotler, taOer. C. «artm, f'ébalM. (Val dllliec.) 
MEUn, MEUTELEI, a. m. Mnsean. (Evêcbé de Bâie.) 

KËZAmUE, a. /l Coarant daas le UcUmMM.^Laréaira, id« (Ge- 
nève.) 



348 MIN 

MEZE, MEZALLA, adj. Ladre; se dit des pores. G. tnazeU^ id. L. 
maie sanus» 

m 9 s. m. Pprche autour de laquelle onM^çrine une meule de foin ; 
but des joueurs au palet. (Alpes.) 

MI, adj. Demiy à moitié. Il est toujours suivi d*un mot : nd an, de- 
mi-an; midjor, midjeur, midzo, midi; minéj minuit; ndheinver, 
à la moitié de Thiver; à mi-mont, à moitié mont, à mi-eôte; 
mi'OÛt, mi-août; mi termo, à la moitié du délai fixé; mi UauUin, 
à la moitié de la belle saison, du temps chaud ; à mi lé, au roi- 
lieu du lac, à mi'lac. 

m 

MÎ, adv. Mieux. Gro ml, beaucoup mieux. Dans le Jura, mié, 

BfTA, s. f. Amie, bonne amie. Ma mia, ma mie; terme d'amitié. 

MIDJI, V, Voy. MEDJi. 

MIDZANNA, s. f. Peau mince de l'intérieur du soulier. (Fays-d'En- 
haut.) 

MIE, MIË, adv. Pas, point, nullement; peu usité. Ne m^ein tsehau 
miè, je ne m'en soucie pas. 

MIET, MIETTA, adj. Mien; cher, tendrement aimé. — Voy. biet. 

MIETTA, s. /. Miette. — Miouta, id. 

MIETTÂ. V. Emietter, réduire en miettes. 

MIGNOTISA, s. f. Mignardise; joli petit meuble. 

MILAI, s. m. Littéralement, titt lac; c'est le nom que porte l'île de 
Saint-Pierre au lac de Bienne dans les plus anciens documents 
qui en font mention. 

MILÀNNA, 8. f. Etoffe moitié laine, moitié fil. (Vaud.) — On dit 
milaine, dans le frapçais vaudois. 

MILKEINTON, s. m. Blanchaille, fretin, petites perches. (Léman.) 

MILLEPERTE, s. m. Millepertuis, Hjfpericum perforatum, 

MIMERO, s. m. Numéro. Mimerotta, numéroter. 

MImO, MÎMA, adj. et pron. Môme. E-mîma, elle-même; «è-mtmo, 
soi-môme. 

MINABLLO, A, (kl;. Misérable, digne de pitié, pauvre, gueux. 
(Montreux.) 



MIT 249 

MINADJI, MEINABJI, RA, a4;. Ménager/ économe, rangé dans ses 
affaires. 

MINâDJI, V. Ménager^ épargner, économiser. — Meinadzi, id. 

MINADJO, 5. m. Ménage; économie domestique. (Genève.) 

MIO, A, adj. Voy. byet. 

MIONNA, a. f. Femme qui se plaint sans cesse; femme grondeuse, 
toujours de mauvaise humeur. (Vaud.) 

MIONNA^ a. /. Ruisseau du district d'Oron. (Vaud.) 

MIONNÂ, MIOUNNÂ, v. Gronder; ennuyer de ses plaintes; miau- 
ler. 

MIONNERI, DA, adj. Grondeur, acariâtre, qui se plaint sans cesse. 

MIONNETA, a. f. Petite fille qui pleure ou boude à tout moment. 

KIOT, MIO, pran.poss, ma$c. sing. Le mien. Meia^maia, la mienne. 

MIOTISA, a. f. Le thym, plante labiée. — Mignotisa, id. (Coppet.) 

MIRAL, a. tu. Ancienne mesure du Pays de Vaud, d'environ trois 
bouteilles ou un pot et demi. 

XIBIHI, V. Tenir dans ses mains un animal (un chat, par exemple) 
pour le caresser. G. miret, — Ge mot signifie aussi garder^ met- 
tre à couvert. — MUihi, id. L. mitis. (Val dllliez.) 

MIS, $. m. Petit morceau de métal, bouton ou autre bagatelle dont 
les enfants font leurs enjeux, faute de monnaie. (Moudon.) 

MISA, s. f. Vente aux enchères. Mise y dans le français populaire 
vaudois. 

MISA, V, Mettre à l'enchère. Miser, dans la français vaudois. 

MISIAU, s. f». Enchérisseur. Miseur^ dans le français vaudois. 

MISTIFLE, MISTIFLET, s. m. Petit-maître qui fait l'important. 
Ail. mistfinck, vilain, crasseux ; sot, impertinent. (Lausanne.) 

MUA, MITTA, a. f. Gant de femme fait de soie. PI., mitte. 

MITANNA, METANNE, a. f. Gant d'homme fait de laine. 

MITEN ANDRE, s, /. Suite, cortège, séquelle. AH. miteinander, en- 
semble. (Vaud.) 

MITIHI^ MIRIHI, V. Mitonner, traiter avec douceur, flatter. L. mitis. 
(Bas-Valais.) 



S50 MO 

MITOUNNA, V. Gare08er, clioyer, Mre sa cour, miloDiia', dure 

cuire à petU feu. 
JflTRA, MÉTRA, $, f.; METRO, â. m. Sorte de seilleau de bob, 

ayant une anse de côté et servant à divers usages. Gr. f«^t 

mennara. (Alpes.) 

MI-TSCHAUTEIN, MI-TSAUTEIN, i. f. Fête de la mi-été sur les 
Alpes. 

MITTA, MIOUTA, s. f. Miette. Baim m*ein na mitta, donnes-m'eii 
un petit morceau. L. mica, 

MO, MA, $. m. Mal. M'ein fâ mô, il m'en faU mal, j'en ai pitié. 
Grô-mô, haut mal, épilepsie, mial caduc. (Vaud.) 
Ma (Teinfan, mal d'enfant; se dit d'une femme en mal d'enfoui. 
Mo ei dein, mal de dents. 
Mo ei meimifro, rhumatisme. 

MO, adv. Mal. L'è bein mô, il est bien mal. Mo entre en composi- 
tion dans une foule de mots ou de locutions. 

Mô-batzi, 8. m. Mal baptisé, mal nommé; comme un fripon 
dont le prénom serait Juste. 

Mô bé, mô bi, loc. adv. Littéralement, mal cUnr, pas dair, 
Veio mô bé, je n'y vois pas bien, je n'y vois guère. 

Mô'bou, s, m. Mauvais bois, forêt di£Qciie à exploiter. (La Côte.) 

MÔ-cUer, $. m. Ignorant, qui ne sait pas lire. L.maUtsdenau. 
(V. Fr. mauclerc. — N. de l'éd.) 

MÔ-eouertf mal couvert, mal habillé, pauvrement vêtu. L'ab- 
' bahi dei mô-eouert, nom primitif de l'Abbaye des vignerons. 
(Vevey.) 

MÔ'CoumoudOy a, adj. Malaisé, incommodé, herniaire, déhanché. 

Mô'detein, ta, adj. Médisant, calomniateur, méchante langue. 
(Vaud.) 

Mô^djeur, s, m. Jour malheureux ; expression tombée en dé- 
suétude. 

Mô'drai, adj. Courbe, courbé ; mot à mot, mal droit, 

Mô fi, loc, adj, et adv. Mal fait, mal. L'h bin mô fé, c'est bien 
mal, c'est bien mal fait. 

Môgrâ ou maugrà, prép, et adv. De mauvais gré, malgré. 

Mauçf'éan^ t. m, Jureur, blasphémateur. Fr. maugréer, (Vaud.) 



MOD 351 

Mù-fûdrai, o^f. et cufo. Maladroit , gauehe; maladroitement, 
gauchement. 

Môlain, a, a^. Malaisé ; perclus» impotent, déhanché. — JM- 
ctnmaudo, id. 

Mô-Vappraiy $a,,adj. Mal-appris, mal élevé. 

Mô-iava, akie, adj. Mal lavé, malpropre, sale. 

Mônet, ta, adj. Mal net, sale. 

Mànet, t. m.; monekia, s. f. Saleté^ immondices, ordure, mau- 
vaise herbe dans un jardin. On dit proverbialement en parlant 
du terrain : To m^^l fa grasset, tout ce qui est sale engraisse. 
(Vaud.) 

Mâpar, adj. Impair. 

Mâpar, s. m. Piège i prendre les rats. 

Md|M» ou tMupas, s. m. Mauvais chemin, passage dangereux; 
nom de plusieurs localités. (Yaud.) 

Màperie, s. m. Mauvais pertuis, mauvais pas dans un précipice, 
passage périlleux (Alpes). — (C'est le vieux fjrançais maupertuig. 
- N. de réd.) 

Mâpra, s. m. Mauvais pré ; pièce de terre stérile, sans valeur. 
(Echallens.) 

Màvesi, $. m. Mauvais voisin. — C'est le Mauvoisin, montagne 
d*oii est provenue la débâcle de Bagnes en 1818. (Yoy. Conserva^ 
teur suisse, tome IX, Fragment sur Martigny et la vallée de 
Bagnes.) 

MODÀ, V. AWeT, partir. Moda vito seiM, va vite faucher. 

MÔDA ou MAUDA, MÔTHA, MOÛTA, s. f. Moût. 

MODJA, MODZE, MOSA^ MOJE, MOUZE, s. f. Génisse. Gr. y^x^ç, 
veau, génisse. 

MODJENAIRE, MOZENAIRA, s. f. Montagne où l'un ne met que du 
jeune bétail, comme veaux, génisses, poulains, chevreaux. 

MODJON^ MODZON, s. m. Veau. — Dans le siècle dernier, le haut 
clergé de Lausanne appelait modjons les pasteurs de campagne; 
ceux-ci, en revanche, appelaient les ministres de la ville berom, 
béliers. 

MOUOUNAI, I. m. Berger de génisses, de veaux. (Alpes.) 



952 MOL 

MODJOUNET,' t. m. Petit veau ; jeune garçon indocile, réetldmDt, 

étourdi. (Alpes.) 
MÔDUAMEIN, adv. Mal à propos, inutilement. (Gruyère.) 
MODZI, MONDJI, V. Emonder, tailler. L. mundo, nettoyer. 
MOER, MOUER, MOR, s. /. La mort. 
MÔFIA (sè), V. Se méfier^ se défier. Mè méfio dé d rhommo, je me 

méfie de cet homme. Voy. méfio. 
Y '-^ . MOIA, MAÏA, 8. f. Petit tas de foin sur le pré, veillotte. 

MOION, MOÏA, adj. Grondeur, boudeur, qui fait la moue. (Entt^ 
mont.) 

MOITERESSA, s. f. On dit ; Preindre on vignoladjo à la moUeresse, 
se charger par contrat de la culture de vignes dont le produit 
est moitié au possesseur du sol, moitié au vigneron. A Neuchâtel, 
on appelle fngnes moiteresses les vignes cultivées sous ces condi- 
tions. (Yaud, Neuchfttel.) 

MOIZE, s. f. Nourrice. (Evêché de Bâle.) 

MOKÂ^ (se), V, Se moquer. 

MOKAHIE, s. f. Moquerie. Sein la moJcahie, je ne me moque pas, 

je parle sérieusement. 
MOKAT, s. m. Moucheron. L. musca, mouche. (Bas-Yalais.) 

MOKERAN, MOKERANDA, adj. Moqueur d'habitude qui se moque 
de tout le monde. 

MOKKA, s. f. Morve. 

MOKKAU, SA, adj. Morveux, morveuse; petit drôle. (Fribourg.) 

MOKLLA, MORLLAR, s. m. Hameçon. (Yaud.) 

MOLA, V. Aiguiser; danser; baiser. C.m^uh, flatter. — £mo2a, id. 

MOLAIN, 5. m. Couche laborieuse, mauvaise suite de couches. 
(Montreux.) 

MOLAISI^ adj, Voy. afflledzt. 

MOLAN, s. m. Vent d'est qui souffle souvent sur le lac Léman. 

MOLAN, s. m. Gros bouton de gale à la tôte, dans les cheveux. 
(Vaud.) 

MOLAR, MOLLAN, s. m. Grand monceau de pierres; pierres amoD- 



MON 25S 

celées dont on a débarrassé un terrain. L. mole$. Voy . mourgukt. 
(Vand.) 

MOLAREy s. m. Aiguiseur, gagne-petit, rémouleur. 

MOLASSA, s. f. Grès tendre qui durcit à l'air, employé à bfttir et 
à faire des poêles. (Lausanne.) 

MOLETTA, s. m. Petite pierre à aiguiser dont le faucheur se sert. 
(Vaud.) 

HOLLE, s. /. Etat de lassitude qui empêche de travailler ou de 
s'occuper, surtout le lendemain d'une fête. (Genève, Lausanne.) 

MOLLHE, s. f. pi. Prés marécageux. (Jorat.) 

MOLLHI, 17. Mouiller. Mè mollho fer, je me mouille beaucoup. 

MOLLHON^ MOLON, $. m. Petit morceau, mouillette. (Bas-Vajais.) 

MOLLHON, MOUILLON, 5. m. Bumidité, eau répandue. 

NOLLHON, 8, m. Gourmand, amateur de bons morceaux. (Moudon.) 

ÏOMMIAU, MOHMER, s, m. Railleur; charlatan en 1640; faiseur 
de charmes magiques. — Tsarmiau, id. — De là le nom de mô- 
miers que le peuple donne aux méthodistes. 

MÔMÔ, 5. m. Epouvantail d'enfant, fantôme. Gr. pûfAoc. En bas 
breton, momûu signifie ami de noce, paranymphe. 

MONATIBLLO, A, adj. Léger, meuble, se dit du terrain. (Fribourg.) 

MONDA, V, Nettoyer le blé, teiller le chanvre, monder. L. mundo. 
(Val d'Illiez.) 

MONDESEI, MAUDESEI, interj. Maudit soit. (Pays-d'Enhaut.) 

MONNËI, MOUNI, s. m. Meunier. Monneira, mounira, Meunière. 

KONNEIRA, MONERESSE, s. /. Biez on chenal d'un moulin. 

MONNERETTA, 8, f. Mésange de la plus petite espèce. (Jorat.) 

HOI^ON, 8. /. Fille sotte, maussade, de mauvaise grâce. Cfnonnyn, 
qui a un visage désagréable. Voy. matoke^ niauka. 

MONSU^ 8. m. Monsieur. C'est le nom générique des orchidées. 
Mùntudevelau, monsieur de velours, ophrys bourdon, Ophrys 
(iracknUes, (Montreux.) 

MONTA, 8. f. Sorte de filet pour la pêche. (Léman.) 



954 HOR 

MONTA, 0. Monter, eouvrir une lémeUê ; se dil du taurMO, de 
rétalon. 

' MONTAGNETTA, s. f. Petite montagne. 

MONTÂGNON, s. m. Montagnard, habitant des montagnes* (Neo- 
châtel.) 

MONTAHIE, s. /. Montée, rampe de chemin. 

MONTAN, MONTAIN, s. m. Pinson d'ardenne ou de montagne. 
(Jara.) 

MONTET, s. m. Petit mont, colline. 

MOR, MO, MOUR, s. m. Museau, mufle, gueule d'animal, Tisage 
laid, bouche. Va tè panna lo mor, va t'essuyer le visage. G. aior- 
teU, visage, chef. — Mokai, id. (Gruyère.) 

MORAINA, s. f. Amas de débris de roches <iui borde les côtés ou 
le pied des glaciers. G. moran, tas. (Alpes.) 

MORALLHA, s. /. Mur, muraille. — Mourallhe, id. 

MORATHA, s. f. Nez des chevaux, des vaches. De mor. 

MORATHI, MORETHI, v. Lier le nez des chevaux, des bœufs, des 
vaches ; ou le serrer avec un fer pour les forcer à se tenir tran- 
quilles. 
MORBIER, s. m. Horloge grossièrement construite. (Genève.) 
MORDJU, MORDZU, MORDHI, MERDJI, s. m. Monceau de pierres. 
En hébreu, margemah signifie un monceau de pierres consacri 
à Mercure. (Alpes.) Yoy. morgiè, molar. 

MOREL, adj. Noir. Il se disait du manteau d'an cheval. 

MORET, MURET, i. m. Petit mur. 

MORETTA, s. f. $crophulaire, Scrophuiaria nodoaa. (Château- 
d'Œx.) 

MORGIÉ, MORDJI, MOURGUET, s. m. Monceau de pierres, pierres 
amoncelées. Voy. mordju, molar. 

MORIANDA, s. /. Vieille femme désagréable dont on désire la 

mort. (Entremont.) 
MORIANNA, s. f. Epidémie, contagion, mortalité. (Lausanne.) 
itORON, MOURON, a. m. Morgeline, mouron des oiseaux, plante 

caryophyllée. 



MOT S55 

MORSA, «. A Bouchée. Yoy. hodeul 

MORSALLA, o. Morceler , mettre en morceaux , en pièces. — 
Ebreka, id. 

MORTAI^ s. m. Mortier à piler. 
MORTEI, $. m. Mortier à Uiïv. 
MORVIER, adj. Morveux. On donnait ce nom aux pestiférés de 

Genève, en 1528. — Morbier, id. L. tnorlm. 
MORZET, a. m. Coin pour fixer une pièce de bois. (Alpes.) 
NOSSE, a. f. pi. Vallée marécageuse. C. motiva, humide. (Ormonts.) 
MOSSETTE» a. f. pi. Diminutif du mot précédent, petit vallon ma- 
récageux. (Pays-d'Enbaut.) 
MOSSLAUy aé^. Hunùde, plein de mousses. 
XOTAILA, s. f. Lotte, Gadus LoUa. L. musUlla, belette. (Léman.) 
XOTAILA, a. /. Vache qui a une étoile blanche au front. 

MOTEINTZE, $. f. Femme maudite, sorcière. Cest une injure. 
(Jura.) 

MOTELLA, AHIE, adj. Qui a une étoile blanche au front ; se dit 

des vaches. 
MOTELLETTA, s. f. Belette, hermine des Alpes, roselet. L. mnsUUa. 

HOTHA, a. f. Motte de terre; éminence sur laquelle il y a un 
ancien castel ; plate-forme au-dessus du four banal; motte de tan. 

XOTHI, a. m. Temple, église. C'est le français moti^ter. (Vaud.) 

HOTSA, MOTSCHA, a. /. Mouche. 

MOTSCHA, MOTSGHAHIE, MOTSCHIA, $. f. (k>ttp donné sur la 
joue, souflDet. 

MOTSCHA, a. f. Lampe à huile. 

MOTSCHA-TSANDAILA^ s. /. Mouchettes. 

MOTSCHET, TA, adj. Humilié, confîis, déconcerté. — Moûts, id. 
(Vaud.) 

VOTSCHET, a. m. Mèche de lampe; houppe; troupe de gens 
assemblés ou en marche. 

VOTSGHETTA, a. /. Allumette. — Soppretia, id. 

MOTSET^ a. m. Epervier, autour, Falco palumbarim; en général. 



356 MOU 

tout oiseau ie proie qui attaque les oiseaux de basse-cour. (Test 
le français émouchet. 

MOTSI, MOTSGHI, v. Moucher. 

MOTSIÂU, MOTSCHIAU, MOGHIAU, <. m. Mouchoir de poche; 

mouchoir de cou^ fichu. 
MOTSÛN*^ s. m. Bout de chandelle, bout de mèche; petit tas de 

foin. . 
MOTSOUNET, s. m. Bout d'une souche d'arbre. (Aigle.) 
MOTTA, s. f. Grand fromage gras. (Alpes.) 
MOTTET, s. m. Espèce de froment à épi court et émoussé et à 

petites barbes. (Villeneuve.) 

MOTTETTA, s. f. Diminutif de motta, petit fromage maigre. (Alpes.) 

MOU, pron. pos$, sing, et pi. Mon, mes. (Jura.) 

MOU, MOUILLON, s. m. Humidité, mouillure. 

MOU, MOUVA, adj. Mouillé, trempé de pluie, humide. G. mom, 
humide. 

MOUA, MOUAI, adj. Voy. mouert. 

MOUA, V. Mettre de petites branches de sapin ou des tiges de po- 

lypode à l'orifice du vase à filtrer le lait. (Alpes.) 
MOUAIDRE, V. Traire les vaches. (Val d'IUiez.) 
MOUAINA, s. /*. Mésange bleue. (Valais.) 

MOUAINETTA, $. f. Religieuse, nonnain; mésange charbonnière. 
(Vallée de Joux.) 

MOUAINO, 8. m. Moine, bassinoire. (Lausanne.) 

MOUAIRA, s. f. Saumure. L. muria. 

MOUAIRETTA, s. f. Tamis pour passer le sel destiné à la salaison 
des fromages. (Alpes.) 

MOUAIRI, V. Saler avec excès, outre mesure. 

MOUAIRO, A, adj. Trop salé. (Vaud.) 

MOUAISON, MAÏSON, s. m. Maison. 

MOUDA, 8. f. Mode, façon d'agir. 

MOUE, adj. Sale, malpropre. (Jura.) 



MOU 257 

MOUE, MOUI, MOÉ, s. m. Monceau, tas. Tôt einonmoué, péle-méle. 
(I^vaux.) 

MOUEIR, s. m. ; MOUAIRSA, $. f. Morceau qu'on détache en mor- 
dant, bouchée. 

MOUELLÉ, s. m. Ce mot ne se dit qu'en parlant^ d'un coin fort 
reculé des Ormonts, appelé lapi^fr^ duMouellé. G. mo^Ji^ chauve. 
Ce serait le rocher sans arbre ni verdure, le roc chauve. 

MOUERDRE, v. Mordre. Part, passé, tnorzu. 

MOUERDZA, s. f. Crasse épaisse qui se forme sur le fromage. — 

Couenna, id. (Alpes.) 
HOUERT, MOUERTA, adj. Mort, décédé. — Jtfotiat, moua, id. 
MOUET, s. m. Môme sens que mouerdza. (Valais.) 
NOUET, <. m. Mulet (Bagnes). — Muet, id. 
MOUETTA, MUETTA, s. f. Gosier, épiglotte, luette. 
MOUETTÂ, MOUATTÂ, v. S'agiter avec feu, se démener. L. motus, 

(Bagnes.) 
MOUGET, «. m. Lilas, Syringa vulgaris, — Mourguet, id., dans le 

Jorat. 

HOUGNON, s. m. Moignon. 

MOULA, V. Mollir, faiblir, céder; mettre les bûches dans le moulo 
pour vérifier la mesure; quitter la partie en laissant son enjeu. 

— Maula, id. 

MOULART. La partie de la Côte entre Mont et Begnins. (Vaud.) 
MOULO, s. tu. Mesure de S5 pieds cubes pour vendre le bois à 

brûler. 
MOULTALENT, subst. Colère, vengeance. (Vieux actes; 1290.) 
MOUMA, s. f. Fille sotte, niaise, imbécile, qui ne sait s'y prendre. 

- Nioka, id. (Vaud.) • 

MûUNI, s. ffi. Le taureau d'un troupeau (Alpes). — (Mouni, dans 
la même acception, se dit aussi dans la Suisse allemande. — 
N. de l'éd.) 

MOUNIHA, 5. f. Monnaie, argent de poche. 
MOURDJET, s. m. Vent soufflant de Morges pour ceux de la côte 
de Savoie. (Léman.) 

liÈH. ET DOCUM. XXI. 17 



258 MOU 

« 

MOURFAIN, s. m. Maçon. L. murum faciem. 

M0UR6UE, MOURGATTEI, s. m. Sobriquet des habitants â'Ormom- 
dessus. Vient-ii de murctis, nom que les Gaulois donnaient à 
ceux qui se coupaient le pouce pour ne pas aller à la guerre? 

MOURGUET, s. m. Tas de pierres. — Molar, morgié, mardju, id. 

MOURGUET, 5. m. Muguet, Convallaria maialis, — Mouguei, id. 

MOURTHIOU, s. m. Nom patois de la paroisse de Montreux, dout 
les habitants s'appellent Mouleran, na ; Mouterein, na. 

MOURTIOU^ adj. Fatigué, las, harassé, brisé de fatigue. — Lamol, 
Mafi, id. 

MOUSA, MEUSA, MUSA, MOSA, v. Penser, réfléchir^ présumer. 
Mè mouso ke, j'estime que, je me doute que. C'est le vieux fran- 
çais muser. G. mussŒj épier. 

MOUSET, MUSET, s. m. Musaraigne. C'est aussi un terme injurieui. 
L. mus, 

MOUSKA, MUSCA, v, Boice trop de vin, s'enivrer. 

MOUSSI, MUSSI, MOUCHI, MOCHI, v. Se coucher. Il ne se dit 
guëres que du soleil : Lo sélau è mussi, le soleil est couché 
(Vaud). — (C'est le vieux français musser. — N. de l'éd.) — 
Dans quelques localités, ce mot signifie aussi s^égarer, perdre ie 
chemin. 

MOUSSON, s. m. Veste d'homme, gilet. (Valais.) 

MOUSTETZU, s. m. Homme qui porte des moustaches. — ifovf- 

ihezu^ id. (Pays-d'Enhaut.) 
MOUTAILA, MOUSTACHE, s, f. Loche franche, Cobitis Barbatnla, 
MOUTHETHI, v. S'agiter pour peu.de chose^ faire des mouvements 

précipités, se démener. (Alpes.) 
MOUTRA, s, f. Montre de poche ; échantillon de marchandise. 
MOUTRA, MOTTRA, montra, V. Montrer, apprendre à quelqu'un. 
MOUTRI, V, Meurtrir, blesser, assassiner. 
MOUTS, adj. Désappointé, confus. — Capot, id. L. maestus. - (Ce 

doit ôtre le même mot que moutza, moutz ; voir plus bas. — N. 

de l'éd.) 
MOUTSCH, s, m. Sorte de jeu de cartes. — Moutz, id. 



N 259 

MOUTZ^ s. m. Bouillie de cerises ou de prunes préparée avec de la 
farine et du beurre. L. mustum. — Cein-nei, id. (Pays-d'Enbaut.) 

MOUTZO, A. adj. Mutilé de la queue ou des oreilles^ confus, taci- 
tunfe^ parlant peu (Alpes). — Moutz, id. — (De rallemandl)er- 
nois muiz, qui a un sens analogue. — N. de Téd.) 

MOZA, s. f. Jeune fille; génisse, dans le langage des Pyrénées. 

MUBLLA, s. /. Terre légère, terre meuble. L. mobilis. Voy. mau- 

BLLA. 

MUDÊ, MUDA, adj. Taciturne, muet. L. mutus. — Muvet, ta, id. 

MUET, MOUET, $. m. Mule, mulet. (Bagnes.) 

MULLA, $, f. Mulet, mule ; femme stérile. (Bagnes.) 

MUNU, s. m. Ventrailles d'une béte de boucherie; boyaux, poumons, 
etc. (Alpes.) 

MURI, V. Mourir. Part, passé, mouert, a ; mort, a, mort, morte. 

MUSKO, A, adj. Brun foncé. — Mousko, id. (Vaud.) 

MUSSILLHON, MOUSSELLHON, ». m. Moucheron; mousseron, 
espèce de champignon comestible. La Comba au Mussillkon, ha- 
meau de la vallée du lac de Joux. (Jura.) 

MUTACHON, â. /. Droit de mutation (Vaud). — Lou, id. 

MUTON, s. m. Mouton, brebis, bélier. 

MÛVERAN^ s. m. Nom de deux montagnes dans les Alpes de Bex, 
le Grand et le Petit Mûveran, G. muvaj lieu où Ton tient les 
vaches. 

MUVET, TA, adj. Muet. 

MUZEIVRO, 8. m. L'ellébore fétide, Helleborus fœtidus, plante renon- 
culacée. (Aigle.) 



N 



^\ adj. déterm. m. et f. sing. 11 ne s'emploie que devant les voyel- 
les et signifie un, une. N'hommo, un homme; n'ozé, un oiseau; 
^'ivra, une cheville. On dit aussi on hommo, on ozé. N' est em- 
ployé pour on, na. Voyez ces mots. 



260 NAV 

NA, adj. déterm, f. mg. Une. Na fenna, une femme. 

NA, adv. Non. Na pa, non pas^ au contraire; na foi na, ma fai na, 
ma foi non. (Vaud.) 

nA, $, m, Voy. NAZ. 

NABOT, TA, adj. Nain, pygmée; homme ou femme de rien. (Bas- 

Valais.) 
NADDA, adv. Non certes. — Nadon, id. 
NAFION, NAFION-NA, loc. adv. Ma foî non. 
NAI, NEI, s. /. Neige. L. nix, 
N'AN, N'AIN. Contraction de no ^ain, nous avons. Voy. aval 

NAN, s. m. Ruisseau temporaire, écoulement d'eau de pluie (Nyon). 
Ce mot est celtique : nant, ruisseau. — {Nan ou natU se retrouve 
dans les alpes de Bex^ où il est fréquent, et se dit des petits 
torrents permanents ou temporaires : la montagne de Nant^ Je 
nant d'Ayeme, le nant d*Eusannaz, le nant Rouge. — N. de Téd.) 

NANE, NANNE, NANAN^ s. f. Nom que le petit enfant donne à sa 
bonne, à sa nourrice. (Vaud.) 

NANÉ, NÉriÉ, s. m. Sommeil; terme de petit enfant. Fa néné, 
dors; allèin au nênéj allons à la couchette, au berceau. Le frao- 
çais dit : Fats dodo, allons à dodo. 

NANSA, s. f. Nasse, filet à prendre le poisson. C. naza, filet. (Lé- 
man.) 

NANSOIR, 5. m. Echafaudage pour placer la nasse, nansa. (ValaisJ 

NANTILLA, s. f, Voy. neintilla. 

NASCEIN, s. m. Nouveau-né, en parlant des animaux. L. nascens. 
La dîme des nascens ou nasçans était un droit féodal qui assu- 
rait au seigneur le dixième des veaux, chevreaux, agneaux. 

NAU, adj. numér. Neuf. — Neu, id. 

NAU, NAUVA; NAUVO, A, adj. Neuf, neuve. 

NAU, NA, NAUHA, x. f. Bateau, bac sur le Rhône. (Valais.) 

NAVATTADJO, s. m.; NAVILLA, s. f. Naulage, gain du batelier. 
(Léman.) 

NAVATTAI, 5. m. Batelier, marinier. L. notnto. (Léman.) 

NAVETTA, s. f. Brioche, petit pain au lait. (Vaud.) 



NER 361 

NÂVIOT^ NAHIOT, s. m. Petit bateau, esquif, nacelle. L. nam. 

Voy. BATTI. 

NAVRA, V. Froisser, blesser, navrer. 

NAZ, NÂ, s. m. Nez. L'a z'u su lo naz, 11 a eu sur le nez. L. noius. 

NAZO, s, m. Nase, Cyprinus Nasus, poisson peu estimé. 

NE, conj. et adv. nég. Ne, ni. Ne fari, non ferai; ne Von ne rôtro, 
ni l'un ni l'autre; ne vu, je ne veux pas; nepuj je ne puis pas. 

NÉ, s. f. Nuit. Ha né, ce soir, à la nuit tombante. — Neu, noz, 
dans le Jura. 

NÉAI, s. m. Grand amas de neige, petit glacier. -—Névé, id. (Alpes.) 

— On dit névéj dans le français vaudois. 

NEAU, NEHEU, «. m. Neveu. 

NEDAN, NEDON, NEDONDE, NEDANDE, adv. N'est-il pas vrai? 

— Un paysan écrivait à une fllle : « Très cher cœur ) Je vous 
trouve tant jolie, je voudrais vous rechercher en mariage; vous 
m'épouserez, nedande ? » 

NEFA^ NEFÉ, adv. Non, non pas; littéralement non fait. 

NEHâ, $. f. La quantité de neige tombée. (Pays-d'Enhaut.) 

NÉHI, NEIHI, V. Noyer, se noyer. 

NEIfllE-DJEIN, <. m. Mot à mot noie-gem, petit bateau très dange- 
reux où il ne peut qu'une seule personne (lac de Morat). — Sur 
le lac Léman, on dit noxe-chrétien, dans le français populaire. 

NEIHIRA, $. f.; NOHI, «. m. Noyer, Juglans regia. — Nohira, id. 
N'EIN AIN. Contraction fort usitée de no s^ein ain, nous en avons. 
NEINTILLA, s. f. Lentille, Ervum Lens. 
NEIR, NEraA, NEIRE, adj. Noir, sombre. Neirmoni, le Noirmont, 

partie du Jura entre le mont Tendre et la Dôie. 
NEIRET, TA, adj. Noiraud, basané, brun foncé. 

NEKET, NIKET, s. m. Un rien, une bagatelle. N'ein bailkré pas on 

niket, je n'en donnerais pas un fétu. 
NËNÉ, NONO, s. m. Terme enfantin pour dire le sommeil. Foalla 

nêné, il faut aller dormir. L. nœnia ou nenia, chant soporifique. 

(Vaud.) — Voy. nané. 
NERË, NERET, adv. Non, ce n'est point cela. — Nefa, id. 



262 NIG 

NETHON, NITHON, s, m. Boulette de pâte. (Alpes.) 

NEURA, NOBA, s. f. Belle-fille, bru. L. nurus, bru. (Valais.) 

NÉVÉ, $. f». Glacier, espace couvert de neige qui n'a pas fondu ou 
ne fond jamais. (Alpes.) 

NÉVI, NÉVIA, adj. Neigeux, couvert de neige. Loscé è iot wévi, le 
rocher est tout blanc de neige. 

NÉVI, NÉVEI, NEHEI, v. Neiger. (Alpes.) 

NEYALLA, NIELLA, GNIELLA, s. f. Lampette des blés, nielle des 
blés, Agrostetnma Giihago; nielle des champs, NigeUa arventit. 
C'est aussi la rouille, la carie, maladie des blés. (Vaud.) 

NÉZA, NÉZI, V. Rouir, étendre le lin ou le chanvre pour le rouir. 
— Au Jura, nagi. 

NÉZÉ, NÉZI, adj. Moisi, gâté par l'humidité. AU. nass, humide, 
mouillé. 

NI, GNI, 5. m. Nid d'oiseau, cachette. 

NIA, GNIA, V. Nouer, faire un nœud. 

NIAISA, NIAISE, s, /. Querelle, rixe, noise. G. noess, contestation, 
dispute. (Vaud.) 

NIALIN, GNIALEIN, s. m. Temps humide et nébuleux; sommité 
où s'assemblent et séjournent les nuages. De niola, nuage, brouil- 
lard. (Nialin est le nom d'une localité élevée du Jorat, dans la 
commune de Savigny. — N. de Téd.), 

NIBLLA, s. f. Nèfle. 

NIBLLO, s. m. Néflier, Mespilus germanica. 

NIBLLO, s. m. Epervier, oiseau de proie. (Montreux.) 

NIFENIAFFE, s. m. Badaud, butor, barbouillon; terme injurieux. 
(Vaud.) — Gniffegna/fe, id. 

NIFFLA, NIHLLA, v. Respirer une odeur; prendre du tabac, pri- 
ser. 

NIFFLET, s. m. Garçon efféminé, poule mouillée, muscadin, en- 
fant délicat pour le manger. (Genève.) 

NIGUEDOULLHE, $. m. Nigaud, baguenaudier, personne sans 
énergie. (Lausanne.) 



NOM 363 

NIHILLHIy V. Faire des riens, baguenauder^ flftner. L. nihil. (Fri- 
bourg.) 

NILLHA, NILLE, s. f. Articulation, phalange des doigts, jointure, 
charnière. (Yaud.) 

NILLHA, s. f. Vent coulis, vesse. — Nihlla, id. (Bas-Valais.) 

NILLHÀ, 17. Vesser. (Bas-Valaîs.) 

NILLHON, s. m. Pâte de noix après qu'on en a extrait l'huile. 

NIÔ, GNIÔ^ s. m. Nichet, œuf laissé dans le nid pour rappeler la 
poule. 

MOD, GNIAU, s. m. Nœud. L. nodus, 

NIOKA, GNIAUKA, 8. f. Fille ou femme bote, bornée, stupide, sans 
savoir-faire. (Lausanne.) 

NIOKËRI, s. /. Bêtise, balourdise, niaiserie, mauvaise raison. 

NIOLA, GNIOLA, s. f. Nuage, brouillard. PI. niolle. G. nioul. 

MOLAN, NIOLANNA, adj. Nébuleux, brumeux, obscur. (Yevey.) 
- Niait», id. 

MON, jïron. indéf. Voy. gnion. 

NISSA, «. f. Nièce. 

NITÂ, NIOTTA, GNIOTA, s. f. Chenil, grabat, cachette, niche. L. 
nûftu. (Alpes.) 

NrrON, NITOUNA, adj. Malin, fin, rusé; se dit du bétail. (Test 
aussi un des noms adoucis du diable. Voy. VEdda. (Pays-d'En- 
haut.) 

MTTON, NITOUNA, adj. Nigaud, simple, borné, niais, sans ruse. 
(Vaud.) 

NO, pnm. pen. Nous. No faut tnoda, il nous faut partir. » On dit 
«eu, dans le Jura. 

NOâLLA, 8. f. Jeune brebis. (Fribourg.) 

NOALLETTA, 8. f. Brebiette, agneau. Diminutif du précédent. 
(Fribourg.) 

NOEIMBRO, 8. m. Novembre. — Noveimbro, id. 

JOUIRA, 8. /. Noyer. Voy. neihira. 

NOMMABLLO, A, adj. La personne qu'on se réserve de nommer 



264 NOU 

dans UD terme fixé pour être coacquéreur d'un immeuble. (Yaad.) 
N'ON^ adj, déterm. C'est l'adjectif on^ un, qui s'emploie souvent 
avec un n euphonique, pour éviter l'hiatus. 

Tsacon crayai d^ abord ein viein sa grimace, 
K'à n'on verra de vin VaUavè fére pUace, 

Chacun croyait d'abord en voyant sa grimace, qu'à un verre 
de vin il allait faire place. (Lo conto dau Craizu.) 

NONAINTA, NONANTA, adj. numér. Quatre-vingt-dix. — On dit 
aussi kairo-vin-ghi, 

NONNETTA, NONETTA, «. f. Epeautre, gruau d'épeautre. (Vaud.) 

NORREIN, NORREUN, s, m. Jeune bétail, les élèves d'un troupeau, 
les nourrissons. (Pays-d'Enhaut.) 

NORRI, V. Nourrir, entretenir, élever du bétail. 

NORTZA, NORTZE, NOURTSCHE, s. f. Mauvais génie; sorcière; 
rage ; diable. L*a la nortza^ il est enragé; pi ke la nortze, pire 
que le diable ; la mala nortze lo tein, il est possédé du démon. 
Ce mot fort usité, dont on a fait le verbe emortzi, emnorUchi 
(ensorceler), vient peut-être de nome, norœ, qui, dans YEdda, 
signifie fée, magicienne, divinité inférieure tantôt bonne, tantôt 
malfaisante. 

NOSSA, 8. f. Petit morceau de pain, de fromage, de viande, bou- 
chée. Se dit aussi pour noce. 

NOSSETTA, s. f. Très petit morceau. Diminutif du précédent. 

NOSSHA, s, /. ; NOSSHE, «. f. pL Noce, noces. 

NOT, NO, 8. m. fiassin de fontaine, auge. C. noa, bassin, gouttière. 
(Fribourg.) 

NOTSA,î^OTSCHE, s. f. Petite auge, petit bassin. Diminutif du 
précédent. (Fribourg.) 

NOTTA, s, /. Se disait ^xnc allemande, sorte de danse; valse, danse 
en général. 

NOUBLLO, NOUBLLA, adj. Noble. 

NOUNA, 8. f. FiHe nigaude, niaise, gauche. (Pays-d'Enhaut.) 
NOURMA, NORMA, 8. f. Règle. A voutre norma, à votre volonté, 
selon que vous l'entendrez, comme vous voudrez. Ce mot pea 



OBE 365 

asile qui est le narma des latins, se trouve dans une vieille 
chanson patoise sur l'escalade de Genève. 

NOUTRO, NOUTRON, NOUTRA, adj. eipron.poss. Notre, le nôtre, 
la nôtre. PI. notUre^.noutrè. Noutron ikilo, notre rucher; noutra 
modje, notre génisse; noutre Uan, nos champs; noutrè chtiérè, 
nos sœurs. 

NOVEIMBRO, «. m. Novembre. — NoHmbro, id. ^ 

NOVI, NOVALLA, adj. Nouveau, nouvelle. 

NOVI, NOVÉ, NOÏ, «, iw. Nouvelle, bruit qui court. Kain novi, 
quelle nouvelle? Ran de noû, ke satzo, rien de nouveau, que je 
sache. 

NOVIEIN^ NOVIEINTA, adj. Aveugle, qui n'y voit pas. L. non ri- 
deng, — No veihieny id. 

I^OYION (à), loc. adv. A tâtons, sans y voir, sans lumière. Mè $u 
dètelu à novion, je me suis déshabillé sans lumière. (Vaud.) 

NU, NUA, NUVA, adj. Nu, nue. 

NURLLO, A, adj. Nébuleux, brumeux, sombre; se dit surtout du 
temps. Lo tein è nubllo, le temps est couvert. L. nubilus. (La Côte.) 

NUMBLLO, NOMBLLO^ $. m. Pièce de vénerie ou de boucherie 
offerte au seigneur par son vassal. (Anciens documents et titres 
féodaux.) L. lumbus, rognon; {tifit^t^ reins. Voy. lombloz. (Vaud.) 







0, art. Le. (Bagnes.) 

0, 10, adv. Où. D'o vein-t-ej d'où vient-il ? lo va-to, où vas-tu î 
0, OTA; HIO, HIOTA, adj. Haut, élevé, de haut goût. (Pays-d'En- 
haut.) 

OBEAU, AUBOL, $. m. Peuplier blanc ; peu usité. (Jura.) 
OBÉBIA. Cri du berger pour appeler les brebis. (Alpes.) 
OBELON, 5. m. Houblon, Humulus Lupulug. 



S66 0MB 

OBOR, 8. m. Cytise des Alpes ^ Cytisus alpinus. — Orboé, orboué, 
orbou, id. 

OBREGOUTA^ s. f. Sangle de cheval. Âll. obergurt, ceinture de 
dessus. Ce mot se dit à la frontière des deux langues. 

OBREGOUTÂ, V. Sangler un cheval. 

OCHE, s, f. ; OCHON, s, m, Coche^ entaille servant de numéro. 

OCHE HO. Cri d'appel pour les porcs. 

ŒLLO, OUILLO, s. m. Huile. L'a tourna s'n œUo, il a répandu son 

huile ; c'est-à-dire : il a manqué son projet. C'est une locution 

proverbiale. (Fribourg.) 

ŒUVA, s. f. Laitance^ frai^ œufs de poisson. — (Entra, id. (Léman.) 

ŒUVRA, s. f. Etouppes de chanvre, filasse. — Awora, id. (Vaud.) 

ŒUVRA, V, Travailler, faire un ouvrage, ouvrer. 

OHIENÂ, s. m. j7i. Abatis d'oie, ragoût d'oie. 

OHION, s. m. Petite oie, oison. — Ouhion, id. (Jorat.) 

Oï, OHI, OUAI, VAI, adv. Oui. hai ohi, locution qui revient à 
certainementj pour sûr. 

OÏ-DA, OUAI-DA, VOUAI-DA, adv. Oui certes, assurément, om-âà, 
Voy. DA. 

OÏU, OZU. Part, passé du verbe oure, entendre. L'é prau ozu, je 

l'ai assez entendu. 
OLIFAN, s. m. Petit cor ou cornet de chasse. (V. st.) 
OLIVA, OLIVETTA, «. f. Primevère, Primula acaulis, etc. (Lau- 
sanne). Voy. GANGUELLIN, TSANDELEI, COCU, CUCU. 

OLLA, OULLHA, EULA, 8. f. Marmite, pot de fer. C'est le latin 
olla. (La Côte.) 

OMAGNO, 8, m. Vin d'Humagne, sorte de vin du Bas- Valais. (Mar- 
tigny.) 

OMAIN, s. m. Accroissement, augmentation, augment. 

OMBRETTA, s. f. Diminutif du mot suivant. Le refrain d'une an- 
cienne ronde, que j'ai encore entendue chanter, était : 

Et allein lei à rombretta, 
Lo seleu no fara mô. 

Et allons-y à l'ombre, le soleil nous fera mat (Vaud.) 



ORB 267 

OMBRO, OMBRE, s. m. Ombre. (Vaud.) 

OMEIN, OMEINTHE, ORMÂINTE, adv. Au moins, au demeurant. 

OMGOLT, OMGELT, $. m. Droit du seigneur qui est perçu sur le 
vin qui entre dans la seigneurie. Ail. ohmgeld, 

ON, ONNA^ NA, adj. déterm. Un, une. On valet, un garçon ; na 
fahia, une brebis, le z'on, le z'enè, les uns, les unes. 

ONDA, s. f. Une fois^ au temps passé. Se dit aussi avec le sens de 
fm, dans une fois, deux fois, trois fois. (Val d'Iiliez.) 

ONDE, ONZE, adj. numér. Onze. 

ONGLLO, s. m. Ougle. 

ONGLLON, s. m. Petit ongle. 

ONKLLO, s. m. Oncle. C'est aussi un nom respectueux donné par 
les jeunes gens des campagnes à des hommes ftgés qui ne sont 
point leurs parents. (Vaud.) 

ONKO, ONKOI, adv. Encore, de rechef. Voyez, pour les diverses 
formes de ce mot, Tarticle anrora. 

ONTHA, s. /. Ligne de bardeaux ou tavaillons sur le toit d'un cha- 
let ou de tout autre bâtiment des Alpes. 

ONTHÀ, V. Piquer avec Taiguillon; se dit des guêpes, des abeilles. 
(Pays-d'Enhaut.) 

ONTHAHI, V. Panteler; être essoufflé, hors d'haleine. (Val d'Iiliez.) 

ONTHON, ONHLLON, s. m. Aiguillon (Pays-d'Enhaut). — Auhtlon, 
avellhon, id. 

OR, I. m. Ours. La tann'à l'Or, la caverne de l'Ours, dans les ro- 
chers près de Roche. (Vaud.) 
ORA, adv. Voy. hora. 

ORA, 5. f Voy. ODRA et aura. 

ORA, g. /. Bord, lisière d'un champ, orée d'un bois. L. ora. 

ORBA, s. f. Espèce de filet de pêche. (Morat.) 

ORBAN, NA, adj. Fou, aliéné, privé de la raison. L. orbalus, 
privé de. (Bas- Valais.) 

ORBEINA, ARBENNE, s.f Le lagopède ou perdrix blanche. (Alpes.) 
— ErbontM, orbaina, id. 



268 OSS 

ORBET, URBET^ s. m. Bouton qui vient au bord de la paupière, 
orgelet. 

ORBpI, ORBOUË. Voy. ivodb. 

ORDOUS, adj. Voy: hordous. 

ORDRE, ORDRÉE, adj. En ordre, conforme à l'ordre, bien ordonné. 

Peu usité. (Genève.) 
OREINDRAI» adv, A présent, dans ce moment, dorénavant. (V^vd.) 
ORFENO, NA, adj. Orphelin. L. orphanus. 
ORGOLLHAU, SA, adj. Orgueilleux, vaniteux dans ses vêtements. 
ORGOUET^ s. m. Orgueil, vanité, présomption. 
ORION, OURION, s. m. Soufflet, coup à la tête. Vé tè bailli n'ourion, 

je vais te donner sur les oreilles. Fr. horion, (Lausanne.) 
ORMOUNEIN, ORMOUNEINTZE, iubst. Nom des habitants de la 

vallée des Ormonts. 

ORMOZ, OULMO, s. m. Ormeau, Ulmus campestris, 

ORNA, s. f. Un certain nombre de rangs de ceps dans une vigne, 
une rangée de ceps. Voy. aorgna. (Lavaux.) 

ORNETTA, ORGNETTA, s. f. Diminutif du précédent; une pelile 
onm. 

OROLLHE, 5. f. Oreille. 

Orollhe de ratkt. Mot à mot, oreille de iouris; piloselle, sorte 
d'épervière, Hieracium Pilosella, 

OROLLHETTA, s, f. Petite oreille, oreillette; cabaret, Atanm 
europœumj plante dont la feuille ressemble à une oreille. (Jura, 
Alpes.) 

OROLLHI, s, m. Oreiller de crin ou de plume. 

OROLLHI, V. Tirer les oreilles. (Pays-d'Enhaul.) 

ORTOLAN, s. m. C'est le nom patois de la petite linotte des vignes, 
FririÇilla linaria. (Cully.) 

ORVET, ». m. L'orvet, Anguis fragilis. — Anvoué, id. L. angui$. 

OSSE, AUSSE, AUSSO. Subjonctif présent du verbe auxiliaire avAi, 
avoir. Altein pi k'osse aia lo foué, attends seulement que j'aie 
allumé le feu. 



OTU 269 

OSSEIHI, 17. Faire des efforts pour vomir. Corruption d! essayer. 
(Montreax.) 

OST, 5. m. Vieux terme de chancellerie; armée ^ convocation du 
ban et de Tarrière-ban. 

OSTAGE, s, m. Terme de Tancienne jurisprudence vaudoise; 
amende, frais pour un animal pris sur la possession d'autrui ; 
somme mise en dépôts cautionnement personnel. (Vaud.) 

OTHA, o. Jeter en l'air un corps pour le recevoir dans ses mains. 
— Pauma, id. 

OTHEIN, OSTEIN, OSTAN, «. m. Lieu d'où l'on lire à la cible, 
place destinée au tir du fusil ou de la carabine. Ail. stand, 

OTHET, TA , adj. Un peu haut. Diminutif de o, ota, — Bioietj id. 

OTHET, OHLLET, s, m. Œillet, ouverture ronde pour passer un 
lacet. 

OTRAMEIN, ATRAMEIN, adv. Autrement. 

OTREVEI, AUTROVAI, ÔTROVIADJO, adt?. Autrefois, jadis, an- 
ciennement. — Le Jfôtro iadzo, id. 

ÔTRO, L'ÔTRO, s. m. C'est encore un nom adouci du diable : Vau- 
tre, Serait-ce une tradition du manichéisme, de la doctrine des 
deux principes : l'un, le bon, l'autre, le mauvais, Hôlrome^prei- 
gne. Vautre m'emporte. (Vaud.) 

ÔTRO, AUTRO, ATRO, ÎTRE, A, adj, déterm. Autre, fi z'autrè 
fennè, les autres femmes. L. aller, 

OTTÔ, OUTÔ, OTAU, OHOL, s. m. Maison, cuisine, habitation. 
Sari à Vottô deman né, je serai à la maison demain soir. Va-Vein 
à Vottô, va-t'en à la maison. Vo mi Vottô ke la pinla, (prov.), 
mieux vaut la maison que le cabaret. On prétend que ce mot 
vient du latin ostium, porte. — Otau dei balle fellhe, lupanar 
(Fribourg, 1460). — En langue birmane, outo signifie saUe d^ au- 
dience, 

OTTOBRO, s. m. Octobre. 

OTU-BOTU, TU-BOTU, loc. adv. En gros, l'un dans l'autre. Fein- 
no n*otu botu, voulons-nous être de compte à demi ? 



270 OUH 

OU^ s, m. Os y ossements. M'a r»Wii à mè ronire le z*<m, il m'a 
battu à me rompre les os. 

OU, 8, m. Août. Hli'Ou, la mi-août. 

OUADJI, GÂDJI, 17. Enlever les rayons d'une ruche. (Vaud.) 

OUAI, OHI, adv. Oui. Ouai vouai, loc, adv. Oui oui. Yoy. oî. 

OUAIS, HOUET, VOUET, interj. Eouet, 6 houtl, ah I bien oui, je 
n'en crois rien. Vouei! que fa frai! Ouf! qu'il fait froid! ^ 
voueiy cri de douleur. C'est le français ouais, 

OUANDA, GANDA, $. f. Femme paresseuse, de mauvaise conduite, 
catin. (Alpes.) 

OUARSA, s. f. Saule. (Aigle.) 

OUASSA, AGASSA, s. f. Pie, ptca. 

OUATTI, i. m. Pain aux œufs et au beurre^ espèce de galette. 
(Fribourg.) 

OUË, OUET, OUHAI, adv. Aujourd'hui. L. hodie.OndWokeuûm 
l'Evéché de Bftie. 

OUÉ, OUET, adj. numér. Huit. Ouetanna^ huitaine. Voy. hodet. 

OUEDADJO, 5. m. Ecoulement, inondation, débâcle. (Valais.) 

OUEDAHIE, $, f. A vertement, évacuation par les conduits naturels. 
(Gros de Vaud.) 

OUEDHI, OUEGHI, v. Vider, verser, évacuer. 

OUÉRO, VUIRO, GUÉRO, adv. Combien, guère. Ouéfa-U de fm, 
combien a-t-il de brebis ? 

OUETANTE, adj. numér. Quatre-vingt. On dit plus communément 
KairO'Vin, 

OUETTON, $. m. Jeune garçon. (Fribourg.) 

OUGNON, UGNON, s. m. Oignon. C'est aussi un jeu des écoliers 
qui sautent sur le dos de leurs camarades courbés. (Lausaone.) 

OUGNON-DE-SCË, s. m. Mot à mot, oignon de rocher ; joubarbe. 

OUHIE, s. f. Oie, Anser domesticus. — Autrefois, quand les étu- 
diants de Lausanne allaient en vacances, on criait dans les vil- 
lages par lesquels ils passaient : Catzi U z'ouhiè, lé z^écouU va» 



OUT 271 

ei eandji, cachez les oies^ les écoliers vont en vacances. (Jorat.) 

OUHION, s. m. Petite oie, oison. 

OUI-DË-TSA, s, m. Mot à mot, œil de chat ; mypsotis, ne m'oubliez 
pas. (Château-d'Œx.) 

OUILX.A, OUILLON, subst. Yoy. auhlle, auhllon, onthon. 

OUILLO, 8, m. Huile. 

OUIPAy VOUIPA, 5. f. Guêpe; femme méchante, acariâtre. L. vespa. 
(Alpes.) 

OUISCH. Interjection négative et ironique. 

OULEYEI, s. fit. Olivier. L. Eleagnus» 

OULLHA, V, Crier pitoyablement^ hurler de détresse. L. ululare. 
(Fribourg.) 

OULTAR, 5. m. Autel. 

OURA, ORA, s. f. Vent, orage, fort souffle de bise. L. aura. KrouV 
oura, vent dangereux pour la santé. (Yaud.) 

OURE,'AURE, x>. Entendre, ouïr. L. auris, Ou-to, entends-tu? ou- 
dé'Vo fedette, entendez-vous, petites filles ? Part, passé, ozu, otii. 
Yoy. ces mots. — Réduplicatif : roure, entendre une seconde fois. 

OURIOU, s. m. Enfant nouveau-né. L. orior, oriens, (Genève.) 
OURLA, 17. Faire des ourlets, ourler. 

OURLE, s. f. pi. Oreillons, espèce d'esquinancie, maladie des en- 
fants. (Yaud.) 
OURTA, V. Heurter, bourrer quelqu'un. 
OURTHELLI, OURTIA, t?. Piquer avec des orties, ortier. 

OURTHIA, URTI, s. f. Les deux espèces d'orties, Urtica urens et 
dioica. 

OUSA, 17. Oser. N'ouso pa lei alla^ je n'ose pas y aller. 

OUTA, V. Oter. Outa-mè sosse, ôte-moi cela ; douta-tè d'einke, ôte- 
toi de là. Yoy. douta. 

OÛTO, s. m. Aubergiste, tavernier, hôte. Yoy. hoûto. 

OUTÔ, j. m. Maison, logis, domicile; cuisine; auberge, cabaret, 
lieu où Ton vend du vin. Mena à l'outôj mener au cabaret. Yoy. 

Onô, HOUTÔ. 



272 OZU 

OUTZETTA, s. /. Diminutif du précédent; petite chenovière, petit 
potager. (Vallée de la Broyé.) 

OUTZO, OUTZE, OUCHE, OCHE, OUEDSCHE, s. f. Chenenère 
près de la maison^ planche de légumes^ jardin potager qui n'est 
pas attenant à la maison. 

OUVËLLETTA, s. f. Hépatique, Anémone Hepaiica; primevère. 
(Pays-d*Enhaut.) 

OVA, OHA, ŒUVA, UVA, v. Pondre, faire des œufs. De non, œuf. 

OVALLHE, ORVALLA, AVALLHE, s. f. Accident, éboulement, 
chute de terre (Vaud). — Ce mot vient de l'adverbe atxii^ en bas. 
On appelle ka d'ovallhe tout accident imprévu, tout cas fortuii 
ou de force majeure : incendie, inondation, tremblement de terre. 
Le cas d^ovaille ou cas fortuit est souvent réservé dans les tran- 
sactions écrites ou verbales. — La catastrophe d'Yvoi'ne et de 
Corbeyrier en 1584 s'appelle la granta ovallhe. 

OVRAI, s. m. Mesure agraire appelée fossorier, ouvrier, dans le 
français vaudois. Voy. fochéria. 

OVRAI, «. m.; OVRAIRA, s. /. Ouvrier, ouvrière; homme, femme 
de journée; manœuvre. 

OZALET, IZALET, s, m. Oisillon, petit oiseau. — Izeleî, id. 

OZALLEI, s. m. Oiseleur. 

OZÉ, OZI, IZÉ, s. m. Oiseau. L'ozi, est un des noms adoucis du 
diable, qui, au dire des superstitieux, a do grandes ailes de 
chauve-souris. L'è pi ke Vozi, il est pire que le diable. —Aux 
Ormonts, ize. 
Boun-ozé, épervier, Falco palumbarius, -— Boun^ozi, id. 
Ozé de plliodje/ oiseSiU de pluie; c'est le traquet, Saxicola ru- 
bicola, dont le cri, dit-on, présage la pluie. C'est un des baro- 
mètres rustiques. (Vaud.) 

OZI, 8. m. Oiseau de maçon pour porter le mortier. 

OZU. Part, passé du verbe oure, aure, Voy. oïu. 



PAI 278 



P 



Pâ, PE, POj adv. Pas, point. Pour je ne sais pas, on dit ne se pa, 
s Mondon ; nesépojk Ollon ; ne sapé, à la vallée de Joux ; ne 
se peu, au Val dllliez. Voy. cbapo. 

PAHI, s. m. Pays, patrie. Au pluriel, lèpahi, les pays étrangers. 
L'a éla granteinper le pahi, il a été longtemps à l'étranger; Vè 
trou dau paki, il est hors du pays. 

PAHÎ, c. Payer, solder. 

PâHITA, PEITHA, v. Lier les pieds d'un animal pour qu'il ne s'é- 
chappe pas. L. pes, 

PÀl, s, m. Pois, légume. 

PâI, s. m. Poil, cheveux. L'a le pat fresi, il a les cheveux crépus. 
~ Pei, id. 

PAI, s. f. Part, portion. (Jura.) — Pâ, id. (Jorat.) Drai paraît plus 
usité. 

PAI, s. m. Poids à peser; la pesanteur de l'objet pesé. 

PAILA, PELA, POUAILA. Mot ironique que l'on crie aux gens qui 
reviennent des vignes trempés de pluie, ou dont les travaux 
sont en retard. (Montreux.) 

PAILLAUSA, s. f. Espèce de filet pour la pêche. (Morat.) 

PAILO, s, m. Poêle en molasse ou en briques pour chauffer une 
chambre. 

PAILO, s. m. Chambre de ménage où se trouve \e poêle. C'est sou- 
vent l'unique chambre occupée par le ménage de l'agriculteur, 
de l'artisan, du journalier indigent. (Vaud.) 

PAINA, POUAINA, s. /. Peine, travail ; inquiétude. L. pcsna, 

PAINABLLO, A, adj. Pénible, fatigant. 

PAINNA, s. f. Maladie particulière aux moutons. (Alpes.) 

PAINO, PEINDO, s. m. pL Bouts de fil qui sortent de la toile de 
ménage que le tisserand du village a tissée. (Pays-d'Enhaut.) 

MÉX. ET DOCUM. XXI. 18 



274 PAL 

PÂlNPIGNËRA, s. t Pépinière. 

PAIRFOUy <. m. Houx frelon, petit houx, Bmcu$ acuUaius. (Orbe.) 

PAIRIA, $. /. Lait aigri. (Val d'Illiez.) 

PAIRIAy $. f. Menthe de jardin. — Pevria, id. 

PAIRLA, s. f. Ecurie à porcs. — Bouè'Umy bouaUm, id. 

PAIROLEI, s. m. Ancien nom des chaudronniers. (Genève.) 

PAIROLLET, s. m. Place où les chaudronniers travaillent en plein 
air. 

PâISSA, s, f. Pinson d'ardenne, fauvette d'hiver, paisse, FringUk, 
(Jura.) 

PAKA, PAKERA, PAKORA, v. Pâturer, paître. 

PAKA, V, Voler, faire de petits larcins, escamoter. (Val d'UIiez.) 

PAKAN, NA ; PAGAN^ NA, atfj. Lourdaud, rustre. L. paçanus, vil- 
lageois, paysan. 

PAKIS, 8. m. pL Pâturages. — Pakiers, pakerages, id. 
PAKORESSA, s. /. Pâturage marécageux. — PakoUa, id. 
PAKOT^ s. m. Boue, limon. Gr. nà^^, matière épaisse, lie. (Vaud.) 
PAKOTEIRA, $, f, Populage, CaUha palustris, plante renoncula- 
cée. (Bex.) 

PAKOTTA, V. Se salir de houe, se crotter. 
PAKOTTON, s. m. Homme crotté, sali par les mauvais chemins. 
(Jura.) 

PALA, s, /. Pelle de bois; rame; porte d'écluse qui se hausse et 
se baisse. 

PALA , PELA , s. f. Petit échafaudage composé de quelques mor- 
ceaux de bois, perches, liteaux, etc. 

PALA, V. Enlever le fumier d'une étable avec une t>elle de bois. 
G. pall, pelle. (Bas-Valais.) 

PALAIRON, s. m. Petite pelle. De pala, pelle. 

PALANTZE, s. f. Levier de bois. L. palus. 

PALANTZON, s. m. Petit levier de bois. Diminutif du précédent. 

PALEA, i. f. Palée, sorte de corrégone que Ton poche dans les 
lacs de Neuchâtel et de Morat. (Neuchâtel.) 



PAN 275 

PALESBAN. Sorte de jurement, corruption de par le sang. (Fri- 
bourg.) 

PALETTA^ s. f. Petite pelle ; abécédaire. (Vaud.) 

PALJNy s. m. Pieu, liteau, écbalas. L. paluê. 

PALOUNNAI, s. m. Palonnier, pièce du train d'un cbar. 

PàLU. Mot qui se joint toujours à pra. Pra palu, prairie maréca- 
geuse, pré humide. L. palus. Une place de Lausanne s'appelle 
place de la Palud. 

PAN, s. m. Pain. L. pams. 

?an de cucu, surelle ou pain de coucou, Oxalis acetosella. 
Pan au lauj ellébore fétide, Helîeborus fœtidus. (Ghâteau-d'Œx.) 
Pan au pur, pain de pourceau. Cyclamen europcBum. (Aigle.) 
Pan au pueir, belladone, Atropa BeUadonna. (Jura.j 
Pan de djenelhe (pain de poule), lamier pourpre, Lamiumpur- 
pureum. (Jura.) 

PAN, s. m. Brin de paille pour mesurer une petite distance. (Ge- 
nève.) 

PANAIRA, $. f. Table de boulanger pour manier la pâte. 

PANAMAN, s. m. Essuie-main. 

PAN-GORNU, s. m. Avance d'une maison sur la rue pour tenir 
boutique. Cela fut défendu par le Plaid général de Lausanne, 
1368. 

PANDAGE, s, m. Inclinaison des couches dans les carrières de 
pierre meulière; terme de carrier. (Tour de la Molière, dans le 
VuUy.) 

PAKEI, PANI, s. m. Panier. 

PANëBAIA, s. f. Le contenu d'un panier, un plein panier, une pa- . 
nerée. — Panérahie, id. 

PANET, s. m. Petit pain ; millet pour les oiseaux. 

PANKORA, adv. Abréviation de pa ankora, pa orikora, pas encore. 
(Vaud.) Voy. ankora. 

I^ANNA, I. f. Bois de construction. (Bière.) 

PANNA, V. Essuyer, torcher, nettoyer. L. fHiiiiitiS. Panna son eouli 



276 PAP 

(expression proverbiale) , essuyer son^coutean, réussir iiMl,éin 
à l'agonie. (Vaud.) 

PANNAHIE, s. f. Ce mot se joint toujours à mala : malapaimaàif, 
mésaventure, contre-temps, malencontre, désappointement^ das- 
ger, terreur panique, mauvais traitements. Ln a badki (bail&f 
la malapannahie, il l'a bien rossé. 

PANNOSSA, f. f. Linge usé, chiffon pour essuyer la Taissdle, les 
meubles; grosse toile d'emballage dont on se sert pour laver les 
planchers. 

P ANNOTAI, RA, subit. Boulanger, boulangère, pametier, — Bo- 
londji, id. 

PANNOTERI, s, /. Boucherie d*un ordre inférieur. €. pan, peio, 
cuir. (Lausanne.) 

PANOGHA, i. A Serviette de table. (Romont.) 

PANOTTA, 17. Exercer la boulangerie, faire du pain. 

PANTHA, V. Raconter longuement, ennuyeusement. C. païUkh, 
asthmatique. (Alpes.) 

PANTHEIRA, s. /. Barrière qui s'ouvre pour laisser passer. L. 
pandOy ouvrir. (Moudon.) 

PANTHET, PANTET, 8. m. Pan de chemise; la chemise même. 

PAOU^ s. m. Ecorce, tan. 

PAOUR, PAOURESSA, adj. Sobriquet des habitante de Rougemoat, 
lequel vient probablement de poueir^ porc, homme sale, malpro- 
pre. (Pays-d'Enhaut.) 

PAPACOLON, s. m. Orpin brûlant, Sedum acre. (Genève.) 

PAPEGAI, PAPEGAU, s. m. Perroquet; oiseau de bois peint eo 
vert pour servir de but au tir de l'arquebuse. Il était placé sur 
un mât très élevé. (Tétait aussi le nom d'un tir public dans plu- 
sieurs villes et communes vaudoises. Celui qui abattait l'oiseaa 
vert jouissait pendant un an de grandes immunités, telles que 
l'exemption des péages, des lods, etc. On l'appelait le rot df ^oi- 
seau. (]ette fête datait du temps de la maison de Savoie, qui don- 
nait, et le plus souvent vendait à diverses communes de la ba- 
ronnie de Vaud le droit de papegài avec les privilèges y attachés. 



PAR 277 

PAPEI, s. m. Papier; créance» billet à ordre» titre^ écrit, journal. 
Le papeiy le papai, les journaux. 

PAPELLHON^ s. m. Touffe de cheveux des tempes, favoris. (Aigle.) 

PAPET, a. m. Colle faite de farine délayée; sorte de mets rusticiue. 

PAPETTA, s. /. Bouillie fiiite de farine et de lait. G. pap, papakq, 
bouillie. 

PAPO, a. m. Papiste» catholique; terme injurieux. (Moutiers- 
Grandval.) 

PAB, s. m. Paire. On par de boUe, une paire de souliers» de bottes. 

PAR» adv. Usité seulement dans la locution an par de tein, quel- 
que temps. 

PARA» a. /. Bord de planche; bavure d*un firomage dans sa forme; 
pente rapide. (Alpes.) 

PARA, V, Retrancher; tailler une plume; couper la corne du pied 
des animaux. (Pays-d'Enhaut.) 

PARAI, PARAIRA, adj. Pareil, égal. Toi parai y loc. adv., tout de 
même. 

PARAIRA, $. f. Ce mot ne s'emploie que dans la locution de ne 
Mtn la paraire, sans la pareille, je n'ai jamais rien vu de sem- 
blable. 

PARAISAU, PARAISAUSA, adj. Paresseux, fiainéant. 

PARAIZI, V. S'étendre comme un paresseux. (Alpes.) 

PARDEÏ, PERDEI. Pardieu, parbleu; jurement. De Dei, Dieu. 

PARDINA, PARDINE. Jurement adouci; corruption du précédent. 

PARDJON, PERDJON. Jurement qui vient du latin per Jovem. 

PARE, s. m. Père. Ce mot se dit plutôt des animaux que des 
hommes^ pour lesquels on dit peire. 

PAREIHI, V. Egaliser; mettre par paires, répartir par portions 
égales. L. par. 

PÀRELLA, s. f. Patience aquatique, Rumex Nemolapaihum. 

PARELLHADJO, s. m. Séparation entre les animaux d'une même 
écurie; place pour le foin à l'étage d'une grange. (Alpes:) 

PARIANNA, PARIOLA, s. f. Punaise. Du latin pariff, parce qu'elle 



278 PAS 

habite les fentes des parois, des boiseries, des bois de lits. Ta- 
/km, id. (Vaud.) 

PARLA, V. Parier, causer. Leiparleri, je lui parlerai. --Dévesa, id. 

PARLAMEIN, s. m. Usage de la langue, parole; peu usité. 

PARLANTAIN, s, m. Bavard, mauvais discoureur, qui parle ab hoc 
et ab bac. — Parlaro, id. (Genève.) 

PARLE! , PARLIER^ $. m. Avocat, celui qui porte la parole pour 
un autre devant les tribunaux. 

PARRAIN, s. tu. Parrain. Cest, dans plusieurs villages catholiques, 
le patron de la paroisse, la tête, ou l'effigie d'une pièce de mon- 
naie. — Une Valaisanne porta un jour à son curé l'écu qu'avait 
fait frapper le cardinal de Sion, pour lui demander lequel de 
St. Théodule ou du diable était le parrain, (Yoy. sur ce fameai 
éeu du diable la Statiitique du Valais, pag. 332. 

PARTEJAU, s. m. Homme de confiance qui représente le maître 
de la vigne pour partager le moût avec le vigneron. (Yaad.) — 
Dans le français de Lausanne, on dit parti$$evr. 

PARTERET, s. m. (Couperet, hachette. (Genève.) 

PARTICIPA, V. Participer, communier, aller à la sainte cène. 

PARTZET, PARCHET, $. m. Quartier de pays, portion d'un grand 
vignoble. (Lavaux.) 

PASSA, V. Passer, aller; apprendre par cœur; lire. 

PASSAHIE, s. f. Tournée, passage de quelqu'un; intervalle de 
temps. 

PASSAIRA, a. /. ; PASSIAU, s. m. Petite échelle pour passer d'ane 
possession à l'autre par-dessus la haie ou la cloison intermé- 
diaire. — Passoir, id. 

PASSALA, V, Planter des échalas, échalasser. De pam, échalas. 

PASSAMAIDJE, a. m. (Test le nom de la valériane officinale, Vale- 
riana officinaUs, et du laser, Laserpitium Siler. Ce mot signifie 
passe médecin, ce qui veut dire que si l'on emploie l'une on 
l'autre de ces plantes, elle vaut mieux que le médecin (maidjo), 
et que l'on peut se passer de lui. (Alpes.) 



PAT 279 

PASSA RDAy ê. /. Femme effrontée, rôdeuse qui passe souvent pour 

mendier. (Entremont.) 
PASSIy s. m. Echalas. 6r. ircurvo^oç, paxiUus. — Passée id. (Vaud.) 
PASSI, s, f». Moineau. L. passer. 
PASSON^ s. m. Petit échalas, piquet, jalon. 

PATAI (à) , ioc. adv. Sur le dos. Porta à patai, porter sur le dos. 
~ A cakou, îd. 

PATARLLO^ PATAHLLO, s, m. Lourdaud, rustre, homme gauche, 
pesant. C. pat, commun. C'est la racine de patois, de pataud, etc. 

PATARAFFA, s. f. Paraphe de notaire; lourde chute. 

PATARAGNE, s, f. Brouette. (Entremont.) 

PATAU^ s. m. Butor, rustre, lourdaud, hôte. C'est une injure. 
(Alpes.) 

PATCHE, PATZE, s. f. Marché, transaction. Ta féna bounnapatche, 
tu as fait un bon marché. L. paetio. (Vaud.) 

PATGHEIHI, V. Conclure un marché, transiger. (Moudon.) 

PATEI, s. m. Patois, idiome du paysan. Cpat, commun, rustique. 
— Reman, id. 

PATEIN, a. m. Linge d'enfant, petit drap pour le berceau, lange. 
De paUa, chiffon. (Vaud.) 

PATENALLHA, s. f. Carotte, Daucus Carota. L.pastinaca. (La Côte.) 

PATET, PATETTA, adj. Minutieux, lambin, tatillon. 

PATETTA, V. Lambiner, s'occuper longuement de minuties. (Lau- 
sanne.) 

PATHOLLA, s. f. Causeuse, babillarde. (Jura.) — BatoUha, id. 

PATHOLLHl, V. Causer avec excès, babiller; chiffonner, patrouiller. 

PATHOLLU, VA, adj. Déguenillé; homme de néant, femme de 
rien. De patte, lambeaux, chiffons. — Dépathollu, id. (Vevey.) 

PATIFOU, s. m. Bouffon, bateleur; le bouffon de certaines fêtes 
villageoises, le premier dimanche de mai. (Nyon.) 

PATISOU, I. m. Cureur de retraits, gadouard, vidangeur. (Fri* 
bourg.) 

PATON, s. m. Sachet d'emplfttre, nouet sucré qu'on met dans la 
bouche d'un petit enfant pour i'empôcher de pleurer. 



380 PAU 

PATOUNNA, 0. Envelopper de chîflons. 

PATOUSSI^ V. Chiffonner, gftter, mettre en lambeaux. (Pays-d'En- 
haut.) 

PATOUSSI, SI A, adj. Chiffonné, dérangé dans ses plis, gâté, sali, 
déchiré, mai vêtu. 

PATRAKA, 8, f. Horloge ou montre dérangée, qui va habitndlemeDt 
mal, femme maladive, iille valétudinaire. (Lausanne.) 

PATRIGOT, 8. m. Boue, margouillis, saleté. 

PATRIGOTTA, v. Marcher dans la boue, manier salement, patau- 
ger. (Yaud.) 

PÂTRO, 8. m. Pâtre, berger, garçon de chalet. 

PATROLLHI,v. Patrouiller, manier indiscrètement, chiffoniier, 

farfouiller. 
PATROLLHON, 8. m. Patineur, qui prend et manie indiserètement 

les mains et les bras d'une femme. 

PATRON, 8, m. Homme hardi, déterminé, iier-à*bras. — Luron, id. 
(Alpes.) 

PATTA, 8. f. Patte d'animal; chiffon, guenille, vieux liogevsé. 
PI., patte (l'e ouvert et bref.) 

PATTA, 8. f. Tilleul, écorce de tilleul dont on &it des cordes. 
(Montreux.) 

PATTAI, 8. m. ; PATTMRA, 8. f. Celui ou celle qui recueille les 
chiffons pour les moulins à papier, chiffonnier. Au fémiDin od 
dit aussi pottoisa. (Yaud.) 

PATTAIHI, V, Recueillir les vieux chiffons, en faire commerce. 

PATTE, 8, f. pL Nom générique de la garderobe d'une personne. 
M'a robba mè patte, il m'a volé mes vêtements. (Val d'Uliei.) 

PATURIAUX, s. m. pi, Pftturages communaux. Dans le Jorat^po- 
tùuriau, pâturage. 

PAU, PÔ, 8, m. Pieu de bois. On pau-fer, un levier de fer. J^e fran- 
çais dit encore pal dans certaines expressions. 

PAU, PEU, POU, PAOU, PU, 8. m. (k)q. L. pullu8, poulet. 

PAUDJO, PEUDJE, PAUJOZ, PAUDZO, 8. m. Pouce. 



PED 281 

FAUDRA, PUDRA, i. f. Jeune jument de deul ans, pouliche. 
(Valais.) 

PAUHTHER, f. m. Pieu, levier de bois. (Orbe.) 

PAULASSA, $. f. Fanon du taureau, de la vache. (Alpes.) 

PAUMA, s. f. Balte, pelotte que les enfants emploient dans leurs 
jeux. 

PAUMA, o. Jeter un corps en l'air pour le recevoir dans ses mains. 

PAUTRON, I. m. Mauvais sujet, vaurien. — Pi^lro, id. (Pays- 
d'Enhaut.) 

PE, PI, a. f. La peau de l'homme et des animaux. 

PË^ ado. Pis. Il ne s'emploie guère que dans cette phrase: Lnde$e 
pe ke peindre^ il lui dit pis que pendre. — Par, id. 

PÈ s. m. Pet. 

Pè^de~lau, s. m. Yesse-de-loup, Lycoperdon, espèce de cham- 
pignon. (Jorat.) 

PÉAURA, s. f. Maladie d'un animal de boucherie dont la graisse 
se fond. (Alpes.) 

PECHA, FESSA, $. f. Urine, pissat. Pisse, dans le français vaudois. 
Pecha-éPéga, urine de jument; c'est. un nom élégant de l'eau- 
de-vie ou du brandevin dans quelques villages du canton de 
Fribourg. 

PËCHAUTRE, adv. Par ici, dans les environs. — Perchauire, id. 
(Contrée de la Broie.) 

PECHOT, TA; PICHON, PICHOTTA, adj. Petit; se dit des enfonts. 
C. Mchanj petit. (Jura.) 

PÉCULA, V. Amasser de l'argent. Ce verbe est tombé en désuétude. 
L. pecunia ou peculium. 

PEDAILLA, s, f. Infanterie, gens de pied. 
PEDEU, PEDEUSA, adj. Plein de pitié, compatissant. (Val d'Illiez.) 
PEDHI, FEGHI, s. f. Pitié, compassion. 
PEDIL, I. m. Bedeau, concierge de l'académie de Lausanne. — 
(On ne dit plus que bedeau. — • N. de l'éd.) 

PËDJE, PËDZE, s. f. Poix de cord(mnier. C. peg, poix. Voy. cu- 

DK-PÈDJE. 



282 PEI 

PEDJENAIRE, 9. f, ; PEDJON, s. m. Poix qui découle du niiiii. 

Voy. BEDJON. 

PEDJI, V, Poisser, enduire de poix ; bâcler une affaire. 

PEDJON, $. m. Yoy. bbdjon, prdjbnairb. 

PËDOLA, V. Avoir des soins minutieux pour un vieux parent, pour 
un enfant gâté. Gr. noûç, mu^ôç, enfant? (Val d'Illiez.) 

PÈDRI, 9. m. Perdrix. 

PEG60 À; PERKO, A, adj. Sobriquet que les gens du Pays-d'En- 
baut donnent à ceux de Montreux. L. paganus. 

PE6NET, TA, adj. Serré, cbiche, avare. — Pignet, id. (Vaud.) 

PEGNETTA, i. f. Petit peigne d'ivoire, de buis ou de laiton à 
dents serrées. 

PEGNI, 1;. Peigner ; sérancer le cbanvre, le lin. 

PÉGNIER, s. m. Panier. — Panei, id. 

PEHLLALA, s, /. Fromage de rebut, mal fait, mal fabriqué. (Alpes.) 

PEHLLET^ PËKLET, PUNRLET, s. m. Le loquet d'une porte, le 
pêne d'une serrure. 

PEI, s. m. Cheveux, poil, ilf'a teri lèpei, il m'a tiré les cheveux. 
- Pel, id. 

Pei'dùkUj nom ignoble de Vanémane des Alpet, ainsi nommée 
à cause de son fruit en toupet, en houppe. (Alpes.) 

Pei-de-ttin^pei-de'lau, poil de chien, poil de loup, Nardus 
stricta, nard roide, graminée qui infeste les pftturages. (Jura, 
Alpes.) 

PEILA, s. f. Poêle à frire. — PUa, id. 
PEINABLLO, A, adj. Pénible, fatigant, incommode. 
PEINDAIN, adv. Pendant, durant. 
PEINDEIN, a. m. Rideau de fenêtre, de lit. 
PEINDO, a. m. Pommes, poires, etc.^ dans un filet tuspenâM, 
(Moudon.) 

PEINDRE^ V. Pendre. — On demandait à une fille de la vallée de 
Joux s'il y avait eu beaucoup de monde à l'enterrement de son 

, père: Caume apri an lare Vùn mine peindre (comme après on 
voleur qu'on mène i la potence), répondit-elle. 



PEK 283 

PEINSÂy 9. Penser, réfléchir. Lei peiMeri on viadUo, j'y penserai 
une fois. 

PEINSAHIE, PEINSEIE, s. f. Pensée, espèce de violette, Viola tri- 
eolor, 

PEINTA, s. f. Taverne, cabaret, bouchon où l'on ne ne vend que 
du vin. (Vaud.) 

PEINTAI, PEINTARE, s. m. Tavernier, cabaretier, vendeur de vin 
en détail. — PitUier, dans le français vaudois. 

PEIOLEI, s. f. Serpolet, Thymus Serpyllum, (Bex.) — PignoUt, 
piolet, piUolelj id. 

PEIftASSET> 9. m. Persil. Cest un nom que le diable s'est donné 
dans un procès de sorcellerie à Gottens (Vaud), en 1641. — 
Pierrasut, id. 

PEIRE, s. m. Père, en parlant des hommes. On àiipare en parlant 
des animaux. Petre-grani, grand-père, aïeul. 

PEIRET, <. m. Petite centaurée, Erythrœa CerUaurium.^ Pékret, id. 

PEITHA, 0. Lier les pieds d'un animal pour qu'il ne s'écarte pas. 
L. pedes. (Val d'Illiez.) — PahUa, id. 

PEIVRËLLHON, PEIRELLHON, s. m. BusseroUe ou raisin d'ours, 
ArlnUus Uva uni. (Alpes.) 

PEIVRO, s. m. Poivre. 

PÉJORA, V. Empirer. (Test l'opposé de mellhaura, améliorer, chan- 
ger en bien. 

PEKA, V, Piquer, béqueter; soustraire, enlever furtivement. 

Peka-bouy mot à motptgti^ bois. C'est le nom générique des 
pics, des grimpereaux, et en général des oiseaux qui cherchent 
des insectes dans les gerçures de l'écorce des arbres. (Vaud.) 

Peke-boUon, s. m. Bouvreuil ou pivoine, oiseau qui, au prin- 
temps, pique et mange les boutons des arbres fruitiers. 

PEKERGNA, s. /. Chassie. Voy. bekeirgna. 

PEKERGNIAU, SA, adj. Chassieux. Voy. bekeirgniau. 

PERKA, PEKINA, s. f. Femme sotte, désagréable, pécore. (Vaud.) 

PÉRLETTA, V. Remuer fortement le loquet d'une porte. 



284 PEL 

PËKLLET, PIKLET^ $. m. Loquet de porte, pêne de serrore; 
moutre. 

PBKLOTTEI, #. m. Horloger; se disait au temps où l'on appelait 
une montre un péclet. (Genève.) 

PEKODA, i. /. Coup léger, chiquenaude. (Alpes.) 

PEKOLON, PIKOLON, i. m. Petit point, petite tache sur la peau. 

PEKOZI, s. m. Dauphinelle des blés, Delphmium Consolida, plante 
renonculacée. (Nyon.) 

PELA, V, Piler; avaler; s'évader; quitter un maître sans eongé. 
(Alpes.) 
Pelorpaou, s. m. Moulin à piler Técorce. De paou, tan. 

PELAHIE, a. f. Repas donné aux batteurs en grange quand ils ont 
fini. (Jura.) 

PËLAMAU, ado. Parce que, d'autant que, à cause de. NeUivupa 
alla pèlamau ke m*a rollhij je ne veux pas y aller, parce qo'il 
m'a roué de coups. (Yaud.) 

PELASSA, a. /. Pelure d'un fruit, première écorce d'un arbre. 

PELAU^ a. m. Bouillie. (Valais.) 

PELEFFRA, a. f. Peau d'une viande. 

PELEGA, V. Presser, broyer. Gr. iradtÇw? 

PÈLERINS, a. m, pi. Bûches de bois charriées par le Rhône jusque 

dans le Léman. Les riverains prétendent que ce bois appartieut 

au premier occupant. (Vevey.) 

PELET, a. m. Un petit poil; un brin, un peu. Bailli mè on peletit 
sau, donnez-moi une pincée de sel. 

PELETCHI, PELUTZI, PLUTGHI, v. Eplucher, Ôter la noix de sa 
coque. 

PELETZON, PELUTSON, a. m. Epluchure. 

PELEVOUÉ, PILIOUET, a. m. Papillon, phalène. — PeMVoi, id. 

PELEVOUET, PERREVOUÉ, a. m. Origan, thym serpolet. 

PELHON, a. m. Brou, enveloppe de la noix, de la noisette; coque. 

PELISSAR, a. m. Ouvrier qui travaille les peaux ^ les cuirs. — 
PeUetiar, id. (V. st.) 



PER 285 

PELLHET, TA; PILLET, TA, adj. Dépouillé de son enveloppe, de 
sa coque, de son brou. 

PELLHI, V. Sortir de leur brou des noix, des noisettes, des 
amandes. 

PELOSETTA, s. f. Epervière. L. piloieUa, — Peluetta, veluetta, id. 

PELOUGAN, s. m. Yoy. bblugan. — (Pelougan pourrait bien avoir 
la même racine que pelega, — N. de Téd.) 

PENAI, PENE, s. m. Prêle, Equisetum arvense, etc. (Vaud.) -- 
Cauva-à-tsavo, id. 

PENALLHON, s. m. Haillon; gueux déguenillé, bomme de rien. 
Fr. penaiUon. 

PENAU, SA; PENEU, SA, adj. Honteux, confus, désappointé, pe- 
naud. Le vieux français a dit peneux. — Petau, id. (Vaud.) 

PENDARE, s. m. Pendu, pendable, digne d'être pendu. (Fribourg.) 

PENEVOI, «. m, Voy. pelevoué. 

PENI, PENEI, s. m. Gharagne, Chara vnlgaris, etc., plante très 

âpre dont on se sert pour écurer la vaisselle, pour nettoyer les 

meubles de sapin. (Pays-d'Enhàut.) 

PENNA, s. f. Aile d'oiseau, plume. L. penna. 

PENNA, $. f. Panne du porc. — Penar, id. 

PENNES, PENNET, subst. Pin sauvage. (Valais.) 

PËPË, s, m. Père, papa. Même, maman. (Evêcbé de Bftle.) 

PEPI, PAS PI, adv. Pas même, pas seulement. 

PÉPOUNET, s, m. Goqueret ou cerise de juif, PhysaUs Alkekengi, 
plante solanée. (Aigle.) 

PER, PÈ, prép. Par. Per-ver, pè-veTj pè-vê^ vers, dans les envi- 
rons; se dit du temps et du lieu. 

PERA, PERRA, s, f. Pierre, caillou. 

PERQ, PERÇA, V. Percer, trouer. 

Perça-pierre, petite lamproie, Petro Myson, poisson* du lac de 
Neucbâtel. 

PERDOUNA, V, Pardonner. Perdounna-mè, pardonnez-moi, je vous 

prie de m'excuser. 
PERE, $, m. Poire. 



1 



286 PER 

PEREI, s. m. Poirier. 

PERELLET, $, m. Fruit de raabépine, Cratœgus oxyaeantka, — 
Poumetta, id. 

PER-EINKIE, loe. adv. Par là, par là autour. 

PËRELLHAU, SA, adj. Soigneux d'éviter le péril ; soucieux, craio- 
tif, prudent. (Alpes.) 

PERLINGUE, $. f. Voy. brelingua. 

PERNETTA, s. /. Coccinelle rouge à points noirs. (Montreux.) 

PERNISSE, s. f. Perdrix. (Bas-Valais.) 

PERO, A, adj. Petit, mince; petit garçon, petite fille. L. partm. 
(Val d'Illiez.) 

PERPILLOTTA, s. m. La plus petite mesure agraire employée dans 
le canton de Neuchâtel. 

PERRAI, s. fit. Ouvrier qui travaille dans les carrières. 

PERRAIRA, s. f. Carrière, lieu d'où l'on tire des pierres à bâtir. 
— Pierraire, id. 

PERRATEIN, s. m. Orpin brûlant, Sedum acre. (Pays-d'Enbaut.) 

PERRATEUN, s. m. Crotte de souris. (Alpes.) 

PERREVOUÊ, s. m. Eboulis, monceau de pierres dans les vignes. 
(Montreux.) 

PERROTZE, PERRUCHE, s. /. Paroisse. 

PERROU, $. m. Jeu d'enfant qui s'appelle aussi toton, Voy. ce mot. 
(Alpes.) 

PERS, PERSA, a4j. Bleu, bleue. L'a le ju pers, elle a les yeox 
bleus. 

PERSA, s. f. Pôcbe, abricot. L. Persa, la Perse, d'où viennent les 
pêches. 

PERSEMETTA, v. Reprendre au même prix, par droit de paren- 
tage, un bien vendu; retrait lignager. -- BetraehouniM, id. L. 
per utnel. (Fribourg.) 

PERSET, $. m. Vrille, petite tarrière, percerette. 

PERTE, PERTI, a. m. Trou, ouverture. V. Fr. pertm. 



PET 287 

PEBTEUSAy $. f. Petite ouverture dans les tuyaux de fontaine 
pour donner de l'air. 

PERTURBIER, s. m. Obstacle^ empêchement. L. perturbe. (Terme 
de l'ancien barreau.) Voy. dbstorbe. 

PERZARE, s. m. Personne sujette à égarer ses nippes, ses outils. 
(Pays-d'Enhaut.) 

PESSA, $, f. Pin pectine ou sapin blanc, Pinus Pieea de Linnée. 
Fiola, id. (Jura.) 

PESSA, FESSE (qui se prononcent peça, pece), i. f. Urlne^ pissat. 
— Pesshon, id. 

PESSENLLHJ, s. m. Pissenlit. C'est le nom de deux plantes des 
champs; du Leontodon Taraxaeum (pissenlit), et du Catthapa- 
lustris (populdge). Pour cette dernière plante on dit aussi pako- 
teira. 

PESSHON, s. m. Urine, pissat. — Pessa, id. 
PESSI, 17. Uriner, pisser. 

PESSOTTA, V. Pissoter, pisser peu et souvent. Diminutif du pré- 
cédent. 

PESSON, s, m. Poisson; petite poutre du pressoir. 
PESSOT, s. m. Forêt de montagne. (Alpes.) 
PESSOUNET, s. m. Forbicine, insecte. 
PESSOUNNAI, s. m. Poissonnier, pêcheur. (Léman.) 
PESSOUNNAIRA, s. f. Vendeuse de poisson. (Léman.) 
PESSUBLLA, PÉTUBLLA, s. /. Vessie d'homme ou d'animal. 

(Vaud.) 
PESTADEI, interj. Plût à Dieu. 

PETAIROU, s. m. Mousquet, fusil. Ce mot est tombé en désuétude. 
(Morges.) '^^ -> }rniL . 

PETAIRU, s. m. Le derrière. 

PETANCE, PËTANFE, s. /. Pitance; ce qu'on mange avec le pain. 

PETANSEI, RA, ady Qui donne beaucoup de pitance. 

PETAU, SA ; PENAU, PENEU, SA, ad;. Couvert de honte, confus, 
désappointé, penaud. (Vaud.) 



288 PET 

PETAUDERIA, $. f. Balivernes, niaiseries. 

PÈTE. Verbe défeclif, l'« personne du présent de l'indicatif; il si- 
gnifie ;> demande et n'est usité que dans cette phrase: Fête mon 
draiy je demande ma part (d'une chose trouvée). L. peto. (Mou- 
don.) 

PETHELLHET, s. m. Petit garçon mal élevé ; barbouillon, vanUrd. 
(Val d'Illiez.) 

PETIOU, PETIOUDA, adj. Petit. 

PETIOU, PETIO, PETE, s. m. Petit garçon. PetUmda, petite fille. 
La petiouda brame adi, la petite crie toujours. 

PËTOLA, 8, f. Crotte de chèvre, de brebis; crottin ; pilule, pas- 
tilles de pharmacie. 

PÉTOLÂ, V, Faire des crottes. — Un médecin a donné une purga- 
tion à une femme du Valais et lui demande si le remède a opéré. 
Elle répond : ai ci, m*a prau fé à pétola (oui bien, il m'a fait 
faire assez de crottes), ou bien : E prau fé fémé (j'ai fait assez de 
fumier.) 

PETOLLHON, s. m. Petit brocanteur en blé, en légumes. Ce mot 
est injurieux, parce qu'on y attache une idée de mauvaise foi. 
(Vaud.) 

PETON, s. m. Grande consoude, Symphyium officinale. C'est aussi 
la plante du tabac. V. Fr. petun, 

PETOU, PITOI, a. m. Putois, Muetella PtUorius. Le neir k'onpeUm, 
il est noir comme un putois, dit-on d'un homme hâlé, basané. 
PETOUNNA, V, Fumer du tabac (petun), mot à peu près inusité. 

PETRÉ, s. m. Pré marécageux où le pied enfonce, où Ton pétrit, 
(Nyon.) 

PETRO, a. m. Gésier, estomac, le jabot d'un oiseau. — DjeffrOj 
jeffro, id. — Pètre, dans le français populaire vaudois. 

PETSCHI, V. Pêcher, prendre du poisson. 

PETSE-LENA, a. m. Mot à mot, pêche-lune; sobriquet d'un village 
dont quelques ivrognes, voyant la lune dans un étang, proposè- 
rent d'aller la pécher, de peur qu'elle ne se noyât. 

PETSETTA, a. f. Petite bêche, petit sarcloir. — PetzeUa, id. 



PI 389 

PETTARAGUE, $. f. Brouette. Voy. pataragne. (Entremont.) 

PETZAR, s. m. Pioche. — Pichar^ «. m., fUha, «. /"., id. — Pùh 
ehard, dans le français populaire vaudois. 

PETZARD^ PETZÂ, s. m. Vin faible, rude, mauvais. Cest souvent 
le vin du cru. (Vully.) Les auteurs de la re rustica, appellent 
pe$ca, le mauvais vin, le vin tourné. 

PETZE, s. f, pL Fragments d'un liquide coagulé qu'on mêle avec 
le lait ou le petit-lait pour faire le êéré; grumeaux de lait caillé. 

(Alpes.) 

PETZENIASSE, s. f. pL Bagatelles, des riens, des choses de rebut. 
(Val d'Illiez.) 

PET^OLETTA, PICHOLETTA, s. f. Mesure d'un quart de pot, cho- 
pine. — KarteUa, id. (Vaud.) 

PETZON, $. m. Petite pioche à sarcler, serfouette.— Sari!r<tor«l,id. 

PETZOUGNI, 0. Pignocher, enlever avec les ongles la peau, la 
croûte d'un comestible. 

PEUSEGNIAI, 17. Faire ou offrir une petite collation après le sou- 
per, à la veillée. (Jura.) 

PEUTAU, $. f. Chose malpropre; objet de peu de valeur. De la 
peutau, de. la saleté, des choses malpropres. (Val d'Illiez.) 

PEVO, POVAU, $. m. ; PIVA, s. /. Cône de sapin, pomme de pin. 

PEVRIA, PAIRIA, PEIRIA, s. f. Menthe officinale. 

PEZA, V. Peser, évaluer. 

PEZETTA, s. f. Personne sans talent ni savoir. ^ MazeUa, id. 
(Lausanne.) 

PEZETTE, s. f. pi, Vesce pour les pigeons, Vida saliva. (La Côte.) 

On dit poiieiles, dans le français vaudois. 
PEZI, s, m. Grésil. (Lausanne.) 
PI, PIRA, adj. Pire. 

PI, PIRE, adv. Seulement. JPt prau, que j'en aie seulement assez ; 
pas pi, pas seulement : N'ain pas pi na tnaueina de pan, nous 
n'avons pas seulement une bouchée de pain. 
Pi eoei, loc. adv. Seulement par badinage. 

PI, s. m. Pied, membre ; pied, mesure de longueur. 

HEM. ET DOCOII. XXI. 19 



290 PIA 

Pi-à-pati, renoncule. C'est essentiellement la renoncule ram- 
pante^ Ranunculus repens, qui infeste souvent les cultures. Ce 
mot se dit aussi d'autres espèces qui foisonnent et multiplient 
beaucoup. C'est enfin le sobriquet qu'on donnait aux Fra])çai^ 
réfugiés après la révocation de l'édit de Nantes. (Vaud.) 

Pi-d^aluetta , dauphinelle des blés^ Delphinium ComoUda. 
(Nyon.) 

Pi'dé'tscha, sorte de gnapbale^ GnaphaUum dùneum, plante 
synanthérée. (Jura.) 

Pi-de-tsivra, espèce d'agaric comestible. (Alpes.) 

Pi'de-vi, pied de veau^ Arum maculatum, 

Pi'd'auhie (pied d'oie) ^ sorte d'ansérine^ Chenopodium hybri- 
dum. 
PIA, 5. f. Pic, oiseau. L. picus, Uè le pllie vUlhopia l^an le bè U 
pUie dur (prov.), ce sont les plus vieux pics qui ont le bec le 
plus dur. (Montreux.) 

PIA, 8. /. Espace de terrain labourable; ancienne mesure agraire. 
(Payeme.) 

PIAFFA, V. Piaffer, éclabousser; faire le fier. 

PIAILLARD, DA, àdj\ Piailleur. — Braillard, id. (Valais.) 

PIALET, s. m. Chausson, petit bas. Diminutif de pian, bas. > 

PIAN, PIAIN, s. m. Bas tricoté. — Tschausson, id. 

PIASSON, 5. m. Grand carré de toile fort claire dont on enveloppe 
le caillé pour le sortir de la chaudière et le mettre en forme. 
(Alpes.) 

PIATTA,v. Trépigner, remuer les pieds d'impatience; solliciter 
avec indiscrétion. (Fribourg.) 

PIATTËRI, IDA, adj. Qui remue sans cesse les pieds, qui s'agite 
en parlant. 

PIAU, 5. m. Pou. — Un homme des Ormonts voyant pour la pre- 
mière fois des écre visses les appela dei piau dau diabUe (des 
poux du diable), et ce nom leur est resté parmi les pâtres. 
(Alpes.) 
Piau-de^serpein, s. m. Demoiselle ou libellule. (Jura.) 

PIAULLHAU, SA, adj. Pouilleux. — Un Fribourgeois que sa 



PIF 291 

femme appelait piauUhau, la jeta dans la fontaine^ et comme elle 
continuait à lui donuer ce titre, il lui plongea la tête dans l'eau. 
Alors, ne pouvant plus parler, elle sortit ses mains de l'eau, et, 
les élevant, fit avec les ongles rapprochés de ses deux pouces 
un geste significatif. 

PIÂULLHL V. Se pouiller soi-même ou pouiller les autres. 

PIBLLA, V. Sujtpanere muUerem. En bas-breton, ptft, jni, signifie 
metUula, canalis urinœ marum, (Vaud.) • 

PICHE, PICHA, s. f. Pièce, morceau, pièce de monnaie. B. L. petia, 
Piche volanta. C'est une pièce d'étoffe ou de toile qui recroit à 

fur et mesure qu'on en coupe ; mais le sorcier qui lui donne 

cette utile propriété ne peut en profiter pour son propre compte. 

(Pays-d'Enhaut.) 
PICHETTA, s. f. Petite pièce, monnaie d'argent autrefois en cours 

dans le canton de Fribourg, valant sept creutzer. Il y en avait 

de simples, de doubles, de quadruples. 

PICHOLETTA, 5. f. Une chopine, un quart de pot. (Vaud.) 

PÏCHON, PITCHON, PICHOT, PICHOU, 5. m. Pinson; fauvette 
commune. (Vaud.) 

PICKA, s. f. Mot piquant, lardon, raillerie offensante. (Montreux.) 

PIDA, s. /. Réprimande, censure. (Nyon.) 

PIDÂ, 9. Mesurer avec ÏQpied ou avec un pan. Voy. ce dernier 
mot. (Moudon.) — On ditptd^r, dans le français vaudois; c'est 
un terme de jeu parmi les écoliers. 

PIENNÀ, PIAINÂ, PLLENÂ, s. m. Les' premières pousses de la 
vigne qu'on enlève et qui sont une bonne pâture pour le bétail. 
(Lavaux.) 

PIERRASSET, PIERROSSET, s. m. Persil. 

Pierrasêet au tsin, petite ciguë ^ jEthusa Cynapium. (Pays- 
d'Enhaut.) 

PIESTADEI, s, m. Sorte de gros saucisson. Voy. boutefa. 
PIETTA, s. f. Petit harle, poule d'eau. (Léman.) 
PIFFRÂ, V. Manger en glouton, s'empiffrer. 
PIFFRO, 8. m. Goinfre, mangeur insatiable. 



292 PIL 

PIGAN^ s. m. Tige de fer dont rextrémité fait un angle droit, à 
l'usage du foyer, de la forge. (Vallée de Joux.) 

PIGNETTE, PEGNETTE, s. f. pL Gardes, sorte de peigne du se- 
ranceur. 

PÎGNI, PEGNI, V. Peigner. 

PIGNO, s. m. Peigne pour les cheveux, peigne de tisserand; la 
pièce du râteau dans laquelle les dents sont plantées. 

PIGNOLET, PIOLET, PILIOLET, s. m. Thym serpolet, Tkymm 
SerpyUum. Voy. peiolei. 

PIGNOTTâ, s. /. Ecuelle, vase d*argile. (Valais.) 

PIGNOTZI, PENOTSCHI, v, Pignocher, manger négligemment, 
enlever la peau d'une viande, éplucher ce qu'on mange comme 
si l'on craignait d'y trouver des épines, des arêtes. 

PIHLLÂ, V. Détacher les parties graisseuses de la chair d'un ani- 
mal. (Alpes.) 

PIHLLO, s. m. Targette, verrou. 

PIKENIER, s. m. Piquier, soldat armé d'une pique. (V. st.} 

PIKERO, 5. m. Sorte d'oiseau ; c'est le casse-noisette^ Corvus ca- 
ryocaiacies, (Bas-Valais.) 

PIKETTA, s. /. Boisson tirée des prunelles sauvages, du marc de 
raisin, des groseilles, etc. ; petite pique ; estafette militaire qui 
portait cette arme. (Vaud.) * 

PIKOLET, PITIOLET, s, m. Mon petit, terme d'amitié. 

PIKOLON, $. m. Petit point sur Tt, sur la peau. — Pikolos était le 
dieu des morts dans la mythologie des anciens Prussiens. 

PIKORAI, i. /. Repas de baptême. (Vallée de Joux.) 

PIKOTTA, PEKOTTA, v. Galoper. (Moudon.) 

PIKOZÉ^ $, m. Primevère, Primula acaulis. (Moudon.) 

PILETTA, i. f. Poêlon, mortier; petite poule, poulette. Voy.Pioc- 

PIOU. 

PILHA, $. f. Le contenu d'une poêle. (Alpes.) 

PILON, $. m. Poêlon; mortier à piler; cri pour appeler les poules. 

PILVINETTA, $. /. Epine-vinette, BerberU vulgaris. 



PIO 298 

PIHPÂ, PEIMPÂ (se), V. Se parer, se faire beau ou belle. 
PIMPÔ, PIMPâHIE, ad;. Bien paré, pimpant. 
PINDJON, $. m. Pigeon. — CoUm, id. 
PINNA, s. /. Pudenda haminis et mulieris. (Jura.) 
PINNÀ, V. Supponere mulierem. (Jura.) 
PINPINELLÂ, 8. f, Pimprenelle, Poterium Sanguisorba, 
PIOLETTA, s. A; PIOLON, s. m. Petite hacbe. (Ormonts.) 
PION, 5. tu. Le pied d'un bas. (Jorat.) Voy. pian. 
PION, PIONNA, adj. Ivre, pris de vin. Gr. tntmy aoriste second de 
irtvu, je bois. (Vaud.) 

PIONNA, V. Enivrer, s'enivrer. En russe, pianna signifie ivrogne. 

— Pi&ussa, id. (Vaud.) 

PIONNET, $. m. Grimpereau, Cerihia familiarii, sorte d'oiseau. 

— Piotzet, pitschar, id. (Jura.) 

PI-ORA^ loc, adv. Il n'y a qu'un moment^ à l'beure môme, tout à 
rboure. Pt-ora ke l'è saillai, il ne fait que de sortir. 

PIORNA, I. /. Femme ennuyeuse, qui gronde, qui se plaint, qui 
se répète babitueliement. Kaise-tè pioma, tais- toi piome. Cest 
une expression classique du mari dans plusieurs ménages. — 
Miùnna, id. (Vaud.) 

PIOBNA, s. f. Rbùme, toux catarrheuse. (Valais.) 

PIORNÂ, V. Se plaindre sans cesse, se répéter d'une manière en- 
nuyeuse. 

PIORNARE, 8. m. Homme ennuyeux, grondeur> rabâcheur. 

PIORNERI, 8. m.; PIORNERIDA, s./. Enfant pleureur, qui se 
plaint toujours. 

PIOSSE, s. f. pi. Taches de rousseur au visage, aux bras. (Alpes.) 

PIOSSI, PIOSSA, adj. Qui a des rousseurs. (Alpes.) 

PIOSSI, V. Se dit des vaches quand elles pincent quelques brins 

d*herbe sur un terrain aride et déjà brouté. (Pays-d'Enhaut.) 
PIOTA, PIOUTA, 8. f. Patte, jambe de chat, de chien, d'enfant. 
PIOTAHIE, 8. f. Trace d'un coup de patte. 
PIOTHENA, V. Piétiner, commencer à marcher. 



294 PIT 

PIOTORSENA, s. f. Berce, Heracleum Sphandylium. (Pays-d'Ën- 
. haut.) 

PIOTTA, 8. f. Poule d'Inde, dinde. 

PIOTTERU, $. m. Dindon, coq d'Inde. (Fribourg.) 

PIOTTON, PIETTON, «. m. Petit pied d'enfant. — PeUm, id. 

PIOTTU, A, adj. Qui a des jambes grosses et courtes. (Genève.) 

PIOTZET, â. w. Voy. pionnet. 

PIOU-PJOU. Cri pour appeler les poules. — Pilon, pUetta, id. 

PIOULA, V. Pleurer, se lamenter, ennuyer par ses plaintes; crier 
sur ses gonds. — Dans un sermon de 1697, un pasteur repro- 
chait à %ps paroissiens d'apporter à l'église, pour distraire les 
fldèles, des tabatières qui pUmlaiefU quand on en tournait le 
couvercle. 

PIOUSSA, V. Voy. pionna. 

PIOUTA, PIKAUTA, 8. /. Aconit napel, Âconitum NapeUm. (Alpes.) 

PIPA, 8. f. Cidre, poiré. (Valais.) 

PIPA, 5. f, Benoite des ruisseaux, Geum rivale. 

PIPI, s. /*. Pépie, maladie des poules; soif ardente. A Orbe, ce mot 
signifie colchique. 

PIPI, PIT-PIT, FIFI, 8. f. Espèce de fauvette. 

PIPI, 8. m. Terme de bonne à un petit enfant. Vau-to fére p^, 
veux-tu pisser? 

PIPION, 8. m. Un peu, un petit morceau. (Valais.) 

PIROLËT, s. m. Pyrole, plante des forêts. 

PIS, 8. m. Pis de vache, tétine, le sein d'une femme. (Voy. Con- 
8ervateur 8ui88e, tome I, page 137.) 

PISSE-PRIN, 8. m. Avare, fesse-mathieu. Mot à mot quipi88e menu. 
(Orbe.) 

PISTA, 8. f. Fuite; trace du passage d*un homme ou d'un animal, 
pieté. 

PISTA, V. Décamper, partir furtivement, se rendre promptement 
quelque part. 

PITHIOLET, TA, adj. Tout petit. (Jura.) 



PLL 295 

PITHIOU, adj. Petit. (Olloo.) 

PITON ^ PETON ^ s, m. Rouleau qu'on fait passer sur une mesure 
de grain, afin qu'elle soit rase. Quand cet objet n'est pas rond, 
mais plat comme une règle, on l'appelle rakletta. (Yaud.) — Un 
receveur qui avec ces instruments faisait petite mesure, ayant 
fait bfttir une maison, un malin écrivit sur sa porte : 

La rakletta et lo pUon 
An fai bâti sta maison. 

PITOUâNA, s. f. Bétoine, Betonica offlemaliSj plante labiée. 

PITOUNNA, V. Piétiner, fouler un terrain avec les pieds; presser 
des grains entassés pour qu'ils tiennent moins de place. 

PITSCHAR, s. m. Voy. pionnet. 

PIULA, V. Crier comme la souris. (Val d'Illiez.) 

PIYA, s. f. Cône de sapin. — Mauni, id. 

PLÉDJI, 0. Faire honneur à une santé qu'on vous a portée. — 
Pkndzi, id. (Genève.) 

PLIECK, 5. m. Plaisir. (Anniviers.) 

PLLA, s. m. Plat. 

PLLA, PLLATA, adj. Plat, plate. 

PLLAÇA, 8. f. Place. (Vaud.) 

PLLACETTA, $. f. Petite place. (Vaud.) 

PLLAIDAIHI, V. Plaider. 

PLLAKA, V. Discontinuer, cesser, interrompre un ouvrage. L. pla- 

care. (Fribourg.) 
PLLAN, ado. Doucement, avec précaution. AUein topUan, allons 

tout doucement. 

PLLAN, s. m. Petite plaine sur une montagne, plateau entre des 
rochers. Lo pUan de maman, le plateau du col de Jaman, dans 
les Alpes vaudoises. 

PLLANA, V. Aplanir. 

PLLANAI, SA, ad;. Lent, qui avance peu. (Alpes.) 

PLLAN AIRON, s. m. Espèce d'ouvrier dans une tuilerie; c'est or- 
dinairement un petit garçon. 



296 PLL 

PLLANO, s. m. Erable platanoïde, Acer platanoides. 
PLLANTA-LEZI , s. /. Femme oiseuse qui ne fait que caus^ de 

lieux en lieux au lieu de vaquer à son ouvrage. (Joral.) 
PLLANTIYâMEIN, adv. Franchement , positivement, pour sûr. 

(Pays-d'Enhaut.) 

PLLANTZE, PLLANTCHE, n. f. Planche, ais ; pré gras, espace de 
terrain bien cultivé attenant à la ferme. PUanchetta, petite 
planche. 

PLLANTZEIHI, v. Faire un plancher, plancheyer. 

PLLANURA, $. f. Plaine, partie plate d'une contrée. DepUan. (Mar- 
tigny.) 

PLLATRO, s. m. Plfttre; gâteau couvert d*une bouillie épaisse; 

homme pesant, lourdaud qui reste planté là comme une souche. 
PLLATTA, s. f. Charge de foin qu'on place sur des branches pour 

la traîner sur des pentes rapides. (Ghâteau-d'Œx.) 

PLLATTA, «. /. ; PLLATTET, PLLATTON, PLLATZIRON, $. m. 
Cyprin, soit palée, sorte de poisson du Léman. 

PLATTALAHIA, $. f. Mets entassés sur un même plat. 

PLLATTEIHI, v. Enlever la neige des places où le terrain com- 
mence à paraître. (Pays-d'Enhaut.) 
PLLATTET, PLLATALET, PLLATI, s. m. Petit plat, assiette. 

PLLATTHI, $. m. Planche plus épaisse que les planches ordinaires, 
madrier. 

PLLE, adv. Plus, davantage. iVm tmpUe main, je n'en veux plus, 
je n'en veux plus aucun. ^ 

PLLEIN, PLLIEZ, a. m. pL Linges nécessaires à la propreté d'an 
enfant au berceau. (La Côte.) 

PLLEIN, PLLAINA, adj. Plein, rempli. Au féminin, il se dit d'une 
femelle pleine ou d'une femme enceinte. — PUei, id. 

PLLEINT, s. m. Plainte, gémissement d'un malade. 

PLLEKA, PEKA, adv. Plus du tout, plus rien. 

PLLEMA, PLOMMA, v. Plumer, peler un fruit, ôter la peau d'une 

pomme de terre. 
PLLEMISSA, s. f. Pelure, cosse. 



POK 297 

PLLEUNDRE, BLLEUNDRE, v. Craindre d'ôtre réprimandé, avoir 
honte de sa faute. C. blunder, affliction, tristesse. (Pays-d'En- 
haut) 

PLLEUTRO, s. m. Lâche, poltron, homme sans énergie, sans hon- 
neur. (Vaud.) 

PLLIA, $. f. Levée, main au jeu de cartes. 

PLLO^ PLOT, $, m. Bloc de bois, billot^ tronc d'église. 

PLLODJE, ê. f. Pluie. La pllodje vin dru, il pleut ferme. — 
PUodze, id. 

PLLODJETTA, s. f. Petite pluie, bruine. 

PLLOMMA, s. f. Plume à écrire, plume en général. 

PLOMME-SA, $. m. Jeu des enfants, qui se frappent avec des mou- 
choirs noués. (Vallée de Joux.) 

PLLORA, V. Pleurer; transsuder, filtrer. 

PLLORERI, DA, adj. Petit garçon pleureur, petite fille qui pleure 
sans cesse. (Alpes.) 

PLLOTTET, s. m. Jeu d'exercice qui ressemble à la galoche et que 
les enfants jouaient surtout le 25 mars sur les places de Lau- 
sanne. (Vaud.) 

PLLOVEI, V. Pleuvoir. PUau, il pleut. 

PLLOVIGNI, PLLOVEGNI, v. Pleuvoir par gouttes menues, 
bruiner. 

PÔ, s. m. Voy. PAU. 

PODZU, j. m. Etui de peau pour un pouce blessé. Depaudjo, ponce. 

POG, adv. Peu. (Vieux langage fribourgeois.) 

POHI, V, Gravir une montagne; faire monter les troupeaux sur les 
Alpes, alper. Vient-il du grec iroca, irôo, irocq, herbe, ou de po- 
gmrn, podium, qQï, dans la basse latinité, signifie un lieu élevé, 
un tertre, une colline. 

POHIA, s. f. Montée rapide, éminenee; époque de l'alpage. (Fri- 
bourg.) 

POHIETTA, j. f. Petite montée» rampe douce. Dimiiuitif de pohia. 

POKA, 0. Jeter lovrdaneDl un biàenn; hmner qoelqo'iui* (Alpea.; 



298 POR 

POLÂILLE^ 8. f. Poule. Le polaiUe s'épauairan, les poules s'époa- 

vantent. 
Craiva-polaUle. Cest un des noms du colchique, CoUhieumaii'- 

tumnale, parce que sa graine fait crever les poules. (Montreux.) 

— Bovet, pipi, id. 

POLATON, 8. m. Petit coq^ poussin; petit garçon. 

POLET, s. m. Poulet. 

POLIA, POHLLA, s. /. Pouline, pouliche. 

POLLENTA, s. f. Farine de maïs. Ce mot est italien. — PouloMe, 
id. (Valais.) 

POLLHIEN, 8. m. Poulain. 

POLLIETTA, s. /. Gelinotte, Tetrao bonasia. (Jura.) 

POMBLLON, 8. m. Houblon, Hufnulu8 Lupulu8. 

POMI, POMEl, 8. m. Pommier, Pirus Malu8. 

PONA, POUNA, V. Poser; débourser. L. pono. 

PONSO, PONTET, PONTI, 8, m. Petit pont, ponceau. 

PONSOUNNA, V, Aiguillonner, presser, talonner. L.pungere. (Lau- 
sanne.) 

POR, prép. Pour, afin de. — Pé, pi, id. 

Por cein, por cein khe, par cein sike, pour cela, à cause de cela, 
parce que. 

Por la mau ke, loc. conj. Parce que, par la raison que, va que. 
(Yaud.) — Dans le Jura, on dit pou la mé ke. 

PORBATTRE, v. Murmurer, grogner. (Val d'IUiez.) 

PORCELLANNA, «. f. Pourpier, Portulaca oleracea. 

PORCEMEIN, adv. Cependant, pourtant. (Val d'IUiez.) 

PORDEI, 8, m. Inconnu de mauvaise mine, gueux, truand, men- 
diant qui demande Taumône au nom de Dieu ou pour Dieu. Por, 
pour; Dei, Dieu. (Valais.) 

PORET^ TA, adj. Pauvret. Se dit d'un enfant maigre, faible, ma- 
lingre. (Pays-d'Enhaut.) 

PORKE, PORKIÉ, adv: interr. Pourquoi ? 

PORMON, POLMON, 8. m. Poumon. 

PORMOUNIA, a. /. Maladie contagieuse des vaches, pulmonie. 



POR 299 

PORPA, $, f. Cbair sans os^ pulpe, 

PORPU, PORPIA, adj. Charnu, dodu, pulpeux. (Alpes.) 

PORRA, PORRÉ, i. m. Poireau, Allium Porrum. 

PORRASSE^ s. f. Ail des ours, AlUum ursinum. (Bex.) 

PORRATET, $. m. Petit mendiant, petit pauvre; petit, pauvret; 
terme d'amitié. 

PORRO^ PORRE, adv. Pourtant, peut-être. L. porro. (Vaud.) 

PORSALET, «. m. Cloporte. L. porcellus, 

PORSEIN, POSSAIN, s. m. Souci, inquiétude, soin, vigilance. 
(Fri bourg.) 

PORSOGNI, PORSOUGNI, v. S'inquiéter, prendre souci. 
PORSOGNEU, SA; PORSEGNEU, SA, adj. Soigneux, soucieux, 

économe de son bien. (Gruyère.) 
PORT, s. m. Passage dans un défilé dangereux. (Alpes.) Ce mot 

est venu des Pyrénées. 

PORTA, $. f. Porte. 

PORTA, POUEIRTA, v. Porter; être pleine, en parlant de la fe- 
melle d'un animal; être enceinte, en parlant d'une femme. — 
On demandait à une montagnarde qui revenait d'Aigle, si elle 
avait fait une bonne foire. Ouai bein se ne poueirto pa, répon- 
dit-elle. 

Porta-bouenne, s. m. Feu follet; mot à moi porteur de bomei. 
— Le peuple croyait que l'âme de ceux qui avaient remué des 
bornes à leur profit reparaissait par pénitence, sous la forme 
de feu follet, pendant cinquante ans. (Vaud.) 

Porta-rousahie , s. f. Alchimille argentée ou alchimille des 
Alpes, Alchemilla alpina, plante rosacée. Mot à mot porte rosée, 
parce que cette jolie plante en garde des gouttes dans les plis 
de ses feuilles. (Alpes.) — Arzeintena, id. 

PORTAIN, adv. Pourtant, néanmoins, cependant. 

PORTERIA, PORTORIA, s. f. Redevance ou impôt payé, sous la 
maison de Savoie, par quelques villes du Pays de Vaud pour la 
garde des portes. (Voy. Grenus, Documents relatifs à l'histoire 
du Pays de Vaud, page 38.) 



800 POT 

PORTETTâ, s. /. Petite porte, guichet de tonneau. 
PORTZGHET, PORGHET, s. m. Petit porc d'une année.— fftn^i, il 
POSA^ POSÂHIE, adj. Tranquille, grave, de sens rassis, posé. 
POSA, POUSA, V. Poser, placer. 

POSSEMEINTE, PORGEMEIN, adv. Pourtant, cependant, enfin. 
(Fribourg.) Voy. porcemein. 

POT, s. m. Pot de terre, pot de fer, marmite ; mesure pour les li- 
quides. 

POTÂHI, POTEIHI, V. Bouder, faire la moue, la grimace. DepoOa, 

lèvre. 
POTÂLET, t. m. Petit poteau, jalon. 
POTAU, 8, m, SouflQet, momifle. (Val d*lUiez.) 

POTEI, 5. m. Potier, qui fabrique de la poterie. 

POTEILA, ». f. Poterne. 

POTHI, POTI, s. m. Poteau. 

POTRA, s, f. Bourbier, boue, vase; poudre, poussière d'une vase 
desséchée. (Martigny.) 

POTRINGA, s. f. Drogue liquide, tisane, remède composé, miiture. 
(Lausanne.) 

POTRINGA. V. Donner des remèdes ; avec se, se droguer soi-même. 
— Maidji, id. (Lausanne.) 

POTSGHE, POTSE, s. f, Guiller de bois ou de métal pour puiser 
dans le po<, dans la marmite. 

POTSON, s. m. Petite cuiller, petit baquet. 

POTTA, s. /. Lèvre, grimace^ moue. Fa lapotta, il a Tair de mau- 
vaise humeur. Suson è bein à ma potta, Susanne est bien à mon 
gré. (Vaud.) 

POTTE, s. f. pi. Lèvres avancées, grosses lèvres; grimaces, mines. 
Doron mè fa adi dei poUe, Théodore me fait toujours des grima- 
ces. Voy. BOTSCUE. 

POTTHA, ». f. Fesse. (Entremont.) 

POTTHERET, POTTHERIDA ; POTTU, A, adj. Qui a les lèvres 



POU 301 

grosses avec un air de mauvaise humeur^ lippu. G. potj baiser. 
(Valais.) 

POTZOUNAHIE, s. f. Cuillerée, quantité de liquide contenu dans 
la pot$e ou le potson. (Yaud.) 

POU, adv. Peu. Tsopou, peu à peu. L'è n'hommo de pou de fax, 
c'est un homme de rien; à pou pri, à peu près. 

POUAI, ÉPOUAI, ÉPOUI, ÉPU, adv. Puis, ensuite, et puis. — (On 
dit ape, ap, dans le patois de Tavannes, Jura bernois. — N. de Téd.) 

POUAI, POVAI, V. Pouvoir. N'ein pumé^ je n'en puis mais, je 
suis las. 

POUAI, POVAI, s. m. Puissance, pouvoir, moyen. 

POUAINA, POUINA, 5. f. Femme au visage pointu, maligne, à 
l'air de fouine. Voy. fouainna. 

POUAINETTA, s. /. Diminutif du précédent; jeune fille espiègle, 
maligne. (Montreux.) 

POUAINFOU, s. m. Houx, Ilex aquifolium, (Orbe.) 

POUAINTAIRÂ, s. /. Femme qui fait de la dentelle ou qui la vend. 
(Pays-d'Enhaut.) 

POUAINTE, s. f. pL Dentelle, blonde. — PuainU, id. — (C'est le 
français point, dans point d'Alençon, point de Malines, etc. — N. 
de réd.) 

POUAIR ou POUEIR, POUAI, PUR, $. m. Porc; homme sale et 
dégoûtant. — Porcel, id. 

POUAIRA, POUAIRE, s. /. Peur, f^yeur, épouvante. 

POUAIRAU, SA, adj. Peureux, craintif, timide. 

POUAIRI, EPOUAIRI, r. Effrayer, épouvanter. 

POUAIRTZA, s. f. Salope, femme sale, fille dévergondée. (Lavaui.) 

POUAISI, r. Puiser. 

POUAISIAU, s. m. Vase à manche pour puiser. — Goumo, id. 

POUAISINA, POISSINE, $. /. Droit de pèche; espace déterminé 
pour pécher, réservoir, vivier. 

POUATHAIN, NA, o^. Méchant au plus haut degré. (Alpes.) 
POUÉ, f . m. Puiu. 



302 POU 

POUEIH, POUEH ! itUerj. Pouah I Û 1 Ce mot se dit des choses 
sales, puantes, qu'on voit ou qu'on sent. (Vaud.) — Pouah ! id. 

POUEIRTZO, s. m. Corridor à l'entrée d'une maison. L. parUcus, 
(Vaud.) — (Pouairtzo a la même origine que le français porckt. 
On dit Vallée d^une maison^ dans le français vaudois.— N. de Téd.) 

POUET, TA; POU, TA, adj. Laid, vilain; se dit des gens et des 
animaux. Pouei tein, mauvais temps. 

POUETTA, POUTTA, PEUTA, POTA, s. /., POUET, s. m. Pu- 

naise. (Valais.) 

POUETTAMEIN, adv. Vilainement, indécemment, méchamment. 

POUGNA, PUGNA, s. f. Poignée d'objets réunis, ce que la maio 
fermée peut contenir. Na pougna de mouniha, une poignée de 
monnaie. 

POUHA, V. Tailler la vigne. Gr. nouh, faire. (Vaud.) 

POULA, V, Crier; se dit des garçons qui courent la nuit. (Valais.) 

POUMA, s, f. Pomme, fruit du pommier. 

POUMETTA, 5. f. Fruit de l'aubépine. 

POUNA, 8, f. Planche épaisse pour revêtir les citernes. (Alpes.) 

POUNAI, SA, adj, Punais, puant, sale. C'est une injure défendue 
par une loi de 1378 contre les injures el termes offensants. 
(Nyon.) 

POUPON, s. m. Nouveau-né, enfant au maillot. 

POUPOUNNA,*©. Accoucher. De poupon. 

POURCHAS, s. m. Recherche d'une fille en mariage, fleurette que 
lui conte le prétendant. 

POURETA, 8, f. Pauvreté, misère. 

POURLA, s. f. Voy. bourla. 

POURLETTA, 8. /. Amorce de fusil, poudre qu'on mettait dans le 
bassinet. 

POURLO, s. m. ; POURLA, s. f. Poudre à canon. — De pourla, 
bourla, brûler. — Pura, id. (Alpes.) 

POURO, POURA, adj. Pauvre ; cher. Ma poura fenna k^è mouertaj 
ma chère femme qui est morte ; mon pouro cousin Wa la Isamba 



PRA 303 

rotta, mon cher cousin qai s'est cassé la jambe; deipoure dzein, 
des pauvres gens. 

POURYÉâBLE, adj. Prudeut, qui use de prévoyance. — Promde, 
id. Vieux style de notaire. 

POUSA, s. f. Arpent, pose^ ancienne mesure agraire; pause, halte 
pour se reposer. (Vaud.) 

POUSTA, s. f. Poste -aux lettres; petite balle de plomb pour la 

chasse. 
POUSTÂ, V. Poster. 

POUTAN, PUTA, PUTAN, $, f. Putain, fille publique. 

POUTANA, PUTANA, v. Fréquenter les femmes de mauvaise vie. 

POUTASSI, s, m. Putassier, coureur de filles publiques. — i2t- 
baud, id. 

POUTTA, POUETTA, «. /. ; PUTIET, s. m. Cerisier à grappes. Ce- 
rasus ou Pruntu Padus (Vaud). -- Nerprun purgatif, Rhamnui 
cathariicus. (Ormonts.) 

POUTTET, s. m. Lieu rempli de cerisiers à grappes. 

POUTZ, 8. m. Terme de matrone. Pudenda mulieriSj matrice. Ce 
mot vient-il du latin ptUeus ou du mot hébreu qui signifie pu- 
denda utriusque sexus ? Quelques mots de notre patois nous 
viennent de Thébreu, parce que dans le XII« et le XIII* siècle 
les médecins du Pays de Vaud étaient juifs pour la plupart. 

POZZEULA, 8. f. Goutte d'un liquide. It. pozza, flaque d'eau, mare. 
(Entremont.) 

PRA, PRAU, PRO, s. m. Pré, prairie. 

PRAISA, s. f. Possession, fonds de terre où se trouve ordinaire- 
ment un bâtiment. 

PRàLA, PRÈLA, PRALLA, s. a Prêle des champs, BquUetum ar- 
ventf. (Test aussi un des noms du genêt des teinturiers, Geniita 
tmclona. 

PRALET, I. m. Petit pré, petite prairie. ^ PraUi, id. 

PRALLHA, f . f. Corde moyeonaot laquelle le bae glisse d'an bord 
à l'autre. (Aigle.) 



304 PRE 

PRALLHI, s. fit. ; PRAILLE, s. f. pL Pâturages marécageux le 
long du Rhône. 

PRASÂ, PRAHIA, s. /. Prairie, pftturage, pièce de terre avec nn 
fenil. — Fraisa, id. 

PRAU, PRO, PREU, PRU, PROU, adv. Assez, suffisamment ; ce- 
pendant, pourtant. L'è prau, c'est assez. Prau vo fasse, grand 
bien vous fasse ! (La Fontaine a dit dans le même sens : Bonfnm 
vous fasse, — N. de l'éd.) — Kan Vè hein Vè prau (prov.), quand 
c'est bien, c'est assez. Le prau de, suffit, je vous entends. ¥. Fr. 
praw. (Vaud.) 

PRÉ, PRI^ 5. m. Acide pour faire coaguler le lait, présure; la 
matière coagulée du fromage prête à être mise dans la forme. 
(Fribourg.) No leifarein un bon pri grâ, nous lui ferons un 
bon fromage gras. {Ranz des vaches de la Gruyère.) 

PRÉDICANT, s. m. Ministre de l'église réformée. (Fribourg.) 

PRÉDJI, PRIDJI, V. Prêcher, réprimander; faire la conversatioD. 
(Aigle.) 

PRÉDJO, PRIDJO, PRIDZO, s. m. PrJche, sermon. Alla au pridjo, 
aller le dimanche à l'église. 

PREIHI, V. Prier Dieu, prier quelqu'un. 

PRËIHIRA, 5. f. Prière, soit au temple, soit à la maison. Yoy. dans 
le Conservateur suisse, tome VIII, page 239, une prière en patois 
des Ormonts. 

PREIHIOTTA, V, Dire tant bien que mal quelques petites prières. 
(Pays-d'Enhaut.) 

PREIMAVO, 5. m. Jeune porc de l'année. — Ennesi, id. 

PREINDRE, V, Prendre, saisir. Prei, prai, pris. Ce verbe signifie 
aussi se coaguler, ^épaissir, se glacer. Le lassi è-t-e prei ? Le lait 
est-il caillé 1 Le rio è prai, le ruisseau est gelé. Diu me preigne, 
Dieu me prenne, borte de jurement plus commun chez les fem- 
mes. (Vaud.) 

PREINTA, s. f. Lait dont on a tiré le fromage et qu'on n'a pas en- 
core fait recuire, pour en extraire le séré. (Valais.) 



PRE 305 

PREINTHA, s, f. Finance annuelle pour racheter une prairie du 
droit de parcours. 

PRElNTHÂy t?. Pâturer, brouter la première herbe du printemps. 

PREINTHAHIE, 8. f. La première herbe du printemps; droit du 
seigneur de faire brouter cette herbe ou d'en percevoir le prix 
de rachat. (Fribourg.) 

PREINTHO, $. m. Premiers fruits. 

PREISA^ s. f. Prise, récolte. Baillimè napreisa, donnez-moi une 
prise de tabac. L'a fé na bounna preisa $H an, il a fait une ré- 
coite abondante cette année. Ce mot signifie aussi une possession 
de montagne avec un fenil, Yoy. praisa, prasa. 

PREISÂ, PRISA, V. Prendre du tal^ac, priser. 

PREISON, 8. m. Prison, chambre d'arrêts. 

PREMI, APREMI, s. m. Printemps, première saison. (Jura.) 

PREMI, PREMIRA, adj. Premier. Uapremi, adv. D'abord , en pre- 
mier lieu. 

PREMIRAMEIN, adv. Premièrement. 

PRÊSEMI, V. Méditer, faire une sérieuse attention. L. prœ semei. 
(Val d'Illiez.) 

PRESTO, PRESTA, adj. Preste, dispos, expéditif ; prêt, prôte. 

PRÉSURA, 8. f. Présure, acide pour faire cailler le lait. — Cd, 
azi, id. 

PRETEINTHAILLE, s, f. Bagatelles, menues choses ; troupe d'en- 
fants bruyants. (Yaud.) 

PREU, adv. Assez. Voy. prau. 

PREVAIRE, s, tu. Repas que donne un jeune prêtre après sa pre- 
mière messe (Fribourg). — Repas qu'un homme donne à ses 
voisins qui l'ont gratuitement aidé à monter la charpente d'un 
bâtiment, à leva la ramura ; relevailles. (Vallée de Joux.) V. Fr. 
provoire, prêtre. — De là le nom d'un village vaudois, Monipre- 
Teyres, le mont du prêtre. — Provaire, prouvaire, id. 

PRÉVESEIN, s. m. Tumeur, crevasse au sein d'une accouchée. 
(Monlreux.) 

PREVÔLET, 5. m. Papillon, phalène. — Pelevoué, piliiet, id. 

HtM. ET DOGUM. XXI. SO 



306 PUD 

PRÉVON, DA, adj. Profond. 

PRIM, PRIN, PRIMA, PRIMMA, adj. Mince, menu, fin. — Pmn, 
Prema, id. 

Prima-bUhia, s, /. Porc, cochon ; mot plus honnête quecmn. 
Il signifie aussi menue bête de peu dé valeur, 

Prin-fouair, s. m. Absinthe^ armoise, Artemisia. 

Prin-pUantain, plantain des Alpes, Plantago alpitta, (Alpes.) 

PRIMA V AU, s. m. Froment de Sibérie, froment printanier. 

PRIMMA, s. f. Diarrhée, flux de ventre. (Valais.) 

PRIMS, s, m. pL Menus brins de foin dans la grange. (Genève) 

PRÎTRO, 8. m. Prêtre. Voy. cappa, prevairb. 

PRO, PROU, adv. Assez. Voy. prau. 

PROEIN, NA, adj. Qui a une odeur forte, portant à la tête. (Alpes.) 

PROMMA, ». f. Prune. On prononce pron-ma. PI. promme. 

PROULAIRÂ, 5. f. Chaîne de char. (La Côte.) 

PROVEGNI, V. Provigner, faire des provins. 

PROVEGNURA, ». /. Provin. 

PROVEINDA, ». f. Prébende, provision, nourriture pour les bes- 
tiaux. (Fribourg.) — Prwéamte, id. 

PROVEINSA, PROVEINCHA, ». f. Pervenche, Vinca imnor. 

PRU, adv. Assez. Voy. prau. 

PRUMI, PREMI, ». m. Prunier, Prtrnti» domestica, 

' PRUNDRE, V. Passer un liquide à travers un linge. 

PRUNTA, ». f. Colature, petit lait qui sort d'un fromage mis en 
presse. (Alpes.) 

PU, ». m. Sanie, pus. 

PU. Première personne du présent de l'indicatif du verbe pouai, 

povaL Voy. pou ai. 
PUBLLO, POUBLIO, ». m. Peuplier noir, Populus nigra, (Vaod.) 
PUCHEIN, TA, adj. Puissant, très fort; grand, gros. On pHchm 

fé de bou^ un gros fagot de bois. 

PUDJAU, AUSA, adj. Plein de puces. 
PUDJE, ». /. Puce. — Pudze, id. 



PUS 307 

PUDJENÂ, s. f. Petite poule, poulette, poussin. — Pudzena, id. 

PUDJENÂIRÂ, s. /. Les Pléiades, constellation vulgairement appe- 
lée Poumnière. 

PUDJI, ÉPUDJI, V, Oter les puces, épucer. De pudje, puce. — 
Pudzi, id. (Vaud.) 

PUDJIN, PUDZIN, PUZIN, s. m. Poussin, petit poulet. 

PUDRA, PURA, s, f. Poudre à canon. — Pourlo, pourla, id. 

PUDREIN, POLLHIEN, s. m. Poulain. 

PUDZENAIRA, PUDJENAIRA, s. f. Poule qui a des poussins; 
jeune fille qui soigne la basse-cour et les couvées. — On connaît 
lapudjenaire du château de Pompaples, qui ne donnait rien à 
manger à une jeune couvée parce qu'elle croyait que les pous- 
sins tétaient leur mère quand ils se cachaient sous ses ailes. De 
là est venue la phrase proverbiale : L'è asse cura ke lapudzenaire 
de monsu de PompapleSj elle est aussi bête que, etc. 

PUFFA, PUSSA, «. f. Poussière, poudre de pharmacie. 

PUFFET, PUSSET, s. m. Poudre médicale; brins de. persil, de 
cerfeuil séchés et réduits en poudre pour mettre dans le potage. 
— Pussetta, id. (Lausanne.) 

PUGEARD, PUGÉAL, 8. m. Poignard. (V. st. de Genève.) 

PUNA, $, f. Tronc de sapin ébranché. (Voy. Conservateur suisse, 
tome VI, page 91. (Vallée de Joux.) 

PUNDJAI, s, m. Etui à épingles, à aiguilles. L. pungo. (Alpes.) 

PUF A, s. f. ; PUPUT, «. m, La huppe, sorte d'oiseau. 

PUBO, s. lit. C'est le sobriquet des habitants du cercle d'Ollon (en 
patois Vlon), Il vient de pur (porc), parce qu'ils élèvent et en- 
graissent beaucoup de cochons qu'ils vendent avantageusement 
dans leurs foires de la fin de l'année. — Les trois autres cercles 
du district d'Aigle ont aussi leurs sobriquets. On dit : Le z'or^ 
gollhau de Bex, les orgueilleux de Bex; le zHvrogne d^Aillo^ les 
ivrognes d'Aigle; le lare di z'Ormonts, les voleurs des Ormonts. 

PUSSALLA, s. /. Pucelle, vierge, jeune fille en général. 

PUSSALADJO, s. m. Pucelage, virginité. Jadis on chantait à Lau- 



308 OUO 

saDne, sur la promenade de MontbeDon^ une ronde dansanle dont 
le refrain était : Mon joli pucelage. 

PUSSO^ 5. m. Jeune homme vierge. 

PUT A, «. f. Fille publique^ putain. — Poutan, id. 



Q 



N. B. La lettre Q n'est pas absolument nécessaire dans rortho- 
graphe de notre patois; aussi plusieurs mots qui pourraient s'é- 
crire par Q se trouveront aux lettres C et K. Nous devons celte 
lettre à la langue latine, mais notre roman peut s'en passer et n'en 
a nul besoin. Nous conservons cependant la lettre Q pour un cer- 
tain nombre de mots. 

QUASIMEIN, adv. Quasi, à peu près. — Cam, casumein, id. 

QUIEINZE, QUIEIZE, adj. numér, Voy. kainze. 

QUINTA, 8. f. Caprice, lubie, accès de mauvaise humeur, quinlty 
travers. (Lausanne^) 

QUINTAU (on prononce kieintô ou même tieintô), 5. m. Poids de 
cent livres, quintal. 

QUINTHI, V. Etre de mauvaise humeur, avoir une lubie, uoe 
qninte, 

QUINTHIAU, AUSA, Capricieux, fantasque, sujet à des accès de 
mauvaise humeur. 

QUOUETZ, s. m. L'un des trois dialectes du canton de Fribourg. 
Le quovetz se parle dans la partie moyenne de ce canton. Les 
deux autres sont : le reman dans la Gruyère, et le broyaràdius 
les villages riverains de la Broyé, dans la vallée que cette ri> 
vière traverse. Voy. kouetzo. 



RAD 309 



R 



RÂ, RÀRAy adj, Rare^ clair-seiné. 

RABBAT^ RÂBBâN, REBAT, <. m. Coup de vent répercuté par les 
montagnes. (Alpes.) Sur les lacs, c'est le contre-courant ou re- 
mous de la côte. Voy. reban. 

BABBÉ, 5. fil. Foin recueilli sur les escarpements, dans les ravines 

ou autres lieux dangereux des montagnes. (Pays-d'Enhaut.) 
RABBI, GRABBI, s. m. Avare> grippe-sou. (Vaud.) 

RABISTOKA, RABAUBENA, v. Remettre en état une machine dé- 
rangée, la rétablir, la raccommoder. 

RABLLET, s. tu. Racloir à long manche pour rassembler en tas 
les boues des rues et le fumier des écuries. — RakUet, id. 

RABLLON, s. m. Boue imprégnée de fiimier servant d'engrais. 
(Vaud.) 

RABLLOUNNA, v. Enlever avec le rabllet les boues et fumiers. — 
RablUna, id. 

RABOBI, RABAUDI, v. Se réjouir. Part, passé, rabobi, réjoui, en 
gaité. (Vaud.) 

RABOT, s. m. Rabot, outil de menuisier; courtaud, petit homme, 
jeune garçon. C. rab, petit. — Ragot, id. 

RABOTTA, V. Raboter, unir, aplanir avec le rabot. 

RABOU, adj. Raboteux, inégal; se dit d'un terrain. (Gros de Vaud.) 
~ Rabou est le nom d'un hameau de la commune de Gryon. 
(Vaud.) 

RABOUNNA, V. Calmer, adoucir, ramollir dans l'eau, rabonnir. 
^ Abofina, id. 

HADALA, V. Transporter sur un radeau. (Léman.) 

RADAUSSI, V. Radoucir. Il ne se dit que de la température, quand 
elle devient plus douce. Radausu, le temps devient plus doux; 
^ pers. du sing. du prés, de l'indicatif. 



310 RAH 

RADE, RADHI, s. m. Radeau, train de bois qui flotte. 
RADI, RAVONNET, RAVON, s. m. Petite rave, radis. Radi s'em- 
ploie aussi dans le sens de radical en politique. 

RAFFA, s. /. Diarrhée, flux de ventre. (Vaud.) 

RAFFA, V. Avoir la diarrhée. (Vaud.) 

RAFFATAILLE, 8. f. Vieilleries, objets usés, de nulle valeur; ca- 
naille. (Neuchâtel.) — PreteirUaille, pretemthaUle, id. 

RAFFE, 8. f. Sorte de panier à porter sur le dos. (Pays-d'Enhaut.) 

RAFFENA, AHIA, adj. Intelligent, qui sait se tirer d'affaire, fio; 
raffiné. 

RAFFI, adj. Farci, tout plein de. 

RAFFLA, V. Se ruiner, rafler son bien, enlever par force ou par 
adresse. (Lausanne.) 

RAFFOR, RAFOUEI, RAFOUAIR, s. m. Four à chaux. — Ckau- 
four, id. (Vaud.) 

RAFONGI, V. Précipiter le marc du café au moyen d'un peu d'eao; 
mettre du liquide dans un vase à la place de celui qui s'est éva- 
poré ou que l'on en a ôté. — Rafoncer, afoncer, dans le français 
vaudois. 

RAFOUIN, NA, adj. Petit bout d'homme, petit drôle, ragot. - 
Chafouin, na, id. (Lausanne.) 

RAFRAIDHI, RAFRAIGHI, v, Refi'oidir. 

RAFRETSCHI, v. Rafraîchir, renouveler un titre. 

RAGOT, 8. m. Petit garçon trapu, joufflu; ancien nom de chasse 

du sanglier de deux ans. RagoUa, petite fille épaisse. 
RAGOUTAGE, RAGOTAGE, 8. m. Mouvais ragoût mêlé de diverses 

choses. (Orbe.) 
RAGUELLHARE, RAGUELLHAU, s. m. Celui qui remet en place 

les quilles abattues. 

RAGUELLHI, v. Remettre les quilles en place. (Vaud.) 

RAHIA, RAHIE, RAYE, a. f. Raie, rigole, tranchée, canal, silioo 

dans un champ ; rigole dans une étable pour récoulemeot do 

purin; couloir dans des rochers escarpés; champ de labour. -S^ 

bouta à la rahia, se mettre aux travaux des champs (Villeneuve). 



RAK 311 

RAHIE, s. f. Allée de jardin. Aux Ormonts, arc-en-ciel. 

RAHTALLHON, s. m. Reste de foin ou de blé rassemblé avec le 
râteau, raiéy raH. 

RAHTHIOUDA, $. /. Manche de râteau. (Pays-d'Enhaut.) 
RAI^ s. f. Racine des végétaux. 

Rai à boekOj rai de boeko, pimprenelle, plante ombellifère. 
(Bex.) 
Bat à la brotzche, ellébore noir. (Jura.) 
Rai à la figua, ficaire, Ranunculus Ficaria. 
Rai à for, athamante de Crète, Athamanta cretensis, jolie om- 
belliière des Alpes et du Jura. (Ghâteau-d'Œx.) 

RAI, adj. Indocile, revêche. G. red, roide, violent. 
RAIBLLA, $. /. Voy. hiba. 

RÂIDO, A, a4i. Raide, roide. Voy. rai. ' 

RAIMA, t7. Repasser une leçon pour la bien savoir. (Alpes.) Rimer 
dans le français vaudois. 

RAIPO, s. m. Homme lourd, indolent, paresseux, qui aime le re- 
pos. (Alpes.) 

RAISON, $. /. Discours, raison, parole; au pluriel, dispute. L'an 
fu dei raison, ils se sont querellés. — Réson^ id. (Vaud.) 

RAISSE, a. /. Terrasse de vigne soutenue par un mur. G. rait, 
muraille. (Montreux.) 

RAISSE, RAISSA, $. f. Scie, scierie. 

RAISSON, $. m. Sciure de bois. 

KAITER, REITER, s. m. Garrot pour serrer avec une corde ou une 
chaîne la charge d'une charrette. AU. reitel. (Pays-d'Enhaut.) 

HAKA, RAKAR, i. m. Terrain escarpé, pierreux et inculte. (Jura.) 

RAKAILLE, s. f. Ganaille. De l'hébreu raca. 

RAKARD, I. m. Fenil, petite grange. (Valais.) 

RAKATISSA, s. /. Rassemblement de canaille, de racaille. — fia- 
keUssa, id. (Alpes.) 

RAKLLA, V, Racler, nettoyer. 

RAKLLET, RAKLLO, s. m. Racloir du ramoneur, râble du foumier. 
— Quand deux personnes laides, mal faites ou diffamées se 



312 . RAM 

moquent Tune de l'autre, on dit communément : Le lorakUo kt 
se mokè de l'ékavé, c'est le râble qui se moque de récouvilloo 
(ékové). (Vaud.) 

RAKLLE-TSEMENA^ s. m. Ramoneur, celui qui racle les cheminifts, 

RAKLETTA, s. f. Petite planchette ou règle plate pour ratisser une 
mesure de blé. 

RAKOKA, ARAKOKA, v. Recevoir dans la main un objet jeté en 
l'air. — Arrkoka, id. (Bas- Valais.) 

RAKOMPLLI, V, Achever de remplir un vase de liquide; niveler 
un terrain en creux, combler. 

RAKOMPLLI, A, adj. Comblé, nivelé ; rassasié. Su preu rakompm, 
j'ai assez mangé. (Gruyère.) 

RALOHI, V. Raccommoder, remettre en état, en ordre. Voy. alohi. 
(Vaud.) 

RAlfA, s. f. Rame, branche pour ramer les pois, les haricots; foiD 
qu'on place sur des branches pour le traîner sur les pentes. 
(Alpes.) 

RAMÂ, V, Ramer, boiser une paroi; ramer les pois, les haricots; 
biaiser eu jouant aux quilles. 

RAMASSA, RAMACHA, v. Ramasser, récolter, relever; rosser. 

RAMASSAHIE, s. /. L'action de battre, de rosser; forte réprimande. 

Lei é bailli na fiera ramassahie, je lui ai donné une fière gour- 

made. 

RAMELA, V. Partager avec le voisin les firuits d'un arbre qui sont 
tombés sur son terrain. 

RAMELADJO, s. m. Droit de rameler, c'est-à-dire qui permet à 
un propriétaire de ramasser sur son terrain les fruits tombés de 
l'arbre du voisin, mais en partageant avec ce dernier; droit 
fixé par la loi ou par la coutume. L. ramus, 

RAMELAHIE, s. /l Quantité^ grand nombre^ cohue. — RibatMa, 
id. (La Côte.) 

RAMENA^ V. Ramener; redoubler; asséner un coup de poing ou 
de bâton, menacer du geste. (Valais.) 

RAMPON, $. m. Mâche, ValerianeUa oHloria, 



RAP 313 

RAMURÂ, s. f. Charpente d'un bâtiment. Léhalaravmra, élever la 
charpente. 

RAN^ REIN^ s. m. et adv. Rien, point. 

RAN^ «. m. Train de perches de fayard amenées ensemble; rame 
pour les pois, les haricots. — Be, id. (Neuchâtel.) 

RANDJAMEIN, adv. Aisément, facilement, sans peine. (Pays>d'En- 
baut.) Voy. rondjamein. 

RANDON, $, m. Force, courage; quantité. PJlau à gran randon, il 

pleut à verse. 
RâNE, 5. f. Grenouille. L. rana. (Evéché de fiâle.) 
RâNJES, s. f. pL Rênes. G. rangen. (Genève.) 
RÂ^KMELA, V. Rftler, être poussif, respirer avec bruit et peine. 

RANKO, 5. m. Se dit des derniers râlements d'un mourant. L'è au 
ranko^ il est à Tagonie. — Ango, anko, id. G. ankou, agonie, 
mort. 
RANMA, s. f. Gadre de fenêtre. (Alpes.) 
RANSIGNOLET, s. m. Rossignol. L. luseinia, lusciniola. 

RANZ, s. m. Marche, suite d'objets qui vont à la file. G. rank. Ail. 
reihen, môme signification. (Fribourg.) 

Ranz dei vatsche. G'est la marche des vaches, chanson alpes- 
tre, originaire de la Gruyère. Elle est imprimée, avec la musi- 
que, une traduction et des notes, dans le ConsertaUur guisse, 
tome I, page 425. 

RÂPA, s. /. Pente en firiche avec des buissons. 

RAPAIR, $. m. Nombre égal; terme du jeu de quilles. (Yaud.) 

RAPE, s. f. pL Lisières buissonneuses. (Montreux.) — lè Aope, lo- 
calité du Jorat lausannois. 

RAPEGOLA, RAPIGOLA, r. Ravigoter. Avec $è, se rétablir, re- 
prendre ses forces, se remettre d'une indisposition, se refaire. 
(Vaud.) 

RAPELU, A, adj. Mal vêtu, de mauvaise mine. (Genève.) 

RâPETA, I. /. Petite bande de terrain buissonneux. 

RAPETASSI, REPETASSI, r. Rapiécer, raccommoder de vieilles 
bardes^ mettre des pièces. 



314 RAS 

RAPILLHA, $. f. Se dit d'un jeu des enfants, qui jettent quelque 
chose et l'abandonnent à celui qui peut l'attraper. Le français dit: 
à la gribouillette. On dit : à la rapiUe, dans le français du caot(Hi 
de Vaud. — Tirevùugnej id. (Yaud.) 

RAPILLHA, 8. f. Ce qui reste dans les prairies broutées par droit 
de parcours. (Aigle.) 

RAPIN, RAPEUN, NA, ad;. Avare, rapace^ gnppe*sou, harpagoo, 
ladre. 

RAPPA, s. /. Grappe de raisin. 

RAPPÂ, ARAPPÂ, V. Arracher des mains, prendre de force, agrip- 
per. L. rapere. 

ËAPPAGHIA, $. f. Soufflet, bastonnade; forte ondée de pluie, 
averse. (Alpes.) 

RAPPÂNA, s. /. Bois dur pour faire des barils. (Pays-d'Enhaut.) 
— (Rappanna, s, f. Longue racine traçante des sapins. Les ra- 
panne servent à faire des paniers, des corbillons. L. repère. (Jo- 
rat.) — N. de l'éd.) 

RAPPERTZI, V, Rassembler ce qui est séparé, dispersé; chercher, 
pour les réunir, des choses, des bétes ou des gens disséminés. 
L. reperire. 

RAPPIA, V, Grimper, escalader. L. repère. (Alpes.) 

RAPPILLHA, RAPELLHI, v. Grappiller. De rappa, grappe de ni- 
sin. 

RAPPONDRE, APPONDRE, v. Rejoindre ce qui est rompu, oo 
agrandir par une pièce nouvelle. L. apponere. 

RAPPONSÂ, APPONSA, 8. /. La pièce ajustée, pour rejoindre on 
agrandir. L. apponere. 

RAPPONTI, s. m. Patience des Alpes, Ruinex alpinui. On l'emploie 
pour engraisser les porcs. (Alpes.) 

RAPU, RAPIA; REPU, REPIA, adj. Galeux aux pieds; se dit des 
chevaux. (Pays-d'Enhaut.) 

RAS, s. m. Droit de focage (terme de la coutume vaudoise; en fian- 
çais ; droit de fouage). 



RAT 315 

RÂSy adv. Ne s'emploie que dans l'expression à ras terra, au ni- 
veau du terrain, à fleur do terre. 

RASEL^ 5. m. Bateau plat pour transporter les marchandises, ra- 
deau. (Vully.) 

RASSAGNI, RASSANI, v. Saigner un terrain par des tranchées ou 
des rigoles. 

RÂSSE, s. /. Voy. reissa, raisse. 

RASSENA, 8. /. Racine en général ; carotte, Daucus Carota, 
Rassena à Vor, Meum Athamante, plante ombellifère. (Jura.) 
Rassena à Noutra Dama, tamier ou taminier commun, Tamus 
communis, plante de la famille des dioscorées. 

Rassena à nau tsetnise (racine à neuf chemises), la victoriale, 
Âllium Victorialis. — Le paysan superstitieux croit que s'il en 
porte une bulbe avec ses neuf peaux, aucune balle ne peui l'at- 
teindre, et qu'en tirant au blanc il ne manquera jamais son 
coup. (Alpes.) 

RASURA, s. f. La bande de dalles qui couronne un mur; faîte; 
espèce de pain fait de la pâte raclée sur les parois du pétrin. 
(I.a Côte.) 

HAT, s. m. Rat. Le ratte, les souris. 

RATA, s. f. Maladie épidémique du bétail. (Evêché de Bâle.) 

RATALA, V. Rassembler le foin avec le râteau, le râteler. 

RATALAHIE, s. f. Ce qu'un râteau prend de foin entre ses dents ; 
abondance de paroles ; censure sévère. L'ai é fé na ratalahie, je 
lui ai dît son fait. (Lausanne.) 

RATALET, s. m. Carré de mouton ou haut côté. 

RATÉ, RATl, s. m. Râteau, râtelier. 

RATENI, RATIGNI, v. Retenir, conserver dans sa mémoire. On 
dit d'une vache souvent couverte sans succès qu'elle a raiegnu, 
quand enfin elle devient pleine. (Vaud.) — Un montagnard 
voyant que la femme de son pasteur était enceinte, après avoir 
passé nombre d'années sans l'être, lui dit agréablement : Ah ! 
iModaffia la menisckira, vo z'ai enfin rategniu ; vo lo corso bein. 
Voy. coRDRE. (Jura.) 



346 RAU 

RÂTSCHE, «. f, Rache ou cuscute. Voy. peinkaina, funkaina. 
RATTA, «. f. Souris ; réflexion des rayons solaires sur un miroir. 

Ratta-volaire, ratta-vulia, ratouHva, $, f. Chauve-souris. 
RATTA, V. Rater, faire long feu, manquer sou coup, échouer dans 

une entreprise. 
RATTE, 5. f. pi. Les premières dents d'un enfant. 
RATTETTA, «. f. Petite souris, souriceau. Diminutif de ratta, 
RATZA, RATZE, s. f. Cuscute, plante parasite. — Roçna, id, Voy. 

RÂTSCHE, FBINRAINA, FUNKAINA. 

RATZE, s. f. Teigne, croûte laiteuse. — Rache, id. — Reitzche, 

dans TEvêché de Bâle. 
RATZERO, s. m. Gale qui rend les renards fous ou enragés. C. 

rach, gale, teigne. (Vaud.) 
RAUA, RUVA, RUA, s. f. Roue. 
RAUDJAU, 8. m. Se dit des procureurs, ainsi nommés parce qu'ils 

rongent sans pitié les pauvres débiteurs. — Raudaire, dans les 

Documents de Grenus, page 131. (Vaud.) 
RAUDJE-BOSSE, s. m. Mot à mot, qui ronge le$ buissons ; c'est le 

traquet et le roitelet. — Raudje-bossonj id. — C'est aussi le 

rouge-gorge. (Jura.) 

RAUDJI, RUDJI, RAUDZI, RUDZI, ROUDZI, ROTZI, v. Ronger, 
importuner, faire endôver, demander sans cesse indiscrètement. 
Rudji dei z'ou, ronger des os. Dante, raudze-mè d Vou; Daniel, 
ronge-moi cet os. 

RAUDJON, RUDJEON, RAUDZON, s. m. Reste d'une chose mangée 

ou usée. On raudjon de pomma, un trognon de pomme. 
RAUDZO, ROUAIDJO, s. m. Hièble, Sambucus Ebulus, (Ormonts.) 
RAUFA, ROFFA, ROTTA, s. f. Gardon, rosse, CyprinusrttiUus; 
poisson peu estimé, du genre des cyprins. (Léman.) 

RAUFFA, s, f. Crasse adhérente aux parois d'un vase. — Raum, 
reuma, id. (Genève.) 

RAUFFÂ, V, Gronder, traiter quelqu'un comme un chien. Ali. 
raufen, se chamailler, se prendre aux cheveux. 

RAUFFAHIE, s, f. pL Gronderies, vilenies. 



RAZ 317 

RAUFFEIN, NA, adj. Avare ; de mauvaise humeur, rechigné, cha- 
grin. -^ Grindje, grindzo, id. (Lausanne.) 

RAUFFERIE, $. f. p/. Chiffons, objets sales et inutiles. (Genève.) 

RAUMA, REUMA, RAUFFA, s, f. Vieille crasse adhérente à un 
vase. (Genève.) 

RAUNA, RONNA, ROUNA, v. Retentir; grogner, gronder avec hu- 
meur. Voy. PRAUNA, RONNA. 

RAUNERI, IDA, adj. Acariâtre, grondeur. 

RAYA, s. f. Rave. Na rava, rava, réponse injurieuse ou de refiis 

à une personne qui vous parle ou qui vous demande quelque 

chose. 

RAYAI, V. Ravoir, avoir une seconde fois, recouvrer. 

RAYAIRA, s. f. Grande chaleur ; ardeur de la bouche d'un four, 
d'un soleil brûlant. — Baveur, id. (Alpes.) — (Raveur se dit 
dans le patois et dans le français populaire vaudois. Ravoire est 
le nom d'une localité très chaude près de Martigny. — N. de Téd.) 

RAYAIRE, 8. f. Lieu planté de raves. 

RAYAU, s. m. Eclat d'une flamme éloignée, reflet d'un incendie, 
grande rougeur au ciel, ardeur du soleil. 

RAVENA, ROUVENA, RUVENA, ROUENA, s. /. Ravine creusée par 
les eaux, éboulis de terre, descente de terre mêlée d'eau; pré- 
cipice. L. ruina, 

RAVESA, V. Regarder, considérer, réfléchir ; avec se, se raviser. 
(Jura.) 

RAYOIHIEN, TA, adj. Brûlant, ardent, éclatant, éblouissant (Aigle). 
— (Ailleurs, roviein, — N. de Téd.) 

RAYON, s, m. Pomme de terre» (Leysin.) 

RAYONNET, 8, m. Voy. radi. 

RAYONNHALLA, s, f. Roquette, Eruca saiiva, 

BAZ, s. m. Foin qu'on recueille sur les pentes escarpées. (Montreux.) 

RAZA, V. Raser, dans tous les sens ; passer' tout près, efiQeurer. 

Quand un mur est achevé, on dit qu'il raze, Voy. rasura. 
RAZET, $, m. Bateau plat dont on se servait pour transporter les 

tonneaux sur le canal d'Entreroches. Voy. rasrl. 



318 REB 

REBA, s. /. Raie, ligne tracée. 

REBAILLI, V. Redonner, donner une seconde fois, rendre. RebaHU- 
tn'ein mé, donnez*m'en davantage. Celui qui mange d'un boo 
plat dit: Sosse chein lo rebaille-m'ein mé, cela sent le danHez- 
m'en encore. (Vaud.) 

REBAN^ REBAT, 5. m. Vent du rivage, opposé au vent qui règne 

au milieu du lac. (Léman.) Voy. rabbat. 
REBAS, adv. C'est un réduplicatif qui signifie d^yiotireav par (^rrf, 

par terre une seconde fois (Pays-d'Enhaut). — De bas, adv., à 

terre, par terre. 

REBATTA, s. f. Meule qui tourne pour écraser les fruits, pour 
faire Thuile de noix, pour lisser la filasse ; reflux du lac agité. 
Fére à la rebatta, jeu des enfants qui consiste à se rouler eo 
long sur eux-mêmes du haut d'une pente fort inclinée. 

REBATTÀ, REBOUTA, v. Rouler, aller çà et là, courii» le monde. 
(Vaud.) 

Rebattu lo contr'amon (phrase proverbiale), rouler de bas en 
haut ; être sorcier ou démoniaque, aller au sabbat. C. rabadd, 
lutin, esprit follet. (Lavaux.) 

REBATTAHIE, s. f. Action do se rouler; grande quantité. Leiana 
rebattahie de recor, il y a abondance de regain. (Vaud.) 

REBATTAIRA, s. f. Pente rapide où les enfants se roulent de haut 

en bas. (Jura.) 
REBEDEUMA. Cri des écoliers dans leurs jeux. (Lausanne.) 
REBEDOULA, v. Rouler; se dit des corps ronds qui roulent après 

une chute. 

REBEKKA, v. Se redresser, résister^ se mettre en défense. C. re- 

becqi, regimber, rebéquer. 
REBETTA, v. Répugner à faire une action ou un mouvement. 

(Alpes.) 

REBIBE, 5. f. pi. Copeaux produits par le rabot. (Vaud.) 
REBIFFA, r. Regimber, refuser d'obéir. C. bev, bef, vif, actif. Voy. 

REBEKKA. 

REBIOLA, V. Epamprer la vigne pour la seconde fois. (Lavaux.) 



REC 319 

REBIOLON, $. m. Seconde pousse de la vigne^ des choux. 

REBOBI, BIA, adj. Restauré, réjoui, gaillard. (Vaud.) 

RËBOLÂ, V, Se replier, se courber au lieu d'entrer ; se dit d!un 
clou, d'un fil. 

REBOUFFA, v. Se recourber; rabrouer, faire une rebuffade, donner 
une algarade. 

REBOUFFANO, NA, adj. Courbé ; se dit des épis tarés ou stériles. 
(Leysin.) 

REBOULLHI, v. Remuer, mettre eu désordre, tracasser, farfouiller. 
(Vaud.) 

Rebouille-merda^ s, m. Escarbot ou fouille-merde, pilulaire^ 
Scarabœus siercorarius. (Vaud.) 

REBOUTHO, 5. m. Bruit, tumulte, sédition, trouble, remue-ménage. 
(Alpes.) 

REBOUTTA, REBUÊTA, v. Remettre, replacer. 

REBRAN, s. m. Revers d'un vêtement. V. Fr. rebras, retroussis, 
revers. 

REBRANDON, s. m. Rejeton, rejet, ce qui repousse à un chou, à 
une plante. (Lausanne.) 

REBREKA, V. Retrousser. 

REBRESSI, 17. Retrousser ses manches jusqu'au coude pour être 
moins gêné dans les mouvements des bras, bré, 

REBRl^ s. m. Contour, zigzag, coude dans un sentier. (Alpes.) 

REBRITTA, v. Revenir sur ses pas, tourner un char en sens con- 
traire. Voy. BRrriA. 

REBUSA, s. f. Retour de froid ou de neige au printemps. (Vaud.) 

HECHEIN, RECHEUN, s. m. Rebuffade, affront, geste pour repous- 
ser, grimace de mauvaise humeur. V. Fr. rechin, rude ; B. B. 
Tech, chagrin. Le français a gardé rechigner. (Pays-d'Enbaut.) 

^CISA, s. /. Benoîte commune, Geum urbanum, plante ainsi 
nommée à cause des découpures de sa feuille. L. recisus, coupé. 

^COI, s. m. Repos ^ tranquillité. L. requies. Ce mot n'est plus 
usité que dans quelques villages. (Gros de Vaud.) 



320 REG 

RECOR, REGOUEIR, s. m. Le second foin de l'année, le regain.— 
Recordon, id. 

REDA, s. f. Diarrhée^ cours de ventre. G. red, ûux, écoulement. 
REDAN^ REDANNA^ adj. Gueux, rôdeur^ mendiant, vagabond. G. 
reden, courir. (Aigle.) 

REDANNISSA, s. f. Gueuserie, vagabondage. *- Redamuse, id. 
(Orbe.) 

REDASSA, s. f. Grive ; femme maigre ; litome^ Turdus pHaiis. L. 

REDAU, REDOU, s. m. Dégel, température plus douce après de 
grands froids ; place au soleil où se rendent les vieillards^ les 
convalescents. 

REDIMA, V, Racheter, s'affrancbir d'une redevance féodale. L. 

redimo. 
REDIPET, TA, adj. Rapporteur, qui répète tout ce qu'il a entendu, 

indiscret. (Vaud.) 
REDIPETA, REDJAPETTA, v. Rapporter indiscrètement. (MoadoD.) 
REDJIKLLA, v. Rejaillir. L. rejido. 
REDONDÂ, V. Ressauter, retentir. 
REFERE (se), v. Relever de maladie, se rétablir, reprendre des 

forces, se refaire. 

REFIA (se), V. Reprendre haleine, se reposer sur une personne de 
confiance. 

REFIAIRE^ V. Frapper une seconde fois; jouer un second coap 
aux quilles. De flaire, frapper. (Fribourg.) 

REFIORDA, t7. Rebrousser, reculer; peu usité. (Neuchâtel.) 

REFIO, REFIAU, s. m. Hotte qui a une pièce passant sur la tête 
du porteur. (Pays-d'Enhaut.) 

REFRET A, REFRITA, v. Réparer le sommet d'un bâtiment en bois. 
Voy. prIta. 

REFRO, REFROU, adv. Hors de la maison pour la seconde fois. 
Voy. FROu. 

REFUÏ, REFOUI, s. m. Asile, recours, refuge. L. refugium. 
REGALISSA, s. /. Polypode commun, Polypodium vulgare; réglisse. 
— Réguelisse, id. 



REI 321 

REGATTA, s. /. Sorte de danse fort animée. (Vaud.) 
REGAUFFA, REGOFFA, r. Rabrouer, regimber contre un supé- 
rieur, s'opiniAtrer. Avec se, s'enfler, s'enorgueillir. 

REGAUFPAHIË, s. /. Rebuffade, mouvement ou parole de dépit. 
(Vaud.) 

RÊGNT, 0. Appeler, chercher. G. reign, donner. (Pays-d'Enhaut.) 

REGNIA, V. Renouer, nouer une seconde fois. 

REGOTHI, V. Regorger d'eau ; se dit du terrain. 

REGOTTHU, UVA, adj. Celui ou celle dont les cheveux frisent na- 
turellement. (Montreux.) Yoy. cotthu. 

REGOUAISSI, REGUETTI, REGOUEINTZI, v. Vomir. (Vaud.) 

REGRATTAI, s. m. Détailleur de sel, de pain, de poisson, etc. 

REGREFFI, v. Regimber. 

REGREGNI (se), v. Se dit des personnes qui redoutent, qui appré- 
\ii^âent de faire quelque chose, comme de sortir par un grand 
froid. 

REGREGNI, A, adj. Ridé, froncé, crispé, recoquillé. Se dit aussi 
des personnes qui se ratatinent, se ramassent, parce qu'elles 
ont froid. 

REGROLLEI, s. m. Savetier. De groUa, vieux soulier, savate. 
(Nyon.) 

REGUELLHI, A, adj. Recoquillé; qui a les cheveux crépus. ^ 
RegoUhu, cottku, id. 

REGUET, s. m. Tourniquet d'enfant placé sur une eau courante 
qui le fait tourner. C. reag, reg, ruisseau. 

REHCHE, RELLHA, s. f. Crèche. (Alpes.) 

REHCHETTA, «. f. Plate-bande. — Rellhetta, id. 

REHGHI, REILLHI, s. m. Ligne de crèches dans une étable. (Pays- 
d'Enbaut) 

REHTU, REHLLU, s. m. Odeur d'une chambre fermée. L. redutus. 

^, s. m. Roi. Reina, reine. Rei de caille, rei dei caiUè, roi des 
cailles, sorte de raie, Rallus Crex. 

^IBLLA, RËRLLA, i. f. Gratteron, Galium aparme. — RibUa, id. 

Hte. IT DOCCH. XXI. Si 



Sn REl 

— C'est aussi la lycopside des champs ou petite bugiosse, Ly* 
copsis arvensis. 

REINBOTZI, V. Crépir, recrépir un mur sec ou dégradé. (Vaud.) 

REINDA (à), loc. adv. A niveau, à fleur de. C. ren, ordre, direction. 
(Alpes.) 

REINDCHA, REINDSCHA, 5. f. Rang, rangée. — Beineke, id. 

REINDJIAl, V. Ruminer. (Jura.) 

REINDRE, V. Rendre, restituer, vomir. 

REINFATTA, REINFOUATTA, v. Remettre en poche. De faUa, 
poche. 

REINFLLA, v. Enfler de nouveau, repaître, bien manger. Mon 
menât, te n'é pas prau reinflla; mon garçon, tu n'as pas asses 
mangé. (Gruyère.) 

REINGA, RUNGA, v. Lutter. Ail. ringen, lutter. (Moudon.) 

REINGREINDJI, v. Empirer, aller de mal en pis. 

REINGRENA, v. Remettre en train, rengréner. 

REINKOTZI, V. Recommencer. Réduplicatif d'einkotzi. (Vaud.) 

R^INMODA, 0. Se remettre en marche, en train; recommencer. 

Réduplicatif à'einmoda. 
REINPREINDRE, v. Allumer une seconde fois, railumer.Arâipft» 

lo craizu, rallume la lampe. Réduplicatif é'einpreindre. 
REINSA^ V. Rincer ; battre, gourmer. 
REINSAHIE, s. f. Gourmade, volée de coups; averse. 
REINVER, s. m. Le revers d'une vallée, celui qui a le moins de 

soleil et qui est le plus froid. (Alpes.) Voy. drai. 

REINVOUA, REVOUDRE, v. Arranger, remettre en ordre ce qui 
est dérangé. 

REISSA, RESSA, s. f. Scie, scierie. — On dit râehê, roue, dans le 
Jura. 

REISSI, RESSI, V, Scier. 

REISSON, RESSON, t. m. Sciure, poudre détachée du bois par 
l'action de la scie. 

REITOLA, s. /.; RETALET, a. m. Roitelet. — Reiiolah, id. (Jara.) 



REL 333 

REKÂFFA, REKAHA, v. Rire aux éclats, à gorge déployée. 

REKAFFAHIE, s. f. Eclats de rire immodérés. (Vaud.) 

REKAINKA^o. S'habiller proprement, se parer, se requinquer. 
Rekamk'a (part, passé)^ paré, endimanché. — Retappa, id. 

REKAINKILLHÉ, adj. Recoquillé. 

REKAPPA, V. Remplir le vide que Févaporation a produit dans 
un tonneau plein de vin. (Lausanne.) 

BEKOLA^ REKOULA, v. Reculer; diminuer son bien, au Heu de 
Taccroître. 

REKOLON, REKOULON (à), loc, adv. A reculons^ à rebours. Fére 
à recolon, faire mal son ouvrage. 

REKORBA, 8. f. Contour, coude, zigzag à angles aigus dans les 
sentiers ou chemins des montagnes. — Rebri, id. (Alpes.) 

REKORBÂ, V. Recourber, replier. 

RERORDA, REKOUERDA, V. Lire à haute voix, apprendre une 
leçon par cœur. L. recordari. 

REKOUAIRE, v. Faire cuire une seconde fois, recuire. Réduplica- 
tifde couaire. 

REKOUAITA, s, f. Liquide restant dans la chaudière après qu'on 
a fait le $éré. De rekouaire, (Pays-d'Enhaut.) — Couétaj id. 

REKOUEIR, RECOR, RECORDET, s. m. Le second foin d'une prai- 
rie, le regain. L. chordum, regain. — Recordon, id. 

REXOUEIRDA, v. Faucher les regains. 

REKOULA, s. f. Accident; perte qui fait reculer au lieu d'avancer 
les économies d'un ménage. 

REKOULLHl, v. Recueillir, ramasser; se retirer, s'en aller. 

REKRAINSA, s. f. Dépit violent. L'é fé de rekrainsa, je l'ai fait de 
guerre lasse. (Vaud.) 

REKRU, s. m. Odeur de crudité, remugle. 

RÊLA, t?. Crier^ pousser de grandes clameurs. 

RELARDJE, s. m. Lardière de chemise. 

RELARDJI, V. Se donner du large, se soulager le cœur. 



su REM 

RELARDJO, s. m. Place plus étendue; soulagement d'un eœor 
oppressé. (Avenches.) 

RELAVA, V, Laver une seconde fois ; laver la vaisselle après cha- 
que repas. 

RELÉA, RELEVA, v. Relever; copier. 

RELËA, RELAHIA, adj. Sublime, qui passe Tintelligence, relevé. 

RELICTA, 8. f. Veuve. L. reUcta, C'est un mot usité dans les vieux 
actes. (Vaud.) 

RELIETTA, o. Attacher une seconde fois, lier de nouveau. Rédu- 
plicatif de lieltha. 

RELLHA, s. /. Raie, fissure, fente de rochers. — ReiUa, id. (Alpes.) 

RELLHA, s. f. Soc de charrue. (Aigle.) 

RELIHETTA, s. f. Petite fente. Diminutif de rellha, reiUa 

RELODGE, s. m. Horloge de clocher, pendule, montre. —Be- 
lodzo, id. 

RELUKKA, V. Faire les yeux doux, regarder amoureusement, re- 
luquer. 

REMAERDATZI, v. Réparer les routes; nettoyer; mettre ses habits 
du dimanche. (Ormonts.) — Remerdassi, id. 

REMAGNI, V, Demeurer, rester. L. remanere. 

REMAGNON, s, m. Reste d'aliment, bribe; le cœur d'un fruit à 
pépin. V. Fr. remariant, remainant, retnains, (Vaud.) 

REMAN^ s. m. C'est le nom d'un des patois fribourgeois. Voy. 
QUOUETZ. Pahi reman ou roman j la Suisse romane ou française 
en général, et spécialement le Pays de Vaud. L. romanus, 

REMANI, ROUMANI, s. m. Romarin, arbuste apporté par les Ro- 
mains en deçà des Alpes. 

REM ANTEVI, v. Se ressouvenir, se remémorer, se rappeler. V. Fr. 
ramentevoir. (Jura.) 

REMAUFFA, o. Rechigner, rabrouer, brusquer son homme. (Alpes.) 

REMAUFFAHIA 8. /. Brusquerie, façon d'accueillir en rabrouaot, 
accès de mauvaise humeur. 

REMAUFFAN, s, m. Homme brusque, rabroueur, qui reçoit mal 
son monde. — Remanfens est le nom d'un village dans an site 



REN 395 

roeailleoi du canton de Fribourg^ près de Chfttel-Saint-Denis. 

REMEINBRANCE, $.f. Souvenir. Ce mot tombe en désuétude. 
(Jura.) 

REMESSE, REMASSÂ, s. f. Balai ; ainsi nommé parce qu'il ramasse 
les immondices, la poussière. 

REMESSETTA, s. f. Petit balai. Diminutif du précédent. 

REMESSI, RAMECHI, v. Balayer, nettoyer. — Ekotay id. 

REMETTRE, v. Vomir. Cest le mot honnête. (Pays-d'Enbaut.) 

REMI, s. m. Romain. Chemin des Rémi, route de Saint-Claude à 

Aubonne. Yoy. Exchaquet, Dictionnaire des ponts et chaussées, 

page 134. 
REMOLLHEMOR, REGOTHEMOR (à), toc. adv. En abondance. No 

z^ein a badhi à remoUhemor, il nous a donné à manger à satiété. 

(Vaud.) 
REMOLLHON, s. m. Seconde eau mise sur une lessive ; petit repas ; 

reste d'un festin. (Genève.) 

REMOLON, 5. m. Son de farine. 

REMOUA, V. Changer de place, changer de logement, déménager, 
faire passer un troupeau d'un pâturage dans un autre. 

REMOUAHIE, s. f. Migration périodique d'un troupeau. (Alpes.) 

REMOUHIAU, s. m. Remueur. Cest le nom qu'on donne commu- 
nément à des porte-faix qui se chargent d'un déménagement et 
transportent le mobilier dans le nouveau logement. (Genève.) 

RENAI, s. m. Renard. En métallurgie, ce sont les morceaux en 
lesquels la gueuse est partagée. (Vallorbes.) 

RENAIRA, s. f. Mal de reins, courbature, lumbago. (Pays-d'Enbaut.) 
RENALLHE, s. {, Grenouille. — Bana, id. 

RENALLHIRA, s, f, ; REN ALLER, s. m. Grenouillère; lieu maré- 
cageux, peuplé de grenouilles. 

RENARDA, v. Vomir pour avoir trop bu. (Lausanne.) 

RENARDS, s. m. pi, Dégobillis, vomissement de l'ivrogne, auquel 
les mauvais plaisants demandent des peaux de renards à acheter. 
Le français emploie renard dans le même sens. 



326 REP 

RËNEVEI , RENEVIER , s. m. Prêteur sur gages, usurier, accapa- 
reur. (La Côte.) 

RENEVEIRA, RENEVIRA, s. f. Morceau de terrain inculte, négligé, 
au bord d'un chemin; lisière de peu de valeur. (Morges.) 

RENIA, AHIE, adj. Opiniâtre, tôtu, ferme sur son intérêt. 

REPAIRER, V. Revenir le soir à la maison. (Y. st. de Fribourg.) 

REPAR, «. m. Troisième herbe d'une prairie qui se fauche trois 
fois. 

REPARAHIE, s. /. Bette poirée, Beia Cida. — Repara, id. 

REPARLA, V. Parler une seconde fois, reparler. 

REPASSA, V, Repasser; rosser, rouer de coups. — Bepacha,\A. 
(Vaud.) 

REPASSAHIE, s. f. L'action de passer une seconde fois ; volée de 
coups de poing. (Vaud.) 

REPË, $, m. Repas ; pâturage d'automne ; saule commun ou osier, 

SaUx ViielUna. 
REPEINTRE (se), v. Se repentir. Part, passée repeint, repeintuva. 
RÉPELLA, V. Retenir avec force un corps dans une pente rapide. 

L. repeUere. 
REPELLAIRE, s. /. pL Rênes ou guides d'un attelage. (Alpes.) 

REPERGHAU, s. m. L'ouvrier qui perce les tuyaux de sapin pour 
les conduites d'eau. C'est aussi la tarière dont il se sert. 

REPERMA, V. Epargner, économiser. 

REPIA, t7. Remettre de la terre au pied d'un mur qui va tomber, 
au pied d'un arbre déchaussé; préparer un champ pour une se- 
conde semaine; faire un pied neuf à un vieux bas. 

REPIROLA, RAPICOLA, v. Se remettre, se refaire, reprendre des 
forces; se dit d'un malade. (Lausanne.) 

REPLLAT, REPLAN, s. m. Plateau de montagne, petite plaine 
dans les Alpes. 

REPOHI, V, Ramener le troupeau sur une alpe d'où la neige l'avait 
fait descendre dans les pâturages inférieurs. Réduplicatif de/K)^- 
(Fribourg.) 



RES 327 

REPORVAI, V. Pourvoir à un poste vacant. — On dit repourvoir, 
rqumnme, dans le français vaudois. 

REPOU, s. m. Repos ^ tranquillité, sommeil. Laisse mè de repou, 
iaisse-moi tranquille. 

BEPOUSA (se), v\ Se reposer, làire sa méridienne, dormir; se 
confier à, se reposer sur quelqu'un. 

REPRAISA, s. f. Orpin, reprise, herbe à la coupure, Sedum Anor 
campseros. (Aigle.) 

REPREINDRE, v. Reprendre; se dit d'un arbre, d'un végétal 
transplanté. 

REPRIN, REPREUN, s. m. Son môle d'un peu de farine. 

RERAUHNA, Retentir, répercuter le son. Réduplicatif de rauna. 
(Gruyère.) 

RERAVAI, V. Ravoir. Réduplicatif de ravai, ravoir. 

RÉSA, s. f. Galerie, sous le toit, devant le rez-de-chaussée d'une 
maison. — Louhie, id. (Gruyère.) 

RESALLA, V. Aller une seconde fois. Réduplicatif d'alla. 

RESALLOHI, v. Remettre en ordre une seconde fois, raccommoder, 
réparer. Réduplicatif de raUohi, ralohi, et de allohi, (Uohi. 

RESAPPLEIHI, V, Atteler une seconde fois. Réduplicatif d'ajip/fdAt. 
(Fribourg.) 

RESAUTENA, v. Tressaillir. 

RESGHOZ, s. m. Espèce de poire qu'on met dans le vin pour le 
fortifier. (La Côte.) 

RESENET, s. m. Petit raisin, petit grain de raisin; orpin acre, 
orpin brûlant, Sedum acre. Diminutif de retin. 

RESILLHA, RESELLHI, ARSELLHI, v. Tourner, aigrir; ne se dit 
que du vin. (Yaud.) 

RESIN, REST, RESEIN, s. m. Raisin. 

Resin de tnar, groseillier rouge, groseillier à grappes, Ribes 
rubrum. 

Resin au lau (raisin de loup), actée épiée, Aetœa spicala. (Or- 
monts.) 



328 RET 

Resin à la raUa, retin de raUa; orpin blanc, orpin brûlant, 
Sedum album et Sedum acre. — Resenet^ id. 

RESOURE, V.. Entendre une seconde fois. Réduplicatif à'oun. 
RESSALLHI, v. Relever de maladie; sortir de nouveau de la nai- 
son. Réduplicatif de sallhi. 

RESSâSSÂ, t^. Remettre dans le sac. 

RESSAT, s, m. Repas donné aux ouvriers à la fin des semailles, 
des fenaisons, des moissons, des vendanges. (Vaud.) 

RESSEI6RE, RECEYEI, v. Recevoir. — Receidre, id. 

RESSERRA, RESARRA, v. Serrer, cacber. 

RESSQU, RESOU, LA, adj. Ivre pour la seconde fois dans la jour- 
née. (Lavaux.) 

RESSOULA, RESOULA, v. S'enivrer de nouveau, une seconde fois. 

RESTITUA, V. Vomir. — RestUum, id. 

RESTORKA, v. Parer un coup, repousser un corps qui peut nuire. 
(Pays-d'Enhaut.) 

RESTOPPA, V, Raccommoder, rentraire. 

RETAKOUNNA, RETAKENA, v. Raccommoder le linge, les vête- 
ments, la chaussure; mettre des pièces, des toeotu. Yoy. takon. 
G. takon. (Vaud.) 

RETALLHON, s. m. Petit repas, collation. (La Côte.) 

RETALOUNA, v. Mettre un talon neuf à un soulier. 

RETAPPA, V. Remettre un cbapeau en forme; rosser; avec tè, 
s'endimancher. 

RETAPPAHIA, s. f. Gourmade, l'action de rosser. 
RETERSI, V. Bôcber la vigne pour la seconde fois. (Lavaux.) 
RÊTHE, 8. f. Grèche; intervalle entre deux plancbes qui se dis- 
joignent. (Pays-d'Enbaut.) 
RETHI, V, Séparer le bon grain du mauvais, trier. (Alpes.) 

RÉTHON, s. m. Tas de mauvais grain séparé du bon, criblures. 

RETORS A, s. f. Filet employé sur les lacs de Morat et de Neu- 
cbfttel. 

RETORTA, a. f. Brancbe pliante, pour lier les pieux des baies. 



RET 329 

RETOUEIR^ s. m. Bœuf qui a passé deux ans. (Alpes.) 

RETOUEIR^ SA, adj. Tordu; rusé, retors. Il a le sens ^'arrière 
en parlant des parents. Pére-gran reUmeir, arrière-grand-père, 
bisaïeul ; mére-grant retoueirsoj arrière-grand'mère. (Pays-d'En- 
baut.) 

RETRACI^N, $. m. Retrait lignager ou droit de reprendre au n)éme 
prix un immeuble vendu par un parent; politesse, bon accueil. 
Lo cousin m'a fé fia bùunna retrachon, le cousin m'a fait une bonne 
réception, m'a donné à boire et à mangei\ (Alpes.)— (L'ancienne 
pratique judiciaire du Pays de Vaud disait : rétraction lignagère. 
Ce retrait se faisait par le plus proche parent du vendeur, qu'on 
appelait preume, — N. de l'éd.) 

RETRAGHOUNNÂ, v. Opérer un retrait lignager ; retirer à soi, au 
prix de vente, un immeuble vendu par un parent. 

RETRASSI, RETRESSI, v. Soigner ses effets, les ranger; remettre 
en ordre ; se modérer pour le vin dans un repas. Se retrassi di- 
van la né, se retirer avant la nuit. (Pays-d'Enhaut.) 

RETREIN^ SA^ adj. Serré ; tremblant de froid. Yoy. regregni, adj. 

RETREINDRE, v. Trembler de froid ; cacher, serrer, remettre à sa 
place. Voy. regregni, retrassi. — Ke tôt resserre et tôt retrein, 
tôt retrouve à son besoin (prov.), qui tout serre et tout cache, 
retrouve tout au besoin. (Vaud.) 

RETSANDJI (se), v. Quitter les habits de travail pour mettre ceux 
du dimanche. 

RETSO, A, adj. Riche, opulent. 

RETZA, RITSCniA, s. f. Forme ronde, faite de bois, où l'on met le 
fromage au sortir de la chaudière, pour l'égoutter. — Routze, 
roîUschOj id. (Alpes.) 

RETZAUDA, v. Réchauffer. 

RETZE, «. /. Crèche. (Jorat.) Voy. rehche. 

RETZEGNAU, SA ; RETZIGNI, A, adj. Grondeur, rechigné, récal- 
citrant, répugnant à. (Pays-d'Enhaut.) 

RETZEUN, s. m. Grimace de mauvaise humeur, de répugnance. 
(Pays-d'Enhaut.) 



330 REV 

RETZIGNI^ V, Rechigner^ répugner, renasquer. (Pays-d'Entaautj 

RÉTZO, A, adj. Rude, ftpre au toucher, rêehe. Même racine que 
reizigni. 

REUBLLA, V. Oublier. (Fribourg.) 

REUTON, RUTON, s. m. Myrtille, Vaednhm MyrtUhu. -Amhrt' 
salle, ambrotze, einbrotze, id. 

REVA, V, Oter, enlever, ravir. L. rapere. (Jura.) 

REVAIRE, V. Revoir. Réduplicatif de vaire, voir. A remn, au 

revoir. 
REVEGNAITA, «. f. Retour d'un corps lancé. (Vaud.) 

REVEGNI, REVIGNI, v. Revenir; reparaître après sa mort. £/« 
revin, dit-on d'une maison qui passe pour avoir des recenanU. 

REVEGNIEN, REVENANT, s. m. Esprit qui remenl de l'autre 
monde, ref)enani, lutin, fantôme, ôtre qui apparaît sunutorelie- 
ment d'après les idées populaires. (Vaud.) 

REVEILLON, $. m. Petite collation, repas léger pris à minuit, fv- 
veillon. (Lausanne.) 

REVEINDJI, V. Revancher, prendre la défense d'une personne atta- 
quée. Se reveindjij se revancher. 

REVER, SA, adj. Opiniâtre, têtu, revôche, indocile. 

REVEREINGE, REVEREINCHA, s. f. Ce mot n'est usité que daas 
cette locution reveireince parla (sauf votre respect), employée pir 
la politesse rustique, quand on nomme une vache, un porc, un 
lit. Un paysan d'Oron poussait la délicatesse si loin, qu'en par- 
lant de sa femme, il disait toujours : Revereince parla, (Vaud.) 

REVERI, REVIRI, v. Faire rebrousser, faire retourner en arrière. 
REVERIA, 8. f. Retour, revanche, changement subit dans \a tour- 
nure d'une affaire. 

REVERSA, V, Surplomber. 

REVERTAINSA, s. f. Ressources, subsistance, moyens d'existence. 
L. reverto. (Gruyère.) 

REVERTONJE, s. /. Opiniâtreté, entêtement. 

REVERTZ AU, SA, adj. Entêté, opiniâtre, d'humeur difficile. (Alpes.) 

REVERTZI, V. Retrousser. — Une fille se plaignant d'avoir 



REV 331 

îDsaltée par un garçon , disait: M'a retertzia, il a levé mes 
jupes. 

REVERTZON, s. m. Retroussis d'un linge, d'une étoffe; filet de 
peau qui se détache autour des ongles. (Pays-d'Ënhaut.) 

REVI^ $. m. Proverbe, dicton, adage^ ancienne maxime. Le patois 
roman a un grand nombre de proverbes très judicieux, dont 
quelques-uns n'ont pas leurs congénères en français. Yoy. C<m- 
servateur suisse, tome VI, page 127. 

REYIA, adv. Parti de nouveau. Réduplicatif de vta^ hors de chez 

lui. (Pays-d'Enbaut.) 
R£VIN, 8. m. Espèce de filet pour la pêche. (Morat.) 

REVINI, V. Tremper, amollir, revenir; reparaître après sa mort. 
— Rereni, id. Voy. revegni. 

BEVIRA, s. f, ; REVIRE, s, m. et /. L'action de rebrousser, de re- 
venir sur ses pas ; le solstice d'hiver. Le djeurprignan larevùre, 
les jours commencent à grandir. — Remre se joint à man et à 
pi pour exprimer une mesure prise de la largeur de Tune et de 
l'autre : Revire-man, une largeur de main; revire-pi, une largeur 
de pied. Les écoliers, dans leurs jeux, disent : Dau pi et on revire, 
deux pieds et un travers de pied. (Vaud.) 

i^IRAHIE, s, f. Soufflet, rebuffade. 

REVIRE-BAU, s, m. Arrôte-bœuf, Ononis spinosa. (Jura.) 

REVIRE-MARION, s. m. violent soufflet qui fait virer sur elle- 
même la personne qui le reçoit. (Lausanne.) 

HEVOLEIN, s, m. Coup de vent subit ; caprice, lubie, changement 
d'humeur. (Vaud.) 

REVON, s. m. Bord d'un gfiteau, d'un champ, d'une pierre. 

HEVOND, DA, adj. Rond, plein, gorgé de vin et d'aliments, soûl. 
(Alpes.) 

REVOU, A, adj. Rusé, retors. L. revolvo, 

HE VOUA, REVOUHA, v. Déplacer un objet, le remuer, le mettre 
de côté ; rassembler. 

REVOUARDA, REVOUARDHA, v. Regarder. - VouaUi, id. 



332 RIB 

REVOUDRE, V. Se rendre maître, mettre à la raison, dévorer on 
affront, avaler avec peine un corps dur. (Pays-d'Enhaut.) 

REVOUTZËT^ REVOUETZET, s. m. Contour, coude d'un chemin 
rapide. — Revouta, $. f, id. L. revolutus. (Alpes^ 

RHâNDAILA.RANDAINA, ARANDAILA, 8. f. Hirondelle, cul- 
blanc. — Dans le Jura bernois, aUombrata. 

RHANDON, RANDON, «. m. Force, courage; ne se dit que dans 
cette locution : A gran randan, à tour de bras. 

RHOMMO, 5. m. Toux, rhume. 
RIA, 5. f. Tranchée, fossé pour faire écouler les eaux. 
RIALET, s. m. Ruisselet, petit ruisseau, filet d'eau courante. Dimi- 
nutif de fio, ruisseau. 

RIAU, $. m. Journalier qui enlève le fumier des alentours da 
chalet, pour le déposer sur les places les plus maigres du pâiii- 
rage. (Ollon.) 

RIBA, s, f. Carotte jaune, Daueus Caroia. Ail. rutfe. (Avencbes.) 
Yoy. nmLLA, reiblla. 

RIBBA, 8. f. Scierie. (Jura.) 

RIBBAN, RIBAN, RUBAN, s, m. Ruban, bandelette. Ribanna, déco- 
rer de rubans, de banderolles. 

RIBBANBAHIE, RIBANBELLE, s. /. Cohue, grande troupe de geos 
marchant en désordre. (Aigle.) 

RIBLLA, V. Glisser sur un plan incliné; brûler les poils d'une 
étoffe de laine, roussir ; faire la débauche ; causer un tumulte, 
y prendre part. (Vaud.) 

RIBLLA, RIBLA, REIBLLA, REIBLA, s. f. La mauvaise herbe 
qu'on ôte des vignes ; le gratteron ou rièble, Galium Aparine. - 
Ribla, riblla^ est aussi le nom dérisoire que le paysan protes- 
tant du canton de Genève donne à l'hostie des catholiques. Tof. 
RIBA. — A Genève, reiblla signifie mroUe. 

RIBOTTA, s. /. Débauche bachique, tibote, désordre, tumulte. L. 
repotatio, (Vaud.) 

RIBOTTÂ, V, Faire la débauche, s'enivrer, riboter. (Vaud.) 

RIBOTTIAU, 8. m. Riboteur, débauché, ivrogne. 



RIO 333 

RIDESTAN, s. m. Gouleavrée, bryone, plante de la famille des cu- 

eurbitacées. 
RIDO, A, adj\ Rude, dur, sévère, qui maltraite gens et bétes. 

RIDO, adv. Beaucoup, considérablement, très fort. — Le curé de 
Montbovon^ canton de Fribourg, ayant fait une procession en 
temps de sécheresse pour avoir de la pluie, il vint de la grêle, 
et les paysans s'écrièrent : Chein ! Va preihi irau rido; diable! il 
a prié trop fort. 

RIDONâ, s. f. Année, Inxila Helenium, plante synanthérée. (Bex.) 

R1Ë, s. m. Filet d'eau, fil de lait sortant du pis. 

RIÈRE, prép. Dans le territoire. Rière Matidon, dans la banlieue 
de Moudon. 

RIETTA, RITTA, s, f. Ruelle, venelle, passage étroit. C. rUh, id. 
RIFFLA, V. Avaler avec avidité; se ruiner; écorcher, raser. (Yaud.) 
RIGUENA, V. Hennir. G. rinchana, beugler, mugir. 
RIRLA, t. Glifi^ser. G. rkqla, Sd. 
RlKLAI, s. ffi. Paillard, débauché, ribaud. (Fribourg.) 
RIKLAU, s. m. Vent périodique très froid qui se fait sentir après 
le coucher du soleil à Gruyère. 

RIMO, A, adj. Mêlé de bandes rousses et noires; se dit du manteau 
des vaches. (Alpes.) 

RIMO, $, m. Collier de cuir large et brodé d'oii pend la clochette 
de la plus belle vache du troupeau. G'est un luxe des vachers 
du canton de Fribourg qui y mettent jusqu'à cinquante francs. 

RIO, I. m. Ruisseau. G. rio, — Une dame de Romont disait naïve- 
ment : Tfo z'ain tan rizu ke no s^ain fé U) rio pè lo peilo, uous 
avons tant ri que nous avons fait un ruisseau dans la chambre. 
Rio dEinfer, le ruisseau d'Enfer, dans la préfecture fribour- 
geoise de Rue. 

RIOLA, $. f. Troupe d'hommes ou d'animaux groupés en rond, en 
peloton; cercle dans le gazon, attribué par le peuple aux danses 
nocturnes des sorcières ; cercle magique des faiseurs d'enchan- 
tements. (Vaud.) 

WON, DA, adj. Girculaire, rond. 



334 RIT 

RIONDA9 V, Danser une ronde. 

RIONDET^ TA^ adj. Un peu rond, qui s'arrondit. Diminutif de rûm. 

Voy. REVOND. 

RIONDS, s. tn.pL Danse en rond, ronde, branle circulaire. Les 
rondes, autrefois fréquentes dans le Pays de Vaud, se dansaieot 
en plein air avec des chants spéciaux. — Dans chacun des 
quatre quartiers de la ville de Fribourg, il y avait un jour fixé 
pour danser autour de la principale fontaine ornée de fleurs. 
Aucune fille à marier, fût-elle de la première distinction, ne 
pouvait se dispenser d'y paraître. Cest ce qui s'appelait eham 
le rionds, danser les rondes. 

RIONZE, $, f. pL Ronces, Rubus fruticosus, etc. ~ Mouron, se dit 
de la ronce et de son fruit. 

RIOTA, RIOUTA, s. f. Mélilot, melUotus. — RoUa, id. 

RIOULA, RIOUTA, $. f. Débauche de yin. — Souleria, souiaJkte, id. 
(Vaud.) 

RIOUTA, s. f. Rameau flexible de saule, de coudrier, etc., destiDé 
à servir de lien; verge, gaule. Mailli dei rUnUe, tordre des ra* 
meaux, des osiers, pour en faire des liens. 

RIOUTA, V. Lier avec des branches flexibles; fouetter. 

RISOLET, TA, adj. Qui rit toujours, rioteur. — Une comédie très 

satirique a couru manuscrite sous le titre de Uahhé risolH, 

(Lausanne.) 
RISOLETTA, $. f. La sylvie, Anémone nemorosa, jolie anémone 

fort commune sur la lisière des bois et le long des haies. 

RISTA, «. /. Voy. rotta. 

RISTA- PERLA, $. f. Pied-d'alouette, Delphinium C(m$oli4Éa. (Mont.) 

RISTO, s. m. Testicule, surtout des béliers chfttrés. C'est un plat 

délicat que les Français appellent animeUes. (Moudon.) 
RITA, $. f. Eclat de rire. Fére na rUùj rire aux éclats. — ih'za,id. 
RITHAI, V. Courir, marcher fort vite. (Evôché de Bftie.) 

RITHOULA, RITIOULA, v. Répéter souvent les mêmes choses; 
fredonner une ritournelle. (Vaud.) 

RITTA, s. /• Filasse de chanvre; ruelle, venelle. 



ROG 335 

RITTOULÂ, s, f. Répétition^ ritournelle, femme ennuyeuse par ses 
répétitions. (Vaud.) 

RITTOULHA, «. f. Pioche. (Valais.) 

rItzO, a, adj. Apre au goût^ amer; sévère, rude quant à Thumeur. 

RIZA, s. /. Glissoire pour faire descendre, des forêts de montagne 
dans la plaine, les troncs et les tisons de sapins. Il y a la riu 
ùcke et la rise par eau. C. riska, glisser. (Valais.) 

RIZA, s. f. Rire, éclat de rire. 

RIZARDA, s. f. Risée générale, éclats de rire de plusieurs per- 
sonnes. 

RIZU. Part, passé du verbe rire. No z'ain prau rizu, nous avons 
assez ri. 

ROBA, $. f. Robe, vêtement de femme. 

ROBÂ, V. Dérober, voler. C'est le même mot en celtique. 

ROBARE, s. m. Voleur, larron, escroc. 

ROBASSA, $. f. Voleuse^ larronnesse. Te n'î ke na robassa, tu n'es 
qu'une voleuse. (Pays-d'Enhaut.) 

ROCHENA, ROSSENA, s. f. Echafaudage pour faire sécher en plein 
air les fèves, les pois, les céréales. Cest de là que vient Roche* 
noire, nom patois du village de Rossinière. (Vaud.) 

RODJAULA, s. f. Rougeole. 

RODJE, A; RODO, RODJA, adj. Rouge. Bodje l^on pu, rouge 
comme un coq.'-Boétiaigua, eau rouge, nom de plusieurs ruis- 
seaux. — Bodzo, id. 

RODJET, s. m. Ortie rouge, galéope ladane, Gakopm Ladamm, 
plante labiée. (Bex.) 

RODZOSSO, i. m. Espèce de vigne dont le sarmoit est roogettre* 
(MoDtreux.) 

ROFFA, RAUFFE, RAUFFA, s. f. Gardon, rosée, Cyprkm ruUku. 
- RoUa, là. (Léman.) 

ROGNA, ROGNE, s. A Gale à U iète; querelle, ooise. JTa Uertd 
rogna, il m'a cherché querelle. (Vend.) 

ROGNASSI, V. Chercher ebicane. Cure me querelle. 



336 RON 

ROGNAU^ SA, adj. Galeux^ teigneux; chicaneur. 

ROGNI^ ROUGNI, v. Rogner, couper, diminuer. 

ROKANTEIN, s, m. Vieillard avare, hargneux. Ce mot est ordinai- 
rement précédé de l'adjectif vUlho, vieux. (Lausanne.) 

ROLLA, s. f. Le melilot, melUotus, — Riotaj riouta, id. 

ROLLA, 8, f. Loutre, Mustella Lutra, 

ROLLET, 8, m. Grelot. 

ROLLETTA, s. f. Le rat d'eau, Mu8 amphibius. Diminutif de roUa, 
loutre. 

ROLLHA, ROLLHE, 8. f. Batterie, bastonnade; pluie d'orage, le- 
vasse. A la roUha, beaucoup, extrêmement : pllau à la roUkf, il 
pleut à verse. 

ROLLHET, 8. m. Rouleau d'étoffe, de toile, de papier. (Alpes.) 

ROLLHI, V, Rosser, battre^ frapper^avec un bâton. 

ROLLHON, 8. m. Bâton court et épais. — TsatUm, id. 

ROMAGNIA, «. /. Pays romand ou Pays de Vaud. (V. st.; Fri- 
bourg.) 

RONDALLA, 8, f. Disque du pressoir, entre la vis et Técrou. (La- 
vaux.) 

RONDE, 8. f. Tour de rôle pour garder et enU'etenîr un pauvre, 
dans les communes où le fonds des pauvres est insui&sant. 

RONDION, s. m. Ablette, Cyprinu8 Albumu8, poisson. (Neuchâtel) 

RONDJAMEIN, «. m. Regret, remords, rongement d'esprit. 

RONDJI, V. Ronger; plus particulièrement, ruminer. — Raudùy 
raudji, rudji, id. 

RONDJILLHON, RONDJELLHON, <. m. Reste d'un fruit en partie 
rongé, mangé. 

RONDJON, 8, m. Aliment ruminé par les vaches; trognon de 
poire, de pomme. (Vaud.) 

RONDO, RIONDO, 8. m. Chant des danses appelées rionds. En 
1559 il fut défendu d'en chanter d'indécents. 

RONKO, 8, m. Ronflement, râlement. Voy. ranko. 



ROT 337 

RONMA^ V. Déménager^ remuer d'un lieu à l'autre. (Jura.) Voy. 

RBMODA. 

RONNAy 9. Grogner, gronder, murmurer, se plaindre. (Fribourg.) 

— Voy. RAUNA, FRAUNA. 

RONNERI, IDA, adj. Grondeur, grogneur; se dit des enfants 
piailleurs. — Grognon^ id. 

RONSEIN, $, m. Cheval de bftt, rosse. Le français roncin se disait 
pour cheval de service. 

RONSI, V. Rosser; maigrir. 

RONSI, A, adj. Maigre de misère, affamé, exténué. 

RONTRE, RANTRE, v. Rompre; ouvrir avec la charrue un terrain 
en friche. 

RONTU^ «. m. Terrain nouvellement ouvert avec la charrue. 
(Jorat.) 

RONTU, A, adj. Hemieux, qui a une hernie. L. ruptus. 

RONZON, $, m, Yangeron^ sorte de cyprin qui sert d'amorce. 
(Neuchâtei.) 

ROSAI, s. m. Rosier, églantier. 

ROSAIRA, ROSIA, s. f. Lieu plein de rosiers, d'églantiers. (Alpes.) 

ROSALAI, i. m. Rosage, Rhododendron ferrugineum et Rhododen- 
dron hirstUum. — Arzelai, arzalai, antenel, id. (Alpes.) 

ROSALAIRA, s. /. Rossolis à feuilles rondes, Drosera rotundifolia. 
(Pays-d'Enhaut.) 

ROSSET, TA, adj. Roussâtre, roux. 

ROT, ROTTA, adj. Rompu, brisé. L. ruptus. L'a la Uamba roUa, 
il a la jambe rompue. 

ROTTA, s. f. Voy. ropfa, raufa. 

ROTTA, RISTA, RUTA, 5. f. Rue, Ruta graveolent, pAnte de la fa- 
mille des rutacées. 

ROTZE, ROTSCHE, ». f. Roc, roche, rocher. 

ROTZETTA, s.f. Petite roche. Diminutif de rotze. RoizeUe,s.f.pl. 
rocailles. 

MtM. ET DOCUM. XU. M 



388 ROU 

ROUA, 17. Atteindre un but avec une pierre, une flèche, ane Mie, 

ruer, frapper du pied ou de la corne. 

ROUAIDJO, RAUDZO, s. m. Hièble, Sambucut Ebulm. (Orroonui 

ROUBA, s. f. Rouleau de bois. 

ROUBATTA, ROUBLLETTA, s. f. Boule de bois pour jouer. Voy 

REBATTA. 

ROUBLLA^ V. Se hftler^ se noircir par l'action du soleil. (Alpes.) 
ROUÉ, s. m. Le bord d'un précipice. 

ROUGNIRA, 8. f. Rognure, ce qu'on ôte à un corps qu'on rogne. 
ROUGNON, ROGNON, s. m. Rognon; rognure; le lieu le plus fer- 
tile d'une contrée. (Vaud.) 
ROUKAN, NAf adj. Demandeur importun. L. rogans. 

ROUKANA, V, Demander indiscrètement^ en revenant souvent à la 

charge. (Valais.) 
ROULA, V. Rouler^ aller sans cesse çà et là; rosser. L'abeinrwh 

pè le pahij il a bien couru le monde. (Vaud.) 

ROULAHIE, s. /. Grêle de coups^ bastonnade. 
ROULETTA, s. f. Cujelier, farlouse, alouette des bois, Âlauéa ar- 
borea, — Rousselet, id. (Vaud.) 

ROULETTA, s. /. Patte d'oie, chénopode, CheHopodhtm gkmaim, 

plante de la famille des chénopodées. (Aigle.) 
ROULLHET, $. m. Portion du fil dont la bobine s'accroît à chaque 

tour. 
ROULLHO, s. m. Vent d'orient. (Pays-4'Enbaut.) 

ROULLHON, s, m. Bande de foin que le rftteau rassemble en rou- 
leau. 

ROUMETHI, V. Ruminer, mAcher péniblement; avaler un affrooi, 
penser sans cesse à un chagrin. 

ROUNNA , V, Retentir ; se dit d'un bruit sourd ou lointain. - 
Ronna, id. (Fribourg.) Voy. ronna, rauna, frauna. 

ROUSA, s. f. I\ose. 

ROUSAHIA, ROUSAHIE, a. /. Rosée. Porta-rousakie, alcbimille ar- 
gentée au alchimille des Alpes. 



RUH 3S9 

ROUSn, f. m. Rôti, pièce de viande mise à la broche. Koumein 
m'ama-vo ? comment m'aimez-vous ? — Vo z'amo koumein lo 
rausii, je vous aime comme le rôti. (Vallée de Joui.) 

ROUTA ^ s. f. Assemblée tumultueuse du peuple, réunion illégale. 
— Les grandes compagnies qui de 1360 à 1375 désolèrent l'Eu- 
rope, s'appelaient routes, et les soldats rotUiers ou malandrins. 
(Consultez Duc^nge au mot ruptarii.) 

ROUTA, V, Assembler tumultueusement le peuple. — Un arrêt de 
1542 défend de faire dei rouie. Voy. le mot précédent. 

BOUTENA, s. /. Compagnie, suite d'un prince ou d'une princesse 
qui voyage. (Fribourg.) 

ROUTERET, s. m. Cochon de lait prêt à être rôti. (Ecballens.) 

ROUTI, ROUSTI, V. Rôtir. 

ROUTON^ RUTON, s. m. Myrtille, airelle, Vaccimum MyttiUus, ^ 
Âmbrotze, einbrotze, ambresaUe, id. 

ROUTZE, ROUTSCHO, s. m. Cercle plat et large pour donner la 
forme au fromage, au sortir de la chaudière. — Retzm, rUseka, 
Id. (Alpes.) 

ROUTZERI, A, adj. Riche, bon paysan. (Gruyère.) 

ROUTZI, ROUTCHI, v. Jeter avec force, se précipiter. — Arrouchi, 

id. Voy. AROUTZI. 

ROUTZO, s. m. Enrouement. 

ROUTZO, A, adj. Enroué. 

ROUTZON, s. m. Cercle plus petit que le routze. Voy. ce mot. 

ROUVENA, ROUENA, RUVENA, s. /. Ravin, précipice, éboulement. 
L. ruina. Voy. ravena. (Vaud.) 

ROVEREIA, $. f. Chênaie, forêt de chênes. L. rolmr. (V. st.) 

RU6A, V. Glisser, frotter, gratter. (Fribourg.) Voy. buppa. 

HUDJl, V. Voy. RONOJi, reindjiai. 

RUDO^ s. m. Corvée, dans les vieux documents. (Yverdon.) 

RUHLLA, s. /. Rabot à fer étroit; pâturage brouté jusqu'aux ra- 
cines. 

RUHLLÂ, V. Faire des rainures avec un rabot à fer étroit. En par- 
lant des vaches, se promener en cherchant quelque brin d'herbe 



340 RUZ 

dans un pâturage entièrement dépouillé de ses graminées, où U 

n'y a plus rien à brouter. (Pays-d'Enhaut.) 
RUHLLON, RUKLON, s. m. Boue enlevée des mes poar ser?ir 

d'engrais. (Genève.) 
RUIZA, s. f. Glacier; usité dans quelques localités des frontières 

de Savoie. (Valais.) 

RUKKA, «. f. Perruque. — Tigrume, id. Voy. gnassa. 

RUKLLÂ, RIKLLA, v. Glisser, effleurer. (Vaud.) 

RUMA^ t?. Nettoyer une écurie, en enlever le fumier. (Rougemont.) 
AH. ràumen, curer. — (AU. suisse, rume, usrume. — N. de l'éd.) 

RUMAINDHA, v. Radouber, restouper. 

RUMBRE, V. Exercer son droit de retrait lignager, racheter ao 
môme prix un immeuble vendu par un parent ; relever une 
garde, une sentinelle. (Pays-d'Enhaut.) Voy. retraghon. 

RUNDJAMEIN, adv. Aisément, sans peine. (Entremont.) Voy. 

RANDJAMEIN. 

RUNDJE, s. ifi. Collier de cuir auquel la clochette des vaches est 

suspendue. — Rimo, id. (Alpes.) 
RUPPA, ROUPPA, «. f. Espèce de redingote. (Vaud.) 
RUPPA (se), V. Se gratter avec violence. (Vaud.) Voy. ruba. 
RUPPARE, 5. m. Personne qui se gratte sans cesse. 
RUSSALET, 5. m. Petit ruisseau, filet d'eau. — • Riakt, id. 
RUTA, 8, f. Rue, Ruta graveolens. C'est aussi l'absinthe, Artenùsia 

AbsùUhium. Voy. rotta. (Aigle.) 

RUVA, RUA, s. f.; ROUÉ, «. m. Bord, rivage, orée d'un bois. - 
Rica, id. — Une vieille ronde de Moudon avait pour refrain: 
Et allein leiàla ruva dau frou, et allons-y à la lisière du bois. 

RUZ, RU, s. m. Ruisseau. Ce mot est celtique. Le Val de Ruz, au 
canton de Neuchâtel, c'est le val du ruisteau. Le nom de la 
Reuse ou la Ruze, rivière qui arrose le Val de Travers, dérive 
du môme mot. — Ce qui s'appelle un ruz dans le canton de 
Neuchfttel, s'appelle un rto dans celui de Vaud et un non/ autour 
de Genève et aussi dans les Alpes. 

RUZILLA, 8.f. Filet d'eau, ruisselet. C'est le nom d'un village 



SAB 341 

dans le canton de Fribourg; un autre se nomme Lb Buz. Enfin 
un petit village au-dessus d'Orbe^ au pied du Jura, s'appelle La 
RussiUe. 

N. B. Comme il est aisé de le voir en parcourant la lettre R, 
notre patois roman abonde en réduplicatifs, et ils sont loin d'être 
tous insérés dans ce glossaire. A tout moment on en entend de 
nouveaux. Chacun ajoute à volonté un re à tout verbe qui com- 
mence par une consonne, ou un res, pour éviter l'hiatus, s'il 
commence par une voyelle. Ainsi, de pohi, alper un troupeau, on 
fait repohi, le conduire une seconde fois à la montagne ; de aure, 
entendre^ on forme resoure, entendre une seconde fois. Devant 
une voyelle» on se borne aussi à élider Ve de re, et l'on dit : avai, 
ratai, avoir, ravoir; einfaita^ reinfatta, mettre en poche, remettre 
en poche. 



S 



Sa, adj. Aride, sec. (Evêché de Bflle.) 

SA, CHA, adj. numér. Sept. 

SA, CHA» $. m. Sac. Veri U) $a^ tourner le sac; sorte de divination 
on de sortilège employé pour découvrir un voleur. Le français 
dit dans le même sens : faire tourner le sac. (Vaud.) 

Sa d aiguë, sac d'eau, lieu dans les rochers où les eaux se 
rassemblent. (Valais.) 

SABBAT, 5. m. Sabbat, réunion de sorcières. — Chetia, id. 

SABLLA, «. f. ; SABLO, SABLLON, $. m. Menu sable. — Âréna, id. 

SABLLA, SABLOUNNÂ, V. Sabler, couvrir de sable. 

SABLLONNAIRE, $. f. Lieu d'où l'on tire le sable, sablière, sabUm- 
nière. — Arenaira, id. 

SABOTTA, V. Faire du bruit avec ses sabots. 
SABOTTEI, s. m. Sabotier, celui qui fait des sabots. 



â42 SAI 

SABOULA, V, Rosser, battre, gourmaDder, sabwUer. — Hepoua, id. 

(Vaud.) 

SABOULâHIA, s. (. L'action de rosser^ roulée, volée de coups. 
(Vaud.) 

SADE, A, adj. Doux, agréable. Cest le vieux français ^ade. (Valais.) 

SAFFRET, TA, adj. Vif, folâtre, enjoué. C. Mffr, odeur, parfum. 

SAFFRETAU, SA, adj. Coquet, efféminé, délicat, soigneux dans sa 
parure, musqué. (Lausanne.) 

SAFFRETTA, SAFFRETAUSA, $. f. Jeune fille coquette, folâtre, 
bien parée, parfumée. (Lausanne.) 

SAFRAN, s. m. Safran. Alla au safran (loc. prov.), se ruiner. 

SAGATTERIA, s. f. Boucherie d'un ordre inférieur. — Pannotm, 
id. (Vaud.) 

SAGNE, $. f. Saignée. — Dans le Jura, sagnCj iognetta, se disent 
des marais tourbeux, des lieux humides. 

SAGNETTA, SAIGNETTE, s. f. Patience ou oseille sauvage, Auimt 
acetosa. 

SAGNI, V. Saigner, ouvrir la veine, égorger; faire écouler les eaox 
d'un terrain marécageux. 

SAGUO, s. m. Titre d'honneur donné à un étranger. De $agumj 
sagus, saie. On m'a appelé saguo dans des villages alpestres au- 
dessus de Sion. — (Sagus s'est dit pour devin dans la basse lati- 
nité. — N. de réd.) 

SAI, s. /. Soif. On dit d'un malade altéré : L'èsu la sai. 

SAI, s. f. pi. Gousses. (Sainte-Croix.) 

SAIGNOT, s. m. ; SAGNA, SAGNE ^ s. /. Dans le Jura, marais, 
lieux humides qu'il faut saigner, ordinairement peuplés de bou- 
leaux et de pins rabougris. La Sagne, nom d'un village neuchi 
telois et d*un hameau de Sainte-Croix (Vaud). 

SAINFONIÉRA, s. f. Prairie artificielle semée en sainfoin. Ce mot 
est nouveau. 

SAINGLLA, V. Sangler, frapper fort. Dans les forges du Jora^ii 
signifie diviser le renard. Voy. hbnai. (Vallorbes.) 



SAL 343 

SAINGLLAHIA, CHÂINGLLAHIE, s. /. Gourmade, coup violent. 
To de na taingHahia^ tout d*UDe traite. 

SAINGLLAR, f . m. Sanglier. — ■ Schanglla, id. 

SAIRUy s. m. Bouton sur Je bord de la paupière, orgelet. (Pays- 
d'Enhaut.) 

SAKADJO , s. m. Grand amas^ quantité considérable. Y ein a an 
$akadjo, il y en a beaucoup. 

SAKAURE, SEKAURE, v. Secouer. 

SAKET, s. m. Quelque chose^ sans rien désigner. 

SAKEUN^ SAKENA, adj. Quelqu'un, un certain, un quidam. — 
PI. sakenau, sakene. (Alpes.) 

SAKO, s. m. Quelqu'un qu'on ne nomme pas. On frappe à la porte; 
celui qui va répondre dit : Leia sako, il y a quelqu'un. (Alpes.) 

SAKOSAIRA, s. f. Longue perche pour abattre les fruits. 

SAKOSAU, SAKOSIAU, (. m. Ouvrier qui secoue les fruits ; abat^ 
teur de noix, de châtaignes. 

SAKREMEIN, s. m. Jurement grossier, imprécation. (Vaud.) 

SAKREMEINTA, v. Proférer des jurements grossiers, maugréer. 
(Vaud.) 

SALA, V. Saler, mettre au sel. 

SALA, s. f. Siège pour s'asseoir, chaise. — Sella, chola, id. 
SALAGNON, 5. m. Pain de sel. (Fribourg.) 
SALARDA, s. f. Salade; remontrance, censure aigre, verte semonce. 
SALETTA, SOLETTA, SALGUETTA, s. f. Oseilje cultivée et sau- 
vage, Rumex acetosa, 
SALLA, s. f. Selle. 
SALLÀ, V. Seller un oheval. 

SALLUAITA, $. f. ; SALLHI, i. m. Printemps, époque où les trou- 
peaux sortent de retable où ils ont passé l'hiver, pour aller 
paître dans les pâturages. — Sailli- frou, id. (Vaud.) 

SALLHI, V. Sortir, mettre les vaches à l'herbe au printemps. 

SALUT, I. m. Salut, je vous salue; salutation familière fort usitée. 

SALUT, s. fil. Stlurus Glanit, poisson des lacs de Neuchâtel, de 



344 SAR 

Bienne et de Morat. Il y en a d'un quintal; on en fait de rhoile. 

SALUVA, V. Saluer. 

SALVAGNEIN, SERVAGNËIN, s. m. Vin rouge du pays. (La Côte.) 

SALVIGNON, SAVIGNON, 8. m. Cornouiller. Cornus sangHtma. 
(Goppet.) 

SAMALIOU, 8. m. Ambre. (V. st. de Fribourg.) 

SAN^ SANNA^ adj. Sain, bien portant. 

SAN, $. m. Sang. — Einsagnola, ensanglanter. 

SAN, SEIN, GHEIN, exclam. san vei, certainement oui. Voy. 
CHEIN. (Fribourg.) 

SAN, SANT, SANTA, adj. Saint. 

San-Frego, Saint-Gergucs, Sanctus Sergius. (Village vaadois.) 
San-Luvro, Saint-Livres, Sanctuf Uberius. (Id.) 
Sante-Fourain, Saint-Saphorin, Sanctus Symphorianus. (Id.) 
Sante-Crij Sainte-Croix. (Id.) 

SANA, s. f. Œsophage, canal des aliments de la bouche à restomac. 
G. san, canal, conduit. (Alpes.) 

SANDEKO, SANTEKO, s. m. Le syndic d*une commune. - San- 
ieka, la femme du syndic. (Vaud.) 

SANDZAIVRO, s. m. Arroche, Atripîex hortensis. 

SANDZEVRA, v. Etre malade par suite d'une transpiration arrêtée. 

SAP ALLA, s. f. ; SAPÉ, s. m. Sapin sur pied, sapin en général. 
— Sapalet, petit sapin. 

SA PÉ, loc. adv. Quelque part, dans un lieu qu'on ne désigne pas 
ou qu'on ne sait pas. (Pays-d'Enhaut.) Voy. cha po. 

SAPOU, subst. Qui sait peu. — En 1671 , Jean Rosselet fut exclus 
du conseil de Neuchâtel pour avoir dressé un état du régimeoC 
de don Sapou dans lequel il fait servir plusieurs des premiers 
magistrats. Ils avaient mérité d'entrer dans ce régiment, dit-il^ 
pour diverses opinions émises par eux et marquées au coin de 
rimpéritie ou de la bêtise ; celle d'essayer les pompes la veille 
des incendies, par exemple, etc. 

SAR, CHAR, CHA, adv. Volontiers, facilement, de bon gré. (Alpes.) 
En russe, sair signifie fortement. 



SAU 845 

SARA^ SERRA, s. f. Scie ; mot peu usité. — Rei$$a, id. 

SARA, serra, V, Serrer, saisir; enrayer une roue. 

SARAINA^ s, /. Baratte, long baril de bois dans lequel on bat le 
beurre. Ail. $Qrgt (Rougemont.) 

SARGUA^ SIARKA, s. f. Mauvais soulier, savate. (Lausanne.) 

SARKLLA, SERCLLA, v. Sarcler, enlever les mauvaises berbes. 

SARKLLORET, <. m. Binette, petit sarcloir. — Serkloret, id. 

SARNIKLLO, SANICLO, SARNIETTO, s. m. Sanicle, Sanicula eu- 
ropœa ; plante officinale. 

SASSA, V. Mettre dans un sac, ensasser. — Einsatzi, id. 

SASSELET, 5. m. Petit rocher. De scex, rocher. (Bas- Valais.) 

SATA^ CHETTA, $, f. Assemblée de sorcières, sabbat, bruit magi- 
que, loge bâtarde de francs-maçons. Voy. guetta. — Quand il 
y a eu grand fracas et désordre quelque part, on dit : La clietta 
lei a piissa. Le sabbat, les sorcières et le grand bouc jouaient 
autrefois un rôle important dans les superstitions populaires, 
et, de nos jours, ils ne sont pas totalement oubliés. (Vaud.) 

SATCHE, «. f. Sac fort large. 

SATCHET, SATZCHET, «. m. Petit sac, sachet. 

SATIBLO, A, adj. Aisé, doux, facile pour les transports; se dit 
d'an chemin praticable. (Vaud.) 

SATRAPE, s. m. Ce mot n'est ici qu'à cause de l'anecdote suivante. 
~ Un pamphlet de la révolution vaudoise de 1798, lequel par- 
lait des ilotes (voy. lottare), employait aussi le mot de sa/rap^^ 
et les paysans d'un village vaudois fort reculé, s'écrièrent : L'è 
bein la metzance f vau-t-e no preindre dein sa trappa coumein dei 
ralle; c'est bien le diable t veut-il nous prendre dans sa trappe 
comme des souris. 

SATTI, FATTI, A, adj. Fourni, serré ; se dit des épis de maïs, des 

grappes de raisin. (Lavaux.) 
SÂTTIFIA, t;. Satisfaire, dédommager. (Fribourg.) 
SATZCHE, s. f. pi. Lies de vin. (Montreux.) 
SAU, s. f. Sel. Rebouta'-lei de la sau, remets-y du sel. 
SAU, SAULA, adj. Seul, seule. 



346 SCÉ 

SAU, SAHU, SUAU, SCIOR, SIRO, s, m. Sureau, Samlwevs uigra 
Ce. scao — Sau rodjo, sureau à grappes, Sambums raeemoêa. 
(Pays-d'Enhaul.) 

SAUDJA, SODZE, $. /. Saule commun, SaUx alba, 

Saudfà épena, argoussier, Hippophaë rhamnoidet. (Alpes.) 

SAUDJALLÂ, s. f. Lieu planté ou bordé de saules; nom de plusieurs 
fermes. (Vaud.) 

SAUDJETTA, s, f. Sauge (salvia), soit sauvage soit cultivée. 

SâUDJON, 5. m. Petit saule^ osier. 

SAUGETTA, s. f. Nom que le diable a pris dans un procès de sor- 
cellerie jugé à Gottens (Vaud), en 1641. C'est le nom patois de 
la sauge. Voy. saudjetta. 

SAULA, s. f. Semelle de soulier. PI. saule, L. soîea. (Pays-d'Eo- 
haut.) 

SAUMA, s. f. Charge d'un cheval de bât, d'une bête de somme. Ail. 
saum, (Alpes.) 

SAUMMA, s. f. Anesse. — Ckouma^ id. (Genève.) 

SAUR, SOR, A, adj. Aigre, piquant, sur. AH. sauer. 

SAUSSAHIE, s. /*. Averse, torrents de pluie. 

SAVATÂ, V. Salir; faire mal au cœur. 

SAVENA, SAVOUNA, s. f. Sabine, Juniperus Sabina, arbrisseau si 
bien connu pour procurer Tavortement, qu'il est défendu dans 
le grand-duché de Bade d'en avoir dans les jardins. (Alpes.) — 
En allemand, kindermord. 

SAVEUR, s. f. Fines herbes, cerfeuil, etc. Voy. heirbbttb. 

SAVOÏO, s. m. Savoyard. 

SAVORIA, SAVOUA, s. /. Sarriette, herbe aux pois. Saturmhor- 
iensis. Voy. saveur. 

SAVOUGNON, s, m. Cornouiller, Cornus sanguinea, (Bex.) 

SAVOUNAIRA, 5. f. Saponaire, Saponaria officinalis. (Vaud.) 

S'BAHI, A, adj. Etonné; abréviation de su z'ébaki, Je suis surpris. 

Voy. EBAHI. 

SCÉ, SCEX, SEI, s. m. Rocher. En Valais on dit se, st, six. L. saxm. 



SEG U7 

Porta dau Sc4x, la porte du Scex^ poni sur le Rhône. (Bas- 
Yalais.) 

Nouira Dama dau Sei, Notre Dame du Scex, à Saint-Maurice. 
(Bas-Valais.) 

SCHAR, A; SCHAIR, A; ESGHAIR, ESCHÂRSA, a<f;. Chiche, 
avare, trop économe; trop étroit en parlant d*un vêtement. C. 
scars, petit, mince; Y. Fr. eschars; B. L. scardus; It. scarso. 

SCHAUTA, SAUTHA, t?. Sauter, 'danser; se briser. 

SCHAUTERO, SAUTERI, $. m. Sauterelle, Locusta. 

SCHAUTERU, SAUTERAI , s. m. Follet, lutin qui va par sauU 
et gambades, dans les bois, dans les ruines. Voy. chautehai. 
(Gros de Vaud.) 

SCHEINDA, V. Faire une impasse, passer une carte inférieure. 
AU. schein, feinte, ruse. (Lausanne.) J c<i'i /y tx , 

SCHEINGHA^ v. Donner un pourboire. Ail. schenke, cabaret. (Fri- 
bourg.) 

SCHENA, $. m. Père. L. senior. (Gruyère.) 

SCHOT, SCHUA; CHOT, CHU A; SIO, SUA, pron. poss. Sien, 
sienne. 

SCHYR, CHIR, 8. m, Monsieur, grand seigneur, sire. (Evêcbé de 
Bâle.) 

SCORRON, s. m. Escourgée, fouet. C. scourge, id. 

SE^ conj. Si. Se te vau, si tu veux. Ce mot signifie aussi ainsi. Se 
dé, ainsi dit. 

SE, pron, pers. Soi, se. Sè-mîmo, soi-même. 

SE, SETCHA, adj. Sec, sèche. 

SEBETAINA, SIBETEIRNA, s. f, Bribe, miette; rien, pas la 
moindre chose. No n'ain pas na sebetaina tschi no, nous n'avons 
pas le plus petit aliment chez nous. — Sèneda, id. (Montreux.) 

SECLUSO, A, adj. Mis de côté, exclus, forclos. L. seelusus. (Yieux 
actes de Fribourg.) 

SÉDHË, ZEZE, adj. numér. Seize. 

SEGNA, SEGNO, SIGNO, SEGNOT, SCHENA, s. m. Le père de fa- 
mille, le maître de la maison. L. senior. (Fribourg.) 



348 SEI 

SE6NEULÂ, SIGNEULÂ, s. m. Vieillard. L. senex, 

SEGNEULA, SIGNEULA, s. /. Manivelle. 

SEGNON^ SIGNON^ s. m. Branche de sapin prise au nœud. (Alpes.) 

SEGOGNA, FEGOGNA, s. f. Gigogne. (Avenches.) 

SEGOGNA, SEGOGNARDA, FEGOGNARDA, $. f. Eclaire, grande 

chélidoine. 
SÉGUA, adv. Ensuite; terme d'un jeu que les enfants jouent avec 

de petites boules de marbre. L. sequar, (Lausanne.)— Voy. dé- 

KUPI. 

SEI, 8, /. Haie vive, cloison. L. sepes. Au plie ba on passe la $ei 
> (prov.), au plus bas on passe la haie. 

SEI, CHI, adj, numér. Six. 

SEI^ conj. Soit. Sei Von sei Vôiro^ soit l'un soit l'autre. 

SEICHES^ s. /*. pi. Flux et reflux; crue subite des eaux du Léman, 
qui reprennent ensuite leur niveau. — On dit aussi Uidme. 
(Voy. sur ce phénomène les Voyages dans les Alpes de de Saus- 
sure.) Il y a de pareils gonflements, appelés ruhss, dans les eaax 
du lac de Constance. 

SEIGNETTA, s. f. Fruit de l'aubépine. — Senetta, id. (Veuey.) 

SEIGRE, V. Suivre. L. sequor. 

SEIHI, V, Faucher! L. secare, 

SEIN, SEINA ; CHEIN, CHEIN A, pron, poss. Sien, sienne. 

SEIN, adv. Sans. Il entre dans les locutions suivantes : Sein lopi 
ou de ne sein lo pi, nullement, absolument pas; sein la manka, 
sans y manquer ; sein la meintka, sans mentir ; sein la paraire, 
sans la pareille, on n'a jamais rien vu de pareil. (Vaud.) 

SEINDAI, s, m. Sentier. — Vûmnei, id. 

SEINDHA, s,f. Santé. C'est une courte salutation- usitée sur les 
grands chemins. 

SEINTHION, CHEINKION, s. m. Enfant faible, enfant gâté. (Lau- 
sanne.) Voy. ACHEINTI, ACHEINTON. 

SEINTRE, CHEINTRE, v. Sentir, ressentir, flairer. Part, seintu, 
chêintu. — Ne pouan pas se cheinire, ils ne peuvent ^p^s se sentir, 
ils se détestent. 



SEM 349 

SEITE, s. f. Division territoriale des Ormonts; basses montagnes 
qu'on nomme aussi agiiet, giettes. (Ormonts, Aigle.) 

SEITEUR, a. m.; SEITORÂ,^. /. Mesure agraire. — Otrat, /ocAma, 
fochêrau, id. '^--r \ , ^ 

SEITRE, SEITOR, «. i». Faucheur. // ' -' 

SEKÉ, SEKEIN, $. m. Berce» HeracUutn SphotulyUum, plante om- 

beIlifôre..(Montreux.) ~ Komka, id. 
SEKET; a. ifi. Hoquet. 
SELAU, SELEU, $. m. Soleil. "^ 

SÉLEUN, a. m. Sapin coupé pour Fusage du foyer. (Pays-d'En- 
haut.) 

SELLARE, s. m. Plombeur qui mettait un ac^ati de plomb à cha- 
que pièce de drap fabriquée à Fribourg. 

SELLHAy s. /. Seau, seille, vase de bois ou de cuivre & deux 
oreilles pour porter ou garder Feau dans le ménage. 

SELLHAHIE, 5. f. Le contenu d'une seille. 

SELLHON, 8. m. Petite seille à une oreille. Diminutif de seUha, 

SELLHOT, s. m. Seau de cuir pour les incendies. (Lausanne.) 

SELLHOUNAHIA, s. /. Le contenu du sellhan. 

SELOGIAI, V. Sérancer. L. seligere. (Jura.) 

SEMALLHI, V. Semer, ensemencer, faire les semailles. (Vaud.) 

SEMANDRE, v. Inviter, convier, offrir. C'est le vieux français 
iemondre. (Alpes.) 

SEMESSA, s. f. Grand vase d'étain à couvercle, pour offrir le vin 
d'honneur. PI. semesse. (Yaud.) 

SEHO, a. m. Lisière de drap; pantoufle de lisières. (Montreux.) 

SEMONDRE, v. Payer, avertir de payer. (V. st. de Fribourg.) 

SEMONTAN, a. m. Voy. cermontain. 

^EMORRA, V, Bêcher un champ, labourer une vigne. 

SEMORRAILLE, a. f. pi. Défrichements nouvellement ensemencés. 
(Orbe.) 

SEMORRAU, a. m. Jardinier, défricheur; mot peu usité. 



350 SEN 

SEMOSSA^ $. /. Lisière d'une pièce de drap. — Semo, id. (Pays- 
d'Enhaut.) 

SEMOTTHA^ v. Fouler le raisin dans la Ifreinla ou brewta, (Voy. 

ces mots.) (Lavaux.) 

SEMOTTHIAD, s. m. Fouioir de vendange. (Lavaux.) 

SENA, 0. Semer, ensemencer. Senau, semeur. 

SENA, V. Sonner. Seniau, sonneur. 

SENALLHA^ s. f. Clochette de vache, grosse sonnette. 

SENALLHIRA, s. /. La vache qui marche à la tête du troupeau 
avec la plus grosse cloche; femme qui en ameute d'autres. 
(Gruyère.) 

SENALLHON, SONALLHON, a. m. Petit sonneur, petit garçon qoi 
s'amuse avec une sonnette. 

SENANNA, $. f. Semaine. Peut-être ce root vient-il de se né (sept 
nuits), parce que les Celtes comptaient par nuits et non par 
jours. 

SENAU, SENEU, s. m. Semeur. 

SENÊCHAU, SENETZO, <. m. Sénéchal. — Sous les évoques de 
Lausanne, c'était le titre de l'un des trois officiers des milices 
épiscopales; les deux autres étaient Vaffaulreet le sautier. (Plaid 
général de Lausanne, 1368.) Voy. appautro. 

SENEDA, a. f. Ne veyo pas na seneda, je ne vois pas une gnaUe. 
No n'ain pas na senéda à Vatthd, nous n'avons pas une miette 
dans la maison. D'après ces deux exemples, on voit que semis 
signifie absence totale de lumière, manque absolu d'aUments, L. 
sine die, (Vaud.) 

SENEDJI^ f). Pronostiquer. Se dit d'un signe qui doit présager 
quelque malheur. (Alpes.) 

SENEU, a. m. Sorte de poisson nommé chevesne dans le français 
populaire. (Neuchâtel.) — Meunier, id. 

SENIAU, a. m.; SENIAUSA, s. f. Homme, femme qui sonne les 
cloches de la paroisse ; sonneur. 

SENO, SNO, 5. m. Grelot, clochette, sonnette- - On appelait seno 
la maison de force de Berne, parce que, longtemps encore après 



SER 351 

son établissement, les forçats portaient une sonnette à leur col- 
lier de fer : Va élâ au seno, il a été à la maison de force. On 
disait aussi chalver, de Tallemand schellenwerk, Chalver se dit 
encore pour la maison pénitenciaire de Lausanne. (Vaud.) ^^ i , fo^it<J . 

SENOT, SENOTTA, aà}. Vieille personne dontious les sens, sur- 
tout la vue, sont affaiblis et qui agit en tâtonnant. L. leMx. 

SEPON, %. m. Bloc de bois ; espèce de serrure grossière faite de 
bois. (Pays-d*Enbaut.) ^ 

SERÂLLHA, SARALX.HA, s. f. Serrure. Faire serallhe, rater; se 
dit d'une arme à feu. 

SERALLHON, SERRARE, s. m. Serrurier. 

SERASSET, s. m. Grumeaux de lait caillé très délicats. (La Côte.) 

SERDRE, r. Trier, choisir, mettre à part. 

SÈRÉ, s. m. Fromage très maigre, fabriqué avec le liquide dont 
on a tiré le fromage gras. L. arum? En allemand, zieger, zieger- 
kœ$e. — Ceré, seret, id. (Alpes.) 

SEREDZl, SERECI, v. Sérancer. — Epenassi, id. Voy. selogiai. 

SEREDZIAU,s. m. Séranceur, ouvrier qui sérance le chanvre et 
le lin. — Epefiackau, id.. 

SÉRÉE, s. /. Soirée ; veillées des garçons chez les filles à marier. 
L. sero. 

SERETTA, s. f. Lierre terrestre, GUchama hederaeea. Voy. azera. 
(Lausanne.) 

SERI, SIRI, SERDJIAU, s. m. Peigne à sérancer, séran ou séran- 

çoir. 

SERKALLHI, SERTHOLLI, v. Secouer des vases avec bruit. (Pays- 
d'Enhaut.) 

SERKHALLA, SERTHOLLA^s. ^ Se dit des vases qu'on secoue 
avec bruit. (Pays-d'Enhaut.) 

SERLINGUA, s. f. Seringue, pompe à incendie. (Genève.) 

SERMET, SEMONTAIN, SEMONTAN, s. m. Laser, LaserpUinm 
SUif, (Alpes.) — Voy. cehmontain. 



352 SET 

SERPEIN, $. f. Serpent. Na serpein Va épouairi, un serpent Fa 
effrayé. 

SERPEINTENA, s. f. Langue de serpent, Opkioglossum tmlgatnm, 
sorte de fougère. 

SEBPEINTINÂ, s, f. Bistorte, Polygonum Bistûrta. (Morges.) 

SERRA, V, Serrer, resserrer, cacher. — Sara, id. 

Serra-tot (serre-tout), garde-manger, armoire. — Dtspetua, id. 

SERVADJO, A, adj. Sauvage. 

SERVM)JO, 8. m. Assujettissement, servitude, état de domesticité. 
L. $ervu$. 

SERVEIN, SERVAN, 5. m. Follet, lutin qui fait du bruit et de» 
espiègleries dans les chalets et les vieux édifices. — Chauterm, 
îd. — Dans la mythologie des anciens Prussiens, arvan signiOe 
spectre, gtwme, lutin. (Voy. Conservateur suisse, tom. I, pag.26i) 
(Vaud.) 

SERVEINTA, s. f. Servante, chambrière; archet de bois qui s'io- 
sinue entre le bois du lit et le lit lui-même pour retenir les cou- 
vertures et les empêcher de tomber. (Jura.) 
La Serveinta, le signe de la Vierge dans le zodiaque. (Ormonts.) 

SERVISSO, «. m. Service, bon office ; état de domesticité. — Ser- 
vadjo, id. 

SESSANTE, adj. numér. Soixante.— On dit plus souvent trei-tein, 
trois- vingts. 

SETA (se), S'asseoir. Sita-tè, assieds-toi; stâ-vo, asseyez-vous. 

SETI, GETI, 5. m. Seille, sorte de seau large à deux oreilles. 

SETON, adv. Sur son séant. A selon, id. Boutd-vo à selon, mettez- 
vous sur votre séant. 

SETSE, s. f. Ver qui se loge dans le foie des moutons. (Alpes.) 

SETTAI, SETTI, s. m. Setier, mesure qui valait 25 pots de Berne 
ou 30 pots de Vaud ; elle vaut aujourd'hui 25 pots fédéraux. 

SETTANTE, adj. numér. Septante. — On dit plus communément 
Irei'Vein et dhi, trois-vingts et dix. 

SETTEIMBRO, s. m. Septembre. 

SETZ AR, SETSCHAR, SÉCH ARD, s. m. Vent du nord-est. (Léman.) 



SIA 353 

SETZŒAR, SETSCHAIRON, â. m. Lieu sec et aride. 

SETZI, V. Sécher. Dans le langage populaire^ c'est vider une boa- 
teille de vin^ la mettre à tec. (Lausanne.) , 

SETZON, SETCHON, i. m. Morceaux de poires ou de pommes 
séchés qu'on mange cuits au lard; homme ou femme secs, mai- 
gres, mais nerveux. (Vaud.) 

SETZOT, SÉGHOT, SÉCHAU, TSCHASSO, s. m. Chabot^ CoUui 
Gobiù, (Léman.) 

SETZOTAy V. Prendre des chabots sous les pierres des ruisseaux. 
(Genève.) ^ 

SEUPI, s. m. (^veme, trou profond dans les montagnes, soupiraiL 
(Jura.) 

SEVRÉ, s. m. Front. (Evéché de Râle.) 

SEZŒAU, SÉCHAU, s. m. Echanson, sénéchal. (Ancienne cban* 

cellerie de Fribourg.) 
SEZÉ, SEDHË, adj. numér. Seize. — Sezimo, ma, seizième. 

SEZEIN, TA, adj. Séant, qui sied bien ; qui a de l'aisance, adroit, 

habile. (Pays-d'Enhaut.) 
SFâ, aé^v. Si fait, pardonnez-moi. Sfa bein, si fait bien. 

SHÉRËE, SÉRÉE, s. f. Veillée ; visite nocturne des garçons aux 
filles à marier, (^s visites sont défendues dans le code consisto- 
rial de 1640. L. sero. (Vaud.) 

SI, 9. défeci. Se dit de ce qui sied, Sta coueissa leisi bein, cette 
coiffe lui va bien, lui sied. (Alpes.) 

SIA, s. /l Soie; portion de pfite où l'on met le levain. 

SIA, SCHIA, adv. Facilement, sans peine. 

SIA, CHA, SŒA, V. Suer. 

SIARDET, s, m. Petit rocher, petite pointe de roc qui sort du ter- 
rain. (Alpes.) * 

SIARKA, V. Marcher avec de mauvais souliers, avec des savates. 

De targua, savate, mauvais soulier. 
SIARPA, CHERPEI, «. f. Pioche à deux becs en sens contraire. — 

Ticherpei, id. 
SIAU, I. m. Seau, vase à tenir l'eau. 

>tH. ET DOCim. XU. 23 



354 SO 

SIBETAN, SEBETAN, NA, adj. Subit, imprévu. Mùuer ubOaima, 
sibeteima, mort subite. L. subUus, 

SIBETEIRNA, $. f. Voy. sebetaina, seneda. 

SIBETHA, s. m. Sibenthal, vallée des Alpes bernoises. On Sibeikù, 
un habitant de cette vallée. (Vaud.) 

SIFFLLASSON, SIFFLET, s. m. Espèce de plongeon, ColymNf 
Imber QX$teUaiu$. C'est aussi le bécasseau. (Léman.) 

SIHLLA, s. f. Tourmente, tourbillon de neige chassée par le vent. 
(Pays-d'Enbaut.) 

SIHLLÂ, V. Voy. ciklla. 

SIHLLAHIE, s. f. Voy. cikllahie. 

SILLIHI, 47. Enlever, ravir subitement. (Fribourg.) 

SIO, SIA, SUA, T^on. po$s. Sien, sienne. 

SIO f Exclamation pour exprimer la sensation que fait éprouver 
un grand froid. (Alpes.) 

SIOR, SU, 8, m. Suif. 

SIORD, SIORDA ; SOR, SORDA, adj. Sourd. 

SIORDIAU, SORDIAU, s. m. Sourdaud. Le mot est injurieux. 

SISA, SEI, s, /. Haie. ^ 

EitUre sisa et bosson. 
Fa ma dere sa raison. 

Entre haie et buisson, il fait mal de dire ses raisons (prov.) 
(Nyon.) 

SITZO, SITSE, s, m. Fondement d'une maison ; siège pour s'as- 
seoir ; plate-bande au pied d'un mur ; chaise à roulettes; meule 
de dessous. (Fribourg.) 

SLIAU, STIAU, pron. démonslr. masc. et fém. plur. (]eux, ces, celles. 
SNA, V. Sonner. — Sounna, id. l, ? j ■;-, c- rC , 

SNALLHETTA, s, f. Petite sonnette ; diminutif de senallha, 
SNALLHI, SENELLHI, v. Faire du bruit avec une cloche, tinter 
SO, prép. Sous, dessous. So le mont, sous le mont. 
SO, SOSSE, pron. démonstr. Ceci, cela. £-«-««0, est-ce cela ?jr^-<-' 
sosse, qu'est ceci 7 Cetn et sosse, ceci et cela. 



SOL 355 

SOBRA^ SAUBRÂ,pr^. Sur. L. supra. C'est le nom d'un village 
vaudois^ Saubraz, au pied du Jura. 

SOBRANHE, SOBRANSE, s. f. Souvenir, souvenance. (Fribourg.) 

SOBRAR, V, Rester, demeurer, attendre^ s'évanouir. (Alpes.) 

SOBREKET, s. m. Surnom injurieux ou plaisant, sobriquet. 

SODA^ V. Souder. Ressoda, ressouder. 

SODJEKA, V. Soulever un objet, le soupeser. 

SODJET, TA, adj. Sujet à la gourmandise, au vol, infidèle. (Pays- 
d'Enhaut.) 

SOFFEIRTA , 8. f. Permis de séjour ou d'habitation accordé par 
une commune à un étranger. (Jura.) 

SOGNt, V. Soigner, fournir, procurer. (Alpes.) 

SOHLLA, SOFFLA, v. Souffler, respirer. 

SOHLLAHIE, s. f. L'action de respirer; souffle de vent, bouffée. 

SOHLLET, 8. m. Soufflet de cuisine ou de forge. 

SOHLLO, SOFFLLO, s. m. Souffle, respiration, baleine. 

SOKKA, TSCHOKA, CHÔKA , 5. f. Soulier à semelle de bois, san- 
dale de bois, socque. L. soccus. (Yaud.) 

SOKKARRA, s. f. Gousset de chemise. En français vaudois, des 
ioukars ou sous-quarts ; terme de chemisière. 

SOKRO, s. m. Sucre. 

SOLA, SOLEI, V. défeet. Avoir coutume. L. soko. (Acte de 1538, 
Lutry.) 

SOLA, CHÔLA, s. f. Chaise. — Soleita, choletta, petite chaise, ta- 
bouret de bois. 

SOLAI, SOLLA, SOULAR, s. m. Soulier, semelle. Dans plusieurs 
contrées on dit plus ordinairement botta, 

SOLAHEIN, adv. Seulement. — Pi, pire est plus usité. 

SOLANA, V. Faire un plancher d'étable. C. sol, planche, solive. 

SOLANNA, s.f. Se dit des solives dont se compose le plancher 
d'une étable. 

SOLAR, SOLEI, CHOLEI, s. m. Plancher à l'étage supérieur d'une 



856 SOR 

grange ; on y entasse le foin. C'est le lolarium de la basse lati- 
nité. — Soit, id. (Vaud.) 

SOLEBRÂ, V. Gflter un enfant, faire tontes ses fantaisies. G. toku, 
soulagement. 

SOLET, SOLETTA, adj. Seul, seule. L. soins. ~ Bon solH signifie 
bon appui, bon gardien : Bomëna né et bon soUt, bonne nuit et 
bon protecteur; salutation du soir, usitée dans lePays-d'Enhaat. 

SOLLHÂIR, s. m. Litière du bétail, plancher sur lequel il se coo- 
che dans retable. (Pays-d'Enbaut.) 

SON, SA, adj.poss. Devant une voyelle, pour cause d'euphonie, 
on dit toujours t^n : s'n hommo, son mari ; t^n einfant, son enCtat; 
s*n éga, sa jument. — Il en est de môme des adjectife mon, ma, 
ton, ta. 

SON, SOUN, s. m. Odeur bonne ou mauvaise. (Bas- Valais, Jorat, 
etc.) — Dans le Jorat, on ne dit que son. 

SONAMAU, s. m. Le dompte- venin , Cynanchum Vincetoxieum. 

(Bex.) 
SONDJI, V. Songer^ rêver, penser, réfléchir. 

SONDZENA, s. f. Lisière du haut d'une vigne en pente, qu'on bê- 
che la première pour y porter la terre du bas. (Montreux.) 

SONNEI, s. m. Marchand de sel en détail , saunier, regrattier. — 
Saunei, id. 

SONNEILLHI, v. Sommeiller. — Donda, id. 

SONNERI, s. f. Débit de sel, lieu où le sel se vend en détail.- 
Sauneri, id. (Vaud.) 

SONNO, SORNO, s. m. Sommeil. E fé on bon somo, j'ai fait VJi 
bon somme. L. somnus. 

SOPPRA, SUPPRA, V. Souffrer, enduire de souffre. 

SOPPRETTA, SUPRETTA, s. f. Allumette. 

SOPPRO, #. m. Soufre. 

SOPRI, SOPRIA, aij. Qui sort de la saumure ; mot à mot, selprù- 
(Lavaux.) 

SOR, s. m. Ne s'emploie qu'avec né, nuit. Ausor de la né, au mi- 
lieu de la nuit. 



SOT 357 

SOR, SAURA, adj. Aigre, fort, de haut goût. Ce mot est celtique. 
AU. satar, 

SOR, SAUR, s. /. Fleur de foin. — BUesein, hllor, hlloson, id. 

SORDJET, $. m. Surjet; terme de couturière. 

SOREINDJA, s. f. Jeune jument, pouliche. (Jura.) 

SOREINDJO^ A ; SORANDJO, A, adj. Susceptible, ombrageux, in- 
docile; prompi à se cabrer, en parlant d'un cheval; effrayant, 
en parlant d'un passage obscur. C. torr, emportement, colère. 
(Montreui.) 

SORENON, s. m. Surnom, sobriquet. 

SORJETTA, V. Faire un surjet; terme de couturière. 

SORREINS, SORANS, $. m. pi. Terrains incultes, arides, ingrats. 
G. ioren, paresseux, desséché. 

SORROLLHI, V. Etre inquiet, remuer les oreilles comme un che- 
val ombrageux. (Alpes.) 

SOSPI, SOUSPI, s. m. Soupir, gémissement. 

SOSPIRA, SOUPIRA, v. Soupirer. — Une vieille ronde vaudoise 
dit: 

Sotpiro pa par vo, 

Veide-vo; 
Soipiro par on ôtro, 
Ke famo «I ke va, 

Veide-vo, 
Ke famo wà ke d^àlro. 

Je ne soopire pas po«r tous, voyes-vous ; Je soupire pour an 
autre, que J'aime mien q«e vont, voyes^Tom , que J'aloie m&eox 
que d'autres. (Moiidon.) 

SOSSE, j^nm. déwumstr. Ced, eeto. 

SOTIGNI, SOTENI, v. SosleDir^ toiteBler, aliiMiler, ternir tnx 
bcMins. 

SOTTA, s. /. Voy. cboïta. 

SOTTÂ, 0. ?oy. cmarrL 

SOTTEI, a. m. Petit Utiacal en bois ponr ibrît«r k béitf L (Cite.) 

SOTTEDI, t. M. Utière; foin Baigre. — FOê, îd. (OrmfmU.) 



1 



358 SOU 

SOU, ùdj, poss. sing. et plur. Son, ses. (Ormonts.) 

SOU, SOULA^ adj. Rassasié, soûl, ivre. 

SOUDA, V. Résoudre, expliquer, découvrir. (Valais.) 

SOUDAIE, SOUDÉE, s. f. Récompense. (V. st.) 

SOUEIRTA, i.f. Sorte, espèce. Kainna soueirta de djem UM>of 
quelle sorte de gens êtes-vous ? 

SOUETTON, SATTON, SIATTON, CHUATTON, TSATTON, 
TSCHATTON, s. m. Bâton gros et court. (Vaud.) 

SOUGNI, SUGNI, V. Cligner les yeux; faire le signe de la croix. 
(Fribourg.) 

SOUHIA, 8. f, La traite d'une vache^ matin et soir. (Nontreax.) 
SOUHIE, s, /. Repas ^ régal. No z'ein z'au wj^ hounna soukU, nous 
avons eu un bon régal. (Gros de Vaud.) 

SOULA, V. Soûler, enivrer. 

SOULA, V. Avoir coutume. L. toleo. Voy. sola. 

SOULAHIE, SOULERIA, i. /. Débauche de vin, ivresse. 

SOULAN, SOULON, SOULIAU, s. m. Ivrogne d'habitude. 

SOULANNA, 8. /. Ivrognesse, femme qui s'enivre habituellement. 
(Vaud.) 

SOULAS, 8, m. Soulagement, consolation, réconfort. (Genève.) 

SOULIARD, 8. m. Marmiton, aide de cuisine. — - SoHard, id. (Ro- 
mainmotier.) 

SOUNION, SOUGNON, 5. m. Odeur de fumée, de brûlé. 

SOUNNA, V, Sonner; fleurer, sentir bon ou mauvais. Stakihr 
80unne bon y cette fleur a une bonne odeur. De 8on, odeur. — 
Sauna, id. (Entremont.) 

SOUP A, 8. f. Soupe. 

SOUPPLAHIE, SUPPLAHIE, s. /. Flambée, légère brûlure. 
SOUPPLLA, V, Roussir une étoffe, la brûler légèrement; flamber. 
Part, passé, supplia, roussi, bruni, hftlé. 

SOUPPLLON, SUPPLLON, SPLON, «. m. Odeur de roussi, de 
brûlé. (Vaud.) 

SOUSSI, V. Sucer. 



su 359 

SOUn^ adj. Subtil, fin, délié. L. subtUù. Voy. assouthêti. 
SOUTSCaiA, SOUTSCHE, $. f. Suie. 

SOUTZE, s. /. Souche d'arbre ; pointe de roc sortant de terre. 
SOUTZET, s. f». Petit rocher. (Pays-d'Enhaut.) 

SOUXTA, SOUSTE, s. /. Douane, bâtiment oii se déposent les mar- 
chandises, où elles payent les frais de transit. L. ioluta, (Valais.) 
SOVEIN, adv. Souvent. 

SOYERAIN, s. m. Le souverain, le gouvernement établi. Mot 

tombé en désuétude depuis la révolution de 1798. (Vaud.) 
SOYIGNI (se), V. Se souvenir, se rappeler. 

SOVIGNI, SOVENI, «. m.; SOVEGNANCE, $, /. Convenir, souve- 
nance. 

SPA, SOUPÀ, fû. Souper, boire du lait, manger de la crème. — Si 
matin que vous entriez dans un chalet, les bergers vous invite- 
ront à spa, c'est-à-dire à user de leur laitage. (Alpes.) 

SPARZALA, s. f. Genêt des teinturiers, genestrole, Geniêta tmckh 
fia. L. sparium, genêt. (Aigle.) 

SPLLENA, V, Brûler avec peine, donner de la fumée au lieu de 
flamme; se dit du bois vert. (Montreux.) 

STEINKIE, STU-EINKIE, proti. Celui-ci, celui-là. 

STRUBA^ s. f. Vis. De l'allemand sehraube, vis^ écrou. (Pays-d'En- 
haut.) 

STU, STUSSE,profi. démonsir. Celui-ci. PI. iUiu, iUu, ceux-d. 
Fém. sing. sta, siaue, celle-ci. Fém. pl. stausse. Les formes iiu, 
ita, itou, $teu, sont généralement adjectives. 

STURMA, V. Faire une tempête, éclater en orage. AU. UtÊtm, tem- 
pête. (Evêché de Râle.) 

SU. i* pers. sing. du prés, de Hnd. du verbe Ur$, être. SumafH, 
je suis las ; #« toi gremdjo. Je sois de mauvaise bomeor. La pre- 
mière personne ne prend pas généralement le pronon personnel 
t^; on dit amo, j'aime, comme en latin. Dans quelques lieux du 
Jura, on dit famo; et dans une partie du canton de PHboorg, 
^amo, j'aime; dé fé, j'ai fait Et signifie/e. Le pronom ie sa pro- 
nonce âTee le son da> allemaïuL 



860 TAB 

SU^ prép, Snr, dessus. 

SUARDA, s. f. Grive vendangette. (Orbe.) 

SUBLLA, ZUBLLA, v. Siffler. FeUhe ke $ubUê tarUi locmL,àme 

qui siffle tords le cou. Prov. 
SUBLLARE, s. m. Siffleur, personne qui a rhabilude de sifler. 
SUBLLET, s. m. Sifflet^ iustrument musical. 
SUBLLO, s. m. Sifflet de la bouche. (Pays-d'Enhaut.) 

SUDART, s. m. Soldat, soldat mercenaire. — Soudari, id. (Fri* 
bourg.) 

SUBIRA^ SEVIRA, s. f. Civière, brancard. 

SUBLLA, SUGLLA, SUPPLLA, t. Roussir, flamber, griUer. ^ 
Soupplla, id. 

SUN, SEUN, s, m. Graisse de porc, saindoux. (Pays*d'Enhaut.) 

SUNDZI, V. Briser le chanvre avec la broyé. 

SUNDZIAU, s. m. Broyé ^ instrument fait de bois pour briser les 
tiges du chanvre. — BaUioretj id. 

SUNO, SIGNO, s. m. Signe, pronostic. 

SUPPEDITA, t7. Fournir, accorder; terme de Fancien barreau. 

L. suppedUare, (Yaud.) 
SURTZO, TSGHOUEIRTZO, s. f. Espèce de jupe. Cemotn*estplas 

guère employé que dans un sens burlesque. (Vaud.) 

SUS, adv. Sus, levez-vous. 

SUSSO-PIERRA^ s. f. Mot à mot, qui suce les pterres. C'est la petits 
lamproie. (Morat.) — Ferça-pierra, id. 

SUTTI, A, adj. Voy. souri. 



T 



T'A. Tu as. Cest la 2« pers. du prés, de Tind. du verbe avai. Ta 

roba mè duvè faièj tu as volé mes deux brebis. 
TABAINA, I. f. Haine, colère. (Y. st. ; Pays-d'Enhaut.) Voy. tadta. 
TABAN, TAVAN, s. m. Taon. L. tabama. 



TAI 361 

TABOUSSA, 5. /. Causeuse, babiltarde. (Vaud.) 
TABOUSSÂ, V. Babiller. — Takka, id. (Vaud.) 
TAB0US8ET, t. m. Lieu où l*on se réunil pour causer ; nom d*uii 
hameau très reculé du Pays-d'fiobaut. 

TÂB0USS1, 9. Paire du bruit en firawanc un corps qui résonne. 
(Alpes.) 

TÂBUT^ a. m. Bruit, désordre, fracas, dispute. En celtique, ce mot 
signifie les mêmes choses. 

TAFION, s. m. Punaise de lit. (Neuchfttel.) 

TâGUENASSI, TAKENASSI, V. Ravauder, fiaire des bagatelles. 

TâGUENISSA, TARENISSA, a. /. Bagatelles, ravauderies. (Aigle.) 

TAI, TEI, a. m. Toit] dans le canton de Fribourg, parapluie. C. 
Uki, couvrir d'un toit. 

TAIETTA, a. f. Les orcbis en général. (Orbe.) 

TAIKI, V. Pencber comme un toit, n'être pas sur un plan bon- 
zontal. (Alpes.) 

TAIKLk, a. /. La pente d'un toit. (Alpes.) 

TAILLE, a. m. Pain d'une forme particulière, sorte de galette. — 
TailU, prmma, id. 

TAILLERINS^ a. m. pL Petite morceaux de pftte pour les soupes, 
espèce de vermicelle. 

TAIN, TAN, adv. Tant, autant. Tan mè ke tè, autant moi que 

toi. 

TAINA, V. Haïr, se courroucer. C. iakinen, provoquer, irriter. 
(Pays-d'Enhaut.) 

TAISA, a. f. Toise, ancienne mesure agraire. 

TAISA, V. Toiser; entreprendre. Cî Vkammo taue gro, cet bomme 
entreprend beaucoup, embrasse bien des choses à la fols. » 
TdM, id. 

TAITA, V. Rester oisif, se lenir sans rien faire; placer un petit 
enfnt sur ses jambes povr I9J apprendre à se toilr debout, A 
marcher. (Alpes.) 



362 TAM 

TAITAIRÂ^ 8. /. Petit enclos portatif où l'on place on enfoiit pour 
qu'il se tienne debout. (Alpes). Yoy. gagnebein^ nN-it-BEiif. 

TAKAy 5. /. Sac qu'on porte avec des provisions de bouche. (Alpes.) 

TAKENA, V. Faire un petit bruit au moyen de coups répétés; 
ébranler une porte pour l'ouvrir; tracasser, molester quelqu'ua 
par ses railleries. 

TAKENETTA, $. f. ; TAKEUN, $. m. Cliquette, castagnettes. (Pays- 

d'Enhaut.) 
TAKKA, v. Babiller outre mesure ; frapper» heurter. (Jura.) 

TAKO, TAKA, adj. Idiot, imbécile, crétin, qui ne sait pas parler. 
L. taceo, se taire. (Bas-Valais.) 

TAKON, $, m. Morceau, pièce. C. tàkon, même signification; Fr. 
tacon, pièce que Ton met à un soulier. (Yaud.) 

TAKON, $. m. Cuir travaillé. (Val d'Illiez.) Voy. conneri. 

TAKOUNET, s. m. Pas-d'ftne, tussilage commun, TustUof^ Farfara. 

TAKOUNNA, v. Rapiécer, réparer, rapetasser, raccommoder de 
vieilles bardes. (Vaud.) 

TAKOUNNET, s. m. Petit morceau, petite pièce; dimin. de talm. 

TALA, t;. Baisser, incliner; pulluler, foisonner. Gr. Os))», être 
florissant, abondant; G. tal, tige. (Alpes.) 

TALAINA, $. /. La guêpe frelon, Yespa Crabro. (Vaud.) 

TALLHEIN, $. m. Gros ciseaux de tailleur. 

TALLHENDAI, s. m. Taillandier, ouvrier qui fait des outils tran- 
chants. 

TALLHETTA, 8. f. Petite coupure, petite entaille. 

TALLHI, TADDI, v. Tailler, couper ; châtrer. 

TALLHON, s, m. Morceau. — Tallhounet, petit morceau, bribe. 

TALMATZI, V, Parler allemand. AU. dolmetscher, interprète. 

TALOTZGHE, 8. /. Coup de baguette ou de règle sur la paume de 
la main, sur les doigts ; férule. (Vaud.) 

TAM, 8. m. Tamier, ou taminier,,ramttf commuwU, (Montrenx.) 
TAMA, V, Etamer. 



TAP 363 

TAMBOURINA, v. Battre la caisse. 

TAMBOURNEI, TAMBOURNIER, $. m. Tambour, celui qui bat la 
caisse. 

TAMELIER, 5. m. (Test le plus ancien nom du boulanger. 

TAMPOUNA, s. /. Débauche bachique. 

TANA, V, Tanner; battre, rosser à coups de bftton. (Genève.) 

TANDESON, $, m. Tonte des brebis, toison. — Taison, id. (Alpes.) 

TANEI, SA, adj. Brun foncé; malin, indocile. On le dit d'un 
animal. 

TANEI, 8, m. C'est un des noms adoucis du diable, lequel vient, 
ou de la couleur brune qu'on lui prête, ou de ce qu'il habite 
des lieux souterrains, des tanne, 

TANIA, t. f. Tanaisie, Tanacetum, (Pays-d*Enhaut.) 

TANNA, TANA, i. f. Trou en terre, tanière, grotte; terrier de re- 
nard, de blaireau; caverne dans les rochers. G. dan. Le tanne 
de Corjeon, dans les Alpes vaudoises; la Cavatanna, la Cova- 
tanna, nom d'une profonde caverne près de Yuitebœuf. (Yaud.) 

TANRETRO, s. m. Le iierrC; Hedera Hélix. — Tort, tore, id. (Jura.) 

TANT, s, m. Une somme d'argent non désignée, une quantité non 
déterminée. Mè faut tarU, il me faut tant. 

TANTA, t. f. Tante. G'est aussi un titre d'honneur donné par les 
jeunes gens aux femmes ftgées, de même que l'on donne souvent 
celui &*onkllo aux hommes d*âge. 

TANTENET, TANTINET, e. m. Un peu, fort peu, un brin. 

TANTOU, adv. Tantôt. Tantolet (diminutif du précédent), sur le 
soir. (Pays-d'Enhaut.) 

TANT-Y-A. Locution qui signifie à la banne heure, en sorte que, 
pour en finir, (Lausanne.) 

TAPET, TA, adj. Babillard, rapporteur, indiscret. — Djapet, id. 

TAPETTA, $. f. Instrument en bois pour battre le linge mouillé. 

TAPIN, $. m. ; TAPPA, $. f. Goup de la main, soufflet. G. tap, coup. 

TAPOLET, s. m. Bftton court qu'on tourne avec la corde d'une 



364 TAR 

charge pour assujettir celle-ci ou la lier plus forteoienl. (Alpes.) 
— Chaton, isaUon^ id. 

TAPOTTAy V. Frapper souvent à petits coups. 
TAPOUÉ, s. m. Tonnelier. 
TAPPA, s. f. Femme babillarde. (Yaud.) 
TAPPÂ, V. Battre è coups redoublés ; babiller à outrance. 
TAPPARË, s. m. Causeur ennuyeux, babillard importai. 
TAPPASSAHIA, TAPPAHIA, $. f. Averse, grande pluie de coorle 
durée. — Rappachia, id. (Vaud.) 

TAPPA-TOULA, s. m. Ferblantier. De tappa, battre, et de Umiê, 
tôle, fer-blanc. (Orbe.) 

TARA, s. f. Défaut corporel d'un animal ; diminution, tare. 

TARA, V, Gâter, endommager, causer un défaut corporel cbex ud 
animal. 

• 

TARA, TARAHIE, ad;. Mal fait; celui qui a quelque flétrissure, 
lui ou quelqu'un de sa famille ; qui a passé par les mains de la 
justice. La balla Luse est tflra/Ue ; la belle Lise est tarée, elle a 
perdu son honneur. (Vaud.) 

TARABOUHLLA, v. Faire un grand bruit, inquiéter, tracasser, 
importuner. (Alpes.) 

TARABOUHLLAIE, s. f. Grand bruit produit par la chute d'un 
corps dur. (Alpes.) 

TARABUSTA, v. Tarabuster, inquiéter, importuner. — 7te«- 
bouhlla, id. 

TARANTA, s. f. Epouvante, terreur soudaine. Gr. rapôonu, trou- 
bler. (Genève.) 

TARDET, adv. Sur le tard, un peu tard. 

TARDET, TA; TARDI, TARDIVA; TARDU, TARDUVA, fli&'.TardU 
qui arrive tard ; personne toujours en retard. 

TARNOTTE, a. /. pi GessQ tubéreuse, Tjothurus tuberoius. (Morges.) 

TARPA, a. f. Patte d'animal à griffes. On dit la (appe de Tours. 

TARPA, TOPA, a. f. Mulot, Mus syltatkus. La véritable laape 
s'appelle derban. 



TAU 865 

TARTABO, s. m. Tithymale, Buphùr9ria Cyparisnas. - Lasii de 
potUan, id. 

TARTARI, s. m. Girse ou chardon des champs, Cinium arvense. 
(Yilleneave.) 

TARTERl, s. m. Cocriste, RkinafUkui Criila gaUi. (Moutiers- 
Grandval.) 

TASSA, r. Entasser le foin ou les gerbes dans la grange. (Genève.) 

TASSON, TESSON, s. m Blaireau, laissan. (Vaud.) 

TASSOT, s. m. Salamandre aquatique. 

TASSOUNAIRE, s. f. Terrier de blaireau. Ail. daehs. (Vaud.) 

TATA, f . Tftter, palper, goûter. 

TATA-DJENELHE, «. m. Mot à mot, qui tôle les poules (djenelhe), 
pour savoir si elles pondront bientôt; lambin, minutieux. — 
Tatillon, id. (Lausanne.) 

TATAVOCHE, subit. Un masque, ou la personne masquée. (Fri- 
boarg.) 

TATCHE, s. m. Clou. — Tatchetia, s. f,, petit clou. G. tach, clou 
de fer. 

TATCHËl, TATSGHERON, TATGHEROU, s. m. Gloutier, faiseur 
de clous. 

TATCHET, a. m. Salamandre terrestre, noire et jaune. — Meiro, 
id. (Vaud.) 

TATERET, a. m. Gouvrevr. (Vaud.) 

TATTA, TACTA, s. f. ; TEPPE, i. m. Lieu en friche, lande; en 
petit, la steppe russe. (La Cbie.) 

TATTERINA,). f. Petite lande, diminutif du mot précédent. 

TATZCHO, TATSO, s. m, Tftche, ouvrage prescrit pour tel prix. 

TATZI, s. m. Sac de voyage porté en écbarpe. — Taka, id. (Or- 
monts.) 

TATZOLA, AHIE, adj. Tacheté ; se dit du manteau des vaches. 

TAU, TU, s. m. ; TOVAIRA, a. /. Tuf. Les Toveyres, localité près 

de Vevey. 



366 TCH 

TAU, s. m. Le houx, llex AquifoHum; le petit boux, Rugeus aat^ 
leatm, (Aigle.) 

TAUPA, V, Frapper, battre ; se laisser prendre dans un piège. 

TAURA, TEURA, TOURA, s. /. Génisse qui n'a pas encore porté. 

TAVAN, AVAN, $. m. Taon. L. iabanus, — Taban, id. (Lausamie.) 

TAVANNA, s. /. Grosse abeille mineuse qui fait son miel sous terre. 

TAVÉ, 5. m. Planchette sculptée au moyen de laquelle on empreioi 
sur le beurre frais, des dessins, des fleurs, des animaux. (Alpes.) 

TAVELLHON, s. m. Petit ais mince pour couvrir les toits. — A»- 
celUiy ancetta, assethe (pi.), id. (Vaud.) 

TAVELLHOUNNA, v. Garnir un toit de taveUkon (bardeaux). L. 
tabula. (Vaud.) 

TAYELLHOUNNARE, s. m. Ouvrier qui couvre les toits en lot^ 
Ihon, Voy. ce mot. (Vaud.) 

TAVERNAI, $. m. Cabaretier, vendeur de vin en détail, cantinier, 
tavernier. L. tabema. 

TAVI, s. m. Petite planche à l'usage de la cuisine; couvercle de 
boîte. 

Tavi-dè-bouema , contrevent d'une cheminée, qui s'ouvre et 
se ferme au moyen d'une corde depuis la cuisine. Bauama, 
bouema, cheminée. (Pays-d'Enhaut.) 

TCHA, TCHA-CERVEY, s. m. Lynx, Felis Lynx. (Valais.) 

TCHEREUTRE, s. m. Hydropisie. (Neuchfttel.) 

TCHIAKO. Ce mot est la provocation d'un enfant qui firappesoD 

camarade pour qu'il le poursuive à la course. (Alpes) 
TCHIAKO, A, adj. Tacheté de blanc; se dit du manteau des vaches. 
TCHIAPPA, 8. f. Mauvais habit pour les travaux de» champs. 
TCHIASSA, TSIASSA, 8. f. Crainte qui donne des tranchées, qui 

rend foireux. (Bas- Valais.) 

TCHIVAFOUI, TCHIVRAFOUI, 8. m. Epine-vinette, Berbem nrf- 

garis ; chèvre-feuille, Lonicera CaprifoUum. 
TCHUA, TSCHUA, v. Boire en glouton. (Alpes.) 
TCHUVA, TSCHUVA, TZUVA, CHUVA,t?. Fouetter avec les verges, 

donner le fouet. (Jura.) 



TEl 367 

TE, jyron. per$. II. On ne l'emploie qu'après un verbe. Vin-te ou 
vin-t-e, vient-il ? Medje-te ou meàje-Ue, mange-t-il ? — Au fond, 
c'est le pronom e avec un i euphonique. 

TÉ, TELIU, TELIOT, s. m. Tilleul, Tilia grandifolia. 

TË, pron, pers. Toi. Tè-mîmo, toi-même ; fè tè, c'est toi. Tè dio, 
je te dis, te dis-je; tiens-toi tranquille, paix doncl Cette dernière 
expression s'emploie pour arrêter, pour réprimander. (Vaud.) 

TË. Impér. du verbe tini, tenir. Tê, mon val^t; tiens, mon garçon. 

TÉEI, TAl, TEH. Cri pour appeler le bétail. Voy. tê. 

TEGNI, TINI, V. Tenir. Teni-vo décoûta mè, tenez- vous à côté de 
moi. — Teni, id. 

TEILA, «. /. Toile. 

TEILLI, TELHI, TEDHI, v, Teiller le chanvre ou le lin. 

TEILLIRA, TËLHIRA, s. f. Femme qui teille, teilleuse. 

TEl-LO, TEI-LA, TEI-LÉ, loc. adv. Voilà, le voilà, la voilà, les 
voilà. — Tein-lo, iein-la, tein-lé, id. 

TEIHO, tImO, s. m. Tenue, importance, consistance. Il se dit du 
temps qui n*est pas sûr, d'une personne qui ne tient pas sa 
parole. N'a pas de iemo, on ne saurait se fier à lui. Gr. Oi/mc. 
(Montreux.) 

TEIMPRA, $, f. Trempe. Sia détro è de bounna teimpra, cette hache 
est d'une bonne trempe. 

TEIMPRA, c. Tremper le fer. 

TEIMPRO, A, adj. Doux, tempéré. Il ne se dit guère que du temps. 
L. temperatuB. (Alpes.) 

TEIN, TEINA, TEINNA, TAINNA, pron. po$s. Le tien, la tienne. - 
Tio, tsuva, tschuoa, id. 

TEIN, s. m. Temps, âge. Faonpouet tein, il fait un vilain temps. 
N'arein dau tHn, nous aurons de la pluie. Kain tein a ci boubo, 
quel âge a ce petit garçon ? Vuéro de tein a voulra fenna, com- 
bien d'années a votre femme ? 

Kartem, eartein, trimestre, quart de l'année. 

Iftietn, moitié du temps fixé. 

Grantein, adv. Longtemps. 



368 TEP 

TEINDU, UVA, aé^. Teint, passé en couleur. Sta dama è Umèm, 
cette dame est fardée. 

TEINKE, TEINKIE, adv. Voilà, c'est ftiit. 

TEINTOREI, 5. m. Teinturier; peu usité. 

TEITEIRÂ, $. f. Pied qui supporte la quenouille de la fileuse «a 
rouet. (Pays-d'Enhaut.) 

TEIZA, s. f. Impôt de douze deniers sur les maisons, jardins et 
immeubles de la ville de Fribourg. 

TEMALA, $. /.; TEMÉ, s. m. Sorbier des oiseaux ou timier, Sarkn 
aucuparia. (Alpes.) 

TEMËHRE, V. Craindre, redouter ; c'est le Hmerê du latin. 

TEMON, s, m. Timon; gouvernail. 

TENA, $, f. Tine, cuvier; fosse profonde où Ton enfouit les pierres 
dont on débarrasse une vigne, un champ, un terrain qu'on rett 
cultiver. (Vevey.) 

TENABLLO, A, adj. Ne s'emploie que dans cette expression : à la 
premire tenabUa, à la première séance du tribunal, i la pro- 
chaine séance. (Vaud.) 

TENALLA, 8. f. SeïWe à eau, baquet. (Pays-d'Enhaut.) 

TENALLETTA, s. f. Petite seille, petit baquet. (Pays-d'Enhaut) 

TENÇON, s, m. Querelle, contestation. Cest un mot tombé en dé- 
suétude. 

TENETTA, s, f. Lierre terrestre, GUchotna hederacea. (Alpes.) 

TENÉVA, adj. fém. Il se joint toujours à terra : terra ienéva, terre 
meuble. 

TENEVALLA, ». f. Perçoir, foret, vrille. (Blonay.) — Tèrruro, U. 
TENOLLHI, 8. m. Tonnelier. •— TenoUhira, la femme du tonnelier. 
TENOT, TINOT, s. m. Petit cuvier, petit tonneau. 
TEPEDJI, TAPADZI, v, Tapager, faire grand bruîL 
TEPEDJEU, TAPADZEU, ». m. Tapageur, coureur de nuit. 
TEPI, V. Garnir, farcir, serrer. 

TEPI, A; TAPPI, TAPPIHA, adj. Serré, compacte. Pantepi, paio 
serré, rassis. 



TER 369 

TEPOLETy s. m. Court bâton qu*oh attache au cou des chiens pour 
les empêcher d'entrer dans les vignes. (Manuel du Conseil com' 
munal de Lutry, 1537.) 

TEPPA, s. /. Gazon, terrain gazonné, pelouse. (Alpes.) 

TEPPI, s. m. Pente de gazon très glissante. (Alpes.) 

TERATRO, s. m. Le lierre, Hedera Hélix. Voy. tori. 

TEREIN, TIRAN, s. m. Layette, tiroir; ruban de fil grossier, che- 

viliëre. 
TERI, V. Tirer, aller. lo a-te teri f où est-il allé ? 

TERIA, TIBIA, s. f. Durée, traite. Balla teria, longue durée d'un 
discours, long sommeil, longue traite d'un lieu à un autre. Ce 
mot se dit aussi d'une prise d'armes, d'une levée de boucliers, 
de la traite d'une vache. (Fribourg.) 

TERLA, s. f. Langue. Mena $a terla, babiller^ divulguer indiscrè- 
tement, parler mal à propos. (Alpes.) 

TERLOUNA, TRELOUNA, v. Chanter entre ses dents, fredonner. 
(PayS'd'Enhaut.) 

TERMO, s. m. Terme, espace de temps. Y a bi tertno, il y a long- 
temps; y a on termo de tein, il y a quelque temps; l'è à son 
termo, elle est près de ses couches. 

TERRA, «. /l Terre, terrain, terroir. 

TERRA, 0. Couvrir de terre le pied d'un végétal ; se cacher sous 
terre. 

TERRALLHA, t. m. Poterie de terre grossière. 

TERRALLHI, c. Fabriquer de la poterie; remuer la terre pour 

faire des fossés. (Fribourg.) 
TERRALLHON, s. m. Potier de terre; ouvrier qui ouvre destran- 

chées, des rigoles. (Fribourg.) 
TERRARO, s. m. Tarrière, grand perçoir, foret. (Fribourg.) 

TERRATZU, TERRATSCHU, f. m. Sr>rtc d'argot ou patois de con- 
vention, différent du patois ordin.iirc de^ gens de Sainte-Croii. 

TERRÉ, TERËTRO, i. m ; TEKRETTA, f . f. Lierre terrestre, Gle- 
chôma kederaeea, — Tenetla, id. (Alpes.) Voy. azcka. 

TERREIN. TERREUN, ENA, aâj. Qui n'est plus couvert de neige. 

■fcl. ET DOCTB. UI. ti 



370 TET 

Lo pra è terreun, le pré montre le terrain, parce que la neige 
est fondue. (Pays-d'Enhaut.) 

TERRENA, v. Paraître, en parlant du sol qui se montre à la fonte 
des neiges. I ierreine, la terre commence à paraître. (Pays-d'Eo- 
haut.) 

TERRETZO, A, adj. D'un caractère bouillant, inflammable. Ltor- 
ridus. C. terr ? rude, violent. (Alpes.) 

TERRI AU, s. I». Terroir. 

TERRO, TERRI, s, m. Fossé, tranchée. (Vaud.) 

TERROLET, i. m. Rigole, petit fossé. De lerro, fossé, traucbée. 
(Vaud.) 

TERRUBLLAMEIN, adv. Très fort, terriblement. C'est un saper- 
lalif énergique. 

TERS, $, m. Les jambes du bétail, en parlant collectivement. 

TERS, TERSA, adj. Qui a les jambes épaisses. (Pays-d'Enbaot) 

TESSOT, TISSO, s. m. Tisserand. — Te$$ota, femme qui fait le 
métier de tisserand, ou femme du tisserand. (Vaud.) 

TETAIRA, TITAIRA, s. f. Chevet du lit, où l'on place la têU. Voy. 

TEITEIRA. 

TËTAR, s. m. Première forme de la grenouille, têtard. 

TÊTARD, s. m. Sorte de cyprin, vulgairement nommé ckereau, 
chevenne, (En France, cherin, chevaine, chevanne. — N. de Téd.) 

TÉTÉ, s, m. Teton, trayon. Au pluriel, le tété, la gorge d'une 
femme. TviOu, dans Hésychius, signifie la mémo chose. — Une 
des rondes défendues en 1579, à cause de leur indécence, avait 
pour refrain : 

Mère, marta-mè, 
Ke le tété mè cressant. 

Voy. CRÈTRE. (Vaud.) 

TETEIHI, V, Tutoyer. 

TETSCHE, TOTSCHE, TOCHE, a. /. Tas, monceau de bois, de foin, 
de pierres. C. tess, tas. 

TETSCHON, s. m. Petit monceau, petit tas. Dimin. du précédent. 



TIG 871 

TETTA, 0. Tetâr. Battit à teita, allaiter. 

TETTA-TSiVRAy s. m. Engoulevent > Caprimulgus europœus. Voy. 

ALLAITE-TSIVRA. 

TEUR, TOUAIR, TOR, s. m. Tour bon ou mauvais; tour du tour- 
neur; treuil 9 cabestan; clocher^ tour d'un cbftteau; tour, pro- 
menade. 

TEURA^ THEURA, 8. /. Lunaire, osmonde, BotrycMum Lunaria, 
sorte de fougère. (Jorat.) 

TÉZÉ^ A, adj. Peu profond. Lo U è tézé déan Ui no, te lac est peu 

profond devant chez nous. (Vevey.) 

THIA, t?. Tuer. 

THIA-BAILLl, s. m. Sobriquet que les gens d'Estavayer donnent 
à ceux d'Yverdon, qui jadis ont tué un bailli. 

THIA-TOUTSCHO, s. m. Cynanque dompte-venin, Cynanchum 
Vincetoancum, plante de la famille des asclépiadées. (Pays-d'En- 
haut.) 

THILO, $.m, Rucber, petit bâtiment où sont placées les ruches. 
L. iiylvSj pointe. Gr. tti^uc, huche. (Vaud.) 

THIN-BÂTARD, s. m. Serpolet, Thymus Serpyllum. (Morges.) 

THIOLA, s. f. Tuile, 

THIOLAIRA, <. f. Tuilerie. Les Thioleyrês, nom d'un village vau- 

dois. 
THIOLLEI, f. m. Tuilier. 
THIOLLERETTA, i. /. Petite tuilerie. Diminutif de thiolaira. 

THOKRA, V. Choquer un corps qui résonne. (Val d*Illiez.) 

THOUDELO, s. m. Nigaud^ simple, hébété. — TkéoduU, nom du 
saint qui est le patron du Valais. 

Tl, TITE; TOT, TOTE, adj. pi Tous, toutes. Tré ti, tous sans 
eiception. (Vaud.) — On dit tui dans les Ormonts. 

TIATIA, TSCHA-TSCHA, s. f. Grive, lilorne. (Vaud.) 

TIÊ, KIË, adv. Là. Tinte iiè, tiens-toi là. (Jura.) 

TIGNASSE, s.f. Chevelure, mauvaise perruque. — Teignasse, 
fnasu, id. 



872 TO 

TIGNEM EIN^ s. m. Tenement, logement^ droit d'habiter une maisoo 
en toat ou en partie. (Yaud.) 

TIGNI, TENI, V. Tenir» se tenir» demeurer» habiter. 

TIGNIA» i. f. Tenue» consistance» fermeté de caractère. 

TIGNO» TEIGN0N,5. m. Bardane» Lappa major et Lappa minor. 
(Evêché de Bâle.) 

TIL» THILA, V. Aller et venir. Ne fa ran ke thUa, il ne fait que 
courir çà et là. Gr. rJiXs, au loin» loin. (Alpes.) 

TILLHA, 8, f, Ecorce de tilleul employée par les cordiers. 

TILLHO^ TELIO» TELIU^ s. m. Tilleul» TUia europœa. 

TIN-TÉ-BEIN» 8. m. Machine à roulettes dans laquelle on met un 
petit enfant pour lui apprendre à marcher; mot à mot» tiens-Un 
bien, (Yaud.) — Gagnebein, id. 

TfO, THIO» SCHO» pron, pos8. Le tien. Tschua, t8chuva, la tienne. 

TIOKET» s. m. Pinson d*ardenne. (Jura.) 

TIRE, 8. /. Voy. DE-TIRB. 

TIREBAS» s. m. Festin somptueux et abondant» crevaille. (Yaud.) 

TIREYOUGNE» 8. m. Partie de cheveux entre enfants. De vovgni, 
tirer les cheveux. 
A tirevongne, loc. adv. Avec difficulté, péniblement. (Fribourg.) 

TIROLA, 8, f. Grosse hache fabriquée dans le Tyrol. 
TITHA, TITA» 8, f. Tête. Mala liiha, mauvaise tête» écervelé, têtu. 
Tita-de-mouer, nez coupé» staphylier» Slaphyleapinnata, plante 
de la famille des célastriuées. (Avenches.) 

Tita-de-Louaise , anémone pulsatille» Anémone PuUatiUa, 
(Yverdon.) 
Tila-de maillet, têtard» grenouille non encore développée. 
Tilha-d'àno, Espèce de banc de menuisier. 

TITRO, 8, m. Accent grave» aigu ou circonflexe; titre de famille, 
cédule. 

TIU, 8. m. Yoy. eu. 

TO, TOU, pron. per8. Tu. Usité seulement après le verbe intcrro- 
gatif: Crai'to, crois-tu? ou-lo , entends-tu? mu-to, veux-tu? 
vin-tou, viens-tu? 



TOR 373 

TO, TOT, adv. Tout. Tôt balîamein, tout doucement ; tôt dau Ion, 
tout le long ; tôt adrai, fort à propos ; tôt lo drai, tout de suite, 
sur-le-champ. 

TO, s. f. Toux, gros rhume. 

TO, TU, TOÊ, TOVÉ, «. «i. Tuf. — Tau, id. 

TÔ, pron, indéf. Tel. L'è on ta ke mè Va de, c'est un tel qui me Ta 
dit. 

TOAIRA^ TOVÂIBE, s. f. Carrière de tuf; tuf pilé. 

TOASCHA, TOKATSA, s. f. Gueuse^ femme de mauvaise vie. 

(Gruyère.) 
TÔFET, 5. m. Sorte d'omelette à la tourtière, bientôt faite. (Yaud.) 

TOFROU, 8. m. Mot à mot, toujours dehors; c'est un des noms du 
diable. (Alpes.) 

TOLAMEIN, adv. Tellement; certainement, sans contredit. (Lau- 
sanne.) 

TOLAR, TELAR, s, m. Tablettes disposées par étages. 

TOLAU, TOLEU, TELEU, s. m. Tablettes ou rayons sur lesquels 
on place les fromages dans les saloirs. (Gruyère.) 

TOLLHIAU, AUDA, adj. Nigaud, peu éclairé, badaud. 

TOLLHON, s. m. Femme sale, fille malpropre, souillon, (Jura.) 

TOLLIR, V. Oter, enlever. Le participe tollu, a, se trouve dans de 
vieux documents. 

TONI, A, adj. Brun jaunâtre ; c'est la couleur du drap grossier, 
fait de laine du pays, dont le peuple s'habille. (Bas-Valais.) — 
Mousko, id. (Yaud.) 

TOPETTA, s. /. Petite fiole, petite bouteille. 

TOPO, A, adj. Taciturne; sourd, quand il s'agit du son; sombre 
et doux, quand il s'agit du temps. Fa topo, il fait un temps doux. 
L. tepidus ? (Alpes.) 

TORCOU, s. m. Violette odorante. Viola odorata. 

TORDZIOR, TORDZEUR, ado. Toujours; peu usité. — On dit 

ordinairement adé, adi. 
TORI, TORHI, TORE, «. m. Le lierre, Hedera Hélix, — Tanretro, 

teratro, id. 



874 TOT 

TORMEINTENÂ, s. f. Térébentine. — On dit plas commanémecu 
bedjon, pedjon, 

TORNA, TOUERNA, $. f. Appoint d'un marché, retour en argent 
dans un échange inégal; vanne, écluse; détour ou contour d'an 
chemin. (Vaud.) 

TORNÂ, TOUERNÂ, TEURNÂ, v. Retourner, revenir; échanger, 
rendre. 

TORNALETTA, s. f. Petite tour. 

TORNET, 8. m. Emboîture de la hanche; tour pour passer des 
objets d'un lieu à l'autre. (Pays-d'Enhaut.) 

TORNETTA, s. /. Petit contour ; petite écluse. 

TORNIAU, s. m. Tourneur; petite écluse, petit canal, rigole; axe 
d'une charrue. 

TORTÂ , TOURTA , $. f. Tourte ; masse ronde de pain d'avoine, si 
dure qu'il faut la briser avec une pierre ou un marteau pour 
l'employer comme aliment. G. iorth, (Vallée de Joux.) 

TORTSA, TOUEIRTSA, $, f. Coussinet ou bourrelet que les femmes 
mettent sur la tête, quand elles portent un vase, une corbeille; 
paille d'emballage. 

TORTSI, TORTSCHl, o. Torcher, essuyer; emballer avec de la 
paille ou du foin. 

TORTSI A, TORTSCHl A, s, f. Soufflet, coup de la main au visage. 
(Alpes.) 

TORTSON, $. m. Bouchon de paille, torchon, morceau de linge, soii 
lavette, pour nettoyer la vaisselle ; le dernier domestique d'un 
chalet, celui qui lave les vases ; fllle de cuisine sale et en 
désordre. (Pays-d'Enhaut.) 

TORTSOUNA, v. Nettoyer avec un bouchon, une lavette, un tor- 
chon ; embrasser grossièrement, chiffonner une fille. 

TOT, adj. déterm. Voy. to. 

TOTA-BOUNNA, s.f. Gaude, Bneda lukola; mot à mot, louk 
bonne. 

TOTADJO, TOUTAGE, f. m. Le tout, la totalité. Vieux terme de 
notaire. (Vaud.) 



TOU 375 

TOTCHI. TOTSCHI, o. Toucher ; frapper du poing sur la table. 

TOTEVI, adv. Toujours^ à tout moment. L. toto œvo, (Fribourg.) 

TOTON, s. m. Jeu d'enfant; on y joue avec une sorte de dé à pivot 
qu'on fait tourner. 

TOT-ON^ loe. Tout un. L'è tot-on, c'est la même chose^ ce m'est 
tout un. 

TOTORA, TOTHORA. adv. Bientôt, tout à r heure. Gr. moderne, 
tora, id. 

TOU, TA, adj. pou. Ton, te. 

TOU^ adv. Tôt. It ne se dit qu'en composition : Taniou, ce soir, 
après midi. Sitou, sitôt. Beiniou, bitUou, bientôt. Asselou, aus- 
sitôt ; tôt assetou, id. 

TOUAIR, TOUAIRSA, adj. Tordu. 

T0UA1R, s. m. Tort, offense, injustice. M'a gro fi touair, il m'a 
fait beaucoup de tort. 

TOUAIRCOU, s. m. Torcol ou torcou, sorte d'oiseau. 

TOUAIRDRE, TOUARDRE, v. Tordre. 

TOUALLHA, s, f. Nappe, essuie-mains. G. davakUa, serviette. 
(Evêcbé de Bâle.) 

TOUAR, TOUAIR, s. m. Taureau de deux ou trois ans. 

TOUARDA, 9. f. Grive à pieds jaunes. (Orbe.) 

TOUBAG, s. m. Tabac en poudre, tabac à priser. 

TOUCHO, A ; TOUTZO, A, adj. Bossu. (Gruyère.) 

TOUDI, TOUDION, TOUNI, TOUTON, i. m. Simple, idiot, hébété, 
bélître. (Vaud.) 

TOUEIRNIKET, TORNIRET, 8. m. Moulinet d'enfant; barrière qui 
tourne sur un pivot; machine en bois dans laquelle on faisait 
tourner en public les voleurs de légumes, de fruits, de raisins. 
— Pour l'exemple, on mit un jour au tomiket, dans un village 

• de La Côte , une chèvre surprise dans les vignes, et on l'y fit 
tourner si vite et si longtemps qu'elle y creva. 

TOUERPEIN, TOURPEIN, s. m. Personne qui est pied bot, qui 
marche mal. — Campein, id. 



876 TRA 

TOULA^ s. f. Tôle, fer-blanc; planche de jardin; veillotte; spectre, 
revenant. C. Umll, creux, tanière. (Aigle.) 

TOUMA, TËMA, v. Verser, répandre un liquide ; pleuvoir à verse. 
(Pays-d'Enhaut.) 

TOUMMA, TEMA, s. f. Fromage maigre. — ToumeUa, diminutif. 

TOUNI^ s. m. Pot de chambre ; menlula^ priapus. (Aigle.) 

TOUNI, s. m. Voy. toudi, toutou. 

TOUPEIN, TEPEIN, s. m. Pot de terre; grosse cloche qu'on peod 
au cdu des vaches; homme lourd et appesanti. — Tourpeim,\ù. 

TOUPENA, s. m. Grand vase de terre, pot à beurre ou beurrier, 
jarre. Ail. topf. 

TOUPENET, I. m.; TOUPENETTA, «. /. Petit vase de terre. Dimi- 
nutif du précédent. 

TOURDZE, $. f. Vivacité, colère, brusquerie. (Alpes.) 

TOURI, s. m. Nombre fîxe de bardeaux ou tavaillons entassés en 
forme de tour. Voy. tavellhon. (Pays-d*Ënhaut.) 

TOURILLHON, TOURILLON, s. m. Diminutif du précédent. (Pays- 
d'Enhaut.) 

TOURMEINTELLHA, $. /. Tormentille^ Tormentilla ereda, planta 
rosacée. (Morges.) 

TOURPEUN , s. m. Homme pesant, lourd, endormi. L. iorpor. 

TOURTHA, V. Sommeiller sur sa chaise. — Donda, id. (Pays-d'En- 
baut.) 

TOUTOU, 8. m. Idiot, niais. (Lausanne.) Voy. toudi. 
TOUTZO, 5. m. Aconit tue-loup, AconUum Lycoctonum, (Pays-d'Eo- 
haut.) 

TOVÉ, $. m. Lieu rempli de tuf. — To, id. — Tové signifie aussi 
engorgement scrofuleux, 

TOXON, s. m. Mauvais sujet, fainéant, brutal. Ccst une injure. 
(Nyon.) 

TRA, s. m. Poutre, solive. Tra de ran, l'une des trois solives qui 
soutiennent la conque ou le bassin d'un pressoir. L. trabs, trabes. 
(Montreux.) 

TRABETHI, TRABETZI, v. Trembler de peur, trébucher. (Alpes.) 



TRA 377 

TRABETZET, s. m. Lit concave et à Jours, monté sur quatre pieds, 
pour égorger et dépecer un porc. L. trabs, trabes. (Yaud.) 

TRABLLA, s. /. Table à manger» ou toute autre table. L. tabula. 

TRABLLAB, TABLAR^ s. m. Etagère, rayon. Voy. tolar, tolau. 

TRAC, s. m. Trappe qui s'ouvre au-dessus du poêle d'une chambre 
inférieure pour passer sans escalier dans l'éUige supérieur. 
(Hontreux.) 

TRAFFI, 8. m. Négoce; train, bruit, désordre, tumulte. L'an fé un 
traffi de la meUance, ils ont fait un tapage du diable, un bruit 
d'enfer. 

TRAGUA^ TRAGHUILLAj v. Porter çà et là avec négligence, traî- 
ner. Ail. iragen, porter. (Yaud.) 

TRAGUALLA, TRAGALLA, s. f. Espèce de fllet de pèche. (Morat.) 

TRAGUETTA, 5. f. Petit charriot, petite charrette. (Neuchâtel.) 

TRAHLLA, s. /. Tramail, sorte de filet pour la pêche. — Trellhira, 
id. (Léman.) 

TRAHLLHA, s. /. Corde d'un bac. (Aigle.) 

TRAHLLO, s. m. Barbouillon, babillard, coureur. L. traho, (Alpes.) 

TRAI, s. m. Traita courroie, sangle qui attache une bête de somme 
à sa charge. 

TRAINA, s. f. Mauvais chemin par lequel on traîne un fardeau; 
sentier tracé dans la neige pour descendre le bois de la forêt à 
la route; langueur, affaiblissement causé par la maladie ou la 
vieillesse ; mal qui court. 

TRAINA, V, Traîner ; languir, s'affaiblir. 

TRÂINA-BOSSON, i. /. Fauvette d'hiver, Sylvia modularis. 

TRAINA-DAGGA, s. m. Gentillâtre qui porte de lieux en lieux son 
épée ; bretteur. De dagga, épée. (La Clôte.) 

TRAINAHIA, s, f. Fille de mauvaise vie, coureuse, prostituée 
errante. 

TRAINASSE, $. f. Sorte de renouée; centinode ou traînasse, Poly- 
gonum aviculare. 

TRAINI, 8. m. Brouillard qui traîne sur la campagne. (Vevey.) 



878 TRA 

TRÂION, TREION, s. m. Bout du pis de la vache. 

TRAIRE, V. Traire les vaches; tirer hors de sa place; sortir de 

terre une racine ou un légume. 
TRAITA» s. f, La quantité de lait qu'une vache donne matin et soir. 

TRAKAy V. Passer un ruisseau^ l'enjamber. L. irons aquam? 
(Neuchâtel.) 

TRAKASSERI, $. f. Bagatelle, présent de peu de valeur. (Lavaux.) 

TRAKEMAKADJO, $. m. Brocantage, maquignonage. 

TRAKLLETTA, s. f. Cliquette, castagnette, crécelle. (Yand.) 

TRALESON, s. m. Plafond d'une chambre. 

TRALET, s. m. Petite poutre à l'usage du pressoir. (Lavaux.) 

TRALIRE, s. f. Train, manière d'être. 

TRALLHIRE, v. Briller de loin. (Gruyère.) 

TRAMEDJI, TREMEDGHI, s. m. Blé de mars. (Neuchâtel.) 

TRAMETTRE, v. Envoyer, transmettre, faire passer à. Part, tramei. 

TRAMPENA, v. Boiter, marcher mal. (Pays-d'Enhaut.) 

TRAMPO, TRAMPA, adj. Boiteux. — Trompé, id. (Pays-d'Enhaat.) 

TRANSEBENET, s. m. Enfant pftie, maigre, maladif, toujours 
transi. (Alpes.) 

TRANTRAN, s. f. Le train du monde, le cours de certaines affaires. 
— Trelira, id. 

TRAPLLORA, v. Suinter. Il se dit d'un vase de bois disjoint. 

TRAPON, s. m. Trappe faite de bois, en forme de cage, pour pren- 
dre les petits oiseaux; trébuchet; guichet pour passer du poêle 
d'une chambre, à l'étage supérieur, dans les maisons de bois. 
(Chftteaud'Œx.) 

TRAPU, TRAPIA, odj. Courtaud. Il se dit du bétail trop bas sur 
jambes, dont les jambes sont défectueuses. (Alpes.) 

TRAULA, V. Porter gà et là, aller en flânant. — TrelaUa, id. 

TRAUVA, TREUVA, s. f. Chose perdue qu'on rencontre et qu'on 
prend, trouvaille. 

TRAUVA, TROVA, TREUVA, v. Trouver, rencontrer. 

TRAVETRSA, s. f. Pente de montagne, traversée. 



TRE 379 

TRAVERI, TRAYlRf , v. Se déranger, perdre U léte ; chaYirer. 

TRAYO, t. m. Travail, besogne. 

TRE. TROUÉ, TRU, s. m. Pressoir de vendange. L. irMa, vase; 
Fr. irnùl, (Lavaux.) 

TRÉ, TREI, adj. numér. Trois. Tri-vem (trois-vingts), plus usité 
que $e$sante, soixante. Tré-rem-dlù (trois-vingts et dix), plus 
usité que seiiante, septante. 

TRÉ, adv. Très, fort. Tré iiu, toutes sans exception. 

TREDAINÂ, TREPELANNÂ, s. /. ; TRELLHI, «. m. Drap grossier 
fait de laine du pays. (Vaud.) 

TREDAN, TREDON, <. m. Rruit, désordre, tapage, tumulte. (Lau- 
sanne.) 

TRËDE, TRËZE, TRÈZË, adj. numér. Treixe. 

TRÉDRE, t>. Tirer hors; arracher une cloison, une plante, une 
dent. Trèdrê iè dra, 6ter ses habits, se déshabiller. (Pays-d'En- 
haut.) 

TREFFI, TRESSI, v. Tracer, biffer; courir fort vite, aller comme 
un trait. Gr. rpixutt, courir. 

TREIN, TREUN, s. /. Trident, fourche à trois dents de fer. (Vaud.) 

TREINBLLO, s, m. Tremble, Populus tremula. 

TREINKA, V. Trinquer, boire en choquant les verres. 

TREINKET, s. m. Mftt d'une barque ; la plus petite des deux voi- 
les. (Léman.) 

TREINTA, adj. mmér. Trente. TreUanna, $. f. Trentaine. 

TREKAUDON, $, m. Violette odorante, Viola odorata. (Oron.) 

TREKHAUDON, s. m. Carillon des cloches. 

TREKH.4UD0UNA, v. Carillonner, frapper trois coups. (Fribourg.) 

TREKOT, TRICOT, s. m. Bâton, gourdin. 

TREKOTTA, TRICOTTA, v. Faire des bas à Taiguille, tricoter ; 
bâ tonner. 

TREKOTTADJO, s. m. Le bas que Ton tricote. 

TRELATTA, v. Transporter çà et là. L. iramlatui. — Traula, id. 



380 TRI 

TRELAUDÂ^ V, Traîner de côté et d'autre; salir^ chiffonner; faire 

sauter un enfant dans ses bras. (Vaud.) 
TREMALLHIRA, s. /. Tramail. — Tremaillet, $. m.; trahlla, id. 

(Léman.) — Voy. trahlla. 
TRÉMUSSI^ V. Ne se dit que du soleil qui se couche. Voy. moussl 

(Jura.) 
TREPA, TROUPA, v. Fouler aux pieds, marcher sur un objet. C. 

trepal, trépigner. 

TRÉPETOUNA, v. Trépigner d'impatience, frapper des pieds par 

colère. 
TREPOTTA, V, Tracasser. 
TRÉSAR^ s. m. Froment de mars. (Genève.) 
TRESSAUT, s. m. Tressaillement. — Ressaut, id. (Genève.) 

TREVOUGNI, TSERVOUGNI, v. Tirer par les cheveux, tirer par 
l'habit, tirailler. (Lausanne.) 

TREZALLA, v. Sonner trois cloches, carillonner. (Evêché de Râle.) 

TRIRULA, V. Affliger, vexer, tourmenter, maltraiter. L. tribulare. 

TRIDZI, V. Laisser des traces, suivre à la trace. 

TRIDZO, s, m. Trace, vestige d'un passage; toile grossière (/rtf^, 
dans le français populaire). (Vaud.) 

TRIGHI, TRIZI, V. Fréquenter un lieu. 

TRIKKA, s. f. Queue, cadonelte, bâton. (Jura.) 

TRlMÂ, V. Travailler sans relâche, aller fort vite, se dépécher. C. 
drim, force, vigueur. 

TRIMADJO, s, m. Conduite, intrigue, mauvais train. (Lausanne.) 

TRIMAHIA, s.f. Course rapide, grand espace parcouru. (Lausanne.) 

TRIMONTj s. m. Nom de plusieurs localités montueuses. L. ires 
montes, 

TRINGELT, s. m. Pourboire, épingles^ étrennes. Ail. trinkgeld. 

TRIOLET, s. m. Trèfle commun, THfoHum pratense ; trèfle, Tun 
des quatre points au jeu de cartes. 

TRIOULA, s. /. Discours ennuyeux, ritournelle de chanson, per- 
sonne qui rabâche. Te n'î ke na irioula, tu n'es qu'une personne 



TRO 881 

ennuyeuse. C'est un propos conjugaj à l'usage de plusieurs mé- 
nages. (Vaud.) 

TRIOULÀ, V. Répéter plaintivement la même chose, ennuyer par 
son rabâchage. (Yaud.) 

TRO, s. m. Bout d*uDe chose rompue, monceau do toile, tronçon. 
— Trosson, id. (Alpes.) 

TROBLLA, AHIA, adj. Qui a perdu la raison, aliéné, fou. (Vaud.) 

TROBLLA, V. Troubler l'eau, troubler la raison, mettre le trouble. . 

TROBLLON, s. m. Eau mêlée de farine pour les porcs; soupe trop 
claire, potage mal apprêté. 

TROCHON, TROGNON, s. m. Reste d'un fruit rongé jusqu'au cœur, 
trognon ; personne qui a une bonne trogne ; fllle courte et trapue. 

TROCK, s. m. Caisson d'artillerie. Ce mot paraît venir do l'aile* 
mand. (Yieux comptes de Fribourg.) 

TROHLLA, V. Regorger^ sortir de son canal. 

TROHLLARD, TROUHLLON, s. m. Sale, malpropre, souillon. C. 
slrouil, ordure. 

TROHLLI, V. Presser le raisin au pressoir (tré) ; boire outre me- 
sure, à en sauter; être étouffé ou écrasé par la foule dans une 
dduse. (Fribourg.) 

TR0HLL1A, 8, f. La quantité de moût qui sort du pressoir quand 
il est chargé ; surcharge de vin avalé par un ivrogne. 

TROHLLU, s. m. Moût plus faible, procuré par la dernière pres- 
sion de la vis sur la masse de la vendange; vin nouveau de 
mauvaise qualité. (Lavaui.) 

TROHNFA, f. f. Grande réjouissance dont la danse fait partie, 
cbattement public. (Pays-d'Enhaut.) 

TROHNFÀ, r. Se réjouir bruyamment comme dans un triomphe. 
(Pays-d'Enhaut.) 

TROMPIAU, SA, adj. Trompeur. 

TRONTZET, s. m. Petit tronc d'arbre; l'extrémité inférieure do la 
pompe d'une citerne de chalet. — Trnnichet, id. 

TRONTZHA, TRONTZE» IRONCHE, s. f. Tronc, souche, grosso 
racine pour le foyer. La veille du jour de l'an, dans plusieurs 



SSâ TRO 

ménages, on évidait une tronche^ on remplissait l'espace Tidede 
noix, de noisettes, de faine, de châtaignes déjà rissolées et oo 
la mettait au foyer. Quand le feu en avait consumé une partie, 
on la retirait, on la vidait dans la cuisine et le dépôt intérieur 
était abandonné au pillage des enfants qui criaient avec jubila- 
tion : La trontze a tsuki, Voy. tsuhi. (Vaud.) 

TROPI, s. m. Troupeau de gros bétail. (Alpes.) 

TROSSA, s. /. Trousse, paquet. Trossa de kUa, troussean de clefs. 

Le adi à mè trossè, il est toujours à mes trousses. 
TROSSA, V, Voy. trossi. 

TROSSÉ, s. fit. Le trousseau de l'épouse. Quand on le transporte 
sur un char, d'un village à l'autre, la quenouille et le rouet 
ornés de rubans et de fleurs sont placés au-dessus de tout le 
bagage. (Vaud.) 

TROSSET, s. m. Petit morceau de toile; bout de chemin. 

TROSSI, TROSSA, v. Rompre, briser, casser. S^è irossa la Uckamkê, 
il s'est cassé la jambe. 

TROTSCHE, TROTSA, «. f. Branche d'arbre rompue. 

TROTSETTA, s. f. Diminutif du mot précédent. 

TROTTA, s. f. ; TROT, s. m. Traite, distance. Y aùnhonirotéÊ 

isse ein Aillo, il y a bien du chemin d'ici à Aigle. 
TROTTA, TRAITA, s. f. Truite. (Léman.) 

TROTTA, V. Trotter, courir, marcher vite et longtemps. G. iro, 
pied, pas. 

TROTTETTA, s. f. Petite traite, petite distance. Dimin. de irùUa, 

TROTZA, $, f. Abondance, foison. 

TROTZÂ, TROTSCHl, TROTZI, v. Foisonner, taller; se dit du blé. 
Kan lo md vin trotte, quand un malheur arrive, il en vient d'au- 
tres. (Orbe ) 

TROTZERAN, s. m. Millepertuis, Hyperieum perforatum. 
TROTZETTA, a. /. Diminutif de trotza. Lei a na trotzetta de tte- 
fim, il y a une assez jolie récolte de chanvre. 

TROUATSCHI, v. Faire enrager, endôver, tourmenter. 
TROUIA, s. f. Truie, laie. Ce mot est une injure s'il se dit à une 



TRU 883 

femme. Il signifie aussi cornemuse, musette. Il y a quatre-vingts 
ans, les compagnies de milices qui descendaient des villages 
supérieurs pour se rendre à Moudon où elles étaient passées en 
revue, avaient pour musique militaire un tambour et deux 
trouie. On se servait aussi de cet instrument pour les danses 
cbampétres; c'est la cornemuse des Ecossais. (Jorat.) 

Ttouia a signifié aussi une espèce de bélier pour l'attaque 
des places. Apollodore dit au livre 111 de sa Bibliothèque : Ha- 
buere etiam GalU machinas quatiendis et fodiendis mûris, non 
arietes sed sues, aut sva lingua troias. Voyez sur l'usage de cette 
machine en 1389, au siège de Berlens, le Conservateur suisse, 
tome III, page 80. 

TROUIERI, s, f. Cochonnerie, vilenie, saleté, obscénité. (Vaud.) 

TROUKA, V, Imprimer la toile dans les fabriques d'indienne. Ail. 
drucken. (Jura.) 

TROUKARE, s. m. Imprimeur en indiennes. Ail. drucken. (Jura.) 

TROUSSA, TROUSSI, TROSSHI, v. Trousser, retrousser. 

TROUTCHI, V. Toucher, palper. (Pays-d'Enhaut.) 

TROUTZE, s. /. Tique de marais qui s'attache aux moutons, aux 
chiens. (Valais.) 

TRU, TRAU, TREU. adv. Trop. 

TRUAND, DA, adj. Gueux, mendiant par paresse, rôdeur d'habi- 
tude. Au IX« siècle, on donnait ce nom aux percepteurs du tri- 
but (appelé tru, treu), gens de la plus basse classe haïs et mé- 
prisés. 

TRUANDA, V. Gueuser, mendier, rôder. 

TRUANDAILLE, s, f. Gueuserio, canaille, racaille. (Vaud.) 

TRUŒON, s. m. Mendiant. Fr. trucher, mendier. 

TRUFFA, t?. Tromper, truffer. (V. st.) 

TRUFFLLA, s. f. Pomme de terre. PI. truhlU. 

TRUINO, s. m. Glacier. (Entremont ) 

TRUMPA, V. Tromper. 

TRUMPAHIE, a. /. Tromperie. 



384 TSA 

TRUTHE, s. m. Anneau de bois en pointe où passe une corde 
pour lier un fardeau. (Alpes.) 

TRUTHON, s. m. Anneau rond servant au même usage que le frv- 
the. Yoy. le mot précédent. (Alpes.) 

TRUTZE, TRUTSCHE, s. f, ; TRUGHAU, s. m. pi. Se dit des 
Assures, des petites cavités dans les rochers qui se déiîieot. 
C'est dans ces truUehe que s'abrite la niverolle ou ortolan des 
neiges. (Aigle.) 

TSA, TSCHA, $. m. Chat. TsaUa, tschaUa, chatte; Ickaiton, petit 

chat. 
TSA, s. m. Colle des tisserands, faite de farine, pour l'apprêt des 

toiles neuves. (Alpes.) 

TSACHA, V. Ck>ller, enduire avec du tsa. Yoy. ce mot. (Alpes.) 

TSACON, jtron, indéf. Chacun. 

TSAFFA, TSCHAFFA, s. m. La bavure faite par un couteau qui 
ne coupe pas bien. 

TSAFFÂ, TSCHAFFÂ, v. Machiller un fruit, une châtaigne pour 
en tirer ce qui se mange. Les restes de la pelure s'appellent 
tsaffe, 8. /. pi. 

TSAFFAIROU, TSCHAFFAIROU, s. m. Feux allumés le soir des 
Brandons, sur les collines du Jorat, par les jeunes villageois 
En bas breton, chaffa signifie bois de chauffage, — Un arrêt de 
police de 1540 défend ces feux sous peine de 60 sols d'amende. 

TSAFFETHI, TSAFFELLHI, v. Faire des bavures en coupant. 
(Paysd'Enhaut.) 

TSAFFIRA, TSCHASSIRA, $, f. Bout de ficelle à l'extrémité d'an 

fouet. 
TSAFOUIN, s. m. Indiscret, barbouillon, petit drôle. (Vaud.) 

TSAHaURIO, TSAHAURIOSE, subtl. Un coq et une poule. fOr- 
monlDessiis.) 

TSAIGARO, TSIGARO, DJIOARO, CIGARE, s. m. Celui qui mar- 
que, les coups à la cible; joueur de violon. Ail. geiger, 

TSAIGHA, s. f. Baguette démonstrative du marqueur à la cible. 

TSAIGHÂ, V. Marquer à la cible les coups des tireurs. (Vaud.) 

TSAIR, TCHEIR, TSCHAR, «. /. Chair, viande. 



TSA 885 

TSAIRE, TSESI, v. Tomber, choir. Uè Uai ou Fè t$e$u, il est tombé. 
L. ceddil. 

TSÂlRIy TZEIRI, s. m. Cumin, Carum CarvL Gro tsairi, cerfeuil 
sauvage, AfUhriscus syltestris, 

TSALEIN, TSCHALEIN, a. m. Eclair. — EMtazo, éliuzo, id. 
(Aigle.) 

TSALEINDE, a. /. Noël. L. caîendœ, le premier du mois, parce 
qu'ancienuement Tannée commençait à Noël. — Tschaleindè, id. 
(Vaud.) 

TSALENA, ZALENA, v. Eclairer, faire des éclairs. — Einltazi, id. 
(Aigle.) 

TSALO, a. m. Corde pour abaisser, depuis la cuisine, le volet ou 
contrevent des cheminées de bois. (Alpes.) 

TSALOSI, 8. m. Orchis noir, NigrUella angustifolia^ {Satffrium 
nigrum de Linnée). — Il ne faut pas porter cette jolie fleur dans 
les chalets, parce que son parfum fait, dit-on, gonfler et éclater 
le fromage frais. (Pays-d'Enhaut.) 

TSAMBA, TSCHABfBA, a. f. Jambe. Diminutif, Uambeita, petite 
jambe, jambon de porc. 

TSAMO, a. m. Chamois, Aniilope rupicapra. C'est Tysard des Pyré- 
nées. (Alpes.) 
T$amo bllUy s, m. Aster des Alpes, Aster alpinus, (Alpes.) 
Tiamo djôno, s, m. Arnica, Arnica scorpioides et Arnica num- 
tana, (Alpes.) 

TSAMPA^ s, f. Femme étrangère,. qui n'est pas du pays de son 
mari. (Pays-d'Enhaut.) 

TSAN (de) , loc, adv. De côté, de flanc. 

TSAN, TZAN, TSCHAN, a. m. Champ. De là la locution Hn Uan, 

au pftiurage. Meine le vaizè ein tsan, conduis les vaches au pft- 

turage. 

TSANBOTTA, t^. Chanceler sur ses jambes. De tsamba, jambe. 
(Fribourg.) 

TSANBRA, a. f. Chambre. — Tsanbretta, cabinet, chambrette. 

TSANCE, a. /. Chance, bonheur. — Tsanhe, id. 

Mta. ET DOCUM. XXI. f& 



386 TSA 

TSANDAILA, TSGHANDEILA, s. f. Chandelle; glaçon allongé qm 
pend au bord des toits en hiver. (Ormonts). 

TSANDELEI,5. m. Oreille d'ours , auricute , Prmula Aurieula; 
primevère officinale, Primula officinalis. (Alpes.) 

TSANDELLETA, s. f. Feu-follet. (Ormonts.) 

TSANDJI, TSCHANDJI, v. Changer, troquer. 

TSANFANNA, s ^ Grande gentiane ou gentiane jaune, (r^nlûnu, 
ItUea; plante chantée par Haller, dans son poème des Alpes. On 
distille sa racine pour en tirer une liqueur alcoolique bono« 
pour les frictions dans les affections rhumatismales. <Alpes.) 

TSANHE, 5. f. Chance, bonheur, l^ton ne fa êa tsanhe (prov.), dqI 
ne fait son sort. — T$aneey id. (Orbe.) Voy. hetsance. 

TSANHIAU, SA; TSCHANCIAU, SA, adj. Chanceux, en bien on 
en mal. 

TSANIA, s. f. Chênaie, lieu planté de chênes. — Ckanéaz^ Chêne, 
villages du canton de Vaud. Chêne est aussi le nom d'un viUa|v 
du canton de Genève. 

TSANKRAMEIN. Adverbe énergique qui reyieni h diablement. (Fri- 
bourg.) 

TSANKRO, TSCHANKRO, s. m. Chancre, cancer. T$ankro mt 
raudjai, nie rudjai, que le cancer me ronge ; jurement des plos 
grossiers. — Tschampro^ id. 
Tsankro Von, locution qui signifie pas un, pas du tout, (Vand. 

TSANNA, CHANNA, <. f. Chaîne ; grand pot d'étain employé autre 
fois pour servir le vin dans les auberges. On disait ordinaire- 
ment channa de pot. 

TSANNETTA. s. /. Petite chaîne, chaînette. Diminutif de tsanna, 

TSANNO, ZANO, TSCHANO, «. m. Chêne, quercus. 

TSANPA, V. Faire sortir les bestiaux de l'écurie pour les conduis 
ein tsan, au pâturage. — Champa, id. (Vaud.) 

TSAMPRO, TSCHAMPRO. Jurement moins grossier que t$ankn. 
Voy. ce mot 

TSANSON, s. m. Chanson ; mauvaise raison. 

TSANTA, TSCHANTA, v. Chanter. 



TSA 387 

Tschanta-pllaura, tubst. Entonnoir de fer-blanc pour remplir 
les futailles ; ceracé , mets délicat composé de lait et de crème. 
Yoy. serasset. (Yaud.) 
TSANTARE, TSANTERI, s, m. Chanteur habituel, babillard, brail- 
lard. 

TSANTË, TSANTI, s. m. Le tibia ; le bord aigu d'une planche ou 

d'une poutre. (Alpes.) 
TSANTOLA, v. Fredonner, chanter tant bien que mal. 
TSANTOLET, s. m. Petit garçon qui chante sans cesse. 
TSANTON, 8. m. Tison, bûche pour le foyer. (Alpes.) 
TSANTOUNA, v. Coucher un corps sur le flanc. 

TSANTRA, TSCHANTRE, s. f. Bande de terrain, entre la vigne et 
la haie ou le mur de clôture, où il n'y a point de ceps, mais où 
l'on cultive des légumes. (Lavaux.) 

TSAPALEI, 8. m. Chapelier. — Tsapaleira, chapelière. 

TSAPÉ, TSCHAPPI, s. m. Chapeau. 

TSAPLLA, TSCHAPPLLA, v. Couper, bâcher, mettre en morceaux, 
chapeler le pain, la viande. (Voy. Ducange, au mot capelare.) 

TSAPPLA-TSOU, «. m. Tympanon. (Pays-d'Enhaut.) 

TSAPPLIAU, s. m. Gros tronc sur lequel on fend du bois à brûler. 

TSAPPLLAU, TSAPPLI, 8. m. Déconfiture, batterie, rixe où il y a 
eu du sang répandu. (Fribourg.) 

TSAPPLLON, 8. m. Petite pièce de ce que l'on a bâché, coupé, 
taillé. On fait des Uappllon en amenuisant un bâton, une cheville. 

TSAPPLLOTTA, TSCHAPPLLOTTA , v. Mettre en petites pièces 

du bois, du linge, du papier. 
TSAPPOUAISI, TSAPOUSA, v. Travailler un morceau de bois avec 

un couteau, l'amenuiser. 

TSAPPOUÉ, TSCHAPPOUÉ, ». m. Charpentier. (Vaud.) 

TSARA VOÛTA, CHARAVOÛTA, ». /. Charogne; bandit, vaurien, 
fainéant. Ce mot est une grossière injure. (Moudon.) 

TSARLATTA, TSCHARLATTA, ». f. Pièce de bois qui fait à l'exté- 
rieur la bordure d'un toit. (Alpes.) 

TSARMA, TSGHERMA, v. Ensorceler, charmer par magie. 



388 TSA 

TSARMIAU, TSCHERMIAU, $. m. Enchanteur, magicien, sorcier, 
charlatan. (Yaud.) 

TSARMO, TSGHERMO, $. m. Enchantement, charme magique. 

TSAROPPA, TSGHERROPA, CHAROUPA, s, f. Personne engourdie, 
paresseuse, fainéante. G. charra^ méprisable. L. earo rufla. 
(Vaud.) 

TSAROPPAHTE, s. f. Lourde chute. Voy. TSAhOPPA. 

TSARPENA, ETSGHERPENA, v. Démêler de la laine, du crin. 

TSARPENO, TSGHERPENO, <.m. Gharme; charmille. L. carptiiitt. 

— TzerpellhOy id. 

TSARRAIHI, TSGHERRAIHI, v. Gharrier, voiturer. 

TSARRAIRA, TSGHARREIRE, s, m. Grand chemin, rue de ville, 
de village. Tsarraire dau But, rue de Bourg, à Lausanne. — 
T$erraire, id. (Lausanne.) 

TSARRET, TSGHERRET, «. m. Ghar, chariot. — Ttcker, id. C. car, 

TSARRETAI, TSGHAROTEI, «. m. Gharrelier, voiturier, roulier. 

— Tierroton, id. 

TSARRETTA, TSGHERRETTA, «. f. Petit char, charrette, tombe- 
reau. De UcKety tsarret. 

TSARRO, 5. m. Lit inférieur qui se glisse ou se roule sous un lit 
supérieur. (Pays-d'Enhaut.) 

TSARROPIONDZA, TSCHERROPIONDJA, TSERROPIONDZE, $. A 
Paresse, fainéantise. Te n*a ke la tscherropiondja, tu n'es qu'un 
paresseux.. 

TSARROTA, TSERROTTA, v. Gharrier, faire le métier de charretier. 

TSASSETON, s, m. Grand duc, Strix Bubo. (Bas-Valais.) 

TSASSI, TSGHASSl, v. Ghasser, aller à la chasse. G'est aussi le 
verbe obscène cotre. — Une Fribourgeoise très galante, mais très 
scrupuleuse, refusait les offres d'un Vaudois en lui disant : Dûi 
me vouarde de tsassi avoué n'hiffueno f Dieu me préserve d'accor- 
der mes faveurs à un huguenot ! (Vaud, Fribourg.) Voy. ew- 

GUENOT. 

TSASSOT, TSGHASSO, s. m. Ghabot, CoUus Gobio, (Léman.) 



TSA. 389 

TSASSOTA^ V. Aller à la pèche des chabots avec un filet appelé 
chassotière. (Genève.) 

TSASSOTA, t?. Faire rejaillir un liquide en y plongeant la main. 
(Pays-d'Enhaut.) 

TSATAGNA, TSCHATAGNE, s. /. Châtaigne, coup de baguette ou 
de règle sur les doigts, férule. 

TSATAGNERI, s. f. Lieu planté de châtaigniers. 

TSATAGNETTA, s, f. Le safran printanier. Crocus vemu$. 

TSATAGNIRA, s. f.; TSATAGNI, s. m. Châtaignier. L. castanea, 

TSATRA, TSCHATRA, JATRA, v. Châtrer un animal ; enlever un 
rayon d'une ruche. (Yaud.) — Le bourreau de Moudon rencon- 
tre un jour un Ormonnain sur son chemin ; il le salue, et, selon 
l'ancien usage, il ajoute à son salut : Diu te vouarde de mè man. 
Dieu te préserve de mes mains. L'autre lui répond fièrement : 
Etèdei meine, et toi des miennes. Le bourreau reprend pour 
justifier sa salutation : Vè %nè kepeinso, c'est moi qui pend. E 
mè kejatrOy et moi qui châtre, répliqua l'interlocuteur. Après 
ce court dialogue chacun tira de son côté. Une version un peu 
différente dit que les deux industriels se tendirent amicalement 
la main et allèrent boire un pot de vin au premier bouchon. 

TSATRON, s. m. Jeune bœuf nouvellement châtré; mouton coupé. 

TSATSA, s. f. Draine, litome, espèce de grive ; Turdus viscivorus. 
- Fiafia, id. 

TSATTALAN, s. m. Châtelain ; anciennement, président d'un tri- 
bunal. — Tsattalanna, châtelaine. 

TSATTALET, s. m. Tas de quatre noix dont l'une est placée sur 
les trois autres (jeu d'enfants). 

TSATTÉ, TSATTI, s. m. Château. 

TSATTENISSA, TSCHATOUNISSE, i, f. Niche, espièglerie, petite 
escroquerie. (Alpes.) 

TSATTON, s. m. Bâton court et épais. — Chaton, saton, id. Voy. 

CHATON, TAPOLBT. 

TSAU, TSAUDA; TSO, TSODA, adj. Chaud, brûlant. Quand il se 
dit au féminin d'une fille, ce mot signifie qu'elle a beaucoup de 



390 TSC 

tempérament. S'il se dit de la femelle d'un animal, il signifia 
qu'elle est en chaleur et demande le mftle. 

TSÀUDA, ETSAUDA, v. Se chauffer. 

TSAUDERON, s. m. Chaudron. 

TSAUDI, TSODI, i. m. Soupe au vin, r6tie. (Pays-d'Enhaut.) 

TSAUMO, s. m. Place où le bétail se repose à l'ombre, où il ch&me. 
(Alpes.) 

TSAUPA, r. Embarrasser, empêcher, chapper. 

TSAUPENA, i, f, Chopine, quart de pot. — KarUtta, pieholeUa, id. 

TSAUPOURLO, $. m. Amorce de pondre pour le bassinet. (Pays- 
d'Enhaut.) Voy. pourlo. 

TSAUSETTA, s. f. Petite sauge, sauge officinale, Saltia of/idnaUs. 
— Tschausette, id. 

TSAUSSE, s. f. pi. Chausses, culottes. — Une ronde vaudoise était 
fort en vogue au temps du réformateur Viret, qui tonna en chaire 
contre ces chants obscènes ; elle commençait par ces mots : Se 
vo vollhei cuischi avoué mè, faut traire voutrè tsaussè, si vons 
voulez coucher avec moi, il faut ôter votre culotte. Les filles de 
la contrée crurent suffisant, pour lui complaire, de changer on 
mot et de chanter : Faut vauarda voutrè tsaussè, il faut garder 
votre culotte (Orbe). — Tsaussè tschapllakie, chausses à crevés, 
chausses déchiquetées ; elles furent défendues à Genève en 1551 

TSAUSSEPI, TSCHAUSSEPIA, s. m. Instrument de bois, de corne, 
ou de fer, pour chausser les souliers. 

TSAUSSOUNNA, v. Tricoter des bas de fil, de laine, de coton. 
TSCHALAU, SA, aélj. Jaloux. 

TSCHAPPLOTTA, v. Mettre en petites pièces, du bois, du linge, 
du papier. Voy. tsappllotta. 

TSCHASSË, <. f. pi. Ancolie, AqmUffia vulgaris, — Gand, id. (Mon- 
treux.) 

TSCHAU, TSAU, v. Voy. tsbthi. 

TSCHAUPANNA, s. f. Orifice supérieur d'un tonneau, bonde. 

TSCHAUPON, s. m. Bondon, bouchon, tampon. — Tzopom, id. 

TSCHAUPOUNNA, v. Bondonner une futaille. 



r 



TSE 391 

TSCHAUSSETTA, s. f. Cliaussette. 

TSCHAUSSON, $. m. Bas tricoté. — Chaussounet, petit bas d'en- 
fant (dimin.). 

TSCHAUTEIN, TSAUTEIN^ a. m. Littéralement, le temps chaud ; 
c'est le printemps. Tété, ia belle saison. 

TSCHAUTZEVILHA, f . f. Cauchemar, chauche-vieille. C'est la sor- 
cière qui, dans le sommeil, vous met un pied sur la gorge pour 
vous étouffer; elle arrive sur un cheval aveugle qu'elle laisse à 
la porte. 

TSCHAUTZI, V, Fouler aux pieds; en parlant du coq, cocher; 
donner le cauchemar en mettant le pied sur la gorge. (Vaud.) 

TSCHAVANTON, TSAVANTON, «. m. Poulain. (Nyon.) 

TSCHAVO, TSAVO, TSAO, «. m. Cheval. — TsavoUt, Uaolet, petit 
cheval (dimin.). 

TSGHAVON, TSAON, s. m. Extrémité, bout, fin d'un ouvrage. A 
tschavonj adv. Complètement. 

TSCHAVOUNA, v. Achever un ouvrage, être à l'agonie, expirer; 
se dit d'une bôto malade. La faut tschavouna, il faut l'achever, 
l'assommer à coups de massue. 

TSCHERM ALLI, RA, adj. Voy. charmallhi. 
TSCHERMO, s. m. Voy. tsarmo. 
TSCHEVRI, «. «i. Chevreau. — Tsevri, id. 
TSCHI, adv. Voy. tsi. 

TSCHOTENA, v. Passer l'été sur les montagnes à pftturages (Mou-^ 
tiers-Grand val). Voy. eintzotouna. 

TSCHOU, 8. m. Voy. tsou. 

TSCHOUl, V. Prendre garde. Tschouie-tè, prends garde. Fr. choyer. 

(Vaud.) 
TSCHUETTA, SUETTA, «. /. Chouette, hibou. — TsuveUa, id. 
TSEHTRO, TSCHETRO, TSVÉTRO, ». m. Licou d'un animal, lien 

du bétail à l'étable. 
TSEHVESTRO, s. m. Corde. (Genève.) 
TSÉIO, a. m. Place où a existé un bfttiment, ruine, masure. (Fri- 

bourg.) 



393 TSE 

TSERAGNAU, SA, adj. Chicaneur, difflcultueux, qoi aime te 

procès. 
TSEKAGNE, Chicane^ procès, dispute. 

TSEKAGNI, V. Chicaner, faire un procès, chercher querelle; avoir 
des manières trop libres avec une fille. 

TSELLE, TSELLEN, s. f. pi. La cendre, les cendres. (Montreux.) 

TSEMAIN, TSEMIN^ s. m. Chemin, route, chaussée. Ttemenm, di- 
minutif, petit chemin, sentier. 

TSEMENA, s. f. Cheminée. 

TSEMENÂ, V. Cheminer, voyager, gagner pays. 

TSEMENO, $. m. pL On donne ce nom aux Tours d'Aï et de IfayeD 
(Alpes vaudoises), parce qu'elles ressemblent à des cheminées. 
(Lavaux.) 

TSENAHLLI, v. Secouer, tracasser une porte, l'ébranler. — Tier- 
kallhi, id. (Genève.) Yoy. serkallhi, essarkahlli. 

TSENÉA, $. /. Muscles de la nuque. (Pays-d'Enhaut.) 

TSENEU, adj. Vieux, chenu. — T$ehenet, id. 

TSENEVIRA, $. f. Chenevière. 

TSENÉVO, TSCHENÉVO, s. m. Chanvre, Cannaïns uUwa. C. kanaè; 
Gr. xûh«a]3tç. — Senevo, id. 

TSENEYOTTA, s. f. Chènevotte, tige de chanvre dépouillée de ses 
filaments. 

TSENOLLA, CHENOLLA, v. Creuser un canal, une rigole. Voy. 
CHENAU. (Pays-d'Enhaut.) 

TSER, s. m. Char. Yoy. tsbrret. 

TSERABLLO, TSCHERABLLO, s. m. Erable, Acer Pseudoplaianm. 

Yoy. ISERABLLO. 

TSERBON, TSCHERBON, $. m. Charbon ; maladie du froment. 

TSERBOULLHI, t;. Faire cuire sous la cendre des châtaignes, des 
pommes de terre; noircir; se dit dans ce dernier sens du fro- 
ment attaqué du charbon. (Gros de Yaud.) 

TSERBOULLHO, s. m. Grain de froment noir; nielle, maladie des 
blés. 



TSE 893 

Tffl5RB0UNNA, v. Noircir avec du chaiton. 
TSERBOUNNAIRE, », f. Charbonnière. 
TSERBOUNNEI, s. m. Charbonnier. 
TSERDINOLET, a. m. Chardonneret, eardueUs. 

TSERDON, s. m. Chardon en général. 

TiertUm-bUu, s. m. Chardon bleu, panicaut des Alpes , Eryn- 
gium (Upmum, (Alpes.) 

TSERDRE, V. Tomber, choir. ~ Tschesi, tusi, id. 

TSERFIGNI, TCHERFIGNI, v. Tirer par les cheveux, molester; se 
quereller. (Fribourg.) 

TSERFOUI, s. m. La myrrhe odorante, MyrrhU odorata. (Bex.) 

TSERFOULLET, TSERFOUILLÉ, ». m. Le cerfeuil, iini/brtiou Gè- 
re foUum. 

TSERGOSSA, TSCHERGOSSA, s. f. Sorte de véhicule moitié char, 
moitié traîneau, dont une portion roule sur deux roues, tandis 
que l'autre glisse. On l'appelle aussi escargot . (Vaud.) 

TSERKALLHI, v. Voy. tsbnahlli, serkallhi, essarkahlli. 

TSERNETHA, $, f. La peau flasque du pis d'une vache. (Pays- 
d'Enhaut) 

TSERNISSA, TSCHERNISSA, s. f. Sapin dont on a enlevé l'écorce. 
(Alpes.) 

TSERNO, TSCHIERNO, a. m. Cercle de vapeur autour de la lune 
ou d'une planète lequel présage la pluie. Voy. csrgni. 

TSERRAIRE, s. f. Voy. tsarhairb. 

TSERRET, TSCHERRET, s. m. Mérelle ou marelle, sorte de jeu de 
dames; la Grande Ourse, plus communément appelée Uer à 
podjeL 

TSERRI, 8. f. Charrue. — Chouarri, id. 

TSERROTON, s. m. Charretier, voiturier, conducteur d'un char. 
— C. car, chariot. L. earrui, carrum, (Jura.) Voy. tsarrbtai. 

TSERTSI, V. Chercher. 

TSESI, TSISI, TSEJI, TSCHAIRE, i^. Tomber, choir.— Part, tscêu, 
eku. (Vaud.) 



394 TSi 

TSETHI^ V. Se soucier. L'indicatif Uau n'est usité que dans ceUe 
piirase : Ne m'ein tschau pas, ne m'ein tsau pas, je ne m'en sou- 
cie pas^ je n'en veux point. — (C'est le vieux français duiloir, 
il ne m'en chaut. — N. de l'éd.) 

TSETTÂ, HATZETTÂ, s, /. Petite cognée, petite hache. 

TSEVÉROy s, m. Lien pour attacher à la crèche les vaches, les che- 
vaux; homme de rien, garnement, mauvais sujet. (Montreux.) 

TSEVHÉKO, s. fil. Hermaphrodite y lutin qui a la seconde vue^ 
spectre. G. chevech, chouette. (Lavaux.) 

TSE VRETHI, v.Jtfettre bas un chevreau, chevroter. — TzevreUi, 

id. Voy. BORAN. 

TSEVRETTA, s. f. Esparcette, sainfoin, Onobrychis sativa. 

TSEVRI, s. m. Chevreau ; chévrier, gardeur de chèvres. 

TSEVRILLON, s. m. Chevreau nouveau-né. 

TSEVRON, s. m. Chevron. 

TSEVROTTA, v, Endéver, impatienter. 

TSEVROUNA, TSCHEVROUNNAIE, s. f. Portion comprise entre 
deux chevrons d'une grange ; c'est aussi une mesure pour le 
foin. (Pays-d'Enhaut.) 

TSI, TSCHI, TSU, TSCEV^prép. Chez. £tfi tsu Ui, chei lai, an 
logis. 

TSI, TSIRA, adj. Cher, au-dessus de sa valeur. 

TSIFFRENA, TSCHIFFRENA, v. Pétiller, produire des éclats en 

brûlant. 

TSIGRE, TSCHIGRO, s. m. Sorte de fromage maigre. AU. zû§er, 
petit lait. (Alpes.) 

TSIKA, V. Mftcher du tabac. — Tsiket, petit paquet qu'on midie. 

TSIKKA, ZIKKA, s. /. La fille ou la servante de la maison. 

TSIKKÂ, ZIKKALÂ^ v. Causer, babiller. It. ciealare, babiller^ cau- 
ser comme une pie. 

TSIKK ALA, s. f. Petite fille. Diminutif de tsikka, (Gruyère.) 

TSIPA , s. /. Fredaines nocturnes ; veillée des garçons avec ta 
filles à marier. (Bas-Vaiais.) 



TSU 395 

TSIPOTTA,TSCHIPPOTTA, v. Disputer, quereller, chipoter. — 
ChikoUa, id. 

TSIRON, s. m. VeilloUe. Voy. cutzbt. 

TSIROTTA, r. Boire à petits coups, siroter. 

TSIVRA^ TSGHIYRA, s. f. Chèvre ; colonne creuse de bois ou de 
pierre, par laquelle monte l'eau d'une fontaine. (Yaud.) 

TSIVRAFOUI, s. m. Epine-vinette, soit la plante, soit le fruit; Ber- 
beris vulgaris, 

TSO, s. f. Chaux. — Tsofar, $. m., four à chaux, chaufour. 
TSO, TSA, adv. Tsa ion, par un, un à un ; tsa dou, par deux à la 
fois, etc. ; tso-pou, peu à peu. 

TSOGNA, TSOGNIE^ s. f. Fiente, bouse. — Beuza, bauza, id. 

TSOGNA, V. Evacuer, fienter. (Alpes.) 

TSOTTA, s. f. Femme ou fille gauche, malpropre, mal apprise, 
sotte. 

TSOTTON, s. m. Tas de foin, de litière. (Vallée de Bagnes.) 

TSOU, TSCHOU, s. m. Chou, Brassica oleracea. 

Tsou-grasset, s. m, Arroche des jardins, bonne-dame, Atriplex 
kortensis. 

TSOUÂTZI, V. Presser, fouler une personne. Voy. tschautzi. (Jura.) 

TSOUEIRTZO, $. fit. Corset de paysanne, non lacé par-devant. 

(Jura.) Voy. surtzo. 
TSOUGNI, V, Tirer les cheveux, les poils. — Vougnij id. 
TSOUKA, s. f. Bruit de l'air rapidement introduit dans un vide. 

(Pays-d'Enhaut.) 
TSOUKA. Verbe qui exprime le bruit produit par l'air rapidement 

introduit dans un vide, et l'action de produire ce bruit. (Pays- 

d'Enhaut.) 
TSOULAIRE, i. f. Lieu planté de choux, ou spécialement destiné 

à cette espèce de légume. 
TSOULEI, $. m. ; TSOULEIRA, s. f. Homme ou femme qui achète 

au printemps de jeunes choux à replanter et qui les revend. 

(Pribourg.) 
TSU, adv, Voy. tsi. 



396 TZA 

TSUHl, TSCHUI, V. Chier. Ail. sekeiuên f 

TUFELLA^ s, /. Pomme de terre. (Genève.) — Truffla, id. 

TUFET, $. m. Petit pot de terre. 

TUIT, s. m. Roitelet, regtdus, (Jura.) 

TUHBEIE, 5. /. Quantité de gens inopinément survenus dans une 
maison (Vaud) ; quelques gouttes. Après la tasse de café, on 
offre la tumbeU, c'est-à-dire le fond de la tasse. (Genève.) 

TUMBER, V. Tomber. 

TUNA, s. f. Débauche de vin; société de buveurs, de farceurs. 

(Vaud.) 

TUNTZE, s. f. Plaie, abcès. 

TUPA, s. f. Femme fainéante ou ne sachant pas s'occuper. L. jIm- 
pida, (Alpes.) 

TURBI, 8. m. Epouvante, trouble. L. turbidut. (Jura.) 
TURLU, s, m. Alouette des bois, cujelier, farlouse. 
TURLUPA, TURLIPA, i. /. Tulipe. 
TUSSI, V, Tousser. L. iusiis, 
TUTA, s, f. Trompe des Alpes, cornet de chévrier. 
TUTA, V. Jouer de la trompe des Alpes, sonner du cornet à bou- 
quin ; cesser, heurter de la tête comme les béliers. (Fribourg.) 

TUTARE, s. m. Pâtre qui joue de la trompe des Alpes. 

TUTÉLA, V. Protéger, exercer une tutelle, être tuteur. 

TUTILA, s. f. Tutelle, autorité exercée de par la loi. 

TUTTIAU, TUTIHAU, s. m. Tuteur. 

TZABLLA, V. S'aider des pieds et des mains pour sortir d'un mau- 
vais pas (Fribourg) ; dévaler du bois par un couloir, par un 
chablo, 

TZAKË, s. m. Ecureuil, sciurus. (Orbe.) 

TZANDELAU, s. m.; TSANDELAUSA, $. f. La Chandeleur. Cest 
la fête de la purification de la sainte Vierge , et une époque 
de paiement en plusieurs lieux. 

TZANKLLA, DJIKLA, TSIKLLA, v. Lancer de l'eau, éjaculer. Yoy, 

DilKLLA. 



TZU 397 

TZAON, s. m. Tête de bétail^ sans déterminer l'espèce. La ncm 
tzaon dein t^n éirabllo, il a neuf bétes dans son écurie. (Pays- 
d'Enhaut.) 

TZARGHAUSA^ s. f. Filet employé pour la pèche. (Lac de Morat.) 

TZCHEINTRA, s. f. Sillon ; raie tracée dans le sol. Voy. tsantra. 
(Vallée de Joux.) 

TZEIRDJAU> 8. m. Lieu commode pour charger un fardeau sur le 
dos ou sur là téle^ ou sur une béte de somme. (Alpes.) 

TZEIRDJI, 17. Charger. Se tzeirdji, ho\Te trop ^ s'enivrer, s'inti- 
mider , se déconcerter, avoir honte. (Vaud.) 

TZEIRVAU, TSARVO, A, adj. Qui a les cornes repliées en arrière; 
se dit des vaches. 

TZENEIVRO, 5. m. Genévrier, Juniperus communié. 

TZERFOUI, V, Bôcher, biner, serfouir. (Lausanne.) 

TZERMANDRI, s. f. Germandrée, Teucrium Chamœdrys. 

TZERYILLHI, v. Tondre quelque peu d'herbe sur un pftturage déjà 
brouté ; se dit du bétail. (Pays-d'Enhaut.) 

TZEUNTRO, s. m. Cintre^ cadre de fenêtre en bois. (Alpes.) 

TZEVRELLI, o. Mettre bas un chevreau, chevroter. 

TZO, CHO, 8. f. Sommet d'une montagne. Tso de Naye (Alpes vau- 
doises) ; Cho magni, montagne du Bas-Yalais, vis-à-vis de Mon- 
treux. (Alpes.) Voy. chaux. 

TZO^ CHO, 5. /. Se dit de plusieurs vallons ou localités élevées. 
(Jura.) Voy. chaux. 

TZODA, 8. /. La quantité de blé rangée dans l'aire d'une grange 
pour y être battue. (Pays-d'Enhaut.) 

TZOPON, 8. m. Bouchon, tampon. — T8chavp(m, id. 

TZUHA, 8. f. Sapin blanc ou pectine, Pinus Picea, — Vouargno, id. 
C. gtoam, sapin. (Alpes.) 

TZUN, TSCHEIN, 8, f. Batterie, chien d'un fusil. 

T8cheinpourlo, 8. m. Amorce d'arme à feu. Voy. pourlo. (Pays- 
d'Enhaut.) 

TZUVA, TSUA, V. Fouetter; terme d'école. — Chum, id. (Vallée 
de Joux.) 



898 UNT 



u 



U, conj. Ou. (Coppet.) 

U^ art. masc. et fém, sing. Au, à la. L'è u patio, il est à la cham- 
bre. — Aoti, id. 

UBERRA^ s. f. Vent du sud-est sur le lac de Neuchâtel. Ce vent 
qui^ surtout le soir, souflQe par rafales violentes, cause souvent 
des naufrages. — Auberra, id. (Neuchâtel.) 

UBLLA, AUBLLA, RAUBLLA, c. Oublier. 

UBLLAHIE, $. f. Oubli. S^n Cubllakie, sans oubli, je ne Toublie- 

rai point. 
UGNON, OUGNON, s. m. Oignon, ÂlUum Cepa. Yoy. ougnon. 
Ugnon-de-scé (oignon de rocher), grande joubarbe, S^mp^m- 

vtifii tectorum. (Alpes.) 

ULA, V, Crier., hurler. L. ululare. 

ULMO, 5. m. Ormeau, Ulmus campestris. 

ULON. Nom patois du village d'Ollon, dans le district d'Aigle. 

ULTROHI, 0. Octroyer, accorder, concéder. Ce mot est tombé eo 
désuétude. L. uUro. 

UNBOURRET, EINBOURRET, EINDROUGNET, «. /. Nombril. L. 
umbilicus, — Bourrillon, id. (Alpes.) 

UNFARA, EINFARA, 5. /. Feu follet, éclair. Voy. einfara. (Pays- 
d'Enhaut.) 

UNHLLE, adv. En deçà. (Alpes.) 

UNHLLON, adv. Au-dessus, en haut. (Alpes.) 

UNKROJI, EINKROTTA, t;. Mettre en terre, enterrer un animal. 
(Yaud.) Voy. einkroji, einkrotta. 

UNPUN, 8. m. Urine. (Fribourg.) Voy. einpun. — Pessa, id. 

UNTHOU.NA, EINTONNA, v. Mettre en tonneau, entonner. 

UNTSAMPA, EINTSANPA, p. Perdre son chemin, s'égarer dans 
les champs, dans les pâturages. Ce mot se dit du bétail. 



UVR 899 

URBEK, ORBET^ f. f. Bouton ou petit abcès au bord de la pau- 
pière, orgelet. Voy. orbet. 

URBET, ORBET, $. m. Petit ver nuisible aux bourgeons de la 
vigne, charançon. — Urebek, id. (Vaud.) 

un, s. fit. Outil, instrument. A mè VuU, locution proverbiale, à 
mon tour. — Uévo, liéva, Héoro, id. 

Une dame charitable avait envoyé, par sa âlie de chambre, 
un lavement tout préparé à un paysan de son voisinage. Or ce- 
lui-ci l'ayant rencontrée peu de jours après, la remercia de son 
remède qui l'avait guéri, et observa que Vétai bein ma koumoudo 
à emgola, qu'il était bien difficile à avaler. La dame, se doutant 
de quelle manière il l'avait pris, lui dit : Ma mon pouro Djan^ se 
te Vavai du preindre pè la gaula, te l'are bailli dein n'ékoualetta ; 
si tu avais dû le prendre par la bouche, je te l'aurais donné dans 
une tasse. — Ma Dama, reprit le paysan, creiié ke Vuti lei fasai 
okie; mais, Madame, je croyais que Voutil y faisait quelque chose, 
c'est-à-dire, que la vertu du remède provenait en partie de la 
seringue. 

UTINS, UTEINS, HAUTEINS, «. m. pi. Vigne qui monte sur des 
appuis fort élevés, placés en lignes très espacées, entre les- 
quelles il y a un terrain ensemencé. (Goppet.) 

UTSCHE, HUTZE, s. f. Porte de maison, huis. L. ostium 

UTSOII, V. Heurter à la porte pour faire ouvrir; bûcher, appeler 
à grands cris. (Jura.) 

UTZEIHI, V. Faire des huées soit de joie, soit de mépris. Voy. 

JOUTZEIHI. 

UTZHI, V. Exciter un chien hargneux contre une personne ou 
contre un animal. — Ixa, id. (Alpes.) 

UVA, adv. Où. On dit plus communément td. (Jura.) 

UVRl, V. Ouvrir. Voy. aouvra. 



400 VAL 



VA^ s. m. Bière, cercueil. L. vas, G*est le dernier vase. (Vaud.) 
VAI, OUAI, Ofil, adv, affirm. Oui. — OuêL id. Voy. ouai, oI, 

0!-DA. 

Vai vai, loc. adv. Oui assurément; oui oui, c'est assez dit. 

VAI, adv. Voire, môme, donc. Vein vai ce, viens donc ici ; anUa 
vai, écoutez, écoutez donc. Cest le vieux français voire, 

VAILA, VEILA, s. f. La voile d'une embarcation. (Léman.) 

VAIRON, VÉRON, s, m. Vairon ou véron, Cyprinus Phoxinus, pois- 
son des lacs. — Anéron, gremohUon, id. 

VAISI, VAISIVA ; VEUGI, IVA ; VEJI, A, adj. Vide, oisif, non oc- 
cupé, qui ne porte pas. Ce mot se dit de la femelle d'un animal. 

— Vacivo, a, id. L. vadvus, vacuus. 

VAITZÉ, VAIKHE, adv. Voici, voilà. Vaitzé, de vai-cé, vo«aUe<é, 
vois ici ; vaikhe, de vai khe, ike ou ikhe, vois là. 

VAIZI, VOUAISI, s, m. Tout le jeune bétail d'une commune. 

VALAMON, s. m, Veillotte, petit tas de foin sur le pré. (Moadon.) 
Cutset, id. 

VALANTIN, s. m. Amant, galant, favori d'une jeune fille. 

VALâNTINA, s, f. L'amante, la belle, la courtisée d'un garçon. 
(Vaud.) — Saint- Valentin est le patron des amoureux; sa fête 
est le U février. (Voy. la note 40, au premier volume de La 
jolie fille de Perth, par W. Scott.) 

VALANTZE, s. f. Lavange, avalanche. (Alpes.) 

VALET, s, m. Fils. L'a trei valet, il a trois fils. Le valet, collecti- 
vement, tous les garçons d'un village. On dit vaUn dans le Jura. 

— Valad, en arabe, id. 

VALLHEIN, TA, adj. Actif, laborieux, infatigable au travail. 

VALLHEINCHE, s, f. Exploit, acte de force, fanfaronnade. — VaU- 
lantise, id. 



VAU 401 

VALOTET, VALLOTTON, s. m. Petit garçon, garçonnet; diminutif 
de vaUL 

VÂN, VANA, adj. Vide, qui n'a que du vent. (Alpes.) 

VANGERON, s, m. Cyprinus rutilus, sorte de poisson. Yoy. rofpa. 

VANNA, 8. /. Ecluse, vanne, (Oron.) 

VANNA, VAINA, v. Vanner, nettoyer le ||[rain avec le van ; à Cop- 
pet, décamper furtivement. 

VANNEI, s. m. Vannier, ouvrier qui fait des ouvrages en osier. 

VANNEL, 8, m. Genre de pèche décrit dans la Statistique du canton 
du Valais, page 62. 

VANNEL, 8, m. Venelle, petit chemin étroit. C. venell, id. 

VANNI, VONNI, 8, m. Pointe rocheuse d'une montagne. (Frihourg.) 
En grec moderne, vouni signifie la même chose. 

VANTO, VEINTO, *. m. Volet de fenêtre, contrevent. Fr. vantail, 
vantaux. (Lausanne.) 

VARA, 8. A Plusieurs de nos Alpes occidentales portent ce nom. 

En finnois, vara signifie montagne, . 

VARE, 8. /. Hanneton. Voy. vouare. i^ o t . . < ,, » *' . 

VARNEMEIN, s. m, Hardes, effets, petits meubles; en général tout 
l'équipage d'un soldat. (Frihourg.) 

VATSGHE, VATZE, s. f. Vache. On dit d'un homme payé pour 
épouser une fille enceinte d'un autre : Vaprei la vatze et lo vé, 

VATSERAN, VATZERON, 8. m. Vacher, pâtre, berger de vaches. 
(Jura.) 

VATZEREIN, 8. m. Fromage tendre fait de lait et de crème. 

VATZETTA, 8, /. Colchique, Colckicum autumnale. (Jura.) 

VAU, VO, 8. m. Eboulis de terre, pente rapide, défilé profond. 
(Test le vieux français vau, qui est le même que val, — Vau, 
val entrent dans plusieurs noms géographiques : Vallorbes, Val 
de Travers, Grandval, Val de Ruz, Val d'Illiez, Vaumarcus, Vau- 
gondry, Valangin, etc. 

VAUDAI, VAUDAISA, adj. Sorcier, sorcière. Ce mot vient des 
Vaudois (Valdenses) qui habitent les trois vallées connues sous 

mtm, KT DOCUH. XXI. S6 



402 VEG 

le nom de Vallées vaudaises (Alpes du Piémont). Ils Airent per- 
sécutés dès le ¥!■"« siècle, et leur nom devint une injure dans 
la bouche des catholiques, longtemps avant la réfonnation. Cest 
chez nous un des outrages les plus grossiers que d'appeler quel- 
qu'un vaudai, vaudaisa; aussi les habitants du canton de Vand 
tâchent de garder en patois le nom de Vaudois, contre l'usage 
de cet idiome qui change les oi en ai : Fribourgeois, Fribordjai; 
Moratois, Moratai, etc. Nos Vaudois ne veulent pas qu'on les 
croie sorciers, vaudai. Il est vrai que les paysans des territoires 
voisins n'ont pas les mêmes motifs et les appellent bonnement 
Vaudai, 

VAUDEI, s. m. C'est un des nombreux titres du diable^ qui est le 
sorcier par excellence. (Vaud.) Voy. vaudai. 

VAUDEIRE, s. f. Vent orageux du sud-est. C'est le plus dangereni 
des vents du lac Léman, celui qui cause le plus de naufrages. 

YAUDERON, VAUDAIRON, s. m. Vent moins viojent el moins 
dangereux que la vaudeire, Voy. ce mot. (Léman.) 

VAUDEZI, s. /. Sorcellerie, enchantement. (Gruyère.) 

VAUKILLE, s. m. Concours pour tirer un prix franc à la cible. 

(Chaux-de-Fonds.) 

VAULTRO, 8. m. Chien de chasse. (Test une injure des plus gros- 
sières. Voy. AVOULTRO. 

VAUNÉANT, s. m. Voy. voran. 

VAUZI, VASI, VOUEZI, VOURZI, VAURZE, s. m. Saule marceau, 
Salix Caprea, 

VÉ, VI, s. m. Veau. 

VEDHI, r. Veiller. Voy. vellhi. 

VEGNA, $. f. Vigne. VegneUa, petit morceau de vigne. 

VEGNOLADZO, VI6N0LADJ0, s. m. Vignoble; convention entre 
un propriétaire de vignes et le vigneron qui s'engage à les cul- 
tiver. 

VEGNOLAN, NA, $ub$t. Vigneron, vigneronne. Les habilanls des 
montagnes nomment ainsi ceux des plaines inférieures, qu'il y 
ait des vignes ou non. 



VEL 403 

YEGNOUBLLO, VENOUBLLO, s. m. Le vignoble en général, toute 
contrée où l'on cultive la vigne. 

VEI, VI, VEIBE, adv. Certainement, voire, L. vere, vraiment. 
VEI^ i. f. Fois. Na veij dou vei, tré vei ; une fois, deux fois, trois 
fois. (Vaud.) — Voy. otrevei. 

VEIL, VEILLHA, adj. Vieux, vieil, vieille. 

VEIN, s. m. Vent; bande de vapeur sur les Alpes, laquelle annonce 
la pluie. 

Vein follhu, vent qui feuille les arbres. Voy. follhe-bou. 
(Bas-Valais.) 

VEIN, VIN, VET, adj. numér. Vingt. 

VEINDA, 5. /. Ancienne taxe sur les ventes et les métiers. (Lau- 
sanne.) 

VEINDBE, t?. Vendre; trahir, dénoncer. 

VEINDZEBON, s, m. Vangeron, Cyprinus Grislagtne, — Rauffa^ 
fago, id. (Léman.) 

VEINTOURA, s. f. Animal revêcbe, malin, difficile à mener; c'est 
l'un des noms du diable. (Pays-d'Enhaut.) 

VEINTOUSA, $, m. Meunier, Cyprinus Jeses; vulgairement che- 
vesne. C'es>t aussi le nom d'un des cyprins du Schwartzseej dans 
le canton de Fribourg. 

VEINTRAIRA, s. /. Colique, diarrhée. 

VEINTRO, s, m. Ventre. 

VEINTUBA, s. m. C'est un des noms du diable. (Pays-d'Enhaut.) 

VEIRCHA, s. f. Bande noire qui sépare les deux moitiés de la fève. 
Cette partie de la fève entre dans les philtres et autres remèdes 
magiques. (Alpes.) 

VEIRE, V, Voir. Tè veyo, je te vois. Part, passé, iti. 

VEIRO, VOUAIRO, 5. m Verre à boire. 

VEIRON, s. m. Goujon, Cyprinus Gobio, — Vouairon, id. (Léman.) 

VEITZE, VOUAITZE, adv. Voici. — Vem, id. Voy. VArrzÉ. 

VELA, VELLA, $, f. Ville. A Montreux, on dit : Alla à la vêla, pour 
aller à ViUeneuve. 



40A VER 

VÉLÀ, yIlA, V. Vdler, mettre bas le veau. 

VELÂDJO, YËLADZO, s. m. Village. 

VELAN, VELANNA, adj. Lourd, pesant. (Alpes.) 

^^LANA, VELËNA, v. Vilipender, dire de vilaines paroles sur le 
compte de quelqu'un. 

VELAR, VELA, $.m. Maison écartée, hameau, village. Cest le 
nom de plusieurs villages, localités et maisons de campagne. 
L. tiUa, (Vaud.) 

VELLHAHIE, s. f. Veillée, heures de la nuit que les garçons vont 
passer chez les filles à marier pour les courtiser. 

VELLHANA, s. f. Clématite, Clematis Vitalba. (Evêcbé de Bâle.) 

VELLHAS, s. f. Renouée liseron, Polygonum ConvolvuUu, (Lau- 
sanne.) 

VELLHI, VEDHI, r. Veiller; passer tout ou partie de la nuit avec 
une fille à marier. 

VELUETTA, ». f. Voy. pelosetta. 

VENAHIA, $. f, Vinée. 

VENDER, s. m. Percepteur des impôts dits vendêê. (V. st. de Fri- 
bourg.) — Voy. veinda. 

VÉNÉFIKO, i, m. Empoisonneur. L. venefictu, (V. st. de Genève.) 

VENEINDJAU, VENEINDJAUSA, adj. Vendangeur, vendangeuse. 

VENEINDJE, s. f. pi. Vendanges. Le singulier se dit du raisin 
vendangé mais non encore pressé. (Lavaux.) 

VENEINDJI, VENEINDZI, v. Vendanger. 

VENEINDZETTA, s. f. Grive, vendangette, Turdus muiieus, — 
Tuarda, id. 

VENNA, s. f. Haie, clôture, clayonnage. (Lausanne.) — Une loca- 
lité au nord-est de Lausanne porte le nom de Venues, 

VÉPRA, VÉPRAHIE, 8, f. Après-dînée, soirée; sur le tard, mais 
avant la veillée. L. vetper, V. Fr. vesprée, 

VÉPRO, VIPRO, IPRO, s. m. Soir. N'est usité que dans cette salu- 
tation : Bon vipro, ban vépro, bonsoir. 

VER, adv. Vers. Per-ver, pè-ver, pè-vê, loc, adv., aux environs de. 



VER 405 

vers, soit pour le temps, soit pour le lieu. Per-ver lo rio, aux i 
environs du ruisseau ; pè-vê Tschaleindè, aux environs de Noël. 
(Vaud.) 

VER, i. m. C'est le nom donné par les vignerons à un insecte dont 
la larve est destructive pour les vignes, et dont le petit papillon 
est nommé Tinea ambigua par les entomologistes. 

VERA, VERAHIE, adj. Rayé, chiné. L. varius. (Pays-d'Enhaut.) 

VERARO, i. m. Yératre blanc, Veratrum album, (Alpes.) 

VERAU, s. m. Genêt à balais, Sarothamnus scoparius. 

VERDADA, $. f. ; VERDOTHE, «. /. pL ; VERCUENOZ, «. m. Bon- 
Henri, BHtum Bonus-Henricus, plante de la famille des chéno- 
podées. 

VERDÉ, s. m. Lézard vert, Lacerta viridis. — Verdet, id. (Jura.) 

VERDEIRA, s. f. ; VERDET, $, m. Verdier des haies, Loosia Chloris. 
(Orbe.) 

VERDJA, VERDZE, 8. f. Verge, anneau, bague. 

VERDJASSA, s. f. Ecureuil. — gtiairu, id. L. muras. 

VERDJETTA, VERDZETTA, 8. /. Anneau, petite bague. 

VERDJHETTA, «. /. Draine, Turdu8 mdvorus, espèce de grive. 
(Alpes.) 

VERDJILLON, 8, m. Petite verge, petite baguette. 

VERÉ, VRÉ, VERAIA, adj. Vrai, vraie; certain, certaine. — 
Veré^ adv. Certes, vraiment. 

VÊRÉ, s. m. Grossière ficelle. (Vevey.) 

VÊRE, VAIRE. Ce mot se joint toujours à motza : Motzavaire, 
mouche vêre. C'est Thispobosque ou mouche araignée, Musca 
fera. On donne aussi le nom de mouche vire à une personne 
qui vous suit partout et ne veut pas vous quitter. (Vaud.) 

VEREIN, VEREUN, VELEIN, 8. m. Venin, poison ; eau de fumier, 
écoulement d'une écurie formé de l'urine du bétail, purin. — 
lizi, id. Le français populaire vaudois dit liner. 

VEREMAU, SA, adj. Venimeux; se dit des gens dont les plaies, 
les écorchures guérissent difficilement. (Alpes.) 

VERET, YIRET, s. m. Tourniquet d'enfant ; panaris. Voy. bIthie. 



4C6 VER 

VERETA, VRETA, $, f. Vérité. 

VERETABLLO, A, adj. Vrai, véritable, 

VERGOGNA^ s. f. Honte, vergogne. L. verecundia. L'ènaverçogna, 
c'est une honte. — Vergogna signifie, chez les personnes d'une 
pudeur scrupuleuse, les parties honteuses : Catze dan ta vergo- 
gne, dit-on à un petit garçon, à une fillette qui se découvxe 
indécemment. (Jura.) 

VERG06NAU, AUSA, adj. Honteux, timide. 

VERGOGNi (se), v. Avoir honte, s'intimider par défiance de soi- 
même, par manque d'usage. (Vaud.) — Un jeune écolier étani 
entré dans un lieu d'aisances où trônait déjà une bonne châte- 
laine, voulait respectueusement se retirer, lorsque la dame le 
retint par ces mots : Vin pi ce, mon minolet, y a plUtce par dau : 
ne mè vergogno pas de tè, tè faut pas tè vergagni de mè. (Fribourg.) 

VERI, VIRI, V. Virer, tourner; retourner le terrain, labourer; ren- 
verser sens dessus dessous. (Villeneuve.) 

VERIA, VIRIA, s. /. Grande quantité de gens, d'animaux ou d'ob- 
jets quelconques. La na leria d^einfant, il a une troupe d'en- 
fants. (Aigle.) — Frassa, id. (Jura.) 

VERIAU, 5. m. L'axe sur lequel tourne la charrue. 

VERKO, s. m. Poutre à laquelle on attache les vaches dans l'étable 
d'un chalet. (Gruyère.) 

VERME, s. m. Ver de terre. Verme k'aloune, ver luisant, luciole. 

Voy. ALOUNA. 

VERNA, VERGNA, s, f. Aune, verne, Alnns glutinosa et ineana» 
Vemetta, petit aune (Vaud). — Le français a dit vergne, 

VERNAN, 5. m. Pissement de sang du bétail au printemps. (Ge- 
nève.) 

VERNEI, s. m. Lieu planté de vemes et de saules, saussaie. — 
Vouarennes, vouarraina, id. — Mauvemey, localité du Jorat lau- 
sannois. 

VERONIKA, s. f, Véronique, Veronica offidnaUs. 

VEROTTA, VIROTA, v. Tourner, virer, aller et venir sans cesse. 



VET 407 

VERPE, s. m. ; VOUARPA, s. f. Tumeur du bétail causée par un 
ver qai se loge entre cuir et chair. (Alpes.) 

VERRA, s. /. Excrément du ver^ terre que les vers poussent hors 
du sol. 

VERRAIRE, 8. f. Morceaux de verre^ le verre en général. (Vaud.) 

VERRAU, SA, adj. Véreux, gâté, taré. 

VERRAIT^ s. m. Bouleau, aune ou veme ; betula, alnus, 

VERSA^ s. /. Fille à gorge relevée, échappant à son corset. (Jura.) 

VERSA, V. Verser, répandre, renverser. — Toumma, id. 

YEBTHÊ, $. m. Anneau par lequel passe le fil quand on file au 
fuseau. 

VERTHET, 8, m. Mot pour faire tourner une hôte d'attelage à droite 
ou à gauche. 

VERI3SSI, 8. m. Arbousier, Arct08taphyl08 officinale, plante de la 
famille des éricinées. (Bex.) 

VESSA, 8, /. Vesse^ vent coulis. — Dans le Bas-Valais, nihlla, 
niUka. 

VESSÀ, V. Vesser. 

VESSOT, 8. m. Péteur, vesseur. — En 1519, le duc de Savoie ayant 
appelé ve880t un député jlribourgeois, celui-ci s'en trouva très 
blessé, et peu s'en fallut que son canton ne prît les armes pour 
tirer vengeance de cette puante insulte. (Voy. Le Citadin de Ge- 
nève, pag. 90.) (Genève.) 

VESTI, 8. m. Vêtement en général. L. ve8ti8. 

VETAIHIE, 8. /. Quantité, beaucoup ; mot peu usité. 

VÊTUE, VEDHE, s. Api. Les veilles; temps pendant lequel on 
veille un mort. 

VETI, V. Se vôtir, s'habiller. 

VETIRE, 8. f. Habillement; pantalon, gilet et habit, ordinairement 
faits de la même étoffe : Na vetire de miUinna, un habillement 
de milanna. Voy. medzalanna. V. Fr. vc8ture, (Jorat.) 

>/ETTA, 8. f. Petit mais fort lien pour serrer un objet. 

VETTA, V. Lier, attacher, serrer fort ; se sauver, s'échapper, s'é- 



408 VIA 

vader (Alpes). — - On dit proverbialement en parlant d'une per- 
sonne : Va prêt le tsehauisè de Dian Veitè, il a pris les chausses 
de Jean qui décampe. (Montreux.) 
VETTON, YOUETTON, s. m. Tout petit lien. De vetta, petit lien. 

YETU-DË-SIA, s. m. Vêtu de soie; mot honnête pour dire un port. 

(Vaud.) 

VÉYA^ s. f. Veuve» scabieuse» Scabio&a arventie, 
VÉVO, VÉVA, adj. Veuf, veuve. 

VEYEIN, VEYEINTA, ad;. Eclatant, voyant, brillant; ne se dit 
guère que des couleurs. (Pays-d'Enhaut.) 

VEZENA, V. Voisiner, se fréquenter entre voisins. 

VEZENAN, VEZENANDA, adj. Voisin, voisine. — Vezin, vezena, îd. 

VEZENANÇA, s. /. Voisinage, tous les voisins collectivement. 
(Vaud.) 

VEZIN, VEZENA, adj. Voisin, voisine ; c'est un terme d'amitié. 

VI, 8. f. Chemin. L. via. Se met ordinairement avec gran : Lagrwn 
vij le grand chemin. 

VI, V. Voir. Faut aUa vi, il faut aller voir. (Nyon.) — Ailleurs on 
dit veire. 

VIA, adv. Hors de chez lui, sorti. L'è via, il est hors de la maison. 
Tsatnpa via, akauUhi via, jeter un objet loin de soi. 

VIA, 8. f. Vie; train, tumulte, gronderie, vacarme de gens en dé- 
bauche bachique. M'a fénavia de Uin, il m'a grondé comme on 
chien. Fan na via de la meteanee, ils font un train du diaUe. 
(Lausanne.) 

VIADJET, s. m. Petite charge, fardeau léger. 

VIADJO, VIADZO, s. m. Charge, fardeau. E porta on bon viail^, 
j'ai porté une pesante charge. 

VIADZO, 8. m. Fois. Voy. iadjo, cou. 

VIAIRDZEIN, 8, m. Ecureuil. — Verdja88a, étiairu, id. (Fribourg.) 

VIAUDJO, FIAUDJO, s. m. Instrument moitié serpe, moitié hache. 
(Vaud.) 



VIR 409 

YIBRONy s. m. Mouvement convulsif dans la paupière. L. mbrari. 
(Alpes.) 

VIDZO, VIDZAy adj. Alerte^ vif, bien portant, plein de vigueur. L. 
vividus. (Pays-d'Enhaut.) 

YIÉDAZE^ a. m. Terme injurieux, qui revient à homme de rien, 
mauvais sujet, perdu de débauche. 

VIGNETTA. s, /. Petite vigne. 

VILLHE, VEHLLA, ». f. Liseron. Voy. volva. 

VILLHO, VILLHA, YILLHE, adj. Vieux, ancien, vieillard. Dan 
villho tein, du vieux temps. — Villhou, id. (Vaud, elc.) 

VILLHONZE, s. f. Vieillesse, caducité. — Villhondze, id. (Vaud.) 

VINETTA, «. f. Bec-figue, Fringilla cannabina. (Jura.) 

YINI, VENI, V. Venir. Vin ice, viens ici; vein-no, allons-nous; 
vigno, je viens ; vindran demicro né, ils viendront mercredi soir. 

VINIA^ a. f. Venue, croissance, poussée d'un végétal. Ce root a 
aussi le sens de fois, dans une fois, deux fois, etc. (Alpes.) 

VIOLARE, s. m. Joueur de violon. — Menétrei, menétrai, id. 

VIOLET, s. m. Erésipèle à la jambe. 

VIOLOUNNA, V. Ennuyer par ses répétitions, rabâcber. 

VIONNET, s. m. Petit sentier ; diminutif de via. (La Côte.) 

VIOULA, s. f. Mensonge, discours frivole, propos ennuyeux, bali- 
verne ; personne qui ennuie par des plaintes ou des redites per- 
pétuelles. (Vaud.) 

VIOULÂ, 17. Ennuyer de ses plaintes, répéter les mêmes doléances. 

VIOULAI, VIOLAI, s. m. Giroflée, violier, Cheiranthus Cheiri. 

VIRA, a. /. Vis de pressoir. 

VIRA, VIRE, s. f. Sentier, passage escarpé qui contourne le pied 
des rochers dans les hautes Alpes. La Granvire, passage qui 
contourne le pied des dents de Mordes. (Alpes de Bex.) 

VIRETON, s. m. Trait ou carreau d'arbalète (V. st.) 

YIREVOUTA, a. /. Ruse, détour, façon d'agir peu droite, échappa- 
toire. (Lausanne.) 

VIROLA, s. f. Petit cercle de fer. 



410 VOL 

VmOLA, HIE, adj. Cerclé de fer. 

VIROLÀ. V. Mettre de petits cercles de fer. 

VIROLET^ s. m. Petit moulinet d'enfant qui tourne dans une eau 
courante. De veri, tourner. 

VIROLLET, s. m. Danse villageoise en rond^ ronde. (Genève.) 

VIT, s.'f. Cep de vigne. L. vitis. Le f de ce mot ne se pronoDce 
pas. (Lavaux.) 

VITO^ adv. Vite, promptement, sur-le-champ. 

VITUPÈRE, $. ffi. Blâme. C'est un mot du vieux style notarial ; il 
est tombé en désuétude. 

VIVA, s. f. Alevin, blancbaille, menu fretin dont la pèche est in- 
terdite. (Léman.) 

VIVHA, ViVA, s. f. Maladie des chevaux, espèce de miserere. 
(Alpes.) 

VO, pron. pers. Vous. Vo deri, je vous dirai; vo totno, je vous bais. 
Devant une voyelle on ajoute pour l'euphonie s on z: Vo z'amo, 
je vous aime. A vo, à vous ; courte salutation usitée sur les 
grands chemins. 

VOAIN, 8, m. Rien. Pa on vouain, pas la moindre chose. (Val d'Il- 
liez.) Voy. voueîn. 

VOGUA, VOUGHA, s. f. Multitude, affluence de gens, procession, 
fête du patron. (Fribourg.) 

VOICK, adv. Aujourd'hui. (Anniviers.) 

VOLADJERL s. f. Légèreté, disposition au plaisir^ coquetterie. 

VOLADJO, A, adj. Qui court après le plaisir, écervelé, libertin. 
La Luzon è tru voladja, Louison aime trop les garçons. (Vaud.) 

VOLAN, s. m. Faucille pour moissonner, serpe. (La Côte.) 

VOLET, s. m. Domestique de campagne, valet de charrue. 

VOLLHAI, V. Vouloir. Vollhai-fxt, voulei-vous? Vau-io, veux-tu? 
Ne vu, je ne veux pas. Part., voUki, voUhu, voUu, volu, vm; 
futur, vudri. 

VOLVA, s. f. ; VOLEI, 5. m. Liseron, Convolvulus arvemis. L. vok». 



VOU 411 

VONNAIRA, ». f. ; VONNAIRE, «. f. pL Nom de plusieurs monta- 
gnes. Voy. VANNi. (Alpes.) 

VORAINA, VOREINTA, ». f. Fille dépravée, coureuse, friponne. 

VORAN, YOREIN, ». m. Vaurien, débaucbé, mauvais sujet au su- 
perlatif. — Vaunéant, id. 

VORTHOLLI, V. Entortiller, tordre. L. volvere ou vertere, 

VORTHOLLON, ». m. Peloton, chose entortillée. 

VORTO, s. f». Paquet entortillé. L. volutus ou vertere, (Pays-d'En- 
haut.) 

VOUABLLA, ». f. Clématite, Clematis Vitalba;os\eT, Salix vimina- 
lis; viorne, Vibumum LarUana ; branche pliante que Ton tord 
pour en faire un lien. 

VOUAFFA, V. Marcher dans Teau, dans la neige fondante des rues, 
des chemins. 

VOUAFFA, AHIE, adj. Se dit d'un bouillon trop clair, d'un potage 
mal lié. L. vappa. (Genève.) 

VOUAFFE, ». f. Sorte de gaufres ou de pfttes cuites dans un fer. 
(Montreux.) 

VOUAGNI, VUAGNI, v. Semer. (Jura.) Voy. vouëgni. 

VOUAGNON, VOUÉGNON, ». m. Semeur, laboureur qui ouvre la 
terre avec la charrue. (Jura.) 

VOUAHI, s, m. Inspecteur des routes et chaussées, voyer. (Vaud.) 

VOUAHIA, ». f. Chemin, voyage. Se bouetta ein vouahia, se mettre 
en route. L'è adi ein vouahie, il est toujours sur les grands che- 
mins. L. via. 

VOUAI, VOUET, HOUAI, GUET, adv. Aujourd'hui. L. kodie, Voy. 

HOUAI, ODE. 

VOUâILA, V. Crier d'un ton aigre et perçant. 

VOUAILAHIA, ». f. Cri aigu, bruit éclatant d'un objet qui saute. 
(Lausanne.) 

VOUAINA, VOUINNA, v. Criailler, crier comme le porc. 

VOUAINDA, V. Guinder, élever avec un treuil. 

VOUAINDET, ». m. Treuil, cabestan, vindas, cric. (Vaud.) 



412 VOU 

VOUAINERI^ s. m. Petit garçon pleureur, criard. Vanainerida, pe- 
tite fille pleureuse. (Pays-d'Eohaui.) 

VOUÂIRAI, s. m. Sorte de bise aigre et pluvieuse appelée aussi 
bise noire, (Genève.) 

VOUAIRLA, V. Voy. guerla. 

VOUAISU, UVA ; VAISU, VAISUVA, adj. Désarmé, qui n'a rien en 
main pour se défendre. Ne vegni pa vaisu, ne venez pas sans 
quelque moyen de défense, épée, hallebarde ou bâton. (Lavaux.) 

VOUAITI, YOUAIKI, v. Regarder. Ne me vouaite pa pi, il ne me 
regarde seulement pas. 

VOUAITI-KE, VOUAITSE, VEIKIE, VOUAIKE, adv. Voici. 

VOUAKO, KA, adj. Se dit des prairies qui n'étant plus closes en 
automne deviennent des pfiturages communs. L. vacutu. (Alpes.) 

VOUAMBA, s. f. Estomac et entrailles d'une bête de boucherie ; 
femme qui se met mal, qui est toujours débraillée. 

VOUAPA, VAPA, s. f. Fenêtre en verre peint. De l'allemand «wp- 
pen, armoiries ; parce que sur ces vitraux sont ordinairement 
peintes les^ armoiries du maître de la maison ou de ses amis, 
qui lui ont fait cadeau d'une fenêtre peinte quand il a bâti sa 
maison. (Pays-d'Enhaut.) 

VOUARA, VOUARANDE, s. f. Longue perche plantée dans les nei- 
ges des chemins de montagne pour indiquer la route. 

VOUARANDA, YOUARRA, t7. Planter des poteaux ou piquets indi- 
cateurs, soit jalons. En Abyssinie, varanda se dit d'un pavilloo 
soutenu par des poteaux. (Alpes.) 

VOUARBA, «. f. Voy. voueirba. 

VOUARDA, VOUAIRDA, GUAIRDA, v. Garder, conserver. En 1200 
la garde étrangère des empereurs de Constantinople s'appelait 
les waranges. 

VOUARDON, s. m. Véron ou vairon, Cypriwts Phoxinus, Voy. bam- 
BELLA. (Léman.) 

VOUARE, VOUAIRE, s. f, pi. Larves du hanneton sous la foraie 
de ver blanc. La police ordonne de les ramasser en suivant la 



VOU 413 

cbarrue pour les détruire ou les donner aux porcs. Vara^ vouara 
au singulier. (Vaud, Genève.) — Man, cotteret, id. 

VOUARGNO, VOUAIRGNO, 8. m. Pin pectine ou sapin blanc, Pinus 
Pieea, G. gwam. (Alpes.) 

VOUARI, GUARI, GARI, v. Guérir. —rotiart^, id. (Val d'Anniviers). 

VOUARI, IVA ; VOUAIRI, IHIA, adj. Se dit d'un vase vide du li- 
quide qu'il doit contenir 

VOUARIDEL, VARIDET, s, m. Dévidoir, petit treuil. (Jura.) 

VOUARLET, VOUAIRLET, s. m. Levier, bâton court pour serrer 
une charge en tournant son lien. (Alpes.) 

VOUARRAINA, s. f. Lieu planté d'aunes. (Montreux.) — C'est le 
nom d'un hameau, Vuarennes, près de Montreux. 

VOUASOTTA, V. Rerouer un liquide qui commence à bouillir. 

\'OUASSALET, GATALET, s. m. Pain d'orge et de fèves en feuilles 
très minces, destiné principalement aux bergers. Pour le mieux 
conserver, on le fume à la cheminée. (Ormonts.) 

VOUATTE, s. f, pi. Prairie gazonnée. Une plaine et un village, 
près de Genève, portent le nom de Plan-les-Ouates. 

YOUAZON, OIZON, s. m. Gazon, herbe des prairies. 

yOVEÏ)A,s.f.Pssie\,guède, Isatis iinctoria, (Aigle.) ~ (On dit 
vouède, dans plusieurs contrées de la France. — N. de l'éd.) 

VOUfiGNI, V. Rompre une prairie gazonnée pour en faire un 
champ. (Alpes.) Voy. vouagni, vouagnon. 

VOUEIN, adv. Point, rien. — Voain, id. 

VOUEIRBA, 5. f. Un moment, un instant, àttem-mè na voueirha, 
attends-moi un moment. — Voueirbetta, un petit moment. Lei 
sari dein na voueirbetta, j'y serai dans un instant. L. verbum. 
(Vaud.) 

VOUÉRO, VOUAIRO, VUÉRO, VUHIRO, GUHÉRO, GUÉRO, 
GUIÉRO, DIËRO, adv. Combien ; guère ; peu. Lo vuéro ain-no, 
quel quantième avons -nous? Guéro lo bon, combien le bois? 

VOUETTA, VOUITTA, VOUETTII, r. Se vautrer, se tourner et re- 
tourner sans cesse sur le dos; se dit du cheval et de Fftne. 

VOUETTI, V. Remuer, branler. (Orbe.) 



4U VUE 

VOUETTEKUA, VOUETTEKUVA, $. f. Hoche-qucue, bergenm- 
nette, lavandière, 3Êotacilla grisea et fiava, 

VOUETTEUSA, s. f. Pot de terre, terrine. (Evéché de BAIe.) 

VOUETTON, s. m. Petit garçon ; terme d'amitié. (Pays-d'Enhaatj 

VOUËTZI, V, Pousser un objet de côté pour Tôter de son chemio. 

(Alpes.) 
VOUGNI, t?. Tirer les cheveux, prendre par les cheveux. — Tsau- 

gni, id. 
YOUGNIA, <. f. L'action de tirer les cheveux, pour l'agent et pour 

le patient. 
VOUHÉTAHIE, s. f. Pluie d'orage, averse violente. 
VOUISTA^ 5. /. Verges pour fouetter les enfants. (Moadoa.) 
VOUISTÀ, V, Fouetter. 
VOUISTAHIE, s. f. L'action de fouetter. 
VOURCl, VOURZI, VAUSI, VUZI, 5. m. Osier, saule. 
VOUTA, «. /". Voûte. 

VOUTRO, VOUTRA, adj, eipron. po$8. Votre, le vôtre, la vôtre 
Voutre, plur. des deux genres, vos, les vôtres. L'è vouirè t^tUi 
ke m'an bresi ma $ei, ce sont vos fils qui ont gâté ma haie. Vou- 
tre iiéga, votre jument; voutrè faiè, vos brebis. A la vautra, à 
la vôtre, formule de cabaret, pour porter la santé de quelqu'un; 
sainda (santé) est sous-entendu. — On dit aussi vouirouy au 
singulier masculin : voutron pra, votre pré. 

VOZEIHI, V. Employer le vous en parlant à une personne. (Vaud.» 

VU. Présent de l'indicatif du verbe voUkai, vouloir. Vu vo dere 
aukié, je veux vous dire quelque chose ; ns vu, je ne veux pas ; 
vau-to, veux-tu? 

VUALPELIRA, s. /. Lieu fréquenté ou habité par des renards. L 
tulpes, 

VUARANÇA, 8. f. Garance. B. L. varantia. (Aigle.) 

VUATI, s, m. Petit pain délicat pour les fôtes de Noël. (FritM>urg.i 
— Oualti, id. 

VUEIRZA, $. f. Aune vert, Alnus tiridis. Voy. ouarsa. 



YTA 415 

VUHIy adv. Aujourd'hui^ au temps présent. L. hodie, — Oué, id. 
(Valais.) 

VUIDANGE, s. /. Vuidange d'une cause, jugement d'une cause par 
le tribunal compétent. Ancien terme de droit. 

VUIPPA, 8, /. Guêpe; femme méchante^ mauvaise langue. — 
Vouëppa, id. L. vespa. 

VUIPPA, s. /. Jupon, jupe. — Vouippa, id. 

VXJlVRAy 8. f. Vipère (Jura). Ce mot signifie plus ordinairement 
grand serpent, vipère monstrueuse, Vhydre de la fable. Gwiber, en 
bas-breton, signifie vipère. Fr. givre, serpent du blason. — La 
vuivra de Saint-Sulpice est fameuse dans le canton de Neuchfttel. 
Voyez sa légende dans la Description des montagnes de Neuchâ- 
telj par Osterwald. — La tradition dit que le village de Vauvri, 
dans le Bas- Valais, doit son nom à une vivra ou vuivra tuée 
dans cette contrée. — Marchangy, dans sa Gaule poétique, 
tome V, page 295, appelle vouire une fée qui avait pour œil un 
diamant qui enrichissait celui qui pouvait s'en emparer.— Voy. 
dans la Statistique du Valais, par le doyen Bridel, la note au bas 
de la page G4. 



Y 



Y, adv. Y. Y a prau mataira, il y a assez. Voy. mataira. — On dit 
plus souvent lei a, ^^t y a, il y a. 

YSSIR, ISSIR, V. Sortir. Ce mot qui appartient au vieux français 
est tombé en désuétude ; il a donné au français actuel son par- 
ticipe is8u et le substantif issue. Voy. issir. 

YTAIRA, AITAIRA, s. f. Ce mot maintenant en désuétude se ren- 
contre fréquemment dans les documents du XV* et du XVI« siècle, 
dans les actes notariaux des greffiers et des tribunaux fribour- 
geois; il signifie aides, secours, subside, dédommagement. (Fri- 
bourg.) 



416 ZEI 



z 



Z. Cette lettre se met souvent devant les voyelles pour éviter des 
hiatus. Le z'einfanii, les enfants; le z'anHoiUi, les vachers; foui 
lei z'alla, il faut y aller. 

ZÂKKÂ, s. f. Casaque^ habit d'homme. Tré ta zakka, ôte ton hahit 

(Vaud.) 

ZÂN, s. m. Champ. (Anniviers.) Voy. tsan. 

ZâNO, s. m. Chêne. — Tsano, Uchano, id. 

ZÂU^ s. m. Petite forêt de sapin. Voy. jeur. (Fribourg.) 

ZCHAR-DE-LEU^ s. m. Grotte, caverne, retraite de loup (leu), la- 
nière de renard, de blaireau. (Entremont.) 

ZEBA, ZBA, !?. Manger de la crème dans un chalet. Voy. spa. 
(Gruyère.) 

ZÊFRIA, TSEFRIA, v. Turlupiner, persiflQer, se gausser, persifler 
à outrance et sans ménagements. (Montreux.) 

ZEFRIAU, AUSA, adj. Persifleur, moqueur, gausseur. (Moatreux.) 

ZEINZEBRAU, s. m. On donne ce nom aux attrapes badines que 
l'on se fait les uns aux autres la veille de Noël. Envoyer un 
zeinzebrau k quelqu'un, c'est lui faire une attrape. (Saint-Mau- 
rice.) 

ZEINZENA, 8. f. Ivraie, LoUum temuientum. L. zizania, (Aigle.) 

ZEIRDAU, SA; DJERDEU, EUSA, adj. Déplaisant, laid, mal en 
ordre. — Comme on faisait compliment à une des plus jolies 
demoiselles de Monthey sur le plaisir de la voir, elle répondit : 
Ne tnè vouati pas, su trau zeirdeuse, ne me regardez pas, je sais 
trop laide. (Bas- Valais.) ~ On dit ordous, dans le patois lorrain. 
V. Fr. ard, ardous, L. horridus. Voy. djbrdeu. 

ZEIRDON, s. m. Chardon, en général toutes les espèces do genre. 
(Vaud.) 



ZOZ 417 

Zeirdon de caretno, cirse ou chardon des champs, Cirmm av" 
venu. (Morges.) 

ZÉLA, ZÉLÂHIE, a^. Actif, zélé pour le travail, plein d'ardeur. 

ZÉLO, i. m. Activité pour le travail. 

ZËRLO, s. f». Hotte. (Entremont.) Voy. djerla, djerlo. 

ZEVALLA^ s. ^.Javelle, gerbe. (Valais.) (C'est le môme mot que 
dzévala, lagot. (Vaud.) — N. de l'éd.) 

ZEVALLÂ, V. Javeler, engerber, mettre en gerbes la moisson. 

ZÉZÉ, 8. m. Gesse tubéreuse, Latkyrui tuberosus. (Morges.) En 
langue d'oc, ce mot signifie pois chiche. 

ZIGUA, GIGUA, DJIGA, $. f. Gigot, cuisse; grande fille dégin- 
gandée. Fr. gigue. 

ZILLIHI, DZELLHI, DJILLHI, v. Sauter de joie, gambader. Ce 
root se dit surtout du bétail, quand on le sort de l'étable au 
printemps. (Fribourg.) 

ZINNETTA, s. f. Espèce de filet pour la pèche. 

ZITELLA, i. /. Petite fille, petite causeuse. Voy. tsikkala. (Valais.) 

ZIVOUI, 5. f. Cage d'oiseau. (Entremont.) 

ZJIGUER, GIGUER, v. S'esquiver, s'évader, s'en aller furtivement, 
sauter. (Jura.) De gigua, djiga, zigua, s. f,j gigot, cuisse. 

ZO, prép. Dessous. — Déso, id. 

♦ 

ZOBLLÀ, 9. Causer, babiller, dégoiser. Voy. djoba. (Gruyère.) 

ZORDI, s. m. Verger (Fribourg). — JordU est le nom d'un grand 
nombre de localités dans le canton de Vaud. 

ZOUDAIRA, TSAUDAIRA, s. f. La grande chaudière pour confec- 
tionner le fromage dans les chalets. (Alpes.) 

ZOUIa, s. /. Joie, amusement. 

ZOUÏAU, SA, adj. Joyeux, gai. 

ZOUIaU, s. m. Joueur d'un instrument. — Zuiau, id. (Jura.) 

ZOULI, ZOULIA, adj. Joli, honnête. 

ZOULI, s. fil. Dans les pays de charrue, c'est le nom générique de 
Ton des deux bœufs ; l'autre s'appelle Fromein, 

ZOZE, adj. numér. Douze i — Doze, dode, id. 

■ta. ET DOCUM. XXI. i7 



418 ZUZ 

ZOZÉ, s. m. Un pouce, la douzième partie du pied (ancienne me- 
sure). (Fribourg.) 

Z'U, ZTJVA ; Z'AU, Z'AUVA, part, passé. Eté, allé. Lei è sTau, il y 
est allé, il y a été; lei su z'twa, j'y suis allée; leisan :^wcè,e\\& 
y sont allées; lei san a^au, ils y sont allés, ils y ont été. Cestle 
participe au, u, avec le z euphonique. Voy. au. 

ZUDZI, DJUDJI, V. Juger, rendre d'office une sentence. 

ZUZO, DJUDJE, DZUDZO, ZUDZO, t. m. Juge d'un tribunal, jage 
de paix. ^ Les femmes partagent honorifiquement le titre de 
leur mari : la femme du juge s'appelle ztura, djudja; la femme 
de l'assesseur, assessansa, etc. (Vaud.) 



SUPPLÉMENT 



.Y. B, Quelques mots au sujet desquels il y avait doute ont dû être laissés de 
côté, soit qu'ils ne fussent pas parfaitement lisibles, soit que les définitions 
ne fussent pas suffisamment claires. Nous donnons ici ceux de ces mots 
que nous avons pu éclaircir, et nous ijoutons quelques corrections et omis- 
sions. 



i ^ 9- 



ÂRRAIy ARREI^ $. m. Le revers^ le flanc d'une colline ou d'une îj^Hi^^^r 
vallée opposé à Xadrai (voy. ce mot). — - On dit farrei, et aussi 
\o revers, lo revers. 

âTTâHLLA, V. Palper, tâter. — A Cbfiteau-d'Œx, aUatka. L. attm- ^ 
gère. — Tata, id. 

B 

BAUZA, J. f. Fiente de vacbe, de cheval , bouse. — Beuza, id. 






Â, 



(Mot omis, à reporter à la page 32.) 
BAVOLLHL A la fin de cet article, lisez Bas-Valais, au Heu de 

VaS'Valais. 
BEDET, s. m. Billet, cédule sous seing privé. (Château-d'Œx.) 
BENÊTA, t. f. Nom d'une somme de douze pains de sel. (Fribourg, 

1400.) Voy. 8ALA6N0N. 

B0NTA6LLO, A, adj. Humain, compatissant, plein de bonté, d'un 

commerce doux et facile. 
BORNÉ. Au lieu du quatrième vocable (Bauëneau), lisez Boumeau. 



420 SUPPLÉMENT. 

BOUËNEâU. Remplacez cet article par celui-ci : bournbau, t. m, 

Voy. BORNÉ. 

BRENNË^ subit. Fontaine, tuyau de fontaine. (Jura ) ^ Bamé, id. 

BROUIa. a la huitième ligne de cet article, au lieu de Vrai «rte, 
liseï Uln urb$. 



CATZI. A la seconde ligne de cet article, au lieu de dé éia calscki, 
lisez dTé éta caUchi. — De, dans plusieurs contrées, signifie ;>. 

CERACÉ, SERASSET, s. m. Mets délicat, composé de lait caillé et 
de crème. (Vaud.) 

CHAI, s, f. Une haie. Ounna chai à palun, une haie en palissade. 
(Chftteau-d'Œx.) — Du côté de Nyon et de Coppet, on dit ma. 

CHAUDZE, «. f. Saule. (Ghftteau-d'Œx.) Voy. sauna. 

GHE, pron. per$. Se. (Anniviers.) 

CHËBETO, s. m. Le Siebenthal, vallée du canton de Berne. Onekè- 
biialai, un habitant de cette vallée,. (Ghâteau-d'Œx.) 

GHLIR, adj. démansir. Ge. Chlikpmé'lé, ce pays-là. Plur. cklau. 
(Anniviers.) 

GHON, GHA, GHAU, adj. poss. Son, sa, ses. (Anniviers, Val d'Hé- 
rens.) 

GONGHEINSA, 8. f. Gonscience. 

GOUMAULETTA, s. /. Goin en fer dans la tète duquel passe ane 
boucle qui reçoit à son tour une corde ou une chaîne. On ea- 
fonce ce coin dans la bille de bois que Ton veut emmener et oo 
y attelle un cheval. (Ghâteau-d'Œx.) 

GOUMAULO, s. m. G'est une triple coumatdeUa (voy. ce mot), ser- 
vant à traîner deux billes de bois derrière un traîneau d^i 
chargé d'autres billes. (Ghâteau-d'Œx.) 



SUPPLÉMENT. 42i 

D 

DARD. A la fin de cet article, au lieu de la vatidmê, lises la van-- 

dùiu, 
DJERADA. Au lieu de {mm$ de a magistrat, lisez femme de Voi- 

iesieur ou du juré (djera). 



E 

EDRSON, s. m. Hérisson. - Ireçon, id. — A Gbftteau-d'Œx, 
ehon. Voy. ireçon. 



FALLHAI. A la fin de cet article, au lieu de fait, lisez fallv, 
FILARDRION, $. m. Sorte de filet de pèche. (Morat.) 



GO, GOT. Il faut rapprocher ces mots de gaô, gaothei, gavoL Tous 
ces mots paraissent avoir la même origine. Les habitants du vil- 
lage de Saint -Saphorin (Lavaux) sont aussi appelés Go. 



UI, LEI. A la première ligne de l'article, au lieu de L'ai é prau 
de, lisez Lai é prau de, 

UVANTSCHI. A la seconde ligne de l'article, mettez une virgule 
après Ormonts, 

LUISSEL. Ajoutez à cet article : — Cest le nom de trois petits 
lacs ; on dit : le luissel de CrebelUy (entre Rennaz et Chessel, 
Vaud); le luiuel de Bex (celui-ci presque entièrement desséché) ^ 
enfin le luissel de Châtel-Saint-Denis (Fribourg).— laiwaW, lai- 
tkaUt, id. (Pays-d'Enhaut.) 



422 SUPPLÉMENT. 

M 

HAINTIGNI, MANTENI. Mettez un point-virgule après en bon éM, 
à la première ligne de cet article. 

MANCHE. C'est peut-être le môme mot que Maientze. Yoy. ces 
mots. Yoy. aussi meincbe. 

MO, MA. Ma doit aussi avoir le circonflexe. On ratend ma dans 
quelques localités : Mdt^y fia^ il ne fiiut pas s'y fier ; littérale- 
ment, mal t'y fier. 

MOTAILA. Au lieu de mutteUa^ lisez mustela. 

MOTELLETTA. Au lieu de musteUa, lisez mustela. 



PALUN, s. m. Pieu. Même racine que le firançais pal. (Ghâteau- 
d'Œx.) Voy. PALiN. 

PAOUR, PAOURESSA. Ce mot, que l'auteur dérive depoueir, porc, 
pourrait bien n'être qu'une forme de pùuro, pauvre. 

PAR, adv. Il faut lire : par, s. m. Ce vocable est évidemment le 
même que celui qui le précède. On par^ qui signifie proprement 
une paire, s*emploie très souvent dans un sens figuré et plus 
vague : on par de frana, deux firancs, deux ou trois francs, quel- 
ques francs; on par dPaurè, deux ou trois heures; on par de tm, 
quelque temps. 

PERSEMETTA. Au lieu de retraU ligna^, lisez opérer un rOrmt 
Ugnager. 

R 

RAUFA, ROFFA, ROTTA, s. f. Gardon, rosse, etc. — Nous nous 
apercevons que raufa, qui dans cet article n'a qu'une /, se troare 
avec deux fk l'article Roffa, page 335. Ces deux orthographes 
appartiennent à l'auteur, et il ne nous est pas possible de déci- 
der entre elles. 



SUPPLÉMENT. 423 



RELARDJE. L'auteur doune pour traduction : lardière de 
sans autre explication. Mais lardière n'est pas dans les diction- 
naires firançaiSy et nous n'avons pas trouvé son équivalent. Ce 
mot n'appartient sans doute qu'à la Suisse romande. Il se dit des 
coins de toile en forme de triangle allongé que l'on met aux 
côtés d'une chemise de femme pour lui donner plus d'ampleur. 
Lardière a évidemment la même racine que le français larguière, 
qui a une autre signification. Les Vaudois disent diérir, pour 
guérir. 

RETOUEIB^ SA, adj. A la seconde ligne de cet article^ au lieu de 
Pére-gran retaueir, lisez Pére-ifrant retoueùr. 

ROFEGNA, I. f. La poule frisée, appelée aussi gringeUe. Voy. grsin- 

DJBITA. 

ROLLA, i, f. Loutre. Au lieu de MuiUUa UUra, lisez MmUla 
UUra. 

ROULLHO, $. m. Vent d'orient. (Pays-d'Enhaut.) — Ainsi dit l'au- 
teur; mais après des informations- que nous avons prises sur les 
lieux, il faut remplacer cet article par celui-ci : routho (le th 
prononcé comme en anglais), s. m. Vent d'orient qui souffle 
souvent le matin, dans la belle saison, et qui est très frais. S'il 
souffle en hiver, il est très froid. (Chftteau-d'Œx.) — Le ruhUo 
est un vent périodique qui souffle de la montagne dans la Basse- 
Gruyère et qui est froid. Lo ruhUo ein sokUein Va fé hUappi le 
hUa, littéralement : le rukllo en soufflant a fait flétrir les fleurs. 
(Yuadens.) ^ Voy. riklau. 



SA, CHA, s. m. Sac. — A la troisième ligne de cet article, au lieu 
de /aire tourner le sac, il faut lire faire tourner lésai. 

SU, page 359. A la sixième ligne de cet article, au lieu de dé fé, 
lisez d^é fé. 



424 ' SUPPLÉMENT. 



TRUTHE, s. m. — Ajôutei à cet article : Tntde, id. (Château-d'Œx.) 

TRUTHON, s. m. — Ajoutez à cet article : Trudon, id. (Cliâleaii- 
d'Œi.) 



VËPRO, VIPRO, IPRO, s. m. ~ Ajoutez à cet article : Bon vifti-io, 
bonsoir à vous. (Chftteau-d'Œx.) 

VERBLLO, s. m. Ver solluire, téuia. 

VUMBEX, s. m. Entrailles d'une béte de boucherie. (Psys-d'En- 
haut.) Ce mot est celtique. Yoy. vouahba. 



APPENDICE 



coaranuNT 



HHK S£RIB de traductions de la parabole de L'ENFANT PRODIGUE 



■T 



QUELQUES MORCEAUX EN VERS ET EN PROSE 
CHOISIS DANS LES DIFFÉRENTS PATOIS DE LA SUISSE ROMANDE. 



APPENDICE 



PARABOLE DE L'ENFANT PRODIGUE 



I 



Langue romane des Vallées i audoises du Piémont, d'après un manuscrit 

du treizième siècle. 



11. Uu home aè diii filh. 

12. E lo plus jove dis al païre : paire! dona a mi la partia de 
la substancia que se coven à mi ; e départie à lo la substancia. ' 

13. £ en après non motidia ', lo fllh plus jove, ajostas totas co- 
sas^ ane ' en peleriniage en lognana région, degaste ' aqui la soa 
substancia, vivent luxuriosament. 

14. E poisqu'el ac consuma totas cosas, grant fam fo fait en 
aquelia région, e el commence bave besogna. 

15. E ane e se ajoste ^ à un ciptadin daquella région, e travie * 
l'en la soa vila quel paisses li porc. 

16. E cubitava* umplir lo seo ventre de las silicas ' que man- 
javan lé porc, e alcun n'in donava a le. 

17. Mes retoma en si, dis : Quanti mercenar habundian de pan 
en la meison del mon paire, me yo patisso aie! de fam. 

18. Yo me levarey e annarey al mio paire e diréy a le : paire! 
yo pechey ai cel e devant tu. 

19. E Ja non sey degne esse apella lo teo filb, fay-mi essay à un 
de li teo mercenar. 



428 APPENDICE. 

20. E levant, vene al seo paire. Mes come el fos encan de long*, 
lo seo paire vec lui e fo mogu de misericordia, e corrent, cagic 
sobe * lo col de le e bayse le. 

SI. E lo filh dis a le : paire, yo pecbey al cel e devant tu, yo 
non sey degne esse apella lo teo filh. 

22. Mes lo paire dis al seo serf: Fo reporta viact '* la premiera 
vestimenla e vestic le, e done anel en la man de le e ceançamentas 
en li pe. 

23. E ameni vedel gras e l'occien, e manjen e alegran ; 

24. Car aquëst '^ mco Glh era mort e es reviscola, e era perdae 
es atroba ; e commenceron alegrar. 

25. Mes lo filh de le plus velh era al camp, e cum el vengues e 
sapples à la meison, auvie ^' la calamcUa e la compagnîa. 

26. E apelle un de li serf e demande quai fossan aquestas cosas. 

27. E el dis a le: Lo teo fraire venc, e lo teo paire occis vedel 
gras, car el receop lui salf. 

28. Mes el fo endegna e non volia intrar. Mes lo paire de le issi, 
commença pregar li ; 

29. Mes es rendent dis al seo paire : Vête, yo syuo a tu per tand 
an e unque " non trapassey lo teo comandament, e unque non 
donnes a mi cabri che yo manjes cum li meo amie. 

30. Mes poisque aquest teo filh, loqual dévore la soa substancia 
cum las meretres, e vengu, tu occies a le vedel gras. 

31. Mes el dis a lui : filh t tu sies tota via '* cum mi, e toUs 
las mias cosas son toas. 

32. Mes la conventava manjar e alegrar, car aquest teo firaîre 
era mort e es reviscola, e era perdu e es atroba. 

* Mot à mot : Et en après non beaucoup de jours. — ' Alla. It. ando. — 
* Dissipa. V. Fr. dégailer, — * Se mit au service. Piémontais, «rgitts/è. — * En- 
voya. L'italien Iraviart signifie détourner du chemin , égarer. — * Désirait. 
— ^ Gou»se9, carouges. — "Loin, éloigné. Romanche, dalàmch, dabauek. 
Dialecte du Tessin (Val Verzasca, Val Laviizara), dalung, daUmng, Piémon* 
tais, iifii^A. — • Mot à mot: Tomt>a sur. — *• Hors, dehors. — *■ Celui-ci.— 
I* Il entendit. — *> V. Fr. oncqueê. — ** Toujours. It. tuUama. On dit iolem, 
toUvi, iotmU, dans les patois de la Suisse romande. 



APP^OICB. 



II 



Romanche ou langue romane des Grisons. (Dialecte de la Haute-Engadine.) 

Traduction due à Vobligeanee de M. tiono, étudiant à l'académie 

de Lausanne. 

11. Un hom avaiva duos fils. 

12. E il pu giuven dschet* a sieu bap : Mieu bap, dom* la part 
délia fortûna ch*im tuocha *. Dunque il bap als partaiva sia bain. 

13. E poschs dis zieva^ partit il pu giuven, zieva avair raccolto 
tuot, per un pajais fich dalOnsch *, e el magliet allô su tuot sia 
fortûna ligieramaing. 

14. Zieva avair do our tuot^ survgnit el fich fam in quel pajais; 
e el commanzet da gnir^ in miseria. 

15. Zieva giet el davent, e el intret in servizzi d'un abitant allô 
chi rho tramis" nella chiampngnia per chûrer* ils pûrchs. 

16. E el avess gugent mangio avuonda '* dels frûts ils quels ils 
pûrchs roangiaiven, ma ûngûn *' nun al det. 

17. Rautro in se stess^ el dschet : Quauuta glieud^' ais nel ser- 
vizzi del mieu bap chi aun avuonda paun, e eau mour da fam. 

18. Eau staregia su e giaregia ter*' mieu bap, e al diregia : Mieu 
bap, eau he pchio cunter te e il tschel. 

19. E eau nun mcrit pu d'esser nomno tieu Ûgl; tratem ^* scu '* 
ÛD da tiens servituors. 

20. El partit e gnit ter sieu bap. E sieu bâp il vsed cur el era 
auncha dalOnsch, e el fut emuvo da compasehium e al curauntin- 
cunter Timbratschet e il bûtschet'^. 

21. E il sieu flgl al dschet : Mieu bap eau he pchio cunter te e 
il tschel, e eau nun merit pu d*esser nomno tieu flgl. 

22. Ma il bap dschet a sieus servituors: Portem'^ il pûbelslieu 
e trell aunt otramaing "; e metell un annè al daunt, escbiarpas^* 
als peis. 



4S0 APPENDICE. 

23. E mnet un vdè gras e mazzeli ; laschans manger '^ e esser 
da bouna compagnîa '*; 

Si. Perche mieu figl, quist co", era mort e ais resûsto. El era 
pers ma aïs da nouf chiatto*'; e els commanzetten d'esser al- 
légers. 

25. Ma sieu pu veig figl chi era alla chiampagnia retamet a 
chesa '^; e gniand pu daspera '* alla chesa el sentit ils chaonts, e 
ils sots. 

26. E el clamett un da sieus servituors al quel el domandet 
che chi era. 

27. E il servituor al dschet : Tieu frer ais retumo, e tieu bap 
ho mazzo un vdè gras, perche l'ho tmvo da bouna sandet. 

28. Ma el gnit grit ^ e nun volaîva intrer. Allura sieu bap sor- 
tit e al dschet d'intrer. 

29. Ma el respondit a sieu bap : Eau at serv degia bgars " anns, 
saunza esser sto dischobediaunt, e a mi nun hest me do un buocb 
per m'amûser con roieus aroichs. 

30. Ma cura tieu flgl^ quist co, il quel ho roangîo tuota sia for- 
tûna con noschas duonas^ ais returno, tû hest lascho mazzer fin 
vdè gras per el. 

31 . Ma sieu bap al dschet : Mieu fîgl , tu hest sauraper con me, 
e tuot que ch'au he ais a te. 

32. Ma ais bsOng da fer ûna festa e d'esser alléger, perche tien 
frer, quist co, era mort e ais resûsto; el era pers, e ais da noof 
chiatto. 

* Dit. — • Donna-moi. — ■ Litt. : qui me touche. — * Après. — • Fkk éê" 
lihuch, très éloigné. — * Litt. : donné dehors tout. — "* Venir. — * Envoyé. 
— * Garder, soigner, -r '* Et il aurait Yolontiers mangé asieft, mangé i sa 
faim. — " Aucun, nul. — •• Gens. Ali. leuie. — •* Vers. — •* Traite-moi. — 
** Comme. L. $ieut. — ** Et le baisa. — «^ Apportes-moi. — <• Et Tèles-le 
autrement. — ** Souliers. It. icarpa. — ** Tournure allemande : UMi vmt 
essen. — ** Litt. : de bonne compagnie. -^ ** Celui-ci. — ** Trouvé. — ** A 
la maison. — ** Proche, près de. — ** Mais il devint irrité. — " Plusieurs. 



APPENDICE. 481 



III 



Patois de Saint^Lûc (Val d'Annivîen, Valais). 
Traduetian due à VobUgeance de M. Zufferey, avocat à Sion. 

ii. Oun hommo avéye dou féss. 

lî. Donn lé piou zouvenno a détt à chon pare : Moun pftre, 
donnâ-mè la part dou binn kè mè ditt échirre ^ Donn lé pftre lau 
j'a parta^a chon binn. 

13. Lé plou zouvenno féss ramacha tott, ch'ein alla foura ' ein 
oun pahîk éloigna, e él y déssépa chon binn ein vikveinn ein la 
débaucha. 

14. Après k'él l'ouk tôt deschpeinchfty él è chourvenouk' ouna 
groucha faminna ein chlik* pahik, é él a commeincia à éthre dan 
reindigence. 

15. Adonn é ch'ein alla, e chè mettouk * au chervicio d'oun di 
yhabiteinn de chlik paîé-lé, ké Ta elnvouîa ein chè pochèchion po 
vouarda le pouerr. 

16. E él ouri binn volouk chè rassassié di j'herbazo kè lé pouerr 
pikkavonn% ma nioun ne li ein donna vonn. 

17. £l reinntra donn ein glhik-mêmo e él ditt : Vouéro y a-t-è 
de zeinn au gazo de moun pftre ké Tann de pan ein abondance, e 
iOy io mouro de fan. 

18. Io me léveri é m'einn'iri vè moun pftre, é li diri : Moun pftre, 
i'é petichia contre Io paradétt é contre tè; 

19. É io chék' pas mé dégno d'éthre appela ton féss : tratta-mè 
comme Toun de tau domeschtiko. 

20. Él è donn partik, é él è venûuk vè chon pftre. É comme él 
ire inkor glhein, chon pftre Io l'a iouk ', é chè trovft totzchia de 
compassion ; é couneinn à glhik, chè zettft à chon eau é Io Ta 
bijia. 

SI. É chon féss li a détt : Moun pftre, i'é petzchia contre Io pa- 
radétt é contre tè, é io chék pas mé dégno d'éthre appela ton féss. 



432 APPENDICE. 

22. Mft lé pftre a déu à chau chervitiau : Apporta la pion belb 
roba é couvrik-lo, é metlre-li ouna bagga au dèk é de boite i pia. 
83. É amena oun vé gras, é touft-lo, minzin é amoujeîn-no; 

24. Po cheinn kè moun féss, ké l'è ché ire mort é ké l'è rere- 
Douk à la vîft; él ire perdouk^ mft él è relrova. É éFan commein- 
cia de ch'amoujft. 

25. Ghpendann chon plou viou féss ké l'ire à la campagne è re- 
venouk; é comme éi'approssiève de la mijon^ él'a einteindouk le 
zann é le danse. 

26. É él appela oun di chervitiau à kouinn* él demanda chein 
ké rire. 

27. Ë lé chervitiau li détt : Ton frftre è de retor, é ton pire 
a touft oun vé gras, po cheinn k*él l'a retrovft ein bonna cbeinndâ. 

28. Ma é ch'è mettouk eio colère é n'a pas volouk einntrâ. Chon 
pare è don chourtik é Ta préya d'einntrft. 

29. Mft él a refoDdouk ^^ à chon pftre : Voilà, él y a tann d'ans 
ké io tè chervècho chein éthre jiamé contrevenouk à ton comman- 
demeinn, é tou m'a jiamé donna on tzchiévré po me rézooîk 
avoué mou j'amik. 

30. Mft ko ton féss kè voilà, ko l'a avouk minzia toi chon bînn 
avoué de fenne débouchiéïe, è rovenouk, t'a fé touft oon vé gns 
por glhik. 

31 . É chon pftre li a détt : Moun féss, fé tozor avoué mè, é tôt 
chein ké i'é, è t'a tè. 

32. Mft é falliéve binn fére oun feslinn é chè rézouié, po cheinn 
kè ton frftre kè voilà, l'ire mort é k'él è revenouk à la vift, él ire 
perdouk, é él è retrovft. 

* Echoir. — * Dehors. — ' Survenu. — * Ce. - * Il ae mit. — * Kaa- 
geaient. — » Je suis. — • Vu. — • Auquel. — •• Répondu. 



APPENDICE. 4SS 



IV 



Patois d'Efoléna (vallée d'Hérons, Valais). 

due à FobHgeanee de M. Gaêpo%, «foeal à Sion, 



il. Uon bommo avek dau fiss. 

i2. Li plou zoveno dé dau, ditti à chon paire: Moun paire, 
bailli-me chen qui deck me veni de vouthri bin. Et 11 parrelau j'a 
feiti lo partazo de cbon bin. 

13. Quftque zo apré, 11 fiss 11 plou zoveno, qui aveck ramachft 
tôt chen qu'i aveck è tb'allft loin ein oun pabik ethrange, et lé i a 
mingia tôt cbon bin ein menain ouna via débaucbaî. 

iA, Apré qu'il ou tôt despenchft, e venouk ouna grôcba famina 
en ché mîmo pabik et 1 l'a commincbia d'dtbre den la micbjeri. 

15. I cb'en alla donki au cbervicbo d'oun dé z'babitain de cbi 
pahik, qui l'a cogna ^ den cba mîcbjon de la campagni po allft 
vouardâ lé caïon. 

16. Et lé, 1 l'oure Itbâ prau countain de minglé de rascbineque 
miogevon li poissi * ma gnion 11 en balllevon. 

17. A la fin quant i l'a cognouk cba fauta, i Tè rintrâ en cbe 
mîmo, i ditti : Youero y a-t-i de cbervitau à gazo avoué moun 
parre, qui an plou de pan qu'i lau en fattl '; et io, io mouro cblllia* 
de fan. 

18. I me faut parti po alla trovft lo parre, et lo voué 11 dire : Moun 
parre, io e petscbia contre lo cblel et contre vo. 

19. Et io cbé pa mi digno d'ôtbre appela voutbri fiss; tretft me 
comme l'on de vo cbervitau que vo péêssi *. 

20. Et adon, e partek, et è tb'allft trovft cbon parre. Et quant* i 
rire encor bin loin, cbon parre l'apercbouk et en e j'ouk tocbia* 
de compacbion; et courraln à louik, l'a embracbia. 

21. Et cbon fiss 11 a ditti: Moun parre, lo e petscbia contre lo 
cblel et contre vo, et io cbé pa mi digno d'étbre appelft voutbri 
fiss. 

MÉM. CT DOCOM. XXI. S8 



434 APPBNDICB. 

22. Ma li parre^ ditti à chon chenritau : Gouêsche-vo ' de me 
porta lo plou biau perpouin ' et mette-lo.à moun fiss, et metle-ti 
topari ouna venetta * au dek et de botte è pîa. 

23. Amenft topari foura lo vé engrascbîa et bauche-lo ^^ ; min- 
zein et fagioD bonna cberi. 

24. Polchen que moun fiss, qui vo vede, ire mor, i Tè ressoos- 
cita, il ire perdouck; ora io l'é tomâ trovft. I commînchevoD de 
mingié. 

25. M ft quan li primié dé fiss qu'ire pè le zan e j'ouk tomâ pré 
de la michjon, i a avouik ^^ lo train dé dansse. 

26. Âdon i l'appela l'oun dé domestiko de la michjoD et li de- 
manda chen qui l'é avek et cben qu'i l'ire. 

27. Li valetti li a refondouk : Vouthri frari e tomâ et li voutbri 
parre i'a bauchia lo vé grft, potchen '* qu'i Ta trovâ en bonna 
chendâ. 

28. Ghen lo metti en coleri, i voleck pa intrâ ; ma li parre e 
chaillek, et l'a pria d'intrâ. 

29. Chou chen'' i'a prek la parola, i ditti à chon parre : Depouek 
tant de tein que io vo schervo, io vo j'ié jiammi déjobéhek et vo 
m'aî jiammi baillia oun zevrek po m'amouzâ avoué mé chj'iamik. 

30. Ma auchito que l'atri dé fiss e tomâ, qui a mingia tôt chon 
bin avoué de femele perdoué, vo z'aî bauchia oun vé grâ por louik. 

31. Li parre loui a refondouk : Moun fiss, lou e tozo avoué me, 
et tôt schen que io é, è th'à te. 

32. I fallek faire lo festin et no rezoye, potchen que toun frari 
que tou vek, ire mor, et i l'è tomâ en via, i l'ire perdouk, et io Vé 
tomâ trovâ. 

' Envoyé. — * Les porcs. ~ * Qui ont plus de pain qu'il ne leur en frai — 

* Ici. — * Payei. — * Et en a été touché. — '■ Dépéches-Yous. — * Habit — 

• Bague. — •• Tuei-le. — «• Entendu. — «• Parce que.— " Sur cela. 



APPENDICE. 485 



Patois de Vétroi (Bas-Valais). 

il . On hommo Tavai dou matton. 

12. Lo pfe dzouveno l'a de à papa : Papa, badhe-mè mon drai 
de bein ke mè veint. Et lo pare liei partadze lo bein. 

13. Et trai quatro dzo apri, lo pfe dzouveno, quand Fa z'u tôt 
ramacho, Tè partaî por allft à rétrandjai, et l'a tôt peko ^ en fasai 
bamboche. 

14. Quand l'a z'u tôt peko, l'arrevo onna famena dein ce eindraî, 
et s'è trovo dein la misère avoué pas mi rein \ 

15. Adon l'è parlai por alla valet vè on hommo de ce pahi, que 
l'a assuéria por ître porquier. 

16. Etsaraiz'u bein conteint dé meindji le rî* que le caïons 
meindljivon; mi nion ne li ein baillivè. 

17. Adon se mousavè et desai : Vouéro l'y ein a-t^e vè lo pare 
que l'on de pan tant khe veuUhon; et io, non craivo de fan. 

18. Mè leivérai et nou partérai vè lou pare, et i'ei dirai : Mon 
pare, n'î * pétschia contre lo ciel et contre tè. 

19. Et vaut pas mi la peinna que ton mè dijesse * ton matton; 
iratta-mè coumein ion de ton valet. 

20. Adon l'è partai, et l'è venu vè son pare. Et coumein l'eirè 
onco loin, son pare l'a iu, et Ta z'u pedja de lui, et l'a galoppo vè 
lui et l'a serra pè lo cou po lo bijié. 

21. Et son matton l'y a de : Mon pare, n'i pétschia contre lo 
ciel et contre tè, et vaut pas mi la peinna que tou mè dijesse ton 
matton. 

22. M! lo pftre l'a de à son valet : Apportft la pfe balla mousse * 
et mettè*la-llei, et mettè-lîei onna verdzetta u dei et dei botté u pia. 

23. Et menft on vé grâ et étrandhâ-lo ' ; et meindzein et red- 
zuyein*no ; 

24. Parce kèlo matton que no conta vo mo, l'è tomo; l'eirè 
perdu et nou l'i trovo. Et Ton commeincia à se redzouyi. 



4S6 APPENDICE. 

25. Mî lo pfe vieux di matton que l'eirè travailli, l'è Tenu et 
quand l'è z'u protzo de maison^ l'a auhi tzantft et danfié. 
16. Et l'a khèrio ioo di valet et l'y a de : Kiè l'y a-t-e ? 

27. Et lo valet l'y a de. Lo frarè l'è venu« et lo pftre l'a bootachia 
on vé grft parce kè l'a trovo en bounna santé. 

28. M! l'a z'u radze et n'a pas voulu all& dedein. Adon lo pire 
l'è sortai et l'y a de de veni dedein. 

29. Mî l'a repondu à son pftre : L'y a tant de z'ans que nou* 
travadho à maison, sein aval jami rein fl que cein que te m'a coa- 
mandOy et tou m'a jami bailla on tzevrei po fire ribotta avoué mè 
z'amis. 

30. Mî quand ton matton que l'a tôt mein^ja son bein avoui le 
puté l'è torno, t'a fé boutschi on vé gras por lui. 

31. Et son pftre l'y a de : Mon matton, t*é tout! avoui mè, et tôt 
cein kè n'i l'è à tè. 

32. Fadhivè bein faire ribotta et se rédzouyi, parce kè ton firarè 
l'eirè mo et l'a tomo vivre *; l'eirè perdu, et l'è tomo trovo. 

* Mangé, dépensé. — ' Poi nU rem, plus rien du tout. — > Les racines. Vojr. 
/Tôt. — * J'ai. — • Que tu me dises. — • Habit. — ' Et tues-le _ • Je. - 
' Litt. : li a tourné vivre. 



VI 



Patois de Sembrancher (Val d'Entremont, Valais). 

TraduetUm due à VobUgeance de MM» GalHoud, avocat à 5iofi, eidelm Sok, 

chanoine, curé de Bovermer. 

il. On homo avé don boubo. 

42. Lo pié ceuveno dit à son pire : Mon pire, baillee-me la por- 
son du bin que dait me revenir ; et lo pire leu fit lo partiaio de 
son bin. 

13. Pou de 10 apri, lo pié zoveno di dou boubo, apri avaî 
amassô tôt cein que l'avé, parti po voyazer dein on paî étramei, 
io ié l'a tôt mesa son bin ein éssès ^ et ein débauches. 



ÂPPraDiGB. 487 

li. Apri qne l'a i^u lot dépensA, ié l'arrovo ona grossa funeiia 
dein seé iia!-ll ; et commença à ître dein la necessitA. 

15. Adon ié s'ein allô et s'a metta u servisse d'on dî l'habiteins 
de seé pai que l'a einvoîa à sa maison di tsan por vouarda li caîons. 

i6. Ié l'are vola (ou souhaitô) eimpli son veintro di donfles * 
(pie 11 caîons meievan ; mi nion gli ein baillivan. 

17. Apri qne l'è z'u reintrô ein glui-mimo, ié dit : Vouiro y a- 
t*è de serveteurs à gazo dein la maison de mon pire que l'an de 
pan tant que n'ein veûlont, et io mouro de fon scégliate *. 

18. Me fout de ci pas m'ein alla trovâ mon pire et li dere : Mon 
pire ri petza contre lo ciel et contre vô. 

19. Et ié sais pas mi digno dltre appelô voutro boubo; trettâ- 
mè commein ion di valets que sont à voutro gazo. 

M. Ié l'è parti et s'ein vin trovft son pire. Quan ié Tére onco 
bien glioin, son pire l'a apparçn et l'è z'u totza de compachon ; et 
galoppa ver glui, se zetta à son cou et lo baisa. 

21. Et son boubo li dit : Mon pire^ ié l'i petza contre lo ciel et 
contre v6, et sais pas mi digno d'ître nommo voutro boubo. 

22. Adon lo pire dit à si serveteurs : Apporta vite la pié bella 
roba et habeillez-lo et mette-li ona bagua u dai et de botté à si pia. 

23. Mena on vé gras et tuift-lo ; fîsain on bon denft * et red- 
zouîen-nô. 

24. Porcein que mon boubo, que v6 vaîde scé, Tére mort, ié l'è 
ressuscitô; ié l'ère pardu, et ié l'è rétrovô. Ié commeincberan don 
à flre on grand denft. 

25. Portan lo pié vieu di boubo que l'ère i tzan revin, et quan 
ié l'a itô protzo de la maison, ié l'a avoui lo son di zinstrumeins 
et lo bri de glieu que dansevan. 

26. Ié fit venir on di domestiques et glui a demandô cein que 
rére. 

27. Lo domestique li repondit: Ié l'è que voutro firére è revenu, 
et voutro pire a tiô on vé gras, porcein que l'a retrovft ein bonne 
sanié. 

28. Gein lo l'a einraza * et ne volé pas eintrft; mi son pire alla 
feûra * po lo preier d'eintrft. 

29. Cice commeincba à preindre la parole et li dit : Y a za * 



4S8 APPENDICE. 

tant d'an que i6 vô sérvo, et v6 e'î toti fl à command *, et portan 
vô m'ai jamaiia bailla on tzevri por me redzouîé avoui mi s*aniis« 

30. NI setoût que rfttro di boubo, qui a meza tôt son bin avoni 
de femalles parduiè^ l'è venu, vô z^ai tiô po glui on v6 gras. 

31. Lo pire dit : Mon boubo vô z'îtes toti avoui mè et tôt oein 
que ri è-t-à vô. 

3t. Mi ié falive bin flre on denft et nô rezouier, porcein que voo- 
tro frère que l'è scéglia * l'ère mort et ié l'è ressuscitô, ié l'ère 
pardu et ié l'è retrovô. 

* En excès. — * Gousses. — " Ici. — ' Un bon dîner, un bon repes. — 
• Litt. : ça l'a enragé. — • Dehors. — Ml y a déjà. — • V. Fr. eùmmmé, 
commandement. — * Ici. 



VII 



Patois de Gryon (Vend). 
Traduction due à Pobligeanee de M, Normand, insUttUeur à Gryon. 

11. On homo avaî dou valet. 

12. Lo pllhie dzouveno déjà à son peirè : Mon peiré baillbe-mé 
la part dé bein que me daî veni; et lo peiré llbieur partadja son 
bein. 

13. Quauquié dzor après quand lo dzouveno daî valet u tôt ra- 
massftj é s'ein alla à l'étrandji iau l'é que meindya tôt cein que Favai 
ein vivein dein la crapula. 

M. Après que l'u tôt dépeinsft^ onna i^ranta famena survein deio 
ce pai et se trova dein onna granta misère. 

15. Adon è l'alla se bouetft u serviço de l'on dei z'habitein du 
paî que l'einvoîa dein se terré por vouardâ lou caîons. 

16. Et l'are bein vollbiu meindji à sa fan daî gorfé ' que loa 
caîons meindjivon^ mais nion ne la! iein baillbivé. 

17. Adon é reintra ein lui-mômo ein se mouesein ' : Vouèro ne 
la! ia- t-è pas d'ovraî tcbi mon peiré qu'ont du pan tant que volon, 
et mé^ mè faut moueri de fan ce ? 



4PPENDIGE. 4S9 

18. Je voa! tornft vers l'otô dé mon peiré et ie laî deraî : Peiré, 
i'é péleba contré le bon Diu et contré té. 

i9. Je ne sai pas mé digne d'eitré appelle ton valet/ traita-mé 
quemein l'on de ton domestico. 

20. E parti don por allft vers son peiré; et quemein l'étaî ancora 
bein loin, son peiré le ve veni et ein u pedia, et correin u devant 
dé lui, s'arrotcha * à son cou et le ba^a. 

21. Mais le valet laî déjà : Mon peiré, i'é pétcha contré le bon 
Diu et contré té; ie ne sai pas mé digne d'eitré appellft ton valet. 

22. Mais le peiré de à sou domestico : Apporta la pllhie balla 
roba et metté-la laî, metté-laî onna bagua u daîetdeibottéès pia. 

23. Amenft-mé le vé gras et touadé-lo et no farein onna granta 
fêta ein lo meindzein; 

24. Pasquié mon valet, que veteinquié, iré mort et que I'é res- 
suscita, l'étaî perdu et lé rétrovft. Et quemeinbiron à fétéhi. 

25. Mais quemein l'anbian * dei valets, qu'iré u travô daî tsan, 
reintravé et que l'approtchivé dé l'otô, fut tôt ébahi d'ouré tsantft 
dei tsanfon et la bruison dé la danfé. 

26. L*appaîlé on domestico por laî demanda cein qu'i en étaî. 

27. Lo domestico laî de : Ton fraré est réveneu et ton peiré a 
boutséia le vé gras pasquié l'a rétrovft san et sauvo. 

28. Mais le valet se corrohia gros et ne volaî pas eintrft» et son 
peiré étein veneu foer * le préia d'eintrft. 

29. Mais le valet répondai en desein à son peiré : Veteinquié, laî 
la tant d'anftîé que ie té serve sein que jamé ie t'ausso * désobéi 
ein rein, et portant te ne m'ft pi jamé bailla on tsevri por féré onna 
réjouissance avoué mou z'amis. 

30. Mais quand sticé, ton valet, révint après avai meindja tôt 
son bein avoué dei fenné dé rein, t*ft fé touft le vé gras por lui. 

31. Et son peiré laî de : M'n'einfan, fft todzor itft avoué mé et 
toi cein que i'é est à té. 

32. Ne falibiai-te pas féré onna fôta et se rédcoî diquié ^ sticé» 
ton firaré, iré mort et que Té ressuscitft ; que Tiré perdu et que I'é 
rélrovâ ? 

' Aes gooHM. -^ * PeuMot. Voy. Mau$a, — • 8e jeU. — « L'aDclen, rataè. 
- • Dehon. — • le t'aie. — ' Puisque. 



440 APPENDICE. 



VIII 

Patois d*0rmont»-Dewu8 ( Vand). 

TrûêueUon du Comervateur muse, tome VI, page 445, 
revue pour torthographe. 

11. On homme avai dou valet^ 

12. Don le pley xouvene dese à son pérè : Mon pérè^ tuiille-mé 
mon drai de bain que y mé dai veni; et é lau parla ua sou bdn. 

13. Et pou dé dzor apré, quand le pley eouvene a tôt z'u amassa, 
é s'ein alla défour ^ ein on pays loôn^ et lé é rimpleya* son l)ein ein 
vivein ein prodigue. 

U. Et quand er'a tôt l'u impleya, onna grossa fiimena vené in 
ci pahi-lé, et é queminca à être dein la dixetta. 

15. Adon é se buëta * û service d'on de z'habitens dé ci pahi que 
renvoya su sou bein voirda lou coyons. 

16. E r'are* bein volu se passa la fam de lé carrozes que loa 
coyons médzivoUy ma nion ne lay in baillivé. 

17. A la fin é reintra ein li-môme, et dese : Vuére y a-t-é dé 
dzeins à gadze tchi mon pérè, qui an de pan à medzi prau mataîre, 
et mé ie craive de fam. 

18. Audri don ver mon pérè et ie lai derai : Mon pérè^ i'é pelil 
contre le ciel et contre té. 

19. lé ne sai pas mé digne d'être nomm& ton valets fâ mé kmet 
à Ton dé tou z'ouvray. 

20. E parte don, et s'in vene trovft son pérè, que, l'apercevea 
de loën, fe totzay de pedbi, corre vers lui, se dzetta sus son ooa 
et le bésa. 

21. Ma le valet lai dese : Mon pérè, i'é petzft contre le del et 
devan té, ie ne sai pas mé digne d'être appelft ton valet. 

22. Mfl le pérè dese à sou garzeillon^ : Apportâ-mé la pley balk 
roba, et la lai bouôlft, et bailli-lai onna vertietta in sou day et de 
lé bottes es pias. 



APPENDICE. 441 

23. El amena-mè le vé grft et le maisalft*; metien et fàssin 
teuina tifara; 

24. Porsen que mon valel que vaitie étai mort el ère retornft en 
vie; etéM perdo, mft ère retrovfl; et ie keminçaron à féré bouéna 
nira. 

25. Mft le pley vieilleo de sou valet étai es txan^ et kement é re- 
venial et qu'é apretaivd de la meîson, é feinteinde la mousîqne et 
le danlielles. 

26. Et ère crift on des ganeilions, et lai eintreva que cen haillive. 

27. Et le ganeiUon lai a de : Ton frare è vegnu et ton pérè a 
maisalâ ' le vé grft, por cen que l'a recevra in bouéna santé. 

28. Mft é se corroça et ne vouéle pas intrft. Son péré don étant 
saiUi, le preiyve d'intrft. 

29. Mft é réponde et dese à son pérè : Vaitzé^ y a tant d'annayes 
ipie ie té servou, et ie n'é djamé transgressft ton kemendement» et 
te ne m'a djamé baillie on tsevri por fére bouéna tzira avoué mou 
z'aml. 

90. Mft quand ton valet ^ que vaitaique, que i'a medzie tôt son 
bein avoué le fenes déboutsies, è vegnu, te laî a maisalft le vé grft. 

31. Et le pérè lai dese : Mouen'enfant, fé todzor avoué mé, et 
tôt cen que i'é è tin. 

32. Mft ie fàlliai foire bouéna tzira et se redzoî por cen que ton 
fraré que vaitaique étai mort et ère retornft ein vie, er'étai perdu 
et ère retrovft. 

« Hehors. — • Dissipa. — * Mit. — « Et il anrait. — • A ses valets, à ses 
domestiques. — * Et le tuei. — ^ Voy. MafkoUa. 



IX 



Patois de Montrenx (Vaud). 

11. On homme aval dou valet. 

12. Et lo derrai dit à son père : Mon père, baille-mè la fonda de 
bin que mè dai veni. Adan lo père lau partadja son bin. 



442 APPBNDICE. 

13. Et poa dé dzè aprai, quand lo pile dxoaveno di valets l'a 
z'au tôt ramassft^ l'è parti déûro dein on pahi éthrandiî, el l'a 
medâ tôt son bein ein vivein dein la débautze. 

li. Aprai ke l'a z'au tôt medzi, i l'è venu onna granta tanuÊU 
ein ce pahi inque^ et l'a kemeinci à éthre dein la misère. 

15. Adan il est parti por allft s'eingadzi kemein domestique vé 
ion de Teindrai, que l'a einvonyi su se terre por vouwdâ se pouor. 

16. Et il arai bin voUhu pouai medzi di gouaffe ' que lé pouer 
medzivan, mft nion ne lai ein baillive. 

17. Adan sondzive eintre li, et i s'è de : Vouéro Id y a de dzein 
tzi mon père, ke l'an tôt cein que voulan, et mè que mouetro de 
fan. 

18. Mè léveri et partetri por allft v6 mon père, et lai deri : Mm 
père, lié pétzi contre le ciè et contre te. 

19. Et ne su pas digno d'éthre appela ton valet ; tretta*mè kemào 
ion do tè z'auvrai. 

20. Dinse dan i l'è parti et i Fè venu vô son père. Et kemein i 
l'éthai onkora Ihiein, son père l'a iu et l'a z'au pedhî dé li, i le 
z'au au-dévant de li, et lai y a sautft au cou et l'a einbransi. 

21. Et son valet lai dit: Mon père, lié pétzi contre le ciè et 
contre te, et ne su pas digno d'éthre appelft ton valet. 

22. Mft le père dit à se domestiques : Apportft la plie balia roba 
et babellhi-lo, et mette*lai onna bagua ou dai, et di botte i pi. 

23. Et meuà-mè le vé grft et tiftde-lo ; medzein-lo et redzoiea* 
sein-no ; 

24. Pace que mon valet, que vo vaide, le creyé mouort et i l'è 
revenu vivein ; i Téthai perdu et s'è retrovft. Et kemeinciran à se 
redzoî. 

25. Mft lo plie villho di frare que l'éthai i tsan, l'è revenu^ et 
kemein il approtzive de la maison, il a oudzu tzantft et que dans* 
hivan. 

26. Et ayant crift ion di domestiques, lai démanda cein que l'ire. 

27. Stice lai y a répondu : Ton firare è revenu et ton père a tiâ 
le vé grft, pace que l'a retrovft ein bounna santé. 

28. Mft i s'è boutft ein colère et n'a pas volu approtzi la maison. 
Et son père è sallhai por lai dere dé veni dedein. 



APPENDICE. 44S 

89. Mft i lai y a r^ndu : Lai y a tant d'annales que tè servego^ 
sein jamé f avfti rein fé de paîna, et te ne m'as jamé baiili on tzevri 
por mè redioî avoué mè s'amis. 

90. Mft quand ton valet, que vaitinque \ que l'a tôt medzi avoué 
di fômalle de mauvaise vie^ è revenu, fa fé tift le vé grft por li. 

31. Et son père lai dit : Mon valet, t'é todzè avoué mè, et tôt 
cein que l'é l'è tio *. 

3t. Mft fallhai bin fére on fricot et se redzoî, pace que ton frare 
i rétliai mouort et i l'è ressuscitft; i l'éthai perdu et i se retrovft. 

* Gousses. — * Voilà. — ' Litt. : Et tout ce que j*ai il est tien. 



Patois de Ghftteau-d'OEx ( Vaud ). 

il. Oun hommo d'aval dou fe. 

12. Et lo pthe dzoueno dit' à cbon païrè : Mon paîrè badhi-mè ' 
la part dou beun ke mè revint. Et lo paîrè lau z'a partadzi son beun. 

13. Et pou dé dzor apri, quand lo pthe dzoueno fe d'à z'au tôt 
ramacbft, i che n'alla dèfrou dein on pahi bin leun, et inke i d'à 
medzi tôt cbon beun eun viveint dein la déroute. 

ii. Et apri que d'à z'au tôt dépeinchft, ounna granta famena d'è 
arrevaîe dein chi pahi einke et d'à coumethi d'ithrè dein la mijére. 

15. Adan i che n'alla et chè bouta ou chervisso d'on di z'habi- 
teint dou pahi, ke d'à einvohi dein chè pochession por vouardft le 
pur. 

16. Et i d'arai déjirft pouîai' chè rassajift di douthè' ke le pur 
medzîan, mft nion lai je n'a badi. 

17. Adan i d'è revenu à li-m!mo, et ch'è peinchft : Vouèro a-t-e 
de merchenairo dein la maijon de mon paîrè, ke d'an dou pan 
prau mataire, et mè ion mouîro de fàn. 

18. lou mè lévèri et iou mè n'audri ver mon paire, et iou lai 
deri : Mon paîrè i'é petzi contré lo tbi et déant le. 



444 APPENDICE. 

19. El lott chu * pas mé digoo d'itfarè appalft ton fe. Traitta-mè 
commeun on de tè mercbenairo. 

20. I chè leva dan et d'è revenu ver ebon paire, et commeim 
d'èthai onkora lun, ehon pûrè l'a vu, et d'è j'au * totsi de compa- 
chion, et d'à eorrei à li, s'è aecoudhi * à chon cou et l'a ba^i. 

21. Mft lo fe lai y a de: Mon paire, i*é pètzi contre lo thi et 
déan tè, et iou cbu pas mé digno d'itbrè appalft ton fe. 

tS. Et lo paire d'à de à se gartbons : Apporta la ptbe btlla robs 
et la lei bouta. Boutft-lei onna bagua i dal et di botlè i pi. 

23. Et amenft-mè lo vî grft et tift-lo et fein bounna vie ein lo 
medzein; 

24. Car mon fe, que d'è einke, d'ètbfti mouart, ma d'à rèehu- 
cbitft, i d'ètbfti perdu mft cb'è rètrovft. Et d'an coumetbi de 1ère 
bounna vie. 

25. Mft adan lo ptbe antbian * di fe d'ètbfti i tsan^ et commean 
i revegnfti et ke d'approtsîè de la maijon, d'à oiu la miyika et le 
dantbè. 

26. Et i d'à crift on di gartbons, et lai y a dèmandft cbeîn ke 
d'ètbfti. 

27. Et cbi gartbon lai y a de : Ton firarè d'è revenu et ton paire 
d'à tift lo vî grft, parcbe ke l'a rètrovft ein bounna cbeindft. 

28. Mft i cb'è boutft ein colère et d'à pas volu eintrft, et ebon 
paire d'è cbadfti * et l'a prayi d'eintrft. 

29. Mft lai y a répandu et i d'à de à ebon paire : Vaitaô ke lai y 
a tant d'an ke tè chervo, et i'é ^jamè manquft à tè j'ouordrè, et tôt 
parai ton m'a ^amé badi on tzevri por férè bounna vie avoai mè 
j'amis. 

30. Mft quand cbi inke ton fe, ke d'à medzi ton beun avoai di 
fèmallè de crouie vie, è arruvft, tou lai y a tift lo vî grft. 

31. Et lo paire lai y a de : Moun einfont, fî todzor avoai mè et 
ti mè beun sont à tè. 

32. Adan i fadbai fôrè bounna cbére et se rèdsobi per tsi ke chi 
inke, ton frarè, ètbfti mouart et i d'è rècbucbitft, i d'ètbfti perdu et 
i d'è rètrovft. 

• Donnei-moî. — • Pouvoir. — » Govssoi. — « Et je rail. — • Et il a été. 
— • Il s'est jeté. — ' Ancien, ftfé. — • Sorti. 



APPENDICE. 445 



XI 



Patois de la Baase-Oniyère ( Fribourg ) . 
TraduetUm due à VobUgeanee de M. Chenaux, curé de Vuaden$. 

11. On omoQ Tavey dou fe. 

12. On dzoua le plie dzoûnou dey dou Ta de à son ségni^: Ségna, 
baillidé-mô la pâ dé bin que mé révint, et son ségna l'a partadzi 

son bin por 11. 

13. Rotié dzua ^ apri, quand l'a j'aou tôt ramachft, sti dzoûnou 
sch'in d'é ind'allâ ' voyadsi din on pays lientin, et ley a fey allft 
tôt son avey in menin poutta la. 

14. Et quand l'a j'aou ' tôt fey allft > l'est arrouvft din cbi pays 
ouna grôcha famena, et li achebln l'a quementhi à suffri la fan. 

15. Et l'est j'elâ s'accovintft * vë on individu dé cbi pays que l'a 
invottî din sa méjon tzampitbra po vuerdft lé puè. 

16. Ey l'arey praou volu s'implft le vintrou dé cbin que lé puè 
medzivant, mft gnion ne ley in baillivé. 

17. Rintrin in li-mîmou, scb'é betâ à dre : Vuérou dé J'6vray 
din la méjon dé mon ségna l'an daou pan à fojon * et mé ey crey- 
von cbe dé (an. 

18. Lèvi duebe* I vé alla vè mon ségna et ley deri : Ségna, mé 
scbu fotn daou bon Diu et dé vo. 

19. Ne mertou pâ mé dé passa po vouthron iè; traitâdé-mé que* 
min on dé vouthré fôvray. 

20. Cb'é leva et l'é j'elâ vè son ségna. Ey Pétbatt adi bin lien 
quand son ségna Ta iu; et le eaou ley a gnâ % Vè eorrey, ley est 
saoutâ aou cou et l'a imbranebi. 

21. Et adon son fe ley a de: Ségna, mé su fotQ daou bon Dtu et 
dé vo; ne mertou pâ mé dé passa po voatbroD Iè. 

22. Adon ey dit à se diertbon* Apportadé vutoa* se M J'allon 
d'on iadzou ^\ vitbidé-lou et betadé oooa baga i son dey ei d«y 
botté à se pi. 



4M APPENDICE. 

23. MeDadé-mé chi vi grft et tiadé-lou ; no le medzérin et no no 
tindrin dzoiaou ; 

24. Parche que chi buebou ", que l'est mio, iré muA et l'est ré 
in ia^ iré perdu et l'est rétrovft ; et l'an kemeinthi à fére bénichon". 

25. Ma le plie viliou dey fe^ qu'iré pè lé prft, quand s'in d'est in- 
révignait et que lé j'aou pri dé la méjon, la ohiu lé guigué " et lé 
danthé. 

26. Et Ta cria on dey dierthon et ley a demanda chin que n'in 
d'ire '*. 

27. Stiche ley a de : Vouthron fraré l'est révignait^ vouthron 
ségna VaTié tiâ le vi grft parche que l'avey rétrovâ son fe in 
bouna ia. 

28. Tôt corrothi, sti fe l'a réfousft d'intrft. Son ségna adon l'est 
schaley " et ley a de dé vini dedin. 

29. Ma li, in rémolin ^ l'a répondu à son ségna : Ley a bin dey 
j'an que travaillou avuey vo, djamé ne vo j'é contreyi, ma djamé 
vo m'ey pire bailli on tzevri po régalft mé z'ami. 

30. Ma ora que l'autrou inque, que la cassfi tôt son bin avuey 
dey grel&te ^^ l'est revignait, vo j'ai tiâ por 11 le vi grft. 

31 . Adon le ségna ley a répondu : Ti totèvi >" j'aou avuey mé, 
té ; et tôt chin que l'é l'est tio. 

32. Mft ey falliey portant se rédzoî et fére fîtha, parche que ton 
fjraré, que l'est inque^ iré muft et l'est ré in ia, iré perdu et l'est 
rétrovft. 



« Quelques jours. — * Seh'in ifê iiutalla, U s'en est en allé. ^*Bt 
Va j'aou, et quand il a eu. — * Voy. Akatwemta. — * A foison, en abondance. 

— * Loin d'ici! — ^ Litt. : Et le cœur lui a noué.— * Voy. Guenon. — * Vite. 

— *• D'autrefois, de ci-devant. — ** Garçon. AU. hube. — ** Fête. Voy. Be- 
neehon. — ** Les YÎolons, la musique. — ** Ce qu'il en était. — ** Sorti. — 
** En grommelant, en murmurant. — " Voy. Grelotte. — '* Voy. la traduc- 
tion N* I, note 14. 



APPENDICE. 447 



XII 



Patois de la partie moyenne du canton de Fribourg, soit du pays qui 8*étend 

entre la montagne et la Broyé. 

Traduction du Hév. chanoine et arehidiaere Fontaine , de Fribourg , 
telle çtf'elfe eit donnée dam leê Landessprachen der Schweii, 

du doyen Stalder, 

1 1 . Oun omou l'avei dou fe. 

12. Lou plbe ' dzouvenou d'intrè lau l'a de on dzoua à schon 
peire : Schègna ', baillî-më mon drai de bin. Lou peire lou lei y a 
baillî. 

13. Scbitschè' n'a pfi fei grantin por tôt rapertscbî, et Tè j'elâ 
dan on pabi ètrandjî, lô Ta tôt ètranibft * pèr scbè dèboûtze. 

M. Quand Ta adon j'au * tôt medjî^ Tè vigniei ouna grôscba fa- 
mena dan scbti pabi; et li Tè tschijei* dan ouna tôla mijère, que 
l'è j'elâ scb'acovantâ ^ vêr on retz omou dé pèr inque, que l'a 
manda vêr scbè grandjî * por vuèrdâ Tprinmé bîtè *. 

15. Lé Tarei bin volu avei scbon scbou '* dei plbumiscbè " que 
scbè puer medjîvan * ma nion ne lei in baillivè. 

17. A la fin l'è rintrft in li-mîmou pèr la scbovegnanscbe dau 
tin pascbâ, è scb*è de : Vuérou lei y a-t-e de dyèrson ^ dan l'otlô 
de mon peire, que l'an prau pan scbin poscbin '*; et mè craivo 
de film scbé. 

18. I mè vu ind'allft, et rètomft vôr mon peire; i lei deri: 
Schègna, l'é pètscbî contre lou bon Diû et contre vo. 

19. Ne scbu pâ mé dignou d'ître appellft voutroun infant. Fédè- 
mè queman à ion de voutrè scbervetau. 

20. L'ôtrou scbè leivè scbu scbin ^S et scb'in va vêr scbon peire. 
Lou bon scbègna l'a iu vini dza du tôt Ibin; i scb'in d'è fei mô '*; 
lei y a correi au devant; l'a abranscbi, et l'a béjî. 

21 . Schon fe lei y a de : L'é pètscbî contre lou bon Diû et contre 
vo ; i ne scbu pâ mé dignou d'ître appellft voutroun infant. 



448 APPENDICE. 

22. Ma lou peire, schin lou léschi fournir^ l'a tôt loa dni de è 
schè schervetau : Âpportâdè vitou scbè la plhe balla roba, betâdè- 
la lei ; mettè-lei ouna bagua au dei, et n'aublbâdè pft dei bft et dei 
sebolft por scbè pî. 

23. Et pu prindè lou vî grâ, et tiadè-lou; no lou voUn medy!, et 
no règftifi. 

24. For scbin que scbti l'infant, que rîrè mouft, l'è rèscbuschilâ; 
rîrè perdu, et Tè rètrovâ. Et l'an queminscbî à fére fita. 

25. Intrètan " lou plbe viliou dei fe, que l'irè per le txan, l'è 
rèvignei à l'ottô. Quand l'è J'au on poû prî, l'a obiu le menètrei, 
qu'on scbautftvè '' et qu'on tzantftvè. 

26. L'a demanda frou ion dei dyèrson, et lei y a intrèvft ^* schia 
que scbin l'îre. 

27. Lei y a repondu : L'è voutron frarè, que l'è rè prî*®; ^ voa- 
tron schègna, tôt dzoyau de lou reveire in bouna scbandâ, l'a fâ 
à tift lou vî grft. 

28. Scbitscbè l'a j'au tant à mô *\ que ne volei pâ intrâ. Lou 
père l'è don scbalbei ** por lou prindre de bounè ** et cudbî** Ion 
fére intrâ. 

29. Ma li, l'a repondu à scbon scbègna : Lei y a tant de j'anque 
vo schèrvescbou : Vo j'é totavi '^ cru» et por tôt cbin vo ne m'ei 
djèmé pire bailli on botzet por lou medji avoue! mè j'èmi. 

30. Ma ora que scbitscbè de voutrè fe l'è arrouvâ aprî aveî tôt 
ingaulA *" avoue! dei djoûmè '% vo fédè à tift por 11 lou vî grâ. 

31. Adon lou scbègna lei y a de : Men infant, tè, f î totavi avooei 
mè, et tôt schan que l'è mio, l'è tio. 

32. Mft on ne pue! pft de min *" que de scbè rènovalfi ^ et de 
scbè rèdzoyî por scban que scbti l'infant, que l'îre mouft, l'è rè in 
via; que l'îrè perdu, et l'è rétro vft. 

* Nous écrivons Ih pour exprimer une / mouillée. Voy. la note à la fin de 
la lettre H. — « Voy. Segna. — * Celui-ci. Voy. Stu. ~ * Litt. : où il a tout 
étranglé. — > Voy. Au, %'au. — * Tombé. Voy. Tsui. — * Voy. AkomebUa, 
— • Voy. Grand». — • Les cochons. Voy. Prm, — •• Son soûl. — " Gousses; 
litt. : épluchures. — ** Domestique, valet. — *' Sans sond. Voy. Pondm, — 
^* Sur cela. — » H en a eu pitié; litt. : il s'en est fait mal. — *^ Sans le lais- 
ser finir. — " Cependant. — *• Qu'on dansait. Voy. Chauia, — * Yoy. S»- 



APPENDICE. «449 

iréva. — ** Utt. : qui est de oouveau près. — ** En a été tellement piqué ; 
liU. : l'a eu tant à mal. — " Sorti. —** Pour le gagner par de bonnes paroles. 
— •* \oy. Cu4fhi. — •» Toujours. Voy. la traducUon No 1, note 14. — •• Voy. 
Eingaula. — ^ Ce mot n'est pas dans le glossaire de Bridel. C'est probable- 
ment le même que ehouma. — " Mais on ne pouvait faire moins. — ** Se ré- 
jouir, se récréer ; litt : se renouveler, qu'on entend aussi dans le français de 
nos contrées. 



XIII 



Patois d'Estavayer (Fribourg). 
Traduction due à Vobiigeanee de M. Musard, avocat, syndic d^Eiiavayer. 

11. On hommou avain dou fe. 

12. Adon le plieu dzouvenou din dou dit à son père : Mon père, 
baillidè-më la pâ dé voutron bin, que din mè réveni. Et le pére 
Ton z'a bailli son bin à partadzi. 

13. Pou de dzo apr!^ le plieu dzouvenou fe, apri avain rassim- 
bllâ lot çan que Tavft^ Ta parti por l'étrandzi et bin lien, et lin ia 
medzi son bin, in vicsant poutament '. 

14. Quand l'eut tôt riflft, Tè vignft onna grôcba famena dans ci 
pahi, et queminça à se trovft dans la misère. 

15. le l'è don z'elft, et s'est accovantâ vê on habitant de ci pahi. 
Adon stice l'a invobi dans sa méson de campagne por gardA (ou 
vouer dd) le pouai. 

16. Déserftvé se rassasia de pellhi ' que le pouai medzi von; mft 
Dion lin in baillivé. 

17. Adon ie l'è rintrft in li-mîmou et dit: Youérou de servetaen 
in tzi mon pére, l'on don pan à fouéson, et mè ce, ie cravou de fan. 

18. Mè leiveri et ondri ' vô mon pére, et lin deri : Pére^ i'é petzi 
contre le ciel et à voutrè je. 

19. Ne su pa mé mertan * d'ître appella voutron fe ; trètadè-mè 
queman ion de voutrè z'ovrâ. 

20. Et se levant, ie vint pr! de son pére. Queman l'îrè oncora 

■ÉM. rr DocuM. XXI. S9 



450 * APPENDICE. 

lien, son père l'appéchu» et fut totzi; Ta corrâ Irin ridou^ lin a 
chaontâ on cou, et Ta imbransî. 

81. Et le valet lin dit : Pére^ i'é petzi contre le ciel et à vootrè 
je ; ne su pa mé mertan d'ître appelle voutron fe. 

22. Mfi le père dit à se servetaen : Âpportadè vitou sa premire 
roba et betadè-la-lâ; betadè lin onna bagua à son dft^ et OBDalaos- 
sere à se pî. 

23. Amenadè assebin le vî gras et tiadè-le; medzin etred- 
zoyin-no : 

24. Car mon fe, que veitzè, îrè mftu, et ie revit, îrè perdu ei 
l'est rètrovft. Et se sont met à mena bonna via (ou à fm boim 
tzai*), 

25. Mfi son fe le plieu vîllhou îrè dans le tzan ; et quand révi- 
gnavè, et que i'approtzivè dé la mèson, ie l'inteindit onna masia 
et pu din dansé. 

26. Adon ie l'a appellft ion dé se servitaen, lin ia intrévâ çin 
que çan îrè. 

27. Le servetaen lin répondit: Voutron firare rèrévignfi, et vou- 
tron père l'a tia le vî gras, parce que Ta rètrovâ son fe in bouoi 
sanda. 

28. le fut corossi^ et ne voliavè pa iutrft. Adon son père qifirè 
saillâ ' se met à le prayi. 

29. Mfl li, répondant, dit à son père: Veiteque tant d'aoDlteqBe 
vo servou, et jamè n*è manquft à voutrè quemandèman, et jamé 
vo ne m'in baillî on tschevri por fére bounna tzai avonin oè 
z'amis. 

30. Mfi dupuque' sti l'autrou fe, que l'a dévourfi son binavoui 
din fennè de perdition (ou de crouyou renom), l'è revignfi, voila 
tia por li le vî gras. 

31. Adon le père lin dit: Mon fe, tè, t'i adî avouinmè,ettoiçu 
que l'est à mè l'est à tè. 

32. Mfi ie falliavè fère onna règalfiie et se rédzôî, parce que ton 
frare îrè mfiu et ie revit, îrè perdu et l'è rètrovfi. 

• Laidement, vilainement— • Gousses, épluchures. — » C'est le id*iw<I* 
atldrt, futur de alla. — * Litt. : méritont. — • Bien vite. — • Bonne cbêft 
— ■» Sorti. — • Du moment que. 






APPENDICE. 451 



XIV 



Patoit de Saint-Cierge (Vend). 

TradueUon communiquée par U dcyen Bridel au doyen Stalder^ et imprimie 
éam les Landeupracbeii der Scbweù de et dernier. 

11. On homou avai dou fe. 

12. Dont lou plhe dzouvenou dese à son père : Baille-mè la por- 
cbon dau bin que mè dai revenir. Dinsé ' lou père lau partadza 
son bin. 

13. Et pou de dzor apri^ ci plhe dzouvenou fe^ apri avai tôt re- 
treint% s*în d'alla dèfrou din on pabi bin Ihien, et ie lai medza 
son bin in vèquessin ' din la dèboutze. 

U. Apri que Tu tôt dispansâ^ ie vegne onna granta famena in 
ci pabi-lè, et ie cominça à îtrè din la povrèta. 

15. Adan ie s'in d'alla, et se mette au serviçou de ion dai z'ha- 
bitins de ci pabi-lè^ que l'invouya din se possèchons por gardft lè 
caîons. 

16. Et ie Tarai bin voUhu se soûlft dai gousse que lè caîons 
medzivan ; mft gniou ne lai y in baillivè. 

17. Rèvegnai dan à limîmou, ie dese : Guièrou ' lai y a-t-e de 
dzio ai gadzou de mon père, qu'an dau pan in abondance, et mè 
iemouîro de fao. 

18. le mè lèvèri et m'in audri vers mon père et lai deri : Mon 
: père i*è pètzi contre lou ciel et contre ^ tè. 

19. Et ie ne su plhe dignou d'itrè nonmft ton fe; trita-mè comin 
. ion de tè domestikou. 

20. le parte dan, et vegne vers son père, et comin ie Fîrè encora 
. Ihien, soo père lou ve et fu totzi de compachon, et corrin à Ihi, ie 

se tsampa* à son cou et lou bèsa. 

21. Et son fe lai dese : Mon père, i'è pètzi contre lou ciel et 
'i contre tè, et ie ne su plhe dignou d'itrè nonmâ ton fe. 

' 22. Mft lou père dese à se servitau : Apportft la plhe balla roba 



452 APPENDICE. 

et l'in habelhidè et mettè-lai onna bagua au dâi et dai solâ àsè pL 

23. Et amenft on vî grâ et iou tiadè, medzin et redzoîen-Do ; 

24. Porcin que ' mon fe, que vaitze^ irè mort, et ie l'è rèvegnai 
à la via, ie Tiré perdu, ma ie Tè retrovft; et ie cominciran è se 
rèdzoî. 

25. Cepindin son fe aine qu'îrè ai tzan revegne ; et comin ie l'a- 
protzivè de la méson ie Tohie' le tzan et le dansé. 

26. Et ie demanda ion dai servetau à coui* ie Tintrèva cin que 
cint'îrè>^ 

27. Et iou servetau lai dese : Ton firare è de retor, et ton père a 
tift on vî grâ porcin que l'a retrovâ in bounna santé. 

28. Ma ie se mette in colère, et ne vollhe pâ intrâ. Son père dan 
saille et Iou praïa d'intrâ. 

29. Ma ie réponde à son père : Vaitze, ie lai y a tant d'annâiè 
que ie tè servou, sin z'avâi djamé contrèvegniai à ton coumande- 
min et te ne m'a djamè bailli on botzet^^ por mè rèdzoî avvoné 
mè z'ami. 

30. Ma quand ton fe, que vaitze, qu'a medzi tôt son bin awoué 
dai fennè dèboutzè, è rèvegniai, t'a fé tiâ on vî grâ por Ihi. 

31. Et son père lai dese : Mon fe, t'î adè awoué mè et tôt cin 
que i'è è à të. 

32. Ma ie fallhai bin férè on festin et se rèdzoî, porcin que ton 
frarè, que vaique, îrè mort, et ie l'è rèvegniai à la via ; ie Itrè 
perdu, et ie l'è retrovâ. 

* Voy. Dainge. — • Serré, ramassé. — ' En vivant. — * Combien. — » Om- 
tre et contre. La même personne prononce souvent des deux manières. — * Il 
se jeta. ^ ^ Litt. : Pour cela que. — * il entendit. La syllabe Me se prononce 
comme la troisième syllabe du français grasseyé, — * A qui. — *<^ Ce que ceb 
était. — ** Jeune bouc, chevreau. 



APPENDICE. ii53 



XV 



Patois du Jorat (Le Mont, sur Lausanne). 

11. Lâi avfti on iâdzo on hommo qu'avfti don valet. 

12. Et lo plhe dzouveno l'a de à son père: Père, baillî-mè la 
pochon de bin que mè vint. Et laou partadza se bin. 

13. Et quokè dzo aprî^ quand lo plbe dzouveno l'a z'u tôt ra- 
massa^ s'è ein alla dein on pahi bin Ihein^ et lâi y a tôt medzi son 
bin ein meneint petita via. 

U. Et quand l'a z'u tôt rupâ *, l'è arrevâ onna granta famena 
(ou di$etta) dein ci pahi^ et l'a coumeinci d'ître dein la misère. 

15. Adan l'è parti et l'è z'u à maître vè ion de Feindrai^ que Ta 
einvouyi dessus se terre po garda le caïons. 

16. Et l'arfti bin vollhu se remouâ la fam * avoué le goûfè ' que 
le caïons medzîvant, ma diabe la fraisa qu'on lâi y ein baillivè ^. 

17. Hora ie s'è peinsâ ein li-mîmo et le l'a de dainse : Diéro lâi 
ya-t-e portant d'ovirâi dein la maison de mon père^ que l'an dau 
pan à medzi tant que vollhant^ teindu que mè^ mè faut erèvâ de 
fam pèce ^. 

18. le su décida de reparti vé mon pére^ et ie lâi deri : Père, Vé 
manqua einver vo et lo bon Dieu. 

19. Et ne mereto peka* que vo mè diéssa ' voutron valet; trettâ- 
mè coumein ion de voutrè domestiquo. 

20. L'è dan parti po retomâ vé son père. Et coumein l'ètâi onco 
Ihein^ son père l'a apèçu^ et lâi ya fé mau bin *; l'a corrâ à son 
reincontro, lâi ya cbaoutâ aou cou et l'a eimbrassi. 

21. Ma son valet lâi ya de: Père, i'é manqua einver vo et lo bon 
Dieu, et ne su peka digno que vo mè diéssa voutron valet. 

22. Et lo père a de à se domestiquo : Apporta le plhe bian 
z'haillons% et que le mette; et mettè-lâi onna bagua aou dâi et dâi 
solâ fti pî. 



454 àPPBNBIGE. 

23. Et amenft-mè lo vî grft, et tiftdè-lo ; medxein-lo et nd- 
zoîen-Do; 

24. Du que'* mon valet, que vâike, l'ètfti mo et l'è revegniieln 
via ; rètfti perdu et s*è retrovft. Et coumeincirant à laou redxoî. 

25. Mft lo plhe vîUho dfti valet rètfti aou tzan ; et coumeim ie 
revegnfti et que rapprotzivè de la mftison. Ta ohiu la musica et U 
danse. 

26. Et l'a cria ^ ' ion dâi domestique, et Ifti ya demanda que Tiré 
cein. 

27. Et lo volet Ifti ya de : Ton frftre è revegnfti, et ton père a 
tift lo vî grft, parce que Ta retrovft san-k'è-nè ^. 

28. Mft ie s'è fotu ein colère, et n'a pas voUhu eintrâ; et son 
père è saill&i et Ifti ya de de veni dedein. 

29. Mft l'a repondu à son père : Lfti ya portant bin dfti l'annâbi^ 
que su avoué vo, et n'è jamé contrèrahi voutron coumandèmeint; 
et tôt parfti vo ne m'fti jamè baillt on cabri po mè regalft avoué 
mè z'ami. 

30. Mft quand li, voutron valet, qu'a tôt rupft son bin avoué le 
garcè, è revegnfti, vo z'fti tift lo vî grft por li. 

31. Et son père lfti ya de : Mon valet, t'î adi avoué mè, et tôt 
cein que i'è l'è à tè. 

32. Hora faillfti-t-e pas^' se redzoî on bocon^*, du que ton frâre 
qu'ètfti mo l'è ressuscitft ; l'ètfti perdu et l'è retrovft. 

* Mangé avidement, dévoré. — * Mot à mot : Se remuer la faim. — ' Us 
gousset, les carouges. — * Mot i mot : Hais diable la miette qu'on lui en 
domiait ; c'est-à-dire, on ne lui en donnait pas une seule miette. Voy. IHahlk. 
-- • Peree, pèoe, par ici. — • Plus. — « Disies. — • Litt. : Et il lui a fait nul 
bien ; c'est-à-dire, et il a eu pitié de lui. — * Hatilom, dans le Jorat et ail- 
leurs, aignifte les véUmenU en général. — ^ Depuis que, puisque. — " (Jru 
se dit pour appeler, quand U personne qu'on appelle est à une certaine éit- 
tance et qu'il faut crier, — ** Sain et sauf ; litt : Sain et net. — ** Maintenul 
ne fallait-il pas. — ** Un peu. Voy. Bokon. 



APPBHDIGE. 455 



XVI 



Patois d'Orbe (Yaud). 
TraduetUm due à roU^geonee de M. i)upm, profeueur au eoUége d'Orbe. 

il. Ifommo avai dou valets. 

12. Lo plhe dzouveno dese à son père : Mon pére^ baillé-mè la 
porchon dé bein que delsso aval. De soarta que lo père laô par- 
tadza son beîn. 

i3. Et côquiet dzoft après, ce plhe dzouveno valet, après que Tu 
toi ramassft, s'in alla firo din on pahi èloigni, et lei medza tôt son 
bein in vèquesseint din lo libertinadzo. 

U. Après que l'a z'u tôt dèpeinsâ, Tarreva na granta famena 
din ce pahi ike et îe commeinça à être din na granta misère. 

15. Adon ie s'in alla et se mette au serviço d'in habiteint de ce 
pahi ike que l'invouîa din se tzan por gardft le caïons. 

16. Et l'eiraî bein voeillu se rassasift dei racene que le caïons 
medzivant, mè gnion ne lai ien baillivè. 

17. Oblliedzi de reintrâ in lu-mèmo, ie dese : Dièro y a-t-e de 
dxein à gadzo tzi mon père qu'ont dau pan in abondance et mè ie 
moêro de fam. 

18. Mè leiveri et m'in audri vers mon père et lai deri : Mon 
père, i'è petzî contre lo ciè et contre tè. 

19. Et ne su plhe digno d'ètrè appelft ton valet, trèta-mè comin 
ion de tè domestiko ^ 

20. Et ie partece et Talla vers son père ; et comin l'ètai encora 
bein Ihien, son père lo ve et fe totzi de compftchon et coreçant à lu, 
ie se tzampa ' à son cou et lo bèsa. 

21. Et son valet lai dese : Mon père, i'è petz! contre lo ciè et 
contre tè et ne su plhe digno d'ètrè appelfl ton valet. 

22. Mè lo père dese à ses volets : Apporta la plhe balla roba et 
l'habellhi avoè et boôtft-lai * na bocllia * aô dai et dei solâ ai pi. 

23. Et amenft on vè gras et tiâtè-lo, medzein et redzoîessein-no; 



456 APPENDICE. 

Si. Parce que mon valet, que voeique, étai moft, et Tè revena 
à la via, l'étai perdu et l'è retrovfl. Et ie commeinçarant à se rédzoî. 

25. Gepeindein lo plhe villho dei valets qu'îré à la campagne 
revegne, et comin rapprotzivé de la maison, l'a ohiu * le tzansons 
et le dansé. 

26. Et ie cria * ion dei vMets et lai demanda cin que c'étâ. 

27. Lo volet lai dese : Ton frftre è dé retoi et ton père a tiâ (» 
vé gras, parce que l'a rétro vft in boênna santft. 

28. Hé se boëta in colère et ne voelie pas intrâ. Son père saillece 
et lo praïa d'intrft. 

29. Mé ie dese à son père : Yoeique, y a dza bein dei z'anniia 
que tè serve, sin aval djamè désobéi à ton cdmmandémein et te ne 
m'a djamè bailli on tscbevri po mè rédzoî avoé mè z'amis. 

30. Mé quand ton valet que voeique, qu'a medzi tôt son bein 
avoé dai fennè dé mauvaise via, è revenu, t'a fè tift on vé gras 
por Ihu. 

31. Et son père lai dese : Mon valet, t'é adé avoé mè et tôt cin 
que i'è è à tè. 

32. Mé faillft bein fére on festin et se rédzoî, parce que ton frare 
que voeique étal moft et l'è revenu à la via, l'étal perdu et l'è re- 
trovâ. 

* On dit aussi valet. >- • Il se jeta. — > Mettex-lui. V. Fr. bouter. -- « Litt : 
boucle. — * Il a ouï.— * Le verbe eriâ se dit généralement dans le seiu d'^ 
peler, 

XVII 

Patois de Marehissy (district d'Aubonne, Vaud). 

Tradudion reçue de M. Hermatm, itutituteur à GUnel, et due à tobUgeanee 

de M. Coindei, itutUutettr à Marehisty. 

il. N'homroe avfti dou guerçons ^ 

12. Et le plbe djouînne dese à son pftré' : Mon pftré, bailli^mé 
la part daou bîn que m*appartint. Et é laou partadza ses bins. 

13. Et pou dé dzeur après, quand le plhe djouînne goerçon eut 



APPENDICE. 457 

tôt ramacbft, é s'în alla défeur djin on paî éloigni^ et lé é dissipa * 
son bîn !n vivîn djin la débautsé* 

14. Et après que l'a tôt dépînsâ^ na granta famena arreva djîn 
ce paî tscbié \ et é queminça à être djîn la miséré. 

15. Alors é s'în alla, et se boueta aou service dé ion des babi- 
tîns daou paî, que Tinvouîa djîn ses possessions por guerdâ les 
caîons. 

16. Et é désiravé dé se rassasiy des gousses que les caîons 
medzivont, mais persena ne l'y în baillivé. 

17. Or/étîn reveniu à liu-môme, é dese : Djiaire y a-t-è dé do- 
mestiques* djîn la maîlson dé mon pftré qu'ont daou pan à remol- 
Iberao *y et mé, dze ^ mouaire dé fam. 

18. Dze mé laîvéri, et dze m'în airi vers mon paré, et dze l'y 
deri : Mon paré, dz'é pétzi contré le cié et devant té. 

19. Et dze ne su plbe rîn digne d'être appalft ton guerçon; 
traita-mé quemîn ion dé tes domestiques. 

20. E se leva don, et vegne vers son pftré. Et quemîn l'étfti onco 
llioîn, son paré le ve, et fut totsi dé compassion, et corîo à Ibu, é 
s'acouiellia à son cou et Timbrassa. 

21. Mais le guerçon l'y dese : Mon pfiré, dz'é pétsi contré le ciè 
et devant té ; dze ne su plbe rîn digne d'être appalâ ton guerçon. 

22. Et le paré dese k ses domestiques : Apporta la plbe balla 
roba, et l'în n'babeliy ; bouetâ l'y na bagua aou daaî, et des cbolft 
es pi. 

23. Et amenâ-mé le vé gras, et le tscboîdé ; et qu'on fasse bom- 
bance en le medzîn. 

24. Car mon gueiçon, que vaîiça, étaîi mort, mais l'est ressus- 
cita ; l'étaîi perdu, mais l'est retrovfi. Et é queminciront à fâré 
bombance '. 

25. Or son plbe villbe guerçon étaîi es tsan ; et quemîn é rêve* 
gnivé et que l'approtzîvé de la maîison, l'înttnde la musica et les 
dansés. 

26. Et ayin appalâ ion des domestiques, é l'y démanda ce que 
z'étaîi. 

27. Et ce domestique l'y dese: Ton firftré est reveniu, et ton pftré 
a tscboi le vé gras, parce qu'é l'a retrovft sain et sauf. 



458 APPBia>iGE. 

98. Mais é se boueta en Odlèré, et ne volllie pàs iiitrft ; et ton 
p&ré étÎQ challaî le priivé d'intrft. 

29. Mais é répcmde et dese à son pire : Vaîiça, é l'y a tant d'an- 
nâés que dze té serve et jamais dce n'ai transgressi ton (laenaii» 
dimîn ; et topari * te ne m'a jamais bailli on tscbiévro ^ por firé 
bombance aoué mes amis. 

30. Mais quand stizicé, ton guerçon, qu'à medzi ton bin acNié des 
ftoé dé mauvaise via ", est reveniu^ te l'y a tschoî le vé gras. 

31. Et le pftré l'y dese : Me n'Infent, té tordze aoué raé et loi 
mes bins sont à té. 

3S. Or é faillivé faré bombance et se rédzoî^ parce que stineé, 
ton fraré^ étaîi mort^ et l'est ressuscita; l'étaîi perdu, et l'est re- 
trovt. 

* Fils. On dit guerçan et quelquefois vaki ou infant. L'aîné, c'est le plke 
viUhe, le plus vieux ; le cadet, c'est le cadet, ie pUie (ffoCmie et quelquefois k 
houUton. — * A Marchissy on dit pdré ou père. — * On dit aussi é medut, il 
mangea. — * Dans ce pays-là. — * On dit aussi vétet, — * En abondance, 
à satiété. Voy. RemolUiemor. — ^ Je. Ce pronom varie beaucoup seloo tes lo- 
calités : t, ie, %e, d%ef de. — * On dit fâré bouenna chère ou fâré bovnbaneé. 
— * Cependant. Litt. : tout également. Voy. Parai. — ** On dit tschiépro et 
quelquefois cabri. — ** On dit aussi fimaliè ou putani. 



XVIII 

Patois de Gommugny, prés Goppet (Vaud). 

11. Un home aval dou garçons. 

12. Et le pe dioâne dit à son père : Mon père, bailli-mè le drai 
de bin ko mè vint. Alors le père leu z'y a partazia son bin. 

13. Et par de dzeur^ après, le pe dioftne, quand l'a tôt eu rama- 
cho'y i s'en est allô defeur', dans on pahi èloignîa, et Vy a mesia 
tôt son bin an fasan la via. 

14. Et après ke l'a tôt eu dèpanso, i'è arreva na granta famena 
dans ce pahi ikhe, et l'a kemancia de être dans la misère. 



APPENDICE. 459 

15. Alors i s'en est alto, et l'è antro dans le service de n'home 
de sti pahi ke l'a anvouya dans ses terres pè garde lou caïons. 

16. Et l'arrai bin vollhu se rassasie de ce que lou eaîons me- 
dvont, mais parsena Ten a baillia. 

17. Alors l'a réfléchia et l'a de : Combin a-t-è de zan eu gazes 
de mon père, k'ont deu pan an abondance, et mè de craive de fam. 

18. De mè lèverai et poué de m'en irai vé mon père, et de le 
dirai : Mon père, d'è pessîa contre le ciel et contre vo. 

19. Et de ne se piè digue d'être appèlo voutron garçon ; trettft- 
mè keman ion de voutron valets. 

!20. L'è don parti et l'è revegnu vè son père. Et keman l'ètaî 
onco Ihuan, son père l'a viu et l'a z'u pedîa de Ibui, et l'a corru 
contré Ihui, l'y a cbeuto eu cou ^ et l'a embrassia. 

21 . Et son garçon l'y a de : Mon père, d'è pessîa contre le ciel 
et contre vo ; et de ne se piè digne d'être appèlo voutron gargon. 

22. Mais le père l'a de à ses vftlets : Apporte la pe balla roba et 
mett!-leu, et mettî-leu na bagua eu dai, et des choift es pîas. 

23. Et ameno-mè on vè gro, et tiuo-le; mezein et rèjouissein-no; 

24. Pasque mon garçon, que vos vaidè, ètai mo, et l'è revegnu 
en via, l'ètai pardu, et pouè l'è retrovo. Et l'ont rekemancia à se 
réjoui. 

25. Mais le pe vîie, k'ètai à la campagne, é revegnu; et keman 
l'approssivé de la maison, l'a attendu lou chant pouè les danfè^. 

26. Et l'a appèlo ion des. vftlets à kouè l'a demande té k'y aval 
dans la maison. 

27. Et le vftlet l'y a dé : Ton firftré è de reteur, et ton père a tiuo 
on vè gro, pasquè l'a retrovo en bouna santft. 

28. Mais 1 s'è met an colère, et n'a pas vollhu antro. Alors son 
père é chorti et l'y a dé d'antro. 

29. Mais i l'a répondu à son père : Y a tant d'annôïes ke de vo 
servo sans aval jamé contreria* à voutron coumandament, et vo 
ne m'I jamè baillia on tièvro pè mè régale avoué mou z'amis. 

30. Mais quand voutron garçon, que vaika, k'a mezîa tôt vou- 
tron bin avoué des femallè dèboussia, è revegnu, vo z'î fè tiuo on 
vè gro par Ihui \ 

31. Et son père leu dit : Mon garçon, t'è tozo avoué mè, et tôt 
ce ke d'è é t'a té. 



460 APPENDICE. 

38. Mais fallhai bin fore " on festin poué se réjoui pasque Ion 
Mre, Ic'è ike, étai mo^ et l'è revegnu en via ; l'étai pardu^ et paoé 
l'è retrovo. 

* Ur ne sonne pas. — * L*o final de ramacho, et d'an grand nombre de 
participes et d'infinitifs, n'est qu'un a très fermé et tournant à To. — * Dehors. 
LV de dêfeur ne sonne généralement pas. — ^11 lui a sauté au cou. — * Les 
danses. — * Contrarié. — "* Pour lui. — * C'est le verbe fdre dont Va se pro- 
nonce très fermé, à peu près comme o. 



XIX 

Patois des environs de Genève. 
Traduction due àJobUgeance de M. Gustave RevUUod. 

11. On orne avai dou garçons '. 

12. Le plhé * djouâne desîve à son pftre : Mon pare, y faat me 
baill! la part du bein qui me vint. Alors le pare lous a partazi son 
bein. 

13. Pou de zeurs après, le plhé djouftne qu'avive' tôt amasbi, 
s'en alla defeur * dians on paî éloigna , et il y meza lot son bein 
dedians la débauche. 

U. Après qu'il eut tôt dépensa, il survint onna granda fam'na 
dedians ces paï, et il c'mença à être bien mis'rable. 

15. Alors y s'en alla et preit du service ci on habitant du paî, 
que l'envoya dedians ses propriet&s pé gardft lous cayons. 

16. Et il arai bein volu se rassasii des faviules^ que mezivont 
lous cayons; mais pressona ne luy en baillîve. 

17. Ayant réfléchi en luy-méme, y se desîve : Corobein y a-t-é 
de zens es gages de mon pare, qu'ont du pan en abondance, et mè 
ze meurie de fam. 

18. Ze me lèverai et ze me irai vers mon pftre, et ze li d'rai : 
Mon pare, z'ai péçie contre le ciel et contre vos. 

19. Ze ne sais plié digne d'être appelft voûtron garçon ; traita* 
mé c'ment ion de voutrons domestiques. 



APPENDICE. 46i 

20. Il est parti ; il a étft vers son pftre^ et c'ment il était encore 
lioin, son pftre Ta viu et fut toçie de compassion^ et corré vite eu 
devant de Ihuy pé Tembrassè. 

21. Et son garçon luy desîve: Mon pftre, z'ai péçie contre le ciel 
et contre vos, ze ne sais plhé digne d'être appelft voutron garçon. 

82. Mais le pflre desai à sous domestiques : Apportft la plhé bella 
roba, pé l'en revêti ; metta-lié on anneau eu dai et des chôlas es 
pies. 

23. Amenft on vé gras, et tuâ-le ; mézins et réjuissins-nos ; 

2^. Parce que mon garçon que vecca * étai mort, et le vecca 
ressuçita; il étai pardu, et il est retrovft. Et ils ont c'mencia à se 
réjoui. 

25. Cependant le premî de sous garçons qu'étai à la campagne 
est revenu, et c'ment il approçîve de la maison, il entendai dous 
chants et des danses. 

26. Et il appela on dous domestiques, à coui y démanda ce qui 
étai. 

27. Et le domestique ly répondet : Ton frftre est de retour, et 
ton pftre a fé tiuft on vé gras, parce qu'il l'a retrovft en bonna santa. 

28. Mais le frftre se metta en colère et il a refusft d'entrft. Son 
pftre é sorti et le pria d'entrft. 

29. Mais il répondu à son pftre : Vecca, y a tant d'annaies que 
ze te servesse, sans m'étre jamais manquft à ton commandament, 
et te ne m'as jamais bailli on cabri pé me réjoui avoué mous amis. 

30. Mais quand ton garçon que vecca, qu'a mezi tôt son bein 
avoué des gourgandines, est revenu, te fais tuft on vé gras pé le 
recevé. 

31. Et son pftre li a det : Mon garçon, fé torzo avoué mé, et tôt 
ce que z'ai est à té. 

32. Mais il fallait bein fftre on festin et se réjoui, parce que ton 
frftre qu'est ike étai mort et il est ressuçita à la via, il étai * pardu 
et il est retrovft. 



* Le ç indique un son filé, lequel se rapproche du tk anglais. Bridel, pour 
produire eelte articulation, a généralement employé le th,— * Voy. la note 1 
de la traduction N» XI!. Voy. aussi la note à la fin de la lettre H. — > Cette 



462 APPBNDICE. 

fonse avive m rapproche beaucoup d« romanche atwhw. — * Dahon, à Fé- 
tranger. — * Des haricots. Voj. Favioula. — * Que voici. — ^ On dit indiA- 
romment éiai et étive. 



XX 



Patois du Brassus (Vallée de Joux). 

Traéudion due à l'obligeanee de M. Ami Gota^ , président dm trikmnÊl 

du district de U Yëllée. 

11. Oun hommou aval dou valets. 
' lî. Dont lou pe dzouvenou dese à son père : Mon père, baille- 
mè la pai daou ben que mè vint. Deinsè lou père laou pertadxa 
son ben. 

i3. Et pou de dzeu apré^ quand lou pe dzouvenou valet eut tôt 
ramassft, é s'in alla (ù^ deîn on pabi éloigné*, et l'a lotmedjésoD 
ben ein vivet dai la débautse. 

i4. Apre que Teut tôt dépeinsft survegne ouna granta fameoa, 
et é coumeinça à être dai la misère. 

15. Adon i s'in alla et se bouta aou serviçou d'on de z'babitet 
daou pabi, ke l'einvouaiia dai se terré po gnierda lé caîons. 

16. Et Tarai ben volu se rassasift de çai ke le caîons medjé- 
vont, mai nion ne y ein baillévè. 

17. Adon é reintra ein li-mèmou, et dese : Guiérou y a-t-e de 
dzai è gazou de mon pére^ k'ant daou pan ein abondance, et mè 
murou de fan. 

18. Mè lèvèri et m'ein d'èri ver mon père, et li dèri : Mon père, 
é pètscbè contre lou ciel et contré té. 

19. Et ne su pe dignou d'étré appalift ton valet; tretta-mè coo- 
mai ion dé té volets *. 

20. É pairtece don et revegne ver son père. Et coumai Tèrè an- 
kouè luai \ son père lou ve et l'a z'au pediè dé li, et l'é comi 
aou devant dé li, s'è akouillai à son cou, et Ta einbraiché. 

21. Et son valet li dese : Mon père, è pètscbè contré lou ciel el 
contré tè, et ne su pe dignou d'étré appall& ton valet. 



APPENDICE. A6S 

22. Mai iou pére dese à se volets : Apporta la pe balla roba, et 
boatâ-la-li, et boutâ-li ouna bagua aou dai et dé solâ è pieds. 

23. Et amena on vé grâ^ et tiuatè-lou ; medzet et redzoîesset-no; 

24. Po cei ke mon valet ke vouai-ce ètai mouai et l'è revini à la 
via» rérè perdu et Fè retrova. Et i coumeincèront à se rèdzoî. 

25. Mai l'aîné de valets k'érè ein tzan revegne» et coumet Tap- 
pnitschévè de la maison, l'ohie le tzan et le dansé. 

26. Et i cria ion dé volets et li demanda çai que c'érè. 

27. Et Iou volets li dese: Ton frairè è de reteur, et ton pére a 
tîQâ on vé grft» po çai que Tè revini ein bouna santfl. 

28. Mai é se bouta ein colère et ne voullbe pas eintrâ. Adon son 
pére saille et lo preyia d'eintrft. 

29. Mai é réponde à son pére : Y a tant d'annaîé ke té seirvou, 
sein z'avai jamé contrévini à cein ke te mé coumandâvé, et te ne 
m'a jamé baillé on tzivri po mé rédzoî avoué mé z'amis. 

30. Mais kan ton valet que vouai-ke, k'a medjé tôt son bin avoué 
de fenné débautsché, é revini, t'a fé tiuâ on vé grft por li. 

31. Et son pére li dese : Mon valet, t'é adé avoué mé, et tôt çai 
kh'é » é-t-à té. 

32. Mais faillai bin féré ouna fêta et se rédzoî, po çai ke ton 
frairé^ ke vouai-ke, étai mouai, et l'é revini à la via ; Téré perdu, 
et Yè retrovâ. 

* Dehors, à l'étranger. -— * Vi final est tellement fermé, qu'on a de la 
peine i le distinguer de Vi. — * Kd/el signifie valtt, domestique, et valet si- 
gnifie ph. — ^ Ankouè luai, encore loin. — * On prononce kié, d'une seule 
émission de Toix. 



464 APPENDICE. 



XXI 



Patois de Vallorbes (district d'Orbe, Vaud). 

Traduction due à VobUgeanee de M. Matthey, instituteur à VaUorhe». 
communiquée par M. Dupuis, professeur au collège ffOrbe. 

11. En houmou avai dou valets^ 

12. DoDt lou plhe dzouvenou dese à son père: Mon père, baille- 
me cèn que daisse me rêvent de ton bin. Et disse lou père Ihau 
pertadza son bin. 

13. Pou de dzeur ^ après, lou plhe dzouvenou valet, qu'avai ra- 
masse ' tout cèn ' que Tavai, s'in alla dèn on paî èloigni, et y thi 
medza (ou dissipa) tout son bin in vivèn dèn la débautze. 

U. Après que i'ûie * tout dépinso, y Ih'arreva enna granta fa- 
mena dèn cliu ^ pal-lè et y couminça à être dèn la poureto. 

15. Âdon l'alla se boueto (on se mettre) u serviçou de ion de 
z'babitèn du paï, que Tinvouya dèn se poussèchons, pou Ihi dierdo* 
le caîons. 

16. Et puterra ^ Terrai bin voullhu se rassasii de goûfè* que lé 
caîons medzivon, mais gnon ne Ih'in baillive. 

17. A la fin y rentra in lu-mémou, et y dese : Diérou gnia-to 
pos * de dzèn è gadzou de mon père qu'an du pan in abondance, 
et mè y crèvou de fan. 

18. Y me léveri, y m'in eudri ^^ vers mon père et Ihi deri : Mon 
père, i'è petzi contre lou ciè et contre tè. 

19. Y ne su plhe rèn dignou d'être nomme ton valet; traite-me 
coumèn ion de tè vaulets. 

20. Y pertesse don, et y vegne vê son père. Et coumèn Fêtai 
oncouèra bin Ihèn, son père Tapèchouille, et y fe toutsi de compa- 
chon, et couressèn ^^ à lu, y se tsampa à son cou et l'imbrassa (ou 
lou baisa). 

21. Adon son valet Ihi dese : Mon père, i'è petzi contre Ion ciè 
et contre tè ; y ne su plhe dignou d'être nommo ton valet. 



APPBNDIGE. 465 

ft. Mais Ion père deee à se vauleto : Appourto la plhe baUa 
rouba et veli-lou aToaé, boueto-lhi enna bagua è dai, et de sovlo 
èpi. 

23. Et puterra ameno on vé gra ", et lou tio, medzèn et red- 
zoaiessèn-nous. 

2i. Pou cèn que mon valet, que vouerique^ état moei, mais y 
rè reveni à la via '*; y Tétai perdu ^ mais y i'è retrouve. Y cou- 
minçaron don à se rédzouî. 

25. Gepindèn son premi valet, l'aîné , qu'étai à la campagne, 
revegne^ et coumèn Tappretiive de la méson, l'ouïe la mouesica 
et le dansé. 

25. Y cria tout de cheuta ^* ion dé domesticou, à coui y dé- 
manda cèn que c'étai. 

27. Et lou vaulet Ihi réponde : Ton fraire est de reteur ^, et pu- 
terra, pou cèn que ton père Ta retrouve in bouena santo, y l'a fé 
tio lou vé gra. 

28. Adon y se boueta in coulére et ne vouUbe pos intro; son 
père don saillece pou fin préî. 

29. Mais y réponde à son père : Vouerique ^* â2a tant d^annftiè 
que y te servou sin avai jamais contrevini à tè z'ouèdres^% cepin- 
dèn te ne m'o jamais bailli on tzevrit pou me rédzouî avoué mè 
z'amis. 

30. Mais ton valet, lu, qu'a medzi tout son bin avoué de fennè 
débautchè, n'a pos éto plbe tout de reteur, que t'o fé tio pour lu 
lou vé gra. 

3i. Son père Ihi réponde : Mon fe, fé adé avoué mè, et tout cèn 
que f é est à tet. 

32. Mais y faîllai bin faire on festin et nous redzouî, pour cèn 
que ton fraire que vouelé étal moei, et y I'è reveni à la via, y 
l'étai perdu, et y I'è retrouve. 

L'r ne sonne pas. — * L'o final de ce mot et d'un grand nombre d'autres 
se prononce ouvert et fait entendre un son intermédiaire entre Va et l'o. — 
> L'fi ne sonne pas. \\ en est de même dans les participes présents (vbfèHt vi- 
Tant), et dans les mots Ihèn, loin, dèn, dans, eejrindèn» cependant, etc. — 
* Après qu'il e«t. ^ ' Dèn eUti, dans ce. — * Pour y garder. — ^ Ensuite, et 
après.— * Gousses. — * Combien n'y a-t-il pas. Po$ pour pai; Vo est très 

■ÊM. ET DOCUM. XXI. ' 80 



466 APPENDICE. 

ouvert. — *^ Je m'en irai. ~ *« Et courant — ^ Et fmia anenei «n 

gras. — *■ On prononce via d'une seule émission de voix, et l'a est bref. — 

** Il appela tout de suite. — ** L'r finale ne sonne pas. — <* YotUL— ** Ates 
ordres. 



XXII 

Patois de Sainte-Croix (district de Grandson, Vaud). 

Traduelion communiquée par le doyen Brkiel au doyen StaUer^ 
et pubUée dans les Landessprachen de ce dernier. 

ti. N'homme aval dou valets, 

12. Dont lo plhe dzoûne dese à son pérè : Mon pérè, banie-mè 
ma porchon do bin que dze daîve avai. Après le pérè iaaa par- 
tadza son bin. 

13. Et on par dé dzo apré S le plhe dzoûne valet radmaxa tôt 
son bin et s'a! n'alla lavi ' dai on paî bin liai, et é mindza tôt son 
bin ai vivai dai la dèbôtze. 

14. Après que Te tôt mindzi^ i vegne na granta famena dai oé 
paMé, et é quemaiça à être poure. 

15. Après dé çai ', é s'ai n'alla, et se mettre à maître tst ion dé 
z'babitai de ce paî que l'aivouya dai se bin por vardft lou caîons. 

16. Et é l'are bin voUhu mindzi de çai que lou caîons mindzi- 
von, mé nion ne Ih'ai baillivè rai. 

17. Quand don é fè raitrâ ai iu-méme, é dese ; Combin a-t-è de 
dzai gadze de mon pérè, qu'an do pan ai n'abondance, et mè dze 
moërè de fam. 

18. Dze mè lèverai et m'ai n'audrai tsi mon pérè, et dze lai 
derai : Mon pérè, dz'é pétzi contre le cielle et contre tè. 

19. Et dze ne sai plhe digne d'étrè appèlft ton valet ; fS-mè que- 
mai à ion de ton domestiques. 

80. É s'ai n'alla don et vigne vé son pérè. Et quemai è Tiré on- 
cora liai, son pérè le vè et i Ih'ai grava oncora ^ ; é ''orre à lu, é 
lai sota au cou et le bésa. 

21. Et son valet lai dese : Mon pérè, dz'é pétzi contre le cielle 
et contre tè, et dze ne sai plhe digne d'étrè appèlft ton valet. 



APPENDICE. 467 

22. Mé le pérè dese à sou domestiques : Apporta la plhe balla 
roba et la lai mette, et mettè-lai na verdze* au dai et dé botté es pi. 

23. Et amena on vé gras et le tuft ; mindzin et redzoîssin-no. 

24. Parce que mon valet, que vaice, irè mofl et é Tè revenu à 
la via; é l'irè perdu, mé é l'è rètrovft. Et i quemaicéron à se 
redxoî. 

25. Gepaidai son valet le plhe veille qu'irè à la campagne è re- 
venu, el quemai é l'approtzivè de laou méson, é Fohie le tzansons 
et le danse. 

26. Et é manda ion dé domestiques, à coui é demanda çai qu*y 
irè. 

27. Et le domestique lai dese : Ton frarè è de rétor, et ton pérè 
a tua on vé gras, parce que^Tè revenu ai bena santa. 

28. Mé é se mette ai colère et né voUhe pas aitrâ. Son pérè don 
saille et lai dese d'aitrâ. 

29. Mé é reponde à son pérè : Vaice*, il y a tant d'an que dze 
te serve sai z'avai djamé manquft à ton kemandemai, et te ne m'A 
djamé bailli on chevreau por mè dèverti avoé mou z'amis. 

30. Mé quand tou valet que veteque ', qu'a mindzi tôt son bin 
avoé dé fenné putans, è revenu, t'ft fé tua on vé gras por lu. 

31. Et son pérè lai dese : Mon valet, t'é adé avoé mè, et tôt çai 
que dz'é è por tè. 

32. Mé irè bin contrai * dé fére na fêta et de se dèverti, à causa 
que ton Irarè, que veteque, irè moA, et é l'è revenu à la via ; é 
irè perdu et é l'è rètrovft. 

* Et quelques jours après.— * Lavi, en route, en voyage, hors de la maison. 

* LUI. : après de cela, c'est-à-dire ensuite, après. Ailleurs ou entend dire em 
^pri de eem, lltt. : en après de cela. — ^ Et il lui fit peine. Voy. Grava. — 

* Ce mol ffenhe , dans le sens de bague, anneau , se retrouve en Valais dans 
le diminutif verétetta. — • Voici. — ' Que voilà. — • Mais il fallait bien ; 
litt. : mais il était bien contraint, forcé. 



468 APPENDICE. 



XXIII 

Patois du Locle (NeuchAtel). 
TraéueHon due à tobligeanee de M, Augutte Jooeard, au Loeie. 

11. A n'omme avait do boueubes , 

12. Dont le pie ' djouven* d'sa à son père : Mon père, 
ia pouai du bin que det me veni. Asbin le père li pouatadgea son 
bin. 

13. Et poû de djeu apré, le pie djouven boueube, apré avai * lot 
ramassa, s'analla lavi * da on paîs éloigni et il y dépinsa son bis, 
a vivant da la débautcbe. 

U. Apré qu'el août tôt dépinsft, el arva ana granta fam'iM da 
stu païs-léy et el acmaça d'être da la misère. 

15. Adon i s'analla u service d'on de l'habitants de stu paîs-lé 
que l'avia da se possessions po voidhâ le pouôs. 

16. Et el arrait bin volu se rassasift de gossè que le poufts med- 
giva, ma nion ne li a baillive. 

17. Quand i fe raUrft à lu-méme, i d'sa : Gombîn l'y a-iu de 
dyas u gadges de mon père qu'an du pan a n'aboadance, et niè i 
meuro de fam ! 

18. I me lèverè et m'a n'odrè vouai mon père, et i li diri : Mon 
père, i'ai petchi contre le cièle et contre tè. 

19. I ne soû pie digne d'être appalA ton boueube; traîte-me 
q'ma on de tè gacbons ^. 

20. I patcha * don et venia vouai son père, et q'ma el ètah oncouo 
luîn, son père le ve et fe tetchi de pidè, et couora à lu, i se tchampa 
à son cou et l'abrassa. 

21 . Et son boueube li d'sa : Mon père, i'ai petchi contre le ciéle 
et contre tè; i ne soû pie digne d'être appalft ton boueube. 

22. Mft le père d'sa à se gâchons : Appouotâ la pie balla roba et 
mettè-la-li ; roettè-li ana bagua y det et de sulaîs è pis. 

23. Et am'nft on vè gras et le tuâ^; medgin et re4ioîssin-no ; 



APPBIIDICB. 460 

24. Poaticha que mon foooeube que vouéci était mou6 et el est 
rereni à la via^ el était pouadju et et est retrovâ. Et el acmasséra 
à se redjoî. 

25. Topari son boueube aine, qu'était à la campagne (ou qu'étaU 
f(meu)y rev'gna^ et q'ma el appretchive de Totau, el oîa le tcbanson 
et le dansé. 

26. Et el appala on de gacbons à quoui i demanda ça q'c'était. 

27. Et le gacbon li d'sa : Ton fraire est de reteu et ton pére a 
tuâ on vé gras pouocha qu'el Ta retrovft a bouna santft. 

28. Hft i se corr'ça et ne volia pas atrft. Son pére patcba foueu " 
et le préîa d'atrft. 

29. Hâ i réponda : Véci tant d'ans qu'i te servo sin aval djama 
contreveni à ton q'mandemat et te ne m'é djamft bailli on tchevri 
po me redjoî alloué mè z'amis. 

90. MA quand ton boueube que vélinque^ qu'a medgi tôt son bin 
avoué de fannets débautchets ', est veni^ t'é (3 à tuft on vé gras 
po lu. 

31. Et son pére li d'sa : Mon boueube, t'é adé avoué mè et tôt 
ça qu'i ai est à tè. 

32. Mfl i faillai bin fére on festin et se redjoî, pouocbaque ton fraire 
que vélinque était mou6 et el est reveni à la via, el était pouadju 
et el est retrovâ. 

* On prononce à peu près comme pieu. — * La terminaison en se prononce 
comme dans gramen, amen. — * On prononce avet. — ^ Lavi , loin, dehors. 
Dans la Gruyère, liM ; dans le Jorai, levé. Lavi ne parati pas être nne con- 
traction de alla via , comme dit le glossaire de Bridel. — * Valets , domesti- 
(fo». — * U partit. — ^ Le I est aspiré et sifflant. — * Son père sortit. Litt. : 
M» père partit delutn. — * Ou de tehauqueU. 



470 APPENDICE. 



XXIV 

Patois de Valangin (Meuchàtel). 
Traduettcn libre due à PobUgeanee de Jf. Georges Qwnehe, à Valangm» 

S'vo z'ai 4iainâ oï éna balla histoire q'fasse quasi a piorâ^ mado \ 
c'est sla qu'i vouai vo raconta, tant bin que porri. 

L'y avé on viftdge on monsieu qu'avé do bai 4Jouveunn'valetSy 
gros doucils, gros d'façon. Le père étai reutche, é l'avan lu la 
santâ, en sorte qu'é Téran poui être gros beumâ '. 

Ma, vo sâtet, à stu monde é faut qu'é l'y aye adé quauque racrot. 

Le piet djouveunn' de steu boûbe où évite * de s'é d*allfi, pinsse 
bin qu'é s*éno-îve à l'otau ; alors de célaique» on djor q'son père 
étai contet, djo-ieu^ qmet d'avzi ^, é s'metta à Ui dire : 

c Père, se vo piè, é vo faut m'bailli cet qu'i ai à préteddre à 
voûtre heurtance. > Et l'est pru sur que l'poûr père foû gros terbi * 
quan é l'o-ia stu discours, et poui qu'é l'éré bin vlu dire na. Itt 
é ne via pft contreleyî *, et Ui bailla son dré. 

Du stou qu*é l'oû s'n ardget^ é dsa adieusivo, s'é d'alla, et poui 
cet foû bon. 

L'djouv'n homme s'é d'alla gros liouain, et n'étai pâ à l'âdge 
ivouêt ' on an-me à réparmâ; é Tavé d'I'ardget et poui è l'an-niâve 
gros è correyi. 

Et s'amouésa taulamet à corre de ûan et d'autre, à baire, à 
m'dgî avoué det fennet, à régâlft let z'amis, à faire let cent cod, 
que rtchavon Ui vnia; bintoû é n'oû piet ret^ et poui cet foû bon. 

Quan é n'oû piet pâ on crutche ', adsivo let z'amis , é vriret let 
talons qmet d'avzî; bintoû é n'soû piet de quîn-ne tcheveuille 
étordre '. 

Et poui é vo faut craire que djustamet adon le tchâ tin eqminça 
det le paî. Cet s'racontrâve gros mau, ma c'été deisse, d'façon qu'é 
Ui foû force d'allft demanda d'ia besogne à r'én'homme q'IU bftilU 
à voirdâ det pôr. Ouaieda '^ voirdA det pôr. 



APPBNDIGE. 471 

L'poûr d'jouv'n homme été taulamet afàati, éfoma^ qu*é se séré 
cru pru beurnâ^ d'pouà m'dgî à s'n apôtU de cet que let pôr avan, 
mft Dion n'ili et baillîve. 

Gé foù adoD qu*aprai avai, pinsse bin^ gro;3 piorfi^ é d'sa : 

« É l'y a tant de dget à l'otau d'mon père qu'an du pan à m'dgî 
à lieu soû *S ot poui met i moûre de tan I.... I u'chi reste piet, i 
voui me leva, alla vers mon père, et poui i 111 deri : Mon père, i'é 
gros manqua contre le bon Dieu et poui contre vo; i n'mérite piet 
d'être non-mâ voûtre éfant, fâtet avoué met qmet vo fStet avoué 
let valets q'sont à voûtret gadges. » 

Cet q'foû dai foû fai, le djoûv'n homme^ gros vergonieu, revenia 
du fian ^* de l'otau. 

Du stoû q'son père l'oû vu de tôt liouain, tôt son sang lli bailla 
on tor ^ ; é coressa u devant, é lli suta u cou et poui le rabrassa. 

Mft l'boûbe, tôt peneu, lli dsa : 

c Pére^ i'é gros manquft^ i l'sait pru^ contre le bon Dieu, et 
poui dgîret '* contre vo; i n'mérite pà q'vo m'non-mi voûtre éfànt, 
fâtet-me qmet à sieu q^sont à voutret gadges. » 

Laiquedessus, le monsieu dsa à la donzalle ^'^ i n'sait à quoui : 

« Apporta citoquet^' det z'aîlion neu por le fti ^^ , éna bague u 
det, et poui det sulftr è pî. Amenft-me ci on vé q'seye gras, no 
vlin le tiouâ et poui galiar ^' no tu regâlâ , por cet que m'n éfant 
que vélaique été mort, et l'est ressuscita, et l'été perdu, et l'est 
retrovâ. i 

Poui é l'eqminciret à s'rédjoî, qmet d'juste, poui ce foû bon. 

Stu det boûbe qu'étai resta avoué l'pére, n'étai pâ à l'ouu, é 
l'été i n'sait ivouôt, crebin ^* u tiozé '", adon qu'on lli dsa de vite 
veni, que son frâre été laïque ". 

É vnia, ma du stoû qu'é l'o-ia le tambourin , la danse, tota sta 
bnichon *, é s'corossa. 

Son père où bai le smondre** de veni, é n'y où ret à faire, é 
D'vla pft intrâ, et dsa à son père : 

c Vetci i n'sait combin d'ans qu'y cheu à voûtre service , sin 
qu'i vo z'aye djamâ contreleyi, et poui vo n'm'ai paîret** pA baiilt 
on tchevri por régftlâ let z'amis; alors de célaique * on chi tire 
tot'avau por mon frftre qu'est reveni tôt patolieu ^ , aprai avé tôt 
àeqplli ■'. > 



472 APPBNBICB. 

m le père lli répongnia : 

t M'n ëfam, tTaf adé avoué met, lot cet qu'i ai eat à tel; mA é 
l'étai force d'faire on gftla, et poui, mado, de gros s'rédjoî, por oet 
que ton frftre que vélaique été mort, et Tesl reveni à la via; é i'éié 
perdu, el Test retrovft. i 

Se 6ta metehéta tête se ray'sa , i ne poui pi le vo dire, é iaul 
croire qu'ouate **. 



* Ce mot équivaut à certainement . ma fin. — * Heureux , on dit 
dans le canton de Vaud. — * Ou évite , eut envie. — * Qmtt iani , comme 
d'ordinaire. S^av%Jt signifie à la fois t^aviier et $*aecouiumer. — * Frappé, ef- 
frayé, stupéfait. — * Contrarier. — ^ Ivouët, où. Ailleurs on dit id. — 'Un 
kreus, ancienne monnaie suisse. — * De çutn-ne lcAeoe«t7fe étordre, c'est- 
ft-dire, traduction libre : de quel boù faire flèche. — ** Oui certes, certaine- 
ment, bel et bien. ^ ** A lieu soû , leur soAl , tout leur soûl. — ** Dsi fim, 
du cdté. — > *' Il tressaillit, il eut une grande émotion. LiU. tout $on tam§ hd 
dênna un tour, — ** Dgfr ou â^flret , aussi. — *^ Dans le patois du Val-de- 
R«i, donuiUe signifie eervanie. *— ** Ci, eitoquet, ici. ~ " Pour le vèlir. — 
<* Bien, fort, beaucoup. Yoj. gadar, — <* A ce que je croîs, probablemeiit, 
peut-être. -- •• Clos, cloieau, verger. — •« Là. — •■ Bruit. Voy. Briêon. — 
** Vieux français etmondre, — ** Seulement. — " Litt. eiiwtfe de cela. — 
*• Déguenillé. — *^ Dissiper. DéquepUUr dans le français populaire neudiâ- 
telois. — ** Il faut croire qu'oui. 



XXV 

Patois du val Saint-Imier (Jura bernois). 

Traéuetion communiquée par le pattewr Marel, â Carffémtmt , au doftn 
Stalder, et imprimée dam les Landesspracben der Scbvreii de et dermkr. 

11. Al y avait enn homme qu'avait dou fax. 

12. Le pis 4ioveuQe demanda du vivant de 3on père la pairt da 
bin qu'li appartegnait. Le père li parta^ja ses bins et baiUia û ^ 
djoveune ço qu'ère son. 

13. Siuci s'o-n-âUa avoo la pairt de s'n artance * dans in lieng 
pays, et deppettia ' tôt son bin a vivant dans la débautche. 



APPBNDICB. 478 

14. Après qa'al oo toi dépodu *, enne groosse famenne survegna 
dans çu paya ; tant y a qa'al acmoça d*étre dans la disatte. 

i6. Adooc a se moo au sarvice d'in dé habitans du pays cpie 
l'eviesa daus ses bins por champoïe* le casch. 

16. Al eusse bin voîu se rassassiai dé oooflès que les pores med- 
gint, nais nien n'y oo baille. 

J7. Po-ce al ravisa à se même et diesa : Gobin y a-t-è de cfîo de 
travail * daus la maison de mon pére^ qu'ant du pan à fooson^ et 
mo y mûere de fam. 

18. I me lever! a i m'o n'audri vars mon père, a i 11 diri : Père, 
i ai péchie contre le eiel et devers* too. 

19. I ne sis pis digne d'être appalai ton fes; condau-me comme 
in de te garçons ^ 

20. Al se leva don a vegna vars son père. Gomme al ère incor 
lieng, son père le yoo, a foo tocbie de compassion, a fouyant à liu 
se cbampa à son coo a le baisa. 

ti. Mais le boube li diesa : Mon père^ i ai pècbie contre le ciel 
et porvars to ; i ne sis pis digne d'être appalai ton fez. 

22. Mais le père diesa o ses garçons : Apportai la pis belle robe 
a l'o reveti, bottai-ii ' enn annè uu degt a des sulai es pies. 

23. Amenai-me le vez grais, tuai-le et fasin bombance. 

24. De ço que mon fez, que véci, ère mort, mais al est ressus- 
citai ; al ère pargu, mais al est retrovai. Gomme al acmocin à faire 
bonne tchier, 

25. Son gros bouebe que revegnait de la fin, oïu le revoosons * 
des instrumoo a les danses dans la maison de son père. 

26. Et quand al oo appalai un des garçons, al y demanda ço 
qu'c'ôre. 

27. Çn garçon li diesa : Ton fraire est veni, a ton père a tuai le 
vez grais, de ço qu'ai l'a retrovai san et sauve. 

28. Mais le gros bouebe se corr'ça a ne voîet pai ottrai. Son père 
vegnant le praîve d'ottrai. 

29. Mais le bouebe dîesa à son père : Vèci, al y a trop bin 
d'ans ^* qu'i te sairs, a djamais i ne me reviritte " contre ton 
tanandemot, a tôt pare te ne m'e djaùiais baisse paire " in tschevrie 
por faire bombance avoo mes amis. 



474 APPENDICE. 

30. Mais quand buce ", ton fez, qu'a medgie son bin avoo dé 
fémalles de ptite condute, est veni, l'y ai tuai le vez grais. 

31. A le père li diesa : Mon fez, t'é adé avoo moo, a tas ans bios 
sont tons. 

32. Mais te dérai ^* faire bonne tcbier a te redjoî, por ço que 
huci '* ton firaire ère mort a al est ressuscitai ; al ère pargu a ai 
est retrovai. 

* Héritage, patrimoine. — *£t dissipa. — * Dépensé, dissipé. — ^Pousser, 
chasser, jeter. — * Gens de travail, ouvriers. — * Devan, et plus bai, pcr- 
van : envers, contre. — ^ Valets, domestiques. — * Meltei-lui. Y. Fr. ftosfer. 
— *Le bruit — *^ Bien des années. Liit. trop beaucoup ifamiées. — " le ae 
me suis jamais retourné, révolté. — ** Paire, seulement; tût pure, tout éga- 
lement, cependant. — ** Celui-ci. — ** Mais tu devrais. — ** Celui-ci. 



XXVI 

Patois de Tavannes (Jura bernois). 
Traduction due à Vobtigeance de M^'* Lehmann, de Taoatme». 

11. Un home aval dou bouebe ^ 

12. Et le pu djuene' dit à son père : Mon père baîe-me le dri 
de mon bin que me dft vent. A pe * ei a partadji ses bins. 

13. A pe quéque djou après, le pu djuene des bouebe, quand 
al a eu tôt ramaissai, a s'o onallai feu de son iue dan un pays 
bin loin, a pe a dèkepeïa * tôt son bin en vivant dans la bomie 
tcbéa. 

14. A pe après ka l'u tôt dekepeïï, a y u un gros tcbier-tot' dans 
çu iue-li, a pe a fot dans la misère. 

15. A pe après a s'o onalla tcbi un bordja de ce iue pou se maî- 
tre vMat, a pe al ètai li pou vouardai les poft. 

16. Al arâ bin voîu avoi à mandjie du bro * k-on baîai è poè, 
mais niun n'y dijai. 



APPENDICE. 475 

17. Tôt musant a se dit : Gobin a y a^^d'Avrei a pe de v61at 
dans la mouojon de mon père k'ant do pan à mandjie tant k'a 
v'iont, a pe moi ke mue de fan ci. 

18. A me faut m'onallai voa " mon père a pe y dire : Mon père, 
i ai offensie le ciel a pe ta. 

19. A pe i ne vaux pu la pouaine ke te me dije : Mon bouebe; 
tin-me pia comme un de tes vôlat. 

20. A se îeva don, a pe vint voa son père ; a pe comme al étai 
ankou lein, son père le vo. A fot toutchi quand a l'a vu, a pe a y 
viol au-devant *, a pe se tchampa à son cô, a pe le rebrassa. 

21. Mais son bouebe y dit : Mon père i t'ai offensie a pe le ciel ; 
a pe i ne vaux pu ke te me dije : Mon bouebe. 

22. Mais le père dit à ses vMat : Apportai-me le pu bé de mes 
djepons, a pe vétai-y, a pe mattai-y un ann6a d'oa au da a pe des 
sulai es pies. 

23. A pe amonai-me le vé le pu gras, a pe tuai-le, a pe fftnne '* 
bonne tcbéa. 

24. D'çft k'mon bouebe étai m'ru, mais al o ressuscitai ; al étai 
paiju, mais al o retrovai. A pe l'a kiBmocein de mandjie. 

25. Mais le pu veiîe de ses bouebe étai o la fin ", a pe comme 
a revegnai h la mouojon, pu a rapprolchai, pu al oîai du bru des 
tchants a pe des danses. 

26. A pe a récria un des vôlat, pou y demandai ce ke c'étai que 
çu bru. 

27. A pe le vôlat y dit : Ton frère o revenu, a pe ton père a 
tuai un vé, vu k'a l'a retrovai o bouonne sautai. 

28. Mais stuci s'o ogregnie ", a pe a n'a pe voîu otrai; a pe son 
père souorti a pe l'a praîe d'otrai. 

29. Mais stu a réponju à son père : Voici tant d'onnai k'i t'ai 
sarvi, a pe i ai adé tôt fai ce ke te m'ai commandai; a pe te m'ai 
djamai ro baie pou mandjie avô mes camerades. 

30. Mais pou quant à stuci, ton bouebe, k'a tôt mandjie, tôt dé- 
kepeyîe son bin avô des fonnes de mauvaije vie, t'ai tuai le vé gras 
pouo lu. 

31 . A pe le père y dit : Mo n'ofant, t'ai adé aîu avô moi, a pe 
tôt ce k'o à moi t'appartint. 



476 APPENDICE. 

9S. Mais a faîai bin^se rédjoui pou ton frère, vu k'al éCai m'ro, 
a pe al ressuacilai, al étai parjo, a pe al o retroTai. 

* On prononce bou-e^e. — * On prononce (Hju-e^ne, — * A pe. el pu». — 
* A dékêpeïa, il dissipa, il man^^ea. — * Un tchierMot, une disette ; Utt., m 
cher-toui, uu temps où tout est cher. — * Bro^ grossier potage d'herbes et 
de légumes que Ton fait cuire pour les porcs. — "* A y a, il y a. On dit«, 
ait pour il. Aine s'emploie que devant les voyelles. — * Vert, chei. — * Oo 
prononce od^vanî. — ** Faisons. — ** la fin, aui champs. La /In se dit poor 
les champs, les terres arables d'une commune. — ** Il s'est Acbé, il a pris 
de l'humeur. Voy. Eingrein^ji' 



xxvii 

. Patois de Delémont (Jura bernois). 
TraduelUm due à FobUffeanee de M, Peune, préfet de Delémomim 

il. In banne èvè dou fé, 

12. DoDt le pu djuene dié en son père : Mou père, bèye-me le 
pé de bin que de me reveni. Ainsi, le père yo pairtèdjé son bin. 

13. Et pô de djo èprè, le pu djuene fé ayaint tôt èmèssè, s'en 
allé defeu daîn in pays éloignîe, et è y dissipé son bin en vétiain 
dain le debfitsche. 

14. Aipré qu'el oeut tôt dèpensîe, è surveniè enne grosse famlDe 
en ci pays-li, et è commencé è être dain l'indigence. 

15. Alors è s'en allé, et se mente à service d'in des babitansde 
ci pays-li, que l'envoyé dain ses possessions po paître les poês. 

16. Et el ère bin voïu se raissasiè des fruts que les poës maio- 
djin, main niun ne y en bèyè. 

17. Etain donc rentré en lu-môme, è dié : Cobin y é-t-é de djeos 
es gaidjes de mon père, qu'ain di pain en aibondaince, et moi i 
mue de faim. 

18. I me yeverè et i m'en adrô voè^ mon père, et i yi dire : Mon 
père, i'è pècbè contre le ciô et contre toi. 

19. Et i ne seu pe digne d'être aipelè ton fé; traite-me comme 
in de tes domestiques. 



APPBNDICB. 477 

tO. Ê pérté doDC et veDié voé son père, (t ocMnine el était enoo 
loîD, son père le voyé, et fe lotschîé de compassion^ et, ritain en 
lu ', è se chaque en son cô * et le baijé. 

21. Et son lé y dié : Mon père, i'è pèche contre le cîe et contre 
loi^ et i ne seu pe digne d'être aîpelè ton fè. 

22. Main * le père diè en ses serviteurs : Aipportêtes lé pu belle 
robe et l'en revêtîtes, et menle y in ainnè I doigt et des snlé es 
pies. 

23. Et aimonèles in vè grais et tuetes-lo; maindgean et ré^joiè- 
cban-no ; 

24. Force qne mon fé qne voici était moê et qn'el â reveni en iè 
vîe ; el était perdjo, mais el a retrovè. Et è commencenne è se 
rédjoî. 

25. Cependant son fè ainnè, qu'était en Iè campègne, revenié; 
et comme el aipertschê de le majon, el o!é les tchaints et les 
dainses. 

26. Et el aîpelè in des serviteurs en tin * è demaindé ço que 
c'était. 

27. Et le serviteur y diè : Ton firère ft de reto, et ton père é tué 
in vè graU porce qu'è l'é retrovè en bonne sainte. 

28. Main è se mente en colère et ne voîè pe entré. Son père donc 
sorte et le preyé d'entré. 

29. Main è réponjè en son père : Voici, è y é taint d'ennès qu'i 
te séîe sain èvoi djemais contreveni en ton commaindement, et te 
ne m'é djemais bèye in tschevri po me rèdjoi évo mes émis. 

30. Main tiain* ton fé que voili, qu'è maindjîe tôt son bin èvo 
des fennes de croie vîe, â reveni, f é fait tué in vè grais po lu. 

31 . Et son père y dié : Mon fé, t'é aidé èvé moi, é tôt ço que i'è 
â en toi. 

32. Main è fa-yait bin faire in festin et se rédjoî porce que ton 
frère que voili était moë et el a reveni en le vîe; el était perdju et 
el a retrovè. 



* Vers, chei. — • Courant à lui. — * Il se jeU à son cou. — * Mais. ^ • A 
qui. — * Mais quand. 



478 APPENDICE. 



XXVIII 

Patois rouchi , ou patois de Valenciennes et du pays eiiTironDanI 

(France, Nord). 

Traduction donnée par Héeart à la fin de eon Dictionnaire rouchi-françait. 

11. Un home avôt deux garchons^ 

12. L'pus jone dit à s' père : Père! baîèm'mè chu qui d6l inter- 
venir d'vo bien; et s'père leus a partage s'bien. 

13. Pau d'jours après, Tpus jone dès deux fieux ii a pris tout 
chu qu'il avôt , s'en est d'allé ben Ion , il a miè ^ tout s'bien en 
bonbance et avè lès files. 

U. Après avoir tout ens'liè *, i n'y a eu eune grante famaine 
den ch'pèis-là^ et il a qu'minchè à quèhir ' den Tmisère. 

15. I s'en est d'allé quère d'I'ouvrache à un censier qui l'a env6îé 
à s'cence pour warder lès pourchaux. 

16. Et là drolà ^ il aiôt tè bènasse * d'remplir s'panche avé les 
cossiaux * qu' lès pourcheaux mengeote ; personne n'ii en a baïé. 

17. I s'apense à li tout seu» et di : Gombèn 'est-ce qu'i n'i a il 
mason de m'père, d'varlèts à ses crupes \ qui ont pus d' pain qa*i 
n'ieus en faut, et mi mes boîaux groultè ' doin m'pancbe, et j'clife * 
d'faim. 

18. I faut que je m' lièfe, et que j'm'envoiche '* treuver m' père 
et que j'ii dicbe : Père, j'ai pèche conf el ciel et conter vous. 

19. Et je n'sus pus daine d'ète erwètié '^ corne voûeu; trétè-me 
corne un d'vos ouvèriers qui sont à vos crupes. 

20. I s'a èlevè , a v'nu trouver s'père; et quand il èl6t cor bon 
Ion, s'père l'a vu, et s'cuer a grouliè den s'panche; i queure après 
li, i saute à s'co, et l'hase corne un morciau d'pain. 

21. Et s' fieu li dit : Père, j'ai pèche cont' el ciel et conter vous; 
ach'teure je n'sus pus daîne d'ète nomè vo fieu. 

22. Adon, l'père dit à ses variés : Apportez rad'men ^ Tpns bêle 
rope, et flanquez-li sus s'dos; metez-ii un èniau à s'dôgt, et dés 
sorlets à ses pieds. 



APPENDICE. 479 

23. Am'nez oussi Feras viau> et tuez-F; mions^ et fésons bonne 
torche ". 

24. Pace que m*fieu que via chi drochi '^ il étôt mort, il est ra- 
vigoté; i tôt perdu, et il est ertrouvé. Adon is ont qu'ménché à 
fére bone guince ^*. 

25. Pourtant Tpus vieux d'sés deux garchons qu'il étôt à zés 
camps^ a ervénu; et, quant il a té tout prés del mason, il a en- 
tendu Tmusique et l'bruit dés cheux qui danseumte. 

26. I huche après un dés varléts, et li d'mante chu qu'i n'i avôt. 

27. Le varlét li dit : Ch'est qu'vo frère est ervénu ; vo père a 
tué l'cras viau, pace qui vôt qui s'porte bén. 

28. Chu qui l'élant fét enmarvoîer **, i n' volôt point rentrer al 
mason; mes s'pére étant widié dehors del mason, il li a d'mandé 
d'entrer d'dén. 

29. I li a répondu : Vlà déjà tant d'ennées que j'vous sers, et je 
n'vous ai jamés erbuté à rien d'chu qu'vous m*avez qu'mandé , et 
pourtant vous n'm'avez jamés baie eune maguéte " pou m'déver- 
tir avé mes amis. 

30. Mes sitôt qu'vo n'aute lieu , qui a mié s'bien avé dés drou- 
les ^\ est ervénu, vous avez tué pour li l'cras viau. 

31. Adon l'pére li dit : Fieu ! t'es toudi avé mi, et tout chinqu' 
j'ai est à ti. 

32. Mes i folot fére eune guince et nous devenir pace que t* 
frère i tôt mort, et il est ravigoté; i tôt perdu, et il est ertrouvé. 

« n a mangé. — ■ Dépensé. On trouve essàUer dans Nîcot et dans Bord. — 
* A quéhir, à choir. — * Drolà, là, en cet endroit là. — * Bien aise. — * Cos- 
ses, gousses. — "^ A ses gages. Litt. à ses dépetu, — * Ce verbe se dit des 
borborygmes causés per le jeûne. — * Et je crève. — ** Y. Fr. efivo<se, 
ancien subjonctif de s'en aller, — ** Regardé. — ** Avec vitesse, vite. — 
** Bonne chère. ^ ** Chi drœhi, ici, en cet endroit. — <■ Gala , ftte. — 
^ Pester , endèver. — '* Eune maguèie , une jeune chèvre. — *' FiUes dé- 
bauchées. 



480 APPBNDIGB. 



XXIX 

Patoif du Val d'Illiei (Valais). 

N. B. Cette traduction, que nous n'avons pu nous procurer que fort tard, 
devait trouver sa place après la traduction N» VI (Patois de Sembrmtekerj, 

11. Oun hommo avft dou megnots \ 

12. Et le pthe' dzouveno de à son pare : Mon pare, btilli-me 
ma pft d'éretadzo. Ainsi le pare lei y a partadzia son boain. 

13. Quaque dzeu apré, le pthe dzouveno, quand l'a tôt z*n n- 
masse \ é l'è parte! et l'è allô dein on paî éloignia ; et l'a tôt mein- 
dia * son boain ein menaint crouîe conduite. 

U. Quand l'a z'u tôt dépelnso, l'è veneu ouna granda fomena 
dein ce paî-li; et l'a quemincia d'ôtre dein la misère. 

15. Adon é l'è parte! et s'è beto*^ u servuiço dé on déz'habitein 
du paî que l'a einvohia su se terre ein tzan es caîons*. 

16. Et Tara! bin vesu' mindzi lou tzercot' que lou caîons min- 
dzivonty mais nion n'ein vesa * bailli. 

17. Adon l'a peinso et le s'è de : Vouéro y a-t-e de dzein u ser- 
vuiQo de mon pare, que l'ont du pan ein abondance, et me craivo 
de fan. 

18. Me lévèrft et m'ein d'irft trovo mon pftre, et la derâ : Mon 
pare, i pétchia contre le bon D!u et contre veu. 

19. Et é ne sft pas mi digno d'être appelle voutron fi; tretto-me 
quemein on de voutri domestiques. 

20. Alo é l'è parte! et veneu vô son pftre. Et quemein l'ire onco 
loin, son pftre l'a lu et l'ein d'à j'u pedhia; et l'a oorrel contre 
loue!, et s'è dzeto à son cou et l'a bijia. 

21. Et son paire *^ le! y a de : Mon pftre, i pétchia contre le ciel 
et contre veu, et é sft pas m! digno d'être appelle voutron pairo. 

22. Mé le pftre a de à sou domestiques (ou véleU) : Apporte le 
pthe biau cottafn " et beto-la-le, et beto-la na verdzetta ** u dft et 
de le botté es p!as. 



APPENDICE. 481 

23. Et ameno on vé gra et touo-lo ; meindzin-lo et redzeuïein- 
neu. 

24. Parce que mon megnol, que Vé ce, et que me mousftvo que 
l'ire mô, Vè tomo^' en via; é Tire perdu, mé Fi retrovo. 

25. Mé le premi de sou megnots que travaillive ein la campa- 
gne, l'è tomo, et quemein Tapprotschive de la mison (ou de roi- 
tau), l'einteinda lou tzan et la danse. 

26. Et Ta crio on dé domestiques à eau Ta démando qu'è-t-e que 
rire. 

27. Et le domestique lei y a de : Ton frftre è tomo, et ton pftre 
l'a touo on vé gra, parce que Ta trovo ein bouna santé. 

28. Mé s'è 'beto ein avoi doua ^S et n'a pas vesu allô dedein. 
Adon son pfire è sortei et Fa preya d'eintro. 

29. Mé l'a répondu à son pftre : Voilà, lei y a tant d'an que vo 
z'i servei, sein vo z'avfti jami désobahia, et vo ne m'ft jami bailla 
on tzevrei po me redzeuyi (ou déverti) avoué mou z'amains. 

30. Mé quand voutrou megnot è reveneu^ qui a tôt meindia son 
boain avoué de le crouïè fennè, vo z'â fi tuo on vé gra por louei. 

31. Et son pftre lei y a de : Mon pairo, t'é todzo avoué me, et 
tôt cein que i è por te. 

32. Mé fasft^' bin fére on fricot po se redzeuyi, parce que ton 
frftre, que l'è inthie '*, é l'ire mo et l'è retomo ein via ; é Tire 
perdu et ne l'in retrovo. 

* Deux garçons, deux flU. — * l«e CA se prononce comme le th anglais. — 
* L'o final représente un son intermédiaire entre l'a et Vo ; c'est un o ouTert 
et un peu nasal, se rapprochant de la nasale on. Cet o appartient aux infini- 
lifii et aux participes passés de la première coigugaison. — 'On prononce 
mein-dUi, en deux syllabes. — "Et s'est mis. C'est le V. Fr. bouter, — *Litt : 
qui renvoya tur Met terret en champ aux cochons, c'est-à-dire, pour (garder lei 
cochom. — ' Ve»u, voulu. L's figure une articulation analogue au th anglais, 
mais plus douce. — * Gousses. — * Voy. note 7. — ** Pairo, fils. Mous n'avons 
rencontré ce mot qu'au Val d'IUiei. — «* Cottain, robe. — «• Bague. — «* II 
est revenu. — ** Litt. il s'est mis en avoir chagrin, peine, àépU, c'est-à-dire 
il en a été vexé. — " V$ a le même son que dans vcmu. Voy. note 7. — 
•• Voy. note t. 



MÉH. ET DOCUM. XXI. 31 



482 APPENDICE. 



XXX 

Romanche ou langue romane des Grisons. ( Dialecte de 
la vallée du Rhin antérieur. ) 

SeUm la vertUm du Nouveau Testament imprimée à Caire en 4SS6. 

N. B. Cette traduction, qui ne nous est arrivée que fort tard, devait trouver 
sa place après la traduction N* 11 (Romanche de la Haute -Engadine). 

11. In hum veva dus fiigs. 

12. Ad ilg giuven da quels schett alg bab : Bab, mi dai la part 
da la rauba ca s'auda à mi ! Ad el parchîè ora ad els la ranba. 

13. A bucca bears gis suenter parnett iigfilgminur tutt ansem- 
bel, a tilà navend eu inna terra dalunsch ; a lou sfigiett el mtti 
sia rauba, vivend en nauschs dalegs. 

li. A suenter ca el vett sertau tutt sieu faig, vengitt in grond 
fumas en quella terra, ad el antschavett ad aver pupira. 

15. Ad el ma a sa pladi tier in avdont da quella terra, a quel 
ilg tarmettett ora sin ses beins à parchirar ils porcs. 

16. Ad el gariava dad amplanir sieu venter cun las criscasea 
ils porcs malgiavan ; mo nagin na deva ellas à Igi. 

17. Lura ma el en sasez, a schett : Quonts (umelgs da mieu bab 
han bundonza da paun, ad jou miera quou da fom 1 

18. Jou vi levar si ad ir tier mieu bab, a gir ad el : Bab, jou 
hai faig puceau ancunter ilg tschiel ad avont tei, 

19. Ad jou sund bucca vangonts pli da vengir numnaus tien 
fllg : teng mei sco in da tes fumelgs ! 

20. Ad el leva si a ma tier sieu bab. A cur el fo aune dalunscl), 
ilg vasett sieu bab, a sa parnett puceau dad el, a curritt, a cnrdî 
à sieu culiez, ad ilg bitschà. 

21. Mo ilg filg schett à Igi : Bab, jou hai faig puceau ancunter 
ilg tschiel ad avont tei, a sund bucca vangonts pli da veogiî 
numnaus tieu fllg. 

22. Ad ilg bab schett à ses fumelgs : Doit ora ilg pli bi vat- 



APPENDICE. 483 

schieu^ à Igi targieit en el, a metteit in an) anturn sieu maun, a 
calzérs vi da ses peis. 

23. A maneit nou îlg vadi angarschau, a mazeit el, a mangiein 
a stein da bunna velgia t 

24. Parchei ca quest mieu filg fova morts^ ad ei vengieus vivs ; 
el fova pers, ad ei vengieus aflaus. Ad els antscbavennen à star 
légers. 

25. Mo sieu filg magiur era ora en campongia ; a cur el vengitt 
datier, turnond à casa^ ad udè ilg sunar a saltar^ 

26. Clumà el in dils survients, a dumandà^ chei quei seigig. 

27. A quel schett à Igi : Tieu frar ei vengieus, a tieu bab ba 
mazau ilg vadl angarscbau, parquei ca el ha ratschiert el [daniev- 
meng] sauns a salvs. 

28. Mo quest vengitt vilaus, a leva bucca ir en casa. Par quella 
caschun ma pia ilg bab ora, ad ilg nigà [da vengir]. 

29. Mo el figiett rasposta, a schett alg bab : Mire, tonts ons sur- 
vesch' jou à cbi, a mainan hai surpassau tieu cumondament, a ti 
mainan bas dau à mi in ansiel, da mi puder legrar cun mes 
amigs. 

30. Mo cura ca quest tieu filg, ca ha malgiau vi tia rauba cun 
pitaunas, ei vengieus, Igi bas mazau ilg vadl angarscbau. 

31 . Ad el schett à Igi : Filg, ti eis adinna tier mei, a tutt quei 
ca ei mieu, ei tieu. 

32. Auncalura bai jou stuvieu mi legrar a far festa, parquei ca 
quest tieu frar fova morts, ad ei vengieus vivs, el fova pers, ad ei 
vengieus aflaus. 



r 



MORCEAUX DIVERS 



LA BERGÈRE ABANDONNÉE. 
Ronde fribourgeoise. 



Ingrat! te t'î déshonora» 
Tas tourna tôt toun oello ' : 
Te m'avai tant et tant zoura 

De m'itre adi fidèlo. 
Valet trompiau t qn'è devignu 
Lo teims d'otrèvei * que Ih'é îu ? 

Quand Ih'allavo deso l'onni 

Dansi dessu Therbetta, 
Rein à tè je n'irè plhe bi 

Que ta bouna Nanetta. 

Quand no z'iran bas per stau fins ^ 
Avnei neutre z'ermaillè. 

Te mè parlavèy m'ein sovin, 
Totévi de fermaillè '. 

Adon Ih'iro dedein toun caur ^ 

I Tavé sein partadzo ; 
Mft cognesso por mon malbaur 

Qu'oun'ôtra l'a z'ein gadzo. 



486 APPENDICE. 

Que t'é-io fé porquè tesnzir 

Porpreindre ouoa mocausa ? 
Au tè mousé-tou m'étatzir 

Ein mè reindant zalausa ? 

Se ih'avé z*au mé de fiertâ, 

t saré toun' épausa : 
N'è rein que ma fidèlitft 

Que mè reind malhirausa. 

Ne tè corso pas dau malhaur ; 
Mft f appreindri oun iftdzo 
Quin vaut lo mî d'oun boun caur, 
Au d'oun gale veiadio : 

Valet trompiau f qu'è devignu 

Lo teims d'otrèvei que Ih'é iu ? 

* Lttt. : tu 09 venè toute ton huUe. — > * Le temps jadis. — * Stau /iiu, ces 
champs. — * Fiançailles. — * Gcsur. 



LA FILLE DÉ NOUTHRON VESIN. 
Nouvelles Etrenneê fribaurgeoiMe$, 1866. 



Lé la fille dé nouthron vesin que s'est mariaïe. 

Dans ouna maison dé pourétâ io l'est z'elaîe. 

Oh ! lou bon tein que Taré l'épaûsa quand revindret! 

Dans ouna maison dé pourétft io lé z'elaîe, 

N'a trovft né ban né sôlé po s'acheta '. 

Oh I lou bon tein que l'are l'épaûsa quand revindret I 

N'a trovft né ban né sôlé po s'acheta, 

I s'est mescha schu la trftblia po pliorft. 

Oh t lou bon tein que l'are l'épaûsa quand revindret 1 



APPENDICE. 487 

I s'est mescha schu la trâblia po pliorfi ; 

Son hommoa que ley vint dere : c Ne pliaûra pas ! > 

Oh t lou bon tein que Taré l'épaûsa quand revindret t 

Son hommou que ley vint dere : c Ne pliaûra pas t 

Te ne veilléri pas sta né, nos in ran à felfi. » 

Oh t lou bon tein que Taré Tépaûsa quand revindret t 

« Te ne veilléri pas sta né^ no» in ran à feift; 

Te n'aûdri dyémé féna, nos in ran dé prft. » 

Oh I lou bon tein que Taré Tépaûsa quand revindret ( 

< Te n'audridjémé féna^ nos in ran dé prft; 

Te n'aûdri djêmé au moulin, nos in ran dé bliâ. » 
Oh t lou bon tein que Taré l'épaûsa quand revindret f 

c Te n'aûdri 4jômé au moulin, nos in ran dé bliâ ; 

Te n'aûdri 4jémé arift, nos ftriein pas. i 

Oh ! lou bon tein que l'are l'épaûsa quand revindret I 

« Te n'aûdri djémé arift, nos ftrien pas. i 

Quand les autrou medzéront, no vueintérin '. > 

Oh ! lou bon tein que Taré l'épaûsa quand revindret ! 

< Quand les autrou medzéront, no vueintérin ; 
Quand les autrou plioréront, no rirethrin *. » 

Oh f lou bon tein que l'are l'épaûsa quand revindret! 

« Quand les autrou pliorér ont, no rirethrin; 
Quand les autrou rirethront, no pliorérin. » 
0ht lou bon tein que l'are l'épaûsa quand revindret ( 

* Ni bftDC ni chaise pour s'atseoir. — * Notu regarderons. — > Nous 
rirons. 



488 APPENDICE. «i 

i 



LE MOLÉSON. 



Ronde fribourgeoise. 



Din la Suisse Ih'y a oana montagne 
Dei plhe haute, dei plhe balle ; 
Sche vo j'ei la curiojitft, 
Prindè la peina de montS 
A Moleson, à-Moleson. 

Du lé tot-haut l'univers sché vei, 
L'ivue la plhe fretze lei sché bel; 
Sche vo j'ei l'himaur ^ mélancolica 
Le schénaille fant mujica 
A Moleson, à Moleson. 

L'y cret pekoji de vany', 
Dei freyè, dei tzerdon heni', 
Dei tzinquillè et dei breinlettè^ 
Tôt amont su stau rotzettè, 
A Moleson, à Moleson. 

Vini schigniau, damèetbordgei. 
Que de plhéji tôt règordzei ! 
Venidè ti, venidè totè. 
No berin dei bounè gottë, 
A Moleson, à Moleson. 

Vini, no j'an pi ora '^ trinschi, 
Midgi dau bon schéré russhi *, 
de la hllau fretze ' in abondansshe ; 
Yini vo j'implha la pansshe 
A Moleson, à Moleson. 



APPENDICE. 489 

Schau de Bullo le schon j'elâ. 
In Plhannè schë schon rèpojft ; 
De café schè schon tant borft, 
Qu'à la fin n'an pas pu monta 
A Moleson, à Moleson. 

De café schè schon tant borâ^ 
Ma i lau j'a faillu robft ; 
Et Ih'an prau cudhi * le nèvuâ \ 
Ma le fille le j*an accujâ 
A Moleson^ à Moleson. 

Necué Ih'a '^ faite la tzansshon ? 
Lh'è Termailli de Moleson, 
Et Ih'è le flllè de Bullo 
Que l'an faite ein allant amont^ 
Schu Moleson, schu Moleson ". 

• l/hiimeur. — « Pekc^ji paraît se dire de diverses fleurs. — » Des fraises et 
des chardons bleus ; lilt. : et des chardons bénits. — * Autres fleurs de mon- 
tagne. — ''Piora, tout à l'heure, il n'y a qu'un instant. — • Manger du bon 
sére roussi, rôti. — ' Ou de la crème fraîche. — • V. Fr. cuider. — • Le nier. 
— <* Qui est-ce qui a. — ** Sur Moleson. 



LE RANZ DES VACHES. 

Version du Conservateur suisse. 



Le z'armaillis dei Colombettè 
De bon matin se san lèhâ 

Ha I ha t ha ! ha t 
Liauba t liauba t por ariâ ! 

Yinidè totè, 

BUantz' et nairè^ 

Rodz' et motailè^ 

Djouven' et ôtrè. 



490 APPENDICE. 

Dèso on tscbâno 
lô vo z*ariOy 
Dèso on treimblho 
lô ie treintto, 
Liaubat liauba I por arift. 

Le senaillirè 
Van le premirè, 
Lé totè naire 
Van le derraire. 
Liauba I liauba t etc. 

Kan San vegnu ai basse z'ivouè 
D'ne sein lo pi k' l'an pu passa. 

Pouro PierrOy ke fam-no ice? 
No ne sein pas mô einreimblbâ. 

Te fout allft frappfi la porta, 
A la porta de Teincourâ. 

Ke faut que no diëss' ouna. messa 
Por ke no lai puchein passa. 

L'eincourft lai ïa fé repensa : 
Pouro frare^ s'te vau passa. 

Te faut mè baillî na mottetta, 
Mft ne tè faut pas l'ècramft. 

— Emvohi-no voutra serveinta. 
No lai fiarein on bon pri grâ. 

— Ma serveinta, Tè tni galésa ; 
Vo porift bein mè la vouardâ. 

-^ N'aussî pas pouaire, neutron pritro. 
No n'ein sein pas tant afamâ. 

De tru molâ voutra serveinta 
Fudrei épei no confessft. 



APPENDICE. 491 

De preiodre lo bein de l'éhllise 
No ne sarian pas perdoonft. 

— Rèintonia-t'eio, mon pouro Pierre, 
Deri por vo n'Avé Maria. 

Prau bin, prau pri ie vo sobetto, 
Mft vigni mè soveint trovâ. 

Pierre revint ai basse z'ivouè, 
Et tôt lo drai l'an pu passa. 

L'an met lo co à la tzaudaire 
Ke n'avian pas à mi arift. 



CORAULE, SOIT RONDE GRUYÉRIENNE. 



Le comto de Gruvire 
De bon matin s'è leva, 
Por alla ein Sazima ^ 
Le vatKè régarda. 
I Ih'appeilè son pauo, 
Son zoli guiertboanel' : 
c Va-t'in sala ma mula 
Et mon tsavau grison. » 

Quand i fu amont la coutha, 
Le buébo * Ih'y a trova : 
c Di-mè don, mon buébo, 
Lo tsallè io è-th-e ? 
— Héla t Monsieu le Comto , 
Oncor on pou plbé amont. » 
Quand i Ai vè le tsallè. 
Le z'ermailli a trova. 



492 APPENDICE. 

Au lieu de réceidre *, 
L'an démanda à ringua ^; 
I ringuont, i reringuont : 
Le comto ih'a perdu. 
I Ih'a tzoura sou' anna *, 
Su sa bonna fei^ 
Que djamé in Sazima 
I ne retornerei. 

I l'a bailli à ouna fille 
Por alla cutschi avouei : 
c Di don, balla Marianna, 
Vau-tbo cutschi avouei mè? 
~ Héla t Monsiu le Comto, 
Vo ne me vudra pas. 
— Di don, balla Marianna^ 
Porquiè le deré-io ? > 
Quand furon din la tzambra, 
Lh'an ti dou bin drumei. 

■ Alpage au fond de l'Etivaz (Vaud). — * De guierlkon,guercnan, guenon, 
domestique, valet. — * Garçon de chalet qui conduit les vaches au pfttnnfe 
et les ramène. — * Au lieu de le recevoir. — • A lutter. — • LitU Hajvr 
son âme. 



LA FITA DAU QUATORZE. 

Chanson pour la fête du li avril, anniversaire de la première séance do 
Grand Conseil du cunton de Vaud (ii avril 1803.) 



Por la fîta dau quatorze 
.ré fé mon bet de tzanson; 
Se la rima l'è bètorsa \ 
l'ari por mè la réson. 



APPENDICE. 493 

Car i'é prai por refrain : 
Ci qu'amè bin sa patrie 
Sara todzo prau conteint. 

Ti lè valets dau velâdzo 
Se sant ti bin retapa *, 
Lè felhe su lau corsadzo 
On bî botiet Fan betâ. 
Pu tzantir* ' ein refrain : 
Ci qu'amè^ etc. 

Noutron comis d'exercice, 
Qu'è on tôt bon généra. 
L'a conduit noutra milice 
Ein veretablho sordâ. 
Car tzantir* ein refrain : 
Ci qu'amè, etc. 

D'abord no fUr* * à l'église 
Oure noutron bon pasteur. 
No z'a fé on tôt bî prîdzo 
Que saillive de son tieur. 
Desai comm' ein refrain : 
Ci qu'amè, etc. 

L'a montra lè z'aveintadzo 
Que no deivein au Seigneur; 
L'a de : c Se vo z'îtè sadzo, 
Vo z'arai prau de bounheur; 
Dite dan ein refrain : 
Ci qu'amè, etc. 

> Dein d'autre païs la dierre 
A ruina lè paîsans ; 
Dieu sai béni, noutra terra 
No rapporté ti lè z'ans ; 
L'on pâut der* ein refrain : 
Ci qu'amè, etc. 



494 APPENDICE. 

> N'ai-vo pas dai balle vegnë^ 
Dai bî prâ el dai bî tsan; 
Et coameînt qae se dèveoè % 
Vo n*arai ne sai ne fan ; 
Dite dan ein refrain: 
Ci qu'amè, etc. 

1 Vo n'ai pas mé le focadio% 
Dîmè, ceinse, eccétéra; 
Dein ci benirau veladzo. 
Sein lo mé qu'on le verra '; 
Dite dan ein refrain : 
Ci qu'amè, etc. 

1 N'ai-vo pas por la goveme 
Dai dzein de noutron paîs; 
Quand bin ne san pas de Beme^ 
Tôt parai san no ' z'amis. 
No pouein der* ein refrain : 
Ci qu'amè, etc. » 

Quand l'eut fini son histoire^ 
Lo pasteur no de, Amenl 
Pu no furan tzi Grégoire 
Baire quôtiet pots de vin. 
Et tsantâ ci refrain : 
Ci qu'amè, etc. 

* Bétor^ bétoueir, tordu, mal fait. — * Se retapa, s'endimancher, mettre 
ses beaux habits. — ' Pu ttanUran, puis ils chantèrent ; cette élision est for- 
cée. — * No fura, nous /urnes, nous allâmes. — * Et quoi qu'il arrive. — 
* Redevance de chaque feu. — ^ On ne les verra plus du tout. — * On dit 
noutrè «'omis. 



APPENDICE. 495 



CHANSON DE VIGNERON. 



Dein sti dzor remarquablho^ 
Amis^ no faut tzantâ. 

D'or ton aimablho, 
Lo tin qu'ant tant fîta 

Noutrè simblhablbo. 

Quand la saison prècoça 
Amîne lo bon tin, 
Adieu la nota : 
I faut sur noutrè rein. 
Porta la lotta. 

A la vegne, ma felhe, 
Vito no faut allft : 

Prin ta barelbe. 
Et va-t'in la porta 

Din ta croubelhe. 

Valet, avoué corftdzo 

S'adzi de fochèrft, 

Car è l'ovrftdzo 

I no faut pas pinsft 

Au badinftdzo. 

Le z'effollbe einnoïause 
Vignant de preindre fin. 

Le z*effollhause 
Important lau z'ardzin 

Totè dzoîause. 



496 APPENDICE. 



AUTRE CHANSON SUR LE MÊME SUJET 



Devant que vîgne la poussàïe, 
Hardi, faut porta le lottftïe ! 
Asse tarduva n'ain pas vu 

L'annftîe, 
Mft jamé Tau tardu ne fut 

Youaisu. 

No z'ain prai noûtra barelhetta. 
Et dau pan deiu noûtra catzetta . 
Faut travailli dein la saison 

Dzoulhetta, 
Et tzacon bèra sti l'auton 

Dau bon. 

Ci que vaut travailli, que vîgnè ; 
N'ain de l'ovrâdzo per le vegnè. 
Vo faut bin plhanta lo passi, 

Que tîgnè. 
Et dau biau tein vo redzoï 

Tré ti. 

Ti les bolons sant firou sti iftdzo. 
Faut budzi po fini Tovrftdzo : 
Allein ! Metrux, Vevay, Lavaux, 

Corftdzo ! 
Quin retzo tein ! et que fô biau 

Et tzau ! 

Avoué dai botiets de gottrausè, 
Vouaitsé veni le z'effollhausè : 
Tôt ein tsantein voûtrë tsansons^ 

Graucbausè, 
Faut bin liettft neutre tsapons 

Mignons. 

> ChaDtée à la fête det vignerons, en 1865. 



APPENDICE. 497 



CHANT DES VENDANGES. 

Compoié par M. Ch. Faix, et chanté à la fête des vignerons, en «$5t 

Patois des environs de Ye^ey. 



f 

»«>. 



Le sélaou se layva ora. 
On bi sélaoo de Uau-tin ; 
L'è por cein qu'avoué Taurora 
No k'îu aperçu Gustin. 

L'ire prêt, 

Dein lo tret^ 
D'embossi tota la maûta 
De la premire troUha. 

Le resins l'an bouna mena, 
Resseimblban à noutrè dzins ; 
On ne craint pas la famena, 
Quant on vâi caou bi resins. 

San gonfliâ. 

Colora, 
L'est la tanta Gamalye 
Que va bin s'ein régalft. 

Vftide-vo, Gritton, ma mya^ 
Vouaîqui vai ci grapelhon, 
ITè-t-e pas à voutra guisa ? 
L'è por voûtron crebelbon. 

Catzi-lo 

Dein l'ottô, 
Dein l'ottô de voûtron pftre, 
16 no gremaillein delon. 

I faut que neutre breinlftres, 
Semotteyan à tsavon, 

MtH. ET DOCim. XXI. ^^ 



498 APPENDICE. 

Et bin travailli ein firàres.... 
Vaique dza le tserroton. 

Semottfi 

Tôt paré. 
Bailli vite à Doutrè fennes 
L'ésimplio d'on boun ovrft. 

Quand n'arrein fini çaou resses S 
Que San ike lé d'amon^ 
No farein quauque caresses 
A ci gale bossaton, 

Lé d'avau, 

Quemin faut, 
Dein le cabinet de vegne ; 
Lei y a pliace por tzacon. 

La fenna la plbe galéza 
Que veneindze avoué no, 

I 

Tzanteray quemein Tbérésa^ 
D'ouna voix de soprano. 

Ein Rolliet, 

Rein n'est blhet ; 
Sebahi se noûtron maître 
L'ein a z'u dein son partzet. 

Dépatzein et allein rido^ 
Faut releva la troUba ; 
Se l'on fâ tôt cein se mîmo. 
Le dzein-no ' Tè bein mé plbat. 

Le colon S 

L'è daou bon, 
Eî paou s'épardzi tôt deffiro. 
Le dgerlot n'è rein prévon. 

Se Ton là le grapelbadzo, 
Sti an, por ti le z'einfants, 
Derant ti dein le velâdzo. 
Le petits apri le grands : 



APPENDICE. 499 



Que san bons f 

Voua san bons, 
Çaou resins que noûtrè felhes 
L'an laissi sur le tzapons. 

L'è por cein, balla Suzetla, 
Que Ton vouaîque voûtron bein ; 
Âpri vo et la Djeannetta 
Rista-te quauque resins ? 

On se fft 

Remarqua, 
Se l'on aoublhe dein se n'orna 
On grapelhon aou vesin 

* Voy. Raine, — * Voy. I^eino. — • La mère-goutte. 



LA VÎLHE. 

Patois des environs de Nyon. 



Lb'y avei on ifidz'ouna vîlba 
Qù'avei ben quatrou-vingt z'an, 

Baribranbran branlan la via^ 
Qu'avei ben quatrou vingt z'an, 
Baribranbran. 

Le se coueissè, le se miré, 

Goumein iouna de tieinz'an, 
Baribranbran, etc. 

lô le va permi lè dansé, 

Le prein lo pe biau galan, 
Baribranbran, etc. 

Lb'y frotté derrei l'oroullbé : 

Vau-tou t'maria sti an, 
Baribranbran, etc. 



500 APPENDICE. 

Se te mè prait por ta feona, 
Tarei tôt mè z'écu blhan, 
BaribranbraDy etc. 

l'ai na tant zoulia cavetta, 

Tota plheina de vin blhaii, 
Baribranbran^ etc. 

Le delon firan le noce, 

Desandoa l'eiterremen, 
Baribranbran» etc. 

Lh'y Toueitèron dei la gaula. 

Le n'y avei que trei dens, 
Baribranbran, etc. 

Lh'y voueitèron dei l'oroullha^ 

La morsa cressei dedens, 
Baribranbran, etc. 

I fft bon marift dé vîlhè. 

On se mftriè prau soven^ 
Baribranbran, etc. 



LES BUCHERONS DE MONTREUX. 

Chaason de M. Visinand, de Montreux, chantée à la ftte des vignerons, 

en 1851. 



Ti haou que s'étzaoudon la panbe 
Devant on foué de tzemenâ 
16 .l'an bon vin, bon pan, pedanhe. 
Que Jamé n'an pire affanâ. 
Ne sftvon pas vouéro de chftîe ^ 
Dé sacrémein, de t'importofti. 
Le bou cohe * du déso Nftïe, 
Ou du Dzaman tanqu'à Vevftï. 



APPENDICE. 501 

Mft que métzanhe faut-tbe fére ? 
Y s'adze de gftgni son pan^ 
Et veri s'on pftou la misère 
Avoué la pioletta ein man. 
Bah t n'ain bon brés, boune l'épaules. 
Et bons dzairets^ Diu sofii béni I 
Bourlâ, tzairopes, tant qu'i chaules, 
N'ain praou bou déque vo fourni. 

Sein no que faran-the le dames. 
L'hiver, por fére caffomet? 
Le monsus por sétzi lau lames 
Et tzaoudft lau pouro mollet. 
Saran freliaou per totte cotze ', 
Rethrén sein savofti se boudzi. 
Ni pi se seirvi de la brotze 
Por poufti se couâire oqu'à medzi. 

Hé bain I vo ti que le bou tzaoude. 
Que vo coufti retbi \ pan et z'aou. 
Ah 1 couard' on voâiro, vo le paoude, 
A sta tropa de boutzéyaou. 
No ne sein pas di dzein dé danhie, 
N'ain pas di pi à maroquin. 
Se portant di iâdz' on balanhie, 
Lh'è l'effé d'on voftiro de vin. 

* Combien de 9uie$. — * Le bois coûte. ~ * Lttt. : par tous les coins. — 
* Mil. 



LAMENTATIONS D'UN PLAIDEUR RUINÉ. 
Chanson publiée par le Conteur vouihU, 



Bouna né la companie I 
Vu vo dere on petit mot; 



502 APPENDICE. 

N'è pas din rAcadémie 
Que vo poeide apprindre tôt. 

Tzantâ p! kemin faut : 
De tru amft la tzekagoe 
Meine drei à l'épetau ! 

Vo me veide misér&blho ; 
Ne ré pas adi z'étâ, 
Ma i'è on procè dau diablho 
Que m*a met din sti l'état. 
Tzantâ pî^ etc. 

Favé on bi IMretâdzo, 
Onna vatse et dei modzons. 
Et per dessus lou bagâdzo 
Dou gale petits caïons. 
Tzantâ pi, etc. 

Suzon, la felhe à Djean-Pierro, 
L'avâi prau fam de m'avâ, 
Car i'été bi militére 
Et tôt bon por capora. 
Tzantâ pî, etc. 

Ma lei avâ on passâdzo 
Qu'dn vesin l'avâi sur mè ; 
Cin gâtâve l'iretâdzo : 
Lai yé fé on bi procè ; 
Tzantâ pî^ etc. 

le m'in su bin iu dei grises 
Avoé Ibau comparuchons, 
Lhau mandats et Ihau remises 
Et contr'interrogachons ! 
Tzantâ pî, etc. 

Avoé tite lhau rubrique 
le m'an prâ mè z'animaux ; 



APPENDICE. 503 



La Suzon m'a fé bernique. 
Et mè voeique à pi détsaux t 
Tzantâ pî, etc. 

Yo que vo-z-ité dzouvene 
Restâde adi dzin de bin ; 
N'allft pas fera fortene 
For vo-z-appela cotien, 
Et tzantft^ etc. 



LÉ BÉVIÂU. 

Citée dans les Scènes de la vie va%uloise,de M. Jacottet. 



Vo z'aotroù qu'îtè réglfi, 

Venidè ti por acotft 

Pas pire on mot de français, 
Rènquè dau grochi patois, 
Por parlft de s'tau golu 
Que djamé ie dion, Fé bu. 

Quand san sou tanquè à crévâ, 
Que ne pouan pas mé 4jasft, 
le cryon encor d'apportft 

Lou pot tôt plhein por atzèvft ; 

Lou vintrou dé siau soulon 

Simblbè que n'a min de fond. 

Quand l'ein an prau ingodzi. 
Lau tieur quemincè à gatolbi ; 
Le se béton à crift 

Quemin s'volliavan dècèdâ : 

Cousenaire dau soulon 

Apportadè lou seillon. 



504 ^ APPENDICE. 

Dein totè iè condechon 
Vô z'ein verrai dei choulon ; 
Dai moDchu, dai paysan, 

Dai menistrè, dai régent ; 

Faut que lou vin ftissè bèn puchin 

Por poaî gagni tant de dzein. 

L'ein è de siau ménadzi 
Que ne vudran rein paî , 
Que tôt parai bftivan bein. 
Ma que ne lau cotfti rein : 
Fudrâi bein mi por siau dzeîn 
Que ne fusse rein de vin. 

L'ein è de siau parézau 
Que ne gâgnan rein tzi lau. 
Que négledzon tôt lau bein 
Por bairè lau sou de vin. 
Que n'an pas pire dau pan 
Por bailli à lau z'infon. 

L'è de siau maître de meti 
Que se lion de travaillî 
Gagnan dai bouné dzomâ. 
Le dzor de fîta tôt rafft : 
Fudrai bein mî por siau dzein 
Que ne fusse rein de vin. 

Faut bein bairè lou bon vin, 
Mft faut lo bairè sobramein, 
Por manteni la seindâ. 

Et quôquè iâdzo por tzantft ; 

Ma faut adi bein tzouî 

Que ne fasse à trabetzi. 



APPENDICE. 505 



LE GHâRIYâRI. 
Récit en patoir vaudois, extrait du Conservateur suiue. 



Lai y aval dein noutra coumen^ na véva^ qu'aval â nom Pernetta, 
et que passave le trei-vingt et di. N'y a pas tant grand tein> car 
mè que ne su pas bein vîlho, m'eio sovigno coumein se Tètai de 
l'autro hi. Sta véva addon aval dja einterra dou z'hommo; ma eu- 
dive adé ein trova eincora ion^ et reluqua ve ti le valet, le djou- 
veno^ le vîlho, lèbi, lèpouët; l'ai ire tôt on, medai que pusse 
accrotzy son fou. Tsin que va ti le djor à la tsassa trauve à la fin 
oqué ; se bein que noutra chouma fe tant que reincontra son bou- 
risco. Coumein l'aval boun'adral d'écu, et del bon boccon de terra 
sein dévalé, l'elnnortza on pouro rafouën, qu'étal tôt écouessi, et 
que gn'aval pas pire on an qu'étal frou del z'écoulé ; on lel desal 
Cliôdo. Stu couer étal tant à la bounna que ne cognessai ran de 
ran au train de stu monde; ne saval pas pire se motchl sé-mîmo, 
ne distingua la balla man de l'ôtra. Le matin dau djor que s'épu- 
saran, noutr'anchanna se ve d'oblledjai de lai lava lo mor, pé la 
mau que Tire tôt botzchar ; et de lai bouêta on fe rodjo au paudjo, 
sein que n'arai bounameln pas su lô étal sa draita. Lo menistre lé 
'maria coumein lé z'ôtro, ma de ne sein lo mein dé trel iâdzo que 
fut d'obliedja de dere dau mau el fémallé que recaffâvant per lo 
mottbi. 

Quand lo selau fe mussl, ti lé valet de la coumena coumeinça- 
ron à lau fair'on tserrivari : l'étian mé de cbinquanta ; djamé n'é 
ran oîu de paret : l'avian del gros toupeln coumeint portan lé vatzé 
que poyant el montagne, del battioré que bracquan lo tzenévo et 
del pucbein veret de bou ; trainâvan su lé perré na disanna de 
koumaclio qu'avian étatzi au bet lé z'on del z'ôtro. Lai y ein aval 
que tappotâvan avoué del martalé su del cassoton et del bemar, 
tôt parai qu'on fâ quand les avelbe djitan, au bein que sounnâvan 
avoué del couerné de tsevrl : cein baillivé na via de la metzance, 
et on traft de l'ôtro monde; on aral djera que lo maffi, lé vaudal 



506 APPENDICE. 

et totè le tzautzevîlhè dau pahi lei tegnivan lau gran sabbat. L'a- 
vian eincora eimpliei na bossetta de krouyo z'eintzappliè^ de vîlha 
ferrailla, et d'ôtra bourtia co cen, et la rebattâvan du la deléza dan 
for kan k'au borni d*avô. Cha-t^au houè de leur menâvan avoué 
dei dyiguè désaccourdaie et avoué deî trouyè ; et pouai dei sublhet 
de magnlD per dessu lo tôt. Le cou de pistolet et de fasi allivan 
dru coumein deia na rehiuva. Ein dou mot, cen vo fasai na cbetta 
de la malavia, que vo n'aria pa ohi le balle cliotzè de Noutra-Da- 
ma, et que ti le tza dau bor se couilliran ne se iô, et de ne sein 
Ton qu'on rêve de quôque djor. Ver la mîné, ti stau déterUn se 
reduisiran tzi leur, ein lutseyein, tôt parai que se l'avian fé na 
boun'acbon, et cudiran alla se dremi. Hà se l'avian bein eincolzy, 
n'avian pas tôt fomei, et l'affaire ètai trau bein einmordjaie por 
ein resta iquiè. Na dama, que restave dein na maison tôt proutzo, 
fù tant épouairia que Taccutza avant termo, et que fu tolamein tro- 
blbaye on par de tein, qu'on crayai que l'avai le z'einnemi ; et on 
pouro boubo de quatre an qu'ètai sailliai sur la porta, ein pre lo 
grou mô, et du lor tsesai d'apreroi quasu totè le né, à pau pri à la 
mîm'haura. Gein arreva per on demicro, et lo tschatalan fe à cita 
ti sliau valet por la premire tenâblha, qu'étal lo decendo. Quan 
bein seintivan la malapanaye, lai furan tré ti. Gé tschatalan^ qu'è- 
tai tôt bon avoué le bon, mft que menave rido le guememeins, vo 
lau fe na saboulaye, iô vo paude craire que y'avai mé de venaigro 
que de mei. Addan lau de : c Vo méritade trei dljor de preison ; 
mft du que no n'ein pas prau de djéblhe por tant de krouyé z'osé, 
vo baillo le z'arrets por na senanna à tzacon tsi vo ; et que nion 
ne vo vaye, ne su la porta, ne à la fenîtra, pas pire su la louye, 
au bin vo mé troverai ; oudè-vo ? Atteindu que vo n'ai pas de la 
pudra por de tollé fouléraye, vo deffendo de teri de dou z'an au 
pri ne dau Soverain, ne de la coumena. Enfin, coumein ce qu*a fé 
dau touer lo dai repara, vo condanno tzacon à vint flhorins d'a- 
meinda au profe de ci pour'iufant à quoi vo z'ai bailli lo grou mô. 
Gouria t cutzidè ma sentenche sur lo papei et délivra z'ein on dro- 
blho, ein boun eintzo, à tzacon de stau balallarmo, por que s'ein 
sovignan. i Ainse de, ainse fé. L'einfant ein eu d'averon mille flho- 
rins que tzacon lai a bein corsu, et que l'on gro soténiu por pabi 



APPENDICE. 507 

le maidjo que lai y an fé qaôquè bein. Du lor, de ne sein lo taer- 
rivafi que djamaî laî y a mé z'u dein noutra coumena, quan bein 
n'ein a pas manqua d'occajon , mft le valet lai furan se bein ap- 
prei, que quand ti le vévo et tolè le vévè dai trézè queinton serian 
vegniu se maria dein neutron motthi^ n'y arai pas pi on tzin que 
se fa d'avesa de lau djappa apri. Voaiquiè portant coumeîn d'bom- 
mo fermo/ que n'a pouaire de nion que gniôsse et que ne cognai 
ne cousin^ ne coupêre^ ne verro de vin, quand c'est que faut fére 
son devais a arrêta tzi no sta vîlba cotema de la metzance, et n'6tra 
encora to asse crouya, que vo deri n'ôtro iâdjo, que n'ari pas tant 
couâta que houai de retorna à Totthô, iô c'est que n'ein l'écoffei 
et le cozandairè. 



L'HISTOIRE DE GUYAUME-TÈ. 

COUMEINT DiAN-DANIÈ LA CONTÂVÈ 
Patois des environs de Lausanne. 



Le z'u mo ci pouro Djan-Daniè^ mft mè ressovîgno adi quand 
vegnfti tzi nos avoué son crouillon de pipa et son grand bonnet de 
lan-na que lei catzîvè le z'orolbes et lei dècbeindfti su le cotzon. 
Lo vftio adi cbetâ su onna dzèvala au carro de la tzemenft. L*ein 
avâi adi iena à contft. L'avfti fé la campagne des Petits-Cantons 
ein nonante-houit et cllia dau Valais avoué lé Français. No contftvé 
asse bin l'affére dei Bourla-Papfti et coumeint l'avfti campft au 
camp dei Gamaches à Saint-Surpi. L'avfti étft à Técoûla dein son 
dzouveno teimps^ mîmameint que savfti dere l'bistoire de Guyau- 
me-Tè sein s'ein manquft on mot^ asse bin que dein lo Iftivro. 

Lei avfti on iftdzo, que no desfti, dei baillis que le z'Autrichiens 
l'avan einvouyi dein le Petits-Cantons po fére à paî le z'impoûts, 
et> ma (fti^ le dzein n'étan pas tant conieints dé ci commerce. CIliau 
baillis l'étan metcbeints que dei tonnerres, et ci-z'inquie d'Artofe 



508 APPENDICE. 

rétfti onco mé que iè z'ôtros. L'étfti on certain Gessié, de per VAxh 
triche. L'avfti fé bâti na granta tor^ avoué tôt plheîn de crotons po 
lei mettre le bordzfti et mîmameint le municipaux que renascâvan 
et que ne voiliftvan pas se laissi menft coumeint dei Ixins. Et dlia 
tor se trovavè ein delé d'Artofe, et ci Gesslé lei desâi lo Dzing-UriS 
po cein que lei fàsfti dzingud ti clliau que se voUiâvan rebifll. Ma 
tôt cein ne servessâi dé rein> et ië dzein criftvan adi contre lo bailli 
que le mèpresivè tant, et que desâi que Iè maisons d'Artofe étan 
trau balle po leu, et que dei bouatons étan bo et bons. Tôt parai 
l'avâi on bocon pouâire, et se dese dinse : c Atteinde-vo vâi, vu 
prau vo fére à craindre lo souverain^ mè. > L'è bon. On matin, 
coumeint le dxein saillessant de medzi la soupa> ie là plhantâ su la 
pibèce d'Artofe onna granta bècllire avoué onna toquie dessus. 
Le fennè recafâvan pè lo bomi : c Ma s'babia que vaut fére de cUia 
bécUire et de cUia toquie? > L'è bon. Gesslô fâ tabomâ pè lo ve* 
lâdzo et cria que petits et grands ie faut que trésan lau carletta 
ein passeint devant la toquie, et que ti clliau que ne lo liaran pas 
sarant met au croton dein lo Dzing-Uri. Ma lei avâi à Artofe on 
certain Guyaume-Tè qu'étal on tôt fin por teri à l'arbaletta, mima* 
mein que Tétâi ti iè iâdzo lo râi à l'abbaî et que récUiail&vé adi 
la brotze. Et stu Guyaume-Tè, que ne craignâi ne çosse ne cein, 
se peinsa dinse : c T'as biau mettre ta toquie su cllia bécUire, n'è 
pas cein que mè vaut fére à teri ma carletta ai z'Autricbiens I » Et 
mon gaillâ passé crânameint sein teri sa carletta. Gesslô lo là pinça 
et on l'amînè devant li. c Porquiè n'a-tou pas teri ta carletta ? Tè 
vu fére à respettâ lo souverain, va pi f Tè vu bailli f n affére ! » 
Et Gesslô fâ mettre lo bouébo de Guyaume-Tè, qu'étâi avoué son 
père, contre on telhot qu'étâi su la plhèce, fâ mettre onna pomma 
bovarda su la tîta dau bouébo, et ie dit dinse à Guyaume-Tè: c Te 
va preindre f n arbaletta et teri contre la pomma bovarda, et tâize 
de bin meri ! > L'étâi à treinta pas de distance, ma tôt parai Guy- 
aume-Té l'incrossè s'n arbaletta, meré, et rau ! l'attrapé la pomma 
bovarda, mîmameint que cbâuta pè lo maiteint. L'è bon. Ma lo 
bailli que n'étâi pas conteint, reinmodè la niése, et ie dit dinse i 
Guyaume-Tè, qu'avâi catzi on ôtro carrelet dein sa veste : 

— Qu'è-t-e cein que t'as catzi dein ta veste? 

— L'étâi po tè pèça lo tieu, baugro de crapaud, se i'avé manqua 
la pomma t 



APPENDICE. 509 

— Redi vfti crapaud devant lo mondo f 

— Oî que lo vu redere : n'è pas ta toquie que mè ift pouftire, ni 
tè asse bîn I 

— Ah 1 te vftu mè mèpresi I atteinds-tè vfti t 

Et Gessié lei iâ mettre le menotte et lo fft menft dein son naviot 
à on certain tzatî dé Ghussenaque, à l'ôtro bet dau lé. Mft se lo 
bailli Favfti bin eimpatft, u'avfti pas tôt fomfti. Vatequie que pè lo 
mâiteint dau lé se leva onna vftudaire dé la metzance^ dé sorta que 
noutrè dzein n'étan pas à noQa et que Gessié fe doûiâ le menotte 
à Guyaume-Tè, po cein que Tétfti asse bin on tôt bon por conduire 
le liquiettè. Guyaume-Tè se peinsa dinse : Atteinds-tè vfti^ lo me- 
lebaugrOy avoué tè menotte, ton naviot et ta toquie t — Et ie con- 
duit la barquetta à na plhèce \6 la rotze fasâi on avance plhata 
dein lo lé, cbautè frou su cUia rotze et retzampè lo naviot d'on 
coup dé pi. N'è pas Teimbarras, Gesslô s'ein è vu quie d'onna 
tota ruda, li que n'amftvè pas l'îghe. Mft n'étfti pas au bet : Guyau- 
me-Tè, qu'avfti eimpougni s'n arbaletta et qu'avfti adi s'n fttro car- 
relet, se catza dein lo bou contre Ghussenaque ; quand Teut vu 
que Gessié Tavfti tôt parfti pu abordft : — Tè faut bas, Gessié, ne 
lei a pas de nftni t Lei a prau gran tein que te no z'imbîtè perquie. 
— Cein n*a pas manquft : Gessié passftvè au bas de la coûta po 
s'ein allft à son tzaâ de Chussenaque, et Guyaume-Tè Fa fotu bas, 
et au boun-an d'apri l'an déguelbi lo Dzing-Uri et l'an netteyi le 
Petits-Cantons de cUiau vaunése de baillis. 

* C'est le Twing-Uri : twiogen, d'où %wingen, forcer, dompter. 



LA FÉMALÉ ET LE SÉCRÉ. 
Traduit de Lafontaine, en patois d'Aigle ; publié par le Ménager des Alpes. 



Rèn ne paisé tant qu'on sécré; 
Le vouardft gran-tèn é défécilo i damé. 
Et su ce poèn tzacon cogné 
Bon nombre d'bommo que son fenné. 



51 APPENDICE. 

Por éprova la sin-na^ pré dé Ihi cœotscha. 
On hommo> ona né, se bouetté i brama : 

Qu'é-t-é ço ? Qu'i sefreço t 

Ah f mon diu que i'é mô I 

Pourra fenna, i'acœuUo 

D'on œu fré et tôt tzô, 

— - Don œu ? -* Ouai, le vetinquié, 

Mé n'en va pas parlft : 

On mé derai perinquié 

Dzeneille qu'a ovft ! 
Le promé son gran Diu que le sarai sécréta ; 

lift le matin, i petiou dzor. 
Le se laiv' et s'en va bouessi vers la Jeannetta : 

c Pour' amia, bondzor; 
Ah ! di don, s'te savai ! mé ne va pas mé vendre, 

Per me-n-hommo te mé farft vouegni ; 
S'te vouardé le sécré, i m'en véso^ f apprendre 

On nové que va t'ébahi. 
— Que te mé cogné pou 1 ni à sti, ni à l'autre 
I n'en réderai mot ; di mé don que Té cèn. 
-^ Mon pour'hommo l'a fé on œu gro quemèn quatro, 

Sta né en se désolèn. i 
La Jeannetta s'en va du coup ver na vesena 
Lai racontft le fé, mé l'en a bin dé trai ; 

On autra quatro, pouai cin, pouai sai '. 
Dé gordze en gordze, le nombre l'a fé fortena ; 
Djan Latontaine dit, li que cognissai cèn. 
Qu'à la fin dé ce dzor, dépassavé le Qèn. 

* Je m'en vais. — * Puis six. 



APPENDICE. 511 



LO CORBÉ ET LO RENA. 
Patois des environs de Lausanne. 



On corbé s'étâi aguelhî 

Au fin couuel d'on gros nohi. 
Et portâv' à son bè onna lomma de tchîvra 

Qae pésftvè bin onna livra. 

L'avâi cein robâ ne se iô, 

Et rétâi z'allâ se hiaut 

Po rupâ ci bon bocon 

Sein ître vu de tzacon. 
Ma lo renfi, 
Qu'avâi ^)ta la né et po rein verounâ, 

Et que n*avâi pas dédjonnft 

Se peinsa dinse : Tôt parfti, 
Se poufivo lei teri cllia tomma que l'a prâi, 

Cein mè refarfti bin la panse, 

Câ i'é na fan de la métzance. 

Et lo renâ dese dinse à l'osî : 

Hé t salut t rè tè m'n ami ? 

Cein va-t-e, cein va-t-e Taffére ? 
Que t1 portant gale, te resseimblh' à ton père. 
Dis donc, sublha-mè vfti cllia galéza tzançon 
Que te desâ Tôtr* hî su lo grand sapalon r 
Avoué ta balla voix, te la sft tant bin dere t 

Câ ne bailleré pas on père 

De ti cUiau bouailans qu'on où, 
Que ne faut que reîssi tôt lo dzo pè lo boù. 

Lo corbé, qu'avfti prau d'orgouet, 

Ne f& pas lo canft roouet. 

Et i'âuvrè lo bè po tzantâ : 

lô la tomma tchi que-bas. 

Et lo renâ ne la manqué pas. 



512 APPENDICE. 

Quand se fut relétzi, que l'eut tôt' agafllâïe, 
le fe na bouna recafiâîe^ 

Et dese ftu corbé : — Acuta, m'n ami : 
Faiilâi medzi tôt lo premi 

La tomma que t'avâ, et pu tzantft aprî. 



LO CONTO DAU CRAISU. 
Récit villageois en patois de PuUy (Vaud). 



Dieu vo lo baillai bon^ monsu lo secrétéro, 

Asse bin qu'à ti vo, messieux le coumisséro. 

Tant écrevains que cliers, dzeins de bantse et de plhonma. 

Que fordzi ti l'ardzein sein marte ne eincllionma. 

Mft perdon, se vo plhé, ne s'agit pas de cein : 

Dait-on pas condamna à ti frais et dépeins. 

Dite lo vai, messieux, ti per voûtra concbeince, 

Gé qu'étieint lo craizu per malice et veindzeince ? 

— Pourro frare I épei bin que vos ai bin réson, 
Nâ no ne vyein pas iô va voûtra quiestion. 

— Quiè t vo ne séde pas, messieux, qu'i'é onna felhe. 
Dont on lâre tzi no volliai fére à la pelbe '? 

Ma, pardié, n'ein est pas inque iô voudrai bin ; 
N'a pas trovâ son fou : l'est mafai on biau tzin I 
Dite, bravo messieux (moyennant bon saléro), 
Féde-mè on mandat per noûtro Gonsistéro : 
« A vo, messieux les dzudzo, menistré, lutenien, 
Secrétéro, assesseux, et tôt lo bataciien. » 

Que lau sait défeindu, et en boun'écretoura, 
De rin distribua de noûtra procédoura. 
Pesa fer, se vo plhé, vo verrai le résons, 
Quand i'ari dau galand racontft les acchons. 



APPENDICE. 5i3 



Vo sarai don, messieax, se vo plhé d'acuti, 
Qaè ma felbe et sla oor se son dia x^u amâ ; 
Et que ne crayft ti que sarai on mariâdao 
lô ne manquerai pas pan, buro ne fromâdxo : 
Mft vaique qu'est fini, car por li, oreindrai. 
Ma felhe n'ein vaut rin> ne ein bihan» ne ein nai. 
Se lai a z'u bailli quôqué tracasséri, 
Por cein, n'a né papai, ne partzemin écrit. 
Baste I enfin se z'accbons einvers li son se nairè. 
Que n'ara pas l'boneu dé m'appèlft biau-pairè. 
Vos ein vé raconta quoquiè z'écbantlllons, 
Per iô vo verrai bin cein qu'est stu compagnon. 
On dxor, lai de : c No faut deverti stau veneindse ; 
AUein no promena à Montagny demeindze I t 
L'ôtra lo lai promet, et lo dzo arrevft, 
Le se laivè matin, se vîtè, et s'ein va. 
Le cria la Luzon, qu'ètai noûtra vesena. 
Brava felbe, mafai f l'irè noûtra cousena. 
Stau galandë s'ein vont contre stu Montagny, 
Stu cor ne lai tu pas f N'est-e pas on mépris ? 
Dite lo vai, messieux, ti per voûtra concbeince. 

Se cein est onn'accbon? 
Se lo souverain dit que cein sai onn'accbon, 
Pacbeince t 

On ôtro viadz'oncor que cassâvon le coquiè, 
Noûtra felbe lai va : stu cor sein derè porquiè, 
Laissé son martélet, s'ein va, lo vaiquié fro, 
Goumin se l'ire eintra on laû, obin on or. 
Tsacon crayai d'abord ein viein sa grimace, 
Qu'à n'on verro de vin l'allavë férè plbace. 
Ma sein ce qu'on rêve *, se bio qu'à la miné 
Lo père fu contreint, lo viaudzo sur lo bré, 
De la racompagni tzi no tota penausa, 
16 l'arrai bin volbu resta tota roerdausa, 

KtM. KT DOCUM. 1111. ^* 



514 APPENDICE. 

Plhetou que d'allft lé po aval stu affront 
Et se vèrè moqua per on tô compagnon. 
Dite lo vai, messieux^ ti per voûtra concheince. 

Se cein est onn'acchon ? 
Se lo souverain dit que cein sai onn'accbon, 
Pacheince ! 

Onna veillha^ tzi no, Tétai pré dau mortai % 
lô fasai einseimblian de se tzaudâ le dai : 
Sein qu'on s'ein aperçut, ie sort de sa catzetta 
De la pudra avoué quiè vo fâ onna guelhetta * ; 
Et volheint la sétzi, la laissa tchaire au fû ; 
Se bein qu'ein foliein et fasein stu biau dju. 
Tôt d'on coup cein vo fe onna tôla voilâîe. 
Que ma méson risqua d'être tôt eimbrasâîe. 
Noûtra felhe était tie, lo vo deri tôt net. 
Sa conollbe à la ma'n, faseint lo cafomet ; 
Et lo fû, que sauta, alla preindre es élopes. 
De quiè sa mère et li ne furon pas mô sottes. 
Dite lo vai, messieux, ti per voûtra concbeince. 

Se cein est onn'accbon ? 
Se lo souverain dit que cein sai onn'accbon, 
Pacheince ! 

Nos aviâ onna boun' et balla galéri. 

Que i'é étâ contrint de fére à déguelhi 

(N'eiu poivo pas de mein por l'honeu de ma felhe. 

Que vollhé conservft eintire ein sa couquelhe); 

Car veniai taquenâ per-chautre ' autre la né^ 

Dai viadzo lo matin, d'autro viadz' à miné, 

Por tzertzi l'occasion de poai férè ripaille 

En forceint d'on certain cabinet la serraille. 

Ma galéri m'avai cotfi cinquant' écus : 

L'è sa faut', oreindrai, se i'é Lot cein perdu. 

Dite lo vai^ messieux, ti per voûira concheinee. 

Se cein est onn' acchon ? 
Se lo souverain dit que cein sai onn* acchon, 
Pacheince ! 



APPENDICE. 515 



Noûtro vesin avai aberdzi onna né 

(Por vo derè bin quand cein ne fâ rein au fé). 

On certain novieint qu'étai bon violâre. 

Lai se rasseimblhan ti, le felhe avoué le mârè, 

Stu galand lai étai que fasai lo feindeint, 

Sen férè einseimblban de pi vouaiti le dzeins : 

Lai dansa^ lai sauta stau qu'étian à sa pota*, 

Et le molâve bin à la fin de la nota. 

Âdon^ coumeint tzacon sondzive à s'ein alla, 

le Al tzi mon vesin no^tra felbe appela ; 

La pre, et la mena onna tota petita, 

Ma sein slia que bésa, né mola onna mita ^ 

Dite lo vai, messieux^ ti per voûtra concheince» 

Se cein est onn' accbon ? 
Se lo souverain dit que cein sai onn' accbon, 
Pacbeince I 

Vo sarai don onco> et sta est la plbe forta. 
Qu'on dzor que la Zabet irè sur noûtra porta, 
L'étai l'biver passa que fasai stu grand frai, 
lô on ne savai plbe iô se catzi le dai, 
Stu cor s'approutza, et poui sein derè porquiè. 
Apre quoquiè résons adon que lai marmotté. 
Et avai fé le tor que font le tzarlatans, 

Volbai fourra se dai dedein son catzeman 

Dite lo don, messieux, ti per voûtra concbeince^ 

Se cein est onn' accbon ? 
Se lo souverain dit que cein sai onn' accbon, 
Pacbeince 1 

Vaitzé on ôtro tor que lai fe l'an passa, 
Auquiè n'é djamé pu de san frai repeinsft. 

Le felbe et lé valets s'étian boutft ein téta 
Dé s'allfi promena on certain dzor de fêta. 
Coumein l'étian setiè an coutzet d'on recors, 
Stu grivois l'embrassé per lo maitin dau corps. 



516 APPENDICE. 

Noûtra felhe, qu'étai dèooûta H setftîe, 

Est, dein lo mémo tein, lot d'on coup reinversâîe. 

Et poui, bredin^ broda.... , vo fon lo batacu*, 

Tantou l'on est dézo, tantou r6tro est déssu ; 

Se bin que le montra, coumein vo paudè crairo, 

DzeiTotirè, dxénau...., tôt cein qu'on volhai vaire f 

Apre avai risquft dé se féro assomft. 

Le se relaive enfin avoué dou pi dé nft. 

Dite lo vai, messieux^ ti per voûtra concheince, 

SI cein est onn' acchon ? 
Se lo souverain dit que cein sai onn' acchon, 
Pacheince t 

Acutft vai, messieux, ein vaitzé na terriblha : 
Le diablho n'en pau pas féro onna plhe z'horriblba. 
Vo proind de la verrairo et la pilé au mortai.... 
Que lo diablbo lai pouisse dinsè pilft le dai f 
Et poui f apporté cein dein lo Ihi dé ma felhe, 
lô vo la dépouaira du la téta à la grelhe.... 
Quand lai peinso, messieux, là f se vos avift vu 
L'état iô se trova adon son pouro tiu ! 
Vos aroi fé pedhi, lo pouro miserablho ! 
L'énocein ne dai pas pâti por lo coupablbo. 
L'é portant dza gari, mft dé sein lo mein 
Que no z'ein a cotft d'on biau pot d'égazein * ? 
Dite lo val, messieux, ti per voûtra concbeince. 

Se cein est onn* acchon ? 
Se lo souverain dit que cein sai onn' acchon, 
Pacheince I 

Lo conto dau craisu, per iô i'é quemeinci 
Ne vo z'a pas étâ onco fé à demi. 
Mé vé vo lo fini. -- Messieux, vo paudé crairé 
Qu'onna né que défio qu'on tza ussé pu vairé, 
Stu grivois venie avoué de se z'amis, 
Einveron la miné, que n'étift ti drumis^ 
Hormis nofttra Zabet que se pudzive oncora. 
Lai crié : c Veni vai vers mè on pou tot-ora. 



APPENDICE. 517 

Vo z'ein prio, Zabet, i'é oquiè de presseint 
^ A vo coumenicâ. Maude sai que vo meint 1 » 

Noûtra felhe qu'a l'u dés sa prennre enfance 
For ti le grands valets que trau de complhésance, 
, Car tzin de bouna'race^ à cein que tzacon dit, 

Tsasse soveint solet sein qu'on Tôssè dressi, 
Sen se férè pressé le revîtè son cheurtzo 
Et décheint ver stu cor qu'étai à noûtron poertzo. 
Tôt lo drai soubçouni que Ih'y aval de Tugnon. 
Ne mè trompftvo pas, car stu fin compaipaon. 
Apre lai aval fé quoquiè faussé caressé. 
Lai de que Tétai tein dé féré dei promesse ; 
Que le dévai alla tzl son cousin Debret, 
lô trovérai dai plhonmé et Técretéro prêt; 
Que n'arrai qu'à signi et que le dévai crairé 
Que quand cein sarai fé lai baillerai bin d'airé. 
Tôt ein lai desein cein l'empougné per lo bré, 
Fasein ti se z'eflbrts por la fére allft lé. 
Medai, quand le ve cein, le se su bin défeindré 
En lo graffougniein fer, lai desein pi que pendre. 
Le cria : Paire t paire t apporta lo craisu t 
Et dé voutr'autra man ne veni pas vouaisu. 
Sauto tro dé mon Ihi sein bouta mé culotté, 
Preigno on bon bfiton, ne dio pas que cein cotté ; 
Empouguo mon craisu, freinno avau lé z'égrâ ; 
Savé bin que stu cor ne m'ein savai pas grft. 
Quand ie tu su lo poeint d'eintrft dedein l'allflîe. 
Mon grivois que cheintai quoquié malapanâîe, 
En arroveint que fi, devant que l'usso vu, 
D'en coup dé son tzapé mé détieint mon craisu. 
Se bin que mé vailé sein verre onna gotta, 
Et poui ma lampa bas que se toumavé tota ! 
Dite lo don, messieux, ti per voûtra concbeince. 

Si cein est onn' accbon ? 
Se lo souverain dit que cein sai onn' accbon, 
Pacbeince I 



I 



518 ' APPENDICE. 

N'est pas lo tôt. — Quand vi ma lampa renversâîe, 
le cru que ma Zabet étai déshonorfiîe. 
Mè bottti à crift, fenna, dépatze-tè. 
Et prein l'ôtro craisu ; sauta frou ein pautet ! 
Le mè crai. Dein dou sauts ma fenna se préseintè. 
Stu compagno, qu'étai catzî derrai dei brêintè. 
S'avance tôt d'on coup, et sein la respettft.... 
Paf ! d'on coup de tzapé vaiquie lo craisu bas f 
Se bein que no vailé oncora sein lumière. 
Sein savai iô allft, craigneint lé z'étriviérè. 
A la fin, lo galand, apré tôt ce fraca 
Se recoullhi tsi li, et s'ein va sonica ^^, 
Gonteint coumein on rai d'aval vu noûtra pouaire 
Et de no z'avai fé à ti veni la fouaire. 

Lai yé onco gâgni on rhonmo violeint 

Que m'a bin tormentA et que mè preind soveint. 

Dite lo vai, messieux, ti per voûtra concheince. 

Se cein est onn' acrbon? 
Se lo souverain dit que cein sai onn' acchon, 
Pacheince t 

* Féft à \a pelhe, prendre, voler, piller, — " Mais on ne le revit plus. — 
* Sorte de mortier où l'on met de la braise en hiver. — * Sorte de fusée que 
font les enfants en humectant de la poudre et en la broyant. La guiileiU a 
la forme d*un petit cAne.— * Per ehatUre, pèehautret par ici. — * A sa gvise. 
— * Un brin, une miette. — * La culbute. — * Ega%ein, eau-de-vie, eau de 
gentiane, spiritueux en général. — *^ Gai, content, (Vocabulaire du Recueil 
de Corbaz). Ce mot n'est pas dans le glossaire de Bridel ; nous ne l'avons 
trouvé que dans ce récit. 



FRAGMENT DU CE QU'Ë LAINO ' , 

ANCIENNE CHANSON SUR L'ESGALADE DE GENÈVE. 
Patois des environs de Genève . 



Ce qu'è laino, le Maître dé bataillé 
Que se moqué et se ri dé canaille, 



APPENDICE. 519 



A bein fa! vî pe on desando nay 
Qu'il étivé patron dé Genevois. 

Y sont vegnu le doze de dessambro, 
Per onna nay asse naire que d'ancro ; 

Y étivé l'an mille si san et dou, 
Qu'y veniron parla on pou troi toû. 

Pé onna nay qu'étivé la pe nairé, 

Y veniron, y n'étai pa pé bairé; 

Y étivé pé pilli noutre maison. 
Et no tûa sans aucuna rayson. 

Petis et grans ossis-en sevegnancé, 
Pé on matin d'onna bella demanzé 
Et pé on zeur qui fassivé bein frai. 
Sans le bon Dy nos étivon tos pray. 

On vo dera qu'étai celeu canaille? 
Lou Savoyar contré noutre mouraillé, 
Trai étiellé on dressie et planta. 
Et par iqué dou san y sont monta. 

Etant entra, vegniron u Cour-de-garda, 
Yô y firon onna ruda montada. 
Il avivon tenaillé et marte 
Qu'étivon fay avoy du boun acier, 

Pé arassi lou elious et lé saraillés, 
To lou verreu et tota la feraillé. 
Qu'y rencontrave en de pary endray. 
Et qu'y boutavon pé n'étré pas surpray. 

D'où établie qu'il avivon forcia. 
Et d'on petar qu'il avivon teria, 

Y coudavon déza être à scevau ; 

Y ne furon pas assé monta yau. 

Son Altessa dessus Peinssa * étivé, 
Yon d'entre leu s'encoru pé li dire 
Que le petar aval fai son éfour. 
Qu'on alavé far' entra tôt le grou. 



520 APPENDICE. 

Il avivon de lé lanienié cbenrâé ; 

Y contrefassion oelé groasse grenoIHéy 

Y étivé pé alla et pô vegni. 

Sans que jamais nion ne loa pu décrevi. 

Pico vegna! avoy grande hardiesse, 
Pé fare vi qu'il aval de l'adressé, 

Y volivé la pourta pelarda, 
Yet iqué yô y fut bein attrapa. 

Y volive fare de tala sourta. 
Qu'are volu tôt' éfondra la pourta. 
Et l'are mé pé brelodé et bocon, 
Poi far alla tôt drai dessu le pou. 

Lou pon-levi y lou arion bassia, 
Arion outa tôt ce qu'ar* ampassia, 
Pé far entra l'escadron de Savoi : 
Vo lou verri bein-tout en désarroi ; 

Car on seudar qu'aperçu tôt soucicé. 
Tôt bellaman bouta bas la coulisse, 
Poi va cria qui se faillai arma, 
Yô attraman no sarion to tûa. 

Y fu hassia queme de lès barbette, 
Poi enfela queme dès alûetté, 

Y fu creva queme on fier crapio, 
Et poi saplia queme dès attrio. 

Drai u clossi on va sena l'allarma. 
En mémo tems on cria : Ë arme t é arme I 
De to andrai on vi dé zan sourtl. 
Que desivon : Y fau vaincr* ù mouri t 

Y alaron prontaman sur la Treille : 
Yod d'entre leu s'avança pé adresse. 
Et fit ala quéri dé mantelet *, 

Pé s'en servi queme d'on parapet. 



APPENDICE. 521 

Y roulavon d'onna tala fouria. 

Et pé boaneur il éllvon enrouillla, 

Y fassivon eBCora mei de brui 
Qu'on bovairon ato * cîn san choûarri. 

Pé ce moyan on prai le Gour-de-garde, 
Yô l'ennemi fassivé bouna garda ; 
Le falu bein quitta é Genevois 
U déshonneur de tota la Savoi. 

Lou Savoyar vito priron la fouita» 
Quand y viron renversa la marmita 
Y6 il avion bouta couaire à déna, 
Pé to celeu qu'il avion amena. 

Il alaron vito à la Tartassé, 

Yô l'ennemi criavé de gran razé : 

Vive Espagne ! arri 1 vive Savoi I 

Y 'è orandrai qu'on tain lou Genevois. 

Lou Genevois qu'avion gran corazo, 
Piron bein vi qu'il étivon dé bravo, 
De se batré contre dé zan arma 
Dai le manton jusque à leu cbolar. 

On entendai celi vipère Alexandre 
Que desivé : Y ne vo fau ran crandro, 
Las mous enfan, dépassi de monta, 
En paradi ze vo fai to alla. 

Son Altesse en grande diligence, 
Onna pousta manda u ray de France, 
Que Zeneva il avivé surprai. 
Que cela nay il y farai son liai. 

Ventre sein gri 1 se dit le ray de France, 
Que Zeneva se sai lassia prendre ! 
La ! mon cousin s'y est troi azarda, 
Y ne porra pa guéro la garda. 



523 APPENDICE. 

En mémo tems onna lettra arrivé. 
Que le couda faré creva de rire, 
Que desivé : Lou Savoyar son pray, 
Lou Genevois lou pendon orandrai. 

* Celui qui est là^haut. Dieu. — * Localité sur les hauteurs qui dominent 
t^rouge au sud-est. — * Sorte de parapet portatif et roulant dont on se ser- 
vait dans les sièges. —^Am«ï. V. Fr. à tout. 



LOU CROU ET LOU RENAL 

Patois des Verrières (Neuchâtel). 



On crou pertsie su en herbrou, teuia à son bet on fourmadzoa. 
On renai aitrïe pouet lou fié, veugne à lu et ly dese: Eht bon dze, 
moncheu lou crou, que vos êtes dzouli, que voz me seblez bé. Se 
voutrou ramedzou resseble à voutrou plumedzou, vos été certai- 
namct lou premie des ouzé de c'tés bous. Adon lou crou, ne se set 
pé de plaisi et pou montré son bé tsant, Tuvre son bet et laisse 
tset sa préza. Lou renai s'et saisit et det : Appraitet que tout liât- 
teu vi è dépets dé chelu que Facute. 



LE TSCHÂNE ET LO ROÛ. 
Patois du Landeron (Neuchâtel). 



Le tscbftne dit on djor au roû : Vos paitet réellemet acoouesa U 
nature; le piet petit osie est por voz on paî, et la moindre, oure vos 
fâ bassie la tôle; duret que mon front, non contet d'arrétft les rayons 
dou solet, ta! tôte es efforts de l'oradge. Se peire vo ventes on 
monde dezo met fouyets, voz n'eré pas tant à sefri, ma voz cré- 
têts le piet sovet ou bord de Taive : la natoure vis-à-vis de vos me 
saîbye baî injuste. Votre pitié, repond le roû, part d'on bon quère. 



APPENDICE. 523 

mft n'ayîe ret de coésoD. Y ai moins à craindre l'oraige que vos. 
Tôt d'on coup on oare terribye se laîve. L'arbe taî bon d'abord ; 
pouis l*oare redrobye de force djouqua ce quel i'oûtdéracenft. Du- 
ret c'tou taî le roû pieyat, mft ne rotat pas. 



LE LIEUTENANT MOJON. 

Anecdote en patois de Valangrin (NeuchAtel), communiquée 

par M. Georges Quinche. 



Cha-devant à Vauledgin, é l'y a de cet, qui dize, cent ans, onco- 
ret mai qu*i creye, é Vy avé on Iteutenet qu'étai à nom David Mo- 
jon; c'étai éna dget d'esprit, gros d'façon, gros bouén homme ; mft 
é l'avé éne inflrmitft, let ^od rudge ; let maîdges n'y avan ret 
poui, d'façon qu'é l'étai gros pouet. Alors de célaique, on viadge ' 
qu'é l'étai en djustize, é l'y ou do d'iieu que vegniret u piai *; i 
n'poui pas vo dire porquet é s'coutreleyive : c'étai pou d'affaire, 
puisque monsieu le lieutenet let djudgea vitamet tôt de par liu. 
Alors de cet, slu que creyé qu'é l'étai z'eu condftn-nft à tort, eqminça 
à rôD-nft tôt pian. Toparî ' monsieu Mojon, que croû compreddre 
qu'é praidgî ve ^ dou rudge, lli dsa : c Qu'e$t-ce que (fett ? malheureux y 
je eroii que tu me reproches mes yeux rouges t » L'autre, qu'étai 
gueurgne* qmet on petou, répongnia : c Tôt le contraire, monsieu 
le lieutenet» i vo lé qvesse qmet on bouéniet à ma gordge*. » Epoui 
é s'dépatcha d'euvri la porte por s'et d'allft sin mettre let do pî det 
on suiftr. 

* Un jour, une fois. ~ * Au plaid, à Taudience. — ' Cependant. — * Qu'il 
pvlait. — * Qui était de mauvaise humeur. Ailleurs on dit qréMUttqrtinéM. 
On dit grmge dans le français populaire de Vaud et de Genève. — * le vous 
les souhaite comme un beignet à ma gorge. 




i 



524 APPENDICE. 



L& PENNE ET LE SCRET. 



Fable de La Fontaine, traduite en patois des environs de MeiiebAtel , et 
extraite du Muiée hUtorique de Neuchfttel et Valangin. 



Rè ne pesé tant qu'on scret; le garda longtaî est difficile è damé, 
et dsus stu pouet y sait bon nombre d'hommes que sont fennè. 
Por éprovft la sionna , en 'homme cria ia nait , coùtcbi près de 
l'yîe : Aie I Qu'est-cet? Y n'et pus pieùt, on me décire; y accoutche 
d'én'eu. Oaîe^ le velaique, bouta ^; el estencoratottchaad.Gardâ- 
vot baî de le dire, on m'appellerait djenoeille. La fennà neuvi su 
le cas, cret l'affaire et promet de ne ret dire. Le lédeman , dès la 
pointe du dijor, elle cort tchîe sa vesenà , et lyî dit : On cas é ar- 
riva, mais n'è dite ret, vot me féri rollier. Mén'homme vaît de Hure 
én'eu gros quemet quatre ; mais n'è dite ret. Ne craitè ret, dit 
l'autre, y ne cheu pas babillftrdà. Egaiamet elle boerle d'è conta 
la novallà et va la repeddre à pieùt de dïe édrets. A pièce d'én'ea 
elle è dit trai. En'autre, dzo le scret, dit quatre, et à la faeî an 
djor el y en avain pieùt de cent. 

* Regardez. 



LES FILLES DE CHEZ MIGUELI. 

Chanson en patois de TAjoie (Porrentniy), citée par FaUot dans ses 
Reehereheê iur iepaloi» (Montbéliard ISSS). 



Ç'fl les filles de chez Migueli 
Qu'elles san bin boire, 
Rintintin, tradrala ; 

Qu'elles au bin bu quinze pou, 
Ancoi enne pinte. 



APPENDICE. 525 

Elle an bin maindgie quinze bue grai, 

Ancoi enne vetche, 
Rintintin, tradrala ; 
Elle an bin maindgie quinze pain bian, 

Ancoi enne metche. 

Oh 1 qu'elle an bin cassai les bancs, 

Boyant chopine^ 
Rintintîn, tradrala ; 
Quand ce vint pou ^ faire les comptes. 

Fa faire crédit. 

Qu'elle aivîn tretou de l'ordgent 
Mai que lai Gathrine *, 
Rintintin, tradrala ; 
Prente-li son godillon 
Et peu sai tschemise. 

Son aimant pessai poi H *, 

Se mit ai rire^ 
Rintintin^ tradrala ; 
Rente-li son godillon 

Et peu sai tschemise. 

* Quand et vint, quand vint le moment de. — * Sauf la Catherine. — * Son 
amant passait par là. 



FRAGMENT DES PAINIES '. 

Satire en patois de la vallée de Delémont (Jura bernois), composée en 1716 

par Ferdinand Raspieler, curé de Courroux, 
et publiée à Porrentruy, en 1849, par MM. X. Kohler et F. Fensier. 



Ne veut'on pe aibôli lai côtume inquemode 
De ces lairdges pennies qu'e no feumî lai mode ? 
I seu che sô dés daim^ et de loue tintaimaire ; 
Qu''ai s'en aliin ft ruftle, de loue no n*ain qu'e faire. 



596 APPENDICE. 

S'ai fâ se mantr'an tâ^l. vou es haîns di môtie. 
Ai ne yé piaice qu'e po ces solains pennies. 
N'a-ce p'enne vargogne> et tchôse bin étraindje ? 
I yi défi d'entré dain dés pou^rtes de graindje. 
Au qu'udan qu*'an n'on d'euy^s qu'e po lés aidmiré, 
Voili dés belles ^imboiyes po se faire aidorè ; 



S'an remairqu'ai en lou« lai moindre dischtinction, 

A nom de Due /... terrô qu'éque consolation ; 

Main adjedeu tchéqu'enne le veu porté cbe hâ 

Que lai dieuse et lai rétche sont véti to yubâ. 

De to temps an on vu bin grainde différaince 

Entre ce di commun et ce de djaintelaince ; 

Main lés pouyes-revis^ lés petétes bordgeaises 

•Vorrin faire raippet es daimes de noblesse. 

Ce qu'*ai pouaine an loue sô ain di pain ai maindgie. 

Et qu*'ain le ventre piait comme dés tchins levries, 

Qu'e ne dairrin bronché qu*e serdge et midjelaine 

Le portan bin pu bâ qu'e notre tchételaine ; 

Lé îéyes di commun, et lai raicayerie 

S'en vain yuvain le né, co dés tchins de Marcie ; 

Ai yi séfhe bin de contrefaire lés daimes 

Di temps qu'e louete painse tchainte : in reqwem ; 

Ç'â bon qu''an les cognfl, âtreman an crairait 

Qu*'ai aerrin des Princesses, vou bin aqu'e daidroit. 

Lés tu scUirizê n'a pe mon intention, 

Ai ne yé pe de réye qu*e n'ait ses exceptions. 

Ai yen é des vertueuses, ai n'en fft pe doté. 

Main, ma foi, lai pu pé, ç'â de piètre dairré. 

I me moquait de loue, ah I ça^ qu'ai s'engregnin, 

S'ai se sentan motchouses, ionleux I qu'e se motchin I 

Qu'e me nannin languet et grossie payegeain ;.... 

Due veu qu*'an corridgeait rudement son prochain. 

I me seut emporté, pairdon, méssieus, pairdon ; 
Dai ! l'en é le sudjet, ça, qu''an m'écoutai don ; 



APPENDICE. 527 

Lâi iiMÎlére en a belle, et ço qa'i vo veu dire 
Engregneré lés eniws^ dire les âtres rire. 

' Ln Pamk», lei |iaiiiert qae portaient les daaet an siècle pMsé, pour se 
dooner plos dTampleiir. 

HùQM enpniBloos à MM. Kohier et Feosier b clef orthofraphiqiie et la tra- 
duction littérale qui accompagne leur intéressante publication. 

1* Le point placé au haot de la ligne (*) remplace Vi dans tous les mots où 
cette lettre se bit sentir sans qu'elle entre dans leur orthographe. Ex. : qwain 
(quand), qu-mUire (quatre), etc. 

(Si nous avons adopté cette orthographe pour des mots tels que qu-ain 
qtraUirt, etc., c'est surtout dans le but de nous rapprocher de leur étymo- 
logie.) 

)• La consonne f n* se prononce toujours à peu près comme H dans le mot 
tien. El. : qu-ain, quand (prononces Mn), qu'u, qui (prononces tiu). 

D'après ces deux règles, on prononcera fron^-e (trouble), daub'e (double), 
aqu'e (quelque chose), i peu près comme suit: troubien, doubien, atteti, en 
ayant sein de flaire la syllabe ieu très brève. 

3* Dans le patois de l'Ajoie, le eh suivi d'un point en haut (ch-) se pro- 
nonce comme le ch allemand du rooticft. Ex. : eh-o (clou), cfe'Ofrc (riffler), etc. 

A* Ir. lies Français ont changé l'infllexion naturelle de cette syllabe en ain, 
tandis que le patois a conservé l'ancienne façon de prononcer les mots qui 
commencent et fllnissent en in. Ex. : vin ; on prononce en patois vin, h peu 
près comme la syllabe m dans immobik ; en français, par contre, on le pro- 
nonce vain, (Guélat, (Grammaire pmtcine.) 

5* Les lettres imprimées en italiques, soit dans le corps d'un mot, soit au 
commencement ou à la flln, sont toujours muettes ou nulles ; elles n'entrent 
jamais dans la quantité du vers. Ex. : lés pouyes-revis (les parvenus), réye 
(règle), ierro (j'aurais), etc. 

Quand la lettre italique est au commencement du mol, ce mol esl tovgours 
un composé de deux autres mois ; ainsi terro (j'aurais) se compose de i (je) et 
de erro (j'aurais). 

C^ La lettre i, quand elle est simple à la fin d'un root, ne se prononce pas. 

7* L'e qui n'est pas surmonté d'un accent, est toi^ours muet. Ex. : <ês pe- 
téle4 bordgeaUes (les petites bourgeoises). 

8« /, ou y, forme diphthongue avec l'é rouet A la fin des moto. Ex.: orat-ye 
(oreille), vonéie (veuille), etc. ; la voix fait entendre Vi, mais elle repose sur 
l'e muet, de manière à produire un son mouillé. 

Sauf ces observations, la prononciation est toHJours figurée, si ce n'est dans 
les mots entièrement français que contient notre patois. 



528 APPENDICE. 



TRADUCTION 



Ne veut-on pas abolir la coutume incommode 
De ces larges paniers que nous fournit la mode ? 
Je suis si las (soûl) des dames et de leur tintamarre; 
Qu'elles s'en aillent au diable, d'elles nous n'avons que faire. 
S'il faut se mettre à table, ou aux bancs de l'église (moûHgr), 
Il n'y a place que pour ces ennuyants paniers. 
N'est-ce pas une vergogne et chose bien étrange ? 
Je leur défie d'entrer dans des portes de grange. 
Elles pensent qu'on n'a d'yeux que pour les admirer. 
Voilà de belles imboyes (épouvantails) pour se faire adorer ; 



Si on remarquait en elles la moindre distinction, 

Au nom de Dieu ! j'aurais quelque consolation ; 

Mais aujourd'hui chacune veut le pcirter si haut 

Que la gueu9ê et la riche sont vêtues toutes également. 

De tout temps on a vu bien grande différence 

Entre celles de commun et celles de noblesse; 

Mais les parvenues, les petites bourgeoises 

Voudraient (faire rampeau aux) égaler les dames de noblesse, 

Celles qui, à peine à leur soûl, ont du pain à manger. 

Et qui ont le ventre plat comme des chiens-lévriers, 

Qui ne devraient porter (employer) que serge et bure fm-Ume), 

Le portent bien plus haut que notre châtelaine : 

Les filles du commun et la racaille (canaille) 

S'en vont, levant le nez, comme des chiens de Marcie ; 

Il leur sied bien de contrefaire les dames 

Du temps que leur panse chante : tu requiem ; 

C'est bien qu'on les connaît, autrement on croirait 

Qu'elles sont des princesse^, ou quelque chose de bien élevé. 

Les toutes satiriser n'est pas mon intention. 

Il n'y a pas de règle qui n'ait ses exceptions. 



APPENDICE. 529 

Il y en a de vertueuses, il n'en faut pas douter, 
MaiSy ma foi, la plupart c'est de piètre denrée. 
Je me moque d'elles, ah t çà, qu'elles se fâchent, 
Si elles se sentent morveuses, parbleu ! qu'elles se mouchent ! 
Qu*eUes me nomment mauvaise langue et grossier paysan !.... 
Dieu veut que l'on corrige rudement son prochain. 
Je me suis emporté, pardon, messieurs, pardon ; 
Las, j'en ai le sujet ; çà, qu'on m'écoute donc; 
La matière en est belle, et ce que je veux vous dire 
Fâchera les unes, fera les autres rire. 



HÊM. ET DOC. XXII. Si 



PROVERBES. 



N.B. La plus grande partie de ces proverbes sont extraits du Conêervaleitr 
<ifi>M; parmi les autres, bon nombre ont été recueillis par M. Qoincbefà 
Valangin (Meuchàlel), et par M. le curé Chenaux, dans le canton de Friboun; 
et spécialement dans la Gruyère. Ces derniers sont extraits des NmivelUs 
étrennes firibourgeoiset, année 1866.. 

I 

LE TEMPS^ l'année, LES SAISONS^ LES MOIS, LES JOURS. 

 Tsalande le musselhon, 
A Pâque le Ihasson. 

A Tchélédet le mouesslhoo, 
A Pftquè le Ihasson. (Valangin.) 
A Noël les moucherons, à Pâques les glaçons ; ou bien : Qnani 
Noël est vert les Pâques seront blanches. 

Benirau lo pais iô le niolè s'einvernan. 
Bienheureux le pays où les brouillards passent rhiver. 

Se le niolè van d'amont, 

Prein Taulhe et le tacon. (Vaud.) 

Se le niolè van d'avau, 

Prein le cové et la faux. (Vaud.) 

Quand la niole est dsu Tchumont, 
Prêt Teûlhe et poui le tacon ; 
Quand é Test dsu le Van-né, 
Prêt la fortche et le raté. (Valangin.) 



Se tonne s n le boù ■«, 
Vein de ta Bd sa le boù blUn. 

Qund l'è bllar sa lo Valais, 
La plkodje » Veray. 

Qaaod bin prim pilua. 
De la prinma plbodje Vein tsi pnu. 
Quand même U pUvi ft», de la fine plu» il m tomht M34Z. 

La plbodje dau malin 
I4'einpatie pas la djoruA dau pèlerin. 

Quand lon>në au mai de mfl. 

Petit et grand daivon plhora : 

Quand ton-në au mai d'avr), 

Petit et grand daivon se redioï. 

Quand è teunn' d'avri 
Faut se ré4)oï. (Valengln.) 

Tant teunne qu'et pieu. (Valanglli.) 
n tonne tant qu'enfin U pUvl. 

Quand b & bai. 
Prêt ton manié; 
Epoui K'et pieu, 
Prei-le 6'te veu. (ValanginJ 

Quand ie plbau à l'Aa»éehuo C« fAn»»*'"»/, 

le mollfae fein el uiron. 
Bise de mi et veiol d'avri, 
L'è la relaeEM dau pttit- 
Quand rbivë a on long bt, l'a k»Mt>ku iw luudM' > u u 

Se févrai ne levfuU« 

Mar vein que lui d>tljltiul|i'. 

Se févrî ni; fcvfKj",, 
Mar vjL (lue <lKlrfny>' iVulwi.^iu 
Si rkirtr fte $e fait pm en /eoi*'. li f /"'' "• 



532 APPENDICE. 

Se mar ne marmotte, 
Avri fft la potle. (Valangin.) 
Si mars est beau, avril fait la mine (avril boude). 

Eure mar et avri, tchaDte, coucou, s*tai vu. (Valangin.) * 

Au mai d*août, 
La plhodze est derrai lo bou. 

Le deveindro amérâ mî crévâ 
Qu'ai z*ôtro djeur resseimblhâ. 

Se te vouarde la demeindje, la demeindje te vouardéra. 

Jamé an tardu ne fut vouaisu. 

A la ferr d' la Tchau, 
La nedge dsu let pau ; 
S'el n'y est pas, la Ihi faut. (Neuchâtel.) 

Atant vodré vai on lu dsu on fémî 
Qu'en 'homme detchepouéuft u mai d'févri. (Valangin.) 
Autant vaudrait voir un loup sur un fumier, qu*un homme en 
manches de chemise au mois de février; c'est à dire qu'en février il 
vaut mieux avoir un froid excessif qu'une température trop douce. 



Il 



l'agriculture et la vie des campagnes. 

Lei ya mé à ékaure qu'à vanna. 
[ly a plus à battre qu*à vanner. 

L'è la meindre ruva dau tser que creinnè io mé. 
C'est la plus mauvaise roue du char qui grince le plus. 

Bragft le hiaut, ma teni-vo dein le bas. 

Vantez les teires élevées, mais tenez-vous dans les terres' bassff^ 



APPENDICE. 533 

Eiuke iô cret le tacounet, 
Laisse-lo à kouî Test , 
Einke iô cret le piapau, 
Âtzîta-lo se te pau. 

Le terrain où crùU le tussilage, laisse-le à qui U appartient; celui 
où croit le piapan (la renoncule rampante), achète-le, si tu peux. 

Prima rahie n'est pas la poûsa. Et aussi : Raye n'est pas poûsa. 
Le sillon n'est pas le champ. Il y a commencer et finir, 

Tsô épi se fS la Ibenna. 
Epi sur épi fait la glane. 

Gotta sur gotta 
Fâ la motta. 

Litt. : Goutte sur goutte fait le fromage. 

An de fein, Ou Ifien : Annâïe de fein^ 

An de rein. » Annftîe de rein. 

Se te vouagne tard et que te t'ein trovâi bin , ne le dit pas à tè 
z'einfan. 

Quand le pronmé san bin mfturè , tsisan sans que sei fauta de 
le grulâ. 

Quand le pronmé san bin mfturè^ le tsison sein le grulâ ; 
Le felbè son tôt de mémo^ quand Ton fauta de maria. 

Criblbâ lo son por perdre la far'na. 

D pouer se fére caîon. 

Far'na frëtze et pan tzaud^ fan la ruina de l'ottô. 
Farine fraîche et pain chaud font la ruine de la maison. 

Faut jamé dere hu 

Qu'on n'ôsse passa le riu (le ruisseau). 

Le felbè et le tsèvau 
Ne savan pas iô l'est s'n ottô. (Vaud). 



534 APPENDICE. 

Le fille et iè tsavau 
Ne schâvon pas iô cherè loa oshau. (Gruyère.) 

La djenelbe ne dai pas tsantâ devant lo pu. (\'aud.) 

La dzenille ne dey pas tsantâ devant le pu. (Gruyère.) 

Mé de djenelhe, mé d'au. 

Plus on a de poules, plta on a tPœufs. 

Mouer de fenna et via de tsavau, 
L'è la tsevance de l'ottô. 

Pierre que rebattè ne recouè djamé mossa. 

Per tôt le z'oûîe on le bè. 
Litt. : Partout les oies ont le bec. 

Tôt ozé peke. 

Tô te mè tk, tô tè fari, 
Dejei la tschîvra au tsovri. (Gruyère.) 
Comme tu me feras je te ferai, dit la chèvre au chevreau. 

Se le fau ne foUban, pêson lau saison. 

On ne dit djamé tsaille (ou djaille) à na modje que n'ôsse kôkë 
talze. 
On ne dit jamais mouchetée à une génisse qu'eUe n*ait quelque tache, 

Penai tré-lo bouai, 
Deman te Tarai. 
Arrache la prêle aujourd'hui, tu l'auras demain. 

Tôt maunet fâ grasset. 
Toute ordure sert d'engrais. 

De bon plbant plbanta ta vegne. 
De bouna mftre prein la felbe. 

Le on bî l'ozè que l'agaça, mft quand on l'oû (ou quand on la 
vei) ti le 4jeur l'einnoûîe. (Vaud.) 



APPENDICE. 535 

Lh'è on bî i'oji lié Tagache, ma trû sovin rin-noûîè. (Gruyère.) 

Cor apri ton caîon, Tétatze est rotta. (Vaud.) 

Quand la cuarda rompt^ 
Adiu le caîon ! (Gruyère.) 

I ne faut pas chautfl daû prâ à la tserreire. (Gruyère.) 
// ne faut pas quitter une bonne position pour une mauvaise. 

I ne faut pas vueîti Fherba à la rojft, et la fille à la tsandèla. 

(Gruyère.) 
Mariftdè-vo, mariftdè-vo pas ; 
Mo le motzèy mô le tavans. (Gruyère.) 
Mariez-vous, ne vous mariez pas ; mauvaises les mouches, mau- 
vais les taons. 

Gran d'aveiua et pey perhii 
Schè reincontron voloutii. (Gruyère). 
Grains étavoine et pois percés se rencontretit volontiers. 

Découshè le grô et le riô' 
Ne beta pas ton oshau (ta maison). 

Lo bon Dieu n'einvoûîe pas lo tsevri 
Sein lo bosson por le norri. 

Po preindre lo nid, ne faut pas atteindre que le z'ozé seyan via. 

Se totè gottè cressan, totè gottè décressan. 

Que terre a couson a. 

Quand lo mô vein trotze. (Trotzî, taller; se dit du blé.) 

Ti le caîon ne san pas dein le bouaton. 

On ne pftu sailli de la far'na bihantze d'on sa de tserbon. 

Gros marlî. 

Petit gueumî. (Valangin.) 
Beaucoup de morille» , peu de blé. Litt. : Beaucoup de morilles, 
petit grenier. 



aâ6 APPENDICE. ' 

Vonâgne me Urd, vooâgne m'a tin, 
I végne à mon tin. (Yalangin.) 

En Ole qu'on tin det la man 

Vaut mî qoe trente a firmament. (Yalangin.) 

Aveine de févri 

Fâ pieyî l'soli. (Yalangin.) 

Oïl qae mode quemin vi^ 
Ey révint quemin modzon. (Gruyère.) 
On ne gofmepas beoMCOup à courir le mande. 

III 

PROVERBES DIVERS. 

Quand tsacon s'aide 
Nion ne se eraivè. 

Tsin bourlâ a pouaire dau fû. 

Se te vâu qu'on tè tsoûîe bin (ou tichowe bm), 
Fâ-tè prau retse mon vesin. 

Ce que s'ein crai 
Nion ne lo crai. 
Celui qm tTen eroU (qui fait le fier, qui se vanU), perMoume ne le 

croit. 

Quand fennè botzon de parla, 
L'einterrémeint faut apprêta. 

Fâ mô servi le tserrope. 

Ne san pas ti su le z'fibro, le cocu : 
L'ein a bein dein sta vêla dai vêtu. 
Ili%esùntT^tùusiurle$arbret,le$coHe(na: 
Il y en a hien dam cette vUle des vêtus, 

A baire ne lai ya pas tant de mô, 

Porvu que l'on satze retomâ à l'ottô. (Yaud.) 



APPENDICE. 5â7 

De beyre lei ya pas tant de mau^ 

Porvu qu'on schatzè rétornâ à Tosbau. (Gruyère.) 

Lo fû l'est bon ein tôt tein. 

La réjon l'est bonna pertot. (Gruyère.) 

A la c«)uaita que se mftrîe, à lesi s'ein repeint. 

Cein qu'on a fé à la couaita, on s'ein repeint à lesi. 

De bein tsantâ, de bin dansî^ 
Ne grave pas d'avancî. (Vaud.) 

Que bin tchante et bin danse 
Fâ metî que pou avance. (Valangin.) 

Eintre no sai-t-e de, so dian le fennè quand l'an tôt de. 

Que perd son bein, 
Perd s'n écbein. 

Que vein poûro 
Yein croûîo. 

Le z'on fan tant 
Que le z'ôtro ein an dan. 

Les uns font tant que les autres en ont dam , en éprouvent du 
dommage. 

Mé de bragua que de fai. 

Djémé grand gabare 

N'est j'au grand fajare. (Gruyère.) 

N'a pas fauta de bragua que se brague è mime. 

Ne faut nion pahi po mau dere. 

Nion n'est fou parei. 

Tous les fous sont différents. A chaque fou sa marotte. 

N'è pas Iflre que Ifire robe. 



538 APPENDICE. 

Le z'écutftre ne vaiioa pas mé que le lâre. 

Vaut mi na Uta que na bîta. 

// vaut mieux avoir affaire à une (banne) tête qu'à une béte. 

Que plhan va Ihein tsemene. 

Pan plhorft ne creiva panse. 

Près dau mothi^ Ihein dau bon Diû. 

Vaut mî dere djoû que tserropa. 

n vaut mieux dire (à un enfant) : Tîen$-Un tranquilte — que (de 
lui dire) paresseux. 

Tantou firftre, tantou lâre. 

Tantât frère, tantôt larron, (tantôt amis, tantôt ennemis). 

Vîllhe fenna et grand veint 
Ne corriran jamé po rein. (Vaud.) 

Grosch*oura et vîllhe fennà n*an djamé coirei po rein. (Gruyère.) 

L'oûr et le vîUhè dget 

Ne corrè pas por ret. (Valangin.) 

Tchein de bouna'race tschasse solet. 

Que ne sft pas se governft 
Sft se compara. 
Qut ne sait se gouverner sait se donner beaucoup de peine. 



La gftula fft mé que le bret. 
L'appétit fait plus que la sauce. 



Proutsche le gros et le riô 
Ne boute pas t'n ottô. 

Selon le tsin le tsausse. 

Vein que dljfile, bise que dédjfile et feuna que pou parle, san 
trei tsouse qu'on ne vai guiéro. (Vaud). 



APPENDICE. 539 

Vin que dzalè, 
Bije que dédzalè^ 
Fenna que pou parlé, 
Schon tré tzoujé gaillâ rare. (Gruyère ) 

Vaut mî Tottô que la pinta. 

Qu'a tôt fan tôt pan. 

A qui a faim tout est pain. 

L'y a mé que le tsin que djappan. 

Lilt. : lly a plus que les chiens qui aboienl, 

Gein que vein pè la rapena 
S'ein va pè la rouvena. 
Ce qui vient par la rapine, s'en va par la ruine. 

Se le crouîè leinvouè bourlavan coumeint lo fû, le tserbon sarai 
por ran. 

Mo prédyî que n'a cura de bin fére. 

Cest mal prêcher que de prêcher celui qui n'a souci de inen faire. 

Biautâ sein bontâ n'est que pura vanitâ. (Vaud.) 

Pru bai qu'est sâdge. (Valangin.) 

Est assez beau qui est sage. 

N'est pas bî cheln que l'est bî^ mft chein que plhé. (Gruyère.) 

L'è lo rftbllo que se mokè de l'écové. 
C'est le râble qui se moque de fêeouviUan. 

Fouetta tsatt'a bï menons. (Vaud.) 

Fouetta tchalta bai minons. (Valangin. ) 

Djamé on ne fft dé moindre patze qu'au mothi. 

Ma grand'mère dsé du mariftdge : 

(]orte patche, 

Londge attatche. (Valangin.) 



540 APPENDICE. 

Que répond appond. 
Bon vesin vaut boun'ami. 

Ci qu'a prau felhè et prau tâi 
Jamé dzoûïo ne se vâi. (Vaud.) 

Chi que l'a prou fille et prou tey, 
Djémé dzoûïo ne schè vey. (Gruyère.) 

Quand on vaut dau pesson se faut mollhi, et ce qu'a fauta de 
fû que lo tsertse. 

Lo train medje (medze) lo bein. 

Que mépreise lo pou^ lo pou lo fouit. 

Ne se faut pas maleindouri déant que Tein sai tein. 

H ne faut pas s'inquiéter, se tourmenter avant qu'il en soit temps. 

Nion ne fô sa tsance. 

On ne fft tié chen qu'on paut et pas chen qu'on vaut. (Gruyère.) 

San bein ti de la mîma mataira. 
Ma ne san pas ti de la mîma manaira. 

Qu'a prau besogne a pou lesi. 

Tôt nové m'est bé. 

Que rein ne sfi, rein ne grftve. (Vaud.) 
I^s sots trouvent toutes choses faciles. 

Que ne sft ne grave. (Valangin.) ^ 

Lbein de son bein, proutze de sa perda. (Vaud.) 

Lhin de schon bin, pri de scba pèrta. (Gruyère.) 

Apri la mort, lo maidje.. 

Quand le mô Ih'est feit, 

Le j'avi schon prei. (Gruyère.) 

Que tôt resserre et tôt retrein. 
Tôt retrauve à son besoin. 



APPENDICE. 541 

Jamais croûïe ovrai n'a trovâ de bons utis (de bounnè aisè^ 
aijè, liévè). 

Ce que ne sfi rein ne paut rein déperdre. 

L'ë adi bon de chavey otiè ; cbe n*è pas po le gain , l'è po l'oii- 
nau. (Gruyère.) 

Ci que fâ cein que ne dai 

Vein à cein que ne voudrai. (Vaud.) 

Chi que là chen que ne dey 

Arrouvé à chen que ne vudrey. (Gruyère.) 

Gratta-mè^ tè grattéri. 

Kankh'à trei fut bon. — Tant qu'à trei fut bon. 

Kokktf por kokka. — Cest le fMur pari refertur, 

Croûîa via et bouna mort 
Jamé ne furan d'accord. 

Que bin fara bin trovéra. (Vaud). 

Ffi quemin te vudri : 
Quemin te fari ton Ihi, 

Te tè cutzéri. (Gruyère.) 

L'è le plhe vîllho pia qu'an le bè le plhe dur. 

Litt. : Ce sont les plus vieux pics qui ont le bec le plus dur. 

On fâ bin se z'einfan mft on ne le z'eiufortene pas (mais on ne 
fait pas leur sorl). 

La toumft s'n oello. (Voy. Oello,} 
le va au safran.- (Voy. Safran.) 

Eiutre sisa et bosson 
Fâ ma dere sa raison. 

Felhe que sublbe tords-lei lo cou. 

L'a prai le tschaussè de Djan Vettè. (Voy. Vettd.) 



542 APPENDICE. 

Mi vaut on bon r'nom 

Que d'ior u borson. (Valangin.) 

Que trop ébrasse mau Téthn. (Id.) 

Djamâ lu ne m'dgea envair. (Id.) 

Cointcbî se mécrai. (Id.) 

CdfUchi signifie sali, crotté, souillé. 

Djouveunn cavalî vîlh pioton. (Id.) 

Piéton tchatrfty piétou vouari (guéri), (Id.) 

Bin du bru por poû lan-ne. (Id.) 

Que s'catcbe s*ématche. (Id.) (Ematchi, pincer. Quinche» Gloss. 
manuscrit.) 

Beûmft qu'est contet^ 
E s'coutche, è s'rétet. (Id.) 
(Beûmâ, heureux. Quinche^ Gloss. manuscrit.) 

Crouîet dget, bouenne tchance. (Id.) 

Que tchardge a couéson a. (Id.) 

On est plhe grantin cutzi tiè lèvâ. (Gruyère.) 

On a vulou de tôt praut tiè de Tounau. (Id.) 

A fuorce de fièrre dey pierre su on tey, n*en ristè adi quotiè 
j'ounè. (Id.) 

Dou j'évi valion mé tiè ion, 
D'apri le cothemi de Maudon. (Id.) 

Ey faut djamé dzourâ de ren. (Id.) 

L'è quemen la bénechon de Pochi, 
L'è totévi à réquementhi. (Id.) 
C'est comme la bénicbon de Porsel, c'est toujours à recommencer. 

Che le tienton de Frubuo irè on muton, 
Vuaden n'en serey lo rognon. (Id.) 
(Vuadens, village de la Gruyère.) 



APPENDICE. 543 

Quand on vit chen ch'amâ, 
On muey chen chè regretta. (Id.) 

Quand on cogniai le dzin, on ne lau demande pas du io chon. (Id.) 

Quand tôt audrè bin, no ley chéren pas mè; Fè diustameint adon 
que ley fara bon. (Id.) 

Quand tout ira bien, nous n'y serons plus ; (fest justement alors 
qu'il y ferait bon, 

Bin de pritbre et pan tsô 
N'inretzechon pas Totbô. (Id.) 

Le plbéjis chon iô qu'on le prend. (Id.) 

Chi que va à noce va à cosi^ë. (Id.) (Cossè, frais, dépense.) 

Le fù Ih'est on bon dierson. mfi on crouîou maître. (Id.) 
Le feu est un bon serviteur mais un mauvais maître. 

On ne cha ne que va né que vein. (Id.) 

N'è rin d'îtbre fou ch'on le fâ pas veire. (Id.) 

Le pan nurè bin dey schuartè de dzin. (Id.) 

De pou schè mèhllèy de pou l'a à fére. (Id.) 

Dzalojie pftschè voudéjie. (Id.) 

La jalousie est pire que la sorcellerie. 

L'è pertot que le pierre chon duré. (Id.) 

Avuey ren on n'a ren. (Id.) 

Ley a bin dey z'ânou à H'ombrou^ quand le schéift Ih'est mu« 
chii. (Id.) 
Il y a bien des ânes à l'ombre, quand le soleil est couché. 

Scbin que vein dé rin, 
On le prin po rin. (Id.) 
Litt. : Ce qm vient de rien on le prend pour rien. 

Tota tzé que prend naissance 
Prend souffrance. (Id.) 



544 APPENDICE. 

Perthi drey haut, amfi chen îlhre amâ, payi dou iâdzo, attendre 
quôcon que ne veiii pas , enque le quatrou tchousè qu'on ne fa 
pas volontbi. (Id.) (Perthi drey haut, percer droit en haut.) 

Quand on n'a pas Tesprit à la tîtha^ ey faut l'avey ey pi. (id.) 

Quand Test bon Test prau. (Vaud.) 

Quand ib'est bon Ih'est prau. (Gruyère.) 

Quand c*e$t assez, c'est assez ; est modus in rébus. 



TABLE DES MATIÈRES DE L'APPENDICE " 



PARABOLE DE L'ENFANT PRODIGUE. 



Pages. 

Vallées Taudoiies du Piémont it7 

Langue romane des Grisons (Haut^-Engadine) 419 

• > (Vallée du Rbin antérieur) i8S 

Val d'Anniriers (Valais) 481 

Vallée d'Hérens (Valais) 488 

Vétroi (Bas- Valais) 485 

Val d'Entremont (Valais) 486 

Val d'HUes (Valais) 480 

Gryon ( Vaud) UB 

Ormontt-dessus (Vaud) 448 

Motttreux (Vaud) . Ul 

CbAteau-d'OBs (Vaud) 448 

Basse-Gnijére (Friliourg) 445 

Patois de la partie moyenne du canton dé Fribourf 447 

Estavayer (Fribonrg) 448 

Saint-Cierye (Vaud) 451 

Jorat(Vaud) 458 

Orbe (Vaud) 455 

Marcbissy (district d'Anbonne, Vaud) 456 

Commugny, prés Coppet (Vaud) 458 

MÊM. LT Doctni. xit. 85 



546 TABLE DES MATIÈRES. 

Eovironi de Génère 4M 

Bramu (VaUée de Jouz, Vaud) 4<t 

Vallorbet (diftrict d'Orbe , Vaad) U4 

Saiote-CroiK (district de Gnmdson , Vtud) ktê 

Loele (Neochâtel) M 

Vilanf in (Neuchâtel) ^ 47« 

Saint-Imier (Jura bernois) 471 

Tavannes (Jura bernois) 474 

Deléfflont (Jura bernois) 476 

Patois rouchi (France, Nord) 471 



MORCEAUX DIVERS. 



La bergère abandonnée 4iS 

La fille dé nouthron vesin .486 

UMoléson 4M 

Le rans des Taches 419 

Goraule, soit ronde gruyérienne 491 

La flta dau quatone 491 

Chanson de rigneron 495 

Autre chanson sur le même sujet 499 

Chant des vendanges 497 

Urtihe 499 

Les bûcherons de Montreuz 599 

Lamentations d'un plaideur ruiné Ml 

Lébéviau Ml 

Le charivari MS 

L'histoire dé Gujaume-Tè 907 

La fémalé et le sécré 5M 

Lo corbé et lo rena 811 

Lo conto dau craisu SU 

Fragment du Ce qu*è Uulno S18 

Lou crou et lou renai III 



TABLE DES MATIÈRES. 547 

Le tscbftne et lo roû 5SS 

Le lieutenant Mojon 518 

Lé fennè et le icret ftSi 

Les Allée de cbes Migueli 5S4 

Fragment des Panien 5t5 

Traduction du morceau précédent 5S8 



PROVERBES. 

I. Le temps. Tannée, les saisons, les mois, les jours, W 

il. L'agriculture et la vie des campagnes 5S2 

III. Proverbes divers 586 



FAUTES A CORRIGER. 



Page 489, noie 6, ta liea de êére, Inei Miré. 

Page 496, dernier couplet, an lieu de grûudtame, lisea grmekmme. 



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