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MOIOIRES
ET DOCUMENTS
PUBLIES
PAR LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE
DE LA SUISSE ROMANDE
TOME
LAUSANNE. 'IMPRIMERIE GEORGES RRIDEL.
GLOSSAIRE
DU PATOIS
DE LA SUISSE ROMANDE
DOYEN BRIDEL
AUTEUR DU CONSERVATEUR SUISSE
AVEC UN APPENDICE
COMPRENANT
UNE SÉRIE DE TRADUCTIONS DE LA PARABOLE
DE l'enfant PRODIGUE
QUELQUES MORCEAUX PATOIS EN VERS ET EN PROSE
ET UNE COLLECTION DE PROVERBES
LE TOUT RECIEILLI ET ANNOTÉ PAR
L. FAVRAT
Membre de la Société d'histoire de la Suisse romande.
Priscœ vestigia gcntis
LAUSANNE
GEORGES BRIDEL ÉDITEUR
1866
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L>/
V >
INTRODUCTION
Le vénérable pasteur de Monlreux, le doyen Bridel,
mort au printemps de 1845, avait entrepris, à la re-
quête de la Société celtique de France, un glossaire
des patois de la Suisse occidentale. 11 y travailla du-
rant de longues années, et ne cessa d'y ajouter et de
le retoucher que lorsque sa main tremblante se refusa
à tenir la plume. On peut même dire que ce fut,
avec le Conservateur suisse, l'œuvre importante de sa
longue carrière. Dans ses derniers jours, voulant re-
mettre en mains sûres son précieux manuscrit, il le
légua à la Société d'histoire de la Suisse romande,
dont il était un des fondateurs. C'est ce qui explique
pourquoi cet ouvrage , qui n'a pas trait directement
aux éludes historiques, paraît aujourd'hui dans les
Mémoires et Documents de cette société. Chacun com-
prendra d'ailleurs que ce volume est bien à sa place,
VI INTRODUCTION.
et il est inutile de dire que l'étude des patois a son
importance historique. Au reste, nos patois seront
bientôt de l'histoire: ils se modifient et s'altèrent de
plus en plus sous l'influence du français qui envahit
peu à peu les campagnes. Et cela est si vrai que, dans
mainte localité, les hommes qui savent encore parler
le pur et franc patois de leurs pères, sont en général
des vieillards, tandis que la jeune génération, tout
en comprenant l'ancien idiome, ne parle plus guère
que le français.
Le glossaire du doyen Bridel devait comprendre le
matériel aussi complet que possible des patois du Va-
lais, de Fribourg, de Yaud, de Genève, de Neuchâtel
et du Jura bernois. Mais ce champ s'est trouvé un peu
vaste, d'autant plus qu'il s'agissait de fixer un idiome
populaire, c'est-à-dire une langue flottante, indécise,
capricieuse et vous échappant quand vous croyez l'a-
voir saisie. Aussi l'œuvre du doyen devait être néces-
sairement incomplète. Cependant, telle qu'elle est,
elle présente une très grande richesse de vocables,
particuhèrement pour les cantons du Valais, de Fri-
bourg et de Vaud. Elle est moins complète à l'égard
de Genève et du Jura bernois, et Neuchâtel est peu
représenté. Ce ne sont pas tant les mots eux-mêmes
qui font défaut, que les formes souvent nombreuses
du même mot, et c'est justement là un des écueils
les plus sérieux que l'on rencontre dans la composi-
tion d'un glossaire patois. Mais sans parler de sa ri-
chesse, le glossaire de Bridel a un mérite essentiel : il
INTRODUCTION. VU
se trouve être assez complet pour les patois des Alpes,
qui sont les plus originaux, les moins altérés et par
cela même les plus intéressants.
Quant aux étymologies celtiques que renferme l'ou-
vrage, et qui sont trop nombreuses encore, malgré
quelques retranchements, il ne faut pas les traiter
avec trop de rigueur, l'auteur en ayant fait bon mar-
ché lui-même: « J'ai vécu, dit-il, dans un temps où
l'on croyait qu'Adam avait parlé bas-breton, et je me
suis longtemps trompé, en cherchant, à la manière de
M. de Gambri, du celte dans tous nos mots patois;
maintenant j'avoue de bonne foi que, pour un mot
de famille celtique, il en est, dans notre romand, dix
d'origine latine, et je préfère la vérité à un système
qui commence à passer de mode; mais je n'ai pas le
courage de revenir sur mes pas, et de corriger mes
erreurs ^ »
Habemus confUentem reum: la critique saura à
quoi s'en tenir et ne s'acharnera pas sur ces malheu-
reuses étymologies, qui auraient été les bienvenues il
y a quelque cinquante ans et qui sont contestées au-
jourd'hui. Quant à les retrancher toutes, quelqu'un
nous l'a conseillé, mais nous n'en avons pas eu le
courage en face d'un pareil aveu. D'ailleurs il en est
bon nombre qui ont les apparences pour elles et qui
doivent être exactes : c'est aux philologues de les dis-
tinguer.
' Le doyen Bridd, essai biographique, par L. Vulliemin. Lausanne 1855.
VIII INTRODUCTION.
On rencontrera aussi quelques étymologies grecques
un peu risquées; les mêmes scrupules nous ont en-
gagé à les conserver pour la plupart.
La Société d'Histoire aurait pu faire paraître ce
volume dès 1845, mais elle fut arrêtée déjà par la
question des étymologies, et peut-être aussi par le fait
qu'un de ses membres ^ qui était très versé dans la
connaissance des patois, travaillait à un glossaire et
proposait à la Société de fondre l'œuvre du doyen
Bridel dans la sienne propre, pour publier ensuite
l'œuvre collective dans ses Mémoires et Documents.
Mais cette combinaison n'ayant pas été acceptée, on
se rabattit sur l'idée de publier tel quel le manuscrit
du doyen, et c'est bien son glossaire qui paraît au-
jourd'hui, sauf de légères modifications dont nous
allons dire un mot.
Une question a dû fort embarrasser l'auteur; c'est
celle de l'orthographe, mais aussi elle est hérissée de
difficultés. Si l'on suit l'analogie du français, on enlève
au patois une bonne partie de son caractère; et l'on
rencontre d'ailleurs de véritables impasses, qu'il faut
franchir en admettant des combinaisons de lettres ou
des signes conventionnels étrangers à la langue fran-
çaise: si l'on serre la prononciation d'aussi près que
possible, des difficultés du même genre se présentent
en foule, à cause de certaines voyelles douteuses, de
' M. le ministre Moratel, qui s'est beaucoup occupé des patois. Il est à
désirer que les matériaux, sans douie précieux, qu'il a recueillis, soient con-
servés et puissent être utilisés.
INTRODUCTION. IX
certaines aspirations et d'articulations composées ou
mouillées, dont quelques-unes sont particulières à
notre langue rustique et qui sont très difficiles à ren-
dre. En outre, dans ce dernier cas, l'orthographe est
obligée de rompre net avec l'étymologie, ce qui pro-
duit un langage très bizarre et très ardu pour (jui n'y
est pas versé.
C'est pour cette dernière voie que l'auteur s'est dé-
cidé, et il faut bien dire qu'elle fait mieux comprendre
et mieux pénétrer le génie des patois et leurs diverses
nuances. Toutefois, dans cette voie même de la re-
production phonétique, l'orthographe de l'auteur n'est
pas toujours rigoureuse et l'on trouvera des variations :
fs et tz, cr et kr, Ih, et llh, entre autres, pour figurer
la môme articulation. Ajoutons que nombre de mots
sont écrits avec un k, et pourraient l'être tout aussi
bien avec un c.
Comme il aurait fallu boideverser le manuscrit pour
rétablir l'uniformité, et que d'ailleurs c'est l'œuvre du
doyen que la Société entendait publier, nous n'avons
touché à l'orthographe que dans les cas où cela deve-
nait nécessaire pour faire concorder, par exemple, le
vocable et la citation. Au reste, s'il a été apporté au
manuscrit quelques autres modifications, elles sont
insignifiantes, et elles ont été faites autant que possi-
ble dans le «^oût et les idées de l'auteur. Il en est une
cependant, et c'est la plus grave, que nous devons
justifier par quelques mots d'explication.
L'auteur avait figuré par un œ le pluriel des mots
X INTRODUCTION.
féminins en «, très nombreux dans notre idiome;
mais c'était rentrer dans l'analogie du latin où cette
finale œ est toujours longue, tandis que la finale cor-
respondante est toujours brève dans nos patois. Un
exemple. Le manuscrit disait, entre autres, la potta,
la lèvre, et lé pottœ, les lèvres; or lé pottce se pro-
nonce le po-tè, en appuyant sur la syllabe po, tandis
que la syllabe tè est fort brève, ce que l'orthographe
œ, ne rend pas du tout. D'ailleurs, dans ces noms-là,
le pluriel est souvent formé par un e muet; on entend
dire le Isausse et le tsaussè, et le œ n'aurait pas été
exact. Au surplus, pour être logique, l'auteur devait
écrire lœ pottœ, car dans son système, le pluriel de
la, c'est l(e. Bref, après quelque hésitation, nous
avons pris sur nous de remplacer ces œ par un e.
Cette orthographe paraîtra toute naturelle, si l'on
songe que nos patois ont conservé, pour les mots fé-
minins en a, le pluriel des langues romanes; l'italien,
par exemple, dit: la donna, le donne, et nous disons:
la dama, le dame (le damé, si l'on veut figurer la
prononciation).
Les rares adjonctions ou éclaircissements que nous
nous sommes permis sont indiqués par un N. de Véd.
(Note de l'éditeur).
Il sera bon avant de parcourir le volume de lire les
nota-bene de l'auteur (pages 95, 124, 203, 209, 308
et 341), lesquels donnent des renseignements utiles au
sujet de l'orthographe et de la prononciation. \Ja
final, dans les verbes, est toujours long, tandis qu'il
INTRODUCTION. XI
est toujours bref dans les substantifs correspondants
[cottà, étayer; la cotta, l'étai, l'appui); et partout où
ces verbes se trouvent accompagnés de leur substantif,
nous leur avons donné l'accent circonflexe. Les infini-
tifs en / ont le plus souvent leur finale longue, ainsi:
bailli, donner; bresi, briser. Parmi ceux qui l'ont
brève, on peut citer cruvi , couviir, biparti, partir.
Enfin voici le volume: il s'y trouvera des erreurs
et des omissions, cela était inévitable; mais il n'en of-
frira pas moins le plus grand intérêt aux nombreux
amis du patois, et surtout aux personnes qui s'occu-
pent de l'étude comparative des langues romanes. Au
reste, il est fort agréable à parcourir: il est semé de
proverbes, de traits de naïveté, d'expressions figurées
vives et originales, sans parler de quelques gaîtés que
l'auteur a trouvées sur son chemin, et qui appartien-
nent bien aussi à cespriscm vestiyia gentis dont il s'est
occupé toute sa vie.
Pour donner au glossaire plus d'intérêt, il fallait le
faire suivre de quelques morceaux que l'on pût com-
parer, soit entre eux , soit avec d'autres idiomes ro-
mans; c'est ce qui nous a engagé à reprendre l'idée
émise par la Société celtique de France pour l'étude
comparative des patois, et à choisir la parabole de
V Enfant prodifjue. On trouvera donc dans l'appendice
vingt-six traductions diverses de cette parabole, toutes
recueillies dans le domaine de nos patois, et pour
l'exactitude desquelles nous nous sommes entouré de
toutes les précautions. Nous remercions sincèrement
XII INTRODUCTION.
toutes les personnes à l'obligeance desquelles nous
avons recouru et qui se sont empressées de répondre
par l'envoi d'une traduction.
La première partie de l'appendice comprend de plus
quatre traductions appartenant à d'autres idiomes.
Deux d'entre elles représentent la langue romane des
Grisons, dans ses deux principaux dialectes, le roman-
che et le ladin. Les deux autres appartiennent, l'une
au roman des Vallées vaudoises du Piémont, et l'autre
au rouchi ou patois des environs de Valenciennes. Ces
deux dernières ont une grande valeur comme points
de comparaison: elles offrent un spécimen de la lan-
gue d'oc et de la langue d'oïl, entre lesquelles se trou-
vent nos patois.
La seconde partie de l'appendice renferme un choix
de morceaux oii toute la Suisse française est représen-
tée, à l'exception du canton du Valais, qui du reste
est un des mieux représentés dans la série des traduc-
tions. Une assez riche collection de proverbes clôt le
volume. Nous les avons recueillis un peu partout, mais
principalement dans le Conservateur suisse; et pour
plus de clarté nous les avons divisés en trois groupes:
le temps, l'année, les saisons, les mois, les jours; —
l'agriculture et la vie des campagnes; — les proverbes
divers.
Un dernier mot. La publication du Glossaire et de
son appendice a été longue et laborieuse, car voici
deux ans bientôt que nous avons accepté la mission
fort honorable et fort déhcate à la fois de publier le
INTRODUCTION. XIII
manuscrit du doyen Bridel ; mais, en pareille matière,
il devait nécessairement surgir quelques dilTicullés, et
bon gré mal gré, il a fallu nous liàter lentement. Nous
ne regretterons d'ailleurs ni le temps, ni les veilles,
ni les fatigantes épreuves, si le volume trouve de nom-
breux amis et ranime chez nous l'étude un peu lan-
guissante des patois.
Lausanne, octobre IStJG.
^* L. Favrat.
LISTE DES ABREVIATIOiNS
AdJ., adjectif.
Adi'., adverbe.
AIL, allemand.
Art., article.
B. B., bas-breton.
B. L., basse latinité.
C., celtique.
CoDJ., cotijonctioii.
Fr., français.
Gr., grec.
Id., idem , indique qu'un mot est
synonyme ou n'est (|u'une autre
forme du même mot.
Inicij., interjection.
//., italien.
L., latin.
Loc, locution.
N. de Véd., note de l'éditeur.
Part., participe.
PL, pluriel.
Pron., pronom.
S- F., substantif féminin.
5. .1/., substantif masculin.
V. Fr., vieux français.
Voij., voyez.
V. st., vieux style, vieux langage.
GLOSSAIRE
PATOIS DE LA SUISSE ROMANDE
A
AA, AS, ES, s. m. et f. Abeille. (Fribourg.)
ABADDA, V. Soulever un fardeau; avec la négative, ne pas quitter
la maison d'autrui : n'abadde pas, il ne démarre pas de chez
moi. (Alpes.)
ABAFFA, AHIE; ABAFFI, lA, adj. Etonné, surpris, abasourdi.
(Alpes.) — Du celtique abaff, étonnement.
ABELA, V. Plaire, convenir, surprendre. Cein ne m'abelave vouère,
cela ne me plaisait guère. Abéiiser, vieux style. — Du grec
àSà).î, utinam. (Alpes.)
ABERDJEMAIN, s. m. Transaction par laquelle le propriétaire d'un
terrain le transmet à un amodiateur, sous condition d'une rede-
vance annuelle.
ABERDJI, ABERDZI, v. Donner l'hospitalité, héberger, recevoir
dans sa chambre. En ce dernier sens, il se dit des filles à marier
qui reçoivent de nuit la visite d'un garçon. (Vaud.)
A BETZEVET, loc. adv. L'un à la tête, l'autre aux pieds; à deux
chevets. Be est le bis du latin.
ABETZI, ABETSCHI, v. Abecquer, toucher à peine du bout de
la langue.
ABEUTHI, V. Voy. abeutihi, auohi.la.
MÉM. ET DOCUM. XXI. 1
2 ACH
ABEUTIHI, V. Renverser, mettre son visage contre la table. (Val
d'Illiez.)
ABIDO, A, adj. Leste, agile, habile. (Entremont.)
ABLETTA, s. /.; ABLO, s. m. Petit poisson, Cyprimis Alburnns.
(Léman.)
ABOA, V. Abattre les angles d'un solide; porter mal sa croupe
ou sa tête, quand il se dit d'un cheval, d'une vache. (Alpes.)
ABOHLLA, V. Courber, pencher, surplomber, renverser un vase
sur son fond. — Abeuthi, id. (Alpes.) Voy. abeutihi.
A BOHLLON, loc. adv. A rebours, A botzon, id. Tzesià botzon,
tomber sur son nez.
ABONNA, V. Apaiser, abonnir, rendre meilleur. — Ëabonnna, id.
L. bonvs.
ABOT, s. m. Essieu. — Abou, id. '
ABOTASSI, V. Se mettre sur les talons, s'accroupir. (Fribourg.)
A BOTZON, loc. adv. Voy. a bohllon.
ABOU, s. m. Voy. abot.
ABOVINA, V. Elever du bétail; nourrir, hiverner des vaches.
(Aigle.)
ABRAS, s. pi. m. Occupation, affaires pénibles. — Chabras, id.
(Genève.)
ABRÉA, V. Abreuver, mener boire le bétail.
ABREVI, V. Ramasser des animaux dispersés, relever une per-
sonne tombée. (Val d'Illiez.)
ABRO, s. m. Arbre.
ACERBO, adj. Aigret, aigrelet. (Genève.)
ACERTENA, v. Certifier, attester. (V. chancell.)
A CERTES, loc. adv. Pour sûr, sans y manquer. (V. chancell.)
ACHAISON, s. f. Occasion. (Charte de 1293.)
ACHATL V. Ecraser, écacher. — Assati, id. (Genève.)
ACHATTA, s. f. Abeille. — Aichette, id. (Jura.)
ACHE! Interjection usitée quand il arrive un mécompte, un acci-
dent; ah! AU. achf
ADO 3
ACHEINTI, V. Flatter, gâter, efféminer un enfant, faire toutes ses
fantaisies. — Asscinti, ici. (Alpes).
ACHEINTON, s. m. Enfant gâté, fantasque, volontaire. — Assein-
ton, id. (Alpes.)
ACHON, s. f. Action. Boxma achon, bonne action; krouia aciion,
mauvaise action.
ACHOUNA, i\ Actionner, citer en justice, poursuivre juridique-
ment devant le tribunal.
ACOAISI, V. Voy. akaisi.
ACOUGHELLI, v. S'associer à mauvaise compagnie, s'acoquiner.
(Lavaux.)
ACOVATA, V. Voy. .\k.\rra.
ACUTA^ V. Ecouter. Acutâ-vei, écoutez donc. — Ecata, id.
ACUTARE, s. m. Ecouteur, celui ou celle qui écoute aux portes,
aux fenêtres. Prov. Le z'écuture ne vallon pas mé ke le lare, les
écouteurs ne valent pas mieux que les larrons. — Ecuiare, id.
ADDAN, ADDON, adv. Alors, en ce temps-là. (Fribourg.)
ADDUIRE, V. Amener. L. adducere. (Bas-Valais.)
ADÉ, ADI, ADEI, adv. Toujours, seulement, encore, derechef.
C. adarr. Cet adverbe adé ou adi entre dans plusieurs locu-
tions : adi aprl, toujours après; adi attan, toujours autant; adi
mé, toujours davantage.
ADENA (s'), V. Faire attention^ s'appliquer, s'adonner à un tra-
vail. (Alpes.)
A DIT, loc. Audit, au dire. A dit de maître, au jugement d'ex-
perts.
ADIU, s. m. Adieu, salutation amicale; de là : Adiusivo, adeisivo,
adsivo, salutation très usitée qui signifie : A Dieu soyez. A Diu
mè reindo, à Dieu je me rends; exclamation de surprise, de
peur, de repentir. — A(jiu, id. (Vaud.)
ADJE, ADZE, s. f. Haie vive. Ail. hag, B. L. haga.
ADJEINDRE, v. Atteindre, attraper, frapper juste, tromper un
trompeur. I^. adjungere. (Alpes.)
ADOBA, V. Voy. adouba.
ii AFF
ADOMETZI, V. Dompter, forcer un animal rétif à se rendre, L.
domare.
ADOUBA, V. Arranger bien ou mal. V. Fr. adouber. Mo l'adouba,
mal arrangé, maltraité. — Adoba, id.
ADOUX, s. m. Lieu bien exposé au soleil, où la température est
plus douce; plate-bande, endroit abrité. (Gros de Vaud.)
ADRAI (1'), s. m. Le côté droit; dans les Alpes, le flanc d'une val-
lée le mieux exposé au soleil du midi. L'autre flanc s'appelle
le revers.
ADREI, adv. Bien, comme il faut; en composition, boun'adrei, la
majeure partie, beaucoup.
ADREPI, A, adj. Adhérent; se dit de la crasse attachée aux parois
d'un vase. (Alpes.)
ADREZE, A, adj. Très serré, mal nourri, maigre ; se dit d'un
grain, d'un épi. (Alpes.)
ADZE, s. f. Voyez adje.
AFANA, V. Gagner avec peine, se tourmenter de travail. G. afan,
fatigue, effort, V. Fr. ahaner, affanner, ahan, afan.
AFFAUTI, A, adj. Voy. afoti.
AFFAUTRO, s. m. Quartier-maître. Le plaid général de Lausanne
(1368) nomme affourterus l'un des trois officiers qui, de la part
de l'évêque, levaient et commandaient les troupes lausannoises.
Les deux autres étaient le séneschaux, senescalcus, et le sautier,
salterius. (Lausanne.)
AFFEGA, V. Contrarier, contredire. L. affigere. (Val d'Illiez.)
AFFENA, AHIE, adj. Raffiné, rusé, capable de se tirer d'affaire.
AFFERI, V. Arriver par un chemin inusité. — Afiiri, id. ( Bas-
Valais.)
AFFETA, V. Achever de traire les vaches. (Ormonts.)
AFFETIEU, 8. m. pi. Voy. affuthiau.
AFFETZI, AFFITSI, v. S'opiniâtrer. L. afjigere.
AFFIRI, V. Voy. afferi.
AFFITZHI, V. Tanner le cuir. On ajoute ordinairement à ce verbe :
avoué dau tacon, avec du tan. (Val d'Illiez.)
AGO 5
AFFITZT, V. Voy. affetzi.
AFFITZIAMEIN, adc. Opiniâtrement; fixement^ quand il s'agit du
regard. (Alpes.)
AFFLLEDZI, A, adj. Impotent, hernieux; en général, un homme
incommodé dans ses membres. Son synonyme est molaisi.
AFFOLA, V. Fatiguer, fouler de lassitude.
AFFRES, s. f. pi. Espèce de torture du XIV'' et du XV^ siècle, en
usage à Genève. A/fre, au singulier, signifie grande peur, transe,
angoisse. On dit encore : les affres de la mort.
AFFUTHIAU, s. m. yl. Atours, afliquets, parure de femme. —
Affetieu, id. (Vaud et Genève.)
AFONCI (s'), V. Diminuer par l'évaporation de la cuisson.
AFOTI, A, ailj. appauvri, manquant des sucs qu'il lui faut. —
Affauti, a, id.
AFOUNA, V. Fureter avec indiscrétion, mettre le nez partout.
(Alpes.)
AFRETA, V. Exploiter un alpage, une montagne à pâturages. De
fréta, frila, sommet d'une alpe; ce même mot signifie partager,
en qualité de chef d'un chalet, entre les copropriétaires d'une
montagne à vaches, les fromages qu'on a faits pendant la sai-
son. (Alpes.)
AGACIA, V. Voy. agassà,
AGASSA, .s. /. Pie. C. agacs, même signification.
AGASSÀ, V. Agacer, disputer. — Agacla, id.
AGASSIN, AGASSON, s. m. Cor au pied, durillon.
AGGRAVAINTA, i-. Déchirer, froisser, déconfire. L. aggravatus.
(Alpes.)
AGITA, DJITHA, s. f. Pâturage de printemps et d'automne, que les
vaches broutent avant d'aller sur l'alpe ou en en revenant. (Alpes.)
AGIU, s. m. Voy. adiu.
AGNELA, V. Outre sa signification commune, ugncler, mettre bas
l'agneau, ce verbe veut dire travailler mollement, avec noncha-
lance. (Valais.)
AGNI, s. m. Agneau. — Aigni, id.
6 AHR
AGORMANDA, v. Affriander, rendre gourmand.
AGOT, s. m. Vache qui n'a plus de lait ou qui n'en donne pas
encore. Les agots sont en général les génisses, les veaux, les
chevreaux.
AGOTA, V. Cesser de donner de l'eau ou du lait. — A gotta, adv.
signifie à sec, sans une goutte. L. gutta.
AGOTTA, V. Goûter d'un aliment, d'un plat. L. gustare.
AGOÙTION, s. m. Mouchoir noué avec lequel les écoliers se don-
nent des coups. (Genève.)
AGRAFFI, V. Prendre avec violence, dérober, agripper. — Agre-
pa, id.
AGRAHI, V. Irriter, courroucer quelqu'un. L. aggravare. (Val
d'Illiez.)
AGREBLLAI, s. m. Le houx, Ilex Aquifolium. Pithiou agrebllai,
houx frelon, fragon, arbuste; Ruscus aculeatus. — Eingrebllai,
id. (Ollon.)
A GREMAUTON, loc. adv. En peloton. L. gremium.
AGREMAUTOUNNA, v. Se pelotonner, amonceler en désordre.
(Alpes.)
AGRENA, V. Manger à ne rien laisser dans un plat, pas même un
gtmn. (Bas-Valais.)
AGREPA, V. Voy. agraffi.
A GREVA, V. Attirer par feinte, amadouer, faire la cour.
AGRU, VA, adj. Hardi, bouillant, téméraire. (Montreux.)
AGUELLHI, V. Risquer un vase, un objet quelconque, ou sa per-
sonne dans une position hasardeuse, hausser un objet, le met-
tre sur une place d'un abord difficile; jucher, se jucher; per-
cher, se percher.
AGUT, TA, adj. Qui a bon appétit. L. aculus. (Val d'Illiez.)
AHLLOURE, v. S'éloigner du perpendicule pour faire un angle
aigu. (Pays-d'Enhaut.)
AHRMA, s. /. Ame. (Fribourg.)
AHRMA, s. f. Arme; au pluriel, ahrme, les armes.
Aïs 7
AL\,. r. Allumer, brûler, enflammer. Gr. zzi-^. uro. — Hahia, id.
<Montreux.'
AICHETTE, $. f. Voy. achatta.
AIDI, r. Voy. aigchi.
AÏETTA, s. f. Côtelene de porc.
AIGM, s. m. Voy. agxi.
AIGUË, EIGUE, BOUE, IGUOUÉ, IVE, AVE, 5. f. Eau. Ce mot,
qui varie presque à chaque fontaine, entre dans la composition
du nom de plusieurs ruisseaux et villages : Nericf. eau noire ;
AU>itf, eau blanche: Rogirue, eau rouge; Ballaiçuf, belle eau:
Longuaiguf. eau qui vient de loin. (Gruyère, Vaud.)
AIGUHI, AIDI,. AIGHI, r. Aider, secourir, tendre la main,, crier
à l'aide, demander du secours. Drii to$ aidai. Dieu vous aide,
salutation qui sert souvent pour congédier le mendiant im-
portun qui se présente à votre porte.
AILLA>", s. 1». Gland, firait du chêne. — EiUan, id.
AILLE, s. f. Aigle, oiseau. — AiUo, id. Ce dernier est le nom
patois du bùurg d'Aigle.
AILLHI, s. m. Alisier ou limier, Sorbus Arvj et Sorbus aucuparia.
B. L. aUierus. (Alpes.)
AILOMBRATA, s. f. HirondeUe. (Jura bernois.)
AIL^TR, r. Mêler de l'eau au vin dans le commerce. (Vieux style
de Fribourg.)
ALNKIÉ, adr. Ici, là. — Re. eirtkie, id. (Alpes.)
AISANCE, s. f. pi. Les dépendances utiles dune maison, les com-
modités, les privés.
AISE, ÉSE, ÉGE, ÉGI, s. /. pi. Vaisselle, soit en bois, soit en po-
terie; futailles, vases de cave. Lata U r'aise, laver la vaisselle;
la patta ai z'aiie, linge ou torchon pour laver les plats et as-
siettes après les repas, lavette.
AISE, s. f. pi. Ce mol se dit des outils du charpentier, du me-
nuisier, du serrurier, et en général de tous les outils employés
par la main-d'œuvre. Prov.: D ;' :rai n'a trota de
8 AKO
bounne aise, jamais mauvais ouvrier n'a trouvé de bons outils.
(Vaud.)
AISI (s'), V. Se mettre dans la posture la plus commode pour faire
un travail, pour se charger d'un fardeau, pour rendre un ser-
vice manuel; de là, en composition, l'adjectif molaisi, molesi, a,
déhanché, mal dispos de ses jambes, perclus de rhumatisme,
diÉQcile à faire.
AITHRIA, ITRIA, s. /. Couche de céréales disposée pour battre
en grange. L. area. (Valais.)
AKAISI, ACOAISI, v. Faire taire avec douceur un homme qui se
fâche, un enfant qui pleure, apaiser, faire tenir coi. (Fribourg.)
A KARDAN, loc. adv. Sur les épaules. (Val d'Illiez.)
AKARRA. ACARRATTA, v. S'accroupir, se tapir, se mettre à l'é-
cart dans un coin, carro. — Acovata, id.
A KATZON, loc. adv. A l'oreille, en secret, en cachette. (Alpes.)
AKATZONNA, v. Parler à l'oreille, en secret. (Alpes.)
AKEUTSEU, SA, adj. Importun, curieux, impertinent, parasite.
— Akrentzeu, id. (Val d'Illiez.)
AKEUTZI, ACUTCHI, i'. Accoucher.
AKOMPRA, AKOPA, v. Gagner par son travail, se procurer par
achat. L. comparare. \taX\ coi'<''^Vvff'"'-
AKOPI, V. S'assoupir, commencer à s'endormir. (Bas-Valais.)
AKORDA, i\ Faire une transaction, un marché, tomber d'accord.
AKORDAHIE, s. f. Accordée, fiancée, épouse.
AKORDAIRON, s. m. Petit accord. Un garçon qui propose à une
fille de l'épouser lui dit : No fo faire on bokon d'akordairon.
AKOUAINTA, v. Aborder, parler dans un coin, engager un do-
mestique.
AKOUAINTANCE, s. f. pi. Familiarité, liaison amicale ou amou-
reuse. Il se dit, dans la campagne, des visites nocturnes des
garçons aux filles et de leurs suites. On dit poliment d'une fille
enceinte : L'a zu dei z'acouaintance avoué un tô, elle a eu des
familiarités avec un tel. (Vaud.)
AKOUATRA, v. Aplatir, faire plier, écraser. (Alpes.)
ALE 9
AKOUET, s. m. Puissance, faculté, force au physique. Te n'a pas
l'akoiiet, tu n'as pas la force. (Vaud.)
AKOUIILLEITA, s. f. Effort d'un liquide pour aller en avant,
chasse. (Montreux.)
AKOUILLI, V. Lancer, jeter, chasser le bétail devant soi, le faire
sortir de l'étable pour aller à l'abreuvoir ou au pâturage.
(Alpes.)
ACOUTRA, V. Préparer, disposer, arranger.
AKOUVEINTA, ACRAYEINTA, i\ engager un domestique, lui
donner des arrhes, aborder quelqu'un.
AKRENTZEU, AKREiNTZEUSA, adj. Parasite, écornitleur. (Val
d'illiez.) Voy. akeutseu.
AKROPA, V. Tirer avec effort dans une montée; se dit d'une bête
de trait. Fr. crouye. (Alpes.)
A KROUPETON, A KROPETON, loc. adv. En étant accroupi.
AKRUVE, AKRUE, s. f. pi. Epargnes, accroissement de capital ou
de revenu par économie.
AKULI.A, t\ Eculer, déformer ses souliers, en aplatir le quartier.
AKUTZI, V. Voy. akeutzi.
ALA, s. f. Aile. Ala de corhé, liondent, pissenlit, Lcontodon Tara-
xacum; mot à mot, aile de corbeau.
ALAGNE, s. f. Voy. alogne.
ALAIKI, ALLAITHI, v. Allaiter ; se dit des gens et des bêtes.
ALBE, A, adj. Blanc ; ce mot, peu usité, est Valbus du latin. (Jura.)
ALBERDGIAU, SA, adj. Fermier, tenancier. C. alberg ou alberc,
droit de gîte ou de logement du seigneur chez le vassal, lieu
fermé, demeure. (Chartes.)
ALEIGRAMEIN, adv. Gaîment. ïnlerj. courage ! ferme !
ALEIGRO, A, adj. Riant, joyeux, bien portant, agréablement
situé. Teni-vo aleigro, tenez-vous en bonne santé; salut.'ition
commune dans le canton de Fribourg. L. alacer.
ALENA, V. Voy. alouna.
ALESSON, s. /. Leçon, devoirs d'écolier. Vein di're te n'alesson,
viens dire ta leçon.
40 ALO
ALETTA, s. f. Aileron, petite aile, partie de la bobine où sont les
dents.
ALETZI, V. Allécher, donner du sel aux vaches. (Alpes.)
ALEUHI, V. Voy. aloh[.
ALIZO, ALLIDRO, s. m. Sureau hièble, Sambucus Ebuhis. (\lpes.)
ALLA, V. Aller; très irrégulier : audri, j'irai; m'ein vé, me vé, je
m'en vais; vein-no, vê-no, allein-no, allons-nous. Alla déan le
porte, mendier.
ALLAHIE, s. f. Passage étroit entre deux murs ou deux parois,
pour entrer dans une maison; allée de jardin, allée d'arbres;
l'action d'aller quelque part. Dans ce dernier sens, il n'est
guère usité que dans la phrase négative de ne sein l'allahie, je
n'y irai point.
ALLAITE-BAGNA, s. f. Mot à mot, qui tette les vaches. C'est le nom
de la salamandre noire des Alpes, que les bergers disent teter
les vaches quand elles sont couchées sur le pâturage. (Alpes.)
ALLAITE-TSIVRA, s. f. Tette-chèvre, crapaud volant, noms vul-
gaires de l'engoulevent.
ALLAITHON, s. m. Nourrisson ; se dit plus particulièrement d'un
animal domestique qui tette encore sa mère.
ALLEVAI, ALLEVEI, s. m. pi. Voy. alvi.
ALLIDRO, s. m. Voy. alizo.
ALLIETTA, v. Attacher, lier, coller, agglutiner, avoir de l'incli-
nation pour quelqu'un. L. ligare.
ALLOA, V. Commencer à s'humecter, se gonfler par humidité.
(Val d'IUiez.)
ALOGNE, ALAGNE, EULAGNE, s. f. Noisette, fruit du coudrier,
avellana.
ALOHI, ALEUHI, v. Arranger, apprêter, préparer, mettre en état;
le réduplicatif est res'allohi.
ALOÏNA, ALUVINA, s. f. En français populaire, genipi jaune, sorte
d'armoise des rochers des Alpes.
ALOUILLE, s. f. pi. Fête des brandons dans les villages des en-
virons de Genève.
AMB 11
ALOUNA, ALENA^ v. Eclairer, donner quelque lueur^ reluire,
briller de santé. De là les locutions ; bon k'aloune, bois phos-
phorique; einfan k'alene, enfant brillant de santé; verme k'a-
loune, ver luisant. L. Ivna. (Alpes.)
ALOUTZO, s. m. Sorbier, timier, Sorbus mintparia. (Jura.)
ALPA, V. Conduire le troupeau de la vallée où 11 a hiverné dans
la montagne. De là : inalpa, mener le troupeau dans les pâtu-
rages alpestres; désalpa, le ramener dans la vallée. — On a
francisé ce mot : alper. (Alpes et Jura.)
ALPAGE, s. m. Saison de faire alper les troupeaux, contenance
d'un pâturage. On dit dans ce dernier sens : Valpage de la Dôle
est de 80 vaches. (Alpes et Jura.)
ALUETTA, ALUVETTA, s. f. Epiglotte, luette ; alouette. En com-
position, pld'nlnvetta, dauphinelle des blés, Dciphinium Conso-
lida.
ALUGA, V. Espionner, fréquenter une maison pour voir et rap-
porter ce qui s'y passe. (Val d'Illiez.)
ALUGAN, ALLOUGAN, s. m. Espion, personne qui flaire, qui
convoite un mets ou quelque autre chose, parasite. (Gros de
Vaud.)
ALURA, AHIE, adj. Endurci, fait à la fatigue, intrigant, adroit,
rusé.
ALUVETTA, s. f. Alouette. Voy. aluetta et luetta.
ALUVINA, s. f. Voy. aloïna.
ALVI, ALLEVI, ALLEVAI, ALLEVEI, s. m. pi. Repousses du hê-
tre coupé qui croissent autour du pied. (Bas-Valais.) Bon alle-
vei, bois taillis. (Acte de 1564.) (Coppet.) ,
AMA, V. Aimer. L'ama-vo ? l'aimez-vous? — Anmn, id.
AMABLLIO, A, adj. Aimable, digne d'affection, amical.
AMBAXARIA, s. f. Ambassade, députation. (V. chancell. de Fri-
bourg.)
AMBAXIOUR, s. f. Ambassadeur, député. (V. chancell. de Fri-
bourg.)
12 AMO
AMBE, AMBÈ, adj. pi. f. Toutes les deux, l'une et l'autre. Ce mot
latin s'employait dans cette locution notariale : les ambes paris,
les deux parties.
AMBEDOU, adj. Tous deux, tous les deux, l'un et l'autre.
AMBLAI, EMBLAI, s. m. Vol, larcin. (Fribourg.)
AMBRESALLE, AMBWTZE , s. f. pi. Myrtilles, airelles, Vacci-
nium Myrtilhis. — Einbrotze, id.
A MEIN, loc. adv. Au moins, si ce n'est que.
AMEKHI, AMETHI, s. f. Amitié; au pluriel ce mot signifie amour :
L'ei a bahlU se z'amethi, il lui fait la cour, il en est amoureux,
elle en est amoureuse.
AMERSA, s. f. Rate, terme d'anatomie. (Jura.)
AMETEU, SA, adj. Laborieux, qui a du goût pour le travail.
(Val d'Illiez.)
AMIABHLLO, A, adj. Agréable au palais. Se dit surtout du vin,
(La vaux.)
AMITO, A, adj. Aimable, qui sait se faire aimer. L. amicns. (Mon-
treux.)
AMMER, s. f. pi. Myrtilles. Ammer, en allemand, signifie griotte.
(Jura.)
AMMIMONA , s. /■. Anémone cultivée dans les jardins. Anémone
hortensis.
AMOHLLI, V. Se dit quand le pis d'une vache prête à mettre bas
se gonfle. L. mollis. (Alpes.)
AMON, adv. Là-haut, en haut. L'è lé d'amon, il est là-haut; loc.
contr'amon, du côté d'en haut. L. ad montem.
AMORDJALA, v. Amasser, amonceler. C. mordju, monceau. (Alpes.)
AMORRA, V. Emousser, se dit d'un tranchant qui a perdu son fil.
(Val d'Illiez.)
AMOUAIRAU, SA, adj. Amoureux ; quand il se dit d'une fille, ce
mot signifie honnêtement qu'elle a beaucoup de tempérament.
L'è s'n'amouairau, c'est son galant, son amant.
A MOUDIO, loc. adv. Précisément, ce qu'il en faut. L. ad modum,
(Val d'Illiez )
ANN m
AMPE, AMPOUE, EINPOIIE, s. f. pi. Framboises, fruit du Rulms
idœus.
AN, s. m. An, année. Sti an, cette année; vouero a-t-e d'an ? com-
bien a-t-il d'années? Son synonyme annahie est peu usité.
ANA, s. m. Cercles concentriques, dans l'aubier d'un arbre, par le
nombre desquels on juge de son âge. (Pays-d'Enhaut.)
ANCELLA, ANCETTA, s. f. Petit ais de sapin très mince pour
couvrir les toits. (Jura.) — Assethe, s. f. pL, id. (Alpes.)
ANCHAN, NA, adj. Ancien, vieillard, vieux, vieille. L'anchan est
un des noms du diable; c'est le serpent ancien de l'Apocalypse.
(Pays-d'Enhaut.)
ANDA, s. f. Vague, bouillon, onde. L. unda.
ANDAIN, s. m. Ligne d'herbe abattue par le faucheur, laquelle
ressemble à une onde. Ce mot est français. (Vaud.)
ANÉRON, s. m. Véron, poisson d'eau douce, Cyprinns Pkoxinus.
(Léman.)
ANGAINA, EINGAINA, s. f. Ruse, fraude, subterfuge, moyen d'é-
chapper. C'est Vinganno des Italiens. L. ingenium.
ANGEILA, EINGEILA, v. Engluer, se salir les doigts dans une
matière visqueuse. (Vaud.)
ANGO, ANKO, s. m. Agonie, derniers râlements d'un mourant.
C. anlîon, agonie, mort. — Rancot, id.
ANGON, s. m. Gond de porte.
ANGUILLAUMA, v. Se couvrir la tête de linges, se mal coiffer, se
dit des femmes. (Lausanne.)
ANICHON, s. m. Petit ànon.
ANKO, KA, adj. Aigre, amer, acide. — Einko, a, id.
ANKORA, ANKO, ANKOI, ONKORA, ONKO, ONKOI, EINKORA,
EINKOUE, adv. Encore, derechef. P'ankora, abréviation de pa
einkora; p'onkoru, pour pa onkora.
ANMA, V. Voy. ama.
ANNAHIE, s. f. an, année. Voy. an.
ANNIVIARD, DA, adj. Habitant de la vallée d'Anniviers. (Valais.)
La terminaison ar^d est fréquente pour indiquer le nom gêné-
U APE
rique des peuplades alpestres du Valais et des environs : Con-
chard, habitant du district de Conches (Goms); Bagnard, habi-
tant du val de Bagnes; Val-d'Illard, habitant du val d'IUiez;
Chamounard ou Chamouniard, habitant de Chamouny; Savoy-
ard; Sagnard, dans le Jura neuchâtelois, habitant de la Sagne;
Broyard, habitant des bords de la Broyé.
ANNOH'LLIRA, s. /. Vache laitière qui devait porter le veau dans
l'année et qui ne le porte pas. (Alpes.)
AN NON, adv. interrogalif. N'est-il pas vrai? L. an non.
ANNOUNA, V. Hésiter en parlant, chevroter. Fr. dnonner.
ANNUITA (s'), V. Se laisser surprendre par la nuit, s'anuiter.
ANTAN, adv. L'an passé, l'année dernière. De antan, loc. adv.,
l'année avant-dernière ou pénultième. (Alpes.)
ANTENET, s. m. ■pi. Rosage, rhododendron. (Ormonts.) Voyez
ARZELAI.
ANTHOU, s. m. Un vieillard, un quidam, la personne que vous
savez. Dans le Pays-d'Enhaut on le joint par honneur au pré-
nom : anthoii Pierro. L. anliquus. — Anito^ dans les îles Philip-
pines, signifie ancêtre, vieillard.
ANTI, V. Arrondir les bords d'un objet. (Val d'IUiez.)
ANVER, EINVER, s. m. Petit abcès, furoncle; on dit anvers, clou,
dans le français populaire du canton de Vaud. — Klliou, id.
ANVOUÉ, s. m. Orvet, Anguis fragilh. On appelle souvent ce petit
serpent l'aveugle, non qu'il le soit, mais parce qu'il a les yeux
très petits. L. anguis, C. anviou, serpent.
AORGNA, ORGNA, ORNA, s. f. Un certain nombre de rangs de
ceps dans une vigne; op^/pç, dans l'Odyssée, signifie allée d'ar-
bres, rang de ceps. (Vaud.)
AOU, art. contracté. Au, aux.
AOUVRA, AUVRA, AUVRI, UVRI, v. Ouvrir. Aoîttr^in, j'ouvrirai.
APATl, s. m. Provisions de bouche, munitions pour les soldats.
L. pascere. (Fribourg.)
APEDJI, V. Engluer, empoisser. Vient de pedje, poix.
APEDJOUNA, V. Attirer, leurrer.
APP 15
APENDIAU, s. m. partisyn, assistant, qui accompagne. L. appen-
dens. (V. L. Fribourg.)
APENONDOLI, adv. Et puis, après. (Jura.)
APERCE VAI, V. Apercevoir, voir des revenants, entendre des
bruits magiques, avoir la seconde vue des Ecossais. (Vaud.)
APERS, SA, adj. Fin, clairvoyant, aigrefin, chiche. L. apertus.
(Alpes.)
APETANFI (s'), APETANCI, APEDANCI, v. Manger du pain en
proportion de sa pitance.
APIO, s. m. Persil, Apium Petroseliam.
APLLAHTRA, v. Rester toujours à la maison sans rien faire.
APLLANA, APLLANI, v. Raboter, adoucir, calmer par bonnes
raisons une personne en colère, aplanir, mettre sur le plan ou
de plat, renverser.
APORSOGNI, V. S'inquiéter de l'avenir. De porsein, souci, inquié-
tude. (Alpes.)
APOUSTI, s. m. C'est le rebord extérieur d'une barque sur le-
quel marchent les bateliers qui la font aller au piquet; c'est
le coursier des galères. L. uppositus. (Léman.)
APPLEI, s. m. Attelage, animal ou animaux qu'on attelle. L. ap-
plicare.
APPLLEIHI, V. Atteler bœufs ou chevaux à la charrue, au char.
(Yaud.)
APPONDRE, V. Ajouter, rattacher par un nœud, épeler, se pour-
voir, se nantir. (La Côte.)
APPONSA, s. f. Ce quon ajoute en uppondant, allonge.
APPRALEIRA, s. f. Sureau hièble, Sambucus Ebahis; cochriste,
soit crête-de-coq, Rhinanthus Crista Galii. (Vevey.)
APPREINDRE, v. Apprendre, enseigner: part, apprei, sa.
APPREMA, V. Amincir, s'appliquer, chercher à plaire, à réussir.
L. primus. (Pays-d'Enhaut.)
APPRESTA, V. Apprêter, assaisonner un plat, un mets.
APPRESTON, s. m. Sauce, ragoût.
16 ARE
APPREVEISI, V. Apprivoiser; s'appreveisi, s'accoutumer, se for-
mer aux affaires.
APREUMI, APREMI, s. m. Pâturage inférieur où l'on met le trou-
peau avant de le conduire sur la montagne supérieure. L. pri-
mus. (Jura.) — Premi est le nom d'un village du Jura; en fran-
çais^ Premier. (N. de l'éd.)
APRI, adv. Après. Alla apri kôkon, c'est aller à son ensevelisse-
ment.
APRIHEINDA, v. Appréhender, craindre, avoir peur.
ARA, adv. Maintenant, à l'heure qu'il est. (Bas-Valais.) — Ora, id.
ARA, V. Voy. arrha.
ARAPPA, V. Prendre par force, arracher. L. rapere.
ARBAILLE, s. f. pi. Repas que donne une accouchée à ses le-
vailles. — Broutaku, id. (Entremont.)
ARBOË, s. m. Arc-en-ciel ; mot à mot, Varc qui boit. Plaute a dit :
Cras pluct, arcus bibit, demain il pleuvra, l'arc boit. (Jura.)
ARCHEBAN, s. m. Banc sous lequel il y a un coffre dont il est le
couvercle.
ARCI, V. Conduire, mener, chasser devant soi. L. arcere. (Neu-
châtel.)
ARDRE, V. Brûler, ardere. Ardénaz, forêt près d'Orbe. Ardénaz
paraît avoir la même étymologie que les Ardennes.
AREIMO, s. m. L'une des quatre perches d'un léger échafaudage
pour faire sécher en plein air les céréales et les légumes en
gousse. (Pays-d'Enhaut.)
AREIN, s. m. Avalanche d'une neige sèche comme du sable. L.
arena. (Alpes.) Banc de sable dans les eaux des environs de
Genève.
ARENA, ARAINA, v. Ecraser, briser sous le poids, ployer sous
un fardeau. (Gros de Vaud.)
ARÉNA, s. f. Sable. Le mot est latin; de là : arenaira, s. f., sa-
blière, sablonnière, arenaria.
ARÉTHALA, s. f. Voy. arithala.
ARZ 17
ARI, ARRI, adv. Derrière; l'aire arri, ramer en sens contraire
pour aborder. (Léman.)
ARIA, V. Traire les vaches. — C. arar, paysan, laboureur.
ARIAU, s. m. Lieu où l'on trait les vaches, soit en plein air, soit
à couvert. (Alpes.)
ARITHALA, ARÉTHALA, s. f. Perce-oreille, Forbicine Forficula;
littéralement, arrête-la, parce qu'on croit cet insecte dangereux
s'il entre dans l'oreille.
ARLITTOX, ERLITTON, s. m. Arc-en-ciel. C. ar, arc; lilh, humi-
dité. (Bas-Yalais.)
ARMADHI, ARMAILLl, ERMAILLI, s. m. Berger, vacher, chef du
chalet. (Alpes.)
ARMAILLE, ERMAILLE, AUMAILLE, s. f. pi. Vaches, pièces de
bétail. L. armentum. (Fribourg.)
AR.^L\LA, s. f. Boucle, oreille d'un vase de bois pour le prendre.
L. armilla. (Alpes.)
AROLLA, s. /'. Pin alvier, Pinus Ceinbm. — Erolla, id. (Alpes.)
ARONDA, ARONDELLA, s. /". Hirondelle.
AROUTZl, V. Jeter çà et là le fumier sur une prairie. (Alpes.;
S'arroiUschi bas, se jeter hiurdemenl par terre. (Entremont.)
ARPION, s. m. Griffe d'un animal. L. Harpiœ. Gr. <xp~n, croc.
ARRAI, adv. Derechef. En composition : Arrimé, arriémé, arraimé,
au contraire, et encore ; arrai-recers, à l'envers, à la renverse.
ARRHA, ARA, v. Labourer, herser. L. arare; C. arar, laboureur.
ARRIA, ARIA, s. f. Embarras, pêle-mêle, désordre, tumulte, bat-
terie; du grecAr/r,;, Mars, prœlium; ou d'Arius, dont la doc-
trine causa beaucoup de troubles dans l'Eglise chrétienne.
ARRKOKA, V. Recevoir dans sa main un corps jeté en l'air. (Bas-
Valais.) Voy. rakoka.
ARHOUTA, V. Prendre la même route.
ARTA, s. f. Voy. artzche.
ARTZGHE, ARTZE, ARTA, s. f. Coffre, bahut, arche. L. arca.
ARZA, i'. Prendre un goût de brûlé; se dit du lait. L. arsus.
MÉM. ET DOCUM. i
d8 ASS
ARZE, LARZE, s. m. Mélèze, Pinus Larix. Arz, cèdre du Liban,
(Alpes.)
ARZÉ, s. pi. Nom des lieux où les arbres ont été brûlés. L. arsus.
(Fribourg.)
ARZEINTENA, s. f. Alchimille des Alpes, Alchemiila alpma.
ARZELAI, ARZALEI, s. m. Rosage des Alpes, Bhododendron fer-
ru gineam et Rhod. hirsutum. (Alpes.)
AS, s. m. et f. Voy. aa.
ASE, s. w. Ane, asiniis ; mot tombé en désuétude et qui n'est
resté que dans des locutions grossières, comme Vase te et
un verbe énergique; c'est-à-dire, le diable Vemporle, ou même
quelque chose de mieux. (Moudon.)
A SETON, adv. Sur son séant, en étant assis sur son lit. (Pays-
d'Enhaut.)
ASKIBOLA, s. f. Accident, mésaventure, échec, petit malheur,
grossesse de fille non mariée. En ce dernier sens, un étymolo-
giste prétendait que ce mot venait du grec à^xoç, uter, venter,
et de |3o)>v7, ictus, plaga. (Vaud.)
ASPECTIAU, ASPECTEUR, s. m. Témoin, celui qui est présent à
une chose. L. aspicere.
ASPI, ESPI, s. m. Lavande, Lavandula Spica.
ASSALA, V. Donner du sel aux vaches qu'on va traire. L. sal.
(Bas-Valais.)
ASSATI, V. Voy. achati.
ASSE, s. m. If, Taxiis baccata.
ASSE, ASSA, ASSEI, adv. Assez. En composition: asbein, asse-
bein, aussi bien; asselont, aussitôt, bientôt, tout de suite.
ASSEITHI, A, adj. Altéré, qui a soif. L. sitis.
ASSENTHION, s. m. Enfant gâté, fantasque, volontaire. (Val d'Il-
liez.) — Asscinton, Aciieinton, id.
ASSENTHIOUNA, v. Gâter un enfant en faisant toutes ses fantai-
sies. L. assentio. (Val d'IUiez.)
ASSEINTI, V. Voy. acheinti.
ASSEINTON, s. m. Voy. acheinton.
ATO 19
ASSEINTRE, v. Se dit d'une jument, dune vache ou dune ânesse
prête à mettre bas. (Bas-Valais.)
ASSERBA, AHIE, adj. Adhérent au vase. (AlpesJ
ASSETA, ACHETA, V. S'asseoir, se rasseoir. Assita-te, assieds-toi.
ASSETHE, s. f. pL Petits ais fort minces pour couvrir les bâti-
ments des Alpes.
ASSETHON, s. m. Diminutif du précédent.
ASSIE, ASSIA, s. f. Herse des anciennes portes de ville. Ce mot
appartient au latin du moyen âge : asciu. (Acte de 1419.) (Nyon.)
ASSOLAUCHAU, AUSA, udj. Se dit d'une personne qui distrait,
qui console, qui donne ou cherche à donner du soulagement.
L. solatium. (Aigle.)
ASSOLEIHI, V. Se tenir au soleil en hiver pour se réchauffer.
L. sol. (Pays-d'Enhaut.)
ASSOMMA, V. S'élever à une somme, additionner un compte,
supputer. (Fribourg.)
ASSOT, s. m. Toit à porc. (Neuchàtel.)
ASSOUNNA, V. Flairer, sentir une odeur; de son, odeur.
ASSOUPA, V. Faire un faux pas, s'achopper. C. assoup, achoppe-
ment.
ASSOUTHÉTl, r. S'api)liquer à un ouvrage, ruser, agir avec sub-
tilité; de soutij fin, délié. L. subtilis. (Alpes.)
ASSUMA, V. Prendre. L. assumere. (Fribourg.)
ASSURA, ACHURA, v. Assurer, promettre. Le parlicipe passé,
qui a la même forme, s'emploie adverbialement et signifie sîi-
rement, certainement.
ATANT, ATEINT, adr. Autant; adi atant, toujours autant.
ATHETI, A; ALLIETHI, A, adj. Attaché, adhérent à... (Pays-
d'Enhaut.) Voy. ALLIETA.
ATHOPI, A, adj. Mal éveillé, assoupi. (Bas-Valais.)
ATIFFA (s'), V. Se parer, s'arranger, s'attifer.
ATOT^ prép. Avec; c'est l'a tout du vieux français.
ATOTSCHI, t-. Tenir à quelqu'un par la consanguinité, attoucher.
20 ■ AU
ATREDRE, v. Apaiser, tranquilliser, faire taire un enfant qui
pleure. (Pays-d'Enhaut.)
ATREGO, A, adj. Maladif, maigre, écloppé. (Val d'Illiez.)
ATREKA, V. Abattre, accabler de lassitude par excès de travail ou
de marche; du grec zpi/M, curro.
ATRIAU, s. m. Petite farce de forme ronde faite de viande de porc.
— On dit à une fille dont le mouchoir entr'ouvert laisse voir
la gorge : Catze don te z'atriau. (Yverdon.)
ATSÉA, ATSÉVA, v. Achever, épeler un mot.
ATSETA, ACHETA, v. Acheter.
ATSETTA, s. f. Petite hache, hachette des tonneliers.
ATSON, ATSGHON, s. »w. Hache; c'est le nom des as du jeu de
cartes.
ATTARDI, V. Etre tard en route.
ATTEINDRE, v. Brigander, aller sur les grands chemins attendre
et détrousser les voyageurs; attein-mè, attends-moi; attein-tè
vai, attends seulement, formule de menace.
ATTELLA, v. Atteler; ce verbe signifie aussi mettre ses habits du
dimanche pour aller à l'église. (Bex.)
ATTENNA, V. Fâcher, courroucer, haïr. — Taina, id. (Bas-Valais.)
Voy. TAIN.\.
ATTRAPA, V. Attraper, rattraper, tromper, donner le change.
ATTRAPAHIE, s. f. Action d'attraper, piège, tromperie, mystifi-
cation.
ATZOZA, V. Etancher sa soif. (Alpesr)
AU, EU, U, 2)ari. j)assé. L'ai su z'au, l'ei su z'u, j'y suis allé, j'y ai
été; l'a z'u bon martzi, il l'a eu à bon marché ; l'è z'u mort, lit-
téralement : il est eu mort, sorte de passé indéfini qu'on entend
souvent dans le français populaire du canton de Vaud.
AU, AOU, U, art. conlr., m. s. Au; le pluriel est ai, ei, eu, i.
AU, U, co/y. Ou; au bein, ou bien.
AU, AOU. s. m. Oeuf. Dei z'au tiendu, des œufs teints, des œufs
de Pâques.
AU, s. m., sing. ou pi. Ail, aulx.. Au au cer, littéralement, ail au
cerf; c'est l'ail des ours, Allium ursinum. (Pays-d'Enhaut.)
AUT 21
AUBARDE, s. f. pi. Aubade, sérénade donnée de grand malin, à
Yaube. (Vaud.)
AUDJE, AUDZE, ADJE, s. /. Auge, bassin de fontaine, bois creux
qui reçoit la pâture des porcs ; la pièce de l'er du bout de l'es-
sieu, laquelle empêche la roue de sortir.
AUGES, s. f. pi. Terrain inculte couvert de broussailles. Se trouve
en ce sens dans d'anciens documents, mais n'est plus usité.
(Fribourg.)
AUHLLE, OUILLA, s. f. Aiguille h coudre.
AUHLLON, OUILLON, AVELLHON, s. m. Aiguillon d'un insecte.
AUKALA, s. /". Guêtre. (Val d'Illiez.)
AUKIÉ, AULKIÉ, prou, indéf. Quelque chose. L. aliquid. (Vaud.)
AULA, EULA, OHLLA, s. f. Pot, marmite. L., It., olla.
AULETTA, EULETTA, s. ^ Diminutif du précédent, petit pot de
terre.
AUMAGNE, s. f. pi. Nom générique des vaches ; en français aii-
maille, aumailles. (Fribourg.) Voy. armaille.
AUMELLHI, AUMETHI, v. Amollir, assouplir. L. mollis. (Alpes.)
AUMEHLLO, A; AUMETHO, A, adj. Souple dans le sens physique.
(Alpes.)
AURA, s. f. Heure, lieue, fatigue. E hein zhi de l'aura, j'ai eu
bien de la peine. L. hora.
AURA, s.f. Vent violent. L. aura. — Voy. cura.
AURETTA, s. f. Petite lieue. Lei a duve z'aurette kank'ikhe, il y a
deux petites lieues jusque-là.
AURTA, s. f. Autel. (Fribourg.)
AUSEMEIN, adv. Aussi, pareillement. (V. style de Fribourg.)
AUSKAVOUAIRON, s. m. Fantôme ou lutin portant une petite
queue retroussée. De kaua, queue. (Voy. le Comervateur suisse,
VIII, pag. 239.) (Ormonts.)
AUTAN, s. m. L'an passé, anle annum. — Antan, id.
AUTON, s. m. Automne. Veindra ver no sti l'auton, il viendra chez
nous cet automne.
AUTOUNNA, V. Se dit d'un temps ^'automne, humide, nébuleux.
22 AVE
AUTOUNNETTA, s. f. Euphraise, plante qui ne fleurit que vers
l'automne, Euphrasia officinalis. (Aigle.)
AUTRE, adv. Plus loin, outre. L. ultra. L'è autre lé, il est là-bas.
AUTRICHA, s. f. Impératoire, plante orabellifère. Iraperatoria Os-
truthium. (Alpes.)
AUTRO, A; ATRO, A; ITRO, A, adj. Autre. Lé z'autre viadzo, les
autres fois, jadis, au temps passé.
AUTRO, pron. Un des noms du diable. C'est un reste du mani-
chéisme, ou de la doctrine des deux principes : le bon c'est
Vun, le mauvais c'est Vautre.
AUVRA, AUHRA, s. f. Filasse de chanvre. Filassa, felassa, et plus
ordinairement ritta, reta, id.
AUVRA, AUVRI, u. Voy. aouvra.
AVAI, V. auxil. avoir. Il est très irrégulier. Ain-no ? avons-nous?
no z'ein ain, nous en avons^ et par abréviation, n'ein^ain.
AVAIGHI, V. Accoutumer. (Bas -Valais.)
AVALA, AHIE, adj. Déboutonné, qui est à bas. De aval, en bas,
-AVALANTZCHE, AVALANTZE, s. /. Lavange, avalanche. (Alpes.)
AVAN, s. m. Osier, Salix vitellina; taon, tabanns. Dans ce dernier
sens on dit généralement tavan.
AVAN, AUVENT, s. m. Auvent, échoppe, boutique qui avance sur
la rue, défendue par les évêques de Lausanne.
AVANI, AVENI, v. S'éventer, perdre sa force; se dit d'un liquide.
L. vanus. (Pays-d'Enhaut.)
AVE, s. f. Voy. AIGUË.
AVEGNI, V. Venir, arriver, advenir.
AVEGNIEN, TA, adj. Avenant, agréable. Se dit d'un terrain en
pente douce. L. adveniens. (Fribourg.)
AVEINA, s. f. Avoine, Avena saliva.
AVEINTA, AVINI, v. Avéindre, atteindre, prendre ce qui est d'un
abord difficile.
AVELLHE, AVELLIE, s. f. Abeille; de là avellhon, aiguillon. Voy.
AUHLLON.
AYE 23
AVENAIHE, ADYENAIRE, s. m. Etranger, non bourgeois de la
commune qu'il habite. L. advenu.
AVENIRO, A, s. m. Enfant maigre, polisson.
AVENTRO, s. m. Polisson, mauvais sujet. (Val d'Illiez.) Voy.
AVOULTRO.
AYERON, s. m. La folle avoine, Avenu fcitua. (Jura.)
AVER0N,E1NVER0N, adv. Environ.
AVESA, V. Aviser, réfléchir, prendre des mesures, regarder.
molavesa, ahie, malavisé; bein avesa, bien avisé. (Aigle.)
AVÔ, adv. En bas, en dessous. Lé-d'avô, là-bas; Le niole rignan
d'avô, les nuées viennent d'en bas; lo contravô, le côté d'en bas.
AYO, s. m. Oncle. L. avus.
A YO, loc. A vous, salutation laconique de grands chemins, si-
gnifiant : je suis à vous. A te, à toi.
AYOGHI, V. Rendre pointu. (Bas-Valais.)
AVOIRI, V. Contredire habituellement. (Val d'Illiez.)
AVOIRON, s. m. Condradicteur perpétuel. (Yal d'Illiez.)
AVOTHENA;, v. Faire endêver quelqu'un par ses railleries, le
pousser à bout. (Yal d'Illiez.)
AVOUAI, AVOUÉ, AVOUI, prép. Avec.
AVOUAIRI, r. Faire des efforts pour vomir.
AVOULTRO, AYOUTRO, AOUTRO, VAULTRO, AVENTRO (Cette
dernière forme au Val d'Illiez), s. m. Bâtard, adultérin, paillard,
homme cynique et déhonté. — C'est une des injures les plus gra-
ves. Le coutumier de Moudon, en 1359, celui de Nyon, en 1387,
défendent, sous peine d'une forte amende, de traiter quelqu'un
d'avoultro. L. adulter.
AYOUTRO, s. m. Pommier sauvage, sauvageon, Pirus Malus; même
étymologie.
AYRETHI, AVREHLLI, v. Abriter, mettre à couvert. (Jura.)
AVRI, s. m. Abri, le mois d'avril.
AVU, adv. Extrêmement, fort, très. Avu, adj. voyant, visionnaire.
(Fribourg.)
AVER, s. m. Erable, Acer Pseudo-Platanus ; platane. (Bex.)
24 BAG
AZ, AS, s. m. Recoin solitaire. (Gruyère.)
AZERA, ASSERETTA, SERETTA, s. /". Lierre terrestre, Glechoma
hederacea.
AZI, AISI, ÉZI, s. M. Présure, l'acide dont on se sert pour faire
cailler le lait dans la chaudière. L. acidus. On dit aussi cô, ko.
(Alpes.)
B
BÀBAN, s. m. Homme simple, pesant, un niais, un nigaud, un
dadais. G. hab, stupide, imbécile. (Vaud.)
BABANA, BAMBANA, v. Baguenauder, nigauder, lanterner.
BABEUTA, s. f. Scarabée stercoraire, bousier, escarbot. (Entre-
mont.)
BABO, BOBO, s. w. Un mal quelconque, terme enfantin.
BÂCHE, s. f. Mauvais foin de marécage; grand panier à charbon.
G. bach, creux; terrain bas, enfoncé, humide. (Jura.)
BADAIR, RA, adj. Désœuvré, qui n'a rien à faire, qui a la bouche
béante. G. bad, sot, stupide. (Fribourg.)
BADIGOUAINCE, s. f. pi Lèvres, babines. (Vaud.)
BADOU, DA, adj. Simple, niais, nigaud. G. bad, stupide. (Moudon.)
BAGNA, s. f. Vache de petite taille, qui vient originairement du
Val de Bagnes. Voy. allaite-bagna.
BAGNE, BAIGNE, s. f. Bain, la saison de se baigner, le lieu du
bain.
BÂGNI (se). Se baigner.
BAGNIOLET, s. m. Baquet à tenir le lait, lequel offre une grande
surface, mais est peu profond. G. bann, creux, vase. — Ge mot
signifie aussi un baquet à laver la vaisselle. (N. de l'édit.)
BAGNIOLETTA, s. f. Vase plus grand que le précédent.
BAGUA, BAGGA, s. f. Bague, laie, truie. — Bake, id.
BAGUETTA, s. f. Iris de Germanie, Iris germanica. — Boketta, id.
BAL ^25
BÂHIE, s. f. Nom de deux torrents, la Baie de CInrens et la Unie
de MontreuK.
BAI, s. m. Nom générique de quelques ruisseaux.
BAIBAÏNA, s. f. Courge, citrouille. (Vully.) — Barbaina, u\.
BAICIIOT, s. m. Petit garçon. C. hiclian, p(Mit. (Jura.)
BxVICIIOTTA, BAICIIETTA, s. f. Petite fille. (Jura.)
BAILLI, BADHI, V. Donner, frapper ; bailler, en vieux fiançais.
Me baillo au diabllo, je me donne au diable. Jurement fort usité.
BAINA, BÉNA, v. Sommeiller; amollir des légumes dans l'eau,
les baigner.
BAINNA, s. 7». Langueur, malaise; mouvement subit de colère
chez une vache; bassin ou llaque d'eau stagnante. (Alpes.)
BAIRDA, s. f. Caisse à transporter le fumier placée sur un traîneau.
(Pays-d'Enhaut.J
BAIBE, V. Boire. Bai, bois; bain prau, je boirai ])icn. — Baire lo
cor se dit du repas des funérailles appelé plus communément
chaiamot. Par arrêt de 1616, le Conseil de Neuchàtel défendit ce
banquet funèbre, à la fin duquel on buvait à la santé du défunt.
(Neuchàtel.)
BAIRFOU, s. m. Sorte de filet pour la pêche. (Léman.)
BAIRLELAI, RA, adj. Etourdi, brouillon. (Entremont.)
BAISTxV, s. f. Fille grande et vigoureuse, hommasse. (Jura.)
BAKE, s. f. Voy. bagua.
BAKON, s. m. Lard. C. baccwn. — Le vieux français écrit bacon.
(N. de l'édit.)
BAKOUNNA, v. Enlever la superficie du terrain pour le fertiliser.
BALAINA, s. f. Ancien nom du silure du lac de Morat, Siliirns Gla-
nis, plus connu sous le nom de salut.
BALANDUAI, s. m. Balustrade, garde-fou. (Coppet.) A Genève,
balandrin.
BALANDRON, s. m. Conducteur des chevaux de bât dans les mon-
tagnes. De deux mots grecs, pâ),)/,) et mhp homme. Si cette
étymologie est vraie, balandron serait un homme qui pousse
devant lui des bêtes de somme. (Alpes.)
26 BAN
BALLA, adj. On dit à une petite fille : Fâ la balla, fais la révérence.
— Voy. BÉ.
BALLALARMO, s. m. Jeune homme bruyant, tapageur, coureur
de nuit. (Vaud.)
BALLAMAN, adv. Doucement, sans bruit, sur la pointe des pieds.
V. Fr. Bellement. — Banamein, id.
BÂLLHON, BÂILLON, s. m. Bâillement.
BAMBANNÂ, v. Scier de long, du haut en bas; baguenauder, lan-
terner, muser, fainéanter. (Alpes.)
BAMBANNA, s. /. Grande scie pour scier de long; le bras qui
communique le mouvement au soufQet des grandes forges.
(Jura.)
BiMBELLA, s. f. Véron, Cyprinus Phoxinus ; poisson peu estimé
du Léman.
BAMBELLHI, v. Brandiller.
BAMBELLHON, s. m. Chiffon qui brandille.
BAMBOTZI, V. Faire des excès de vin, courir les cabarets. (Vaud.)
BAMBOTZIAU, s. m. Homme qui boit souvent et beaucoup, cou-
reur de cabarets. (Vaud.)
BAN, s. m. Proclamation de l'autorité à cri public, sous commi-
nation d'amende. Ce mot est français. Bon à ban, bois où l'on
ne peut couper sous peine d'amende.
BANDER, V. Bander un glaive, faire une prière sur un glaive pour
qu'il ne se rompe pas; pratique superstitieuse défendue en 1640
par les ordonnances consistoriales.
BANDERET, s. m. Banneret, celui qui porte la bandière ou ban-
nière; magistrat civil qui, jusqu'à la révolution de 1798, pré-
sidait le conseil des villes municipales du Pays de Vaud. Ce
magistrat, à la fois militaire et civil, s'appelait bandelier dans
la prévôté de Moutiers-Grandval.
BANDERETTA, s. f. Girouette aux armes de la seigneurie, élevée
sur un poteau dans les places publiques, avec défense de la
faire tourner à coups de pierres. A ce même poteau était sou-
vent attaché le carcan. Faire la banderetta ou le banderet, c'est
BAR 27
se tenir sur la tôle les pieds en haut. Ce tour de force s'appelle
aussi pièce droite. (Pays-d'Enhaut.)
BANDIIOLLI, i;. Baguenauder, muser, aller çà et là sans rien
faire, flâner. (Montreux.)
BANO, NA, adj. Aveugle, mendiant; banni, mis au ban. (Evêché
de Bàle.)
BANNA, BENNA, s. f. Ruche d'abeille; panier couvert, colTre,
voiture en osier. C'est dans ce derniers sens qu'il est employé
par Caton. (De re ruslica.) (Vaud.)
BANNIRA, V. Publier un ban, une défense à cri public. (Plaid
général de Lausanne.)
BANTHENA, s. /". ; BANTHEUN, s. m. Bassine, pot de métal à
anses pour la cuisson. (Alpes.)
BANTSE, BEINTSCHE, s. f. Etude de notaire, secrétairerie. (Vaud.)
— Banclie, dans le français populaire de Genève, id.
BANTZET, s. m.; BANTZETTA, s. f. Bancelle, petit banc.
BAO, BAVO, s. m. Espèce de prune dont le noyau ne se détache
pas. (Pays-d'Enhaut.)
BARAGNA, s. m. Garde-fou, balustre, balustrade, rampe d'appui
dans un escalier. — C. barr, barre, barreau.
BARAT, s. f. Fraude^ dol, félonie, tromperie. Les notaires ont
employé dans leurs actes la locution sans fraude ni barat. —
C. harat, même signification.
BARATÀ, BARLATTÂ, v. Duper, tromper, mener par le nez. —
Maratta, id.
BARATTA, s. f. Vaisseau en forme de petit tonneau oblong pour
faire le beurre, baratte; petit baril, barillet. — Voy. bokataire,
BORKANNA.
BARATTEI, RA; BARL.\TTEI, RA, adj. Brocanteur, petit mar-
chand ambulant, trompeur, étourdi. (Alpes.)
BARBA, s.f. Barbe, moisissure; barba de Jontanna, conferve qui
croît dans les tuyaux de fontaine et finit par les obstruer.
BARBAINA, s. f. Citrouille, courge. (Vully.) — Barrebaina, id.
28 BAR
BARBETTA, s. f. Pièce d'étoffe ou de toile que les femmes en
deuil portent sur la poitrine. (Val de Bagnes.)
BARDOT, s. m. Rave. (La Côte.)
BARBOTTA, s. f. Lotte, poisson, GobiusLotla. Motailaesl plus usité.
BARBOTTÀ, BORBOTTÂ, BERBOTTÀ, s. f. Barboter, murmurer,
articuler mal en parlant, bredouiller, bouillonner, cuire à gros
bouillons.
BARBOTTANNA, adj. fém. Ce mot se joint toujours à aiguë, igue,
eau. Igue barbottanna est le nom de plusieurs sources qu'on
voit sourdre en bouillonnant. (Vaud.)
BARBUVA, BARBU A, s. f. Provin avec sa racine, marcotte; bar-
bote, dans le français du canton de Vaud.
BARDÉ, BARDHI, s. f. Bardeau, petit ais pour couvrir le toit des
bâtiments des Alpes. — Voy. assethe.
BARDELA, BARDHOLLA, BARDOFFLA, EINBARDOFFLA, v. Sa-
lir, se dit surtout du visage.
BARDELAU, AHIE, adj. Qui a le visage sale. (Val d'Illiez.)
BABET, BERRET, s. m. Bonnet, calotte, toque, béret.
BARETTA, s. f. Coiffe de femme attachée sous le menton.
BARGUEGNI, v. Hésiter, être lent dans son travail, barguigner.
En basque, bargaigna signifie hésiter, chicaner, disputer.
BARIHLLA, s. f. Petit baril.
BARIHLLETTA, s. f. Barillet, petit baril, sorte de gourde.
BARJAKA, BABDJAKA, s. f. Femme babillarde, indiscrète.
BARJAKKA, BARDJAKKÀ, v. Babiller à outrance et indiscrète-
ment. (Lausanne.)
BARKA, s. f. Barque matée et pontée, à voiles. (Lacs.)
BARKETTA, s. f. Petite barque, bateau.— Un montagnard de BuUet,
village à deux lieues au-dessus d'Yverdon, étant entré dans un
bateau et se rendant importun, le patron le fit descendre; alors,
se campant fièrement sur le rivage, le paysan lui cria : Vein lei
pi ein Ballet avoué ta beugre de barquetta, on te truverapreu;
Viens-y seulement à Bullet avec ton b de bateau, on te trou-
vera bien.
BAS 29
BARLATTEl, RA, adj. Voy. barattei.
BARMA, BAIIMA, BOMA, s. /'. Caverne, grotte naturelle dans les
rochers. — On trouve ce mot en ce sens dans la vie des saints
Romain et Lupicin , fondateurs de l'abbaye de Romainmôtiers.
Le nom de Baulmes, au canton de Vaud, et de Balm, au canton
de Berne, vient peut-être des cavernes voisines. La plus grande
des cavernes de la vallée du lac de Joux s'appelle la Grand'-
batimc.
BARMETTA, s. f. Petite caverne; diminulil' du précédent.
BARRA, s. f. Barre, raie; saisie-arrêt, main-mise d'un créancier
sur le bien d'un débiteur.
BARRA, V. Barrer, arrêter, fermer un passage ; opérer saisie-
arrêt, faire main -mise par voies juridiques; rayer, biffer un
parchemin, un acte, un contrat.
BARRA, BARRÉ, s. m. Grosse étoffe de laine, rayée de diverses
couleurs. (Vaud.)
BARRADJO, s. m. Contribution exigée par les garçons, d'un étran-
ger qui épouse une fille de leur commune. (C. de Fribourg.)
BARRAGNA, s. f. Scie. (Bagnes.)
BARRAT, BARRO, s. m. Grand baril allongé pour transporter le
vin à dos de cheval, dans les montagnes. Chaque cheval en
porte trois. C. barrai, tonneau. (Alpes.)
BARREBAINA, s. f. Voy. barbaina.
BARRILLON, s. w. Oreille d'ours, Primula Auricula, auricule
des Alpes. (Alpes.)
BARROTA, s. f. Brouette. C. barolum, tombereau.
BASKELLHI, BASKENOLLHI, v. Faire un bâtard.
BASKELLHON, s. m. Petit bâtard; c'est aussi un terme d'amitié.
(Jorat.)
BASKETTA, s. f. Bâtarde.
BASKO, BASKA, adj. Bâtard, bâtarde. — Basque, dans le français
populaire de Lausanne, est une injure fort usitée parmi les ga-
mins. (N.de l'éd.)
BASSENET,s. m. Renoncule vénéneuse, Ranunciiltis Thora. (Alpes.)
30 BAT
BASSET, TA, adj. Court, de petite taille, bas sur jambes.
BASTA, V. Céder à un raisonnement ou à la force, s'arrêter,
céder. (Vaud.)
BASTE, udv. Cela suffit, eh bien! soit. C. basta^ suffire.
BASTOUBA, s. f. Ventouse. Ail. badestube, étuve.
BASTOUBÂ, V. Ventouser. Le paysan se fait encore ventouser dans
une étuve. (Fribourg.)
BASTOUBARE, s. m. La personne qui applique les ventouses.
BATAKLLAN, s. m. collect. Toute la troupe, toute la bande, tout
le reste; le train, la suite d'un grand seigneur, d'un chef.
(Vaud.)
BATHIA, s. f. Digue contre les torrents, les eaux.
BATHOTRA, v. Salir, noircir ce que l'on touche, patrouiller.
(Val d'Illiez.)
BÂTION, s. m. Lourdaud, homme pesant, borné, parlant mal, qui
a la langue épaisse. (Lausanne.)
BATO, s. w. Battant d'une cloche; grand causeur, babillard en-
nuyeux. (Alpes.)
BÂTON, s. m. Bâton, canne, arme.
BÂTON-BORNU, s. m. Mousquet, fusil ; c'est l'ancien nom de cette
arme. Mot à mot : bâton creux. Bormt, adj. creux. Voy. petairou.
BATTECOUER, s. m. Herbe à éternuer, achillée sternutatoire,
Achillea ptarmica. (Aigle.)
BATTÉMO, s. m. Batterie, rixe sanglante qui arrive parfois après
les repas de noces, de baptême, (Lutry.)
BATTERAN, s. m. Gros marteau pour briser les pierres.
BATTHO, s.m. Faux narcisse ou fleur de Pâques. Narcissus Pseudo-
Narcissus. (Orbe.)
BATTHOLLA, BATOHLLIA, s. f. Causeuse, babillarde, commère,
BATTHOLLI, v. Causer à tort et à travers, babiller à outrance.
En basque, batouilla signifie parler mal, bredouiller.
BATTI, s. m. Petit bateau, moins usité que naviot.
BATTIA, s. f. Babeurre, lait de beurre. — Battuva, id.
6ATTIAU, s. m. Battoir, machine où, au moyen d'une meule que
BAU 31
l'eau f;iit mouvoir, on lisse le chanvre, on écrase les grumeaux
de noix pour faire l'huile. Rebatla a un sens analogue.
BATTIORA. V. IJriser les liges du chanvre, du lin, pour en tirrr
la filasse.
BATTIORET, s. m. Broyé, instrument pour liriscr les liges du
chanvre.
BATTIOU, s. m. Palette de bois pour battre le linge mouillé.
BATTUVA, s. f. Voy. battia.
BATZ, s. m. Monnaie de billon qui valait dix rappes. — Deux
demi-batz valaient un batz.
BATZI, BATSCHI, v. Baptiser.
BATZI, s. m. Repas ou fête de baptême.
BAU, BUO, s. m. Bœuf; c'est plus spécialement le taureau du
troupeau.
Bail de marais, butor, Ardea stellaris. (Villeneuve.)
Bail d'Arnex, scarabée aquatique. — On dit (lu'anciennement
on fit une réquisition de bœufs aux habitants du village
d'Arnex, près d'Orbe, et qu'ils menèrent le réquisitionnaire
au bord d'un étang, et que lui montrant cet insecte nageant
sur l'eau, ils lui dirent: Prendè pi, n'ein'ain pas d'antro; pre-
nez seulement, nous n'en avons pas d'autres.
Revire-bau, arrète-bceuf, bugrane épineuse, Oiionis spinosa.
(Vaud.)
BAUDSCHE, s. f. pi. Boules à jouer.
BAUDSCIII, V. Chasser avec sa boule celle de son adversaire et
rester à sa place. En français, débuter.
BAUFAIHI, V. Grasseyer, prononcer mal certaines lettres. (Jura.)
BAUGRAMEIN, adv. Revient à fort, très, beaucoup. Voy. baugho.
BAUGRO, adj. Bougre, bougresse. — Ce mot ne se prend point en
mauvaise part, tant s'en faut : dire à quelqu'un, eu lui frappant
sur l'épaule, T'i on bon baugro, est un compliment d'amitié du
meilleur ton, très usité dans les foires et marchés. (Vaud, Fri-
bourg.) On dit beugre dans le Jura.
BAURO, s. m. Entassement de plusieurs choses en désordre.
(Alpes.)
32 BED
BAUSSAN, s. m. Cheval lourd et massif. (Vaud.)
BAUTSO, A, adj. Poussif, se dit de l'homme et du cheval. —
Butscho, id. (Bas-Valais.)
BAVA, s. /. Bave, salive.
BAVA, V. Baver.
BAVARON, BAVERON , s. m. Bavette, petit tablier d'enfant qui
s'attache au cou. (Vaud.)
BAVEITA, BAVERETTA, s. f. Bavette d'un tablier de femme.
BAVOLLHl, v. Trinquer, buvotter. (Vas-Valais.)
BAY, s. m. Poêle, salle, chambre où est le poêle, chambre com-
mune, où la famille se réunit. (Fribourg.)
BAZAN, s. m. Sorte de petit traîneau non ferré dont les enfants
se servent pour glisser sur les pentes couvertes de neige.
(Montreux.)
BAZELICO, s. m. Basilic, Ocymum Basilicum ; plante labiée fré-
quemment cultivée pour son parfum.
BAZOTTA, V. Balancer, chanceler, hésiter, barguigner. (Vaud.)
BE. Abréviation de bein (bien), avec un n devant les voyelles
pour éviter les hiatus ; ainsi, ben'aiso, bien aise; ben'irau, bien-
heureux.
BÉ, Bl, BIAU, adj. BALLA, f. s. BALLE, f. pi. Beau, belle. Biau-
frare, beau-frère; biau-fe, beau-flls; balla-chira, balla-chéra,
belle-sœur.
liÉ,Bl,adv. Clair. Ne veto pas 5e, je ne vois pas clair, je n'y vois pas;
veio mô bé, j'ai la vue basse. Farai bi veire, il ferait beau voir.
BÈ, s. m. Pointe de montagne, sommet, bout, bec.
Bè-d'osi, s. m. Bec d'oiseau ; linaire commune, lÀnaria vulgaris,
plante antirrhinée. Voy. becca.
BECHAULA, s. f. Voy. bessaula.
BEDA, BÉDA, v. Manquer un coup, faire l'école buissonnière,
manquer une partie de plaisir. En basque, beda signifie empê-
chement, prohibition. (Vaud.)
BEDAN, DA, adj. Lourdaud, butor, niais, homme gauche. C. bad,
sot, stupide. (Vevey.)
BEI 33
BEDANDE, s. m. Ecorcheur, équarrisseur, celui qui écorche et
met en terre les cadavres des bêles de somme. Bedd, dans d'an-
ciens glossaires, signifie fosse, sépulcre. (Montreux.)
BEDET, BEGUET, TA. Nom d'amitié pour amener à soi les che-
vreaux, les agneaux. (Alpes.)
BEDJERUO, s. m. Imbécile, nigaud, niais. C. bed, bad, stupide,
hébété. (Lavaux.)
BED.ION, s. 7)1. Benjoin, térébenthine; résine, poix tirée du sapin.
— Pedjon, id. (Jura.)
BEDO, A, adj. Pensif, rêveur; lâche au travail; tempéré quand il
s'agit du temps, tepidus.
BEDON, s. m. Ventre; terme d'enfant. La bedon mè fa mô, le ven-
tre me fait mal.
BEDOUMA, s. i. Femme ou fille simple, bornée, maladroite, pa-
resseuse. (Vaud.) Les Bedoiimas sont une peuplade qui habite
les îles du lac Tchad, dans le Bornou.
BEDZU, s. m. Voy. beju.
BEFFA, BUFFA, s. f. Coup^ soufflet, moquerie, quolibet. C. buff,
soufflet.
BEGGO, s. m. Canard (La Côte.)
BÈGNE, V. au présent du subj. Diu tè bègne! Dieu te bénisse !
BÉGUINA, s. f. Coiffe de toile sans dentelle, coiffe de nuit pour
les paysannes. (La Côte.)
BEH ! interj. Fi ! pouah ! On la redouble en montrant à un petit
enfant une ordure qu'il ne doit pas toucher.
BEHLLl, BÉTHl, v. Diguer, construire une digue contre un tor-
rent. (Alpes.)
BEIN, .s. m. Domaine, toutes les possessions rurales d'un proprié-
taire. L'a on gro bein sein dévalle, il a un grand domaine sans
dettes. Bein de Diu, bien de Dieu, la nourriture en général.
BEIN, adv. Bien, beaucoup. Prov. Kan l'è bein, l'è prau, quand
c'est bien, c'est assez.
BEINDA, s. f. Bande, troupe de gens, ruche d'abeilles. Voy.
BENNA.
MÉM. ET DOCDM. XXI. '
34 BEL
BEINDÂ (se), V. S'enrôler pour les services militaires défendus.
(Vaud.)
BEINKONK, adv. Beaucoup. (Val d'Anniviers.)
BEINVEGNIENT, TA, adj. Qui vient, qui croît, qui prospère bien.
BEJA, BEJI, BAISI, v. Baiser, embrasser.
BEJU, BEZU, BEDZU, BESUTCHET, s. m. Mouette rieuse, Larus
ridibundus, oiseau du Léman.
BÉKASSA, s. f. Bécasse, oiseau. Se dit aussi d'une personne
maladroite, bornée, sans intelligence; dans ce dernier sens, il
est synonyme de besiiasse.
BEKEIBGNA, s. f. Chassie. Pekergna, id.
BEKEIBGNIAU, SA, ndj. Chassieux. Pekergniau, id.
BEKETTA, BAKETTA, BOKETTA, s. f. Blé sarrasin, blé noir,
Polygonum Fagopyrum. (Morges, La Côte.) Voy. blla.
BEKETTA, .s. f. Pied d'alouette, Delphinium Consolida, plante
renonculacée. (Orbe.)
BEKKA, s. f. Pointe de quelque corps, pic de montagne, rocher
pointu. Voy. bè.
BEKOUE, TA, adj. Se dit d'un enfant au berceau qui s'écorche,
dont le derrière s'enflamme.
BEKOUMO, BISGÔMO, s. m. Pain d'épice, gâteau au miel.
BÊLA, V. Bêler, crier comme la brebis.
BÉLITBA, V. Mendier, gueuser. (Genève.)
BÉLITRO, s. m. Gueux, mendiant, bélître. (Genève.)
BÉLON, OUNNA, adj. Irrégulier dans sa forme, chancelant sur
sa base. (Vaud.)
BELORDA, s. f. Maladie des vaches provenant d'un ver dans la
tête. (Pays-d'Enhaut.)
BÉLOSSA, BOLASSA, s. f. Prune sauvage, prunelle.
BÉLOSSI, BOLOSSI, s. m. Prunelier, Prunus spinosa. C. poloss,
bélost.
BÉLUAR, s. m. Boulevard, terrasse, bastion. (Fribourg.)
BER 35
BELUARDA, s. f. Souci des jardins, Calendnla ofjicinalis, ou
grande marguerite.
BEI.UGAN, BELOUGAN, BELOUKAN, PELOUGAN, s. m. Matrice,
pudenda ttiulieris. C'est un ternie de matrone. L. speliinca.
(Echallens.)
BEN'AISO, A; BEN'AISE, A, af/y'. Bien aise. Bein ben'aise, très
content, très satisfait, très réjoui. (Vaud.) Voy. be.
iBENAlTA, s. f. Corbeille d'osier, ruche de paille tressée. Bcnate,
panier, selon Ducange.
BENAITON, s. m. Corbillon, sébile; diminutil du précédent.
BENECHON, BENESSON, s. m. Bénédiction, lèie du patron de la
paroisse. (Fribourg.)
BENIN SEINDEI, s. m. Littéralement: béni soit Dieu! L'è dan
beninseindei, dit-on d'un bien imprévu, d'un héritage, d'un legs,
d'une restitution, d'un cadeau, c'est-à-dire qu'il faut en remer-
cier Dieu. (Lausanne.) — L'auteur a écrit beninseindei et benin-
seindai.
BEN'IR.\U, SA, adj. Bienheureux. Voy be.
BENNA, s. f. Ruche d'abeilles.
BENNAITA, s. f. Maladie que la colère donne au bétail, notam-
ment aux moutons. (Alpes.)
BENOIST, TA, adj. Bénit, bénite. (V. style.)
BÉRA, s. f. La grande astrance, Astrantia major, plante ombelli-
fère commune dans les Alpes et le Jura.
BÉRAR, s. m. Mesure de lait d'environ quatre pots. On dit qu'une
vache donne tant de bérar. Ou calcule par bérar la quote-part
des produits d'une montagne qui revient à ceux qui y ont mis
une ou plusieurs vaches pendant la saison du pâturage. C. bcra,
couler. (Alpes.)
BERBOU, BARBOU, LX, adj. Véreux. Se dit d'un fruit.
BERBOUTZET, s. m. SalsiQs des prés, Tragopayon pratense, vul-
gairement barbe-de-bouc. (Vaud.) — Bernabou, id. (Bex.)
BERDGI, BERDZI, s. m. Berger de moutons, de chèvres.
BERDZERI, s. {. Troupeau de moutons. (Alpes.)
36 BER
BERHLLA, v. Planter des branches ou rameaux pour soutenir les
plantes légumineuses, ramer les pois, les haricots.
BERHLLORA, s. /. Branche, rameau ou petite perche servant à
ramer les haricots, les pois.
BERIO, s. m. Dent d'une fourche, d'une fourchette, fourchon.
C. ber, pointe, broche. (Fribourg.)
BERLA, adj. Se dit d'un arbre qui a une bifurcation. (Alpes.)
BERLO, s. f. Bifurcation, l'une des deux branches qui se sépa-
rent. C. berr, jambe. (Fribourg.)
BERNABOU, s. m. Voy. berboutzet.
BERNADA, BARNADA, s. f. Vieille femme qui jette du grain sur
l'épouse, comme un présage d'abondance, quand elle revient de
l'église et qu'elle entre dans la maison du mari. Là, une autre
femme lui présente les clefs des portes et armoires, emblème
de son pouvoir dans l'économie domestique. Bar en hébreu et
en celte signifie aliment, pain. (Vaud.)
BERNAKLLO, s. m. La cérémonie accomplie par la bernada.
L'épusa a z'u on bi bernakllo, c'est-à-dire qu'on a jeté sur la
tête de l'épouse beaucoup de céréales, de noix, de châtaignes.
Dans ma première jeunesse j'ai vu plusieurs noces où cette cé~
rémonie celtique était observée; elle subsiste encore dans di-
vers villages. Quelquefois, c'est la mère du mari qui reçoit ainsi
sa bru.
BERNAR, BERNADZO, s. m. Pelle à feu.
BERNEI, BARNEI, s. m. Une faux. (Entremont.)
BERNEUSA, BAIRNADA, s. f. Distribution de crème qui se fait à
la mi-août à tous les pauvres qui se présentent sur certaines
Alpes. C. bern, amas, monceau, abondance.
BEROU, s. m. Bélier, homme opiniâtre, têtu.
BEROUD, D.\, adj. Demi-fou, timbré; terme injurieux. (Fribourg.)
BERRA, s. f. Calotte de cuir, bonnet; c'est le berret ou béret des
Pyrénées. (Entremont.)
BERRET, s. m. Châlit, petit lit qui se roule sous le grand lit.
(Bas-Valais.)
BES 37
BERRI, V. Faire du bruit, crier comme une bête sauvage. Le latin
barrio, barrire, signifie crier comme un éléphant. (Val d'IUiez.;
BERROT, BARROT, s. m. Brouette. C. Iiarrot, tombereau.— Dar-
rota, id.
BERROTINA, s. f. Petit chariot tiré par un seul homme. (Mon-
treux.)
BERTHO, A, adj. Fragile, qui se rompt aisément. (Alpes.)
BERTHOU, .s. m. Fromage rôti au feu, étendu sur une tranche de
pain. (Alpes.)
BERTZO, A, adj. Edenté, brèche-dent. (Vaud.)
BERULA, s. f. Brouette, (V. style.)
BESALLA, V. Crier comme la chèvre, bêler; mettre bas deux
chevreaux à la fois. De bis, qu'on a longtemps prononcé bes.
(Alpes.)
BESAUDGI, V. Faire toute sorte d'ouvrages de ménage.
BESAUDGIRA, s. f. Femme de journée qui fait un ménage, quel-
quefois deux ou trois; causeuse, babillarde. (Vaud.)
BESAULA, BESSOLA, BESSULA, s. f. Le ferra, Salmo Fera, pois-
son. — Para, ferra, id. (Léman.)
BESILLHE, s. f. pi. Lunettes, besicles.
BESOGNA, BESOUGNA, s. f. Travail, occupation ordinaire, beso-
gne.
BESOGNI, V. Travailler; faire un ouvrage, une besogne quelcon-
que. (Vallée de Joux.)
BESSAT, s. m. Voy. bissât.
BESSAULA, BECHAULA, BRESSAIJLA, s. f. Petite fille. Héb.
bethula, id. (Fribourg.)
BESSI, s. m. Bifurcation du corps humain. L. bis.
BESSON, s. m. BESSOUNNA, s. f. Jumeau, jumelle. L. bis.
BESSORNA, s. m. Chevreau, jeune bouc. (Fribourg.) Voy. bétorne.
BESSOUNNA, v. Accoucher de deux jumeaux.
BESSOUNNET, s. m. BESSOUNNETTA, s. f. Petit jumeau, petite
jumelle.
38 BET
BESTIASSE, s. f. Terme injurieux, personne stupide. Kaise-tè,
bestiasse; tais-toi, besliasse.
BÊTAI, s. m. Bourbier, fange, boue provenant du bétail autour
des chalets (Alpes.)
BETANA, V. Dire ou faire dire des bêtises.
BETANNA, s. f. Gros gant de laine dont le pouce seul est séparé.
(Pays-d'Enhaut.)
BÉTAR, s. m. Idiot, homme borné, bête, un bêta. Basque, betarra,
lent, tardif. (Lausanne.)
BETASSU, s. m. Morceau de bœuf bouilli. (Fribourg.)
BETATSCHE, BETASCHE, s. m. Besace, bissac.
BETAU, SA, adj. Percé de trop grands trous; se dit spécialement
du fromage. (Gruyère.)
BÉTÉ, s. m. Ouverture, trou; yeux du fromage. (Gruyère.)
BETÉGU, BATACU, s. m. Culbute, sens-dessus-dessous. (Vaud.)
BETENDEI, s. m. Plancher supérieur d'une grange.
BETHl, V. Bâiller, sommeiller. (Alpes.) — Baina, id.
BÉTHI, V. Diguer. Voy. behlli.
BETORNA, V. Bistourner, châtrer les animaux.
BETORNE, s. m. Bouc châtré. (Fribourg.) Voy. bessorna.
BETOUEIR, SA, adj. Tordu, mal fait.
BETSE, s. f. Espèce de traîneau. (Alpes.)
BETSET, s. m. Petit brochet, Esox Lucius. (Genève.)
BETSET, s. m. Coup reçu au bout du pied en heurtant un corps
dur. Bet, bout. (Montreux.)
BETSET, s. m. Trou fait à la glace, chute dans ce trou. — Béchet,
id. (Genève.) Prendre un béchet, dans le français populaire de
Genève, c'est prendre un bain partiel involontaire en marchant
sur la glace trop faible pour porter.
BETTON, s. m. Le premier lait, très gras, d'une vache qui a mis
bas. B. B. beth, bethéa, gras, abondant. (Vaud.)
BETZE, s. f. Chevreuil. Du français biche. (Bas-Valais.)
BIB 39
BETZEKO, s. m. Petit fromage fait de crème et de lait caillé.
(Ornionts.)
BETZET, BICIIET, s. m. Mesure de grain de deux quarterons.
(Vaud.)
BÉTZEVET, BÉTSCHEVET (à), loc. adv. A deux chevets, l'un à
la tête et l'autre aux pieds. Bé, bis.
BETZOLET, BICHOLET, s. m. Gobelet. (Fribourg.)
BEUGNA, BEUNA, s. f.\ BOUGNO, BIOUGNO, s. m. Glacier, dans
plusieurs vallées du Bas-Valais,
BEUGRE, s. m. Voy. baugro.
BEUNE, s. f. j)l. Sources, fontaines, écoulements d'eau. (Jura
bernois.)
BEUREHLLI, v. Crier comme le bouc qui fait la cour à une chè-
vre en chaleur. (Val d'IUiez.)
BEUVAHI, V. Traîner du bois avec une bête de somme. L. bove
vchere. (Bas-Valais.)
BEUZA, s. f. Voy. bauza.
BEVIAU, s. m. Buveur, ivrogne, biberon. (Aigle.)
BEZOLA, s. f. Lavaret, Salmo Lavaretns, poisson lacustre.
BEZOLET, s. m. Mouette du Léman, Larns ridibundus. — Besuichet,
beju, bezu, bedzu, id.
BHAGE, BÂGE, s. m. Mélange d'orge, d'avoine et de vesce, dont
on fait un pain grossier. (Evêché de Bàle.)
BIA, BIHA. Cri particulier pour appeler les brebis.
BIAINA, s. f. Fantaisie, lubie passagère. — Brelaire, brelingiia, id.
(Vaud.)
BIARD, s. m. collect. Troupeau de vaches, chèvres ou brebis.
(Val d'Illiez.)
BIBELOT, s. m. Jouet d'enfant qui ressemble au bilboquet.
BIBERON, s. m. Vase à goulot à l'usage des malades et des petits
enfants. Ce mot est français.
BIBI, s. m. Jouets de petits enfants en général.
BIBLLASSE, adj. Filandreux; se dit des raves, des carottes.
40 BIS
BICORNE. Nom que les enfants donnent à l'eseargot. — Be-
coueine, id.
BIDA, BIDETTA, s. f. Jument de petite taille. C. bided, bidet.
BIÉ, BIED, s. m. Nom générique de plusieurs ruisseaux. C. Bied,
canal. (Neuchâtel.)
BIHLLON, BEHLLON, s. m. Pièce ronde de sapin, destinée à être
sciée en planches. C. bill, pill, tronc, souche d'arbre. (Vaud.)
BIKA, s.f. Trayon d'une chèvre, mentula. Bique est l'ancien nom
de la chèvre, Voy. kikka.
BIMBALLE, s. f.pl. Planures, copeaux faits avec le rabot.
BIODA, BIOGA, s. f. Casaque, longue redingote. — Biode, id.
(Jura.)
BIOLA, s. f. Bouleau, Betula alba ; c'est l'arbre qui fournit les
verges, le biole. (Vaud.)
BIOLÂ, V. Fouetter avec les verges.
BIOLAHIE, s. f. L'action de fouetter.
BIOLETTA, s. f. Petite verge, baguette.
BIOLEY, s. m. BIOLEIRE, s. f. Lieu couvert de bouleaux. — Bio-
ley est aussi le nom de deux villages du canton de Vaud.
BIOTHI, V. Epamprer la vigne pour la seconde fois, faire la se-
conde feuille. (Montreux.) Ce mot signifie aussi pincer. Voy.
BLLOSSI.
BIOTSA, s. f. Jeune fille satirique, moqueuse, curieuse. (Mon-
treux.)
BIOTZE, s. f. pi. Bord d'une manche de chemise, morceau en
forme de cœur mis à un soulier. En basque, biotsa signifie
cœur. (Pays-d'Enhaut.)
BIOUGNO, s. m. Glacier des Alpes. Voy. beugna. (Valais.)
BIRON, s. m. Voy. bron.
BISA, s. f. Vent du nord; femme noire, hâve, hâlée.
BISÂ, V. Etre battu du vent du nord.
BISINGUE (de), adv. Tout de travers. (Genève et Vaud.)
BISKA, s. f. Course, départ précipité, dépit, colère.
BLL Ai
BISKÀ, V. S'évader, end^-ver, pester de dépit. En breton, buska
signifie remuer. (Vaud.)
BISSAT, BESSAT, s. m. Bissac, besace.
BISSENORDEI! interj. Mot à mot: bénisse nous Dieu; Dieu nous
bénisse! Dieu nous préserve. (Vaud.)
BISVERI, V. Tourner deux fois. Ce verbe est surtout relatif aux
fèves, dont on prétend que les grains tournent deux fois (bis)
' dans la gousse avant d'être mûrs. (Montreux.)
BITHE, s. m. Trou à une porte, à un habit, à un linge. (Val d'Il-
liez.)
BITHETTA, s. f. Petite bête, bestiole.
BÎTHIE, BÎTA, s. f. Bête, animal; panaris.
Balla bîthie, s. f. Emeraudine, insecte. (Montreux.)
Bîla-crotze, bête à griffes; c'est un des noms du diable. (Echal-
lens.)
Bîta-neire, bête noire, pour dire poliment cochon, porc.
BLACHETTA, s. f. Voy. blantzetta.
BLAGA, V. Injurier, tenir de mauvais propos sur le compte de
quelqu'un, le vilipender.
BLAGUE, s. /. pi. Mauvais propos, sornettes, contes bleus, médi-
sances. (Montreux.)
BLANTZETTA, BLACHETTA, s-, f. Armoise champêtre, Artemisia
campe st ris.
BLAVET, s. m. Bluet, principalement sa fleur, Centaiirea Cyamts.
BLAVIN, s. m. Véron, Cyprinus Phoxinus, poisson. (Neuchâtel.)
Filet du lac de Morat
BLEUGI, V. Voy. blleuzf.
BLINDE, s. f. pi. Santés portées dans un repas, toasts. Voy. brinde.
BLLA, s. m. Froment, blé.
Blla lombard ou gro blla, maïs (\'evey.)
Blla sarrasin ou blla nei, blé noir, Polijgonum Fagopyrum. (La
Côte.)
BLLADHI, s. m. Blatier, marchand de grain. (Moudon.)
BLLAMI, V. VOV. BLLÉMI.
m BLO
BLLAN, BLLANTZE, orf/'. Blanc, blond.
BLLANTZAR, s. m. Fourbe, rusé, hypocrite; c'est la paroi blan-
chie de l'Evangile.
BLANTZEIHI, v. Commencer à blanchir par la neige. (Alpes.)
BLLANTZET, s. m. Petit blondin, nom d'amitié.
BLLANTZET, s. m. Un des noms de Table ou ablette, Cyprinus
Alburnus, poisson. (Léman.)
BLLANTZET, s. m. Vêtement de femme, en laine, de couleur rouge
ou bleue, dont la jupe et le corset, sans manches, sont d'une
même pièce. (Pays-d'Enhaut.)
BLLANTZETTA, s. /. Chèvrefeuille. Lonicera Xylosteum. (Vaud.)
BLLASSA, BLASSA, s. f. Maladie des vaches, provenant de colère
ou de gonflement. AU. blaehen, gonfler.
BLLÉMI, BLLAMI, v. Se faner, blêmir.
BLLESSENEI, BLOSSONEI, s.f. Poirier sauvage, Pyrus communis.
BLLESSON, BLOSSON, s. m. Poire sauvage. C. blod, bleut, mol,
flétri.
BLLET, TA, adj. Flasque, flétri, trop mol.
BLLETHA, s. f. Motte de fumier ou de plantes pourries. (Alpes.)
BLLETSCHI, i'. Flétrir, amollir, rabattre. (Pays-d'Enhaut.)
BLLETTA, s. f. Bette, poirée.
BLLEUZI, BLEUGI (se), v. Se plaindre amèrement. L. plangere.
(Bas-Valais.)
BLLEVO, A, adj. De couleur pâle, blême, livide.
BLLO, s. m. Un peu, une pincée; marque de la morsure d'un»
puce. (Pays-d'Enhaut.)
BLLOSSI, BIOTHI, v. Pincer la peau, serrer avec une corde.
BLLOSSON, s. m. L'action de pincer la peau et la marque qui en
reste. Voy. bllo.
BLLOTHZI, V. Oter le sommet des pousses de la vigne. B.B. blos-
sein, amollir, attendrir. (Vignoble.) Voy. biothi.
BLLU, VA; BLIAU, BLLU, A, adj. Bleu.
BLOSSON, BLOSSONEI, s. m. Voy. bllessenei, bllesson.
15 OK 43
BÔ, BOT, s. m. Grenouille de la plus petite espèce. It. et C. botla,
crapaud.
BOAI, s. m. Buis, Buxus sempervirens. Le celtique dit aussi boai.
(La Sarraz.)
BOBET, s. m. Petit polisson, petit drôle; nigaud. (Genève.)
BOCHl, V. Battre, frapper, souffleter. C. hoch, joue, soufflet. (Bas-
Valais.)
BOË, BOUE, BOUI, s. m. fl. Boyaux. C. boelen. V. Fr. boël.
BOËGHI, V. Boiser, mettre une boiserie.
BOÊGNO, s. m. Oreille. B. B. bouar, sourd. (Entremont.)
BOËLA, BOAILA, s. /". Ventre, panse. — BoiUe, id. (Genève.)
BOGNI, BOUGM, v. Insulter, braver, faire une contusion, bouder.
(Fribourg.)
BOHIAR, DA, adj. Nom collectif des habitants des villages des
montagnes d'Oilon. (Aigle.)
BOHLA, s. /■. Voy. bolen.
BOHLLA, s. f. Boucle.
BOHLLÀ, V. Poindre, sortir de terre, boucler.
BOHLLO, ODA, adj. Bouclé, courbé, portant mal son bois; affamé.
(Alpes.)
BOILLA, BOILLE, BOHLLA, s. f. Vase en bois pour porter le lait
sur les reins. C. boil, ventre.
BOILLETTA, s. f. Diminutif du précédent; vase plus petit qui se
porte à la main. (Bex.)
BOKAN, BOCKO, s. m. Bouc. Rai de bocko, rai à bocko, pimpre-
nelle, plante ombellifère. Voy. rai. C. bokan, bouc. — Le chevrier
de LigneroUes (Jura) entra un dimanche dans l'église, au mo-
ment où le pasteur indiquait le psaume, et se mit à crier :
Tsantd, tsantd pi gaillard ; ora que le lau a midji vontron bocko,
kou et que [ara à tzevrelli noutre tsivre ? c'est à dire : Chantez,
chantez seulement de grand cœur; à présent que le loup a
mangé votre bouc, qui est-ce qui fera chevroter nos chèvres ?
BOKANNA, s. f. Espèce de grosse châtaigne entée. (Veylaux.)
BOKAU, s. m. Bravade, injure, brocard. (Fribourg.)
'4jgf.
44- BON
BOKENET^ s. m. Un petit morceau, une bribe : diminutif de bokon.
Voy. BOKOUNET.
BOKET, BEKET, s. m. Bouquet, les fleurs en général.
BOKETTA, s. f. Iris de Germanie, 7m germanica. (Jura.) Voy.
BAGUETTA.
BOKIER, V. Se cosser, se battre à coups de tête comme les boucs.
(Evêché de Bâle.)
BOKON, s. m. Morceau, fragment, un peu, une bouchée. Bailli mè
on bokon de tschair, donnez-moi un morceau de viande. G. boch,
bouchée.
BOKOUNET, s. m. Diminutif du précédent. Voy. bokenet.
BOLA, s. f. Boule, loupe, ampoule, tumeur de forme ronde. G. bol,
tumeur.
BOLASSA, s. f.; BOLASSI, s. m. Voy. belossa, belossi.
BOLEN, BOULEI, s. m. BOHLA, s. f. Amadou. L. boletm. G. botid,
champignon. (Alpes.)
BOLIA, BOHLLA, s. f. Perche. Perça fluviatilis. (Léman.)
BOLON, s. m. Bourgeon. Se dit particulièrement des bourgeons de
la vigne.
BOLONDJI, BOLONDZI, s. m.; BOLONDJIRA, BOLONDZIRA, s./.
Boulanger, boulangère.
BOMBARDA, s. f. Guimbarde, petit instrument de musique. G'é-
tait autrefois le nom d'une machine de guerre pour lancer des
pierres. G. bom, bruit; bar, éclatant.
BOMBET, TA, adj. Homme ou femme massifs, courts, ronds de
graisse, terme dérisoire. (Vaud.)
BONÂ, V. Faire gonfler, en le trempant dans l'eau, un vase de
bois qui coule, pour en resserrer les douves ; combuger. — Godji,
godzi, id. (Alpes.)
BONDALLA, s. f. Bondelle, variété du Salmo Fera, poisson du
Léman et du lac de Neuchâtel.
BONDALLET, s. m. Petit bouchon, diminutif de bondon.
BONDON, s. m. Mollet, gras de jambe; la bonde, le bondon d'un
tonneau ; un fausset ou fosset, G. bond, bouchon.
BOR 45
BONDS, s. m. pi. Petits monticules de quelques pieds de haut,
produits par une éruption de terre argileuse mêlée d'eau, les-
quels, de temps eu temps, apparaissent au pied du Jura. (Bière.)
BONET, s. m. Jalon, pi(iuet pour marquer les bornes; petit gar-
çon. (Alpes.)
BONFOND, s. m. Homme de plaisir, débauché. (Vevey.)
BON-LOHI, s. m. Angélique, Angelica sylvestris. Drogue composée
de racines, de tleurs, de feuilles, d'herbages salutaires, pour le
bétail malade. (Alpes.)
BONNA, t\ Faire mijrir des fruits sur la paille, abonnir.
BONNAIRA, s. /". Lieu secret où les enfants cachent des fruits
verts ou mal mûrs, pour les abonnir ou en dérober la connais-
sance. (Vaud.)
BOR, s. m. Village; plus spécialement le centre, oîi il y a le plus
de maisons; les alentours du château, appelé jadis bourg.
BORATAIRA, BORRAIRA, s. f. Baratte à faire le beurre. (Jura.)
Voy. BORKANNA, BARATTA.
BORATI, A, adj. Babillard, barbouillon. (Entremont.)
BORATSCHE,' BORATSE, s. f. Bourrache, Borrago officinalis.
BORATSE, s. f. Grande fumée qui sort d'un four ardent. (Pays-
d'Enhaut.)
BORBA, s. f.; BORBl, s. m. Bourbier.
BORBOT, s. m. Onde d'un liquide en ébullition.
BORBOT, s. m. Rave. Brasslca Râpa. Dans les guerres avec la
Savoie, les Genevois appelaient le duc le rei dei borbot, le roi
des raves. (La Côte.) Voy. barbot.
BORBOTTÂ, V. Cuire à gros bouillons, murmurer. Voy. barbottâ.
BORDA, 5. f. Nom de plusieurs domaines et maisons de campagne.
C. borde, métairie.
BORDE, s. /'. pi. Réjouissances publiques des jeunes gens, surtout
des militaires. C. bourd, farce, plaisanterie, bourde. (Neuchàtel.)
BORDJEI, BORDJÉSL Voy. bordzai, bordzaisi.
BORDON, s. m. Bourdon de pèlerin, gros bâton; bourdon, insecte.
BORDZAI, SA, adj. Bourgeois d'une commune. — Bordjei, id.
46 BOR
BORDZAISI, s. f. Bourgeoisie, droit de cité. — Bordjési, id.
BOREINDJO, A, udj. Mécontent, de mauvaise humeur. (Mon-
treux.)
BOREINFLLO, A, adj. Qui a une enflure au visage, très enflé,
boursouflé.
BOREINHLLO, s. m. Guichet par lequel on passe du foin dans
les crèches, depuis l'étage supérieur d'une grange. (Alpes.)
BORETSI, V. Jeter une grande fumée. Voy. boratse.
BORGHATTA, BOURGATTA, s. f. Femme tracassière, qui furette
partout. (Vaud,)
BORGHATTÂ, BOURGATTA, v. Tracasser, fureter, baguenauder,
ravauder. (Vaud.)
BORKANNA, BOURKANNA, BREKAINA, s. /. Baratte à faire le
beurre. (Jura.) — Borataira, borraira, id.
BORKIA, BORTIA, BOURTIA, BOURKIA, s. f. Gale, saleté, vilenie;
chose de néant, objet de rebut, bagatelle; canaille. L'è de la
bourkia, c'est de la canaille, cela ne vaut rien. Ce terme est
une injure. En basque bort, bord, bâtard.
BORNA, BEUNA, s. f. Trou en terre, caverne, grotte. — Bauma,
Barma, id. (Jura.)
BORNALA, i'. Tailler en rigole une pièce de bois pour y faire
passer de l'eau. (Alpes.)
BORNALET, s. m. Petit tuyau, petite fontaine.
BORNAN, s. m. Vent du sud-est sur le lac Léman.
BORNÉ, BORNI, BORNET, BOUËNEAU, s. m. Fontaine, tuyau de
fontaine. G. born, source, fontaine. (Vaud.)
BORNETTA, s. f. Extrémité du canal de la cheminée, soupirail
d'un poêle, bouchon de ce soupirail.
BORNIKAN, BORNICLE, s. m. Myope, personne qui a la vue
basse. Ce mot est injurieux.
BORNU, adj. Creux, percé en tuyau. Abro bormt, arbre creux. —
Après la conquête du Pays de Vaud, en 1536, on arma le peuple
jusqu'alors désarmé, et le premier nom du mousquet ou du
fusil fut bâton bornu, bâton percé; ensmle petairou. Voy. bu.
BOR 47
BOROTHA,BOROTSA, s. f. Ctjprinus bipunctatus, en allemand
spierUug, poisson peu estimé du Léman.
BORRAIRA, s. f. Baratte.— Torture usitée dans le XV-^ siècle
et qui faisait partie de la question des affres. (Genève.) Voy.
BOUATAIRA, BOHKANNA.
BORRALEI, s. m. Ouvrier qui fait les harnais et les colliers des
chevaux de paysan; bourrelier. G. bourell, hourre et collier de
cheval. (Vaud.)
BORRÉ, s. m. Voy. boiiri, bourhi.
BORREIN, BOURREIN, s. m. Assemblage de petits morceaux de
bois très menus, pour le foyer, sciure do bois. G. borrele, fais-
ceau de menu bois. (Vaud.)
BORRE>JA, r. Gouver sous la cendre. — Bouronner, dans le fran-
çais populaire vaudois. (N. de l'éd.)
BORRl, BORRÉ, s. m. Collier de cheval de trait, harnais de
paysan.
BORRI, BORRON, BORRÉ, BOrRRI, s. m. BOURRITA , s. /. Ga-
nard, oie. B. B. bourela, canard.
BORRiAU, s. m. Bourreau.
BORRIAUDA, v. Tourmenter, faire souffrir, maltraiter.
BORROjS. m. Flocon de laine, brin de filasse grossière, nœud
dans un fil.
BORRON, s. m. Rhume; lait battu, babeurre. (Val d'Illiez.)
BORRON, s. m. Voy. borfu.
BORRON, s. m. Grosse vérole que les barbaresques appellent
borozaU. (Jura.)
BORSA, s. f. Bourse.
BORSEI, s. m. Boursier, trésorier. Gelui qui gère les fonds et la
bourse d'une ville, d'une commune, d'une confrérie.
BORSETTA, s. f. Petite bourse, diminutif de borsa, bourse.
BORSON, BOSSON, s. m. Gousset, poche de culotte où l'on tient
sa bourse.
BORTHIAU, s. m. Serpent. En basque, burtzia signifie pointe,
aiguillon. (Val d'Illiez.)
48 BOT
BORTZAU, BRETSCHAU, s. m. Rideau de lit, de fenêtre. C. bour-
cha, couvrir. (Bas-Valais.)
BORTZE, s.f. Sapin rabougri aux branches écartées, en désordre.
(Alpes.)
BOSKA, s. m. Habit d'homme à pans très courts, à petites basques.
(Val d'IUiez.)
BOSKÉKE, s. f. Mésange en général. (Entremont.)
BOSSA, s. f. Grand tonneau, C. bos^ vase, fond. — Bossia, id.
(Charte de 1124.)
BOSSATON, s. m. Tonnelet, baril.
BOSSETTA, s. f. Tonneau pour mener le raisin foulé de la vigne
au pressoir. (Lausanne.)
BOSSIA, s. f. Voy. bossa.
BOSSON, s. m. Buisson; petit sapin à branches étalées; gousset,
poche.
BOSSOUNET, s. m. Petit buisson, buissonnet, diminutif de bosson.
(Alpes.)
BOTA, BUSSA, v. Vomir. En basque, botuen signifie jeter dehors.
(Pays-d'Enhaut.)
BOTASSON, s. m. Rabougri, se dit des enfants et des plantes.
BOTASSOUNA, BOTASSA, v. Végéter, demeurer rabougri. (Vaud.)
BOTHEI, BOTHI, s. m. Voiturin qui conduit des chevaux de bât,
chargés de barriques (barrât) de vin, dans les montagnes inac-
cessibles aux chars. (Pays-d'Enhaut.)
BOTEIHI, V. Faire le métier de bothei.
BOTSCHE, s. f.pl. Les lèvres. Voy. potte.
BOTTA, s. f. BOTTE, s. f. pi. Souliers. C. bolesen, soulier.
BOTTHOLLIA, s. f. Bouteille, bulle d'air qui sort dans la salive.
BOTTHOLLION, s. m. Petit homme, courtaud, personne de la plus
basse taille; personne grasse et épaisse^ courte et ramassée.
BOTTON, s. m. Bouton d'habit, de fleur; bouton au visage. —
Boton de maze, trolle, Trollius europœus, plante renonculacée
qui croît auprès des chalets appelés mazot, maze. (Aigle.)
BOTZARD, DA, adj. Sale autour de la bouche; qui a le visage sale.
,iil:
BOU 49
BOTZARDA, s.f. Nom de toute vache qui a des taches blanches à
la lêle. (Pays-d'Enhaut.)
BOTZARDA, V. Salir au visage, salir autour de la bouche.
BOTZCHATTA, v. Paraître en troupe. Se dit des troupeaux, des
abeilles, des hommes. (Alpes.)
BOTZCHERA, v. Ramasser du bois mort dans les forêts.
BOTZCHERAN, BOTSCHATON s. m. Bûcheron.
BOTZERAJO, s. m. Droit de ramasser le bois mort ou abattu dans
les forêts.
BOTZET, s. m. Bosquet, bouquet (un bouquet de cerises); jeune
bouc, chevreau, peloton de gens serrés.
BOTZHA, BOTZA, BOTZENASSA, s. /". Buisson, hallier, fourré
d'arbrisseaux.
BOTZHA, BOTZE, s. f. Bouche en général, bouche d'un four.
Voy. MOR.
BOTZI, BOTSCHI, v. Cesser, achever, finir, se tenir tranquille. —
On dit à un enfant mutin : Vau-to botzi ? Veux-tu te tenir tran-
quille? Veux-tu finir?
BOTZIRA, BOTSCHIRA, s. f. Boulon, croûte aux lèvres. De botsche,
s. f. pL, les lèvres.
BOTZON, s. m. Toit à porc, loge d'une chèvre, bouge.
BOTZON (à), loc. adv. Tsesi à botzon, tomber sur son nez. — Voy.
A BOHLLON. ^ ' ■ ' ■ .-.:'■"■■
BOU, S. m. Bois; au pi, le bon, les bois, les forêts. De là les com-
posés suivants :
Bou à ban, s. m. Forêt qu'il est défendu de couper en tout ou
en partie. (Vaud.)
Bou-ai-dje, s. m. Houx; mot à mot : boh aux peah. (Aigle.)
Bou-d'aci, s. m. Cytise, Cytisus alpinus. C'est aussi l'if, Taxus
baccata. (Alpes.)
Bou-djeuti, s. m. Bois gentil, Daphne mezereutn. (Vaud.)
Bou-karra, s. m. Littéralement, bois carré; fusain, Evonymus
europœus.
MÉM. ET DOCL'M. XXI. A
50 BOU
Bou-neir, s. m. Littéralement, bois noir. On donne ce nom à des
troncs ou morceaux de bois très durs et susceptibles de tra-
vail et d'un beau poli, lesquels gisent au fond des lacs de
Morat et de Neuchâtel.
BOUAILA, BOUÂLA, v. Pousser des cris d'effroi, de douleur, de
colère; vociférer.
BOUAILAHIE, s. f. Cri violent, clameur causée par quelque pas-
sion. C. bouil, irascible, colère.
BOUAISSA, BOUAITA, s. f. Boîte; quote-part, portion d'une
souscription; petit mortier de fonte qu'on lire aux noces, toî/e
de réjouissance.
BOUAITAU, SA, adj. Boiteux, déhanché.
BOUALLA, HIE, adj. Ventru, se dit du bétail. De boue, boyaux.
(Alpes.)
BOU.VLLET, s. m. Petit boyau; diminutif de boue, boë.
BOUABNA, BOUAINA, BORNA, s. f. Cheminée, cavité étroite, fis-
sure dans un rocher, crevasse. (Pays d'Enhaut.)
BOUABNETTA, s. f. Petite cavité; diminutif du précédent. (Pays-
d'Enliaut.)
BOUATTA, s. f. Caverne, antre.
BOUBA, BOUÉBA, s. f. Petite fille, fillette.
BOUBELLHA, s. f. Bobine de rouet.
BOUBETTA, s. f. Diminutif de bouba.
BOUBO, BOUÉBO, .s. m. Petit garçon, petit berger. Ail. buhe.
BOUUIFFLLO, A, adj. joufflu.
BOUE, s. m. pi. Boyaux. Voy. Boii, (Vaud.)
BOUE, BOUET, .s. »î. Auge, bassin, fontaine. Voy. bor.né.
BOUEINNA, BOUENNA, s. f. Borne, limite; cheminée. C. borna,
borne. Voy. bouarn.v.
BOUEIRGNO, BOUAIGNO, s. m. Borgne. — Bouergna, s. f. Fille,
femme borgne.
BOUËNEAU, s. m. Voy. bor.ne.
BOUESSAI^EI, s. m. Boisselier, faiseur de boîtes, de petits coffrets
en sapin. (Jura.)
BOU 51
BOUÉTA, V. Voy. bouta.
BOllËTON, BOUATON, BEUAITHON, s. m. Toil à porcs. C. Inclh,
huUe, loge, cabane.
BOUETZENA, BOUTZENA, s. f. Pointue sauvage. (V;iu(l.)
BOURTZE.VAI, BEUTZENAI, s. 711. Pommier sauvage. (Vaud.)
BOUFFA, v. Manger en glouton. Gr. /Sov'^iyo;, glouton. (Bas-Va-
lais.)
BOUGNA, BOGNA, s. f. Bosse, contusion au front.
BOUGNO, BIOUGNO, 5. m. Nom des glaciers clans le Val de Ba-
gnes. Voy. BEUGN'.\.
BOUGNON, s. m. A'ase de bois qui contient la provision de beurre
nécessaire au ménage. (Pays-d'Enhaut.)
BOUGNOT, s. m. Fontaine à fleur de terre. Boiiyno)!. ouverture
pour taire sortir l'eau du réservoir. — Boufjnonnel. dimiiuiiif du
précédent, petite fontaine, source. (.Vlpes.)
BOUIHIA, s. f. Voy. buia.
BOUKA, r. Rester et)urt, manquer de présence d'esprit (Jura.)
BOULAI, s. m., BOULAHIE, s. f. Poussée du bois de la vigne.
(Vaud.)
BOULAN, .s. m. Gros mangeur, goulu, goinfre, qui a\ale tout rond.
(.Montreux.)
BOULEI, 5. m. Voy. bole.n.
BOULETTA, s. f. Voy. bouuletta.
BOULLHÉ, s. f. Ventre alfamé. (Entreniont.)
BOUNADBEl, adv. Beaucoup, en grande partie, suffisamment.
BOUNHOM.MO, s. m. Verbascum Ihapsiforme Schrad., Verb. Sclira-
deri Meijer, etc. — Ee peuple appelle bonliomme deux ou trois
espèces de molènes.
BOU.NNA, fcm. de l'adj. bon. lire u la boinivi, être simple, se
laisser duper.
Bounna-damn, s. f. Arroch'', Alripltx hoiicnsis. — Folassa,ià.
(La Côte.)
Bounna m', bonne nuit, salutation du soir.
BOUNNA, s. m. Borne. (Vully.) Voy. bouki.n.na, bouarna.
52 BOU
BOUNNAI, s. m. Feu follet, dérivé du précédent. (Vully.) Voy.
PORTA-BOUENNE.
BOUNNAMEIN, adv. Bonnement, doucement, simplement.
BOUNNAN, s. m. Le premier jour de l'an. — Bonnan, bouénan, id.
(Jura.)
BOUN-OSI, s. m. Autour, épervier, Falco palumbarius. Mot à mot,
bon-oiseau, antiphrase.
BOURDIFFAILLA, s. f. Canaille, lie du peuple, rebut de la société.
(Neuchàtel.)
BOURIAN, s. m. BOURA, s. f. Babeurre, lait de beurre. (Entre-
mont.)
BOURKANNA, s. f. Voy. borkanna.
BOURKIA, s. f. Voy. borkia.
BOURLA, POURLA, v. Brûler, consumer par le feu.
BOURLA-COU, s. m. Cuisson à la gorge, soif ardente. i
BOURLA-FER, s. m. Terme dérisoire pour désigner les forgerons,
les maréchaux, les serruriers.
BOURLA -PAPEI, s. m. Mot à mot, brûle -papiers. Paysans insurgés
qui, en 1802, allaient piller et brûler les titres féodaux et les
papiers terriers des châteaux et des communes. (Vaud.)
BOURLETTA, BOULETTA, s. f. Vase de bois pour tenir Vazi, soit
la présure. (Alpes.)
BOURLETTA (à la), lac. adv. A brûle-pourpoint, à bout portant,
tout près. Baizi à la bourletta, baiser en tenant les deux joues.
(Pays-d'Eiihaut.)
BOURLON, Goût et odeur de brûlé.
BOURRA, V. Heurter, battre, bourrer.
BOURRAHIE. s. f. Coup violent, choc. (Lausanne.)
BOURRATA, «. Battre le beurre dans le vase appelé borataira,
borraira, baratta, borkanna, bourkanna, brekaina.
BOURREIN, s. m. Voy. bohrein.
BOURRl, s. m., BOURRITTA, s. f. Voy. borri.
BOURBILLON, s. m. Nombril. B. B bourlet. (Vaud.)
BOV 53
BOURRISCO, s. m. Ane, bourrique, mauvais petit cheval. C. btiria,
bidet.
BOUHTI.\, s. f. Voy. borkia.
BOURTSA, BOURTSISSA, adj. Se dit de la noix enveloppée de
son éeale.
BOURTZET, s. m. Ecale de la noix. C. bourcha, couvrir, envelop-
per. (Montroux.)
BOUSILI.HA, V. Mal faire un ouvrage, hésiter en parlant.
BOUSILLHON, s. m. Gàte-métier, mauvais ouvrier; garçon qui
balbutie. L. pusio. (Vaud.)
BOUSIN, s. m. Fredaine nocturne, tumulte déjeunes gens, veillée
bruyante, bousin ou bouzin, boucan. (Bas-Valais.)
BOUSSI, BUSSI, BUSSA, v. Heurter à la porte, pousser.
BOUTA, BOUËTA5 BETA, BOTA, v. Poser, déposer, mettre en
place, payer, s'asseoir, renarder. (Jura.)
BOUTAFROU, BOUTEFROU, s. m. Le talent de manifester sa pen-
sée et de l'exprimer facilement et rapidement. fio«/a, mettre;
frou, dehors.
BOUTEFA, s. m. Gros saucisson. (Vaud.)
BOUTERA, BOUTIKA, s. f. Boutique, lieu où travaille un artisan;
brèche faite par les vagues aux murs qui soutiennent les vignes
le long du rivage. (Lavaux.)
BOUTEU, s. m. Instrument de pêche, sorte de filet qvi'on nomme
aussi trouble. (Genève.)
BOUZAIN, s. m. Liniment pour les arbres ecorchés dont la bouse
fait l'essentiel. C. bouzel, fiente, bouse.
BOUZALA, BOZALLA, v. Embrener, salir avec de la fiente. (Bas-
Valais.)
BOVAIRON, s. w. Bouvier, petit berger qui garde les bœufs aux
champs ou qui les pique au labour.
BOVAIROUNA, s. f. Petite bergère.
BOVENA, s. /■. Arrête-bœuf, Ouonis spinosa, plante papilionacée.
Voy. BAU.
54 BRA
BOVET, a. f. Jeune bœuf; colchique, Colchiciwi autumnale. (Pays-
d'Enhaut.)
BOVINA, s. f. Viande de boucherie. Du latin bos, bovis, ainsi que
les précédents. (Villeneuve.)
BRACTENEI, s. m. Faiseur de chausses, de culottes, de caleçons,
littéralement faiseur de bt^aies. (V. st.)
BRAGUA, pi. BRAGUE, s. f. Vanterie, fanfaronnade.
BRAGUÀ, V. Se vanter, se pavaner. G. braga, id.
BRAGUERI, s. m. Vantard, fanfaron. (Jura.)
BRAIE, s. f.pl. Braies, culotte, caleçon, chausses. G. bragher, haut-
de-chausses. — Ge vêtement venait de la Gaule narbonnaise,
Gallia braccata. En 1359, le coutumier de Moudon condamnait
à 60 sols d'amende tout homme surpris auprès d'une femme
à braies avalées. En 1596, à Genève, défense de se baigner sans
braies.
BRAIETTA, 5. f. Diminutif du mot précédent.
BRAIL, s. m. Rallier, fourré de buissons. G. breuil, bois propre à
la chasse. (Goppet.)
BRAILLAHIE, s. f. Voy. bramahie.
BRAINLA, s. /". Association, union entre deux ou plusieurs per-
sonnes dans une entreprise où les pertes et profits seront com-
muns.
BRAINLÂ, V. Branler, balancer.
BRAINLAKOUA, s./". Hochequeue, lavandière, oiseau de l'ordre
des sylvains.
BRAIRE, s. f. Voy. bruira.
BRAKAILLON, s. w. Barbouillon , ravaudeur, enjôleur, homme
qui manque à sa parole. G. bracco, chien de chasse. (Vaud.)
BRAKAILLOUNA, v. Ravauder, mener par le nez, manquer à sa
parole. L'p, brakaillouna noutra Marie, il avait promis à noire
Marie de l'épouser et il ne tient pas sa promesse. (Montreux.)
BRAKKA, BRIGKA, u. Briser le chanvre. AU. brechen, casser,
rompre.
1]RÂ 55
BRAKKO, s. m. Broie, inslrunieiit pour briser le chanvre. Voy.
BATTIOKET.
BHALLHI, r. Brailler, crier à pleine gorge, bmcher. C. breilen,
criailleur.
BRAMA, i'. Crier, gronder, accabler de reproches. Gr. p^Au.'^, id.
Brama-fan, s. m. Enfant qui se plaint sans cesse d'av(^ir faim.
Brama-pan. Mendiant qui demande du pain. (Vaud.)
Brama-sei. Qui se plaint à grands cris d'avoir soif.
BRAMAHIE, s. f. Cri perçant, grondcrie violente.— Braillahic, id.
BRAMERAN, s. m. Enfant criard et pleureur. (Alpes.)
BRAN, BREN, s. m. Bande de papier soufré qu'on brûle dans les
futailles pour fortifier le vin; do là Oranta, breinla, brûler du
soufre dans un tonneau avant de le remplir. Ail. Oraml, tison,
brandon, incendie.
BRANDENAlLLE, s. f. Petites perches, fretin, blanchaille. 15. B.
brandelli, frétiller. (Genève.) — Milke'mton, id.
BRASA, s. f. Braise, charbon éteint.
BRASAI, s. m. Brasier.
BRASE, s. f. Galeopsis Tetrahit, plante labiée. (Bex.)
BRASETTAjS. f. Petit charbon, menue braise. Dim. de brasa,
braise.
BRASSA, V. Brasser, mêler, remuer, agiter.
BRASSAHIE, s. f. Ce qu'on peut porter dans ses bras, brassée.
BRASSAIHI, V. Faire des bottes de foin qu'on emporte dans ses
bras, se démener, agiter vivement ses bras. (Pays-d'Enhaut.)
BRASSO, BRASSA, adj. Celui qui se mêle d'affaires qui ne le re-
gardent pas. (Alpes.)
BRATCHI, 11. Battre briquet. Ail. brechen, briser, rompre. (Aigle.)
BRATHA, s. f. Grande boue, bourbier. (Bas-Valais.)
BRATHI, V. Courir, s'agiter sans succès. C. bred, vile, rapide.
(Val d'Illiez.)
BRAVAMEIN, adv. Bonnement, simplement. Va lei braïampin,
vas-v tout bonnement, tout simplement.
56 BRE
BRAVET, TAj adj. Passable, qui est assez bien de figure; se dit
d'un petit enfant. (Genève.)
BRAVO, A, adj. Bien paré, habillé de neuf. G. brao, propre dans
ses vêtements.
BRÉ, BRI, s. m. Berceau. G. break, claie; les berceaux étaient
jadis d'osier.
BRÉ, s. m. Bras, jambon. Au pi. le bré.
BRÉ, BRET, BRAI, s. m. Sauce liquide d'un mets, bouillon, maré-
cage. Gr. /3pw, jaillir, sourdre. G. bro, bru, source, eau, liquide.
Bret bilan, soupe où il entre du lait.
Bret nei, soupe où il n'entre que de l'eau, du sel et un peu de
farine ou de beurre. (Vaud.)
BRÉCHULA, BRETSCHULA, s. f. Panier d'osier de forme conique
ou ovoïde. (Lavaux.)
BREDA, s. m. Bride, licou.
BREDA, BREDHI,i\ Mettre la bride à un cheval, brider une
monture.
BREDETHA, u. Parler à tort et à travers. G. bred, rapide, vite.
(Val d'illiez.)
BREDÉTHOT, A, adj. Babillard, causeur infatigable. (Val d'illiez.)
BREDIN-BREDA, adv. Goup sur coup, précipitamment, bredi-
breda, bon train, grand train.
BREDONDA, s. /. Omelette aux œufs et au lait. (Jura.)
BREGAN,s. m. Homme violent, prompt à en venir aux coups.
Du français brigand.
BREGANDA, v. Maltraiter, tourmenter, frapper à outrance.
BREGANTIN, s. m. Barque à deux voiles. (Léman.)
BREGAUSSA, v. Tracasser, nettoyer, remettre en ordre, arranger.
Voy. BRELAUDA. (Nyon.)
BREGEUNA, v. Remuer, déranger, mettre en désordre. G. breg,
rupture, brèche. (Jura.)
BREGOLA, AHIE, adj. Bariolé, tacheté, tiqueté. G. breach, id.
BREGOLET, s. m. Machine à roulettes où l'on met les petits en-
fants pour leur apprendre à marcher. (Genève.)
BRE 57
BREGOT, BREGAU, BREGUET, BERGUET, BOURGUÉ, s. m.
Rouet à filer.
BREGOU, s. m. Bourbier, mare bourbeuse.
BREGUTHIHI, v. Bredouiller, parler sans se faire comprendre.
(Val d'Illiez.)
BREINLA, BREINTA, s. f. Long vase de bois en forme de boite
aplatie, muni de bretelles, pour porter la vendange à dos
d'homme. G. breintha, vase, mesure de liquide;.
BREINLARE, BREINTARE, s. m. Ouvrier qui porte de la vigne
au pressoir la breinta pleine de raisins foulés.
BREINLETTA, s. f. Ail civette, Allium Schœnuprasn7n ; le pluriel
breinlelle est presque seul en usage.
BREINLO, s. m. Equilibre, doute, indécision, branle.
BREINTA, s. f. Voy. breinla. — BREINTARE, s. m. Voy. bhkin-
LAKE.
BREINTHE, S. f. pi. La tige et les rameaux de la pomme de terre;
littéralement les branches. (Val d'Illiez.)
BREINTZA, s. f. Branche, rameau; pi. breintze.
BREKA, s.f. Voy. BRIKA.
BREKAINA, s. f. Voy. borraiha, borataira, borkanna.
BRELAIRE, s. f. Fantaisie, caprice, lubie, accès de mauvaise hu-
meur. G. brella. Voy. brelingua, biaina.
BRELAN, s. m. Lait de beurre, babeurre, lait qui s'épaissit en
cuisant. (Val d'Illiez.) Voy. batïia, bourian.
BREL.\NDSCH1, v. Vaciller, chanceler, branler, gêner.
BRELAUDA, s. /. Loque, morceau; femme sale et en h;iillons.
B. B. brella, troubler, mettre les choses et les gens en désordre.
(Vaud.)
BRELAUDA V. Tracasser, chicaner. — Breijaussa, id.
BRELETTET, s. m. La prunelle, fruit du i.runelicr. Voy. belo.ssa.
(Neuchàlel.)
BRELINGUA, s. f. Lubie, accès de mauvaise humeur. Voy. bre-
LAIRE, biaina.
58 BRE
BRELINGUA, PERLINGUE, s. f. Sorte de dard à tête mince et
taillée en forme de langue, que its garçons lancent au moyen
d'une ficelle tendue qui entre dans une coche. (Vaud.)
BRELLHI, V. Gâler^ détériorer, déranger un objet quelconque.
(Val d'Illiez.)
BRÉLO, A^ adj. Frêle, pliant, fragile.
BRELOKA, s. f. Femme bavarde, inconsidérée dans ses paroles,
sur laquelle on ne peut compter. (Lausanne.)
BRELURIN, s. m. Etourdi, inconsidéré, tapageur. (Vaud.)
BREN, s. m. Son de farine. (Fribourg.)
BRENNAU, SA; BRENNEU, SA, adj. Sale, embrené. G. brenn,
excrément.
BRESI, V. Briser, rompre. Su toi bresi, je suis roué de fatigue,
de coups.
BRESOLA, r. Griller, rissoler sur la braise. G. brés, feu, ardeur.
BRESOLAHIE, s. f. Une certaine quantité de châtaignes rissolées.
(Vaud.)
BRESON, s. m. Voy. brison.
BRESSA, BRESSE, s. f. Brasse. C'ein m'a rontu la bresse, cela
m'a ôté tout courage, toute force.
BRESSAULA, s. f. Petite fille. (Fribourg.) Voy. bessaula.
BRESSE, BRESSI, s. m. Gaufre. AU. brezel.
BRESSET, s. m. Trappe à prendre les oiseaux, cage. (Val d'Illiez.)
BRESSHALET, .s. m. Gâtelet, gaufre. Dimin. de bressé.
BRESSI, BERCI, BRAISSI, v. Bercer un enfant; de bré, bri, ber-
ceau.
BRETA, V. Voy. britta.
BRETSCHAU, s. m. Voy. bortzau.
BRETSCHE, s. f. pi. Miettes, parties de lait coagulées; plat de
crème et de séi-é émietté. (Pays-d'Enhaul.)
BRETSCHI, V. Cailler, coaguler; se dit du lait. (Alpes.)
BRETSCHIAU, BRETSCHIO, s. m. Grumeau caséeux qui s'attache
à la chaudière quand on fait le fromage.
P.IW 59
BRETSI. r. ChercluT, appoiler. Ail. Ihinqni. 1 15as-V,il;ii>.!
BHEUIL, s. m. (inmde inairie près du t'hàlcau, que les serfs ou
vassaux devaient faucher et récolliM* pour h; sciiineur. 15. L.
br<)gilu&, lieu clos de haies, pré, forêt. Voy. le i';ipiiiil;iir(! de
Charlemagne De villis.
BRI^ s. m. Bruit, son, berceau; dans ce dernier sens on dit aussi
bré.
BRIA, r. S'échauder la peau, se brûler légèrement. (Alpes.)
BRIAKO, KA,adj. Barbouiilon, étourdi, écervelé, braque, It.
briaco, ivre. L. ibrins. (Fribourg.)
BRICKA, V. Voy. biiakka.
BRIFFA, V. User ses vêtements, travailler, marcher à perdre ba-
leine; manger avidemmenl. C. briffa, manger en glouton.
BRIFFE-TOT, s. m. Enfant qui use, déchire ses liabits; mol à mol,
qui brife tout.
BRIFFO, A, adj. Etourdi dans ses mouvements. fPays-d'En-
haut.)
BRIKA, BREKA, s. f. Petit morceau, bribe; un reste d'aliment.
BRINDA, BRlNGUA,'y. Porter des santés qu'on est olMigé de boire.
Ce fut défendu, en 1541, à Neuchàti'l.
BRINDE, BRINGUE, BLAINDE, s. f. pi. Mauvais train, mauvaise
manière d'être, d'agir; santés portées dans un repas, toasts.
f.'n fai d'à bringue, il a fait des siennes. — Brinde (santés) vient
de l'usage des Romains d'accompagner jusqu'à Brindes (Brundu-
sium) leurs amis qui allaient en Grèce et de faire, en leur por-
tant la coupe de l'amitié, des vœux pour leur sanlé et leur heu-
reuse navigation. Les Italiens disent encore far brindisi, porter
une santé. (Voy. Castellan, Lettres mr lllnlie, tome I, pag. 27.)
BRINET, &. m. Un peu, fort peu; dim. di; brin.
•BRINNA, V. Divulguer, avoir un bruit sur son compte ; réussir
par finesse; bruire comme une forêt (]ui est agitée par le vent
et qui annonce un orage. (Vaud.)
BRINON, s. m. Homme fin, matois, indiscret. (Jura.)
BRIOUNA, V. Emietter, réduire en petits morceaux, pétrir, chif-
fonner.
60 BRO
BRISON, BRESON, s. m. Tapage, vacarne, rumeur populaire;
bruit dans l'air avant-coureur d'un orage. (Monlreux.)
BRITTA, V. Diriger le timon d'un char de manière à le faire tour-
ner. — Breta, id. (Jura.) Gr. p^iOoj, inclinare.
BRO, adj. des deux genres. Malpropre, sale; se dit du visage seule-
ment. En grec, ppo-ow signifie souiller de sang et de poussière.
BROCARD, s. m. Chevreuil. (Jura.) — Chevril, id.
BROÏARD, BROYARD, DA, adj. Habitant des bords de la Broya
{Brouïa). Le nom de cette rivière, la plus grande du canton de
Vaud, vient du celtique bru, brio, source, rivière. — Broiard
signifie aussi l'un des trois dialectes du patois fribourgeois,
parce que ce dialecte est usité le long de la Broyé.
BRON, s. m. Mauvais cheval; Brunna, mauvaise jument. —
Biron, id.
BRONDA, s. f. Branche, dépouille d'un arbre ébranché.
BRONKETTA, BROKETTA, s. f. Soupe au lait. (Fribourg.)
BRONTZCHI, t;. Broncher, chanceler, être mal sur ses jambes;
se dit d'un animal.
BRONTZO, s. m Marmite de fonte ou de bronze. (Val d'illiez.)
BROSSA, s. f. Vergette, brosse.
BROSSATA, V. Brosser, vergeter.
BROSSE, s. f. pi. Restes de foin grossier que les vaches dédai-
gnent et laissent dans la crèche. (Alpes.)
BROSSETOU, BROUSTOU, s. m. Gilet de tricot, ordinairement
de laine. Ail. brust, poitrine; tuch, étoffe, drap.
BROSSl, V. Enlever les restes de foin, nettoyer la mangeoire^ le
râtelier, la crèche.
BROSSU, A, ndj. Qui a les cheveux crépus, naturellement frisés.
(Montreux.)
BROTATA, s. f. Brouette chargée de bois. — Barrota, id. Charte
do 1364.. (Nyon.) Voy. berrot.
BROTHl, i'. Avoir trop d'ampleur, faire de faux plis. (Alpes.)
BROTFA, BROTHl, ?'. Faire mal un ouvrage par précipitation,
fouetter la besogne; écrire trop vite et mal. (Vaud.)
BRU 61
BROTZE, s. f. Ellébore, Helleborns fœtidns. (Jura.)
BROTZE, s. /. Aiguille à tricoter, broche, cheville nu centre d'une
cible. — Brotscha, id.
BROTZET, BROTSCHET, s. m. Brochet, ^soa- L«n»s, poisson;
vase de cuir pour les incendies; vase de bois avec un goulot ou
biberon pour donner du lait aux veaux sevrés. C. brocq, vase.
BROTZETTA, BROTSGHETTA, s. f. Biaheiie, petite broche en
bois.
BROTZl, V. Faire un séton à un animal.
BROUÏA, s. f. Chiffon de vieux linge; femme méprisée. (Bas-Va-
lais.)
BROUÏA, s. f. La Broyé, la plus grande rivière du canton de Vaud.
Voltaire, passant à Moudon, demanda le nom de la rivière qui
traverse celte ville. « La Bruye » lui répondit-on. — Oh! que ce
nom, dit-il, me serait commode pour rimer avec Troie. — Huit
siècles avant lui , Godefroi de Viterhe, dans sa curieuse chro-
nique en vers latins rimes, avait déjà employé cette rime :
Qiium loquor Allobrocfos Ihivium perpendo la Brnia,
lîrbi urbs quondam fiiit grandis sicul altéra Troja.
Broia est aussi le nom d'une petite rivière d'Ecosse, renommée
et visitée pour ses belles cascades.
BROUILLE, s. f. Brouillerie, désordre, confusion.
BROUILLERI, s. f. pi. Balayures, menus débris inutiles, baga-
telles. Voy. TKACASSKUI.
BROUILLHI,t\ Tricher au jeu, filouter.— Fronilllii, id. (Vaud.)
BROUTA, V. Brosser, vergeter. — Brossata, id.
BROUTAKU, s. m. Repas que donne une accouchée à ses relevailles.
Mol à mot, brosse (on derrière, qui a été assez longtemps sur la
paille dii ton lit. — Brotakn, arhaille, id. (Enlremont.)
BROZl, s. m. Potage de choux au lard. (Evêché de Bâie.)
BRUCHON, r.RUTCHON, s. m. Menu brin de bois, de paille; ra-
mille. Lei a dei Oriitchon dedeia hlln sonpa, il y a des bruchons
dans cette soupe. Ce mol signifie aussi chenille. Gr. Ppoûyo^,
larve de sauterelle.
62 BUS
BRUIRA, BRUIRE, BRAIRE, BRUAIRA, s. /. Bruyère, Calluna
erica. Gr. ppov, mousse.
BRULLHI, V. Beugler comme un taureau, crier à outrance, brail-
ler. Ail. brïdlen, rugir, mugir, beugler. (Fribourg.)
BRÙLON, s. m. Maladie de la vigne. (La Côte.)
BRUTA, V. Murmurer, gronder. B. B. brul, bruit, rumeur.
BU, BUVA; BUT^BOA, adj. Creux, vide, percé de trous. (Lavaux.)
Voy. BOHiNU.
BUDA, s. f. Trou, fente, petit coin.
BUDDA, s. f. Etable à vaches. Baude signifie chalet dans les Su-
dètes.
BUDGI, BUDZI, V. Remuer, bouger.
BUDGILLON, BUDJELLON, s. m. Qui remue sans cesse, bougil-
lon; se dit d'un enfant.
BUDJON, BUDZON, s. m. Fourmi, puce de foin, diverses sortes de
podures. (Vaud et Fribourg.)
BUFFA, s.f. Voy. beffa.
BUFFETA, r. Maltraiter, pousser avec violence, souffleter, vexer.
(Montreux.)
BUHLLA, i\ BUTHA.
BUÏA, BOUHIA, s. f. Lessive. C. bu, eau.
BUÏANDA, BOUHIANDA, v. Lessiver, faire une lessive.
BUÏANDAIRE, s. f. Femme de journée qui lave les lessives, lavan-
dière.
BUÏON, BOUHION, -s. m. Petite lessive.
BUMEIN, s. m. Fumier, engrais pour les terres. B. B. baus, li-
tière; baw, boue. (Vaud.)
BUO, s. m. Voy. bau.
BURO, BOURO, BOUAIRO, s. m. Beurre.
BURON, 5. m. Petite maison, cabane. — Ce mot est celtique et a
le même sens. (Orbe.)
BUSKA, r. Guetter, surveiller.
BU.SSA, r. Voy. bota.
CAC 6S
BUSSI, BUSSA, V. Voy. boussi.
BUTHA, BUHLLA, v. Pousser la terre; se dit des taupes.
BUTHSA, BUTZA, s. /. Petite fiûcheltc de bois ou de baleine dont
l'enfant se sert en épelant pour suivre et indiciuer les lettres,
BUTIN, s. m. Habits, linge en général, bnrdos.— Gnzcin, id. (Vaud.)
BUTSCHO, adj. Voy. baiîtso.
BUTZELLHE, BOUTSCHILl-E, BOTHILF.E, s. f. pi. Bûchettes,
éclats do bois, gros copeaux, enlevés à la hache. Voy. hkbiue.
(Vaud.)
BUTZELLON, s m. Diminutif du précédent; petit morceau de bois
mort ou de bois mis en œuvre.
BUZA , s. /■. Buse, oiseau de proie du genre du faucon. C'est
aussi une injure qui revient <à bète, idiot, butor, buse.
BYET, BIETTA, MIET, MIETTA, adj. Nom d'amilié qu'on donne
aux petits enfants; mon cher, ma chère. — Mio, mia, id.
C
CABA, s. /. Vieille vache; c'est un terme injurieux. (Jura.)
CABARET, s. m. C'est le nom de deux plantes, du cabaret d'Eu-
rope, Asanim curopœnin (Pays-d'Enhaut), et d'une renoncule
vénéneuse, RannncuUis Tliora. (Jura.)
CABE, .s. m. Chaise, escabeau. L. .<rabclbiin. (iîas-Valais.)
CABINOTIER, s. m. Ouvrier horloger; terme dérisoiie. Du fran-
çais cabinet. (Genève.)
CABORNA, s. f. Petite bouliiiue obscure. C. caborcl. (Genève.) —
On dit caborne dans le français populaire de Genève.
CABRA, CABRE, s. f. Chèvre. Ce mot se nMrouve dans la plupart
des patois. Le provençal, le portugais, l'espagnol et le catalan
disent cabra. Moins usité que tschivra.
CABRI, s. m. Chevreau de lait.
CACHOT, s. m. Cachet; étui à épingles, tirelire, coffre-fort, niche
secrète, cachette.
64 CAK
CACHOTTA, V. Cacheter.
CADZETTERIA, s. f. Cachette, niche secrète pour cacher des bi-
joux, de l'argent, des papiers, des lettres. (Jura.)
CAGNA, CAGNE, s. f. Cache, niche, lieu secret. Cagne dit à une
femme est injurieux. L. canis.
CAGNARD, s. m. Alcôve dans la cuisine, où est le lit de la cuisi-
nière. (La Côte.)
CAGOU, s. m. Hypocrite, avare, terme injurieux. Le français
cagot signifie qui a une dévotion fausse ou mal entendue. (Jura.)
CAHIA, s. f. Eboulis, ravine^ cavée, passage dangereux, mauvais
pas. L. cadere. Lei a ike na pouta cahia, il y a là un vilain pas.
(Vaud.)
CAHIERET, s. m. Diminutif du précédent; petit éboulement, petit
ravin.
CAHIU, CAHIUVA, adj. Cave, qui est en creux, qui fait cavité.
L. cavus.
CAILLET, s. m. Estomac de veau dont on tire la présure pour
faire cailler le lait, caillette. — Cô, id.
CAKA, s. m. Excrément humain. L'a fé caka au bri, il a fait caca
au berceau.
CAKÂ, V. C'est le cacare latin; on dit cako en Valais.
CAKABOT, s. m. Tache d'encre sur le papier, pâté; terme d'é-
cole. (Vaud.)
CAKADA, s. f. Entreprise manquée. — Le duc de Savoie dit à
l'officier qui tenta l'escalade de Genève sans y réussir : « Nous
avons fait une belle cacade. »
CAKAIRA, s. f. Latrines, lieux d'aisance.
CAKATSAÔ, s. m. Chiendent, Trilicum repens, plante graminée;
mol à mot, fiente de cheval.
CAKELON, 5. m. Voy. cassoton.
CAKERELLA, s. f. Diarrhée, flux de ventre.
CAKERET, CAKERIDA, adj. Enfant qui va souvent à la selle.
(Bas-Valais.)
CAKESANGUA, s. f. Dyssenterie, diarrhée sanguinolente. (Jura.)
CAP 65
CAKOU (à), loc. adv. Sur le cou. On dit d'un enfant qu'il est à
cakou quand il est porté sur le dos, les mains croisées sur la
poitrine du porteur. (Vaud.) A Genève, cocuchet.
CALAMAR, s. m. Etui de fer blanc où l'écolier serre ses plumes.
L. calamus. (Moudon.) — Dans la langue des Mingréliens, c'est
un long encrier en cuivre que les secrétaires portent à la cein-
ture. (Voir le voyage de Gamba dans la Russie méridionale.)
CALAMITA, s. f. Boussole. C'est un des anciens noms de la bous-
sole, encore usité parmi les bateliers du lac de Neuchâtel.
CALET, s. m., CALETTA, s. f. Bonnet, chapeau; calotte de cuir
des bergers.
C.\LLE, s. f. Chaise, escabeau, siège. (Evêché de Bàle.)
CAMELIN, INA, adj. L'amant, l'amante; le galant d'une fille, la
belle d'un garçon.
CAMPANÀ, V. Sonner les cloches. (Bas-Valais.)
CAMPÀNA, s. f. Cloche. (Bas-Valais.)
CAMPANNA, s. f. Ayau, narcisse sauvage, Narcissus Pseudo-Nar-
cissus. (La Côte.)Voy. battho.
CAMPEIN, CAMPION, GAMBION, s. m. Bancroche; homme qui
marche mal, les jambes écartées; pied bot. C. cambe, courbé,
tortueux. (Vaud, Genève.)
CAMPIOUNNA, i'. Marcher comme une personne qui est pied bot.
CAMPO, s. m. Grande étendue de terrain. L. campus.
CANFARRA, v. Brûler, s'échauder. Ducange dérive ce mot du
calidum ferrum employé dans les épreuves judiciaires. (Lau-
sanne.)
CANTOHIET, s. m. Enfant sale, dégoûtant par sa malpropreté.
(Val d'Illiez.)
CAPELLADA, s. f. Salutation du chapeau, cnpel. Ce mot est vieux.
(Genève.)
CAPET, s. m., CAPETTA, s. f. Petite cape, chapeau, casquette,
bonnet; cerveau. Veri capetla, dans ce dernier sens, c'est de-
venir fou, perdre la tête. L. caput.
CAPETZA, s. f. Gâchette d'une serrure. (Pays-d'Enhaut.)
MÉM. ET DOCUM. XXI. 5
66 CAR
CAPIATIS, s. m. Prise de corps. L. capiatis. (Vaud.)
CAPITA, s.f. Hulte, cabinet, maisonnette dans les jardins, vignes,
prairies.
CAPO, s. m. Ancien bonnet des femmes du Pays-d'Enhaut.
CAPOT, TA, adj. Déconcerté, confus, triste.
CAPOTÉRI, s.f. Voy. capotise.
CAPOTISÂ, V. Déconcerter, couvrir de confusion, chagriner.
(Vaud.)
CAPOTISE, s. f. Tristesse, désappointement, confusion. — Capo-
téri, id.
CAPOTTA, r. Travailler mal en bois, faire de mauvais ouvrage.
CAPOTTHi, s. m. Mauvais charpentier; savetier, gâte-métier.
(Fribourg.)
CAPPA, s. f. Coiffe, bonnet, chapeau; sac au bout d'un bâton,
pour recueillir les deniers dans le temple. (Pays-d'Enbaut.)
Ciippa au moiiëno, ou bekka au moue no ; aconit paniculé, Aconi-
tuin Cammnrum. (Aigle.)
Cappa de pritro, bonnet de prêtre, fusain, Evonymtis earopœus.
(La Côte.)
CAR, s. m. Quart, la quatrième partie d'un tout.
Car d'an, trimestre.
Car-tein, quatre temps, trimestre d'une pension à un pauvre
assisté.
CARÂ, CARAHIE, adj. Carré, éi-nis de taille.
CÂRA, KARRA, s.f. Averse, ondée, colonne de pluie ou de neige.
(Vaud.)
GARDA, pi. CARDE, s. f. Cardes pour la laine.
CARDON, s. m. Nom d'une espèce d'artichaut. Ce mot est français.
CAREDOU (à) adv. Mot à mut à dos carré, attitude de l'enfant
porté sur le dos. — A cakou, id. (P;iys-d'Eiihaul.)
CAREMO, s. m. Carême. — Le carêmes sont les petites graines
semées au printemps, orge, avoine, poi?, fèves, lentilles, etc.
CARESSA, s. f. Accui'il, réception. Escnsa la petita caressa, excu-
sez le peu qu'on vous offre sur la table. (Alpes.)
CAS fi?
CAlRESSI, caressa, r. Faire bon accueil, on conter à une fille,
obtenir ses faveurs.
CARI, r. Equarrir une poutre.
CARI, s. m. Poutre équarrie.
CARLA, s. f. Sorte de coiffe de velours.
CARLIÈMR, s. f. Ouvrière qui fait des caries. (Règlements snmp-
tuaires faits à Neuchàtel en 1670.)
CARLINA, CAROLINA, s. f. C'est le nom de deux plantes : la car-
line acaule, Carlmn acahlis, dont on mange les têtes en guise
d'artichauts (Alpes); et la renoncule glaciale. (Ormonts.)
CARN.\CI, s. m. .\ncien titre du bourreau.
CARRAHIE, s. f. Petil cabinet séparé d'un corps de logis, dans
une cour, un jardin, un verger. (Moudon.)
GARREL, s. m. Trait, carreau d'arbalète.
CARRO, s. m. Coin, angle, carrefour; carré, planche de jardin.
Per ti le carro, dans tous les coins.
CARROLET, s. m. Petit coin.
CARRON, s. m. Brique épaisse en carré long, carreau.
CARRONNA, CARROUNA, v. Carreler une chambre, une cuisine
avec des carrons.
CARTA-PUDJE, s. /". Mot à mot écartc-jiucr. Ce nom a|tpartienl
à deux, plantes: ré|)urge, Enpliorliia Lathi/ris, dont les men-
diants se servent pour se défigiirer (Lausanne); et la bugrane
visqueuse, Ononis Natrix, dont on met des faisceaux sous les
lits afin que les puces aillent s'y engluer. (Voy. Conservateur
suisse, tom. VI, pag. 241. (Ollon.)
CARTEI, s. m. Maladie des vaches; le quartier, dans le français
populaire.
CARTERON, s. m. Mesure de capacité pour les matières sèches,
boisseau à mesurer les céréales, mesure iiour les liquides va-
lant deux [lots. (Vauil.)
CARTETTA, s. /". Quart de pot. Allein bnire cartetta, allons boire
une bouteille.
CASA, s. f. Case, clial 't, cabane de berger, de sabolii-r.
68 CAT
CASAKA, s. f. Casaque, habit d'homme. Veri casaka, changer de
religion, d'opinion politique.
CASAR, 5. m. Le plus jeune des bergers dans un chalet des Alpes.
CASKARET, s. m. Petit polisson, gamin des rues; galopin de la
lie du peuple. Cascaral, en bas-breton, est la danse des gueux
et des galeux, qui sautent en se grattant.
CASSA, V. Casser, meurtrir, vieillir. Casse se coke, il casse ses
noix, dit-on proverbialement d'un homme décrépit, qui n'en a
pas pour longtemps. (Vaud.)
CASSA, .<!. f. Affaiblissement par maladie. L'a na cassa, il a une
indisposition, une maladie de langueur qui lui ôte les forces.
CASSA, s. f. Poêlon, vase de cuivre éiamé, grande cuiller de
métal pour puiser l'eau dans les seilles de cuisine; poêle à frire.
CASSALOGNE, s. m. Casse-noix; casse-noisette, alogne {\auâ);
sorte d'oiseau, Corvus caryocatactes. (Alpes.)
CASSAROU, s. m. Malin, délié, sorcier; c'est un des noms du
diable. (Pays-d'Enhaut.)
CASSEIN , s. m. Contusion, meurtrissure, tumeur, un bleu. —
Cass07i, id.
CASSEMOTTÀ, v. Se meurtrir le visage. Basque, cascamotza,
mutilé. (Montreux.)
CASSEROU, s. m. Abalteur de noix, ouvrier qui casse les noix.
CASSIBRAILLE, s. f. Canaille, gens de rien, petites gens. (Lau-
sanne.)
CASSON, s. m. Voy. cassein, cassoton.
CASSOTON, s. m. Poêlon, vase de métal à trois pieds, avec un
manche. — Casson, cakelon, id.
CASU, CASUMEIN, adv. Quasi, presque, à peu près.
CATAHI, V. Dédaigner, mépriser, rebuter; c'est l'opposé de
tschouhi, choyer, soigner. (Val d'Illiez.)
CATALÀ, V. Guinder, faire mouler avec un treuil, une poulie,
une corde.
C.ATALARE, s. m. Potier de terre, faiseur d'écuelles. L. catillus,
petite écuelle. (Moudon.)
CAU 69
CATALLA, s.f. Brique d'argile ou de faïence.
CATELLA, s. f. Poulie ou corde pour élever les gerbes dans les
granges.
CATOHLLON, s. m. Prune, fruit du prunier. (Entremonl.)
CATTAMIAULA , s. f. Fille ou femme ennuyeuse, rabâcheuse,
toujours dolente, se plaignant de tout; mot à mot, châtie qui
miaule. (Lausanne.)
CATTIVO, VA, adj. DifTicile à contenter, esclave do son égoïsme.
L. caplivus. (Val d'IUiez.)
CATZA, CATSCHA, s. f. Cachette, lieu secret pour cacher.
CATZEMAN, s. m. Manchon; mot à mot, cache-main. (Aigle.)
CATZET, s. m. Escalier d'un poêle pour s'asseoir ou monter;
planche qui sépare les unes des autres les vaches à l'étable.
(Pays-d'Enhaut.)
CATZETTA, s. f. Poche d'un vêtement d'homme ou de femme. —
Falta, id.
CATZI, CATSCHI, v. Cacher, manger, enterrer. Catze gro, il
mange beaucoup; dé élu calschi ma chuera, j'ai été enterrer ma
sœur.
CATZO, A, adj. Réservé, boutonné, qui ne s'ouvre pas. (Alpes.)
CATZON, KATZON (à), loc. adv. En secret. L'ai é de à calzon, je
lui ai dit en secret.
CAUCHON, s. m. Caution. Rière cauchon, seconde caution qui
cautionne la première.
CAUCHOUNNA, v. Cautionner.
CAUCHOUNNAMEIN, s. m. Cautionnement.
CAUDO, s. m. Coude; zigzag, angle dans les chemins.
CAUDRE, KEUDRE, v. Coudre; kozu, part.; découdre, découdre.
CAUETTA, CUETTA, s. f. Petite queue. Dimin. de caua, cua.
CAUVA, CAUA, CUVA, CUA, s. f. Queue, cadenette. L. cauda. —
La caua rcfa l'ozi, prov., la queue refait l'oiseau.
CAUVA-A-TSAVO, s. f. Prêle des champs, Equiselum arvense ; vul-
gairement, queue de cheval. (Pays-d'Enhaut.)
70 CER
CAUVAROU, CAUAROU, CAVAROU, s. rn. Rouge- queue, sorte
d'oiseau du genre motacille.
CAUVATTA, CAVATTA, v. Remuer sans cesse la queue.
CAVÂ, V. Excaver, creuser.
CÂVA, s. f. Cave, cellier.
CAVAGNE, s. /. Hotte. (Val d'Illiez, Aigle, Bex.)
CAVETTA, s.f. Escalier latéral d'un poêle, ayant deux ou trois
marches. (Vaud)
CAVILLA, s. f. Bévue, erreur, sottise. L. caviliaiio, cavilla.
CE, CI, prou, démunstr. Celui-ci; sUa, sla, fém., celle-ci; stau,
stieu, sllau, chau, hau, pi., ceux-ci, celles-ci.
CE, adv. Ici. lié vo ce? êtes- vous ici? Ke fa-to ce'? que fais-tu ici?
CEI, adv. Il se place avant le verbe : cei teindra, il viendra ici.
CEICEN'ARRI, adj. Ici en arrière, feu un tel. (Anciennes chartes
de Neuchâtel.)
CEIN, pro7i. Ceci, cela ; cem et sosse, ceci et cela.
CEIN, FEIN, FUN. Nom de nombre, cinq.
CEIN-NEI, s. m. Marmelade de cerises noires ; mot à mot, cela
noir. (Pays-d'Enhaut.)
CEIN-CEINT, CHEIN-CHEINT. Juron, exclamation qui signifie
cinq cents. On sous-entend diables. (Fribourg.)
CEINT, CHEINT. Nom de nombre, cent.
CEINTORIA, s. f. Petite centaurée, Erylhrœa Centaurium. (Vaud.)
CELLEI, s. m. Cellier, cave. L. cella.
CERAISA, s. f. CERAISI, s. m. Voy. cerisa, ceresi.
CERCHLLÂ, V. Cercler, relier un tonneau avec des cercles, cer-
chllo.
CERÉ, SERET, SÈRÉ, s. m. Fromage maigre qu'on obtient après
le fromage gras, en faisant cailler le petit lait. (Alpes.)
CERESI, CERAISI, s. m. Cerisier.
CÉRÉSOLET, dira., petit cerisier.
CERGNI, CERNA, v. Cerner, ôler en rond l'écorce du sapin pour
en A 74
en faire un cercle; faire un cercle magique autour d'une i)er-
sonne pour la désensorceler, pour la guérir, ou pour la forcer
à rester en place. (Alpes.)
CERGNIAULA, s. f. Sapin dont on ôte l'écorce pour en tirer la
poix.
CEKGNIEMEIN, s. m. Lieu défriché dans une forêt. C. cern, en-
ceinte, enclos.
CERISA, s. f. Cerise. — Ceraisa, id.
CERMONTAIN, s. m. Laser, Laserpitium Siler, plante ombellifère.
— Semontan, id. (.\lpes.)
CERNA, V. Voy. ceugni.
CERNEI, s. m., CERNETTA, s. /. Pâturage, abatis dans une forôt.
CERNI, CERNIL, s. m. Grange de montagne, fenil. (Jura.)
CERTES (à"), loc. adv. Pour sûr, sans y manquer.
CERTIORA, V. Assurer, attester, donner pour certain. L. ccrtvs.
(Yvcrdon.)
CÉ-S'IKE, CI-S'IKE, pron. Celui-là.
CÉVÈ, adv. De ce côté-ci, en deçà. Vein cévè, il vient ici.
CHA, SA. Nom de nombre, sept.
CHÂ, SIA, V. Suer.
CHA s. m. Sureau, Sambuciis nigra. (Bas-Valais.)
CHA, TSCHA, adv. Aisément, facilement, sans peine. — Sia,
schia, id. (Pays-d'Enhaut.)
CHA, TSCHA, s. f. Litorne, Turdus pilaris.
CHA, TSCHA, TSCHO, CHO, TZO, adv. Chaion, par un, un à un;
cha don, par deux; cha trci, par trois; cha pou, cho pou, tscho
pou, tzo pou, peu à peu.
CHABLLA, TSCHABLLA, v. Dévaler du bois du haut d'une pente,
par un couloir; se précipiter. (Alpes.)
CHABLO, TSCHABLLO, s. m. Couloir pour dévaler le bois, ravin.
CHABR.\S, s. m. pi. Voy. abkas.
CHÂCHAU, s. m. Espèce de galette ; enfant engourdi, paresseux.
(Yaud.)
72 CHA
CHAIE, s. f. Fléau à battre le grain en grange. (Jura.
CHAIRMU, SERMU, s. m. Se dit des murs en gradins qui sou-
tiennent les vignes de Lavaux.
CHALET, TZALLET, TZALLE, s. m. Bâtiment en bois habité pen-
dant l'été par les armaitli et leur troupeau. Rousseau est le
premier qui ait employé ce mot en français. C. cliel, chai, sal,
loge. (Alpes, Jura, Jorat.)
CHALONGE, s. f. Débat, contestation. (Fribourg.) — Chalongi, v.
Inquiéter, chagriner. (Fribourg.)
CHAMBERRAU, s. m. Cirse des champs, Cir^sium arvense. Vulg.
chardon des champs. (Villeneuve.) — Chamberau, Tscham-
berro, id. Ce mol signifie aussi les mauvaises herbes en général
qui croissent dans les blés et les jachères, et dont la principale
est le chardon des champs. (Aigle.)
CHAMBERROT, TSAMBEROT, s. m. Ecrevisse, mot composé de
tsamba, jambe et de 7'ot, rompu. It. gambero.
CHAMPÂ, TSCHAMPÂ, TSAMPÂ, v. Faire sortir le bétail de l'é-
table pour le mener au pâturage ou à l'abreuvoir; pousser,
heurter, achever, s'égarer à travers champs. L. campus.
CHANNA, TSCHANNA, s. f. Pot d'étain dont on se servait dans les
cabarets. Ail. kanne.
CHANNE, s. /". C'est un des noms des poires d'angoisse; poires
étrangle-chat, T^oires Goliath, dans le français populaire de Lau-
sanne. AU. bernois kannebirre.
CHA PO, SA PO. Expression évasive pour indiquer le lieu, pour
dire quelque part. L'è cha po, il est je ne sais où; ne se pa, ne
sa po, je ne sais pas. (Pays-d'Enhaut.)
CHAPON, TSCHAPPON, s. m. Recrue de cep, provin. (Vaud.)
CHARMALLHI, RA, adj. Ami, amie de noces; paranymphes qui
doivent préserver l'époux des charmes magiques qui nouent
l'aiguillette. Ce mot vient de tschermo, charme, enchantement.
— Tschermalli, ra, id.
CHATAMOT, TSCHATAMO, s. m. Repas de funérailles défendu
inutilement par des lois de police. Hébreu, chata, bibit; moût,
mori : c'est le vin de la mort. (Vaud.)
en A 73
CHATON, CHUATON, TSATTON, SATON, s. m. Bâton gros et
court, pièce d'un char; fleur de saule, de châlaigner; partie de
la bague où la pierre est enchâssée.
CHATOUNA, TSCHATOUNNA.r. Serrer en tournant la corde d'un
fardeau avec un bâton; bâtonner.
CHÂTRA, TSCHÂTRA, v. Châtrer, diminuer, ôter des rayons
d'une ruche. Celui qui châtre les animaux s'appelle en patois
magnin. (Vaud.)
CHÂTRON, TSCHÂTRON, s. m. Mouton, jeune bœuf châtré. (Fri-
bourg.)
CHAUMA, TSCHAUMA, t\ Cesser, arrêter, chômer; se mettre à
l'ombre. Dans ce dernier sens, il se dit du bétail. B. B. chom,
chomein, s'arrêter, se reposer.
CHAUME, CHAULME, s. m. Haute montagne à pâturages dans le
Jura. (Charte de 1301.) L. culmen.
CHAUMILLA,s. /".Charmille.
CHAUTA, V. Sauter, danser, oublier.
CHAUTA-BOUENNE, s. m. Feu follet.
CHAUTEI, s. m. Nom de charge de celui qui apposait le sceau of-
ficiel aux actes publics; psallerius, salterins, en latin. Il y avait
avant la révolution un grand sauticr à Lau.sanne.
CHAUTERAI, s. m. Esprit follet qui fait des sauts et des gambades
dans les ruines, dans les forêts, lutin. Voy. sehvkin. — En Poi-
tou, le saxithi est un lutin qui s'amuse à tresser ensemble les
crinières et les queues de deux ou trois chevaux.
CHAUTERAU, CHAUTERI, s. m. Sauterelle.
CHAUTZI, TCHAUSSI, s. 7n. Pâturage, terrain que les troupeaux
foulent. (Ormonts )
CHAUX, TZAU, TSCHAU, s. f. Sommet de montagne, pâturages
élevés dans les Alpes : la chaux de Na^e, la Chaumagni, la chavx
de Nant. — Ce même mot signifie au contraire, dans le Jura,
un vallon : Cliaux-de-Fonds, Cliaux-du-MiUeu, Chaux-du-Cuchot,
dans les montagnes de Neuchâtel; Chaux-d'Abel, dans le Jura
bernois. — Chaux, chaud, signifie, dans le patois auvergnat,
un plateau élevé, une montagne à sommet aplati.
74 CHE
CHAVÂRA, s. f. Corvée pour le clergé; impositions des abbayes
sur les vassaux. Ce mot se trouve encore dans des documents
de 15'27; c'était le charroi que devaient les serfs pour amener
le bois du seigneur de la forêt au bûcher. (Nyon.)
CHECHÈ, SECHE, adv. Oui, si fait, pour sûr.
CHÉDAL, s. m. L'attirail d'instruments aratoires, de harnais et de
bêtes de labour nécessaires à l'exploitation d'une ferme. C. che-
tal, gros et menu bétail. (Vaud.)
CHEIN ! Exclamation très commune dans le dialecte fribourgeois
de la Gruyère. Chein! ke le gnlésa! qu'elle est jolie! — Sein, id.
CHEINDRE, s. f. Cendres. (Vaud.) — Hicndre, id. (Gruyère.)
CHEINDREI, CHEINDRI, SEINDREI, s. m. Cendrier, lieu où l'on
dépose les cendres dans la cuisine.
CHEINTRO, TSCHEINTRO, TSEUNTRO, s. m. Equarrisseur. Voy.
BEDANDE. AH. scllinder.
CHELEU, pron. démonslr.pl. Ceux; ceux-là; fém. rhelle, celles.
CHENALETTA, s. f. Petit tuyau de bois; diminutif de chenau.
CHENAPAN, TSCHENAPAN, s. m. Mauvais sujet, garnement, vau-
rien. AU. schnapphahn, brigand. (Vaud, Genève.)
CHENAU, TCHENAU, TSENAU, ESCHENAU, s. f. Pièce de bois tail-
lée en gouttière pour recevoir l'eau d'un toil, chéneau; canal,
couloir, ravin, petit vallon traversé par un ravin. (Alpes.)
CHENEVARD, s. m. Chènevis, graine de chanvre.
CHENU, A, adj. Solide, cossu, riche. (Lausanne.)
CHENUMENT, adv. Richement. (Lausanne.)
CHEQUE, SEQUET, s. m. Hoquet.
CHERIGNA, TSCHERIGNE, s. f. Chenille.
CHERPIFOU, TSCHERPIFOU, s. m. Mal peigné, échevelé. (Vaud.)
CHERPIN, TSERPI, TSCHERPEUN, CHARPI, s. m. Amadou,
charpie.
CHESAIRE, TSESAIRA, s. /. Lieu où il tombe de l'eau d'enhaut,
par une chute ou un écoulement, quelle qu'en soit la cause.
CHESAL, CHESAUX, s. m. Place pour bâtir une maison ou la ré-
cm 75
tablir. Chesnl sii;nifie aussi la proiiriétô d'un agriculteur. (V. st.)
CHESEAU, CHITZO, s. w. Elable, hangar. (Fribourg.)
CHESSA, TSCHESI, v. Tomber en défaillance, se pâmer. (Jura.)
CHETTA, CllATTA, SATTA, TSCHETTA, s. A Assemblée noc-
turne des sorcières présidée par le grand bouc, et aussi appelée
sabbat; vacarme, grand bruit. — Alla à la chetta, c'est aller à la
loge maçonnique,, disent les campagnards non initiés.
CHEVANCE, TSÉANCE, .s. f. L'avoir de qut'l(iu'un, les provisions
de bouche d'une maison. Cabentia, en latin du moyen âge. C.
cab, tenir, posséder.
CHEVENNO, TSCIIEVENNO, s. m. Meunier, poisson de nos lacs,
Cyprinus Cephalus.
CHEVI, 11. Venir à bout, posséder; chevir en vieux français.
Tschevir, dans nos documents du moyen âge, signifie venir à
chef, transiger, convenir.
CHEVRELLA, TSCHEVIŒLLA, s. f. Bécassine. Scolopax GalUnugo.
(Orbe.)
CHEVRETTA, s. f. Femelle du chevreuil.
CHEVRIT, s. m. Chevreuil; mot peu usité. — bhocaup, id. (Jura.)
CHEVROTAIN, TSCHEVROTIN , s. m. Petit fromage de lait de
chèvre.
CHI, CHÉ, Cl, adj. ei pron. démonsir. Ce, cet, celui; au fém. hlla,
celle; au pi. hllau, ces, ceux, celles.
CHI, SI, HI, s. m. Ciel; ce mol est peu usité.
CHIBA, SCHIBA, s. f. Mesure de sel. (Fribourg.)
CHICOT, s. m. Laitue romaine. (Genève.) — Telle est la définition
du glossaire de Gaudy; celui de J. Ilumbert dit : chicorée non
friace. (N. de l'éd.)
CHIEL'CHAI, r. Siffler, souffler dans un instrument à vent. (Evê-
ché de Baie.)
CHILLON, TSIRON, CHIRON, TSILLON, s. m. Veiilolte, petit tas
de foin sur le pré. C. chir, tas, élévation. (Vaud.)
CHIN, TSEIN, s. Jrt. Chien. Tàéi/tna, chienne ; chinet, tsinel, ù\m.,
petit chien.
76 CHO
CHIN, nom de nombre. Cinq. Voy. cein.
CHINKANTA, nom de nombre. Cinquante.
CHINKANTANNA, s. f. Cinquantaine.
CHIR, SCHIR, s. m. Seigneur, sire. L'è on gro chir, c'est un grand
seigneur. (Evêché de Bâle.)
CHIRA, CHERA, CHOUÉRA, CHUÉRA, CHEIRA, TSIRA, TSOUÉ-
RA, SERA, SIRA, s. f. Sœur. C. choar.
CHIRE, s. f. Averse, grande pluie. (Evêché de Bâle.) Essir ou ècyre
signifie tourmente, tempête de neige, dans le patois de l'Auver-
gne.
CHIT, adi\ interj. Soit.
CHIVRAFOU, TSCHIVRAFOUI, s. m. C'est le nom de deux arbustes
dans les Alpes : le chèvrefeuille commun, Lonicera Xylosteum;
et l'épine-vinette.
CHO, TSCHO, s. m. Bahut, grand coffre, arche, farinière à com-
partiments. (Villeneuve.)
CHO, CHUA; TSO, TSU A, pron.poss. Sien, sienne.
CHOKKA, TSOKKA, s. f. Soulier à semelle de bois. L. soccus.
CHOLA, SOLA, SALA, s. f. Siège, chaise. L. sella.
CHOLLEI, s. m. Partie supérieure de la grange où l'on entasse
le foin. C. col, chol, paille.
CHÔMO, s. m. Psautier, psaume.
CHOTA, s. f. Perche ferrée pour faire avancer les bateaux sur les
bas-fonds. (Neuchâtel.) Voy. étira.
CHOTÀjti. Faire avancer un bateau avec des perches. (Neuchâtel.)
CHOTTA, TSOTTA, SIOUTA, s. m. Abri contre la pluie. Allein à
la chotta, allons nous mettre à couvert. (Vaud.) — On dit choûte
dans le français populaire de Genève; à Lausanne, chotte. —
Sotta, id.
CHOTTÀ, V. Cesser de pleuvoir. C. chot, bois où l'on se met à
l'abri de la pluie. — Sottd, id.
CHOUK, prép. Sur. (Anniviers.)
CHOUMA, TSCHOUMA, CIOUMA, s. f. Vieille ânesse, c'est une
grossière injure quand le mot s'adresse à une femme. (Vaud.)
CLÉ 77
CHOUSA, TSOUSA, s. f. Chose.
CFIURLA, V. Hurler, crier de détresse, pleurer en sanglotant.
CHUHLAHIE, s. f. Hurlement, cri violent.
CHUVA, CHUA, TSUA, TSCHUVA, s. /. Freux ou corneille mois-
sonneuse, Corvus frugilegus.— La tanna ai Chuve, la caverne des
Freux, dans les rochers de Naye. (Alpes.) Voy. le Conservateur,
tom. VI, pag. 168.
CHUVÀ, TSUVÀ, V. Fouetter avec les verges. (Vallée de Joux.)
CIBA, CHIBA, s. f. But pour le tir à l'arc, au fusil, à la carabine;
table ronde, vitre ronde, petit gâteau rond. Ail. scheibe, schei-
bel. (Vaud.)
CIBARE, TSIGARE, s. m. C'est, dans un tir, celui qui indique et
marque les coups. (Vaud.)
CIEB.\, s. f. Sangle, courroie. Ail. schieben.
CIERNA, s. f. Portion d'une forêt mise en culture, lieu défriché
avec un petit fenil. C. cern, ciern, enclos, enceinte. — Cergne-
mein, id. (La racine cern, ciern, se retrouve dans plusieurs noms
de localités. N. de l'éd.)
CIGOGNAR, s. m. Eclaire, chélidoine, Ghelidoniiim mojus, plante
papavéracée.
CIKLLA, SIHLLA, TSIKLA, i'. Crier d'une voix aiguë.
CIKLLAHIE, SIHLLAHIE, TSIHLLAHIE, s. f. Cri perçant.
CITRON, s. m. Thym commun. Thymus vulgaris , cultivé dans les
jardins.
CITRONELLA, s. f. SenngiM, Philadelphus coronarius.
CLAUDA, s. f. Nom patois de la peste qui régnait à Genève en
1545. Voy. Spon, //î«/. de Genève.
CLAVELLA, v. Mettre le fer au bois des flèches. (Anciens docu-
ments de Fribourg.)
CLAVIN, HLLAVEIN, s. m. Sorte de clou. C. claw , ferrement.
L. clavus, clou.
CLÉDAR, s. m., CLLIA, s. f. Clef de haie, barrière tournante sur
un pivot; porte à claire-voie d'un jardin, d'un champ, d'un clos
quelconque. C. clodd, cliack, claie, hait;, clôture.
78 COC
CLÉREBER, s. m. Filet carré pour prendre le poisson dans les
eaux courantes. (Evêché de Bâle.)
CLlA,s. /. Voy. HLLA.
CLIMENA, s. f. Fille galante, coureuse, concubine.
CLIVER, s. m. La pente d'un lieu élevé, descente. L. clims. (An-
niviers.)
CLLL4, s. f. Voy. clédar.
CLLOTZE, s. f. Cloche, jupe de femme. (Les Bernoises disent
gloschli. N. de l'éd.)
CO, conj. Comme; co té, comme toi; co lli, comme lui.
CO, s. m. Le premier, le plus riche d'un village, le coq de la pa-
roisse. (La Côte.)
CO. s. m. Acide pour cailler le lait, présure. C. co, go, levain, fer-
ment. (Alpes.)
CO. s. m. Noix plus grosse que les autres. (Moudon, Genève.)
COÀ, COVÂ, V. Couver.
COAIRON, COUAIRON, COVEIRON, s. m. Ver de la mouche qui
pond dans la viande. — Voy. covasson.
COBLLA, s. f. Chaîne de chevaux attachés les uns aux autres par
la queue.
COBLLÈ, s. m. Couple, attache, couplet de chanson. B.B. coubla,
coupler, unir.
COCATRI, s. m. Oeuf pondu par un coq, d'où doit naître un ser-
pent, un hasilic. {De Cocatrix est un nom de famille en Valais.
N. de l'éd.)
COCI, adc. Comme cela; pi coci, seulement pour hadiner. Voy.
coL'ci. (Pays-d'Enliaiit.)
COCLET, s. m. Anémone des jardins.
COCO, s. m. Nom d'amitié pour flatter un enfant. MxtvnJ^ ^ Ittnnpsf^
COCOCHET, .<?. m. Voy. cakou. c>.l».-r.r
COCOLA, V. Flatter, soigner, dorloter, choyer une personne.
COCU, s. m. Mot dès longtemps usité dans notre patois. — Une
ronde vaudoise qu'on chantait et qu'on dansait à Moudon, Oron,
COL 79
Payerne, avait pour refrain : Ne S'tn pu (i su le s'abro le cocu, icn
a bcin dein sla vella dei velu, c'est-à-dirL' : Ils no sont pas tous
sur les arbres les coucous, il y en a bien dans cctio ville des
vêtus (Vaud.)
COCU, CUCU, s. m Primevère officinale, Primula offirinalia. (Lau-
sanne, Genève.)
CODJE 5. /. Mentiiln, priapns. — Codje au pntro, pied-de-vcau,
Arum muculdium. (Bex..) — Caille, id. (Vaud.)
CODRA, V. Oter, enlever, prendre. (Val d'IUiez.)
COFFEIHI, V. Salir. C. gnf, mouillé.
COFFO. \; COËFFO, A; KOAFFE, A, adj. Sale, malpropre, vilain.
(Vaud.)
COILLE, s.f. ilentuln, priapns.
CÔKA, COKE, s.f. Vieille femme, commère ennuyeuse et ridicule.
(Genève.)
COKETTA, s.f. Terre-noix, Carum bulbocustnnum, plante ombcl-
lifère. (Orbe.)
COKKA, s. f. Noix. C. coch, enveloppe, couverture. Le proverbe
vaudois cokka par cokka revient au par pari referlur des Latins.
COKKHA, s. f. Heurt, cboc.
COKKHÀ, V. Heurter un corps contre un autre, comme au jeu
des œufs de l'àques.
COKKHASSA, s. f. Fille ou femme ridicule, qui aime à rire ou
qui prête à rire; personne capricieuse; grand va.se d'étain pour
tenir et servir le \in. ('\aiul.)
COKUEL, s. m. Ecuelle. (Jura.)
COKLELLHI, v. S'amuser avec des jouets. (Jura.)
COLA, V. Couler, clarifier, passer le lait à travers des branches
de sapin ou des tiges de lycopode [lour le dégager de tout crps
étranger. (.\lp(;s.)
COLATTET, COLLET, s. m. Petit coup de vin. (Pays-d'Enliaut.)
COLEGNI, V. Pousser légèrement (|uel(iu'uii du coude ou du gemm
pour l'avertir de prendre garde à ce qu'il dit. (Val d'illicz.)
(^ • ' , . • , )
80 CON
COLISSA, s. f. Tranchée pour l'écoulement des eaux, canal sou-
terrain, égout.
COLLET, s. m. Yoy. colattet.
COLON, s. m. Pigeon. C. colom, pigeon. L. columba. (Bas- Valais.)
COLONDA, s. /. Colonne, pilier en bois. L. columna.
COMA, s. /■. Crinière d'un cheval, chevelure épaisse. L. coma,
Gr. xoavj.
COMBA, s. f. Vallée. C. comb, vallée, vallon. Le Péruvien dit aussi
co7nb. (Jura.)
COMBALLA, s. f. Vallon. (Ormonts.)
COMBETTA, s. f. Dimin. de comba, petit vallon,
COMBIER, A, adj. Habitant de la vallée du lac de Joux, appelée
primitivement Combe du Lieu.
COMBLLA, s. f. Couche de chanvre ou de fil placée sous la pierre
du battoir pour l'adoucir. (Alpes.)
COME, s. f. pi. Certaines marques pour prévenir l'anticipation de
son terrain par un voisin. (Montreux.)
COMPARA (se), v. Faire tous ses efforts pour réussir, se tour-
menter de travail et de peine pour économiser, pour gagner;
comparer.
COMPARA, s. f. Peine, travail, économie. L. comparare, acqué-
rir, gagner.
COMPARAILLE, s. f. pi. Fiançailles. (Vallée de Joux.) Ce mot se
dit aussi pour signifier compérage, fête de baptême. (Vaud.)
COMPTAI, part, passé. Compris; àe compreindre, comprendre.
CONDEMINA, s. f. Prairie appartenant au seigneur. (Vaud.)
CONDJI, s. m. Congé. Bailli condji à n'ozé, donner la volée à un
oiseau; avai condji se dit d'un catéchumène qui est admis à la
communion, et n'est plus tenu de fréquenter l'école primaire.
CONÉTRE, COGNAÎTRE, v. Connaître. Lo cognaisso prau, je le
connais bien.
CONFERTA, s. f. Collecte, quête de maison en maison. L. con-
ferre, assembler, amasser. (Fribourg.)
COR 81
CONGRAIN, s. m. Machine en bois, à quiitre inivcrses, pDur domp-
ter les vaches quand on les ferre. Vient du verbe contraindre.
(Montreux.)
CONNERI, s. /'. Tannerie. C. coi'n, peau.
CONREI, s. m. Grand repas de paroisse ou de l^ourgeoisic, ronii-
vium régale. (Estavayer.)
(;ONRIA, V. Condenser la poix de cordonnier pour en enduire le
ligneul; se gorger de mangeaille et de boisson (Pays-d'Enhaut);
gouverner ses inférieurs avec arrogance. (Val dMlliez.)
CONTA, r. Conter, raconter; compter, calculer, supputer; enjôler,
CONTHIAU, s. m. Jetons pour calculer sur certaines tables à l'u-
sage de ceux qui ne savent pas l'arithmétique. (Pays-d'Enhaut.)
CONTO, s. m Conte, histoire; compte, calcul.
CONTRA, s. f. Contre d'une charrue. (Orbe.)
CONTR AMONT, adv. En haut. Reballa lo contramoni, se rouler de
bas en haut, terme de sorcellerie. (Gros de Vaud.)
CQNTZA, s. f. Bassin de pressoir. L. coucha, coquille, bassin.
CONTZE, s. m. Plancher du battoir où s'étend le chanvre, et sur
lequel la meule ou le rouleau passe en tournant.
CONTZI, CONTSCHI, r. Se salir, s'enibrencr. C. cuvchcsa, souiller.
V. Fr. conchier.
CONVIA, r. Conduire. Din te convie. Dieu te conduise, se dit à un
I)auvre qu'on renvoie sans lui faire l'aumône. Ce mot est pou
usité.
COPA, V. Couper, châtrer un animal.
COPÉ, COPIj s. w. Croûte qui se forme sur une blessure. (Val
d'Illiez.)
COPETA, s. f. Rotule du genou.
COPIAU, .s. m. Morceau d'élotfe, rognure.
COPIN, COPON, s. m. Sébile de bois où l'on met la pâle d'un pain
que l'on porte au four. (Vaud, Genève.)
COPP.V, s. f. Mesure de grain valant deux quarterons.
COHAHELA, s.f. Trachée-artère; pi. corahlle, intestins.
MKM. ET DOCIM. XXI. 6
82 COR
COFSAHLLI, s. m. Enfant de chœur. (Fribourg.)
CORAHLLON, s. m. Le cœur d'un chou, d'une pomme (Vaud, Ge-
nève); l'endroit le plus fertile d'un territoire, d'un domaine. C.
cor, coral, le milieu, l'intérieur.
CORATTA, CORIATHA, CORATHI, v. Courir de tous côtés, cou-
railler.
CORATTHIRA, s.f. Fille écervelée qui ne fait que courir. (Nyon.)
CORAULA, s. /■.; CORAULO, s. m. Ronde, branle; la chanson que
l'on chante en dansant la coraula. C. coraxd, bal, danse en rond;
carole, en provençal. (Fribourg.)
CORBA, s. f. Courroie pour porter un vase sur le dos; cerceau du
couvre-chef d'un berceau; pièce du râteau où les dents sont
enchâssées. C. corbel, ce qui porte. (Alpes.)
CORBALA, s. f. Petite branche de sapin garnie de ses feuilles.
(Pays-d'Enhaut.)
CORBASSIRA, s. f. Petit vallon étroit et tortueux, petit défilé.
CORBÉ, s. m. Corbeau ; infirmier d'hôpital appelé aussi marron.
Un testament du XV« siècle, dicté de la fenêtre d'une maladrerie,
porte : Témoins les corbeaux. — Dans les règlements sanitaires
faits à Lausanne en 1636 se trouve un article remarquable sur
les corbeaux. (Voy. Conservateur suisse, tom. YI, pag. 4-34.)
CORBO, A, adj. Courbe, courbé, voûté par l'âge.
CORCI, i\ Faire du bruit en mâchant des croûtes, des fritures. (Val
d'illiez.)
CORCOÏ, s. m. Lampe. (Val d'illiez.)
CORDA, COUERDA, s. f. Corde.
CORDAI, CORDI, s. m. Cordier.
CORDANGNI, CORDAGNl, s. m. Cordonnier; cordangnira, corda-
(jnira, la femme du cordonnier.
CORDANGNI, CORDAGNI, s. m. C'est le nom que les enfants et le
peuple donnent aux coccinelles. (Vaud.)
CORDRE, COUERDRE, v. Corsu, part. Se réjouir cordialement du
bien ou du mal arrivé au prochain. Ce mot vient probablement
du latin cor ; il est souvent employé pour exprimer un souhait:
COR 83
Diu te le corse. — Une poissonnière de Coppel, ayant vu des oi-
seaux à la broche dans la cuisine d'une anherge de Genève, de-
manda ce que c'était. « Des geais, )> lui répondit-on. En ayant
demandé pour son dîner, elle les trouva fort bons et s'écria ; Diii
me corse stu djai. Mais quand il fallut payer, il se trouva que c'é-
taient deux perdrix. Alors elle se donna des coups de poing sur
la bouche en disant : f.o diabllo me Iwioiui lo mor, le diable nie
brûle la gueule.
CORDZON, s. m. Bretelle en osier d'une hotte, d'une breiula ou
breinta. (Voy. ces mots.) C'est aussi le lien qui joint les uns aux
autres les pieux d'une haie morte.
COREIHI, CORAIHI, v. Badiner, folâtrer entre jeunes gens. Gr.
■/jjpE-'jM, sauter, danser.
CORLIU, CORLIEU, s. m. Courlis, Scolopax arcuala, oiseau de
marais.
CORMONTAN, s. m. Brème, poisson qui ressemble beaucoup à la
carpe. (Neuchàtel.)
CORNA, V. Donner de la corne, sonner du cornet à bouquin, di-
vulguer indiscrètement.
CORNETA, s. /. Petit pain au beurre. (Eas-Yalais.)
CORNETTA, i'. Ventouser avec des cornets.
CORNETTET, s. m. Rapporteur, espion. (Val d'Illiez.)
CORNETTHE, s. /. pi. Glandes du gosier.
CORNIAULA, CRENIAULA, s. /. Tufdc l'espèce la plus dure. (Aigle.)
CORNIOLA, CREiN'IAULA, s. f. Corme, fruit du cormier.
CORNIOLAI, CRENIOLAI, s. m. Cormier commun, sorbier, Sorbus
domestica.
CORPORANCHE, s. f. Corpulence, taille.
CORRATAI, CORRATIER, s. m. Tanneur, corroyeur. (Genève). —
Corralel, id. — Ces mots sont vieillis. Voy. connkhi, tacon.
CORRE, V. Courir; fut. corrctri, je courrai.
CORRECI, v. Voy. cokhoci.
CORREINTA, s. f. Diarrhée, tlux de ventre qui fait courir, corrc.
CORRO, s. M. Collier de femme, grains d'un collier quel qu'il soit.
84 COT
CORROCI, V. Se fâcher, s'irriter, se mettre en courroux. — Cor-
reci, id.
CORSA, s. /. Course; la berge d'un ruisseau, d'un torrent. (Mon-
treux.)
CORSA, s. f. On ne le dit que par pitié, avec 'poura : poiira corsa,
pauvre fille ou femme. Vient de corps.
CORSALET, s. m. Habit court des pâtres, corset, gilet grossier.
CORTERIA, COTTERIA, COFIRIA, s. f. Aiguillée de til ou de laine.
CORTET, TA, adj. Petit, court de taille.
CORTHIAU, adj. Courtaud.
CORTZE, s. m. Son de froment. — C. crwst, croûte, écorce. (Bas-
Valais.)
CORZOÏ, s. m. Lampe. (Val d'Illiez.)
COSANDAI, s. m. Tailleur.
COSANDAIRA, s. f. Couturière.
COSANDEI, s. m. Coccinelle rouge à points noirs sur les élytres.
(Vaud.)
COSSON, s. m. Marchand de blé ; homme qui va de maison en mai-
son acheter des graines de légumes pour les revendre. C. coss,
gousse. Voy. blladhi,
COSSU, A, adj. Riche, bien étoffé; personne qui a une transpira-
tion arrêtée; vieux, ridé. — C. cos, vieux, infirme. (Alpes.)
COSSU, s. m. Gros rhume, catarrhe. (Alpes.)
COSSUMEIN, adc. Richement, abondamment. (Alpes.)
COSTI, COSTIK, s. m. Cautère. Gr. -/.«îo., brûler.
COSU, part. Du verbe caudre, coudre.
COTA, s. f. Pincée de laine, portion d'écheveau, boucle de cheveux.
COTA, V. Coûter, causer des frais.
COTE, s. f. pi. Favoris, mèche de cheveux le long de l'oreille sur
la joue ; cardons, poirée. (Pays-d'Enhaut.)
COTE, s. f. pi. Coût, prix payé, frais, dépenses. — C. cost, dépense.
COTIN, COTILLON, s. m. Jupe de dessous, jupon. — CoUe,s.f. pi., id.
COTSCHAIRA, s. f. Grande porte de grange, porte cochère ; sorte
de bateau.
cou 85
COTSCHE, s. f. Coin, lieu retiré, ruelle borgne, angle d'un lu'tti-
nient.
COTTA, s. /". Limace noire, Limax ati'r. (Bus-Valais.)
COTTA, s. f. Appui, étai, soutien d'un corps qui menace de tomber.
COTT , i\ Appuyer, étayer, fermer au verrou; résister; hésiter
en parlant. Se cottâ, s'opiniâtrer.
COTTE, s. f. pi. Voy. cotin.
CÔTTERD, s. m. Coterie ; réunion de quelques personnes, sur le
soir, pour causer. (Vaud.)
COTTERDJI, r. Se réunir au colterd du village, pour faire la rau-
sette. (Vaud.)
COTTERET, s. m. Larve du hanneton. Voy. man, vouare.
COTTERIA, s. f. Voy. corteria.
COTTERU, s. m. Petit ver qui attaque les grains semés, espèce de
charançon.
COTTHI, r. Partir sans rien dire, s'esquiver sans saluer. (Val
d'Illiez.)
COTTHU, COTTHUVA, adj. Celui ou celle dont les cheveux frisent
naturellement; opiniâtre, têtu, bourru, taciturne, replié sur soi-
même. (Pays-d'Enhaut.) Voy. regotthu.
COTZCHON, COTZON, s. m. Nuque; rebut de filasse que la fileuse
met de côté.
COU, s. m. Col, cou; coup, fois; di cou, quelquefois; on, dou,trel
cou, une fois, deux fois, trois fois ; vouéro dé cou, combien de
fois; cein m'a badhi on cou, cela m'a donné une émotion.
COUAILLA, s. f. Lait caillé dans la chaudière pour en faire le fro-
mage. (Alpes.)
COUAIR, s. m. Co'ur ; l'è ta de couair, il est tout cœur.
COUAIR, s. m. Cuir, peau d'animal.
COUAIRE, V. Cuire, démanger.
COUAIRTA, s. f. Voy. coveirta.
COUAISSA, s. f. Coiffe de femme, filet pour retenir certains mets
durant la cuisson.
86 COU
COUAITA, .s. f. Hâte, précipitation; vo z'ai bein couaita, vous êtes
bien pressé. (Lausanne.)
COUAITHI, COUAIKI, v. Se hâter, se presser, se dépêcher. — C.
couaitis, désir pressant.
COUAITHIAU, SA, adj. Pressé, qui se hâte. — Le refrain d'une
ronde vaudoise dit : Vo z'ite bein couaithiau, vos ôtro amoxmirau,
vous êtes bien pressés, vous autres amoureux. (Lausanne.)
COUAROU, s. m. Rossignol des murailles ou rossignol l)aillet.
(Jura.)
COUCI, COCI, adv. Comme cela, ainsi.
COUDAMA, s. f. Narcisse des poètes. (Orbe.)
COUÈ, adj. Brillé par le froid; se dit des plantes, des fruits, des
enfants qui ont des engelures.
COUEIR. s. m. Corps, homme ; ci coueir, cet homme-là, terme de
mépris.
COUEIRTHAU, s. m. Couverture de berceau.
COUENNA, COUNA, KONA, s. f. Bord du lard, du fromage, peau
du cochon raclée, couenne; croûte de crasse sur les vêtements.
C. coen, peau, superficie, crème.
COUENNE, s. m. Latte grossière, la première d'une bille débitée à
la scie. (Vaud.) — Couenneau (Vaud et Genève), id.
COUET, s. m. Perche qui soutient des deux côtés un tonneau sur
un char. Du verbe cottâ, appuyer. (Alpes.)
COUÉTA, COUAITA, s. f. Liquide qui reste dans la chaudière
après qu'on en a retiré le séré, et qu'on donne aux porcs pour
les engraisser. (Alpes.)
COUGNARDA, s. f. Confiture ou conserve de fruits. C. anng, cuingn,
gâteau.
COUGNE, s. f. Presse, jeu d'écolier. (Lausanne.)
COUGNI, CUGNI, V. Serrer, presser, pousser ; frapper la monnaie
à son coin (Plaid général de Lausanne). L. cuneus.
COUI, pron. interr. Qui? lequel? — Co, id.
COUÏON, s. m. Poltron, lâche, couard, malotru. — Ce mot est cel-
tique.
tut» 4'c\ { \rn^ tl>i HA-vat' t^ y> ti<i« (i W ^r \^^ AtJlc< pU
"^ Un
ef-
cou 87
COUÏONNA, V. Mener par le nez, attraper, railler, se moquer.
COUÏONiNERI, s. f. Lâcheté, vilenie. (Vaud.)
COUKELLHE, s. f. Coquille, sorte de danse à laquelle on force tous
les passants de se joindre. (Voy. la grande coquille de Gruyère,
Conservateur suisse, toni. V, pag. 4o3.) (Alpes.)
COULAT, s. m. Culotte, chausses. (Jura.)
COULLHEHET, s. m. pi. Ricochets faits sur l'eau avec une pierre
plate. (Vaud.)
COULLHl, V. Cueillir, ramasser ; se retirer, s'en aller, se sauver ;
fut. cudri. — Coué-tè ! va-l'en, sauve-toi !
COULLHl, COULLIHRA, s. f. Cuiller.
COUMAIN, adv. Comment.
COUMAINDA, COUMANDA, v. Ordonner, commander, prescrire.
COUMARE, s. f. Commère,
COUMEGNL s. m., COUMEGNIRA, s. f. Bourgeois, bourgeoise d'une
commune.
COUMEINCHI, COUMEINCI, COUMECI, v. Commencer.
COUMENA, KEMOUNA, s. f. Commune, bourgeoisie.
COUMENO, s.m.pl.; COUMENAILLE, s.f.pL; COUMON, KEMON,
s. m. Tous ces mots signifient les biens-fonds, plus particulière-
ment les pâturages qui appartiennent indivisément à tous les
bourgeois d'une commune. — Sounnu lo coumon, sonner pour
l'assemblée de la commune. (Vaud.)
COUMOUDO, DA, adj. Commode, utile, à portée.
COUNNl, s. m. Lapin. C. conicli, connil; V. Fr. connil; L. cuniculus.
COUP ARE, s. m. Compère.
COURA, CORA, CURA, v. Récurer, nettoyer un vase, enlever le
fumier d'une étable. (Pays-dEnhaut.)
COURIA, s. m. Se disait avant 1803 pour greffier, notaire, secré-
taire d'un tribunal. L. curia. (Vaud.)
COURJO, s. m. Lampe. (Montreux.)
COURSCIIIA, s.f. Cartilage.
COURTA, CORTA, s. f. Petite futaille, tonneau.
88 COV
COURTENA, CORTENA, s. {. Tas de fumier disposé en forme de
carré et empaillé régulièremenl^ dans la cour des fermes ou de-
vant les habitations rurales. (Vaud.)
COURTSE, CORTZE, CREITZE, CRUTSE, s. /'. pL Son des céréales.
— Creuison, s. m., id.
COURZA, COURSA, v. Neiger avec tourbillons ou par rafales.
(Pays-d'Enhaut.)
COUSEIN, s. m.; COUSENA, s. f. Cousin, cousine.
COUSENA, s. f. Cuisine.
COUSENÀ, V. Faire la cuisine, cuisiner; cousiner quelqu'un.
COUSENAI, s. m.; COUSENAIRA, s f. Cuisinier, cuisinière.
COUSON, s. m. Peine, souci, inquiétude. — On dit cueusa, s. f.
dans le Jura. — D'é prau couson, j'ai assez de souci. C. coueza,
accident.
COUSS, s. m.; COUSSA, s. /. Tempête, tourmente. Ail. yuss, averse,
giboulée. (Alpes.)
COUSSA, COUSSE, s. f. Cuisse.
GOUST, COSTANGE, COÙTANCE, s. f. Frais, dépens. (Vieux titres.)
COUSTILLE, s. /. Sorte de sabre employé au moyen-âge. (Vaud.)
GOÛTA, s./". Colline, côte.
COUTALA, V. Donner des coups de couteau, poignarder,
COUTALET, s. m. Petit couteau.
COUTE, COUTHI, s. m. Couteau; rayon de miel.
Couté-bressi, couteau courbé qui a deux poignées en bois.
Couté-parei, couteau droit, lame à deux poignées. (Vaud.)
COÛTERAN, s. m. Habitant de la partie du canton de Vaud appe-
lée La Côte.
COUTSCHET, GOUTZET, CUTZET, s. m. Sommet, extrémité, cime.
L. culmen.
COVÀ, COVAI, COVÉ, s. m. Etui de bois dans lequel le faucheur
tient la pierre à aiguiser et l'eau qui la mouille. L. cos, pierre à
aiguiser. (Vaud, Genève.)
COVA, V. Couver.
COVAGNA, CAVAGNE, s. f. Espèce de corbeille carrée, arbre ren-
CRA 89
versé, souche pourrie de vieillesse. — C. caw, creux. Voy. ca-
VAGNE. (Alpes.)
COVASSON, COUAIRON, s. wj. Nymphe d'abeille non encore déve-
loppée. {Covasson se dit aussi des punaises. N. de l'éd.)
COVEIN, COVEIRON, s. m. Œuf ou larve blanche des mouches à
viande.
COVEIRTA, s. f. Couverture de lit. — Couairla, id.
COVET, COVÉ, s. m. Chauiïerette. {Vaud, Genève.)
COVRI, CREVI, CRUVI, v. Couvrir.
CRA, s. m. Crasse adhérente à la peau de la tête chez les petits
enfants.
CRAI, CRI, s. /". Croix. Santa-Cri, Sainte -Croix, village vaudois
dans le Jura.
CRAIRE, V. Croire. — Lo eniiri kan lo vcrri, je le croirai quand
je le verrai.
CRAISA, CRAISILLA, s. f. Voy. creutze.
CRAISETTA, s. f. Petite croix; verveine, Verbena officinulis.
CRAISI, V. Croiser, passer, traverser. — Craisi lo le, passer do l'au-
tre côté du lac.
CRAISU, CRESU, CREUSUIT, COURJO, COURZO, CROZET, s. m.
Lampe de ménage. C. creusel, lampe. (Vaud.)
CRAS.A, s. f. Ravine profonde. C. cras, colline, hauteur d'où des-
cendent les ravins. (Coppet.)
CRATO, s. m. Panier long et étroit pour cueillir les fruits, surtout
les cerises. Ail. bernois kralten, krwUli.
CRATSCHA, CRATZE, s. f. Salive.
CRATSCHAIE, s. f. Un peu ; ne s'emploie que dans cette locution :
Va fé na cratschaie de nui, il est tombé un peu de neige.
CRATSCHI, i\ Cracher.
CRATTO, s. m. Muselière de cheval, de mulet. (C'est sans doute le
même mot que crato. N. de l'éd.)
CRAU, s. m. Creux, fossé, ouverture dans le terrain.
CRAUSA, CROSA, CRASA, s. f. Montée et descente rapide par un
90 GRE
terrain plein de creux, semblable à un ravin ; filet pour prendre
le poisson dans le lac de Morat. — Yoy crasa.
CREBILLHA, CROUBALLHA, CROUBELLHE, s. /.; CREBILLHON,
s. VI. Corbeille, corbillon.
CREBLLETTA, s. f. Crible pour passer le sel pilé destiné à la sa-
laison des fromages (Alpes); cresserelle, petit oiseau de proie,
(Vaud.)
CREINTZE, CRINSE, s. f. pi. Criblures du blé.
CREINTZI, V. Secouer le van d'un genou à l'autre pour séparer les
criblures. (Moudon.)
CRENA, V. Craquer en se rompant. C. crena, tremblement.
CRENAHIE, CRENHA, s. f. Eclat, craquement dans les bâtiments
en bois. (Alpes.)
CRENÉ, CRENAU, s. m. Tuile faîtière, enfaîteau.
CRENIAULA, s. f. Voy. coRNrAULA, cormola.
CRENOT, s. m. Demi-courlis, oiseau de rivage.
CRESCEIN, s. m. Pain grossier, plat et mince, en usage aux Or-
monts.
CRET, s. m. Petit mont, tertre, éminence.
CRÊTA, s. f. Crête, faîte, sommet de montagne. — Crêta de pu, co-
crêle, Rhinanthus Crisia-Galli ; vulg. crête de coq, cocriste.
CRETALET, s. m. Diminutif de cret.
CRÉTHA, s. f. Rebord d'une planche qui entre dans la rainure ou
la coulisse d'une autre.
CRÈTHA, V. Faire le rebord dans une planche et la rainure dans
l'autre.
CRETIN, NA, aclj. Idiot, imbécile de naissance. Ce mot est une cor"
ruption de chrétien. (Bas-Valais.)
CRÈTRE, r. Croître, augmenter.
CRETZE, s. f. pi. Craquements dans le bois de charpente avant
qu'il soit sec. Voy. crenahie.
CREUCHON, s. m. Son séparé de la farine des céréales. (Evêché
de Bâle.) — Voy. cortze, courtse, creutson.
CREUTSON, s. m. Son des céréales. — Voy. cortze, courtse,
CREUCHON.
CRO 91
CREUTZE, CRUTSCHE, CRITSCIIE, CRAISA, CRAISILLA, s. /•.
Coquille d'œuf, de noix.
CRÉVÀ, u. Crever. L'impératif criv'ra est devenu une sorte d'im-
précation.
CRI, s. f. Voy. CHAI.
CRI, s. /»., CRIKA, s. /. Maladie des vaches qui les rend aveugles.
(Alpes.)
CRIA, s. f. Criée publique, proclamation par huissier.
CRlÂ, V. Crier, puhlier ; appeler quelqu'un; publier les bans de
mariage à l'église.
CRIBLLET, s. m. Grille en fer placée sur une ouverture des égoûts
publics. (Lausanne.)
CRIBLLETTA, CREBLLETTA, s. f. Cresserelle, Falco Timmculus,
petit oiseau de proie.
CRINSON, s. m. Cresson, cardamine des prés. C^inson bâtard, vé-
ronique cressonnée, Veronica Beccabungn.
CRO, s. VI. Crapaud, corbeau. — Cro j)escherût, sorte de cormo-
ran. (Jura.)
CROISON, CRAISON, s. m. Pomme sauvage. (Nyon, (lenève.) Voy.
BOTZENA.
CROKKA, V. Manger ; heurter deu.x: corps l'un contre l'autre. En
ce dernier sens il se dit surtout des œufs le jour de Pâques. En
français populaire vaudois, croquer ; à Genève, coquer.
CROLLHI, V. Ebranler, secouer un arbre pour en faire tomber
les fruits.
CROSA, V. Creuser; chercher les prétendus trésors souterrains.
CROSERAN, s. m. Herboriste, celui qui recueille des simples et
des racines pour les pharmacies. (Alpes.)
CROSSA, s./. Crosse, béquille, appui fourchu.
CROSSONA, r. Reprocher aigrement à quelqu'un ses défauts.
C. cros, reproche, querelle. (Val d'Illiez.) Crulihi, id.
CROTA, s. f. Croûte, beurrée.
CROTÀ, r. Crotter, salir de boue.
92 CRU
CROTTA, s. f. Caveau, trou en terre où l'on enfouit les légumes en
hiver.
CROTTHA, s. f. Masse de beurre. (Ormonts.) Autrement, matolla,
malolla. Matolle, dans le français populaire de Vaud et de Genève.
CROTTHION, s. w. Garçon ou fille qui se marie parce qu'il le faut
et qu'il y a des preuves visibles de la cohabitation. (Bas- Valais.)
CROTTON, s. m. Cachot, prison obscure et enfoncée. (Vaud, Ge-
nève.)
CROTTU, VA, adj. Marqué de la petite vérole. L. crustatm.
CROTZENA, CROTSCHI, v. Agrafer, passer l'agrafe dans la bou-
clette.
CROTZERAN, CROT, s. m. Corbeau. Voy. cro.
CROTZET, s. m. Crochet, agrafe.
CROTZON, CROUTON, CROUTHION, 5. m. Entamure du pain.
CROUIERl, s. f. Méchante action, objet de nulle valeur.
CROUILLENA, CROILLONNA, v. Attiser le feu avec un instru-
ment de fer, fourgonner.
CROUILLON, s. m. Fer pour attiser le feu, fourgon. C. crouilh,
tige de fer, verrou.
CROUIO, A, adj. Méchant, vaurien, mauvais, de nulle valeur; se
dit des gens et des choses. On, crouio couer, un méchant homme;
croide hotte, mauvais souliers. (Vaud.)
CROUPETON (à), adv. A genoux repliés, d'une manière accroupie.
CROUPI, V. S'accroupir.
CROUZILLON, s. m. En composition avec gro : gro crouzilloa,
cerisier à grappes. Prunus Padus. (Pays-d'Enhaut.) (Dans le
Jorat, pouùlta, s. f. N. de l'éd.)
CRU, s. m. Petit lait. (Alpes.)
CRUA, CRUVA, s. f. Crue annuelle d'un arbre, jet d'une plante;
accroissement des eaux.
CRUSILLETTA, CRESOLLETTA, s. f. Boîte pour recevoir de banc
en banc les aumônes dans le temple. Crusille, id.
CUP 0:i
CRUTini, V. Reprocher aigrement à quelqu'un ses défauts, le gron-
der. L. rrucim-e. tourmenter. (Val d'Illiez.) — Cj-ossona, id.
CRUTSCHO, s. m. Œuf sans coquille.
CRUVI, r. Couvrir.
eu, KIU, TU', s. m. Cul, derrière. Va-fein an en ilau tsin, va-t'en
au c. du chien, locution injurieuse assez usitée. Cu fonelta, c.
fouetté, se dit à un enfant qui a été fouetté. (Vaud.)
CU-BLLAN, s. m. Cul-hlanc, Hirnndo rmtica, espèce d'hirondelle.
— Dans les réunions de certains villages, si une fille sort un
moment de la chambre et qu'on demande où elle est allée, sa
mère, sa sœur ou une amie répond inodosl(^ment : E\)ei hein kc
l'è z'allahic fére di z'au de cu-bllan, peut-être bien qu'elle est
allée ])i z'au signifie des œufs.
CUCU, s. m. Primevère. Yoy. cocu.
CU-DE-PÈDJE, CU-DE-PÈDZE, s. vi. Sobriquet élégant des cor-
donniers. (Vaud et Fribourg.) A Genève, cu-de-pège se dit de
toute personne qui a l'habitude de prolonger ses visites.
CUDIAU, SA; COUDIAU, SA, adj. Outrecuidant, présomptueux,
suffisant; pensif, rêveur. V. Fr. mider. (Moudon.)
CUDIHI, COUDHI, CODIHl,?;. Penser, croire; tacher, essayer;
avoir trop bonne opinion de soi-même. V. Fr. cnider.
CUDRA, KEUDRA , s. /■. Courge, citrouille; coudrier, noisetier.
Cudra bdtarda, bryone ou couleuvrée, Bryonia alba, plante cu-
curbitacée.
CUDR.AI, KEUDRAI, s. m. Coudraie, lieu planté de coudriers; lieu
planté de courges.
ClIDRETTA, s. f. Petit coudrier; diminutif de cudra.
CUEUSA, s. f. Voy. couson.
CUKARA, KANKOUARA, s. f. Hanneton. Voy. KANKOUAiru. (Vaud.)
CUKEMÈL.A, V. Faire la culbute, la rupesse.
CULOT, s. m. Petit garçon qui porte des culottes; petit liomme
trapu.
CUPESSA, s. f. Culbute que l'on fait en mettant la tête contre terre
et en se jetant de l'autre côté. (Vaud.)
U CUV
CURA, s. /. Presbytère, habitation du pasteur ou du curé de la pa-
roisse. L. curia.
CURA, s. f. Soin, dessein. N'est guère usité que dans ce proverbe:
Mo predji ke n'a cura de bein fére, il est inutile de prêcher celui
qui n'a pas dessein de bien faire. L. cura.
CURA, V. Yoy. couRA.
CURADJO, s. m. Le poivre d'eau et la persicaire à feuilles de pa-
tience, deux espèces de renouées. (Aigle.)
CURAFIFI, s. m. Vidangeur, gadouard. Cura-cakaira, id.
CURIAU, CURIEUR, s. m. Hommes qui nettoyaient les maisons
des gens morts de la peste. (Romainmôtiers.)
CURTELLADJO, s. m. Ce qui se cultive au jardin^ au potager; lé-
gumes.
CURTHELLAU, SA, adj. Jardinier, jardinière.
CURTHELLI, v. Jardiner, travailler au jardin.
CURTHELLIRA, COURTELLHIRA, s. f. Taupe-grillon, cowr/i/îère,
insecte qui ravage les jardins.
CURTl, CORTHI, COURTI, COUERTI, s. m. Jardin. L. hortus. Gr.
CURTILLET, s. m. Diminutif de curti.
CUSSIFLLO, s. m. Injure vaudoise du beau langage. (Lausanne.)
CUTHA, V. Mettre violemment à la porte. (Val d'IUiez.)
CUTHALA, s. f. Etendue de foin qu'abat un coup de faux. (Pays-
d'Enhaut.)
CUTRA, s. /. Contre de charrue. L. culter. — Voy. comra.
CUTSET, CUCHON, CUCHET, s. m. Veillotte, petit tas de foin sur
le pré. (Nyon, Genève.)
CUTZE, KEUTZE, s. f. Lit, couche. C. (juech, gucli, élévation.
CUTZETTA, s. f. Couchette, petit lit, grand berceau d'enfant.
CUTZl, KEUTZI, V. Coucher, renverser.
CUVA, s. /. Fumier encore tendre dans le dépôt. (Val d'Illiez.)
CUVA, s. f. Voy. CAUVA.
DAl 95
CUVA, s. f. Cuve, envier, grande tine à lessive.
CUVA, V. Cuver, fermenter.
CUVOT, s. m. Diminutif de cura, petit cuvier, cuvette.
iV. B. Les mots qui ne se trouvent pas au C se trouveront à la
lettre K.
Les mots qui commenconl par Ch peuvent s'écrin' par Ts, r.sv7/,
Tz, Tzch, S, selon les dialectes qui varient d'un villa;,^' à Tautrc.
D
DA, DE, DEA. Particule qui ne s'emploie qu'avant ou après une
affirmation ou une négation : ouai-da, oui-dà ; na-da, non certes ;
oai du, sûrement; da-hcrtho , da-hllerlo, excessivement, consi-
dérablement, certainement. (Pays-d'Enhaut.)
DADA, adi\ Bien obligé, grand merci; c'est un terme enfantin.
(Vaud.)
DADOU, DADERIDOU, s. m. >}igaud, balourd, butor. — Dadais,
darandan, id. (Vaud.)
DAGGA, s. f. Epée, dague ; iris, Iris germanicu.
DAGNA, DEGNA, s. f. La tige creuse d'un pied de chanvre, l'ai-
guille d'un clocher.
DAI, DEI, s. m. Doigt.
DAIBLLO, A; DÉBILO, A, adj. Faible, sans force, paralysé. L.de-
bilis.
DAIKI, V. Enseigner, montrer, indiquer. Gr. ÔEwvjat, démontrer.
(Alpes.)
BAILLA, s. f. Faux, faucille. (Jura.)
DAILLE, s. f. Pin pectine et pin sauvage, Pinus picea de Linnée et
Pinus sijlvestris. (.\Ipes, Jura.)
DAIN, prép. Dans. (Vallée de Joux.)
DAINSE, DAINKIE, DISSE, adv. Ainsi. Dainae sai-te, ainsi soit-il !
96 DAV
DAMA, DAMETTA, s. f. C'est, selon les lieux, le nom patois de
la mésange, de la pie, de la linotte, de la lavandière.
DAMADJO, s. m. Dommage, perte. Ma damadjo, mô damajo, ex-
pression fort usitée qui veut dire : je m'y attendais, je n'en suis
pas surpris. (Vaud.)
DAMMA, s. f. Une dame ; outil de paveur pour enfoncer les pierres.
DAMME, s. /", pi. Menus grumeaux de lait caillé qu'on prend dans
la chaudière en cuisson. (Jura.)
DAMMETTA, s. /. Pieu de sapin pour les palissades.
D'AMON, loc. ndv. En haut. Pahi-d' Amont, Pays-d'Enhaut, district
du canton de Vaud.
DAMOUNAIN, DAMOUNAINTZE. Habitant du Pays-d'Enhaut.
DAMUSALLA, s. f. Demoiselle; l'insecte de ce nom, libellule.
DAN, adD. Donc.
DANA, r. Couler; se dit d'un vase en bois qui fait eau par ses join-
tures, comme le tonneau des Dnnaïdes. (Alpes.)
DANAHI, V. Radoter, tomber dans l'enfance, rêver. (Jura.)
DANKEDAN, adv. De temps en temps, parfois. (Pays-d'Enhaut.)
DANTAN, adv. L'année dernière. L. ante annum. (Pays-d'Enhaut.)
D'APREMI, loc. adv. Premièrement, en premier lieu, dès l'abord.
L. primus.
DARANDAN, DERANDAN. s. m. Imbécile, idiot, niais. Yoy. dadou.
(Bas-Valais.)
DARD, s. m. Poisson du Léman du genre des cyprins, nommé dard
à cause de sa rapidité. Vulg. la vaiidoise.
DARDA, V. Suinter à travers les jointures d'un vase de bois.
DATTO, ATO, prép. Avec. C'est l'a tout du vieux français. (Fri-
bourg.)
DAU, DAOU, DOU, DEU, art. Du.
DAU, DAIISSA, adj. Doux, tempéré, tendant à l'humide.
DAVERON, prép. Autour, aux environs.
D'AVÔ, D'AVAU, D'AVON, loc. adv. En bas Lé d'avau, là-bas.
DÉ13 97
DE, pron. pers. de la prem. pers. Je. De vu Vai dévesa, je veux lui
parler. (Fribourg.)
DÉ, DEZ, s. f. Menues branches de sapin avec leurs feuilles; on
les emploie pour litière dans les Alpes.
DÉ, DEI, Dl, art.pl. Des. Il prend le z euphonique devant les
voyelles : dci z'alogne, des noisettes; di z'au, des œufs.
DÉAN, DÉVAN, prép. Devant, avant. Déan tschi Ihi, devant chez lui.
DÉANTAN, adv. De l'année pénultième, avant l'année courante.
(Alpes.) Voy. dantan.
DEAUDZE, DAUDZA, s. f. Substance noirâtre et charnue qui se
trouve dans le suif. (Pays-d'Enhaut.)
DÉBADA, adv. Inutilement, en vain. (Jura.)
DÉBADÂ, r. Etre toujours dans une maison, ne pas démarrer d'un
lieu.
DÉBAGOUIjA, V. Parler à outrance, vomir.
DÉBAKA, V. Débattre une question, crier contre quelqu'un. (Mot
vieilli.)
DÉBANTZl, V. Quitter son banc, cesser de travailler. A^'a pa dé-
bantzi de liouai, il n'a pas quitté son ouvrage aujourd'hui.
DÉBARDA, V. Dissiper ses biens, se ruiner.
DÉBARDO, s. m. Dissipateur, mauvais ménager. (Alpes.)
DÉBATTHIAU, s. m. Bâton hérissé de pointes pour briser le lait
caillé dans la chaudière.
DÉBATTRE, DÉBATTRE, v. Briser le caillé avec le déballhiau;
gronder (Alpes); sentir le bout de ses doigts engourdis par le
froid. (Vaud).
DÉBHASTA, v. Sortir du pair, se dit au jeu.
DÉBILO, A, udj. Voy. uaibllo.
DÉBLLOTTA, r. Détacher les gousses de fèves de la tige, égrener;
gâter de jeunes pousses; parler trop vite, débiter un discours
troj) raiiidemeiit.
DÉBOKKO, A, adj. Hardi, etfronlé, impudent, indécent comme un
bouc, boclio. (Val d'Illiez.)
DÉBONNA, DÉBOUAINA, r. Déterminer la ligne que la faux doit
MÉM. KT DOCUM. XXI. "7
98 DEC
suivre pour ne pas empiéter sur l'herbe du voisin; ôter une
borne, bouenna.
DÉBOTZARDA, v. Laver un visage sale; de botzard.
DÉBOUAITHI, V. Déboîter, enlever la corne du pied d'un animal
pour le guérir. (Pays-d'Enhaut.)
DÉBOUBONA, v. Prendre un air gai, se mettre en train de folâtrer
comme un enfant. — De boubo, petit garçon. (Valais.)
DÉBOUÉLA, II. Démêler, déranger, débrouiller; ôler les boyaux.
— De boue, boyaux.
DÉBOUERSI, V. Déchirer. (Verrières.)
DÉBOULA, V. Partir, décamper, s'évader, s'enfuir clandestine-
ment. (Vaud.)
DÉBRALLHI (se), v. Se débrailler, se découvrir indécemment la
poitrine; avoir ses vêtements en désordre.
DÉBREDA, V. Débrider; avec la négation ne, ne pas cesser.
DÉBREFFA, s. f. Débauche, prodigalité, folle dépense. (Gruyère.)
DÉBREINLA, v. Quitter sa place; n'a pas débreinla du stu matin,
il n'a pas quitté sa place, ou son travail, depuis ce malin.
DÉBREKA, V. Détrousser une des ailes d'un chapeau à trois cornes
pour se préserver du soleil ; dégrever un immeuble de l'hypo-
thèque dont il est chargé. (Vaud.)
DÉBRIFFO, A, adj. Etourdi, écervelé. De briffa, friper, dévorer.
(Bas-Valais.)
DÉCAPITA, V. Maltraiter, tirer par les cheveux.
DÉCAUDRE, V. Découdre.
DÉCEIMBRO, s. m. Décembre.
DECEINDO, DESANDO, s.m. Samedi.
DÉCERGUEGNI, v. Déranger les pièces d'une machine, la faire
ballotter. (Alpes.)
DÉGOÛTA, DÉCOÛTE, adv. et prép. A côté de, auprès de, près de.
Décoûta l'otlo, à côté de la maison.
DÉCRET, s. m. Atrophie qui fait décroître un membre, un bras,
une cuisse; faillite par voie de justice. On lô a fé décret, un tel
a failli, a fait banqueroute.
DEF 99
DÉCRETTRÉ, v. Décroître, diminuer.
DÉCRUVA, s. f. Diminution du nombre des mailles dnns un tricot.
DEDAIN, prép. et adv. Dedans. Dégan. id. (Vallée de Joux). Voy.
DMN.
DÉDJALA, V. Dégeler. Lédzala, id.
DÉDJALAIIIE, s. f. Dégel; bastonnade, l'action de rosser; abon-
dance. Dédzalahie, id. (Lausanne.)
DEDJAU, DEDJEU, DEDZU, DEDZAU. Jeudi. L. dies Jovis.
DÉDJETTA, V. Déshériter, priver quelqu'un de sa pari légale d'un
héiiîage. (Fribourg.)
DÉDZERIAU, s. m. L'estomac, celui qui digère. (Monthoy.)
DÉDZERMA, v. Oier les germes.
DÉDZONNA, r. Déjeuner. Lo dnlzonna, le déjeuner.
DÉDZOTSI, V. Déjucher, ôter les poules du juchoir. De djot,
juchoir.
DÉFACIA, i\ Dévisager, défigurer la face par des coups, blessu-
res, etc. (V. st.)
DÉFANOTHI, v. Démaillotter, ôter du maillot. C. fano, toile, drap.
(Alpes.)
DEFASSOTA, v. Démaillotter, ôter les sangles, délier les courroies
d'une bête de somme. — L. fascia, bandelette. (Pays-d'Enhaut.)
DÉFATTA, V. Oter de la poche, payer de sa bourse. De fatia, poche.
DÉFEMA, i\ Enlever le fumier étendu sur un terrain; se dit de la
pluie, d'une ravine. (Alpes.)
DÉFERMA, V. Ouvrir, ôter ce qui ferme, enlever une clôture, une
cloison.
DÉFERRA, V. Déferrer; déconcerter, réduire au silence.
DÉFERRA-TSAO, s. m. La lunaire, Bolrijchium Lxntnria , fougère
du groupe des ophioglossées; mot à mot, dcfcrre-chcial. Cette
plante est ainsi nommée d'après le préjugé superstitieux qui fait
croire aux montagnards que si le fer d'un cheval la louche, il
tombe et se brise à l'instant.
DÉFIKA, V. Se quereller, avoir une dispute.
100 DÉG
DÉFINI, A, adj. Dissous, décomposé.
DEFIOLA, DÉFIOULA, v. Cesser de boire. De fioula, bouteille.
DÉFLUSSION, s. f. Enflure à la tête, avec mal de dents; fluxion.
(Neuchâtel.)
DÉFOLLI, DÉFOUAHLLI, r. Oter les feuilles d'un arbre; enlever
une boiserie.
DÉFORA, V. Oter une enveloppe, une taie, une doublure, un four-
reau, la couverture d'un livre. (Pays-d'Enhaut.)
DÉFORFALA, v. Défaufiler, ôter les faux fils.
DÉFORMA, V. Oter la forme d'un soulier, d'un chapeau.
DÉFORNA, V. Oter le pain du four.
DÉFORTENA, s. f. Infortune, malheur.
DÉFREGUETTHl, A, adj. Déguenillé, couvert de haillons, de lam-
beaux. — C. frega, déchirer. (Valais.) {Défieguellhi, dans le can-
ton de Vaud. — N. de l'éd.)
DÉFROU, DÉFRO, DÉFEUR, DÉFOUA, adv. Dehors. L'è adi
défrou, il est toujours hors de chez lui. L. forts.
DÉGAIGNI, V. Se dégoûter, dédaigner. (Moudon.)
DÉGAN, adv. Dans, dedans. Voy. dain. (Jura.)
DÉGANETHI, v. Partir, déguerpir par crainte. (Alpes.)
DÉGANGUELLHI, A, adj. Déguenillé. De ganguellhe, lambeaux,
(Vaud.)
DÉGAULA, V. Vomir; dire des torrents d'injures. (Vaud.)
DÉGAULAHIE, s. f. Torrent d'injures, surtout d'une femme en co-
lère. (Vaud.)
DÉGNEHLLI, DÉGNOLA, v. Déboîter, luxer, disloquer.
DÉGNEHLLI^ IRA, adj. Qui a un membre luxé, déboîté. Danillha,
jointure, articulation.
DÉGOLA, V. Echancrer un vêtement. (Alpes.)
DÉGONFFLA, v. Dégonfler; réduplicatif, redégonffîa, redégonhUa.
DÉGORGI, DÉGOURGI, DÉGRUSSI, DÉGREDA, v. Déchirer; per-
dre, dissiper son bien.
DÉGOUSI, SIA, adj. Dévergondé, effronté, impudent. (Nyon.)
DEI 101
DÉGOUAISI, V. Dégoiser, habiller, jaser mal à propos.
DÉGOUBELLHI, r. Vomir, dégobillcr. G. gicp, gob, bouclic
DEGRA,, ÉDEGRA, s. m. Escalier, degré.
DÉGRADALA, r. Tomber dans l'escalier, dégringoler. L. gradus.
DEGRAI, s. m. Mouvement fait pour se soulager d'une douleur.
DÉGRAPPA, V. Egrapper.
DÉGRAVA (se), v. Se disculper: dégrever un immeuble.
DEGRAURI, V. Enlever la crasse des parois d'un vase, le décras-
ser. De graubn, crasse. (Alpes.)
DÉGREMEHLLI, DÉGREMECI, DÉKREMELLH.A , r. Développer,
détortiller, démêler un écheveau, un peloton. De grcmcci, pe-
loton. — L. gremimn.
DÉGRUFFO, A; DÉGRUFFI, lA, «(/;. Espiègle, alerte, éveillé. (Ge-
nève.)
DÉGUEGNI, i\ Dédaigner; se dégoûter d'un mets, d'un aliment
qu'on croit mauvais.
DÉGUELHA, s. f. Discours mal fait, mauvais sermon, prône mal
débité. (Vaud.)
DÉGUELHl, V. Renverser, abattre; débiter mal un mauvais
discours.
DÉGUERLA, DÉVOUERLA, t-. Déplisser; dégringoler; se dégour-
dir, se mettre en train. (Alpes.)
DEHLLO, adv. Vivement, subitement.
DÉHLLOSENA, v. Perdre ses pétales, délieurir. De hllatt, fleur.
DÉHLLOURE, v. Ouvrir ce qui est fermé. De hllonre, fermer, clore.
DEI^ art. pi. des deux genres. Voy. di.
DEI, DI, DIU, GHl, GHIU. Dieu. — Diu vo bcgne. Dieu vous bé-
nisse. — Le bon Di, le bon Dieu. — Au nom de Ghi, au nom de
Dieu.
DEIN, s. f. Dent; pointe de montagne. Dein deJaman, dein de Vau-
Hon, dent de Jaman, dent de Vaulion. E mo ai dein, j'ai mal aux
dents.
102 DÉK
DEIN-DE-TSAO, s. m. Mot à mot, dent de cheval: c'est la jus-
quianie, Hyoscyamus niger. (Pays-d'Enhaut.)
DÉKALA, s. f. Déchet, diminution du poids dont il faut tenir compte.
Voy. KALA.
DÉKALÂ, V. Baisser, diminuer de poids, de prix, de valeur. Voy.
KALÀ.
DEKALLHE-SAN, s. m. Patience sanguine, Rumex sanguineus ; mot
à mot, qui rend le sang moins épais. Comme cette plante a les
feuilles rouges, la superstition lui attribue la propriété de ren-
dre le sang moins épais, ou de faire disparaître le sang extra-
vasé, caillé.
DÉKALLHI, V. Rendre le lait liquide après qu'il a été caillé.
DÉKAMÂ, V. Oter à une chèvre le collier appelé kama ; se dégager
d'un embarras, se tirer d'affaire. (Alpes.)
DÉKAMPA, V. Décamper, partir furtivement sans payer ses dettes.
DÉKANTA, V. Transvaser pour ôter la lie d'un liquide. (Vaud.)
DÉKAPPA, i'. Oter la coiffe, l'arracher de la tête; décoiffer une
bouteille.
DÉKARCELLAU, LAHIE, adj. Débraillé, déboutonné, chiffonné,
qui a son vêtement en désordre. C. carza, nettoyer, arranger.
(Val d'Illiez.)
DÉKASAKA, v. Oter son habit, sa casaque.
DÉKASSAjV. Ramollir une tumeur, cassein; guérir une contusion.
(Alpes.)
DÉKATALA, i'. Dévaler, descendre au moyen d'une corde.
DÉKAVA, V. Oter le vin de la cave; creuser par-dessous, excaver.
DÉKEMANKLA, v. Enlever d'un tronc les fers auxquels tient la
chaîne ou la corde par laquelle le cheval l'a traîné. (Val d'Illiez.)
DÉKLISSA, V. Détendre, faire partir un ressort. De kliket, ressort,
loquet. (Valais.)
DÉKOBLLA, v. Délier; sortir un cheval du timon, ôter les couples
ou entraves qui lient les pieds d'un animal.
DÉKORMA, V. Enlever la couverture d'un toit; se dit d'un vent
violent. (Val d'Illiez.)
DÉM 103
DÉKOTI, s. m. Peigne à dents écartées pour démêler les cheveux.
DËKOTTA, V. Ouvrir, tirer le verrou en arrière; lever un appui.
De cotta, appui, étai, pièce de bois qui sert à fermer une porte.
(Vaud.)
DÉKOTZI, V. Décocher, lancer; envoyer quelqu'un (juelque part.
DÉKOUPETA, V. Déchiqueter, découper un animal lue; le mettre
en terre; enlever les pierres d'un terrain qu'on veut mellre en
culture. (Alpes.)
DÉKOUSSERl, 11. Déchirer, érailler. Voy. déogrci.
DÉKOUTHI, V. Démêler, peigner les cheveux avec le peigne, di'koti.
(Vaud.)
DÉKRALNTHIAU, AUSA, adj. Impatient. (Val d'Illiez.)
DÉKUPI, adv. Mot technique du jeu des billes (vulg. jeu des mar-
bres), chez les écoliers de Lausanne.
DÉLABRA, s. f. Pioche. L. dolabra. (Ormonts.)
DÉLABRA, V. Ecarteler, démembrer, gâter, délabrer.
DÉLAITHI, DÉLAIKI, DÉLITHI, v. Sevrer, ôter à l'enfant le lait
de sa nourrice. Voy. désalaithi.
DÉLAITHI, lA; DÉLiTHI, lA, adj. Sevré, sevrée.
DÉLAU, s. f. Douleur, chagrin. L. dolor.
DÉLAVA, V. Salir, ternir un vêtement, une réputation; calomnier.
DELÉZA, s. f. Clef de haie, barrière. Hébr. delet, fermer. (Vaud.)
DÉLITHI, V. Voy. delaithi.
DELLHETTA, DEHLLETTI, v. Détacher, séparer.
DÉLOKA, t\ Disloquer; ôler les sarments inutiles. (Moutreux.)
DELON, DILON, s. m. Lundi. Dies lunœ.
DÉMAN, adc. Demain. Deman-né, demain soir.
DÉMANGOUNNA, DÉMANGUILLONNA, u. Démantibuler ,détraquer
une machine. (Vaud.)
DEMAR, DIMAR, s. m. Mardi. Dies Marlis.
DÉMARA, V. Quitter une maison, un lieu.
DÉMARKA, V. Oter une marque, démarquer.
DÉMEHLLA, v. Démêler, débrouiller. De mehlla, mêler.
104. DEP
DÉMEIMBRA, v. Démembrer^ écarteler.
DEMEINDJE, DEMEINDZE, s. /. Dimanche. — C'est le seul des
jours de la semaine qui soit du genre féminin.
DEMICRO, DIMICRO, s. ?«. Mercredi. Dies Mcrcurii.
DÉMIOLA, V. Oter la moelle; avoir de grandes douleurs; se déme-
ner ridiculement en dansant. (Alpes.)
DÉMIZANNA, DÉMIDZANNA, v. Déranger; ôter la partie du sou-
lier appelée midzanna.
DÉMORA, V. Demeurer, habiter. Se démora, s'amuser, se divertir.
DÉMORADJO, s m. Demeure, logement; droit d'habiter sa vie du-
rant une maison.
DÉMORÈ, s. m. pi. Jouets d'enfants, jouets qui les font rester (de-
meurer') au logis. (Montreux.)
DÉMOURTHI, DÉMORDHI, v. Dégourdir.
DÉMOURTHI, A; DÉMORDHI, A, adj. Dégourdi, leste.
DENA, DOUNNA, v. Donner.
DENAN, s. f. Nom d'amitié donné par un enfant à sa grand'mère.
DE NE SEIN LO PI, DE NE SEIN LE PI. Locution qui exprime
une fone négation. Elle signifie j> ne veux pas, je n'y mettrai pas
le pied (lo pi). On dit aussi, en l'abrégeant, sein lo pi. — De ne
sein lo pi ke lo fasso, je ne le ferai certainement pas. (Vaud.)
DÉNIA, V. Dénouer, nier.
DENIAU, s. m. Ouverture ou couloir pour jeter le foin du fenil
dans la crèche. (Alpes.)
DÉNIOLA, DÉNITTA, DÉNIOTHA, v. Dénicher. De gni, nid.
DÉNORTZI, DÉSEINORTSCHI, v. Désenchanter, enlever un char-
me magique, désensorceler. Benorlza, sorcière. (Vaud.)
DÉPALA, V. Oter la neige, la boue, le fumier, avec une pelle de
bois. (Pays-d'Enhaut.)
DÉPATHOLLU, UVA, adj. Déchiré, déguenillé, vêtu de lambeaux.
Bepalla, chiffon, guenille. On dit ailleurs dépathioru, a, dépe-
nalllii. (Vevey.)
DÉPECHI, DÉPICI, V. Dépecer, mettre en pièces, déchirer; éreinter
un homme ou un animal par un fardeau trop lourd. (Val d'Illiez.)
DÉR 105
DÉPEDGI, V. Séparer ce qui est agpiluliné, dégluer. Se dcpedji on
dépedzi, se délacher de quelqu'un, rompre une liaison dange-
reuse ou immorale. De pedge, pedze, poix.
DÉPEINTHA, V. Dépeindre, décrire, faire un signalement.
DÉPELHI, V. Oter d'une charge de foin, d'une gerbe ce qui pour-
rait tomber en chemin. (Bas-Valais.)
DÉPELHON, s. m. Ce qu'on ùle d'une charge.
DF^PENALLHI, ndj. Voy. dépathollu.
DÉ PEK, loc. prépos. Par. Dé per mè, par moi seul. C'est le de par
de l'expression de par le roi.
DÉPERDRE, V. Oublier ce qu'on a appris. Avec se, s'égarer, se
perdre.
DÉPÉTA, V. Devancer à la course, supplanter. L. petere. (Lausanne.)
DÉPIA, iK Oter la terre du pi^'d d'un arbre, d'un mur, déchausser
un terrain; devancer; être fatigué des pieds. En parlant des
animaux, avoir la corne du pied endonmiagéc. (Alpes.)
DÉPLLEIHI, DÉSAPPLLEIHI, v. Dételer. De appleihi, atteler. L.
appUcare.
DÉPONDRE, V. Détacher, séparer ce qui est joint; décrocher; dis-
continuer. Ne dépon pa, il ne cesse de parler. Participe passé,
dépondu.
DÉPOTTA, L\ Oter une plante d'un pot pour la mettre dans un
autre, dépoter.
DÉPOUAIRA, DÉPOUAIRI, v. Ecorcher, mettre en vive chair, es-
tropier, maltraiter. (Vaud.)
DÉPUFFA, V. Epousseter, enlever, secouer la poussière. Bepuffa.
Voy. EPUFFA.
DER, DÉ, s. m. Dé à coudre.
DÉRAIIÎ, r. Faire sortir quelqu'un de son sang-froid, le mettre en
mouvement.
DÉRAHI, A, adj. Qui est hors du bon chemin dans le sens moral,
dévoyé. (Valais.)
DÉRAMA, V. Enlever les rames qui soutiennent les pois, les fèves,
les haricots
106 DER
DÉRANTRE, DÉRONTRE, v. Tempérer la trop grande fraîcheur
d'un liquide; ébaucher^ dégrossir; étancher sa soif. (Alpes.)
DÉRANTU, UVA, adj. Dégrossi, ébauché, qui a les premiers élé-
ments.
DÉRAUFFA, DÉROFFA, DÉRAUMA, v. Décrasser, enlever la crasse,
ôter le fumier d'une étable. De ranffa, crasse.
DERBELLU, s. m. Réduit, trou en terre, sépulcre. C. dair, enfer-
mé. (Fribourg.)
DERBI, DERBIEZ, s. m. Sapin. (Ormonts.)
DERBOGNAU, EDERBOGNAU, s. m. Râteau pour étendre la terre
des taupinières.
DERBON, s. m. Taupe. Nai k'on derbon, noir comme une taupe.
DERBOUGNA, EDERBOGNI, v. Etendre la terre soulevée par les
taupes.
DERBOUNNAI, s. m. Celui qui prend les taupes, taupier. (Vaud.)
DERBOUNNAIRA, s. /. Taupinière. De derbon, taupe.
DERE, V. Dire. Tè dio, je te dis; deri, je dirai. Part, passé, de.
M'a de dau niô, il m'a dit du mal, il m'a censuré, injurié.
DÉRIA, adj. des deux genres. Dérouté, dévoyé. Voy. dép.ahi.
DÉROFFA, V. Voy. dérauffa.
DÈROLLA, V. Libérer de l'engagement militaire, rayer du rôle.
DÉRONTRE, r. Voy. derantre.
DÉROSA, V. Abattre la rosée, rousahie. (Alpes.)
DÉROTSCHAU, DÉROUTSIAU, s. m. Précipice, chemin roide et
escarpé. Voy. dérupa.
DÉROTSCHI, DÉROTZI,v. Renverser ce qui est en tas, jeter en bas.
Avec se, se laisser tomber dans un précipice. De rotsche, roche,
rocher. Voy. dérupeta, dérouvena.
DÉROUTSI, V. Sortir un fromage de sa forme, rontsche. (Alpes.)
DÉROUVENA, v. Dégringoler, tomber dans un précipice, dans un
ravin, rouie na.
DERRAI, s. m. Le derrière.
DERRAI, RA, adj. Le dernier, le cadet, la cadette d'une famille.
DÉS 107
DERRAI, DERREI, prép. etadv. Derrière. Derreilamotlii, derrière
l'église; derrei lli, derrière lui; /j^t derrei, par-derrière; lé derrei,
là-derrière. — Deri, id.
DERRE, s. m. Erable. (Bex.)
DÉRUPA^ s. f. Pente rapide où l'on peut se précipiter, se dévaler.
L. de riiTpe. (Lausanne.)
DÉRUPETA, V. Se précipiter, se hâter; expectorer un rluiiiie.
DÈS, s. m. pi. Dettes, On dit aussi devnlle. Voy. ce mot. (.lura.)
DÉSAIRI, V. Mal soigner, délaisser, négliger, abandonner. L. de-
sercre.
DÉSAIRON, s. m. Enfant sale, mal soigné, pâle, maladif, chélif,
malingre. (Valais.)
DÉSALAITHI, DÉSALAIKI, DESSEIRDRE, v. Sevrer. — Délaithi,
délaiki, délit ki, id.
DÉSALOHI, V. Gâter, déranger, détraquer. C'est l'opposé à'alohi,
arranger.
DÉSALOMBRA, v. Enlever ce qui fait ombre.
DÉSALPA, V. Faire descendre un troupeau, en automne, dans les
pâturages inférieurs. (Alpes.)
DÉSANNEI, s. m. pi. Petits grains de raisins avortés et sans aucun
suc. C'est une maladie de la grappe. (Montreux.)
DÉSAPPLLEIHI,i\ Voy. déplleihi.
DÉSAURE, s. f.pl. Les hauteurs, les flancs d'un vallon. (Fribourg.)
DÉSAURO, adv. En dessus, sur la hauteur (Pays-d'Enhaut).
Pra désauro, prairies élevées. (Fribourg.)
DÉSEINBRENA, v. Déchausser un arbre pour l'arracher, nettoyer
ce qui est embrené, sale. (Montreux.)
DÉSEINFLLA, r. Désenfler. Part, passé déseinfllo, a, désenflé, qui
désenfle.
DÉSEINORTSCHI, v. Voy. dénortzi.
DÉSO, DESO, prép. et adv. Sous, dessous. L'èlé-deso, il est là-des-
sous. Déjo, id.
DÉSOBLLEDJI, t. Reconnaître un service, en rendre un autre
pour n'avo'r plus d'obligation. (Vaud.)
108 DÉT
DÉSOSSA, V. Désosser, séparer les os de la viande.
DESSAITHI, DESSAIKI, DESSIA, v. Désaltérer, ôter la soif, sai. •
DESSALA, V. Oter la selle d'un cheval.
DESSEIRDRE, v. Voy. delaithi, désalaitiii.
DESSENAU, DESSONEU, adj. Etourdi, écervelé, qui manque de
sens. (Val d'IUiez.)
DESSÉPARA, V. Séparer ceux qui se battent. (Jura.)
DESSERRA, v. Desserrer, ôter ce qui enraye une roue. Dessarra, id.
DESSIGNI, DESSEGNI, v. Déclarer par serment devant un tribu-
nal. (Alpes.)
DESSODA, V. Dessouder; éveiller, troubler la tranquillité de quel-
qu'un, des troupeaux, des abeilles; mettre en action; ramener
au devoir. (Valais.)
DESSODO, s. m. Trouble, tracasserie, dérangement.
DESSOLA, V. Enlever ou diminuer la corne du pied d'un animal.
DESSOU, LA, adj. Désenivré, qui n'est plus soûl.
DESSOULA, V. Désenivrer, cesser d'être ivre. (Lavaux.)
DESSOUNAN, s. m. Déjeuner. (Fribourg.)
DESSU, DÉCHU, adv. et ])rép. Sur, dessus.
DESSUHI, DESSOHl, DESSOUHl, v. Contrefaire satiriquement le
langage de quelqu'un. (Vaud.)
DESTORBE, s. /. pL Faux frais; empêchement, perte de temps.
L. dislurbare. V. Fr. destourbier. (Fribourg.)
DESTORBHA, v. Détourner quelqu'un de son travail, de ses affai-
res, le troubler.
DÉTALA, V. Partir précipitamment, s'enfuir, détaler.
DÉTALA, DEHLLALA, s. /. L'égout d'un bâtiment, la gouttière.
DÉTARTAGNI, v. Se déranger, faire des folies, s'embrouiller. (Val
d'IUiez.)
DÉTATSCHI, V. Détacher, délier.
DÉTELLA, V. Dételer. Voy. déplleihi.
DÉTERTIN, s. m. Garnement, débauché, mauvais sujet. (Vaud.)
DÉT 109
DÉTESCHI, DÉTETSCHl, v. Défaire, renverser ce qui est en tas.
De ielsche, tas.
DÉTHETIIA, V. Détacher un animal de sa crèche.
DKTIIIENDRE, v. Eteindre. Part, passé, dclhiendu, éteint.
DE-TIHE, loc. ndv. Vite, promplenienl, de suite, sans interruption,
tout d'une tire. (Valais.)
DÉTOPPA, DKIHJ.OPPA, v. Enlever une barrière, déhoucher un
vase.
DÉTRAKÀ, ».-. Déranger, détraquer.
DÉTRAKA, DÉTRAKE, s. f. Machine dérangée; malaise, déran-
gement de santé. L'a z'u na détrake, il a eu une indisposition.
DÉTRATHI, r. Déprimer, déprécier, rabaisser. L. delraheir. (Val
d'Illiez.)
DÉTREirs'DRE, r. Serrer, torturer, mettre à la question. (Plaid
général de Lausanne, 13G8.)
DÉTRELOUGAII, GAHIE, adj. Demi fou, à demi aliéné, toqué,
timbré. (Valais.)
DÉTRO, DÉTRAU, s. f. Grande hache pour couper les arbres. L.
dcxlra.
DÉTZASSA, V. Eloigner, chasser, écarter, mettre en fuite.
DÉTZASSHA, v. Oter l'apprêt d'une toile. De Isa, colle de tisse-
rand. (Puys-d'Enhaut.)
DETZE, s. f. Défaut intérieur ou extérieur d'un animal, tare, vice,
tache morale.
DÉTZELLHl, v. Manger son bien, se ruiner peu à peu.
DÉTZEMENA, v. Egarer, tromper, séduire, faire sortir du bon che-
min. (Alpes.)
DÉTZERGUEGNl, v. Détraquer une machine, en déranger les
parties. Voy. démAiNGOUNna.
DÉTZERNIIII, DÉTZERMA, v. Désenchanter, détruire un charme.
(Vaud.)
DÉTZERPI, r. Démêler les cheveux, les peigner.
DÉTZETTl,r. Détourner, dans une laiterie, une portion di'. la
crème ou du lait destinés au fromage. (Alpes.)
110 DÉV
DÉTZISI, V. Déchoir, s'affaiblir dans le sens physique.
DÉTZO, DÉTSCHAU, adj. des deux genres. Déchaussé, qui va nu-
pieds.
DÉTZOMPRA, DÉTZEUMPRA, v. Déchiffrer une écriture gothique.
(Pays-d'Enhaut.)
DÉTZOPOUNA, V. Déboucher, ôter le bouchon, le izopon.
DÉVALA, i'. Dévaler, précipiter.
DÉVALLE, s. f. pi. Les dettes, le passif.
DÉVAN, prép. Voy. déan.
DÉVANKI, s. m. pi. Ancêtres, devanciers, aïeux. (Alpes.)
DEVANTIER, DEVANTERI, s. m. Tablier de femme qui se met de-
vant. — Faurda, id. (Jura.)
DÈVARIA (se), V. Se déranger, sortir du bon chemin; être désap-
pointé, perdre la tête. (Vaud.)
DEVEI, V. Devoir. Dévrelrl, je devrai; tè deivo, je te dois.
DEVEI, s. m. Devoir, obligation morale. N'é fé ke mon dévei, je
n'ai fait que mon devoir.
DEVEIN, s. m. Forêt communale, bois commun aux habitants d'un
village. C. devez, pré, forêt interdite au bétail. (Aigle.)
DEVEINDRO, DEVEINDO, s. m. Vendredi. Dies Veneris.
DEVEINTZET, s. m. Diminutif de devein. Voy. ce mot.
DÉVENA, V. Deviner, découvrir.
DEVER, prép. Vers, auprès de.
DÉVERI, V. Détourner. Se déveri, se retourner. (Alpes.)
DÉVERNETHI, v. Oter le vernis d'un vase. Déverneunlhi, id.
DÉVESA, V. Causer, faire la conversation, parler à quelqu'un. C.
devis, causer.
DÉVETI, V. Déshabiller; enlever la récolte du terrain qui l'a pro-
duite.
DEVETU, DÉVETIA, adj. Déshabillé; dépouillé de sa récolte.
DÉVI, s. m Dieu. Mont-Dévi, le Grand Saint-Bernard, mons Dei.
(Entremont.)
DÉVIA, V. Dévier. Avec se, s'égarer, se détourner du chemin, via.
DIA 111
DÉVIANCE, s. f. Reconnaissance et fixation des bornes des grands
chemins faite par la police. (Vaud.)
DÉVORTOLLI, DÉVOUDRE, v. Détorliller. L. devolvnr.
DÉVOSEIHI, r. Parler avec mépris de quelqu'un, lui luanquer de
respect; tutoyer ceux auxquels on doit dire vous. (Alpes.)
DÉVOUAIGNI, V. Détruire le grain semé. Se dit de certains insec-
tes. C'est l'opposé de vouagni, semer.
DÉVOUARLA, v. Jeter loin de soi; agiter en l'air. (Alpes.)
DÉVOUDUE, r. Voy. dévoutolli.
DEVOUERPI, V. Déguerpir, partir sans prendre congé.
DÉVOURA, V. Déchirer, user un vêtement; dévorer.
DEZ, s. 7)1. Marc de raisin. (Montreux.)
DEZ, s. f. Menues branches de sapin. (Jura.) — Dé, id.
DEZAHIRA, s. f. Chaire d'église. Djahira, id.
DIII, DEl, GUI, adj. ninnér. Dix.
DI, DEÎ, art. pi. des deux genres. Des. Dei valets, des garçons; di
modjes, des génisses; di z'hommo, des hommes; ghi, id.
DI, DHU, DU, prép. Dès, depuis; Du lor, dès lors.
DI, DHI, s. m. If, Taxus baccala. (Aigle.)
DIA, adv. A gauche, terme de charretier. C. Dia, Du, cheval.
DIA, s. f. Les filaments du chanvre qu'on lient entre les doigts en
teillant. (Alpes.)
DIABLIA, V. Jurer fréquemment par le diable, se donner au dia-
ble. (Genève.)
DIABLLA, DIABLLESSA, s. f. Diablesse, méchante femme.
DIABLLAMEIN, GUIABLAMEIN, adv. Diablement, fort, très.
DIABLLAT, DIABLET, s. m. Diablotin, petit diable; se dit des
enfants vifs et espiègles.
DIABLLE, DIABLLO, GUIABLLO , GUIÉBLLO, s. m. Diable. —
Diabllo et son féminin diabUa s'emploient pour exprimer une
forte négation : Diabllo lo pa, pas du tout; Diabllo l'on, aucun,
certainement; Diablla la manka , je n'y manquerai certaine-
ment pas.
112 DIA
Le paysan vaudois et surtout le fribourgeois emploient habi-
tuellement les locutions précédentes. Le paysan semble rendre un
culte de prédilection au diable qu'il prie tous les jours, à diverses
fois, de le prendre, de l'enlever, de l'emporter sur ses ailes, de
lui accorder, en un mot, toutes ses faveurs : Diabllo mèpreigne,
m' eiwportai , m'eirdévai, m'einvolai. Le jureur garde pour ses
ennemis et souvent pour ses interlocuteurs : lo diabllo l'exter-
minai, tè roudjai, tè hresai le z'oii, tè touerde lo cou, t'arratschai
la leinvoua, le z'oiigllo, c'est-à-dire: le diable t'extermine, te
ronge, te brise les os, te torde le cou, t'arrache la langue, les
ongles. Les plus timorés retranchent le pronom personnel me,
quand il s'agit d'eux-mêmes, et disent seulement d'une manière
vague, sans désigner l'objet de leur malédiction : diablle einlévai,
et par contraction ; diab' einlévai, diable emporte, enlève.
Mè baillo au diabllo, se cein n'èpa veré, je me donne au diable,
si cela n'est pas vrai.
On dit, plutôt comme exclamation que comme jurement, gran
diabllo.
Quelques hommes à conscience délicate, qui ne veulent rien
avoir à faire avec le démon, et qui cependant aiment à jurer,
disent : Diu me preigne, Dieu me prenne; Diu me preigne se vo
dio lia dzanllhe, Dieu me prenne si je vous dis un mensonge.
Vers le milieu du siècle dernier, le premier nègre qu'on eût
vu dans la Vallée du lac de Joux rencontra en arrivant un mem-
bre du tribunal, lequel, se jetant à ses genoux, lui dit à mains
jointes: monsii lo guiébllo, ne me fade djein de mô, ô monsieur
le diable ne me faites point de mal. Un peu plus loin il rencon-
tra une espèce de demi-fou, qui, après l'avoir regardé un mo-
ment, lui dit : Va tè lava lo mor , couejfe ke Vi, va te laver le
visage, vilain que tu es.
Un bourgeois d'Estavayer, n'étant que simple citoyen, ne ju-
rait que par un diable; mais étant devenu banneret de la ville,
il crut de sa dignité de jurer par cinq cents, chein cheint diabllo.
Grâce au progrès de l'instruction religieuse, la jeune généra-
tion vaudoise jure beaucoup moins, surtout les femmes qui, il
n'y a pas longtemps, juraient autant que les hommes et avaient
DIS 113
inventé quelques jurements spéciaux à l'usage de leur sexe. Un
pasteur a corrigé de ce vilain défaut les jeunes filles de sa pa-
roisse en leur disant qu'il n'y a rien qui rende une femme aussi
laide que l'habitude de jurer.
DIABLLERI, s. f. Petites manœuvres de sorcellerie employées par
ceux qu'on dit s'être donnés au diable ; choses auxquelles on
ne comprend rien ; petites malices. (Vaud.)
DIAKOUNETTA. Sorte de jurement adouci ou d'exclamation inof-
fensive, qui ne vient pas, je présume, du grec 'kâzovo,-, diacre.
(Vaud.)
DIÉ, s. m. Lutin. Ce mot n'est guère employé qu'avec le verbe
mena, mener. Mena dié, faire un bruit attribué aux lutins pour
effrayer pendant la nuit. En celtiqjie, Dian est le nom d'un dé-
mon spécialement chargé de conduire et d'introduire au sabbat
les sorciers et les sorcières. L. Dis, divinité infernale. (Valais.)
DIETZO, GUEITZO, QUETZO, s. m. Vase à tenir le lait. (Alpes.)
DIMA, V. Lever au profit du seigneur la dixième gerbe d'un champ
moissonné.
DIMIAU, s. m. L'homme qui vient par droit ou commission lever
ou recevoir la dîme. (Vaud.)
DIMO, s. m. La dîme. Misa le dimo, mettre à l'enchère les dîmes
de certains champs.
DIMO, s. m. Division territoriale d'une commune ou d'un district.
(Rougemont.)
DINA, DENA, v. Dîner.
DIO, GUIO, s. m. Argile, terre grasse. (Genève.)
DI-ORA, DU-HORA, loc. adv. Dès à présent, dès cette heure, (doré-
navant, désormais. L. hora.
DIOTU, UVA; GUIOTU, UVA, adj. Epais, ferme; se dit d'un po-
tage. Dérivé de dio, guio. (Genève.)
DISCOUCHON, s. f. Etat de faillite établi par le tribunal, qui met
à l'enchère les biens du failli. L'a fé disconchon, il a fait faillite.
(Vaud.)
DISPEINSA, V. Déponser, manger, consommer.
MÉM. ET DOCUM. XXI. 8
1U DJA
DISPENSA, s. f. Dépense; garde-manger, lieu où l'on garde les
provisions. (Vaud.)
DISSE, adv. Voy. dainse.
DISTAK, s. m. Terme de tir. L'accessit, le second prix. (Vaud.)
DITTON, s. m. Proverbe, maxime, dicton.
DIURA, V. Suinter. Se dit d'un vase disjoint qui laisse échapper le
liquide qu'il contient.
DJA, adv. Déjà. — Ja, dza, id. h. jam.
DJAINDRO, s. m. Mitron, garçon boulanger, le geindre. Mot vieilli.
(Moudon.)
DJAKEMAR, s. m. Statue d'homme armé, ordinairement placée sur
une fontaine. (Nyon.)
DJALA, V. Geler. — Dzala, id.
DJALAHIE, s. f.; DJALLEIN, s. m. Gelée, gel; volée de coups.
DJALLHO, OTA, adj. Semé de taches blanches; se dit du manteau
des vaches. — Dzatho, id. (Alpes.)
DJAMBA, DJIGA, s. f. Jambe. — Tsamba, id.
DJAMBETTA, s. f. Petite jambe; jambon de porc, jambonneau. —
Tsambetta, id.
DJAMBOTTA, v. Marcher mal, comme un bancroche, boiter. (Pays-
d'Enhaul.)
DJAMÉ, adv. Jamais. — Jamé, id.
DJANLLA, DJANLLHI, v. Mentir, dire des sornettes. Teinadjan-
llhu, lu en as menti.
DJANLLHAU, DJANLLHEU, SA, adj. Menteur, jongleur.
DJANLLHE, s. f. Mensonge, bourde. Ne de ran ke dei djanllhe, il
ne dit rien que des mensonges,
DJANLLHERASSA, s. f. Menteuse d'habitude. (Genève.)
DJANVI, s. m. Janvier.
DJAPPA, JAPPA; s. f. Femme grondeuse, rapporteuse.
DJAPPÂ, DZAPPÀ, V. Aboyer, japper; rapporter indiscrètement.
— Un curé, voyant passer un ministre contre lequel un chien
aboyait, s'écria : Ein vouaike ion apri koui lo diabllo djappe bein,
DJE 115
en voilà un après qui le diable aboyé bien fort. Le ministre
répondit : Ne djappe pu apri tè ke t'i de l'otto; il n'aboie pas après
toi qui es de la maison.
DJAPPET, DZAPPET, TA; DZAPPAU, adj. R.Mpi'ortour, causeur
indiscret. (Vaud.)
DJAPPOTTA, r. Parler ab lioc et ab bac, jaboter; parler entre ses
dents, murmurer.
DJARROTAIRA, s. f. Jarretière.
DJAVIOULA, s. /. Cage d'oiseau; geùle. C. joui, geôle.
DJE, s. m. Geai, graculus. — Djai, dzé, id.
DJEBLLA, DZEBA, s. f. Cage d'oiseau. C. gabia, cage. — Dzèbe,
id. (Jura.)
DJEIN, s. m. Plainte d'un malade, gémissement.
DJEIN, DZEIN, adv. Rien, point, aucunement. N'ein a djein, il
n'en a point. (Jura.)
DJEINDRE, V. Se plaindre, gémir. C. (jwcnl, douleur.
DJEINDRO, s. m. Voy. djaindro.
DJEINO, DZEINO, s. m. Marc de raisin. (Lavaux.)
DJEINT, DJET, s. /. Une personne. Le pluriel djeins signifie non-
seulement les gens, mais encore les parents, ceux de la maison.
Me djeins, mes gens, c'est-à-dire, père, mère, frère, sœur, etc.,
en général les parents qui vivent ensemble dans la même mai-
son. Dzeint, dzeins, id.
DJEINTHA, s. f. Produit annuel d'une vache. (Alpes.)
DJEINTHELLIET, s. m. Bois gentil, garou, Daplinc Mezcreum.
DJEINTHI, A, adj. Habile, actif, prévenant, gentil.
DJENELHE, s. /". Poule, gallina. — Gellne, dzetiellw, id.
DJENELHETTA, DJENELHOTTA, s. f. Gelinotte, tétras, lagopède;
oiseau des Alpes.
DJENETTA, s. f. iNarcisse des poètes (Jura). Dans les Alpes, on
dit gottrausa.
DJENOADJE, GENOAÏDJA, s. /. Sorcière. Jenounas, espèce de fée
du mont Allas. En langage d'Alger, djenattri signifie un mauvais
génie. (Jura.)
116 DJI
DJEPPON, s. m. Habit d'homme, jupe de femme.
DJERA, s. m. Assesseur d'un tribunal, jwre, membre d'un corps
de justice. (Aigle.)
DJERÂ, DZERÂ, DJURÂ, v. Jurer^ maugréer. M'a dzera apri, il a
fait des imprécations contre moi.
DJERADA, s. f. Femme de ce magistrat; c'est son titre honorifique.
DJERDEU, EUSA; ZERDAU, SA, adj. Vilain, laid à faire peur. L.
horridus. (Bas-Valais.)
DJERDJELHAU, SA, adj. Effrayant, épouvantable, qui fait frisson-
ner. (Ormonts.)
DJERDJELHI, v. Effrayer, épouvanter, faire frissonner, donner la
fièvre.
DJERLA, s. f. Petit tonneau à un fond, pour transporter le raisin
de la vigne au pressoir. C.jarl, cruche. — Gerla, id. (Vully et
Neuchâtel.)
DJERLO, s. m. Voix, poitrine. L'a on bon djcrlo, dit-on d'une per-
sonne qui parle haut et beaucoup.
DJERNA, DZERNA, v. Germer.
DJERNO, DZERNO, s. m. Germe.
DJERRE, DZERRE, interj. Ce mot équivaut à Je le jure, assuré-
ment. (Grandson.)
DJERSA, s. f. Martin-pêcheur, oiseau.
DJÉSE, interj. Jésus ! (Jura.)
DJEUR, DJOR, JEUR, s. f. Forêt de montagne; on à\ljoux, dans
le français populaire; les chartes disent nigrœ juriœ. De là le
nom de la Vallée de Joux. (Jura, Alpes.)
DJEURETTA, DJORETTA, JORETTA, s. f. Diminutif du précédent,
petite forêt, bosquet.
DJEVATTA , DZEVATTA , ÉZEVATA , v. Se débattre, se démener,
mouvoir tous ses membres, bondir. (Vaud.)
DJI, DJAI, s. m. Ecume du lait quand on le trait (Jura). Ailleurs
on dit dzé.
DJIFFLA, s. f. Soufflet, mornifle. (Coppet.)
DJO 117
DJIGNO, DJEGNO, DZEGNO, s. m. Le second berger d'un chalet,
chargé de taire le séré. L. junior. (Alpes.)
DJllllTUO, s. m. Gite, place où quelqu'un s'est couché. — Djitro,
id. (Val d'Illiez.)
DJIKLLA, s. f. Petite seringue d'enfant pour lancer de l'eau. (Vaud.)
DJIKLLÀ, TSANKLLÀ, ZIKLÀ, DZIKLLÀ, t\ Ejaculer, lancer, se-
ringuer de l'eau. G. cincla.
DJIKLLAHIE, s. f. Le contenu de la seringue; éclaboussure; une
petite portion d'un liquide.
DJILA, s. f. Vesse, vent coulis.
DJILÀ, V. Vesser.
DJILLHON, s. m. Gui, Visciim album, plante parasite. (Valais.)
DJLNGUA, DZINGUA, v. Prendre ses ébats, bondir comme les va-
ches font au printemps, sauter. (Vaud.)
DJINGUET, TA, ailj. Découplé, alerte, leste, prompt à sauter, léger
à la course.
DJITHA, s. f. Voy. agita.
DJITHÀ, DZETTHÂ, v. Essaimer; faire sortir le bétail de l'étable,
le jeter dehors; pousser des boutons de gale.
DJOBA, V. Babiller, causer immodérément. (Jura.)
DJOBLLA, V. Entreprendre; parler; prendre conseil; prendre ses
mesures. (Vully.)
DJOIII, JOÏ, V. Jouir, avoir la jouissance.
DJONNA, V. Jeûner. — Djonno, id.
DJONiNE, s. m. Jeûne.
DJOR, DJEUR, DJEU, DZOÏ, DZO, a. m. Jour.
DJORxNAIIIE, s. f. Journée. — Dzorna, id.
DJORNIVA, .s. f. Journée de travail. — Dzorna, id.
DJORiNOHI, V. Ajourner, remettre d'un jour à l'autre. (V. st.)
DJORREIN, DJORRAN, s. m. Vent du nord-ouest. On dajornn,
dans le français vaudois. — Dzoran, id.
DJOT, DZOT, s. m. Juchoir de poule. L'è à djot, il est sur le Ju-
choir, il est couché, il est au lit.
118 DON
DJOUKLLA, V. Promeure en mariage son fils ou sa fille tout jeunes.
(Jura.)
DJOURE, DZOURE, v. Se tenir tranquille, cesser. Djou, impér.,
tiens-loi tranquille, reste en repos. Il est aussi adverbe : tein-tè
djou. Dzoudé don, finissez donc, dit une fille à un garçon qui la
chifl"onne. — Joure, id. (Vaud.)
DJOUTA, s. f. Joue. — Jouta, id.
DJOUTHÂ, V. Voy. jouta.
DJOUVENET, TA, adj. Jeunet, jeunette. C'est le diminutif du mot
suivant.
DJOUVENO, NA, adj. Jeune, jouvenceau, jouvencelle. L.juvenis.
DJOVEIN, s. m. Jeune bétail, veaux et génisses. L.juvenis. (Alpes.)
DJU, s. m. Jeu, espièglerie, mauvais tour; place d'un jeu public.
DJUIN, s. m. Juin.
DJULLHET, s. m. Juillet.
DJUYI, V. Jouer. Djuvi ei guellhe, jouer aux quilles.
DO, s. m. Ce qui coule du pressoir avant qu'on presse; littérale-
ment, le doux. (Montreux.)
DOAj s. f. Douve de futaille. — Dova, id.
DOAI, s. f. Colère, fâcherie. (Val d'Illiez.)
DOBA, s. f. Fille ou femme qui dit ou qui fait des folies. (Jura.)
DOBLLE, s. 711. Besace, sac double. (Valais.)
DOLA, s. f. Escalier qui mène à la cave. C. dol, lieu bas, descente.
(Alpes.)
DOLEINT, DOLEINTA, adj. Faible, misérable, digne de pitié. L.
dolens.
DOLOZA, V. Se plaindre d'une douleur. L. doleo. (Alpes.)
DONDA, V. Sommeiller, roupiller. — Draugha, id. (Valais.)
DONDAINE, s. f. Fille- courte, grasse, trapue, gaie ; une dondon.
DONNA, DOMNA, s. f. Mère de famille, la maîtresse de la maison.
L. dominus. — Noutra Donna, Notre-Dame, la sainte Vierge. L'en-
fant en parlant à sa mère l'appelle donna; c'est son titre d'hon-
neur. (Fribourg.)
DOZ 119
DONNA, s. f. Distribution d'iiuniônes, en argent ou en denrées, de-
vant la maison du défunt, après son enterrement. (Vaud.)
DONZELA, DONZALA, s. f. Jeune servante, petite chambrière. Ce
mot n'est point injurieux dans l'évêché de Baie ; mais en général,
na donzala est une fille ou une femme d'une vertu équivoque.
DOR, A, adj. Vain de sa parure, petit-maître. (Jura.)
DORDON, DORDEUN, s. m. Gros bâton, gourdin.
DORLOTTA, v. Mignarder; caresser, dorloter. Ce mot est celtique.
(Vaud.)
DOSSET, TA, adj. Douceâtre, fade.
DOSSETTA, s. f. Sorte de coiffe noire qui a passé de mode. (Orbe.)
DOTA, V. Douter; craindre, redouter.
DOTHA, s. f. Opinion, volonté. L'c ma dotha, c'est ma façon de
penser. C. dot, det, vouloir. (Alpes.)
DOTHÉ, s. f. Anneau d'une clef; douille.
DOTZI, V. S'adosser, se tenir debout. (Fribourg.)
DOU, s. m. Dos. Lo dou me fa mô, le dos me fait mal.
DOU, DAU, DEU, art. Du.
DOU, DU, DUI, adj. numér. m. Deux. Le féminin est due , diive,
avec Ve ouvert et bref.
DOUGNI, HLLOUGNI, s. m. Se dit des têtes ou capitules de la bar-
dane {Lappa major, etc.J, capitules que les enfants se jettent aux
cheveux. (Alpes.)
DOUKLLA, s. f. Durillon de la peau provenant de la piqûre d'un
insecte.
DOULISSE, s. f. pi. Copeaux faits avec le rabot. (Ormonts.)
DOURDEUN, s. m. Dormeur, homme appesanti, qui s'assoupit fré-
quemment. (Pays-d'Enhaut.)
DOUTA, OUTA, v. Oter, enlever. Duuta-tè d'ike, ôte-toi de là.
DOUTHA, s. f. Cosse, gousse de fève. (Alpes.)
DOVA, s. f. Voy. doa.
DOVEIN, adv. Comment, pourquoi, d'où vient.
DOZANNA, s. f. Douzaine.
120 DRO
DOZÉ, DODDÉ, adj. numér. Douze. — Doze, id.
DRÂCHA, DRATSCHA, s. f. Sédiment déposé par le beurre fondu.
Dreche, id. (Vaud.)
DRAGUA, s. f. Noix de la plus grosse espèce. (Montreux.)
DRAI, DRAITA, adj. Droit, droite. Ce mot entre en composition
dans plusieurs locutions :
A l'adrai, le côté du soleil dans une vallée; littéralement à iVn-
droit. Le côté opposé est l'arrei. (Pays-d'Enhaut.)
Tôt drai, directement, en droiture.
Tot-lo-drai, tout de suite, sur le champ, promptement.
Tot-adrai, à point nommé, juste au moment.
Oreindrai, maintenant, actuellement.
DRAI, ADR AI, ADREI, adv. Bien, comme il faut. Drai dainse, c'est
ainsi. Voy. adrei.
DRAI, s. m. Droit; portion, part, ce qui revient à chacun d'un hé-
ritage, d'une distribution. Bailli-mè mon drai, donnez-moi ma
part.
DRAITHI, adj. Droitier, qui se sert de la main droite.
DRAPALA, s. f. Les langes d'un enfant au berceau. V. Fr. drapel,
morceau d'étoffe. B. L. drapellum. (Alpes.)
DRAS, s. m. pi. Vêtements d'homme et de femme en général. —
M'on robba ti m'e dras, ils m'ont volé tous mes habits.
DRAUGHA, DRAUKA, v. Sommeiller, roupiller, s'assoupir fré-
quemment. (Alpes.) Voy. donda.
DRAVASSO, s. m. Tussilage blanc, Tussilago alba. (Bex.)
DRELLHI, V. Courir fort vite. Briller se disait dans le même sens
en français. (Alpes.)
DREMILLHA, DROUMILLA, DREMILLETTA, s. f. Loche franche,
petit poisson du genre cobite.
DROBLLA, V. Doubler; ajouter un ou deux chevaux à l'attelage
pour faire une montée.
DROBLLAIRA, DROBLLIRA, s. f. Doublure d'un vêtement; mai-
son qui a deux logements. (Pays-d'Enhaut.)
DTS 1-21
DROBLLO, A^ adj. Double. On appolle drobllo les chevaux qui
doublent à la montée.
DROBLLO, s. m. Le grand-duc, oiseau fie nuit: Slri.r Biibo.
DROLA, s. /. Droit féodal du scii^nicur sur l.i pn'miérc nuit des no-
ces de ses vassales, appelé aussi droit de nKtr.jucUc, de prrliba-
tion, de cuissage. — En 1350, les gens de Clu-ilel-Saint-Dcnis si;
rachetèrent de la drola pour un cens annuel d'une ni(;sur(!
d'avoine, payable par chaque chef de famille. Ci' tribut ne fut
aboli qu'en 1798.
DROLLERI, s. f. Bagatelles, petits présents, drôleries; espiègle-
ries, sornettes.
DROUMA, s. f. Gonflement produit par un coup, une contusion;
tumeur, enflure. (Alpes.)
DROUMI, DREMI, v. Dormir. Alla dremi, aller se coucher.
DROUMIAN, s. m. Grand dormeur; campagnol ou muscardin, 3/(^5
avellanarius, plus connu sous le nom de malagnou. (Vaud.)
DROUTZCHE, DRUTCHE, s. f. La patience des Alpes, Rumexalpi-
nus, plante qui croît autour des chalets et qui est employée pour
engraisser les porcs. On donne le même nom aux diverses es-
pèces de bardane. (Alpes.)
DROUTZE, s. f. Femme de mauvaise vie, entremetteuse. C. druth,
même signification. En esclavon, druchte signifie concubine.
DRU, adv. Fort, raide. r.ei va dru, il y va tout de bon.
DRU, DRUA, DRUVA, adj. Vif, gai, bien portant; gras, fertile. —
Quand on dit d'une fille qu'elle est drua, cela signifie qu'elle est
dégourdie ou coquette. — Tini-vo dru, conservez-vous bien por-
tant. — Coumein vos ein va? îte-vo adi dru ? Comment allez-
vous? êtes-vous toujours bien portant? — C. dru, gras, abon-
dant, épais. (Fribourg.)
DRUDJE, s. f. Fumier, engrais; abondance, bien-être. La drudje '^-^\f, ù •. ">,
tor lo cou, l'abondance est fatale, prov. (Gruyère.) — J57-î«/zc,id. --w.ytjWpv
DRUDJON, DRUDZON, s. m. Fille forte et robuste pour le travail. ^" V"'""''"
(Genève.)
DTSCHNAI, RA, s. m. et f. Sorcier, sorcière; magicien, magicienne.
(Evêché de Baie.)
122 DZE
DU, DI, prép. De, depuis. Du-hora, dès à présent; du-ice, du-cé,
d'ici, depuis ici; du lé, de là, depuis là.
DÛ, HLLU, s. m. Lieu, endroit. L'è on bi dû, c'est un bel endroit.
(Pays-d'Enhaul.)
DUISANT , parL Propre, convenable, agréable, qui plaît. Vient du
vieux verbe dïiire.
DUTHET, TA, adj. Doux au toucher. (Pays-d'Enhaut.)
DUTHO, A, adj. Doux au goût. (Pays-d'Enhaut.)
DUTZIRA, DUTCHIRA, s. f. Cascade, chute d'eau; canal pour con-
duire l'eau; douche. L.ducere. (Fribourg.)
DZAHLLA, V. Glisser en ricochant; jaillir. (Alpes.)
DZAHLLAITA, s. f. Vase à traire, seau. (Vully.)
DZAKÈ, s. m. Veste courte pour homme.
DZAKET, s. m. Nigaud, badin, un drôle d'homme. (Vaud.)
DZAKETTA, JAQUETTE, s. f. Petit corset, veste pour femme.
DZALOSI, TZALOSI, s. m. Orchis noir, Orchis nigra Scop., plante
des Alpes et du Jura.
DZARAVOUATA, v. Babiller à outrance; s'agiter, se démener.
(Vaud.)
DZARAVOUTA, TSARAVOUTA, s. f. Charogne. C'est une injure
des plus grossières. L. cay^o.
DZAUKA, V. Faire le paresseux, rester sans mouvement; se dit
d'un animal. (Alpes.)
DZAVOUATTA, s. f. Babil excessif, flux de paroles; larve de gre-
nouille, têtard. (Vaud.)
DZEBOLLON, GREBOLON, s. m. Bouton, ébullition. Voy. gre-
BOLON. (Lavaux.)
DZEBOLLONNA, AHIE, adj. Couvert de boutons. (Lavaux.)
DZEBTA, s. f. Petite gale.
DZEBTHA, V. Glisser sur un plan incliné, sans pouvoir se rete-
nir. (Alpes.)
DZEFFA, DZEREFFLA, v. Se faire jour à travers les jointures d'un
vase de bois, ou à travers les doigts; se dit d'un liquide. (Lavaux.)
DZE 153
DZEINDRO, s. m. Gendre. Alla a dzeindro, se dil du jeune homme
qui entre au service de son beau-père, parce que celui-ci ne lui
a accordé sa fille qu'à la condition qu'il viendrait travailler un
ou deux ans dans sa maison, sans autre rétribution que sa nour-
riture. (Val-de-Ruz.)
DZEINT, s. m. Yoy. djeim.
DZEMOTHI, DZEMOTA, v. Se plaindre, gémir, sentir péniblement
sa faute ou son état malheureux. L. gemihis. (Pays-d'Enhaut.)
DZENAIVRO, TSCHENAIVRO, s. m. Baie du genévrier.
DZENEHLLA, s. f. Clavaire, sorte de champignon, Clavariaaurca,
dicholoma, etc. (Pays-d'Enhaul.)
DZENEU, DZENAU, s. m. Genou.
DZENEVRI, s. m. Genévrier. — Grassi, id.
DZENOHLLET, DZENOTTET, s. m. Petit genou; nœud de la tige
des céréales; pièce de bois appelée courbe.
DZENOHLLETTA, s. /. L'impatiente. Impatiens noli langerc, plante
de la famille des balsaminées. (Pays-d'Enhaut.)
DZENZIAU, DZENGIAU, s. m. Ficelle noircie du charpentier.
(Alpes.)
DZEPA, s. f. Petite veste ou corset d'homme, jupe de femme.
DZERDJI, s. m. Rainure d'une douve de tonneau. (Lavaux.)
DZERNA, s. f. Poule.
DZEROU, s. m. Machine pour tenir la bobine à dévider.
DZEROUD, DA, adj. Fou, nigaud. Ten'îk'on dzeroud, tu n'es qu'un
imbécile. (Fribourg.)
DZETI, DSELLHI, ZILLI, v. Cabrioler, bondir, courir de joie; le-
ver le derrière; se dit des vaches quand elles sortent de l'étable.
(Alpes.)
DZETTAI, s. m. Margouillis, bourbier; tumulte, querelle de mé-
nage. (Pays-d'Enhaut.)
DZEVOUHI, V. Endurer, patienter, avaler un chagrin. (Alpes.)
DZÉZÉ, s. m. Fausset, petite cheville de bois pour boucher le trou
fait à un tonneau avec le foret.
m EBA
DZEZI, TSCHESI, v. Choir, tomber. Part, passé, tschesu, tombé.
(Vaud.)
DZIHGNO, s. m. Marc de raisin. (Vignoble.)
DZITHA, V. Mettre le bétail à l'abri ou à l'étable, le gîter.
DZODZE, s. w. Mesure valant un pouce et dont il fallait douze
pour le pied. (Fribourg.)
DZODZA, V. Mesurer avec le pied, jauger. (Fribourg.)
DZOET, s. m. Marque qui consiste à enlever un morceau de l'o-
reille d'une vache ou d'une chèvre pour la reconnaître. (Alpes.)
DZOHIAU, DZOHIAUSA, adj. Joyeux, joyeuse.
DZOLLHA, s. f. Ampoule causée par une brûlure.
DZOUHIA, s. f. Joie.
DZOULI, A, adj. Joli, honnête. Dzouli est le nom de rigueur de
l'un des bœufs de charrue; l'autre s'appelle Fromein. — Zouli,
id. (Vaud.)
DZOURE, V. Jouir d'un bien; avoir, sa vie durant, la jouissance
d'un immeuble.
DZUDZO, ZUZO, s. m. Juge. Dzudza, la femme du juge.
DZURUHLLA, v. Se dit de celui qui fait des bulles sur ses lèvres
avec sa salive, comme les petits enfants. (Alpes.)
N. B. Dans les divers dialectes du patois romand, les mêmes
mots s'écrivent avec J, Dj, Dz, Z, selon la prononciation. Ainsi
joure, djoure, dzoure, zoure, Bont le même verbe.
E
È, 3" pers. du prés, de l'ind. du verbe auxiliaire itre, être.— E lli,
c'est lui; l'è veniaita, elle est venue.
ÉBAHI, ÉBAHIA; ÉBÉHl, HIA, adj. Etonné, surpris, ébabi. —
Ebaubi, id. (Vaud.)
ÉBAHI, ÉBÉHI, V. Etonner,, surprendre. S' ébahi, s'étonner. S'bahi,
s'bahia, locution contractée marquant le doute, l'étonnement, l'in-
ERO 125
terrogation: Mas'fcfl/iîos^tùi/.croyez vous qu'il vienne? vionl-il?
ÉBALANCE, s. f. pi. Balance.
ÉBALOHI, i\ Se réjouir, se divertir, s'ébaudir.
ÉBARAGNI, V. Oler les toiles d'araignée. De arngnc, iragnc, arai-
gnée. — hagni, id. (Genève.)
ÉBAUBI, lA, adj. Etonné, surpris, émerveillé. Ebahi, id. (Vaud.)
ÉBAUDI (s'), V. Se réjouir, se divertir. C. ébnd, ébat, divertisse-
ment.
ÉBAYOA, V. Contrister, chagriner; éblouir. (Val d'Uliez.)
ÉBAVOHA, HIE, adj. Abattu, triste. (Val d'Jlliez.)
ÉBEDA, r. Faire tiédir un liquide. L. tepidm.
ÉBENDANNA, r. Blesser grièvement, gâter, casser un vase. (Val
d'Illiez.)
ÉBERTHf, A, adj. Personne à laquelle il manque quelque chose,
qui n'a rien. Formé de e privatif et du C. bertli, bien, richesse.
(Bas-Valais.)
ÉBESANTZI (s'), r. Se déboîter la hanche, se déranger les vertè-
bres, se luxer un membre, s'éreinter. (Alpes.)
ÉBESANTZl, A, adj. Freinte, foulé, (Alpes.)
ÉBIATZE, s. f. Femme de mauvaise vie, gourgandine. (Valais.)
ÉBIMAHIE, s. f.: ÉBI3I0, s. m. Grande quantité.
ÉBIOL.V, i'. Epamprcr la vigne pour la seconde fois. (Vignoble.)
ÉBLLOTHA, v. Ecosser les pois, les fèves.
ÉBORA, i'. Oter, en glissant la main, la graine d'une plante; écor-
cher un animal, en retournant la peau comme un gant. (Pays-
d'Enhaut.)
ÉBORNA, AHIE, adj. Enrhumé. De borron, rhume, catarrhe.
ÉBOTIHI, ÉBUTZELLl, v. Nettoyer un pré des petits morceaux de
bois appelés butzellhe. (Valais.)
ÉBOTZON, s. m. Petits morceaux de bois sec, (Valais.)
ÉBOUÉLA, EINBOUAILA, r. Ecra.'^er de manière à faire sortir les
boyaux d'un animal ou l'intérieur d'un fruit. De boni- , boyaux.
(Vaud.)
126 ECO
ÉBOUÉLAU, AHIE, adj. Dont les boyaux sortent.; se dit des ani-
maux.
ÉBOUHLLI, ÉBOUTHI, v. Ebouler; avoir une double hernie.
(Alpes.)
ÉBOURDILLHI, v. Ecraser, écacher, éventrer. (Lavaux.)
ÉBOURDILLI, V. S'épanouir la rate, s'égayer. C. bourdal, folâtrer.
(Fribourg.)
ÉBOURKENA, v. Equarrir une poutre. (Ormonts.)
ÉBOURKENE, s. f. pi. Copeaux détachés d'une poutre équarrie.
(Ormonts.)
ÉBRAKAU^ ÉBRAKAIA, adj. Ouvert; bancal, qui a les jambes écar-
tées. (Valais.)
EBRAN, s. m. Bouillons, ondes d'un liquide en ébullition qui fran-
chissent les bords du vase. (Alpes.)
EBREKA, EBRICA. v. Briser, mettre en pièces. De breka, pièce.
EBRETZI, V. Faire des brèches à un vase, au tranchant d'un cou-
teau, d'une lame. — Ebretscin, id.
EBRONDA, V. Ebrancher, ôter les branches qui pendent sur les
roules. De bronda, branches.
EBU, s. m. Grand coup de vent, ouragan. (Alpes.)
ECHANDOLLETTA, s. f. Petits ais de sapin pour couvrir les toits
des bâtiments de montagne. Voy. ancella, ancetta, assethe.
ECHEIN, s. m. Bon sens, raison, savoir-faire. L'a pou d'échein, il
a peu de raison, de jugement; l'é fai à boun échein, je l'ai fait à
bon escient. (Vaud.)
ECHILLA, ETSCHELLHI, v. Echapper, éviter un accident, une
perte, un dommage, un châtiment.
ECHINA, V. Battre, rouer de coups, frapper sur V échine, éreinter,
écfiiner.
ECHOTTA, V. Secouer un arbre pour en faire tomber les fruits. L.
excutere. — Grula, id.
ECORTSIAU, s. m. Ecorcheur.
ECORTZCHI, ECORTZI, v. Ecorcher.
ECOUALLAI, A', m. Faiseur d'écuelles, potier de terre. Catalare, id.
EGA 1-27
ECRAMA, V. Oter la crème de dessus le lait, écrémer.
ECUTA, r. Voy. acuta.
ECUTARE, s. m. Voy. acutahk.
EDAIR, s. m. Eau répandue sur le plancher de la chambre de mé-
nage. (Pays-d'Enhaut.)
EDERBOGxM, EDERDOUNA, c. Etendre la terre soulevée par les
taupes. De derbon, taupe.
FDERBOGNIAU, s. m. Râteau pour étendre la terre des taupinières.
EDERDRE, i'. Soigner le bétail qui est à la crèche, lui donner
du foin, renouveler la litière et nettoyer l'étable. (Rougomont.)
EDJERDZELLAU, SA, adj. Effrayant, qui f;iit frissonner. (Ormonts.)
EDO.V, V. Déranger les douves d'un tonneau. De doa, douve.
EDOHA, s. m. Glouton, goinfre insatiable. (Pays-d'Enhaut.)
EFFARA, AHIE, adj. Qui a le visage en feu, effaré.
EFFOBLLA, v. Troubler quelqu'un au point qu'il ne sait ce qu'il
fait. (Jura.)
EFFOHLLAUSA, s. /". Femme de journée qui épampre la vigne.
(Vignoble.)
EFFOHLLE, s. f. pi. Epoque de l'épamprement de la vigne. (Vi-
gnoble.)
EFFOHLLI, V. Epaniprer, enlever les feuilles nuisibles aux gra[)-
pes. (Vignoble.)
EFFRELANDA, AHIE, adj. Déchiré, déguenillé. G. fraila, briser.
(Val d'Illiez.)
EFFREY, s. m. Alarme. Sonnna Veffrey, sonner la cloche d'alarme,
le tocsin. (Mot vieilli.) (Lausanne.)
EGA, s. /. Jument, cavale. L. equa. (Vaud, Fribourg.)
EGALANTZI, v. S'amuser, se divertir. De gala, amusement, fête.
EGANÇA, ÉGANCI, v. Egaliser, mettre en portions égales, répartir.
EGANCE, s. f. ■pi. Portions égales, distributions proportionnelles.
(Pays-d'Enhaut.)
EGARA, V. Egarer.
EGARA, AHIE, adj. Il ne se prend guère qu'au féminin et signi-
128 EHL
fie une jeune fille folle du plaisir, qui ne pense qu'à se divertir
et court souvent hors de la maison. (Vaud.)
EGARAUDA, EGARENDA, v. Déchirer par morceaux, mettre en
lambeaux. (Valais.)
EGE, s. m. Collier de cheval, harnais.
EGE, EGI, s. f. pi. Voy. aise.
EGGAIRl, A, adj. Déchiré, vêtu de lambeaux.
EGNEIRLA, v. Enerver, éreinter. De //mer, nerf. Ejiierla, id. (Nyon.)
ÉGORFA, ÉGOURFI, v. Ecosser, ouvrir les gousses des plantes
légumineuses pour en ôter les grains. (Valais.)
EGORSELA, v. Manger à crever, se piffrcr, se gorger. (Valais.)
EGOTHA, EGOTTA, v. Egoutter.
EGOTTHIAU, s. m. Egouttoir, planche sur laquelle on met egout-
ter la vaisselle.
ÉGRA, ÉDEGRA, s. m. Degré, escalier.
EGRAFEGNI, EGRAFOUGNI, GRAFEGNI, GRAFOUNA, v. Egra-
tigner.
EGRALLET, s. m. Petit escalier. Diminutif de égra.
EGRANA, V. Egrener.
ÉGRO, s. m. Levier de fer appelé aussi pau-fer. Fére égro, faire
levier. L. œgre, avec peine. (Vaud.)
EGUÉDRO, A, adj. Mendiant, déguenillé. (Valais.)
EH ! inlerj. En patois vaudois, ce mot signfie me voici, que voulez-
vous ? — Heuh! id.
EHLLA, s. m. Bruit, craquement dans la boiserie, éclat.
EHLLAFFA, EKIAFFA, v. Ecraser, aplatir, écacher. G. clap, coup.
EHLLAMPA, Eclat de bois qui se détache d'une planche.
EHLLAN, s. m. Neige mouillée ou ramollie qui glisse sur une
pente; eau qui rompt la digue de neige ou de glace qui la con-
tenait, débâcle. (Alpes.)
EHLLANKA, EHTHUNKA, s. f. Meurtrissure de la peau par suite
de contusion; se dit d'un bleu, du sang extravasé, et aussi d'un
chagrin violent. (Alpes.)
EIG 1-29
EHLLATTA, ECLATTE, s. f. Verge fendue par un bout pour lan-
cer des pierres. (Vallée de Joux.)
EHLLATTA, v. Eclater, se briser.
EHLLEKA, v. S'appliquer sérieusement à un ouvrage. (Pays-
d'Enhaut.)
EHLLERDJOUNA, EKLAIRI, v. Oter, au mois d'août, les dernières
pousses de la vigne, les «'claircir. (Vignoble.)
EHLLOR, s. m. Lourdeau qui veut faire l'étourdi, prendre l'essor.
EHLLOTURE, s. f. pi. La cire d'un rayon dont on a exprimé le
miel. (Alpes.)
EHTHOUERDRE, r. Se donner une entorse.
EHTHOUNA, r. Etourdir quelqu'un par un coup violent, ViHonner.
EHTRAUBLLA, s. f. Etat d'un terrain qui doit se reposer, après
avoir produit plusieurs récoltes; jachère. (Pays-d'Enhaut.)
EHTRAUMA, r. Etouffer par la fumée ou par une odeur puante.
(Alpes.)
EHTREK.\, V. Friper, user prompteraent ses habits, son linge, ses
souliers.
EHTRL\, ÉTRESI, v. Faire glisser le fil dans une peau pour l'é-
galiser en le mettant en peloton. — Etrisa, étrava, id. (Jura.)
EHTRIAU, s. m. Morceau de peau ou de bois pour faire glisser le
fil que l'on dévide. — Etresaire, étrevi, id.
EHTHU, s. m. Appartement supérieur dans une maison; le dessus
(Pays-d'Enhaut.)
EHTHUA, ÉTUVA, v. Etuver avec des linges trempés dans une dé-
coction médicinale.
El, art. contracté m. et f. pi. Aux. Alla cl fellhc, aller voir pendant
la nuit les filles à marier, selon la coutume des campagnards;
autrement, alla vedhi, aller veiller.
EIFET, s. m. Enfant, petit garçon. (Val d'Illiez.) — Einfant, id.
(Vaud.)
EIGUE, s. f. Voy. aiguë.
EIGUILLETTA, s. f. Le peigne de Vénus, plante ombellifére, Scan-
dix Pecten Veneris. — EiiiyuHlella, id. (Jura.)
MÉM. I.T DOCUM. XXI. 9
130 EIN
EIHFRIÉ, EFFRIÉ, s. m. Désordre, trouble, effroi. (Montreux.)
EIN, prép. En, dans, dedans. — De là les composés suivants :
Ein-an, loc. adv. En avant; cri du batelier pour gagner le large,
Ein tsa-noa, chez nous, à la maison.
Ein tsan, au pâturage, in campis.
Eiu alla (s'), v. S'en aller. Allein-no, ein-no, allons-nous?
Ein amont, loc. adv. En amont.
Ein avô, loc. adv. En aval.
EINALLAHIE, s. f. Départ. Boun'einallahie, la somme qu'une fille
qui se marie paye à la société des garçons de son village pour
se divertir. (Saint-Cierges.)
EINBARDOFFLA. v. Salir, tacher, embrener. (Vevey.)
EliNBARKA, v. Embarquer, mettre sur une barque ou sur un bateau.
EINBARRASSI, A. adj. Embarrassé. Au féminin, ce mot se dit par
euphémisme d'une fille enceinte. (Vaud.)
EINBASTOUNA, v. Armer. Einbastouna, part, passé, homme armé,
équipé pour la guerre. De bâton, qui s'est pris dans le sens de
arme. (V. st.)
EINBESOGNI (s'), v. S'occuper, s'embarrasser.
EINBÉTA, EINBÎTA, v. Rendre slupide, bête; embêter. (Lausanne.)
EINBETTAI, EINBORBA (s'), v. S'embourber. De bétai, bourbier.
EINBIGNI, EINBOUGNI, UNBIGNHI, v. Faire des bosses, des con-
tusions, bossuer un vase de métal. (Pays-d'Enhaut.)
EINBLLAVA, v. Emblaver, ensemencer en blé.
EINBOA, V. Faire rentrer le bétail dans l'étable. L. bos. (Valais.)
EINBORRALA, v. Mettre le collier, le harnais aux chevaux de trait
(Lavaux.)
EINBOSSA, EINBOSSI, v. Mettre un liquide dans un tonneau, en-
tonner. De bossa, tonneau.
EINBOSSHAU, EINBOSSIAU, EINBOCHAU, s. m. Grand entonnoir.
EINBOTTHA, v. Se chausser; se fournir de souliers. De botte, sou-
liers. (Montreux.)
EINBOTTOLLI, v. Mettre en bouteille. De bothollia, bothollie, bou-
teille.
EIN 131
EINBOTZONNA, r. Mettre le luirc dans son et;!!)!.'. Oc hotzon, toit
à porc. (Val d'Illicz.)
EINBOUAISl, V. Tromi)er par de Itelles paroles. Fr. populaire, m-
boiser.
EINBOUDA, AHIE, adj. Qui a la têle enveloppée de linges pour
cause de maladie ou pour une blessure. (Montreux.)
EINBOURRET, s. m. Nombril. — Bourrillon, id.
EINBOZALLA, t\ Salir avec de la fiente de vaclie. De bauza,
bouse. (Alpes.)
EINDHANKA, TJNBHAKKA, r. Percher sur une haute branche.
EINBRAZA, r. Embraser, mettre le feu, incendier.
EINBRELL'KOKA, v. S'embrouiller en parlant, perdre le fil de son
discours. — Einbrelikoka, id. (Lausanne.)
EINBRENNA, EINBREDETTHA, r. Salir, embrener. C. brenn, ex-
crément.
EINBRESSI, r. Embrasser, caresser.
EINBRETZI, A. adj. Sale, embrené. (Ras-Yalais.)
EINBRIA (s'), r. Prendre son élan pour sauter, se mettre en mou-
vement, en course. Dans ce dernier sens, on dit plus souvent
einmoda. (Vaud.)
EINBRIGA, r. Charger; astreindre; hypothéquer un immeuble.
EINBRONTSCHI, v. Mettre de mauvaise humeur, faire froncer le
sourcil. Le part, passé, einbrontzi, se dit des personnes et du
ciel qui se couvre et annonce de la pluie ou un orage. (Fribourg.)
EINBROTZE, s. /■. jj/. Myrtilles, airelles, Vaccinium Myrlillns. —
AmbresaUe, ambrotze, id. (Vaud.)
EINBUELA, V. Embrouiller, mettre en désordre, emmêler. (Fri-
bourg.)
EINBU.MEINTHA, r. Fumer un terrain, y mettre de l'engrais. De
bumcin, engrais, lumier. (Vaud.)
EINCHIÉ, s. m. Cher, bien-aimé. (V. st.)
EINCONTRE, prép. Contre. A l'einconlro, vis-à-vis.
EINCURA, ELNCOURA, r. S'inquiéter sans motifs, avoir des sou-
cis mal fondés. L. cura.
132 EIN
EINDEINTHA, v. Mettre ou faire des dents à un râteau, à un in-
strument.
EINDETHI, A, adj. Malade intérieurement^ poitrinaire. De detse,
défaut, tare. (Valais.)
EINDÉVA, V. Etre vexé, avoir un grand dépit. Fére endéva, persé-
cuter, tourmenter, rendre fou, faire endêrer.
EINDIABLLA, v. Endiabler, se donner au diable, maugréer.
EINDJALI.A, AHIE, adj. Qui a des engelures. De djalla, geler.
ENDRAI, s. m. Endroit, lieu de la naissance ou du domicile. Mn'ein-
drai, mon village.
EINDROUMAI, AHIE; EINDREMI, A, adj. Endormi, pesant.
EINDROUMI, EINDRUMI, v. Endormir.
EINDRUZI, EINDRUDZI, v. Fumer un terrain, y mettre de l'en-
grais. De drudje, drudze, engrais.
EINDURA, EINDOURA, v. Endurer, souffrir; répondre à une santé
portée, permettre qu'on vous la porte. (Fribourg.)
Dans quelques villages fribourgeois, le garçon qui recherche
une fille en mariage la conduit au cabaret. Chacun d'eux rem-
plit son verre; puis le garçon approche le sien de celui de sa
belle en disant à celle-ci : Maria, tè la pouerto, Marie, je te la
porte; alors Marie, en réunissant du doigt les deux verres, ré-
pond : Djosoii, d'einduro , Joseph, je te le permets. Joseph con-
clut de Icà qu'il a le consentement de Marie et qu'il peut aller la
demander en mariage à ses parents.
EINEMI, s. m. Ennemi. Ce mot signifie aussi diable, démon. L'a le
z'einemis, il a le diable au corps, il est possédé, c'est un démo-
niaque.
De quiconque a une maladie de nerfs, des accès de somnam-
bulisme ou d'épi lepsie, le peuple dit : l'a le z'einemis.
EîNFANT, s. m. Enfant, plus particulièrement un garçon. — Une
partie des paysans vaudois et fribourgeois n'appellent enfants que
leurs fils; les filles ne sont que des filles. — Eifel (Val d'Uliez).
(Voy. Conservateur suisse, tom. IX, pag. 3/i5.)
EINFARA, EINFARE, s. f. Feu follet.
EINFARÂ, t'. Embraser; être haut en couleur.
EIN 133
EINFARRE. s. f. pi. Petits ais minces pour (Mu\ lir les toits. (Ragnes.)
EINFASSOTTA, EINFACHOTTA, v. Eminailiolter. \..fasna\him\(is.
EINFATTA, v. Empocher; mettre dans un sa<'. Verbe jiron., s'enfi-
ler dans un passage étroit. Perlepor einfatta le Icttic le couloir
de la poste aux lettres. De falta, poche.
EINFETZI, V. Indisposer quelqu'un contre une autre personne,
l'exciter. (Jura.)
EINFEUHLLI, v. Mettre un manche à une faux. (\'alais.)
ElNFLETSl, V. Mettre des carreaux aux lrait> d'arhalète. (Fri-
bourg.)
EINFLLA, r. Enfler; avoir une boufTissure, un conmicnccnicnt
d'hydropisie.
EINFLLO, A, adj. Enflé, qui a de l'enflure, notamment au visage.
EINFONÇA, EINFONDRA, EFFONDRA, r. Enfoncer.
EINFORETÀ, V. Exaspérer, irriter une personne, l'exciter contre
une autre. (Val d'Illiez )
EINFORNA, V. Enfourner, mellre au four.
EINFORTENÀ, v. Faire le sort de quelqu'un, lui procurer bonne
chance. On dit proverbialement à Montreux: On fa bcinsc z'ein-
fans , ma on ne le z'inforlene pa, on procrée bien ses enfants,
mais on ne fait pas leur sort. De fortena, sort, fortune.
EINFOTHAU, AUSA, adj. Foulé, fatigué à en avoir des douleurs,
des courbatures. (Valais.)
EINFOUMA, AHIE, adj. Irrité, de mauvaise humeur; enfumé.
EINFRESOUNNA, EINFRETHOUNNA, v. Endêvcr, enrager. - Un-
fresounna, id. (Pays-d'Enhaut.)
EINFRETOUNNA, AHIE, adj. Fin, adroit, rusé, délié; enragé. -
Unfresounna. id. (Pays-d'Enhaut.)
EINFROMEDGI, v. Faire mûrir, abonnir. (Alpes.)
EINGAINA, s. f. Ruse, fraude, subtcirfuge. Voy. angaina.
EINGANNA, r. Entrer dans un service dont on se trouve mal.
EINGATIHI, V. Salir avec de l'ordure, gâter avec des choses mai-
propres. (Val d'Illiez.)
134 EIN
EINGAULA, V. Manger en glouton. De gaula, gueule.
EINGEILA, V. Engluer. Voy. angeila. (On prononce einguêla, an-
guêla. — N, de l'éd.)
EINGERAI, s. m. Faux à panier, instrument d'agriculture. L. m-
gerere. (Fribourg.)
EINGOLA, V. Ravauder, marauder, enjôler. (Valais.)
EINGOLLHIAU, s. m. Flaque d'eau, écoulement par lequel elle se
vide. De gollhe, flaque, mare. (La Côte.)
EINGORRAI, AHIE, adj. Qui a le mal vénérien. Degorra, mal vé-
nérien. (Jura.)
EINGORRHA, EINGORREIHI, v. Donner le mal vénérien.
EINGORSELLA, EINGORZALLA, EINGOSALA, v. Faire entrer de
force dans la gorge, dans le gosier.
EINGORTHAU, AHIE, adj. Qui se donne des airs, qui se pavane,
vaniteux. (Val d'Illiez.)
EINGOUËTZI, V. Ecraser une chose molle.
EINGOUMA, ANGOUMA (s'), v. S'engouer en mangeant. — S'ein-
gomma, id. (Vaud.)
EINGRABA, v. Ensevelir, inhumer. Ail. grab. (Evêché de Bâle.)
EINGRAISSI, V. Engraisser.
EINGRANDJI, v. Faire entrer une récolte dans la grange.
EINGRAUBA, v. Se dit d'un vase, d'un conduit d'eau qui se crasse
ou qui s'engorge par suite d'un sédiment. De granba, crasse at-
tachée aux parois d'un vase. (Aigle.)
EINGRAVA, V. Se repentir d'une action ou d'une parole. L. gra-
vari. (Valais.)
EINGREBLLAI, s. m. Voy. agrebllai.
EINGREINDJI, v. Mettre de mauvaise humeur; empirer. Lo mô s'è
eingreindji, le mal a empiré. De greindje, grondeur, boudeur, de
mauvaise humeur. (Vaud.)
EINGROSSI, EINGROUCHI, i'. Engrosser.
EINGUENOT, TA, adj. Protestant, réformé, huguenot. (Fribourg.)
EINGUEUSA, V. Emboiser, tromper, coquiner. Fr. gueux. (Vaud.)
EIN 135
EINGUILLETTA, s. f. Voy. eiguilletta.
EINHERBA, v. Empoisonner avec des herbes vénéneuses.
EINHLLANTZE, s. f. Pain plat moins cuit que le pain de ménage.
— Fllantze, id.
EINIILLAUDINA, v. Duper, enjôler, tromper, filouter. Dellllmido,
Claude, nom de baptême. Au figuré, c'est un lioiniiie simple,
niais, facile à abuser : Te n'î k'07i Hllaudu, tu n'es qu'une bête.
De là le verbe. (La Côte.)
EINHLLOURE, v. Clore, fermer, renfermer. L. includcre.
EINKABOURNA, v. Se cacher, se tenir renfermé chez soi. De ca-
borna, cabinet, et par dérision, maison. (Neuchâtel.)
EINKAIOTTA, AHIE, adj. Taché de piqûres de puces ou d'excré-
ments de mouches. De kaia. Voy. ce mot. (Alpes.)
EINKAMBLLA, v. Encombrer, obstruer.
EINKAVA, V. Encaver, mettre du vin, des tonneaux on cave.
EINKAVIAU, s. m. Propriétaire qui met son vin en cave. (Neu-
châtel.)
EINKAVOA, EINKAUA, v. Lier un cheval à la queue d'un autre.
De kaua, queue.
EINKE, EINKIE, adv. Là. L'è einke, il est là; du einkic, de là; per
einke, par là. — Ike, ikhe, ainkié, id.
EINKEMANTHA, v. Fixer à un tronc des fers auxquels tient une
corde, pour le traîner en y attelant un cheval. (Alpes.)
EINKEPÉTA, AHIE, adj. Maison ou autre immeuble déjà occupé.
L, ante occttpatus. (Valais.)
EINKLLAIRIHI, v. Se dit d'une ravine, d'un éboulement qui cou-
vre un terrain de pierres et en fait ce qu'on appelle dans les
Alpes un glarier, gllarei. Voy. ce dernier mot. (Val d'Illiez.)
EINKLLOUNO, s. m. Enclume du forgeron.
EINKO, A, adj. Aigre, acide, amer. — Anko, a, id.
EINKOBLLA, s. f. Attache, entrave, couple. (Vaud.)
EINKOBLLIA, v. Attacher à un cheval les deux pieds de devant,
pour qu'il ne s'écarte pas. (Vaud.)
136 EIN
EINKONI^ A, adj. Chargé de crasse, encrassé. De couenna, crasse,
couenne. (Valais.)
EINKORA, EINKOUE, adv. Encore, derechef. Voy. ankora.
EINKORNI, lA, adj. Rance; se dit de la viande qui a un mauvais
goût.
EINKOTZE, s. f. Coche, entaille ; manière de compter consistant à
faire des coches dans une baguette. (Vaud.)
EINKOTZI, V. Préparer, commencer, mettre la main à l'œuvre;
encocher.
EINKOULATTA, v. Mettre une culotte à un petit garçon. De coulât,
chausses, culotte.
EINKOURA, s. m. Le curé de la paroisse. lô reste Veinkoura ? où
demeure le curé? (Fribourg.)
EINKOUTI, A; EINCOTHI, A, adj. Emmêlé; se dit des cheveux.
EINKRAIRE, v. Croire, accroire.
EINKREMEIN, UNKREMEIN, s. m. Enfant nouveau-né. L. incre-
menttim. (Pays-d'Enhaut.)
EINKRENA, UNKRENA, v. Encocher, échancrer, entailler, entamer.
EINKRÉTA, EINKREA, s. f. Coche, échancrure; passage étroit;
rainure.
EINKRÈTHA, s. f. Acreté, acidité, froid rigoureux. (Pays-d'Enhaut.)
EINKRÉTHENA, v. Abrutir, rendre stupide, hébété, crétin. (Valais.)
EINKRO, A, adj. Acre, amer; violent, colère; grand travailleur.
Voy. ANKO, EINKO.
EINKROJI, EINKROZI, UNKROJI, v. Creuser, excaver.
EINKROTTA, v. Mettre en terre le cadavre d'un animal. Gr. z/jûtttjj,
It. grotta, Fr. grotte. Voy. crotta, crotton. (Vaud.)
EINLLHA, AHIE; EINDA, AHIE, adj. Agacé. E le dein einllhahie,
j'ai les dents agacées. (Montreux.)
EINLLHÂ, V. Agacer.
EINLORNA, V. Duper; ennuyer par son babil. — Einpiorna, id.
— Einliorna, id. (Val d'Illiez).
EINLUTZI, EHLLUTZI, v. Eclairer ; faire des éclairs. (Fribourg.)
EIN lr]7
EINLUTZO, ELIUZO, s. m. Eclair; même racine que le latin lux.
(Fril)ourg.)
EINMANTSCIII, t\ Emmancher; jeter, laiisser ; jeter le manche
après la cognée. (Lavaux.)
EINMEHLLA, i\ Emmêler, embrouiller.
EINMERDOLA, r. Embrener, salir avec des excréments. De 7ntT</a.
EINMOCHA, AHIE, adj. Morveux. De mokka, morve. (Valais.)
EINMODA, EMODA, v. Partir; commencer, mettre en train. (Vaud.)
EINMORATSI (s'), v. S'amouracher.
EINMORDJI, V. Commencer, mettre en train. Einmordji na niaise,
commencer une querelle. — Einmordzi, einmourdzi, id. (Vaud.)
EINMORTHI, lA; EINMOURTI, lA, adj. Engourdi, gourd.
EINMOUELLA^ v. Mettre le foin en veillottes. De moue, movi, mon-
ceau, tas.
EINMOUESSI, V. Entasser.
EINMOUSATIII, IIIA, adj. Hébété, pesant, endormi. De mouset,
musaraigne.
EINNECTA. V. Flagorner, encourager par flatterie. L. innccto. (Val
d'Illiez.)
EIN-NO. Contraction de allcin-no, allons-nous.
EINNOBLLI, EINUBLI, v. Devenir nébuleux, nuageux, se couvrir
de nuages. L. nubila.
EINNOCEIN, TA, adj. Innocent, sans malice; se dit des imbéciles
de naissance, des crétins. (Jura.)
EINNOTSI, EINOSSI, v. S'engouer en mangeant. De nossa, petit
morceau, bouchée.
EINNOULLIII, V. Huiler; administrer l'extrême onction. De ouUho,
oleum, huile. (Fribourg.)
EINNOYAU, AUSA, adj. Sujet à l'ennui, à la peur; qui craint la
solitude, les ténèbres, les revenants, les lutins, les sorciers.
(Pays-d'Enhaut.)
EINNOYÏ, V. Ennuyer. S'einnoyï, s'ennuyer; avoir peur la nuit.
M'einnouio, je m'ennuie.
EINORTZEMEIN, s. m. Ensorcellement. (V. st.j
138 EIN
EINORTZI, EINORDZI, v. Faire endêver, ensorceler. De nortze,
sorcière. (Vaud.)
EINOULLHI, V. Mettre un liquide dans un vase, remplir un vase
de liquide. L. in olla.
EINOURTSIHI, V. Ennuyer, rompre la tête à force de paroles,
de criailleries. (Val d'Illiez.)
EINPAIJA, s. f. Empois.
EINPAKOTTA, v. Embouer, salir avec de la boue. J)&pakot, boue.
EINPARA, V. Soutenir quelqu'un, l'aider, le protéger, prendre sa
défense; retenir un corps en mouvement.
EINPARE, s. f. Barrière, soutien, appui, crédit. L'a de Veinpare,
il a du crédit; preindre l'einpare, prendre les devants, prévenir;
preindre de l'einpare^ prendre de la marge, se prémunir. (Vaud.)
EINPARTIHI, V. Fermer avec des perches les passages ouverts
dans les haies. (Val d'Illiez.)
EINPATA, V. Pétrir le pain, faire de la pâte.
EINPATAIRE, s. f. Pétrin, huche à pétrir.
EINPATOLLHI, v. Envelopper de chiffons. De patta, chiffon.
EINPATOLLHU, UVA; EINPATOLLHI, A, adj. Enveloppé dechif-
fons, déguenillé. (Vevey.)
EINPATSCHI, EINPATZI, v. Empêcher. Une femme dit: Su ein-
patschia, je suis empêchée, locution plus polie que : je suis en-
ceinte. (Vaud.)
EINPEINDRE, v. Pousser quelqu'un de manière à le faire tomber.
(Val d'Illiez.)
EINPENNA, V. Mettre des plumes aux flèches, aux carreaux d'ar-
balète. (V. st.)
EINPERRÉ, EINBERRET, s. m. Embarras, obstacle. (Valais.)
EINPÉSA, EINPÉJA, EINPAHIJA, v. Empeser.
EINPIORNA, r. Ennuyer, rompre la tête par des discours désa-
gréables. Voy. PIORNA, EINLOKNA. (Vaud.)
EINPLLA, V. Remplir; engrosser; dans ce dernier sens, c'est le
mot technique parmi les paysans. (Vaud.)
EINPLLAIHI, V. Employer, faire usage.
EIN l;l<>
EINPLLÀTRO, s. m. Emplâtre; personne qui ne sait pas se remuer,
qui est endormie, engourdie.
EINPOMGHI, V. Infecter un vase avec de l'urine, einpun. ('Fri-
bourg.)
EINPONNA, V. Aigrir une perscmnc, l'exciter contre une autre.
L. impugnare. (Val d'Illiez.)
EINPORTA, V. Emporter. On dit einporto dans le Bas-Valais.
EINPOTTA, EINPOUTA, v. Faire la moue, braver avec mépris. De
potta, lèvre, moue. (Valais.)
EINPQUE, s. f. pi. Voy. ampoue.
EINPOUGM, V. Empoigner, saisir au corps. Se san einpougni, ils
se sont battus.
EINPOUGNO, s. m. Moyen quelconque pour empoigner un objet
trop chaud.
EINPREINDRE, u. Allumer le feu, la lampe; prendre feu, s'en-
flammer. Va empreindre lo craisu, va allumer la lampe. (Fri-
bourg.)
EINPRONTA, V. Emprunter.
EINPRONTA, AHIE, adj. Embarrassé, gêné, empêché dans ses
mouvements. (Vaud.)
EINPRONTHIAU, lAUSA, adj. Emprunteur importun.
EINPUN, UNPUN, s. m. Urine. (Fribourg.)
EINRAHI, V. Commencer un ouvrage. (Nyon.)
EINRAUFFA, v. Salir, couvrir d'ordures. Itre einrauffa, être en-
crassé, se dit d'un vase. — Ehiroffa, id.
EINREILLA, v. Se perdre dans des fentes ou crevasses de rocher.
De rallia. Voy. ce mot. (Alpes.)
EINREIMBLLA, v. S'enfoncer dans les fondrières, s'embourber.
No ne seinpa mô einreimblla, nous ne sommes pas mal embour-
bés. (Vaud, Fribourg.)
EINRETZAU, EINRICHAR, s. m. Presse pour mettre le fromage
en forme.
EINRETZI, V. Mettre le lait caillé dans la forme, au sortir de la
140 EIN
chaudière, pour faire un fromage. — Einroutschi, id. De rontze,
retza, forme pour le fromage. (Alpes.)
EINRHOMMA (s'), v. S'enrhumer.
EINRHOMMA, AHIE, adj. Enrhumé.
EINROFFA, AHIE, adj. Chargé de crasse. — Einrmiffa, id.
EINROFFÀ, V. Voy. einrauffa.
EINROSSI, A, adj. Qui est devenu rosse, qui dégénère et perd ses
forces. {Enrosser quelqu'un, lui vendre une rosse , terme de ma-
quignon dans le français populaire vaudois. — N. de l'éd.) (Vaud.j
EINROUTZI, V. S'enrouer.
EINROUTZI, lA, adj. Enroué.
EIKSABLLA, v. Ensabler, couvrir de sable.
EINSAGNOLA, v. Ensanglanter.
EINSASSALA, v. Se précipiter, se perdre dan» ies rochers, saxa.
(Alpes.)
EINSATZI, V. Mettre dans un sac, ensacher.
EINSEINBLLO, adv. Ensemble.
EINSORNELAU, LAHIE, adj. Assoupi ^ qui sommeille. De sonno,
sorno, sommeil. (Valais.)
EINSOSSA, EINSOKKA, v. Salir ses souliers, ses sabots. L. soccus.
(Val d'Illiez.)
EINTA, V. Enter un arbre, greffer.
EINTEINDRE, v. Entendre. Ce verbe est peu usité; on dit plutôt
oure. Seulement, au lieu à'eintein-to ? entends-tu ? on dit par
abréviation tein-to ? (Lausanne.)
EINTEMONI, A, adj. A demi endormi, assoupi, (Val d'Illiez.)
EINTETSCHI, v. Entasser, amonceler, mettre en tas, en monceau.
De tetsche, tas.
EINTÎTHA, V. Assommer, entêter. De titha, tête. — Untlieta, id.
EINTOAIRDRE, v. Entortiller, envelopper par des tours réguliers.
EINTORTOLLHI, v. Entortiller. (Vaud.) Voy. einvourtholli.
EINTOUGNI, A; UNTOUGNI, A, adj. Opiniâtre, entêté, têtu. G.
touign, émoussé. (Alpes.)
EIN lil
EINTOULA, V. Mtitire le foin en veil lottes. C. inul, excroissance.
(Aigle.)
EINTOUPENA (s'), v. S'appesantir par le sommeil ou par la ma-
ladie. (Vaud.)
EINTOUPENA, AHIE, adj. Lourd, somnolent. (V;iud.)
EINTRA, ElTRA, r. Entrer.
EINTIUNTZI, UNTRONTZI, v. Elancher; obstruer le passage d'un
liquide. (Alpes.)
EINTHEFETSCHl, v. Entrelacer.
EINTREMI, r. Méditer, rélléchir, penser. L. intcr me. (Valais.)
EINTREMI, s. m. Milieu, entre-deux.
EINTREMI, prép. Entre. Einlrrmi le don, entre les deux.
EINTREMOUHIA, s. f. Trémie de moulin.
EINTREPLLISI, s. /. Hydropisie. (Valais.)
EINTREPOUSA, v. Entreposer.
EINTREPREI, EISSA, adj. Gauche, embarrassé, ne sachant com-
ment s'y prendre. (Vaud.)
EINTRETSANTA, v. Enchanter, ensorceler, charmer par des pra-
* tiques de magie, fasciner. (Valais.)
EINTRÉVA, EINTRÉHA, EINTERVA, v. Parler à quelqu'un, s'a-
boucher, s'informer, demander. E fauta de l'riniréva, j'ai besoin
de lui parier. (Vaud.)
EINTZAMPA, V. S'égarer, perdre son chemin, aller à travers
champs. (Pays-d'Enhaut.)
EINTZAPPLLA, r. Donner le fil à la faux en la ballant avec un
marteau. (Vaud.)
EINTZAPPLLE, s. f. Pièce de fer sur laquelle la faux repose quand
on la bat. (Vaud.)
EINTZARREiHI, v. Charmer, ensorceler; faire un charme pour
empêcher le renard, la fouine ou le putois de prendre les poules,
charme qui consiste à dessiner par un fil de laine rouge une- en-
ceinte que ces ennemis des basses-cours ne peuvent franchir.
De Isarraire, chemin. (Vallée de la Rroie.)
14i> EIN
EINTZATTALA, v. Entasser, mellre l'un sur l'autre. De tsattalel.
Voy. ce mot. (Vaud.)
EINTZELEKA, s. f. Angélique, plante ombellifère, Angelica sylvcs-
tris et Angelica montana. — Einzeleka, id. (Alpes.)
EINTZENALLI, adj. Enchaîné ; se dit des chiens in coïtu.
EINTZEVÉTRA, v. Mettre le licou. De tsevéro, licou.
EINTZIFRAU, AHIE, adj. Morveux. (Val d'Illiez.)
EINTZIFRENA, AHIE, adj. Enchifrené, qui a un embarras dans
le nez.
EINTZIROUNA, v. Mettre le foin en veillottes. De tsiroii, veillotte.
EINTZO, EINTZE, EICHE, s. f. Encre. Nei ko l'eintzo, noir comme
l'encre.
EINTZOTOUNA, v. Conduire le troupeau dans les pâturages in-
férieurs ou pâturages du printemps. De tsantein, la belle saison.
(Alpes.)
EINTZOTOUNADJO, s. m. L'action ù'eintzotouna. (Alpes.)
EINVAHI, V. Mettre quelqu'un en chemin, lui indiquer la bonne
route. L. in via. (Valais.)
EINVAUDA, EINVOÛTA, v. Ensorceler, charmer, jeter un sort^
rendre malade, faire maigrir gens ou bêtes par sortilège, en en-
voûtant. Einvauda vient de vaudai, sorcier. (Alpes.)
EIN VER, s. m. Furoncle, apostume; moins usité que Ulou. Voy.
ANVEti.
EINVERROTA, v. Entrelacer. De veri, tourner. (Val d'Illiez.)
EINVETI, V. Ensemencer, emblaver.
EINVETU, A, adj. Terrain qui a sa récolte sur pied.
EINVIA, V. Voy. einvouhi.
EINVOHA, V. Divulguer les choses secrètes. L. vox, voix. (Val
d'Illiez.)
EINVOLA, 11. Envoler, emporter. Diabllo m'einvolai, imprécation
fréquente. Voy. diablle. (Vaud.)
EINVOUA, EINVOUDRE, v. Arranger, disposer, mettre en ordre.
EINVOUARGNAU, AHIE, adj. Endiablé, possédé. (Valais.)
EKO 14:3
EINVOUARPAU, AHIE, adj. Hâve, maigre, pâle, hagard, qui ;. laii
d'un déterré. — Evouarpau, id. (Val d'IUiez.)
EINVOUllI, EINVOIU, EINVIA, v. Envoyer, mettre en chemin.
EINVOULLHI, V. Emmêler, embrouiller. (Fribourg.)
EINVOURTHOLLI, EINVORTIIOLLI, V. Entortiller. - Eintor-
tolihi, id.
EINZEVALLA, v. Mettre le blé fauché en javelles. De zevulln, ja-
velle. (Valais.)
EKAFFA, V. Ecraser; éclater de rire. Dans ce dernier sens on dit
aussi reknfjfa. — EkUaffa, id.
EKALABRA, EKALAMBRA, v. Ouvrir une porte, une fenêtre avec
fracas, l'ouvrir toute grande; étendre les bras pour faire de
grands gestes. (Vaud, Neuchâtel.)
EKALABRI, s. m. Homme qui fait de grands gestes, qui a de
grandes jambes ou qui les écarte en marchant; étourdi. (l'ays-
d'Enhaut.)
EKARA, V. Rendre carré.
EKARAFFA, AHIE; EKARANTA, AHIE, adj. Epouvanté, elïrayé,
effaré. (Vaud.)
EKARAFFHA, v. Voy. ekai^failli.
EKARBOUTA, v. Fausser un vase de cuivre ou d'étain, le bossuer.
(Val d'Hliez.)
EKARCELA, ESCARCELLA, s. f. Escarcelle. Porta ein escarcella,
porter un fouet en sautoir. (Valais.)
EKARFA, V. Ecarter trop les jambes en marchant.
EKARFAILLI, EKARAFFHA, v. Ecraser. (Vaud, Valais.)
EKARKELLHl, v. Disperser; écarquiller.
EKAURE, EKEURE, EKOURO, v. Battre le blé en grange. Ekaure
se dit aussi pour hallre briquet. C. egori, ouvrir. (Vaud.)
EKAUVA, EKOVA, EKEUVA, s. f.: EKOVÉ, s. m. Balai, écou\ ilhni
pour nettoyer un four. — Prov. Le lo rahilo ke se moké de l'é-
cové, c'est le râble qui se moque de l'écouvillon.
EKIEUPAI, V. Cracher, vomir. (Evêché de Bâle.)
EKODRE, V. Avoir, dans une famille, plus d'égards, plus de soins
U4 EKO
pour un membre que pour un autre. — Bécordre, id. Voy. Cor-
dre. (Val d'IUiez.)
EKOFFEI, s. m. Cordonnier; fém. écoffaire.—Escoffei, id. (Vaud.)
EKOÏ, s. m.; EKOVIRE, EKOVISSE, s. f. pi. Balayures. Voy.
EKOVA.
EKOINA, s. /.; EKOUANEI, EKOUENNEI, s. m. Epine vinette.
(Vevey-)
EKOÏTAI, s. m. Eboulis, chute de terres ou de rochers.
EKOPI, V. Cracher (Val d'Illiez). Ekieupai, dans l'Evèché de Baie.
L. expuere, eœspuere.
EKORDJA, EKOURDJA, s. f. Fouet de charretier. C. scourge, fouet.
Le français écoiirgêe signifie un fouet qui est fait de plusieurs
lanières.
EKORNETTI, v. S'égosiller, crier à pleine gorge, à tue-tête. Même
racine que le français cornet. (Alpes.)
EKOSSAI, EKOSSIAU, s. m. Batteur en grange. C. cos, gousse,
épi. (Vaud.)
EKOSSAIRA, EKORSiAIRE, EKOCHAIRE, s. f. Dévidoir. Gain-
dro, id.
EKOT, s. m. Tige de fève; morceau de bois sec, bûche.
EKOTA, V. Etêler un arbre. — Emolta, id.
EKOUAIRU, UVA, adj. Petit, débile, de chétive apparence. (Coppet.)
EKOUAISSl, V. Affaisser, faire fléchir; affaisser une branche d'ar-
bre en la faisant fléchir avec effort, de sorte qu'elle ne se re-
lève pas.
EKOUALA, V. Oter la plaque de métal qui recouvre un bouton.
(Pays-d'Enhaut.)
EKOUALLA, s. f. Ecuelle; ricochet sur l'eau.
EKOUALLETTA, s. f. Diminutif de éconalla. petite écuelle, tasse;
ricochet sur l'eau.
EKOUATRA, r. Briser, écacher, écraser.
EKOUATROUNA, EKOUATRONA, v. Détruire les petites limaces.
De kouaitron, kouatron, limace des jardins.
ELI 1/^5
EKOUEISSI, A, adj. Eclopé, mal sur ses jambes, harassé de fatigue.
De housse, cuisse. (Vaud.)
Un paysan lisait comme suit l'inscription qu'on voyait ancien-
nement sur une des portes de Lausanne : a Lmtsanna civitas
eqiiestris », Loicis Seigneux tôt ékoneissi, Louis Seigncux tout
éclopé, parce que ce bourgmestre de Lausanne était boiteux.
EKOUENNA, v. S'efforcer, tâcher; enlever l'écorcc du bois, la
croûte du fromage. De couenna, croûte, couenne. {FAouenna si-
gnifie aussi ccobuer. — N. de l'éd.)
EKOUIRLO, s. m. Œuf sans coquille; fruit avorté. (Pays-d'Enhaul.)
EKOULA, s. f. Ecole.
EKOULL s. m. Ecolier, étudiant. Ecoxdire, écolière.
EKÛURCI, i\ Relever ses jupons pour qu'ils ne traînent pas, se
trousser.
EKOUVRA, ECAUVRA, EKEUVRA, s. f. La pièce supérieure du
pressoir. (Yaud.)
EKOVA, EKAUA, EKEUVA, v. Balayer. C. lioves, nettoyer.
EKOVIRE, EKOVISSE, s. f. pi. Voy. ECOÏ.
EKRAINZI, V. Secouer le blé dans le van pour séparer les criblu-
res. De creinlze, crinse, s. f. pi. criblures.
EKRAPA, EGRAPPA, v. Egrapper, détacher les grains d'un épi,
d'une grappe; enlever la première couche d'un solide ou d'un
liquide.
EKRETÉRO, s. m. Ecritoire, encrier. (Lopotet, id. — N. de l'éd.)
EKRETHI, V. Se resserrer; se dit des boiseries neuves.
EKRITHA, AHIE, adj. Se dit d'un vase de bois si sec que le liquide
contenu s'en écoule. (Val d'Illiez.)
EKUIABOT, s. m. Jeune planton de chou qui n'a que les pre-
mières feuilles. (Jura.)
ELANA, V. Séparer les parties d'un corps posé à plat. De lan,
planche. (Alpes.)
ELEIGHI, V. Consoler, alléger les chagrins. (Val d'Illiez.)
ELEIZI, V. S'éclaircir, se remettre; se dit du temps.
ELIENDA, s. f. Eclair. (Genève.) Voy. einlutzo.
MÉM. ET DOCUM. XXI. 10
U6 EN
ELOISA, s. f. Etincelle. — Epélua, id.
ELOUTZI, ELOUCHI, v. Peser sur une branche pour la séparer
du tronc.
EMAGALLA, EMAZILLHA, EMASILLHI, v. Ecraser un fruit, un
insecte. (Fribourg.)
EMAHI, EMEYI, V. Hésiter, balancer, être en suspens. (Alpes.)
{Einmailli, dans le Jorat, signifie lanterner. — N. de l'éd.)
EMAKA, V. Aplatir; se laisser serrer les doigts par une porte.
(Pays-d'Enhaut.)
EMBLAI, s. m. Voy. amblai.
EMÉLUA, V. Réduire en poussière, briser en mille pièces. De mêle,
mille. (Vaud.)
EMERAHLLA, v. S'étonner, s'émerveiller, crier au miracle. De
merahllo.
EMERO, RA, adj. Pâle, sans couleur. (Alpes.)
EMI, s. m. Ami. (Gruyère.)
EMMI, prép. Entre. Medii cein emmi vo don, mangez cela entre les
deux.
EMOLA, V. Aiguiser, émoudre. — Mola, id.
EMOLLHAU, s. m. Planche sur laquelle on bat le linge mouillé.
EMORANTZI, v. Faire tomber un corps en le heurtant; se meurtrir
un membre. (Alpes.)
EMORSALLA, v. Mettre en pièces, en morceaux.
EMOTA, V. Emousser un corps pointu. C. mot, émoussé.
EMOTTA, V. Etêter un arbre, émonder; briser les mottes, éraotter.
EMOURTI, V. Engourdir.
E.MOURTI, A, adj. Engourdi. Voy. einmorthi, einmousathi.
EMOUSTELLHI, v. Se hâter, se dégourdir, se mettre en train, s'é-
moustiller. (Vaud.)
EN, ON, ION, adj. dét. Un. lena, onna, une. On valet, un garçon;
na fenna, onna fenna, une femme ; n'einlutzo, pour en, on ein-
lutzo, un éclair. {Ion, iena ne s'emploient que comme pronoms:
n'ein é pa vu ion, je n'en ai pas vu un, je n'en ai vu aucun. —
N. de l'éd.)
EPE \M
ENCERCIIE, s. f. Recherche, enquiMe.
EMEHLA, r. Voy. egxeihla.
ENNESI, s. m. Jeune porc d'un ;tn. L. aunua.
ENORVA, r. Se dégoûter des alinii;nls pour jivoir mangé avec
excès. (Valais.)
ENTHECOT, s. m. Passage court et étroit pour gagner la rue entre
deux de ces petites boutiques des rues Basses qu'on appelait
des bancs. (Genève.)
EPAIS, acij. Epais. Le féminin épessa, se dit dune femme grosse.
EPALANTA, r. Disperser. L. palans, errant, qui court çà et là.
EPANDA, s. /. Planche qui fait rebord sur une autre. L. pando.
(Alpes.)
EPANDRA, r. Etendre le linge pour le sécher; jeter un homme
sur le carreau.
EPAMZI, r. Eparpiller; étendre le foin sur le pré, ou le fumier
sur le champ.
EPÀRA, s. f. Penture, bande de fer clouée sur une porte, sur un
contrevent, pour les soutenir sur le gond.
EPARÀ, V. Ouvrir brusquement une porte. L. parare. (Pays-
d'Enhaut.)
EPARTZE, s. m. Géranium herbe à Robert, Géranium rodertia-
mun. (Bex.)
EPARZOIRE, s. f. pi. Perches pour clore les passages ouverts dans
,es haies. (Entremont.)
EPATO, A, adj. Pauvre, mendiant, déguenillé. De patte, lambeaux,
chiffons, guenilles. (Valais.)
EPAU, SA; EPEU, SA; EPU, SA, adj. Epoux, épouse.
EPAULA, EPOLA, s. f. Epaule; bobine de rouet.
EPAULETTA, EPOLETTA, s. f. Epauletle; petite bobine.
EPAUZE, s. /. p/. Chanteuses du mois de mai. (La Cùle.) Voy.
MAÏENTZA.
EPEI, adv. Peut-être. Epci hein, loc. adv., cela peut bien ètr.', il
se peut bien.
148 EPE
EPEICHA, s. f. Grand pic des forêts, Piciis major. G. pec, bec.
Epaitza, id. (Alpes.)
EPEINGLEI, EPINGLAI, s. m. Gastré, ou gastérostée, poisson du
genre des anastosoraes, vulg. épinoche. (Jura.)
EPEINGUAI, EPEINGHUI, EPEINLLHI, s. m. Etui à tenir les
épingles et aiguilles.
EPEKLLA; EPEHLLA, v. Ecraser, écaclier, manger à se crever.
(Vaud.)
EPÉLUA, V. Etinceler, briller, resplendir. G. clVj elven, étincelle.
EPÉLUVA, EPELIVA, EPELUA, s. f. Etincelle.
EPENA, s. f. Epine.
Epena-naire, prunelier, Prunus spinosa.
Epena-b liant ze, aubépine, Cratœgus oxyacantha.
Epena à tiendre, nerprun, Rhamnus catharlica; c'est aussi
l'argoussier, Hippophaë rhamnoides. (Vaud.)
EPENASSI, EPENATSGHI, v. Sérancer, peigner le chanvre, le lin.
(Vaud.)
EPENASSIAU, s. m. L'ouvrier qui sérance, séranceur. (Vaud.)
EPENATZE, s. f. pi. Epinards. L. spinacia.
EPENOSSE, s. f. pi. Malenconlre, affaires embrouillées, épineuses.
(Goppet.)
EPERPELLHI, v. Disperser, éparpiller. Voy. epantzi.
EPERRA (s"), V. S'efforcer, faire des efforts, essayer. L. experior.
(Valais.)
EPERREIHI, V. Epierrer, enlever les pierres d'un terrain qu'on
défriche.
EPÉTA, EPEHLLA, v. Manger à n'en pouvoir plus. (Val d'IUiez.)
— Epéklla, id.
EPETADON, EPETADAN, loc. adv. Et puis, alors, ensuite. (Vaud.)
EPETALAl, s. m. ; EPETALAIRE, s. f. Directeur, directrice d'une
maison de charité.
EPEKJ, s. m. Hôpital, hospice.
EPETZI, V. Ecouter curieusement, épier. (Jura.)
ERA liO
EPEVAIGHI, V. S'étendre en IjàilUmt. (Val d'illiez.)
EPI, s. m. Lavande, Lavamhtla Spira. (Aigle.) — Aspi, espi, id.
EPIA, V. Monter en épi, épier.
EPIENNA, EPLANNA, r. Enlèvera la viiino, au iiriiitemps, les
pousses superflues. De piennd, pllenà. Voy. piennà.
EPIHIA, s. f. Epée, glaive.
EPOIGNE, s. /. Gâteau, tourte. (Genève.)
EPOIN, s. m. Douleur fixe au côté, dans la pleurésie: douleur qu\
gêne la respiration, point.
EPOLALLHI, i\ Epouvanter, chasser les poules en les effrayant.
De polaille, poule.
EPONTA, i'. Effrayer. (Alpes.)
EPONTAI, s. m. Epouvantail pour éloigner les oiseaux d'un champ,
d'une chenevière. (Alpes.)
EPORDHI, V. Elîrayer par le bruit, chasser gens ou bêtes. (Valais.)
EPOTIHl, r. Recevoir une remontrance avec mépris, en faisant la
moue. De potta, grimace, moue. (Val d'illiez.)
EPOUAIRI, V. Epouvanter, effrayer. De pouairc, peur. — Eponta,
id. (Vaud.)
EPREINTIHI, V. Faire des efforts en étant à la selle. (Valais.)
EPTHAI, EPPLLAI, adi\ A la hâte, précipitamment. (Valais.)
EPTHAIKI, EPPLAIKI, v. Se hâter, se précipiter dans sa marche.
(Valais.)
EPU, EPOUAI, adv. Puis, et alors, ensuite, après quoi.
EPU, s. m. Le vide d'une mortaise. (Pays-d'Enhaut.)
EPUDJI, EPUDIHI, V. Voy. pudji.
EPUFFA, EPOUFFA, v. Pouffer de rire; épousseter. Puffa, signi-
fie poussière.
EPUFFAHIE, s. f. Violent éclat de rire.
EPUSA, V. Epouser.
EPUS.VHIE, s. f. L'épouse, l'épousée. Moins usité (juc cpausa.
ERA, adv. Maintenant, actuellement. (Val d'illiez.) Voy. ai;.\, iioh.\.
ERAIZI, V. Déraciner avec effort. De rai, racine. (Alpes.)
150 ESC
ERARI, V. Eclaircir des plantes ou des semis trop épais. L. 7'arus.
ERAVEIHI, V. Eclaircir des raves semées trop épais; faire la ré-
colte des raves.
ERBE, s. m. Présure. (Val d'Illiez.)
ERBONNA, ORBAINA, s. f. Lagopède, perdrix des neiges. (Alpes.)
ERBOUNA, ORBOUNA, s. f. Baie de laurier qu'on met dans les
ragoûts. (xMontreux.)
ERCOSSEI, ARCOSSEI, s. m. C'est le nom de deux arbrisseaux :
\e nerprun çurgiil'xf, Rhmnnvs cathartica (Aigle), et l'argoussier,
Hippophaë rhamnoides (Montreux).
ERDZEIN, s. m. Argent, numéraire. Le z'erdzcin ne san pa épais,
l'argent est rare. — Ardzein, id.
EREDZIA, s. /. Sorcellerie. (Valais.)
EREDZO, A, adj. Hérétique; sorcier. (Valais.)
EREINTÀ, ERENA, v. S'abîmer d'efforts, de fatigue, s'éreinter.
EREINTA, s. f. Force venant des reins. A iot'éreinia, de toute sa
force. (Vaud.) -
ERHBE, s. f. pi. Gouttes de petit lait aigri jetées dans la chaudière
pour faire le séré. (Val d'Illiez.) Voy. séré.
ERHGA, V. Travailler, labourer. Gr. i.oyâÇopat, travailler. (Fribourg.)
ERMAILLI, s. m. Voy. armailli.
ERMANNA, s. m. Almanach, calendrier.
ERMONNA, s. f. Aumône.
ERNEA, ARNEA, s. f. Pie-grièche grise, Lanius excubitor. — Ma-
tagasse, id. (Alpes.)
EROLLA, s. m. Voy. akolla.
ERTÈ, s. m. Orteil, doigt du pied.
ERZI, ERSHI, AHRSI, v. Herser. G. ers, pointe.
ES, s. m. et f. Voy. aa.
ES, ESSE, s. m. If, Taxus baccata. (Villeneuve.)
ESCAR, ETZAR, ESCHEIR, ETZEIRD, A, adj. Econome, chiche,
serré, avare, mesquin. G. scars, étroit, avare; B. L. scardus ;
It. scarso; V. F. échars. (Alpes.)
ESS 151
ESCHIERA, s. f. Vase de iiuil, pot de chainljie. (FiibourLr, l.il«.)
ESCUSA, s. /'. Excuse, juslilication.
ESCUSÀ, ESCOUZÂ, V. Excuser.
ESHLLAFAIIIE, EKLLAFAHIE, .s. f. Violent soulllel, coui., éclat.
ESKORMANTZl, v. S'abîmer de travail; suer saiii,' et eau. (Vaud.)
ESKOÏA, s. f. Corde qui dirige la voile d'une barque. C. escutii, id.
(Léman.)
ESPARCETTA, s. /. Voy. espeircetia.
ESPEINTE, s. /. Epaule. (Vieux documents de Friboury.)
ESPEIRCETTA, s. f. C'est le sainfoin commun ou esparcette, Uno-
bnjfhis saliva. — Esparcetta, id. (Vaud.)
ESPENDA, ESPEINDA, s. f. Empan. \..pandere. (Yverdon.)
ESPIE, s. m. Espion; intelligence avec l'ennemi.
ESSAITIHI, V. Sonder l'opinion de quelqu'un; essayer; prononcer
la lettre s d'une manière épaisse.
ESSAINGOUNA, r. Secouer une personne endormie pour la ré\eil-
-1er. (Valais.) (On dit segoitgni, dans le canton de Vaud. — N.
de l'éd.)
ESSARKAHLLI, TSERKAIILLI, v. Secouer violemment, ébranler
une porte, un bâtiment. (Val d'Illiez.)
ESSAVA, V. Enlever l'épiderme, érafler. (Pays-d'Enhaut.)
ESSERBA, V. Essarter, défricher, ôter les mauvaises herbes. L. ex
lierba.
ESSERTA, ESSERBEHLLI, v. Essarter, défricher.
ESSERTIllAU, s. m. Journalier qui l'ait des défrichements., défri-
cheur. (Vaud.)
ESSERTS, s. m. pi. Lieux buissonneux qu'on a défriché ou qu'on
défriche.
ESSETA, adv. Hormis, excepté.
ESSEURELLHl, v. Dresser les oreilles de peur comme un cheval
ombrageux. (Val d'Illiez.)
ESSORDALA, ESSORDELA, v. Assourdir.
ESSOTIHI, V. Oter la suie, ramoner. De soutsche, suie. (Valais.)
152 ETA
ESSOUHI, ESSUÏ, V. Essuyer.
ESTAFI, ESTAFIER, s. m.; ESTAFIERA, s. f. Estafier, homme
ou femme hardis, insolents, prompts à en venir aux coups.
(Vaud.)
ESTAIRE, s. f. Demande de subside, d'aides pour le seigneur féo-
dal. (Valangin.)
ESTERMINABLLO, A, adj. Se dit de mauvais chemins où gens et
bêtes risquent de s'estropier. (Pays-d'Enhaut.)
ESTOG^ s. m. Pouvoir, force. Va fé cein de sn'estoc, il a fait cela
de son chef. (Ce mot est français. — N. de l'éd.)
ESTOMME, ESTOMMA, ESTOUMMA, s. f. Estomac.
ESTRA, s. m. Chose étrange, inaccoutumée. Lei a de l'estra, il y a
quelque chose d'extraordinaire. L. extra.
ESTRA, s. m. Aumône donnée à un pauvre au delà de sa pension
ordinaire ou hors des époques fixées. L. extra. (Vaud.)
ESTRANGALA, s. /. Grand filet de pêche. L. stringere. (Léman.)
ESTREINGOLA, v. Etrangler. Diablle t'estreingolai, le diable t'é-
trangle. (Genève.)
ESTREINGUET, s. m. Lacet de femme. L. stringere. (Vevey.)
ESTRIFFA, s. f. Querelle, batterie, chamaillis, démêlé, mésaven-
ture. (Vaud.)
ESTRIFFA, V. Se disputer, se quereller. C. striff, querelle.
ETAILA, s. f. Etoile; marque blanche au front d'un animal.
Etaila tzôna, s. f. Ficaire, Ranunculus Ficaria, plante renon-
culacée; littéralement, étoile jaune.
ETALE, s. f.pl. Copeaux. (Jura.)
ETALLA, ETELLA, s. f. Bûche, tison. (Vaud.)
ETAMPAU, AHIE, adj. Etendu par terre, tombé. L. campus. (Val
d'IUiez.)
ETARAFFE, s.f. pi. Galetas. (Bex.)
ETATSCHI, V. Attacher, nouer, lier. — Liettha, id.
ETATZE, s. f. Attache, lien, ficelle.
ETA VA, s. /. Latte grossière, étai.
ETM 153
ETAVANI, V. Frapper quelqu'un de manière à l'étourdir. (Val
d'Illiez.)
ETEINDIA, s. f. Etendue, espace.
ETEINDOUK, odj. Etendu. (Anniviers.)
ETENAHLLE, s. f. pi. Tenailles.
ETER, s. m. Couché, étendu, abattu. (Alpes.)
ETERGNI, ETRAGNI, v. Eternuer.
ETERPA, s. f. Grande forge, appelée aussi martinet. (Vallorbes.)
ETERPA, TSCHERPEI, s. f. Pioche dont le fer a deux bouts, l'un
tranchant, l'autre en pointe. (Aigle.)
ETERTI, V. Assommer, jeter par terre, étourdir d'un coup sur la
tête.
ETERTIGNI, ETERTHGNI, v. Déranger, détraquer une machine.
(Alpes.)
ETEULA, ESTEULA, s. f. La partie du tuyau du blé qui reste sur
le champ après la moisson.
ETEULA, EHEULA, s. f. Chat-huant, chouette. AU. cule , hibou.
(Vully.)
ETHIAIRU, s. m. Ecureuil. (Lausanne.). L. sciurus. — Ekairu,
ékiairu, id.
ETIER, s. m. Route, chemin. C'est le nom d'un château près de
Saint-Branchier. (Entremont.)
ETIHI, V. Battre briquet. (Valais.)
ETIRA, s. f. Ecueil, rocher caché sous l'eau.
ETIRA, s. f. Perche ferrée pour faire avancer un bateau dans les
bas-fonds. Alla à l'élira, avancer avec le piquet. (Léman.) —
Chola, id. (Neuchâtel.)
ETIVA, ETUVA, v. Mettre les vaches dans les pâturages d'été, es-
iiver. L. œstivare.
ETIVAGE, s. w. Prix payé pour l'estivage d'une vache, pruduit
d'une vache estivée. (Alpes.)
ETIVI, ETIVO. Imparfait du verbe îtrc, être. (Nyon.)
ETMI, A, adj. Engourdi. (Jura.)
154 ETR
ETOLA, s. f. Espèce de filet pour la pêche. (Léman.)
ETOPPA, s. f. Filasse de chanvre, étoupe. Au pluriel étoppe.
ETOPPÀ, ESTOPPÂ, V. Boucher une fente ou une ouverture acci-
dentelle, étouper. (Fribourg.)
ETORNET, s. m. Dévidoir.
ETOURIHI, V. Penser à l'avenir avec inquiétude, appréhender. L.
cura. (Val d'IUiez.)
ETOURNAU, ETOURNA, adj. Qui a des tournements de tète, des
éblouissements. (Valais.)
ETRA, s. m. Ancienne voie romaine au pied du Jura. L. via strala.
C'est aussi le nom d'une rue de Lausanne sur la route de Vevey.
ETRABLAHIA, s. f. L'une des huit divisions territoriales de la
commune de Château-d'Œx.
ETRABLLO, ETRABHLLA, s. f. Etable à vaches. (Vaud.) — Effra-
bllo, id. (Gruyère.)
ETRACHl, ETRATSCHI, v. Déchirer, lacérer, mettre en lambeaux.
— Eiragni, id. L. extrahere. (Alpes.)
ETRAGNI, V. Eternuer. Uerba à étragni, l'arnica de montagne. Ar-
nica montana; ou l'achillée sternutatoire^ Achillea Plarmica.
(Pays-d'Enhaut.) — Eiergni, id.
ETRANDJI, ETRANDZI, EHLLANDZl, v. Surfaire, vendre à trop
haut prix.
ETRATHE, s. m. Plancher de la grange au-dessus de l'étable. L.
straïa. (Valais.)
ETRAUBLLA, s. f. Trouble ou truble, filet pour la pêche.
ETRAUBLLE, s. f. pi. Chaume, éteules, glanures. (Fribourg.)
ETRAVÂ, V. Faire passer le fil dans Yétresaire. Voy. ce mot.
ETREGNON, s. m. Echeveau de fil. (Pays-d'Euhaut.)
ETRESAIRE, s. f.; ETREVI, s. m. Morceau de bois ou de peau par
lequel on fait passer le fil en le dévidant, afin de l'égaliser.
ETRIEU, s. m. Etrier.
ETRISA, V. Voy. ehtria, eïrava.
ETROBLLA, v. Labourer après une première récolte pour ense-
mencer une seconde fois. (Villeneuve.)
ETZ 155
ETROMMA, V. Labourer après la moisson pour eniorrcr le chauini.'.
(Villeneuve.)
ETROMMÉ, s. m. Avorton. (Jura.)
ETROZ, s. m. Chalet des Alpes les plus élevées. (Bas- Valais.) —
Diminutif ù'élrabllo.
ETSAULA, V. Echauler, chauler du blé; eouiier l'herbe de certai-
nes racines alimentaires, celle des carottes ou des raves, par
exemple, après les avoir arrachées.
ETSCHANDJl, r. Echanger, troquer.
ETSEMI, s. m. Chaise à dossier et à bras; tronc taillé en fauteuil.
(Alpes.)
ETSERGUEÏ, s. m. Ecureuil. lOrbe.)
ETSERPENA, ETZCHERPENA, CHERPENA, TZERPENA, v. Dé-
mêler du crin, de la laine; défaire le crin ou la laine d'un ma
telas que l'on veut rebattre.
ETSERPENA, AHIE, udj. Echevelé, dont les cheveux sont emmê-
lés, en désordre. — Tserpena, id. (Vaud.)
ETSITHO, s. m. Petit cuvier. (Alpes.)
ETSITTET, ETCHISSET, s. m. Grande cuve, cuvier. (Alpes.)
ETZAFORA, v. Faire brouter une prairie sans économie, quand le
bétail fait plus de mal en marchant qu'en broutant; avoir une
faim canine. (Valais.)
ETZAMPA, V. Perdre quelque chose dans la campagne. L. campus.
(Martigny.)
ETZAPALA, 1-. Epamprcr pour la dernière fois. — Elzervena, id,
(Lavaux.)
ETZARLATTE, s. f. pL Poutre qui traverse une cheminée en bois
et à laquelle on suspend les salaisons pour les fumer. (Val d'Illiez.)
ETZARVA, V. Creuser avec les pattes, fouir; se dit du chat, du
chien, etc. (Alpes.)
ETZAUDA, AHIE, adj. Echauffé.
ETZCHAUDA, ETZAUDA, TSAUDA, v. Echautfer, chaufler; avec
se, s'échauffer, se chauffer.
ETZCHELLHI, ECHELLI, v. Echapper, éviter un châtiment. (Vaud.)
156 EXC
ETZEKA, V. Glisser^ s'échapper entre les doigts. (Alpes.)
ETZENEHLLI, v. Echeniller, détruire les chenilles.
ETZERISSA, s. /. Déchirure.
ETZERISSI, ETZERI, v. Déchirer, lacérer.
ETZERPI, V. Avoir des démangeaisons produites par une ébulli-
lion ou par la gale. (Valais.)
ETZERVENA, v. Voy. etzapala.
ETZEUTl, A, adj. Dispensé, exempté par force majeure ou par ma-
ladie. (Val d'IUiez.)
ETZIVA, ETSCHIVA, s. f. Moment de la traite du soir dans les
chalets. (Traite, action de traire, quantité de lait tirée en une
fois. Omiss. des dictionn. — N. de l'éd.) (Val d'illiez.)
ETZÔPRO, ETZCHÔPRO, s. m. Sorte de ciseau de menuisier,
gouge. (Vaud.)
EUBLLA, UBLLA, REUBLLA, v. Oublier. — Aublla, id.
EULAGNE, s. f. Noisette. Voy. alogne.
EUROLLHE, s.f. Oreille. (Valais.)
EVALANTZE, s. /. Lavange, avalanche. De aval, en bas. — Lévan-
tze, léantze, id. (Alpes.)
EVEILLHON, REVEILLON, s. m. Soufflet, coup violent qui réveille.
EVEINTA, î;. Refroidir un liquide, l'exposer à l'air; éventer. L.
ventus.
EVORA, V. Aérer, mettre à l'air des objets renfermés. (Alpes.)
EVOUARDA, s. f. Visite à des gens ou à des animaux malades,
qui réclament des soins assidus, qui ont besoin d'être vus sou-
vent pour être soignés. De vouarda, garder, soigner. (Val d'illiez.)
EVOUARPAU, adj. Voy. einvouarpau.
EVOUATTA, EOUATTA, v. Grapiller. (Genève.)
EVOUÉRO, s. m. Ouragan de neige, tourmente. (Valais.)
EVRI, s. m. Abri contre la pluie, la neige, la gelée, le vent.
EXCHERGUET, s. m. Ronde nocturne, militaire ou de police.
(Vieux langage de Genève.)
F AL 157
EXOINA, s. f. Excuse ou permission légitime pour ne pas assister
à une convocation officielle. (Vieux style de notaire. Fribourg.)
EZE, s. f. pi. Voy. AISE.
EZERIA, EGAIRIA, adj. Percé, déchiré, usé. (Val dllliez.)
F
FA. Avec ne, ne-fa, udv., non; littéralement, non fait. Ne~fé, id.
— Avec se ou che, se-fa, che-fa, se-fé, adv., oui, si fait.
FAGO, s. m. Poisson du genre des cyprins, vangeron. Ce dernier
mot, vangeron, l'un des noms les plus usités de ce poisson, a
été francisé par les naturalistes. (Lutry.)
FAGOTTA, i\ Faire des fagots.
FAGOTTAI, s. m. Biicheron qui fait des fagots, fagoteur. (Ville-
neuve.)
FAHIA, FAHIE, FIHA, FAIE, s. f. Brebis. Plur. fahic, fihie. Ail.
vieh, bétail.
FAHIR, s. m.; FAHIRA, s.f. Berger, bergère de brebis. (Fribourg.)
FAI, s. f. Foi. De hounna fai, do bonne foi; ma faivai, ma foi oui;
ma fai na, na fai na, ma foi non.
FAIE, s. f. pi. Carnaval. (Jura.)
FAIET, s. m. Faix, charge; cercle plein de bardeaux préparés pour
couvrir les toits.
FAIHBLLO, A, adj. Faible; qui manque de moyens pécuniaires,
indigent.
FAILLE, s. f. pi. Nom de la fête des brandons. (Valais.) Voy. paie.
FAIN, FEIN, FEUN, s. m. Foin, l'herbe fauchée ou encore sur
pied. L. fenum.
FAIRTHO, HLLERTO, CERTIIO, s. m. Cellier, cave. (Montreux.)
FALLAÇA, s. f. Tromperie, argutie. (V. st.) L. fallacia.
FALLHAI, t. Falloir, Faut, il faut; fallhai, il fallait; fndra, il fau-
dra; fudrai, il faudrait; part, passé, fallhu, fall
158 FAS
FALLOPPO, A, adj. Lourd, massif, pesant; sedit surtout des che-
vaux. C, fait, défaut, vice. (Romont.)
FAMENA, s. f. Famine, disette.
FAN, s. f. Faim. E fan, j'ai faim, j'ai envie, j'ai dessein; é fan de
lai dévesa, je désire lui parler.
FANAU, s. m. Fenouil, plante ombellifère.
Faïiau d'igue, s. m. Fenouil d'eau, renoncule aquatique. (Pays-
d'Enhaut.)
FARA, FERRA, s. f. Le ferra ou salmone, Salmo Fera, poisson du
Léman. Voy. besaula.
FARATTA, s. /. Guenille, vieux linge, vêtement usé. (Entremont.)
FARATTA, s. /. Femme qui aime à marchander, à ravauder. (Ge-
nève.)
FARAUD, FARAUDA, adj. Fier, orgueilleux, faisant l'important.
— Fierraud, id. (Vaud.)
FARRA, s. f. Poche; se dit des vêtements d'homme et de femme.
(Val d'Illiez.)
FARÇON, FARCEMEIN, s. m. Farce faite d'épinards et de choux
cuits dans un réseau. (Vaud.)
FARÇONNETTE, s. f. pi. Diminutif du précédent, petites farces.
(Vaud.)
FARE, FÉRE, v. Faire. Fa mè on servisse, rends-moi un service;
fari, je ferai; ne lo fari pa, je ne le ferai pas. Part, passé, fé,
fe, fi.
FARET, s. m. Mèche de lampe, lumignon ; (Valais.)
FARFAILLET, s. m. Papillon. It. farfalla. — Pillevouet, pilivet,
pelevoué, prevôlet, id.
FARKO, A, adj. Se dit d'un animal qui écarte trop les jambes.
(Alpes.)
FASCE, s. /. pi. Boucles de cheveux sur les oreilles. (Bex.)
FASCENA, s. f. Falourde, fagot de menu bois, fascine. L. fascis.
FASCETTA, s. /. Maillot, bandes pour envelopper un petit enfant.
L. fascia. (Alpes.)
FASCI, s. m. Fardeau, grande botte de foin, faix. L. fascis.
FAV 159
FASCON, s. m. Echeveau. L. fascis. (Jura.)
FASCOTA, V. Lier avec des sangles la charge d'une bête de somme.
(Alpes.)
FATA, FADHA, s. f. Fée. C. fadh, prophète, devin, magicien.
FATTA, FOUATTA, s. /. Poche; se dit des vêlements d'homme et
de femme.
FATTI, A, ad). Fourni, serré; se dit des grappes de raisin. (Vaud.)
Voy. SATTI.
FAU, FOU, FOHI, s. m.; FOUIRA, s. /. Fayard, hêtre. L. A/v/«s.
C. faw.
FAUDA, FOUDA, FAURDA, FEURDIIA, s. f. Tablier de femme.
FAUDALÉ,|FEUDALET, s. m. Petit tablier d'enfant. Diminutif de
_ faiida.
FAURIA, V. Céder le pas, se tirer de côté pour laisser passer; trans-
gresser une loi. L. foras. (Fribourg.)
FAURRO, FOURRO, s. m. Paille des céréales, fourrage en général.
FAUTA, s. f. Faute, tort; besoin pressant d'aller à la selle; néces-
sité. Te n'apa fauta de lei alla, tu n'as pas besoin d'y aller.
FAUTÀ, r. Manquer. (Gruyère.)
FAUTHI, s. m. Manche de faux.
FÂVA, s. f. Fève. L. faba.
FAVÂ, s. f. C'est le nom générique des potamots; c'est aussi celui
delà véronique cressonnée, Veronica Bercabunga. (Léman.)
FAVAIRE, s. f. Champ de fèves.
FAVALA, FEIMALLA, 5. /. Boucle de soulier, agrafe. L. fihtiln.
(Alpes.)
FAVA-LAU, s. m. Mot à mot, fève au loup; c'est l'ellébore fétide.
FAVEIRDJE, s. f. Forge, atelier de maréchal. Be favro, favre, ma-
réchal, serrurrier. L.faber.
FAVETTA, s. f. Petite fève; un rien. N'ein bailleré pas na favetla,
je n'en donnerais pas un fétu.
FAVIOLON, s. m. Sorte de petit haricot. De fdva fève.
FAVIOULA, s. f. Haricot. De fdva, fève.
160 FEL
FAVIOULHA, s. f. Femme simple et crédule. (Genève.)
FAVOTTAI, RA, adj. Mangeur de fèves. Sobriquet des habitants de
Château-d'Œx.
FAVRO^ FAVRE, s. m. Maréchal, serrurrier, menuisier. L. faber.
FE, FIEU, FIOU, s. m. Fils. Biau-fe, beau-fils, gendre; fe de pou-
ian, injure. Voy. poutan.
FE, FI, s. m. Fil. Bau /? retors, du fil retors. Fi de serpein, nom
du gordius ou dragonneau, Gordius aquaticus. (Jura,)
FÉ, s. m. Charge de foin traînée par un cheval, botte de foin, etc.;
faix, gros fagot. (Vaud.)
FEDETTA, s. f. Petite fille, fillette.
FEDJO, FAIDJO, FEDJE, FEDZO, s. m. Foie. Medje-fedje, man-
geur de foie; c'est le sobriquet qu'on donne aux gens de Moudon.
FEFELIjA, s. f. Le gazon d'un pré, la totalité de ses graminées.
(Pays-d'Enhaut.)
FÉFION, s. m. Petite épingle. (Val d'Illiez.)
FEGAUDA, s. f. Chiquenaude. (Valais.)
FEIN, FIN, FEUN, FENA; FENET, TE, adj. Fin, rusé, adroit. Il a
souvent la valeur d'un superlatif: lo fin prenii, le tout premier;
lo fin cutzet, le plus haut sommet; la fena derraira, la toute
dernière; per lo fein drai, par le plus droit chemin.
FEINAMEIN, FEINNAMEIN, FENAMEIN, FENAMEINTE, adv. A
peine, seulement, il n'y a qu'un moment. (Vaud.)
FEINDEIN, TA, adj. Fanfaron, petit-maître, qui se donne des airs.
(Vaud.)
FEINFEiNET, s. m. Rusé au plus haut degré, qu'on ne trompe pas
aisément.
FEINKAINA, s. f. Cuscute, rache. — Râtsche, id.
FEIRA, s. f. Foire, grand marché. — Faire, id.
FEIRON, s. m. Petite foire supplémentaire, sept jours après la
grande.
FELA, V. Filer, s'échapper furtivement, faire le rouet ; en ce der-
nier sens, il se dit du chat.
FELAIRA, FELANDAIRA, s. f. Fileuse, filandière.
FER 101
FELAR, s. 7u. Grand réseau de cordes pour descendre le foin des
hautes Alpes.
FELETTA, FILETTE, s. f. Pelil rouet.
FELLHE, s. f. Fille.
FELOGNA, FEGOGNE, s./. Cigogne; l'cclaire, Chelidoniummajus,
plante papavéracée. (La Côte.)
FEMA, FEMA, v. Mettre de l'engrais sur un terrain, le fumer.
FÉMALLA, s. f. Fille ou femme, une personne du sexe. (Vaud.)
FÉMALLA, s. f. Barre du gouvernail des barques. (Léman.) On
dit femelle, dans le français populaire vaudois.
FÉMÉ, s. m. Fumier, engrais. L. ftmm. — Bumein, id.
FÉMELIN, s. m. Frêle, délicat, efféminé. De fémalla, fille, femme.
FEMÎRA, s. f. Cheminée; suie, fumée. L. fumus.
FENA. FENNA, v. Faner, travailler aux fanaisons, L. fenum.
FENALLA, FENATTA, FENOTTA, v. Descendre, pendant l'hiver,
dans les granges d'en-bas, les foins recueillis en été dans les
lieux escarpés. (Alpes.)
FENASSA, FENASSE, s. f. Esparcette, sainfoin; en général toutes
les graminées qui forment les prairies artificielles. (Vaud.)
FENATHIAU, s. m. Journalier qui descend à la plaine, en traîneau,
les foins coupés dans les montagnes.
FENIRA, s. f. Fenil, lieu de la ferme où se trouve la provision de
foin. (Fribourg.)
FENITRA, FINÉTRA, s. f. Fenêtre.
FENNA, s. f. Femme mariée. Le fenne, les femmes en général, les
commères.
FENNETTA, s. f. Petite femme; lutin femelle qui cric d'une façon
lamentable dans les îles du Rhône.
FENNON, s. f. Ma petite femme, terme d'amitié.
FENNON, FENNET, s. m. Homme qui se mêle mal à propos de
détails de ménage qui ne concernent que les femmes. (Genève.)
FER, FÈ, adv. Fort, beaucoup. C. feriv, rude, violent. Pesa fer su
sta raison, insistez fortement sur ce point, dit le paysan à son
avocat. (Vaud.)
M KM. I:T DOCUM. XXI. Il
162 FEV
FERI, FIRI, FIAIRE, AFIRI, v. Frapper; aboutir. Le guet crie en
patois : [fa feri dou, il a frappé deux iieures. Ce seindai va feri
au moihi, ce sentier aboutit à l'église.
FERMA, FRÉMA, v. Affirmer; fiancer; faire un pari. L. ftrmare.
FERMALLHE, FRÉMAHLLE, s. f. pi. Fiançailles, contrat; repas
donné à cette occasion. (Fribourg.)
FERMEINTA, s. f. Serrure; ferrements nécessaires à une porte, à
une fenêtre.
FERRA, s. f. Voy. fara, besaula.
FERRAN, s. 7n. Mauvais cheval, bidet. (V. st.)
FERRATAI, s. m. Marchand de fer, ferronnier.
FERRET, s. m. Fer de flèche.
FERRETA, i'. Tourner un char, une charrue.
FERRETTE, FARRETHE, s. f. pi. Secousses alternatives de deux
lutteurs; gain, affaires lucratives. Va bein fé se ierretle ein Aillo,
il a bien fait ses affaires à Aigle. (Moudon.)
FERRON, s. m. Petit traîneau d'enfant, ainsi nommé parce qu'il
est ferré.
FERU, A, adj. Amoureux fou, frappé au cœur. L. lerire.
FESSI, i\ Tresser, entrelacer. L. tnscis. (Lavaux.)
FET, FE, FÉ, FA, s. m. Fait, chose arrivée. Prov. Mé de braga ke
de fé, plus de vanterie que de réalité.
FETHAULA, s. f. Petite saucisse attachée à une plus grande. (Pays-
d'Enhaut.)
FETHAULA, FETHEULA, s. f. Filleule.
FETHEU, FETHAU, s. m. Filleul.
FETHON, s. m. Petit fromage fait de ce qui n'a pu entrer dans la
grande pièce. (Alpes.)
FETZEGAN, s. m. Fainéant, mauvais sujet, grand drôle. (Moudon.)
FETZI, V. Ficher, planter, mettre. Se fetzi, s'opiniâtrer, rester fixe
dans son opinion.
FÉVREI, s. m. Février.
FÉVROTTA, V. Avoir la température froide du mois de février. De
FIF 103
là ie proverbe se févrei ne févrotte, mar vein ke to débllottc, si fé-
vrier est doux, mars est rigoureux. (Vaud.)
FI, s. m. Fil. Voy. fe.
FIA, s. m. Lait coagulé qui sort comme un fd du pis d'une vache.
(Alpes.)
FIA (se), V. Se fier, se confier. Mû l'ai se fia, il ne faut pas s'y fier,
expression qui marque le doute, le soupçon. Littéralement, mal
s'y fier.
FIAIRE, V. Frapper, aboutir. Impér. fiai, frappe.
FIAIRTZO, s. m. Fil d'archal, fil de fer.
FIAN, FIANA, adj. Qui n'est pas clair; se dit d'un liquide trouble.
(Val d'Illiez.)
FIANÇA, V. Cautionner, se donner pour garant.
FIANCE, s. f. pi. Cautions, garanties.
FIANTA, s. /. Fiente, excréments du bétail.
FIANTHA, V. Fienter.
FIAUDJA, FIAUDJE, FLLAUDZE, FLLAUDZA, FAILA, FÊTIIE, s.f.
Fougère. Vedhi la fiaudje, veiller la fougère, pratique supersti-
tieuse de gens qui s'imaginent que s'ils peuvent voir fleurir la
fougère pendant la nuit^ ils trouveront un trésor dans l'année.
(Fribourg.)
Fiaudju-flloria, s. f. Littéralement, fonf/ne fleurie ; c'est la pé-
diculairc des marais, Pedicularis palustris.
FIAUDJIRA, s. f. Terrain ou place couverte de fougères. Bori dé
Fiaudzire, bois de Fiaugère, en dessus de Lausanne.
FIER, FIERA, adj. Fier, orgueilleux ; acide, aigre.
FIÉRANDA, s. f. Bergère.
FIFA, V. Aspirer un liquide avec un fétu ou chalumeau, chaluracr;
par extension, boire, s'enivrer. (Vaud.)
FIFET, s. m. Chalumeau, fétu, dont les enfants se servent pendant
les vendanges pour aspirer le moût dans les cuves. (Lausanne.)
FIFRO, s. m. Fifre, espèce de flritc de la musique militaire des
Suisses. C'est aussi le nom du musicien (jui en joue. C. fiffen.
164 FLL
FIGNOLA, V. Se donner des airs, être plus élégant que les autres,
faire le petit-maître. (Vaud.)
FIGNOLET, FIOLAN, s. m. Petit-maître, fanfaron.
FIGUETA, .s. f. Ficaire, Ranonculus Ficaria, plante renonculacée.
FIGUETTA, s. f. Petite fiole ou flacon pour les senteurs.
FIKA, V. Se gratter avec force. (Alpes.) Voy. ruppa.
FIKA, FIGA, s. /". Figue; l'action de se gratter; bruit de deux
corps qui glissent l'un sur l'autre. Per ma figua, inremenl équi-
valant à par ma foi.
FILLERET, s. m. Garçon qui aime à être avec les petites filles.
FIN, s. m. Etendue de terre arable qui se divise en pies. (Payerne.)
FINADREI, adv. Au juste.
FINA, V. Trouver, venir à ses fins, se procurer. (V. st. de Fri-
bourg.)
FIOLA, s. f. Pesse, Pinuspicea de Linnée. (Moutiers-Grandval.)
FIOLAN, NA, adj. Fat, présomptueux, fanfaron. (Jura.) Voy.
FIGNOLET.
FION, s. m. Orgueil, belle apparence, vanité. Se bailli dan fion,
se donner des airs. (Vaud.)
FIOULA, s. f. Fiole, bouteille. G. fiol, vase à liquide.
FIOULÂ, v. Avorter; se dit d'une fleur, d'un fruit qui ne peut se
développer. — Avec se, boire avec excès, s'enivrer. (Neuchâtel.)
FIRTS, .9. m. Batterie. De fiaire, frapper. (Fribourg.)
FISTON, s. m. Polisson, petit maroufle. (La Côte.)
FÎTA, s. f. Fête, régal, partie de plaisir.
FÎTÂ, V. Fêter, célébrer une fête.
FIZA, s. f. Dessein, résolution. L'é fé à ma fiza, je l'ai fait selon
mon idée. (Valais.)
FLLA, FLA, s. m. ; FLACIIE, s. f. Foin de marais pour litière.
G. flachia, flaque d'eau, marécage. (Aigle.)
FLLAMBÉ, s. m. Glaïeul^ Gladiolus communis, appelé aussi cheva-
lier dans les jardins.
FLLAMMA, s. f. Flamme, colère.
FOC 165
FLLAMME, s. f. pi. Iris, Iris germanica. (Pays-d'Enhaut.)
FLLANA, V. Flâner, muser^ baguenauder, fainéanter, regarder
sans rien faire.
FLLANI, A, adj. Flasque, lâche, débile. — Flappi, id. (Valais.)
FLLANKA, FLLANA, v. Mettre ; donner un violent coup.
Jean Aigroz, dit l'Astrologue de Combremont, ne sachant
qu'indiquer pour la température d'un des jours de son alma-
nach, dit à son secrétaire: Fllanka lei on tenerro, mets-y un
tonnerre. Ce même astrologue fut mis en prison pour avoir
annoncé, à jour fixe, la fin du monde, ce qui fit manquer la
foire de Cossonay qui tombait sur ce jour-là.
FLLANTZE, s. f. Pain grossier^ en forme de galette, fumé à la
cheminée pour qu'il se durcisse et se conserve. (Alpes.)
FLLATZIRA, FLLAUGÉRA, FLLAUDJÉRA, s. f. Pré marécageux
qui donne de la litière. De fia.
FLLEIR, FLAIR, s. m. Odeur. C. flear, mauvaise odeur, d'où
flairer. (Neuchâtel.)
FLLERI, s. m. Le charrier. On d'il fie urierâans le français vaudois.
FLLERON, s. m. Enfant pleureur, petit garçon gâté. L. fteo ,
pleurer. (Vaud.)
FLLON, FLON, s. m. C'est le nom de plusieurs ruisseaux (Oron,
Lausanne, Gilly, Montreux.) L. fluo.
FLLORIA, s. f. La totalité de l'herbe d'un pré, sa prochaine
récolte; la totalité d'une forêt mise en coupe. L. fîos. (Gruyère.)
FLLOTTA, HLLOTTA, s. f. Flûte; écheveau de fil.
FÔ, s. f. Faux. Guéro la fô ? Combien la faux ?
FOCHAI, s. m. Danse sur les montagnes, à la fin de l'alpage, avant
de quitter le chalet. Ail. viehzeit. (Rougemont.)
FOCHAU, FOSSHAU, s. m. Sorte de houe, bêche à deux fourchons,
hoyau. Fossoir, foussoir, dans le français populaire vaudois.
Fochau à mo. Espèce de bêche pour faire des provins. (Lau-
sanne.) Voy. MGR.
FOCHÉRA, FOSSÉRA, v. Labourer, travailler avec le fochau; ce
verbe signifie aussi labourer à la pelle.
166 FON
FOCHERET, s. m. Espèce de sabre très courbe appelé aussi fau-
chon. — On trouve faucherei dans une quittance du comte de
Savoie datée de Payerne, 1354.
FOCHÉRIA, s. f.; FOCHÉRAU, s. m. Mesure agraire, appelée
fossorier, ouvrier, dans le français vaudois.
FÔCRI, FAUCRI, s. m. Fausset, voix de tête. (Ormonts.)
FODA, FAUDA, s.f. Maillot, lange. (Jura.)
FOHIRA, s. f. FOHI, FAU, FOU, s. m. Hêtre, fayard. L. fagus. C.
faw, hêtre.
FOKADJO, s. m. Droit de prendre son bois dans une forêt; rede-
vance féodale que payait chaque feu ou maison, fouage. L. focus.
FOLA, V. Fouler, fatiguer à outrance ; vexer.
FOLA, AHIE, adj. Usé, cassé par le travail, abîmé de fatigue.
(Vaud.)
FOLASSA, s. f. Follette, arroche des jardins, Atriplex hortensis.
Voy. BOUNNA-DAMA.
FOLIÂ, FOLEIHI, v. Badiner, folâtrer, faire ou dire des folies.
FOLLHA, FOLLHE, s. f. Feuille d'arbre, de papier; planche mince.
FOLLHE-BOU, s. m. Vent du sud, qui au printemps hâte le déve-
loppement des feuilles. Mot à mot, qui feuille les bois. (Valais.)
FOLLHET, s. f. Feuillet d'un livre, d'une ardoise, d'une pierre
qui se délite.
FOLLHI, V. Commencer à pousser des feuilles; faire une boiserie,
lambrisser.
FOLLHU, adj. Feuille, touflu. Il s'emploie substantivement pour
désigner toute espèce de bois autre que le sapin et ses congé-
nères. (Pays-d'Enhaut.)
FOM, FON, s. m. Fumée, odeur de fumée. L. fumus. (Alpes.)
FOMMA, FOUMA, v. Fumer, fumer du tabac ; bouder, se mettre
en colère. Mè fommé, il me boude.
FONDA, s. f. Tronc d'arbre; portion de chaque héritier déterminée
de gré à gré ou tirée au sort, lors du partage d'une succession
indivise. (Vaud.)
FOR 107
FONDA, s. m. Terrain (run bon fonds, sol ferlilt.', qui a bcaïu-oui»
de terreau végétal.
FONDRALLHON, s. m. Sédiment d'une graisse fondue, ce qui
reste d'épais au fond d'un liquide, fondritles.
FONDRAMEIiN, adv. Considérablement, au plus liaul degré, (l'ays-
d'Enhaut.)
FONDRO, A, udj. Glouton, insatiable. (Pays-d'Enhaut.)
FONSET, FANTIIP^ s. m. Petite planche carrée sur laquelle on
pose quelque objet. (Pays-d'Enhaut.)
FONT, s. m. Aphte, vessie dans la bouche, maladie des petits en-
fants. (Lausanne.)
FONTANETTA, s. f. Petite fontaine.
FONTANNA, s. f. Fontaine jaillissante.
FOR, FOUÉ, FEUR, FOUAR, s. m. Four.
FOR, FOUAIR, FEUR, adv. Peut-être, à peu près, presque, quasi.
L. fere, presque. Lo se for, je le sais bien peu.
FORA, V. Forer, percer. — Fore-bosson, roitelet, troglodyte. (Jura.)
FORCHESS.\, adj. Sorti de la famille, détronqué. (Vieux actes de
Fribourg.)
FORDHI, (se), v. S'introduire, se fourrer indiscrètement ou l'on
ne doit pas. (Val d'Illiez.)
FORDJETTA, v. Déshériter, jder hors de l'héritage. L. foris, dehors.
(Alpes.) Voy. dédjetta.
FORDJUDJI, V. Condamner à l'exil,
FORDOA, V. Déranger les douves d'un tonneau; se crever de
mangeaille. (Pays-d'Enhaut.)
FORÉTAI, s. m. Forestier, garde-forêt.
FORGUAIRA, FOURGUERA, s. m. Mauvais génie, caractère malin,
animal méchant et dangereux. C'est un nom adouci du diable.
C. fourgas, tracas, agitation, (Alpes.)
FORISSU, KURISSU, adj. Exilé, banni, mis dehors. (Vieux langage
de Fribourg.)
FORKINA, FOURQUINE, s. /". Arquebuse à fourchelle. (Vieux lan-
gage de Fribourg.)
168 FOR
FORMA, s. /. Forme ; cercle pour entourer le fromage au sortir
de la chaudière, d'où le nom primitif de formage encore usité
en quelques vallées.
FORNAHIE, s. f. Fournée.
FORNAI, s. m.; FORNAIRE, s. f. Fournier, fournière; boulanger,
FORNALLA, v. Brûler la terre d'un mauvais fonds pour l'améliorer,
écobuer. (Alpes.)
FORNALLET, s. m. Petit poêle. Diminutif de fornet.
FORNATZON, s. m. Mauvais petit fournier qui ne sait pas son
métier.
FORNEI, FOURNHI, v. Achever nn ouxriige. A-to fornei d'einpatà?
As-tu fini de pétrir?
FORNERET, s. m. Petit fournier maladroit.
FORNET, s. m. Poêle de pierre ou de briques vernissées, pour
chauffer une chambre. Fr. fourneau.
FORRI, FAURI, FOURRI, FURI, s. m. Printemps, saison où l'on
sort les troupeaux des étables d'hiver pour les mettre à l'herbe.
L. foris, dehors. (Alpes.)
FORRIA, V. S'égarer, se fourvoyer, sortir du bon chemin. (Ville-
neuve.) Voy. FAURIA.
FORRIÈRES, s. f. pi. Pâturages inférieurs broutés au printemps.
De forri, printemps. (Valais.)
FORSI, V. Forcer, enfoncer; violer.
FORTZA, s. f. Fourche.
FORTZE, Fourches patibulaires, gibet. (Vaud.)
FORTZETTA, s. f. Petite fourche, fourchette de table, crosse,
grappe de vigne avortée.
FORTZI, FORTSCHI, v. Dire un mot pour un autre. La leinvoua
m'a fortzî, la langue m'a fourché.
FORTZON, s. m. Fourche de fer à deux dents. Il se dit aussi des
dents d'une fourchette.
FORULLA, s. f. Poitrine d'homme; poitrail, en parlant des ani-
maux. (Bagnes.)
FOU 1C9
FOU, FOULA, adj. Insensé, étourdi. Vo z'îtè dei halle foule, vous
êtes (les folles fiefTées.
FOUAGE, s. m. Se dit des veines de marne qui traversent des bancs
de roc, de pierre dure. C'est un terme de carrier.
FOUAINNA, s. f. Fouine.
FOUAINNA, s. f. Femme au visage poinlu, curieuse, indiscrète,
maligne, dont il faut se défier. (Montreux.) —Pouaina, pouina, id.
FOUAINNA, FOUAINETTE, s. f. Faîne, fruit du liètre, dont
l'amande se mange dans les Alpes.
FOUAINNA, FOUINÂ, V. Fureter; manger son bien, se ruiner;
monter en herbe. En ce dernier sens, il se dit des fruits qui
avortent et des grappes de la vigne qui n'ont que la rafle.
FOUAIRA, s. f. Colique, diarrhée.
FOUAIRAU, SA, adj. Qui a la diarrhée, le flux de ventre.
FOUAIRRÀ, V. Avoir la diarrhée.
FOUER, TA, adj. Acide, aigre ; fort, vigoureux. — foi, fo, id.
FOUERDJE, FAVERDJE, s. f. Forge. L. Faber. — Fordze, id.
FOUERSE, s. f.pl. Ciseaux de tailleur; grande fourche. L. forceps.
FOUETTA, s. f. Sorte de ligne à pêcher. (Léman.)
FOUETTA, FOUATTÂ, v. Fouetter.
FOUETTAHIE, FOUATTAHIE, s. /. L'action de fouetter.
FOUETTA-KU, s. m. Nom injurieux du maître d'école. (Fribourg.)
FOUI, interj. Fi ! fl donc !
FOUI-FOUI, s. m. Pinson, traquet; fringilla. (Vaud.)
FOUILLEMEIN, s. m. Fouille; action de fouiller pour trouver les
trésors enfouis, dans les châteaux, les ruines, les cavernes, etc.,
ce qui fut défendu en 16G0.
FOUINNA, V. Courir, se sauver en hâte.
FOULATTON, s. m. Jeune écervelé, follichon, petit fou. (Genève.)
FOULERAÏE, s. f. Folie, badinage, mot pour rire. Ne me de van
ke dei fouleràie, il ne me dit rien que des folies. (Vaud.)
FOUMAIRA, FEMÎRA, s. /. Fumée.
170 FRA
FOUMATSON, s. m. Jeune homme qui essaye de fumer el ne le
sait pas. (Moudon.)
FOUMET, FUMET, s. m. Bout de tison qui fume ; corps allumé
d'où sort une mauvaise odeur.
FOUNNA, FOUNA^ v. Flairer, fureter en vue de trouver des comes-
tibles; chercher indiscrètement à voir ou à savoir. (Vaud.)
FOUNNATZON, s. m. Petit indiscret, petit furet.
FOUNNET, TA, adj. Curieux^ indiscret^ furet, qui met son nez
partout.
FOUON, s. m. Taupe. Ce mot a la même racine que le français
fouir. (Romont.)
FOURDZI, FORDZI, v. Passer une baguette dans un tuyau pour
le nettoyer. Se fonrdzi lo nà, se curer le nez avec les doigts.
FOURGOUNNÂ, v. Fourgonner, remuer les braises du foyer;
fureter.
FOURRION, FOURET, FORET, s. m. Per.^oir, vrille, foret.
FOURRO, s. m. Truite maigre, prise en automne, après le frai.
(Genève.)
FOU-SAUTET, s. m. Feu-follet; mot à mot, le feu qui mule . (Jura.)
FRAIGHIEU, FRAIDIEU, s. m. Espèce de vent froid. (Genève.)
Voy. SETSCHAR.
FRAIS, s. m. La fraîcheur, le frais.
FRAIS, FRAITZE, adj. Frais, fraîche. Ti frais, te voilà frais. Frais
et raido, locution spécialement employée dans la phrase sui-
vante : L'è resta frais et raido, il est resté sur le coup.
FRAISA, s. f. Un petit morceau, un brin, une miette^ un petit
moment. Altein-mè na fraisa, attends-moi un instant. Pas na
fraisa, pas un brin.
FRAISETTA, FRESETTA, s. f. Miette, brin, petit morceau ; dimi-
nutif du précédent. G. fi'eza, mettre en morceaux.
FRAMAUR, s. m. Mûrier, morus. (Orbe.)
FRANCHI, s. m. Nom de seize officiers ou agents subalternes de
l'abbaye de Romainmotier. (Vaud.)
FRE 171
FRANO, s. m. Frêne, Fraxinus excelsior.
FRANTZI, FRANTSCHl, v. Couper net, sans bavure. L. fraugere.
(Alpes.)
FRAPPA, V. Frapper, battre.
FRAPPAHIE, s. f. L'action de frapper, coup.
FRARE, s. m. Frère. Il se dit souvent par amitié, sans qu'il y ait
parenté.
FRASKA, s. f. Folie de jeunesse, équipée, espièglerie, mauvais
tour. (Lausanne.)
FRASSA, s. f. Grande quantité. L'a nn frassa d'cinfan, il a une
potée d'enfants. (Jura.)
FRATA, s. m. Barbier, frater. (Villeneuve.)
FRATZE-TOT, s. m. Qui brise tout; enfant qui use beaucoup
d'habits, de souliers.
FRATZI, FRETSCHI, FRACHI, v. Rompre, briser, mettre en pièces.
L. fraugere.
FRAUDA, V. Frauder, tromper, duper, filouter. — Frohda, id.
FRAUNA, r. Murmurer, gronder entre ses dents comme une per-
sonne irritée; se dit encore d'un chien qui gronde, d'une ava-
lanche et généralement de tous les bruits sourds. (Alpes.)
FRAUNAIIIE, .s. f. Bruit, grondement sourd. (Alpes.)
FRAVALLA, s. f. Concussion, fraude, délit forestier. (Fribourg.)
FRE, FRO, FRUIT, FRIT, s. m. Fromage. Baille-mè on bokon de
fro, donne-moi un morceau de fromage. (Alpes.)
FRÉCHINGA, FRESANGUE, FREZINGHA, s. f. Cochon de lait
farci et cuit; redevance féodale mentionnée dans des actes du
Xll^ siècle. (Lausanne.)
FREGAINA, FOURGAINE, s. f. Baguette de fusil, toute espèce de
baguette.
FRÉHI, FRAIHI, v. Huiler, oindre; frayer. — Donner ou recevoir
l'extrême onction. (Fribourg.)
FREI, FRAI, FRAIDA, adj. Froid, froide. La né sara grofraida,
la nuit sera bien froide.
FREI, FRAI, s. m. Froid, froidure. Fa rido fret, il fait grand froid.
172 FRE
FREINNA, FRENNA, v. Se mouvoir avec empressement, demander
avec instance. (Pays-d'Enliaut.)
FREKASSI, V. Frire, fricasser, dépenser rapidement. Il se dit
aussi d'un soleil ardent, d'une chaleur intense, qui brûle, qui
fricasse. (Vaud.)
FRELATTA, FERLATTA, v. Frelater, falsifier; ne se dit guère
que du vin. C. frélats.
FRELET, TA, adj. Indiscret, importun, qui convoite quelque
chose. (Montreux.)
FRÉMA, V. Voy. ferma.
FRÉMANCE, FERMANCE, FREMANTZE, s. f. Pari, gageure. L.
firmare. (Fribourg.)
FREMELLHI, FREMILLHI, v. Fourmiller, foisonner.
FREMELLHIRA, s. f. Fourmilière.
FREMI, r. Frémir.
FREMI, FRUMI, s. m. Fourmi, formica.
FRENDA, V. Précipiter sa marche, courir comme le vent. (Lavaux.)
Voy. FREINNA.
FRENDHÎ, V. Briser le lait caillé dans la chaudière. L. frangere.
(Valais.)
FRENNA, s. f. Mouvement d'impatience. Farc la frenna, Se déme-
ner, s'impatienter. (Pays-d'Enhaut.)
FREPPA, s. f. Anneau de fer pour fixer un outil à son manche ou
pour ferrer l'extrémité d'un bâton, d'un timon, d'un essieu. C.
frepp, lien de fer.
FREPPÂ, V. Mettre un anneau, poser un cercle de fer.
FREPPEIN, adj. Se joint toujours à nau, neuf: L'a on corset to
freppein nau, elle a un corset tout battant neuf.
FREPPON, s. m. Petit anneau de fer. Diminutif de freppa.
FRÉSA, V. Casser, briser, mettre en pièces, émietter. — Freza,\d.
FRESILLON, s. m. Fusain, Evonymus européens; troëne, Ligustrum
vulgare. (La Côte.)
FRESON, s. m. Très petit morceau, miette; un rien. — Fraisa, id.
(Montreux.)
F RI 173
FRESOUNA, V. Emietter, mettre en petits morceaux. — Frésa, id.
FRETAI, s. m. Se dit ordinairement du chef d'un chalet ou de l'en-
trepreneur, de celui qui exploite une fruiterie ou fromagerie; le
frvilier, le fromager. Ce mot s'emploie surtout dans le Jura, le
Gros de Vaud et le Jorat.
FRETAIRA, s. f. Montagne à vaches; association de plusieurs mé-
nages pour fabriquer du fromage en commun; le bâlimenloù se
fait ce fromage, c'est-à-dire la fruiterie ou la fromagerie. On
trouve fructicia dans les vieux documents. (Vaud.)
FRETK, s. m. Fruit. (Anniviers.)
FRETTAI,s. m; FRETTAIRA, s. f. Fruitier, fruitière; celui ou
celle qui vend des fruits. De fritta, fruit.
FRETTHI, r. Fouetter, fustiger, frotter. (Jura.)
FRETZOUNA, s. /. Fressure. (Alpes.)
FREVALUA, s. f. Faute, délit passible d'une amende. (V. st.)
PRIA, FRAIA, FRUIA, s. f. Fraise, jragaria. Dei frie, des fraises.
FRIA, adj. fém. Fleuri. (Bas-Valais.)
FRIBOR, FRUBOUEIR. Fribourg. Fribordjai, sa, s. et adj. Fribour-
geois, Fribourgeoise.
FRICOT, s. m. Bon repas, bonne chère, régal, fricol. Lo fricot, les
mets en général.
FRICOTTA, FRECOTTA, v. Faire un bon repas. 11 se dit plus spé-
cialement d'un bon repas, d'un régal au cabaret, à l'auberge,
enfin hors de la maison. — Frigoiissâ, id. (Lausanne.)
FRIGOUSSA, s. /. Repas, régal. C. frigagzer, dissipateur, glouton.
FRIGOUSSÂ, V. Faire un bon repas au cabaret, à l'auberge. —
Fricotta, id.
FRINGHA, V. Se pavaner, faire le beau, le fringant. C. fringa, se
divertir, danser.
FRINGHALET, s. m. Jeune fat, petit-maître, étourdi.
FRIOLAND, DA, adj. Frileux, qui craint le froid. (Pays-d'Enhaut.)
FRIPA, V. User ses vêtements, les déchirer, les fri'per.
FRIRE, t\ Cuire; se dit des écorchures, des boulons, des plaies
qui cuisent.
174 FUM
P'RISON, s. m. Farine cuite au beurre et ayant la consistance d'une
pâte; boucle de cheveux frisée qui descend sur les tempes.
(Alpes.)
FRÎTA, FRÉTA, s. f. Sommet de montagne; faîte d'un bâtiment.
L'è aguellhi sur la frlta de Votlo, il est perché sur le faîte de la
maison. Plur. trête.
FRITTA, s. f. Fruit en général. L^i a hein de la fritta sti an, il y
a bien du fruit cette année. On dit fruiiage dans le français po-
pulaire vaudois.
FROMEDJAU, FROMEDZEU, s. m. Celui qui fait le fromage dans
un chalet.
FROMEDGI, RA; FROMADGI, IRA, adj. Vendeur, vendeuse de fro-
mage dans les marchés, sur les places publiques. (Vevey.)
l'^ROMEIN, FROUMEIN, s. m. Froment. C'est un nom que l'on donne
fréquemment aux bœufs. (Vaud.)
FRONNA, FREUNA, v. Retentir, bruire. — Frauna, id.
FROTSCHA, s. f. Souquenille, habit de travail, court et grossier.
(Vaud.)
FROTTA, V. Frotter, battre, rosser. Voy. fretthi.
FROTTAHIE, s. f. L'action de rosser, batterie. L'a zu nafiérefrot-
tahie, il a été rudement rossé.
FROU, FRO, FEUR, FOË , adv. Dehors, hors du logis, hors d'ici.
L. foris.
FROUIIJJII, V. Tricher au jeu, brouiller. Voy. brouillhi.
FRUTSCHA, FRUTZE, s. f. Femme robuste et paresseuse. C'est
une injure. (Alpes.)
FU, FUA, FOU, FOUA, FOUÉ, FUO, FUHI, FOUI, s. m. Le feu.
FULAHIE, s. f. Se dit des rafales du vent, des tourbillons, des gi-
boulées. (Léman.)
FULET, s. m. Tourbillon, rafale, tourmente de neige, trombe.
(Pays-d'Enhaut.)
FUMET, s. m. Bout de tison qui fume, braise mal éteinte qui donne
une mauvaise odeur. Voy. foumet.
FUMMET, FEMMET, s. m. Incommodité des enfants nouveau-nés,
GAG 175
dont la langue devient blanche et les empêche de tctor. (Moii-
ireux.)
FUNKAINA, FEINKAINA, s. /. La rache ou cuscute. (Alpes.) —
Ratsche, id.
FUSA, s. f. L'axe d'une bobine; aiguille pour forer la pierre.
FUSA, r. Se dit spécialement de l'action d'éteindre la chaux. (Vaud.)
FUSTA, s. f. Grande futaille allongée pour le transport des vins
(Vaud); la charpente d'un braiment (Genève). Même racine que
fût, futaille.
FUT, FU, s. m. Ensuble de tisserand. L. fustis. (Montreux.)
G
GA, adv. Gare, prenez garde, ôtez-vous de là.
GABBA, V. Louer, prôner, vanter outre mesure, plaisanter. C.gab,
raillerie. (Alpes.)
GABBERI, DA, adj. Fanfaron, vantard. (Fribourg.)
GACHON, s. m. C'est le nom du patois d'une partie du Jura ber-
nois.
GADAR, GADHA, GAILLARD (prononcez gailld), adv. Fort, beau-
coup, joliment. L'è gadai^ plie ma, il est beaucoup plus mal.
GADDAN, s. /. Nom d'amitié que les enfants donnent à leur grand'-
mère. (Vaud.)
GADDEIN, s. m. Layette, les langes d'un nouveau-né. G. gad, cou-
verture. (Vaud.)
GADRENA, v. Voy. oadzoun.\.
GADROULLllI, v. Gargouiller, troubler de l'eau. (Genève.)
GADZO, s. m. Gage; cadeau d'un garçon à sa belle, à sa fiancée.
GAGA, V. Crier comme une poiib; effrayée. (Pays-d'Enli;iut.)
GAGNEBEIN, s. m. Machine à roulettes dans laquelle on met un
petit enfant pour lui apprendre à marcher. — Tin-tè-bein, id.
(Vaud.)
176 GAL
GÀGUI, s. f. Grosse fille lourde, malpropre, fille de petite vertu.
(Lausanne.)
GAICHOTTE, BAIGHOTTE, s. f. Jeune fille. (Evêché de Bâle.)
GAIGNOUR, s. m. Soldat, milicien; fermier, granger. C. gagnia,
champ cultivé. (Fribourg.)
GAILLARD (prononcez gailld), DA, adj. Homme qui s'occupe plus
de se divertir que de travailler; gaillard, gai, amusant; homme
résolu, prudent, avisé. C'est le nom d'un des acteurs des an-
ciennes farces. (Vaud.)
GAINDRO, s. m.; GAINDE, GAINDRE, s. f. pi. Dévidoir. C. guinda,
tourner, virer.
GAINGOUAI, GUINGOUÉ (de), adv. Dans le mauvais sens, de tra-
vers.
GAINTZI,t\ Percher, monter; incliner tantôt à droite, tantôt à
gauche; remuer; bouger. Ne gaintze pas, ne bouge pas.
GAITZE, GAITSCHE, GUNTHÉ, s. m. Traîneau tiré par un homme.
AH. Geisz, qui se dit dans le même sens dans la Suisse alle-
mande. (Pays-d'Enhaut.)
GAITZETTA, s. f. Petit traîneau. Diminutif du mot précédent.
GALA, s. m. Amusement, badinage. De gala, loc. adv., pour ba-
diner.
GALA (se), V. S'amuser, se divertir. — Se galeihi, id.
GALAFRO, A; GOULIAFRO, A, adj. Qui aime les bons morceaux,
gourmand, friand. (Valais.)
GALAHIRA, v. S'arrêter, s'amuser en chemin, baguenauder, per-
dre son temps.
GALAN, GALANTA, adj. Amant, galant. 11 ne se dit guères qu'au
masculin. — Si l'on dit à une villageoise : On tô è voutron galan,
un tel est votre galant, il est du bon ton qu'elle réponde : L'è le
tsivre k'an dei galan, ce sont les chèvres qui ont des galants.
(Vaud.)
GALANDA, s. f. Jeune fille fringante, allurée, qui court après le
plaisir.
GALAVAR, s. m. Fainéant, dissolu, tapageur, mauvais sujet.
GAN 177
GALAVARDA, s. f. Petite fille qui aime les petits garçons, qui va
courir avec eux. (Yaud.)
GALE, s. f. pi. .louets d'enfants, joujoux, hochets.
GALE, GALÉZA, adj. Joli, charmant, gracieux, — Le Fribourgeois -^'^ >i A o^
qui rencontre une fille en chemin la salue toujours du titre de
galéza ou de grachmisa (gracieuse). (Vaud, Fribourg.)
GALLEBO^'TEIN, s. m. Bon vivant, pilier de cabaret, homme
qui s'occupe plus de se divertir que de travailler. (Vaud.)
GALLHOT, COAILLOT, CAILLOT, s. m. Morceau de Util caille-
grumeau de sang, caillot.
GALLHOTSI, v. Se dit du bruit et du mouvement dun liquide
dans un vase qui n'est pas plein.
GALLHOTSON, s. m. Petit lait qu'on laisse dans un baquet à por-
tée des gens du chalet, qui vont y boire quand bon leur semble.
(Pays-d'Enhaut.)
GALOTSCHE, s. f. Sorte de jeu. Voy. pllottet. (Lausanne.)
GAMATZA, s. f. Guêtre pour le travail. PI. gamatze. C. gam, jambe.
GAMATZON, s. m. Petite guêtre; diminutif du mot précédent. —
Gamusson, id. (Vaud.)
GAMBION. Voy. c..\mpein.
GAND, s. m. Gand; ancolie, Aguilegia vulgaris.
GANDA, OUANDA, s. f. Femme grande, paresseuse ou débauchée.
(Vaud.)
GANDET, s. m. Rôdeur, mendiant. (Val d'illiez.)
GANDEUTHA, s. f. Fille ou femme débauchée, femme errante et
de mauvaise vie. (Val d'illiez.)
GANDIN, s. m. Tapage, choc, batterie. C. gadwgu, rixe. (Coppet.)
GANDOISA, s. /. Bourde, conte à dormir debout; fleurette, sor-
nette. PI. gandoise. (Lausanne.)
GANETHl, V. Gratter, faire le bruit d'une souris qui tracasse dans
une boiserie. (Alpes.)
GANGUELLHE, s. f. pi. Guenilles, lambeaux, choses de néant.
Na gangucllha, onna garigitcllht', une femme de néant.
GANGUELLIII, v. Pendre, suspendre, être pendu ou suspendu.
MKM. ET DOCUM. XXI. 12
178 GAR
GANGUELLIN, s. m. Primevère élevée, Primula elatior. (Vevey.)
GANGUELLON, s. m. Galant d'hiver, Galantlmsnivalis. (Montreux.)
GANTHET, s. m. Bande qui lie le corps d'une chemise à la manche.
GANTZOU, s. m. Jars, le mâle de l'oie. AU. gans.
GAÔ, GAOTHEI, s. m. Nom que les habitants du Pays-d'Enhaut
donnent aux Fribourgeois. Ce mot vient de gavot, ancien nom
du Chablais (pays Gavot), où, dit-on, une troupe de Goths s'éta-
blit jadis.
GAP A, V. Trotter, battre les grands chemins. (Nyon.)
GAPAIROU, s. m. Sorte de fromage maigre. (Alpes.)
GAPAN, GAPIN, s. m. Homme rustre et pillard. (Fribourg.)
GAPIAN, s. m. Homme employé aux douanes françaises. Ce mot
est injurieux.
GÀPION, s. m. Agent de police. Se dit en patois et dans le français
populaire de Lausanne. Terme d'écolier.
GÀPIONNAIRE, GÀPIOUNAIRE, s. f. Le poste de police. (Lau-
sanne.)
GAR.\GNON, 5. m. Menuisier; en vieux langage, étalon.
GARAUDA, s. /. Femme effrontée, importune; fille de joie. (Fri-
bourg.)
GARAUDÀ, V. Importuner par des demandes indiscrètes; manier
un objet brusquement et sans ménagement. C. gara, âpre, rigide,
agreste. (Fribourg.)
GARDELLA, s. f. Jonquille, Narcissus calathinns.
GARDZOUNA, GADZENA, v. Faire son ménage; remettre en ordre
la vaisselle, les ustensiles de cuisine et les meubles déplacés la
veille. (Aigle.)
G.\RF.\HI, V. Rire à gorge déployée tout en parlant. (Val d'Illiez.)
GARGAILLOT, s. m. Morceau de lait caillé; grumeau de farine
dans le potage. — GorgolU>on,gvemelhon, gntollhon, id.
GARGUETTA, GUERGUETTA, s. Z'. Gorge, bouche, gargamelle.
C. garga, gosier, gorge. (Vaud.)
GART, GUIÉRI, v. Guérir. — Vouari, id.
GAV 179
GARIBET, s. 7)1. Urbec, insecte qui déiniit les houtdiis de la \ii;ne,
des arbres. (Neuchàlel.)
GARODA, s. f. Vieille guêtre de peu de valeur. (Alpes.)
GAROU, DA, adj. Sorcier enragé. C'est un des noms du diable. C.
garo, cruel. (Jura.)
GARZELLHON, s. m. Valet de campagne, domestique. (Ormonts.)
GARZOUNET, GUERSONNET, s. m.. Petit garçon, petit valet. Dimi-
nutif de guerson, guerzon, garçon.
GASSATON, GOSSATUM, s. m. Promenade bruyante et licencieuse
des jeunes gens. (V. st.)
GÂTA, V. Gâter; corrompre une flUe. Avec se, se faire une hernie.
GATALET, s. m. Petit gâteau, sorte de pain dans lequel il entre
de la farine de fève. Ce pain est mince comme une feuille de
carton, très friable et se garde six mois; on n'en fait que deux
fois par an. (Pays-d'Enhaut.)
GATHENA, v. Donner à manger au bétail qui est à la crèche. (Val
d'Illiez.)
GATOLLHAU, S.\, adj. Chatouilleux.
GATOLLHI, r. Chatouiller; patiner, dans le sens de chiffonner
quelqu'un.
GATOLLHON, s. m. Chatouillement; détente d'un instrument; gâ-
chette d'un fusil; grumeau, caillot. (Vaud.)
GAULA, s. f. Gueule, bouche; vague, lame d'eau; gaule, verge.
GAULA (se), V. Se salir, crotler le bas de ses jupons. (Vaud.)
GAULA, f. Fouetter, battre de verges.
GAULAHIE, s. /". Gorgée, ce que la bouche peut contenir de li-
quide; l'action de se crotter, de se mouiller en marclianl dans
la boue, dans la rosée.
GAUTSCHI, RA, adj. Gauclier.
GAUZA, s. f. Une gueuse, injure grossière.
G.AVOT s. m. Ancien nom des habitants du Chablais et de ceux de
la haute Provence. — Nos vieilles cartes géographiques dési-
gnent la côte opposée au Pays de Vaud sous le nom de Pays Ga-
vât. Le ri» gavot est un mauvais vin du Chablais, défendu en 1560.
180 GIT
GAZEIN, s. m. Toute la garde-robe d'une personne. L. gaza, effets
précieux. (Montreux.) Voy. butin.
GEAIGNAI, V. Mentir. (Jura.) (Même racine que le vieux français
engeigner. — N. de l'éd.)
GEDDI, GDHI, GUEDDI, s. m. Porc, petit cochon.
GENIPI, s. m. Achillée musquée, Achillea moschata, plante synan-
thérée, usitée dans la médecine populaire.
Genipi-djono, s. m. Génépi jaune, sorte d'armoise qui croît sur
les rochers élevés des Alpes, et qui est la panacée des monta-
gnards.
GENISSON, s. m. Petite génisse.
GENOLLET, s. m Sceau de Salomon, Convallaria Polygonatum.
(Pays-d'Enhaut.)
GERAINA, s. f. Poule. L. gallina. (Evêché de Bcâle.)
GERSA, s. m. Martin-pêcheur. (Vaud.)
GERSA, s. f. Teigne qui ronge les laines et les fourrures, gerce.
GERSI, A, adj. Attaqué, rongé par les teignes; se dit des étoffes
de laine.
GERSURA, s. f. Crevasse, gerçure de la peau.
GHI, art. pi. des deux genres. Voy. di.
GHI, GHIU, s. m. Voy. dei.
GHI, GI, s. m. Plâtre, gypse. — Gui, id.
GIBOULET, DJIBOULET, s. m. Vent produit par la chute des ava-
lanches, lequel suffoque parfois les voyageurs. Fr. giboulée,
averse. (^Ipes.)
GIRARDA, s. f. Julienne, Hesperis matronalis, plante crucifère
cultivée dans les jardins.
GIRARDINA, s. f, Marouette, oiseau de marais; c'est une sorte de
râle.
GITA, s. /. Impôt payé par un non bourgeois à la commune qu'il
habite ; imposition sur les terres pour les dépenses communales,
soit publiques; dépôt d'argent de guerre, lequel existait autre-
fois dans chaque commune. (Vaud.)
GITO, DJÎTHO, s. m. Pâturage inférieur où les troupeaux paissent
GNU 184
au printemps et en automne, avant de monter dans les alpages
supérieurs, et quand ils en redescendent. (Fribourg.)
GLÉ, s. m. Iris commun, Iris gennauica.
GLEIN-GLEIN, GLIN-GLIN, s. m. Le petit doigt. Ail. hiem, petit.
(Vaud.)
GLISSA, s. f. Glissoire, espace glacé où l'on va glisser.
GLLAREI, HLLARI, GLLIERÉ, s. m. Amas de pierres charriées
par les eaux; éboulis pierreux au pied des rochers; lit pierreux
d'un torrent. On lit glaretimi dans les vieux documents. L.
glarea, gravier. On dit glavier dans le français populaire vau-
dois. (Alpes.)
GNAFFA, s. f. Morgue, vanterie; c'est aussi une interjection de
mépris. Te n'a ran ke la gnaffa, tu n'as rien que la morgue.
(Vaud.)
GNÂGNOU, GNIFFEGNAFFE, s. m. Simple, niais, idiot, ennuyeux
par ses répétitions. (Lausanne.)
GNAI, 5. f. Noix. — Cokka, id.
GNASSA, s. f. Perruque vieille et sale. — Tignasse, id.
GNIBEIN, adv. Aussi bien. Gnibein me, moi aussi. (Moudon.)
GNIER, NIEIR, s. m. Nerf, force physique.
GNIFFEGNAFFE, s. m. Voy. gnàgnou.
GNION, MON, pron. indéf. Personne, aucun. Gnison, dans le can-
ton de Fribourg; gnin, dans le Jura. On dit en frappant à la
porte: Cei a-te gnion? n'y a-t-il personne? C. nigun, nemo;
gaélique, ganion.
Gnionsein, nioncein, nioncet, adv. Nulle part.
Gnion ke gniosse, nion ke niasse. Locution qui revient à gui que
ce soit, personne, âme qui vive. (Vaud.)
Gnion ne l'oâ. Sobriquet du diable qui signifie personne ne
l'entend. C'est l'ennemi qui, de nuit et sans faire de bruit, sème
en secret l'ivraie parmi le bon grain.
GNUGNI, V. Sucer au biberon; se dit surtout des jeunes veaux.
(Alpes.)
GNUSELLA, NEUSILLHE, GNOSETTA, s. f. Noisette. — Alogve, id.
182 GON
GO, GOT, s. m. Nom générique des habitants des monts de Chex-
bres et de Cliardonne. Quand ils se le donnent entre eux, ils
ajoutent toujours le mot frère, frare got. Descendraient-ils de
quelques déserteurs ou colons gotlis qui se seraient établis sur
ces monts ? Ce mot s'applique aussi aux habitants de quelques
villages du Bas-Valais.
GODALLHI, V. Buvotter, aller souvent au cabaret, ^oda?7/er. (A'aud.)
GODJAj s. f. Gouge, outil de charpentier pour creuser une rainure.
GODJI, GODZI, V. Faire gonfler dans l'eau un vase de bois, com-
buger.
GODJI, V. Bouder quelqu'un, être de mauvaise humeur. (Jura.)
Voy. FOMMA.
GODJONIRA, s. f. Petit filet pour prendre les goujons. (Léman.)
GOGl]A,s. /. Manœuvre de sorcellerie, enchantement, supersti-
tion. PI. gogue.
GOGUE, s. f. pi. Plaisirs, amusements, goguettes.
GOGUINETTA, s. /. Plaisanterie, goguenarderie, goguettes, lardon,
fleurette. — • Gaudriole, s. f. pi., id.
GOLLHA, GOLLHE, s. f. Flaque d'eau. La gran gollha, la mer, et
aussi le lac Léman. Craisi la gran gollhe, traverser le lac. G. go,
eau.
GOLLHETTA, s. f. Petite flaque d'eau; goulot. Diminutif de gfoZ//ia.
GOLLHI, GAULA, v. Se mouiller jusqu'aux genoux; salir le bord
de ses jupes, s'embouer.
GOLLHOTZI, GUALLHOTSI, GOTHOLLI, v. Se dit du bruit d'un
liquide dans un vase qui n'est pas plein; gazouiller. (Alpes.)
GOMMO, s. m. Génie ou démon souterrain qui garde les trésors
des cavernes des Alpes. Quand les bolides, assez fréquents dans
les vallées alpestres, passent d'un flanc à l'autre de la vallée,
les montagnards disent que les gommes voyagent, que c'est l'es-
prit de la montagne qui va visiter un confrère dans une autre
caverne. Gommo est une altération de gnome. (Pays-d'Enhaut.)
GONHLLA, s. f. Amas de neige amoncelée par lèvent. (Vaud.)
GONHLLÂ, V. Gonfler, enfler.
GOT 183
GONIILLO, GONFLO, s. m. Maladie des vaches, suite d'un gon-
flement pour avoir mangé trop de trèfle vert.
GONIN, s. m. Prénom usité avant la réformalion , puis défendu
par le consistoire genevois comme indécent, en 154G, ainsi que
ceux de Melchior, de Claude, de Mermct, do Sermet. (Voy. Picot,
Histoire de Genève, tome I, page -iiS; tome II, page 43.) — Les
ministres de Berne se plaignirent de ce qu'à Genève on refusait
de baptiser des enfants sous les noms indiqués par les pères et
usités dans leur canton. (Genève.)
GONNEI.LA, s. f. Diminutif de gonnct.
GONNET, s. m. Habit de petit garçon qui se boutonne par der-
rière. C. (junna, gonna, robe. (Valais.)
GOP, GOPO, s. m. Garçon fort et rol)uste. (Cossonay.)
GOPA, s. /. Femme grosse et robuste; fille de moyenne vertu, sa-
lope. C. goap, raillerie; sanscrit, goupa, fille.
GOR, GAUR^ s. m. Flaque d'eau, étang naturel, petit lac. C.gorr,
humidité. (Moudon.)
GORFA, GOUARFA, GOUEFFA, s. f. Première peau de la fève,
gousse.
GORGOLLHON, s. m. Charançon, petit insecte nuisible à la vigne;
c'est l'attelabe du bouleau, insecte de la famille des curculiônites.
— Griîuaud, id.
GORMAND, A, adj. Gourmand.
GORMANDA, v. Faire excès de mangeaille.
GORRA, GOURRA, s. f. Mal vénérien, gonorrhée. (Jura.)
GORRET, GORRON, s. m. Cochon de lait. C. gor, petit.
GOTTA, s. f. Goutte. Baire la gotta, prendre un petit verre d'eau-
de-vie ou d'autre liqueur alcoolique; se griser, boire souvent
un coup.
GOTTETTA, s. /. Petite goutte, gouttelette. Diminutif de gotta.
GOTTHELLET, s. m. Flacon, barillet, gobelet.
GOTTHOLLU, A, adj. Humide, marécageux. (Vaud.)
GOTTRAU, SA, adj. Goitreux, goitreuse.
184 GOU
GOTTRAUSA, s. f. Narcisse des poètes, Narcissus poeticus et Nar-
cissus radiiflorus ; lis.
GOTTREUSA, s, f. Leucoiiim vernum, perce-neige. (Bex.)
GOTTROSET, s. m. Ris de veau.
GOUAITA, GUOITE, s. f. Sentinelle, guérite, guet. (V. st.)
GOUALLHE, s. f. pi. Moqueries, mauvaises plaisanteries, lardons.
GOUALLHI, GOUAILLI, v. Se moquer, gausser, plaisanter. G. co-
valun, bavard. (Vaud.) .
GOUDDA, s. f. Truie; jeu d'enfant.
GOUEISSA, s. f. Coiffe de femme.
GOUEIZET, s. m. Serpette, petit couteau. (Neuchâtel.)
GOUERDZE, GOUEIRJE, GOUAIRDJE, s. f. Bouche. La grossa
gouairdje, la fournaise pour convertir le minerai en fer. (Val-
lorbe.)
GOUERDZERI, IDA, adj. Braillard, crieur importun; bégueule.
(Alpes.)
GOUETS, GOUÉ, GOUAI, s. m. Plant de vigne venu du Chablais,
donnant beaucoup de vin, mais de mauvaise qualité. D'anciens
règlements défendaient d'en planter. G. gwetz, sauvage. Goué
ou gouai se dit aussi dans le sens de goueizct. Voy. gavot. (Vaud.)
GOUGNOU, s. m. Malotru, gauche, idiot. — Gndg7iou/id. (Genève.)
GOUHENNA, s. f. Truie, laie; terme injurieux. — Gounna, id.
GOUHERN, s. m. Le soin des vaches, du bétail, de l'étable. (Pays-
d'Enhaut.)
GOUHERNA, v. Prendre soin, soir et matin, du bétail dans l'éta-
ble, lui donner à manger, le tenir propre. B. B. gouerein, traire.
(Pays-d'Enhaut.) — (On dit gouverner les vaches, dans le fran-
çais populaire vaudois. — N. de l'éd.)
GOULLHAFRO, s. m. Glouton, grand mangeur. L. gula, asper.
GOULLHARD, DA, adj. Glouton, gourmand, grand mangeur.
GOULLHERET, s. w. Têtard, grenouille non développée qui vit
dans les flaques d'eau stagnante. De gollha. (Montreux.)
GOUMA, V. S'engouer, se crever de mangeaille; bouder. (Val d'Il-
liez.)
GOV 185
GOUMHA, s. f. Fille ou femme laide, malpropre, dégoûtante. (Fri-
bourg.)
GOUMO, s. m. Petit baquet fixé à un long manche pour puiser l'eau
dans une chaudière, dans un cuvier; pour puiser le purin dans
la fosse et pour le répandre sur les prés. (Vaud.)
GOUNNA, s. f. Truie; jupe de dessous. C. gonn, robe. Voy. gou-
HENNA. (Fribourg.)
GOUNNELLA, GONNELLE, s. f. Petite tunique d'enfant. Guna en
slave signifie un drap grossier.
GOUPI, s. m. Renard. C'est le vieux français goupil. L. vnlpes.
GOURA, V. Tromper, duper, abuser. C. gour , malice, tromperie.
(Fribourg.)
GOURGNA, GROUGNA, GROLLHA, GOURLLE, s. f. Cep de vigne,
souche; tronc bon à brûler.
GOURGNON, GROUGNON, s. m. Morceau de bois noueux, souche
ou bûche tortue pour le foyer; grosse racine de hêtre. C. guern,
tronc. (Vaud.)
GOURLLE, s. f. Voy. gourgna.
GOURNEI, s. m. Grenier. C. curn, tas, monceau. (Morat.)
GOURNI, s. m. Agglutination de grains de sel, grumeau de farine
agglutinée.
COURRA, s. f. Corne du pied du bœuf. (Jura.)
GOUTA, V. Dîner.
GOUTA, s. m. Le repas du milieu du jour, le dîner. — (On dit pe-
tit-goutâ, pour le repas de quatre heures. — N. de l'éd.) (Vaud.)
GOUVERNA, V. Soigner le bétail. (Vaud.) Voy. gouiierna.
GOVA, V. Se dit d'un mets, surtout du café, de la soupe, qui pren-
nent un mauvais goût dans un vase malpropre.
GOVA, AHIE, adj. Eventé; se dit du vin qui a pris un mauvais
goût. C. gow, eau. (Montreux.)
GOVAI, GOVET, s. m. Seau à puiser l'eau. (Bagnes.)
GOVERGNIANCE, s. f. Gouvernement, régime, économie domes-
tique.
GOVERGNIAU, s. m. Gouverneur. (Yaud.)
186 GRA
GRA, s. m. Gré. Ne i'ein se pasgrâ, je ne t'en sais p^s gré. Maugrâ,
mauvais gré, malgré.
GRABBI, s. m. Avare, grippe-sou. G. grabana, piller^ ravir.
GRABBI, GRABELLIOU, s. m. Ravisseur. C'est un des noms du
diable. — Grebellhou, id.
GRABBI ! interj. Peste ! diable ! Grabbi sai de shi boubo ! la peste
soit de cet enfant! (Pays-d'Enhaut.)
GRABO, s. m. Pente rapide et pierreuse, ravin. — Grabou, id. Ail.
grab, fosse, tombeau. (Vully.)
GRACHAU, mbst. et adj. Gracieux. Ce titre accompagne souvent,
dans les cantons de Fribourg et de Vaud, le bonjour ou le bon-
soir quand on le donne aux jeunes gens. Adsivo, grachausa, bon-
jour la belle.
GRADALA, v. S'élever par degrés, monter de branche en branche.
L. gradus.
GRAFFEGNI, GRAFFOUGNI, t\ Egratigner. C. graff, égratignure.
GRAFFOUGNIA, GRAFFOUNISSA, s. f. Egratignure.
GRAFION, s. m. Voy. grefion.
GRAI, adv. Avec peine, difficilement. L'apprein grai, il apprend
avec beaucoup de peine. C. crai, dur, rude. (Pays-d'Enhaut.)
GRAILLONS, s. m. pi. Restes d'un repas. (Y. st.) — Fricot, id.
GRAINTHA, v. Se laisser intimider en parlant; s'exprimer en bal-
butiant, par fausse honte, par crainte. (Fribourg.)
GRAISSET, s. m.; GRAISSE.TTA, s. f. Rana arborea, espèce de gre-
nouille qui, dans les prairies humides, saute sur les arbres.
(Aigle.)
GRAMON, s. m. Chiendent, graminée dont la racine est employée
en tisane; paquet de racines et de tiges inutiles dans une che-
nevière, dans un champ. (Vaud.)
GRAN, s. m. Grain ; un peu.
GRANCENAI, i'. Gronder, se fâcher. — Gremondi, id. (Evêché de
Bâle.)
GRANDZI, s. m. Métayer, fermier.
GRANDZIRA, s. f. La femme du fermier. (Vaud.)
GRA 187
GRANET, s. m. Petit grain: une très petite quantité, très peu.
GRANETEI, 5. m. Marchand de grain. — Grenattci, id.
GRA.NMASSI, adv. Grand merci, bien obligé.
GRANNA (prononcez gran-na), s. /. Graine, semence des plantes;
les grains, les céréales en général. Le grannc san balle sli an,
les grains sont beaux cette année.
GRANNÂ, GRANÂ, r. Grener, donner du grain.
GRANT, GRANTA, adj. Grand, grande. L'èpraugrantapoi'sontein,
elle est assez grande pour son âge. Pére-grant, grand-père; mére-
grant, grand'raère.
GRANTA-PEIRLE, s. f. Gremil, Lithospermum officinale, plante de
la famille des borraginées. (Vaud.)
GRANTEIN, adv. Longtemps. Granienet, diminutif, il y a quelque
temps. (Pays-d'Enhaut.)
GR.\PEIN, GRAPEUx\, NA, adj. Avide, quêteur importun.
GRAPELLHI, v. Grappiller.
GRAPELLHON, s. m. Grappillon, petite grappe.
GRAPENA, V. Commettre de petits vols, prendre çà et là. (Vaud.)
GRASSET, TA, adj. Un peu gras.
GRASSETTA, s. f. Grassette, Pinguicula vvlguris, plante de la fa-
mille des lentibulariées.
GR.\SSI, s. m. Genévrier. (Jura.)
GRASSIA, s. f. Lieu couvert de genévriers. (Jura.)
GRATHO, s. m. Voy. crato.
GRATTA, s. f. Gale de la petite espèce. (Vaud.)
GRATTA, V. Gratter, se gratter. — Gratthû, id.
GRATTA-CU, s. m. Fruit de l'églantier, gratte-cul.
GRATT.\-PAPEI, s. m. Gratte-papier; nom dérisoire donné par le
peuple aux avocats, grefliers, notaires et autres gens de plume.
(Vaud.)
GRATTE, s. f. pi. Fèves cuites dans leurs gousses; pois mange-
tout. (Ormonts.)
GRATUIZA, s. f. Râpe à tabac; râpe en général.
188 GRE
GRATZERI, s. m. Cerfeuil sauvage, Anthriscus sylvestris, plante
ombeilifère commune dans les vergers. — Gro-tzeiri, id.
GRAUBA, GREUBA, s. f. Crasse attachée à un vase, tartre des ton-
neaux, espèce de tuf qu'on emploie pour récurer. C. grew,
sable.
GRAUBONS, GREUBONS, s. m. pi. Petits morceaux de graisse de
porc restés au fond du vase où l'on a fait fondre cette graisse.
On les mange seuls ou frits avec des pommes de terre. (Vaud.)
GRAULA, s. f. Voy. grola, chuva.
GRAUSA, V. Se plaindre, murmurer, molester par mauvaise hu-
meur, comme une vieille femme. Gr. yp^vg, vetula.
GRAVA, V. Peiner; empêcher, mettre obstacle; exciter la pitié;
grever. Oula-tè d'ikie ke te me grave, ôte-toi de là, tu m'empê-
ches, tu me gênes. L. gravure.
GRAVANCHE, GARVANCHE, s. /■. Variété du ferra, Salmo Fera,
poisson du Léman. Jurine a donné à cette variété le nom de
Corregomis hyemalis, parce que ce poisson ne paraît qu'eu hiver.
(Genève.)
GRAVERI, s. m. Personne qui vous empêche, qui vous détourne
de votre travail. (Fribourg.)
GRAVERO, s. m. Obstacle, empêchement. L. gravare. (Fribourg.)
GRAVIÉRA, s. f. Lieu d'où l'on tire du gravier. — Gravaire, id.
GRÉ, s. m. Lérot, sorte de petit loir (Aigle). On le mange dans le
Bas-Valais. — Gré de var, id.
GREBELLHOU, s. m. Un des noms du diable.— C'est aussi le nom
du gommo (gnome) qui garde les mines de la dent de Vaulion.
Il passe toutes les veilles de Noël, disent les superstitieux, par
la Vallée du lac de Joux^ avec six acolytes, montés à rebours
sur des cochons dont la queue leur sert de bride. C. krupia, patte
armée de griffes, ou œab, harpon. — Grabelliou, grabbi, id.
GREBION, s. m. Le petit grèbe.
GREBLLO, GRAIBLLO, s. m. Le houx.
GREBOLA, GRIBOLA, v. Grelotter, trembler de froid ou de fièvre.
GREBOLAN, 5. m. Petit grèbe. (Grandson.)
GRE 189
GREBOLON, GRIBOLON, s. m. EbuUition; frisson, cliair de poule;
grésil. (Alpes.)
GREBOZ, s. m. Grand grèbe.
GREDON, s. JH.; GREDA, s. /. Mauvais jupon, cotillon usé. —
Gredin, id. (Jura.)
GREFION, GRAFION, s. m. Grosse cerise entée, bigarreau, Cera-
sus ditracina. (Vaud.)
GREILA, ,s\ f. Grêle.
GREILÀ, V. Grêler.
GREILOZ, s. m. Pièce de bois qui supporte le train de la charrue.
(Aigle.)
GREIMPION, s. m. Grimpereau, oiseau grimpeur.
GREINDJE, A; GREGNE, A, adj. Grondeur, boudeur, de mauvaise
humeur. G. grinfjian, être chagrin, gronder. — Greindzo, n, id.
(Vaud.)
GREINDJET, adj. Ne s'emploie que dans l'expression fa greindjet,
feu Saint-Antoine, fièvre rouge; feu de suie aux parois d'une
marmite.
GREINDJETTA, s. f. L'ortie brûlante ou ortie-grièche, Uitica urens;
se dit aussi des poules frisées. (Vaud.)
GREINTHO, s. m.; GREINTHALLE, 5. f. Contrat de mariage,
fiançailles, repas à celle occasion. (Montreux.)
GRELLET^ s. m. I^e grillon domestique.
GRELON, s. m. Grêlon, gros grain de grêle; fève ou pois avortés.
GRELOTTA, v. Grelotter, trembler de froid. — Grebola, id.
GRELOTTE, s. f. Fille publique. (Gruyère.)
GREMAILLI, GRIMAILLI, v. Ecaler les noix, séparer l'amande de
la coque.
GREMAIJTON, s. m. Monceau irrégulier, tas en désordre. (Pays-
d'Enhâut). En composition : A gremauton, en peloton.
GREMELHETTA, s. f. Lézard gris, Lacerta agilis; loche franche,
poisson du genre cobite. (Rolle.)
GREMELHON, GREMESSI, GREMECI, COURMESSl, CREMES-
190 GRE
SET^ s. m. Peloton. L. gremium. Gremelhon se dit aussi pour gru-
meau de farine dans la soupe.
GREMHI, V. Plisser, chiffonner. Fr. grimer. (Alpes.)
GREMI, 5. m. Noix. (Valais.)
GREMO, GRIMO, GREMHl, GREMOHLLON, s. m. Grumeau, amande
de la noix, de la noisette, etc.
GREMOHLLON, s. ni. Véron, Cyprinus Phoxinus, poisson du
Léman.
GREMONDIji'. Gronder, se fâcher. Voy. grancenai. (Evèché de
Bàle.)
GRENATTEI, s. m. Marchand de blé, blâtier.
GRENETTA, s. f. Halle au blé. (Vaud.)
GRENETTE, s. f. Barbotine, poudre vermifuge.
GRENON, s. m,. Sédiment ou dépôt qui s'attache au fond des mar-
mites. (Val d'Hliez.)
GRENOULLHETA, s. f. Renoncule vénéneuse, Ranoncnbts scele-
raius.
GREPALA, s. f. Sorte de renouée, Polygommi Convolvulns.
GREPPA, s. f. Crochet de fer pour fixer une poutre qu'on équarrit ;
crampon fixé aux souliers pour marcher sur la glace. C. grapin.
GREPPE, s. f. pi. Tenailles, pinces.
GREPPON, s. m. Crampon dont se servent les faucheurs dans les
pentes rapides ou escarpées des Alpes.
GRESALA, EINGRESALLA, s. f. Groseille, myrtille; Ei^^es Grossu-
laria et Vaccinium Myrtillus.
GRESILLON, s. m. Espèce de poucettes pour contenir les mains.
(Genève.)
GRETTHE, s. f. pi. Espèce de cerises rouges et acidulés nommées
griottes dans le français jmpulaire vaudois. (VuUy.)
GRETZON, s. m. Petite colline, émiuence. Dimin. de cret, tertre.
GREUBA, s. f. Tuf pour nettoyer la vaisselle, tartre des tonneaux.
C. grew, sable. — Grauba, id.
GREULETTA, GRULETTA, s. /. Tremblement, appréhension;
GRO 191
émotion, saisissement qui fait tremljlor ; tremblement nerveux.
(Vevey.)
CREUSET, s. m. Grand morceau. (Val d'Illiez.)
GREVURA, s. /". Meurtrissure, blessure. G. greva, blesser. (Genève.)
GRIA, s. /". Craie blanche ou rouge. C. criad, argile. Ce mot signi-
fie aussi grue, oiseau de passage.
GRIÉ, GREHI, s. m. Plâtre.
GRIETTAI, GRIOTTIER, s. m. Espèce de cerisier à fruits rouges
acidulés, Cerasus Caproniana.
GRIETTE, GRIOTTE, s. f. pi. Fruits du griollier.
GRIFFA, s. f. Griffe. — Griffa -de-Isa, grapia- de-tsa , l'anthyllide
vulnéraire. (Vaud.)
GRILLA, GRITTA, GRÈTIIA, s. f. Cheville du pied, grille.
GRILLET, s. m. Le grillon domestique, Gryllus domesticus. (Vaud.)
— Grellet, id.
GRILLET, s. m. Sorte de petite alouette, Tringa ptisilla. (Vaud.)
GRIMO, s. m. Charançon, attelabe du bouleau, insecte nuisible à
la vigne. — Gorgollhon, id.
GRIMPION, s. m. Grimpereau, torche-pot, Silta eiiropœa. Voy.
GREIMPIO.N.
GRINGALET, s. m. Jeune étourdi, petit drôle, impertinent; garçon
fluet. (Vaud.)
GRIPPAY, s. m. Harpon de flottage. (Montreux.)
GRISALLEI, s. m. Lieu rempli de myrtilles. — Gresallei, grosallei,
id. (Montreux.)
GRISETTA, s. f. Véron, Cypriniis Phoxinns. (Valais.)
GRISON, s. 711. Hirondelle des rivages, Hirundo riparia. (Genève.)
GRO, adv. Beaucoup. Gro nié, beaucoup plus; va gro mi, il se
porte beaucoup mieux.
GRO, GROSSA; GROU, GROUCHA, adj. Gros, puissant, riche. —
Gi'O kruzillon, gro crouzillon, cerisier à grappes. Prunus Padus.
(Pays-d'Enhaut.)
GROBO, A, adj. Grossier, en parlant des gens; gros, grossier, en
parlant des étoffes. AU. groh. (Alpes.)
192 GRO
GROFOUAIR, GROUFOUEIR,s. 7n. Ahsinihe, Artemisia Absinthium.
GROGNON, adj. et subst. Grognon, de mauvaise humeur; se dit
surtout des enfants.
GROLA, GRAULA, GRALLA, GRAILA,s. /. Corneille mantelée,
grolle, freux, Corvus friigilegus. (Jura.) Voy. chuva.
GROLLA, s. /. Savate, vieux soulier ; truie. C. groll, truie.
GROLLEI, s. m. Savetier. (Fribourg.)
GROLLHA, s. f. Voy gourgna.
GROLLHI, V. Secouer un arbre pour en faire tomber les fruits;
grouiller. Dans le premier sens on dit aussi crollhi, grula. V. F.
croller, crouller, crouler, qu'on a dit pour secouer.
GROPEISA, s. f. Espèce de filet du lac de Morat.
GROSALLA, s. f. Myrtille, Vaccinium Myrtillus. Voy. gresala,
AMBRESALLE.
Grosalîa à l'or, Parisette, Paris quadrifolia, mot à mot, gro-
seille à l'ours. (Pays-d'Enhaut.)
GROSALLEI, s. m. Groseiller.
Grosallei-a-pur, s. m. Airelle des marais, Vaccinium uligi-
nosum ; mot à mot, groseille à porc. (Vallée de Joux.)
GROSSET, TA, adj. Un peu gros, un peu épais.
GROSSI, GROSSIRA, adj. Grossier, rustre, manant; se dit aussi
des étoffes.
GROTTON, CROTTON, s. m. Cachot, prison profonde. (Lausanne.)
GRO-TZEIRI, s. m. Cerfeuil sauvage, Anthriscus sylvestris. — Gro-
clieiri, gratzeri, id.
GROULA, s.f. Boîte ronde, en bois, dont le couvercle se visse.
(Jorat.)
GROULLHI, V. Grouiller, bouger, remuer, se plaindre.
GROUMELHETTA, s. f. Loche, poisson du genre cobite. Voy.
gremelhetta. (Léman.)
GROUMETHI, v. Gâter un enfant en le dorlotant, par trop de soins.
(Alpes.)
GROU-MO, GRO-MO, s. m. Epilepsie, mal caduc.
GROUSA, GRAUZA, s. f. Plainte, grief. (Fribourg.)
GUE 193
GRU, s. m. pi. Gruau d'avoine. Dci gru, du {^ruau.
GRUA, r. Monder, faire du gruau.
GRUAT, s. m. Ancien nom des habitants du comté de Gruyère.
GRULLA, GRULA, r. Trembler de froid; secouer un arbre. —
Greula, gnrla, id. (Vaud.)
GRUS, s. m. pi. Séré mêlé de crème. (Genève.)
GRUVEREIN, GRUVEREINTZO, s. m. Nom plus moderne des ha-
bitants du comté de Gruyère. Lo gruveran, lo gruvcrein, le pa-
tois de cette contrée. Voy. gruat.
GRUYERS, s. m. Soldats du comte de Gruyère qui prirent la fuite
à la bataille de Cérisoles. (Voy. les Mémoires de du Reilay.)
GUADZOULLHI, v. Gargouiller, barboter dans l'eau. — Godroullhi,
gargoUa, id.
GUAITA, s. f. Guet, sentinelle, guérite.
GUEDI, GEDDI, s. m. Jeune porc, cochon de lait.
GUEDJI, V. Saisir les meubles d'un débiteur.
GUEDRO, EGUEDRO, s. m. Homme mal vêtu, pauvre, mendiant
(Val d'Illiez.)
GUEGNA, s. m. Bâtard. (Jura.)
GUEGNARE, GUEGNO, s. m. Louche, myope, qui y voit à peine.
GUEGNAUCHE, GUENUTZA, s./. Sorcière, magicienne, diseuse
de bonne aventure. (Jura.) — Djonoaïdja, djenoaidje, djenoadje,
genoaïdja, id.
GUEGNE-GOUTA, s. m. Parasite qui épie le moment du repas
d'autrui pour y être invité et y prendre part. (Valais.)
GUEGNE-METZE, s. m. Celui qui lorgne la table d'autrui, parasite;
mot à mot, gui guigne les miches. Ce mot signifie aussi curieux,
indiscret, louche. (Vaud.)
GUEGNI, GUIGNI, v. Guigner, loucher, regarder de travers ; mirer,
ajuster un coup d'arme à feu ; jeter les yeux indiscrètement où
l'on n'a rien à voir, lorgner.
GUEGNON, s. m. Guignon, mauvais sort, mésaventure.
GUEGUA, V. Trembler de froid ou de peur. (Val d'Illiez.)
MÉM. ET DOCUM. XXI. 13
194 GUE
GUELINGUIN, s. m. Le petit doigt. — Kl'mrjuin, gleinglem, id.
Ail. klein.
GUELLEIN, s. m. La violette odorante.
GUELLHA, s. f. Quille à jouer. G. guilla, id.
GUELLHETTA, GUILLETTE. s. f. Petite quille ; pâton pour en-
graisser la volaille; fusée de poudre; morceau de bois flottant
sur l'eau pour indiquer la ficelle amorcée tendue au poisson.
GUELLHON, GUILLON, s. m. Brochette de tonneau, bouchon de
bois, fausset. Voy. dzeze.
GUELLHOUNA, v. Mettre une brochette à un tonneau, tirer du vin
au fausset; i)erdre son temps, hésiter. (Vaud.)
GUER, GUERCHA, ndj. Etrange, ridicule, absurde, qui tient de la
farce. (Fribourg.)
GUÉRA, GAIRA, s. f. Impératoire, Imperatoria O&truthium, plante
ombellifère. Drogue vétérinaire composée de racines et de fleurs
de divers simples, principalement de l'impératoire. (Alpes.)
GUÉRANI, s. m. Astrance majeure, Astrantia major, plante om-
bellifère. (Bex.)
GUERÇA, GARÇA, s. f. Garce, fille publique; plus honnête que
pont an.
GUERGUETTA, s. f. Gorge, cou, bouche. Meuu la guergnetta, ba-
biller.
GUÉRISSEUR, s. m. Médecin, rhabilleur, rebouteur. Maidjo, maidzo
est plus usité.
GUERLA, VOUAIRLA, v. Plier, plisser. (Valais.)
GUÉRO, adv. Voy. vouero. (^wi^o \ '\,\,vntlir>w-
GUERSA, s. f. Course.
GUERTZEIHl, v. Aller de travers, aller à gauche. (Alpes.)
GUERZELLHON, s. m. Petit domestique, garçonnet.
GUERZON, GUERCHON, s. m. Domestique de chalet, garçon d'é-
curie, valet.
GUERZON, s. m. Gueux, coquin, coun ur. (Val d'Uliez.)
GUETHA, adv. Beaucoup. (Val d'Illiez.)
GUETHÀ, v: Regarder, épier, jeter les yeux. (Jura.)
GUI 195
GUETHELIN, s. m. Petit agneau, agnelet; nom d'amitié qu'on
donne à un enfant. (Valais.)
GUETTE, s. f. pi. Guêtres.
GUETTHI, r. Se mouiller, se salir en route.
GUETTHON, s. m. Petite guêtre, guêtre courte.
GUETZARD, DA, adj. Fin, adroit, astucieux, prudent. (Vaud.)
GUETZET, DIETZE, s. m. Vase à tenir le lait, à porter la crème.
Voy. DIETZO.
GUETZETTA, GAITZETTE, s. f. Vase de bois à anse, plus allongé
que le précédent. (Alpes.)
GUETZI, GADJI, v. Oter les rayons d'une ruche.
GUEU, s. m. Mouette rieuse, Lanis ridibunduf,, oiseau des lacs.
(Neuchâtel.) — Sur les bords du Léman on nomme cet oiseau
heju, hezH, besolet, besntchet.
GUEU, s. m. Muscardin, Mus avellanarius. — Malagnou, gai, id.
(Orbe.)
GUEULLERÈ-A-NOZ, KOULLERES-A-NOZ, s. f. pi. Fées malfai-
santes diles lavandières de nuit. Elles invitent les passants à
tordre le linge avec elles et leur tordent le cou s'ils tordent à
rebours. — Mot composé de gollhe, flaque d'eau, mare, et de
no, neii, né, nuit (Evêché de Bâie). — (Ce sont les kannérez-noz
de la Bretagne. Voy. Le Foyer breton d'Emile Souvestre. — N.
de l'éd.)
GUIGA, DJIGA, s. f. Violon. ^^ >t'^lU>v, . C^ tlje^ ,
GUIGÂ, V. S'esquiver, se sauver. — Djiga, id. (Jura.)
GUIGARE, DJIGARE, s. m. Joueur de violon; marqueur à la cible.
(Vaud.)
GUIGUERESSA, s. f. Joueuse d'instruments. (Fribourg.)
GUILLA, r. Convoiter les mets daulrui, désirer vivement; trom-
per. (Jura.)
GUILLERET, GUILLEIRON, s. m. Sommet d'un arbre, d'un rocher,
d'un bâtiment. — Coulzet, id. (Vaud.)
GUILLERET, adj. Gai, de bonne humeur. Les troubadours pro-
vençaux du XIIP siècle s'appelaient guillari en Italie.
196 HEI
GUINTZET, GUNTZET, s. m. Petite porte d'un tonneau sur le
fond de devant.
GUISA, GUHISA, s. f. Manière d'être, façon d'agir. La trauvo à
ma guisa, elle me plaît; littéralement, je la trouve à ma guise.
(Vaud.)
GUISA, s. f. Gueuse, pièce de fer fondu qui sort du fourneau.
(Vallorbes.)
GUISARMA, s. f. Hache à deux tranchants employée dans les
guerres du moyen âge, mentionnée dans le Plaid général de
Lausanne, 1368.
GUNTZET, GAINTZÉ, s. m. Volet, contrevent, guichet. (Alpes.)
GUU, DHU^ DIÉ, DIEU, s. m. Dieu. Ce mot est très diversement
prononcé, surtout par les mendiants, qui demandent l'aumône
au nom de Dieu. Voy. dei.
H
HA, s. f. Colline, hauteur. L. altus. (Evêché de Bâle.)
HAHIA, V. Voy. aïa.
HAILLONS, s. m. pi. Vêtements, habits, hardes en général. lô san-
t-e m'e z'haillons ? où sont mes habits?
HAMMER, s. m. Framboise. Voy. ammer. (Jura.)
HARICOT, s. m. Lors de la révolution helvétique, en 1798, ce mot
s'est dit pour aristocrale. (Vaud.)
HATSCHE, s. f. Hache.
HATSCHETTA, s. f.; HATSON, s. m. Petite hache. Voy. atsetta,
ATSON.
HATSON, s. m. Valet au jeu de cartes. Voy. atson. (Montreux.)
HAU, pron. démonstr. m. pi. Ceux. Hau ¥an fé cein, ceux qui ont
fait cela. Voy. cÉ
HEINGUENO, s. m. Huguenot. AU. eidgenossen.
HEl 197
HEINVER, s. m. Hiver.
HEINVERGNIAU, s. m. Jeune porc de l'année qu'on hiverne pour
l'engraisser. (La Côte.)
HEIiNVERNA, HIVERNA, v. Hiverner; se dit surtout du bétail.
HEIRBA, s. /. Herbe, gazon, simple. Ce mot entre dans plusieurs
noms de plantes :
Heirba d'auton, couleuvrée, Bryonia.
Heirbn de bekomno (au pain d'épiccs), la myrrhe odorante,
Myrrhis odovata. (Aigle.)
Heirba de l'étaila (de l'étoile), renoncule glaciale, Ranunculus
glacialis. (Alpes.)
Heirba di volan (à la faucille), heirb'au z'écus, raonnoyère,
Lysimachia nummularia. Voy. volan.
Heirba d'oudzi, véronique cressonnée, Veronica Beccabunga.
Heirb'à étragni (à éternuer). Arnica montana et Achillea Ptar-
mica. (Alpes.)
Heirb'à la bainna, lierre terrestre, Glechoma hederacea. Voy.
BAINNA. (Pays-d'Enhaut.)
Heirb'à la brotsche, ellébore noir.
Heirb'à pai (aux pois), sarriette, Satureia hortensis.
Heirb'à Robert, géranium herbe à Robert, Géranium Rober-
tianum. (Vaud.)
Heirba sein coûtera, herbe sans couture, langue de serpent,
Ophioglossum vidgatum. (Alpes.)
Heirb'à tscha, heirb'à Isa (au chat), la mercuriale. (Pays-d'En-
haut.)
Heirb'au coucou, surelle, pain de coucou, Oxalis acetosella.
Heirb'au djnnau (an genou), sorte de persicaire, Polygonum
hydropiper. (Pays-d'Enhaut.)
Heirb'au fedje (au foie), hépatique, Anémone Hepalica.
//fî/'ô'au wîwssiWon (aux moucherons), conyze, huila Conyza
DC. (Jura.)
Heirb'au pour' hommo {au f&uv Te homme), gratiole, Gratiola
officinalis. (Yverdon.)
Heirb'au tété (aux tétons), lampsane commune, Lampsana com-
munis. Cette plante est ainsi nommée, parce qu'on l'emploie
198 HLL
broyée sur les bouts de sein des nourrices, quand ils sont fendus
ou gercés. (Gros de Vaud.)
Heirb''au violet (à l'érysipèle), douce-amère, Solarium Dulca-
mara.
HEIRBETTE, s. f. pi. Petites herbes de jardin, hachées menu pour
divers usages culinaires ; fines herbes, persil, cerfeuil. — On dit
aussi saveur : Va mettre la saveur à la soupa, va mettre le cer-
feuil à la soupe. (Vaud.)
HERBOLAN, NA, adj. Celui ou celle qui recueille des plantes mé-
dicinales pour les pharmaciens. — Croseran, id. (Valais.)
HERBOLANNE, s. f. pi. Simples; plantes, fleurs, feuilles ou raci-
nes médicinales.
HÉRETA, V. Voy. hireta.
HEUH ! interj. Voy. eh !
HI, adv. Hier. L'autro hi, et par élision, l'autr'hi, l'autre jour, il y
a peu de temps.
HI, s. m. Ciel; peu usité. (Gruyère.)
HI, impér. du verbe alla. Va. C'est Vi du latin avec l'aspiration né-
cessaire pour donner de l'énergie au commandement.
IIIO, HIOTA, adj. Haut, grand; fort, vigoureux; aigre, de haut
goût.
HIOTET, HIOTTETA, adj. Assez aigre, assez fort pour le goût. Di-
minutif du mot précédent. (Alpes.)
HIRETA, V. Hériter. — Hérela, id.
HIRETAI, s. m. Héritier.
HIU, HU, UH. Cri du charretier pour exciter les chevaux ; en fran-
çais, hue.
HIVER (prononcez hivê), s. m. Hiver. — Heinver, id.
HLLA, pron. démonstr. fém. Celle. Voy. ce.
HLLA, HLLAU, s. /. Clef de serrure. — Clia, klla, id.
HLLA, HLLAR, HLLARA, adj. Clair; peu épais, en parlant des
blés, des semis.
HLLAIRA, s. f. Lampe. — Craisu, id. (Vaud.)
HLLAIRÂ, HLLAIRÎ, EHLLAIRI, v. Eclairer.
IILL 199
Hf.LAKKA, s. f. Folle, sotlo, étourdie, mauvais sujet de lille.
iMoiitreux.)
HLLAMMA, s. f. Flamme. — VHamma, id.
HLLAMMÀ, V. Flamber, jeter des flammes, brûler. — Fllamma, id.
IH.LAMMETTA, s. /■. I.anceltc de cbirurgien; petite flamme. —
Fllnmmetta, id.
Hf^LAMO, KLAMO, s. m. Craclial épais et dégoûtant qui vient du
nez. (I.ausanne.)
IILLAMPA, V. Crever. Hlhwipn! inlerj., vrèw.l injure grossière.
(Montreux.)
HLLAN, s. m. Flanc, côté. Dé hllan, de côté, sur le côté.
H1.LAN, HLLAON, LAN, LAON, LAYON, s. m. Planche large et
épaisse, ais. (Vaud.)
I1LL.\NTZI, s. m. Tout ce qui tient aux flancs d'une bête de bou-
cherie. (Alpes.)
HLLAPPA, V. Ternir, flétrir, décolorer; manger en gloul(jn; lap-
per. (Fribourg.)
HLLAPPEIN, s. m. Crampon de fer.
HLLAPPI, adj. Flasque, flétri. (Vaud.)
HLLAPPO, HLLAPPA, adj. Flasque, flétri (Pays-d'Enhaut). —
FUijipi, fllani (Valais).
HLLASSA, s. f. Glace.
HLLASSON, s. m. Glaçon, morceau de glace.
HLLAU, pron. démonslr. m. et /". pi. Ceux, celles. Voy. CÉ.
HLLAU, s. f. Couloir par lequel on fait descendre le foin du fenil
dans les crèches. (Alpes.)
HLLAU, s. f. Fleur; crème. Hllau hiota, crème aigre. (Fribourg.)
HLLAUDO, s. m. Nom de baptême, Claude. Au figuré, c'est un ba-
lourd, un nigaud, un homme simple, facile à abuser, à duper.
HLLAUTRO, adv. De l'autre côté.
HLLAVALA, v. Couvrir une surface de choses étrangères; se dit
des boutons qui couvrent le vLsage, et des taui)inières qui cou-
vrent une prairie. Même racine que le français c/areaw, clavelée.
(Pays-d'Enhaut.)
200 HLL
HLLAVEGNI, v. Planter de petits clous. De hllavin. sorte de clou.
HLLAVELERI, s. m. Clavelée, maladie des moutons. — Hllavaleri, id.
HLLAVIN, s. m. Sorte de clou. L. clavus.
HLLEIHI, s. m. Fléau à battre le grain. (Aigle.)
HLLEINTHO, A, adj. Simple; se dit des fleurs.
HLLEIVALA, s. f. Anneau d'une porte pour ouvrir ou pour heur-
ter. (Alpes.)
HLLENNA, s. f. Paquet de chanvre de dix poignées; poignée d'é-
pis glanés, glane.
HLLENNÂ, LIENNÀ, v. Glaner. (Vaud.)
HLLERDJON, s. m. Enfant de chœur. (Fribourg.)
HLLERDJON, s. m. La dernière pousse de la vigne, en août (Vaud).
HLLERDJOUNA, v. Oter ou éclaircir les dernières pousses de la
vigne. — EhUerdjouna, éklairi, id.
HLLESEIN, HLLOR, HLLOSON, SOR, s. m. Poussière ramassée
dans la grange et renfermant les graines des graminées, graines
qu'on recueille pour les semer. (Pays d'Enhaut.)
HLLETTA, GLETTA, LIETTA, v. Tordre; prendre, attraper; lier,
attacher.
HLLETTHA, s. f. Petite hache.
HLLETZI, i'. Lancer, décocher une flèche.
HLLÉVI, adv. D'abord que, à mesure (Alpes). — (Dans le Jorat,
à la vi signifie au moment où, à mesure que. — N. de l'éd.)
HLLI, LHI, s. m. Lit, couche.
HLLIRA, s. /. Jonction de deux poutres engrenées; ligature; cein-
ture de culotte. (Alpes.)
HLLITTA, 5. f. Choix. Avai sa hllitta, avoir son choix. L. electus.
(Pays-d'Enhaut.)
HLLO, s. m. Enclos.
HLLODO, s. m. Voy. hllaudo. (Vaud.)
HLLODZETTA, s. f. Petit traîneau. Diminutif de liudzo, traîneau.
HLLOKKA, s.f. Plaque de neige qui s'attache aux souliers, aux
fers des chevaux. (Alpes.)
II LL 201
HLLOKKÂ, V. Tinter; bruire; éclater. (Valais.)
HLLOLA, HLLOULA, CLIOLA, v. Clouer.
HLLON, s. m. Gâteau aux herbes, tourte aux fruits. (Pays-d'En-
haut.)
HLLOH, s. f. Fleur; crème, parce qu'elle est la fleur du lait; pous-
sière ramassée dans la grange et renfermant les graines des gra-
minées, graines qu'on recueille pour les semer. — Voy. hllau.
Hllor à l'or (fleur à l'ours), hllor de Pâques, narcisse sauvage
ou narcisse des prés, Narcissus Pseudo-Narcissns. (Montreux.j
Hllor au mallet (fleur aux convulsions), pivoine, Paeoniaofft-
cinalis.
Hllor de buro (fleur de beurre), renoncule. (Alpes.)
Hllor de mazot (fleur de mazot), troUe, Trollius europœus.
(Alpes.)
Hllor de sun (fleur ou flueur de sang), dyssenterie. — Cake-
sangua^ id.
HLLORIN, s. m. Florin de quatre batz, ancienne monnaie du Pays
de Vaud. •
HLLOSALET, CLOSALET, s. m. Petit enclos. Diminutif de hllo.
HLLOSET, CLLOSI, CLOSET,s.m. Enclos, petit domaine. L. c/a«-
SUS. Voy. HLLO, HLLOSALET. (Vaud.)
HLLOTSE, s. /'. Cloche; vieille femme éclopée, usée par le travail,
qui boite, qui cloche des deux côtés.
HLLOTSETTA, s. f. Petite cloche, clochette.
HLLOTSETTA, s. /. Campanule; toutes les espèces de cette plante.
HLLOTSI, s. m. Clocher, flèche d'une église.
HLLOTSI, V. Clocher, boiter, aller de travers; mener un traîneau
sur la neige, glisser sur un petit traîneau. Voy. ludja, ludji.
HLLOTTA, s. /. Flûte; écheveau.
HLLOTTENAIRA, s. f. Cheville de fer qui, dans un char, joint le
train de devant au train de derrière. (Vaud.)
HLLOTTET, s. m. Petit tuyau pour aspirer l'air, fétu.
HLLOTTETTA, s. f. Petite flûte d'enfant; petit écheveau.
202 HOU
HLLOTTI, s. m. Peloton de fil. (Alpes.)
HLLOUDEI, s. m. Herbe à Robert, Géranium Roberlianum. L. clau-
dere. — Cette plante est ainsi nommée parce qu'elle est propre
à fermer les plaies des doigts, dei. (Echallens.)
HLLOUGNI, V. Faire signe des yeux, cligner.
HLLOUGNI, s. m. Voy. dougni.
HLLOURE, V. Fermer, clore, entourer d'une palissade, d'une haie
morte ou vive. L. claudere.
HLLOUSSA^ s. f. Poule qui veut couver, poule qui a une couvée.
HLLOUSSÂ, V. Glousser.
HLLOUTHA, HLLUTHA, v. Se mettre à sa place dans l'étable; se
dit des vaches. (Alpes.)
HLLU, s. m. Paquet de pois ou de fèves en gousses. (Pays-d'En-
haut.)
HOBA. Cri de celui qui frappe à la porte d'une ferme. Hobarius,
fermier, métayer. C. Hopa, crier. (Alpes.)
nOMMO, s. m. L'homme, le mari, le maître de la maison. M'n'hom-
mo, mon mari; la bi l'hommo, le bel homme. — Dans le Jura,
hoummon.
HORA, adv. Maintenant, à l'heure qu'il est. Horahora, c'est assez,
il suffit. L. hora. Yoy. oha, ara.
HORDOUS, ORDOUS, adj. Laid, épouvantable, horrible. L. Iwrri-
dus. (Valais.)
HOUAI, VOAI, OUET, VOUAI, VOUI, VUI, adv. Aujourd'hui. L.
ho die.
HOUET, HOUIT, adj. nimér. Huit.
HOUETANNA, HOUITANNA, s. f. Huitaine; se dit surtout des jours.
HOUISCH! Interjection qui marque le doute et revient à je n'en
crois rien, ou à l'expression ironique ah ! bien oui.
HOÛTO, s. m. Hôtelier, cabaretier. — Oûto, id.
HOUTÔ, s. m. Maison, domicile, logis ; cabaret. — Dans le Valais,
un animal trouvé dans la possession d'autrui est mis o part
d'houtô, c'est-à-dire dans une écurie d'auberge, aux frais du pro-
lE 203
priélaire de l'animal, jusqu'à ce que l'amende et le dommage
aient été payés. — Voy. ottô, outô
HlICHET, s. m. C'est le plus ancien nom des menuisiers.
HUTSCHE, s. f. Porte de maison, huis, osliinn ; armoire en imis.
HUTSI, HUTSCHI, JUTSCIII, r. llucher, appeler à grands cris;
frapper fortement à la porte.
HUTTIN, s. m. Homme querelleur; dispute, querelle, battt'rie.
A''. B. La lettre H placée après le T, indique généralenii'iil une
aspiration analogue au TH anglais, c'est-à-dire une articulation
qui tient à la fois de l'S et de l'F; placée après L ou LL, elle pro-
duit la môme articulation que le LH du provençal ou le GLI de
l'italien; enfin quand cette consonne précède le double L, elle pro-
duit une articulation mixte qui rappelle à la fois le CH allemand
(dans ich), et le GLI de l'italien (dans figlio).
I
lADJO, lADZO, VIADJO, s. m. Charge, fardeau; coup, fois. Ion,
dou, trei viadjo, une fois, deux fois, trois fois. (Vaud.)
IAKE, s. m. Gros corset, veste de femme.
LAKETTA, s. f. Petite veste, robe d'enfant.
lATTA, V. Soigner un malade, un vieillard, un enfant alité. Gr.
ixrpôç, médecin.
IBLLO, s. m. Hièble, Sivnbucus Ebulus.
ICE, adv. Ici.
ICHI, V. Tâcher, éprouver. (Val d'Illiez.)
IDOINE, adj. Propre à, apte. (V. st.)
lE, I, pron. pers. Je. le vé , i vé, je vais, lo, après le verbe : Fé-io
dan mô, fais-je du mal? — Je se prononce comme la dernière
syllabe du français grasseyé, dans le verbe grasseyer.
\E,pron. pers. II. le vein, il vient. Après le verbe, c (muet), au
singulier et au pluriel : Vem-t-e, vient-il? Leisan-t-c, y sont-ils?
204 lOU
lE, HI, s. m. Ciel. — CM, si, ciè, id.
lENNA, lEINDA, s. f. Petit fromage maigre; pitance. (Alpes.)
IGOUÉ, s. f. Voy. AIGUË.
IGRÂ, V. Se donner beaucoup de peine pour réussir. L. aegre,
avec peine. (Val d'Illiez.)
IKHE, IKE, IKIE, EINKIE, adv. Ici, là. — Ainkié, einke, id.
ILLEC, adv. Là, en ce- lieu. Terme de l'ancien barreau. L. illic.
INALPA, V. Conduire les troupeaux dans les pâturages des hautes
montagnes. (Valais.)
INDGERA (s'), V. S'insinuer, s'ingérer, se fourrer où l'on n'a que
faire.
INFLLORA, AHIE, adj. Se dit d'une forêt ou d'une prairie en bon
état de rapport. (Moudon.)
INGENIA (s'), V. Etre ingénieux, chercher les moyens de réussir,
s'ingénier. L. ingenium. (Vaud.)
INKANTA, EINKANTA, v. Faire une vente publique, acheter à un
encan. (Genève.)
INKHAN, EINKAN, s. m. Encan, vente publique, inventaire.
INKRA, EINCRO, s. m. Beurre. AU. suisse, anke. (Fribourg.)
INSARME, EINSARMO, s. m. Hallebardier. (Traité du comte de
Neuchàtel avec Payerne, en 1375). Voy. jussarmo.
INTZEVRI, V. Chevroter; se dit de la chèvre qui met bas les
tschevri. (Orbe.)
INVOUARDA, EINVOUARDA, s. f. Surveillance.
10, pron. pers. Je. Il est toujours placé après le verbe. Lei vé-io, y
vais-je? Le deri-io, le dirai-je ? Voy. ie.
lÔ, adv. Où. lô è-t-e, où est-il? De iô vein-tou, d'où viens-tu?
ION, lENA, adj. Un, une. On dit d'un verre de vin auquel on in-
vite : Veni z'ein baire ion, venez en boire un (Vaud). Voy. en, on.
lOTTA, s. f. Bistorte, Polygoniim Bistorta.
lOU ! interj. Cri de joie. Gr. toù, ioû ; L. io.
lOUTZEIHI, lUTZEIHI, lOUTZI, i. Pousser des cris de joie. LtU-
zeihi, id. (Vaud.)
IVO 205
IRA, s. /. Colère, courroux, L. ira ; V. Fr. ire. (Alpes.)
IRAGNE, ARAGNE, AIRAGNE, s. f. Araignée; toile que les che-
nilles font au printemps sur les arbres. L. nranea.
IRAGNI, ÉBARAGNI, v. Balayer les toiles d'araignée; détruire les
chenilles des arbres, écheniller; chasser les poules d'un jardin
ou d'une maison.
IRAU, IRAUSA, adj. Irascible, courroucé, de mauvaise humeur.
(Alpes.)
IREÇON, s. m. Hérisson. L. erinaceus.
ISERABLLO,TSERABLLOi s. m. Erable, Acer Pseudo-Platanus.
(Vaud.) — Iserabllo est le nom d'un village pittoresque du Bas-
Valais, en dessus de Riddes.
ISSE ou ICE, adv. Ici. Du-isse, depuis ici, d'ici; per-isse, par ici.
— Ikiej ike, einkie, ainkié, id.
ISSIR, V. Sortir. Part, passé, ist, sorti. (V. st. de Fribourg.)
ITA, V. Rester, demeurer. L. stare ; V. Fr. ester. (Valais.)
ITAILA, s. f. Etoile. — Quand il y a beaucoup de neige, on dit
aux Ormonts ; Lou z'ize pekant le z'itaile, les oiseaux piquent
les étoiles. — Etaila, id.
ITHI, s. m. Beurre aigri. (Val d'Illiez.)
ÎTRE, V. Etre. Part, passé, éto, éla ; ind. prés., m ; imparf., iro;
futur absolu, sari. Ce verbe varie beaucoup dans ses temps, selon
les dialectes.
ITRIA, s. f. Voy. aithria.
ITZA, ITSE, s. f. Amorce pour attirer les renards. (Alpes.)
ITZI, V. Tendre une trappe, un piège à renards. (Alpes.)
lU, lUSSA, lUVA. Part, passé du verbe veire, voir. L'éiudemèje,
je l'ai vu de mes yeux.
lUVA, s. f. Vue. C'est aussi l'un des féminins du participe passé
iu, vu.
IVE, s. f. Voy. AIGUË.
IVOUE, s. m. Cytise des Alpes, Cytisus alpinus. Selon les divers
206 JAL
dialectes, cet arbre s'appelle orboi, orboué, aubourret, obor,
ivoUiet. (Alpes.)
IVOUE, s. /". Eau. Le z'ivoue san grante, les eaux sont débordées,
hautes.
IVOUETTA, s. f. Petit filet d'eau; vésicule pleine d'eau qui naît
entre cuir et chair.
IVOUIDJO, IVUIDZO, s. m. Inondation, ravine creusée par les
eaux. (Fribourg.)
IVRA, s. f. Rainure ; cheville.
IVRÂ, V. Faire des rainures le long d'une planche.
IVRÂ, IVRAHIE, adj. Joint par des chevilles ou des rainures.
(Montreux.)
IVRÂ (s'), V. S'enivrer. (Genève.)
IVROGNAS, s. m. Ivrogne de profession. (Vaud.)
IXÂ, V. Exciter un chien contre un autre ou contre une personne.
IZALA, s. f. Petit oiseau femelle.
IZALET, s. m. Oisillon. Diminutif du mot précédent.
IZE, OZÉ, s. m. Oiseau. (Ormonts). Ailleurs on ne dit que ozé ou
ozi. — On connaît l'anecdote des deux Ormonnains qui se sont
battus deux fois à l'occasion d'une mésange trouvée morte de
froid sur la neige, le jour de Noël; l'un soutenant que c'était un
ize, et l'autre que c'était une izala. — Ize, ou ozé, est aussi un
des noms du diable, qui porte des ailes de chauve-souris.
JA, adv. Déjà. — Dja, dza, id.
JAKEMAR, s. m. Statue d'homme armé placée sur les fontaines pu-
bliques (Vaud). — Le français jaquemart se dit d'un homme de
bois ou de métal qui frappe les heures.
JALETTA, DJALLETTA, s. f. Chaise percée. — En 1414, une
JOR ^207
djalletla (m aclielée à Fribourg pour le [uipo, qui passait par
cette ville. (Fribourg.)
JARDENIRA, s. /. Jardinière, femme du jardinier; courtiiière,
taupe-grillon. (Vaud.)
JARTHOU, .lAHTHUVA, adj. Jarreté, qui a les genoux en dedans.
— Djarthou, id. (Coppet.)
JAVATTA, V. Babiller, caqueter à outrance. (Genève.)
JE, JU, JIHU, JHÉ, s. m. Œil. L'a le ju bllu, il a les yeux bleus.
Cheinf lé bijhé pers que l'a, Oh I les beaux yeux bleus qu'elle a.
Je-de-pédri, œil de perdrix, primevère farineuse, Primula fu-
rinosa. (Alpes.)
Je-de-lscha, œil de chai, Myusoiis, ne m'oubliez pas.
JEFFRO, DJEFFRO, s. m. Gésier, jabot des oiseaux. (Vaud.)
JERAT, DJERAT, DJORAT, DZORAT, JORAT, s. m. Contrée mon-
tueuse entre les Alpes et le Jura. G. jur,JL'itr, forêt de sapins.
JERATTAI, RA, adj. Habitant du Jorat.
JESSEMAIN, s. m. Jasmin, Jasminiim officinale.
JET, DJET, s. m. Cotisation, quote-part, souscription. (Vallée de
Joux). — N'ein fé on jet po référé lo mutin, nous avons fait une
souscription pour rebâtir le temple. Ou trouve jede dans les
anciens actes.
JEUR, JOR, ZOR, s. f. Grandes forêts des Alpes et du Jura appelées
nigrœ jiiriœ dans les actes du moyen âge. — Djeur, djnr, id.
JIBLLA, DJIBLLA, DZIBLLA, v. Fouetter, battre de verges.
(Vaud.)
JIBLLAIE, DJIBLLAIE, s. f L'action de fouetter, de battre de
verges. (Vaud.)
JONTZIRA, s. f. Lieu marécageux, couvert de joncs. (La Côte.)
JORAT, s. m. Voy. jehat.
JORDI, JOURDI, JEURDI, DJORDL .s. m. Jardin. (Fribourg.)
JORRAN, s. m. Vent du nord-ouest. (Vaud, Neuchâtel.)
JORRASSON, s. m. Vent du nord-ouest, moins violent. Diminutif
du précédent. (Léman.)
208 JUV
JORRETTA, DJEURETTA, s. f. Petite forêt de sapins. Diminutif
de jo7% djeur.
JOTTA, DJOTTA, s. f. Graine de bette. C. iaut, herbe verte. (Aigle.)
JOTTHA, s. f. Bistorte, Polygonum Bistorta. — lotta, id. (Alpes.)
JOUAINTHA, s. /. Demi-journée de travail. (Genève.)
JOUDARD, s. m. Soudan, soldat. (Vieux actes de chancellerie,
Fribourg.)
JOULLERI, DJOULLERI, s. /. Blanchaille, menu poisson, fretin.
(Léman.)
JOURE, V. Voy. djoure.
JOUTA, s. f. Voy. djouta.
JOUTA, DJOUTÂ, DJOUTHÂ, v. Confiner, être à côté de, aboutir,
borner. Son pr a joute lo mein, son pré est borné par le mien.
L. juxta.
JOUX, s. f. Se dit des forêts des montagnes, mais plutôt dans le
français populaire: lesjoux, les hautes joux, les joux noires. De
là, vallée du lac de Joitx. L.jvga. Le juriœ des anciens docu-
ments vient du celtique j(<r, dessus, haut, élevé. On a aille
mont Joux, pour le Grand Saint-Bernard; c'est le mons Jovis.
(Alpes.)
JOUXTE, prép. C'est le juxta du latin, naguère encore usité dans
les actes notariaux; à côté de, qui touche. (Vaud.)
JUGULA, V. Ecorcher, surfaire; mettre le couteau sur la gorge,
dans une affaire de vente ou d'achat. L. jngulare, égorger. (Ge-
nève.)
JUIÈRE, s. f. Cachot sans porte, où l'on descendait par une corde
et qui s'ouvrait par une trappe. (Fribourg.)
JUS, adv. Dessous, bas. Bouta jus, mettre par terre, renverser,
mettre bas.
JUSSARMO, s. m. Soldats du moyen âge dont il est fait mention
dans le Plaid général de Lausanne (1368). Leur arme était une
hache à deux tranchants nommée guisarma, de là leur nom.
JUTSCHI, i'. Voy. hutsi.
JUVA, V. Aider. L. juvare. Ce mot est hors d'usage. (Jura.)
KAF 209
K
N. B. La lellre K réunit tous les mots qui en français appartien-
nent à cette lettre et une partie de ceux dont la syllahe initiale
est ca, co, eu. Le A^ étant plus conforme à la prononciation patoise
que le C, qui en français a souvent la prononciation de VS, les
mots qu'on ne trouvera pas à la lettre C doivent se chercher à la
lettre K.
K'A. Abréviation de ke a. Koui è-t-e k'a mon couli, qui est-ce qui
a mon couteau ?
KABASSA, s. f. Malice, malignité; femme pie-grièche. C. cabalat,
remuer. (Lausanne.)
KABASSÂ, V. Intriguer, manigancer, cabaler. (Lausanne.)
KABATZON, KABUSSON, s. m. Petit réduit, soit hangar pour le
bétail. (Alpes.)
KABIOULA, KABOLA, s. /. Pavillon, cabinet de jardin, petite loge
dans les champs. Gr. -/«/JS/j, hutte, baraque, cabane.
KABOLETTA, s. f. Abri, maisonnette dans les vignes, cabane dans
les champs, hutte.
KABORNA, s. f. Petite boutique, cabane dans la campagne. (Valais.)
KABOSSÂ, V. Bossuer, faire des bosses à un vase de métal.
KAB0SSETT.4, s. f. Coquelicot, Papaver Rliœas, pavot des blés.
KABOUË, s. f. Petite écurie pour le menu bétail. (Pays-d'Enhaut.)
KABULLA, CABORNA, s. /. Hutte, cabane où l'on isolait les pesti-
férés au moyen âge. (Romainmotier.)
KABUSSA, s. f. Laitue pommée. (Genève.)
KADOTZON, s. m. Escalier attenant à un poêle (fornet), sur lequel
on s'assied pour se chauffer. C. cadoer, siège, chaise.
KADZON, KADZOU. Cri pour appeler les cochons. Kaion, cochon.
KAFORNET, s. m. Avec fére lo, relever ses jupons devant le feu,
ilÉM. ET DOCL'M. XXI. ^ ^
210 KAK
pour en sentir mieux la clialeur. C. kafuni, couvrir le feu.
(Vaud.)
KAGNE, s. m. ; KAGNA, s. f. Nom injurieux que les Savoyards
donnaient aux Genevois dans les guerres qu'ils eurent avec ces
derniers. Ce mot signifie chien. L. canis ; It. cagna, chienne.
Voy. GAGNA.
KAHIA, CAHI, V. Surpasser quelqu'un en force, en intelligence,
être plus grand, passer par-dessus. Gr. -/«wufA««, vaincre, l'em-
porter sur. (Vaud.)
KAI, KIÊ, TIÈ, adj. Tranquille, coi. Tein-tè kai, tiens-toi tran-
quille; reste en place, sans remuer. L. quietus. (Pays-d'Enhaut.)
KAIA, s. f.; KAIE, s. f. pi. Excrément de poule, de canard, d'oie,
de mouche, de puce. Kaia de verme, excrément du ver de terre.
KAIENET, s. m. Petit porc, cochon de lait. Dimin. de knïon, porc.
KAII, V. Emeutir, fienter. Se dit des oiseaux. Fiantha se dit du
hélail. (Vaud.)
KAILON, s. m. Grosse grive, Turdus viscivorus. (Vaud.)
KAIN, NA; KEUN, KENA; KEINT, TA, pron. relat. Quel, lequel,
laquelle.
KAINKA, s. f. Femme de peu d'esprit qui ennuie par ses plaintes
continuelles. (La Côte.)
KAINKEIRNA, s. f. Vielle, instrument de musique, orgue de Bar-
barie; femme ennuyeuse, qui fatigue par ses redites. (Vaud.)
KAINKEIRNA, v. Ennuyer, rabâcher toujours la même chose,
n'avoir jamais fini. (Vaud.)
KAINTAINE, s. f. Sorte de jeu, jeu des barres. (Evêché de Bâle.)
KAINZE, KAINDE, adj. numér. Quinze. — Kieinze, kieize, id.
KAÏON, s. m. Cochon, porc; enfant malpropre; homme débauché,
débouté.
KAIZANN.A, s. f. Quinzaine. — Kieizanna, id.
KAIZI, KAIGHI (se), v. Se taire. Kaize-te, tais-toi; kaizi-vo, taisez-
vous.
KAKEINLHI, s. m. Mot à mot, ckie en lit, terme injurieux. — Au
KAN 211
Pays-d'Enliaiit, ce mol signifie aussi mt'rruridlc, Mcrcitrialis
(uimta ctperennis.
KAKKLON, s. m. Petit vase de métal, à trois pieds, avec un man-
che, pour cuire; sorte de récliaud. (Lausanne.)
KAKOU, s. m. L'un des noms du diaiile; le méchant, l'écorcheur.
En bas-breton, cacon signifie maudit ; c'est un terme injurieux.
Gr. zàzo,-.
KAK'ROUTCII, s. m. Pas-d'âne, tussilage. Tassilago Farfara. (Jura.)
KALA, DÉKALA, s. /. Baisse dans les prix^ dans l'espérance de
la récolte ; la perte qu'éprouve un liquide par l'évaporation.
KALÂ, V. Céder, baisser, diminuer de prix; maigrir, en parlant
du bétail ; lâcher, en parlant d'une corde ; s'apaiser, en parlant
du vent. Gr. yj/lyM, lâcher. (Yaud.)
KALEIN, KALENA, KALINA, adj. Flatteur, rampant, câlin, qui
fait le chien couchant, qui cherche à tromper par des cajoleries.
Gr. yjA/Mji. (Fribourg.)
KAMA, .s. f. Collier de bois auquel tient le lien, la corde qui attache
la chèvre à sa crèche. Gr. zàat/.ç, bâton, perche.
KAMBA, KAMBLLA, GAMBLLA, v. Enjamber.
KAMBAHIE, KAMBLAHIE, s. f. Enjambée. Ce mot et le précédent
ont la même origine que le français jVnw^^', enjamber.
KAMBELLHON (à), loc. adn. Jambe deçà, jambe delà; à califour-
chon. (Yaud.)
KAMBUSA, s. f. Société déjeunes tapageurs. (Porrentruy.)
KAME, s. f. pi. Dents de l'essieu qui communique le mouvement
alternatif au grand soufflet des forges. (Vallorbes.)
KAN, conj. et adv. Quand. L. quando.
KANA, V. Se sauver furtivement, s'évader, décamper. (Alpes.)
KANBEIN, conj. Quoique, quand même, bien que. Kanbeia ke sei
on crouio coueir, quoique ce soit un mauvais sujet.
KANKIIE, prép. Jusque, \\ov\x le temps et pour le lieu. Kankh'à
dcman, jusqu'à demain; kankh'a Maadun, jusqu'à Moudon.
KANKOUAIRA, KANKOUARA, KOUAIKOUARA, KUKARA ou CU-
KARA, KOUAIRKALLA, 5. f. Hanneton. Voy. voiaiik.
212 KEI
KAPION, s. m. Houe, outil d'agriculture. L. capio. (Valais.)
KARANTA, adj. numér. Quarante.
KARANTANNA, s. f. Quarantaine.
KARKAGNIOU, s. m. Cabine où couchent les bateliers, sous la
proue des grandes barques; sorte d'armoire à l'avant ou à l'arrière
d'un bateau. C. carch, renfermer; L. carcer. Voy. cagnard.
(Léman.)
KARKEVALLA, KOUEIKEVALLA, v. Jaser, babiller à outrance.
(Jura.)
KARKEVALLHA, s.f. Femme causeuse, commère,babillaràe. (Jura.)
KARLETTA, s. f. Casquette. Voy. carla.
KARTETTA, s. f. Un quart de pot^ une chopine. — Piclioletla, id.
(Vaud.)
KASKETTA, s. m. Espèce de bonnet.
KATHEULA, s. f. Fiente attachée au poil des bestiaux. (Val d'Il-
liez.)
KATOLA, s. f. Femme maladive, cacochyme, qui se plaint sans
cesse. (Vaud). — (A Lausanne, les enfants nomment côtoie un
mauvais bouton qu'on n'accepte pas au jeu. — N. de l'éd.)
KATOTJAIRZE, adj. numér. Quatorze. — Katoze, id.
KATRO, KOUATRO, adj. numér. Quatre.
KAU' A TSA, s. f. Millefeuille, Achillea Millefolium ; littéralement
queue de chat. (Bex). Voy. cauva.
KAVALLA, s. f. Cavale, jument. Ega, id.
KE, conj. Que.
KE, KÉ, KHÉ, -pron. interr. Quoi ? que ? qu'est-ce que ? K'è-t-e
sosse, par élision pour ke è-t-e sosse, qu'est ceci? qu'est-ce que
c'est ? Ke me vau-t-e, k'è-t-e ke me vau, que me veut-il ?
KE, pron. relat. Qui. L'an kevein, l'an qui vient, l'année prochaine.
KEGNO, KEGNU, KEGNEU, KOUGNO, KUIGNEU, s. m. Gâteau,
galette. C. cuign, tourteau, gâteau. (Vaud.)
KEGNON, KUIGNON, KIGNON, s. m. Gros morceau de pain.
KEINTON, s. m. Canton.
KLO 213
KETTA, KATTA, s. f. Poignée, touffe, mèche de cheveux. L'aprei
ei kette, il l'a pris aux cheveux. (Alpes.)
KETTALA, s. f. Clef de serrure. (Fribourg.)
KETZET, KETZETTA, KETSCIION. Cri d'amitié pour appeler les
brebis. (Pays-d'Enhaut.)
KEUDREI, 5, ?«. Coudrier, noisetier. — Caudru, s. f., id. Voy.
CUDR.\.
KEUDRETTA, s. f. Coudrette, petit noisetier. — Cudretta, id.
KEUTZE, s. f. Voy. cutze.
KEUTZI, v. Voy. cutzi.
KEVI, V. Souhaiter quelque chose à quelqu'un. Voy. cordre.
KIBA, V. Râler, respirer avec bruit, avec peine.
KIBLLO, s. m. Crible.
KIÈ, pron. interr. Quoi? qu'est-ce? qu'y a-t-il? Kiè don, kiè dan,
quoi donc? et quoi donc? n'est-ce pas cela?
KIEINTZI, s. m. Jardin. C'est le curti ou conrli. Voy. curti. (Evêché
de Bàle.)
KIKKA, BIKA, s. f. La verge d'un petit garçon. (Jura.)
KIN, KAIN, KUN, s. m. Le cadet de la famille, le plus petit, le
plus faible; le poulet le plus faible d'une couvée; le petit doigt.
L. quinlus. (Vaud.)
KINSON, s. m. Pinson, Fringllla cœlebs ; petit enfant débile et fluet.
KINTERREI, s. m. Ancolie, AquUegia vulgaris. — Gand, id. (Bex.)
KINTZO, adj. Lourd. (Bagnes.)
KIRI, KERI, V. Quérir, chercher, exiger. — Kira, id.
KISKERET, KIKKERET, s. m. Petit garçon qui montre sa verge.
De Mkka, mentula. (Délémont.)
KIVA, 5. f. Crasse attachée à un vase ; fiente. (Bagnes.)
KLAMO, s. m. Voy. hll.\mo.
KLEGNI, HLLEINA, v. Baisser, incliner, pencher.
KLIKET, s. m. Ressort, loquet, C. clé, cli, serrure.
KLINGUIN, s. m. Voy. guelinguin.
KLOPA, KLLOPPA, s. f. Boiteuse.
214 KON
KLOPET, GLOPET, s. m. Méridienne, sieste, petit sommeil après
le dîner. (Jura.)
KLLOU, s. m. Outre sa signification ordinaire de clou, ce mot
signifie aussi furoncle. — Anver, einver, id.
KLUNA, V. Dépouiller; perdre ou gagner au jeu; se ruiner.
KMANHLLO, s. m. Chaîne de fer attachée à des coins qu'on im-
plante dans des troncs d'arbre qu'on veut faire traîner hors de
la forêt par un cheval. (Monlreux.)
KO. Abréviation pour he vo, que vous. Ko pllié, que vous plaît-il?
KOj prou, interr. Qui? Ko ke l'è, qui est-ce? (Vevey.) — Ka, id.
KOBOLDE, s. m. Lutin, fantôme. AU. Kobolil. (Gruyère.)
KOKASSA, s. f. Grand vase d'étain employé autrefois pour offrir
le vin d'honneur; femme aimant à rire ou prêtant à rire. (Ge-
nève). Voy. COKKHASSA.
KOKEI, KOKREI, s. m. Bègue,
KOKETTA, s. f. Terre-noix, Carum Bulbocastanum. (Orbe.)
KOKKA, s. f. Noix. Gr. -maxo;, graine, pépin. Voy. cokka.
Kokka-djenau, violette. (Vully.)
KÔKON, KÔKENA; KÂKON, KÀKENA; KÂKE UN, KÂKEN A, prow.
indéf. Quelqu'un.
KOKREIHI, V. Bégayer, balbutier. Ce mot est une onomatopée.
KOLLAR, s. m. Carcan, genre de punition qui consiste à être ex-
posé au pilier public avec un collier de fer au cou. L. collaria.
(La Côte.)
KOLLHA, s. f. Mentula, priapus. Gr. y.oiloç, creux, cave.
KOLLHETTA, s. f. Diminutif; terme d'amitié, comme qui dirait
mon cœur.
KONA, s. f. Croûte de pain, de fromage. Voy. couenna. (Val d'Il-
liez.)
KONOLLHE, s. f. Quenouille.
KONOLLHETA, s. f. Safran sauvage. Crocus vermis. Tsatagnetia, id.
(Alpes.)
KONOLLHON, s. m. Le pied où s'implante la quenouille.
KONON, s. m. Pudenda mulieria.
KOU 215
KORSO, GORZO, KOUEIRSO. Troisième personne du singulier de
l'indicatil' présent du verbe défeeiit' corilrc, être eordinieinenl
réjoui, satisfait du bien, et aussi du mal (jui arrive au iiro-
chain. Un pauvre a fait un héritage, on dit: La Ici Icoiso bein.
Un riche avare en a fait un, on dit : La Un koueirso mû. Un mau-
vais sujet a été rossé, on dit : l.o lei korso preu. 11 est à regretter
que le français rorrf/r soit tombé en désuétude. Vpy. coudre.
(Vaud.)
KOSSON, s. m. Charançon. C. cosset, ver qui ronge les blés.
KOTHEIRLA, KOTHEIRNA, s. f. Jeune chèvre qui n'a pas encore
porté. (Alpes.)
KOUALLHA, s. f. Lait caillé.
KOUALLHE, s. f. pi. Cris aigus. (Neuchâtel.)
KOUALLHI, V. Pousser des cris perçants. (Neuchâtel.)
KOUATRE, s. /. Coite, couette, lit de plume. L. culdla, culcitra.
(Vaud.)
KOUATRON, KOUAITRON, s. m. Petite limace, Limax agrestis; le
plus petit, le plus faible d'une famille, d'une couvée.
KOUEFFRO, s. m. Œuf sans coquille. — Ekouirlo, id. (Pays-
d'Enhaut.)
KOUEINTZE, s. f. Bord marécageux du lac de Joux.. (Vallée de
Joux.)
KOUET, s. m. Mauvais vin, poiré, cidre de fruits sauvages. Voy.
GOUETs. — En langue romane des Grisons, kouatsel signifie pré-
sure. (Fribourg.)
KOUETZO, s. m. Patois dur et grossier de la partie inférieure du
canton de Fribourg. G. gwetz, rustique, grossier, sauvage,
KOUI, KO, pron. interr. Qui? lequel? Voy. ko.
KOUIKA, s. f. Berce, Heradeum Sphondyiium, plante ombellifère.
(Jura.)
KOUION, KOÏON, s. m. Lâche, poltron, homme de rien; mot inju-
rieux. Fr. coïon ; It. coglione.
KOUIONNA, V. Vilipender, mener par le nez, attraper, se moquer,
railler.
216 KRE
KOUK, prép. Sur, dessus. (Anniviers.)
KOUKA, KUKA, s. f.; KOUKEL, s. m. Pain au lait et au beurre.
(Alpes.)
KOUKET, s. m. Cerfeuil sauvage, Anthriscus srjlvestris.
KOUKON, s. m. Petite miche de pain très blanc, petit pain au lait,
au sucre ; diverses sortes de galette. (Vaud.)
KOULLERES-A-NOZ, s. f. pi. Voy. gueullerè-a-noz.
KOUMAHLLO, s. m. Crémaillère. A Orbe, pissenlit, Taraxacum
officinale.
KOUMALA, s. f. Jument. (Valais.)
KOUMALAI, s. m. Domestique qui soigne les chevaux. (Valais.)
KOUTOUFLLA, s. /. Bouteille de vin. (Vieux langage de Genève.)
KOVIS, s. m. Monceau de blé. (Bagnes.)
KRAINTA, V. Rester petit; se dit du raisin, d'un fruit. (Genève.)
j4» KRAKKIAU, SA, adj. Hâbleur, menteur.
-. /^I» KRAMENA, s. f. Tourbillon de neige; plus souvent, froid rigou-
- reux. (Lausanne.)
KRAMMA, KRAMA, s. f. Crème. Krametta, diminutif, crème peu
épaisse.
KRAMMÂ, V. Donner de la crème. Ci lassi kramme bein, ce lait
donne beaucoup de crème.
KRAPIA, s. f. Pied d'oiseau, patte armée de griffes. C. crap, harpon
— Grapittj id. (Vaud.)
KRAPPA, s. f. Fondrilles, sédiment du beurre fondu; neige glacée
qui porte les passants. (Alpes.)
KRAPPA, AHIE, adj. Se dit de la neige glacée dans laquelle le
pied n'enfonce pas.
KREIVAKON, s. m. Nénuphar, Nymphœa alba. (Villeneuve.)
KREKKA, KRAKKE, s. /. Bourde, gasconnade, conte à dormir
debout.
KREKKÀ, KRAKKÀ, v. Mentir, gasconner. Te me krakke, tu veux
m'en donner à croire. (Vaud.)
KRU 217
KREKKELIN, KRAKELIN, s. m. Espèce de petit gâteau croquant.
KREKKHÉ. Nœud qui se fait au fil pendant qu'on le dévide. (Val
d'IUiez.)
KREMALLHI, s. m.; KREMALLHIRA, s. f. Crémaillère. Gr. /oe-
aiv'jDui, suspendu.
KRESELLHON, s. m. Cerisier à grappes. Prunus Padus. (Pays-
d'Enhaut.)
KRESENA, V. Pétiller, bruire, craquer.
KRESENET, s. m. Tourniquet, moulinet d'enfant, crécelle. (Vaud.)
KRETSCHE, KRITZA, s. f. Crèche.
KRETSCHE, 5. f. Craquement dans les boiseries. — Cretzc, cre-
nahie, id, (Alpes.)
KREUTSCIION, s. m. Pomme sauvage âpre et acide. (Valais.)
KRIA, s. f. Grue, oiseau qui figurait sur l'écu des comtes de
Gruyère.
KRIKBILLHE, s. m. pi. Testicules ; langage de polisson. (Vaud.)
KRINSON, s. m. Cresson, Cardamine praiensis , Cardamine hirsiUa
el Nasturtium officinale. Krinson bâtard, véronique cressonnée,
Veronica Beccabunga.
KRINTHl, KREINTSCHI, v. Remuer le dos comme un pouilleux
qui se gratte (Val d'Illiez). Ailleurs, lirinsi.
KRITSCHA, s. f. ; KRITZO, s. m. Hotte plate qui se prolonge par-
dessus la tête du porteur.
KROKIA, KROKANNA, KÔKA, s. f. Vieille femme méchante (Vaud).
Voy. côKA.
KROKKA, V. Glousser, crier comme la poule qui demande à couver.
KROSSONNA, v. Relever avec mépris les défauts de quelqu'un;
lui faire des reproches aigres, injurieux. Voy. crossona. (Valais.)
KROTTU, UVA, adj. Marqué de la petite vérole. L. crustatus. (Vaud.)
KROZET, s. m. Petite lampe sans pied employée dans les cam-
pagnes.
KRUZILLHA, s. f. Boîte, tronc d'église où chacun jette son au-
mône; boîte de fer-blanc qu'on tend de banc en banc pour re-
2i8 LAI
cueillir les aumônes. Kruzelletta , diminutif. (Vaud.) Voy. Chu-
SILLETTA.
KUAR, s. m. Cimier, soit pièce de viande coupée sur la croupe.
KUGNARDA, s. f. Compote de coins ou autres fruits, cotignac,
marmelade. (Neuchâtel.)
KUIVA, s. f. Sorte de conferve, Conferva reticularis. De mva, queue.
C'est cette conferve qui obstrue les tuyaux de fontaine.
KUNKETTA, KINKETTA, GUINGUETTE, s. f. Mesure de liquide
pour l'eau-de-vie, l'eau de cerise, de gentiane. C'est le petit
verre de Paris. (Gruyère.)
KUNKOUARNA, s. f. Escargot. (Alpes.)
KURA, s. /. Jeune fille niaise, crédule, simple. Gr. y.op-ri, jeune fille.
Te n'î he na kura, tu n'es qu'une bête, une niaise. Kuro se dit
aussi au masculin, mais rarement. (La Côte.)
KUTALA, V. Donner des coups de couteau. De cuti, couti, couteau
(Genève). Voy. coutala.
LA, art. fém. sing. La. PI., le. Le ferme (liant, les femmes disent.
L'A. Elision qui signifie il a. Le verbe avai, avoir, fait au présent
de l'indicatif : i'é, t'a, l'a, j'ai, tu as, il a. L'a eincotzi, il a com-
mencé. Voy. AVAL
LACERON, s. m. Laitron, Sonchus oleraceus, et Sonchus asper. —
Lasseiron, id.
LAGNIAT, TA, adj. Las, fatigué, épuisé de lassitude. L. laniatus.
(Aigle.)
LAGOT, s. m. Etang, flaque, mare d'eau, petit lac. L. laciis. (Voy.
Conservateur sriisse, tome VI, page 252.) (OUon.)
LAI, LEI, pron. pers. A lui, à elle. L'ai é prau de, je lui ai assez
dit. PI., lau. Lau z'é dévesa, je leur ai parlé.
LAI, s. m. Eau de l'urine du bétail dans l'étable, purin. C. laith,
écoulement. (Alpes.)
LAN 219
LAIKIA, LAITTIIIA, s. f. Potit-hiit, ce qui reste dans la chaudière
après que le fromage en est sorti.
LAIKIDJO, s. m. Petit-lait auquel on a ajoute du lait pour le ren-
dre plus nourrissant. (Alpes.)
LAINZAR, s. 7n. Lézard, soit gris, soit vert. L. liucrtn. — Linzer,
lanzer, id.
LAINZER, s. m. Orvet, Auguis fragilis. — Anvoiié, id.
LAIRRA, LEIREIN, s. m. Lierre, Hcdera Hélix.
LAISSALET, LAITHALET, s. m. Petit lac, étang naturel. C. hùth,
humidité. (Pays-d'Enhaut.)
LAITHET, s. m. Flaque d'eau, marécage. (Pays-d'Enhaut.)
LAITRON, s. m. Pissenlit, Taraxacnm ojjicinide (Villeneuve). Ail-
leurs, ce mot désigne le Sonchus ou laUcron.
LAITURA, s. /. Sorte d'érable; c'est l'érable faux-sycomore ou
plane, Acer platmioides. (Bex.)
LAKAIRON, s. m. Enfant maigre, sale, mal soigné. G. laceria, état
de souffrance, malheur. (Val d'Illiez.)
LA LA, loc. adv. Assez, c'est assez.
LAMA, s. f. Pan d'habit; vague, onde, lame d'eau; lame do cou-
teau.
LAMBEIN, LAMBENA, adj. Lent, lambin. (Vaud.)
LAMBINA, V. Aller lentement, lambiner
LAMBOURET, LAMBURET, s. m. Nombril (Genève). — J3oM;n7/o«,
id. (Vaud).
LAMOLA, s. /".; LAMOLON, s. m. Lame de couteau, de rasoir. —
Lama, id.
LAMOLLON, s. m. Bouteille. (Entremont.)
LAMPE, LAPPÉ, s. m. La patience, et plus particulièrement celle
des Alpes, Rnmex alpinus,, plante que l'on fait cuire pour en-
graisser les porcs. (Alpes.) Ge mol se dit aussi d'autres espèces
de patiences.
L'AN. 3<^ pers. pi. de l'ind. présent du verbe avai, ils ont. Avec la
négation, n'anpas, ils n'ont pas.
LAN, LAVON, HLLAON, s. m. Planche.
220 LAR
LANA, LANNA, v. Faire des planches, les appliquer à une boise-
rie; séparer en couches parallèles. (Pays-d'Enhaut.)
LANDA, LEINDA, s. f. Œuf de pou, lente. L. lens.
LANET, s. f. Diminutif de km; petite planche, planchette.
LANGORAU, SA, adj. Languissant, valétudinaire, langoureux.
(Vevey.)
LANGOUARD, DA; LINVOUARD, DA, adj. Babillard indiscret,
qui a une méchante langue, médisant. (Vaud.)
LANGUETTA, s. f. Petite langue, languette.
LANGUISA, s. f. Langueur, phthisie. (Montreux.)
LANNA, s. f. Laine. Milanna, étoffe moitié laine, moitié fîl.
LANTANNA, s. /. Viorne, Viburnum Lantana.
LANTEINE, s. f. Vergue. L. antenna. (Léman.)
LANTERNETTA, s. f. Nom commun à nos deux lézards, Lacerta
agilis et viridis. (Valeyres.)
LANZER, s. m. Voy. lainzar.
LAONNERI, LANNERT, s. f. Ancien jeu militaire du château d'a-
mour ou du château des planches, défendu en 1543. (Voy. Con-
servateur suisse^ tome V, page 425.) (Vaud.)
LAPIDA, V. Lapider, tourmenter, vexer, maltraiter.
LARDAIRA, s. f. Planche dans l'intérieur des cheminées à la sa-
voyarde, sur laquelle on fume le lard et autres salaisons.
LARDAIRA, s. f. Courant qui se manifeste sur plusieurs points du
lac Léman.
LARDERA, s. f. Mésange h tête bleue. (Valais.)
LARDZO, LARDZE, RELARDZO, s. m. Elargissement, place va-
cante. La morianna no z'a fé on bi lardzo, l'épidémie nous a fait
beaucoup de place, disait-on il n'y a pas longtemps dans plu-
sieurs villages gênés par une population surabondante. (Echal-
lens.)
LARE, LARO, s. m. Larron, voleur, fripon. — Lair, id. dans l'E-
vêché de Bâle.
LAROUNESSA, LARENESSA, s. f. Voleuse, larronnesse.
LAROUNNA, v. Voler, friponner.
LAV 2-21
LAROUNNET, TA, adj. Petit voleur, petite friponne.
LARZE, s. m. Mélèze, Pinus Larix. — Arze, id. (Alpes.)
LASSÉLADJO, LASSALADJO, s. m. Laitage; tout ce qui tient à la
laiterie; l'ensemble des bêtes à cornes d'un chalet. (Fribourg.)
— Lasséladzo, laitage. (Jorat.)
LASSÉ, LASSI, LAHI, LAFFI, s. m. Lait.
Lassi de pontan (lait de putain), lassi de trouid (lait de truie),
euphorbe, lilhymale, Euphorbia Cyparissias. (Vaud.)
LATCIII, LATSCHI, LETZI, v. S'évanouir, tomber en pâmoison;
lâcher. (Vaud.)
LATSO, LATSCHO, A, adj. Débile, faible, évanoui; lâche.
L.\TTA, s. f. Planche étroite, latte. C. lath, perche.
LATTHA, Mettre des lattes, latter.
LATZOj s. m. Livêche^ Levisticum officinale Koch, plante ombel-
lifère.
LAU, LAOU^ LEU, LIO, pron. pers. Leur. Lan z'é atscheta, je leur
ai acheté.
LAU, LEU, s. m. Loup, lupus. Rejeton gourmand qui sort du pied
d'un cep. (Vaud.)
LAl'DA, V. Permettre, comme seigneur d'un fief, la vente d'un im-
meuble contre une redevance ou une somme payée par l'acqué-
reur. Dans les chartes, laudare.
LAUVA, LAUA, s. f. Louve, femelle du loup; femme débauchée.
LAVA, LAVEj s. f. Couche de pierres très polies, répandues çà et
là dans le Jura. (Voy. sur cette singulière formation un discours
de M. le professeur Agassiz, dans les Actes de la Société helvéti-
que des sciences naturelles, réunion de Neuchàtel, 1837.)
LAVA, i\ Laver, nettoyer. Relava, laver la vaisselle.
LAVANTSCHI, s. m. Lieu exposé aux avalanches, couloir par le-
quel elles descendent; nom d'un hameau des Ormonts d'un al-
page des Alpes de Bex, etc. (Alpes.)
LA VI. Contraction pour dire alla via, aller en route, partir, s'en
aller. L'è la vi, il est dehors, en route. L. via, chemin. (Jura.)
222 LEI
LAVIAU, s. m.; LAVIRA, s. /. Lavoir; planche sur laquelle les
lavandières lavent et battent le linge.
LAVURA, s. f. Eau grasse, eau de vaisselle.
LÉ, LEZ, LEI, adxh Là, là-bas. Decé delé, deçà delà; lé antre (là
outre), au delà. Avec le verbe, lei signifie y. Alla lei ke le bon
(allez-y, car il est bon), disait autrefois le crieur public de Lau-
sanne, annonçant les bouchons et le prix des vins. Lei ré, j'y
vais.
LÉ, s. m. Le foyer, l'âtre.
LÉ, LAI, s. m. L'if, Taxtis baccata. A Aigle, di, dhi.
LÉ, LAI, s. m. Lac. Lo lé, le lac Léman, pour les riverains.
LÉ, art. pi. Les. Voy. li.
LÉA, s. /. Portion levée sur une masse de beurre pour une rede-
vance; morceau coupé dans un cuir pour une paire de souliers.
(Alpes.)
LÉANS, adv. Là-dedans; peu usité. (Evêché de Bâle.)
LÉANTZE, LÉVANTZE, s. /. Avalanche, lavange. (Pays-d'Enhaut.)
LÉ-BAS, loc. adv. Là-bas. Lé d'amon, là-haut; lé d'avo, là-bas; lé
autre, autre lé, là-bas, plus loin; lé n'o, là-haut.
LÉDA, LEIDA, s. f. La hure du sanglier; la tête, l'épaule et le pied
droit de l'ours, du cerf, lesquels étaient dus au seigneur du fief.
Ce droit de lerjde est consigné dans le coutumier de Vaud. On y
dit aussi que la peau du loup appartient au seigneur.
LEDO, LÉDO, adj. Pâle, blême, livide. C. leda, serf attaché à la
glèbe. (Alpes.)
LEGNI, V. Voy. ligni.
LÉGREMA, s. f. Larme.
LÉGREMÀ, V. Pleurer, verser des larmes. L. lacryma. (Fribourg.)
LÉHA, LEVA, V. Lever; dresser une charpente; attacher la vigne
à l'échalas.
LEIDESSE, s. f. pi. Crue subite des eaux du Léman pendant l'été.
Voy. SEICHE
LEIN, LEUN, HLLEIN, s. m. Licou, corde, lien pour attacher les
vaches à la crèche.
^f ,
LF.K 223
LEIN, LEINA, LEINTA, adj. Vn\, pliant, sans rugosités. L. loitns.
(Alpes.)
LEINDAI, s. m. Landicr, chenrl de cuisine. C. Imider, ohenêt.
LEINDER, s. m.; LEINDA, s. f. Seuil de porte, linteau. C. land,
habitation. (Pays-d'Enhaut.)
LEINDZAU, LEINDZU, s. m. Saucisson. (Montrcux.)
LEINFIU, LEINZU, LEINÇU, s. m. Drap, linceul, nappe.
LEINGNU, LEIGNU, LEGNU, LIGNU, LUGNU, s. m. Lign. ni, lil
poissé du cordonnier.
LEINGUN, s. m. Cynoglosse, langue de chien, Cynoglossum o/fici-
nale. (Aigle.) — Leinvoua au isin, id.
LEINTERNA, LANTEIRNA, s. f. Lanterne, falot.
LEINTERNÀ, v. Véliller, barguigner, être irrésolu, lanterner.
LEINVOUA, s. f. Langue. (Alpes.)
Leinvoua au bau, bistorte, Polygomim Bistorta.
Leinvoua de serpein, langue de serpent, Ophieylossum vulgatvin,
sorte de fougère.
Leinvoua de cer, langue de cerf, scolopendre, Scolopendrium
officinarum, sorte de fougère.
Leinvoua d'ouie (langue d'oie), grassette, Pinguicula vulgaris,
plante de la famille des lentibulariées.
Leinvoua au tsin, cynoglosse officinal. — Leingun, id. (Aigle).
LEINZOLA, s. /". Charge de foin contenue dans un filet ou dans
un drap, leinzu. (Vaud.)
LEINZU, s. m. Voy. leinfiu,
LEIREIN, s. m. Lierre, Hedera Hélix. — Lairra, id.
LEIREMEIN, HLLAIREMEIN, s. m. Mèche, lumignon. De hllairi,
éclairer, (Alpes.)
LEIVRA, s. f. Lièvre. L. lepus.
LEIVRO, s. m. Livre, papier, manuscrit, la Bible. Prein lo Leivro,
prends la Bible.
LEKA, LIKKA, s. f. Glissoire, trace du traîneau sur la neige.
LEKÀ, LlKKÀ, V. Glisser, faire un faux pas, glisser sur la neige
ou sur la glace. (Vaud.)
224 LEU
LEMASSA, s. f. Limaçon.
LEMASSI, V. Se dit des limaces, des limaçons, des escargots qui
laissent sur leur passage des traces baveuses. (Alpes.)
LEMON, s. m. Limon, boue; timon d'un char, les limons, la lirao-
nière.
LEMOUNNA, v. Laisser une trace dans la boue du chemin.
LENA, LOUNA, s. /. Lune ; humeur. L'è ora de bouna lena, il est
maintenant de bonne humeur. Kè fa-t-on dci villlie lene ? que
fait-on des vieilles lunes? demandait une femme des Ormonts
au maître d'école. On le tadhe per bokop, por ein fare di z'itaile,
on les coupe par morceaux pour en faire des étoiles, lui fut-il
répondu.
LENAIRA, s. f. Champ de lin, linière.
LENO, adv. Là-haut. Lo leno, le galetas. Voy. lé-bas.
LERDJI, LERDZI, RA, adj. Léger, dispos, dégagé, volage.
LÉRON, s. m. Loir. L. glis, gliris. (Valais.)
LÉSINA, LAZINA, s. f. Crevasse dans le sol, fente dans les rochers,
fissure de terrain. L. lœsio. (Jura.)
LET, s. m. Le but auquel on vise eu jouant au palet, aux boules;
c'est le cochonnet. (Vaud.)
LETSCHE, s. f. Bande étroite, petite pièce, petit morceau, tranche,
lèche. Na letsche, un peu ; à letsche dei, à lèche doigt, avec par-
cimonie, fort peu. (Vaud.)
LETSCHE-POT, s. m. Fouille-au-pot, goulu.
LETSCHEPOTTA, i'. Fouiller dans les vases de cuisine, dans la
vaisselle pour lécher ce qui y reste.
LETSCHETA, s. f. Très petit morceau, brin, fort peu, en parlant
des aliments. Diminutif de letsche.
LETSCHI, LETZI, v. Lécher; se dit surtout des vaches, auxquelles
on donne à lécher, qui lèchent le sel qu'on leur donne.
LETSCHON, s. m. Pincée, poignée de sel qu'on donne journelle-
ment aux vaches, ordinairement avant de les traire. (Alpes.)
LEUTREFLLA, s. /. Impératoire, hniperatoria Oslruthium, plante
ombellifère des Alpes.
LIE 225
LEVA, s. f. Taille, contribution. (Genève.) (V. st.)
LEVA, LÉH.V, LÉ A, v. Lever.
LEVANTZE, s. f. Lavange, avalanche. — Léanize, évalantze, id.
LÉVATZON, s. m. Petit duvet de plume.
LEVÉ, adv. Plus loin, au delà. Ein leivc, au delà, au delà de.
LEVÉ, LOUET, s. m. Le gui, F/scî«m ai6î<?w, plante parasite. (Mon-
treux.)
LEVET, LEVOUET, ,s. m. Cytise, Cytisvs alpivus. (Montreux.)
LÉVET, s. m. Duvet délit. Diminutif, levatzon.
LEVIHILV, s. f. Charpente d'un bâtiment. — Ratnura, ramure, id.
LEVRA; LEVRETTA, LETZERETTA, s. f. Safran sauvage, Crocus
vernns.
LEVRIAU, s. m. Estomac du bœuf. (Pays-d'Enhaut.)
LEVRO, LEVRIAU, s. m. Poids à peser, romaine. L. libra.
LEZ, LEI, s. m. Voy. lai.
LEZI, LEJI, LISI, s. m. Loisir. N'é pas Iczi, je n'ai pas le temps;
fcnna de lezi, femme désamvrée, qui ne fait pas les gros ouvra-
ges, qui va en causant de lieu en lieu. (Montreux.)
LHEI^', LIIAI, udr. Loin. L'è Ihein , il est sorti, il est hors de la
maison.
LUI, s. m. Lit. — /////, id.
LIIUGAN, LOUGHAN, s. m. Jusquiame, Hyoscyamits niger, plante
narcotique.
LI, Tpron. Voy. lu.
LI, art.pl. m. et fém. Les. Li messon, les moissons; li z'einfant,
les enfants. Au singulier, le. (Fribourg.)
LIA, s. f. Orpin acre, Sedtim acre (Jura); grande joubarbe, Sem-
perviviim tectoriim.
LIAÏRE, V. Lire. Liaisu, lu.
LIAU, 5. m. Plancher supérieur d'une grange. (Fribourg.)
LICK, adv. Là. (Anniviers.)
LIÉ ou GLLÉ-BATARD, s. m. Ivraie vivace, Lolium perenne.
(Morgcs.)
MÉM. ET DOCUM. XXI. 15
226 LIV
LIEF, s. m. Lit. (Fribourg.)
LIENNA, V. Glaner.
LIETTALA, s. /. Glouteron, gratteron, Galimn Aparine. (Lavaux.)
LIETTHA, V. Tordre; attacher, accrocher. Dans le premier sens
on dit aussi ma'dli.
LIÉVA, s. /■.; LIÉVRO, s. m. Outil. Djamé krouie ovrai n'a trova
dei hounne liéve, jamais mauvais ouvrier n'a trouvé de bons ou-
tils; proverbe. (Vaud.) Voy. aise.
LIGNI, LEGNI, v. Aligner; tracer des lignes, régler du papier;
tracer, avec une ficelle trempée dans du noir, des lignes droites
sur le bord des poutres qu'on veut équarrir.
LIMBA, s. f. Bande d'étoffe ou de papier. Limbetta, petite bande,
lisière, ruban. L. limbtis. — Liessa, id.
LINOTTA, LAINOTTA, s. f. Linotte.
LIOBA, s. f. Nom d'amitié donné aux vaches pour les appeler ou
pour les flatter. Lioba! lioba! por aria, c'est-à-dire lioba! lioba!
pour (vous) traire, venez pour qu'on vous traie. (Voy. le Ranz
des vaches de Gruyère, dans le Conservateur suisse, tome I,
page 425. j — En langue albanaise, liopa signifie vache. (On dit
loba, dans la Suisse allemande. — N. de l'éd.) (Fribourg.)
LIOBÀ, V. Appeler les vaches pour les traire.
LION, s. m. Gui, Viscum album, plante parasite. (Bex.)
LIONG, s. m. Légumes. (Vieux langage d'Orbe.)
LLSA, V. Lisser le linge avec un fer chaud, repasser.
LISET, s. m. ; LIZETTA, s. f. Liseron, Convolviibis arvensis et Con-
volvuius Sepium.
LISIAU, s. m. Fer à lisser le linge, fer à repasser.
LISSU, LEINSU, LIENZU, LESSIF, s. m. Eau de lessive. (Vaud.)
LISTA, s. f. Bordure en bois, longue règle plate en bois; liste.
LIU, pron. Lui, celui-ci, celui-là. (Jura.)
LIUDZA, LIUDZE, s. /. Voy. ludj.\.
LIVET, TA, adj. Blanchâtre, pâle, livide. L. lividus. (Nyon.)
LIVRO, s. m. Le pis de la vache.
LOK 227
LIZÉ, LEZÉ, LUZÉ, LUISE, s. m. L'égout des élables, l'urine des
bestiaux, le purin, qu'onrecueilleordinairoment dans une fosse.
C. lis, humidité, eau. (Vaud.)
LIZET, s. m. Ver qui détruit les bourgeons de la vigne. (Bas-Va-
lais.)
LIZETTA, s. f. Lézard gris, Lacerla agilis. — Gremelhetta, tjremi-
Ihetta, id. (Lausanne.)
LIZOTTA, r. Commencer à lire.
LLIIUTEMEN, LIUTEiMEN, s. m. Lieutenant.
LO, LOI), art. masc. sing. Le. Lou pare l'a de, le père l'a dit; lo
pu è à djo, le coq est juché. — Lou est aussi pluriel: lou z'herbe,
les herbes. (Ormonts.)
LODA, s. f. Volet, contrevent; vent contraire aux embarcations.
(Jura.)
LODIER, s. m. Couverture de lit. — Couairta, id. (Jura.)
LODJA, LODZA, s. f. Chantier, hangar; loge de francs-maçons;
place fixée d'où les joueurs aux quilles doivent jeter la boule.
LODJI, LODZI, V. Se loger, s'établir, se marier; fixer, au jeu de
quilles, la place d'où la boule doit être lancée.
LODJI, s. m. Cabaret, auberge, logis.
LOË, s. 7n. pi. Hautes pointes' de montagne. (Fribourg.)
LOGNE, s. f. Bardane, Lappa major et Lappa miner. (Bex.)
LOHI, s. m. Mallette que porte le vacher et où il lient le sel. Bon
lohi, mélange d'herbes et de racines qu'on donne aux vaches
malades. (Alpes.)
LOHL\U, SA, adj. Fermier, fermière; celui ou celle qui prend ou
donne à ferme, amodiateur; l'entrepreneur d'une montagne,
lequel loue des vaches pour les alper. (Alpes.)
LOHIDJO, LOHIDZO, s. m. Loyer, bail, location. Pahi mè loutron
lohidzo, payez-moi votre loyer.
LOHII, V. Amodier, faire un bail, louer une maison.
LOI, s. m. Le grand et le petit courlis, Scolopux arcuala et Scolo-
pax phœopus, oiseaux de marais.
LOKATIF, s. m. Cheval de louage, rosse. (Lausanne.)
228 LOU
LORETTA, LIKETTA, s. f. Batelet pour une seule personne, sur
les lacs de la Suisse romande. De leka, likka, glisser.
LOKKA, s f. Morceau, guenille, loque.
LO LON, loc. adv. et prép. Autour, auprès, le long, durant. To lo
Ion, tout le long; to dau Ion, id. Lo Ion dau hou, le long du bois.
LOMBLOZ, s. m. Pièce de porc due au seigneur par le vassal qui
tue un porc. L. lumbus, râble, échine, partie du dos.
LON, LONGHA, adj. Long, longue. — Longhet, diminutif.
LON, s. m. La longueur, le long. Lein sa lo cor et lo Ion, il en sait
le court et le long, tout ce qu'on en peut savoir; proverbe.
LONDJOULA, s. f. Pièce de porc, andouille. (Vaud.)
LORIOL, s. m. Loriot, Oriolus Galbula.
LOTHA, V. Ebranler un objet qui est ferme pour le déplacer.
(Alpes.)
LOTTA, s. f. Hotte. C'est aussi le nom vaudois du mont Catogne
en Valais.
LOTTAHIE, s. /. Ce qu'une hotte peut contenir. L'a z'u na lotlahie
de kokhe, il a eu une hotîée de noix.
LOTTARE, s. m. Porteur de hotte. Lors de la révolution du Pays
de Vaud en 1798, quelques brochures dirent, pour exciter les
Vaudois, qu'ils étaient des ilotes. Les paysans du Jorat n'entendi-
rent jamais ce mot que dans le sens de porteurs de hotte, et dé-
clarèrent qu'il n'y avait pas de mal à cela. (Jorat.)
LOTTON, s. m. Laiton.
LOU, art. pi. Les. Favt-e bouta couaire l'einfanton avoué Ion z'herbe,
faut-il faire cuire le petit enfant avec les herbes? demandait un
homme des Ormonts à M. le doyen Decoppet qui lui avait con-
seillé un bain d'herbages pour son fils rachitique. (Ormonts.)
LOU, s. m. Lods (c'est le laudemiœ des chartes), droit de mutation
que perçoit un seigneur de fief, ou le fisc, sur les immeubles
vendus par un tenancier vassal. No fudrapahi le lou lo mai que
vin, il nous faudra payer les lods le mois prochain. — Mutachon.
id. (Vaud.)
LOUET, LOVET, s. m. Louveteau, jeune loup.
LUI 229
LOUGÀ (se), V. Se louer comme domestique, s'engager dons un
service, entrer en condition. (Valais.)
LOUHIE, s. /. Galerie de bois devant le premier étage d'une mai-
son; loge. (Vaud.) — Loie, id.
LOUHIETTA, s. f. Petite galerie; petite loge, logette.
LOUNEMAIN, s. m. Mèche d'une lampe, d'une chandelle, lumignon.
(Alpes.)
LOUNIDJE, s. f. Lunaison, quartier de lune.
LOUSTIK, KA, adj. Gai, content, badin, jovial. Ail. Inslig. — Il y
avait dans chaque compagnie de Suisses, dans les services étran-
gers, un loustik, un soldat qui faisait rire ses camarades par ses
facéties.
LOVET, s. m.; LOVETTxV, s. f. Tique de marais^ Ricinus caninus,
insecte qui s'attache, pour sucer le sang, aux chiens, aux mou-
tons et quelquefois aux jambes des hommes qui travaillent dans
les lieux marécageux.
LOVET, s. m. Voy. louet.
LOVRA, v. Veiller. (Jura.)
LOVRE, s. f. pi. Veillées des garçons chez les filles à marier. (Jura.)
LU, LHI, LI, pron. pers. Lui, elle, eux. A'oy. liu.
LU, LUEH, s. m. Lieu, endroit. — Du, id. (Fribourg.)
LUDJA, LUDZA, LUDZE, LIUDZA, LIUDZE, LIEUDJE, s. f. Traî-
neau.
LUDJI, LIUZI, V. Mener, transporter en traîneau, aller en traîneau,
glisser sur la neige; se Iwjer, dans le français populaire vaudois.
LUDZON, s. m. Petit traîneau.
LUETTA, ALUETTA, ALUVETTA, s. f. Epiglotte, luette.
LUGA, V. Regarder indiscrètement par un trou, par une fente,
par le trou de la serrure. (Alpes.) (Ail. bernois, hiege ; AU. lugeyi.
— N. de l'éd.)
LUGARE, LOUGARE, s. m. Curieux indiscret, qui regarde par les
fentes, ou qui écoute à la porte. (Alpes.)
LUIRRHA, GUIRRA, s. f. Somme de cent gerbes de blé. (Aigle.)
LUISSEL, s. m. Petit lac, étang naturel, grande flaque d'eau.
230 MAF
LURON, s. m. Homme robuste, déterminé, fier-à-bras. (Jura.)
LURONNA, s. f. Femme forte, robuste, hardie, la virago des Latins.
(Jura.)
LUTA, s. f. Instrument de musique à cordes, luth. Ail. laute.
(Fribourg, U37.)
LUTH, adj. numér. Huit. (Evêché de Bâle.)
LUTHON, ARLITHON, s. m. Arc-en-ciel. C. lith, humidité. Voy.
ARLiTTON. (Valais.)
LUTZCHEROU, LUTZCHEREIN, LUTZERAN, s. m. Chat-huant,
chouette, hibou, effraie, hulotte. L. lugere, pleurer, gémir.
(Vaud.)
LUTZEIHI, V. Pousser des cris de joie; imiter le cri de la chouette;
hucher. Voy. ioutzeihi.
LUVRO, s. m. Le pis de la vache, de la chèvre; tétine. En bas-
breton, livri signifie lait chaud. — Livro, id.
M
MA, conj. Mais. Ma vo dio, mais je vous dis.
MABRA, s. f. Mauve à feuilles rondes, Malva rotundifolia.
MABRO, s. m. Marbre; bille, chique, petite boule ronde pour les
jeux d'enfants. — Marhron, id. (Vaud.)
MACHEFER, s. m. Scories du fer travaillé dans les forges. (Vaud.)
MAÇON, s. m. Qui a manqué son coup dans un jeu d'adresse
(Lavaux). H se dit aussi de celui qui n'a point fait de levée au
jeu de cartes.
MADRA, AHIE, adj. Fin, rusé, astucieux.
MA FAI, adv. Ma foi. Ma fai vai, ma foi oui ; ma fai na, na faina,
ma foi non.
MAFAIKI, MAFAITI, MAFITHI, v. Se fatiguer, se lasser. (Fribourg.)
MAFFI, s. m. Un des noms du diable. Lo mat]i te bourlai le dei, le
diable te brûle les doigts. Le mafji, c'est le malfaisant au super-
latif. (Lavaux.)
MAI 231
MAFI, TA ; MEFI, TA, adj. Las, faliguc, harassé. (Aigle.)
MAFIKA, MAFIGA, adc. Ma foi. C'est sans doute une altération de
ma fai.
MAFION, MAFISTE, adv. Même sens que ma fai, ma foi.
MAGAN, s. 7«. Lourdaud, malotru, bélître, manant. (Lausanne.)
MAGNENA, v. Faire l'ouvrage du chaudronnier.
MAGNIN, s. m. Chaudronnier ambulant, chàlreur de porcs. C.
magnaini, faire des chaudrons. — La vieille chanson vaudoisc
du magnin arrivant dans un village, disait :
Lo magnin cei va passa,
N'ai-vo ran à retakounna ?
Koke tsauderon perd
A rallohi ?
Le magnin va passer par ici, n'avez-vous rien à raccommoder?
quelque chaudron percé à remettre en état?
MAGNOU, MAGNI, adj. Ne s'emploie qu'en composition, avec le
sens de grand {magmis), dans les noms propres suivants : Bio-
ley-Magnou , village du canton de Vaud, ainsi nommé pour le
distinguer de Bioley-Orjulaz ; Monlmagny , village du district
d'Avenches (Vaud) ; Chaumagny ou Chaumeni, montagne du
dixain de Monthey (Bas-Valais).
MAI, s. m. Mois. Dou, iré mai, deux, trois mois.
MAI, s. m. Mois de mai. C'est aussi le sapin que les garçons d'un
village plantent, le premier jour de mai, devant la porte des
filles à marier, si elles sont d'une vertu non suspecte. Jamais
on n'en plante devant la maison d'une fille déshonorée; et c'est
une honte publique que de n'en point avoir, quand les autres
filles du voisiriage en ont. Une ancienne chanson dit ;
Per on deceindo né,
le m'a prai fantasia
D'alld pllantd on mai
A la pouerl' à ma mia.
Par un samedi soir, il m'a pris fantaisie d'aller planter un
mai à la porte de ma mie.
232 MAI
Les Arcadiens avaient le premier mai une fête pastorale ap-
pelée maia.
MAI, MÉ, s. f. Huche à pétrir, pétrin.
MAÏA, MOHIA. Féminin du pronom possessif mio^ mien.
MAÏA, MOÏA, s. f. Meule de foin qui reste sur le pré. (Alpes.)
MAIDJA, s. /. Femme empirique, qui exerce la médecine.
MAIDJI, MEIDZI, V. Traiter un malade, lui donner des remèdes ;
avec se, se droguer soi-même. (Vaud.)
MAIDJO, MAIDZO, MEIDZO, s. m. Médecin, empirique, charlatan.
Alla au maidjOj aller consulter le médecin (se prend en bonne
part). Apri la moeir lo maidjo, après la mort le médecin, prov.
L. magus, magicien. (Vaud.)
MAÏEN, s. m. Chalet où l'on va en mai. Les maïens sont des pâtu-
rages printaniers^ avec un petit bâtiment. Pendant l'été, les
habitants aisés de Sion quittent la ville pour aller respirer un
meilleur air dans les maïens. (Valais.)
MAÏENTZE, s. f. pi. Jeunes paysannes qui, le premier dimanche
de mai, vont en grand costume chanter de porte en porte avec
un panier au bras, pour recevoir de petits présents, des œufs,
des fruits, des gâteaux, par exemple. (Vaud.)
MAÏENTZE, s. f. Se dit de toutes les espèces de mésanges. —
Maïensa, id.
MAÏENTZETTA, s. f. Petite mésange.
MAÏENTZIRA, s. /. Trappe pour prendre les mésanges et autres
petits oiseaux.
MAIGNIE, s. f. Tous les gens de la famille qui demeurent dans la
même maison, toute la maisonnée.
MAILLET, s. m. Marteau de bois. — Maillotzej maloutze, s. /., id.
Tita de maillet, la larve de la grenouille, têtard. (Vaud.)
MAILLI, V. Tordre. MailU dei rioute, tordre des osiers, etc., pour
en faire des liens.
MAIN, adv. Moins, point. De ne sein lo main, pas moins de ; litté-
ralement, sans le moins. N'ein ain main, nous n'en avons point.
MAINTIGNI, MANTENI, v. Maintenir, conserver en bon état, assu-
MAI 233
rer en droit une valeur, un animul pour sain, une pièce de terre
pour avoir tant d'arpents, tant de toises.
MAIO, s. m. Vieillard, homme ancien. L. major. (Fribourg.)
MAIOLA. Cri de moquerie des enfants. (Voy. Conaenateur suisse,
tome III, page 62, note 3, et page 5G.) (Payerne.)
MAIRA, MÈRE, s. f. Mère, en parlant des personnes. On dit ordi-
nairement mare en parlant des animaux. Mérc-tjrant, marc-grant,
grand-mère, aïeule.
MAIRMITA, s. f. Marmite.
MAIRMOIN, s. m. Marmot, nain, petit garçon mal fait.
MAISNÉ, MESNÉ, s. m. Cadet, minor nain ; dans les vieux titres.
MAITHEIN, MITAN, s. m. Milieu. Lo rio passave au maithein dan
bor, le ruisseau passait par le milieu du village.
MAITHI, MAITIA, s. f. La moitié, la demi.
MAITHI-FOU, MAITIA-FOULA, adj. Demi-fou, à moitié fou. (Vaud.)
MAITHRA, s. /. Maîtresse de maison, de métier; la femme du
maître d'école.
MAITRAIHI, V. Maîtriser, rudoyer, tyranniser ses inférieurs.
MAITRAMEIN, adv. Fortement, vigoureusement, d'importance.
(Pays-d'Enhaut.)
MAITRO, MÉTRO, s. m. Maître, maître décole; le chef de famille,
le propriétaire, celui qui exerce pour son compte un métier.
Lo mêtr'au biole, nom dérisoire du maître d'école ; mot à mot,
le maître aux verges, biole.
MAIVRO, A, adj. Craintif, faible, mal apprivoisé.
MAIX, s. m. Petite maison de bois, hutte, fenil (Jura). — (Dans le
Jura neuchâtelois, plusieurs localités ou habitations foraines
portent le nom de maix. — N. de l'éd.)
MAIZA, s. f. Juchoir; cage à poulets dont le dessus sert de banc
ou de table. L. mensa. (La Cùte.)
MAIZE, s. f. Mésange; trappe pour prendre les petits oiseaux.
(Bas-Valais.)
MAIZIÈRE, s. /, Haie; masure; nom de deux villages, l'un dans
le canton de Vaud, l'autre dans celui de Fribourg.
234 MAL
MAKABEINDÉ. Sorte d'affirmation complexe qui signifie ma foi
bien dit. (Lausanne.)
MAKLLET, s. m. Colique violente, tranchées, miserere. (Vaud.)
MAKLLO, MAHLLO, MACHE, s. m. Le taureau d'un troupeau, le
mâle, masculus. On dit à Aigle : Tei lé on bi makllo, voilà un
beau garçon.
MALA, adj. Ne s'emploie qu'en composition avec un substantif.
Son masculin est mô (voy. ce mot). V. Fr. mau, mal, maie.
(Vaud.)
Malapannahie, s. f. Mésaventure, mauvais traitement, contre-
temps.
Mala-bUhia, s. f. Méchante bête; c'est un nom adouci du diable.
Maleinparakie, s. f. Mauvaise tournure d'une affaire, échec.
Mala-grace, s. f. Disgrâce.
Malliaura, s. f. Mauvaise heure. L'è vegniai à la maVhaura,
il est venu dans un mauvais moment.
Mala-par, s. f. Mauvaise part.
Mala terra, s. f. Mauvais terrain qui ne peut rien produire.
Mala-tUa, s. f. Mauvaise tête, personne à laquelle on ne peut
faire entendre raison.
Malavia, s. f. Mauvais train, difficulté, malédiction. L'è la
malavia, c'est le diable.
MALADAIRA, s. f. Hôpital de lépreux, d'incurables, maladrerie.
Plusieurs localités ont conservé ce nom et s'appellent ilfa/addre,
Maladière.
MALABO, A, adj. Malade. On dit plus souvent : L'a mô, il a mal.
MALAGNOU, MARAGNOU, s. m. Muscardin ou campagnol. Mus
avellanarius (La Côte). Voy. droumian.
MALAI, MALAITA, adj. Aigre, acide, âpre au goiàt.
MALAMEIN, adv. Méchamment, perfidement.
MALENGIN, s. m. Mauvaise ruse, manœuvre illégale. (V. st.)
MALESSERT, s. m. Lieu défriché qui ne produit rien. (Vaud.)
MAL'HIRAU, SA, adj. Malheureux, misérable.
MALIGNI (se), V. Se plaindre de sa situation. (Alpes.)
MAN 235
MALINKOURI, MALINCUHA, v. S'inquioler sons raison, avoir des
soucis ou des craintes sans fundenienl. C'est le latin mahv curœ.
(Jura.)
MALLET, s. m. Convulsions nerveuses des enfanl.> au maillot ;
mot à mot, pclit mal. (Yaud.)
MALO, MALA, adj. Mauvais au plus haut degré. L. malus. C'est
un des nombreux noms du diable. Lo malo te ])rcin(jnc. le malin
te prenne !
MALOTTAjS. /. Masse de l)eurre; femme massive et dodue. —
Une vieille femme de ce nom est morte à l'âge de 112 ans. (Yoy.
Conservateur suisse, tome IV, page 421). — Malolla, id.
MALOUTZE, s. /'. Gros marteau de bois.
MALOUTZON, s. m. Petit marteau de bois.
MA MA! Interjection marquant l'étonnement. Est-il possible? al-
lons dçnc. (Pays-d'Enbaut.)
MAMMEL, s, m. Lait de lune. C'est une sorte de concrétion blanche,
plus rarement jaunâtre, qui se trouve dans diverses cavernes
des Alpes. Ail. mondmilch, lait de lune. (Voy. Conservateur suisse,
tome YII, page 22.)
MAN, s. VI. Larve du banneton, appelée ro- blunc dans le français
populaire vaudois. Voy. cottei^.kt, vouare.
MAN, s. f. Main. La balla man, la main droite, la belle main, la
main d'honneur.
MANAI, s. m. Instrument, outil qui est mis en œuvre par la viain,
manus.
MANAIIII, V. Manier; préjiarer le pis d'une vache à la traite, en le
palpant. (Pays d'Enhaut.)
MANAIRA, s. /. Manière. Ne mè fade pa dei pouette manaire , ne
me faites pas de vilaines manières, dit une fille à un garçon qui
la chiffonne.
MANCHE, s. f. pi. Procession de jeunes filles le premier de mai
(Genève). It. manda, offrande, étrcnnes. (Voy. Picot, Histoire de
Genève, tome I, page i77). — Mencltes, id.
236 M AN
MANDA, V. Envoyer, faire venir, mander d'office ou autrement.
L. mandare.
MANDAI, V. Manger. (Evêché de Bâle.)
MANDASSE, s. f. Vidange, fumier de retrait. (Entremont.)
MANDEIHI, MANDÉI, v. Mendier, demander l'aumône.
MANDEMEIN, s. m. Ancienne division territoriale du pays d'Aigle,
qui était partagé en quatre mandements : Aigle, Bex, Ollon, les
Ormonts. C'est aussi le nom d'une portion de l'ancien territoire
de Genève.
MANDRA, s. f. Ecurie, étable, enceinte de mur sec. Gr. p.âv§/3«.
(Orbe.)
MANDRAI, MANDRAIN, s. m. Manche de fouet, fouet.
MANDZERAIN, MANDJERON, s. m. Bout du manche d'un outil,
mancheron.
MANEFAI, MONEFAI, s. m. Homme adroit; bouffon inoffensif;
mot à mot, qui ne fait point de mal. C. mana, adresse. (Alpes.)
MANEI, s. m. Lourdaud, butor, manant. C. manal, villageois.
MANÉVO, VA, adj. Soigné, fait avec précaution. Teni manévo,
avoir grand soin, choyer. (Villeneuve.)
MANGA, V. Donner l'apprêt à la toile.
MANGO, s. m. Maquignon. Ce mot est latin. (Fribourg.)
MANGON, s. m. Enfant sale, saligaud. C'était le nom de certains
pénitents vagabonds du temps de Charlemagne. (Alpes.)
MANGOUNA, v. Salir, ternir ce qui est blanc.
MANICLA, MANIHLLA, s. f. Petite anse d'un vase, d'un panier.
MANIGANÇA, v. Se livrer à de mauvaises manœuvres, intriguer.
manigancer.
MANIGANCE, s. f. pi. Mauvaises pratiques, ruses, bourdes, intri-
gues, manœuvres.
M.\NIKA, s. f. Le demi-gant du cordonnier, la manique ou mani-
cle. (Vaud.)
MANKA, MANKAIE, s. f. Manque. De ne sein lamanka, sans y
manquer. (Vaud.)
MANKÂ. V. Manquer, être en défaut, s'absenter.
MAR ±M
MANNA, s. f. Grand coffre d'osier. Cl- mot est celtique d;ins le
même sens. (La Côte.)
MANNOTHEI, s. m. Menuisier. — ^/««/V;/^'/, id. Kn (jnelques lieux,
mannothei, signifie margnilUer.
MANO, s. m. Epouvantai); fantôme; homme de mauvaise mine,
rôdeur. L. mânes.
MANOIILLA, s. f. Anse, poignée. L. vkhhis. — Manollir, id.
MANOTHA, s. f. Pièce sur hKjuelle la main s'aftpuie pour manier
la faux ou tirer une corde.
MANOTTA, MANETTA, s. f. Clavaire, Chivarin (livhntoma clCbiva-
ria aurea. La clavaire corail et la clavaire dorée sont comesti-
bles et fréquentes dans les forêts de la plaine et des montagnes.
Diminutif de îWrtH, main, (.\lpes.)
iMANSALLA, V. Traîner avec un cheval des pièces de hois, des
troncs d'arbre.
MANSINNA, MANTANNA, s. /". Sorte de viorne, mancienne, VUmr-
nnm Lantnna. — Lantanne, id.
MANSOU, s. m. Train attelé d'un cheval pour amener des bois.
(Montreux.)
MAÎN'TA (à la), adv. En gros, sans compter, sans mesurer, sans
peser. C. niant, profit. (Alpes.)— Oln-botu, tu-boln, id.
MANTEM, V. Maintenir, conserver en bon état, garantir la valeur,
l'étendue, la quantité, la qualité, etc.
MANTI, s. m. Nappe. L. mantile.
MANTSA, MAND.LV, s. f. Manche d'habit, de chemise.
MANTSCllE, s. f. A'allon latéral s'ouvrant sur une vallée plus
grande; vallon reculé. (Pays-d'Enhaut.)
MANTZO, s. m. Manche d'outil; cornes ou mancherons de la char-
rue. — Mantzeron, id.
MAPI, s. m. Petite boule de marbre ou d'argile cuite, pour les jeux
d'enfants; bille, chique. (Genève, Lausanne.)
MAR, s. m. Le mois de mars.
MAR, s. m. Pièces de hois (jui soutiennent les tonneaux dans les
caves. (Vaud.)
238 MAR
MARA,s. /. Bourbier, flaque d'eau sale, écoulement d'égout qui
croupit.
MARAICHE, s. m. Pré marécageux. (Gruyère.)
MARAITZE, s. /. pi. Lieux marécageux, prés liumides. (Vully.)
MARALLE, s. f. pi. Dames à jouer, marques pour le jeu de la
marelle ou mérelle. G. marell. — Marelle ou mérelle est aussi le
nom d'un jeu que les écoliers appellent pnler ou pasteur. (Lau-
sanne.)
MAR.VTTA, V. Brocanter, troquer. — Baratta, id. (Coppet.)
MARDI, MARDINA, MARDJON. Jurement qui revient à ma foi. L.
mars. Cette locution était sans doute en usage chez les soldats
qui juraient par le dieu de la guerre. — (Peut-être de mare,
mère et de di, diu, ghiu, Dieu. On a dit en français, mère Dieu,
pour la Vierge. — N. de l'éd.)
MARDJOLANNA, s. f. Marjolaine.
MARDJOLET, s. m. Damoiseau, eiïéminé, délicat, petit-maître.
(Pays-d'Enhaut.)
MARÉBAHI, adj. Etonné, surpris, indigné. (Gruyère.)
MAREIN, MÉREIN, s. m. Bois de sapin et de chêne pour les char-
pentes. — Marenadzo, id.
MAREINDA, MAREINDENA, MAREINDONNA, v. Prendre le repas
du soir. L. merenda. (Vaud.)
MAREINDON, s. m. Repas du soir, goûter. (Vaud.)
MAREMAN, adv. Ce soir. (Alpes.)
MARETZAU, MARTZAU, s. m. Maréchal ferrant. Marétzauda, mar-
tzanda, la femme du maréchal.
MARGARITA, s. f. Pâquerette, Bellis perennis.
MARGHALLA, s. f. Margelle d'un puits. L. margo. Il signifie aus>i
une vieille et mauvaise jument. — Margot, id.
MARGHELLE, s. f. pi. Sorte de cerise noire.
MARGOT, s. m. 3Iatou. Se dit aussi de la pie. (Jura.)
MARGUET, s. m. Pré marécageux au bord des eaux. L. margo.
(Vallée de Joux.)
MARIA, MARIDA, i'. Marier, épouser.
MAR 5239
MARTGRAILLON, s. f. Fille sale, qui s'habille mal; salope.
MARINA, r. Couper des bois de charpente dans la foret.
MARKA, s. f. Marque, signe, indice, signet.
MARKÂ, i'. Marquer. — On dit d'un vieux cheval, d'une vieille
vache dont on ne peut plus connaître l'âge aux dents : Ne marque
peka, il ou elle ne marque plus. On le dit aussi d'une femme
d'un certain âge qui ne peut plus avoir d'enfants. (Vaud.)
MARKAINA, s. f. Craie rouge ou blanche.
MARKANùE, s. f. Fille de moyenne vertu, terme injurieux. (Nyon.)
MARMET, TA, adj. Fin, rusé, malin, d'un commerce dangereux.
(Alpes.)
MARMUTIHI, V. Faire le charpentier, le menuisier. (Val d'Illiez.)
MARON, MARRON, 5. m. Infirmier. C. mariv, mourir. Voy. corbé.
MARONNA, s. f. Femme qui soigne les malades, garde-malade.
MARONNAI, s. W2. Garde-malade; domestique qui va chercher et
guider les voyageurs perdus dans les neiges (Saint-Rernard).
— Dans le patois de la Fouille, les marrani sont des honmies
forts^ hardis, courageux.
MARREINGOT, s. m. Belle poirée, Beta Gicla. (VuUy.)
MARRENA, s. f. Souper, goûter, repas du soir. — Marcinda,\A.
MARRENÀ, V. Prendre le repas du soir, goûter. C. mcren, petit
repas.
MARRISSEMENT, s. m. Chagrin, fâcherie. (V. si.)
MARROUTA, s. /. Camomille puante. Anthémis Cotula. (Villeneuve.)
MARTALA, v. Frapper avec un marteau.
MARTALLA, s. /. Marteau de couvreur. (Pays-d'Enhaut.)
MARTALLÂ, v. Trembler de froid. (Pays-d'Enhaul.j
MARTALLET, s. m. Petit marteau. — Marlallei, id.
MARTEEEIN, 5. m. Peiil garçon. L. masculus, masculin. (Val d'Il-
liez.)
MARTENET, MARTINET, s. m. Forge, atelier de cloutier.
M.\RTI, s. m. Dent màchelière, molaire.
240 MAT
MARTIROLET, s. m. Martinet, Hirundo Apiis, sorte d'hirondelle.
(Genève.)
MARTZI, MARTCHI, v. Marcher, cheminer.
MARTZI,. MARTSCHI, s. m. Marché hebdomadaire; marché, tran-
saction, prix. L'a z'u bon marlsçhi, il i'a eu à bon marché^ à bon
compte.
MARUGLER, s. m. Marguillier. (Vieux langage de Fribourg.)
MAS, s. m. Pièce de terre. Bein tôt ein on mas, domaine formant
un seul clos.
MAS, MAR, s. m. Poids gradués pour la balance.
MASSA, s. f. Masse, massue; espèce d'ostracisme jadis usité en
Valais. (Voy. Statistique du canton du Valais, page 363.)
MATAFAN, s. m. Espèce d'omelette, crêpe; bélître, lourdaud.
(Vaud.)
MATAGASSA, MATAGASSE, MONTAGASSA, s. f. Pie-grièche, La-
nins excubitor. (Jorat.)
MATANNA, s. f. Espèce de saule, Salix raprœa.
MATEIRA, MATAIRA, s. f. Matière, abondance. Y a prau mataira,
il y a assez, il y a beaucoup; expression très usitée dans la
Gruyère.
MATENAI, RA, adj. Matineux, qui se lève de grand matin.
MATOKKA, s. f. Fille nigaude, gauche, lourde, disgracieuse. Dans
la basse latinité, matlus, matta, signifie niais, un peu fou. (Lau-
sanne.)
MATOLLA, MALOTTA, s. f. Masse de beurre. C. matta, tas.
MATRA, s. f. Marte ou martre, Mustella Martes.
MATTA, s. f. Petite fille (Valais); petite fille simple, poupée (Fri-
bourg).
MATTON, s. m. Petit garçon, gamin (Valais); lait caillé (Vaud).
MiVTZO, MATZA, adj. Humide; las, accablé de fatigue. C. mâcha,
fouler. (Pays-d'Enhaut.)
MATZON, MATSCHON, s. m. Bouchée, morceau. Preind'on mat-
schon, prenez une bouchée.
MATZURA, MATSCHERA, v. Barbouiller de noir, charbonner.
MAZ 241
MATZURON, s. m. Tache de charbon, trace noire de suie ou de sa-
leté au visage, aux mains, au cou.
MAUBLLA, s.f. Terre meuble, fraîchement remuée, de bon rapport.
MAUBLLADJO, s. m. Ameublement, mobilier, assortiment d'ins-
truments d'agriculture. (Lausanne.)
MAUBLLO, s. m. Meuble.
MAUDA, s. f. Voy. môda.
MAUDE, MAUDETTA, adj. Fin, malin ; maudit. — Maudecein, loc.
exclam., maudit soit.
MAUDRE, MUDRE, MOUAIDRE, i\ Moudre.
MAUGRÂ, MOGRÀ, ado. Malgré. L'é fé maugrâ mè, je l'ai fait mal-
gré moi.
MAUHLLA, r. Tracasser avec les mains; ravauder; déranger,
brouiller, mettre les choses pêle-mêle. (Alpes.)
MAULA, V. Céder, plier, lâcher, baisser pavillon. En arabe, wawW
signifie êire sons la protection de.
MAUNI, s. m. Cône, fruit du sapin. — Pivaj id. (Pays-d'Enhaut.)
MAUR, MAURA, adj. Mûr, en pleine maturité; se dit des céréales,
des fruits.
MAURA, s. f. Le fruit du mûrier, mûre. C'est aussi le nom com-
mun des juments d'attelage. (Echallens.)
MAURÂ, v. Mûrir, avancer vers la maturité.
MAURE, V. Etendre l'herbe sur le pré, à mesure qu'on la fauche.
(Alpes.)
MAURI, MURI, FRAMAUR, s. m. Mûrier, Morus nigra.
MAURON, MEURON, s. m. Fruit de la ronce; la ronce elle-même.
MAUS, MAUSA, adj. Fâché, marri, chagrin. L. mœslus. (Diesse,
dans le Jura bernois.)
MAUTERINA, s. f. Mutelline, Meum Mulellina, plante ombellifère.
C'est une des meilleures plantes fourragères des Alpes.
MAXIMEMENT, adv. Principalement, surtout. (Dans des documents
de 1536.) (Fribourg.)
MAZALLA, V. Tuer une vache, un porc, une chèvre pour l'usage
du ménage. (Fribourg.)
5IÉM. ET DOCLM. XXI. IG
242 MED
MAZALLADJO, s. m. En général les pièces de l'animal qu'on a tué
pour le ménage. (Fribourg.)
MAZ ALLAI, s. m. Boucher. B. L. macellarius ; en grec moderne,
makallare. (Fribourg.)
MAZE, s. m. Voy. mazot.
MAZÉ, MAZI, MESAU, MESEL, s. m. Boucherie, abattoir. L. mn-
celhim.
MAZETTA, s. ^ Mauvais petit cheval; personne sans capacités,
sans savoir; gâte-métier; homme faible et débile ; mauvais pré-
dicateur, avocat qui plaide mal. (Vaud.)
MAZOT, s. m. Petit chalet dans un pâturage du printemps. C. maz,
habitation. (Alpes.)
MÈ, pron. pers. Moi, me. Mè muso, je m'imagine, je me doute; Vè
mè, c'est moi; tsi mè, chez moi; mè lo faut, il me le faut.
MÉ, s. m. Millet, Panicum miliaceum. (Fribourg.)
MÉ, MAI, adv. Davantage, plus. N'ein pu mé, je n'en puis mais ;
bailli m'ein mé, donnez-m'en davantage ; n'ein vu pa mé, je n'en
veux pas davantage. L. magis.
MÉ, s. m. Epingle à grosse tête. (Ormonts.)
MÉCHUTA, s. f. Méchef, malheur; tout accident qui arrive à quel-
qu'un : perte d'animaux domestiques, chute de mur, dommages
divers.
MEDEI, adv. Eh bien,^ourvu que, peut-être. 3/^demedé'ï, patience;
eh bien, soit. L. médium. — Medi ke pu, autant que je le peux.
(Echallens.)
MEDJÂNO (l'o est bref), s. m. Sobriquet que les gens de Vallorbes
donnent à ceux de Ballaigue, pour avoir mangé la chair d'un
âne tué par Mimard, pasteur de Vallorbes, qui le prit pour une
biche.
MEDJi, MIDJL V. Manger; démanger. — Mindji, medzi, id.
MEDJRECOUER, s. m. Mot à mot, mange regain. La taupe, ainsi
nommée parce qu'elle ravage les prairies. (Montreux.)
MEDZALANNA, MILANNA, s. f. Etoffe moitié laine, moitié fil.
MEDZI, V. Voy. medji.
MEI 243
MEFFA, MESSA, METHA, s. f. Rate, partie du corps humain.
MÉFIO. Verbe défectif qui n'a que la première personne de l'indi-
catif, et qui signifie j> crois, je pense, je me doute, je soupçonne.
Méfio ke l'è Ui, je présume que c'est lui ; méfio cein ke dera, je
ne sais ce qu'il dira.
MEGNARD, s. m. Petit garçon pleureur, enfant gâté.
MEGNOT, MINOT, MENO, MENOU, MINAU, s. m. Petit garçon. L.
minor. (Fribourg.)
MEGNOTTA, MINOTTA, s. f. Petite fille. (Fribourg.)
MEHLLA, MEKLLA, v. Mêler. L. misceo.
MEHLLO, MEKLO, s. m. Blé mélangé; mélange, pêle-mêle. (Vaud.)
3IEHLL0N-MÉCLETTA, loc. adv. Pêle-mêle, confusément. On dit
miclon-micletle, dans le français populaire vaudois.
MEI, MAI, s. f. Miel; millet. Voy. me
MEIMBRAIHI, v. Se démener, suer sang et eau, se donner mille
peines. (Alpes.)
MEIMBRO, s. m. Membre; caveau pour garder le fromage.
MEIN, MAINNA, pron. poss. Mien, mienne. Lu mein, le mien; la
mainna, la mienne.
MEI>'CHE, s. f. Sorte de spectacle public, représentation théâtrale,
jeux de bateleurs. (Genève.)
MEINDREMEIN, adv. Moins.
5IEINDR0, A, adj. Moindre; maigre, fluet, valétudinaire.
MEINDROLET, s. m. C'est le diminutif du mot précédent; il se dit
des petits enfants.
MEINERO, s. m. Valet de justice qui amène les prisonniers devant
le tribunal. Ce mot se trouve dans le Plaid général de Lausanne.
— Meinour, id.
MEINNA, s. f. Clef de haie, clôture, porte d'un sentier. (Fribourg.)
Voy. CLÉDAK.
MEINTHA, s. f. Diverses espèces de menthe.
MEINTHERI, MEINTERIA, MEINTHA, MELNTIIIA, s. /. Mensonge,
menterie. Sein la meinta, sans mentir.
2M M EN
MEINTHI, MEINTRE, v. Mentir. Part., meintu. T'ein a meintu ou
meinthu, tu en as menti. — Djaiillhi, djanlla, id.
MEINTHIAU, MEINTHIAUSA, adj. Menteur, menteuse. — Djan-
llhau, djanllheu, sa, id.
MEINTHOIRE, s. f. Tronc d'arbre resté en terre après qu'on a
abattu l'arbre. — Mantoire, id. (Val d'Illiez.)
MEIRE, s. f. Dépôt visqueux que forme le vinaigre. On dit en par-
lant d'une femme : Ua la meire détrakaie, elle est incommodée,
elle a un dérangement de santé occasionné par la bile. (Vaud.)
MEJAN^ s. m. Arbitre, médiateur. — Mean, id. (Documents de
1379. Fribourg.)
MÉLANCOLIA (se), v. S'attrister, sinquiéter.
MELE, adj. numér. Mille.
MÊLÉ, s. f. Pomme sauvage, nèfle. En ce dernier sens, on dit
plus souvent niblla. Gr. pv!)iK, p-^),ov.
MÉLEI, s. m. Pommier sauvage, néflier. — Meletzi, id. Gr. ^riUx,
MELHON, MILLON, s. m. Moellon, débris de murs, fragments de
pierres brisées.
MELLHAU, RA, adj. Meilleur, meilleure. L. melior.
MELLHAURA, v. Améliorer; engraisser; changer en bien.
MELLHERIN, s. m. Petit grain de raisin qui sèche sans venir à
maturité; maladie de la vigne. (Vaud.)
MÊME, s. f. Mère, maman. (Evêché de Bâle.)
MENA, V. Mener; danser; jouer d'un instrument; se dit d'une va-
che qui demande le taureau, et, par plaisanterie, d'une fille qui
cherche un mari.
Mena à bet, agir économiquement, venir à bout. (Val d'Illiez.)
Mena à l'outô, mener une fille au cabaret pour lui parler de
mariage. (Valais.)
Mena dïé. Voy. dié.
MENAU, MENANTHO, s. m. Vieillard. C'est un nom honorifique
qu'on donne aux anciens du peuple. Voy. anthou. (Pays-d'En-
"haut.)
MER 245
MENEINA, s. /. Petite main d'enfant. Diminutif de mav, main.
MENET^s. w. ; MINETTA, s. f. Petit chat, petite chatte; se dit
aussi de la tête cotonneuse de la linaigretle et des chatons du
saule. — Minon, menon, id.
MENÉTRAI, s. m. Joueur de violon, ménétrier qui fait dansfir.
V. Fr. ménestrel.
MENIS, s. m. Espèce de filet de pêche. (Genève.)
MENISCHTRO, s. m. Pasteur d'une paroisse réformée. Menischtra,
la femme du pasteur. Fr. îiiinistre.
MENOLET, MINOLET, s. m. Petit garçon. Diminutif de megnot. L.
minor. (Fribourg.)
MENPLLATRO, s. m. Menthe sauvage, Mentha sykestris. (Bcx..)
MÉRA, s. f. Trace de couleur dans un liquide; pâleur, teint pâle.
(Pays-d'Enhaut.)
MÉRÂ, V. Faire une étoffe rayée.
MERAHLLO, s. m. Miracle, prodige.
MÉRAMEIN, adv. Vraiment, exactement. L. mère. (Pays-d'Enhaut.)
MERDAU, MEIRDAUSA, adj. Embrené, merdeux. La racine merda
n'a point changé en passant du latin dans nos patois, où elle est
devenue une fréquente interjection de mépris, une réponse of-
fensante et négative à une proposition qui déplaît, à un raison-
nement impératif, à une réprimande méritée. Les gens grossiers
ont souvent ce mot à la bouche dans leurs disputes, et même
dans leurs discussions conjugales où merda por tè (pour toi) est
souvent la péremptoire et uUima ratio.
MÉRECHAN, MERCHAN, s. m. Amant, galant qui marche pendant
la nuit pour aller courtiser sa belle. C. mercheta, faire l'amour.
Voy. Conservateur suisse, tome IV, page 191. (Gruyère.)
MÉRÉDI, s. m. Le grand raifort, Cochlearia Armoracia. — Méréthi,
id. — (AU. meerretlig. — N. de l'éd.)
MERI, MIRA, V. Se mirer, se regarder au miroir; viser au bot.
MERIAU, s. m. Miroir; lunette d'approche; nom disiinctif qu'on
donne fréquemment aux vaches, ainsi que ceux de molaila (qui
246 MES
a une étoile au front), et de djallhe (dont le manteau est semé
de taches blanches). (Alpes.)
MERIOLA, MIRIOLA, adj. Marqué de taches blanches. (Pays-d'En-
haut.)
MERIOLET, s. m. Petit miroir; vermillon des joues, fard naturel.
MERKORET, s. m. Mercuriale, Mercurialis annna et perennis.
MERLAI, s. m. Fourré peuplé de merles.
MERLA-TZÔNA, s. f. Populage, Caltlia palusiris, plante renoncu-
lacée. (Château-d'Œx.)
MERLETTA, s. f. Vase de bois où l'on tient le sel et la farine pour
la cuisine. (Pays-d'Enhaut.)
MERLOT, MAIRLOT, s. m. Merle. L. merula.
MERLOT, s. m. Renoncule à feuilles d'aconit, Ranunculus aconiti-
folivs. (Bex.)
MERMEDJAU, MERMEHLLAU, SA, adj. Querelleur, acariâtre,
susceptible.
MERMED.TI, MERMIDJI, v. Se quereller; se dépiter; se faire en-
dêver mutuellement; avoir des démangeaisons.
MERMET, TA, adj. Galeux, rogneux, teigneux. — Mermou, id.
Voy. fiONFN. (Genève.)
MÉRO, A, adj. Vrai, ressemblant. L. merus, pur. L'è to méro lli,
c'est parfaitement lui, dit-on d'un portrait ressemblant.
MÉRO, MÉRAMEIN, adv. Vraiment, exactement.
MERVEILLE, s. f. pi. Fritures de pâte, crêpes. (Vaud.)
MESCHA, V. Crever, périr. (Jura.)
MESCHOIR, V. Mésarriver; tomber; mourir. — Mescha, id. (Fri-
bourg.)
MESHUI, adv. Ce jour-ci, aujourd'hui.
MESSA, s. f. La messe,
MESSADJI, V. Faire un message; inviter à un enterrement.
MESSADJl, s. m. Messager, prieur de convoi funèbre.
Messadji d'au Rodomont, messager de Rougemont, façon hon-
nête des femmes pour parler de leurs mois. (Pays-d'Enhaut.)
MEZ 247
MESSALEI, MUSSELEI, s. 7«. Garde-champètre. — Messelier, id.
L. messis; G. messa, garder les troupeaux.
MESSON, s. f. pi. La moisson. N'ain fé le messon, nous avons fait
la moisson.
MESSONDJE, s. m. Mensonge, fausseté. (Pays-d'Enhaut.)
MESSONDJl, IRA, adj. Menteur d'habitude, juré menteur. (Pays-
d'Enhaut.)
MÉSUS, s. m. Abus. (Mot encore usité dans les actes en 1570.)
METEGA, V. Traiter avec douceur, choyer, tenir avec précaution
un objet délicat; faire sa cour par intérêt; déterminer à l'amia-
ble la portion du bien commun qui revient à chacun des héri-
tiers. L. mitigare. (Alpes.)
METEGUET, s. m. Homme doucereux, minutieux, lambin.
METHA, V. Devenir fou, sortir des bornes de la raison. C.meatha,
lâche, faible. (Val d'IUiez.)
MÉTRALIA, s. f. Ancienne division territoriale de la commune du
Châtelard.
METRO, s. m. Huissier; gouverneur de certains villages avant l'é-
mancipation du pays de Vaud. — Métrai, id. C'est le minisiralis
des chartes du moyen âge. — Metroda, femme du métro.
METHO, s. m. Salamandre jaune et noire. (Montreux.)
METSANCE, METCHANCE, s. f. Mauvaise chance, malédiction,
le nœud de la difficulté. La metsance ! interjection de dépit. L'a
la metchance, il a le diable au corps; sarai bein la metsance, ce
serait bien le diable.
METSCHA, METZE, s. f. Miche de pain, chanteau, L. mica.
METSCHEIN, TA, adj. Méchant, cruel, difficile à conduire. Le met-
chein, le malin, le méchant; c'est un des noms du diable. (Jura.)
MEUREULLHI, V. S'engourdir pendant l'hiver, transir; se dit de
la marmotte, etc. (Valais.)
MEUTHA, i'. Ballotter, lutter. G. meutein, s'ébattre. (Val d'illiez.)
MEUTI, MEUTELEI, s. w. Museau. (Kvêché de Bâle.)
MÉZANDJE, s. f. Courant dans le lac Léman. — Lardaira, id. (Ge-
nève.)
248 MIN
MEZE, MEZALLA, adj. Ladre; se dit des porcs. C. mazell, id. L.
maie sanus.
MI, s. m. Perche autour de laquelle on forme une meule de foin ;
but des joueurs au palet. (Alpes.)
MI, adj. Demi, à moitié. Il est toujours suivi d'un mot : mi an, de-
mi-an; midjor, midjeur, midzo, midi; miné, minuit; miheinver,
à la moitié de l'hiver; à mi-mont, à moitié mont, à mi-côte;
mi-oût, mi-août; mi termo, à la moitié du délai fixé; mi tsaulein,
à la moitié de la belle saison, du temps chaud ; à mi lé, au mi-
lieu du lac, à mi-lac.
MÎ, adv. Mieux, Gi^o ml, beaucoup mieux. Dans le Jura, mié.
MIA, s. f. Amie, bonne amie. Ma mia, ma mie; terme d'amitié.
MIDJI, V. Voy. MEDJi.
MIDZANNA, s. f. Peau mince de l'intérieur du soulier. (Pays-d'En-
haut.)
MIE, MIÈ, adv. Pas, point, nullement; peu usité. Ne m'ein tschau
miè, je ne m'en soucie pas.
MIET, MIETTA, adj. Mien; cher, tendrement aimé. — Voy. biet.
MIETTA, s. /. Miette. — Miouta, id.
MIETTÂ. V. Emietter, réduire en miettes.
MIGNOTISA, s. f. Mignardise; joli petit meuble.
MILAI, s. m. Littéralement, mi lac; c'est le nom que porte l'île de
Saint-Pierre au lac de Bienne dans les plus anciens documents
qui en font mention.
MILANNA, s. f. Etoffe moitié laine, moitié fil. (Vaud.) — On dit
milaine, dans le français vaudois.
MILKEINTON, s. m. Blanchaille, fretin, petites perches. (Léman.)
MILLEPERTE, s. m. Millepertuis, Hypericum perforatum.
MIMERO, s. m. Numéro. Mimerolta, numéroter.
MÎMO, MIMA, adj. et pi^on. Même. E-mîma, elle-même; sè-mîmo,
soi-même.
MINABLLO, A, adj. Misérable, digne de pitié, pauvre, gueux.
(Montreux.)
MIT 249
MINADJI, MEINADJI, RA, adj. Ménager, économe, rangé dans ses
affaires.
MINADJI, V. Ménager, épargner, économiser. — Mcinadzi, id.
MINADJO, s. m. Ménage; économie domestique. (Genève.)
MIO, A, adj. Voy. ryeï.
MIONNA, s. f. Femme qui se plaint sans cesse; femme grondeuse,
toujours de mauvaise humeur. (Vaud.)
MIONNA, s. f. Ruisseau du district d"Oron. (Vaud.)
MIONNÀ, MIOUNNÀ, t\ Gronder; ennuyer de ses plaintes; miau-
ler.
MIONNERI, DA, adj. Grondeur, acariâtre, qui se plaint sans cesse.
MIONNETA, s. f. Petite fille qui pleure ou boude à tout moment.
MIOT, MIO, pron. poss. masc. sing. Le mien. Meia^, maia, la mienne.
MIOTISA, s. f. Le thym, plante labiée. — Mignotisa, id. (Coppet.)
MIRAL, s. m. Ancienne mesure du Pays de Vaud, d'environ trois
bouteilles ou un pot et demi.
MIRIHI, V. Tenir dans ses mains un animal (un chat, par exemple)
pour le caresser. C. iniret. — Ce mot signifie aussi garder, met-
tre à couvert. — Milihi, id. L. inilis. (Val d'Illiez.)
MIS, s. m. Petit morceau de métal, bouton ou autre bagatelle dont
les enfants font leurs enjeux, faute de monnaie. (Moudon.)
MISA, s. f. Vente aux enchères. Mise, dans le français populaire
vaudois.
MISA, V. Mettre à l'enchère. Miser, dans le français vaudois.
MISIAU, s. m. Enchérisseur. Miseur, dans le français vaudois.
MISTIFLE, MISTIFLET, s. m. Petit-maître qui fait l'important.
AU. mistfinck, vilain, crasseux; sot, impertinent. (Lausanne.)
MITA, MITTA, s. f. Gant de femme fait de soie. PI., mitte.
MITANNA, METANNE, s. f. Gant d'homme fait de laine.
MITENANDRE, s. /. Suite, cortège, séquelle. Ail. miteinander, en-
semble, (Vaud.)
MITIHI, MIRIHI, V. Mitonner, traiter avec douceur, fiatter. L. mitis.
(Bas-Valais.)
250 MO
MITOUNNA, V. Caresser, choyer, faire sa cour, mitonner, faire
cuire à petit feu.
MITRA, MÉTRA, s. f.; METRO, s. m. Sorte de seilleau de bois,
ayant une anse de côté et servant à divers usages. Gr. pisr/jov,
mensura. (Alpes.)
MI-TSCHAUTEIN, MI-TSAUTEIN, s. f. Fête de la mi-été sur les
Alpes.
MITTA, MIOUTA, s. f. Miette. Bailli nCein na milta, donnez-m'en
un petit morceau. L. mica.
MO, MA, s. m. Mal. M'ein fd mû, il m'en fait mal, j'en ai pitié.
Grô-mô, haut mal, épilepsie, mal caduc. (Vaud.)
Mo d'einfan, mal d'enfant; se dit d'une femme en mal d'enfant.
Mo ei dein, mal de dents.
Mo ei meimbro, rhumatisme.
MO, adv. Mal. L'è hein mô , il est bien mal. Mo entre en composi-
tion dans une foule de mots ou de locutions.
Mô-batzi, s. m. Mal baptisé, mal nommé; comme un fripon
dont le prénom serait Juste.
Mô bé, mô bi, loc. adv. Littéralement, mal clair, pas clair.
Veio mô bé, je n'y vois pas bien, je n'y vois guère.
Mû-bou, s. m. Mauvais bois, forêt difficile à exploiter. (La Côte.)
Mô-cller, s. m. Ignorant, qui ne sait pas lire. L. malus clericus.
(V. Fr. mauclerc. — N. de l'éd.)
Mô-couert, mal couvert, mal habillé, pauvrement vêtu. L'ab-
bahi dei mô-couerl, nom primitif de l'Abbaye des vignerons.
(Vevey.)
Mô-coumoudo, a, adj. Malaisé, incommodé, herniaire, déhanché.
Mô-desein, ta, adj. Médisant, calomniateur, méchante langue.
(Vaud.)
Mô-djeur, s. m. Jour malheureux ; expression tombée en dé-
suétude.
Mô-drai, adj. Courbe, courbé ; mot à mot, mal droit.
Mô fé, loc. adj. et adv. Mal fait, mal. L'è bin mô fé, c'est bien
mal, c'est bien mal fait.
Môgrà ou maugrâ, prép. et adv. De mauvais gré, malgré.
Maugréan, s. m. Jureur, blasphémateur. Fr. maugréer. (Vaud.)
MOD 251
Mô'l'adrai, flrf;. et arfr. Maladroit, gauche; maladroitement,
gauchement.
Môlaisi, a, adj. Malaisé ; perclus, impotent, déhanché. — Mô-
coumoudo, id.
Mô-V apprai, sa, adj. Mal-appris, mal élevé.
Mô-lava, ahie, adj. Mal lavé, malpropre, sale.
Mônet, ta, adj. Mal net, sale.
Mônet, s. m.; ynonekia, s. f. Saleté, immondices, ordure, mau-
vaise herbe dans un jardin. On dit proverbialement en parlant
du terrain : To mônet fa grasset, tout ce qui est sale engraisse.
(Vaud.)
Môpar, adj. Impair.
Môpar, s. m. Piège à prendre les rats.
Môpas ou maupas, s. m. Mauvais chemin, passage dangereux;
nom de plusieurs localités. (Vaud.)
Môperte, s. m. Mauvais perttiis, mauvais pas dans un précipice,
passage périlleux (Alpes). — (C'est le vieux français maupertuis.
— N. de l'éd.)
Môpra, s. m. Mauvais pré ; pièce de terre stérile, sans valeur.
(Echallens.)
Môvesi, s. m. Mauvais voisin. — C'est le Mauvoisin, montagne
d'où est provenue la débâcle de Bagnes en 1818. (Voy. Conserva-
teur suisse, tome IX, Fragment sur Martigny et la vallée de
Bagnes.)
MODÂ, V. AUer^ partir. Moda vito seihi, va vite faucher.
MÔDA ou MAUDA, MÔTHA, MOÙTA, s. f. Moût.
MODJA, MODZE, MOSA, MOJE, MOUZE, s. f. Génisse. Gr. pôç/.o,-,
veau, génisse.
MODJENAIRE, MOZENAIRA, s. f. Montagne où l'un ne met que du
jeune bétail, comme veaux, génisses, poulains, chevreaux.
MODJON, MODZON, s. m. Veau. — Dans le siècle dernier, le haut
clergé de Lausanne appelait modjons les pasteurs de campagne;
ceux-ci, en revanche, appelaient les ministres de la ville berou,
béliers.
MODJOUNAI, s. m. Berger de génisses, de veaux. (Alpes.)
252 MOL
MODJOUNET, s. m. Petit veau; jeune garçon indocile, récalcitrant,
étourdi. (Alpes.)
MÔDUAMEIN, adv. Mal à propos, inutilement. (Gruyère.)
MODZI, MONDJI, V. Emonder, tailler. L. mundo, nettoyer.
MOER, MOUER, MOR, s. f. La mort.
MOFIA (sè), V. Se méfier^ se défier. Mè méfio dé ci l'hommo, je me
méfie de cet homme. Voy. méfio.
MOIA, MAÏA, s. f. Petit tas de foin sur le pré, veillotte.
MOION, MOÏA, adj. Grondeur, boudeur, qui fait la moue. (Entre-
mont.)
MOITERESSA, s. f. On dit ; Preindre on vignoladjo à la moiteresse,
se charger par contrat de la culture de vignes dont le produit
est moitié au possesseur du sol, moitié au vigneron. A Neuchâtel,
on appelle vignes moiteresses les vignes cultivées sous ces condi-
tions. (Vaud, Neuchâtel.)
MOIZE, s. f. Nourrice. (Evêché de Bâle.)
MOKÂ^ (sè), V. Se moquer.
MOKAHIE, s. f. Moquerie. Sein la mokahie, je ne me moque pas,
je parle sérieusement.
MOKAT, s. m. Moucheron. L. musca, mouche. (Bas-Valais.)
MOKERAN, MOKERANDA, adj. Moqueur d'habitude qui se moque
de tout le monde.
MOKKA, s. f. Morve.
MOKKAU, SA, adj. Morveux, morveuse; petit drôle. (Fribourg.)
MOKLLA, MOKLLAR, s. m. Hameçon. (Vaud.)
MOLA, V. Aiguiser ; danser ; baiser. C. meuli, flatter. — Emola, id.
MOLAIN, s. m. Couche laborieuse, mauvaise suite de couches.
(Montreux.)
MOLAISI, adj. Voy. afflledzi.
MOLAN, s. m. Vent d'est qui souffle souvent sur le lac Léman.
MOLAN, s. m. Gros bouton de gale à la tête, dans les cheveux.
(Vaud.)
MOLAR, MOLLAN, s. m. Grand monceau de pierres; pierres amon-
MON 253
celées dont on a débarrassé un terrain. L. moles. Voy. mouhguet.
(Vaud.)
MOLARE, s. m. Aiguiseur, gagne-petit, rémouleur.
MOLASSA, s. f. Grès tendre qui durcit à l'air, employé à bâtir et
à faire des poêles. (Lausanne.)
MOLETTA, s. m. Petite pierre à aiguiser dont le faucheur se sert.
(Yaud.)
MOLLE, s. /. Etat de lassitude qui empêche de travailler ou de
s'occuper, surtout le lendemain d'une fête. (Genève, Lausanne.)
MOLLHE, s. f. pi. Prés marécageux. (Jorat.)
MOLLHI, V. Mouiller, Mè mollho fer, je me mouille beaucoup.
MOLLHON, MOLON, s. m. Petit morceau, mouillette. (Bas-Valais.)
MOLLHON, MOUILLON, s. m. Humidité, eau répandue.
MOLLHON, s. m. Gourmand, amateur de bons morceaux. (Moudon.)
MOMMLAU, MOMMER, s. m. Railleur; charlatan en 1640; faiseur
de charmes magiques. — Tsarmiau, id. — De là le nom de mô-
miers que le peuple donne aux méthodistes.
MÔMÔ, s. m. Epouvantail d'enfant, fantôme. Gr. ^wm-,. En bas
breton, momou signifie ami de noce, paranymphe.
MONATIBLLO, A, arfj. Léger, meuble, se dit du terrain. (Fribourg.)
MONDA, V. Nettoyer le blé, teiller le chanvre, monder. L. mundo.
(Val d'IUiez.)
MONDESEI, MAUDESEI, interj. Maudit soit. (Pays-d'Enhaut.)
MONNEI, MOUNI, s. m. Meunier. Monneira, mounira, Meunière.
MONNEIRA, MONERESSE, s. f. Biez on chenal d'un moulin.
MONNERETTA, s. f. Mésange de la plus petite espèce. (Jorat.)
MONNON, s. /. Fille sotte, maussade, de mauvaise grâce. C. monnyn,
qui a un visage désagréable. Voy. matoke, niauka.
MONSU^ s. m. Monsieur. C'est le nom générique des orchidées.
Monsu de velau , monsieur de velours, ophrys bourdon, Ophrys
arachnites. (Montreux.)
MONTA, s. f. Sorte de filet pour la pêche. (Léman.)
254 MOR
MONTA, V. Monter, couvrir une femelle; se dit du taureau, de
l'étalon.
MONTAGNETTA, s. /. Petite montagne.
MONTAGNON, s. m. Montagnard, habitant des montagnes. (Neu-
châtel.)
MONTAHIE, s. f. Montée, rampe de chemin. i-»
MONTAN, MONTAIN, s. m. Pinson d'ardenne ou de montagne.
(Jura.)
MONTET, s. m. Petit mont, colline.
MOR, MO, MOUR, s. m. Museau, mufle, gueule d'animal, visage
laid, bouche. Va tè panna lo mor, va t'essuyer le visage. G. mor-
tete, visage, chef. — Mohai, id. (Gruyère.)
MORAINA^ s. f. Amas de débris de roches qui borde les côtés ou
le pied des glaciers. C. moran, tas. (Alpes.)
MORALLHA, s. f. Mur, muraille. — Mourallhe, id.
MORATHA, s. f. Nez des chevaux, des vaches. De mor.
MORATHI, MORETHI, v. Lier le nez des chevaux, des bœufs, des
vaches ; ou le serrer avec un fer pour les forcer à se tenir tran-
quilles.
MORBIER, s. m. Horloge grossièrement construite. (Genève.)
MORDJU, MORDZU, MORDHI, MERDJI, s. m. Monceau de pierres.
En hébreu, margemah signifie un monceau de pierres consacré
à Mercure. (Alpes.) Voy. morgié, molar.
MOREL, adj. Noir. Il se disait du manteau d'un cheval.
MORET, MURET, s. m. Petit mur.
MORETTA, s. f. Scrophulaire, Scrophularia nodosa. (Château-
d'Œx.)
MORGIÉ, MORDJI, MOURGUET, s. m. Monceau de pierres, pierres
amoncelées. Voy. mordju, molar.
MORIANDA, s. /. Vieille femme désagréable dont on désire la
mort. (Entremont.)
MORIANNA^ s. f. Epidémie, contagion, mortalité. (Lausanne.)
MORON, MOURON, s. m. Morgeline, mouron des oiseaux, plante
caryophyllée.
MOT 255
MORSA, s. f. Bouchée. Voy. moueir.
MORSALLA , r. Morceler, meilre en morceaux, en pièces. —
Ebreka, id.
MORTAI, s. m. Mortier à piler.
MORTEI, s. m. Mortier à bâtir.
MORVIER, odj. Morveux. On donnait ce nom aux pestiférés de
Genève, en 1528. — Morbier, id. L. inorbus.
MORZET, s. m. Coin pour fixer une pièce de bois. (Alpes.)
MOSSE, s. f. pi. Vallée marécageuse. C. monés, humide. (Ormonts.)
MOSSETTE, s. f. pi. Diminutif du mot précédent, petit vallon ma-
récageux. (Pays-d'Enhaut.)
MOSSIAU, adj. Humide, plein de mousses.
MOTAILA, s. f. Lotte, Gndus Lotta. L. mmtella, belette. (Léman.)
MOTAILA, s. /. Vache qui a une étoile blanche au front.
MOTEINTZE, s. /■. Femme maudite, sorcière. C'est une injure.
(Jura.)
MOTELLA, AHIE, adj. Qui a une étoile blanche au front ; se dit
des vaches.
MOTELLETTA, s. f. Belette, hermine des Alpes, roselet. L. mmtella.
MOTHA, s. f. Motte de terre; éminence sur laquelle il y a un
ancien castel ; plate-forme au-dessus du four banal; motte de tan.
MOTHI, s. m. Temple, église. C'est le français moutier. (Vaud.)
MOTSA, MOTSCHA, s. f. Mouche.
MOTSCHA, MOTSCHAHIE, MOTSCHIA, s. f. Coup donné sur la
joue, soufïlet.
MOTSCHA, s. f. Lampe à huile.
MOTSCHA-TSANDAILA, s. f. Mouchettes.
MOTSCHET, TA, adj. Humilié, confus, déconcerté. — Monts, id.
(^'aud.)
MOTSCHET, s. m. Mèche de lampe; houppe; troupe de gens
assemblés nu en marche.
MOTSCHETTA, s. /. Allumette. — Soppretta, id.
MOTSET, s. m. Epervier, autour, Falco palumbarius ; en général.
256 MOU
tout oiseau de proie qui attaque les oiseaux de basse-cour. C'est
le français émouchet.
MOTSI, MOTSCHI, v. Moucher.
MOTSIAU, MOTSCHIAU, MOCHIAU, s. m. Mouchoir de poche;
mouchoir de cou, fichu.
MOTSON, s. m. Bout de chandelle, bout de mèche; petit tas de
foin.
MOTSOUNET, s. m. Bout d'une souche d'arbre. (Aigle.)
MOTTA, s. f. Grand fromage gras. (Alpes.)
MOTTET, s. m. Espèce de froment à épi court et émoussé et à
petites barbes. (Villeneuve.)
MOTTETTA, s. f. Diminutif de motta, petit fromage maigre. (Alpes.)
MOU, pron. poss. sing. et pi. Mon, mes. (Jura.)
MOU, MOUILLON, s. m. Humidité, mouillure.
MOU, MOUVA, adj. Mouillé, trempé de pluie, humide. C. moues,
humide.
MOUA, MOUAI, adj. Voy. mouert.
MOUA, r. Mettre de petites branches de sapin ou des tiges de po-
lypode à l'orifice du vase à filtrer le lait. (Alpes.)
MOUAIDRE, V. Traire les vaches. (Val d'Illiez.)
MOUAINA, s. f. Mésange bleue. (Valais.)
MOUAINETTA, s. f. Religieuse, nonnain; mésange charbonnière.
(Vallée de Joux.)
MOUAINO, s. m. Moine, bassinoire. (Lausanne.)
MOUAIRA, s. f. Saumure. L. muria.
MOUAIRETTA, s. f. Tamis pour passer le sel destiné à la salaison
des fromages. (Alpes.)
MOUAIRI, V. Saler avec excès, outre mesure.
MOUAIRO, A, adj. Trop salé. (Vaud.)
MOUAISON, MAISON, s. m. Maison.
MOUDA, s. f. Mode, façon d'agir,
MOUE, adj. Sale, malpropre. (Jura.)
MOU 257
MOUE, MOUI, MOÉ, s. m. Monceau, tas. Tôt eia onmour, p(Me-môle.
(La vaux.)
MOUEIR, s. m. : MOUAIRSA, s. {. Morceau qu'on détache en mor-
dant, bouchée.
MOUELLÉ, s. m. Ce mot ne se dit qu'en parlant d'un coin fort
reculé des Ormonts, appelé la pierre duMouellé. C. moell, chauve.
Ce serait le rocher sans arbre ni verdure, le roc chauve.
MOUERDRE, v. Mordre. Part, passé, morzu.
MOUERDZA, s. f. Crasse épaisse qui se forme sur le fromage. —
Couenna, id. (Alpes.) .
MOUERT, MOUERTA, ndj. Mort, décédé. — Clouai, moun, id.
MOUET, s. m. Même sons que monerdza. (Valais.)
MOUET, s. m. Mulet (Bagnes). — Muel, id.
MOUETTA, MUETTA, s. /. Gosier, épiglotte, luette.
MOUETTÀ, MOUATTÂ, v. S'agiter avec feu, se démener. L. motui.
(Dagnes.)
MOUCiET, s. m. Lilas, Syringa vuUjaris. — Mourr/iiet, id., dans le
Jorat.
MOUGNON, s. m.. Moignon.
MOULA, V. Mollir, faiblir, céder; mettre les bûches dans le moulo
pour vérifier la mesure ; quitter la partie en laissant son enjeu.
— Moula, id.
MOULART. La partie de la Côte entre Mont et Begnins. (Yaud.)
MOULO, s. m. Mesure de 25 pieds cubes pour vendre le bois à
brûler.
MOULTALENT, subst. Colère, vengeance. (Vieux actes; 1290.)
MOUMA, s. f. Fille sotte, niaise, imbécile, qui ne sait s'y prendre.
— NioJia, id. (Vaud.)
MOUNI, s. m. Le taureau d'un troupeau (Alpes). — (Mouni, dans
la même acception, se dit aussi dans la Suisse allemande. —
N. de l'éd.)
MOUNIHA, s. f. Monnaie, argent de poche.
MOURDJET, s. m. Vent soufflant de Morges pour ceux de la côte
de Savoie. (Léman.)
NÉM. ET DOCUM. XXI. 17
258 MOU
MOURFAIN, s. m. Maçon. L. murum faciens.
MOURGUE, MOURGATTEI, s. m. Sobriquet des habitants d'Ormont-
dessus. Vient-il de murais, nom que les Gaulois donnaient à
ceux qui se coupaient le pouce pour ne pas aller à la guerre?
MOURGUET, s. m. Tas de pierres. — Molar, morgié, mordju, id.
MOURGUET, s. m. Muguet, Convallaria maialis. — Movguet, id.
MOURTHIOU, s. m. Nom patois de la paroisse de Montreux, dont
les habitants s'appellent Mouteran, na ; Mouterein, na.
MOURTIOU, adj. Fatigué, las, harassé, brisé de fatigue. — Laniat,
Mafi, id.
MOUSA, MEUSA, MUSA, MOSA, v. Penser, réfléchir, présumer.
Mè mouso ke, j'estime que, je me doute que. C'est le vieux fran-
çais muser. C. mussa, épier.
MOUSET, MUSET, s. m. Musaraigne. C'est aussi un terme injurieux.
L. mus.
MOUSKA, MUSCA, v. Boire trop de vin, s'enivrer.
MOUSSI,MUSSI, MOUCHI, MOCHI, i'. Se coucher. Il ne se dit
guères que du soleil : Lo sélau è mussi, le soleil est couché
(Vaud). — (C'est le vieux français musser. — N. de l'éd.) —
Dans quelques localités, ce mot signifie aussi s'égarer, perdre le
chemin.
MOUSSON, s. m. Veste d'homme, gilet. (Valais.)
MOUSTETZU, s. m. Homme qui porte des moustaches. — Mous-
thezu, id. (Pays-d'Enhaut.)
MOUTAILA, MOUSTACHE, s. f. Loche franche, Cobitis Barbatula.
MOUTHETHI, v. S'agiter pour peu de chose, faire des mouvements
précipités, se démener. (Alpes.)
MOUTRA, 5. f. Montre de poche ; échantillon de marchandise.
MOUTRÀ, MOTTRÀ, MONTRA, v. Montrer, apprendre à quelqu'un.
MOUTRI, V. Meurtrir, blesser, assassiner.
MOUTS, adj. Désappointé, confus. — Capot, id. L. moestns. — (Ce
doit être le même mot que moutzo, moutz ; voir plus bas. — N.
de l'éd.)
MOUTSCH, s. m. Sorte de jeu de Cartes. — Moutz, id.
N 25^
MOUTZ, s. m. Bouillie de cerises ou de prunes préparée avec de la
farine et du beurre. L. Tmistum. — Cein-nei, id. (Pays-d'Enhaut.)
MOUTZO;, A. adj. Mutilé de la queue ou des oreilles, confus, taci-
turne, parlant peu (Alpes). — Moiitz, id. — (De l'allemand ber-
nois niutz, qui a un sens analogue. — N. de l'éd.)
MOZA, s. /'. Jeune fille; génisse, dans le langage des Pyrénées.
MUBLLA, s. f. Terre légère, terre meuble. L. mobilis. Voy. mau-
BLL.\.
MUDÉ, MUDA, adj. Taciturne, muet. L. mutus. — Muvet, ta, id.
MUET, MOUET, s. m. Mule, mulet. (Bagnes.)
MULLA, s. f. Mulet, mule ; femme stérile. (Bagnes.)
MUNU, s. m. Ventrailles d'une bête de boucherie; boyaux, poumons,
etc. (Alpes.)
MURI, V. 3Iourir. Part, passé, moiiert, a ; mort, a, mort, morte.
MUSKO, A, adj. Brun foncé. — Moiisko, id. (Vaud.)
MUSSILLHON, MOUSSELLHON, s. m. Moucheron; mousseron,
espèce de champignon comestible. La Comba au Mussillhon^ ha-
meau de la vallée du lac de Joux. (Jura.)
MUTACHON, s. /. Droit de mutation (Vaud). — Lou, id.
MUTON, s. m. Mouton, brebis, bélier.
MÛVERAN, s. m. Nom de deux montagnes dans les Alpes de Bex,
le Grand et le Petit Mûveran. C. muva, lieu où l'on tient les
vaches.
MUVET, TA, adj. Muet.
MUZEIVRO, s. m. L'ellébore fétide, Helleborus fœtidus, plante renon-
culacée, (Aigle.)
N
N', adj. déterm. m. et f. sing. 11 ne s'emploie que devant les voyel-
les et signifie un, une. N'hommo, un homme; n'ozé, un oiseau;
tîivra, une cheville. On dit aussi on hommo, on ozé. N' est em-
ployé pour on, na. Voyez ces mots.
260 NAV
NA, adj. déterm. f. sing. Une. Na fenna, une femme.
NA, adv. Non. Na pa, non pas, au contraire; na fai na, mafaina,
ma foi non. (Vaud.)
NÂ, s. m. Voy. naz.
NABOT, TA, adj. Nain, pygmée; homme ou femme de rien. (Bas-
Valais.)
NADDA, adv. Non certes. — Nadon, id.
NAFION, NAFION-NA, loc. adv. Ma foi non.
NAI, NEI, s. /. Neige. L. nix.
N'AN, N'AIN. Contraction de no z'ain, nous avons. Voy. aval
NAN, s. m. Ruisseau temporaire, écoulement d'eau de pluie (Nyon).
Ce mot est celtique : nant, ruisseau. — (Nan ou nant se retrouve
dans les aipes de Bex^ où il est fréquent, et se dit des petits
torrents permanents ou temporaires : la montagne de Nant, le
nant d'Ayerne, le nant d'Eusannaz, le nant Rouge. — N. de l'éd.)
NANE, NANNE, NANAN, s. f. Nom que le petit enfant donne à sa
bonne, à sa nourrice. (Vaud.)
NANÉ, NËNÉ, s. m. Sommeil; terme de petit enfant. Fa nêné,
dors; allein au nêné, allons à la couchette, au berceau. Le fran-
çais dit : Fais dodo, allons à dodo.
NANSA, s. f. Nasse, filet à prendre le poisson. C. naza, filet. (Lé-
man.)
NANSOIR, s. m. Echafaudage pour placer la nasse, «tt?i5fl. (Valais.)
NANTILLA, s. /. Voy. neintilla.
NASCEIN, s. m. Nouveau-né, en parlant des animaux. L. nascens.
La dîme des nascens ou iiasçans était un droit féodal qui assu-
rait au seigneur le dixième des veaux, chevreaux, agneaux.
NAU, adj. numér. Neuf. — Neu, id.
NAU, NAUVA; NAUVO, A, adj. Neuf, neuve.
NAU, NA, NAUHA, .s. f. Bateau, bac sur le Rhône. (Valais.)
NAVATTADJO, s. m.; NAVILLA, s. f. Naulage, gain du batelier.
(Léman.)
NAVATTAI, s. m. Batelier, marinier. L. navita. (Léman.)
NAVETTA, s. f. Brioche, petit pain au lait. (Vaud.)
NER 261
NAVIOT, NAHIOT, s. m. Petit hatonu. esquif, nacelle. L. navis.
Voy. BATTI.
NAVRA, V. Froisser, blesser, navrer.
NAZ, NÂ, s. m. Nez. L'a z'u su lo naz, il a eu sur tenez. L. tiasns.
NAZO, s. m. Nase, Cyprimis Nasus, poisson peu estimé.
NE, conj. et adv. nég. Ne, ni. Ne fart, non ferai; ne l'an ne l'âtro,
ni l'un ni l'autre; ne vu, je ne veux pas; ne jm, je ne puis pas.
NÉ, s. f. Nuit. //(/ ne, ce soir, à la nuit tombante. — Neu, noz,
dans le Jura.
NÉAI, s. m. Grand amas de neige, petit glacier. — Névé, id. (Alpes.)
— On dit névé, dans le français vaudois.
NEAU, NEHEU, s. m. Neveu.
NEDAN, NEDON, NEDONDE, NEDANDE, adv. N'est-il pas vrai?
— Un paysan écrivait à une fille : « Très cher cœur 1 Je vous
trouve tant jolie, je voudrais vous rechercher en mariage; vous
m'épouserez, nedande ? »
NEFA, NEFÉ, adv. Non, non pas; littéralement non fait.
NEHA, s. f. La quantité de neige tombée. (Pays-d'Enhaut.)
NÉHI, NEIHI, V. Noyer, se noyer.
NEIHIE-DJEIN, s. m. Mot à mot noie-gens, petit bateau très dange-
reux où il ne peut qu'une seule personne (lac de Morat). — Sur
le lac Léman, on dit noie-chrétien, dans le français populaire.
NEIHIRA, s. f.; NOHI, s. m. Noyer, Juglans regia. — Nohira, id.
N'EIN AIN. Contraction fort usitée de no z'cin ain, nous en avons.
NEINTILLA, s. f. Lentille, Ervu7n Lens.
NEIR, NEIRA, NEIRE, adj. Noir, sombre. Neirmont, le Noirniont,
partie du Jura entre le mont Tendre et la Dôle.
NEIRET, TA, adj. Noiraud, basané, brun foncé.
NEKET, NIKET, s. m. Un rien, une bagatelle. N'cin baillcré pas on
niket, je n'en donnerais pas un fétu.
NÉNÉ, NONO, s. m. Terme enfantin pour dire le sommeil. Fo alla
nêné, il faut aller dormir. L. nœnia ou nenia, chant soporifique.
(Vaud.) — Voy. .nané.
NERÉ, NERET, adv. Non, ce n'est point cela. — Nefa, id.
262 NIG
NETHON, NITHON, s. m. Boulette de pâte. (Alpes.)
NEURA, NORA, s. f. Belle-fille, bru. L. nurus, bru. (Valais.)
NÉVÉ, s. m. Glacier, espace couvert de neige qui n'a pas fondu ou
ne fond jamais. (Alpes.)
NÉVI^ NÉVIA, adj. Neigeux, couvert de neige. Lo scé è tôt névi, le
rocher est tout blanc de neige.
NÉVI, NÉVEI, NEHEI, v. Neiger. (Alpes.)
NEYALLA, NIELLA, GNIELLA, s. f. Lampette des blés, nielle des
blés, Agrostemma Githago ; nielle des champs, Nigella arvensis.
C'est aussi la rouille, la carie, maladie des blés. (Vaud.)
NÉZA, NÉZI, V. Rouir, étendre le lin ou le chanvre pour le rouir.
— Au Jura, nagi.
NÉZÉ, NÉZI, adj. Moisi, gâté par l'humidité. AU. nass, humide,
mouillé.
NI, GNI, s. m. Nid d'oiseau, cachette.
NIA, GNIA, V. Nouer, faire un nœud.
NIAISA, NIAISE, s. f. Querelle, rixe, noise. C. noess, contestation,
dispute. (Vaud.)
NIALIN, GNIALEIN, s. m. Temps humide et nébuleux; sommité
où s'assemblent et séjournent les nuages. De niola, nuage, brouil-
lard. (Nialm est le nom d'une localité élevée du Jorat, dans la
commune de Savigny. — N. de l'éd.)
NIELLA, s. f. Nèfle.
NIBLLO, s. m. Néflier, Mespilus germanica.
NIBLLO, s. m. Epervier, oiseau de proie. (Montreux.)
NIFENIAFFE, s. m. Badaud, butor, barbouillon; terme injurieux.
(Vaud.) — Gniffegnaffe, id.
NIFFLA, NIHLLA, v. Respirer une odeur; prendre du tabac, pri-
ser.
NIFFLET, s. m. Garçon efféminé, poule mouillée, muscadin, en-
fant délicat pour le manger. (Genève.)
NIGUEDOULLHE , s. m. Nigaud, baguenaudier, personne sans
énergie. (Lausanne.)
NOM 2G3
NIHILLHI, V. Faire des riens, baguenauder, flâner. L. nihil. (Fri-
bourg.)
NILLHA, NILLE, s. f. Articulation, phalange des doigts, jointure,
charnière. (Yaud.)
NILLIIA, *■. f. Vent coulis, vesse. — Nihlla, id. (Bas-Valais.)
NILLHÂ, V. Vesser. (Bas-Valais.)
NH.LHON, s. m. Pâte de noix après qu'on en a extrait l'huile.
NIO, GNIÙ, s. m. Nichet, œuf laissé dans le nid pour rappeler la
poule.
NIOD, GNIAU, s. m. Nœud. L. nodus.
NIOKA, GNIAUKA, s. f. Fille ou femme bête, bornée, stupide, sans
savoir-faire. (Lausanne.)
NIOKERI, s. f. Bêtise, balourdise, niaiserie, mauvaise raison.
NIOLA, GNIOLA, s. f. Nuage, brouillard. PI. niolle. G. nioul.
NIOLAN, NIOLANNA, adj. Nébuleux, brumeux, obscur. (Vevey.)
— Nialin, id.
NION, pron. indéf. Voy. gnion.
NISSA, s. f. Nièce.
NITA, NIOTTA, GNIOTA, s. f. Chenil, grabat, cachette, niche. L.
nidus. (Alpes.)
NITON, NITOUNA, adj. Malin, fin, rusé; se dit du bétail. C'est
aussi un des noms adoucis du diable. Voy. ÏEdda. (Pays-d'En-
haul.)
NITTON, NITOUNA, adj. Nigaud, simple, borné, niais, sans ruse.
(Vaud.)
NO, pron. pers. Nous. No faut moda, il nous faut partir. — On dit
neu, dans le Jura.
NOALLA, s. f. Jeune brebis. (Fribourg.)
NOALLETTA, s. f. Brebiette, agneau. Diminutif du précédent.
(Fribourg.)
NOEIMBRO, s. m. Novembre. — Noveimbro, id.
NOHIRA, s. /. Noyer. Voy. neihira.
NOMMABLLO, A, adj. La personne qu'on se réserve de nommer
264. NOU
dans un terme fixé pour être coacquéreur d'un immeuble. (Vaud.)
N'ONj adj. déterm. C'est l'adjectif o/i, un, qui s'emploie souvent
avec un n euphonique, pour éviter l'hiatus.
Tsacun crayai d'abord eln liein sa grimace,
K'à n'on verra de vin l'allavè fére pllace.
Chacun croyait d'abord en voyant sa grimace, qu'à un verre
de vin il allait faire place. (Lo conto dau Craizu.)
NONAINTA, NONAjNTA, adj. numér. Quatre-vingt-dix. — On dit
aussi Jcatro-vin-ghi.
NONNETTA, NONETTA, s. f. Epeautre, gruau d'épeautre. (Vaud.)
NORREIN, NORREUN, s. m. Jeune bétail, les élèves d'un troupeau,
les nourrissons. (Pays-d'Enhaut.)
NORRI, V. Nourrir, entretenir, élever du bétail.
NORTZA, NORTZE, NOURTSCHE, s. f. Mauvais génie; sorcière;
rage ; diable. L'a la nortza, il est enragé; pî ke la nortze, pire
que le diable ; la mala nortze lo tein, il est possédé du démon.
Ce mot fort usité, dont on a fait le verbe cinortzi, einnorischi
(ensorceler), vient peut-être de nome, norœ, qui, dans VEdda,
signifie fée, magicienne, divinité inférieure tantôt bonne, tantôt
malfaisante.
NOSSA, s. f. Petit morceau de pain, de fromage, de viande, bou-
chée. Se dit aussi pour noce.
NOSSETTA, s. f. Très petit morceau. Diminutif du précédent.
NOSSHA, s. /.; NOSSHE, s. f. pi. Noce, noces.
NOT, NO, s. m. Bassin de fontaine, auge. C. noa, bassin, gouttière.
(Fribourg.)
NOTSA, NOTSCHE, s. f. Petite auge, petit bassin. Diminutif du
précédent. (Fribourg.)
NOTTA, s. f. Se disait pour allemande, sorte de danse; valse, danse
en général.
NOUBLLO, NOUBLLA, adj. Noble.
NOUNA, s. f. Fille nigaude, niaise, gauche. (Pays-d'Enhaut.)
NOURMA, NORMA, s. f. Règle. A voutre norma, à votre volonté,
selon que vous l'entendrez, comme vous voudrez. Ce mot peu
OBE 265
usité qui est le norma des latins, se trouve dans une vieilh;
chanson patoise sur l'escalade de Genève.
NOUTRO, NOUTRON, NOUTRA, adj. et prou. poss. Notre, le nôtre,
la nôtre. PI. nontre, noutrè. Noulron thilo, notre rucher; noutra
modje, notre génisse; noutrc Isan, nos champs; noutrè chxiérè,
nos sœurs.
NOVEIMBRO, s. m. Novembre. — Noeimhro, id.
NOYI, NOVALLA, adj. Nouveau, nouvelle.
NOVI, NOVÉ, NOÏ, s. m. Nouvelle, bruit qui court. Kain novi,
quelle nouvelle? Ran de novi, ke satzo, rien de nouveau, que je
sache.
NOVIEIN, NOVIEINTA, adj. Aveugle, qui n'y voit pas. L. non vi-
dens. — No veihien, id.
NOVION (à), loc. adv. A tâtons, sans y voir, sans lumière. Mè su
dèvelu à notion, je me suis déshabillé sans lumière. (Vaud.)
NU, NUA, NUVA, adj. Nu, nue.
NUBLLO, A, adj. Nébuleux, brumeux, sombre; se dit surtout du
temps. La tein è nubllo, le temps est couvert. L. nubiliis. (I.a Côte.)
NUMBLLO, NOMBLLO, s. m. Pièce de vénerie ou de boucherie
offerte au seigneur par son vassal. (Anciens documents et titres
féodaux.) L. Inmbvs, rognon; himbi, reins. Yoy. lombloz. (Vaud.)
LLo-fi
0, art. Le. (Bagnes.)
0, 10, adv. Où. Do vein-t-e, d'où vient-il ? lo va-to, où vas-tu ?
0, OTA; HIO, HIOTA, adj. Haut, élevé, de haut goût. (Pays-d'En-
haut.)
OBEAU, AUBOL, s. m. Peuplier blanc; peu usité. (Jura.)
OBÉBIA. Cri du berger pour appeler les brebis. (Alpes. )^
OBELON, s. m. Houblon, Ilumulus Litpulns.
266 0MB
OBOR, s. m. Cytise des Alpes, Cytisus alpinus. — Orboé, or boue,
orbou, id.
OBREGOUTA, s. f. Sangle de cheval. AH. obergurt, ceinture de
dessus. Ce mot se dit à la frontière des deux langues.
OBREGOUTA, v. Sangler un cheval.
OCHE, s. f. ; OCHON, s. m. Coche, entaille servant de numéro.
OCHE HO. Cri d'appel pour les porcs.
ŒLLO, OUILLO, s. m. Huile. L'a tourna s'n œllo, il a répandu son
huile; c'est-à-dire: il a manqué son projet. C'est une locution
proverbiale. (Fribourg.)
ŒUVA, s. f. Laitance, frai, œufs de poisson. — Œuvra, id. (Léman.)
ŒUVRA, s. f. Etouppes de chanvre, filasse. — Auvra, id. (Vaud.)
ŒUVRA, V. Travailler, faire un ouvrage, ouvrer.
OHIENÂ, s. m. pi. Abatis d'oie, ragoût d'oie.
OHION, s. m. Petite oie, oison. — Ouhion, id. (Jorat.)
OÏ, OHI, OUAI, VAI, adv. Oui. hai ohi, locution qui revient à
certainement, pour stlr.
OÏ-DA, OUAI-DA, VOUAI-DA, adv. Oui certes, assurément, oui-dà.
Voy. DA.
OÏU, OZU. Part, passé du verbe oure, entendre. L'é prau ozu, je
l'ai assez entendu.
OLIFAN, s. m. Petit cor ou cornet de chasse. (V. st.)
OLIVA, OLIVETTA, s. f. Primevère, Primula acaulls, etc. (Lau-
sanne). Voy. GANGUELLIN, TSANDELEI, COCU, CUCU.
OLLA, OULLHA, EULA, s. f. Marmite, pot de fer. C'est le latin
olla. (La Côte.)
OMAGNO, s. m. Vin d'Humagne, sorte de vin du Bas-Valais. (Mar-
tigny.)
OMAIN, s. m. Accroissement, augmentation, augment.
OMBRETTA, s. f. Diminutif du mot suivant. Le refrain d'une an-
cienne ronde, que j'ai encore entendue chanter, était :
Et allein lei à l'ombretta,
Lo seleu no far a mô.
Et allons-y à l'ombre, le soleil nous fera mal. (Vaud.)
ORB 267
OMBRO, OMBRE, s. m. Ombre. (Vaud.)
OMEIN, OMEINTHE, ORMAINTE, adv. Au moins, au demeurant.
OMGOLT, OMGELT, s. m. Droit du seigneur qui est perçu sur le
vin qui entre dans la seigneurie. Ail. ohmgeld.
ON, ONNA, NA, adj. déterm. Un, une. On valet, un garçon ; na
fahia, une brebis. Le z'on, le z'enè, les uns, les unes.
ONDA, s. f. Une fois, au temps passé. Se dit aussi avec le sens de
fois, dans une fois, deux fois, trois fois. (Val d'IUiez.)
ONDE, ONZE, adj. numér. Onze.
ONGLLO, s. m. Ongle.
ONGLLON, s. m. Petit ongle.
ONKLLO, s. m. Oncle. C'est aussi un nom respectueux donné par
les jeunes gens des campagnes à des hommes âgés qui ne sont
point leurs parents. (Vaud.)
ONKO, ONKOI, adv. Encore, de rechef. Voyez ;, pour les diverses
formes de ce mot, l'article ankora.
ONTHA, s.f. Ligne de bardeaux ou tavaillons sur le toit d'un cha-
let ou de tout autre bâtiment des Alpes.
ONTHÂ, V. Piquer avec l'aiguillon; se dit des guêpes, des abeilles.
(Pays-d'Enhaut.)
ONTHAHI, V. Panteler; être essoufflé, hors d'haleine. (Val d'Illicz.)
ONTHON, ONHLLON, s. j«. Aiguillon (Pays-d'Enhaut). —7lH/i//oj/,
avellkon, id.
OR, s. m. Ours. La tann'àl'Or, la caverne de l'Ours, dans les ro-
chers près de Roche. (Vaud.)
ORA, adv. Voy. hora.
ORA, s. f. Voy. DURA et aura.
ORA, s. f. Bord, lisière d'un champ, orée d'un bois. L. ora.
ORBA, s. f. Espèce de filet de pêche. (Morat.)
ORBAN, NA, adj. Fou, aliéné, privé de la raison. L. orbatus,
privé de. (Bas- Valais.)
ORBEINA, ARBENNE, s. f. Le lagopède ou perdrix blanche. (Alpes.)
— Erbonna, orbaina, id.
268 OSS
ORBET, URBET, s. m. Bouton qui vient au bord de la paupière,
orgelet.
ORBOI, ORBOUÉ. Voy. ivoue.
ORDOUS, adj. Voy. hordous.
ORDRE, ORDRÉE, adj. En ordre, conforme h l'ordre, bien ordonné.
Peu usité. (Genève.)
OREINDRAI, adv. A présent, dans ce moment, dorénavant. (Vaud.)
ORFENO, NA, adj. Orphelin. L. orphanua.
ORGOLLHAU, SA, adj. Orgueilleux, vaniteux dans ses vêtements.
ORGOUET, s. m. Orgueil, vanité, présomption.
ORION, OURION, s. m. Soufflet, coup à la tête. Vé tè bailli n'ourion,
je vais te donner sur les oreilles. Fr. horion. (Lausanne.)
ORMOUNEIN, ORMOUNEINTZE, subst. Nom des habitants de la
vallée des Ormonts.
ORMOZ, OULMO, s. m. Ormeau, Ulrmis campestris.
ORNA, s. f. Un certain nombre de rangs de ceps dans une vigne,
une rangée de ceps. Voy. aorgna. (Lavaux.)
ORNETTA, ORGNETTA, s. f. Diminutif du précédent; une petite
orna.
OROLLHE, s. f. Oreille.
Orollhe de ratla. Mot à mot, oreille de souris ; piloselle, sorte
d'épervière, Hieraciiim Pilosella.
OROLLHETTA, s. f. Petite oreille, oreillette; cabaret, Asarum
europœum, plante dont la feuille ressemble à une oreille. (Jura,
Alpes.)
OROLLHI, s. m. Oreiller de crin ou de plume.
OROLLHI, V. Tirer les oreilles. (Pays-d'Enhaut.)
ORTOLAN, s. m. C'est le nom patois de la petite linotte des vignes,
Fringilla linaria. (CuUy.)
ORVET, s. m. L'orvet, Angiiis fragilis. — Anvoiié, id. L. anguis.
OSSE, AUSSE, AUSSO. Subjonctif présent du verbe auxiliaire auaî,
avoir. Altein pi k'osse aïa la foué, attends seulement que j'aie
allumé le feu.
OTU 269
OSSEIHI, V. Faire des efforts pour vomir. Corruption d'essuyer.
(Monlreux.)
OST, s. m. Vieux terme de chancellerie; armée, convocation du
ban et de l'arrière-ljan.
OSTAGE, s. m. Terme de l'ancienne jurisprudence vaudoise ;
amende, frais pour un animal pris sur la possession d'auirui;
somme mise en dépôt, cautionnement personnel. (Vaud.)
OTHA, V. Jeter en l'air un corps pour le recevoir dans ses mains.
— Pauma, id.
OTHEIN, OSTEIN, OSTAN, s. m. Lieu doù l'on tire à la cible,
place destinée au tir du fusil ou de la carabine. Ail. sland.
OTHET, TA, adj. Un peu haut. Diminutif de o, ota. — Hiotel, id.
OTHET, OHLLET, s. m. Œillet, ouverture ronde pour passer un
lacet.
OTRAMEIN, ATRAMEIN, adv. Autrement.
OTREVEI, AUTROVAI, ÙTROVIADJO, a^/i. Autrefois, jadis, an-
ciennement. — Le z'ôtro iadzo, id.
ÔTRO, L'OTRO, s. m. C'est encore un nom adouci du diable : l'an-
tre. Serait-ce une tradition du manichéisme, de la doctrine des
deux principes : l'un, le bon , l'autre, le mauvais. l'ôlro^neprei-
gne, l'autre m'emporte. (Vaud.)
ÔTRO, AUTRO, ÂTRO, ÎTRE, A, adj. déterm. Autre. Le z' autre
fennè, les autres femmes. L. aller.
OTTÔ, OUTÔ, OTAU, OHOL, s. m. Maison, cuisine, habitation.
Sari à l'oltô deman né, je serai à la maison demain soir. Vu-t'ein
à l'ottô, va-t'en à la maison. Vo mi l'ottô ke la pinta, (prov.),
mieux vaut la maison que le cabaret. On prétend que ce mot
vient du latin ostium, porte. — Olau dei balle felllie, lupanar
(Fribourg, 1460). — En langue birmane, outo signifie salle d'au-
dience.
OTTORRO, s. m. Octobre.
OTU-BOTU, TU-BOTU, loc. adr. En gros, l'un dans 1 autre. FeiJi-
no n'otu bolu, voulons-nous être de compte à demi?
270 OUH
OU, s. m. Os, ossements. M'a rollhi à mè rontre le z'ou, il m'a
battu à me rompre les os.
OU, s. m. Août. Mi-ou, la mi-août.
OUADJI, GADJI, V. Enlever les rayons d'une ruche. (Vaud.)
OUAI, OHI, adv. Oui. Ouai vouai, loc. adv. Oui oui. Voy. oï.
OUAIS, HOUET, VOUET, interj. Honet, ô houet, ah ! bien oui, je
n'en crois rien. Voiiet ! que fa frai! Ouf! qu'il fait froid ! Aie
vouet, cri de douleur. C'est le français ouais.
OUANDA, GANDA, s. f. Femme paresseuse, de mauvaise conduite,
catin. (Alpes.)
OUARSA, s. f. Saule. (Aigle.)
OUASSA, AGASSA, s. f. Pie, pica.
OUATTI, s. m. Pain aux œufs et au beurre ^ espèce de galette.
(Fribourg.)
OUÉ, OUET, OUHAI, adv. Aujourd'hui. L. hodie. On dit oArewdans
l'Evêché de Bâle.
OUÉ, OUET, adj. numér. Huit. Ouetanna, huitaine. Voy. houet.
OUEDADJO, s. m. Ecoulement, inondation, débâcle. (Valais.)
OUEDAHIE, s. f. Avortement, évacuation par les conduits naturels.
(Gros de Vaud.)
OUEDHI, OUEGHI, v. Vider, verser, évacuer.
OUÉRO, VUIRO, GUÉRO, adv. Combien, guère. Ouér'a-t-e de faïe,
combien a-t-il de brebis ?
OUETANTE, adj. mimér. Quatre-vingt. On dit plus communément
Katro-vin,
OUETTON, s. m. Jeune garçon. (Fribourg.)
OUGNON, UGNON, s. m. Oignon. C'est aussi un jeu des écoliers
qui sautent sur le dos de leurs camarades courbés. (Lausanne.)
OUGNON-DE-SCÉ, s. m. Mot à mot, oignon de roc/ter ; joubarbe.
OUHIE, s. f. Oie, Anser domesticus. — Autrefois, quand les étu-
diants de Lausanne allaient en vacances, on criait dans les vil-
lages par lesquels ils passaient : Catzi le z'ouhiè, le z'écouli van
OUT 271
ei condji, cachez les oies, les écoliers vonl en vacances. (Jorat.)
OUIIION, s. m. Petite oie, oison.
OUl-DÈ-TSA, s. m. Mol à mot, œil de chat ; myosotis, ne m'oubliez
pas. (Château-d'Œx.)
OUILLA, OUILLON, subsl. Voy. auhlle, auhllon, onthon.
OUILLO, s. m. Huile.
OUIPA, VOUIPA, s. f. Guêpe; femme méchante, acariâtre. L. vespa.
(Alpes.)
OUISCH. Interjection négative et ironique.
OULEVEI, s. m. 01i\ier. L. Eleagnus.
OULLHA, V. Crier pitoyablement, hurler de détresse. L. ululare.
(Fribourg.)
OULTAR, s. m. Autel.
OURA, ORA, s. f. Vent, orage, fort souffle de bise. L. aura. Kroui'
aura, vent dangereux pour la santé. (Vaud.)
OURE, AURE, V. Entendre, ouïr. L. auris. Oii-îo, entends-tu? ou-
dé-vo fedette, entendez-vous, petites filles ? Part, passé, ozu, oïu.
Voy. ces mots. — Réduplicatif : roure, entendre une seconde fois.
OURIOU, s. m. Enfant nouveau-né. L. orior, oriens. (Genève.)
OURLA, V. Faire des ourlets, ourler.
OURLE, s. f. pi. Oreillons, espèce d'esquinancie, maladie des en-
fants. (Vaud.)
OURTA, V. Heurter, bourrer quelqu'un,
OURTHELLI, OURTIA, v. Piquer avec des orties, orlier.
OURTHL\, URTI, s. f. Les deux espèces d'orties, Urlica urens et
dioka.
OUSA, V. Oser. N'oiiso pa lei alla, je n'ose pas y aller.
OUTA, V. Oter. Outa-mè sosse, ôte-moi cela ; douta-tè d'einke, ôle-
toi de là. Voy. douta.
OÙTO, 5. m. Aubergiste, tavernier, hôte. Voy. hoûto.
OUTÔ, s. w. Maison, logis, domicile; cuisine; auberge, cabaret,
lieu où l'on vend du vin. Mena à l'outû, mener au cabaret. Voy.
OTTÔ, HOL'TÔ.
272 OZU
OUTZETTA, s. f. Diminutif du précédent; petite chenevière, petit
potager. (Vallée de la Broyé.)
OUTZO, OUTZE, OUCHE, OCHE, OUEDSCHE, s. f. Chenevière
près de la maison, planche de légumes, jardin potager qui n'est
pas attenant à la maison.
OUVELLETTA, s.' f. Hépatique, Anémone Hepatica ; primevère.
(Pays-d'Enhaut.)
OVA, OHA, ŒUVA, UVA, v. Pondre, faire des œufs. De aou, œuf.
OVALLHE, ORVALLA, AVALLIIE, s. f. Accident, éboulement,
chute de terre (Vaud). — Ce mot vient de l'adverbe aval, en bas.
On appelle ka d'ovaUhe tout accident imprévu, tout cas fortuit
ou de force majeure : incendie, inondation, tremblement de terre.
Le cas d'ovaille ou cas fortuit est souvent réservé dans les tran-
sactions écrites ou verbales. — La catastrophe à'Yvorne et de
Corbeyrier en 1584 s'appelle la granta ovallhe.
OVRAI, 5. m. Mesure agraire appelée fossorier, ouvrier, dans le
françeis vaudois. Voy. fochkria.
OVRAI, s. m.; OVRAIRA, s. f. Ouvrier, ouvrière; homme, femme
de journée; manœuvre.
OZALET, IZALET, s. m. Oisillon, petit oiseau. — Izelei, id.
OZALLEI, s. m. Oiseleur.
OZÉ, OZI, IZÉ, s. m. Oiseau. L'ozi, est un des noms adoucis du
diable, qui, au dire des superstitieux, a de grandes ailes de
chauve-souris. L'è pi ke l'ozi, il est pire que le diable. — Aux.
Ormonts, izc.
Boun-ozc, épervier, Falco palumbarius. — Boun-ozi, id.
Ozé de pUiodje, oiseau de pluie; c'est le traquet, Saxicola ru-
bicola, dont le cri, dit-on, présage la pluie. C'est un des baro-
mètres rustiques. (Vaud.)
OZI, s. m. Oiseau de maçon pour porter le mortier.
OZU. Part, passé du verbe cure, aure. Voy. oïu.
PAI 273
PA, PE, PO, adv. Pas, point. Pour jV ne sais pas, on dit ne se pa,
à Moudon ; ne se po, à Ollon ; ne sa pé , à la vallée de Joux ; ne
se peu, au Val d'Illiez. Voy. chapo.
PAHI, s. m. Pays, patrie. Au pluriel, le pahi, les pays étrangers.
L'a éia grantein per le pnhi, il a été longtemps à l'étranger; l'è
frou dau palii, il est hors du pays.
PAHÎ, V. Payer, solder.
PAHITA, PEITHA, r. Lier les pieds d'un animal pour qu'il ne s'é-
chappe pas. L. pes.
PAI, s. m. Pois, légume.
PAI, s. m. Poil, cheveux. L'a le pai fresi, il a les cheveux crépus.
— Pei, id.
PAI, s. f. Part, portion. (Jura.) — Pd, id. (Jorat.) Drai paraît plus
usité.
PAI, s. m. Poids à peser; la pesanteur de l'objet pesé.
PAILA, PELA, POUAILA. Mot ironique que l'on crie aux gens qui
reviennent des vignes trempés de pluie, ou dont les travaux
sont en retard. (Montreux.)
PAILLAUSA, s. f. Espèce de filet pour la pêche. (Morat.)
PAILO, s. m. Poêle en molasse ou en briques pour chaulTer une
chambre.
PAILO, s. m. Chambre de ménage où se trouve \e poêle. C'est sou-
vent l'unique chambre occupée par le ménage de l'agriculteur,
de l'artisan, du journalier indigent. (Vaud.)
PAINA, POUAINA, s. f. Peine, travail ; inquiétude. L. pœna.
PAINABLLO, A, adj. Pénible, fatigant.
PAINNA, s. f. Maladie particulière aux moutons. (Alpes.)
PAINO, PEINDO, s. m. pi. Bouts de fil qui sortent de la toile de
ménage que le tisserand du village a lissée. (Pays-d'Enhaut.)
MÉM. KT DOCUM. XXI. 18
274 PAL
PAINPIGNÉRA, s. f Pépinière.
PAIRFOU, s. m. Houx frelon, petit houx, Ruscus aculeattis. (Orbe.)
PAIRIA, s. f. Lait aigri. (Val d'Illiez.)
PAIRIA, s. f. Menthe de jardin. — Pevria, id.
PAIRLA, s. f. Ecurie à porcs. — Bouëton, honaion, id.
PAIROLEI, s. m. Ancien nom des chaudronniers. (Genève.)
PAIROLLET, s. m. Place où les chaudronniers travaillent en plein
air.
PAISSA, s. f. Pinson d'ardenne, fauvette d'hiver, paisse, Fringilla.
(Jura.)
PAKA, PAKERA, PAKORA, v. Pâturer, paître.
PARA, V. Voler, faire de petits larcins, escamoter. (Val d'Illiez.)
PAKAN, NA ; PAGAN, NA, adj. Lourdaud, rustre. L. pagamis, vil-
lageois, paysan.
PARIS, s. m. pi. Pâturages. — Pakiers, pakerages, id.
PARORESSA, s. f. Pâturage marécageux. — Pakotta, id.
PAROT, s. m. Boue, limon. Gr. T^i'/p;, matière épaisse, lie. (Vaud.)
PAROTEIRA, s. f. Populage, Caltha palustris, plante renoncula-
cée. (Bex.)
PAROTTA, V. Se salir de boue, se crotter,
PAROTTON, s. m. Homme crotté, sali par les mauvais chemins.
• (Jura.)
PALA, s. /. Pelle de bois; rame; porte d'écluse qui se hausse et
se baisse.
PALA, PELA, s. f. Petit échafaudage composé de quelques mor-
ceaux de bois, perches, liteaux, etc.
PALA, V. Enlever le fumier d'une étable avec une pelle de bois.
C.pall, pelle. (Bas-Valais.)
PALAIRON, s. m. Petite pelle. De pala, pelle.
PALANTZE, s. f. Levier de bois. L. palus.
PALANTZON, s. m. Petit levier de bois. Diminutif du précédent.
PALEA, s. f. Palée, sorte de corrégone que l'on pêche dans les
lacs de Neuchâtel et de Morat. (Neuchàtel.)
PAN 275
PALESHAN. Sorte de jurement, corruptidn de par le sumj. (Fri-
bourg.)
PALETTA, s. f. Petite pelle ; abécédaire. (Vaud.)
PALIN, s. m. Pieu, liteau, échalas. L. palus.
PALOUNNAI, s. m. Palonnier, pièce du train d'un char.
PALU. Mot qui se joint toujours à pra. Pra pulu, prairie maréca-
geuse, pré humide. L. palus. Une place de Lausanne s'appelle
place de la Palud.
PAN, s. m. Pain. L. panis.
Pan de cucu, surelle ou pain de coucou, Oxalis acetosella.
Pan au lau, ellébore fétide, Helleborus faiidus. (Chàleau-d'Œx.)
Pan au pur, pain de pourceau, CAjclamen europœam. (Aigle.)
Pan au pueir, belladone, Airopa Belladonna. (Jura.)
Pan de djenelhe (pain de poule), lamier pourpre, Lam'mmpur-
pureum. (Jura.)
PAN, .s. m. Brin de paille pour mesurer une petite distance. (Ge-
nève.)
PANAIRA, s. f. Table de boulanger pour manier la pâte.
PANAMAN, s. m. Essuie-main.
PAN-CORNU, s. m. Avance d'une maison sur la rue pour tenir
boutique. Cela fut défendu par le Plaid général de Lausanne,
13G8.
PANDAGE, s. m. Inclinaison des couches dans les carrières de
pierre meulière; terme de carrier. (Tour de la Molière, dans le
Vully.)
PANEI, PANI, s. m. Panier.
PANERAIA, s. /. Le contenu d'un panier, un plein panier, une pa-
nerée. — Panérahie, id.
PANET, s. m. Petit pain; millet pour les oiseaux.
PANKORA, adv. Abréviation de pa ankora, pa onkora, pas encore.
(Vaud.) Voy. ankora.
PANNA, s. f. Bois de construction. (Bière.)
PANNA, V. Essuyer, torcher, nettoyer. L. pannus. Panna son couti
276 PAP
(expression proverbiale), essuyer son couteau, réussir mal, être
à l'agonie. (Vaud.)
PANNAHIE, s. f. Ce mot se joint toujours à mala : malapannahie,
mésaventure, contre-temps, malencontre, désappointement, dan-
ger, terreur panique, mauvais traitements. Lei a hadhi (bailli)
la malapannahie, il l'a bien rossé.
PANNOSSA, s. f. Linge usé, chiffon pour essuyer la vaisselle, les
meubles; grosse toile d'emballage dont on se sert pour laver les
planchers.
PANNOTAI, RA, subsl. Boulanger, boulangère, panetier. — Bo-
londji, id.
PANNOTERI, s. /. Boucherie d'un ordre inférieur. C. pan, peau,
cuir. (Lausanne.)
PANOCHA, s. f. Serviette de table. (Romont.)
PANOTTA, V. Exercer la boulangerie, faire du pain.
PANTHA, V. Raconter longuement, ennuyeusement. C. panthès,
asthmatique. (Alpes.)
PANTHEIRA, s. f. Barrière qui s'ouvre pour laisser passer. L.
pando, ouvrir. (Moudon.)
PANTHET, PANTET, s. m. Pan de chemise; la chemise même.
PAOU, s. m. Ecorce, tan.
PAOUR, PAOURESSA, adj. Sobriquet des habitants de Rougemont,
lequel vient probablement de poneir, porc, homme sale, malpro-
pre. (Pays-d'Enhaut.)
PAPACOLON, s. m. Orpin brûlant, Sedum acre. (Genève.)
PAPEGAI, PAPEGAU, s. m. Perroquet; oiseau de bois peint en
vert pour servir de but au tir de l'arquebuse. Il était placé sur
un mât très élevé. C'était aussi le nom d'un tir public dans plu-
sieurs villes et communes vaudoises. Celui qui abattait l'oiseau
vert jouissait pendant un an de grandes immunités, telles que
l'exemption des péages, des lods, etc. On l'appelait le roi de l'oi-
seau. Cette fête datait du temps de la maison de Savoie, qui don-
nait, et le plus souvent vendait à diverses communes de la ba-
ronnie de Vaud le droit àepapegai avec les privilèges y attachés.
PAR 277
PAPEI, s. m. Papier; créance, billet à ordre, titre, écrit, journal.
L(' papei, le papai, les journaux.
PAPELLHON, s. m. Touffe de cheveux des tempes, favoris. (Aigle.)
PAPET, s. m. Colle faite de farine délayée; sorte de mets rustique.
PAPETTA, s. /■. Bouillie faite do farine et de lait. C. pap, papaicq,
bouillie.
PAPO, s. m. Papiste, catholique; terme injurieux. (Moutiers-
Grandval.)
PAR, s. m. Paire. On par de botte, une paire de souliers, de bottes,
PAR, adv. Usité seulement dans la locution on par de tein, quel-
que temps.
PARA, s. /. Bord de planche; bavure d'un fromage dans sa forme;
pente rapide. (Alpes.)
PARA, V. Retrancher; tailler une plume; couper la corne du pied
des animaux. (Pays-d'Enhaut.)
PARAI, PARAIRA, adj. Pareil, égal. Tôt parai, toc. adv., tout de
même.
PARAIRA, s. f. Ce mot ne s'emploie que dans la locution de ne
sein la par air e , sans la pareille, je n'ai jamais rien vu de sem-
blable.
PARAISAU, PARAISAUSA, adj. Paresseux, fainéant.
PARAIZI, V. S'étendre comme un paresseux. (Alpes.)
PARDEI, PERDEI. Pardieu, parbleu; jurement. De Dei, Dieu.
PARDINA, PARDINE. Jurement adouci; corruption du précédent.
PARDJON, PERDJON. Jurement qui vient du latin per Jovem.
PARE, s. m. Père. Ce mot se dit plutôt des animaux que des
hommes, pour lesquels on dit peire.
PAREIHI, V. Egaliser; mettre par paires, répartir par portions
égales. L. par.
PARELLA, s. f. Patience aquatique, Rumex Nemolapatham.
PARELLHADJO, s. m. Séparation entre les animaux d'une même
écurie; place pour le foin à l'étage d'une grange. (Alpes.)
PARIANNA, PARIOLA, s. f. Punaise. Du latin panes, parce qu'elle
278 PAS
habite les fentes des parois, des boiseries, des bois de lits. Ta-
fion, id. (Vaud.)
PARLA, V. Parler, causer. Lei parleri, je lui parlerai. —Dévesa, id.
PARLAMEIN, s. m. Usage de la langue, parole; peu usité.
PARLANTAIN, s. m. Bavard, mauvais discoureur, qui parle ab hoc
et ab hac. — Parlaro, id. (Genève.)
PARLEI, PARLIER^ s. m. Avocat, celui qui porte la parole pour
un autre devant les tribunaux.
PARRAIN, s. m. Parrain. C'est, dans plusieurs villages catholiques,
le patron de la paroisse, la tête, ou l'efflgie d'une pièce de mon-
naie. — Une Valaisanne porta un jour à son curé l'écu qu'avait
fait frapper le cardinal de Sion, pour lui demander lequel de
St. Théodule ou du diable était le jiarrain. (Voy. sur ce fameux
écu du diable la Statistique du Valais, pag. 332.
PARTEJAU, s. m. Homme de confiance qui représente le maître
de la vigne pour partager le moût avec le vigneron. (Vaud.) —
Dans le français de Lausanne, on dit 'partissevr.
PARTERET, s. m. Couperet, hachette. (Genève.)
PARTICIPA, V. Participer, communier, aller à la sainte cène.
PARTZET, PARCHET, s. m. Quartier de pays, portion d'un grand
vignoble. (Lavaux.)
PASSA, V. Passer, aller; apprendre par cœur; lire.
PASSAHIE, s. /". Tournée, passage de quelqu'un; intervalle de
temps.
PASSAIRA, s. /.; PASSIAU, s. m. Petite échelle pour passer d'une
possession à l'autre par-dessus la haie ou la cloison intermé-
diaire. — Passoir, id.
PASSALA, V. Planter des échalas, échalasser. De passi, échalas.
PASSAMAIDJE, s. m. C'est le nom de la valériane officinale, Vale-
riana offîcinalis, et du laser, Laserpitium Siler. Ce mot signifie
passe médecin, ce qui veut dire que si l'on emploie l'une ou
l'autre de ces plantes, elle vaut mieux que le médecin (maidjo),
et que l'on peut se passer de lui. (Alpes.)
PAT 279
PASSARDA, s. f. Femme effrontée, rôdeuse qui passe souvent pour
mendier. (Enlremont.)
PASSI, s. m. Echalas. Gr. TriTTa/oj, paxilltis. — Pa.'^si'', id. (\';uid.)
PASSI, s. m. Moineau. L. passer.
PASSON, s. 7)1. Petit echalas, piquet, jalon.
PATAI (à), loc. adc. Sur le dos. Porta à patai, porter sur le dos.
— A cakou, id.
PATAKLLO, PATAHLLO, s. m. Lourdaud, rustre, homme gauche,
pesant. C. pat, commun. C'est la racine àepatois, de pataud, etc.
PATARAFFA, s. f. Paraphe de notaire; lourde chute.
PATARAGiXE, s. f. Brouette. (Enlremont.)
PATAU, s. m. Butor,, rustre, lourdaud, bête. C'est une injure.
(Alpes.)
PATCHE, PATZE, s. f. Marché, transaction. T'a féna bounnapatche,
tu as fait un bon marché. L. pactio. (Vaud )
PATCHEIHI, V. Conclure un marché, transiger. (Moudon.)
PATEI, s. m. Patois, idiome du paysan. C.pat, commun, rustique.
— Reman, id.
PATEIN, s. m. Linge d'enfant, petit drap pour le berceau, lange.
De patta, chiffon. (Vaud.)
PATEN.\LLHA, s. f. Carotte, Daucus Carota. L.pastinaca. (La Côte.)
PATET, PATETTA, adj. Minutieux, lambin, tatillon.
PATETTA, V. Lambiner, s'occuper longuement de minuties. (Lau-
sanne.)
PATHOLLA, s. f. Causeuse, babillarde. (Jura.) — BatoUha, id.
PATHOLLHl, V. Causer avec excès, babiller; chiffonner, patrouiller.
PATHOLLU, VA, adj. Déguenillé; homme de néant, femme de
rien. De patte, lambeaux, chiffons. — Dépathollu, id. (Vevey.)
PATIFOU, s. m. Bouffon, bateleur; le bouffon de certaines fêtes
villageoises, le premier dimanche de mai. (Nyon.)
PATISOU, s. m. Cureur de retraits, gadouard, vidangeur. (Fri-
bourg.)
PATON, s. m. Sachet d'emplâtre, nouet sucré qu'on met dans la
bouche d'un petit enfant pour l'empêcher de pleurer.
280 PAU
PATOUNNA, V. Envelopper de chiffons.
PATOUSSI, V. Chiffonner, gâter, mettre en lambeaux. (Pays-d'En-
haut.)
PATOUSSI, SIA, adj. Chiffonné, dérangé dans ses plis, gâté, sali,
déchiré, mal vêtu.
PATRAKA, s. f. Horloge ou montre dérangée, qui va habituellement
mal, femme maladive, fille valétudinaire. (Lausanne.)
PATRIGOT, s. m. Boue, margouillis, saleté.
PATRIGOTTA, v. Marcher dans la boue, manier salement, patau-
ger. (Vaud.)
PÂTRO, s. m. Pâtre, berger, garçon de chalet.
PATROLLHI, V. Patrouiller, manier indiscrètement, chiffonner,
farfouiller.
PATROLLHON, s. m. Patineur, qui prend et manie indiscrètement
les mains et les bras d'une femme.
PATRON, s. m. Homme hardi, déterminé, fier-à-bra». — Luron, id.
(Alpes.)
PATTA, s. f. Patte d'animal; chiffon, guenille, vieux linge usé.
PI., patte {Ve ouvert et bref.)
PATTA, s. f. Tilleul, écorce de tilleul dont on fait des cordes.
(Montreux.)
PATTAI, s. m. ;PATTAIRA, s. f. Celui ou celle qui recueille les
chiffons pour les moulins à papier, chiffonnier. Au féminin on
dil aussi pattaisa. (Vaud.)
PATTAIHI, V. Recueillir les vieux chiffons, en faire commerce.
PATTE, s. f. pi. Nom générique de la garderobe d'une personne.
M'a robba mè patlè, il m'a volé mes vêtements. (Val d'IUiez.)
PATURIAUX, s. m. pi. Pâturages communaux. Dans le Jorat, pa-
touriau, pâturage.
PAU, PÔ, s. m. Pieu de bois. On pau-fer, un levier de fer. Le fran-
çais dit encore pal dans certaines expressions.
PAU, PEU, POU, PAOU, PU, s. m. Coq. L. puUus, poulet.
PAUDJO, PEUDJE, PAUJOZ, PAUDZO, s. m. Pouce.
PED 281
FAUDRA, PUDRA, s. f. Jeune jument de deux ans, pouliche.
(Valais.)
PAUHTHER, s. m. Pieu, levier de hois. (Orije.)
PAULASSA, s. f. Fanon du taureau, de la vache. (Alpes.)
PAUMA, s. f. Balle, pelotte que les enfants emploient dans leurs
jeux.
PAUMA, r. Jeter un corps en l'air pour le recevoir dans ses mains.
PAUTRON, s. m. Mauvais sujet, vaurien. — Pleulro, id. (Pays-
d'Enhaut.)
PE, PI, &. f. La peau de l'homme et des animaux.
PE, adv. Pis. Il ne s'emploie guère que dans cette phrase: Leidese
pe ke peindre, il lui dit pis que pendre. — Por, id.
PÊ s. m. Pet.
Pè-de-lau, s. m. Vesse-de-loup, Lycoperdon, espèce de cham-
pignon. (Jorat.)
PÉAURA, s. f. Maladie d'un animal de boucherie dont la graisse
se fond. (Alpes.)
PECHA, PESSA, s. f. Urine, pissai. Pisse, dans le français vaudois.
Pecha-d'éga, urine de jument; c'est un nom élégant de l'eau-
de-vie ou du brandeviu dans quelques villages du canton de
Fribourg.
PÈCHAUTRE, adv. Par ici, dans les environs. — Perchaulre, id.
(Contrée de la Broie.)
PECHOT, TA; PICHON, PICHOTTA, ad/'. Petit; se dit des enfants.
C. bichan, petit. (Jura.)
PÉCULA, V. Amasser de l'argent. Ce verbe est tombé en désuétude.
L. pecunia ou pecuUtim.
PEDAILLA, s. f. Infanterie, gens de pied.
PEDEU, PEDEUSA, adj. Plein de pitié, compatissant. (Val d'Illiez.)
PEDHI, PEGHI, s. f. Pitié, compassion.
PEDIL, s. m. Bedeau, concierge de l'académie de Lausanne. —
(On ne dit plus que bedeau. — N. de l'éd.)
PÈDJE, PÈDZE, s. f. Poix de cordonnier. C. peg, poix. Voy. cu-
DE-PÈDJE.
28-2 PEI
PEDJENAIRE, s. f. ; PEDJON, s. m. Poix qui découle du sapin.
Voy. BEDJON.
PEDJI, V. Poisser, enduire de poix ; bâcler une affaire.
PEDJON, s. m. Voy. bedjon, pf.djenaire.
PÉDOLA, V. Avoir des soins minutieux pour un vieux parent, pour
un enfant gâté. Gr. 7T«t;, 7raj5ôç, enfant? (Val d'IUiez.)
PÈDRI, s. m. Perdrix.
PEGGO A ; PEKKO, A, adj. Sobriquet que les gens du Pays-d'En-
haut donnent à ceux de Montreux. L. paganus.
PEGNET, TA, adj. Serré, chiche, avare. — Pignet, id. (Vaud.)
PEGNETTA, s. f. Petit peigne d'ivoire, de buis ou de laiton à
dents serrées.
PEGNI, V. Peigner ; sérancer le chanvre, le lin.
PÉGNIER, s. m. Panier. — Panei, id.
PEHLLALA, s. f. Fromage de rebut, mal fait, mal fabriqué. (Alpes.)
PEHLLET, PÈKLET, PUNKLET, s. m. Le loquet d'une porte, le
pêne d'une serrure.
PEI, s. m. Cheveux, poil. M'a teri le pei, il m'a tiré les cheveux.
— Pel, id.
Pei-di-ku, nom ignoble de Vanémone des Alpes, ainsi nommée
à cause de son fruit en toupet, en houppe. (Alpes.)
Pei-de-tsin , pei-de-lau , poil de chien, poil de loup, Nardus
stricta, nard roide, graminée qui infeste les pâturages. (Jura,
Alpes.)
PEILA, s. /*. Poêle à frire. — Pila, id.
PEINABLLO, A, adj. Pénible, fatigant, incommode.
PEINDAIN, adv. Pendant, durant.
PEINDEIN, s. m. Rideau de fenêtre, de lit.
PEINDO, s. m. Pommes, poires, etc., dans un filet suspendu.
(Moudon.)
PEINDRE, V. Pendre. — On demandait à une fille de la vallée de
Joux s'il y avait eu beaucoup de monde à l'enterrement de son
père : Coume apri on lare k'on mine peindre ( comme après un
voleur qu'on mène à la potence), répondit-elle.
PEK 283
PEINSA, r. Penser, réfléchir. Lei pciuseri on viadjo, j'y penserai
une fois.
PEINSAHIE, PEINSEIE, s. f. Pensée, espèce de violette, Viola tri-
color.
PEINTA, s. f. Taverne, cabaret, bouchon où l'on ne ne vend que
du vin. (Vaud.)
PEINTAl, PEINTARE, s. m. Tavernier, cabaretier, vendeur de vin
en détail. — Pintier, dans le français vaudois.
PEIOLEI, s. f. Serpolet, Thymus Serpyllum. (Bex.) — Pignolet,
piolet, piliolet, id.
PEIRASSET, s. m. Persil. C'est un nom que le diable s'est donné
dans un procès de sorcellerie à Coltens (Vaud), en 1()41. —
Pierrosset, id.
PEIRE, s. m. Père, en parlant des hommes. On dit pare en parlant
des animaux. Peirc-grant, grand-père, aïeul.
PEIRET, s. m. Petite centaurée, Erytlu^œa Centavriitm.— Péhret, id.
PEITHA, r. Lier les pieds d'un animal pour qu'il ne s'écarte pas.
L. pedes. (Val d'Illiez.) — Pahita, id.
PEIVRELLHON, PEIRELLHON, s. m. Busserolle ou raisin d'ours,
Arbutus Uva ursi. (Alpes.)
PEIVRO, s. m. Poivre.
PÉJORA, r Empirer. C'est l'opposé de mellhaura, améliorer, chan-
ger en bien.
PEKA, V. Piquer, béqueter; soustraire, enlever furtivement.
Peka-bou, mot à mol pique bois. C'est le nom générique des
pics, des grimpereaux, et en général des oiseaux qui cherchent
des insectes dans les gerçures de l'écorce des arbres. (Vaud.)
Peke-botton, s. m. Bouvreuil ou pivoine, oiseau qui, au prin-
temps, pique et mange les boulons des arbres fruitiers.
PEKERGNA, s. /. Chassie. Voy. bekeirgna.
PEKERGNIAU, SA, adj. Chassieux. Voy. bekeh^gnfau.
PEKKA, PEKINA, s. f. Femme sotte, désagréable, pécore. (Vaud.)
PÉKLETTA, r. Remuer fortement le loquet d'une porte.
284 PEL
PÉKLLET, PIKLET, s. m. Loquet de porte, pêne de serrure;
montre.
PEKLOTTEI, s. m. Horloger; se disait au temps où l'on appelait
une montre un péclet. (Genève.)
PEKODA, s. /. Coup léger, chiquenaude. (Alpes.)
PEKOLON, PIKOLON, s. m. Petit point, petite tache sur la peau.
PEKOZI, s. m. Dauphinelle des blés, Delphinium Consolida, plante
renonculacée. (Nyon.)
PELA, V. Piler; avaler; s'évader; quitter un maître sans congé.
(Alpes.)
Pela-paou, s. m. Moulin à piler l'écorce. De paou, tan.
PELAHIE, s. f. Repas donné aux batteurs en grange quand ils ont
fini. (Jura.)
PÈLAMAU, ado. Parce que, d'autant que, à cause de. Ne lei vupa
alla pèlamau ke m'a rollhi, je ne veux pas y aller, parce qu'il
m'a roué de coups. (Vaud.)
PELASSA, s. f. Pelure d'un fruit, première écorce d'un arbre.
PELAU, s. m. Bouillie. (Valais.)
PELEFFRA, s. f. Peau d'une viande.
PELEGA, V. Presser, broyer. Gr. Trs^âÇw?
PÈLERINS, s. m. pi. Bûches de bois charriées par le Rhône jusque
dans le Léman. Les riverains prétendent que ce bois appartient
au premier occupant. (Vevey.)
PELET, s. m. Un petit poil; un brin, un peu. Bailli me on pelet de
saii, donnez-moi une pincée de sel.
PELETCHL PELUTZI, PLUTCHI, v. Eplucher, ôter la noix de sa
coque.
PELETZON, PELUTSON, s. m. Epluchure.
PELEVOUÉ, PILIOUET, s. m. Papillon, phalène. — Penevoi, id.
PELEVOUET, PERREVOUÉ, s. m. Origan, thym serpolet.
PELHON, s. m. Brou, enveloppe de la noix, de la noisette; coque.
PELISSAR, s. m. Ouvrier qui travaille les peaux, les cuirs. —
Pelletiar, id. (V. st.)
• ' i <-'
PER 285
PELLHET, TA; PILLET, TA, luij. Dépouillé de son enveloppe, de
sa coque, de son brou.
PELLHI, r. Sortir de leur brou des noix, des noisettes, des
amandes.
PELOSETTA, s. f. Epervière. L. pilosella. — Peluetia, velnetla, id.
PELOUGAN, s. VI. Voy. belug.\n. — (Pelougan pourrait bien avoir
la même racine que pelega. — N. de l'éd.)
PENAI, PENE, s. m. Prèle, Equisehun arven&e, etc. (Vaud.) —
Cauva-à-isavo, id.
PENALLHON, s. m. Haillon; gueux déguenillé, homme de rien.
Fr. penaillon.
PENAU, SA; PENEU, SA, adj. Honteux, confus, désappointé, pe-
naud. Le vieux français a dit penenx. — Petau, id. (Vaud.)
PENDARE, s. m. Pendu, pendable, digne d'être pendu. (Fribourg.)
PENEVOI, s. m. Voy. pelevoué.
PENI. PENEI, s. m. Charague, Chara vulgaris, etc., plante très
âpre dont on se sert pour écurer la vaisselle, pour nettoyer les
meubles de sapin. (Pays-d'Enhaut.)
PENNA, s. f. Aile d'oiseau, plume. L. penna.
PENNA, s. f. Panne du porc. — Penar, id.
PENNES, PENNET, subst. Pin sauvage. (Valais.)
PÊPÉ, s. m. Père, papa. Même, maman. (Evêché de Bâlo.)
PEPI, PAS PI, adv. Pas même, pas seulement.
PÉPOUNET, s. m. Coqueret ou cerise de juif, Physnlis Alkekengi,
plante solanée. (Aigle.)
PER, PÊ, prép. Par. Per-ver, pè-ver, pè-vê, vers, dans les envi-
rons; se dit du temps et du lieu.
PERA, PERRA, s. f. Pierre, caillou.
PERCI, PERÇA, V. Percer, trouer.
Perça-pierre , petite lamproie, Petro Myson, poisson du lac de
Neuchâtel.
PERDOUNA, V. Pardonner. Perdounna-mè, pardonnez-moi, je vous
prie de m'excuser.
PERE. s. m. Poire.
286 PER
PEREI, s. m. Poirier.
PERELLET, s. m. Fruit de l'aubépine, Cratœgus oxyacantha. —
Poumetta, id.
PER-EINKIE, loc. adv. Par là, par là autour.
PÉRELLHAU, SA, adj. Soigneux d'éviter le péril ; soucieux, crain-
tif, prudent. (Alpes.)
PERLINGUE, s. f. Voy. brelingua.
PERNETTA, s. /. Coccinelle rouge à points noirs. (Montreux.)
PERNISSE, s. f. Perdrix. (Bas-Valais.)
PERO, A, ad). Petit, mince; petit garçon, petite fille. L. parvus.
(Val d'Illiez.)
PERPILLOTTA, s. m. La plus petite mesure agraire employée dans
le canton de Neuchâtel.
PERRAI, s. m. Ouvrier qui travaille dans les carrières.
PERRAIRA, s. f. Carrière, lieu d'où l'on tire des pierres à bâtir.
— Pierraire, id.
PERRATEIN, s. m. Orpin brûlant, Sedum acre. (Pays-d'Enhaut.)
PERRATEUN, s. m. Crotte de souris. (Alpes.)
PERREVOUÉ, s. m. Eboulis, monceau de pierres dans les vignes.
(Montreux.)
PERROTZE, PERROCHE, s. /. Paroisse.
PERROU, s. m. Jeu d'enfant qui s'appelle aussi Mon. Voy. ce mot.
(Alpes.)
PERS, PERSA, adj. Bleu, bleue. L'a le ju pers, elle a les yeux
bleus.
PERSA, s. f. Pêche, abricot. L. Persa, la Perse, d'où viennent les
pêches.
PERSEMETTA, v. Reprendre au même prix, par droit de paren-
tage, un bien vendu; retrait lignager. — Retrachounna, id. L.
■per semet. (Fribourg.)
PERSET, s. m. Vrille, petite tarrière, percerette.
PERTE, PERTI, s. m. Trou, ouverture. V. Fr. pertuis.
PET ^287
PERTEUSA , .s. /". Petite ouverture dans les tuyaux tle fontaine
poui' donner de l'air.
PERTURIUEH, s. m. Obstacle, empêclienient. I>. perturbo. (Ternie
de l'ancien barreau.) Voy. destorbe.
PERZARE, s. m. Personne sujette à égarer ses nippes, ses outils.
(Pays-d'Enluiut.)
PESSA, s. f. Pin pectine ou sapin blanc, Pinm Pirca de Linnée.
Fiola, id. iJura.)
PESSA, PESSE (qui se prononcent peça, pccc), s. f. Urine, jnssat.
— Pesshon, id.
PESSENLLHI, s. m. Pissenlit. C'est le nom de deux plantes des
champs; du Leontodon Tavaxacum (pissenlit), et du Calllui pa-
lustris (populage). Pour cette dernière plante on dit aussi ]3flA:o-
teira.
PESSHON, s. m. Urine, pissat. — Pessa, id.
PESSI, V. Uriner, pisser.
PESSOTTA, t. Pissoter, pisser peu et souvent. Diminutif du pré-
cédent.
PESSON, s. m. Poisson; petite poutre du pressoir.
PESSOT, s. m. Forêt de montagne. (Alpes.)
PESSOUNET, s. m. Forbicine, insecte.
PESSOUNNAI, s. m. Poissonnier, pêcheur. (Léman.)
PESSOUNNAIRA, s. f. Vendeuse de poisson. (Léman.)
PESSUBLLA, PÉTUBLLA, s. f. Vessie d'homme ou d'animal.
(Vaud.)
PESTADEI, iiiterj. Plût à Dieu.
PETAIROU, s. m. Mousquet, fusil. Ce mot est tombé en désuétude.
(Morges.)
PETAIRU, s. m. Le derrière.
PETANCE, PETANFE, s. f. Pitance; ce qu'on mange avec le pain.
PETANSEI, RA, ndj. Qui donne beaucoup de pitance.
PETAU, SA; PENAU, PENEU, SA, adj. Couvert de honte, confus,
désappointé, penaud. (Vaud.)
288 PET
PETAUDERIA, s. f. Balivernes, niaiseries.
PÈTE. Verbe défectif, V^ personne du présent de l'indicatif; il si-
gnifie je demande et n'est usité que dans cette phrase: Pète mon
drai, je demande ma part (d'une chose trouvée). L. peto. (Mou-
don.)
PETHELLHET, s. m. Petit garçon mal élevé; barbouillon, vantard.
(Val d'Illiez.)
PETIOU, PETIOUDA, adj. Petit.
PETIOU, PETIO, PETE, s. m. Petit garçon. Petiouda, petite fille.
Ln petiouda brame adi, la petite crie toujours.
PÉTOLA, s. f. Crotte de chèvre, de brebis; crottin ; pilule, pas-
tilles de pharmacie.
PÉTOLÂ, V. Faire des crottes. — Un médecin a donné une purga-
tion à une femme du Valais et lui demande si le remède a opéré.
Elle répond : ai oï, m'a prau fé à pétola (oui bien, il m'a fait
faire assez de crottes), ou bien : E prau fé fémé (j'ai fait assez de
fumier.)
PETOLLHON, s. m. Petit brocanteur en blé, en légumes. Ce mot
est injurieux, parce qu'on y attache une idée de mauvaise foi.
(Vaud.)
PETON, s. m. (irande consoude, Symphytum officinale. C'est aussi
la plante du tabac. V. Fr. petnn.
PETOU, PITOI, s. m. Putois, ^]ustella Putorius. L'è neir k'on petou,
il est noir comme un putois, dit-on d'un homme hâlé, basané.
PETOUNNA, V. Fumer du tabac (petun) , mot à peu près inusité.
PETRÉ, s. m. Pré marécageux où le pied enfonce, où Y on pétrit.
(Nyon.)
PETRO, s. m. Gésier, estomac, le jabot d'un oiseau. — Djeffro,
jeffro, id. — Pètre, dans le français populaire vaudois.
PETSCHI, V. Pêcher, prendre du poisson.
PETSE-LENA, s. m. Mot à mot, pêche-lune ; sobriquet d'un village
dont quelques ivrognes, voyant la lune dans un étang, proposè-
rent d'aller la pêcher, de peur qu'elle ne se noyât.
PETSETTA, s. f. Petite bêche, petit sarcloir. — Petzetta, id.
PI 289
PETTARAGUE, s. f. Brouette. Voy. pataragne. (Entremont.)
PETZAR, s. m. Pioche. — Pirhar, s. m., picha, s. f., id. — Pio-
chard, dans le français populaire vaudois.
PETZARD, PETZÂ, s. m. Vin faible, rude, mauvais. C'est souvent
le vin du cru. (VuUy.) Les auteurs de la re rnstica, appellent
pesca, le mauvais vin, le vin tourné.
PETZE, s. f. pi. Fragments d'un liquide coagulé qu'on môle avec
le lait ou le petit-lait pour faire le séré ; grumeaux de lait caillé.
(Alpes.)
PETZENIASSE, s. f. pi. Bagatelles, des riens, des choses de rebut.
(Val d'Illiez.)
PETZOLETTA, PICHOLETTA, s. f. Mesure d'un quart de pot, cho-
pine. — Kartetta, id. (Vaud.)
PETZON, s, m. Petite pioche à sarcler, serfouette. — Surklloret, id.
PETZOUGNI, u. Pignocher, enlever avec les ongles la peau, la
croûte d'un comestible.
PEUSEGNIAI, V. Faire ou offrir une petite collation après le sou-
per, à la veillée. (Jura.)
PEUTAU, s. f. Chose malpropre; objet de peu de valeur. De la
peutau, de la saleté, des choses malpropres. (Val d'Illiez.)
PEVO, POVAU, s. m. ; PIVA, s. /. Cône de sapin, pomme de pin.
PEVRIA, PAIRIA, PEIRIA, s. f. Menthe officinale.
PEZA, t'. Peser, évaluer.
PEZETTA, s. f. Personne sans talent ni savoir. — Mazetta, id.
(Lausanne.)
PEZETTE, s. f. pi. Vesce pour les pigeons. Vicia sativa. (La Côte.)
On dit poisettes, dans le français vaudois.
PEZI, s. m. Grésil. (Lausanne.)
PI, PIRA, adj. Pire.
PI, PIRE, adv. Seulement. Pi prau, que j'en aie seulement assez;
pas pi, pas seulement: N'ain pas pi na moueirsa de pan, nous
n'avons pas seulement une bouchée de pain.
Pi coci, loc. adv. Seulement par badinage.
PI, s. m. Pied, membre ; pied, mesure de longueur.
MÉM. ET DOCl M. XXI. 19
290 PI A
Pi-à-pau, renoncule. C'est essentiellement la renoncule ram-
pante, Ranimculus repens, qui infeste souvent les cultures. Ce
mot se dit aussi d'autres espèces qui foisonnent et multiplient
beaucoup. C'est enfin le sobriquet qu'on donnait aux Français
réfugiés après la révocation de l'édit de Nantes. (Vaud.)
Pi-d'aluetia , dauphinelle des blés , Delphinium Consolida.
(Nyon.)
Pi-dé-tscha, sorte de gnaphale, Gnaphalium dioicum, plante
synanthérée. (Jura.)
Pi-de-tsivra, espèce d'agaric comestible. (Alpes.)
Pi-de-vi, pied de veau, Arum maculatum.
Pi-d'ouhie (pied d'oie), sorte d'ansérine, Chenopodium hybri-
dum.
PIA, s. f. Pic, oiseau. L. piciis. L'è le pliie villlio pia k'an le bè le
pllie dur (prov.), ce sont les plus vieux pics qui ont le bec le
plus dur. (Montreux.)
PIA, s. /. Espace de terrain labourable; ancienne mesure agraire.
(Payerne.)
PIAFFA, V. Piaffer, éclabousser; faire le fier.
PIAILLARD, DA, adj. Piailleur. — Braillard, id. (Valais.)
PIALET, s. m. Chausson, petit bas. Diminutif de pian, bas.
PIAN, PIAIN, s. m. Bas tricoté. — Tschansson, id.
PIASSON, s. m. Grand carré de toile fort claire dont on enveloppe
le caillé pour le sortir de la chaudière et le mettre en forme.
(Alpes.)
PIATTA, t\ Trépigner, remuer les pieds d'impatience; solliciter
avec indiscrétion. (Fribourg.)
PIATTERI, IDA, adj. Qui remue sans cesse les pieds, qui s'agite
en parlant.
PIAU, s. m. Pou. — Un homme des Ormonts voyant pour la pre-
mière fois des écrevisses les appela dei piau dau diablle (des
poux du diable), et ce nom leur est resté parmi les pâtres.
(Alpes.)
Piau-de-serpein, s. m. Demoiselle ou libellule. (Jura.)
PIAULLHAU, SA, adj. Pouilleux. — Un Fribourgeois que sa
PIF 291
femme appelait pianllhau, la jeta dans la fontaine, et comme elle
continuait à lui donner ce titre, il lui plongea la lèle dans l'eau.
Alors, ne pouvant plus parler, elle sortit ses mains de l'eau, et,
les élevant, fit avec les ongles rapprochés de ses deux pouces
un geste significatif.
PIAULLHl, V. Se pouiller soi-même ou pouiller les autres.
PIBLLA, i'. Siipponere mulierem. En bas-breton, pib, ptt, signifie
menlula^ canalis urinœ manim. (Vaud.)
FICHE, FICHA, s. /. Fièce, morceau, pièce de monnaie. B. L. petia.
Fiche volanta. C'est une pièce d'étoffe ou de toile qui recroît à
fur et mesure qu'on en coupe ; mais le sorcier qui lui donne
cette utile propriété ne peut en profiter pour son propre compte.
(Fays-d'Enhaut.)
PICHETTA, s. f. Petite pièce, monnaie d'argent autrefois en cours
dans le canton de Fribourg, valant sept creutzer. Il y en avait
de simples, de doubles, de quadruples.
PICHOLETTA, s. f. Une chopine, un quart de pot. (Vaud.)
FICHON, PITCHON, FICHOT, PICHOU, s. )m. Finson; fauvette
commune. (Vaud.)
FICKA, s. f. Mot piquant, lardon, raillerie offensante. (Monlreux.)
PIDA, s. /. Réprimande, censure. (Nyon.)
FIDÀ, V. Mesurer avec \e pied ou avec un pan. Voy. ce dernier
mot. (Moudon.) — On d'Mpider, dans le français vaudois; c'est
un terme de jeu parmi les écoliers.
FIENNÂ, PIAINÀ, FLLENÀ, s. m. Les premières pousses de la
vigne qu'on enlève et qui sont une bonne pâture pour le bétail.
(Lavaux.)
PIERRASSET, FIERROSSET, s. m. Fcrsil.
Pierrasset au tsin, petite ciguë, /Ethnsa C)jnapitim. (Fays-
d'Enhaut.)
FIESTADEI, s. m. Sorte de gros saucisson. Voy. boutefa.
FIETTA, s. f. Petit harle, poule d'eau. (Léman.)
PIFFRÂ, V. Manger en glouton, s'empiffrer.
FIFFRO, s. m. Goinfre, mangeur insatiable.
292 PIL
PIGAN, s. m. Tige de fer dont l'extrémité fait un angle droit, à
l'usage du foyer, de la forge. (Vallée de Joux.)
PIGNETTE, PEGNETTE, s. f. pi. Cardes, sorte de peigne du sé-
ranceur.
PIGNI, PEGNI, V. Peigner.
PIGNO, s. m. Peigne pour les cheveux, peigne de tisserand; la
pièce du râteau dans laquelle les dents sont plantées.
PIGNOLET, PIOLET, PILIOLET, s. m. Thym serpolet. Thymus
Serpyllum. Voy. peiolei.
PIGNOTTA, s. /. Ecuelle, vase d'argile. (Valais.)
PIGNOTZI, PENOTSCHI, i'. Pignocher, manger négligemment,
enlever la peau d'une viande, éplucher ce qu'on mange comme
si l'on craignait d'y trouver des épines, des arêtes.
PIHLLA, V. Détacher les parties graisseuses de la chair d'un ani-
mal. (Alpes.)
PIHLLO, s. m. Targette, verrou.
PIKENIER, s. m. Piquier, soldat armé d'une pique. (V. st.)
PIKERO, s. in. Sorte d'oiseau ; c'est le casse-noisette, Corvus ca-
ryocatades. (Bas-Valais.)
PIKETTA, s. f. Boisson tirée des prunelles sauvages, du marc de
raisin, des groseilles, etc. ; petite pique ; estafette militaire qui
portait cette arme. (Vaud.)
PIKOLET, PITIOLET, s. m. Mon petit, terme d'amitié.
PIKOLON, s. m. Petit point sur 1'/, sur la peau. — Pikolos était le
dieu des morts dans la mythologie des anciens Prussiens.
PIKORAI, s. /. Repas de baptême. (Vallée de Joux.)
PIKOTTA, PEKOTTA, v. Galoper. (Moudon.)
PIKOZÉj s. m. Primevère, Primula acaulis. (Moudon.)
PILETTA, s. f. Poêlon, mortier; petite poule, poulette. Voy. piou-
PIOU.
PILHA, s. f. Le contenu d'une poêle. (Alpes.)
PILON, s. m. Poêlon; mortier à piler; cri pour appeler les poules.
PILVINETTA, s. f. Epine-vinette, Berberis vulgaris.
PIO 293
PIMPA, PEIMPA (se), V. Se parer, se faire beau ou belle.
PIMPÔ, PIMPAIIIE, adj. Bien paré, pimpant.
PINDJON, s. m. Pigeon. — Colon, id.
PINNA, s. f. Piidenda hoviinis et nutUeris. (Jura.)
PINNÂ, V. Supponcre muUerem. (Jura.)
PINPINELLA, s. f. Pimprenelle, Polerium Saïujuisorba.
PIOLETTA, s. /".; PIOLON, s. m. Petite hache. (Ormonts.)
PION, s. m. Le pied d'un bas. (Jorat.) Voy. pian.
PION, PIONNA, adj. Ivre, pris de vin. Gr. ?-iov, aoriste second de
TTtvw, je bois. (Vaud.)
PIONNA, V. Enivrer, s'enivrer. En russe, pionna signifie ivrogne.
— Pioussn, id. (Vaud.)
PIONNET, s. w. Grimpereau, Cerihia familiaris , sorte d'oiseau.
— Piotzetj pitschar, id. (Jura.)
PI-ORA, loc. adv. Il n'y a qu'un moment, à l'heure même, tout à
l'heure. Pi-ora ke Ve saillai, il ne fait que de sortir.
PIORNA, s. /. Femme ennuyeuse, qui gronde, qui se plaint, qui
se répèle habituellement. A'a/s(?-;è' piorna, tais-toi piorne. C'est
une expression classique du mari dans plusieurs ménages. —
Mionna, id. (Vaud.)
PIORNA, s. /. Rhume, toux catarrheuse. (Valais.)
PIORNÀ, V. Se plaindre sans cesse, se répéter d'une manière en-
nuyeuse.
PIORNARE, s. m. Homme ennuyeux, grondeur, rabâcheur.
PIORNERI, s. m.; PIORNERIDA, s./. Enfant pleureur, qui se
plaint toujours.
PIOSSE, s. f.pl. Taches de rousseur au visage, aux bras. (Alpes.)
PIOSSI, PIOSSA, adj. Qui a des rousseurs. (Alpes.)
PIOSSI, V. Se dit des vaches quand elles pincent quelques brins
d'herbe sur un terrain aride et déjà brouté. (Pays-d'Enhaul.j
PIOTA, PIOUTA, s. f. Patte, jambe de chat, do chien, d'enfant.
PIOTAHIE, s. f. Trace d'un coup de patte.
PIOTHENA, V. Piétiner, commencer à marcher.
294- PIT
PIOTORSENA, s. f. Berce, Heracleim Sphondylhm. (Pays-d'En-
haut.)
PIOTTA, s. f. Poule d'Inde, dinde.
PIOTTERU, s. m. Dindon, coq d'Inde. (Fribourg.)
PIOTTON, PIETTON, s. m. Petit pied d'enfant. — Peton, id.
PIOTTU, A, adj. Qui a des jambes grosses et courtes. (Genève.)
PIOTZET, s. m. Voy. pionnet.
PIOU-PIOU. Cri pour appeler les poules. — Pilon, piletta, id.
PIOULA, V. Pleurer, se lamenter, ennuyer par ses plaintes; crier
sur ses gonds. — Dans un sermon de 1697, un pasteur repro-
chait à ses paroissiens d'apporter à l'église, pour distraire les
fidèles, des tabatières qui pioulaient quand on en tournait le
couvercle.
PIOUSSA, V. Voy. pionna.
PIOUTA, PIKAUTA, s. /. Aconit napel, Aconitum Napellm. (Alpes.)
PIPA, s. f. Cidre, poiré. (Valais.)
PIPA, s. f. Benoite des ruisseaux, Geum rivale.
PIPI, s. f. Pépie, maladie des poules; soif ardente. A Orbe, ce mot
signifie colchique.
PIPI, PIT-PIT, FIFI, s. f. Espèce de fauvette.
PIPI, s. m. Terme de bonne à un petit enfant. Vau-to fére pipi,
veux-tu pisser ?
PIPION, s. m. Un peu, un petit morceau. (Valais.)
PIROLET, s. m. Pyrole, plante des forêts.
PIS, s. m. Pis de vache, tétine, le sein d'une femme. (Voy. Con-
servateur suisse, tome I, page 137.)
PISSE-PRIN, s. m. Avare, fesse-mathieu. Mot à mot quipisse menu.
(Orbe.)
PISTA, s. /'. Fuite; trace du passage d'un homme ou d'un animal,
piste.
PISTA, V. Décamper, partir furtivement, se rendre promptement
quelque part.
PITHIOLET, TA, adj. Tout petit. (Jura.)
PLL 295
PITIIIOU, adj. Petit. (OUon.)
PITON, PETON, s. m. Rouleau qu'on fait passer sur une mesure
de grain, afin qu'elle soit rase. Quand cet objet n'est pas rond,
mais plat comme une règle, on l'appelle raklelta. (Vaud.) — Un
receveur qui avec ces instruments taisait petite mesure, ayant
fait bâtir une maison, un malin écrivit sur sa porte :
La rahietta et lo piton
An fai bâti sta maison.
PITOUANA, s. f. Bétoine, Betonica ojficinalis, plante labiée.
PITOUNNA, V. Piétiner, fouler un terrain avec les pieds; presser
des grains entassés pour qu'ils tiennent moins de place.
PITSCHAR, s. m. Voy. pionnet.
PIULA, V. Crier comme la souris. (Val d'Illiez.)
PIVA, s. f. Cône de sapin. — Mauni, id.
PLÉDJI, i'. Faire honneur à une santé qu'on vous a portée. —
Plaidzi, id. (Genève.) U i>i*?^» , t\t«a£.
PLIECK, s. m. Plaisir. (Anniviers.)
PLLA, 5. m. Plat.
PLLA, PLLATA, adj. Plat, plate.
PLLAÇA, s. f. Place. (Vaud.)
PLLACETTA, s. f. Petite place. (Vaud.)
PLLAIDAIHI, V. Plaider.
PLLAKA, V. Discontinuer, cesser, interrompre un ouvrage. L.p/a-
care. (Fribourg.)
PLLAN, adv. Doucement, avec précaution. Allein topllan, allons
tout doucement.
PLLAN, s. m. Petite plaine sur une montagne, plateau entre des
rochers. Lo pllan de Djaman, le plateau du col de Jaman, dans
les Alpes vaudoises.
PLLANA, V. Aplanir.
PLLANAI, SA, adj. Lent, qui avance peu. (Alpes.)
PLLAN AIRON, s. m. Espèce d'ouvrier dans une tuilerie; c'est or-
dinairement un petit garçon.
296 PLL
PLLANO, s. m. Erable platanoïde, Acer platanoides.
PLLANTA-LEZI^ s. /. Femme oiseuse qui ne fait que causer de
lieux en lieux au lieu de vaquer à son ouvrage, (Jorat.)
PLLANTIVAMEIN, adv. Franchement, positivement, pour sûr.
(Pays-d'Enhaut.)
PLLANTZE, PLLANTCHE, s. f. Planche, ais ; pré gras, espace de
terrain bien cultivé attenant à la ferme. Pllanchetta, petite
planche.
PLLANTZEIHI, v. Faire un plancher, plancheyer.
PLLANURA, s. f. Plaine, partie plate d'une contrée. Bepllan. (Mar-
tigny.)
PLLATRO, s. w. Plâtre; gâteau couvert d'une bouillie épaisse;
homme pesant, lourdaud qui reste planté là comme une souche.
PLLATTA, s. f. Charge de foin qu'on place sur des branches pour
la tramer sur des pentes rapides. (Château-d'Œx.)
PLLATTA, s. f. ; PLLATTET, PLLATTON, PLLATZIRON, s. m.
Cyprin, soit palée, sorte dé poisson du Léman.
PLATTALAHIA, s. f. Mets entassés sur un même plat.
PLLATTEIHI, v. Enlever la neige des places où le terrain com-
mence à paraître. (Pays-d'Enhaut.)
PLLATTET, PLLATALET, PLLATI, s. m. Petit plat, assiette.
PLLATTHI, s. m. Planche plus épaisse que les planches ordinaires,
madrier.
PLLE, adv. Plus, davantage. N'ein vu plie main, je n'en veux plus,
je n'en veux plus aucun.
PLLEIN, PLLIEZ, s. m. pi. Linges nécessaires à la propreté d'un
enfant au berceau. (La Côte.)
PLLEIN, PLLAINA, adj. Plein, rempli. Au féminin, il se dit d'une
femelle pleine ou d'une femme enceinte. — Pllei, id.
PLLEINT, s. m. Plainte, gémissement d'un malade.
PLLEKA, PEKA, adv. Plus du tout, plus rien.
PLLEMA, PLOMMA, v. Plumer, peler un fruit, ôter la peau d'une
pomme de terre.
PLLEMISSA, s. f. Pelure, cosse.
POK 207
PLLEUNDRE, BLLEUNDUE, i\ Craindre d'éirc réprimandé, avoir
honle de sa faute. C. bluuder , atlliction, tristesse. (Pays-d'En-
haut.)
PLLEUTRO, s. VI. Lâche, poltron, homme sans énergie, sans hon-
neur. (Vaud.)
PLLIA, s. f. Levée, main au jeu de caries.
PLLO, PLOT, s. m. Bloc de bois, billot, tronc d'église.
PLLODJE, s. f. Pluie. La plloilje vin dru, il pleut ferme. —
Pllodze, id.
PLLODJETTA, s. f. Petite pluie, bruine.
PLLOMMA, s. f. Plume à écrire, plume en général.
PLOMME-SA, s. m. Jeu des enfants, qui se frappent avec des mou-
choirs noués. (Vallée de Joux.)
PLLORA, V. Pleurer; transsuder, filtrer.
PLLORERI, DA, adj. Petit garçon pleureur, petite fille qui pleure
sans cesse. (Alpes.)
PLLOTTET, s. m. Jeu d'exercice qui ressemble à la galoche et que
les enfants jouaient surtout le 25 mars sur les places de Lau-
sanne. (Vaud.)
PLLOVEI, V. Pleuvoir. PUau, il pleut.
PLLOVIGM, PLLOVEGNI, v. Pleuvoir par gouttes menues,
bruiner.
PO, s. m. Voy. pau.
PODZU, s. m. Etui de peau pour un pouce blessé. Bapaudjo, pouce.
POG, adv. Peu. (Vieux langage fribourgeois.)
POHI, V. Gravir une montagne; faire monter les troupeaux sur les
Alpes, alper. Vient-il du grec Trota, ttox, -otvj, herbe, ou de po-
yium, podium, qui, dans la basse latinité, signifie un lieu élevé,
un terlre, une colline.
POHIA, s. f. Montée rapide, éminence; époque de l'alpage. (Fri-
bourg.)
POHIETTA, s. f. Petite montée, rampe douce. Diminutif de pohia.
POKA, V. Jeter lourdement un fardeau; heurter quelqu'un. (Alpes.)
298 POR
POLAILLE, s. f. Poule. Le polaille s'épouairan, les poules s'épou-
vantent.
Craiva-polaille. C'est un des noms du colchique, Colchicum au-
tumnule, parce que sa graine fait crever les poules. (Monlreux.)
— Bovet, pipi, id.
POLATON, s. m. Petit coq, poussin; petit garçon.
POLET, s. m. Poulet.
POLIA, POHLLA, s. /. Pouline, pouliche.
POLI.ENTA, s. f. Farine de maïs. Ce mot est italien. — Poulainte,
id. (Valais.)
POLLHIEN, s. m. Poulain.
POLLIETTA, s. f. Gelinotte, Tetrao bonasia. (Jura.)
POMBLLON, s. m. Houblon, Humulus Lupulus.
POMI, POMEI, s. m. Pommier, Pims Malus.
PONA, POUNA, V. Poser, débourser. L. pono.
PONSO, PONTET, PONTI, s. m. Petit pont, ponceau.
PONSOUNNA, V. Aiguillonner, presser, talonner. L.pungere. (Lau-
sanne.)
POR, prép. Pour, afin de. — Pé, pi, id.
Por cein, por cein khe, por cein sike, pour cela, à cause de cela,
parce que.
Por la mau ke, loc. conj. Parce que, par la raison que, vu que.
(Vaud.) — Dans le Jura, on dit pou la mé ke.
PORBATTRE, v. Murmurer, grogner. (Val d'Illiez.)
PORCELLANNA, s. f. Pourpier, Portulaca oleracea.
PORCEMEIN, adv. Cependant, pourtant. (Val d'Illiez.)
PORDEI, s. m. Inconnu de mauvaise mine, gueux, truand, men-
diant qui demande l'aumône au nom de Dieu ou pour Dieu. Por,
pour; Dei, Dieu. (Valais.)
PORET^ TA, adj. Pauvret. Se dit d'un enfant maigre, faible, ma-
lingre. (Pays-d'Enhaut.)
PORKE, PORKIÉ, adv. interr. Pourquoi ?
PORMON, POLMON, s. m. Poumon.
PORMOUNIA, s. f. Maladie contagieuse des vaches, pulmonie.
POR 299
PORPA, s. f. Chair sans os, pulpe.
PORPU, PORPIA, (ulj. Charnu, dodu, pulpeux. (Alpes.)
PORRA, PORRÉ, s. m. Porreau, AlUum Porrum.
PORRASSE, s. f. Ail des ours, Àllium nrsinum. (Bex.)
PORRATET, s. m. Petit mendiant, petit pauvre; petit, pauvret;
terme d'amitié.
PORRO, PORRE, adv. Pourtant, peut-être. L. porro. (Vaud.)
PORSALET, s. m. Cloporte. L. porcellus.
PORSEIN, P0SS.4IN, s. m. Souci, inquiétude, soin, vigilance.
(Fribourg.)
PORSOGNI, PORSOUGNI, r. S'inquiéter, prendre souci.
PORSOGNEU, SA; PORSEGNEU, SA, adj. Soigneux, soucieux,
économe de son bien. (Gruyère.)
PORT, s. m. Passage dans un défilé dangereux. (Alpes.) Ce mot
est venu des Pyrénées.
PORTA, s. f. Porte.
PORTA, POUEIRTA, v. Porter; être pleine, en parlant de la fe-
melle d'un animal; être enceinte, en parlant d'une femme. —
On demandait à une montagnarde qui revenait d'Aigle, si elle
avait fait une bonne foire. Ouai hein se ne poiieirto pa, réiion-
dit-el