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Full text of "Glossaire du patois de la Suisse romande"

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MOIOIRES 



ET DOCUMENTS 



PUBLIES 



PAR LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE 

DE LA SUISSE ROMANDE 



TOME 



LAUSANNE. 'IMPRIMERIE GEORGES RRIDEL. 



GLOSSAIRE 



DU PATOIS 



DE LA SUISSE ROMANDE 



DOYEN BRIDEL 

AUTEUR DU CONSERVATEUR SUISSE 

AVEC UN APPENDICE 

COMPRENANT 

UNE SÉRIE DE TRADUCTIONS DE LA PARABOLE 

DE l'enfant PRODIGUE 

QUELQUES MORCEAUX PATOIS EN VERS ET EN PROSE 

ET UNE COLLECTION DE PROVERBES 

LE TOUT RECIEILLI ET ANNOTÉ PAR 

L. FAVRAT 

Membre de la Société d'histoire de la Suisse romande. 

Priscœ vestigia gcntis 



LAUSANNE 

GEORGES BRIDEL ÉDITEUR 
1866 




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V > 






INTRODUCTION 



Le vénérable pasteur de Monlreux, le doyen Bridel, 
mort au printemps de 1845, avait entrepris, à la re- 
quête de la Société celtique de France, un glossaire 
des patois de la Suisse occidentale. 11 y travailla du- 
rant de longues années, et ne cessa d'y ajouter et de 
le retoucher que lorsque sa main tremblante se refusa 
à tenir la plume. On peut même dire que ce fut, 
avec le Conservateur suisse, l'œuvre importante de sa 
longue carrière. Dans ses derniers jours, voulant re- 
mettre en mains sûres son précieux manuscrit, il le 
légua à la Société d'histoire de la Suisse romande, 
dont il était un des fondateurs. C'est ce qui explique 
pourquoi cet ouvrage , qui n'a pas trait directement 
aux éludes historiques, paraît aujourd'hui dans les 
Mémoires et Documents de cette société. Chacun com- 
prendra d'ailleurs que ce volume est bien à sa place, 



VI INTRODUCTION. 

et il est inutile de dire que l'étude des patois a son 
importance historique. Au reste, nos patois seront 
bientôt de l'histoire: ils se modifient et s'altèrent de 
plus en plus sous l'influence du français qui envahit 
peu à peu les campagnes. Et cela est si vrai que, dans 
mainte localité, les hommes qui savent encore parler 
le pur et franc patois de leurs pères, sont en général 
des vieillards, tandis que la jeune génération, tout 
en comprenant l'ancien idiome, ne parle plus guère 
que le français. 

Le glossaire du doyen Bridel devait comprendre le 
matériel aussi complet que possible des patois du Va- 
lais, de Fribourg, de Yaud, de Genève, de Neuchâtel 
et du Jura bernois. Mais ce champ s'est trouvé un peu 
vaste, d'autant plus qu'il s'agissait de fixer un idiome 
populaire, c'est-à-dire une langue flottante, indécise, 
capricieuse et vous échappant quand vous croyez l'a- 
voir saisie. Aussi l'œuvre du doyen devait être néces- 
sairement incomplète. Cependant, telle qu'elle est, 
elle présente une très grande richesse de vocables, 
particuhèrement pour les cantons du Valais, de Fri- 
bourg et de Vaud. Elle est moins complète à l'égard 
de Genève et du Jura bernois, et Neuchâtel est peu 
représenté. Ce ne sont pas tant les mots eux-mêmes 
qui font défaut, que les formes souvent nombreuses 
du même mot, et c'est justement là un des écueils 
les plus sérieux que l'on rencontre dans la composi- 
tion d'un glossaire patois. Mais sans parler de sa ri- 
chesse, le glossaire de Bridel a un mérite essentiel : il 



INTRODUCTION. VU 

se trouve être assez complet pour les patois des Alpes, 
qui sont les plus originaux, les moins altérés et par 
cela même les plus intéressants. 

Quant aux étymologies celtiques que renferme l'ou- 
vrage, et qui sont trop nombreuses encore, malgré 
quelques retranchements, il ne faut pas les traiter 
avec trop de rigueur, l'auteur en ayant fait bon mar- 
ché lui-même: « J'ai vécu, dit-il, dans un temps où 
l'on croyait qu'Adam avait parlé bas-breton, et je me 
suis longtemps trompé, en cherchant, à la manière de 
M. de Gambri, du celte dans tous nos mots patois; 
maintenant j'avoue de bonne foi que, pour un mot 
de famille celtique, il en est, dans notre romand, dix 
d'origine latine, et je préfère la vérité à un système 
qui commence à passer de mode; mais je n'ai pas le 
courage de revenir sur mes pas, et de corriger mes 
erreurs ^ » 

Habemus confUentem reum: la critique saura à 
quoi s'en tenir et ne s'acharnera pas sur ces malheu- 
reuses étymologies, qui auraient été les bienvenues il 
y a quelque cinquante ans et qui sont contestées au- 
jourd'hui. Quant à les retrancher toutes, quelqu'un 
nous l'a conseillé, mais nous n'en avons pas eu le 
courage en face d'un pareil aveu. D'ailleurs il en est 
bon nombre qui ont les apparences pour elles et qui 
doivent être exactes : c'est aux philologues de les dis- 
tinguer. 

' Le doyen Bridd, essai biographique, par L. Vulliemin. Lausanne 1855. 



VIII INTRODUCTION. 

On rencontrera aussi quelques étymologies grecques 
un peu risquées; les mêmes scrupules nous ont en- 
gagé à les conserver pour la plupart. 

La Société d'Histoire aurait pu faire paraître ce 
volume dès 1845, mais elle fut arrêtée déjà par la 
question des étymologies, et peut-être aussi par le fait 
qu'un de ses membres ^ qui était très versé dans la 
connaissance des patois, travaillait à un glossaire et 
proposait à la Société de fondre l'œuvre du doyen 
Bridel dans la sienne propre, pour publier ensuite 
l'œuvre collective dans ses Mémoires et Documents. 
Mais cette combinaison n'ayant pas été acceptée, on 
se rabattit sur l'idée de publier tel quel le manuscrit 
du doyen, et c'est bien son glossaire qui paraît au- 
jourd'hui, sauf de légères modifications dont nous 
allons dire un mot. 

Une question a dû fort embarrasser l'auteur; c'est 
celle de l'orthographe, mais aussi elle est hérissée de 
difficultés. Si l'on suit l'analogie du français, on enlève 
au patois une bonne partie de son caractère; et l'on 
rencontre d'ailleurs de véritables impasses, qu'il faut 
franchir en admettant des combinaisons de lettres ou 
des signes conventionnels étrangers à la langue fran- 
çaise: si l'on serre la prononciation d'aussi près que 
possible, des difficultés du même genre se présentent 
en foule, à cause de certaines voyelles douteuses, de 

' M. le ministre Moratel, qui s'est beaucoup occupé des patois. Il est à 
désirer que les matériaux, sans douie précieux, qu'il a recueillis, soient con- 
servés et puissent être utilisés. 



INTRODUCTION. IX 

certaines aspirations et d'articulations composées ou 
mouillées, dont quelques-unes sont particulières à 
notre langue rustique et qui sont très difficiles à ren- 
dre. En outre, dans ce dernier cas, l'orthographe est 
obligée de rompre net avec l'étymologie, ce qui pro- 
duit un langage très bizarre et très ardu pour (jui n'y 
est pas versé. 

C'est pour cette dernière voie que l'auteur s'est dé- 
cidé, et il faut bien dire qu'elle fait mieux comprendre 
et mieux pénétrer le génie des patois et leurs diverses 
nuances. Toutefois, dans cette voie même de la re- 
production phonétique, l'orthographe de l'auteur n'est 
pas toujours rigoureuse et l'on trouvera des variations : 
fs et tz, cr et kr, Ih, et llh, entre autres, pour figurer 
la môme articulation. Ajoutons que nombre de mots 
sont écrits avec un k, et pourraient l'être tout aussi 
bien avec un c. 

Comme il aurait fallu boideverser le manuscrit pour 
rétablir l'uniformité, et que d'ailleurs c'est l'œuvre du 
doyen que la Société entendait publier, nous n'avons 
touché à l'orthographe que dans les cas où cela deve- 
nait nécessaire pour faire concorder, par exemple, le 
vocable et la citation. Au reste, s'il a été apporté au 
manuscrit quelques autres modifications, elles sont 
insignifiantes, et elles ont été faites autant que possi- 
ble dans le «^oût et les idées de l'auteur. Il en est une 
cependant, et c'est la plus grave, que nous devons 
justifier par quelques mots d'explication. 

L'auteur avait figuré par un œ le pluriel des mots 



X INTRODUCTION. 

féminins en «, très nombreux dans notre idiome; 
mais c'était rentrer dans l'analogie du latin où cette 
finale œ est toujours longue, tandis que la finale cor- 
respondante est toujours brève dans nos patois. Un 
exemple. Le manuscrit disait, entre autres, la potta, 
la lèvre, et lé pottœ, les lèvres; or lé pottce se pro- 
nonce le po-tè, en appuyant sur la syllabe po, tandis 
que la syllabe tè est fort brève, ce que l'orthographe 
œ, ne rend pas du tout. D'ailleurs, dans ces noms-là, 
le pluriel est souvent formé par un e muet; on entend 
dire le Isausse et le tsaussè, et le œ n'aurait pas été 
exact. Au surplus, pour être logique, l'auteur devait 
écrire lœ pottœ, car dans son système, le pluriel de 
la, c'est l(e. Bref, après quelque hésitation, nous 
avons pris sur nous de remplacer ces œ par un e. 
Cette orthographe paraîtra toute naturelle, si l'on 
songe que nos patois ont conservé, pour les mots fé- 
minins en a, le pluriel des langues romanes; l'italien, 
par exemple, dit: la donna, le donne, et nous disons: 
la dama, le dame (le damé, si l'on veut figurer la 
prononciation). 

Les rares adjonctions ou éclaircissements que nous 
nous sommes permis sont indiqués par un N. de Véd. 
(Note de l'éditeur). 

Il sera bon avant de parcourir le volume de lire les 
nota-bene de l'auteur (pages 95, 124, 203, 209, 308 
et 341), lesquels donnent des renseignements utiles au 
sujet de l'orthographe et de la prononciation. \Ja 
final, dans les verbes, est toujours long, tandis qu'il 



INTRODUCTION. XI 

est toujours bref dans les substantifs correspondants 
[cottà, étayer; la cotta, l'étai, l'appui); et partout où 
ces verbes se trouvent accompagnés de leur substantif, 
nous leur avons donné l'accent circonflexe. Les infini- 
tifs en / ont le plus souvent leur finale longue, ainsi: 
bailli, donner; bresi, briser. Parmi ceux qui l'ont 
brève, on peut citer cruvi , couviir, biparti, partir. 

Enfin voici le volume: il s'y trouvera des erreurs 
et des omissions, cela était inévitable; mais il n'en of- 
frira pas moins le plus grand intérêt aux nombreux 
amis du patois, et surtout aux personnes qui s'occu- 
pent de l'étude comparative des langues romanes. Au 
reste, il est fort agréable à parcourir: il est semé de 
proverbes, de traits de naïveté, d'expressions figurées 
vives et originales, sans parler de quelques gaîtés que 
l'auteur a trouvées sur son chemin, et qui appartien- 
nent bien aussi à cespriscm vestiyia gentis dont il s'est 
occupé toute sa vie. 

Pour donner au glossaire plus d'intérêt, il fallait le 
faire suivre de quelques morceaux que l'on pût com- 
parer, soit entre eux , soit avec d'autres idiomes ro- 
mans; c'est ce qui nous a engagé à reprendre l'idée 
émise par la Société celtique de France pour l'étude 
comparative des patois, et à choisir la parabole de 
V Enfant prodifjue. On trouvera donc dans l'appendice 
vingt-six traductions diverses de cette parabole, toutes 
recueillies dans le domaine de nos patois, et pour 
l'exactitude desquelles nous nous sommes entouré de 
toutes les précautions. Nous remercions sincèrement 



XII INTRODUCTION. 

toutes les personnes à l'obligeance desquelles nous 
avons recouru et qui se sont empressées de répondre 
par l'envoi d'une traduction. 

La première partie de l'appendice comprend de plus 
quatre traductions appartenant à d'autres idiomes. 
Deux d'entre elles représentent la langue romane des 
Grisons, dans ses deux principaux dialectes, le roman- 
che et le ladin. Les deux autres appartiennent, l'une 
au roman des Vallées vaudoises du Piémont, et l'autre 
au rouchi ou patois des environs de Valenciennes. Ces 
deux dernières ont une grande valeur comme points 
de comparaison: elles offrent un spécimen de la lan- 
gue d'oc et de la langue d'oïl, entre lesquelles se trou- 
vent nos patois. 

La seconde partie de l'appendice renferme un choix 
de morceaux oii toute la Suisse française est représen- 
tée, à l'exception du canton du Valais, qui du reste 
est un des mieux représentés dans la série des traduc- 
tions. Une assez riche collection de proverbes clôt le 
volume. Nous les avons recueillis un peu partout, mais 
principalement dans le Conservateur suisse; et pour 
plus de clarté nous les avons divisés en trois groupes: 
le temps, l'année, les saisons, les mois, les jours; — 
l'agriculture et la vie des campagnes; — les proverbes 
divers. 

Un dernier mot. La publication du Glossaire et de 
son appendice a été longue et laborieuse, car voici 
deux ans bientôt que nous avons accepté la mission 
fort honorable et fort déhcate à la fois de publier le 



INTRODUCTION. XIII 

manuscrit du doyen Bridel ; mais, en pareille matière, 
il devait nécessairement surgir quelques dilTicullés, et 
bon gré mal gré, il a fallu nous liàter lentement. Nous 
ne regretterons d'ailleurs ni le temps, ni les veilles, 
ni les fatigantes épreuves, si le volume trouve de nom- 
breux amis et ranime chez nous l'étude un peu lan- 
guissante des patois. 

Lausanne, octobre IStJG. 

^* L. Favrat. 



LISTE DES ABREVIATIOiNS 



AdJ., adjectif. 

Adi'., adverbe. 

AIL, allemand. 

Art., article. 

B. B., bas-breton. 

B. L., basse latinité. 

C., celtique. 

CoDJ., cotijonctioii. 

Fr., français. 

Gr., grec. 

Id., idem , indique qu'un mot est 

synonyme ou n'est (|u'une autre 

forme du même mot. 



Inicij., interjection. 

//., italien. 

L., latin. 

Loc, locution. 

N. de Véd., note de l'éditeur. 

Part., participe. 

PL, pluriel. 

Pron., pronom. 

S- F., substantif féminin. 

5. .1/., substantif masculin. 

V. Fr., vieux français. 

Voij., voyez. 

V. st., vieux style, vieux langage. 



GLOSSAIRE 



PATOIS DE LA SUISSE ROMANDE 



A 



AA, AS, ES, s. m. et f. Abeille. (Fribourg.) 

ABADDA, V. Soulever un fardeau; avec la négative, ne pas quitter 

la maison d'autrui : n'abadde pas, il ne démarre pas de chez 

moi. (Alpes.) 
ABAFFA, AHIE; ABAFFI, lA, adj. Etonné, surpris, abasourdi. 

(Alpes.) — Du celtique abaff, étonnement. 
ABELA, V. Plaire, convenir, surprendre. Cein ne m'abelave vouère, 

cela ne me plaisait guère. Abéiiser, vieux style. — Du grec 

àSà).î, utinam. (Alpes.) 
ABERDJEMAIN, s. m. Transaction par laquelle le propriétaire d'un 

terrain le transmet à un amodiateur, sous condition d'une rede- 
vance annuelle. 
ABERDJI, ABERDZI, v. Donner l'hospitalité, héberger, recevoir 

dans sa chambre. En ce dernier sens, il se dit des filles à marier 

qui reçoivent de nuit la visite d'un garçon. (Vaud.) 
A BETZEVET, loc. adv. L'un à la tête, l'autre aux pieds; à deux 

chevets. Be est le bis du latin. 
ABETZI, ABETSCHI, v. Abecquer, toucher à peine du bout de 

la langue. 
ABEUTHI, V. Voy. abeutihi, auohi.la. 

MÉM. ET DOCUM. XXI. 1 



2 ACH 

ABEUTIHI, V. Renverser, mettre son visage contre la table. (Val 

d'Illiez.) 
ABIDO, A, adj. Leste, agile, habile. (Entremont.) 
ABLETTA, s. /.; ABLO, s. m. Petit poisson, Cyprimis Alburnns. 

(Léman.) 
ABOA, V. Abattre les angles d'un solide; porter mal sa croupe 

ou sa tête, quand il se dit d'un cheval, d'une vache. (Alpes.) 

ABOHLLA, V. Courber, pencher, surplomber, renverser un vase 
sur son fond. — Abeuthi, id. (Alpes.) Voy. abeutihi. 

A BOHLLON, loc. adv. A rebours, A botzon, id. Tzesià botzon, 
tomber sur son nez. 

ABONNA, V. Apaiser, abonnir, rendre meilleur. — Ëabonnna, id. 
L. bonvs. 

ABOT, s. m. Essieu. — Abou, id. ' 

ABOTASSI, V. Se mettre sur les talons, s'accroupir. (Fribourg.) 

A BOTZON, loc. adv. Voy. a bohllon. 

ABOU, s. m. Voy. abot. 

ABOVINA, V. Elever du bétail; nourrir, hiverner des vaches. 
(Aigle.) 

ABRAS, s. pi. m. Occupation, affaires pénibles. — Chabras, id. 
(Genève.) 

ABRÉA, V. Abreuver, mener boire le bétail. 

ABREVI, V. Ramasser des animaux dispersés, relever une per- 
sonne tombée. (Val d'Illiez.) 

ABRO, s. m. Arbre. 

ACERBO, adj. Aigret, aigrelet. (Genève.) 

ACERTENA, v. Certifier, attester. (V. chancell.) 

A CERTES, loc. adv. Pour sûr, sans y manquer. (V. chancell.) 

ACHAISON, s. f. Occasion. (Charte de 1293.) 

ACHATL V. Ecraser, écacher. — Assati, id. (Genève.) 

ACHATTA, s. f. Abeille. — Aichette, id. (Jura.) 

ACHE! Interjection usitée quand il arrive un mécompte, un acci- 
dent; ah! AU. achf 



ADO 3 

ACHEINTI, V. Flatter, gâter, efféminer un enfant, faire toutes ses 
fantaisies. — Asscinti, ici. (Alpes). 

ACHEINTON, s. m. Enfant gâté, fantasque, volontaire. — Assein- 
ton, id. (Alpes.) 

ACHON, s. f. Action. Boxma achon, bonne action; krouia aciion, 
mauvaise action. 

ACHOUNA, i\ Actionner, citer en justice, poursuivre juridique- 
ment devant le tribunal. 

ACOAISI, V. Voy. akaisi. 

ACOUGHELLI, v. S'associer à mauvaise compagnie, s'acoquiner. 
(Lavaux.) 

ACOVATA, V. Voy. .\k.\rra. 

ACUTA^ V. Ecouter. Acutâ-vei, écoutez donc. — Ecata, id. 

ACUTARE, s. m. Ecouteur, celui ou celle qui écoute aux portes, 
aux fenêtres. Prov. Le z'écuture ne vallon pas mé ke le lare, les 
écouteurs ne valent pas mieux que les larrons. — Ecuiare, id. 

ADDAN, ADDON, adv. Alors, en ce temps-là. (Fribourg.) 

ADDUIRE, V. Amener. L. adducere. (Bas-Valais.) 

ADÉ, ADI, ADEI, adv. Toujours, seulement, encore, derechef. 
C. adarr. Cet adverbe adé ou adi entre dans plusieurs locu- 
tions : adi aprl, toujours après; adi attan, toujours autant; adi 
mé, toujours davantage. 

ADENA (s'), V. Faire attention^ s'appliquer, s'adonner à un tra- 
vail. (Alpes.) 

A DIT, loc. Audit, au dire. A dit de maître, au jugement d'ex- 
perts. 

ADIU, s. m. Adieu, salutation amicale; de là : Adiusivo, adeisivo, 
adsivo, salutation très usitée qui signifie : A Dieu soyez. A Diu 
mè reindo, à Dieu je me rends; exclamation de surprise, de 
peur, de repentir. — A(jiu, id. (Vaud.) 

ADJE, ADZE, s. f. Haie vive. Ail. hag, B. L. haga. 

ADJEINDRE, v. Atteindre, attraper, frapper juste, tromper un 
trompeur. I^. adjungere. (Alpes.) 

ADOBA, V. Voy. adouba. 



ii AFF 

ADOMETZI, V. Dompter, forcer un animal rétif à se rendre, L. 

domare. 
ADOUBA, V. Arranger bien ou mal. V. Fr. adouber. Mo l'adouba, 

mal arrangé, maltraité. — Adoba, id. 
ADOUX, s. m. Lieu bien exposé au soleil, où la température est 

plus douce; plate-bande, endroit abrité. (Gros de Vaud.) 
ADRAI (1'), s. m. Le côté droit; dans les Alpes, le flanc d'une val- 
lée le mieux exposé au soleil du midi. L'autre flanc s'appelle 

le revers. 
ADREI, adv. Bien, comme il faut; en composition, boun'adrei, la 

majeure partie, beaucoup. 
ADREPI, A, adj. Adhérent; se dit de la crasse attachée aux parois 

d'un vase. (Alpes.) 
ADREZE, A, adj. Très serré, mal nourri, maigre ; se dit d'un 

grain, d'un épi. (Alpes.) 
ADZE, s. f. Voyez adje. 
AFANA, V. Gagner avec peine, se tourmenter de travail. G. afan, 

fatigue, effort, V. Fr. ahaner, affanner, ahan, afan. 
AFFAUTI, A, adj. Voy. afoti. 
AFFAUTRO, s. m. Quartier-maître. Le plaid général de Lausanne 

(1368) nomme affourterus l'un des trois officiers qui, de la part 

de l'évêque, levaient et commandaient les troupes lausannoises. 

Les deux autres étaient le séneschaux, senescalcus, et le sautier, 

salterius. (Lausanne.) 
AFFEGA, V. Contrarier, contredire. L. affigere. (Val d'Illiez.) 
AFFENA, AHIE, adj. Raffiné, rusé, capable de se tirer d'affaire. 
AFFERI, V. Arriver par un chemin inusité. — Afiiri, id. ( Bas- 

Valais.) 
AFFETA, V. Achever de traire les vaches. (Ormonts.) 
AFFETIEU, 8. m. pi. Voy. affuthiau. 
AFFETZI, AFFITSI, v. S'opiniâtrer. L. afjigere. 
AFFIRI, V. Voy. afferi. 
AFFITZHI, V. Tanner le cuir. On ajoute ordinairement à ce verbe : 

avoué dau tacon, avec du tan. (Val d'Illiez.) 



AGO 5 

AFFITZT, V. Voy. affetzi. 

AFFITZIAMEIN, adc. Opiniâtrement; fixement^ quand il s'agit du 
regard. (Alpes.) 

AFFLLEDZI, A, adj. Impotent, hernieux; en général, un homme 
incommodé dans ses membres. Son synonyme est molaisi. 

AFFOLA, V. Fatiguer, fouler de lassitude. 

AFFRES, s. f. pi. Espèce de torture du XIV'' et du XV^ siècle, en 
usage à Genève. A/fre, au singulier, signifie grande peur, transe, 
angoisse. On dit encore : les affres de la mort. 

AFFUTHIAU, s. m. yl. Atours, afliquets, parure de femme. — 
Affetieu, id. (Vaud et Genève.) 

AFONCI (s'), V. Diminuer par l'évaporation de la cuisson. 

AFOTI, A, ailj. appauvri, manquant des sucs qu'il lui faut. — 
Affauti, a, id. 

AFOUNA, V. Fureter avec indiscrétion, mettre le nez partout. 
(Alpes.) 

AFRETA, V. Exploiter un alpage, une montagne à pâturages. De 
fréta, frila, sommet d'une alpe; ce même mot signifie partager, 
en qualité de chef d'un chalet, entre les copropriétaires d'une 
montagne à vaches, les fromages qu'on a faits pendant la sai- 
son. (Alpes.) 

AGACIA, V. Voy. agassà, 

AGASSA, .s. /. Pie. C. agacs, même signification. 

AGASSÀ, V. Agacer, disputer. — Agacla, id. 

AGASSIN, AGASSON, s. m. Cor au pied, durillon. 

AGGRAVAINTA, i-. Déchirer, froisser, déconfire. L. aggravatus. 
(Alpes.) 

AGITA, DJITHA, s. f. Pâturage de printemps et d'automne, que les 
vaches broutent avant d'aller sur l'alpe ou en en revenant. (Alpes.) 

AGIU, s. m. Voy. adiu. 

AGNELA, V. Outre sa signification commune, ugncler, mettre bas 
l'agneau, ce verbe veut dire travailler mollement, avec noncha- 
lance. (Valais.) 

AGNI, s. m. Agneau. — Aigni, id. 



6 AHR 

AGORMANDA, v. Affriander, rendre gourmand. 

AGOT, s. m. Vache qui n'a plus de lait ou qui n'en donne pas 
encore. Les agots sont en général les génisses, les veaux, les 
chevreaux. 

AGOTA, V. Cesser de donner de l'eau ou du lait. — A gotta, adv. 
signifie à sec, sans une goutte. L. gutta. 

AGOTTA, V. Goûter d'un aliment, d'un plat. L. gustare. 

AGOÙTION, s. m. Mouchoir noué avec lequel les écoliers se don- 
nent des coups. (Genève.) 

AGRAFFI, V. Prendre avec violence, dérober, agripper. — Agre- 
pa, id. 

AGRAHI, V. Irriter, courroucer quelqu'un. L. aggravare. (Val 
d'Illiez.) 

AGREBLLAI, s. m. Le houx, Ilex Aquifolium. Pithiou agrebllai, 
houx frelon, fragon, arbuste; Ruscus aculeatus. — Eingrebllai, 
id. (Ollon.) 

A GREMAUTON, loc. adv. En peloton. L. gremium. 

AGREMAUTOUNNA, v. Se pelotonner, amonceler en désordre. 
(Alpes.) 

AGRENA, V. Manger à ne rien laisser dans un plat, pas même un 
gtmn. (Bas-Valais.) 

AGREPA, V. Voy. agraffi. 

A GREVA, V. Attirer par feinte, amadouer, faire la cour. 

AGRU, VA, adj. Hardi, bouillant, téméraire. (Montreux.) 

AGUELLHI, V. Risquer un vase, un objet quelconque, ou sa per- 
sonne dans une position hasardeuse, hausser un objet, le met- 
tre sur une place d'un abord difficile; jucher, se jucher; per- 
cher, se percher. 

AGUT, TA, adj. Qui a bon appétit. L. aculus. (Val d'Illiez.) 

AHLLOURE, v. S'éloigner du perpendicule pour faire un angle 
aigu. (Pays-d'Enhaut.) 

AHRMA, s. /. Ame. (Fribourg.) 

AHRMA, s. f. Arme; au pluriel, ahrme, les armes. 



Aïs 7 

AL\,. r. Allumer, brûler, enflammer. Gr. zzi-^. uro. — Hahia, id. 

<Montreux.' 
AICHETTE, $. f. Voy. achatta. 
AIDI, r. Voy. aigchi. 
AÏETTA, s. f. Côtelene de porc. 
AIGM, s. m. Voy. agxi. 

AIGUË, EIGUE, BOUE, IGUOUÉ, IVE, AVE, 5. f. Eau. Ce mot, 
qui varie presque à chaque fontaine, entre dans la composition 
du nom de plusieurs ruisseaux et villages : Nericf. eau noire ; 
AU>itf, eau blanche: Rogirue, eau rouge; Ballaiçuf, belle eau: 
Longuaiguf. eau qui vient de loin. (Gruyère, Vaud.) 

AIGUHI, AIDI,. AIGHI, r. Aider, secourir, tendre la main,, crier 
à l'aide, demander du secours. Drii to$ aidai. Dieu vous aide, 
salutation qui sert souvent pour congédier le mendiant im- 
portun qui se présente à votre porte. 

AILLA>", s. 1». Gland, firait du chêne. — EiUan, id. 

AILLE, s. f. Aigle, oiseau. — AiUo, id. Ce dernier est le nom 
patois du bùurg d'Aigle. 

AILLHI, s. m. Alisier ou limier, Sorbus Arvj et Sorbus aucuparia. 
B. L. aUierus. (Alpes.) 

AILOMBRATA, s. f. HirondeUe. (Jura bernois.) 

AIL^TR, r. Mêler de l'eau au vin dans le commerce. (Vieux style 

de Fribourg.) 

ALNKIÉ, adr. Ici, là. — Re. eirtkie, id. (Alpes.) 

AISANCE, s. f. pi. Les dépendances utiles dune maison, les com- 
modités, les privés. 

AISE, ÉSE, ÉGE, ÉGI, s. /. pi. Vaisselle, soit en bois, soit en po- 
terie; futailles, vases de cave. Lata U r'aise, laver la vaisselle; 
la patta ai z'aiie, linge ou torchon pour laver les plats et as- 
siettes après les repas, lavette. 

AISE, s. f. pi. Ce mol se dit des outils du charpentier, du me- 
nuisier, du serrurier, et en général de tous les outils employés 
par la main-d'œuvre. Prov.: D ;' :rai n'a trota de 



8 AKO 

bounne aise, jamais mauvais ouvrier n'a trouvé de bons outils. 
(Vaud.) 
AISI (s'), V. Se mettre dans la posture la plus commode pour faire 
un travail, pour se charger d'un fardeau, pour rendre un ser- 
vice manuel; de là, en composition, l'adjectif molaisi, molesi, a, 
déhanché, mal dispos de ses jambes, perclus de rhumatisme, 
diÉQcile à faire. 

AITHRIA, ITRIA, s. /. Couche de céréales disposée pour battre 

en grange. L. area. (Valais.) 
AKAISI, ACOAISI, v. Faire taire avec douceur un homme qui se 
fâche, un enfant qui pleure, apaiser, faire tenir coi. (Fribourg.) 
A KARDAN, loc. adv. Sur les épaules. (Val d'Illiez.) 
AKARRA. ACARRATTA, v. S'accroupir, se tapir, se mettre à l'é- 
cart dans un coin, carro. — Acovata, id. 
A KATZON, loc. adv. A l'oreille, en secret, en cachette. (Alpes.) 
AKATZONNA, v. Parler à l'oreille, en secret. (Alpes.) 
AKEUTSEU, SA, adj. Importun, curieux, impertinent, parasite. 
— Akrentzeu, id. (Val d'Illiez.) 

AKEUTZI, ACUTCHI, i'. Accoucher. 

AKOMPRA, AKOPA, v. Gagner par son travail, se procurer par 
achat. L. comparare. \taX\ coi'<''^Vvff'"'- 

AKOPI, V. S'assoupir, commencer à s'endormir. (Bas-Valais.) 

AKORDA, i\ Faire une transaction, un marché, tomber d'accord. 

AKORDAHIE, s. f. Accordée, fiancée, épouse. 

AKORDAIRON, s. m. Petit accord. Un garçon qui propose à une 
fille de l'épouser lui dit : No fo faire on bokon d'akordairon. 

AKOUAINTA, v. Aborder, parler dans un coin, engager un do- 
mestique. 

AKOUAINTANCE, s. f. pi. Familiarité, liaison amicale ou amou- 
reuse. Il se dit, dans la campagne, des visites nocturnes des 
garçons aux filles et de leurs suites. On dit poliment d'une fille 
enceinte : L'a zu dei z'acouaintance avoué un tô, elle a eu des 
familiarités avec un tel. (Vaud.) 

AKOUATRA, v. Aplatir, faire plier, écraser. (Alpes.) 



ALE 9 

AKOUET, s. m. Puissance, faculté, force au physique. Te n'a pas 

l'akoiiet, tu n'as pas la force. (Vaud.) 
AKOUIILLEITA, s. f. Effort d'un liquide pour aller en avant, 

chasse. (Montreux.) 
AKOUILLI, V. Lancer, jeter, chasser le bétail devant soi, le faire 

sortir de l'étable pour aller à l'abreuvoir ou au pâturage. 

(Alpes.) 
ACOUTRA, V. Préparer, disposer, arranger. 
AKOUVEINTA, ACRAYEINTA, i\ engager un domestique, lui 

donner des arrhes, aborder quelqu'un. 
AKRENTZEU, AKREiNTZEUSA, adj. Parasite, écornitleur. (Val 

d'illiez.) Voy. akeutseu. 
AKROPA, V. Tirer avec effort dans une montée; se dit d'une bête 

de trait. Fr. crouye. (Alpes.) 
A KROUPETON, A KROPETON, loc. adv. En étant accroupi. 
AKRUVE, AKRUE, s. f. pi. Epargnes, accroissement de capital ou 

de revenu par économie. 
AKULI.A, t\ Eculer, déformer ses souliers, en aplatir le quartier. 
AKUTZI, V. Voy. akeutzi. 
ALA, s. f. Aile. Ala de corhé, liondent, pissenlit, Lcontodon Tara- 

xacum; mot à mot, aile de corbeau. 
ALAGNE, s. f. Voy. alogne. 

ALAIKI, ALLAITHI, v. Allaiter ; se dit des gens et des bêtes. 
ALBE, A, adj. Blanc ; ce mot, peu usité, est Valbus du latin. (Jura.) 
ALBERDGIAU, SA, adj. Fermier, tenancier. C. alberg ou alberc, 

droit de gîte ou de logement du seigneur chez le vassal, lieu 

fermé, demeure. (Chartes.) 
ALEIGRAMEIN, adv. Gaîment. ïnlerj. courage ! ferme ! 
ALEIGRO, A, adj. Riant, joyeux, bien portant, agréablement 

situé. Teni-vo aleigro, tenez-vous en bonne santé; salut.'ition 

commune dans le canton de Fribourg. L. alacer. 
ALENA, V. Voy. alouna. 
ALESSON, s. /. Leçon, devoirs d'écolier. Vein di're te n'alesson, 

viens dire ta leçon. 



40 ALO 

ALETTA, s. f. Aileron, petite aile, partie de la bobine où sont les 
dents. 

ALETZI, V. Allécher, donner du sel aux vaches. (Alpes.) 

ALEUHI, V. Voy. aloh[. 

ALIZO, ALLIDRO, s. m. Sureau hièble, Sambucus Ebuhis. (\lpes.) 

ALLA, V. Aller; très irrégulier : audri, j'irai; m'ein vé, me vé, je 
m'en vais; vein-no, vê-no, allein-no, allons-nous. Alla déan le 
porte, mendier. 

ALLAHIE, s. f. Passage étroit entre deux murs ou deux parois, 
pour entrer dans une maison; allée de jardin, allée d'arbres; 
l'action d'aller quelque part. Dans ce dernier sens, il n'est 
guère usité que dans la phrase négative de ne sein l'allahie, je 
n'y irai point. 

ALLAITE-BAGNA, s. f. Mot à mot, qui tette les vaches. C'est le nom 
de la salamandre noire des Alpes, que les bergers disent teter 
les vaches quand elles sont couchées sur le pâturage. (Alpes.) 

ALLAITE-TSIVRA, s. f. Tette-chèvre, crapaud volant, noms vul- 
gaires de l'engoulevent. 

ALLAITHON, s. m. Nourrisson ; se dit plus particulièrement d'un 
animal domestique qui tette encore sa mère. 

ALLEVAI, ALLEVEI, s. m. pi. Voy. alvi. 

ALLIDRO, s. m. Voy. alizo. 

ALLIETTA, v. Attacher, lier, coller, agglutiner, avoir de l'incli- 
nation pour quelqu'un. L. ligare. 

ALLOA, V. Commencer à s'humecter, se gonfler par humidité. 
(Val d'IUiez.) 

ALOGNE, ALAGNE, EULAGNE, s. f. Noisette, fruit du coudrier, 
avellana. 

ALOHI, ALEUHI, v. Arranger, apprêter, préparer, mettre en état; 
le réduplicatif est res'allohi. 

ALOÏNA, ALUVINA, s. f. En français populaire, genipi jaune, sorte 
d'armoise des rochers des Alpes. 

ALOUILLE, s. f. pi. Fête des brandons dans les villages des en- 
virons de Genève. 



AMB 11 

ALOUNA, ALENA^ v. Eclairer, donner quelque lueur^ reluire, 
briller de santé. De là les locutions ; bon k'aloune, bois phos- 
phorique; einfan k'alene, enfant brillant de santé; verme k'a- 
loune, ver luisant. L. Ivna. (Alpes.) 

ALOUTZO, s. m. Sorbier, timier, Sorbus mintparia. (Jura.) 
ALPA, V. Conduire le troupeau de la vallée où 11 a hiverné dans 
la montagne. De là : inalpa, mener le troupeau dans les pâtu- 
rages alpestres; désalpa, le ramener dans la vallée. — On a 
francisé ce mot : alper. (Alpes et Jura.) 

ALPAGE, s. m. Saison de faire alper les troupeaux, contenance 
d'un pâturage. On dit dans ce dernier sens : Valpage de la Dôle 
est de 80 vaches. (Alpes et Jura.) 

ALUETTA, ALUVETTA, s. f. Epiglotte, luette ; alouette. En com- 
position, pld'nlnvetta, dauphinelle des blés, Dciphinium Conso- 
lida. 

ALUGA, V. Espionner, fréquenter une maison pour voir et rap- 
porter ce qui s'y passe. (Val d'Illiez.) 

ALUGAN, ALLOUGAN, s. m. Espion, personne qui flaire, qui 
convoite un mets ou quelque autre chose, parasite. (Gros de 
Vaud.) 

ALURA, AHIE, adj. Endurci, fait à la fatigue, intrigant, adroit, 

rusé. 
ALUVETTA, s. f. Alouette. Voy. aluetta et luetta. 
ALUVINA, s. f. Voy. aloïna. 

ALVI, ALLEVI, ALLEVAI, ALLEVEI, s. m. pi. Repousses du hê- 
tre coupé qui croissent autour du pied. (Bas-Valais.) Bon alle- 
vei, bois taillis. (Acte de 1564.) (Coppet.) , 

AMA, V. Aimer. L'ama-vo ? l'aimez-vous? — Anmn, id. 

AMABLLIO, A, adj. Aimable, digne d'affection, amical. 

AMBAXARIA, s. f. Ambassade, députation. (V. chancell. de Fri- 

bourg.) 
AMBAXIOUR, s. f. Ambassadeur, député. (V. chancell. de Fri- 

bourg.) 



12 AMO 

AMBE, AMBÈ, adj. pi. f. Toutes les deux, l'une et l'autre. Ce mot 

latin s'employait dans cette locution notariale : les ambes paris, 

les deux parties. 
AMBEDOU, adj. Tous deux, tous les deux, l'un et l'autre. 
AMBLAI, EMBLAI, s. m. Vol, larcin. (Fribourg.) 
AMBRESALLE, AMBWTZE , s. f. pi. Myrtilles, airelles, Vacci- 

nium Myrtilhis. — Einbrotze, id. 
A MEIN, loc. adv. Au moins, si ce n'est que. 
AMEKHI, AMETHI, s. f. Amitié; au pluriel ce mot signifie amour : 

L'ei a bahlU se z'amethi, il lui fait la cour, il en est amoureux, 

elle en est amoureuse. 
AMERSA, s. f. Rate, terme d'anatomie. (Jura.) 
AMETEU, SA, adj. Laborieux, qui a du goût pour le travail. 

(Val d'Illiez.) 
AMIABHLLO, A, adj. Agréable au palais. Se dit surtout du vin, 

(La vaux.) 
AMITO, A, adj. Aimable, qui sait se faire aimer. L. amicns. (Mon- 

treux.) 
AMMER, s. f. pi. Myrtilles. Ammer, en allemand, signifie griotte. 

(Jura.) 
AMMIMONA , s. /■. Anémone cultivée dans les jardins. Anémone 

hortensis. 
AMOHLLI, V. Se dit quand le pis d'une vache prête à mettre bas 

se gonfle. L. mollis. (Alpes.) 
AMON, adv. Là-haut, en haut. L'è lé d'amon, il est là-haut; loc. 

contr'amon, du côté d'en haut. L. ad montem. 
AMORDJALA, v. Amasser, amonceler. C. mordju, monceau. (Alpes.) 
AMORRA, V. Emousser, se dit d'un tranchant qui a perdu son fil. 

(Val d'Illiez.) 
AMOUAIRAU, SA, adj. Amoureux ; quand il se dit d'une fille, ce 

mot signifie honnêtement qu'elle a beaucoup de tempérament. 

L'è s'n'amouairau, c'est son galant, son amant. 

A MOUDIO, loc. adv. Précisément, ce qu'il en faut. L. ad modum, 
(Val d'Illiez ) 



ANN m 

AMPE, AMPOUE, EINPOIIE, s. f. pi. Framboises, fruit du Rulms 

idœus. 
AN, s. m. An, année. Sti an, cette année; vouero a-t-e d'an ? com- 
bien a-t-il d'années? Son synonyme annahie est peu usité. 
ANA, s. m. Cercles concentriques, dans l'aubier d'un arbre, par le 

nombre desquels on juge de son âge. (Pays-d'Enhaut.) 
ANCELLA, ANCETTA, s. f. Petit ais de sapin très mince pour 

couvrir les toits. (Jura.) — Assethe, s. f. pL, id. (Alpes.) 
ANCHAN, NA, adj. Ancien, vieillard, vieux, vieille. L'anchan est 

un des noms du diable; c'est le serpent ancien de l'Apocalypse. 

(Pays-d'Enhaut.) 
ANDA, s. f. Vague, bouillon, onde. L. unda. 
ANDAIN, s. m. Ligne d'herbe abattue par le faucheur, laquelle 

ressemble à une onde. Ce mot est français. (Vaud.) 
ANÉRON, s. m. Véron, poisson d'eau douce, Cyprinns Pkoxinus. 

(Léman.) 
ANGAINA, EINGAINA, s. f. Ruse, fraude, subterfuge, moyen d'é- 
chapper. C'est Vinganno des Italiens. L. ingenium. 
ANGEILA, EINGEILA, v. Engluer, se salir les doigts dans une 

matière visqueuse. (Vaud.) 
ANGO, ANKO, s. m. Agonie, derniers râlements d'un mourant. 

C. anlîon, agonie, mort. — Rancot, id. 
ANGON, s. m. Gond de porte. 
ANGUILLAUMA, v. Se couvrir la tête de linges, se mal coiffer, se 

dit des femmes. (Lausanne.) 
ANICHON, s. m. Petit ànon. 

ANKO, KA, adj. Aigre, amer, acide. — Einko, a, id. 
ANKORA, ANKO, ANKOI, ONKORA, ONKO, ONKOI, EINKORA, 

EINKOUE, adv. Encore, derechef. P'ankora, abréviation de pa 

einkora; p'onkoru, pour pa onkora. 
ANMA, V. Voy. ama. 
ANNAHIE, s. f. an, année. Voy. an. 
ANNIVIARD, DA, adj. Habitant de la vallée d'Anniviers. (Valais.) 

La terminaison ar^d est fréquente pour indiquer le nom gêné- 



U APE 

rique des peuplades alpestres du Valais et des environs : Con- 
chard, habitant du district de Conches (Goms); Bagnard, habi- 
tant du val de Bagnes; Val-d'Illard, habitant du val d'IUiez; 
Chamounard ou Chamouniard, habitant de Chamouny; Savoy- 
ard; Sagnard, dans le Jura neuchâtelois, habitant de la Sagne; 
Broyard, habitant des bords de la Broyé. 

ANNOH'LLIRA, s. /. Vache laitière qui devait porter le veau dans 

l'année et qui ne le porte pas. (Alpes.) 
AN NON, adv. interrogalif. N'est-il pas vrai? L. an non. 
ANNOUNA, V. Hésiter en parlant, chevroter. Fr. dnonner. 
ANNUITA (s'), V. Se laisser surprendre par la nuit, s'anuiter. 
ANTAN, adv. L'an passé, l'année dernière. De antan, loc. adv., 

l'année avant-dernière ou pénultième. (Alpes.) 
ANTENET, s. m. ■pi. Rosage, rhododendron. (Ormonts.) Voyez 

ARZELAI. 

ANTHOU, s. m. Un vieillard, un quidam, la personne que vous 
savez. Dans le Pays-d'Enhaut on le joint par honneur au pré- 
nom : anthoii Pierro. L. anliquus. — Anito^ dans les îles Philip- 
pines, signifie ancêtre, vieillard. 

ANTI, V. Arrondir les bords d'un objet. (Val d'IUiez.) 

ANVER, EINVER, s. m. Petit abcès, furoncle; on dit anvers, clou, 
dans le français populaire du canton de Vaud. — Klliou, id. 

ANVOUÉ, s. m. Orvet, Anguis fragilh. On appelle souvent ce petit 
serpent l'aveugle, non qu'il le soit, mais parce qu'il a les yeux 
très petits. L. anguis, C. anviou, serpent. 

AORGNA, ORGNA, ORNA, s. f. Un certain nombre de rangs de 
ceps dans une vigne; op^/pç, dans l'Odyssée, signifie allée d'ar- 
bres, rang de ceps. (Vaud.) 

AOU, art. contracté. Au, aux. 

AOUVRA, AUVRA, AUVRI, UVRI, v. Ouvrir. Aoîttr^in, j'ouvrirai. 

APATl, s. m. Provisions de bouche, munitions pour les soldats. 
L. pascere. (Fribourg.) 

APEDJI, V. Engluer, empoisser. Vient de pedje, poix. 

APEDJOUNA, V. Attirer, leurrer. 



APP 15 

APENDIAU, s. m. partisyn, assistant, qui accompagne. L. appen- 
dens. (V. L. Fribourg.) 

APENONDOLI, adv. Et puis, après. (Jura.) 

APERCE VAI, V. Apercevoir, voir des revenants, entendre des 
bruits magiques, avoir la seconde vue des Ecossais. (Vaud.) 

APERS, SA, adj. Fin, clairvoyant, aigrefin, chiche. L. apertus. 
(Alpes.) 

APETANFI (s'), APETANCI, APEDANCI, v. Manger du pain en 

proportion de sa pitance. 

APIO, s. m. Persil, Apium Petroseliam. 

APLLAHTRA, v. Rester toujours à la maison sans rien faire. 

APLLANA, APLLANI, v. Raboter, adoucir, calmer par bonnes 
raisons une personne en colère, aplanir, mettre sur le plan ou 
de plat, renverser. 

APORSOGNI, V. S'inquiéter de l'avenir. De porsein, souci, inquié- 
tude. (Alpes.) 

APOUSTI, s. m. C'est le rebord extérieur d'une barque sur le- 
quel marchent les bateliers qui la font aller au piquet; c'est 
le coursier des galères. L. uppositus. (Léman.) 

APPLEI, s. m. Attelage, animal ou animaux qu'on attelle. L. ap- 
plicare. 

APPLLEIHI, V. Atteler bœufs ou chevaux à la charrue, au char. 
(Yaud.) 

APPONDRE, V. Ajouter, rattacher par un nœud, épeler, se pour- 
voir, se nantir. (La Côte.) 

APPONSA, s. f. Ce quon ajoute en uppondant, allonge. 

APPRALEIRA, s. f. Sureau hièble, Sambucus Ebahis; cochriste, 
soit crête-de-coq, Rhinanthus Crista Galii. (Vevey.) 

APPREINDRE, v. Apprendre, enseigner: part, apprei, sa. 

APPREMA, V. Amincir, s'appliquer, chercher à plaire, à réussir. 
L. primus. (Pays-d'Enhaut.) 

APPRESTA, V. Apprêter, assaisonner un plat, un mets. 

APPRESTON, s. m. Sauce, ragoût. 



16 ARE 

APPREVEISI, V. Apprivoiser; s'appreveisi, s'accoutumer, se for- 
mer aux affaires. 

APREUMI, APREMI, s. m. Pâturage inférieur où l'on met le trou- 
peau avant de le conduire sur la montagne supérieure. L. pri- 
mus. (Jura.) — Premi est le nom d'un village du Jura; en fran- 
çais^ Premier. (N. de l'éd.) 

APRI, adv. Après. Alla apri kôkon, c'est aller à son ensevelisse- 
ment. 

APRIHEINDA, v. Appréhender, craindre, avoir peur. 

ARA, adv. Maintenant, à l'heure qu'il est. (Bas-Valais.) — Ora, id. 

ARA, V. Voy. arrha. 

ARAPPA, V. Prendre par force, arracher. L. rapere. 

ARBAILLE, s. f. pi. Repas que donne une accouchée à ses le- 
vailles. — Broutaku, id. (Entremont.) 

ARBOË, s. m. Arc-en-ciel ; mot à mot, Varc qui boit. Plaute a dit : 
Cras pluct, arcus bibit, demain il pleuvra, l'arc boit. (Jura.) 

ARCHEBAN, s. m. Banc sous lequel il y a un coffre dont il est le 

couvercle. 
ARCI, V. Conduire, mener, chasser devant soi. L. arcere. (Neu- 

châtel.) 
ARDRE, V. Brûler, ardere. Ardénaz, forêt près d'Orbe. Ardénaz 

paraît avoir la même étymologie que les Ardennes. 
AREIMO, s. m. L'une des quatre perches d'un léger échafaudage 

pour faire sécher en plein air les céréales et les légumes en 

gousse. (Pays-d'Enhaut.) 
AREIN, s. m. Avalanche d'une neige sèche comme du sable. L. 

arena. (Alpes.) Banc de sable dans les eaux des environs de 

Genève. 
ARENA, ARAINA, v. Ecraser, briser sous le poids, ployer sous 

un fardeau. (Gros de Vaud.) 
ARÉNA, s. f. Sable. Le mot est latin; de là : arenaira, s. f., sa- 
blière, sablonnière, arenaria. 
ARÉTHALA, s. f. Voy. arithala. 



ARZ 17 

ARI, ARRI, adv. Derrière; l'aire arri, ramer en sens contraire 
pour aborder. (Léman.) 

ARIA, V. Traire les vaches. — C. arar, paysan, laboureur. 
ARIAU, s. m. Lieu où l'on trait les vaches, soit en plein air, soit 
à couvert. (Alpes.) 

ARITHALA, ARÉTHALA, s. f. Perce-oreille, Forbicine Forficula; 
littéralement, arrête-la, parce qu'on croit cet insecte dangereux 
s'il entre dans l'oreille. 

ARLITTOX, ERLITTON, s. m. Arc-en-ciel. C. ar, arc; lilh, humi- 
dité. (Bas-Yalais.) 

ARMADHI, ARMAILLl, ERMAILLI, s. m. Berger, vacher, chef du 
chalet. (Alpes.) 

ARMAILLE, ERMAILLE, AUMAILLE, s. f. pi. Vaches, pièces de 
bétail. L. armentum. (Fribourg.) 

AR.^L\LA, s. f. Boucle, oreille d'un vase de bois pour le prendre. 
L. armilla. (Alpes.) 

AROLLA, s. /'. Pin alvier, Pinus Ceinbm. — Erolla, id. (Alpes.) 

ARONDA, ARONDELLA, s. /". Hirondelle. 

AROUTZl, V. Jeter çà et là le fumier sur une prairie. (Alpes.; 
S'arroiUschi bas, se jeter hiurdemenl par terre. (Entremont.) 

ARPION, s. m. Griffe d'un animal. L. Harpiœ. Gr. <xp~n, croc. 

ARRAI, adv. Derechef. En composition : Arrimé, arriémé, arraimé, 
au contraire, et encore ; arrai-recers, à l'envers, à la renverse. 

ARRHA, ARA, v. Labourer, herser. L. arare; C. arar, laboureur. 

ARRIA, ARIA, s. f. Embarras, pêle-mêle, désordre, tumulte, bat- 
terie; du grecAr/r,;, Mars, prœlium; ou d'Arius, dont la doc- 
trine causa beaucoup de troubles dans l'Eglise chrétienne. 

ARRKOKA, V. Recevoir dans sa main un corps jeté en l'air. (Bas- 
Valais.) Voy. rakoka. 

ARHOUTA, V. Prendre la même route. 

ARTA, s. f. Voy. artzche. 

ARTZGHE, ARTZE, ARTA, s. f. Coffre, bahut, arche. L. arca. 

ARZA, i'. Prendre un goût de brûlé; se dit du lait. L. arsus. 

MÉM. ET DOCUM. i 



d8 ASS 

ARZE, LARZE, s. m. Mélèze, Pinus Larix. Arz, cèdre du Liban, 
(Alpes.) 

ARZÉ, s. pi. Nom des lieux où les arbres ont été brûlés. L. arsus. 
(Fribourg.) 

ARZEINTENA, s. f. Alchimille des Alpes, Alchemiila alpma. 

ARZELAI, ARZALEI, s. m. Rosage des Alpes, Bhododendron fer- 
ru gineam et Rhod. hirsutum. (Alpes.) 

AS, s. m. et f. Voy. aa. 

ASE, s. w. Ane, asiniis ; mot tombé en désuétude et qui n'est 

resté que dans des locutions grossières, comme Vase te et 

un verbe énergique; c'est-à-dire, le diable Vemporle, ou même 
quelque chose de mieux. (Moudon.) 

A SETON, adv. Sur son séant, en étant assis sur son lit. (Pays- 
d'Enhaut.) 

ASKIBOLA, s. f. Accident, mésaventure, échec, petit malheur, 
grossesse de fille non mariée. En ce dernier sens, un étymolo- 
giste prétendait que ce mot venait du grec à^xoç, uter, venter, 
et de |3o)>v7, ictus, plaga. (Vaud.) 

ASPECTIAU, ASPECTEUR, s. m. Témoin, celui qui est présent à 
une chose. L. aspicere. 

ASPI, ESPI, s. m. Lavande, Lavandula Spica. 

ASSALA, V. Donner du sel aux vaches qu'on va traire. L. sal. 
(Bas-Valais.) 

ASSATI, V. Voy. achati. 

ASSE, s. m. If, Taxiis baccata. 

ASSE, ASSA, ASSEI, adv. Assez. En composition: asbein, asse- 
bein, aussi bien; asselont, aussitôt, bientôt, tout de suite. 

ASSEITHI, A, adj. Altéré, qui a soif. L. sitis. 

ASSENTHION, s. m. Enfant gâté, fantasque, volontaire. (Val d'Il- 
liez.) — Asscinton, Aciieinton, id. 

ASSENTHIOUNA, v. Gâter un enfant en faisant toutes ses fantai- 
sies. L. assentio. (Val d'IUiez.) 

ASSEINTI, V. Voy. acheinti. 

ASSEINTON, s. m. Voy. acheinton. 



ATO 19 

ASSEINTRE, v. Se dit d'une jument, dune vache ou dune ânesse 
prête à mettre bas. (Bas-Valais.) 

ASSERBA, AHIE, adj. Adhérent au vase. (AlpesJ 

ASSETA, ACHETA, V. S'asseoir, se rasseoir. Assita-te, assieds-toi. 

ASSETHE, s. f. pL Petits ais fort minces pour couvrir les bâti- 
ments des Alpes. 

ASSETHON, s. m. Diminutif du précédent. 

ASSIE, ASSIA, s. f. Herse des anciennes portes de ville. Ce mot 
appartient au latin du moyen âge : asciu. (Acte de 1419.) (Nyon.) 

ASSOLAUCHAU, AUSA, udj. Se dit d'une personne qui distrait, 
qui console, qui donne ou cherche à donner du soulagement. 
L. solatium. (Aigle.) 

ASSOLEIHI, V. Se tenir au soleil en hiver pour se réchauffer. 
L. sol. (Pays-d'Enhaut.) 

ASSOMMA, V. S'élever à une somme, additionner un compte, 
supputer. (Fribourg.) 

ASSOT, s. m. Toit à porc. (Neuchàtel.) 

ASSOUNNA, V. Flairer, sentir une odeur; de son, odeur. 

ASSOUPA, V. Faire un faux pas, s'achopper. C. assoup, achoppe- 
ment. 

ASSOUTHÉTl, r. S'api)liquer à un ouvrage, ruser, agir avec sub- 
tilité; de soutij fin, délié. L. subtilis. (Alpes.) 

ASSUMA, V. Prendre. L. assumere. (Fribourg.) 

ASSURA, ACHURA, v. Assurer, promettre. Le parlicipe passé, 
qui a la même forme, s'emploie adverbialement et signifie sîi- 
rement, certainement. 

ATANT, ATEINT, adr. Autant; adi atant, toujours autant. 

ATHETI, A; ALLIETHI, A, adj. Attaché, adhérent à... (Pays- 
d'Enhaut.) Voy. ALLIETA. 

ATHOPI, A, adj. Mal éveillé, assoupi. (Bas-Valais.) 

ATIFFA (s'), V. Se parer, s'arranger, s'attifer. 

ATOT^ prép. Avec; c'est l'a tout du vieux français. 

ATOTSCHI, t-. Tenir à quelqu'un par la consanguinité, attoucher. 



20 ■ AU 

ATREDRE, v. Apaiser, tranquilliser, faire taire un enfant qui 

pleure. (Pays-d'Enhaut.) 
ATREGO, A, adj. Maladif, maigre, écloppé. (Val d'Illiez.) 
ATREKA, V. Abattre, accabler de lassitude par excès de travail ou 

de marche; du grec zpi/M, curro. 
ATRIAU, s. m. Petite farce de forme ronde faite de viande de porc. 

— On dit à une fille dont le mouchoir entr'ouvert laisse voir 

la gorge : Catze don te z'atriau. (Yverdon.) 
ATSÉA, ATSÉVA, v. Achever, épeler un mot. 
ATSETA, ACHETA, v. Acheter. 
ATSETTA, s. f. Petite hache, hachette des tonneliers. 
ATSON, ATSGHON, s. »w. Hache; c'est le nom des as du jeu de 

cartes. 
ATTARDI, V. Etre tard en route. 
ATTEINDRE, v. Brigander, aller sur les grands chemins attendre 

et détrousser les voyageurs; attein-mè, attends-moi; attein-tè 

vai, attends seulement, formule de menace. 
ATTELLA, v. Atteler; ce verbe signifie aussi mettre ses habits du 

dimanche pour aller à l'église. (Bex.) 
ATTENNA, V. Fâcher, courroucer, haïr. — Taina, id. (Bas-Valais.) 

Voy. TAIN.\. 

ATTRAPA, V. Attraper, rattraper, tromper, donner le change. 

ATTRAPAHIE, s. f. Action d'attraper, piège, tromperie, mystifi- 
cation. 

ATZOZA, V. Etancher sa soif. (Alpesr) 

AU, EU, U, 2)ari. j)assé. L'ai su z'au, l'ei su z'u, j'y suis allé, j'y ai 
été; l'a z'u bon martzi, il l'a eu à bon marché ; l'è z'u mort, lit- 
téralement : il est eu mort, sorte de passé indéfini qu'on entend 
souvent dans le français populaire du canton de Vaud. 

AU, AOU, U, art. conlr., m. s. Au; le pluriel est ai, ei, eu, i. 

AU, U, co/y. Ou; au bein, ou bien. 

AU, AOU. s. m. Oeuf. Dei z'au tiendu, des œufs teints, des œufs 
de Pâques. 

AU, s. m., sing. ou pi. Ail, aulx.. Au au cer, littéralement, ail au 
cerf; c'est l'ail des ours, Allium ursinum. (Pays-d'Enhaut.) 



AUT 21 

AUBARDE, s. f. pi. Aubade, sérénade donnée de grand malin, à 

Yaube. (Vaud.) 
AUDJE, AUDZE, ADJE, s. /. Auge, bassin de fontaine, bois creux 

qui reçoit la pâture des porcs ; la pièce de l'er du bout de l'es- 
sieu, laquelle empêche la roue de sortir. 
AUGES, s. f. pi. Terrain inculte couvert de broussailles. Se trouve 

en ce sens dans d'anciens documents, mais n'est plus usité. 

(Fribourg.) 
AUHLLE, OUILLA, s. f. Aiguille h coudre. 
AUHLLON, OUILLON, AVELLHON, s. m. Aiguillon d'un insecte. 
AUKALA, s. /". Guêtre. (Val d'Illiez.) 

AUKIÉ, AULKIÉ, prou, indéf. Quelque chose. L. aliquid. (Vaud.) 
AULA, EULA, OHLLA, s. f. Pot, marmite. L., It., olla. 
AULETTA, EULETTA, s. ^ Diminutif du précédent, petit pot de 

terre. 
AUMAGNE, s. f. pi. Nom générique des vaches ; en français aii- 

maille, aumailles. (Fribourg.) Voy. armaille. 
AUMELLHI, AUMETHI, v. Amollir, assouplir. L. mollis. (Alpes.) 
AUMEHLLO, A; AUMETHO, A, adj. Souple dans le sens physique. 

(Alpes.) 

AURA, s. f. Heure, lieue, fatigue. E hein zhi de l'aura, j'ai eu 

bien de la peine. L. hora. 
AURA, s.f. Vent violent. L. aura. — Voy. cura. 
AURETTA, s. f. Petite lieue. Lei a duve z'aurette kank'ikhe, il y a 

deux petites lieues jusque-là. 
AURTA, s. f. Autel. (Fribourg.) 

AUSEMEIN, adv. Aussi, pareillement. (V. style de Fribourg.) 
AUSKAVOUAIRON, s. m. Fantôme ou lutin portant une petite 

queue retroussée. De kaua, queue. (Voy. le Comervateur suisse, 

VIII, pag. 239.) (Ormonts.) 
AUTAN, s. m. L'an passé, anle annum. — Antan, id. 
AUTON, s. m. Automne. Veindra ver no sti l'auton, il viendra chez 

nous cet automne. 
AUTOUNNA, V. Se dit d'un temps ^'automne, humide, nébuleux. 



22 AVE 

AUTOUNNETTA, s. f. Euphraise, plante qui ne fleurit que vers 
l'automne, Euphrasia officinalis. (Aigle.) 

AUTRE, adv. Plus loin, outre. L. ultra. L'è autre lé, il est là-bas. 

AUTRICHA, s. f. Impératoire, plante orabellifère. Iraperatoria Os- 
truthium. (Alpes.) 

AUTRO, A; ATRO, A; ITRO, A, adj. Autre. Lé z'autre viadzo, les 
autres fois, jadis, au temps passé. 

AUTRO, pron. Un des noms du diable. C'est un reste du mani- 
chéisme, ou de la doctrine des deux principes : le bon c'est 
Vun, le mauvais c'est Vautre. 

AUVRA, AUHRA, s. f. Filasse de chanvre. Filassa, felassa, et plus 
ordinairement ritta, reta, id. 

AUVRA, AUVRI, u. Voy. aouvra. 

AVAI, V. auxil. avoir. Il est très irrégulier. Ain-no ? avons-nous? 

no z'ein ain, nous en avons^ et par abréviation, n'ein^ain. 
AVAIGHI, V. Accoutumer. (Bas -Valais.) 

AVALA, AHIE, adj. Déboutonné, qui est à bas. De aval, en bas, 
-AVALANTZCHE, AVALANTZE, s. /. Lavange, avalanche. (Alpes.) 
AVAN, s. m. Osier, Salix vitellina; taon, tabanns. Dans ce dernier 

sens on dit généralement tavan. 
AVAN, AUVENT, s. m. Auvent, échoppe, boutique qui avance sur 

la rue, défendue par les évêques de Lausanne. 
AVANI, AVENI, v. S'éventer, perdre sa force; se dit d'un liquide. 

L. vanus. (Pays-d'Enhaut.) 
AVE, s. f. Voy. AIGUË. 
AVEGNI, V. Venir, arriver, advenir. 
AVEGNIEN, TA, adj. Avenant, agréable. Se dit d'un terrain en 

pente douce. L. adveniens. (Fribourg.) 
AVEINA, s. f. Avoine, Avena saliva. 
AVEINTA, AVINI, v. Avéindre, atteindre, prendre ce qui est d'un 

abord difficile. 
AVELLHE, AVELLIE, s. f. Abeille; de là avellhon, aiguillon. Voy. 

AUHLLON. 



AYE 23 

AVENAIHE, ADYENAIRE, s. m. Etranger, non bourgeois de la 

commune qu'il habite. L. advenu. 
AVENIRO, A, s. m. Enfant maigre, polisson. 
AVENTRO, s. m. Polisson, mauvais sujet. (Val d'Illiez.) Voy. 

AVOULTRO. 

AYERON, s. m. La folle avoine, Avenu fcitua. (Jura.) 

AVER0N,E1NVER0N, adv. Environ. 

AVESA, V. Aviser, réfléchir, prendre des mesures, regarder. 
molavesa, ahie, malavisé; bein avesa, bien avisé. (Aigle.) 

AVÔ, adv. En bas, en dessous. Lé-d'avô, là-bas; Le niole rignan 
d'avô, les nuées viennent d'en bas; lo contravô, le côté d'en bas. 

AYO, s. m. Oncle. L. avus. 

A YO, loc. A vous, salutation laconique de grands chemins, si- 
gnifiant : je suis à vous. A te, à toi. 

AYOGHI, V. Rendre pointu. (Bas-Valais.) 

AVOIRI, V. Contredire habituellement. (Val d'Illiez.) 

AVOIRON, s. m. Condradicteur perpétuel. (Yal d'Illiez.) 

AVOTHENA;, v. Faire endêver quelqu'un par ses railleries, le 
pousser à bout. (Yal d'Illiez.) 

AVOUAI, AVOUÉ, AVOUI, prép. Avec. 

AVOUAIRI, r. Faire des efforts pour vomir. 

AVOULTRO, AYOUTRO, AOUTRO, VAULTRO, AVENTRO (Cette 
dernière forme au Val d'Illiez), s. m. Bâtard, adultérin, paillard, 
homme cynique et déhonté. — C'est une des injures les plus gra- 
ves. Le coutumier de Moudon, en 1359, celui de Nyon, en 1387, 
défendent, sous peine d'une forte amende, de traiter quelqu'un 
d'avoultro. L. adulter. 

AYOUTRO, s. m. Pommier sauvage, sauvageon, Pirus Malus; même 
étymologie. 

AYRETHI, AVREHLLI, v. Abriter, mettre à couvert. (Jura.) 

AVRI, s. m. Abri, le mois d'avril. 

AVU, adv. Extrêmement, fort, très. Avu, adj. voyant, visionnaire. 
(Fribourg.) 

AVER, s. m. Erable, Acer Pseudo-Platanus ; platane. (Bex.) 



24 BAG 

AZ, AS, s. m. Recoin solitaire. (Gruyère.) 

AZERA, ASSERETTA, SERETTA, s. /". Lierre terrestre, Glechoma 

hederacea. 
AZI, AISI, ÉZI, s. M. Présure, l'acide dont on se sert pour faire 

cailler le lait dans la chaudière. L. acidus. On dit aussi cô, ko. 

(Alpes.) 



B 



BÀBAN, s. m. Homme simple, pesant, un niais, un nigaud, un 
dadais. G. hab, stupide, imbécile. (Vaud.) 

BABANA, BAMBANA, v. Baguenauder, nigauder, lanterner. 

BABEUTA, s. f. Scarabée stercoraire, bousier, escarbot. (Entre- 
mont.) 

BABO, BOBO, s. w. Un mal quelconque, terme enfantin. 

BÂCHE, s. f. Mauvais foin de marécage; grand panier à charbon. 
G. bach, creux; terrain bas, enfoncé, humide. (Jura.) 

BADAIR, RA, adj. Désœuvré, qui n'a rien à faire, qui a la bouche 
béante. G. bad, sot, stupide. (Fribourg.) 

BADIGOUAINCE, s. f. pi Lèvres, babines. (Vaud.) 

BADOU, DA, adj. Simple, niais, nigaud. G. bad, stupide. (Moudon.) 

BAGNA, s. f. Vache de petite taille, qui vient originairement du 
Val de Bagnes. Voy. allaite-bagna. 

BAGNE, BAIGNE, s. f. Bain, la saison de se baigner, le lieu du 
bain. 

BÂGNI (se). Se baigner. 

BAGNIOLET, s. m. Baquet à tenir le lait, lequel offre une grande 
surface, mais est peu profond. G. bann, creux, vase. — Ge mot 
signifie aussi un baquet à laver la vaisselle. (N. de l'édit.) 

BAGNIOLETTA, s. f. Vase plus grand que le précédent. 

BAGUA, BAGGA, s. f. Bague, laie, truie. — Bake, id. 

BAGUETTA, s. f. Iris de Germanie, Iris germanica. — Boketta, id. 



BAL ^25 

BÂHIE, s. f. Nom de deux torrents, la Baie de CInrens et la Unie 
de MontreuK. 

BAI, s. m. Nom générique de quelques ruisseaux. 

BAIBAÏNA, s. f. Courge, citrouille. (Vully.) — Barbaina, u\. 

BAICIIOT, s. m. Petit garçon. C. hiclian, p(Mit. (Jura.) 

BxVICIIOTTA, BAICIIETTA, s. f. Petite fille. (Jura.) 

BAILLI, BADHI, V. Donner, frapper ; bailler, en vieux fiançais. 
Me baillo au diabllo, je me donne au diable. Jurement fort usité. 

BAINA, BÉNA, v. Sommeiller; amollir des légumes dans l'eau, 
les baigner. 

BAINNA, s. 7». Langueur, malaise; mouvement subit de colère 
chez une vache; bassin ou llaque d'eau stagnante. (Alpes.) 

BAIRDA, s. f. Caisse à transporter le fumier placée sur un traîneau. 
(Pays-d'Enhaut.J 

BAIBE, V. Boire. Bai, bois; bain prau, je boirai ])icn. — Baire lo 
cor se dit du repas des funérailles appelé plus communément 
chaiamot. Par arrêt de 1616, le Conseil de Neuchàtel défendit ce 
banquet funèbre, à la fin duquel on buvait à la santé du défunt. 
(Neuchàtel.) 

BAIRFOU, s. m. Sorte de filet pour la pêche. (Léman.) 

BAIRLELAI, RA, adj. Etourdi, brouillon. (Entremont.) 

BAISTxV, s. f. Fille grande et vigoureuse, hommasse. (Jura.) 

BAKE, s. f. Voy. bagua. 

BAKON, s. m. Lard. C. baccwn. — Le vieux français écrit bacon. 
(N. de l'édit.) 

BAKOUNNA, v. Enlever la superficie du terrain pour le fertiliser. 

BALAINA, s. f. Ancien nom du silure du lac de Morat, Siliirns Gla- 
nis, plus connu sous le nom de salut. 

BALANDUAI, s. m. Balustrade, garde-fou. (Coppet.) A Genève, 
balandrin. 

BALANDRON, s. m. Conducteur des chevaux de bât dans les mon- 
tagnes. De deux mots grecs, pâ),)/,) et mhp homme. Si cette 
étymologie est vraie, balandron serait un homme qui pousse 
devant lui des bêtes de somme. (Alpes.) 



26 BAN 

BALLA, adj. On dit à une petite fille : Fâ la balla, fais la révérence. 

— Voy. BÉ. 
BALLALARMO, s. m. Jeune homme bruyant, tapageur, coureur 

de nuit. (Vaud.) 
BALLAMAN, adv. Doucement, sans bruit, sur la pointe des pieds. 

V. Fr. Bellement. — Banamein, id. 
BÂLLHON, BÂILLON, s. m. Bâillement. 

BAMBANNÂ, v. Scier de long, du haut en bas; baguenauder, lan- 
terner, muser, fainéanter. (Alpes.) 
BAMBANNA, s. /. Grande scie pour scier de long; le bras qui 

communique le mouvement au soufQet des grandes forges. 

(Jura.) 
BiMBELLA, s. f. Véron, Cyprinus Phoxinus ; poisson peu estimé 

du Léman. 
BAMBELLHI, v. Brandiller. 
BAMBELLHON, s. m. Chiffon qui brandille. 
BAMBOTZI, V. Faire des excès de vin, courir les cabarets. (Vaud.) 

BAMBOTZIAU, s. m. Homme qui boit souvent et beaucoup, cou- 
reur de cabarets. (Vaud.) 

BAN, s. m. Proclamation de l'autorité à cri public, sous commi- 
nation d'amende. Ce mot est français. Bon à ban, bois où l'on 
ne peut couper sous peine d'amende. 

BANDER, V. Bander un glaive, faire une prière sur un glaive pour 
qu'il ne se rompe pas; pratique superstitieuse défendue en 1640 
par les ordonnances consistoriales. 

BANDERET, s. m. Banneret, celui qui porte la bandière ou ban- 
nière; magistrat civil qui, jusqu'à la révolution de 1798, pré- 
sidait le conseil des villes municipales du Pays de Vaud. Ce 
magistrat, à la fois militaire et civil, s'appelait bandelier dans 
la prévôté de Moutiers-Grandval. 

BANDERETTA, s. f. Girouette aux armes de la seigneurie, élevée 
sur un poteau dans les places publiques, avec défense de la 
faire tourner à coups de pierres. A ce même poteau était sou- 
vent attaché le carcan. Faire la banderetta ou le banderet, c'est 



BAR 27 

se tenir sur la tôle les pieds en haut. Ce tour de force s'appelle 

aussi pièce droite. (Pays-d'Enhaut.) 
BANDIIOLLI, i;. Baguenauder, muser, aller çà et là sans rien 

faire, flâner. (Montreux.) 
BANO, NA, adj. Aveugle, mendiant; banni, mis au ban. (Evêché 

de Bàle.) 
BANNA, BENNA, s. f. Ruche d'abeille; panier couvert, colTre, 

voiture en osier. C'est dans ce derniers sens qu'il est employé 

par Caton. (De re ruslica.) (Vaud.) 
BANNIRA, V. Publier un ban, une défense à cri public. (Plaid 

général de Lausanne.) 
BANTHENA, s. /". ; BANTHEUN, s. m. Bassine, pot de métal à 

anses pour la cuisson. (Alpes.) 

BANTSE, BEINTSCHE, s. f. Etude de notaire, secrétairerie. (Vaud.) 
— Banclie, dans le français populaire de Genève, id. 

BANTZET, s. m.; BANTZETTA, s. f. Bancelle, petit banc. 

BAO, BAVO, s. m. Espèce de prune dont le noyau ne se détache 
pas. (Pays-d'Enhaut.) 

BARAGNA, s. m. Garde-fou, balustre, balustrade, rampe d'appui 
dans un escalier. — C. barr, barre, barreau. 

BARAT, s. f. Fraude^ dol, félonie, tromperie. Les notaires ont 
employé dans leurs actes la locution sans fraude ni barat. — 
C. harat, même signification. 

BARATÀ, BARLATTÂ, v. Duper, tromper, mener par le nez. — 
Maratta, id. 

BARATTA, s. f. Vaisseau en forme de petit tonneau oblong pour 
faire le beurre, baratte; petit baril, barillet. — Voy. bokataire, 

BORKANNA. 

BARATTEI, RA; BARL.\TTEI, RA, adj. Brocanteur, petit mar- 
chand ambulant, trompeur, étourdi. (Alpes.) 

BARBA, s.f. Barbe, moisissure; barba de Jontanna, conferve qui 
croît dans les tuyaux de fontaine et finit par les obstruer. 

BARBAINA, s. f. Citrouille, courge. (Vully.) — Barrebaina, id. 



28 BAR 

BARBETTA, s. f. Pièce d'étoffe ou de toile que les femmes en 
deuil portent sur la poitrine. (Val de Bagnes.) 

BARDOT, s. m. Rave. (La Côte.) 

BARBOTTA, s. f. Lotte, poisson, GobiusLotla. Motailaesl plus usité. 

BARBOTTÀ, BORBOTTÂ, BERBOTTÀ, s. f. Barboter, murmurer, 
articuler mal en parlant, bredouiller, bouillonner, cuire à gros 
bouillons. 

BARBOTTANNA, adj. fém. Ce mot se joint toujours à aiguë, igue, 
eau. Igue barbottanna est le nom de plusieurs sources qu'on 
voit sourdre en bouillonnant. (Vaud.) 

BARBUVA, BARBU A, s. f. Provin avec sa racine, marcotte; bar- 
bote, dans le français du canton de Vaud. 

BARDÉ, BARDHI, s. f. Bardeau, petit ais pour couvrir le toit des 
bâtiments des Alpes. — Voy. assethe. 

BARDELA, BARDHOLLA, BARDOFFLA, EINBARDOFFLA, v. Sa- 
lir, se dit surtout du visage. 

BARDELAU, AHIE, adj. Qui a le visage sale. (Val d'Illiez.) 

BABET, BERRET, s. m. Bonnet, calotte, toque, béret. 

BARETTA, s. f. Coiffe de femme attachée sous le menton. 

BARGUEGNI, v. Hésiter, être lent dans son travail, barguigner. 
En basque, bargaigna signifie hésiter, chicaner, disputer. 

BARIHLLA, s. f. Petit baril. 

BARIHLLETTA, s. f. Barillet, petit baril, sorte de gourde. 

BARJAKA, BABDJAKA, s. f. Femme babillarde, indiscrète. 

BARJAKKA, BARDJAKKÀ, v. Babiller à outrance et indiscrète- 
ment. (Lausanne.) 

BARKA, s. f. Barque matée et pontée, à voiles. (Lacs.) 

BARKETTA, s. f. Petite barque, bateau.— Un montagnard de BuUet, 
village à deux lieues au-dessus d'Yverdon, étant entré dans un 
bateau et se rendant importun, le patron le fit descendre; alors, 
se campant fièrement sur le rivage, le paysan lui cria : Vein lei 
pi ein Ballet avoué ta beugre de barquetta, on te truverapreu; 
Viens-y seulement à Bullet avec ton b de bateau, on te trou- 
vera bien. 



BAS 29 

BARLATTEl, RA, adj. Voy. barattei. 

BARMA, BAIIMA, BOMA, s. /'. Caverne, grotte naturelle dans les 
rochers. — On trouve ce mot en ce sens dans la vie des saints 
Romain et Lupicin , fondateurs de l'abbaye de Romainmôtiers. 
Le nom de Baulmes, au canton de Vaud, et de Balm, au canton 
de Berne, vient peut-être des cavernes voisines. La plus grande 
des cavernes de la vallée du lac de Joux s'appelle la Grand'- 
batimc. 

BARMETTA, s. f. Petite caverne; diminulil' du précédent. 

BARRA, s. f. Barre, raie; saisie-arrêt, main-mise d'un créancier 
sur le bien d'un débiteur. 

BARRA, V. Barrer, arrêter, fermer un passage ; opérer saisie- 
arrêt, faire main -mise par voies juridiques; rayer, biffer un 
parchemin, un acte, un contrat. 

BARRA, BARRÉ, s. m. Grosse étoffe de laine, rayée de diverses 
couleurs. (Vaud.) 

BARRADJO, s. m. Contribution exigée par les garçons, d'un étran- 
ger qui épouse une fille de leur commune. (C. de Fribourg.) 

BARRAGNA, s. f. Scie. (Bagnes.) 

BARRAT, BARRO, s. m. Grand baril allongé pour transporter le 
vin à dos de cheval, dans les montagnes. Chaque cheval en 
porte trois. C. barrai, tonneau. (Alpes.) 

BARREBAINA, s. f. Voy. barbaina. 

BARRILLON, s. w. Oreille d'ours, Primula Auricula, auricule 
des Alpes. (Alpes.) 

BARROTA, s. f. Brouette. C. barolum, tombereau. 

BASKELLHI, BASKENOLLHI, v. Faire un bâtard. 

BASKELLHON, s. m. Petit bâtard; c'est aussi un terme d'amitié. 
(Jorat.) 

BASKETTA, s. f. Bâtarde. 

BASKO, BASKA, adj. Bâtard, bâtarde. — Basque, dans le français 
populaire de Lausanne, est une injure fort usitée parmi les ga- 
mins. (N.de l'éd.) 

BASSENET,s. m. Renoncule vénéneuse, Ranunciiltis Thora. (Alpes.) 



30 BAT 

BASSET, TA, adj. Court, de petite taille, bas sur jambes. 
BASTA, V. Céder à un raisonnement ou à la force, s'arrêter, 

céder. (Vaud.) 
BASTE, udv. Cela suffit, eh bien! soit. C. basta^ suffire. 
BASTOUBA, s. f. Ventouse. Ail. badestube, étuve. 
BASTOUBÂ, V. Ventouser. Le paysan se fait encore ventouser dans 

une étuve. (Fribourg.) 
BASTOUBARE, s. m. La personne qui applique les ventouses. 
BATAKLLAN, s. m. collect. Toute la troupe, toute la bande, tout 

le reste; le train, la suite d'un grand seigneur, d'un chef. 

(Vaud.) 
BATHIA, s. f. Digue contre les torrents, les eaux. 
BATHOTRA, v. Salir, noircir ce que l'on touche, patrouiller. 

(Val d'Illiez.) 
BÂTION, s. m. Lourdaud, homme pesant, borné, parlant mal, qui 

a la langue épaisse. (Lausanne.) 
BATO, s. w. Battant d'une cloche; grand causeur, babillard en- 
nuyeux. (Alpes.) 
BÂTON, s. m. Bâton, canne, arme. 
BÂTON-BORNU, s. m. Mousquet, fusil ; c'est l'ancien nom de cette 

arme. Mot à mot : bâton creux. Bormt, adj. creux. Voy. petairou. 
BATTECOUER, s. m. Herbe à éternuer, achillée sternutatoire, 

Achillea ptarmica. (Aigle.) 
BATTÉMO, s. m. Batterie, rixe sanglante qui arrive parfois après 

les repas de noces, de baptême, (Lutry.) 
BATTERAN, s. m. Gros marteau pour briser les pierres. 
BATTHO, s.m. Faux narcisse ou fleur de Pâques. Narcissus Pseudo- 

Narcissus. (Orbe.) 
BATTHOLLA, BATOHLLIA, s. f. Causeuse, babillarde, commère, 
BATTHOLLI, v. Causer à tort et à travers, babiller à outrance. 

En basque, batouilla signifie parler mal, bredouiller. 
BATTI, s. m. Petit bateau, moins usité que naviot. 
BATTIA, s. f. Babeurre, lait de beurre. — Battuva, id. 
6ATTIAU, s. m. Battoir, machine où, au moyen d'une meule que 



BAU 31 

l'eau f;iit mouvoir, on lisse le chanvre, on écrase les grumeaux 

de noix pour faire l'huile. Rebatla a un sens analogue. 
BATTIORA. V. IJriser les liges du chanvre, du lin, pour en tirrr 

la filasse. 
BATTIORET, s. m. Broyé, instrument pour liriscr les liges du 

chanvre. 
BATTIOU, s. m. Palette de bois pour battre le linge mouillé. 
BATTUVA, s. f. Voy. battia. 
BATZ, s. m. Monnaie de billon qui valait dix rappes. — Deux 

demi-batz valaient un batz. 
BATZI, BATSCHI, v. Baptiser. 
BATZI, s. m. Repas ou fête de baptême. 
BAU, BUO, s. m. Bœuf; c'est plus spécialement le taureau du 

troupeau. 

Bail de marais, butor, Ardea stellaris. (Villeneuve.) 

Bail d'Arnex, scarabée aquatique. — On dit (lu'anciennement 
on fit une réquisition de bœufs aux habitants du village 
d'Arnex, près d'Orbe, et qu'ils menèrent le réquisitionnaire 
au bord d'un étang, et que lui montrant cet insecte nageant 
sur l'eau, ils lui dirent: Prendè pi, n'ein'ain pas d'antro; pre- 
nez seulement, nous n'en avons pas d'autres. 

Revire-bau, arrète-bceuf, bugrane épineuse, Oiionis spinosa. 
(Vaud.) 
BAUDSCHE, s. f. pi. Boules à jouer. 
BAUDSCIII, V. Chasser avec sa boule celle de son adversaire et 

rester à sa place. En français, débuter. 
BAUFAIHI, V. Grasseyer, prononcer mal certaines lettres. (Jura.) 
BAUGRAMEIN, adv. Revient à fort, très, beaucoup. Voy. baugho. 
BAUGRO, adj. Bougre, bougresse. — Ce mot ne se prend point en 

mauvaise part, tant s'en faut : dire à quelqu'un, eu lui frappant 

sur l'épaule, T'i on bon baugro, est un compliment d'amitié du 

meilleur ton, très usité dans les foires et marchés. (Vaud, Fri- 

bourg.) On dit beugre dans le Jura. 
BAURO, s. m. Entassement de plusieurs choses en désordre. 

(Alpes.) 



32 BED 

BAUSSAN, s. m. Cheval lourd et massif. (Vaud.) 

BAUTSO, A, adj. Poussif, se dit de l'homme et du cheval. — 
Butscho, id. (Bas-Valais.) 

BAVA, s. /. Bave, salive. 

BAVA, V. Baver. 

BAVARON, BAVERON , s. m. Bavette, petit tablier d'enfant qui 
s'attache au cou. (Vaud.) 

BAVEITA, BAVERETTA, s. f. Bavette d'un tablier de femme. 

BAVOLLHl, v. Trinquer, buvotter. (Vas-Valais.) 

BAY, s. m. Poêle, salle, chambre où est le poêle, chambre com- 
mune, où la famille se réunit. (Fribourg.) 

BAZAN, s. m. Sorte de petit traîneau non ferré dont les enfants 
se servent pour glisser sur les pentes couvertes de neige. 
(Montreux.) 

BAZELICO, s. m. Basilic, Ocymum Basilicum ; plante labiée fré- 
quemment cultivée pour son parfum. 

BAZOTTA, V. Balancer, chanceler, hésiter, barguigner. (Vaud.) 

BE. Abréviation de bein (bien), avec un n devant les voyelles 
pour éviter les hiatus ; ainsi, ben'aiso, bien aise; ben'irau, bien- 
heureux. 

BÉ, Bl, BIAU, adj. BALLA, f. s. BALLE, f. pi. Beau, belle. Biau- 
frare, beau-frère; biau-fe, beau-flls; balla-chira, balla-chéra, 
belle-sœur. 

liÉ,Bl,adv. Clair. Ne veto pas 5e, je ne vois pas clair, je n'y vois pas; 
veio mô bé, j'ai la vue basse. Farai bi veire, il ferait beau voir. 

BÈ, s. m. Pointe de montagne, sommet, bout, bec. 
Bè-d'osi, s. m. Bec d'oiseau ; linaire commune, lÀnaria vulgaris, 
plante antirrhinée. Voy. becca. 

BECHAULA, s. f. Voy. bessaula. 

BEDA, BÉDA, v. Manquer un coup, faire l'école buissonnière, 
manquer une partie de plaisir. En basque, beda signifie empê- 
chement, prohibition. (Vaud.) 

BEDAN, DA, adj. Lourdaud, butor, niais, homme gauche. C. bad, 
sot, stupide. (Vevey.) 



BEI 33 

BEDANDE, s. m. Ecorcheur, équarrisseur, celui qui écorche et 
met en terre les cadavres des bêles de somme. Bedd, dans d'an- 
ciens glossaires, signifie fosse, sépulcre. (Montreux.) 

BEDET, BEGUET, TA. Nom d'amitié pour amener à soi les che- 
vreaux, les agneaux. (Alpes.) 

BEDJERUO, s. m. Imbécile, nigaud, niais. C. bed, bad, stupide, 
hébété. (Lavaux.) 

BED.ION, s. 7)1. Benjoin, térébenthine; résine, poix tirée du sapin. 
— Pedjon, id. (Jura.) 

BEDO, A, adj. Pensif, rêveur; lâche au travail; tempéré quand il 
s'agit du temps, tepidus. 

BEDON, s. m. Ventre; terme d'enfant. La bedon mè fa mô, le ven- 
tre me fait mal. 

BEDOUMA, s. i. Femme ou fille simple, bornée, maladroite, pa- 
resseuse. (Vaud.) Les Bedoiimas sont une peuplade qui habite 
les îles du lac Tchad, dans le Bornou. 

BEDZU, s. m. Voy. beju. 

BEFFA, BUFFA, s. f. Coup^ soufflet, moquerie, quolibet. C. buff, 
soufflet. 

BEGGO, s. m. Canard (La Côte.) 

BÈGNE, V. au présent du subj. Diu tè bègne! Dieu te bénisse ! 

BÉGUINA, s. f. Coiffe de toile sans dentelle, coiffe de nuit pour 
les paysannes. (La Côte.) 

BEH ! interj. Fi ! pouah ! On la redouble en montrant à un petit 
enfant une ordure qu'il ne doit pas toucher. 

BEHLLl, BÉTHl, v. Diguer, construire une digue contre un tor- 
rent. (Alpes.) 

BEIN, .s. m. Domaine, toutes les possessions rurales d'un proprié- 
taire. L'a on gro bein sein dévalle, il a un grand domaine sans 
dettes. Bein de Diu, bien de Dieu, la nourriture en général. 

BEIN, adv. Bien, beaucoup. Prov. Kan l'è bein, l'è prau, quand 
c'est bien, c'est assez. 

BEINDA, s. f. Bande, troupe de gens, ruche d'abeilles. Voy. 

BENNA. 

MÉM. ET DOCDM. XXI. ' 



34 BEL 

BEINDÂ (se), V. S'enrôler pour les services militaires défendus. 

(Vaud.) 
BEINKONK, adv. Beaucoup. (Val d'Anniviers.) 
BEINVEGNIENT, TA, adj. Qui vient, qui croît, qui prospère bien. 
BEJA, BEJI, BAISI, v. Baiser, embrasser. 

BEJU, BEZU, BEDZU, BESUTCHET, s. m. Mouette rieuse, Larus 
ridibundus, oiseau du Léman. 

BÉKASSA, s. f. Bécasse, oiseau. Se dit aussi d'une personne 
maladroite, bornée, sans intelligence; dans ce dernier sens, il 
est synonyme de besiiasse. 

BEKEIBGNA, s. f. Chassie. Pekergna, id. 

BEKEIBGNIAU, SA, ndj. Chassieux. Pekergniau, id. 

BEKETTA, BAKETTA, BOKETTA, s. f. Blé sarrasin, blé noir, 
Polygonum Fagopyrum. (Morges, La Côte.) Voy. blla. 

BEKETTA, .s. f. Pied d'alouette, Delphinium Consolida, plante 
renonculacée. (Orbe.) 

BEKKA, s. f. Pointe de quelque corps, pic de montagne, rocher 
pointu. Voy. bè. 

BEKOUE, TA, adj. Se dit d'un enfant au berceau qui s'écorche, 
dont le derrière s'enflamme. 

BEKOUMO, BISGÔMO, s. m. Pain d'épice, gâteau au miel. 

BÊLA, V. Bêler, crier comme la brebis. 

BÉLITBA, V. Mendier, gueuser. (Genève.) 

BÉLITRO, s. m. Gueux, mendiant, bélître. (Genève.) 

BÉLON, OUNNA, adj. Irrégulier dans sa forme, chancelant sur 

sa base. (Vaud.) 
BELORDA, s. f. Maladie des vaches provenant d'un ver dans la 

tête. (Pays-d'Enhaut.) 
BÉLOSSA, BOLASSA, s. f. Prune sauvage, prunelle. 
BÉLOSSI, BOLOSSI, s. m. Prunelier, Prunus spinosa. C. poloss, 

bélost. 
BÉLUAR, s. m. Boulevard, terrasse, bastion. (Fribourg.) 



BER 35 

BELUARDA, s. f. Souci des jardins, Calendnla ofjicinalis, ou 
grande marguerite. 

BEI.UGAN, BELOUGAN, BELOUKAN, PELOUGAN, s. m. Matrice, 
pudenda ttiulieris. C'est un ternie de matrone. L. speliinca. 
(Echallens.) 

BEN'AISO, A; BEN'AISE, A, af/y'. Bien aise. Bein ben'aise, très 

content, très satisfait, très réjoui. (Vaud.) Voy. be. 
iBENAlTA, s. f. Corbeille d'osier, ruche de paille tressée. Bcnate, 
panier, selon Ducange. 

BENAITON, s. m. Corbillon, sébile; diminutil du précédent. 

BENECHON, BENESSON, s. m. Bénédiction, lèie du patron de la 
paroisse. (Fribourg.) 

BENIN SEINDEI, s. m. Littéralement: béni soit Dieu! L'è dan 
beninseindei, dit-on d'un bien imprévu, d'un héritage, d'un legs, 
d'une restitution, d'un cadeau, c'est-à-dire qu'il faut en remer- 
cier Dieu. (Lausanne.) — L'auteur a écrit beninseindei et benin- 
seindai. 

BEN'IR.\U, SA, adj. Bienheureux. Voy be. 

BENNA, s. f. Ruche d'abeilles. 

BENNAITA, s. f. Maladie que la colère donne au bétail, notam- 
ment aux moutons. (Alpes.) 

BENOIST, TA, adj. Bénit, bénite. (V. style.) 

BÉRA, s. f. La grande astrance, Astrantia major, plante ombelli- 
fère commune dans les Alpes et le Jura. 

BÉRAR, s. m. Mesure de lait d'environ quatre pots. On dit qu'une 
vache donne tant de bérar. Ou calcule par bérar la quote-part 
des produits d'une montagne qui revient à ceux qui y ont mis 
une ou plusieurs vaches pendant la saison du pâturage. C. bcra, 
couler. (Alpes.) 

BERBOU, BARBOU, LX, adj. Véreux. Se dit d'un fruit. 

BERBOUTZET, s. m. SalsiQs des prés, Tragopayon pratense, vul- 
gairement barbe-de-bouc. (Vaud.) — Bernabou, id. (Bex.) 

BERDGI, BERDZI, s. m. Berger de moutons, de chèvres. 

BERDZERI, s. {. Troupeau de moutons. (Alpes.) 



36 BER 

BERHLLA, v. Planter des branches ou rameaux pour soutenir les 
plantes légumineuses, ramer les pois, les haricots. 

BERHLLORA, s. /. Branche, rameau ou petite perche servant à 
ramer les haricots, les pois. 

BERIO, s. m. Dent d'une fourche, d'une fourchette, fourchon. 
C. ber, pointe, broche. (Fribourg.) 

BERLA, adj. Se dit d'un arbre qui a une bifurcation. (Alpes.) 

BERLO, s. f. Bifurcation, l'une des deux branches qui se sépa- 
rent. C. berr, jambe. (Fribourg.) 

BERNABOU, s. m. Voy. berboutzet. 

BERNADA, BARNADA, s. f. Vieille femme qui jette du grain sur 
l'épouse, comme un présage d'abondance, quand elle revient de 
l'église et qu'elle entre dans la maison du mari. Là, une autre 
femme lui présente les clefs des portes et armoires, emblème 
de son pouvoir dans l'économie domestique. Bar en hébreu et 
en celte signifie aliment, pain. (Vaud.) 

BERNAKLLO, s. m. La cérémonie accomplie par la bernada. 
L'épusa a z'u on bi bernakllo, c'est-à-dire qu'on a jeté sur la 
tête de l'épouse beaucoup de céréales, de noix, de châtaignes. 
Dans ma première jeunesse j'ai vu plusieurs noces où cette cé~ 
rémonie celtique était observée; elle subsiste encore dans di- 
vers villages. Quelquefois, c'est la mère du mari qui reçoit ainsi 
sa bru. 

BERNAR, BERNADZO, s. m. Pelle à feu. 

BERNEI, BARNEI, s. m. Une faux. (Entremont.) 

BERNEUSA, BAIRNADA, s. f. Distribution de crème qui se fait à 
la mi-août à tous les pauvres qui se présentent sur certaines 
Alpes. C. bern, amas, monceau, abondance. 

BEROU, s. m. Bélier, homme opiniâtre, têtu. 

BEROUD, D.\, adj. Demi-fou, timbré; terme injurieux. (Fribourg.) 

BERRA, s. f. Calotte de cuir, bonnet; c'est le berret ou béret des 
Pyrénées. (Entremont.) 

BERRET, s. m. Châlit, petit lit qui se roule sous le grand lit. 
(Bas-Valais.) 



BES 37 

BERRI, V. Faire du bruit, crier comme une bête sauvage. Le latin 
barrio, barrire, signifie crier comme un éléphant. (Val d'IUiez.; 

BERROT, BARROT, s. m. Brouette. C. Iiarrot, tombereau.— Dar- 
rota, id. 

BERROTINA, s. f. Petit chariot tiré par un seul homme. (Mon- 
treux.) 

BERTHO, A, adj. Fragile, qui se rompt aisément. (Alpes.) 

BERTHOU, .s. m. Fromage rôti au feu, étendu sur une tranche de 
pain. (Alpes.) 

BERTZO, A, adj. Edenté, brèche-dent. (Vaud.) 
BERULA, s. f. Brouette, (V. style.) 

BESALLA, V. Crier comme la chèvre, bêler; mettre bas deux 
chevreaux à la fois. De bis, qu'on a longtemps prononcé bes. 

(Alpes.) 

BESAUDGI, V. Faire toute sorte d'ouvrages de ménage. 

BESAUDGIRA, s. f. Femme de journée qui fait un ménage, quel- 
quefois deux ou trois; causeuse, babillarde. (Vaud.) 

BESAULA, BESSOLA, BESSULA, s. f. Le ferra, Salmo Fera, pois- 
son. — Para, ferra, id. (Léman.) 

BESILLHE, s. f. pi. Lunettes, besicles. 

BESOGNA, BESOUGNA, s. f. Travail, occupation ordinaire, beso- 
gne. 

BESOGNI, V. Travailler; faire un ouvrage, une besogne quelcon- 
que. (Vallée de Joux.) 

BESSAT, s. m. Voy. bissât. 

BESSAULA, BECHAULA, BRESSAIJLA, s. f. Petite fille. Héb. 
bethula, id. (Fribourg.) 

BESSI, s. m. Bifurcation du corps humain. L. bis. 

BESSON, s. m. BESSOUNNA, s. f. Jumeau, jumelle. L. bis. 

BESSORNA, s. m. Chevreau, jeune bouc. (Fribourg.) Voy. bétorne. 

BESSOUNNA, v. Accoucher de deux jumeaux. 

BESSOUNNET, s. m. BESSOUNNETTA, s. f. Petit jumeau, petite 
jumelle. 



38 BET 

BESTIASSE, s. f. Terme injurieux, personne stupide. Kaise-tè, 
bestiasse; tais-toi, besliasse. 

BÊTAI, s. m. Bourbier, fange, boue provenant du bétail autour 

des chalets (Alpes.) 

BETANA, V. Dire ou faire dire des bêtises. 

BETANNA, s. f. Gros gant de laine dont le pouce seul est séparé. 
(Pays-d'Enhaut.) 

BÉTAR, s. m. Idiot, homme borné, bête, un bêta. Basque, betarra, 
lent, tardif. (Lausanne.) 

BETASSU, s. m. Morceau de bœuf bouilli. (Fribourg.) 

BETATSCHE, BETASCHE, s. m. Besace, bissac. 

BETAU, SA, adj. Percé de trop grands trous; se dit spécialement 
du fromage. (Gruyère.) 

BÉTÉ, s. m. Ouverture, trou; yeux du fromage. (Gruyère.) 

BETÉGU, BATACU, s. m. Culbute, sens-dessus-dessous. (Vaud.) 

BETENDEI, s. m. Plancher supérieur d'une grange. 

BETHl, V. Bâiller, sommeiller. (Alpes.) — Baina, id. 

BÉTHI, V. Diguer. Voy. behlli. 

BETORNA, V. Bistourner, châtrer les animaux. 

BETORNE, s. m. Bouc châtré. (Fribourg.) Voy. bessorna. 

BETOUEIR, SA, adj. Tordu, mal fait. 

BETSE, s. f. Espèce de traîneau. (Alpes.) 

BETSET, s. m. Petit brochet, Esox Lucius. (Genève.) 

BETSET, s. m. Coup reçu au bout du pied en heurtant un corps 
dur. Bet, bout. (Montreux.) 

BETSET, s. m. Trou fait à la glace, chute dans ce trou. — Béchet, 
id. (Genève.) Prendre un béchet, dans le français populaire de 
Genève, c'est prendre un bain partiel involontaire en marchant 
sur la glace trop faible pour porter. 

BETTON, s. m. Le premier lait, très gras, d'une vache qui a mis 
bas. B. B. beth, bethéa, gras, abondant. (Vaud.) 

BETZE, s. f. Chevreuil. Du français biche. (Bas-Valais.) 



BIB 39 

BETZEKO, s. m. Petit fromage fait de crème et de lait caillé. 

(Ornionts.) 

BETZET, BICIIET, s. m. Mesure de grain de deux quarterons. 
(Vaud.) 

BÉTZEVET, BÉTSCHEVET (à), loc. adv. A deux chevets, l'un à 
la tête et l'autre aux pieds. Bé, bis. 

BETZOLET, BICHOLET, s. m. Gobelet. (Fribourg.) 

BEUGNA, BEUNA, s. f.\ BOUGNO, BIOUGNO, s. m. Glacier, dans 
plusieurs vallées du Bas-Valais, 

BEUGRE, s. m. Voy. baugro. 

BEUNE, s. f. j)l. Sources, fontaines, écoulements d'eau. (Jura 

bernois.) 
BEUREHLLI, v. Crier comme le bouc qui fait la cour à une chè- 
vre en chaleur. (Val d'IUiez.) 
BEUVAHI, V. Traîner du bois avec une bête de somme. L. bove 

vchere. (Bas-Valais.) 
BEUZA, s. f. Voy. bauza. 

BEVIAU, s. m. Buveur, ivrogne, biberon. (Aigle.) 
BEZOLA, s. f. Lavaret, Salmo Lavaretns, poisson lacustre. 
BEZOLET, s. m. Mouette du Léman, Larns ridibundus. — Besuichet, 

beju, bezu, bedzu, id. 
BHAGE, BÂGE, s. m. Mélange d'orge, d'avoine et de vesce, dont 

on fait un pain grossier. (Evêché de Bàle.) 
BIA, BIHA. Cri particulier pour appeler les brebis. 
BIAINA, s. f. Fantaisie, lubie passagère. — Brelaire, brelingiia, id. 

(Vaud.) 
BIARD, s. m. collect. Troupeau de vaches, chèvres ou brebis. 

(Val d'Illiez.) 
BIBELOT, s. m. Jouet d'enfant qui ressemble au bilboquet. 
BIBERON, s. m. Vase à goulot à l'usage des malades et des petits 

enfants. Ce mot est français. 
BIBI, s. m. Jouets de petits enfants en général. 
BIBLLASSE, adj. Filandreux; se dit des raves, des carottes. 



40 BIS 

BICORNE. Nom que les enfants donnent à l'eseargot. — Be- 
coueine, id. 

BIDA, BIDETTA, s. f. Jument de petite taille. C. bided, bidet. 

BIÉ, BIED, s. m. Nom générique de plusieurs ruisseaux. C. Bied, 
canal. (Neuchâtel.) 

BIHLLON, BEHLLON, s. m. Pièce ronde de sapin, destinée à être 
sciée en planches. C. bill, pill, tronc, souche d'arbre. (Vaud.) 

BIKA, s.f. Trayon d'une chèvre, mentula. Bique est l'ancien nom 
de la chèvre, Voy. kikka. 

BIMBALLE, s. f.pl. Planures, copeaux faits avec le rabot. 

BIODA, BIOGA, s. f. Casaque, longue redingote. — Biode, id. 
(Jura.) 

BIOLA, s. f. Bouleau, Betula alba ; c'est l'arbre qui fournit les 
verges, le biole. (Vaud.) 

BIOLÂ, V. Fouetter avec les verges. 

BIOLAHIE, s. f. L'action de fouetter. 

BIOLETTA, s. f. Petite verge, baguette. 

BIOLEY, s. m. BIOLEIRE, s. f. Lieu couvert de bouleaux. — Bio- 
ley est aussi le nom de deux villages du canton de Vaud. 

BIOTHI, V. Epamprer la vigne pour la seconde fois, faire la se- 
conde feuille. (Montreux.) Ce mot signifie aussi pincer. Voy. 

BLLOSSI. 

BIOTSA, s. f. Jeune fille satirique, moqueuse, curieuse. (Mon- 
treux.) 

BIOTZE, s. f. pi. Bord d'une manche de chemise, morceau en 
forme de cœur mis à un soulier. En basque, biotsa signifie 
cœur. (Pays-d'Enhaut.) 

BIOUGNO, s. m. Glacier des Alpes. Voy. beugna. (Valais.) 

BIRON, s. m. Voy. bron. 

BISA, s. f. Vent du nord; femme noire, hâve, hâlée. 

BISÂ, V. Etre battu du vent du nord. 

BISINGUE (de), adv. Tout de travers. (Genève et Vaud.) 

BISKA, s. f. Course, départ précipité, dépit, colère. 



BLL Ai 

BISKÀ, V. S'évader, end^-ver, pester de dépit. En breton, buska 

signifie remuer. (Vaud.) 
BISSAT, BESSAT, s. m. Bissac, besace. 
BISSENORDEI! interj. Mot à mot: bénisse nous Dieu; Dieu nous 

bénisse! Dieu nous préserve. (Vaud.) 
BISVERI, V. Tourner deux fois. Ce verbe est surtout relatif aux 

fèves, dont on prétend que les grains tournent deux fois (bis) 
' dans la gousse avant d'être mûrs. (Montreux.) 
BITHE, s. m. Trou à une porte, à un habit, à un linge. (Val d'Il- 

liez.) 
BITHETTA, s. f. Petite bête, bestiole. 
BÎTHIE, BÎTA, s. f. Bête, animal; panaris. 

Balla bîthie, s. f. Emeraudine, insecte. (Montreux.) 

Bîla-crotze, bête à griffes; c'est un des noms du diable. (Echal- 
lens.) 

Bîta-neire, bête noire, pour dire poliment cochon, porc. 
BLACHETTA, s. f. Voy. blantzetta. 
BLAGA, V. Injurier, tenir de mauvais propos sur le compte de 

quelqu'un, le vilipender. 
BLAGUE, s. /. pi. Mauvais propos, sornettes, contes bleus, médi- 
sances. (Montreux.) 
BLANTZETTA, BLACHETTA, s-, f. Armoise champêtre, Artemisia 

campe st ris. 
BLAVET, s. m. Bluet, principalement sa fleur, Centaiirea Cyamts. 
BLAVIN, s. m. Véron, Cyprinus Phoxinus, poisson. (Neuchâtel.) 

Filet du lac de Morat 
BLEUGI, V. Voy. blleuzf. 

BLINDE, s. f. pi. Santés portées dans un repas, toasts. Voy. brinde. 
BLLA, s. m. Froment, blé. 

Blla lombard ou gro blla, maïs (\'evey.) 

Blla sarrasin ou blla nei, blé noir, Polijgonum Fagopyrum. (La 
Côte.) 
BLLADHI, s. m. Blatier, marchand de grain. (Moudon.) 

BLLAMI, V. VOV. BLLÉMI. 



m BLO 

BLLAN, BLLANTZE, orf/'. Blanc, blond. 

BLLANTZAR, s. m. Fourbe, rusé, hypocrite; c'est la paroi blan- 
chie de l'Evangile. 
BLANTZEIHI, v. Commencer à blanchir par la neige. (Alpes.) 
BLLANTZET, s. m. Petit blondin, nom d'amitié. 
BLLANTZET, s. m. Un des noms de Table ou ablette, Cyprinus 

Alburnus, poisson. (Léman.) 
BLLANTZET, s. m. Vêtement de femme, en laine, de couleur rouge 

ou bleue, dont la jupe et le corset, sans manches, sont d'une 

même pièce. (Pays-d'Enhaut.) 
BLLANTZETTA, s. /. Chèvrefeuille. Lonicera Xylosteum. (Vaud.) 
BLLASSA, BLASSA, s. f. Maladie des vaches, provenant de colère 

ou de gonflement. AU. blaehen, gonfler. 
BLLÉMI, BLLAMI, v. Se faner, blêmir. 

BLLESSENEI, BLOSSONEI, s.f. Poirier sauvage, Pyrus communis. 
BLLESSON, BLOSSON, s. m. Poire sauvage. C. blod, bleut, mol, 

flétri. 
BLLET, TA, adj. Flasque, flétri, trop mol. 
BLLETHA, s. f. Motte de fumier ou de plantes pourries. (Alpes.) 
BLLETSCHI, i'. Flétrir, amollir, rabattre. (Pays-d'Enhaut.) 
BLLETTA, s. f. Bette, poirée. 
BLLEUZI, BLEUGI (se), v. Se plaindre amèrement. L. plangere. 

(Bas-Valais.) 
BLLEVO, A, adj. De couleur pâle, blême, livide. 
BLLO, s. m. Un peu, une pincée; marque de la morsure d'un» 

puce. (Pays-d'Enhaut.) 
BLLOSSI, BIOTHI, v. Pincer la peau, serrer avec une corde. 
BLLOSSON, s. m. L'action de pincer la peau et la marque qui en 

reste. Voy. bllo. 

BLLOTHZI, V. Oter le sommet des pousses de la vigne. B.B. blos- 
sein, amollir, attendrir. (Vignoble.) Voy. biothi. 

BLLU, VA; BLIAU, BLLU, A, adj. Bleu. 

BLOSSON, BLOSSONEI, s. m. Voy. bllessenei, bllesson. 



15 OK 43 

BÔ, BOT, s. m. Grenouille de la plus petite espèce. It. et C. botla, 
crapaud. 

BOAI, s. m. Buis, Buxus sempervirens. Le celtique dit aussi boai. 

(La Sarraz.) 
BOBET, s. m. Petit polisson, petit drôle; nigaud. (Genève.) 
BOCHl, V. Battre, frapper, souffleter. C. hoch, joue, soufflet. (Bas- 

Valais.) 

BOË, BOUE, BOUI, s. m. fl. Boyaux. C. boelen. V. Fr. boël. 

BOËGHI, V. Boiser, mettre une boiserie. 

BOÊGNO, s. m. Oreille. B. B. bouar, sourd. (Entremont.) 

BOËLA, BOAILA, s. /". Ventre, panse. — BoiUe, id. (Genève.) 

BOGNI, BOUGM, v. Insulter, braver, faire une contusion, bouder. 
(Fribourg.) 

BOHIAR, DA, adj. Nom collectif des habitants des villages des 
montagnes d'Oilon. (Aigle.) 

BOHLA, s. /■. Voy. bolen. 

BOHLLA, s. f. Boucle. 

BOHLLÀ, V. Poindre, sortir de terre, boucler. 

BOHLLO, ODA, adj. Bouclé, courbé, portant mal son bois; affamé. 
(Alpes.) 

BOILLA, BOILLE, BOHLLA, s. f. Vase en bois pour porter le lait 
sur les reins. C. boil, ventre. 

BOILLETTA, s. f. Diminutif du précédent; vase plus petit qui se 
porte à la main. (Bex.) 

BOKAN, BOCKO, s. m. Bouc. Rai de bocko, rai à bocko, pimpre- 
nelle, plante ombellifère. Voy. rai. C. bokan, bouc. — Le chevrier 
de LigneroUes (Jura) entra un dimanche dans l'église, au mo- 
ment où le pasteur indiquait le psaume, et se mit à crier : 
Tsantd, tsantd pi gaillard ; ora que le lau a midji vontron bocko, 
kou et que [ara à tzevrelli noutre tsivre ? c'est à dire : Chantez, 
chantez seulement de grand cœur; à présent que le loup a 
mangé votre bouc, qui est-ce qui fera chevroter nos chèvres ? 

BOKANNA, s. f. Espèce de grosse châtaigne entée. (Veylaux.) 

BOKAU, s. m. Bravade, injure, brocard. (Fribourg.) 



'4jgf. 



44- BON 

BOKENET^ s. m. Un petit morceau, une bribe : diminutif de bokon. 

Voy. BOKOUNET. 

BOKET, BEKET, s. m. Bouquet, les fleurs en général. 
BOKETTA, s. f. Iris de Germanie, 7m germanica. (Jura.) Voy. 

BAGUETTA. 

BOKIER, V. Se cosser, se battre à coups de tête comme les boucs. 

(Evêché de Bâle.) 
BOKON, s. m. Morceau, fragment, un peu, une bouchée. Bailli mè 

on bokon de tschair, donnez-moi un morceau de viande. G. boch, 

bouchée. 
BOKOUNET, s. m. Diminutif du précédent. Voy. bokenet. 
BOLA, s. f. Boule, loupe, ampoule, tumeur de forme ronde. G. bol, 

tumeur. 
BOLASSA, s. f.; BOLASSI, s. m. Voy. belossa, belossi. 
BOLEN, BOULEI, s. m. BOHLA, s. f. Amadou. L. boletm. G. botid, 

champignon. (Alpes.) 
BOLIA, BOHLLA, s. f. Perche. Perça fluviatilis. (Léman.) 
BOLON, s. m. Bourgeon. Se dit particulièrement des bourgeons de 

la vigne. 
BOLONDJI, BOLONDZI, s. m.; BOLONDJIRA, BOLONDZIRA, s./. 

Boulanger, boulangère. 
BOMBARDA, s. f. Guimbarde, petit instrument de musique. G'é- 

tait autrefois le nom d'une machine de guerre pour lancer des 

pierres. G. bom, bruit; bar, éclatant. 
BOMBET, TA, adj. Homme ou femme massifs, courts, ronds de 

graisse, terme dérisoire. (Vaud.) 

BONÂ, V. Faire gonfler, en le trempant dans l'eau, un vase de 

bois qui coule, pour en resserrer les douves ; combuger. — Godji, 

godzi, id. (Alpes.) 
BONDALLA, s. f. Bondelle, variété du Salmo Fera, poisson du 

Léman et du lac de Neuchâtel. 
BONDALLET, s. m. Petit bouchon, diminutif de bondon. 
BONDON, s. m. Mollet, gras de jambe; la bonde, le bondon d'un 

tonneau ; un fausset ou fosset, G. bond, bouchon. 



BOR 45 

BONDS, s. m. pi. Petits monticules de quelques pieds de haut, 
produits par une éruption de terre argileuse mêlée d'eau, les- 
quels, de temps eu temps, apparaissent au pied du Jura. (Bière.) 

BONET, s. m. Jalon, pi(iuet pour marquer les bornes; petit gar- 
çon. (Alpes.) 

BONFOND, s. m. Homme de plaisir, débauché. (Vevey.) 

BON-LOHI, s. m. Angélique, Angelica sylvestris. Drogue composée 
de racines, de tleurs, de feuilles, d'herbages salutaires, pour le 
bétail malade. (Alpes.) 

BONNA, t\ Faire mijrir des fruits sur la paille, abonnir. 

BONNAIRA, s. /". Lieu secret où les enfants cachent des fruits 
verts ou mal mûrs, pour les abonnir ou en dérober la connais- 
sance. (Vaud.) 

BOR, s. m. Village; plus spécialement le centre, oîi il y a le plus 
de maisons; les alentours du château, appelé jadis bourg. 

BORATAIRA, BORRAIRA, s. f. Baratte à faire le beurre. (Jura.) 

Voy. BORKANNA, BARATTA. 

BORATI, A, adj. Babillard, barbouillon. (Entremont.) 
BORATSCHE,' BORATSE, s. f. Bourrache, Borrago officinalis. 
BORATSE, s. f. Grande fumée qui sort d'un four ardent. (Pays- 

d'Enhaut.) 
BORBA, s. f.; BORBl, s. m. Bourbier. 
BORBOT, s. m. Onde d'un liquide en ébullition. 
BORBOT, s. m. Rave. Brasslca Râpa. Dans les guerres avec la 

Savoie, les Genevois appelaient le duc le rei dei borbot, le roi 

des raves. (La Côte.) Voy. barbot. 
BORBOTTÂ, V. Cuire à gros bouillons, murmurer. Voy. barbottâ. 
BORDA, 5. f. Nom de plusieurs domaines et maisons de campagne. 

C. borde, métairie. 
BORDE, s. /'. pi. Réjouissances publiques des jeunes gens, surtout 

des militaires. C. bourd, farce, plaisanterie, bourde. (Neuchàtel.) 
BORDJEI, BORDJÉSL Voy. bordzai, bordzaisi. 
BORDON, s. m. Bourdon de pèlerin, gros bâton; bourdon, insecte. 
BORDZAI, SA, adj. Bourgeois d'une commune. — Bordjei, id. 



46 BOR 

BORDZAISI, s. f. Bourgeoisie, droit de cité. — Bordjési, id. 
BOREINDJO, A, udj. Mécontent, de mauvaise humeur. (Mon- 

treux.) 
BOREINFLLO, A, adj. Qui a une enflure au visage, très enflé, 

boursouflé. 
BOREINHLLO, s. m. Guichet par lequel on passe du foin dans 

les crèches, depuis l'étage supérieur d'une grange. (Alpes.) 
BORETSI, V. Jeter une grande fumée. Voy. boratse. 
BORGHATTA, BOURGATTA, s. f. Femme tracassière, qui furette 

partout. (Vaud,) 
BORGHATTÂ, BOURGATTA, v. Tracasser, fureter, baguenauder, 

ravauder. (Vaud.) 
BORKANNA, BOURKANNA, BREKAINA, s. /. Baratte à faire le 

beurre. (Jura.) — Borataira, borraira, id. 
BORKIA, BORTIA, BOURTIA, BOURKIA, s. f. Gale, saleté, vilenie; 

chose de néant, objet de rebut, bagatelle; canaille. L'è de la 

bourkia, c'est de la canaille, cela ne vaut rien. Ce terme est 

une injure. En basque bort, bord, bâtard. 
BORNA, BEUNA, s. f. Trou en terre, caverne, grotte. — Bauma, 

Barma, id. (Jura.) 
BORNALA, i'. Tailler en rigole une pièce de bois pour y faire 

passer de l'eau. (Alpes.) 
BORNALET, s. m. Petit tuyau, petite fontaine. 
BORNAN, s. m. Vent du sud-est sur le lac Léman. 
BORNÉ, BORNI, BORNET, BOUËNEAU, s. m. Fontaine, tuyau de 

fontaine. G. born, source, fontaine. (Vaud.) 
BORNETTA, s. f. Extrémité du canal de la cheminée, soupirail 

d'un poêle, bouchon de ce soupirail. 

BORNIKAN, BORNICLE, s. m. Myope, personne qui a la vue 
basse. Ce mot est injurieux. 

BORNU, adj. Creux, percé en tuyau. Abro bormt, arbre creux. — 
Après la conquête du Pays de Vaud, en 1536, on arma le peuple 
jusqu'alors désarmé, et le premier nom du mousquet ou du 
fusil fut bâton bornu, bâton percé; ensmle petairou. Voy. bu. 



BOR 47 

BOROTHA,BOROTSA, s. f. Ctjprinus bipunctatus, en allemand 

spierUug, poisson peu estimé du Léman. 
BORRAIRA, s. f. Baratte.— Torture usitée dans le XV-^ siècle 

et qui faisait partie de la question des affres. (Genève.) Voy. 

BOUATAIRA, BOHKANNA. 

BORRALEI, s. m. Ouvrier qui fait les harnais et les colliers des 
chevaux de paysan; bourrelier. G. bourell, hourre et collier de 
cheval. (Vaud.) 

BORRÉ, s. m. Voy. boiiri, bourhi. 

BORREIN, BOURREIN, s. m. Assemblage de petits morceaux de 
bois très menus, pour le foyer, sciure do bois. G. borrele, fais- 
ceau de menu bois. (Vaud.) 

BORRE>JA, r. Gouver sous la cendre. — Bouronner, dans le fran- 
çais populaire vaudois. (N. de l'éd.) 

BORRl, BORRÉ, s. m. Collier de cheval de trait, harnais de 
paysan. 

BORRI, BORRON, BORRÉ, BOrRRI, s. m. BOURRITA , s. /. Ga- 
nard, oie. B. B. bourela, canard. 

BORRiAU, s. m. Bourreau. 

BORRIAUDA, v. Tourmenter, faire souffrir, maltraiter. 

BORROjS. m. Flocon de laine, brin de filasse grossière, nœud 
dans un fil. 

BORRON, s. m. Rhume; lait battu, babeurre. (Val d'Illiez.) 

BORRON, s. m. Voy. borfu. 

BORRON, s. m. Grosse vérole que les barbaresques appellent 
borozaU. (Jura.) 

BORSA, s. f. Bourse. 

BORSEI, s. m. Boursier, trésorier. Gelui qui gère les fonds et la 
bourse d'une ville, d'une commune, d'une confrérie. 

BORSETTA, s. f. Petite bourse, diminutif de borsa, bourse. 

BORSON, BOSSON, s. m. Gousset, poche de culotte où l'on tient 
sa bourse. 

BORTHIAU, s. m. Serpent. En basque, burtzia signifie pointe, 
aiguillon. (Val d'Illiez.) 



48 BOT 

BORTZAU, BRETSCHAU, s. m. Rideau de lit, de fenêtre. C. bour- 

cha, couvrir. (Bas-Valais.) 
BORTZE, s.f. Sapin rabougri aux branches écartées, en désordre. 

(Alpes.) 
BOSKA, s. m. Habit d'homme à pans très courts, à petites basques. 

(Val d'IUiez.) 
BOSKÉKE, s. f. Mésange en général. (Entremont.) 
BOSSA, s. f. Grand tonneau, C. bos^ vase, fond. — Bossia, id. 

(Charte de 1124.) 
BOSSATON, s. m. Tonnelet, baril. 
BOSSETTA, s. f. Tonneau pour mener le raisin foulé de la vigne 

au pressoir. (Lausanne.) 
BOSSIA, s. f. Voy. bossa. 

BOSSON, s. m. Buisson; petit sapin à branches étalées; gousset, 
poche. 

BOSSOUNET, s. m. Petit buisson, buissonnet, diminutif de bosson. 
(Alpes.) 

BOTA, BUSSA, v. Vomir. En basque, botuen signifie jeter dehors. 
(Pays-d'Enhaut.) 

BOTASSON, s. m. Rabougri, se dit des enfants et des plantes. 

BOTASSOUNA, BOTASSA, v. Végéter, demeurer rabougri. (Vaud.) 

BOTHEI, BOTHI, s. m. Voiturin qui conduit des chevaux de bât, 
chargés de barriques (barrât) de vin, dans les montagnes inac- 
cessibles aux chars. (Pays-d'Enhaut.) 

BOTEIHI, V. Faire le métier de bothei. 

BOTSCHE, s. f.pl. Les lèvres. Voy. potte. 

BOTTA, s. f. BOTTE, s. f. pi. Souliers. C. bolesen, soulier. 

BOTTHOLLIA, s. f. Bouteille, bulle d'air qui sort dans la salive. 

BOTTHOLLION, s. m. Petit homme, courtaud, personne de la plus 
basse taille; personne grasse et épaisse^ courte et ramassée. 

BOTTON, s. m. Bouton d'habit, de fleur; bouton au visage. — 
Boton de maze, trolle, Trollius europœus, plante renonculacée 
qui croît auprès des chalets appelés mazot, maze. (Aigle.) 

BOTZARD, DA, adj. Sale autour de la bouche; qui a le visage sale. 



,iil: 



BOU 49 

BOTZARDA, s.f. Nom de toute vache qui a des taches blanches à 
la lêle. (Pays-d'Enhaut.) 

BOTZARDA, V. Salir au visage, salir autour de la bouche. 

BOTZCHATTA, v. Paraître en troupe. Se dit des troupeaux, des 
abeilles, des hommes. (Alpes.) 

BOTZCHERA, v. Ramasser du bois mort dans les forêts. 

BOTZCHERAN, BOTSCHATON s. m. Bûcheron. 

BOTZERAJO, s. m. Droit de ramasser le bois mort ou abattu dans 
les forêts. 

BOTZET, s. m. Bosquet, bouquet (un bouquet de cerises); jeune 
bouc, chevreau, peloton de gens serrés. 

BOTZHA, BOTZA, BOTZENASSA, s. /". Buisson, hallier, fourré 
d'arbrisseaux. 

BOTZHA, BOTZE, s. f. Bouche en général, bouche d'un four. 
Voy. MOR. 

BOTZI, BOTSCHI, v. Cesser, achever, finir, se tenir tranquille. — 
On dit à un enfant mutin : Vau-to botzi ? Veux-tu te tenir tran- 
quille? Veux-tu finir? 

BOTZIRA, BOTSCHIRA, s. f. Boulon, croûte aux lèvres. De botsche, 
s. f. pL, les lèvres. 

BOTZON, s. m. Toit à porc, loge d'une chèvre, bouge. 

BOTZON (à), loc. adv. Tsesi à botzon, tomber sur son nez. — Voy. 

A BOHLLON. ^ ' ■ ' ■ .-.:'■"■■ 

BOU, S. m. Bois; au pi, le bon, les bois, les forêts. De là les com- 
posés suivants : 
Bou à ban, s. m. Forêt qu'il est défendu de couper en tout ou 

en partie. (Vaud.) 
Bou-ai-dje, s. m. Houx; mot à mot : boh aux peah. (Aigle.) 
Bou-d'aci, s. m. Cytise, Cytisus alpinus. C'est aussi l'if, Taxus 

baccata. (Alpes.) 
Bou-djeuti, s. m. Bois gentil, Daphne mezereutn. (Vaud.) 
Bou-karra, s. m. Littéralement, bois carré; fusain, Evonymus 

europœus. 

MÉM. ET DOCL'M. XXI. A 



50 BOU 

Bou-neir, s. m. Littéralement, bois noir. On donne ce nom à des 
troncs ou morceaux de bois très durs et susceptibles de tra- 
vail et d'un beau poli, lesquels gisent au fond des lacs de 
Morat et de Neuchâtel. 

BOUAILA, BOUÂLA, v. Pousser des cris d'effroi, de douleur, de 
colère; vociférer. 

BOUAILAHIE, s. f. Cri violent, clameur causée par quelque pas- 
sion. C. bouil, irascible, colère. 

BOUAISSA, BOUAITA, s. f. Boîte; quote-part, portion d'une 
souscription; petit mortier de fonte qu'on lire aux noces, toî/e 
de réjouissance. 

BOUAITAU, SA, adj. Boiteux, déhanché. 

BOUALLA, HIE, adj. Ventru, se dit du bétail. De boue, boyaux. 
(Alpes.) 

BOU.VLLET, s. m. Petit boyau; diminutif de boue, boë. 

BOUABNA, BOUAINA, BORNA, s. f. Cheminée, cavité étroite, fis- 
sure dans un rocher, crevasse. (Pays d'Enhaut.) 

BOUABNETTA, s. f. Petite cavité; diminutif du précédent. (Pays- 
d'Enliaut.) 

BOUATTA, s. f. Caverne, antre. 

BOUBA, BOUÉBA, s. f. Petite fille, fillette. 

BOUBELLHA, s. f. Bobine de rouet. 

BOUBETTA, s. f. Diminutif de bouba. 

BOUBO, BOUÉBO, .s. m. Petit garçon, petit berger. Ail. buhe. 

BOUUIFFLLO, A, adj. joufflu. 

BOUE, s. m. pi. Boyaux. Voy. Boii, (Vaud.) 

BOUE, BOUET, .s. »î. Auge, bassin, fontaine. Voy. bor.né. 

BOUEINNA, BOUENNA, s. f. Borne, limite; cheminée. C. borna, 
borne. Voy. bouarn.v. 

BOUEIRGNO, BOUAIGNO, s. m. Borgne. — Bouergna, s. f. Fille, 
femme borgne. 

BOUËNEAU, s. m. Voy. bor.ne. 

BOUESSAI^EI, s. m. Boisselier, faiseur de boîtes, de petits coffrets 
en sapin. (Jura.) 



BOU 51 

BOUÉTA, V. Voy. bouta. 

BOllËTON, BOUATON, BEUAITHON, s. m. Toil à porcs. C. Inclh, 

huUe, loge, cabane. 
BOUETZENA, BOUTZENA, s. f. Pointue sauvage. (V;iu(l.) 
BOURTZE.VAI, BEUTZENAI, s. 711. Pommier sauvage. (Vaud.) 
BOUFFA, v. Manger en glouton. Gr. /Sov'^iyo;, glouton. (Bas-Va- 

lais.) 
BOUGNA, BOGNA, s. f. Bosse, contusion au front. 
BOUGNO, BIOUGNO, 5. m. Nom des glaciers clans le Val de Ba- 
gnes. Voy. BEUGN'.\. 
BOUGNON, s. m. A'ase de bois qui contient la provision de beurre 

nécessaire au ménage. (Pays-d'Enhaut.) 
BOUGNOT, s. m. Fontaine à fleur de terre. Boiiyno)!. ouverture 

pour taire sortir l'eau du réservoir. — Boufjnonnel. dimiiuiiif du 

précédent, petite fontaine, source. (.Vlpes.) 
BOUIHIA, s. f. Voy. buia. 

BOUKA, r. Rester et)urt, manquer de présence d'esprit (Jura.) 
BOULAI, s. m., BOULAHIE, s. f. Poussée du bois de la vigne. 

(Vaud.) 
BOULAN, .s. m. Gros mangeur, goulu, goinfre, qui a\ale tout rond. 

(.Montreux.) 
BOULEI, 5. m. Voy. bole.n. 
BOULETTA, s. f. Voy. bouuletta. 
BOULLHÉ, s. f. Ventre alfamé. (Entreniont.) 
BOUNADBEl, adv. Beaucoup, en grande partie, suffisamment. 
BOUNHOM.MO, s. m. Verbascum Ihapsiforme Schrad., Verb. Sclira- 

deri Meijer, etc. — Ee peuple appelle bonliomme deux ou trois 

espèces de molènes. 
BOU.NNA, fcm. de l'adj. bon. lire u la boinivi, être simple, se 

laisser duper. 

Bounna-damn, s. f. Arroch'', Alripltx hoiicnsis. — Folassa,ià. 

(La Côte.) 

Bounna m', bonne nuit, salutation du soir. 
BOUNNA, s. m. Borne. (Vully.) Voy. bouki.n.na, bouarna. 



52 BOU 

BOUNNAI, s. m. Feu follet, dérivé du précédent. (Vully.) Voy. 

PORTA-BOUENNE. 

BOUNNAMEIN, adv. Bonnement, doucement, simplement. 

BOUNNAN, s. m. Le premier jour de l'an. — Bonnan, bouénan, id. 
(Jura.) 

BOUN-OSI, s. m. Autour, épervier, Falco palumbarius. Mot à mot, 
bon-oiseau, antiphrase. 

BOURDIFFAILLA, s. f. Canaille, lie du peuple, rebut de la société. 
(Neuchàtel.) 

BOURIAN, s. m. BOURA, s. f. Babeurre, lait de beurre. (Entre- 
mont.) 

BOURKANNA, s. f. Voy. borkanna. 

BOURKIA, s. f. Voy. borkia. 

BOURLA, POURLA, v. Brûler, consumer par le feu. 

BOURLA-COU, s. m. Cuisson à la gorge, soif ardente. i 

BOURLA-FER, s. m. Terme dérisoire pour désigner les forgerons, 
les maréchaux, les serruriers. 

BOURLA -PAPEI, s. m. Mot à mot, brûle -papiers. Paysans insurgés 
qui, en 1802, allaient piller et brûler les titres féodaux et les 
papiers terriers des châteaux et des communes. (Vaud.) 

BOURLETTA, BOULETTA, s. f. Vase de bois pour tenir Vazi, soit 
la présure. (Alpes.) 

BOURLETTA (à la), lac. adv. A brûle-pourpoint, à bout portant, 
tout près. Baizi à la bourletta, baiser en tenant les deux joues. 
(Pays-d'Eiihaut.) 

BOURLON, Goût et odeur de brûlé. 

BOURRA, V. Heurter, battre, bourrer. 

BOURRAHIE. s. f. Coup violent, choc. (Lausanne.) 

BOURRATA, «. Battre le beurre dans le vase appelé borataira, 
borraira, baratta, borkanna, bourkanna, brekaina. 

BOURREIN, s. m. Voy. bohrein. 

BOURRl, s. m., BOURRITTA, s. f. Voy. borri. 

BOURBILLON, s. m. Nombril. B. B bourlet. (Vaud.) 



BOV 53 

BOURRISCO, s. m. Ane, bourrique, mauvais petit cheval. C. btiria, 
bidet. 

BOUHTI.\, s. f. Voy. borkia. 

BOURTSA, BOURTSISSA, adj. Se dit de la noix enveloppée de 
son éeale. 

BOURTZET, s. m. Ecale de la noix. C. bourcha, couvrir, envelop- 
per. (Montroux.) 

BOUSILI.HA, V. Mal faire un ouvrage, hésiter en parlant. 

BOUSILLHON, s. m. Gàte-métier, mauvais ouvrier; garçon qui 
balbutie. L. pusio. (Vaud.) 

BOUSIN, s. m. Fredaine nocturne, tumulte déjeunes gens, veillée 
bruyante, bousin ou bouzin, boucan. (Bas-Valais.) 

BOUSSI, BUSSI, BUSSA, v. Heurter à la porte, pousser. 

BOUTA, BOUËTA5 BETA, BOTA, v. Poser, déposer, mettre en 
place, payer, s'asseoir, renarder. (Jura.) 

BOUTAFROU, BOUTEFROU, s. m. Le talent de manifester sa pen- 
sée et de l'exprimer facilement et rapidement. fio«/a, mettre; 
frou, dehors. 

BOUTEFA, s. m. Gros saucisson. (Vaud.) 

BOUTERA, BOUTIKA, s. f. Boutique, lieu où travaille un artisan; 
brèche faite par les vagues aux murs qui soutiennent les vignes 
le long du rivage. (Lavaux.) 

BOUTEU, s. m. Instrument de pêche, sorte de filet qvi'on nomme 

aussi trouble. (Genève.) 
BOUZAIN, s. m. Liniment pour les arbres ecorchés dont la bouse 

fait l'essentiel. C. bouzel, fiente, bouse. 

BOUZALA, BOZALLA, v. Embrener, salir avec de la fiente. (Bas- 
Valais.) 

BOVAIRON, s. w. Bouvier, petit berger qui garde les bœufs aux 
champs ou qui les pique au labour. 

BOVAIROUNA, s. f. Petite bergère. 

BOVENA, s. /■. Arrête-bœuf, Ouonis spinosa, plante papilionacée. 
Voy. BAU. 



54 BRA 

BOVET, a. f. Jeune bœuf; colchique, Colchiciwi autumnale. (Pays- 
d'Enhaut.) 

BOVINA, s. f. Viande de boucherie. Du latin bos, bovis, ainsi que 
les précédents. (Villeneuve.) 

BRACTENEI, s. m. Faiseur de chausses, de culottes, de caleçons, 
littéralement faiseur de bt^aies. (V. st.) 

BRAGUA, pi. BRAGUE, s. f. Vanterie, fanfaronnade. 

BRAGUÀ, V. Se vanter, se pavaner. G. braga, id. 

BRAGUERI, s. m. Vantard, fanfaron. (Jura.) 

BRAIE, s. f.pl. Braies, culotte, caleçon, chausses. G. bragher, haut- 
de-chausses. — Ge vêtement venait de la Gaule narbonnaise, 
Gallia braccata. En 1359, le coutumier de Moudon condamnait 
à 60 sols d'amende tout homme surpris auprès d'une femme 
à braies avalées. En 1596, à Genève, défense de se baigner sans 
braies. 

BRAIETTA, 5. f. Diminutif du mot précédent. 

BRAIL, s. m. Rallier, fourré de buissons. G. breuil, bois propre à 
la chasse. (Goppet.) 

BRAILLAHIE, s. f. Voy. bramahie. 

BRAINLA, s. /". Association, union entre deux ou plusieurs per- 
sonnes dans une entreprise où les pertes et profits seront com- 
muns. 

BRAINLÂ, V. Branler, balancer. 

BRAINLAKOUA, s./". Hochequeue, lavandière, oiseau de l'ordre 
des sylvains. 

BRAIRE, s. f. Voy. bruira. 

BRAKAILLON, s. w. Barbouillon , ravaudeur, enjôleur, homme 
qui manque à sa parole. G. bracco, chien de chasse. (Vaud.) 

BRAKAILLOUNA, v. Ravauder, mener par le nez, manquer à sa 
parole. L'p, brakaillouna noutra Marie, il avait promis à noire 
Marie de l'épouser et il ne tient pas sa promesse. (Montreux.) 

BRAKKA, BRIGKA, u. Briser le chanvre. AU. brechen, casser, 
rompre. 



1]RÂ 55 

BRAKKO, s. m. Broie, inslrunieiit pour briser le chanvre. Voy. 

BATTIOKET. 

BHALLHI, r. Brailler, crier à pleine gorge, bmcher. C. breilen, 

criailleur. 
BRAMA, i'. Crier, gronder, accabler de reproches. Gr. p^Au.'^, id. 

Brama-fan, s. m. Enfant qui se plaint sans cesse d'av(^ir faim. 

Brama-pan. Mendiant qui demande du pain. (Vaud.) 

Brama-sei. Qui se plaint à grands cris d'avoir soif. 
BRAMAHIE, s. f. Cri perçant, grondcrie violente.— Braillahic, id. 
BRAMERAN, s. m. Enfant criard et pleureur. (Alpes.) 
BRAN, BREN, s. m. Bande de papier soufré qu'on brûle dans les 

futailles pour fortifier le vin; do là Oranta, breinla, brûler du 

soufre dans un tonneau avant de le remplir. Ail. Oraml, tison, 

brandon, incendie. 
BRANDENAlLLE, s. f. Petites perches, fretin, blanchaille. 15. B. 

brandelli, frétiller. (Genève.) — Milke'mton, id. 
BRASA, s. f. Braise, charbon éteint. 
BRASAI, s. m. Brasier. 

BRASE, s. f. Galeopsis Tetrahit, plante labiée. (Bex.) 
BRASETTAjS. f. Petit charbon, menue braise. Dim. de brasa, 

braise. 

BRASSA, V. Brasser, mêler, remuer, agiter. 

BRASSAHIE, s. f. Ce qu'on peut porter dans ses bras, brassée. 

BRASSAIHI, V. Faire des bottes de foin qu'on emporte dans ses 
bras, se démener, agiter vivement ses bras. (Pays-d'Enhaut.) 

BRASSO, BRASSA, adj. Celui qui se mêle d'affaires qui ne le re- 
gardent pas. (Alpes.) 
BRATCHI, 11. Battre briquet. Ail. brechen, briser, rompre. (Aigle.) 
BRATHA, s. f. Grande boue, bourbier. (Bas-Valais.) 
BRATHI, V. Courir, s'agiter sans succès. C. bred, vile, rapide. 

(Val d'Illiez.) 
BRAVAMEIN, adv. Bonnement, simplement. Va lei braïampin, 
vas-v tout bonnement, tout simplement. 



56 BRE 

BRAVET, TAj adj. Passable, qui est assez bien de figure; se dit 

d'un petit enfant. (Genève.) 
BRAVO, A, adj. Bien paré, habillé de neuf. G. brao, propre dans 

ses vêtements. 
BRÉ, BRI, s. m. Berceau. G. break, claie; les berceaux étaient 

jadis d'osier. 
BRÉ, s. m. Bras, jambon. Au pi. le bré. 

BRÉ, BRET, BRAI, s. m. Sauce liquide d'un mets, bouillon, maré- 
cage. Gr. /3pw, jaillir, sourdre. G. bro, bru, source, eau, liquide. 

Bret bilan, soupe où il entre du lait. 

Bret nei, soupe où il n'entre que de l'eau, du sel et un peu de 

farine ou de beurre. (Vaud.) 
BRÉCHULA, BRETSCHULA, s. f. Panier d'osier de forme conique 

ou ovoïde. (Lavaux.) 
BREDA, s. m. Bride, licou. 
BREDA, BREDHI,i\ Mettre la bride à un cheval, brider une 

monture. 
BREDETHA, u. Parler à tort et à travers. G. bred, rapide, vite. 

(Val d'illiez.) 
BREDÉTHOT, A, adj. Babillard, causeur infatigable. (Val d'illiez.) 
BREDIN-BREDA, adv. Goup sur coup, précipitamment, bredi- 

breda, bon train, grand train. 
BREDONDA, s. /. Omelette aux œufs et au lait. (Jura.) 
BREGAN,s. m. Homme violent, prompt à en venir aux coups. 

Du français brigand. 
BREGANDA, v. Maltraiter, tourmenter, frapper à outrance. 
BREGANTIN, s. m. Barque à deux voiles. (Léman.) 
BREGAUSSA, v. Tracasser, nettoyer, remettre en ordre, arranger. 

Voy. BRELAUDA. (Nyon.) 
BREGEUNA, v. Remuer, déranger, mettre en désordre. G. breg, 

rupture, brèche. (Jura.) 
BREGOLA, AHIE, adj. Bariolé, tacheté, tiqueté. G. breach, id. 
BREGOLET, s. m. Machine à roulettes où l'on met les petits en- 
fants pour leur apprendre à marcher. (Genève.) 



BRE 57 

BREGOT, BREGAU, BREGUET, BERGUET, BOURGUÉ, s. m. 
Rouet à filer. 

BREGOU, s. m. Bourbier, mare bourbeuse. 

BREGUTHIHI, v. Bredouiller, parler sans se faire comprendre. 
(Val d'Illiez.) 

BREINLA, BREINTA, s. f. Long vase de bois en forme de boite 
aplatie, muni de bretelles, pour porter la vendange à dos 
d'homme. G. breintha, vase, mesure de liquide;. 

BREINLARE, BREINTARE, s. m. Ouvrier qui porte de la vigne 
au pressoir la breinta pleine de raisins foulés. 

BREINLETTA, s. f. Ail civette, Allium Schœnuprasn7n ; le pluriel 

breinlelle est presque seul en usage. 
BREINLO, s. m. Equilibre, doute, indécision, branle. 
BREINTA, s. f. Voy. breinla. — BREINTARE, s. m. Voy. bhkin- 

LAKE. 

BREINTHE, S. f. pi. La tige et les rameaux de la pomme de terre; 
littéralement les branches. (Val d'Illiez.) 

BREINTZA, s. f. Branche, rameau; pi. breintze. 

BREKA, s.f. Voy. BRIKA. 

BREKAINA, s. f. Voy. borraiha, borataira, borkanna. 

BRELAIRE, s. f. Fantaisie, caprice, lubie, accès de mauvaise hu- 
meur. G. brella. Voy. brelingua, biaina. 

BRELAN, s. m. Lait de beurre, babeurre, lait qui s'épaissit en 
cuisant. (Val d'Illiez.) Voy. batïia, bourian. 

BREL.\NDSCH1, v. Vaciller, chanceler, branler, gêner. 

BRELAUDA, s. /. Loque, morceau; femme sale et en h;iillons. 
B. B. brella, troubler, mettre les choses et les gens en désordre. 
(Vaud.) 

BRELAUDA V. Tracasser, chicaner. — Breijaussa, id. 
BRELETTET, s. m. La prunelle, fruit du i.runelicr. Voy. belo.ssa. 

(Neuchàlel.) 
BRELINGUA, s. f. Lubie, accès de mauvaise humeur. Voy. bre- 

LAIRE, biaina. 



58 BRE 

BRELINGUA, PERLINGUE, s. f. Sorte de dard à tête mince et 
taillée en forme de langue, que its garçons lancent au moyen 
d'une ficelle tendue qui entre dans une coche. (Vaud.) 

BRELLHI, V. Gâler^ détériorer, déranger un objet quelconque. 
(Val d'Illiez.) 

BRÉLO, A^ adj. Frêle, pliant, fragile. 

BRELOKA, s. f. Femme bavarde, inconsidérée dans ses paroles, 
sur laquelle on ne peut compter. (Lausanne.) 

BRELURIN, s. m. Etourdi, inconsidéré, tapageur. (Vaud.) 

BREN, s. m. Son de farine. (Fribourg.) 

BRENNAU, SA; BRENNEU, SA, adj. Sale, embrené. G. brenn, 

excrément. 
BRESI, V. Briser, rompre. Su toi bresi, je suis roué de fatigue, 

de coups. 
BRESOLA, r. Griller, rissoler sur la braise. G. brés, feu, ardeur. 
BRESOLAHIE, s. f. Une certaine quantité de châtaignes rissolées. 

(Vaud.) 

BRESON, s. m. Voy. brison. 

BRESSA, BRESSE, s. f. Brasse. C'ein m'a rontu la bresse, cela 
m'a ôté tout courage, toute force. 

BRESSAULA, s. f. Petite fille. (Fribourg.) Voy. bessaula. 

BRESSE, BRESSI, s. m. Gaufre. AU. brezel. 

BRESSET, s. m. Trappe à prendre les oiseaux, cage. (Val d'Illiez.) 

BRESSHALET, .s. m. Gâtelet, gaufre. Dimin. de bressé. 

BRESSI, BERCI, BRAISSI, v. Bercer un enfant; de bré, bri, ber- 
ceau. 

BRETA, V. Voy. britta. 

BRETSCHAU, s. m. Voy. bortzau. 

BRETSCHE, s. f. pi. Miettes, parties de lait coagulées; plat de 
crème et de séi-é émietté. (Pays-d'Enhaul.) 

BRETSCHI, V. Cailler, coaguler; se dit du lait. (Alpes.) 

BRETSCHIAU, BRETSCHIO, s. m. Grumeau caséeux qui s'attache 
à la chaudière quand on fait le fromage. 



P.IW 59 

BRETSI. r. ChercluT, appoiler. Ail. Ihinqni. 1 15as-V,il;ii>.! 

BHEUIL, s. m. (inmde inairie près du t'hàlcau, que les serfs ou 
vassaux devaient faucher et récolliM* pour h; sciiineur. 15. L. 
br<)gilu&, lieu clos de haies, pré, forêt. Voy. le i';ipiiiil;iir(! de 
Charlemagne De villis. 

BRI^ s. m. Bruit, son, berceau; dans ce dernier sens on dit aussi 
bré. 

BRIA, r. S'échauder la peau, se brûler légèrement. (Alpes.) 

BRIAKO, KA,adj. Barbouiilon, étourdi, écervelé, braque, It. 
briaco, ivre. L. ibrins. (Fribourg.) 

BRICKA, V. Voy. biiakka. 

BRIFFA, V. User ses vêtements, travailler, marcher à perdre ba- 
leine; manger avidemmenl. C. briffa, manger en glouton. 

BRIFFE-TOT, s. m. Enfant qui use, déchire ses liabits; mol à mol, 
qui brife tout. 

BRIFFO, A, adj. Etourdi dans ses mouvements. fPays-d'En- 
haut.) 

BRIKA, BREKA, s. f. Petit morceau, bribe; un reste d'aliment. 

BRINDA, BRlNGUA,'y. Porter des santés qu'on est olMigé de boire. 
Ce fut défendu, en 1541, à Neuchàti'l. 

BRINDE, BRINGUE, BLAINDE, s. f. pi. Mauvais train, mauvaise 
manière d'être, d'agir; santés portées dans un repas, toasts. 
f.'n fai d'à bringue, il a fait des siennes. — Brinde (santés) vient 
de l'usage des Romains d'accompagner jusqu'à Brindes (Brundu- 
sium) leurs amis qui allaient en Grèce et de faire, en leur por- 
tant la coupe de l'amitié, des vœux pour leur sanlé et leur heu- 
reuse navigation. Les Italiens disent encore far brindisi, porter 
une santé. (Voy. Castellan, Lettres mr lllnlie, tome I, pag. 27.) 

BRINET, &. m. Un peu, fort peu; dim. di; brin. 

•BRINNA, V. Divulguer, avoir un bruit sur son compte ; réussir 
par finesse; bruire comme une forêt (]ui est agitée par le vent 
et qui annonce un orage. (Vaud.) 

BRINON, s. m. Homme fin, matois, indiscret. (Jura.) 

BRIOUNA, V. Emietter, réduire en petits morceaux, pétrir, chif- 
fonner. 



60 BRO 

BRISON, BRESON, s. m. Tapage, vacarne, rumeur populaire; 
bruit dans l'air avant-coureur d'un orage. (Monlreux.) 

BRITTA, V. Diriger le timon d'un char de manière à le faire tour- 
ner. — Breta, id. (Jura.) Gr. p^iOoj, inclinare. 

BRO, adj. des deux genres. Malpropre, sale; se dit du visage seule- 
ment. En grec, ppo-ow signifie souiller de sang et de poussière. 

BROCARD, s. m. Chevreuil. (Jura.) — Chevril, id. 

BROÏARD, BROYARD, DA, adj. Habitant des bords de la Broya 
{Brouïa). Le nom de cette rivière, la plus grande du canton de 
Vaud, vient du celtique bru, brio, source, rivière. — Broiard 
signifie aussi l'un des trois dialectes du patois fribourgeois, 
parce que ce dialecte est usité le long de la Broyé. 

BRON, s. m. Mauvais cheval; Brunna, mauvaise jument. — 
Biron, id. 

BRONDA, s. f. Branche, dépouille d'un arbre ébranché. 

BRONKETTA, BROKETTA, s. f. Soupe au lait. (Fribourg.) 

BRONTZCHI, t;. Broncher, chanceler, être mal sur ses jambes; 
se dit d'un animal. 

BRONTZO, s. m Marmite de fonte ou de bronze. (Val d'illiez.) 

BROSSA, s. f. Vergette, brosse. 

BROSSATA, V. Brosser, vergeter. 

BROSSE, s. f. pi. Restes de foin grossier que les vaches dédai- 
gnent et laissent dans la crèche. (Alpes.) 

BROSSETOU, BROUSTOU, s. m. Gilet de tricot, ordinairement 
de laine. Ail. brust, poitrine; tuch, étoffe, drap. 

BROSSl, V. Enlever les restes de foin, nettoyer la mangeoire^ le 
râtelier, la crèche. 

BROSSU, A, ndj. Qui a les cheveux crépus, naturellement frisés. 
(Montreux.) 

BROTATA, s. f. Brouette chargée de bois. — Barrota, id. Charte 
do 1364.. (Nyon.) Voy. berrot. 

BROTHl, i'. Avoir trop d'ampleur, faire de faux plis. (Alpes.) 

BROTFA, BROTHl, ?'. Faire mal un ouvrage par précipitation, 
fouetter la besogne; écrire trop vite et mal. (Vaud.) 



BRU 61 

BROTZE, s. f. Ellébore, Helleborns fœtidns. (Jura.) 

BROTZE, s. /. Aiguille à tricoter, broche, cheville nu centre d'une 
cible. — Brotscha, id. 

BROTZET, BROTSCHET, s. m. Brochet, ^soa- L«n»s, poisson; 
vase de cuir pour les incendies; vase de bois avec un goulot ou 
biberon pour donner du lait aux veaux sevrés. C. brocq, vase. 

BROTZETTA, BROTSGHETTA, s. f. Biaheiie, petite broche en 
bois. 

BROTZl, V. Faire un séton à un animal. 

BROUÏA, s. f. Chiffon de vieux linge; femme méprisée. (Bas-Va- 
lais.) 

BROUÏA, s. f. La Broyé, la plus grande rivière du canton de Vaud. 
Voltaire, passant à Moudon, demanda le nom de la rivière qui 
traverse celte ville. « La Bruye » lui répondit-on. — Oh! que ce 
nom, dit-il, me serait commode pour rimer avec Troie. — Huit 
siècles avant lui , Godefroi de Viterhe, dans sa curieuse chro- 
nique en vers latins rimes, avait déjà employé cette rime : 

Qiium loquor Allobrocfos Ihivium perpendo la Brnia, 
lîrbi urbs quondam fiiit grandis sicul altéra Troja. 

Broia est aussi le nom d'une petite rivière d'Ecosse, renommée 
et visitée pour ses belles cascades. 

BROUILLE, s. f. Brouillerie, désordre, confusion. 

BROUILLERI, s. f. pi. Balayures, menus débris inutiles, baga- 
telles. Voy. TKACASSKUI. 

BROUILLHI,t\ Tricher au jeu, filouter.— Fronilllii, id. (Vaud.) 

BROUTA, V. Brosser, vergeter. — Brossata, id. 

BROUTAKU, s. m. Repas que donne une accouchée à ses relevailles. 
Mol à mot, brosse (on derrière, qui a été assez longtemps sur la 
paille dii ton lit. — Brotakn, arhaille, id. (Enlremont.) 

BROZl, s. m. Potage de choux au lard. (Evêché de Bâie.) 

BRUCHON, r.RUTCHON, s. m. Menu brin de bois, de paille; ra- 
mille. Lei a dei Oriitchon dedeia hlln sonpa, il y a des bruchons 
dans cette soupe. Ce mol signifie aussi chenille. Gr. Ppoûyo^, 
larve de sauterelle. 



62 BUS 

BRUIRA, BRUIRE, BRAIRE, BRUAIRA, s. /. Bruyère, Calluna 
erica. Gr. ppov, mousse. 

BRULLHI, V. Beugler comme un taureau, crier à outrance, brail- 
ler. Ail. brïdlen, rugir, mugir, beugler. (Fribourg.) 
BRÙLON, s. m. Maladie de la vigne. (La Côte.) 
BRUTA, V. Murmurer, gronder. B. B. brul, bruit, rumeur. 
BU, BUVA; BUT^BOA, adj. Creux, vide, percé de trous. (Lavaux.) 

Voy. BOHiNU. 

BUDA, s. f. Trou, fente, petit coin. 

BUDDA, s. f. Etable à vaches. Baude signifie chalet dans les Su- 
dètes. 

BUDGI, BUDZI, V. Remuer, bouger. 

BUDGILLON, BUDJELLON, s. m. Qui remue sans cesse, bougil- 
lon; se dit d'un enfant. 

BUDJON, BUDZON, s. m. Fourmi, puce de foin, diverses sortes de 
podures. (Vaud et Fribourg.) 

BUFFA, s.f. Voy. beffa. 

BUFFETA, r. Maltraiter, pousser avec violence, souffleter, vexer. 
(Montreux.) 

BUHLLA, i\ BUTHA. 

BUÏA, BOUHIA, s. f. Lessive. C. bu, eau. 

BUÏANDA, BOUHIANDA, v. Lessiver, faire une lessive. 

BUÏANDAIRE, s. f. Femme de journée qui lave les lessives, lavan- 
dière. 

BUÏON, BOUHION, -s. m. Petite lessive. 

BUMEIN, s. m. Fumier, engrais pour les terres. B. B. baus, li- 
tière; baw, boue. (Vaud.) 

BUO, s. m. Voy. bau. 

BURO, BOURO, BOUAIRO, s. m. Beurre. 

BURON, 5. m. Petite maison, cabane. — Ce mot est celtique et a 
le même sens. (Orbe.) 

BUSKA, r. Guetter, surveiller. 

BU.SSA, r. Voy. bota. 



CAC 6S 

BUSSI, BUSSA, V. Voy. boussi. 

BUTHA, BUHLLA, v. Pousser la terre; se dit des taupes. 

BUTHSA, BUTZA, s. /. Petite fiûcheltc de bois ou de baleine dont 

l'enfant se sert en épelant pour suivre et indiciuer les lettres, 
BUTIN, s. m. Habits, linge en général, bnrdos.— Gnzcin, id. (Vaud.) 
BUTSCHO, adj. Voy. baiîtso. 
BUTZELLHE, BOUTSCHILl-E, BOTHILF.E, s. f. pi. Bûchettes, 

éclats do bois, gros copeaux, enlevés à la hache. Voy. hkbiue. 

(Vaud.) 
BUTZELLON, s m. Diminutif du précédent; petit morceau de bois 

mort ou de bois mis en œuvre. 
BUZA , s. /■. Buse, oiseau de proie du genre du faucon. C'est 

aussi une injure qui revient <à bète, idiot, butor, buse. 
BYET, BIETTA, MIET, MIETTA, adj. Nom d'amilié qu'on donne 

aux petits enfants; mon cher, ma chère. — Mio, mia, id. 



C 



CABA, s. /. Vieille vache; c'est un terme injurieux. (Jura.) 

CABARET, s. m. C'est le nom de deux plantes, du cabaret d'Eu- 
rope, Asanim curopœnin (Pays-d'Enhaut), et d'une renoncule 
vénéneuse, RannncuUis Tliora. (Jura.) 

CABE, .s. m. Chaise, escabeau. L. .<rabclbiin. (iîas-Valais.) 

CABINOTIER, s. m. Ouvrier horloger; terme dérisoiie. Du fran- 
çais cabinet. (Genève.) 

CABORNA, s. f. Petite bouliiiue obscure. C. caborcl. (Genève.) — 
On dit caborne dans le français populaire de Genève. 

CABRA, CABRE, s. f. Chèvre. Ce mot se nMrouve dans la plupart 
des patois. Le provençal, le portugais, l'espagnol et le catalan 
disent cabra. Moins usité que tschivra. 

CABRI, s. m. Chevreau de lait. 

CACHOT, s. m. Cachet; étui à épingles, tirelire, coffre-fort, niche 
secrète, cachette. 



64 CAK 

CACHOTTA, V. Cacheter. 

CADZETTERIA, s. f. Cachette, niche secrète pour cacher des bi- 
joux, de l'argent, des papiers, des lettres. (Jura.) 

CAGNA, CAGNE, s. f. Cache, niche, lieu secret. Cagne dit à une 
femme est injurieux. L. canis. 

CAGNARD, s. m. Alcôve dans la cuisine, où est le lit de la cuisi- 
nière. (La Côte.) 

CAGOU, s. m. Hypocrite, avare, terme injurieux. Le français 
cagot signifie qui a une dévotion fausse ou mal entendue. (Jura.) 

CAHIA, s. f. Eboulis, ravine^ cavée, passage dangereux, mauvais 
pas. L. cadere. Lei a ike na pouta cahia, il y a là un vilain pas. 
(Vaud.) 

CAHIERET, s. m. Diminutif du précédent; petit éboulement, petit 
ravin. 

CAHIU, CAHIUVA, adj. Cave, qui est en creux, qui fait cavité. 
L. cavus. 

CAILLET, s. m. Estomac de veau dont on tire la présure pour 
faire cailler le lait, caillette. — Cô, id. 

CAKA, s. m. Excrément humain. L'a fé caka au bri, il a fait caca 
au berceau. 

CAKÂ, V. C'est le cacare latin; on dit cako en Valais. 

CAKABOT, s. m. Tache d'encre sur le papier, pâté; terme d'é- 
cole. (Vaud.) 

CAKADA, s. f. Entreprise manquée. — Le duc de Savoie dit à 
l'officier qui tenta l'escalade de Genève sans y réussir : « Nous 
avons fait une belle cacade. » 

CAKAIRA, s. f. Latrines, lieux d'aisance. 

CAKATSAÔ, s. m. Chiendent, Trilicum repens, plante graminée; 
mol à mot, fiente de cheval. 

CAKELON, 5. m. Voy. cassoton. 

CAKERELLA, s. f. Diarrhée, flux de ventre. 

CAKERET, CAKERIDA, adj. Enfant qui va souvent à la selle. 
(Bas-Valais.) 

CAKESANGUA, s. f. Dyssenterie, diarrhée sanguinolente. (Jura.) 



CAP 65 

CAKOU (à), loc. adv. Sur le cou. On dit d'un enfant qu'il est à 
cakou quand il est porté sur le dos, les mains croisées sur la 
poitrine du porteur. (Vaud.) A Genève, cocuchet. 

CALAMAR, s. m. Etui de fer blanc où l'écolier serre ses plumes. 
L. calamus. (Moudon.) — Dans la langue des Mingréliens, c'est 
un long encrier en cuivre que les secrétaires portent à la cein- 
ture. (Voir le voyage de Gamba dans la Russie méridionale.) 

CALAMITA, s. f. Boussole. C'est un des anciens noms de la bous- 
sole, encore usité parmi les bateliers du lac de Neuchâtel. 

CALET, s. m., CALETTA, s. f. Bonnet, chapeau; calotte de cuir 
des bergers. 

C.\LLE, s. f. Chaise, escabeau, siège. (Evêché de Bàle.) 

CAMELIN, INA, adj. L'amant, l'amante; le galant d'une fille, la 
belle d'un garçon. 

CAMPANÀ, V. Sonner les cloches. (Bas-Valais.) 

CAMPÀNA, s. f. Cloche. (Bas-Valais.) 

CAMPANNA, s. f. Ayau, narcisse sauvage, Narcissus Pseudo-Nar- 
cissus. (La Côte.)Voy. battho. 

CAMPEIN, CAMPION, GAMBION, s. m. Bancroche; homme qui 
marche mal, les jambes écartées; pied bot. C. cambe, courbé, 
tortueux. (Vaud, Genève.) 

CAMPIOUNNA, i'. Marcher comme une personne qui est pied bot. 

CAMPO, s. m. Grande étendue de terrain. L. campus. 

CANFARRA, v. Brûler, s'échauder. Ducange dérive ce mot du 
calidum ferrum employé dans les épreuves judiciaires. (Lau- 
sanne.) 

CANTOHIET, s. m. Enfant sale, dégoûtant par sa malpropreté. 
(Val d'Illiez.) 

CAPELLADA, s. f. Salutation du chapeau, cnpel. Ce mot est vieux. 
(Genève.) 

CAPET, s. m., CAPETTA, s. f. Petite cape, chapeau, casquette, 
bonnet; cerveau. Veri capetla, dans ce dernier sens, c'est de- 
venir fou, perdre la tête. L. caput. 

CAPETZA, s. f. Gâchette d'une serrure. (Pays-d'Enhaut.) 

MÉM. ET DOCUM. XXI. 5 



66 CAR 

CAPIATIS, s. m. Prise de corps. L. capiatis. (Vaud.) 

CAPITA, s.f. Hulte, cabinet, maisonnette dans les jardins, vignes, 

prairies. 
CAPO, s. m. Ancien bonnet des femmes du Pays-d'Enhaut. 
CAPOT, TA, adj. Déconcerté, confus, triste. 
CAPOTÉRI, s.f. Voy. capotise. 
CAPOTISÂ, V. Déconcerter, couvrir de confusion, chagriner. 

(Vaud.) 
CAPOTISE, s. f. Tristesse, désappointement, confusion. — Capo- 

téri, id. 
CAPOTTA, r. Travailler mal en bois, faire de mauvais ouvrage. 
CAPOTTHi, s. m. Mauvais charpentier; savetier, gâte-métier. 

(Fribourg.) 
CAPPA, s. f. Coiffe, bonnet, chapeau; sac au bout d'un bâton, 

pour recueillir les deniers dans le temple. (Pays-d'Enbaut.) 

Ciippa au moiiëno, ou bekka au moue no ; aconit paniculé, Aconi- 
tuin Cammnrum. (Aigle.) 

Cappa de pritro, bonnet de prêtre, fusain, Evonymtis earopœus. 
(La Côte.) 
CAR, s. m. Quart, la quatrième partie d'un tout. 

Car d'an, trimestre. 

Car-tein, quatre temps, trimestre d'une pension à un pauvre 
assisté. 
CARÂ, CARAHIE, adj. Carré, éi-nis de taille. 
CÂRA, KARRA, s.f. Averse, ondée, colonne de pluie ou de neige. 

(Vaud.) 
GARDA, pi. CARDE, s. f. Cardes pour la laine. 
CARDON, s. m. Nom d'une espèce d'artichaut. Ce mot est français. 
CAREDOU (à) adv. Mot à mut à dos carré, attitude de l'enfant 

porté sur le dos. — A cakou, id. (P;iys-d'Eiihaul.) 
CAREMO, s. m. Carême. — Le carêmes sont les petites graines 

semées au printemps, orge, avoine, poi?, fèves, lentilles, etc. 

CARESSA, s. f. Accui'il, réception. Escnsa la petita caressa, excu- 
sez le peu qu'on vous offre sur la table. (Alpes.) 



CAS fi? 

CAlRESSI, caressa, r. Faire bon accueil, on conter à une fille, 
obtenir ses faveurs. 

CARI, r. Equarrir une poutre. 

CARI, s. m. Poutre équarrie. 

CARLA, s. f. Sorte de coiffe de velours. 

CARLIÈMR, s. f. Ouvrière qui fait des caries. (Règlements snmp- 
tuaires faits à Neuchàtel en 1670.) 

CARLINA, CAROLINA, s. f. C'est le nom de deux plantes : la car- 
line acaule, Carlmn acahlis, dont on mange les têtes en guise 
d'artichauts (Alpes); et la renoncule glaciale. (Ormonts.) 

CARN.\CI, s. m. .\ncien titre du bourreau. 

CARRAHIE, s. f. Petil cabinet séparé d'un corps de logis, dans 
une cour, un jardin, un verger. (Moudon.) 

GARREL, s. m. Trait, carreau d'arbalète. 

CARRO, s. m. Coin, angle, carrefour; carré, planche de jardin. 
Per ti le carro, dans tous les coins. 

CARROLET, s. m. Petit coin. 

CARRON, s. m. Brique épaisse en carré long, carreau. 

CARRONNA, CARROUNA, v. Carreler une chambre, une cuisine 
avec des carrons. 

CARTA-PUDJE, s. /". Mot à mot écartc-jiucr. Ce nom a|tpartienl 
à deux, plantes: ré|)urge, Enpliorliia Lathi/ris, dont les men- 
diants se servent pour se défigiirer (Lausanne); et la bugrane 
visqueuse, Ononis Natrix, dont on met des faisceaux sous les 
lits afin que les puces aillent s'y engluer. (Voy. Conservateur 
suisse, tom. VI, pag. 241. (Ollon.) 

CARTEI, s. m. Maladie des vaches; le quartier, dans le français 
populaire. 

CARTERON, s. m. Mesure de capacité pour les matières sèches, 
boisseau à mesurer les céréales, mesure iiour les liquides va- 
lant deux [lots. (Vauil.) 

CARTETTA, s. /". Quart de pot. Allein bnire cartetta, allons boire 

une bouteille. 
CASA, s. f. Case, clial 't, cabane de berger, de sabolii-r. 



68 CAT 

CASAKA, s. f. Casaque, habit d'homme. Veri casaka, changer de 

religion, d'opinion politique. 
CASAR, 5. m. Le plus jeune des bergers dans un chalet des Alpes. 

CASKARET, s. m. Petit polisson, gamin des rues; galopin de la 

lie du peuple. Cascaral, en bas-breton, est la danse des gueux 

et des galeux, qui sautent en se grattant. 
CASSA, V. Casser, meurtrir, vieillir. Casse se coke, il casse ses 

noix, dit-on proverbialement d'un homme décrépit, qui n'en a 

pas pour longtemps. (Vaud.) 
CASSA, .<!. f. Affaiblissement par maladie. L'a na cassa, il a une 

indisposition, une maladie de langueur qui lui ôte les forces. 
CASSA, s. f. Poêlon, vase de cuivre éiamé, grande cuiller de 

métal pour puiser l'eau dans les seilles de cuisine; poêle à frire. 
CASSALOGNE, s. m. Casse-noix; casse-noisette, alogne {\auâ); 

sorte d'oiseau, Corvus caryocatactes. (Alpes.) 
CASSAROU, s. m. Malin, délié, sorcier; c'est un des noms du 

diable. (Pays-d'Enhaut.) 
CASSEIN , s. m. Contusion, meurtrissure, tumeur, un bleu. — 

Cass07i, id. 
CASSEMOTTÀ, v. Se meurtrir le visage. Basque, cascamotza, 

mutilé. (Montreux.) 
CASSEROU, s. m. Abalteur de noix, ouvrier qui casse les noix. 
CASSIBRAILLE, s. f. Canaille, gens de rien, petites gens. (Lau- 
sanne.) 
CASSON, s. m. Voy. cassein, cassoton. 
CASSOTON, s. m. Poêlon, vase de métal à trois pieds, avec un 

manche. — Casson, cakelon, id. 
CASU, CASUMEIN, adv. Quasi, presque, à peu près. 
CATAHI, V. Dédaigner, mépriser, rebuter; c'est l'opposé de 

tschouhi, choyer, soigner. (Val d'Illiez.) 
CATALÀ, V. Guinder, faire mouler avec un treuil, une poulie, 

une corde. 
C.ATALARE, s. m. Potier de terre, faiseur d'écuelles. L. catillus, 

petite écuelle. (Moudon.) 



CAU 69 

CATALLA, s.f. Brique d'argile ou de faïence. 

CATELLA, s. f. Poulie ou corde pour élever les gerbes dans les 
granges. 

CATOHLLON, s. m. Prune, fruit du prunier. (Entremonl.) 

CATTAMIAULA , s. f. Fille ou femme ennuyeuse, rabâcheuse, 
toujours dolente, se plaignant de tout; mot à mot, châtie qui 
miaule. (Lausanne.) 

CATTIVO, VA, adj. DifTicile à contenter, esclave do son égoïsme. 
L. caplivus. (Val d'IUiez.) 

CATZA, CATSCHA, s. f. Cachette, lieu secret pour cacher. 
CATZEMAN, s. m. Manchon; mot à mot, cache-main. (Aigle.) 
CATZET, s. m. Escalier d'un poêle pour s'asseoir ou monter; 

planche qui sépare les unes des autres les vaches à l'étable. 

(Pays-d'Enhaut.) 
CATZETTA, s. f. Poche d'un vêtement d'homme ou de femme. — 

Falta, id. 
CATZI, CATSCHI, v. Cacher, manger, enterrer. Catze gro, il 

mange beaucoup; dé élu calschi ma chuera, j'ai été enterrer ma 

sœur. 
CATZO, A, adj. Réservé, boutonné, qui ne s'ouvre pas. (Alpes.) 
CATZON, KATZON (à), loc. adv. En secret. L'ai é de à calzon, je 

lui ai dit en secret. 
CAUCHON, s. m. Caution. Rière cauchon, seconde caution qui 

cautionne la première. 
CAUCHOUNNA, v. Cautionner. 
CAUCHOUNNAMEIN, s. m. Cautionnement. 
CAUDO, s. m. Coude; zigzag, angle dans les chemins. 
CAUDRE, KEUDRE, v. Coudre; kozu, part.; découdre, découdre. 
CAUETTA, CUETTA, s. f. Petite queue. Dimin. de caua, cua. 
CAUVA, CAUA, CUVA, CUA, s. f. Queue, cadenette. L. cauda. — 

La caua rcfa l'ozi, prov., la queue refait l'oiseau. 
CAUVA-A-TSAVO, s. f. Prêle des champs, Equiselum arvense ; vul- 
gairement, queue de cheval. (Pays-d'Enhaut.) 



70 CER 

CAUVAROU, CAUAROU, CAVAROU, s. rn. Rouge- queue, sorte 

d'oiseau du genre motacille. 
CAUVATTA, CAVATTA, v. Remuer sans cesse la queue. 
CAVÂ, V. Excaver, creuser. 
CÂVA, s. f. Cave, cellier. 
CAVAGNE, s. /. Hotte. (Val d'Illiez, Aigle, Bex.) 
CAVETTA, s.f. Escalier latéral d'un poêle, ayant deux ou trois 

marches. (Vaud) 
CAVILLA, s. f. Bévue, erreur, sottise. L. caviliaiio, cavilla. 
CE, CI, prou, démunstr. Celui-ci; sUa, sla, fém., celle-ci; stau, 

stieu, sllau, chau, hau, pi., ceux-ci, celles-ci. 
CE, adv. Ici. lié vo ce? êtes- vous ici? Ke fa-to ce'? que fais-tu ici? 
CEI, adv. Il se place avant le verbe : cei teindra, il viendra ici. 
CEICEN'ARRI, adj. Ici en arrière, feu un tel. (Anciennes chartes 

de Neuchâtel.) 
CEIN, pro7i. Ceci, cela ; cem et sosse, ceci et cela. 
CEIN, FEIN, FUN. Nom de nombre, cinq. 

CEIN-NEI, s. m. Marmelade de cerises noires ; mot à mot, cela 
noir. (Pays-d'Enhaut.) 

CEIN-CEINT, CHEIN-CHEINT. Juron, exclamation qui signifie 
cinq cents. On sous-entend diables. (Fribourg.) 

CEINT, CHEINT. Nom de nombre, cent. 

CEINTORIA, s. f. Petite centaurée, Erylhrœa Centaurium. (Vaud.) 

CELLEI, s. m. Cellier, cave. L. cella. 

CERAISA, s. f. CERAISI, s. m. Voy. cerisa, ceresi. 

CERCHLLÂ, V. Cercler, relier un tonneau avec des cercles, cer- 
chllo. 

CERÉ, SERET, SÈRÉ, s. m. Fromage maigre qu'on obtient après 
le fromage gras, en faisant cailler le petit lait. (Alpes.) 

CERESI, CERAISI, s. m. Cerisier. 

CÉRÉSOLET, dira., petit cerisier. 

CERGNI, CERNA, v. Cerner, ôler en rond l'écorce du sapin pour 



en A 74 

en faire un cercle; faire un cercle magique autour d'une i)er- 
sonne pour la désensorceler, pour la guérir, ou pour la forcer 
à rester en place. (Alpes.) 

CERGNIAULA, s. f. Sapin dont on ôte l'écorce pour en tirer la 
poix. 

CEKGNIEMEIN, s. m. Lieu défriché dans une forêt. C. cern, en- 
ceinte, enclos. 
CERISA, s. f. Cerise. — Ceraisa, id. 

CERMONTAIN, s. m. Laser, Laserpitium Siler, plante ombellifère. 

— Semontan, id. (.\lpes.) 
CERNA, V. Voy. ceugni. 

CERNEI, s. m., CERNETTA, s. /. Pâturage, abatis dans une forôt. 
CERNI, CERNIL, s. m. Grange de montagne, fenil. (Jura.) 
CERTES (à"), loc. adv. Pour sûr, sans y manquer. 
CERTIORA, V. Assurer, attester, donner pour certain. L. ccrtvs. 

(Yvcrdon.) 
CÉ-S'IKE, CI-S'IKE, pron. Celui-là. 
CÉVÈ, adv. De ce côté-ci, en deçà. Vein cévè, il vient ici. 
CHA, SA. Nom de nombre, sept. 
CHÂ, SIA, V. Suer. 

CHA s. m. Sureau, Sambuciis nigra. (Bas-Valais.) 
CHA, TSCHA, adv. Aisément, facilement, sans peine. — Sia, 

schia, id. (Pays-d'Enhaut.) 
CHA, TSCHA, s. f. Litorne, Turdus pilaris. 
CHA, TSCHA, TSCHO, CHO, TZO, adv. Chaion, par un, un à un; 

cha don, par deux; cha trci, par trois; cha pou, cho pou, tscho 

pou, tzo pou, peu à peu. 

CHABLLA, TSCHABLLA, v. Dévaler du bois du haut d'une pente, 

par un couloir; se précipiter. (Alpes.) 
CHABLO, TSCHABLLO, s. m. Couloir pour dévaler le bois, ravin. 
CHABR.\S, s. m. pi. Voy. abkas. 
CHÂCHAU, s. m. Espèce de galette ; enfant engourdi, paresseux. 

(Yaud.) 



72 CHA 

CHAIE, s. f. Fléau à battre le grain en grange. (Jura. 

CHAIRMU, SERMU, s. m. Se dit des murs en gradins qui sou- 
tiennent les vignes de Lavaux. 

CHALET, TZALLET, TZALLE, s. m. Bâtiment en bois habité pen- 
dant l'été par les armaitli et leur troupeau. Rousseau est le 
premier qui ait employé ce mot en français. C. cliel, chai, sal, 
loge. (Alpes, Jura, Jorat.) 

CHALONGE, s. f. Débat, contestation. (Fribourg.) — Chalongi, v. 
Inquiéter, chagriner. (Fribourg.) 

CHAMBERRAU, s. m. Cirse des champs, Cir^sium arvense. Vulg. 
chardon des champs. (Villeneuve.) — Chamberau, Tscham- 
berro, id. Ce mol signifie aussi les mauvaises herbes en général 
qui croissent dans les blés et les jachères, et dont la principale 
est le chardon des champs. (Aigle.) 

CHAMBERROT, TSAMBEROT, s. m. Ecrevisse, mot composé de 
tsamba, jambe et de 7'ot, rompu. It. gambero. 

CHAMPÂ, TSCHAMPÂ, TSAMPÂ, v. Faire sortir le bétail de l'é- 
table pour le mener au pâturage ou à l'abreuvoir; pousser, 
heurter, achever, s'égarer à travers champs. L. campus. 

CHANNA, TSCHANNA, s. f. Pot d'étain dont on se servait dans les 
cabarets. Ail. kanne. 

CHANNE, s. /". C'est un des noms des poires d'angoisse; poires 
étrangle-chat, T^oires Goliath, dans le français populaire de Lau- 
sanne. AU. bernois kannebirre. 

CHA PO, SA PO. Expression évasive pour indiquer le lieu, pour 
dire quelque part. L'è cha po, il est je ne sais où; ne se pa, ne 
sa po, je ne sais pas. (Pays-d'Enhaut.) 

CHAPON, TSCHAPPON, s. m. Recrue de cep, provin. (Vaud.) 

CHARMALLHI, RA, adj. Ami, amie de noces; paranymphes qui 
doivent préserver l'époux des charmes magiques qui nouent 
l'aiguillette. Ce mot vient de tschermo, charme, enchantement. 
— Tschermalli, ra, id. 

CHATAMOT, TSCHATAMO, s. m. Repas de funérailles défendu 
inutilement par des lois de police. Hébreu, chata, bibit; moût, 
mori : c'est le vin de la mort. (Vaud.) 



en A 73 

CHATON, CHUATON, TSATTON, SATON, s. m. Bâton gros et 
court, pièce d'un char; fleur de saule, de châlaigner; partie de 
la bague où la pierre est enchâssée. 

CHATOUNA, TSCHATOUNNA.r. Serrer en tournant la corde d'un 
fardeau avec un bâton; bâtonner. 

CHÂTRA, TSCHÂTRA, v. Châtrer, diminuer, ôter des rayons 
d'une ruche. Celui qui châtre les animaux s'appelle en patois 
magnin. (Vaud.) 

CHÂTRON, TSCHÂTRON, s. m. Mouton, jeune bœuf châtré. (Fri- 
bourg.) 

CHAUMA, TSCHAUMA, t\ Cesser, arrêter, chômer; se mettre à 
l'ombre. Dans ce dernier sens, il se dit du bétail. B. B. chom, 
chomein, s'arrêter, se reposer. 

CHAUME, CHAULME, s. m. Haute montagne à pâturages dans le 
Jura. (Charte de 1301.) L. culmen. 

CHAUMILLA,s. /".Charmille. 

CHAUTA, V. Sauter, danser, oublier. 

CHAUTA-BOUENNE, s. m. Feu follet. 

CHAUTEI, s. m. Nom de charge de celui qui apposait le sceau of- 
ficiel aux actes publics; psallerius, salterins, en latin. Il y avait 
avant la révolution un grand sauticr à Lau.sanne. 

CHAUTERAI, s. m. Esprit follet qui fait des sauts et des gambades 
dans les ruines, dans les forêts, lutin. Voy. sehvkin. — En Poi- 
tou, le saxithi est un lutin qui s'amuse à tresser ensemble les 
crinières et les queues de deux ou trois chevaux. 

CHAUTERAU, CHAUTERI, s. m. Sauterelle. 

CHAUTZI, TCHAUSSI, s. 7n. Pâturage, terrain que les troupeaux 
foulent. (Ormonts ) 

CHAUX, TZAU, TSCHAU, s. f. Sommet de montagne, pâturages 
élevés dans les Alpes : la chaux de Na^e, la Chaumagni, la chavx 
de Nant. — Ce même mot signifie au contraire, dans le Jura, 
un vallon : Cliaux-de-Fonds, Cliaux-du-MiUeu, Chaux-du-Cuchot, 
dans les montagnes de Neuchâtel; Chaux-d'Abel, dans le Jura 
bernois. — Chaux, chaud, signifie, dans le patois auvergnat, 
un plateau élevé, une montagne à sommet aplati. 



74 CHE 

CHAVÂRA, s. f. Corvée pour le clergé; impositions des abbayes 
sur les vassaux. Ce mot se trouve encore dans des documents 
de 15'27; c'était le charroi que devaient les serfs pour amener 
le bois du seigneur de la forêt au bûcher. (Nyon.) 

CHECHÈ, SECHE, adv. Oui, si fait, pour sûr. 

CHÉDAL, s. m. L'attirail d'instruments aratoires, de harnais et de 
bêtes de labour nécessaires à l'exploitation d'une ferme. C. che- 
tal, gros et menu bétail. (Vaud.) 

CHEIN ! Exclamation très commune dans le dialecte fribourgeois 
de la Gruyère. Chein! ke le gnlésa! qu'elle est jolie! — Sein, id. 

CHEINDRE, s. f. Cendres. (Vaud.) — Hicndre, id. (Gruyère.) 

CHEINDREI, CHEINDRI, SEINDREI, s. m. Cendrier, lieu où l'on 
dépose les cendres dans la cuisine. 

CHEINTRO, TSCHEINTRO, TSEUNTRO, s. m. Equarrisseur. Voy. 
BEDANDE. AH. scllinder. 

CHELEU, pron. démonslr.pl. Ceux; ceux-là; fém. rhelle, celles. 

CHENALETTA, s. f. Petit tuyau de bois; diminutif de chenau. 

CHENAPAN, TSCHENAPAN, s. m. Mauvais sujet, garnement, vau- 
rien. AU. schnapphahn, brigand. (Vaud, Genève.) 

CHENAU, TCHENAU, TSENAU, ESCHENAU, s. f. Pièce de bois tail- 
lée en gouttière pour recevoir l'eau d'un toil, chéneau; canal, 
couloir, ravin, petit vallon traversé par un ravin. (Alpes.) 

CHENEVARD, s. m. Chènevis, graine de chanvre. 

CHENU, A, adj. Solide, cossu, riche. (Lausanne.) 

CHENUMENT, adv. Richement. (Lausanne.) 

CHEQUE, SEQUET, s. m. Hoquet. 

CHERIGNA, TSCHERIGNE, s. f. Chenille. 

CHERPIFOU, TSCHERPIFOU, s. m. Mal peigné, échevelé. (Vaud.) 

CHERPIN, TSERPI, TSCHERPEUN, CHARPI, s. m. Amadou, 
charpie. 

CHESAIRE, TSESAIRA, s. /. Lieu où il tombe de l'eau d'enhaut, 
par une chute ou un écoulement, quelle qu'en soit la cause. 

CHESAL, CHESAUX, s. m. Place pour bâtir une maison ou la ré- 



cm 75 

tablir. Chesnl sii;nifie aussi la proiiriétô d'un agriculteur. (V. st.) 
CHESEAU, CHITZO, s. w. Elable, hangar. (Fribourg.) 
CHESSA, TSCHESI, v. Tomber en défaillance, se pâmer. (Jura.) 

CHETTA, CllATTA, SATTA, TSCHETTA, s. A Assemblée noc- 
turne des sorcières présidée par le grand bouc, et aussi appelée 
sabbat; vacarme, grand bruit. — Alla à la chetta, c'est aller à la 
loge maçonnique,, disent les campagnards non initiés. 

CHEVANCE, TSÉANCE, .s. f. L'avoir de qut'l(iu'un, les provisions 

de bouche d'une maison. Cabentia, en latin du moyen âge. C. 

cab, tenir, posséder. 
CHEVENNO, TSCIIEVENNO, s. m. Meunier, poisson de nos lacs, 

Cyprinus Cephalus. 
CHEVI, 11. Venir à bout, posséder; chevir en vieux français. 

Tschevir, dans nos documents du moyen âge, signifie venir à 

chef, transiger, convenir. 
CHEVRELLA, TSCHEVIŒLLA, s. f. Bécassine. Scolopax GalUnugo. 

(Orbe.) 
CHEVRETTA, s. f. Femelle du chevreuil. 

CHEVRIT, s. m. Chevreuil; mot peu usité. — bhocaup, id. (Jura.) 
CHEVROTAIN, TSCHEVROTIN , s. m. Petit fromage de lait de 

chèvre. 
CHI, CHÉ, Cl, adj. ei pron. démonsir. Ce, cet, celui; au fém. hlla, 

celle; au pi. hllau, ces, ceux, celles. 
CHI, SI, HI, s. m. Ciel; ce mol est peu usité. 
CHIBA, SCHIBA, s. f. Mesure de sel. (Fribourg.) 
CHICOT, s. m. Laitue romaine. (Genève.) — Telle est la définition 

du glossaire de Gaudy; celui de J. Ilumbert dit : chicorée non 

friace. (N. de l'éd.) 
CHIEL'CHAI, r. Siffler, souffler dans un instrument à vent. (Evê- 

ché de Baie.) 
CHILLON, TSIRON, CHIRON, TSILLON, s. m. Veiilolte, petit tas 

de foin sur le pré. C. chir, tas, élévation. (Vaud.) 
CHIN, TSEIN, s. Jrt. Chien. Tàéi/tna, chienne ; chinet, tsinel, ù\m., 

petit chien. 



76 CHO 

CHIN, nom de nombre. Cinq. Voy. cein. 

CHINKANTA, nom de nombre. Cinquante. 

CHINKANTANNA, s. f. Cinquantaine. 

CHIR, SCHIR, s. m. Seigneur, sire. L'è on gro chir, c'est un grand 
seigneur. (Evêché de Bâle.) 

CHIRA, CHERA, CHOUÉRA, CHUÉRA, CHEIRA, TSIRA, TSOUÉ- 
RA, SERA, SIRA, s. f. Sœur. C. choar. 

CHIRE, s. f. Averse, grande pluie. (Evêché de Bâle.) Essir ou ècyre 
signifie tourmente, tempête de neige, dans le patois de l'Auver- 
gne. 

CHIT, adi\ interj. Soit. 

CHIVRAFOU, TSCHIVRAFOUI, s. m. C'est le nom de deux arbustes 
dans les Alpes : le chèvrefeuille commun, Lonicera Xylosteum; 
et l'épine-vinette. 

CHO, TSCHO, s. m. Bahut, grand coffre, arche, farinière à com- 
partiments. (Villeneuve.) 

CHO, CHUA; TSO, TSU A, pron.poss. Sien, sienne. 

CHOKKA, TSOKKA, s. f. Soulier à semelle de bois. L. soccus. 

CHOLA, SOLA, SALA, s. f. Siège, chaise. L. sella. 

CHOLLEI, s. m. Partie supérieure de la grange où l'on entasse 
le foin. C. col, chol, paille. 

CHÔMO, s. m. Psautier, psaume. 

CHOTA, s. f. Perche ferrée pour faire avancer les bateaux sur les 
bas-fonds. (Neuchâtel.) Voy. étira. 

CHOTÀjti. Faire avancer un bateau avec des perches. (Neuchâtel.) 

CHOTTA, TSOTTA, SIOUTA, s. m. Abri contre la pluie. Allein à 
la chotta, allons nous mettre à couvert. (Vaud.) — On dit choûte 
dans le français populaire de Genève; à Lausanne, chotte. — 
Sotta, id. 

CHOTTÀ, V. Cesser de pleuvoir. C. chot, bois où l'on se met à 
l'abri de la pluie. — Sottd, id. 

CHOUK, prép. Sur. (Anniviers.) 

CHOUMA, TSCHOUMA, CIOUMA, s. f. Vieille ânesse, c'est une 
grossière injure quand le mot s'adresse à une femme. (Vaud.) 



CLÉ 77 

CHOUSA, TSOUSA, s. f. Chose. 

CFIURLA, V. Hurler, crier de détresse, pleurer en sanglotant. 

CHUHLAHIE, s. f. Hurlement, cri violent. 

CHUVA, CHUA, TSUA, TSCHUVA, s. /. Freux ou corneille mois- 
sonneuse, Corvus frugilegus.— La tanna ai Chuve, la caverne des 
Freux, dans les rochers de Naye. (Alpes.) Voy. le Conservateur, 
tom. VI, pag. 168. 

CHUVÀ, TSUVÀ, V. Fouetter avec les verges. (Vallée de Joux.) 

CIBA, CHIBA, s. f. But pour le tir à l'arc, au fusil, à la carabine; 
table ronde, vitre ronde, petit gâteau rond. Ail. scheibe, schei- 
bel. (Vaud.) 

CIBARE, TSIGARE, s. m. C'est, dans un tir, celui qui indique et 
marque les coups. (Vaud.) 

CIEB.\, s. f. Sangle, courroie. Ail. schieben. 

CIERNA, s. f. Portion d'une forêt mise en culture, lieu défriché 
avec un petit fenil. C. cern, ciern, enclos, enceinte. — Cergne- 
mein, id. (La racine cern, ciern, se retrouve dans plusieurs noms 
de localités. N. de l'éd.) 

CIGOGNAR, s. m. Eclaire, chélidoine, Ghelidoniiim mojus, plante 
papavéracée. 

CIKLLA, SIHLLA, TSIKLA, i'. Crier d'une voix aiguë. 

CIKLLAHIE, SIHLLAHIE, TSIHLLAHIE, s. f. Cri perçant. 

CITRON, s. m. Thym commun. Thymus vulgaris , cultivé dans les 
jardins. 

CITRONELLA, s. f. SenngiM, Philadelphus coronarius. 

CLAUDA, s. f. Nom patois de la peste qui régnait à Genève en 
1545. Voy. Spon, //î«/. de Genève. 

CLAVELLA, v. Mettre le fer au bois des flèches. (Anciens docu- 
ments de Fribourg.) 

CLAVIN, HLLAVEIN, s. m. Sorte de clou. C. claw , ferrement. 
L. clavus, clou. 

CLÉDAR, s. m., CLLIA, s. f. Clef de haie, barrière tournante sur 
un pivot; porte à claire-voie d'un jardin, d'un champ, d'un clos 
quelconque. C. clodd, cliack, claie, hait;, clôture. 



78 COC 

CLÉREBER, s. m. Filet carré pour prendre le poisson dans les 
eaux courantes. (Evêché de Bâle.) 

CLlA,s. /. Voy. HLLA. 

CLIMENA, s. f. Fille galante, coureuse, concubine. 

CLIVER, s. m. La pente d'un lieu élevé, descente. L. clims. (An- 
niviers.) 

CLLL4, s. f. Voy. clédar. 

CLLOTZE, s. f. Cloche, jupe de femme. (Les Bernoises disent 
gloschli. N. de l'éd.) 

CO, conj. Comme; co té, comme toi; co lli, comme lui. 

CO, s. m. Le premier, le plus riche d'un village, le coq de la pa- 
roisse. (La Côte.) 

CO. s. m. Acide pour cailler le lait, présure. C. co, go, levain, fer- 
ment. (Alpes.) 

CO. s. m. Noix plus grosse que les autres. (Moudon, Genève.) 

COÀ, COVÂ, V. Couver. 

COAIRON, COUAIRON, COVEIRON, s. m. Ver de la mouche qui 
pond dans la viande. — Voy. covasson. 

COBLLA, s. f. Chaîne de chevaux attachés les uns aux autres par 
la queue. 

COBLLÈ, s. m. Couple, attache, couplet de chanson. B.B. coubla, 
coupler, unir. 

COCATRI, s. m. Oeuf pondu par un coq, d'où doit naître un ser- 
pent, un hasilic. {De Cocatrix est un nom de famille en Valais. 
N. de l'éd.) 

COCI, adc. Comme cela; pi coci, seulement pour hadiner. Voy. 
coL'ci. (Pays-d'Enliaiit.) 

COCLET, s. m. Anémone des jardins. 

COCO, s. m. Nom d'amitié pour flatter un enfant. MxtvnJ^ ^ Ittnnpsf^ 

COCOCHET, .<?. m. Voy. cakou. c>.l».-r.r 

COCOLA, V. Flatter, soigner, dorloter, choyer une personne. 

COCU, s. m. Mot dès longtemps usité dans notre patois. — Une 
ronde vaudoise qu'on chantait et qu'on dansait à Moudon, Oron, 



COL 79 

Payerne, avait pour refrain : Ne S'tn pu (i su le s'abro le cocu, icn 
a bcin dein sla vella dei velu, c'est-à-dirL' : Ils no sont pas tous 
sur les arbres les coucous, il y en a bien dans cctio ville des 
vêtus (Vaud.) 

COCU, CUCU, s. m Primevère officinale, Primula offirinalia. (Lau- 
sanne, Genève.) 

CODJE 5. /. Mentiiln, priapns. — Codje au pntro, pied-de-vcau, 
Arum muculdium. (Bex..) — Caille, id. (Vaud.) 

CODRA, V. Oter, enlever, prendre. (Val d'IUiez.) 

COFFEIHI, V. Salir. C. gnf, mouillé. 

COFFO. \; COËFFO, A; KOAFFE, A, adj. Sale, malpropre, vilain. 
(Vaud.) 

COILLE, s.f. ilentuln, priapns. 

CÔKA, COKE, s.f. Vieille femme, commère ennuyeuse et ridicule. 

(Genève.) 
COKETTA, s.f. Terre-noix, Carum bulbocustnnum, plante ombcl- 

lifère. (Orbe.) 
COKKA, s. f. Noix. C. coch, enveloppe, couverture. Le proverbe 

vaudois cokka par cokka revient au par pari referlur des Latins. 

COKKHA, s. f. Heurt, cboc. 

COKKHÀ, V. Heurter un corps contre un autre, comme au jeu 
des œufs de l'àques. 

COKKHASSA, s. f. Fille ou femme ridicule, qui aime à rire ou 
qui prête à rire; personne capricieuse; grand va.se d'étain pour 
tenir et servir le \in. ('\aiul.) 

COKUEL, s. m. Ecuelle. (Jura.) 

COKLELLHI, v. S'amuser avec des jouets. (Jura.) 

COLA, V. Couler, clarifier, passer le lait à travers des branches 
de sapin ou des tiges de lycopode [lour le dégager de tout crps 
étranger. (.\lp(;s.) 

COLATTET, COLLET, s. m. Petit coup de vin. (Pays-d'Enliaut.) 

COLEGNI, V. Pousser légèrement (|uel(iu'uii du coude ou du gemm 
pour l'avertir de prendre garde à ce qu'il dit. (Val d'illicz.) 

(^ • ' , . • , ) 






80 CON 

COLISSA, s. f. Tranchée pour l'écoulement des eaux, canal sou- 
terrain, égout. 
COLLET, s. m. Yoy. colattet. 

COLON, s. m. Pigeon. C. colom, pigeon. L. columba. (Bas- Valais.) 
COLONDA, s. /. Colonne, pilier en bois. L. columna. 
COMA, s. /■. Crinière d'un cheval, chevelure épaisse. L. coma, 

Gr. xoavj. 

COMBA, s. f. Vallée. C. comb, vallée, vallon. Le Péruvien dit aussi 
co7nb. (Jura.) 

COMBALLA, s. f. Vallon. (Ormonts.) 

COMBETTA, s. f. Dimin. de comba, petit vallon, 

COMBIER, A, adj. Habitant de la vallée du lac de Joux, appelée 
primitivement Combe du Lieu. 

COMBLLA, s. f. Couche de chanvre ou de fil placée sous la pierre 
du battoir pour l'adoucir. (Alpes.) 

COME, s. f. pi. Certaines marques pour prévenir l'anticipation de 
son terrain par un voisin. (Montreux.) 

COMPARA (se), v. Faire tous ses efforts pour réussir, se tour- 
menter de travail et de peine pour économiser, pour gagner; 
comparer. 

COMPARA, s. f. Peine, travail, économie. L. comparare, acqué- 
rir, gagner. 

COMPARAILLE, s. f. pi. Fiançailles. (Vallée de Joux.) Ce mot se 
dit aussi pour signifier compérage, fête de baptême. (Vaud.) 

COMPTAI, part, passé. Compris; àe compreindre, comprendre. 

CONDEMINA, s. f. Prairie appartenant au seigneur. (Vaud.) 

CONDJI, s. m. Congé. Bailli condji à n'ozé, donner la volée à un 
oiseau; avai condji se dit d'un catéchumène qui est admis à la 
communion, et n'est plus tenu de fréquenter l'école primaire. 

CONÉTRE, COGNAÎTRE, v. Connaître. Lo cognaisso prau, je le 
connais bien. 

CONFERTA, s. f. Collecte, quête de maison en maison. L. con- 
ferre, assembler, amasser. (Fribourg.) 



COR 81 

CONGRAIN, s. m. Machine en bois, à quiitre inivcrses, pDur domp- 
ter les vaches quand on les ferre. Vient du verbe contraindre. 
(Montreux.) 

CONNERI, s. /'. Tannerie. C. coi'n, peau. 

CONREI, s. m. Grand repas de paroisse ou de l^ourgeoisic, ronii- 
vium régale. (Estavayer.) 

(;ONRIA, V. Condenser la poix de cordonnier pour en enduire le 
ligneul; se gorger de mangeaille et de boisson (Pays-d'Enhaut); 
gouverner ses inférieurs avec arrogance. (Val dMlliez.) 

CONTA, r. Conter, raconter; compter, calculer, supputer; enjôler, 

CONTHIAU, s. m. Jetons pour calculer sur certaines tables à l'u- 
sage de ceux qui ne savent pas l'arithmétique. (Pays-d'Enhaut.) 

CONTO, s. m Conte, histoire; compte, calcul. 

CONTRA, s. f. Contre d'une charrue. (Orbe.) 

CONTR AMONT, adv. En haut. Reballa lo contramoni, se rouler de 
bas en haut, terme de sorcellerie. (Gros de Vaud.) 

CQNTZA, s. f. Bassin de pressoir. L. coucha, coquille, bassin. 

CONTZE, s. m. Plancher du battoir où s'étend le chanvre, et sur 
lequel la meule ou le rouleau passe en tournant. 

CONTZI, CONTSCHI, r. Se salir, s'enibrencr. C. cuvchcsa, souiller. 
V. Fr. conchier. 

CONVIA, r. Conduire. Din te convie. Dieu te conduise, se dit à un 
I)auvre qu'on renvoie sans lui faire l'aumône. Ce mot est pou 
usité. 

COPA, V. Couper, châtrer un animal. 

COPÉ, COPIj s. w. Croûte qui se forme sur une blessure. (Val 
d'Illiez.) 

COPETA, s. f. Rotule du genou. 

COPIAU, .s. m. Morceau d'élotfe, rognure. 

COPIN, COPON, s. m. Sébile de bois où l'on met la pâle d'un pain 
que l'on porte au four. (Vaud, Genève.) 

COPP.V, s. f. Mesure de grain valant deux quarterons. 

COHAHELA, s.f. Trachée-artère; pi. corahlle, intestins. 

MKM. ET DOCIM. XXI. 6 



82 COR 

COFSAHLLI, s. m. Enfant de chœur. (Fribourg.) 

CORAHLLON, s. m. Le cœur d'un chou, d'une pomme (Vaud, Ge- 
nève); l'endroit le plus fertile d'un territoire, d'un domaine. C. 
cor, coral, le milieu, l'intérieur. 

CORATTA, CORIATHA, CORATHI, v. Courir de tous côtés, cou- 
railler. 

CORATTHIRA, s.f. Fille écervelée qui ne fait que courir. (Nyon.) 

CORAULA, s. /■.; CORAULO, s. m. Ronde, branle; la chanson que 
l'on chante en dansant la coraula. C. coraxd, bal, danse en rond; 
carole, en provençal. (Fribourg.) 

CORBA, s. f. Courroie pour porter un vase sur le dos; cerceau du 
couvre-chef d'un berceau; pièce du râteau où les dents sont 
enchâssées. C. corbel, ce qui porte. (Alpes.) 

CORBALA, s. f. Petite branche de sapin garnie de ses feuilles. 
(Pays-d'Enhaut.) 

CORBASSIRA, s. f. Petit vallon étroit et tortueux, petit défilé. 

CORBÉ, s. m. Corbeau ; infirmier d'hôpital appelé aussi marron. 
Un testament du XV« siècle, dicté de la fenêtre d'une maladrerie, 
porte : Témoins les corbeaux. — Dans les règlements sanitaires 
faits à Lausanne en 1636 se trouve un article remarquable sur 
les corbeaux. (Voy. Conservateur suisse, tom. YI, pag. 4-34.) 

CORBO, A, adj. Courbe, courbé, voûté par l'âge. 

CORCI, i\ Faire du bruit en mâchant des croûtes, des fritures. (Val 
d'illiez.) 

CORCOÏ, s. m. Lampe. (Val d'illiez.) 

CORDA, COUERDA, s. f. Corde. 

CORDAI, CORDI, s. m. Cordier. 

CORDANGNI, CORDAGNl, s. m. Cordonnier; cordangnira, corda- 
(jnira, la femme du cordonnier. 

CORDANGNI, CORDAGNI, s. m. C'est le nom que les enfants et le 
peuple donnent aux coccinelles. (Vaud.) 

CORDRE, COUERDRE, v. Corsu, part. Se réjouir cordialement du 
bien ou du mal arrivé au prochain. Ce mot vient probablement 
du latin cor ; il est souvent employé pour exprimer un souhait: 



COR 83 

Diu te le corse. — Une poissonnière de Coppel, ayant vu des oi- 
seaux à la broche dans la cuisine d'une anherge de Genève, de- 
manda ce que c'était. « Des geais, )> lui répondit-on. En ayant 
demandé pour son dîner, elle les trouva fort bons et s'écria ; Diii 
me corse stu djai. Mais quand il fallut payer, il se trouva que c'é- 
taient deux perdrix. Alors elle se donna des coups de poing sur 
la bouche en disant : f.o diabllo me Iwioiui lo mor, le diable nie 
brûle la gueule. 

CORDZON, s. m. Bretelle en osier d'une hotte, d'une breiula ou 
breinta. (Voy. ces mots.) C'est aussi le lien qui joint les uns aux 
autres les pieux d'une haie morte. 

COREIHI, CORAIHI, v. Badiner, folâtrer entre jeunes gens. Gr. 
■/jjpE-'jM, sauter, danser. 

CORLIU, CORLIEU, s. m. Courlis, Scolopax arcuala, oiseau de 
marais. 

CORMONTAN, s. m. Brème, poisson qui ressemble beaucoup à la 
carpe. (Neuchàtel.) 

CORNA, V. Donner de la corne, sonner du cornet à bouquin, di- 
vulguer indiscrètement. 

CORNETA, s. /. Petit pain au beurre. (Eas-Yalais.) 

CORNETTA, i'. Ventouser avec des cornets. 

CORNETTET, s. m. Rapporteur, espion. (Val d'Illiez.) 

CORNETTHE, s. /. pi. Glandes du gosier. 

CORNIAULA, CRENIAULA, s. /. Tufdc l'espèce la plus dure. (Aigle.) 

CORNIOLA, CREiN'IAULA, s. f. Corme, fruit du cormier. 

CORNIOLAI, CRENIOLAI, s. m. Cormier commun, sorbier, Sorbus 
domestica. 

CORPORANCHE, s. f. Corpulence, taille. 

CORRATAI, CORRATIER, s. m. Tanneur, corroyeur. (Genève). — 
Corralel, id. — Ces mots sont vieillis. Voy. connkhi, tacon. 

CORRE, V. Courir; fut. corrctri, je courrai. 

CORRECI, v. Voy. cokhoci. 

CORREINTA, s. f. Diarrhée, tlux de ventre qui fait courir, corrc. 

CORRO, s. M. Collier de femme, grains d'un collier quel qu'il soit. 



84 COT 

CORROCI, V. Se fâcher, s'irriter, se mettre en courroux. — Cor- 
reci, id. 

CORSA, s. /. Course; la berge d'un ruisseau, d'un torrent. (Mon- 
treux.) 

CORSA, s. f. On ne le dit que par pitié, avec 'poura : poiira corsa, 
pauvre fille ou femme. Vient de corps. 

CORSALET, s. m. Habit court des pâtres, corset, gilet grossier. 

CORTERIA, COTTERIA, COFIRIA, s. f. Aiguillée de til ou de laine. 

CORTET, TA, adj. Petit, court de taille. 

CORTHIAU, adj. Courtaud. 

CORTZE, s. m. Son de froment. — C. crwst, croûte, écorce. (Bas- 
Valais.) 

CORZOÏ, s. m. Lampe. (Val d'Illiez.) 

COSANDAI, s. m. Tailleur. 

COSANDAIRA, s. f. Couturière. 

COSANDEI, s. m. Coccinelle rouge à points noirs sur les élytres. 
(Vaud.) 

COSSON, s. m. Marchand de blé ; homme qui va de maison en mai- 
son acheter des graines de légumes pour les revendre. C. coss, 
gousse. Voy. blladhi, 

COSSU, A, adj. Riche, bien étoffé; personne qui a une transpira- 
tion arrêtée; vieux, ridé. — C. cos, vieux, infirme. (Alpes.) 

COSSU, s. m. Gros rhume, catarrhe. (Alpes.) 

COSSUMEIN, adc. Richement, abondamment. (Alpes.) 

COSTI, COSTIK, s. m. Cautère. Gr. -/.«îo., brûler. 

COSU, part. Du verbe caudre, coudre. 

COTA, s. f. Pincée de laine, portion d'écheveau, boucle de cheveux. 

COTA, V. Coûter, causer des frais. 

COTE, s. f. pi. Favoris, mèche de cheveux le long de l'oreille sur 
la joue ; cardons, poirée. (Pays-d'Enhaut.) 

COTE, s. f. pi. Coût, prix payé, frais, dépenses. — C. cost, dépense. 

COTIN, COTILLON, s. m. Jupe de dessous, jupon. — CoUe,s.f. pi., id. 

COTSCHAIRA, s. f. Grande porte de grange, porte cochère ; sorte 
de bateau. 



cou 85 

COTSCHE, s. f. Coin, lieu retiré, ruelle borgne, angle d'un lu'tti- 

nient. 
COTTA, s. /". Limace noire, Limax ati'r. (Bus-Valais.) 
COTTA, s. f. Appui, étai, soutien d'un corps qui menace de tomber. 

COTT, i\ Appuyer, étayer, fermer au verrou; résister; hésiter 
en parlant. Se cottâ, s'opiniâtrer. 

COTTE, s. f. pi. Voy. cotin. 

CÔTTERD, s. m. Coterie ; réunion de quelques personnes, sur le 
soir, pour causer. (Vaud.) 

COTTERDJI, r. Se réunir au colterd du village, pour faire la rau- 
sette. (Vaud.) 

COTTERET, s. m. Larve du hanneton. Voy. man, vouare. 

COTTERIA, s. f. Voy. corteria. 

COTTERU, s. m. Petit ver qui attaque les grains semés, espèce de 
charançon. 

COTTHI, r. Partir sans rien dire, s'esquiver sans saluer. (Val 
d'Illiez.) 

COTTHU, COTTHUVA, adj. Celui ou celle dont les cheveux frisent 
naturellement; opiniâtre, têtu, bourru, taciturne, replié sur soi- 
même. (Pays-d'Enhaut.) Voy. regotthu. 

COTZCHON, COTZON, s. m. Nuque; rebut de filasse que la fileuse 
met de côté. 

COU, s. m. Col, cou; coup, fois; di cou, quelquefois; on, dou,trel 
cou, une fois, deux fois, trois fois ; vouéro dé cou, combien de 
fois; cein m'a badhi on cou, cela m'a donné une émotion. 

COUAILLA, s. f. Lait caillé dans la chaudière pour en faire le fro- 
mage. (Alpes.) 

COUAIR, s. m. Co'ur ; l'è ta de couair, il est tout cœur. 

COUAIR, s. m. Cuir, peau d'animal. 

COUAIRE, V. Cuire, démanger. 

COUAIRTA, s. f. Voy. coveirta. 

COUAISSA, s. f. Coiffe de femme, filet pour retenir certains mets 
durant la cuisson. 



86 COU 

COUAITA, .s. f. Hâte, précipitation; vo z'ai bein couaita, vous êtes 

bien pressé. (Lausanne.) 
COUAITHI, COUAIKI, v. Se hâter, se presser, se dépêcher. — C. 

couaitis, désir pressant. 
COUAITHIAU, SA, adj. Pressé, qui se hâte. — Le refrain d'une 

ronde vaudoise dit : Vo z'ite bein couaithiau, vos ôtro amoxmirau, 

vous êtes bien pressés, vous autres amoureux. (Lausanne.) 
COUAROU, s. m. Rossignol des murailles ou rossignol l)aillet. 

(Jura.) 
COUCI, COCI, adv. Comme cela, ainsi. 
COUDAMA, s. f. Narcisse des poètes. (Orbe.) 
COUÈ, adj. Brillé par le froid; se dit des plantes, des fruits, des 

enfants qui ont des engelures. 
COUEIR. s. m. Corps, homme ; ci coueir, cet homme-là, terme de 

mépris. 
COUEIRTHAU, s. m. Couverture de berceau. 
COUENNA, COUNA, KONA, s. f. Bord du lard, du fromage, peau 

du cochon raclée, couenne; croûte de crasse sur les vêtements. 

C. coen, peau, superficie, crème. 
COUENNE, s. m. Latte grossière, la première d'une bille débitée à 

la scie. (Vaud.) — Couenneau (Vaud et Genève), id. 
COUET, s. m. Perche qui soutient des deux côtés un tonneau sur 

un char. Du verbe cottâ, appuyer. (Alpes.) 
COUÉTA, COUAITA, s. f. Liquide qui reste dans la chaudière 

après qu'on en a retiré le séré, et qu'on donne aux porcs pour 

les engraisser. (Alpes.) 
COUGNARDA, s. f. Confiture ou conserve de fruits. C. anng, cuingn, 

gâteau. 
COUGNE, s. f. Presse, jeu d'écolier. (Lausanne.) 
COUGNI, CUGNI, V. Serrer, presser, pousser ; frapper la monnaie 

à son coin (Plaid général de Lausanne). L. cuneus. 
COUI, pron. interr. Qui? lequel? — Co, id. 
COUÏON, s. m. Poltron, lâche, couard, malotru. — Ce mot est cel- 
tique. 

tut» 4'c\ { \rn^ tl>i HA-vat' t^ y> ti<i« (i W ^r \^^ AtJlc< pU 



"^ Un 



ef- 



cou 87 

COUÏONNA, V. Mener par le nez, attraper, railler, se moquer. 

COUÏONiNERI, s. f. Lâcheté, vilenie. (Vaud.) 

COUKELLHE, s. f. Coquille, sorte de danse à laquelle on force tous 
les passants de se joindre. (Voy. la grande coquille de Gruyère, 
Conservateur suisse, toni. V, pag. 4o3.) (Alpes.) 

COULAT, s. m. Culotte, chausses. (Jura.) 

COULLHEHET, s. m. pi. Ricochets faits sur l'eau avec une pierre 
plate. (Vaud.) 

COULLHl, V. Cueillir, ramasser ; se retirer, s'en aller, se sauver ; 
fut. cudri. — Coué-tè ! va-l'en, sauve-toi ! 

COULLHl, COULLIHRA, s. f. Cuiller. 

COUMAIN, adv. Comment. 

COUMAINDA, COUMANDA, v. Ordonner, commander, prescrire. 

COUMARE, s. f. Commère, 

COUMEGNL s. m., COUMEGNIRA, s. f. Bourgeois, bourgeoise d'une 
commune. 

COUMEINCHI, COUMEINCI, COUMECI, v. Commencer. 

COUMENA, KEMOUNA, s. f. Commune, bourgeoisie. 

COUMENO, s.m.pl.; COUMENAILLE, s.f.pL; COUMON, KEMON, 
s. m. Tous ces mots signifient les biens-fonds, plus particulière- 
ment les pâturages qui appartiennent indivisément à tous les 
bourgeois d'une commune. — Sounnu lo coumon, sonner pour 
l'assemblée de la commune. (Vaud.) 

COUMOUDO, DA, adj. Commode, utile, à portée. 

COUNNl, s. m. Lapin. C. conicli, connil; V. Fr. connil; L. cuniculus. 

COUP ARE, s. m. Compère. 

COURA, CORA, CURA, v. Récurer, nettoyer un vase, enlever le 
fumier d'une étable. (Pays-dEnhaut.) 

COURIA, s. m. Se disait avant 1803 pour greffier, notaire, secré- 
taire d'un tribunal. L. curia. (Vaud.) 

COURJO, s. m. Lampe. (Montreux.) 

COURSCIIIA, s.f. Cartilage. 

COURTA, CORTA, s. f. Petite futaille, tonneau. 



88 COV 

COURTENA, CORTENA, s. {. Tas de fumier disposé en forme de 
carré et empaillé régulièremenl^ dans la cour des fermes ou de- 
vant les habitations rurales. (Vaud.) 

COURTSE, CORTZE, CREITZE, CRUTSE, s. /'. pL Son des céréales. 
— Creuison, s. m., id. 

COURZA, COURSA, v. Neiger avec tourbillons ou par rafales. 
(Pays-d'Enhaut.) 

COUSEIN, s. m.; COUSENA, s. f. Cousin, cousine. 

COUSENA, s. f. Cuisine. 

COUSENÀ, V. Faire la cuisine, cuisiner; cousiner quelqu'un. 

COUSENAI, s. m.; COUSENAIRA, s f. Cuisinier, cuisinière. 

COUSON, s. m. Peine, souci, inquiétude. — On dit cueusa, s. f. 
dans le Jura. — D'é prau couson, j'ai assez de souci. C. coueza, 
accident. 

COUSS, s. m.; COUSSA, s. /. Tempête, tourmente. Ail. yuss, averse, 
giboulée. (Alpes.) 

COUSSA, COUSSE, s. f. Cuisse. 

GOUST, COSTANGE, COÙTANCE, s. f. Frais, dépens. (Vieux titres.) 

COUSTILLE, s. /. Sorte de sabre employé au moyen-âge. (Vaud.) 

GOÛTA, s./". Colline, côte. 

COUTALA, V. Donner des coups de couteau, poignarder, 

COUTALET, s. m. Petit couteau. 

COUTE, COUTHI, s. m. Couteau; rayon de miel. 
Couté-bressi, couteau courbé qui a deux poignées en bois. 
Couté-parei, couteau droit, lame à deux poignées. (Vaud.) 

COÛTERAN, s. m. Habitant de la partie du canton de Vaud appe- 
lée La Côte. 

COUTSCHET, GOUTZET, CUTZET, s. m. Sommet, extrémité, cime. 
L. culmen. 

COVÀ, COVAI, COVÉ, s. m. Etui de bois dans lequel le faucheur 
tient la pierre à aiguiser et l'eau qui la mouille. L. cos, pierre à 
aiguiser. (Vaud, Genève.) 

COVA, V. Couver. 

COVAGNA, CAVAGNE, s. f. Espèce de corbeille carrée, arbre ren- 



CRA 89 

versé, souche pourrie de vieillesse. — C. caw, creux. Voy. ca- 
VAGNE. (Alpes.) 

COVASSON, COUAIRON, s. wj. Nymphe d'abeille non encore déve- 
loppée. {Covasson se dit aussi des punaises. N. de l'éd.) 

COVEIN, COVEIRON, s. m. Œuf ou larve blanche des mouches à 
viande. 

COVEIRTA, s. f. Couverture de lit. — Couairla, id. 

COVET, COVÉ, s. m. Chauiïerette. {Vaud, Genève.) 

COVRI, CREVI, CRUVI, v. Couvrir. 

CRA, s. m. Crasse adhérente à la peau de la tête chez les petits 
enfants. 

CRAI, CRI, s. /". Croix. Santa-Cri, Sainte -Croix, village vaudois 
dans le Jura. 

CRAIRE, V. Croire. — Lo eniiri kan lo vcrri, je le croirai quand 
je le verrai. 

CRAISA, CRAISILLA, s. f. Voy. creutze. 

CRAISETTA, s. f. Petite croix; verveine, Verbena officinulis. 

CRAISI, V. Croiser, passer, traverser. — Craisi lo le, passer do l'au- 
tre côté du lac. 

CRAISU, CRESU, CREUSUIT, COURJO, COURZO, CROZET, s. m. 
Lampe de ménage. C. creusel, lampe. (Vaud.) 

CRAS.A, s. f. Ravine profonde. C. cras, colline, hauteur d'où des- 
cendent les ravins. (Coppet.) 

CRATO, s. m. Panier long et étroit pour cueillir les fruits, surtout 
les cerises. Ail. bernois kralten, krwUli. 

CRATSCHA, CRATZE, s. f. Salive. 

CRATSCHAIE, s. f. Un peu ; ne s'emploie que dans cette locution : 
Va fé na cratschaie de nui, il est tombé un peu de neige. 

CRATSCHI, i\ Cracher. 

CRATTO, s. m. Muselière de cheval, de mulet. (C'est sans doute le 

même mot que crato. N. de l'éd.) 
CRAU, s. m. Creux, fossé, ouverture dans le terrain. 
CRAUSA, CROSA, CRASA, s. f. Montée et descente rapide par un 



90 GRE 

terrain plein de creux, semblable à un ravin ; filet pour prendre 

le poisson dans le lac de Morat. — Yoy crasa. 
CREBILLHA, CROUBALLHA, CROUBELLHE, s. /.; CREBILLHON, 

s. VI. Corbeille, corbillon. 
CREBLLETTA, s. f. Crible pour passer le sel pilé destiné à la sa- 
laison des fromages (Alpes); cresserelle, petit oiseau de proie, 

(Vaud.) 
CREINTZE, CRINSE, s. f. pi. Criblures du blé. 
CREINTZI, V. Secouer le van d'un genou à l'autre pour séparer les 

criblures. (Moudon.) 
CRENA, V. Craquer en se rompant. C. crena, tremblement. 
CRENAHIE, CRENHA, s. f. Eclat, craquement dans les bâtiments 

en bois. (Alpes.) 
CRENÉ, CRENAU, s. m. Tuile faîtière, enfaîteau. 
CRENIAULA, s. f. Voy. coRNrAULA, cormola. 
CRENOT, s. m. Demi-courlis, oiseau de rivage. 
CRESCEIN, s. m. Pain grossier, plat et mince, en usage aux Or- 
monts. 
CRET, s. m. Petit mont, tertre, éminence. 
CRÊTA, s. f. Crête, faîte, sommet de montagne. — Crêta de pu, co- 

crêle, Rhinanthus Crisia-Galli ; vulg. crête de coq, cocriste. 
CRETALET, s. m. Diminutif de cret. 
CRÉTHA, s. f. Rebord d'une planche qui entre dans la rainure ou 

la coulisse d'une autre. 
CRÈTHA, V. Faire le rebord dans une planche et la rainure dans 

l'autre. 
CRETIN, NA, aclj. Idiot, imbécile de naissance. Ce mot est une cor" 

ruption de chrétien. (Bas-Valais.) 
CRÈTRE, r. Croître, augmenter. 
CRETZE, s. f. pi. Craquements dans le bois de charpente avant 

qu'il soit sec. Voy. crenahie. 
CREUCHON, s. m. Son séparé de la farine des céréales. (Evêché 

de Bâle.) — Voy. cortze, courtse, creutson. 
CREUTSON, s. m. Son des céréales. — Voy. cortze, courtse, 

CREUCHON. 



CRO 91 

CREUTZE, CRUTSCHE, CRITSCIIE, CRAISA, CRAISILLA, s. /•. 
Coquille d'œuf, de noix. 

CRÉVÀ, u. Crever. L'impératif criv'ra est devenu une sorte d'im- 
précation. 

CRI, s. f. Voy. CHAI. 

CRI, s. /»., CRIKA, s. /. Maladie des vaches qui les rend aveugles. 
(Alpes.) 

CRIA, s. f. Criée publique, proclamation par huissier. 

CRlÂ, V. Crier, puhlier ; appeler quelqu'un; publier les bans de 
mariage à l'église. 

CRIBLLET, s. m. Grille en fer placée sur une ouverture des égoûts 
publics. (Lausanne.) 

CRIBLLETTA, CREBLLETTA, s. f. Cresserelle, Falco Timmculus, 
petit oiseau de proie. 

CRINSON, s. m. Cresson, cardamine des prés. C^inson bâtard, vé- 
ronique cressonnée, Veronica Beccabungn. 

CRO, s. VI. Crapaud, corbeau. — Cro j)escherût, sorte de cormo- 
ran. (Jura.) 

CROISON, CRAISON, s. m. Pomme sauvage. (Nyon, (lenève.) Voy. 

BOTZENA. 

CROKKA, V. Manger ; heurter deu.x: corps l'un contre l'autre. En 
ce dernier sens il se dit surtout des œufs le jour de Pâques. En 
français populaire vaudois, croquer ; à Genève, coquer. 

CROLLHI, V. Ebranler, secouer un arbre pour en faire tomber 
les fruits. 

CROSA, V. Creuser; chercher les prétendus trésors souterrains. 

CROSERAN, s. m. Herboriste, celui qui recueille des simples et 
des racines pour les pharmacies. (Alpes.) 

CROSSA, s./. Crosse, béquille, appui fourchu. 
CROSSONA, r. Reprocher aigrement à quelqu'un ses défauts. 
C. cros, reproche, querelle. (Val d'Illiez.) Crulihi, id. 

CROTA, s. f. Croûte, beurrée. 
CROTÀ, r. Crotter, salir de boue. 



92 CRU 

CROTTA, s. f. Caveau, trou en terre où l'on enfouit les légumes en 
hiver. 

CROTTHA, s. f. Masse de beurre. (Ormonts.) Autrement, matolla, 
malolla. Matolle, dans le français populaire de Vaud et de Genève. 

CROTTHION, s. w. Garçon ou fille qui se marie parce qu'il le faut 
et qu'il y a des preuves visibles de la cohabitation. (Bas- Valais.) 

CROTTON, s. m. Cachot, prison obscure et enfoncée. (Vaud, Ge- 
nève.) 

CROTTU, VA, adj. Marqué de la petite vérole. L. crustatm. 

CROTZENA, CROTSCHI, v. Agrafer, passer l'agrafe dans la bou- 
clette. 

CROTZERAN, CROT, s. m. Corbeau. Voy. cro. 

CROTZET, s. m. Crochet, agrafe. 

CROTZON, CROUTON, CROUTHION, 5. m. Entamure du pain. 

CROUIERl, s. f. Méchante action, objet de nulle valeur. 

CROUILLENA, CROILLONNA, v. Attiser le feu avec un instru- 
ment de fer, fourgonner. 

CROUILLON, s. m. Fer pour attiser le feu, fourgon. C. crouilh, 
tige de fer, verrou. 

CROUIO, A, adj. Méchant, vaurien, mauvais, de nulle valeur; se 
dit des gens et des choses. On, crouio couer, un méchant homme; 
croide hotte, mauvais souliers. (Vaud.) 

CROUPETON (à), adv. A genoux repliés, d'une manière accroupie. 

CROUPI, V. S'accroupir. 

CROUZILLON, s. m. En composition avec gro : gro crouzilloa, 
cerisier à grappes. Prunus Padus. (Pays-d'Enhaut.) (Dans le 
Jorat, pouùlta, s. f. N. de l'éd.) 

CRU, s. m. Petit lait. (Alpes.) 

CRUA, CRUVA, s. f. Crue annuelle d'un arbre, jet d'une plante; 
accroissement des eaux. 

CRUSILLETTA, CRESOLLETTA, s. f. Boîte pour recevoir de banc 
en banc les aumônes dans le temple. Crusille, id. 



CUP 0:i 

CRUTini, V. Reprocher aigrement à quelqu'un ses défauts, le gron- 
der. L. rrucim-e. tourmenter. (Val d'Illiez.) — Cj-ossona, id. 

CRUTSCHO, s. m. Œuf sans coquille. 

CRUVI, r. Couvrir. 

eu, KIU, TU', s. m. Cul, derrière. Va-fein an en ilau tsin, va-t'en 
au c. du chien, locution injurieuse assez usitée. Cu fonelta, c. 
fouetté, se dit à un enfant qui a été fouetté. (Vaud.) 

CU-BLLAN, s. m. Cul-hlanc, Hirnndo rmtica, espèce d'hirondelle. 
— Dans les réunions de certains villages, si une fille sort un 
moment de la chambre et qu'on demande où elle est allée, sa 
mère, sa sœur ou une amie répond inodosl(^ment : E\)ei hein kc 
l'è z'allahic fére di z'au de cu-bllan, peut-être bien qu'elle est 
allée ])i z'au signifie des œufs. 

CUCU, s. m. Primevère. Yoy. cocu. 

CU-DE-PÈDJE, CU-DE-PÈDZE, s. vi. Sobriquet élégant des cor- 
donniers. (Vaud et Fribourg.) A Genève, cu-de-pège se dit de 
toute personne qui a l'habitude de prolonger ses visites. 

CUDIAU, SA; COUDIAU, SA, adj. Outrecuidant, présomptueux, 
suffisant; pensif, rêveur. V. Fr. mider. (Moudon.) 

CUDIHI, COUDHI, CODIHl,?;. Penser, croire; tacher, essayer; 
avoir trop bonne opinion de soi-même. V. Fr. cnider. 

CUDRA, KEUDRA , s. /■. Courge, citrouille; coudrier, noisetier. 
Cudra bdtarda, bryone ou couleuvrée, Bryonia alba, plante cu- 
curbitacée. 

CUDR.AI, KEUDRAI, s. m. Coudraie, lieu planté de coudriers; lieu 
planté de courges. 

ClIDRETTA, s. f. Petit coudrier; diminutif de cudra. 

CUEUSA, s. f. Voy. couson. 

CUKARA, KANKOUARA, s. f. Hanneton. Voy. KANKOUAiru. (Vaud.) 

CUKEMÈL.A, V. Faire la culbute, la rupesse. 

CULOT, s. m. Petit garçon qui porte des culottes; petit liomme 
trapu. 

CUPESSA, s. f. Culbute que l'on fait en mettant la tête contre terre 
et en se jetant de l'autre côté. (Vaud.) 



U CUV 

CURA, s. /. Presbytère, habitation du pasteur ou du curé de la pa- 
roisse. L. curia. 

CURA, s. f. Soin, dessein. N'est guère usité que dans ce proverbe: 
Mo predji ke n'a cura de bein fére, il est inutile de prêcher celui 
qui n'a pas dessein de bien faire. L. cura. 

CURA, V. Yoy. couRA. 

CURADJO, s. m. Le poivre d'eau et la persicaire à feuilles de pa- 
tience, deux espèces de renouées. (Aigle.) 

CURAFIFI, s. m. Vidangeur, gadouard. Cura-cakaira, id. 

CURIAU, CURIEUR, s. m. Hommes qui nettoyaient les maisons 
des gens morts de la peste. (Romainmôtiers.) 

CURTELLADJO, s. m. Ce qui se cultive au jardin^ au potager; lé- 
gumes. 

CURTHELLAU, SA, adj. Jardinier, jardinière. 

CURTHELLI, v. Jardiner, travailler au jardin. 

CURTHELLIRA, COURTELLHIRA, s. f. Taupe-grillon, cowr/i/îère, 

insecte qui ravage les jardins. 
CURTl, CORTHI, COURTI, COUERTI, s. m. Jardin. L. hortus. Gr. 

CURTILLET, s. m. Diminutif de curti. 

CUSSIFLLO, s. m. Injure vaudoise du beau langage. (Lausanne.) 

CUTHA, V. Mettre violemment à la porte. (Val d'IUiez.) 

CUTHALA, s. f. Etendue de foin qu'abat un coup de faux. (Pays- 
d'Enhaut.) 

CUTRA, s. /. Contre de charrue. L. culter. — Voy. comra. 

CUTSET, CUCHON, CUCHET, s. m. Veillotte, petit tas de foin sur 
le pré. (Nyon, Genève.) 

CUTZE, KEUTZE, s. f. Lit, couche. C. (juech, gucli, élévation. 

CUTZETTA, s. f. Couchette, petit lit, grand berceau d'enfant. 

CUTZl, KEUTZI, V. Coucher, renverser. 

CUVA, s. /. Fumier encore tendre dans le dépôt. (Val d'Illiez.) 

CUVA, s. f. Voy. CAUVA. 



DAl 95 

CUVA, s. f. Cuve, envier, grande tine à lessive. 

CUVA, V. Cuver, fermenter. 

CUVOT, s. m. Diminutif de cura, petit cuvier, cuvette. 

iV. B. Les mots qui ne se trouvent pas au C se trouveront à la 
lettre K. 

Les mots qui commenconl par Ch peuvent s'écrin' par Ts, r.sv7/, 
Tz, Tzch, S, selon les dialectes qui varient d'un villa;,^' à Tautrc. 



D 



DA, DE, DEA. Particule qui ne s'emploie qu'avant ou après une 
affirmation ou une négation : ouai-da, oui-dà ; na-da, non certes ; 
oai du, sûrement; da-hcrtho , da-hllerlo, excessivement, consi- 
dérablement, certainement. (Pays-d'Enhaut.) 

DADA, adi\ Bien obligé, grand merci; c'est un terme enfantin. 
(Vaud.) 

DADOU, DADERIDOU, s. m. >}igaud, balourd, butor. — Dadais, 
darandan, id. (Vaud.) 

DAGGA, s. f. Epée, dague ; iris, Iris germanicu. 

DAGNA, DEGNA, s. f. La tige creuse d'un pied de chanvre, l'ai- 
guille d'un clocher. 

DAI, DEI, s. m. Doigt. 

DAIBLLO, A; DÉBILO, A, adj. Faible, sans force, paralysé. L.de- 
bilis. 

DAIKI, V. Enseigner, montrer, indiquer. Gr. ÔEwvjat, démontrer. 
(Alpes.) 

BAILLA, s. f. Faux, faucille. (Jura.) 

DAILLE, s. f. Pin pectine et pin sauvage, Pinus picea de Linnée et 
Pinus sijlvestris. (.\Ipes, Jura.) 

DAIN, prép. Dans. (Vallée de Joux.) 

DAINSE, DAINKIE, DISSE, adv. Ainsi. Dainae sai-te, ainsi soit-il ! 



96 DAV 

DAMA, DAMETTA, s. f. C'est, selon les lieux, le nom patois de 
la mésange, de la pie, de la linotte, de la lavandière. 

DAMADJO, s. m. Dommage, perte. Ma damadjo, mô damajo, ex- 
pression fort usitée qui veut dire : je m'y attendais, je n'en suis 
pas surpris. (Vaud.) 

DAMMA, s. f. Une dame ; outil de paveur pour enfoncer les pierres. 

DAMME, s. /", pi. Menus grumeaux de lait caillé qu'on prend dans 
la chaudière en cuisson. (Jura.) 

DAMMETTA, s. /. Pieu de sapin pour les palissades. 

D'AMON, loc. ndv. En haut. Pahi-d' Amont, Pays-d'Enhaut, district 
du canton de Vaud. 

DAMOUNAIN, DAMOUNAINTZE. Habitant du Pays-d'Enhaut. 

DAMUSALLA, s. f. Demoiselle; l'insecte de ce nom, libellule. 

DAN, adD. Donc. 

DANA, r. Couler; se dit d'un vase en bois qui fait eau par ses join- 
tures, comme le tonneau des Dnnaïdes. (Alpes.) 

DANAHI, V. Radoter, tomber dans l'enfance, rêver. (Jura.) 

DANKEDAN, adv. De temps en temps, parfois. (Pays-d'Enhaut.) 

DANTAN, adv. L'année dernière. L. ante annum. (Pays-d'Enhaut.) 

D'APREMI, loc. adv. Premièrement, en premier lieu, dès l'abord. 
L. primus. 

DARANDAN, DERANDAN. s. m. Imbécile, idiot, niais. Yoy. dadou. 
(Bas-Valais.) 

DARD, s. m. Poisson du Léman du genre des cyprins, nommé dard 
à cause de sa rapidité. Vulg. la vaiidoise. 

DARDA, V. Suinter à travers les jointures d'un vase de bois. 

DATTO, ATO, prép. Avec. C'est l'a tout du vieux français. (Fri- 
bourg.) 

DAU, DAOU, DOU, DEU, art. Du. 

DAU, DAIISSA, adj. Doux, tempéré, tendant à l'humide. 

DAVERON, prép. Autour, aux environs. 

D'AVÔ, D'AVAU, D'AVON, loc. adv. En bas Lé d'avau, là-bas. 



DÉ13 97 

DE, pron. pers. de la prem. pers. Je. De vu Vai dévesa, je veux lui 

parler. (Fribourg.) 
DÉ, DEZ, s. f. Menues branches de sapin avec leurs feuilles; on 

les emploie pour litière dans les Alpes. 
DÉ, DEI, Dl, art.pl. Des. Il prend le z euphonique devant les 

voyelles : dci z'alogne, des noisettes; di z'au, des œufs. 
DÉAN, DÉVAN, prép. Devant, avant. Déan tschi Ihi, devant chez lui. 
DÉANTAN, adv. De l'année pénultième, avant l'année courante. 

(Alpes.) Voy. dantan. 
DEAUDZE, DAUDZA, s. f. Substance noirâtre et charnue qui se 

trouve dans le suif. (Pays-d'Enhaut.) 
DÉBADA, adv. Inutilement, en vain. (Jura.) 
DÉBADÂ, r. Etre toujours dans une maison, ne pas démarrer d'un 

lieu. 
DÉBAGOUIjA, V. Parler à outrance, vomir. 
DÉBAKA, V. Débattre une question, crier contre quelqu'un. (Mot 

vieilli.) 
DÉBANTZl, V. Quitter son banc, cesser de travailler. A^'a pa dé- 

bantzi de liouai, il n'a pas quitté son ouvrage aujourd'hui. 
DÉBARDA, V. Dissiper ses biens, se ruiner. 
DÉBARDO, s. m. Dissipateur, mauvais ménager. (Alpes.) 
DÉBATTHIAU, s. m. Bâton hérissé de pointes pour briser le lait 

caillé dans la chaudière. 
DÉBATTRE, DÉBATTRE, v. Briser le caillé avec le déballhiau; 

gronder (Alpes); sentir le bout de ses doigts engourdis par le 

froid. (Vaud). 
DÉBHASTA, v. Sortir du pair, se dit au jeu. 
DÉBILO, A, udj. Voy. uaibllo. 
DÉBLLOTTA, r. Détacher les gousses de fèves de la tige, égrener; 

gâter de jeunes pousses; parler trop vite, débiter un discours 

troj) raiiidemeiit. 
DÉBOKKO, A, adj. Hardi, etfronlé, impudent, indécent comme un 

bouc, boclio. (Val d'Illiez.) 
DÉBONNA, DÉBOUAINA, r. Déterminer la ligne que la faux doit 

MÉM. KT DOCUM. XXI. "7 



98 DEC 

suivre pour ne pas empiéter sur l'herbe du voisin; ôter une 

borne, bouenna. 
DÉBOTZARDA, v. Laver un visage sale; de botzard. 
DÉBOUAITHI, V. Déboîter, enlever la corne du pied d'un animal 

pour le guérir. (Pays-d'Enhaut.) 
DÉBOUBONA, v. Prendre un air gai, se mettre en train de folâtrer 

comme un enfant. — De boubo, petit garçon. (Valais.) 
DÉBOUÉLA, II. Démêler, déranger, débrouiller; ôler les boyaux. 

— De boue, boyaux. 
DÉBOUERSI, V. Déchirer. (Verrières.) 

DÉBOULA, V. Partir, décamper, s'évader, s'enfuir clandestine- 
ment. (Vaud.) 
DÉBRALLHI (se), v. Se débrailler, se découvrir indécemment la 

poitrine; avoir ses vêtements en désordre. 
DÉBREDA, V. Débrider; avec la négation ne, ne pas cesser. 
DÉBREFFA, s. f. Débauche, prodigalité, folle dépense. (Gruyère.) 
DÉBREINLA, v. Quitter sa place; n'a pas débreinla du stu matin, 

il n'a pas quitté sa place, ou son travail, depuis ce malin. 
DÉBREKA, V. Détrousser une des ailes d'un chapeau à trois cornes 

pour se préserver du soleil ; dégrever un immeuble de l'hypo- 
thèque dont il est chargé. (Vaud.) 
DÉBRIFFO, A, adj. Etourdi, écervelé. De briffa, friper, dévorer. 

(Bas-Valais.) 
DÉCAPITA, V. Maltraiter, tirer par les cheveux. 
DÉCAUDRE, V. Découdre. 
DÉCEIMBRO, s. m. Décembre. 
DECEINDO, DESANDO, s.m. Samedi. 
DÉCERGUEGNI, v. Déranger les pièces d'une machine, la faire 

ballotter. (Alpes.) 
DÉGOÛTA, DÉCOÛTE, adv. et prép. A côté de, auprès de, près de. 

Décoûta l'otlo, à côté de la maison. 
DÉCRET, s. m. Atrophie qui fait décroître un membre, un bras, 

une cuisse; faillite par voie de justice. On lô a fé décret, un tel 

a failli, a fait banqueroute. 



DEF 99 

DÉCRETTRÉ, v. Décroître, diminuer. 

DÉCRUVA, s. f. Diminution du nombre des mailles dnns un tricot. 
DEDAIN, prép. et adv. Dedans. Dégan. id. (Vallée de Joux). Voy. 

DMN. 

DÉDJALA, V. Dégeler. Lédzala, id. 

DÉDJALAIIIE, s. f. Dégel; bastonnade, l'action de rosser; abon- 
dance. Dédzalahie, id. (Lausanne.) 

DEDJAU, DEDJEU, DEDZU, DEDZAU. Jeudi. L. dies Jovis. 

DÉDJETTA, V. Déshériter, priver quelqu'un de sa pari légale d'un 
héiiîage. (Fribourg.) 

DÉDZERIAU, s. m. L'estomac, celui qui digère. (Monthoy.) 

DÉDZERMA, v. Oier les germes. 

DÉDZONNA, r. Déjeuner. Lo dnlzonna, le déjeuner. 

DÉDZOTSI, V. Déjucher, ôter les poules du juchoir. De djot, 
juchoir. 

DÉFACIA, i\ Dévisager, défigurer la face par des coups, blessu- 
res, etc. (V. st.) 

DÉFANOTHI, v. Démaillotter, ôter du maillot. C. fano, toile, drap. 
(Alpes.) 

DEFASSOTA, v. Démaillotter, ôter les sangles, délier les courroies 
d'une bête de somme. — L. fascia, bandelette. (Pays-d'Enhaut.) 

DÉFATTA, V. Oter de la poche, payer de sa bourse. De fatia, poche. 

DÉFEMA, i\ Enlever le fumier étendu sur un terrain; se dit de la 
pluie, d'une ravine. (Alpes.) 

DÉFERMA, V. Ouvrir, ôter ce qui ferme, enlever une clôture, une 
cloison. 

DÉFERRA, V. Déferrer; déconcerter, réduire au silence. 

DÉFERRA-TSAO, s. m. La lunaire, Bolrijchium Lxntnria , fougère 
du groupe des ophioglossées; mot à mot, dcfcrre-chcial. Cette 
plante est ainsi nommée d'après le préjugé superstitieux qui fait 
croire aux montagnards que si le fer d'un cheval la louche, il 
tombe et se brise à l'instant. 

DÉFIKA, V. Se quereller, avoir une dispute. 



100 DÉG 

DÉFINI, A, adj. Dissous, décomposé. 

DEFIOLA, DÉFIOULA, v. Cesser de boire. De fioula, bouteille. 

DÉFLUSSION, s. f. Enflure à la tête, avec mal de dents; fluxion. 
(Neuchâtel.) 

DÉFOLLI, DÉFOUAHLLI, r. Oter les feuilles d'un arbre; enlever 
une boiserie. 

DÉFORA, V. Oter une enveloppe, une taie, une doublure, un four- 
reau, la couverture d'un livre. (Pays-d'Enhaut.) 

DÉFORFALA, v. Défaufiler, ôter les faux fils. 

DÉFORMA, V. Oter la forme d'un soulier, d'un chapeau. 

DÉFORNA, V. Oter le pain du four. 

DÉFORTENA, s. f. Infortune, malheur. 

DÉFREGUETTHl, A, adj. Déguenillé, couvert de haillons, de lam- 
beaux. — C. frega, déchirer. (Valais.) {Défieguellhi, dans le can- 
ton de Vaud. — N. de l'éd.) 

DÉFROU, DÉFRO, DÉFEUR, DÉFOUA, adv. Dehors. L'è adi 
défrou, il est toujours hors de chez lui. L. forts. 

DÉGAIGNI, V. Se dégoûter, dédaigner. (Moudon.) 

DÉGAN, adv. Dans, dedans. Voy. dain. (Jura.) 

DÉGANETHI, v. Partir, déguerpir par crainte. (Alpes.) 

DÉGANGUELLHI, A, adj. Déguenillé. De ganguellhe, lambeaux, 
(Vaud.) 

DÉGAULA, V. Vomir; dire des torrents d'injures. (Vaud.) 

DÉGAULAHIE, s. f. Torrent d'injures, surtout d'une femme en co- 
lère. (Vaud.) 

DÉGNEHLLI, DÉGNOLA, v. Déboîter, luxer, disloquer. 

DÉGNEHLLI^ IRA, adj. Qui a un membre luxé, déboîté. Danillha, 
jointure, articulation. 

DÉGOLA, V. Echancrer un vêtement. (Alpes.) 

DÉGONFFLA, v. Dégonfler; réduplicatif, redégonffîa, redégonhUa. 

DÉGORGI, DÉGOURGI, DÉGRUSSI, DÉGREDA, v. Déchirer; per- 
dre, dissiper son bien. 

DÉGOUSI, SIA, adj. Dévergondé, effronté, impudent. (Nyon.) 



DEI 101 

DÉGOUAISI, V. Dégoiser, habiller, jaser mal à propos. 

DÉGOUBELLHI, r. Vomir, dégobillcr. G. gicp, gob, bouclic 

DEGRA,, ÉDEGRA, s. m. Escalier, degré. 

DÉGRADALA, r. Tomber dans l'escalier, dégringoler. L. gradus. 

DEGRAI, s. m. Mouvement fait pour se soulager d'une douleur. 

DÉGRAPPA, V. Egrapper. 

DÉGRAVA (se), v. Se disculper: dégrever un immeuble. 

DEGRAURI, V. Enlever la crasse des parois d'un vase, le décras- 
ser. De graubn, crasse. (Alpes.) 

DÉGREMEHLLI, DÉGREMECI, DÉKREMELLH.A , r. Développer, 
détortiller, démêler un écheveau, un peloton. De grcmcci, pe- 
loton. — L. gremimn. 

DÉGRUFFO, A; DÉGRUFFI, lA, «(/;. Espiègle, alerte, éveillé. (Ge- 
nève.) 

DÉGUEGNI, i\ Dédaigner; se dégoûter d'un mets, d'un aliment 
qu'on croit mauvais. 

DÉGUELHA, s. f. Discours mal fait, mauvais sermon, prône mal 
débité. (Vaud.) 

DÉGUELHl, V. Renverser, abattre; débiter mal un mauvais 
discours. 

DÉGUERLA, DÉVOUERLA, t-. Déplisser; dégringoler; se dégour- 
dir, se mettre en train. (Alpes.) 

DEHLLO, adv. Vivement, subitement. 

DÉHLLOSENA, v. Perdre ses pétales, délieurir. De hllatt, fleur. 

DÉHLLOURE, v. Ouvrir ce qui est fermé. De hllonre, fermer, clore. 

DEI^ art. pi. des deux genres. Voy. di. 

DEI, DI, DIU, GHl, GHIU. Dieu. — Diu vo bcgne. Dieu vous bé- 
nisse. — Le bon Di, le bon Dieu. — Au nom de Ghi, au nom de 
Dieu. 

DEIN, s. f. Dent; pointe de montagne. Dein deJaman, dein de Vau- 
Hon, dent de Jaman, dent de Vaulion. E mo ai dein, j'ai mal aux 
dents. 



102 DÉK 

DEIN-DE-TSAO, s. m. Mot à mot, dent de cheval: c'est la jus- 

quianie, Hyoscyamus niger. (Pays-d'Enhaut.) 
DÉKALA, s. f. Déchet, diminution du poids dont il faut tenir compte. 

Voy. KALA. 

DÉKALÂ, V. Baisser, diminuer de poids, de prix, de valeur. Voy. 

KALÀ. 

DEKALLHE-SAN, s. m. Patience sanguine, Rumex sanguineus ; mot 
à mot, qui rend le sang moins épais. Comme cette plante a les 
feuilles rouges, la superstition lui attribue la propriété de ren- 
dre le sang moins épais, ou de faire disparaître le sang extra- 
vasé, caillé. 

DÉKALLHI, V. Rendre le lait liquide après qu'il a été caillé. 

DÉKAMÂ, V. Oter à une chèvre le collier appelé kama ; se dégager 
d'un embarras, se tirer d'affaire. (Alpes.) 

DÉKAMPA, V. Décamper, partir furtivement sans payer ses dettes. 

DÉKANTA, V. Transvaser pour ôter la lie d'un liquide. (Vaud.) 

DÉKAPPA, i'. Oter la coiffe, l'arracher de la tête; décoiffer une 
bouteille. 

DÉKARCELLAU, LAHIE, adj. Débraillé, déboutonné, chiffonné, 
qui a son vêtement en désordre. C. carza, nettoyer, arranger. 
(Val d'Illiez.) 

DÉKASAKA, v. Oter son habit, sa casaque. 

DÉKASSAjV. Ramollir une tumeur, cassein; guérir une contusion. 
(Alpes.) 

DÉKATALA, i'. Dévaler, descendre au moyen d'une corde. 

DÉKAVA, V. Oter le vin de la cave; creuser par-dessous, excaver. 

DÉKEMANKLA, v. Enlever d'un tronc les fers auxquels tient la 
chaîne ou la corde par laquelle le cheval l'a traîné. (Val d'Illiez.) 

DÉKLISSA, V. Détendre, faire partir un ressort. De kliket, ressort, 
loquet. (Valais.) 

DÉKOBLLA, v. Délier; sortir un cheval du timon, ôter les couples 
ou entraves qui lient les pieds d'un animal. 

DÉKORMA, V. Enlever la couverture d'un toit; se dit d'un vent 
violent. (Val d'Illiez.) 



DÉM 103 

DÉKOTI, s. m. Peigne à dents écartées pour démêler les cheveux. 
DËKOTTA, V. Ouvrir, tirer le verrou en arrière; lever un appui. 

De cotta, appui, étai, pièce de bois qui sert à fermer une porte. 

(Vaud.) 
DÉKOTZI, V. Décocher, lancer; envoyer quelqu'un (juelque part. 
DÉKOUPETA, V. Déchiqueter, découper un animal lue; le mettre 

en terre; enlever les pierres d'un terrain qu'on veut mellre en 

culture. (Alpes.) 
DÉKOUSSERl, 11. Déchirer, érailler. Voy. déogrci. 
DÉKOUTHI, V. Démêler, peigner les cheveux avec le peigne, di'koti. 

(Vaud.) 
DÉKRALNTHIAU, AUSA, adj. Impatient. (Val d'Illiez.) 
DÉKUPI, adv. Mot technique du jeu des billes (vulg. jeu des mar- 
bres), chez les écoliers de Lausanne. 
DÉLABRA, s. f. Pioche. L. dolabra. (Ormonts.) 
DÉLABRA, V. Ecarteler, démembrer, gâter, délabrer. 
DÉLAITHI, DÉLAIKI, DÉLITHI, v. Sevrer, ôter à l'enfant le lait 

de sa nourrice. Voy. désalaithi. 
DÉLAITHI, lA; DÉLiTHI, lA, adj. Sevré, sevrée. 
DÉLAU, s. f. Douleur, chagrin. L. dolor. 

DÉLAVA, V. Salir, ternir un vêtement, une réputation; calomnier. 
DELÉZA, s. f. Clef de haie, barrière. Hébr. delet, fermer. (Vaud.) 
DÉLITHI, V. Voy. delaithi. 
DELLHETTA, DEHLLETTI, v. Détacher, séparer. 
DÉLOKA, t\ Disloquer; ôler les sarments inutiles. (Moutreux.) 
DELON, DILON, s. m. Lundi. Dies lunœ. 
DÉMAN, adc. Demain. Deman-né, demain soir. 
DÉMANGOUNNA, DÉMANGUILLONNA, u. Démantibuler ,détraquer 

une machine. (Vaud.) 
DEMAR, DIMAR, s. m. Mardi. Dies Marlis. 
DÉMARA, V. Quitter une maison, un lieu. 
DÉMARKA, V. Oter une marque, démarquer. 
DÉMEHLLA, v. Démêler, débrouiller. De mehlla, mêler. 



104. DEP 

DÉMEIMBRA, v. Démembrer^ écarteler. 

DEMEINDJE, DEMEINDZE, s. /. Dimanche. — C'est le seul des 
jours de la semaine qui soit du genre féminin. 

DEMICRO, DIMICRO, s. ?«. Mercredi. Dies Mcrcurii. 

DÉMIOLA, V. Oter la moelle; avoir de grandes douleurs; se déme- 
ner ridiculement en dansant. (Alpes.) 

DÉMIZANNA, DÉMIDZANNA, v. Déranger; ôter la partie du sou- 
lier appelée midzanna. 

DÉMORA, V. Demeurer, habiter. Se démora, s'amuser, se divertir. 

DÉMORADJO, s m. Demeure, logement; droit d'habiter sa vie du- 
rant une maison. 

DÉMORÈ, s. m. pi. Jouets d'enfants, jouets qui les font rester (de- 
meurer') au logis. (Montreux.) 

DÉMOURTHI, DÉMORDHI, v. Dégourdir. 

DÉMOURTHI, A; DÉMORDHI, A, adj. Dégourdi, leste. 

DENA, DOUNNA, v. Donner. 

DENAN, s. f. Nom d'amitié donné par un enfant à sa grand'mère. 

DE NE SEIN LO PI, DE NE SEIN LE PI. Locution qui exprime 
une fone négation. Elle signifie j> ne veux pas, je n'y mettrai pas 
le pied (lo pi). On dit aussi, en l'abrégeant, sein lo pi. — De ne 
sein lo pi ke lo fasso, je ne le ferai certainement pas. (Vaud.) 

DÉNIA, V. Dénouer, nier. 

DENIAU, s. m. Ouverture ou couloir pour jeter le foin du fenil 
dans la crèche. (Alpes.) 

DÉNIOLA, DÉNITTA, DÉNIOTHA, v. Dénicher. De gni, nid. 

DÉNORTZI, DÉSEINORTSCHI, v. Désenchanter, enlever un char- 
me magique, désensorceler. Benorlza, sorcière. (Vaud.) 

DÉPALA, V. Oter la neige, la boue, le fumier, avec une pelle de 
bois. (Pays-d'Enhaut.) 

DÉPATHOLLU, UVA, adj. Déchiré, déguenillé, vêtu de lambeaux. 
Bepalla, chiffon, guenille. On dit ailleurs dépathioru, a, dépe- 
nalllii. (Vevey.) 

DÉPECHI, DÉPICI, V. Dépecer, mettre en pièces, déchirer; éreinter 
un homme ou un animal par un fardeau trop lourd. (Val d'Illiez.) 



DÉR 105 

DÉPEDGI, V. Séparer ce qui est agpiluliné, dégluer. Se dcpedji on 
dépedzi, se délacher de quelqu'un, rompre une liaison dange- 
reuse ou immorale. De pedge, pedze, poix. 

DÉPEINTHA, V. Dépeindre, décrire, faire un signalement. 
DÉPELHI, V. Oter d'une charge de foin, d'une gerbe ce qui pour- 
rait tomber en chemin. (Bas-Valais.) 
DÉPELHON, s. m. Ce qu'on ùle d'une charge. 
DF^PENALLHI, ndj. Voy. dépathollu. 

DÉ PEK, loc. prépos. Par. Dé per mè, par moi seul. C'est le de par 
de l'expression de par le roi. 

DÉPERDRE, V. Oublier ce qu'on a appris. Avec se, s'égarer, se 
perdre. 

DÉPÉTA, V. Devancer à la course, supplanter. L. petere. (Lausanne.) 

DÉPIA, iK Oter la terre du pi^'d d'un arbre, d'un mur, déchausser 
un terrain; devancer; être fatigué des pieds. En parlant des 
animaux, avoir la corne du pied endonmiagéc. (Alpes.) 

DÉPLLEIHI, DÉSAPPLLEIHI, v. Dételer. De appleihi, atteler. L. 
appUcare. 

DÉPONDRE, V. Détacher, séparer ce qui est joint; décrocher; dis- 
continuer. Ne dépon pa, il ne cesse de parler. Participe passé, 
dépondu. 

DÉPOTTA, L\ Oter une plante d'un pot pour la mettre dans un 
autre, dépoter. 

DÉPOUAIRA, DÉPOUAIRI, v. Ecorcher, mettre en vive chair, es- 
tropier, maltraiter. (Vaud.) 

DÉPUFFA, V. Epousseter, enlever, secouer la poussière. Bepuffa. 

Voy. EPUFFA. 

DER, DÉ, s. m. Dé à coudre. 

DÉRAIIÎ, r. Faire sortir quelqu'un de son sang-froid, le mettre en 

mouvement. 
DÉRAHI, A, adj. Qui est hors du bon chemin dans le sens moral, 

dévoyé. (Valais.) 
DÉRAMA, V. Enlever les rames qui soutiennent les pois, les fèves, 

les haricots 



106 DER 

DÉRANTRE, DÉRONTRE, v. Tempérer la trop grande fraîcheur 
d'un liquide; ébaucher^ dégrossir; étancher sa soif. (Alpes.) 

DÉRANTU, UVA, adj. Dégrossi, ébauché, qui a les premiers élé- 
ments. 

DÉRAUFFA, DÉROFFA, DÉRAUMA, v. Décrasser, enlever la crasse, 
ôter le fumier d'une étable. De ranffa, crasse. 

DERBELLU, s. m. Réduit, trou en terre, sépulcre. C. dair, enfer- 
mé. (Fribourg.) 

DERBI, DERBIEZ, s. m. Sapin. (Ormonts.) 

DERBOGNAU, EDERBOGNAU, s. m. Râteau pour étendre la terre 

des taupinières. 
DERBON, s. m. Taupe. Nai k'on derbon, noir comme une taupe. 
DERBOUGNA, EDERBOGNI, v. Etendre la terre soulevée par les 

taupes. 
DERBOUNNAI, s. m. Celui qui prend les taupes, taupier. (Vaud.) 
DERBOUNNAIRA, s. /. Taupinière. De derbon, taupe. 
DERE, V. Dire. Tè dio, je te dis; deri, je dirai. Part, passé, de. 

M'a de dau niô, il m'a dit du mal, il m'a censuré, injurié. 
DÉRIA, adj. des deux genres. Dérouté, dévoyé. Voy. dép.ahi. 
DÉROFFA, V. Voy. dérauffa. 

DÈROLLA, V. Libérer de l'engagement militaire, rayer du rôle. 
DÉRONTRE, r. Voy. derantre. 
DÉROSA, V. Abattre la rosée, rousahie. (Alpes.) 
DÉROTSCHAU, DÉROUTSIAU, s. m. Précipice, chemin roide et 

escarpé. Voy. dérupa. 
DÉROTSCHI, DÉROTZI,v. Renverser ce qui est en tas, jeter en bas. 

Avec se, se laisser tomber dans un précipice. De rotsche, roche, 

rocher. Voy. dérupeta, dérouvena. 
DÉROUTSI, V. Sortir un fromage de sa forme, rontsche. (Alpes.) 
DÉROUVENA, v. Dégringoler, tomber dans un précipice, dans un 

ravin, rouie na. 
DERRAI, s. m. Le derrière. 
DERRAI, RA, adj. Le dernier, le cadet, la cadette d'une famille. 



DÉS 107 

DERRAI, DERREI, prép. etadv. Derrière. Derreilamotlii, derrière 

l'église; derrei lli, derrière lui; /j^t derrei, par-derrière; lé derrei, 

là-derrière. — Deri, id. 
DERRE, s. m. Erable. (Bex.) 
DÉRUPA^ s. f. Pente rapide où l'on peut se précipiter, se dévaler. 

L. de riiTpe. (Lausanne.) 
DÉRUPETA, V. Se précipiter, se hâter; expectorer un rluiiiie. 
DÈS, s. m. pi. Dettes, On dit aussi devnlle. Voy. ce mot. (.lura.) 
DÉSAIRI, V. Mal soigner, délaisser, négliger, abandonner. L. de- 

sercre. 
DÉSAIRON, s. m. Enfant sale, mal soigné, pâle, maladif, chélif, 

malingre. (Valais.) 
DÉSALAITHI, DÉSALAIKI, DESSEIRDRE, v. Sevrer. — Délaithi, 

délaiki, délit ki, id. 
DÉSALOHI, V. Gâter, déranger, détraquer. C'est l'opposé à'alohi, 

arranger. 

DÉSALOMBRA, v. Enlever ce qui fait ombre. 

DÉSALPA, V. Faire descendre un troupeau, en automne, dans les 

pâturages inférieurs. (Alpes.) 
DÉSANNEI, s. m. pi. Petits grains de raisins avortés et sans aucun 

suc. C'est une maladie de la grappe. (Montreux.) 
DÉSAPPLLEIHI,i\ Voy. déplleihi. 

DÉSAURE, s. f.pl. Les hauteurs, les flancs d'un vallon. (Fribourg.) 
DÉSAURO, adv. En dessus, sur la hauteur (Pays-d'Enhaut). 

Pra désauro, prairies élevées. (Fribourg.) 
DÉSEINBRENA, v. Déchausser un arbre pour l'arracher, nettoyer 

ce qui est embrené, sale. (Montreux.) 
DÉSEINFLLA, r. Désenfler. Part, passé déseinfllo, a, désenflé, qui 

désenfle. 
DÉSEINORTSCHI, v. Voy. dénortzi. 

DÉSO, DESO, prép. et adv. Sous, dessous. L'èlé-deso, il est là-des- 
sous. Déjo, id. 
DÉSOBLLEDJI, t. Reconnaître un service, en rendre un autre 

pour n'avo'r plus d'obligation. (Vaud.) 



108 DÉT 

DÉSOSSA, V. Désosser, séparer les os de la viande. 

DESSAITHI, DESSAIKI, DESSIA, v. Désaltérer, ôter la soif, sai. • 

DESSALA, V. Oter la selle d'un cheval. 

DESSEIRDRE, v. Voy. delaithi, désalaitiii. 

DESSENAU, DESSONEU, adj. Etourdi, écervelé, qui manque de 
sens. (Val d'IUiez.) 

DESSÉPARA, V. Séparer ceux qui se battent. (Jura.) 

DESSERRA, v. Desserrer, ôter ce qui enraye une roue. Dessarra, id. 

DESSIGNI, DESSEGNI, v. Déclarer par serment devant un tribu- 
nal. (Alpes.) 

DESSODA, V. Dessouder; éveiller, troubler la tranquillité de quel- 
qu'un, des troupeaux, des abeilles; mettre en action; ramener 
au devoir. (Valais.) 

DESSODO, s. m. Trouble, tracasserie, dérangement. 

DESSOLA, V. Enlever ou diminuer la corne du pied d'un animal. 

DESSOU, LA, adj. Désenivré, qui n'est plus soûl. 

DESSOULA, V. Désenivrer, cesser d'être ivre. (Lavaux.) 

DESSOUNAN, s. m. Déjeuner. (Fribourg.) 

DESSU, DÉCHU, adv. et ])rép. Sur, dessus. 

DESSUHI, DESSOHl, DESSOUHl, v. Contrefaire satiriquement le 
langage de quelqu'un. (Vaud.) 

DESTORBE, s. /. pL Faux frais; empêchement, perte de temps. 
L. dislurbare. V. Fr. destourbier. (Fribourg.) 

DESTORBHA, v. Détourner quelqu'un de son travail, de ses affai- 
res, le troubler. 

DÉTALA, V. Partir précipitamment, s'enfuir, détaler. 

DÉTALA, DEHLLALA, s. /. L'égout d'un bâtiment, la gouttière. 

DÉTARTAGNI, v. Se déranger, faire des folies, s'embrouiller. (Val 
d'IUiez.) 

DÉTATSCHI, V. Détacher, délier. 

DÉTELLA, V. Dételer. Voy. déplleihi. 

DÉTERTIN, s. m. Garnement, débauché, mauvais sujet. (Vaud.) 



DÉT 109 

DÉTESCHI, DÉTETSCHl, v. Défaire, renverser ce qui est en tas. 
De ielsche, tas. 

DÉTHETIIA, V. Détacher un animal de sa crèche. 

DKTIIIENDRE, v. Eteindre. Part, passé, dclhiendu, éteint. 

DE-TIHE, loc. ndv. Vite, promplenienl, de suite, sans interruption, 
tout d'une tire. (Valais.) 

DÉTOPPA, DKIHJ.OPPA, v. Enlever une barrière, déhoucher un 
vase. 

DÉTRAKÀ, ».-. Déranger, détraquer. 

DÉTRAKA, DÉTRAKE, s. f. Machine dérangée; malaise, déran- 
gement de santé. L'a z'u na détrake, il a eu une indisposition. 

DÉTRATHI, r. Déprimer, déprécier, rabaisser. L. delraheir. (Val 
d'Illiez.) 

DÉTREirs'DRE, r. Serrer, torturer, mettre à la question. (Plaid 
général de Lausanne, 13G8.) 

DÉTRELOUGAII, GAHIE, adj. Demi fou, à demi aliéné, toqué, 
timbré. (Valais.) 

DÉTRO, DÉTRAU, s. f. Grande hache pour couper les arbres. L. 
dcxlra. 

DÉTZASSA, V. Eloigner, chasser, écarter, mettre en fuite. 

DÉTZASSHA, v. Oter l'apprêt d'une toile. De Isa, colle de tisse- 
rand. (Puys-d'Enhaut.) 

DETZE, s. f. Défaut intérieur ou extérieur d'un animal, tare, vice, 
tache morale. 

DÉTZELLHl, v. Manger son bien, se ruiner peu à peu. 

DÉTZEMENA, v. Egarer, tromper, séduire, faire sortir du bon che- 
min. (Alpes.) 

DÉTZERGUEGNl, v. Détraquer une machine, en déranger les 
parties. Voy. démAiNGOUNna. 

DÉTZERNIIII, DÉTZERMA, v. Désenchanter, détruire un charme. 
(Vaud.) 

DÉTZERPI, r. Démêler les cheveux, les peigner. 

DÉTZETTl,r. Détourner, dans une laiterie, une portion di'. la 
crème ou du lait destinés au fromage. (Alpes.) 



110 DÉV 

DÉTZISI, V. Déchoir, s'affaiblir dans le sens physique. 
DÉTZO, DÉTSCHAU, adj. des deux genres. Déchaussé, qui va nu- 
pieds. 

DÉTZOMPRA, DÉTZEUMPRA, v. Déchiffrer une écriture gothique. 
(Pays-d'Enhaut.) 

DÉTZOPOUNA, V. Déboucher, ôter le bouchon, le izopon. 

DÉVALA, i'. Dévaler, précipiter. 

DÉVALLE, s. f. pi. Les dettes, le passif. 

DÉVAN, prép. Voy. déan. 

DÉVANKI, s. m. pi. Ancêtres, devanciers, aïeux. (Alpes.) 

DEVANTIER, DEVANTERI, s. m. Tablier de femme qui se met de- 
vant. — Faurda, id. (Jura.) 

DÈVARIA (se), V. Se déranger, sortir du bon chemin; être désap- 
pointé, perdre la tête. (Vaud.) 

DEVEI, V. Devoir. Dévrelrl, je devrai; tè deivo, je te dois. 

DEVEI, s. m. Devoir, obligation morale. N'é fé ke mon dévei, je 
n'ai fait que mon devoir. 

DEVEIN, s. m. Forêt communale, bois commun aux habitants d'un 
village. C. devez, pré, forêt interdite au bétail. (Aigle.) 

DEVEINDRO, DEVEINDO, s. m. Vendredi. Dies Veneris. 

DEVEINTZET, s. m. Diminutif de devein. Voy. ce mot. 

DÉVENA, V. Deviner, découvrir. 

DEVER, prép. Vers, auprès de. 

DÉVERI, V. Détourner. Se déveri, se retourner. (Alpes.) 

DÉVERNETHI, v. Oter le vernis d'un vase. Déverneunlhi, id. 

DÉVESA, V. Causer, faire la conversation, parler à quelqu'un. C. 
devis, causer. 

DÉVETI, V. Déshabiller; enlever la récolte du terrain qui l'a pro- 
duite. 

DEVETU, DÉVETIA, adj. Déshabillé; dépouillé de sa récolte. 

DÉVI, s. m Dieu. Mont-Dévi, le Grand Saint-Bernard, mons Dei. 
(Entremont.) 

DÉVIA, V. Dévier. Avec se, s'égarer, se détourner du chemin, via. 



DIA 111 

DÉVIANCE, s. f. Reconnaissance et fixation des bornes des grands 
chemins faite par la police. (Vaud.) 

DÉVORTOLLI, DÉVOUDRE, v. Détorliller. L. devolvnr. 

DÉVOSEIHI, r. Parler avec mépris de quelqu'un, lui luanquer de 
respect; tutoyer ceux auxquels on doit dire vous. (Alpes.) 

DÉVOUAIGNI, V. Détruire le grain semé. Se dit de certains insec- 
tes. C'est l'opposé de vouagni, semer. 

DÉVOUARLA, v. Jeter loin de soi; agiter en l'air. (Alpes.) 

DÉVOUDUE, r. Voy. dévoutolli. 

DEVOUERPI, V. Déguerpir, partir sans prendre congé. 

DÉVOURA, V. Déchirer, user un vêtement; dévorer. 

DEZ, s. 7)1. Marc de raisin. (Montreux.) 

DEZ, s. f. Menues branches de sapin. (Jura.) — Dé, id. 

DEZAHIRA, s. f. Chaire d'église. Djahira, id. 

DIII, DEl, GUI, adj. ninnér. Dix. 

DI, DEÎ, art. pi. des deux genres. Des. Dei valets, des garçons; di 
modjes, des génisses; di z'hommo, des hommes; ghi, id. 

DI, DHU, DU, prép. Dès, depuis; Du lor, dès lors. 

DI, DHI, s. m. If, Taxus baccala. (Aigle.) 

DIA, adv. A gauche, terme de charretier. C. Dia, Du, cheval. 

DIA, s. f. Les filaments du chanvre qu'on lient entre les doigts en 
teillant. (Alpes.) 

DIABLIA, V. Jurer fréquemment par le diable, se donner au dia- 
ble. (Genève.) 

DIABLLA, DIABLLESSA, s. f. Diablesse, méchante femme. 

DIABLLAMEIN, GUIABLAMEIN, adv. Diablement, fort, très. 

DIABLLAT, DIABLET, s. m. Diablotin, petit diable; se dit des 
enfants vifs et espiègles. 

DIABLLE, DIABLLO, GUIABLLO , GUIÉBLLO, s. m. Diable. — 
Diabllo et son féminin diabUa s'emploient pour exprimer une 
forte négation : Diabllo lo pa, pas du tout; Diabllo l'on, aucun, 
certainement; Diablla la manka , je n'y manquerai certaine- 
ment pas. 



112 DIA 

Le paysan vaudois et surtout le fribourgeois emploient habi- 
tuellement les locutions précédentes. Le paysan semble rendre un 
culte de prédilection au diable qu'il prie tous les jours, à diverses 
fois, de le prendre, de l'enlever, de l'emporter sur ses ailes, de 
lui accorder, en un mot, toutes ses faveurs : Diabllo mèpreigne, 
m' eiwportai , m'eirdévai, m'einvolai. Le jureur garde pour ses 
ennemis et souvent pour ses interlocuteurs : lo diabllo l'exter- 
minai, tè roudjai, tè hresai le z'oii, tè touerde lo cou, t'arratschai 
la leinvoua, le z'oiigllo, c'est-à-dire: le diable t'extermine, te 
ronge, te brise les os, te torde le cou, t'arrache la langue, les 
ongles. Les plus timorés retranchent le pronom personnel me, 
quand il s'agit d'eux-mêmes, et disent seulement d'une manière 
vague, sans désigner l'objet de leur malédiction : diablle einlévai, 
et par contraction ; diab' einlévai, diable emporte, enlève. 

Mè baillo au diabllo, se cein n'èpa veré, je me donne au diable, 
si cela n'est pas vrai. 

On dit, plutôt comme exclamation que comme jurement, gran 
diabllo. 

Quelques hommes à conscience délicate, qui ne veulent rien 
avoir à faire avec le démon, et qui cependant aiment à jurer, 
disent : Diu me preigne, Dieu me prenne; Diu me preigne se vo 
dio lia dzanllhe, Dieu me prenne si je vous dis un mensonge. 

Vers le milieu du siècle dernier, le premier nègre qu'on eût 
vu dans la Vallée du lac de Joux rencontra en arrivant un mem- 
bre du tribunal, lequel, se jetant à ses genoux, lui dit à mains 
jointes: monsii lo guiébllo, ne me fade djein de mô, ô monsieur 
le diable ne me faites point de mal. Un peu plus loin il rencon- 
tra une espèce de demi-fou, qui, après l'avoir regardé un mo- 
ment, lui dit : Va tè lava lo mor , couejfe ke Vi, va te laver le 
visage, vilain que tu es. 

Un bourgeois d'Estavayer, n'étant que simple citoyen, ne ju- 
rait que par un diable; mais étant devenu banneret de la ville, 
il crut de sa dignité de jurer par cinq cents, chein cheint diabllo. 

Grâce au progrès de l'instruction religieuse, la jeune généra- 
tion vaudoise jure beaucoup moins, surtout les femmes qui, il 
n'y a pas longtemps, juraient autant que les hommes et avaient 



DIS 113 

inventé quelques jurements spéciaux à l'usage de leur sexe. Un 
pasteur a corrigé de ce vilain défaut les jeunes filles de sa pa- 
roisse en leur disant qu'il n'y a rien qui rende une femme aussi 
laide que l'habitude de jurer. 
DIABLLERI, s. f. Petites manœuvres de sorcellerie employées par 
ceux qu'on dit s'être donnés au diable ; choses auxquelles on 
ne comprend rien ; petites malices. (Vaud.) 

DIAKOUNETTA. Sorte de jurement adouci ou d'exclamation inof- 
fensive, qui ne vient pas, je présume, du grec 'kâzovo,-, diacre. 
(Vaud.) 

DIÉ, s. m. Lutin. Ce mot n'est guère employé qu'avec le verbe 
mena, mener. Mena dié, faire un bruit attribué aux lutins pour 
effrayer pendant la nuit. En celtiqjie, Dian est le nom d'un dé- 
mon spécialement chargé de conduire et d'introduire au sabbat 
les sorciers et les sorcières. L. Dis, divinité infernale. (Valais.) 

DIETZO, GUEITZO, QUETZO, s. m. Vase à tenir le lait. (Alpes.) 

DIMA, V. Lever au profit du seigneur la dixième gerbe d'un champ 
moissonné. 

DIMIAU, s. m. L'homme qui vient par droit ou commission lever 
ou recevoir la dîme. (Vaud.) 

DIMO, s. m. La dîme. Misa le dimo, mettre à l'enchère les dîmes 
de certains champs. 

DIMO, s. m. Division territoriale d'une commune ou d'un district. 
(Rougemont.) 

DINA, DENA, v. Dîner. 

DIO, GUIO, s. m. Argile, terre grasse. (Genève.) 

DI-ORA, DU-HORA, loc. adv. Dès à présent, dès cette heure, (doré- 
navant, désormais. L. hora. 

DIOTU, UVA; GUIOTU, UVA, adj. Epais, ferme; se dit d'un po- 
tage. Dérivé de dio, guio. (Genève.) 

DISCOUCHON, s. f. Etat de faillite établi par le tribunal, qui met 
à l'enchère les biens du failli. L'a fé disconchon, il a fait faillite. 
(Vaud.) 

DISPEINSA, V. Déponser, manger, consommer. 

MÉM. ET DOCUM. XXI. 8 



1U DJA 

DISPENSA, s. f. Dépense; garde-manger, lieu où l'on garde les 

provisions. (Vaud.) 
DISSE, adv. Voy. dainse. 

DISTAK, s. m. Terme de tir. L'accessit, le second prix. (Vaud.) 
DITTON, s. m. Proverbe, maxime, dicton. 
DIURA, V. Suinter. Se dit d'un vase disjoint qui laisse échapper le 

liquide qu'il contient. 
DJA, adv. Déjà. — Ja, dza, id. h. jam. 
DJAINDRO, s. m. Mitron, garçon boulanger, le geindre. Mot vieilli. 

(Moudon.) 
DJAKEMAR, s. m. Statue d'homme armé, ordinairement placée sur 

une fontaine. (Nyon.) 
DJALA, V. Geler. — Dzala, id. 

DJALAHIE, s. f.; DJALLEIN, s. m. Gelée, gel; volée de coups. 
DJALLHO, OTA, adj. Semé de taches blanches; se dit du manteau 

des vaches. — Dzatho, id. (Alpes.) 
DJAMBA, DJIGA, s. f. Jambe. — Tsamba, id. 
DJAMBETTA, s. f. Petite jambe; jambon de porc, jambonneau. — 

Tsambetta, id. 
DJAMBOTTA, v. Marcher mal, comme un bancroche, boiter. (Pays- 

d'Enhaul.) 
DJAMÉ, adv. Jamais. — Jamé, id. 
DJANLLA, DJANLLHI, v. Mentir, dire des sornettes. Teinadjan- 

llhu, lu en as menti. 
DJANLLHAU, DJANLLHEU, SA, adj. Menteur, jongleur. 

DJANLLHE, s. f. Mensonge, bourde. Ne de ran ke dei djanllhe, il 
ne dit rien que des mensonges, 

DJANLLHERASSA, s. f. Menteuse d'habitude. (Genève.) 

DJANVI, s. m. Janvier. 

DJAPPA, JAPPA; s. f. Femme grondeuse, rapporteuse. 

DJAPPÂ, DZAPPÀ, V. Aboyer, japper; rapporter indiscrètement. 
— Un curé, voyant passer un ministre contre lequel un chien 
aboyait, s'écria : Ein vouaike ion apri koui lo diabllo djappe bein, 



DJE 115 

en voilà un après qui le diable aboyé bien fort. Le ministre 
répondit : Ne djappe pu apri tè ke t'i de l'otto; il n'aboie pas après 
toi qui es de la maison. 

DJAPPET, DZAPPET, TA; DZAPPAU, adj. R.Mpi'ortour, causeur 
indiscret. (Vaud.) 

DJAPPOTTA, r. Parler ab lioc et ab bac, jaboter; parler entre ses 
dents, murmurer. 

DJARROTAIRA, s. f. Jarretière. 

DJAVIOULA, s. /. Cage d'oiseau; geùle. C. joui, geôle. 

DJE, s. m. Geai, graculus. — Djai, dzé, id. 

DJEBLLA, DZEBA, s. f. Cage d'oiseau. C. gabia, cage. — Dzèbe, 
id. (Jura.) 

DJEIN, s. m. Plainte d'un malade, gémissement. 

DJEIN, DZEIN, adv. Rien, point, aucunement. N'ein a djein, il 
n'en a point. (Jura.) 

DJEINDRE, V. Se plaindre, gémir. C. (jwcnl, douleur. 

DJEINDRO, s. m. Voy. djaindro. 

DJEINO, DZEINO, s. m. Marc de raisin. (Lavaux.) 

DJEINT, DJET, s. /. Une personne. Le pluriel djeins signifie non- 
seulement les gens, mais encore les parents, ceux de la maison. 
Me djeins, mes gens, c'est-à-dire, père, mère, frère, sœur, etc., 
en général les parents qui vivent ensemble dans la même mai- 
son. Dzeint, dzeins, id. 

DJEINTHA, s. f. Produit annuel d'une vache. (Alpes.) 

DJEINTHELLIET, s. m. Bois gentil, garou, Daplinc Mezcreum. 

DJEINTHI, A, adj. Habile, actif, prévenant, gentil. 

DJENELHE, s. /". Poule, gallina. — Gellne, dzetiellw, id. 

DJENELHETTA, DJENELHOTTA, s. f. Gelinotte, tétras, lagopède; 
oiseau des Alpes. 

DJENETTA, s. f. iNarcisse des poètes (Jura). Dans les Alpes, on 
dit gottrausa. 

DJENOADJE, GENOAÏDJA, s. /. Sorcière. Jenounas, espèce de fée 
du mont Allas. En langage d'Alger, djenattri signifie un mauvais 
génie. (Jura.) 



116 DJI 

DJEPPON, s. m. Habit d'homme, jupe de femme. 

DJERA, s. m. Assesseur d'un tribunal, jwre, membre d'un corps 
de justice. (Aigle.) 

DJERÂ, DZERÂ, DJURÂ, v. Jurer^ maugréer. M'a dzera apri, il a 
fait des imprécations contre moi. 

DJERADA, s. f. Femme de ce magistrat; c'est son titre honorifique. 

DJERDEU, EUSA; ZERDAU, SA, adj. Vilain, laid à faire peur. L. 
horridus. (Bas-Valais.) 

DJERDJELHAU, SA, adj. Effrayant, épouvantable, qui fait frisson- 
ner. (Ormonts.) 

DJERDJELHI, v. Effrayer, épouvanter, faire frissonner, donner la 
fièvre. 

DJERLA, s. f. Petit tonneau à un fond, pour transporter le raisin 
de la vigne au pressoir. C.jarl, cruche. — Gerla, id. (Vully et 
Neuchâtel.) 

DJERLO, s. m. Voix, poitrine. L'a on bon djcrlo, dit-on d'une per- 
sonne qui parle haut et beaucoup. 

DJERNA, DZERNA, v. Germer. 

DJERNO, DZERNO, s. m. Germe. 

DJERRE, DZERRE, interj. Ce mot équivaut à Je le jure, assuré- 
ment. (Grandson.) 

DJERSA, s. f. Martin-pêcheur, oiseau. 

DJÉSE, interj. Jésus ! (Jura.) 

DJEUR, DJOR, JEUR, s. f. Forêt de montagne; on à\ljoux, dans 
le français populaire; les chartes disent nigrœ juriœ. De là le 
nom de la Vallée de Joux. (Jura, Alpes.) 

DJEURETTA, DJORETTA, JORETTA, s. f. Diminutif du précédent, 
petite forêt, bosquet. 

DJEVATTA , DZEVATTA , ÉZEVATA , v. Se débattre, se démener, 
mouvoir tous ses membres, bondir. (Vaud.) 

DJI, DJAI, s. m. Ecume du lait quand on le trait (Jura). Ailleurs 
on dit dzé. 

DJIFFLA, s. f. Soufflet, mornifle. (Coppet.) 



DJO 117 

DJIGNO, DJEGNO, DZEGNO, s. m. Le second berger d'un chalet, 

chargé de taire le séré. L. junior. (Alpes.) 
DJllllTUO, s. m. Gite, place où quelqu'un s'est couché. — Djitro, 

id. (Val d'Illiez.) 
DJIKLLA, s. f. Petite seringue d'enfant pour lancer de l'eau. (Vaud.) 
DJIKLLÀ, TSANKLLÀ, ZIKLÀ, DZIKLLÀ, t\ Ejaculer, lancer, se- 

ringuer de l'eau. G. cincla. 
DJIKLLAHIE, s. f. Le contenu de la seringue; éclaboussure; une 

petite portion d'un liquide. 
DJILA, s. f. Vesse, vent coulis. 
DJILÀ, V. Vesser. 

DJILLHON, s. m. Gui, Visciim album, plante parasite. (Valais.) 
DJLNGUA, DZINGUA, v. Prendre ses ébats, bondir comme les va- 
ches font au printemps, sauter. (Vaud.) 
DJINGUET, TA, ailj. Découplé, alerte, leste, prompt à sauter, léger 

à la course. 
DJITHA, s. f. Voy. agita. 
DJITHÀ, DZETTHÂ, v. Essaimer; faire sortir le bétail de l'étable, 

le jeter dehors; pousser des boutons de gale. 
DJOBA, V. Babiller, causer immodérément. (Jura.) 
DJOBLLA, V. Entreprendre; parler; prendre conseil; prendre ses 

mesures. (Vully.) 
DJOIII, JOÏ, V. Jouir, avoir la jouissance. 
DJONNA, V. Jeûner. — Djonno, id. 
DJONiNE, s. m. Jeûne. 

DJOR, DJEUR, DJEU, DZOÏ, DZO, a. m. Jour. 
DJORxNAIIIE, s. f. Journée. — Dzorna, id. 
DJORNIVA, .s. f. Journée de travail. — Dzorna, id. 
DJORiNOHI, V. Ajourner, remettre d'un jour à l'autre. (V. st.) 
DJORREIN, DJORRAN, s. m. Vent du nord-ouest. On dajornn, 

dans le français vaudois. — Dzoran, id. 
DJOT, DZOT, s. m. Juchoir de poule. L'è à djot, il est sur le Ju- 

choir, il est couché, il est au lit. 



118 DON 

DJOUKLLA, V. Promeure en mariage son fils ou sa fille tout jeunes. 
(Jura.) 

DJOURE, DZOURE, v. Se tenir tranquille, cesser. Djou, impér., 
tiens-loi tranquille, reste en repos. Il est aussi adverbe : tein-tè 
djou. Dzoudé don, finissez donc, dit une fille à un garçon qui la 
chifl"onne. — Joure, id. (Vaud.) 

DJOUTA, s. f. Joue. — Jouta, id. 

DJOUTHÂ, V. Voy. jouta. 

DJOUVENET, TA, adj. Jeunet, jeunette. C'est le diminutif du mot 
suivant. 

DJOUVENO, NA, adj. Jeune, jouvenceau, jouvencelle. L.juvenis. 

DJOVEIN, s. m. Jeune bétail, veaux et génisses. L.juvenis. (Alpes.) 

DJU, s. m. Jeu, espièglerie, mauvais tour; place d'un jeu public. 

DJUIN, s. m. Juin. 

DJULLHET, s. m. Juillet. 

DJUYI, V. Jouer. Djuvi ei guellhe, jouer aux quilles. 

DO, s. m. Ce qui coule du pressoir avant qu'on presse; littérale- 
ment, le doux. (Montreux.) 

DOAj s. f. Douve de futaille. — Dova, id. 

DOAI, s. f. Colère, fâcherie. (Val d'Illiez.) 

DOBA, s. f. Fille ou femme qui dit ou qui fait des folies. (Jura.) 

DOBLLE, s. 711. Besace, sac double. (Valais.) 

DOLA, s. f. Escalier qui mène à la cave. C. dol, lieu bas, descente. 
(Alpes.) 

DOLEINT, DOLEINTA, adj. Faible, misérable, digne de pitié. L. 
dolens. 

DOLOZA, V. Se plaindre d'une douleur. L. doleo. (Alpes.) 

DONDA, V. Sommeiller, roupiller. — Draugha, id. (Valais.) 

DONDAINE, s. f. Fille- courte, grasse, trapue, gaie ; une dondon. 

DONNA, DOMNA, s. f. Mère de famille, la maîtresse de la maison. 
L. dominus. — Noutra Donna, Notre-Dame, la sainte Vierge. L'en- 
fant en parlant à sa mère l'appelle donna; c'est son titre d'hon- 
neur. (Fribourg.) 



DOZ 119 

DONNA, s. f. Distribution d'iiuniônes, en argent ou en denrées, de- 
vant la maison du défunt, après son enterrement. (Vaud.) 

DONZELA, DONZALA, s. f. Jeune servante, petite chambrière. Ce 
mot n'est point injurieux dans l'évêché de Baie ; mais en général, 
na donzala est une fille ou une femme d'une vertu équivoque. 

DOR, A, adj. Vain de sa parure, petit-maître. (Jura.) 

DORDON, DORDEUN, s. m. Gros bâton, gourdin. 

DORLOTTA, v. Mignarder; caresser, dorloter. Ce mot est celtique. 
(Vaud.) 

DOSSET, TA, adj. Douceâtre, fade. 

DOSSETTA, s. f. Sorte de coiffe noire qui a passé de mode. (Orbe.) 

DOTA, V. Douter; craindre, redouter. 

DOTHA, s. f. Opinion, volonté. L'c ma dotha, c'est ma façon de 
penser. C. dot, det, vouloir. (Alpes.) 

DOTHÉ, s. f. Anneau d'une clef; douille. 

DOTZI, V. S'adosser, se tenir debout. (Fribourg.) 

DOU, s. m. Dos. Lo dou me fa mô, le dos me fait mal. 

DOU, DAU, DEU, art. Du. 

DOU, DU, DUI, adj. numér. m. Deux. Le féminin est due , diive, 
avec Ve ouvert et bref. 

DOUGNI, HLLOUGNI, s. m. Se dit des têtes ou capitules de la bar- 
dane {Lappa major, etc.J, capitules que les enfants se jettent aux 
cheveux. (Alpes.) 

DOUKLLA, s. f. Durillon de la peau provenant de la piqûre d'un 
insecte. 

DOULISSE, s. f. pi. Copeaux faits avec le rabot. (Ormonts.) 

DOURDEUN, s. m. Dormeur, homme appesanti, qui s'assoupit fré- 
quemment. (Pays-d'Enhaut.) 

DOUTA, OUTA, v. Oter, enlever. Duuta-tè d'ike, ôte-toi de là. 

DOUTHA, s. f. Cosse, gousse de fève. (Alpes.) 

DOVA, s. f. Voy. doa. 

DOVEIN, adv. Comment, pourquoi, d'où vient. 

DOZANNA, s. f. Douzaine. 



120 DRO 

DOZÉ, DODDÉ, adj. numér. Douze. — Doze, id. 
DRÂCHA, DRATSCHA, s. f. Sédiment déposé par le beurre fondu. 
Dreche, id. (Vaud.) 

DRAGUA, s. f. Noix de la plus grosse espèce. (Montreux.) 

DRAI, DRAITA, adj. Droit, droite. Ce mot entre en composition 
dans plusieurs locutions : 
A l'adrai, le côté du soleil dans une vallée; littéralement à iVn- 

droit. Le côté opposé est l'arrei. (Pays-d'Enhaut.) 
Tôt drai, directement, en droiture. 
Tot-lo-drai, tout de suite, sur le champ, promptement. 
Tot-adrai, à point nommé, juste au moment. 
Oreindrai, maintenant, actuellement. 

DRAI, ADR AI, ADREI, adv. Bien, comme il faut. Drai dainse, c'est 
ainsi. Voy. adrei. 

DRAI, s. m. Droit; portion, part, ce qui revient à chacun d'un hé- 
ritage, d'une distribution. Bailli-mè mon drai, donnez-moi ma 
part. 

DRAITHI, adj. Droitier, qui se sert de la main droite. 

DRAPALA, s. f. Les langes d'un enfant au berceau. V. Fr. drapel, 
morceau d'étoffe. B. L. drapellum. (Alpes.) 

DRAS, s. m. pi. Vêtements d'homme et de femme en général. — 
M'on robba ti m'e dras, ils m'ont volé tous mes habits. 

DRAUGHA, DRAUKA, v. Sommeiller, roupiller, s'assoupir fré- 
quemment. (Alpes.) Voy. donda. 

DRAVASSO, s. m. Tussilage blanc, Tussilago alba. (Bex.) 

DRELLHI, V. Courir fort vite. Briller se disait dans le même sens 
en français. (Alpes.) 

DREMILLHA, DROUMILLA, DREMILLETTA, s. f. Loche franche, 
petit poisson du genre cobite. 

DROBLLA, V. Doubler; ajouter un ou deux chevaux à l'attelage 
pour faire une montée. 

DROBLLAIRA, DROBLLIRA, s. f. Doublure d'un vêtement; mai- 
son qui a deux logements. (Pays-d'Enhaut.) 



DTS 1-21 

DROBLLO, A^ adj. Double. On appolle drobllo les chevaux qui 
doublent à la montée. 

DROBLLO, s. m. Le grand-duc, oiseau fie nuit: Slri.r Biibo. 

DROLA, s. /. Droit féodal du scii^nicur sur l.i pn'miérc nuit des no- 
ces de ses vassales, appelé aussi droit de nKtr.jucUc, de prrliba- 
tion, de cuissage. — En 1350, les gens de Clu-ilel-Saint-Dcnis si; 
rachetèrent de la drola pour un cens annuel d'une ni(;sur(! 
d'avoine, payable par chaque chef de famille. Ci' tribut ne fut 
aboli qu'en 1798. 

DROLLERI, s. f. Bagatelles, petits présents, drôleries; espiègle- 
ries, sornettes. 

DROUMA, s. f. Gonflement produit par un coup, une contusion; 
tumeur, enflure. (Alpes.) 

DROUMI, DREMI, v. Dormir. Alla dremi, aller se coucher. 

DROUMIAN, s. m. Grand dormeur; campagnol ou muscardin, 3/(^5 
avellanarius, plus connu sous le nom de malagnou. (Vaud.) 

DROUTZCHE, DRUTCHE, s. f. La patience des Alpes, Rumexalpi- 
nus, plante qui croît autour des chalets et qui est employée pour 
engraisser les porcs. On donne le même nom aux diverses es- 
pèces de bardane. (Alpes.) 

DROUTZE, s. f. Femme de mauvaise vie, entremetteuse. C. druth, 
même signification. En esclavon, druchte signifie concubine. 

DRU, adv. Fort, raide. r.ei va dru, il y va tout de bon. 

DRU, DRUA, DRUVA, adj. Vif, gai, bien portant; gras, fertile. — 
Quand on dit d'une fille qu'elle est drua, cela signifie qu'elle est 
dégourdie ou coquette. — Tini-vo dru, conservez-vous bien por- 
tant. — Coumein vos ein va? îte-vo adi dru ? Comment allez- 
vous? êtes-vous toujours bien portant? — C. dru, gras, abon- 
dant, épais. (Fribourg.) 

DRUDJE, s. f. Fumier, engrais; abondance, bien-être. La drudje '^-^\f, ù •. ">, 
tor lo cou, l'abondance est fatale, prov. (Gruyère.) — J57-î«/zc,id. --w.ytjWpv 

DRUDJON, DRUDZON, s. m. Fille forte et robuste pour le travail. ^" V"'""''" 
(Genève.) 

DTSCHNAI, RA, s. m. et f. Sorcier, sorcière; magicien, magicienne. 
(Evêché de Baie.) 



122 DZE 

DU, DI, prép. De, depuis. Du-hora, dès à présent; du-ice, du-cé, 

d'ici, depuis ici; du lé, de là, depuis là. 
DÛ, HLLU, s. m. Lieu, endroit. L'è on bi dû, c'est un bel endroit. 

(Pays-d'Enhaul.) 
DUISANT , parL Propre, convenable, agréable, qui plaît. Vient du 

vieux verbe dïiire. 
DUTHET, TA, adj. Doux au toucher. (Pays-d'Enhaut.) 
DUTHO, A, adj. Doux au goût. (Pays-d'Enhaut.) 
DUTZIRA, DUTCHIRA, s. f. Cascade, chute d'eau; canal pour con- 
duire l'eau; douche. L.ducere. (Fribourg.) 
DZAHLLA, V. Glisser en ricochant; jaillir. (Alpes.) 
DZAHLLAITA, s. f. Vase à traire, seau. (Vully.) 
DZAKÈ, s. m. Veste courte pour homme. 
DZAKET, s. m. Nigaud, badin, un drôle d'homme. (Vaud.) 
DZAKETTA, JAQUETTE, s. f. Petit corset, veste pour femme. 
DZALOSI, TZALOSI, s. m. Orchis noir, Orchis nigra Scop., plante 

des Alpes et du Jura. 
DZARAVOUATA, v. Babiller à outrance; s'agiter, se démener. 

(Vaud.) 
DZARAVOUTA, TSARAVOUTA, s. f. Charogne. C'est une injure 

des plus grossières. L. cay^o. 
DZAUKA, V. Faire le paresseux, rester sans mouvement; se dit 

d'un animal. (Alpes.) 

DZAVOUATTA, s. f. Babil excessif, flux de paroles; larve de gre- 
nouille, têtard. (Vaud.) 

DZEBOLLON, GREBOLON, s. m. Bouton, ébullition. Voy. gre- 
BOLON. (Lavaux.) 

DZEBOLLONNA, AHIE, adj. Couvert de boutons. (Lavaux.) 

DZEBTA, s. f. Petite gale. 

DZEBTHA, V. Glisser sur un plan incliné, sans pouvoir se rete- 
nir. (Alpes.) 

DZEFFA, DZEREFFLA, v. Se faire jour à travers les jointures d'un 
vase de bois, ou à travers les doigts; se dit d'un liquide. (Lavaux.) 



DZE 153 

DZEINDRO, s. m. Gendre. Alla a dzeindro, se dil du jeune homme 
qui entre au service de son beau-père, parce que celui-ci ne lui 
a accordé sa fille qu'à la condition qu'il viendrait travailler un 
ou deux ans dans sa maison, sans autre rétribution que sa nour- 
riture. (Val-de-Ruz.) 

DZEINT, s. m. Yoy. djeim. 

DZEMOTHI, DZEMOTA, v. Se plaindre, gémir, sentir péniblement 
sa faute ou son état malheureux. L. gemihis. (Pays-d'Enhaut.) 

DZENAIVRO, TSCHENAIVRO, s. m. Baie du genévrier. 

DZENEHLLA, s. f. Clavaire, sorte de champignon, Clavariaaurca, 
dicholoma, etc. (Pays-d'Enhaul.) 

DZENEU, DZENAU, s. m. Genou. 

DZENEVRI, s. m. Genévrier. — Grassi, id. 

DZENOHLLET, DZENOTTET, s. m. Petit genou; nœud de la tige 
des céréales; pièce de bois appelée courbe. 

DZENOHLLETTA, s. /. L'impatiente. Impatiens noli langerc, plante 
de la famille des balsaminées. (Pays-d'Enhaut.) 

DZENZIAU, DZENGIAU, s. m. Ficelle noircie du charpentier. 
(Alpes.) 

DZEPA, s. f. Petite veste ou corset d'homme, jupe de femme. 

DZERDJI, s. m. Rainure d'une douve de tonneau. (Lavaux.) 

DZERNA, s. f. Poule. 

DZEROU, s. m. Machine pour tenir la bobine à dévider. 

DZEROUD, DA, adj. Fou, nigaud. Ten'îk'on dzeroud, tu n'es qu'un 
imbécile. (Fribourg.) 

DZETI, DSELLHI, ZILLI, v. Cabrioler, bondir, courir de joie; le- 
ver le derrière; se dit des vaches quand elles sortent de l'étable. 
(Alpes.) 

DZETTAI, s. m. Margouillis, bourbier; tumulte, querelle de mé- 
nage. (Pays-d'Enhaut.) 

DZEVOUHI, V. Endurer, patienter, avaler un chagrin. (Alpes.) 

DZÉZÉ, s. m. Fausset, petite cheville de bois pour boucher le trou 
fait à un tonneau avec le foret. 



m EBA 

DZEZI, TSCHESI, v. Choir, tomber. Part, passé, tschesu, tombé. 

(Vaud.) 
DZIHGNO, s. m. Marc de raisin. (Vignoble.) 
DZITHA, V. Mettre le bétail à l'abri ou à l'étable, le gîter. 
DZODZE, s. w. Mesure valant un pouce et dont il fallait douze 

pour le pied. (Fribourg.) 
DZODZA, V. Mesurer avec le pied, jauger. (Fribourg.) 
DZOET, s. m. Marque qui consiste à enlever un morceau de l'o- 
reille d'une vache ou d'une chèvre pour la reconnaître. (Alpes.) 
DZOHIAU, DZOHIAUSA, adj. Joyeux, joyeuse. 
DZOLLHA, s. f. Ampoule causée par une brûlure. 
DZOUHIA, s. f. Joie. 
DZOULI, A, adj. Joli, honnête. Dzouli est le nom de rigueur de 

l'un des bœufs de charrue; l'autre s'appelle Fromein. — Zouli, 

id. (Vaud.) 
DZOURE, V. Jouir d'un bien; avoir, sa vie durant, la jouissance 

d'un immeuble. 
DZUDZO, ZUZO, s. m. Juge. Dzudza, la femme du juge. 
DZURUHLLA, v. Se dit de celui qui fait des bulles sur ses lèvres 

avec sa salive, comme les petits enfants. (Alpes.) 

N. B. Dans les divers dialectes du patois romand, les mêmes 
mots s'écrivent avec J, Dj, Dz, Z, selon la prononciation. Ainsi 
joure, djoure, dzoure, zoure, Bont le même verbe. 



E 



È, 3" pers. du prés, de l'ind. du verbe auxiliaire itre, être.— E lli, 

c'est lui; l'è veniaita, elle est venue. 
ÉBAHI, ÉBAHIA; ÉBÉHl, HIA, adj. Etonné, surpris, ébabi. — 

Ebaubi, id. (Vaud.) 
ÉBAHI, ÉBÉHI, V. Etonner,, surprendre. S' ébahi, s'étonner. S'bahi, 

s'bahia, locution contractée marquant le doute, l'étonnement, l'in- 



ERO 125 

terrogation: Mas'fcfl/iîos^tùi/.croyez vous qu'il vienne? vionl-il? 

ÉBALANCE, s. f. pi. Balance. 

ÉBALOHI, i\ Se réjouir, se divertir, s'ébaudir. 

ÉBARAGNI, V. Oler les toiles d'araignée. De arngnc, iragnc, arai- 
gnée. — hagni, id. (Genève.) 

ÉBAUBI, lA, adj. Etonné, surpris, émerveillé. Ebahi, id. (Vaud.) 

ÉBAUDI (s'), V. Se réjouir, se divertir. C. ébnd, ébat, divertisse- 
ment. 

ÉBAYOA, V. Contrister, chagriner; éblouir. (Val d'Uliez.) 

ÉBAVOHA, HIE, adj. Abattu, triste. (Val d'Jlliez.) 

ÉBEDA, r. Faire tiédir un liquide. L. tepidm. 

ÉBENDANNA, r. Blesser grièvement, gâter, casser un vase. (Val 
d'Illiez.) 

ÉBERTHf, A, adj. Personne à laquelle il manque quelque chose, 
qui n'a rien. Formé de e privatif et du C. bertli, bien, richesse. 
(Bas-Valais.) 

ÉBESANTZI (s'), r. Se déboîter la hanche, se déranger les vertè- 
bres, se luxer un membre, s'éreinter. (Alpes.) 

ÉBESANTZl, A, adj. Freinte, foulé, (Alpes.) 

ÉBIATZE, s. f. Femme de mauvaise vie, gourgandine. (Valais.) 

ÉBIMAHIE, s. f.: ÉBI3I0, s. m. Grande quantité. 

ÉBIOL.V, i'. Epamprcr la vigne pour la seconde fois. (Vignoble.) 

ÉBLLOTHA, v. Ecosser les pois, les fèves. 

ÉBORA, i'. Oter, en glissant la main, la graine d'une plante; écor- 
cher un animal, en retournant la peau comme un gant. (Pays- 
d'Enhaut.) 

ÉBORNA, AHIE, adj. Enrhumé. De borron, rhume, catarrhe. 

ÉBOTIHI, ÉBUTZELLl, v. Nettoyer un pré des petits morceaux de 
bois appelés butzellhe. (Valais.) 

ÉBOTZON, s. m. Petits morceaux de bois sec, (Valais.) 

ÉBOUÉLA, EINBOUAILA, r. Ecra.'^er de manière à faire sortir les 
boyaux d'un animal ou l'intérieur d'un fruit. De boni- , boyaux. 
(Vaud.) 



126 ECO 

ÉBOUÉLAU, AHIE, adj. Dont les boyaux sortent.; se dit des ani- 
maux. 

ÉBOUHLLI, ÉBOUTHI, v. Ebouler; avoir une double hernie. 
(Alpes.) 

ÉBOURDILLHI, v. Ecraser, écacher, éventrer. (Lavaux.) 

ÉBOURDILLI, V. S'épanouir la rate, s'égayer. C. bourdal, folâtrer. 
(Fribourg.) 

ÉBOURKENA, v. Equarrir une poutre. (Ormonts.) 

ÉBOURKENE, s. f. pi. Copeaux détachés d'une poutre équarrie. 
(Ormonts.) 

ÉBRAKAU^ ÉBRAKAIA, adj. Ouvert; bancal, qui a les jambes écar- 
tées. (Valais.) 

EBRAN, s. m. Bouillons, ondes d'un liquide en ébullition qui fran- 
chissent les bords du vase. (Alpes.) 

EBREKA, EBRICA. v. Briser, mettre en pièces. De breka, pièce. 

EBRETZI, V. Faire des brèches à un vase, au tranchant d'un cou- 
teau, d'une lame. — Ebretscin, id. 

EBRONDA, V. Ebrancher, ôter les branches qui pendent sur les 
roules. De bronda, branches. 

EBU, s. m. Grand coup de vent, ouragan. (Alpes.) 

ECHANDOLLETTA, s. f. Petits ais de sapin pour couvrir les toits 
des bâtiments de montagne. Voy. ancella, ancetta, assethe. 

ECHEIN, s. m. Bon sens, raison, savoir-faire. L'a pou d'échein, il 
a peu de raison, de jugement; l'é fai à boun échein, je l'ai fait à 
bon escient. (Vaud.) 

ECHILLA, ETSCHELLHI, v. Echapper, éviter un accident, une 
perte, un dommage, un châtiment. 

ECHINA, V. Battre, rouer de coups, frapper sur V échine, éreinter, 
écfiiner. 

ECHOTTA, V. Secouer un arbre pour en faire tomber les fruits. L. 
excutere. — Grula, id. 

ECORTSIAU, s. m. Ecorcheur. 

ECORTZCHI, ECORTZI, v. Ecorcher. 

ECOUALLAI, A', m. Faiseur d'écuelles, potier de terre. Catalare, id. 



EGA 1-27 

ECRAMA, V. Oter la crème de dessus le lait, écrémer. 

ECUTA, r. Voy. acuta. 

ECUTARE, s. m. Voy. acutahk. 

EDAIR, s. m. Eau répandue sur le plancher de la chambre de mé- 
nage. (Pays-d'Enhaut.) 

EDERBOGxM, EDERDOUNA, c. Etendre la terre soulevée par les 
taupes. De derbon, taupe. 

FDERBOGNIAU, s. m. Râteau pour étendre la terre des taupinières. 

EDERDRE, i'. Soigner le bétail qui est à la crèche, lui donner 
du foin, renouveler la litière et nettoyer l'étable. (Rougomont.) 

EDJERDZELLAU, SA, adj. Effrayant, qui f;iit frissonner. (Ormonts.) 

EDO.V, V. Déranger les douves d'un tonneau. De doa, douve. 

EDOHA, s. m. Glouton, goinfre insatiable. (Pays-d'Enhaut.) 

EFFARA, AHIE, adj. Qui a le visage en feu, effaré. 

EFFOBLLA, v. Troubler quelqu'un au point qu'il ne sait ce qu'il 
fait. (Jura.) 

EFFOHLLAUSA, s. /". Femme de journée qui épampre la vigne. 
(Vignoble.) 

EFFOHLLE, s. f. pi. Epoque de l'épamprement de la vigne. (Vi- 
gnoble.) 

EFFOHLLI, V. Epaniprer, enlever les feuilles nuisibles aux gra[)- 
pes. (Vignoble.) 

EFFRELANDA, AHIE, adj. Déchiré, déguenillé. G. fraila, briser. 
(Val d'Illiez.) 

EFFREY, s. m. Alarme. Sonnna Veffrey, sonner la cloche d'alarme, 
le tocsin. (Mot vieilli.) (Lausanne.) 

EGA, s. /. Jument, cavale. L. equa. (Vaud, Fribourg.) 

EGALANTZI, v. S'amuser, se divertir. De gala, amusement, fête. 

EGANÇA, ÉGANCI, v. Egaliser, mettre en portions égales, répartir. 

EGANCE, s. f. ■pi. Portions égales, distributions proportionnelles. 
(Pays-d'Enhaut.) 

EGARA, V. Egarer. 

EGARA, AHIE, adj. Il ne se prend guère qu'au féminin et signi- 



128 EHL 

fie une jeune fille folle du plaisir, qui ne pense qu'à se divertir 
et court souvent hors de la maison. (Vaud.) 

EGARAUDA, EGARENDA, v. Déchirer par morceaux, mettre en 
lambeaux. (Valais.) 

EGE, s. m. Collier de cheval, harnais. 

EGE, EGI, s. f. pi. Voy. aise. 

EGGAIRl, A, adj. Déchiré, vêtu de lambeaux. 

EGNEIRLA, v. Enerver, éreinter. De //mer, nerf. Ejiierla, id. (Nyon.) 

ÉGORFA, ÉGOURFI, v. Ecosser, ouvrir les gousses des plantes 
légumineuses pour en ôter les grains. (Valais.) 

EGORSELA, v. Manger à crever, se piffrcr, se gorger. (Valais.) 

EGOTHA, EGOTTA, v. Egoutter. 

EGOTTHIAU, s. m. Egouttoir, planche sur laquelle on met egout- 
ter la vaisselle. 

ÉGRA, ÉDEGRA, s. m. Degré, escalier. 

EGRAFEGNI, EGRAFOUGNI, GRAFEGNI, GRAFOUNA, v. Egra- 
tigner. 

EGRALLET, s. m. Petit escalier. Diminutif de égra. 

EGRANA, V. Egrener. 

ÉGRO, s. m. Levier de fer appelé aussi pau-fer. Fére égro, faire 
levier. L. œgre, avec peine. (Vaud.) 

EGUÉDRO, A, adj. Mendiant, déguenillé. (Valais.) 

EH ! inlerj. En patois vaudois, ce mot signfie me voici, que voulez- 
vous ? — Heuh! id. 

EHLLA, s. m. Bruit, craquement dans la boiserie, éclat. 

EHLLAFFA, EKIAFFA, v. Ecraser, aplatir, écacher. G. clap, coup. 

EHLLAMPA, Eclat de bois qui se détache d'une planche. 

EHLLAN, s. m. Neige mouillée ou ramollie qui glisse sur une 
pente; eau qui rompt la digue de neige ou de glace qui la con- 
tenait, débâcle. (Alpes.) 

EHLLANKA, EHTHUNKA, s. f. Meurtrissure de la peau par suite 
de contusion; se dit d'un bleu, du sang extravasé, et aussi d'un 
chagrin violent. (Alpes.) 



EIG 1-29 

EHLLATTA, ECLATTE, s. f. Verge fendue par un bout pour lan- 
cer des pierres. (Vallée de Joux.) 

EHLLATTA, v. Eclater, se briser. 

EHLLEKA, v. S'appliquer sérieusement à un ouvrage. (Pays- 
d'Enhaut.) 

EHLLERDJOUNA, EKLAIRI, v. Oter, au mois d'août, les dernières 
pousses de la vigne, les «'claircir. (Vignoble.) 

EHLLOR, s. m. Lourdeau qui veut faire l'étourdi, prendre l'essor. 

EHLLOTURE, s. f. pi. La cire d'un rayon dont on a exprimé le 
miel. (Alpes.) 

EHTHOUERDRE, r. Se donner une entorse. 

EHTHOUNA, r. Etourdir quelqu'un par un coup violent, ViHonner. 

EHTRAUBLLA, s. f. Etat d'un terrain qui doit se reposer, après 
avoir produit plusieurs récoltes; jachère. (Pays-d'Enhaut.) 

EHTRAUMA, r. Etouffer par la fumée ou par une odeur puante. 
(Alpes.) 

EHTREK.\, V. Friper, user prompteraent ses habits, son linge, ses 
souliers. 

EHTRL\, ÉTRESI, v. Faire glisser le fil dans une peau pour l'é- 
galiser en le mettant en peloton. — Etrisa, étrava, id. (Jura.) 

EHTRIAU, s. m. Morceau de peau ou de bois pour faire glisser le 
fil que l'on dévide. — Etresaire, étrevi, id. 

EHTHU, s. m. Appartement supérieur dans une maison; le dessus 
(Pays-d'Enhaut.) 

EHTHUA, ÉTUVA, v. Etuver avec des linges trempés dans une dé- 
coction médicinale. 

El, art. contracté m. et f. pi. Aux. Alla cl fellhc, aller voir pendant 
la nuit les filles à marier, selon la coutume des campagnards; 
autrement, alla vedhi, aller veiller. 

EIFET, s. m. Enfant, petit garçon. (Val d'Illiez.) — Einfant, id. 
(Vaud.) 

EIGUE, s. f. Voy. aiguë. 

EIGUILLETTA, s. f. Le peigne de Vénus, plante ombellifére, Scan- 
dix Pecten Veneris. — EiiiyuHlella, id. (Jura.) 

MÉM. I.T DOCUM. XXI. 9 



130 EIN 

EIHFRIÉ, EFFRIÉ, s. m. Désordre, trouble, effroi. (Montreux.) 
EIN, prép. En, dans, dedans. — De là les composés suivants : 

Ein-an, loc. adv. En avant; cri du batelier pour gagner le large, 

Ein tsa-noa, chez nous, à la maison. 

Ein tsan, au pâturage, in campis. 

Eiu alla (s'), v. S'en aller. Allein-no, ein-no, allons-nous? 

Ein amont, loc. adv. En amont. 

Ein avô, loc. adv. En aval. 
EINALLAHIE, s. f. Départ. Boun'einallahie, la somme qu'une fille 

qui se marie paye à la société des garçons de son village pour 

se divertir. (Saint-Cierges.) 
EINBARDOFFLA. v. Salir, tacher, embrener. (Vevey.) 
EliNBARKA, v. Embarquer, mettre sur une barque ou sur un bateau. 
EINBARRASSI, A. adj. Embarrassé. Au féminin, ce mot se dit par 

euphémisme d'une fille enceinte. (Vaud.) 
EINBASTOUNA, v. Armer. Einbastouna, part, passé, homme armé, 

équipé pour la guerre. De bâton, qui s'est pris dans le sens de 

arme. (V. st.) 
EINBESOGNI (s'), v. S'occuper, s'embarrasser. 
EINBÉTA, EINBÎTA, v. Rendre slupide, bête; embêter. (Lausanne.) 
EINBETTAI, EINBORBA (s'), v. S'embourber. De bétai, bourbier. 
EINBIGNI, EINBOUGNI, UNBIGNHI, v. Faire des bosses, des con- 
tusions, bossuer un vase de métal. (Pays-d'Enhaut.) 
EINBLLAVA, v. Emblaver, ensemencer en blé. 
EINBOA, V. Faire rentrer le bétail dans l'étable. L. bos. (Valais.) 
EINBORRALA, v. Mettre le collier, le harnais aux chevaux de trait 

(Lavaux.) 
EINBOSSA, EINBOSSI, v. Mettre un liquide dans un tonneau, en- 
tonner. De bossa, tonneau. 

EINBOSSHAU, EINBOSSIAU, EINBOCHAU, s. m. Grand entonnoir. 

EINBOTTHA, v. Se chausser; se fournir de souliers. De botte, sou- 
liers. (Montreux.) 

EINBOTTOLLI, v. Mettre en bouteille. De bothollia, bothollie, bou- 
teille. 



EIN 131 

EINBOTZONNA, r. Mettre le luirc dans son et;!!)!.'. Oc hotzon, toit 
à porc. (Val d'Illicz.) 

EINBOUAISl, V. Tromi)er par de Itelles paroles. Fr. populaire, m- 

boiser. 
EINBOUDA, AHIE, adj. Qui a la têle enveloppée de linges pour 

cause de maladie ou pour une blessure. (Montreux.) 
EINBOURRET, s. m. Nombril. — Bourrillon, id. 
EINBOZALLA, t\ Salir avec de la fiente de vaclie. De bauza, 

bouse. (Alpes.) 
EINDHANKA, TJNBHAKKA, r. Percher sur une haute branche. 
EINBRAZA, r. Embraser, mettre le feu, incendier. 
EINBRELL'KOKA, v. S'embrouiller en parlant, perdre le fil de son 

discours. — Einbrelikoka, id. (Lausanne.) 

EINBRENNA, EINBREDETTHA, r. Salir, embrener. C. brenn, ex- 
crément. 

EINBRESSI, r. Embrasser, caresser. 

EINBRETZI, A. adj. Sale, embrené. (Ras-Yalais.) 

EINBRIA (s'), r. Prendre son élan pour sauter, se mettre en mou- 
vement, en course. Dans ce dernier sens, on dit plus souvent 
einmoda. (Vaud.) 

EINBRIGA, r. Charger; astreindre; hypothéquer un immeuble. 

EINBRONTSCHI, v. Mettre de mauvaise humeur, faire froncer le 
sourcil. Le part, passé, einbrontzi, se dit des personnes et du 
ciel qui se couvre et annonce de la pluie ou un orage. (Fribourg.) 

EINBROTZE, s. /■. jj/. Myrtilles, airelles, Vaccinium Myrlillns. — 
AmbresaUe, ambrotze, id. (Vaud.) 

EINBUELA, V. Embrouiller, mettre en désordre, emmêler. (Fri- 
bourg.) 

EINBU.MEINTHA, r. Fumer un terrain, y mettre de l'engrais. De 
bumcin, engrais, lumier. (Vaud.) 

EINCHIÉ, s. m. Cher, bien-aimé. (V. st.) 

EINCONTRE, prép. Contre. A l'einconlro, vis-à-vis. 

EINCURA, ELNCOURA, r. S'inquiéter sans motifs, avoir des sou- 
cis mal fondés. L. cura. 



132 EIN 

EINDEINTHA, v. Mettre ou faire des dents à un râteau, à un in- 
strument. 

EINDETHI, A, adj. Malade intérieurement^ poitrinaire. De detse, 
défaut, tare. (Valais.) 

EINDÉVA, V. Etre vexé, avoir un grand dépit. Fére endéva, persé- 
cuter, tourmenter, rendre fou, faire endêrer. 

EINDIABLLA, v. Endiabler, se donner au diable, maugréer. 

EINDJALI.A, AHIE, adj. Qui a des engelures. De djalla, geler. 

ENDRAI, s. m. Endroit, lieu de la naissance ou du domicile. Mn'ein- 
drai, mon village. 

EINDROUMAI, AHIE; EINDREMI, A, adj. Endormi, pesant. 

EINDROUMI, EINDRUMI, v. Endormir. 

EINDRUZI, EINDRUDZI, v. Fumer un terrain, y mettre de l'en- 
grais. De drudje, drudze, engrais. 

EINDURA, EINDOURA, v. Endurer, souffrir; répondre à une santé 
portée, permettre qu'on vous la porte. (Fribourg.) 

Dans quelques villages fribourgeois, le garçon qui recherche 
une fille en mariage la conduit au cabaret. Chacun d'eux rem- 
plit son verre; puis le garçon approche le sien de celui de sa 
belle en disant à celle-ci : Maria, tè la pouerto, Marie, je te la 
porte; alors Marie, en réunissant du doigt les deux verres, ré- 
pond : Djosoii, d'einduro , Joseph, je te le permets. Joseph con- 
clut de Icà qu'il a le consentement de Marie et qu'il peut aller la 
demander en mariage à ses parents. 

EINEMI, s. m. Ennemi. Ce mot signifie aussi diable, démon. L'a le 
z'einemis, il a le diable au corps, il est possédé, c'est un démo- 
niaque. 

De quiconque a une maladie de nerfs, des accès de somnam- 
bulisme ou d'épi lepsie, le peuple dit : l'a le z'einemis. 

EîNFANT, s. m. Enfant, plus particulièrement un garçon. — Une 
partie des paysans vaudois et fribourgeois n'appellent enfants que 
leurs fils; les filles ne sont que des filles. — Eifel (Val d'Uliez). 
(Voy. Conservateur suisse, tom. IX, pag. 3/i5.) 

EINFARA, EINFARE, s. f. Feu follet. 

EINFARÂ, t'. Embraser; être haut en couleur. 



EIN 133 

EINFARRE. s. f. pi. Petits ais minces pour (Mu\ lir les toits. (Ragnes.) 

EINFASSOTTA, EINFACHOTTA, v. Eminailiolter. \..fasna\him\(is. 

EINFATTA, v. Empocher; mettre dans un sa<'. Verbe jiron., s'enfi- 
ler dans un passage étroit. Perlepor einfatta le Icttic le couloir 
de la poste aux lettres. De falta, poche. 

EINFETZI, V. Indisposer quelqu'un contre une autre personne, 
l'exciter. (Jura.) 

EINFEUHLLI, v. Mettre un manche à une faux. (\'alais.) 

ElNFLETSl, V. Mettre des carreaux aux lrait> d'arhalète. (Fri- 
bourg.) 

EINFLLA, r. Enfler; avoir une boufTissure, un conmicnccnicnt 
d'hydropisie. 

EINFLLO, A, adj. Enflé, qui a de l'enflure, notamment au visage. 

EINFONÇA, EINFONDRA, EFFONDRA, r. Enfoncer. 

EINFORETÀ, V. Exaspérer, irriter une personne, l'exciter contre 
une autre. (Val d'Illiez ) 

EINFORNA, V. Enfourner, mellre au four. 

EINFORTENÀ, v. Faire le sort de quelqu'un, lui procurer bonne 
chance. On dit proverbialement à Montreux: On fa bcinsc z'ein- 
fans , ma on ne le z'inforlene pa, on procrée bien ses enfants, 
mais on ne fait pas leur sort. De fortena, sort, fortune. 

EINFOTHAU, AUSA, adj. Foulé, fatigué à en avoir des douleurs, 
des courbatures. (Valais.) 

EINFOUMA, AHIE, adj. Irrité, de mauvaise humeur; enfumé. 
EINFRESOUNNA, EINFRETHOUNNA, v. Endêvcr, enrager. - Un- 
fresounna, id. (Pays-d'Enhaut.) 

EINFRETOUNNA, AHIE, adj. Fin, adroit, rusé, délié; enragé. - 
Unfresounna. id. (Pays-d'Enhaut.) 

EINFROMEDGI, v. Faire mûrir, abonnir. (Alpes.) 

EINGAINA, s. f. Ruse, fraude, subtcirfuge. Voy. angaina. 

EINGANNA, r. Entrer dans un service dont on se trouve mal. 

EINGATIHI, V. Salir avec de l'ordure, gâter avec des choses mai- 
propres. (Val d'Illiez.) 



134 EIN 

EINGAULA, V. Manger en glouton. De gaula, gueule. 

EINGEILA, V. Engluer. Voy. angeila. (On prononce einguêla, an- 
guêla. — N, de l'éd.) 

EINGERAI, s. m. Faux à panier, instrument d'agriculture. L. m- 
gerere. (Fribourg.) 

EINGOLA, V. Ravauder, marauder, enjôler. (Valais.) 

EINGOLLHIAU, s. m. Flaque d'eau, écoulement par lequel elle se 
vide. De gollhe, flaque, mare. (La Côte.) 

EINGORRAI, AHIE, adj. Qui a le mal vénérien. Degorra, mal vé- 
nérien. (Jura.) 

EINGORRHA, EINGORREIHI, v. Donner le mal vénérien. 

EINGORSELLA, EINGORZALLA, EINGOSALA, v. Faire entrer de 
force dans la gorge, dans le gosier. 

EINGORTHAU, AHIE, adj. Qui se donne des airs, qui se pavane, 
vaniteux. (Val d'Illiez.) 

EINGOUËTZI, V. Ecraser une chose molle. 

EINGOUMA, ANGOUMA (s'), v. S'engouer en mangeant. — S'ein- 
gomma, id. (Vaud.) 

EINGRABA, v. Ensevelir, inhumer. Ail. grab. (Evêché de Bâle.) 

EINGRAISSI, V. Engraisser. 

EINGRANDJI, v. Faire entrer une récolte dans la grange. 

EINGRAUBA, v. Se dit d'un vase, d'un conduit d'eau qui se crasse 
ou qui s'engorge par suite d'un sédiment. De granba, crasse at- 
tachée aux parois d'un vase. (Aigle.) 

EINGRAVA, V. Se repentir d'une action ou d'une parole. L. gra- 
vari. (Valais.) 

EINGREBLLAI, s. m. Voy. agrebllai. 

EINGREINDJI, v. Mettre de mauvaise humeur; empirer. Lo mô s'è 
eingreindji, le mal a empiré. De greindje, grondeur, boudeur, de 
mauvaise humeur. (Vaud.) 

EINGROSSI, EINGROUCHI, i'. Engrosser. 

EINGUENOT, TA, adj. Protestant, réformé, huguenot. (Fribourg.) 

EINGUEUSA, V. Emboiser, tromper, coquiner. Fr. gueux. (Vaud.) 



EIN 135 

EINGUILLETTA, s. f. Voy. eiguilletta. 

EINHERBA, v. Empoisonner avec des herbes vénéneuses. 

EINHLLANTZE, s. f. Pain plat moins cuit que le pain de ménage. 
— Fllantze, id. 

EINIILLAUDINA, v. Duper, enjôler, tromper, filouter. Dellllmido, 
Claude, nom de baptême. Au figuré, c'est un lioiniiie simple, 
niais, facile à abuser : Te n'î k'07i Hllaudu, tu n'es qu'une bête. 
De là le verbe. (La Côte.) 

EINHLLOURE, v. Clore, fermer, renfermer. L. includcre. 

EINKABOURNA, v. Se cacher, se tenir renfermé chez soi. De ca- 
borna, cabinet, et par dérision, maison. (Neuchâtel.) 

EINKAIOTTA, AHIE, adj. Taché de piqûres de puces ou d'excré- 
ments de mouches. De kaia. Voy. ce mot. (Alpes.) 

EINKAMBLLA, v. Encombrer, obstruer. 

EINKAVA, V. Encaver, mettre du vin, des tonneaux on cave. 

EINKAVIAU, s. m. Propriétaire qui met son vin en cave. (Neu- 
châtel.) 

EINKAVOA, EINKAUA, v. Lier un cheval à la queue d'un autre. 
De kaua, queue. 

EINKE, EINKIE, adv. Là. L'è einke, il est là; du einkic, de là; per 
einke, par là. — Ike, ikhe, ainkié, id. 

EINKEMANTHA, v. Fixer à un tronc des fers auxquels tient une 
corde, pour le traîner en y attelant un cheval. (Alpes.) 

EINKEPÉTA, AHIE, adj. Maison ou autre immeuble déjà occupé. 
L, ante occttpatus. (Valais.) 

EINKLLAIRIHI, v. Se dit d'une ravine, d'un éboulement qui cou- 
vre un terrain de pierres et en fait ce qu'on appelle dans les 
Alpes un glarier, gllarei. Voy. ce dernier mot. (Val d'Illiez.) 

EINKLLOUNO, s. m. Enclume du forgeron. 

EINKO, A, adj. Aigre, acide, amer. — Anko, a, id. 

EINKOBLLA, s. f. Attache, entrave, couple. (Vaud.) 

EINKOBLLIA, v. Attacher à un cheval les deux pieds de devant, 
pour qu'il ne s'écarte pas. (Vaud.) 



136 EIN 

EINKONI^ A, adj. Chargé de crasse, encrassé. De couenna, crasse, 

couenne. (Valais.) 
EINKORA, EINKOUE, adv. Encore, derechef. Voy. ankora. 
EINKORNI, lA, adj. Rance; se dit de la viande qui a un mauvais 

goût. 
EINKOTZE, s. f. Coche, entaille ; manière de compter consistant à 

faire des coches dans une baguette. (Vaud.) 
EINKOTZI, V. Préparer, commencer, mettre la main à l'œuvre; 

encocher. 
EINKOULATTA, v. Mettre une culotte à un petit garçon. De coulât, 

chausses, culotte. 
EINKOURA, s. m. Le curé de la paroisse. lô reste Veinkoura ? où 

demeure le curé? (Fribourg.) 
EINKOUTI, A; EINCOTHI, A, adj. Emmêlé; se dit des cheveux. 
EINKRAIRE, v. Croire, accroire. 
EINKREMEIN, UNKREMEIN, s. m. Enfant nouveau-né. L. incre- 

menttim. (Pays-d'Enhaut.) 
EINKRENA, UNKRENA, v. Encocher, échancrer, entailler, entamer. 
EINKRÉTA, EINKREA, s. f. Coche, échancrure; passage étroit; 

rainure. 
EINKRÈTHA, s. f. Acreté, acidité, froid rigoureux. (Pays-d'Enhaut.) 
EINKRÉTHENA, v. Abrutir, rendre stupide, hébété, crétin. (Valais.) 
EINKRO, A, adj. Acre, amer; violent, colère; grand travailleur. 

Voy. ANKO, EINKO. 

EINKROJI, EINKROZI, UNKROJI, v. Creuser, excaver. 

EINKROTTA, v. Mettre en terre le cadavre d'un animal. Gr. z/jûtttjj, 
It. grotta, Fr. grotte. Voy. crotta, crotton. (Vaud.) 

EINLLHA, AHIE; EINDA, AHIE, adj. Agacé. E le dein einllhahie, 
j'ai les dents agacées. (Montreux.) 

EINLLHÂ, V. Agacer. 

EINLORNA, V. Duper; ennuyer par son babil. — Einpiorna, id. 
— Einliorna, id. (Val d'Illiez). 

EINLUTZI, EHLLUTZI, v. Eclairer ; faire des éclairs. (Fribourg.) 



EIN lr]7 

EINLUTZO, ELIUZO, s. m. Eclair; même racine que le latin lux. 
(Fril)ourg.) 

EINMANTSCIII, t\ Emmancher; jeter, laiisser ; jeter le manche 

après la cognée. (Lavaux.) 
EINMEHLLA, i\ Emmêler, embrouiller. 

EINMERDOLA, r. Embrener, salir avec des excréments. De 7ntT</a. 
EINMOCHA, AHIE, adj. Morveux. De mokka, morve. (Valais.) 
EINMODA, EMODA, v. Partir; commencer, mettre en train. (Vaud.) 
EINMORATSI (s'), v. S'amouracher. 
EINMORDJI, V. Commencer, mettre en train. Einmordji na niaise, 

commencer une querelle. — Einmordzi, einmourdzi, id. (Vaud.) 
EINMORTHI, lA; EINMOURTI, lA, adj. Engourdi, gourd. 
EINMOUELLA^ v. Mettre le foin en veillottes. De moue, movi, mon- 
ceau, tas. 
EINMOUESSI, V. Entasser. 
EINMOUSATIII, IIIA, adj. Hébété, pesant, endormi. De mouset, 

musaraigne. 
EINNECTA. V. Flagorner, encourager par flatterie. L. innccto. (Val 

d'Illiez.) 
EIN-NO. Contraction de allcin-no, allons-nous. 
EINNOBLLI, EINUBLI, v. Devenir nébuleux, nuageux, se couvrir 

de nuages. L. nubila. 
EINNOCEIN, TA, adj. Innocent, sans malice; se dit des imbéciles 

de naissance, des crétins. (Jura.) 
EINNOTSI, EINOSSI, v. S'engouer en mangeant. De nossa, petit 

morceau, bouchée. 
EINNOULLIII, V. Huiler; administrer l'extrême onction. De ouUho, 

oleum, huile. (Fribourg.) 
EINNOYAU, AUSA, adj. Sujet à l'ennui, à la peur; qui craint la 

solitude, les ténèbres, les revenants, les lutins, les sorciers. 

(Pays-d'Enhaut.) 
EINNOYÏ, V. Ennuyer. S'einnoyï, s'ennuyer; avoir peur la nuit. 

M'einnouio, je m'ennuie. 
EINORTZEMEIN, s. m. Ensorcellement. (V. st.j 



138 EIN 

EINORTZI, EINORDZI, v. Faire endêver, ensorceler. De nortze, 

sorcière. (Vaud.) 
EINOULLHI, V. Mettre un liquide dans un vase, remplir un vase 

de liquide. L. in olla. 
EINOURTSIHI, V. Ennuyer, rompre la tête à force de paroles, 

de criailleries. (Val d'Illiez.) 
EINPAIJA, s. f. Empois. 

EINPAKOTTA, v. Embouer, salir avec de la boue. J)&pakot, boue. 
EINPARA, V. Soutenir quelqu'un, l'aider, le protéger, prendre sa 

défense; retenir un corps en mouvement. 
EINPARE, s. f. Barrière, soutien, appui, crédit. L'a de Veinpare, 

il a du crédit; preindre l'einpare, prendre les devants, prévenir; 

preindre de l'einpare^ prendre de la marge, se prémunir. (Vaud.) 
EINPARTIHI, V. Fermer avec des perches les passages ouverts 

dans les haies. (Val d'Illiez.) 
EINPATA, V. Pétrir le pain, faire de la pâte. 
EINPATAIRE, s. f. Pétrin, huche à pétrir. 
EINPATOLLHI, v. Envelopper de chiffons. De patta, chiffon. 
EINPATOLLHU, UVA; EINPATOLLHI, A, adj. Enveloppé dechif- 

fons, déguenillé. (Vevey.) 
EINPATSCHI, EINPATZI, v. Empêcher. Une femme dit: Su ein- 

patschia, je suis empêchée, locution plus polie que : je suis en- 
ceinte. (Vaud.) 
EINPEINDRE, v. Pousser quelqu'un de manière à le faire tomber. 

(Val d'Illiez.) 

EINPENNA, V. Mettre des plumes aux flèches, aux carreaux d'ar- 
balète. (V. st.) 

EINPERRÉ, EINBERRET, s. m. Embarras, obstacle. (Valais.) 

EINPÉSA, EINPÉJA, EINPAHIJA, v. Empeser. 

EINPIORNA, r. Ennuyer, rompre la tête par des discours désa- 
gréables. Voy. PIORNA, EINLOKNA. (Vaud.) 

EINPLLA, V. Remplir; engrosser; dans ce dernier sens, c'est le 

mot technique parmi les paysans. (Vaud.) 
EINPLLAIHI, V. Employer, faire usage. 



EIN l;l<> 

EINPLLÀTRO, s. m. Emplâtre; personne qui ne sait pas se remuer, 

qui est endormie, engourdie. 
EINPOMGHI, V. Infecter un vase avec de l'urine, einpun. ('Fri- 

bourg.) 
EINPONNA, V. Aigrir une perscmnc, l'exciter contre une autre. 

L. impugnare. (Val d'Illiez.) 
EINPORTA, V. Emporter. On dit einporto dans le Bas-Valais. 
EINPOTTA, EINPOUTA, v. Faire la moue, braver avec mépris. De 

potta, lèvre, moue. (Valais.) 
EINPQUE, s. f. pi. Voy. ampoue. 
EINPOUGM, V. Empoigner, saisir au corps. Se san einpougni, ils 

se sont battus. 
EINPOUGNO, s. m. Moyen quelconque pour empoigner un objet 

trop chaud. 
EINPREINDRE, u. Allumer le feu, la lampe; prendre feu, s'en- 
flammer. Va empreindre lo craisu, va allumer la lampe. (Fri- 

bourg.) 
EINPRONTA, V. Emprunter. 
EINPRONTA, AHIE, adj. Embarrassé, gêné, empêché dans ses 

mouvements. (Vaud.) 

EINPRONTHIAU, lAUSA, adj. Emprunteur importun. 
EINPUN, UNPUN, s. m. Urine. (Fribourg.) 
EINRAHI, V. Commencer un ouvrage. (Nyon.) 

EINRAUFFA, v. Salir, couvrir d'ordures. Itre einrauffa, être en- 
crassé, se dit d'un vase. — Ehiroffa, id. 

EINREILLA, v. Se perdre dans des fentes ou crevasses de rocher. 
De rallia. Voy. ce mot. (Alpes.) 

EINREIMBLLA, v. S'enfoncer dans les fondrières, s'embourber. 
No ne seinpa mô einreimblla, nous ne sommes pas mal embour- 
bés. (Vaud, Fribourg.) 

EINRETZAU, EINRICHAR, s. m. Presse pour mettre le fromage 
en forme. 

EINRETZI, V. Mettre le lait caillé dans la forme, au sortir de la 



140 EIN 

chaudière, pour faire un fromage. — Einroutschi, id. De rontze, 

retza, forme pour le fromage. (Alpes.) 
EINRHOMMA (s'), v. S'enrhumer. 
EINRHOMMA, AHIE, adj. Enrhumé. 
EINROFFA, AHIE, adj. Chargé de crasse. — Einrmiffa, id. 
EINROFFÀ, V. Voy. einrauffa. 
EINROSSI, A, adj. Qui est devenu rosse, qui dégénère et perd ses 

forces. {Enrosser quelqu'un, lui vendre une rosse , terme de ma- 
quignon dans le français populaire vaudois. — N. de l'éd.) (Vaud.j 
EINROUTZI, V. S'enrouer. 
EINROUTZI, lA, adj. Enroué. 
EIKSABLLA, v. Ensabler, couvrir de sable. 
EINSAGNOLA, v. Ensanglanter. 
EINSASSALA, v. Se précipiter, se perdre dan» ies rochers, saxa. 

(Alpes.) 
EINSATZI, V. Mettre dans un sac, ensacher. 
EINSEINBLLO, adv. Ensemble. 
EINSORNELAU, LAHIE, adj. Assoupi ^ qui sommeille. De sonno, 

sorno, sommeil. (Valais.) 
EINSOSSA, EINSOKKA, v. Salir ses souliers, ses sabots. L. soccus. 

(Val d'Illiez.) 
EINTA, V. Enter un arbre, greffer. 
EINTEINDRE, v. Entendre. Ce verbe est peu usité; on dit plutôt 

oure. Seulement, au lieu à'eintein-to ? entends-tu ? on dit par 

abréviation tein-to ? (Lausanne.) 
EINTEMONI, A, adj. A demi endormi, assoupi, (Val d'Illiez.) 
EINTETSCHI, v. Entasser, amonceler, mettre en tas, en monceau. 

De tetsche, tas. 

EINTÎTHA, V. Assommer, entêter. De titha, tête. — Untlieta, id. 

EINTOAIRDRE, v. Entortiller, envelopper par des tours réguliers. 

EINTORTOLLHI, v. Entortiller. (Vaud.) Voy. einvourtholli. 

EINTOUGNI, A; UNTOUGNI, A, adj. Opiniâtre, entêté, têtu. G. 
touign, émoussé. (Alpes.) 



EIN lil 

EINTOULA, V. Mtitire le foin en veil lottes. C. inul, excroissance. 
(Aigle.) 

EINTOUPENA (s'), v. S'appesantir par le sommeil ou par la ma- 
ladie. (Vaud.) 

EINTOUPENA, AHIE, adj. Lourd, somnolent. (V;iud.) 

EINTRA, ElTRA, r. Entrer. 

EINTIUNTZI, UNTRONTZI, v. Elancher; obstruer le passage d'un 
liquide. (Alpes.) 

EINTHEFETSCHl, v. Entrelacer. 

EINTREMI, r. Méditer, rélléchir, penser. L. intcr me. (Valais.) 

EINTREMI, s. m. Milieu, entre-deux. 

EINTREMI, prép. Entre. Einlrrmi le don, entre les deux. 

EINTREMOUHIA, s. f. Trémie de moulin. 

EINTREPLLISI, s. /. Hydropisie. (Valais.) 

EINTREPOUSA, v. Entreposer. 

EINTREPREI, EISSA, adj. Gauche, embarrassé, ne sachant com- 
ment s'y prendre. (Vaud.) 

EINTRETSANTA, v. Enchanter, ensorceler, charmer par des pra- 
* tiques de magie, fasciner. (Valais.) 

EINTRÉVA, EINTRÉHA, EINTERVA, v. Parler à quelqu'un, s'a- 
boucher, s'informer, demander. E fauta de l'riniréva, j'ai besoin 
de lui parier. (Vaud.) 

EINTZAMPA, V. S'égarer, perdre son chemin, aller à travers 
champs. (Pays-d'Enhaut.) 

EINTZAPPLLA, r. Donner le fil à la faux en la ballant avec un 
marteau. (Vaud.) 

EINTZAPPLLE, s. f. Pièce de fer sur laquelle la faux repose quand 
on la bat. (Vaud.) 

EINTZARREiHI, v. Charmer, ensorceler; faire un charme pour 
empêcher le renard, la fouine ou le putois de prendre les poules, 
charme qui consiste à dessiner par un fil de laine rouge une- en- 
ceinte que ces ennemis des basses-cours ne peuvent franchir. 
De Isarraire, chemin. (Vallée de la Rroie.) 



14i> EIN 

EINTZATTALA, v. Entasser, mellre l'un sur l'autre. De tsattalel. 
Voy. ce mot. (Vaud.) 

EINTZELEKA, s. f. Angélique, plante ombellifère, Angelica sylvcs- 
tris et Angelica montana. — Einzeleka, id. (Alpes.) 

EINTZENALLI, adj. Enchaîné ; se dit des chiens in coïtu. 

EINTZEVÉTRA, v. Mettre le licou. De tsevéro, licou. 

EINTZIFRAU, AHIE, adj. Morveux. (Val d'Illiez.) 

EINTZIFRENA, AHIE, adj. Enchifrené, qui a un embarras dans 
le nez. 

EINTZIROUNA, v. Mettre le foin en veillottes. De tsiroii, veillotte. 

EINTZO, EINTZE, EICHE, s. f. Encre. Nei ko l'eintzo, noir comme 
l'encre. 

EINTZOTOUNA, v. Conduire le troupeau dans les pâturages in- 
férieurs ou pâturages du printemps. De tsantein, la belle saison. 
(Alpes.) 

EINTZOTOUNADJO, s. m. L'action ù'eintzotouna. (Alpes.) 

EINVAHI, V. Mettre quelqu'un en chemin, lui indiquer la bonne 
route. L. in via. (Valais.) 

EINVAUDA, EINVOÛTA, v. Ensorceler, charmer, jeter un sort^ 
rendre malade, faire maigrir gens ou bêtes par sortilège, en en- 
voûtant. Einvauda vient de vaudai, sorcier. (Alpes.) 

EIN VER, s. m. Furoncle, apostume; moins usité que Ulou. Voy. 

ANVEti. 

EINVERROTA, v. Entrelacer. De veri, tourner. (Val d'Illiez.) 

EINVETI, V. Ensemencer, emblaver. 

EINVETU, A, adj. Terrain qui a sa récolte sur pied. 

EINVIA, V. Voy. einvouhi. 

EINVOHA, V. Divulguer les choses secrètes. L. vox, voix. (Val 

d'Illiez.) 
EINVOLA, 11. Envoler, emporter. Diabllo m'einvolai, imprécation 

fréquente. Voy. diablle. (Vaud.) 
EINVOUA, EINVOUDRE, v. Arranger, disposer, mettre en ordre. 
EINVOUARGNAU, AHIE, adj. Endiablé, possédé. (Valais.) 



EKO 14:3 

EINVOUARPAU, AHIE, adj. Hâve, maigre, pâle, hagard, qui ;. laii 

d'un déterré. — Evouarpau, id. (Val d'IUiez.) 
EINVOUllI, EINVOIU, EINVIA, v. Envoyer, mettre en chemin. 
EINVOULLHI, V. Emmêler, embrouiller. (Fribourg.) 

EINVOURTHOLLI, EINVORTIIOLLI, V. Entortiller. - Eintor- 
tolihi, id. 

EINZEVALLA, v. Mettre le blé fauché en javelles. De zevulln, ja- 
velle. (Valais.) 

EKAFFA, V. Ecraser; éclater de rire. Dans ce dernier sens on dit 
aussi reknfjfa. — EkUaffa, id. 

EKALABRA, EKALAMBRA, v. Ouvrir une porte, une fenêtre avec 

fracas, l'ouvrir toute grande; étendre les bras pour faire de 

grands gestes. (Vaud, Neuchâtel.) 
EKALABRI, s. m. Homme qui fait de grands gestes, qui a de 

grandes jambes ou qui les écarte en marchant; étourdi. (l'ays- 

d'Enhaut.) 
EKARA, V. Rendre carré. 

EKARAFFA, AHIE; EKARANTA, AHIE, adj. Epouvanté, elïrayé, 

effaré. (Vaud.) 
EKARAFFHA, v. Voy. ekai^failli. 
EKARBOUTA, v. Fausser un vase de cuivre ou d'étain, le bossuer. 

(Val d'Hliez.) 
EKARCELA, ESCARCELLA, s. f. Escarcelle. Porta ein escarcella, 

porter un fouet en sautoir. (Valais.) 
EKARFA, V. Ecarter trop les jambes en marchant. 
EKARFAILLI, EKARAFFHA, v. Ecraser. (Vaud, Valais.) 
EKARKELLHl, v. Disperser; écarquiller. 
EKAURE, EKEURE, EKOURO, v. Battre le blé en grange. Ekaure 

se dit aussi pour hallre briquet. C. egori, ouvrir. (Vaud.) 
EKAUVA, EKOVA, EKEUVA, s. f.: EKOVÉ, s. m. Balai, écou\ ilhni 

pour nettoyer un four. — Prov. Le lo rahilo ke se moké de l'é- 

cové, c'est le râble qui se moque de l'écouvillon. 
EKIEUPAI, V. Cracher, vomir. (Evêché de Bâle.) 
EKODRE, V. Avoir, dans une famille, plus d'égards, plus de soins 



U4 EKO 

pour un membre que pour un autre. — Bécordre, id. Voy. Cor- 

dre. (Val d'IUiez.) 
EKOFFEI, s. m. Cordonnier; fém. écoffaire.—Escoffei, id. (Vaud.) 
EKOÏ, s. m.; EKOVIRE, EKOVISSE, s. f. pi. Balayures. Voy. 

EKOVA. 

EKOINA, s. /.; EKOUANEI, EKOUENNEI, s. m. Epine vinette. 

(Vevey-) 
EKOÏTAI, s. m. Eboulis, chute de terres ou de rochers. 
EKOPI, V. Cracher (Val d'Illiez). Ekieupai, dans l'Evèché de Baie. 

L. expuere, eœspuere. 
EKORDJA, EKOURDJA, s. f. Fouet de charretier. C. scourge, fouet. 

Le français écoiirgêe signifie un fouet qui est fait de plusieurs 

lanières. 
EKORNETTI, v. S'égosiller, crier à pleine gorge, à tue-tête. Même 

racine que le français cornet. (Alpes.) 
EKOSSAI, EKOSSIAU, s. m. Batteur en grange. C. cos, gousse, 

épi. (Vaud.) 
EKOSSAIRA, EKORSiAIRE, EKOCHAIRE, s. f. Dévidoir. Gain- 

dro, id. 
EKOT, s. m. Tige de fève; morceau de bois sec, bûche. 
EKOTA, V. Etêler un arbre. — Emolta, id. 
EKOUAIRU, UVA, adj. Petit, débile, de chétive apparence. (Coppet.) 

EKOUAISSl, V. Affaisser, faire fléchir; affaisser une branche d'ar- 
bre en la faisant fléchir avec effort, de sorte qu'elle ne se re- 
lève pas. 

EKOUALA, V. Oter la plaque de métal qui recouvre un bouton. 
(Pays-d'Enhaut.) 

EKOUALLA, s. f. Ecuelle; ricochet sur l'eau. 

EKOUALLETTA, s. f. Diminutif de éconalla. petite écuelle, tasse; 
ricochet sur l'eau. 

EKOUATRA, r. Briser, écacher, écraser. 

EKOUATROUNA, EKOUATRONA, v. Détruire les petites limaces. 
De kouaitron, kouatron, limace des jardins. 



ELI 1/^5 

EKOUEISSI, A, adj. Eclopé, mal sur ses jambes, harassé de fatigue. 
De housse, cuisse. (Vaud.) 

Un paysan lisait comme suit l'inscription qu'on voyait ancien- 
nement sur une des portes de Lausanne : a Lmtsanna civitas 
eqiiestris », Loicis Seigneux tôt ékoneissi, Louis Seigncux tout 
éclopé, parce que ce bourgmestre de Lausanne était boiteux. 

EKOUENNA, v. S'efforcer, tâcher; enlever l'écorcc du bois, la 
croûte du fromage. De couenna, croûte, couenne. {FAouenna si- 
gnifie aussi ccobuer. — N. de l'éd.) 

EKOUIRLO, s. m. Œuf sans coquille; fruit avorté. (Pays-d'Enhaul.) 

EKOULA, s. f. Ecole. 

EKOULL s. m. Ecolier, étudiant. Ecoxdire, écolière. 

EKÛURCI, i\ Relever ses jupons pour qu'ils ne traînent pas, se 
trousser. 

EKOUVRA, ECAUVRA, EKEUVRA, s. f. La pièce supérieure du 
pressoir. (Yaud.) 

EKOVA, EKAUA, EKEUVA, v. Balayer. C. lioves, nettoyer. 

EKOVIRE, EKOVISSE, s. f. pi. Voy. ECOÏ. 

EKRAINZI, V. Secouer le blé dans le van pour séparer les criblu- 
res. De creinlze, crinse, s. f. pi. criblures. 

EKRAPA, EGRAPPA, v. Egrapper, détacher les grains d'un épi, 
d'une grappe; enlever la première couche d'un solide ou d'un 
liquide. 

EKRETÉRO, s. m. Ecritoire, encrier. (Lopotet, id. — N. de l'éd.) 

EKRETHI, V. Se resserrer; se dit des boiseries neuves. 

EKRITHA, AHIE, adj. Se dit d'un vase de bois si sec que le liquide 
contenu s'en écoule. (Val d'Illiez.) 

EKUIABOT, s. m. Jeune planton de chou qui n'a que les pre- 
mières feuilles. (Jura.) 

ELANA, V. Séparer les parties d'un corps posé à plat. De lan, 
planche. (Alpes.) 

ELEIGHI, V. Consoler, alléger les chagrins. (Val d'Illiez.) 

ELEIZI, V. S'éclaircir, se remettre; se dit du temps. 

ELIENDA, s. f. Eclair. (Genève.) Voy. einlutzo. 

MÉM. ET DOCUM. XXI. 10 



U6 EN 

ELOISA, s. f. Etincelle. — Epélua, id. 

ELOUTZI, ELOUCHI, v. Peser sur une branche pour la séparer 
du tronc. 

EMAGALLA, EMAZILLHA, EMASILLHI, v. Ecraser un fruit, un 

insecte. (Fribourg.) 
EMAHI, EMEYI, V. Hésiter, balancer, être en suspens. (Alpes.) 

{Einmailli, dans le Jorat, signifie lanterner. — N. de l'éd.) 
EMAKA, V. Aplatir; se laisser serrer les doigts par une porte. 

(Pays-d'Enhaut.) 
EMBLAI, s. m. Voy. amblai. 
EMÉLUA, V. Réduire en poussière, briser en mille pièces. De mêle, 

mille. (Vaud.) 

EMERAHLLA, v. S'étonner, s'émerveiller, crier au miracle. De 

merahllo. 
EMERO, RA, adj. Pâle, sans couleur. (Alpes.) 
EMI, s. m. Ami. (Gruyère.) 
EMMI, prép. Entre. Medii cein emmi vo don, mangez cela entre les 

deux. 
EMOLA, V. Aiguiser, émoudre. — Mola, id. 
EMOLLHAU, s. m. Planche sur laquelle on bat le linge mouillé. 
EMORANTZI, v. Faire tomber un corps en le heurtant; se meurtrir 

un membre. (Alpes.) 
EMORSALLA, v. Mettre en pièces, en morceaux. 
EMOTA, V. Emousser un corps pointu. C. mot, émoussé. 
EMOTTA, V. Etêter un arbre, émonder; briser les mottes, éraotter. 
EMOURTI, V. Engourdir. 

E.MOURTI, A, adj. Engourdi. Voy. einmorthi, einmousathi. 
EMOUSTELLHI, v. Se hâter, se dégourdir, se mettre en train, s'é- 

moustiller. (Vaud.) 
EN, ON, ION, adj. dét. Un. lena, onna, une. On valet, un garçon; 

na fenna, onna fenna, une femme ; n'einlutzo, pour en, on ein- 

lutzo, un éclair. {Ion, iena ne s'emploient que comme pronoms: 

n'ein é pa vu ion, je n'en ai pas vu un, je n'en ai vu aucun. — 

N. de l'éd.) 



EPE \M 

ENCERCIIE, s. f. Recherche, enquiMe. 

EMEHLA, r. Voy. egxeihla. 

ENNESI, s. m. Jeune porc d'un ;tn. L. aunua. 

ENORVA, r. Se dégoûter des alinii;nls pour jivoir mangé avec 

excès. (Valais.) 
ENTHECOT, s. m. Passage court et étroit pour gagner la rue entre 

deux de ces petites boutiques des rues Basses qu'on appelait 

des bancs. (Genève.) 
EPAIS, acij. Epais. Le féminin épessa, se dit dune femme grosse. 
EPALANTA, r. Disperser. L. palans, errant, qui court çà et là. 
EPANDA, s. /. Planche qui fait rebord sur une autre. L. pando. 

(Alpes.) 

EPANDRA, r. Etendre le linge pour le sécher; jeter un homme 

sur le carreau. 
EPAMZI, r. Eparpiller; étendre le foin sur le pré, ou le fumier 

sur le champ. 
EPÀRA, s. f. Penture, bande de fer clouée sur une porte, sur un 

contrevent, pour les soutenir sur le gond. 
EPARÀ, V. Ouvrir brusquement une porte. L. parare. (Pays- 

d'Enhaut.) 
EPARTZE, s. m. Géranium herbe à Robert, Géranium rodertia- 

mun. (Bex.) 

EPARZOIRE, s. f. pi. Perches pour clore les passages ouverts dans 
,es haies. (Entremont.) 

EPATO, A, adj. Pauvre, mendiant, déguenillé. De patte, lambeaux, 
chiffons, guenilles. (Valais.) 

EPAU, SA; EPEU, SA; EPU, SA, adj. Epoux, épouse. 

EPAULA, EPOLA, s. f. Epaule; bobine de rouet. 

EPAULETTA, EPOLETTA, s. f. Epauletle; petite bobine. 

EPAUZE, s. /. p/. Chanteuses du mois de mai. (La Cùle.) Voy. 

MAÏENTZA. 

EPEI, adv. Peut-être. Epci hein, loc. adv., cela peut bien ètr.', il 
se peut bien. 



148 EPE 

EPEICHA, s. f. Grand pic des forêts, Piciis major. G. pec, bec. 

Epaitza, id. (Alpes.) 
EPEINGLEI, EPINGLAI, s. m. Gastré, ou gastérostée, poisson du 

genre des anastosoraes, vulg. épinoche. (Jura.) 
EPEINGUAI, EPEINGHUI, EPEINLLHI, s. m. Etui à tenir les 

épingles et aiguilles. 
EPEKLLA; EPEHLLA, v. Ecraser, écaclier, manger à se crever. 

(Vaud.) 
EPÉLUA, V. Etinceler, briller, resplendir. G. clVj elven, étincelle. 
EPÉLUVA, EPELIVA, EPELUA, s. f. Etincelle. 
EPENA, s. f. Epine. 

Epena-naire, prunelier, Prunus spinosa. 

Epena-b liant ze, aubépine, Cratœgus oxyacantha. 

Epena à tiendre, nerprun, Rhamnus catharlica; c'est aussi 

l'argoussier, Hippophaë rhamnoides. (Vaud.) 
EPENASSI, EPENATSGHI, v. Sérancer, peigner le chanvre, le lin. 

(Vaud.) 
EPENASSIAU, s. m. L'ouvrier qui sérance, séranceur. (Vaud.) 
EPENATZE, s. f. pi. Epinards. L. spinacia. 
EPENOSSE, s. f. pi. Malenconlre, affaires embrouillées, épineuses. 

(Goppet.) 
EPERPELLHI, v. Disperser, éparpiller. Voy. epantzi. 

EPERRA (s"), V. S'efforcer, faire des efforts, essayer. L. experior. 

(Valais.) 

EPERREIHI, V. Epierrer, enlever les pierres d'un terrain qu'on 
défriche. 

EPÉTA, EPEHLLA, v. Manger à n'en pouvoir plus. (Val d'IUiez.) 
— Epéklla, id. 

EPETADON, EPETADAN, loc. adv. Et puis, alors, ensuite. (Vaud.) 

EPETALAl, s. m. ; EPETALAIRE, s. f. Directeur, directrice d'une 

maison de charité. 

EPEKJ, s. m. Hôpital, hospice. 

EPETZI, V. Ecouter curieusement, épier. (Jura.) 



ERA liO 

EPEVAIGHI, V. S'étendre en IjàilUmt. (Val d'illiez.) 

EPI, s. m. Lavande, Lavamhtla Spira. (Aigle.) — Aspi, espi, id. 

EPIA, V. Monter en épi, épier. 

EPIENNA, EPLANNA, r. Enlèvera la viiino, au iiriiitemps, les 

pousses superflues. De piennd, pllenà. Voy. piennà. 
EPIHIA, s. f. Epée, glaive. 
EPOIGNE, s. /. Gâteau, tourte. (Genève.) 
EPOIN, s. m. Douleur fixe au côté, dans la pleurésie: douleur qu\ 

gêne la respiration, point. 
EPOLALLHI, i\ Epouvanter, chasser les poules en les effrayant. 

De polaille, poule. 
EPONTA, i'. Effrayer. (Alpes.) 
EPONTAI, s. m. Epouvantail pour éloigner les oiseaux d'un champ, 

d'une chenevière. (Alpes.) 
EPORDHI, V. Elîrayer par le bruit, chasser gens ou bêtes. (Valais.) 
EPOTIHl, r. Recevoir une remontrance avec mépris, en faisant la 

moue. De potta, grimace, moue. (Val d'illiez.) 
EPOUAIRI, V. Epouvanter, effrayer. De pouairc, peur. — Eponta, 

id. (Vaud.) 
EPREINTIHI, V. Faire des efforts en étant à la selle. (Valais.) 
EPTHAI, EPPLLAI, adi\ A la hâte, précipitamment. (Valais.) 
EPTHAIKI, EPPLAIKI, v. Se hâter, se précipiter dans sa marche. 

(Valais.) 
EPU, EPOUAI, adv. Puis, et alors, ensuite, après quoi. 
EPU, s. m. Le vide d'une mortaise. (Pays-d'Enhaut.) 
EPUDJI, EPUDIHI, V. Voy. pudji. 

EPUFFA, EPOUFFA, v. Pouffer de rire; épousseter. Puffa, signi- 
fie poussière. 
EPUFFAHIE, s. f. Violent éclat de rire. 
EPUSA, V. Epouser. 

EPUS.VHIE, s. f. L'épouse, l'épousée. Moins usité (juc cpausa. 
ERA, adv. Maintenant, actuellement. (Val d'illiez.) Voy. ai;.\, iioh.\. 
ERAIZI, V. Déraciner avec effort. De rai, racine. (Alpes.) 



150 ESC 

ERARI, V. Eclaircir des plantes ou des semis trop épais. L. 7'arus. 

ERAVEIHI, V. Eclaircir des raves semées trop épais; faire la ré- 
colte des raves. 

ERBE, s. m. Présure. (Val d'Illiez.) 

ERBONNA, ORBAINA, s. f. Lagopède, perdrix des neiges. (Alpes.) 

ERBOUNA, ORBOUNA, s. f. Baie de laurier qu'on met dans les 
ragoûts. (xMontreux.) 

ERCOSSEI, ARCOSSEI, s. m. C'est le nom de deux arbrisseaux : 
\e nerprun çurgiil'xf, Rhmnnvs cathartica (Aigle), et l'argoussier, 
Hippophaë rhamnoides (Montreux). 

ERDZEIN, s. m. Argent, numéraire. Le z'erdzcin ne san pa épais, 
l'argent est rare. — Ardzein, id. 

EREDZIA, s. /. Sorcellerie. (Valais.) 

EREDZO, A, adj. Hérétique; sorcier. (Valais.) 

EREINTÀ, ERENA, v. S'abîmer d'efforts, de fatigue, s'éreinter. 

EREINTA, s. f. Force venant des reins. A iot'éreinia, de toute sa 
force. (Vaud.) - 

ERHBE, s. f. pi. Gouttes de petit lait aigri jetées dans la chaudière 

pour faire le séré. (Val d'Illiez.) Voy. séré. 
ERHGA, V. Travailler, labourer. Gr. i.oyâÇopat, travailler. (Fribourg.) 
ERMAILLI, s. m. Voy. armailli. 
ERMANNA, s. m. Almanach, calendrier. 
ERMONNA, s. f. Aumône. 
ERNEA, ARNEA, s. f. Pie-grièche grise, Lanius excubitor. — Ma- 

tagasse, id. (Alpes.) 
EROLLA, s. m. Voy. akolla. 
ERTÈ, s. m. Orteil, doigt du pied. 
ERZI, ERSHI, AHRSI, v. Herser. G. ers, pointe. 
ES, s. m. et f. Voy. aa. 
ES, ESSE, s. m. If, Taxus baccata. (Villeneuve.) 

ESCAR, ETZAR, ESCHEIR, ETZEIRD, A, adj. Econome, chiche, 
serré, avare, mesquin. G. scars, étroit, avare; B. L. scardus ; 
It. scarso; V. F. échars. (Alpes.) 



ESS 151 

ESCHIERA, s. f. Vase de iiuil, pot de chainljie. (FiibourLr, l.il«.) 

ESCUSA, s. /'. Excuse, juslilication. 

ESCUSÀ, ESCOUZÂ, V. Excuser. 

ESHLLAFAIIIE, EKLLAFAHIE, .s. f. Violent soulllel, coui., éclat. 

ESKORMANTZl, v. S'abîmer de travail; suer saiii,' et eau. (Vaud.) 

ESKOÏA, s. f. Corde qui dirige la voile d'une barque. C. escutii, id. 

(Léman.) 
ESPARCETTA, s. /. Voy. espeircetia. 
ESPEINTE, s. /. Epaule. (Vieux documents de Friboury.) 
ESPEIRCETTA, s. f. C'est le sainfoin commun ou esparcette, Uno- 

bnjfhis saliva. — Esparcetta, id. (Vaud.) 
ESPENDA, ESPEINDA, s. f. Empan. \..pandere. (Yverdon.) 
ESPIE, s. m. Espion; intelligence avec l'ennemi. 
ESSAITIHI, V. Sonder l'opinion de quelqu'un; essayer; prononcer 

la lettre s d'une manière épaisse. 
ESSAINGOUNA, r. Secouer une personne endormie pour la ré\eil- 
-1er. (Valais.) (On dit segoitgni, dans le canton de Vaud. — N. 

de l'éd.) 
ESSARKAHLLI, TSERKAIILLI, v. Secouer violemment, ébranler 

une porte, un bâtiment. (Val d'Illiez.) 
ESSAVA, V. Enlever l'épiderme, érafler. (Pays-d'Enhaut.) 
ESSERBA, V. Essarter, défricher, ôter les mauvaises herbes. L. ex 

lierba. 
ESSERTA, ESSERBEHLLI, v. Essarter, défricher. 
ESSERTIllAU, s. m. Journalier qui l'ait des défrichements., défri- 
cheur. (Vaud.) 
ESSERTS, s. m. pi. Lieux buissonneux qu'on a défriché ou qu'on 

défriche. 
ESSETA, adv. Hormis, excepté. 
ESSEURELLHl, v. Dresser les oreilles de peur comme un cheval 

ombrageux. (Val d'Illiez.) 
ESSORDALA, ESSORDELA, v. Assourdir. 
ESSOTIHI, V. Oter la suie, ramoner. De soutsche, suie. (Valais.) 



152 ETA 

ESSOUHI, ESSUÏ, V. Essuyer. 

ESTAFI, ESTAFIER, s. m.; ESTAFIERA, s. f. Estafier, homme 
ou femme hardis, insolents, prompts à en venir aux coups. 
(Vaud.) 

ESTAIRE, s. f. Demande de subside, d'aides pour le seigneur féo- 
dal. (Valangin.) 

ESTERMINABLLO, A, adj. Se dit de mauvais chemins où gens et 
bêtes risquent de s'estropier. (Pays-d'Enhaut.) 

ESTOG^ s. m. Pouvoir, force. Va fé cein de sn'estoc, il a fait cela 
de son chef. (Ce mot est français. — N. de l'éd.) 

ESTOMME, ESTOMMA, ESTOUMMA, s. f. Estomac. 

ESTRA, s. m. Chose étrange, inaccoutumée. Lei a de l'estra, il y a 
quelque chose d'extraordinaire. L. extra. 

ESTRA, s. m. Aumône donnée à un pauvre au delà de sa pension 
ordinaire ou hors des époques fixées. L. extra. (Vaud.) 

ESTRANGALA, s. /. Grand filet de pêche. L. stringere. (Léman.) 

ESTREINGOLA, v. Etrangler. Diablle t'estreingolai, le diable t'é- 
trangle. (Genève.) 

ESTREINGUET, s. m. Lacet de femme. L. stringere. (Vevey.) 

ESTRIFFA, s. f. Querelle, batterie, chamaillis, démêlé, mésaven- 
ture. (Vaud.) 

ESTRIFFA, V. Se disputer, se quereller. C. striff, querelle. 

ETAILA, s. f. Etoile; marque blanche au front d'un animal. 

Etaila tzôna, s. f. Ficaire, Ranunculus Ficaria, plante renon- 
culacée; littéralement, étoile jaune. 

ETALE, s. f.pl. Copeaux. (Jura.) 

ETALLA, ETELLA, s. f. Bûche, tison. (Vaud.) 

ETAMPAU, AHIE, adj. Etendu par terre, tombé. L. campus. (Val 
d'IUiez.) 

ETARAFFE, s.f. pi. Galetas. (Bex.) 

ETATSCHI, V. Attacher, nouer, lier. — Liettha, id. 

ETATZE, s. f. Attache, lien, ficelle. 

ETA VA, s. /. Latte grossière, étai. 



ETM 153 

ETAVANI, V. Frapper quelqu'un de manière à l'étourdir. (Val 

d'Illiez.) 
ETEINDIA, s. f. Etendue, espace. 
ETEINDOUK, odj. Etendu. (Anniviers.) 
ETENAHLLE, s. f. pi. Tenailles. 
ETER, s. m. Couché, étendu, abattu. (Alpes.) 
ETERGNI, ETRAGNI, v. Eternuer. 

ETERPA, s. f. Grande forge, appelée aussi martinet. (Vallorbes.) 
ETERPA, TSCHERPEI, s. f. Pioche dont le fer a deux bouts, l'un 

tranchant, l'autre en pointe. (Aigle.) 
ETERTI, V. Assommer, jeter par terre, étourdir d'un coup sur la 

tête. 
ETERTIGNI, ETERTHGNI, v. Déranger, détraquer une machine. 

(Alpes.) 
ETEULA, ESTEULA, s. f. La partie du tuyau du blé qui reste sur 

le champ après la moisson. 
ETEULA, EHEULA, s. f. Chat-huant, chouette. AU. cule , hibou. 

(Vully.) 
ETHIAIRU, s. m. Ecureuil. (Lausanne.). L. sciurus. — Ekairu, 

ékiairu, id. 
ETIER, s. m. Route, chemin. C'est le nom d'un château près de 

Saint-Branchier. (Entremont.) 
ETIHI, V. Battre briquet. (Valais.) 
ETIRA, s. f. Ecueil, rocher caché sous l'eau. 

ETIRA, s. f. Perche ferrée pour faire avancer un bateau dans les 
bas-fonds. Alla à l'élira, avancer avec le piquet. (Léman.) — 
Chola, id. (Neuchâtel.) 

ETIVA, ETUVA, v. Mettre les vaches dans les pâturages d'été, es- 

iiver. L. œstivare. 
ETIVAGE, s. w. Prix payé pour l'estivage d'une vache, pruduit 

d'une vache estivée. (Alpes.) 
ETIVI, ETIVO. Imparfait du verbe îtrc, être. (Nyon.) 
ETMI, A, adj. Engourdi. (Jura.) 



154 ETR 

ETOLA, s. f. Espèce de filet pour la pêche. (Léman.) 

ETOPPA, s. f. Filasse de chanvre, étoupe. Au pluriel étoppe. 

ETOPPÀ, ESTOPPÂ, V. Boucher une fente ou une ouverture acci- 
dentelle, étouper. (Fribourg.) 

ETORNET, s. m. Dévidoir. 

ETOURIHI, V. Penser à l'avenir avec inquiétude, appréhender. L. 
cura. (Val d'IUiez.) 

ETOURNAU, ETOURNA, adj. Qui a des tournements de tète, des 
éblouissements. (Valais.) 

ETRA, s. m. Ancienne voie romaine au pied du Jura. L. via strala. 
C'est aussi le nom d'une rue de Lausanne sur la route de Vevey. 

ETRABLAHIA, s. f. L'une des huit divisions territoriales de la 
commune de Château-d'Œx. 

ETRABLLO, ETRABHLLA, s. f. Etable à vaches. (Vaud.) — Effra- 
bllo, id. (Gruyère.) 

ETRACHl, ETRATSCHI, v. Déchirer, lacérer, mettre en lambeaux. 
— Eiragni, id. L. extrahere. (Alpes.) 

ETRAGNI, V. Eternuer. Uerba à étragni, l'arnica de montagne. Ar- 
nica montana; ou l'achillée sternutatoire^ Achillea Plarmica. 
(Pays-d'Enhaut.) — Eiergni, id. 

ETRANDJI, ETRANDZI, EHLLANDZl, v. Surfaire, vendre à trop 
haut prix. 

ETRATHE, s. m. Plancher de la grange au-dessus de l'étable. L. 
straïa. (Valais.) 

ETRAUBLLA, s. f. Trouble ou truble, filet pour la pêche. 

ETRAUBLLE, s. f. pi. Chaume, éteules, glanures. (Fribourg.) 

ETRAVÂ, V. Faire passer le fil dans Yétresaire. Voy. ce mot. 

ETREGNON, s. m. Echeveau de fil. (Pays-d'Euhaut.) 

ETRESAIRE, s. f.; ETREVI, s. m. Morceau de bois ou de peau par 
lequel on fait passer le fil en le dévidant, afin de l'égaliser. 

ETRIEU, s. m. Etrier. 

ETRISA, V. Voy. ehtria, eïrava. 

ETROBLLA, v. Labourer après une première récolte pour ense- 
mencer une seconde fois. (Villeneuve.) 



ETZ 155 

ETROMMA, V. Labourer après la moisson pour eniorrcr le chauini.'. 
(Villeneuve.) 

ETROMMÉ, s. m. Avorton. (Jura.) 

ETROZ, s. m. Chalet des Alpes les plus élevées. (Bas- Valais.) — 
Diminutif ù'élrabllo. 

ETSAULA, V. Echauler, chauler du blé; eouiier l'herbe de certai- 
nes racines alimentaires, celle des carottes ou des raves, par 
exemple, après les avoir arrachées. 

ETSCHANDJl, r. Echanger, troquer. 

ETSEMI, s. m. Chaise à dossier et à bras; tronc taillé en fauteuil. 
(Alpes.) 

ETSERGUEÏ, s. m. Ecureuil. lOrbe.) 

ETSERPENA, ETZCHERPENA, CHERPENA, TZERPENA, v. Dé- 
mêler du crin, de la laine; défaire le crin ou la laine d'un ma 
telas que l'on veut rebattre. 

ETSERPENA, AHIE, udj. Echevelé, dont les cheveux sont emmê- 
lés, en désordre. — Tserpena, id. (Vaud.) 

ETSITHO, s. m. Petit cuvier. (Alpes.) 

ETSITTET, ETCHISSET, s. m. Grande cuve, cuvier. (Alpes.) 

ETZAFORA, v. Faire brouter une prairie sans économie, quand le 
bétail fait plus de mal en marchant qu'en broutant; avoir une 
faim canine. (Valais.) 

ETZAMPA, V. Perdre quelque chose dans la campagne. L. campus. 
(Martigny.) 

ETZAPALA, 1-. Epamprcr pour la dernière fois. — Elzervena, id, 
(Lavaux.) 

ETZARLATTE, s. f. pL Poutre qui traverse une cheminée en bois 
et à laquelle on suspend les salaisons pour les fumer. (Val d'Illiez.) 

ETZARVA, V. Creuser avec les pattes, fouir; se dit du chat, du 
chien, etc. (Alpes.) 

ETZAUDA, AHIE, adj. Echauffé. 

ETZCHAUDA, ETZAUDA, TSAUDA, v. Echautfer, chaufler; avec 
se, s'échauffer, se chauffer. 

ETZCHELLHI, ECHELLI, v. Echapper, éviter un châtiment. (Vaud.) 



156 EXC 

ETZEKA, V. Glisser^ s'échapper entre les doigts. (Alpes.) 

ETZENEHLLI, v. Echeniller, détruire les chenilles. 

ETZERISSA, s. /. Déchirure. 

ETZERISSI, ETZERI, v. Déchirer, lacérer. 

ETZERPI, V. Avoir des démangeaisons produites par une ébulli- 
lion ou par la gale. (Valais.) 

ETZERVENA, v. Voy. etzapala. 

ETZEUTl, A, adj. Dispensé, exempté par force majeure ou par ma- 
ladie. (Val d'IUiez.) 

ETZIVA, ETSCHIVA, s. f. Moment de la traite du soir dans les 
chalets. (Traite, action de traire, quantité de lait tirée en une 
fois. Omiss. des dictionn. — N. de l'éd.) (Val d'illiez.) 

ETZÔPRO, ETZCHÔPRO, s. m. Sorte de ciseau de menuisier, 
gouge. (Vaud.) 

EUBLLA, UBLLA, REUBLLA, v. Oublier. — Aublla, id. 

EULAGNE, s. f. Noisette. Voy. alogne. 

EUROLLHE, s.f. Oreille. (Valais.) 

EVALANTZE, s. /. Lavange, avalanche. De aval, en bas. — Lévan- 
tze, léantze, id. (Alpes.) 

EVEILLHON, REVEILLON, s. m. Soufflet, coup violent qui réveille. 

EVEINTA, î;. Refroidir un liquide, l'exposer à l'air; éventer. L. 
ventus. 

EVORA, V. Aérer, mettre à l'air des objets renfermés. (Alpes.) 

EVOUARDA, s. f. Visite à des gens ou à des animaux malades, 
qui réclament des soins assidus, qui ont besoin d'être vus sou- 
vent pour être soignés. De vouarda, garder, soigner. (Val d'illiez.) 

EVOUARPAU, adj. Voy. einvouarpau. 
EVOUATTA, EOUATTA, v. Grapiller. (Genève.) 
EVOUÉRO, s. m. Ouragan de neige, tourmente. (Valais.) 
EVRI, s. m. Abri contre la pluie, la neige, la gelée, le vent. 
EXCHERGUET, s. m. Ronde nocturne, militaire ou de police. 
(Vieux langage de Genève.) 



F AL 157 

EXOINA, s. f. Excuse ou permission légitime pour ne pas assister 
à une convocation officielle. (Vieux style de notaire. Fribourg.) 
EZE, s. f. pi. Voy. AISE. 
EZERIA, EGAIRIA, adj. Percé, déchiré, usé. (Val dllliez.) 



F 



FA. Avec ne, ne-fa, udv., non; littéralement, non fait. Ne~fé, id. 
— Avec se ou che, se-fa, che-fa, se-fé, adv., oui, si fait. 

FAGO, s. m. Poisson du genre des cyprins, vangeron. Ce dernier 
mot, vangeron, l'un des noms les plus usités de ce poisson, a 
été francisé par les naturalistes. (Lutry.) 

FAGOTTA, i\ Faire des fagots. 

FAGOTTAI, s. m. Biicheron qui fait des fagots, fagoteur. (Ville- 
neuve.) 

FAHIA, FAHIE, FIHA, FAIE, s. f. Brebis. Plur. fahic, fihie. Ail. 
vieh, bétail. 

FAHIR, s. m.; FAHIRA, s.f. Berger, bergère de brebis. (Fribourg.) 

FAI, s. f. Foi. De hounna fai, do bonne foi; ma faivai, ma foi oui; 
ma fai na, na fai na, ma foi non. 

FAIE, s. f. pi. Carnaval. (Jura.) 

FAIET, s. m. Faix, charge; cercle plein de bardeaux préparés pour 
couvrir les toits. 

FAIHBLLO, A, adj. Faible; qui manque de moyens pécuniaires, 
indigent. 

FAILLE, s. f. pi. Nom de la fête des brandons. (Valais.) Voy. paie. 

FAIN, FEIN, FEUN, s. m. Foin, l'herbe fauchée ou encore sur 
pied. L. fenum. 

FAIRTHO, HLLERTO, CERTIIO, s. m. Cellier, cave. (Montreux.) 

FALLAÇA, s. f. Tromperie, argutie. (V. st.) L. fallacia. 

FALLHAI, t. Falloir, Faut, il faut; fallhai, il fallait; fndra, il fau- 
dra; fudrai, il faudrait; part, passé, fallhu, fall 



158 FAS 

FALLOPPO, A, adj. Lourd, massif, pesant; sedit surtout des che- 
vaux. C, fait, défaut, vice. (Romont.) 
FAMENA, s. f. Famine, disette. 
FAN, s. f. Faim. E fan, j'ai faim, j'ai envie, j'ai dessein; é fan de 

lai dévesa, je désire lui parler. 
FANAU, s. m. Fenouil, plante ombellifère. 

Faïiau d'igue, s. m. Fenouil d'eau, renoncule aquatique. (Pays- 

d'Enhaut.) 
FARA, FERRA, s. f. Le ferra ou salmone, Salmo Fera, poisson du 

Léman. Voy. besaula. 
FARATTA, s. /. Guenille, vieux linge, vêtement usé. (Entremont.) 
FARATTA, s. /. Femme qui aime à marchander, à ravauder. (Ge- 
nève.) 
FARAUD, FARAUDA, adj. Fier, orgueilleux, faisant l'important. 

— Fierraud, id. (Vaud.) 
FARRA, s. f. Poche; se dit des vêtements d'homme et de femme. 

(Val d'Illiez.) 
FARÇON, FARCEMEIN, s. m. Farce faite d'épinards et de choux 

cuits dans un réseau. (Vaud.) 
FARÇONNETTE, s. f. pi. Diminutif du précédent, petites farces. 

(Vaud.) 
FARE, FÉRE, v. Faire. Fa mè on servisse, rends-moi un service; 

fari, je ferai; ne lo fari pa, je ne le ferai pas. Part, passé, fé, 

fe, fi. 
FARET, s. m. Mèche de lampe, lumignon ; (Valais.) 
FARFAILLET, s. m. Papillon. It. farfalla. — Pillevouet, pilivet, 

pelevoué, prevôlet, id. 
FARKO, A, adj. Se dit d'un animal qui écarte trop les jambes. 

(Alpes.) 
FASCE, s. /. pi. Boucles de cheveux sur les oreilles. (Bex.) 
FASCENA, s. f. Falourde, fagot de menu bois, fascine. L. fascis. 
FASCETTA, s. /. Maillot, bandes pour envelopper un petit enfant. 

L. fascia. (Alpes.) 
FASCI, s. m. Fardeau, grande botte de foin, faix. L. fascis. 



FAV 159 

FASCON, s. m. Echeveau. L. fascis. (Jura.) 

FASCOTA, V. Lier avec des sangles la charge d'une bête de somme. 

(Alpes.) 
FATA, FADHA, s. f. Fée. C. fadh, prophète, devin, magicien. 
FATTA, FOUATTA, s. /. Poche; se dit des vêlements d'homme et 

de femme. 

FATTI, A, ad). Fourni, serré; se dit des grappes de raisin. (Vaud.) 

Voy. SATTI. 

FAU, FOU, FOHI, s. m.; FOUIRA, s. /. Fayard, hêtre. L. A/v/«s. 
C. faw. 

FAUDA, FOUDA, FAURDA, FEURDIIA, s. f. Tablier de femme. 

FAUDALÉ,|FEUDALET, s. m. Petit tablier d'enfant. Diminutif de 
_ faiida. 

FAURIA, V. Céder le pas, se tirer de côté pour laisser passer; trans- 
gresser une loi. L. foras. (Fribourg.) 

FAURRO, FOURRO, s. m. Paille des céréales, fourrage en général. 

FAUTA, s. f. Faute, tort; besoin pressant d'aller à la selle; néces- 
sité. Te n'apa fauta de lei alla, tu n'as pas besoin d'y aller. 

FAUTÀ, r. Manquer. (Gruyère.) 

FAUTHI, s. m. Manche de faux. 

FÂVA, s. f. Fève. L. faba. 

FAVÂ, s. f. C'est le nom générique des potamots; c'est aussi celui 
delà véronique cressonnée, Veronica Bercabunga. (Léman.) 

FAVAIRE, s. f. Champ de fèves. 

FAVALA, FEIMALLA, 5. /. Boucle de soulier, agrafe. L. fihtiln. 
(Alpes.) 

FAVA-LAU, s. m. Mot à mot, fève au loup; c'est l'ellébore fétide. 

FAVEIRDJE, s. f. Forge, atelier de maréchal. Be favro, favre, ma- 
réchal, serrurrier. L.faber. 

FAVETTA, s. f. Petite fève; un rien. N'ein bailleré pas na favetla, 
je n'en donnerais pas un fétu. 

FAVIOLON, s. m. Sorte de petit haricot. De fdva fève. 

FAVIOULA, s. f. Haricot. De fdva, fève. 



160 FEL 

FAVIOULHA, s. f. Femme simple et crédule. (Genève.) 

FAVOTTAI, RA, adj. Mangeur de fèves. Sobriquet des habitants de 
Château-d'Œx. 

FAVRO^ FAVRE, s. m. Maréchal, serrurrier, menuisier. L. faber. 

FE, FIEU, FIOU, s. m. Fils. Biau-fe, beau-fils, gendre; fe de pou- 
ian, injure. Voy. poutan. 

FE, FI, s. m. Fil. Bau /? retors, du fil retors. Fi de serpein, nom 
du gordius ou dragonneau, Gordius aquaticus. (Jura,) 

FÉ, s. m. Charge de foin traînée par un cheval, botte de foin, etc.; 
faix, gros fagot. (Vaud.) 

FEDETTA, s. f. Petite fille, fillette. 

FEDJO, FAIDJO, FEDJE, FEDZO, s. m. Foie. Medje-fedje, man- 
geur de foie; c'est le sobriquet qu'on donne aux gens de Moudon. 

FEFELIjA, s. f. Le gazon d'un pré, la totalité de ses graminées. 
(Pays-d'Enhaut.) 

FÉFION, s. m. Petite épingle. (Val d'Illiez.) 

FEGAUDA, s. f. Chiquenaude. (Valais.) 

FEIN, FIN, FEUN, FENA; FENET, TE, adj. Fin, rusé, adroit. Il a 
souvent la valeur d'un superlatif: lo fin prenii, le tout premier; 
lo fin cutzet, le plus haut sommet; la fena derraira, la toute 
dernière; per lo fein drai, par le plus droit chemin. 

FEINAMEIN, FEINNAMEIN, FENAMEIN, FENAMEINTE, adv. A 
peine, seulement, il n'y a qu'un moment. (Vaud.) 

FEINDEIN, TA, adj. Fanfaron, petit-maître, qui se donne des airs. 
(Vaud.) 

FEINFEiNET, s. m. Rusé au plus haut degré, qu'on ne trompe pas 
aisément. 

FEINKAINA, s. f. Cuscute, rache. — Râtsche, id. 

FEIRA, s. f. Foire, grand marché. — Faire, id. 

FEIRON, s. m. Petite foire supplémentaire, sept jours après la 
grande. 

FELA, V. Filer, s'échapper furtivement, faire le rouet ; en ce der- 
nier sens, il se dit du chat. 

FELAIRA, FELANDAIRA, s. f. Fileuse, filandière. 



FER 101 

FELAR, s. 7u. Grand réseau de cordes pour descendre le foin des 

hautes Alpes. 
FELETTA, FILETTE, s. f. Pelil rouet. 
FELLHE, s. f. Fille. 
FELOGNA, FEGOGNE, s./. Cigogne; l'cclaire, Chelidoniummajus, 

plante papavéracée. (La Côte.) 
FEMA, FEMA, v. Mettre de l'engrais sur un terrain, le fumer. 
FÉMALLA, s. f. Fille ou femme, une personne du sexe. (Vaud.) 
FÉMALLA, s. f. Barre du gouvernail des barques. (Léman.) On 

dit femelle, dans le français populaire vaudois. 
FÉMÉ, s. m. Fumier, engrais. L. ftmm. — Bumein, id. 
FÉMELIN, s. m. Frêle, délicat, efféminé. De fémalla, fille, femme. 
FEMÎRA, s. f. Cheminée; suie, fumée. L. fumus. 
FENA. FENNA, v. Faner, travailler aux fanaisons, L. fenum. 
FENALLA, FENATTA, FENOTTA, v. Descendre, pendant l'hiver, 

dans les granges d'en-bas, les foins recueillis en été dans les 

lieux escarpés. (Alpes.) 
FENASSA, FENASSE, s. f. Esparcette, sainfoin; en général toutes 

les graminées qui forment les prairies artificielles. (Vaud.) 
FENATHIAU, s. m. Journalier qui descend à la plaine, en traîneau, 

les foins coupés dans les montagnes. 
FENIRA, s. f. Fenil, lieu de la ferme où se trouve la provision de 

foin. (Fribourg.) 
FENITRA, FINÉTRA, s. f. Fenêtre. 
FENNA, s. f. Femme mariée. Le fenne, les femmes en général, les 

commères. 
FENNETTA, s. f. Petite femme; lutin femelle qui cric d'une façon 

lamentable dans les îles du Rhône. 
FENNON, s. f. Ma petite femme, terme d'amitié. 
FENNON, FENNET, s. m. Homme qui se mêle mal à propos de 

détails de ménage qui ne concernent que les femmes. (Genève.) 
FER, FÈ, adv. Fort, beaucoup. C. feriv, rude, violent. Pesa fer su 

sta raison, insistez fortement sur ce point, dit le paysan à son 

avocat. (Vaud.) 

M KM. I:T DOCUM. XXI. Il 



162 FEV 

FERI, FIRI, FIAIRE, AFIRI, v. Frapper; aboutir. Le guet crie en 

patois : [fa feri dou, il a frappé deux iieures. Ce seindai va feri 

au moihi, ce sentier aboutit à l'église. 
FERMA, FRÉMA, v. Affirmer; fiancer; faire un pari. L. ftrmare. 
FERMALLHE, FRÉMAHLLE, s. f. pi. Fiançailles, contrat; repas 

donné à cette occasion. (Fribourg.) 
FERMEINTA, s. f. Serrure; ferrements nécessaires à une porte, à 

une fenêtre. 
FERRA, s. f. Voy. fara, besaula. 
FERRAN, s. 7n. Mauvais cheval, bidet. (V. st.) 
FERRATAI, s. m. Marchand de fer, ferronnier. 
FERRET, s. m. Fer de flèche. 
FERRETA, i'. Tourner un char, une charrue. 
FERRETTE, FARRETHE, s. f. pi. Secousses alternatives de deux 

lutteurs; gain, affaires lucratives. Va bein fé se ierretle ein Aillo, 

il a bien fait ses affaires à Aigle. (Moudon.) 
FERRON, s. m. Petit traîneau d'enfant, ainsi nommé parce qu'il 

est ferré. 
FERU, A, adj. Amoureux fou, frappé au cœur. L. lerire. 
FESSI, i\ Tresser, entrelacer. L. tnscis. (Lavaux.) 
FET, FE, FÉ, FA, s. m. Fait, chose arrivée. Prov. Mé de braga ke 

de fé, plus de vanterie que de réalité. 
FETHAULA, s. f. Petite saucisse attachée à une plus grande. (Pays- 

d'Enhaut.) 
FETHAULA, FETHEULA, s. f. Filleule. 
FETHEU, FETHAU, s. m. Filleul. 
FETHON, s. m. Petit fromage fait de ce qui n'a pu entrer dans la 

grande pièce. (Alpes.) 

FETZEGAN, s. m. Fainéant, mauvais sujet, grand drôle. (Moudon.) 

FETZI, V. Ficher, planter, mettre. Se fetzi, s'opiniâtrer, rester fixe 
dans son opinion. 

FÉVREI, s. m. Février. 

FÉVROTTA, V. Avoir la température froide du mois de février. De 



FIF 103 

là ie proverbe se févrei ne févrotte, mar vein ke to débllottc, si fé- 
vrier est doux, mars est rigoureux. (Vaud.) 

FI, s. m. Fil. Voy. fe. 

FIA, s. m. Lait coagulé qui sort comme un fd du pis d'une vache. 
(Alpes.) 

FIA (se), V. Se fier, se confier. Mû l'ai se fia, il ne faut pas s'y fier, 
expression qui marque le doute, le soupçon. Littéralement, mal 
s'y fier. 

FIAIRE, V. Frapper, aboutir. Impér. fiai, frappe. 

FIAIRTZO, s. m. Fil d'archal, fil de fer. 

FIAN, FIANA, adj. Qui n'est pas clair; se dit d'un liquide trouble. 
(Val d'Illiez.) 

FIANÇA, V. Cautionner, se donner pour garant. 
FIANCE, s. f. pi. Cautions, garanties. 
FIANTA, s. /. Fiente, excréments du bétail. 
FIANTHA, V. Fienter. 

FIAUDJA, FIAUDJE, FLLAUDZE, FLLAUDZA, FAILA, FÊTIIE, s.f. 
Fougère. Vedhi la fiaudje, veiller la fougère, pratique supersti- 
tieuse de gens qui s'imaginent que s'ils peuvent voir fleurir la 
fougère pendant la nuit^ ils trouveront un trésor dans l'année. 
(Fribourg.) 

Fiaudju-flloria, s. f. Littéralement, fonf/ne fleurie ; c'est la pé- 
diculairc des marais, Pedicularis palustris. 

FIAUDJIRA, s. f. Terrain ou place couverte de fougères. Bori dé 
Fiaudzire, bois de Fiaugère, en dessus de Lausanne. 

FIER, FIERA, adj. Fier, orgueilleux ; acide, aigre. 

FIÉRANDA, s. f. Bergère. 

FIFA, V. Aspirer un liquide avec un fétu ou chalumeau, chaluracr; 

par extension, boire, s'enivrer. (Vaud.) 
FIFET, s. m. Chalumeau, fétu, dont les enfants se servent pendant 

les vendanges pour aspirer le moût dans les cuves. (Lausanne.) 
FIFRO, s. m. Fifre, espèce de flritc de la musique militaire des 

Suisses. C'est aussi le nom du musicien (jui en joue. C. fiffen. 



164 FLL 

FIGNOLA, V. Se donner des airs, être plus élégant que les autres, 
faire le petit-maître. (Vaud.) 

FIGNOLET, FIOLAN, s. m. Petit-maître, fanfaron. 

FIGUETA, .s. f. Ficaire, Ranonculus Ficaria, plante renonculacée. 

FIGUETTA, s. f. Petite fiole ou flacon pour les senteurs. 

FIKA, V. Se gratter avec force. (Alpes.) Voy. ruppa. 

FIKA, FIGA, s. /". Figue; l'action de se gratter; bruit de deux 
corps qui glissent l'un sur l'autre. Per ma figua, inremenl équi- 
valant à par ma foi. 

FILLERET, s. m. Garçon qui aime à être avec les petites filles. 

FIN, s. m. Etendue de terre arable qui se divise en pies. (Payerne.) 

FINADREI, adv. Au juste. 

FINA, V. Trouver, venir à ses fins, se procurer. (V. st. de Fri- 
bourg.) 

FIOLA, s. f. Pesse, Pinuspicea de Linnée. (Moutiers-Grandval.) 

FIOLAN, NA, adj. Fat, présomptueux, fanfaron. (Jura.) Voy. 

FIGNOLET. 

FION, s. m. Orgueil, belle apparence, vanité. Se bailli dan fion, 

se donner des airs. (Vaud.) 
FIOULA, s. f. Fiole, bouteille. G. fiol, vase à liquide. 
FIOULÂ, v. Avorter; se dit d'une fleur, d'un fruit qui ne peut se 

développer. — Avec se, boire avec excès, s'enivrer. (Neuchâtel.) 
FIRTS, .9. m. Batterie. De fiaire, frapper. (Fribourg.) 
FISTON, s. m. Polisson, petit maroufle. (La Côte.) 
FÎTA, s. f. Fête, régal, partie de plaisir. 
FÎTÂ, V. Fêter, célébrer une fête. 

FIZA, s. f. Dessein, résolution. L'é fé à ma fiza, je l'ai fait selon 
mon idée. (Valais.) 

FLLA, FLA, s. m. ; FLACIIE, s. f. Foin de marais pour litière. 
G. flachia, flaque d'eau, marécage. (Aigle.) 

FLLAMBÉ, s. m. Glaïeul^ Gladiolus communis, appelé aussi cheva- 
lier dans les jardins. 

FLLAMMA, s. f. Flamme, colère. 



FOC 165 

FLLAMME, s. f. pi. Iris, Iris germanica. (Pays-d'Enhaut.) 
FLLANA, V. Flâner, muser^ baguenauder, fainéanter, regarder 

sans rien faire. 
FLLANI, A, adj. Flasque, lâche, débile. — Flappi, id. (Valais.) 
FLLANKA, FLLANA, v. Mettre ; donner un violent coup. 

Jean Aigroz, dit l'Astrologue de Combremont, ne sachant 

qu'indiquer pour la température d'un des jours de son alma- 

nach, dit à son secrétaire: Fllanka lei on tenerro, mets-y un 

tonnerre. Ce même astrologue fut mis en prison pour avoir 

annoncé, à jour fixe, la fin du monde, ce qui fit manquer la 

foire de Cossonay qui tombait sur ce jour-là. 
FLLANTZE, s. f. Pain grossier^ en forme de galette, fumé à la 

cheminée pour qu'il se durcisse et se conserve. (Alpes.) 
FLLATZIRA, FLLAUGÉRA, FLLAUDJÉRA, s. f. Pré marécageux 

qui donne de la litière. De fia. 
FLLEIR, FLAIR, s. m. Odeur. C. flear, mauvaise odeur, d'où 

flairer. (Neuchâtel.) 
FLLERI, s. m. Le charrier. On d'il fie urierâans le français vaudois. 
FLLERON, s. m. Enfant pleureur, petit garçon gâté. L. fteo , 

pleurer. (Vaud.) 
FLLON, FLON, s. m. C'est le nom de plusieurs ruisseaux (Oron, 

Lausanne, Gilly, Montreux.) L. fluo. 
FLLORIA, s. f. La totalité de l'herbe d'un pré, sa prochaine 

récolte; la totalité d'une forêt mise en coupe. L. fîos. (Gruyère.) 

FLLOTTA, HLLOTTA, s. f. Flûte; écheveau de fil. 

FÔ, s. f. Faux. Guéro la fô ? Combien la faux ? 

FOCHAI, s. m. Danse sur les montagnes, à la fin de l'alpage, avant 
de quitter le chalet. Ail. viehzeit. (Rougemont.) 

FOCHAU, FOSSHAU, s. m. Sorte de houe, bêche à deux fourchons, 
hoyau. Fossoir, foussoir, dans le français populaire vaudois. 

Fochau à mo. Espèce de bêche pour faire des provins. (Lau- 
sanne.) Voy. MGR. 

FOCHÉRA, FOSSÉRA, v. Labourer, travailler avec le fochau; ce 
verbe signifie aussi labourer à la pelle. 



166 FON 

FOCHERET, s. m. Espèce de sabre très courbe appelé aussi fau- 
chon. — On trouve faucherei dans une quittance du comte de 
Savoie datée de Payerne, 1354. 

FOCHÉRIA, s. f.; FOCHÉRAU, s. m. Mesure agraire, appelée 
fossorier, ouvrier, dans le français vaudois. 

FÔCRI, FAUCRI, s. m. Fausset, voix de tête. (Ormonts.) 

FODA, FAUDA, s.f. Maillot, lange. (Jura.) 

FOHIRA, s. f. FOHI, FAU, FOU, s. m. Hêtre, fayard. L. fagus. C. 
faw, hêtre. 

FOKADJO, s. m. Droit de prendre son bois dans une forêt; rede- 
vance féodale que payait chaque feu ou maison, fouage. L. focus. 

FOLA, V. Fouler, fatiguer à outrance ; vexer. 

FOLA, AHIE, adj. Usé, cassé par le travail, abîmé de fatigue. 
(Vaud.) 

FOLASSA, s. f. Follette, arroche des jardins, Atriplex hortensis. 

Voy. BOUNNA-DAMA. 

FOLIÂ, FOLEIHI, v. Badiner, folâtrer, faire ou dire des folies. 

FOLLHA, FOLLHE, s. f. Feuille d'arbre, de papier; planche mince. 

FOLLHE-BOU, s. m. Vent du sud, qui au printemps hâte le déve- 
loppement des feuilles. Mot à mot, qui feuille les bois. (Valais.) 

FOLLHET, s. f. Feuillet d'un livre, d'une ardoise, d'une pierre 
qui se délite. 

FOLLHI, V. Commencer à pousser des feuilles; faire une boiserie, 
lambrisser. 

FOLLHU, adj. Feuille, touflu. Il s'emploie substantivement pour 
désigner toute espèce de bois autre que le sapin et ses congé- 
nères. (Pays-d'Enhaut.) 

FOM, FON, s. m. Fumée, odeur de fumée. L. fumus. (Alpes.) 

FOMMA, FOUMA, v. Fumer, fumer du tabac ; bouder, se mettre 
en colère. Mè fommé, il me boude. 

FONDA, s. f. Tronc d'arbre; portion de chaque héritier déterminée 
de gré à gré ou tirée au sort, lors du partage d'une succession 
indivise. (Vaud.) 



FOR 107 

FONDA, s. m. Terrain (run bon fonds, sol ferlilt.', qui a bcaïu-oui» 

de terreau végétal. 
FONDRALLHON, s. m. Sédiment d'une graisse fondue, ce qui 

reste d'épais au fond d'un liquide, fondritles. 
FONDRAMEIiN, adv. Considérablement, au plus liaul degré, (l'ays- 

d'Enhaut.) 
FONDRO, A, udj. Glouton, insatiable. (Pays-d'Enhaut.) 
FONSET, FANTIIP^ s. m. Petite planche carrée sur laquelle on 

pose quelque objet. (Pays-d'Enhaut.) 
FONT, s. m. Aphte, vessie dans la bouche, maladie des petits en- 
fants. (Lausanne.) 
FONTANETTA, s. f. Petite fontaine. 
FONTANNA, s. f. Fontaine jaillissante. 
FOR, FOUÉ, FEUR, FOUAR, s. m. Four. 
FOR, FOUAIR, FEUR, adv. Peut-être, à peu près, presque, quasi. 

L. fere, presque. Lo se for, je le sais bien peu. 
FORA, V. Forer, percer. — Fore-bosson, roitelet, troglodyte. (Jura.) 
FORCHESS.\, adj. Sorti de la famille, détronqué. (Vieux actes de 

Fribourg.) 
FORDHI, (se), v. S'introduire, se fourrer indiscrètement ou l'on 

ne doit pas. (Val d'Illiez.) 
FORDJETTA, v. Déshériter, jder hors de l'héritage. L. foris, dehors. 

(Alpes.) Voy. dédjetta. 
FORDJUDJI, V. Condamner à l'exil, 
FORDOA, V. Déranger les douves d'un tonneau; se crever de 

mangeaille. (Pays-d'Enhaut.) 
FORÉTAI, s. m. Forestier, garde-forêt. 
FORGUAIRA, FOURGUERA, s. m. Mauvais génie, caractère malin, 

animal méchant et dangereux. C'est un nom adouci du diable. 

C. fourgas, tracas, agitation, (Alpes.) 
FORISSU, KURISSU, adj. Exilé, banni, mis dehors. (Vieux langage 

de Fribourg.) 
FORKINA, FOURQUINE, s. /". Arquebuse à fourchelle. (Vieux lan- 
gage de Fribourg.) 



168 FOR 

FORMA, s. /. Forme ; cercle pour entourer le fromage au sortir 

de la chaudière, d'où le nom primitif de formage encore usité 

en quelques vallées. 
FORNAHIE, s. f. Fournée. 

FORNAI, s. m.; FORNAIRE, s. f. Fournier, fournière; boulanger, 
FORNALLA, v. Brûler la terre d'un mauvais fonds pour l'améliorer, 

écobuer. (Alpes.) 
FORNALLET, s. m. Petit poêle. Diminutif de fornet. 
FORNATZON, s. m. Mauvais petit fournier qui ne sait pas son 

métier. 
FORNEI, FOURNHI, v. Achever nn ouxriige. A-to fornei d'einpatà? 

As-tu fini de pétrir? 
FORNERET, s. m. Petit fournier maladroit. 
FORNET, s. m. Poêle de pierre ou de briques vernissées, pour 

chauffer une chambre. Fr. fourneau. 
FORRI, FAURI, FOURRI, FURI, s. m. Printemps, saison où l'on 

sort les troupeaux des étables d'hiver pour les mettre à l'herbe. 

L. foris, dehors. (Alpes.) 
FORRIA, V. S'égarer, se fourvoyer, sortir du bon chemin. (Ville- 
neuve.) Voy. FAURIA. 
FORRIÈRES, s. f. pi. Pâturages inférieurs broutés au printemps. 

De forri, printemps. (Valais.) 

FORSI, V. Forcer, enfoncer; violer. 

FORTZA, s. f. Fourche. 

FORTZE, Fourches patibulaires, gibet. (Vaud.) 

FORTZETTA, s. f. Petite fourche, fourchette de table, crosse, 
grappe de vigne avortée. 

FORTZI, FORTSCHI, v. Dire un mot pour un autre. La leinvoua 
m'a fortzî, la langue m'a fourché. 

FORTZON, s. m. Fourche de fer à deux dents. Il se dit aussi des 
dents d'une fourchette. 

FORULLA, s. f. Poitrine d'homme; poitrail, en parlant des ani- 
maux. (Bagnes.) 



FOU 1C9 

FOU, FOULA, adj. Insensé, étourdi. Vo z'îtè dei halle foule, vous 

êtes (les folles fiefTées. 
FOUAGE, s. m. Se dit des veines de marne qui traversent des bancs 

de roc, de pierre dure. C'est un terme de carrier. 
FOUAINNA, s. f. Fouine. 
FOUAINNA, s. f. Femme au visage poinlu, curieuse, indiscrète, 

maligne, dont il faut se défier. (Montreux.) —Pouaina, pouina, id. 
FOUAINNA, FOUAINETTE, s. f. Faîne, fruit du liètre, dont 

l'amande se mange dans les Alpes. 
FOUAINNA, FOUINÂ, V. Fureter; manger son bien, se ruiner; 

monter en herbe. En ce dernier sens, il se dit des fruits qui 

avortent et des grappes de la vigne qui n'ont que la rafle. 
FOUAIRA, s. f. Colique, diarrhée. 

FOUAIRAU, SA, adj. Qui a la diarrhée, le flux de ventre. 
FOUAIRRÀ, V. Avoir la diarrhée. 

FOUER, TA, adj. Acide, aigre ; fort, vigoureux. — foi, fo, id. 
FOUERDJE, FAVERDJE, s. f. Forge. L. Faber. — Fordze, id. 
FOUERSE, s. f.pl. Ciseaux de tailleur; grande fourche. L. forceps. 
FOUETTA, s. f. Sorte de ligne à pêcher. (Léman.) 
FOUETTA, FOUATTÂ, v. Fouetter. 
FOUETTAHIE, FOUATTAHIE, s. /. L'action de fouetter. 
FOUETTA-KU, s. m. Nom injurieux du maître d'école. (Fribourg.) 
FOUI, interj. Fi ! fl donc ! 
FOUI-FOUI, s. m. Pinson, traquet; fringilla. (Vaud.) 

FOUILLEMEIN, s. m. Fouille; action de fouiller pour trouver les 
trésors enfouis, dans les châteaux, les ruines, les cavernes, etc., 
ce qui fut défendu en 16G0. 

FOUINNA, V. Courir, se sauver en hâte. 

FOULATTON, s. m. Jeune écervelé, follichon, petit fou. (Genève.) 
FOULERAÏE, s. f. Folie, badinage, mot pour rire. Ne me de van 
ke dei fouleràie, il ne me dit rien que des folies. (Vaud.) 

FOUMAIRA, FEMÎRA, s. /. Fumée. 



170 FRA 

FOUMATSON, s. m. Jeune homme qui essaye de fumer el ne le 

sait pas. (Moudon.) 
FOUMET, FUMET, s. m. Bout de tison qui fume ; corps allumé 

d'où sort une mauvaise odeur. 
FOUNNA, FOUNA^ v. Flairer, fureter en vue de trouver des comes- 
tibles; chercher indiscrètement à voir ou à savoir. (Vaud.) 
FOUNNATZON, s. m. Petit indiscret, petit furet. 
FOUNNET, TA, adj. Curieux^ indiscret^ furet, qui met son nez 

partout. 
FOUON, s. m. Taupe. Ce mot a la même racine que le français 

fouir. (Romont.) 
FOURDZI, FORDZI, v. Passer une baguette dans un tuyau pour 

le nettoyer. Se fonrdzi lo nà, se curer le nez avec les doigts. 
FOURGOUNNÂ, v. Fourgonner, remuer les braises du foyer; 

fureter. 

FOURRION, FOURET, FORET, s. m. Per.^oir, vrille, foret. 
FOURRO, s. m. Truite maigre, prise en automne, après le frai. 
(Genève.) 

FOU-SAUTET, s. m. Feu-follet; mot à mot, le feu qui mule . (Jura.) 
FRAIGHIEU, FRAIDIEU, s. m. Espèce de vent froid. (Genève.) 

Voy. SETSCHAR. 

FRAIS, s. m. La fraîcheur, le frais. 

FRAIS, FRAITZE, adj. Frais, fraîche. Ti frais, te voilà frais. Frais 
et raido, locution spécialement employée dans la phrase sui- 
vante : L'è resta frais et raido, il est resté sur le coup. 

FRAISA, s. f. Un petit morceau, un brin, une miette^ un petit 
moment. Altein-mè na fraisa, attends-moi un instant. Pas na 
fraisa, pas un brin. 

FRAISETTA, FRESETTA, s. f. Miette, brin, petit morceau ; dimi- 
nutif du précédent. G. fi'eza, mettre en morceaux. 

FRAMAUR, s. m. Mûrier, morus. (Orbe.) 

FRANCHI, s. m. Nom de seize officiers ou agents subalternes de 
l'abbaye de Romainmotier. (Vaud.) 



FRE 171 

FRANO, s. m. Frêne, Fraxinus excelsior. 

FRANTZI, FRANTSCHl, v. Couper net, sans bavure. L. fraugere. 
(Alpes.) 

FRAPPA, V. Frapper, battre. 

FRAPPAHIE, s. f. L'action de frapper, coup. 

FRARE, s. m. Frère. Il se dit souvent par amitié, sans qu'il y ait 
parenté. 

FRASKA, s. f. Folie de jeunesse, équipée, espièglerie, mauvais 
tour. (Lausanne.) 

FRASSA, s. f. Grande quantité. L'a nn frassa d'cinfan, il a une 
potée d'enfants. (Jura.) 

FRATA, s. m. Barbier, frater. (Villeneuve.) 

FRATZE-TOT, s. m. Qui brise tout; enfant qui use beaucoup 
d'habits, de souliers. 

FRATZI, FRETSCHI, FRACHI, v. Rompre, briser, mettre en pièces. 
L. fraugere. 

FRAUDA, V. Frauder, tromper, duper, filouter. — Frohda, id. 

FRAUNA, r. Murmurer, gronder entre ses dents comme une per- 
sonne irritée; se dit encore d'un chien qui gronde, d'une ava- 
lanche et généralement de tous les bruits sourds. (Alpes.) 

FRAUNAIIIE, .s. f. Bruit, grondement sourd. (Alpes.) 

FRAVALLA, s. f. Concussion, fraude, délit forestier. (Fribourg.) 

FRE, FRO, FRUIT, FRIT, s. m. Fromage. Baille-mè on bokon de 
fro, donne-moi un morceau de fromage. (Alpes.) 

FRÉCHINGA, FRESANGUE, FREZINGHA, s. f. Cochon de lait 
farci et cuit; redevance féodale mentionnée dans des actes du 
Xll^ siècle. (Lausanne.) 

FREGAINA, FOURGAINE, s. f. Baguette de fusil, toute espèce de 
baguette. 

FRÉHI, FRAIHI, v. Huiler, oindre; frayer. — Donner ou recevoir 
l'extrême onction. (Fribourg.) 

FREI, FRAI, FRAIDA, adj. Froid, froide. La né sara grofraida, 
la nuit sera bien froide. 

FREI, FRAI, s. m. Froid, froidure. Fa rido fret, il fait grand froid. 



172 FRE 

FREINNA, FRENNA, v. Se mouvoir avec empressement, demander 

avec instance. (Pays-d'Enliaut.) 
FREKASSI, V. Frire, fricasser, dépenser rapidement. Il se dit 

aussi d'un soleil ardent, d'une chaleur intense, qui brûle, qui 

fricasse. (Vaud.) 
FRELATTA, FERLATTA, v. Frelater, falsifier; ne se dit guère 

que du vin. C. frélats. 
FRELET, TA, adj. Indiscret, importun, qui convoite quelque 

chose. (Montreux.) 
FRÉMA, V. Voy. ferma. 
FRÉMANCE, FERMANCE, FREMANTZE, s. f. Pari, gageure. L. 

firmare. (Fribourg.) 
FREMELLHI, FREMILLHI, v. Fourmiller, foisonner. 
FREMELLHIRA, s. f. Fourmilière. 
FREMI, r. Frémir. 

FREMI, FRUMI, s. m. Fourmi, formica. 
FRENDA, V. Précipiter sa marche, courir comme le vent. (Lavaux.) 

Voy. FREINNA. 

FRENDHÎ, V. Briser le lait caillé dans la chaudière. L. frangere. 

(Valais.) 
FRENNA, s. f. Mouvement d'impatience. Farc la frenna, Se déme- 
ner, s'impatienter. (Pays-d'Enhaut.) 
FREPPA, s. f. Anneau de fer pour fixer un outil à son manche ou 

pour ferrer l'extrémité d'un bâton, d'un timon, d'un essieu. C. 

frepp, lien de fer. 
FREPPÂ, V. Mettre un anneau, poser un cercle de fer. 
FREPPEIN, adj. Se joint toujours à nau, neuf: L'a on corset to 

freppein nau, elle a un corset tout battant neuf. 
FREPPON, s. m. Petit anneau de fer. Diminutif de freppa. 
FRÉSA, V. Casser, briser, mettre en pièces, émietter. — Freza,\d. 
FRESILLON, s. m. Fusain, Evonymus européens; troëne, Ligustrum 

vulgare. (La Côte.) 
FRESON, s. m. Très petit morceau, miette; un rien. — Fraisa, id. 

(Montreux.) 



F RI 173 

FRESOUNA, V. Emietter, mettre en petits morceaux. — Frésa, id. 

FRETAI, s. m. Se dit ordinairement du chef d'un chalet ou de l'en- 
trepreneur, de celui qui exploite une fruiterie ou fromagerie; le 
frvilier, le fromager. Ce mot s'emploie surtout dans le Jura, le 
Gros de Vaud et le Jorat. 

FRETAIRA, s. f. Montagne à vaches; association de plusieurs mé- 
nages pour fabriquer du fromage en commun; le bâlimenloù se 
fait ce fromage, c'est-à-dire la fruiterie ou la fromagerie. On 
trouve fructicia dans les vieux documents. (Vaud.) 

FRETK, s. m. Fruit. (Anniviers.) 

FRETTAI,s. m; FRETTAIRA, s. f. Fruitier, fruitière; celui ou 
celle qui vend des fruits. De fritta, fruit. 

FRETTHI, r. Fouetter, fustiger, frotter. (Jura.) 

FRETZOUNA, s. /. Fressure. (Alpes.) 

FREVALUA, s. f. Faute, délit passible d'une amende. (V. st.) 

PRIA, FRAIA, FRUIA, s. f. Fraise, jragaria. Dei frie, des fraises. 

FRIA, adj. fém. Fleuri. (Bas-Valais.) 

FRIBOR, FRUBOUEIR. Fribourg. Fribordjai, sa, s. et adj. Fribour- 
geois, Fribourgeoise. 

FRICOT, s. m. Bon repas, bonne chère, régal, fricol. Lo fricot, les 
mets en général. 

FRICOTTA, FRECOTTA, v. Faire un bon repas. 11 se dit plus spé- 
cialement d'un bon repas, d'un régal au cabaret, à l'auberge, 
enfin hors de la maison. — Frigoiissâ, id. (Lausanne.) 

FRIGOUSSA, s. /. Repas, régal. C. frigagzer, dissipateur, glouton. 

FRIGOUSSÂ, V. Faire un bon repas au cabaret, à l'auberge. — 
Fricotta, id. 

FRINGHA, V. Se pavaner, faire le beau, le fringant. C. fringa, se 
divertir, danser. 

FRINGHALET, s. m. Jeune fat, petit-maître, étourdi. 

FRIOLAND, DA, adj. Frileux, qui craint le froid. (Pays-d'Enhaut.) 

FRIPA, V. User ses vêtements, les déchirer, les fri'per. 

FRIRE, t\ Cuire; se dit des écorchures, des boulons, des plaies 
qui cuisent. 



174 FUM 

P'RISON, s. m. Farine cuite au beurre et ayant la consistance d'une 
pâte; boucle de cheveux frisée qui descend sur les tempes. 
(Alpes.) 

FRÎTA, FRÉTA, s. f. Sommet de montagne; faîte d'un bâtiment. 
L'è aguellhi sur la frlta de Votlo, il est perché sur le faîte de la 
maison. Plur. trête. 

FRITTA, s. f. Fruit en général. L^i a hein de la fritta sti an, il y 
a bien du fruit cette année. On dit fruiiage dans le français po- 
pulaire vaudois. 

FROMEDJAU, FROMEDZEU, s. m. Celui qui fait le fromage dans 
un chalet. 

FROMEDGI, RA; FROMADGI, IRA, adj. Vendeur, vendeuse de fro- 
mage dans les marchés, sur les places publiques. (Vevey.) 

l'^ROMEIN, FROUMEIN, s. m. Froment. C'est un nom que l'on donne 
fréquemment aux bœufs. (Vaud.) 

FRONNA, FREUNA, v. Retentir, bruire. — Frauna, id. 

FROTSCHA, s. f. Souquenille, habit de travail, court et grossier. 
(Vaud.) 

FROTTA, V. Frotter, battre, rosser. Voy. fretthi. 

FROTTAHIE, s. f. L'action de rosser, batterie. L'a zu nafiérefrot- 
tahie, il a été rudement rossé. 

FROU, FRO, FEUR, FOË , adv. Dehors, hors du logis, hors d'ici. 
L. foris. 

FROUIIJJII, V. Tricher au jeu, brouiller. Voy. brouillhi. 

FRUTSCHA, FRUTZE, s. f. Femme robuste et paresseuse. C'est 
une injure. (Alpes.) 

FU, FUA, FOU, FOUA, FOUÉ, FUO, FUHI, FOUI, s. m. Le feu. 

FULAHIE, s. f. Se dit des rafales du vent, des tourbillons, des gi- 
boulées. (Léman.) 

FULET, s. m. Tourbillon, rafale, tourmente de neige, trombe. 
(Pays-d'Enhaut.) 

FUMET, s. m. Bout de tison qui fume, braise mal éteinte qui donne 
une mauvaise odeur. Voy. foumet. 

FUMMET, FEMMET, s. m. Incommodité des enfants nouveau-nés, 



GAG 175 

dont la langue devient blanche et les empêche de tctor. (Moii- 
ireux.) 

FUNKAINA, FEINKAINA, s. /. La rache ou cuscute. (Alpes.) — 
Ratsche, id. 

FUSA, s. f. L'axe d'une bobine; aiguille pour forer la pierre. 

FUSA, r. Se dit spécialement de l'action d'éteindre la chaux. (Vaud.) 

FUSTA, s. f. Grande futaille allongée pour le transport des vins 

(Vaud); la charpente d'un braiment (Genève). Même racine que 

fût, futaille. 
FUT, FU, s. m. Ensuble de tisserand. L. fustis. (Montreux.) 



G 



GA, adv. Gare, prenez garde, ôtez-vous de là. 
GABBA, V. Louer, prôner, vanter outre mesure, plaisanter. C.gab, 
raillerie. (Alpes.) 

GABBERI, DA, adj. Fanfaron, vantard. (Fribourg.) 

GACHON, s. m. C'est le nom du patois d'une partie du Jura ber- 
nois. 

GADAR, GADHA, GAILLARD (prononcez gailld), adv. Fort, beau- 
coup, joliment. L'è gadai^ plie ma, il est beaucoup plus mal. 

GADDAN, s. /. Nom d'amitié que les enfants donnent à leur grand'- 
mère. (Vaud.) 

GADDEIN, s. m. Layette, les langes d'un nouveau-né. G. gad, cou- 
verture. (Vaud.) 

GADRENA, v. Voy. oadzoun.\. 

GADROULLllI, v. Gargouiller, troubler de l'eau. (Genève.) 

GADZO, s. m. Gage; cadeau d'un garçon à sa belle, à sa fiancée. 

GAGA, V. Crier comme une poiib; effrayée. (Pays-d'Enli;iut.) 

GAGNEBEIN, s. m. Machine à roulettes dans laquelle on met un 
petit enfant pour lui apprendre à marcher. — Tin-tè-bein, id. 
(Vaud.) 



176 GAL 

GÀGUI, s. f. Grosse fille lourde, malpropre, fille de petite vertu. 
(Lausanne.) 

GAICHOTTE, BAIGHOTTE, s. f. Jeune fille. (Evêché de Bâle.) 

GAIGNOUR, s. m. Soldat, milicien; fermier, granger. C. gagnia, 
champ cultivé. (Fribourg.) 

GAILLARD (prononcez gailld), DA, adj. Homme qui s'occupe plus 
de se divertir que de travailler; gaillard, gai, amusant; homme 
résolu, prudent, avisé. C'est le nom d'un des acteurs des an- 
ciennes farces. (Vaud.) 

GAINDRO, s. m.; GAINDE, GAINDRE, s. f. pi. Dévidoir. C. guinda, 
tourner, virer. 

GAINGOUAI, GUINGOUÉ (de), adv. Dans le mauvais sens, de tra- 
vers. 

GAINTZI,t\ Percher, monter; incliner tantôt à droite, tantôt à 
gauche; remuer; bouger. Ne gaintze pas, ne bouge pas. 

GAITZE, GAITSCHE, GUNTHÉ, s. m. Traîneau tiré par un homme. 
AH. Geisz, qui se dit dans le même sens dans la Suisse alle- 
mande. (Pays-d'Enhaut.) 

GAITZETTA, s. f. Petit traîneau. Diminutif du mot précédent. 

GALA, s. m. Amusement, badinage. De gala, loc. adv., pour ba- 
diner. 

GALA (se), V. S'amuser, se divertir. — Se galeihi, id. 

GALAFRO, A; GOULIAFRO, A, adj. Qui aime les bons morceaux, 
gourmand, friand. (Valais.) 

GALAHIRA, v. S'arrêter, s'amuser en chemin, baguenauder, per- 
dre son temps. 

GALAN, GALANTA, adj. Amant, galant. 11 ne se dit guères qu'au 
masculin. — Si l'on dit à une villageoise : On tô è voutron galan, 
un tel est votre galant, il est du bon ton qu'elle réponde : L'è le 
tsivre k'an dei galan, ce sont les chèvres qui ont des galants. 
(Vaud.) 

GALANDA, s. f. Jeune fille fringante, allurée, qui court après le 
plaisir. 

GALAVAR, s. m. Fainéant, dissolu, tapageur, mauvais sujet. 



GAN 177 

GALAVARDA, s. f. Petite fille qui aime les petits garçons, qui va 
courir avec eux. (Yaud.) 

GALE, s. f. pi. .louets d'enfants, joujoux, hochets. 

GALE, GALÉZA, adj. Joli, charmant, gracieux, — Le Fribourgeois -^'^ >i A o^ 
qui rencontre une fille en chemin la salue toujours du titre de 
galéza ou de grachmisa (gracieuse). (Vaud, Fribourg.) 

GALLEBO^'TEIN, s. m. Bon vivant, pilier de cabaret, homme 
qui s'occupe plus de se divertir que de travailler. (Vaud.) 

GALLHOT, COAILLOT, CAILLOT, s. m. Morceau de Util caille- 
grumeau de sang, caillot. 

GALLHOTSI, v. Se dit du bruit et du mouvement dun liquide 
dans un vase qui n'est pas plein. 

GALLHOTSON, s. m. Petit lait qu'on laisse dans un baquet à por- 
tée des gens du chalet, qui vont y boire quand bon leur semble. 
(Pays-d'Enhaut.) 

GALOTSCHE, s. f. Sorte de jeu. Voy. pllottet. (Lausanne.) 

GAMATZA, s. f. Guêtre pour le travail. PI. gamatze. C. gam, jambe. 

GAMATZON, s. m. Petite guêtre; diminutif du mot précédent. — 
Gamusson, id. (Vaud.) 

GAMBION. Voy. c..\mpein. 

GAND, s. m. Gand; ancolie, Aguilegia vulgaris. 

GANDA, OUANDA, s. f. Femme grande, paresseuse ou débauchée. 
(Vaud.) 

GANDET, s. m. Rôdeur, mendiant. (Val d'illiez.) 

GANDEUTHA, s. f. Fille ou femme débauchée, femme errante et 
de mauvaise vie. (Val d'illiez.) 

GANDIN, s. m. Tapage, choc, batterie. C. gadwgu, rixe. (Coppet.) 

GANDOISA, s. /. Bourde, conte à dormir debout; fleurette, sor- 
nette. PI. gandoise. (Lausanne.) 

GANETHl, V. Gratter, faire le bruit d'une souris qui tracasse dans 
une boiserie. (Alpes.) 

GANGUELLHE, s. f. pi. Guenilles, lambeaux, choses de néant. 
Na gangucllha, onna garigitcllht', une femme de néant. 

GANGUELLIII, v. Pendre, suspendre, être pendu ou suspendu. 

MKM. ET DOCUM. XXI. 12 



178 GAR 

GANGUELLIN, s. m. Primevère élevée, Primula elatior. (Vevey.) 
GANGUELLON, s. m. Galant d'hiver, Galantlmsnivalis. (Montreux.) 
GANTHET, s. m. Bande qui lie le corps d'une chemise à la manche. 
GANTZOU, s. m. Jars, le mâle de l'oie. AU. gans. 
GAÔ, GAOTHEI, s. m. Nom que les habitants du Pays-d'Enhaut 
donnent aux Fribourgeois. Ce mot vient de gavot, ancien nom 
du Chablais (pays Gavot), où, dit-on, une troupe de Goths s'éta- 
blit jadis. 
GAP A, V. Trotter, battre les grands chemins. (Nyon.) 
GAPAIROU, s. m. Sorte de fromage maigre. (Alpes.) 
GAPAN, GAPIN, s. m. Homme rustre et pillard. (Fribourg.) 
GAPIAN, s. m. Homme employé aux douanes françaises. Ce mot 

est injurieux. 
GÀPION, s. m. Agent de police. Se dit en patois et dans le français 

populaire de Lausanne. Terme d'écolier. 
GÀPIONNAIRE, GÀPIOUNAIRE, s. f. Le poste de police. (Lau- 
sanne.) 
GAR.\GNON, 5. m. Menuisier; en vieux langage, étalon. 
GARAUDA, s. /. Femme effrontée, importune; fille de joie. (Fri- 
bourg.) 
GARAUDÀ, V. Importuner par des demandes indiscrètes; manier 
un objet brusquement et sans ménagement. C. gara, âpre, rigide, 
agreste. (Fribourg.) 
GARDELLA, s. f. Jonquille, Narcissus calathinns. 

GARDZOUNA, GADZENA, v. Faire son ménage; remettre en ordre 
la vaisselle, les ustensiles de cuisine et les meubles déplacés la 
veille. (Aigle.) 

G.\RF.\HI, V. Rire à gorge déployée tout en parlant. (Val d'Illiez.) 

GARGAILLOT, s. m. Morceau de lait caillé; grumeau de farine 
dans le potage. — GorgolU>on,gvemelhon, gntollhon, id. 

GARGUETTA, GUERGUETTA, s. Z'. Gorge, bouche, gargamelle. 
C. garga, gosier, gorge. (Vaud.) 

GART, GUIÉRI, v. Guérir. — Vouari, id. 



GAV 179 

GARIBET, s. 7)1. Urbec, insecte qui déiniit les houtdiis de la \ii;ne, 
des arbres. (Neuchàlel.) 

GARODA, s. f. Vieille guêtre de peu de valeur. (Alpes.) 

GAROU, DA, adj. Sorcier enragé. C'est un des noms du diable. C. 
garo, cruel. (Jura.) 

GARZELLHON, s. m. Valet de campagne, domestique. (Ormonts.) 

GARZOUNET, GUERSONNET, s. m.. Petit garçon, petit valet. Dimi- 
nutif de guerson, guerzon, garçon. 

GASSATON, GOSSATUM, s. m. Promenade bruyante et licencieuse 
des jeunes gens. (V. st.) 

GÂTA, V. Gâter; corrompre une flUe. Avec se, se faire une hernie. 

GATALET, s. m. Petit gâteau, sorte de pain dans lequel il entre 
de la farine de fève. Ce pain est mince comme une feuille de 
carton, très friable et se garde six mois; on n'en fait que deux 
fois par an. (Pays-d'Enhaut.) 

GATHENA, v. Donner à manger au bétail qui est à la crèche. (Val 
d'Illiez.) 

GATOLLHAU, S.\, adj. Chatouilleux. 

GATOLLHI, r. Chatouiller; patiner, dans le sens de chiffonner 
quelqu'un. 

GATOLLHON, s. m. Chatouillement; détente d'un instrument; gâ- 
chette d'un fusil; grumeau, caillot. (Vaud.) 

GAULA, s. f. Gueule, bouche; vague, lame d'eau; gaule, verge. 

GAULA (se), V. Se salir, crotler le bas de ses jupons. (Vaud.) 

GAULA, f. Fouetter, battre de verges. 

GAULAHIE, s. /". Gorgée, ce que la bouche peut contenir de li- 
quide; l'action de se crotter, de se mouiller en marclianl dans 
la boue, dans la rosée. 

GAUTSCHI, RA, adj. Gauclier. 

GAUZA, s. f. Une gueuse, injure grossière. 

G.AVOT s. m. Ancien nom des habitants du Chablais et de ceux de 
la haute Provence. — Nos vieilles cartes géographiques dési- 
gnent la côte opposée au Pays de Vaud sous le nom de Pays Ga- 
vât. Le ri» gavot est un mauvais vin du Chablais, défendu en 1560. 



180 GIT 

GAZEIN, s. m. Toute la garde-robe d'une personne. L. gaza, effets 
précieux. (Montreux.) Voy. butin. 

GEAIGNAI, V. Mentir. (Jura.) (Même racine que le vieux français 
engeigner. — N. de l'éd.) 

GEDDI, GDHI, GUEDDI, s. m. Porc, petit cochon. 

GENIPI, s. m. Achillée musquée, Achillea moschata, plante synan- 
thérée, usitée dans la médecine populaire. 

Genipi-djono, s. m. Génépi jaune, sorte d'armoise qui croît sur 
les rochers élevés des Alpes, et qui est la panacée des monta- 
gnards. 

GENISSON, s. m. Petite génisse. 

GENOLLET, s. m Sceau de Salomon, Convallaria Polygonatum. 
(Pays-d'Enhaut.) 

GERAINA, s. f. Poule. L. gallina. (Evêché de Bcâle.) 

GERSA, s. m. Martin-pêcheur. (Vaud.) 

GERSA, s. f. Teigne qui ronge les laines et les fourrures, gerce. 

GERSI, A, adj. Attaqué, rongé par les teignes; se dit des étoffes 
de laine. 

GERSURA, s. f. Crevasse, gerçure de la peau. 

GHI, art. pi. des deux genres. Voy. di. 

GHI, GHIU, s. m. Voy. dei. 

GHI, GI, s. m. Plâtre, gypse. — Gui, id. 

GIBOULET, DJIBOULET, s. m. Vent produit par la chute des ava- 
lanches, lequel suffoque parfois les voyageurs. Fr. giboulée, 
averse. (^Ipes.) 

GIRARDA, s. f. Julienne, Hesperis matronalis, plante crucifère 
cultivée dans les jardins. 

GIRARDINA, s. f, Marouette, oiseau de marais; c'est une sorte de 
râle. 

GITA, s. /. Impôt payé par un non bourgeois à la commune qu'il 
habite ; imposition sur les terres pour les dépenses communales, 
soit publiques; dépôt d'argent de guerre, lequel existait autre- 
fois dans chaque commune. (Vaud.) 

GITO, DJÎTHO, s. m. Pâturage inférieur où les troupeaux paissent 



GNU 184 

au printemps et en automne, avant de monter dans les alpages 

supérieurs, et quand ils en redescendent. (Fribourg.) 
GLÉ, s. m. Iris commun, Iris gennauica. 
GLEIN-GLEIN, GLIN-GLIN, s. m. Le petit doigt. Ail. hiem, petit. 

(Vaud.) 
GLISSA, s. f. Glissoire, espace glacé où l'on va glisser. 
GLLAREI, HLLARI, GLLIERÉ, s. m. Amas de pierres charriées 

par les eaux; éboulis pierreux au pied des rochers; lit pierreux 

d'un torrent. On lit glaretimi dans les vieux documents. L. 

glarea, gravier. On dit glavier dans le français populaire vau- 

dois. (Alpes.) 
GNAFFA, s. f. Morgue, vanterie; c'est aussi une interjection de 

mépris. Te n'a ran ke la gnaffa, tu n'as rien que la morgue. 

(Vaud.) 
GNÂGNOU, GNIFFEGNAFFE, s. m. Simple, niais, idiot, ennuyeux 

par ses répétitions. (Lausanne.) 
GNAI, 5. f. Noix. — Cokka, id. 

GNASSA, s. f. Perruque vieille et sale. — Tignasse, id. 
GNIBEIN, adv. Aussi bien. Gnibein me, moi aussi. (Moudon.) 
GNIER, NIEIR, s. m. Nerf, force physique. 
GNIFFEGNAFFE, s. m. Voy. gnàgnou. 

GNION, MON, pron. indéf. Personne, aucun. Gnison, dans le can- 
ton de Fribourg; gnin, dans le Jura. On dit en frappant à la 
porte: Cei a-te gnion? n'y a-t-il personne? C. nigun, nemo; 
gaélique, ganion. 
Gnionsein, nioncein, nioncet, adv. Nulle part. 
Gnion ke gniosse, nion ke niasse. Locution qui revient à gui que 
ce soit, personne, âme qui vive. (Vaud.) 

Gnion ne l'oâ. Sobriquet du diable qui signifie personne ne 
l'entend. C'est l'ennemi qui, de nuit et sans faire de bruit, sème 
en secret l'ivraie parmi le bon grain. 
GNUGNI, V. Sucer au biberon; se dit surtout des jeunes veaux. 

(Alpes.) 
GNUSELLA, NEUSILLHE, GNOSETTA, s. f. Noisette. — Alogve, id. 



182 GON 

GO, GOT, s. m. Nom générique des habitants des monts de Chex- 
bres et de Cliardonne. Quand ils se le donnent entre eux, ils 
ajoutent toujours le mot frère, frare got. Descendraient-ils de 
quelques déserteurs ou colons gotlis qui se seraient établis sur 
ces monts ? Ce mot s'applique aussi aux habitants de quelques 
villages du Bas-Valais. 

GODALLHI, V. Buvotter, aller souvent au cabaret, ^oda?7/er. (A'aud.) 

GODJAj s. f. Gouge, outil de charpentier pour creuser une rainure. 

GODJI, GODZI, V. Faire gonfler dans l'eau un vase de bois, com- 
buger. 

GODJI, V. Bouder quelqu'un, être de mauvaise humeur. (Jura.) 

Voy. FOMMA. 

GODJONIRA, s. f. Petit filet pour prendre les goujons. (Léman.) 

GOGl]A,s. /. Manœuvre de sorcellerie, enchantement, supersti- 
tion. PI. gogue. 

GOGUE, s. f. pi. Plaisirs, amusements, goguettes. 

GOGUINETTA, s. /. Plaisanterie, goguenarderie, goguettes, lardon, 
fleurette. — • Gaudriole, s. f. pi., id. 

GOLLHA, GOLLHE, s. f. Flaque d'eau. La gran gollha, la mer, et 
aussi le lac Léman. Craisi la gran gollhe, traverser le lac. G. go, 
eau. 

GOLLHETTA, s. f. Petite flaque d'eau; goulot. Diminutif de gfoZ//ia. 
GOLLHI, GAULA, v. Se mouiller jusqu'aux genoux; salir le bord 

de ses jupes, s'embouer. 
GOLLHOTZI, GUALLHOTSI, GOTHOLLI, v. Se dit du bruit d'un 

liquide dans un vase qui n'est pas plein; gazouiller. (Alpes.) 

GOMMO, s. m. Génie ou démon souterrain qui garde les trésors 
des cavernes des Alpes. Quand les bolides, assez fréquents dans 
les vallées alpestres, passent d'un flanc à l'autre de la vallée, 
les montagnards disent que les gommes voyagent, que c'est l'es- 
prit de la montagne qui va visiter un confrère dans une autre 
caverne. Gommo est une altération de gnome. (Pays-d'Enhaut.) 

GONHLLA, s. f. Amas de neige amoncelée par lèvent. (Vaud.) 
GONHLLÂ, V. Gonfler, enfler. 



GOT 183 

GONIILLO, GONFLO, s. m. Maladie des vaches, suite d'un gon- 
flement pour avoir mangé trop de trèfle vert. 

GONIN, s. m. Prénom usité avant la réformalion , puis défendu 
par le consistoire genevois comme indécent, en 154G, ainsi que 
ceux de Melchior, de Claude, de Mermct, do Sermet. (Voy. Picot, 
Histoire de Genève, tome I, page -iiS; tome II, page 43.) — Les 
ministres de Berne se plaignirent de ce qu'à Genève on refusait 
de baptiser des enfants sous les noms indiqués par les pères et 
usités dans leur canton. (Genève.) 

GONNEI.LA, s. f. Diminutif de gonnct. 

GONNET, s. m. Habit de petit garçon qui se boutonne par der- 
rière. C. (junna, gonna, robe. (Valais.) 

GOP, GOPO, s. m. Garçon fort et rol)uste. (Cossonay.) 

GOPA, s. /. Femme grosse et robuste; fille de moyenne vertu, sa- 
lope. C. goap, raillerie; sanscrit, goupa, fille. 

GOR, GAUR^ s. m. Flaque d'eau, étang naturel, petit lac. C.gorr, 
humidité. (Moudon.) 

GORFA, GOUARFA, GOUEFFA, s. f. Première peau de la fève, 
gousse. 

GORGOLLHON, s. m. Charançon, petit insecte nuisible à la vigne; 

c'est l'attelabe du bouleau, insecte de la famille des curculiônites. 

— Griîuaud, id. 
GORMAND, A, adj. Gourmand. 
GORMANDA, v. Faire excès de mangeaille. 
GORRA, GOURRA, s. f. Mal vénérien, gonorrhée. (Jura.) 
GORRET, GORRON, s. m. Cochon de lait. C. gor, petit. 

GOTTA, s. f. Goutte. Baire la gotta, prendre un petit verre d'eau- 
de-vie ou d'autre liqueur alcoolique; se griser, boire souvent 
un coup. 

GOTTETTA, s. /. Petite goutte, gouttelette. Diminutif de gotta. 

GOTTHELLET, s. m. Flacon, barillet, gobelet. 

GOTTHOLLU, A, adj. Humide, marécageux. (Vaud.) 

GOTTRAU, SA, adj. Goitreux, goitreuse. 



184 GOU 

GOTTRAUSA, s. f. Narcisse des poètes, Narcissus poeticus et Nar- 
cissus radiiflorus ; lis. 

GOTTREUSA, s, f. Leucoiiim vernum, perce-neige. (Bex.) 

GOTTROSET, s. m. Ris de veau. 

GOUAITA, GUOITE, s. f. Sentinelle, guérite, guet. (V. st.) 

GOUALLHE, s. f. pi. Moqueries, mauvaises plaisanteries, lardons. 

GOUALLHI, GOUAILLI, v. Se moquer, gausser, plaisanter. G. co- 
valun, bavard. (Vaud.) . 

GOUDDA, s. f. Truie; jeu d'enfant. 

GOUEISSA, s. f. Coiffe de femme. 

GOUEIZET, s. m. Serpette, petit couteau. (Neuchâtel.) 

GOUERDZE, GOUEIRJE, GOUAIRDJE, s. f. Bouche. La grossa 
gouairdje, la fournaise pour convertir le minerai en fer. (Val- 
lorbe.) 

GOUERDZERI, IDA, adj. Braillard, crieur importun; bégueule. 
(Alpes.) 

GOUETS, GOUÉ, GOUAI, s. m. Plant de vigne venu du Chablais, 
donnant beaucoup de vin, mais de mauvaise qualité. D'anciens 
règlements défendaient d'en planter. G. gwetz, sauvage. Goué 
ou gouai se dit aussi dans le sens de goueizct. Voy. gavot. (Vaud.) 

GOUGNOU, s. m. Malotru, gauche, idiot. — Gndg7iou/id. (Genève.) 

GOUHENNA, s. f. Truie, laie; terme injurieux. — Gounna, id. 

GOUHERN, s. m. Le soin des vaches, du bétail, de l'étable. (Pays- 
d'Enhaut.) 

GOUHERNA, v. Prendre soin, soir et matin, du bétail dans l'éta- 
ble, lui donner à manger, le tenir propre. B. B. gouerein, traire. 
(Pays-d'Enhaut.) — (On dit gouverner les vaches, dans le fran- 
çais populaire vaudois. — N. de l'éd.) 

GOULLHAFRO, s. m. Glouton, grand mangeur. L. gula, asper. 

GOULLHARD, DA, adj. Glouton, gourmand, grand mangeur. 

GOULLHERET, s. w. Têtard, grenouille non développée qui vit 
dans les flaques d'eau stagnante. De gollha. (Montreux.) 

GOUMA, V. S'engouer, se crever de mangeaille; bouder. (Val d'Il- 
liez.) 



GOV 185 

GOUMHA, s. f. Fille ou femme laide, malpropre, dégoûtante. (Fri- 
bourg.) 

GOUMO, s. m. Petit baquet fixé à un long manche pour puiser l'eau 
dans une chaudière, dans un cuvier; pour puiser le purin dans 
la fosse et pour le répandre sur les prés. (Vaud.) 

GOUNNA, s. f. Truie; jupe de dessous. C. gonn, robe. Voy. gou- 
HENNA. (Fribourg.) 

GOUNNELLA, GONNELLE, s. f. Petite tunique d'enfant. Guna en 
slave signifie un drap grossier. 

GOUPI, s. m. Renard. C'est le vieux français goupil. L. vnlpes. 

GOURA, V. Tromper, duper, abuser. C. gour , malice, tromperie. 
(Fribourg.) 

GOURGNA, GROUGNA, GROLLHA, GOURLLE, s. f. Cep de vigne, 
souche; tronc bon à brûler. 

GOURGNON, GROUGNON, s. m. Morceau de bois noueux, souche 
ou bûche tortue pour le foyer; grosse racine de hêtre. C. guern, 
tronc. (Vaud.) 

GOURLLE, s. f. Voy. gourgna. 

GOURNEI, s. m. Grenier. C. curn, tas, monceau. (Morat.) 

GOURNI, s. m. Agglutination de grains de sel, grumeau de farine 
agglutinée. 

COURRA, s. f. Corne du pied du bœuf. (Jura.) 

GOUTA, V. Dîner. 

GOUTA, s. m. Le repas du milieu du jour, le dîner. — (On dit pe- 
tit-goutâ, pour le repas de quatre heures. — N. de l'éd.) (Vaud.) 

GOUVERNA, V. Soigner le bétail. (Vaud.) Voy. gouiierna. 

GOVA, V. Se dit d'un mets, surtout du café, de la soupe, qui pren- 
nent un mauvais goût dans un vase malpropre. 

GOVA, AHIE, adj. Eventé; se dit du vin qui a pris un mauvais 
goût. C. gow, eau. (Montreux.) 

GOVAI, GOVET, s. m. Seau à puiser l'eau. (Bagnes.) 

GOVERGNIANCE, s. f. Gouvernement, régime, économie domes- 
tique. 

GOVERGNIAU, s. m. Gouverneur. (Yaud.) 



186 GRA 

GRA, s. m. Gré. Ne i'ein se pasgrâ, je ne t'en sais p^s gré. Maugrâ, 
mauvais gré, malgré. 

GRABBI, s. m. Avare, grippe-sou. G. grabana, piller^ ravir. 

GRABBI, GRABELLIOU, s. m. Ravisseur. C'est un des noms du 
diable. — Grebellhou, id. 

GRABBI ! interj. Peste ! diable ! Grabbi sai de shi boubo ! la peste 
soit de cet enfant! (Pays-d'Enhaut.) 

GRABO, s. m. Pente rapide et pierreuse, ravin. — Grabou, id. Ail. 
grab, fosse, tombeau. (Vully.) 

GRACHAU, mbst. et adj. Gracieux. Ce titre accompagne souvent, 
dans les cantons de Fribourg et de Vaud, le bonjour ou le bon- 
soir quand on le donne aux jeunes gens. Adsivo, grachausa, bon- 
jour la belle. 

GRADALA, v. S'élever par degrés, monter de branche en branche. 
L. gradus. 

GRAFFEGNI, GRAFFOUGNI, t\ Egratigner. C. graff, égratignure. 

GRAFFOUGNIA, GRAFFOUNISSA, s. f. Egratignure. 

GRAFION, s. m. Voy. grefion. 

GRAI, adv. Avec peine, difficilement. L'apprein grai, il apprend 
avec beaucoup de peine. C. crai, dur, rude. (Pays-d'Enhaut.) 

GRAILLONS, s. m. pi. Restes d'un repas. (Y. st.) — Fricot, id. 

GRAINTHA, v. Se laisser intimider en parlant; s'exprimer en bal- 
butiant, par fausse honte, par crainte. (Fribourg.) 

GRAISSET, s. m.; GRAISSE.TTA, s. f. Rana arborea, espèce de gre- 
nouille qui, dans les prairies humides, saute sur les arbres. 
(Aigle.) 

GRAMON, s. m. Chiendent, graminée dont la racine est employée 
en tisane; paquet de racines et de tiges inutiles dans une che- 
nevière, dans un champ. (Vaud.) 

GRAN, s. m. Grain ; un peu. 

GRANCENAI, i'. Gronder, se fâcher. — Gremondi, id. (Evêché de 
Bâle.) 

GRANDZI, s. m. Métayer, fermier. 

GRANDZIRA, s. f. La femme du fermier. (Vaud.) 



GRA 187 

GRANET, s. m. Petit grain: une très petite quantité, très peu. 
GRANETEI, 5. m. Marchand de grain. — Grenattci, id. 
GRA.NMASSI, adv. Grand merci, bien obligé. 
GRANNA (prononcez gran-na), s. /. Graine, semence des plantes; 

les grains, les céréales en général. Le grannc san balle sli an, 

les grains sont beaux cette année. 
GRANNÂ, GRANÂ, r. Grener, donner du grain. 
GRANT, GRANTA, adj. Grand, grande. L'èpraugrantapoi'sontein, 

elle est assez grande pour son âge. Pére-grant, grand-père; mére- 

grant, grand'raère. 
GRANTA-PEIRLE, s. f. Gremil, Lithospermum officinale, plante de 

la famille des borraginées. (Vaud.) 
GRANTEIN, adv. Longtemps. Granienet, diminutif, il y a quelque 

temps. (Pays-d'Enhaut.) 
GR.\PEIN, GRAPEUx\, NA, adj. Avide, quêteur importun. 
GRAPELLHI, v. Grappiller. 
GRAPELLHON, s. m. Grappillon, petite grappe. 
GRAPENA, V. Commettre de petits vols, prendre çà et là. (Vaud.) 
GRASSET, TA, adj. Un peu gras. 

GRASSETTA, s. f. Grassette, Pinguicula vvlguris, plante de la fa- 
mille des lentibulariées. 
GR.\SSI, s. m. Genévrier. (Jura.) 
GRASSIA, s. f. Lieu couvert de genévriers. (Jura.) 
GRATHO, s. m. Voy. crato. 
GRATTA, s. f. Gale de la petite espèce. (Vaud.) 
GRATTA, V. Gratter, se gratter. — Gratthû, id. 
GRATTA-CU, s. m. Fruit de l'églantier, gratte-cul. 

GRATT.\-PAPEI, s. m. Gratte-papier; nom dérisoire donné par le 
peuple aux avocats, grefliers, notaires et autres gens de plume. 
(Vaud.) 

GRATTE, s. f. pi. Fèves cuites dans leurs gousses; pois mange- 
tout. (Ormonts.) 

GRATUIZA, s. f. Râpe à tabac; râpe en général. 



188 GRE 

GRATZERI, s. m. Cerfeuil sauvage, Anthriscus sylvestris, plante 
ombeilifère commune dans les vergers. — Gro-tzeiri, id. 

GRAUBA, GREUBA, s. f. Crasse attachée à un vase, tartre des ton- 
neaux, espèce de tuf qu'on emploie pour récurer. C. grew, 
sable. 

GRAUBONS, GREUBONS, s. m. pi. Petits morceaux de graisse de 
porc restés au fond du vase où l'on a fait fondre cette graisse. 
On les mange seuls ou frits avec des pommes de terre. (Vaud.) 

GRAULA, s. f. Voy. grola, chuva. 

GRAUSA, V. Se plaindre, murmurer, molester par mauvaise hu- 
meur, comme une vieille femme. Gr. yp^vg, vetula. 

GRAVA, V. Peiner; empêcher, mettre obstacle; exciter la pitié; 
grever. Oula-tè d'ikie ke te me grave, ôte-toi de là, tu m'empê- 
ches, tu me gênes. L. gravure. 

GRAVANCHE, GARVANCHE, s. /■. Variété du ferra, Salmo Fera, 
poisson du Léman. Jurine a donné à cette variété le nom de 
Corregomis hyemalis, parce que ce poisson ne paraît qu'eu hiver. 
(Genève.) 

GRAVERI, s. m. Personne qui vous empêche, qui vous détourne 
de votre travail. (Fribourg.) 

GRAVERO, s. m. Obstacle, empêchement. L. gravare. (Fribourg.) 

GRAVIÉRA, s. f. Lieu d'où l'on tire du gravier. — Gravaire, id. 

GRÉ, s. m. Lérot, sorte de petit loir (Aigle). On le mange dans le 
Bas-Valais. — Gré de var, id. 

GREBELLHOU, s. m. Un des noms du diable.— C'est aussi le nom 
du gommo (gnome) qui garde les mines de la dent de Vaulion. 
Il passe toutes les veilles de Noël, disent les superstitieux, par 
la Vallée du lac de Joux^ avec six acolytes, montés à rebours 
sur des cochons dont la queue leur sert de bride. C. krupia, patte 
armée de griffes, ou œab, harpon. — Grabelliou, grabbi, id. 

GREBION, s. m. Le petit grèbe. 

GREBLLO, GRAIBLLO, s. m. Le houx. 

GREBOLA, GRIBOLA, v. Grelotter, trembler de froid ou de fièvre. 

GREBOLAN, 5. m. Petit grèbe. (Grandson.) 



GRE 189 

GREBOLON, GRIBOLON, s. m. EbuUition; frisson, cliair de poule; 

grésil. (Alpes.) 
GREBOZ, s. m. Grand grèbe. 
GREDON, s. JH.; GREDA, s. /. Mauvais jupon, cotillon usé. — 

Gredin, id. (Jura.) 
GREFION, GRAFION, s. m. Grosse cerise entée, bigarreau, Cera- 

sus ditracina. (Vaud.) 
GREILA, ,s\ f. Grêle. 
GREILÀ, V. Grêler. 
GREILOZ, s. m. Pièce de bois qui supporte le train de la charrue. 

(Aigle.) 
GREIMPION, s. m. Grimpereau, oiseau grimpeur. 
GREINDJE, A; GREGNE, A, adj. Grondeur, boudeur, de mauvaise 

humeur. G. grinfjian, être chagrin, gronder. — Greindzo, n, id. 

(Vaud.) 
GREINDJET, adj. Ne s'emploie que dans l'expression fa greindjet, 

feu Saint-Antoine, fièvre rouge; feu de suie aux parois d'une 

marmite. 
GREINDJETTA, s. f. L'ortie brûlante ou ortie-grièche, Uitica urens; 

se dit aussi des poules frisées. (Vaud.) 
GREINTHO, s. m.; GREINTHALLE, 5. f. Contrat de mariage, 

fiançailles, repas à celle occasion. (Montreux.) 
GRELLET^ s. m. I^e grillon domestique. 

GRELON, s. m. Grêlon, gros grain de grêle; fève ou pois avortés. 
GRELOTTA, v. Grelotter, trembler de froid. — Grebola, id. 
GRELOTTE, s. f. Fille publique. (Gruyère.) 

GREMAILLI, GRIMAILLI, v. Ecaler les noix, séparer l'amande de 
la coque. 

GREMAIJTON, s. m. Monceau irrégulier, tas en désordre. (Pays- 
d'Enhâut). En composition : A gremauton, en peloton. 

GREMELHETTA, s. f. Lézard gris, Lacerta agilis; loche franche, 
poisson du genre cobite. (Rolle.) 

GREMELHON, GREMESSI, GREMECI, COURMESSl, CREMES- 



190 GRE 

SET^ s. m. Peloton. L. gremium. Gremelhon se dit aussi pour gru- 
meau de farine dans la soupe. 

GREMHI, V. Plisser, chiffonner. Fr. grimer. (Alpes.) 

GREMI, 5. m. Noix. (Valais.) 

GREMO, GRIMO, GREMHl, GREMOHLLON, s. m. Grumeau, amande 
de la noix, de la noisette, etc. 

GREMOHLLON, s. ni. Véron, Cyprinus Phoxinus, poisson du 
Léman. 

GREMONDIji'. Gronder, se fâcher. Voy. grancenai. (Evèché de 
Bàle.) 

GRENATTEI, s. m. Marchand de blé, blâtier. 

GRENETTA, s. f. Halle au blé. (Vaud.) 

GRENETTE, s. f. Barbotine, poudre vermifuge. 

GRENON, s. m,. Sédiment ou dépôt qui s'attache au fond des mar- 
mites. (Val d'Hliez.) 

GRENOULLHETA, s. f. Renoncule vénéneuse, Ranoncnbts scele- 
raius. 

GREPALA, s. f. Sorte de renouée, Polygommi Convolvulns. 

GREPPA, s. f. Crochet de fer pour fixer une poutre qu'on équarrit ; 
crampon fixé aux souliers pour marcher sur la glace. C. grapin. 

GREPPE, s. f. pi. Tenailles, pinces. 

GREPPON, s. m. Crampon dont se servent les faucheurs dans les 
pentes rapides ou escarpées des Alpes. 

GRESALA, EINGRESALLA, s. f. Groseille, myrtille; Ei^^es Grossu- 
laria et Vaccinium Myrtillus. 

GRESILLON, s. m. Espèce de poucettes pour contenir les mains. 

(Genève.) 
GRETTHE, s. f. pi. Espèce de cerises rouges et acidulés nommées 

griottes dans le français jmpulaire vaudois. (VuUy.) 

GRETZON, s. m. Petite colline, émiuence. Dimin. de cret, tertre. 
GREUBA, s. f. Tuf pour nettoyer la vaisselle, tartre des tonneaux. 

C. grew, sable. — Grauba, id. 
GREULETTA, GRULETTA, s. /. Tremblement, appréhension; 



GRO 191 

émotion, saisissement qui fait tremljlor ; tremblement nerveux. 
(Vevey.) 

CREUSET, s. m. Grand morceau. (Val d'Illiez.) 

GREVURA, s. /". Meurtrissure, blessure. G. greva, blesser. (Genève.) 

GRIA, s. /". Craie blanche ou rouge. C. criad, argile. Ce mot signi- 
fie aussi grue, oiseau de passage. 

GRIÉ, GREHI, s. m. Plâtre. 

GRIETTAI, GRIOTTIER, s. m. Espèce de cerisier à fruits rouges 

acidulés, Cerasus Caproniana. 
GRIETTE, GRIOTTE, s. f. pi. Fruits du griollier. 
GRIFFA, s. f. Griffe. — Griffa -de-Isa, grapia- de-tsa , l'anthyllide 

vulnéraire. (Vaud.) 
GRILLA, GRITTA, GRÈTIIA, s. f. Cheville du pied, grille. 
GRILLET, s. m. Le grillon domestique, Gryllus domesticus. (Vaud.) 

— Grellet, id. 
GRILLET, s. m. Sorte de petite alouette, Tringa ptisilla. (Vaud.) 
GRIMO, s. m. Charançon, attelabe du bouleau, insecte nuisible à 

la vigne. — Gorgollhon, id. 
GRIMPION, s. m. Grimpereau, torche-pot, Silta eiiropœa. Voy. 

GREIMPIO.N. 

GRINGALET, s. m. Jeune étourdi, petit drôle, impertinent; garçon 

fluet. (Vaud.) 
GRIPPAY, s. m. Harpon de flottage. (Montreux.) 
GRISALLEI, s. m. Lieu rempli de myrtilles. — Gresallei, grosallei, 

id. (Montreux.) 

GRISETTA, s. f. Véron, Cypriniis Phoxinns. (Valais.) 

GRISON, s. 711. Hirondelle des rivages, Hirundo riparia. (Genève.) 

GRO, adv. Beaucoup. Gro nié, beaucoup plus; va gro mi, il se 

porte beaucoup mieux. 
GRO, GROSSA; GROU, GROUCHA, adj. Gros, puissant, riche. — 

Gi'O kruzillon, gro crouzillon, cerisier à grappes. Prunus Padus. 

(Pays-d'Enhaut.) 
GROBO, A, adj. Grossier, en parlant des gens; gros, grossier, en 

parlant des étoffes. AU. groh. (Alpes.) 



192 GRO 

GROFOUAIR, GROUFOUEIR,s. 7n. Ahsinihe, Artemisia Absinthium. 
GROGNON, adj. et subst. Grognon, de mauvaise humeur; se dit 

surtout des enfants. 
GROLA, GRAULA, GRALLA, GRAILA,s. /. Corneille mantelée, 

grolle, freux, Corvus friigilegus. (Jura.) Voy. chuva. 
GROLLA, s. /. Savate, vieux soulier ; truie. C. groll, truie. 
GROLLEI, s. m. Savetier. (Fribourg.) 
GROLLHA, s. f. Voy gourgna. 
GROLLHI, V. Secouer un arbre pour en faire tomber les fruits; 

grouiller. Dans le premier sens on dit aussi crollhi, grula. V. F. 

croller, crouller, crouler, qu'on a dit pour secouer. 
GROPEISA, s. f. Espèce de filet du lac de Morat. 
GROSALLA, s. f. Myrtille, Vaccinium Myrtillus. Voy. gresala, 

AMBRESALLE. 

Grosalîa à l'or, Parisette, Paris quadrifolia, mot à mot, gro- 
seille à l'ours. (Pays-d'Enhaut.) 
GROSALLEI, s. m. Groseiller. 

Grosallei-a-pur, s. m. Airelle des marais, Vaccinium uligi- 

nosum ; mot à mot, groseille à porc. (Vallée de Joux.) 
GROSSET, TA, adj. Un peu gros, un peu épais. 
GROSSI, GROSSIRA, adj. Grossier, rustre, manant; se dit aussi 

des étoffes. 
GROTTON, CROTTON, s. m. Cachot, prison profonde. (Lausanne.) 
GRO-TZEIRI, s. m. Cerfeuil sauvage, Anthriscus sylvestris. — Gro- 

clieiri, gratzeri, id. 
GROULA, s.f. Boîte ronde, en bois, dont le couvercle se visse. 

(Jorat.) 
GROULLHI, V. Grouiller, bouger, remuer, se plaindre. 
GROUMELHETTA, s. f. Loche, poisson du genre cobite. Voy. 

gremelhetta. (Léman.) 
GROUMETHI, v. Gâter un enfant en le dorlotant, par trop de soins. 

(Alpes.) 
GROU-MO, GRO-MO, s. m. Epilepsie, mal caduc. 
GROUSA, GRAUZA, s. f. Plainte, grief. (Fribourg.) 



GUE 193 

GRU, s. m. pi. Gruau d'avoine. Dci gru, du {^ruau. 

GRUA, r. Monder, faire du gruau. 

GRUAT, s. m. Ancien nom des habitants du comté de Gruyère. 

GRULLA, GRULA, r. Trembler de froid; secouer un arbre. — 
Greula, gnrla, id. (Vaud.) 

GRUS, s. m. pi. Séré mêlé de crème. (Genève.) 

GRUVEREIN, GRUVEREINTZO, s. m. Nom plus moderne des ha- 
bitants du comté de Gruyère. Lo gruveran, lo gruvcrein, le pa- 
tois de cette contrée. Voy. gruat. 

GRUYERS, s. m. Soldats du comte de Gruyère qui prirent la fuite 
à la bataille de Cérisoles. (Voy. les Mémoires de du Reilay.) 

GUADZOULLHI, v. Gargouiller, barboter dans l'eau. — Godroullhi, 
gargoUa, id. 

GUAITA, s. f. Guet, sentinelle, guérite. 

GUEDI, GEDDI, s. m. Jeune porc, cochon de lait. 

GUEDJI, V. Saisir les meubles d'un débiteur. 

GUEDRO, EGUEDRO, s. m. Homme mal vêtu, pauvre, mendiant 
(Val d'Illiez.) 

GUEGNA, s. m. Bâtard. (Jura.) 

GUEGNARE, GUEGNO, s. m. Louche, myope, qui y voit à peine. 

GUEGNAUCHE, GUENUTZA, s./. Sorcière, magicienne, diseuse 
de bonne aventure. (Jura.) — Djonoaïdja, djenoaidje, djenoadje, 
genoaïdja, id. 

GUEGNE-GOUTA, s. m. Parasite qui épie le moment du repas 
d'autrui pour y être invité et y prendre part. (Valais.) 

GUEGNE-METZE, s. m. Celui qui lorgne la table d'autrui, parasite; 
mot à mot, gui guigne les miches. Ce mot signifie aussi curieux, 
indiscret, louche. (Vaud.) 

GUEGNI, GUIGNI, v. Guigner, loucher, regarder de travers ; mirer, 
ajuster un coup d'arme à feu ; jeter les yeux indiscrètement où 
l'on n'a rien à voir, lorgner. 

GUEGNON, s. m. Guignon, mauvais sort, mésaventure. 

GUEGUA, V. Trembler de froid ou de peur. (Val d'Illiez.) 

MÉM. ET DOCUM. XXI. 13 



194 GUE 

GUELINGUIN, s. m. Le petit doigt. — Kl'mrjuin, gleinglem, id. 
Ail. klein. 

GUELLEIN, s. m. La violette odorante. 

GUELLHA, s. f. Quille à jouer. G. guilla, id. 

GUELLHETTA, GUILLETTE. s. f. Petite quille ; pâton pour en- 
graisser la volaille; fusée de poudre; morceau de bois flottant 
sur l'eau pour indiquer la ficelle amorcée tendue au poisson. 

GUELLHON, GUILLON, s. m. Brochette de tonneau, bouchon de 
bois, fausset. Voy. dzeze. 

GUELLHOUNA, v. Mettre une brochette à un tonneau, tirer du vin 
au fausset; i)erdre son temps, hésiter. (Vaud.) 

GUER, GUERCHA, ndj. Etrange, ridicule, absurde, qui tient de la 
farce. (Fribourg.) 

GUÉRA, GAIRA, s. f. Impératoire, Imperatoria O&truthium, plante 
ombellifère. Drogue vétérinaire composée de racines et de fleurs 
de divers simples, principalement de l'impératoire. (Alpes.) 

GUÉRANI, s. m. Astrance majeure, Astrantia major, plante om- 
bellifère. (Bex.) 

GUERÇA, GARÇA, s. f. Garce, fille publique; plus honnête que 
pont an. 

GUERGUETTA, s. f. Gorge, cou, bouche. Meuu la guergnetta, ba- 
biller. 

GUÉRISSEUR, s. m. Médecin, rhabilleur, rebouteur. Maidjo, maidzo 
est plus usité. 

GUERLA, VOUAIRLA, v. Plier, plisser. (Valais.) 

GUÉRO, adv. Voy. vouero. (^wi^o \ '\,\,vntlir>w- 

GUERSA, s. f. Course. 

GUERTZEIHl, v. Aller de travers, aller à gauche. (Alpes.) 

GUERZELLHON, s. m. Petit domestique, garçonnet. 

GUERZON, GUERCHON, s. m. Domestique de chalet, garçon d'é- 
curie, valet. 

GUERZON, s. m. Gueux, coquin, coun ur. (Val d'Uliez.) 

GUETHA, adv. Beaucoup. (Val d'Illiez.) 

GUETHÀ, v: Regarder, épier, jeter les yeux. (Jura.) 



GUI 195 

GUETHELIN, s. m. Petit agneau, agnelet; nom d'amitié qu'on 

donne à un enfant. (Valais.) 
GUETTE, s. f. pi. Guêtres. 
GUETTHI, r. Se mouiller, se salir en route. 
GUETTHON, s. m. Petite guêtre, guêtre courte. 
GUETZARD, DA, adj. Fin, adroit, astucieux, prudent. (Vaud.) 
GUETZET, DIETZE, s. m. Vase à tenir le lait, à porter la crème. 

Voy. DIETZO. 

GUETZETTA, GAITZETTE, s. f. Vase de bois à anse, plus allongé 
que le précédent. (Alpes.) 

GUETZI, GADJI, v. Oter les rayons d'une ruche. 

GUEU, s. m. Mouette rieuse, Lanis ridibunduf,, oiseau des lacs. 
(Neuchâtel.) — Sur les bords du Léman on nomme cet oiseau 
heju, hezH, besolet, besntchet. 

GUEU, s. m. Muscardin, Mus avellanarius. — Malagnou, gai, id. 
(Orbe.) 

GUEULLERÈ-A-NOZ, KOULLERES-A-NOZ, s. f. pi. Fées malfai- 
santes diles lavandières de nuit. Elles invitent les passants à 
tordre le linge avec elles et leur tordent le cou s'ils tordent à 
rebours. — Mot composé de gollhe, flaque d'eau, mare, et de 
no, neii, né, nuit (Evêché de Bâie). — (Ce sont les kannérez-noz 
de la Bretagne. Voy. Le Foyer breton d'Emile Souvestre. — N. 
de l'éd.) 

GUIGA, DJIGA, s. f. Violon. ^^ >t'^lU>v, . C^ tlje^ , 

GUIGÂ, V. S'esquiver, se sauver. — Djiga, id. (Jura.) 

GUIGARE, DJIGARE, s. m. Joueur de violon; marqueur à la cible. 
(Vaud.) 

GUIGUERESSA, s. f. Joueuse d'instruments. (Fribourg.) 

GUILLA, r. Convoiter les mets daulrui, désirer vivement; trom- 
per. (Jura.) 

GUILLERET, GUILLEIRON, s. m. Sommet d'un arbre, d'un rocher, 
d'un bâtiment. — Coulzet, id. (Vaud.) 

GUILLERET, adj. Gai, de bonne humeur. Les troubadours pro- 
vençaux du XIIP siècle s'appelaient guillari en Italie. 



196 HEI 

GUINTZET, GUNTZET, s. m. Petite porte d'un tonneau sur le 

fond de devant. 
GUISA, GUHISA, s. f. Manière d'être, façon d'agir. La trauvo à 

ma guisa, elle me plaît; littéralement, je la trouve à ma guise. 

(Vaud.) 
GUISA, s. f. Gueuse, pièce de fer fondu qui sort du fourneau. 

(Vallorbes.) 
GUISARMA, s. f. Hache à deux tranchants employée dans les 

guerres du moyen âge, mentionnée dans le Plaid général de 

Lausanne, 1368. 
GUNTZET, GAINTZÉ, s. m. Volet, contrevent, guichet. (Alpes.) 
GUU, DHU^ DIÉ, DIEU, s. m. Dieu. Ce mot est très diversement 

prononcé, surtout par les mendiants, qui demandent l'aumône 

au nom de Dieu. Voy. dei. 



H 



HA, s. f. Colline, hauteur. L. altus. (Evêché de Bâle.) 

HAHIA, V. Voy. aïa. 

HAILLONS, s. m. pi. Vêtements, habits, hardes en général. lô san- 
t-e m'e z'haillons ? où sont mes habits? 

HAMMER, s. m. Framboise. Voy. ammer. (Jura.) 

HARICOT, s. m. Lors de la révolution helvétique, en 1798, ce mot 
s'est dit pour aristocrale. (Vaud.) 

HATSCHE, s. f. Hache. 

HATSCHETTA, s. f.; HATSON, s. m. Petite hache. Voy. atsetta, 

ATSON. 

HATSON, s. m. Valet au jeu de cartes. Voy. atson. (Montreux.) 

HAU, pron. démonstr. m. pi. Ceux. Hau ¥an fé cein, ceux qui ont 
fait cela. Voy. cÉ 

HEINGUENO, s. m. Huguenot. AU. eidgenossen. 



HEl 197 

HEINVER, s. m. Hiver. 

HEINVERGNIAU, s. m. Jeune porc de l'année qu'on hiverne pour 

l'engraisser. (La Côte.) 
HEIiNVERNA, HIVERNA, v. Hiverner; se dit surtout du bétail. 

HEIRBA, s. /. Herbe, gazon, simple. Ce mot entre dans plusieurs 
noms de plantes : 

Heirba d'auton, couleuvrée, Bryonia. 

Heirbn de bekomno (au pain d'épiccs), la myrrhe odorante, 
Myrrhis odovata. (Aigle.) 

Heirba de l'étaila (de l'étoile), renoncule glaciale, Ranunculus 
glacialis. (Alpes.) 

Heirba di volan (à la faucille), heirb'au z'écus, raonnoyère, 
Lysimachia nummularia. Voy. volan. 

Heirba d'oudzi, véronique cressonnée, Veronica Beccabunga. 

Heirb'à étragni (à éternuer). Arnica montana et Achillea Ptar- 
mica. (Alpes.) 

Heirb'à la bainna, lierre terrestre, Glechoma hederacea. Voy. 
BAINNA. (Pays-d'Enhaut.) 

Heirb'à la brotsche, ellébore noir. 

Heirb'à pai (aux pois), sarriette, Satureia hortensis. 

Heirb'à Robert, géranium herbe à Robert, Géranium Rober- 
tianum. (Vaud.) 

Heirba sein coûtera, herbe sans couture, langue de serpent, 
Ophioglossum vidgatum. (Alpes.) 

Heirb'à tscha, heirb'à Isa (au chat), la mercuriale. (Pays-d'En- 
haut.) 

Heirb'au coucou, surelle, pain de coucou, Oxalis acetosella. 

Heirb'au djnnau (an genou), sorte de persicaire, Polygonum 
hydropiper. (Pays-d'Enhaut.) 

Heirb'au fedje (au foie), hépatique, Anémone Hepalica. 

//fî/'ô'au wîwssiWon (aux moucherons), conyze, huila Conyza 
DC. (Jura.) 

Heirb'au pour' hommo {au f&uv Te homme), gratiole, Gratiola 
officinalis. (Yverdon.) 

Heirb'au tété (aux tétons), lampsane commune, Lampsana com- 
munis. Cette plante est ainsi nommée, parce qu'on l'emploie 



198 HLL 

broyée sur les bouts de sein des nourrices, quand ils sont fendus 
ou gercés. (Gros de Vaud.) 

Heirb''au violet (à l'érysipèle), douce-amère, Solarium Dulca- 
mara. 

HEIRBETTE, s. f. pi. Petites herbes de jardin, hachées menu pour 
divers usages culinaires ; fines herbes, persil, cerfeuil. — On dit 
aussi saveur : Va mettre la saveur à la soupa, va mettre le cer- 
feuil à la soupe. (Vaud.) 

HERBOLAN, NA, adj. Celui ou celle qui recueille des plantes mé- 
dicinales pour les pharmaciens. — Croseran, id. (Valais.) 

HERBOLANNE, s. f. pi. Simples; plantes, fleurs, feuilles ou raci- 
nes médicinales. 

HÉRETA, V. Voy. hireta. 

HEUH ! interj. Voy. eh ! 

HI, adv. Hier. L'autro hi, et par élision, l'autr'hi, l'autre jour, il y 
a peu de temps. 

HI, s. m. Ciel; peu usité. (Gruyère.) 

HI, impér. du verbe alla. Va. C'est Vi du latin avec l'aspiration né- 
cessaire pour donner de l'énergie au commandement. 

IIIO, HIOTA, adj. Haut, grand; fort, vigoureux; aigre, de haut 
goût. 

HIOTET, HIOTTETA, adj. Assez aigre, assez fort pour le goût. Di- 
minutif du mot précédent. (Alpes.) 

HIRETA, V. Hériter. — Hérela, id. 

HIRETAI, s. m. Héritier. 

HIU, HU, UH. Cri du charretier pour exciter les chevaux ; en fran- 
çais, hue. 

HIVER (prononcez hivê), s. m. Hiver. — Heinver, id. 

HLLA, pron. démonstr. fém. Celle. Voy. ce. 

HLLA, HLLAU, s. /. Clef de serrure. — Clia, klla, id. 

HLLA, HLLAR, HLLARA, adj. Clair; peu épais, en parlant des 
blés, des semis. 

HLLAIRA, s. f. Lampe. — Craisu, id. (Vaud.) 

HLLAIRÂ, HLLAIRÎ, EHLLAIRI, v. Eclairer. 



IILL 199 

Hf.LAKKA, s. f. Folle, sotlo, étourdie, mauvais sujet de lille. 

iMoiitreux.) 
HLLAMMA, s. f. Flamme. — VHamma, id. 

HLLAMMÀ, V. Flamber, jeter des flammes, brûler. — Fllamma, id. 
IH.LAMMETTA, s. /■. I.anceltc de cbirurgien; petite flamme. — 

Fllnmmetta, id. 
Hf^LAMO, KLAMO, s. m. Craclial épais et dégoûtant qui vient du 

nez. (I.ausanne.) 

IILLAMPA, V. Crever. Hlhwipn! inlerj., vrèw.l injure grossière. 
(Montreux.) 

HLLAN, s. m. Flanc, côté. Dé hllan, de côté, sur le côté. 

H1.LAN, HLLAON, LAN, LAON, LAYON, s. m. Planche large et 
épaisse, ais. (Vaud.) 

I1LL.\NTZI, s. m. Tout ce qui tient aux flancs d'une bête de bou- 
cherie. (Alpes.) 

HLLAPPA, V. Ternir, flétrir, décolorer; manger en gloul(jn; lap- 
per. (Fribourg.) 

HLLAPPEIN, s. m. Crampon de fer. 

HLLAPPI, adj. Flasque, flétri. (Vaud.) 

HLLAPPO, HLLAPPA, adj. Flasque, flétri (Pays-d'Enhaut). — 
FUijipi, fllani (Valais). 

HLLASSA, s. f. Glace. 

HLLASSON, s. m. Glaçon, morceau de glace. 

HLLAU, pron. démonslr. m. et /". pi. Ceux, celles. Voy. CÉ. 

HLLAU, s. f. Couloir par lequel on fait descendre le foin du fenil 
dans les crèches. (Alpes.) 

HLLAU, s. f. Fleur; crème. Hllau hiota, crème aigre. (Fribourg.) 

HLLAUDO, s. m. Nom de baptême, Claude. Au figuré, c'est un ba- 
lourd, un nigaud, un homme simple, facile à abuser, à duper. 

HLLAUTRO, adv. De l'autre côté. 

HLLAVALA, v. Couvrir une surface de choses étrangères; se dit 
des boutons qui couvrent le vLsage, et des taui)inières qui cou- 
vrent une prairie. Même racine que le français c/areaw, clavelée. 
(Pays-d'Enhaut.) 



200 HLL 

HLLAVEGNI, v. Planter de petits clous. De hllavin. sorte de clou. 

HLLAVELERI, s. m. Clavelée, maladie des moutons. — Hllavaleri, id. 

HLLAVIN, s. m. Sorte de clou. L. clavus. 

HLLEIHI, s. m. Fléau à battre le grain. (Aigle.) 

HLLEINTHO, A, adj. Simple; se dit des fleurs. 

HLLEIVALA, s. f. Anneau d'une porte pour ouvrir ou pour heur- 
ter. (Alpes.) 

HLLENNA, s. f. Paquet de chanvre de dix poignées; poignée d'é- 
pis glanés, glane. 

HLLENNÂ, LIENNÀ, v. Glaner. (Vaud.) 

HLLERDJON, s. m. Enfant de chœur. (Fribourg.) 

HLLERDJON, s. m. La dernière pousse de la vigne, en août (Vaud). 

HLLERDJOUNA, v. Oter ou éclaircir les dernières pousses de la 
vigne. — EhUerdjouna, éklairi, id. 

HLLESEIN, HLLOR, HLLOSON, SOR, s. m. Poussière ramassée 
dans la grange et renfermant les graines des graminées, graines 
qu'on recueille pour les semer. (Pays d'Enhaut.) 

HLLETTA, GLETTA, LIETTA, v. Tordre; prendre, attraper; lier, 
attacher. 

HLLETTHA, s. f. Petite hache. 

HLLETZI, i'. Lancer, décocher une flèche. 

HLLÉVI, adv. D'abord que, à mesure (Alpes). — (Dans le Jorat, 
à la vi signifie au moment où, à mesure que. — N. de l'éd.) 

HLLI, LHI, s. m. Lit, couche. 

HLLIRA, s. /. Jonction de deux poutres engrenées; ligature; cein- 
ture de culotte. (Alpes.) 

HLLITTA, 5. f. Choix. Avai sa hllitta, avoir son choix. L. electus. 
(Pays-d'Enhaut.) 

HLLO, s. m. Enclos. 

HLLODO, s. m. Voy. hllaudo. (Vaud.) 

HLLODZETTA, s. f. Petit traîneau. Diminutif de liudzo, traîneau. 

HLLOKKA, s.f. Plaque de neige qui s'attache aux souliers, aux 
fers des chevaux. (Alpes.) 



II LL 201 

HLLOKKÂ, V. Tinter; bruire; éclater. (Valais.) 

HLLOLA, HLLOULA, CLIOLA, v. Clouer. 

HLLON, s. m. Gâteau aux herbes, tourte aux fruits. (Pays-d'En- 

haut.) 
HLLOH, s. f. Fleur; crème, parce qu'elle est la fleur du lait; pous- 
sière ramassée dans la grange et renfermant les graines des gra- 
minées, graines qu'on recueille pour les semer. — Voy. hllau. 
Hllor à l'or (fleur à l'ours), hllor de Pâques, narcisse sauvage 
ou narcisse des prés, Narcissus Pseudo-Narcissns. (Montreux.j 

Hllor au mallet (fleur aux convulsions), pivoine, Paeoniaofft- 
cinalis. 
Hllor de buro (fleur de beurre), renoncule. (Alpes.) 
Hllor de mazot (fleur de mazot), troUe, Trollius europœus. 
(Alpes.) 

Hllor de sun (fleur ou flueur de sang), dyssenterie. — Cake- 
sangua^ id. 
HLLORIN, s. m. Florin de quatre batz, ancienne monnaie du Pays 

de Vaud. • 
HLLOSALET, CLOSALET, s. m. Petit enclos. Diminutif de hllo. 
HLLOSET, CLLOSI, CLOSET,s.m. Enclos, petit domaine. L. c/a«- 

SUS. Voy. HLLO, HLLOSALET. (Vaud.) 

HLLOTSE, s. /'. Cloche; vieille femme éclopée, usée par le travail, 
qui boite, qui cloche des deux côtés. 

HLLOTSETTA, s. f. Petite cloche, clochette. 
HLLOTSETTA, s. /. Campanule; toutes les espèces de cette plante. 
HLLOTSI, s. m. Clocher, flèche d'une église. 
HLLOTSI, V. Clocher, boiter, aller de travers; mener un traîneau 
sur la neige, glisser sur un petit traîneau. Voy. ludja, ludji. 

HLLOTTA, s. /. Flûte; écheveau. 

HLLOTTENAIRA, s. f. Cheville de fer qui, dans un char, joint le 
train de devant au train de derrière. (Vaud.) 

HLLOTTET, s. m. Petit tuyau pour aspirer l'air, fétu. 
HLLOTTETTA, s. f. Petite flûte d'enfant; petit écheveau. 



202 HOU 

HLLOTTI, s. m. Peloton de fil. (Alpes.) 

HLLOUDEI, s. m. Herbe à Robert, Géranium Roberlianum. L. clau- 

dere. — Cette plante est ainsi nommée parce qu'elle est propre 

à fermer les plaies des doigts, dei. (Echallens.) 
HLLOUGNI, V. Faire signe des yeux, cligner. 
HLLOUGNI, s. m. Voy. dougni. 
HLLOURE, V. Fermer, clore, entourer d'une palissade, d'une haie 

morte ou vive. L. claudere. 
HLLOUSSA^ s. f. Poule qui veut couver, poule qui a une couvée. 
HLLOUSSÂ, V. Glousser. 
HLLOUTHA, HLLUTHA, v. Se mettre à sa place dans l'étable; se 

dit des vaches. (Alpes.) 
HLLU, s. m. Paquet de pois ou de fèves en gousses. (Pays-d'En- 

haut.) 
HOBA. Cri de celui qui frappe à la porte d'une ferme. Hobarius, 

fermier, métayer. C. Hopa, crier. (Alpes.) 
nOMMO, s. m. L'homme, le mari, le maître de la maison. M'n'hom- 

mo, mon mari; la bi l'hommo, le bel homme. — Dans le Jura, 

hoummon. 
HORA, adv. Maintenant, à l'heure qu'il est. Horahora, c'est assez, 

il suffit. L. hora. Yoy. oha, ara. 

HORDOUS, ORDOUS, adj. Laid, épouvantable, horrible. L. Iwrri- 
dus. (Valais.) 

HOUAI, VOAI, OUET, VOUAI, VOUI, VUI, adv. Aujourd'hui. L. 

ho die. 

HOUET, HOUIT, adj. nimér. Huit. 

HOUETANNA, HOUITANNA, s. f. Huitaine; se dit surtout des jours. 

HOUISCH! Interjection qui marque le doute et revient à je n'en 
crois rien, ou à l'expression ironique ah ! bien oui. 

HOÛTO, s. m. Hôtelier, cabaretier. — Oûto, id. 

HOUTÔ, s. m. Maison, domicile, logis ; cabaret. — Dans le Valais, 
un animal trouvé dans la possession d'autrui est mis o part 
d'houtô, c'est-à-dire dans une écurie d'auberge, aux frais du pro- 



lE 203 

priélaire de l'animal, jusqu'à ce que l'amende et le dommage 

aient été payés. — Voy. ottô, outô 
HlICHET, s. m. C'est le plus ancien nom des menuisiers. 
HUTSCHE, s. f. Porte de maison, huis, osliinn ; armoire en imis. 
HUTSI, HUTSCHI, JUTSCIII, r. llucher, appeler à grands cris; 

frapper fortement à la porte. 
HUTTIN, s. m. Homme querelleur; dispute, querelle, battt'rie. 

A''. B. La lettre H placée après le T, indique généralenii'iil une 
aspiration analogue au TH anglais, c'est-à-dire une articulation 
qui tient à la fois de l'S et de l'F; placée après L ou LL, elle pro- 
duit la môme articulation que le LH du provençal ou le GLI de 
l'italien; enfin quand cette consonne précède le double L, elle pro- 
duit une articulation mixte qui rappelle à la fois le CH allemand 
(dans ich), et le GLI de l'italien (dans figlio). 



I 



lADJO, lADZO, VIADJO, s. m. Charge, fardeau; coup, fois. Ion, 

dou, trei viadjo, une fois, deux fois, trois fois. (Vaud.) 
IAKE, s. m. Gros corset, veste de femme. 
LAKETTA, s. f. Petite veste, robe d'enfant. 

lATTA, V. Soigner un malade, un vieillard, un enfant alité. Gr. 
ixrpôç, médecin. 

IBLLO, s. m. Hièble, Sivnbucus Ebulus. 

ICE, adv. Ici. 

ICHI, V. Tâcher, éprouver. (Val d'Illiez.) 

IDOINE, adj. Propre à, apte. (V. st.) 

lE, I, pron. pers. Je. le vé , i vé, je vais, lo, après le verbe : Fé-io 
dan mô, fais-je du mal? — Je se prononce comme la dernière 
syllabe du français grasseyé, dans le verbe grasseyer. 

\E,pron. pers. II. le vein, il vient. Après le verbe, c (muet), au 
singulier et au pluriel : Vem-t-e, vient-il? Leisan-t-c, y sont-ils? 



204 lOU 

lE, HI, s. m. Ciel. — CM, si, ciè, id. 

lENNA, lEINDA, s. f. Petit fromage maigre; pitance. (Alpes.) 

IGOUÉ, s. f. Voy. AIGUË. 

IGRÂ, V. Se donner beaucoup de peine pour réussir. L. aegre, 

avec peine. (Val d'Illiez.) 
IKHE, IKE, IKIE, EINKIE, adv. Ici, là. — Ainkié, einke, id. 
ILLEC, adv. Là, en ce- lieu. Terme de l'ancien barreau. L. illic. 
INALPA, V. Conduire les troupeaux dans les pâturages des hautes 

montagnes. (Valais.) 
INDGERA (s'), V. S'insinuer, s'ingérer, se fourrer où l'on n'a que 

faire. 
INFLLORA, AHIE, adj. Se dit d'une forêt ou d'une prairie en bon 

état de rapport. (Moudon.) 
INGENIA (s'), V. Etre ingénieux, chercher les moyens de réussir, 

s'ingénier. L. ingenium. (Vaud.) 
INKANTA, EINKANTA, v. Faire une vente publique, acheter à un 

encan. (Genève.) 
INKHAN, EINKAN, s. m. Encan, vente publique, inventaire. 
INKRA, EINCRO, s. m. Beurre. AU. suisse, anke. (Fribourg.) 
INSARME, EINSARMO, s. m. Hallebardier. (Traité du comte de 

Neuchàtel avec Payerne, en 1375). Voy. jussarmo. 
INTZEVRI, V. Chevroter; se dit de la chèvre qui met bas les 

tschevri. (Orbe.) 
INVOUARDA, EINVOUARDA, s. f. Surveillance. 

10, pron. pers. Je. Il est toujours placé après le verbe. Lei vé-io, y 
vais-je? Le deri-io, le dirai-je ? Voy. ie. 

lÔ, adv. Où. lô è-t-e, où est-il? De iô vein-tou, d'où viens-tu? 

ION, lENA, adj. Un, une. On dit d'un verre de vin auquel on in- 
vite : Veni z'ein baire ion, venez en boire un (Vaud). Voy. en, on. 

lOTTA, s. f. Bistorte, Polygoniim Bistorta. 
lOU ! interj. Cri de joie. Gr. toù, ioû ; L. io. 
lOUTZEIHI, lUTZEIHI, lOUTZI, i. Pousser des cris de joie. LtU- 
zeihi, id. (Vaud.) 



IVO 205 

IRA, s. /. Colère, courroux, L. ira ; V. Fr. ire. (Alpes.) 
IRAGNE, ARAGNE, AIRAGNE, s. f. Araignée; toile que les che- 
nilles font au printemps sur les arbres. L. nranea. 
IRAGNI, ÉBARAGNI, v. Balayer les toiles d'araignée; détruire les 
chenilles des arbres, écheniller; chasser les poules d'un jardin 
ou d'une maison. 

IRAU, IRAUSA, adj. Irascible, courroucé, de mauvaise humeur. 
(Alpes.) 

IREÇON, s. m. Hérisson. L. erinaceus. 

ISERABLLO,TSERABLLOi s. m. Erable, Acer Pseudo-Platanus. 
(Vaud.) — Iserabllo est le nom d'un village pittoresque du Bas- 
Valais, en dessus de Riddes. 

ISSE ou ICE, adv. Ici. Du-isse, depuis ici, d'ici; per-isse, par ici. 
— Ikiej ike, einkie, ainkié, id. 

ISSIR, V. Sortir. Part, passé, ist, sorti. (V. st. de Fribourg.) 

ITA, V. Rester, demeurer. L. stare ; V. Fr. ester. (Valais.) 

ITAILA, s. f. Etoile. — Quand il y a beaucoup de neige, on dit 
aux Ormonts ; Lou z'ize pekant le z'itaile, les oiseaux piquent 
les étoiles. — Etaila, id. 

ITHI, s. m. Beurre aigri. (Val d'Illiez.) 

ÎTRE, V. Etre. Part, passé, éto, éla ; ind. prés., m ; imparf., iro; 
futur absolu, sari. Ce verbe varie beaucoup dans ses temps, selon 
les dialectes. 

ITRIA, s. f. Voy. aithria. 

ITZA, ITSE, s. f. Amorce pour attirer les renards. (Alpes.) 

ITZI, V. Tendre une trappe, un piège à renards. (Alpes.) 

lU, lUSSA, lUVA. Part, passé du verbe veire, voir. L'éiudemèje, 

je l'ai vu de mes yeux. 
lUVA, s. f. Vue. C'est aussi l'un des féminins du participe passé 

iu, vu. 

IVE, s. f. Voy. AIGUË. 

IVOUE, s. m. Cytise des Alpes, Cytisus alpinus. Selon les divers 



206 JAL 

dialectes, cet arbre s'appelle orboi, orboué, aubourret, obor, 

ivoUiet. (Alpes.) 
IVOUE, s. /". Eau. Le z'ivoue san grante, les eaux sont débordées, 

hautes. 
IVOUETTA, s. f. Petit filet d'eau; vésicule pleine d'eau qui naît 

entre cuir et chair. 

IVOUIDJO, IVUIDZO, s. m. Inondation, ravine creusée par les 
eaux. (Fribourg.) 

IVRA, s. f. Rainure ; cheville. 

IVRÂ, V. Faire des rainures le long d'une planche. 

IVRÂ, IVRAHIE, adj. Joint par des chevilles ou des rainures. 

(Montreux.) 

IVRÂ (s'), V. S'enivrer. (Genève.) 

IVROGNAS, s. m. Ivrogne de profession. (Vaud.) 

IXÂ, V. Exciter un chien contre un autre ou contre une personne. 

IZALA, s. f. Petit oiseau femelle. 

IZALET, s. m. Oisillon. Diminutif du mot précédent. 

IZE, OZÉ, s. m. Oiseau. (Ormonts). Ailleurs on ne dit que ozé ou 
ozi. — On connaît l'anecdote des deux Ormonnains qui se sont 
battus deux fois à l'occasion d'une mésange trouvée morte de 
froid sur la neige, le jour de Noël; l'un soutenant que c'était un 
ize, et l'autre que c'était une izala. — Ize, ou ozé, est aussi un 
des noms du diable, qui porte des ailes de chauve-souris. 



JA, adv. Déjà. — Dja, dza, id. 

JAKEMAR, s. m. Statue d'homme armé placée sur les fontaines pu- 
bliques (Vaud). — Le français jaquemart se dit d'un homme de 
bois ou de métal qui frappe les heures. 

JALETTA, DJALLETTA, s. f. Chaise percée. — En 1414, une 



JOR ^207 

djalletla (m aclielée à Fribourg pour le [uipo, qui passait par 

cette ville. (Fribourg.) 
JARDENIRA, s. /. Jardinière, femme du jardinier; courtiiière, 

taupe-grillon. (Vaud.) 
JARTHOU, .lAHTHUVA, adj. Jarreté, qui a les genoux en dedans. 

— Djarthou, id. (Coppet.) 
JAVATTA, V. Babiller, caqueter à outrance. (Genève.) 

JE, JU, JIHU, JHÉ, s. m. Œil. L'a le ju bllu, il a les yeux bleus. 

Cheinf lé bijhé pers que l'a, Oh I les beaux yeux bleus qu'elle a. 
Je-de-pédri, œil de perdrix, primevère farineuse, Primula fu- 

rinosa. (Alpes.) 
Je-de-lscha, œil de chai, Myusoiis, ne m'oubliez pas. 
JEFFRO, DJEFFRO, s. m. Gésier, jabot des oiseaux. (Vaud.) 
JERAT, DJERAT, DJORAT, DZORAT, JORAT, s. m. Contrée mon- 

tueuse entre les Alpes et le Jura. G. jur,JL'itr, forêt de sapins. 
JERATTAI, RA, adj. Habitant du Jorat. 
JESSEMAIN, s. m. Jasmin, Jasminiim officinale. 
JET, DJET, s. m. Cotisation, quote-part, souscription. (Vallée de 

Joux). — N'ein fé on jet po référé lo mutin, nous avons fait une 

souscription pour rebâtir le temple. Ou trouve jede dans les 

anciens actes. 

JEUR, JOR, ZOR, s. f. Grandes forêts des Alpes et du Jura appelées 
nigrœ jiiriœ dans les actes du moyen âge. — Djeur, djnr, id. 

JIBLLA, DJIBLLA, DZIBLLA, v. Fouetter, battre de verges. 
(Vaud.) 

JIBLLAIE, DJIBLLAIE, s. f L'action de fouetter, de battre de 
verges. (Vaud.) 

JONTZIRA, s. f. Lieu marécageux, couvert de joncs. (La Côte.) 

JORAT, s. m. Voy. jehat. 

JORDI, JOURDI, JEURDI, DJORDL .s. m. Jardin. (Fribourg.) 

JORRAN, s. m. Vent du nord-ouest. (Vaud, Neuchâtel.) 

JORRASSON, s. m. Vent du nord-ouest, moins violent. Diminutif 
du précédent. (Léman.) 



208 JUV 

JORRETTA, DJEURETTA, s. f. Petite forêt de sapins. Diminutif 
de jo7% djeur. 

JOTTA, DJOTTA, s. f. Graine de bette. C. iaut, herbe verte. (Aigle.) 

JOTTHA, s. f. Bistorte, Polygonum Bistorta. — lotta, id. (Alpes.) 

JOUAINTHA, s. /. Demi-journée de travail. (Genève.) 

JOUDARD, s. m. Soudan, soldat. (Vieux actes de chancellerie, 
Fribourg.) 

JOULLERI, DJOULLERI, s. /. Blanchaille, menu poisson, fretin. 
(Léman.) 

JOURE, V. Voy. djoure. 

JOUTA, s. f. Voy. djouta. 

JOUTA, DJOUTÂ, DJOUTHÂ, v. Confiner, être à côté de, aboutir, 
borner. Son pr a joute lo mein, son pré est borné par le mien. 
L. juxta. 

JOUX, s. f. Se dit des forêts des montagnes, mais plutôt dans le 
français populaire: lesjoux, les hautes joux, les joux noires. De 
là, vallée du lac de Joitx. L.jvga. Le juriœ des anciens docu- 
ments vient du celtique j(<r, dessus, haut, élevé. On a aille 
mont Joux, pour le Grand Saint-Bernard; c'est le mons Jovis. 
(Alpes.) 

JOUXTE, prép. C'est le juxta du latin, naguère encore usité dans 
les actes notariaux; à côté de, qui touche. (Vaud.) 

JUGULA, V. Ecorcher, surfaire; mettre le couteau sur la gorge, 
dans une affaire de vente ou d'achat. L. jngulare, égorger. (Ge- 
nève.) 

JUIÈRE, s. f. Cachot sans porte, où l'on descendait par une corde 
et qui s'ouvrait par une trappe. (Fribourg.) 

JUS, adv. Dessous, bas. Bouta jus, mettre par terre, renverser, 
mettre bas. 

JUSSARMO, s. m. Soldats du moyen âge dont il est fait mention 
dans le Plaid général de Lausanne (1368). Leur arme était une 
hache à deux tranchants nommée guisarma, de là leur nom. 

JUTSCHI, i'. Voy. hutsi. 

JUVA, V. Aider. L. juvare. Ce mot est hors d'usage. (Jura.) 



KAF 209 



K 



N. B. La lellre K réunit tous les mots qui en français appartien- 
nent à cette lettre et une partie de ceux dont la syllahe initiale 
est ca, co, eu. Le A^ étant plus conforme à la prononciation patoise 
que le C, qui en français a souvent la prononciation de VS, les 
mots qu'on ne trouvera pas à la lettre C doivent se chercher à la 
lettre K. 

K'A. Abréviation de ke a. Koui è-t-e k'a mon couli, qui est-ce qui 

a mon couteau ? 
KABASSA, s. f. Malice, malignité; femme pie-grièche. C. cabalat, 

remuer. (Lausanne.) 
KABASSÂ, V. Intriguer, manigancer, cabaler. (Lausanne.) 
KABATZON, KABUSSON, s. m. Petit réduit, soit hangar pour le 

bétail. (Alpes.) 
KABIOULA, KABOLA, s. /. Pavillon, cabinet de jardin, petite loge 

dans les champs. Gr. -/«/JS/j, hutte, baraque, cabane. 
KABOLETTA, s. f. Abri, maisonnette dans les vignes, cabane dans 

les champs, hutte. 
KABORNA, s. f. Petite boutique, cabane dans la campagne. (Valais.) 
KABOSSÂ, V. Bossuer, faire des bosses à un vase de métal. 
KAB0SSETT.4, s. f. Coquelicot, Papaver Rliœas, pavot des blés. 
KABOUË, s. f. Petite écurie pour le menu bétail. (Pays-d'Enhaut.) 
KABULLA, CABORNA, s. /. Hutte, cabane où l'on isolait les pesti- 
férés au moyen âge. (Romainmotier.) 
KABUSSA, s. f. Laitue pommée. (Genève.) 
KADOTZON, s. m. Escalier attenant à un poêle (fornet), sur lequel 

on s'assied pour se chauffer. C. cadoer, siège, chaise. 
KADZON, KADZOU. Cri pour appeler les cochons. Kaion, cochon. 
KAFORNET, s. m. Avec fére lo, relever ses jupons devant le feu, 

ilÉM. ET DOCL'M. XXI. ^ ^ 



210 KAK 

pour en sentir mieux la clialeur. C. kafuni, couvrir le feu. 
(Vaud.) 
KAGNE, s. m. ; KAGNA, s. f. Nom injurieux que les Savoyards 
donnaient aux Genevois dans les guerres qu'ils eurent avec ces 
derniers. Ce mot signifie chien. L. canis ; It. cagna, chienne. 

Voy. GAGNA. 

KAHIA, CAHI, V. Surpasser quelqu'un en force, en intelligence, 
être plus grand, passer par-dessus. Gr. -/«wufA««, vaincre, l'em- 
porter sur. (Vaud.) 

KAI, KIÊ, TIÈ, adj. Tranquille, coi. Tein-tè kai, tiens-toi tran- 
quille; reste en place, sans remuer. L. quietus. (Pays-d'Enhaut.) 

KAIA, s. f.; KAIE, s. f. pi. Excrément de poule, de canard, d'oie, 
de mouche, de puce. Kaia de verme, excrément du ver de terre. 

KAIENET, s. m. Petit porc, cochon de lait. Dimin. de knïon, porc. 

KAII, V. Emeutir, fienter. Se dit des oiseaux. Fiantha se dit du 
hélail. (Vaud.) 

KAILON, s. m. Grosse grive, Turdus viscivorus. (Vaud.) 

KAIN, NA; KEUN, KENA; KEINT, TA, pron. relat. Quel, lequel, 
laquelle. 

KAINKA, s. f. Femme de peu d'esprit qui ennuie par ses plaintes 
continuelles. (La Côte.) 

KAINKEIRNA, s. f. Vielle, instrument de musique, orgue de Bar- 
barie; femme ennuyeuse, qui fatigue par ses redites. (Vaud.) 

KAINKEIRNA, v. Ennuyer, rabâcher toujours la même chose, 

n'avoir jamais fini. (Vaud.) 
KAINTAINE, s. f. Sorte de jeu, jeu des barres. (Evêché de Bâle.) 
KAINZE, KAINDE, adj. numér. Quinze. — Kieinze, kieize, id. 

KAÏON, s. m. Cochon, porc; enfant malpropre; homme débauché, 

débouté. 
KAIZANN.A, s. f. Quinzaine. — Kieizanna, id. 

KAIZI, KAIGHI (se), v. Se taire. Kaize-te, tais-toi; kaizi-vo, taisez- 
vous. 
KAKEINLHI, s. m. Mot à mot, ckie en lit, terme injurieux. — Au 



KAN 211 

Pays-d'Enliaiit, ce mol signifie aussi mt'rruridlc, Mcrcitrialis 
(uimta ctperennis. 

KAKKLON, s. m. Petit vase de métal, à trois pieds, avec un man- 
che, pour cuire; sorte de récliaud. (Lausanne.) 

KAKOU, s. m. L'un des noms du diaiile; le méchant, l'écorcheur. 
En bas-breton, cacon signifie maudit ; c'est un terme injurieux. 
Gr. zàzo,-. 

KAK'ROUTCII, s. m. Pas-d'âne, tussilage. Tassilago Farfara. (Jura.) 
KALA, DÉKALA, s. /. Baisse dans les prix^ dans l'espérance de 

la récolte ; la perte qu'éprouve un liquide par l'évaporation. 
KALÂ, V. Céder, baisser, diminuer de prix; maigrir, en parlant 

du bétail ; lâcher, en parlant d'une corde ; s'apaiser, en parlant 

du vent. Gr. yj/lyM, lâcher. (Yaud.) 

KALEIN, KALENA, KALINA, adj. Flatteur, rampant, câlin, qui 
fait le chien couchant, qui cherche à tromper par des cajoleries. 
Gr. yjA/Mji. (Fribourg.) 

KAMA, .s. f. Collier de bois auquel tient le lien, la corde qui attache 
la chèvre à sa crèche. Gr. zàat/.ç, bâton, perche. 

KAMBA, KAMBLLA, GAMBLLA, v. Enjamber. 

KAMBAHIE, KAMBLAHIE, s. f. Enjambée. Ce mot et le précédent 
ont la même origine que le français jVnw^^', enjamber. 

KAMBELLHON (à), loc. adn. Jambe deçà, jambe delà; à califour- 
chon. (Yaud.) 

KAMBUSA, s. f. Société déjeunes tapageurs. (Porrentruy.) 
KAME, s. f. pi. Dents de l'essieu qui communique le mouvement 

alternatif au grand soufflet des forges. (Vallorbes.) 
KAN, conj. et adv. Quand. L. quando. 

KANA, V. Se sauver furtivement, s'évader, décamper. (Alpes.) 
KANBEIN, conj. Quoique, quand même, bien que. Kanbeia ke sei 

on crouio coueir, quoique ce soit un mauvais sujet. 

KANKIIE, prép. Jusque, \\ov\x le temps et pour le lieu. Kankh'à 
dcman, jusqu'à demain; kankh'a Maadun, jusqu'à Moudon. 

KANKOUAIRA, KANKOUARA, KOUAIKOUARA, KUKARA ou CU- 
KARA, KOUAIRKALLA, 5. f. Hanneton. Voy. voiaiik. 



212 KEI 

KAPION, s. m. Houe, outil d'agriculture. L. capio. (Valais.) 

KARANTA, adj. numér. Quarante. 

KARANTANNA, s. f. Quarantaine. 

KARKAGNIOU, s. m. Cabine où couchent les bateliers, sous la 

proue des grandes barques; sorte d'armoire à l'avant ou à l'arrière 

d'un bateau. C. carch, renfermer; L. carcer. Voy. cagnard. 

(Léman.) 
KARKEVALLA, KOUEIKEVALLA, v. Jaser, babiller à outrance. 

(Jura.) 
KARKEVALLHA, s.f. Femme causeuse, commère,babillaràe. (Jura.) 
KARLETTA, s. f. Casquette. Voy. carla. 
KARTETTA, s. f. Un quart de pot^ une chopine. — Piclioletla, id. 

(Vaud.) 
KASKETTA, s. m. Espèce de bonnet. 
KATHEULA, s. f. Fiente attachée au poil des bestiaux. (Val d'Il- 

liez.) 
KATOLA, s. f. Femme maladive, cacochyme, qui se plaint sans 

cesse. (Vaud). — (A Lausanne, les enfants nomment côtoie un 

mauvais bouton qu'on n'accepte pas au jeu. — N. de l'éd.) 
KATOTJAIRZE, adj. numér. Quatorze. — Katoze, id. 
KATRO, KOUATRO, adj. numér. Quatre. 
KAU' A TSA, s. f. Millefeuille, Achillea Millefolium ; littéralement 

queue de chat. (Bex). Voy. cauva. 
KAVALLA, s. f. Cavale, jument. Ega, id. 
KE, conj. Que. 

KE, KÉ, KHÉ, -pron. interr. Quoi ? que ? qu'est-ce que ? K'è-t-e 
sosse, par élision pour ke è-t-e sosse, qu'est ceci? qu'est-ce que 
c'est ? Ke me vau-t-e, k'è-t-e ke me vau, que me veut-il ? 

KE, pron. relat. Qui. L'an kevein, l'an qui vient, l'année prochaine. 

KEGNO, KEGNU, KEGNEU, KOUGNO, KUIGNEU, s. m. Gâteau, 
galette. C. cuign, tourteau, gâteau. (Vaud.) 

KEGNON, KUIGNON, KIGNON, s. m. Gros morceau de pain. 

KEINTON, s. m. Canton. 



KLO 213 

KETTA, KATTA, s. f. Poignée, touffe, mèche de cheveux. L'aprei 

ei kette, il l'a pris aux cheveux. (Alpes.) 
KETTALA, s. f. Clef de serrure. (Fribourg.) 
KETZET, KETZETTA, KETSCIION. Cri d'amitié pour appeler les 

brebis. (Pays-d'Enhaut.) 
KEUDREI, 5, ?«. Coudrier, noisetier. — Caudru, s. f., id. Voy. 

CUDR.\. 

KEUDRETTA, s. f. Coudrette, petit noisetier. — Cudretta, id. 

KEUTZE, s. f. Voy. cutze. 

KEUTZI, v. Voy. cutzi. 

KEVI, V. Souhaiter quelque chose à quelqu'un. Voy. cordre. 

KIBA, V. Râler, respirer avec bruit, avec peine. 

KIBLLO, s. m. Crible. 

KIÈ, pron. interr. Quoi? qu'est-ce? qu'y a-t-il? Kiè don, kiè dan, 

quoi donc? et quoi donc? n'est-ce pas cela? 
KIEINTZI, s. m. Jardin. C'est le curti ou conrli. Voy. curti. (Evêché 

de Bàle.) 
KIKKA, BIKA, s. f. La verge d'un petit garçon. (Jura.) 
KIN, KAIN, KUN, s. m. Le cadet de la famille, le plus petit, le 

plus faible; le poulet le plus faible d'une couvée; le petit doigt. 

L. quinlus. (Vaud.) 
KINSON, s. m. Pinson, Fringllla cœlebs ; petit enfant débile et fluet. 
KINTERREI, s. m. Ancolie, AquUegia vulgaris. — Gand, id. (Bex.) 
KINTZO, adj. Lourd. (Bagnes.) 
KIRI, KERI, V. Quérir, chercher, exiger. — Kira, id. 
KISKERET, KIKKERET, s. m. Petit garçon qui montre sa verge. 

De Mkka, mentula. (Délémont.) 
KIVA, 5. f. Crasse attachée à un vase ; fiente. (Bagnes.) 
KLAMO, s. m. Voy. hll.\mo. 
KLEGNI, HLLEINA, v. Baisser, incliner, pencher. 
KLIKET, s. m. Ressort, loquet, C. clé, cli, serrure. 
KLINGUIN, s. m. Voy. guelinguin. 
KLOPA, KLLOPPA, s. f. Boiteuse. 



214 KON 

KLOPET, GLOPET, s. m. Méridienne, sieste, petit sommeil après 
le dîner. (Jura.) 

KLLOU, s. m. Outre sa signification ordinaire de clou, ce mot 
signifie aussi furoncle. — Anver, einver, id. 

KLUNA, V. Dépouiller; perdre ou gagner au jeu; se ruiner. 

KMANHLLO, s. m. Chaîne de fer attachée à des coins qu'on im- 
plante dans des troncs d'arbre qu'on veut faire traîner hors de 
la forêt par un cheval. (Monlreux.) 

KO. Abréviation pour he vo, que vous. Ko pllié, que vous plaît-il? 

KOj prou, interr. Qui? Ko ke l'è, qui est-ce? (Vevey.) — Ka, id. 

KOBOLDE, s. m. Lutin, fantôme. AU. Kobolil. (Gruyère.) 

KOKASSA, s. f. Grand vase d'étain employé autrefois pour offrir 
le vin d'honneur; femme aimant à rire ou prêtant à rire. (Ge- 
nève). Voy. COKKHASSA. 

KOKEI, KOKREI, s. m. Bègue, 

KOKETTA, s. f. Terre-noix, Carum Bulbocastanum. (Orbe.) 

KOKKA, s. f. Noix. Gr. -maxo;, graine, pépin. Voy. cokka. 
Kokka-djenau, violette. (Vully.) 

KÔKON, KÔKENA; KÂKON, KÀKENA; KÂKE UN, KÂKEN A, prow. 
indéf. Quelqu'un. 

KOKREIHI, V. Bégayer, balbutier. Ce mot est une onomatopée. 

KOLLAR, s. m. Carcan, genre de punition qui consiste à être ex- 
posé au pilier public avec un collier de fer au cou. L. collaria. 
(La Côte.) 

KOLLHA, s. f. Mentula, priapus. Gr. y.oiloç, creux, cave. 

KOLLHETTA, s. f. Diminutif; terme d'amitié, comme qui dirait 
mon cœur. 

KONA, s. f. Croûte de pain, de fromage. Voy. couenna. (Val d'Il- 
liez.) 

KONOLLHE, s. f. Quenouille. 

KONOLLHETA, s. f. Safran sauvage. Crocus vermis. Tsatagnetia, id. 
(Alpes.) 

KONOLLHON, s. m. Le pied où s'implante la quenouille. 

KONON, s. m. Pudenda mulieria. 



KOU 215 

KORSO, GORZO, KOUEIRSO. Troisième personne du singulier de 
l'indicatil' présent du verbe défeeiit' corilrc, être eordinieinenl 
réjoui, satisfait du bien, et aussi du mal (jui arrive au iiro- 
chain. Un pauvre a fait un héritage, on dit: La Ici Icoiso bein. 
Un riche avare en a fait un, on dit : La Un koueirso mû. Un mau- 
vais sujet a été rossé, on dit : l.o lei korso preu. 11 est à regretter 
que le français rorrf/r soit tombé en désuétude. Vpy. coudre. 
(Vaud.) 

KOSSON, s. m. Charançon. C. cosset, ver qui ronge les blés. 

KOTHEIRLA, KOTHEIRNA, s. f. Jeune chèvre qui n'a pas encore 
porté. (Alpes.) 

KOUALLHA, s. f. Lait caillé. 

KOUALLHE, s. f. pi. Cris aigus. (Neuchâtel.) 

KOUALLHI, V. Pousser des cris perçants. (Neuchâtel.) 

KOUATRE, s. /. Coite, couette, lit de plume. L. culdla, culcitra. 
(Vaud.) 

KOUATRON, KOUAITRON, s. m. Petite limace, Limax agrestis; le 
plus petit, le plus faible d'une famille, d'une couvée. 

KOUEFFRO, s. m. Œuf sans coquille. — Ekouirlo, id. (Pays- 
d'Enhaut.) 

KOUEINTZE, s. f. Bord marécageux du lac de Joux.. (Vallée de 
Joux.) 

KOUET, s. m. Mauvais vin, poiré, cidre de fruits sauvages. Voy. 
GOUETs. — En langue romane des Grisons, kouatsel signifie pré- 
sure. (Fribourg.) 

KOUETZO, s. m. Patois dur et grossier de la partie inférieure du 
canton de Fribourg. G. gwetz, rustique, grossier, sauvage, 

KOUI, KO, pron. interr. Qui? lequel? Voy. ko. 

KOUIKA, s. f. Berce, Heradeum Sphondyiium, plante ombellifère. 
(Jura.) 

KOUION, KOÏON, s. m. Lâche, poltron, homme de rien; mot inju- 
rieux. Fr. coïon ; It. coglione. 

KOUIONNA, V. Vilipender, mener par le nez, attraper, se moquer, 
railler. 



216 KRE 

KOUK, prép. Sur, dessus. (Anniviers.) 

KOUKA, KUKA, s. f.; KOUKEL, s. m. Pain au lait et au beurre. 

(Alpes.) 
KOUKET, s. m. Cerfeuil sauvage, Anthriscus srjlvestris. 
KOUKON, s. m. Petite miche de pain très blanc, petit pain au lait, 

au sucre ; diverses sortes de galette. (Vaud.) 
KOULLERES-A-NOZ, s. f. pi. Voy. gueullerè-a-noz. 
KOUMAHLLO, s. m. Crémaillère. A Orbe, pissenlit, Taraxacum 

officinale. 
KOUMALA, s. f. Jument. (Valais.) 

KOUMALAI, s. m. Domestique qui soigne les chevaux. (Valais.) 
KOUTOUFLLA, s. /. Bouteille de vin. (Vieux langage de Genève.) 
KOVIS, s. m. Monceau de blé. (Bagnes.) 

KRAINTA, V. Rester petit; se dit du raisin, d'un fruit. (Genève.) 
j4» KRAKKIAU, SA, adj. Hâbleur, menteur. 

-. /^I» KRAMENA, s. f. Tourbillon de neige; plus souvent, froid rigou- 

- reux. (Lausanne.) 

KRAMMA, KRAMA, s. f. Crème. Krametta, diminutif, crème peu 
épaisse. 

KRAMMÂ, V. Donner de la crème. Ci lassi kramme bein, ce lait 
donne beaucoup de crème. 

KRAPIA, s. f. Pied d'oiseau, patte armée de griffes. C. crap, harpon 
— Grapittj id. (Vaud.) 

KRAPPA, s. f. Fondrilles, sédiment du beurre fondu; neige glacée 
qui porte les passants. (Alpes.) 

KRAPPA, AHIE, adj. Se dit de la neige glacée dans laquelle le 
pied n'enfonce pas. 

KREIVAKON, s. m. Nénuphar, Nymphœa alba. (Villeneuve.) 

KREKKA, KRAKKE, s. /. Bourde, gasconnade, conte à dormir 
debout. 

KREKKÀ, KRAKKÀ, v. Mentir, gasconner. Te me krakke, tu veux 
m'en donner à croire. (Vaud.) 



KRU 217 

KREKKELIN, KRAKELIN, s. m. Espèce de petit gâteau croquant. 
KREKKHÉ. Nœud qui se fait au fil pendant qu'on le dévide. (Val 

d'IUiez.) 
KREMALLHI, s. m.; KREMALLHIRA, s. f. Crémaillère. Gr. /oe- 

aiv'jDui, suspendu. 

KRESELLHON, s. m. Cerisier à grappes. Prunus Padus. (Pays- 

d'Enhaut.) 
KRESENA, V. Pétiller, bruire, craquer. 

KRESENET, s. m. Tourniquet, moulinet d'enfant, crécelle. (Vaud.) 
KRETSCHE, KRITZA, s. f. Crèche. 
KRETSCHE, 5. f. Craquement dans les boiseries. — Cretzc, cre- 

nahie, id, (Alpes.) 
KREUTSCIION, s. m. Pomme sauvage âpre et acide. (Valais.) 
KRIA, s. f. Grue, oiseau qui figurait sur l'écu des comtes de 

Gruyère. 
KRIKBILLHE, s. m. pi. Testicules ; langage de polisson. (Vaud.) 
KRINSON, s. m. Cresson, Cardamine praiensis , Cardamine hirsiUa 

el Nasturtium officinale. Krinson bâtard, véronique cressonnée, 

Veronica Beccabunga. 
KRINTHl, KREINTSCHI, v. Remuer le dos comme un pouilleux 

qui se gratte (Val d'Illiez). Ailleurs, lirinsi. 

KRITSCHA, s. f. ; KRITZO, s. m. Hotte plate qui se prolonge par- 
dessus la tête du porteur. 

KROKIA, KROKANNA, KÔKA, s. f. Vieille femme méchante (Vaud). 
Voy. côKA. 

KROKKA, V. Glousser, crier comme la poule qui demande à couver. 

KROSSONNA, v. Relever avec mépris les défauts de quelqu'un; 

lui faire des reproches aigres, injurieux. Voy. crossona. (Valais.) 

KROTTU, UVA, adj. Marqué de la petite vérole. L. crustatus. (Vaud.) 

KROZET, s. m. Petite lampe sans pied employée dans les cam- 
pagnes. 

KRUZILLHA, s. f. Boîte, tronc d'église où chacun jette son au- 
mône; boîte de fer-blanc qu'on tend de banc en banc pour re- 



2i8 LAI 

cueillir les aumônes. Kruzelletta , diminutif. (Vaud.) Voy. Chu- 

SILLETTA. 

KUAR, s. m. Cimier, soit pièce de viande coupée sur la croupe. 
KUGNARDA, s. f. Compote de coins ou autres fruits, cotignac, 

marmelade. (Neuchâtel.) 
KUIVA, s. f. Sorte de conferve, Conferva reticularis. De mva, queue. 

C'est cette conferve qui obstrue les tuyaux de fontaine. 
KUNKETTA, KINKETTA, GUINGUETTE, s. f. Mesure de liquide 

pour l'eau-de-vie, l'eau de cerise, de gentiane. C'est le petit 

verre de Paris. (Gruyère.) 
KUNKOUARNA, s. f. Escargot. (Alpes.) 
KURA, s. /. Jeune fille niaise, crédule, simple. Gr. y.op-ri, jeune fille. 

Te n'î he na kura, tu n'es qu'une bête, une niaise. Kuro se dit 

aussi au masculin, mais rarement. (La Côte.) 
KUTALA, V. Donner des coups de couteau. De cuti, couti, couteau 

(Genève). Voy. coutala. 



LA, art. fém. sing. La. PI., le. Le ferme (liant, les femmes disent. 
L'A. Elision qui signifie il a. Le verbe avai, avoir, fait au présent 

de l'indicatif : i'é, t'a, l'a, j'ai, tu as, il a. L'a eincotzi, il a com- 
mencé. Voy. AVAL 
LACERON, s. m. Laitron, Sonchus oleraceus, et Sonchus asper. — 

Lasseiron, id. 
LAGNIAT, TA, adj. Las, fatigué, épuisé de lassitude. L. laniatus. 

(Aigle.) 
LAGOT, s. m. Etang, flaque, mare d'eau, petit lac. L. laciis. (Voy. 

Conservateur sriisse, tome VI, page 252.) (OUon.) 
LAI, LEI, pron. pers. A lui, à elle. L'ai é prau de, je lui ai assez 

dit. PI., lau. Lau z'é dévesa, je leur ai parlé. 
LAI, s. m. Eau de l'urine du bétail dans l'étable, purin. C. laith, 

écoulement. (Alpes.) 



LAN 219 

LAIKIA, LAITTIIIA, s. f. Potit-hiit, ce qui reste dans la chaudière 
après que le fromage en est sorti. 

LAIKIDJO, s. m. Petit-lait auquel on a ajoute du lait pour le ren- 
dre plus nourrissant. (Alpes.) 

LAINZAR, s. 7n. Lézard, soit gris, soit vert. L. liucrtn. — Linzer, 
lanzer, id. 

LAINZER, s. m. Orvet, Auguis fragilis. — Anvoiié, id. 

LAIRRA, LEIREIN, s. m. Lierre, Hcdera Hélix. 

LAISSALET, LAITHALET, s. m. Petit lac, étang naturel. C. hùth, 
humidité. (Pays-d'Enhaut.) 

LAITHET, s. m. Flaque d'eau, marécage. (Pays-d'Enhaut.) 

LAITRON, s. m. Pissenlit, Taraxacnm ojjicinide (Villeneuve). Ail- 
leurs, ce mot désigne le Sonchus ou laUcron. 

LAITURA, s. /. Sorte d'érable; c'est l'érable faux-sycomore ou 
plane, Acer platmioides. (Bex.) 

LAKAIRON, s. m. Enfant maigre, sale, mal soigné. G. laceria, état 
de souffrance, malheur. (Val d'Illiez.) 

LA LA, loc. adv. Assez, c'est assez. 

LAMA, s. f. Pan d'habit; vague, onde, lame d'eau; lame do cou- 
teau. 

LAMBEIN, LAMBENA, adj. Lent, lambin. (Vaud.) 

LAMBINA, V. Aller lentement, lambiner 

LAMBOURET, LAMBURET, s. m. Nombril (Genève). — J3oM;n7/o«, 
id. (Vaud). 

LAMOLA, s. /".; LAMOLON, s. m. Lame de couteau, de rasoir. — 
Lama, id. 

LAMOLLON, s. m. Bouteille. (Entremont.) 

LAMPE, LAPPÉ, s. m. La patience, et plus particulièrement celle 
des Alpes, Rnmex alpinus,, plante que l'on fait cuire pour en- 
graisser les porcs. (Alpes.) Ge mol se dit aussi d'autres espèces 
de patiences. 

L'AN. 3<^ pers. pi. de l'ind. présent du verbe avai, ils ont. Avec la 
négation, n'anpas, ils n'ont pas. 

LAN, LAVON, HLLAON, s. m. Planche. 



220 LAR 

LANA, LANNA, v. Faire des planches, les appliquer à une boise- 
rie; séparer en couches parallèles. (Pays-d'Enhaut.) 

LANDA, LEINDA, s. f. Œuf de pou, lente. L. lens. 

LANET, s. f. Diminutif de km; petite planche, planchette. 

LANGORAU, SA, adj. Languissant, valétudinaire, langoureux. 
(Vevey.) 

LANGOUARD, DA; LINVOUARD, DA, adj. Babillard indiscret, 
qui a une méchante langue, médisant. (Vaud.) 

LANGUETTA, s. f. Petite langue, languette. 

LANGUISA, s. f. Langueur, phthisie. (Montreux.) 

LANNA, s. f. Laine. Milanna, étoffe moitié laine, moitié fîl. 

LANTANNA, s. /. Viorne, Viburnum Lantana. 

LANTEINE, s. f. Vergue. L. antenna. (Léman.) 

LANTERNETTA, s. f. Nom commun à nos deux lézards, Lacerta 
agilis et viridis. (Valeyres.) 

LANZER, s. m. Voy. lainzar. 

LAONNERI, LANNERT, s. f. Ancien jeu militaire du château d'a- 
mour ou du château des planches, défendu en 1543. (Voy. Con- 
servateur suisse^ tome V, page 425.) (Vaud.) 

LAPIDA, V. Lapider, tourmenter, vexer, maltraiter. 

LARDAIRA, s. f. Planche dans l'intérieur des cheminées à la sa- 
voyarde, sur laquelle on fume le lard et autres salaisons. 

LARDAIRA, s. f. Courant qui se manifeste sur plusieurs points du 
lac Léman. 

LARDERA, s. f. Mésange h tête bleue. (Valais.) 

LARDZO, LARDZE, RELARDZO, s. m. Elargissement, place va- 
cante. La morianna no z'a fé on bi lardzo, l'épidémie nous a fait 
beaucoup de place, disait-on il n'y a pas longtemps dans plu- 
sieurs villages gênés par une population surabondante. (Echal- 
lens.) 

LARE, LARO, s. m. Larron, voleur, fripon. — Lair, id. dans l'E- 
vêché de Bâle. 

LAROUNESSA, LARENESSA, s. f. Voleuse, larronnesse. 

LAROUNNA, v. Voler, friponner. 



LAV 2-21 

LAROUNNET, TA, adj. Petit voleur, petite friponne. 
LARZE, s. m. Mélèze, Pinus Larix. — Arze, id. (Alpes.) 
LASSÉLADJO, LASSALADJO, s. m. Laitage; tout ce qui tient à la 

laiterie; l'ensemble des bêtes à cornes d'un chalet. (Fribourg.) 

— Lasséladzo, laitage. (Jorat.) 
LASSÉ, LASSI, LAHI, LAFFI, s. m. Lait. 

Lassi de pontan (lait de putain), lassi de trouid (lait de truie), 

euphorbe, lilhymale, Euphorbia Cyparissias. (Vaud.) 
LATCIII, LATSCHI, LETZI, v. S'évanouir, tomber en pâmoison; 

lâcher. (Vaud.) 
LATSO, LATSCHO, A, adj. Débile, faible, évanoui; lâche. 
L.\TTA, s. f. Planche étroite, latte. C. lath, perche. 
LATTHA, Mettre des lattes, latter. 

LATZOj s. m. Livêche^ Levisticum officinale Koch, plante ombel- 
lifère. 

LAU, LAOU^ LEU, LIO, pron. pers. Leur. Lan z'é atscheta, je leur 
ai acheté. 

LAU, LEU, s. m. Loup, lupus. Rejeton gourmand qui sort du pied 
d'un cep. (Vaud.) 

LAl'DA, V. Permettre, comme seigneur d'un fief, la vente d'un im- 
meuble contre une redevance ou une somme payée par l'acqué- 
reur. Dans les chartes, laudare. 

LAUVA, LAUA, s. f. Louve, femelle du loup; femme débauchée. 

LAVA, LAVEj s. f. Couche de pierres très polies, répandues çà et 
là dans le Jura. (Voy. sur cette singulière formation un discours 
de M. le professeur Agassiz, dans les Actes de la Société helvéti- 
que des sciences naturelles, réunion de Neuchàtel, 1837.) 

LAVA, i\ Laver, nettoyer. Relava, laver la vaisselle. 

LAVANTSCHI, s. m. Lieu exposé aux avalanches, couloir par le- 
quel elles descendent; nom d'un hameau des Ormonts d'un al- 
page des Alpes de Bex, etc. (Alpes.) 

LA VI. Contraction pour dire alla via, aller en route, partir, s'en 
aller. L'è la vi, il est dehors, en route. L. via, chemin. (Jura.) 



222 LEI 

LAVIAU, s. m.; LAVIRA, s. /. Lavoir; planche sur laquelle les 
lavandières lavent et battent le linge. 

LAVURA, s. f. Eau grasse, eau de vaisselle. 

LÉ, LEZ, LEI, adxh Là, là-bas. Decé delé, deçà delà; lé antre (là 
outre), au delà. Avec le verbe, lei signifie y. Alla lei ke le bon 
(allez-y, car il est bon), disait autrefois le crieur public de Lau- 
sanne, annonçant les bouchons et le prix des vins. Lei ré, j'y 
vais. 

LÉ, s. m. Le foyer, l'âtre. 

LÉ, LAI, s. m. L'if, Taxtis baccata. A Aigle, di, dhi. 

LÉ, LAI, s. m. Lac. Lo lé, le lac Léman, pour les riverains. 

LÉ, art. pi. Les. Voy. li. 

LÉA, s. /. Portion levée sur une masse de beurre pour une rede- 
vance; morceau coupé dans un cuir pour une paire de souliers. 
(Alpes.) 

LÉANS, adv. Là-dedans; peu usité. (Evêché de Bâle.) 

LÉANTZE, LÉVANTZE, s. /. Avalanche, lavange. (Pays-d'Enhaut.) 

LÉ-BAS, loc. adv. Là-bas. Lé d'amon, là-haut; lé d'avo, là-bas; lé 
autre, autre lé, là-bas, plus loin; lé n'o, là-haut. 

LÉDA, LEIDA, s. f. La hure du sanglier; la tête, l'épaule et le pied 
droit de l'ours, du cerf, lesquels étaient dus au seigneur du fief. 
Ce droit de lerjde est consigné dans le coutumier de Vaud. On y 
dit aussi que la peau du loup appartient au seigneur. 

LEDO, LÉDO, adj. Pâle, blême, livide. C. leda, serf attaché à la 
glèbe. (Alpes.) 

LEGNI, V. Voy. ligni. 

LÉGREMA, s. f. Larme. 

LÉGREMÀ, V. Pleurer, verser des larmes. L. lacryma. (Fribourg.) 

LÉHA, LEVA, V. Lever; dresser une charpente; attacher la vigne 
à l'échalas. 

LEIDESSE, s. f. pi. Crue subite des eaux du Léman pendant l'été. 

Voy. SEICHE 

LEIN, LEUN, HLLEIN, s. m. Licou, corde, lien pour attacher les 
vaches à la crèche. 



^f , 



LF.K 223 

LEIN, LEINA, LEINTA, adj. Vn\, pliant, sans rugosités. L. loitns. 

(Alpes.) 
LEINDAI, s. m. Landicr, chenrl de cuisine. C. Imider, ohenêt. 
LEINDER, s. m.; LEINDA, s. f. Seuil de porte, linteau. C. land, 

habitation. (Pays-d'Enhaut.) 
LEINDZAU, LEINDZU, s. m. Saucisson. (Montrcux.) 
LEINFIU, LEINZU, LEINÇU, s. m. Drap, linceul, nappe. 
LEINGNU, LEIGNU, LEGNU, LIGNU, LUGNU, s. m. Lign. ni, lil 

poissé du cordonnier. 
LEINGUN, s. m. Cynoglosse, langue de chien, Cynoglossum o/fici- 

nale. (Aigle.) — Leinvoua au isin, id. 
LEINTERNA, LANTEIRNA, s. f. Lanterne, falot. 
LEINTERNÀ, v. Véliller, barguigner, être irrésolu, lanterner. 
LEINVOUA, s. f. Langue. (Alpes.) 

Leinvoua au bau, bistorte, Polygomim Bistorta. 

Leinvoua de serpein, langue de serpent, Ophieylossum vulgatvin, 

sorte de fougère. 
Leinvoua de cer, langue de cerf, scolopendre, Scolopendrium 

officinarum, sorte de fougère. 
Leinvoua d'ouie (langue d'oie), grassette, Pinguicula vulgaris, 

plante de la famille des lentibulariées. 
Leinvoua au tsin, cynoglosse officinal. — Leingun, id. (Aigle). 
LEINZOLA, s. /". Charge de foin contenue dans un filet ou dans 

un drap, leinzu. (Vaud.) 
LEINZU, s. m. Voy. leinfiu, 
LEIREIN, s. m. Lierre, Hedera Hélix. — Lairra, id. 
LEIREMEIN, HLLAIREMEIN, s. m. Mèche, lumignon. De hllairi, 

éclairer, (Alpes.) 
LEIVRA, s. f. Lièvre. L. lepus. 
LEIVRO, s. m. Livre, papier, manuscrit, la Bible. Prein lo Leivro, 

prends la Bible. 
LEKA, LIKKA, s. f. Glissoire, trace du traîneau sur la neige. 
LEKÀ, LlKKÀ, V. Glisser, faire un faux pas, glisser sur la neige 

ou sur la glace. (Vaud.) 



224 LEU 

LEMASSA, s. f. Limaçon. 

LEMASSI, V. Se dit des limaces, des limaçons, des escargots qui 
laissent sur leur passage des traces baveuses. (Alpes.) 

LEMON, s. m. Limon, boue; timon d'un char, les limons, la lirao- 
nière. 

LEMOUNNA, v. Laisser une trace dans la boue du chemin. 

LENA, LOUNA, s. /. Lune ; humeur. L'è ora de bouna lena, il est 
maintenant de bonne humeur. Kè fa-t-on dci villlie lene ? que 
fait-on des vieilles lunes? demandait une femme des Ormonts 
au maître d'école. On le tadhe per bokop, por ein fare di z'itaile, 
on les coupe par morceaux pour en faire des étoiles, lui fut-il 
répondu. 

LENAIRA, s. f. Champ de lin, linière. 

LENO, adv. Là-haut. Lo leno, le galetas. Voy. lé-bas. 

LERDJI, LERDZI, RA, adj. Léger, dispos, dégagé, volage. 

LÉRON, s. m. Loir. L. glis, gliris. (Valais.) 

LÉSINA, LAZINA, s. f. Crevasse dans le sol, fente dans les rochers, 
fissure de terrain. L. lœsio. (Jura.) 

LET, s. m. Le but auquel on vise eu jouant au palet, aux boules; 
c'est le cochonnet. (Vaud.) 

LETSCHE, s. f. Bande étroite, petite pièce, petit morceau, tranche, 
lèche. Na letsche, un peu ; à letsche dei, à lèche doigt, avec par- 
cimonie, fort peu. (Vaud.) 

LETSCHE-POT, s. m. Fouille-au-pot, goulu. 

LETSCHEPOTTA, i'. Fouiller dans les vases de cuisine, dans la 
vaisselle pour lécher ce qui y reste. 

LETSCHETA, s. f. Très petit morceau, brin, fort peu, en parlant 
des aliments. Diminutif de letsche. 

LETSCHI, LETZI, v. Lécher; se dit surtout des vaches, auxquelles 
on donne à lécher, qui lèchent le sel qu'on leur donne. 

LETSCHON, s. m. Pincée, poignée de sel qu'on donne journelle- 
ment aux vaches, ordinairement avant de les traire. (Alpes.) 

LEUTREFLLA, s. /. Impératoire, hniperatoria Oslruthium, plante 
ombellifère des Alpes. 



LIE 225 

LEVA, s. f. Taille, contribution. (Genève.) (V. st.) 

LEVA, LÉH.V, LÉ A, v. Lever. 

LEVANTZE, s. f. Lavange, avalanche. — Léanize, évalantze, id. 

LÉVATZON, s. m. Petit duvet de plume. 

LEVÉ, adv. Plus loin, au delà. Ein leivc, au delà, au delà de. 

LEVÉ, LOUET, s. m. Le gui, F/scî«m ai6î<?w, plante parasite. (Mon- 
treux.) 

LEVET, LEVOUET, ,s. m. Cytise, Cytisvs alpivus. (Montreux.) 

LÉVET, s. m. Duvet délit. Diminutif, levatzon. 

LEVIHILV, s. f. Charpente d'un bâtiment. — Ratnura, ramure, id. 

LEVRA; LEVRETTA, LETZERETTA, s. f. Safran sauvage, Crocus 
vernns. 

LEVRIAU, s. m. Estomac du bœuf. (Pays-d'Enhaut.) 

LEVRO, LEVRIAU, s. m. Poids à peser, romaine. L. libra. 

LEZ, LEI, s. m. Voy. lai. 

LEZI, LEJI, LISI, s. m. Loisir. N'é pas Iczi, je n'ai pas le temps; 
fcnna de lezi, femme désamvrée, qui ne fait pas les gros ouvra- 
ges, qui va en causant de lieu en lieu. (Montreux.) 

LHEI^', LIIAI, udr. Loin. L'è Ihein , il est sorti, il est hors de la 
maison. 

LUI, s. m. Lit. — /////, id. 

LIIUGAN, LOUGHAN, s. m. Jusquiame, Hyoscyamits niger, plante 
narcotique. 

LI, Tpron. Voy. lu. 

LI, art.pl. m. et fém. Les. Li messon, les moissons; li z'einfant, 
les enfants. Au singulier, le. (Fribourg.) 

LIA, s. f. Orpin acre, Sedtim acre (Jura); grande joubarbe, Sem- 
perviviim tectoriim. 

LIAÏRE, V. Lire. Liaisu, lu. 

LIAU, 5. m. Plancher supérieur d'une grange. (Fribourg.) 

LICK, adv. Là. (Anniviers.) 

LIÉ ou GLLÉ-BATARD, s. m. Ivraie vivace, Lolium perenne. 
(Morgcs.) 

MÉM. ET DOCUM. XXI. 15 



226 LIV 

LIEF, s. m. Lit. (Fribourg.) 

LIENNA, V. Glaner. 

LIETTALA, s. /. Glouteron, gratteron, Galimn Aparine. (Lavaux.) 

LIETTHA, V. Tordre; attacher, accrocher. Dans le premier sens 
on dit aussi ma'dli. 

LIÉVA, s. /■.; LIÉVRO, s. m. Outil. Djamé krouie ovrai n'a trova 
dei hounne liéve, jamais mauvais ouvrier n'a trouvé de bons ou- 
tils; proverbe. (Vaud.) Voy. aise. 

LIGNI, LEGNI, v. Aligner; tracer des lignes, régler du papier; 
tracer, avec une ficelle trempée dans du noir, des lignes droites 
sur le bord des poutres qu'on veut équarrir. 

LIMBA, s. f. Bande d'étoffe ou de papier. Limbetta, petite bande, 
lisière, ruban. L. limbtis. — Liessa, id. 

LINOTTA, LAINOTTA, s. f. Linotte. 

LIOBA, s. f. Nom d'amitié donné aux vaches pour les appeler ou 
pour les flatter. Lioba! lioba! por aria, c'est-à-dire lioba! lioba! 
pour (vous) traire, venez pour qu'on vous traie. (Voy. le Ranz 
des vaches de Gruyère, dans le Conservateur suisse, tome I, 
page 425. j — En langue albanaise, liopa signifie vache. (On dit 
loba, dans la Suisse allemande. — N. de l'éd.) (Fribourg.) 

LIOBÀ, V. Appeler les vaches pour les traire. 

LION, s. m. Gui, Viscum album, plante parasite. (Bex.) 

LIONG, s. m. Légumes. (Vieux langage d'Orbe.) 

LLSA, V. Lisser le linge avec un fer chaud, repasser. 

LISET, s. m. ; LIZETTA, s. f. Liseron, Convolviibis arvensis et Con- 
volvuius Sepium. 

LISIAU, s. m. Fer à lisser le linge, fer à repasser. 

LISSU, LEINSU, LIENZU, LESSIF, s. m. Eau de lessive. (Vaud.) 

LISTA, s. f. Bordure en bois, longue règle plate en bois; liste. 

LIU, pron. Lui, celui-ci, celui-là. (Jura.) 

LIUDZA, LIUDZE, s. /. Voy. ludj.\. 

LIVET, TA, adj. Blanchâtre, pâle, livide. L. lividus. (Nyon.) 

LIVRO, s. m. Le pis de la vache. 



LOK 227 

LIZÉ, LEZÉ, LUZÉ, LUISE, s. m. L'égout des élables, l'urine des 
bestiaux, le purin, qu'onrecueilleordinairoment dans une fosse. 
C. lis, humidité, eau. (Vaud.) 

LIZET, s. m. Ver qui détruit les bourgeons de la vigne. (Bas-Va- 

lais.) 
LIZETTA, s. f. Lézard gris, Lacerla agilis. — Gremelhetta, tjremi- 

Ihetta, id. (Lausanne.) 
LIZOTTA, r. Commencer à lire. 
LLIIUTEMEN, LIUTEiMEN, s. m. Lieutenant. 
LO, LOI), art. masc. sing. Le. Lou pare l'a de, le père l'a dit; lo 

pu è à djo, le coq est juché. — Lou est aussi pluriel: lou z'herbe, 

les herbes. (Ormonts.) 
LODA, s. f. Volet, contrevent; vent contraire aux embarcations. 

(Jura.) 
LODIER, s. m. Couverture de lit. — Couairta, id. (Jura.) 
LODJA, LODZA, s. f. Chantier, hangar; loge de francs-maçons; 

place fixée d'où les joueurs aux quilles doivent jeter la boule. 
LODJI, LODZI, V. Se loger, s'établir, se marier; fixer, au jeu de 

quilles, la place d'où la boule doit être lancée. 
LODJI, s. m. Cabaret, auberge, logis. 
LOË, s. 7n. pi. Hautes pointes' de montagne. (Fribourg.) 
LOGNE, s. f. Bardane, Lappa major et Lappa miner. (Bex.) 
LOHI, s. m. Mallette que porte le vacher et où il lient le sel. Bon 

lohi, mélange d'herbes et de racines qu'on donne aux vaches 

malades. (Alpes.) 
LOHL\U, SA, adj. Fermier, fermière; celui ou celle qui prend ou 

donne à ferme, amodiateur; l'entrepreneur d'une montagne, 

lequel loue des vaches pour les alper. (Alpes.) 
LOHIDJO, LOHIDZO, s. m. Loyer, bail, location. Pahi mè loutron 

lohidzo, payez-moi votre loyer. 
LOHII, V. Amodier, faire un bail, louer une maison. 
LOI, s. m. Le grand et le petit courlis, Scolopux arcuala et Scolo- 

pax phœopus, oiseaux de marais. 
LOKATIF, s. m. Cheval de louage, rosse. (Lausanne.) 



228 LOU 

LORETTA, LIKETTA, s. f. Batelet pour une seule personne, sur 
les lacs de la Suisse romande. De leka, likka, glisser. 

LOKKA, s f. Morceau, guenille, loque. 

LO LON, loc. adv. et prép. Autour, auprès, le long, durant. To lo 
Ion, tout le long; to dau Ion, id. Lo Ion dau hou, le long du bois. 

LOMBLOZ, s. m. Pièce de porc due au seigneur par le vassal qui 
tue un porc. L. lumbus, râble, échine, partie du dos. 

LON, LONGHA, adj. Long, longue. — Longhet, diminutif. 

LON, s. m. La longueur, le long. Lein sa lo cor et lo Ion, il en sait 
le court et le long, tout ce qu'on en peut savoir; proverbe. 

LONDJOULA, s. f. Pièce de porc, andouille. (Vaud.) 

LORIOL, s. m. Loriot, Oriolus Galbula. 

LOTHA, V. Ebranler un objet qui est ferme pour le déplacer. 
(Alpes.) 

LOTTA, s. f. Hotte. C'est aussi le nom vaudois du mont Catogne 
en Valais. 

LOTTAHIE, s. /. Ce qu'une hotte peut contenir. L'a z'u na lotlahie 
de kokhe, il a eu une hotîée de noix. 

LOTTARE, s. m. Porteur de hotte. Lors de la révolution du Pays 
de Vaud en 1798, quelques brochures dirent, pour exciter les 
Vaudois, qu'ils étaient des ilotes. Les paysans du Jorat n'entendi- 
rent jamais ce mot que dans le sens de porteurs de hotte, et dé- 
clarèrent qu'il n'y avait pas de mal à cela. (Jorat.) 

LOTTON, s. m. Laiton. 

LOU, art. pi. Les. Favt-e bouta couaire l'einfanton avoué Ion z'herbe, 
faut-il faire cuire le petit enfant avec les herbes? demandait un 
homme des Ormonts à M. le doyen Decoppet qui lui avait con- 
seillé un bain d'herbages pour son fils rachitique. (Ormonts.) 

LOU, s. m. Lods (c'est le laudemiœ des chartes), droit de mutation 
que perçoit un seigneur de fief, ou le fisc, sur les immeubles 
vendus par un tenancier vassal. No fudrapahi le lou lo mai que 
vin, il nous faudra payer les lods le mois prochain. — Mutachon. 
id. (Vaud.) 

LOUET, LOVET, s. m. Louveteau, jeune loup. 



LUI 229 

LOUGÀ (se), V. Se louer comme domestique, s'engager dons un 
service, entrer en condition. (Valais.) 

LOUHIE, s. /. Galerie de bois devant le premier étage d'une mai- 
son; loge. (Vaud.) — Loie, id. 

LOUHIETTA, s. f. Petite galerie; petite loge, logette. 

LOUNEMAIN, s. m. Mèche d'une lampe, d'une chandelle, lumignon. 
(Alpes.) 

LOUNIDJE, s. f. Lunaison, quartier de lune. 

LOUSTIK, KA, adj. Gai, content, badin, jovial. Ail. Inslig. — Il y 
avait dans chaque compagnie de Suisses, dans les services étran- 
gers, un loustik, un soldat qui faisait rire ses camarades par ses 
facéties. 

LOVET, s. m.; LOVETTxV, s. f. Tique de marais^ Ricinus caninus, 
insecte qui s'attache, pour sucer le sang, aux chiens, aux mou- 
tons et quelquefois aux jambes des hommes qui travaillent dans 
les lieux marécageux. 

LOVET, s. m. Voy. louet. 

LOVRA, v. Veiller. (Jura.) 

LOVRE, s. f. pi. Veillées des garçons chez les filles à marier. (Jura.) 

LU, LHI, LI, pron. pers. Lui, elle, eux. A'oy. liu. 

LU, LUEH, s. m. Lieu, endroit. — Du, id. (Fribourg.) 

LUDJA, LUDZA, LUDZE, LIUDZA, LIUDZE, LIEUDJE, s. f. Traî- 
neau. 

LUDJI, LIUZI, V. Mener, transporter en traîneau, aller en traîneau, 
glisser sur la neige; se Iwjer, dans le français populaire vaudois. 

LUDZON, s. m. Petit traîneau. 

LUETTA, ALUETTA, ALUVETTA, s. f. Epiglotte, luette. 

LUGA, V. Regarder indiscrètement par un trou, par une fente, 
par le trou de la serrure. (Alpes.) (Ail. bernois, hiege ; AU. lugeyi. 
— N. de l'éd.) 

LUGARE, LOUGARE, s. m. Curieux indiscret, qui regarde par les 
fentes, ou qui écoute à la porte. (Alpes.) 

LUIRRHA, GUIRRA, s. f. Somme de cent gerbes de blé. (Aigle.) 

LUISSEL, s. m. Petit lac, étang naturel, grande flaque d'eau. 



230 MAF 

LURON, s. m. Homme robuste, déterminé, fier-à-bras. (Jura.) 
LURONNA, s. f. Femme forte, robuste, hardie, la virago des Latins. 
(Jura.) 

LUTA, s. f. Instrument de musique à cordes, luth. Ail. laute. 
(Fribourg, U37.) 

LUTH, adj. numér. Huit. (Evêché de Bâle.) 

LUTHON, ARLITHON, s. m. Arc-en-ciel. C. lith, humidité. Voy. 
ARLiTTON. (Valais.) 

LUTZCHEROU, LUTZCHEREIN, LUTZERAN, s. m. Chat-huant, 
chouette, hibou, effraie, hulotte. L. lugere, pleurer, gémir. 
(Vaud.) 

LUTZEIHI, V. Pousser des cris de joie; imiter le cri de la chouette; 
hucher. Voy. ioutzeihi. 

LUVRO, s. m. Le pis de la vache, de la chèvre; tétine. En bas- 
breton, livri signifie lait chaud. — Livro, id. 



M 



MA, conj. Mais. Ma vo dio, mais je vous dis. 

MABRA, s. f. Mauve à feuilles rondes, Malva rotundifolia. 

MABRO, s. m. Marbre; bille, chique, petite boule ronde pour les 
jeux d'enfants. — Marhron, id. (Vaud.) 

MACHEFER, s. m. Scories du fer travaillé dans les forges. (Vaud.) 

MAÇON, s. m. Qui a manqué son coup dans un jeu d'adresse 
(Lavaux). H se dit aussi de celui qui n'a point fait de levée au 
jeu de cartes. 

MADRA, AHIE, adj. Fin, rusé, astucieux. 

MA FAI, adv. Ma foi. Ma fai vai, ma foi oui ; ma fai na, na faina, 
ma foi non. 

MAFAIKI, MAFAITI, MAFITHI, v. Se fatiguer, se lasser. (Fribourg.) 

MAFFI, s. m. Un des noms du diable. Lo mat]i te bourlai le dei, le 
diable te brûle les doigts. Le mafji, c'est le malfaisant au super- 
latif. (Lavaux.) 



MAI 231 

MAFI, TA ; MEFI, TA, adj. Las, faliguc, harassé. (Aigle.) 
MAFIKA, MAFIGA, adc. Ma foi. C'est sans doute une altération de 

ma fai. 
MAFION, MAFISTE, adv. Même sens que ma fai, ma foi. 
MAGAN, s. 7«. Lourdaud, malotru, bélître, manant. (Lausanne.) 
MAGNENA, v. Faire l'ouvrage du chaudronnier. 
MAGNIN, s. m. Chaudronnier ambulant, chàlreur de porcs. C. 

magnaini, faire des chaudrons. — La vieille chanson vaudoisc 

du magnin arrivant dans un village, disait : 

Lo magnin cei va passa, 
N'ai-vo ran à retakounna ? 
Koke tsauderon perd 
A rallohi ? 

Le magnin va passer par ici, n'avez-vous rien à raccommoder? 
quelque chaudron percé à remettre en état? 
MAGNOU, MAGNI, adj. Ne s'emploie qu'en composition, avec le 
sens de grand {magmis), dans les noms propres suivants : Bio- 
ley-Magnou , village du canton de Vaud, ainsi nommé pour le 
distinguer de Bioley-Orjulaz ; Monlmagny , village du district 
d'Avenches (Vaud) ; Chaumagny ou Chaumeni, montagne du 
dixain de Monthey (Bas-Valais). 

MAI, s. m. Mois. Dou, iré mai, deux, trois mois. 

MAI, s. m. Mois de mai. C'est aussi le sapin que les garçons d'un 
village plantent, le premier jour de mai, devant la porte des 
filles à marier, si elles sont d'une vertu non suspecte. Jamais 
on n'en plante devant la maison d'une fille déshonorée; et c'est 
une honte publique que de n'en point avoir, quand les autres 
filles du voisiriage en ont. Une ancienne chanson dit ; 

Per on deceindo né, 
le m'a prai fantasia 
D'alld pllantd on mai 
A la pouerl' à ma mia. 
Par un samedi soir, il m'a pris fantaisie d'aller planter un 
mai à la porte de ma mie. 



232 MAI 

Les Arcadiens avaient le premier mai une fête pastorale ap- 
pelée maia. 

MAI, MÉ, s. f. Huche à pétrir, pétrin. 

MAÏA, MOHIA. Féminin du pronom possessif mio^ mien. 

MAÏA, MOÏA, s. f. Meule de foin qui reste sur le pré. (Alpes.) 

MAIDJA, s. /. Femme empirique, qui exerce la médecine. 

MAIDJI, MEIDZI, V. Traiter un malade, lui donner des remèdes ; 
avec se, se droguer soi-même. (Vaud.) 

MAIDJO, MAIDZO, MEIDZO, s. m. Médecin, empirique, charlatan. 
Alla au maidjOj aller consulter le médecin (se prend en bonne 
part). Apri la moeir lo maidjo, après la mort le médecin, prov. 
L. magus, magicien. (Vaud.) 

MAÏEN, s. m. Chalet où l'on va en mai. Les maïens sont des pâtu- 
rages printaniers^ avec un petit bâtiment. Pendant l'été, les 
habitants aisés de Sion quittent la ville pour aller respirer un 
meilleur air dans les maïens. (Valais.) 

MAÏENTZE, s. f. pi. Jeunes paysannes qui, le premier dimanche 
de mai, vont en grand costume chanter de porte en porte avec 
un panier au bras, pour recevoir de petits présents, des œufs, 
des fruits, des gâteaux, par exemple. (Vaud.) 

MAÏENTZE, s. f. Se dit de toutes les espèces de mésanges. — 
Maïensa, id. 

MAÏENTZETTA, s. f. Petite mésange. 

MAÏENTZIRA, s. /. Trappe pour prendre les mésanges et autres 
petits oiseaux. 

MAIGNIE, s. f. Tous les gens de la famille qui demeurent dans la 
même maison, toute la maisonnée. 

MAILLET, s. m. Marteau de bois. — Maillotzej maloutze, s. /., id. 
Tita de maillet, la larve de la grenouille, têtard. (Vaud.) 

MAILLI, V. Tordre. MailU dei rioute, tordre des osiers, etc., pour 
en faire des liens. 

MAIN, adv. Moins, point. De ne sein lo main, pas moins de ; litté- 
ralement, sans le moins. N'ein ain main, nous n'en avons point. 

MAINTIGNI, MANTENI, v. Maintenir, conserver en bon état, assu- 



MAI 233 

rer en droit une valeur, un animul pour sain, une pièce de terre 

pour avoir tant d'arpents, tant de toises. 
MAIO, s. m. Vieillard, homme ancien. L. major. (Fribourg.) 
MAIOLA. Cri de moquerie des enfants. (Voy. Conaenateur suisse, 

tome III, page 62, note 3, et page 5G.) (Payerne.) 
MAIRA, MÈRE, s. f. Mère, en parlant des personnes. On dit ordi- 
nairement mare en parlant des animaux. Mérc-tjrant, marc-grant, 

grand-mère, aïeule. 
MAIRMITA, s. f. Marmite. 

MAIRMOIN, s. m. Marmot, nain, petit garçon mal fait. 
MAISNÉ, MESNÉ, s. m. Cadet, minor nain ; dans les vieux titres. 
MAITHEIN, MITAN, s. m. Milieu. Lo rio passave au maithein dan 

bor, le ruisseau passait par le milieu du village. 
MAITHI, MAITIA, s. f. La moitié, la demi. 
MAITHI-FOU, MAITIA-FOULA, adj. Demi-fou, à moitié fou. (Vaud.) 
MAITHRA, s. /. Maîtresse de maison, de métier; la femme du 

maître d'école. 
MAITRAIHI, V. Maîtriser, rudoyer, tyranniser ses inférieurs. 
MAITRAMEIN, adv. Fortement, vigoureusement, d'importance. 

(Pays-d'Enhaut.) 
MAITRO, MÉTRO, s. m. Maître, maître décole; le chef de famille, 

le propriétaire, celui qui exerce pour son compte un métier. 
Lo mêtr'au biole, nom dérisoire du maître d'école ; mot à mot, 

le maître aux verges, biole. 
MAIVRO, A, adj. Craintif, faible, mal apprivoisé. 
MAIX, s. m. Petite maison de bois, hutte, fenil (Jura). — (Dans le 

Jura neuchâtelois, plusieurs localités ou habitations foraines 

portent le nom de maix. — N. de l'éd.) 
MAIZA, s. f. Juchoir; cage à poulets dont le dessus sert de banc 

ou de table. L. mensa. (La Cùte.) 
MAIZE, s. f. Mésange; trappe pour prendre les petits oiseaux. 

(Bas-Valais.) 
MAIZIÈRE, s. /, Haie; masure; nom de deux villages, l'un dans 

le canton de Vaud, l'autre dans celui de Fribourg. 



234 MAL 

MAKABEINDÉ. Sorte d'affirmation complexe qui signifie ma foi 

bien dit. (Lausanne.) 
MAKLLET, s. m. Colique violente, tranchées, miserere. (Vaud.) 
MAKLLO, MAHLLO, MACHE, s. m. Le taureau d'un troupeau, le 
mâle, masculus. On dit à Aigle : Tei lé on bi makllo, voilà un 
beau garçon. 
MALA, adj. Ne s'emploie qu'en composition avec un substantif. 
Son masculin est mô (voy. ce mot). V. Fr. mau, mal, maie. 
(Vaud.) 

Malapannahie, s. f. Mésaventure, mauvais traitement, contre- 
temps. 

Mala-bUhia, s. f. Méchante bête; c'est un nom adouci du diable. 

Maleinparakie, s. f. Mauvaise tournure d'une affaire, échec. 

Mala-grace, s. f. Disgrâce. 

Malliaura, s. f. Mauvaise heure. L'è vegniai à la maVhaura, 
il est venu dans un mauvais moment. 

Mala-par, s. f. Mauvaise part. 

Mala terra, s. f. Mauvais terrain qui ne peut rien produire. 

Mala-tUa, s. f. Mauvaise tête, personne à laquelle on ne peut 
faire entendre raison. 

Malavia, s. f. Mauvais train, difficulté, malédiction. L'è la 
malavia, c'est le diable. 
MALADAIRA, s. f. Hôpital de lépreux, d'incurables, maladrerie. 
Plusieurs localités ont conservé ce nom et s'appellent ilfa/addre, 
Maladière. 

MALABO, A, adj. Malade. On dit plus souvent : L'a mô, il a mal. 
MALAGNOU, MARAGNOU, s. m. Muscardin ou campagnol. Mus 
avellanarius (La Côte). Voy. droumian. 

MALAI, MALAITA, adj. Aigre, acide, âpre au goiàt. 

MALAMEIN, adv. Méchamment, perfidement. 

MALENGIN, s. m. Mauvaise ruse, manœuvre illégale. (V. st.) 

MALESSERT, s. m. Lieu défriché qui ne produit rien. (Vaud.) 

MAL'HIRAU, SA, adj. Malheureux, misérable. 

MALIGNI (se), V. Se plaindre de sa situation. (Alpes.) 



MAN 235 

MALINKOURI, MALINCUHA, v. S'inquioler sons raison, avoir des 
soucis ou des craintes sans fundenienl. C'est le latin mahv curœ. 
(Jura.) 

MALLET, s. m. Convulsions nerveuses des enfanl.> au maillot ; 
mot à mot, pclit mal. (Yaud.) 

MALO, MALA, adj. Mauvais au plus haut degré. L. malus. C'est 
un des nombreux noms du diable. Lo malo te ])rcin(jnc. le malin 
te prenne ! 

MALOTTAjS. /. Masse de l)eurre; femme massive et dodue. — 
Une vieille femme de ce nom est morte à l'âge de 112 ans. (Yoy. 
Conservateur suisse, tome IV, page 421). — Malolla, id. 

MALOUTZE, s. /'. Gros marteau de bois. 

MALOUTZON, s. m. Petit marteau de bois. 

MA MA! Interjection marquant l'étonnement. Est-il possible? al- 
lons dçnc. (Pays-d'Enbaut.) 

MAMMEL, s, m. Lait de lune. C'est une sorte de concrétion blanche, 
plus rarement jaunâtre, qui se trouve dans diverses cavernes 
des Alpes. Ail. mondmilch, lait de lune. (Voy. Conservateur suisse, 
tome YII, page 22.) 

MAN, s. VI. Larve du banneton, appelée ro- blunc dans le français 
populaire vaudois. Voy. cottei^.kt, vouare. 

MAN, s. f. Main. La balla man, la main droite, la belle main, la 
main d'honneur. 

MANAI, s. m. Instrument, outil qui est mis en œuvre par la viain, 
manus. 

MANAIIII, V. Manier; préjiarer le pis d'une vache à la traite, en le 
palpant. (Pays d'Enhaut.) 

MANAIRA, s. /. Manière. Ne mè fade pa dei pouette manaire , ne 

me faites pas de vilaines manières, dit une fille à un garçon qui 

la chiffonne. 
MANCHE, s. f. pi. Procession de jeunes filles le premier de mai 

(Genève). It. manda, offrande, étrcnnes. (Voy. Picot, Histoire de 

Genève, tome I, page i77). — Mencltes, id. 



236 M AN 

MANDA, V. Envoyer, faire venir, mander d'office ou autrement. 

L. mandare. 
MANDAI, V. Manger. (Evêché de Bâle.) 
MANDASSE, s. f. Vidange, fumier de retrait. (Entremont.) 
MANDEIHI, MANDÉI, v. Mendier, demander l'aumône. 
MANDEMEIN, s. m. Ancienne division territoriale du pays d'Aigle, 

qui était partagé en quatre mandements : Aigle, Bex, Ollon, les 

Ormonts. C'est aussi le nom d'une portion de l'ancien territoire 

de Genève. 
MANDRA, s. f. Ecurie, étable, enceinte de mur sec. Gr. p.âv§/3«. 

(Orbe.) 
MANDRAI, MANDRAIN, s. m. Manche de fouet, fouet. 
MANDZERAIN, MANDJERON, s. m. Bout du manche d'un outil, 

mancheron. 
MANEFAI, MONEFAI, s. m. Homme adroit; bouffon inoffensif; 

mot à mot, qui ne fait point de mal. C. mana, adresse. (Alpes.) 
MANEI, s. m. Lourdaud, butor, manant. C. manal, villageois. 
MANÉVO, VA, adj. Soigné, fait avec précaution. Teni manévo, 

avoir grand soin, choyer. (Villeneuve.) 
MANGA, V. Donner l'apprêt à la toile. 
MANGO, s. m. Maquignon. Ce mot est latin. (Fribourg.) 
MANGON, s. m. Enfant sale, saligaud. C'était le nom de certains 

pénitents vagabonds du temps de Charlemagne. (Alpes.) 
MANGOUNA, v. Salir, ternir ce qui est blanc. 
MANICLA, MANIHLLA, s. f. Petite anse d'un vase, d'un panier. 
MANIGANÇA, v. Se livrer à de mauvaises manœuvres, intriguer. 

manigancer. 
MANIGANCE, s. f. pi. Mauvaises pratiques, ruses, bourdes, intri- 
gues, manœuvres. 
M.\NIKA, s. f. Le demi-gant du cordonnier, la manique ou mani- 

cle. (Vaud.) 
MANKA, MANKAIE, s. f. Manque. De ne sein lamanka, sans y 

manquer. (Vaud.) 
MANKÂ. V. Manquer, être en défaut, s'absenter. 



MAR ±M 

MANNA, s. f. Grand coffre d'osier. Cl- mot est celtique d;ins le 
même sens. (La Côte.) 

MANNOTHEI, s. m. Menuisier. — ^/««/V;/^'/, id. Kn (jnelques lieux, 
mannothei, signifie margnilUer. 

MANO, s. m. Epouvantai); fantôme; homme de mauvaise mine, 
rôdeur. L. mânes. 

MANOIILLA, s. f. Anse, poignée. L. vkhhis. — Manollir, id. 

MANOTHA, s. f. Pièce sur hKjuelle la main s'aftpuie pour manier 
la faux ou tirer une corde. 

MANOTTA, MANETTA, s. f. Clavaire, Chivarin (livhntoma clCbiva- 
ria aurea. La clavaire corail et la clavaire dorée sont comesti- 
bles et fréquentes dans les forêts de la plaine et des montagnes. 
Diminutif de îWrtH, main, (.\lpes.) 

iMANSALLA, V. Traîner avec un cheval des pièces de hois, des 
troncs d'arbre. 

MANSINNA, MANTANNA, s. /". Sorte de viorne, mancienne, VUmr- 
nnm Lantnna. — Lantanne, id. 

MANSOU, s. m. Train attelé d'un cheval pour amener des bois. 
(Montreux.) 

MAÎN'TA (à la), adv. En gros, sans compter, sans mesurer, sans 
peser. C. niant, profit. (Alpes.)— Oln-botu, tu-boln, id. 

MANTEM, V. Maintenir, conserver en bon état, garantir la valeur, 
l'étendue, la quantité, la qualité, etc. 

MANTI, s. m. Nappe. L. mantile. 

MANTSA, MAND.LV, s. f. Manche d'habit, de chemise. 

MANTSCllE, s. f. A'allon latéral s'ouvrant sur une vallée plus 
grande; vallon reculé. (Pays-d'Enhaut.) 

MANTZO, s. m. Manche d'outil; cornes ou mancherons de la char- 
rue. — Mantzeron, id. 

MAPI, s. m. Petite boule de marbre ou d'argile cuite, pour les jeux 

d'enfants; bille, chique. (Genève, Lausanne.) 
MAR, s. m. Le mois de mars. 
MAR, s. m. Pièces de hois (jui soutiennent les tonneaux dans les 

caves. (Vaud.) 



238 MAR 

MARA,s. /. Bourbier, flaque d'eau sale, écoulement d'égout qui 
croupit. 

MARAICHE, s. m. Pré marécageux. (Gruyère.) 

MARAITZE, s. /. pi. Lieux marécageux, prés liumides. (Vully.) 

MARALLE, s. f. pi. Dames à jouer, marques pour le jeu de la 
marelle ou mérelle. G. marell. — Marelle ou mérelle est aussi le 
nom d'un jeu que les écoliers appellent pnler ou pasteur. (Lau- 
sanne.) 

MAR.VTTA, V. Brocanter, troquer. — Baratta, id. (Coppet.) 

MARDI, MARDINA, MARDJON. Jurement qui revient à ma foi. L. 
mars. Cette locution était sans doute en usage chez les soldats 
qui juraient par le dieu de la guerre. — (Peut-être de mare, 
mère et de di, diu, ghiu, Dieu. On a dit en français, mère Dieu, 
pour la Vierge. — N. de l'éd.) 

MARDJOLANNA, s. f. Marjolaine. 

MARDJOLET, s. m. Damoiseau, eiïéminé, délicat, petit-maître. 
(Pays-d'Enhaut.) 

MARÉBAHI, adj. Etonné, surpris, indigné. (Gruyère.) 

MAREIN, MÉREIN, s. m. Bois de sapin et de chêne pour les char- 
pentes. — Marenadzo, id. 

MAREINDA, MAREINDENA, MAREINDONNA, v. Prendre le repas 
du soir. L. merenda. (Vaud.) 

MAREINDON, s. m. Repas du soir, goûter. (Vaud.) 

MAREMAN, adv. Ce soir. (Alpes.) 

MARETZAU, MARTZAU, s. m. Maréchal ferrant. Marétzauda, mar- 
tzanda, la femme du maréchal. 

MARGARITA, s. f. Pâquerette, Bellis perennis. 

MARGHALLA, s. f. Margelle d'un puits. L. margo. Il signifie aus>i 
une vieille et mauvaise jument. — Margot, id. 

MARGHELLE, s. f. pi. Sorte de cerise noire. 

MARGOT, s. m. 3Iatou. Se dit aussi de la pie. (Jura.) 

MARGUET, s. m. Pré marécageux au bord des eaux. L. margo. 
(Vallée de Joux.) 

MARIA, MARIDA, i'. Marier, épouser. 



MAR 5239 

MARTGRAILLON, s. f. Fille sale, qui s'habille mal; salope. 
MARINA, r. Couper des bois de charpente dans la foret. 
MARKA, s. f. Marque, signe, indice, signet. 
MARKÂ, i'. Marquer. — On dit d'un vieux cheval, d'une vieille 

vache dont on ne peut plus connaître l'âge aux dents : Ne marque 

peka, il ou elle ne marque plus. On le dit aussi d'une femme 

d'un certain âge qui ne peut plus avoir d'enfants. (Vaud.) 
MARKAINA, s. f. Craie rouge ou blanche. 

MARKANùE, s. f. Fille de moyenne vertu, terme injurieux. (Nyon.) 
MARMET, TA, adj. Fin, rusé, malin, d'un commerce dangereux. 

(Alpes.) 
MARMUTIHI, V. Faire le charpentier, le menuisier. (Val d'Illiez.) 
MARON, MARRON, 5. m. Infirmier. C. mariv, mourir. Voy. corbé. 
MARONNA, s. f. Femme qui soigne les malades, garde-malade. 
MARONNAI, s. W2. Garde-malade; domestique qui va chercher et 

guider les voyageurs perdus dans les neiges (Saint-Rernard). 

— Dans le patois de la Fouille, les marrani sont des honmies 

forts^ hardis, courageux. 
MARREINGOT, s. m. Belle poirée, Beta Gicla. (VuUy.) 
MARRENA, s. f. Souper, goûter, repas du soir. — Marcinda,\A. 

MARRENÀ, V. Prendre le repas du soir, goûter. C. mcren, petit 
repas. 

MARRISSEMENT, s. m. Chagrin, fâcherie. (V. si.) 

MARROUTA, s. /. Camomille puante. Anthémis Cotula. (Villeneuve.) 

MARTALA, v. Frapper avec un marteau. 

MARTALLA, s. /. Marteau de couvreur. (Pays-d'Enhaut.) 

MARTALLÂ, v. Trembler de froid. (Pays-d'Enhaul.j 

MARTALLET, s. m. Petit marteau. — Marlallei, id. 

MARTEEEIN, 5. m. Peiil garçon. L. masculus, masculin. (Val d'Il- 
liez.) 

MARTENET, MARTINET, s. m. Forge, atelier de cloutier. 

M.\RTI, s. m. Dent màchelière, molaire. 



240 MAT 

MARTIROLET, s. m. Martinet, Hirundo Apiis, sorte d'hirondelle. 
(Genève.) 

MARTZI, MARTCHI, v. Marcher, cheminer. 

MARTZI,. MARTSCHI, s. m. Marché hebdomadaire; marché, tran- 
saction, prix. L'a z'u bon marlsçhi, il i'a eu à bon marché^ à bon 
compte. 

MARUGLER, s. m. Marguillier. (Vieux langage de Fribourg.) 

MAS, s. m. Pièce de terre. Bein tôt ein on mas, domaine formant 
un seul clos. 

MAS, MAR, s. m. Poids gradués pour la balance. 

MASSA, s. f. Masse, massue; espèce d'ostracisme jadis usité en 
Valais. (Voy. Statistique du canton du Valais, page 363.) 

MATAFAN, s. m. Espèce d'omelette, crêpe; bélître, lourdaud. 
(Vaud.) 

MATAGASSA, MATAGASSE, MONTAGASSA, s. f. Pie-grièche, La- 
nins excubitor. (Jorat.) 

MATANNA, s. f. Espèce de saule, Salix raprœa. 

MATEIRA, MATAIRA, s. f. Matière, abondance. Y a prau mataira, 
il y a assez, il y a beaucoup; expression très usitée dans la 
Gruyère. 

MATENAI, RA, adj. Matineux, qui se lève de grand matin. 

MATOKKA, s. f. Fille nigaude, gauche, lourde, disgracieuse. Dans 
la basse latinité, matlus, matta, signifie niais, un peu fou. (Lau- 
sanne.) 

MATOLLA, MALOTTA, s. f. Masse de beurre. C. matta, tas. 

MATRA, s. f. Marte ou martre, Mustella Martes. 

MATTA, s. f. Petite fille (Valais); petite fille simple, poupée (Fri- 
bourg). 

MATTON, s. m. Petit garçon, gamin (Valais); lait caillé (Vaud). 

MiVTZO, MATZA, adj. Humide; las, accablé de fatigue. C. mâcha, 
fouler. (Pays-d'Enhaut.) 

MATZON, MATSCHON, s. m. Bouchée, morceau. Preind'on mat- 
schon, prenez une bouchée. 

MATZURA, MATSCHERA, v. Barbouiller de noir, charbonner. 



MAZ 241 

MATZURON, s. m. Tache de charbon, trace noire de suie ou de sa- 
leté au visage, aux mains, au cou. 

MAUBLLA, s.f. Terre meuble, fraîchement remuée, de bon rapport. 

MAUBLLADJO, s. m. Ameublement, mobilier, assortiment d'ins- 
truments d'agriculture. (Lausanne.) 

MAUBLLO, s. m. Meuble. 

MAUDA, s. f. Voy. môda. 

MAUDE, MAUDETTA, adj. Fin, malin ; maudit. — Maudecein, loc. 
exclam., maudit soit. 

MAUDRE, MUDRE, MOUAIDRE, i\ Moudre. 

MAUGRÂ, MOGRÀ, ado. Malgré. L'é fé maugrâ mè, je l'ai fait mal- 
gré moi. 

MAUHLLA, r. Tracasser avec les mains; ravauder; déranger, 
brouiller, mettre les choses pêle-mêle. (Alpes.) 

MAULA, V. Céder, plier, lâcher, baisser pavillon. En arabe, wawW 
signifie êire sons la protection de. 

MAUNI, s. m. Cône, fruit du sapin. — Pivaj id. (Pays-d'Enhaut.) 

MAUR, MAURA, adj. Mûr, en pleine maturité; se dit des céréales, 
des fruits. 

MAURA, s. f. Le fruit du mûrier, mûre. C'est aussi le nom com- 
mun des juments d'attelage. (Echallens.) 

MAURÂ, v. Mûrir, avancer vers la maturité. 

MAURE, V. Etendre l'herbe sur le pré, à mesure qu'on la fauche. 
(Alpes.) 

MAURI, MURI, FRAMAUR, s. m. Mûrier, Morus nigra. 

MAURON, MEURON, s. m. Fruit de la ronce; la ronce elle-même. 

MAUS, MAUSA, adj. Fâché, marri, chagrin. L. mœslus. (Diesse, 
dans le Jura bernois.) 

MAUTERINA, s. f. Mutelline, Meum Mulellina, plante ombellifère. 
C'est une des meilleures plantes fourragères des Alpes. 

MAXIMEMENT, adv. Principalement, surtout. (Dans des documents 
de 1536.) (Fribourg.) 

MAZALLA, V. Tuer une vache, un porc, une chèvre pour l'usage 
du ménage. (Fribourg.) 

5IÉM. ET DOCLM. XXI. IG 



242 MED 

MAZALLADJO, s. m. En général les pièces de l'animal qu'on a tué 

pour le ménage. (Fribourg.) 
MAZ ALLAI, s. m. Boucher. B. L. macellarius ; en grec moderne, 

makallare. (Fribourg.) 
MAZE, s. m. Voy. mazot. 
MAZÉ, MAZI, MESAU, MESEL, s. m. Boucherie, abattoir. L. mn- 

celhim. 

MAZETTA, s. ^ Mauvais petit cheval; personne sans capacités, 
sans savoir; gâte-métier; homme faible et débile ; mauvais pré- 
dicateur, avocat qui plaide mal. (Vaud.) 

MAZOT, s. m. Petit chalet dans un pâturage du printemps. C. maz, 
habitation. (Alpes.) 

MÈ, pron. pers. Moi, me. Mè muso, je m'imagine, je me doute; Vè 
mè, c'est moi; tsi mè, chez moi; mè lo faut, il me le faut. 

MÉ, s. m. Millet, Panicum miliaceum. (Fribourg.) 

MÉ, MAI, adv. Davantage, plus. N'ein pu mé, je n'en puis mais ; 
bailli m'ein mé, donnez-m'en davantage ; n'ein vu pa mé, je n'en 
veux pas davantage. L. magis. 

MÉ, s. m. Epingle à grosse tête. (Ormonts.) 

MÉCHUTA, s. f. Méchef, malheur; tout accident qui arrive à quel- 
qu'un : perte d'animaux domestiques, chute de mur, dommages 
divers. 

MEDEI, adv. Eh bien,^ourvu que, peut-être. 3/^demedé'ï, patience; 
eh bien, soit. L. médium. — Medi ke pu, autant que je le peux. 
(Echallens.) 

MEDJÂNO (l'o est bref), s. m. Sobriquet que les gens de Vallorbes 
donnent à ceux de Ballaigue, pour avoir mangé la chair d'un 
âne tué par Mimard, pasteur de Vallorbes, qui le prit pour une 
biche. 

MEDJi, MIDJL V. Manger; démanger. — Mindji, medzi, id. 

MEDJRECOUER, s. m. Mot à mot, mange regain. La taupe, ainsi 
nommée parce qu'elle ravage les prairies. (Montreux.) 

MEDZALANNA, MILANNA, s. f. Etoffe moitié laine, moitié fil. 

MEDZI, V. Voy. medji. 



MEI 243 

MEFFA, MESSA, METHA, s. f. Rate, partie du corps humain. 
MÉFIO. Verbe défectif qui n'a que la première personne de l'indi- 
catif, et qui signifie j> crois, je pense, je me doute, je soupçonne. 

Méfio ke l'è Ui, je présume que c'est lui ; méfio cein ke dera, je 

ne sais ce qu'il dira. 
MEGNARD, s. m. Petit garçon pleureur, enfant gâté. 
MEGNOT, MINOT, MENO, MENOU, MINAU, s. m. Petit garçon. L. 

minor. (Fribourg.) 
MEGNOTTA, MINOTTA, s. f. Petite fille. (Fribourg.) 
MEHLLA, MEKLLA, v. Mêler. L. misceo. 

MEHLLO, MEKLO, s. m. Blé mélangé; mélange, pêle-mêle. (Vaud.) 
3IEHLL0N-MÉCLETTA, loc. adv. Pêle-mêle, confusément. On dit 

miclon-micletle, dans le français populaire vaudois. 
MEI, MAI, s. f. Miel; millet. Voy. me 
MEIMBRAIHI, v. Se démener, suer sang et eau, se donner mille 

peines. (Alpes.) 
MEIMBRO, s. m. Membre; caveau pour garder le fromage. 
MEIN, MAINNA, pron. poss. Mien, mienne. Lu mein, le mien; la 

mainna, la mienne. 
MEI>'CHE, s. f. Sorte de spectacle public, représentation théâtrale, 

jeux de bateleurs. (Genève.) 
MEINDREMEIN, adv. Moins. 
5IEINDR0, A, adj. Moindre; maigre, fluet, valétudinaire. 

MEINDROLET, s. m. C'est le diminutif du mot précédent; il se dit 
des petits enfants. 

MEINERO, s. m. Valet de justice qui amène les prisonniers devant 
le tribunal. Ce mot se trouve dans le Plaid général de Lausanne. 
— Meinour, id. 

MEINNA, s. f. Clef de haie, clôture, porte d'un sentier. (Fribourg.) 

Voy. CLÉDAK. 

MEINTHA, s. f. Diverses espèces de menthe. 

MEINTHERI, MEINTERIA, MEINTHA, MELNTIIIA, s. /. Mensonge, 
menterie. Sein la meinta, sans mentir. 



2M M EN 

MEINTHI, MEINTRE, v. Mentir. Part., meintu. T'ein a meintu ou 
meinthu, tu en as menti. — Djaiillhi, djanlla, id. 

MEINTHIAU, MEINTHIAUSA, adj. Menteur, menteuse. — Djan- 
llhau, djanllheu, sa, id. 

MEINTHOIRE, s. f. Tronc d'arbre resté en terre après qu'on a 
abattu l'arbre. — Mantoire, id. (Val d'Illiez.) 

MEIRE, s. f. Dépôt visqueux que forme le vinaigre. On dit en par- 
lant d'une femme : Ua la meire détrakaie, elle est incommodée, 
elle a un dérangement de santé occasionné par la bile. (Vaud.) 

MEJAN^ s. m. Arbitre, médiateur. — Mean, id. (Documents de 
1379. Fribourg.) 

MÉLANCOLIA (se), v. S'attrister, sinquiéter. 

MELE, adj. numér. Mille. 

MÊLÉ, s. f. Pomme sauvage, nèfle. En ce dernier sens, on dit 

plus souvent niblla. Gr. pv!)iK, p-^),ov. 
MÉLEI, s. m. Pommier sauvage, néflier. — Meletzi, id. Gr. ^riUx, 

MELHON, MILLON, s. m. Moellon, débris de murs, fragments de 

pierres brisées. 
MELLHAU, RA, adj. Meilleur, meilleure. L. melior. 
MELLHAURA, v. Améliorer; engraisser; changer en bien. 

MELLHERIN, s. m. Petit grain de raisin qui sèche sans venir à 
maturité; maladie de la vigne. (Vaud.) 

MÊME, s. f. Mère, maman. (Evêché de Bâle.) 

MENA, V. Mener; danser; jouer d'un instrument; se dit d'une va- 
che qui demande le taureau, et, par plaisanterie, d'une fille qui 
cherche un mari. 
Mena à bet, agir économiquement, venir à bout. (Val d'Illiez.) 
Mena à l'outô, mener une fille au cabaret pour lui parler de 
mariage. (Valais.) 
Mena dïé. Voy. dié. 

MENAU, MENANTHO, s. m. Vieillard. C'est un nom honorifique 
qu'on donne aux anciens du peuple. Voy. anthou. (Pays-d'En- 
"haut.) 



MER 245 

MENEINA, s. /. Petite main d'enfant. Diminutif de mav, main. 
MENET^s. w. ; MINETTA, s. f. Petit chat, petite chatte; se dit 

aussi de la tête cotonneuse de la linaigretle et des chatons du 

saule. — Minon, menon, id. 
MENÉTRAI, s. m. Joueur de violon, ménétrier qui fait dansfir. 

V. Fr. ménestrel. 
MENIS, s. m. Espèce de filet de pêche. (Genève.) 
MENISCHTRO, s. m. Pasteur d'une paroisse réformée. Menischtra, 

la femme du pasteur. Fr. îiiinistre. 
MENOLET, MINOLET, s. m. Petit garçon. Diminutif de megnot. L. 

minor. (Fribourg.) 

MENPLLATRO, s. m. Menthe sauvage, Mentha sykestris. (Bcx..) 

MÉRA, s. f. Trace de couleur dans un liquide; pâleur, teint pâle. 
(Pays-d'Enhaut.) 

MÉRÂ, V. Faire une étoffe rayée. 

MERAHLLO, s. m. Miracle, prodige. 

MÉRAMEIN, adv. Vraiment, exactement. L. mère. (Pays-d'Enhaut.) 

MERDAU, MEIRDAUSA, adj. Embrené, merdeux. La racine merda 
n'a point changé en passant du latin dans nos patois, où elle est 
devenue une fréquente interjection de mépris, une réponse of- 
fensante et négative à une proposition qui déplaît, à un raison- 
nement impératif, à une réprimande méritée. Les gens grossiers 
ont souvent ce mot à la bouche dans leurs disputes, et même 
dans leurs discussions conjugales où merda por tè (pour toi) est 
souvent la péremptoire et uUima ratio. 

MÉRECHAN, MERCHAN, s. m. Amant, galant qui marche pendant 
la nuit pour aller courtiser sa belle. C. mercheta, faire l'amour. 
Voy. Conservateur suisse, tome IV, page 191. (Gruyère.) 

MÉRÉDI, s. m. Le grand raifort, Cochlearia Armoracia. — Méréthi, 
id. — (AU. meerretlig. — N. de l'éd.) 

MERI, MIRA, V. Se mirer, se regarder au miroir; viser au bot. 

MERIAU, s. m. Miroir; lunette d'approche; nom disiinctif qu'on 
donne fréquemment aux vaches, ainsi que ceux de molaila (qui 



246 MES 

a une étoile au front), et de djallhe (dont le manteau est semé 

de taches blanches). (Alpes.) 
MERIOLA, MIRIOLA, adj. Marqué de taches blanches. (Pays-d'En- 

haut.) 
MERIOLET, s. m. Petit miroir; vermillon des joues, fard naturel. 
MERKORET, s. m. Mercuriale, Mercurialis annna et perennis. 
MERLAI, s. m. Fourré peuplé de merles. 
MERLA-TZÔNA, s. f. Populage, Caltlia palusiris, plante renoncu- 

lacée. (Château-d'Œx.) 
MERLETTA, s. f. Vase de bois où l'on tient le sel et la farine pour 

la cuisine. (Pays-d'Enhaut.) 
MERLOT, MAIRLOT, s. m. Merle. L. merula. 
MERLOT, s. m. Renoncule à feuilles d'aconit, Ranunculus aconiti- 

folivs. (Bex.) 
MERMEDJAU, MERMEHLLAU, SA, adj. Querelleur, acariâtre, 

susceptible. 
MERMED.TI, MERMIDJI, v. Se quereller; se dépiter; se faire en- 

dêver mutuellement; avoir des démangeaisons. 
MERMET, TA, adj. Galeux, rogneux, teigneux. — Mermou, id. 

Voy. fiONFN. (Genève.) 
MÉRO, A, adj. Vrai, ressemblant. L. merus, pur. L'è to méro lli, 

c'est parfaitement lui, dit-on d'un portrait ressemblant. 
MÉRO, MÉRAMEIN, adv. Vraiment, exactement. 
MERVEILLE, s. f. pi. Fritures de pâte, crêpes. (Vaud.) 
MESCHA, V. Crever, périr. (Jura.) 

MESCHOIR, V. Mésarriver; tomber; mourir. — Mescha, id. (Fri- 
bourg.) 

MESHUI, adv. Ce jour-ci, aujourd'hui. 

MESSA, s. f. La messe, 

MESSADJI, V. Faire un message; inviter à un enterrement. 

MESSADJl, s. m. Messager, prieur de convoi funèbre. 

Messadji d'au Rodomont, messager de Rougemont, façon hon- 
nête des femmes pour parler de leurs mois. (Pays-d'Enhaut.) 



MEZ 247 

MESSALEI, MUSSELEI, s. 7«. Garde-champètre. — Messelier, id. 
L. messis; G. messa, garder les troupeaux. 

MESSON, s. f. pi. La moisson. N'ain fé le messon, nous avons fait 
la moisson. 

MESSONDJE, s. m. Mensonge, fausseté. (Pays-d'Enhaut.) 

MESSONDJl, IRA, adj. Menteur d'habitude, juré menteur. (Pays- 
d'Enhaut.) 

MÉSUS, s. m. Abus. (Mot encore usité dans les actes en 1570.) 

METEGA, V. Traiter avec douceur, choyer, tenir avec précaution 
un objet délicat; faire sa cour par intérêt; déterminer à l'amia- 
ble la portion du bien commun qui revient à chacun des héri- 
tiers. L. mitigare. (Alpes.) 

METEGUET, s. m. Homme doucereux, minutieux, lambin. 

METHA, V. Devenir fou, sortir des bornes de la raison. C.meatha, 
lâche, faible. (Val d'IUiez.) 

MÉTRALIA, s. f. Ancienne division territoriale de la commune du 
Châtelard. 

METRO, s. m. Huissier; gouverneur de certains villages avant l'é- 
mancipation du pays de Vaud. — Métrai, id. C'est le minisiralis 
des chartes du moyen âge. — Metroda, femme du métro. 

METHO, s. m. Salamandre jaune et noire. (Montreux.) 

METSANCE, METCHANCE, s. f. Mauvaise chance, malédiction, 
le nœud de la difficulté. La metsance ! interjection de dépit. L'a 
la metchance, il a le diable au corps; sarai bein la metsance, ce 
serait bien le diable. 

METSCHA, METZE, s. f. Miche de pain, chanteau, L. mica. 

METSCHEIN, TA, adj. Méchant, cruel, difficile à conduire. Le met- 
chein, le malin, le méchant; c'est un des noms du diable. (Jura.) 

MEUREULLHI, V. S'engourdir pendant l'hiver, transir; se dit de 
la marmotte, etc. (Valais.) 

MEUTHA, i'. Ballotter, lutter. G. meutein, s'ébattre. (Val d'illiez.) 

MEUTI, MEUTELEI, s. w. Museau. (Kvêché de Bâle.) 

MÉZANDJE, s. f. Courant dans le lac Léman. — Lardaira, id. (Ge- 
nève.) 



248 MIN 

MEZE, MEZALLA, adj. Ladre; se dit des porcs. C. mazell, id. L. 
maie sanus. 

MI, s. m. Perche autour de laquelle on forme une meule de foin ; 
but des joueurs au palet. (Alpes.) 

MI, adj. Demi, à moitié. Il est toujours suivi d'un mot : mi an, de- 
mi-an; midjor, midjeur, midzo, midi; miné, minuit; miheinver, 
à la moitié de l'hiver; à mi-mont, à moitié mont, à mi-côte; 
mi-oût, mi-août; mi termo, à la moitié du délai fixé; mi tsaulein, 
à la moitié de la belle saison, du temps chaud ; à mi lé, au mi- 
lieu du lac, à mi-lac. 

MÎ, adv. Mieux, Gi^o ml, beaucoup mieux. Dans le Jura, mié. 

MIA, s. f. Amie, bonne amie. Ma mia, ma mie; terme d'amitié. 

MIDJI, V. Voy. MEDJi. 

MIDZANNA, s. f. Peau mince de l'intérieur du soulier. (Pays-d'En- 
haut.) 

MIE, MIÈ, adv. Pas, point, nullement; peu usité. Ne m'ein tschau 
miè, je ne m'en soucie pas. 

MIET, MIETTA, adj. Mien; cher, tendrement aimé. — Voy. biet. 

MIETTA, s. /. Miette. — Miouta, id. 

MIETTÂ. V. Emietter, réduire en miettes. 

MIGNOTISA, s. f. Mignardise; joli petit meuble. 

MILAI, s. m. Littéralement, mi lac; c'est le nom que porte l'île de 
Saint-Pierre au lac de Bienne dans les plus anciens documents 
qui en font mention. 

MILANNA, s. f. Etoffe moitié laine, moitié fil. (Vaud.) — On dit 
milaine, dans le français vaudois. 

MILKEINTON, s. m. Blanchaille, fretin, petites perches. (Léman.) 

MILLEPERTE, s. m. Millepertuis, Hypericum perforatum. 

MIMERO, s. m. Numéro. Mimerolta, numéroter. 

MÎMO, MIMA, adj. et pi^on. Même. E-mîma, elle-même; sè-mîmo, 
soi-même. 

MINABLLO, A, adj. Misérable, digne de pitié, pauvre, gueux. 
(Montreux.) 



MIT 249 

MINADJI, MEINADJI, RA, adj. Ménager, économe, rangé dans ses 
affaires. 

MINADJI, V. Ménager, épargner, économiser. — Mcinadzi, id. 

MINADJO, s. m. Ménage; économie domestique. (Genève.) 

MIO, A, adj. Voy. ryeï. 

MIONNA, s. f. Femme qui se plaint sans cesse; femme grondeuse, 
toujours de mauvaise humeur. (Vaud.) 

MIONNA, s. f. Ruisseau du district d"Oron. (Vaud.) 

MIONNÀ, MIOUNNÀ, t\ Gronder; ennuyer de ses plaintes; miau- 
ler. 

MIONNERI, DA, adj. Grondeur, acariâtre, qui se plaint sans cesse. 

MIONNETA, s. f. Petite fille qui pleure ou boude à tout moment. 

MIOT, MIO, pron. poss. masc. sing. Le mien. Meia^, maia, la mienne. 

MIOTISA, s. f. Le thym, plante labiée. — Mignotisa, id. (Coppet.) 

MIRAL, s. m. Ancienne mesure du Pays de Vaud, d'environ trois 
bouteilles ou un pot et demi. 

MIRIHI, V. Tenir dans ses mains un animal (un chat, par exemple) 
pour le caresser. C. iniret. — Ce mot signifie aussi garder, met- 
tre à couvert. — Milihi, id. L. inilis. (Val d'Illiez.) 

MIS, s. m. Petit morceau de métal, bouton ou autre bagatelle dont 
les enfants font leurs enjeux, faute de monnaie. (Moudon.) 

MISA, s. f. Vente aux enchères. Mise, dans le français populaire 
vaudois. 

MISA, V. Mettre à l'enchère. Miser, dans le français vaudois. 

MISIAU, s. m. Enchérisseur. Miseur, dans le français vaudois. 

MISTIFLE, MISTIFLET, s. m. Petit-maître qui fait l'important. 
AU. mistfinck, vilain, crasseux; sot, impertinent. (Lausanne.) 

MITA, MITTA, s. f. Gant de femme fait de soie. PI., mitte. 

MITANNA, METANNE, s. f. Gant d'homme fait de laine. 

MITENANDRE, s. /. Suite, cortège, séquelle. Ail. miteinander, en- 
semble, (Vaud.) 

MITIHI, MIRIHI, V. Mitonner, traiter avec douceur, fiatter. L. mitis. 
(Bas-Valais.) 



250 MO 

MITOUNNA, V. Caresser, choyer, faire sa cour, mitonner, faire 

cuire à petit feu. 
MITRA, MÉTRA, s. f.; METRO, s. m. Sorte de seilleau de bois, 
ayant une anse de côté et servant à divers usages. Gr. pisr/jov, 
mensura. (Alpes.) 
MI-TSCHAUTEIN, MI-TSAUTEIN, s. f. Fête de la mi-été sur les 

Alpes. 
MITTA, MIOUTA, s. f. Miette. Bailli nCein na milta, donnez-m'en 

un petit morceau. L. mica. 
MO, MA, s. m. Mal. M'ein fd mû, il m'en fait mal, j'en ai pitié. 

Grô-mô, haut mal, épilepsie, mal caduc. (Vaud.) 

Mo d'einfan, mal d'enfant; se dit d'une femme en mal d'enfant. 

Mo ei dein, mal de dents. 

Mo ei meimbro, rhumatisme. 
MO, adv. Mal. L'è hein mô , il est bien mal. Mo entre en composi- 
tion dans une foule de mots ou de locutions. 

Mô-batzi, s. m. Mal baptisé, mal nommé; comme un fripon 
dont le prénom serait Juste. 

Mô bé, mô bi, loc. adv. Littéralement, mal clair, pas clair. 
Veio mô bé, je n'y vois pas bien, je n'y vois guère. 

Mû-bou, s. m. Mauvais bois, forêt difficile à exploiter. (La Côte.) 

Mô-cller, s. m. Ignorant, qui ne sait pas lire. L. malus clericus. 
(V. Fr. mauclerc. — N. de l'éd.) 

Mô-couert, mal couvert, mal habillé, pauvrement vêtu. L'ab- 
bahi dei mô-couerl, nom primitif de l'Abbaye des vignerons. 
(Vevey.) 

Mô-coumoudo, a, adj. Malaisé, incommodé, herniaire, déhanché. 

Mô-desein, ta, adj. Médisant, calomniateur, méchante langue. 
(Vaud.) 

Mô-djeur, s. m. Jour malheureux ; expression tombée en dé- 
suétude. 

Mô-drai, adj. Courbe, courbé ; mot à mot, mal droit. 

Mô fé, loc. adj. et adv. Mal fait, mal. L'è bin mô fé, c'est bien 
mal, c'est bien mal fait. 

Môgrà ou maugrâ, prép. et adv. De mauvais gré, malgré. 

Maugréan, s. m. Jureur, blasphémateur. Fr. maugréer. (Vaud.) 



MOD 251 

Mô'l'adrai, flrf;. et arfr. Maladroit, gauche; maladroitement, 
gauchement. 

Môlaisi, a, adj. Malaisé ; perclus, impotent, déhanché. — Mô- 
coumoudo, id. 

Mô-V apprai, sa, adj. Mal-appris, mal élevé. 

Mô-lava, ahie, adj. Mal lavé, malpropre, sale. 

Mônet, ta, adj. Mal net, sale. 

Mônet, s. m.; ynonekia, s. f. Saleté, immondices, ordure, mau- 
vaise herbe dans un jardin. On dit proverbialement en parlant 
du terrain : To mônet fa grasset, tout ce qui est sale engraisse. 
(Vaud.) 

Môpar, adj. Impair. 

Môpar, s. m. Piège à prendre les rats. 

Môpas ou maupas, s. m. Mauvais chemin, passage dangereux; 
nom de plusieurs localités. (Vaud.) 

Môperte, s. m. Mauvais perttiis, mauvais pas dans un précipice, 
passage périlleux (Alpes). — (C'est le vieux français maupertuis. 
— N. de l'éd.) 

Môpra, s. m. Mauvais pré ; pièce de terre stérile, sans valeur. 
(Echallens.) 

Môvesi, s. m. Mauvais voisin. — C'est le Mauvoisin, montagne 
d'où est provenue la débâcle de Bagnes en 1818. (Voy. Conserva- 
teur suisse, tome IX, Fragment sur Martigny et la vallée de 
Bagnes.) 
MODÂ, V. AUer^ partir. Moda vito seihi, va vite faucher. 
MÔDA ou MAUDA, MÔTHA, MOÙTA, s. f. Moût. 
MODJA, MODZE, MOSA, MOJE, MOUZE, s. f. Génisse. Gr. pôç/.o,-, 
veau, génisse. 

MODJENAIRE, MOZENAIRA, s. f. Montagne où l'un ne met que du 
jeune bétail, comme veaux, génisses, poulains, chevreaux. 

MODJON, MODZON, s. m. Veau. — Dans le siècle dernier, le haut 
clergé de Lausanne appelait modjons les pasteurs de campagne; 
ceux-ci, en revanche, appelaient les ministres de la ville berou, 
béliers. 

MODJOUNAI, s. m. Berger de génisses, de veaux. (Alpes.) 



252 MOL 

MODJOUNET, s. m. Petit veau; jeune garçon indocile, récalcitrant, 
étourdi. (Alpes.) 

MÔDUAMEIN, adv. Mal à propos, inutilement. (Gruyère.) 

MODZI, MONDJI, V. Emonder, tailler. L. mundo, nettoyer. 

MOER, MOUER, MOR, s. f. La mort. 

MOFIA (sè), V. Se méfier^ se défier. Mè méfio dé ci l'hommo, je me 
méfie de cet homme. Voy. méfio. 

MOIA, MAÏA, s. f. Petit tas de foin sur le pré, veillotte. 

MOION, MOÏA, adj. Grondeur, boudeur, qui fait la moue. (Entre- 
mont.) 

MOITERESSA, s. f. On dit ; Preindre on vignoladjo à la moiteresse, 
se charger par contrat de la culture de vignes dont le produit 
est moitié au possesseur du sol, moitié au vigneron. A Neuchâtel, 
on appelle vignes moiteresses les vignes cultivées sous ces condi- 
tions. (Vaud, Neuchâtel.) 

MOIZE, s. f. Nourrice. (Evêché de Bâle.) 

MOKÂ^ (sè), V. Se moquer. 

MOKAHIE, s. f. Moquerie. Sein la mokahie, je ne me moque pas, 
je parle sérieusement. 

MOKAT, s. m. Moucheron. L. musca, mouche. (Bas-Valais.) 

MOKERAN, MOKERANDA, adj. Moqueur d'habitude qui se moque 
de tout le monde. 

MOKKA, s. f. Morve. 

MOKKAU, SA, adj. Morveux, morveuse; petit drôle. (Fribourg.) 

MOKLLA, MOKLLAR, s. m. Hameçon. (Vaud.) 

MOLA, V. Aiguiser ; danser ; baiser. C. meuli, flatter. — Emola, id. 

MOLAIN, s. m. Couche laborieuse, mauvaise suite de couches. 
(Montreux.) 

MOLAISI, adj. Voy. afflledzi. 

MOLAN, s. m. Vent d'est qui souffle souvent sur le lac Léman. 

MOLAN, s. m. Gros bouton de gale à la tête, dans les cheveux. 
(Vaud.) 

MOLAR, MOLLAN, s. m. Grand monceau de pierres; pierres amon- 



MON 253 

celées dont on a débarrassé un terrain. L. moles. Voy. mouhguet. 

(Vaud.) 
MOLARE, s. m. Aiguiseur, gagne-petit, rémouleur. 
MOLASSA, s. f. Grès tendre qui durcit à l'air, employé à bâtir et 

à faire des poêles. (Lausanne.) 
MOLETTA, s. m. Petite pierre à aiguiser dont le faucheur se sert. 

(Yaud.) 
MOLLE, s. /. Etat de lassitude qui empêche de travailler ou de 

s'occuper, surtout le lendemain d'une fête. (Genève, Lausanne.) 
MOLLHE, s. f. pi. Prés marécageux. (Jorat.) 
MOLLHI, V. Mouiller, Mè mollho fer, je me mouille beaucoup. 
MOLLHON, MOLON, s. m. Petit morceau, mouillette. (Bas-Valais.) 
MOLLHON, MOUILLON, s. m. Humidité, eau répandue. 
MOLLHON, s. m. Gourmand, amateur de bons morceaux. (Moudon.) 

MOMMLAU, MOMMER, s. m. Railleur; charlatan en 1640; faiseur 
de charmes magiques. — Tsarmiau, id. — De là le nom de mô- 
miers que le peuple donne aux méthodistes. 

MÔMÔ, s. m. Epouvantail d'enfant, fantôme. Gr. ^wm-,. En bas 
breton, momou signifie ami de noce, paranymphe. 

MONATIBLLO, A, arfj. Léger, meuble, se dit du terrain. (Fribourg.) 

MONDA, V. Nettoyer le blé, teiller le chanvre, monder. L. mundo. 
(Val d'IUiez.) 

MONDESEI, MAUDESEI, interj. Maudit soit. (Pays-d'Enhaut.) 

MONNEI, MOUNI, s. m. Meunier. Monneira, mounira, Meunière. 

MONNEIRA, MONERESSE, s. f. Biez on chenal d'un moulin. 

MONNERETTA, s. f. Mésange de la plus petite espèce. (Jorat.) 

MONNON, s. /. Fille sotte, maussade, de mauvaise grâce. C. monnyn, 
qui a un visage désagréable. Voy. matoke, niauka. 

MONSU^ s. m. Monsieur. C'est le nom générique des orchidées. 
Monsu de velau , monsieur de velours, ophrys bourdon, Ophrys 
arachnites. (Montreux.) 

MONTA, s. f. Sorte de filet pour la pêche. (Léman.) 



254 MOR 

MONTA, V. Monter, couvrir une femelle; se dit du taureau, de 

l'étalon. 
MONTAGNETTA, s. /. Petite montagne. 
MONTAGNON, s. m. Montagnard, habitant des montagnes. (Neu- 

châtel.) 
MONTAHIE, s. f. Montée, rampe de chemin. i-» 

MONTAN, MONTAIN, s. m. Pinson d'ardenne ou de montagne. 

(Jura.) 
MONTET, s. m. Petit mont, colline. 
MOR, MO, MOUR, s. m. Museau, mufle, gueule d'animal, visage 

laid, bouche. Va tè panna lo mor, va t'essuyer le visage. G. mor- 

tete, visage, chef. — Mohai, id. (Gruyère.) 
MORAINA^ s. f. Amas de débris de roches qui borde les côtés ou 

le pied des glaciers. C. moran, tas. (Alpes.) 
MORALLHA, s. f. Mur, muraille. — Mourallhe, id. 
MORATHA, s. f. Nez des chevaux, des vaches. De mor. 
MORATHI, MORETHI, v. Lier le nez des chevaux, des bœufs, des 

vaches ; ou le serrer avec un fer pour les forcer à se tenir tran- 
quilles. 
MORBIER, s. m. Horloge grossièrement construite. (Genève.) 
MORDJU, MORDZU, MORDHI, MERDJI, s. m. Monceau de pierres. 

En hébreu, margemah signifie un monceau de pierres consacré 

à Mercure. (Alpes.) Voy. morgié, molar. 
MOREL, adj. Noir. Il se disait du manteau d'un cheval. 
MORET, MURET, s. m. Petit mur. 
MORETTA, s. f. Scrophulaire, Scrophularia nodosa. (Château- 

d'Œx.) 
MORGIÉ, MORDJI, MOURGUET, s. m. Monceau de pierres, pierres 

amoncelées. Voy. mordju, molar. 
MORIANDA, s. /. Vieille femme désagréable dont on désire la 

mort. (Entremont.) 
MORIANNA^ s. f. Epidémie, contagion, mortalité. (Lausanne.) 
MORON, MOURON, s. m. Morgeline, mouron des oiseaux, plante 

caryophyllée. 



MOT 255 

MORSA, s. f. Bouchée. Voy. moueir. 

MORSALLA , r. Morceler, meilre en morceaux, en pièces. — 

Ebreka, id. 
MORTAI, s. m. Mortier à piler. 
MORTEI, s. m. Mortier à bâtir. 
MORVIER, odj. Morveux. On donnait ce nom aux pestiférés de 

Genève, en 1528. — Morbier, id. L. inorbus. 
MORZET, s. m. Coin pour fixer une pièce de bois. (Alpes.) 
MOSSE, s. f. pi. Vallée marécageuse. C. monés, humide. (Ormonts.) 
MOSSETTE, s. f. pi. Diminutif du mot précédent, petit vallon ma- 
récageux. (Pays-d'Enhaut.) 
MOSSIAU, adj. Humide, plein de mousses. 
MOTAILA, s. f. Lotte, Gndus Lotta. L. mmtella, belette. (Léman.) 
MOTAILA, s. /. Vache qui a une étoile blanche au front. 
MOTEINTZE, s. /■. Femme maudite, sorcière. C'est une injure. 

(Jura.) 
MOTELLA, AHIE, adj. Qui a une étoile blanche au front ; se dit 

des vaches. 
MOTELLETTA, s. f. Belette, hermine des Alpes, roselet. L. mmtella. 
MOTHA, s. f. Motte de terre; éminence sur laquelle il y a un 

ancien castel ; plate-forme au-dessus du four banal; motte de tan. 
MOTHI, s. m. Temple, église. C'est le français moutier. (Vaud.) 
MOTSA, MOTSCHA, s. f. Mouche. 
MOTSCHA, MOTSCHAHIE, MOTSCHIA, s. f. Coup donné sur la 

joue, soufïlet. 
MOTSCHA, s. f. Lampe à huile. 
MOTSCHA-TSANDAILA, s. f. Mouchettes. 
MOTSCHET, TA, adj. Humilié, confus, déconcerté. — Monts, id. 

(^'aud.) 
MOTSCHET, s. m. Mèche de lampe; houppe; troupe de gens 

assemblés nu en marche. 
MOTSCHETTA, s. /. Allumette. — Soppretta, id. 
MOTSET, s. m. Epervier, autour, Falco palumbarius ; en général. 



256 MOU 

tout oiseau de proie qui attaque les oiseaux de basse-cour. C'est 

le français émouchet. 
MOTSI, MOTSCHI, v. Moucher. 
MOTSIAU, MOTSCHIAU, MOCHIAU, s. m. Mouchoir de poche; 

mouchoir de cou, fichu. 
MOTSON, s. m. Bout de chandelle, bout de mèche; petit tas de 

foin. 
MOTSOUNET, s. m. Bout d'une souche d'arbre. (Aigle.) 
MOTTA, s. f. Grand fromage gras. (Alpes.) 
MOTTET, s. m. Espèce de froment à épi court et émoussé et à 

petites barbes. (Villeneuve.) 
MOTTETTA, s. f. Diminutif de motta, petit fromage maigre. (Alpes.) 
MOU, pron. poss. sing. et pi. Mon, mes. (Jura.) 
MOU, MOUILLON, s. m. Humidité, mouillure. 
MOU, MOUVA, adj. Mouillé, trempé de pluie, humide. C. moues, 

humide. 
MOUA, MOUAI, adj. Voy. mouert. 
MOUA, r. Mettre de petites branches de sapin ou des tiges de po- 

lypode à l'orifice du vase à filtrer le lait. (Alpes.) 
MOUAIDRE, V. Traire les vaches. (Val d'Illiez.) 
MOUAINA, s. f. Mésange bleue. (Valais.) 

MOUAINETTA, s. f. Religieuse, nonnain; mésange charbonnière. 
(Vallée de Joux.) 

MOUAINO, s. m. Moine, bassinoire. (Lausanne.) 

MOUAIRA, s. f. Saumure. L. muria. 

MOUAIRETTA, s. f. Tamis pour passer le sel destiné à la salaison 
des fromages. (Alpes.) 

MOUAIRI, V. Saler avec excès, outre mesure. 

MOUAIRO, A, adj. Trop salé. (Vaud.) 

MOUAISON, MAISON, s. m. Maison. 

MOUDA, s. f. Mode, façon d'agir, 

MOUE, adj. Sale, malpropre. (Jura.) 



MOU 257 

MOUE, MOUI, MOÉ, s. m. Monceau, tas. Tôt eia onmour, p(Me-môle. 

(La vaux.) 
MOUEIR, s. m. : MOUAIRSA, s. {. Morceau qu'on détache en mor- 
dant, bouchée. 
MOUELLÉ, s. m. Ce mot ne se dit qu'en parlant d'un coin fort 

reculé des Ormonts, appelé la pierre duMouellé. C. moell, chauve. 

Ce serait le rocher sans arbre ni verdure, le roc chauve. 
MOUERDRE, v. Mordre. Part, passé, morzu. 
MOUERDZA, s. f. Crasse épaisse qui se forme sur le fromage. — 

Couenna, id. (Alpes.) . 
MOUERT, MOUERTA, ndj. Mort, décédé. — Clouai, moun, id. 
MOUET, s. m. Même sons que monerdza. (Valais.) 
MOUET, s. m. Mulet (Bagnes). — Muel, id. 
MOUETTA, MUETTA, s. /. Gosier, épiglotte, luette. 
MOUETTÀ, MOUATTÂ, v. S'agiter avec feu, se démener. L. motui. 

(Dagnes.) 
MOUCiET, s. m. Lilas, Syringa vuUjaris. — Mourr/iiet, id., dans le 

Jorat. 
MOUGNON, s. m.. Moignon. 
MOULA, V. Mollir, faiblir, céder; mettre les bûches dans le moulo 

pour vérifier la mesure ; quitter la partie en laissant son enjeu. 

— Moula, id. 

MOULART. La partie de la Côte entre Mont et Begnins. (Yaud.) 
MOULO, s. m. Mesure de 25 pieds cubes pour vendre le bois à 

brûler. 
MOULTALENT, subst. Colère, vengeance. (Vieux actes; 1290.) 
MOUMA, s. f. Fille sotte, niaise, imbécile, qui ne sait s'y prendre. 

— NioJia, id. (Vaud.) 

MOUNI, s. m. Le taureau d'un troupeau (Alpes). — (Mouni, dans 
la même acception, se dit aussi dans la Suisse allemande. — 
N. de l'éd.) 

MOUNIHA, s. f. Monnaie, argent de poche. 

MOURDJET, s. m. Vent soufflant de Morges pour ceux de la côte 
de Savoie. (Léman.) 

NÉM. ET DOCUM. XXI. 17 



258 MOU 

MOURFAIN, s. m. Maçon. L. murum faciens. 

MOURGUE, MOURGATTEI, s. m. Sobriquet des habitants d'Ormont- 
dessus. Vient-il de murais, nom que les Gaulois donnaient à 
ceux qui se coupaient le pouce pour ne pas aller à la guerre? 

MOURGUET, s. m. Tas de pierres. — Molar, morgié, mordju, id. 

MOURGUET, s. m. Muguet, Convallaria maialis. — Movguet, id. 

MOURTHIOU, s. m. Nom patois de la paroisse de Montreux, dont 
les habitants s'appellent Mouteran, na ; Mouterein, na. 

MOURTIOU, adj. Fatigué, las, harassé, brisé de fatigue. — Laniat, 
Mafi, id. 

MOUSA, MEUSA, MUSA, MOSA, v. Penser, réfléchir, présumer. 
Mè mouso ke, j'estime que, je me doute que. C'est le vieux fran- 
çais muser. C. mussa, épier. 

MOUSET, MUSET, s. m. Musaraigne. C'est aussi un terme injurieux. 
L. mus. 

MOUSKA, MUSCA, v. Boire trop de vin, s'enivrer. 

MOUSSI,MUSSI, MOUCHI, MOCHI, i'. Se coucher. Il ne se dit 
guères que du soleil : Lo sélau è mussi, le soleil est couché 
(Vaud). — (C'est le vieux français musser. — N. de l'éd.) — 
Dans quelques localités, ce mot signifie aussi s'égarer, perdre le 
chemin. 

MOUSSON, s. m. Veste d'homme, gilet. (Valais.) 

MOUSTETZU, s. m. Homme qui porte des moustaches. — Mous- 

thezu, id. (Pays-d'Enhaut.) 
MOUTAILA, MOUSTACHE, s. f. Loche franche, Cobitis Barbatula. 
MOUTHETHI, v. S'agiter pour peu de chose, faire des mouvements 

précipités, se démener. (Alpes.) 
MOUTRA, 5. f. Montre de poche ; échantillon de marchandise. 
MOUTRÀ, MOTTRÀ, MONTRA, v. Montrer, apprendre à quelqu'un. 
MOUTRI, V. Meurtrir, blesser, assassiner. 
MOUTS, adj. Désappointé, confus. — Capot, id. L. moestns. — (Ce 

doit être le même mot que moutzo, moutz ; voir plus bas. — N. 

de l'éd.) 
MOUTSCH, s. m. Sorte de jeu de Cartes. — Moutz, id. 



N 25^ 

MOUTZ, s. m. Bouillie de cerises ou de prunes préparée avec de la 
farine et du beurre. L. Tmistum. — Cein-nei, id. (Pays-d'Enhaut.) 

MOUTZO;, A. adj. Mutilé de la queue ou des oreilles, confus, taci- 
turne, parlant peu (Alpes). — Moiitz, id. — (De l'allemand ber- 
nois niutz, qui a un sens analogue. — N. de l'éd.) 

MOZA, s. /'. Jeune fille; génisse, dans le langage des Pyrénées. 

MUBLLA, s. f. Terre légère, terre meuble. L. mobilis. Voy. mau- 

BLL.\. 

MUDÉ, MUDA, adj. Taciturne, muet. L. mutus. — Muvet, ta, id. 

MUET, MOUET, s. m. Mule, mulet. (Bagnes.) 

MULLA, s. f. Mulet, mule ; femme stérile. (Bagnes.) 

MUNU, s. m. Ventrailles d'une bête de boucherie; boyaux, poumons, 
etc. (Alpes.) 

MURI, V. 3Iourir. Part, passé, moiiert, a ; mort, a, mort, morte. 

MUSKO, A, adj. Brun foncé. — Moiisko, id. (Vaud.) 

MUSSILLHON, MOUSSELLHON, s. m. Moucheron; mousseron, 
espèce de champignon comestible. La Comba au Mussillhon^ ha- 
meau de la vallée du lac de Joux. (Jura.) 

MUTACHON, s. /. Droit de mutation (Vaud). — Lou, id. 

MUTON, s. m. Mouton, brebis, bélier. 

MÛVERAN, s. m. Nom de deux montagnes dans les Alpes de Bex, 
le Grand et le Petit Mûveran. C. muva, lieu où l'on tient les 
vaches. 

MUVET, TA, adj. Muet. 

MUZEIVRO, s. m. L'ellébore fétide, Helleborus fœtidus, plante renon- 
culacée, (Aigle.) 



N 



N', adj. déterm. m. et f. sing. 11 ne s'emploie que devant les voyel- 
les et signifie un, une. N'hommo, un homme; n'ozé, un oiseau; 
tîivra, une cheville. On dit aussi on hommo, on ozé. N' est em- 
ployé pour on, na. Voyez ces mots. 



260 NAV 

NA, adj. déterm. f. sing. Une. Na fenna, une femme. 

NA, adv. Non. Na pa, non pas, au contraire; na fai na, mafaina, 
ma foi non. (Vaud.) 

NÂ, s. m. Voy. naz. 

NABOT, TA, adj. Nain, pygmée; homme ou femme de rien. (Bas- 
Valais.) 

NADDA, adv. Non certes. — Nadon, id. 

NAFION, NAFION-NA, loc. adv. Ma foi non. 

NAI, NEI, s. /. Neige. L. nix. 

N'AN, N'AIN. Contraction de no z'ain, nous avons. Voy. aval 

NAN, s. m. Ruisseau temporaire, écoulement d'eau de pluie (Nyon). 
Ce mot est celtique : nant, ruisseau. — (Nan ou nant se retrouve 
dans les aipes de Bex^ où il est fréquent, et se dit des petits 
torrents permanents ou temporaires : la montagne de Nant, le 
nant d'Ayerne, le nant d'Eusannaz, le nant Rouge. — N. de l'éd.) 

NANE, NANNE, NANAN, s. f. Nom que le petit enfant donne à sa 
bonne, à sa nourrice. (Vaud.) 

NANÉ, NËNÉ, s. m. Sommeil; terme de petit enfant. Fa nêné, 
dors; allein au nêné, allons à la couchette, au berceau. Le fran- 
çais dit : Fais dodo, allons à dodo. 

NANSA, s. f. Nasse, filet à prendre le poisson. C. naza, filet. (Lé- 
man.) 

NANSOIR, s. m. Echafaudage pour placer la nasse, «tt?i5fl. (Valais.) 

NANTILLA, s. /. Voy. neintilla. 

NASCEIN, s. m. Nouveau-né, en parlant des animaux. L. nascens. 
La dîme des nascens ou iiasçans était un droit féodal qui assu- 
rait au seigneur le dixième des veaux, chevreaux, agneaux. 

NAU, adj. numér. Neuf. — Neu, id. 

NAU, NAUVA; NAUVO, A, adj. Neuf, neuve. 

NAU, NA, NAUHA, .s. f. Bateau, bac sur le Rhône. (Valais.) 

NAVATTADJO, s. m.; NAVILLA, s. f. Naulage, gain du batelier. 
(Léman.) 

NAVATTAI, s. m. Batelier, marinier. L. navita. (Léman.) 

NAVETTA, s. f. Brioche, petit pain au lait. (Vaud.) 



NER 261 

NAVIOT, NAHIOT, s. m. Petit hatonu. esquif, nacelle. L. navis. 

Voy. BATTI. 

NAVRA, V. Froisser, blesser, navrer. 

NAZ, NÂ, s. m. Nez. L'a z'u su lo naz, il a eu sur tenez. L. tiasns. 

NAZO, s. m. Nase, Cyprimis Nasus, poisson peu estimé. 

NE, conj. et adv. nég. Ne, ni. Ne fart, non ferai; ne l'an ne l'âtro, 

ni l'un ni l'autre; ne vu, je ne veux pas; ne jm, je ne puis pas. 
NÉ, s. f. Nuit. //(/ ne, ce soir, à la nuit tombante. — Neu, noz, 

dans le Jura. 
NÉAI, s. m. Grand amas de neige, petit glacier. — Névé, id. (Alpes.) 

— On dit névé, dans le français vaudois. 
NEAU, NEHEU, s. m. Neveu. 

NEDAN, NEDON, NEDONDE, NEDANDE, adv. N'est-il pas vrai? 

— Un paysan écrivait à une fille : « Très cher cœur 1 Je vous 
trouve tant jolie, je voudrais vous rechercher en mariage; vous 
m'épouserez, nedande ? » 

NEFA, NEFÉ, adv. Non, non pas; littéralement non fait. 

NEHA, s. f. La quantité de neige tombée. (Pays-d'Enhaut.) 

NÉHI, NEIHI, V. Noyer, se noyer. 

NEIHIE-DJEIN, s. m. Mot à mot noie-gens, petit bateau très dange- 
reux où il ne peut qu'une seule personne (lac de Morat). — Sur 
le lac Léman, on dit noie-chrétien, dans le français populaire. 

NEIHIRA, s. f.; NOHI, s. m. Noyer, Juglans regia. — Nohira, id. 

N'EIN AIN. Contraction fort usitée de no z'cin ain, nous en avons. 

NEINTILLA, s. f. Lentille, Ervu7n Lens. 

NEIR, NEIRA, NEIRE, adj. Noir, sombre. Neirmont, le Noirniont, 
partie du Jura entre le mont Tendre et la Dôle. 

NEIRET, TA, adj. Noiraud, basané, brun foncé. 

NEKET, NIKET, s. m. Un rien, une bagatelle. N'cin baillcré pas on 
niket, je n'en donnerais pas un fétu. 

NÉNÉ, NONO, s. m. Terme enfantin pour dire le sommeil. Fo alla 
nêné, il faut aller dormir. L. nœnia ou nenia, chant soporifique. 
(Vaud.) — Voy. .nané. 

NERÉ, NERET, adv. Non, ce n'est point cela. — Nefa, id. 



262 NIG 

NETHON, NITHON, s. m. Boulette de pâte. (Alpes.) 
NEURA, NORA, s. f. Belle-fille, bru. L. nurus, bru. (Valais.) 
NÉVÉ, s. m. Glacier, espace couvert de neige qui n'a pas fondu ou 

ne fond jamais. (Alpes.) 
NÉVI^ NÉVIA, adj. Neigeux, couvert de neige. Lo scé è tôt névi, le 

rocher est tout blanc de neige. 
NÉVI, NÉVEI, NEHEI, v. Neiger. (Alpes.) 
NEYALLA, NIELLA, GNIELLA, s. f. Lampette des blés, nielle des 

blés, Agrostemma Githago ; nielle des champs, Nigella arvensis. 

C'est aussi la rouille, la carie, maladie des blés. (Vaud.) 
NÉZA, NÉZI, V. Rouir, étendre le lin ou le chanvre pour le rouir. 

— Au Jura, nagi. 
NÉZÉ, NÉZI, adj. Moisi, gâté par l'humidité. AU. nass, humide, 

mouillé. 
NI, GNI, s. m. Nid d'oiseau, cachette. 
NIA, GNIA, V. Nouer, faire un nœud. 

NIAISA, NIAISE, s. f. Querelle, rixe, noise. C. noess, contestation, 
dispute. (Vaud.) 

NIALIN, GNIALEIN, s. m. Temps humide et nébuleux; sommité 
où s'assemblent et séjournent les nuages. De niola, nuage, brouil- 
lard. (Nialm est le nom d'une localité élevée du Jorat, dans la 
commune de Savigny. — N. de l'éd.) 

NIELLA, s. f. Nèfle. 

NIBLLO, s. m. Néflier, Mespilus germanica. 

NIBLLO, s. m. Epervier, oiseau de proie. (Montreux.) 

NIFENIAFFE, s. m. Badaud, butor, barbouillon; terme injurieux. 
(Vaud.) — Gniffegnaffe, id. 

NIFFLA, NIHLLA, v. Respirer une odeur; prendre du tabac, pri- 
ser. 

NIFFLET, s. m. Garçon efféminé, poule mouillée, muscadin, en- 
fant délicat pour le manger. (Genève.) 

NIGUEDOULLHE , s. m. Nigaud, baguenaudier, personne sans 
énergie. (Lausanne.) 



NOM 2G3 

NIHILLHI, V. Faire des riens, baguenauder, flâner. L. nihil. (Fri- 

bourg.) 
NILLHA, NILLE, s. f. Articulation, phalange des doigts, jointure, 

charnière. (Yaud.) 
NILLIIA, *■. f. Vent coulis, vesse. — Nihlla, id. (Bas-Valais.) 
NILLHÂ, V. Vesser. (Bas-Valais.) 

NH.LHON, s. m. Pâte de noix après qu'on en a extrait l'huile. 
NIO, GNIÙ, s. m. Nichet, œuf laissé dans le nid pour rappeler la 

poule. 
NIOD, GNIAU, s. m. Nœud. L. nodus. 
NIOKA, GNIAUKA, s. f. Fille ou femme bête, bornée, stupide, sans 

savoir-faire. (Lausanne.) 
NIOKERI, s. f. Bêtise, balourdise, niaiserie, mauvaise raison. 
NIOLA, GNIOLA, s. f. Nuage, brouillard. PI. niolle. G. nioul. 
NIOLAN, NIOLANNA, adj. Nébuleux, brumeux, obscur. (Vevey.) 

— Nialin, id. 
NION, pron. indéf. Voy. gnion. 
NISSA, s. f. Nièce. 
NITA, NIOTTA, GNIOTA, s. f. Chenil, grabat, cachette, niche. L. 

nidus. (Alpes.) 
NITON, NITOUNA, adj. Malin, fin, rusé; se dit du bétail. C'est 

aussi un des noms adoucis du diable. Voy. ÏEdda. (Pays-d'En- 

haul.) 
NITTON, NITOUNA, adj. Nigaud, simple, borné, niais, sans ruse. 

(Vaud.) 
NO, pron. pers. Nous. No faut moda, il nous faut partir. — On dit 

neu, dans le Jura. 

NOALLA, s. f. Jeune brebis. (Fribourg.) 

NOALLETTA, s. f. Brebiette, agneau. Diminutif du précédent. 

(Fribourg.) 
NOEIMBRO, s. m. Novembre. — Noveimbro, id. 
NOHIRA, s. /. Noyer. Voy. neihira. 
NOMMABLLO, A, adj. La personne qu'on se réserve de nommer 



264. NOU 

dans un terme fixé pour être coacquéreur d'un immeuble. (Vaud.) 
N'ONj adj. déterm. C'est l'adjectif o/i, un, qui s'emploie souvent 
avec un n euphonique, pour éviter l'hiatus. 

Tsacun crayai d'abord eln liein sa grimace, 
K'à n'on verra de vin l'allavè fére pllace. 

Chacun croyait d'abord en voyant sa grimace, qu'à un verre 
de vin il allait faire place. (Lo conto dau Craizu.) 

NONAINTA, NONAjNTA, adj. numér. Quatre-vingt-dix. — On dit 
aussi Jcatro-vin-ghi. 

NONNETTA, NONETTA, s. f. Epeautre, gruau d'épeautre. (Vaud.) 

NORREIN, NORREUN, s. m. Jeune bétail, les élèves d'un troupeau, 
les nourrissons. (Pays-d'Enhaut.) 

NORRI, V. Nourrir, entretenir, élever du bétail. 

NORTZA, NORTZE, NOURTSCHE, s. f. Mauvais génie; sorcière; 
rage ; diable. L'a la nortza, il est enragé; pî ke la nortze, pire 
que le diable ; la mala nortze lo tein, il est possédé du démon. 
Ce mot fort usité, dont on a fait le verbe cinortzi, einnorischi 
(ensorceler), vient peut-être de nome, norœ, qui, dans VEdda, 
signifie fée, magicienne, divinité inférieure tantôt bonne, tantôt 
malfaisante. 

NOSSA, s. f. Petit morceau de pain, de fromage, de viande, bou- 
chée. Se dit aussi pour noce. 

NOSSETTA, s. f. Très petit morceau. Diminutif du précédent. 

NOSSHA, s. /.; NOSSHE, s. f. pi. Noce, noces. 

NOT, NO, s. m. Bassin de fontaine, auge. C. noa, bassin, gouttière. 
(Fribourg.) 

NOTSA, NOTSCHE, s. f. Petite auge, petit bassin. Diminutif du 
précédent. (Fribourg.) 

NOTTA, s. f. Se disait pour allemande, sorte de danse; valse, danse 
en général. 

NOUBLLO, NOUBLLA, adj. Noble. 

NOUNA, s. f. Fille nigaude, niaise, gauche. (Pays-d'Enhaut.) 

NOURMA, NORMA, s. f. Règle. A voutre norma, à votre volonté, 
selon que vous l'entendrez, comme vous voudrez. Ce mot peu 



OBE 265 

usité qui est le norma des latins, se trouve dans une vieilh; 

chanson patoise sur l'escalade de Genève. 
NOUTRO, NOUTRON, NOUTRA, adj. et prou. poss. Notre, le nôtre, 

la nôtre. PI. nontre, noutrè. Noulron thilo, notre rucher; noutra 

modje, notre génisse; noutrc Isan, nos champs; noutrè chxiérè, 

nos sœurs. 
NOVEIMBRO, s. m. Novembre. — Noeimhro, id. 
NOYI, NOVALLA, adj. Nouveau, nouvelle. 

NOVI, NOVÉ, NOÏ, s. m. Nouvelle, bruit qui court. Kain novi, 

quelle nouvelle? Ran de novi, ke satzo, rien de nouveau, que je 

sache. 
NOVIEIN, NOVIEINTA, adj. Aveugle, qui n'y voit pas. L. non vi- 

dens. — No veihien, id. 
NOVION (à), loc. adv. A tâtons, sans y voir, sans lumière. Mè su 

dèvelu à notion, je me suis déshabillé sans lumière. (Vaud.) 
NU, NUA, NUVA, adj. Nu, nue. 
NUBLLO, A, adj. Nébuleux, brumeux, sombre; se dit surtout du 

temps. La tein è nubllo, le temps est couvert. L. nubiliis. (I.a Côte.) 
NUMBLLO, NOMBLLO, s. m. Pièce de vénerie ou de boucherie 

offerte au seigneur par son vassal. (Anciens documents et titres 

féodaux.) L. Inmbvs, rognon; himbi, reins. Yoy. lombloz. (Vaud.) 



LLo-fi 







0, art. Le. (Bagnes.) 

0, 10, adv. Où. Do vein-t-e, d'où vient-il ? lo va-to, où vas-tu ? 

0, OTA; HIO, HIOTA, adj. Haut, élevé, de haut goût. (Pays-d'En- 

haut.) 
OBEAU, AUBOL, s. m. Peuplier blanc; peu usité. (Jura.) 
OBÉBIA. Cri du berger pour appeler les brebis. (Alpes. )^ 
OBELON, s. m. Houblon, Ilumulus Litpulns. 



266 0MB 

OBOR, s. m. Cytise des Alpes, Cytisus alpinus. — Orboé, or boue, 

orbou, id. 
OBREGOUTA, s. f. Sangle de cheval. AH. obergurt, ceinture de 

dessus. Ce mot se dit à la frontière des deux langues. 
OBREGOUTA, v. Sangler un cheval. 

OCHE, s. f. ; OCHON, s. m. Coche, entaille servant de numéro. 
OCHE HO. Cri d'appel pour les porcs. 
ŒLLO, OUILLO, s. m. Huile. L'a tourna s'n œllo, il a répandu son 

huile; c'est-à-dire: il a manqué son projet. C'est une locution 

proverbiale. (Fribourg.) 
ŒUVA, s. f. Laitance, frai, œufs de poisson. — Œuvra, id. (Léman.) 
ŒUVRA, s. f. Etouppes de chanvre, filasse. — Auvra, id. (Vaud.) 
ŒUVRA, V. Travailler, faire un ouvrage, ouvrer. 
OHIENÂ, s. m. pi. Abatis d'oie, ragoût d'oie. 
OHION, s. m. Petite oie, oison. — Ouhion, id. (Jorat.) 
OÏ, OHI, OUAI, VAI, adv. Oui. hai ohi, locution qui revient à 

certainement, pour stlr. 
OÏ-DA, OUAI-DA, VOUAI-DA, adv. Oui certes, assurément, oui-dà. 

Voy. DA. 
OÏU, OZU. Part, passé du verbe oure, entendre. L'é prau ozu, je 

l'ai assez entendu. 
OLIFAN, s. m. Petit cor ou cornet de chasse. (V. st.) 
OLIVA, OLIVETTA, s. f. Primevère, Primula acaulls, etc. (Lau- 
sanne). Voy. GANGUELLIN, TSANDELEI, COCU, CUCU. 

OLLA, OULLHA, EULA, s. f. Marmite, pot de fer. C'est le latin 
olla. (La Côte.) 

OMAGNO, s. m. Vin d'Humagne, sorte de vin du Bas-Valais. (Mar- 
tigny.) 

OMAIN, s. m. Accroissement, augmentation, augment. 

OMBRETTA, s. f. Diminutif du mot suivant. Le refrain d'une an- 
cienne ronde, que j'ai encore entendue chanter, était : 

Et allein lei à l'ombretta, 
Lo seleu no far a mô. 

Et allons-y à l'ombre, le soleil nous fera mal. (Vaud.) 



ORB 267 

OMBRO, OMBRE, s. m. Ombre. (Vaud.) 

OMEIN, OMEINTHE, ORMAINTE, adv. Au moins, au demeurant. 

OMGOLT, OMGELT, s. m. Droit du seigneur qui est perçu sur le 
vin qui entre dans la seigneurie. Ail. ohmgeld. 

ON, ONNA, NA, adj. déterm. Un, une. On valet, un garçon ; na 
fahia, une brebis. Le z'on, le z'enè, les uns, les unes. 

ONDA, s. f. Une fois, au temps passé. Se dit aussi avec le sens de 
fois, dans une fois, deux fois, trois fois. (Val d'IUiez.) 

ONDE, ONZE, adj. numér. Onze. 

ONGLLO, s. m. Ongle. 

ONGLLON, s. m. Petit ongle. 

ONKLLO, s. m. Oncle. C'est aussi un nom respectueux donné par 
les jeunes gens des campagnes à des hommes âgés qui ne sont 
point leurs parents. (Vaud.) 

ONKO, ONKOI, adv. Encore, de rechef. Voyez ;, pour les diverses 
formes de ce mot, l'article ankora. 

ONTHA, s.f. Ligne de bardeaux ou tavaillons sur le toit d'un cha- 
let ou de tout autre bâtiment des Alpes. 

ONTHÂ, V. Piquer avec l'aiguillon; se dit des guêpes, des abeilles. 
(Pays-d'Enhaut.) 

ONTHAHI, V. Panteler; être essoufflé, hors d'haleine. (Val d'Illicz.) 

ONTHON, ONHLLON, s. j«. Aiguillon (Pays-d'Enhaut). —7lH/i//oj/, 
avellkon, id. 

OR, s. m. Ours. La tann'àl'Or, la caverne de l'Ours, dans les ro- 
chers près de Roche. (Vaud.) 

ORA, adv. Voy. hora. 

ORA, s. f. Voy. DURA et aura. 

ORA, s. f. Bord, lisière d'un champ, orée d'un bois. L. ora. 

ORBA, s. f. Espèce de filet de pêche. (Morat.) 

ORBAN, NA, adj. Fou, aliéné, privé de la raison. L. orbatus, 
privé de. (Bas- Valais.) 

ORBEINA, ARBENNE, s. f. Le lagopède ou perdrix blanche. (Alpes.) 
— Erbonna, orbaina, id. 



268 OSS 

ORBET, URBET, s. m. Bouton qui vient au bord de la paupière, 

orgelet. 
ORBOI, ORBOUÉ. Voy. ivoue. 
ORDOUS, adj. Voy. hordous. 
ORDRE, ORDRÉE, adj. En ordre, conforme h l'ordre, bien ordonné. 

Peu usité. (Genève.) 
OREINDRAI, adv. A présent, dans ce moment, dorénavant. (Vaud.) 
ORFENO, NA, adj. Orphelin. L. orphanua. 

ORGOLLHAU, SA, adj. Orgueilleux, vaniteux dans ses vêtements. 
ORGOUET, s. m. Orgueil, vanité, présomption. 
ORION, OURION, s. m. Soufflet, coup à la tête. Vé tè bailli n'ourion, 

je vais te donner sur les oreilles. Fr. horion. (Lausanne.) 
ORMOUNEIN, ORMOUNEINTZE, subst. Nom des habitants de la 

vallée des Ormonts. 
ORMOZ, OULMO, s. m. Ormeau, Ulrmis campestris. 
ORNA, s. f. Un certain nombre de rangs de ceps dans une vigne, 

une rangée de ceps. Voy. aorgna. (Lavaux.) 

ORNETTA, ORGNETTA, s. f. Diminutif du précédent; une petite 
orna. 

OROLLHE, s. f. Oreille. 

Orollhe de ratla. Mot à mot, oreille de souris ; piloselle, sorte 
d'épervière, Hieraciiim Pilosella. 

OROLLHETTA, s. f. Petite oreille, oreillette; cabaret, Asarum 
europœum, plante dont la feuille ressemble à une oreille. (Jura, 
Alpes.) 

OROLLHI, s. m. Oreiller de crin ou de plume. 

OROLLHI, V. Tirer les oreilles. (Pays-d'Enhaut.) 

ORTOLAN, s. m. C'est le nom patois de la petite linotte des vignes, 
Fringilla linaria. (CuUy.) 

ORVET, s. m. L'orvet, Angiiis fragilis. — Anvoiié, id. L. anguis. 

OSSE, AUSSE, AUSSO. Subjonctif présent du verbe auxiliaire auaî, 

avoir. Altein pi k'osse aïa la foué, attends seulement que j'aie 

allumé le feu. 



OTU 269 

OSSEIHI, V. Faire des efforts pour vomir. Corruption d'essuyer. 

(Monlreux.) 
OST, s. m. Vieux terme de chancellerie; armée, convocation du 

ban et de l'arrière-ljan. 

OSTAGE, s. m. Terme de l'ancienne jurisprudence vaudoise ; 
amende, frais pour un animal pris sur la possession d'auirui; 
somme mise en dépôt, cautionnement personnel. (Vaud.) 

OTHA, V. Jeter en l'air un corps pour le recevoir dans ses mains. 
— Pauma, id. 

OTHEIN, OSTEIN, OSTAN, s. m. Lieu doù l'on tire à la cible, 
place destinée au tir du fusil ou de la carabine. Ail. sland. 

OTHET, TA, adj. Un peu haut. Diminutif de o, ota. — Hiotel, id. 

OTHET, OHLLET, s. m. Œillet, ouverture ronde pour passer un 
lacet. 

OTRAMEIN, ATRAMEIN, adv. Autrement. 

OTREVEI, AUTROVAI, ÙTROVIADJO, a^/i. Autrefois, jadis, an- 
ciennement. — Le z'ôtro iadzo, id. 

ÔTRO, L'OTRO, s. m. C'est encore un nom adouci du diable : l'an- 
tre. Serait-ce une tradition du manichéisme, de la doctrine des 
deux principes : l'un, le bon , l'autre, le mauvais. l'ôlro^neprei- 
gne, l'autre m'emporte. (Vaud.) 

ÔTRO, AUTRO, ÂTRO, ÎTRE, A, adj. déterm. Autre. Le z' autre 
fennè, les autres femmes. L. aller. 

OTTÔ, OUTÔ, OTAU, OHOL, s. m. Maison, cuisine, habitation. 
Sari à l'oltô deman né, je serai à la maison demain soir. Vu-t'ein 
à l'ottô, va-t'en à la maison. Vo mi l'ottô ke la pinta, (prov.), 
mieux vaut la maison que le cabaret. On prétend que ce mot 
vient du latin ostium, porte. — Olau dei balle felllie, lupanar 
(Fribourg, 1460). — En langue birmane, outo signifie salle d'au- 
dience. 

OTTORRO, s. m. Octobre. 

OTU-BOTU, TU-BOTU, loc. adr. En gros, l'un dans 1 autre. FeiJi- 
no n'otu bolu, voulons-nous être de compte à demi? 



270 OUH 

OU, s. m. Os, ossements. M'a rollhi à mè rontre le z'ou, il m'a 

battu à me rompre les os. 
OU, s. m. Août. Mi-ou, la mi-août. 

OUADJI, GADJI, V. Enlever les rayons d'une ruche. (Vaud.) 
OUAI, OHI, adv. Oui. Ouai vouai, loc. adv. Oui oui. Voy. oï. 
OUAIS, HOUET, VOUET, interj. Honet, ô houet, ah ! bien oui, je 

n'en crois rien. Voiiet ! que fa frai! Ouf! qu'il fait froid ! Aie 

vouet, cri de douleur. C'est le français ouais. 
OUANDA, GANDA, s. f. Femme paresseuse, de mauvaise conduite, 

catin. (Alpes.) 

OUARSA, s. f. Saule. (Aigle.) 

OUASSA, AGASSA, s. f. Pie, pica. 

OUATTI, s. m. Pain aux œufs et au beurre ^ espèce de galette. 
(Fribourg.) 

OUÉ, OUET, OUHAI, adv. Aujourd'hui. L. hodie. On dit oArewdans 
l'Evêché de Bâle. 

OUÉ, OUET, adj. numér. Huit. Ouetanna, huitaine. Voy. houet. 

OUEDADJO, s. m. Ecoulement, inondation, débâcle. (Valais.) 

OUEDAHIE, s. f. Avortement, évacuation par les conduits naturels. 
(Gros de Vaud.) 

OUEDHI, OUEGHI, v. Vider, verser, évacuer. 

OUÉRO, VUIRO, GUÉRO, adv. Combien, guère. Ouér'a-t-e de faïe, 
combien a-t-il de brebis ? 

OUETANTE, adj. mimér. Quatre-vingt. On dit plus communément 

Katro-vin, 

OUETTON, s. m. Jeune garçon. (Fribourg.) 

OUGNON, UGNON, s. m. Oignon. C'est aussi un jeu des écoliers 
qui sautent sur le dos de leurs camarades courbés. (Lausanne.) 

OUGNON-DE-SCÉ, s. m. Mot à mot, oignon de roc/ter ; joubarbe. 

OUHIE, s. f. Oie, Anser domesticus. — Autrefois, quand les étu- 
diants de Lausanne allaient en vacances, on criait dans les vil- 
lages par lesquels ils passaient : Catzi le z'ouhiè, le z'écouli van 



OUT 271 

ei condji, cachez les oies, les écoliers vonl en vacances. (Jorat.) 
OUIIION, s. m. Petite oie, oison. 
OUl-DÈ-TSA, s. m. Mol à mot, œil de chat ; myosotis, ne m'oubliez 

pas. (Château-d'Œx.) 
OUILLA, OUILLON, subsl. Voy. auhlle, auhllon, onthon. 
OUILLO, s. m. Huile. 
OUIPA, VOUIPA, s. f. Guêpe; femme méchante, acariâtre. L. vespa. 

(Alpes.) 
OUISCH. Interjection négative et ironique. 
OULEVEI, s. m. 01i\ier. L. Eleagnus. 
OULLHA, V. Crier pitoyablement, hurler de détresse. L. ululare. 

(Fribourg.) 
OULTAR, s. m. Autel. 
OURA, ORA, s. f. Vent, orage, fort souffle de bise. L. aura. Kroui' 

aura, vent dangereux pour la santé. (Vaud.) 
OURE, AURE, V. Entendre, ouïr. L. auris. Oii-îo, entends-tu? ou- 

dé-vo fedette, entendez-vous, petites filles ? Part, passé, ozu, oïu. 

Voy. ces mots. — Réduplicatif : roure, entendre une seconde fois. 
OURIOU, s. m. Enfant nouveau-né. L. orior, oriens. (Genève.) 
OURLA, V. Faire des ourlets, ourler. 

OURLE, s. f. pi. Oreillons, espèce d'esquinancie, maladie des en- 
fants. (Vaud.) 
OURTA, V. Heurter, bourrer quelqu'un, 
OURTHELLI, OURTIA, v. Piquer avec des orties, orlier. 
OURTHL\, URTI, s. f. Les deux espèces d'orties, Urlica urens et 

dioka. 

OUSA, V. Oser. N'oiiso pa lei alla, je n'ose pas y aller. 

OUTA, V. Oter. Outa-mè sosse, ôte-moi cela ; douta-tè d'einke, ôle- 
toi de là. Voy. douta. 

OÙTO, 5. m. Aubergiste, tavernier, hôte. Voy. hoûto. 
OUTÔ, s. w. Maison, logis, domicile; cuisine; auberge, cabaret, 
lieu où l'on vend du vin. Mena à l'outû, mener au cabaret. Voy. 

OTTÔ, HOL'TÔ. 



272 OZU 

OUTZETTA, s. f. Diminutif du précédent; petite chenevière, petit 
potager. (Vallée de la Broyé.) 

OUTZO, OUTZE, OUCHE, OCHE, OUEDSCHE, s. f. Chenevière 
près de la maison, planche de légumes, jardin potager qui n'est 
pas attenant à la maison. 

OUVELLETTA, s.' f. Hépatique, Anémone Hepatica ; primevère. 
(Pays-d'Enhaut.) 

OVA, OHA, ŒUVA, UVA, v. Pondre, faire des œufs. De aou, œuf. 

OVALLHE, ORVALLA, AVALLIIE, s. f. Accident, éboulement, 
chute de terre (Vaud). — Ce mot vient de l'adverbe aval, en bas. 
On appelle ka d'ovaUhe tout accident imprévu, tout cas fortuit 
ou de force majeure : incendie, inondation, tremblement de terre. 
Le cas d'ovaille ou cas fortuit est souvent réservé dans les tran- 
sactions écrites ou verbales. — La catastrophe à'Yvorne et de 
Corbeyrier en 1584 s'appelle la granta ovallhe. 

OVRAI, 5. m. Mesure agraire appelée fossorier, ouvrier, dans le 
françeis vaudois. Voy. fochkria. 

OVRAI, s. m.; OVRAIRA, s. f. Ouvrier, ouvrière; homme, femme 
de journée; manœuvre. 

OZALET, IZALET, s. m. Oisillon, petit oiseau. — Izelei, id. 

OZALLEI, s. m. Oiseleur. 

OZÉ, OZI, IZÉ, s. m. Oiseau. L'ozi, est un des noms adoucis du 
diable, qui, au dire des superstitieux, a de grandes ailes de 
chauve-souris. L'è pi ke l'ozi, il est pire que le diable. — Aux. 
Ormonts, izc. 

Boun-ozc, épervier, Falco palumbarius. — Boun-ozi, id. 

Ozé de pUiodje, oiseau de pluie; c'est le traquet, Saxicola ru- 
bicola, dont le cri, dit-on, présage la pluie. C'est un des baro- 
mètres rustiques. (Vaud.) 

OZI, s. m. Oiseau de maçon pour porter le mortier. 

OZU. Part, passé du verbe cure, aure. Voy. oïu. 



PAI 273 



PA, PE, PO, adv. Pas, point. Pour jV ne sais pas, on dit ne se pa, 
à Moudon ; ne se po, à Ollon ; ne sa pé , à la vallée de Joux ; ne 
se peu, au Val d'Illiez. Voy. chapo. 

PAHI, s. m. Pays, patrie. Au pluriel, le pahi, les pays étrangers. 
L'a éia grantein per le pnhi, il a été longtemps à l'étranger; l'è 
frou dau palii, il est hors du pays. 

PAHÎ, V. Payer, solder. 

PAHITA, PEITHA, r. Lier les pieds d'un animal pour qu'il ne s'é- 
chappe pas. L. pes. 

PAI, s. m. Pois, légume. 

PAI, s. m. Poil, cheveux. L'a le pai fresi, il a les cheveux crépus. 
— Pei, id. 

PAI, s. f. Part, portion. (Jura.) — Pd, id. (Jorat.) Drai paraît plus 
usité. 

PAI, s. m. Poids à peser; la pesanteur de l'objet pesé. 

PAILA, PELA, POUAILA. Mot ironique que l'on crie aux gens qui 
reviennent des vignes trempés de pluie, ou dont les travaux 
sont en retard. (Montreux.) 

PAILLAUSA, s. f. Espèce de filet pour la pêche. (Morat.) 

PAILO, s. m. Poêle en molasse ou en briques pour chaulTer une 
chambre. 

PAILO, s. m. Chambre de ménage où se trouve \e poêle. C'est sou- 
vent l'unique chambre occupée par le ménage de l'agriculteur, 
de l'artisan, du journalier indigent. (Vaud.) 

PAINA, POUAINA, s. f. Peine, travail ; inquiétude. L. pœna. 

PAINABLLO, A, adj. Pénible, fatigant. 

PAINNA, s. f. Maladie particulière aux moutons. (Alpes.) 

PAINO, PEINDO, s. m. pi. Bouts de fil qui sortent de la toile de 
ménage que le tisserand du village a lissée. (Pays-d'Enhaut.) 

MÉM. KT DOCUM. XXI. 18 



274 PAL 

PAINPIGNÉRA, s. f Pépinière. 

PAIRFOU, s. m. Houx frelon, petit houx, Ruscus aculeattis. (Orbe.) 

PAIRIA, s. f. Lait aigri. (Val d'Illiez.) 

PAIRIA, s. f. Menthe de jardin. — Pevria, id. 

PAIRLA, s. f. Ecurie à porcs. — Bouëton, honaion, id. 

PAIROLEI, s. m. Ancien nom des chaudronniers. (Genève.) 

PAIROLLET, s. m. Place où les chaudronniers travaillent en plein 
air. 

PAISSA, s. f. Pinson d'ardenne, fauvette d'hiver, paisse, Fringilla. 
(Jura.) 

PAKA, PAKERA, PAKORA, v. Pâturer, paître. 

PARA, V. Voler, faire de petits larcins, escamoter. (Val d'Illiez.) 

PAKAN, NA ; PAGAN, NA, adj. Lourdaud, rustre. L. pagamis, vil- 
lageois, paysan. 

PARIS, s. m. pi. Pâturages. — Pakiers, pakerages, id. 

PARORESSA, s. f. Pâturage marécageux. — Pakotta, id. 

PAROT, s. m. Boue, limon. Gr. T^i'/p;, matière épaisse, lie. (Vaud.) 

PAROTEIRA, s. f. Populage, Caltha palustris, plante renoncula- 
cée. (Bex.) 

PAROTTA, V. Se salir de boue, se crotter, 

PAROTTON, s. m. Homme crotté, sali par les mauvais chemins. 

• (Jura.) 

PALA, s. /. Pelle de bois; rame; porte d'écluse qui se hausse et 
se baisse. 

PALA, PELA, s. f. Petit échafaudage composé de quelques mor- 
ceaux de bois, perches, liteaux, etc. 

PALA, V. Enlever le fumier d'une étable avec une pelle de bois. 
C.pall, pelle. (Bas-Valais.) 

PALAIRON, s. m. Petite pelle. De pala, pelle. 

PALANTZE, s. f. Levier de bois. L. palus. 

PALANTZON, s. m. Petit levier de bois. Diminutif du précédent. 

PALEA, s. f. Palée, sorte de corrégone que l'on pêche dans les 
lacs de Neuchâtel et de Morat. (Neuchàtel.) 



PAN 275 

PALESHAN. Sorte de jurement, corruptidn de par le sumj. (Fri- 
bourg.) 

PALETTA, s. f. Petite pelle ; abécédaire. (Vaud.) 

PALIN, s. m. Pieu, liteau, échalas. L. palus. 

PALOUNNAI, s. m. Palonnier, pièce du train d'un char. 

PALU. Mot qui se joint toujours à pra. Pra pulu, prairie maréca- 
geuse, pré humide. L. palus. Une place de Lausanne s'appelle 
place de la Palud. 

PAN, s. m. Pain. L. panis. 

Pan de cucu, surelle ou pain de coucou, Oxalis acetosella. 
Pan au lau, ellébore fétide, Helleborus faiidus. (Chàleau-d'Œx.) 
Pan au pur, pain de pourceau, CAjclamen europœam. (Aigle.) 
Pan au pueir, belladone, Airopa Belladonna. (Jura.) 
Pan de djenelhe (pain de poule), lamier pourpre, Lam'mmpur- 
pureum. (Jura.) 
PAN, .s. m. Brin de paille pour mesurer une petite distance. (Ge- 
nève.) 

PANAIRA, s. f. Table de boulanger pour manier la pâte. 

PANAMAN, s. m. Essuie-main. 

PAN-CORNU, s. m. Avance d'une maison sur la rue pour tenir 
boutique. Cela fut défendu par le Plaid général de Lausanne, 
13G8. 

PANDAGE, s. m. Inclinaison des couches dans les carrières de 
pierre meulière; terme de carrier. (Tour de la Molière, dans le 
Vully.) 

PANEI, PANI, s. m. Panier. 

PANERAIA, s. /. Le contenu d'un panier, un plein panier, une pa- 

nerée. — Panérahie, id. 
PANET, s. m. Petit pain; millet pour les oiseaux. 
PANKORA, adv. Abréviation de pa ankora, pa onkora, pas encore. 

(Vaud.) Voy. ankora. 
PANNA, s. f. Bois de construction. (Bière.) 
PANNA, V. Essuyer, torcher, nettoyer. L. pannus. Panna son couti 



276 PAP 

(expression proverbiale), essuyer son couteau, réussir mal, être 

à l'agonie. (Vaud.) 
PANNAHIE, s. f. Ce mot se joint toujours à mala : malapannahie, 

mésaventure, contre-temps, malencontre, désappointement, dan- 
ger, terreur panique, mauvais traitements. Lei a hadhi (bailli) 

la malapannahie, il l'a bien rossé. 
PANNOSSA, s. f. Linge usé, chiffon pour essuyer la vaisselle, les 

meubles; grosse toile d'emballage dont on se sert pour laver les 

planchers. 
PANNOTAI, RA, subsl. Boulanger, boulangère, panetier. — Bo- 

londji, id. 
PANNOTERI, s. /. Boucherie d'un ordre inférieur. C. pan, peau, 

cuir. (Lausanne.) 
PANOCHA, s. f. Serviette de table. (Romont.) 
PANOTTA, V. Exercer la boulangerie, faire du pain. 
PANTHA, V. Raconter longuement, ennuyeusement. C. panthès, 

asthmatique. (Alpes.) 

PANTHEIRA, s. f. Barrière qui s'ouvre pour laisser passer. L. 
pando, ouvrir. (Moudon.) 

PANTHET, PANTET, s. m. Pan de chemise; la chemise même. 

PAOU, s. m. Ecorce, tan. 

PAOUR, PAOURESSA, adj. Sobriquet des habitants de Rougemont, 
lequel vient probablement de poneir, porc, homme sale, malpro- 
pre. (Pays-d'Enhaut.) 

PAPACOLON, s. m. Orpin brûlant, Sedum acre. (Genève.) 

PAPEGAI, PAPEGAU, s. m. Perroquet; oiseau de bois peint en 
vert pour servir de but au tir de l'arquebuse. Il était placé sur 
un mât très élevé. C'était aussi le nom d'un tir public dans plu- 
sieurs villes et communes vaudoises. Celui qui abattait l'oiseau 
vert jouissait pendant un an de grandes immunités, telles que 
l'exemption des péages, des lods, etc. On l'appelait le roi de l'oi- 
seau. Cette fête datait du temps de la maison de Savoie, qui don- 
nait, et le plus souvent vendait à diverses communes de la ba- 
ronnie de Vaud le droit àepapegai avec les privilèges y attachés. 



PAR 277 

PAPEI, s. m. Papier; créance, billet à ordre, titre, écrit, journal. 

L(' papei, le papai, les journaux. 
PAPELLHON, s. m. Touffe de cheveux des tempes, favoris. (Aigle.) 
PAPET, s. m. Colle faite de farine délayée; sorte de mets rustique. 
PAPETTA, s. /■. Bouillie faite do farine et de lait. C. pap, papaicq, 

bouillie. 

PAPO, s. m. Papiste, catholique; terme injurieux. (Moutiers- 

Grandval.) 
PAR, s. m. Paire. On par de botte, une paire de souliers, de bottes, 
PAR, adv. Usité seulement dans la locution on par de tein, quel- 
que temps. 

PARA, s. /. Bord de planche; bavure d'un fromage dans sa forme; 
pente rapide. (Alpes.) 

PARA, V. Retrancher; tailler une plume; couper la corne du pied 
des animaux. (Pays-d'Enhaut.) 

PARAI, PARAIRA, adj. Pareil, égal. Tôt parai, toc. adv., tout de 
même. 

PARAIRA, s. f. Ce mot ne s'emploie que dans la locution de ne 
sein la par air e , sans la pareille, je n'ai jamais rien vu de sem- 
blable. 

PARAISAU, PARAISAUSA, adj. Paresseux, fainéant. 

PARAIZI, V. S'étendre comme un paresseux. (Alpes.) 

PARDEI, PERDEI. Pardieu, parbleu; jurement. De Dei, Dieu. 

PARDINA, PARDINE. Jurement adouci; corruption du précédent. 

PARDJON, PERDJON. Jurement qui vient du latin per Jovem. 

PARE, s. m. Père. Ce mot se dit plutôt des animaux que des 
hommes, pour lesquels on dit peire. 

PAREIHI, V. Egaliser; mettre par paires, répartir par portions 
égales. L. par. 

PARELLA, s. f. Patience aquatique, Rumex Nemolapatham. 

PARELLHADJO, s. m. Séparation entre les animaux d'une même 
écurie; place pour le foin à l'étage d'une grange. (Alpes.) 

PARIANNA, PARIOLA, s. f. Punaise. Du latin panes, parce qu'elle 



278 PAS 

habite les fentes des parois, des boiseries, des bois de lits. Ta- 

fion, id. (Vaud.) 
PARLA, V. Parler, causer. Lei parleri, je lui parlerai. —Dévesa, id. 
PARLAMEIN, s. m. Usage de la langue, parole; peu usité. 

PARLANTAIN, s. m. Bavard, mauvais discoureur, qui parle ab hoc 
et ab hac. — Parlaro, id. (Genève.) 

PARLEI, PARLIER^ s. m. Avocat, celui qui porte la parole pour 
un autre devant les tribunaux. 

PARRAIN, s. m. Parrain. C'est, dans plusieurs villages catholiques, 
le patron de la paroisse, la tête, ou l'efflgie d'une pièce de mon- 
naie. — Une Valaisanne porta un jour à son curé l'écu qu'avait 
fait frapper le cardinal de Sion, pour lui demander lequel de 
St. Théodule ou du diable était le jiarrain. (Voy. sur ce fameux 
écu du diable la Statistique du Valais, pag. 332. 

PARTEJAU, s. m. Homme de confiance qui représente le maître 
de la vigne pour partager le moût avec le vigneron. (Vaud.) — 
Dans le français de Lausanne, on dit 'partissevr. 

PARTERET, s. m. Couperet, hachette. (Genève.) 

PARTICIPA, V. Participer, communier, aller à la sainte cène. 

PARTZET, PARCHET, s. m. Quartier de pays, portion d'un grand 
vignoble. (Lavaux.) 

PASSA, V. Passer, aller; apprendre par cœur; lire. 

PASSAHIE, s. /". Tournée, passage de quelqu'un; intervalle de 
temps. 

PASSAIRA, s. /.; PASSIAU, s. m. Petite échelle pour passer d'une 
possession à l'autre par-dessus la haie ou la cloison intermé- 
diaire. — Passoir, id. 

PASSALA, V. Planter des échalas, échalasser. De passi, échalas. 

PASSAMAIDJE, s. m. C'est le nom de la valériane officinale, Vale- 
riana offîcinalis, et du laser, Laserpitium Siler. Ce mot signifie 
passe médecin, ce qui veut dire que si l'on emploie l'une ou 
l'autre de ces plantes, elle vaut mieux que le médecin (maidjo), 
et que l'on peut se passer de lui. (Alpes.) 



PAT 279 

PASSARDA, s. f. Femme effrontée, rôdeuse qui passe souvent pour 

mendier. (Enlremont.) 
PASSI, s. m. Echalas. Gr. TriTTa/oj, paxilltis. — Pa.'^si'', id. (\';uid.) 
PASSI, s. m. Moineau. L. passer. 
PASSON, s. 7)1. Petit echalas, piquet, jalon. 
PATAI (à), loc. adc. Sur le dos. Porta à patai, porter sur le dos. 

— A cakou, id. 

PATAKLLO, PATAHLLO, s. m. Lourdaud, rustre, homme gauche, 
pesant. C. pat, commun. C'est la racine àepatois, de pataud, etc. 

PATARAFFA, s. f. Paraphe de notaire; lourde chute. 

PATARAGiXE, s. f. Brouette. (Enlremont.) 

PATAU, s. m. Butor,, rustre, lourdaud, bête. C'est une injure. 
(Alpes.) 

PATCHE, PATZE, s. f. Marché, transaction. T'a féna bounnapatche, 
tu as fait un bon marché. L. pactio. (Vaud ) 

PATCHEIHI, V. Conclure un marché, transiger. (Moudon.) 

PATEI, s. m. Patois, idiome du paysan. C.pat, commun, rustique. 

— Reman, id. 

PATEIN, s. m. Linge d'enfant, petit drap pour le berceau, lange. 
De patta, chiffon. (Vaud.) 

PATEN.\LLHA, s. f. Carotte, Daucus Carota. L.pastinaca. (La Côte.) 

PATET, PATETTA, adj. Minutieux, lambin, tatillon. 

PATETTA, V. Lambiner, s'occuper longuement de minuties. (Lau- 
sanne.) 

PATHOLLA, s. f. Causeuse, babillarde. (Jura.) — BatoUha, id. 

PATHOLLHl, V. Causer avec excès, babiller; chiffonner, patrouiller. 

PATHOLLU, VA, adj. Déguenillé; homme de néant, femme de 
rien. De patte, lambeaux, chiffons. — Dépathollu, id. (Vevey.) 

PATIFOU, s. m. Bouffon, bateleur; le bouffon de certaines fêtes 
villageoises, le premier dimanche de mai. (Nyon.) 

PATISOU, s. m. Cureur de retraits, gadouard, vidangeur. (Fri- 
bourg.) 

PATON, s. m. Sachet d'emplâtre, nouet sucré qu'on met dans la 
bouche d'un petit enfant pour l'empêcher de pleurer. 



280 PAU 

PATOUNNA, V. Envelopper de chiffons. 

PATOUSSI, V. Chiffonner, gâter, mettre en lambeaux. (Pays-d'En- 

haut.) 
PATOUSSI, SIA, adj. Chiffonné, dérangé dans ses plis, gâté, sali, 

déchiré, mal vêtu. 
PATRAKA, s. f. Horloge ou montre dérangée, qui va habituellement 

mal, femme maladive, fille valétudinaire. (Lausanne.) 
PATRIGOT, s. m. Boue, margouillis, saleté. 
PATRIGOTTA, v. Marcher dans la boue, manier salement, patau- 
ger. (Vaud.) 
PÂTRO, s. m. Pâtre, berger, garçon de chalet. 
PATROLLHI, V. Patrouiller, manier indiscrètement, chiffonner, 

farfouiller. 
PATROLLHON, s. m. Patineur, qui prend et manie indiscrètement 

les mains et les bras d'une femme. 
PATRON, s. m. Homme hardi, déterminé, fier-à-bra». — Luron, id. 

(Alpes.) 
PATTA, s. f. Patte d'animal; chiffon, guenille, vieux linge usé. 

PI., patte {Ve ouvert et bref.) 

PATTA, s. f. Tilleul, écorce de tilleul dont on fait des cordes. 
(Montreux.) 

PATTAI, s. m. ;PATTAIRA, s. f. Celui ou celle qui recueille les 
chiffons pour les moulins à papier, chiffonnier. Au féminin on 
dil aussi pattaisa. (Vaud.) 

PATTAIHI, V. Recueillir les vieux chiffons, en faire commerce. 

PATTE, s. f. pi. Nom générique de la garderobe d'une personne. 
M'a robba mè patlè, il m'a volé mes vêtements. (Val d'IUiez.) 

PATURIAUX, s. m. pi. Pâturages communaux. Dans le Jorat, pa- 
touriau, pâturage. 

PAU, PÔ, s. m. Pieu de bois. On pau-fer, un levier de fer. Le fran- 
çais dit encore pal dans certaines expressions. 

PAU, PEU, POU, PAOU, PU, s. m. Coq. L. puUus, poulet. 

PAUDJO, PEUDJE, PAUJOZ, PAUDZO, s. m. Pouce. 



PED 281 

FAUDRA, PUDRA, s. f. Jeune jument de deux ans, pouliche. 

(Valais.) 
PAUHTHER, s. m. Pieu, levier de hois. (Orije.) 
PAULASSA, s. f. Fanon du taureau, de la vache. (Alpes.) 
PAUMA, s. f. Balle, pelotte que les enfants emploient dans leurs 

jeux. 
PAUMA, r. Jeter un corps en l'air pour le recevoir dans ses mains. 
PAUTRON, s. m. Mauvais sujet, vaurien. — Pleulro, id. (Pays- 

d'Enhaut.) 
PE, PI, &. f. La peau de l'homme et des animaux. 
PE, adv. Pis. Il ne s'emploie guère que dans cette phrase: Leidese 

pe ke peindre, il lui dit pis que pendre. — Por, id. 
PÊ s. m. Pet. 

Pè-de-lau, s. m. Vesse-de-loup, Lycoperdon, espèce de cham- 
pignon. (Jorat.) 
PÉAURA, s. f. Maladie d'un animal de boucherie dont la graisse 

se fond. (Alpes.) 
PECHA, PESSA, s. f. Urine, pissai. Pisse, dans le français vaudois. 
Pecha-d'éga, urine de jument; c'est un nom élégant de l'eau- 

de-vie ou du brandeviu dans quelques villages du canton de 

Fribourg. 
PÈCHAUTRE, adv. Par ici, dans les environs. — Perchaulre, id. 

(Contrée de la Broie.) 
PECHOT, TA; PICHON, PICHOTTA, ad/'. Petit; se dit des enfants. 

C. bichan, petit. (Jura.) 
PÉCULA, V. Amasser de l'argent. Ce verbe est tombé en désuétude. 

L. pecunia ou pecuUtim. 
PEDAILLA, s. f. Infanterie, gens de pied. 
PEDEU, PEDEUSA, adj. Plein de pitié, compatissant. (Val d'Illiez.) 
PEDHI, PEGHI, s. f. Pitié, compassion. 
PEDIL, s. m. Bedeau, concierge de l'académie de Lausanne. — 

(On ne dit plus que bedeau. — N. de l'éd.) 
PÈDJE, PÈDZE, s. f. Poix de cordonnier. C. peg, poix. Voy. cu- 

DE-PÈDJE. 



28-2 PEI 

PEDJENAIRE, s. f. ; PEDJON, s. m. Poix qui découle du sapin. 

Voy. BEDJON. 

PEDJI, V. Poisser, enduire de poix ; bâcler une affaire. 

PEDJON, s. m. Voy. bedjon, pf.djenaire. 

PÉDOLA, V. Avoir des soins minutieux pour un vieux parent, pour 

un enfant gâté. Gr. 7T«t;, 7raj5ôç, enfant? (Val d'IUiez.) 
PÈDRI, s. m. Perdrix. 
PEGGO A ; PEKKO, A, adj. Sobriquet que les gens du Pays-d'En- 

haut donnent à ceux de Montreux. L. paganus. 
PEGNET, TA, adj. Serré, chiche, avare. — Pignet, id. (Vaud.) 
PEGNETTA, s. f. Petit peigne d'ivoire, de buis ou de laiton à 

dents serrées. 
PEGNI, V. Peigner ; sérancer le chanvre, le lin. 
PÉGNIER, s. m. Panier. — Panei, id. 

PEHLLALA, s. f. Fromage de rebut, mal fait, mal fabriqué. (Alpes.) 
PEHLLET, PÈKLET, PUNKLET, s. m. Le loquet d'une porte, le 

pêne d'une serrure. 
PEI, s. m. Cheveux, poil. M'a teri le pei, il m'a tiré les cheveux. 

— Pel, id. 
Pei-di-ku, nom ignoble de Vanémone des Alpes, ainsi nommée 

à cause de son fruit en toupet, en houppe. (Alpes.) 
Pei-de-tsin , pei-de-lau , poil de chien, poil de loup, Nardus 

stricta, nard roide, graminée qui infeste les pâturages. (Jura, 

Alpes.) 
PEILA, s. /*. Poêle à frire. — Pila, id. 
PEINABLLO, A, adj. Pénible, fatigant, incommode. 
PEINDAIN, adv. Pendant, durant. 
PEINDEIN, s. m. Rideau de fenêtre, de lit. 
PEINDO, s. m. Pommes, poires, etc., dans un filet suspendu. 

(Moudon.) 

PEINDRE, V. Pendre. — On demandait à une fille de la vallée de 
Joux s'il y avait eu beaucoup de monde à l'enterrement de son 
père : Coume apri on lare k'on mine peindre ( comme après un 
voleur qu'on mène à la potence), répondit-elle. 



PEK 283 

PEINSA, r. Penser, réfléchir. Lei pciuseri on viadjo, j'y penserai 
une fois. 

PEINSAHIE, PEINSEIE, s. f. Pensée, espèce de violette, Viola tri- 
color. 

PEINTA, s. f. Taverne, cabaret, bouchon où l'on ne ne vend que 

du vin. (Vaud.) 
PEINTAl, PEINTARE, s. m. Tavernier, cabaretier, vendeur de vin 

en détail. — Pintier, dans le français vaudois. 
PEIOLEI, s. f. Serpolet, Thymus Serpyllum. (Bex.) — Pignolet, 

piolet, piliolet, id. 
PEIRASSET, s. m. Persil. C'est un nom que le diable s'est donné 

dans un procès de sorcellerie à Coltens (Vaud), en 1()41. — 

Pierrosset, id. 
PEIRE, s. m. Père, en parlant des hommes. On dit pare en parlant 

des animaux. Peirc-grant, grand-père, aïeul. 

PEIRET, s. m. Petite centaurée, Erytlu^œa Centavriitm.— Péhret, id. 

PEITHA, r. Lier les pieds d'un animal pour qu'il ne s'écarte pas. 
L. pedes. (Val d'Illiez.) — Pahita, id. 

PEIVRELLHON, PEIRELLHON, s. m. Busserolle ou raisin d'ours, 
Arbutus Uva ursi. (Alpes.) 

PEIVRO, s. m. Poivre. 

PÉJORA, r Empirer. C'est l'opposé de mellhaura, améliorer, chan- 
ger en bien. 

PEKA, V. Piquer, béqueter; soustraire, enlever furtivement. 

Peka-bou, mot à mol pique bois. C'est le nom générique des 
pics, des grimpereaux, et en général des oiseaux qui cherchent 
des insectes dans les gerçures de l'écorce des arbres. (Vaud.) 

Peke-botton, s. m. Bouvreuil ou pivoine, oiseau qui, au prin- 
temps, pique et mange les boulons des arbres fruitiers. 

PEKERGNA, s. /. Chassie. Voy. bekeirgna. 

PEKERGNIAU, SA, adj. Chassieux. Voy. bekeh^gnfau. 

PEKKA, PEKINA, s. f. Femme sotte, désagréable, pécore. (Vaud.) 

PÉKLETTA, r. Remuer fortement le loquet d'une porte. 



284 PEL 

PÉKLLET, PIKLET, s. m. Loquet de porte, pêne de serrure; 

montre. 
PEKLOTTEI, s. m. Horloger; se disait au temps où l'on appelait 

une montre un péclet. (Genève.) 
PEKODA, s. /. Coup léger, chiquenaude. (Alpes.) 
PEKOLON, PIKOLON, s. m. Petit point, petite tache sur la peau. 
PEKOZI, s. m. Dauphinelle des blés, Delphinium Consolida, plante 

renonculacée. (Nyon.) 
PELA, V. Piler; avaler; s'évader; quitter un maître sans congé. 

(Alpes.) 
Pela-paou, s. m. Moulin à piler l'écorce. De paou, tan. 
PELAHIE, s. f. Repas donné aux batteurs en grange quand ils ont 

fini. (Jura.) 
PÈLAMAU, ado. Parce que, d'autant que, à cause de. Ne lei vupa 

alla pèlamau ke m'a rollhi, je ne veux pas y aller, parce qu'il 

m'a roué de coups. (Vaud.) 
PELASSA, s. f. Pelure d'un fruit, première écorce d'un arbre. 
PELAU, s. m. Bouillie. (Valais.) 
PELEFFRA, s. f. Peau d'une viande. 
PELEGA, V. Presser, broyer. Gr. Trs^âÇw? 
PÈLERINS, s. m. pi. Bûches de bois charriées par le Rhône jusque 

dans le Léman. Les riverains prétendent que ce bois appartient 

au premier occupant. (Vevey.) 
PELET, s. m. Un petit poil; un brin, un peu. Bailli me on pelet de 

saii, donnez-moi une pincée de sel. 

PELETCHL PELUTZI, PLUTCHI, v. Eplucher, ôter la noix de sa 
coque. 

PELETZON, PELUTSON, s. m. Epluchure. 

PELEVOUÉ, PILIOUET, s. m. Papillon, phalène. — Penevoi, id. 

PELEVOUET, PERREVOUÉ, s. m. Origan, thym serpolet. 

PELHON, s. m. Brou, enveloppe de la noix, de la noisette; coque. 

PELISSAR, s. m. Ouvrier qui travaille les peaux, les cuirs. — 
Pelletiar, id. (V. st.) 

• ' i <-' 



PER 285 

PELLHET, TA; PILLET, TA, luij. Dépouillé de son enveloppe, de 
sa coque, de son brou. 

PELLHI, r. Sortir de leur brou des noix, des noisettes, des 
amandes. 

PELOSETTA, s. f. Epervière. L. pilosella. — Peluetia, velnetla, id. 

PELOUGAN, s. VI. Voy. belug.\n. — (Pelougan pourrait bien avoir 
la même racine que pelega. — N. de l'éd.) 

PENAI, PENE, s. m. Prèle, Equisehun arven&e, etc. (Vaud.) — 
Cauva-à-isavo, id. 

PENALLHON, s. m. Haillon; gueux déguenillé, homme de rien. 
Fr. penaillon. 

PENAU, SA; PENEU, SA, adj. Honteux, confus, désappointé, pe- 
naud. Le vieux français a dit penenx. — Petau, id. (Vaud.) 

PENDARE, s. m. Pendu, pendable, digne d'être pendu. (Fribourg.) 

PENEVOI, s. m. Voy. pelevoué. 

PENI. PENEI, s. m. Charague, Chara vulgaris, etc., plante très 
âpre dont on se sert pour écurer la vaisselle, pour nettoyer les 
meubles de sapin. (Pays-d'Enhaut.) 

PENNA, s. f. Aile d'oiseau, plume. L. penna. 

PENNA, s. f. Panne du porc. — Penar, id. 

PENNES, PENNET, subst. Pin sauvage. (Valais.) 

PÊPÉ, s. m. Père, papa. Même, maman. (Evêché de Bâlo.) 

PEPI, PAS PI, adv. Pas même, pas seulement. 

PÉPOUNET, s. m. Coqueret ou cerise de juif, Physnlis Alkekengi, 
plante solanée. (Aigle.) 

PER, PÊ, prép. Par. Per-ver, pè-ver, pè-vê, vers, dans les envi- 
rons; se dit du temps et du lieu. 

PERA, PERRA, s. f. Pierre, caillou. 

PERCI, PERÇA, V. Percer, trouer. 

Perça-pierre , petite lamproie, Petro Myson, poisson du lac de 
Neuchâtel. 

PERDOUNA, V. Pardonner. Perdounna-mè, pardonnez-moi, je vous 
prie de m'excuser. 

PERE. s. m. Poire. 



286 PER 

PEREI, s. m. Poirier. 

PERELLET, s. m. Fruit de l'aubépine, Cratœgus oxyacantha. — 

Poumetta, id. 
PER-EINKIE, loc. adv. Par là, par là autour. 

PÉRELLHAU, SA, adj. Soigneux d'éviter le péril ; soucieux, crain- 
tif, prudent. (Alpes.) 

PERLINGUE, s. f. Voy. brelingua. 

PERNETTA, s. /. Coccinelle rouge à points noirs. (Montreux.) 

PERNISSE, s. f. Perdrix. (Bas-Valais.) 

PERO, A, ad). Petit, mince; petit garçon, petite fille. L. parvus. 
(Val d'Illiez.) 

PERPILLOTTA, s. m. La plus petite mesure agraire employée dans 
le canton de Neuchâtel. 

PERRAI, s. m. Ouvrier qui travaille dans les carrières. 

PERRAIRA, s. f. Carrière, lieu d'où l'on tire des pierres à bâtir. 
— Pierraire, id. 

PERRATEIN, s. m. Orpin brûlant, Sedum acre. (Pays-d'Enhaut.) 

PERRATEUN, s. m. Crotte de souris. (Alpes.) 

PERREVOUÉ, s. m. Eboulis, monceau de pierres dans les vignes. 
(Montreux.) 

PERROTZE, PERROCHE, s. /. Paroisse. 

PERROU, s. m. Jeu d'enfant qui s'appelle aussi Mon. Voy. ce mot. 
(Alpes.) 

PERS, PERSA, adj. Bleu, bleue. L'a le ju pers, elle a les yeux 
bleus. 

PERSA, s. f. Pêche, abricot. L. Persa, la Perse, d'où viennent les 
pêches. 

PERSEMETTA, v. Reprendre au même prix, par droit de paren- 
tage, un bien vendu; retrait lignager. — Retrachounna, id. L. 
■per semet. (Fribourg.) 

PERSET, s. m. Vrille, petite tarrière, percerette. 

PERTE, PERTI, s. m. Trou, ouverture. V. Fr. pertuis. 



PET ^287 

PERTEUSA , .s. /". Petite ouverture dans les tuyaux tle fontaine 

poui' donner de l'air. 
PERTURIUEH, s. m. Obstacle, empêclienient. I>. perturbo. (Ternie 

de l'ancien barreau.) Voy. destorbe. 
PERZARE, s. m. Personne sujette à égarer ses nippes, ses outils. 

(Pays-d'Enluiut.) 
PESSA, s. f. Pin pectine ou sapin blanc, Pinm Pirca de Linnée. 

Fiola, id. iJura.) 
PESSA, PESSE (qui se prononcent peça, pccc), s. f. Urine, jnssat. 

— Pesshon, id. 
PESSENLLHI, s. m. Pissenlit. C'est le nom de deux plantes des 

champs; du Leontodon Tavaxacum (pissenlit), et du Calllui pa- 

lustris (populage). Pour cette dernière plante on dit aussi ]3flA:o- 

teira. 
PESSHON, s. m. Urine, pissat. — Pessa, id. 
PESSI, V. Uriner, pisser. 

PESSOTTA, t. Pissoter, pisser peu et souvent. Diminutif du pré- 
cédent. 
PESSON, s. m. Poisson; petite poutre du pressoir. 
PESSOT, s. m. Forêt de montagne. (Alpes.) 
PESSOUNET, s. m. Forbicine, insecte. 
PESSOUNNAI, s. m. Poissonnier, pêcheur. (Léman.) 
PESSOUNNAIRA, s. f. Vendeuse de poisson. (Léman.) 
PESSUBLLA, PÉTUBLLA, s. f. Vessie d'homme ou d'animal. 

(Vaud.) 
PESTADEI, iiiterj. Plût à Dieu. 
PETAIROU, s. m. Mousquet, fusil. Ce mot est tombé en désuétude. 

(Morges.) 
PETAIRU, s. m. Le derrière. 

PETANCE, PETANFE, s. f. Pitance; ce qu'on mange avec le pain. 
PETANSEI, RA, ndj. Qui donne beaucoup de pitance. 
PETAU, SA; PENAU, PENEU, SA, adj. Couvert de honte, confus, 

désappointé, penaud. (Vaud.) 



288 PET 

PETAUDERIA, s. f. Balivernes, niaiseries. 

PÈTE. Verbe défectif, V^ personne du présent de l'indicatif; il si- 
gnifie je demande et n'est usité que dans cette phrase: Pète mon 
drai, je demande ma part (d'une chose trouvée). L. peto. (Mou- 
don.) 

PETHELLHET, s. m. Petit garçon mal élevé; barbouillon, vantard. 
(Val d'Illiez.) 

PETIOU, PETIOUDA, adj. Petit. 

PETIOU, PETIO, PETE, s. m. Petit garçon. Petiouda, petite fille. 
Ln petiouda brame adi, la petite crie toujours. 

PÉTOLA, s. f. Crotte de chèvre, de brebis; crottin ; pilule, pas- 
tilles de pharmacie. 

PÉTOLÂ, V. Faire des crottes. — Un médecin a donné une purga- 
tion à une femme du Valais et lui demande si le remède a opéré. 
Elle répond : ai oï, m'a prau fé à pétola (oui bien, il m'a fait 
faire assez de crottes), ou bien : E prau fé fémé (j'ai fait assez de 
fumier.) 

PETOLLHON, s. m. Petit brocanteur en blé, en légumes. Ce mot 
est injurieux, parce qu'on y attache une idée de mauvaise foi. 
(Vaud.) 

PETON, s. m. (irande consoude, Symphytum officinale. C'est aussi 
la plante du tabac. V. Fr. petnn. 

PETOU, PITOI, s. m. Putois, ^]ustella Putorius. L'è neir k'on petou, 
il est noir comme un putois, dit-on d'un homme hâlé, basané. 

PETOUNNA, V. Fumer du tabac (petun) , mot à peu près inusité. 

PETRÉ, s. m. Pré marécageux où le pied enfonce, où Y on pétrit. 
(Nyon.) 

PETRO, s. m. Gésier, estomac, le jabot d'un oiseau. — Djeffro, 
jeffro, id. — Pètre, dans le français populaire vaudois. 

PETSCHI, V. Pêcher, prendre du poisson. 

PETSE-LENA, s. m. Mot à mot, pêche-lune ; sobriquet d'un village 
dont quelques ivrognes, voyant la lune dans un étang, proposè- 
rent d'aller la pêcher, de peur qu'elle ne se noyât. 

PETSETTA, s. f. Petite bêche, petit sarcloir. — Petzetta, id. 



PI 289 

PETTARAGUE, s. f. Brouette. Voy. pataragne. (Entremont.) 
PETZAR, s. m. Pioche. — Pirhar, s. m., picha, s. f., id. — Pio- 

chard, dans le français populaire vaudois. 
PETZARD, PETZÂ, s. m. Vin faible, rude, mauvais. C'est souvent 

le vin du cru. (VuUy.) Les auteurs de la re rnstica, appellent 

pesca, le mauvais vin, le vin tourné. 
PETZE, s. f. pi. Fragments d'un liquide coagulé qu'on môle avec 

le lait ou le petit-lait pour faire le séré ; grumeaux de lait caillé. 

(Alpes.) 
PETZENIASSE, s. f. pi. Bagatelles, des riens, des choses de rebut. 

(Val d'Illiez.) 
PETZOLETTA, PICHOLETTA, s. f. Mesure d'un quart de pot, cho- 

pine. — Kartetta, id. (Vaud.) 
PETZON, s, m. Petite pioche à sarcler, serfouette. — Surklloret, id. 
PETZOUGNI, u. Pignocher, enlever avec les ongles la peau, la 

croûte d'un comestible. 
PEUSEGNIAI, V. Faire ou offrir une petite collation après le sou- 
per, à la veillée. (Jura.) 
PEUTAU, s. f. Chose malpropre; objet de peu de valeur. De la 

peutau, de la saleté, des choses malpropres. (Val d'Illiez.) 
PEVO, POVAU, s. m. ; PIVA, s. /. Cône de sapin, pomme de pin. 
PEVRIA, PAIRIA, PEIRIA, s. f. Menthe officinale. 
PEZA, t'. Peser, évaluer. 
PEZETTA, s. f. Personne sans talent ni savoir. — Mazetta, id. 

(Lausanne.) 
PEZETTE, s. f. pi. Vesce pour les pigeons. Vicia sativa. (La Côte.) 

On dit poisettes, dans le français vaudois. 
PEZI, s. m. Grésil. (Lausanne.) 
PI, PIRA, adj. Pire. 
PI, PIRE, adv. Seulement. Pi prau, que j'en aie seulement assez; 

pas pi, pas seulement: N'ain pas pi na moueirsa de pan, nous 

n'avons pas seulement une bouchée de pain. 
Pi coci, loc. adv. Seulement par badinage. 
PI, s. m. Pied, membre ; pied, mesure de longueur. 

MÉM. ET DOCl M. XXI. 19 



290 PI A 

Pi-à-pau, renoncule. C'est essentiellement la renoncule ram- 
pante, Ranimculus repens, qui infeste souvent les cultures. Ce 
mot se dit aussi d'autres espèces qui foisonnent et multiplient 
beaucoup. C'est enfin le sobriquet qu'on donnait aux Français 
réfugiés après la révocation de l'édit de Nantes. (Vaud.) 

Pi-d'aluetia , dauphinelle des blés , Delphinium Consolida. 
(Nyon.) 

Pi-dé-tscha, sorte de gnaphale, Gnaphalium dioicum, plante 
synanthérée. (Jura.) 
Pi-de-tsivra, espèce d'agaric comestible. (Alpes.) 
Pi-de-vi, pied de veau, Arum maculatum. 
Pi-d'ouhie (pied d'oie), sorte d'ansérine, Chenopodium hybri- 
dum. 

PIA, s. f. Pic, oiseau. L. piciis. L'è le pliie villlio pia k'an le bè le 
pllie dur (prov.), ce sont les plus vieux pics qui ont le bec le 
plus dur. (Montreux.) 

PIA, s. /. Espace de terrain labourable; ancienne mesure agraire. 
(Payerne.) 

PIAFFA, V. Piaffer, éclabousser; faire le fier. 

PIAILLARD, DA, adj. Piailleur. — Braillard, id. (Valais.) 

PIALET, s. m. Chausson, petit bas. Diminutif de pian, bas. 

PIAN, PIAIN, s. m. Bas tricoté. — Tschansson, id. 

PIASSON, s. m. Grand carré de toile fort claire dont on enveloppe 
le caillé pour le sortir de la chaudière et le mettre en forme. 
(Alpes.) 

PIATTA, t\ Trépigner, remuer les pieds d'impatience; solliciter 
avec indiscrétion. (Fribourg.) 

PIATTERI, IDA, adj. Qui remue sans cesse les pieds, qui s'agite 
en parlant. 

PIAU, s. m. Pou. — Un homme des Ormonts voyant pour la pre- 
mière fois des écrevisses les appela dei piau dau diablle (des 
poux du diable), et ce nom leur est resté parmi les pâtres. 
(Alpes.) 
Piau-de-serpein, s. m. Demoiselle ou libellule. (Jura.) 

PIAULLHAU, SA, adj. Pouilleux. — Un Fribourgeois que sa 



PIF 291 

femme appelait pianllhau, la jeta dans la fontaine, et comme elle 

continuait à lui donner ce titre, il lui plongea la lèle dans l'eau. 

Alors, ne pouvant plus parler, elle sortit ses mains de l'eau, et, 

les élevant, fit avec les ongles rapprochés de ses deux pouces 

un geste significatif. 
PIAULLHl, V. Se pouiller soi-même ou pouiller les autres. 
PIBLLA, i'. Siipponere mulierem. En bas-breton, pib, ptt, signifie 

menlula^ canalis urinœ manim. (Vaud.) 
FICHE, FICHA, s. /. Fièce, morceau, pièce de monnaie. B. L. petia. 
Fiche volanta. C'est une pièce d'étoffe ou de toile qui recroît à 

fur et mesure qu'on en coupe ; mais le sorcier qui lui donne 

cette utile propriété ne peut en profiter pour son propre compte. 

(Fays-d'Enhaut.) 
PICHETTA, s. f. Petite pièce, monnaie d'argent autrefois en cours 

dans le canton de Fribourg, valant sept creutzer. Il y en avait 

de simples, de doubles, de quadruples. 
PICHOLETTA, s. f. Une chopine, un quart de pot. (Vaud.) 
FICHON, PITCHON, FICHOT, PICHOU, s. )m. Finson; fauvette 

commune. (Vaud.) 
FICKA, s. f. Mot piquant, lardon, raillerie offensante. (Monlreux.) 
PIDA, s. /. Réprimande, censure. (Nyon.) 
FIDÀ, V. Mesurer avec \e pied ou avec un pan. Voy. ce dernier 

mot. (Moudon.) — On d'Mpider, dans le français vaudois; c'est 

un terme de jeu parmi les écoliers. 
FIENNÂ, PIAINÀ, FLLENÀ, s. m. Les premières pousses de la 

vigne qu'on enlève et qui sont une bonne pâture pour le bétail. 

(Lavaux.) 
PIERRASSET, FIERROSSET, s. m. Fcrsil. 

Pierrasset au tsin, petite ciguë, /Ethnsa C)jnapitim. (Fays- 
d'Enhaut.) 
FIESTADEI, s. m. Sorte de gros saucisson. Voy. boutefa. 
FIETTA, s. f. Petit harle, poule d'eau. (Léman.) 
PIFFRÂ, V. Manger en glouton, s'empiffrer. 
FIFFRO, s. m. Goinfre, mangeur insatiable. 



292 PIL 

PIGAN, s. m. Tige de fer dont l'extrémité fait un angle droit, à 

l'usage du foyer, de la forge. (Vallée de Joux.) 
PIGNETTE, PEGNETTE, s. f. pi. Cardes, sorte de peigne du sé- 

ranceur. 
PIGNI, PEGNI, V. Peigner. 
PIGNO, s. m. Peigne pour les cheveux, peigne de tisserand; la 

pièce du râteau dans laquelle les dents sont plantées. 
PIGNOLET, PIOLET, PILIOLET, s. m. Thym serpolet. Thymus 

Serpyllum. Voy. peiolei. 
PIGNOTTA, s. /. Ecuelle, vase d'argile. (Valais.) 
PIGNOTZI, PENOTSCHI, i'. Pignocher, manger négligemment, 

enlever la peau d'une viande, éplucher ce qu'on mange comme 

si l'on craignait d'y trouver des épines, des arêtes. 
PIHLLA, V. Détacher les parties graisseuses de la chair d'un ani- 
mal. (Alpes.) 
PIHLLO, s. m. Targette, verrou. 

PIKENIER, s. m. Piquier, soldat armé d'une pique. (V. st.) 
PIKERO, s. in. Sorte d'oiseau ; c'est le casse-noisette, Corvus ca- 

ryocatades. (Bas-Valais.) 
PIKETTA, s. f. Boisson tirée des prunelles sauvages, du marc de 

raisin, des groseilles, etc. ; petite pique ; estafette militaire qui 

portait cette arme. (Vaud.) 
PIKOLET, PITIOLET, s. m. Mon petit, terme d'amitié. 
PIKOLON, s. m. Petit point sur 1'/, sur la peau. — Pikolos était le 

dieu des morts dans la mythologie des anciens Prussiens. 
PIKORAI, s. /. Repas de baptême. (Vallée de Joux.) 
PIKOTTA, PEKOTTA, v. Galoper. (Moudon.) 
PIKOZÉj s. m. Primevère, Primula acaulis. (Moudon.) 
PILETTA, s. f. Poêlon, mortier; petite poule, poulette. Voy. piou- 

PIOU. 

PILHA, s. f. Le contenu d'une poêle. (Alpes.) 

PILON, s. m. Poêlon; mortier à piler; cri pour appeler les poules. 

PILVINETTA, s. f. Epine-vinette, Berberis vulgaris. 



PIO 293 

PIMPA, PEIMPA (se), V. Se parer, se faire beau ou belle. 

PIMPÔ, PIMPAIIIE, adj. Bien paré, pimpant. 

PINDJON, s. m. Pigeon. — Colon, id. 

PINNA, s. f. Piidenda hoviinis et nutUeris. (Jura.) 

PINNÂ, V. Supponcre muUerem. (Jura.) 

PINPINELLA, s. f. Pimprenelle, Polerium Saïujuisorba. 

PIOLETTA, s. /".; PIOLON, s. m. Petite hache. (Ormonts.) 

PION, s. m. Le pied d'un bas. (Jorat.) Voy. pian. 

PION, PIONNA, adj. Ivre, pris de vin. Gr. ?-iov, aoriste second de 

TTtvw, je bois. (Vaud.) 
PIONNA, V. Enivrer, s'enivrer. En russe, pionna signifie ivrogne. 

— Pioussn, id. (Vaud.) 

PIONNET, s. w. Grimpereau, Cerihia familiaris , sorte d'oiseau. 

— Piotzetj pitschar, id. (Jura.) 

PI-ORA, loc. adv. Il n'y a qu'un moment, à l'heure même, tout à 
l'heure. Pi-ora ke Ve saillai, il ne fait que de sortir. 

PIORNA, s. /. Femme ennuyeuse, qui gronde, qui se plaint, qui 
se répèle habituellement. A'a/s(?-;è' piorna, tais-toi piorne. C'est 
une expression classique du mari dans plusieurs ménages. — 
Mionna, id. (Vaud.) 

PIORNA, s. /. Rhume, toux catarrheuse. (Valais.) 

PIORNÀ, V. Se plaindre sans cesse, se répéter d'une manière en- 
nuyeuse. 

PIORNARE, s. m. Homme ennuyeux, grondeur, rabâcheur. 

PIORNERI, s. m.; PIORNERIDA, s./. Enfant pleureur, qui se 
plaint toujours. 

PIOSSE, s. f.pl. Taches de rousseur au visage, aux bras. (Alpes.) 

PIOSSI, PIOSSA, adj. Qui a des rousseurs. (Alpes.) 

PIOSSI, V. Se dit des vaches quand elles pincent quelques brins 
d'herbe sur un terrain aride et déjà brouté. (Pays-d'Enhaul.j 

PIOTA, PIOUTA, s. f. Patte, jambe de chat, do chien, d'enfant. 

PIOTAHIE, s. f. Trace d'un coup de patte. 

PIOTHENA, V. Piétiner, commencer à marcher. 



294- PIT 

PIOTORSENA, s. f. Berce, Heracleim Sphondylhm. (Pays-d'En- 
haut.) 

PIOTTA, s. f. Poule d'Inde, dinde. 

PIOTTERU, s. m. Dindon, coq d'Inde. (Fribourg.) 

PIOTTON, PIETTON, s. m. Petit pied d'enfant. — Peton, id. 

PIOTTU, A, adj. Qui a des jambes grosses et courtes. (Genève.) 

PIOTZET, s. m. Voy. pionnet. 

PIOU-PIOU. Cri pour appeler les poules. — Pilon, piletta, id. 

PIOULA, V. Pleurer, se lamenter, ennuyer par ses plaintes; crier 
sur ses gonds. — Dans un sermon de 1697, un pasteur repro- 
chait à ses paroissiens d'apporter à l'église, pour distraire les 
fidèles, des tabatières qui pioulaient quand on en tournait le 
couvercle. 

PIOUSSA, V. Voy. pionna. 

PIOUTA, PIKAUTA, s. /. Aconit napel, Aconitum Napellm. (Alpes.) 

PIPA, s. f. Cidre, poiré. (Valais.) 

PIPA, s. f. Benoite des ruisseaux, Geum rivale. 

PIPI, s. f. Pépie, maladie des poules; soif ardente. A Orbe, ce mot 
signifie colchique. 

PIPI, PIT-PIT, FIFI, s. f. Espèce de fauvette. 

PIPI, s. m. Terme de bonne à un petit enfant. Vau-to fére pipi, 
veux-tu pisser ? 

PIPION, s. m. Un peu, un petit morceau. (Valais.) 

PIROLET, s. m. Pyrole, plante des forêts. 

PIS, s. m. Pis de vache, tétine, le sein d'une femme. (Voy. Con- 
servateur suisse, tome I, page 137.) 

PISSE-PRIN, s. m. Avare, fesse-mathieu. Mot à mot quipisse menu. 
(Orbe.) 

PISTA, s. /'. Fuite; trace du passage d'un homme ou d'un animal, 
piste. 

PISTA, V. Décamper, partir furtivement, se rendre promptement 
quelque part. 

PITHIOLET, TA, adj. Tout petit. (Jura.) 



PLL 295 

PITIIIOU, adj. Petit. (OUon.) 

PITON, PETON, s. m. Rouleau qu'on fait passer sur une mesure 
de grain, afin qu'elle soit rase. Quand cet objet n'est pas rond, 
mais plat comme une règle, on l'appelle raklelta. (Vaud.) — Un 
receveur qui avec ces instruments taisait petite mesure, ayant 
fait bâtir une maison, un malin écrivit sur sa porte : 

La rahietta et lo piton 
An fai bâti sta maison. 

PITOUANA, s. f. Bétoine, Betonica ojficinalis, plante labiée. 
PITOUNNA, V. Piétiner, fouler un terrain avec les pieds; presser 

des grains entassés pour qu'ils tiennent moins de place. 
PITSCHAR, s. m. Voy. pionnet. 
PIULA, V. Crier comme la souris. (Val d'Illiez.) 
PIVA, s. f. Cône de sapin. — Mauni, id. 
PLÉDJI, i'. Faire honneur à une santé qu'on vous a portée. — 

Plaidzi, id. (Genève.) U i>i*?^» , t\t«a£. 
PLIECK, s. m. Plaisir. (Anniviers.) 
PLLA, 5. m. Plat. 
PLLA, PLLATA, adj. Plat, plate. 
PLLAÇA, s. f. Place. (Vaud.) 
PLLACETTA, s. f. Petite place. (Vaud.) 
PLLAIDAIHI, V. Plaider. 
PLLAKA, V. Discontinuer, cesser, interrompre un ouvrage. L.p/a- 

care. (Fribourg.) 
PLLAN, adv. Doucement, avec précaution. Allein topllan, allons 

tout doucement. 
PLLAN, s. m. Petite plaine sur une montagne, plateau entre des 

rochers. Lo pllan de Djaman, le plateau du col de Jaman, dans 

les Alpes vaudoises. 
PLLANA, V. Aplanir. 

PLLANAI, SA, adj. Lent, qui avance peu. (Alpes.) 
PLLAN AIRON, s. m. Espèce d'ouvrier dans une tuilerie; c'est or- 
dinairement un petit garçon. 



296 PLL 

PLLANO, s. m. Erable platanoïde, Acer platanoides. 
PLLANTA-LEZI^ s. /. Femme oiseuse qui ne fait que causer de 

lieux en lieux au lieu de vaquer à son ouvrage, (Jorat.) 
PLLANTIVAMEIN, adv. Franchement, positivement, pour sûr. 

(Pays-d'Enhaut.) 
PLLANTZE, PLLANTCHE, s. f. Planche, ais ; pré gras, espace de 

terrain bien cultivé attenant à la ferme. Pllanchetta, petite 

planche. 
PLLANTZEIHI, v. Faire un plancher, plancheyer. 
PLLANURA, s. f. Plaine, partie plate d'une contrée. Bepllan. (Mar- 

tigny.) 
PLLATRO, s. w. Plâtre; gâteau couvert d'une bouillie épaisse; 

homme pesant, lourdaud qui reste planté là comme une souche. 
PLLATTA, s. f. Charge de foin qu'on place sur des branches pour 

la tramer sur des pentes rapides. (Château-d'Œx.) 
PLLATTA, s. f. ; PLLATTET, PLLATTON, PLLATZIRON, s. m. 

Cyprin, soit palée, sorte dé poisson du Léman. 
PLATTALAHIA, s. f. Mets entassés sur un même plat. 
PLLATTEIHI, v. Enlever la neige des places où le terrain com- 
mence à paraître. (Pays-d'Enhaut.) 
PLLATTET, PLLATALET, PLLATI, s. m. Petit plat, assiette. 
PLLATTHI, s. m. Planche plus épaisse que les planches ordinaires, 

madrier. 
PLLE, adv. Plus, davantage. N'ein vu plie main, je n'en veux plus, 

je n'en veux plus aucun. 
PLLEIN, PLLIEZ, s. m. pi. Linges nécessaires à la propreté d'un 

enfant au berceau. (La Côte.) 
PLLEIN, PLLAINA, adj. Plein, rempli. Au féminin, il se dit d'une 

femelle pleine ou d'une femme enceinte. — Pllei, id. 
PLLEINT, s. m. Plainte, gémissement d'un malade. 
PLLEKA, PEKA, adv. Plus du tout, plus rien. 
PLLEMA, PLOMMA, v. Plumer, peler un fruit, ôter la peau d'une 

pomme de terre. 
PLLEMISSA, s. f. Pelure, cosse. 



POK 207 

PLLEUNDRE, BLLEUNDUE, i\ Craindre d'éirc réprimandé, avoir 
honle de sa faute. C. bluuder , atlliction, tristesse. (Pays-d'En- 
haut.) 

PLLEUTRO, s. VI. Lâche, poltron, homme sans énergie, sans hon- 
neur. (Vaud.) 

PLLIA, s. f. Levée, main au jeu de caries. 

PLLO, PLOT, s. m. Bloc de bois, billot, tronc d'église. 

PLLODJE, s. f. Pluie. La plloilje vin dru, il pleut ferme. — 
Pllodze, id. 

PLLODJETTA, s. f. Petite pluie, bruine. 

PLLOMMA, s. f. Plume à écrire, plume en général. 

PLOMME-SA, s. m. Jeu des enfants, qui se frappent avec des mou- 
choirs noués. (Vallée de Joux.) 

PLLORA, V. Pleurer; transsuder, filtrer. 

PLLORERI, DA, adj. Petit garçon pleureur, petite fille qui pleure 
sans cesse. (Alpes.) 

PLLOTTET, s. m. Jeu d'exercice qui ressemble à la galoche et que 
les enfants jouaient surtout le 25 mars sur les places de Lau- 
sanne. (Vaud.) 

PLLOVEI, V. Pleuvoir. PUau, il pleut. 

PLLOVIGM, PLLOVEGNI, v. Pleuvoir par gouttes menues, 

bruiner. 
PO, s. m. Voy. pau. 

PODZU, s. m. Etui de peau pour un pouce blessé. Bapaudjo, pouce. 
POG, adv. Peu. (Vieux langage fribourgeois.) 

POHI, V. Gravir une montagne; faire monter les troupeaux sur les 
Alpes, alper. Vient-il du grec Trota, ttox, -otvj, herbe, ou de po- 
yium, podium, qui, dans la basse latinité, signifie un lieu élevé, 
un terlre, une colline. 

POHIA, s. f. Montée rapide, éminence; époque de l'alpage. (Fri- 
bourg.) 

POHIETTA, s. f. Petite montée, rampe douce. Diminutif de pohia. 

POKA, V. Jeter lourdement un fardeau; heurter quelqu'un. (Alpes.) 



298 POR 

POLAILLE, s. f. Poule. Le polaille s'épouairan, les poules s'épou- 
vantent. 

Craiva-polaille. C'est un des noms du colchique, Colchicum au- 
tumnule, parce que sa graine fait crever les poules. (Monlreux.) 
— Bovet, pipi, id. 

POLATON, s. m. Petit coq, poussin; petit garçon. 

POLET, s. m. Poulet. 

POLIA, POHLLA, s. /. Pouline, pouliche. 

POLI.ENTA, s. f. Farine de maïs. Ce mot est italien. — Poulainte, 
id. (Valais.) 

POLLHIEN, s. m. Poulain. 

POLLIETTA, s. f. Gelinotte, Tetrao bonasia. (Jura.) 

POMBLLON, s. m. Houblon, Humulus Lupulus. 

POMI, POMEI, s. m. Pommier, Pims Malus. 

PONA, POUNA, V. Poser, débourser. L. pono. 

PONSO, PONTET, PONTI, s. m. Petit pont, ponceau. 

PONSOUNNA, V. Aiguillonner, presser, talonner. L.pungere. (Lau- 
sanne.) 

POR, prép. Pour, afin de. — Pé, pi, id. 

Por cein, por cein khe, por cein sike, pour cela, à cause de cela, 
parce que. 

Por la mau ke, loc. conj. Parce que, par la raison que, vu que. 
(Vaud.) — Dans le Jura, on dit pou la mé ke. 

PORBATTRE, v. Murmurer, grogner. (Val d'Illiez.) 

PORCELLANNA, s. f. Pourpier, Portulaca oleracea. 

PORCEMEIN, adv. Cependant, pourtant. (Val d'Illiez.) 

PORDEI, s. m. Inconnu de mauvaise mine, gueux, truand, men- 
diant qui demande l'aumône au nom de Dieu ou pour Dieu. Por, 
pour; Dei, Dieu. (Valais.) 

PORET^ TA, adj. Pauvret. Se dit d'un enfant maigre, faible, ma- 
lingre. (Pays-d'Enhaut.) 

PORKE, PORKIÉ, adv. interr. Pourquoi ? 

PORMON, POLMON, s. m. Poumon. 

PORMOUNIA, s. f. Maladie contagieuse des vaches, pulmonie. 



POR 299 

PORPA, s. f. Chair sans os, pulpe. 

PORPU, PORPIA, (ulj. Charnu, dodu, pulpeux. (Alpes.) 

PORRA, PORRÉ, s. m. Porreau, AlUum Porrum. 

PORRASSE, s. f. Ail des ours, Àllium nrsinum. (Bex.) 

PORRATET, s. m. Petit mendiant, petit pauvre; petit, pauvret; 

terme d'amitié. 
PORRO, PORRE, adv. Pourtant, peut-être. L. porro. (Vaud.) 
PORSALET, s. m. Cloporte. L. porcellus. 
PORSEIN, P0SS.4IN, s. m. Souci, inquiétude, soin, vigilance. 

(Fribourg.) 
PORSOGNI, PORSOUGNI, r. S'inquiéter, prendre souci. 
PORSOGNEU, SA; PORSEGNEU, SA, adj. Soigneux, soucieux, 

économe de son bien. (Gruyère.) 
PORT, s. m. Passage dans un défilé dangereux. (Alpes.) Ce mot 

est venu des Pyrénées. 

PORTA, s. f. Porte. 

PORTA, POUEIRTA, v. Porter; être pleine, en parlant de la fe- 
melle d'un animal; être enceinte, en parlant d'une femme. — 
On demandait à une montagnarde qui revenait d'Aigle, si elle 
avait fait une bonne foire. Ouai hein se ne poiieirto pa, réiion- 
dit-el